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Full text of "Les Annales impériales de l'Annam"

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ANNALES ïiPÉMIALES 



DE 




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TRADUITES EN ENTIER FOUR LA PREMIERE FOIS 



DU TEXTE CHINOIS 



PAR 



ABEL DES M'ICMFJ,S 



FROFESSELR A l'ÉCûLR 8Pf Cr \LK DES LANGUES OHIE.NTAI.IIS MVaMKS 




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C^/ ouvrntje a obtenu à Vlmtilut le prix Stanislas Julien. 



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PARIS 

KKNEST LRHÙUX, ftDITKUR 

L I B K A r R E HE I. V S u C l É T K A S I A r l(J l K 
DE f.'ÉOOLS DKS L VV < i T K •; lU E > f \ L R .^ V i V A N l t S , VI 

28, lU.'K IDNAPAH TK, 28 



1892 



/ '\. 



V. I 



PRÉFACE 



On trouve dans les Notes historiques du P. Legrand de la Liraye 
la mention d'une collection des Annales annamites éditée en langue 
chinoise sous le nom de « Dîji Vi(}t sir ky » ^ par ordre de Gia long, 
souverain de la grande dynastie des Le, qui régna au Tonkin de 
fan i672 à ran 1675. Elle comprenait cinq volumes de rhlstoire dite 
« Ngoai ky » ou « en dehors des Annales », et dix-neuf volumes 
de « Bàn ky » ou « Annales proprement dites », comprenant celles 
des quatre premières dyna'<ties indigènes, Diuh, Lé, Ly, Trijn, aux 
x%xi% xii'',xm''yet xw"" siècles, plus celles de ladynastie Lé \ç\ jusqu'à 
fin du XVII® siècle seulement. 

Frappé de r incontestable utilité que présenterait une traduction 
complète de ces documents, je me suis e/forcé pendant de longues an- 
nées de me les procurer ; mais j'ai dû reconnaître que le P. Legrana 
de la Liraye ne disait que trop vrai lorsqu'il les donnait comme 
très difficiles (il aurait pu dire presque impossibles) à trouver. Je n'en 
avais jamais rencontré qu'un volume dépareillé, dont je dus la com- 
munication à robligeance de Vun des fonctionnaires de la Biblio- 
thèque nationale, entre les mains duquel il avait été dépose à titre 
provisoire. Aussi désespérais- je complètement de réussir jamais à 
rencontrer ce précieux ouvrage, lorsqu'un de mes élèves^, ayant été 
envoyé au Tonkin, m'apprit qu'on en avait imprimé sous le règne de 
Tv dire une nouvelle édition fort améliorée qui n'est pas dans le 

1. Annales du Grand ViêU 

2. M. Gaston Kahn, actuellemenl chancelier interprèle près du Consulat de France. 

Annales di l'Annam i 



II ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

commerce, mais dont le Roi, qui seul en a dam son palais, accorde 
un exemplaire aux mamlarins nouvellement promus. Il réussit 
cependant à s* en procurer tm qu'il eut r obligeance de m' envoyer *. 
C'est celui dont j'entreprends aujourd'hui la traduction. 

Comme je viens de le dire, cet ouvrage a ét(f composé sousTxf ivi'c. 
Il porte le nom de « Kliâm djnh ViC*t sir Ihông giâm cang nnic », ce 
qui signifie : « Esquisse générale de Vliistoire universelle du Vii}l , 
arrêtée par ordre impérial*. » C'est qu'en effet T\F dû'c, désireux 
de remédier au désordre et à la confusion qui avaient régné jus- 
qu'alors dans les Annales du pays, et se conformant d'ailleurs sur ce 
point à des vues déjà émises par son aïeul Minh m:ing, décida qu'il 
serait procédé à une rédaction générale de ces Annales, laquelle 
serait purgée de toutes les erreurs et de toutes les superfétatioits, 
A cet effet, il donna mandat à l'un des grande fonctionnaires de sa 
cour de composer une commission chargée de mepier à bonne /in 
cette utile et considérable entreprise. Voici quels en furent les 
membres : 

l^ Un Tong lài, contrôleur général de la rédaction, 
2o Un Pho long lài, contrôleur général adjoint, 
3° Six Toan lu ou compilateurs, chargés de préparer les matériaux, 
4** Sept Khào liiOu, chargés de les ajuster ensemble, 
S* Deux fonctionnaires ayant 77iission de décider, après lecture 
attentive, de l'adoption ou du rejet des documents. 



1. L'École spéciale des Langues orientales vivantes en a depuis acquis un 
exemplaire. 

2. Comme il existait une assez grande quantité d ouvrages présentant souvent 
les faits sous des aspects dilTérenls et se contredisant Tun l'autre, il y avait Hpu 
d'en comp">ser un qui, dûment examiné et corrigé par les savants les plus compé- 
tents et revêtu de la sanction du souverain lui-même, pût servir de règle et de crité- 
rium officiel. 

Il y a lieu de dire que tous ces anciens ouvrages historiques, dont les titres 
énoncés au courant des Annales de Tu duc, joints à ce qui en est dit dans le vo- 
lume de préliminaires, attestent l'existence, sont restés à peu près inconnus des 
annamitisants et des sinologues, dissimulés qu'ils étaient à nos yeux, avec un soin 
jaloux, par les lettrés qui s*en Irouvaient possesseurs. 



PRÉFACE m 

6* Deux fonctionnaires chargés de les collationner, 

7» Trois autres qui devaient les collationner à nouveau, pour éviter 
de laisser passer aucune erreur, 

8° Trois autres qui devaient prendre des décisions après lecture. 

9° Ti'ois autres encore, chargés de procéder en dernier ressort à un 
troisième collationfwment. 

10' Six T\xy bi(}n ou aides, et douze copistes (dang lyc). 
H* Enfin, un prince^ du titre de Gia hirng vu'ang, dut encore 
faire une demièi^e lecture de l'ouvrage avant qu'il fût livré à la 
publicité. 

Commencées dans le courant de la neuvième année deT\f Axrc, les 
grandes Annales de l'Annam ont été tenninéesdès la douzième. Trois 
ans ont donc suffi à la commission pour incner à bonne fin cet énorme 
travail, qui /w compte pa^ moins de cinquante-six volumes chinois 
de grand format, et pour la rédaction duquel elle a dû mettre à 
contribution et soumettre à un examen, dont sa propre composition 
fait connaître la rigueur, un nombre considérable d'ouvrages et de 
documents. 

On voit par ce qui vient d*ètre dit que ce magnifique monu- 
ment historique est digne de tout ^intérêt des savants, et qu'il 
y a tout lieu de le comidérer comme un guide siir dans les 
recherches que Von pourra faire sur r histoire des pays annamites 
jusqu'au règne de Gia long, vingtième roi de la dynastie des Le, 
auquel il se tennine. 

On s'occupe actuellement de plus en plus des pays de l'Extrême 
Orient, et les documents sérieux qui les concernent sont recherchés à 
juste titre par les savants qui portent leurs investigations de ce côté. 
Au point de vue historique les Annales dont je me propose d'offrir 
la traduction au public peuvent être considérées comme l'un des 
plus précieux. En effet, outre les événements qu'elles racontent direc- 
tement, les rédacteurs de ce travail se reportent à une foule de sources 
qui sont absolument inaccessibles aux Européens. On sait que, malgré 
les travaux bibliographiques qui ont été publiés à propos de la Chine 



IV ANNALES IMPÉRIALES DE L*ANNAM 

par quelques savants, il est encore fort difficile de s y procurer un 
grand nombre d'ouvrages historiques qui seraient cependant d'une 
extrême utilité aux érudits. Que dire de ce qui concerne fAnnam, où 
tout, y compris le présent ouvrage, a été tenu jusqu'à ce jour aussi 
secret que possible par les lettrés, à tel point que les travailleurs 
européens ne peuvent y trouver, pour ainsi dire, aucun guide à con- 
sulter? Or les auteurs de ces Annales citent un très grand nombre 
d'ouvrages. Les uns sont chinois et souvent presque introuvables; les 
autres, œuvre d'historiens de nationalité annamite, le sont absolument 
et le seront peut-être toujours. On ne pourra donc qu'être très 
heureux d'en trouver les parties utiles réunies dans l'ouvrage dont 
nous nous occupons. 

lien sera de même en ce qui concerne les mœurs nationales. Parmi 
les coutumes d'un peuple, il en est en effet beaucoup qui tirent leur 
origine d'un événement historique, et qui ne sauraient être com- 
prises sans la connaissance du fait qui leur a donné naissance. Il n'y 
a donc pas lieu de douter que la lecture (Tune histoire détaillée de 
l'Annam, telle qu'on la trouve dans les présentes Annales ne soit 
aussi, à ce point de vue, essentiellement utile. 

Les rédacteurs les ont divisées en deux parties. La première, inti- 
tulée Tien bien, ou « section d'introduction », relative aux époques 
primitives, commence au règne de Ilùng viromg et finit à celui 
de Dinh lien hoàng de; la seconde^ nommée Chanh bien, « section 
principale y>,part du règne de ce prince pour se terminer à celui de 
tempereur Gia long des Le, ce dernier règne compris. 

Cette division en Tien bien et Chânh bien est la même que celle 
du Thông giam cang m\ic chinois, sauf la troisième section ou 
« section supplémentaire », réservée évidemment dans l'esprit des ré- 
dacteurs pour la continuation de leur œuvre ; continuation qui aurait 
certainement vu le jour dajis un avenir plus ou moins rapproché sans 
les événements récents, qui oîit considérablement diminué l'autorité 
du gouvernement indigène. 

Les anciennes Annales commençaient à L$c t\ic ou Kinh dirang. 



PRÉFACE ¥ 

descendant, disait-on, à la quatrième génération de ce Thân nông 
qui avait enseigné aux Chinois à cultiver la terre ^ et reçoit à présent 
un culte dans leur pays à titre de Génie de l'agriculture et de la 
médecine. Mais, comme F exposent les membres de la commission 
dans le volume de p?*é liminaires, les faits que fon rattache à cette 
époque n'ayant rien d'authentique, un ordre impérial enjoignit de 
ne commencer la nouvelle édition des annales qu'au règne de Hùng 
vircmg I®»", « afiny^, y était-il dit, « d! éclair cir les doutes. >^ En se pla- 
çant à ce point de vue, c'est encore prendre de trop haut l'histoire de 
VArmam ; car l'époque des Hùng viromg est à peu de chose près 
aussi fabuleuse que celle qui la précède. Il suffit, pour le montrer, 
de faire remarquer qu'indépendamment des légendes de toute espèce 
qui trouvent place dans l'histoire de cette période, les rois auxquels 
on donne ce nom, et qui ne dépassèrent pas le nombre de vingt, n'au- 
raient pas régné moins de deux mille six cent vingt-deux ans; ce 
qui donnerait une moyenne de cent trente et un ans pour chacun 
d'eux! Un grand nombre de légendes plus ou moins absurdes ont 
cependant été supprimées, et les membres de la commission déclarent 
que s'ils en ont épargné quelques-unes, ils l'ont fait à dessein, parce 
quils en jugeaient la connaissance utile à la solution de quelque 
difficulté historique. 

Il faut reconnaître qu'une fois véritablement sortis de Vépoque 
fabuleuse les historiens chargés par Ty dfrc de refondre les annales 
du pays ont fait preuve d'une scrupuleuse exactitude dans la déter- 
mination des dates. La concordance des chronologies annamite et 
chinoise y est exposée avec le plus grand soin; et toutes les fois qu'une 
des années de règne d^ un prince annamite est indiquée, les rédacteurs 
exposent religieusement en regard, dans une colonne parallèle^ celle 
du souverain chinois auquelle elle correspond. 

Les détails de tout genre que Fon trouve dans le volume d'intro- 
duction peuvent donner une idée du soin extrême avec lequel a été 
composée cette dernière édition des Annales œinamites. La marche à 
suivre dans la rédaction a été désignée par r Empereur en personne , 



VI ANNALES IMPÉRULES DE L'ANNAM 

et fort trouve même, dans le préambule de ce volume, un ordre 
impérial dans lequel il va jusquà indiquer lui-même les ouvrages 
auxquels on devra s en référer. Faisant remarquer , en effets qxCen 
ce qui concerne les premiers temps de son existence nationale 
l'histoire du peuple annamite présente beaucoup de lacunes et que la 
succession des faits n'est pas exposée d'une manière uniforme, il 
« permet » quon s'en rapporte, pour la compléter, à ce qui est exposé 
dans le livre de Kim l;f tiràng intitulé : « Gang myc lien bien lirgrc 
thor thé tv*)). « Ce qui est vrai » dit-il « o?ile conservera; ce qui est 
erroné y on le corrigera. » // indique ensuite lui-même le nom qu'on 
devra donner à l'ouvrage, et fixe F époque à laquelle doit commencer 
chacune de ses deux grandes divisions, à savoir le Tien bièu ou 
« Section d'introduction », et le Chânh bien ou « Section prin- 
cipale ». 

Le volume préliminaire par lequel s'ouvre cet immense travail 
débute d'ailleurs par la mention d'un ordre impérial de Tyr dû'c 
dans lequel l'Empereur déclare quil a décidé de faire faire une 
nouvelle rédactioji des Annales, et statue sur la composition de la 
commission qui sera constituée à cet effet; composition qui a été in- 
diquée en gros ci-dessus. Ensuite viennent des instructions concernant 
la rédaction elle-même. Ufi peu plus loin on trouve encore relatés 
d'autres décrets impériaux qui entrent dans les détails de la compo- 
sition de l'ouvrage. Parmi les dispositions qu^ils contiennent, il faut 
noter comme une des plus saillantes celle par laquelle l'Empereur 
ordonne de supprimer, au moins dans le corps de la rédaction, tout 



1. Ces mots signiQent : « Archives généalogiques abrégées de la première section 
du Thông glam cang mue {Tong kién kang mou) ». Nous avons ici le nom d*un 
ouvrage de Kim ly tuông {Kin li sidng), dont Wylie a parlé dans ses remarquables 
(( Notes on chinese literature » mais dont il n a pas donné le titre. Kim ly tuông 
était un lettré du temps des Tông (Song) qui publia sous ce titre une section addi- 
tionnelle au Tbông giam cang mue de Châu hy (Tcheou hi). Cette section remontait 
jusqu'aux temps primitifs de l'empereur Ngbiôu (Ydo) et donnait des détails qui 
manquaient depuis cette période jusqu'à l'année 431 avant J-C, à laquelle com- 
mence l'œuvre de Cb&u by et de ses disciples (v. Wylie, Notes on chinese litera- 
ture, p. 21). 



PREFACE VII 

ce qui concerne Vcpoque à peu près entièrement fabuleuse qui a pré- 
cédé les commencements de la dynastie Hong bàng. Cependant Tif 
dire na pas fait disparaître entièrement par là toutes les légendes 
plus ou moins obscures, parfois mfme insignifiantes dont fourmil- 
lent les origines de l* histoire nationale ; car l'époque des HùDg vircrng^ 
par laquelle débute notre livre, est loin de présenter elle-même un 
caractère d'authenticité historique bien positif. Cepemlant, quelque 
restreinte quen soit la portée ^ cette mesure constitue un fait très 
remarquable au point de vue de révolution des idées dans l'Extrême 
Orient ; car elle est en contradiction absolue avec cet amour de Pim- 
mobilité, au point de vue littéraire comme à tous les autres, qui avait 
semblé^ tout au moins jusqu'à ces derniers temps, caractériser les 
peuples de la Chine et de l'Annam *. 

Après les nombreux avertissements (1$) qui concernent les détails 
de la rédaction se trouve 201e table très soigneusement faite dans la- 
quelle les points oii commence et finit chaque volume sont déterminés 
par l'année cyclique, le 'nom de V empereur régnant, et l'année de 
règne de cet empereur. La durée de la période dont le volume coîitieni 
r histoire y est aussi régulièrement marquée. 

Enfin ce volume prélimiiuiire se termine par une curieuse liste des 
membres de la commission, contenant les noms de chacun d* entre eux 
avec rénumération de toutes les dignités dont il était revêtu ; liste 
close, comme je l'ai dit, par la mention d'un prince nommé Hong 
hiru, du titre de Gia hirng virorng, « qui » dit le texte est « autoinsé 
à relire les travaux des rédacteurs. » 

L'empereur Ixf dire jia pas dédaigné de faire insérer dans cet 



1 On n'ignore pas que les lettres chinois, dans les éditions successives des livres 
classiques et canoniques qu'ils ont publiées, n'ont jamais pris sur eue de changer 
les caractères erronés qui s'étaient introduits dans les premières. Loin de là, ils se 
font un devoir singulier de les reproduire scrupuleusement» sauf à expliquer dans le 
commentaire que tel ou tel signe, qui ne présecte aucun sens raisonnable dans le 
passage du texte où il se trouve, doit être lu et compris comme tel autre qu'ils 
indiquent, et qui fort souvent n'a aucun rapport de forme avec lui. 



Mil ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

ouvrage des observations écrites de sa propre main, auxquelles le 
compositeur a naturellement donné une place d* honneur en les pla- 
çant en vedette, en dehors et au-dessus du cadre qui contient le texte 
courant. 

Les historiejis officiels ont considérablement modifié la rédaction 
en ce qui concerne certains faits qui n auraient pas dti, en raison de 
telle ou telle irrégularité, être insérés comme ils le furent, dans 
le texte des anciennes Annales. Tantôt ils les ont supprimés 
comme étajit faux ou inutiles à mentionner; tantôt ils ont changé 
la disposition du texte dans lequel ils les ont relatés, de manière à 
les rejeter au deuxième rang. Il en est cependant un certain nombre 
qu'ils ont jugé à propos de conserver tels quels, et cela pour des mo- 
tifs qu'Us exposent d\me façon assez originale. C'est ainsi par exemple 
qu'on les voit, tout en supprimant la mention officielle des années de 
règne cTun usurpateur, reproduire celle des événements qui le con- 
cernent « afin » disent-ils « de ne point laisser ignorer son crime >i ; 
mais ils 8* abstiennent de toute formule qui puisse le faire considérer 
à r avenir comme un souverain légitime et le successeur régulier du 
prince précédent. Ailleurs ils supprimeront le titre posthume d'un 
empereur, s'ils trouvent qu'il contient quelque qualification tnal- 
sonnante ou hostile à sa mémoire. 

Les lacunes qui existaient dans la chronologie des anciennes A^male s 
ont été soigneusement comblées toutes les fois qu'un examen attentif 
des faits et des livres qui les relatent a permis à la commission de le 
faire. De même bien des points restés obscurs jusque-là ont été éclaircis 
d'une façon satisfaisante et bien des erreurs rectifiées. C'est ainsi ^ 
par exemple, qu'en ce qui concerne l'élévation illégitime de plusieurs 
princes au trône de TAnnam^ lacommissiona rejeté T expressioti « Tire 
vi », qui signifie « succéder au trÔ7ie » et que les anciens histoinens 
avaient trop légèrement adoptée, vu qu'elle ne peut en aucune façon 
s'appliquera un usurpateur. Elle a supprimé cette locution impropre 
et s'est bornée à mentionner purement et simplement le fait de fintroni- 
sation du nouveau souverain ; agissant ainsi ^ comme elle le dit assez 



PRÉFACE « 

naïvement « dajis le but de montrer la différence. » De même encore 
les nouveaux rédacteurs ont attribué aux empereurs qu'ils concer- 
naient des faits qui, au premier abord, semblaient devoir être 
classés dans le règne précédent par suite de l'inexactitude des an- 
ciens annalistes, qui avaient omis ou négligé de changer à temps le 
titre de règne. 

Arrivés à C époque des Le postérieurs, ils ont eu grand soiii d'attri- 
buer aux Trinh, ces célèbres maires du palais du Tonkin, les actes 
qui émanaient directement d'eux et non du souverain nominal; et ils 
ont employé des expressions spéciales donnant clairement à com- 
prendre que ce dernier prince y fut en réalité étranger; cela, 
disent-ils, pour mettre bien en évidence le crime des Trinh, usurpa- 
teurs d'un pouvoir quHls n eussent dû exercer qu'au nom du repré- 
sentant légitime de la dynastie régnante. Il est bon de remarquer à ce 
sujet que les rédacteurs qui faisaient partie de la commission nommée 
par Tif dire ont envisagé ces Trinh sous un point de vue bien différent 
de celui qu'avaient adopté les lettrés auteurs des anciennes 
Annales. Ils les qualifient nettement d'usurpateurs et n'hésitent pas à 
employer le nom de « crime » pour flétrir énergiquement leur con^ 
duite. Cest qiCils écrivaient sous le règne et d'après l'inspiration même 
de l'un des descendants du grand Gia long, qui considérait la dynastie 
fondée par lui comme ayant succédé régulièrement à celle des rois 
Le. Et en fait, comme le dity ce me semble, avec tme grande justesse 
de vue M. l'abbé Launay dans son excellente Histoire ancienne et 
moderne de tAnnam, « la domination des Nguyên sur le Tonkin ne 
fut pas une véritable conqiiête, La Cochinchine n'avait jamais formé 
en droit qiCun seul royaume ^ soumis aux rois de la dynastie des Le 
mais divisé en deux parties dans tune desquelles commandaient les 
Nguyen, et dam l'autre les Trinh. A l'avènement de Gia long ces 
deux parties furent réunies et soumises, en droit comme en fait^ à 
un seul souverain. Il y eut changement de dynastie, changement de 
capitale, mais non conquête du nord par le sud. » 

// faudrait traduire ici en entier presque tout le volume de préli^ 



X ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

minaires pour donner tin aperçu complet des nombreuses améliorations 
que les auteurs des nouvelles Annales ont introduites dans leur œuvre. 
On les trouve énumérées et clairement expliquées dans la section de 
ce livre intitulée « Phàm li(}t — Avertissements, » J'ajouterai simple- 
ment pour terminer que, fidèles en cela à la pratique des historiens 
chinois, ils ont cru de leur devoir de défigurer plus ou mottis les ca^ 
ractères qui font partie du nom des souverains défunts qui appar- 
tiennent à la dyjiastie régnante. Particulièrement dans le premier 
des signes qui forment le nom de Minh mang, aïeul de Vempereur 
T'f Av:c sous lequel ils ont composé leur livre ^ ils ne manquent jamais 
de noircir la clef^ ce qui donne du reste, à ce caractère un aspect 
assez disgracieux^ . 

On voit par ce qui précède quHl n'y aura plus désormais à regretter 
outre mesure que les anciennes éditions des Annales annamites soient 
restées à peu près introuvables. Les soins hUelligents apportés par 
la commission de savants que Ty dire a chargée de refondre ce grand 
travail, la scrupuleuse attention avec laquelle ils ont écarté ou rec- 
tifié ce qui leur paraissait seulement douteux nous so7it garants de la 
supériorité de leur œuvre sur toutes celles de même nature qui l'ont 



1. J'ui eu Toccasion de m^élendre à ce sujet dans un mémoire lu devant TAcadémie 
des Inscriptions et Belles-lettres sur le Chi lou koue kiang yu tchi. Voir aussi, au 
sujet de cette intéressante particularité des mœurs chinoises, une note placée à la 
page 107 de ma traduction du Tarn tu kinb. On serait peut-être en droit de penser 
quUl n'y a pus seulement là une marque de respect, mais que cette singulière 
coutume constitue aussi une des multiples manifestations de la crainte supersti- 
tieuse qui se mêle pour ainsi dire à tous les actes de la vie de cette nation. Sans 
parler des autres peuples de race jaune, et notamment des Annamites qui, comme je 
Tai signalé ailleurs, le possèdent au plus haut degré, ce sentiment va si loin chez les 
Chinois que, tant qu'ils n'ont pas pris quelque nourriture, ils ne peuvent se décider 
à prononcer aucun des mots qui se rapportent à Tidée de la mort. C*est au poin^ 
que pour éviter de le faire directement, on les entend parfois proférer à la suite 
Tune de l'autre ces deux interjections : « Ou hoû Ai tsail — Hélas I Hrlas! » que 
sont tirées des livres classiques (Lun yù, livre III, chap. vi, § 1, et Mencius, liv. IV> 
première partie, chap. x, §3) et qui seraient dans ce cas absolument incompréhen- 
sibles dans leur bouche, si Ton n'était pas au courant de cette particularité des 
mœurs de l'Empire du Milieu. 



PRÉFACE XI 



précédée^ et des secours sûrs et abondants qu'elle pourra fournir à 
ceux gui voudront faire une étude approfondie de cette histoire des 
pays annamites, si intéressante, si curieuse, et surtout si utile à con- 
naître pour nous. 



Abel des Michels. 



Versailles, ibaoût 1880 



LES 



ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 



ÉPOQUE PRIMITIVE 



hDng viraNG 

Il donxe au rotaume le nom de YIn lang et prend pour capitale 

Phong ceTlv 

Au sujet de (la dynastie) Hong bàng Ihj, il est dit tout d*abord 
que « Kinh du'orng vu'omg transmit Tautorité royale ». C'est le pre- 
mier souverain de notre pays de Yi^t. 

11 donna naissance à Lac long qu&n. Hùng vu'ong était le fils de 
ce dernier. Dans Torigine De minh% descendant à la troisième 
génération de Thân nông, V Empereur du feu *, s'étant, dans une 
tournée qu'il faisait dans le midi/ avancé jusqu'aux montagnes des 
Ngû lânh % y épousa une fille des Immortels appelée Vu. Elle donna 
naissance à un fils^ L^c t^c, qui fut doué d'une vertu parfaite \ De 
minh Tadmirait et l'aimait ; il voulait qu'il succédât au trône ; mais 
L^c t^c céda la dignité d'héritier présomptif à son frère aîné 
Nghi *. De minh désigna alors ce dernier comme son succes- 
seur, lui donna le gouvernement du Nord, et décerna à L^c 
tyc le titre de Kinh du'orng vu'omg, avec charge de gouverner 
le midi. Kinh du'orng vu'orng eut un fils qui porta le nom de Sùng 
lam et le titre de Lac long quân ^. Lac long qu&n épousa Au ki \ 
dont il eut cent enfants m&les, et fut ainsi l'ancêtre commun 
des cent Yi^t '. Il choisit l'alné de ses fils pour héritier du trftne 



2 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

SOUS le litre de Hùng viromg. Ce dernier fonda un royaume qu'il 
appela Van lang*, et dont la capitale fut Phong chau. Dix-huit 
générations se transmirent le trône, et tous ces princes portèrent le 
titre de Hùng vu'O'ng. 

 cette époque les habitants du pays, lorsquMls entraient dans 
Teau, étaient assez souvent blessés par les dragons qui s'y trou- 
vaient *°. Le Roi leur enseigna à se dessiner sur le corps, avec de 
l'encre, des monstres aquatiques. Â partir de ce moment ils furent 
délivrés de cette calamité. C'est alors que prit naissance la coutume 
de se dessiner des figures sur le corps. 

OBSERVATIONS. — Phoxg-chau. 

D'après le commentaire des anciennes Annales, ce serait le même 
pays que celui de Bach bac. Les mémoires géographiques de l'époque 
des T'àng '* le donnent comme comprenant cinq districts, et le Thâi 
binh hoàn vô ky , composé sous les Tông par Lac su* '^ en fait Tancien 
kiûn de Hoâ. C'est aussi l'ancien royaume de Yan lang. Aujourd'hui 
ce pays est représenté par le territoire des préfectures de Yinh 
tu'orng et de Làm dieu dans le Scrn t&y. 

Disons encore que dans le huy^n de Scrn vi il existe une montagne 
et un temple qui portent le nom de Hùng vu'O'ng, et font voir qu'il 
ne faudrait pas restreindre l'ancien Phong chau au simple terri- 
toire de Bach hac. 

Autre observation, — De minh n'a jamais fait de tournée dans le 
sud, et dire qu*il épousa une Immortelle est véritablement^' une 
étrange affirmation. Si nous consentons à la conserver ici, c'est 
pour transmettre (aux lecteurs) nos doutes (à ce sujet). 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — . . .dont il eut cent enfanU mâles. . . 

D'après les anciennes Annales Lac long quàn aurait épousé la 
fille de De lai nommé Au ki et elle aurait donné naissance à cent 
enfants mâles. D'après la tradition vulgaire elle pondit ceat 



HUNG VUONG 3 

œufs. Un jour L7C long quàn dit à Au ki : <c Je suis de la race 
des Dragons, et toi tu es de celle des Immortels. L'eau et le feu, qui 
se combattent, peuvent difficilement demeurer réunis » ; et, se sépa- 
rant d*elle, il fit le partage de leurs enfants. Cinquante fils suivirent 
leur mèrt) et retournèrent dans la montagne ; les cinquante autres 
restèrent avec le père et demeurèrent dans la région du Midi. Lac 
long quàn choisit Tainé pour héritier présomptif^ sous le titre de 
Hùng virang. 

. . . Dix-huit générations se transmirent le trône . . . 

D*après les Mémoires statistiques sur TAnnam de Cao hùng tru'ng, 
originairement, dans le pays de Giao chi, il n'existait encore ni 
quàn ni huyçn. A cette époque il y avait les champs (appelés) Lac, 
qui se modifiaient selon la hausse ou la baisse des marées. Ceux 
qui défrichèrent" ces champs s'appelaient le peuple Lac**; ceux qui 
commandaient à ce peuple étaient les rois Lac '^; et ceux qui leur 
étaient adjoints dans le gouvernement portaient le nom de chefs 
Lac*\ Tous avaient un sceau de cuivre avec cordon vert*'. Le 
royaume était désigné sous le nom de Yân lang. Les mœurs de ce 
peuple étaient pures et simples. C'est au moyen de cordes nouées*' 
que se faisaient les actes de l'administration. Dix-huitprinces se trans- 
mirent le pouvoir. 

Partage du royaume en quinze B^. 

Au commencement on partagea le royaume en quinze B$, dont 
voici les noms : 



Giao chi '« 
Châu vien 
Vô ninh 
Phu^crc l^c 
Vi(^t thu'cmg 
Ninh hài 
Du'o'ng tuyén 
Lyc hài 



Vô dinh 
Iloài hoan 
Ciru chorn 
Binh van 
Tàn hu'ng 
Ciru dire 
et Van lang. 



4 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Cestdans ce dernier b^ que le roi établit sacapitale'^ Son royaume 
confinait à Test à la mer du midi; à Touest il s*étendail jusqu'au 
Ba et au Th^c "« au nord jusqu*au lac de Dông dinh'*, et au sud 
il faisait suite au pays de Hô ton *\ 

ANNOTATION IMPÉRIALE 

Le poète dit : 

« Alors ses enfants niàlcs furent au nombre de cent. » 

G*est pour le louer de ce quil en avait un grand nombre. En 
examinant ce qui en est au vrai, on n*a jamais atteint ce chiffre. A 
plus forte raison comment aurait-il eu cent œufs ? Et si c'était exact, 
en quoi eùt-il différé des animaux? Pourrait-on encore le consi- 
dérer comme un homme ! Alors même qu*on le donnerait comme 
ayant avalé Tceuf de Thirondelle, ou comme ayant marché dans les 
pas du géant, ce ne serait pas encore un conte aussi baroque que 
celui-ci. C'est un mensonge qui ne vaut guère mieux que celui du 
personnage qui avait un corps de serpent et une tète d*homme^ ou 
de celui qui avait un corps d*homme et une tète de bœuf ! Ce sont 
là des choses dont on n*a pas le moyen de chercher lexplication. 

OBSERVATION 

Avant les Tran et les Le le territoire s*étendait à Test jusqu'à la 
mer. A l'ouest il confinait au Yùn nàn, au midi à Chièm thành *^^ 
et au nord au Kouàng si. Il était limitrophe du Kouàng long au 
nord-est, et au sud-ouest au Lao qua*\ En contrôlant cela au moyen 
des indications contenues dans tous les ouvrages de géographie, Ton 
voit que TAnnam s'étend à Test jusqu'à la mer, à l'ouest jusqu'au 
Yùn nân et au pays de Lao qua, au midi jusqu'à Chièm thành et au 
nord jusqu'au Kouàng sî; ce qui est, pour la plus grande partie, 
d'accord (avec les limites indiquées ci-dessus). Jusqu'au moment 
où les Saints Empereurs*' de notre dynastie entreprirent de sou- 
mettre le midi et où la main auguste de son fondateur, notre Cao 



HLNG VUONG 

hoàng de^' fixa les limites de notre pays" et réunit toutle Vi<Jt 
sous sa domination, il se terminait du côté de l'est à la grande 
meriàTouestil touchait le Vânnam(Yùnnân), au midi le Cambodge 
et au nord les deux Qaang(Kouàng*°). Jamais, jusqu'à cette époque, 
le territoire n*en avait été aussi étendu. Mais quant à ce qui est de 
confiner à Bong dinh, au Ba et au Thuc'*, ces régions-là en sont 
excessivement éloignées, et lorsque les anciennes Annales donnent 
le royaume de Van lang comme atteignant à l'ouest le Ba thyc et 
arrivant au nord jusqu'à Bông dinh, n'est-ce pas réellement sortir 
des limites de la vérité? 

Le pays de Bông dinh est situé'* entre les deux Ho (IIoù)" et se 
trouvait, en fait, au nord des cent Vi^t. Celui de Ba thvc, d'aulre 
part, en était séparé par les États de Tuan dien'^ (à présent dans le 
Yûn nân); ces pays ne sont point contigus (au Van lang). C'est là 
une extrc^vagvante exagération des anciennes Annales. Il en est à 
peu près de ces assertions comme de ce qui concerne les derniers rois 
de Thyc. Tout cela se rapporte à des traditions dénuées de fonde- 
ment et n'a point été vérifié. C'est d'autant plus évident que les 
quinze BO formés par la division (du royaume de Van lang) se trou- 
vaient tous en-deçà de ceux de Giao chi et de Chàu vien, et qu'il 
n'y en avait pas un seul dans le nord. C'est donc là une assertion 
dont on peut prouver la fausseté. 

ANNOTATION IMPÉRIALE 

Selon la géographie actuelle intitulée Thanh nhirt thôngchi''^, le 
Quàngtây" est voisin dullônam^\ du Hôbâc", duVânnam" et du 
Tir xuyên*®. Or ce sont précisément les anciens pays de Sô"*' et de 
Thuc; mais comment savoir où se trouvait leur limite extrême? 
Il y a longtemps que, pour la plus grande partie, les anciennes An- 
nales en ont perdu la tradition, et l'on n'a aucun moyen d'examen 
ni de détermination. Généralement tout est dans ce genre. 

A?!NALBS DE L'AnNAM 2 



6 ANNALES IMPEIUALKS DE l/ANNAM 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Les quinze B6. 

D*aprës le Dir dja chi de Nguyi^n tri, commentaire de Nguyen 
thièa iûngy le Som nam (représentant les territoires actuels de Hà 
n^iy Nam âjnh et Eû'ng an) formait Tancien B$ de Giao chi ; le 
S(rn tAy, ceux de Châu vien et de Phird'c l^c ; le Kinh bac (territoire 
actuel de Bac ninli), celui de Vô ninh ; le Thuàn hoà (aujourd'hui 
le territoire de liai \ï\ng dans le Quàng trj jusqu'à celui de DiC'u bàn 
dans le Quàng nam), celui de Vitjt thu'crng ; le An bang (actuelle- 
ment Qu-mg an), celui de Ninh hùi; le liai du'orng formait rancien 
Du'orog tuyèn ; le Lu*(yng sorn, l'ancien Lyc hài ; le Tliài nguyën et 
le Cao bîmg l'ancien Vô dinh, intérieur et exlérieur; le Ngh^ an, 
l'ancien Hoài qunn, le Thanh hoa l'ancien Giru chorn, le Hirog hoà 
et le Tuyèn quang l'ancien Tàn hu'ng. Les deux b^ qui restent, 
Bînh van et Giru duc, manquent (dans Touvrage de Nguyen tri). 

Maintenant, si nous examinons les Mémoires statistiques des 
Tsin^ nous y voyons que le quan de Gù'u dire a été institué par les 
Ngô. Aujourd'hui, c'est le territoire de la province de Hà tînh. 
D'après le commentaire des anciennes annales des Ho tôn^', ce serait 
précisément le royaume de Ghièm thành. Aujourd'hui c'est lo terri- 
toire de Binh dinh. 

NOMENCLATURE DES FONCTIONNAUŒS INSTITUÉS. 

Au début on institua des ministres qui portaient le nom de « Lac 
hau »^'. Les chefs militaires nobles s'appelaient « Lac tu'o'og »^^ Les 
Hiru ti^^ se nommaient « Bochành », les fils du Roi, "Quantang », et 
les filles « Mj nu'orng ». L'autorité royale passait du père au fils de 
génération en génération. Gela s'appelait « /a voie paternelle »*•. 

L'empereur Nghieu, des Dàng, ordonna au tro'sième frère du nom 
de Ili d'aller résider dans le Nam giao pour y régler ce qui concerne 
les transformations de Tété. 

D'après le Thakinh, chapitre Nghiêu dirn*^ l'Empereur ordonna 
au troisième frère du no:n de Ili de résider au Nam giao pour y 



nUNG VUONC 7 

régler et mellre en ordre ce qui concerne les transformations de 
Télé, et d'observer avec une attention révérencieuse les points ex= 
trêmes de Tombre. « C'est alors, dit l'Empereur, que le jour est le 
plus long, et Tétoile dominante est celle du Feu. Par elle vous 
déterminerez le juste milieu de Tété. La population est alors moins 
ramassée; pour les oiseaux et les animaux revêtus de poils, c'est le 
moment de la mue. )> 

ÉCLAIRCISSEMENTS tirés du Tliài ihi truy<}n. — Nam giao. 
C'est le pays des Giao chi, qui est situé dans le midi. 

. . . pour y régler ce qui concerne les transformations de l'été . . . 

Le Tbor kinh veut dire par là qu'au temps de l'été les choses gran- 
dissent et pullulent, ce qui constitue le fait de la transformation ^^ 
D'après le ïbông cbi de Trjnb tiéu*', le troisième fils de la famille 
Hi résida au Nam giao pour y régler les transformations du midi et 
déterminer par là exactement le solstice d'été*®. 

Première ambassade envoyée chez les DA^G. — Offre d'une 

TORTUE MERVEILLEUSE. 

D'après le Cang myc de Kim ly tu'ang** (section prélimi- 
naire), dans la cinquième année Mo th&n^^ du règne de Tempereur 
Nghièu de la dynastie des Dàng le prince de Viet tbu'o'ng vint 
aux bommages, et offrit une tortue merveilleuse ^^ 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — ... une tortue merveilleuse . . . 

D'après le Tbông cbi de Trjub tiéu, dans le midi se trouvait, au 
temps de Dàng^*, un prince de Vi^t tbircrng. Usant deux fois d'inter- 
prètes, il vint aux hommages et offrit une tortue merveilleuse. Or 
cet animaP^ avait plus de trois pieds dans tous les sens. Son dos 
portait, en caractères K'o teèu^*, Tbistoire du monde depuis sa 
création. Ngbièu ordonna de la copier, et désigna cette copie sous 
le nom de « Caletidrier de la Tortue ». 



8 A.NNALES IMPÉLIALES DE L'ANNAM 

Envoi d'ambassadeurs a la cour des Chau*^ et offre D^vy 

FAISAN BLANC. 

D'après le Si* ky*', en la sixième année Tân rnoo*^' du règne de 

t 
l'empereur Tliànli vyorng^^ des Chàu, au midi de Giao chi se trouvait 

uu prince de Vicjt thiràng'* qui, au moyen de trois interprétations 

successives, vint et offrit un faisan blanc. Châu công*' lui dît • 

« Lorqu'un peuple n'a pas eu part aux avantages que procure sa 

vertu, un sage prince n'accepte pas de présents d'hommages; et ceux 

auxquels il n'a pas transmis les ordres de son gouvernement, il ne 

les considère pas comme ses sujets. » 

Par l'intermédiaire de l'interprète (le prince de Vi(»t thu*crng) lui 

répondit : « Les vieillards vénérables de notre nation ont dit : 

(c Depuis trois ans le ciel n'a plus de vents violents ni de pluies 

excessives, et la mer ne soulève plus de vagues. Cela ne veut-il 

pas dire que dans la Chine se trouve un Saint homme? » C*est 

pour cela que nous sommes venus aux hommages ». Chàu công les fit 

présenter dans le temple des ancêtres. Comme les ambassadeurs ne 

savaient quel chemin prendre pour s'en retourner, il leur donna 

cinq chars légers ornés d'écrans, qui se dirigeaient tous au moyen 

de la boussole". Les ambassadeurs, montés sur ces chars, passèrent 

par le Phô nam^'*, le Lâm ap" et le bord de la mer. Aubout d'un an 

ils arrivèrent dans leur pays. 

ÈCLAIKGISSEMENTS. — Le Phô nam. 

D'après le Phu'a'ng du* ky yeu, le royaume de Phô nam se trouvait 
dans le quan de Nh\rt nam^^ à l'ouest de la mer du midi, dans une 
grande île" siluée au sud-ouest du royaume de Làm ap. Du nord (du 
Phô nam) au Nh^jrt nam il y a sept mille lis. De l'ouest du même 
pays au Lâm àp, il y en a plus de trois mille. C'est aussi le chiffre 
de son étendue. 

Le Lam ap. 

C'est le nom d'un royaume. Pour les éclaircissements, voir 



HUNG VUONG 9 

voir plus loin ce qui concerne la neuvième année Vînh hoà" de 
l'empereur Mue de des Tan postérieurs". 

Phan, roi de Tnuc, vient faire invasion. — Le roi de Van lang 
SE précipite dans un puits et meurt. — Destruction de ses états. 

Au début, le roiHùng Virorngavail une fille nommée Minaang". 
Le roi de Tbuc Tapprit et envoya des ambassadeurs pour la de- 
mander en mariage. Les Lac hâu'* l'en empêchèrent en disant: « Ce 
mariage n'est, de sa part, autre chose qu'un prétexte à des machi- 
nations contre nous. » Le roi renonça alors à son projet. Celui de 
Thuc en conçut une haine profonde. Il enjoignit à son fils et à son 
petit-fils, ses successeurs héréditaires, de détruire le royaume de 
Van lang. Lorsque vint le règne de son petit-fils Thyc Phân, ce 
dernier, brave et plein d*astuce, attaqua Ilùng virang" à plusieurs 
reprises. Dans l'armée de ce dernier, officiers et soldats étaient 
pleins de valeur. Il marcha contre l'ennemi, et le défit aussitôt. 
Alors il se dit : « Je suis doué d'une force divine ! Thijic ne me 
craindrait-il pas? » et il se plongea dans Tivresse, s'abandonna à 
la joie des festins et négligea son armée. L*armée de Th^c fit irrup- 
tion. (Le roi Hùng vu'orng) n'avait pas encore repris ses sens. Lors- 
qu'il se vit serrer de près, il vomit le sang et courut se jeter dans 
un puits. Ses troupes mirent bas les armes et firent leur soumission. 
Le royaume de Van lang n'existait plus. 

OBSERVATIONS 

La section Ngoai k;^ des anciennes Annales débute par le roi 
Kinh du'O'ng, de la famille Hong bàng, qui aurait reçu l'investiture 
dans l'année Nhàm tuât. Il serait contemporain de l'empereur De 
nghi, et son pouvoir se serait transmis à sa descendance jusqu'à 
l'extinction de la dynastie des Hùng vircng, qui correspond à la 
cinquante-septième année de Nân virang, des Châu" et à la fin de 
Tannée cyclique du nom de Qui mço^*. Ces Hùng vu'O'ng auraient 
régné en tout deux mille six cent vingt-deux ans. Nous ne savons 



\0 ANNALKS TNPKRIALES DE I/ANNAM 

OÙ l'on pourrait trouver la preuve de ce fait, que nous conservons 
ici comme matière à investigation. 

ANNÉE CYCLIQUE GiXp THÎN " 

Thuc. — Premirro annt'e de An du'o'n^. 

Châu. — CinijuanlP-huilit^me ann«;o do Njïn viro'np. 

Le roi de Thuc, devenu maître de Van lang, change le nom de ce 

ROYAUME EN CELUI DE Au LAC, ET ÉTABLIT SA CAPITALE A PhONG KÊ. 

D*aprës les anciennes annales, ce roi avait pour nom de fanaille 
Thyc. Son nom posthume était Phàn. Il était du pays de Ba ihyc. 
En ce temps-là, lorsqu'il eût réuni le Van lang à sa couronne, il 
changea lo nom de ce royaume en celui do Au 1î)c et établit sa ca- 
pitale à Phong khè'*. 

OBSERVATIONS 

Dès la cinquième année de Than tjnh des Chûu" le royaume do 
Thuc avait déjà été anéanti par les Tan"*. Comment aurait-il pu, do 
nouveau, avoir un roi "' ? Bien plus, nous avons encore aujourd'hui 
les pays des Kién vi*° (maintenant lo Vân nam'*), des Da lang", des 
CôDg", des Tac*'*, des Nhièm*' et des Mông** (anciens barbares du 
sud-ouest, appartenant maintenant au VAn nam), qui étaient àdeuxot 
trois mille lis (du Thuc). Comment ce dernier royaume aurait-il pu, 
de si loin, enjamber ces étals pour se réunir au Van lang? 

Les anciennes annales parlent d'un petit-fils du roi de Thyc qui 
se nommait Phàn, et elles disent d'autre part que le roi An du'orng 
eut pour nom patronymique Thuc, pour nom posthume Phân, el 
qu'il était originaire du Ba thyc! Peut-être existait-il, au-delà des 
frontières du nord-ouest et dans le voisinage du Van lang, un per- 
sonnage dont le nom patronymique était Thyc et dont on aura fait 
un « roi de Thyc ». C'est encore là une chose qu'on ne peut savoir; 
mais parler du roi de Thuc el le donner en outre comme un homme 
du pays de Ba thuc, c'est avancer une erreur certaine. 



HUNG VUONT. 11 



ÉCLAIRCISSEMENTS. — Phongkhô. 

Ce que nous appelons aujourd'hui de ce nom est l'ancien Loâ 
thành, dans la province de Bac ninh, arrondissement de Bông ngan 

Au lao. 

D'après le Cô hi phùng du* dia chi", le pays de Giao chi s'appelait 
Lac vi^t sous les Chàu, et Au occidental sous les Tun. Le Au lac 
occidental se trouvait, en outre, à Touest de Phiên ngu. 

D'après le Giao Quàng k;^ de Hoàng Iham"', dans le Giao chi se 
trouvait ce qu'on appelait « les champs de Lac ». C'étaient des terres 
qui dépendaient des vicissitudes des marées. Les habitants vivaient 
de leur produit et portaient le nom de Lac hàu*^ Les chefs de 
district s'intitulaient Lac tu'O'ng'®. Dans la suite le fils du roi 
de Th\ic, à la tète de son armée, porta la guerre chez les Lac 
hâu, prit le titre de An diro'ng vu'cmg, et établit à Phong khê le 
siège de son gouvernement. 

ANNÉE CYCLIQUE BINH NGO 

Thac. — Troisième année de An du o'ng. 
Châa. — Première année dt.i Dông Chàu quân. 

Achèvement de la ville de Loa thanh au troisième mois du printemps. 

Le Roi bâtit une ville au pays de Phong khè'*. Elle avait dix mille 
tchâng** d'étendue. Gomme elle se contournait en spirale à la ma- 
nière d'un limaçon, elle reçut le nom de. Loâ thành". On l'appelait 
aussi Tir long thành. 

OBSERVATIONS. — Loa thành. 

D'après l'Annam nam chî de Cao hùng tru-ng, à l'origine la 
ville de Loâ thành se trouvait dans le district de Bông ngan. Sa 
forme contournée la faisait ressembler à un limaçon. La fondation 



12 ANNALKS IMPÉRIALES DE I/ANNAM 

en remonte au roi Au du'a'ng. Elle présenlait neuf étages de cour- 
bures, cl on rappelait aussi Khà lu thành*^ Dans Tintérieur se 
trouvait le palais du roi Au duang. Les anciennes fondations en 
subsistent encore. 

Tu' long thinh. 

Sous les Dàng'% les Chinois l'appelaient Côn lôn thành**. On en 
disait les remparts extrêmement élevés 



97 



ANNÉE CYCLIQUE DINII HO*I 

Thuc. — 4-4« année de An du'o'n^* vu'o'np. 
Tâa. — 33» année de Thi hoàng. 

Les Ïan envoient Do tuy et l'annaliste Lôc pour s'empareu dc 
Llnh nam et constituer le quan de Tu'o'ng. 

En ce temps là, comme les Tan convoitaient la grande quantité 
de perles que renfermait le Vi^t, et voulaient en diviser le terri- 
toire en quîm et en huy^n, ils envoyèrent dans toutes les directions 
des troupes formées de gens sans feu ni lieu, de bouches inutiles 
et de marchands dont ils donnèrent le commandement à un Hi^u 
liy®», du nom de Dô tuy. L'annaliste Lôc creusa un canal pour trans- 
porter les vivres. Il pénétra profondément dans le Linh nam, s'em- 
para du pays de Luc lu'O'ng et constitua les quan de Quêlâm*% Nam 
hài *°° et Tu'crng *°*, pour servir dc séjour aux condamnés à lagarde des 
frontières. Les habitants dc Virt s'enfoncèrent tous dans les fourrés 
et dans les jungles; aucun d'eux ne voulut servir les Tan. Ils se 
mirent secrètement sous les ordres d'hommes distingués par leur 
courage et leurs qualités, attaquèrent les troupes de Tan et tuèrent 
le uf Dô tuy. 

ËCLAIRCISSEMblNTS. — L'annaliste Lôc creusa un canal pour 

transporter les vivres. 

D'après les livres qui nous restent de Au dai nhâm sur le Linh 



HUNG VUONG 13 

nam*", Tannalisle L^c était un homme originaire du Vi^t. A celte 
époque, les Tan attaquèrent les cent Viijt. Ils chargèrent le uy Do tyy 
d'expédier des troupes en cinq corps d'armée, et envoyèrent Tanna- 
liste Lôc avec mission d'assurer le ravitaillement des troupes et de 
creuser des canaux pour faire arriver les approvisionnements. L$c, 
considérant qu'en partant de la source qui se trouvait sur la route 
de Du'O'ngso'n "' (dépendance de Phiên ngu), en se dirigeant vers le 
nord par la rivière Tu*o*ng*" pour entrer dans le Dung giang de Sôr 
ou Tang ca'""^ en descendant ce fleuve et en entrant au midi dans la 
mer la circulation des approvisionnements s'opérait péniblement, 
prit ses mesures, construisit un barrage pour détourner les eaux et 
forma, au moyen de pierres empilées les unes sur les autres, des 
canaux au milieu du sable et des rochers*^. Il divisa ainsi le courant 
du Tiromg, le canalisa^ le fit refluer de soixante lis et établit 
trente-six portes d'écluse. Au fur et à mesure que les bateaux fran- 
chissaient une porte, on la refermait derrière eux afin que les eaux, 
entrant peu a peu, s'accumulassent. On put ainsi monter en con- 
tournant le bord des montagnes, et redescendre au moyen de tuiles 
creuses *«^ établies à cet effet. De cette manière la circulation des 
bateaux fut assurée, et de plus l'irrigation des champs facilitée. 
Cet ouvrage reçut le nom de Linh cîr [Canal merveilleux^^ . 

D'après le Thâi binh hoàn vô k;^ de Lac su*, écrivain du temps 
des Tông, les Tan creusèrent un canal à vingt lis au sud du chef-lieu 
du district de Hirng an*"' (dépendant aujourd'hui du châu de Que). 
Le cours de la rivière Ly est celui-ci : partant de l'hubac du mont 
Gié san, elle se porte dans la direction du nord-ouest jusqu'au sud- 
ouest du district, point où elle se réunit au Linh cir*'", pour se di- 
viser, cinq lis plus loin, en deux cours d'eau distincts. Ce canal est 
celui que les Tan ordonnèrent à l'historiographe impérial Giâm l^c 
de creuser depuis Linh lâng*** jusqu'à Que lâm*". 

Les Luc lu'o'ng. 
Nhu* thuan dit qu'ils se trouvent dans le Giangnam*". On lit dans 



n A.N.NALES IMPÉRIALES DE l/ANNAM 

le Chânh nghla que parmi les habitants du Linh nam, beaucoup 
habitent dans les montagnes et les lieux élevés, et qu'ils sont, par 
nature, portés nu brigandage: cVst pourquoi on les appelle Luc 
u-orng'^. 

Que* lâA, Nam lui, Taong quia. 

D*aprës le Linh ngoai dai dap ngôn de Chàukhir"% auteur du 
temps des Tông"*, (ces trois pays) constituaient Tancien territoire de 
Ba vi(}t. Après que Tan thl hoàng de'" eut réuni l'empire sous si 
domination, les montagnes furent attaquées et des routes les 
traversèrent; le Vi<}t de Bjoh du'orng fut conquis et forma les quào 
de Nam hài , Que lAm et Tugng. Aujourd'hui le Quô làra des Tan 
est devenu le Quàng tây"*, leur Nam hài le Quùng dông"*, et leur 
quAn de Tirgrng le Giao chi'**. L'empereur Vô de'*' des Hân pacifia 
le Nam hài. Il forma aux dépens du Que làm des Tan deux circons- 
criptions qui furent appelées Mîit làm et Thu'omg ngô***, et en tira du 
quàn do Thu'omg trois autres qui prirent le nom de Giao cbi, Ciru 
chon'" et Nhat nam. De plus, au moyen d'une légère portion 
réservée dans les territoires du Nam hài et du Quàn de Tu'grng, il 
forma celui de Hièp phô'**. Alors, partant de Tîr van'", il traversa 
la mer et s'empara des deux qui^n de Hài nam nommés ChAu nhai 
et Bam nhî'". Il créa un thû* sur"' du Giao châu. 

Los Ilàn, en divisant le pays en neuf quan, suivirent les eiTements 
des Tan. Ils réunirent ces quan sôus une autorité commune et il n*y 
eut qu'un thiV siV, celui du chiïu de Giao. Lorsque vint Tépoque des 
Ngô, co chAu fut divisé on deux, et c'est do là que date le nom de 
Giao quàng. En ce temps-hï, le Giao avait pour métropole Long 
bien; celle du Quàng était Phièn ngu. Quant à Tadministration, elle 
était la même que sous les Hân. La résidence du général en chef 
fut seulement déplacée. Sous Tempereur Cao tông des 0àng*" fut 
créé pour la première fois, à Giao châu, un B6 h^ phù'** de TAnnam; 
et la dynastie actuellement régnante, au milieu des années Hoàng 
hyu, a établi des Au phù kinh lu'gc dans la région à Touest de Que 



HUNG VUONT, 15 

lAm. L'institution des Soài phù a la mémo origine. Ils ont fait 
jusqu'à ce jour partie des circonscriptions administratives de Que 
làm, de Phiên ngu et de Long bien, parce qu'on a voulu soit corro- 
borer, soit rétablir les institutions des Tan. 

APPENDICE 

D'après les anciennes Annales, il y eut en ce temps-là, dans 
notre pays de Giao chî, un homme natif de Tir liém"* dont le nom 
était Ly ông trçng. Il avait deux tru'çrng et trois xich de haut. Étant 
entré dans l'administration, les Tan le nommèrent Tir !é hi(}u ùy et 
le mirent à la tète d'une armée chargée de la garde du Lâm dào'". 
Sa réputation faisait trembler les Huns. Lorsqu'il fut devenu 
vieux, il retournadans son pays et mourut. L'empereur Thl hoàng'", 
le regardant comme un être merveilleux, fit fondre sa statue en 
cuivre et la plaça à la porte Tu* ma du palais de Hàm du'orng. Le 
ventre de cette statue contenait quelques dizaines d'hommes qui s'y 
cachaient et la faisaient mouvoir. Les Hun^, la prenant pour le 
Hi(Ju uy vivant, n osaient violer les frontières. Plus tard, à l'époque 
des Bàng'", Tri^u xu'O'ng, Dô h^ du chî\u de Giao, rêvait toutes les 
nuits qu'il expliquait avec Ông trçng la section Ta thj truy<Jn"* du 
Xuân thu*". Lui en ayant demandé le motif, il lui éleva un temple 
dans son habitation et lui offrit des sacrifices"*. Jusqu'au moment 
où Cao biOn s'empara du Namchiêu'" par la force des armes, Ly 
ông trçng était apparu souvent, exauçant les prières, aidant et 
secondant (l'Empereur). Aussi (Cao bi^n) reconstruisit son temple, 
et fit sculpter en bois sa statue. Il donna à la pagode le nom de 
« temple de Ly hi^u uy ». 

KGLATRC1SSEMENTS. — Ly ông trong. 

D'après les Mémoires statistiques sur l'Annam de Cao hùng 
Iru'ng, L^ ông trçng avait une taille de deux trirçrng et trois xich ; sa 
nature était sincère et droite, et il différait grandement des hommes 



16 ANNALES INPÉRIALES DE I/ANNAM 

ordinaires. Dans sa jeunesse il fut employé dans un district. Ayant 
reçu la bastonnade par les ordres d'un do vu'u*", il dit en gémis- 
sant : « La vie d'un homme doit-elle donc se passer ainsi ? » et aus- 
sitôt il entra en Chine "\ Il étudia les livres classiques et les Annales, 
et devint fonctionnaire des Tun. L*empereur Thi hoàng lui donna 
le commandement d'une armée pour la garde du Làm dào. Sai^ 
nommée fit trembler les Huns, et les Tan basèrent sur lui les plos 
grandes espérances. Lorsqu'il mourut on fondit aussitôt sa statue 
en bronze, et on la plaça en dehors de la porte Tu* ma du palais de 
Ilàm du'O'ng. Le ventre de celte statue pouvait contenir quelques 
dizaines d'hommes. Lorsque des Huns venaient chez les Tan, en 
la voyant ils le croyaient encore vivant. 

Le Dai thanh nhût thông chi^^° et le Quàng du k^* de Lçc U 
sanh'*' le désignent tous deux sous le nom de Nguyen ông trçDg. 

Le temple du hi^u u^' Ly. 

Ce temple fut élevé dans le pays de Hà n^i, au village de Thoai 
hu'orng"* du district de Tir liêm. Il existe encore, 

Lftm dào. 

C'est le nom d'un district. Sous les Tan il dépendait du quân de 
Lûng tây**\ C'est aujourd'hui le territoire de Lâm dào phii**\ qui 
fait partie de la province de Thiem tAy*'* des Thanh***. 

Nam chiôu. 

Pour les éclaircissements, voyez ce qui concerne la sixième année 
HOî xu'ang*" de l'empereur Vu tông*^* des Dàng***. 

Les TiSn donnèrent à NhAm hièu'"* le titre de uy du Nam hài*", 
et chargèrent Tri^u dà*" du gouvernement de Long xuyèn*". 

Ces deux personnages avaient été envoyés par eux, à la tète de 
cinq cent mille hommes du peuple condamnés à l'émigration, pour 
garder les Ngû lânh. Ils formèrent aussitôt le plan de détacher à 
leur profit ce pays de l'empire***. 



HUiNG VUONC; 17 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Long xuyôn. 

Cesl le nom d'un district. Il appartenait au Nam hài. Aujourd'hui 
c'est le territoire de Tuun châu'". 



Les Ngu lanh 



15G 



Dans le Nam khang k;^ de I>ang dire minh il est dit : « En ce qui 
concerne les Ngû lânh, le premier d^entre eux est au pic de I>ài, 
lânh*"; lesecond est au pic deKi dién"', dans le Dai dû*^' ; le troi- 
sième, à celui de Bô bàng*®° dans le Que du'O'ng"'; le quatrième, au 
pic de Manh chu* dans le Ciru chorn (aujourd'hui province de Thanh 
hôa)*®*, et le cinquième, à celui de Vitjt thành'*' dans le Lâm ha ***, pays 
qui fait partie de Thl an*'\ Le Quang châu kf*^ de Bùi uyên"' dit 
que les Ngu làm sont I>ai dû, Thl an, L&m ha, Que du'O'ng et Kiçt 
du'crng. Ils se trouvent aujourd'hui sur la limite des deux Quàng. 

Phu'orng dî tri**' observe que le Ciru chorn est trop éloigné. Il faut 
tenir ce qui suit pour la vérité. D'après le Lanh ngoai dai dàp*** de 
Châu khir phi, depuis les Tan on a parlé des Ngû lanh, et ce sont tou- 
jours des montagnes que l'on a désignées ainsi ; mais^ en examinant 
la question, c'étaient en réalité des routes par lesquelles on pénétrait 
dans la chaîne "^ Ces cinq lanh ne sont pas nécessairement des 
montagnes. Le premier de ces passages conduit du pays de Dinh, 
dans le Phu'dc kien*'*, à celui de Tuiîn mai, au Quàng dông. Le 
second partant du pays de Nam an dans le Giang lây*", franchit le 
Dai dû et pénètre dans le Nam hùng"*. Le troisième mène de Thâm, 
dans le Ilô nam*'* à Lien, le quatrième, de Dao*'' à IL7 dans 
le Quàng tày*^% et le cinquième, de Tuyén '" à Tjnh giang*'*. 

ANNÉE CYCLIQUE TAN MEO 

Thuc — 48<? année de An du'ong v'u'ong, 
Tân. — 37« année de Thi hoang "». 

NuAM niÊu ET Triêu da, généraux des Tan, viennent envahik le royaume 



18 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

DE Thlc. Le roi traite avec le second, qui licencie aoif armée et 
s'en retourne. 

Tri^u dà envahit (le royaume de Thyc). Il campa au Bac giang*^ 
et au mont Tien du. Le roi lui barra le chemin avec son armée. 
Hi^u, à la tète d'une flotte, se trouvait alors à Tièu giang^*'; mais il 
tomba malade et, battant en retraite, il réunit ses troupes à celles 
de Tri(m dà. Ce dernier transporta son camp à la montagne de Vô 
ninh. Le roi lui céda le territoire situé au nord du Binh giang et 
fit la paix. Alors Trit^u dà mit son armée en retraite et s*en retourna. 

D*après les anciennes Annales, lorsque Tri^u dà envahit le pays, 
ayant assis son camp au fleuve Bac giang et au mont Tien du, il 
livra bataille au Uoi. Ce dernier tira sur lui avec une arbalète sur- 
naturelle etTri^u dà, vaincu, s'éloigna. En ce temps-là Hiêu avait 
sa flotte à Tièu giang. Il tomba malade et s*en retourna. « Les Tan 
sont perdus ! » dit-il à Tri<}u dà « et si au moyen de quelque strata- 
gème, Ton abattait la puissance de Th^c, on pourrait fonder uo 
royaume ! » Trieu dà, sachant que le Roi était possesseur d'une 
arbalète surnaturelle et qu'on ne pouvait lui résister, recula, se 
cantonna dans la montagne de Vô ninh, et envoya un émissaire 
pour traiter de la paix. Le Roi s'en réjouit ; prenant le Binh giang 
pour limite, il attribua à Tri^u dà le territoire au nord de ce fleuve, 
et conserva le midi sous son autorité royale. Tri(}u dà envoya en 
olage son fils Trung thi, ce qui amena une demande en mariage. 
Le roi donna sa fille Mîchâu, à Trung thi. Ce dernier put alors, en 
séduisant Mîchàu, examiner en cachette l'arbalète surnaturelle. Il 
en changea secrètement le ressort, prétexta le désir de visiter ses 
parents, et s'en retourna dans le nord. « Si, lorsque je reviendrai, 
dit-il à MI chàu en lui faisant ses adieux, nos deux pays avaient par 
hasard cessé d'être en paix, quel serait le signe de reconnaissance 
au moyen duquel nous pourrions nous voir? » — « J'ai », lui dit M 
chîlu » un coussin brodé rempli de duvet d'oie, sur lequelje m'appuie 
toujours. Lorsque j'arriverai à une bifurcation de route, j*arra- 



I 



HUNG VUONG 19 

cherai de ce duvet. En le reconnaissanl, vous pourrez savoir où je 
suis. Trung thi, de retour dans son pays, informa de cela Tri<}u dà, 
et ce dernier se décida à envahir (le pays de Thijc). 

ÉCLAIRCISSEMËM S. — La montagne de Tien du. 

D*aprës le livre intitulé « Ânnam chi » de Cao hiing tru'ng, dans 
Torigine cette montagne portait aussi le nom de Lankha^". Elle se 
trouvait dans le district de Tien du. Au sommet se voit le rocher 
de rÉchiquier. Si Ton en croit la tradition, comme un bûcheron y 
regardait deux Immortels assis vis-à-vis Tun de Taulre et jouant 
aux échecs, sans qu'il s'en aperçût le manche de sa cognée se brisa '^\ 

Tiôu giaag. 

Ce Tièu giang est le même que celui du phii de Dô hç. Dans la 
suite on Ta pris par erreur pour Dông hô tân*'*. Aujourd'hui Ton 
a perdu tout moyen d'éclaircir cette question. 

La montagne de Vo ninh. 

D'après le livre intitulé « Annam chi» de Cao hùng tru'ng, cette 
montagne se trouvait originairement dans le Chàu du même nom. 
Au sommet se dresse le pic de Tlnh thiiy^ en haut duquel se voit un 
serpent de pierre nommé Ngçc kinh. (Le châu de) Vô ninh est au- 
jourd'hui le district de Yô giang. 

Le Binh giang. 

Autrement nommé Thiên dire giang. *" C'est une branche du Lô 
giang*" qui se divise à Dông ngan*" et va plus bas se réunir au 
Binh than giang*'*. Il porte aussi le nom de Dông ngan giang. 

L'arbalète surnaturelle. 

D'après la section Ngoai k;^ *" des anciennes Annales, au commen- 
cement, lorsque le roi*'® bâtissait la ville de Lod, elle s'écroulait au 



20 ANNALSS IMPÉRIALES DE I/ANNAM 

fur et à mesure qu'il Télevait. Alors il jeûna et pria. Il allait recom- 
mencer les travaux de construction, quand un génie lui apparut 
tout à coup à la porte du Sud. Comme le roi l'interrogeai t, il lui 
dit : « Attendez l'arrivée de l'Envoyé du Fleuve limpide. » Le len- 
demain matin il aperçut une tortue d*or qui nageait à la surface du 
fleuve. Elle vint à lui, et se servant du langage humain, elle lui dit 
qu'elle était l'envoyé qu'il attendait. Plein de joie, le Roi Tinvita à 
venir dans son palais), et lui demanda pour quelle raison la ville 
s'écroulait ainsi. La tortue d'or lui fit alors connaître le moyen de 
chasser les esprits malfaisants"*. (A partir de ce moment), on n'avait 
pas travaillé quinze jours que la ville était achevée. La tortue d'or 
prit congé et s'éloigna. Le roi la remercia, et la pria de lui donner 
quelque chose qui lui permît de repousser les insultes des ennemis 
extérieurs. La tortue détacha un de ses ongles et le lui donna. 
Le roi ordonna à l'un de ses grands officiers, nommé Nghi^t lu, de 
fabriquer une arbalète et de se servir de l'ongle pour en faire le 
ressort. Il appela cette arme « rarbalète surnaturelle de V ongle dor 
à la mystérieuse clarté'^ ». Quand on en décochait un trait l'ennemi 
était repoussé en un clin d*œil; mais ce n'est là qu'une fable dénuée 
de fondement, et nous l'avons retranchée du corps du présent 
ouvrage'". 

Dans la section IMam Vi(}t chi"* du Thâi binh hoàn vo k^*** composé 
par Lac sir*** sous les Tông*", il est dit : « Le roi An doru*ng résidait 
à Giao châu**". Le u^ Tri(»u dà leva des troupes et l'attaqua. Le Roi 
était assisté par un homme doué de facultés surnaturelles, nommé 
Nghi(d thông, qui lui fabriqua une arbalète. Lorsqu'il en décocha 
un trait, il tua aux assaillants dix-mille hommes. Lorsqu'il en eût 
tiré trois, trente mille ennemis avaient mordu la poussière. Tri^u 
dà, ayant découvert la cause (de ce prodige), opéra sa retraite et se 
cantonna à Yô ninh. Il envoya alors (au roi) son fils Trung thi en 
qualité d'otage, et demanda à nouer avec lui des relations d* amitié. 
Dans la suite An dorirng traita mal Nghi<H thông, et ce dernier le 
quitta. Le roi avait une fille nommée Mi châu. Cette dernière ayant 



HUNG VLONG 21 

VU que Trung Ihi était beau et de belles manières, ressentit de Tin- 
clination pour lui. Trung thi la séduisit et lui demanda à voir Tar- 
balètc surnaturelle. Mi châu la lui ayant montrée, il put en détruire 
le ressort, et envoya aussitôt un courrier à Tri(}u dà pour le prévenir 
de cela. Triçu dà mit de nouveau son armée en marche et attaqua (le 
Roi) à rimproviste. Lorsque l'armée ennemie arriva, An du'ongtira 
son arbalète comme auparavant; Tarme se brisa^ et toute l'armée 
(de Thuc) s'enfuît en désordre. Tri^u dà la défit. 

ANNOTATION IMPÉRIALE 

Le mariage avait causé sa victoire, le mariage aussi causa sa 
défaite. Les voies du Ciel sont droites! Dane la rétribution, il est 
très prompt et ne peut se tromper. 

ANNÉE CYCLIQUE QUI TI ••» 

Thnc — 50o année de An du*o'ng vu'o'ng. 
Tan. — 2« année de Nhi lhé\ 

TrIÊU DA, GÉNÉRAL DES TaN ^°°, FAIT DE NOUVEAU INVASION. Le RoI, BATTU, 

s'enfuit et meurt. Fin du royaume de Thuc. 

Au début Nhâm hiêu tomba malade et mourut. Il avait dit (aupa- 
ravant) à Tri^u dà : « Les TiSnsont des princes qui n'ont pas de règle 
de conduite » et l'empire souffre de cela. J'ai appris queTran thâng"* 
et d'autres fomentent le désordre, et le cœur du peuple ne sait sur 
qui s'appuyer. Ce pays-ci est écarté; il est éloigné (du centre de 
Tempire). Je crains que les brigands ne l'envahissent et ne viennent 
jusqu'ici commettre leurs méfaits. Je voudrais lever des troupes, 
couper les roules des hauteurs et me préparer (aux événements), 
en attendant que les grands vassaux aient changé l'état des choses. 
En outre Phièn ngu (Nam thành sous les lîân*") est un territoire 
chargé de montagnes et sillonné de cours d'eau'°' sur des milliers de 
lis, à Test et à l'ouest. Un bon nombre de Chinois nous aideront, et 
nous pourrions fonder un royaume. Parmi les fonctionnaires élevés 

AnNALES DB l'Anmah 3 



22 AN.NALKS IMPÉIUALES DE L'AN.NAM 

du quân il n*en est pas un qui soil assez capable pour qu'on puisse 
délibérer avec lui sur cette aifaire; c*est pourquoi je vous ai expres- 
sément appelé pour vous l'exposer ». Et incontinent il écrivit une 
lettre dans laquelle il ordonnait à TriOu dà de se rendre à Nam liai. 
Lorsque le u;^ Hieù fut mort, Tri^u dà dépêcha aux passes de 
Hoành phô*°\ de Du'omg sorn*®' et de la gorge du Iloàng"* un appel 
aux armes dans lequel il disait ceci: « L'armée des brigands arrive ! 
Il est urgent de couper les routes des hauteurs et de réunir des 
troupes pour nous garder. » Lorsque cet appel arriva, les habitants 
des ch&u et des quàn y répondirent tous. A la suite de cela Tri^u 
dà, sous des prétextes légaux, fit tuer les uns après les autres les 
employés supérieurs institués par les Tun^ et mit en surveillance 
toutes les personnes de leur famille; puis il envoya son armée contre 
le Roi. Ce dernier, ignorant que le ressort de son arbalète n'était 
plus à sa place, se disait en riant en lui-même : « Tri(Mi dà ne craint- 
il donc plus ma mystérieuse arbalète? » Comme les troupes de son 
ennemi le serraient de près il leva son arme; mais le ressort en 
était détruit I Vaincu contre son attente, il prit la fuite. Il fit asseoir 
Mi ch&u sur son cheval et se dirigea vers le midi. Trçng thi reconnut 
leurs traces au duvet d'oie et les poursuivit. Le Roi arriva au bord 
de la mer. Se voyant acculé, il y entra et périt "\ 

ÉCLAIRCISSEMENTS 

Le temple*" des rois de Th\]ic est situé dans la montagne de Mq da, au 
village de Ilu'omg ai, près de la ville do Dông thàuh dans le Nghr} an. 

En ce qui concerne Textinction de la dynastie des Th\ic, depuis 
l'année Giàp than *°', première du règne de An du*orng vu'oiig, 
jusqu'à l'année Qui tî**®, dernière du même règne, on compte en tout 
cinquante ans. 

ANNÉE CYCLIQUE GIAP NGO «•• 

Trièu. — Première année de Vo vu'o'np. 
Tân. — Troisième année de Nhi thé. 



HUiNG VUONG 23 



Tkiêu da prend le titre de roi de Nâm vièt et met sa capitale a 

Phiên ngu. 

Le nom patronymique de ce roi est Tri(}u; son nom posthume 
est Bà. Il était originaire du pays que, sous les Ilan, Ton appelait 
Cho'n dinh*. A cette époque, lorsqu*il eut réuni le pays sous sa do- 
mination, il possédait le territoire des quàn deLâm âp et de Tu'Q'ng. 
Il se constitua roi du Nam Viçt. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Phién ngu. 

Ce pays appartenait anciennement au Nam hài. Aujourd'hui c'est 
le territoire du Phù de Quàng chàu*'% dans la province de Quang 
dông'". 

ANNÉE CYCLIQUE QUI MEO " 

Triéu. — Dixième année de Vo vu o'ng. 
Han. — Neuvième année de Cao Hoàng de *'^. 

Le roi Triêu, au début, donne a deux délégués la haute maln sur 
les deux quân de Giao chi et de Cu'u cho*n. 

Tri<Ju dà, roi du Nam vi^l, ayant attaqué et fait périr le roi An 
du'O'ng, changea deux délégués de prendre la haute direction des 
affaires dans le Giao chi et le CiVu chan. 

ÉCLAIRCISSEMENTS 

Giao chi. C'était autrefois le territoire des hf> de Giao chi, Chàu 
viên, Phirdc l^c, Vô ninh, Ninh hal, Dwang tuyén*'*, L^c hài, Vô 
dinh et Tàn hirng. Les Tri^u en firent un quân, qui eut sous sa 
dépendance dix districts. Dans la suite cette organisation adminis- 
trative a été souvent remaniée*". Aujourd'hui ce sont les territoires 
des provinces du Bac ky"*. 

Cu'u cho'n. Autrefois les trois b^ de Cùu chom, Qoai hoan et Yi^t 



24 ANNALES IMPÉIUALES DE L'ANNAM 

thircrng. Les Tan en firent le territoire du quàn de Tirç^ng, et les 
TriOului conservèrent la même dénomination. 11 comprenait douze 
districts. Sous les Hân, dans les années Nguyên Bînh*'^ on fit des 
cinq districts de Tich ti, Cành lô, Dung tây, Quyên tu'çrng et Lâm 
châu un quan qui fut appelé Nh^t nam"'\ Quant aux sept autres 
districts, ceux de Ty* phô, Cu* phong, ï>ô bàng, Du* pliât, Hàm hoan^ 
Vô thiêt et Vô bien, ils formèrent un quàn nommé, comme aupara- 
vant Ciru chcn. Les dynasties des Ngô, des Tan, des Tông et des 
Té*" respectèrent cette organisation. Les LroTig"" la changèrent, et 
firent de ce territoire le Châu de Ai. Dans la suite les changements 
successifs furent nombreux. Aujourd'hui ce sont les territoires du 
Thanh hoâ, du Ngh^ an, du Quàng binh^ du Quàng tri et de Thîra 
thièn. 

ANNÉE CYCLIQUE ÂT TI"« 

Trièu. — Douzième année de Vo vu'o'ng. 
Han. — Onzième année de Cao hoàng dé. 

Les Han envoient un ambassadeur pour conférer au Roi le grand 

SCEAU ET ses CORDONS. 

Après que les Hân curent pacifié Tempire ils apprirent que Trit}u 
dà, lui aussi, s'était constitué roi du Yi^t. En conséquence ils en- 
voyèrent Lyc già'" pour lui conférer l'investiture avec le titre de 
Nam vi^t vu^ang, lui octroyer le grand sceau royal avec ses attaches, 
nouer avec lui des relations diplomatiques*", afin que, réunissant en 
paix les cent Viçt sous sa domination, il s'abslint à Tavenir de tout 
acte de brigandage. 

Lorsque l'ambassadeur arriva, le Roi le reçut grossièrement assis, 
les jambes étendues. « Roi ! lui dit alors Lyc già, vous êtes un 
homme de Hân"*. Les tombeaux de votre famille se trouvent tous à 
Cho'n dinh"*. Cependant, en ce jour, vous agissez d'une manière 
dénaturée. Vous avez rejeté le bonnet et la ceinture"*. Vous voulez, 
vous élevant trop haut et comptant sur votre force, fonder ici un 



HUNG VUOXG 25 

royaume ennemi de l'autorité des Hân. Ne faites-vous pas fausse 
route? Quand la fortune des armes à abandonné les Tan'", les vail- 
lants se sont tous levés ; mais l'empereur Hàn est entré le premier 
dans les passes, a occupé Hàm du'àng***, a relevé les pays de Ba et de 
Th^c"*, et enfin a exterminé la famille des Hang"*. Dans l'espace de 
cinq années Tempire entier s'est trouvé pacifié. Ce n'étaient pas là des 
exploits dûs à la force d'un homme, mais bien des événements amenés 
par la volonté d'en haut*'*. Hân, le Fils du Ciel, a appris que vous, ô 
Roi ! vous régnez ici et ne lui venez point en aide; que vous mettez 
des hommes à mort, que vous agissez avec cruauté ot que vous 
résistez à nos généraux ; (enfin) que vous voulez déplacer les troupes 
et les diriger vers le sud. L'Empereur a pris en pitié les récentes 
souffrances du peuple. Voulant y assigner un terme, il vous envoie 
son ambassadeur, qu'il a chargé de vous remettre le sceau et ses 
attaches'". Vous eussiez dû venir au-devant de moi dans la banlieue, 
me rendre la visite officielle et, le visage tourné vers le nord, vous 
déclarer vassal (de la Chine) "'. Or parce que vous avez fondé ce 
royaume de Vi^t dont les parties ne sont pas même encore sou- 
dées ensemble sous votre sceptre, vous avez la prétention de traiter 
avec mépris l'envoyé du Fils du Ciel! Si les Hân venaient à en 
acquérir la certitude, ils feraient bouleverser les tombeaux de votre 
famille"* et extermineraient votre race. Ils enverraient leurs armées 
dans le Vi^t ; et alors que pourriez-vous faire? 

Le Roi se leva avec impétuosité, se rassit convenablement et dit : 
« Je suis ici depuis longtemps, et j'ai bien oublié les rites! » Puis il 
demanda à Lyc già : « Qui est le plus sage, de moi, ou bien de Tiêu 
hà'" et de Tao tham? »"* — « C'est vous qui me semblez le plus 
sage », répondit l'ambassadeur. — « Et de moi ou de l'Empereur 
des Hân? », demanda encore le Roi. — « L'Empereur, dit Lyc già, 
a recueilli l'héritage des Cinq Empereurs et des Trois Rois "\ Il 
gouverne en entier l'empire du Milieu, dont les habitants se comp- 
tent par dizaines de millions et le territoire par dizaines de mille 
lis. Les productions en sont abondantes et la population riche. Le 



26 ANNAI-ES IMPÉRIALES DE Î/ANNAM 

gouvernement y est dans les mains d'une seule famille. Depuis la 
création du monde pareille chose n'avait pas encore été vue ! Votre 
peuple à vous, 6 Roi ! ne dépasse pas une centaine de mille hommes, 
qui demeurent épars dans les montagnes et dans les îles de la mer. 
Dans Tempirc des Hàn, ce ne serait là qu'un simple quân! Comment 
pouvez-vous donc vous comparer à ces derniers? » — « Malheureuse- 
ment, dit le Roi en riant, je n'ai pas commencé ma carrière en Chine ; 
voilà pourquoi je règne ici. Pourquoi prendrais-je donc souci de ce 
que je ne suis point Tégal de Ilàn?*" » Il retint L\ic già quelques 
mois auprès de lui. Un jour il lui dit : « Dans le Vi<}t on ne trouve 
personne à qui parler ; et vous, depuis votre arrivée, vous. m'avez fait 
entendre chaque jour des paroles auxquelles mes oreilles étaient 
encore étrangères! » et il lui donna le contenu d'un thàc d'une 
valeur de mille pièces d'or. A son départ il lui fit encore un présent 
semblable. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Le oontenu d'un thac. 

Cette expression désigne des perles que l'on empaquetait et que 
Ton insérait dans un sac ouvert par les deux bouts. 

ANNÉE CYCLIQUE MÀU NGU"* 

Tridu. — Vingl-cinquièmc année de Vo vu'o'ng. 
L. — Cinquième année de Cao hàu* *. 



AU PRINTEMPS LE ROI Da, DES TrIÊU, PREND LE TITRE d'eHPEREUR ET 
ENVOIE SON ARftlÉE ATTAQUER LE Tru'o'nG SA**'. 

En ce temps-là Timpératrice Lir hau des Hàn défendit de faire le 
commerce des ustensiles de fer à la frontière du Nam Yi^t. Le roi 
apprit cela et dit : « Cao de avait noué avec nous des rapports di- 
plomatiques aussi bien que commerciaux, en ce qui concerne les 
ustensiles et les produits. Aujourd'hui Lu* hau, écoutant les insi- 
nuations de ses ministres, établit une différence entre les sujets des 
Hin et les habitants du Yi^t, et interrompt les premiers échanges. 



HUNG VUONG 27 

C'est là certainement une machination du prince de Trircrng sa. 
Il voudrait s'appuyer sur la puissance des Hàn, et convoite mon 
royaume pour le réunir au sien. C'est pour lui-même qu'il tra- 
vaille ! Tri^u dà prit alors le titre d'empereur du Nam vi^t et 
envoya son armée attaquer les villes frontières du Tru'omg sa. Il 
s'empara de plusieurs-quàn et s'en revint ensuite. 

ANNÉE CYCLIQUE CANH THAN«" 

Triéu. — Vingt-septième année de Vo vu*o*ng. 
I. — Septième année de Cao hâu. 



Les Han envoient Cniu tao***, hâu*" de Lâm lô*** attaquer (le roi 

DE ViÊt) ; MAIS IL NE PEUT FRANCHIR LES PASSES ET CONGÉDIE AUSSITÔT 
SES SOLDATS. 

Les Hàn envoyèrent Châu tâo attaquer les Vi$t, afin de venger 
leur vassal de Tru'omg sa ; mais le temps se trouva être chaud et 
humide; une grande épidémie se déclara. Chftu téo ne put franchir 
les passes et congédia aussitôt ses troupes. Le Roi profita de cette 
circonstance pour gagner ses vassaux de Mân vi^t et de Tày &u 
par la crainte de ses armes et par Tinfluence de ses richesses. 
Dans une étendue de plus de dix mille lis, tant à Test qu'à l'ouest, 
on le vit monté sur un char à tente jaune'**, sur la gauche duquel 
était fixé des 0ao'", comme le faisaient les Hàn. 

ÉCLAmCISSEMENTS 

D'après le commentaire de Nhan su* cô*", Tây au est la même 
chose que Hac vi^t. Le Tây au était l'un des Hac vi^t. On veut dire 
que ces pays étaient vassaux du Nam vi^t. 

ANNÉE CYCLIQUE NHÀM TUAT«" 

Tridu. — Vingt-septième année de Vo vu'o'ng. 
Han. — Première année de Van de"'. 

Les Han ayant envoyé de nouveau Luc gia au roi de Nam viêt, ce 



28 ANNALES IMPÉRIALES DE I/ANNAM 

DERNIER FAIT PARVENIR UNE LETTRE A L EmPEREUR POUR DENOUER LES 
ANCIENNES RELATIONS DIPLOMATIQUES. 

Lorsque Van de, de la dynastie des Ilân, fut monté sur le trône, 
il donna aux princes du sang dont le tombeau était à Chcn dinli la 
garde de la capitale; et tous les ans, àTépoque voulue, il offrait des 
sacrifices. Il appela ses frères auprès de lui pour en faire de hauts 
mandarins, et leur fit de grandes libéralités. Il interrogea son pre- 
mier ministre Triin binh cùr"' au sujet de la personne qu'il convenait 
d'envoyer comme ambassadeur au Viçt. — « Au temps de TEmpe- 
reur défunt » répondit Tran binh cir « c'était habituellement Luc già 
qu'on y envoyait. » L'Empereur fit venir L^c già et le créa Thâi 
trung dai phu*". Un personnage qui était présent à Taudience fat 
nommé ambassadeur en second. L'Empereur leur donna des lettres 
de créance dans lesquelles était dit ceci : « Je prends la liberté 
d'adresser une question au roi de Nam vi^^t*". Mon cœur est très 
affligé; mon esprit est en proie à une grande perplexité. Je suis 
fils d'une concubine de l'empereur Cao hoàng de "*. Relégué dans 
le pays de Bài *", à la frontière du nord où je servais comme un 
simple fonctionnaire "", caché aux yeux de tous dans un lointain 
pays "', je ne vous avais point encore écrit. Cao hoàng de avait 
abandonné les hauts fonctionnaires de l'Etat. Le pieux Hu<» hoàng 
de*" lui avait à peine succédé que l'impératrice Cao hiiu"* prit en 
main les rênes de l'État. Malheureusement elle tomba malade. Les 
membres de la famille Lîr **", s'emparant du pouvoir, firent une 
révolution dans l'empire ; mais, ne pouvant gouverner seuls"', ils 
prirent un fils d'une autre famille et en firent le successeur du pieux 
empereur Hu(î hoàng de. Grâce à la protection efficace des an- 
cêtres"*, on a attaqué la puissance des hauts fonctionnaires et on 
les a mis à mort jusqu'au dernier"*. Contraint par les princes, les 
grands vassaux et les magistrats, je n'ai pu échapper au trône. 
C'est alors que j'ai appris que vous aviez envoyé le Tu'trng quâii"*' 
Long \\y hâu avec une lettre adressée à mes cousins *", dans laquelle 



HUNG VUONG 29 

VOUS demandiez la destitution des deux Tu*orng quân de Tru'o'ng sa. 
D'après votre lettre, j'ai destitué celui qui porte le titre de prince 
de Bac du'orng"*, dont les frères sont à Chorn dinh. J'ai envoyé 
prendre des informations au sujet de la réparation et de l'entretien 
du tombeau de vos ancêtres*". (Cependant) j'ai appris Tautre jour 
que vous envoyez sans cesse vos troupes faire des incursions sur 
nos frontières. Le pays de Tru^ông sa en souffre, les quân du midi 
en souffrent encore davantage. Bien que ce soit pour l'avantage de 
votre royaume, devez-vous avoir à vous seul tout l'avantage? Il 
va falloir tuer bien des soldats^ causer du dommage à nombre de 
bons officiers et de fonctionnaires méritants, priver des femmes de 
leur époux, des enfants de l'auteur de leurs jours ; des pères et des 
mères seront réduits à la solitude. Pour un de gagné, dix seront 
perdus. Je ne puis me résoudre à agir ainsi, et veux fixer nos limites 
respectives. En ce qui concerne les points où elles entrent l'une 
dans Tautre, j'ai consulté mes fonctionnaires. Ils ont dit que les 
limites que Cao hoàng de avait assignées au Tro'ong sa sont aussi 
celles de votre territoire. Je ne saurais prendre sur moi de les 
changer. Aujourd'hui vous avez le territoire d'un roi, et vous ne 
le trouvez pas assez grand! Vous avez les trésors d'un roi, et vous 
ne vous trouvez pas assez riche! La région qui est au sud des pays 
soumis à la Chine et des Ngu lanh est bien votre domaine ; mais 
quoique votre titre soit celui de Roi, vous vous donnez celui 
d'Empereur ! 

« Lorsque deux empereurs sont debout à la fois, et qu'on ne voit 
pas même un char d'ambassadeur suivre la voie qui mène de l'un à 
l'autre"", c'est la lutte. Or lutter au lieu de céder, c'est ce qu'un 
homme doué d'humanité ne fait point. Je veux partager avec vous. 
Sans rappeler ce qui a eu lieu, j'en déplore cependant les résultats. 
Désormais nous renouerons nos anciennes relations diplomatiques. 
C'est pour cela que je vous envoie h\^c già, chargé de vous porter 
promplement mes ordres "'. Il vous fera connaître mes véritables 
intentions. De votre côté, recevez-le, et ne commettez plus de 



30 annai.es impériales de ï/annam 

déprédations. Dans cet espoir , je vous envoie do ces vêtements 
qu'on appelle Trfr "'• (D'après Su: cô"', c'est le nom qu'on donne 
aux vêtements ouatés) ; à savoir cinquante de première qualité, 
trent»3 de qualité moyenne et vingt de qualité inférieure. Je désire, 
6 Roi, que, libre de soucis et le cœur en paix^ votre nom soit tou- 
jours en honneur dans les États voisins"'. » 

Lorsque Lyc già arriva, le Roi lui dit en le remerciant : « Je reçois 
avec respect les ordres de TEmpereur. Je serai le défenseur de sa 
frontière; toujours je fournirai le tribut selon mon rang. » Et 
aussitôt il publia dans son royaume un édit dans lequel il disait : 
« J'ai entendu dire que deux héros ne s'élèvent point ensemble, et 
que deux sages ne vivent point dans la même génération. L'empe- 
reur des Hén est le Sage et le Fils du Ciel ! A partir d'aujourd'hui 
je supprime les Bao qui se fixent à gauche de la tente jaune, et 
qui sont un insigne impérial. Aussi, lorsque j'écrirai, le titre que 
je prendrai sera-t-il celui-ci : « Le vieux Dàj grand chef des sau- 
c( vages du midi, gui s'éteint dans l obscurité » ; et, s'étant agenouillé 
à deux reprises, il écrivit à l'Empereur : « Ce vieillard qui s'adresse 
& Votre Majesté est un ancien fonctionnaire du ViOt. J*avais eu le 
bonheur de recevoir de l'empereur Cao de le sceau accompagné 
de ses attaches qui me conférait le titre de roi du Nam viçt. 
Lorsque le pieux Hu$ de lui succéda, dans sa justice il ne voulut 
pas m'enlever ce qui m'avait été très généreusement octroyé. L'im- 
pératrice Cao hâu, ayant pris les rênes du gouvernement, voulut 
établir une distinction entre les Chinois et les Barbares. Elle émit 
un édit dans lequel elle disait : « Qu'on ne donne point d'instru- 
« ments agricoles en métal ou en fer aux habitants du Nam vi(>t ! 
« Quant aux chevaux, aux bœufs et aux moutons, lorsqu'on leur en 
« donnera, que ce soient seulement des mâles, mais non point les 
« femelles ». Moi, vieillard, je demeure en un lieu écarté. Les dents 
de mes chevaux, de mes bœufs et de mes moutons ont poussé, de 
sorte que je n'ai pu offrir les sacrifices*". J'ai mérité la mort! J'ai 
envoyé le n^i sir Phan le trung u^ Cao et le ngy* sir Blnh. Ces 



HUNC VUONG 31 

trois fonctionnaires d'ordre différent étaient chargés de présenter à 
l'Empereur des lettres dans lesquelles j'implorais mon pardon. 
Aucun d'eux n'est revenu. En outre j*ai appris que les tombeaux de 
mon père et de ma mère avaient été bouleversés et rasés, mes frères 
et tous mes parents mis à mort. Mes conseillers, après avoir délibéré 
ensemble, ont dit : « Maintenant, quant à l'intérieur, vous ne 
« pouvez plus rétablir les liens qui vous rattachaient aux Hàn; et, 
« pour ce qui est de Textérieur, vous n'avez aucun moyen de vous 
« élever et de sortir du commun. Changez donc do titre, et prenez 
« celui d'empereur! » Et depuis que j'ai transformé mon royaume en 
empire^ je n'ai rien osé faire au préjudice de celui de la Chine. 
Lorsque l'impératrice Cao hâu a reçu cette nouvelle, elle est entrée 
dans une grande colère; elle a fait effacer des registres de l'État les 
noms des agents du Nam Yi^t, et les relations diplomatiques ont 
cessé. Votre humble vassal s'est douté "* que le prince deTruô'ngsa 
jouait le rôle d'un sujet détracteur; c'est pourquoi il a envoyé une 
armée ravager ses frontières. D'ailleurs ce pays du midi n'est qu'un 
insignifiant et humide territoire; et comme, parmi les barbares du 
sud , on voit des chefs de Bông màn et des Tây au se donner tous 
le titre de roi, j'ai pu prendre celui d'empereur par forme de plaisan- 
terie. Comment aurais-je prétendu par là me donner pour le Roi du 
Ciel*"? Voilà quarante-neuf ans que je réside au Vi^t, et mainte- 
nant je porte sur mes bras des petits-fils. Cependant, je me lève de 
grand matin et je me couche tard dans la nuit, sans pouvoir goûter 
de repos sur ma natte. Je ne trouve aucune saveur à mes aliments, 
et mes yeux ne voient plus les séduisantes beautés; mes oreilles 
n'entendent plus le son des cloches et des tambours, parce que je 
n'ai pas su servir les Hàn. 

« Maintenant que Votre Majesté, 6 bonheur! a pitié de moi et me 
rend mon ancien titre, qu'elle rétablit entre nous, comme par le 
passé, les communications diplomatiques, quand je serai mort mes 
os ne pourriront pas! Je change de titre et n'oserai plus prendre 
celui d'empereur! 



32 ANNALES IMPÉRIALES DE LANNAM 

« Je vous offre respeclueusemcnt, par rintermédiaire de Tambas- 
sadeur, une paire de Bicli"* blancs, les plumes de mille Tûy*". 
dix cornes de rhinocéros^ cinq ccnls coquillages de couleur 
pourpre "", un vase plein de vers de cannelle, quarante ïùy vivants 
et deux paires de paons« 

« Celui qui doit mourir obscurément*^, fléchissant deux fois le 
genou devant Votre Majesté impériale, lui transmet (ce qui pré- 
cède) ». 

Luc già, muni de cette lettre, s*en retourna et fit son rapport. 
L*empereur des Han fut grandement satisfait. A partir de ce mo- 
ment le midi et le nord nouèrent des relations amicales, mirent de 
côté les armes, et le peuple put goûter le repos. 

A la suite de ces événements le Roi, toutes les fois qu*il envoyait 
des ambassadeurs à la cour des Ilân, prit, la qualification de Ouâng. 
Aux audiences impériales d'automne il était assimilé aux princes 
feudataires**""; mais dans son royaume il usait de son ancien titre. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Phuc lanh«". 

Nhan su* cô dit que le premier de ces caractères (phyc) signifie: ce 
qui est en dehors de la partie soumise du territoire désert; et que le 
second (lanh) désigne ce qui est au sud des Ngû lunh. 

Par Vong nhu*t thira chi su* *" (le rédacteur de ce passage) veut dire 
que Ton n'envoyait pas même un simple délégué monté sur son char. 

Enfin, à propos de Texpression « mi man chi sac**' », Lftm hi dàt 
la donne comme équivalente aux mots « yiêu di^u. » 

ANNÉE CYCLIQUE GIAP THAN •" 

Triéu. — Soixante et onzième année de Vo vu'o'np. 
Han. — Quatrième année Kiên nguyên*" de Vo dé. 

Da, BOI de la DYxNASTlE TrIÊU, MEURT***. Il EST ENTERRÉ A NgU SO'n. 
Hô, SON PETIT-FILS LÉGITIME*", MONTE SUR LE TRÔNE. 

Ho était le fils de Trçng tri et petit-fils de l'épouse légitime de Vô 



HUNG VUONG 33 



vircng. Il est connu sous le nom de Vàn vircrng, et le roi Bk a reçu 
le titre posthume de Vô de 



L* tu 



ÉCLAIRCISSEMENTS. — Ngu so'n. 

D'après le Thâi binh hoàn vô ky de Lîic sir, auteur du temps des 
Tông, à un li au nord du huyçn de Nam hài, dans le huy^n de Ngô 
lijic phiên, à Ngu scrn, se trouve le lieu où fut enterré le uy*** Triçu dà. 

ANNÉE CYCLIQUE BINH NGO"» 

Trièa. — Deuxième année de Van vu'o'ng. 
Han. — Sixième année Kièn nguyèu. 

SiNH, PRINCE DU MÂN ViÊT, VIENT ENVAHIR LE ROYAUME. Le RoI DÉPÊCHE 
UN AMBASSADEUR POUR EN INFORMER LES H AN, QUI ENVOIENT UNE ARMÉE 
ATTAQUER LE PRINCE DE MaN ViÊT. Ce DERNIER EST TUÉ* Le ROI DE NaM 
ViÊT ENVOIE AnH TÊ, SON HÉRITIER PRÉSOMPTIF, EN OTAGE A LA COUR 
DES HaN. 

En automne Sinh, prince de Mân Vi^t, envahitles villes frontières 
du Vi^t. Le roi, fidèle au traité conclu avec la cour de Hàn, ne 
voulut pas lever des troupes de sa propre autorité. Il dépêcha un 
émissaire porteur d'une lettre dans laquelle il exposait la situation 
à FEmpereur. Ce dernier, le traitant en vassal fidèle, expédia de 
nombreuses troupes à son secours. 11 envoya Vu'orngkhôi*" par le 
le Dyr chu^ang*" et Hàn an quôc*" par le H^i khè"* porter les armes 
dans le Màn Vi^t. Avant que les troupes chinoises eussent franchi 
les Ngû lânh, Sinh fit marcher une armée pour les arrêter; mais 
son frère cadet Du* thiçn l'ayant mis à mort de concert avec les 
membres de sa famille,*" ils firent leur soumission. Vu'orng khôi 
s'arrêta alors avec son armée et dépêcha un courrier pour informer 
l'Empereur, qui envoya Trang try"* signifier ses volontés au roi du 
Nam Vi^t. Van vu'O'ng frappa la terre de son front et dit : « Pour moi 
le Fils du Ciel a levé une armée et a fait périr le prince de Màn viCU ! 
Ma mort elle-même ne suffirait pas pour reconnaître un tel bienfait ! et 



34 ANNALES IMPÉRIALES DE I/ANNAM 

il envoya son fils Anh té en otage à la cour. « Mon royaume », dit-il 
à Trang trgr, « vient d'être ravagé par des brigands. Partez, ambas- 
sadeur! Quant à moi, je vais m'occuper jour et nuit de mes prépa- 
ratifs de départ pour aller me présenter à Taudience de l'Empereur. » 
Après le départ de Trang trgr tous les ministres blâmèrent le Roi (de 
ce projet de voyage). « Si les soldats des Ilân ont tué Smh, lui dirent- 
ils, c'était dans le but d*inspirer de la crainte à notre ViçL 
D'ailleurs notre empereur défunt disait ceci : « En servant les Han, 
« bornons-nous ù agir avec eux de manière à ne pas enfreindre les 
« rites. » Il n'y a pas lieu, parce que vous avez prononcé des paroles 
de courtoisie, de vous rendre à l'audience de l'Empereur. Si vous 
faisiez cette visite, vous ne pourriez plus rétablir notre pays dans 
sa situation première. » Alors le Roi prétexta une maladie, et finale- 
ment il ne se rendit pas en Chine. 

ANNÉE CYCLIQUE BINH THIN *»» 



Trida. — Douzième année de Van vu'o'ng. 
Han. — Quatrième année Nguyên soc 



!•• 



Mort du roi Hô, dks Triêu ; son fils Anh tê monte sur le trône. 

Van vu*OTig étant tombé dangereusement malade, l'héritier pré- 
somptif Anh te revint de la cour dos Hân et succéda à son père. 
C'est ce prince qui est désigné sous le nom de Minh vu^orng. On 
donna au roi Hô le litre posthume de Van vu'O'ng. 

ANNÉE CYCLIQUE DINH Tl "' 

Triéu. — I*remière année de Minh vu'o'ng *"'. 
Han. — Cinquième année Nguyen soc. 



Le roi de Triêu élève Lu gia a la dignité de Thaï puo 



ANNÉE CYCLIQUE mAU NGU' * 

Trléa. — Deuxième année Minh vuVng. 
Han. — Sixième année Nguyen soc. 



SOI 



HUNG VUONG 35 

Le roi élève Cu thi a la dignité de reine, et Hung, son deuxième fils 

A celle d^héritier présomptif. 

Tout d'abord le roi Minh viro*ng, alors qu'il était prince héritier, 
était allé en qualité d'otage à la cour des Hân. Pendant qu*il résidait 
à Tnrorng an*** il avait épousé Cù thi*** de Han dan***, dont il eut un 
fils qu'il nomma Hung. Lorsqu'il monta sur le trône il écrivit à 
l'Empereur pour lui demander d'élever Cù thi à la dignité de reine 
et Hirng à celle d'héritier présomptif. La cour des Hàn lui envoya 
à plusieurs reprises des ambassadeurs pour lui lire solennellement 
un ordre impérial qui le mandait à la cour de Chine; mais comme 
il craignait, en s'y rendant, d'avoir à se conformer aux statuts im- 
périaux qui l'assimilaient aux princes feudataires, il prétexta obsti- 
nément la maladie pour s'en dispenser, et envoya en otage son fils 
Thir công. 

ANNÉE CYCLIQUE mAu THIN "• 

TriÔQ. — Douzième année de Minh vu'o'ng. 
i. — Quatrième année Nguyôn dlnh 



SOT 



Le roi de Triêu, Anh tê, meurt. Son fils Hung monte sur le trône. 

On donna au roi Anh té le nom posthume « de Minh virorng ». 
Hu'ng était son second fils. Sa mëre était la Chinoise Cù thi. Ce 
prince resta un an sur le trône et fut assassiné par son ministre Lir 
gia. Il reçut le nom posthume de Ai viro'ng"'. 

Les IIan envoient un ambassadeur pour signifier au Roi de venir aux 

hommages. 

Lorsque le roi Hu'ng fut monté sur le trône, sa mère Cù thj prit 
le titre de reine douairière. Au début, alors qu'elle n'avait pas 
encore épousé Minh vu'O'ng, elle avait eu des rapports avec un 
homme de Bâ lâng"* nommé An quôc Thiêu qui"* (An quôc était son 
nom de famille, et Thièu qui son petit nom). £n cette année"', les 



36 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Ilan envoyèrent ce Thièu qui signifier au Roi et à la Reine mère de 
venir aux hommages. Ils commandèrent en outre au fonctionnaire 
du titre de Bien si giân dai phu'**, nommé Chung quân"* et à d'autres 
de publier cet ordre. Le Dông si"* nommé Ngyy"* devait Taider dans 
Texécution de celte décision et c'était le V<} uy"* L^ bac duc*" qui 
devait se cantonner à Que dirorng'** pour y attendre les ambassa- 
deurs. Le roi était enfant^ et Cù, la reine douairière eut avec 
Thièu qui de nouvelles relations. On le sut dans le royaume, et 
beaucoup refusèrent d'obéir à la mère du roi. Cette dernière, crai- 
gnant une insurrection, voulut s'appuyer sur la puissance des 
Hàn. Elle conseilla au prince et aux ministres de se placer au nombre 
des tributaires dépendants de la Chine; et, sans perdre de temps, 
profitant du retour de l'ambassadeur chinois, elle adressa à TEm- 
pereur une lettre dans laquelle elle lui demandait d'être assimilée 
aux vassaux de Tinté rieur de Tempire, d'aller aux hommages une 
fois tous les trois ans*", et (par conséquent) de déplacer les passes 
des frontières*". L'empereur Hân y consentit. D donna au thîra 
tu'dng*"' Lir gia, un sceau d'argent*", et en outre ceux de n^i sir, 
de trung ùy et de thài pho, le laissant libre, pour le reste, de prendre 
les dispositions qui lui conviendraient*". A l'exception des châti- 
ments consistant dans la marque du visage *'* et dans l'amputation 
du nez qui étaient en usage dans le royaume^ on devait se confor- 
mer en cette matière aux lois chinoises, par suite de l'assimilation 
de l'État à ceux des vassaux intérieurs. Le délégué chinois séjourna 
dans le pays. Il eut sa garde particulière et reçut de nombreuses 
marques d'attention. 

ANNOTATION IMPÉRIALE 

Non seulement la manière dont l'empereur Vô de des Uânenagit 
(en cette circonstance) ne peut être comparée à la droiture de Van 
de*", et par sa fausseté comme par ses détours il s'est montré bien 
différent; mais encore, si on met sa conduite en regard de la justice 
avec laquelle il avait agi dans les années Kion nguyèn, on la trouve 



AI VUONG 37 

bien opposée. Les Annales le qualifient de « Grand politique '". » Ce 
qu'il a fait là mérite-l-il une pareille épithète? 

ANNÉE CYCLIQUE KY TI «' 

Tridu. — Première année de Ai vu'o'ng. 
Han. — Cinquième année Nguyèn dinh. 

En hiver, au onzième mois, Lu gia, that Pho des Triêu, assassine le 
Roi Hung et la Reine mère Cu thi. Il fait périr en même temps les 

AMBASSADEURS DES HaN, ET MET SUR LE TRÔNE, A LA PLACE DE HlING, 
KlÊN DUC, HAU DE ThUAT DU'o'nG. 

Le Roi Triçu et la Reine douairière firent préparer leurs bagages 
ainsi que des présents considérables afin de se rendre aux hom- 
mages. Or, à cette époque, le Te tu'dng'" Lir gia était chargé d'an- 
nées. Il avait été ministre de Irois rois successifs; parmi ceux de sa 
race qui étaient en charge, plus de soixante-dix occupaient les postes 
supérieurs de l'administration. Ses fils avaient tous épousé des 
princesses, et ses filles étaient toutes mariées à des fils, à des frères 
ou à des parents du Roi. L'une d'elles avait épousé Thu'O'ng ngô, 
prince de Tun. Ces mariages successifs lui avaient acquis une grande 

r 

popularité dans l'Etat. Il avait, à diverses reprises, fait des repré- 
sentations au Roi, le dissuadant de se mettre au nombre des vas- 
saux directs de la Chine; mais le Roi ne Tavaitpas écouté, parce 
qu'il nourrissait des idées de rébellion et qu'il avait plusieurs fois 
prétexté la maladie pour ne pas rendre visite aux ambassadeurs des 
Hàn. Ces derniers auraient voulu faire mettre à mort Lu' gia; mais 
la situation ne le permettait pas. Le Roi et la Reine mère craignaient 
que le Thài pho et ses partisans ne prissent l'initiative ; c'est pour- 
quoi ils voulurent s'appuyer sur l'autorité des ambassadeurs Chinois. 
Méditant la mort de Lir gia et des siens, ils firent préparer un festin 
et y invitèrent ces ambassadeurs. Les grands dignitaires y assistaient 
tous. Le frère cadet de Lir gia, qui avait le commandement de l'armée , 
demeura en dehors du palais à la tête de ses soldats. Dans le cou- 

A.NXALRS DK i/AnNAM 4 



38 ANNALES IMPERIALES DE I/ANNAM 

rant du repas la Reine mère dit au Thài pho : « Si le Nam vi^t 
venait à èlre incorporé à la Chine, ce serait une chose profitable au 
pays; et cependant vous, ministre d'Etat, vous désapprouvez (celle 
mesure). Pourquoi cela? » Elle parlait ainsi pour exciter la colère 
des ambassadeurs; mais ces derniers, qui se déliaient, se conlrai- 
gnirent*" et n'osèrent y donner cours. Lu* gia se leva aussitôt pour 
sortir. La Reine, en fureur, voulait le percer d'une lance; mais le 
Roi arrêta sa main. Lîr gia sortit aussitôt et, prétextant une ma- 
ladie , il ne vint plus à l'audience royale et trama secrètement une 
révolte avec les grands dignitaires. 

Le Roi n'avait pas l'intention de faire tuer Lir gia. Ce dernier, 
qui le savait, resta plusieurs mois sans jeter le masque. La Reine 
mère seule voulait le mettre à mort, mais elle n'était pas en état de 
le faire. 

L'Empereur de Chine, ayant appris la désobéissance de Lir gia. 
envoya Hàn thiên thu'", tirdng de Te bac, et"* Cù lac"*, frère 
cadet de la reine Cù, qui entrèrent dans le territoire du Nam vi^l 
à la lète de deux mille hommes. Lfr gia fit alors circuler dans le 
royaume une proclamation dans laquelle était dit ceci : « Le Roi est 
dans l'enfance ; la Reine douairière est originaire du pays des Hàn 
et, qui plus est, elle a des relations intimes avec les envoyés do cet 
Etat. Voulant de sa propre autorité réunir le royaume à la Chine, 
elle s'est emparée de tous les objets précieux qui appartenaient à 
notre feu roi pour aller les offrir aux Hân et, par cet acte personnel 
de flatterie, s'approprier les avantages de toute la dynastie. Elle 
n'a aucun égard pour les génies tutélaires'" des Tri^u, elle n*a 
aucun souci de l'avenir de la race ! » Alors, de concert avec son 
frère et les soldats que commandait ce dernier, il attaqua et assassina 
le Roi et la Reine mère, et mit à mort tous les ambassadeurs des 
Hân ; puis il envoya prévenir le prince de Tan, chef de Thirang ngô, 
ainsi que tous les chefs des quân et des îip"*, et il m!t sur le trône 
Kien dii'c, hau do Thuàt du*oiig, fils premier né de Miuh vu'omg. 



THUAT DUONG VUONG 39 

ÉCLAIRCISSEMENTS. - Kién duo. 

Il avait pour mère ane femme du Yi^t; c*était le fils aine de 
Minh vircmg. 

Tung di mAu. 

Le caraclère c( tung » a le sens de ce chàng, darder ». La Reine 
voulait, en le frappant de la pointe do sa lance, percer Lu* gia et le 
tuer. 

A l'automne les Han envoient les maréchaux Lô bac duc*", Du'o'ng 

BÔC *** ET d'autres OFFICIERS AVEC DES TROUPES POUR ATTAQUER Lu' GIA. 

Lorsque Lir gia eut placé Kien dire sur le trône, et que les troupes 
de Hàn thiènthu, après être entrées dans le pays, eurent dévasté 
quelques districts de peu d'importance, le thài pho lui laissa la voie 
largement ouverte et lui fournit des vivres'"; mais le général 
chinois n*était pas encore parvenu à quarante li de Phièn ngu 
qu'il sortit avec son armée, le battit ainsi que ses collègues et les 
tua. Il fit garnir les tièt des Hàn de leur enveloppe officielle, et les 
fit placer sur le haut des Murs***, comme apologie dérisoire de sa 
conduite"*; puis il fit occuper par des troupes les points impor- 
tants du pays. L'Empereur de Chine, à cette nouvelle, envoya Lç 
bac dire, maréchal du titre de phyc ba tffdng quân ***, déboucher 
dans le Que du'orng'** et descendre la rivière Hoàng"'; le maréchal 
Bffomg b^c'**, du litre de Lâu thuyén tu*d*ng quân ***, déboucher 
dans le Dy* chu-cng '** et descendre la branche de Hoành **•; le ma- 
réchal Nghiêm **', du titre de Qua thuyén tu'd'ng quân*" déboucher 
dans le Linh lang *'', et descendre la rivière Li **; Giàp"', maréchal 
du titre de Ha Lai •*', descendre dans le Thu-omg ngô *" ; et enfin 
Qui, hâu de Tri ngâi, dans le Vi^t, conduire les troupes du Da 
lang'" et descendre à Tang ca*". Tous devaient se réunir à Phièn 
ngu. 



40 ANNALES IMPÉRIALES DE L*ANNAM 



ÉCLAIRCISSEMENTS -> Le haut des Murs. 

Sâch an dit : « D'après le Nam khangk^"*la chaine du Dai dû"' 
a reçu le nom de Tac thu'grng (le haut des murs). 

Les bateaux pontés. 

ITng lhi(»u "• dit : « En ce temps-là on voulait attaquer le Vî§t. 
et il était impossible d'y arriver autrement que par eau. C'est pour- 
quoi Ton construisit de grands bateaux que Ton munit d'un pont. 
D'où ce nom de bateaux pontés*''* , 

Les bateaux à lances. 

Tru'O'ng an dit : « Les hommes du Vi(»t cherchaient leur refuge 
sur les eaux, dans des barques de grande taille; mais là ils étaient 
encore exposés à l'attaque des dragons "•. C'est pour cela qu'ils 
plaçaient des lances au dessous du bateau; d'où ce nom de bateaux 
à lances. » 

Toân dit : « Dans le livre Ngû tùr tu* il est parlé de bateaux à 
lances. Ils tireraient, d'après cet ouvrage, leur nom du fait qu'ils 
servaient au transport des armes, des munitions et des troupes. 

Ha Lai. 

Lai est le nom d'une rivière. Elle se trouve sur le territoire du 
Viçt, où elle coule sur un lil de sable. Elle porte aussi le Qom de 
Lailàtlffu'*'. 

Les marécliaax Nghiém et Oiap. 

Ce sont les petits noms (de ces deux personnages). Dans les 
anciennes Annales on ne retrouve plus leurs noms de famille. 
Lac sir, écrivain du temps des Tông, dans son Thài binh hoàu vô 
ky-, les appelle Triçu "" et Nghiêm. Dans le Bâ ViOt tien bien chi - 
ils sont désignés sous les noms de Trinh nghièm **' et de Dién giâp ■^. 



(. 






COMPAGNIE D 
«4, HUE DE CASTIGl 



THUAT DUONG VUONG 



Quia, hâa de Tri ngai.^. 



41 



Il était originaire du Vi^l^. D'après les anciennes Annales son nom 
de famille s'est perdu. Le Bà Yiçt tien bien chi^ le nomme Hà di'^^^ 

Da-lang /. 

C'est le nom d'une principauté dont le territoire constitue actuel- 
lement les pays de Bâ châu "' 9 et de Ki^n vi '" * . 

A Tépoque des Hân les princes et les chefs des Tây di ' se comp-^ 
talent par dizaines ; celui de Dalang était le plus considérable. Ses 
domaines étaient situés en debors des frontières du kiûn de 
Tbuc "• '. A l'est il toucbait au pays de Giao cbi *; à l'ouest il avoi- 
sinait la principauté de 0iên "° ' . 

Au temps de l'empereurYô de*" des Hân"* ", I>àng mông "* <* pré- 
senta à l'Empereur un mémoire dans lequel on lisait ceci : « On 
trouverait dans le Da lang plus de cent mille soldats bien exercés 
que l'on pourrait, avec des bateaux, faire déboucber à l'improviste 
par la rivière de Tang-ca^. » Il donnait là, sans y attacher autant 
d'importance qu'il le méritait, un moyen merveilleux pour maintenir 
dans l'obéissance le pays de Vi^t. 

ANNÉE CYCLIQUE CANH NGU •'* ^ 

Tiiôû»*. — Première année de Kiôn-du'c*. 
Han. — Sixième année Nguyén dinh ^ 



a. En kouan boa « Kouéi :». 

b. En kouan boa « Tcb'i » . 

c. En kouan boa « Youeb ». 

d. En kouan boa « Peh Youeb 
sien bien tcbi ». 

e. En kouan boa « Hô yt ». 

f. En kouan boa « Yé lâng ». 

g. En kouan boa « Pô tcheou ». 
h. En kouan boà « Kien ouéi ». 
I. En kouan boà « Si yt ». 

j. En kouan boà « Cboub ». 

Anmalbs de l'Annam 



A*. En kouan boà « Kiao tcbi d. 
/. En kouan boà « Tien ». 
m. En kouan boà « Où ti » . 
n. En kouan boà « Hàn ». 
0. En kouan boà « T'âng mông » 
p. En kouan boà « Tsang ko ». 
q. En kouan boa « Keng où ». 
r. En kouan boà « Tchào ». 
s. En kouan boà « Kien teh ». 
t. En kouan boà « Youen ting ». 



42 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

En hiver, Lô bac du'c* et ses collègues s'avancent dans le pats et 

ATTAQUENT PhIÊN NGU *. IlS POURSUIVENT KlÊN DU'c% ROI DE TrIÊU*', 
AINSI QUE Lu'gIA*, ET S*EBIPARENT DE LEUR PERSONNE. 

DirorngbOc^, général des Il&n, se mettant à la tèle d'une troupe 
d'élite, commença par mettre à sac Tarn hi^^p ^et prendre d'assaut les 
bateaux de riz de Kien dirc''^, ce qui lui permit de pousser en avant 
et de détruire les ouvrages avancés du YiOl*; après quoi, avec 
plusieurs dizaines de mille hommes de ce pays, il attendit L^ bac 
dire. Ce dernier, à cause du long trajet qu'il avait à parcourir, arriva 
après le terme fixé avec les mille et quelques soldats qu'il condui- 
sait. Tous deux marchèrent en avant, et Du'O'ng b^c arriva ]e pre- 
mier devant Phiên ngu. 

Le roi et Lir gia s'étaient tous deux retranchés dans la ville. 
Du'orng b^c, choississantun poste favorable, s'établit du côté du sud- 
est, tandis que L^ bac dire tenait le côté opposé. Lorsque le soir 
fut venu, Du'orng b^c attaqua, fut vainqueur, et brûla Phiên ngu au 
moyen de projectiles incendiaires. Dans la ville on avait maintes 
fois entendu parler de lui ; mais, même ce soir-là, l'on ne savait encore 
de quelles forces il disposait. L^ b^c dire, ayant établi son camp, 
envoya un émissaire pour faire connaître qu'à ceux qui feraient 
leur soumission il donnerait un sceau et ses attaches "\ Il renou- 
vela ses sommations à plusieurs reprises, sans négliger pour cela les 
attaques de vive force. Dès le matin, dans la ville tout le monde 
avait fait sa soumission. Le roi et Lir gia s'échappèrent pendant la 
nuit avec quelques centaines d'hommes et se réfugièrent dans les 
îles de la mer. 

LO bac dire s'informa auprès de ceux qui s'étaient soumis du lieu 
où se trouvait Liir gia et envoya à sa poursuite. Le roi fut pris par 

•«. En kouan hoâ « Loù poli teh ». e. Enkouan hoâ « Liù kia». 

b. En kouan hoâ « Pan yû ». f. En kouan hoa « Yâng pouh ». 

c. En kouan hoâ « Kién teh ». g. En kouan hou « Sln hiah ». 

d. En kouan hoâ « Tchâo ». A. En kouan hoà « Youeh ». 



THUÂT DUONG VUO.NG 43 

le ni^u-lir-ma * Tô-hoàng ^^ et un fonctionnaire du ViC't nommé Dô 
kê^ se saisit de ]a personne de Lir gia. 

Triçu quang, prince deThu'orngngô, qui avait pour nom de fa- 
mille « Vi^t », désignation du pays, apprenant l'arrivée des troupes 
des Hén, fit sa soumission, et Cu* ông, giam ^ du Que lâm dans le Yi^t, 
répandit une proclamation qui amena celle de tous les gens de Au L7C. 
Dans le même temps les troupes des deux maréchaux Ha lai et Qua 
thuyen rejoignaient et poursuivaient les soldats du Da lang qu'avait 
envoyés le Hau de Ngâi ; mais dès avant leur arrivée LO bac duc et 
Du'orng bOc avaient déjà pacifié le Yi^t. 

Ce fut alors que deux envoyés de ce pays ayant fourni à Lô bac 
dû*c cejit bœufs et mille chung"* de vin, et s'étant portés à sa ren- 
contre avec les registres des familles '" des deux qu;)n de Giao chi 
et de Giru chan pour lui faire leur soumission, il les créa thai thù ^ 
de ces deux provinces afin qu'ils gouvernassent le peuple de la 
même manière qu'autrefois. Le pays rentra alors immédiatement 
dans le domaine des Hàn. 



OBSERVATION 

Au commencement, lorsque les Trii}u ancaatirenl le royaume de 
Th\ic, ils avaient chargé deux délégués d'administrer les deuxquân 
de Giao chi et de Cn'u cho'n. Or les anciennes Annales portent à ce 
sujet que trois envoyés, tenant entre leurs mains les registres des 
familles du Giao chi, du Ciru chorn et du Nhàt nam, vinrent faire 
leur soumission. C'est là un point sur lequel il y a passablement à 
reprendre . 

En examinant le commentaire dn Thay kinh f de Li dao nguyên "' ^, 
on y lit ceci : 

a. En kouan hoa « Hiâo sse ma ». e. En kouan hoâ « T'ai chcoCi ». 

h. En kouan hoâ « Sou hông ». f. En kouan hoa « Choui king >•. 

c. En kouan hoâ « Tou ki ». g. En kouan hoâ « Lî tâo youên ». 

d. En kouan hoâ « Kien ». 



4'i ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

«Sous Tempcreur Vô de'"* des Han, dans la sixième année 
Nguyôn dànii'"'', un Dô iiy '" fut institué avec mission de gouver- 
ner la ville de Giao chi ; et une note porte que le roi de ïriéu chargea 
deux délégués de gouverner le peuple des deux kiiin de Giao chi 
et de CiVu chan. Dans la suite, les Ilàn ayant envoyé LO bac dire 
châtier le roi de Vi(}t, le roi, lorsque ce maréchal arriva à Hi(»p phô, 
ordonna à deux envoyés de lui offrir cent tôtes de bœufs avec 
mille chung de vin et les registres des familles, et de lui faire leur 
soumission. Le maréchal nomma alors ces deux envoyés thâi thù "* 
du Giao chi et du Ciru chan, avec mission de gouveiiier les chefs de 
Lac et le peuple comme autrefois. » 

Nous avons modifié et corrigé cette rédaction défectueuse* 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — TAm hiôp. 

Le SiV ki^ écrit le caractère « hiêp » d'une manière plus simple •". 
C'est le nom d'un territoire qui se trouve au nord de Thi hirng'', 
district relevant du Quàng dông*. 

Thaoh mon A 

Celte localité se trouve à vingt li au nord du district de Phiên 
ngu. Autrefois Lir gia y avait amoncelé des pierres dans le fleuve 
pour arrêter l'armée des Ilân. C'est de là que lui vient son nom. 

Ayant établi son oamp. 

Nhan su* co ^ dit qu'il établit un camp retranché pour y attendre 
les soumissions. 

Hiôu tu* ma a. 
D'après le même auteur, c'était Tinspocteur de la cavalerie chargé 

n. Eu kouan hoa « Où ti ». c. En kouan hoa «Kouàng tong ». 

/;. En kouan hoa « Youên tiug ». /*. Eu kouan hoîi « Chih mên ». 

c. En kouan hoa « Chi kl ». g. Eu kouan hoa « Yen chi koù ». 

d. En kouan hoa « Chi hing d. h. En kouan hoa « Hiào sse ma ». 



DOMINATION CHINOISE 



45 



du contrôle "^ Ses attributions étaient les mêmes que celles du 
Tu'd'ng quân tong quan tu* ma '"** sous lesBàng*. 

Le fonctionnaire Dô kd. 

Selon Mnnh-khang^, Dô-kê était un litre de fonction propre au 
Yi^t ; mais le Bâ Viçt tien bien chi fait de ces deux mots un nom 
de famille. 

Le giaxn Ca' ông^'. 

C'était le gouverneur"® du Que lâm"\ Cu* Ang était son nom do 
famille. 

Les Han, ayant soumis le domaine des Tchao, divisent le territoire 

EN neuf quan, dont LA RÉUNION FORME LE BÔ* DE GlAO CIII ^. 

Voici les noms de ces qu«^n *" : 

Namhài'"^'. 

Thu-orng ngô "^ \ 

Uât lâm"*«. 

Hi$ppbô»">. 

Giaocbî'"^ 

Ciruchom"*'. 

Nbâl nam "'^ *". 

Chûu nhai ^''\ 

Dam nhi »" ^ 
Dans cbacun d'entre eux fut établi un tbdi thù cbargé ^do Tadmi- 



a. En kouan hoâ « Tsiàng kiun 
tsÔDg kouàn sse ma » 

b. En kouan boa « T'ûng ». 

c. En kouan hoâ « Méng k'ang ». 

d. En kouan hoà « Kiu ouong ». 

e. En kouan boa « Poù ». 

/*. En kouan boa « Kîao tcbi ». 
g. En kouan boa « Nàn bai ». 



h. Eu kouan hoà « Ts'ang où y>. 
i. En kouan boa « Yuh lin ». 
j. En kouan boa « Ilob p'oii ». 
k. En kouan boa « Kiao tchi ». 
/. En kouan boa « Kieoù tchin >^ 
m. En kouan boa « Jib nân ». 
n. En kouan boa « Tebou yâi » . 
0. En kouan boa « Tan eulh ». 



46 ANNALES IMPÉRIALES DE LANNAM 

nistrcr. Cest à partir de ce moment que le nom du bO de Giao chi 
commence à être en usage. 

ANNOTATION IMPÉRIALE 

Si on jette une vue d*ensemblc sur la situation politique de 
cette époque, on voit que déjà plus de la moitié de notre pays de 
Vi(}t avait, hélas! été absorbée parla Chine. Parmi les princes éclai- 
rés et les habiles ministres des dynasties qui se sont succédé sur 
le trône, plus d'un s'est élevé autrement que par l'effet de sa descen- 
dance'**; et cependant ils n'ont jamais pu recouvrer un pouce de 
terre. C'est là une chose grandement à déplorer ! Ce n'est malheureu- 
sement pas d'aujourd'hui qu'il est difficile de rentrer dans un terri- 
toire perdu''®. 

Ngô SI dit : 

« A partir du moment où l'empereur Vô de des Hân anéantit la dy- 
nastie des Tri(}u et divisa son territoire en neuf quAn, le Chftu nhai 
et le &ûm nhi, qui étaient dans la mer *°^, joints au Giao chi, au 
Ciruchan, au Nhat nam^ ainsi qu'au Nam hài, au Thu'omg ngô, au 
Uat lâm et au IliOp phô^ avaient formé une agglomération désignée 
sous le nom de b() de Giao chi ^, et il n'y avait jamais eu de sous- 
traction de territoire. Ce n'est que sous les Ngô qu'on en a distrait 
le châu de Giao et que l'on a constitué celui de Quàng *. C'est des 
Dàng*^ que date la création d'un Annam dô h^ *" *^ pour Tadmi- 
nistration du Giao chi ainsi que la désignation spéciale dWnnam af- 
fectée aux trois quân de Giao chi, Ciru* cho'n et Nhi)t nam. Au temps 
des Hîin les neuf kiùn dépendaient également du Nam Vi(}t. Le gou- 
vernement de ce territoire était uniquement dans les mains de Tri$u 



a. Le Giao chi et les six quàn qui quân quôc chi"*. (Note des ré^ 
le suivent dans celte liste for- dacteurs,) 

maient cinquante-cinq districts 6. En kouan hoâ « Kouàng ». 

qui dépendaient tous du bô c En kouan hoa « T*àng ». 

de Giao chi. Voir le llàu Ilan d- En kouan boa « Tou hou », 



DOMINATION CHINOISE 



47 



Akj et seuls les trois quân de Giao chi, Cirir cham et Nhàt nam'* étaient 
administrés en son nom par trois dièn sir^^'^. Lorsque les Triçu 
furent anéantis par les Hàn, ces trois ^ magistrats, prenant avec 
eux les registres des familles, allèrent au devant du vainqueur et lui 
firent leur soumission. Par suite de cela les Hàn instituèrent un 
Thù ûy *°^ , et le territoire du Nâm vi$t, pris dans son ensemble, re- 
çut le nom de Giao chi; car parmi les neuf kiûn, trois dépendaient 
du Giao, tandis que les six autres relevaient du Quàng^ ». 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Les neuf quftn. 

D'après le Thién Hàn dja 1;^ chf *"/^ le quàn de Nam hài«' renfer- 
mait six districts dont voici les noms : 
Phièn ngu ''' \ 
Bâc la *" «. 
Trung tùc *°* J. 
Long xuyên *°' *. 

TirhOi**"^ 
Ki^tdirorng*"^. 
Le quan de Thu'omg ngô " en renfermait dix : 
Quàng tin *"^ 
Ta mOc *'»^ 
Cao yêu***^. 



a. Si on consulte à ce sujet les ou- 
vrages de géographie, on voit 
qu'ils ne parlent que du Giao 
chi et du Cu*u cho*n. Quant au 
Nhàt nam, d'après eux la pre- 
mière constitution de ce kiùn 
daterait des Hàn. C*est une er- 
reur. {Note des rédacteurs,) 

b. En kouan hoà « Tien chi ». Au 
lieu de trois il faut lire deux. {Id,) 

c. Lisez toujours deux. 

d. En kouan hoà « Cheoù ouéi ». 
^. Enkouaohoà«Kouàn^». 



f. En kouan hoà « Ts'ién Hàn ti 
Il tchi ». 

g. En kouan hoà « Nàn hai ». 
h. En kouan hoà « Fàn yû ». 
i. En kouan hoà « Poh lô ». 

j. En kouan hoà « Tchong souh ». 
k. En kouan hoà « Long tch'ouen » . 
/. En kouan hoà « Ssé hoéi ». 
772. En kouan hoà u Kieh yàng ». 
n. En kouan hoà « Ts'ang où ». 
0. En kouan hoà a Kouàng sin ». 
p. En kouan hoà « Sié mouh ». 
q. En kouan hoà « Kao yào ». 



48 



ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 



Phongdiromg*"". 

Boankhê*"*. 
Phùnglhîfa*" . 
Phù xuyên *" ^ 

Mànhlang*"^ 
Celui de Uatlâm'^ douze: 

Bôscm*"». 

An quàng*"j. 

Alàm*"*. 

Quànguât*"'. 

Trunglu'u*"*". 

Que lâm*" \ 

Dàm trung *" °. 

Lâmlran*"^. 

Binhchàu*''^^. 

Tâng thyc *" ^ 

Lành phu'orng*"'. 

Ung kê *" ' . 
Celui de Hi^p pho, cinq : 

Tîrvân*"". 

Cao lu'crng*"»'. 



a. En kouan hoâ « Kong yâng ». 

b. En kouan hoa « Lin hô ». 

c. En kouan hoâ « Touan k'i ». 

d. En kouan hoa « Fông chîng ». 

e. En kouàn hoâ « Foù tch'ouen ». 

f. En kouan hoa « Li p'oû ». 

g. En kouan hoa « Mông ling ». 
h. En kouan hoa « Yuh lin ». 

t. En kouan hoà « Foù chan ». 
j. En kouan hoâ « Ngan kouàng ». 
k. En kouan hoâ « lin ». 



/. En kouan 
m. En kouan 
n. En kouan 
0. En kouan 
p. En kouan 
q. En kouan 
r. En kouan 
s. En kouan 
i. En kouan 
u. En kouan 
V. En kouan 



hoâ « Kouàng yuh ». 
hoâ « Tchong lieôu » . 
hoâ « Kouei lin ». 
hoâ « T'ân tchong ». 
hoâ « Lin tch*in ». 
hoâ « Ting tcheou ». 
hoâ « Tseng chih ». 
hoâ « Ling fang ». 
hoâ « Yong k'i ». 
hoâ « T'oû ouén ». 
hoà (c Kao liàng ». 



DOMINATION CHINOISE 



49 



Bi^p phô ♦•• «, 
Lâmdoân*"*. 
Châulô*"«. 
Celui de Giao chi, dix : 
Lien Ihç*'"'. 
An dinh »*" « . 

• 

Càulâu*^'^ 

Mêlinh**»^. 

Khûc diroTDg **' ^. 

Bâcdai***'. 

Kêtîr***^. 

Tây vu ♦*• *. 

Long bien *" . 

Châuviên ***'». 
Celui de Ciru chom, sept : 

Tu- phô**'». 

Cu- phong*"^ 

Bôbàng **'/>. 

0u-phât*"^. 

Hàm hoan*"^ 

Vftlhiêt*"». 

V6 bien *" '. 
Celui de Nhât nam, cinq : 

Châu ngO *" ". 



a. En kouan hoâ « Hoh p'où ». 

b. En kouan boa « Ltn yùn ». 

c. En kouan boa « Tchou loû ». 

d. En kouan boa « Lien cbeoù ». 

e. En kouan boa <c Ngan ting ». 

f. En kouan boa « Keoù leoù ». 

g. En kouan boa « Mi Itng ». 

h. En kouan boa « K*iub yâng ». 
t. En kouan boa « Peh tai ». 
j. En kouan boa « Ki sîû ». 
k. En kouan boa « Si yû ». 



/. En kouan boa « Long pîen ». 
m. En kouan boa « Tcbou youén >'. 
n. En kouan boa « Siu p*où ». 
0. En kouan boa « Kiu fong ». 
p. En kouan boa « Tou p*àng ». 
q. En kouan boa « Yû fab ». 
r. En kouan boa « Ilién hoan ». 
s. En kouan boa « Où ts'ieh ». 
^ En kouan boa « Où pien ». 
u. En kouan boa « Tcbou où ». 



60 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Ti cành ♦" «. 
Lô dung "• * . 
Tây quyén *•• . 
Tirgng lâm 



440 



Nam hai. 

C'était un ancien quan du temps des Tiin. Voyez réclaircissement 
qui le concerne à la quarante-quatrième année de An du'orng. 

Thnong ngô. 

Sous les Tan il appartenait au territoire du qu&n de Que làm. 
Aujourd'hui c'est le châu de Ngô*. 

Uât lAm. 

Sous les Tan il appartenait au même territoire que le précédent. 
C'est aujourd'hui celui du quàn de Quàng tày. 

Hiôp phô. 

Sous les Tan, territoire du quàn de Tu'ç'ng. Aujourd'hui^ chàu de 
Lièm t. 

Giao ohi. — Cu'n oho'n. 

Voyez à la dixième année de Triéu vô vu'orng réclaircissement qui 
les concerne. 

Nhftt nam. 

C'est Tancien b^ de ViC*t thu'ô'ng^. C'était, sous les Tan, le terri- 
toire du qufin de Tu'nmg. Sous les Trieu il dépendait de celui de 
Ciru chou. Au commencement de la dynastie des H&n une partie en 

a. En kouan hoâ « Pi king ». ^- Kn kouan hoâ « Où ». 

6. En kouan hoâ « Loû yông ». f- En kouan hoâ « Lien ». 

c. En kouan hoà <» Si kiouèn ». .7- En kouan hoa«Youehtch'ângi>. 

d. En kouan hoa « Siâng lin ». 



DOMINATION CHINOISE 



51 



fut distraite pour former le NgO • Les Tân * et les Tbng^ conservè- 
rent la même division administrative. Occupé ensuite par les gens 
du Lâm ap ^^ le Nh^t nam, après la soumission de leur pays par les 
Tùy^, fut érigé en cb&u do &âng^ et devint bientôt le qu^n de Ti 
cành^. Cette circonscription administrative disparut ensuite, englo- 
bée qu'elle fut dans le Chièm thành^. Elle est représentée aujour- 
d'hui par le Quàng binh et le Quàng tri ^^^ 

Par « Nhàt nam » on entend, d'après Nhan su* co, ce qui se trouve 
au midi du soleil. C*est dans ce sens qu'on dit: ouvrir la porte du 
nord afin de se tourner vers le soleil. Nhu* thuân dit aussi que lorsque 
le centre du soleil se trouve au-dessus de la tête on a son ombre au- 
dessous de soi. C'est de là que vient cet autre nom de « Tî cành » *". 

Cliâu nhai. 

Ce district se trouvait dans la grande mer. U était bordé par une 
falaise. 

LesBàng en changèrent le nom et l'appelèrent ch&u de Nhai ^". 
C'est aujourd'hui le territoire de Nhai chàu dans le département de 
Quinh châu *** ' , qui est à la Chine. 

Dam nhii. 

Il est situé aussi dans une île de la grande mer. Les Sangle dési- 
gnèrent sous le nom do châu de Mm. C'est aujourd'hui le territoire 
de même nom dans le département chinois de Quinh chàu. 

Gâu lâa A. 

Nhan su* co observe que le caractère par lequel on écrit le mot 
« làu » est le même que celui qui signifie couler à travers *". 



a. En kouan hoâ « Où. ». 

b. En kouan hoâ a Tsin ». 

c. En kouan hoâ « Sông ». 
d En kouan hoà « Lin yih » 

e. En kouan hoâ c< Soui ». 

f. En kouai^ hoà « Tân§ ». 



g. En kouan hoâ « Pi klng ». 
h. En kouan hoâ « Tchen tch'lng » 
i. En kouan hoâ « K'iông tcheou ». 
/. En kouan hoâ « Tan eulh ». 
k. En kouan hoâ « Keoù leoù ». 



52 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Khuo da*o'ng. 

Nhan sir cô dit que le caractère du second de ces mots est une 
ancienne forme du caractère du'omg *•*. 

La d]mastie des Trieu se termine ici. Elle avait commencé dans 
Tannée Giâp ngç avec Vô vu'O'ng ; elle finit avec Thuât du'omg vffcmg, 
en Canh ngç. Elle occupa le trône pendant quatre-vingt-dix-sept 
ans. 

ANNÉE CYCLIQUE TAN VI 
Han. — Première année Nguyèn phong ♦". 

Les Han nobiment Thach-dai thich su'*" du b6 de Giao chi. 

Dans le système d^administration des Hân les quân dépendaient 
des chàu *". A part le Ghàu nhai et le Dam nhl qui étaient séparés 
de la terre ferme, les sept autres relevaient du Giao chl, et le titre 
officiel de Thach dâi était celui de « B^ thich sir » "° ". 

Sous les Hân occidentaux Long uyên * était le siège de l'adminis- 
tration; sous les Hân orientaux c'était Mê linh^. 

OBSERVATION IMPORTANTE 

Dans le système d'administration adopté par les Hân, dans les 
ch&u Ton plaçait un thich su* et dans les quân un thài thù ^. Les an- 
ciennes Annales disent que Thach dài <^ était le thâi thù àeneufqukn; 
est-il donc un homme qui pourrait à lui seul administrer à la fois 
neuf de ces territoires? Aujourd'hui nous suivons les annales de 
Ngô si, mais en y introduisant des changements et des corrections. 

En outre les Hân ont constitué le bO de Giao chl avec résidence ad- 
ministrative à Lien thç. Dans la cinquième annéeJSguyén phong^ elle 

a. En kouan hoâ « Poù ts'é chi ». d. En kouan hoâ « T'ai cheoti ». 
h. En kouan hoâ « Long youen ». e. En kouan hoâ « Chih tâi ». 
c. En kouan hoâ « Mî ling ». f. Eu kouan hoâ « Youén fong ». 



DOMINATION CHINOISE 53 

fut transférée dans le district de Quàng tfn^,qui dépendait du Thu'cmg 
ngô et y resta jusqu'à la quinzième année Kièn an ^ , pendant laquelle 
elle passa au district de Phièn ngu. Les[Ngô la transportèrent encore 
à Long bien ^ et constituèrent le châu de Quàng dans le Phiên ngu, 
où il était établi précédemment. Il s'ensuit que les Eau occidentaux 
n'ont jamais eu de résidence administrative à Long uyèn et que les 
Hén orientauxn en ont jamais eue à Mé linh. Il y a peut-être là une 
erreur des anciennes annales. Nous la conservons provisoirement 
pour compléter les éléments d'examen. 

ÉCLAIRCISSEMENT. - Dinh lâu. 

C'était le nom d'un district relevant du quan de Giao chi. Il est 
représenté aujourd'hui par les villages de Siêu loai et Lûng khè 
dans le Bâcninh. On y voit encore des fondations de Tancienne ville. 

Long nyên d. 

C'est le même que Long bien, nom d'un district des Hân qui rele- 
vait du Giao chi et fut, sous les Hén orientaux, le siège de l'admi- 
nistration du quân. 

D'après le commentaire du Thuy kinh, dans la treizième année 
Kien an des Hân, on vit, lorsqu'on commençait à élever les rem- 
parts, un dragon Giao ^^^^ roulé en spirale dans les deux gués du nord 
et du sud. Cela fut cause qu'on changea le nom do la ville, qui s'ap- 
pela depuis lors Long uyên *". Les Ly en firent leur capitale et lui 
donnèrent le nom deThâng long*^*, qu'elle conserva sous les Tran 
et sous les Le. C'est aujourd'hui la métropole provinciale de Hà nOi. 

D'après le commentaire des anciennes annales Mé linh n'est 
autre qu'An lâng, dans le Scrn tây. D'après Nguyen dî ce serait 
Phu'd'c thç (l'ancien Phu^dc 10c). Le qui don, dans son Vân dal loai 



a. En kouan hoâ « Kouàng sin ». rf. En kouan hoà « Long youen ». 

b. En kouan hoà € Kîén ngan »• e. En kouan hoa « Kiao ». 

c. En kouan hoà oc Long pien ». 



54 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Qg^47»a^ identifie H6 linh avec Phong châu, puis il dit que ce pays 
est le même que celui d'An lang. D'après le Ding dja If chi *'' * il 
se trouverait dans les deux districts de Phu'd'c l^c et de &àng làm. Le 
commentaire du Yan bien thông khào^'^^ dit que la réunion des 
pays de Gia ninh, Thira ho& et Thân su'orng formait sous les Hân le 
terriloire du district de Mè linh. Enfin dans le livre des Bàng' on lit 
que le Phong chàu englobait cinq districts, à savoir Gia ninh, Thira 
hoà, Tb&n xu'omg, Cao thu-ong et Ch&u l^c. Le M6 linh est donc le 
même que le Phong ch&u ; c'est là qu'est la vérité. 

Le district de Qaang tin. 

D'après le Phu'omg du* kl yen ' ce district relevait du quan de 
Thu'omg ngô. Il est devenu aujourd'hui le district de ce nom, qui 
dépend du département de Ngô châu. 

ANNÉE CYCLIQUE Kl SVVf 
Han. — Cinquième année kiùn vo de l'empereur Quang vo. 

DaNG MUu'0*MGy GOUVERNEUR DU GlAO CQI, ENVOIE UN AMBASSADEUR POUR 

OFFRIR LE TRIBUT AUX H AN. 

A la fin du règne de Vu'O'ng-mang ^"fi' Dang nhu'orng, gouverneur 
du Giao chi^ s'unissant aux chefs de tous les quftn, avait fermé le 
territoire et se gardait. Sam bành^, grand mandarin militaire des 
Hân, qui était avec lui en très bons rapports, lui écrivit pour lui 
vanter la grandeur de ses maîtres. Alors D^ng nhu'à'ng, de concert 
avec Tfch quang *, thâi thù du Giao cliî, ainsi qu'avec ceux de tous 
les quftn, Bô muc^ et autres, envoya un délégué pour offrir un tri- 

a. En kouan hod « Yûn t*at lei e. En kouan hoû « Fang yû ki 
yù ». yao ». 

b. En kouan hoa « T'âng il li /*. En kouan hoâ « Ki tcheoCi >. 
tchi ». fj. En kouan hoà « Ouàng màng ». 

c. En kouan hoâ « Ouên hién t'ong h. En kouan hoâ « Tch'èn p'éng ». 
k'ào ». '. En kouan hoà <c Sih kouang «>. 

d. En kouan hoâ « T'ùng ». j. En kouan hoà « Toù mouh ». 



DOMINATION CHINOISE 55 

but d'hommages aux B&n, qui leur octroyèrent à tous le titre de 
Li^thâu*^»*. 

ÉCLAIRCISSEMENT. — Giao cM. 

Voyez à ce sujet la dixième année de Yô vu'orng, des Triéu. 

Les Han nomment Nham diên ^ thaï thu du Co'u cho'n. 

D'après le Hàu Hân thor"*S au début des années Kifn vô**^' 
Nhàm diên avait été appelé aux fonctions de thài thù du Cu'u chqrn. 
Les habitants de ce pays étaient chasseurs et tuaient le gibier à coups 
de flèches. Ils ignoraient l'art de se servir des bœufs pour labourer 
la terre. Le peuple se procurait d'ordinaire le grain dans le Giao chi 
et il souffrait constamment de la disette. Nhàm dièUi ayant fait 
fondre les instruments nécessaires au travail des rizières, lui ensei- 
gna à défricher la terre pour en établir. La culture s'étendit d'année 
en année, et la population put suffire largement à ses besoins. De 
plus^ le peuple de Lac Viçt ignorait les rites du mariage. Nb|m diôn 
envoya aux chefs des districts qui relevaient de lui des dépèches 
officielles dans lesquelles il ordonnait que les hommes de vingt & 
cinquante ans et les femmes de quinze h quarante fussent tous unis 
conformément à leur Age. Quant à ceux qui, étant trop pauvres, 
ne pouvaient offrir les cadeaux de mariage, il décida que, pour leur 
venir en aide, il serait retranché une portion du traitement de tous 
les employés du grade de tru*Grng lai ^"* et au-dessous. Le nombre 
de ceux qui se marièrent monta, pour un seul jour, au-dessus de 
dix mille. Celte année-là le vent et la pluie furent conformes à la 
saison et la récolte fut abondante. Ceux qui donnèrent le jour à 
des enfants commencèrent à savoir <^e que sont la famillQ et la 
descendance. Tous disaient : « C'est au seigneur Nhâm que je dois 
cet enfant», et beaucoup donnaient son nom à leur fils. 

a. En kouan hoà « Lieh heoû». c. En kouan boa « Heoù Hàn 

b. En kouan boa « Jén yen ». chou ». 

d. En kouan boa « Kién où ». 



56 ANNALES IMPERIALES DE LANNAM 

Après que Nhàm dièn eut gouverné le pays pendant quatre ans, 
il fut rappelé par un décret de FEmpereur. Les gens du Ciru chan 
lui élevèrent un temple de son vivant même. 

Dans le commencement, au temps de l'empereur Binh tf ^"'. 
Tich quang, de flan trung^*'^, étant tbàithù du Giao chi, avait en- 
seigné au peuple qu il administrait les Rites et la Justice. Il reçut 
au commencement de Tannée Kicn vô le titre de Hâu de Diëm 
thuy ^^^ ^. C'est de ces deux th&i thù que date la civilisation da 
pays situé au midi des monts Lanh. 

ANNOTATION IMPÉRIALE 

Trieu dà était d*originc chinoise. Sa famille gouverna le royaume 
de génération en génération pendant quelques centaines d^années. 
Envoyant les réponses qu*ii faisait aux lettres de l'Empereur, on peat 
constater qu'il montrait d'ordinaire de l'instruction et de rexpériencc. 
Comment a-t-il donc pu se faire qu'il n'enseignât pas à son peuple 
l'agriculture et les rites du mariage, et qu'il ait fallu, attendre 
pour cela jusqu'à ces deux thài thù ? C'est une chose d'autant plus 
invraisemblable qu'il est dit ici que plus de deux mille personnes se 
marièrentau même moment. On peut voir par là queles mémoires du 
temps sont erronés ; la présente allégation n'est pas basée sur des 
preuves suffisantes. 

ÉCLAIRCISSEMENT. - Nhàm dién. 
Il était originaire de Uyen*"*', dans le Nam du'omg. 

ANNÉE CYCLIQUE GIAP NGU *•• « 
Han. — Dixième année Kiôn vo. 

Les Han nomment Tô dinh thaï thu du Giao chi. 



a. En kouan hoâ « P'îng ti ». d. En kouan hoâ « Youèn >. 

b. En kouan hoa c: Han tchougx». e. En kouan hoa cKiah où >. 

c. En kouan hoà c Yen choui ». 



DOMLNATION CHINOISE 57 

ANNÉE CYCLIQUE CANII TI *•' 

Han. — Seizième année Kiôn yo. 

Au PRINTEMPS, DANS LE DEUXIÈME MOIS DE l' ANNÉE, UNE FILLE DU GlAO 
cm NOMMÉE Tru'nG TRAC LÈVE DES TROUPES, ATTAQUE LE TUAI TIÏU Tô 
DINH ^, LE CHASSE ET PREND LE TITRE DE RELNE. 

Primitivement le nom de famille de celle reine était Lttc; mais 
elle en avait aussi un autre qui était Tru*ng*". Elle était lalille d'un 
chef Lac du district de Mè linh dans le Giao cbi, et la femme de Thi 
sàch, du district de Châu vien. Cette reine était très brave. 

En ce temps-là le Ihâi thù Tô djnh se montrait avide éternel dans 
ses rapports avec ses administrés. Comme il avait tué le mari de 
Tru'ng trac, cette dernière et sa sœur cadette Trirng nhj levèrent des 
troupes, Tattaquèrent et s'emparèrent du chef-lieu duchîiu. Tô djuh 
s'enfuit et retourna à Nam hài. Les quan de Phong mi, Cùu chan, 
Nhat nam, Hiçp phô et Nam ly, dans lesquels elles pénétrèrent, ré- 
pondirent tous à leur appel. Elles s'emparèrent de soixante-cinq 
places fortes du Lanh nam, et Tru'ng trac, prenant le titre de reine, 
établit sa capitale à Mê linh. Le Ibich sir du Giao cbi et les tbuithii 
purent à grand'peine sauver leur vie. 

ÉCLAIRCISSEMENT. — Le district de Gbâa vién. 

Constitué par les Hàn. 

Ce district dépendait du .quan de Giao chl. Les Bàng^ le trans- 
formèrent en châu de Vien. 11 forma sous les Lô le département de 
Tam dài. C'est aujourd'hui le territoire de Vinh tu'crng dans le San 
tây. 

ANNÉE CYCLIQUE TAN SUU 

Han. — Dix-septième année Kiên vo. 

a. En kouan hoà <r Sou ting i^. b. En kouau hoâ € Tïmg )>. 

An.iales de l*Annam 6 



58 ANNALES IMPÉRULES DE L*ANNAM 

En hiver, au douzième mois, les HAN nomment ma VIÊN ^*** MARÉCH4L 
DU TITRE DE PuUC BA^*^^, ET Lo*U LONG^ MAR&CHAL COMMANDA.NT Cf 
SECOND LES BATEAUX PONTÉS. DOAN CHI^*'^ ET SES COLLÈGUES LES ATTA- 
QUENT. 

Les Uàa, en raison de ce que Trirng s'était arrogé le titre de reine, 
levèrent des troupes; ils attaquèrent et prirent les citadelles et les 
villes fortes, ce qui causa du préjudice aux quân voisins de la fron- 
tière. Ceux de Tru'o'ng sa, de Hicjp phô et de Giao chî reçurent 
Tordre de fournir des chariots et des navires, de construire des ponts 
et des routes et de rendre praticables les chaussées des rizières et 
les cours d'eau des vallées profondes aQn d*assurer rapprovision- 
nement des troupes. Ma vién fut nommé maréchal du titre de Phuc 
ba, et Lu'u long, hau de Phù lac% reçut celui de maréchal com- 
mandant en second les bateaux pontés. Boim chi et ses ^collègues 
les attaquèrent. 

ANNÉE CYCLIQUE NHAM DAN *•• 

Han. — Dix-huitième année Kièn-vo. 

Au PRINTEMPS, DANS LE TROISIÈME MOIS DE L*ANNftE, L^ARMÉE DE Ma VIÊ!( 
ATTEINT LaNG BAC ; IL LIVRE BATAILLE A TrU*NG TRAC ET LA DÉFAIT, La 
REINE RECULE ET SE RETRANCHE DANS LE VALLON DE CaM KUÊ. 

Ma vién s*avançaensuivantlamer.Ilcoupa,le long des montagnes, 
les arbres sur une étendue de plus de mille li *•*. Parvenu à Lângbac, 

■ 

il livra bataille à la reine Tru'ng. Cette dernière, voyant combien la 
puissance des Ilàn était grande, considéra que ses bandes indicipli- 
nées ne pourraient peut-être pas tenir devant eux. Ses troupes, de 
leur côté, se dirent que leur reine, qui n'était en somme qu'une 
jeune fille, n était pas en état de se mesurer avec les Hàn, et elles se 
dispersèrent. 

a. En kouan hoâ « Ma youên». d. En kouan hoâ « Touân tchi i. 

b. En kouan hoâ « Fouh po ». c. En kouan hoâ c Foû loh >. 

c. Eu kouan hoa < Lieôu long 9. 



DOMINATION CHINOISE 59 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — LaDg bac. 

Ce lieu s'appelait aussi Dâm (làm. II se trouvait à Touest de Tave- 
nue occidentale de la ville de I>.)i la. Les Le en changèrent le nom et 
lui donnèrent celui de Tày ho qu'il a conservé jusqu'à ce jour. Il 
se trouve dans la province de Hà nôi. 

Câm khô. 

Bans le chapitre Vii}t chi^ du commentaire du Thiiy kinh'' par 
Li dao nguyèn*^ ce pays est appelé « territoire de Kim khê». Il est 
situé au sud-ouest du district de Mê linh. 

Dans le Nam Vièt chi *"* ^ de Tram hoài vien* il est dit que Tru'ng 
trâc, fuyant devant les troupes chinoises, enlra dans une anfractuo- 
sité de Kim klio où on la découvrit deux ans plus tard. D'après le 
Phô nam ki ^^'^ ^de Tru'O'c chi^ ce nom d'âfn/r«c/2/osiVe s'applique à la 
partie supérieure des vallons d'où s'écoulent les torrents sablonneux 
des montagnes. 

Chu'O'ng hoài ^ dit dans le Thài tir bien* que ce territoire est repré- 
senté aujourd'hui par le district de Tân xu'O'ng*®*^ du Phong châu. 
S'il en est ainsi, Cîim khe devait se trouver dans la circonscription 
de Vînh tu'crng, au Scntây; mais le point précis n'a pas encore été 
déterminé. Les anciennes Annales émettent l'opinion qu'il se trou- 
verait à Chân lOc, dans le NghO an; c'est une erreur. 

ANNOTATION IMPÉRIALE 

Bien que les deux Tru'ng appartinssent au sexe qui porte jupe et 
épingles de t<^te, elles purent cependant, d'un cœur héroïque, se 
lever noblement et émouvoir la cour des Ilân. Quoique leur puis- 



û. En kouan hoâ c Youeh tchi ». e. En koiian boa « Tcb'én boal 

b. En kouan hoâ « Choui king». youèn y>. 

c. En kouan boa « Lî tâo youen ». f. En kouan boa a: Poû nân ki ». 

d. En kouan boa « Nàn youeh </. En kouan boa « Tcboub tchi ». 
tchi ». A. En kouan boa c Tcbang hoài ». 

/. En kouan boa c T'ai tsè bien ». 



GO ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

sancc fùl faible et les circonstances défavorables, elles suffirent à 
élever le cœur des hommes et laissèrent une trace brillante dans les 
Annales. Ces hommes d'Elat à longue barbe et à sourcils épais, qui 
demeurent tranquillement les mains jointes sur les parements croi- 
sés de leur robes, ne devraient-ils pas en mourir de honte *'"? 

ANNÉE CYCLIQUE QUI MEO*"'* 

Han. — Dix-neuvième année Ki^n-vo. 

Au PRINTEMPS, DANS LE PREMIER MOIS, Tru'nG TRAC ET SA SŒUR CADETTE 
Tru'nG nui COMBATTENT LES TROUPES ENVOYÉES CONTRE ELLES PAR LES 

Dan ; elles sont battues et périssent. 

La reine Tru'ng et sa sœur c/idette Trtfng nh[ se mesurèrent avec 
les troupes chinoises qui marchaient à leur rencontre; mais leur 
armée s'étant dispersée, elles se trouvèrent seules et abandonnées, 
tombèrent toutes deux dans Teau et se noyèrent. Ma viên poursuivit 
enlesbaltanl le reste de leurs troupes que commandaient Dô dirang 
(le Livre des Ilàn écrit ce dernier mot avec un caractère diiïérent ^'^') et 
ses collègues jusqu'au district de Cu' phong, qu'il soumit. Il éleva 
alors une colonne de cuivre pour marquer la limite extrême du terri- 
toire des Hîin, après quoi il s'en retourna. 

Les habitants du pays, plaignant le sort de la reine Tru'ng, lui 
élevèrent un temple. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Cu' phong ^ 

On écrit aussi le dernier de ces mots avec le caractère qui signifie 
« vent ». 

Ce district fut constitué par les Uan, qui en firent une dépendance 
du CiVu clurn. Au temps des trois royaumes les Ngô en changèrent 
le nom et rappelèrent ((district de Di phong m*^. Sous les Tông^ 



a. En kouan hoâ <r Kouei mi\o ». c. En kouan hoâ « Yi fong ». 
6. En kouan hoà « Kiu fong ». à. En kouan hoâ c Sông ]i. 



DOMINATION CHINOISE 6i 

les Te "* el les dynasties suivantes il fut le siège de Tadminislration 
du Ciru chcrn. Après que les TuJ^* eurent soumis les Tran"° le 
quân fut supprimé, et le district releva du châu de Ai^ Au début 
de la dynastie des Bkng il dépendait du chàu de Nam lyc. Au com-r 
mencement des années Thiên biru^^*'' il fut supprimé et son terri- 
toire rentra dans celui du district de Nhfit nam ^ . 

D'après le Giao châu ki de Tang con ^, dans le Cu* phong un 
bœuf d'or sortit d'une montagne et se montra fréquemment pendant 
la nuit. Il y avait en outre sur cette montagne une porte dite du Vent ; 
le vent y soufflait toujours. Elle se trouve maintenant sur le terri- 
toire de la province de Thanh hoâ. Les anciennes annales, en la 
plaçant sur la limite qui sépare les ch&u de Bac giang et de Yq 
ninh, commettent une erreur. 

La colonne de cuivre. 

D'après le commentaire du Thùy kinh par Li dao nguyèn. Ma vSn 
uyên'* (Van uyên était le surnom de Ma viên) planta un repère de 
métal pour indiquer la limite extrême du sud. Or ce repère de mé« 
tal consistait en une colonne de cuivre. 

D'après les Annales des Tuy, lorsque Lu*u phu*ang' châtia le Lâm 
np-7 il dépassa de huit jours de marche la colonne de cuivre de Ma 
vièn et parvint à la capitale du royaume. 

Au milieu des années Nguyèn hoà ^°** des Bàng, Ma tông', dô 
[j^503m j(3 TAnnam, éleva à sontour deux colonnes de cuivre sur rem- 
placement choisi autrefois par Ma vièn. Il voulait faire connaître 
par là qu'il était le descendant du maréchal Dompteur des Flots. 

On lit dans le livre Thông dien ^°* " de Dô hiru*» qu'au sud de Lâm 

a. En kouanhoa « Ts'î». h. En koiDanhoâ«Mâou(5nyouea». 

h. En kouau hoâ c Soui>>. i. En kouan hoâ a Lieoû fang». 

c. En kouan hoâ « Ngai ». j. Eu kouan hoâ « Un yih ». 

d. En kouan hoâ « T'ièn pào ». k. En kouan hoâ « Youên hô ». 

e. En kouau hoâ c Jih nàn ». /. En kouan hoâ c Ma tsông ». 
/*. En kouan hoâ « Kiao tcheou m. En kouan hoâ c Touhoù ». 

ki ». n. En kouan hoâ « T'ong tiùn ». 

y. En kouao hoa c Tsenç kouèn ». o. En kouan hoâ « Toù yeoù ». 



62 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

îip^ à une distance de plus de deux mille ]i que Ton franchit tantôt 
par eau et tantôt par terre, se trouvent des Barbares dont le nom est 
Tây do. C'est là, dit cet auteur, que Ma viên éleva deux colonnes de 
cuivre pour marquer la limite de l'empire. 

D'après le Tân Dàng tho*^°* * la population du Lâm îip s'était ré- 
fugiée dans le châu de Dà lang. Dans le midi de ce châu Ton voit 
un rivage étendu près duquel s'élève une montagne dite des Cing 
colonnes de cuivre. Elle présente un aspect incliné; à Touest on ne 
voit que précipices, et à Test se trouve la grande mer. Les colonnes 
dont elle porte le nom ont été plantées par Ma viên, général des Hàn. 

D'après le Thai binh hoàn vô ki* de L«7c sir% écrivain des Tông, 
Ma vièn, dans l'expédition qu'il fit pour châtier le Lftm ap, dut par- 
courir plus de quatre cents li avant d'arriver à la capitale de ce p.ivs. 
Vingt et quelques li plus loin se trouvait le royaume des Barbares 
Tî\y do. Lorsqu'il 1 eut atteint, Ma vièn éleva deux colonnes de cuivre 
sur la frontière du Tu'gng lâm, afin de marquer la limite qui en 
séparait le territoire de celui de ce royaume. 

Il y a, par la route d'eau, plus de trois mille li de Nam hài à Làm âp, 
et cinq mille pour atteindre les colonnes de cuivre du châu de Giao. 

Selon le Dai Thanh nhût thông chi ^ la tradition veut que dansla 
grotte de Co sum, au châu de Khâm, Ma viên ait prononcé le ser- 
ment suivant : « Dong tni chirt, Giao chl di(}t ^ ! Lorsque la colonne 
de cuivre sera brisée^ ce sera la /in des Giao chi! ». Aussi lorsque les 
hommes du Vi(}t passaient au pied de cette colonne, ils ne man- 
quaient jamais d'en consolider la hase avec des pierres, de telle sorte 
qu'elle finit par prendre la forme d'un tertre funéraire. Ils agissaient 
ainsi de crainte qu'elle ne vînt à se briser. 

Aujourd'hui, d'après ce qu'on lit dans le Dâ sir^au Phû an se 



a. Eu kouan hoâ « Sin T'âng d. En kouan hoâ « Ta ts'ing yîh 
chou». t'ong tchiD. 

b. En kouan hoa « Tai p'îng hoân e. En kouan hoâ « Tông tchoù 
yù ki ». tcheh, Kiao tchi mieh ». 

0. Eu kouan hoa « Loh chi » /*. En kouan hoa « Yè chi ». 



DOMINATION CHINOISE 63 

trouve le fleuve de Bà dien, et au midi de ce fleuve on voit une rive 
étendue. Au sud-ouest de cette rive s*élève la monlagne appelée 
Thach bi s(m'**% qui peut avoir dix li de tour. A l'ouest elle est con- 
tiguc à une passe^ et Ton ne voit de ce côté qu'un entassement de 
pics et d*escarpements superposés les uns aux autres ; à Touest elle 
donne sur la mer. Au-dessus de la passe se trouve un rocher isolé, 
d'une grande hauteur et comme taillé. Si on s'en rapporte à ce qui 
est dit dans le Bàng chi ^^\ le Thông dien et d'autres ouvrages, 
on suppose que c'est là que se trouve la colonne de cuivre. Comme 
il n'y a au-dessus de cette passe de montagne'^' qu'une seule pierre 
isolée, haute d'environ dix tchàng et large de six ou sept, et que 
les gens qui habitent dans le voisinage disent que ce rocher planté 
au-dessus de la passe s'est dressé là par le seul efTct delà nature et 
n'a point été élevé par la main de l'homme, il serait peut-être diffi- 
cile d'y voir la colonne de cuivre. D'après le Thùy kinh le torrent 
de la montagne s'est déplacé, ce qui a amené la disparition de cette 
colonne, entraînée dans la mer. C'est peut être l'opinion la plus rai- 
sonnable. 

Temple de la reine Tru'ng. 

Ma VIÊN, GÉNÉRAL DES HaN^ BATTT LA VILLE DE KiÊn"' GIANG*. 

Comme la population du district de Tây vu se composait de trente- 
trois mille familles, Ma viên demanda l'autorisation de le partager 
en deux, sous les noms de Phong khô et de Vong liai. L'empereur 
des Hàn acquiesça à cette proposition. 

Ma vièn fit élever en outre des remparts, fonda des hameaux et 
des villages ***, et bâtit sur le territoire du Phong khê la ville forte 
de Kièn giang. Cette ville avait la forme arrondie d'un cocon de ver 
à soie ; c'est de là que lui venait son nom. Trois ans après Ma viên 
retourna en Chine. 

A partir de ce moment on traverse les règnes des empereurs 

a. En kouan boa c Kièn kiang » . 



64 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Minh de«, Chuang de \ Hoà de , Thircrng de*' et An de% en tout 
cinq règnes qui forment ensemble quatre-vingt-deux années. ;I1 n'y 
a, pendant cette période, à relater aucun événement saillant^'', siée 
n'est qu*au temps de Minh de un homme de Nam du'orng^. nommé 
Ly thieu s y fu«. chargé du gouvernement du Nhâtnam. Son adminis- 
tration fut douce et bienveillante, et il fit disparaître les coutumes 
étranges et mauvaises des habitants. Il fut, à cause de cela, promu 
aux fonctions do thâi thù *** * du Ciru giang*. 

Sous les différents règnes qui viennent d'être mentionnés, les 
fonctionnaires qui faisaient preuve de capacité séjournaient à peine 
dans le pays. C'est pour cela qu'ils n'ont pas été mentionnés dans 
les Annales. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — La yills de Ktén giting. 

D'après le Dai thanh nhirt thong chi •^' les villes de Kien gianget de 
Vong hùi étaient situées dans le district de An lang; mais en réa- 
lité Ma viôn, en pacifiant le Giao chî pendant les années Kiên vô'"* 
dos Ilan, bâtit ces villes fortes dans les deux districts de Phong khè 
et de Vong bai. 

Tây vu. 

Ce district a été constitué par les Ilan. Il relevait du qufin de 
Giao chi. 

Lythién. 
D'après lo Ilau Ilan dôc hanh truyen ', ce Ly thien était un homme 
vertueux. Au tomps de Qucing vô de^^**" il fut appelé à la cour et 
nommé xâ nhon ^'^ " du prince héritier. Sous le règne de Minh de *** 

a. En kouan hoâ « Mîng tî ]». i. En kouan hoa c Kieoù kiang ». 

b. En kouan hoâ « Tchang ti ». j. En kouan hoâ c Ta Ts'îng yih 

c. En kouan lioâ « H6 ti ». t'ùng Ichî ». 

d. Eu kouan hoâ cr Chang ti». A*. En kouan hoâ « Kién où ». 

e. En kouan hoâ « Ngan ti ». /. En kouan hoâ. « lleoù Hân touh 

f. En kouan hoâ « Nân yâng ». hing tchouén ». 

7. En kouan lïoâ « Li chcn » . m. En kouan hoâ « Kouangoùti>. 

h. En kouan hoâ « T'ai çheoù ». n. En kouan hoâ « Ché jin *. 



DOMINATION CHINOISE 65 

il g'étail retiré de la vie publique; mais, comme il était capable de 
résoudre les questions difficiles et épineuses, il fut promu à la charge 
de thiii thù du Nhât nam. Son administration douce et affable et les 
changements qu'il apporta dans les mœurs bizarres du pays le firent 
nommer avec avancement au gouvernement de Cfru giang; mais il 
mourut de maladie avant d'y arriver. 

ANNÉE CYCLIQUE NUAM DAN ""a 
Han. — Quatorzième année Vinli nguy«^n de Hoà dô. 

Au DÉBUT LES HaN ÉTABLISSENT AU Tu'o'nG LAM UN FO>XTIONNAIRE DU 

NOM DE Tu'o'nG BINH TRu'o'nG SU QUAN "• *. 

D'après le Hâu Han Iho*^, auparavant, dans le territoire de Tu*çrng 
làm qui dépendait du Nhat nam, plus de trois mille hommes se 
livraient au brigandage, pillaient les biens du peuple et brûlaient 
les édifices affectés aux services publics. Des quan et des districts on 
envoya des soldats pour les chùtier. Leur chef ayant été décapité, le 
reste des bandes se soumit. C'est alors que Ton institua un fonc- 
tionnaire sous le nom de tu'O'ng binh tru'àng sir quan pour veiller 
à ce que de semblables désordres ne se reproduisissent pas. 

ÉCLAmCISSEMENTS. — Tu'o'iig lâm. 

C'est le nom d'un district qui dépendait du quan de Nhat nam. A 
la fin des Han il formait le territoire du royaume de Lâm âp. 

TuVng binh tru'o'ng su'. 

C'est le nom d*un fonctionnaire. Dans le Thap tam châu chi de 
Hâm '"*' nhân * il est dit que le Tu'crng binh tru'omg su* résidait dans 
le quiyn de Nhat nam. 

a. En kouan hoa c Jin yin ». é/. En kouan boa c Chih san tcheou 

b. En kouan hoà < Tsidng ping tchi ». 

tch'âng chi kouan ». e. En kouan hoà ec K'àn yin ». 

c. En kouan hoà c Héou Han 
chou ». 



66 ANNALES IMPÉRIALES DE L^ANNAM 

ANNÉE CYCLIQUE GIAP DAN»«»* 

Han. — Prcmicre annt'e Nguyèn so'* de l'empereur An dô. 

Au PRINTEMPS, DANS LE DEUXIÈME MOIS, LA TERRE s'oUVRE DAXS U 

NhAT NA3I. 

D'après lo Cang mgc^ la terre s'ouvrît dans co pays sur une lon- 
gueur de plus de cent li. 

ANNÉE CYCLIQUE BINH TI»"** 

Han. — PrcmitTC année Vinh lioa» de rempereur Thuàn d^f. 
Les Han nomment Chau xu'o'kg' thich su'"*^ du Giao cm. 

Le Ihai lliii Ch«^u xu'crng, se basant sur ce que le Giao chi n était 
pas compris dans les neuf Vi ^" ' et se trouvait situé en dehors des 
cent ViOt J', présenta h l'Empereur un rapport par lequel il deman- 
dait qu'il fut institué un phu'ong bà '''^ *. Lorsque arriva Tépoque dont 
nous nous occupons, TEmpereur nomma Chàu-xu'urng thich-sir du 
Giao chi avec la haute main sur tous les quan et tous les districts. 

OBSERVATION IM1>0RTANTE 

D'après le Ilàu Ilân bà quan chP"' chacun des douzo châu en 
dehors de la capitale était gouverné par un thich sir, dont le rang 
comportait un traitement de six cents rf^rm"*". Or depuis le com- 
mencement du règne de Vo dr le nombre des thîch sir fut porté à 
treize. On examinait leurs actes d'après les six articles de l'édit 

a. En kouan hoa c Kiah yîn ». h. Va\ kouan boa « Ts'é chi i. 

b. En kouan hoà « Youên tch*ou». i. En kouan hoâ c Quel ». 

r. En kouan hoâ a Kang mouh ». j. En kouan hoâ « Youeh i. 

d. En kouan hoâ « Ping Isè ». A*. Eu kouan hoâ « Fang poh ». 

e. En kouan hoâ « Yong hù ». /. En kouan hoâ t Heoù Han poh 

f. En kouan hoâ « Chouén ti ». kouan tchi ». 

g. En kouan hoâ « Tcheou m. En kouan hoâ « Tân ». 
tch'ang ». 



DOMINATION CHINOISE 67 

impérial, et dans le cas où ils n'étaient pas conformes à la loi un 
rapport était adressé à l'Empereur. Le magistrat qui était chargé de 
le faire portait le titre de Giâm quân ngvsir *"' *. Lorsque arriva la 
première année Tuy hoà"* *de Tempcreur Thành dtV, le rang des 
thfch sir fut classé dans Tordre hiérarchique an-dessous de celui des 
dai phu "' *'; mais comme il y avait disproportion entre leur traite- 
ment et celui de deux mille dam que recevaient ces derniers magis- 
trats, l'on éleva les thich sir au grade de châu myc"°, qui compor- 
tait aussi une allocation de deux mille dam, et qui venait hiérarchi- 
quement après celui des neuf khành "* '. 

Sous le règne de l'empereur Ai dê^ dans la deuxième année 
Kien binh ^*% on supprima les châu myc et on rétablit les thich su*. 
Dans la deuxième année Nguyên thç "* si l'on revint aux châu myc. 
Dans la dix-huitième année Kion vô***^ de l'empereur Quangvô Ton 
institua de nouveau douze thich sir dont chacun gouverna un châu; 
Tun de ces châu dépendait d'un tu* le hi^u uy*. Cette organisation 
subsista jusqu'à l'époque de l'empereur Linh de "'. Au milieu des 
années Trung binh ^^^J, comme de tous côtés les soldats se livraient 
aubrigandage, ce qui venait de ce que l'autorité des thich su était 
affaiblie, on changea le système d'administration et l'on institua des 
Myc bâ^*^*. On choisissait pour remplir cette charge des fonction- 
naires du rang de khành et de thu'Q'ng tha "' que l'on mettait à la 
tête des châu. Peu après, l'empereur Hiên de ayant introduit dans 
l'organisation territoriale un changement par suite duquel le châu de 
Giao était supprimé et devenait une dépendance de celui de Kinh, le 
châu myc Liru bièu reprit de son autorité privée le titre de tich sir. 
C'est à partir de ce moment qu'il exista simultanément des tich su* 

a. En kouan hoà c Kien kiùn yù g. En kouan hoà < Youéncheoù». 
chi ». h. En kouan hoà c Kién où ». 

b. Eq kouan hoà e: Soui hô ». i. En kouan hoà c Sse 11 hiào 

c. En kouan hoà € Tch'ing ti ». ouei ». 

d. En kouan hoà € Ta fou ». j. En kouan hoà € Tchong p'ing ». 

e. En kouan hoà € K*îng ». A:. En kouan hoà c Mouh poh ». 

f. En kouan hoà c Ngai ti ». 



68 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

et des ch&u myc; parmi les fonctionnaires que Ton nommait^ les 
uns recevaient le premier, les autres le second de ces titres. Bien 
que, par suite de ce que tantôt on conservait le même nom et tantôt 
on le remplaçait par un autre, il n'y eût pas d'uniformité, ces magis- 
trats n'en étaient pas moins tous préposés à Tadministration des 
quan et des districts; leur fonction était la même. 

Quant à ce qui concerne Tappellation de a châu de Giao », si on 
examine en détail ce qui est écrit à ce sujet dans le Cang mue, on 
voit que c'est à partir de la huitième année Kien an *" • qu'elle com- 
mença à être mise en usage; on ne trouve avant cette époque que 
celles de a mue du Giao chi » et « tliich siV du Giao chi ». Si on joint 
à cela ce qu'on lit dans le Tan clii*^% à savoir que sous les Hàn, 
dans les années du règne de l'empereur Thu«7n de***, un thai ihà 
du Giao chi nommé ChAu xuàng demanda que l'on élevât au rang 
de chûu le territoire qu'il administrait, et que la cour, après en avoir 
délibéré, n'accéda pas à sa demande; qu'on le nomma thich sir du 
Giao chi; que lorsqu'on arrive à la huitième année Kion an de Bien 
dr, on voit le Ihich-sù* Tru'ang-làn ^ et le thài-thù Sî-nliiop^ présen- 
ter de concert à l'Empereur un rapport contenant la môme requête, 
et qu'on érige alors le Giao chi en châu de Giao dont Tru'omg tàn est 
nommé mue, on voit que c'est en réalité à partir d'ici que la déno- 
mination de «chAu de Giao » commence à être en usage. 

11 est écrit dans les anciennes Annales que dans la cinquième 
année Kien-vô Dang-nhu'crng ^, inuc duchâu de Giao, offrit un tribut 
d'hommages, et plus loin que dans la deuxième année Vinh lioà'" 
Tiiro'ng kiéu était thich s//' du même châul On voit qu'il y avait là 
un point non encore éclairci. Nous corrigeons présentement ces ir- 
régularités. 

IXLAII^CISSEMENTS. — Les Six articles. 
Le premier traitait de ces hommes qui, se prévalant de Téner- 

a. En kouîin hoâ « Kién ngan ». c. Eu kouan boa « Chisîeh ». 

h. En kouan hoâ « ïchang tsin ». d. En kouan hoâ «Téng jàng». 



DOMINATION CHLNOISË Ô9 

gie de leur caraclère et de la puissance de leur famille pour dominer 
les autres, enfreignent les dispositions de la loi concernant les 
rizières et les maisons d'habitation, abusent de leur force pour 
insulter les faibles et de la multitude de leurs partisans pour mal- 
traiter ceux qui sont en petit nombre. 

Le second, des fonctionnaires jouissant d*un traitement de deux 
mille dam "' qui reçoivent sans respect les instructions impériales 
et ne se conforment point aux ordonnances et aux règlements; qui, 
foulant aux pieds la justice et agissant dans leur intérêt privé, se 
livrent à des prévarications dans la perception des impôts. 

Le troisième, des fonctionnaires touchant le même traitement qui 
traitent sans pitié les personnes emprisonnées en qualité de 
simples prévenus, qui font périr les gens par cruauté, qui, lors- 
qu'ils sont satisfaits, augmentent les récompenses, et augmentent les 
peines lorsqu'ils sont irrités; qui persécutent, troublent, maltraitent 
le peuple, et le ruinent par leurs extorsions; qui encourent sa haine, 
ce qui amène des récits mensongers de montagnes qui s'écroulent, 
de rochers qui se fendent, d'apparitions ou do bons présages '^^ 

Le quatrième, des fonctionnaires jouissant du même traitement 
qui, dans le choix de leurs employés, ne sont pas guidés par la jus- 
tice, aiment les gens légers et flatteurs, écartent les sages et favo- 
risent les personnes inconsidérées. 

Le cinquième, des fils de ces fonctionnaires qui, se prévalant de 
leur haute situation, cherchent à placer leurs protégés. 

Enfin le sixième traite des mêmes fonctionnaires qui, agissant à 
rencontre de la justice et se mettant au-dessus de leurs égaux, se 
font les flatteurs et les associés des puissants, donnent ou reçoivent 
des présents corrupteurs et lèsent les intérêts de TEtat. 

Le Dô giam quân huyôn"'' <>. 
D'après Trirorog cù*u thiêu * c'était un thich sfr Giao chl institué 

a. En kouan hoà c Tou kien kiùn b. En kouan hoà c Tchang kieoù 
hién :». chào ». 



70 ANNALES IMPÉMALES DE L*ANNAM 

parles Hén et qui administrait les sept quàn composant rAnnam, à 
savoir ceux de Nam haï, Uât lâm, Thiromg ngô, Giao chi, Ciru chorn, 
Nhât nam et Hi^p phô. 

ANNÉE CYCLIQUE DINH SU'U« 

En été^ au quatorzième mois, Khu uên^, barbare de Tu'o'ng lam, dans 

LE Nhat nam, se révolte. 

D'après le Hàu Hân tho*, Khu lien et d'autres barbares établis 
en dehors des frontières du Nhât nam et du Tu'orng làm attaquèrent 
avec quelques mille hommes les districts de cette dernière province, 
brûlèrent les villes et les monastères bouddhistes et tuèrent le 
tru*ô*ng hi^ . Phàn dien**, thich sir du Giao chi, envoya de ce kiun 
et de celui de Giru chorn plus de dix mille hommes au secours du 
territoire envahi; mais officiers et soldats, craignant les fatigues du 
service dans un pays lointain, Tattaquèrent au contraire lui-même 
dans le chef-lieu du département où il faisait sa résidence. II défit 
bien les révoltés, mais cela ne fit que fortifier la situation des Bar- 
bares. 

ÉCLAIRCISSEMENT. — Kha lion. 

C'était le nom d'une famille des Barbares du sud. Le Tan thor"* 
et le Gang myc tàp lam ^*^ * écrivent tous deux le second mot de ce 
nom avec un autre caractère"'. Ce deuxième caractère iiénf se 
prononce, il est vrai, exactement de la même façon que celui qui 
est donné ci-dessus; mais c'est par erreur qu'ils l'ont employé, et le 
seul vrai nom est celui qui s'écrit avec ceux que nous avons adop- 
tés. 

ANNÉE CYCLIQUE TUAT DAN **•« 
Han. — Troisième année Vinh hoà. 

a. Enkouan hoa ce Ting tch^eoù ». e. En kouan hoà a: Kangmouh sih 

b. En kouan hoà c K'iu lien 9. làn ». 

c. En kouaa hoà « Tch'àng 11 ». f. En kouan hoà « Lien ». 

d. En kouan hoà « Fàu yen ». g. En kouan hoà «Siuh yin ». 



DOBflNATION CHINOISE 71 

En été, dans le quatrième mois intercalaire, les IIan nomment 
Tru*o'ng-kiêd thich-su' du Giao chi et Chuc-lu'o'ng thai-thu du Cu'u 

GUO'n AFIN d'obtenir LA SOUMISSION DES BaRBARES QUI SE LIVRAIENT AU 
BRIGANDAGE. ToUT LE PATS DE LlNH KIÊU EST PACIFIÉ. 

D*après le Hau Hàa ihor, dans ce temps-Ià le thi ng\f sir ^^^ ^ Go xirorng 
fut envoyé en mission dans le Nhat nam. Réunissant ses forces àccllcs 
des cbâuet des quùn, il marcha contre les Khu lien et leurs alliés; 
mais cette expédition ne fut pas couronnée de succès. Il fut immé- 
diatement attaqué et assiégé pendant plus d'une année, et manquait 
de troupes et d'approvisionnements. L'empereur des Hàn, inquiet, 
convoquant les công ^, les kliành^, les mandarins de tous les ordres 
et ceux qui appartenaient aux quatre phù duy^n ''* ^, leur de- 
manda conseil sur le plan à suivre. Tous, après délibération, 
furent d'avis qu'il fallait envoyer un général, et lever à Kinh 
du'O'ng' et à Duy(}n d\jL^ quarante mille hommes qu'on expédierait 
sur les lieux. Ly cô, grand maréchal et tiingsif trung lang"*^', s'é- 
leva contre cette avis. « Dans le pays de Kinh du'O'ng, dit -il, les 
voleurs et les brigands, tels qu'un nid de serpents, se tiennent en 
masse compacte sans jamais s'éloigner les uns des autres. D'autre 
part les pays de Tru'O'ng sa'^ et de Que du'O'ng ont été souvent mo- 
lestés par des levées d'impôts et de troupes; si on va les troubler de 
nouveau il ne peut manquer d'en résulter quelque nouveau malheur 
qui aggravera la situation. Ceux de Duy^n du ont été complètement 
épuisés. Leur imposer une expédition à dix mille li et les y contraindre 
par un édit impérial les poussera forcément à se révolter. Le climat 
des ch&u du midi est chaud et humide, et de plus l'air y est chargé 
de miasmes. Sur dix hommes il y aura certainement quatre ou cinq 
qui y trouveront la mort. OfQciers et soldats souffriraient de ce dé- 

a. En kouan hoa c Chi yù chi ». /.En kouan hoa a Yen yù ». 

b. En kouan hoa « Kong ». g. En koiiau hoa « Ts'ông chi 

c. En kouan hoa < K'ing ». tclioiig lùng ». 

rf. F]n kouan hoâ « Fou tch'oui;n», A. En kouan hoa o: Tch*<\ng cha ». 
e. En kouan hoà « Kiug yang ». 



72 ANNALES IMPERIALES DE L'ANNAM 

placement à dix mille li de distance. En supposant qu'ils puissent 
arriver au midi des montagnes de Linh *^' ^, ils ne seront plus en 
état de combattre. 

(( L'armée parcourt trente li par jour, et le pays de Duy^n â\ji est à 
plus de neuf mille li du Nhàt nam; elle mettra donc trois cents 
jours pour y arriver. D'autre part, en comptant à cinq thâng"^* 
les vivres d'un homme, il faudra six cent mille boisseaux de 
grain, sans compter la nourriture des généraux, des officiers et 
des bêtes de somme. Seuls les porteurs de cuirasses ^'^^ subviennent 
eux-mêmes à leurs besoins. Dans une armée organisée de cette fa- 
çon, lorsqu'on atteindra le but la mort aura certainement fait bien 
des vides. Comme on ne sera pas en état de tenir tète à l'ennemi, 
il sera nécessaire d'opérer de nouvelles levées de troupes, et cela à 
plusieurs reprises. Ce sera comme si nous coupions des morceaux 
de notre cœur et de nos entrailles pour réparer nos membres ! 

« Le Cîru chan et le Nhiit nam sont à une distance de mille li. Faire 
partir en expédition les fonctionnaires et les hommes de ces deux 
pays, c'est là une chose qui ne saurait se faire; à plus forte raison 
ne peut-on pas infliger aux troupes de l'intérieur la fatigue d'une 
campagne à dix mille li. Autrefois, lorsque le trung lang tu'o'ng 
Doân ^ alla châtier les Khu*o*ng ''rebelles du châu de Ich "*, il cou- 
rut dans ce châu un dicton ainsi conçu : « S'il vient un esclave, passe 
« encore; mais si c'est Doan "', il me tuera! » Lorsqu'il revint ensuite 
de cette expédition, il laissa ses troupes au thich su' (les anciennes 
Annales écrivent à tort « châu phân ») Tru'omg kieu, et avec les 
officiers et les employés de cette armée ce dernier put, en quelques 
semaines, défaire et anéantir ces misérables brigands. Mais cette 
fois-ci l'envoi d'un général ne serait d'aucune utilité. Ceux qui 
peuvent rendre de bons services, ce sont les gouverneurs des châu 
et des quan ; seulement il faut choisir, pour remplir ces fonctions 
de thich sir et de thai thii, des hommes doués de bravoure, d'huma- 

a. En kouan hoa « Ling ». c. En kouan hoà « Yin >. 

6. En kouan hoà € Ching ». d. En kouan boa < K*iaug »« 



DOMINATION CHINOISE 73 

nité, de bienveillance, capables de commander à des soldais, et les 
diriger tous sur le Giao chî. Actuellement les troupes de Nhat nom 
n'ont pas même une réserve de grain. Puisqu'elles ne sont pas en 
nombre pour tenir la campagne et que d'ailleurs elles n'en seraient 
pas capables, que Ton fasse émigrer les petits fonctionnaires et le 
peuple vers le nord, et qu'ils cherchent un refuge dans le Giao chi. 
Quand tout sera rentré dans le calme, on enjoindra aux Barbares 
de s'arranger entre eux pour nous livrer à leur tour de l'or et des 
étoffes de soie ^^^ apportant ainsi leur contribution qui nous aidera 
à rentrer dans nos dépenses. S'il y avait parmi ces insurgés des 
hommes capables de prendre de Tautorilé sur les autres, l'Empereur 
permettrait qu'on les nomme par faveur Hau et Li(}t tho. A cet effet 
Ton réunirait les thich sir des chàu. 

« Chue lu'O'ng est doué d un naturel très brave et très décidé : d'autre 
part Tru'O'ng kieu de Nam du'O'ng a montré auparavant du mérite 
en battant les révoltés du ch&u de Ich; tous deux peuvent être em- 
ployés. Il faut les nommer avec les pouvoirs que nécessitent les cir- 
constances. » 

Cet avis ferme et précis fut adopté par tous les mandarins. On 
nomma immédiatement Chûc-lu*orng thai-thù du Ciru chan et Tru'omg- 
kiéu thfch-sir du Giao chi. Ce dernier ayant fait à son arrivée une 
proclamation pour calmer les esprits, tout le monde se soumit et se 
dispersa. Quant à Chue lu'omg, il arriva à Ctru cho'n, pénétra au 
milieu des brigands monté sur un char sans escorte, et trouva le 
moyen de ramener les rebelles tant par Fautorilé que par la con- 
fiance. Plusieurs dizaines de mille hommes se soumirent, et à par- 
tir de ce moment le pays au delà des Linh rentra dans le calme. 

ÉCLAIUCISSEMENTS. — TruVng klôu. 

Il était originaire de Nam duang. 

Chno lu'o'ng. 
Il était originaire de Làm lu'O'ng* dans le Tru'crng sa. 

a. Enkouan hoà « Lin siang ». 

\jiHALEA DE l'AnNAM 7 



74 ANNALES IMPÉRIALES DE LANNAM 

ANNÉE CYCLIQUE GIAP TUAN*»' 
, Han. — Première année Kxàu. khang. 

En hiver, AU DIXIÈME MOIS, LES HABITANTS DU NhAT NAM SE RÉVOLTENT. 

IIa phu*o*ng, thich su* du Giao chi, les soumet. 

Diaprés le Ilâu Ilàii thcr plus de millo habitants du Nhat nam, se 
révoltant de nouveau, attaquèrent et brûlèrent les chefs-lieux des 
districts, et excitèrent ensuite les gens du Ciru chorn à faire cause 
commune avec eux. lia phu'irng, thich sir du Giao chi, eut recours 
à la douceur; il fit une proclamation dans laquelle il invitait les re- 
belles à la soumission. Tous rentrèrent dans Tobéissanee. L'impé- 
ratrice douarière loua dans une audience le mérite de Ha phu'orng 
qui fut promu aux fonctions de thaï thii à Que du'omg ^. Liru tio ^ le 
remplaça dans le Giao chi "". 

ANNÉE CYCLIQUE CANH TI'' 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Ha phu'o'ng. 

11 était originaire de Ciru giang, aux Hàn. 
Han. — Troisième aimée Dién hi de l'empereur Hoàa dé. 

En hiver, au onzième mois, les Han nomment de nouveau Ha phu'o*ng 
thich su* du Giao chi. Le reste des rebelles '^'^ du Nhat nam se pré- 
sente A LUI ET FAIT SA SOUMISSION. 

D*après le llûu Hàn thor le sous-préfet de Ou* phong * était un 
homme cupide, cruel et insatiable. Un habitant du district nommé 
ChÀu d:it^ se joignit avec d'autres à la multitude des Barbares, et ils 
attaquèrent et tuèrent le sous-préfet. Leur troupe, qui se montait 
h quatre ou cinq mille hommes, s*avança dans le pays et attaqua 
Ciru chorn. Le thaï thii, nommé NghO thirc, périt dans la bataille. 

Les Ilàn envoyèrent Nguy 15ng ^, dô uy ^^* ^ du quàn de Cfru chan, 

a. En kouan hoâ a Kiah chiu ». e. En koiian hoâ « Kiu fong ». 

b. Va\ kouan hoâ t Koaéi yAnj^ ». f. En kouan ho;i « Tchou tah v. 

c. En kouan hoâ « Lieôu tsào ». 7. En kouan hoa « Guéi làng ». 

d. En kouan hoâ t Keng tsè *. A. Eu kouan hoâ « Tou ouéi ». 



DOMINATION CHINOISE 75 

pour châtier les rebelles. Il les battit; mais le Cir soài '"^^'^ occupait 
encore le Nhat nam, et sou armée, au lieu de s'affaiblir, ne faisait 
que prendre de l'importance. On nomma alors pour la seconde fois 
Hà-phu'crng thich*sir de ce quan. Ce personnage élait connu partout 
comme un fonctionnaire inspirant à la fois la confiance et une crainte 
respectueuse; aussi dès son arrivée dans le pays vingt mille rebelles 
vinrent-ils à Tenvi se présenter à lui et faire leur soumission^**. 

ÉCLAmCISSE\ŒNTS. — Ngay lang. 

Il était originaire de Thu-ang ngu ^" *, dans le Hôi kê ^** ^ C'était 
un homme jusle et loyal, éclairé et droit. Il fut promu dans la suite 
à la charge de président d*un ministère; mais ayant émis un avis 
dicté par Tesprit de parti il fut écarté et retourna dans son pays. 

Ca' phong. 

C*est exactement le district de ce nom. 

Pour les éclaircissements qui le concernent, voyez ce qui se rap- 
porte à la dix-neuvième année Kiën v6 des Hàn. 

ANNÉE CYCLIQUE MAU NGU»"' 
Han. — Première anuée (Jnaug hoà « de l'empereur Linli de/". 

Au PRINTEMPS, DANS LE PREMIER MOIS, LES BARBARES IlÔ ^ DU GtAO CHI 
ET DU IIlÊP PHÔ SE RÉVOLTENT. Un HOMME DU CUAU NOMMÉ Lu*o\nG LONG 
EN PROFITE POUR SUSCITER DES TROUBLES. Il ATTAQUE ET PILLE LES FOR- 
TERESSES ET LES VILLES FORTES, QL'iL DÉTRUIT ENSUITE. 

ANNÉE CYCLIQUE TAN DAU»"^ 
Han. — Quatrième année Quaiig hoà. 

En ÉTÉ, LES Han nomment Cuau tuan' a la charge de tuich su\ Il 

ATTAQUE Lu'o'nG LONG ET LE SOUMET. 

a. En kouan hoâ « K'iil choâi;). /'. En koiiau lioâ « Lin|< ti ». 

b. En kouan hoà (n Châng yù ». y. En kouau hoû a Ou hoû i>. 



i c( Ifoei ki ». h. En kouan hoâ « SinyeoLi ». 

i a Où oùj». /. En kouan hoâ c Tchou tsoucn }). 



c. En kouan hoî 

d. En kouan hoi 
a. Eu kouau hoâ <r Kouang hù ». 



76 ANNALES IMPÉIIIALES DE L'ANNAM 

A cette époque les Barbares de Giao chi, du Hi^p phô et de Ô hô 
troublaient depuis longtemps le pays. Le myc thù***' Chàu ngii 
n'était pas en état de leur résister. Un homme du chàu nommé 
Lu'ang long^, joint à d'autres individus, profitèrent de cette situa- 
tion pour lever des troupes, attaquèrent et ruinèrent les quàn elles 
districts. Leurs bandes étaient fortes de plusieurs dizaines de mille 
hommes. 

Les choses en étaient là lorsque les Ilàn envoyèrent au secours de 
Chàungû le sous-préfet de Lan lang*^°*^, nommé Ch&u luân. Comme 
le chemin qu'il suivait traversait le quàn où il exerçait ses fonctions, 
il enrôla des soldats pris dans les familles du pays*^', lesquels, 
joints à ceux qu'il avait déjà sous ses ordres, formèrent uncorpsde 
cinq mille hommes. On pénétra dans le territoire par deux chemins; 
mais lorsqu'on fut arrivé à la limite du chàu les soldats déposèrent 
leur cuirasse et firent halte. Chàu tuàn envoya d'abord explorer le 
fort et le faible de l'ennemi. Il fit une proclamation dans laquelle, 
pour ébranler son courage, il lui faisait connaître sa force et les 
raisons qu'on avait de le redouter; puis il fit irruption à la tAte des 
troupes de sept quan, attaqua et tua Lirang long. Plusieurs dizaines 
de mille hommes se soumirent, et en quelques mois tout fut ter- 
miné. 

ÉCLAIKCISSEMENTS. — Chau tuâD. 

11 était originaire de Ilôikè. 

Ohô. 

D'après le Hau Hân thc au chapitre Tày nam di chuy^n*"** et le 
Van chan nam chàu di vàtchi^^'*, ho est le nom d'un pays. Il est 
situé au sud du chàu de Quang et au nord de celui de Giao. D'ordi- 
naire lus habitants sortent de leur demeure et vont par les chemins 

a. En kouan hoâ « Mouh cheoù ». d. En kouan hoâ « Si nàn yf 

b. En kouan hoâ a Liàng long». tchouén ». 

c. En kouan hoâ ce Lan liug » . c En kouan hoâ « Ouàn tchén nàn 

tcheou yi oub tchi ». 



DOMINATION CHINOISE 77 

attendre les voyageurs qui les parcourent. Ils s*élanccnt tout à coup 
de leur embuscade et les attaquent. Lorsqu'ils ont la bonne fortune 
d*en saisir un, ils le dévorent sans faire aucun cas de ses biens ou 
des marchandises qu'il porte avec lui. Ils font de sa chair des ragoûts 
et des conserves. On appelle aussi ce pays « royaume des Ilàm 
nhon » "* «. 

ANNÉE CYCLIQUE GIAP TI"»'' 

Han. — Première année Trung binh c. 

En été, au cinquième mois, les troupes du Giao cni s'insurgent. Les 
Han nomment Cô manh kiên a la charge de thich su\ 

Les troupes en garnison dans le Giao chi se saisirent du thich- 
sir Chàu-ngû, le tuèrent, et envoyèrent des délégués à la cour des 
Hàn pour y énumérer leurs griefs concernant les crimes de ce fonc- 
tionnaire. L'Empereur leur donna raison. Il ordonna que désormais 
Ton choisit avec soin des administrateurs capables. Les fonction- 
naires compétents recommandèrent pour les fonctions de thich su* 
le censeur Co manh kièn . 

Jusqu'àce moment les magistrats qui étaient chargés du gouverne- 
ment des quàn, voyant que dans le pays on trouvait des perles bril- 
lantes^ des plumes de marlin-pêcheur, des cornes de rhinocéros, des 
défenses d'éléphant, des écailles de tortues caret, des parfums exquis 
et autres produits rares, ne se conduisaient pas selon les règles de 
la probité; puis, lorsqu'ils étaient repus, ils s'empressaient de de- 
mander à être remplacés et transférés dans un autre poste; aussi 
les petits fonctionnaires"* et le peuple se révoltaient-ils contre eux. 
Lorsque CÔ manh kièn arriva dans la contrée ^^\ il fit une enquête 
sur les causes de la rébellion. Toutes les personnes interrogées lui 
dirent que les anciens administrateurs se montraient d'une rapacité 
extrême dans la perception des taxes, et que le peuple en souffrait; 



a. En kouan hoà c Tan jin ». c. En kouan hoa a: Tchong p'ing ». 

h. En kouan hoa < Kiah tsè ». 



7S ANNALES FMPKRIALKS OK Î/ANNAM 

que los chemins qui menaient à la capitale étaient longs a parcourir, 
qu'on ne savait où porter plainte et que Texistence même du peuple 
n'était pas assurée "'■; qu'il se réunissait alors pour résister au gou- 
verneur, mais que ce n'étaient point de véritables révoltes. Co manh 
kién expédia alors en différents lieux des envoyés chargés de con- 
soler ot d'exhorl^'r Ip peuple, afin que chacun vécût tranquillemonl 
de son état. On ramena les fugitifs par de bonnes paroles: les taxes 
furent annulées et remboursées. On lit mourir de plus les instiga- 
teurs des cruautés commises, et Ton choisit de bons foncticmoairos 
pour administrer les quiin et les districts. Ces mesures ramenèreDl 
le calme dans la population, et dans les rues comme dans les 
ruelles on entendait cette chanson composée à Téloge du gouver- 
neur : 

« Notre père Co tardait bien à venir; 

« C'est pour cela qu'on s'était révolté; 

( Mais aujourd'hui que nous voyons partout régner le bon ordre 
et la paix, 

« Nous n'oserions nous soulever de nouveau'" .» 

Le Cang mue donne pour le dernier vers une version difTércnte, 
qui est : 

« Les fonctionnaires n'oseront plus dévorer le peuple comme ils 
avalent leur ri/"" .» 

Co manh kién resta trois ans en fonctions; il fut ensuite nommé 
ngaî lang siV^"''* et remplacé par un fonctionnaire originaire du 

chàu dont le nom était Lv tan ''. 

•■ 

ANNOTATION IMPKIUALE 

Si on porte son attention sur ce point historique, on peut voir 
que sous les ILin les sages et les hommes de talent étaient nom- 
breux. Ceux des générations postérieures n'ont certes pu les égaler. 
On ne connaissait pas encore à celte époque les trois degrés litté- 

a. En kouan hoâ c Yi làn^; chi y). /;. En kouan hoà c Li tsin ». 



DOMINATION CHINOISE 79 

raires supérieurs*", et on obtenait cependant des hommes accom- 
plis, capables de servir leur pays. On peut voir par là que les 
grands mots de degrés littéraires, de doctrine et do science n'ont 
jamais été d'une grande utilité dans le gouvernement des États "*. 
Ngd si dit que, si Ton en croit le Hân tho* '', il aurait existé un per- 
sonnage du nom de Manh thu'o'ng^, originaire du H^i ké. Au dé- 
clin de la dynastie il exerçait les fonctions de thaï thù dans le Hi$p 
phô. Ce quàn ne produisait pas de céréales, mais il donnait de 
riches revenus en perles que l'on tirait de la mer. Comme il était 
limitrophe du Giao chi, Manh thu'orng organisa un échange com- 
mercial qui lui procurait des denrées alimentaires. Avant cette 
époque les Thù tc^ faisaient périr par leur cupidité les habitants du 
pays, en les envoyant sans répit à la recherche des perles. Ces der- 
nières avaient fini par émigrcr peu à peu vers les limites du Giao chi. 
Lorsque Manh thirorng arriva dans son gouvernement ces perles qui 
étaient parties revinrent "\ Chacun vécut alors en paix selon sa con- 
dition, et on donnait au gouverneur le surnom de « than minh*"». 
Hélas I Si dans beaucoup de quan on eût envoyé des Manh thu'ô'ng 
comme gouverneurs, notre peuple aurait eu bien de la peine à se 
révolter! 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Cô manhkiôn. 

Il était originaire de Lieu thành dans le quan de {>ông. Après 
avoir acquis le grade de Hieu liêm***^^ il fut promu aux fonctions 
de doan*^^^dans la capitale. Il laissa un bon souvenir de son pas- 
sage dans l'administration, et à Tépoque dont nous nous occupons 
les hiru tu'Me promurent aux fonctions de thich sir du Giao chl. 

ANNÉE CYCLIQUE DINH MEO»»»^ 

Han. — Quatrième année Trung binh '». 

a. En kouan hoa «Han chou ». f*. En kouan hoa « Yîn ». 

b. En kouan hoa «Méngtch'ùng ». /'. En kouan hoa « Yeoù sse ». 

c. En kouan hoa « Cheoù tsai ». 7. En kouan hoa « Ting mào » 

rf. En kouan hoa « Hiâo lien ». A. En kouan hoa «Tchongp'îng». 



80 ANNALES IMPÉRIALES DE L ANNAM 

D'après les anciennes Annales L;^ tan présenta à l'Empereur un 
rapport dans lequel il disait : 

« Dans tontes les régions que la mer embrasse '^•^ il n'est personne 
qui ne soit le serviteur de Votre Majesté. Cependant aujourd'hui 
ceux qui parviennent aux fondions de la cour sont tous des lettrés 
chinois, et je n'ai jamais entendu dire qu'on ait accordé des éloges 
ou des encouragements aux fonctionnaires des pays lointains. » 

Le fonds de son discours était très émouvant, et il attira beaucoup 
de personnes à son opinion. L'empereur des Hân rendit un décret 
ordonnant que ceux de notre chàu qui auraient acquis le grade de 
hieu lièm ou de mautai ^'^ pourraient être appelés par faveur excep- 
tionnelle à occuper des postes élevés dans les chàu dépendant de 
la Chine; mais qu'ils ne pourraient point exercer de fonctions sur 
le territoire propre de Tempire. 

L;^ tan présenta un second rapport dans lequel il demandait que 
ceux qui obtiendraient le grade de hieu liém fussent mis, selon leur 
talent, sur le même pied que les savants des douze chàu "' ; mais 
leshîru lu*^ craignant que des fonctionnaires appartenant à ces pays 
éloignés ne détruisissent le prestige de l'empire en présentant les 
choses sous un jour mensonger, n'accédèrent pas à cette demande. 

Vers ce même temps un autre habitant de notre chàu nommé 
Ly cam, qui exerçait les fonctions do garde de nuit à l'observatoire 
de la porte du palais, fit venir cinq ou six do ses compatriotes, dont 
un nommé Bôc long; puis, précisément à l'époque du premier jour 
de Tannée, alors que tous les princes vassaux viennent présenter 
leurs hommages au Fils du Ciel, ils se prosternèrent dans la salle 
dii palais en disant : « Les bienfaits de l'Empereur ne sont point 
égaux pour tous! » 

Les Hiru tu* ayant demandé la cause de ces paroles, Lf cam ré- 
pondit : « Le Nam Vi^t est un pays lointain que Ton relègue au 
second rang'''^-. Il n'est point couvert par le Ciel, il n'est point 
supporté par la Terre*"; aussi ne reçoit-il pas les pluies de sai- 
son, et les vents rafraîchissants n'y soufflent-ils pas. Tel est le sens 



DOMINATION CHINOISE 81 

de nos paroles. Nous supplions Sa Majesté de rendre un édit pour 
consoler nos compatriotes et récompenser leurs services. » 

Alors on nomma un Mau tai de notre pays magistrat de H(7 
du*orng"**et un Hiêu lièm magistrat de Luc hap-"*; et dans la 
suite Ly cam parvint jusqu*au poste de Tu* 1$ hi^u ûy; enfin Trang 
trçng fut thai thù de Kim thành ''* ^. 

Si les hommes de talent de notre YiC't ont pu avancer dans les 
emplois comme ceux de la Chine^ c'est L;^ tan et L^ câm qui leur 
ont frayé la route. 

OBSERVATION IMPORTANTE 

D*après les livres sur le Lanh nam qui sont parvenus jusqu'à 
nous, Trang trçng était originaire de Hiçp phô. C'était un homme 
instruit et qui s'exprimait bien. Il fut promu au choix Tùng sy"^ ** 
du Nhât nam. Comme il s'était rendu à Lac du'O'ng ^ pour exposer 
ses vues à l'empereur Minh dê^, ce prince, surpris de sa taille exi- 
guë, demanda de quel quàn venait un si petit fonctionnaire. « Je 
suis, répondit Trang trçng, un des fonctionnaires du Nhât nam, et 
non un petit fonrAionnaire. Votre Majesté tient-elle à la capacité de 
ses serviteurs, ou les évalue-t-elle au poids "• ? » L'Empereur goûta 
sa réponse. 

A la grande réunion du jour de l'an le prince lui fit la question 
suivante : « Le quàn de Nhat nam est-il orienté au nord, ou bien 
regarde-t-il le soleil ? — Dans notre quàn, répondit Trang trçng, 
nous avons les deux villes de Vân Irung^ et de Kim thành. Ce que 
Votre Majesté dit n*est pas nécessairement vrai pour toutes les 
deux "% et dans le Nhàt nam le soleil vient de l'orient pour tout le 
monde. Quant au climat, il est chaud et agréable, et l'ombre pro- 
duite par le soleil tombe d'aplomb sur la terre. Les maisons des 
fonctionnaires et du peuple sont tournées vers Test, l'ouest, le midi 

a. En kouan hoâ c Hià yùng ». ^. En kouan hoa c Loh yâng ». 

6. En kouan hoà c Louh hoh ». f. En kouan hoa <9c Ming ti ». 

c. En kouan hoà c Kin tch^ing ». 9. En kouan hoà c Yûn tchong ». 
rf. En kouan hoà c Ts*ông chi ». 



«2 ANNAÎ,ES IMPÉRIALES DE I/ANNAM 

OU le nord, au gré du propriétaire; quant à regarder dans une direc- 
tion ou à lui tourner le dos, il nV a rien de fixe à cet égard. Lors- 
qu'on dit que le pays du soleil se trouve au midi, cela n'a point 
d'autre signification. » 

Cette réponse mit Trang trçng encore plus avant dans Testime de 
TEmpereur, qui lui donna de Tor et des soieries. 

Si Ton examine attentivement ce qui est rapporté dans le livre que 
nous venons de citer, ainsi que ce fait que du temps de Tempereur 
Iloàn de** des Hàn un personnage de L«} phô nommé Tir Irirng eu* 
considéra toujours Trang trçng comme un homme qui décidait de 
toutes choses sans consulter personne, on voit que ce Trang trçng 
est bien un personnage qui vivait au temps des Hân, sous l'empe- 
reur Minh de. Il n'y a décidément aucun doute à cet égard. 

En outre, le temps où Ly tîin exerça les fonctions de thich su* est 
certainement postérieur à celui où Trang trçng fit parler de lui; ces 
deux époques sont distantes Tune de Tautre de plusieurs dizaines 
d'années et plus *^°. C'est en effet ce qu'on lit dans les anciennes 
Annales; mais quant à ces divers faits, à savoir que Ly cam parvint 
dans sa carrière administrative jusqu'à la charge de tu* 1$ hi$u u^,que 
Trang trong fut thai thù de Kim thành et que L^ tan ouvrit aux lettrés 
de son pays la voie des hauts emplois en Chine, elles se sont trom- 
pées en les plaçant sous l'empereur Minh de des Tàn*°* *. Cette sec- 
tion des anciennes Annales renferme une quantité d'erreurs assez 
considérable. Nous venons d'élucider la question et de les rectifier. 

ÉCLAIRCISSEMENT. - Ly tân. 

D'après le Bâ Viçt tien bien chi •^* ^ il était originaire do Cao hirng*' 
dans le Giao chi. Grâce à son intelligence il put apprendre à fond 
les Livres canoniques et autres. Il fut appelé dans le quân aux fonc- 



a. En kouan hoâ <c Hoân ti d. ^- ^" ^0"^" ^^^ « ^^^ Youeh sien 

h. En kouan boa « Tsin ». ^^*^" ^^^^ »• 

d. En kouan hoâ c Kao hing ». 



DOMINATION CHINOISE 83 

lions de Công tào •®'", et franchit ensuite successivement les degrés 
qui menaient au litre de kidô uy ^°^^. Dans la deuxième aimée Vinh 
hoà"** les Barbares de Kinh^se révoltèrent. Ly tan, nommé thai 
thù de Linh lang, marcha contre eux pour les châtier et les défit 
complètement. 

Dans les années Trnng binh'Ly tîm remplaça Go manh kièn dans 
la charge de thich sir du Giao chi. Il fit à l'Empereur un rapport dans 
lequel il demandait que Ton suivit, en ce qui concernait les Gong 
sî*^"A, les règlements qui avaient cours en Ghine. Dans la suite 
Nguyrn cam ^ dut à son grade de Mau tài de parvenir à la charge de 
Tu- 1$ hi^u uy. 

G'est en réalité à partir de L;^ tan que les hommes de grande ca- 
pacité furent mis sur le même pied que les Ghinoisdans la réparti- 
tion des fonctions de TËtat. 

Ly oâm. 

Le Bâ Viçt tien hién chi donne à Nguy(?n cam le châu de Giao 
comme pays d'origine. D'après le livre An nam chi de Cao hùng 
Iru'ng^ L^ cam et Trang trong durent leur carrière brillante h 
leurs succès dans les examens littéraires. 

Les IIan nomment Si nhiep » thaï thu du Giao cht. 

D'après le Ngô chi bon IruyC^n *°'i ce Si nhiop avait pour surnom 
Ngan oai*. Il était originaire de Quàng lin' dans le Thirang ngô. 
Ses ancêtres venaient de Van du'o*ng"* dans le royaume de Lo*^°*". A 
l'époque des troubles de Vu'O'ng mâng ils se réfugièrent dans le 

a. En kouan hoâ « Kong tsWo ». i. En kouan hoa « Chi sieh ». 

b. En kouan hoà « K'i tou ouéi ». j. En kouan hoâ « Où tchi pèn 

c. En kouan hoâ (r Yong hô ». tchouén ». 

d. En kouan hoâ «: King ». k. En kouan hoâ « Yen oai ». 

e. En kouan hoâ «Tchong p'îug ». /. En kouan hoâ « Kouàng sin ». 
/". En kouan hoâ « Kong chi ». m. En kouan hoâ « Ouén yAng » . 
g. En kouan hoâ « Youên k'îu ». n. En kouan hoâ « Loù ». 

h. En kouan hoà «c Kao hiông 
tching». 



84 annaij:s impériales de i;annam 

chàu de Giao. G*est à la sixième génération que Ton rencontre Si 
nhicp. Son përe Tir fut thai thù du Nhat nam au temps de l'empe- 
reur Iloàn de. Nhiep voyagea pendant sa jeunesse et étudia dans la 
capitale. H fut à Dînh xuyèn*^'* sous les ordres de Lu*u tir ky*. 
D'après le Xuàn thu ^ de Ta thi ^ il parvint au grade de Hièu lièm et 
fut nommé'Thu'Q'ng thor lang^. Certains événements qui survinrent 
dans les affaires publiques lui firent donner sa démission. Après la 
mort de son père qui eut lieu àKhuy^t^il fut, en sus des fonctions 
de sous-préfet de Vu du'orng^, élevé au grade de M^u tai, et finit 
par être promu à la charge de thaf thii du Giao clii. 

En ce qui concerne ce Si nhiep, ce n*était qu*un thai thù des 
H&n et jamais il n'a eu le titre de roi. Les anciennes Annales con- 
tiennent à son sujet une notice spéciale. C*est une chose contraire 
à la justice et aux convenances et nous la supprimons. 

ANNÉE CYCLIQUE TAN «•»•* 

Han. — Sixième année Kit^.n an>. 

Les Han nomment Tar'o'NG tan J thich su' du Giao chi 

Le thfch su* Ch&u phù ^ employait fréquemment des hommes du 
pays. Il en faisait des tru'ànglai qu'il disséminait dans les diverses 
localités **^ Il pressurait et maltraitait le peuple, auquel il extorquait 
des tributs par la violence. Le peuple se révolta et organisa des 
troupes de soldats^ qui se répandirent les armes à la main dans les 
châu et les quàn. Chàu phù s*enfuit en mer et fut tué par eux; 
alors l'empereur des Hàn nomma Tru'O'ng tàn aux fonctions de 
thîch sir. 

a. Enkouan hoàcYingtch^ouen». f. En kouan hoâ f K*iueh ». 

b. En kouan hoa c Lieoû tse k'i:». g. En kouan hoâ < Où yàng x>. 
r. En kouan hoâ c Tch'ouen h. En kouan hoâ « Sin ssé ». 

ts^ieou ». /. En kouan hoâ « Kién ngan ». 

d. En kouan hoâ c Tso chî ». j. En kouan hoa c Tchang tsin ». 

e. En kouan hoâ c Châng chou k. En kouan hoâ « Tchou foû ». 
lâng ». /. En kouan hoâ c Tchàng 11 ». 



DOMINATION CHINOISE 85 

ANNÉE CYCLIQUE QUI VI •«•« 

Han. — Huitième année Kién an. 

Les Han érigent le territoire de Giào chi en cuau de Giao. 

Au temps de l'empereur Thuân de *^' ^ Chftu xu'&ug, thai thù du 
Giao chl, avait demandé que son territoire fût érigé en chftu; mais 
le conseil de l'Empereur ne le permit pas. Lorsque arriva la huitième 
année Kiên an, le thich su* Tru'O'ng tftn et le thai thù Si nhièp pré- 
sentèrent ensemble une supplique ayant le même objel. Le Giao 
chi devint alors un chftu placé sur le même pied que ceux de Tinté- 
rieur de l'empire, et Tru'O'ng tftn en fut nommé Mouh '^\ C'est de ce 
moment que date la désignation de « chftu de Giao ». 

ANNÉE CYCLIQUE DINH HO'I •>■ "^ 

Han. — Douzième année Kiên an. 

Les Han octroient a Si nhiêp le titre de Tly nan trung lang 
tu'o'ng*"*', et lui confient le gouvernement suprême des sept 

QUAN AVEC LA CHARGE DE THAI THU DU GlAO CHI. Il REÇOIT ENSUTIE 
CELUI DE An VIÊN TU'o'nG QUAN **^ * ET EST ENFIN CRÉÉ HAU DE LoNG 
DO DINH ^ 

D'après le récit original de Ngô chi ^ Chftu phù, thich sir du chftu 
de Giao, ayant été tué par les brigands barbares'^', les chftu et les 
quân étaient dans le trouble. Si nhiêp adressa une supplique à l'Em- 
pereur, demandant que son frère cadet Nhut fût nommé thai thù 
du Hi^p pho, que le suivant nommé Vî^ (les anciennes Annales 
écrivent par erreur ce caractère avec la clef du poisson), qui était 
sous-préfet de Tîr van •"', remplit les mêmes fonctions à Ciru cban, 
et enfin que Vô, frère cadet de Vî, fût thai thù de Nam bai. 

a. En kouan hoà c Kouèi ouéi d. e. En kouan hoa « Ngan youèn 

b. En kouan hoà c Chouén ti j>. tsîang kiun ». 

c. En kouan hoà (n Ting haï ». /*. En kouan hoà c Long toù t'ing ». 

d. En kouan boa « Soui nftn tchong g. En kouan hoà c Où tchi ». 
lang tsiang ». A. En kouan hoà € Ouei ». 

l. En kouan hoà < Siû ouén ». 



86 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

SI nhiop était d'un caractère libéral et se montrait sans morgue 
dans ses rapports avec les officiers de rang inférieur; un grand 
nombre de ceux qui étaient originaires de la Chine avaient re- 
cours à son appui. Il prenait plaisir à lire le Xuàn ihu dont il a fait 
un commentaire. 

Viên huy", delà principauté deTran'"*, dans une lettredumcilleur 
style adresséeau thu'ang tha Ljnh tuân^, s'exprime ainsi à son sujet: 
a Le préfet lettré du Giao chi est très versé dans les sciences et 
connaît à fond les secrets de Fart administratif. Il a pu, au courant 
d'une époque profondément troublée, conserver intact un quân pen- 
dant plus de vingt ans, sans «{u'il se passât rien de fâcheux sur son 
territoire. Le peuple n*a pas perdu ses moyens d'existence, et 
grâce à lui les voyageurs pouvaient en toute sécurité guider leur 
monture le long des chemins. Bien que Bàu •" ^ ait pu protéger 
l'ouest du Fleuve, qu'a-t-il fait de plus que lui? 

« Quand les aiïaires lui laissaient un peu de loisir, il cherchait 
aussitôt son délassement dans l'étude des livres et des chroniques, 
extrayant du récit de Ta thj sur le Xuàn thu ce qu'il contient de plus 
fm et de plus délicat. Je lui ai souvent écrit pour le consulter sur 
les passages douteux que contient cet ouvrage, et toujours il m'a 
répondu en maître, avec une grande profondeur de conceptions. De 
plus il connaissait à fond le Thugng tha "' * tant ancien que mo- 
derne, et il en pénétrait merveilleusement le sens profond. Ayant 
entendu parler des controverses et des vives discussions que sou- 
levait dans la capitale l'étude de l'antiquité et des temps modernes, 
il voulut faire ressortir dans un exposé méthodique l'esprit de Ta 
th) et du Thu'g'ng tho*, et il présenta son travail. Son avis fut déclaré 
exact. 

« Les frères de Sî nghiep se distinguèrent également dans le gou- 
vernement des quân. Dans tout le chAu, comme partout"* et même 

a. Eii kouan hoîi « Youèn hoei ». d. En kouan hoâ » Teoù ». 

b. En kouan hoâ « Tchln». e. En kouan hoâ « Châng chou ». 

c. En kouan hoâ c Ling siûn ». 



DOMINATION CHINOISE 87 

dans les endroits les plus éloignés "\ on les craignait plus que qui 
que ce fût. Soit qu'ils entrassent ou qu'ils sortissent^ on sonnait les 
cloches, on battait du khdnh ^^' ^, et on déployait Tappareil des 
grandes réceptions. Le respect qu*on leur portait à cette époque était 
tel que tout le monde, en tremblant, se soumettait. Toutes les tribus 
des Barbares*'* étaient apaisées, contenues, et ne pouvaient fran- 
chir la frontière. 

Lorsque Châu phii fut mort, les Hân envoyèrent Tru'O'ng làn en 
qualité de thich sir du chàu de Giao. Ce Tru'omg tân fut plus tard mis 
à mort par son général Khu cành. Le m^c du châu de Kinb, nommé 
Lu'u, fit alors un rapport dans lequel il demandait qu'on envoyât 
Lai cûng*, sous-préfet de Ljng lang, pour remplacer Tru'ang tân. 
A cette époque Su hoàng"^, thai thii du Thu'ang ngô, mourut, et à la 
suite d'un autre rapport Ngô cur^'fut nommé à sa place. Il arriva 
avec Lai cùng. 

Lorsque les Hân apprirent la mort de Tru'ang tân, ils envoyèrent 
à Nghiêp une lettre munie du sceau royal*" et conçue en ces 
termes : 

« Le châu de Giao est un territoire isolé. Pour arriver dans cette 
région méridionale il faut traverser des fleuves et passer la mer. On 
n y entend pas parler des bienfaits de TEmpereur, et Nos volontés n'y 
peuvent parvenir. Nous connaissons les rébellions et les brigan- 
dages qui s'y commettent. Sur le rapport de Lu'u Nous avons en- 
voyé Lai cùng pour qu'il se rendît compte de l'état des choses 
dans les terres du Sud. Maintenant Nous vous nommons Général 
assesseur du Milieu, pacificateur du Midi, avec charge de gouver- 
ner les sept quàn et d'administrer comme auparavant le Giao chî en 
qualité de thaï thù. » 

Dans la suite Sî nhiep envoya un fonctionnaire inférieur nommé 
Tru'ang mân ^ pour offrir le tribut d'hommages. A cette époque, 

a. En kouaii hoâ « K*ing ù. d. En kouan hoa <f Oïl kiÙD. 

h. En kouan hoâ « Lai koof; :». p. En kouan hoâ « Tchang min ». 

c. En kouan hoâ « Chi houâng ». 



88 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Tcmpire périssait au milieu des troubles ; cependant SI nhiêp ne 
négligea pas pour cela de remplir ce devoir du tribut. Aussi TEm- 
pereur rendit-il un nouveau décret par lequel il le nommait Marchal 
pacificateur des régions lointaines et le créait Haû de Long d^dinh. 
Dans la suite, la discorde s'élant mise entre Ngô cv et Lai cûng, Si 
nhiêp leva des troupes et les chassa. Lai ciîng prit la fuite et re- 
tourna à Linh lang. 

ÉCLAIRCISSEMENT. — Tu* van. 

D*après le Hàiu Ilân quàn quôcchi"'* ce district dépendait du 
quâin de Hi<}p pliô. 

ANNÉE CYCLIQUE CANH DAN«»^ 
Han. — Quinzième année Kiôn an. 

En hiver, au douzième mois, Ton quyên •", chef*" de Ngo*, nomme 

Bo-TRAC TUICH-SU' DU CHAU DE GlAO. 

D* après le Gang m\ic, Si nhiêp fut d'abord thai thù du Giao cbi. 
A la suite d*un rapport adressé à l'Empereur ses trois frères cadets 
avaient été appelés aux mêmes fonctions dans le Hi$p phô, le Ciru 
chorn et le Nam hài. Ils exerçaient dans tout le pays une influence 
considérable. 

Tru'o'ng tàn, thich sir du chàu de Giao, s'adonnait à la magie. Il 
portait d*ordinaire un turban rouge et se livrait à l'étude des livres 
du Bao •" **. Son général lui ayant donné la mort, Tônquyen nomma 
BO trac aux fonctions de thich su*. Sous sa direction SI nhièp et ses 
frères continuèrent à maintenir Tordre dans le pays. C'est à partir 
de ce moment que le Linh nam commença à reconnaître Tautorité 
de Ton quyen. 



a. En kouan hoâ c Heoù Ilân kiùn c. En kouan hoà c Où ». 
kouoh tchi ». d. En kouan hoà « Tào ». 

0. En kouan hoâ « Keng yin ». 



DOMINATION CHINOISE 89 

ÉCLAIRCISSEMENT. — Bô trac «. 

Il était originaire de Hoài âm •" * dans le Lâm hoài "* ^ . 

Chan de Oiao, Cu'n oho'n. 

Voir à la dixième année de Triêu Vô virorng pour les éclaircisse- 
ments qui concernent ces deux territoires. 

SiNHiÊP, thaï thu du Giao chipour les Han, envoie son fils comme otage 

A LA COUR DES NgO. Le PRINCE DE NgO LUI OCTROIE LE TITRE DE HAU DE 

Long bien ^. 

D'après le Ngô chi bon truy^n *, dans ce temps-là Sî nhiêp en- 
voya son fils Hàm"*^ en olage. Ton quyén nomma ce jeune homme 
thai thù de Vô xirang"' /. Nhirt et les fils de Sî nhiêp qui étaient 
restés dans le midi furent tous élevés à la dignité de Trung lang 
tiromg*'. En outre Sî nhiêp persuada à Ung khèi * et à d'autres per- 
sonnages de haute naissance du ch&u de Ich de se mettre à la tète 
du peuple, étendant ainsi au loin du côté de Test la domination des 
Ngô. Cela le mit plus avant encore dans Tamitié de Ton quyén, qui 
réleva à la dignité de V$ tirorng quàn *" et le créa hâu de Long 
bien. Son frère cadet Nhirt fut nommé Thièn tirorng quân"** et 
Hâu de 0Ô hfforng"' L 

Chaque fois que Sî nhiêp expédiait un envoyé à Ton quyén, il 
faisait préparer des parfums variés et de fines étoffes de Cât"®*, 
avec empressement et par milliers. Il envoyait aussi des perles 
éclatantes, des coquilles précieuses et de grande taille **S du Lu*u 
li'*'^ des plumes demartin-pècheur**", des écailles de tortue caret, 
des cornes de rhinocéros^ des défenses d'éléphant^ ainsi que divers 

a. En kouan hoà « Poù tchih }i>. ^- Kn kouan hoà c Tchoug làag 

b. En kouan hoà « Hoài yin :». tsiàng t>. 

c. En kouan hoà € Lin hoài :ù. h. En kouan hoà c Yong k*ài ». 

d. En kouan hoà «Longpien». i. En kouan hoà c P*ien tsiang 

e. En kouan hoà c Où tchi pën kiun ». 

tchouén ». j. En kouan hoà c Tou hiang ». 

f. En kouan hoà c Où tch'ang ». k. En kouan hoà c Koh ». 

/. En kouan hoà c Lieoû l! ». 
Anaalbs de l'Amnam s 



90 



ANNALES IMPÉRIALES DE L ANNAM 



fruits exotiques tels que des bananes, des noix de coco, des 
Long nhân". Il n'était pas d'année où il n'en arrivât. SI nhiêp offrait 
aussi des chevaux en tribut d'hommages, et cela presque toujours 
par centaines. Ton quyén lui écrivait alors et, comme il voulait le 
maintenir dans sa dépendance, il répondait à ses prévenances en se 
montrant prodigue de faveurs nouvelles. 

OBSERVATION IMPORTANTE 

Au lieu dc(( son fils Ilàm », les anciennes Annales écrivent « son 
fils Am » •***. C'est une erreur. 

ANNOTATION IMPÉRIALE 

Ce SI nhiêp n'était qu'un thaï thù des Hàn, et rien de plus. Selon 
l'occurrence il flattait mielleusement le pouvoir, et ne cherchait au 
fond que son propre avantage. Il n'avait en lui ni bravoure, ni talent, 
ni pénétration qui aient pu lui mériter d'être mentionné à plusieurs 
reprises dans les Annales. Il est aujourd'hui réduit à sa juste valeur, 
et ne mérite point que l'on parle de lui. Les anciennes Annales 
disent que le hùy Trièu dà"^ lui mftme no l'a pas dépassé en mérite; 
on ne peut regarder cette assertion que comme une erreur. 

ANNÉE CYCLIQUE BINH NGO""*' 

Ngô. — Cinquième année Hoàng vo** du prince Ton quyôn. 
Han***. — Quatrième année Kièn hu'ng f. 
Nguy •*'(/. — Septième année Hoàng tô. 

A LA MORT DE Si NUIÊP SON FILS IIlY SE CONSTITUE DE SA PROPRE AUTO- 
RITÉ TUAI THD INTÉRIMAIRE DU GlAO CHI. 

D'après le Ngô-chi-bôn-truy(}n Sï-nhiep exerça des fonctions 
dans le qufin pendant plus do quarante ans et mourut nonagénaire. 



a. En kouan hoîi « Long y{»n ». 

b. Kii kouun hoa «t Vin j). 

c. En kouan hoa « Tchâo t'ô ». 

d. En kouan hoâ c: Ping où d. 



e» En kouan hoa a Hoàng oîi ». 
/. En kouan hoâ e: Kién hiug ». 
g. Eu kouan hoa c Ouéi ». 



DOMINATION CHINOISE 91 

<( Dans notre pays^ dit Ngô si lien, on approfondit le Livre des 
Vers et celui des Annales, on s'exerce dans les rites et la musique. 
C'est un petit royaume de lettrés et d*hommes intelligents. G*est à 
Si nhiêp que se rattachent^ à travers les générations, ces traditions 
littéraires. 

<c Depuis le temps où se firent les funérailles de SI nhiêp jusqu'à 
la fin des Tan il s'écoula plus de six cents ans, après lesquels des 
gens du Làm âp^, ayant fait une incursion dans le pays et boule- 
versé son tombeau, trouvèrent son corps et son visage dans le 
même état que s'il eût été vivant. L'Empereur éleva au rang de 
Génie cet homme qui était retourné à la terre. On lui éleva un 
temple et on lui rendit un culte sous le nom de Si vu'orng tièn*^'*. 

Elf HIVER LES NgÔ distraient UNE PARTIE DU CHAU DE GlAO POUR EN FORMER 
CELUI DE QdANG ^, ET NOMMENT THICH SU' Lu' DAI ET DaI LU'o'nG. Lu' 
DAI ATTIRE Si BUT DANS UN PIÈGE ET LE FAIT MOURIR. Le CHAU DE QuANG 
EST SUPPRIMÉ ET CELUI DE GlAO RÉTABLI DANS SA SITUATION PREMIÈRE. 

Le prince de Ngô, apprenant que Si nhiêp était mort et considé- 
rant que le Giao chl était un territoire lointain, rattacha au chàu de 
Quàng le nord du Hi^p phô. Lir dai^en fut nommé thfch su*. La par- 
tie méridionale, annexée au châu de Giao, fut administrée par Bai 
Ivorng * . Enfin on envoya Tran thân^ pour remplacer Sî nhiêp dans sa 
charge de thâi thù. Lirdai resta à Nam hài. Dîii lu-ang et TriSn than 
s' avancèrent jusqu'à Hi^p phô; mais un des tils de Sînhiêp^ nommé 
Huy, s'était constitué de sa propre autorité thai thù intérimaire; il 
envoya des soldats leur barrer le passsage et Dai lu*orng dut rester à 
Hi^p phô. Alors un ancien fonctionnaire de Sî nhiêp nommé Hoàn 
làn^ se prosterna devant Huy et lui fit des représentations, lui di- 
sant qu'il devait aller au devant du nouveau gouverneur. Huy, en- 



a. En kouan hoâ c Lin yih ». d, F^n kouan hoa c Liù tai ». 

b. En kouan hoâ c Chl ouâng e. En kouan hoà « Tai liâng ». 
sien ». f. En kouan hoa « Tch'în tch'în ». 

c. En kouan hoà c Kouàng ». ^. En kouan hoà <r Hoân lin ». 



92 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Hammé de colère, saisit un rotin elle tua. Tq tir*, frère aine de 
Hoàn làn, réunit des soldats apparentés à leur famille et l'atta- 
qua •*•. Huy * fit fermer les portos de la ville et s'y défendit. Tri tù- 
et ses partisans l'assiégèrent en vain pendant plusieurs mois. Comme 
ils ne parvenaient pas à s^emparer de lui, on traita et chacun re- 
tira ses troupes. 

Ce fut Lir dai qui tua Huy sur Tordre de Tempereur Ngô. Il se 
porta rapidement du ch&u de Quàng dans le Hi$p ph5, se joignit à 
Bai lu'àng et continua à s'avancer. Ayant gagné le Trung lang 
tu'O'ng^Khuông*', ils l'envoyèrent dire à Huy qu'il devait se re- 
connaître coupable et se soumettre; que bien qu'il dût abandonner 
le quân où il se gardait, il ne serait pas autrement inquiété. Lir dai 
arriva après Khuông, et lorsque Ki, frère aîné de Huy, son frère 
cadet Cin t^ing et quatre autres se rendirent le corps nu*** au de- 
vant de lui, il protesta devant cette marque d'humiliation et leur 
ordonna de se vètir^** ; puis il les précéda dans la ville. Le lendemain 
matin il fit garnir de tentures une salle et invita Huy et ses frères 
à entrer Tun après l'autre, suivant l'ordre de leur naissance. 
Il les fit asseoir, ainsi qu'on en use à l'égard des hôtes. Ensuite, 
avec d'imposantes cérémonies, il lut un décret impérial dans lequel 
étaient énumérés tous les crimes de Huy. Il fit attacher et décapiter 
ce dernier, et il envoya sa tète à Nhirt, qui se trouvait à Yô xu'orng. 

Lorsque Nhirl, Vi et Khuông reparurent dans la suite, le prince de 
Ngô leur pardonna. Âm, ce fils de SI nhiep qui avait été envoyé en 
otage, fut épargné et réduit au rang d'homme du peuple. Quelques 
années plus tard Nhirt et Vî passèrent en jugement et furent exé- 
cutés; pour Khuông, il était mort de maladie avant cette époque. 

Après la mort de Hàm, Cam le ^, ancien général de Huy, se mit 
avec Hoàn tri ^ ^^ ^^^^ des petits fonctionnaires et du peuple^ et ils 

a. En kouahoàn € Tchi tsè ». d. En kouan hoà c K*ouaog ». 

b. En kouan hoâ « lloei ». e. En kouan hoâ « Kan li ». 

c. En kouan hoà c Tchong làng 
tsiang ». 



DOMINATION CHINOISE «3 

attaquèrent Lu* dai. Ce dernier lutta énergiquement et les battit à 
plate couture . Il fut avancé en grade et créé hâu de Phiên ngu «. 
Le chàu de Quàng fut alors supprimé et celui de Giao rétabli dans 
sa situation première. 

« Lorsque Si nhiêp fut mort, dit Ngô sî lien, Si huy prit le pou- 
voir sans demander le mandat de l'Empereur ; de plus il envoya des 
soldats pour s'opposer à Texécution de ce même mandat. Selon la 
justice, il devait certainement être puni. D'autre part Lû'dai, après 
avoir provoqué sa soumission en lui faisant de belles promesses, 
le fit tuer; en cela il eut tort. En effet la bonne foi est ce qu'il y a de 
plus précieux dans le gouvernement d'un État. Si donc Lu* dai, 
puisque Huy était déjà soumis, l'avait fait garder et conduire à Yô 
xiromg pour que sa vie ou sa mort dépendissent de l'Empereur, ce 
qui eût augmenté le prestige du prince et affermi la confiance dans 
le peuple, n'aurait-ce pas, tout aussi bien^ été mieux? 

« Quant^à ce qui est de traiter avec bonté ceux qui viennent de 
loin et de venir en aide à ceux qui sont près de nous^", il n'est, dit 
T6n thanh, rien de tel que la confiance. Lir dai traita Sî khuông en 
ami pour la faire naître. Il fit un serment ; puis, les frères de Huy 
étant venus, le corps nu, se soumettre franchement à l'autorité, il 
profita de cette occasion pour les faire mourir, afin d'acquérir des 
mérites auprès du prince et de tirer profit de cette action. Les 
hommes sages peuvent voir par là que Ton quyén ne pouvait pas 
étendre au loin sa domination et que la puissance de Lîr dai ne de- 
vait avoir qu'un temps. 

ÉCLAIRCISSEMENT. — Lu' dai. 

Il avait pour surnom Binh công *. Originaire de Hài I3ng "* ^ dans 
le Quàng lâng •** ^, il avait d'abord rempli les fonctions de trffàng •" "" 
à Du* dièu'"^ Lorsque l'insurrection éclata dans le Hôi kè, Ton 

a. En kouan boa c Fan yû ». d. En kouan hoà « Kouàng lîng ». 

b. En kouan hoà c Ting kong ». e. En kouan hoà c Tchàng ». 

c. En kouan hoà c Hai ling ». /*. En kouan hoà « Yû yào ». 



94 ANNALES IMPÉWALES DE L'ANNAM 

quyén le nomma Bbc quàn hi^u u^ *'^ '. Il se mit à la tète de Far- 
mée, châtia les rebelles, pacifia le pays, et fut promu à la charge 
de thai ihii de Lô lang^. A l'époque dont il vient d'être parlé, il 
avait remplacé B$ tr.^c en qualité de thich sir du chàu de Giao. 

Le prince de Ngô élève Lu' dai a la dignité de Tra'n nam tu'o'icg 

QUAN*" ^ et SUBSÉgUEMMENT LE NOMME MUC DU CHAU DE GlAO. 

Après que Lîr d«7i eut rétabli l'ordre dans le ch&u de Giao trou- 
blé par Si huy, il reprit sa marche en avant et attaqua le Cu*ùchom. 
Ceux qu'il tua ou fit prisonniers se comptaient par dizaines de mille. 
En outre il envoya un Tùng sy ^ avec mission de répandre dans la 
région du midi la civilisation de Tempire du Milieu, et des pays si- 
tués au delà de la frontière arrivèrent les envoyés des rois du Phô 
nam '^, du Lâm ap et du Bàng minh ^, pour offrir le tribut d'hom- 
mage. Ton quyén, prince de Ngô, appréciant grandement sou mé- 
rite, réleva à la dignité du Trîm nam tu'orng qu&n. 

Dans la troisième année Iloàng long les barbares de Vô ling et 
de Ngû khè, dont le territoire était compris dans le domaine des 
Ngô, levèrent l'étendard de la révolte. Le prince de Ngô» considé- 
rant que la région du midi était pacifiée, rappela Lir dai et l'envoya 
comme thaï thù dans le Ilic^p phô'"; mais Tiét kînh v&n^, crai- 
gnant que son successeur ne fût pas à la hauteur de la situation, 
présenta à TËmpcrcur un rapport ainsi conçu : 

« Autrefois renipereur Thuàn \ faisant une tournée dans le midi, 
mourut dans le Thu'o'ng ngô. Les Tan • ont constitué le Que làm^', le 
Nam hài et le Tu'o'iig quàn. C'est pour cela que ces quatre princi- 
pautés font partie de la Chine. D'autre part Triéu dà, s'élevant à 



a. En kouan hoà « Touh kiun hiâo /*. En kouan hoà c T'àng mtng ». 
ouéi D. g. En kouan hoà c Sieh king 

b. En kouan hoa « Loil lîng ». ouên ». 

c. En kouan hoà «TchinnÀn tsiang li. En kouan hoà c Chouén ». 
kl un ». /. En kouan hoà c Ts*in ». 

d. En kouan hoà c Ts'ông chi ». j. En kouan hoà c Kouéi Un ». 
r. En kouan hoà < Foù nî\n », 



DOMINATION CHINOISE 95 

Phién ngu, a réuni sous son autorité les princes des Cent Vi^t et le 
midi du Ghàu quan. L'empereur Vô dé des Hàn a tué Lu'gia, formé 
les neuf quàn, et institué un thich sir pour les surveiller et les ins- 
pecter. Il y a transporté des habitants de l'empire du Milieu afin 
qu'ils demeurassent dans Tintérieur mêlés aux habitants, qu'ils les 
initiassent quelque peu à l'étude des livres et leur donnassent une 
teinture de notre langue *'°. Il a établi un va-et-vient de courriers 
afin de leur présenter le spectacle de notre civilisation. Au temps 
où Tich quang gouvernait le Giao chi et où Nhâm dièn était thài 
thù du Ciru chorn, on établit des écoles pour leur enseigner les 
rites et la justice. Mais le pays est grand, les habitants sont nom- 
breux, les communications difficiles et le climat malsain; les indi- 
gènes se soulèvent facilement. En outre^ ces territoires sont situés 
en dehors des neuf Bi^n^^'^; les hauts fonctionnaires qui sont 
choisis pour les administrer sont naturellement peu habiles et, de 
plus, ils sont cruels. D'après ce que j'ai constaté de mes propres 
yeux, Hoàng cài, fonctionnaire placé sous les ordres du thài thù du 
Nh^'t nam, voyant que les offrandes n'étaient pas abondantes, a 
frappé et fait périr les Chii bO*** ^. Je les ai aussi vu chasser. 

c< Bâm manh, thai thù du Ciru chom, donnant une réception en 
l'honneur de son beau-père Chàu kinh, avait invité les principaux 
fonctionnaires à se réjouir en buvant du vin et à se livrer è des di- 
vertissements. Le Công-tâo*"'^ Phién hâm** se leva pour danser et 
voulut prendre Chàu kinh pour partenaire. Comme ce dernier re- 
fusait de se lever, Hàm renouvela ses instances et voulut l'y con- 
traindre. Bâm manh se mit en colère et le frappa avec un bâton de 
bambou. Mièu', frère cadet de Hàm, amena des troupes, attaqua 
la préfecture et Bâm manh fut mis à mort. S! nhiêp, thài thù du 
Giao chi, envoya des troupes pour châtier les fauteurs de troubles, 
mais il ne put les réduire, et tout resta en l'état. 

a. En kouau hoà c Tien :». d. En kouan hoà < Fan hin ». 

b. En kouan hoà c Tchoù poù>. e. En kouan hoà < Miào ». 

c. En kouan hoà t Kong ts*ào ». 



96 ANNALES IMPÉRIALES DE L*ANNAM 

« Le thich svt Chàu phù de H^i kè maltraita le peuple à plusieurs 
reprises par Tintermédiaire de ses compatriotes Ngu bao ' et Liru 
ngàn^, qui, exerçant chacun dans sa circonscription les fonctions 
de Tru'àng lai, levaient des contributions forcées et percevaient un 
h$c *** ^ de riz par chaque hu^nh ngu* **' ^. Ces malversations ame- 
nèrent des plaintes et une révolte du peuple; il attaqua le chàu el 
envahit les quân. Chàu phù s'enfuit au large, mena une vie errante 
et mourut. 

« On a eu ensuite pour administrateur un nommé Tnromg tàn de 
Nam du'ang, dont le prestige et les talents militaires étaient insuf- 
fisants. Il fut injurié, méprisé, et finalement mis à mort. Plus tard 
Lai cùng, qui avait été envoyé à la suite du rapport de Lu'u, était un 
homme du genre de son prédécesseur, humain et diligent, mais 
sans expérience des choses. 

(( On envoya encore Ngô cq* comme thài thù de Thu'Otig ngô. 
C*était un soldat d*un caractère léger et vif, qui ne put obtenir que 
Lai cûng se subordonnât à lui. Il y eut immédiatement entre eux 
des récriminations et de Tanimosité. Ngô cy chassa Lai cûng. 

« Lorsque BO trac arriva Tru'ang tàn était mort. Considérant que 
les réunions de joueurs de Di lieu étaient encore nombreuses, il fit 
de Tencouragement à Tagriculture la base de son gouvernement et 
ces groupes rentrèrent dans Tordre ; mais on le rappela et il 
quitta le pays comme avaient fait les autres. 

« Après que Lir dni eut apaisé les troubles suscités par Si huy, on 
modifia l'organisation administrative et on institua des tru6ng lai. 
Le gouvernement du prince brilla d'un vif éclat, et son prestige 
s'étendit à dix mille li plus loin ; petits et grands ressentirent son 
influence civilisatrice. 

« On peut constater par là que si Ton veut pacifier les frontières et 
se concilier les populations qui les habitent, il existe certainement 
des hommes capables de le faire. Pour exercer les fonctions deM\|ic 

a. En kouan hoà t Yù pao )». c. En kouan hoà c Houh >. 

b. En kouan hoa c Lieoû yen ». d. En kouan hoà c Hoàng yû ». 



DOMINATION CHINOISE 97 

bâ *** ' il faut choisir parmi les fonctionnaires sans tache ; car en 
dehors du Hoangphuc "^* le mal et le bien se font sentir davan- 
tage**'. Âujourd*hui, bien qu'on puisse dire que, pris en masse, le 
pays de Giao chl est pacifié, il existe encore des rebelles cachés dans 
le Kao lu'orng*"^ Quant au Nam hài, au Thu^ong ngô, au Uât lâm 
et au Chàu quan, dans ces quatre quân la frontière n'est pas encore 
tranquille, et les indigènes s'y réunissent pour se livrer au brigan- 
dage. Si Lir dai ne retourne pas dans le midi, il faudra choisir pour 
thich sir un homme doué de talent, de prudence et de finesse pour 
les pacifier et les contenir; car s'il veut exercer la même influence 
en employant l'intimidation et les faveurs, les résultats qu'il aura ob- 
tenus ne ne mériteront que le blâme et il faudra probablement 
lui donner un successeur. Que si les fonctionnaires chinois se con- 
tentent de suivre la voie tracée et ne trouvent pas dans leur esprit 
des ressources extraordinaires^ la multitude des méchants aug- 
mentera de jour et à la longue des malheurs se produiront. 
La tranquillité ou le péril dépendent donc, pour le royaume, des 
fonctionnaires que Ton emploiera. C'est un point qu'il est indis- 
pensable d'examiner à fond. » 

Le prince de Ngô suivit ces conseils et nomma Lir dai Myc du 
chàu de Giao. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Tiôt king vAn. 

Il était originaire de Trffdc âp'^° "^ dans le quân de Phâi "* * . Dans 
sa jeunesse il suivit les gens de sa souche et se réfugia dans le châu 
de Giao, où il étudia sous Lu'u hi /. Lorsque Si nhiêp embrassa le 
parti de Tônquyén, il le fit venir; Thict kînhvân fut nommé Trung 
lang tu'ang des cinq quan ^, en sus de sa charge de thaï thù de Hiçp 
phô. Lir dai ayant mis ses troupes en mouvement pour aller châtier 

a. En kouan hoà c Mouh peh }>. e. En kouan hoà c P*éi >. 

b. En kouan hoà c Hoàng fouh t^. f. En kouan hoà a Lieoù hi ». 

c. En kouan hoà c Kao liâng ». q. En kouan hoà « Kouan ». 

d. En kouan hoà c Tchouh yih ». 



08 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

le chàu de Giao, il passa la mer avec lui et accompagna Texpédition 
dans le midi. 

Chflu quan*'*. 

C'était, sous les Hàn, le quàn de Hifp pho. [Les Ng6 le chaD- 
gërcDten Chàu quan. 

Pho nam. 

Nom de royaume. Voir, pour réclaircissement qui le concerne, 
la section où il est parlé des Ilùng vu'orng. 

Lflm âp. 

Nom do royaume. Pour T éclaircissement, voir plus loin ce qui 
concerne la neuvième année Vînh hoà de l'empereur M^c de des 
Tîm. 

Dang minli. 

Nom d'un royaume situé au bord de la mer, au fond d*UD golfe 
de grande étendue. Il était au nord limitrophe du Nhât nam sur une 
longueur de sept mille li. C'est le même que le royaume de Bac 
minh. 

ANNÉE CYCLIQUE MO THIN«"« 

Ngô. — Onzième année Xich A à, 
Han. — Onzième année Dion hi <*. 
Nguy. — Neuvième année Clianh thi'. 

Au Cu'u chon' Tbiêu au * réunit une troupe, attaque et pille les quan 

ET les districts. Le THir.H SU* Luc DAN "* LA BAT ET PACIFIE LE PAYS. 

Les villes du Cù'u chou furent de nouveau attaquées et saccagées; 
les quan et les chàu devinrent le théâtre des troubles et de bouleverse- 
ments. Le prince de Ngô appela aux fonctions de thich sir L^cdan, 
Dqc quân dô u;^*" ^ de Hành dirang^, auquel il octroya en outre le 

a. En kouan^boà « Où tch'in ». e. En kouan hoâ t Tcbào yeoù ». 

b. En kouan hoa c Tch'ih ou ». f. En kouan hoà « Touh kiun tou 

c. En kouan hoâ < Yen ». ouéi ». 

d. En kouan hoà c Tch'ing chi ». y- En kouan hoà « Héng yàng ». 



DOMINATION CHINOISE 99 

litre de Hi$u u^. Luc dan entra dansie pays et fit une proclamation. 
Sa bienveillance et sa bonne foi amenèrent la soumission de plus 
de trente mille familles, et le quân de Giru chom retrouva la tran- 
quillité. 

Une femme de ce pays, nommée Triêu au, ayant réuni une 
troupe, attaqua et pilla les districts du quân de Ngô. Lijicdân l'atta- 
qua et la soumit. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Luc dân. 

C'était un sujet des Ngô, originaire du quàn de Ngô, et apparte- 
nant à la famille de Lijic ton*. 11 fut d'abord élu Tào lang *, et rem- 
plit ensuite les fonctions de h^c quân dô uf de Hành du'orng. 
Lorsque les Barbares rebelles du Ciru chorn attaquèrent et ruinèrent 
les villes et que ce quan fut en proie aux troubles et au bouleverse- 
ment, le prince de Ngô le nomma thich sir du chàu de Giao. 

Triôn au. 

D'après le Thâi binh hoàn vô ki de Lac su* des Tông, dans les 
montagnes du Ciru chou, vivait une femme nommé Triéu au dont 
les seins étaient longs de trois xich ^ et qui ne s'était point mariée. 
Elle réunit une bande et pilla les districts du quân. Elle portait ha- 
bituellement un vêtement de laine jaune et grossière, chaussait des 
sandales à bord denté, et combattait montée sur la tête d'un élé- 
phant. On l'a divinisée après sa mort. Son temple se trouve aujour- 
d'hui dans le village de Phû dién du district de Mî hoâ, province 
de Thanh hoà. 

ANNOTATION IMPÉRIALE 

Parmi les femmes de notre pays d'Annam il en est un grand 
nombre qui sont douées d'un naturel héroïque et d'un caractère ori- 
ginal. Dans Triêu au s'est retrouvé pour la seconde fois celui des 

a. En kouan hoà c Louh souén i>. c. En kouan hoà c Tch'ih ». 

b. En kouan hoà c Ts'âo lâng ». 



iOO 



ANNALES IMPÉRIALES DE L*ANNAM 



I 

i 



deux Tnrng*^*. En la qualifiant do « Phu nhcm » •", de « Thành 
nirang » *^* et de « Tu* quân *^*, Tannaliste du Nord ne lui a point 
décerné des éloges exagérés. Seulement^ dire que ses seins avaient 
trois pieds de long est une chose des plus baroques et des plus ridi- 
cules! 

ANNÉE CYCLIQUE QUI VI»** 

Ngô. — Sixième année Vinh an. 

Han. — Première année Vièm hu*ng. C'est celle de l'extinction de la dynastie. 

Ngoy. — Quatrième année Canh nguyén. 

En été, au CtNQUIÈME MOIS, UN FONCTIOXNÀIRE DU QUAN DB GlAO CHl 
NOMMÉ Lu\hu'nG * DONNE LA MORT AU THtCH SU* TÔN TU' * ET SB SOUMET 
AUX NgU Y AVEC LE QUAN *" . 

Les Ngô avaient primitivement nommé Tôn-tù* thai-thù du Giao 
chi. Ce Ton tù* était cupide et cruel. Gomme il avait un jour pris de 
force plus de mille ouvriers, choisis parmi les meilleurs du quàn, 
pour les expédier à Kiên nghiOp*"^, cela indisposa la population. 
Le prince de Ngô envoya alors ]&ang tuun dans le qu^n. Ce dernier 
exigea à son tour^ de sa propre autorité, un tribut de trente paons 
qui durent être expédiés à Mîit lang *" ^. Le peuple, qui redoutait les 
fatigues de cette corvée lointaine, complota une révolte. Lu* himg, 
fonctionnaire du quan^ tua Ton tù* et 0ang tuân ; puis il demanda 
aux Ng^y un thai thù et des troupes. Le Cù'u chou et le Nh^t nam 
firent cause commune avec lui. 

ANNÉE CYCLIQUE GIAP THAN"*« 

Ngô. — Première année Nguyén hu'ng/" de TAn hao ••• o, 
Nguy. — Première année Hàm hi. 

En automne, dans le septième mois de l'année, les Ngô partagent dk 

NOUVEAU le territoire DU CHAU DE GlAO POUR CONSTITUER CELUI DE 

Quang'*. 



a. En kouan hoa « Liù hing ». 

b. En kouan hoà « Souen ssè ». 

c. En kouan hoâ « Kién yeh ». 
rf. En kouan hoîi « Moh ling ». 



e. En kouan hoà c Kiah chen ». 

f. En kouan hoà c Youén hing ». 

g. En kouan hoà c Souen hào ». 
h. En kouan hoà c Kouàng ». 



DOMINATION CHINOISE lOi 

Dans cette année-là les Ngô, distrayant les trois quàn de Nam 
hai, Thirorng ngô et Uàt lâm, constituèrent le châu du Quàng, et 
placèrent le siège de son gouvernement à Phièn ngu. Les quàn de 
Giao chi, Ciru chorn^ Nbàtnam et Hi^p phô formèrent le chàu de Giao, 
dont le gouverneur établit sa résidence à Long bien. C'est à par- 
tir de cette époque que commence la division du territoire en châu 
de Giao et de Quàng. 

ËGLAIRGISSEMENTS. — Nam hai. 
Voir à la quarante-quatrième année de An du'orng vu'ong. 

*Tho'o*ng ngô. — Uât lâm. — Nhâtnam. — Hiép phô. 

Voir, pour ce qui concerne tous ces quàn, à la première année 
Kiên dire de Triéu vu'omg. 

Les Ouéi créent Lu* hu'ng ^ maréchal du Midi pacifié ^'^ , avec la 

DIRECTION générale DE TOUTES LES AFFAIRES MILFTAIRES DU CHAU DE 

Giao. Ils chargent Hoat duc diêu^ des fonctions de thich su' dans 

le MÊME pats. 

Les Ouéi nommèrent Lu* hu'ng et Tinspecteur militaire Hoât dvc 
dieu aux fonctions désignées ci-dessus*". Le dernier eut la faculté 
de choisir et d'employer à son gré les Tru'ôrng lai"*. Hoât dvc diôu 
proposa dans un rapport Thoàn coc^ comme thaï thu du Giao chi; 
et avec Nha mon **, BÔng nguyèn*et Vu'o'ng tô^, qui comman- 
daient en sous-ordre, il se porta au secours de Lir hirng; mais, dès 
avant son arrivée, ce dernier avait déjà été tué par le Gông-tào L^- 
thông^. Thoàn côc périt aussi dans cette expédition. 

ANNÉE CYCLIQUE AT DAU"*'^ 

Ngô. — Première année Cam lô"' ». 

Tân. — Première année Thai thi; de Vo de ••* *. 

a. En kouan hoà e Lîù hing :p. 0' ^^ kouan hoà c Li t*ông ». 

b. En kouan hoâ «Houoh yih yâo». h. En kouan hoâ « Yih yeoù ». 

c. En kouan hoà «Ts'ouân kouh ». i. En kouan hoà c Kan loù ». 

d. En kouan hoà € Yâ mén ». j. En kouan hoà c T'ai chi ». 

e. En kouan hoà e Tông youén ». k. En kouan hoà c Où ti ». 

f. En kouan hoâ c Ouàng soù ». 



102 ANNALES IBiPÉRIALES DE L'ANNAM 

Les Ta'n nomment Ma dung « thaï thu du Giao chî. Ma ddng Atant 

MORT DE MALADIE, Du'o'nG TAC *, SUR LA PROPOSITION DB floAT DU'c 
DIEU, EST NOMMÉ POUR LE REMPLACER. 

ÉCLAIRCISSEMENT. — Ma dnng. 

Il élait originaire de Ba tày *" . Quant à Dirorng tac, il était né à 
Kiên vi •" ^. 

ANNÉE CYCLIQUE MO TI 

Ngô. — Troisième année Bu'u dinh*. 
TAn. — Quatrième année Thai thi. 

Les Ng6 nomment Lu'u tua'n THicn su' du chau de Giao. Il attaque 
Du'o'ng tac, partisan des Tan, qui le défait a Cô thanh ^. 

Les Ngô ayant appelé Lini tuan/ aux fonctions de thich sir, ce 
dernier se joignit à Tancien gouverneur du b^"* nommé Tu tic* 
et au maréchal Cô dung*, et ils attaquèrent le châu de Giao à trois 
reprises différentes. Du*orng tac leur tint tête et les battit tous. Le 
Uat làm et le Ciru chom se déclarèrent tous deux pour lui. Dirorng 
tac envoya le maréchal Mao quinh*"^, BÔng nguyên, Nha mon, 
Manh cân *, Manh thông ', L;^ tùng"», Vu'ang tô et Thoin nSng" qui, 
débouchant du pays de Thyc"®^ dans le Giao chi, défirent Tarmée 
des Ngô à Go thành et tuèrent Tu tac. Le reste des troupes de Liru 
tuan se dispersa. A la suite de ces événements Du'omg tâc fit un rap- 
port dans lequel il proposa Mao quinh comme thai thù de Uàt làm 
et Dong nguyèn comme thai thù de Ciru chou. 

a. En kouan hoâ « Ma yông ». i. En kouan hoâ « Koù yong ». 

b. En kouan hoa « Yâng tsih d. ;'. En kouan hoà « Mào kiong ». 

c. Eq kouan hoâ « Pa si ». A'. En kouan hoa « Mông kân ». 

d. En kouan hoà « Kien ouri ». /.En kouan hoà « Méng t*ong ». 

e. En konau hoà « Pào ling ». m. En kouan hoà « Li song ». 

/. En kouan hoâ « Lieôu tsouén ». n. En kouan hoâ « Ts'ouân nêng ». 
g. En kouan hoà « Koù teh'ing ». o. En kouan hoâ « Chouh ». 
h. En kouan hoâ <i Sieou tseh ». 



DOMINATION CHINOISE 103 

ÉCLAIRCISSEMENT. — Cô' thanh. 
C'était la forteresse du Hi^p phô. 

ANNÉE CYCLIQUE Kl SU'U'' 

figé. — Première année Kiên hành^. 
Tan. — Cinquième année Thai thi. 

En HtVBR^ AU DOUZIÈME MOIS, LES NgÔ ENVOIENT DBS TROUPES CONTRE 

Du'0*NGTAC, PARTISAN DBS TsiN. 

Les NgÔ envoyèrent l'inspecteur d'armée Ngu phiêm*^, Tiêt liu ''y 
maréchal du titre de Chef terrifiant le midi, ainsi que le thai thù du 
Thu'orng ngô nommé hko hoàng* par la route du châu de King*", 
et d'autre part l'inspecteur d'armée L;^ hùc*"^avecle Bôc quAn 
Tîr ton par la roule maritime du Kien an ®®'^. Tous devaient faire 
leur jonction à Hi^p phô pour attaquer Du'otig tâc; mais Lf hùc, 
voyant que la voie du bord de la mer n'était pas avantageuse, tua le 
guide Phùng phîet rebroussa chemin avec son armée. Le prince de 
Où, pour le punir d'avoir commis ce meurtre illégal et d'avoir battu 
en retraite de sa propre autorité, le fit décapiter ainsi que Tir ton. 

ANNÉE CYCLIQUE TAN MEO* 

Ngô. — Troisième année kién hành. 
Tan. — Septième année Thai thi 

&A0 HOANG, GÉNÉRAL DES NgÔ, BAT Du'o'nG TAC ET LES AUTRES CHEFS AU 
SERVICE DES TaN. Il s'eMPARE DE LEUR PERSONNE ET REPREND LE GlAO 
CHÎ, DU TERRITOIRE DUQUEL ON RETRANCHE UNE PARTIE POUR EN FORMER 
LE QUAN DE TaN XU'o'nG> . 

Tout d'abord Bho hoàng, Ngu phiôm et Tiêt hu arrêtèrent Du'o^ng 
tâc à Phiîn thuy *. Bko hoàng, ayant eu le dessous, battit on retraite 

a. En kouan hoà oc Ki tch'eoù i>. g. En kouan hoâ « Kién ngan i». 

b. En kouan hoâ <r Kién héng ». h. En kouan hoà « Fông féi ». 

c. En kouan hoâ « Yù fâu ». i. En kouan hoâ « Sin mào ». 

d. En kouan hoâ « Sieh hiù ». j. En kouan hoâ « Sin Ich'ang ». 

e. En kouan hoâ < T*ào houâng ». k. En kouan hoâ <i Fén choui ». 
/*. En kouan hoâ c U siuh ». 



104 ANNALES IMPÉRIAIJIS DE LANNAM 

el se retrancha dans le Hi^p phô. Comme il avait perdu deux de ses 
principaux officiers, Tièt hu lui dit avec irritation : (c Vous écrivez 
des rapports dans lesquels vous annoncez que vous avez châtié les 
rebelles, et vous perdez deux de vos lieutenants ! Est-ce ainsi que 
vous entendez votre devoir? » — « Moi qui ne suis qu*un subor- 
donné^ lui répondit Bào hoàng, je ne puis agir selon ma volonté, 
car les troupes ne m'obéiraient pas. C'est cela seul qui a causé ma 
défaite. » Tiet hu, dans son emportement, ne comprit pas ces pa- 
roles et voulait se retirer avec Tarmée; mais cette nuit-là Bào hoàng 
attaqua Dong nguy^n à Timproviste avec quelques centaines de 
soldats, s*empara de tous les objets de valeur qu'il possédait, 
les fit charger sur un vaisseau et s'en revint. Alors Tiêt hu le 
remercia et le nomma B6 dôc ^^° de la partie antérieure du chàu de 
Giao. 

Bko hoàng, ayant repris la route de la mer, arriva tout à coup 
dans le chàu. BÔng nguyèn lui barra le chemin. Tous les officiers 
voulaient engager la bataille ; mais Mo hoàng soupçonnant que des 
soldats se tenaient en embuscade dans Tintérieur d'un pont, plaça 
sur ses derrières un supplément de troupes armées de longues lances. 
Ses bataillons s'étaient à peine reformés que hong nguyèn feignit 
de battre en retraite. Bào hoàng s'étant mis à sa poursuite, Tem- 
buscade sortit en eiïet; mais elle se heurta aux soldats armés de 
longues lances; l'armée de Dong nguyèn fut battue à plate couture, 
et lui-même fut tué. 0ào hoàng abandonna au Phù-nghièm-t$c- 
soâi^°*'' Lu'orng ky* le bateau plein de trésors dont il s'était em- 
paré ainsi que mille pièces d^étofTe de soie brochée du pays, et 
Lu'ong ky mit à sa disposition les troupes qu'il commandait, les- 
quelles se montaient à plus de dix mille hommes. 

A cetle époque Dugong tac remplaça BÔng nguyèn par le général 
Vuang tô"". Le dông-tu dng '" ^^ 110 '^ se trouvait avec ce dernier 

a. En kouan hoà « Foû yen tseh c. En kouan hoâ c Ouàng soù». 
choài ]>. d. En kouan hoà c Yong tsiang ». 

b. En kouan hoâ a Liâng k*i ». e. En kouan hoà c Hi ». 



DOMINATION CHINOISE \Ù5 

dans la ville. 0ào boàng chargea son frère cadet Tirgng ^ de lui 
écrire une lettre et de s'avancer monté sur un char léger, précédé 
et suivi d'une escorte, en faisant battre du tambour et jouer de la 
trompette. « C'est encore ainsi qu'ils en usent? dirent Vu'orng tô 
et les officiers qui étaient avec lui ; bien certainement H$ veut 
nous quitter! » et ils tuèrent ce dernier. Dès que Bko hoàng en fut 
informé, il poussa vivement l'attaque avec ses troupes, et mit à sac 
le siège du gouvernement du chàu. Il fit prisonnier Dirorng tac ^, Mao 
quinh^ et d'autres officiers. 

Mao quinh ayant postérieurement comploté de l'attaquer à l'im- 
proviste et l'affaire ayant été éventée^ 0ào hoàng le fit saisir, le 
tua, et envoya Du'omg tâc et les autres en captivité chez les Ngô. 
Arrivé à Hi^p phô, Du'omg tâc tomba malade et mourut. Manh càn'', 
L^ tùng'et Thoàn nâng ^ parvinrent à Kiêu nghi^p; le premier 
s'échappa et retourna chez les Tan, qui le nommèrent thaï thù de 
Nh^t nam. L^ tùng et Thoàn nâng furent mis à mort par les Ngô. 
>^Les Tan donnèrent à Du'omg tic les fonctions de thîch sir du chàu 
de Giao. Les fils de Mao quinh, de L;^ tùng et de Thoàn nang furent 
créés Bâu avec fiefs en dedans des frontières. Le c6ng tào du Ciru 
chorn nommé L^ t^^ se fortifia dans ce quân et se rangea du côté 
des Tan. 0ào hoàng envoya en vain un général pour l'attaquer. Le 
hoâng '*' *, oncle de L^ 10, d'accord en cela avec les troupes, exhor- 
tait son neveu et lui commandait do se soumettre; mais L;^ tç lui 
répondit : « Vous, mon oncle, vous êtes un général nommé par les 
Ngô»; mais, pour moi, c'est aux Tan ^ que je dois les hautes fonc- 
tions que j'occupe ; d'ailleurs la seule chose à considérer, c'est de 
savoir qui sera le plus fort. » Au lieu de se soumettre il occupa 
la citadelle; mais au bout d'un certain temps elle fut prise d'as- 
saut. 

a. En kouan hoà c Siàng ]>. /. En kouan hoà c Ts'ouàaneng:». 

b. En kouan hoàc Yàng tsih ». g. En kouan hoa <( Li tsoù )>. 
e. En kouan hoà c Mào kiong j>. h. En kouan hoà n Li hoàng ». 
d. En kouan hoà c Mông kàn ». /. En kouan hoà c Ou )!>. 

a. En kouan hoà c Li song ». j. En kouan hou ce Tsin ». 

Annalbs db l'Annaii ^ 



1 



4 



lOÔ ANNALES IMPÉRIALES DE LANNAM 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Dao hoêng. 

I II était originaire de Mat lâng* dans le &ora dirorng^***et fils d 

Mo ca*. 
i La quân de Tin zu'o'ng. 

D'après le commentaire de Hô iam tinh^^^'TAn xirorngestl 
même que Phongcbàu*. C*est aujourd'hui le territoire de la pro 
vince de San t&y. 

Les Nti6 nomment 0ao hoang aux Foiicnoifs m thich su'; ils li 

CONFIENT l'administration GÉNÉRALE DE TOUTES LOS AFFAïaiS MIL 
TAIRES AVEC LES TITRES DE TIEN TU*o'nG QUIn ^**^ ET DE MOim DU CBA 
DE GlAO . 

Lorsque Bko hoàng eut défait Du'omg tic et les antres chefo di 
même parli, il pacifia le cbàu de Giao ; c'est pourquoi les Ng6 1 
créèrent mouh de ce territoire. Ce D^ào hoàng était un homme doa 
d'un grand savoir-faire; il secourait les pauvres et aimait à donnei 
Il sut se concilier les cœurs; aussi tout le monde était-il heureux di 
le servir. Partout où il allait il acquérait des mérites. 

En ce temps-là les territoires de Vô b)nh ^, de Cihi du*c *el deTài 
xu'ong étaient dangereux et comme impénétrables. Les Barbares 
Liéu<^ qui les habitaient étaient indomptables et ne connaissaien 
pas la crainte ; pendant des siècles on n'avait pu les aborder. 0à< 
hoàng les châtia et les pacifia; de leur territoire il fit trois qu^n e 
forma plus de trente districts de colonies qui furent mis sous h 
dépendance du Ciru choru. Dans la suite les Ngô l'ayant promu à k 
charge de Dô doc de Vô xu'orng, ils le remplacèrent par Tu doân * 
thai thù de Ui^p pho ; mais des gens du pays au nombre de plus d< 

Cl. En kouan hoà € Moh Itng ». g. En kouan hoà «< Où p'ing w. 

b. En kouan hoà « Tan yàiig >. A. En kouan hoà « Kieoù teh ». 

c. En kouan hoà c T'ào ki i». t. En kouan hoà « Yi ». 

d. En kouan hoà ce lloû saii sing ». ,;. En kouan hoà « Liào ». 

e. En kouau hoà < Fong tcheou ». k. En kouau hoà « Sieou yùn ». 

f. Eu kouan hoà c Ts'ièu ibiang 
kiun ». 



DOMINATION CHINOISE 107 

mille demandèrent à le conserver, et le prince de Ngô le rendît à ses 
anciennes fonctions. 

ÉCLAmaSSEMENTS. - Vo blnh. 

C'était dans Torigine le territoire du district de Phong khé'. 
Constitué dans le début par les Ngô, il se composa de sept distiîcts. 
Sous les Tu^ ^ le quàn fut supprimé et changé en district de Long 
Unh^. Les Bàng^le changèrent en district de Vo binh et postérieu- 
rement en firent le ch&u de &ang '. Les Lé de la famille 0inh en 
formèrent le phù de Thai binh f^ que les Trân changèrent en 1$ de 
Khoaf^. Les seconds Lé le divisèrent en deux phù, celui de Tien 
hâng* et celui de Khoai chàu^ C'est aujourd'hui le territoire de la 
province de Hirng an. 

Ou'u du»c *•*. 

C'est l'ancien territoire des seigneurs do Yi$t thirdrng. 

Au début les Ngô en formèrent un quàn duquel dépendaient huit 
districts. Les Tan, les Tông<^ et les Té * conservèrent cette organi- 
sation. Sous les Lu'orng ' le quàn fut supprimé, et changé en district 
de Cru dire, dépendant du quàn de Nhàt nam. Les &àng le ratta- 
chèrent au chàu de Hoan"*. 

Aujourd'hui c'est ce territoire même qui forme la province de 
Hà t}nh. 

ANNÉE CYCLIQUE CANH TI» 

Tan. — Première année Tbaf khango. 

BkO HOANG, MOUH DU CHÂU DE GlAO POUR LES NgÔ, FAIT SA SOUMISSION 

AUX TIn. Ces derniers lui rendent son titre par un rescrit impérial. 

a. En kouan hoà « Fong k'i »• h. En kouan hoà c Sien hing ». 

b. En kouan hoà « Seul ». t. En kouan hoà«K'ouàitcheôti ». 
e. En kouan hoà c Long p'ing ». j. En kouan hoà <r Sông ». 

d. En kouan hoà c T'àng ». A. En kouan hoà c Ts*i ». 

e. En kouan hoà <( T'éng ». /.En kouan boa « Liàng ». 

f. En kouan hoà c T*ai p'ing m. En kouan hoà <ic IToan ». 
fott ». n. En kouan hoà c Keng tsè ». 

g. En kouan hoà c R*ouàl loù ». o. En kouan hoàcTai k'ang ». 



108 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Lorsque T6n bao, prince de Ng6, se fut soumis aux Tan, il écrivit 
de sa propre main une lettre à Bào hoàng pour Texhorler à se dernier 
à eux. Bko hoàng versa des larmes plusieurs jours durant, et renvoya 
à L«7C du'orng ^ son sceau avec les attaches. L*empereur des Tan 
rendit un rescrit par lequel il le rétablissait dans sa dignité et le 
créait hâu de Uy(^n I9ng^, titre qu'il changea ensuite en celui de 
maréchal Quan quân '•• ^. 

A cet époque, lorsque les Tan eurent réduit les Ngô à Tobéissance, 
ils diminuèrent le nombre des troupes qui occupaient les chàu et 
les quân ''^\ Alors Bào hoàng présenta un rapport dans lequel il^di- 

sait ceci : 

« Le chàu de Giao constitue un territoire de peu d'étendue et 
séparé du reste de Tempire. Toute cette contrée n'est qu'une bande 
composée de montagnes et de mer ^'®, qui borde le L&m àp à peine 
sur une étendue de sept cents li ^''* De tout temps les chefs des Bar- 
bares, tels que des guêpes ou des ours, y ont fait des incursions et 
y ont exercé le brigandage. Us attaquent fréquemment le peuple. 

« Bien plus, ils s'associent à ceux du Phù nam pour se livrer à des 
déprédations, attaquer et ruiner les quàn et les districts; ils com- 
mettent des meurtres et causent du dommage aux petits employés 
et au peuple. Moi, votre serviteur, je fus jadis choisi par les princes 
de Tancicnne dynastie pour réunir sous mon autorité les milices des 
frontières du sud; je l'ai fait pendant plus de dix ans. Quoique de 
tout temps on ait châtié les Barbares, qu'on ait tué les chefs et les 
hommes influents de leurs tribus, cependant, comme leurs mon- 
tagnes sont profondes et qu'il s y trouve des cavernes reculées^ ils 
possèdent encore des refuges. D'autre part je ne pouvais réunir 
que huit mille et quelques soldats; or les terres du midi sont tiëdes 
et humides ^^^ il y a beaucoup de miasmes ; de plus, comme pendant 
plusieurs années consécutives on s*est livré à une guerre de répres- 
sion, la mort a creusé bien des vides dans leurs rangs. Ceux qui 

a. En kouan hoà c Loh yâng ». c. En kouan hoà c Kouan kiun i. 

b. En kouan hoà c Youén Itng ». 



DOMLNATION CHINOISE 109 

existent encore sont au nombre de deux mille quatre cent vingt. 

Actuellement l'harmonie règne dans Tempireetpersonnen'y nour- 
rit des pensées d'insubordination ; il faul laisser de c6té les armes ^'* 
et s'appliquer à cultiver les rites et la justice. Et cependant les gens 
de ce chàu n'aiment pas la paix et se plaisent à nuire et à causer des 
troubles. De plus le littoral, au midi de celui de Quàng"*, a six 
mille et quelques li de tour. Cent cinquante et quelques mille fa- 
milles s'y montrent insociables et ne veulent pas faire partie de 
l'empire. Il y en a dans le Que làm une dizaine de mille qui sont pa- 
reillement rebelles à notre domination ^'\ Les indigènes soumis au 
gouvernement ne dépassent pas le chiffre de cinq mille et quelques 
familles. Ces deux chàu, qui sont absolument contigus ^'^ ne sont 
maintenus que par les troupes d'occupation. 

ce Enfin les deux territoires de Ninh chftu^ et Hirng cô ^'*^, qui se 
tiennent et sont situés à la partie supérieure des cours d'eau, sont dis- 
tants du quàn de Giao chi de seize cents li. Communiquant partout 
par les routes d'eau et de terre, ils se gardent mutuellement. Il 
sera nécessaire de ne pas épargner les soldats du ch&u pour ne 
point laisser voir notre isolement et notre faiblesse. » 

Le souverain des Tan suivit ces conseils. Dào hoàng resta trente 
ans dans le châu. Son prestige et sa bienveillance se manifestaient 
journellement et les habitants laimaient. 

Lorsque mourut l'empereur des Tan, on nomma Ngô ngan'"*', 
Viên ngoai lang'**'et Tân ki thu*ôrng thi'*'^aux charges de dô 
doc du Midi intérieur et de thich sir du chàu de Giao. Au moment 
où Bko hoàng venait de mourir, la garnison des frontières du Ciru 
chou s'ameuta et chassa le thaï Ihù. Le chef des tribus du pays, nom- 
mé Tri^u chi, assiégea le quân; mais Ngô ngan rétablit partout 
la tranquillité. Il resta en fonctions pendant vingt-cinq ans. Le 



a. En kouan hoà c Kouàng ». e. En kouan hoà c Youén ouài 

b. En kouan hoà c Nîng tchcou ». làng ». 

e. Eu kouan hoà c Hing koù ». /.En kouan hoà c San ki tch'àng 

d. En kouan hoà « Où yen ». chi ». 



MO ANNALES IMPÉMALES DE L'ANNAM 

peuple du chàu vivait dans la paix et la concorde. Ngô ngan de- 
manda lui-m<^mo dans un n^port à être remplacé. L*eniperenr de 
Tan lui donna pour successeur Co bf *. C'était anssi un bon goa 
verneur, et tous les gens du chAn raimaient. A éa mort ils contrai 
gnirent son fils Tham * à prendre la direction des aihires. Lorsqn 
ce dernier mourut à son tour, son frfare TI19* demanda avec insM 
tance à lui succéder. H tua son tnrdmg \%\ nommé EI6 triéa'« «ki 
allait en agir de même à Tégard du tnrdng-hf-dôc-qaAn^'** LmAj 
that^; mais ce dernier échappa à son sort par la faite» et leva de 
troupes pour châtier Thç qu'il mit à mort. Lntmg thf t prit à soi 
tour en main les rênes du gouvernement; mais, craignant de nepa 
répondre au vœu de la population, il alla chercher, poUr le faire thfel 
sir du chàu, un fils de Bko hoàng, nommé Oéi', qui était thai thi 
de Thuorng ngê. Dans Texercice de ces fonctions Oâi sat se fair 
grandement aimer du peuple. Il mourut au bout de trenteans. Apre 
lui son frère cadet Th^c^, puis son fils Tuy'se succédèrent dan 
cette charge. 

De Dào cor à Dào tuy il y a quatre générations, toutes représen 
tées par des thich sur. Bào cor était le père de Dào hoàng ^'^ 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Le Phn nam. 
Voyez aux Annales des Hùng vwng. 

ANNÉE CYCLIQUE Mt> D\N ^ 

Tan orientaux. - Première année Thaf hu*ng* de Nguyéndê'. 

En hiver, au dixième mois, les Tan octroient par décret a&ao khan" 

a. En kouan hoâ « Koù pi ». g. En kouan hoà c Ouei >. 

/;. En kouan hoâ <r Ts'an :d. h. En kouan hoâ c Chouh >. 

c. En kouan hoâ « Chcoù ». i. En kouan hoâ 9 Soui ». 

d. En kouan hoâ oc Hoû tchâo ». j. En kouan hoâ f Meoù yin ». 

e. En kouan hoâ (n Tchâng hiâ k. En kouan hoà c Tai hing » . 
touh kiun ». /. En kouan hoâ « Youén ti ». 

f. En kouan hoâ « Lîâing chih ». m. En kouan hoâ c T*ào k'àn ». 



DOMINATION CHINOISE 111 

THICH su' DU CHAU DB QUANG, LA CHARGB DE ho BOC GIAO CHAUCHU' QUAN 

Sir "■ «. 

D'après rhistoire de Ng6 sT, à cette époque un homme de 
Tnrimg sa'"* nommé Viromg ca% ainsi queBô hoang**, brigand du 
pajrs de Thçc*' et Lmi trâm^, bachelier du chftu de Giao , se révol- 
tèrent de compagnie. Bào khàn envoya un doc h$''*^ qui les atta- 
qua et les défit. Il se saisit de Lvu tram et décapita Yvotig cor. 
A cause de ses mérites, Bko khàn fut promu à la dignité dont il est 
parlé ci-dessus. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Dao khan. 
U était originaire de Bà du'omg "* ^. 

Vu'o'ng oo'. 

Le Tânthcr*, en ce qui concerne les débuts de Yu'orog cor, de 
Trirorngsai» nous dit que son përe Ngh}* remplissait les fonctions 
de thfch su* du chàu de Quàng et qu'il était très aimé du peuple. 
Dans la suite des hommes du chàu allèrent chercher Virorng ca, 
voulant qu*il fût Ihich su* à son tour, et se réunirent à ce qui restait 
des bandes de brigands de Th^c. h6 hoâng offrit de Tor à Vu*orng cor 
et lui demanda l'autorisation de châtier les brigands du Que lâm 
afin de se distinguer. 

Yircrngcor occupa une position brillante à la cour. Comme il était 
difficile à gouverner, et que cependant il avait acquis des mérites en 
soumettant Bô houng, Yo'omgdftn ' voulut l'employer à châtier aussi 
Latmg that ; c'est pour cela qu*il nomma lui-même thfch su* du chAu 
de Giao. Lu'orng that, ayant appris cela, envoya son fils à Uât lâm, 

a. En kouan hoà c Tou touh kiao g. En kouan hoà < Touh hoù ». 
tcheou tchou kiun chi i». //. En kouan hoà « P*ô yâng j>. 

b. En kouan hoà c Tch*àngcha :». t. En kouan hoà <r Tsin chou ». 

c. En kouan hoà c Ouàng cha ». j En kouan hoà <!c Tch'ùng cha ». 

d. En kouan hoà € Toù héng ». k. En kouan hoà a Yi ». 

e. En kouan hoà < Chouh ». /. En kouan hoà c Ouang touen ». 

f. En kouan hoà c Lieùu tch*in. » 



112 ANNALES IMPÉRIALES DE LANNAM 

afin qu*il fit escorte à Virorng ccr; mais ce dernier, irrité de ce qu'il 
était venu trop lard au devant de lui, lui adressa des reproches et 
lui dit qu'il aurait dû venir au chàu ; qu'il méritait d'être saisi et livré 
à la torture. Le fils de Lu'omg that envoya en toute bAte communi- 
quer cela à son père. « Le seigneur Yu*crng, dit ce dernier, aperda 
toute sa puissance ; comment les gens du chAu de Qui^ng pourraient- 
ils venir de nouveau saccager celui de Giao? » Il défendit alors aux 
habitants de ce dernier territoire de se porter au devant de Vmmg 
cor. 00 tân «, tu* ma ^'^ ^ du phù, se mit à la tête d'une troape et vou- 
lut aller châtier Lu'O'ng that parce qu*il n'était pas allé recevoir ce 
dernier; mais Lu'omg that le battit; puis, craignant qne les habi- 
tants non originaires du pays ne se déclarassent pour Vnxmg cor, 
il mit à mort tous ceux qui avaient quelque importance parmi 

eux, et s*uttribua de sa propre autorité le titre de thich sur du Giao 
chi. 

Après que Yu'o^ng cor eut été arrêté par Lvong that, il se ren- 
dit incontinent à Uàt làm. A celte époque-là, &5 hoing revenait 
d*infligcraux brigands du Que làm une sanglante défaite. Il rencon- 
tra sur la route Vu'ang ca, qui l'engagea à s'emparer du chàu de 
Giao. Bu hoâng en nourrissait depuis longtemps le dessein; il prit 
les lettres de recommandation des mains de Vu'crng cor en lui disant : 
« Il sera nécessaire que nous nous prêtions une assistance réci- 
proque. Comment pourrais-je seul m'emparer de ce pays?» Yovng 
co' lui laissa les lettres. 

Sur CCS entrefaites, Vu'O'ng cor et B5 hoàng, ainsi que on thi$u ' 
et Lu'u tram levèrent ensemble l'étendard de la révolte, ce qui 
amena Bâo khùn dans le chàu de Quàng. Il commença par châtier 
On thi^u et Lu'u tram, qu'il mit à mort; après quoi il envoya un 
doc lï() contre Vu'orng co*. Ce dernier mourut dans sa fuite. On 
déterra son cadavre et on le décapita. 

a. En kouan hoâ < Toù tsàn ». c. En kouan hoà c Ouen chio >. 

h. En kouan hoâ « Sse ma ». 



DOMINATION CHINOISE 113 

ANNÉE CYCLIQUE QUI VI '"a 
Tan. — Première année Thaï ninh^ de rempereur Minh dè<^. 

Lu*0*NG THAT ATTAQUE ET TUE LB THICH SU* Vu'o'nG LU'o*NG **. &A0 KHAN 
ENVOIE DES TROUPES POUR L* ATTAQUER ET LB FAIT DÉCAPITER. LeS TaN 
NOMMENT CE DERNIER THICH Su' DU CHAU DE GlAO. 

Avant cette époque Virang dôa avait donné à Viro'ng Itrgng la 
la charge de thîch sù* du chàu de Giao. Il lui ordonna d'attaquer 
Lirorng that; mais ce dernier, ayant levé des troupes, assiégea 
Virang lu'Q'ng dans Long bien. Il prit la ville d'assaut et s'empara 
des lettres de créance de son ennemi. Comme ce dernier ne voulait 
point s'en dessaisir, Lu'omg that lui coupa Tavant-bras gauche ^'^ 
« Quand je devrais périr, lui dit Vu*orng lu'yng, je ne m'enfuirais 
pas^'®; à quoi bon me couper le bras?» Il mourut au bout d'une 
dizaine de jours. Liro'ng that occupa le châu. Comme il se montrait 
cruel et tyrannique, il s'aliéna tout le monde. Dào khan envoya 
contre lui le tham-quân^'* Cao-biru',quile décapita. L'empereur des 
Tan chargea Bko khan du gouvernement du chàu de Giao, et le pro- 
mut au rang de Chinh nam dai tu'dng quàn kbai phù nghi dông 
tamtir"*/'. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Long bien. 

Cette ville s'appelait aussi Long uyèn ^. Voir pour la note qui s*y 
rapporte le passage concernant la première année Nguyèn phong 
de l'empereur Vô de des Hàn. 

ANNÉE CYCLIQUE QUI SU'U ^ 
Tan. — Neuvième année Vinh hoà de Tempereur Mue de. 

a. En kouan hoà c Kouèi ouéi f. En kouan hoà < Tching nân ta 

b. En kouan hoà < Tài ning ». tsiang kiun k'ai foù yt t'ông san 

c. En kouan hoà < Ming ti }». sse >. 

d. En kouan hoà c Ouàngliàng ». g. En kouan hoà e[Longlyouen ». 

e. En kouan hoà c Kao pào ». ^. En kouan hoà c Kouèi tch*eôu». 



ÉiÙ!, 



114 ANNALES IMPÉRIALES DE L ANNAM 

Au PRINTEMPS, PENDANT LE TROTSifeMB MOIS, NgUTÊN PHU ', THICH SU^ DU CHAt 

DE GlAOy ATTAQUE LB LÂM ÎP ET LE HÉVASTK. 

Phàm phàt ^. roi du Làm ap ^'' % se livrait souvent à des incur- 
sions. Nguyén phu, à la tète d*un corps de troupes, le châtia et 
démantela plus de cinquante forts. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Le Lftm âp. 

Cet État touchait à l'ancien royaume de la famille de Vi$t thàtmg. 
Les Tun en firent un district qui portait le même nom et dépendait 
du quàn de Làm ap. Les Hén le changèrent en district de Tg^ng 
lâm ^, relevant du quàn de Nhàt nam. A la fin de cette dynastie le 
fils d'un huyên công tào, nommé Khu lien', tua le magistrat du 
district et prit le litre de roi du Lftm àp. Dans la suite, sa descen- 
dance étant éteinte, Phàm hîing^, petit-fils de sa sœur, prit la suc- 
cession qu'il transmit à son fils Dat^. Un eselave de ce dernier, 
nommé Phàm van^, lui conseilla d'élever des remparts, de creuser 
un fossé, de se construire un palais, de créer une organisation mili- 
taire et de se procurer des armes. Phàm Dât, qui Taimait, se ren- 
dit à ses conseils. Après sa mort, Phàm v3n usurpa le trône et, lors- 
qu'il mourut lui-même, son fils Phât lui succéda. Après lui son petit- 
fils Hô d'tl' prit les rênes du pouvoir. Arrivés à Vin d{ch, son 
descendant à la quatrième génération, nous voyons ce dernier tué 
par Rang clin thang ^'^•'', fils du roi de Ph5 nam. Les troubles qui ré- 
gnaient furent apaisés par le ministre d'État Phàm chir nông^qui 
prit lui-même le litre de roi. Lorsqu'il fut mort, son fils Du'ang mai' 

a. En koiian hoà c Youèn fou ». h. En kouan hoA c Fin ouén ». 

h. En kouan hoâ c Fan fouh ». /'. En kouan hoâ c Hoû tah ». 

c. En kouan hoâ c Lin yih ». j. En kouan hoà c Tang ken 

d. En kouan hoâ « Siàng lin ». chiug ». 

e. En kouan hoâ « Kiu lien ». A*. En kouan hoà c Fan tchou 
/*. En kouan hoâ c Fân hiông ». nôug ». 

g. En kouan hoâ « Yih ». /. En kouan hoà c Yàng mai ». 



DOBONATION CHINOISE 115 

et après lui son petit-fils Bot' en agirent de même ; ce dernier prit le 
nom de son père, et s'appela aussi Do'omg mai. Il iit plusieurs incur- 
sions daas le Nhàtnam. LesTông envoyèrent Bàn hoà chi^ pour le 
châtier. Du'ong mai, saisi de crainte, fit partir un ambassadeur pour 
faire une visite d'hommages et ofi'rir des présents. Dans la suite, 
comme il ne voulait pas se présenter en personne à la cour^ les Ttiy 
chargèrent Lu'u phu'omg^^ de marcher contre lui. Le prince^" Pham 
chf ^ envoya un ambassadeur pour présenter des excuses. 

Sous les Bàng, dans les années Trinh quân«, le roi Bau le/ étant 
mort et son fils Tran longP ayant été tué, les gens du royaume 
firent monter sur le trône Chu* càt dia^, fils delà tante paternelle de 
&Su lé, et Ton changea le nom de règne en celui de Hoàn vu'omg^ 
Comme les habitants de cet État faisaient souvent des incursions, 
Tnrorng chàu i, Bft bO ^'* * de T Annam, les attaqua et les défit. Us aban- 
donnèrent le Làm âp^ et le siège du gouvernement de TÉtat fut trans- 
porté à Ghièm i . Le royaume reçut alors le nom de Ghièm thành ">. 

Depuis le temps où les saints empereurs de notre pays jetèrent 
lés fondements de l'État et que, sortant du chaos, l'univers fut 
unifié; que le Thi què„ apparut dans la rivière Lac^, et que la 
tortue mystérieuse rendit ses oracles au sein du fleuve ^'^ ; qu'une 
barrière de nuages se fixa sur les hauteurs; que la mer fut réduite 
à l'obéissance et les montagnes renfermées dans leurs limites, la 
demeure du souverain a été placée dans un lieu reculé, et sa situa- 
tion a déterminé celle de la capitale. Pour le renom et l'accumula- 
tion des choses élégantes, rien, dans les anciennes dynasties, ne 
pouvait être comparé à cette dernière. Aujourd'hui Ton voit encore 

a. En kouan hoà c Touh ». i. En kouan hoi c Hoân ouàng ». 

h. En kouan hoà c T*àn hô tchi ». j, Eakouanhoà cTchangtcheou ». 

c. En kouan hoà c Lie^u fang ». k. En kou<an hoà <r Tou hoù ». 

d. En kouan hoà c Fàu tchi ». /. En kouan hoà « Tchen ». 

e. En kouan hoà « Tching kouan». m. En kouanhoàc Tchen tch'tng ». 

f. En kouan hoà < T'eoû li ». n. En kouan hoà c T*oii koueî ». 

g. En kouan hoà < Tchin long » o. En kouan hoà < Loh ». 
A. En kouan hoà « Tchou koh ti ». 



116 ANNALES DIPËRULES DE L*ANNAM 

à Thira thièn^" le rempart de Phat th$*, et à Blnh dinh^ celai de 
06 bàn<^. Ce sont des vestiges des anciennes capitales. 

ANNÉE CYCLIQUE CANH THIN'*"' 

Tao. — Cinquième année Thai nguyén de Hiéu vo dé«. 

En hiver, au dixième mois, Ly tôn^, thaï thu du Cu'u cho'n, s'rmpark: 

du chau et se révolte. 

ANNÉE CYCLIQUE TÂN TI '««^ 
Sixième année Thai nguyén. 

En AUTOMNE, AU SEPTIÈME MOIS, Bô VIÊN^, THAt THU DU.GuO CH!, CHATIE 

Lt TON ET PACinE LE PATS. 

D*aprës les biographies diverses contenues dans le Livre des 
Tông, primitivement L;^tôn, thài thùdu Cvru chom et ses fils, braves 
et robustes, gouvernaient la terre de Giao; ils le faisaient avec au- 
torité, force et prestige. Lorsqu'ils apprirent que le thich-sà' Bàng- 
d^n* devait arriver, L^ ton envoya ses deux fils, chacun de côté, sur 
la terre et dans l'eau, pour couper et obstruer les gués et les posi- 
tions importantes. 06 vi^n réunit des troupes et le décapita. Le terri- 
toire du châu fut recouvré et pacifié. Les Tan, par mesure exception- 
nelle, créèrent le vainqueur maréchal du titre de Long tu'omg^^'A 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Dô viôn. 

Il était né à Chàu vièn dans le Giao chi, mais sa famille était 
originaire de Kinh Iri^u'^^*. Son grand-père Nguyén/ayant rempli 
les fonctions de thai thù à Ninh phô^^'"*, depuis lors la famille de- 
meura dans le Giao chi. 

a. En kouan hoà < Fouh chi ». h. En kouan hoà c Toù youén ». 

b. En kouan hoà c P'tng ting ». t. En kouan hoà « T*éng t*ouén ». 

c. En kouan hoà « Tou p'àn ». j. En kouan hoà € Long siang ». 

d. En kouan hoà oc Keng tch'in >». k. En kouan hoà « King tchào ». 

e. En kouan hoà € Hiào où ti ». /. En kouan hoà c Youén ». 

f. En kouan hoà < Li souén ». m. En kouan hoà ^ Ntng p*où ». 

g. En kouan hoà f Sin ssé ». 



DOMINATION CHINOISE 117 

ANNÉE CYCLIQUE Kl HO'I''' 

Tan. — Troisième année Long ho'i<> de Tempereur An dé à. 

Au PRINTEMPS^ DANS LE TROISIÈME MOIS DE l'aNMÉE, PhAM HO DAT^*'^ PÉ- 
NÈTRE DANS LE TERRITOIRE QU'iL DÉVASTE. Dô VIÊN l' ATTAQUE ET LE BAT. 
Il EST PROMU PAR LES TaN AUX FONCTIONS DE TUICU Su' DU GlAO CHI. 

D^aprës le Liromg thor ^^^ ^, cette année-là Phàm hô dat, roi de Làm 
âp, attaqua le Nhàt nam et se saisit de la personne du thai thù; il 
s'avança dans le Ciru dire qu*il ravagea et dont il prit aussi le 
thaMhù Tào-binh^.Bô vi^n, du Giao chi, envoya contre lui un doc 
hO nommé Bang dàt' ainsi que d'autres officiers. Ils l'attaquèrent 
et le défirent. Immédiatement après les Tan nommèrent &Ô vi^n à 
la charge de thich sir. 

OBSERVATION IMPORTANTE 

Les Annales des Tông et celles des Lu'otig disent également que 
dans la troisième année Long-an Dô-vi^n fut élevé à la charge de 
thich su du châu de Giao. Cette mention se rapporte à ce qui se 
passa dans Tannée où le Làm àp fut attaqué et défait. Les anciennes 
Annales disent au contraire que cet événement eut lieu dans 
la sixième année Thai nguyôn. La première de ces assertions cons- 
tituant une erreur assez importante, nous rétablissons ici le texte 
des Annales suivant la vérité. 

ANNÉE CYCLIQUE TÂN HO'I'*'^ 

En été, au QUATRIÈME MOIS, UN NOMMÉ Lu' TUAN ^, QUI S 'ÉTAIT RÉVOLTÉ 
CONTRE LES TaN, VIENT SE RÉFUGIER DANS LE CHÂU DE GlAO. Le TIGH 
SU'0ô HUÉ B6 ^ MARCHE CONTRE LUI, LE TUE ET ENVOIE SA TÊTE A KlÊN 
KUANG. 

a. En kouan hoâ « Long hai ». e. En kouan hoâ « Téng yih ». 

b. En kouan hoâ « Ngan ti ». f. En kouan hoâ « Sin hai ». 

c. En kouan hoâ c Liàng chou ». ^. En kouan hoâ « Loû siûn ». 

d. En kouan hoâ c Ts'ào ping ». A. En kouan hoâ < Toù hoei toù ». 




1 18 ANNALES IMPÉRULBS DE LANNAM 

Lir tuân s*était précédemment livré au brigandage à la suite de 
Ton àn^. Âpres la mort de ce dernier il fit sa soumission aux Tan et 
fut nommé iMch su* du ch&u de Quàng ; mais arrivé à Tépoque dont 
nous parlons il se révolta encore, fut battu par Lu'upbién *, général 
de Liru dû ^^*^, et s*enfuit dans le ch&u de Giao. Dans ce temps-là 
Tancien thfch-sîi 06-vi$n mourut, 'et l'empereur des Tan lui donna 
pour successeur son fils Bô hu$ d^. La lettre d'investiture n'était pas 
encore arrivée que Lu* tuân avait déjà fait irruption, ruiné Hi^p phô, 
et coupait droit vers le ch&u de Giao. Bô hu$ d^. à la tète des habi- 
tants civils et militaires du ch&u et des phù, Tarréta à Thijch k^' et 
le mit en déroute. Ce qui restait des troupes à Lu* tuân se montait 
encore à trois mille hommes. Il y avait en outre le reste des bandes 
de L^ ton, commandé par L;^ thoét' et autres. Us s'adjoigiMrent les 
L^ lii^u f au nombre de plus de cinq mille, et vinrent avec eux se 
réunir à Lu* tuan. Ce dernier s'avança jusqu'au gué au sud de 
Long bien. 06 hu$ dO sacrifia toute sa fortune pour récompenser 
les officiers de son armée. Hu$ k^', tbai thù du Giao chi, et Chinmg 
dân ^, thai thù du Cù'u chan, se mirent tous deux à la télé de troupes 
de terre et de mer. 06 liu^ d^ monta sur une jonque très élevée au- 
dessus de Teau; ayant engagé la bataille contre Lu* tuân, il jeta des 
torches incendiaires ^^* sur ses vaisseaux et les brûla» en même temps 
qu'il cernait le rivage avec les troupes de terre et de mer qui lançaient 
leurs flèches sur l'ennemi. Toute l'armée de Lu* tuân se dispersa. 
Ce dernier, atteint d'une flèche, se jeta à l'eau et périt. 06 hu$ d^ prit 
son cadavre, le décapita, ainsi que sa femme, ses enfants et L;^ thoAt ; 
il fit empaqueter les têtes et les envoya à Kièn khang. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Dô huô dô. 
C'était le cinquième fils de 0ô vi^n. 

a. En kouan hoa«Souen ngen v. e. En kouan hoâ « ïi t'ouoh #. 

b. En kouan hoà « Lieôu fàn d. /*. En kouan hoà a Li liào ». 

c. En kouan hoa « Lieoû yù ». q. Eu kouan boa «f Hoéi k'i ». 

d. En kouan hoà c Chih k'i ». h. En kouan hoâ c Tchangmtn ». 



DOMINATION CHINOISE 119 

Thach ky. 
C^esi le nom d un Iran'. Il étail silué au sud-ouest du siège actuel 
de radminislratton du département de Giao cbâu^. 
D'après Hd thP'^ ^ on appelle k^ un détour formé par la côte. 

ANNÉE CYCLIQUE QUI SU'U ~**' 
Tan. — Neuvième Ngai bi«. 

Au PBIMTEMPS, DANS LU TROISIÈMK MOIS, LES GENS DU LaM AP SE LIVRENT 
A DE NOUVELLES DÉPRÉDATIONS. Dô HUÉ DÔ, THAÏ THU DU Cu'u CHO*N, 
LES AITAQUE ET LES MET EN DÉROUTE. 

D'après le Lu'orng tha, Phàm ho dat, roi de Làm âp, se rendit 
coupable de nouveaux brigandages. Dô hu$ d^, thai thù du Ciru 
chaoy lui livra la bataille et le défil complètement. 11 décapita ses 
partisans nommés Tire giao long^ et Vu'ang chàn tri ^, ainsi que des 
généraux parmi lesquels se trouvait Phàm kièn ^; il fit prisonniers 
Tire na nSng' et d'autres, au nombre de cent et quelques. 

ANNÉE CYCLIQUE AT MEO '••J 
Tan. — Onxième année Ngai hi. 

Les HABITANTS DU LaM AP ayant VIOLÉ LES FRONTIÈRES, LES GÉiNÉRAUX 

DU CBAU LES ATTAQUENT ET LES BATTENT. 

ANNÉE CYCLIQUE CANU TUÂN'*** 

Tan. — Deuxième année Nguyèn hi' de Cung dè"*»«. 
Tong^. — Première année Vinh se*» de Vo dô '•• <>. 

En AUTOMNE, AC SEPTIÈME MOI^Dô HUÊBÔ ATTAQUE LE LaM AP, MET l'aK- 
MÉE DE CE PAYS DANS UNE DÉROUTE COMPLÈTE ET LE S0UME1\ 

D'après le Lu'orng thor, dans ce temps-là 06 hu$ d$, ayant attaque 

a. En kouan hoà € Tchln ». h. En kouan hoà y Fàn kién ». 

b. En kouan hoà c Kiao tcheou ». t. En kouan hoà « Sih nô nêng ». 

c. En kouan hoà c Hoû chi ». j. En kouan hoà « Yih mào ». 

d. En kouan hoà cKouèitch'eoù». k. En kouan hoà c Keng chen ». 

e. En kouan hoà « Yi hi * /. En kouan hoà « Youên hi ». 
/*• En kouan hoà < Sih kiao long d. m. En kouan hoà « Kong ti ». 

g. En kouan hoà € Ouâng tchen n. En kouan hoà « Yông tcheou »- 
tchi ». 0. Eu kouan hoà c Où ti ». 



J20 ANNALES IMPÉRIALES DE L*ANNAM 

l'armée du Lâm âp, lui infligea une sanglante défaite. Il en tuaplas 
de la moitié. Le Làm âp demanda à se soumettre ; il offrit en tribut 
de grands éléphants, de l*or, de l'argent et du kiêt b^i ^" ' ; alors on 
épargna les habitants. Ceux qui avaient été faits prisonniers à 
quelque moment de la guerre que ce fût furent renvoyés dans leur 
pays. On dépêcha ensuite le grand annaliste Giang du ^ pour pré- 
senter un rapport à l'Empereur et offrir unihi^p^'*^ aux Sông. 

Bô hu$ dO> dans le chàu où il résidait, s'habillait d'étoffes de 
coton et se nourrissait de légumes. Il interdit les sacrifices licen- 
cieux et réforma les établissements d'instruction. Dans les années 
où régnait la disette il sacrifiait son traitement pour distribuer des 
secours aux gens du châu. Il s'occupait des derniers détails de l'ad- 
ministration, tout comme s'il se fût agi de la gestion de son propre 
patrimoine. Les petits fonctionnaires et le peuple le révéraient et 
l'aimaient. Les portes de la ville restaient ouvertes pendant la nuit, 
et personne ne ramassait ce qu'on avait laissé tomber dans les che- 
mins. Lorsqu'il mourut l'Empereur lui conféra le titre de maré- 
chal de la gauche et nomma son fils Hoâng v2n ' à la charge de 
thich sir. Ce dernier, comme son përe, gagna le cœur de la multi- 
tude par sa libéralité et ses manières affables. Il reçut le titre héré- 
ditaire de hàu de Long bien. 

ECLAIRCISSEMENTS. — Hoang van. 

C'était le fils aîné debô hu$ d$. Lors de l'expédition que Tempe- 

rcur Vô de avait faite pour chfttier le nord, B6 hu$ d$ avait été 

nommé Bùn, et Houng van avait rempli les fonctions de thaf th& du 

Cù'u chan. Â l'époque qui nous occupe il était thich su* du même 

quàn. 

Ban. 

C'est la même chose que Phù bàn^. D'après le Tângchr*', B6 

a. En kouan hoâ « Kih péi j». d. En kouan hoà c Hong ouén ». 

b. En kouan hoâ < Kiang ycou ï>. e. En kouan hoà c Foù pàn ». 

c. En kouan hoâ c Tsieh ». 



/ COMPAGNIE DS LA 



^r^n 14« RUE DE CASTIGLIONB a''> 

DOMINATION CHINOISE 121 



Ki^i 



huç d^ avait été nommé Tham quân '^ " par mesure exceplionnelle. 

Lorsqu'il devint Phù ban il remplit celte charge d'une manière ^'O*^' 

effective. ' 

ANNÉE CYCLIQUE DINH MEO'"'' 

Tông. — Quatrième année Nguyôn gia<^ de Tempereur Van dô '••«'. 

Es ÉTÉ, DANS LB QUATRIÈME MOIS DE l'aNNÉE BÔ HOAXG VAN, THICH SU' DU 
CHÂU DE GlAO, ÉTANT MOUT, LES TÔNG NOMMENT Vu'o'nG HUY^ A SA 
PLACE. 

Les Tông mandèrent Hoàng van pour remplir la charge de Binh 
u^763/ Hoàng van était alors malade; il n'en voulut pas moins 
monter en char et se mettre enroule. Gomme quelqu'un l'engageait 
à attendre qu'il fût guéri : « Pendant trois générations, dit-il, m'au- 
torisant de mon brevet de fonctionnaire, j'ai toujours voulu que 
l'on me vît à la cour; à plus forte raison dois-je m'y rendre lors- 
qu'on m'y appelle »; puis il partit et mourut à Quàng châu ^. 

ANNÉE CYCLIQUE TÂN VI '••'^ 
Tông. — Huitième année Nguyén gia. 

Les gens du Lam ap ayant ravagé le Cu'u ciio'n, Nguyèx di cm', thicii 

su' DU CHAU DE GlAO, LES ATTAQUE SANS SUCCÈS ET RAMÈNE SON ARMÉE. 

D'après les Annales de Ngo si, dans ce temps-là Phàm duong mai, 
roi de Lâm ap^ envoya plus de cent bateaux pontés exercer des 

ravages à l'embouchure de la rivière de Bât tu* hçi-' . Nguyen di chi, 

thîch sy du châu de Giao, y envoya le dyi chu ^''''*^' Tu'o'ng dao sanh' 

avec un corps de troupe. Tu*orng dao sanh attaqua la forteresse 

a. En kouan hoâ « Ts'an kiun ]». h, Kn kouan hoà « Sin ouéi ». 

6. En kouan hoà c Tingmàoi). ?. En kouan hoâ «Youéniui tchi Jt>. 

c. En kouan hoà « Youên kia d. j. En kouan hoà « Pah sse hoéi ». 

d. Eu kouan hoà a: Ouon ti ». k. En kouan hoà <r Toui tchoù ». 

e. Eu kouan hoà € Ouàng hoei ». /. Eu kouan hoà c Slang tao 
/■. En kouan hoâ « T'îng ouéi ». cheng ». 

g. En kouan hoâ cKouàngtcheou». 

Annales de l*Annaii 10 



{21 



A.NNALES IMPÉIIIALES DE L'ANNAM 



de Khii làt^, mais il ne put s'en rendre mailre ci revint avec ses 
soldais. 

Depuis la mort du thîch-sir Dô-vl(}n les habitants du Lftm âp 
n'avaient pas passé une année sans porter la dévastation dans les 
quàn de Nhiil nam et de CiVu chcn, où ils tuaient ou blessaient un 
grand nombre de gens; ce qui amena bientôt rafTaiblissement du 
ciiâu de Giao. Au commencement des années Nguyèn gia les incur- 
sions et les cruautés de Phàm du'orng mai s'étaient multipliées 
et Iloîmg van avait voulu le chî\tier; mais^ apprenant qu'il était 
remplacé, il avait cessé d'agir. A Tépoque où nous sommes arrivés, 
les bouleversements qui surviennent coup sur coup, aussi bien que 
les brigandages commis, donnent lieu à de nombreux événements. 

KCr^AlRCISSEMENTS. — Kha lAt. 

Cette forteresse était située dans la partie septentrionale du ter- 
ritoire de Chièm Ihành. D*après le commentaire du Thuy kinh la 
rivière de Lô dung '' sort du district du même nom dans le Nh^t 
nam, à TosL de Cao san ' et au midi de la forteresse de Khu làt; elle 
passe ensuite au nord de cette même place. Toutes les armes et tous 
les engins de guerre des gens du LA m ap étaient dans la forteresse. 

Uans la suite on voit Dàu hoà chi s'avancer par le poste frontière 
de ChAu ngù' et assiéger IMiàm phù loug dans la forteresse de Khu 
liil; c'est précisément celle dont il est question ici. 

ANNÉE CYCLIQUE QUI DAU '•* * 

Tông. — Dixième année Nguyôn ^'ia. 

En été, dans lk cinquikmk mois, Piiam du'o'ng 31 ai^ roi du Lam ap, eeivoie 
Ai'x Tông in AMBASSADErn pour demander le gouvernement du chac 
Di: GiAo; ON le lii refuse. 



a. Eu kouan Iio.m c K'Iu lih t. 

b. Vax kouan hoîi <r Loi\ yông ». 

c. Vm kouan \un\ <( Kao chan jd. 



d. Kn kouau hou f Tchou oû ». 
c. Eu kouan hoà c Kouëi yeoù » 



DOMINATION CHINOISE 123 

Phàm dirorng mai, roi du Lâm îip, expédia chez les Tông un 
envoyé chargé de leur porter un tribut et de leur demander pour 
son maître le gouvernement duchàu de Giao. L'empereur des Tung 
répondit par écrit qu'il refusait son consentement parce que la grande 
distance rendait les communications trop difficiles. Dans celte même 
année les Tông nommèrent thich sir du chAu de Giao un hû'u quàn 
tham quân'*"" nommé Ly lu chi*. 

ANNÉE CYCLIQUE BINH TUÂT'"^ 

Au PRINTEMPS, DANS LE TROISIÈME MOIS DE l'aNXÉE, LES TÔNd CHARGENT 

Ban hoa chi^, thicii su' du chac de Giao, de châtier le Lam ap. Dan 
hoa chi soumet ce pays et entre dans la citadelle. 

Bien que Phàm do'o'ng mai, roi du LAm ap, eût envoyé un am- 
bassadeur chargé d'offrir le tribut, il n'avait paspour cela interrompu 
ses brigandages. L'empereur des Tông envoya Dàn hoà chi pour le 
châtier. A cette époque-là il y avait dans le Nam du'o'ng un nommé 
Tông xâc'^^ ^ qui descendait de père en lils d'une famille de lettrés. 
Cet homme aimait uniquement les choses de la guerre. Il avait dit 
un jour qu'il voulait, porté sur l'aile des vents, s'élancer au loin sur 
les mers"^. Lorsque Dàn hoà chi partit pour l'expédition duLîlm àp, 
il se sentit plein d'ardeur et demanda à faire partie de l'expédition. 
Dàn hoà chi l'envoya commander Tavant-garde. Phàm du'o'ng 
mai, apprenant que l'armée entrait en campagne, envoya à l'Em- 
pereur un émissaire porteur d'une supplique dans laquelle il de- 
mandait à rendre les personnes du peuple qui avaient élé prises 
dans le Nhàt nam, et offrait de payer dix mille livres d'or oL cenl 
mille livres d'argent. L'empereur des Tông écrivit à Dàn hoà chi 
que si Phàm du'angmai élait réellement sincère, rien n'emp(>chait 
d'agréer sa soumission ; mais les soldats du roi de Lûmîip, qui avaient 



a. En kouan hoâ « Y'eoùkiuuts'au c. Ku kouan hoâ « Ping siuh », 
kiun ». cL Kn kouan hoii «Tan hù Ichi ». 

b. En kouan hoâ <r Li sieoù tchi» e. En kouan hoâ « Sôug k'ioh ». 



124 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

des doutes au sujet du ministre d*Ëtat 0oc tang dat, firent des repré- 
sentations au prince et l'empochèrent de donner suite à son projet. 
Dàn hoà chi, en arrivant au poste frontière de Chàu ng6, envoya 
devant lui vers Ph&m du'O'ng mai le Phir-hO"^ Tào^ et le tham-quAn 
Khu'o'ng-trong-ki'^* ^. Phàm du*(rng mai s étant saisi de leurs per- 
sonnes, Dàn hoà chi, enflammé de colère, envahit le territoire et 
assiégea dans Khu-lât Phàm-phù-long, général du roi de L&m àp. 
Ce dernier envoya Phàm côn sa dut à son secours; mais Tông xic, 
qui avait masqué ses troupes^ se présenta tout à coup devant lui, 

Tattaqua et lui infligea une sanglante défaite. 
Dans le cinquième mois Dàn hoà chi et ses collègues emportèrent 

la citadelle de Khu lat, décapitèrent Phàm phù long, et, profitant 
de leur victoire, entrèrent dans Tu'o'ng phô"***. Phàmdirorng mai, 
usant do toutes les ressources du pays, vint leur livrer bataille avec 
une quantité innombrable d'éléphants armés en guerre. « Il m'est 
revenu, dit Tong xàc, que dans certains pays étrangers on voit 
les lions porter la terreur chez tous les animaux et les soumettre 
à leur empire. » En conséquence il fit fabriquer des figures de lions 
pour les opposer aux éléphants; et ces derniers, réellement saisis 
d'épouvante, prirent la fuite. Les troupes de Phàm dirorng mai 
essuyèrent une sanglante défaite, à la suite de laquelle Dàn hoà chi 
se rendit maitre du Làm îip. Phàm du'O'ng mai et son fils purent à 
grand' peine échapper à la mort ou à la captivité, et Ton prit un 
nombre incalculable de curiosités précieuses. On fit fondre leurs 
statues de métal, dont on retira plusieurs centaines de mille livres 
d*or. Tông xàc n*en retint pas une seule; le jour où il revint dans 
sa maison il ne portait avec lui que son habit et son peigne ^'^. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Dàn hoà chi* 
Il était originaire de Kim hu'ang^'*^ au Cao binh'". Plus tard, 

n. En kouai) hoâ <r Fou hoii]>. d. En kouan hoà c Siàng p'où ». 

h. Eu kouau hoà a Ts'ï\o ». c En kouan hoà c Kîn hiang ». 

c. EnkouanhoàcK'iangtchongki». 



DOMINATION CHINOISE 125 

dans la troisième année Hiêu kiên ^^® ^, il se transporta dans le chàu 
de Duy^n ''' * pour y exercer les fonctions de thich sir. Il n y avait 
d'autre occupation que de s'enivrer et de souiller les marchandises 
pour les faire exempter des droits ^^^. Étant tombé malade^ il vit un 
génie tartare qui lui jetait un sort, et mourut aussitôt. 

Le poste frontière de Châu ngô. 

C'est le district du même nom. Depuis les Hàn il dépendait du 
quân de Nhât nam. A l'époque qui nous occupe on établit sur son 
territoire un poste frontière qui était situé au nord du Gliiém thành. 

Ta'o'ng pliô. 

Nom d'un district situé au nord-ouest du Chièm thành. Celait 
originairement, sous les Hàn, le district de Tu'o'ng làm, qui appar- 
tenait au quân de Nhât nam. Pendant les années Thaï nghi^p^ des 
Xdy 779 îi fy^ transféré dans celui de Lâm îip. 

Les statues de métal. 

D'après le Tông thor ^^^ les habitants du Lâm ap pratiquaient le 
culte de Ne càn '', et fondaient des statues d'or et d'argent si grosses 
qu'il fallait dix hommes pour les embrasser. 

ANNÉE CYCLIQUE MO THÀN'"* 

Tông. — Quatrième année Thaf thi A de Minhdê'"y. 

Au PRINTEMPS, DANS LE TROISIÈME MOIS, UN nOBIME DU GlÂO Cni NOMMÉ Ly 
TRU'o'nG Nh'oN ^ OCCUPE LE CHAU ET PREND LE TITRE DB THICH Su'. 

Les Tông avaient nommé Lu'u myc' à la charge de thich sir du 
chàu de Giao. Ce fonctionnaire tomba malade et mourut. Un habi- 



a. En kouan hoà c Hiào kién d. /*. En kouan hoà c Tai chi >. 

b. En kouan hoà c Yen i>. ^* £^u kouan hoà c Ming ti ». 

c. En kouan hoà « T*ai ych ». h. En kouan hoà « Li tch'âng jin » 

d. En kouan hoà <i: Ni kan i. i. En kouan hoà <( Lieoù mouh ». 

e. En kouan hoà « Mcoù chen ». 



120 annai.es impériales de ï/annam 

tant du châu nommé LV Irirùmg nhcrn ayant tué lo chef Bâc lai bô 
khnc occupa le pays, leva Télendanl de la révolte et prit de sa 
propre autorité lo lilre de thich siV. Les Tong, de leur côté» nom- 
mÎ3rent à celle charge Luu bôc", lu'irng* du Nam khang"'*^ '; mais 
lorsque ce dernier arriva dans son gouvernement il trouva devant lui 
Ly tru'àng nhan et mourul peu après. L^ tru'àng nhorn, profitant 
de cette circonstance, envoya un émissaire pour demander à se 
soumeltre, se destiluant lui-même de Tadministration du ch&u. Sa 
soumission fut agréée. 

ANNÉE CYCLIQUE KY Vl'^rf 

Tông. — Troisième ann»'*e Thanjj: miiih« de ThiiAn de '"A. 
Tô •"*.'/. — Première aiuit*e KUhi nguy<^n '"'^ de Cao de ». 

Kn automne, dans LK SKl>riÈME M.)IS, LKS TÊ NOMMENT Ly THUC HIÊNJ A 

LA CUAUGE D£ TlilCH Sr* DU CHAU DE GlAO. 

Ly thiic hiên élait un cousin de Ly tru'trng nhorn. Lorsque ce der- 
nior mourut, il profila de ce que le thai ihii intérimaire de Vô binh"* 
était chargé provisoirement du gouvernement du chàu et que les 
ordres de la cour n'étaient pas encore arrivés pour envoyer aux Tông 
un émissaire demandant pour lui la charge de thich sir. Les Tûngy pro- 
murent Tram hoaii^, thaï thii de Nam haï ', et nommèrent L^-thuc- 
hien Tu'-mâ des troupes de Ninh vien '^■*"* en même temps que thai thii 
desdeuxquîindoTîlnxu'o'nget Vôbinh. Lorsque L^lh^c bien eut reçu 
le décret de l'Empereur, le peuple épousa sa cause ; il leva des troupes 
pour garder les positions faibles et refusa de laisser entrer Tram 
hoan, qui dut demeurer à Ual Idm où il mourut. Les Te nommèrent 



a, Vaï Ivouan hoâ « Lieoù poh >. h. En kouan hoa « Kién youén ». 

h. Kn kouaii hoa « Siang jd. /. Eu kouan hoâ « Kao tî ». 

c. En kouan lioâ a N;\n k'ang ». j. En kouan hoâ « \A chouh bien ». 

(/. En kouan hoâ <« Kiouéi ». k. En kouan hoâ ff Tch'én hoân ». 

('., En kouan hoâ « CJion^ mîiiij; »». /. En kouan hoâ c N«An hai ». 

f. Eu konan lioâ « (Ihounii li ». m. En kouan hoâ « Ning youi>n ». 

tf. Vax kouan hoâ « Ts'i ». 



DOMINATION CHINOISE 127 

aussitôt L^-thyc-hion au poste de thlch-siravec charge de gouverner 
le pays d'Anuam. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Tân xu'o'ng, Vô binh. 

Voir pour ces deux circonscriptions ce qui concerne les Ngô, à la 
troisième année Kien bành. 

ANNÉE CYCLIQUE AT SU'U'*»" 
Tô. —Troisième année Vinh minh '' de l'empereur Vo dô "' c, 

Ly thdc hiên suspend sa marche pour présenter ses hommages aux Tê. 

Dans ce temps-là, commoL^ Ihuc liien, après avoir reçu le décret im- 
périal, avait supprimé le tribut d'hommages, au premier mois de Tan- 
née Ât siru les Té nommèrent thich sir le dui-tu'-nông''^^'' Ltfu 
giai^ et envoyèrent les troupes de Namkhang^, de Lu* lang''-*^^ et de 
Tbl hirng'^*^ pour châtier le thaï thir rebelle. Co dernier expédia 
un envoyé pour demander qu'on retirât les troupes, eu offrant vingt 
compagnies de soldats coiffés de casques d'argent pur et des plumes 
de paon; mais le prince de Té ne consentit pas à cet arrangement. 
Alors Ly thuc bien, qui craignait d'être attaqué à l'improviste par 
Lu*u giai, interrompit sa marche et se rendit par le châu de Tu'O'ng 
chàu* à la cour des Té pour y faire hommage. Quant à Lu'u giai, 
il entra dans le pays pour le maintenir dans Tobéissauce. 

« Dans cette affaire, dit Ngô si, les gens des Té eurent tort de ne 
pas cliàtier L^ thychien. Poussé par ses instincts de révollc et pro- 
fitant de ce que les ordres sévères du mue du ch&u n'étaient pas 
exécutés, il demanda la charge do thich siV à la cour du Milieu. 
Lorsqu'il eut reçu le décret impérial il barra le chemin à l'ancien 



a. En kouan hoA c Yih tch'coii ». f. En kouan hoa « Nàn k'an^ ». 

b. En kouan hoâ c Yùng mlng ». g. En kouan hou « Liil ling ». 
e. En kouan hoa <r Où ti ». //. En kouan hoâ <( Chi hing ». 

d. En kouan hoa « Ta sse nùng ». /. En kouan hoâ^c Slang tchouu ». 

e. En kouan hoâ a Lîeoù k'iai ». 



128 



ANNAI,ES IMPÉRIAI^ES DE I/ANNAM 



tilich SU' près do Llîtl h\m. Les Té, voyant qu'il agissait ainsi, 1 
octroyèrent, comme ù im véritable thich sir, un drapeau et un bi 
vcl. Puisqu'aprës avoir été ainsi comblé do bienfaits il n'en avait p 
moins supprimé le tribut d'hommages, et que si Lu'ugiai, qui, api 
avoir reçu Tordre do la cour, était entré dans le pays pour le chàti< 
Tavail laiss interrompre sa marche pour aller aux hommages, il 
Pavait fait que par simple tolérance, il n*y avait pas lieu de 
accorder des faveurs "-'^ Je n'ai jamais entendu dire qu'on corrige 
quelqu'un en lui appliquant les rigueurs de la loi pour Téle^ 
ensuite eu dignité. De plus, si Ton réunit ainsi la menace et Te 
couragement, comment se conciliera-t-on raiïeclion du peuple 
Comment fera-t-on briller aux yeux de tous la pratique d*un b 
gouvernement?» 

ÉCLAUtCISSEMËNTS. — Nam khaog, Lulang, Thi hu*ng. 

Les deux quàn de Nam khang et de Lu* lung appartenaient 
châu de Giang ; celui de Thi hù'ng dépendait du ch&u de Tu'ông. 

Le châu de Tu o*ng. 

C'est l'ancien chdu de Kinh "•'* ". Les Tan le divisèrent en huit qu 
et lui diuinèrent le nom que nous lui voyons porter ici. Il appartic 
aujourd'hui au cercle de 116 nam ''. 

Des plumes de paon. 

Un petit fonctionnaire nommé Nhïnhu'ng**, s'étant révolté, 
servait de plumes de paon comme ornement •'''^ 

ANNÉE CYCLIQUE MÂU TIIIN"-'' 

Tô. — Sixième aiiii»'»c Vinli iniiili. 

EN ÉTÉ, AU SIX1^:ME MOIS, LKS TaN NOM.MKNT THICH SU' DU CHAU DE Gl 
PlIOMl-lMIAP-THUA'', THAÏ TIIU DU yUAN DE ThI HU'nG. 



a. En kouau hoâ « King ». 
h. Vax knuan lioâ <( lloû nùn ». 
i\ Kii kouan lioâ « Ei'ilh j»;ii;^ ». 



d. En kouan hoà « Meoù tch*lu 
c. En kouan hua «FàngTahching 



DOMINATION CHINOISE i29 

ANNÉE CYCLIQUE CANH NGO "•« 

T6. — Huitième année Vinh miuh. 

En hiver, au dixième mois, le Grand Annaliste du eu au de Giao, 

NOMMÉ PhUC DANG CHI *, SE SAISIT DU TUICH SU* PflONG PHAP THu'a ET 
L^ENFERME DANS UNE PRISON. LeS TÊ NOMMENT PhUG DANG GUI A LA 
CHARGE DE THICH SU*. 

Avant celte époque les Tan avaient remplacé Lir giai par Phông 
phâp thîra. Ce dernier, une fois arrivé dans le trân, prétexta ^^ une 
maladie et ne s'occupa pas de Tadministration. Il n'aimait qu'une 
seule chose^ s'occuper de littérature. Il s'ensuivit que le tru'àng 
g^soi c phijic dàng chi usurpa le pouvoir et changeait à son gré les 
fonctionnaires civils et militaires. Il ne laissait aucune pièce arri- 
ver à la connaissance de Phbng pl^àp thira. Un nommé Phông qui 
van *^ l'ayant dénoncé, le thich sir, irrité, fit attacher Ph\LC dâng chi 
dans un cachot pendant dix jours. Phyc dang chi, ayant corrompu, 
en lui faisant des présents considérables, le mari d'une sœur ca- 
dette de Phông phâp thira nommé Toi cânh thuc"^, réussit à s^échap- 
per. Il attaqua le ch&u à Timproviste avec Taide des gens de B^ 
khûc^, le prit et lui dit : « Seigneur délégué de la Cour^^*, puisque 
vous êtes malade, il ne faut pas vous fatiguer » ; et il le fit empri- 
sonner dans un corps de logis séparé. Phùng phâp thira, qui s'en- 
nuyait, s'adressa à plusieurs reprises à Phuc dang chi pour lui de- 
mander des livres. « Seigneur délégué, lui répondit celui-ci, même 
dans cette calme retraite il est à craindre que votre mal ne vous 
agite ; convient-il que vous fassiez de la littérature? » et il n'accéda 
pas à sa demande. Il adressa ensuite un rapport à l'Empereur pour 
lui dire que Phông phâp thira, dans l'agitation où le mettait une ma- 
ladie de cœur, était incapable de s'occuper des affaires; et les Té, 

a. En kouan hoà <:Kengoù ». e. En kouan hoà t Ts'oui king 

b. En kouahoâ « Fouhtengtchi jd. chouh». 

c. En kouan hoà « Tch'àng chi y>, f. En kouan hoà « Poù k'iuh ». 

d. En kouan hoà < Fàng ki ouén ». 



130 



ANNALES IMPÉRIALES DE LANNAM 



lui laissant la direction qu'il en avait prise, le nommèrent thfch sir 
du chftu de Giao. Phông phap thîra s'en retourna dans son pays. 
Arrivé à Linh ^ il mourut. 

ANNÉE CYCLIQUE AT DÂU*~^ 

Lu'o'ng"*f. — Quatrième année Thién gitmi^ de Vo dé***. 

Au PRINTEMPS, DANS LE DEUXIÈME MOIS DE l' ANNÉE, Lt KHAl ', THICB SU* DU 
CUAU DE GlAO POUR LES TÊ, OCCUPE CE ChXu ET s'oPPOSE AUX LuVnG. 
Il EST TUÉ PAR LE TRu'o'nG SU' Ly TRAC^. 

L^ khai avoit remplacé Ph^c dang chi dans la charge de thich su*. 
Les Lu'orng ayant recueilli la succession des Té, il avait occupé le 
châu et s'était mis en état de résistance contre eux; mais, à l'époque 
à laquelle nous sommes arrivés, Ly trac le fit tuer par ses soldats 
et fut nommé par les Lvorng àla charge de th(ch su* du ch&u de 
Giao. 

OBSERVATION IMPORTANTE 

Au lieu deecLy khai » les anciennes Annales appellent le fonction- 
naire dont il vient d'être question « L^ nguyèn khai » ^; c'est une 
erreur. 

ANNÉE CYCLIQUE BINH TH\N«««'' 

Ln'o'ng. — Quinzième anni^e Thiên giani. 

En HIVER, AU ONZIÈME MOTS, Lt TRAC, THICH Su' DU CHAU DE GlAO POUR 
LES Lu'o'nO, livre BATAILLE A Ly KHAI. TÔN HIÊU » ET LES AUTRES 
CHEFS QUI COMMANDAIENT LE RESTE DES PARTISANS DE CE DERNIER SONT 
DÉCAPITÉS, ET LE TERRITOIRE DU CHÂU PACIFIÉ. LeS Lu'o^NG ACCORDENT 
UNE AMNISTIE GÉNÉRALE. 



a. En kouan hoà « Ling >. 

b. En kouan hoîi « Yih ycoii ». 

c. En kouau hoâ n LiAng it. 

d. En kouan hoâ <k T'ienkien ». 
€. En kouan hou a Li kVi ». 



/*. En kouan hoà c Li tsih ». 
g. En kouan hoà « Li youèn k*ai ». 
h. En kouan hoà t Ping chen». 
/. P]n kouan hoà « Tsouon hiào ». 



DOMINATION CHINOISE 131 

ÉCLAIRCISSEMENTS. - Khuo xa"'«. 

Ces mots signifient que tous les partisans de Ly khai furent am- 
nistiés sans exception ^^^. 

Ton hiôu. 

■ 

Les anciennes Annales écrivent «Ton lâo »'': c'est une erreur. 

AIWNÉB CYCLIQUE QUI MEO •«* <" 
LaVng. — Quatrième année Phô thônj^*'*. 

Les LuVng constituent le cnAU de Ai ^ aux dépens d*unb PAr%TiE de 

CELUI de GiAO. 

D'après les Annales de Ngô si, à partir des Hàn les quàn ont été 
placés sous la dépendance des gouverneurs des châu. Les Six dy- 
nasties^^* conservèrent cette organisation. Tout le pays qui portait 
le nom de chàu de Giao était administré par un thfch sir, qui réunissait 
sous son autorité les thaï thii des sept quân. Les administrations des 
quân ne pouvaient prendre le nom de chàu ^[^. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Le ohAu de Ai. 

C*était exactement le territoire du quân de Ciru chcn. 

Tout ce qui précède®*^ concerne Tépoque des Hân occidentaux et 
orientaux, des Ngô, des Tan, des Tông, des Te et des Lu'orng. Cette 
période commence en T&n vi, c'est-à-dire dans la première année 
Nguyèn phong de Tempereur Vô de des Hân, et finit en Canh 
thàn ®** *', année cyclique qui correspond à la sixième année Dai 
dông**'^de l'empereur Vô At' des Lu*(rng^**. Elle présente une du- 
rée totale de six cent quarante-neuf ans. 

a. En kouan hoà a K'iuh ché ». d. En kouan hoâ < Ngai ]». 

b. En kouan hoâ (t Tsouon lào ». e. En kouan hoàcKengchen ». 

c. En kouan hoà c Kouci mào ». f. En kouan hoà <( Ta t*ông ». 



!32 



annaij:s impériaijis de lannam 



ANNÉE CYCLIQUE TÂN DÂU"'* 

Lu o*ag. — Seiilième année Dai don^^ ^. 

Au DOUZIÈME MOIS, UN HOMME DU GlAO CHI ^OMMÉ Lt BON ^ LÈVE DES 
TROUPES, CHASSE TiÉU TU'^, THICH SU' DES Lu'o'.NG ', ET OCCUPE Lo.XG 

RIEN. 

Les aïeux de L^' bon étaient du nord. A la fin des Hân occidentaux 
ils se réfugièrent dans le midi. Comme depuis cette époque jusqu'à 
celle de sa naissance il s'était écoulé sept générations, Ly bon était 
bien réellement un homme du pays. Il était également versé dans 
la littérature et dans Tart militaire. Étant au service des Lu'omg il 
fut chargé de l'inspection des troupes. N'ayant pas rencontré dans 
cette mission les avantages qu'il en avait espérés, il s'en retourna à 
Thài binh ^et y leva des soldats. Le tù tru'orng'^^^du Ch&u dièn, 
nommé Triéu tûc^, se mil à la lète d'une troupe armée et vint se 
joindre à lui. Tiêu tu*, qui en eut connaissance^ g&gna L^ bon, put 
s'enfuir et retourner à Quàng chàu. Ly bon prit alors possession des 
places fortes de la province. 

D'après le Gang mue il eut pour auxiliaire un nommé Tinh tki^u ' . 
Ce dernier^ qui était riche et très versé dans les agréments du style, 
alla se proposer au choix pour obtenir une charge ; mais Tbai ton •', 
président du tribunal dos officiers civils à la cour des Lvorng, allé- 
guant que parmi les ancêtres delà famille Tinh il n'y avait personne 
do marquant, le nomma exceptionnellement mon lang'^ de Quàng 
du'ang'. Tinh thiçu, humilié, se rangea aussitôt du parti de Ly bon 
avec lequel il complota et leva des troupes. Il se trouvait précisé- 



a. En kouan hoâ « Sin ycoù ». 

b. En kouan hoà « Ta t'ông y>. 

c. En kouan hoâ c Li peu ». 

d. En kouan hoâ « Siao tse ï>. 

e. Va\ kouan hoâ < LiAng ». 

/*. En kouan hoâ « T'ai p'ing ». 



g, Enkouanhoâc Ts'iéoutchàng». 
h. En kouan hoâ c Tchào souh ». 
/'. En kouan hoà c Ping chào ». 
j. En kouan hoâ c Ts*ai tsouèn». 
k. En kouan hoâ < Mén làng ». 
/. En kouan hoâ c Kouângyàng ». 



DOMINATION CHINOISE 133 

ment quoTièu tir, thich sir du châu de Giao, s'était aliéné le cœur 
du peuple par sa cruauté. Cela permit à Lybôu et àTjnhthiçudc réu- 
nir un certain nombre de personnages notables du ch&u qui adhé- 
rèrent tous à leur cause. 

KCLAIRCISSEMENTS. — Oiao chi. 

Voir à la dixième année de Triéu vô vu'orng. 

Les anciennes Annales donnent Ly bon comme étant né à Thai 
binh dans le pays de Long hirng''; celte question est maintenant 
élucidée. 

Thai binh. 

Constitué sous les Bàng, dans la quatrième année Vô dirc^, 

Long hu'ng. 

Constitué sous les Triin. A Tépoque des Lu'orng ce territoire n'est 
pas mentionné; c'est pourquoi les anciennes Annales ont adopté 
l'ancienne dénomination. On voit aujourd'hui dans le village de 
Tir dàng^, district de Thoai anh**, département de Thaï binh dans 
le Nam djnh ^, un temple dédié aux ancêtres de la famille de Tem- 
pereur Ly bon. 

Long biôn. 

Le même que Long uyên/". Voir à la première année Nguyên 
phong^ des Hàn. 

ChAu diôn. 
Voir à la seizième année Kién vô'^ des Hân. 



a. Enkouan hoa c Lon^ hing ». e. En kouaii hoà c NAn tîng ». 

b. En kouan hoâ <( Où teh ». f. En kouan hoâ « Long youcn ». 

c. En kouan hoà «Tsè VHn^ ». g. En kouan hou c Youcn fong ». 

d. En kouan hoàc Choui ying ». /^. En kouan hoà < Kién où ». 



134 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Qnang ohân. 

Le premier établissement date des Ng6, qui le constiluèrenl aux 
dépens d'une partie du chàu de Giao^ auquel il fut rattaché. 

Thai ton. 

Il était originaire de Khùo thành<^ dans le Te du'omg . 

Tiôn ta'. 

Ce personnage avait le titre de Heoû de Vô làm^. Il était de la 
famille impériale des Lu'orng. 

ANNÉE CYCLIQUE QUI HO'I»'"*' 

Ln'o'ng. — Neuvième année Dai dông. 

Les gens du Lîm 1p ayant envahi le Nh jt nam, Ly b6n envoie contre 

EUX SON GÉNÉRAL PhAM TU '^ QUI LES ATTAQUE A Cu'u DU*C ET LES DÉ- 
FAIT- 
ÉCLAIRCISSEMENTS. — LAm âp. 

Voir à la neuvième année Vinh hoà de Tempereur M^c de des 
Tîm. 

Nhât nam. 

Voir à la première année de Thuât dirorng virong des Triêu. 

Cu'u du'o. 

Voir à la troisième année Kien hoành des Ng6. 

ANNÉE CYCLIQUE GIAP TI •*»/' 

Ly Nam Viét dé Bon Thién duc q, — Première année. 

fl. En kouan hoa « K'ào Iciring ». c. En kouan hoâ « Pan sieou ». 

h. En kouan hoa « Tsi yàng ». /".En kouan hoa « Kiah tsè ». 

c. En kouan hoâ « Où lin ». ^. En kouan hoâ « Lî Nân Youeh 

rf. En kouan hoâ « Koèi hâi ». ti Pen Tien leh ». 



DOMINATION CHINOISE 155 

Lu'o'ng. — Dixième année Dai dong. 

Au PRINTE.\1PS^ DANS LE PREMIER MOIS, Ly BON PREND LE TITRE DE YeRTU 
CÉLESTE AYANT FONDÉ LA DYNASTIE 8-*, EMPEREUR DE NaM VlÊT. Il DONNE 
A SA MAISON LE NOM DE VaN XuXn ^ . 

Ly b/^n, à cause de la victoire qu'il avait remportée sur ses enne- 
mis, se proclama empereur fondateur de la dynastie , et adopta pour 
cette dernière le nom de Van xuân*", espérant qu'elle occuperait 
le trône jusqu'à la dix-millième g^énération. 11 construisit un palais 
qu'il appela de même et qu'il destinait aux réunions de la cour. 

ËGLAIRGISSEMENTS. — Van xqAd. 

D'après le Thâi binh hoàn vô ky composé sous les Tông par Lac 
sir^ dans le district de Long bien se trouvait une tour de ce nom, 
qui avait été élevée pendant les années Dai dong des Lu'orng par le 
Giao chi L;^ bon. 

De nos jours, près du village de Van phu'dc ^ du district de Thanh 
tii ^ , l'on voit un lac de Van xuAn qui porte également le nom d'étang 
de Van phu'dc. On suppose que le palais de Van xuân a dû se trou- 
ver dans ce lieu. 

L'Empereur organise l'administration de l*ëtat. 

Il NOMME TrIÊU TUC grand tuteur, TiNH THIÊU et PilAM TU MLNISTRES ET 

GÉNÉRAUX. 

ANNÉE CYCLIQUE AT SUU» •' 

Ly. — Deuxième annéo Tliiôn du'c. 
La'o*ng. — Onzième année Dai dông. 

En été, dans le sixième mois, les Lu'o'ng envoient [Du'o'ng poiêu* et 
Tran ba^ attaquer l'Empereur. Ly bon s'enfuit a Gia ninh ^. 



a, EakouanhoâcOuîinLch'ouen ». e. En kouan hoâ « YAng p'iao ». 

é. En kouan hoa « Oiian fouh ». f. En kouan hoâ « Tch'in p;i ». 

c. En kouan hoà « Ts'ing tch'î ». g. En kouan hoa « Kia nlng ». 

d. En kouan hoà c Yih tch'eoù ». 



136 ANNALES IMPÉRIALES DE L*ANNAM 

D'après le Gang m\ic, avant celle époque L^ b^n occupait les 
places forles du chAu. L'empereur des Lu'orng envoya Ton cành ■***, 
Ihich sir du châu de Cao ^, et Lô lir hùng^ thfch su* du cbftu de 
TAn'', avec des troupes pour Tattaquer. Comme c'était le moment 
où les miasmes du printemps venaient de s'élever, ils demandèrent 
h attendre Tautomne ; mais Tu*, hàu de Vô làm^ les pressa de se 
mettre en marche. Arrivée à Iliçp phô Tarmée se débanda et re- 
vint. Ce fut alors que les Lu'o'ng envoyèrent contre L^ bon Du'orng 
phiru, thich siir du chAu*de Giao, et nommèrent Tran bé tien ' aux 
fonctions do Tu* ma. Tiêu b^t^ thich su* du chAu de 0|nh, rejoignit 
Du'orng phiêu à Tdy giang. Sachant que les troupes redoutaient de 
s*cngagcr dans un service lointain il retint le général par ses men- 
songes. Du'orng phiru réunit tous les généraux et leur demanda 
conseil sur le parti à prendre. 

« Les habitants du chAu do Bjnh, lui dit Tran bà tien, sont né- 
gligents et jaloux de leur repos. En ce moment ils ne se doutent 
nullement de vos entreprises. Quant à vous, en refusant d'attaquer 
vous vous êtes rendu coupable ; dussiez-vous y périr, il vous faut 
aller de Tavant. Comment pourriez-vous demeurer sur place, lais- 
sant les brigands s'agrandir et la multitude de nos ennemis s'éten- 
dre? » On força aussitôt les troupes à avancer, et Du'Otig phiêu plaça 
Tran bâ tien à Tavant-garde. Le chAu fut atteint ; L;^ bon, battu 
à plate couture, s'enfuit dans la place forte de Gia ninb. L'armée 
des Lu'orng se porta en avant et l'y assiégea. 

ÉCIjVIUCISSEMENTS. — Oianinh. 

D'après le Quîin huy«}n chf, composé par Nguyèn hoà sous les 
Bàng, ce territoire constituait, au temps des Hàn, le district de Hë 
linh. Los Ngôen séparèrent une portion dont ils formèrent celui de 
Gia ninh. Celle organisation a été respectée depuis lors. 

a. En kouan hoâ «Siùnkiùng ». ri. En kouan hoa « Sin ». 

h. En kouan hoà « Kao ». e. En kouan hoûc Tch*inpàsieni. 

c. En kouan hoâ < Loû Isc hiông »• f. En kouan hoà c Siao poh »• 



DOMINATION CHINOISE 137 

Hiôp phô. 

Voir à la première année de Thuàt dirorng virang, des Triéu. 

Tây gianga. 

Situé à un demi li à rouest du district de Vlnh pbu'd'c"^*, dans 
le département de Que lâm^ en Chine. 

Du'o'ng phiéa "*. 

Il était originaire du district de Tây ^ dans le Thièn thùy ^-^ ''. 

Ba tien . 

Il était né à Truorng thành'*-®* dans le Ngô hû'ng^ Il devint plus 
tard le fondateur de la dynastie des Tran. 

Tiéa bôt. 
Il appartenait à la famille impériale des Lu'orng. 

...du chAu de Difih. 
C'est de Tièu bçt qu'il s'agit. 

Tiét ha 0, 

Cette expression équivaut à Câc ha"'*, et se rapporte à Du'ang 
phiêu. 

ANNÉE CYCLIQUE BINH dAN"»'* 

Ly. — Troisième année Thièn du'c. 

La'o*iig. — Milieu de la première année Dai dùng. 



a. En kouan hoâ « Si kiang ». e. EnkouanhoîUTcirângtch*ing». 

b. En kouan hoâ « Yùiig fouh ». /*. En kouan hoîi « Où hing ». 

c. En kouan hoâ 9 Si ». g. En kouan hoâ < Tsieh hiâ ». 

d. En kouan hoâ c Tien choui ». h. En kouan hoâ c Ping vin ». 

ÀHXALB8 DI L'Ak.'IASI.— NoTBS. H 



138 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Dans le premier mois du printemps Du'o*xg phiêu et les autres chefs 
s'emparent de G[a NtNH. L'empereur Lt bon s*enfuit a Tan xu'o'ng. 

ÉCUIRCISSEMENTS. — Tto xuVrg*. 

C'est le même que Phong chftu. Voir à la troisième année Kiên 
hành des Ngô. 

En automne, au huitième mots^ l'empereur Lt bon campe au lac de Bien 
triêt^. L*armée des Lu*o'ng l'attaque; ses troupes se débandent 

COMPLÈTEMENT ; IL RECULE ET VA SE RETRANCHER A KhUaT LJÊU DÔNG^. 

D'après le Gang m\ic, L^ bon, reprenant la campagne, quitta les 
Lieu ^^^ avec une armée et alla camper au lac de Bien tri('t. Les 
troupes des Lu'orng, qui le redoutaient , demeuraient immobiles à 
rentrée du lac sans oser s'avancer. Alors Tran bi tien parla ainsi 
aux officiers : « Nos troupes ont vieilli, et ce serait sans succès 
qu'on ferait appel à leurs sentiments ^'-. S'il est un seul combat où 
nous n'ayons pas l'avantage, pouvons-nous espérer de revenir en 
vie? Profitons à présent de ce que l'ennemi, après les nombreuses 
défaites qu'il a subies, n*a pas encore repris courage. Dussions-nous 
aiïrontcr cent fois la mort, il faut lutter de toutes nos forces et de- 
venir les multres de la situation! Nous n'avons aucun motif pour 
rester ici immobiles en laissant empirer les choses. » Les officiers 
gardèrent le silence. 

Pendant cette nuit même les eaux du fleuve, montant d'une 
façon effrayante, s'élevèrent de sept tcli'ih ^^^ et se déversèrent dans 
le lac. Alors Tran bâ tien força les soldats qu'il avait sous ses ordres 
à s'avancer en suivant le courant. Les troupes des Lu'ong firent 
toutes de mémo en battant du tambour et en poussant des cris. 
L'armée de Ly bon se débanda complètement et il regagna sa re- 
traite du Lieu. 

D'après les anciennes Annales, l'empereur Ly bon, reculant pour 

0. En kouan hoâ « Sin tchang ». c. Enkouanhoa cK'iuhliàotÔDg». 
b. En kouan hoâ € Tien tch*eh 9. 



DOMINATION CHINOISE 130 

la secoade fois, se retrancha encore à Khuat lieu dông. Il y exerçait 
ses soldais et formait des plans pour de nouveaux combats. Il pro- 
posa encore à la garde du royaume Triéu quang ph(]ic^y maréchal 
de la gauche, avec mission d'organiser des troupes pour arrêter 
Trân bà tien. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. ~ Le lao de Dién triôt. 

D'après le commentaire de Ho tam tlnh sur le Thanh thông giim 
tàp lâm * le lac de Bien triçt se trouvait dans le Tân xu'o'ng ; c'est 
le même que celui de Phong châu. D'après le Phu'Cng du* kl yêu • 
que Cô to vô^^^^ a composé sous les Minh, ce lac était au contraire 
situé à Touest du cheMieu du département de Thai nguyèn. Il est 
actuellement comblé. 

De ces deux assertions nous ne savons laquelle est exacte, et nous 
les conservons toutes deux pour ceux qui voudront faire des re- 
cherches sur ce point. 

Les cavernes de Khaât liôa. 
On a perdu tous renseignements à ce sujet. 

ANNÉE CYCLIQUE DINH MEO*'" ' 

Ly. — Quatrième année Thiôn du'c/. 
La'o*ng. — Première année Thai thanh 0, 

Au PRIÎfrEMPS, DANS LE PREMIER MOIS DE l'aNNÉE, TrIÊU QUANG SE 
RETRANCHE DE NOUVEAU DANS LE MARAIS DE LA NuiT. 

Triéu quang phuc et Tran bâ lien se tenaient mutuellement eu 
respect sans que Ton put prévoir de quel côté pencheraient la vic- 

ri. En kouan hoà c Tchào kouang d. En kouankouà ce Koù tsoù yii». 

fouh ». e. En kouan hoâ (c Ting inao », 

h. En kouan hoà c Ts'ing t*ong f. En kouan hoa « T'ien teh ]». 

kién sih làn ». g. Eu kouan hoâ <c T'ai ts*ing ». 
c. EnkouanhoàcFangyû kiyào». 



UO ANNALES IMPÉRIALES DE L*ANNAM 

toirL* ou la défaite. Comme les troupes de son adversaire étai 
tri.-s ni>nibreuses,Triéu quang phuc, considérant qu'il n'était pa2 
élul de lui résister, battit en retraite et se réfugia dans le marais 
la Nuit. Ce marais, dont on n*aurait pu mesurer le tour, était o 
vert d'une vég('*taLion luxuriante. Au milieu se trouvaient oes ! 
et (les ilôts habitables et entourés de tous côtés par la vase. ] 
habitants du pays, qui étaient au courant des passages, le tra^ 
saiont au moyen de bateaux formés d'une seule pièce de bois qu 
diri«:eaient avec des perches. Triéu quang phuc s'établit au mil 
avec pins de dix mille hommes. Pendant le jour il défendait i 
soldats de faire de la fumée "^, et pendant la nuit il lançait 
troupes. Elles attaquaient à Timproviste le camp de l'armée 
Lu'ong, ù laquelle il tua ou prit ainsi beaucoup de monde. Avec 
vivres dont il s'emparait il se créait des ressources qui lui permir 
de tenir longtemps. Tr;ui ba tien, lorsqu'il l'attaquait, piétinait 
vain dans le marais ; il ne put jamais avoir le dessus. Les gens 
pays donnèrent à Triéu quang le surnom de Roi du marais di 
Nuit. 

K(:LAIltCI.SSi:MKNTS. — Le marais de la Malt. 

Il se trouve aujounriiuî dans le district de Dông an», dépai 
ment de Klioai chàu ''. D'après le Thanh nhû't thông chi^ il est 
tué dans h; district de Dông kiet'', département de Kien xircrng' 

Au teinjïs de Tenipereur Vô de/" des Lu'Cng, Tran bd tien ayi 
atta<iué el battu Ly bon, ce dernier s'enfuit dans le marais. Comi 
il en sortait la nuit pour piller les environs, ce lieu fut appelé 
marais de lu \tiii. 

Le pays de Dong an s'appelait anciennement Dông kiet. On 



a. Eu kouau hnii « T«)ujç nj^au ». d, Kn kouan hoà « Tongkîeh», 

II. Kii kouan lioâ « K'cMi.'ii IcJHMKi ». r. \a\ kuuan hoa c Kién tch'ang 

c. Ku kuuau hua « Tsiug yih l ung /'. hiu kouan hoa t Où ti ». 
tchi j». 



DOMINATION CHINOISE 141 

dans le C\ru sir chu thê Iruy^n ®" que la fille do Ilùng vfforng, Mi 
nTCng au visage d'Immortelle, ayant été se promener dans un port 
de mer, son bateau aborda au retour dans une île qui appartenait 
à une famille du nom de Trîr'. Elle y rencontra un jeune homme 
de cette maison. Ils s'épousèrent incontinent et se Oxèrent dans l'île 
où ils établirent leur capitale. 

Tout à coup, à minuit, un grand orage éclata. La maison qu'ils 
habitaient fut emportée, et en un moment les habitants, leurs chiens 
et leurs poules s'envolèrent dans l'espace. Les hommes de ce temps- 
là donnèrent à Tlle le nom de « T\f nhiên châu » ^^® * et appelèrent 
le marais Nhirt àa trach"^^. Ce conte est tiré du Lanh nam chich 
quai sv**®*'. Ce n'est qu'un récit mensonger^ mais nous le donnons 
ici en appendice comme pouvant servir aux recherches. 

ANNOTATION IMPÉRIALE 

Bien que Ly nam de n'ait pas été de taille à résister à son agres- 
seur et qu'il n*ait pu mener à bien son entreprise, il sut néanmoins 
profiter du moment, prendre son essor et se faire empereur. Son 
règne mérite d'être regardé comme Tavant-coureur de ceux des L^ 
de la famille Binh. Pourquoi ne le louerait-on pas? 

ANNÉE CYCLIQUE MO THIN**'« 

Ly. — Ciaquièmc année Tlû«*'n dii'c. 
LnVng. — Deuxième année Thai thanh. 

Au PRINTEMPS, DANS LE TROISIÈME MOIS, L'eMPEREUR Ly BÔX MEURT A 

KhUaT LTÊU DÔNG ^. 

L'empereur Ly bon, se trouvant àKhuàt lieu dông *♦*, contracta la 
fièvre des montagnes ^^; ce fut alors qu'il mourut. 

a. En kouan hoâ c Tch'où ». d. En kouan hoa c Ling nàn tchih 

b. En kouan hoa cTséjéntcheou». kouaichi i». 

c. En kouan hoâ c Yihyétcheh». e. En kouan hoâ (cOùchèn:». 

f. EnkouanhoâffK'iuhliâotông ». 



143 



ANNALES IMPÉRIALES DE L^ANNAM 



OBSERVATION IMPORTANTE 

D*aprës les anciennes Annales, dans la dixième année &aidông'^* 
(année cyclique Gidp ti^) de la dynastie des Lircrng, Lf bon se pro- 
clama empereur, fonda sa dynastie avec le nom de règne Tbièn dire, 
et mourut dans le troisième mois de Tannée Mo Ihin. Celte année 
appartient donc encore au groupe des années Thièn dire, dont elle 
est la cinquième. Bien que Quàng phyc n*eût pas encore été pro- 
clamé roi, lesanciennes Annales l'ont rattachée à ses années de règne; 
ce en quoi elles se sont trop hâtées. C'est là une chose contraire 
aux règles de la convenance. Nous faisons ici, comme c'est l'usage, 
rentrer Tannée Mu thin dans le chiiïre de règne Thièn dire; qnant à 
Tanée Kl ti^^', elle doit élrc regardée sans conteste comme la pre- 
mière du chiiTre Quàng ph\ic. Il n'y aura plus ainsi rien qui blesse 
les lois de la convenance, et en outre la vérité aura été respectée. 

L'empereur Ly meurt. Son règne s*étend de l'année Giap ti a l'ansiéb 

Mo thin; en toit cinq ANNâES. 

ANNÉE CYCLIQUE Kl «•••c 

Triôu Viét yu'o^ng qaang phuc'^. — • Premiùre année. 
La*o'ng. — Troisième année Tliai thanh. 

Triêu QUANG pnuc se proclame roi de VlÊT. 

Quang jiliiic était fils de Triéu tûc et originaire de Châu vi5n. 
C*é(ait un homme d*une bravoure imposante. S*é(ant distingué pen- 
dant les expéditions do Tempereur Ly bon à la suite de qui il mar- 
chait, il fut nommé maréchal de la gauche. Â la mort de L;^ bon il 
se proclama roi. II occupait alors le marais de la Nuit. Voyant que 
les troupes des Lu'O'ng ne se retiraient pas, il brûla des parfums ot 
invoqua le Ciel, qui lui envoya un signe ilv> sa protection sous la 



a. En kouan hoa <i Ta l'ông ï. 
h. En kouan hoa « Kiah tsè ». 
c. En kouan hoa « Kissé > . 



d. En kouan hoa € Tchào Youeh 
ouAng kouàng fouh ». 



DOMINATION CHINOISE 143 

forme d'un casque orné d'une griiïe de Dragon au moyen duquel il 
frappa l'ennemi de terreur. Dès lors sa réputation militaire prit une 
grande extension ; où qu'il allât, personne ne lui résistait. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Châa viôa. 

Voir à la seizième année Kiên vô des Hàn. 

La grïSà du Dragon. 

D*aprës une note des anciennes Annales rapportant une tradition 
populaire^ l'Immortel Trir dông tir ' descendit du ciel monté sur 
un dragon jaune. II enleva une griiïe au dragon et la donna au Roi 
en lui ordonnant de la porter sur son casque aRn de battre les enne- 
mis*'^. 

D'après le Thuyct van ^* * les caractères « Dâu mâu » *, em- 
ployés ici pour désigner le casque de Triéu quàng ph^c^^ désignent 
une armure de mêlai destinée à protéger la tête. Dans le Thorkfnh*', 
au chapitre Duyêt minh *, il est dit ceci : « Duy giâp Iry khî nhung^ — 
Avec sa cuirasse et son casque il leva des soldats ». Or, d'après le 
commentaire de ce passage, le caractère « tru » ^'^ a le sens de « dàu 
mâu » *'*. 

ANNÉE CYCLIQUE CANH NGO'**^ 

Triôu TuVng. — Deuiiome année. 

La*o'ng. — Première année"* Dai bu*u* de rempereur Gian van dè"*«. 

Au PRINTEMPS, DANS LE PREMIfclR MOIS, LE ROiTrIÊU ViÊT VUVnG ATTAOUK 
Du*0'nG SAN-', GÉNÉRAL DES Lu^o'iNG, LE DÉFAIT ET s'ÉTABLIT DANS LA 

PLACE DE Long bien. 



a. En kouan hoâ c Tcli'où t'ông f. En kouanhoâcOuêikiahtcheôu 
tsè >. kl jông ». 

b. En kouan hoà c Chouoh ouén 9. g. En kouan hoà € Keng oQ >. 

c. En kouan hoa € Teou mêou ». A. En kouan boa « Ta pào ». 

d. En kouan hoa « Cliou king ». i En kouan hoà c Kièn ouén tî ». 

e. En kouan hoa c Youeh ming ». j. En kouan hoà c Yâng tchan ». 



144 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

A cette époque les Lirorng conférèrent à Trân bft tien le titre de 
Oai minh lirorng ^'^ "> quàn et le nommèrent en outre thich sir da 
chftu de Giao. Le roi Trîéu vu'ang occupait encore le marais delà 
Nuit. Tran bâ tien voulant le forcer à y rester longtemps confiné, lui 
coupa les vivres, afin de démoraliser et d'affaiblir ses troupes; mais 
il se trouva qu'en ce moment-là l'empire des Lirorng était en proie aux 
troubles de Iliiu cành ^. Ils rappelèrent Bà tien et laissèrent le lieu- 
tenant du général Du'O'ng sàn pour continuer les opérations contre 
le Roi. Ce dernier fit sortir ses troupes et l'attaqua. Dircrng sàn périt» 
Tarmée des Lirorng se dispersa et retourna dans Je nord. Alors le pays 
fut pacifié, et le Roi entra dans la ville de Long bien où il s'établit 

ECLAIRCISSEMENTS. — HAu oanh. 

Ce personnage était originaire du Trun de Hoài s<Sc^ qui était 
aux Ngvy'. Il se révolta contre ces derniers et se soumitauxLmmg. 
Bien accueilli par l'empereur Vô de ^ de cette dynastie, il se révolta 
aussi contre elle et assiégea Bai thànb ^: mais Tran bi tien réunit 
des troupes et le châtia®'**. 

Lt thiên bu'u ^ OCCUPE Da nang dông^ et se proclame BOt DE Bao lano*. 

L'empereur Ly bon ayant pris la fuite et s'étant établi à Khuflt 
liou, son frère aîné Thiônbiru et un chef militaire de sa race nommé 
Ly phàl tir-' étaient entrés dans le Ciru chorn. Trân bâ tien les pour- 
suivit et les attaqua. L*armée de Ly thièn biru ayant été vaincue, 
ce dernier, réunissant les restes de ses troupes, s*enfuit dans le pays 
de Dilièu, au territoire dWi lao*. Gomme il avait remarqué que les 
terres de Da nSng içng, situées aux sources du fleuve Bào giang, 
étaient grasses et fertiles, il y bâtit une ville qu*il habita, et adopta 

a. Enkouan hoacOueimingtsiang f. En kouan hoà c T'ai tch'tng »• 
kiun y>. g. En kouan hoà c Ly t*ieu pào ». 

b. En kouan hoà c Ilêou king >. h. En kouan hoà c Yènéng tông». 

c. En kouan hoà c IIoi\i tchoh ». t. En kouan hoa c Fàolâng ». 

d. En kouan hoà <r Ouôi ». j. En kouan hoà c Ly fouh tsè ». 

e. En kouan hoà < Où ti ». k. En kouan hoà c Ngai lào ». 



DOMINATION CHINOISE 145 

le nom du pays comme désigaation du royaume qu*il fonda. Tout le 
monde le reconnut pour chefet il prit le titre de «roi de Bào lang». 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Ai lao. 

C'est le nom d'un état. 

D'après le HAu Hàn tha ^^^^, en ce qui concerne les Barbares 'Ai 
lao, leurs ancêtres habitaient la montagne de Lao. Dans la suite, 
leur nombre s'étant accru peu à peu, ils se divisèrent en tribus qui 
furent gouvernées par de petits rois. Ils demeuraient généralement 
dans des villages dispersés le long des vallées. 

D*après le Thâi b)nh hoàn vô k^^ au milieu des années Yinh binh ^ 
des Hàn^^^ ce royaume appartint à la Chine, qui forma de son 
territoire les deux huy^n^ de Ai lao et de Bée nam''. constituant 
ensemble le quân de Vinh xu'O'ng '. D*après les données du com- 
mentaire du même ouvrage, il représentait le quàn actuel de YAn 
nam^. 

Ce royaume d'Ai lao communiquait à l'ouest avec le Daî Tan'*'^ 
et au midi, avec le Giao chi. D'après les mémoires contemporains 
sur le Dién "® * composés par Du*omg thân ' des Minh J les premiers 
habitant? de ce pays résidaient à Vinh xu'omg dans la montagne 
d'Ai lao. Celte race de montagnards s'accrut, et ses diverses bran- 
ches s'étendirent comme la plante Man^***. Ils divisèrent le lerri- 
ritoire qu'ils occupaient et le partagèrent en quatre-vingt-dix-neuf 
bO. Il y avait six « cir tù » *^- dont chacun prenait le nom de « chieu ». 
A parlir des Dàng ceux d^entre ces derniers qui appartenaient à la 
famille Mông se qualifièrent de Nam chieu. 

D'après le Quàng du* ky ' de The phu'O'ng binh ®*^"» le Quân dàn 

a. EnkouanhoâcHeôuHânchouY. A. En kouan hoâ < T'ién ». 

à. En kouan hoa € Yông p*iDg y>. i. Eu kouan hoà c Yângchén ». 

c. En kouan hoa c Hién ». j. En kouan hoâ '< Ming ». 

d. En kouan hoâ « Poh nùn ». k. En kouan hoâ c Ouân ». 

e. En kouan hoâ c Yông tch'ang ». /.En kouan hoâ c Kouùng yû ki ». 
/*. En kouan hoà < Yûn nân ». m. EnkouanhoâcTs*âifangping». 
g. En kouan hoà cTà ls*in ». 



146 ANNALES IMPÉRIAIJIS DE l/ANNAM 

phii ^^^' (le Vinh xirorng, dans le Yen nam, n*est autre que Tanc 
royaume do Ai lao. Sous les Dàng, après les années Khai nguyën* 
les Nam chiêu s'eniparërenl furtivement de ce pays. On le IroD 
à Tépoquc des Tong, occupé par les tribus de Boàn^ cl de Cai 
Les Nguy^n % en organisant la province de Yàn nam, y constituëi 
le Tuyèn phii tu'^Kimxl^. Les Minh changèrent cette charge 
celle de QuAn dî\n chi huysir'', et la donnèrent à Le nguyen tri 
D'après le commentaire du Du* dia chî*"-' les tribus des Ai 
sont très nombreuses ; il y en a partout, et elles portent toute: 
nom de Lao. Tous les livres qu*il est possible de consulter à 1 
sujet placent dans le V«ln nam le territoire habité par ces peuplac 
qui vivent dispersées çù et là dans les vallées des montagnes. T 
le h)ng (les frontières de notre pays, les innombrables variétés 
Lfio qna*', jusqu'aux Barbares de Tran ninh', do Trîm man* el 
Lac bi('^n'* sont tous appelés Lao par le vulgaire. Il faut remarq 
à ce sujet que dans les anciennes Annales on lit d'abord : « ... étai 
entrées dans le Cù'u clio'n », puis, plus bas « ... s'enfuit dans le j 
de Di li('u, au territoire d'Ai lao ». Pcul-èlrc s'agit-il dans ces ] 
sages précisément des Barbares qui portent aujourd'hui le non 
Trîm man, ou bien des tribus qui appartiennent à la souche de P 
chu'trng*. 

Da nang dông. 

On manque aujourd'hui d'indications au sujet de ce pays. 

ANNÉE CYCLIQITE AT HOI *" P 

Triôu Viét vu o'ng. -- Soplirnie a mite. 

n. En kouan hoa « Kiun iniii Uni d. /'. Kii kotian lioa < Li youên tcb 

ff, Kii kouan Iioa « K'ai youêii d. j. Va\ kouan hoa c Yù ti tchi i 

c. Ku kouan hoâ ce To:tn ». A*. Vax kouan hoâ < Lào tchou; 

fi. Ku kouan hoâ c Kao d. /. Ku kouan hoâ c Tchin nin[ 

e. Ku kouan lioâ (c Vou(*n d. m. Ku kouan hoâ < Tchin mc^i 

f. Kn kr)uauhoâ <( Sioueu fou tsè». ;/. Kn kouan hoâ <r Loh pien ^. 

g. Vax kouan hoâ a Kin tch'i ». o. Vax kouan hoâ c NAn tchun^ 
/{. Kn kouan hoâ c Kiun min tchi ;). Kn kouan hoâ « Yih hdi ». 

hoei chi ». 



DOMINATION CHINOISE 14^7 

LnVng. — Première année Thiôu thai*" de Tempereur Kinh de •'•«. 

Lt T01ÊN BU'U MEURT. ToUS LES SUFFRAGES SE RÉUNISSENT SUR LA TÊTE DE 
Lt PHAT tu', qui EST BECOMNU COMME SON SUCCESSEUR ET INVESTI DU 
POUVOIR SUPRÊME. 

ANNÉE CYCLIQUE DINH SUU •'• 6 

TriAa Viét rvHo'ng. — Neuvième annAe. 

Tk*ân*". — Première année Vinh dinh^ de Fempereur Vo dô. 

Lt phat tu' en vient aux mains avec Tbiêu Viét vu'o'ng ; il a le des- 
sous ET DEMANDE LA PAIX. 

LV phât tu*, étant descendu vers Test avec son armée» se mesura à 
Thâi Wnh^ avec Triéu Viçt vircng. Comme cinq rencontres avaient 
eu lieu sans que la victoire penchât d'aucun côté, ses troupes se 
portèrent à quelque distance en arrière et il demanda à faire alliance 
avec son adversaire. Le Roi, considérant queL^ phât tir était de la 
race de l'empereur défunt hj bon, répugnait à l'exterminer. Il di- 
visa le territoire en prenant comme limite commune Quàn th&n 
châu *. 

La partie occidentale du royaume fut attribuée à L;^ phât tir, qui 
se transporta dans la ville de ô viên^. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Thaï binh . 

C'est un nom de pays. 

A Tépoque dont nous nous occupons Ly phât tir, sortant avec 
une armée du pays de Di lieu, descendit à Test et combattit dans 
cet endroit Triéu Vi^t vu*orng. C'est après cela qu'on partagea le ter- 
ritoire en prenant comme point de délimitation Qu&n than châu 
dans le district de Tir liém ^. Ce pays de Thâi bmh devait donc faire 



a. En kouan hoà < King ti ». e. En kouan hoà < Kiun tchMn 

b. En kouan hoà c Tingtch^eoù ». tcheou». 

c. En kouan hoâ c Yong ling ». f. En kouan hoà € Ou youén i. 

d. En kouan hoâ c T*ai p*tng ». 9. En kouan hoi c Ts*é lion i. 



148 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

partie de rancicn chAu de Phong. C*est précisément le Sam t&y a^ 
tucl. 

D'après le Bàng â[a I^ chi'^^' de Tham cbi^ c*est le district de 
Thâi binh qui fut partagé ea deux, et l'une des parties servit àcons- 
titucr celui de Phong khê. Il y a des gens qui disent qu*il dépendait 
du Phong khè. On peut le soutenir ; mais les livres ne donnent pas 
de détails^ et on ne connall pas le point exact où ce district se trou- 
vait. Les deux villages de Thài binh et de Bàng nguyën qui eus- 
tèrent dans la suite pourraient bien avoir été créés sur son terri- 
toire ; mais si Ton disait que ce Thài binh est celui du Sorn nam, on 
serait dans Terreur. 

Qnân IhAn obâa. 

C'est aujourd'hui Tun des deux villages du district de Tir lièm 
dans la province de Ilà n^i qui portent les noms de Càt supérieur 
et inférieur. On dit que ces villages s'appelaient anciennement Cit 
giii supérieur et Cet giài inférieur ^'^ ; dans la suite ces noms ont 
été changés. 

Ô vién. 

C'est un pays qui faisait partie du territoire de l'ancien Giao cbi. 

Sous les Bàng, dans la quatrième année Yô Birc^^^, on constitua 
le district de Ô vien qui, de même que ceux de Tir lièm et de Yô 
lùp^, dépendait du Giao chi. 

D'après une note des anciennes Annales ce village n^est autre 
que celui de Hà muu dans le Tir lièm. II renferme un temple dédié 
à Bat lang"^. Ce Bât lang n'est autre que Nhâ lang'. 

ANNÉE CYCLIQUE TAN MEC •" f 

Ly. — PremH>re année de Tempercur Ilâu dô Phât lu'. 

Trân ff. — Troisième année Dai kién de Tempereur Tuyén dô •"*. 

a. En kouan boa c TWng ti li tchi ."). e. En kouan hoà c Yà làng ». 

b. En kouan hou <k Ts'an tchi ». f. En kouan hoâ c Sin mao ». 

c. En kouan hoà < Où lih ]». g. En kouan hoà c Tchin ». 

d. En kouan hoà c Pah lâng». h. En kouan hoà c Siouen ti ». 



DOMINATION CHINOISE 149 

Lt PUAT tu' attaque Triêu a l'ibiproviste et s'empare de sa personne. 

D'après les anciennes Annales, avant cette époque hj phât tù* 
avait fait la paix avec Triéu vircng, et lui avait demandé une du 
ses filles en mariage pour son fils Nhâ lang. Trieu worug donna à 
ce dernier sa fille Gâo nàng ^, et le reçut dans sa maison en qualité 
de Nhuê tê®"*. Nha lang, profitant de Toccasion, vola la griffe de 
Dragon et retourna près de son père à qui il la donna ; puis il com- 
plota d'attaquer Triéu vu'cng à Timprovisle. Ly phât tù* leva des 
troupes et vint livrer bataille à ce prince. Triéu vu'orng marcha en 
toute h&te à la rencontre de Tennemi ; mais il n*avait plus le casque 
sur lequel était fixée la griffe du Dragon. Il s'enfuit vers le midi 
avec Cao nàng, et fut poursuivi par les soldats de Ly phât tù* qui le 
poussèrent jusqu'au port de Dai nha^ Là la terre lui manqua et il 
se jeta dans la mer. 

OBSERVATION IMPORTANTE 

Ce qui est dit dans les anciennes Annales au sujet d'une griffe de 
Dragon que Triéu ViOt vuorng aurait reçue de Trfr dcrng tir, du sé- 
jour que Nhâ lang aurait fait dans le palais de son beau-père en 
qualité de Nhuc te^ du vol qu'il lui aurait fait et de la défaite éprou- 
vée par Triéu vu'orng par suite de la perte de la griffe semble presque 
calqué •'* sur l'histoire de An du*irng, roi de Th^c et de Triéu trung 
thP^'. Il y a là dedans bien des choses qui ressemblent à des redites 
et à des fictions. On a besoin aujourd'hui de faire des efforts pour 
le croire et le transmettre à la postérité. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. - Le port de Dai nha. 

Son nom s'écrivait anciennement avec le caractère n* 12956 du 
Dictionnaire de De Guignes. On l'appelait aussi Dai âc^. Les L^ 
ont changé ce nom en celui de Dai an *. 

a. En kouan hoâ c Kâioniàng ». d. Kn kouan hoâ « Ta ngoh ». 

b. En kouan hoà c Tchoui si ». e. En kouau hoa c Ta ngan ». 

c. En kouan hoà c Ta ya». 



150 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

ActucIlGinent, dans le district de &ai an, au village de Quan lii 
silué à l'entrée de mer de Lieu, il existe un temple des ancêtres 
roi Triéu Viçt vu^omg. 

Le roi Triéu meurt. Son règne, commencé en Tannée Ki tj, 
termine en Tannée Canh dan, après avoir duré vingt-deux ans. 

Ly PHAT tu' se proclame empereur et ^ABLrr SA CAPITALE 

A Phong chau. 

Après avoir fail périr Triéu, Ly phât tir se déclara son success( 
sous le titre à* Empereur du midi, et se transporta de ô vien à Pho 
ch&u. Il est connu sous le nom de Hàu nam dè'^^*. 

ANNÉE CYCLIQUE NHAM TUAT » 

Ly. — Trenlc-dcuxième année de Hâu dô. 

Tuyc. — Deuxième année Nhon Iho"* ^ de Van dô***«i 

L'empereur Ly phat tu' envoie Ly dai quyêx a Loxg bien bt Lt r 

DANH A VlÊN. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. -- Dai quyèn. 

Il était fils du frère aine de L^ hùu de. Le premier mot de s 
nom est écrit dans les anciennes Annales avec le caractère qui poi 
le n' 112 dans le Dictionnaire de De Guignes^. Nous en rétablisse 
aujourd'hui Torthographe d'après le Tu^ Ihor'"^. 

Phô danh. 

C'est le nom d'un autre général en chef. 

Les Tuy ayant envoyé Lu'u piiu'o'ng ^ envahir le pays, l'empereur ! 

PHAT tu' fait sa soumission. 

D'après le Tuy thor, Ly pliât tir ayant occupé le chàu et s'éta 

a. En kouan hoâ <r Hcoù n<\n ti ». e. En kouan hoa c Ouên ti ». 

b. En kouan hoâ c Jën siuh i. f. En kouan hou c Tai ». 

c. En kouan hoâ «c Soui ». g. En kouan hoâ c Soutchou ». 

d. En kouan hoâ « Jén cheoù ». h. Enkouanhoâ c Lieoû fang ». 



DOMINATION CHINOISE 151 

proclamé empereur, Diromg tô * recommanda Liru phirorng, Ihfch 
sir du chàu de Qua^^ comme possédant des plans efficaces pour la 
conduite de Tarmée. L'Empereur le nomma Giao chàu dao hành 
qu&n tông quàn^^^^ avec le commandement de vingt-sept campe- 
ments militaires. Lu* phu'orng marcha jusqu'à Bo long lành^, où il 
rencontra l'armée de Ly phat tir, dont la force dépassait deux mille 
hommes ^^^. Il le battit et le mit en déroute. S'étant avancé ensuite 
jusqu'à Phong chàu, il envoya un messager au Roi pour lui signifier 
ses conditions ^^^. Ly phat tùr, saisi de crainte, demanda à se sou- 
mettre. Lu'u phu*ang le renvoya dans le nord"^ ; il se saisit, parmi 
ses anciens généraux^ des plus braves et des plus fins, et les fit 
tous mettre à mort. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — DaVng tô. 
Il était originaire de Hoa âm dans le Hong nông. 

ê 

Ln'u phuVng. 
Il était né à Tru'orng an^ fit partie de la cour. 

Le châu de Qua. 
Sous les Dàng il relevait du dao de Sorn nam*. 

Dô long lanh. 

D'après le Thanh nhu't thông chi^ c'est le phù de Khành vi^n *^* ^. 
Sous les Dang il dépendait du quàn d*Annam. La montagne de Dô 
long était située sur son territoire. 

Ly hâu meurt. Son règne, commencé en l'année Kl meç, se ter- 
mine en Tannée Nhâm tuât, après avoir duré trente-deux ans. 

a. En kouan hoâ oc Yàng sou :». e, En kouan hoâ < Chan nàn :». 
6. En kouan hoa « Koua ^. f. En kouan hoâ «Ts'ing yih t*ông 

c. En kouan hoà« Kiaotcheou tuo tchi j». 

hing tsong kouàn ». g. En kouan hoa c K'ing youèn >. 

d. En kouan hoa c Tou long ling» . 



152 ANNALES IMPÉRIALES DE L*ANNAM 

ANNÉE CYCLIQUE AT SUU ••* « 

Tay.— Prciuiùrc aanée Dai ngliiép"'* de Tempcreur DuVag dé~^ «• 

Au PRINTEMPS, DANS LE PREMIER MOIS DE L* ANNÉE, LES TuT CONFÈRENT A 
Lu'u PUU'0*NG LE TITRE DE HOAN CHAir DAO HANH QUaN TÔNG QCAX "^ '. 
Il ATTAQUE L*ARMÉE DU LaM aP ET LUI INFLIGE UNE GRANDE DÉFAITE. 

D'après le Gang- m\ic, comme les grands fonctionnaires des Tu^ 
disaient que le L/lm âp renfermait beaucoup de trésors et de choseï 
curieuses, cl que d'autre part tout était en paix dans Tcinpire, Lira 
phu'O'ng, qui venait de pacifier lech&u de Giao, reçut de l'empereur 
Du'O'ng de le titre de Iloàn cb&u dao hành qu&n tong quàn kinh 
lu'g'c Lâm îip ^'^^ ^ 

Lorsque les troupes eurent atteint l'estuaire, Phan chi, roi du 
Lâm ap, envoya des soldats pour garder les passages difficiles ; 
mais Lu'u phu'omg les battit et les en chassa. L*armée ayant passé 
le ileuve DA le, les soldats du Làm àp arrivèrent de tous côtés mon- 
tés sur des éléphants de haute taille, et Lu'u phu'ong ne put rem- 
porter aucun avantage. Il fit alors creuser une grande quantité de 
petites fosses qu'on dissimula en les couvrant avec de Therbe ; 
après quoi il engagea la bataille avec Tennemi, puis feignit de 
tourner casaque. Les gens du Li\m ap s*étant mis à sa poursuite, 
beaucoup d'éléphants furent renversés et arrêtés. On les attaqua 
alors à coups d*arbalèle, cl les éléphants, refusant d'avanceri fou- 
lèrent aux pieds les balaillons qu'ils précédaient. Il s'ensuivit un 
grand désordre, à la faveur duquel les troupes armées de lances 
attaquèrent Tennemi avec furie. L'armée du L&m ap fut vaincue. 
Les Chinois se portèrent en avant et la poursuivirent» On passa les 
colonnes de Ma vién et, marchant dans la direction du sud, on 



a. En kouan hoâ a Yih tch'coù :». d. En kouan hoâ c Uoan tcheou 
0. En kouau hoa « T:'i yeh ». tâo hing kiun tsong kou&n ». 

c. En kouan hoâ 9 Yàng il ]>. e. Eu kouan hoa c Kiug lioh Lin 

yih ï. 



DOMINATION CHINOISE 153 

arriva au boul de bail jours à la capitale. Au quatrième mois Phan 
chi Tabandonna et s'enfuit en mer. Lira phu'orag entra dans la 
ville et prit dans les temples dix-huit tablettes toutes en or fondu. 
Il fit graver ses exploits sur une pierre et s^en retourna. Sur dix 
hommes officiers ou soldats, quatre ou cinq furent atteints d'en* 
flure des pieds et moururent. Lu'u phu'ang, ayant aussi contracté 
la maladie, succomba pendant la route. 

ANNOTATION IMPÉRIALE 

L'armée est un instrument funeste dont les Saints Hommes 
n'usent que lorsqu'ils y sont forcés. On s'en sert pour se défendre 
contre la tyrannie et procurer la paix à la nalion ; mais faut-il donc, 
pour un sordide amour des richesses et du lucre, chercher à satis- 
faire ses désirs en faisant souffrir le peuple et en affaiblissant le 
pays sans aucune considération de pitié? Comment a-t-on le cœur 
d'agir ainsi? Une fois rœuvre accomplie, dos milliers d*ossements 
sécheront sur la terre ! Que dis-je ! Le pays, à la suite de semblables 
entreprises, n'échappera pas à la destruction. En vérité l'on doit 
s'abstenir avec le plus grand soin de ce qui allaiblit les forces na- 
tionales et jette un mauvais renom sur l'armée! 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Le tcheou de Hoan. 

C'est l'ancien bO qui, sous les Himg vu'ang, portait le nom de 
Hoài hoan *». Sous les Tan il dépendait du quàn de Tœçng; sous les 
Hén il appartint à celui de Nhat nam. Sous les Tuy, dans les années 
Khai hoàng ^'-^^^y on en changea le nom en celui de châu de lloan, 
puis, dans les années Dai nghiOp, en celui de Nhàt nam. Sous les 
Bàng, dans les années Trinh quan^'^ , on constitua do nouveau un 
chàu de Iloan qui fut conservé par les Lu de la famille Dinh. Les Lv 

a. En kouan hou c Iloâi hoan ». c. En kouan hoa « Tchingkouan » 

b. En kouan hoà < K'ai hoàng ». 

ArfNALBS DE l'Annam 12 



154 ANNALES IMPÉRIALES DE L*ANNAM 

lui donnèrcnl le nom de Ngh^an; sous les Tran il devinl une dé- 
pendance du trûn de L&m giang. Il fui représenté sous les Minh par 
les phù de Ngh$ an'' cl de Dirn. Le quang thuan en fil le ihira 
luycn**^^^de Nghç an. C'est aujourd'hui la province du même nom. 

LAm Ap, 

Voir à la neuvième année Vlnh hoà ^ de lempereur M^c de ' des 
Tân*. 

DAlé, 

D*après le commcnlaire du Thonggidm tap lùm'^"^ il était situé 
au nord du royaume de Ghiêm Ihành. AclucUemenlon n'en connaît 
pas la position exacte. 

La capitale du Lftm Ap» 

D'après ce qucnons pouvons savoir aujourd'hui, on trouve d'an- 
ciens remparts des rois de Chiom Ihành : 

l"" Dans le village de Trungâi du district de Binhchinh,auQuàng 
binh ; 

2^ Dans le village de Uun ao du district de Lv thùy dans la même 
province; 

S"" Dans le village de Nguy(*l bien du district de Ilanh thùy, dans 
leThîi-athièn; 

4*" Dans le village de Thành Irung dudislrictdeQuàngdicny même 
lerriloire ; 

o^Dans le village de Thung binh du dislrict de Diên phu'd'Cy au 
Quàng nam ; 



a. En kouan hoa « Yi ngan ». e. En kouan hoà « Tsin >. 

b. En kouan hoa «Tch'êngsiouen». f. Eu kouan hoâ c Tong kién tsi 

c. En kouan hoâ c Yong hô ». làn ». 

d. En kouan hoà c Mouh 11 ». 



DOMINATION CHINOISE 155 

6* Dans les deux bourgades de Nam an et de Bac thuân du dis- 
trict de Tuy vién dans le Binh dinh. 
Mais on ignore la situation exacte qu'occupait la capitale. 

La Colonne de cuivre. 
Voir à la dix-neuvième année Kiên vô des Hân, 

AWNËB CYCLIQUE tAn TI ••« a 
Dàng. — Quatrième année Vo du'c'" ^ de Tempereur Cao tô •••<?. 

Les I^âng confèrent a Khu'u hoa '^ le titre de dai tông quan ^®* • du 

CHAU de GlAO. 

D'après le&àngthcr, à la fin des années Bai nghi^p les fonction- 
naires des îles^ qui étaient fort pauvres, empiétaient sur leurs attri- 
butions et se révoltaient souvent. Comme Khu'u hoà avait la répu- 
tation d'administrer avec douceur, l'empereur Du'orngdê le nomma 
thâi thù du Giao chi. Il mit tous ses soins à gouverner avec man- 
suétude, et la population de ces régions éloignées demeura paisible 
sous son administration Les habitants de tous les royaumes situés 
à l'ouest du Lâm âp firent à Khu'u hoà des présents de perles bril- 
lantes, de cornes de rhinocéros élégamment travaillées, d'oretd'ob- 
jets précieux ; en sorte qu'il devint extrêmement riche et semblable 
à un roi. Le prince Tièu tien/* de la famille des Lu'ang, ayant appris 
cela, envoya Ninh tru'àng chânfl' l'attaquer à la tête des Barbares 
Man ly®^* . Khu'u hoà, saisi de crainte, voulait sortir pour aller 
faire sa soumission; mais le grand annaliste Cao siliêm^ lui fit des 
représentations. « Quoique l'armée de Tru'àng chân soit nombreuse, 
lui dit-il, ce sont des troupes qui viennent de loin et manquent de 



a. En kouan hoà c Sin ssé >. f. Enkouan hoa c Siao sien n. 

b. En kouan hoà < Où teh j». g. En kouan hoà c Nîng tchâng 

c. En kouan hoà c Kao tsoù ». tchin ». 

d. En kouan hoà c K*ieou hô». h. En kouan hoà c Kào chi lien ». 

e. EnkouanhoàcTàtsôngkouàn». 



l-,r> A.NNALKS IMPÉRIALES DK L'ANNAM 

résolution; Irur force no durera pas longtemps. Les troupes déjà 
vicloneiises que nous avons dans la ville sont encore cq état de com- 
battre; quelle raison avez-vous de subir l'aulorilé d'un autre? » 

Khuu hoîi suivit son avis, ot le nomma [lành quAn tu* ma^'*. 
Cao si lirni arrùla Tennonii, Tallaqua et le contraignit à reculer. 
Les gens du quàn érigèrent une pierre commémorative de ses mé- 
rites. Lorsque losTuy tombèrent il se donna aux Dàng, qui lui con- 
férèrent le titre de Giao cbAn daî tong quàn iir&c Dàm quôc 



CbilgOÙAb 



KCLAUtCISSEMKNTS. — Khu'u hoà. 



D'après le l;àng tho'*', au chapitre Khu'u hoà truy^n'^'*', ce per- 
sonnasse était (»riî!inaire de L:icdu'(rn5 ^"^ * et fut fonctionnaire sous 
les Cliâu"*^'/'. Revêtu du titre de Khai phù nglii dông tam lir'^', il 
se mil au service des Tuy v.l fut successivement gouverneur des 
trois cliAu de Tu*/,, de Luong * et de B6 •'. Il se rendit célèbre par sa 
longanimité et son naturel conciliant. 

Tiôu tien. 

C'était rarriére-pelit-lils de l'empereur Tuyénile des Lu'urng. 

D'après le Gang mue, sous l'empereur Dircng de des Tuy, dans 
la treizième année Dai nghiOp^*^*^, Tiùu tien leva des troupes et prit 
le titre de prince de Lu'irng. Dans la deuxième année Ngaî nînh ***** de 
Ciung dê^*' ' il se iiroclama empereur. 11 posséda tout le territoire 
quis'étendait à l'est jusqu'au CiVu giang"', à l'ouest jusqu'aux trois 



a. Kn kouau hoA « lliug kiun sse f, Eu kouan hoà « Tcheou >. 

inà ». g. En kouan hoâ c K*aî fou yî t'ông 

b. Eu kouan hoa 9 Kiao tcheou ta san sse ». 

tsùng kouau Isioh T'An kouoh h. En kouau boa « Tse » 

koiig ». /. En k(Kiau lioa « LiAng ». 

f. En kouau hoâ « T'Ang chou ». j. En kouan boa « P'oû ». 

cf. Eu kouan hoa « K'icou hô k. Eu kouan hoâ « Yi ning ». 

tchouén ». /. En kouan boa « Kong ti ». 

e. En kouan hoa « Lob yAng ». w. En kouan boa c Kieoù kiang ». 



DOMINATION CHINOISE ihl 

Hap ^*- '*, au sud jusqu'au Giao chi et au nord j usqu'au fleuve Ilàn ^'^*. 
Dans la suite il se soumit aux Dàng-. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Ninh truVng chân. 

D'après le Khâm chûu chP**^ de Chu Ihungniôn ^, ce personnage 
était thich sir du chAu de Khâm'-**^ ^ Il était fils de Ninh manh liïc/^. 
Après Ja mort de son père, Tru^àng chûn lui succéda dans la charge 
do Ihfch su*. Disposant de tronpos solides, il réunit sous sa domina- 
tion plusieurs quan du chAu de Uât. Dans la suite il se soumil aux 
Dàng. A partir de ce moment-là le cliAu de Giao, celui do ki*J et 
quelques autres entrèrent en relation avec Tempire. 

Si llôm. 

Hélait originaire de Tu^**^'* dans le Bç^ h^i*- Sous les Tuy, dans 
les années Nhcrn tliç ^'^i, il fut reçu cù' nhorn î»"*^ Grâce à son ta- 
lent littéraire il obtint le premier rang dans le concours, et fut 
nommé à la charge de Tri le lang^*'-'^ A la suile d'une alTaire dans 
laquelle il fui impliqué il fut abaissé aux fonctions de Chii bo^-^'^du 
Châu virn et à celles de Tu* ph ip tha là^-* " attaché au prétoire de 
Khiru hoà. Dans la suile il fit avec ce dernier sa soumission aux 
Dàng, et, après avoir occupé successivement différents postes, il 
parvint à la charge de IIû'u b^c xa ^" ® . 



a. En kouan hoa c San Iliah n, //. En koiian hoa < Sieou ». 

h, Enkouanhoâ « Han ». \, En kouan hoa « Pou liai ». 

c. En kouan hod « K'in tcheou 7. En kouan hoa <r .Un cheoii ». 

tchi ». U. En kouan lioâ % Kiù jin )), 

rf. Enkouanhoâ « Tchou tch'ouen /. En kouan lioâ « Tclii li lang ». 

nién ». ?w.?]n kouan hoi « Tchoù poii ». 

e. En kouan hoà«K'inï). n. En kouan hoa « Sse fah chou 
/*. En kouan hoa « Nlnj^ mông Iso ». 

lih ». o. En kr)uan hoa « Yeoii pouh yé». 
g. En kouan hoa «r Ngaî ». 



158 



ANNALES IMPÉRIALES DE L*ANNAM 



Uinh '>. 

Le caractère qui porte le n'' 3084 dans le Dictionnaire de De 
Guignes se prononce Uinh, et signifie « loin ». 

Hoang nioh. 
Le Thanh nhirt tliông chi * écrit « hoang v\rc » *'. 

ANNÉE CYCLIQUE Kl MEO***<' 

Dàng. — Première annro Dïàa lô*" ♦• de l'empereur Cao long •" f. 

En automne, au huitième mois, les BaNG CONSTITUEXT pour LA PREMIERE 

FOIS LE dA nô PHU ^'^f' d'Annam et placent le siège de l'administration 

A GlAO CIIAU. 

D'après les Annales dos Dùng le dô h^ phù d\\nnam n^était autre, 
dans l'origine, que le quan de Giao cbi; de son administration rele- 
vaient les vingl-dcux cliâu habités par la race de ce nom, à savoir 
ceux de Giao \ de L\ic *, de Phong J, de Ai*, de Hoan ', de Tru'orng'*, 
de Phudc lue", de ïhang", de i]\nf\ de Vô nga», de Dion "" et de 
Vôan»-''. 

OBSEIIVATION IMPORTANTE 

D'après les Annales de NgA si les Dàng transformèrent le Giao 
chl en dô hô phù d*Annam, qui comprenait TAnnam'^^ et les chAu 
de Af, de Phu'o'clOc, de Hoan, de Phong, de L\ic, de Diên et de 
ïruàng. Tous ces châu constituaient le territoire qui forme notre 



a. En kouan hoa c K^iùng » 
à. En kouan hoa € Ts'ing yih t'ùng 
tchi ». 

c. En kouan hoa < Hoang yuh ». 

d. En koiian hoa c Ki mao ». 

e. En kouan hoa « T'iâo loiï ». 
/*. En kouan hoa « Kao tsong ». 
g. En kouan hoa c Tou hoù foii) ». 
h. En kouan hoa a Kiao ». 

2. En kouan hoa « Louh ». 



j. En kouan hoâ c Fong ». 
/i*. En kouan hoa c Ngai ». 
/. En kouan hoa € Hoan ». 
m. En kouan hoâ c Tch'àng ». 
n. En kouan hoâ c Fouh louh ». 
0. En kouan hoa c T^ang ». 
p. En kouan hoâ c Tchi ». 
q. En kouan hoâ c Où ngô ». 
r. En kouan hoâ c Yen ». 
s. En kouan hoâ t Où ngan ». 



DOMINATION CHINOISE 159 

pays. Quant à ceux de Thaug, de Chi, de Vu nga et de Yô an, il n'es 
pas ccrlain qu'ils aient fait partie du domaine annamite. Ce n'est 
qu'en raison de leur contiguïté avec le Giao méridional, qu'on les 
aura compris dans le Bô I19. 

Aujourd'hui, en examinant le Thài binh hoàn vô ky composé 
par Lac sir sous les Tông, nous y lisons que le territoire de Tru*orng 
est le même que celui du Cù'u chorn; d'où il suit que ce chàu de 
Tru'omg devait être contigu au Thanh hoà actuel; mais ce sont là 
des pays sur lesquels on ne possède encore aucune donnée certaine. 

D'après le Thanh nhirt thông chi l'on trouve dans le chàu de 
Khàm ^ les remparts en ruine des chefs-lieux des trois districts de 
loi ^, Hoa thanh ^ et Ninh hài ''. Le chàu de Louh dépendait donc 
du chàu de Khàm des Daj thanh '• 

L'affirmation formulée plus haut en ces termes : « Tous ces chdu 
constituaient le territoire qui forme 7iotre pays » pourrait bien être 
entachée d'erreur. En outre Phan huy /*, commentant le Hien chu'orng 
dja du* chi ^, dit que sous les Dàng on appelait le Hû'ng hoà ^ « chàu 
de Chî », le Tuyên quang* « chàu de Thang », le Thài ngiiyèn J, 
« chaude Vô nga », et le An bang^*, qui est le Quùng an actuel» 
« chàu de Vô an » ; mais nous ne savons comment on pourrait en 
fournir la preuve. En attendant nous notons cela comme élément 
d'information. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. 

D'après le Dàng tho* dja ly chî^^^ ' le chàu de Giao comprenait 
huit districts, à savoir : 

a. En kouan hoà c K'in ». h. Eu kouan hoà c Ilîng hoà ». 

6. En kouan hoa < Ou lei ». 1. En kouan hoà cSioucnkouang». 

c. En kouan hoà c Hoa ts'ing ». j. En kouan hoà c T'ai youén ». 

d. En kouan hoà c Nlug hai ». k. En kouan hoà c Ngan pang ». 

e. En kouan hoà cTà ts'ing ». /. En kouan hoà c T'àng chou ti li 

f. En kouan hoà < P*anhoei ». tchi ». 

g. En kouan hoà « Hién Ichang 
ti yû tchi ». 



i60 



ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Tôngbinh*. 
Nam dinh ^ 
Thài binh '. 
Kiao tchl. 

• 

Ch&u vien. 
Long bièo. 
ninh dao ''. 
Vô binh. 

Le chftu de Lvc en comprenait trois : 
O loi '. 
Iloa Ihanh^o/. 

Ninh hài^. 

Le chàu de Kong, cinq : 
Gia ninh ^. 
Thîi'a hoâ ' . 
Tûn chirang>. 
Cao son * . 
Chhii lue' . 

• 

Le chàu de Ai, six : 
Cfru chorn. 
An thuàn"*. 

• 

Sùng^3ib,nh\ 
Quân ninh ®. 
Nhat nam. 
Trirorng \àmP. 



a. En kouan hoâ « Sông pMng ». 

b. En kouan hod « NAn ling ». 

c. En kouan hoâ «Tai p'ing ». 

d. En kouan hoâ « P'îng lâo ». 

e. En kouan hoâ « Ou léi ». 

f. En kouan hoâ « lloâ ts*ing ». 

g. En kouan hoâ « Ning liai ». 
h. En kouan hoâ € Kia ning ». 



i. En kouan hoâ 9 Tch*tng hoâ » 
j. En kouan hoâ c Sin tchang >. 
k. En kouan hoâ c Kao chan ». 
/. En kouan hoâ c Tchou ]ouh ». 
m Vax kouan hoâ cNgan chouén» 
//. En kouan hoâ c Tch'ông p'fng » 
0. En koimn hoâ c Kiun ning ». 
p. En kouan hoâ c Tch'àng lin ». 



DOMINATION CHINOISE 



161 



Le châu de Hoan, quatre : 
CiVu dire*'. 
Phô dirorng*. 
ViC^t Ihircrng. 
Hoài hoan. 

Le châu de Triràng, quatre : 
Van du'orng ^. 
Bông thè . 
Tru'ông sorn ^. 
Ky thu'o'ng/'. 

Le châu de Phu*dc l^c, trois : 
Nhu viêns'. 
Dàng lâm ''. 
Phu'dc lOc. 





Le châu de Thang, trois : 


• 




Diro'ng luym ' 


ni. 1 

• 






Luc thuv-'. 

• •- 








La Ihi^u'^. 








Le châu de Chi, sept 


• 
• 






Hân Ihành '. 








Phûxuyên '". 








Binhtây". 








Lac quang °. 








Lîjc di^^.m^'. 






a. 


En kouan hoà c Kieoù teh ». 


• 

t. 


En kouan 


b. 


En kouan hoâ « P'où yAng ». 


• 

3- 


En kouan 


c. 


En kouan hoîi « Ouon yang ». 


k. 


En kouan 


d. 


En kouan hoa « T'ông ts'ai ». 


l. 


En kouan 


e. 


En kouan hoà e: TchAngchan ». 


m 


En kouan 


f- 


En kouan hoâ c K*i tch'Ang ». 


n. 


En kouan 


9- 


En kouan hoa c Jeoù vouèn ». 


0. 


En kouan 


h. 


En kouan hoà cT*âng lin ». 


P- 


En kouan 



hoà (n Yâng ts^iouên » . 
hoà ff Louh choui ». 
hoà ce Lô chào». 
hoà € [lintch*jng ». 
hoà € Foùtch'ouen». 
hoà < P'ing si ». 
hoà « Loh kouang». 
hoà < Loh yen ». 



162 



A.NNALES IMPKKIALES DE L*ANNAM 



Da Vc\n «. 
An long*. 

Le chAii de Vu nga, sept : 
Vu nga. 
Nhirma*. 
Vô ngai ''. 
Vô (H . 
Vô lue f. 

• 

Vô lao^. 
Lirang san 

Le ch&u (le Dit*n, sept : 
Trung ngfû '*. 
Iloài hoan. 
Long ti'i ' . 
Tirnông-'. 
Vô lang **. 
Vô (long' . 
Vô kim "'. 

• 

Le ch&u (le Vô an, deux : 
Vô an. 
Lâm giang". 

La première année Diôu 16. 

Les anciennes Annales portent la cinquième année Vô du'c ; c'est 
une erreur. Nous la corrigeons aujourd'hui en prenant pour guide 
le Diing lh(r. 



a. En kouan hoH « To vùn i. 

h. En kouan hoa (c Ngen long » 

c. En kouan lioâ ce Joil ma n. 

d. En kouan hoâ c: Où yî ». 
6. En kouan lioâ c Oii vi )). 

/*. En kouan hoâ ^ Où louh ». 
g. En kouan hoâ c Où l^o ». 



h. En kouan hoâ 
i. En kouan hoâ 
j. En kouan hoâ 
A*. En kouan hoâ 
/. En kouan hoâ 
m. En kouan hoâ 
n. En kouan hoâ 



cTchong yi », 
c Long tchi ». 
c Sse nùng ». 
c Où làng ». 
c Où yông ». 
cOùkin». 
c Ltn kiang ». 



DOBUNATION CHINOISE 163 

Le ohâa de Giao« 

Constitué sous les Hdn, qui en tirent dépendre les sept qu&n du 
Giao chi. 

Ohâa de PhoUg. 

Voir aux Hùng vu'ang. 

Ohâa de Ai. 

Voir à la sixième année Pho thông « de l'empereur Vô de des 
Ltrorng. 

Ohâa de Chi. 

Anciennement b$^ de Tftn hirng^; actuellement province de 
Hirng hoà. 

Ohâa de Dion. 

Anciennement b$ de Vi()l thu'àng'; actuellement phù dépendant 
de la province de Ngh$ an. 

Ohâa de Pha*o'c 16o. 

11 se trouve aujourd'hui dans les limites de la province de Thanh 
hoà, mais on ignore sa situation exacte. 

Les ohâa de TruVng et de Thang. 

Ils entraient autrefois dans le bO de Vô dinh, et fjrmmt aujour- 
d'hui le Tuyèn quang. 

Ghâa de V6 nga. 

Faisait partie anciennement du bô de Vô dînh; c'est actuellement 
le Thii nguyèn "3. 



a. Eu kouan hoâ < P'où t'ong». c. En kouan hoà c Sin hing ». 

b. En kouan hoà < Poù ». c^. En kouan hoà < Youeh chàng » . 



164 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

ANNÉE GYCUQUE DINH H01«"a 
DAog. — Quatrième année Tu* fhanh*^* de l'empereur Trung tftng». 

Ë\ AUTOMNE, AU SEPT1È3IE MOIS, LES HABITANTS DES CAMPAGNES ''* CAUSENT 
DU DÉSORDRE ET TUENT I.E B6 HÔ Lu'u DIÊN HU'u ^. TaO HUTÊN TINB*, 
TU* MA DU CIIAU DE Ql'È^, LES ATTAQUE ET LES RÉDUIT. 

D*après le livre des Dàng, les familles établies anciennement 
dans la campagne no payaient par an qu'une demi-redevance*". Liru 
dièn h\ru exigea la lolalilé. Elles s*altroupërent alors, et commen- 
cèrenl k se plaindre et à comploter le désordre. Liru dièn h yu tua un 
de leurs chefs nommé L^ tir tien. Les autres, parmi lesquels Binh 
kiên^ se révoltèrent aussitôt, réunirent une troupe armée et assié- 
gèrent le chef-lieu de la préfecture. Les défenseurs, en trop petit 
nombre^ n'étaient pas en état de se mesurer avec l'ennemi cantonné 
dans ses retranchements autour de la ville. Heureusement uii per- 
sonnage nommé Phùng tir du''^, qui appartenait à une grande fa- 
mille duchâu de Quùng^, se distingua en contenant les troupes et 
en les empêchant de faire une sortie. Néanmoins la fortune se pro- 
nonça contre Luu dièn hyu ; mais dans la suite Tào Imy^n ijnh, lu* 
ma du chftu de Que, fît avancer des troupes, attaqua Binh kiên et 
le décapita. 

ÉCLAIUCISSEMENTS. — Lu'u dién hu'u. 

Le Bàng thor, dans le mémoire biographique qui concerne ce per- 
sonnage, le donne comme originaire de Bành thành', ville du ch&u 
de Tii'-'. Il avait été reçu docteur. Comme il possédait des capacités 



a. En kouan boa <k Ting hai ». f. En kouan hoâ c Kouéi ». 

b. En kouan ho;i « Ssé cliing ». g. En kouan boa « Fông tsè yeoù >^ 

c. En kouan hoâccTchong Isonj;]». h. Eu kouan boa < Kouànj:; >. 

d. En kouaiihoâ •' Lioôu yênyooù». i. En kouan boa « P'ông tcb'lng »• 

e. En kouan hoa c: Ts aô hién j. En kouan boa c Siû ». 
tsing». 



DOMINATION CHINOISE 165 

adminislratives, il fut, après avoir été Ihich sir duchâu de Ki», appelé 
à exercer la charge de Dô hO^'* de TAnnam. 

Tao huyôn tinh. 

Les anciennes Annales rappellent àtortTrvrc linh^, 

Ly tu' tiôn. 

Les anciennes Annales écrivent son petit nom avec le caractère 
qui porte le n* 580 dans le Dictionnaire de De Guignes, au lieu du 
caractère n? 1386 qui est le vrai. 

Phùng tu' du. 

Les anciennes Annales écrivent son petit nom avec le caractère 
n» 6171. C'est le caractère n° 5789 qu'il faut employer. 

Nous avons corrigé toutes les erreurs mentionnées ci-dessus en 
prenant le Dàng tha pour guide. 

ANNÉE CYCLÎQUE NH^M TUÂT»"c^ 

Dàng. — Dixième année Khai nguyên'"'' do l'empereur Huyên tông'" <•. 

Ëff AUTOMNE, AU SEPTIÈME MOIS, MaI TllUC LOAN ^y DU CHAU DE HOANG, 
OCCUPE LE GHAU ET SE PROCLAME EMPEREUR. LeS DaNG ENVOIENT CONTRE 
LUI LE N^l THl ^"^ Du'o'nG TU* UUC^ ET D*AUTRES OFFICIERS, QUI LE 
BATTENT. 

D'après le Bàngthor, dans les années Khai nguyèn un Annamite 
nommé Mai thiic loan se révolta et se proclama Empereur noir. Il 
leva les troupes de trente-deux chÀu, s'allia au dehors avec les 
Etats de Làmap, du Cambodge et de Kim làn' , et occupa la région 
du midi qui confine à la mer. Son armée était forte de quatre cent 

a. En kou^n hoa m Ki ». /*. EnkouanhoâcMéichouhloàn». 

b. En kouan hoâ « Tchih tsing ». g. Eu kouan hoà « Néichi ». 

c. En kouan hoà « Jên siuh ». k. En kouan hoâ «Yângssehiuh». 

d. £n kouan hoà c K'aîyouén». t. En kouan hoà c Kin lin ». 

e. En kouan hoà < Iliouëntsoug ». 



160 ANNALES IMPERIALES DE L'ANNAM 

mille hommes. Dinrng tir hùc, ayant demandé qu'on recrutât cent 
mille soldats, déboucha avec Quang sor kbâch' par l'ancienne route 
de Mfi vièn. Surpris inopinément. Mai thùc loan fut frappé de ter- 
reur. Avant d'avoir eu le temps de prendre ses mesures il essuya 
une sanglanle défaite. On enferma son corps dans un coflTre scellé 
pour le faire voir dans la capitale, et larmée reprit le chemin de la 
Chine. 

OBSERVATION IMPORTANTE 

Sous les Dàng, pendant les années Khai nguyën, le Dô h$ pbû 
de TAnnam avait encore son siège à Giao ch&u. Il englobait douze 
chftu et cinquante-neuf dislricls. Dans chacun de ces districts on 
avait placé un thù thê^ qui exerçait un pouvoir réglementaire en 
matière de redevances. Pour tout ce qui était du ressort de l'armée 
on se conformait aux ordres de la Cour; et on n'avait jamais en- 
tendu dire que dans le Dô ho phù, aussi bien que dans les châu de 
Phongy de Ai, de Luc ou de Dirn il fût arrivé aucune catastrophe. 
Comment se fait-il donc que Mai thiic loan ait pu lever les troupes 
de trente-deux chAu et mettre sur pied une armée de quatre cent 
mille hommes? A notre humble avis, ce personnage aura pu s'em- 
parer d'un chùu; sa puissance était peu de chose; mais comme en 
ce temps-là l'empereur Huyèn tông avait du goût pour les exploits 
accomplis à la frontière, Du'omg tu* hûc et Quang scr khàch, mettant 
à profit leur situation éloignée pour en faire valoir les dangers, se 
seront tout simplement vantés d avoir tenu tète à un ennemi redou- 
table aRn d'obtenir la récompense du mérite qu'ils s'attribuaient. Sans 
cela comment aurait-il pu se faire que, disposant d'une pareille force 
armée et d'un aussi grand territoire, Mai thùc loan ait été terrifié et 
que son armée se soit débandée à la première apparition des troupes 
des Dîing? 



a. En kouan hoà < Kouang tch'oCi b. En kouan hoû c Cheoù tsai >. 
k^oh >. 



DOMINATION CHINOISE 167 

Les anciennes Annales disent aussi qu'il se ratlacba les troupes 
du Lâm âp et du Chan lap, qui se montaient à trois cent mille hom- 
mes. Sur ce point la lecture duBàng thane permet pas de démêler 
la vérité. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Da'o'ng ta' hue. 

LeBàng Ihor, dans le Mémoire biographique concernant ce per- 
sonnage, en fait un eunuque. Il était né àThach thành^ dans le ch&u 
de La^. Son nom de famille primitif était Tô ^. 

Qaang so' khaoh ***. 

* 

Il était originaire de Giang lâng ^^^. Au commencement des an- 
nées Khai nguyèn il fut transféré au poste de Bô h$ de TAnnam. 

Cho'n lap •*■. 

Nom de royaume. Voir à la douzième année &ai trung ' de Tem- 
pereur Tuyén tông des Bàng. 

Kim lân. 

Nom de royaume. D'après le Thâi binh ng\y lâm ^*^ ^, ouvrage com- 
posé sous les Tông, cet État portait aussi le nom de Kim tran ^. 

D'après le Ngoai quôc truy^n^*^* il se trouvait à plus de deux 
mille li à l'ouest du Phô nam *** ». 

L'ancienne route de Ma vién. 

D'après le Khàm châu c\iiJ de Chu Ihung* nièn la chaîne d*Ô I6i', 
se prolonge jusqu'à la grande mer, et du côté de l'ouest elle regarde 



a. En kouan hoâ « Chih tch'îng ». g. En kouan hoâ t Kin tchin i. 

b. En kouan hoà c L6 ». A. En kouan hoa c Ouai kouoh 

c. En kouan hoâ « Sou ». tchouén ». 

d. En kouan hoîi « Kianglîng ». ». Eu kouan hoâ « Foû nân ». 

e. En kouan hoâ «Ta tchong ». j. En kouan hoâ «K'inlcheoutchi». 

f. En kouan hoâ c T'ai p'ing yù A'.Eq kouan hoâ cTchoutch^ouen». 
làn ». '.En kouan hoâ c Ou léi ». 



lOS 



ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 



la mer de Giao chi. C*cst par là qu'arriva Hâ phyc ba ^' de DAng 
phù, alors qu'il pénétra dans TAnnam. On voit en ce liea an temple 
dédié aux héros. 

D'après le Vô quân quucljbinh thor" de Minh cô viêm*, depuis 
le temps de Mâphiic balles troupes de marine, qui passent toutes 
par la grande mer au midi du ch&u de Khàm, arrivent, à laide de 
la voile, en une journée au trân de Triéu du'orng', dans lechAu de 
Giao. C'est précisément le point dont nous nous occupous ici. 

Mai thno loan. 

il était né à Mai phù '', territoire de Thiën 10^^ dans le ch&u de 
Uoan. Ce pays dépend aujourd'hui du district de Can lOc^, départe- 
ment de Dire tho'', province de Hà Ijnh. 

Mai thùc loan était noir; de là vient le nom que lui donnèrent les 
gens du pays. De nos jours on voit encore les fondations des anciens 
remparts. Elles se trouvent dans le district de Nam dàng' , au som- 
met du mont Vj^ .11 y a aussi un temple dédié à ce personnage. Si- 
tué au village de liu'o'ng làm^' dans le même district, il est rangé 
au nombre de ceux qui ont été élevés à la mémoire des empereurs et 
princes des dynasties successives. 

ANNÉE CYCLIQUE DINU DÂU***' 

Dàng. — Deuxième anni'e Clii du'c*"'" de l'eiiipereur Tue tông***». 

Les Dang cuangent la désignation d^\nnam dô uô phu en celle de 

Tran nam dô nô puu^"**. 



a. En kouan hoà 
11 ping chou jo. 

b. En kouan hoa 

c. En kouan hoâ 

d. Eu kouan hoâ 

e. En kouan hoâ 

f. En kouan hoâ 

g. En kouan hoâ 
h. En kouan hoâ 



c Où kiùn kouoh 

« Mtngkoù yôn . 
« Ma fouh po ». 
« Tch'âo yî\ng ». 
c Mêi feoù ». 
«Tien louh». 
c Kan louh >. 
«Teh cheoù ». 



i. En kouan hoà c Nàn t*&ng ». 
j. En kouan hoà < Ouéi ». 
k. En kouan hoà c Hing làn ». 
/. En kouan hoà c Ting yeoîi ». 
m. En kouan hoâ c Tchi teh». 
n. En kouan hoà c Souh tsong ». 
0. Va\ kouan hoà c Tobin nàn iou 
hoù foù ». 



DOMINATION CHINOISE 109 

ECLAIRCISSEMENTS. — Trân nam dô hô. 

Au sujet de la résiclcnce du fonctionnaire qui en était chargé et 
des ch&u qu'il comprenait, voir à la première année Biéu I^ de l'em- 
pereur Cao tong des Dàng. 

ANNÉE CYCLIQUE DINH VI"* tf 

Dàng. — Deuxième année Dai lich'"* de rempercur Dai tông'"* <*. 

Les gens de C6 l6x^ kt de Ba ba* entrent dans le territoire et se 

LIVRENT A DES DÉPRÉDATIONS. Le KiNH LU'o'c SU'^ Trd'o'nG BA NGHI ^ 
LES ATTAQUE ET LES DISPERSE. Il BaTIT LA VILLE DE La THANH '*. 

D'après TAnnam kî yêu^^^* les gens de C6 lôn et de 0à bà ayant 
saccagé le cheMieu du chàu, Tru'àng bà nghi demanda du secours 
à Cao cbành binhi, qui élait dô u^ ^'^ ^ de Yô dinh. Les troupes de 
secours arrivèrent et défirent Tennemi à Chàu vien. 

Tru-àng bà nghi bâtit en outre la ville de La thành*^'. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Dà bà. 

Le Bhng thor, dans le mcmoire conccruant les Barbares du Midi, 
nous apprend que ce royaume touchait du côté de Test à la partie 
du Chan lap qui est sur la. terre ferme, et du côté de Toucst à Tlndo 
orientale; qu*il appartenait au midi à la région maritime, et qu*au 
nord il était limitrophe du Nam chiêu. Il avait dans sa dépendance 
dix-huit royaumes inférieurs. 

Il y avait en outre les tribus du petit Côn lôn, et le royaume du 
grand Côn lôn. D'après le Vô quàn quôc li binh tha de Gô vi^m, 

a. En kouan hoà c Ting ouéi ». h. En kouan hoà t Là tch'ing». 

b. En kouan hoa c Ta lih ». t. En kouan hoà « Ngan nan ki 

c. En kouan hoà « Ta tsông ». yâo» . 

d. En kouan hoà «Kouen louên ». j. En kouan hoà « Kao tching 

e. En kouan hoà « Tou p'ô ». p'ing ». 

/. En kouan hoà c King lioh chi ». k. En kouan hoà « Tou ouéi ». 
g. En kouan hoà «Tch'ângpehyl». 

AlRfALBS Dl L*AkNAM. — N0TB8. 13 



170 A.N.NALES IMPÈUIALËS DE LXNNAM 

le 

Royaume do Côa lÔQ 

se trouvait au sud du Lâtn îip; d où il suit que le territoire du Ui 
bà devait s'étendre jusqu'à lui. Il englobait les royaumes de Sîam 
et de Miên^^'^ Seulement il n*y avait dans ce pays aucune cen- 
Iralisation. Partout les habitants se plaçaient d'eux-mêmes sous 
rautorilé de tel ou tel chef puissant, et chacun faisait du brigandage 
une véritable profession. 

Aujourd'hui ce pays est fondu avec tous les anciens Elals. Le 
Tîit Iv'c'S le lia lièu^, le Giang lu'U'', le Bamà' et leL^ic g-iap^onl 
été aussi occupés par le^ Européens. Les indigènes ont conservé le 
nom de Dii bii et de Cùn lôn^'^ Les royaumes qui dépendaient de 
ces États font aujourd'hui partie de la province de Vinh long. En 
ce qui concerne la partie maritime, on distingue les tics du grand 
et du petit Côu l«jn^^'. Les Chinois qui vont y habiter et y exercer 
leur profession y ont déjà formé plusieurs générations. 

Vo dinh. 

I)*après le Oàng dia li Ichr'^'' c'était le nom de l'Ile de K| miV 

Tra*o'ag ba nghi. 



tt 



D*après le Dàng tha (Mémoire biographique concernant L^ quan 
h h*)', Tru'O'uij ha nghi était originaire du chAu de Ngyy. 11 com- 
nicnra sa carrière en servant avec distinction dans le corps d'armée 
commandé par le chef mentionné ci-dessus. 

Châu viôn. 
Voir le passage où il est parlé de Iliing vu'ang. 

a. Fin koiiaii hoâ «r Mi(>n ». f. Kn kouan hoa c Louh kîah ». 

h, Vax koiiau hoâ « IMli lih ». 7. Kn kouan hoa c T'ângti litchi ». 

c. Vax k(»uaii hoâ « 11 iâ lit\o 9. li, Vax kouan hoâ « Ki mt ». 

d. Vax kouan hoâ « Kian^ licoil ». /. Kn kouan hoâ cLikouangpih ». 

e. Kn kouan hoâ « Po ma.». 



DOMINATION CHINOISE 171 

La thanh. 

Voir à la septième année ilàm Ihông** de Tempereur Y long* des 
Dang. 

LkS BaNG rendent un ÉDIT décernant des honneurs a KlM TUl^, FEMME 

EXEMPLAIRE DU CUAU DE GlAO^^*. 

D'après le Bàng Iho* (Mémoire biographique concernant des fem- 
mes éminentes) Kim Ihi, après la mort de son époux, ne s*était point 
remariée. Elle avait pour fils le chef de brigands Dào té lu'Q'ng''. 
Elle lui avait enseigné la loyauté et la justice ; mais voyant qu'il 
s'obstinait à rejeter ses conseils, elle Tabandonna, travailla elle- 
même aux champs pour se procurer de la nourriture, et fila pour se 
vèlir ®*^. Dans les villages du châu on la respectait et on se la pro- 
posait comme un modèle. L'Empereur rendit un édit prescrivant de 
lui donner deux hommes pour Tassisler et la nourrir; et le gouver- 
neur du dao^^^ dut aller, tant qu'elle vécut, lui faire visite et prendre 
de ses nouvelles. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Dào tô luVûi:. 
Originaire du châu de Giao. 

ANNÉE CYCLIQUE MO TIIÂN »*' <? 
Dàng. — Troisième année Dai iich. 

Les Dang supphimi^mt la dénomination dk Tkan nam et rétablissant 

CELLE d'AnNAM DÔ HÔ PUU. 

ANNÉE CYCLIQUE TÂN VI»*V 

Dàng. — Septième année Trinh nguyôa'**i7 de l'empereur Du'c tông"" 't. 



a. En kouan hoà « Hiêu t*ong ». r». Eu kouan hoâ « Où cheii ». 

h. En kouan hoà c Yi tsong ». f. En kouan hoà « Siii ouéi ». 

c. En kouan hoà ce Kin chi ». . ^* En kouan hoà < Tchin youên ». 

d. En kouan hoà « T*âo ts'i liàng ». h. En kouan hoà € Teh tsong ». 



172 ANNALES IMPÉRIALES DE L*AM«AM 

Kn été, au quatrième mois, PhUNG Hu\nG', de BaNG LAM * DANS LE CBAC 
DE PilONG, LÈVE DES TROUPES, ATI AQDE LE B6 h6 PHU ET l'oCCCPE. 

Dès avant celle époque il y avait à Bàng lAm, dans le cbftu de 
Phong, un homme du nom de Phùng hung. Puissant et riche, il 
était d*unc bravoure el d*une vigueur extraordinaires'^'. Il profila 
des troubles qui signalèrent, sous les Bàng, le milieu des années 
Dai Ijch pour se placer avec son frère cadet Pbùng hài^ à la tète 
d*une troupe et soumettre par la terreur les villes du voisinage. 11 
prit le litre de Dô quAn «'«*' et son frère celui de B6 bào •"•. Le 06- 
li() Cao chanh-binh écrasait d'impôts les populations. Phùng bimg 
Taltaqua, mais il fut longtemps sans avoir le dessus. EnGn, sui- 
vant le conseil d*un villageois nommé Bo anb hàn^ il assiégea le 
phîi avec ses troupes. Cao chành binh mourut de chagrin et Phùng 
hu'Hg entra dans la ville où il s'établit et d*où il gouverna le pays. 11 
mourut ensuite, et les troupes proclamèrent son fils Phùng an' sous 
le lilre de Dô phù quân ^'*\ Phùng hirng fut honoré sous le litre 
poslhume de Bo câi dai vu*ang •'•'^ '. 

KCLAIUCISSEMENTS. — Cao ohanh biah. 

l)*après TAnuam kl yen il vivait au temps de Tempereur B^i tôog 
des Ijàng. Il fut d'abord dô uy> de Vu dinh. S'étant distingué en 
secourant Cao chdnh bmh avec ses troupes, il fut élevé à la charge 
de l>ô h(), 

Dàng lâm. 

Cest le nom d'un ancien village. D'après le commentaire des an- 
ciennes Annales, il se trouvait dans le district de Phu'dclOc*. Au- 

n, Kn koiian lioâ <( FAnghing ». 7. En kouan hoâ cFôngngan ». 

h, Vax koiiaii lioa <r T'Ang lin ». A. En kouan hoâ c Tou foù kîun >. 

r. Va\ kouan hoâ « Fou g hiài ». t. En kouan hoà c Pou kai ta 
d. En kouan hoâ « Tou kiun ». ouAng ». 

*\ En kouan hoâ « Tou pào ». j. En kouan hoà « Tou ouéi ». 

/*. En kouan hoâ c Tou ying hân ». A*. En kouan hoà c Fouh louh ». 



DOMINATION CHINOISE i73 

jourd'hui ce Phirdc l^c s'appelle Phirdc tho et se trouve dans la 
province de San tây. 

En examinant les registres de la province de Sorn tây on voit que 
le village de Càm lâm du district de Phu'O'c thç s'appelait ancien- 
nement Dàng lâm. Phùng hu'ng et Ngô quyën étaient tous deux 
natifs de cette localité. Aujourd'hui Ton y voit un temple. 

Le châu de Phong. 

• 

Les anciennes AnnUles l'appellent châu de Giao; c'est une erreur 
que nous corrigeons ici. En examinant l'édition originale du Dàng 
thor l'on voit qu'à la date de la septième année Trinh nguyên on n*y 
a mentionné que la révolte du lu tru*àng^^** annamite Bo anh hàn, et 
qu'il n'y est nullement question des événements qui concernent 
Phùng hu'ng. C'est que, comme le territoire était éloigné, on possé- 
dait peu de détails. 

B6oai. 

Dans le commentaire des anciennes Annales il est dit que d'après 
un ancien usage on appelait le père « Bô » et la mère « Cal ». De là 
le titre posthume donné à Phùng hu'ng ^'^ 

En automne, les Dâng élèvent Trieu xd'o'ng' a la charge de dô hô. 

D'après l'An nam ki yêu, comme le châu de Giao n'était pas 
encore soumis, Trieu xu'O'ng entra dans le pays pour le pacifier. 
L'agitation des esprits cessa aussitôt. 11 envoya un délégué faire 
des ouvertures à Phùng an, qui vint faire sa soumission avec son 
armée^ et reçut le titre de kinh Iirçrc chiêu thào xir trî su*®'**. 

En outre, Triéu xu'ang continua la construction des remparts de 
La thành®^'. Il parcourut partout les montagnes célèbres et les 
grands fleuves, visita les anciens monuments ainsi que les temples 



a. Enkouanhoà « Tchào tch^ang». b. En kouan hoà < Kinglioh tchao 

t'ào tch*où tchi chi ». 



i7i ANNAÎ.rS IMPKRIALES DE L'ANNAM 

(le (ous los qiiAn, et compila une description géographique du phii ^", 
dans loquol il résida pendant dix ans; après quoi il demanda«son 
rrinplaci^rnenl à causo d*nne maladie des jambes dont il éiail atteint. 

KCLAIHCISSEMEMS. — Trlôa xuVng. 

fl 

D'après le Dfmg tlicr son surnom était Ilûng 1$®** «. Il était origi- 
naire de Thien thùy^*^-*. Il fut à plusieurs reprises transféré au poste 
de thfch siV du chaù de Kién ^. Lorsque l'Annamite Do anh hàn se 
révolta, Trieu xu'crng fut promu à la charge doDô h^. H se concilia 
le cœur du pmqde, qui se transforma sous son influence au point 
que nul n*osail lever la tête. Au bout de dix ans. ayant contracté une 
maladie des jambes, il demanda son rappel. 

AXXKE CYCLIQUE TÂN TI"'rf 

Dàng. — Dix-si'ptit'mi* îinn«'M» Trinh npiiyrii. 

Lks |)ANr, NOMMENT Bv\ TFIAl ' A LA CHARGE PE DÔ HÔ. 



Trieu xu'O'ng ayant demandé son remplacement, los Bàng lui 
donnèrent pour successeur un lang trung^*** du ministère de la 
guerre nommé Bui thaï. Lorsque ce dernier fut arrivé à son poste, 
il employa les troupes h creuser les canaux et les fossés qui se trou- 
vaient îi l'intérieur des remparts et les réunit de manière à former 
un système unique de défense ^'*^. Il bAlit en outre les deux villes 
fortes de Iloan^etdc Ai^. Dans la suite il fut chassé par Vu'orng 
qui nguyén*, général commandant les troupes du châu. 

ANNÉE CYCLIQUE QUI VI •" i 
Dàng.— Dix-ncuvii>me année Trinh nguyrn. 



a. En kouan hoâ « Ilôngtsoù ». f. En kouan hoa « Hoan ». 

b. Eu kouan hoâ « T'ien clioui ». g. En kouan hoà c Ngai ». 

r. En kouan hoâ « KMcn ». h. En kouan hoâ c Ouâng ki 

(f. En kouan hoâ « Sin ssé ». youén ». 

p. En kouan hoâ « P'ci t'ai ». /. En kouan hoâ c Kouèi ouéi ». 



DOMINATION CHINOISE 175 

Au DOfJZrÈME MOIS LES DaNG ÉLÈVENT DE NOUVEAU TrIÊU Xu'o'nG 

A LA CHARGE DE DO HÔ. 

D'après le Bàng Ihor, à celle époque Triéu xirorng, nommé Te 
tini^^^^, enlra en charge. Peu après, Bui Ihai élait chassé par le 
général qui commandail les Iroupesdu châu. L'empereur Dire long 
fit appeler Triéu xu'orng et Tinlerrogea sur la sîlualion. Triéu 
xu'O'ng, qui avait alors plus de soixante-dix ans, répondit par un 
rapport dont la clarté excila l'admiralion du prince, qui le nomma 
une seconde fois dô hô. Lorsque le décret impérial arriva, les gens 
du Icheou le félicilèrent et les soldats qui avaient levé l'étendard 
de la révolte rentrèrent aussilôl dans Tordre. 

Dans la suile Triéu x.u'ang passa comme tiêt d^ sir^®** dans le 
Lành nam ^, avec la mission de soumetlre et de grouper les habi- 
tants de ce coin reculé et désert. Son mérite le fit successivement 
monter aux charges de ministre des travaux publics et de second 
tuteur du prince impérial. Il mourut à Tâge de quatre-vingl-cinq 
ans. L'Empereur lui conféra le tilre posthume de grand tou touh du 
châu de Du'cng. 

« Lirn diên hyu, dit Ngô si, avait maltraité les familles de la 
campagne et été cause des désordres suscités par Binh kiên: Gao 
chành binh avait aggravé les impôts et mis par ce fait en mouvement 
les soldats de Anh hàn ; mais Triéu xu'orng vint une première fois, 
et tout le monde fut en paix; il vint une seconde fois, elle désordre 
fil encore place à la sécurité. C'est ainsi que tout dépendait de la 
sagesse ou du manque de conduite des fonctionnaires que Ton 
envoyait aux frontières. Généralement le gouvernemoj[)t de ces ma- 
gistrats venus du nord se ressentait de Télôignement et du peu de 
culture du châu qui leur était attribué, en ce qu'ils faisaient peu de 
cas du lot qui leur était échu. Au temps donl nous parlons le peuple 
était en proie à une misère inouie^*^. Il n'avait personne à qui il 

a En kouan boa « Tsi tsieoù ». c. En kouan hoà « Linh nân ». 
b. En kouan hoâ < Tsieh toù chi». 



174 



ANNAÏ.ES IMPÉRIALES DE l/ANNAM 



J" /)fy 



ECLAIllCISSEMENTS. — Trfôa xnVng. 



(le tous les quàn, cl compila une description géographique du pbù ^^, 
dans lequel il résida pendant dix ans; après quoi il demanda^son 
remplacement à cause d'une maladie des jambes dont il était atteint. 

D'après le Dàng tho* son surnom était Hong tO^** •. Il était orîgî-a-vV^^ 
naire de Thien thùy^*-*. Il fut à plusieurs reprises transféré au postî»'/}.;; 
de thfch sir du chaù de Kién ^. Lorsque TAnnamitc Do anh hàn 
révolta, Triéu xu'O'ng fut promu à la charge doBô h<). H se concili 
le cœur du peuple, qui se transforma sous son influence au poi 
que nul n*osait lever la tète. Au bout de dix ans, ayant contracté n 
maladie dos jambes, il demanda son rappel. 



ANNÉE CYCLIQUE TÂN Tl^^d 

Dàog. — Dix-septième année Trinh nguyôn. 

Les Danc; nomment Bui thaï * a la charge i>e dô nô. 



lui 



^onf 



Trieu xu'O'ng ayant demandé son remplacement, les Bàng 
donnèrent pour successeur un lang trung^** du ministère de 
guerre nommé Bui thaï. Lorsque ce dernier fut arrivé à son p 
il employa les troupes à creuser les canaux et les fossés qui se trii' ' ^'' A\ 
vaient à l'intérieur des remparts et les réunit de manière à foTli - 'iv< 
un système unique de défense^". Il b/llit en outre les deux ywT^^'f^ :^^ 
fortes de Iloan ^et de Ai''. Dans la suite il fut chassé par Voflf ^'ï: zx2 , 
qui nguyùn^, général commandant les troupes du châu. • "^'''fa -^ 



ANNÉE CYCLIQUE QUI VI"* 

Dàng. — . Dix-neuvième année Trinh nguy(^n. 






a. En kouan hoâ <!c HôngtsoQ ». 

b. Eu kouan hoa « T'icn choui ». 

c. En kouan hoâ « K'ien ». 

d. En kouan hoâ <r Sin ssé ». 

e. En kouan hoà c P'éi t'ai ». 



/*. En kouan hoîi « Hoan ». . -fir^. 
g. En kouan hoa c Ngaî ». i»^^ 
h. En kouan hoà c Ouàilf . ' 
youén ». ■**^"- 

/. En kouan hoà c Kouèi oa 



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brin;:,;.: •■; Ai 



•'■la*. . 



170 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

pût adresser ses supplications et exposer son infortune. Lorsqu'en 
étudiant les Annales on arrive à cette époque il y a lieu d*être ému 
de compassion ! 

ANNÉE CYCUQUE MO TI«^« 

Dàng. — Troisième année Nguyôn hoà**' * de Tempereur Hiên tông***«. 

Les Dang nomment a la charge de dô-hô Tru'o'ng chau ' qui fait 
continuer et améliorer les constructions db la place forte de 

&AI LA ^. 

D*aprës TAnnam kl yêu, Tru'orng chftu débuta par être kinh lirqrc 
phàn quan^^^ ^, et fut ensuite transféré en qualité de B6 h$. C'est 
alors qu*il améliora et continua les constructions de la citadelle de 
La thành, et fil construire trois cents vaisseaux de guerre, qu*il 
appela Mông dông. Ils contenaient chacun vingt-cinq combattants 
et vingt-trois rameurs qui maniaient leur aviron en tournant le dos. 
Ces vaisseaux marchaient si rapidement qu'ils semblaient voler. 

Les deux villes do Hoan et de Ai avaient été attaquées et détruites 
par Iloùn vuang; Tru'ang chùu les fit reconstruire toutes deux. 

ÉCLAlitCISSEMENTS 

D'après le Thaï binh hoàn vô ki composé sous les Tông par Lae 
sir, dans la quatrième année Nguyén hoà, Tru'Cug chàu, dô hO de 
TAnnam, attaqua le royaume de Hoàn vu'orug^, usurpa le titre de 
d6 thông^^^^ de Uoan et de Ai et tua plus de trente mille hommes. 

Les Mông dông * . 

« Mông » s'écrit avec le caractère n* 8796 *^* du Dictionnaire de 
De Guignes, et « dong » avec le caractère n* 8789. 

a. En kouan hoâ c Où Isè >. f. Kn kouan hoà c King lioh fan 
à. En kouan hod « Youén hô». quan ». 

c. En kouan hoâ « llién tsong ». g. En kouan hoâ c Hoàn ouàng ». 

d. En kouan hoâ«Tchangtcheou». A. En kouan hoâ c Tou t*ông ». 

e. En kouan hou < Ta 16 ». /. En kouan hoà c Mông t'ông ». 



DOMINATION CHINOISE 177 

Ces bateaux étaient étroits, mais longs. On s'en servait pour fon- 
cer sur les vaisseaux ennemis. 

Hoan et Ai. 

Ces deux villes avaient été construites par Bùi tbai. 

Hoàn ▼a'o*|ig. 

C'était le nom de règne du prince de Làm âp ^^, 

ANNÉE CYCLIQUE Kl HOI*«'a 

Dàng. — Quatorzième année Nguyén hoà . 

Ou'o'kg thanh, Tm'cH su* DU chIu db Hoan, se révolte et attaque a 
l'improviste les villes ou dô hô phu; Il tue le dô-hô Lt tu'o^ng 
c6*. 

D'après le Cang muc^ Lf tu'gmg co, qui était cupide et ne gardait 
aucune mesure dans les exactions auxquelles il se livrait, s'aliéna 
le cœur du peuple. Drorng thanh était le chef héréditaire des Bar- 
bares du Midi. L;^ tu'ocpg cô, Tayant mandé, le nomma Nha 
tu'o'ng^et le chargea de châtier les indigènes de Hoàng dông^; 
mais Du'omg thanh, mettant à profit Tirritation du peuple, revint 
sur ses pas pendant la nuit, attaqua à Timproviste les villes du chàu, 
les ruina et tua Lf tu'gmg cô. 

D'après le Dàng-lhor Du'ong-thanh était le chef des Barbares. Il 
ne cessait de nourrir sournoisement des idées de révolte. Lorsque 
fut réprimée Tinsurrection des Hoàng, L^ tu'çrng co envoya des 
soldats pour y coopérer. Du'omg thanh revint aussitôt, attaqua 
à Timproviste les villes du chàu et tua Lf tu'orng cô. L'Empereur 
Tamnistiaet le nomma thich sir du ch&u de Quinh', tandis qu'il 
élevait Que trçng vô ^ à la charge de dô h$. Ce dernier, comme 

a. En kouan hoà € Ki hàî ». e. En kouan hoà € K*iông ». 

b. En kouan hoà « Li siàngkoù ». /*. En kouan hoà c Kouéi tcbông 

c. En kouan hoà c Yà tsiàng ». où ». 

d. En kouan hoà c Hoàng tông ». 



178 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Dirorng Ihanh résistait aux ordres de la Cour, donna des instructions 
h chacun des chefs de tribu, attaqua le rebelle, ledécapita, et exter- 
mina toute sa race. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Ly tuVng cô. 

D'après le Dàng tba (Mémoire biographique sur Tào vtromg 
minh) ^, ce personnage appartenait à la famille impériale des Dàng. 
Il était fils de Ly cao. Dans la quatorzième année Nguyén hoà il fut 
nommé dô h$ de TAnnam. 

Que trong to. 

Les anciennes Annales le désignent sous le nom de Que trçng; 
cVst une erreur que nous corrigeons ici. 

Les Hoiing dông. 

D'après le Dàng thor (Mémoire sur les Barbares du Midi} il y avait 
parmi les Barbares Tây nguyOn ^ une famille du nom de Hoàngqui 
dcmeui^it dans les cavernes du pays de Poàng trành, limitrophe 
du territoire des Nam chièu. On appelait cette tribu « les Barbares 
Houng dông ». Ils attaquèrent les dix-huit chàuqui dépendaient de 
Que. Partout où ils pénétraient ils pillaient et incendiaient. Les 
Chinois leur donnèrent le nom de Iloàng lâc'*^^ * ». 

Lorsque les soldats du dô h^ phii se révoltèrent, les Hoành dông 
aidèrent Dirgrng thanh à mettre à mort L;^ tu'çrng cô. 

Le chftu de Qoinh. 

D'après le D<7i nhû't thông chf, le pays qui portait sous les Hân le 
nom de Ghau nhai fut divisé sous les Dàng, et une partie servit à 
constituer le châu de Quinh, qui fut placé dans le ressort du dao de 
Lành nam. 



a. En kouan hoa c Ts*ào ouâng b. En kouan hoa c Si youén >. 
mtng ». c. En kouan hoà « Hoàng tseh ». 



DOMINATION CHINOISE i79r 

Les Bang no¥mext Ma tông a la charge de dô hô. 

D*aprës le Dàng tha, Ma tong passa du poste de thfch sir du chàu 
de Kién à celui de dû h^ de rAnnam. Il était intègre et ne commet-* 
tait point d*exactions, se servant de Tinfluence des lettres pour 
améliorer les mœurs. Les mesures qu'il prenait étaient bonnes 
autant qu'habiles. Aussi les Lf lao se tinrent-ils en repos. Ma tong 
érigea deux colonnes de cuivre gravées pour mettre en évidence, 
les bienfaits des Dàng et imiter le glorieux exemple de Phuc ba ^^ • 

OBSERVATION IMPORTANTE 

Les anciennes Annales ont oublié de mentionner le gouverner 
ment louable et habile du dô-h^ Ma tong. Aujourd'hui Texamen du 
Dàng Ihornous permet de suppléer à cette lacune. 

Le Mémoire biographique qui concerne ce personnage indique 
seulement la date par ces mots : « dans le milieu des années 
Nguyên hoà », et n'indique clairement ni l'année ni le mois. Nous 
avons dû, par respect pour Texactitude, les mentionner à la fin de 
ce qui concerne les années Nguyên hoà. 

ÉCLAIRCISSEMENTS 

D'après le Mémoire biographique concernant Ma tong, il avait 
pour surnom Nguyên h^i " et était originaire de Phù phong*^®*. 

Le chftu de Kién. 

D*après le Dàng dja ly ch(^ ce chàu dépendait du dao de Giang 
nam^. 

Les colonnes de cuiTre. 
Voir à la dix-neuvième année de l'empereur Kien vô des Hân. 



a. En kouan hoâ c Youên hoéi ». e. En kouan hoà «Tàngti litchi» 

b. En kouan hoà c Foû fong ». d. En kouan hoà c Kiang nàn ». 



180 ANNALES IMPÉRULES DE L'ANNAM 

Le caraotèra sim (gravées). 

qui porle le n"" 859 dans le Diclionnaire de De Guignes, se pro- 
nonce comme celui qui porle le n* 2372 **^*. 

ANNÉE CYCLIQUE GIAP THÂN<«>«« 

DàBg. — Quatrième année TruVng khanh ***** de rempereor Mue t6ng'***^ 
En hiver, au onzième mois, le dô hô Lt ngutêx giâ trânspêrb en dehors 

DE LA PORTE QuAN MÔn' LA MÉTROPOLE DU PHU. 

D*aprës T Annam ki yêu, Lf nguyén già, apprenant qu'à la porte 
de la ville il y avait des eatix contraires, craignit que les gens du 
chàu ne se révoltassent fréquemment. Il transféra donc dans la ré- 
gion arrosée par le fleuve Tô lich ' le siège du gouvernement du phù. 
Comme il bâtissait là une petite ville, un physionomiste '^' lui dit: 
« Vos forces ne sont pas suffisantes pour bâtir une grande cité; mais 
dans cinquante ans d'ici un homme viendra dont le nom sera Cao; 
il fixera ici le siège du dô h$ phù. En effet» dans le courant des 
années Hàm thông^, Cao bién^, en conformité avec les paroles du 
physionomiste, fit bâtir dans ce lieu la ville de La thành. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Le T6 Uch. 

C'est un affluent du Nhî hà^. 

D*après le Thanh nhirt thông chi le fleuve Tô Ijch, du nord-est do 
la ville préfectorale de Giao chàu, fait un détour pour gagner Test 
de la même ville, et se diriger ensuite en droite ligne vers le fleuve 
Nhu$. Jadis demeurait dans ce lieu un personnage du nom de Tô 
lich; c'est de là que vient celui du fleuve. 

Au début des années Vinh lac*^^ ' des Minh *^^, Hoàng pbu'dc, 

a. En kouan hoà <r Kiah chiu ». f. En kouan hoà t Hién t*ong ». 

b. En kouan hoà c Tch'àng klng «. g. En kouan hoà c Kao p*ién ». 

c. En kouan hoà c Mouh tsong ». A. En kouan hoà c Eûlh hô ». 

d. En kouan hoà c Kouan mén ». i. En kouan hoà c Yông lob ». 

e. Eu kouan hoà < Sou lih ». 



DOMINATION CHINOISE 181 

ayant creusé de nouveau le lit de ce fleuvei en changea le nom et 
l'appela Lai lô ^. Il coule aujourd'hui à Test de la métropole de la 
province de Hà n^i. 

Dans le district de Thç xvorng se trouve une bifurcation. C'est là 
que le Tô Ijcb se sépare du Nhi bà. 

ANNÉE CYCLIQUE AT TI «••• b 
Dàng. — Première année Bu*u lich '•^ c de Tempercur Kinh tông '**• «'. 

LkS &AN6 TRANSFÈRENT A ToNG BtNH ^ LE SIÈGE DU DÔ H$ PHU. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Tông binh. 

D'après le Phu'orng du* kl yêu ^ composé sous les Minh par Go 
to yb^y Tông binh se trouvait au sud de phù^ dans le territoire du 
district qui portait sous les Hân le nom de Long bien *^** *. Au com^ 
mencement du règne de Lu'u tông * ce district fut divisé pour for- 
mer celui de Tông binh, que les Tùy rattachèrent au chàu de Giao. 
Son chef-lieu devait donc se trouver dans le voisinage du rempart 
extérieur '^'^ de la ville métropole de Tancien fiô h$ pbù. 

D'après le Daf thanh nbirt thông chi le district de Tông binh dé- 
pendait de Tancien chàu de Giao. On trouve dans ce lieu les anciens 
remparts de Loâ làu-^'. Ils sont situés à dix-sept li à l'ouest du 
district. 

Si maintenant nous examinons ce qui concerne cette ville de Loa 
làu^ nous trouvons qu'elle était, au commencement des Hàn, le siège 
du gouvernement du quân de Giao chi. Les ruines se trouvent 
aujourd'hui dans le village actuel de Lûng khé, du district de Siéu 
loai, dans la province de Bac ninh. Elles sont à plus de trente li de 
la ville provinciale de Hâ nôj. 

a. En kouan hoà c Lài sou ». f. En kouan hoà c Fangyû kl yâo». 

b. En kouan hoà c Yih ssé ». g- ^ti kouan hoà < Koù tsoCi yù ». 

c. En kouan hoà <c Pào lih ». h. En kouan hoà< Long pien ». 

d. En kouan hoà c Kinh tsong». i. En kouan hoà c Lieoû tsong ». 

e. En kouan hoà c Sông p'ing ». j. En kouan hoà c Loua leoû »• 



182 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

■ 

ANNÉE CYCLIQUE MÔ'tH jCn '•" a 

Dàng. — Deuxième année Thai hoà *•'*'> de l'empereur Yan long *•*■<?• 

Vu'o'nG THANG TRIÊU *^ , THICH Su' DU CHAU DE PhONG, SE RÉVOLTE. Le DÔ 

HÔ HaN u'o'c* LK CHATIE ET LE MET A MORT. 

D'après le Bàng Ihor» Ilàn u-dc élait brave et déterminé. II avait 
quelque peu de littérature. Grâce à son habileté d'administrateur il 
parvint à la charge de thich sir duchâu deKién. Récemment investi, 
lorsque Vu*(rng thâng triéu se révolta, de celle de dô h^ de l'An- 
nam, il châlia les rebelles et pacifia le pays. 

Après la soumission et la mort de Vu*orng thâng (riéu, les troupes 
du phii se soulevèrent et chassèrent Ilàn u'dc qui prit la fuite et 
retourna dans le châu de Quùng. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Han u'o c. 

D'après le Dàng thor (Mémoire biographique concernant Virorng 
phién) ^, ce personnage était originaire de Yô lâng^ dans le ckàu de 
Lâng *. Il avança grâce à ses richesses *®**. 

ANNÉE CYCLIQUE BINH THÎN "" « 
Dàog. — Première année Khai thành "". 

Les Dang élèvent Ma thu'c ^ a la charge de dô h$. 

D'après le Dàng tho*, au commencement des années Khai thành , 
Ma th\jrc était dô hO de TAnnam. C'était un administrateur des plus 
habiles, et son esprit était orné. Son administration intègre ne pesait 
pas aux tribus indigènes '^^^. Il maintint dans la soumission, sans 
les opprimer, les chefs qui portaient le titre de Ki mi *^*®. Ces chefs 

a. En kouan hoà c Où chen >. f. En kouan kouà € Ou&ng fàn 9. 

b. Eu kouan hoà c T*ai hô t». g. En kouan hoà < Où ling ». 
e. En kouan hoà € Ouên tsong ». à. En kouan hoà « Làng ». 

d. En kouan hoà c Ouàng ching i. En kouan hoà c Ping chen». 
tchào ». j» En kouan hoà c Ma tchih ». 

e. En kouan hoà c Hân yoh ». 



DOMINATION CHINOISE 1Ô3 

venaient tous payer les droits sur les marchandises, et désiraient 
être soumis pareillement au tribut et à Fimpôt sur les terres. Dans 
la troisième année Khai thành, Ma Ibirc fit un rapport à l'Empe- 
reur, demandant qu'on transformât le district de Vô lang en cbàu du 
même nom, et qu'on choisit un des chefs pour le nommer thich su*; 
ce qui fut fait. Dans la suite, le châu ayant été supprimé, les perles 
revinrent daiis les étangs, La perfection de son gouvernement valut 
à Ma thi^c son transfert; il fut nommé quan sàt su*^-^ du Kiém 
trung *<>«. 

OBSERVATION IMPORTANTE 

D'après le Bàng thcr (Mémoires biographiques divers), le Dô h^ 
Ma tb^'c administra le pays avec intégrité; les indigènes vivaient 
dans l'aisance et dans la paix et les perles revinrent dans les étangs. 
Il semblait que la pureté de son âme se réflélât sur la nature *^*'. 
Le Thanb nbirttbôngcbf le range parmi les magistrats célèbres de 
TAnnam. En réalité il fut, avec Triéu xffirng et Vu'O'ng thirc, un 
des plus parfaits gouverneurs qui aient existé. En outre lefiàng dia 
1^ chi nous apprend que dans la troisième année Khai thành '^^^ Ma 
thyc fit un rapport tendant à la constitution du chàu de Vô lue ; 
c'est une chose qui peut être prouvée. Et cependant les anciennes 
Annales ont passé tout cela sous silence. Elles se bornent à men- 
tionner que, dans la première année H^i xu'crng*^^'* des Bàng, Vô bon 
remplaça Hàn u*d^c dans la charge de Kinh \\r(fc sur. En examinant 
actuellement le texte des Annales particulières des Bàng, nous 
voyons que, dans la troisième année Thai hoà*^^*de l'empereur 
Van tông, Hàn U'drc fut chassé par les troupes révoltées. Or, en 
comptant depuis la deuxième année Thai hoà *®^^ jusqu'à la première 
année H^i xirorng, on trouve intercalée dans cet intervalle une pé- 
riode nommée Khai thành, dont la durée est de cinq ans. C'est là 
que, selon toute apparence, il faut placer la magistrature du dô b^ 

a. En kouan boa c Hoei tch'ang f . 



184 ANNALES ÎMPËRtALES DE L'ANNAM 

Ma thvc S*il en est ainsi, Yô bon aurait succédé à Ma thi]rc et 
n'aurait pas remplacé Hàn iro^c. Aujourd'hui nous corrigeons cela 
et nous suppléons à ce qui manque, afin de mettre en évidence les 
bons administrateurs, de combler les lacune^ et de rectifier les 
erreurs. 

ËGLAmaSSEMENTS. - Ma thu'c. 

D'après le mémoire biographique qui le concerne il était origi- 
naire de Phù phong. Il parvint au grade de Tan si *®^* * et fut ensuite 
nommé membre du Chê séch khoâ ***• *. 

Kimi. 

D'après le 0àng dia ly chf, après que Tempereur Thai Idng^ eut 
soumis tous les Barbares voisins de la Chine, ils furent peu à peu 
absorbés dans Tempire ; leur organisation en tribus fit place à une 
série de chftu et de districts; leurs thir lanh*®^^^ devinrent des dô 
doc thfch sir **^^' * et reçurent le litre héréditaire de « Ki mi » K 

D'après le Gang myc tâp lâm ^, les mandarins du temps des Hin 
les appelaient « Mâ^, chevaux », Ki ngu'u * ou « Mi, bœufs chargés 
du licou ». Ils faisaient entendre par là que les Barbares des quatre 
points cardinaux soumis au gouvernement de l'empire devaient^ 
comme les chevaux et les bœufs, être maintenus par le frein ou 
le licou. 

Le châa de Vo lac. 

C'est un autre nom de chàu de Ki mi. On ne possède plus aujour* 
d'hui de renseignements sur la situation qu'il occupait. 



a. En kouan hoà c Tsin chi ». f. En kouan hoà c Ki mt 9. 

b. En kouan hoà « Tchitch*ehk*o». g. En kouan hoà c Kang mouh tsih 

c. En kouan hoà c T'ai tsong ». làn >. 

d. En kouan hoà c Cheoîi ling». h. En kouan hoà ^ Ma ». 

e. En kouan hoà «: Tou touh ts'é ù En kouan hoà c Ki nieoû ». 
chi ». 



DOMINATION CHINOISE i85 

Les parles des étangs. 

D'après le Hân Ihor, alors que Manh lhir<Vng était Ihai thu du 
IliOp phô, les perles qui avaient disparu revinrent. 

Selon le ïhanh nhirt thông chi ces étangs à perles se trouvaient 
dans le sud-est du district do Hi^p phô. C'est là où les gens du quan 
les recueillaient. 

ANNÉE CYCLIQUE TAN DÂU*"«a 

Dàng. — Première anaée Hôi xu Vnj^^ *^" de Tempereur Vo tông *"" b. 

Les 0ANG NOMMENT VÔ HON A LA CUAKGE DE KiNH hWqc Su'. 

Lorsque Vô hon fut arrivé, larmée d'expédition s'établit au chef- 
lieu duDô h^ phù, dont les troupes se révoltèrent de nouveau, brû- 
lèrent les édifices de la ville et pillèrent le trésor. Vô hôn s'enfuit 
aussitôt à Quàngchâu. Le giam-quân *^'^ Doàn-sî-tàc*' réprima le 
désordre^ et la tranquillité se rétablit dans tous les clu\u. 

ANNÉE CYCLIQUE BINII DAN »'»"</ 
Dàng. — Sixième aanée Flùi xu'o n^s'. 
En automne, au neuvième mois, les Baubares Nam chiêu *^ entrent dans 

LE pays et commettent DES BRIGANDAGES. Lë KlNH LuV'c Su' BuI- 
NGUYÊN-DU SE MET A LA TÊTE DES TROUPES DE TOUS LES DAO, LES ATTAQUE 
ET LES BAT. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Les Nam chiôu. 

D'après le commentaire du Cang m\ic les ancêtres des Nam chieu 
étaient des Barbares Ai lao. Leur territoire se trouvait à l'ouest du 
châu de Dieu, que le Dàng dia ly chi identifie avec le quan de Vân 



a. En kouan hoâ « Sin yeoù ». rf. En kouan hoâ « Ping yln ». 

b. En kouan hoà « Où Isong ». e. En kouan hoa <r Nân tchào ». 

c. En kouan hoà c Touânchi tseh». 

Annales db l'Annam I^ 



186 ANNAIJIS IMPÉIUALES DE L'ANNAM 

nani ''. Au sud-ost il loucbail au fîiao chi, cl au nord-oucsl au Tho 
pliicn. Dans le langage de ces Barbares, le Roi se nommait Chiêu *. 

il V avait autrefois six Chiru qui portaient les noms de MÔQg 
luîm '', ViiM tich'', Lfmg khung', Dîing dàm^, Thi lâng^ el Mông 
xâ^. Le Môngxa, se trouvant le plus au midi^ était appelé Nam 
chien *«". 

Lors des années Kliaî nguvAn '"'* le Nam-chii*u Bi-lfi-hap em- 
piéta sur les limites de ses voisins. Ses domaines étaient considé- 
rables, tandis que ceux des cinq autres avaient peu d*importance. 
Entraîné par sa cupidité il tendait à les absorber. Le tiêt d6 su"' du 
Kièm nam ^, nommé Wo'ng dyc ^, demanda alors que ron réuntt les 
six Chiêu en un seul. La cour fît droit à sa demande, et donna à cette 
réunion le nom de Qui ngaî *^'^ '. 

Sur ces entrefaites larmée de Tempire intimida et soamit tous les 
Barbares du Midi; après quoi les Tho phién furent défaits et trans- 
férés dans la ville deThéi hoà*". On mit ainsi un terme aux troubles 
qui désolaient les frontières. 

D'après les flàng tho* (Mémoire sur les Nam chieu), depuis les 
années Khai nguyèn, date à laquelle le domaine des six Chiêu fut 
réuni en un seul sous le sceptre de Bl lu hap, le pouvoir se transmit 
de génération en génération jusqu'à Tù long, fils de Phong h^u. 
Dans la première année Hàm thông*®*^" ce prince usurpa le titre 
impérial, fonda une dynastie sous le vocable de Kien cyc ^, et prit 
comme titre de règne les deux caractères Dai le^. Il exerçait sou- 
vent des brigandages dans le chîlu de Giao. Enfin, mis en déroute 
par Cao bien, il prit la fuite et retourna dans ses domaines. 



a. En kouan hoa t Yilo nàn >. 
/;. Kn kouan hoa t Tchao ». 
r. En kouan hoâ cMôngsiùn ». 
d. En kouan hoâ t Youoh sih ». 
c. Eu kouan hoâ < Lâng k'iong ». 
f. En kouan hoâ « Tèng tân ». 
7. En kouan hoâ c Chi lâng ». 
h. En kouan hoâ € Mông chee». 



I. En kouan hoa c Tsieh toû chi 9, 
j. En kouan hoâ c Kién nàn ». 
k. En kouan hoâ c Ouàng yuh » 
/. En kouan hoâ < Kouei yi ». 
m. F]n kouan hoâ c T'ai hô ». 
n. En kouan hoa f Hién (*ong ». 
o. En kouan hoâ c Kién kih ». 
p. En kouan hoà c Ta li ». 



DOMINATION CHINOISE 187 

DàDg. 

Pour avoir la prononciation exacte do ce mot, il faut combiner les 
deux caractères qui portent dans le Dictionnaire de De Guignes les 
numéros 2693 et 6481. Le résultat donnera le son du caractère 12;)34. 

Pour le mot dàm, il faut combiner les caractères H 15 et 5306; 
on obtient ainsi une prononciation identique à celle du signe classé 
sous le numéro 287. 

ANNÉE CYCLIQUE DINII «^^••"a 
Dàng. —Onzième ann»»c Dai Irung *"*•'' do rempereiir Tuyén I6ng""<^. 

Kn été, au QIJATRIÈMK MOIS, LES &A^G NOMMENT ChAU NHAI A LA CHARGE 

DE KlNH LUV'C SI*. 

Dans, ce temps-là les frontières de notre châu *"** était souvent 
troublées. ChAu nhai^, alors grand maréchal de la garde dite «Hiru 
can ngu'u vi} »*o^*«^ fut transféré de son commandement au poste de 
Kinh lu'ç'c sir; mais peu après il retourna à Quang châu. 

ANNÉE CYCLIQLE lA?i riîl?«"»V 
DAng. — Douzième année Dai trunfjr. 

Au PRINTEMPS, AU PREMIER MOIS, LES BaNG MOMMENT Vu'o'nO Tlir'c'' A LA 

CHARr.B DE KlMI Lu'ot'c DÔ IIÔ Su' *^*^ '* , 

9 

D'après le Dâng Iho", Vu^ng thiic était thich siV du châu de Tîm. 
Il fut, à cause de sa grande réputation de bonté, [promu à la charge 
de Bô h$ de l'Ânnam. 

A Tépoquc où les rizières sont desséchées, il faisait établir des 
barrières de bois et percevait un droit de mân tien ^^*^ ' ; et lorsque 

a. En kouan hoa « Ting tch'eoù ». /". En kouan hoa « Où yîn ». 

b. En kouan hoa <r Ta Ichong d. y. Eu koiiau hoa <r Ouùng chih ». 

c. En kouan hod «Siouén tsoug». /^ En kouan hoa c King lioh tou 
(f. En kouan hoa « Tchou yai ». hoii chi ». 

e. En kouan hoa ce Yeoù kannieoù /. En kouan hoa t Mtn ts'ièn ». 
ouéi ». 



1><H ANN.VLKS IMPKHIALES DE L'ANNAM 

les haliilanls iw payaieiil pas au temps voulu, on augmentait leur 
condiliiitioii ol on Texigrait cKune manière plus rigoureuse. 

L«>rs(pril eut perru l'impôt d'une année, Wcng ihû'c fit acheter 
(lu bois «le lïit *'^*'' " et en fabriqua des piquets avec lesquels il entoura 
le terrain sur une circonférence de douze li *^^". 

Au bout d'une autre année, outre la perception de Timpôt, il se 
mit à réunir peu à peu le peuple pour creuser des fosses et dresser 
des barrières, en dehors desquelles il ht [danter des bambouspiquants. 
Les brigands se trouvèrent dans l'impossibilité de violer cette en- 
ceinte ^"•'. 

Dans la suite, des soldats barbares ayant pille les environs du 
gué (bo), de (/un dieu '', Vu'ong thû'c leur fit faire des injonctions 
par des personnes qui parlaient leur langue, et ils partirent dans la 
nuit. Us env(»yèrent ensuite leurs excuses, disant qu'ils avaient 
voulu simplement reprendre des esclaves Lieu révoltés, et qu'ils 
n'avaient vu aucune intention de se livrer au brigandage. 

D'après le Cang mue, Wtrng thù'c était un homme de talent et 
de bon conseil. Lorscju'il arriva dans le Do hft phii, le dô-hi(*u^ La- 
hànb-cung'' h.» gouvernait depuis longtemps de sa propre autorité. 
Il avait sous ses drapeaux deux mille soldats exercés, tandis que 
Tarmée <lu do lio ne contenait que quelques centaines d*hommes 
affaiblis; et cependant Vu*ong Ihûc, à son arrivée, chassa les pre- 
miers à coups de manches de lance '"^-. 

KCLAIUCISSKMKNTS. — Vu'ongthu'o. 

D'après le Dàng tho' (Mémoire biographique concernant Vu'crng 
bà ) Vuo rig thùc était originaire de ïhai nguyén/'. Il fut admis dans 
le corps savant dit des lliénlang phu'ong chanh ^^^^0. 



a. Kii konan bo;'i « Leli ». «'. En koiian boa « Ouàng pouô ». 

/;. Mil koiiaii lioî'i (• Kin t'ièn ». /". En kouan hoâ « ï'ai youén ». 

r. Vax kouan hoâ « Ton hiâo ». [/. En kouan boa « lliên làng faug 

d. En kouan hua « Lô hîny kong ». tching ». 



DOMINATION CHINOISE 189 

Au milieu des années Thaï trung il devint thich sir du châu de 
Tan. 

Vu'cyng thirc donna la subsistance à plusieurs milliers de per- 
sonnes sans domicile ; aussi sa réputation de bonté le fit-elle élever 
à la charge de dô hô de TAnnam. 

Le Lat. 

C'est le nom d'un arbre pourvu de piquants. Lorsqu'on remploie 
pour faire des barrières, il est susceptible de durer plusieurs di- 
zaines d'années. 

D'après le commentaire du Cang mue, sous les Minh, dans les 
années Vlnh lac *^^* **, un ministre du nom de Tran hiep * eut com- 
munication d^une histoire de TAnnam dans laquelle il était dit que 
sous les Dàng Vu*orng-thirc fit planter des Lat, et qu'il fit creuser des 
fossés de défense qu'on remplit d'eau et autour desquels on piqua 
enterre des bambous épineux, de manière à former une enceinte 
infranchissable pour les brigands. 

On trouve actuellement de ces Lat dans le Giao chi. 

Câm diÔD. 

Nous ne possédons pas de renseignements exacts sur la situation 
de ce pays. 

Le bô^ 

Ce mot a le même sens que d^'', « gué ». 

D'après le Tap ki*^^^ « de Thanh tu-Q-ng/", c'est ainsi que dans le 
Lanh nam on appelle ce genre de passage. 

En été, au cinquième mois, les Barbares Tnô Mxy^ viennent exercer 

DES RRIGANDAGES. Vu'o'NG TUcV LES ATTAQUE ET LES REPOUSSE. 

a. En kouan hoâ « Yông loh ». /?. En kouan hou « Tsah ki ». 

b. En kouan hoâ « Tchîu hiah ». f. En kouan hoa « Ts'ing slang ». 

c. En kouan hoâ « Pou ». g. Eu kouan hoâ « T où man ». 

d. En kouan hoâ x Toù ». 



190 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

D'après le Bàng thor (Mémoire sur les Nam chièu) Tancien Kinh 
Iircrc siV, nommé L^ Iràc *"''^*, était cruel et cupide. Il avait établi de sa 
propre autorité la règle qu'un dliu de sel serait échangé contre un 
bœuf. Les Barbares orientaux, qui Irouvaient ce régime intolérable, 
s'associèrent à un général des Nam chiêu nommé Doàn lu et, chan- 
geant de Ciintonnomeiil, vinrent ravager le Bô h^ phii. Ils se don- 
naient le nom de « Bach y m^t mangqucln » *^'' \ 

Lv trâc ayant en outre tué leur chef Bo ton thanh '^^•, tous les Bar- 
bares se répandirent en plaintes et en cris de colère, et amenèrent 
avec eux les gens de Nam chieu pour piller la région limitrophe. 
C'est là Torigine des malheurs qui frappèrent la frontière du chAu 
de Giao. 

Lorsque vint Tépoque dont nous nous occupons actuellement les 
Man vinrent exercer leurs brigandages ; mais Yirarng thirc les atta- 
qua et les repoussa. 

En automne, au skptième mois, lk peuple du chause révolte et attaque 

LE CHKF-LIEU I3U PHII. Vu'o'nG THU'c SAISIT CES GENS ET LKS MBT A 
MOKT. 

D'après TAnnam kl yeu, à cette époque il se trouva des gens du 
peuple mal intentionnés qui se réunirent et formèrent une sédition. 
A la faveur de la nuit ils entourèrent la ville en battant du tambour 
et en poussant de grands cris, disant que le kinh-lygrc-sir CbAu-nhai 
avait fait avec des pavillons des signaux à Tarmée des Tètes jaunes 
afin qu'ils passassent la mer et vinssent attaquer à Timproviste, et 
ajoutant qu'ils voulaient reconduire le dô hO dans le nord. « Nous 
allons, disaient-ils encore^ nous établir sur les remparts afin d'ar- 
rêter l'armée des TiHes jaunes qui arrive de ce côté. » 

Yu'ang thu'c était en train de prendre des aliments. Comme quel- 
ques-uns lui conseillaient do fuir : « Si je faisais un pas ^^•, répon- 



a. Knkouantiouc Litchouoh». b, Vax kouan hoà c Peh y moub 

mini; kiun ». 



DOMLNATION CHINOISE 191 

dit-il, tous les défenseurs de la ville se disperseraient! » Il termina 
tranquillement son repas, endossa sa cuirasse, se mit à la tète de 
sa garde, et arbora son grand drapeau de général ; puis il s'assit et se 
mit à adresser des réprimandes aux révoltés. Ces derniers s'enfui- 
rent, et le lendemain il les fit tous saisir et décapiter. 

Notre chàu était alors en proie à la famine et au désordre. Cet état 
subsista pendant six années. On ne payait pas le tribut à l'Empe- 
reur, et, dans Tarmée, Ton ne recevait pas de dons de vivres. Vu'ang 
thirc rétablit d*abord le paiement du tribut, puis il donna des grades 
aux officiers et des vivres à Tarmée. Les royaumes de Ghièm 
thành *®*^ et de Chofn lap **^** renouèrent les relations diplomatiques 
avec l'Ânnam et restituèrent les gens du peuple dont ils s'étaient 
emparés. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — L'armée des Tdtes Jaunes. 

D'après le Bkng thorles troupes de la frontière, qui portaient le nom 
de Trung vô *®*' ", étaient vêtues d'un habit court en grosse laine 
qui tombait par derrière, et entouraient leur tète d'un turban jaune. 
Dans le midi on les appelait F armée des Têtes jaunes. Il n'existait 
pas au monde de soldats plus braves. Au moment où eutlieu le fait 
dont nous avons parlé ci-dessus, le Kinh-iu'grc-sir Ghaù-nhai était 
retourné à Quàng chàu; c*est pour cela que les insurgés s'expri- 
maient comme nous l'avons vu. 

Le Chiém thành. 

Ce royaume n^était autre chose que celui de Làm àp. Voir à son 
sujet à la neuvième année Vlnh hoà de l'empereur Mi^c de des Tan. 

Le Oho'n lap. 

Ce pays était situé au sud du Làm ap. 

D'après le dàng tha il portait aussi le nom de Kièt mi^t^, ol dé- 
pendait originairement du Ph6 nam. 

a. En kouan hoà « Tchong où ». b. En kouan hoà c Kih mieh >. 



<02 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Sous les Dàng, posiérieuremcnt aux années Than long *^" «, il fui 
partagé on deux. La partie du nord, qui était un pays monlagneax 
et accidenté, reçut le nom de « L\ic Chan lap »*®** *. C'est le Cam- 
bodge actuel. Dans la partie du midi, qui confinait à la mer, il y 
avait beaucoup d'étangs entourés de digues; aussi rappelait-on 
« Thuy Chcrn lap >)**'^*^^. Ce sont maintenant les six provinces du Nam 

ANNÉE CYCLIQUE CANII THÎSî •••' 
D&ng. — Premièrtî année Hàm th<^ng•••• de Tempcrcur Y tông'***^ 

Au PRINTEMPS, DANS LK TROISIÈME MOIS, LES 0AXG NOMMETT Ly HÔ^ A LA 

CIIAlUiK DE d6 IIÔ. 

D'après le Cang mue, comme les rebelles du Tfch dông, appelés 
O'AU phù ^, causaient du trouble, et que Tempereur des Tan délibé- 
rait sur le choix du général à leur opposer, le hùu ^ de Ha *, nommé 
Tu'^, lui dit : « Wang tbirc appartient à une famille de lettrés et 
ils*est distingué antérieurement dans rAnnam;c*est un homme qu'on 
peut employer. » On le manda à la cour et on le créa Tich dông 
quaii sal sii* *^'" *". Ly hù fut nommé dô h() à sa place. 

ÉCLAIHCISSEMENTS. — Ly hô. 

Pour avoir la prononciation exacte de la seconde partie de ce nom, 
il faut combiner ensemble les deux caractères qui portent les numé- 
ros 293 et mo dans le Dictionnaire de De Guignes. On obtient 
ainsi le son de celui qui est classé sous le numéro 320i. 



a. En kouan hoa « Chîn long ». /*. KnkouanhoâcLihoù». 

à. Kn koiian hoîi « Louh tchen g. En kouan hoâ c K'ieoû foù ». 

l<'^h ». h. En kouan hoa « Heoû ». 

c. En kouan hoa « Clioui tclicn ?. En kouan hoa « Hiâ ». 
lîih ». j. En kouan hoâ « Tse ». 

d. En kouan hoâ « Keng chrn ». k. En koiian hoa « Sihtong kouan 

e. Eu kouan hoa « Yi tsong ». tch'ah chi ». 



DOMINATION CHINOISE 193 

En hiver, au douzième mois, les Nam chiêu saccagent le cbef-lieu du 
Dô HÔ PHU. Le dô h6 Ly nô abandonne le chau et se retire. 

D'après le Thônggiàm, Ly liô, en arrivant dans le Do hO phù, 
lua le chef des Man nommé Dô Ihù Irîrng; à la suite de quoi les 
bandes que commandait ce dernier, entraînant avec elles les Bar- 
bares Nam chieu, attaquèrent et saccagèrent le chef-lieu du dô h$ 
phii. Ly hô s'enfuit dans le chàu de Vô. 

a:%néb cyclique tan ti «•'* « 

Dàng. — Deuxième anni'c Hàm t6ng. 

En été, au sixième mots, les DaNG CrfAROENT Vu'o'nG KHOAN * DES FONC- 
TIONS de KiNH Lu'çr'c su'. 

L;^ hO ayant échoué dans sa mission, les Dàng envoyèrent à son 
secours les troupes du quàn ^ du Ung'' et du dao de Lan *. 

D'après le Thông giâm, Ly hô, pendant son séjour à Vô châu, 
réunit des soldats du pays, attaqua tous les Man et reprit le chef-lieu 
du châu. L'empereur dos Dàng le réprimanda pour avoir laissé 
prendre la ville, et le fit descendre au rang de tu* h^^ de Dam 
châu*^'*^. Ensuite, comme la famille de Dô était riche et puis- 
sante, il mit tous ses soins à la conserver, et la laissa provisoire- 
ment en repos, dans Tcspoir d'en tirer avantage plus tard. Aussi 
conféra- t-il à Dç ton thành, père de Dô thù trîrng, le grade de ma- 
réchal du titre de Kim ngô '^^^'^, et reprocha-t-il de nouveau àLy 
ho le crime qu'il avait commis en tuant le fils de ce chef. Il l'exila 
dans le chàu lointain de Nhai, nommant, pour le remplacer dans 
son ancienne charge de Kinh liiac sir, Yuangkhoan qui était alors 
Phông ngir sir *"'* ' du chàu de Diêm K 



a. En kouan hoà « Sin ssé ». /*. En kouan hoà « Sse hoù 9. 

b. En kouan hoâ« Ouàngk'ouan». g. En kouan hoa « Tan tcheou j>. 

c. En kouan hoa «Kouan :». h. En kouan hoa « Kin où ». 

d. En kouan hoà « Yong ». i. En kouan hoà « Fàng yù chi ». 

e. En kouan hoà « Lin ». j. En kouan hoà « Yen ». 



194 



ANNAf^S IMPÉRIALES DE L'ANNAM 



KGLAIRCISSEMENTS. — Le qaan de Ung. 

Il n'était autre que le chAu du même nom, et fut constitué par les 
Dàng. 

D'aprbs le Gang m^c tap lam le mot « quân » est synonyme de 
« phù » (préfecture). 

Le chaû de Dam. 

Le même que celui de Dam nhî. Sous les Bàng il dépendait du 
dao de Lftnh nam. Voir & la première année Kiên dire do Thuât 
du'o'ng vu*ang, des Trii'u. 

ANNÉE CYCLIQUE NHÎM NGÔ**'*« 

Dàng. — Troiiiirinc aniiôe lia m tliông. 

Au PRINTEMPS, DANS LE DEUXIÈME MOIS DE l'aNNÉE, LES NaM CHito PÉNÈ- 
trent de nouveau dans le territoire et y exercent des brigandages. 
Les Dang nomment Thaï tap ^ a la qiargk de Kinh lu^c su' avec 
mission de lever des troupes et de les arrêter. 

D après le Cang m\jiC, les Nam chiêu étant entrés dans le pays 
pour le ravager, et Vu'ang khoan ayant adressé, à plusieurs repri- 
ses, des avis pressants à la cour, l'empereur des Dàng nomma h sa 
place l'ancien Quan sat su' du Ilâ nam "", nommé Thaf t^p, à qui on 
envoya, pour les opposer aux Barbares, des soldats levés dans les 
daode Hù"', IIo;it% Tîr/', Bi('n^ Kinh\ Tu-ofng • , Bàm/ et Ng»l *, 
et qui formaient un total de trente mille hommes. Voyant la force 
de cette armée, tous les Barbares se retirèrent immédiatement. 



a. Eu kouan hoà <( Jèn où :». 

b. En kouan hoâ c Ts*ai sih », 

c. En kouan hoà <Hoù nàn ». 
{/. Eu kouan hoa c Hiù ». 

^. En kouan hoa c Houah ». 
/*. En kouan hoà « Siû »• 



g. En kouan hoà « Pién ». 
h. En kouan hoà c King». 
t. En kouan hoà c Siang ». 
j. En kouan hoà cT'àn ». 
k. En kouan hoà c Ngoh ». 



DOMINATION CHINOISE 195 



ÉCLAIRCISSEMENTS. — Hu', Hoat, Tu\ Biôn, Kinh, Tu'o'ng^ Dàm, Ngat. 
Ce sont los noms de huit châu. 

Ex ÉTÉ, AU CrXQUlfcMK MOIS, LES BaNG DIVISENT LE LaXH EN DEUX DaO, 
l'un ORIENTAL ET l'aUTRE OCCIDENTAL, AVEC Vl TRU ** ET TïIAl KINH*', 
COMME TIÊT DÔ Su' *°"^ . 

D'après le Gang mue, le thir lù'*^"" de gauche, nommé Thai 
kinh, était d*un naturel cupide et crueU et se montrait souvent 
trompeur. Les ministres de cette époque, le trouvant doué de talents 
administratifs, présentèrent h TEmpereur un rapport dans lequel ils 
lui proposaient de l'envoyer pour mettre en ordre et organiser les 
aiïaires du Lfinh nam. 

Ce pays de Lanh nam était anciennement partagé en cinq divi- 
sions administratives qui portaient les noms de Quàng'', Que^, 
Ung/", Dung^ etAnnam; elles en relevaient toutes. Thai kinh de- 
manda à l'Empereur d'en distraire le chaude Quàngpouren former 
un d:io oriental, et le châu delJng pour en former un dao occidental; 
puis de placer le premier sous l'administration de Vi tr\i, et le se. 
cond sous la sienne à lui Thai kinh. En outre Thai tàp, qui com- 
mandait les troupes des dao, se trouvait dans l'Aiinam. Thai kinh, 
qui lui portait envie et craignait qu'il n'acquit, en se distinguant, des 
tilres à la faveur de la cour, adressa à l'Empereur un rapport dans 
lequel il exposait que, les troupes des Barbares s'étant enfuies au 
loin, aucun danger ne menaçait la frontière; et qu'en conséquence, 
il demandait que l'on retirât les troupes qui la gardaient. Sa requête 
fut accueillie. Thai tap expédia de son côté plusieurs rapports, di- 
sant que les Barbares guettaient l'occassion de recommencer leurs 



a. En kouan hoà « Ouéi tcheoù 9. e. En kouan hoa c Kouei >. 

h. En kouan hoà c Ts'ai king ». f. En kouan hoa < Yong :». 

c. En kouan hoà« Toii tsè :». g. En kouan hoa c Yông ». 

d. Eu kouan hoà c Kouàug». 



196 ANNALES IMPERIALES DE L'ANNAM 

brig^andages, et qu'il no convenait pas d'abandonner les précautions 
prise?. Il priait la Cour de lui laisser cinq mille hommes; mais ce fut 
en vain. Il présenta alors la situation comme désespérée et envoya un 
mémoire au trung tho" ^'^"'^ "; mais les ministres de l'époque n'écou- 
taient que les paroles de Thaï kinh et n'ajoutaient aucune foi aux 
siennes. 

Cependant Thaf kinh administrait avec cruauté et tout le pays se 
plaignait de lui. Chassé par les troupes, dégradé et réduit aux 
fonctions de tu* hô du chàu de Nhai, il refusa de se rendre à son 
poste et retourna à Linh lang*. L'Empereur rendit alors un décret 
dans lequel il l'autorisait par faveur à se donner la mort lui-même. 

ÉCLAmciSSEMENTS. — Le Quang et le Quô. 

Dans les anciennes Annales on lit « le Liêm et le Que»; c'est une 
erreur *^'^. 

Vi tru. 

Il était originaire de Van nien*' dans le quîm de Kinh triéu **'^®. 

D'après le Bàngtha (Mémoire biographique concernant Vi dan)**, 
le fils de ce personnage, nommé Vi tru, passa dans le Lanh nam en 
qualité de tiet d^ sir. 

ANNKB CYCLIOUE QUI VI '•••• 
Dàng. — Quatrième annexe Hàm thông. 

Au PRINTEMPS, DANS LE PREMIER MOIS DE l'aNNÉE, LES NaM CUIÊU METTENT 

A SAC LE Dô nô piiu. Le Kinii lu'q'c su' Thaï tap et Nguykn duy dd'c /", 

HAU DE Nr.u ^ , périssent dans le comrat. 

D'après le Cang mue les Nam chif u, entraînant avec eux une mul- 



a. En kouan hoîi « Tchongchou». e. En kouan hoà « Kouoi ouéi ». 

/>. En kouan hoa « LIng liug ». f. En kouan hoâ« Youênoueîteh». 

c. Eu kouan hoâ « Ouan uiêu ». g. Eu kouan hoa « Yrt ». 

d. En kouan hoa « Ouoî tan ». 



DOMINATION CHINOISE 197 

titudcdc Barbares Man, avec Ies«]uels ils formaient une armée de 
cinquante mille hommes, vinrent ravager le pays. ïhai tàp ayant 
fait connaître la situation critique dans laquelle il se trouvait, TEm- 
pereur rendit un décret par lequel il ordonnait d'envoyer deux 
mille soldats des gouvernements de Kin et de Hô, et trois mille de 
celui de Que; mais avant Tarrivce de ces troupes les Nam chieii 
avaient déjà assiégé le chef-lieu du J>ô ho phù. L'armée de secours 
ne put parvenir à destination; la ville fut saccagée; les gardes de 
Thaï lap reculèrent pied à pied en combattant avec acharnement, 
tandis que lui-même, ramassant une dizaine de flèches, s'ellorçait de 
gagner le vaisseau dugiam quûn : mais ce navire avait déjà quitté 
le rivage. Thai tàp se jeta à l'eau et périt. 

Plus de quatre cents robustes soldats, appartenant au midi du 
pays de Kinh, avancèrent jusqu'au bord de l'eau, à Test des rem- 
parts. « Nous n'avons point de bateaux » leur dit Nguyen duy dû'c, 
hiîu deNgu; « si nous entrons dans Teau, nous ne pourrons échap- 
per à la mort. 11 vaut mieux retourner sur nos pas et combattre les 
Barbares. Qu'un seul d'entre nous n'ait contre lui que deux d'entre 
eux, et l'avantage sera encore de notre côté ! » Us retournèrent aus- 
sitôt vers la ville; les soldats s'élancèrent et tuèrent plus de deux 
mille Man; mais à la nuit le chef des Barbares, nommé Du'ong tir 
tan, sortit pour les secourir. Nguyen duy duc et les siens furent dé- 
faits et périrent. Les Nam chieu saccagèrent le dô h() phù à deux re- 
prises; ceux qu'ils tuèrent ou prirent se montèrent à cent cinquante 
mille hommes. Ils laissèrent à leur général Du'ong tir tan vingt 
mille soldats Man pour garder la ville. LesDi lieu des grottes etdes 
vallées tirent tous leur soumission. 

ÉCLAIKGISSEMENTS. 

D'après le Dirofng thàn dien tai kl *'^^2a^ ggyg j^g Bàng, dans la qua- 
trième année Ilàm thông, le Nam chien Mong Ihe long dévasta le 

a. Eu kouau hoa « Yàng chéu t'ién tsai ki ». 



198 ANNAIJîiS IMPÉUIALES DE L'ANNAM 

Giao chi, tua ou fil prisonniers en toul cent cinquante mille hom- 
nrios, et laissa vingt mille soldats au général Dororng tir tîin pour 
garder sa conqnête ; les Di liftu des vallées et des grottes lui firent 
tous leur soumission. Kn examinant d'après ce passage les faits ra- 
contés ci-dessus^ on voit que les JNam chieu dont il est question à 
cette époque étaient les sujets de Mông thè long. 

Ex ÉTÉ, Al' SIXIÉMK MOIS, LKS DANti SUPPRIMENT LE DÛ llô PHU, CONSTI- 
TUENT DANS LE TRAN ^^^^ DB IIaI MÔN " UN CHAU PROVISOIRE DE GlAO **^**, 
NOMMENT TÔNftNniîNo'^ A LA CHARGE DE THICII Su' BT DONNENT A KhANG 
THUA IIIJAN^ LE COMMANDEMENT GÉNÉRAL DU LaNH NAM ET DES RÉGIMBNTS 
DE MARCHE DE TOUS LES CORPS d'aRMEE. 

D'après TAnnam ki yeu, dans ce temps-là les Nam chieu ayant 
ruiné le chef-lieu du dA h^ phii, les Dàng rappelèrent les troupes 
des provinces pour défendre le dao occidental du Lfmh nam. Ils 
supprimèrent le dA hô phîi, et constituèrent dans le tràn de ilai 
mon un cliAu de fiiao provisoire. Ils en nommèrent thfch-sir Tông- 
nhung, maréchal du titre de « hiVu giim mon vi) ))*o"rf, et donnè- 
nèrent à Khang thîra huîm, tiét dô sir de Vô ngaî*, le commande- 
ment en chef du Lanh nam et des régiments de marche de tous les 
corps d'armée. 

D'après le Cang m\ic, Khang (hîi'a huîtn, à son arrivée dans le 
châu de Ung, n'élahlit pas de postes d'observation. Comme les Nam 
chien, avec soixante mille hommes, allaient pénétrer dans le terri- 
toire, il envoya des troupes contre eux ; mais les huit mille soldais 
qui formaient le contingent de cinq dao périrent tous. Seul le corps 
d'armée nommé Thiénbinh^, qui était arrivé le dernier, put échap- 
per. Khang thira huîm ne savait quel parti prendre. Le Phô-sir*®'^*^ 



a. Enkouanhoa^IIai mon ». d. En kouan hoà c Yeoù kien mén 

h, Va\ kouan !io;i «Sôngjùng». ouei ». 

c. En kouan hoâ « K'ang tch'îng e. En koiian hoâ «c Où yî ». 
hiùn ». f. En kouan hoà « T'ien p'ing ». 

g. En kouan hoà < Foù chi ». 



DOMINATION CHINOISE 199 

L^-hànli-lô " employa une grande troupe d'hommes à creuser des 
fossés et à planter des pieux. Ils avaient à peine terminé que le 
corps de troupe des Barbares se réunirent et les assiégèrent quatre 
jours durant. Comme leurs préparatifs d*attaquo s'achevaient^ tous 
les officiers demandèrent à aller pendant la nuit et par divers che- 
mins, rompre les retranchements de Tennemi; mais Kbang thîra 
huàn ne voulait point le permettre. Enfin un tien hi^u^ du régi- 
ment de Thièn binh le demanda à plusieurs reprises avec tant d'in- 
sistance que le général finit par y consentir. On fit, pendant la nuit, 
descendre du rempart, au moyen de cordes, trois cents soldats dé- 
terminés qui, se répandant de tous côtés, brûlèrent le camp des 
Barbares^ dont ils décapiteront plus de cinq cents. Les Barbares se 
dispersèrent. Khang thîra huàn se h&ta d'adresser à l'Empereur un 
rapport dans lequel il annonçait cette victoire, s'en attribuant faus- 
sement le mérite. Il fut promu aux fonctions de liom giao hiru b^c 
X(7^. Ses enfants, ses proches et ses amis dont lo rapport vantait le 
mérites, reçurent tous des récompenses. Quant au tiou hi^n, à qui 
on devait Tincendie du camp des Barbares, il ne fut pas promu 
d'un degré; aussi, dansTarmée irritée, criait-on à l'injustice. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Kbaog thu'a huan. 

D'après le Dàng Iha (Mémoire biographique concernant Khang 
nhu't tri)^ ce personnage était originaire du chàu de Linh et fils 
de Khang nhyt tri. Comme il s'était distingué à plusieurs reprises 
dans ses études et était monté successivement jusqu'au grade de 
maréchal du titre de hû'u than vô^®*'% il fut nommé au poste de 
tiét d^sû* de Yô ngaî. d'où il passa dans le d:io occidental de L5nh 
nam. 



a. Enkouanhoic Li htng soù». d, Enkouanhoà cK'angjih tchi>. 

b. EakouanhoàcSiao hiào ». e. En kouan hoà c Yeoù chin où )». 

c. En kouan hoà c Kièn kiào yeou 
pouh yé ». 



200 ANNALES IMPÉRIALES DE LANNAM 



Hal mÔD. 

D'après le Thaiih nliût Ihûng clii le Iran de liai mon était silué 
dans h; district de Bac bach *^'**^ " dépendant du cliaù actuel de Hat 
lAni, à (juinzc li du chef-liou du ce district. C'était anciennement la 
roule par laquelle on pénétrait dans TAnnani. C'est par là que Cao 
bien, k la tùle de son armée, entra pour soumettre le pays. Quel- 
ques-uns placent à liai du'ang le Iran de liai mon, mais ils font er- 
reur. Cela vient de ce qu'on avait cru reconnaître Hai mon pour le 
lieu où Ngo quyen avait battu Uoan thâo* et Thifc dyc*^. 

En automne, ai- septième mois, les Dang constituent de nouveau un dô 

h{) IMIU dans le CIIAU PKOVISOIRE DE GlAO, ET NOMMENT ToNG NHUICG 
A LA CHAIVGE DE KiNli Lu'ç'c SU*. IlS EXPÉDIENT DES TROUPES DU So'k 
DÔNG'' POL'U MAINTENIR LE PAYS DANS l'oBÉI5SANCE. 

D*après le Cang mue, les troupes, fourmes par tous les dao de 
l'empire des Dàng, qui étaient venues au secours de TAnnam 
étaient réunies au Lanh nam dans le même campement. Comme le 
transport des vivres était pénible et coûteux, un homme du ch&u 
deNhuan', nommé Tran bàn tbach^, s'adressa à l'Empereur, de- 
mandant à construire un grand vaisseau d'une capacité de mille 
jj^^. losoy Qi i^ opérer le transport du riz parlcPhu'orckîen . Il disait 
que par la voie de mer on arriverait en moins d'un mois à Quàng 
châu. L'Empereur y consentit, et le ravitaillement de l'armée fut 
assuré; mais les fonctionnaires chargés de ce service, sous couleur 
de les louer à Tamiable, pillaient les navires des marchands; puis, 
une fois en mer, il arrivait qu*on rencontrait des tempêtes et que 
les b&timents coulaient ; alors ils attaquaient les gens des bateaux 



a. En kouaiï hoâ u Poh peii ». c. En kouan hoâ « Jouén ». 

h. En kouan hoâ « I16n^' ts'ao ». f. Enkouauhoa«Tchinp*àn chih ». 

c. En kouan hoâ « Tchih yih ». [/• ^" kouan hod c Houh ». 

d. En kouan hoâ « Chauij toug ». h. Ylw kouan hoâ « Fouh kién ». 



DOMLNATION CHINOISE 201 

des Cang luî^ et les contraignaient à otlrir leur riz; de là du mécon- 
tentement dans le peuple. 

Kr.LAlIlCISSKMEM'S. — Les Gang lai. 

Ces officiers, nommés aussi Cang dien ^, étaient, d'après le Gang 
myc tiip lam, chargés de la direction des écritures concernant les 
transports par eau. 

ANNÉE CYCLIQUE GIAP THÂN "** 
DàDg. — Cinquième année Hàm tliông. 

Les |>ANG NOMMENT Tru'O'M; NHAN'' a la charge de ToNG QUAN KINH 
LU'o'c su'* ■'^* ^, ET CONCENTRENT DANS SES MAINS TOUTES LES AFFAUiES 
DU CIIAU DE GlAO. 

Diaprés le Cang mue, dans ce temps-là, comme les Nam chieu 
avaient traversé le cbaû de Ung,rarmée régulière des Dàng les écrasa, 
et Khang thira huîm, s'altribuant injustement le mérite d'un autre, 
fut promu aux fond ions de Lirm giaoLanh nam lietâ^^; mais Vi Iry, 
qui n'ignorait rien de sa conduite, la dévoila dans un rapport adressé 
ciu ministre d'Etat, lequel destitua Khang thii'a huan et nomma 
Tru'nrng nhàn à sa place. 

Profitant de la présence des trente-cinq mille hommes du tràn 
de Hal mon, la Cour prescrivit à ce dernier de marcher en avant et 
de prendre le chef-lieu du d6 ho phù. 

En AUTOMNE, AU SEPTIÈME MOIS, LES BaNG NOMMKNl Cao BIÈN/ A LA 
CHARGE DE DÔ UO TON<; O^'AN KINII LU^^ CHIÊU TIIAO Su' •"■'-''. 

D'après TAnnam ky yeu, comme Tru*ong nhân se montrait hési- 
tante! ne marchait point en avant, Tu*, hau de lia, recommanda pour 

a. En kouan hoà « Kang 11 ». ''. Kn kouan hoa <t Kiùn kiâo ling 

b. En kouan hoà « Kang lien ». nàn tsieh ton ». 

6*. En kouan hoà < Tchang yin ». f. En kouan hoà «Kao p'iên». 
d. Eu kouan hoà « Tsong kuuàn ff. En kouan hoà t Tou hoi'i tsùng 
king lioh chi ». kouùn kiiiglioh tchao t'aôchi ». 

AxriALBS Dl L*Â.1!<IAM. ^^ 



^02 ANNALKS IMPÉRIALES DK I/ANNAM 

le remplacer, Cao bien, maréchal de la garde à cheval, et on mil 
sous les ordres de ce dernier toutes les troupes que commandait 



Tru-ang nhân. 



ÊCLAIIIGISSEMENTS. — Cao bidn. 

Diaprés le Dàng tha (Mémoire biographique concernant Cao bien), 
ce général avait reçu dans son enfance le surnom de Thièn |^*«*' « ; 
il élait originaire du chAu deU'^ et petit-fils de Sùng van^ Dans 
sa famille le titre de Càm v(''^^^'' passait de génération en généra- 
tion. Il avait reçu dans sa jeunesse une éducation assez cultivée, et 
montrait des habitudes régulières. Il s'occupait de littérature et fré- 
quentait les gens instruits; de plus, il jouissait d'une grande consi- 
dération parmi les troupes des deux corps d'armée desdao de Khanh 
khanh' et de Bàm tri ^, dans le chAu de Giao. Il servit sous les ordres 
de Châu thAc minh ^ en qualité de tir ma *^^^*. A cette époque il arriva 
que deux dieu *^^^'*' furent aperçus volant ensemble. Cao bien saisit son 
arc pour les tirer; mais d*abord il fil celte prière : « Si je dois devenir 
grand et noble, que je touche un de ces oiseaux ! » Il tira, et les attei- 
gnit tous les deux du même coup. Tout le monde fut frappé d'étonne- 
mcnt, et cet exploit lui valut le surnom de « Lac dieu thingv* » *^^i. 

Cao bien fut promu successivement aux dignités de H(ru than 
sîich *^''^ * et Ilau de Dô ngu '. Ses mérites l'élevèrent à la charge de 
Tan chàu phong ngir su' «^^i»^"'; enfin, les Nam chieu ayant ravagé le 
châu de Giao, il fut nommé en remplacement de Tru'ang nh&n et 
chargé de les réprimer. 



a. Eu kouan hoâ « IVicn li d. h. En kouan hoà c Sse m& ». 

b. En kouan hod « Yeou ». t. En kouan hoà cTiao ». 

c. En kouan hoîi cTch'ongouèn». j. En kouan hoâ cLohtiaochîyiu. 

d. En kouan hoa « Kin ouéi ». A'. EnkouanhoâcYeoùchin ts*eh». 

e. En kouan hoa <f Kong k*eng ». /. En kouan hoà « Touyû ». 

f. fin kouan hod « T'i\n tchi ». 7/1. En kouan hoâ c Ts'in tcheou 

g. En kouan hoà « Tchou chouh fàng yiï chi ». 
mlng ». 



DOMINATION CHINOISE 203 

D'après le Mémoire biographique concernant Lira Iniyçn, 

Ta', haû de Ha 

avait pour surnom « hào hoc »««"««; il était originaire de Tu)\\ * dans 
le chàu de Bac ^. 

Khanh khanh. 

Ces caractères se prononcent comme celui qui porte le no II008 
dans le Dictionnaire de De Guignes; ils ont le sens de bruit dp pier- 
res^ et aussi celui de V apparence d'un homme de petite taille. 

Les troupes des deux corps d'armée. 
Dans le Gang m^c on lit les mandarins des deux capitales. 

Le Diôu. 

Ce caractère se prononce comme celui qui porte le n** 10389 dans 
le Dictionnaire de De Guignes. Il désigne un oiseau de proie de la 
Tartarie. 

ANNÉE CYCLIQUE At dAU ••»•*' 

Dàûg. — Sixième année Ilàin Ihông. 

EN AUTOMNE, AU SEPTIÈME MOIS, CaO BIEN s'aVANCE AVEC SES TUOUHES 
JUSQU A PhONG CHAU, ATTAQUE L*ARMÉE DES BaKBARES ET LES DÉFAIT. 

D*aprës le Cang m^c, comme Cao bien, avant de se porter en 
avant, exerçait ses troupes dans le tràn de liai mon, le giAm- 
quân**°-* L^ duy chàu^, qui le détestait et voulait se débarrasser 
de lui, rayant poussé à plusieurs reprises à mettre Tarméo en 
mouvement, le général passa le premier la rivière avec cimi 



a. En kouan hoâ c Hao hioh ». 

b. En kouan hoà < Ts'iâo . 

c. En kouan hoà c Foh ». 



(i. En kouan lioa « Yih Yeofi » 

e. En kouan hoa a Kicn kiun », 

f. En kouan hoâ « Liouéi tchcou». 



204 



ANNALES IMPÉniALËS DIÎ L'ANNAM 



mille lioinnies. l\ était convenu avec Ly duy chùu que ce dernier 
viendrait à son appol pour lui prèlor main forte; mais, au contraire, 
lorsque Cao bien fut de l'antre calé, L^ duy chàu fit rélrograder le 
resle des troupes el n'envoya personne. Cependant dans le neuvième 
mois, Cao bien arriva à Phon^ cbâu du Nam d|nh^. Les troupes 
barbaries, au nombre de près de cinquante mille hommes, venaient 
de faire la moisson dans les rizières. Cao bien les attaqua à Timpro- 
visle el leur intli^^ea une sanglante défaite. Après avoir décapité 
leur général Truong thuyî^n et d*autres ofFicicrs, il fit recueillir leur 
récolte qui servit à la nourriture de ses troupes. 

KCI.AIliClSSKMICNTS. - Le Nam dioh. 

D'après le Dàng dia ly cbi il fut constitué dans la quatorzième 
année Yô duc'*""' cl releva du châu de Giao. 

D'après le Thaï binh hoàn vô ky composé sous les Tông par Lac 
siV, dan^ le district de Nam djnh était située une montagne nommée 
Ciiusun ^ LeTlianh ubulthôngchila place dans le châu de Gialàm'^ 
l!ln examinanl maintenant ce qui la concerne, nous la trouvons 
dans le district de Tiia bnib, qui fait partie du Bac ninh ; d'où il faut 
conclure qne le district de Nam djnh devait se trouver dans les H- 
miles de ce dernier territoire. 

Pour Phoug cbi\u, voirau chapitre où il est parlé des Uùng vu'orug. 

ANNÉE CYCLIQUE BINII TuAt»'»* •♦ 

Dàng. — Septièmu année Hàm tliùng. 

Kn KI'K, au yl'ATRTKME MOIS, CaO »1KN REPREND LA VILLR CIIKF-UKU DU 
r.llAlF. Il KST KLKVÉ par les DaNG a la dignité de LlÊM GIAO CÔNG B^ 
TMU'a"NG TIIO'^. 

Diaprés le Dàng tho', dans ce temps-là le chef des Barbares Nam 



a. Kn kuuaii hoâ c Nàn tiii^ i». 
h. Vax kouan lioâ c: Où teh ». 
r. En kouan boa « Kieoù clian ». 
(/. En kouan lioà te Kia lin ». 



e. En kouan hoà c Pingsiuh ». 

f. En kouan hoâ c Kièn kiâo kong 
pou chàng chou ». 



DOMINATION CHINOISE 205 

chien, nommé Tù long, fui remplacé par Doan lu Ihiên comme 
tiet dO siî' de Thiên xien**'^^*. Los Nam chiPu envoyèrent Dirang 
lâp lu* pour aider ce dernier dans ses fonctions. Boan lu thiên en- 
tra sur les terres de Tempire et se livra à des brigandages. Phàm 
né la fut nommé Phù dô lliông ""^•'', ot Trieu-nnc-mi Phù-tà-dô- 
lhông^*<»'«. 

D'après le Cnng miic, Cao bien, ayant marché en avant, attaqua 
les Nam chien et les défil à plusieurs reprises; mais lorsque les rap- 
ports qui annonçaient ses victoires arrivèrent à liai mon, Ly diiy 
châu les fit tous dispaniîlre. Il envoya de son côté une missive dans 
laquelle il disait que Cao hien ne prenait pas l'expédition au sérieux 
et ne voulait pas avancer. L'Kmpereur, irrité, destitua le général, 
et, après avoir donné son commandement à Vu'crng ânquyen'', mi- 
réchal delà garde de droite, il lui enjoignit de se rendre à la Cour. 
Dans ce mois même Cao bien avait infligé aux Nam chiêu unt» 
seconde défaite ; il leur avait tué et pris beaucoup de monde, et tenait 
le chef-lieu du clâu assiégé depuis plus de dix jours; les Barbares 
étaient aux abois et la ville allait même succomber, lorsqu'il reçut 
la lettre impériale portant nomination de Vu*a"ng an qiiyén. Ce der- 
nier avait déjà, de concert avec Ly duy cbAu, expédié un grautl 
corps d'armée au port de débarquement. Cao bien, sans perdre de? 
temps, remit les affaires de Tarmée entre les mains de Vi trong te 
et reprit la rouie du nord avec une suite de dix et quelques per 
sonnes. Vi IrQUg te avait déjà envoyé à la Cour un messager de grade 
inférieur nommé Vœang hue^ pour faire connaître les mérites du 
général, et Cao bien, de son côté, avait expédié chez les Dàng un 
tieu giao nommé Tang cun^'', avec un rapport annonçant sa der- 
nière victoire. 

a.Enkouanhoâ « Chén tch'èn ». p. En kouan hoà « Oueî tchôiig 
6. Enkouanhoa «Foù ton t'ùng». tsai *. 

c. En kouan hoaaFoûsiê ton t'ong»). f. En kouan hoa « OuAiig li(jei ». 

df.Enkouanhoa « Ouùng n|j;ân k'i- g. En kouan hoa « Tseng koiun *. 
ouén ». 



206 annai.es impériaij:s de l*annam 

Les deux pièces étaient en mer, lorsqu'on aperçut au loin des 
drapeaux *"^^ qui venaient du càlc de Torient. Un passager du ba- 
teau, interrogé, répondit : « Ce sont le nouveau Kinh lu'grc et le 
Ciiam qu/ln qui arrivent. » Les deux émissaires **^^ tinrent conseil 
et dirent : « Ly duy clu\u va certainement saisir les missives dont 
nous sommes porteurs ! » et ilsles cachèrent dans une île '*'^ Quand 
L^ duy chAu fut passé ils firent diligence pour arriver à la capitale. 
L'empereur des Dàng fut rempli de joie à la lecture des rapports. 
Il éleva Cao bien à la dignité de Liem giao công bO thu^ng thor, et 
le chargea derechef de maintenir le territoire dans Tobéissance. Cao 
bien, arrivé à liai niAn^ retourna sur le théâtre de la guerre. 

Worngdn quyén élail indolent et sans intelligence, L^ duy châu 
cruel et cupide. Ils ne savaient pas commander aux officiers. Il 
s'eusuivit que la rigueur du siège s'était relâchée et que plus de la 
moitié des Barbares avaient pu s'échapper. Cao bien, à son retour, 
ressaisit Tautorilé, attaqua la ville, l'emporta d*assaut, tua Boan 
tù ihiên ainsi que le Barbare indigène Chu co dio qui servait de 
guide aux Nam chirMi, et dé(\ipita trenle mille hommes. Les Nam 
chieu s*enfuireut. Cao bien délit encore deux tribus aborigènes qui 
les avaient suivis et tua leur chef. Dix-sept mille Barbares du pavs 
reconnurent son autorité. 

KCLAIUGISSEME.NTS. — Thiôn xiôn. 

D'après le bàng Iho- .Mémoire sur les Barbares du midi) cette 
ville était était une seconde capitale des Nam chieu ; elle était située 
dans le nord-ouest ducliAu de tiiao. 

Phù ta. 

D'après le Thanh nhùt Ihông cliî, dans le Dô h^ phù d'Annam il 
y avait un district de ce nom. Il dépendait du châu de Vô djnh. 
Parmi les ruines qui se trouvent au Vân nam on voit celles de la 
villt» de Phù là. Elles soûl situées dans le district de La thir""*». 

a. Ku kouan hoâ f 1^6 ts*é v. 



DOMINATION CHINOISE 207 

En hiver, au onzième mois, les Man se livrent a des déprédations; on 
LES réprime. Les Bang établissent un corps d'armée dit Tinh haï 

gUAN ****«, ET NOMMENT CaO BIEN AUX FONCTIONS DE TlÊT D^SU'. 

D'après le Cang myc, depuis que Lf trâc avait envahi et troublé 
le pays les Man avaient exercé des ravages pendant une dizaine 
d'années. A l'époque où nous sommes arrivés on commença à tra- 
vailler à leur répression. Les Dàng constituèrent dans TÂnnam un 
corps d*armée dit Tinh hal quân, et nommèrent Cao bien aux fonc- 
tions de Tièt d^ su*. C'est à partir de cette époque que la surveillance 
de TÂnnam est confiée à un corps d'armée désigné comme il vient 
d'être dit. 

Cao bien s'établit au siège administratif du dô hô phu, et bâtit la 

ville de 0ai la*. 

D'après TAnnam ki yêu, lorsque Cao bien b&tit la ville de Bai la, 
il établit des registres pour les frontières, les troupes qui les sur- 
veillaient, les tributs et les impôts. Les gens du châu le craignaient 
et le respectaient; on l'appelait Cao virang***^*^. 

D'après les anciennes Annales, la ville de La thành que bâtit 
Cao bien avait dix-neuf cent quatre-vingt-deux tru'çrng*^ et cinq 
xich***** de tour. Le corps des murailles était haut de deux trirgrng 
elsixxfch'*^^; la base large de deux trirgrng et cinq xich***^; les murs 
des chemins de ronde avaient, sur les quatre côtés, une hauteur de 
cinq xfch et cinq thon** *^^. Les pavillons destinés à observer l'en- 
nemi étaient au nombre de cinquante-cinq. Il y avait six portes 
rondes, trois aqueducs et trente-quatre grandes rues. 

Cao bien b&tit en outre une digue qui avait deux mille cent vingt- 
cinq tru'çrnget huit xich de lour***^; elle était haute d'un trirynget 
cinq xich***®, et avait à la base deux trirgrng***® d'épaisseur. Les 
maisons qu'ilfitconstruiredépassaientlenombre de quatre cent mille. 

a. En kouan hoàcTsInghaikiun». d. En kouan hoâ « Tch*àng i. 

b. En kouan hoà c Ta lô ». e. En kouan hoà € TchMh :»• 

c. En kouan hoà c Kao ouâng ]». /*. Eu kouan hoà c Ts'ouén }^. 



208 ANNAI.KS IMPÉRIALES DE I/ANNAM 

Cao bion étendit sa tournée d'inspection jusqu'aux deux chaude 
Ung ^ et de Quttng ^. Comme le trajet que suivaient les navires était 
rempli de rochers sous-marins et les transports par eau fort entra- 
vés, il ordonna au premier annaliste Làm ^phùng^ et à Du* ton cô, 
maréchal du Ho nam'', de conduire les soldats de leur corps de 
troupe avec mille matelots pour aller débarrasser la route. Tels 
étaient les termes de son arrêté : « Le Ciel, dans ses voies mysté- 
rieuses, nous aide et nous est favorable ; la puissance des Génies 
nous soutient. Nous allons aujourd'hui creuser un bras de mer 
pour donner passage au peuple vivant. Si vous laissez de côté votre 
intérêt particulier, rien ne vous sera difficile**-* ! » 

Ldm phûng alla commencer les travaux; mais, lorsqu'on fut 
arrivé au milieu, Ton rencontra deux grands rochers liés Tun à 
Tautre sur une longueur de plusieurs tru'ong. Ni le couteau ni la 
hache ne pouvaient les entamer. Tout à coup la terre trembla et l'on 
entendit plusieurs centaines de coups de tonnerre; les deux grands 
rochers étaient en miettes. 

A Touest de ces rochers s'en trouvaient deux autres, également 
de grande taille ; ils so dressaient vis-à-vis l'un de Tautre, et il 
était impossible, la place manquant, de leur appliquer les efforts de 
tous les ouvriers'**-. On eut de nouveau recours à Tébranlemenl 
que cause le tonnerre; les rochers se brisèrent, et le canal devint 
immédiatement praticable. En raison de ces faits on lui donna le 
nom de canal de la Terrrar céleste **-'. 

ANNOTA'nON IMJ>KKIALE 

Pour ce qui est de Cao bien, les Annales des Dkng placent son 
histoire dans les Mémoires biographiques qui concernent les offi- 
ciers rebelles. Son cœur était rempli de duplicité, et il occasionna 
des malheurs. Qu'a-t-il fait qui soit digne d'être cité? S'il a pacifié 



a. En kouan hoâ ce Voug i». c. En kouan hoâ c Lin fùng ». 

h. En kouan hoâ « Kouang n. d. En kouan hoâ « Hort nAn », 



DOMINATION CHINOISE Û09 

les Nam chieu, ce n'est que par la terreur qu'il inspirait et par la 
force de ses armes quMl a pu vaincre cetle multitude****. 

Ce passage qu'il a creusé, dans quel endroit était-il? On en a 
perdu toute trace. On dit qu'il se trouvait dans le Nghé an actuel; 
mais où sont les vérifications qu'on en a faites ? Les Than tien **^*« 
dont on parle dans sa biographie ne sont autre chose que de valus 
fantômes, fruit de l'imposture; et si les anciennes Annales le louenl 
en disant que le Ciel l'aidait et secondait ses desseins, ce sont là 
des paroles auxquelles il n'est pas bon de croire trop facilement **'•. 

OBSERVATION IMPORTANTE 

La ville de Dai la se trouvait dans le pays de Long bien. Elle fut 
bâtie sous les Bàng par Tru'orng bâ nghi ; la construction en fut con- 
tinuée par Triêu xu*drng et Ly nguyên gia. Elle ne fut donc pas fon- 
dée par Cao bien. 

Les anciennes Annales disent que ce général bâtit la ville de La 
thành et fil construire plus de quatre cent mille maisons. Nous pen- 
sons que là aussi la légende n'est pas conforme à la vérité, et qu'elle 
renferme des choses bien sujettes à caution**". Elle dit encore 
que Cao bien, dans une tournée d'inspection, visita le Ung et le 
Quàng, qu'il déblaya la route de mer et appela ce passage canal de 
la Terreur céleste. En examinant ce qui en est, nous trouvons dans 
le Bàng dia 1;^ chi que dans le district de Bac bach coule un torrent 
rapide nommé Bac thù , et qu'au milieu des années Hàm ihông**^^ 
Cao bien embaucha des ouvriers pour en aplanir les rochers dan- 
gereux, alin de -frayer un passage aux bateaux de transport. B'aprës 
le Thanh nhirt thông chi le district de Bac bach relève aujourd'hui 
du châu de Uîit lâm; le point où Cao bien se livra à des travaux 
d'excavation ne se trouvait donc pas dans les limites de notre 
royaume . 

Il y a des gens qui disent que le canal de Fer qui se trouve dans 

a. En kouan hoâ « Chên sien ». b. En kouan hoa « Peh chou ». 



210 annai.es impériales de L'ANNAM 

le Ngh$ an porte aussi le nom de Canal de la Terreur céleste^ mais 
c'est une erreur. 

Nous craignons que l'assertion des anciennes Annales ne soit con- 
traire à la vérité. Aujourd'hui, après examen des textes^ nous insé- 
rons ici cette note pour servir aux recherches. 

KGLAIUGISSEMENTS. — La Tille de Dai la. 

Tnromg bi nghi en commença la construction dans la deuxième 
année Bai i jch "** des Uàng. Dans la septième année Trinh nguyèn ^^^^ 
Triéu xu'orng Tagrandit. Enfin, dans la troisième année Nguyèn 
hoà *^^', Tru'ang châu ajouta encore aux précédents travaux de ses 
prédécesseurs. Dans la quatrième année Tru*orng-khinh "" Ly- 
nguyên-gia transporta le siège administratif du dô h$ phù près du 
fleuve Tô Ijch, et y fitb&tir une petite citadelle qui fut appelée La 
thành. 

Dans la septième année Hàm thông *''^ Gao bien b&tit extérieure- 
ment à la ville de Kim une forteresse qu*il appela aussi La thành. 

D'après le D<7i thanh nhirt thong chi la ville de Dai la était située 
dehors delà ville provinciale du châu de Giao. Dans ce lieu se trou- 
vèrent elle quân qui porta sous les Hàn le nom de Giao chi, et le 
dô ho phii des Dàng. A la suite des années ils tombèrent en ruines 
et il est difficile d'en reconnaître les anciens vestiges. 

Les retranchements en terre que Ton voit aujourd'hui sur les 
quatre faces à l'extérieur de la ville provinciale de Hà n^i ont été 
bâtis depuis les L^ et les Trân, et cela non en une seule fois. Or le 
vulgaire les appelle aussi La thành Si on voyait dans tous les ou- 
vrages que nous venons de citer des vestiges des travaux de Gao 
bien, on commettrait une erreur. 

ANNÉE CYCLIQUE JÎT VI*«"a 

DÀng. — Deuxième année Kit^n phù ""^ de l'empereur Ht tông "■•<'. 

a. En kouan hoà « Yih ouéi ». c. En kouan hoà t Hi tsong >. 

b. En kouan hoà « K'ien foû ». 



DOMLNATION CHINOISE 211 

Les Dang transfèrent Gao bien au poste de Tiét dô su' du Tay xinrftii* 

ET CHARGENT A SA PLACE CaO TAM ^ DE LA SURVEILLANCE MILITAIRE DE 

l'Annam. 

D'après l'Annam kl yeu, Cao tum était un petit neveu de Cao 
bien. Comme un jour, placé à Tavant-garde et s'exposant témérai- 
rement aux flèches et aux pierres de Tennemi, il avait enlevé l'ar- 
mée, Cao bi^n, dans un rapport à TEmpereur, demanda qu'il fût 
choisi pour son successeur, ce qui lui fut accordé. 

Cao bien resta neuf ans dans le phù. 

ANNÉE CYCLIQUE CANII TI ""c 

Dàng. — Première année Qiiang minli "'*. 

Au PRINTEMPS, DANS LE TROISIÈME MOIS DE l'aNNÉE, LE CORPS DE TROUPES 
DU PHU SE RÉVOLTE. Le TIÊT D^ SU* TaNG CON LE SOUMET A l'aIDE d'uNE 
SIMPLE PROCLAMATION. 

D*après TAnnam ki yeu, Tang con était un ancien tièu giao de Cao 
biéu; il s'était acquitté honorablement de ses fonctions. Au milieu 
des années Kien phù il fut désigné pour remplacer Cao tam dans 
la charge de Tiêt d$ sir. Dans cette année-là le corps d'armée du 
phù se souleva. L'entourage de Tàng con rengageait à sortir de la 
ville pour fuir devant les révoltés; mais il n^y consentit point. 11 
fit répandre une proclamation telle que, saisis d'une crainte respec- 
tueuse et subissant Tintluence de sa vertu, ils revinrent au devoir. 
Rentrant d'eux-mêmes dans l'ordre, ils allèrent trouver Tang con 
et lui firent leur soumission. Tang con ne poursuivit personne; aussi 
les chefs des garde-frontière de tous les dao allèrent-ils pareillement 
se remettre sous son autorité. Il les reçut tous. La douceur de son 
gouvernement le rendit populaire, et les gens du tcheou l'appe- 
laient « le Ministre Tang ». Il composa un recueil intitulé <t Giao 
châukf haubtliê»**'^**. 

a. En kouan hoâ « Si tch'ouen ». d. En kouan hoâ < Kiao tcheou ki 

b. En kouan hoà 9 Kao sin >. hiiig chi »• 

c. En kouan hoà a: Keng tsë 9. 



2i2 ANNALES IMPÉRIALES DE LANNAM 

Tung con rcsla quatorze ans dans le Iran; ensuite, dans la pre- 
mière année Clmh phu'irc**^** de l'empereur Cliiêulông"** *, Chftu 
tuyén d\ic^ lui succéda dans ses rendions de Tit'l d^ su*. 

OBSKRVATION IMPORTANTE 

Dans les anciennes Annales il est dit que le corps d*arméc du Phù 
s*étanl révolté, le tiot d$ sir Tâng côn sortit de la ville et s'enfuit. 
Aujourd'hui nos recherches nous ont démontré que cet officier fut 
au contraire célèbre à cause de sa bonne administration. Nous crai- 
gnons donc une erreur de la part des anciennes Annales et nous 
rectifions co passage d'après TAnnam ki yêu de Cao hùng tru'ng''. 

ANNÉE CYCLIQUE B^NH d1n""« 

Dàng. — Troisième année Thion hnu ""/de Tempcreur Chiéu tuy^n dé""». 
Les Bang AJ0lîTE^T au titre du TiNH-HAi-TiÊT-rô-su' Khic-thu'a-dc * 

CELUI DE DÔNG BINH CIIu'o'nG SU' ***'•. 

ÉCLAIHCISSEMENTS. — Khuo thi. 

11 était originaire du châu de Hong '*^*^ et fonda une famille qui 
fut importante pendant de nombreuses générations. Ce Khûc thira 
dû était conciliant, affable, et très estimé de tout le monde. Bien 
qu'il ne fût qu'un simple notable du pays, il prit à la faveur des 
troubles le titre de thirt do fiV, et demanda aux Dàng un décret de 
confirmation qu'ils lui accordèrent J**". 

D'après le Thông giém, au premier mois de la troisième année 



a. En kouan hoâ « King fouh ». g. En kouan hoîi « Tchao siouen 

b. En kouan hoa « Tchao tsong ». ti ». 

c. En kouan hoà « Tchou ts'iouên h. En kouan hoà « K'iuh tch'îng 
yuh ». yù ». 

d. En kouan hoâ « Kao hiùng i. En kouan hoâ « T'ông p'ing 
Iching ». tchang chi ». 

e. En kouan hoâ « Ping yiu ». 7. En kouan hoâ « Hong ». 
/*. Kn kouan hoâ « T'îen yeoù ». 



DOMINATION CHINOISE 



213 



Thièn biru des Dàug, la cour ajouta au lilre de Khùc thiia dû celui 
de Dông blnh chu'o'ng sir. Dans le Vàu dai loii ngfr '**'** de Le qui 
dôn^ il est dit que ce personnage esl Taucèlre de la famille 
Kliùc% el que Khùc hao'' el Khiic thîra mî"^ sont ses descendants. 

Li tcheDu de HÔJg"*'. 

C'est une ancienne dénomination. Les Le en tirent les deux phii 
de Thu'ong Hong/" et de Ha Hông^; ce sont actuellement ceux de 
Binli giang'^ et de Ninh giang' , qui appartiennent tous les deux à 
la province de liai dnng-^ . 

ANNÉE CYCLIQUE DINH MEO'*"'^ 

Dàng. — Quatrième année Thiôn liiru. 

Lu*o'ng. — Première année Khai biiili "•' ' de rempereur Thai l^^ ••"'". 

KmUC THU*A du MKOKT. SON FILS KilUC IIÂO OCCUPE LE Cil AU KT PREND LE 

TITRE DE TIÊT DÔ SU*. 

Kliùc h:io, s'appuyant sur la situation élevée qu'occupait depuis 
longtemps sa famille^ s'empara de La thành et prit le titre de tiêt 
dôsir**'^ Il divisa tout le territoire en L^**^* ", phii*'^^", châu *'^*^ 
et x:V*'''7, institua des sous-préfets et des chefs tant principaux 
qu'adjoints, égalisa le revenu des champs, dispensa les habitants 
de la corvée, el créa des registres de population sur lesquels furent 
régulièrement mentionnés le nom de famille, le petit nom et le lieu 
de naissance; les habitants furent placés sous l'autorité de chefs de 



a. Vaï kouan hod (t Yùn t'ai lei 
yù *. 

b. En kouan hod cLlkouci toucn». 

c. Kn kouan hoâ c K*iuh ». 

d. En kouan hoa c K*iuh hâo ». 

e. En kouan hoa < K'iuh tch'ing 
mei ». 

f. Kn kouan hoâ « Cliâng llùng ». 

g. En kouan hoâ c Hiâ Ilônf; ». 
A. En kouan hoa « P'ing kiang ». 



/. En kouan hoa « Ntng kîang ». 
j. En kouan hoa c liai yùng ». 
k. En kouan hoa a Ting niào ». 
/. En kouan hoa c K*ai p*tng >. 
m. En kouan hoa tu T'ai tsoù ». 
n. En kouan hoa < Loii ». 
o. En kouan hoa c Foù ». 
p. En kouan hoa c Tcheou ». 
7. En kouan hoa € Chée ». 



2U ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

dizaines. Son administration fut douce et facile, et le peuple jouis- 
sait du repos. 

A cette époque les Lu'omg joignirent aux fonctions de Lùu an, 
tiét dç SU' du cb&u de Quàng, celles de tiêt d$ su' du corps d'armée 
dit Tinh liai, et le créèrent prince de Nam binh'^. Lu'u an occupa 
Phién ngu ; de son càté Khâc hao s'établit dans le cbàu en prenant 
aussi le titre de tiêt dç sir. Us ne pensaient qu'à se nuire Tun à 
l'autre. 

ÉCLAIHCISSEMENTS 

D*aprës FÂnnam ki yeu 

Khuc hao 

était originaire du pays de Giao chl. A la fin de la dynastie des Bàng 
il succéda à DOc cô ton^ dans la charge de tiêt dO sir. Il changea 
les districts et les villages en giàp^ , établit des Quàn giàp ^^^ «^ et des 
pho tri giàp**'*' qui portaient aussi le nom de cbu'crng chânh 

Kbûc hao mourut après avoir occupé sa charge pendant quatre 
ans. 

Si maintenant nous examinons TAnnam ki yêu, nous constatons 
qu'entre cet ouvrage et les anciennes Annales il existe une légère 
divergence. Nous reproduirons ici le tout afin de servir de matière 
aux recherches. 

Le chaû de Quang. 

Constitué par les Ngô. Voir à la septième année Dai dông des 
Lirang. 



a. En kouan hoa a: Nàn p'ing :». d, F]ii kouan hoa c Kouan kiah ». 

b. En kouan hoà « Touh kou e. En kouan hoa c Foùtchi kiah». 
souèn ». f. En kouan hoâ c Tchàng tching 

e. En kouan hoâ < Kiah ». choui ». 



DOMINATION CHINOISE 215 

Phién nga. 
Voir à la première année de Triêu vô vircrng. 

ANNÉE CYCLIQUE DINH SÙ'U "•* a 
LnVng. — Troisième année Trinh minh **"* de l'empereur Mac dô'*"c. 

KhUC HAO envoie son fils Thu'a Ml NOUER DES RELATIONS d'aMITIÉ AVEC 

LES H AN DU MIDI. 

A celte époque Liru an'' mourut; son frère cadet Lu'u nham^ lui 
succéda, et prit le nom de Hàn comme désignation de sa dynastie. 
C'est pour cela qu'on a appelé ces princes les Hén du midi. Leur 
premier titre de règne fut Kirn hanh/'. 

Khuc hao envoya Khûclhira ml chez les Ilàn dans le but d'établir 
des relations affectueuses. C'est ce qu*on appelle « tirer profit des 
rapports d'amitié pour épier le vrai et le faux » **". 

Khuc hao meurt et son fils Thu'a mi lui succède. 

ANNÉE CYCLIQUE Kl MEO«'"i^ 

LuVng. — Cinquième année Trinh minh. 

Les Lu'o'ng noaiment Khuc thu*a mi a la charge de tiêt dô su . 

D'après TAnnam ki yeu Khuc thîra mî commença par charger 
un envoyé d'aller demander pour lui le Tiot vi(»t**^'^ aux Lu'crng. 
Ceux-ci le lui octroyèrent, le chargeant ainsi du gouvernement de 
son tcheou. 

ANNÉE CYCLIQUE QUI VI ""i 

La*o'Ag. — Troisième année Longdu'c'"*>. 

Dàng"". — Première année Dùngquang*'"^* de l'empereur Tràng long '*'*• 

a. En kouan hoà « Ting tch'eoii ». gr. En kouan hoà « Ki mao ». 

h. En kouan hoà « Tchingmîng ». h. En kouan hoa « Tsieh youeh ». 

c. En kouan hoâ a: Moh ti ». /. En kouan hoà « Kouei oueî ». 

rf. En kouan hoâ « Lieoû yin ». j. En kouan hoà « Long teh ». 

e. En kouan hoà < Lieoû yen ». A*. En kouan hoà cT'ôngkouang». 

f. En kouan hoà c K'ién heng ». 



21<i ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

En altomne, ai' septième mois, (U:n(i'', pringk: dks IIan du midi, ekvoie 

Ly KIIAC CKAMI '' KNVAIIIR LK CIIAIT. KuVC THu'a MI LUI BAHRE L£ CHEMIN ; 
IL A LK DESSOUS KT EST FAIT PRISONNIER. 

U*aprës TAnnain kl yêu, Cung^ ayant appris que Kliûc thirami 
avait reçu des Luaug le Tiêl vi^l, entra dans une grande colère. 
11 envoya avec une armée le kieû lu'crng **'- Ly khâc chénb, qui prit 
Khûc thira mi et s*en revint. 

KCLAIKCISSEMENTS 

Au début, le prince de Ilàn se nommait Nham. Il changea plus 
tard ce nom en celui de Công. à cause de Tapparition d'un dragon 
blanc **^'. Dans la suite, trouvant que l'adoption de ce caractère ne 
lui avait rapporté aucun bénéfice, il le laissa de c/^téet prit celui de 
de Yem**"*^ 

Le caractère Tém. 

Il se prononce comme celui qui porte le n^ 3148 dans le Diction- 
naire de De Guignes, et exprime fapparence dun esprit élevé ei 
clairvoyant. Le prince l'adopta pour son nom à cause de sa forme, 
qui représente un dragon volant dans le ciel. 

Du*Or.NG DTÈN N(iHI^'', NUA TU'O'NG * DE KlIUC llAO, LÈVE DES TROUPES, 

ATTAOUE Ly KHAC CUANH ET LE CHASSE. 

D'après TAnnam ki yeu, quand le prince de Hin eut pris Khuc 
thira mi, il nomma thich sir du tcheou un de ses généraux nommé 
Ly tîm, q'ui resia dans le pays avec Ly khiic cbànb. Du'o'ng dîên 
ngh(s en qualité d'ancien général de Khùc hao, réunit des troupes 
et attaqua ce dernier, qu'il battit. Ly khac chành prit la fuite et re- 
tourna chez les Ilau. 



a. En kouau hoa « Kong :». d. Kn kouan hoà € Yàng yen yi ». 

b. En kouau ho«'i<( Li k'oli tchingi>. t\ Eu kouan hoà c Yâ tsiâng ». 

c. En kouan hoîi « Yen ». 



DOMINATION CHINOISE 217 

Le prince de Hàn, qui voulail attirer Dirorng diêa nghc; dans son 
parti, le séduisit en lui conférant un litre de noblesse. c< Ce peuple 
aime le trouble, disait-il à son entourage ; mais il y a moyen de 
le brider \ alors tout va bien. » 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — Da'o ng diéa oghô. 

Il était originaire du chàu de Âi''. L'Annam kl yeu le nomme 
Dirang dinh ngh^ ^ ; aujourd'hui nous corrigeons celle erreur d*aprës 
le Cang m\jLC. 

AIVNÉB CYCLIQUE TÂN MEOiit»^ 

Dàng postérieurs. — Deuxième année TruVng h û'ng **'•<' de l'empereur 
Minh tông "'» *. 

En hiver, au douzième mois, DirtfNG diên nghê chasse Ly tan, tue 

TrAN BAO^, recouvre le CHAU ET PREND LE TITRE DE TIÊT DÔ SU*. 

Dirorng diên ngh<J avait de grands projets. Ayant de nouveau formé 
trois mille soldats robustes, il en fit un corps d'élite. Ly tan, qui 
l'apprit, se hâta d'en informer le prince de Hâu. Comme Du'O'ng diên 
ngh^ faisait assiéger Ly tan par ses soldats, le prince envoya à son 
secours le ihira-chi **^*^ ïran bào avec des troupes; mais lorsqu'ils 
arrivèrent la ville était déjà prise, L^ tan avait pris la fuite et s'en 
était retourné. Quand Tran bào se présenta devant la ville, Duo'ng 
diên ngh^ sortit et engagea la bataille. Tran bào fut batlu et périt 
dans le combat. Dirorng diên ngh^ prit alors le titre de Si'r lành 
châusv**'^'^. 

ANNÉE CYCLIQUE DINU DAUii»»' 

Tâa*'*'. — Deuxième année Thic^n phuVc*'"; de Cao tô «•" *. 

a. En kouan hoà < Ngal ». g» ^^ kouan boa <ic Tch'éng tchi )>. 

b. En kouan hoâ « Yàngt'lng yi». h. En kouan hoa « Chilingtcheou 

c. En kouan hoà c Sin mào ». chi ». 

d. En kouan hoa « Tch*ânghing ». i. En kouan hoâ «c Ting yeoù ». 

e. En kouan hoâ « Ming tsong ». 7. En kouan hoa « Tien fouh ». 

f. En kouan hoâ « Tch'in pào ». k. En kouan hoâ « Kao tsoù ». 

AniULis DE l'ânnam 16 



218 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAlâ 

Ai: PHINTEMPS, DANS LE DEUXIÈME MOIS DE L ANNÉE, KlÈUCÔXG TIEN ■, NHA 
TU'o'nG ***** DK DuVnG DIÊN NCIIÊ, le tue et LB REMPLACE. 

ÉCLAIRCISSEMENTS 

D'après TAnnam ki yOu 

Kiéa công tien 

était originaire du chàu do Phong. 

ANNÉE CYCLIQUE MOTuXt"" 

Tân. — Troisit'me année Tliién phu'o'c. 

Ky AUTOMNE, AU NEUYlkMEMOIS, Nr.Ô f^UYÈN ^, NMATuVXG DE DdVnG DIÊX 
NGIIÊ, LÈVE DES TROUPES ET TUE KlÊU CÔNG TIEN. CUKG, PRINCE DES UaN 
DU MIDI^ ENVOIE AU SECOURS DE CE DERMER SON FILS HOAN TUAO '' NgÔ 
f^UYf:\ LUI OFFRE LA BATAILLE PRÈS DU FLEUVE BaCH DANG ET LE DÉFAIT; 
HOANG BAO MEURT NOYÉ. 

XgA qnyén était né à Bàng l&m**^^'' el descendait d'une famille 
noble depuis des générations. Son përe, nommé Màn, élait M^c du 
c*i(lu même dont il élait originaire. 

Lorsque Ngô quyen vint au monde une lumière extraordinaire 
remplit la maison. Il nvail une physionomie toute particulière et 
trois grains de beauté noirs sur le dos. Ceux qui le considéraient 
étuicnl frappés d'admiration, et disaient qu'il pourrait bien un 
jour régner sur tout le pays, ce qui (il qu'on lui donna le nom de 
Q,,y(ÎQH87/-^ Lorsqu'il alleignit l'Age d'homme il ét«iît d'une taille 
gigantesque; ses yeux stîmhlaient jeter des éclairs, sa démarche 
était lente comme celle du tigre. Il était prudent autant que bravo. 
Sa force était telle qu'il pouvait soulever à lui seul un trépied de 
l'espèce appelée Cang dành *"*^'^. Il devint nha ivtông de Dirorng 



a. EukouanhOc'uKiàokoiigsiéu». a. En kouan boa € T'àog lin ». 

b. En kouan hoa c Où siuh ». /*. En kouan boa € K'iouén ». 

c. Fax kouan hoa c Où k^iouén ». g» En kouan boa c Kang ting >. 

d. En kouan boa e: Hong ts'ao ». 



DOMtNATlON CHINOISE 21$) 

diên ngh$ qui lui donna sa fille en mariage, et fut chargé de Tadmi- 
nistration du châu de Ai. • ' •^- . 

Lorsque Kieu công ti(»n lua Dtfang diên ngh*}, Ngô quyen levUdes 
troupes et vint du chàu de Ai attaquer l'assassin qu*il mit à mort à 
son tour. 

D'après le Cang-myc Kièu công liijn envoya un émissaire avec 
des présents pour demander du secours aux Hàn. Le prince Cung 
de Hàn voulut profiler des troubles qui régnaient pour s'emparer 
du pays; il donna à son fils Hoàn tliâo, prince ce Van**, le titre de 
prince de Giao***^, et l'envoya avec une armée au secours de Kièu 
công ti$n. Il avait demandé conseil au Sùng-vàn-sir* Tiêu ich'^. 
« En ce moment, lui répondit ce dernier, il règne depuis dix jours 
une pluie continuelle, et la roule de mer est longue et dangereuse; 
de plus Ngô quyên est fort et rusé ; il ne convient donc pas d'opérer à 
la légère. Lorsqu'il s'agit d'un grand corps d'armée il faut réfléchir 
mûrement et s'assurer de nombreux moyens d'approche; après quoi 
Ton peut aller de l'avant. » 

Le Roi n'écouta pas Tiêu fch. Il envoya Hoîin thâo diriger les 
lam *'^ ^, avec ordre de se rendre en toute hâte dans le chûu de Giao. 
Ngô quyén, qui avait déjà tué Kièu công ti^n, se porta en avant avec 
son armée. Il fit préalablement planter sous l'eau, à Hal mon, de 
grands pieux pointus et garnis de fer; puis il envoya des bateaux 
légers qui, à la faveur de la marée, allèrent provoquer l'ennemi au 
combat en affectant de se diriger vers le nord. Hoan thâo les pour- 
suivit; mais en im instant la mer baissa, les vaisseaux se heur- 
tèrent contre les pieux ferrés et ne purent retourner en arrière. Hoàn 
thào subit une sanglante défaite et péril noyé dans le fleuve. 

D'après les Annales des Cinq dynasties, Ngô quyén, ancien gé- 
néral de Dirorng diên ngh^, ayant attaqué le ch&u de Giao, Kièu 



^ 



a. En kouan hoà € Ouàn j». c. En kouan hoà a Siao yih js). 

b. En kouan hoà c Tch*ông ouén d. En kouan hoà <r Hién i». 
chi ». 



220 ANNAI.es LMPKHIALES DE I/ANNAM 

con^lirn (Ioman«la(Ii*s tronp<>sau.\ llàn. CiingcréalloàD thâo prince 
de Giao: ce «leraier s'avança avec son armée jiisqu^au Bach dàng 
pour aLlaqner \g6 qiiyén, tandis que (îung s'arrêtait à Hai mon avec 
un autre corps de troupes. Ngù quyén barra le chemin à Iloanthào 
et hii livra 'bataille. Iloitu thào ayant été vaincu dans le combat où 
il périt, Cuug rallia ses troupes et s*en retourna. 

ANNOTATION IMPÉllIALE 

('os Ilân que Ngô quyén trouva devant lui n'étaient qu'un sem- 
blant de pelit royaume**'", et Iloàn thào était un enfant dépourvu 
de force. Seule son heureuse forlune lui donna la victoire au Bach 
dàng, et il n'y a pas là de quoi s'en orgueillir. S*il avait eu affaire à un 
homme de la valeur de Tràn bà liùn, il aurait eu grand peine à ne 
pas faire le pendant**^- de Ly trieu. 

« Cette victoire du Bach dànir, dit iN"rô si, rendit Tessor aux des- 
tinées de noire royaume naissanM*'*'. » Dans la suite les Binh, les 
Le, les Ly et les Tran lui ont apporté leur gloire. Durant de longs 
siècles des prouesses sans nombre en ont rehaussé la majesté**^*. 
Y a-t-il doue lieu de se glorifier particulièrement de ce seul moment 
de splendeur? 

KCLAIHOISSEMENTS. - Dàng lAm. 

(Vest un ancien nom de village. Voir à la septième année Trinh 
nguyen «les Dàng. 

D'après TAnnam ki yeu, Ngô quyén était originaire du châu de 
Ai. On ne sait de quel côlé est la vérité. 

Le fleuve Bach dàng. 

A partir du lleuve Luc dâu de Bivi ninh il se divise en deux bras 
pour aller on suite se jeter dans la mer à Haï giang. Le premier 
bras longe le fleuve Mî giang; le second suit les montagnes de Chàu 
coc. Us se réunissent sur le territoire du village de Boàu le et 



DYNASTIK DES NGO 221 

forment le Bac giang. Coulanl au midi dans le territoire du district 
de Thiiy dàng du Hal dirirng, et au nord dans celui du district de 
An hirng du Quùng yen, il se dirige vers le midi en décrivant une 
courbe de vingt-neuf li et atteint Testuaire de Nam Iriéu. 

D'après la géographie de Nguyen trî« le fleuve Bach dâng porte 
aussi le nom de Vàn cîr''; il a plus de deux li de large. De nom- 
breuses montagnes le bordent el il reçoit une grande quantité de 
rivières. Ses vagues s'élèvent jusqu'à toucher le ciel, et les arbres 
couvrent ses rives. Ce passage de la route de mer est vraiment fort 
dangereux. C'est laque d'abord Ngô vu'ongquyen battit Hoanthâo, 
et que postérieurement le roi [luug cîao dos Tran défît Tarmée des 
Nguyt^n®. 

ANNÉE CYCLIQUE Kl IIO'I «'^^c/ 

Ngô vu'o'ng quyôn. — Première annro. 
Tân. — Quatrième année Tliiôn phu'o'c. 

Au PRINTEMPS Nliô QUYÊN PREND LK TITRE DE ROI ET ÉTABLIT SA CAPITALE 

A Cù LOA. 

« Le Roi, dit Ngo si, avait tué lo. rebelle du dedans ^'^"^ pour 
venger son maître; il fit périr Tennemi du dehors •'^'^ pour conjurer 
les périls qui menaçaient TÉtat. Il fonda un royaume el rendit leur 
essor aux dynasties nationales. Ce fut un exploit héroïque et su- 
blime. » 

ÉCI.AIRCÎSSEMENTS. - Cô loa. 
Voir à la troisième année de An du'O'ng vu'cng. 

Du*0\nïI'^ reçoit le titre DE REINE. 

La reine Du'OUg était fille de Dirong du>n nghe. Lorsque le 
roi Ngô était nha tu*(rng de ce général il recrut de lui sa fille en ma- 

a. En kouan hoâ « Youén tchi ». d. En kouau hoi a Ki hai ». 
6. En kouan hoîi « Yûn kiu ». ^;. En kouîui hoa « Yàiig ». 

c. En kouan hod « Youén d. 



222 ANNALES IMPÉIUALES DE L'ANNAM 

liage. A I'époi]ue dont nous nous occupons il lui donna le titre de 
Reine. Le Roi institua des fonctionnaires, réglementa les cérémonies 
de la (iOur el fixa la rouleur des vêtements. 

ANNÉE CYCLIQUE CI^P TH/Tn nwa 

Ngô vu'o'ng. — Sixième annf'»o. 

Tân. — IMeiiiiîfn? aiuire Kliai vàn'* de Tt* vu'ongf. 

Le roi Ngô quyen meurt. 

« Tien Ngô, dit Ngô sî lien, ne doit pas seulement son illustra- 
tion H ses exploits militaires. Imi instituant des fonctionnaires, en 
réglementant les cérémonic^s de la Cour et en déterminant la cou- 
leur des vêlements il laissa voir l'esprit d'organisation qui dislingue 
les empereurs el les rois. Malheureusement il ne jouit pas longtemps 
du pouvoir suprême et ne put voir l'effet des mesures gouverne- 
mentales qu'il avait prises. » 

ANNÉE CYCLIQUE Xt TI t«»»rf 
Tân. — Deuxième année Khai vân. 

TaM CA, FUf:RE CADET DE LA REINE Dc'o'.N'i, SE PROCLAME ROI SOL'S LE TITRE 

DE Rixii Vlj'o^Nfi. 

KCLAIRCISSEME.NTS. — Tarn ca. 

D'après le ctanmentaire des Annales de Ngô sî ce personnage était 
ori^nnuire de i)ûn^ son dans le Thanh hoa; c'était un Xà nhorn de 
la famille de Duong. 

Xu'o'n<; NtiAP, FILS AÎNÉ DE Nc.Ô VU'o'.NG, s'eNFUîT PRÈS DE LA RIVI^.UE NaM 
SACIÏ, oc IL SE MET SOUS LA PHOTKCIIO.N DE PllAM LINII CÔXG. 

Npô vu'ong, étant tombé gravement malade, fit un testament 
dans lequel il recommandait k Tam ra de servir d*appui à son fils 



e, Vaï kouaii hoâ a Kiali clien ù. c.\Fa\ kouan hoà < Ts'i ouàng ». 
6. En kouan hod « K*ui vùn ». J. En kouan hoà c Yih ssé ». 



USUR RATION DE TAM CA 223 

Xirorng ngàp; mais aussitôt après sa mort Tam ca s'empara de la 
couronne^ et se proclama roi sous le nom de Binh vu'orng. Xu'orng 
ngâp, effrayé, s'enfuit près du fleuve Nam sâch cl établit sa rési- 
dence à Trà Hu'orng, dans la maison de Pham Hnh công. Tam ca 
adopta Xiromg van, deuxième fils de Ngô vu'orng. Nam hirng et Càn 
hlrng, fils d'une femme secondaire, étaient encore jeunes et s'étaient 
attachés à la reine Du'omg. 

Tam ca envoya Ducng kiel \qfi et Dô eành thaï avec des troupes 
pour réclamer Xu'ang ngâp ; ils le firent à trois reprises, mais tou- 
jours sans succès. Pham Ijnh công cachait Xu'gng ngàp dans des 
cavernes. Tam ca l'apprit et réclama derechef ; mais en définitive 
il n'obtint pas gain de cause. 

« Phàm linh công, dit Ngô si lien, fut plein de zèle, de fidélité et 
de dévouement! Lorsque Tam ca, bien qu'il fût un des grands offi- 
ciers de la maison royale, chassa le fils légitime du prince et usurpa 
sa couronne, Phàm Ijnh công eut le courage de cacher Xu'omg ngâp. 
C*cst qu'il ne voulait pasque les sacrifices desancètrescessassentdans 
la famille de Ngô *-^. On retrouve ici les sentiments de Trinh anh *» 
etde Chfrcvu**^**. Qui aurait dit quQ dans un grand État il manque- 
rait de fonctionnaires fidèles et d'officiers dévoués? 

ËGLAmCISSEMENTS. — Le fleuve Nam sach. 
Il arrose le département actuel de Nam *-^- sâch dans le Haidu*orng. 

Trà hn'o*ng. 

C/est l'ancien nom du district de Kim thành, qui relève aussi de 
la province de Hai dirorng. 
Dô cành thaï était originaire de Thuân dirc^ dans le Quàng dông. 

Trlnh anh et Chu' eu a. 

D'après le Sir ki ^ de Tu* ma Ihiên % dans la troisième année Cî^nh 

a. En kouan hoà € Tch'ing ing ï>. d. En kouan hoà < Chi ki ». 

6. En kouan hoâ « Tch'où k^ieoù *. e. En kouan hoâ « Ssemàls'icn j». 

ç. En kouan hod « Chouén teh ». 



224 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

công (les Tan, Do ngin co *"3*», tua Trié» soc *, fils de Trîéii lhuaD^ 
cl voulutoxlermincr sa race ; mais deux amis de Triéu séc, nommés 
Trinh anh et Clur cuu, cachîsrcnt son fils Triéu vô ** afin de conserver 
laposlérilé des Triéu. 

ANNÉE CYCLIQUE CANH TUÎV»w*« 

Hin •"*. — Troisième année KiAn h\i\i *••• f de l'empereur An dé ••'y. 

Xu*0*NG VAN, DKS NgÔ, CHATIE BT DÉTRÔXB TaM CA. 

Tarn ca envoya Xu*orng van et ses deux émissaires Du'orng kièt Igri 
et Bo cành that châtier les deux villages de Bai blnh. Lorsqu'ils 
furent arrivés h Tîr liêm, Xu'orng van dit aux émissaires : c< Le feu 
Roi, parsa douceur, s'élail concilié le cœur du peuple; tous les ordres 
qu'il donnait étaient exécutés avec joie. Malheureusement la mort 
la enlevé à ses officiers. Quant à Binh vu*orng, c'est un homme dé- 
loyal qui a usurpé, volé le trône. Il n'existe pas de plus grand crime! 
Binh vu'orng nous envoie aujourd'hui châtier des villages innocents. 
Si la victoire nous favorise, passe! mais s'ils ne se soumettent pas, 
que ferons-nous? » 

Les deux émissaires répondirent : « Nous nous conformerons à 
vos ordres. » 

« Je voudrais, reprit Xu'O'ng van, attaquer à l'improviste Binh 
vu*ang, afin de recouvrer l'héritage de mes pères. Cela peut-il se 
faire? » 

« Ce serait bien! dirent les émissaires. Alors ils retournèrent et 
attaquèrent Tam ca à Timproviste. Tout le monde voulait le faire 
mourir; mais Xu'ang van dit : « Binh vu'O'ng s'est montré bon pour 
moi; comment pourrais-je lui infliger un supplice? » fl le fit des- 



a. En koiian hoâ«T'oû ngankoù». e. En kouan hoà « Keng siuh ». 

b. Eu kouan hoa a Tcliîio soh ». f. En kouan hoâ « K'iên yeoû ». 

c. En kouan hoa «Tcliâochouén ». 7. Eu kouan hoâ « Yin ti «. 

d. En kouan hoâ «Tchâo où ». 



DYNASTIE DES NGO 225 

cendre du Irônc cl le créa công de Triromgdiromg, lui donnant, par 
suite, cette ville en apanage*-*^*. 
L'usurpation de Tarn ca avait duré six années. 

ËGIAIRCISSEMENTS. — Les deax villages de Thai binh. 

Les anciennes Annales les appellent Thai binh et Dàng nguyen. 
Voir, pour ce nom de Thai binh, à la neuvième année de Triéu 
Vi^t vfforng. 

Tru'o*ng dn'o'ng. 

D*après le commentaire des anciennes Annnies, Tru'omg du'ong 
est identique avec le Chu'omg du'ang d^ qui se trouve actuellement 
dans le district de Thu'Q'ng phu'O'c. 

ANNÉE CYCLIQUE TAN UO'I itog» 

Vga Nam tâa to'o ng Xu'o'ng yan. — Première année. 

Châu •■'•*. — Première année Quang thuàn*"' c de Pcmpepeur Thai lô *■'•«'. 

XcVnG van de NgÔ monte sur le trône sous LE TITRE DE NaM TAN 

VU'0*NG. 

Xu'orng van était le deuxième fils de NgÔ vu'orng quyén. Quand il 
eut déposé Tam ca il monta sur le trône. G^est ce qu'on appelle la 
dynastie des NgÔ postérieurs. 

Le Roi envoie des délégués au devant de son frère aîné Xu'o'ng ngap 

AVEC mission de LE RAMENER. Xu*0*NG NGAP PREND LE TITRE DE TlllÊN 
SACII VU'o'ng. 

Ils allèrent chercher Xircrng ngap pour le ramener à la capitale 
afin qu'il prît avec son frère les rônes du gouvernement. 

BiNIl BÔ LANH LÈVE DES TROUPES A IIoA LU. Le RoI l' ATTAQUE ET NE PEUT 

LK VAINCRE. 

Binh b$ lanh était originaire de Iloa lu*. Dès sa jeunesse il avait 

a. En kouan hou € Siii bai ». r. EnkouanhoâcKouùngchouénv 

b. En kouan hoci c Tchcou ». d. En kouan hou <k T'ai tsoù ». 



226 ANNALES IMPÉRIALES DE L*ANNAM 

de grandes visées. A celte époque^ lepaysélant en proie àla discorde, 
il se rendit avec son fils Lien auprès du Sir-quàn Traa-miuh-c6ng. 
Ce dernier, frappé de sa taille extraordinaire, et voyant qu*il était 
capable de rendre des services, lui donna des soldats à commander. 
Lorsque son protecteur mourut^ il retourna aussitôt dans son pays 
avec ses troupes et occupa la ville de Iloa lu*. Nam Tan et Thièu 
sàch vu'cxng levèrent des troupes pour Tattaquer. Binh b^ lànb, qui 
craignait d^avoir le dessous, leur envoya comme otage son fils Lien, 
espérant ainsi les arrêter; mais lorsque Lien arriva dans leur camp, 
les deux Rois mirent la main sur sa personne et marchèrent contre 
son père. Un mois so passa sans qu*ils pussent triompher de la ré- 
sistance de ce dernier. Ils suspendirent alors Lien à une perche, et 
envoyèrent dire à Dinh b^ lânh que s*il ne voulait pas se soumettre 
ils allaient tuer son fils. |)inh bô lanh entra en colère. « Lorsqu'il 
s'agit de son honneur, répondit-il» Thomme supérieur laisse faire. 
Sommes-nous donc dos enfants*-*^ ))?Et il commanda à une troupe 
composée de plus de dix arbalétriers do tirer sur Lien. Au moment 
où ils allaient lâcher leur flèches, les deux Rois, frappés d'épouvante, 
s*écrièrent : « Nous avions suspendu son fils afin qu'il se soumtt 
plus vite; mais puisque telle est sacruauté, que nous servirait de le 
tuer? » Loin de le faire, ils retirèrent leurs troupes. Dans la suite 
Lien retourna à Hoa lu*. 

OBSERVATION IMPORTANTE 

Hoa lu* se trouve au Ninh binh. Sur le territoire des deux villages 
de Oai \\vn et Oai te la montagne se divise. Dans ce lieu Ton ne voit 
absolument que des pierres. Entre les deux murailles formées par 
la montagne ouverte se trouve un espace assez plat que les gens du 
pays appellent la gorge de Hoa lii\ 

Si on examine ce qu'eu dit l'Annam ki yêu, cette gorge de Hoa 
lu* se trouvait dans une localité appelée Le binh, située elle-même 
dans un district qui portail le même nom. Ou la connaît a!ijourd*hui 
sous celui de « gorge de Gia vien ». Le fond en est large de deux 



DYNASTIK DES NGO 227 

Irirorog *^'*. Il y aurait eu là un canal qui, après avoir décrit diverses 
sinuosités, arrivait à remplacement des remparts de Hoa lu*^ les- 
quels se trouvaient aussi dans le district de Lé bloh. 

Binh bO lûnh bâtit, en s*appuyantsur la montagne, une muraille 
qui avait cinq cents Irtfyng*-*^ détour, et dont les anciennes fonda- 
tions existent encore. Il faut en conclure que la gorge de Hoa lu* 
était Tendroit où bioh tiAn hoàng *^*^ concentrait les troupes levées 
par lui, tandis qu'il choisit la ville méme^ qui se trouvait dans le 
territoire de Tnrorngan, pour en faire sa capitale. 

Ou dit aussi que les deux phii de An khành et Thièn quan por- 
taient anciennement le nom de Hoa lir. En tous cas, si on préten- 
dait que la gorge de ce nom se trouvait dans la montagne deTru'cmg 
an, on commettrait une erreur. 



>NL 



ANNÉE CYCLIQUE GIAP DAN*"?» 

f^g6. — Quatrième année de Nam tàn viro'ng. 

ChAa. — Première année Hién du'c""^ derempcreur Th^ tông "*•*?. 

XuVng ngap meurt. Le roi Nam tan envoie un ambassadeur aux Han. 

Le roi Thi^n sàch avait voulu accaparer le pouvoir suprême, 
mais Nam tîm avait refusé de revenir à Tancien état de choses. 
Ce fut enlre eux un sujet de désaccord. Quand, à Tépoque à laquelle 
nous sommes arrivés, Xu'ang ngap mourut etNàm tîm prit en main 
Tautorité, ce dernier envoya un ambassadeur demander l'investi- 
ture à Lu'u thanh ^ des Hàn du midi. Ç»e prince lui conféra le tilro 
de Tjnh hai quân liêt do* siV*--^. Il le nomma en même temps dô h^. 

D'après les Annales des Cinq dynasties *-*, dans le cliàu de Giao 
vivait un personnage nommé Ngô xuangUiàn. Ce Ngô xircng tuân 
était un fils de Ngô quyén. Ngô quyen avait occupé le châu de Giao ; 
lorsqu'il mourut, Xu'O'ng ngap monta sur le trône, et eut pour suc- 



a. En kouan hoa c Kiah yin ». c. En kouan hoa c Chi tsong ». 

b. En kouan hoà c Ilièn teh ». 



228 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

ccsseur son frère cadet Ngô xirorng tuîm, lequel envoya un ambas- 
sadeur demander à Lu'u thnnh la hache d*insignes. Lu'u thfjnh, à 
son tour, lui envoya le C"jp-sy--lrung**--" L^ du* ^ avec mission de le 
gagner par des dislinclions honorifiques*-*^. Mais quand Ly dir 
arriva à Bach ch<\u^ Ngô xu'orng luîin lui expédia des envoyés qui 
Tarrêtèrent en lui disant que le pays était troublé par les brigands 
et que les chemins n'étaient pas praticables ; et dans le fait il ne 
poussa pas plus avant. 

ANNOTATION IMPÉRIALE 

Le texte des anciennes Annales porte que Xu'orng van, roi de 
Nam tan, demanda Tinvestiture aux Hàndu midi. D*autre part, dit 
le Ngu dài sù*^-^^, « il y a dans le récit des faits qui concernent 
Ngô xu^cng tuan une ressemblance générale avec ceux qui ont trait 
à Ngô xu'cyng van ; et cependant les noms diffèrent. Serait-ce que 
Ngô xu*(rug van, pour traiter avec les Ilân, aurait pris le nom 
de Ngô xu'O'ng tuîm? » Les rédacteurs des Annales de Tépoque 
ont manqué de clarté ; ce sont eux qui ont causé celte difficulté, à 
laquelle nous nous heurtons aujourd'hui. Comme il s'agit des faits 
qui regardent notre pays, nous devons tenir pour vrai le récit des 
des anciennes Annales. 

Quant au nom de Lu'u xu'&ng'' qu'elles donnent au prince de la 
dynastie des Hân méridionaux, il résulte de nos recherches que ce 
Lu'u xu'O'ng hérita du trône dans la cinquième année Hièn dire***' 
des Chàu. La première année Hièn dire*-" ferait donc partie du 
règne de Lu'u thanh ; mais les anciennes Annales ne nous donnent 
aucun renseignement sur ce point. 

ANNÉE CYCLIQUE îi SU'U'"'<î 
f9g6, — Quinzième année de Nam tàn vu'o ng. 



a. En kouaii hoîi « Kih chi tchong i>. d. En kouan hoâ c Lieoû tch'ang ». 

b. En kouan hoâ « Li yCi ». r. En kouon hoâ « Yih tch*eoù ». 

c. En kouan hoâ « Où tai chi ». 



DYNASTIE DES NGÔ 229 

X6ng"<«. — Troisième année Kién du'c *"• du Thai tô"*'. 

Xu'o'ng van, roi de Nam tan, attaque Thaï binh et meurt a l'armée. 

• 

Le roi Nam de Tan, à la lêle de son armée, allaqua les deux vil- 
lages de Thai binh. Quand on entra sur leur territoire, il était resté 
sur son vaisseau d'où il combattait. Un arbalétrier placé en em- 
buscade le frappa d*une flèche et il mourut. Il avait régné quinze ans. 

D*après Tannaliste Ngô si, à cette époque Châu thai, originaire 
du quàn de Dieu giang, se montrait intraitable et refusait toute 
soumission. Le Roi marcha en personne contre lui ; mais ce fut 
Châu thai qui le décapita. Celte vicloirele remplit d'orgueil et d'ar- 
rogance, et désormais la soumission des deux villages devint dif- 
ficile à obtenir. 

« Nam tan, dit Ngô si lien, sut, au nom de la justice, chasser un 
homme pervers *^^* et rétablir l'ancien ordre de choses*-'*. Cela 
suffisait pour consoler les âmes des ancêtres et calmer la colère du 
héros surhumain **^^ son père. De plus il écouta des conseils do 
l'humanité; il eut pitié de l'usurpateur Tarn ca et ne voulut pas 
châtier son crime en l'envoyant au supplice. En revanche il com- 
promit l'honneur de ses armes dans l'entreprise de Thaï binh **'*, 
courant ainsi^ hélas I finalement à la mort. 

Ici finit la dynastie des Ngô. Ngô vu'O'ng quyén devint roi en 
Tannée Ki ho'i et mourut en Tannée Giîip than, après un règne de 
de six ans. Nam tan xu*orng van monla sur le trône en Tân hiyi et 
mourut eu àt su'u; il régna quinze ans ; ce qui fait en tout pour la 
dynastie une durée de vingt cl une années. 

ANNÉE CYCLIQUE BÎNH OÎkisssa 

Tông. — Quatrième année Kién du'e. 

Ngô xu'o'ngxi occupe Blnh kieu ; Dô canii tuât occupe Do d^ng. Les 

CHEFS importants DES DISTRICTS OU DES BOURGADES METTENT DES TROU- 
PES EN MOUVEMENT ET LUTTENT LES UNS CONTRE LES AUTRES. 

a. En kouan hoà c Ping ytn i>. 



230 ANNALES IMPÉRIALES DÉ L'ANNAM 

Depuis que Tam ca avait occupé le tr6ne, les chefs importants du 
lerritoire s'étaient levés en rivaux les uns contre les autres. Lors- 
que Xu'Q'ng van eut reconquis l'autorité royale, sa trop grande in- 
dulgence TenDpécha de les réunir sous sa domination. Le succès 
ne couronna pas son expédition contre Thai binh ; il y trouva la 
mort, et le royaume fut en proie au trouble et à la discorde. Un chef 
militaire de sa race nommé Ngô xirorng xi s*empressa de lever des 
troupes, sortit de son domaine et alla occuper Binh kiéu ; de son 
côté le nha-tu'dng 60 cành Ihat occupa la contrée voisine du fleuve 
Bo d^ng, et tous les chefs importants s'emparèrent de quelque 
coin du territoire. Ils rivalisèrent de valeur guerrière, et cherchè- 
rent à s'agrandir à Tenvi les uns des autres jusqu'au jour où 1 inh 
tien hoàng surgit et^ les ayant réduits à l'obéissance, rétablit Tunité 
dans le royaume. 

D'abord un chef indigène nommé Triin Ifim prit le titre de công 
do Tran minh et occupa B6 haï khîm; puis Kiru công hàn, s'intilu- 
lant Kièu tam cho**^'^ s'établit à Phongchâu; Nguy«'nkhoan, sous le 
nom de Nguyc'n thaf binh*-", s'empara de Tam dai et de Nguyen 
gia loan ; Ngô nhyt khanh se proclama công de Ngô lâm et prit 
Dàng lâm^"^; L;^ khuê, s'attribuant le titre de công de Lf lâng, 
occupa Sieii loai ; Nguyrn thù ti^p, prenant celui de công de 
Nguyrn linh, occupa Tien du ; Lir dàng, se faisant appeler công de 
LiV ta, s'empara de Te giang; Nguyen sien, s'intitulant công de 
Nguyrn hiVu, prit Tây phô li(»t; Kieu thuàn, se proclamant công de 
Kicu Ijnh, prit Hoi ho; enfin Phnm bach ho, autrement nommé, 
Pham bach yél *-*^, occupa Dang châu. Ils se dévoraient les uns les 
autres. En outre, à cette époque, Ngô xu'O'ng xi et DÔcànhthat oc- 
cupèrent Bmh kiéu et Do dçng. Ils étaient donc en tout douze. On 
les connaît sous le nom des douze Sir quàn *****. 

ANNOTATION LM PORTANTE 

Le texte des anciennes Annales porte que la domination des Sir 
quàn dura deux ans, et la donne comme faisant suite au règne de Nam 



Dynastie des ngo 231 

Tan virorng. Il fait du Sir-quj\a Ngô xirorng xi le lils de Ngô xu'orng 
Dgàp. Âujourd*hui, considérant que ce Ngô xu'cxng xi qui, après la 
mort de Nam Tan, sortit de son domaine pour aller occuper Bmh 
kiéu, n'avait qu'une influence bien restreinte, une très faible puis- 
sancCy et qu'il ne différait en rien des sir quân qui occupaient les 
autres circonscriptions territoriales, nous les avons tous rangés 
dans la même catégorie. 

En outre, les anciennes Annales disent qu*après la mort de Nam 
Tan Tapparition et la rivalité des Sîr quiin commencèrent avec 
Ngô xu'orng xi et finirent avec le công de Tran minh ; puis elles 
ajoutent plus bas que Dinh b() lành prit le titre de Van thang vu'crog; 
enfin elles poursuivent en disant qu'il alla vivre auprès du công de 
Tran minh, et qu'après la mort de ce personnage il le remplaça dans 
le commandement de ses troupes. En examinant cette rédaction, 
et en remarquant que les Annalesplacent l'occupation de Iloalu'par 
Dinh bO lanh ainsi que Tattaque infructueuse que les deux Kois diri- 
gèrent contre lui dans la deuxième année de Ngô xu'O'ng van, il y 
a lieu d'admettre que la levée de boucliers du công de Tran minh 
dut avoir lieu avant l'époque à laquelle Ngô xu'orng van recouvra 
la couronne. Il faut conclure de tout cela que dans Toccupation des 
districts par chacun des douze Sir quân il a du exister un ordre de 
priorité, et qu'ils ne l'ont point effectuée à la même date. Ils n*ont 
point surgi tous à la fois après la mort de Nam Tan; mais, comme 
les rédacteurs des anciennes Annales avaient perdu les dates 
exactes, ils se sont contentés de donner une idée générale de la 
succession des événemenis. Ne possédant aucun texte clair sur 
lequel nous puissions nous baser, nous reproduisons provisoire- 
ment leur récit en attendant vérification. 

ÉCLAIRCISSEMENTS. — f^g6 xaVng si. 

Il était fils de Ngô xirorng ngàp, qui régna sous le nom de Thiôn 
sâch viromg. 



232 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

Binh kiôu. 
On ignore la silualion oxacto de celle localité. 

Le fleoTe Dô dông*. 

Il prend sa source dans le village de hkm vièn, dépendant du 
district de Thanh oai. Après avoir arrosé dans son cours sinueux 
ceux de Dai dàm, de Ljch sanh qua et de Uc ly, il va se réunir au 
lleuve NliuO gîang. 

Il est dit dans le commentaire des Annales de Ngô si qu'il sub- 
siste aujourd'hui, dans le bourg de Bùo dà dépondant du district 
de Oaiy des vestiges de remparts élevés par les Sir quân. Les uns 
les appellent Nhu^ giang, les autres Ou dông giang; mais ils com- 
mettent une erreur. 

Bô liai khâu. 

C'est un nom de lieu. Ly thai long s'y rendit dans la cinquième 
année Thi^u thùnh, et y procéda aux cérémonies du labourage. 
Dans les registres de la province de Nam djnh il est dit que Tran 
lam, sir quAn du village de Ky hu dépendant du district de Vôtién 
dans le déparlement de Kien xu'O'ng, occupa ce pays. A cette 
époque il y avait encore là un estuaire; de là le nom que nous 
trouvons ici. 

Le chftu de Phong. 

Voir le passage concernant Hùng vu*o'ng. D'après les registres 
de la province de S(rn tày, dans le village de Pho lap du district de 
Bach bac dépendant du phù de Vinb tu'O'ng il reste des traces de 
remparts qui remontent au temps des Sir quân. On les attribue à 
Kièu tamche. 

Tarn dai. 

C'est le nom d'un chilu qui fait actuellement partie du départe- 
ment de Yinh tu'crng. Anciennement il relevait du cbàu de Phong. 



DYNASTIE DES NGO 233 

Nguyên gia loaa. 

C'est le nom d'une montagne *-^' qui^ d'après les registres de la 
province de Son tây, porte aussi les noms de DOc nhî et de Bi^n 
sorn. Elle est située dans le village de Ymh maù, du district de 
An lac. Lorsque le sir quân Nguyen-khoan occupa le Tarn daî, il 
plaça près de cette montagne le siège de son gouvernement. De là 
est venu le nom qu'elle porte *-*2. 

Dàng lAm. 

C'est le nom d'un village. Voira la septième année Trinh nguyên 

des Bkng. 

Nhu't khanh. 

Il était de la famille de Binh tien hoàng. Voir, à la dixième 

année du règne de ce prince, comment il châtia Nhirt kbành et le 

soumit. 

Tha tiôp. 

Il s'appelait aussi Ba an quân. Il était doué d'une haute stature 
et d'une voix éclatante. Ceux qui Tentendaient tressaillaient et 
étaient frappés de stupeur. On lui avait donné le nom de Loi 
công*^^. Lorsqu'il mit ses troupes en marche il prit celui de 
Nguyên linh. Il s'établit dans le district de Tien du. Dans la suite^ 
ayant réuni Vô ninh à son domaine, il se proclama Vô ninh 
vu'O'ng ^2**. Quant à son lieu d'origine, on ne possède aucun ren- 
seignement. 

Tiôn du. 

Nom de district. Il dépend du département de Tir son, dans la 

province de Bac ninh. 

Sieû loai. 
Nom de district. 

Tô giang. 
C'est le nom d'un ancien district qui porte actuellement celui 

Annales db l*Annav 17 



234 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

de Van giang. Comme le précédent, il appartient au département 
de Thuân an, dans la province de Bac ninh. 

Tây pho lièt. 

Nom d*un territoire. C*est aujourd'hui le village du même nom, 
dans le district de Tbanh tri, qui appartient au territoire de Hà 

nOi. 

Hôi hô. 

Situé dans le district de Cnm khè, au Sorn tày. Ce Càm khë est 

Tancicn Hoa khè. 

Dans les registres du San tày il est dit que sur le territoire du 

village de Tru'o'ng xà, dépendant du district de Càm khè, Ton 

voit encore les fondements d*une muraille élevée par le sir quân 

Kicù công. 

Dàng ohaû. 

Nom d'un territoire. C'est le Khoal 1$ des Trân et le Khoaf chaû 
des Le. Actuellement, dans le village de Dang chaù, dépendant du 
district de Kim d^ng qui relève de la province de Hu*ngan, il existe 
un temple des ancêtres do la famille du su* quàn Pham bach ho. 

Trân lam, Kieû công han, Ngnyén khoan, Ly khuê, Lu* dang, 
Nguyén sieû, Eieû thuân, Pham bach hô. 

On a perdu tous renseignements sur le lieu d'origine de ces per- 
sonnages. 

ANNÉE CYCLIQUE DINH MEO «M 5a 

Tông. — Cinquième année Kiôn du'c. 

BlNH Bô LÂNH, DB HoA Lu\ ATTAQUE LES SU* QUAN DE TOUS LES TERRI- 
TOIRES. Il les SOUMET ET PREND LE TITRK DE VaN THANG VuVnG ****. 

La puissance militaire de Dinh bO lanh s'accroissait de jour en 
a. En kouan hoa « Ting mào ». 



DYNASTIE DES NGÔ 235 

jour. Partout où il allait il remportait la victoire. Dans les villages, 
dans les gorges des montagnes aussi bien qu'au bord des fleuves il 
écrasait les bandes des rebelles. Tous les territoires furent entière- 
ment soumis; parmi les magistrats des chaù et des phù, les petits 
fonctionnaires et le peuple, il n'était personne qui ne reconnût son 
autorité. 

D'après les Annales des Cinq dynasties, dans la huitième année 
Bai bào de Lu'u xu'orng, Ngô xu'O'ng vâu étant mort dans le chaû 
de Giao, son ministre Lu* xir binh et le thich su du chaù de Phong 
nommé Kieu tri hijru se disputèrent le trône. Binh lien leva des 
troupes, les attaqua et les défit. Alors Lu'u xu'O'ng lui conféra le 
titre de tiet d^ sir du châu de Giao. 

D'après le Thâp quoc xuàn thu*'^*^* composé sous les Thanh*'-*'* 
par Ngô nh&m than^, dans la troisième année Dai bào de Lu'u 
xu'ômg des Hàn du midi Dinh b^ lanh prit en main les afTaires du 
pays de Giao chî, et se proclama Dai thiing vu'o'ng ^^**\ 

Après la mort de Ngô xu'O'ng vûn son ministre Lu' xir blnh et 
Kieu tri hijrn, thich su' du chaù de Phong, avaient fomenté des 
désordres. Dinh b$ lành, menant avec lui son fils Lien, attaqua et 
défit Lu* xû* binh. Il fut aussitôt acclamé par tout le monde. 

« Dans le ciel comme sur la terre, dit Ngô si lien, la bonne et la 
mauvaise fortune dépendent forcément de Tinfluence d'en-baut. 
Alors que les cinq dynasties de la cour du nord étaient en proie à 
la ruine et au désordre, le thaf to'-^° des Tông surgit; alors que 
dans la cour du midi tout était troublé par les douze su* quân, Dinh 
tien hoàng monta au pouvoir. Il ne faut point voir en cela la main 
du hasard, mais bien la volonté du Ciel*"*. 

En examinant la rédaction des Annales des Cinq dynasties et du 
Thap quôc xuânthul'on constate que ces ouvrages diffèrent quelque 
peu des anciennes Annales. La huitième année Dai bào de Liru 



a. En kouan hoâ c Chih kouoh h. En kouan hoa « Ts'ing ». 
tch'ouen ts'ieou ». c. En kouan hoâ « Où jin tch'în ». 



236 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

xirfrng répond à la troisième année Kién dire des Tong. Nous re- 
produisons le tout pour fournir aux recherches. 

Les événements relatés dans la présonle section qui se termine 
ici commencent à la troisième année flfim lh«">ng des Bàng et finis- 
sent à Tannée Dinh myo, qui doit répondre à la cinquième année 
Kién diî'c des Tong. Ils embrassent une période de cent six ans. 



FÎN DU PREMIER VOLUME 



NOTES 



A.N?iALKb ue l'Annam. — NuTfcb. 



H«l 



■•I. 



NOTES 



*) L'iiitercalation des caractères chinois qui répondent aux 
innombrables noms propres et en-têtes de notes que renferme cet 
ouvrage devant amener une complication énorme dans l'impres- 
sion, je me propose de les donner en bloc et à part, soit à la fin des 
fascicules, soit à la fin de Touvrage entier. Dans le premier cas, le 
tirage en serait combiné de façon à ce qu'on puisse les réunir en- 
semble sans solution de continuité. 

Comme les rédacteurs de ces nouvelles Annales l'ont déclaré dans 
les préliminaires (v. Tintroduction qui précède), les faits que Ton 
donne comme s'étant passés avant l'époque par laquelle elles débu- 
tent n'ayant absolument rien d'authentique, ils les font partir offi' 
ciellement du règne de Hùng vu'O'ng I«f ; mais en réalité ils n*onl pas 
écrit quelques lignes qu'ils se mettent à exposer tout au long les 
légendes dont ils annonçaient la suppression, n'obéissant ainsi qu'en 
apparence à l'ordre impérial qui l'ordonnait. L'on ne saurait, ce me 
semble, les en blâmer outre mesure ; car la vérité se laisse plus ou 
moins entrevoir dans la fable, etce qu'on peut en saisir sert souvent 
à éclairer quelques points qui seraient demeurés sans cela dans 
une insondable obscurité. 

^) Tel serait l'ancêtre de la première dynastie. Elle commen- 
cerait donc à Dé minh, descendant de Thun nông (Chîn nông), 
deuxième empereur chinois de l'époque légendaire, et Unirait à 
Hùng vuorng XVlll. Les deux caractères qui la désignent, et qui 
signifient « vaste et nombreuse » ne lui seraient pas improprement 



4 ANNALES IMPÉIUALES DE l/A.NNAM 

appliqués si Ton admettait avec les historieus annamites qu'elle a 
occupé le trône pendant 2622 ans (2874 à 257 avant Fère chrétienne) 
et qu'elle adonné vingt rois à la race des Giao chi. 

Than nông (Chin nông) est donné comme étant le successeur de 
Fouh hi. 11 serait monté sur le trône en l'an 2737 av. J.-C. Samëre, 
Jén ssé, de la famille des princes de Ngan teng, ayant eu des rap- 
ports avec un dragon descendu du ciel, le conçut et le mit au 
monde sur les bords de la rivière Kiang, à laquelle il doit son sur- 
nom. On Tappelh* aussi I k*i, et Lieb chan chi, parce qu'il aurait, 
dit-on, demeuré dans la montagne de Lieh. Enfin il est qualifié de 
Yen li, y Empereur du feu^ parce qu'il régna par la vertu de cet élé- 
ment *. Chîn nông, disent les Chinois, est l'inventeur de la charrue. 
Il enseigna l'agriculture au peuple et lui fit connaître les cinq espèces 
de céréales. Il lui apprit aussi à extraire le sel de la mer. 11 découvrit 
les propriétés médicinales des plantes et le moyen de les appliquer à 
la guérison des maladies. C'est TEscuIape chinois. Savant strate- 
gislc, il aurait même écrit un livre sur l'art militaire; poète et musi- 
cien, il aurait inventé divers instruments de musique dont les sons 
possédaient la merveilleuse propriété d'exciter à la vertu les hommes 
qui les entendaient. On sait que Tidée de l'influence de la musique sur 
le perfectionnement des mœurs date de loin chez les Chinois. Chin 
nông établit des marchés où se rendaient, disent-ils, les peuples de 
la terre entière, pour échanger entre eux leurs produits. On raconte 
encore de lui qu'il monta sur un char traîné par des dragons, par- 
courut le globe entier et le mesura. Il aurait même constaté l'apla- 
tissement des pôles. Enfin, d'après certains auteurs, c'est à cet em- 
pereur que serait dû le développement des huit diagrammes de 
Fouh hi en ces soixante-quatre symboles dont l'interprétation fait 
l'objet du célèbre canonique chinois qui porte le nom de « Y king », 
ou « Livre des changements ». M. le professeur Terrien de Lacou- 

* Voir, sur les rapports que les Chinois admettent entre les divers éléments et 
Tordre de succession des dynasties impériales, les notes annexées à ma traduction 
du Tam tu kiiili {San tsC kiny). 



NOTKS 5 

perie, à l'opinion de qui M. W. Si. Chad. Boscawcn semble très 
porté à se rallier, et qui fait descendre la nation chinoise des tribus 
appelées Bac et émigréos des frontières élamites vers la région qui 
forme actuellement la Chine septentrionale, considère l'histoire de 
Chîn nông comme identique avec la légende assyro-babylonienno 
de Sargon d'Agadê. Il est certain, non seulement qu'on rencontre 
des rapports frappants entre certains faits relatifs aux deux person- 
nages, mais encore que plusieurs noms chinois appartenant à la 
légende de Chîn nông présentent, lorsqu'on en ramène la pronon- 
ciation à ce qu'elle était dans l'antiquité, une ressemblance frap- 
pante avec d*autres qui paraissent leur correspondre dans le récit 
babylonien. Cette identité entre Chîn nông et Sargon d'Agadê, si 
elle vient à être définitivement prouvée, militerait bien énergique- 
ment en faveur de l'idée de M. de Lacouperie. D'un autre côté, si 
la tradition des Annamites est exacte, il serait curieux de constater 
que la famille des princes qui gouvernèrent leurs ancêtres était 
originaire des environs de Babylone. (V. Prof. D*" Terrien de La- 
couperie, Babylonia and China, — Wheat carried froin Mesopota- 
mia to eavly China, — The old Babylonian characters and their 
Chinese Dérivâtes, — Wheat camed from Mesopotaniia to early 
China j etc., et l'article intitulé : Shen-ming and S^ryow, publié dans 
le numéro d'août 4888 du Babyloiiianand Oriental record^ par W. St. 
Chad Boscawen, esq. f. r. n. s.) 

^) Voir sur ces Ngû lânh, à la page 17 du texte, Téclaircissement 
qui les concerne. 

*') Il est impossible de traduire littéralement cette expression en 
français. Être « thânh (ching) », c'est, d'après la définition des Livres 
classiques, posséder le plus haut degré de puissance morale et intel- 
lectuelle, être intuitivement sage et bon, et posséder la science 
universelle (v. Wells Williams, A syllabic dictionary of the chinese 
lanquacje,, au mot « Ching »). C'est le titre que l'on donne à Confu- 



(> annaf.es impériales de i;annam 

cius, cl que l'on traduit ordinairemont en français, à défaut d'équi- 
valent exact, par les mots « Le Saint homme » « hû'c (teh) » exprime 
les qualités naturelles de Thomme, aussi bien les bonnes que les 
mauvaises. L'expression « hfru thành dire (yeoù ching" teh) signifie 
donc littéralement « il avait une nature ching », c'est-à-dire qu'il 
était doué naturellement de toutes les perfections qui sont expri- 
mées par le mot chinois « chfng ». 

^) Je n'ai trouvé dans aucun des ouvrages que j'ai étériincmo di> 
consulter ces noms de « Be minh (Timlng) » etde«Bê nghî (Tiî) » 
Partout le descendant à la troisième génération ou arrière petit-fils 
de Thân nông (Chtn nông) est appelé « Cao du"(mg thi (Kao yâng 
chi) » ou <c Chuyên hiic (Tchouen hiuh) >», et son successeur « Cao 
tân thi (Kao sîn chi) » ou « BA coc (Ti kouh) ». 

'^jLa mère de Sung làm ou Lac long quftn senommait &ôngdinh 
quân. Elle était, dit la légende, de la race des dragons. 

') D'autres l'appellent Au cor ou Mu co". Cette Au kl était une con- 
cubine favorite de l'empereur chinois De lai. 

Lnc long quân, dit la légende, étant par sa mère de la race des 
dragons, demeurait volontiers au sein des eaux. Bc lai, étant venu 
dans le pays, en opprimait et pressurait la population. Cette der- 
nière se porta en foule vers le rivage et supplia Lac long quân de 
venir à son aide. Lac long quân sortit des eaux et se rendit au 
lieu où séjournait l'Empereur. Bêlai était absent. Lac long quân, 
profitant de l'occasion, enleva Au ki, sa concubine préférée, qu'il 
épousa. 

Je n'ai pas trouvé plus de traces de Be lai que de Bê minh ou de 
Bè nghi, et ne sais quel empereur chinois les Annamites ont entendu 
désigner par ce nom, qui semble avoir été inventé par eux, comme 
probablement aussi les deux précédents. 

^) Ces Bâ viet [cent viet) étaient des tribus qui occupaient la ré- 
gion située au sud de la montagne de Mei Ung, que l'on voit mar^ 



NOTES 7 

quéc sur la carte de Klaproth à une faible dislance au midi de NAn 
ngan foù, chef-lieu de département dans la province de Kiang si *. 
Cette région qu'occupaient les tribus des Bâ viêt correspond h 
peu près aux provinces actuelles du Kouàng tong et du Kouàng si. 
Quelques-unes de ces tribus, telles que les MAn yu% les Au vict et 
les Lac viêt, sont particulièrement citées dans le cours de l'his- 
toire dont nous nous occupons. 

^) Ce qui a été dit ci-dessus au sujet de la tournée faite dans le 
midi par Tcmpereur chinois que la légende nomme Be lai et des 
réquisitions dont il écrasait le peuple, indiquait déjà suffisam- 
ment que Kim du'O'ng vu*ong et Lac long quân avaient dû gouverner 
le pnys au nom de la Chine. Les termes qu'emploient ici les auteurs 
des Annales ne laissent plus guère de doute sur ce point. En fon- 
dant le royaume de Yân lang et en se choisissant une capitale, Hùng 
vu'O'ng entendit bien s'affranchir du joug de l'Empereur et se consti- 
tuer un état indépendant. La suite du récit, notamment en ce qui 
concerne la conduite de Tri(Ju dà, le fera voir plus clairement 
encore. 

*^) Il est peu probable que la légende, par ces dragons aquatiques 
ou Giao long (Kiao long), ait visé ces êtres surnaturels dont Sun 
King teh, Tauteur du manuel taosséiste intitulé : Kao ouâng quan chi 
yin king, dit qu'ils prennent spontanément naissance au sein des 
eaux lorsqu'elles viennent à se réunir sous la forme de rivières ou 
de lacs. Il est vraisemblable qu'elle parle ici simplement des croco- 
diles. Tout au plus pourrait-on supposer qu'il s'agit de quelque 
espèce actuellement éteinte. Wells Williams donne le caractère 
Kiao comme désignant une sorte de dragon qui est représentée 
revêtue d'écaillés, mais dépourvue de cornes. La description, 
la taille et la forme en seraient, dit-il, très rapprochées de celle 

• Lat. gS'SO'OO". Long. 111«39'52'', d'après Texcellent Dictionnaire des villes 
de l'Empire chinois d'Eo. Biot, duquel les indications que j'aurai à donner dans le 
cours de cet ouvrage sur la situation géographique des villes seront géntVaie- 
ment tirées. 



8 ANNALES IMPFIUALES DE I/ANNAM 

de riguanodon. « Il est possible, du reste, ajoute le savant lexico- 
graphe, que ce terme ait été appliqué dans Torigine à une espèce 
de salamandre ou d*amblyrinchus. » 

^^) T'ai p'inghoftn yù ki. C'est un des plus anciens ouvrages to- 
pographiques de la Chine^ qui en possède tant et de si remarquables. 
Il fut composé par un nommé Lo chi, qui le publia pendant la 
période Tâi p'îng hîng kouoh (972-983) du règne de Tcmpereur 
T'ai tsong. Il présente une vue générale de l'empire au point do 
vue statistique et descriptif (V. ^yuf. Notes on chinese literature, 
p. 36.) 

*^) On a supprimé à dessein un trait transversal dans la partie 
supérieure du caractère « That (chî) — véritablement », pour le 
motif indiqué plus haut. Les Annamites avaient été jusqu'à modi- 
fier considérablement la prononciation du caractère chinois qui 
est employé aussi dans leur langue parlée, et à la changer de 
« thAt » en « thi^t ». Fort souvent même ils écrivent ce mot avec 
un caractère tout différent. 

**) Ce passage me semble obscur. Il signifie littéralement : « A 
cette époque il y avait les champs Lac; ils suivaient la montée et la 
descente des marées ; ceux qui les défrichaient étaiefit le peuple Lac. » 
Comment des champs susceptibles d'être mis en culture peuvent- 
ils se trouver dans les conditions indiquées ici? La partie du rivage 
qui est alternativement couverte et découverte par Tenu de la mer, 
que cela se produise deux fois dans les vingt-quatre heures ou bien 
ait lieu seulement aux époques plus espacées des grandes marées, 
est, par ce seul fait, absolument impropre à la culture. Que s'il s^agit 
ici, non du bord de la mer, mais de ces bandes de terre plus ou moins 
larges qui sont couvertes et découvertes alternativement par l'eau 
de certaines rivières dans lesquelles l'influence de la marée se fait 
sentir an loin, sans que pour cela l'eau reste assez salée pour s'oppo- 



NOTES 

ser entièrement à la végétation, comme cela a lieu par exemple à 
Tembouchure de la Seine, la submersion h laquelle elles sont jour- 
nellement soumises peut bien ne pas empêcher la croissance de cer- 
taines herbes et la formation d'une sorte de prairie naturelle ; mais 
le défrichement en demeure, au moins sans travaux d'art, absolument 
impossible, et Ton n'en pourrait obtenir aucun autre produit. 

Ne s'agirait-il pas ici de ces terrains abandonnés par la mer, dans 
certaines localités où elle se retire définitivement? On sait que sur 
cortains rivages elle recule, tandis qu'au contraire elle gagne ail- 
leurs. C'est ainsi que les villes de Fréjus et d'Aigues-Mortes, autre- 
fois ports maritimes très fréquentés, se trouvent actuellement repor- 
tées fort avant dans Tinlérieur des terres, tandis qu'au contraire sur 
la côte de Normandie qui fait face au mont Saint-Michel, la mer 
ronge la côte pour ainsi dire à vue d'œil, au point que certaines 
fermes que des vieillards du pays se rappellent avoir vues en exploi- 
tation se trouvent actuellement recouvertes par les marées. 

On pourrait encore supposer à la rigueur que le défnchement dont 
il est question ici vise bien, soit des terrains non salés du bord des 
rivières, soit même le rivage de la mer lui-même; mais alors il 
suppose, comme je l'ai dit tout à l'heure, Texistence de travaux 
d'art, de digues susceptibles d'arrêter les eaux et de permettre soit 
le dessèchement, soit le dessalement du terrain gagné ; et il est bien 
difficile d'admettre que le peuple Giao chl, à peu près sauvage à 
cette époque, ait pu être capable de concevoir et d'exécuter ce genre 
de travaux. En tous cas l'extrême concision du texte permet peu 
de le supposer. 

'■') Lac dAn. 

*•) Lac vu-flTng. 

*") Lac tu*(rng. 

***) Cette identité dans les insignes montre que, dès ces temps 
reculés, le peuple dont nous nous occupons ici avait de nombreuses 



10 ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

rclalions avec la Chine, aux habitants de laquelle il empruntail cer- 
taines de leurs institutions, si même les uns et les antres ne prove- 
naient pas d'une même souche, ce qui semble assez vraisemblable. 
On sait que le sceau, avec les enveloppes et attaches qui raccom- 
pagnent, constitue Tattribut par excellence des fonctionnaires chi- 
nois, aussi bien que des vassaux de l'empire. On verra plus loin Ciao 
hoàng de (kao hoâng tf) charger un de ses hauts fonctionnaires de 
porter à Tri^u dà un grand sceau royal, pour marquer la suprématie 
qu*il entendait revendiquer à son égard. De même, et tout récem- 
ment^ le gouvernement français a fait présent au roi d'Annam 
d*un magnifique sceau en météorite, affirmant par là le protectorat 
sous lequel ce prince est placé. 

^^) Ce procédé était aussi en usage chez les Chinois des premiers 
temps. Il y a, ici encore, un trait de ressemblance des plus frappants 
entre les deux peuples. On n'ignore pas que ces cordes à nœuds 
étaient pareillement, sous le nom de quipos ou quipous, en grand 
usage chez les Péruviens, auxquels elles tenaient lieu d'écritures, 
de même que chez les Caraïbes, les Mexicains et quelques tribus 
de l'Amérique septentrionale. Il est impossible, en voyant un pro- 
cédé aussi spécial et aussi caractérisé employé d'une manière sen- 
siblement identique par des peuples de l'extrême Asie et un grand 
nombre d^habitants du Nouveau-Monde, de ne pas se laisser aller à 
l'idée qu'il existait entre ces nations, si éloignées les unes des 
autres qu'elles fussent, une réelle communauté d'origine. 

^^) Le Giao chi correspondait aux provinces actuelles de Hà n^i, 
Hùng an et Nam dinh'; 

Le Châu vien à une partie de celle de Sorn tây; 

Le Vô ninh à celle de Bac ninh ; 

Le Phu'O'c l^c à la partie de la province de San tây qui n'était pas 
comprise dans le b$ de Châu vien ; 

Le Viet thu'O'ng, aux provinces de Quàng binh et de Quàng tri ; 

Le Ninh hài à celle de Quàng yen ; 



NOTKS U 

Le Dirornp luyén à celle de IIM dircrng; 

Le Luc hài à celle de hnng scrn ; 

Le Vô djnh à celles de Thài nguyên et Cao bang; 

Le Hoai hoan à celles de NghO an et de Ilà tjnh ; 

Le Cùù chan à celle de Thanh hoâ; 

Le Tân himg- «^ celle de Hirng tuyên; 

Le Ciru dire, à celle de Hà linh. 

Quant au b^ de Binh vun, je ne possède aucun document 
établissant sa correspondance actuelle. On verra un peu plus loin 
que les rédacteurs des Annales ne sont pas plus avancés que moi. 

On a supprimé à dessein un trait dans la partie supérieure du 
caractère « tuyen » (Du'crng tuyen). 

-*) Le texte (p. 3, recto , 5* et et 6'' ligne) s'exprime ainsi : « K;^ viPt 
Van lang ; vu'O'ng sô* dô da » ; ce qui devrait se traduire littérale- 
ment ainsi : « Il (le Ciru dire) s'appelait Van lang; c'est celui dans 
lequel le Roi établit sa capitale ». Mais, si l'on adoptait ce sens, 
on ne trouverait dans cette énumération que quatorze divisions 
territoriales (b^), au lieu des quinze annoncées toi t d'abord. U vaut 
mieux, je crois, supposer que le mot « gia » a été oublié après le 
nom propre « Van lang », et lire : « Ky viet Van lang già, vu'O'ng 
str du da » ; ce qui donne le sens que j'ai cru devoir adopter dans ma 
traduction. Si je ne me trompe, la construction même de la phrase 
indique que le mot « già », oublié par suite d'une erreur typo- 
graphique, devait se trouver à la place que je viens d'indiquer. 

*-) Il ne faut pas confondre le royaume de Ba th^c, qui est repré- 
senté à présent par la province tonquinoise de Cao bàng et que 
nous allons bientôt voir jouer un rôle considérable dans l'histoire 
des origines du peuple annamite, avec deux petits états dont il est 
question ici, et qui occupaient le territoire actuel du Sse tch'ouan 
oriental, en Chine. Leurs noms (Pa-Chouh) que Ton réunit souvent 
pour désigner cette province de l'empire, pourraient, lorsqu'on leur 
aifccte la prononciation cantonnaise, induire facilement en erreur. 



12 ANNALES IMPÉRIALES DE LANNAM 



23 



) Dans le Hoû nàn actuel. 



^^) C*cst le fameux royaume de Ciampa on Chièm ba, que Ton 
trouve aussi fréquemment désigné sous le nom de Lâm ap, et qui 
occupait la place de la Cochinchinc actuelle. D*aprèsLuro la popu- 
lation primitive de cet État, qui paraît avoir été très paciGque, n'est 
pas la même que celle que Ton voit aux prises avec les Annamites 
au quatrième siècle de notre ère, et qu*on croit avoir été de race 
malaise. Il y aurait eu dans le Làm îip une véritable invasion do 
pirates qui auniient refoulé jusque dans la chaîne annamitique ces 
Ho ton qui constituaient auparavant le peuple du Ciampa. M. Tabbé 
Adr. Launay fait observer très justement que la nouvelle popula- 
tion qui se substitua aux premiers Ciampois était très probablement 
mélangée d*éléments divers sortis, à la suite de révolutions poli- 
tiques, des pays voisins, TAnnam et le Cambodge. « Il est à croire, 
dit le savant missionnaire, que la race annamite, d*abord établie 
« au nord du Tonkin actuel, dut, à mesure qu'elle se multipliait, 
« chercher à s'étendre du côté du sud. D'autre part, plusieurs noms 
« propres au peuple ciampois, conservés dans Thistoire annamite, 
« semblent accuser par un certain air de ressemblance une origine 
« cambodgienne ; les tours des édifices et les nombreuses idoles des 
« temples semblent aussi assez bien se rapporter avec Tarchi- 
« tecture et la religion des Khmèrs. Il en faudrait donc conclure 
« que le peuple ciampois était un mélange de Malais, d'An- 
« namites et de Cambodgiens. » (v. Luro, Le pays d'Armam^ p. 70 
« et Tabbé Adr. Launay, Histoire ancienne et moderne de l'Annam, 
< pp. 27 et 28.) 

D'un autre côté, M. le M^' d'HERVBv dk Saint-Denis cite, dans 
son Ethnographie des peuples étrangers à la Chine (2* vol. p. 434), 

une note de l'encyclopédie chinoise Youèn kien lèi hàn dans laquelle 

il est dit qu*à la[suite de sanglantes défaites que leur avait infligées le 

gouverneur de Ngan nân les habitants du Lîn yh (dont il sera parlé 

plus bas) abandonnèrent ce pays ot mirent leurcapitale à Tchen ; et 



NOTES 13 

que pour cette raison le nouveau royaume fut appelé « Tchen 
tch'îng — ville fortifiée de Tchen. » 

Je ne connais pas le poème auquel l'empereur IV âirc semble 
faire allusion dans Tannotation impériale de la page 4. Il est fort 
possible qu'il ait simplement voulu citer, en les traduisant en chi- 
nois, les premiers mots de ce vers de Le ngô cat : 
« Tram trai diêm irng hùng bi la dtforng. » 
« Elle lui donna cent fils, merveilleuxprésage d'tine race de héros. » 

(V. le poème intitulé Bal nam quôc sir ky diC^n ca, an vers 26). 

-^) C'est un des noms du Ciampa. D'après Lurole mot de Cochin- 
chine ne serait que Timitation des mois Koù Tchen lch*îng, qui 
signifient « V ancien Ciampa ». Gomme je Tai dit plus haut, ce 
royaume occupait autrefois le territoire de la Cochinchine actuelle. 

-^) Le Lào qua (Lào tchouà) est, d'après Ed. Biot, le royaume de 
Laos, au sud du Yùn nùn et au nord de Tempire d'Annam. 

'^) M. le D' James Legge, dans le très savant et très intéressant tra- 
vail qu'il vient do publier sur le monument nestorien de Si ngan 
foii, fait remarquer que le mot « ching », qu'il traduit par « sage » 
et que l'on applique souvent au Souverain, se rencontre déjà avec cet 
emploi dans les chapitres 15 et 25 du Tâo teh king (Prof. James Lkggk, 
Christianity in China. — The nestorian monument, p. 29, note 8). 

-^) 11 s'agit de Gia long. Ce titre lui a été évidemment donné à 
rimitation de ceux que prennent les empereurs chinois de la dynas- 
tie tartare (Ta ts'ing). On l'appelle Cao hoàngdê(Kao hoàng ti) comme 
le premier de ces empereurs, parce que, comme lui, il a fondé la 
dynastie actuellement régnante; mais au lieu de l'épithète Thài to 
(t'ai tsoù) qui précède cette qualification dans le titre du souverain 
mandchou, on a préféré lui appliquer celle de The to (chi tsoù), qui 
fut portée par le petit-fils de ce dernier. Outre la nécessité qu'il y 
avait de mettre quelque différence entre le titre du prince annamite 
et celui de l'empereur chinois, l'on a voulu aussi, probablement, 



ii ANNALES IMPÉRIALES DE L'ANNAM 

élablir une comparaison enlre Gia loug, qui, après avoir anéanti la 
formidable insurrection des Tày som^ fit son entrée solennelle à Uuê 
pour y régner comme empereur de tous les pays annamites, et Chi 
tsoù tchang hoàng ti, qui entra de même en libérateur dans Pékin, 
après avoir écrasé Tusurpateur Ly tsé Ich'èng qui s*était livré en 
Chine aux mêmes excès que les Tày san dans TAnnam. 

*^) Thîjn châu. — Nom poétique de la Chine, qui signilie a file 
divine ». Il vient de cette ancienne supposition que Tempire chinois 
était entouré de tous côtés par des mers (ssé hài). 



30 



) Le Kouàng tong et le Kouàng si. 



'*') On voit clairement ici qu'il s'agit bien des deux anciens États 
de Pa et de Chouh (Ba et Th\ic) qui occupaient la partie orientale du 
territoire du Sse tch'ouen actuel. 

'•^') Littéralement « est inséré ». 



33 



) Hoù peh et Hoù nàn. 

'^^) Dans le Yùn nàn actuel. 

^*) Ta Ts'ing yih t ong tchi {Géoyraphie yénérale de f empire chmo s 
ici qu'il se comporte sous la dynastie actuelle). Cet ouvrage se com- 
pose de cinq cents volumes. C'est une géographie de tout Tempire, 
publiée pour la première fois au milieu du dernier siècle sous le 
patronage direct do TËmpereur. Il prend successivement toutes les 
provinces, et fait connaître pour chacune d'elles les divisions astro- 
logiques, les limites, la configuration du pays, les fonctionnaires^ 
la population, les impôts et les hommes d'État célèbres. A propos 
de chaque préfecture (fou) et de chaque département (tchoou) se 
trouve une description plus détaillée des différents districts, avec 
un supplément au-dessus, indiquant les villes, les établissements 
d'éducation, les collines et les rivières, les antiquités, les passes 
des montagnes, les ponts, les ouvrages de défense, les tombeaux, 



NOTKS 15 

les temples, les personnages importants, les voyageurs^ les femmes 
illustres, les personnages célèbres par leur piété et les productions 
du sol. Une partie considérable du livre est consacrée à la descrip- 
tion des dépendances de Tempire placées en dehors des frontières, 
ainsi que des États tributaires. Outre la compilation générale dont 
il vient d'être parlé, on y trouve des exposés géographiques spé- 
ciaux pour chaque province, chaque préfecture, chaque département, 
presque pour chaque district, et dans bien des cas pour des petites 
villes comprises dans ces derniers. (Wylie, Notes onchinese literalure, 
p. 357). 



36 



) Kouàng si. 
*') llôu nân. 
^^} Hôu peh. 
''') Yiin nûn. 
^"^ Sse tch'ouen. 

^*) Tch'où. Grand Etat féodal deFépoque des Tcheou, qui a subsisté 
depuis Tannée 740 jusqu'à Tannée 330 av. J.-C.^ sous le gouverne- 
ment de trente princes. Il occupait le llôu kouàng (Hôu peh et Hôu 
nûn), une partie du Hô nàn et du Kiang sou, et avait pour capitale 
K'îng tcheou foù sur le fleuve Yâng tsè kiang. (V. Wells Wiluams, 
p. 94). 

C'est dans le royaume de Tch'où que se trouvait cette multitude 
de lacs disséminés au nord et au sud de la partie moyenne du cours 
du Yàng tsè kiang, sur le parcours de ses affluents, et dont deux, 
le TÔQg Tîng et le P*ô yâng, sont bien connus. 

^-) Voy. la note 24. 

'*) Litt. : « Les nobles de L;ic, ou les princes de Lac. »> . 

^*) Lilt. : « Lea chefs militaires de L:ic. » 



U\ AN.NALKS IMPÉlilALKS DE LAN.NAM 

*'*) Yeoù sse. — ileUQ vieille expression, qui vient du Chou king, 
où elle se trouve une fois dans le chapitre intitulé « Ta Yù môu — 
Les instructions de Yù le grand »| et deux fois dans le chapitre « Lih 
Iching — L'établissement du gouvernement », désigne en général 
les fonctionnaires de tous ordres chargés de la haute surveillance, 
du contrôle supérieur des affaires. 

^>) Phii dao. — Fôu lâo. 

*') Yâo tien. — Ce chapitre est le deuxième de la première partie 
du Chou king. Le paragraphe, que les rédacteurs des Annales vont 
citer textuellement, est le cinquième. 

*•'*) « Bien hoa chi s^*. » 

^^) Tching ts'iâo t'ong tchi. C'est une histoire de la Chine allant de 
Fouh hi à la dynastie des T'âng, en 200 livres, composée sous les 
S'ông par Tching tsiào. Elle est divisée en cinq sections : 

1** Ti ki — Actes des empereurs. 

2*^ Hoân hcou lich Ichouén — Biographies des impératrices. 

3" Niên poù — Registres annuels. 

4' Lioh — Compendiums. 

;? Lieh tchouén — Récits. 

Le mérite de l'ouvrage réside surtout dans la section intitulée 
« Compendiums », qui contient plusieurs matières de haut intérêt. 
Les autres sections sont plus ou moins empruntées à d*autres 

ouvrages. 

En exécution d'un rescritimpérialde Tannée 1767, un supplément 
à l'ouvrage ci-dessus fut composé. Il contient 527 livres, et porte 
le litre de K'in ting souh T'ong tchi Continuation du Tong tchi com- 
posée par ordre de F Empereur. Il est rédigé d'après la même méthode 
que ce dernier ouvrage, et renferme les annales des Sông, des 
Liào, des Kin, des Yuèn et desMIng, avec un Tt ki concernant les 
T'àng que ne renfermait pas l'ouvrage de Tching ts'iâo (Wyuk 
Notes on Chinese Itterature, p. 24). 



NOTES 17 

^^) Toile est rinlerprétation de Trinli lieu. V. d'autre part la 
savante dissertation du D' James Leggk sur ce passage de Chou 
king (The canon of Yaou, § 5, en noté), 

^* Voir la note sous la page VI de la préface. 

52) 2353 av. J.-C. 

" On trouve dans les auteurs chinois la mention d'une tortue 
divine qui aurait mis sous les yeux de Yù un écrit mystérieux au 
moyenduquelcet empereur put déchiffrer « la base des enseigne- 
ments moraux et les secrets de l'invisible. » 

On voit que les Annamites ici, comme en d'autres circonstances, 
ne se sont pas fait faute de s'approprier les légendes chinoises, 
en les modifiant cependant dans une certaine mesure. II peut se faire, 
du reste, que ces ressemblances tiennent à l'origine très probable- 
ment commune des deux peuples. 

") T'âo T'âng. — C'est le titre donné au célèbre empereur Yâo, 
fils deTi koû et prédécesseur de Chûn,qui aurait vécu cent-dix-huît 
ans, régné cent ans sur la Chine (2356 — 2255 av. J.-C.) et 
dont les vertus extraordinaires forment le sujet du commence- 
ment du Chou king. Son përe lui donna en apanage le domaine de 
T'âo, au P'îng yâng (actuellement T'ai youên foù dans le Chan si), 
et il porta en raison de ce fait le titre «deT'âoheéu — Prince de 
T'âo. » S'étant ensuite transféré dans le pays de T'âng il fut aussi 
qualifié de « Tâng heôu — Prince de T'âng. On a depuis réuni ces 
deux titres et onTappelle généralement « T'âo T'âng », ou « T'âo 
T'âng chi. » 

^^) Le texte dit « dix mille années »; expression figurée, qui est 
considérée commeélégantc,etqui vient de cette phrase du philosophe 
Tchouang tsè : « Ts'ien tsoui kouei ssè lieôu kouh — Une tortue de 
mille ans, lorsqu'elle est morte, réside encore dans sa carapace », 
en ce sens qu'elle continue à se manifester par la vertu prophétique 

Annalrs de l'Amnah. — Notes. 2 



18 annai.es impériales de L'ANNAM 

que conserve son enveloppe. On sait qu'un des moyens de divina- 
tion les plus employés chez les Chinois consiste à exposer au feu 
la carapace d'une tortue et à interpréter ensuite la direction des 
veines que cette opération y fait apparaître. L'on voit cette divina- 
tion par la tortue mentionnée à maintes reprises dans le Chou king. 
L'empereur Yii, ordonnant d'y [avoir recours, l'appelle « la Grande 
Tortue (Youen Kouei) », et les présages qu'on en tire sont souvent 
combinés avec ceux que donne le « Chi » ou tige desséchée de la 
Ptarmica sibirica. 

Il n'y a rien d'étonant que l'imagination chinoise ait attribué à la 
tortue une vie longue de mille années; car ils la considèrent comme 
un des quatre animaux surnaturels. Les trois autres sont l'Unicorne 
(Lîn), le Phénix (Féng) et le Dragon (Long). La présence de ce rep- 
tile dans un lieu quelconque est considérée comme étant de bon 
augure. 

^^) « K'o teôu » signifie « têtard ». Ce genre de caractères a en 
effet la forme de groupes de têtards qui se mouvraient dans tous les 
sens en faisant onduler leur queue et laissant ainsi une trace dans la 
vase. On ignore quel en fut l'inventeur. Certains écrivains les attri- 
buent a Ts'àng