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THE LIBRARY
OF
THE UNIVERSITY
OF CALIFORNIA
FROM THE LIBRARY OF
COUNT EGOH CAESÀR CORTl
MAIIJ LIB.^AGRIC.
yGoogk
Digitized by VjOOQ IC
ntf^k i-^s
ASPERGES
LES FRAISES
LES FIGUES ET LES FRAMBOISES
, DKSCfifPTlOT^ DKS MÊÎLLErRES MÉTHODES OE CULTURK
StiïVJE
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tO'JR AVÙtR fclé J^PttUHOPS ÙT DÏS FJ1BIT6 ttltljANT ^'fllVEA
BU CÂLEHDRIEa
m CULflVATECU l»* ASPERGES, DE FUaISIERS ET DE nCtUKRS
V.-F.ILEBEUF
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QIÎATIUÈME ÊDliroN
PARIS
CttlMEttftT iT LlDWEaEY.'^S I RQRET
i 1869 Digitizedby Google J
c^^t .
Digitized by VjOOQ IC
La première édition de ce petit traité a paru en
1863. Depuis cette époque, trois éditions ont été
successivemeijt épuisées. La faveur que le public a
accordée à ce travail tient à ce qu'il a comblé une
véritable lacune. En effet, avant sa publication, la
culture rationnelle et économique de l'asperge n'était
pas connue, bien qu'elle fût pratiquée depuis 35 ans
environ à Argenteuil, avec le plus grand succès.
Le premier, nous avons décrit ce système, et si
nous le disons ici, ce n'est pas pour satisfa^ire une
vaine ostentation, mais parce que d'autres ont voulu
s'attribuer le mérite de notre idée, tant pour la cul-
ture de l'asperge que pour certains détails de celle du
fraisier.
Nous donnons unejjuatrième édition qui aétérevue
SîTSSjLSJ. 3 t-dby Google
6
avec soin et augmentée d'un grand nombre de détails
pratiques, qui seront lus avec intérêt par les ama-
teurs. Nous y avons ajouté la culture du framboisier
dont les fruits délicieux sont très-recherchés d'un
grand nombre de personnes.
Aujourd'hui que la culture de l'asperge et celle da
fraisier ont pris une extension considérable, et qu'il
n'y a presque plus de jardin sans aspergerie ou sans
fraisière, notre petit livre sera d'uue utilité plus
grande encore que par le passé.
V.-F. LEBEUF.
Argenteuil, le 20 janvier i869.
yGoogk
LES
ASPERGES
LES FRAISES
LES FIGUES ET LES FRAMBOISES
LES iSPERGES
VARIÉTÉS DE L'aSPERGE
Il n'y avait primitivement qu'une seule variété
d'asperge comestible, l'asperge sauvage (asparagus
officinalis)y d'où sont venues l'asperge commune {as-
paragus hortensis) , et la grande asperge [asparagus
hor tenais major). La première a dû donner naissance
à Tasperge hâtivô rose d'Ulm, de Hollande et d'Ar-
genteuil; la seconde, à l'asperge tardive et rose d'Ulm,
Digitized by VjOOQIC
8 LES ASPERGES
de Hollande et d'Argenteuil. Il y a en Europe Aringt à
vingt-cinq autres espèces ; mais aucunes ne sont co«
mestibles.
La culture a une si grande influence sur les végé-
taux qu'elle en modiâe la constitution, le mode de
végéter et la saveur. C'est à force d'observations, de
soins et de patience, que les cultivateurs d'Argenteuil
sont parvenus à améliorer l'asperge, qu'ils ont Créé
les .deux variétés hâtive et tardive, et qu'ils les ont
fixées de manière à les rendre bien supérieures au
type en grosseur et en qualité.
On cultive l'asperge dans toute la France, \avec des
soins à peu près égauy. D'où vient donc qu'il n'y a
que quelques localités privilégiées qui en produisent
de belles, de bonnes, et d'une vigueur telle qu'elles
donnent encore des récolles abondantes après vingt-
cifiq ans de plantation? Cela provient uniquement
d'une culture rationnelle et bien entendue, du choix
du plant et de la variété.
L'asperge d'Argenteuil est arrivée à un tel degré
de perfection, qu'il n'est pas possible de la confon-.
dre avec les ^ anciennes. Comparée avec elles, elle
donne des récolles triples en poids et en grosseur, et
l'espèce hâtive produit dix jours plus tôt que lés plus
hâtives connues. Cela explique la préférence qui lui
est accordée partout.
yGoogk
LES ASPëBGES
DESCRIPTION PHYSIQUE DES ASPERGES HA.T1VE ET
TARDIVE D'aRQENTEUIL ET DE L'ASPERQB DE
HOLLANDE.
1) est
Asperge tardive. — L'asperge tardive (flg.
souvent aplatie ; elle a les
yeux saillants rapprochés
et en spirale ; la pointe
courte et effilée. D^ns les
bonnes cultures, les turions
portent de 8 à 16 cenlimè-
tres de circonférence mesu-
rés à 22 centimètres der-
rière la pointe. La flg. 1,
ci - contre, représente un
turion dessiné d'après' na-
ture; il y en a de bien
plus gros , mais celui-ci a
été choisi de préférence,
parce qu'il représente le
type le plus pur de la va-
riété.
La tige de l'asperge tardive s'élève de 1 m. 75 à
2 m. 30.
Cette variété est très-vigoureuse, peu difficile sur
le choix du terrain et vit longtemps. La griffe monte
lentement, ce qui fait que Tasperge tardive convient
mieux que la hâtive dans les sols qui ont peu de pro-
fondeur. Elle rend un peu moins qu'elle dans les
' DigitizecA^ Google
10 LES ASPERGES
premières années, mais elle donne plus longtemps.
Nous avons vu des aspergeries de Tâge de vingt-sepft
ans, où Ton faisait encore de très-belles récoltes : les
lurions mesuraient encore de 6 à 8 centimètres de
circonférence.
Asperge hâtive. — L'asperge hâtive d'Argenteuil
(flg. 2), est généralement
ronde , parfois un peu apla,-
tie; elle a les yeux moins
saillants que ceux de l'as-
perge tardive, et ils sont
en spirales moins régulières
et plus espacées que dans
cette variété. La pointe est co-
nique, ordinairement renflée
dans le milieu et plus lon-
gue. Les turions mesurent
de 7 à 16 centimètres de
circonférence à 22 centi-
mètres en arrière de la
pointe. La fig. 2 représente
un turion d'asperge hâtive,
dessiné par nous-méme d'a-
près nature, et de grosseur
moyenne. Il y en a de beau-
coup plus forts, mais celui-
ci a été choisi comme représentant plus exactement
le type de la variété qui obtient le plus de faveur sur
le carreau de la halle de Paris.
dbyGoogk
LES ASPERGES il
L'asperge hâliVe prend un plus grand développe-
ment que la tardive ; elle atteint souvent 3 mètres
de hauteur. Elle est très-vigoureuse et peu délicate
sur la richesse du sol ; néanmoins elle le veut pro-
fond d'au moins 25 centimètres, car les griffes s'élè-
vent chaque année d'un centimètre environ. Elle
produit dès la troisième année, et à 6 ans elle donne
des récoltes considérables jusqu'à 14 ou 15 ans. Passé
ce temps, les turions sont ^ un peu moins gros, mais
elle en donne en abondance. Elle vit de J8 à 20 ans
dans les bonnes cultures.
Asperge de Hollande. — L'asperge de Hollande
(fig. 3) est presque toujours de
forme ronde. Elle a les yçux en
spirale, les feuilles étroites et sail-
lantes. La pointe est tantôt coni-
que, tantôt allongée, quelquefois
renflée dans le milieu. Les turions
ont de 3 à 9 centimètres de cir-
conférence, mesurés à 22 centi-
mètres de la poinfe. La fig. \3
représente un des plus beaux tu-
rions de ce type, dessiné d'après
nature par nous*même.
Cette asperge s'élève à 1 m. 50
environ. Elle est moins bonne,
moins belle que les deux variétés
d|Argenicuil. Elle exige un sol
plufr^^iche ^ pl«# profend ; aussirla euljure en eet^
elle généralement abandonnée. Digi,,ed by Google
15 ' LES ASPERGES
Parmi les inconvénients qu'on lui reproche, sont
ceilx-ci : elle devient dure très-promptement, elle se
déboutonne (la pointe s'ouvre) très-rapidement et
verdit en 24 heures. Cette variété n'obtient qu'un
prix très-faible à la halle de Paris ; elle se vend 1 fr.
la botte quand celle d'Argenteuil de même grosseur
vaut 3 et 4 fr. Elle né convient donc pas pour la
grande culture. Comme asperge bourgeoise, elle ne
convient pas davantage en •raison de son peu de pro-
duit, de sa dureté et de sa saveur amère et très -pro-
noncée de verdure ou de petits pois. On ne la culiive
plus que faute d'autres. On, estime qu'elle rend quatre
fois moins que les deux variétés d'Argenteuil. Elle
exige aussi plus de soins et plus d'ehgrais.
DU SOL
L'asperge peut croître et prospérer dans tous les
sols; mais les terres humides ou compactes ont besoin
d'être modifiées pour qu'elle y donne un produit
aussi abondant que d§n$ les autres.
Le sol le plus convenable à la culture de l'asperge
est une terre franche ou un sol léger et largement
engraissé, qu'il soit calcaire, granitique ou siliceux.
Si le sol est dur et compacte, il faut de toute néces-
sité le rendre plus léger en mettant sur les touffes,
pendant les premières années, une certaine portion
de sable, de cendre de c|iaux, de houille ou de four à
chaux; du frazi ou poussière de oharbon et autroà
Digitized by VjOOQ IC
LES ASPERGES . 13
matières divis(intes, jusqu'à ce qu'il ait perdu la pro-
priété, de se durcir et de se gercer par la sécheresse.
PRÉPARATION DU. SOL
Dès le mois d'août qui précède la plantation qui
doit avoir lieu au printemps, il faut s'occuper de pré-
parer le sol destiné aux asperges ; mais si on ne peut
le faire plus tôt, il faut profiter des beaux jours de
l'automne et, à défaut, de Thiver.
En général, on se donne beaucoup de peine pour
disposer et préparer le terrain destiné à une aspergerie,
et cela inutilement. Quelques-uns le creusent et en-
lèvent les terres à un mètre de profondeur, qu'ils rem-
placent par des engrais, des ruasses de fumier qui^ au
lieu de profiter a la plantation, non-seulement se con-
sument en pure perle, mais lui sont nuisibles.
Quand l'emplacement qui doit recevoir les asperges
est arrêté, il faut se borner à lui donner un bon la-
bour de 25 à 30 centimètres au plus.
On le débarrasse des pierres petites et grosses, de
manière à le rendre meuble et facile à travailler.
L'asperge demandant à être assise sur un sol ferme,
il falit bien se garder de défoncer au delà de 30 centi-
mètres; car les racines, en s'enfonçant à une trop
grande profondeur, subiraient moins les influences
delà chaleur du printemps; la végétation en serait
retardée, la récolte moins abondante, les asperges
moins grosses e^la plantation moins durable.
Digitized by vJiOOQIC
14 LES ASPERGES
Le sol devra rester brut après le lahiour, c'est-à-dire
qu'on n'y passera pas le râteau pour Taplanir, afia
que les gelées aient une plus grande action. ^ ^
Quelles que soient, du reste, la qualité et la nature
du sol, il est de la dernière importance qu'il soît purgé
des pierres qui nuisent à la végétation des asperges,
retardent leur sortie en les faisant se replier sur elles-
mêmes, et qu'il soit entièrement ,net de mauvaises
herbes.
DES ENGRAIS AVANT LA PLANTATION
Si le sol n'est pas excessivement pauvre, on doit se
dispenser de fumer.
S'il est épuisé, on devra enterrer, lors du labour
qui précède la plantation, c'est-à-dire au mois de sep-
tembre, d'octobre ou de novembre, pas plus tard, du
fumier déjà bien consumé, aûn qu'ajrès l'hiver et
lors de la plantation, on ne le retrouve plus qu'à
l'état de terreau. Règle générale, il ne faut jamais
fumer en plantant ; car les engrais attirent les insecte»
les taupes, etc., qui font un tort considérable au
jeune plant.
CHOIX DU PLANT
Si vous semez de l'ivraie, vous ne récolterez pas du
blé ; si vous plantez un arbre malade, vqus ne*,deve2.
pas espérer 4u3l 8er.% iamaigL.5^Jî^j5kyigftureux.,.,Si.
Digitized by VjOOQIC
LES ASPERGES 15
VOUS planiez de l'asperge abâtardie, vous n'aurez ja-
mais qu'une misérable récolte.
Nous avons entendu dire bien souvent : « Peu im-
porte le plant; avec une bonne culture et des- engrais,
nous obtiendrons de bonnes et belles asperges. » Er-
reur I C'est en vain que vous soignerez au mieux une
plantation de chou quintal, vous ne récolterez jamais
du Milan ou du chou de Saint-Denis. '
Il n'y a qu'une seule espèce d'asperge ; mais il y a
autant de sous- variétés que de localités qui la Culti-
vent, autant de sous-variétés qu'il y a de cultivateurs;
car l'asperge, se reproduisant de graine, varie infail-
liblement, quand les porte-graines ne sont pas pré-
parés spécialement à cet effet, et qu'on se borne à
choisir la graine au milieu des carrés sur les plus
belles touffes.
Entre l'asp^eVge sauvage et toutes les variétés culti-
vées aujourd'hui, la différehce est grande'. Cependant
elles sortent du même type. Entre les sous-variétés
mêmes il y a des nuances de toutes sortes ; entre l'as-
perge ordinaire, l'asperge de Hollande et celle d'Ar-
genteuil, il y a des caractères bien tranchés, il y a un
abîme de différence.
Parcourez les champs d'asperges d'Argenteuil, de
Saint-Denis, de Gennevilliers, d'Enghien, de Colom-
bes, de Sannois; examinez, à l'époque de la ré-
colté, la forme et la qualité de l'aôperge, et vous serez
convaincu qu'il n'y a pas de confusion possible, ni
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16 LES ASPERGES
comme précocité, ni comme qualité, ni comme forme,
ni comme force, ni comme apparence.
11 ne suffit pas de trouver la localité où Tasperge
se cultive et a du sang, comme Ton dirait en parlant
de chevaux ; mais il faut encore savoir si elle est
chez Pierre ou si elle est chez Paul. — Et cela ne
suffira pas ; parce que Pierre a une bonne espèce
danls telle pièce et une mauvaise dans telle autre ;
parce que dans la même il y en a de bonnes et de
mauvaises.
Par variété ou sous- variété, nous n'entendons pas
prendre le terme rigoureusement dans son acception
botanique, mais culturale ; c'est-à-dire que ces variétés
sont susceptibles d'atavisme, quand elles sont négli^
gées o«r mal cultivées.
Rien n'est donc aussi difficile que de se procurer
des variétés, non pas de bonne qualité, mais de qua-
lité exceptionnelle.
Le cultivateur d'asperges ne multiplie les bonnes
variétés que pour lui, parce, qu'il n'a pas înlérêt à
les répandre ou à les vulgariser. Il ne vendra pas
ses meilleures espèces, parc^ qu'il craint la concur-
rencera la Halle. Aussi remarque -t-on une énorme
disproportion entre ses produits et ceux qui provien-
nent des plantations faites avec son plant.
Le choix du plant est donc une chose très-impor-
tante dans la culture de Tasperge ; si importante,
que l'on devrait jeter celui qu'on offrirait pour rien,
s'il est douteux, alors même qu'on devr^iit le payer.
Digitized by VjOOQ IC
LES ASPEMGES 17
50 centimes le pied si l'on est assuré d'avoir une
bonne variété.
En effet, quel avantage aurait-on d'économiser
50 centimes par griffe d'asperges, si Ton récolte deux
ou trois fois moins ? Ce serait une triste économie et
un bien mauvais calcul.
Dans les localités les plus réputées pour la culture
de l'asperge, à Argenteuil, par exemple, les plan-
teurs s^atlachent avec le plus grand soin à avoir de
bonàes variétés ; non-seulemept ils les choisissent
dans leurs plantations, mais, quelquefois encore, dans
celles de leurs voisins. De telle sorte que souvent
des porle-grainesi élevés et entretenus avec soin par
leur propriétaire, ont disparu pour lui au moment de
la récolte. Il est arrivé même que des touffes ont été
détruites par ceux qui en avaient enlevé la graine,
afin que leur propriétaire lui-même ne pût les repro-
duire. Cela donne la mesure de l'importance que l'on
attache au choix des variétés.
Le cultivateur qui a dès sous-variétés rares en
empêche aussi la multiplication, soit en brisant les
tiges fructifères, soit en enlevant les graines, afin que
Ton ne puisse les reproduire.
Si dans les localités de grande culture, il y a autant .
de difficulté à se procurer du bon plant, on com-
prendra qu'il est à peu près impossible d'en avoir
même de passable dans les maisons bourgeoises éloi-
gnées des grands centres de production.
A*quoi reconnait-on le bon plant? Rien de plus
Digitized bi^VjOOQlC
18 LES ASPERGES
facile pour qui Ta vu naître ; rien de plus difficile
pour celui qui ne le voit qu'à Tétat de griffe, au mo-
ment de la plantation.
Pour faire choix d'un bon plant, il faut être sûr de
la graine d'abord ; être certain qu'elle provient d'un
plant qui a le caractère qu'il représente, depuis deux
ou trois générations; ensuite, avoir éliminé, au sortir
de la pépinière, tous les sujets qui s'éloignent du type
que l'on veut reproduire. Ceci est un art que l'on ne
peut exercer soi-même, quand l'on n'est pas versé
dans cette culture ; aussi le plus sage, quand on
veut faire une plantation d'asperges, est de donner sa
confiance à une maison spéciale, bien placée pour
pouvoir faire des choix elle-même de graines et de
plant.
Alors même que l'on aurait un bon plant sous la
main, il faut savoir en recueillir, la graine, car elle
n'est pas toute indistinctement bonne. Celle qui est
recueillie sur une touffe qui a fleuri à côté d'une
mauvaise ou d'une médiocre, et en même temps
qu'elle, ne vaut rien, parce qu'elle a été fécondée par
celle-ci.
Il faut qu'elle soit parfaitement mûre et conservée
'convenablement après la cueillette. Les derniers tu-
rions ne donnent aussi que de la graine douteuse ne
reproduisant pas la variété fidèlement. Les graines
qui sont aux extrémités des branches, celles qui sont
en haut de la tige, celles qui sont en bas, ont le même
inconvénient ; celles qui ne sont pas assez mûres,
, ' Digitizedby VjOOQIC
LES ASPERGES * 19
celles qui sont trop petites sont égaJement de mau-
vaise semence. Enfin, on ne doit récolter la graine
que sur des plants dfe Tâge de sept à dix ans et qui en
portent peu. Les tiges chargées de graines ûe doivent
pas être cueillies, car la semence qu'elles donnent
est défectueuse. On voit par là la difficulté énorme
qu'il y a à se procurer de la bonne graine et du bon
plant, et pourquoi ce dernier a une valeur relative-
meijt si grande.
DE LAGE ET DE LA FORGE DU PLANT
On plante des griffes d'un an et deux ans, mais il y
a longtemps que les bons praticiens ne plantent plus
que des griffes d'une année. Le plant de deux ans est
toujours mauvais, quels que soient, du reste, les soins
qu'on lui ait donnés et sa nature.
Tout plant trop fort doit être rejeté ; car il a trop de
besoins à satisfaire, ou il est trop vieux et déjà usé.
Il est facile de comprendre que le plant, quelque
espacé qu'il soit la première année, n'a plus un es-
pace sufîisant pour végéter l'année suivante. Il souffre
et s'étiole. D'autre part, les racines sont trop grosses,
ligneuses; elles ont du chevelu et la reprise est plus
difficile.
L'asperge croit avec vigueur; il n'y a qu'une as-
perge dégénérée qui soit assez faible la seconde année
pour supporter la transplantation sans en soufirir :
Digitized by VjOOQ IC
20 LES ASPERGES
mais alors ce n'est plus qu'un avorton qui ne produira
jamais que de chélives récoltes.
Le plant de bonne nature étant assez fort après la
première année, on devra rejeter celui de deux ans.
Il faut donc apporter la plus grande attention à
son choix, comme nous l'avons dit précédemment.
D'après un vieil adage, une mauvaise marchandise est
toujours trop chère. Si cela est vrai, c^est surtout vrai
pour l'asperge.
La force ou la grosseur des griffes est insignifiante
quand la graine a été bien faite; cela est tellement
vrai, qu'à la seconde et à la troisième année on ne les
distingue plus les unes des autres.
DISPOSITION DV TERRAIN POUR LA. PLANTATION
Si VOUS voulez planter en plein, c'est-à-dire faire
un carré d'asperges séparé du reste du potager, où-
• vrez, à la distance d'un mètre l'une de l'autre, des
tranchées de 25 centimètres de profondeur sur 25 de
large, en rejetant de chaque côté la terre extraite de
la fosse, de manière à former des ados R R R (ûg. 4).
La ligne qui est sous les lettres H H H indique le
niveau du terrain et la partie supérieure la terre ex-
traite des rayons; les lettres MM (fig. 4) désignent. les
griffes mises en place avant qu'elles soient recou-
vertes de terre.
On remarquera que les tranchées sont ouvertes
presque perpendiculairement comme une rigole, et
Digitized by VjOOQ IC
LES A6PERGES 21
qu'elles forment un angle avec Fados, au niveau du
sol. Cet angle disparaît, lors du recouvrement de la
griffe, comme on le voit en la fîg. 5, et la base de
Tados prend naissance, alors, à pai-tir du fond de la
tranchée.
Gardez- vous bien de labourer le fond de votre fosse
et de Tameublir, comme le recommandent la plupart
des auteurs. L'asperge a besoin de courir sur le sol et
non de s'y enfoncer; parce que si les racines sont
trop profondes elles ne subissent pas les influences du
soleil, au printemps.
i
Fig. 4. — Ck)upe de roaverture des tranchées avant la plantation.
D'autre part, elles peuvent rencontrer un sous-sol
froid, humide ou aride ; toutes circonstances défavo-
rables, indépendamment de ce que les engrais n'arri-
Tent que diffîcilement jusqu'à elles; ce qui rend leur
effet presque nul ou le reîarde considérablement.
, On dispose encore le terrain d'une autre manière :
on fait des godets de 15 centimètres au fond des
rayons, on les remplit de 5 centimètres de terre fine
et on fait les buttes. Cette disposition est utile dans
les sols secs et caillouteux qui^ont peude fond.en atti-
Digitized by VjOOQ IC
"it LES ASPERGES
rant rhumidité vers les griffes et en diminuant le tra-
vail d'ouverture des rayons.
Si le sol est très-frais, au lieu de creuser des rayons
ou tranchées de 25 centimètres, on ne leur donne
qu'une profondeur de 17 à 20 centimètres seule-
ment.
Si vous ne tenez pas à avoir votre aspergerie distincte
du reste de votre potager, au lieu de lui consacrer un
carré spécial, ouvrez des fosses d'un mètre de large
de distance en dis<rance (de 3 à 4 mètres par exem-
ple), et plantez éur deux rangs. De cette façon, vos -as-
perges auront un espace plus considérable pour éten-
dre leurs racines qui ne s'enchevêtreront jamais avec
celles des rayons voisins, et vous les aurez plus belles,
plus succulentes et plus durables.
Les auteurs anciens recommandent de faire des fos-
ses profondes,d'extraire la terre à un mètre de profon-
deur et de reôplil* avec du fumier, des composts et des
engrais de toute nature. L'expérience a démontré, de-
puis bien longtemps, qu'il n'y a pas de pire méthode
que celle-là. Elle est coûteuse et ne donne que des as-
perges tardives, rares et faibles. C'est l'enfance de
l'art.
ESPACEMENT DES PLANTS
Quand on plante en plein carré, on doit espacer les
touffes d*un mètre au moins en tous sens,,et de 80 cen-
■ DigitizedbyVjiOOQlC
LES ASPERGES 23
tîmètres sur un mètre seulement si la plantation
a lieu par planches de deux lignes.
Nous avons adopté,pour nous,la distsînce suivante :
nos lignes sont espacées de 1 mètre 20, et les touffes
plantées sur la ligne à un mètre seulement. De
cette façon, on a plus d'espace pour la terre extraite
des fonds (i;ayons), les buttes sont plus faciles à faire
et les cultures moins dispendieuses.
Quelle que soit, du reste, la distance, le poids de la
récolte est à peu près le même ; mais les aspergeries
trop serrées donnent des produits moins beaux, moins
hâtifs, moins durables, moins bons, et elles sont plus
tôt épuisées. Elles exigent plus d'engrais, les cultures
sont plus difficiles. Ces aspergeries sont plus sujettes
à être atteintes des insectes et deviennent impropres
à la reproduction, parce qu'elles s'abâtardissent plus
vite. On a donc tout à perdre et rien à gagner à ne
pas distancer suffisamment les touffes dans les plan-
tations.
PLANTATION
On plante Tasperge au printemps et à Tautomne.
La plantation d'automne ne réussit pas dans les ter-
rains frais : les griffes périssent pendant l'hiver, et
celles qui résistent ne végètent plus que misérable-
ment. Dans les climats froids, elle ne réussit pas da-
vantage, même dans les sols secs. Cela est dû à ce que ^
Tasperge étant une plante grasse elle ne végète pas
Digitized by VjOOQIC
2Â LES ASPERGES
rhiver, au contraire des plantes ligneuses, et qu'elle
pourrit très-souvent quand elle est mise en terre trop
tôt.
Dans les pays méridionaux seulement^ on peut
planter à l'automne ou pendant Thiver.
Soit que vous plantiez en carré, soit que vous plan-
tiez en planches, placez un cordeau au fond du rayon,
pour tracer votre ligne, et marquez l'endroit qui doit
recevoir la griffe avec un plantoir à l'aide duquel vous
faites un petit trou. Cela fait, amenez avec la binette
un peu de terre meuble à la place où est le trou, de
manière à former un monticule MM (fîg. 4) de 4 cen-
timètres de hauteur, en forme de cône aplati, et con-
tinuez ainsi jusqu'au dernier rayon. ^
Cela fait, prenez une griffe, étalez-la sur le monti-
cule, rangez les racines de manière qu'elles ne se
touchent ni ne se croisent,et recouvrez-la de 8 à 10 cen-
timètres de terre fine, meuble, criblée au besoin.
Pressez fortenaentla terre,aveclamain sur les racines
afin de les y faire adhérer, pour que la griffe ne se re-
lève pas, qu'il n'y ait pas d'air dessous, et l'opération
est terminée. Il ne reste plus qu'A jeter de la terre
dans les intervalles des plants pour qu'il n'y ait pas
de vide entre les monticules ; cela fait, on nivelle le
fond du rayon avec le râteau, au niveau de la
ligne B (flg. 5), c'est-à-dire à 10 centimètres au-dessus
du fond,
^DigitizedbyOOOglC
LES ASPERGES 2S
~:3rw ^.
XAl._
Fig. 5. — Coapedes tranchées et rayons après la plantation.
Au contraire de la fig. 4, la fig. 5 donne la coupe
des ados et des fonds après la plantation. Seulement,
on a laissé visibles les griffes et les monticules M M,
tandis qu'ils sont recouverts par la terre qu'on a prise
dans les ados, sur la partie qui formait l'angle au
niveau des lettres H H (fig. 4). — Les griffes sont
donc recouvertes jusqu'au niveau de la ligne ponc-
tuée B. 10, soit de 10 centimètres environ, y compris
les petits monticules qui se sont affaissés et qui n'ont
en réalité que un ou deux centimètres au plus de
hauteur.
Pour planter à plat le long des murs, on ouvre des
trous de 20 centimètres de profondeur; où remet
4 centimètres de terre meuble ; on plante comme nous
venons de le dire et on remet 8 à 10 centimètres de
terre meuble dessus. On ménage des godets autour du
plant pour y attirer Thumidité^et à la troisième année^
on rapporte de la terre pour faire des buttes, sans
quoi les asperges seraient trop courtes.
Ooelques auteurs recommandent de planter les grif-
fes aussitôt qu'elles sont arrachées^ c'est une erreur :
DigitizedJi Google
26 . LES asperges]
l'asperge reprend d^autant mieux qu'elle est fanée. A
VimitatioD des plantes grasses, elle pourrit souvent si
on la plante toute fraîche; aussi a-t-on remarqué que
les griffes qui ont voypgé reprennent mieux que celles
qu'on plante en sortant de terre, et donnent de plus
beaux produits par la suite. (Nous avons planté, le
16 avril, des griffes arrachées le 20 février, et les touf-
fes sont de toute beauté.)
«
SOINS A DONNER AUX ASPERGES PENDANT LES TROIS
PREMIÈRES ANNÉES
Première année. — Les soins à donner aux planta-
tions pendant la première année, se bornent à tenir
Taspergerie constamment nette de mauvaises herbes,
à faire la chasse aux criocères,comme nous l'indi-
quons plus ioin,et à placer de petits tuteurs au pied de
chaque touffe,aussilôt que les tiges ont acquis 50 cen-
timètres de hauteur. A cet effiet, on plante une petite
. baguette, de bois à 35 centimètres de la griffe, dans
la crainte d'en blesser les racines, et on Tincline du
côté de la tige. Au point où le tuteur se rencontre avec
elle, on les attache ensemble avec un lien de paille ou
de jonc.
Cette opération a pour but d'empêcher que le vent,
en ébranlant la pousse, tourmente lagrifEe et nuise à
son enracinement. Cette précaution est ^de» plus im-
portantes dans les localités exposées aux vents vio^
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LES ASPERGES 27
lents; car souvent, si elle est négligée, les asperges
souffrent beaucoup.
Comme il arrive que des pousses tardives sortent
du pied, oû aura soin de les fixer au tuteur, au fur et
à mesure qu'elles s'élèveront. Dans la grande culture,
on se dispense de ce soin.
S'il survient de fortes sécheresses, on rapporte
8 centimètres de terre sur la griffe, afin d'entre-^
tenir l'humidité et la végétation. Cette ietre est prise
sur les ados.
Les pluies, le^ binages font descendre la terre des
ados dans les rayons ; de telle sorte que les griffes qui
étaient recouvertes de 10 centimètres se trouvent, à
la fin de la saison, plus enterrées, c'est-à-dire jusqu'à
la ligne G (flg. 5). Au mois de novembre, on ramène
le fond du rayon au niveau de la ligne B, et même
au-dessous, en rejetant la terre sur Tados, et on
fume.
Seconde année. — Au mois de jnars, après avoir la-
bouré les ados, on remet quelques centimètres de
terre dans les rayons, on en élève le niveau entre la
ligne B et G, ou jusqu'à G, mais pas plus haut. En fai-
sant cette opération, il faut se garder de toucher aux
jeunes turions qui sont déjà formés, car si l'on atteint
la griffe, la récolte est compromise.
Pendant cette année, on donne les mêmes soins
que pendant l'année précédente. On fait la chasse aux
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28 LES ASPERGES
crîocères, on entrelient le sol net de toutes mauvaises
herbes.
De même que la première année il faut multi-
plier les binages, pour ameublir la .terre surtout au-
tour des touffes.
Au mois de novembre dn creuse les rayons en
i»etirant de la terre jusqu'au-dessous de la ligne B
(f]g. 5), si la griffe n'a pas monté, mais de manière
à en laisser toujours 4 centimètres environ sur les
racines; puis on répand, dans toute la longueur
des rayons, du fumier bien pourri, oji du guano; ou
des tourteaux, etc., dans des proportions convena-
bles.
. Après r hiver, on recharge les rayons de 4 à 6 centi-
mètres de terre pour arriver jusqu'au niveau de la
ligne B (fig. 5), et on fait des buttes de 14 centimè-
tres, c*(Bsl-à-dire jusqu'au niveau de la ligne D envi-
ron (fig. 5) et suivant la courbe ponctuée.
11 faut avoir le sain d'enlever, avant de faire les
buttes, les vieilles tiges, en les détachant doucement
jusque sur la griffe.
Troisième année. -- Pendant la troisième année,
on agira comme pendant la première; seulement, si
la plantation a bien prospéré, on pourra déjà faire une
cueillette d'asperges, à raison de deux ou trois tu-
rions, seulement, sur les plus belles touffes, mais pas
plus. A l'automne , on nettoie les rayons ({omme on
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L£S ASPERGES S9
Ta fait pour la, première année, et on fume Tados
(voir plus loin) ; on déchausse de nouveau comme
à la seconde année , mais on ne fume pas ou légère-
ment ; on marque avec une baguette les touffes fai-
bles, aân de ne les pas butter au jH'intemps, et, par
conséquent, de ne pas les cueillir. Quant à celles qui
sont déjà fortes , on place deux vieux turions sur la
butte, et on en arrache un à chaque nouveau turion
qu'on récolte : on se borne à cela pour cette année.
Quatrième année. — On se comportera, pendant
cette année, absolument comme à la seconde. Mais
on pourra récolter les asperges pendant un mois, en
ménageant toujours les touffes qui sont faibles. On
filmera dans les rayons pendant Thiver, et au prin-
temps on donnera un peu de terre, de manière que
la griffe soit ehterrée de 12 centimètres. — Pour les
autres années, voir le Calendrier du Cultivateur
d'Asperges,
A partir de cette année , la griffe , repoussant, ses
racines du collet , tend toujours à s'élever ; c'est
pourquoi il faut recharger tous les ^ns, de manière
qu'à 1 5 ans environ, le3 ados soient détruits et que
la terre se trouve abaissée au niveau de la ligne H H H
(flg. S). Pour butter les touffes, on est obligé de
prendre de la terre dans Tados qui devient plus bas
que les touffes. Les buttes atteignent alors la hau-
teur de la ligne E (ûg. 5), et même de la ligne F
quajid la plantation est très-vieille, L'asperge hàiive
2.
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30 LES ASPERGES
s'élève, en moyenne, d'un centimètre par an, et la
tardive, d'un demi-ceiïtimètre seulement.
CULTURE, LABOURS DES ASPERGERIES EN RAPPORT
Culture. — A partir de la quatrième année on
devra :
l<ï En novembre enlever les tiges après les avoir
coupées à 30 centimètres environ du sol ;
2° Pendant l'hiver défoncer l'ados ;
3° Décoter et relever les ados ;
4® Distribuer les engrais (Voir plus loin la manière
de le faire);
5o Rétablir les fonds à la fin de Thiver (du 1 5 au
20 mars) en rapportant les 7 ou 8 centimètres de
terre qu'on à jetée sur les ados à l'automne ;
é° Vers la fin de mars, former des buttes de 18 â
20 centimètres de hauteur sur les touffes ;
7° Biner aussi souvent que les besoins l'exigent ;
mais que les herbes poussent ou non, il faut biner
l'aspergerie au moins quatre fois de mars à octobre :
soit une fpis en avril, une fois en juin, iine troisième
en juillet et une quatrième en septembre ;
8° Détruire les buttes aussitôt après la récolte, à
moins que l'on ne craigne que les vents renversem
et brisent les ^iges. Alors on ne débutte pas.
9® Placer des tuteurs si la force de la plantation
l'exige. (Dans la grande culture on néglige ce point.)
Labours. — On donne. le nom de labours aux dif-
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LES ASPERGES 31
férentes cultures que reçoivent les aspergeries : ils
se divisent en binages et défonçages. Les binages
sont des labours superficiels ^qui ii'entament la terre
qu'à un centimètre de profondeur; ils s'exécuteiit à
Taide de la binette ou ratissoire. Les défonçages sont
des labours profonds que Ton donne aux ados à l'aide
de la houe ou du croc à dents plates. Ce dernier outil
est peu connu et peu répandu, mais il est de la plus
grande utilité ; aussi nous engageons vivement les
cultivateurs à le mettre en usage.
Biner est une opération très-simple et très-facile
qu'il est inutile de décrire, car elle est universelle-
ment connue. Cependant, nous croyons devoir diî^e
qu'il est essentiel d'avoir un outil. très^léger et de ne
pas entamer la 'terre aussi profondément que cela a
lieu dans certaines localités. Il suffit de la remuer
à un centimètre pour couper toutes les mauvaises
herbes. Si on binait plus profondément, outre
rinconvénieiit qu'il y aurait de ramener sur le sol
des graines qui germeraient, on. aurait celui d'en-
lerrer une partie des herbes coupées ati-dessous du
collet et^mtmies d'une partie de leurs racines, de
telle sor^e qu'après une pluie on s'exposerait à. en
voir une assez grande quantité reprendre vie et por-
ter graine : double inconvénient.
Le défonçage exige une attention plus grande que
le binage. L'ouvrier, muni de son croc, se place à
cheval sur l'ados, et en déplace la terre en la rejetant
un peu derrière lui sans le déformer et sans atteindre
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82 LES ASPERGES
les racines des asperge*, ce qu'il lui est facile de faire
en ne dépassant pas la profondeur des fonds ou
rayons.
' Dans les sables, dans les terres très-douces, où il
y a des plantes vivaces rebelles, le croc à dents plates
est' insuffisant pour, les détruire, alors on emploie la
•houe plate et large ; mais il faut une grande habi-
tude pour manier cet outil. Il donne beaucoup plus
de fatigue, mais il déplace complètement la terre,
parce qu'il ouvre une jauge à Tinstar de celle de la
bêche. La houe ne déforme pas les ados, c'est un
avantage, car derrière elle il y a peu de chose à re-
dresser.
Malgré toutes les précautions possibles, Tados est
déformé plus ou moins ^ar le défonçage, et ,il est
utile de le redresser après coup àTaide de la houe
plate ou de la binette.
Les cultivateurs soigneux défoncent les ados tous
les ans ; d'autres tous les deux ans ; enfin, il y en a
qui ne les défoncent que tous les trois ans. Il est
certain que plus la terre est meuble, plus la végéta-
tion est active.
DES ENGRAIS ET DE I^A MANIÈRE DE LES DISTRIBUER
Par la méthode de culture que nous avons décrite,
il ne faut que fort peu d'engrais, à peine le double
de ce qu'on emploie dans les grandes exploitations
dby Google
LES ASPEïiGES 33
OÙ Ton cultive les racine? et autres plantes sarclées.
On nous a souvent demandé quels sont les plus
convenables et le moyen de se les procurer.
Tous les engrais, quels qu'ils soient, sont conve-
nables à l'asperge. Cependant il y eu a quelques-
uns qui peuvent être nuisibles : les matières fécales
fraîches employées en trop forte quantité et à proxi-
mité des racines peuvent tuer l'asperge ou au moins
en gâter la récolte pendant un an ou deux.
Il faut aussi se méfier de ceux qui sont trop actifs,
tels que la chaux, les cendres lessivées ou non, le
fumier de mouton, d'âne ou de mulet emj)loyés à
trop forte dose. ^
On obtient d'excellents résultats, dans certains
sols, en faisant une demi-fumure de fumier d'éta-
ble et une demie avec du sang desséché, du guano,
des engrais marins, etc., etc. ; mais il faut en essayer
en petit, avant d'agir en grand. ^
Dans ce cas on répand ces engrais avant le fumier.
Depuis quelque temps on a beaucoup parlé du sel,
nous en avons essayé à plusieurs reprises sans pou-
voir nous en rendre un compte exact. Nous enga-
.geons donc les cultivateurs d'asperges à faire des es-
' sais en petit avant d'opérer sjur une grande échelle,
car ils pourraient éprouver des déceptions.
Il y a deux manières d'appliquer ou de distribuer
les engrais : la première en les étendant dans les
fonds, la seconde en les mettant dans les ados,
Yoici comment on procède.
Digitized b^ VjOOQIC
a LES ASPERGES
C'est toujours pendant ou avant Thiver qu'il faut
fumer pour que les pluies aient le temps de dissoudre
les parties solubles et de les entraîner à proximité des
racines. Si on ne fumait qu'au printemps, l'effet des
engrais serait nul ou à peu près , et ce ne serait qu'un
an plus tard qu'il se ferait sentir, encore serait-il
moindre.
Quand on furne dans les fonds, on commence par
décoter ; cela fait, on étale l'engrais dans toute l'éten-
due du fond, c'est-à-dire sur toute sa longueur et
toute sa largeur; puis, avec la main, on retire celui
qui se trouve sur la griffe même et on évite d'en
placef sur l'endroit que les turions doivent traverser
pour sortir, car le contact inlmédiat des engrais les
fait rouiller et les rend impropres à la vente et à la
consommation.
La quantité d'ôngrais à employer varie selon les
besoins de l'aspergerie ; on met généralement de 2 à
3 centimètres d'épaisseur, environ, de fumier bien
consumé (car le fumier long et pailleux doit être re-
jeté) sur toute la largeur du rayon, -soit- de 401
50 centimètres, selon l'âge de l'aspergerie. A Argen-
teuil, les cultivateurs fument à raison de 33 centimè-
tres cubes (un pied) de gadoue pour 5 ou 6 touffes,'
soît 1 mètre cube pour f40 touffes environ, et cela au
moins tous les deux ans.
Au printemps, on remet, dans les fonds, la terre
qu'on a enlevée au décotage et le fumier s'en trouve
ainsi recouvert de 7 à 8 centimètres.
Digitized by VjOOQ IC
LES ASPERGES 3S
Pour fumer dans les ados il faut commencer à ou-
vrir le plus tôt possible (dès la fin d'octobre) des tran-
chées de 35 centimètres de large et d'une profondeur
telle qu'elles atteignent le niveau des fonds sans le
dépasser, afin d'éviter de blesser les luCines.
La terre gui est extraite de ces tranchées est dé-
posée dans les fonds entre chaque touffe d'asperges
et placée de manière à ne pas couvrir ces dernières et
à pouvoir être reprise sans briser les tiges destinées
à marquer l'endroit des touffes.
Cela fait, on dépose l'engrais dans la tranchée sur
une épaisseur d'au moins 6 centimètres, on remet la
terre en place et on reforme Tados.
Les tranchées s'ouvrent, soit à la houe plate, soit i
la bêche. La houe plate est difficile à manier quandou
n'en a pas l'habitude, mais elle expédie la besognes
plus rapidement que la bêche. Nous engageons les
(mllivateurs d'asperges à employer cet instrument
dans les terres qui ne contiennent pas de pierres.
Dans les sols pierreux, les tranchées sont un peu
plus difficiles à ouvrir; on est obligé, parfois, de re-
courir au croc à dents larges pour entamer la terre
qu'on enlève ensuite avec la pelle. Dans ce cas, on
jtame un peu plus fort et on ne pratique cette opéra-
tion que tous les quatre ou cinq ans pour éviter des
frais et des embarras, c'est-à-dire à la quatrième, à
la huitième et à la dixième année,
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36 LES ASPERGES
DÉCOTAGE
Décoter est le terme par Jequel le cultivateur d*Ar-
genteuil désigne Topération qui consiste à retirer la
terre des fonds ou tranchées où sont plantées Içs as-
perges et à la remonter sur l'^tdos d'où elle est sortie.
Décoter est donc synonyme de déchausser.
' . Quand l'on vient de faire une plantation, les ados
sont en pente assez rapide ( à l'angle de 45») ; il s'en-
suit que la terr(i étant meuble, descend dans les fonds,
soit lors des binages, soit par l'effet des pluies qui
l'entraînent. Dès l'automne qui suit la plantation, il
faut déjà décoter, c'est-à-dire remonter sur les ados
la terre qui .a descendu dans les fonds et, ensuite,
enlever, jusqu'à 3 centimètres des racines, celle qu'on
:iVait mise lors de la plantation, afin que les gelées
ameublissent le sol, que les pluies le pénètrent et
l'amendent, et aussi, et surtout, pour qu'au printemps
•:s premiers rayons du soleil qui réchauffent la su-
jierficie du sol pénètrent jusque sur la griffe. Dans
l'ancienne méthode de culture on rechaussait au lieu
de décoter^ c'es^à-dire qu'on aiponcelait des masses
de litières et de fumier sur les touffes, dans la crainte
que la gelée ne fît périr la plante. C'est une erreur
dont on est aujourd'hui débarrassé. L'asperge ne gèle
pas, pourvu qu'il y ait 3 ou 4 centimètres de terre sur
la griffe,
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LES ASPERGES «- 37
. DU REGHAUSSAGE ET DE LA FORMATION DBS BUTTES
Rechaussage. — Dès les premiers jours de mars on
procède au rechaussage. Cette opération consiste à
rapporter, dans les fonds, la terre qu'on a rejetée sur
les ados avant l'hiver. Quelques cultivateurs la font
en deux fois : une fois en mars et une seconde fois
en avril, afin de ne pas nuire. au réchauffement de la
terre par les rayons solaires, car si on la faisait en
une seule fois, le calorique pénétrerait moins rapide-
ment et la végétation serait plus tardive. On rapporte,
ainsi, environ 10 centimètres de terre dans les fonds,
ce qui met les racines à une profondeur moyenne de
15 à 16 centimètres. Dans cet état, Fasperge peut
supporter les sécheresses de Tétô sans souffrir.
Pdmr rechausser on se sert de la houe plate de
20 centimètres de large ou de la binette.
Formation des buttes. — On commence à faire les
buttes sur les touffes vers le 25 mars dans le climat
de Paris; dans toutes les autres localités, il faut les
faire environ 15 jours avant la sortie des premières
asperges, ou 12 jours au moins.
Ces buttes varient de hauteur suivant Tâge de
l'aspergerie. Voici celle qui est le -plus conve-
nable :
A trois ans, pour la première récolte, 14 à 15 cen-
timètres ;
A quatre ans, 16 à 17 centimètres ;
Digitized by VjOOQIC
A cinq ans, 18 à 19 centimètres.
A six ans, et pour toutes les années suivantes, 20 à
24 centimètres.
Çtette différence de hauteur est fondée sut la force
de la touffe. Plus une touffe est forte, plus elle sup-
porte dp terre, parce qu'elle peut impunénient la
traverser en raison de la grosseur des turions et de
réneijgiede La végétation, tandis qu^ trop jeune le
turion s'étiolerait, se fatiguerait et serait hors (Jeyggte
s'ij restait trop Ipngtepips à sortir.
AxL mo^m 4e m hutfags, ]es luri^HijB ovà ^s Im^
guem'8 <9uivtantes9 environ : 23 mila^nètse» A 3 j^m^
25 ^:eatimèi;res à 5 ans ^ 27 à ^z a&s« et iQ^tap Im
années Buivmtes» ^8 à 30.
Pour Mre les buttes on se sert' égalemenl; da ta
lioue plate i?u de la binette, et on pr^d ia terre la
plus njeuble, la ^us fine et la plus aérée, pour que
les turioijs la traversent façileipent. S'il y ^ gjjelçaes
pierres oy caillow on îes met de côté pour les sortie
ensuite -de Ji^spergerie. Il faut au^si ^vit^er iB feii-
jiBriper du ft^ni^r ou de J'engrais da^s la butte.
Fig. 6. -^ Coupe d*ane plantation d'asperges, ayant le batta^.
Pour se faire «me Oés exacte 4u bt^tage, Il faut
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LES ASPERGES 39
i^emarqtter qu'avant îa formation des buttes le terrain
est disposé comme on le voit fig. 6. Les touffes sont
au fond des rayons T T, et les ados A A A sont dans
toute leur élévation; tandis qu'après le buttage, l'as-
pect du sol a complètement changé (voir la fig. 7).
Fig. 7. — Coupe d'une plantation d'asperges, après le buttage.
tes ados A A A se sont abaissés, parce qu'on en a
enlevé toutes les parties coniques supérieures, CGC
(fig. 7) pour remplir les rayons et former une butte B B
aui' les touffesT T (fig. 7). — Il faut remarquer que B B
sepcésente des liuxttes isolées^ comme de fortes taupi-
nières, ^t noû un second ados qui remplirait le
rayon d'une extrémité à l'autre.
Quelques la^ieleas recommandent de faire les
Jbçtttes ^une année avec un ados, et l'année suivante
JivecJ'ittttre. Geciii'a auoun avantagé; nous croyons,
^n contraire, y trouver le double inconvénient de
Bendre le travail :plus difficile et moins régulier, et
4'éloigner de la touffe les eaux pluviales.
îl arrive assez fréquemment que pendant le cours
de isL cueitlette des asperges, il survient une pluie
battante suivie de sécheresse ; dans ce cas, les buttes
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e
40 LÈS ASi>ËH(iES
'deviennent très-dures et les turions ne soulèvent
qu'avec peine la croûte qui les emprisonne. C'est le
moment de donner un coup de gri/fe^ c'est-à-dire de
passer sur toute la surface de la butte un trident re-
courbé en forme de binette, pour Tameublir à 2 ou
3 centimètres de profondeur seulement, afin de ne
pas blesser les turions prêts à sortir. Cette opération
se fait en trois coups de main très-légers qui embras-
sent la butte tout entière.
RÉCOLTE, COKSIÎRVATION, BOTTELAGË ET EXPÉDITION
DES ASPERGES
Bécolte. — Il faut savoir récolter les asperges pour
ne pas nuire à la toufie. Anciennement on se servait
d'un long couteau rçcourbé vers la pointe et dont le
tranchant est en forme de scie ou de lame de faucille;
aujourd'hui ce mode vicieux est abandonné : on
récolte par éclatement.
Pour récolter Tasperge par éclatement il faut retirer
doucement la terre qui Tentoure, soit avec les doigts,
soit avec la pointe du couteau; puis on le descend le
plus près possible de la racine, en ménageant les
pousses qui pourraient se trouver sur son passage et
prêtes à sortir de terre. On rompt alors Tasperge à
sa naissance, en l'inclinant par pression sur sa base
et en prenant la précaution de ne pas la faire plier
ou casser dans le milieu de sa longueur ; on replace
Digitized by VjOOQ IC
LES ASPERGES 41
la terre et Topération est terminée. Le couteau ne
sert que comme levier.
Pour que la récolte puisse se faire par éclatement,
il faut que Tasperge soit cultivée d'après le système
d'Argenteuil; car autrement les turions étant durs et
ligneux il serait impossible de les détacher.
Il vaut mieux cueillir l'asperge en glissant les
doigts le long de la tige jusque sur le point où elle
prend naissance; on Tincline et on la détache en
Técartant; cette pratique, bien faite, a un grand
avantage sur la cueillette au couteau. Nous engageons
vivement les cultivateurs à n'employer que ce moyen ;
il est un peu plus lent, mais il a l'avantage de ne
pas blesser les turions voisins de ceux que Ton coupe,
et de dégager la griffe desi chicots qui y pourrissent
et l'altèrent.
Nous avons imaginé, pour cette, récolte, up outil*
spécial en forme de cuiller large et peu profonde qui
est très-facile et auquel nous avons donné le nom de
débuttoir.
Le bon moment de récolter Tasperge c'est lorsqu'elle
est sortie de terre de 4 à 5 centimètres. Si on la coupe
plus tôt, il y a perte, car sa croissance ^;i 'est pas com-
plète; plus tard,elle prend fortement la saveur qui lui
est propre et devient verte, amère, dure et n'est plus
' comestible que sur une faible partie de sa longueur.
On récolte l'asperge pendant six semaines ou deux
mois, au plus; passé cette époque, il faut la laisser se
reposer.
, . DigitizedbyVjOOQlC
42 LES ASPERGES
Conservation. — Si t'on n'a pas de saite l'emploi de
la récolte, il faut la descendre à la cave, sans la mouil-
ler ni la laver et l'étaler sur le sol dans l'endroit le
plus frais et à Tabri de la lumière. Elle pourra se
conserver ainsi facilement huit jours ; mais l'aspérg©
est moins savoureuse et cuit moins bien.
Bottelage. ^ Si la récolte est destinée à la vente, il
faut la mettre en paquets plus ou moins gros, selon
les localités et les usages. A Argenteuil, les bottes ont
assez, généralement de 16 à 18 centimètres de diamè-
tre au milieu, et 12 ou 13 à la tête.
Pour faire les bottes, on se sert d'un petit banc,,
portant d'un bout une planche placée verticalement et
percée d'un trou de la dimension de la télé de labotte»
soit 12 à 13 centimetres.de diamètre (ce trou n'a que
*4 centimètres de profondeur et il est fermé par devant
par une planchette), puis, à 24 centimètres en arrière
de cette planche, il y a un support formé d'mie autre
planche découpée en forme d'U qui glisse sur les
coulisses et qu'on peut, par conséquent, approcher ou
éloigner à volonté. L'un des côtés A© 1*U est mobile
pour permettre à l'ouvrier de sortir la botte.
L'ouvrier s'assied en face de son ban© à botteler, ert
tournant le trou du c6té opposé à la plaœ qu'il oc-
cupe ; puis il choisit les plus belles asperges qa'tt poae
une à uns la tête dans le trou, en les y ajustant, et le
pied entre les deux branches de TU. Si Tasperge est
plate, il la place de manière que la partie la pli» largfr
Digitized by VjOOQ IC
seit en ieiïovs. Les prîtes et led meryesBés se {dâctinl
au eestre. II ajoiite tèv têtes potrF çpi'ettes soient toutes
acr même niveau, et, quand la botte est teirminée^ tt
passe un Jbrin d'osier, à 10 centimètre» entîrotï de
Textrémité supérieure; il serre modérément la botte
pour itô pas briser ou écraser les pointes, et arrête
son lien. Il en place un autre à Textrémitè inférieure
environ à 10 centimètres du premier^ il rogne les tu*
rions trop longs, et la botte est terminée^
On redresse sans les rompre les turions courbes, et
s'ils viennent à se casser, on enfonce de petits mor-
ceaux de bois de la grosseur d'une allumette dans l'un
des deux bouts ; on les rapproche Tun de l'autre et le
întiôti est assez solide pour pouvoir être placé an cen-
.fre dé la botte.
Quant le bottelage est achevé, on remplit d'eau des
baquets et on y place les bottes debout, de façon qu'el-
les baignent . complètement. On les laisse dans cet
état pendant quelques heures^ puis on les lave avec
une brosse à longs poils que l'on passe légèrement
dessus; on ie3metdix minutes à ègoutter et on les
emballe.
ÉmMktge ei êsèpSdiH^. ^ V&spetgè s^eitîbtflle et
s^éxpédîe daùs dcf forts paniers qtii contîetrfletît de
tîngi à tréiite bottes et pitts.
On étale du foin ou de la paille au foûd du panier,
cm eu gattîftks côtés, puis on' place lei bottes tmché
à touche et assez serrées, pour que tout môutémeôt
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44 LES ASPERGES
soit impossible. On place ensuite un lit de paille et
un lit d'asperges, et ainsi de suite jusqu'à ce que le
panier soit plein; puis on recouvre le tout d'une forte
couche de paille.
Il faut apporter la plus grande attention à ce qu'il y
ait assez de paille contre les parois du panier, surtout
du côté de la tête de la botte, sans cela il y aurait ris-
que de voir les pointes se détacher ou se froisser, ce
qui nuirait â la vente.
ASPERGES DE VENTE
Le cultivateur qui spécule sur l'asperge doit parer
sa marchandise. A cet effet, il devra suivre ce que
nous avons dit, c'est-à-dire placer autour de sa botte
les plus gros turions. Mais, à la fin de la saison, vers
les derniers jours de mai et le commencement de
juin, l'asperge hâtive devient petite; il- est alors né-
cessaire d'avoir à sa disposition une certaine quan-
tité d'asperges tardives qui se soutiennent grosses
plus longtemps, afla d'enrober les bottes convena-
blement.
Le maraîcher ou le spéculateur feront donc bien
de planter environ un quart ou un cinquième d'as-
perges tardives de la grosse espèce ; car il suffit de
quelques gros turions pour faire vendre une botte le
double dé. ce qu'on la vendrait si elle n'était compo-
sée que de petits.
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LES ASPERGES 45
DES DIVERS MODES DE CULTIVER L'ASPERGE
On cultive ou on peut cultiver l'asperge de plusieurs
manières comme nous l'avons déjà dit : en carré, en
planches, en lignes le long des murs, en touffes sépa-
rées, en récolte dérobée.
En carré. — La culture en plein carré est celle que
nous avons décrite; elle consiste à ouvrir des lignes à
côtelés unes des autres, sans interruption,' à des dis-
tances qui varieiit de 1 mètre à 1 mètre 20.
En planches. — Nous avons également parlé de
cette culture qui a lieu en plantant deux rayons
d'asperges l'un à côté de Tautre, et en laissant un
grand espace vide entre les deux autres rayons, de
manière à éviter que les racines qui tracent à
plusieurs mètres du pied, puissent s'entre-croiser,
8*enclievêtrer ou vivre les unes au détriment des au-»
très.
En ligne le long des murs. ^ On peut cultiver avec
avantage l'asperge le long des murs, en lignes, entre
les pieds de vignes, les espaliers, etc. A Texposition
du midi, elle donneront des produits hâtifs et à celle
du nord des produits tardifs.
En touffes. — Ou peut encore cultiver l'asperge en
toufies isolées, dans les vignes, dans les massifs qui
ne sont pas couverts, le long des talus, dans les coins,
partout enfin où il reste un peu de terre libre exposée
3.
. Digitized by VjOOQ IC
46 LES ASPERGES ,
au soleil. Ces asperges seront d'une longue durée, et
ne le céderont en rien en quantité aux auères.'<
' C'est en touffes, dans les vignes, que se cultivent
la plupart des asperges d'Argenteuil.
En récolte dérobée. — Dans les vergers nouvelle-
ment établis, on peut avec avantage planter au pîed*
de chaque arbre à. haute tige, dans l'espace cultivé
autour, huit touffes d'asperges ^ pïaf qui donneront
d'assez bons produits pendant une quinzaine d'an-
nées. Les engrais et les cultures donnés a la pïanfé
profitent sensiblement à l'arbre et on'sé procutë ainsi
une récolte dérobée d'tme grandô^ ressource^;
Chacune de ces méthodes a se» avanta^ et se» rtt*
convéïiients.
La plantation en carré plein permet de ciôteîr'
l'endroit' le plus favorable à la culture' de Tâsqfïèlrge^,*
de ti& pas nuire à l'harmonie où à Tensetôbie éd pàtdt^
ger ; mais on obtient des aspergés^ iWoîns' b^fes* 6^
une plantation moins durable.
Pour la culture en planches on dïS9éimn?& -mi' pieu
partout les asperge?, cela détruit? l'ordre' eu pb^Agôi^,
nuit auï plantes environiîSÉnt^S pîs^ Pombife ^éO^
projettent à une grande distancé' é^ oblige' à- cotiiW
pour faire la récolte; m«îs^ on eblSé^cte^pi^MàKÉ'
plus beaux et plus durables.
Si Pon plante le long des murs,.onr utilisa souteut»
un terrain presgme perdu ; mais il faut avoir lesoiavi
à rexgosition du midi, de planter à 25 centimètres,^
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LES kÈPt^QES ' 47
au moins, du mur. Au nord, à l'ouest et à l'est on
peut planter toujours â piaf, ft dèé distances moins
gfandesr.
En touffes isolées, on obtient de très-beaux pro-
duit» dans les endroits aérés^ Dans les vignes^ on se
proeure d'abondantes récoltei d'asperge» à'excel-^
lente qualités C'est ainsi que les eullitateur» d'Âr-
genféifil parviennent à se faire tit revôûu tonsidè-
raLlé* Ces aspéo'ges sont de tôutd ieauté> coûtent
très-peu et durent fort longtemps (Nous avons \u
des téfilTes de l'âge de vingt-huit air» qui donnaient
encore de très-bons produits).
En plantant en récolte dérobée autour des arbres
à haute tige^ on peut retirer un grand avantage de
ce genre de culture. Nous ne pebsons pas qu'on l'ait
encore pratiqué; mais nous le recommandons
comme devant produire d'excellents résultats. —
On Conçoit que du moment que l'on donne des cul-
tures au pied des arbres, cè5 fabôurs, biûaged et
sarclages ne Éferontpluô' feits^ et ptirô perte éft que
les touffes ainsi isolées donneront de grands f)îô-
duits pendant de longues années, surtout là où l'on
aura fait des fouilles, rapporté des terres é< des én-
graisi et cela sans nuire en aucune façon à la végé-
tation de l'arbre qui lui-même profitera des engrais
distribués à l'asperge et du surcroit de culture donné
à celte plante.
L'ombrage projeté par lés tiges d'asperges, au lieu
de nuire aux arbres, ne fera que leur être utile.
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48 ^ LES* ASPERGES
FRAIS ET PRODUIT
d'un hectare planté en asperges, a ARGENTEUIL
Ouverture des rayons, dressage des ados et plan-
lation des griffes à raison d'une journée de travail
par cent touffes, soit 5 francs ou 50 francs par mille
et pour 10,000 touffes 500 fr.
Achat de 10,000 griffes de choix à 100 fr. 1,000
Ensemble 1,500 fr.
En répartissant cette somme de 1,500 francs sur la
durée moyenne d'une aspergerie, soit vingt ans, on
apourunan.. . . . , ,75 fr.
Loyer de la terre à 1 franc par perche,
soit 3 francs par are, donne pour un hec-
tare 300
Culture d'un hectare 350 *
Fumure annuelle (ou le double pour deux
ans) 350
Cueillette, emhottelage, transport à la
halle de Paris, etc 1,000
Faux frais . . . . ' 7$ '
Total 2,150 fr.
Leproduit moyen est d'une demi-botte par touffe,
soit pour 10,000 touffes, 5,000 bottes à
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i .
LES ASPERGES 49
2 francs ...•/.. 10,000 fr.
Mais il faut déduire pour avaries, mau-
vaise récolte , etc 1,500
Reste 8,500 fr.
Les frais étant de.' > 2,150
Le bénéfice net est de . . . ' . . . 6,350 fr.
Nous comptons vingt années de récolte pleine,
cependant Tasperge ne produit qu'à la troisième ;
mais il faut remarquer qu'elle peut vivre vingt-
quatre ans, et que nous n'avons pas tenu compte
des bottes de choix dont le prix est de 15 à 20 fr.,
au commencement de la saison, au lieu de 2 fr.;
d'ailleurs, les frais de cueillette et autres dispa-
raissent.
l'asperge D'ARGENTEUni ET L* ASPERGE DE HOLLANDE
COMPARÉES
Un grand nombre de personnes ne comprennent
pas bien encore la différence qui existe entre l'as-
perge d'Argenleuii et celles des différentes localités
les plus renommées, entre autres l'asperge de Hol-
lande. Voici des calculs comparatifs qui leur permet-
tront de juger en toute connaissance de cause. Ils ont
été faits sur trente-cinq touffes de chaque variété et
de même âge.
Il faut noter que ces asperges sont venues dans le
même sol et récoltées dans les mêmes conditions et
âgê^s de sept ans.
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m
iËB^ÀSPÉ^èt^
ll^ga 4'Argolitenil
(Hâtive).
Epopte de la première cueillette
Le 3 ayril.
ProduHd*une touffe pendant
Mijours.
29 ittims 1540 gr
VOeur au eours de la Halle de
Paris,
'*/M0 gr. iepréwntttlit efttiron
une demi -boue, la botte belle
pésafH tt kilos k 3 tdlai 4)0. ~
Sar les 29 tarions, il y en avait
lO petits. Il moyens et 8 gro^, ce
ani représente k prix mcnren de
3/f. par botte, soitenviron f fr. 50.
Mais ééUbmê lel dernière^ Ae se
payent pas autant que les pre-
mièf eèil fjtùt rérfùirèce prix à I f r.
Voulant pousser plus loin TexpéMence, nous
avons désiré connaître la quantité de matière co-
mestible qm eoBtenait obaqne yariété, et voici I0
résultat.
Nûtwr avotts pesé t,4©0 grammes &sêpefèéë 4^Ar-
genietil) el atitaht de HoUandé, soit :
Asparge de flolUncle
Première enéilMte
Le 20 avril.
ProduH d*une touffe pendant
iijourt»
24 tnrîmrt. ...... 608 gr.
Valeur au eours de la Mall$ de
Paris.
005 ft, réfifé^entént eltt?^ le
cinquième d'une botte (dq poids
de n kHos l ti kiloif 20^. ÎM
lurions n'étaient pas iros, il y en
avait 8 Irés-pelits, iO moyens et
on peu pla$ forts, ie pn/t
moyen était pour celte force de
1 fh m là botte; h valeur âëht
récolte était donc de 30 centimes.
Asperges d*Argenteuil.
Brutes i k. 400
^ salent plus gue. . . i k. 070
tûïiei, &m ^miéûL . f k. 050
G^ àê^ie^ itérés à fable et
mangées ont laissé comme résidu
402 ar., ce qui porte à 998 gr. la
Sartie eèmestible de i#400 ^.
'asperges brutes.
Elles ont eui ea H^miDiites.
Elles étaient tendres, savou-
reuses et sucrées.
Asperges de Hellande.
Brutes. , i k. 400
Ëiflnchéès elles bd pe-
saient phis que . ^. . i k. 05Q
Cuites^ eUés pesaiedt. . I k. 030
(M mpêt^QÈ èeH/îte H ^}ééi
mangées, ont laissé en rendu wt^
poids de 704 gr.> ce qui ne fait
que 696 gr. de matière coniestibld
sur i,400 gr. brut.
Efki ont éiii en 17 ifiiritttel.
Elles étaient un peu ligneuses
et très-amôi'éâ.
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y&ki ieêtésftnmst Qœ ton tmtfsm} s eisl étidc»!
qu'il n'y a pas de chiffres poûf tefpfêfgêam U iàSéf*
teiÊèe (im ëtàsie étitté k« dmtt ràiiém, m ëSe^ ^
QôiùrM guaiMifé, iïfà miè àiSétem^û^àèVit iiefê
m fàteûf de l*aépêrge' à'Âtgëtiië^iif 1540 cùsàÈë fiOS-
Comme prix, il y a plus des deux tiers, èiicotêV atf
profit de l'asperge d'Argenteuily t ir. contre 30 cefu-
times. V
Gomme valeur comestible^ ^ y et pkis du tier^ de
plus pour l'asperge d'Argenteuil.
Le spéculateur ne doit donc pas hésiter à planter
de l'asperge d'Atgenteuil.
L'amateur qui tient un peu nioins à la quantité
doit tésiter moins encore puisque cette asperge esj
plus douce, plus succulente que celle de Hollande,
qui a une saveur amère et désagréable. Ajoutez à
cela que T asperge de Hollande exige un sol plus riche
et le double d'eugrais.
COMPARAISON d'^NE PLANTATMW ^kfTÈ ktÉQ Élèé
GRIFFES D*UN AN ET d' AUTRES FAITES AVEC DES
GRIFFES DE DEUX ET DE TROIS ANS.
n y a encore tin grand nombre de pe^soBnéi qtA
croient qu'en plantant des griifes de deux ou à€ ttoS
ans on récoke plus tôt qu'en employait du plaô^t d^uii
an ; pour les désAbser nous allons mettre soufir \e\it9
yetïi lé résultat ië quelques expériences comparatives
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52 LES ASPERGES
que nous avons faites, bien que cette question soit
jugée depuis longtemps*
Nous avons planté douze griffes d'un an, de deux
et de trois ans, dans le même terrain, les mêmes
conditions, la même année. Nous les avoùs cotées
comme il suit :
N© 1. — 12 gFiffes d'un an;
N<> 2. — 12 griffes de deux ans;
N® 3. — 12 griffes de trois ans.
^ Voici le résultat de la première année :
N** 1. •— Toutes les griffes sortent de terre avant
le 4 mai. La végétation se montre belle.
No 2% — 10 griffes sortent avant le 4 mai, une
le 10, et l'autre manque ; les turionssont un peu plus
forts que ceux du n** 1 .
N° 3. — 8 griffes ^ont sorties avant le 4 mai, une
sort le 12 et trois manquent totalement. Les turions
se montrent beaux d'abord; ensuite ils fléchissent
à la fin de l'année (15 septembre) , ils sont plus fai-
bles que ceux du n© 2.
Detixième année.
No 1. — Belle végétation, turions réguliers et forts,
au 15 septembre ceux qui sortent mesurerit jusqu'à
2 centimètres et demi de circonférence.
N*» 2. — Bonne végétation, turions irréguliers et
un peu plus faibles que ceux du n^ 1.
No 3, ^ Végétation médiocre, turions très-irrégu*
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LES ASPERGES 53
liers; ily a des griffes qui en ont jusqu'à 8 ou 10,
mais tous très-faibles. Il meurt encore une touffe
après avoir produit deux turions.
Troisième année. .
No 1. — Végétation magnifique; les turions me^
surent, au 10 mai, de â à 8 centimètres de circonfé-
rence. ,
N<> 2. — Végétation passable, mais irrégulière ; il
y a des touffes très-petites. Les plus belles produisent
des turions, du 8 au 10 mai, qui n'ont pas plus de
6 centimètres de circonférence.
N** 3. — Végétation très-médiocre et très-irrégu-
lière. Il y a des touffes qui continuent à donner
beaucoup de petits turions gros comme des plumes
à écrire, les plus gros ont de 4 à 5 centimètres de cir-
conférence.
Quatrième année.
N® 1. — Végétation remarquable. Les turions sor-
tent les 3, 4, 5, 7 et 10 avril ; quelques-uns ont 9 et
10 centimètres de circonférence, un en porte 12 On
cueille 50 turions qui forment une botté du poids de
3 Mlog. 200 gr.
N® 2. — Végétation, passable, mais plus tardive
que celle du n® 1. Les turions sortent les 4, 7 et 10
avril. Il y en a beaucoup de petits. On en récolte 50
qui ne forme qu'une demi-botte environ, soit en poids
1 kil. 700.
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N^3. --'V^fMa^Oâ ifiédiocfe et peu hS&n^ Les
tmkihtf 9Gti€m l^ê, 6/ 9 ell 1 dti^i! ^ nfi ènff & ar^l^
n'est sorti que le 22. S& tni^iôns récoltés sur les lœifef
restantes ne forment pas la demi-botte, et ne pèsent
que 1 kil. 150. .
Ka iféwfàméf on vdt que le plant d'un an a domié
à la Quatrième pousse, soit à Fâge de trois ans de
plantation, ui^e botte d^asperges. • . < . 3 klL 200,
f)ae ceiniâe deui ans n'a donné que . ^ 1 kil. 700.
St eekii de trois ans n'a produit que . . 1 kiL 150r
En dWtres termes, la plantation faiite avec du plant
d un an a produit le double de celle faite avee du
plaoFt de deux a»Sy et le triple de eefte faite avec
du plant de troi» an».
Ije9 eonclu^ons sont faciles à tirer*
DU. SEMIS EN PLAGE
Quelques auteurs ont conseillé, et quelques per-
so»né06flQf>ple'teniéBG^é les senïîs en place, au tîeu
de Isi plantation par griffe^ ; cette méthode est on de
pi^t pluf* vicienstf sotrtf deux rapporter. D'abord, parce
^fBt0 tà ^kfkeÉ grades manqiieDt, on* est obligé de
recommencer l'opération, ce qui retarde le proéftil
è'Çtfef àit&éé et refid là plantation irréguïièrc; ensMte,
pàree qu'ibn? est obligé de conserver eti placfe^ le platfrt
tel ^il e«t| c'est-à-dire boa ou mautëis^. Bùfln
il Wf^ sè^f^M dëùf oû trois grâiâeé Fone à tM dé
l'autre; or, comme il est très-difflcile d'écWtfcir, 6t
^ Digitized by VjOOQ le
BWameM mùimXkm^v^ &i mp doiltteât mtêm ffcp
Par ta traBtpfentatio») ôb â hi faetrlM^ de iféti^fsf
que du piant dô cboîjf , ce qm est 1^ HueîMeM 01O701I
d'arrivep à avoir de belles et boAAe» réeottes. La diSé-
rence qui existe eatre une planlakioïï fàt settrie et nnê
plantation par griffé» est si grande, qu'il bnt n'^&if
i&mm été à méxaae d'étaUîp la eofnp&raîsûif eirlt9
elles pour rccoimnatod^p oit pratiquer eeHepaIrtoW
âesearis/ '
. Nous avons vtt^ quelquefois, même à Argeïntectîl,
des plantatione laites par semis^ avee toùô les sbios'
possibles^ j^résenter une si grande irrégularité âan>s
les produitoy qu'il y avait tme différence de près de
£fH>ifié enfre ces plantations et les autres. Ce systènie
est, du reste, démontré mauvais par le simple raisoiï-
Bement, sans avoir recours à la preuve paf Ué faites
UTILITÉ DES BUTTES
On nous a demandé piugieiiPfffoitcprel est le rôle
des buttes dans la culture de l'asperge. La butte a
l^our effet âe pemieitre de piauler l'asfperga peu pi^o-
fondement, « q«i la met à même de proiler/ comme
wm l'avons dit, hnrafééiateme'si det engïaié et des
premiers rayon* de sôleîl du printemps eft de ^us-
^tàé& îeÉ toten^ ^m¥ti&mmeèi»r^fé0\/^B0m^
(f^i)é né tm&ÊÊèM pm-^ p» âàsm^mitf St wetsimt ,
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56 LES ASPERGES
blancs et tendres et sont plus longs. Elles ont un au-*
tre avantage, c'est, lors du commencement de la sai-
son, d'empêcher l'effet des gelées tardives. On conçoit
que tanl que l'asperge est enterrée, elle ne saurait ge-
ler, puisqu'elle est hors des atteintes du froid»
Dans certaines localités on ne sait pas encore f^ire
de distinction entre l'asperge blanche et Tasperge
verte, et on préfère parfois cette dernière. Il y a ici
une erreur très-préjudiciable au consommateur. '
Dans l'asperge verte il n!y a que la pointe de comesti-
ble, tandis que l'asperge blanche où buttée l'est sou-
vent tout entière; en outre, elle est infiniment plus
tendre et plus délicate. Toute asperge qui est verte au
moment de la récolte n'est propre qu'à êtce mangée
en petits pois. Ce serait déshonorer sa tablé que
d'y servir des asperges verteis. En effet, a la halle de
Paris, elles valent 1 franc la botte quand les blanches
valent 3 francs : on ne les mange pas, elles servent à
la fabrication du sirop d'asperges ou à tout autre usage
pharmaceutique.
CULTURE JIATIVB EN PLEINE TERRE '
On peut devancer de quinze à vingt jours la récolte
des asperges en employant le moyen suivant :
On dispose une plate-bande le long d'un mur exposé
au midi et convenablement abritée de tous côtés. On
retire 35 centimètres deierre,puis on remplit la fosse
avec un mélange de deux tiers de terreau de coucha
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LEg ASPERGES 57
neuf et un tiers de la terre extraite, après les avoir
bien amalgamés-ensemble. Cela fait, on enlève 16 à
18 centimètres de la partie de devant, qu'on
rejette du • côté du mur, de manière à avoir un
ados incliné au sud, ayant 18 à 20 centimètres de
plus de hauteur que le sol près du mur, et de 15 à
16 centimètres de moins près du sentier,
L'ados ainsi préparé, on plante les griffes d'asperges
à 33 centimèU*es Tune de l'autre et à 6 centimètres du
mur. Le second rang se place également à 33 centi-
mètres de manière à avoir quatre rangs dans un ados
de 1 mètre environ de large.
Les griffes placées, on les recouvre avec du bon ter-
reau, de manière qu'elles se trouvent à 18 centi-
mètres de profondeur environ, et que Tados commence
au niveau du sentier pour s'élever ensuite graduelle-
ment de 40 centimètres près du mur.
On devra employer, pour faire cette plantation, la
grosse asperge rose hâtive d'Argenteuil bien choisie
si Ton veut obtenir de bons résultats. Toute autre va-
riété ne produirait que des récoltes insignifiantes
comme quantité, durée et qualité.
On soignera cette plantation comme les autres, on
l'arrosera pendant Tété de la première année s'il sur-
vient de grandes sécheresses.
Au bout de trois ans, on peut commencer à récolter.
A cet effet, on couvre la plate-bande, au mois de fé-
vrier, avec de la litière sèche. S'il survient du beau
temps ou da soleil, on enlève la litière pour que la
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fi$l^ hmé$ é'écbaulfe^ puis on la sesasi auasitM qttt
]^ jiapir jftW¥e ouj^ue te iena^natune-se celcaidk.
ai la kinpéi^atuiie reste froide, on laisse la pJate-^*
tond« /ûopatai^faenit couverte.
AxméAii qiiê lee aspergée «oin^aeneent à sortir, 4m
enlève toijht à fait la litière et ob la ceouplaGe par 4e«
paillassons qm ¥on retire pendant le jour quand M
lail e^i e4j<pe l'im replace pour la cmil.
G^Bi9f9p««Pl8iii94(ameat4¥iP«e}ai;tf Iro^ssemejU
nés pliis tôt qm l^ autres^ On d^vra cesser de les ré^
i2oiter J^e^tiM^Y^ j^iis Mit aussi.
aOLTBBM FOBGÊB
Sâcaeri^aspenge, e'^t l'obliger à produire plus iM
•Qu bors ifi saîsQfi. On la force.de deux manières : «a
pleine terre et sur ceuciies.
^ le ^Ai^ 4eât étoe t)ien choisi pour la cultuire en
• ptaii^e te»», îà est de k dernière impcH^tauce de faire
•daoHc des variâtes les plus «obustes et des meilleures
En pleine terre.^ On dispose des plandues de i inè«-
l^âelasgMir^n laissant «nire elles une (Ustaoce de
%& à 70 Géntisatoes, et on plante les asperges à 33 cen^
timètres seulement, en tous sens, de JOiamèregue
àm{m {tlaoohe reçoit droâs rangs, et qiie les rnngs
^«Eièitteuiss se trâKurent à iQpviron 17 ceniimàtres du
te «Bii^e aiHie féantàliaQ eemme lee auftre^ «t,
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^ tr^ifi^X!^ ^iv^ qui suit, on cm iotmt im »^^f^
ges ^ôasi li^aitéies.
A c»} ^ffet, a^ moi» 4'^K4^e ,0u .éf «oftecatoa,. m
enlè¥9 h terre des a^tiei^ <|iii «épene^ tel fda&«
ches, jusqu'à une profondeur de 50 centimèJ2»0 mw
65 4e largeur. >
^ (^usai^t .6jEH0 Irmc^s, jon i^^tt» âOf Jm plaa-
Ghe8 «Bft^ de te^i^ iipi^;^ que le jjUmX «dit teeiMiveii
d^uvkm 30 e^jt^t^eè^ nSyg ^ftte les %ea «irai um
]K)iiiie longuieur ^ ^oesteftt bit^OMOb^
£lelâ lait, (ni rep^pjit les teaAchéei jmeda foicier
de cheval sortant de Tétabl^, on l'égalise et le piétine
loi^meijQttfprâi on §la£6 les efiffî*68^t iesehâsaîsfiour
Badifiteoif l|i it^laur aiif la plaiiche«
Si Tasi m^ ààx fuEiier daaas les iGe£&88 , fl Inudra le
j:\etirer qnûnze jouirs aps^s qa'on Vf aui:a mis* Tous
les £Qirs, on étend les ^aâUasaoBs apr ies jehâssis,
poiiti? «éviter le re&oidisa^ail^aL ^ ksâopUe «i le
froid persiste ou augmente, on remplit méiDe4'4me
û8Ufîhe de fiftille ou 4e litièi» «èche le vide ^ se
tcouve exitji» les cbiâssis et la plsmehe vide, 4pai jdoit
éfre de 15 jà d7 .eanliBi^tres. Au betoioi en ajoi^te du
iumief idans las réchauds (tranchéei^.
Le» Asperges emsi tsaitées paraissait an iMHitt de
douze à quinze jours, selon la tmnpératui^ ; uifds
«'il ùii Isès-fcoid, il aipve «o^vveni qiiif^iles «neMent
iflusâe 4dm{)s à ^fxiir. Dans ce deraier cas, H faut
redoubler de iisûia poiH* conserver la xÉtaiettr i ^a-
èar idii Aiader^ fecso^ ^tes les isaoea des ^às-
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60 LES ASPERGES
%
sis, empêcher que la neige fonde sur eut, etc*
On obtient ainsi des asperges blanches. Si on veut
les avoir violettes, on enlève les paillassons quand il
fait chaud et du soleil, et la luniière les colore rapi-
dement.
On doit cueillir les asperges tous les deux jours,
et on peut "continuer la récolte pendant deux ipoîs.
On enlève le fumier des réchauds, les châssis, et
on laisse . reposer Taspergerie pendant l'hiver sui-
vant, pour recommencer la récolte au deuxième
hiver. On continue ainsi de forcer de deux hivers
run.
Au printemps qui suit l'hiver pendant lequel on a
forcé, on ne devra faire aucune récolte, autrement
on compromettrait l'avenir de Taspergerie. G*€Èt
bien assez de forcer tous les deux ans. Pour avob
une récolte régulière tous les hivers, on devra avoir
deux ou quatre planches, afin d'en forcer la moitié
chaque hiver.
Gomme chaque planche ne peut donner plus de
deux mois, il serait bon de doubler encore ce nom-
bre, afin de pouvoir cueillir pendant les quatre mois
d'hiver, c'est-à-dire que la moitié serait forcée pour
récolter en novembre et décembre^ et l'autre moitié
pour récolter en janvier et février.
Sur couches. — Les asperges récoltées sur couches
sont connues sous le nom d'asperges vertes ; on les
mange à la sauce blanche ou en petits pois.
Cette culture se fait depuis le mois de noveml»^
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LES ASPERGES 61
jusqu'au mois de marg. Chaque planche ne dure
qu'un mois.
On fait une couche à la manière ordinaire, on la
recouvre de 6 à 7 centimètres de terreau et on place-
les châssis. Quand elle a jeté son feu, c'est-à-dire huit
jours après qu'elle est établie, on plante les grifTes.
Le plant destiné à être forcé jioit être du plant
de choix de trois ans, et garni de toutes ses racines.
On rapproche les racines et on en coupe Textré-
mité, puis on place les griffes debout sur la couche,
dé manière qu'elles se touchent et s'appuient les
unes sur les autres. On les place de façon que les
têtes soient toutes à la même hauteur. On glisse du
terreau entre les racines, sans que l'œil soit cou-
'^vert, et on pose le châssis en ayant le soin qu'il
reste assez de vide entre la griffe et le vitrage , pour
que l'asperge puisse pousser sans se replier sur elle-
même.
Sous un panneau ordmaire, on peut planter ainsi
de quatre à cinq cents griffes qui commencent à pro*
duire au bout de dix à quinze jours et donnent pen-
dant un mois.
Cette culture produit des asperges très-petites et très*
courtes; elles sont moins savoureuses que les autres.
On doit gouverner ces couches avec soin, éviter
qu'elles se refroidissent, les réchauffer au besoin?
tenir les châssis bien fermés, ôter et remettre les
paillassons en temps utile.
On peut commencer et diriger cette culture comme
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6^ LES ASPERGES
la précédeote, pendant novembre, décembre, janvier
et février.
Quelques praticiens ont essayé de forcer du vieux
• plant d'asperges ; mais ils y ont renoncé comme don-
nant de mauvais résultats. Il faut donc s'en tenir au
plant élevé en pépinière spécialement pour cet usage.
On aura, ainsi, des produits plus beaux et beaucoup
plus abondants.
ENNEMIS DE l'aSPERGB
Les ennemis de Tasperge sont le criocère, la taupe
et le ver blanc ou ver à hanneton,
Criocère, — Le criocère (petit insecte ailé, allongé,
de couleur roiige, tiqueté de petits points gris et
blancs, dont la larve est verddtre et dégoûtante)^
ainsi que nous Tavons dit préci^demment, fait de
grands dégâts dans les jeunes plantations, quand il
est à l'état de larve. Cet insecte déposant ses œufe sur
les parties les plus tendres -de l'asperge, les larves y
trouvent une nourriture appropriée à leur besoin et
dévoreraient une plantation tout entière si on ne leur
faisait la chasse immédiatement. Pour cela, il faut
d'abord l'empêcher de déposer ses œufs. On devra
donc, tous les jours, quand le soleil donne, l'écraser
entre les doigts s'il y en a peu. Dans le cas con-'
traire, on prend un vase contenant un peu d'eau, on
, le place sous l'asperge et on frappe de petits coups sur
les tiges. L'insecte se laisse aussitôt tomber, pensas^
arriver à terre et se dérober au danger,^ fl Jambe
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LES ASt>ERGES 63
dans l'eau ; quand il y en a un certain nombre on
verse Teau par terre,elle entraîne les insectes et on les
écrase avec le pied. ,
Le criocère fait deux pontes : Tune au printemps et
l'autre au mois de juin ou de juillet.
La taupe. — : La taupe ne mange pas l'asperge;
mais elle soulève les racines, fait des galeries souter-
raines qui mettent la griffe à nu et lui font le plus
grand mal. La présence d'une taupe est facile à re-
connaître ; on devra donc^ aussitôt qu'on l'aura cons-
tatée, employer les moyens connus pour détruire cet
animal. A cet effet, on a recours au piège, ou on la
guette, une bêche ou une houe à la main, afin de la
■ déterrer au moment où elle soulève la terre.
Le ver blanc. — Le ver blaac est Tun d€9 pltis terri-
bles ennemis des plantes cultivées dans les jardins*
Plus il fait chaud, plus ses rayages sont grands. Si votid
vo^ez une asperge se flétrir, sans cause conntre oa ap-^
parente, détournez doucement la terre et vous trouve--
rez le ver blanc au pied. On l'écrasé, c'est le seul
moyen connu jusqu'à ce joue pour le détruire, car les
cendreîf de chaux, le soufre et autres ingrédients
n'ont jam^iis eu le moindre résultat pour sa destruc-
tion.
On sème j^arfois des laitues dans les jardins pour les
attirer. Cela peut être bon, maml ne faut pas s'aviser
d'eti semer dans les aspergeries; car les vers vien-
draient de toutes les planches voisines et attaqueraient
aussi bien l'asperge que la laitue.
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CALENDRIER
DU CULTIVATEUR D'ASPERGES
ou SOINS A DONNER TOUS LES MOIS
AUX ASPERGES EN PLEINE TERRE OU FORGÉES
JANVIliU
Pleine terre. — ^ On achève de iumeç les fonds qui
n'auraient pu Télre plus tôt, et on défonce les ados.
On prépare le terrain pour les plantations du prin-
temps ; on termine les labours et Ton commence à
ouvrir les rayons à la fin du fnois.
Réchauds de pleine terre. — Les planches de la pre-
^mière saison sont à peu p|-ès épuisées en ce moment;
il faut en préparer d'autres pour avoir* des asperges en
janvier, février et commencement de mars. On décou-
vre s'il fait du soleil, et on augmente la couche des
litières s'il fait froid; au besoin, on met du iumier
dans les coffres.
Couches chaudes. — On établit de nouvelles couches
pour les asperges forcées à récolter à la fin de janvier
et au commencement de février,
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LES ASPERGES 65
FÉVRIER
Pleine terre. — On commence la plantation dans
^68 terres èèches, on ouvre les rayons dans les terres
humides, on les assainit; on fume celles qui sont trop
maigres avec du. fumier bien pourri, du guano, des
cendres, des composts, etc. Vers la un du mois, on ^
arrache les vieilles tiges. On replace la terre enlevée
avant Thiver.
Réchauds de pleine terre. — On continue lea travaux
du mois précédent. On commence la récolte des se-
condes asperges forcées si on ne Ta pas déjà fait en
jadvier.
Couches chaudes. — On continue les couches chau-
des pour forcer les asperges à récolter fin février et
commencement de mars.
MARS
Pleine terre. — On continue la plantation des asper-
ges, dans les terres sèches; on la commence dans
les sols humides à la lin du mois seulement. On
doit butter, à la an du mois, celles qui se dispo-
sent à sortir. On rapporte 5 centimètres de terre dans
les rayons, si on ne l'a pas fait en février. On com-
mence la récolte à la un du mois dans les sols hâiifs.
Réchauds. — On détruit les réchauds, vers le
15 mars. On vide les tranchées et on les remplit de
terre.
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M LES ASFERaES
Couches. — Vers la fin du mois, on détruit les cou-
ches, Tasperge de pleiï^e terre venant remplacer Fas-
perge forcée.
AVRIL
On termine la plantation des asperges, on butte les
touâes qui ne l'auraient pas été le mois précédenf;
on continue la récolte, on bine et sarcle les carré?,
les rayons et les ados. On fait la chasse au crîocère
et aux autres insectes. On détruit les escargots et les
limaçons qui mangent les jeunes pousses au moment
où elles commencent à sortir de terre. On continu^
la récolte.
MAI
On continue la récolte, on bine et sarcle ïes carrés,
rayons et ados. On fait la chasse .au criocère et aui
autres ennemis de Tasperge. Dans les jeunes planta-
tions, il faut surtout surveiller le ver blanc.
On plantées tuteurs au pied àés tiges des jeânes
âq^rges, et on led y attache avec du jonc ou de la
paille^ ou on ne débutte pas, ce çpiî est plus facile
pœr la grande culture.
Si M safison est sèche,? on rapporte 5 à & centimètres
de' ten^ sur les griffes ^ntées au {«'iintempSy a&i
d'y entretenir? la fraicbeur..On peut saïi^ iiiconvénient
mettre jusqu'à 1 5 centimètre* de terre sur les touffes
qua^ elles ont poussé au moins deux tu^ions^ it
bonne grosseur.
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I
LÉS ASPERGÉS Ô?
JUIN •
On continue la récolte des asperges; cepeiidâhfr,
vers le 15, ou même plus tôt, il faut cesser celle des
plantations qui ne sont pas bien vigoureuses, ainsi
que celle des variétés très-hâtives. La diminution de
la grosseur de Tasperge est un indice certain que le
plant a besoin de se reposer.
On continue les binages. — On attache les jeunes
pousses aux tuteurs comme nous Tavons indiqué au
mois précédent. On surveille les ennemis deTasperge;
on fait la chasse à la taupe, au criocère et au ver
blanc.
JUILLET
C*est l'époque de la seconde ponte du criocère.
On devra donc surveiller ces insectes, détruire leurs
œufs, et leurs larves quand ils apparaîtront. On fait
aussi la chasse au ver blanc.
On esherbe et bine au besoin.
On arrosera les jeunes plantation» des jardins^ s'ii
fait très-s^c et très-chaud, tous les quinze jours, dans
les terres légères et sèches, si on le peut. On place,
des ititeurs pour soutenir les jeunes' pousses.
AOUT
On fait la chasse au< insectes, on bine leâ adeS'et
les K^ofis, on soutient avec des échalàs^ les pbussfes
des asperges qui sont él6^'ées, powr que les vents^ne
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98 LES ASPERGES
les éclatent pas. Mais cela seulement dans les locali-
tés où les vents sont violents: on peut s'en dispenser
ailleurs.
SEPTEMBRE
Les travaux à exécuter pendant ce mois sont à peu
près nuls. On se borne, dans les aspergeries établies
dans les vignes, à lier les tiges entre elles par la
partie supérieure, soit pour empêcher que «les vents
et les pluies les éclatent ou les renversent, soit pour
donner de Tair aux raisins x[ui commencent à mûrir.
On donne encore un binage, si cela est nécessaire et
si le temps le permet.
A cette époque de Tannée, les jeunes plantations
sont à l'abri de Tattaque de leurs ennemis. Cepen-
dant, il faut encore les surveiller dans le commence-
ment du mois.
OCTOBRE
Dans les terres légères et sèches , on peut commen-
cer la plantation de Faspérge ; mais dans les climats
chauds seulement. Au nord et au centre de la France,
il vaut mieux attendre le printemps. On pput aussi,
a la fin du mois, couper les vieux turions et commen-
cer à décoter, répandre de Tengrais bien pourri
du guano, des tourteaux, des cendres lessivées, des
composts, etc.
On draine ou a.ssainit les terres humides que l'on
se propose de planter après Thiver. On prépare les
terres composées, les engrais, les composts à en^v
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LES ASPËHGËS 69
ployer au printemps. On s'assure du plant pour les
jeunes plantations*
On commence à forcer l'asperge sur couche et en
pleine terre.
NOVEMBRE
On commence les cultures d'hiver; on coupe les
tiges à 30 centimètres de hauteur, on les lie en bottes
pour les brûler; on laboure ou défonce les ados, pour
déposer de Pengrais à portée des racines. On con-
tinue de planter, pendant la première quinzaine du
mois, dans les terres sèches (dans le midi de la
France, on peut planter pendant tout Fhiver). On
continue également le décotement et la fumure. On
prépare le terrain pour les plantations du printemps.
On force l'asperge en pleine terre et sur couches ;
on dispose les plates^bandes ou ados pour la culture
hâtive.
DÉCEMBRE
On continue les travaux indiqués au mois de no-
vembre. On termine le décotage et la fumure.
On prépare des composts, des engrais, pour les
plantations du printemps. On s'assure du bon plant.
Oh réchauffe les planches de pleine terre qu'on a
chauffées en novembre, en changeant ou ajoutant du
fumier, si la température est très-froide. On surveille •
les couches ; on en fait de nouvelles.
Digitized by VjjOOQ le
LES FRAISES
BOTANIQUE DU_ FRAISIER
Description.
PRAISIER, fragafia. — Genre de rosacées drya-
déeïT, établi pour les plantes herbacées, gazonnantes,'
à fleurs blanchies ôU jaunes, et corymbe à rextrômi**
dôs tiges, (bictionnaire national de Bescherelle.)
FràgaHa Lifin'. — Fraisier. {Ordre des rosaôées,} '
Galice coûvéxe à la base, limbe ^inqueparlite, plam,
aînSî que fe ôaTicule ; à estivation valvaire, persistant.
Corolles à cinq pénales, insérés sur le calice,alternant
avec les sépales et plus grands. Vingt étamines otf
plus, insérées comme les pétales; filets libres, anthè-
res biloculaires, déhiscence longitudinale. Ovaires
nombreux placés sur urr réceptacle convexe, distincts,
unilocuïaires, à ovule unique dressé amphitropé. Sty-
les latéraux subbasilaires. Stigmates simples. Achaiùes
nombreux, placés sur im réceptacle grossissant après'
f anthèse, charnu-succulent et à la fin caduc. Graine
ascendante. Embryon sans périsperme à radicule su-
père.
Plante des régions tempérées de J'hémisphère boréal
croissant aussi dans l'Amérique australe extratropi-
DigitTzed by VjOOQ le
LE3 FBAI«£S 7i
cale et aux^cÂoques, vivace^ ga£oaQftB4e,atQkidCkre,
à feuilles alterne», ternées, quelquefois simples par
J*avortement des folioles latérales; folioles inciso-ser-
rulées; stipules soudées au pétiole; flevirs J)laache3,
subcorymbiformes au sommet de la hampe. (Trftduit
d'Endlich^, Gemra planlçinim. D'après Le FrsjÀsiSf^
par le comte Léonce de Lambertye.)
Ces descriptions botaniques auxquelles nous pour-
rions en ajouter une douzaine d'autres, tout en clas-
sifiantle fraisier et le distinguant des autres plantes,
sont tout à fait insuffisantes , car elles ne distinguent
pas les variétés entre elles.
On compte aujourd'hui plus de quatre cents varjé-
*té8 diverses de fraisiers. Comment les reconnaître?
Gomment savoir que Ton ne les cultive pas l'une pour
Tautre, que l'on ne vend pas celle-ci pour celle-là?
, C'est pour coriible? cette immense lacune, pour
faire cesser toutes les confusions qui existent, que
nous avons entrepris une classification toute spéciale
des diverses variétés, basée sur les caractères physi-
ques de chacune d'elles.
Cette classification a pour base :
1® La forme des fruits ;
2« La grosseur des fruits ;
30 La stature de la |)lante ;
¥ La position des poils sur le pétiole (les feuilles ;
^9 La quantité de c§^ poil? et leur-dimenfiop ;
60 Le nombre des coulants;
70 La grosseur des eoulants.
«9 ^ Digitizedby VjOOQIC
72
LES FRAISES
De la formé des fruits. — On distingue neuf formes
principales du fruit qui sont les suivantes :
!• Fruit rond .ou sphérique (fig. 8); 2® -en cône
(fig. 9) ; 3o lobé (fig. 10) ; 4» ovale (fig. 1 1); 5« en crête
de coq (fig. 12); 6® cylindrique (fig. 13); 7» en cône
allongé (fig. 14); 8^ à coi (fig. 15); 9<> œ cœur ou
en toupie (ûg. 16).
Fig. 8.
Fig. 9.
Fig. 10.
Fig. H.
Fig. 12. Fig. 13.
Digitized by VjOOQ IC
LES FRAISES
73
Fig. 16.
Chacune de ces formes peut encore se subdiviser;
ainsi on dit : cdne tronqué^ aplati, etc.
La grosseur du fruit. — On dit petit, ttioyen, gros,
très-gros. Par petits fruits on doit entendre ceux qui
pèsent moins de 8 grammes: par moyens, ceux de 8
Digitiz(»dby(JOOgIe
74
LES FRAISES
à 12 grammes; par gros, ceux de 12 à 25 grammes;
par très-gros, ceux de 25 et au-dessus.
Toutefois,!! faut -noter que quand Ton dit d'un frai-
sier qu'il porte des fruits moyens, cela ne signifie pas
qu'ils seront tous de 8 à 12 grammes, mais simple-
ment que les plus gros atteignent de 8 à 12 grammes,
pas autre chose.
Stature de la plante* — Un fraisier est bas ou nain,
moyen ou élevé. — Le fraisier nain est celui dont le
pétiole des feuilles ne dépasse pas 14 centimètres;
moyen, celui où il atteint de 15 à 19 centimètres;
élevé, celui où il dépasse 19 centimètres.
i
Fig. 17. Pig. 18. Fiff. 19. Fig. 20.
Position des poils. — Si on détache une feuille mu-
nie de son pétiole jusqu'à la naissance du collet,
qu'on examine ce pétiole, on verra qu'il existe des
poils sur toute sa longueur. Les uns sont horizontaux^
fig. 17 ; les autres inclinés vers le sol, fig. 18 ; d'au-
tres sont dressés^ fig. 19 ; enfia il y en a qui se diri-
gent dans tous les sens, ce sont les confus^ fig. 20.
Qaamké et dimensim des poils, — On dit qu'ils sont
nipeS| nombreax ou frès-nombreux, — On dit auwî
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LES FRAISES 75
qu'ils sont courts, moyens ou longs, — Les courts opt
moins de 3 millimètres, les moyens en ont de 3 à 4,
les longs plus de 4.
Nombre des coulants. — Les coulants sont rares,
abondants, nombreux et très-nombreux. (On entend
par coulants les pousses d'où sortent les nouveaux
pieds ou rosettes qui s'enracinent par leur séjour sur
le sol.) — On ^t qu*un fraisier a de rares coulants,
quand il en produit de I à 10; abondants quand il en
a de 11 à 25; nombreux de 26 à 50; très-nombreux
de 50 et au-dessus.
Grosseur des coulants. — Les coulants sont petits,
moyens, gros' ou très-gros. Les petits ont 1 millimètre
de diamètre et au-dessous, les moyens ont depuis plus
de 1 millimètre à 2 millymètres, les gros, depuis plus
de 2 à 3 millimètres, les très-gros ont plus de 3 mil-
limètres.
On comprend qu'à Faide d'une description exacte,
faite d'après cette méthode, il est impossible de pren-
dre une variété pour une autre; parce que si quel-
ques-unes ont.de l'analogie sous un point ou sous un
autre, il y aura, des difiérences ^ur quelques-uns. Il
est certain que deux variétés ne réuniront jamais
complètement les mêmes caractères et qu'il n'y aura
pas similitude complète. Et quand même cela serait,
on aurait encore pour se guider la couleur du fruit et
l'époque de 1^ maturité.
Quelles que soient les conditions dans l^Bgue%Ç)g^[(>
76 LES FRAISES
trouveront les fraisiers, leur. caractère ne changera
pas; il pourra s'atténuer, mais non se modifier au
point d'en présenter un contraire.
VARIÉTÉS DES FRAISIERS
Quand nous consacrerions dix pages à décrire le
fraisier, nous n'apprendrions rien d'utile à iios lec-
teurs. Nous nous bornerons donc à dire qu'il n'y a
que deux espèces qui ont donné naissance, par la cul-
ture et Tètude, à plus de trois cents variétés qu'on
distingue en fraisiers à'Europe ou remontants ou de
tous les mois, produisant constamment des fleurs et
des fruits, et en fraisiers non remontants tiq donnant
des fruits que pendant le printemps.
Décrire toutes les variétés de fraisiers qui existent
n'aurait pas plus d'utilité que de décrire le fraisier lui-
même. Toutefois, distinguons les deux groupes frai-
siers remontants et fraisiers non remontants.
Fraisiers remontants. — Les fraisiers remontants se
composent de quinze à vingt variétés, telles que le
fraisier des Quatre-Saisons, le fraisier à fruits rouges
ou blancs, 1^ fraisier de Meudon et le buisson de Gail-*
Ion ou fraisier sans filets.
Cette classe de fraisiers produit des fruits parfu-
més, mais malheureusement si petits, si chétifs, si
rares, que la culture ne peut en être faite qiî'à titre de
curiosité*; c'est à peine si un mètre carré de terrain
planté de ces variétés donne 500 gr. de fraises pendant
LES FRAISES 77
toute une saison, et si petites, si ennuyeuses à cueil-
lir, qu'on les abandonne volontiers à qui veut se
charger de la cueillette. Ajoutez à cela qu'elles ont
beaucoup de graines, ce qui les fait croquer sous la
dent comme si Ton mangeait du sable : inconvénient
qui les a fait bannir de la table* des amateurs.
Il y a aujourd'hui, dans la culture, de ces variétés
très-remarquables comme produit et comme qualité.
Ainsi nous citerons la Reine d'Argenteuil^ le Perpétuel
(TArgenieuil qui ont de la chair et de Teau, et dont le
poids dépasse quelquefois cinq grammes. La Belle--
Gaufrée est également un bon fraisier. Le Buisson
rouge d'Argehteuil est très-productif ; il est de beau-
coup préférable au buisson de Gaillon.
Fraisiers no^ remontants, — Cette espèce se compose
de plus de trois cents variétés diverses, dont la plu-
part nous viennent d'Angleterre ou d'Amérique. Il y
en a qui donnent des fruits énormes et nombreux, de
telle sorte que certaines touffes produisent plus d'un
kilo de fruits.
Les fraisiers rron remontants forment cinq classes :
les ètoiUs ou craquelins; les càproniers; les écartâtes;
les ananas ; les chiliens.
Les étoiles et càproniers ne sont presque plus
cultivés en raison du peu de produit qu'ils donnent.
Lés écarlates et les ananas qui produisaient les
plus gros fruits, il y a quelques années, sont dé-
passés aujourd'hui par les hybridations et les chi-
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78 LES FRAISES
liens perfectionnés par les semis. C'est surtout de
ces derniers, croisés avec les précédents, qu'on a
obtenu des fruits monstrueux qui pèsent jusqu'à
70 grammes.
Chaque jour, le nombre des hybridations et des
gains de'semis augmente; il n'y a pas à douter qu'a-
vant peu de temps on aura dépassé encore ces limites.
La fraise des bois et celle des Quatre- Saisons sont
oubliées, bien qu'elles aient un parfum que les grosses
variétés n'ont, pas encore atteint ; mais les nouvelles
fraises ont une si grande, supériorité sur les petftes,
sous le rapport de la fraîcheur, de l'abondance du
suc, de la beauté de la chair, de la forme, du coloris,
de la saveur, de la succulence, que, quand on a
mangé une seule fois de ces belles fraises, on ne dé-
sire plus jamais goûter à celle des boig et des Ouatre-
Saisons.
Parmi ces centaines de variétés, l'amateur doit
choisir les plus fertiles, les plus robustes, les plus
belles, les plus vigoureuses, celles qui s'accommodent
de tous les terrains et qui produisent les plus beaux
fruits et les meilleurs.
Les bonnes variétés cultivées sont si rares, les mau-
vaises tellement répandues qu'on s'exposeraità passer
pour un sot, un ignorant, si, dans les campagnes, on
parlait du fraisier comme d'une plante productive.
Il n'y a pas un propriétaire qui sache tirer un bon
parti de cette plante, qui prenne au sérieux la
culture du fraisier qu'il ne considère que comme une
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LES FRAISES * 79
curiosité ou un accident. Cependant il est démon-
tré que \\>n peut en retirer des bénéfices considé-
rables, indépendamment des jouissances qu'il procure
aux amateurs par ses excellents fruits.
DU SOL CONVENABLE AUX FRÀlSUSaS
Si l'on nous demandait dans quel sol le fraisier
végète le mieux, nous serions fort embarrassé pour
répondre; mais, si Ton nous demandait dans quel
sol il ne peut croître, nous le serions bien davan-
tage. Cependant, il y a des variétés qui iie réussis-
sent pas dans certains sols, tandis qu'elles don*
nent des produits abondants et d'excellente qualité
dans d'autres : c'est ce que la pratique seule peut ap-
prendre.
Le fraisier croît partout, à toutes les expositions,
dans tous les sols. Cependant les fruits sont plus pai^-
fumés, plus délicats, dans les sols calcaires, sablon-
neux et légers.
L'exposition du midi diminue la quantité, notais
elle augmente la qualité ; celle du nord augmente la
quantité, jnais elle diminue la qualité.
DU CHOIX DES VARIÉTÉS A CULTIVER
La prunelle est à la reine-claude, la poire sauvage
est au beurré, la pomme à cidre est au calville, la
cerise sauvage est à la cerise anglaise, le obarâon est
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80 LES FRAISES
à Tartichaut, Tache est au céleri, la chicorée sauvage
est à la chicorée frisée, ce.que sont lés anciennes va-
riétés de fraisiers aux nouvelles.
Oue dirait-on de celui qui planterait un prunellier,
un pommier à cidre, un poirier sauvage, un cerisier
de Sainte-Lucie, un chardon, une ache, de la chi-
corée sauvage, dans l'espoir de récolter de la reine-
clâude, du calville, du beurré, de la cerise anglaise,
de Fartichaut, du céleri, de la chicorée frisée? Le plus
ignorant en hausserait les épaules.
Cependant^ tous les jours, dans tous les jardins on
rencontre de la fraise sauvage et dégénérée, ce qui
est pis, puisqu'elle produit un fruit encore plus rare
et moins bon.
D'où vient donc que l'on cultive tant de mauvaises
variétés improductives quand il y en a tant de bonnes
dont le produit est dix fois plus élevé? De l'ignorance,
de la routine et de Téconomie, pour ne pas dire plus.
On plante une mauvaise variété parce qu'elle ne
coûte rien. Cependant, il suffit d'un calcul bien
sitnple pour établir qu'une mauvaise variété qui ne
coûte rien, coûte beaucoup plus qu'une bonne qu'on
achèterait 25 et même 50 centimes le pied. -
En efTet, qu'est-ce que le prix d'achat de cent pieds
de fraisier, alors même qu'ils coûteraient 50 francs,
quand on peut s'en procurer des milliers par la mul-
tiplication des filets? D'ailleurs, ne peut-on pour
cette somme en avoir dix et même vingt variétés ?
On a le choix et le moyen de les reproduire à l'infini
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LES FRAISES 81
et de réduire ainsi le prix de revient presque à .
zéro.
Plantez donc de bonnes variétés, et 'si vous êtes
embarrassé pour les choisir, rapportez-vous-en à un
horticulteur spécialiste. Il vous fera, en toute cir-
constance, un choix bien supérieur à celui que vous
feriez vous-même, si vous lui laissez toute latitude ;
car il cultive de préférence les bonnes, n'ayant pas
d'intérêt à cultiver les médiocres ou les mauvaises,
PLANTATION - .
Le fraisier se plante à l'automne et au printemps.
A la rigueur, on peut le planter toute Tannée, avec
un peu de soin : des g^rrosages en été et des couver-
tures en hiver.
La plantation d'automne a un grand avantage sur
celle du printemps; parce que le plant, végétant et
s'enracinant pendant Tarrière- saison, peut donner
une récolte dés Tannée suivante : on gagne donc près
d'un an en plantant à cette époque. D'autre part, le
succès de la plantation est plus certain, surtout dans
les terrains secs et légers et aux expositions chaudes.
Cependant, dans les terres humides et froides, il est
préférable d'attendre au printemps.
Pour que le fraisier donne de beaux produits, il
faut le planter dans une terre bien préparée, à la dis-
tance de 35 centimètres en tous sens, pour les petites
'variétés; à 45 pour les moyennes, et à 50 pour les
DigitizedbyÇiOOgle.
82
LES FRAISES
grosses. On trace des planches d'un mètre, et on y
plante deux rangs des grosses variétés
et trois des petites.
La plantation se.&it à Taide du plan-
toir, comme celle des salades, choux et
autres légumes, et on arrose immédia-
tement,, gtielgue temps qu'il fasse. Mais les
horticulteurs soigneux emploient le dé-
plantoir (fig. 21), et disposent le plant de
manière à appuyer de la terre sur la ra-
cine qu'on incline ,à cet efifet (fig. 22).
Cette disposition empêche les gelées de pig. 21.
soulever le plant, et le fixe plus solidement au
sol. La reprfôe est plus prompte et plus sûre.
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LES FRAISKS 83^
MULTIPIilGATION Dtj FBiOSIER
Le fraisier ee multiplie de trois oianièi^eB : par
éclats des vieux pieds, par les filets et par semis.
Les deux premiers moyens sont les seuls qui re*
produisent exactement les ' caractères de la variété.
Le semis n'offre que des variétés iocertainas et qu'il
faut étudier, ce qui u'estque du ressort de ramateur
ou de l'homme spécial, du fragaricuUewr,
Que ce soient des éclats de vieux pieds ou des jeunes
filets qu'on emploie à la multiplication, on les plante
sur un seul rang au milieu d'une planche d'uû mètre
de large* Ou siq)rime les fleurs et on laisse pousser
les coui^ts, qui produiseût le plant nécessaire aux
pouvelles pkuitations»
ou PAItiLIS
Aussitôt les fraisiers nettoyés, binés çt sarclés au
mois de mars, ou doit, s'occuper du ^aiilu ou paiU
loge.
Le meilleur paillis est celui qui est fait avec' de 1^
litière bien secouée et brisée ou avec dô la paille
courte.
Ou peut également employer le marc de raisin 6t
le tan qui a déjà servi; mais il faut qu'ils aient passé
au moins une année en tas : c'est, malgré cela, un
inédiocre paillis sous tous les rapporte.
' .• Digitizedby VjOOQIC
84 LES FrtAISES
Le paillis est destiné à empêcher que les fraises se
salissent et à maintenir la fraîcheur des arrosages;
mais il faut bien se garder d^employer des matières
qui attirent les insectes, telles que le fumier frais, la
mousse ou le foin gâté, et surtout les herbes venuesà
graine.
Pour que le paillis soit bien fait, il faut qu'il re-
couvre tout le sol, de manière que les fraises ne
puissent toucher à la terre et les pluies d'orage écla-
bousser les fruits.
L'épaisseur du paillis peut varier de 1 à 2 cen-
timètres. Si on emploie du tan, il faut à la fin de la
saison le relever avec le dos du râteau ou en frire
de petits tas avec la ratissoire et l'enlever; car il est
toujours dangereux de l'enterrer tant qu'il n'est pas
réduit en terreau: au lieu de servir d'engrais, il frap-
perait le terrain de stérilité.
Généralement on se sert de mauvais paillis, de
litière fraîche ou de la paille; voici le moyen de s'en
procurer du bon.
On étend sur le sol du fumier long de cheval,' sur .
une épaisseur de 30 à 40 centimètres; on piétine et
on mouille. On recommence une seconde couche
qu'on traite de même, puis une troisième et ainsi de
suite. Le fumier s'échauffe , et huit jours après
on démonte le tas et on le rétablit à côté en
mettant au bas la couche supérieure et, au milieu
ou au dedans, le fumier qui était ^u dehors oii à
Tentour. On continue à mouiller un peu «t à piétin^ .
Digitizedby VjOOQIl '
LES FRAISES 85
comme la première foi?. Huit jours après on recom-
mence, etlepaillis est bon à être employé. Dans le
éas contraire, on lui fait subir un nouveau rema-
niage.
ENTRETIEN DES ' FRAISIERS APRÈS LAl PLANTATION
Le fraisier planté, on doit le surveiller toute Tan-
née. Il faut d'abord supprimer impitoyablement toutes
les fleurs gui se montrent dans les plantations faites
après le 10 mars, sous peine de compromettre la ré-
colte de Tannée suivante.
Pour toutes les plantations, qu'elles soient faites à
Tautomne ou au printemps, il faut enlever tous les
coulants, une fois par semaine ; car, si on lès laissait
s'enraciner, toute la sève s*y porterait et, Tannée
suivante, le pied appauvri ou mourant ne produirait
rien et les filets peu de chose : en un mot la récojte
serait nulle.
La suppression des coulants et filets est donp de
preniière nécessité. — Il n'y a pas de récolte là où il
y a des coulants, carie fraisier cherche plutôt à se
reproduire qu'à fructifier.
On doit entretenir constamment propres les frai-
siers ^n leur donnant des sarclages et des binages au
moins une fois par mois, pendant la belle saison ;
mais tant que dure la récolte, et à partir du jour où
le |)aillis est appliqué, oiî se borne à esherber à la
. main.
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86 LES FBAISES
Les binages doivent être fréquents, mais légers,
pojir ne pas blesser les racines .quf partent du collet
de la plante. On les exécute avec la ratissoire en en-
^ tamant la terre d'un centimètre seulement, et même
moins s'il est possible. Pour ne pas déranger le
paillis , on glisse la binette en dessous sans dépla-
cer la terre qu'on soulève seulement.
Dans les terres fortes et* dures on pourra, pour
ameublir la surface du sol, se servir d'une binette à
trois dents qu'on nomme grlffCy et on termine par
un coup de binette s'il y a des herbes.
CULTURE SPECIALE
DES FRAISIERS REMONTANTS DITS
DES QUATRE-SAISONS
Tout ce que nous avons dit des fraisier* de ra^
américaine est applicable aux fraisiers des Quatre-Sai-
sons. Cependant, il en £aut excepter la suppres^n
entière de filets.
En effet, en supprimant les filets des Onàtre-Sai-
sons, on se priverait d'une grande partie de la ré-
colte de rautomae. D'autre part, les fraisiers de race
américaine peuvent vivre deux ans en place, tandis
qu'où doit replanter les Quatre -Saisons tous, les
dix-huit mois ou mieux tous les ans. Voici donc ce
que nous conseillons aux amateurs de ces fraisiers,
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LES FBAISfiS 87
Planter les coulants à Tautômne^ à la distance de
35 centimètres en tous sens , au moins, et au prin-
temps supprimer les premiers filets, pour donner de
la force au pied mère. Au mois de juin ou de juillet
seulement, on laisse pousser quatre filets ou cinq au
plus à chaque pied mère ; on détruit tous les autres
* jusqu'à la fin de la saison, au fur et à mesure qu'ils
poussent. Au mois de novembre, on arrache tous les
coulants, on donne un bon binage, on terreaule. A
l'automne qui suit,' on arrache tout et on renouvelle
la plantation qu'on fait alors, avec des filets enracinés
qu'on a laissé pousser à cet effet.
Si le paillis est utile pour les fraisiers américains, il
est indispensable pour les Quat're-Saisons. On devra
le faire un peu fort pour que les filets s'enracinent
plus djfiicilement et soient plus rapidement enlevés.
La plantation peut également avoir lieu au prin-
temps; mais celle de l'automne est toujours plus
• avantageuse , bien que l'hiver détruise quelque»
pieds.
Quant au fraisier sans filets, dit buisson^ il faut
autant que possible le planter de bonne heure à l'au-
tomne ; toutefois, pas ayant le 25 septembre ou le leroc-
tobre, afin que l'humidité en favorise la reprise ; il
aura ^core le temps de s'enraciner avant l'hiver.
Passé le l«r novembre, il faut, s'absteuir de le plan-
ter dans les climats froids, car ce fraisier n'ayant pas
de racines, puisqu'il se multiplie d'œilletons, est faci-
lement soulevé par les gelées ou enterré par les
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88 LES FRAISES
pluies : deux choses qui peuvent amener la ruine du
jeune plant.
Les plantations qui ne sont pas exécutées à Tau-
tomne se font dès les premiers jours du printemps
et peuvent se continuer jusqu'au 30 avril, sans incon-
vénient. Seulement, plus on planté tard, plus il faut •
arroser si la température est sèche. — On plante à
30 centimètres en tous sens, en ayant le soin de ne
pas enterrer le cœur de la plante. .
On se plaint généralement de ce que le fraisier des
Quatre-Saisons dégénère rapidement. Cela n'est pas
sans raison, car voici ce qui se passe :
Dans une planche ou un carré de fraisiers, il y a
toujours quelques pieds qui sonli^noins fertiles que
les autres; ils prenneqt nécessairement plus de dé-
veloppement. Étant plus vigoureux ils produisent
naturellement de plus beaux coulants. Or, qu'arrive-
t-il? Que le jardinier prend de préférence les plus
beaux filets et qu'il multiplie ainsi *les moins ferr
tiles : de là la dégénérescence. Il donc est indispen-
sable de veiller à la plantation et, de renouveler sou
plant auprès des semeurs quand on s'aperçoit que
celui que Ton cultive est dégénéré par suite du mau-
vais choix qu'on en a fait.
On croit généralement que le plant fort est le meil-
leur : cela est non-seulement une erreur, comme on
vient de le voir; mais les gros filets étant plus vieux
fleurissent souvent avant la reprise et languissent
toute la saison; tandis qu'un jeune filet, fût-il très*
. Digitizedby VjOOQIC
LES FRAISES 89
petit, Teprend de suite, et devient vigoureux en peu
de temps.
Que le planteur tienne donc compte de ces difTéren-
ces spéciales et qu'il n'assimile 4)as complètement la
culture des Quatre-Saisons à celle des fraisiers de race
américaine.
NETTOYAGE AU PRINTEMPS
Du 1er au 15 mars, au plus tard, il faut procéder au
nettoyage du fraisier. Cette opération se fait en en-
levant toutes les feuilles mortes et les pétioles
restés en place après la disparition des vieilles
feuilles ; on se sert pour cela d'une serpette, afin de
ne pas déraciner les plantes : on coupe feuilles e*
pétioles le plus près du collet.
Cette opération terminée , on ramasse tous ces
débris, on les brûle, et on jette les cendres sur le
fumier.
Aussitôt après l'enlèvement des feuilles, on donne
un binage et on arrose si la température est chaude
ou sèche, pour ranimer la plante que cette opération
fatigue toujours un peu. Le binage doit être dirigé de
manière à rechausser le collet du fraisier pour qu'il
puisse émettre des racines, car c'est du collet qu'elles
partent, et s*il était déchaussé, cette émission ne pour-
rait avoir lieu.
A partir de cette époque on continue d'arroser de
temps en temps pour entretenir la fraîcheur et la vé-
■ • • Digitizedby Google
90 LES FRAISES
gétation et préparer uqq bonne fructiûcâtioD. Dans la
plupart des cas, une bonne mouillure suffit par se-
maine, surtout avec un paillis.
Si Ton n'a pas fuipéles fraisiers avant l'hiver, on
peut le faire immédiatement après le nettoyage, en
employant des engrais bien pouiris, des tourteaux
en poudre, de la cendre mêlée à de la poudrette, etc.,
puis on arrose pour les faire dissoudre et les fixer au
sol.
On peut aussi faire des composts avant Thiver et
s'en servir au pi-intemps. Dans ce cas on les répand
sur le sol aussitôt le nettoyage fait et on les enterre
par le binage. . •
CUEILLETTE, CONSERVATION
La cueillette de la fraise n'offre aucune difficulté ;
il suffit de saisir le pédoncule avec le pouce et Tin-
dex, un peu au-dessous du fruit, et de le couper avec
les ongles. Toutes les fraises qui ne porteraient pas
le calice avec elles (les petites feuilles vertes et la
queue), doivent être mises de côté, si elles sont des-
tinées à être expédiées au loin; Car elles perdent
leur jus et gâtent celles qui sont intactes.
Quand on cultive les grosses variétés, dont les
fruits pèsent de 30 à 45 et même 50 grammes, il est
indispensable, s'il pleut, de soutenir ces fruits ave<î
de petites fourchettes en bois pour éviter qu'ils se
salissent, et de pailler fortement. On se sert aussi , à
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LES FRAISES 91
cet effet, d'un petit support en fil de fer d'invention
anglaise dit porte-fraise, dont Futilité ne nous est pas
démontrée, puisqu'on atteint le même résultat par
un fort paillis, avec plus d'économie.
Si Ton veut conéerver les fraises, il faut les cueillir
avant leur complète maturité, les placer dans un vase
et les mettre au frais, sans les laveV et sans leur en-
lever ni la queue ni le calice. Si elles ont besoin d'être
lavées pour les nettoyer, il ne faut le f^-ire qu'au ipo-
ment de les manger.
EMBALLAGE ET TEANSPORT DES FRAISES
Depuis qu'on cultive le fraisier en grand et en plein
champ, on a senti le besoin d'en exporter les fruits
jusque sur les marchés les plus éloignés, et même
jusqu'à Pai-'is.
Quand on est rapproché du marché, on se borne à
faire l'emballage dans de petits paniers d'un kilo,
avec des feuilles de vigne ou de choux.
On peut aussi, emballer les fraises dans de petites
boîtes plates. Pour cela an met au fond de la boîte
une couche de regain ou foin très-doux d'un centi-
mètre d'épaisseur qu'on recouyre de feuilles de vigne;
4)uis on place un lit de fraises, un lit de feuilles et
ainsi de suite jusqu'à 4 oU 5 centim. d'épaisseur, et
on termine par une couche de feuilles sur laquelle on
met un lit de regain et on ferme la boîte. On peut em- .
baller plusieurs de, cesboîtes ensemble pour n'en faire
Digitized by VjOOQ II
02 LES FRAISES
qu'un seul colis; Ainsi emballées , les fraises peuvent
faire de longs voyages.
Les fraises , comme tous les autres fruits, circu-
.lenl sur Ips chemins de fer par la grande vitesse
au prix de la petite, mais à la condition que l'envoi
soit d'au moins* 50 kilos 'et qu'on ait fait une de»
mande à Tadministration de la Compagnie des che-
mins de fer.
Tout colis de fruits, expédié à grande vitesse, doit
arriver à Paris en 24 heures, n'importe le point de la
France d'où il est parti,
AMÉNAGEMENT DES FRAISIERS
Certains amateurs ne se contentent cas de manger
des fraises seulement pendant la saison où elles ap-
paraissent, ils veulent en avoir le plus longtemps
possible. Nous allons donner le moyen d'en ^voir
toute l'année.
La variété dite des Quatre-Saisons, était, il y a
quelques années, celle que l'on cultivait de préfé-
rence pour avoir des fraises de mai à octobre ; maïs,
depuis que les nouvelles variétés sont connues, on en
a restreint la culture, et elles ne servent plus qu'à*
combler le vide laissé par celles-ci.
Pour prolonger la durée des fraises, il faut recourir
à un aménagemenL
Les espèces hâtives, plantées- à bonne exposition,
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LES FBAISËS 93
dans un terrain léger, donnent des fruits à la fin de
mai.
Les espèces de moyenne maturité en produisent
pendant tout le mois de juin.
Les variétés tardives au commencenient de juillet.
Plantées à l'exposition du nord, dans un sol froid,
en empêchant le soleil de les atteindre avant le mois
de juillet, en les ombrant avec des paillassons ou des
branchages, les variétés tardives donneront leurs
fruits à la fin de juillet.
A partir de ce moment, il ne reste plus que les .
Quatre^-Saisons dont les fruits deviennent médiocres,
dès le 15 août m nord; mais, en choisissant de
bonnes variétés, on pourra prolonger la récolte jus-
qu'en octobre.
^ DES IÎ^ÔECTËS nuisibles AXJ FRAISIER
Les insectes qui s'attaquent au fraisier ou à ses
fruits sont : le ver blanc, la taupe, la fourmi, la che-
nille, le ver gris, la limace et le mille-pieds ou scolo-
pendre, que Ton peut appeler mille-pieds des fraises
(juins fragarum).
Ver blanc^ ver de hanneton. — Ce ver est connu de
tout le monde par les ravages qu'il cause dans les
jardins et dans les champs. En quelques semaines
il dévore facilement un carré de fraisiers : c'est leur
plus redoutable ennemi*
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94 LES FRAISES
Il n*y a pas de moî^en efScace pour le combaltre
qui soit connu.
On avait proposé le soufre en poudré; mais nous
avons Reconnu qu'il n'a aucune action. L'engrais Ba-
ron-Chartier est également de nul effet.
La taupe fait un tort coïisidérable aux fraisiers en
les culbutant ou en ouvrant des galeries souter-
raines qui les font périr, en. les déracinant ou en les
isolant.
Pour se débarrasser de ce fâcheux animal, il faut
le guetter et le tuer ou lui tendre des pièges. Toute-
fois, il faut peu compter sur ces derniers, «car il
a l'odorat très-fin, et il sent de très-loin la terre
remuée par la main de l'homme et les pièges qui
lui sont tendus.
La fourmi attaque les fraises,' comme elle attaque
tous les fruits. Pour s'en- débarrasser, on place sur son
passage des assiettes contenant un peu.de miel ou de
sirop, Quand elles sont réunies en grand nombre, on
les tue avec de l'eau bouillante, qu'on verse dessus.
On peut aussi détruire les fourmilières en y intro-
duisant un peu de miel pour attirer les insectes dans
le même endroit; on y verse également de l'eau
bouillante.
Chenille. — Il y a une petite chenille qui attaque le
fraisier au printemps et en dévore les feuilles. Nous
ne connaissons pas d'autre moyen de la détruire que
de la rechercher et de l'écrasep sur les feuilles aussi-
Digitized by VjOOQIC
LES FRAISES 95
lot qu'on s'aperçoit qu'elles sont trouées ou dente-
lées.
Ver gris. — Le ver gris ressemble assez au ver à
hanneton, quoique plus polit et pins foncé en couleur;
il coupe comme lui le fraisier entre deux terres, au
printemps surtout. Aussitôt qu'an pied de fraisier est
fané, il faut le découvrir jusqu'aux racines et enlever
lever qui le ronge; il n'y a pas d'autre moyen de le
détruire.
Limace. — La limace est trôs-friande de la fraise
et, lors de la maturité, elle mange toutes celles qui
sont à sa portée. On s'en débarrasse en entourant les
pieds de fraisiers de cendre, de sciure de bois, où elles
s'embarrassent. On les prend alors, et on les embro-
che avec un fil de fer ou une baguette de bois dur
taillée en pointe. On peut aussi: faire de petits tas de
sonde distance en distance; comme elles en sont,
très friandes, elles s'y amassent, et on les détruit
comme nous venons de le dire.
Le mUle-pieds des fraises. — Ce verpetit et très-long
s'introduit dans la fraise et la mange. Nous ne con-
naissons aucun moyen d'empêcher ses ravages, si ce
n'est de ne. pas laisser les fruits mûrir de trop et
traîner à terre.
HYBRIDATION DU FRAISIER
Depuis longtemps on a recours à la fécondation ar-
tificielle pour obteniivdes croisés, c'est-à-dire des va-
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96 LES FRAISES
riétés hybrides; on peut, ainsi, créer de nouvelles
fraises d'un certain mérite. Ordinairement on ne
oroise que des espèces giii ont des caractères opposés;
mais il faut opérer sur des sujets de même race.
Ainsi, si Ton croisait une variété remontante avec une
qui ne Test pas, on n'obtiendrait qu'une variété non
remontante ou un plant de bi-récolte, c'est-à-dire re-
montante en septembre. C'est toujours une mauvaise
hybridation, n'importe à quel point de vue on se
place.
Si Ton veut tenter des hybridations, il faut opérer
sur de bonnes races bien franches, belles de forme,
de bonne qualité et d'une bonne grosseur.
Pour pratiquer l'hybridation par la fécondation ar-
tificielle, on commence par châtrer un sujet, en lui
enlevant ses étamines ou ses 'anthères; puis, avec un
pinceau, on prend du pollen sur la fleur du sujet
qu'on veut rendre père, et on le transporte sur les
pistils de la fleur châtrée. On ne doit opérer que
fiur un petit nombre de fleurs, sur le pied-mère,
et enlever toutes les autres qui naîtraient après
l'opération, ainsi que les coulants. Le fruit doit
être cueilli en pleine maturité et semé immédia-
tement.
ORDRE DE MATURITÉ DES FRAISES
Il est impossible que nous donnions l'ordre de
maturité de toutes les fraises, il nous faudrait pour;
Digiti'zed by VjOOQIC
LES FRAISES 97
cela établir une liste de plus de trois cents noms.
Nous allons donc nous borner à énumérer leis es-
pèces ou variétés les plus méritantes ; car les autres
ne sont guère cultivées que comme curiosité, ou trop
peu connues pour qu'il soit permis de les classer
avec exactitude.
Hdiwes.
Vingt-Mai, — May-Queen, — Princess of Wales,— *
Bcarlale, — Groveend, — Éclipse, — Jenny Lind,
— Marguerite, -^ fteine d'Argenteuil, — Prince Im-
périal, — Nec plus ultra, — Progrès, — Sir Joseph
Paxton, — Président, — Perpétuel d'Argenteuil (Voir
pour les variétés nouvelles, les catalogues de chaque
Moyenne saison.
•
Àmbrosîa, — Victoria, — Premier, — Barneà
large Withe, — Géaat, — Carolina superba, — Duc de
Malakoff, — Cornucopia, — Crimson Cluster, — Em-
press-Eugénia, — Emma, — Fairy Queen, — Excel-
lente, — Exposition de Chdlon, — Fillmore. — Fill
Basket,— Là Fertile,— Globe,— John Powel,— Comte
Léonce de Lambertye, — Orb, — Bonté Saint- Julien,
-* Henriette, — Gloria, — Victory of bath, — Oscar,
*- Palroyre, — Sir Harry, — Patrick, — Royal Vic-
toria, — Sir Charles Napier, — La Reine, -^Adair, —
Muscadin, — Auguste Retemeyer, — L'Africaine, —
Louis XIV, —Pulchra,— Gérés, — Turenne (Voir
Digitized ^CjOOQ le
98 LES FRAISES
les catalogues de chaque année, pour les variétés
nouvelles).
. Tardives.
Surprise, — Goliath, — Grosse sucrée, — The
Tietjen, — Belle de Paris, — Éléonore, — Gélineau,
— Filbert Fine, — La Constante, — Jucunda, —
Frogmore Late Fine, — Napoléon III, — M^e Élisa
Champin, — Écarlate américaine, — Sir Charles Na-
pîer, — Belle de Paris, — Émily, — Kamlfislri, —
M?"« Louesse, — Mounl Vesuvius, — Palmée, —Rival
queen, — The Kimberley, — Wôndefful, — Vineuse
de Nantes, — Prince of Wales(Guthill),— Buisson rouge
d'Argenteuil, — Haquin, — David, — La Châtelaine
(Voir les catalogues pour les nouvelles variétés).
Fraisiers propres à la grande culture.
Éclipse, — La Fertile, — Géant, — John Pov^el, —
Premier, — Président, — Princess of Wales, — Fiil
Basket, — Empress-Eugénia, — Barne, — Jucunda,
— Marguerite, — Sir Charles Napier, — Victoria, —
Vingt-Mai, — Wonderful, — Reine d-ArgeQteuil, —
Prince Impérial. ^ — Fairy queen, r- Fillmore, —
Orb, — Sir Joseph Paxton, — Frogmore Late Piné, —
Émily, — Goliath, — Élisa Champin, — Olivier de
Serres. (Voir les catalogues pour les cintres variétés.)
DÉàUSTATION DES FRAISES
On se sett généralement, pour dépeindreles Cftrao-
tères de la f^ise, àe termes qui ne sont ^Mis suSsam-
Digitized by VjOÔQIC
LES FRAISES «9
ment compris, ce qui donne lieu à des méprises.
Pour remédier à cet înconvénient, nous allons essayer
d*en donner le sens propre.
DE LA. SAVEUR
/
Il y a quatre saveurs bien distinctes :
10 Acide, — Quand la fraise manque de «ucre et
qu'elle fait éprouver, à la dégustation, un sentiment
d'acidité ou d'aigreur, on dit qu'elle est acide.
2<^ Acidulée. — Quand elle est un peu ûioins acide,
on la dît acidulée.
3° Peu sucrée, — Quaud elle est légèrement acidu-
lée, on dit peu sucrée.
4o Sucrée. — Quand elle est sucrée, et qu'elle man-
que d'acide ou à. peu près, on la dit sucrée.
DE l'arôme
11 y a quatre arômes. On dit que la fraise est :
Relevée. -^ Quand elle a un goût très-prononcé et
agréable. ^ • .
Parfumée. — Quand elle a du parfum.
Peu parfumée. — Quand le parfum est peu sen-
sible.
Fade. — 'Quand elle manque de parfum.
dby Google
100 L£S FRAISES
DE l'eau ou jus
Par rapport au suc ou à Tabondance de l'eau, on
divise également les fraises en quatre clauses, v
On dit qu'une fraise est :
TrèS'juleuse. — Quand elle contient, beaucoup d'eau
ou de jus. ,
Juteuse, — Quand elle est suffisamment pourvue
d'eau.
Peu juteuse. — Quand elle n'a pas assez d'eau.
Pâteuse. — Quand elle en est presque dépourvue.
DE LA. CHAIR,
On distingue également quatre genres de chair, par
rapport à la contexture intérieure.
On dit :
Chair pleine. — Quand elle ne présente pas de
pores. _ •
Chair demi^pleine. — Quand il y a des pores..
Chair demi-crev^se, — Quand les pores s'agrandis-
sent et que la chair présente de petites' cavités.
Chair creuse. — Quand les ^ pores sont nombreur,
très-développés et qu'il y a des solutions de continuité
dans les tissus.
On dit encore, selon les nuances, chair blanche,
veinée, veinée rose et blanc, rose, etc., etc.
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LES FRAISES 101
On dit eûcore :
Chair très-ferme. — Quand la fraise peut se ma-
nier et se transporter très-facilement sans s'écraser.
Chair ferme. — Quand elle est encore assez ferme
pour se transporter avec des soins.
Chair demi-ferme. — Quand elle est assez molle
pour ne plus supporter le transport.
Chair molle. — 'Quand la fraise s'écrase ou se dé-
forme au simple toucher.
DES GRÀIK£;S
. Pour exprimer qu'une fraise a beaucoup ou peu de
graines, on dit ;
Extrêmement grenue. — Pour désigner une fraise
qui a beaucoup de graines, qui en est couverte.
Très-grenue. — Quand elle en a moins, mais plus
encore que la généralité.
Grenue. — ^. Quand elle en a modérément.
Peu grenue. — Quand elle en a moins que la gé-
néralité.
Ainsi, parapplication, lemaa;imuin des qualitésd'une
fraise serait d'être: sucrée^ relevée^ très-juteuse, d'avoir
la chair pleine, très-ferme, et d'être peu grenue^; mal-
heureusement , il est difficile d'obtenir toutes ces
qualités; car une fraise qui a la chair très-ferme
a souvent beaucoup de graines où des graines dures,
l'un des plus grands défauts, si ce n'est d'être pâteuse
et/adé,etc.
Digitized byQ^OOÇlC
102 I.ES FRAISES
DURES DES FRAISIERS
Une plantation de fraisiers peut durer deux ans
dans les planches, et trois ans dans les bordures;
mais, dans ce dernier cas, il faut lui donner des en- .
grais tous les ans à Tautomne, et la rechausser en
rapportant de la terre» afin de maintenir le cœur de
la plante au niveau du sol.
Quand on n*a pas soin de supprimer les coulants,
au fur et à mesure (ju'ils paraissent, cela fatigue
beaucoup les plantations, en abrège la durée et di-
minue considérablement la récolte, parce que la sève
est ainsi dépensée en pure perte et que cet effort
naturel de reproduction énerve et affaiblit le plant-
mère.
Les labours, les apports de terre, les binages y les
sarclages, les soins, peuvent prolonger Texistence du
plant et les récoltes.
Plus le sol est riche, frais ou ombragé, plus les
plants ont d'espace pour végéter, plus la durée est
longue, les produits assurés et de bonne qualité.
Les fraisiers qui sont plantes par touffes isolées
sont ceux qui donnent le plus et le plus longtemps*
MOYEN DE PERPÉTUER LES FRAISIERS
Le fraisier ne peut guère végéter et donner de?
fruits à la même place que pendant deux années
^ Digitized by VjOOQ IC
LES FRAISES 103
consécutives ; mais si Ton tenait absolument à les
avoir toujours dans le même terrain et au même
endroit, il faudrait, tous les deux ans , les arracher
au mois d'octobre ; enlever la terre sur la profon-
deur d'iil^ fer de bêche, soit 25 centimètres , rap-
porter de la terre d'un autre coin du jardin qu'on
remplacerait par celle enlevée et replanter les frai-
siers en les dédoublant et en raccourcissant les ra-
cines, ou même en plantant du nouveau plant, ce
qui serait préférable.
MALADIES DU FRAISIER
Le fraisier est très-rustique ; il n'e^st guère sujet
aux maladies ; cependant il est, parfois, pris de la
! jaunisse. Cette maladie provient ou de la pauvreté
ou de la sécheresse du sol, ou de ce qu'on lui
a donné trop d'engrais mal consumés. Dans l'un
comme dans l'autre cas, il reprend promptement sa
couleur verte si on l'arrose trois ou quatre fois avec
j de r.eaU dans laquelle on a fait dissoudre 1 gramme
! de sulfate de fer par litre, et cela à la dose d'un litre
pour huit ou dix pieds. Il est entendu que, dans le cas
i où le sol est trop pauvre, il faut terreauter avec de la
^ bonne terre, des composts ou des engrais, sans'Çuoi
la maladie reparaîtrait bien vite.
DES ENGRAIS
Les meilleurs engrais, pour le fraisier, sont le
vieux terreau de couches, les boues de rues, les vases
Digitized by VjOOQ IC
104 LES FRAISES
de mares et d'étangs, les curares de fossés, les tour-
. teaux d'huile, la poudrelte, le guano, en mélange
avec des terres neuves, le vieuK fumier, la suie,
les cendres ; mais il faut qu'ils soient appliqués à
l'automne et non au printemps ; l'excès d'engrais fait
mourir les fraisiers : on doit donc ne pas les donner '
en trop grande abondance*
Dans les sols secs, le fumier de vache est préférable
à tout autre,
PLANT FATIGUÉ PAR LE VOYAGE
Il arrive souvent que le plant de fraisier est expédié
à de grandes distances et qu'il met un temps considé«
rable à parvenir à destination, de telle sorte qu'il
semble hors d'état de pouvoir végéter. Quand on
reçoit du plant ainsi fané, on lui fait reprendre de la
fraîcheur en le plongeant dans l'eau où on le laisse
séjourner tout le temps nécessaire pour cela, soit 6 ou
8 heures. On plante alors, et on arrose quel que soit
le temps qu'il fasse^ car, si cette condition est utile eu
général, elle est de rigueur dans ce cas-ci. On continue
d'arroser jusqu'à reprise complète. Si la plantation a
lieu au printemps et que le temps soit sec, on fera .
même bien d'ombrer un peu avec deia paille ou des
paillassons.
CULTURE HÂTÉE
La culture hâtée a pour but de récolter des fraises «,
avant Tèpoque de la maturité ordinaire* ^e se divise
LES FRAISES 105
eu deux parties : la culture sur ados à bonne exposi-
tion et la culture sous châssis.
Culture hdtée sur ados. — Pour celte culture il suf-
fit de planter sur des ados inclinés au midi (voir Cul-
ture hdtée des asperges ), des variétés hâtives de
fraisiers. On les protège contre le froid par des couvér-
tures,et quand arrive le mois de mai elles donnent des
fruits en abondance.
Les fraisiers destinés à cette culture doivent être
mis en place au printemps et soignés tout l'été. On
peut aussi, et cette méthode est préférable dans cer-
tains sols, repiquer en motte en septembre ou fin
août des fraisiers élevés spécialement à cet effet.
Pour cela, dès le printemps, on plante des filets de
Tannée précédente à 20 centimètres entons sens; on
les soigne durant tout Tété, puis on les lève en motte
et on les repique sur des ados inclinés à 25 ou 30 de-
grés. On les abrite du soleil, et au mois d'octobre on a
des plants très-forts. Il est entendu, toujours, qu'on
doit e;ilever tous les coulants au fur et à mesure qu'ils
se' montrent. Les plants ainsi élevés donnent une
abondante récolte un mois avant ceux de pleine terre.
On plante à 30 centimètres en tous les sens.
Culture sous châssis et sur couches. — On fait une
couche par les procédés ordinaires; du 25 janvier au
15 février on la garnit de sa bâche et de ses châssis;
cela fait, on lui laisse jeter son feu et on y place les
fraisiers en motte, à la distance de 30 centimètres en
tous sens et en quinconce; on paille; on arrose et on
' Digitizedby Google
106 LES FBAISES
replace lee cbâAsis. On couvre pendant les froids
et la nuit avec des paillassons, on donne de Tair, on
découvre quand il fait chaud et beau ; mais il faut en-
fermer Tair chaud de bonne heure en rabattant les
châssis les jours où Ton dbnne de Tair et- ne pas at-
tendre que le soleil ait disparu. Généralement on oo-
Tre en février de 10 heures du matin à 3 heures et on
, ferme. En mçirs on peut ouvrir de 9 à 4 heures, envi-
ron, selon la température.
En un mot,il faut garantir la couche du froid et la
réchauffer par tous les moyens possibles ; à cet effet il
faut savoir découvrir quand il fait chaud, couvrir
quand il fait froid^ placer du fumier autour des
coffres, etc., etc.
On arrose avec de Teau tiède pour ne pas refroidir
lacouche et arrêter la végétation ; les arrosages doi«
vent plutôt être des bassinages, car trop d'eaù nuirait
à la plante. On ne doit arroser que quand ou voit que
la terre est sèche,' à qiielques centimètres de profon-
deur.
Les bassinages se donnent toujours le soir avant de
baisser les châssis.
Il faut avoir soin d'effiler la plante, d'esherber pei^
dant toute la durée de l'opération.
Au moment de la floraison et quand une partie des
fruits sont noués, on supprime touteé les dernières
fleurs qui' ne donneraient que de petits fruits tardife.
A cette époque on donne le plus d'air possible, et s*il
fait chaud dans le milieu du jour on ombre avec des
Digitized by VjOOQ IC
LES FRAISES 107
paillassons de 11 heures à 2 heures et demie et
même à 3 heures.
Le fraisier a surtout besoin d'eau quand ses fruits
sont noués; il faut donc lui en donner fréquemment
dans ce moment; surtout qu'on n'arrose pas avec
des jus de fumier et autres engrais liquides, on tuerait
la plante et on perdrait la récolte; mieux vaut de Teau
pure et tiède qu'on verse au pied du fraisier sans
mouiller les feuilles. On ne doit cesser d'arroser que .
lorsque les fruits commencent à se colorer.
Indépendamment de tous ces soins, il faut aussi
voilier aux insectes qui peuvent détruire tous les fruits
mûrs en une seule nuit. (Voir Insectes nuisibles.)
VARIÉTÉS PROPRES A LA CULTURE HÂTÉE
Tous les fraisiers ne sont pas propres à la culture
forcée; aussi est-il très-utile de n'employer . que .
ceux qui peuvent donner de bons résultats.
Voici la liste des variétés qui se forcent le mieux :
Variétés à chair ferme et à graines saillantes.
Belle de Paris. — Carolina superba. — Empress-
Eugénia. — Impériale. — Jucunda. — Oscar. -^Pré-
sident. — • Sir Joseph Paxton. — Sir Charles Napier.
— Royal yictoria. — La Fertile.
Variétés à chair molle et à graines peu nUllêntes
ou enfoncées ,"
Ambïtoaia. -^ Bicton Withe. — Duc de Mahfcoff.
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108 LES FRAISES
— Éclipse. — Marguerite. — Prince Impérial. —
Sir Charles Napier. — Sir Harry. — Premier. —
Globe.
CULTURE HÂTÉE EN POTS ET A FROID
Au lieu de planter les fraisiers en mottes sur les
couches, on peut les mettre en pots dès le mois de
septembre et les conserver en pleine terre, enterrés
de toute leur profondeur jusqu'au mois de novembre.
A partir de ce moment on les place dans une oran-
gerie jusqu'à l'époque de les mettre sous les châssis.
Quand le moment est arrivé de les forcer, on les eâ-
terre seulement à moitié de leur hauteur dans la
bâche et on pose les châssis. Les pots doivent avoir
15 centimètres d'ouverture et être drainés au fond,
comme d'usage, avec des tessonsde vieux pots. On met
sur les tessons une couche de terre de 4 centimètres
d'épaisseur, composée comme il suit :
Terre '10 parties
Suie ... ^ ... . 2 —
Cendres • 2
.Sel. ». - 1/5
Ensemble. . . 14 parties 1/5
On n'a d'auti'e attention à prendre que d'empêcher
le froid de pénétrer dans les bâches. Pour cela on a
recours aux moyens- ordinaires, c'est-à-dire à rem-
ploi des paillassons, de la litière, etc., dont on les en-
toure; et, quand le beau temps revient, on enlève
Digitized by VjOOQIC
LES FRAISES 109
les paillassons et on doi^ne de Tair au milieu du
jour. •
Quand le fruit est noué et qu'il est déjà un peu
avancé, on ferme aussitôt que le soleil baisse, afin
d'enfermer le plus de chaleur possible.
Par ce moyen, on récolte des fruits bien mûrs trois
semaines ou un mois avant l'époque ordinaire. On
compte qu'un panneau peut donner jusqu'à 5 kilos
de fruits^ si on a opéré sur de bonnes variétés.
CULTURE ^ORCÉE
Les variétés propres à la culture forcée sont les
mêmes que celles de la culture hâtée, et le plant est
disposé comme nous l'avons dit pour la culture
Mtée en pots.
Vers le 15 décembre on met les fraisiers en serre
chauffée au thermosiphon ; ils donnent . des fruits
vers la fin de février si la température a été bien ré-
gulière et bien réglée. Elle doit être de 14® pendant
le jour et de 12© pendant la nuit, depuis le début du
forçage jusqu'à la Ûoraîson. A cette époque on doit
l'augmenter progressivement jusqu'à 16® lé jour et
14° la nuit ; et quand les fruits sont noués on l'élève
jusqu'à 2i ou^22 pendant le jour et on la m^iintient
à 20 pendant la nuit.
Pendant la floraison on bassine peu et on ne doit
supprimer que le moina^ ï>ossible de fruits noués. Il
Digitizedby Google
IIU LES FE)AIS1£B
n'y a qua ceni qui OBt une app^uron^ fbâUva ei m^
ladive qu'on doit enlever.
l^ récolte moyenne 'est d'une diaaine de fraises
par poû. Gependai^t, quelques variétés çn donnent
jusqu'à 18 ou 20, I^s plus grosses fraises forcées sont
du poids de 20 à 35 grammes.
ta récolte dure environ trois semaines, ou un
peu yndins. 11 faut donc, pour avoir des fraises jus-
qu'au moment où celles venues sous châssis oom*
mencent à donner, chauffer à plusieurs reprises du
15 décembre au l®^ mars : soit les 15 décembre, 5 et
25 janvier, 15 février et 5 mars. Les fruits se suc- ^
cèdwt dana le naéme ordre. *
Il faut géi^ér^içipent douze semaine^ pour avoir du
fwH iP^, 4 partir du premier jour de forçage j inaif
les parties forcées en février et mars den^andent ^
peu moins de temps.
Oa dispose les pots sur les gradins de ia serre,
commQ ceU se pratique pour les pots de fleurs.
Les arrosages doivent être faits avec discernement
Il ne feut Jamais laisser flétrir ou faner les feuilles,
comme il ne faut jamais que la terre soit saturéa
d'eau. Pendant la floraison on ne doit pas jeter d'eau
sur les fleurs^ mais à toute autre époque cela est plutôt
utile que nuisible.
ART d'accommoder LKS FRAISES
De nombreux amateurs de fraises bous ont prié
d^ I^ur &lre conna,Uni le& diveraas manièrea iê
DigitizeftbyCjOOgle
lat aa^^m^péer. Nmi» aceéâoDs d'autant ^lus vo-t
lûQtji^f^ A ee dtoiF que noua avions riotention de
lui consacrer un ehapHre spécial depuis longtemps.
ff^ffyiig^ <^ Quel gqe soit l'emploi que Vima vou-
ye« bire de la frai^^» il faut l'éplucher, la nettoyer.
Pour cela, prenez la pointa d'un couteau et enlevez
toutea lea queuea et les petites feuilles du calice (se*
pelles) qui restent aâhérentea au fruit, m extrayant
la mèche s'il y en a une (partie ligneuse qui se trouve
au oeiitre de certaines fraises); enlever de même les
parties gâtées ou jbe^I mttres qui se rencontrent dans
les gr^ fruits plats, et cela fait, posez la fraise dans
*UD vase. Tenez ainsi tous vos fruits avec soin ; puis
TDQ8 i^roeéderez a^ lavage qui se fait comme il suit :
versez doucement vos fraises dans un saladier ou dans
tout autre vase u^ peu j^rofond et versez de Teau jus*
Qu'à e^ que les fraises baignent complètement. Sou-
leve^^lea doucement et laissez^les retomber au Ibnd
du vase; déplacez-les plusieurs fois et jusqu'à ce que
vous ^yie^ que la.tepre et le» graines qui étaient dé-
tachée^ §q^ent précipitées* Inclinez le vase, versez
l'e^iu et recQQ^piepcez l'opération une fois ou deux;
poisinettei yoa fruits à égoutter sur une passoire, ce
Q^i d^mafide^ générf^enoent i^ne demi-heure. Après
cela il^ font propre» à être accommodés,
Généralement on pense que les fraises lavées per-
dent de leur parfum ; c'est une erreur; elles le reeou-
^enf ausi^tût qu'elles sont accommodées, et elles sont
1^8 pi^Qpres et plus appétissantes; i^ais il ne faut les
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112 LES FRAISES
laver qu*uae demi-heure avant de les manger, une
heure au plus, parce qu'elles se gâtent plus rapide-
ment quand elles ont été motiillèes.
Fraises au sucre. — Servez les fraises recouvertes
de sucre en poudre, pour les sécher et servez le sucre
à part. Entre amateurs, on met une forte quantité de
sucre et on retourne les fraises sans autre cérémonie,
ce qui n'empêche pas de les sucrer encore si onje
désire.
Fraises au vin. — Mettez du sucre en morceaux
(jamais en poudre, car réduit en poudre il sucre
moins et ne possède plus son bon goût) sur vos frai-
ses, puis versez quelques gouttes /d'eau dessus,
pour activer la dissolution du sucre. Aussitôt qu'il
commence à tomber en déliquescence, versez-y la
quantité de vin que vous voudrez et retournez les
fraises jusqu'à ce que la dissolution soit complète. Il
est inutile d'ajouter qu'il faut du vin assez fort et de
bonne qualité.
Fraises à Veau-de-vie de Cognac.-^ Procédez comme
pour les fraises au vin; généralement il faut un peu
plus d'eau et une cuillerée et demie de Cognac
par personne, à moins que la quantité de fraises et
de sucre soit minime. C'est ainsi que les fraises
sont le plus digestives. Les amateurs peuvent eai man-
ger une demi-livre facilement.
Fraises au kirsch. ^- Procédez comme pour les frai-
ses au cognac; mais elles sont moins recherchées.
Fraises à la-crème, — Procédez comme pour les
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LES FRAISES 113
fraises au sucre et ajoutez de la crème. Cette manière»
est peu goûtée eb ne convient guère qu*aux malades,
Bncore faut-il en manger très-peu; -car elles sont
froides et indigestes.
Fraises et Framboises mélangées. — On peut mélan-
ger un peu de framboises aux fraises et les accommo-
der comme il est dit ci-dessus; mais il ne faut pas
que les framboises soit en trop forte quantité.
Avis aux amateurs. — Sucrez beaucoup et écrasez
Tos fraises de manière à les réduire en .bouillie sur
yotre assiette avant de les manger. Elles sont ainsi
l)eaucoup plus parfumées, plus savoureuses qu'en-
tières. Pour cela, on se sert d'une fourchette, car
l'usage de la cuiller est presque impossible, le fruit
se dérobant sous elle pour glisser à côté, ce qui
chasse le liquide hors de Tassiette.
Une seule variété de fraises est toujours moins
bonne que s'il y a un mélange. Faites-vous donc ser-
vir au moins trois ou quatre variétés ensemble, plus
si vous le pouvez. Plus il y 'aura de variétés mélan-
gées, plus ce dessert sera délicat.
CONSERVE DES FRAISES
La fraise se conserve, comme les cerises, par la
méthode d'Apport, que tout le monde connaît, sous
forme de confitures, de gelée, etc.
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414 LCë FRAISBS
Confitures de fraises.
La confiture de fraides se Mk de dlCfêretitei M^
nières; mais il n'y en a qu'une «eulô de bonne, la
voici :
Prenez :
Fraises. ..... 1 Mlo.
Framboises .... 200 grammes;
Sucre • . . i ; . 1 kilo.
. Eau. . . i . . . i demi-iitre.
Faites dissoudre le âucre dans l'eau bouillante et
prolongea Tébullition jusqu*à ce qu'ûtie goutte de
sirop, tombant sur une assiette, y reste kàùs se dé-
former, ce qui demande 45 minutes à Une heu» et
demie d'ébuUition, selon la quantité de sîïDp Ou là
forme du vase (plus le vase est lal^ge, plliô Tévàpora-
iion se fait rapidement ; on ne doit pas y mettre plus
de 10 centimètres de hauteur d'eau).
Quand le sirop est assee cuit ou a la consistance
voulue, on met les fraises, bien nettoyées et éplo-
cbées, avec le jus des'Mmboises, dans le diaudron;
on laisse bouillir de 25 à 35 minutes ; on retire du
feu et on met immédiatement en pots.
Pour conserver la fraise plus longtemps, quelques
personnes n'emplissent pas complètement les pots,
et les achèvent en versant dessus une Coufdie tfès-
mince de gelée de groseilles, c*e8t*à*dire d'environ
un demi-centimètre d'épaisseur. Huit jours après, on
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trètûim Un lîitoré^ù de pa^er da«8 de r«a<i*4e«vfe,
on l'applique sur les confitures et on bouohe.
D'autres personnes préfèrent lé procédé suivant :
on concasse le sucre, on met un lit dé fraises, un lit
de sucre ; on descend le tout à la cavôi et on l'y
laisse envirdn pendant 48 heures. G% t^mps écoulé,
on plaœ les fraisies sur un tamis, on laisse i^outter
et on feiit évaporer le jus sur un feu clair, jusqu'à
consistanœ de sirop épais (36<>); on ajoute ai ors les
fi'aises et on fait bouillir 25 à 35 minutes.
Gelée de Fraises,
Prenez : '
Praiseâ. . . . . . ; . . .. .1 kilo»
Framboises 250 gr.
Sucre . * . . . i i . . 1 kilo.
Gomme arabique ,..*.. 50 gr.
Mettez un Ut de fraises, un lit de sucre, puis le
jus de framboises^ faites bouillir dans une bassine
pendant 30 à 40 minutes sans remuer, afouitez la
gomme que vous aurez Êtit dissoudre dans un peu
d'eau froide à l'avance. Jetez sur un tamis et laissez
couler sans exprimer. Remplissez les pots, saupoli-
dfez4es de suc^ pulvérisé, et couvrez*les <^omme on
fait pour la gelée de groseilles» Conservez en lieu
B6C*
IlarHvô parfois que la gelée provenant de fraises
irëi'aquéuêeà^réôd la motiièsure. Sans ce cas, on
Digitized by VjOOQ IC
116 ^LES FRA1*SES
la remet sur le feu et on fait bouillir pendant quel-
ques minutes.
Liqueur ou Crème de Fraises,
Fraises 2 kilos.
Framboises 250 gr. ,
Alcool ' . . .2 litres.
Sucre blanc 2kil. 250 gr.
Eau 3 litres.
Écrasez les fraisés et les framboises, placez-les
dans un tamis et versez dessus le sucre dissous dans
l'eau, au moment où ce sirop est bouillant. Remuez
peu à peu, couvrez. Après refroidissement, exprimez
sur le tamis même; ajoutez Talcool et bouchez. Quel-
ques jours après, décantez et filtrez.
Au lieu d'alcool on peut employer de Teau-de-vie,
en en prenant le double et en diminuant la quantité
d'eau pour n'avoir que le même nombre de litres de
liqueur. • .
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES DKS FRAISES
' Les anciens considéraient la fraise comme un mets
aussi utile que délicat, et ils lui attribuaient de très-
grandes propriétés comme médicament. Malheureu-
sement, il était à cette époque impossible de s'en pro-
curer en a^sez grande quantité pour subvenir à tous
les besoins. Aujourd'hui qu'il est facile d'en avoi^
Digitized by VjOOQIC
LES FRAISES H7
autant qu'on le désire, il est très-intéressant d'envisa-
ger la fraise au point de vue thérapeutique. Pour cela
BOUS n'aurons qu'à citer.
L'usage longtemps continué de ce fruit a déterminé
dans l'économie des modifications étonnantes et pro-
duit des guérisons inespérées. / '
Un rapport adressé par M. Sauquet, pharmacien à
Sigeau, à la Société des sciences physiques, établit que
• l'usage des fraises délivre de la goutte.
Ce résultat n'est pas isolé ; Linné l'avait déjà si-
gnalé.
Le célèbre naturaliste suédois était fort sujet à
des accès de goutte. Il en était tourmenté depuis
quinze jours, en 1750, lorsqu'on lui apporta des frai-
ses. Il en consomma une quantité considérable, et,
après avoir bien reposé la nuit, il put se lever le
lendemain et reprendre son travail , interrompu de-
puis l'accès.
Les années suivantes la goutte reparut, mais,\ou-
jours moins violente, et, après avoir recouru au même
remède quatre ou cinq ans de suite, il se débarrassa
de son infirmité, et.passa ensuite vingt ans' sans en
éprouver la moindre atteinte.
Gesner dit que le suc exprimé des fraises macérées
dans l'alcool à la dose d'une cuillerée soir et matin
apporte un grand soulagement aux personnes attein-
tes de gravelle et d'affection calculeuse;
Boerhaave dû qu'en pareil oas la propriété des
. ' DigitizedbyGoS^le
118 LES FRAISES
fraises réside surtout dans les graines, et il les f reseri-
Tait infusées dans du Tin blanc.
Gelnecke, de Stettin, a précxmisé ce fruit comme
vermifuge, et il l'employait contre le ténia et le ver
solitaire. ' ,
Van Swieten rapporte que des maniaques ont été
rendus à la raison en quelques semaines par Tusage
journalier de plusieurs livres de fralâôs.
Schulze , HofTmaim , Galibert , citent dès cas de
phlhisie guérlà par l'usage dô ôe frilil et qui îi*é-
tàienlque des catarrhes pulmonaires avec fièvre lente
et marasme.
Apulée vante les fraises écrasées avBc du miel,
pour soulager des douleurs qui ont leur irïég^ A ki
rate.
La fraise est rafraîchissante et très^digestive; elle
est très-avahtageuse aux t>er9onties bilieuses ou sao-
gûineSi
Les rhuma\ismes articulaires sont souvent guétk»
par Tusage de la fralâe»
dby Google
CALENDRIER
DU CULTIVATEUR DE FRAISIERS
JANVIER
. On rechausse et terreaute Tes fraisiers qui ne 1* au-
raient pas été à l'automne, on renfonce en terré, en
les pressant autour du collet, ceux que les gelées au-
raient soulevés, ou dont les racines et le collet se-,
raient déchaussés par les pluies. Cela est parliculiè-
ment utile pour les fraisiers sans Ûlets (Buisson rouge
et blanc) plantés à l'automne; car n'ayant pas ou peu
de racines ils sont très'-facilement soulevés par les ge-
lées. On peut encore les fumer avec du vieux terreau,
dëè balayures d'écurie, d'égouts, etc.
FÉVRIER ^
Qn eommen^ce la plantatioai Si Ton veut avoir
quelques fruits la première année, il faut planter fin
février. A la fin du mois^ s'il fait beau et que la terre
se laisse manier, on peut plantet les bordures^ On
prépare le terrain pour les plantations tardives, on
Vaseure du plant auprès des horticulteurs.
Digitized by VjOOQ IC
120 LES FRAISES
On commence à nettoyer; on fume, on surveille
les jeunes plantations après le dégel^on resserre la terre
autour du collet des fraisiers qui sont sortis de
terre. .
MARS
Qn continue la plantation du fraisier en bordures,
en planches et en touffes séparées. On bine et sarcle
les anciennes plantations et celles faites à rautomne.
On nettoie les fraisiers dès les premiers joui-s du
mois.
On arrose en cas de sécheresse, on commence à
pailler à la fin du . mois, on supprime les coulants
et même les fleurs qui se montrent sur les pieds fai-
bles ou sur ceux plantés après le 10.
J AVllIL
On continue la plantation pendant tout le mois et
on arrose jusqu'à la reprise. On surveille les pieds
plantés à l'automne et 6eux qui doivent donner du
fruit, afin de supprimer les coulants au fur et à me-
sure qu'ils se montrent. On bine, on sarcle avec soin,
et on paille.
Les arrosages font le plus grand bien au fraisier.
Donnés après la floraison^ ils augmentent considéra-
blement la récolte ; mais il ne faut pas en abuser pen-
dantqu'elle dure.llfaut arroser immédi|itement après ^
Digitized by VjOOQ IC
I
LES FRAISES 121
Ja cueillette; cela rafraîchit la plante et ne nuit ni à
la coloration ni au parfum du fruit. ^
MAI
On plante encore avecisuccès pendant tout le mois,
en arrosant abondamment pendant les huit ou dix
jours qui suivent la plantation et en enlevant les
fleurs au fur et à mesure qu'elles paraissent. On sup-
prime les ûlets et coulants tous les huit jours.
C'est dans ce mois que commence réellement la ré-
colte des fraises. On arrose et on paille.
Si Ton veut avoir de très- grosses fraiçes, on y
parvient en supprimant la toajeure partie des
fleurs pour n'avoir que deux ou trois fraises (les pre-
mières nouées) sur chaque hampe.
On fait la chasse aux ennemie des fraisiers, notam-
ment au ver blanc. .
JUIN
On peut encore planter pendant ce mois, mais il
faut tenir le plant à l'ombre jusqu'à sa reprise, soit
avec des paillassons, des planches, etc., sans le pri-
ver d'air. L'arroser copieusement aussitôt après la
plantation, et toutes les fois qu'on •s'aperçoit que la
terre cesse d'être humide. On supprime les filets
tous les huit, jours, on continue la récolte; on arrose,
on fait la chasse aux insectest
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^%^ LES FRAISES
JUILLET
A moins de griande nécessité^ on ne doit pas planter
pendant ce mois. Si on est obligé de le faire, il faut
arroser fréquemment et ombrer jusqu'à reprise com-
plête.On bine, sarcle et arrôsfe suivant les besoins. On
continue la récolte; on supprime les flletd et voulante, *
â mtàln* qû'oiû veuiile multiplier; dans ce cas, on
les laisse pousser pour avoir du plant à l'automne.
On continue de falhô aussi la chasse au Vet blâôc
qui fait de grands ravages dan^ les plantations à
cette époque.
AOUT
Les travaux à exécuter dans les fraisières tont etàè-
tement les mêmes, que ceux du îiiois précédent. La
récolte a cessé sur toutes les variétés non remontan-
tes, même tardives. On doit se dispenser de pkntet à
cette époque, à moins d'absolue nécessité. Si Ton y
est obligé, on recourt aux précautions que nous avons
indiquées pour juillet. On doit suppriçaer les coulants,
régulièrement toutes les semaines; on arrose mu
besoin. €^est l^époque à laquelle les QHatre-Saisoas
donnent abondamment. Il faut donc les arroser fré-
quemment
On £ait encore la chasse au ver blano.
SEPTEMBRE
On continue la récolte sur les fraisiers de tous les
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LES FRAISES »133
mois; on recommence la plantation, on supprime les
filets et coulants. On sarcle, on bine les fraisières qui
sont envahies par. les herbes. Â là fin du moisson dis-
pose le terrain pour tôs plantations à. faire en octobre.
On répand de la colombine^ des tourteaux^ du guano^
à la fin du mois, s'il survient des pluiesi mais^ pas
avant que la terre soit complètement mouillée.
OCTOBRE
On continue la plantation, on fume et terreaute les
fraisières d'un an et de deux ans, ainsi que celles qui
doivent donner leur dernière récolte au printemps.
On commence à forcer les planches disposées à cet
effet. L'effilage devient inutile à cette époque, la vé-
gétation étant à peu près arrêtée. On donne un bon
labour d'au moins 5 ou 6 centimètres pour enterrer
le terreau ou le fumier.
NOVEMBRE
On termine les plantations pour le 15. On doit donc
s'en occuper activement, et profiter des beaux jours;
car s'il survient des gelées, elles font beaucoup de
tort aux jeunes plants en les déracinant. On continue
le terreautage, le fumage et le labour d'hiver.
On continueide forcer; on réchauffe au- besoin.
DÉCEMBRE
On peut encore planter dans cette saison, mais dans
les terres très-sèches, en ayant le soin d'abriter le
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124 LES FRAISES
plant contre la gelée, la neige et les frimas pendant
trois semaines, soit avec delà paille ou des paillassons,
mais sans les priver d'air et de lumière complètement;
cependant, il est préférable d'attendre le printemps.
On peut encore terreauter et fumer les plantations
qui doivent donner du fruitauprintemps.On continue
de forcer, ou réchauffer s'il en est besoin, les planches
gui sont déjà chauffées depuis quelque ternes l^t que
rabaissement de la température aurait refroidies.
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LES FIGUES
VARIÉTÉS DU FIGUIER
Il y a trois variétés bien distinctes de figuier dont
les fruits mûrissent au nord : le figuier à fruit blanc,
le figuier à fruit jaune, et le figuier à fruit rouge ou
violet.
Le figuier à fruit' blanc est le plus propre aux cli-
' mats froids ; c'est celui qui est cultivé à Argenteuil,
oùil réussit admirablement. Ses feuilles sont grandes '
et découpées peu profondément, son fruit est gros,
renflé par la tête et couvert d'une peau lisse vert clair.
Il donne quelquefois deux récolles, Tune au prin-
temps, raiître à Tautomne.
L^ figuier à fruit jaune (figue angélique) a les
feuilles un peu moins grandes que le précédent. Son
fruit est plus allongé et moins gros ; la peau est
t jaune, tiquetée de vert clair, et ses graines sont
■ lavées de rouge. Il produit au printemps et à l'au-
tomne ; mais, au contraire du figuier blanc, la ré-
colte de Tautomne est beaucoup plus considérable
que celle du printemps.
Le figuier à fruit violet a les feuilles découpées
plus profondément que les deux autres variétés j son
.Digitized by VjOOQIC
126 LES FIGUES
fruit est violet foncé, sa chair est rouge, son eau
légèrement acidulée et d'un goût Irès-agréable dans
les années chaudes. It est un peu plus tardif que le
figuier blanc et produit souvent plus à Tautomne
qu'au printemps; mais, en raison de sa tardivilé,
ses fruits d'arrière-saison arrivent .rarement à une
maturité convenable. Il y a une sous-variété à fruit
long, connue sous le nom de figue-poire^ figue^de
BûfdemXf qui lui est inférieure et dont lôfc fiMits
coulent jusqu'au moment de la récolte. Le figUisr
à fruit violet (figUe dauphiiié) est une Variété teèB-
méritante qu'il faut cultiver concurremment avec le
flgliiér d'Argenteuil, parce que celui-ci est plus hâtif,
et que l'autre, étant tardif, donne des fruits ^uiiiie
jours après. ,
Les autres Variétés sont incontiues dans le Nord, où
leur culture est impossible, leur fruit n'y âftivaiit|ii
à tnatiiritéi
DU SOL OOKVENABLB AU FIGUIEft
Le figuier s'accommode de tous les, sols, depuis le
plus sablonneux jusqu'au plus compacte, depuis le
plus sec jusqu'au plus humide. A Argenteuil, on le
trouve sur les côtes crayeuses, siliceuses, argileuse»;
dans le plâtre et dans les terres sourceuses et froides
où la vigne ne réussit pas.
Dans les terres légères ou franches, il donne géné«
ralemeat de meilleurs fruits qui mûrissent plus M ;
• * Digitizedby VjOOQIC
LES FIGUES , 127
mais dafiê tes années sèche», comme celles de 1863 et
1866, les fruité sdnt meilleure et plus abondants dans
les ^tte^ huhiîdeô.
Le flgtiier, dans les terres âèches^ se coiîsei've mieux
l'hiver ; car l'humidité prolongée^ quand il a été en--
terré tî-op tôt et dans de mauvaiseà conditioosi lui est
prëjiidicîabte.
Quoi qii*il en soit, le figuier réussit partc^ti eîce|)té
dans les terres marécageuses : c'est le plus robtiste
de tous les arbres. Il n'est pas exigeant sous le rapport
de la qualité du sol ; il ne demande que des soins de
culture et de taille.
PLANTATION
Le figuier se plante avant l'hiVer, flu lôf novembre
à la fip de décembre au midi de la France , et au
printemps, du 1^ mars au 15 avril, dans le tiord et
le centre.
La disposition des couches * varie selon que la
plantation est faite en plein champ ou en simples
lignes, le long des murs ou dans les carrés de
jardin.
ia plantation en plein champ se fait de deux ma-
iiières : par deux couches ou par couche simple.
Pour planter par deux couches, on ouvre deux
trous à la distance de 1 mètre 50, et on plante un
1* On donné le nom de couche à'ciiàt|ûë plaht, {)arcë tpi'dn
^^^^ l^tès tes lig^ pèHr ies enterrer.
' , Digitizedby VjOOQIC
128 LES FIGUES
pied dans chaque trou en les inclinant dans le sens
opposé pour qu'ils s'éloignent au lieu de se rejoin-
dre, de manière à former un V dont la base serait
écartée de 1 mètre 50 (il y a des plantations qui sont
à 1 mètre seulement, mais dans des pièces étroites).
La plantation se fait en lignes distantes entre elles
de 5 à 6 mètres, les couches sont dirigées de manière
à incliner les figuiers à droite et à gauche dans le sens
de la largeur de la pièce.
Pour planter par couche simple ou oblique, il 8u£St
d'ouvrir des trous â la distance de 3 mètres 50 centi-
mètres sur la ligne et de distancer les lignes de
4 mètres. On incline alors tous les plants du môme
côté, et si le terrain est en pente, on incline le
figuier du côté du haut. Cette inclinaison a pour but
de faciliter le couchage.
Pour planter, on emploie des marcottes d'un an.
Le figuier se plante à la même profondeur que les an-
tres arbres.
CULTURE
La culture du figuier, comme celle de tous les
autres arbres , comprend les laboura , la tailleT k
pinçage, enfin toutes les opérations qui servent à
entretenir la terre meuble , à le gouverner, etc^ '
mais Tart de diriger le figuier et d'obtenir de» i
fruits étant différent de celui suivi pour les
autres arbres, nous ne nous occuperons swtomitt |
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LES fIGtES 12»
dâûâ ce chapitre que de la culture du sçl. Quant
aux cultures spéciales, nous les di7i8eroD3 en au-
tant de chapitres que d'opérations^ en les classant
dans Tordre où elles doivent être exécutées, à ptrtir
du printemps ou du relevage^ pour être plus intel-
ligible.
Le figuier demande de fréquents labours. A Ar-
genteuil on le cultivé absolument comme la vigne ;
cependant on cesse toute culture quand la figue com-
mence à prendre du développement; c'est-à-dire pen-
dant le mois de juin, dans la crainte de froisser les
feuilles et de faire tomber le fruit qui se détache au
moindre choc.
Les labours se font toujours à plat ; mais en ayant
le soin de dégager le pied en faisant une cerne (un
creux) autour, afin d'y attirer l'eau dans les terres
sèches, et aussi et surtout pour que les branche»
traînantes ne puissent toucher au sol et s'enraciner
dans leur longueur, ce qui est très- préjudiciable à
l'arbre. Quand une couche traîne à terre, il faut» la
relever et la soutenir avec des étais pour qu'elle ne
s'enracine pas. *
Les labours se font superficiellement (à 2 ou 3 cen-
timètres) avec la houe ou la binette.
RELEVAQEÎ
Cette opération consiste à déterrer les figuiers et à
]6ê remettre à l'air; elle se fait aussitôt que les fortes
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130 LES FIGUES
gelé^ 19 soat igHx^ à craindre» c'estrà^dire d^ 2Q 1^
Trier au JQioîa'»,
li faut s^ garder de f^re ce travail p^r le soleil,
parQ^ que les jeunes bourgeons et le.s jeunes figuçaqui
ont $ubi un commencement de végétation seraient
brûlés par les rayons du soleil, et la récolte comjF^
n^^ise. Il Q»\ donC'prèférable de profiter d'un jour nua-
geux ou couvert.
Pqup pratiquer le relev£^ge, on se sert d'une boue
large pu d'une binette à l'aide de laquelle on p^tips
dpucegient la terre de dessus la couche, en dirigfaflt
i'oum du pied à la tê^e pour ne pas enlevé? le»'
jeunes figues et les yeux. Quand il ^'y a pflesççiô
plus de terre, oq passe la main sous ia couc)^^ et
on Télwanle doucenaent jusqu'à ce qu'elle sor^ 4e
la terr§ \ on la sbijlève ensuite pour la redresser,
an d^^ise les branche^ et on pivellele soU
TAI$*LE
La taille du printemps, sijr un ûguier qui a été cw
venablement ébourgeonné Tannée précédente, est à
peu i^-ès nulle. Elle consiste à enlever les branches
mortes ou mal placées, à opérer quelques ravalemente
si le figuier n'est pas vigoureux et ne pousse pas de
bourgeons assez longs.
En général, les suppressions et les ravalements
' réussissei^t mal sur le figuier { ils ont le double incon-
vénient; de fair^ des plaies qui ne se ferment jpi^
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LE3 FieUES 431
(^omy^ym^^^ et de faire reQiie? Ifi péve sur U «mu^hç
où il se développe des drageons.
Au captraire des autpes arbres^ il m faut pa^ que
les bw^rgftOTS de J^au^ié^ sment très^oogs: ils na doi-
vent pas dépasser 45 à 50 centimètres but uo figuie?
Um tei^vi, parce qu'il es^ rare que les figues sortent
sur upe longueur aussi grande et qu'elles oe tombept .
pa$ ^w xRovf}ei]^i de la floraison, U Uni dope savoir
charger ou décharger à propoi, pqur Baai^teigir
l'ôqwliJbii^ ^ Vbarmonie d'abaycl^ et eesi^ite p§mf
ol)}pj4r ^ ptus de fcuii» p^^aible tout m GO|^$^^^ant
4 F^ffe-e J^ yiguéur néeess^re/ Çé^ ^*es| |A9
difficile*, comme on le verra pJug loin; mais il fefll
un peu d'attention et des soins^ assidus pour y
arriver.
ÉBORGNAGE OU PINÇAGE
Oq u^QftiQe ^mgfmga oa pinçagê Pop^tioB qui
^igitized by VjOOQIC
132 LES FIGUES
consiste à enlever Toeil terminal de chaque pousse de
Tannée précédente.
Le figuier est bien Tarbre le plus torturé de tous
ceux qui existent; mais, sans ces diverses opérations,
il ne produirait pas ou presque pas de fruits.
Aussitôt que le relevage est fait, c'est-à-dire huit
•ou dix jours au plus après, selon l'époque .et la sai-
son, on pratique l'éborgnage. Pour cela, on se munit
d'un couteau bien afl&lé (les- cultivateurs d'Argenteuil
se servent d*une serpette^ mais ils savent la manier
avec une grande dextérité) et on enlevé rœil termi-
nal T de chaque branche, en le coupant jusqu'à sa
base au trait A (flg. 20). '
BGTONNAGE OU DEUXIÈME ÊBORGNAGE
On appelle ectonnage Féborgnage des yeux à bois
qui se développent le long du rameau pincé. Cette
opération se fait après le pinçage , aussitôt que Ton
peut distinguer ToBil à bois d'avec la figue qui se
trouve à côté ; elle se pratique en enlevant l'œil à
l'aide de l'ongle du pouce , comme l'indiquent les
traits BBBBBBBB (flg. 20).
On enlève donc tous les yeux, excepté deux qpii
sont destinés à donner naissance à deux branches de
remplacement qui produiront le fruit l'année sui-
vante. Pour cela, on choisit deux yeux placés de chaque
côté de la branche, pour les obtenir, comme en B et
C (flg. 21), le plus rapprochés du vieux bois, afin d'é-
• DigitizedbyVjOOQlC
LES B'IGtîËS 133
Vîter l'allongement, et espacés de 25 centimètres en-
viron Tmi de l'autre, i
Fig. 21.
Si les yeux étaient tellement mal disposés qu'il n'y
en eût pas de côté, ou qu'ils ne se développassent pas,
il faudrait prendre, de préférence ceux qui sont placés
en dessous.
Pendant le mois qui suit l'ectonnage, il faut sur-
veiller le figuier, pour supprimer toutes les pousses
qui se feraient jour sur les autres parties de l'arbre,
afin de ne pas établir de confusion dans la char-
pente, et aussi parce que les pousses qui sortent du
vieux bois sont des gourmands , qui en déformant
l'arbre, ruinent la branche sur laquelle ils se déve-
loppent,
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134 L»» FIGUES
Il vtrivùr e#jp«adiint, des ca^ où Ym fmU ah Vern
doit même conserver les gourmands : c'est qqaisâils
naissent sur une branche malade, au-dessous d'un
chancre ou d'une blessure qui compromettent son
existence. Dans ce cas, on les conserve et on les di-
rige. S'ils s'emportent, on les pinceà 50 centimètres de
longueur pour les faire bifurquer et empêcher Qu'ils
nuisent au développement des autre§ rameaux.
Ê^OURGEONNAGE
Vers le 15 juin, quelquefois plus tôt, quelquefois
plus tard, il faut procéder à Tébourgeonnage. Cette
opération consiste à enlever toutes les pousses ad-
ventices qui se sont développées hors des deux yeux
dont nous avons parlé dans les deux chapitres pré-
cédents ; ainsi on retranche, en les coupant fez-
branche, les bourgeons A au trait E, D au trait H, et
G au trait f (fig. 21). On ne laisse subsister que les
deux rameanix B et G qui stmt eonvenablement placés
pour faire la bifurcation.
On r^narquera que le rameau À ne deT?ait pas
exiirter, puisqu'on éborgne tous les yeux qui sorleat
au-dessus du ranoeau G. — Autre remarque : on M
laisse pas plus de huit figues par rameau. On devra
doiic Supprimer toutes celles qui croîtraient entre lefl
ranoeaaiix G et B. Quand elles se développent , ce qui
est rare, ces ûgues réussissent mal et tombent sm^
vent avant la maturité. Si nous en avons indiqué siirta
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LES FIGUES 133
figure, c'est pour faire voir qu'il peiti s'y en trouver*
et que, dans ce cas, il faut les enlever.
On supprime donc rigoureusement tous les gour-
mands, quels ,que soient leur force, leur nombre et là
position qu'ils occupent. On ne doit les conserver que
dans le cas où ils pourraient remplacer avantageuse-
ment ceux qui ont été froissés à Tectonnage, à l'é-
borgnage, ou dans celui dont nous avons parlé plus
haut.
. L'ébourgeonnage a pour but aussi de faite refluer
la sève sur les figues, de les faire grossir, de les em-
pêcher de s^étîoler ou couler.
APPRÊT DBS FIGUBS
La figue blanche mûrit naturellement sous toutes
les latitudes, en France ; mais, pour l'avoir plus tôt,
et jouir des figues d'automne (regains), on est obligé
de leur faire subir une petite opération qu'on nomme
apprêL
L'apprêt des figues a une autre utilité bien plus
grande, c'est que dans une localité comme Argen-
teuil, où Ton vend ce fruit frais, il importe de l'avoir
de bonne heure et de prolonger, la récolte, afin de ne
pas être encombré de travail quand elle arrive; car,
non -seulement ce travail serait impossible, mais la
récolte, se faisant en quelques jours, se vendrait à vil
prix. On a donc cherché le moyen d'avancer la matu-
rité de la figue, et on Ta trouvé il y a bien longtemps ;
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136 LES FIGUES
car on ne connaît ni le nom de l'inventeur du pro<
cédé» ni depuis quand il est pratiqué.
Pour apprêter la figue, il suffit de déposer une très-
feible goutte d'huile d'olive sur Tœilj et neuf jours
après elle est bonne à cueillir.
Deux choses essentielles sont à observer pour ap-
prêter. La première, c'est qu'il ne faut opérer que sur
des figues dont la fleur est passée depuis quelque
temps^ ce qu'on reconnaît à ce que l'œil est jaune et
semble vouloir se dilater ; la peau est parée^ en terme
de métier, c'est-à-dire lisse , brillante et tirant sur le
jaune; la seconde^ de n'opérer que par un temps
^ sombre, le soir ou le matin.
Toute figue touchée avant l'époque convenable
fane et tombe. Si on la touche par le grand soleil,
l'œil noircit, elle se bouffe^ mais elle fane ou ne vé-
gète plus, et elle est également perdue, soit qu'elle
tombe ou qu'elle reste , car elle n'est pas man-
geable.
Rien de plus simple que de toucher ou d'apprêter
la figue. Les cultivateurs d'Argenteuil ont xm petit
flacon plein d'huile, attaché à leur boutonnière; ils
y trempent le pétiole d'une feuille de figuier, ou une
paille, ou un petit morceau de bois, puis ils en po-
sent légèrement l'extrémité sur l'œil de la figue, et
l'opération est faite. On peut en apprêter deux, trois,
et même quatre, sans retremper le petit instrument
dans l'huile.
On a prôné divers mélanges, l'huile avec le CO'
Digitizedby VjOOQIC '
J
LES FIGUES 137
gnac, les graisses animales, etc.; toutes ces prescrip-
tions n'ont aucune valeur et ne méritent pas qu'on
s'y arrête.
CUEILLETTE^ EMBALLAGE , ET EXPÉDITION
La cueillette de la figue n'a rien de particulier; seu- '
lement, quand ce fruit est, destiné à voyager, il faut
savoir saisir le moment propice; car une seule jour-
née suffit pour le perdre.
La cueillette doit se faire le matin, avant que le soleil
ait flétri ou fané la figue. Les cultivateurs d'Ârgen-
teuil cueillent tous les deux jours. Ils la mettent dans
de grands paniers, puis ils font le triage et l'emballage
â la maison.
Pour la vente, on divise les figues en deux parties,
ies belles et les petites, et on les emballe séparément,
par paniers de cinquante-deux fruits.
Chaque panier est garni de feuilles de vigne ou de
choux,, et recouvert avec des feuilles de choux ou de
papier ; le tout est maintenu par des ficelles à un
seul brin , et conduit le jour même à la halle de
Paris.
Le prix moyen des figues est de 5 fr. les deux pa-
niers de 52. Les paniers se payent 12 fr. 50 le 100, et
sont compris dans le prix de vente.
TAILLE d'automne
La taille d'automne se pratique immédiatement
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188 LfiS FIGUES
avant le coachage, c'esinà-dire du 15 au 25 novembre.
On commence par faire tomber toutes les feuilles
qui sont encore sur Tarbre, puis on procède à la taille,
qui a lieu comme il suit : ' \
On enlève tous les rameaux de Tannée précé-
dente, qui ont porté du Iftuit oii nôû, ati-dessus de
celui de Tannée ; ainsi, les^rameaux RRRRRRRRRR
(Ûg. 22) doivent être enlevés à leur base , comiiie
on le voit sur les trois premiers, au trait CGC;
puis, dix ou douze jours après, on procède au cou-
chage. Cependant cette opération se fa,it généra-
lement dès le commencement de septembre ; tes
cultivateurs soigneux ne manquent pas de la faire
à cette époque; c'est ce qu'ils appellent éplucher l^
figuier.
Digitized by VjOOQ le
LES F'IGUBS 139
COUCHAGE
On couche en terre le figuier, du l^r au 15 novem-
bre. Cette opération se pratique comme il suit :
On ouvre , à l'aide de la houe, des fosses assez
profondes pour que les branches soient enterrées à
20 centimètres au-dessous du niveau du sol. Quand
la fosse est ouverte, deux, trois ou quatre hommes,
selon, la force de la couche, réunissent les branches,
les placent convenablement pour qu'elles ne se frois-
sent pas, les petites en dessous, et on incline la
couche tout entière, en appuyant avec les genoux
pour ne pas blesser les branches; on la maintient
ainsi, pendant que Tun des ouvriers la. recouvre
de terre. Il en feiut au moins vingt centimètres
sur la couche , pour éviter la gelée * et l'humi-
dité.
n faut bien se garder d'enterrer les feuilles sur le
bois^; autrement toute partie en contact avec elles
serait pourrie au mois de février, et il en résulterait
des blessures qui ne se refermeraient jamais.
Les feuilles s'amassent en petit tas, à côté du
figuier ; puis, quand le pied est recouvert de 15 cen-
timètres, on y place ces feuilles et on remet 8 ou
10 centimètres de terre dessus. Après l'hiver ces
feuilles sont réduites en terreau, et l'arbre n'a rien
à redouter de cet amas avec lequel il n'a pas été en
contact direct.
Digitizedby Google
440 LES FIGUES
CULTURE FORCÉE
La culture forcée du figuier n^est guère pratiquée,
que nous sachions, que comme curiosité, mais ceux
qui voudraient la tenter pourraient la faire en sui-
vant les moyens employés pour forcer la vigne. On
force aussi le figuier élevé en pots, à l'âge de trois
ans.
En général, quand on parle de forcer le figuier,
on entend forcer la figue; c'est-à-dire, l'apprêter
comme nous l'avons indiqué dans un précôd.ent
chapitre,
CHARPENTE DU FIGUIER
La charpente du figuier est très-façUe à établir,
elle consiste en bifurcations qui se répètent tous les
Fig. 23.
ans sur les rameaux. Ainsi, en. supposant un arbre
muni d'ime belle pousse d'un an,. on ne réserve que
deux boutons à bois, l'un à droite, l'autre à gauche,
la première année. A la seconde, on laisse encore
deux yeux se développer, et ainsi de s^te tousses
Digitizedby VjOOQIC I
LES FIGUES 141
ans, de manière à distribuer les branches comme an
le voit fig. 23, représentant Textrémité inférieure des
quatre branches-mères d'un figuier de Tàge de huit
à dix ans. Il arrive souvent qu'au lieu de quatre
mères-branches, on n'en peut obtenir que deux ou
'trois, par suite de la mort des autres; dans ce cas,
on y remédie en laissant croître les drageons bien
placés qui sortent du pied,
RAVALEMENT DU FIGIJIER
Ravaler le figuier, c'est raccourcir les branches
qui en composent la charpente quand elles sont de-
venues trop longues ou qu'elles sont malades, mortes •
ou mutilées.
Il est bien rare qu'un figuier porte des branches
de vingt-cinq ans entières ; car souvent, avant cet
âge, on est obligé de les raccourcir, parce qu'elles en-
vahissent le terrain, qu'elles se croisent avec celles
des figuiers voisins ; qu'elles périssent par suite des
blessures qu'on leur fait en les enterrant ou en
les déterrant; ou encore parce qu'elles sont dé-
garnies de leurs branches latérales, et qu'elles ne
forment plus ainsi qu'unç grande gaule sans ramifi*
cations.
C'est au mois de mars que l'on fait cette opération,
bien qu'on puisse la faire aussi lors de la taille d'au-
tomne. Elle consiste à enlever les grandes branches
•jusqu'à la moitié qu au tiers de leur longueur en les
Digiùzedby Google
14S LES PIGUIS
coupant derrière une bifurcation, oa une brtacdis
déjà forte qui puisse remplacer celle que i'on en-
lèye et rétablir la charpente. Ainsi, si Toa vouledi
ravaler la couche de figuier décrite en la figure 22, il
faudrait couper la branche dont on ne Toit qu'une
partie dans la figure, aux traits LL, pour que les gros^' i
ses branches A ou B pussent servir au remplace^
ment de celle supprimée.
Ouand*on fait des amputations sur le figuier, il est
toujours prudent de remplir le trou de la moelle avec
du gbudron et d'en recouvrir la plaie. Le goudron
qu'on emploie à cet effet est un composé de résine et •
dé suif en proportion telle que le tout forme une pâte
susceptible de ne pas se briser, et cepetidant de se
dessécher suffisamment.
REGÉPAOE
On nomme recéper l'opération qui consiste à couper
la totalité des branches du figuier jusqu'à 10 centi-
mètres de profondeur, c'est-à-dire jusqu'à la naissance
des racines. Elle se pratique ordinairement avant l'hi*
ver. On fait une butte de terre de 40 à 50 centimètres
sur la souche pour l'hiver ; au printemps, on débute
comme on le fait pour les autres figuiers, et les pous-
ses ne tardent pas à se montrer. Cependant il arrive
quelquefois qu'elles ne sortent qu'à la seconde année*
On peut aussi recéper au printemps lors du rele-
vage» quand on s'aperçoit qu'une couche s'est perdue ,
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LES FIGUES 148
p^ant Tbiver; mais il se faut pas se hâter de le '
faire, surtout si le figuier n'est pas vieux, car il con*-
tinue souvent à végéter malgré des blessures çfui se-
raient mortelles pour un autre arKre. D'ailleurs, quand
le figuier est jeune, il reperce soi^vent, sur les racines,
des pousses qu'on utilise pour remplacer les vieilles
branches usées. '
En général, il faut être très-sobre de recépage ; car
il supprime la récolte pour plusieurs années ou il la
diminue considérablement.
S'il arrivait qu'après le recépage il sortît des bran-
ches de i°»,50, il faudrait les raccourcir à 60 centi-
mètres, au printemps suivant, pour les faire bifur-
quer et continuer de le faire pendant tout le temps
qu'elles atteindraient une longueur d'un mètre, afin
d'empêcher que le figuier s'allonge trop.
r
MALADIES DU FIGUIER
Le figuier est sujet à diverses maladies que l'éten-
due de cet ouvrage ne nous permet pas de décrire;
elles proviennent toutes d'une mauvaise culture et du
défaut de soins : le meilleur moyen de les guérir ,
c'est de les éviter. En observant ce que nous avons dit
sur cet arbre, on n'aura pas à s'en occuper. Cepen-
dant, il en est une que nous ne devons pas passer
sdus silence : c'est le blanc.
Qu'est-ce que le blanc? Quelle en est la cause ? Par
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144 LES FIGUES
quel moyen le guérir ? Voilà trois pointa atue<îuels
nous allons répondre.
Le l)lanc est une maladie qui se déclare sur les ra-*
cines, qui sont, alors, recouvertes de moisissures,
c*est-^-dired'un cryptogame ou champignon. Quand
unfiguier est atteint de cette maladie, les feuilles se
fanent, jaunissent, tombent, et l'arbre meurt. Cette
maladie est contagieuse et se propage avec une rapi-
dité effrayante; elle peut envahir un espace de 10 ou
15 mètres dans une seule année; et attaquer tous les
arbres qui se trouvent à cet,te distance si les racines
ont communication entre elles.
Le blanc prpvient ou de la surabondance d'engrais
mal consumés, ou de la mauvaise culture, ou du sd.
, Le seul moyen de guérison, c'est la houe pu le
couchet, c'est-à-dire l'arrachage.' Il ne faut pas hési-
ter à y recourir aussitôt qu'on reconnaît la maladie;
car toute la plantation y succomberait. On arrache
l'arbre malade, puis tous ceux qui l'entourent à une
distance de 6 ou 7 mètres, et on ouvre une tranchée
de 50 centimètres de profondeur qu'on ne comble
qu'après trois ou quatre ans.
yGoogk
CALENDRIER
DU CULTIVATEUR DE FIGUIERS
JANVIER
Pendant ce mois, tous les travaux sont suspendus.
Le cultivateur de figuiers n*a absolument rien à faire,
si ce n'est de veiller, dans les moments de pluie, à ce
que l'eau ne découvre pas- ïes couches ou qu'elle ne
séjourne pas directement sur» elles, ce qui pourrait
leur être préjudiciable.
, FÉVRIER
Les travaux sont encore à peu près nuls à cette
époque. Cependant on commence à relever les figuiers,
à Argenteuil, à la fin du mois ; mais cène sont guère,
en général, que ceux qui dnt de fortes plantations et
qui craignent Fencombrement des travaux du mois
de mars.
MARâ
Le fijuier doit être relevé du 5 au 10 mars* Tout
têtard peut diminuer la récolte. On choisit, pour faire
a
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146 LES FIGUES
cette opération, un jour sombre ou^'pluvieux, ainsi
que nous l'avons dit au chapitre relevage.
A Argenteuil, on considère comme compromise la
récolte des figuiers qui ne sont pas relevés ayant le
15. Il est donc nécessaire de pratiquer cette opération
avant cette époque.
On pince et on donne le premier labour.
AVRIL
I
On pratî(ïuè Xecloniiàp^ ô'eât-â-dire qu'oti éûlère
tous les yeux à bôië attires que ôeui dcfStiïiéô à fifo*
dtiire lëi deu^t ^améèuf de biftrrôation, âtisMfÔt qa^m
peut les diëtiîiguei» des figtiëé. Où éoïîtliiti© et wa
achève le premier laboui»;
MAI
On surveille l'extrémité des rameaux qui ont été
pîîicés, âân d'enlever de nôuvèâU leè yehl stîpulàîi^s
qui sôrtiraieût de^là baéé de l'ôèîl terïùinâh iiû éttf-*
veille aussi leâ râméâux dâils toiite leur k)iigiiëM,
pour énievef tous lèé yéu/qui se dévèldppeù't â là
partie Supérieure.
JUIN
On commence et on achève le premier binage, avant
le 10 juitr* pa^àé Cetfe époque, ém.doit ce^SSeï' fcfefe
cttlttrfe JtWtu"* là éueâlet* «e& Ég^W.
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LES ÏÎGIIËS I4f
On éiwfutféôîiiie, b'ést-â-dife on fié laissé ^uê deùi
rameaux sur chaque branche, tous les autres dtii-^
vent être enlevés, ainsi que les drageons qui repous-
sent du pied ou de la souche. On ne les conserve
qu'aux figuiers dont la charpente est usée et qui doi-
vent être raccourcis, ravalés ou recépés*
A la fin du mois on accote, on soutient les branches
qui seraient ^argéës de fruits et qui traîneraient à
terre.
JUILLET
On doit entrer le moins possible dans les champs
de figuiers pendant ce mois. Tous les travaux y sont
suspendus, si ce n'est Vappretage et ia cueillette. On
apprête et on récolte les figues.
ÂÔtiT
On peut commencer et terminer le second binage
pendant ce mois. On supprime les gourmands qui ont
pris naissance sur les branches.
SEPTEMBRE
On épluche le figuier, on* enlève le bois mort, on
raccourcit les branches trop longues ou confuses. On
apprête les regains.
OCTOBRE
On termine les travaux indiqués en septembre, s'ils
n'oùt pas été faits. On conduit des engrais da^^lea^
448 LES FlGtES
champs de figuiers, pour y être distribués pendant
l'hiver.
NOVEMBRE
On effeuille, épluche et couche le figuier pendant
ce mois, et on donne un labour. On commence à dis-
tribuer les engrais, quand il survient des gelées. On
pratique des rigoles d'égout, si le sol est humide, afin
que Teau ne séjourne pas au piçd de la couche.
DÉCEMBRE
On termine le couchage, s'il n'a pas été fait en no-
vembre. On continue la distribution des engrais. On
donné de l'écoulement aux eaux. On peut déjà com-
mencer le labour d'hiver dans les jeunes plantations,
car dans les vieilles la terre se trouve remuée partout
par l'effet du couchage.
dbyGoogk
LES FRAIBOISES
VARIÉTÉS DE FRAMBOISIERS
Le framboisier, Rubus îdxuSy est un arbuste très-
anciennement connu , aussi modeste que robuste,
qu'on abandonne à lui-même généralement dans le
coin le plus caché du jardin, où il végèle à l'ombre
des murs ou des grands arbres comme un paria dont
on aurait honte. Cependant le framboisier mérite plus
d'égards qu'on ne lui en accorde ; car ses fruits déli-
cieux, d'un parfum exquis, ont un emploi assez ré-
pandu chez les personnes intelligentes qui savent en
tirer parti. On le cultive même comme spéculation
dans quelques localités *où il donne un certain
proût.
Le framboisier ne vit que deux ans, ses rameaux
du moins; mais si ses tiges sont bisannuelles, ses
racines sont vivaces et peuvent durer dix ans et plus
à la même place, et l'arbuste donner constamment de
bonnes récoltes, au moyen de quelques petits soins
et d'engrais.
Il y a trente ou quarante ans, on ne comptait que
quelques variétés de framboisiers ;.mais aujourd'hui,
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150 . LES FRAMBOISES
il y en a un grand nombre qu'on a obtenues par se-
mis. Les meilleures sont les suivantes, dont la plu-
part ne datent que ()q quelque^ ann^^ : .
l^ Merveille des Quatre-Saisons rouge. — Remon-
tante jusqu'aux gelées, à gros fruit rouge conique,
remarquablement belle.
2» Grosse rouge. — Non remontante, ti-ès-produc-
tive, à gros fruit, trèa-bonne.
3 Perpétuelle rouge, — Quatre-Saisons à gros fruits
rouge, très-fructifère, très-pa^fumée,
. 4o César à fri^U jaune. — ExcQllei^t fruit,
5o Belle de Fontenay. — Fruit gros, rouge foncé,
très-fructifère surtout à T^rièrç-saison.
Qf^ Merveille d^ Quatre ^Saisom jaune. — Fruits
jaunes de bonne qualité, très-gros et très-psprfumés.
70 Gçuavissa. — Gett^ variété, originaire d'Amé-
. rique, est remontante ; ses fruits soQt çougep et ex-
cellents.
8° Faktaff. — A grqs fruit rouge (i'excfillepte qua-
lité, très-fertile.
. 90 Superbe d'Angleterre. — Gros fruit rouge coli-
que ; Tune des plus })elles variétés.
lOo Belle de Pal\uau. — ûrq^ fçuit ^P^g? CQuiqu»;
très-bonne, , v
\\^ Do\it)l^ Béaring. — I4 plus productive et la
plus belle de^ bifères, La f^iictiQcatiou j^e. pix^onge
jusqu'en novembre.
\%9 Oe Sr^am. -^ JoUfruii mms^ sçM^^p^^p4ac-
'tif; assez bon. . ^
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LES FfiAI^ÇOI^ES \^l
i3o HomeU -^ A U'èsrgro^ finiit rowge et de bonae
qualité.
14o Jaune du Chili. — Gros fruit Qvoïde rouge très-
bon, plante très^fertile.
15o Jaune d'Anvers. — Fruitgrps, coniqije etjauae,
très parfumé ; plante très^fertile,
}6q Si^rpassQ fcdU^ff^ -rr- Gros fruit rouge d'e^cel*
' Jente qualité,
ilo Semper fidelis, —Gros fruit rouge très-reçom-
mandable.
18° BrinckWs orange. — Variété importée d'Amé-
rique ^ récemment, tréS'-distincle de toutes les autres
par sa couleur orange vif et sai (jualité exquise ; plante
vigoureuse et très-fertile.
IQo Surpasse Merveille ja,une. — Variété remontante
à gros fruit jaune.
20» Princesse 4^w?e. — Variété tardive à fruit vcaage
très-grcs et trè^-bpp.
DU SOL ET DB ;.'eXPQSXTION
Le framboisier g'acçomtnode de tous les terrains }
cependant il préfère un sol léger et frais, et une ex-
position demi-ombragée. Pour avoir des fruits toute
l'année il faut planter plusieurs variétés, notamment
les bifères et les remontantes.
• Pour avoir des framboises jusqu'au mois de no-
vembre il §er^ bon, si rpp digpgse d'ua petit mu
biep ê?cpo§é) d'y pl^ï^ter quelques pieds des variétés
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152 LES FRAMBOISES .
remontantes ; les fruits noueront et mûriront mieux,
seront plus savoureux et plus parfumés.
Blanté en plein champ et même à l'exposition du
nord, le framboisier réussit parfaitement. Les varié-
tés bifères ou remontantes donnent également des
fruits jusqu'aux gelées. Ces fruits sont d'autant
plus, précieux qu'ils peuvent s'adjoindre aux frai-
ses des Ouatre-Saisons qui manquent de parfum à
cette époque, et permettre ainsi de composer un d^
délicieux desserts qui plaisent tant aux amateurs.
Il est bon de planter*des variétés de diverses cou-
leurs, pour donner plus d'attrait à l'œil et un par-
fum plus agréable à la bouche.
PLANTATION
Pour planter le framboisier, il suffit de Içibourer le
sol et d'enterrer une bonne fumure composée d'en-
grais bien pourris. Tous les fumiers sont bons et peu-
vent être employés indistinctement..
Le terrain convenablement labouré et nivelé, on
tend un cordeau à l'endroit où l'on veut placer les
pieds de framboisiers, et on ouvre les trous 'à l'aide-
d'une bêche à la distance de t mètre l'un de l'autre,
et on plante immédiatenient les drageons à 20 centi-
mètres du mur, •
Cette plantation se nomme plantation à plat. En
Hollande, on ouvre des rigoles de 25 centimètres,
comme pour la culture des asperges, et on recharge
^ Digitizedby VjOOQIl ,
LES FRAMBOISES 1K3
de terre tous les ans, pour que les racines qui remon-
tent à la surface du sol soient toujours à une profon-
deur convenable.
Si Ton plante en plein carré ou en plein chatnp, on
dispose les lignes à la distance de I mètre 50 centi-
timètres les unes des autres, et on plante de môme
que ci-dessus, à 1 mètre seulement sur la ligne en
carré et non en quinconce.
Nous croyoi?is devoir répéter ici ce que nous avons
déjà dit bien souvent, que rien n'est plus laid, plus
ennuyeux et plus insignifiant qu'un quinconce. On
s'imagine, en plantant ainsi^ que les racines seront
mieux réparties dans le sol, et qu'elles se nuiront
moins. C'est une erreur, les racines vont chercher
leur nourriture là où elles la trouvent, et elles cou-
rent à des distances bien plus grandes qu'on le sup-
pose, et qui dépassent de beaucoup les limites tracées
par le quinconée.
culture;
La culture du framboisier est des plus faciles ; tous
les ans, à l'automne, ou pendant l'hiver, on pra-
tique un labour superficiel, en ayant, soin de ne^
pas déraciner les drageons qui doivent donner du
fruit. On profite de ce labour, pour répandre un peu
d'engrais, si le sol en a besoin.
Au printemps, aussitôt que la végétation des her-*
l)es parasites commence, on donne un binage à la ra-
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154 l'Es FRAHP0IS|£9
twsQipe et pn poatiwie, dç temps m tfN^îB»! »t wi¥a«t
lei toaomsi les binage* et le^ ^arcl^ges^ poiir te»w !#
terre constamment meuble et propre; ^ qui ï>'çst pi^
difficile, car Tombrage cwsé p^ir 1^ frimil¥)i4er9 en
eii^pêcfae la croissance, .
I) est bien rare qu'on arrose les framboisiera ; o^
pendant, si on avait une plantation exposée au seleili
ou abritée de la pluie^ par des muie ou des arbres
élevés, on ferait bien, par les grandes çéêheresses,
de donner quelques arrosage, sans quoir les froîts
seraient rares et de médiocre qualité.
Dans la culture en plein champ, on n'arrose ja-
mais. On se borne à un labour d'hiver, aux binages
et sarclages pendant la bonne saison.
TAILLE
La taille du framboisier comprend quatre opéra-
tions : le nettoyage j la taille proprement dite , le pin-
cement et le palissage.-
Nettoyage, — Le nettoyage du framboisier cpnsisteà
couper rez terre, à Taide d'une serpette et mieu]^
d'un sécateur, toutes les branches fruitière^ de Tan-
née précédente qui sont mortes. Cette opération se
pratique pendant l'hiver quand la température esjt
douce, jamais par la gelée : soit au mois de mars Off,
au commencement d'avril, avant le premier binage.
Taille. — La taille du fr^fliboisier est des plus fe-
DigitizedbyVjOOQlC '
LES FRAMBOISES 155
ciles j elle consiste, 1^ nettoyage achevé, 1» à.^oleyer
tou9 Jes drageon^ qui sont inutiles, c'est-à-dire à n'en
laisser que cinq ou six des plus beaux sur chaque
pied; 2® à raccourcir à 60 centimètres ceux qu'on a
laissés et qui doivent produire du fruit.
Comme il y a des variétés très-vigoureuses dont le$
rameaux atteignent parfois deux mètres de hauteur,
et des variétés naines. Il faut en tenir compte à la
taille. Ainsi, on devra enlever le tiers seulement dé la
longueur dans les plus vigoureuses et le quart dans
les naines. Du reste, une année d'expérience appren-
dra facilement la manière gpécialQ de tailler chaque
variété.
Pincement, t- Le pincement peut se pratiquer sur
le framboisier pour déterminer |a sève à se porter
sur les fruits déjà noués, afin de les obtenir plus beaux
et dô PQjpîlleure qualité j com^ie généralement on
préfère laisser le§ fruits croître .en UJ)eyté, nous ne si-
gnalons ce fait que pour mémoire.
Palissage, -r» Depuis qu'on 3'ocçupe sérieusement de
la culture du framboisier on a cherché à en obtenir à
la foisleplusdefruitspossibleet delameilleure qualité.
Au lieu de leiaisser croître en liberté, état dans lequel
les branches de Tannée se confondent avec les bran-
ches de Tannée précédente, ombragent le fruit, ce
qui lui ôtQ de sa beauté et de aa qualité, on s'est ima-
giné de le palièaer. Cette disposition offre non-seule-
ment cet avantage, mais le framboisier, ainsi dirigé,
Digitized by VjOOQIC
156 LES FRAMBOISES
a quelque chose de coquet qui tranche étrangement
avec l'air de fouillis qu'il a dans la culture libre.
Voici comment on procède :
La plantation faite comme nous l'avons indiqué
plus haut, on place sur le mur deux fils de fer tendus
comme d'ordinaire, le premier à 30 centimètres du
sol et le second à 25 centimètres plus haut, et on y ^
attache les jeunes drageons du framboisier comme
l'indique la figure 24.
Fig. 24,
Aussitôt la taille faite, on palisse à l'angle de 45 de-
grés les branches a a a a en les fixant sur les deux fils
de fer c c et l'opération est terminée pour le moment.
On surveille la végétation, et qua,nd les drageons
dby Google
LES FRAMBOISES i57
sont sortis on choisit les 4 plus beaux qu'on at-
tache perpendiculairement sur le premier fll de fer,
puis plus tard sur le second, de manière à leur faire
occuper la position qu'ils ont en bbbb dans la
figure 24.
On comprend aisément que de cette manière, les
jeunes branches ne sauraient ombrager le fruit qui
est sur les anciennes. L'année suivante, à la taille on
supprime les branches fruitières aaaa^ et on palisse
à la place qu'elles occupaient, les branches bb bb et
on recommence chaque année les mêmes opérations.
Dans le cas où on aurait à palisser des variétés
très-vigoureuses, qui s'élèvent à un mètre cinquante
ou deux mètres, il serait nécessaire d'espacer davan-
tage les fils de fer ou mieux d'en placer un troisième
au-dessus des deux premiers.
Si les, framboisiers étaient plantés en plein carré,
on pourrait tendre les fils de fer sur des pieux en
bois, qu'on enfonce solidement dans le sol, après les
avoir mis dans un bain de sulfate de cuivre, pour les
empêcher de pourrir. L'opération serait alors la même
exactement, et aurait les mômes avantages.
DIFFÉRENTS MODES DE CULTURE
Le framboisier se cultive de plusieurs manières et
sous plusieurs formes. En bordures, en carré, en mas-
sifs, en espalier, en contre-espalier.
Digitizedby Google
138 LES FRAMBOISES
En bordures, — (to pJantQ 1q framboisier le plus
souvent en bordure le long des murs pour utiliser les
plates-bandes qui sont à Texposîtion du nord. On le
laisse croître en liberté et il n'est soumis qu'à la taille
et au nettoyage.
f!n carré. — On le dispose comnae îious l'avons dit
à Tarticle Plantation, et on le laisse croître en liberté
comme dans les bordures. C'est dans cette, forme
qu'il est cultivé pour l'approvisionnement dos mar-
chés.
jjri jnassifs. — C'est h même plantation queo^Ue eiji ,
c^rré \ seulement, les massifs sotit de toutes formes.
En eapalier. •« Hacé en bordure 1q long desi mur»
on peut palisser le framboisier pour lui donnep la
forme d'une sorte de palmette ou d'espalier (voir Po-
lissage et figure 24). Ce nouveau ijiode de culture est
adopté dans les ia?4iûç bien teuus.
En contr^espalier. -- C'est la lorifte àe Vesp9k\ier
appliquée 4 la plantatK>n en carré (v^r Palissage) ék>î«
gné des n^urs.
QUSILLBTTB £T TEiVKSPQBT
Aussitôt c^m la framboise e^jt mtlyce* il &ut la cueil-
lir ; car si Ton attend trop, elle se détériore et les mille
paUes la dévorent.
Uniç fois la cueillette commencée, il faut visiter tous
les jours les fran^boisiers pour récolter celles qm
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Wt jQûre?; ai^tremeut on en trouverait de gâtées 4
çh^ujue fois.
h^ framboise adhère peu à la queuQ qui est durç st
très-difflcilç à détacher ; aussi presque toujours op
cueille le fruit sans la queue. Cela n*a pa^ gr4Q4
i^conYéI^e9t quand on le consomme de suite et
sur plaCe j ipais s'il fallait le transporter il s'écra^-
rait en route et arriverait froissé et en jus. Oa doit
donc, autant que possible, cueillir la queue avec \^
framboise, pour éviter Jes détériorations de route.
L'emballage de la framboise n'offre pas plus 4e di|^
Acuités que celui de la frai?e; ai^a^i yenvoyons-nousf
à ce que nous avons dit à* ce sujet; cav tout est égale-
ment applicable à la framboise.
La grande culture expédie souvent ^t en grs^i^d^
quantité la framboise écrasée et en jus, dans des fûts :
ces fruits sont employés par la distillation, laparfu-
Wrie et la pharmacie.
EMPLOI DE LA FRAMBO^SK
Le fruit du framboisier est employé pour la table,
dans l'industrie et en médecine.
Pour la tabla, la framboise sert !<> comme dessert,
sbuIq ou mélangée avec la fraise et la groseille. — On
en fait des gâteaux, des tartes, des compotes, des ge-
lées, des conserves, des liqueurs, des sirops, des
êfeces. Voici I9, manière de la préparer :
Gomme dessert, on sert la framboise seule ou mé-
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160 LES FRAMBOISES
laDgée avec la fraise et la groseille, avec du sucre en
poudre. — La meilleure manière de la manger avec
la fraise, c'est de mélanger ces deux fruits et de les
préparer avec de l'eau-de-vie et du sucre comme la
fraise (voir ce que nous avons dit à ce chapitre).
Les gâteaux, les tartes et les glaces ne peuvent être
faits que par les personnes de l'art, aussi nous nous
abstiendrons d'en donner la recette ici, croyant
qu'elle serait inutile.
Les compotes se font comme toutes celles de fruits
et n'offrent pas plus de difficultés ; elles sont plus
agréables que la plupart de celles qu'on sert géné-
ralement et surtout beaucoup plus digestives.
La gelée de framboises se fait comme il suit : pre-
nez 1 kilo de framboises et 500 grammes de groseilles
blanches. Écrasez-les, puis passez-les au tamis, Met-
tez dans ce jus 1 kilo de sucre, versez le tout dans un
chaudron et faites cuire jusqu'à ce que le jus se prenne
en gelée, comme s'il s'agissait de groseilles.
Les conserves sont de deux sortes , conserve de
jus, conserve de fruits entiers.
Pour faire la conserve de jus on procède comme il
suit :
Prenez un panfer, garnissez-le à l'intérieur de paille
bien saine et bien propre. Mettez-le sur im baquet,
emplissez-le de framboises, et rabattez la paille
dessus. Cela fait, prenez une planche qiie vous pla-
cerez sur la paille, et chargerez d'un poids assez lourd
pour faire couler le jus des framboises dans le ba-
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LES FRAMBOISES 161
quet où vous le laisserez fermenter de 16 à 24 lieu-
heures, dans un endroit où la température soit de 15
à 20 degrés centigrades. Plus elle sera élevée, plus
la fermentation marchera rapidement ; mais il ne
faut pas qu'elle dépasse 20 à- 22, autrement, il y
aurait à craindre Taigre, La fermentation sera termi-
née, quand les écumes s'affaisseront et se fendront.
Tirez le liquide à clair, mettez-le en houteilles ,
bouchez solidement et ficelez. Faites chauffer au
bain-marje (dans une chaudière pleine d'eau), et,
quand l'eau commence à bouillir, descendez lé chau-
dron et laissez refroidir avant de sortir les bouteilles,
ou du moins attendez que la température soit descen-,
due à 20 degrés, dans la crainte que le changement
trop brusque les fasse casser. Quand elles seront
froides, vous les goudronnerez et les descendrez à la
cave.
Il est inutile de dire qu'il faut mettre les bouteilles
dans l'eau avant qu'elle soit chaude; autrement elles
casseraient infailliblement.
Pour conserver les fruits entiers, l'opération est
encore plus facile. On les met dans des bouteilles à
large goulot, ditesbouteilles à conserves, qu'on emplit
aux trois quarts; on ajoute trois à quatre cuillerées de
sucre en poudre; on bouche, ficelle et on met chauffer
au bain-marie comme pour la conserve du jus. On ne
donne qu'un seul bouillon.
Il faut que les fruits ainsi conservés soient cueillis
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16^ !.£§ f^AUBOlSES
avapt leur cppplète maturité, ]^\m pettQyéget dôr
ppuiUép de leur ijueyç.
On conserve également les frapiboises au sirop.
Pour cela, quand elles sont dans la bouteille , on
achève de la ^emplir avec du sirop à %&^, et ox\
obau|f§ au bain*mai*ie comifie ci-dessus. Quelque!
cuill^ré^p d§ sirop pufiisept,
JjCS Uqueurs de framboises sont de deux sortes :
celles faites, en framboises pures, et celles mélan-
gées à la merise ou au cassis. Voici la recette d^ Ç9#
ratafiats.
Prenez : -
Framboises bien mûres et écrasées. . 5 kilos.
Alcool à 85o. 5 litres.
Laissez macérer pendant un mois et tirez à clair
cette infusion.
Prenez, alors :
Infusion 5 litres.
Alcool à 85o ,2 litres.
Sucre 8 kilos.
Eau 6 litres.
Faites dissoudre le sucre, dans Teau portée au de?
gré de TébuUition, et faites évaporer jusqu'à ce que
le sirop ait atteint 30 degrés, bouillant. Laissez re-
froidir, mélangez et filtrez.
Quelques personnes préfèrent Ig vaèlm^ giavqijjt^
qui est très-bon et plus coloré :
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LES FQÀ^QO|S£S 163
Ifll'jisiqu de framboise? ... 4 liteep.
— de cassis I litre.
Le reste comme ci-dessus.
I/infusion de framboises trouve sa place dans la li^
queur de cassis (Rataûat de cassis). Il ji'est pas de
bon cassis sans framboises.
- Les personnes qui n'aiment pas les liqueurs sucrées
pourront diminuer la quantité ci-dessus, et n'en
employer que 6 kilos au lieu de 8 ; mais, dans ces
conditions, Je ratafiat de framboises est trop alcooli-
que et il faut dinûnuer un peu la quantité d'alcool.
On tombe, alors, dans un autre inconvénient : cette
liqueur devient inférieure et ne peut guère être
offerte aux amateurs. '
Que Ton n'oublie pas que Talcool ou 3/6 ne peut
être remplacé par Teau-de-vie, ni dans Tiofusion
ni dans la fabrication de la liqueur. On n'obtien-
drait aucun résultat; la liqueur aipsi- fabriquée ne
serait pas potable' et ne se conserverait pas long-
temps. Pour utiliser Teau-de-vie, il faudrait procéder
tout différemment, et conmie il n'y a pas avantage à
le faire, nous passons la formule sous silence.
Le sirop de framboises est des plus agréables et des
plus faciles à préparer.
Prenez : •
Sucre raffiné. ...... 6 kilos.
Conserve de framboises ... 3 litres.
D^cajpitez et filtrez la conserve, yersez^a sur 1^
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104 LES FRAMBOISES
sucre dans le chaudron et chauffez rapidement en re-
muant *avec une spatule pour exciter la dissolution du
sucre. Aussitôt le premier bouillon, retirer de dessus
le feu et laisser reposer pour que Técume s'affaisse ;
l'enlever et passer le sirop à travers un blanchet ou
ime chausse sans filtrer.
Pendant la saison des framboises, on peut faire le'
sirop plus rapidement et plus économiquement,
comme il suit :
Sucre blanc ....... 6 kilos.
Framboises mûres ..,.•. 6 kilos.
Jeter ces fruits dans le chaudron avec le sucre pilé
grossièrement, mêler le tout et faire bouillir en re-
muant avec une écumoire, jusqu'à ce que le sirop
marque 32©^ bouillant. ,
Passer à travers une ctausse à plusieurs reprises
pour enlever le résidu des fruits. Mettre en bouteilles
et conserver au frais.
Pour V industrie. — La framboise est employée à
l'état d'alcoolat et d'esprit par les distillateurs qui s'en
servent aussi pour les infusions destinées à entrer
dans les liqueurs, notamment daufi le cassis, le ralafiat
de cerises, les sirops, etc.
Les pâtissiers, les pharmaciens l'emploient en
grandes quantités à Paris; aussi, tous les jours s'en
vend-il à la halle par centaines de kilos.
On en fabrique des limonades gazeuses en France,
et même en Russie, qui ont beaucoup de suavité. —
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LES FRAMBOISES 165
En Pologne, on en fait un vin très-estimé. — Les
Suédois préparent avec ces fruits une sorte d'hy-
dromel y avec du miel et de Teau , qui est déli-
cieux.
Dans certains vignobles de France ; on met des
framboises dans la cuve^ avec le raisin, pour donner
du parfum aux mauvais vins.
En médecine. — On emploie fréquemment la fram-
boise ; elle possède des qualités que Ton ne connaît
pas assez. L'usage répété de ce fruit guérit les fièvres
bilieuses et putrides que Tét^ multiplie sous certains
climats.
Elle est précieuse contre les maux de reins et les
maladies de la vessie. Elle régularise les fondions de
Testomac. Mais, dans Tun comme dans Tautre cas, il
faut lui associer le sucre en suffisante quantité, soit
qu'on la consomme en nature ou en conserve. Le
sirop jouit des mêmes propriétés que la framboise
elle-même. Consomibée en. dessert comme la fraise,
soit seule ou mélangée, et additionnée d'eau-de-vie,
elle ne perd aucune de ses qualités curatives.
yGoogk
AVIS A NOS LICTEURS
Dans les dernières éditions de cet ouvrage ûôîis
avions négligé de donner un extrait de notre cata-
logue. Plusieurs personnes nous a^ant écrit potir s'in-
former si nous nous occupions de la multiplication dô
Tasperge, du fraisier» de la vigûe,- etc*> etc. Nous
prenons le parti d'insérer quelques notes relative^ â
notre établissement.
DES
ASPERGES, MâISIERS, YMÊS, ÈW.
DE
i.'f. LËBEUt*, horticûltdut-pépihiériëte
A AftGENTEUIL (Seine-et-Oise)
Lé Catalogué général est envoyé franco à cèùûo ^ui en fôiii Id
demande franeo.
Le« pit ci^dëôSôiis ne soïit fixés que pour le plîn-
tettipi 1869. Consulter le catalogué gétiéMl qui é§t
envoyé franco â tous deux qui le demandent (Ce cata-
logue parait tous les ans vers le 15 septembre).
ASPERGES D'ARGENTEUIL
ASPERGE ROUGE OU VtOlETTE HATIVE D'ARGENTEUIL.
Les 100 griffes, 1^'. choix 10 fr.
Le mille 90 fr.
Les 100 griffes, 2^ choix 7 fr.
Le mille ., . 65 fr.
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AVIS a nos LÈGTEUftS 167
A^ÊtfiE imi 6fl VitlÉftE mm D'ARGÈNtÉUIL.
Les fÔO grîjï'es, i^r choix. ..... 10 fr.
Le mille 90 fr.
Les 100 griffes, 2^ choix 7 fr.
Le. mille 65 fr.
ASPERGE YER-fÈ ÂMÉUÛRÉÉ D'ÂiJÊENTEUU..
Les. 100 griffes, l^r choix i . • . . ' 8 fr.
-^ 2« clioi]?. ..... 4 fr.
FRAISIERS
Li plus belle eolleetion de fraisiers, composée de
280 variétés fie ï-ace américaine, doùt lOOdéptêmlël-
choix, et lÛ variétés de racé européenne^ au nombre
desquelles les fraisieîs des Quatre-Saisonç âfnéîibrês
et à gros frtîîts se décomposant comme il suit :
lo Fraisiers pour la grande culture et l'appfOf ISiOîlft
nèment deë îiïarchés ;
2o Fraisiers de produit pqur Ift consemmatibn de lÉ
maison, dits à gros ft'uitè ♦
3" Fraisiers d'âmateul*, ddnt les. fruils sont âe meil-
leure qualité, mais plus petits et mdiïi§ âBdUSâfitS }
4<^ Ptàislers ptJtiî ïâ ètilture hâtée sur ados et en
pleine terre; *
50 Fraisiers pôuîf forcëi? siir couchèâ ou sbilà Miââsîiî
et^en pots.
60 Fraisiers nouveaux, oh récemment dis dans te
commerce, composés des meilleurs gairiS 8ê V&riné6
précédente. ' V 1
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168 AVIS A^NOS LECTEURS
(Demander le Catalogue général qui se publie tous
les ans an mois de septembre, pour plus amples ren-
seignements.)
VIGNES
Raisin de table
Chasselas pour grandes plantations, le mille 250 fr.
Chasselas de Fontalae-
bleaii. Le pied enraciné. > 50
— 2« choix. — » 35
— doré. — » 50
— 2« choix. — » 35
— noir. — » 50
Chasselas bordelais.
Le pied enraciné. ... 1 »
Chasselas violet. Le
pied enraciné i »
Alieante. Le pied enrac. i >
Barjae. JLe pied enraciné, i »
Cornlehon blanc. Le
pied enraciné i »
Be Candolle. Pied enr. i 50
Espagnol. — . 2 »
Frankental. — i »
Frontignan ronge. Le
pied enraciné i jê
GrcMi Gromler dnCan-
tal. Le pied enraciné. 2 »
Gros Bamas. Pied enr. i »
Grosse panse. _ i »
Grosrlbler dn Maroc.
Le pied enraciné. • . . i »
Isabelle. Pied enraciné, i »
Jnbi blanc. Pied enrac. 2
liOng noir d'Espagne.
Le pied enraciné. . . .
Mnseat noir. Pied enr.
Mnsoat ronge. —
ni usent blane faAtlf.
Le pied enraciné. . . .
Mnseat rose. Pied enr.
Madeleine noire; —
Maliroisle rose* •—
Malirolsiagrossa. -r ^
MalTolsie blane. — i
Morillon hâtif (ou plant
de juillet). Pied enraciné. »
MesUer blanc. — •
— noir. — î
Palestine. —
Pinot franc. —
Précoce Malingre. Le
pied enraciné
Salbalkasko j. Pied enr.
TokaK gris ^ —
Tokal des Jardins. Le
pied enraciné
Etc.; etc.
Nota. — Tous ces pkmts sont
assurer la reprise.
assez bien enracinés pour A
yGoogk
' AVIS A NOS LECTEURS 169
FRAMBOISIERS
Cette collection est Tune des meilleures qui exis-
tent. (Voir le Catalogue général pour les prix.)
No» 1 Merveille des Quatre-Saisons, ^rouge, remon-
tante jusqu'aux gelées,
2 Grosse rouge, non remontante.
3 Perpétuelle ou nouvelle Quatre-Saisons à gros
fruit rouge.
4 César à fruit jaune.
5' Belle de Fontenay.
6 Merveille des Quatre-Saisons, jaune. •
7 Catavissa.
8 Falstaîf.
9 Superbe d'Angleterre. ♦
10 Belle de Palluau.
11 Double Béaring.
12DeBrabant.
13 Hornet.
14 Jaune du Chili.
15 Jaune d'Anvers.
16 Surpasse Falstaff. , .
17 Semper fldelis. ♦
ARBRES FRUITIERS
Abricotiers, cerisiers, pêchers, poiriers, pommiers,
pruniers, les meilleures variétés. (Voir V Horticulteur-
gastronome pour se renseigner.)
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170 AVIS A NOS LECTEURS
Les prix sont indistinctement fixés comme ii suit,
excepté pour les variétés nDUvellôâ qui seront cotées
"au mieux.
Haute tige, selon le sujet. ». 1 60 à 2 »
Espalier . » 90 1 25
Pyramide » 60 1 •
Cordons » 60 .» »
PLANT d'un an de SEMIS POUR GRÈlTPÈft
Amandier, le 100, i<" choix. . .
3fr. .
— 2» choix. . .
2 fr. .
Cognassier, le 100, 1«* choix. . .
3 fr. .
— 2» choix. . .
2 fr. .
Poirierfranc,lelOO, ie'choix. . .
3 fr. I
* — 2« choix. . .
2 fr. .
Pommier franc, le 100, 1" choir. .
2 fr. 50
— 2« choix. . . .
1 fr. 75
FIGUIERS
Le figuier ne se plante qu'au printemps dans le
Nord. — Au midi de la France on peut le planter à
Tautonme.
Flu^uler à fruit blanc d'Argentmil , la
meilleure de toutes les figues pour manger fraîche,
le pied enraciné, de 1 fr. 25 à 1 fr. 80*
«ftMei^ à tttAk i^let, le piefd enraciné, ds
Ifr. 50à2fr,
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AVIS A NOS LECTEURS \Tl
glaïeuls gaî^davensis
BT VARIÉTÉS HYBBJDBS
Notre collection est des plus variées et des plus re- *
marquables.
Prix : l'e série, de 25 oignons assortis. . 4 fr.
2« série, de choix, de 35 oiguoag
assortis 6 fr.
3® série, extra, 25 oignons variés. 8 fr.
Nota» — Cette dernière série comprend 16 à 15 va-
riétés remarquables qui ne sont pas dans le cemimerce,.
(Voir le Catalogue général pour les modifications
de prix et les nouveautés. Nous faisons des semis
tous les ans sur une grande échelle, et pous avons
toujours ainsi un grand nombre de variétés nou-
vejies à la dispositioi^ de nos clients.)
PLANTES DIVERSES
Houbbn pour tonnelles, planta forts, le pied. 40 c.
— pour la fabrication de la bière,
le$ 100 pieijs. .... 12 fr.
-f- Précoce de Spalt, Je plus estimé»
les 100 pie^s 14 fp.
Lierre dlrlandôy l«f choix en godets ou en
motte, les JQO pieds. . 50 fr.
— 2® choix, un peu moins fort. 45 fr.
Oseille géante, la plus belle connue (portant des
feuilles qui ont 30 centimètres de long mv 17 centi^
mètres de large, pétiole ou queue non compris), le
pied 40 centimes, la douzaine de pieds, 3 fr.
yGoogk
178 AVia.A NOS LECTEURS
LISTE
PES PRINCIPiUlS PRÉPARATIONS ŒNOLOGIQUES OU CHIMIQUES
FAQRiQCéES PAR MM. LEBEUF Fils et G% a argentedii,
(SEINE«ET-0I8E)
(Demander franco le Catalogue général pour connaître lés autres
produits.)
Bouquet de Pomaid et de Boîtrcogne, donne au vin le
goût et le parfum du yin vieux de Bourgogne. Le flacon,
pour 230 litres 3
Bouquet obnanthiqui des vins du Midi, pour empêcher
Taigre des vins du Midi et leur enlever leur goût de
terroir. Le flacon pour 230 litres 2
Elixir de Cognac, préparation pour donner aux. coupages
et eaux-de-vie ordinaires le bouquet, la sève et* le montant
des cognacs vieux. Le flacon, pour iOO litres 5
Extrait de Bordeaux, ou Sève de Médoc. Un flacon donne -
le bouquet des vins du Médoe à une barrique de
. 230 litres 2
Maladie des vins. Quelle que soit la maladie des vins^
là dose pour guérir 130 litres, est du prix dé 3 fr.
Les principales maladies d^ vin sont connues sous les
noms suivants : aigre, absinthe (poussé), am«r, gras, fùté,
moisi ou pourri, rance, goût de chêne, perte de couleur»
— Une instruction enseigne le mode d'opérer.
Poudre anglaise, pour clarifier indistinctement tous les
vinS;, les bonifier et augm^ter de suite leur bouquet. Le
demi-kilo, pour 60 à 80 hectolitres S
Poudre Lebeuf, pour la clarification des vins rouges et
des vins blancs. Le kilo, pour 50 hectolitres..... 6
Teinte Bordelaise, pour la coloration des vins blancs et
* des vins rouges trop pâles. L'hectolitre, 100 fr. (1 litre
colore autant que 20 litres de vin de Marbonne).
Vieillisseur des vins. N» 1, pour adoucir les vins verts
et durs, les vieillir et les clarifier; n" % pour les vins
qui n'ont que peu de verdeur; n» 3, pour les vins tendres
ou provenant de vendange bien mûre. Chaque dose, pour
230 Utres ,,.. 3
dby Google
TABLE DES MATIÈRES
LES ASPER6B8.
Variétés de Tasperge • 7
Description physique des asperges 9
Du sol ,. 12
Préparation du sol. ^ 13
Des engrais avant la plantation 14
Choix du plant 14
De rage et de la force des plants 19
Disposition du terrain pour la plantation ^ . . . . 20
Espacement du plant 22
Plantation • 23
Soins à donner aux asperges, pendant les premières années.. 26
Culture, lahours des aspergeries en rapport 30
Des engrais et de la manière de les distribuer 32
Décottage 36
Rechaussage et formation des buttes 37
BécoltJ, conservation, boltelage, expédition des asperges. . . , 40
Asperges de vente 44
Ces divers modes de cultiYef Tasperge. 4S
Digitrzed by VjCfOQ IL '
174 TABLE DES MATIÈRES.
Fréb et produit d'un hectare planté d'asperges 48
L'asperge d'Argenteail et l'asperge de Hollande compar^.. 49
Gomparaison d*ane plantation faite avec des griffes d'an an,
et d'autres faites avec des griffes de deux et de trois ans. . , 51
Dn semis en place. .*. 54
Utilité des buttel.».*., .,*..,,..,.,,.. .•,,,.,., 55
Guitare hâtive en pleine terre 56
Cmltare forcée 58
Ennemis de l'asperge 62
Calendrier du caltivatear d'aspet^ges. . • 64
LES FRAISES.
Botaniq^ae da fraisier 70
Variétés des fraisiers 76
Da soi convenable aa fraisier 79
Du choix des rariéfés à cultiver 79
PtenUtion 8t
Multiplication du fraisier 83
Dû pailli^ Bi
Entretien des fraisiers après la plantation. . . ; , 8S
Culture des fraisiers des Quatre-Saisons 86
Nettoyage au printemps g9
Cueillette et conservation des ft>aises g0
Emb^lage et transport des fraises. U
Aménagement des fraisiers tt
Des insectes nuisibles au fhtisier 93
Hybvdation du fraisier / 9s
Ordre de maturité des fraises 9(^
Dégustation des fraises # 98
Durée des fraisiers. (02
Moyen de perpétuer les fraisiers , lOf
Maladies du fraisier 10|
Des ettgriBds ifj
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nitE DES MATIÈÏIES. 175
Plant fatigué par le voiyage 104
Ciiltnre hâtée 104
Variétés propres à la culture hâtée 107
Culture hâtée en pots , 1 1 • • • * *^
Culture forcée. lOd
Art d'accommoder les fraises iiO
Cofiserve des fraises •* li?
Gopfiture de fraises \\^
Qsiée de fraises , . , . , ^ . . , , AiÇ
- Liqueur ou Crème de fraises .\ ,,,..,.».,. . \\9^
Propriétés médicinales des fraises. . . , ,,,.,,....,.., -4^6
Calendrier du cultivateur de fraisiers Hd
LES FIGUES.
Variétés du figuier. . , '. . 185
Du sol convenable au figuier 1Î6
Plantation 127
Culture 128
Relevage 129
Taille 130
Éborgnage ou pinçage 131
Ectonnage .^ 132
Ebonrgeonnage < 134
Apprêt des figues 135
Caeillette, emballage, expédition 137
Taille d'automne 137
Couchage 139
Culture forcée , 140
Charpente du figuier * 140
Havalement 141
Recépage ; 142
Maladies du figuier 143
Calendrier du cultivateur de figuiers 145
dby Google
176 TABLE DES MATIÈRES,
LB8 FRAMBOISES.
Vaïiéléà du framboisier - lA
Du sol etjde Texposidoo : - 151
Plantation 158
Culture 153
TalUe m
Différents modes de culture 157
Cueillette et transport « 158
Ëm^oi de la framboise 12^
NOTES DIVERSES.
Avis à nos lecteurs 166
Elirait du catalogue des asperges, fraisiers, vignes, framboi-
siers, arbres fruitiers, etc '. . . 166
FIN DE LA TABLE.
^ÀiS. — Imp. L. Toiuou et C«, à Saint-Gcrmaiu,
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N
Imprimârte L. Toinon* ei C^
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yGoogk
^
U DAY USE
RETUBN TO DESK FROM WHICH BORROWED
LOAN DEPT.
RINEWAIS ONLT— TEL Nd. M2-S40S
Tbis book is dti^ on thc last cbte smmped bclow» or
on the dacc to which rçnewed.
Ratiewed book^ are subject eo immédiate recatl.
^L 5Î9690*
IVED
^ '69-Î^PM
UOAN PfcPT
LD 2lA-40tra'2/69
< J 605 7 al Û14 7 &— A-S 2
IMn^plfr f3iF OftîîJforcia
BerkcLef
YA 06079
Googk
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dby Google