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Full text of "Les asperges, les fraises, les figues et le framboises; ou, Description des ..."

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THE LIBRARY 

OF 

THE UNIVERSITY 

OF CALIFORNIA 



FROM THE LIBRARY OF 

COUNT EGOH CAESÀR CORTl 



MAIIJ LIB.^AGRIC. 



yGoogk 



Digitized by VjOOQ IC 



ntf^k i-^s 



ASPERGES 

LES FRAISES 
LES FIGUES ET LES FRAMBOISES 



, DKSCfifPTlOT^ DKS MÊÎLLErRES MÉTHODES OE CULTURK 

StiïVJE 

mm M.M. aijiwiiiRÈ; ni: é^es FORCEa 

tO'JR AVÙtR fclé J^PttUHOPS ÙT DÏS FJ1BIT6 ttltljANT ^'fllVEA 

BU CÂLEHDRIEa 
m CULflVATECU l»* ASPERGES, DE FUaISIERS ET DE nCtUKRS 



V.-F.ILEBEUF 

impérial]? dMiûrltii^illiûrv lia JM^Àije^ di« Ia StuciALé NanUlïts iJ'iLrjrtlL-uïlurEj cIck 



QIÎATIUÈME ÊDliroN 



PARIS 

CttlMEttftT iT LlDWEaEY.'^S I RQRET 



i 1869 Digitizedby Google J 



c^^t . 



Digitized by VjOOQ IC 






La première édition de ce petit traité a paru en 
1863. Depuis cette époque, trois éditions ont été 
successivemeijt épuisées. La faveur que le public a 
accordée à ce travail tient à ce qu'il a comblé une 
véritable lacune. En effet, avant sa publication, la 
culture rationnelle et économique de l'asperge n'était 
pas connue, bien qu'elle fût pratiquée depuis 35 ans 
environ à Argenteuil, avec le plus grand succès. 

Le premier, nous avons décrit ce système, et si 
nous le disons ici, ce n'est pas pour satisfa^ire une 
vaine ostentation, mais parce que d'autres ont voulu 
s'attribuer le mérite de notre idée, tant pour la cul- 
ture de l'asperge que pour certains détails de celle du 
fraisier. 

Nous donnons unejjuatrième édition qui aétérevue 
SîTSSjLSJ. 3 t-dby Google 



6 

avec soin et augmentée d'un grand nombre de détails 
pratiques, qui seront lus avec intérêt par les ama- 
teurs. Nous y avons ajouté la culture du framboisier 
dont les fruits délicieux sont très-recherchés d'un 
grand nombre de personnes. 

Aujourd'hui que la culture de l'asperge et celle da 
fraisier ont pris une extension considérable, et qu'il 
n'y a presque plus de jardin sans aspergerie ou sans 
fraisière, notre petit livre sera d'uue utilité plus 
grande encore que par le passé. 

V.-F. LEBEUF. 

Argenteuil, le 20 janvier i869. 



yGoogk 



LES 

ASPERGES 

LES FRAISES 
LES FIGUES ET LES FRAMBOISES 



LES iSPERGES 



VARIÉTÉS DE L'aSPERGE 



Il n'y avait primitivement qu'une seule variété 
d'asperge comestible, l'asperge sauvage (asparagus 
officinalis)y d'où sont venues l'asperge commune {as- 
paragus hortensis) , et la grande asperge [asparagus 
hor tenais major). La première a dû donner naissance 
à Tasperge hâtivô rose d'Ulm, de Hollande et d'Ar- 
genteuil; la seconde, à l'asperge tardive et rose d'Ulm, 

Digitized by VjOOQIC 



8 LES ASPERGES 

de Hollande et d'Argenteuil. Il y a en Europe Aringt à 
vingt-cinq autres espèces ; mais aucunes ne sont co« 
mestibles. 

La culture a une si grande influence sur les végé- 
taux qu'elle en modiâe la constitution, le mode de 
végéter et la saveur. C'est à force d'observations, de 
soins et de patience, que les cultivateurs d'Argenteuil 
sont parvenus à améliorer l'asperge, qu'ils ont Créé 
les .deux variétés hâtive et tardive, et qu'ils les ont 
fixées de manière à les rendre bien supérieures au 
type en grosseur et en qualité. 

On cultive l'asperge dans toute la France, \avec des 
soins à peu près égauy. D'où vient donc qu'il n'y a 
que quelques localités privilégiées qui en produisent 
de belles, de bonnes, et d'une vigueur telle qu'elles 
donnent encore des récolles abondantes après vingt- 
cifiq ans de plantation? Cela provient uniquement 
d'une culture rationnelle et bien entendue, du choix 
du plant et de la variété. 

L'asperge d'Argenteuil est arrivée à un tel degré 
de perfection, qu'il n'est pas possible de la confon-. 
dre avec les ^ anciennes. Comparée avec elles, elle 
donne des récolles triples en poids et en grosseur, et 
l'espèce hâtive produit dix jours plus tôt que lés plus 
hâtives connues. Cela explique la préférence qui lui 
est accordée partout. 



yGoogk 



LES ASPëBGES 







DESCRIPTION PHYSIQUE DES ASPERGES HA.T1VE ET 
TARDIVE D'aRQENTEUIL ET DE L'ASPERQB DE 
HOLLANDE. 



1) est 



Asperge tardive. — L'asperge tardive (flg. 
souvent aplatie ; elle a les 
yeux saillants rapprochés 
et en spirale ; la pointe 
courte et effilée. D^ns les 
bonnes cultures, les turions 
portent de 8 à 16 cenlimè- 
tres de circonférence mesu- 
rés à 22 centimètres der- 
rière la pointe. La flg. 1, 
ci - contre, représente un 
turion dessiné d'après' na- 
ture; il y en a de bien 
plus gros , mais celui-ci a 
été choisi de préférence, 
parce qu'il représente le 
type le plus pur de la va- 
riété. 

La tige de l'asperge tardive s'élève de 1 m. 75 à 
2 m. 30. 

Cette variété est très-vigoureuse, peu difficile sur 
le choix du terrain et vit longtemps. La griffe monte 
lentement, ce qui fait que Tasperge tardive convient 
mieux que la hâtive dans les sols qui ont peu de pro- 
fondeur. Elle rend un peu moins qu'elle dans les 

' DigitizecA^ Google 




10 LES ASPERGES 

premières années, mais elle donne plus longtemps. 
Nous avons vu des aspergeries de Tâge de vingt-sepft 
ans, où Ton faisait encore de très-belles récoltes : les 
lurions mesuraient encore de 6 à 8 centimètres de 
circonférence. 
Asperge hâtive. — L'asperge hâtive d'Argenteuil 
(flg. 2), est généralement 
ronde , parfois un peu apla,- 
tie; elle a les yeux moins 
saillants que ceux de l'as- 
perge tardive, et ils sont 
en spirales moins régulières 
et plus espacées que dans 
cette variété. La pointe est co- 
nique, ordinairement renflée 
dans le milieu et plus lon- 
gue. Les turions mesurent 
de 7 à 16 centimètres de 
circonférence à 22 centi- 
mètres en arrière de la 
pointe. La fig. 2 représente 
un turion d'asperge hâtive, 
dessiné par nous-méme d'a- 
près nature, et de grosseur 
moyenne. Il y en a de beau- 
coup plus forts, mais celui- 
ci a été choisi comme représentant plus exactement 
le type de la variété qui obtient le plus de faveur sur 
le carreau de la halle de Paris. 




dbyGoogk 



LES ASPERGES il 

L'asperge hâliVe prend un plus grand développe- 
ment que la tardive ; elle atteint souvent 3 mètres 
de hauteur. Elle est très-vigoureuse et peu délicate 
sur la richesse du sol ; néanmoins elle le veut pro- 
fond d'au moins 25 centimètres, car les griffes s'élè- 
vent chaque année d'un centimètre environ. Elle 
produit dès la troisième année, et à 6 ans elle donne 
des récoltes considérables jusqu'à 14 ou 15 ans. Passé 
ce temps, les turions sont ^ un peu moins gros, mais 
elle en donne en abondance. Elle vit de J8 à 20 ans 
dans les bonnes cultures. 

Asperge de Hollande. — L'asperge de Hollande 
(fig. 3) est presque toujours de 
forme ronde. Elle a les yçux en 
spirale, les feuilles étroites et sail- 
lantes. La pointe est tantôt coni- 
que, tantôt allongée, quelquefois 
renflée dans le milieu. Les turions 
ont de 3 à 9 centimètres de cir- 
conférence, mesurés à 22 centi- 
mètres de la poinfe. La fig. \3 
représente un des plus beaux tu- 
rions de ce type, dessiné d'après 
nature par nous*même. 

Cette asperge s'élève à 1 m. 50 
environ. Elle est moins bonne, 
moins belle que les deux variétés 
d|Argenicuil. Elle exige un sol 
plufr^^iche ^ pl«# profend ; aussirla euljure en eet^ 
elle généralement abandonnée. Digi,,ed by Google 




15 ' LES ASPERGES 

Parmi les inconvénients qu'on lui reproche, sont 
ceilx-ci : elle devient dure très-promptement, elle se 
déboutonne (la pointe s'ouvre) très-rapidement et 
verdit en 24 heures. Cette variété n'obtient qu'un 
prix très-faible à la halle de Paris ; elle se vend 1 fr. 
la botte quand celle d'Argenteuil de même grosseur 
vaut 3 et 4 fr. Elle né convient donc pas pour la 
grande culture. Comme asperge bourgeoise, elle ne 
convient pas davantage en •raison de son peu de pro- 
duit, de sa dureté et de sa saveur amère et très -pro- 
noncée de verdure ou de petits pois. On ne la culiive 
plus que faute d'autres. On, estime qu'elle rend quatre 
fois moins que les deux variétés d'Argenteuil. Elle 
exige aussi plus de soins et plus d'ehgrais. 

DU SOL 

L'asperge peut croître et prospérer dans tous les 
sols; mais les terres humides ou compactes ont besoin 
d'être modifiées pour qu'elle y donne un produit 
aussi abondant que d§n$ les autres. 

Le sol le plus convenable à la culture de l'asperge 
est une terre franche ou un sol léger et largement 
engraissé, qu'il soit calcaire, granitique ou siliceux. 

Si le sol est dur et compacte, il faut de toute néces- 
sité le rendre plus léger en mettant sur les touffes, 
pendant les premières années, une certaine portion 
de sable, de cendre de c|iaux, de houille ou de four à 
chaux; du frazi ou poussière de oharbon et autroà 

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LES ASPERGES . 13 

matières divis(intes, jusqu'à ce qu'il ait perdu la pro- 
priété, de se durcir et de se gercer par la sécheresse. 

PRÉPARATION DU. SOL 

Dès le mois d'août qui précède la plantation qui 
doit avoir lieu au printemps, il faut s'occuper de pré- 
parer le sol destiné aux asperges ; mais si on ne peut 
le faire plus tôt, il faut profiter des beaux jours de 
l'automne et, à défaut, de Thiver. 

En général, on se donne beaucoup de peine pour 
disposer et préparer le terrain destiné à une aspergerie, 
et cela inutilement. Quelques-uns le creusent et en- 
lèvent les terres à un mètre de profondeur, qu'ils rem- 
placent par des engrais, des ruasses de fumier qui^ au 
lieu de profiter a la plantation, non-seulement se con- 
sument en pure perle, mais lui sont nuisibles. 

Quand l'emplacement qui doit recevoir les asperges 
est arrêté, il faut se borner à lui donner un bon la- 
bour de 25 à 30 centimètres au plus. 

On le débarrasse des pierres petites et grosses, de 
manière à le rendre meuble et facile à travailler. 

L'asperge demandant à être assise sur un sol ferme, 
il falit bien se garder de défoncer au delà de 30 centi- 
mètres; car les racines, en s'enfonçant à une trop 
grande profondeur, subiraient moins les influences 
delà chaleur du printemps; la végétation en serait 
retardée, la récolte moins abondante, les asperges 
moins grosses e^la plantation moins durable. 

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14 LES ASPERGES 

Le sol devra rester brut après le lahiour, c'est-à-dire 
qu'on n'y passera pas le râteau pour Taplanir, afia 
que les gelées aient une plus grande action. ^ ^ 

Quelles que soient, du reste, la qualité et la nature 
du sol, il est de la dernière importance qu'il soît purgé 
des pierres qui nuisent à la végétation des asperges, 
retardent leur sortie en les faisant se replier sur elles- 
mêmes, et qu'il soit entièrement ,net de mauvaises 
herbes. 

DES ENGRAIS AVANT LA PLANTATION 

Si le sol n'est pas excessivement pauvre, on doit se 
dispenser de fumer. 

S'il est épuisé, on devra enterrer, lors du labour 
qui précède la plantation, c'est-à-dire au mois de sep- 
tembre, d'octobre ou de novembre, pas plus tard, du 
fumier déjà bien consumé, aûn qu'ajrès l'hiver et 
lors de la plantation, on ne le retrouve plus qu'à 
l'état de terreau. Règle générale, il ne faut jamais 
fumer en plantant ; car les engrais attirent les insecte» 
les taupes, etc., qui font un tort considérable au 
jeune plant. 

CHOIX DU PLANT 

Si vous semez de l'ivraie, vous ne récolterez pas du 
blé ; si vous plantez un arbre malade, vqus ne*,deve2. 
pas espérer 4u3l 8er.% iamaigL.5^Jî^j5kyigftureux.,.,Si. 

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LES ASPERGES 15 

VOUS planiez de l'asperge abâtardie, vous n'aurez ja- 
mais qu'une misérable récolte. 

Nous avons entendu dire bien souvent : « Peu im- 
porte le plant; avec une bonne culture et des- engrais, 
nous obtiendrons de bonnes et belles asperges. » Er- 
reur I C'est en vain que vous soignerez au mieux une 
plantation de chou quintal, vous ne récolterez jamais 
du Milan ou du chou de Saint-Denis. ' 

Il n'y a qu'une seule espèce d'asperge ; mais il y a 
autant de sous- variétés que de localités qui la Culti- 
vent, autant de sous-variétés qu'il y a de cultivateurs; 
car l'asperge, se reproduisant de graine, varie infail- 
liblement, quand les porte-graines ne sont pas pré- 
parés spécialement à cet effet, et qu'on se borne à 
choisir la graine au milieu des carrés sur les plus 
belles touffes. 

Entre l'asp^eVge sauvage et toutes les variétés culti- 
vées aujourd'hui, la différehce est grande'. Cependant 
elles sortent du même type. Entre les sous-variétés 
mêmes il y a des nuances de toutes sortes ; entre l'as- 
perge ordinaire, l'asperge de Hollande et celle d'Ar- 
genteuil, il y a des caractères bien tranchés, il y a un 
abîme de différence. 

Parcourez les champs d'asperges d'Argenteuil, de 
Saint-Denis, de Gennevilliers, d'Enghien, de Colom- 
bes, de Sannois; examinez, à l'époque de la ré- 
colté, la forme et la qualité de l'aôperge, et vous serez 
convaincu qu'il n'y a pas de confusion possible, ni 

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16 LES ASPERGES 

comme précocité, ni comme qualité, ni comme forme, 
ni comme force, ni comme apparence. 

11 ne suffit pas de trouver la localité où Tasperge 
se cultive et a du sang, comme Ton dirait en parlant 
de chevaux ; mais il faut encore savoir si elle est 
chez Pierre ou si elle est chez Paul. — Et cela ne 
suffira pas ; parce que Pierre a une bonne espèce 
danls telle pièce et une mauvaise dans telle autre ; 
parce que dans la même il y en a de bonnes et de 
mauvaises. 

Par variété ou sous- variété, nous n'entendons pas 
prendre le terme rigoureusement dans son acception 
botanique, mais culturale ; c'est-à-dire que ces variétés 
sont susceptibles d'atavisme, quand elles sont négli^ 
gées o«r mal cultivées. 

Rien n'est donc aussi difficile que de se procurer 
des variétés, non pas de bonne qualité, mais de qua- 
lité exceptionnelle. 

Le cultivateur d'asperges ne multiplie les bonnes 
variétés que pour lui, parce, qu'il n'a pas înlérêt à 
les répandre ou à les vulgariser. Il ne vendra pas 
ses meilleures espèces, parc^ qu'il craint la concur- 
rencera la Halle. Aussi remarque -t-on une énorme 
disproportion entre ses produits et ceux qui provien- 
nent des plantations faites avec son plant. 

Le choix du plant est donc une chose très-impor- 
tante dans la culture de Tasperge ; si importante, 
que l'on devrait jeter celui qu'on offrirait pour rien, 
s'il est douteux, alors même qu'on devr^iit le payer. 

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LES ASPEMGES 17 

50 centimes le pied si l'on est assuré d'avoir une 
bonne variété. 

En effet, quel avantage aurait-on d'économiser 
50 centimes par griffe d'asperges, si Ton récolte deux 
ou trois fois moins ? Ce serait une triste économie et 
un bien mauvais calcul. 

Dans les localités les plus réputées pour la culture 
de l'asperge, à Argenteuil, par exemple, les plan- 
teurs s^atlachent avec le plus grand soin à avoir de 
bonàes variétés ; non-seulemept ils les choisissent 
dans leurs plantations, mais, quelquefois encore, dans 
celles de leurs voisins. De telle sorte que souvent 
des porle-grainesi élevés et entretenus avec soin par 
leur propriétaire, ont disparu pour lui au moment de 
la récolte. Il est arrivé même que des touffes ont été 
détruites par ceux qui en avaient enlevé la graine, 
afin que leur propriétaire lui-même ne pût les repro- 
duire. Cela donne la mesure de l'importance que l'on 
attache au choix des variétés. 

Le cultivateur qui a dès sous-variétés rares en 
empêche aussi la multiplication, soit en brisant les 
tiges fructifères, soit en enlevant les graines, afin que 
Ton ne puisse les reproduire. 

Si dans les localités de grande culture, il y a autant . 
de difficulté à se procurer du bon plant, on com- 
prendra qu'il est à peu près impossible d'en avoir 
même de passable dans les maisons bourgeoises éloi- 
gnées des grands centres de production. 

A*quoi reconnait-on le bon plant? Rien de plus 

Digitized bi^VjOOQlC 



18 LES ASPERGES 

facile pour qui Ta vu naître ; rien de plus difficile 
pour celui qui ne le voit qu'à Tétat de griffe, au mo- 
ment de la plantation. 

Pour faire choix d'un bon plant, il faut être sûr de 
la graine d'abord ; être certain qu'elle provient d'un 
plant qui a le caractère qu'il représente, depuis deux 
ou trois générations; ensuite, avoir éliminé, au sortir 
de la pépinière, tous les sujets qui s'éloignent du type 
que l'on veut reproduire. Ceci est un art que l'on ne 
peut exercer soi-même, quand l'on n'est pas versé 
dans cette culture ; aussi le plus sage, quand on 
veut faire une plantation d'asperges, est de donner sa 
confiance à une maison spéciale, bien placée pour 
pouvoir faire des choix elle-même de graines et de 
plant. 

Alors même que l'on aurait un bon plant sous la 
main, il faut savoir en recueillir, la graine, car elle 
n'est pas toute indistinctement bonne. Celle qui est 
recueillie sur une touffe qui a fleuri à côté d'une 
mauvaise ou d'une médiocre, et en même temps 
qu'elle, ne vaut rien, parce qu'elle a été fécondée par 
celle-ci. 

Il faut qu'elle soit parfaitement mûre et conservée 
'convenablement après la cueillette. Les derniers tu- 
rions ne donnent aussi que de la graine douteuse ne 
reproduisant pas la variété fidèlement. Les graines 
qui sont aux extrémités des branches, celles qui sont 
en haut de la tige, celles qui sont en bas, ont le même 
inconvénient ; celles qui ne sont pas assez mûres, 

, ' Digitizedby VjOOQIC 



LES ASPERGES * 19 

celles qui sont trop petites sont égaJement de mau- 
vaise semence. Enfin, on ne doit récolter la graine 
que sur des plants dfe Tâge de sept à dix ans et qui en 
portent peu. Les tiges chargées de graines ûe doivent 
pas être cueillies, car la semence qu'elles donnent 
est défectueuse. On voit par là la difficulté énorme 
qu'il y a à se procurer de la bonne graine et du bon 
plant, et pourquoi ce dernier a une valeur relative- 
meijt si grande. 



DE LAGE ET DE LA FORGE DU PLANT 

On plante des griffes d'un an et deux ans, mais il y 
a longtemps que les bons praticiens ne plantent plus 
que des griffes d'une année. Le plant de deux ans est 
toujours mauvais, quels que soient, du reste, les soins 
qu'on lui ait donnés et sa nature. 

Tout plant trop fort doit être rejeté ; car il a trop de 
besoins à satisfaire, ou il est trop vieux et déjà usé. 

Il est facile de comprendre que le plant, quelque 
espacé qu'il soit la première année, n'a plus un es- 
pace sufîisant pour végéter l'année suivante. Il souffre 
et s'étiole. D'autre part, les racines sont trop grosses, 
ligneuses; elles ont du chevelu et la reprise est plus 
difficile. 

L'asperge croit avec vigueur; il n'y a qu'une as- 
perge dégénérée qui soit assez faible la seconde année 
pour supporter la transplantation sans en soufirir : 

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20 LES ASPERGES 

mais alors ce n'est plus qu'un avorton qui ne produira 
jamais que de chélives récoltes. 

Le plant de bonne nature étant assez fort après la 
première année, on devra rejeter celui de deux ans. 
Il faut donc apporter la plus grande attention à 
son choix, comme nous l'avons dit précédemment. 
D'après un vieil adage, une mauvaise marchandise est 
toujours trop chère. Si cela est vrai, c^est surtout vrai 
pour l'asperge. 

La force ou la grosseur des griffes est insignifiante 
quand la graine a été bien faite; cela est tellement 
vrai, qu'à la seconde et à la troisième année on ne les 
distingue plus les unes des autres. 

DISPOSITION DV TERRAIN POUR LA. PLANTATION 

Si VOUS voulez planter en plein, c'est-à-dire faire 
un carré d'asperges séparé du reste du potager, où- 
• vrez, à la distance d'un mètre l'une de l'autre, des 
tranchées de 25 centimètres de profondeur sur 25 de 
large, en rejetant de chaque côté la terre extraite de 
la fosse, de manière à former des ados R R R (ûg. 4). 
La ligne qui est sous les lettres H H H indique le 
niveau du terrain et la partie supérieure la terre ex- 
traite des rayons; les lettres MM (fig. 4) désignent. les 
griffes mises en place avant qu'elles soient recou- 
vertes de terre. 

On remarquera que les tranchées sont ouvertes 
presque perpendiculairement comme une rigole, et 

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LES A6PERGES 21 

qu'elles forment un angle avec Fados, au niveau du 
sol. Cet angle disparaît, lors du recouvrement de la 
griffe, comme on le voit en la fîg. 5, et la base de 
Tados prend naissance, alors, à pai-tir du fond de la 
tranchée. 

Gardez- vous bien de labourer le fond de votre fosse 
et de Tameublir, comme le recommandent la plupart 
des auteurs. L'asperge a besoin de courir sur le sol et 
non de s'y enfoncer; parce que si les racines sont 
trop profondes elles ne subissent pas les influences du 
soleil, au printemps. 



i 




Fig. 4. — Ck)upe de roaverture des tranchées avant la plantation. 

D'autre part, elles peuvent rencontrer un sous-sol 
froid, humide ou aride ; toutes circonstances défavo- 
rables, indépendamment de ce que les engrais n'arri- 
Tent que diffîcilement jusqu'à elles; ce qui rend leur 
effet presque nul ou le reîarde considérablement. 

, On dispose encore le terrain d'une autre manière : 
on fait des godets de 15 centimètres au fond des 
rayons, on les remplit de 5 centimètres de terre fine 
et on fait les buttes. Cette disposition est utile dans 
les sols secs et caillouteux qui^ont peude fond.en atti- 

Digitized by VjOOQ IC 



"it LES ASPERGES 

rant rhumidité vers les griffes et en diminuant le tra- 
vail d'ouverture des rayons. 

Si le sol est très-frais, au lieu de creuser des rayons 
ou tranchées de 25 centimètres, on ne leur donne 
qu'une profondeur de 17 à 20 centimètres seule- 
ment. 

Si vous ne tenez pas à avoir votre aspergerie distincte 
du reste de votre potager, au lieu de lui consacrer un 
carré spécial, ouvrez des fosses d'un mètre de large 
de distance en dis<rance (de 3 à 4 mètres par exem- 
ple), et plantez éur deux rangs. De cette façon, vos -as- 
perges auront un espace plus considérable pour éten- 
dre leurs racines qui ne s'enchevêtreront jamais avec 
celles des rayons voisins, et vous les aurez plus belles, 
plus succulentes et plus durables. 

Les auteurs anciens recommandent de faire des fos- 
ses profondes,d'extraire la terre à un mètre de profon- 
deur et de reôplil* avec du fumier, des composts et des 
engrais de toute nature. L'expérience a démontré, de- 
puis bien longtemps, qu'il n'y a pas de pire méthode 
que celle-là. Elle est coûteuse et ne donne que des as- 
perges tardives, rares et faibles. C'est l'enfance de 
l'art. 

ESPACEMENT DES PLANTS 

Quand on plante en plein carré, on doit espacer les 
touffes d*un mètre au moins en tous sens,,et de 80 cen- 

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LES ASPERGES 23 

tîmètres sur un mètre seulement si la plantation 
a lieu par planches de deux lignes. 

Nous avons adopté,pour nous,la distsînce suivante : 
nos lignes sont espacées de 1 mètre 20, et les touffes 
plantées sur la ligne à un mètre seulement. De 
cette façon, on a plus d'espace pour la terre extraite 
des fonds (i;ayons), les buttes sont plus faciles à faire 
et les cultures moins dispendieuses. 

Quelle que soit, du reste, la distance, le poids de la 
récolte est à peu près le même ; mais les aspergeries 
trop serrées donnent des produits moins beaux, moins 
hâtifs, moins durables, moins bons, et elles sont plus 
tôt épuisées. Elles exigent plus d'engrais, les cultures 
sont plus difficiles. Ces aspergeries sont plus sujettes 
à être atteintes des insectes et deviennent impropres 
à la reproduction, parce qu'elles s'abâtardissent plus 
vite. On a donc tout à perdre et rien à gagner à ne 
pas distancer suffisamment les touffes dans les plan- 
tations. 

PLANTATION 

On plante Tasperge au printemps et à Tautomne. 

La plantation d'automne ne réussit pas dans les ter- 
rains frais : les griffes périssent pendant l'hiver, et 
celles qui résistent ne végètent plus que misérable- 
ment. Dans les climats froids, elle ne réussit pas da- 
vantage, même dans les sols secs. Cela est dû à ce que ^ 
Tasperge étant une plante grasse elle ne végète pas 

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2Â LES ASPERGES 

rhiver, au contraire des plantes ligneuses, et qu'elle 
pourrit très-souvent quand elle est mise en terre trop 
tôt. 

Dans les pays méridionaux seulement^ on peut 
planter à l'automne ou pendant Thiver. 

Soit que vous plantiez en carré, soit que vous plan- 
tiez en planches, placez un cordeau au fond du rayon, 
pour tracer votre ligne, et marquez l'endroit qui doit 
recevoir la griffe avec un plantoir à l'aide duquel vous 
faites un petit trou. Cela fait, amenez avec la binette 
un peu de terre meuble à la place où est le trou, de 
manière à former un monticule MM (fîg. 4) de 4 cen- 
timètres de hauteur, en forme de cône aplati, et con- 
tinuez ainsi jusqu'au dernier rayon. ^ 

Cela fait, prenez une griffe, étalez-la sur le monti- 
cule, rangez les racines de manière qu'elles ne se 
touchent ni ne se croisent,et recouvrez-la de 8 à 10 cen- 
timètres de terre fine, meuble, criblée au besoin. 
Pressez fortenaentla terre,aveclamain sur les racines 
afin de les y faire adhérer, pour que la griffe ne se re- 
lève pas, qu'il n'y ait pas d'air dessous, et l'opération 
est terminée. Il ne reste plus qu'A jeter de la terre 
dans les intervalles des plants pour qu'il n'y ait pas 
de vide entre les monticules ; cela fait, on nivelle le 
fond du rayon avec le râteau, au niveau de la 
ligne B (flg. 5), c'est-à-dire à 10 centimètres au-dessus 
du fond, 

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LES ASPERGES 2S 

~:3rw ^. 

XAl._ 

Fig. 5. — Coapedes tranchées et rayons après la plantation. 

Au contraire de la fig. 4, la fig. 5 donne la coupe 
des ados et des fonds après la plantation. Seulement, 
on a laissé visibles les griffes et les monticules M M, 
tandis qu'ils sont recouverts par la terre qu'on a prise 
dans les ados, sur la partie qui formait l'angle au 
niveau des lettres H H (fig. 4). — Les griffes sont 
donc recouvertes jusqu'au niveau de la ligne ponc- 
tuée B. 10, soit de 10 centimètres environ, y compris 
les petits monticules qui se sont affaissés et qui n'ont 
en réalité que un ou deux centimètres au plus de 
hauteur. 

Pour planter à plat le long des murs, on ouvre des 
trous de 20 centimètres de profondeur; où remet 
4 centimètres de terre meuble ; on plante comme nous 
venons de le dire et on remet 8 à 10 centimètres de 
terre meuble dessus. On ménage des godets autour du 
plant pour y attirer Thumidité^et à la troisième année^ 
on rapporte de la terre pour faire des buttes, sans 
quoi les asperges seraient trop courtes. 

Ooelques auteurs recommandent de planter les grif- 
fes aussitôt qu'elles sont arrachées^ c'est une erreur : 

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26 . LES asperges] 

l'asperge reprend d^autant mieux qu'elle est fanée. A 
VimitatioD des plantes grasses, elle pourrit souvent si 
on la plante toute fraîche; aussi a-t-on remarqué que 
les griffes qui ont voypgé reprennent mieux que celles 
qu'on plante en sortant de terre, et donnent de plus 
beaux produits par la suite. (Nous avons planté, le 
16 avril, des griffes arrachées le 20 février, et les touf- 
fes sont de toute beauté.) 

« 

SOINS A DONNER AUX ASPERGES PENDANT LES TROIS 
PREMIÈRES ANNÉES 

Première année. — Les soins à donner aux planta- 
tions pendant la première année, se bornent à tenir 
Taspergerie constamment nette de mauvaises herbes, 
à faire la chasse aux criocères,comme nous l'indi- 
quons plus ioin,et à placer de petits tuteurs au pied de 
chaque touffe,aussilôt que les tiges ont acquis 50 cen- 
timètres de hauteur. A cet effiet, on plante une petite 
. baguette, de bois à 35 centimètres de la griffe, dans 
la crainte d'en blesser les racines, et on Tincline du 
côté de la tige. Au point où le tuteur se rencontre avec 
elle, on les attache ensemble avec un lien de paille ou 
de jonc. 

Cette opération a pour but d'empêcher que le vent, 
en ébranlant la pousse, tourmente lagrifEe et nuise à 
son enracinement. Cette précaution est ^de» plus im- 
portantes dans les localités exposées aux vents vio^ 

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LES ASPERGES 27 

lents; car souvent, si elle est négligée, les asperges 
souffrent beaucoup. 

Comme il arrive que des pousses tardives sortent 
du pied, oû aura soin de les fixer au tuteur, au fur et 
à mesure qu'elles s'élèveront. Dans la grande culture, 
on se dispense de ce soin. 

S'il survient de fortes sécheresses, on rapporte 
8 centimètres de terre sur la griffe, afin d'entre-^ 
tenir l'humidité et la végétation. Cette ietre est prise 
sur les ados. 

Les pluies, le^ binages font descendre la terre des 
ados dans les rayons ; de telle sorte que les griffes qui 
étaient recouvertes de 10 centimètres se trouvent, à 
la fin de la saison, plus enterrées, c'est-à-dire jusqu'à 
la ligne G (flg. 5). Au mois de novembre, on ramène 
le fond du rayon au niveau de la ligne B, et même 
au-dessous, en rejetant la terre sur Tados, et on 
fume. 

Seconde année. — Au mois de jnars, après avoir la- 
bouré les ados, on remet quelques centimètres de 
terre dans les rayons, on en élève le niveau entre la 
ligne B et G, ou jusqu'à G, mais pas plus haut. En fai- 
sant cette opération, il faut se garder de toucher aux 
jeunes turions qui sont déjà formés, car si l'on atteint 
la griffe, la récolte est compromise. 

Pendant cette année, on donne les mêmes soins 
que pendant l'année précédente. On fait la chasse aux 

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28 LES ASPERGES 

crîocères, on entrelient le sol net de toutes mauvaises 
herbes. 

De même que la première année il faut multi- 
plier les binages, pour ameublir la .terre surtout au- 
tour des touffes. 

Au mois de novembre dn creuse les rayons en 
i»etirant de la terre jusqu'au-dessous de la ligne B 
(f]g. 5), si la griffe n'a pas monté, mais de manière 
à en laisser toujours 4 centimètres environ sur les 
racines; puis on répand, dans toute la longueur 
des rayons, du fumier bien pourri, oji du guano; ou 
des tourteaux, etc., dans des proportions convena- 
bles. 

. Après r hiver, on recharge les rayons de 4 à 6 centi- 
mètres de terre pour arriver jusqu'au niveau de la 
ligne B (fig. 5), et on fait des buttes de 14 centimè- 
tres, c*(Bsl-à-dire jusqu'au niveau de la ligne D envi- 
ron (fig. 5) et suivant la courbe ponctuée. 

11 faut avoir le sain d'enlever, avant de faire les 
buttes, les vieilles tiges, en les détachant doucement 
jusque sur la griffe. 

Troisième année. -- Pendant la troisième année, 
on agira comme pendant la première; seulement, si 
la plantation a bien prospéré, on pourra déjà faire une 
cueillette d'asperges, à raison de deux ou trois tu- 
rions, seulement, sur les plus belles touffes, mais pas 
plus. A l'automne , on nettoie les rayons ({omme on 

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L£S ASPERGES S9 

Ta fait pour la, première année, et on fume Tados 
(voir plus loin) ; on déchausse de nouveau comme 
à la seconde année , mais on ne fume pas ou légère- 
ment ; on marque avec une baguette les touffes fai- 
bles, aân de ne les pas butter au jH'intemps, et, par 
conséquent, de ne pas les cueillir. Quant à celles qui 
sont déjà fortes , on place deux vieux turions sur la 
butte, et on en arrache un à chaque nouveau turion 
qu'on récolte : on se borne à cela pour cette année. 

Quatrième année. — On se comportera, pendant 
cette année, absolument comme à la seconde. Mais 
on pourra récolter les asperges pendant un mois, en 
ménageant toujours les touffes qui sont faibles. On 
filmera dans les rayons pendant Thiver, et au prin- 
temps on donnera un peu de terre, de manière que 
la griffe soit ehterrée de 12 centimètres. — Pour les 
autres années, voir le Calendrier du Cultivateur 
d'Asperges, 

A partir de cette année , la griffe , repoussant, ses 
racines du collet , tend toujours à s'élever ; c'est 
pourquoi il faut recharger tous les ^ns, de manière 
qu'à 1 5 ans environ, le3 ados soient détruits et que 
la terre se trouve abaissée au niveau de la ligne H H H 
(flg. S). Pour butter les touffes, on est obligé de 
prendre de la terre dans Tados qui devient plus bas 
que les touffes. Les buttes atteignent alors la hau- 
teur de la ligne E (ûg. 5), et même de la ligne F 
quajid la plantation est très-vieille, L'asperge hàiive 

2. 

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30 LES ASPERGES 

s'élève, en moyenne, d'un centimètre par an, et la 
tardive, d'un demi-ceiïtimètre seulement. 



CULTURE, LABOURS DES ASPERGERIES EN RAPPORT 

Culture. — A partir de la quatrième année on 
devra : 

l<ï En novembre enlever les tiges après les avoir 
coupées à 30 centimètres environ du sol ; 

2° Pendant l'hiver défoncer l'ados ; 

3° Décoter et relever les ados ; 

4® Distribuer les engrais (Voir plus loin la manière 
de le faire); 

5o Rétablir les fonds à la fin de Thiver (du 1 5 au 
20 mars) en rapportant les 7 ou 8 centimètres de 
terre qu'on à jetée sur les ados à l'automne ; 

é° Vers la fin de mars, former des buttes de 18 â 
20 centimètres de hauteur sur les touffes ; 

7° Biner aussi souvent que les besoins l'exigent ; 
mais que les herbes poussent ou non, il faut biner 
l'aspergerie au moins quatre fois de mars à octobre : 
soit une fpis en avril, une fois en juin, iine troisième 
en juillet et une quatrième en septembre ; 

8° Détruire les buttes aussitôt après la récolte, à 
moins que l'on ne craigne que les vents renversem 
et brisent les ^iges. Alors on ne débutte pas. 

9® Placer des tuteurs si la force de la plantation 
l'exige. (Dans la grande culture on néglige ce point.) 

Labours. — On donne. le nom de labours aux dif- 

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LES ASPERGES 31 

férentes cultures que reçoivent les aspergeries : ils 
se divisent en binages et défonçages. Les binages 
sont des labours superficiels ^qui ii'entament la terre 
qu'à un centimètre de profondeur; ils s'exécuteiit à 
Taide de la binette ou ratissoire. Les défonçages sont 
des labours profonds que Ton donne aux ados à l'aide 
de la houe ou du croc à dents plates. Ce dernier outil 
est peu connu et peu répandu, mais il est de la plus 
grande utilité ; aussi nous engageons vivement les 
cultivateurs à le mettre en usage. 

Biner est une opération très-simple et très-facile 
qu'il est inutile de décrire, car elle est universelle- 
ment connue. Cependant, nous croyons devoir diî^e 
qu'il est essentiel d'avoir un outil. très^léger et de ne 
pas entamer la 'terre aussi profondément que cela a 
lieu dans certaines localités. Il suffit de la remuer 
à un centimètre pour couper toutes les mauvaises 
herbes. Si on binait plus profondément, outre 
rinconvénieiit qu'il y aurait de ramener sur le sol 
des graines qui germeraient, on. aurait celui d'en- 
lerrer une partie des herbes coupées ati-dessous du 
collet et^mtmies d'une partie de leurs racines, de 
telle sor^e qu'après une pluie on s'exposerait à. en 
voir une assez grande quantité reprendre vie et por- 
ter graine : double inconvénient. 

Le défonçage exige une attention plus grande que 
le binage. L'ouvrier, muni de son croc, se place à 
cheval sur l'ados, et en déplace la terre en la rejetant 
un peu derrière lui sans le déformer et sans atteindre 

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82 LES ASPERGES 

les racines des asperge*, ce qu'il lui est facile de faire 
en ne dépassant pas la profondeur des fonds ou 
rayons. 

' Dans les sables, dans les terres très-douces, où il 
y a des plantes vivaces rebelles, le croc à dents plates 
est' insuffisant pour, les détruire, alors on emploie la 
•houe plate et large ; mais il faut une grande habi- 
tude pour manier cet outil. Il donne beaucoup plus 
de fatigue, mais il déplace complètement la terre, 
parce qu'il ouvre une jauge à Tinstar de celle de la 
bêche. La houe ne déforme pas les ados, c'est un 
avantage, car derrière elle il y a peu de chose à re- 
dresser. 

Malgré toutes les précautions possibles, Tados est 
déformé plus ou moins ^ar le défonçage, et ,il est 
utile de le redresser après coup àTaide de la houe 
plate ou de la binette. 

Les cultivateurs soigneux défoncent les ados tous 
les ans ; d'autres tous les deux ans ; enfin, il y en a 
qui ne les défoncent que tous les trois ans. Il est 
certain que plus la terre est meuble, plus la végéta- 
tion est active. 



DES ENGRAIS ET DE I^A MANIÈRE DE LES DISTRIBUER 

Par la méthode de culture que nous avons décrite, 
il ne faut que fort peu d'engrais, à peine le double 
de ce qu'on emploie dans les grandes exploitations 



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LES ASPEïiGES 33 

OÙ Ton cultive les racine? et autres plantes sarclées. 

On nous a souvent demandé quels sont les plus 
convenables et le moyen de se les procurer. 

Tous les engrais, quels qu'ils soient, sont conve- 
nables à l'asperge. Cependant il y eu a quelques- 
uns qui peuvent être nuisibles : les matières fécales 
fraîches employées en trop forte quantité et à proxi- 
mité des racines peuvent tuer l'asperge ou au moins 
en gâter la récolte pendant un an ou deux. 

Il faut aussi se méfier de ceux qui sont trop actifs, 
tels que la chaux, les cendres lessivées ou non, le 
fumier de mouton, d'âne ou de mulet emj)loyés à 
trop forte dose. ^ 

On obtient d'excellents résultats, dans certains 
sols, en faisant une demi-fumure de fumier d'éta- 
ble et une demie avec du sang desséché, du guano, 
des engrais marins, etc., etc. ; mais il faut en essayer 
en petit, avant d'agir en grand. ^ 

Dans ce cas on répand ces engrais avant le fumier. 
Depuis quelque temps on a beaucoup parlé du sel, 
nous en avons essayé à plusieurs reprises sans pou- 
voir nous en rendre un compte exact. Nous enga- 
.geons donc les cultivateurs d'asperges à faire des es- 
' sais en petit avant d'opérer sjur une grande échelle, 
car ils pourraient éprouver des déceptions. 

Il y a deux manières d'appliquer ou de distribuer 
les engrais : la première en les étendant dans les 
fonds, la seconde en les mettant dans les ados, 

Yoici comment on procède. 

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a LES ASPERGES 

C'est toujours pendant ou avant Thiver qu'il faut 
fumer pour que les pluies aient le temps de dissoudre 
les parties solubles et de les entraîner à proximité des 
racines. Si on ne fumait qu'au printemps, l'effet des 
engrais serait nul ou à peu près , et ce ne serait qu'un 
an plus tard qu'il se ferait sentir, encore serait-il 
moindre. 

Quand on furne dans les fonds, on commence par 
décoter ; cela fait, on étale l'engrais dans toute l'éten- 
due du fond, c'est-à-dire sur toute sa longueur et 
toute sa largeur; puis, avec la main, on retire celui 
qui se trouve sur la griffe même et on évite d'en 
placef sur l'endroit que les turions doivent traverser 
pour sortir, car le contact inlmédiat des engrais les 
fait rouiller et les rend impropres à la vente et à la 
consommation. 

La quantité d'ôngrais à employer varie selon les 
besoins de l'aspergerie ; on met généralement de 2 à 
3 centimètres d'épaisseur, environ, de fumier bien 
consumé (car le fumier long et pailleux doit être re- 
jeté) sur toute la largeur du rayon, -soit- de 401 
50 centimètres, selon l'âge de l'aspergerie. A Argen- 
teuil, les cultivateurs fument à raison de 33 centimè- 
tres cubes (un pied) de gadoue pour 5 ou 6 touffes,' 
soît 1 mètre cube pour f40 touffes environ, et cela au 
moins tous les deux ans. 

Au printemps, on remet, dans les fonds, la terre 
qu'on a enlevée au décotage et le fumier s'en trouve 
ainsi recouvert de 7 à 8 centimètres. 

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LES ASPERGES 3S 

Pour fumer dans les ados il faut commencer à ou- 
vrir le plus tôt possible (dès la fin d'octobre) des tran- 
chées de 35 centimètres de large et d'une profondeur 
telle qu'elles atteignent le niveau des fonds sans le 
dépasser, afin d'éviter de blesser les luCines. 

La terre gui est extraite de ces tranchées est dé- 
posée dans les fonds entre chaque touffe d'asperges 
et placée de manière à ne pas couvrir ces dernières et 
à pouvoir être reprise sans briser les tiges destinées 
à marquer l'endroit des touffes. 

Cela fait, on dépose l'engrais dans la tranchée sur 
une épaisseur d'au moins 6 centimètres, on remet la 
terre en place et on reforme Tados. 

Les tranchées s'ouvrent, soit à la houe plate, soit i 
la bêche. La houe plate est difficile à manier quandou 
n'en a pas l'habitude, mais elle expédie la besognes 
plus rapidement que la bêche. Nous engageons les 
(mllivateurs d'asperges à employer cet instrument 
dans les terres qui ne contiennent pas de pierres. 

Dans les sols pierreux, les tranchées sont un peu 
plus difficiles à ouvrir; on est obligé, parfois, de re- 
courir au croc à dents larges pour entamer la terre 
qu'on enlève ensuite avec la pelle. Dans ce cas, on 
jtame un peu plus fort et on ne pratique cette opéra- 
tion que tous les quatre ou cinq ans pour éviter des 
frais et des embarras, c'est-à-dire à la quatrième, à 
la huitième et à la dixième année, 

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36 LES ASPERGES 



DÉCOTAGE 



Décoter est le terme par Jequel le cultivateur d*Ar- 
genteuil désigne Topération qui consiste à retirer la 
terre des fonds ou tranchées où sont plantées Içs as- 
perges et à la remonter sur l'^tdos d'où elle est sortie. 
Décoter est donc synonyme de déchausser. 

' . Quand l'on vient de faire une plantation, les ados 
sont en pente assez rapide ( à l'angle de 45») ; il s'en- 
suit que la terr(i étant meuble, descend dans les fonds, 
soit lors des binages, soit par l'effet des pluies qui 
l'entraînent. Dès l'automne qui suit la plantation, il 
faut déjà décoter, c'est-à-dire remonter sur les ados 
la terre qui .a descendu dans les fonds et, ensuite, 
enlever, jusqu'à 3 centimètres des racines, celle qu'on 
:iVait mise lors de la plantation, afin que les gelées 
ameublissent le sol, que les pluies le pénètrent et 
l'amendent, et aussi, et surtout, pour qu'au printemps 
•:s premiers rayons du soleil qui réchauffent la su- 
jierficie du sol pénètrent jusque sur la griffe. Dans 
l'ancienne méthode de culture on rechaussait au lieu 
de décoter^ c'es^à-dire qu'on aiponcelait des masses 
de litières et de fumier sur les touffes, dans la crainte 
que la gelée ne fît périr la plante. C'est une erreur 
dont on est aujourd'hui débarrassé. L'asperge ne gèle 

pas, pourvu qu'il y ait 3 ou 4 centimètres de terre sur 

la griffe, 

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LES ASPERGES «- 37 

. DU REGHAUSSAGE ET DE LA FORMATION DBS BUTTES 

Rechaussage. — Dès les premiers jours de mars on 
procède au rechaussage. Cette opération consiste à 
rapporter, dans les fonds, la terre qu'on a rejetée sur 
les ados avant l'hiver. Quelques cultivateurs la font 
en deux fois : une fois en mars et une seconde fois 
en avril, afin de ne pas nuire. au réchauffement de la 
terre par les rayons solaires, car si on la faisait en 
une seule fois, le calorique pénétrerait moins rapide- 
ment et la végétation serait plus tardive. On rapporte, 
ainsi, environ 10 centimètres de terre dans les fonds, 
ce qui met les racines à une profondeur moyenne de 
15 à 16 centimètres. Dans cet état, Fasperge peut 
supporter les sécheresses de Tétô sans souffrir. 

Pdmr rechausser on se sert de la houe plate de 
20 centimètres de large ou de la binette. 

Formation des buttes. — On commence à faire les 
buttes sur les touffes vers le 25 mars dans le climat 
de Paris; dans toutes les autres localités, il faut les 
faire environ 15 jours avant la sortie des premières 
asperges, ou 12 jours au moins. 

Ces buttes varient de hauteur suivant Tâge de 
l'aspergerie. Voici celle qui est le -plus conve- 
nable : 

A trois ans, pour la première récolte, 14 à 15 cen- 
timètres ; 

A quatre ans, 16 à 17 centimètres ; 

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A cinq ans, 18 à 19 centimètres. 

A six ans, et pour toutes les années suivantes, 20 à 

24 centimètres. 

Çtette différence de hauteur est fondée sut la force 
de la touffe. Plus une touffe est forte, plus elle sup- 
porte dp terre, parce qu'elle peut impunénient la 
traverser en raison de la grosseur des turions et de 
réneijgiede La végétation, tandis qu^ trop jeune le 
turion s'étiolerait, se fatiguerait et serait hors (Jeyggte 
s'ij restait trop Ipngtepips à sortir. 

AxL mo^m 4e m hutfags, ]es luri^HijB ovà ^s Im^ 
guem'8 <9uivtantes9 environ : 23 mila^nètse» A 3 j^m^ 

25 ^:eatimèi;res à 5 ans ^ 27 à ^z a&s« et iQ^tap Im 
années Buivmtes» ^8 à 30. 

Pour Mre les buttes on se sert' égalemenl; da ta 
lioue plate i?u de la binette, et on pr^d ia terre la 
plus njeuble, la ^us fine et la plus aérée, pour que 
les turioijs la traversent façileipent. S'il y ^ gjjelçaes 
pierres oy caillow on îes met de côté pour les sortie 
ensuite -de Ji^spergerie. Il faut au^si ^vit^er iB feii- 
jiBriper du ft^ni^r ou de J'engrais da^s la butte. 




Fig. 6. -^ Coupe d*ane plantation d'asperges, ayant le batta^. 
Pour se faire «me Oés exacte 4u bt^tage, Il faut 

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LES ASPERGES 39 

i^emarqtter qu'avant îa formation des buttes le terrain 
est disposé comme on le voit fig. 6. Les touffes sont 
au fond des rayons T T, et les ados A A A sont dans 
toute leur élévation; tandis qu'après le buttage, l'as- 
pect du sol a complètement changé (voir la fig. 7). 




Fig. 7. — Coupe d'une plantation d'asperges, après le buttage. 

tes ados A A A se sont abaissés, parce qu'on en a 
enlevé toutes les parties coniques supérieures, CGC 
(fig. 7) pour remplir les rayons et former une butte B B 
aui' les touffesT T (fig. 7). — Il faut remarquer que B B 
sepcésente des liuxttes isolées^ comme de fortes taupi- 
nières, ^t noû un second ados qui remplirait le 
rayon d'une extrémité à l'autre. 

Quelques la^ieleas recommandent de faire les 
Jbçtttes ^une année avec un ados, et l'année suivante 
JivecJ'ittttre. Geciii'a auoun avantagé; nous croyons, 
^n contraire, y trouver le double inconvénient de 
Bendre le travail :plus difficile et moins régulier, et 
4'éloigner de la touffe les eaux pluviales. 

îl arrive assez fréquemment que pendant le cours 
de isL cueitlette des asperges, il survient une pluie 
battante suivie de sécheresse ; dans ce cas, les buttes 

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e 



40 LÈS ASi>ËH(iES 

'deviennent très-dures et les turions ne soulèvent 
qu'avec peine la croûte qui les emprisonne. C'est le 
moment de donner un coup de gri/fe^ c'est-à-dire de 
passer sur toute la surface de la butte un trident re- 
courbé en forme de binette, pour Tameublir à 2 ou 
3 centimètres de profondeur seulement, afin de ne 
pas blesser les turions prêts à sortir. Cette opération 
se fait en trois coups de main très-légers qui embras- 
sent la butte tout entière. 

RÉCOLTE, COKSIÎRVATION, BOTTELAGË ET EXPÉDITION 
DES ASPERGES 

Bécolte. — Il faut savoir récolter les asperges pour 
ne pas nuire à la toufie. Anciennement on se servait 
d'un long couteau rçcourbé vers la pointe et dont le 
tranchant est en forme de scie ou de lame de faucille; 
aujourd'hui ce mode vicieux est abandonné : on 
récolte par éclatement. 

Pour récolter Tasperge par éclatement il faut retirer 
doucement la terre qui Tentoure, soit avec les doigts, 
soit avec la pointe du couteau; puis on le descend le 
plus près possible de la racine, en ménageant les 
pousses qui pourraient se trouver sur son passage et 
prêtes à sortir de terre. On rompt alors Tasperge à 
sa naissance, en l'inclinant par pression sur sa base 
et en prenant la précaution de ne pas la faire plier 
ou casser dans le milieu de sa longueur ; on replace 

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LES ASPERGES 41 

la terre et Topération est terminée. Le couteau ne 
sert que comme levier. 

Pour que la récolte puisse se faire par éclatement, 
il faut que Tasperge soit cultivée d'après le système 
d'Argenteuil; car autrement les turions étant durs et 
ligneux il serait impossible de les détacher. 

Il vaut mieux cueillir l'asperge en glissant les 
doigts le long de la tige jusque sur le point où elle 
prend naissance; on Tincline et on la détache en 
Técartant; cette pratique, bien faite, a un grand 
avantage sur la cueillette au couteau. Nous engageons 
vivement les cultivateurs à n'employer que ce moyen ; 
il est un peu plus lent, mais il a l'avantage de ne 
pas blesser les turions voisins de ceux que Ton coupe, 
et de dégager la griffe desi chicots qui y pourrissent 
et l'altèrent. 

Nous avons imaginé, pour cette, récolte, up outil* 
spécial en forme de cuiller large et peu profonde qui 
est très-facile et auquel nous avons donné le nom de 
débuttoir. 

Le bon moment de récolter Tasperge c'est lorsqu'elle 
est sortie de terre de 4 à 5 centimètres. Si on la coupe 
plus tôt, il y a perte, car sa croissance ^;i 'est pas com- 
plète; plus tard,elle prend fortement la saveur qui lui 
est propre et devient verte, amère, dure et n'est plus 
' comestible que sur une faible partie de sa longueur. 

On récolte l'asperge pendant six semaines ou deux 
mois, au plus; passé cette époque, il faut la laisser se 
reposer. 

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42 LES ASPERGES 

Conservation. — Si t'on n'a pas de saite l'emploi de 
la récolte, il faut la descendre à la cave, sans la mouil- 
ler ni la laver et l'étaler sur le sol dans l'endroit le 
plus frais et à Tabri de la lumière. Elle pourra se 
conserver ainsi facilement huit jours ; mais l'aspérg© 
est moins savoureuse et cuit moins bien. 

Bottelage. ^ Si la récolte est destinée à la vente, il 
faut la mettre en paquets plus ou moins gros, selon 
les localités et les usages. A Argenteuil, les bottes ont 
assez, généralement de 16 à 18 centimètres de diamè- 
tre au milieu, et 12 ou 13 à la tête. 

Pour faire les bottes, on se sert d'un petit banc,, 
portant d'un bout une planche placée verticalement et 
percée d'un trou de la dimension de la télé de labotte» 
soit 12 à 13 centimetres.de diamètre (ce trou n'a que 
*4 centimètres de profondeur et il est fermé par devant 
par une planchette), puis, à 24 centimètres en arrière 
de cette planche, il y a un support formé d'mie autre 
planche découpée en forme d'U qui glisse sur les 
coulisses et qu'on peut, par conséquent, approcher ou 
éloigner à volonté. L'un des côtés A© 1*U est mobile 
pour permettre à l'ouvrier de sortir la botte. 

L'ouvrier s'assied en face de son ban© à botteler, ert 
tournant le trou du c6té opposé à la plaœ qu'il oc- 
cupe ; puis il choisit les plus belles asperges qa'tt poae 
une à uns la tête dans le trou, en les y ajustant, et le 
pied entre les deux branches de TU. Si Tasperge est 
plate, il la place de manière que la partie la pli» largfr 

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seit en ieiïovs. Les prîtes et led meryesBés se {dâctinl 
au eestre. II ajoiite tèv têtes potrF çpi'ettes soient toutes 
acr même niveau, et, quand la botte est teirminée^ tt 
passe un Jbrin d'osier, à 10 centimètre» entîrotï de 
Textrémité supérieure; il serre modérément la botte 
pour itô pas briser ou écraser les pointes, et arrête 
son lien. Il en place un autre à Textrémitè inférieure 
environ à 10 centimètres du premier^ il rogne les tu* 
rions trop longs, et la botte est terminée^ 

On redresse sans les rompre les turions courbes, et 
s'ils viennent à se casser, on enfonce de petits mor- 
ceaux de bois de la grosseur d'une allumette dans l'un 
des deux bouts ; on les rapproche Tun de l'autre et le 
întiôti est assez solide pour pouvoir être placé an cen- 
.fre dé la botte. 

Quant le bottelage est achevé, on remplit d'eau des 
baquets et on y place les bottes debout, de façon qu'el- 
les baignent . complètement. On les laisse dans cet 
état pendant quelques heures^ puis on les lave avec 
une brosse à longs poils que l'on passe légèrement 
dessus; on ie3metdix minutes à ègoutter et on les 
emballe. 

ÉmMktge ei êsèpSdiH^. ^ V&spetgè s^eitîbtflle et 
s^éxpédîe daùs dcf forts paniers qtii contîetrfletît de 
tîngi à tréiite bottes et pitts. 

On étale du foin ou de la paille au foûd du panier, 
cm eu gattîftks côtés, puis on' place lei bottes tmché 
à touche et assez serrées, pour que tout môutémeôt 

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44 LES ASPERGES 

soit impossible. On place ensuite un lit de paille et 
un lit d'asperges, et ainsi de suite jusqu'à ce que le 
panier soit plein; puis on recouvre le tout d'une forte 
couche de paille. 

Il faut apporter la plus grande attention à ce qu'il y 
ait assez de paille contre les parois du panier, surtout 
du côté de la tête de la botte, sans cela il y aurait ris- 
que de voir les pointes se détacher ou se froisser, ce 
qui nuirait â la vente. 

ASPERGES DE VENTE 

Le cultivateur qui spécule sur l'asperge doit parer 
sa marchandise. A cet effet, il devra suivre ce que 
nous avons dit, c'est-à-dire placer autour de sa botte 
les plus gros turions. Mais, à la fin de la saison, vers 
les derniers jours de mai et le commencement de 
juin, l'asperge hâtive devient petite; il- est alors né- 
cessaire d'avoir à sa disposition une certaine quan- 
tité d'asperges tardives qui se soutiennent grosses 
plus longtemps, afla d'enrober les bottes convena- 
blement. 

Le maraîcher ou le spéculateur feront donc bien 
de planter environ un quart ou un cinquième d'as- 
perges tardives de la grosse espèce ; car il suffit de 
quelques gros turions pour faire vendre une botte le 
double dé. ce qu'on la vendrait si elle n'était compo- 
sée que de petits. 

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LES ASPERGES 45 

DES DIVERS MODES DE CULTIVER L'ASPERGE 

On cultive ou on peut cultiver l'asperge de plusieurs 
manières comme nous l'avons déjà dit : en carré, en 
planches, en lignes le long des murs, en touffes sépa- 
rées, en récolte dérobée. 

En carré. — La culture en plein carré est celle que 
nous avons décrite; elle consiste à ouvrir des lignes à 
côtelés unes des autres, sans interruption,' à des dis- 
tances qui varieiit de 1 mètre à 1 mètre 20. 

En planches. — Nous avons également parlé de 
cette culture qui a lieu en plantant deux rayons 
d'asperges l'un à côté de Tautre, et en laissant un 
grand espace vide entre les deux autres rayons, de 
manière à éviter que les racines qui tracent à 
plusieurs mètres du pied, puissent s'entre-croiser, 
8*enclievêtrer ou vivre les unes au détriment des au-» 
très. 

En ligne le long des murs. ^ On peut cultiver avec 
avantage l'asperge le long des murs, en lignes, entre 
les pieds de vignes, les espaliers, etc. A Texposition 
du midi, elle donneront des produits hâtifs et à celle 
du nord des produits tardifs. 

En touffes. — Ou peut encore cultiver l'asperge en 
toufies isolées, dans les vignes, dans les massifs qui 
ne sont pas couverts, le long des talus, dans les coins, 
partout enfin où il reste un peu de terre libre exposée 

3. 

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46 LES ASPERGES , 

au soleil. Ces asperges seront d'une longue durée, et 
ne le céderont en rien en quantité aux auères.'< 
' C'est en touffes, dans les vignes, que se cultivent 
la plupart des asperges d'Argenteuil. 

En récolte dérobée. — Dans les vergers nouvelle- 
ment établis, on peut avec avantage planter au pîed* 
de chaque arbre à. haute tige, dans l'espace cultivé 
autour, huit touffes d'asperges ^ pïaf qui donneront 
d'assez bons produits pendant une quinzaine d'an- 
nées. Les engrais et les cultures donnés a la pïanfé 
profitent sensiblement à l'arbre et on'sé procutë ainsi 
une récolte dérobée d'tme grandô^ ressource^; 

Chacune de ces méthodes a se» avanta^ et se» rtt* 
convéïiients. 

La plantation en carré plein permet de ciôteîr' 
l'endroit' le plus favorable à la culture' de Tâsqfïèlrge^,* 
de ti& pas nuire à l'harmonie où à Tensetôbie éd pàtdt^ 
ger ; mais on obtient des aspergés^ iWoîns' b^fes* 6^ 
une plantation moins durable. 

Pour la culture en planches on dïS9éimn?& -mi' pieu 
partout les asperge?, cela détruit? l'ordre' eu pb^Agôi^, 
nuit auï plantes environiîSÉnt^S pîs^ Pombife ^éO^ 
projettent à une grande distancé' é^ oblige' à- cotiiW 
pour faire la récolte; m«îs^ on eblSé^cte^pi^MàKÉ' 
plus beaux et plus durables. 

Si Pon plante le long des murs,.onr utilisa souteut» 
un terrain presgme perdu ; mais il faut avoir lesoiavi 
à rexgosition du midi, de planter à 25 centimètres,^ 

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LES kÈPt^QES ' 47 

au moins, du mur. Au nord, à l'ouest et à l'est on 
peut planter toujours â piaf, ft dèé distances moins 
gfandesr. 

En touffes isolées, on obtient de très-beaux pro- 
duit» dans les endroits aérés^ Dans les vignes^ on se 
proeure d'abondantes récoltei d'asperge» à'excel-^ 
lente qualités C'est ainsi que les eullitateur» d'Âr- 
genféifil parviennent à se faire tit revôûu tonsidè- 
raLlé* Ces aspéo'ges sont de tôutd ieauté> coûtent 
très-peu et durent fort longtemps (Nous avons \u 
des téfilTes de l'âge de vingt-huit air» qui donnaient 
encore de très-bons produits). 

En plantant en récolte dérobée autour des arbres 
à haute tige^ on peut retirer un grand avantage de 
ce genre de culture. Nous ne pebsons pas qu'on l'ait 
encore pratiqué; mais nous le recommandons 
comme devant produire d'excellents résultats. — 
On Conçoit que du moment que l'on donne des cul- 
tures au pied des arbres, cè5 fabôurs, biûaged et 
sarclages ne Éferontpluô' feits^ et ptirô perte éft que 
les touffes ainsi isolées donneront de grands f)îô- 
duits pendant de longues années, surtout là où l'on 
aura fait des fouilles, rapporté des terres é< des én- 
graisi et cela sans nuire en aucune façon à la végé- 
tation de l'arbre qui lui-même profitera des engrais 
distribués à l'asperge et du surcroit de culture donné 
à celte plante. 

L'ombrage projeté par lés tiges d'asperges, au lieu 
de nuire aux arbres, ne fera que leur être utile. 

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48 ^ LES* ASPERGES 

FRAIS ET PRODUIT 

d'un hectare planté en asperges, a ARGENTEUIL 

Ouverture des rayons, dressage des ados et plan- 
lation des griffes à raison d'une journée de travail 
par cent touffes, soit 5 francs ou 50 francs par mille 
et pour 10,000 touffes 500 fr. 

Achat de 10,000 griffes de choix à 100 fr. 1,000 

Ensemble 1,500 fr. 

En répartissant cette somme de 1,500 francs sur la 
durée moyenne d'une aspergerie, soit vingt ans, on 
apourunan.. . . . , ,75 fr. 

Loyer de la terre à 1 franc par perche, 
soit 3 francs par are, donne pour un hec- 
tare 300 

Culture d'un hectare 350 * 

Fumure annuelle (ou le double pour deux 
ans) 350 

Cueillette, emhottelage, transport à la 
halle de Paris, etc 1,000 

Faux frais . . . . ' 7$ ' 

Total 2,150 fr. 

Leproduit moyen est d'une demi-botte par touffe, 
soit pour 10,000 touffes, 5,000 bottes à 

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i . 



LES ASPERGES 49 

2 francs ...•/.. 10,000 fr. 

Mais il faut déduire pour avaries, mau- 
vaise récolte , etc 1,500 

Reste 8,500 fr. 

Les frais étant de.' > 2,150 

Le bénéfice net est de . . . ' . . . 6,350 fr. 

Nous comptons vingt années de récolte pleine, 
cependant Tasperge ne produit qu'à la troisième ; 
mais il faut remarquer qu'elle peut vivre vingt- 
quatre ans, et que nous n'avons pas tenu compte 
des bottes de choix dont le prix est de 15 à 20 fr., 
au commencement de la saison, au lieu de 2 fr.; 
d'ailleurs, les frais de cueillette et autres dispa- 
raissent. 

l'asperge D'ARGENTEUni ET L* ASPERGE DE HOLLANDE 
COMPARÉES 

Un grand nombre de personnes ne comprennent 
pas bien encore la différence qui existe entre l'as- 
perge d'Argenleuii et celles des différentes localités 
les plus renommées, entre autres l'asperge de Hol- 
lande. Voici des calculs comparatifs qui leur permet- 
tront de juger en toute connaissance de cause. Ils ont 
été faits sur trente-cinq touffes de chaque variété et 
de même âge. 

Il faut noter que ces asperges sont venues dans le 
même sol et récoltées dans les mêmes conditions et 
âgê^s de sept ans. 

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m 



iËB^ÀSPÉ^èt^ 



ll^ga 4'Argolitenil 

(Hâtive). 

Epopte de la première cueillette 
Le 3 ayril. 

ProduHd*une touffe pendant 
Mijours. 

29 ittims 1540 gr 

VOeur au eours de la Halle de 
Paris, 

'*/M0 gr. iepréwntttlit efttiron 
une demi -boue, la botte belle 
pésafH tt kilos k 3 tdlai 4)0. ~ 
Sar les 29 tarions, il y en avait 
lO petits. Il moyens et 8 gro^, ce 
ani représente k prix mcnren de 
3/f. par botte, soitenviron f fr. 50. 
Mais ééUbmê lel dernière^ Ae se 
payent pas autant que les pre- 
mièf eèil fjtùt rérfùirèce prix à I f r. 

Voulant pousser plus loin TexpéMence, nous 
avons désiré connaître la quantité de matière co- 
mestible qm eoBtenait obaqne yariété, et voici I0 
résultat. 

Nûtwr avotts pesé t,4©0 grammes &sêpefèéë 4^Ar- 
genietil) el atitaht de HoUandé, soit : 



Asparge de flolUncle 

Première enéilMte 
Le 20 avril. 

ProduH d*une touffe pendant 

iijourt» 
24 tnrîmrt. ...... 608 gr. 

Valeur au eours de la Mall$ de 
Paris. 

005 ft, réfifé^entént eltt?^ le 
cinquième d'une botte (dq poids 
de n kHos l ti kiloif 20^. ÎM 
lurions n'étaient pas iros, il y en 
avait 8 Irés-pelits, iO moyens et 

on peu pla$ forts, ie pn/t 
moyen était pour celte force de 

1 fh m là botte; h valeur âëht 
récolte était donc de 30 centimes. 



Asperges d*Argenteuil. 
Brutes i k. 400 

^ salent plus gue. . . i k. 070 
tûïiei, &m ^miéûL . f k. 050 

G^ àê^ie^ itérés à fable et 
mangées ont laissé comme résidu 
402 ar., ce qui porte à 998 gr. la 

Sartie eèmestible de i#400 ^. 
'asperges brutes. 
Elles ont eui ea H^miDiites. 
Elles étaient tendres, savou- 
reuses et sucrées. 



Asperges de Hellande. 

Brutes. , i k. 400 

Ëiflnchéès elles bd pe- 
saient phis que . ^. . i k. 05Q 
Cuites^ eUés pesaiedt. . I k. 030 

(M mpêt^QÈ èeH/îte H ^}ééi 
mangées, ont laissé en rendu wt^ 
poids de 704 gr.> ce qui ne fait 
que 696 gr. de matière coniestibld 
sur i,400 gr. brut. 

Efki ont éiii en 17 ifiiritttel. 

Elles étaient un peu ligneuses 
et très-amôi'éâ. 

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y&ki ieêtésftnmst Qœ ton tmtfsm} s eisl étidc»! 
qu'il n'y a pas de chiffres poûf tefpfêfgêam U iàSéf* 
teiÊèe (im ëtàsie étitté k« dmtt ràiiém, m ëSe^ ^ 

QôiùrM guaiMifé, iïfà miè àiSétem^û^àèVit iiefê 
m fàteûf de l*aépêrge' à'Âtgëtiië^iif 1540 cùsàÈë fiOS- 

Comme prix, il y a plus des deux tiers, èiicotêV atf 
profit de l'asperge d'Argenteuily t ir. contre 30 cefu- 
times. V 

Gomme valeur comestible^ ^ y et pkis du tier^ de 
plus pour l'asperge d'Argenteuil. 

Le spéculateur ne doit donc pas hésiter à planter 
de l'asperge d'Atgenteuil. 

L'amateur qui tient un peu nioins à la quantité 
doit tésiter moins encore puisque cette asperge esj 
plus douce, plus succulente que celle de Hollande, 
qui a une saveur amère et désagréable. Ajoutez à 
cela que T asperge de Hollande exige un sol plus riche 
et le double d'eugrais. 

COMPARAISON d'^NE PLANTATMW ^kfTÈ ktÉQ Élèé 
GRIFFES D*UN AN ET d' AUTRES FAITES AVEC DES 
GRIFFES DE DEUX ET DE TROIS ANS. 

n y a encore tin grand nombre de pe^soBnéi qtA 
croient qu'en plantant des griifes de deux ou à€ ttoS 
ans on récoke plus tôt qu'en employait du plaô^t d^uii 
an ; pour les désAbser nous allons mettre soufir \e\it9 
yetïi lé résultat ië quelques expériences comparatives 

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52 LES ASPERGES 

que nous avons faites, bien que cette question soit 
jugée depuis longtemps* 

Nous avons planté douze griffes d'un an, de deux 
et de trois ans, dans le même terrain, les mêmes 
conditions, la même année. Nous les avoùs cotées 
comme il suit : 

N© 1. — 12 gFiffes d'un an; 

N<> 2. — 12 griffes de deux ans; 

N® 3. — 12 griffes de trois ans. 

^ Voici le résultat de la première année : 
N** 1. •— Toutes les griffes sortent de terre avant 
le 4 mai. La végétation se montre belle. 

No 2% — 10 griffes sortent avant le 4 mai, une 
le 10, et l'autre manque ; les turionssont un peu plus 
forts que ceux du n** 1 . 

N° 3. — 8 griffes ^ont sorties avant le 4 mai, une 
sort le 12 et trois manquent totalement. Les turions 
se montrent beaux d'abord; ensuite ils fléchissent 
à la fin de l'année (15 septembre) , ils sont plus fai- 
bles que ceux du n© 2. 

Detixième année. 

No 1. — Belle végétation, turions réguliers et forts, 
au 15 septembre ceux qui sortent mesurerit jusqu'à 
2 centimètres et demi de circonférence. 

N*» 2. — Bonne végétation, turions irréguliers et 
un peu plus faibles que ceux du n^ 1. 

No 3, ^ Végétation médiocre, turions très-irrégu* 

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LES ASPERGES 53 

liers; ily a des griffes qui en ont jusqu'à 8 ou 10, 
mais tous très-faibles. Il meurt encore une touffe 
après avoir produit deux turions. 

Troisième année. . 

No 1. — Végétation magnifique; les turions me^ 
surent, au 10 mai, de â à 8 centimètres de circonfé- 
rence. , 

N<> 2. — Végétation passable, mais irrégulière ; il 
y a des touffes très-petites. Les plus belles produisent 
des turions, du 8 au 10 mai, qui n'ont pas plus de 
6 centimètres de circonférence. 

N** 3. — Végétation très-médiocre et très-irrégu- 
lière. Il y a des touffes qui continuent à donner 
beaucoup de petits turions gros comme des plumes 
à écrire, les plus gros ont de 4 à 5 centimètres de cir- 
conférence. 

Quatrième année. 

N® 1. — Végétation remarquable. Les turions sor- 
tent les 3, 4, 5, 7 et 10 avril ; quelques-uns ont 9 et 
10 centimètres de circonférence, un en porte 12 On 
cueille 50 turions qui forment une botté du poids de 
3 Mlog. 200 gr. 

N® 2. — Végétation, passable, mais plus tardive 
que celle du n® 1. Les turions sortent les 4, 7 et 10 
avril. Il y en a beaucoup de petits. On en récolte 50 
qui ne forme qu'une demi-botte environ, soit en poids 
1 kil. 700. 

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N^3. --'V^fMa^Oâ ifiédiocfe et peu hS&n^ Les 
tmkihtf 9Gti€m l^ê, 6/ 9 ell 1 dti^i! ^ nfi ènff & ar^l^ 
n'est sorti que le 22. S& tni^iôns récoltés sur les lœifef 
restantes ne forment pas la demi-botte, et ne pèsent 
que 1 kil. 150. . 

Ka iféwfàméf on vdt que le plant d'un an a domié 
à la Quatrième pousse, soit à Fâge de trois ans de 
plantation, ui^e botte d^asperges. • . < . 3 klL 200, 
f)ae ceiniâe deui ans n'a donné que . ^ 1 kil. 700. 
St eekii de trois ans n'a produit que . . 1 kiL 150r 
En dWtres termes, la plantation faiite avec du plant 
d un an a produit le double de celle faite avee du 
plaoFt de deux a»Sy et le triple de eefte faite avec 
du plant de troi» an». 

Ije9 eonclu^ons sont faciles à tirer* 

DU. SEMIS EN PLAGE 

Quelques auteurs ont conseillé, et quelques per- 
so»né06flQf>ple'teniéBG^é les senïîs en place, au tîeu 
de Isi plantation par griffe^ ; cette méthode est on de 
pi^t pluf* vicienstf sotrtf deux rapporter. D'abord, parce 
^fBt0 tà ^kfkeÉ grades manqiieDt, on* est obligé de 
recommencer l'opération, ce qui retarde le proéftil 
è'Çtfef àit&éé et refid là plantation irréguïièrc; ensMte, 
pàree qu'ibn? est obligé de conserver eti placfe^ le platfrt 
tel ^il e«t| c'est-à-dire boa ou mautëis^. Bùfln 
il Wf^ sè^f^M dëùf oû trois grâiâeé Fone à tM dé 
l'autre; or, comme il est très-difflcile d'écWtfcir, 6t 

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BWameM mùimXkm^v^ &i mp doiltteât mtêm ffcp 

Par ta traBtpfentatio») ôb â hi faetrlM^ de iféti^fsf 
que du piant dô cboîjf , ce qm est 1^ HueîMeM 01O701I 
d'arrivep à avoir de belles et boAAe» réeottes. La diSé- 
rence qui existe eatre une planlakioïï fàt settrie et nnê 
plantation par griffé» est si grande, qu'il bnt n'^&if 
i&mm été à méxaae d'étaUîp la eofnp&raîsûif eirlt9 
elles pour rccoimnatod^p oit pratiquer eeHepaIrtoW 
âesearis/ ' 

. Nous avons vtt^ quelquefois, même à Argeïntectîl, 
des plantatione laites par semis^ avee toùô les sbios' 
possibles^ j^résenter une si grande irrégularité âan>s 
les produitoy qu'il y avait tme différence de près de 
£fH>ifié enfre ces plantations et les autres. Ce systènie 
est, du reste, démontré mauvais par le simple raisoiï- 
Bement, sans avoir recours à la preuve paf Ué faites 

UTILITÉ DES BUTTES 

On nous a demandé piugieiiPfffoitcprel est le rôle 
des buttes dans la culture de l'asperge. La butte a 
l^our effet âe pemieitre de piauler l'asfperga peu pi^o- 
fondement, « q«i la met à même de proiler/ comme 
wm l'avons dit, hnrafééiateme'si det engïaié et des 
premiers rayon* de sôleîl du printemps eft de ^us- 
^tàé& îeÉ toten^ ^m¥ti&mmeèi»r^fé0\/^B0m^ 
(f^i)é né tm&ÊÊèM pm-^ p» âàsm^mitf St wetsimt , 

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56 LES ASPERGES 

blancs et tendres et sont plus longs. Elles ont un au-* 
tre avantage, c'est, lors du commencement de la sai- 
son, d'empêcher l'effet des gelées tardives. On conçoit 
que tanl que l'asperge est enterrée, elle ne saurait ge- 
ler, puisqu'elle est hors des atteintes du froid» 

Dans certaines localités on ne sait pas encore f^ire 
de distinction entre l'asperge blanche et Tasperge 
verte, et on préfère parfois cette dernière. Il y a ici 
une erreur très-préjudiciable au consommateur. ' 
Dans l'asperge verte il n!y a que la pointe de comesti- 
ble, tandis que l'asperge blanche où buttée l'est sou- 
vent tout entière; en outre, elle est infiniment plus 
tendre et plus délicate. Toute asperge qui est verte au 
moment de la récolte n'est propre qu'à êtce mangée 
en petits pois. Ce serait déshonorer sa tablé que 
d'y servir des asperges verteis. En effet, a la halle de 
Paris, elles valent 1 franc la botte quand les blanches 
valent 3 francs : on ne les mange pas, elles servent à 
la fabrication du sirop d'asperges ou à tout autre usage 
pharmaceutique. 

CULTURE JIATIVB EN PLEINE TERRE ' 

On peut devancer de quinze à vingt jours la récolte 
des asperges en employant le moyen suivant : 

On dispose une plate-bande le long d'un mur exposé 
au midi et convenablement abritée de tous côtés. On 
retire 35 centimètres deierre,puis on remplit la fosse 
avec un mélange de deux tiers de terreau de coucha 

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LEg ASPERGES 57 

neuf et un tiers de la terre extraite, après les avoir 
bien amalgamés-ensemble. Cela fait, on enlève 16 à 
18 centimètres de la partie de devant, qu'on 
rejette du • côté du mur, de manière à avoir un 
ados incliné au sud, ayant 18 à 20 centimètres de 
plus de hauteur que le sol près du mur, et de 15 à 
16 centimètres de moins près du sentier, 

L'ados ainsi préparé, on plante les griffes d'asperges 
à 33 centimèU*es Tune de l'autre et à 6 centimètres du 
mur. Le second rang se place également à 33 centi- 
mètres de manière à avoir quatre rangs dans un ados 
de 1 mètre environ de large. 

Les griffes placées, on les recouvre avec du bon ter- 
reau, de manière qu'elles se trouvent à 18 centi- 
mètres de profondeur environ, et que Tados commence 
au niveau du sentier pour s'élever ensuite graduelle- 
ment de 40 centimètres près du mur. 

On devra employer, pour faire cette plantation, la 
grosse asperge rose hâtive d'Argenteuil bien choisie 
si Ton veut obtenir de bons résultats. Toute autre va- 
riété ne produirait que des récoltes insignifiantes 
comme quantité, durée et qualité. 

On soignera cette plantation comme les autres, on 
l'arrosera pendant Tété de la première année s'il sur- 
vient de grandes sécheresses. 

Au bout de trois ans, on peut commencer à récolter. 
A cet effet, on couvre la plate-bande, au mois de fé- 
vrier, avec de la litière sèche. S'il survient du beau 
temps ou da soleil, on enlève la litière pour que la 

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fi$l^ hmé$ é'écbaulfe^ puis on la sesasi auasitM qttt 
]^ jiapir jftW¥e ouj^ue te iena^natune-se celcaidk. 

ai la kinpéi^atuiie reste froide, on laisse la pJate-^* 
tond« /ûopatai^faenit couverte. 

AxméAii qiiê lee aspergée «oin^aeneent à sortir, 4m 
enlève toijht à fait la litière et ob la ceouplaGe par 4e« 
paillassons qm ¥on retire pendant le jour quand M 
lail e^i e4j<pe l'im replace pour la cmil. 

G^Bi9f9p««Pl8iii94(ameat4¥iP«e}ai;tf Iro^ssemejU 
nés pliis tôt qm l^ autres^ On d^vra cesser de les ré^ 
i2oiter J^e^tiM^Y^ j^iis Mit aussi. 

aOLTBBM FOBGÊB 

Sâcaeri^aspenge, e'^t l'obliger à produire plus iM 
•Qu bors ifi saîsQfi. On la force.de deux manières : «a 
pleine terre et sur ceuciies. 

^ le ^Ai^ 4eât étoe t)ien choisi pour la cultuire en 

• ptaii^e te»», îà est de k dernière impcH^tauce de faire 

•daoHc des variâtes les plus «obustes et des meilleures 

En pleine terre.^ On dispose des plandues de i inè«- 
l^âelasgMir^n laissant «nire elles une (Ustaoce de 
%& à 70 Géntisatoes, et on plante les asperges à 33 cen^ 
timètres seulement, en tous sens, de JOiamèregue 
àm{m {tlaoohe reçoit droâs rangs, et qiie les rnngs 
^«Eièitteuiss se trâKurent à iQpviron 17 ceniimàtres du 

te «Bii^e aiHie féantàliaQ eemme lee auftre^ «t, 

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^ tr^ifi^X!^ ^iv^ qui suit, on cm iotmt im »^^f^ 
ges ^ôasi li^aitéies. 

A c»} ^ffet, a^ moi» 4'^K4^e ,0u .éf «oftecatoa,. m 
enlè¥9 h terre des a^tiei^ <|iii «épene^ tel fda&« 
ches, jusqu'à une profondeur de 50 centimèJ2»0 mw 
65 4e largeur. > 

^ (^usai^t .6jEH0 Irmc^s, jon i^^tt» âOf Jm plaa- 
Ghe8 «Bft^ de te^i^ iipi^;^ que le jjUmX «dit teeiMiveii 
d^uvkm 30 e^jt^t^eè^ nSyg ^ftte les %ea «irai um 
]K)iiiie longuieur ^ ^oesteftt bit^OMOb^ 

£lelâ lait, (ni rep^pjit les teaAchéei jmeda foicier 
de cheval sortant de Tétabl^, on l'égalise et le piétine 
loi^meijQttfprâi on §la£6 les efiffî*68^t iesehâsaîsfiour 
Badifiteoif l|i it^laur aiif la plaiiche« 

Si Tasi m^ ààx fuEiier daaas les iGe£&88 , fl Inudra le 
j:\etirer qnûnze jouirs aps^s qa'on Vf aui:a mis* Tous 
les £Qirs, on étend les ^aâUasaoBs apr ies jehâssis, 
poiiti? «éviter le re&oidisa^ail^aL ^ ksâopUe «i le 
froid persiste ou augmente, on remplit méiDe4'4me 
û8Ufîhe de fiftille ou 4e litièi» «èche le vide ^ se 
tcouve exitji» les cbiâssis et la plsmehe vide, 4pai jdoit 
éfre de 15 jà d7 .eanliBi^tres. Au betoioi en ajoi^te du 
iumief idans las réchauds (tranchéei^. 

Le» Asperges emsi tsaitées paraissait an iMHitt de 
douze à quinze jours, selon la tmnpératui^ ; uifds 
«'il ùii Isès-fcoid, il aipve «o^vveni qiiif^iles «neMent 
iflusâe 4dm{)s à ^fxiir. Dans ce deraier cas, H faut 
redoubler de iisûia poiH* conserver la xÉtaiettr i ^a- 
èar idii Aiader^ fecso^ ^tes les isaoea des ^às- 

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60 LES ASPERGES 

% 

sis, empêcher que la neige fonde sur eut, etc* 
On obtient ainsi des asperges blanches. Si on veut 
les avoir violettes, on enlève les paillassons quand il 
fait chaud et du soleil, et la luniière les colore rapi- 
dement. 

On doit cueillir les asperges tous les deux jours, 
et on peut "continuer la récolte pendant deux ipoîs. 
On enlève le fumier des réchauds, les châssis, et 
on laisse . reposer Taspergerie pendant l'hiver sui- 
vant, pour recommencer la récolte au deuxième 
hiver. On continue ainsi de forcer de deux hivers 
run. 

Au printemps qui suit l'hiver pendant lequel on a 
forcé, on ne devra faire aucune récolte, autrement 
on compromettrait l'avenir de Taspergerie. G*€Èt 
bien assez de forcer tous les deux ans. Pour avob 
une récolte régulière tous les hivers, on devra avoir 
deux ou quatre planches, afin d'en forcer la moitié 
chaque hiver. 

Gomme chaque planche ne peut donner plus de 
deux mois, il serait bon de doubler encore ce nom- 
bre, afin de pouvoir cueillir pendant les quatre mois 
d'hiver, c'est-à-dire que la moitié serait forcée pour 
récolter en novembre et décembre^ et l'autre moitié 
pour récolter en janvier et février. 

Sur couches. — Les asperges récoltées sur couches 
sont connues sous le nom d'asperges vertes ; on les 
mange à la sauce blanche ou en petits pois. 

Cette culture se fait depuis le mois de noveml»^ 

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LES ASPERGES 61 

jusqu'au mois de marg. Chaque planche ne dure 
qu'un mois. 

On fait une couche à la manière ordinaire, on la 
recouvre de 6 à 7 centimètres de terreau et on place- 
les châssis. Quand elle a jeté son feu, c'est-à-dire huit 
jours après qu'elle est établie, on plante les grifTes. 

Le plant destiné à être forcé jioit être du plant 
de choix de trois ans, et garni de toutes ses racines. 

On rapproche les racines et on en coupe Textré- 
mité, puis on place les griffes debout sur la couche, 
dé manière qu'elles se touchent et s'appuient les 
unes sur les autres. On les place de façon que les 
têtes soient toutes à la même hauteur. On glisse du 
terreau entre les racines, sans que l'œil soit cou- 
'^vert, et on pose le châssis en ayant le soin qu'il 
reste assez de vide entre la griffe et le vitrage , pour 
que l'asperge puisse pousser sans se replier sur elle- 
même. 

Sous un panneau ordmaire, on peut planter ainsi 
de quatre à cinq cents griffes qui commencent à pro* 
duire au bout de dix à quinze jours et donnent pen- 
dant un mois. 

Cette culture produit des asperges très-petites et très* 
courtes; elles sont moins savoureuses que les autres. 

On doit gouverner ces couches avec soin, éviter 
qu'elles se refroidissent, les réchauffer au besoin? 
tenir les châssis bien fermés, ôter et remettre les 
paillassons en temps utile. 

On peut commencer et diriger cette culture comme 

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6^ LES ASPERGES 

la précédeote, pendant novembre, décembre, janvier 
et février. 

Quelques praticiens ont essayé de forcer du vieux 
• plant d'asperges ; mais ils y ont renoncé comme don- 
nant de mauvais résultats. Il faut donc s'en tenir au 
plant élevé en pépinière spécialement pour cet usage. 
On aura, ainsi, des produits plus beaux et beaucoup 
plus abondants. 

ENNEMIS DE l'aSPERGB 

Les ennemis de Tasperge sont le criocère, la taupe 
et le ver blanc ou ver à hanneton, 

Criocère, — Le criocère (petit insecte ailé, allongé, 
de couleur roiige, tiqueté de petits points gris et 
blancs, dont la larve est verddtre et dégoûtante)^ 
ainsi que nous Tavons dit préci^demment, fait de 
grands dégâts dans les jeunes plantations, quand il 
est à l'état de larve. Cet insecte déposant ses œufe sur 
les parties les plus tendres -de l'asperge, les larves y 
trouvent une nourriture appropriée à leur besoin et 
dévoreraient une plantation tout entière si on ne leur 
faisait la chasse immédiatement. Pour cela, il faut 
d'abord l'empêcher de déposer ses œufs. On devra 
donc, tous les jours, quand le soleil donne, l'écraser 
entre les doigts s'il y en a peu. Dans le cas con-' 
traire, on prend un vase contenant un peu d'eau, on 
, le place sous l'asperge et on frappe de petits coups sur 
les tiges. L'insecte se laisse aussitôt tomber, pensas^ 
arriver à terre et se dérober au danger,^ fl Jambe 

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LES ASt>ERGES 63 

dans l'eau ; quand il y en a un certain nombre on 
verse Teau par terre,elle entraîne les insectes et on les 
écrase avec le pied. , 

Le criocère fait deux pontes : Tune au printemps et 
l'autre au mois de juin ou de juillet. 

La taupe. — : La taupe ne mange pas l'asperge; 
mais elle soulève les racines, fait des galeries souter- 
raines qui mettent la griffe à nu et lui font le plus 
grand mal. La présence d'une taupe est facile à re- 
connaître ; on devra donc^ aussitôt qu'on l'aura cons- 
tatée, employer les moyens connus pour détruire cet 
animal. A cet effet, on a recours au piège, ou on la 
guette, une bêche ou une houe à la main, afin de la 
■ déterrer au moment où elle soulève la terre. 

Le ver blanc. — Le ver blaac est Tun d€9 pltis terri- 
bles ennemis des plantes cultivées dans les jardins* 
Plus il fait chaud, plus ses rayages sont grands. Si votid 
vo^ez une asperge se flétrir, sans cause conntre oa ap-^ 
parente, détournez doucement la terre et vous trouve-- 
rez le ver blanc au pied. On l'écrasé, c'est le seul 
moyen connu jusqu'à ce joue pour le détruire, car les 
cendreîf de chaux, le soufre et autres ingrédients 
n'ont jam^iis eu le moindre résultat pour sa destruc- 
tion. 

On sème j^arfois des laitues dans les jardins pour les 
attirer. Cela peut être bon, maml ne faut pas s'aviser 
d'eti semer dans les aspergeries; car les vers vien- 
draient de toutes les planches voisines et attaqueraient 
aussi bien l'asperge que la laitue. 

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CALENDRIER 

DU CULTIVATEUR D'ASPERGES 

ou SOINS A DONNER TOUS LES MOIS 

AUX ASPERGES EN PLEINE TERRE OU FORGÉES 



JANVIliU 



Pleine terre. — ^ On achève de iumeç les fonds qui 
n'auraient pu Télre plus tôt, et on défonce les ados. 
On prépare le terrain pour les plantations du prin- 
temps ; on termine les labours et Ton commence à 
ouvrir les rayons à la fin du fnois. 

Réchauds de pleine terre. — Les planches de la pre- 
^mière saison sont à peu p|-ès épuisées en ce moment; 
il faut en préparer d'autres pour avoir* des asperges en 
janvier, février et commencement de mars. On décou- 
vre s'il fait du soleil, et on augmente la couche des 
litières s'il fait froid; au besoin, on met du iumier 
dans les coffres. 

Couches chaudes. — On établit de nouvelles couches 
pour les asperges forcées à récolter à la fin de janvier 
et au commencement de février, 

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LES ASPERGES 65 



FÉVRIER 



Pleine terre. — On commence la plantation dans 
^68 terres èèches, on ouvre les rayons dans les terres 
humides, on les assainit; on fume celles qui sont trop 
maigres avec du. fumier bien pourri, du guano, des 
cendres, des composts, etc. Vers la un du mois, on ^ 
arrache les vieilles tiges. On replace la terre enlevée 
avant Thiver. 

Réchauds de pleine terre. — On continue lea travaux 
du mois précédent. On commence la récolte des se- 
condes asperges forcées si on ne Ta pas déjà fait en 
jadvier. 

Couches chaudes. — On continue les couches chau- 
des pour forcer les asperges à récolter fin février et 
commencement de mars. 

MARS 

Pleine terre. — On continue la plantation des asper- 
ges, dans les terres sèches; on la commence dans 
les sols humides à la lin du mois seulement. On 
doit butter, à la an du mois, celles qui se dispo- 
sent à sortir. On rapporte 5 centimètres de terre dans 
les rayons, si on ne l'a pas fait en février. On com- 
mence la récolte à la un du mois dans les sols hâiifs. 

Réchauds. — On détruit les réchauds, vers le 
15 mars. On vide les tranchées et on les remplit de 
terre. 

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M LES ASFERaES 

Couches. — Vers la fin du mois, on détruit les cou- 
ches, Tasperge de pleiï^e terre venant remplacer Fas- 
perge forcée. 



AVRIL 



On termine la plantation des asperges, on butte les 
touâes qui ne l'auraient pas été le mois précédenf; 
on continue la récolte, on bine et sarcle les carré?, 
les rayons et les ados. On fait la chasse au crîocère 
et aux autres insectes. On détruit les escargots et les 
limaçons qui mangent les jeunes pousses au moment 
où elles commencent à sortir de terre. On continu^ 
la récolte. 



MAI 



On continue la récolte, on bine et sarcle ïes carrés, 
rayons et ados. On fait la chasse .au criocère et aui 
autres ennemis de Tasperge. Dans les jeunes planta- 
tions, il faut surtout surveiller le ver blanc. 

On plantées tuteurs au pied àés tiges des jeânes 
âq^rges, et on led y attache avec du jonc ou de la 
paille^ ou on ne débutte pas, ce çpiî est plus facile 
pœr la grande culture. 

Si M safison est sèche,? on rapporte 5 à & centimètres 
de' ten^ sur les griffes ^ntées au {«'iintempSy a&i 
d'y entretenir? la fraicbeur..On peut saïi^ iiiconvénient 
mettre jusqu'à 1 5 centimètre* de terre sur les touffes 
qua^ elles ont poussé au moins deux tu^ions^ it 
bonne grosseur. 

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I 



LÉS ASPERGÉS Ô? 

JUIN • 

On continue la récolte des asperges; cepeiidâhfr, 
vers le 15, ou même plus tôt, il faut cesser celle des 
plantations qui ne sont pas bien vigoureuses, ainsi 
que celle des variétés très-hâtives. La diminution de 
la grosseur de Tasperge est un indice certain que le 
plant a besoin de se reposer. 

On continue les binages. — On attache les jeunes 
pousses aux tuteurs comme nous Tavons indiqué au 
mois précédent. On surveille les ennemis deTasperge; 
on fait la chasse à la taupe, au criocère et au ver 
blanc. 

JUILLET 

C*est l'époque de la seconde ponte du criocère. 
On devra donc surveiller ces insectes, détruire leurs 
œufs, et leurs larves quand ils apparaîtront. On fait 
aussi la chasse au ver blanc. 

On esherbe et bine au besoin. 

On arrosera les jeunes plantation» des jardins^ s'ii 
fait très-s^c et très-chaud, tous les quinze jours, dans 
les terres légères et sèches, si on le peut. On place, 
des ititeurs pour soutenir les jeunes' pousses. 

AOUT 

On fait la chasse au< insectes, on bine leâ adeS'et 
les K^ofis, on soutient avec des échalàs^ les pbussfes 
des asperges qui sont él6^'ées, powr que les vents^ne 

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98 LES ASPERGES 

les éclatent pas. Mais cela seulement dans les locali- 
tés où les vents sont violents: on peut s'en dispenser 
ailleurs. 

SEPTEMBRE 

Les travaux à exécuter pendant ce mois sont à peu 
près nuls. On se borne, dans les aspergeries établies 
dans les vignes, à lier les tiges entre elles par la 
partie supérieure, soit pour empêcher que «les vents 
et les pluies les éclatent ou les renversent, soit pour 
donner de Tair aux raisins x[ui commencent à mûrir. 
On donne encore un binage, si cela est nécessaire et 
si le temps le permet. 

A cette époque de Tannée, les jeunes plantations 
sont à l'abri de Tattaque de leurs ennemis. Cepen- 
dant, il faut encore les surveiller dans le commence- 
ment du mois. 

OCTOBRE 

Dans les terres légères et sèches , on peut commen- 
cer la plantation de Faspérge ; mais dans les climats 
chauds seulement. Au nord et au centre de la France, 
il vaut mieux attendre le printemps. On pput aussi, 
a la fin du mois, couper les vieux turions et commen- 
cer à décoter, répandre de Tengrais bien pourri 
du guano, des tourteaux, des cendres lessivées, des 
composts, etc. 

On draine ou a.ssainit les terres humides que l'on 
se propose de planter après Thiver. On prépare les 
terres composées, les engrais, les composts à en^v 

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LES ASPËHGËS 69 

ployer au printemps. On s'assure du plant pour les 
jeunes plantations* 

On commence à forcer l'asperge sur couche et en 
pleine terre. 

NOVEMBRE 

On commence les cultures d'hiver; on coupe les 
tiges à 30 centimètres de hauteur, on les lie en bottes 
pour les brûler; on laboure ou défonce les ados, pour 
déposer de Pengrais à portée des racines. On con- 
tinue de planter, pendant la première quinzaine du 
mois, dans les terres sèches (dans le midi de la 
France, on peut planter pendant tout Fhiver). On 
continue également le décotement et la fumure. On 
prépare le terrain pour les plantations du printemps. 

On force l'asperge en pleine terre et sur couches ; 
on dispose les plates^bandes ou ados pour la culture 
hâtive. 

DÉCEMBRE 

On continue les travaux indiqués au mois de no- 
vembre. On termine le décotage et la fumure. 

On prépare des composts, des engrais, pour les 
plantations du printemps. On s'assure du bon plant. 

Oh réchauffe les planches de pleine terre qu'on a 
chauffées en novembre, en changeant ou ajoutant du 
fumier, si la température est très-froide. On surveille • 
les couches ; on en fait de nouvelles. 

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LES FRAISES 



BOTANIQUE DU_ FRAISIER 

Description. 

PRAISIER, fragafia. — Genre de rosacées drya- 
déeïT, établi pour les plantes herbacées, gazonnantes,' 
à fleurs blanchies ôU jaunes, et corymbe à rextrômi** 
dôs tiges, (bictionnaire national de Bescherelle.) 

FràgaHa Lifin'. — Fraisier. {Ordre des rosaôées,} ' 
Galice coûvéxe à la base, limbe ^inqueparlite, plam, 
aînSî que fe ôaTicule ; à estivation valvaire, persistant. 
Corolles à cinq pénales, insérés sur le calice,alternant 
avec les sépales et plus grands. Vingt étamines otf 
plus, insérées comme les pétales; filets libres, anthè- 
res biloculaires, déhiscence longitudinale. Ovaires 
nombreux placés sur urr réceptacle convexe, distincts, 
unilocuïaires, à ovule unique dressé amphitropé. Sty- 
les latéraux subbasilaires. Stigmates simples. Achaiùes 
nombreux, placés sur im réceptacle grossissant après' 
f anthèse, charnu-succulent et à la fin caduc. Graine 
ascendante. Embryon sans périsperme à radicule su- 
père. 

Plante des régions tempérées de J'hémisphère boréal 
croissant aussi dans l'Amérique australe extratropi- 

DigitTzed by VjOOQ le 



LE3 FBAI«£S 7i 

cale et aux^cÂoques, vivace^ ga£oaQftB4e,atQkidCkre, 
à feuilles alterne», ternées, quelquefois simples par 
J*avortement des folioles latérales; folioles inciso-ser- 
rulées; stipules soudées au pétiole; flevirs J)laache3, 
subcorymbiformes au sommet de la hampe. (Trftduit 
d'Endlich^, Gemra planlçinim. D'après Le FrsjÀsiSf^ 
par le comte Léonce de Lambertye.) 

Ces descriptions botaniques auxquelles nous pour- 
rions en ajouter une douzaine d'autres, tout en clas- 
sifiantle fraisier et le distinguant des autres plantes, 
sont tout à fait insuffisantes , car elles ne distinguent 
pas les variétés entre elles. 

On compte aujourd'hui plus de quatre cents varjé- 
*té8 diverses de fraisiers. Comment les reconnaître? 
Gomment savoir que Ton ne les cultive pas l'une pour 
Tautre, que l'on ne vend pas celle-ci pour celle-là? 
, C'est pour coriible? cette immense lacune, pour 
faire cesser toutes les confusions qui existent, que 
nous avons entrepris une classification toute spéciale 
des diverses variétés, basée sur les caractères physi- 
ques de chacune d'elles. 

Cette classification a pour base : 

1® La forme des fruits ; 

2« La grosseur des fruits ; 

30 La stature de la |)lante ; 

¥ La position des poils sur le pétiole (les feuilles ; 

^9 La quantité de c§^ poil? et leur-dimenfiop ; 

60 Le nombre des coulants; 

70 La grosseur des eoulants. 

«9 ^ Digitizedby VjOOQIC 



72 



LES FRAISES 



De la formé des fruits. — On distingue neuf formes 
principales du fruit qui sont les suivantes : 

!• Fruit rond .ou sphérique (fig. 8); 2® -en cône 
(fig. 9) ; 3o lobé (fig. 10) ; 4» ovale (fig. 1 1); 5« en crête 
de coq (fig. 12); 6® cylindrique (fig. 13); 7» en cône 
allongé (fig. 14); 8^ à coi (fig. 15); 9<> œ cœur ou 
en toupie (ûg. 16). 






Fig. 8. 



Fig. 9. 



Fig. 10. 






Fig. H. 



Fig. 12. Fig. 13. 

Digitized by VjOOQ IC 



LES FRAISES 



73 




Fig. 16. 

Chacune de ces formes peut encore se subdiviser; 
ainsi on dit : cdne tronqué^ aplati, etc. 

La grosseur du fruit. — On dit petit, ttioyen, gros, 
très-gros. Par petits fruits on doit entendre ceux qui 
pèsent moins de 8 grammes: par moyens, ceux de 8 

Digitiz(»dby(JOOgIe 



74 



LES FRAISES 



à 12 grammes; par gros, ceux de 12 à 25 grammes; 
par très-gros, ceux de 25 et au-dessus. 

Toutefois,!! faut -noter que quand Ton dit d'un frai- 
sier qu'il porte des fruits moyens, cela ne signifie pas 
qu'ils seront tous de 8 à 12 grammes, mais simple- 
ment que les plus gros atteignent de 8 à 12 grammes, 
pas autre chose. 

Stature de la plante* — Un fraisier est bas ou nain, 
moyen ou élevé. — Le fraisier nain est celui dont le 
pétiole des feuilles ne dépasse pas 14 centimètres; 
moyen, celui où il atteint de 15 à 19 centimètres; 
élevé, celui où il dépasse 19 centimètres. 



i 




Fig. 17. Pig. 18. Fiff. 19. Fig. 20. 

Position des poils. — Si on détache une feuille mu- 
nie de son pétiole jusqu'à la naissance du collet, 
qu'on examine ce pétiole, on verra qu'il existe des 
poils sur toute sa longueur. Les uns sont horizontaux^ 
fig. 17 ; les autres inclinés vers le sol, fig. 18 ; d'au- 
tres sont dressés^ fig. 19 ; enfia il y en a qui se diri- 
gent dans tous les sens, ce sont les confus^ fig. 20. 

Qaamké et dimensim des poils, — On dit qu'ils sont 
nipeS| nombreax ou frès-nombreux, — On dit auwî 

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LES FRAISES 75 

qu'ils sont courts, moyens ou longs, — Les courts opt 
moins de 3 millimètres, les moyens en ont de 3 à 4, 
les longs plus de 4. 

Nombre des coulants. — Les coulants sont rares, 
abondants, nombreux et très-nombreux. (On entend 
par coulants les pousses d'où sortent les nouveaux 
pieds ou rosettes qui s'enracinent par leur séjour sur 
le sol.) — On ^t qu*un fraisier a de rares coulants, 
quand il en produit de I à 10; abondants quand il en 
a de 11 à 25; nombreux de 26 à 50; très-nombreux 
de 50 et au-dessus. 

Grosseur des coulants. — Les coulants sont petits, 
moyens, gros' ou très-gros. Les petits ont 1 millimètre 
de diamètre et au-dessous, les moyens ont depuis plus 
de 1 millimètre à 2 millymètres, les gros, depuis plus 
de 2 à 3 millimètres, les très-gros ont plus de 3 mil- 
limètres. 

On comprend qu'à Faide d'une description exacte, 
faite d'après cette méthode, il est impossible de pren- 
dre une variété pour une autre; parce que si quel- 
ques-unes ont.de l'analogie sous un point ou sous un 
autre, il y aura, des difiérences ^ur quelques-uns. Il 
est certain que deux variétés ne réuniront jamais 
complètement les mêmes caractères et qu'il n'y aura 
pas similitude complète. Et quand même cela serait, 
on aurait encore pour se guider la couleur du fruit et 
l'époque de 1^ maturité. 
Quelles que soient les conditions dans l^Bgue%Ç)g^[(> 



76 LES FRAISES 

trouveront les fraisiers, leur. caractère ne changera 
pas; il pourra s'atténuer, mais non se modifier au 
point d'en présenter un contraire. 

VARIÉTÉS DES FRAISIERS 

Quand nous consacrerions dix pages à décrire le 
fraisier, nous n'apprendrions rien d'utile à iios lec- 
teurs. Nous nous bornerons donc à dire qu'il n'y a 
que deux espèces qui ont donné naissance, par la cul- 
ture et Tètude, à plus de trois cents variétés qu'on 
distingue en fraisiers à'Europe ou remontants ou de 
tous les mois, produisant constamment des fleurs et 
des fruits, et en fraisiers non remontants tiq donnant 
des fruits que pendant le printemps. 

Décrire toutes les variétés de fraisiers qui existent 
n'aurait pas plus d'utilité que de décrire le fraisier lui- 
même. Toutefois, distinguons les deux groupes frai- 
siers remontants et fraisiers non remontants. 

Fraisiers remontants. — Les fraisiers remontants se 
composent de quinze à vingt variétés, telles que le 
fraisier des Quatre-Saisons, le fraisier à fruits rouges 
ou blancs, 1^ fraisier de Meudon et le buisson de Gail-* 
Ion ou fraisier sans filets. 

Cette classe de fraisiers produit des fruits parfu- 
més, mais malheureusement si petits, si chétifs, si 
rares, que la culture ne peut en être faite qiî'à titre de 
curiosité*; c'est à peine si un mètre carré de terrain 
planté de ces variétés donne 500 gr. de fraises pendant 



LES FRAISES 77 

toute une saison, et si petites, si ennuyeuses à cueil- 
lir, qu'on les abandonne volontiers à qui veut se 
charger de la cueillette. Ajoutez à cela qu'elles ont 
beaucoup de graines, ce qui les fait croquer sous la 
dent comme si Ton mangeait du sable : inconvénient 
qui les a fait bannir de la table* des amateurs. 

Il y a aujourd'hui, dans la culture, de ces variétés 
très-remarquables comme produit et comme qualité. 
Ainsi nous citerons la Reine d'Argenteuil^ le Perpétuel 
(TArgenieuil qui ont de la chair et de Teau, et dont le 
poids dépasse quelquefois cinq grammes. La Belle-- 
Gaufrée est également un bon fraisier. Le Buisson 
rouge d'Argehteuil est très-productif ; il est de beau- 
coup préférable au buisson de Gaillon. 

Fraisiers no^ remontants, — Cette espèce se compose 
de plus de trois cents variétés diverses, dont la plu- 
part nous viennent d'Angleterre ou d'Amérique. Il y 
en a qui donnent des fruits énormes et nombreux, de 
telle sorte que certaines touffes produisent plus d'un 
kilo de fruits. 

Les fraisiers rron remontants forment cinq classes : 
les ètoiUs ou craquelins; les càproniers; les écartâtes; 
les ananas ; les chiliens. 

Les étoiles et càproniers ne sont presque plus 
cultivés en raison du peu de produit qu'ils donnent. 
Lés écarlates et les ananas qui produisaient les 
plus gros fruits, il y a quelques années, sont dé- 
passés aujourd'hui par les hybridations et les chi- 

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78 LES FRAISES 

liens perfectionnés par les semis. C'est surtout de 
ces derniers, croisés avec les précédents, qu'on a 
obtenu des fruits monstrueux qui pèsent jusqu'à 
70 grammes. 

Chaque jour, le nombre des hybridations et des 
gains de'semis augmente; il n'y a pas à douter qu'a- 
vant peu de temps on aura dépassé encore ces limites. 
La fraise des bois et celle des Quatre- Saisons sont 
oubliées, bien qu'elles aient un parfum que les grosses 
variétés n'ont, pas encore atteint ; mais les nouvelles 
fraises ont une si grande, supériorité sur les petftes, 
sous le rapport de la fraîcheur, de l'abondance du 
suc, de la beauté de la chair, de la forme, du coloris, 
de la saveur, de la succulence, que, quand on a 
mangé une seule fois de ces belles fraises, on ne dé- 
sire plus jamais goûter à celle des boig et des Ouatre- 
Saisons. 

Parmi ces centaines de variétés, l'amateur doit 
choisir les plus fertiles, les plus robustes, les plus 
belles, les plus vigoureuses, celles qui s'accommodent 
de tous les terrains et qui produisent les plus beaux 
fruits et les meilleurs. 

Les bonnes variétés cultivées sont si rares, les mau- 
vaises tellement répandues qu'on s'exposeraità passer 
pour un sot, un ignorant, si, dans les campagnes, on 
parlait du fraisier comme d'une plante productive. 
Il n'y a pas un propriétaire qui sache tirer un bon 
parti de cette plante, qui prenne au sérieux la 
culture du fraisier qu'il ne considère que comme une 

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LES FRAISES * 79 

curiosité ou un accident. Cependant il est démon- 
tré que \\>n peut en retirer des bénéfices considé- 
rables, indépendamment des jouissances qu'il procure 
aux amateurs par ses excellents fruits. 

DU SOL CONVENABLE AUX FRÀlSUSaS 

Si l'on nous demandait dans quel sol le fraisier 
végète le mieux, nous serions fort embarrassé pour 
répondre; mais, si Ton nous demandait dans quel 
sol il ne peut croître, nous le serions bien davan- 
tage. Cependant, il y a des variétés qui iie réussis- 
sent pas dans certains sols, tandis qu'elles don* 
nent des produits abondants et d'excellente qualité 
dans d'autres : c'est ce que la pratique seule peut ap- 
prendre. 

Le fraisier croît partout, à toutes les expositions, 
dans tous les sols. Cependant les fruits sont plus pai^- 
fumés, plus délicats, dans les sols calcaires, sablon- 
neux et légers. 

L'exposition du midi diminue la quantité, notais 
elle augmente la qualité ; celle du nord augmente la 
quantité, jnais elle diminue la qualité. 

DU CHOIX DES VARIÉTÉS A CULTIVER 

La prunelle est à la reine-claude, la poire sauvage 
est au beurré, la pomme à cidre est au calville, la 
cerise sauvage est à la cerise anglaise, le obarâon est 

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80 LES FRAISES 

à Tartichaut, Tache est au céleri, la chicorée sauvage 
est à la chicorée frisée, ce.que sont lés anciennes va- 
riétés de fraisiers aux nouvelles. 

Oue dirait-on de celui qui planterait un prunellier, 
un pommier à cidre, un poirier sauvage, un cerisier 
de Sainte-Lucie, un chardon, une ache, de la chi- 
corée sauvage, dans l'espoir de récolter de la reine- 
clâude, du calville, du beurré, de la cerise anglaise, 
de Fartichaut, du céleri, de la chicorée frisée? Le plus 
ignorant en hausserait les épaules. 

Cependant^ tous les jours, dans tous les jardins on 
rencontre de la fraise sauvage et dégénérée, ce qui 
est pis, puisqu'elle produit un fruit encore plus rare 
et moins bon. 

D'où vient donc que l'on cultive tant de mauvaises 
variétés improductives quand il y en a tant de bonnes 
dont le produit est dix fois plus élevé? De l'ignorance, 
de la routine et de Téconomie, pour ne pas dire plus. 
On plante une mauvaise variété parce qu'elle ne 
coûte rien. Cependant, il suffit d'un calcul bien 
sitnple pour établir qu'une mauvaise variété qui ne 
coûte rien, coûte beaucoup plus qu'une bonne qu'on 
achèterait 25 et même 50 centimes le pied. - 

En efTet, qu'est-ce que le prix d'achat de cent pieds 
de fraisier, alors même qu'ils coûteraient 50 francs, 
quand on peut s'en procurer des milliers par la mul- 
tiplication des filets? D'ailleurs, ne peut-on pour 
cette somme en avoir dix et même vingt variétés ? 
On a le choix et le moyen de les reproduire à l'infini 

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LES FRAISES 81 

et de réduire ainsi le prix de revient presque à . 
zéro. 

Plantez donc de bonnes variétés, et 'si vous êtes 
embarrassé pour les choisir, rapportez-vous-en à un 
horticulteur spécialiste. Il vous fera, en toute cir- 
constance, un choix bien supérieur à celui que vous 
feriez vous-même, si vous lui laissez toute latitude ; 
car il cultive de préférence les bonnes, n'ayant pas 
d'intérêt à cultiver les médiocres ou les mauvaises, 

PLANTATION - . 

Le fraisier se plante à l'automne et au printemps. 
A la rigueur, on peut le planter toute Tannée, avec 
un peu de soin : des g^rrosages en été et des couver- 
tures en hiver. 

La plantation d'automne a un grand avantage sur 
celle du printemps; parce que le plant, végétant et 
s'enracinant pendant Tarrière- saison, peut donner 
une récolte dés Tannée suivante : on gagne donc près 
d'un an en plantant à cette époque. D'autre part, le 
succès de la plantation est plus certain, surtout dans 
les terrains secs et légers et aux expositions chaudes. 
Cependant, dans les terres humides et froides, il est 
préférable d'attendre au printemps. 

Pour que le fraisier donne de beaux produits, il 
faut le planter dans une terre bien préparée, à la dis- 
tance de 35 centimètres en tous sens, pour les petites 
'variétés; à 45 pour les moyennes, et à 50 pour les 

DigitizedbyÇiOOgle. 



82 



LES FRAISES 



grosses. On trace des planches d'un mètre, et on y 
plante deux rangs des grosses variétés 
et trois des petites. 

La plantation se.&it à Taide du plan- 
toir, comme celle des salades, choux et 
autres légumes, et on arrose immédia- 
tement,, gtielgue temps qu'il fasse. Mais les 
horticulteurs soigneux emploient le dé- 
plantoir (fig. 21), et disposent le plant de 
manière à appuyer de la terre sur la ra- 
cine qu'on incline ,à cet efifet (fig. 22). 
Cette disposition empêche les gelées de pig. 21. 
soulever le plant, et le fixe plus solidement au 





sol. La reprfôe est plus prompte et plus sûre. 

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LES FRAISKS 83^ 

MULTIPIilGATION Dtj FBiOSIER 

Le fraisier ee multiplie de trois oianièi^eB : par 
éclats des vieux pieds, par les filets et par semis. 

Les deux premiers moyens sont les seuls qui re* 
produisent exactement les ' caractères de la variété. 
Le semis n'offre que des variétés iocertainas et qu'il 
faut étudier, ce qui u'estque du ressort de ramateur 
ou de l'homme spécial, du fragaricuUewr, 

Que ce soient des éclats de vieux pieds ou des jeunes 
filets qu'on emploie à la multiplication, on les plante 
sur un seul rang au milieu d'une planche d'uû mètre 
de large* Ou siq)rime les fleurs et on laisse pousser 
les coui^ts, qui produiseût le plant nécessaire aux 
pouvelles pkuitations» 

ou PAItiLIS 

Aussitôt les fraisiers nettoyés, binés çt sarclés au 
mois de mars, ou doit, s'occuper du ^aiilu ou paiU 
loge. 

Le meilleur paillis est celui qui est fait avec' de 1^ 
litière bien secouée et brisée ou avec dô la paille 
courte. 

Ou peut également employer le marc de raisin 6t 
le tan qui a déjà servi; mais il faut qu'ils aient passé 
au moins une année en tas : c'est, malgré cela, un 
inédiocre paillis sous tous les rapporte. 

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84 LES FrtAISES 

Le paillis est destiné à empêcher que les fraises se 
salissent et à maintenir la fraîcheur des arrosages; 
mais il faut bien se garder d^employer des matières 
qui attirent les insectes, telles que le fumier frais, la 
mousse ou le foin gâté, et surtout les herbes venuesà 
graine. 

Pour que le paillis soit bien fait, il faut qu'il re- 
couvre tout le sol, de manière que les fraises ne 
puissent toucher à la terre et les pluies d'orage écla- 
bousser les fruits. 

L'épaisseur du paillis peut varier de 1 à 2 cen- 
timètres. Si on emploie du tan, il faut à la fin de la 
saison le relever avec le dos du râteau ou en frire 
de petits tas avec la ratissoire et l'enlever; car il est 
toujours dangereux de l'enterrer tant qu'il n'est pas 
réduit en terreau: au lieu de servir d'engrais, il frap- 
perait le terrain de stérilité. 

Généralement on se sert de mauvais paillis, de 
litière fraîche ou de la paille; voici le moyen de s'en 
procurer du bon. 

On étend sur le sol du fumier long de cheval,' sur . 
une épaisseur de 30 à 40 centimètres; on piétine et 
on mouille. On recommence une seconde couche 
qu'on traite de même, puis une troisième et ainsi de 
suite. Le fumier s'échauffe , et huit jours après 
on démonte le tas et on le rétablit à côté en 
mettant au bas la couche supérieure et, au milieu 
ou au dedans, le fumier qui était ^u dehors oii à 
Tentour. On continue à mouiller un peu «t à piétin^ . 

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LES FRAISES 85 

comme la première foi?. Huit jours après on recom- 
mence, etlepaillis est bon à être employé. Dans le 
éas contraire, on lui fait subir un nouveau rema- 
niage. 

ENTRETIEN DES ' FRAISIERS APRÈS LAl PLANTATION 

Le fraisier planté, on doit le surveiller toute Tan- 
née. Il faut d'abord supprimer impitoyablement toutes 
les fleurs gui se montrent dans les plantations faites 
après le 10 mars, sous peine de compromettre la ré- 
colte de Tannée suivante. 

Pour toutes les plantations, qu'elles soient faites à 
Tautomne ou au printemps, il faut enlever tous les 
coulants, une fois par semaine ; car, si on lès laissait 
s'enraciner, toute la sève s*y porterait et, Tannée 
suivante, le pied appauvri ou mourant ne produirait 
rien et les filets peu de chose : en un mot la récojte 
serait nulle. 

La suppression des coulants et filets est donp de 
preniière nécessité. — Il n'y a pas de récolte là où il 
y a des coulants, carie fraisier cherche plutôt à se 
reproduire qu'à fructifier. 

On doit entretenir constamment propres les frai- 
siers ^n leur donnant des sarclages et des binages au 
moins une fois par mois, pendant la belle saison ; 
mais tant que dure la récolte, et à partir du jour où 
le |)aillis est appliqué, oiî se borne à esherber à la 
. main. 

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86 LES FBAISES 

Les binages doivent être fréquents, mais légers, 
pojir ne pas blesser les racines .quf partent du collet 
de la plante. On les exécute avec la ratissoire en en- 
^ tamant la terre d'un centimètre seulement, et même 
moins s'il est possible. Pour ne pas déranger le 
paillis , on glisse la binette en dessous sans dépla- 
cer la terre qu'on soulève seulement. 

Dans les terres fortes et* dures on pourra, pour 
ameublir la surface du sol, se servir d'une binette à 
trois dents qu'on nomme grlffCy et on termine par 
un coup de binette s'il y a des herbes. 



CULTURE SPECIALE 

DES FRAISIERS REMONTANTS DITS 

DES QUATRE-SAISONS 

Tout ce que nous avons dit des fraisier* de ra^ 
américaine est applicable aux fraisiers des Quatre-Sai- 
sons. Cependant, il en £aut excepter la suppres^n 
entière de filets. 

En effet, en supprimant les filets des Onàtre-Sai- 
sons, on se priverait d'une grande partie de la ré- 
colte de rautomae. D'autre part, les fraisiers de race 
américaine peuvent vivre deux ans en place, tandis 
qu'où doit replanter les Quatre -Saisons tous, les 
dix-huit mois ou mieux tous les ans. Voici donc ce 
que nous conseillons aux amateurs de ces fraisiers, 

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LES FBAISfiS 87 

Planter les coulants à Tautômne^ à la distance de 
35 centimètres en tous sens , au moins, et au prin- 
temps supprimer les premiers filets, pour donner de 
la force au pied mère. Au mois de juin ou de juillet 
seulement, on laisse pousser quatre filets ou cinq au 
plus à chaque pied mère ; on détruit tous les autres 

* jusqu'à la fin de la saison, au fur et à mesure qu'ils 
poussent. Au mois de novembre, on arrache tous les 
coulants, on donne un bon binage, on terreaule. A 
l'automne qui suit,' on arrache tout et on renouvelle 
la plantation qu'on fait alors, avec des filets enracinés 
qu'on a laissé pousser à cet effet. 

Si le paillis est utile pour les fraisiers américains, il 
est indispensable pour les Quat're-Saisons. On devra 
le faire un peu fort pour que les filets s'enracinent 
plus djfiicilement et soient plus rapidement enlevés. 

La plantation peut également avoir lieu au prin- 
temps; mais celle de l'automne est toujours plus 

• avantageuse , bien que l'hiver détruise quelque» 
pieds. 

Quant au fraisier sans filets, dit buisson^ il faut 
autant que possible le planter de bonne heure à l'au- 
tomne ; toutefois, pas ayant le 25 septembre ou le leroc- 
tobre, afin que l'humidité en favorise la reprise ; il 
aura ^core le temps de s'enraciner avant l'hiver. 
Passé le l«r novembre, il faut, s'absteuir de le plan- 
ter dans les climats froids, car ce fraisier n'ayant pas 
de racines, puisqu'il se multiplie d'œilletons, est faci- 
lement soulevé par les gelées ou enterré par les 

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88 LES FRAISES 

pluies : deux choses qui peuvent amener la ruine du 
jeune plant. 

Les plantations qui ne sont pas exécutées à Tau- 
tomne se font dès les premiers jours du printemps 
et peuvent se continuer jusqu'au 30 avril, sans incon- 
vénient. Seulement, plus on planté tard, plus il faut • 
arroser si la température est sèche. — On plante à 
30 centimètres en tous sens, en ayant le soin de ne 
pas enterrer le cœur de la plante. . 

On se plaint généralement de ce que le fraisier des 
Quatre-Saisons dégénère rapidement. Cela n'est pas 
sans raison, car voici ce qui se passe : 

Dans une planche ou un carré de fraisiers, il y a 
toujours quelques pieds qui sonli^noins fertiles que 
les autres; ils prenneqt nécessairement plus de dé- 
veloppement. Étant plus vigoureux ils produisent 
naturellement de plus beaux coulants. Or, qu'arrive- 
t-il? Que le jardinier prend de préférence les plus 
beaux filets et qu'il multiplie ainsi *les moins ferr 
tiles : de là la dégénérescence. Il donc est indispen- 
sable de veiller à la plantation et, de renouveler sou 
plant auprès des semeurs quand on s'aperçoit que 
celui que Ton cultive est dégénéré par suite du mau- 
vais choix qu'on en a fait. 

On croit généralement que le plant fort est le meil- 
leur : cela est non-seulement une erreur, comme on 
vient de le voir; mais les gros filets étant plus vieux 
fleurissent souvent avant la reprise et languissent 
toute la saison; tandis qu'un jeune filet, fût-il très* 

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LES FRAISES 89 

petit, Teprend de suite, et devient vigoureux en peu 
de temps. 

Que le planteur tienne donc compte de ces difTéren- 
ces spéciales et qu'il n'assimile 4)as complètement la 
culture des Quatre-Saisons à celle des fraisiers de race 
américaine. 

NETTOYAGE AU PRINTEMPS 

Du 1er au 15 mars, au plus tard, il faut procéder au 
nettoyage du fraisier. Cette opération se fait en en- 
levant toutes les feuilles mortes et les pétioles 
restés en place après la disparition des vieilles 
feuilles ; on se sert pour cela d'une serpette, afin de 
ne pas déraciner les plantes : on coupe feuilles e* 
pétioles le plus près du collet. 

Cette opération terminée , on ramasse tous ces 
débris, on les brûle, et on jette les cendres sur le 
fumier. 

Aussitôt après l'enlèvement des feuilles, on donne 
un binage et on arrose si la température est chaude 
ou sèche, pour ranimer la plante que cette opération 
fatigue toujours un peu. Le binage doit être dirigé de 
manière à rechausser le collet du fraisier pour qu'il 
puisse émettre des racines, car c'est du collet qu'elles 
partent, et s*il était déchaussé, cette émission ne pour- 
rait avoir lieu. 

A partir de cette époque on continue d'arroser de 
temps en temps pour entretenir la fraîcheur et la vé- 

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90 LES FRAISES 

gétation et préparer uqq bonne fructiûcâtioD. Dans la 
plupart des cas, une bonne mouillure suffit par se- 
maine, surtout avec un paillis. 

Si Ton n'a pas fuipéles fraisiers avant l'hiver, on 
peut le faire immédiatement après le nettoyage, en 
employant des engrais bien pouiris, des tourteaux 
en poudre, de la cendre mêlée à de la poudrette, etc., 
puis on arrose pour les faire dissoudre et les fixer au 
sol. 

On peut aussi faire des composts avant Thiver et 
s'en servir au pi-intemps. Dans ce cas on les répand 
sur le sol aussitôt le nettoyage fait et on les enterre 
par le binage. . • 

CUEILLETTE, CONSERVATION 

La cueillette de la fraise n'offre aucune difficulté ; 
il suffit de saisir le pédoncule avec le pouce et Tin- 
dex, un peu au-dessous du fruit, et de le couper avec 
les ongles. Toutes les fraises qui ne porteraient pas 
le calice avec elles (les petites feuilles vertes et la 
queue), doivent être mises de côté, si elles sont des- 
tinées à être expédiées au loin; Car elles perdent 
leur jus et gâtent celles qui sont intactes. 

Quand on cultive les grosses variétés, dont les 
fruits pèsent de 30 à 45 et même 50 grammes, il est 
indispensable, s'il pleut, de soutenir ces fruits ave<î 
de petites fourchettes en bois pour éviter qu'ils se 
salissent, et de pailler fortement. On se sert aussi , à 

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LES FRAISES 91 

cet effet, d'un petit support en fil de fer d'invention 
anglaise dit porte-fraise, dont Futilité ne nous est pas 
démontrée, puisqu'on atteint le même résultat par 
un fort paillis, avec plus d'économie. 

Si Ton veut conéerver les fraises, il faut les cueillir 
avant leur complète maturité, les placer dans un vase 
et les mettre au frais, sans les laveV et sans leur en- 
lever ni la queue ni le calice. Si elles ont besoin d'être 
lavées pour les nettoyer, il ne faut le f^-ire qu'au ipo- 
ment de les manger. 

EMBALLAGE ET TEANSPORT DES FRAISES 

Depuis qu'on cultive le fraisier en grand et en plein 
champ, on a senti le besoin d'en exporter les fruits 
jusque sur les marchés les plus éloignés, et même 
jusqu'à Pai-'is. 

Quand on est rapproché du marché, on se borne à 
faire l'emballage dans de petits paniers d'un kilo, 
avec des feuilles de vigne ou de choux. 

On peut aussi, emballer les fraises dans de petites 
boîtes plates. Pour cela an met au fond de la boîte 
une couche de regain ou foin très-doux d'un centi- 
mètre d'épaisseur qu'on recouyre de feuilles de vigne; 
4)uis on place un lit de fraises, un lit de feuilles et 
ainsi de suite jusqu'à 4 oU 5 centim. d'épaisseur, et 
on termine par une couche de feuilles sur laquelle on 
met un lit de regain et on ferme la boîte. On peut em- . 
baller plusieurs de, cesboîtes ensemble pour n'en faire 

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02 LES FRAISES 

qu'un seul colis; Ainsi emballées , les fraises peuvent 
faire de longs voyages. 

Les fraises , comme tous les autres fruits, circu- 
.lenl sur Ips chemins de fer par la grande vitesse 
au prix de la petite, mais à la condition que l'envoi 
soit d'au moins* 50 kilos 'et qu'on ait fait une de» 
mande à Tadministration de la Compagnie des che- 
mins de fer. 

Tout colis de fruits, expédié à grande vitesse, doit 
arriver à Paris en 24 heures, n'importe le point de la 
France d'où il est parti, 

AMÉNAGEMENT DES FRAISIERS 

Certains amateurs ne se contentent cas de manger 
des fraises seulement pendant la saison où elles ap- 
paraissent, ils veulent en avoir le plus longtemps 
possible. Nous allons donner le moyen d'en ^voir 
toute l'année. 

La variété dite des Quatre-Saisons, était, il y a 
quelques années, celle que l'on cultivait de préfé- 
rence pour avoir des fraises de mai à octobre ; maïs, 
depuis que les nouvelles variétés sont connues, on en 
a restreint la culture, et elles ne servent plus qu'à* 
combler le vide laissé par celles-ci. 

Pour prolonger la durée des fraises, il faut recourir 
à un aménagemenL 

Les espèces hâtives, plantées- à bonne exposition, 

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LES FBAISËS 93 

dans un terrain léger, donnent des fruits à la fin de 
mai. 

Les espèces de moyenne maturité en produisent 
pendant tout le mois de juin. 

Les variétés tardives au commencenient de juillet. 

Plantées à l'exposition du nord, dans un sol froid, 
en empêchant le soleil de les atteindre avant le mois 
de juillet, en les ombrant avec des paillassons ou des 
branchages, les variétés tardives donneront leurs 
fruits à la fin de juillet. 

A partir de ce moment, il ne reste plus que les . 
Quatre^-Saisons dont les fruits deviennent médiocres, 
dès le 15 août m nord; mais, en choisissant de 
bonnes variétés, on pourra prolonger la récolte jus- 
qu'en octobre. 

^ DES IÎ^ÔECTËS nuisibles AXJ FRAISIER 

Les insectes qui s'attaquent au fraisier ou à ses 
fruits sont : le ver blanc, la taupe, la fourmi, la che- 
nille, le ver gris, la limace et le mille-pieds ou scolo- 
pendre, que Ton peut appeler mille-pieds des fraises 
(juins fragarum). 

Ver blanc^ ver de hanneton. — Ce ver est connu de 
tout le monde par les ravages qu'il cause dans les 
jardins et dans les champs. En quelques semaines 
il dévore facilement un carré de fraisiers : c'est leur 
plus redoutable ennemi* 

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94 LES FRAISES 

Il n*y a pas de moî^en efScace pour le combaltre 
qui soit connu. 

On avait proposé le soufre en poudré; mais nous 
avons Reconnu qu'il n'a aucune action. L'engrais Ba- 
ron-Chartier est également de nul effet. 

La taupe fait un tort coïisidérable aux fraisiers en 
les culbutant ou en ouvrant des galeries souter- 
raines qui les font périr, en. les déracinant ou en les 
isolant. 

Pour se débarrasser de ce fâcheux animal, il faut 
le guetter et le tuer ou lui tendre des pièges. Toute- 
fois, il faut peu compter sur ces derniers, «car il 
a l'odorat très-fin, et il sent de très-loin la terre 
remuée par la main de l'homme et les pièges qui 
lui sont tendus. 

La fourmi attaque les fraises,' comme elle attaque 
tous les fruits. Pour s'en- débarrasser, on place sur son 
passage des assiettes contenant un peu.de miel ou de 
sirop, Quand elles sont réunies en grand nombre, on 
les tue avec de l'eau bouillante, qu'on verse dessus. 

On peut aussi détruire les fourmilières en y intro- 
duisant un peu de miel pour attirer les insectes dans 
le même endroit; on y verse également de l'eau 
bouillante. 

Chenille. — Il y a une petite chenille qui attaque le 
fraisier au printemps et en dévore les feuilles. Nous 
ne connaissons pas d'autre moyen de la détruire que 
de la rechercher et de l'écrasep sur les feuilles aussi- 

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LES FRAISES 95 

lot qu'on s'aperçoit qu'elles sont trouées ou dente- 
lées. 

Ver gris. — Le ver gris ressemble assez au ver à 
hanneton, quoique plus polit et pins foncé en couleur; 
il coupe comme lui le fraisier entre deux terres, au 
printemps surtout. Aussitôt qu'an pied de fraisier est 
fané, il faut le découvrir jusqu'aux racines et enlever 
lever qui le ronge; il n'y a pas d'autre moyen de le 
détruire. 

Limace. — La limace est trôs-friande de la fraise 
et, lors de la maturité, elle mange toutes celles qui 
sont à sa portée. On s'en débarrasse en entourant les 
pieds de fraisiers de cendre, de sciure de bois, où elles 
s'embarrassent. On les prend alors, et on les embro- 
che avec un fil de fer ou une baguette de bois dur 
taillée en pointe. On peut aussi: faire de petits tas de 
sonde distance en distance; comme elles en sont, 
très friandes, elles s'y amassent, et on les détruit 
comme nous venons de le dire. 

Le mUle-pieds des fraises. — Ce verpetit et très-long 
s'introduit dans la fraise et la mange. Nous ne con- 
naissons aucun moyen d'empêcher ses ravages, si ce 
n'est de ne. pas laisser les fruits mûrir de trop et 
traîner à terre. 

HYBRIDATION DU FRAISIER 

Depuis longtemps on a recours à la fécondation ar- 
tificielle pour obteniivdes croisés, c'est-à-dire des va- 

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96 LES FRAISES 

riétés hybrides; on peut, ainsi, créer de nouvelles 
fraises d'un certain mérite. Ordinairement on ne 
oroise que des espèces giii ont des caractères opposés; 
mais il faut opérer sur des sujets de même race. 
Ainsi, si Ton croisait une variété remontante avec une 
qui ne Test pas, on n'obtiendrait qu'une variété non 
remontante ou un plant de bi-récolte, c'est-à-dire re- 
montante en septembre. C'est toujours une mauvaise 
hybridation, n'importe à quel point de vue on se 
place. 

Si Ton veut tenter des hybridations, il faut opérer 
sur de bonnes races bien franches, belles de forme, 
de bonne qualité et d'une bonne grosseur. 

Pour pratiquer l'hybridation par la fécondation ar- 
tificielle, on commence par châtrer un sujet, en lui 
enlevant ses étamines ou ses 'anthères; puis, avec un 
pinceau, on prend du pollen sur la fleur du sujet 
qu'on veut rendre père, et on le transporte sur les 
pistils de la fleur châtrée. On ne doit opérer que 
fiur un petit nombre de fleurs, sur le pied-mère, 
et enlever toutes les autres qui naîtraient après 
l'opération, ainsi que les coulants. Le fruit doit 
être cueilli en pleine maturité et semé immédia- 
tement. 

ORDRE DE MATURITÉ DES FRAISES 

Il est impossible que nous donnions l'ordre de 
maturité de toutes les fraises, il nous faudrait pour; 

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LES FRAISES 97 

cela établir une liste de plus de trois cents noms. 
Nous allons donc nous borner à énumérer leis es- 
pèces ou variétés les plus méritantes ; car les autres 
ne sont guère cultivées que comme curiosité, ou trop 
peu connues pour qu'il soit permis de les classer 
avec exactitude. 

Hdiwes. 

Vingt-Mai, — May-Queen, — Princess of Wales,— * 
Bcarlale, — Groveend, — Éclipse, — Jenny Lind, 
— Marguerite, -^ fteine d'Argenteuil, — Prince Im- 
périal, — Nec plus ultra, — Progrès, — Sir Joseph 
Paxton, — Président, — Perpétuel d'Argenteuil (Voir 
pour les variétés nouvelles, les catalogues de chaque 



Moyenne saison. 

• 

Àmbrosîa, — Victoria, — Premier, — Barneà 
large Withe, — Géaat, — Carolina superba, — Duc de 
Malakoff, — Cornucopia, — Crimson Cluster, — Em- 
press-Eugénia, — Emma, — Fairy Queen, — Excel- 
lente, — Exposition de Chdlon, — Fillmore. — Fill 
Basket,— Là Fertile,— Globe,— John Powel,— Comte 
Léonce de Lambertye, — Orb, — Bonté Saint- Julien, 
-* Henriette, — Gloria, — Victory of bath, — Oscar, 
*- Palroyre, — Sir Harry, — Patrick, — Royal Vic- 
toria, — Sir Charles Napier, — La Reine, -^Adair, — 
Muscadin, — Auguste Retemeyer, — L'Africaine, — 
Louis XIV, —Pulchra,— Gérés, — Turenne (Voir 

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98 LES FRAISES 

les catalogues de chaque année, pour les variétés 
nouvelles). 

. Tardives. 

Surprise, — Goliath, — Grosse sucrée, — The 
Tietjen, — Belle de Paris, — Éléonore, — Gélineau, 

— Filbert Fine, — La Constante, — Jucunda, — 
Frogmore Late Fine, — Napoléon III, — M^e Élisa 
Champin, — Écarlate américaine, — Sir Charles Na- 
pîer, — Belle de Paris, — Émily, — Kamlfislri, — 
M?"« Louesse, — Mounl Vesuvius, — Palmée, —Rival 
queen, — The Kimberley, — Wôndefful, — Vineuse 
de Nantes, — Prince of Wales(Guthill),— Buisson rouge 
d'Argenteuil, — Haquin, — David, — La Châtelaine 
(Voir les catalogues pour les nouvelles variétés). 

Fraisiers propres à la grande culture. 
Éclipse, — La Fertile, — Géant, — John Pov^el, — 
Premier, — Président, — Princess of Wales, — Fiil 
Basket, — Empress-Eugénia, — Barne, — Jucunda, 

— Marguerite, — Sir Charles Napier, — Victoria, — 
Vingt-Mai, — Wonderful, — Reine d-ArgeQteuil, — 
Prince Impérial. ^ — Fairy queen, r- Fillmore, — 
Orb, — Sir Joseph Paxton, — Frogmore Late Piné, — 
Émily, — Goliath, — Élisa Champin, — Olivier de 
Serres. (Voir les catalogues pour les cintres variétés.) 

DÉàUSTATION DES FRAISES 

On se sett généralement, pour dépeindreles Cftrao- 
tères de la f^ise, àe termes qui ne sont ^Mis suSsam- 

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LES FRAISES «9 

ment compris, ce qui donne lieu à des méprises. 
Pour remédier à cet înconvénient, nous allons essayer 
d*en donner le sens propre. 

DE LA. SAVEUR 

/ 

Il y a quatre saveurs bien distinctes : 

10 Acide, — Quand la fraise manque de «ucre et 
qu'elle fait éprouver, à la dégustation, un sentiment 
d'acidité ou d'aigreur, on dit qu'elle est acide. 

2<^ Acidulée. — Quand elle est un peu ûioins acide, 
on la dît acidulée. 

3° Peu sucrée, — Quaud elle est légèrement acidu- 
lée, on dit peu sucrée. 

4o Sucrée. — Quand elle est sucrée, et qu'elle man- 
que d'acide ou à. peu près, on la dit sucrée. 

DE l'arôme 

11 y a quatre arômes. On dit que la fraise est : 

Relevée. -^ Quand elle a un goût très-prononcé et 
agréable. ^ • . 

Parfumée. — Quand elle a du parfum. 

Peu parfumée. — Quand le parfum est peu sen- 
sible. 

Fade. — 'Quand elle manque de parfum. 



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100 L£S FRAISES 

DE l'eau ou jus 

Par rapport au suc ou à Tabondance de l'eau, on 
divise également les fraises en quatre clauses, v 

On dit qu'une fraise est : 

TrèS'juleuse. — Quand elle contient, beaucoup d'eau 
ou de jus. , 

Juteuse, — Quand elle est suffisamment pourvue 
d'eau. 

Peu juteuse. — Quand elle n'a pas assez d'eau. 

Pâteuse. — Quand elle en est presque dépourvue. 

DE LA. CHAIR, 

On distingue également quatre genres de chair, par 
rapport à la contexture intérieure. 

On dit : 

Chair pleine. — Quand elle ne présente pas de 
pores. _ • 

Chair demi^pleine. — Quand il y a des pores.. 

Chair demi-crev^se, — Quand les pores s'agrandis- 
sent et que la chair présente de petites' cavités. 

Chair creuse. — Quand les ^ pores sont nombreur, 
très-développés et qu'il y a des solutions de continuité 
dans les tissus. 

On dit encore, selon les nuances, chair blanche, 
veinée, veinée rose et blanc, rose, etc., etc. 

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LES FRAISES 101 

On dit eûcore : 

Chair très-ferme. — Quand la fraise peut se ma- 
nier et se transporter très-facilement sans s'écraser. 

Chair ferme. — Quand elle est encore assez ferme 
pour se transporter avec des soins. 

Chair demi-ferme. — Quand elle est assez molle 
pour ne plus supporter le transport. 

Chair molle. — 'Quand la fraise s'écrase ou se dé- 
forme au simple toucher. 

DES GRÀIK£;S 

. Pour exprimer qu'une fraise a beaucoup ou peu de 
graines, on dit ; 

Extrêmement grenue. — Pour désigner une fraise 
qui a beaucoup de graines, qui en est couverte. 

Très-grenue. — Quand elle en a moins, mais plus 
encore que la généralité. 

Grenue. — ^. Quand elle en a modérément. 

Peu grenue. — Quand elle en a moins que la gé- 
néralité. 

Ainsi, parapplication, lemaa;imuin des qualitésd'une 
fraise serait d'être: sucrée^ relevée^ très-juteuse, d'avoir 
la chair pleine, très-ferme, et d'être peu grenue^; mal- 
heureusement , il est difficile d'obtenir toutes ces 
qualités; car une fraise qui a la chair très-ferme 
a souvent beaucoup de graines où des graines dures, 
l'un des plus grands défauts, si ce n'est d'être pâteuse 
et/adé,etc. 

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102 I.ES FRAISES 



DURES DES FRAISIERS 



Une plantation de fraisiers peut durer deux ans 
dans les planches, et trois ans dans les bordures; 
mais, dans ce dernier cas, il faut lui donner des en- . 
grais tous les ans à Tautomne, et la rechausser en 
rapportant de la terre» afin de maintenir le cœur de 
la plante au niveau du sol. 

Quand on n*a pas soin de supprimer les coulants, 
au fur et à mesure (ju'ils paraissent, cela fatigue 
beaucoup les plantations, en abrège la durée et di- 
minue considérablement la récolte, parce que la sève 
est ainsi dépensée en pure perte et que cet effort 
naturel de reproduction énerve et affaiblit le plant- 
mère. 

Les labours, les apports de terre, les binages y les 
sarclages, les soins, peuvent prolonger Texistence du 
plant et les récoltes. 

Plus le sol est riche, frais ou ombragé, plus les 
plants ont d'espace pour végéter, plus la durée est 
longue, les produits assurés et de bonne qualité. 

Les fraisiers qui sont plantes par touffes isolées 
sont ceux qui donnent le plus et le plus longtemps* 

MOYEN DE PERPÉTUER LES FRAISIERS 

Le fraisier ne peut guère végéter et donner de? 
fruits à la même place que pendant deux années 

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LES FRAISES 103 

consécutives ; mais si Ton tenait absolument à les 
avoir toujours dans le même terrain et au même 
endroit, il faudrait, tous les deux ans , les arracher 
au mois d'octobre ; enlever la terre sur la profon- 
deur d'iil^ fer de bêche, soit 25 centimètres , rap- 
porter de la terre d'un autre coin du jardin qu'on 
remplacerait par celle enlevée et replanter les frai- 
siers en les dédoublant et en raccourcissant les ra- 
cines, ou même en plantant du nouveau plant, ce 
qui serait préférable. 

MALADIES DU FRAISIER 

Le fraisier est très-rustique ; il n'e^st guère sujet 

aux maladies ; cependant il est, parfois, pris de la 

! jaunisse. Cette maladie provient ou de la pauvreté 

ou de la sécheresse du sol, ou de ce qu'on lui 

a donné trop d'engrais mal consumés. Dans l'un 

comme dans l'autre cas, il reprend promptement sa 

couleur verte si on l'arrose trois ou quatre fois avec 

j de r.eaU dans laquelle on a fait dissoudre 1 gramme 

! de sulfate de fer par litre, et cela à la dose d'un litre 

pour huit ou dix pieds. Il est entendu que, dans le cas 

i où le sol est trop pauvre, il faut terreauter avec de la 

^ bonne terre, des composts ou des engrais, sans'Çuoi 

la maladie reparaîtrait bien vite. 

DES ENGRAIS 

Les meilleurs engrais, pour le fraisier, sont le 
vieux terreau de couches, les boues de rues, les vases 

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104 LES FRAISES 

de mares et d'étangs, les curares de fossés, les tour- 
. teaux d'huile, la poudrelte, le guano, en mélange 
avec des terres neuves, le vieuK fumier, la suie, 
les cendres ; mais il faut qu'ils soient appliqués à 
l'automne et non au printemps ; l'excès d'engrais fait 
mourir les fraisiers : on doit donc ne pas les donner ' 
en trop grande abondance* 

Dans les sols secs, le fumier de vache est préférable 
à tout autre, 

PLANT FATIGUÉ PAR LE VOYAGE 

Il arrive souvent que le plant de fraisier est expédié 
à de grandes distances et qu'il met un temps considé« 
rable à parvenir à destination, de telle sorte qu'il 
semble hors d'état de pouvoir végéter. Quand on 
reçoit du plant ainsi fané, on lui fait reprendre de la 
fraîcheur en le plongeant dans l'eau où on le laisse 
séjourner tout le temps nécessaire pour cela, soit 6 ou 
8 heures. On plante alors, et on arrose quel que soit 
le temps qu'il fasse^ car, si cette condition est utile eu 
général, elle est de rigueur dans ce cas-ci. On continue 
d'arroser jusqu'à reprise complète. Si la plantation a 
lieu au printemps et que le temps soit sec, on fera . 
même bien d'ombrer un peu avec deia paille ou des 
paillassons. 

CULTURE HÂTÉE 

La culture hâtée a pour but de récolter des fraises «, 
avant Tèpoque de la maturité ordinaire* ^e se divise 



LES FRAISES 105 

eu deux parties : la culture sur ados à bonne exposi- 
tion et la culture sous châssis. 

Culture hdtée sur ados. — Pour celte culture il suf- 
fit de planter sur des ados inclinés au midi (voir Cul- 
ture hdtée des asperges ), des variétés hâtives de 
fraisiers. On les protège contre le froid par des couvér- 
tures,et quand arrive le mois de mai elles donnent des 
fruits en abondance. 

Les fraisiers destinés à cette culture doivent être 
mis en place au printemps et soignés tout l'été. On 
peut aussi, et cette méthode est préférable dans cer- 
tains sols, repiquer en motte en septembre ou fin 
août des fraisiers élevés spécialement à cet effet. 

Pour cela, dès le printemps, on plante des filets de 
Tannée précédente à 20 centimètres entons sens; on 
les soigne durant tout Tété, puis on les lève en motte 
et on les repique sur des ados inclinés à 25 ou 30 de- 
grés. On les abrite du soleil, et au mois d'octobre on a 
des plants très-forts. Il est entendu, toujours, qu'on 
doit e;ilever tous les coulants au fur et à mesure qu'ils 
se' montrent. Les plants ainsi élevés donnent une 
abondante récolte un mois avant ceux de pleine terre. 
On plante à 30 centimètres en tous les sens. 

Culture sous châssis et sur couches. — On fait une 
couche par les procédés ordinaires; du 25 janvier au 
15 février on la garnit de sa bâche et de ses châssis; 
cela fait, on lui laisse jeter son feu et on y place les 
fraisiers en motte, à la distance de 30 centimètres en 
tous sens et en quinconce; on paille; on arrose et on 

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106 LES FBAISES 

replace lee cbâAsis. On couvre pendant les froids 
et la nuit avec des paillassons, on donne de Tair, on 
découvre quand il fait chaud et beau ; mais il faut en- 
fermer Tair chaud de bonne heure en rabattant les 
châssis les jours où Ton dbnne de Tair et- ne pas at- 
tendre que le soleil ait disparu. Généralement on oo- 
Tre en février de 10 heures du matin à 3 heures et on 
, ferme. En mçirs on peut ouvrir de 9 à 4 heures, envi- 
ron, selon la température. 

En un mot,il faut garantir la couche du froid et la 
réchauffer par tous les moyens possibles ; à cet effet il 
faut savoir découvrir quand il fait chaud, couvrir 
quand il fait froid^ placer du fumier autour des 
coffres, etc., etc. 

On arrose avec de Teau tiède pour ne pas refroidir 
lacouche et arrêter la végétation ; les arrosages doi« 
vent plutôt être des bassinages, car trop d'eaù nuirait 
à la plante. On ne doit arroser que quand ou voit que 
la terre est sèche,' à qiielques centimètres de profon- 
deur. 

Les bassinages se donnent toujours le soir avant de 
baisser les châssis. 

Il faut avoir soin d'effiler la plante, d'esherber pei^ 
dant toute la durée de l'opération. 

Au moment de la floraison et quand une partie des 
fruits sont noués, on supprime touteé les dernières 
fleurs qui' ne donneraient que de petits fruits tardife. 
A cette époque on donne le plus d'air possible, et s*il 
fait chaud dans le milieu du jour on ombre avec des 

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LES FRAISES 107 

paillassons de 11 heures à 2 heures et demie et 
même à 3 heures. 

Le fraisier a surtout besoin d'eau quand ses fruits 
sont noués; il faut donc lui en donner fréquemment 
dans ce moment; surtout qu'on n'arrose pas avec 
des jus de fumier et autres engrais liquides, on tuerait 
la plante et on perdrait la récolte; mieux vaut de Teau 
pure et tiède qu'on verse au pied du fraisier sans 
mouiller les feuilles. On ne doit cesser d'arroser que . 
lorsque les fruits commencent à se colorer. 

Indépendamment de tous ces soins, il faut aussi 
voilier aux insectes qui peuvent détruire tous les fruits 
mûrs en une seule nuit. (Voir Insectes nuisibles.) 

VARIÉTÉS PROPRES A LA CULTURE HÂTÉE 

Tous les fraisiers ne sont pas propres à la culture 
forcée; aussi est-il très-utile de n'employer . que . 
ceux qui peuvent donner de bons résultats. 

Voici la liste des variétés qui se forcent le mieux : 

Variétés à chair ferme et à graines saillantes. 

Belle de Paris. — Carolina superba. — Empress- 
Eugénia. — Impériale. — Jucunda. — Oscar. -^Pré- 
sident. — • Sir Joseph Paxton. — Sir Charles Napier. 
— Royal yictoria. — La Fertile. 

Variétés à chair molle et à graines peu nUllêntes 
ou enfoncées ," 

Ambïtoaia. -^ Bicton Withe. — Duc de Mahfcoff. 

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108 LES FRAISES 

— Éclipse. — Marguerite. — Prince Impérial. — 
Sir Charles Napier. — Sir Harry. — Premier. — 
Globe. 

CULTURE HÂTÉE EN POTS ET A FROID 

Au lieu de planter les fraisiers en mottes sur les 
couches, on peut les mettre en pots dès le mois de 
septembre et les conserver en pleine terre, enterrés 
de toute leur profondeur jusqu'au mois de novembre. 
A partir de ce moment on les place dans une oran- 
gerie jusqu'à l'époque de les mettre sous les châssis. 
Quand le moment est arrivé de les forcer, on les eâ- 
terre seulement à moitié de leur hauteur dans la 
bâche et on pose les châssis. Les pots doivent avoir 
15 centimètres d'ouverture et être drainés au fond, 
comme d'usage, avec des tessonsde vieux pots. On met 
sur les tessons une couche de terre de 4 centimètres 
d'épaisseur, composée comme il suit : 

Terre '10 parties 

Suie ... ^ ... . 2 — 

Cendres • 2 

.Sel. ». - 1/5 

Ensemble. . . 14 parties 1/5 
On n'a d'auti'e attention à prendre que d'empêcher 
le froid de pénétrer dans les bâches. Pour cela on a 
recours aux moyens- ordinaires, c'est-à-dire à rem- 
ploi des paillassons, de la litière, etc., dont on les en- 
toure; et, quand le beau temps revient, on enlève 

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LES FRAISES 109 

les paillassons et on doi^ne de Tair au milieu du 
jour. • 

Quand le fruit est noué et qu'il est déjà un peu 
avancé, on ferme aussitôt que le soleil baisse, afin 
d'enfermer le plus de chaleur possible. 

Par ce moyen, on récolte des fruits bien mûrs trois 
semaines ou un mois avant l'époque ordinaire. On 
compte qu'un panneau peut donner jusqu'à 5 kilos 
de fruits^ si on a opéré sur de bonnes variétés. 

CULTURE ^ORCÉE 

Les variétés propres à la culture forcée sont les 
mêmes que celles de la culture hâtée, et le plant est 
disposé comme nous l'avons dit pour la culture 
Mtée en pots. 

Vers le 15 décembre on met les fraisiers en serre 
chauffée au thermosiphon ; ils donnent . des fruits 
vers la fin de février si la température a été bien ré- 
gulière et bien réglée. Elle doit être de 14® pendant 
le jour et de 12© pendant la nuit, depuis le début du 
forçage jusqu'à la Ûoraîson. A cette époque on doit 
l'augmenter progressivement jusqu'à 16® lé jour et 
14° la nuit ; et quand les fruits sont noués on l'élève 
jusqu'à 2i ou^22 pendant le jour et on la m^iintient 
à 20 pendant la nuit. 

Pendant la floraison on bassine peu et on ne doit 
supprimer que le moina^ ï>ossible de fruits noués. Il 

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IIU LES FE)AIS1£B 

n'y a qua ceni qui OBt une app^uron^ fbâUva ei m^ 
ladive qu'on doit enlever. 

l^ récolte moyenne 'est d'une diaaine de fraises 
par poû. Gependai^t, quelques variétés çn donnent 
jusqu'à 18 ou 20, I^s plus grosses fraises forcées sont 
du poids de 20 à 35 grammes. 

ta récolte dure environ trois semaines, ou un 
peu yndins. 11 faut donc, pour avoir des fraises jus- 
qu'au moment où celles venues sous châssis oom* 
mencent à donner, chauffer à plusieurs reprises du 
15 décembre au l®^ mars : soit les 15 décembre, 5 et 
25 janvier, 15 février et 5 mars. Les fruits se suc- ^ 
cèdwt dana le naéme ordre. * 

Il faut géi^ér^içipent douze semaine^ pour avoir du 
fwH iP^, 4 partir du premier jour de forçage j inaif 
les parties forcées en février et mars den^andent ^ 
peu moins de temps. 

Oa dispose les pots sur les gradins de ia serre, 
commQ ceU se pratique pour les pots de fleurs. 

Les arrosages doivent être faits avec discernement 
Il ne feut Jamais laisser flétrir ou faner les feuilles, 
comme il ne faut jamais que la terre soit saturéa 
d'eau. Pendant la floraison on ne doit pas jeter d'eau 
sur les fleurs^ mais à toute autre époque cela est plutôt 
utile que nuisible. 

ART d'accommoder LKS FRAISES 

De nombreux amateurs de fraises bous ont prié 
d^ I^ur &lre conna,Uni le& diveraas manièrea iê 

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lat aa^^m^péer. Nmi» aceéâoDs d'autant ^lus vo-t 
lûQtji^f^ A ee dtoiF que noua avions riotention de 
lui consacrer un ehapHre spécial depuis longtemps. 

ff^ffyiig^ <^ Quel gqe soit l'emploi que Vima vou- 
ye« bire de la frai^^» il faut l'éplucher, la nettoyer. 
Pour cela, prenez la pointa d'un couteau et enlevez 
toutea lea queuea et les petites feuilles du calice (se* 
pelles) qui restent aâhérentea au fruit, m extrayant 
la mèche s'il y en a une (partie ligneuse qui se trouve 
au oeiitre de certaines fraises); enlever de même les 
parties gâtées ou jbe^I mttres qui se rencontrent dans 
les gr^ fruits plats, et cela fait, posez la fraise dans 
*UD vase. Tenez ainsi tous vos fruits avec soin ; puis 
TDQ8 i^roeéderez a^ lavage qui se fait comme il suit : 
versez doucement vos fraises dans un saladier ou dans 
tout autre vase u^ peu j^rofond et versez de Teau jus* 
Qu'à e^ que les fraises baignent complètement. Sou- 
leve^^lea doucement et laissez^les retomber au Ibnd 
du vase; déplacez-les plusieurs fois et jusqu'à ce que 
vous ^yie^ que la.tepre et le» graines qui étaient dé- 
tachée^ §q^ent précipitées* Inclinez le vase, versez 
l'e^iu et recQQ^piepcez l'opération une fois ou deux; 
poisinettei yoa fruits à égoutter sur une passoire, ce 
Q^i d^mafide^ générf^enoent i^ne demi-heure. Après 
cela il^ font propre» à être accommodés, 

Généralement on pense que les fraises lavées per- 
dent de leur parfum ; c'est une erreur; elles le reeou- 
^enf ausi^tût qu'elles sont accommodées, et elles sont 
1^8 pi^Qpres et plus appétissantes; i^ais il ne faut les 

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112 LES FRAISES 

laver qu*uae demi-heure avant de les manger, une 
heure au plus, parce qu'elles se gâtent plus rapide- 
ment quand elles ont été motiillèes. 

Fraises au sucre. — Servez les fraises recouvertes 
de sucre en poudre, pour les sécher et servez le sucre 
à part. Entre amateurs, on met une forte quantité de 
sucre et on retourne les fraises sans autre cérémonie, 
ce qui n'empêche pas de les sucrer encore si onje 
désire. 

Fraises au vin. — Mettez du sucre en morceaux 
(jamais en poudre, car réduit en poudre il sucre 
moins et ne possède plus son bon goût) sur vos frai- 
ses, puis versez quelques gouttes /d'eau dessus, 
pour activer la dissolution du sucre. Aussitôt qu'il 
commence à tomber en déliquescence, versez-y la 
quantité de vin que vous voudrez et retournez les 
fraises jusqu'à ce que la dissolution soit complète. Il 
est inutile d'ajouter qu'il faut du vin assez fort et de 
bonne qualité. 

Fraises à Veau-de-vie de Cognac.-^ Procédez comme 
pour les fraises au vin; généralement il faut un peu 
plus d'eau et une cuillerée et demie de Cognac 
par personne, à moins que la quantité de fraises et 
de sucre soit minime. C'est ainsi que les fraises 
sont le plus digestives. Les amateurs peuvent eai man- 
ger une demi-livre facilement. 

Fraises au kirsch. ^- Procédez comme pour les frai- 
ses au cognac; mais elles sont moins recherchées. 

Fraises à la-crème, — Procédez comme pour les 

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LES FRAISES 113 

fraises au sucre et ajoutez de la crème. Cette manière» 
est peu goûtée eb ne convient guère qu*aux malades, 
Bncore faut-il en manger très-peu; -car elles sont 
froides et indigestes. 

Fraises et Framboises mélangées. — On peut mélan- 
ger un peu de framboises aux fraises et les accommo- 
der comme il est dit ci-dessus; mais il ne faut pas 
que les framboises soit en trop forte quantité. 

Avis aux amateurs. — Sucrez beaucoup et écrasez 
Tos fraises de manière à les réduire en .bouillie sur 
yotre assiette avant de les manger. Elles sont ainsi 
l)eaucoup plus parfumées, plus savoureuses qu'en- 
tières. Pour cela, on se sert d'une fourchette, car 
l'usage de la cuiller est presque impossible, le fruit 
se dérobant sous elle pour glisser à côté, ce qui 
chasse le liquide hors de Tassiette. 

Une seule variété de fraises est toujours moins 
bonne que s'il y a un mélange. Faites-vous donc ser- 
vir au moins trois ou quatre variétés ensemble, plus 
si vous le pouvez. Plus il y 'aura de variétés mélan- 
gées, plus ce dessert sera délicat. 

CONSERVE DES FRAISES 

La fraise se conserve, comme les cerises, par la 
méthode d'Apport, que tout le monde connaît, sous 
forme de confitures, de gelée, etc. 

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414 LCë FRAISBS 

Confitures de fraises. 

La confiture de fraides se Mk de dlCfêretitei M^ 
nières; mais il n'y en a qu'une «eulô de bonne, la 
voici : 

Prenez : 

Fraises. ..... 1 Mlo. 

Framboises .... 200 grammes; 

Sucre • . . i ; . 1 kilo. 

. Eau. . . i . . . i demi-iitre. 

Faites dissoudre le âucre dans l'eau bouillante et 
prolongea Tébullition jusqu*à ce qu'ûtie goutte de 
sirop, tombant sur une assiette, y reste kàùs se dé- 
former, ce qui demande 45 minutes à Une heu» et 
demie d'ébuUition, selon la quantité de sîïDp Ou là 
forme du vase (plus le vase est lal^ge, plliô Tévàpora- 
iion se fait rapidement ; on ne doit pas y mettre plus 
de 10 centimètres de hauteur d'eau). 

Quand le sirop est assee cuit ou a la consistance 
voulue, on met les fraises, bien nettoyées et éplo- 
cbées, avec le jus des'Mmboises, dans le diaudron; 
on laisse bouillir de 25 à 35 minutes ; on retire du 
feu et on met immédiatement en pots. 

Pour conserver la fraise plus longtemps, quelques 
personnes n'emplissent pas complètement les pots, 
et les achèvent en versant dessus une Coufdie tfès- 
mince de gelée de groseilles, c*e8t*à*dire d'environ 
un demi-centimètre d'épaisseur. Huit jours après, on 

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trètûim Un lîitoré^ù de pa^er da«8 de r«a<i*4e«vfe, 
on l'applique sur les confitures et on bouohe. 

D'autres personnes préfèrent lé procédé suivant : 
on concasse le sucre, on met un lit dé fraises, un lit 
de sucre ; on descend le tout à la cavôi et on l'y 
laisse envirdn pendant 48 heures. G% t^mps écoulé, 
on plaœ les fraisies sur un tamis, on laisse i^outter 
et on feiit évaporer le jus sur un feu clair, jusqu'à 
consistanœ de sirop épais (36<>); on ajoute ai ors les 
fi'aises et on fait bouillir 25 à 35 minutes. 

Gelée de Fraises, 

Prenez : ' 

Praiseâ. . . . . . ; . . .. .1 kilo» 

Framboises 250 gr. 

Sucre . * . . . i i . . 1 kilo. 
Gomme arabique ,..*.. 50 gr. 

Mettez un Ut de fraises, un lit de sucre, puis le 
jus de framboises^ faites bouillir dans une bassine 
pendant 30 à 40 minutes sans remuer, afouitez la 
gomme que vous aurez Êtit dissoudre dans un peu 
d'eau froide à l'avance. Jetez sur un tamis et laissez 
couler sans exprimer. Remplissez les pots, saupoli- 
dfez4es de suc^ pulvérisé, et couvrez*les <^omme on 
fait pour la gelée de groseilles» Conservez en lieu 

B6C* 

IlarHvô parfois que la gelée provenant de fraises 
irëi'aquéuêeà^réôd la motiièsure. Sans ce cas, on 

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116 ^LES FRA1*SES 

la remet sur le feu et on fait bouillir pendant quel- 
ques minutes. 

Liqueur ou Crème de Fraises, 

Fraises 2 kilos. 

Framboises 250 gr. , 

Alcool ' . . .2 litres. 

Sucre blanc 2kil. 250 gr. 

Eau 3 litres. 

Écrasez les fraisés et les framboises, placez-les 
dans un tamis et versez dessus le sucre dissous dans 
l'eau, au moment où ce sirop est bouillant. Remuez 
peu à peu, couvrez. Après refroidissement, exprimez 
sur le tamis même; ajoutez Talcool et bouchez. Quel- 
ques jours après, décantez et filtrez. 

Au lieu d'alcool on peut employer de Teau-de-vie, 
en en prenant le double et en diminuant la quantité 
d'eau pour n'avoir que le même nombre de litres de 
liqueur. • . 

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES DKS FRAISES 

' Les anciens considéraient la fraise comme un mets 
aussi utile que délicat, et ils lui attribuaient de très- 
grandes propriétés comme médicament. Malheureu- 
sement, il était à cette époque impossible de s'en pro- 
curer en a^sez grande quantité pour subvenir à tous 
les besoins. Aujourd'hui qu'il est facile d'en avoi^ 

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LES FRAISES H7 

autant qu'on le désire, il est très-intéressant d'envisa- 
ger la fraise au point de vue thérapeutique. Pour cela 
BOUS n'aurons qu'à citer. 

L'usage longtemps continué de ce fruit a déterminé 
dans l'économie des modifications étonnantes et pro- 
duit des guérisons inespérées. / ' 

Un rapport adressé par M. Sauquet, pharmacien à 
Sigeau, à la Société des sciences physiques, établit que 
• l'usage des fraises délivre de la goutte. 

Ce résultat n'est pas isolé ; Linné l'avait déjà si- 
gnalé. 

Le célèbre naturaliste suédois était fort sujet à 
des accès de goutte. Il en était tourmenté depuis 
quinze jours, en 1750, lorsqu'on lui apporta des frai- 
ses. Il en consomma une quantité considérable, et, 
après avoir bien reposé la nuit, il put se lever le 
lendemain et reprendre son travail , interrompu de- 
puis l'accès. 

Les années suivantes la goutte reparut, mais,\ou- 
jours moins violente, et, après avoir recouru au même 
remède quatre ou cinq ans de suite, il se débarrassa 
de son infirmité, et.passa ensuite vingt ans' sans en 
éprouver la moindre atteinte. 

Gesner dit que le suc exprimé des fraises macérées 
dans l'alcool à la dose d'une cuillerée soir et matin 
apporte un grand soulagement aux personnes attein- 
tes de gravelle et d'affection calculeuse; 

Boerhaave dû qu'en pareil oas la propriété des 

. ' DigitizedbyGoS^le 



118 LES FRAISES 

fraises réside surtout dans les graines, et il les f reseri- 
Tait infusées dans du Tin blanc. 

Gelnecke, de Stettin, a précxmisé ce fruit comme 
vermifuge, et il l'employait contre le ténia et le ver 
solitaire. ' , 

Van Swieten rapporte que des maniaques ont été 
rendus à la raison en quelques semaines par Tusage 
journalier de plusieurs livres de fralâôs. 

Schulze , HofTmaim , Galibert , citent dès cas de 
phlhisie guérlà par l'usage dô ôe frilil et qui îi*é- 
tàienlque des catarrhes pulmonaires avec fièvre lente 
et marasme. 

Apulée vante les fraises écrasées avBc du miel, 
pour soulager des douleurs qui ont leur irïég^ A ki 
rate. 

La fraise est rafraîchissante et très^digestive; elle 
est très-avahtageuse aux t>er9onties bilieuses ou sao- 
gûineSi 

Les rhuma\ismes articulaires sont souvent guétk» 
par Tusage de la fralâe» 



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CALENDRIER 

DU CULTIVATEUR DE FRAISIERS 



JANVIER 



. On rechausse et terreaute Tes fraisiers qui ne 1* au- 
raient pas été à l'automne, on renfonce en terré, en 
les pressant autour du collet, ceux que les gelées au- 
raient soulevés, ou dont les racines et le collet se-, 
raient déchaussés par les pluies. Cela est parliculiè- 
ment utile pour les fraisiers sans Ûlets (Buisson rouge 
et blanc) plantés à l'automne; car n'ayant pas ou peu 
de racines ils sont très'-facilement soulevés par les ge- 
lées. On peut encore les fumer avec du vieux terreau, 
dëè balayures d'écurie, d'égouts, etc. 

FÉVRIER ^ 

Qn eommen^ce la plantatioai Si Ton veut avoir 
quelques fruits la première année, il faut planter fin 
février. A la fin du mois^ s'il fait beau et que la terre 
se laisse manier, on peut plantet les bordures^ On 
prépare le terrain pour les plantations tardives, on 
Vaseure du plant auprès des horticulteurs. 

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120 LES FRAISES 

On commence à nettoyer; on fume, on surveille 
les jeunes plantations après le dégel^on resserre la terre 
autour du collet des fraisiers qui sont sortis de 
terre. . 

MARS 

Qn continue la plantation du fraisier en bordures, 
en planches et en touffes séparées. On bine et sarcle 
les anciennes plantations et celles faites à rautomne. 
On nettoie les fraisiers dès les premiers joui-s du 
mois. 

On arrose en cas de sécheresse, on commence à 
pailler à la fin du . mois, on supprime les coulants 
et même les fleurs qui se montrent sur les pieds fai- 
bles ou sur ceux plantés après le 10. 

J AVllIL 

On continue la plantation pendant tout le mois et 
on arrose jusqu'à la reprise. On surveille les pieds 
plantés à l'automne et 6eux qui doivent donner du 
fruit, afin de supprimer les coulants au fur et à me- 
sure qu'ils se montrent. On bine, on sarcle avec soin, 
et on paille. 

Les arrosages font le plus grand bien au fraisier. 
Donnés après la floraison^ ils augmentent considéra- 
blement la récolte ; mais il ne faut pas en abuser pen- 
dantqu'elle dure.llfaut arroser immédi|itement après ^ 

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I 



LES FRAISES 121 

Ja cueillette; cela rafraîchit la plante et ne nuit ni à 
la coloration ni au parfum du fruit. ^ 

MAI 

On plante encore avecisuccès pendant tout le mois, 
en arrosant abondamment pendant les huit ou dix 
jours qui suivent la plantation et en enlevant les 
fleurs au fur et à mesure qu'elles paraissent. On sup- 
prime les ûlets et coulants tous les huit jours. 

C'est dans ce mois que commence réellement la ré- 
colte des fraises. On arrose et on paille. 

Si Ton veut avoir de très- grosses fraiçes, on y 
parvient en supprimant la toajeure partie des 
fleurs pour n'avoir que deux ou trois fraises (les pre- 
mières nouées) sur chaque hampe. 

On fait la chasse aux ennemie des fraisiers, notam- 
ment au ver blanc. . 

JUIN 

On peut encore planter pendant ce mois, mais il 
faut tenir le plant à l'ombre jusqu'à sa reprise, soit 
avec des paillassons, des planches, etc., sans le pri- 
ver d'air. L'arroser copieusement aussitôt après la 
plantation, et toutes les fois qu'on •s'aperçoit que la 
terre cesse d'être humide. On supprime les filets 
tous les huit, jours, on continue la récolte; on arrose, 
on fait la chasse aux insectest 

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^%^ LES FRAISES 

JUILLET 

A moins de griande nécessité^ on ne doit pas planter 
pendant ce mois. Si on est obligé de le faire, il faut 
arroser fréquemment et ombrer jusqu'à reprise com- 
plête.On bine, sarcle et arrôsfe suivant les besoins. On 
continue la récolte; on supprime les flletd et voulante, * 
â mtàln* qû'oiû veuiile multiplier; dans ce cas, on 
les laisse pousser pour avoir du plant à l'automne. 

On continue de falhô aussi la chasse au Vet blâôc 
qui fait de grands ravages dan^ les plantations à 
cette époque. 

AOUT 

Les travaux à exécuter dans les fraisières tont etàè- 
tement les mêmes, que ceux du îiiois précédent. La 
récolte a cessé sur toutes les variétés non remontan- 
tes, même tardives. On doit se dispenser de pkntet à 
cette époque, à moins d'absolue nécessité. Si Ton y 
est obligé, on recourt aux précautions que nous avons 
indiquées pour juillet. On doit suppriçaer les coulants, 
régulièrement toutes les semaines; on arrose mu 
besoin. €^est l^époque à laquelle les QHatre-Saisoas 
donnent abondamment. Il faut donc les arroser fré- 
quemment 

On £ait encore la chasse au ver blano. 

SEPTEMBRE 

On continue la récolte sur les fraisiers de tous les 

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LES FRAISES »133 

mois; on recommence la plantation, on supprime les 
filets et coulants. On sarcle, on bine les fraisières qui 
sont envahies par. les herbes. Â là fin du moisson dis- 
pose le terrain pour tôs plantations à. faire en octobre. 
On répand de la colombine^ des tourteaux^ du guano^ 
à la fin du mois, s'il survient des pluiesi mais^ pas 
avant que la terre soit complètement mouillée. 

OCTOBRE 

On continue la plantation, on fume et terreaute les 
fraisières d'un an et de deux ans, ainsi que celles qui 
doivent donner leur dernière récolte au printemps. 
On commence à forcer les planches disposées à cet 
effet. L'effilage devient inutile à cette époque, la vé- 
gétation étant à peu près arrêtée. On donne un bon 
labour d'au moins 5 ou 6 centimètres pour enterrer 
le terreau ou le fumier. 

NOVEMBRE 

On termine les plantations pour le 15. On doit donc 
s'en occuper activement, et profiter des beaux jours; 
car s'il survient des gelées, elles font beaucoup de 
tort aux jeunes plants en les déracinant. On continue 
le terreautage, le fumage et le labour d'hiver. 

On continueide forcer; on réchauffe au- besoin. 

DÉCEMBRE 

On peut encore planter dans cette saison, mais dans 
les terres très-sèches, en ayant le soin d'abriter le 

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124 LES FRAISES 

plant contre la gelée, la neige et les frimas pendant 
trois semaines, soit avec delà paille ou des paillassons, 
mais sans les priver d'air et de lumière complètement; 
cependant, il est préférable d'attendre le printemps. 
On peut encore terreauter et fumer les plantations 
qui doivent donner du fruitauprintemps.On continue 
de forcer, ou réchauffer s'il en est besoin, les planches 
gui sont déjà chauffées depuis quelque ternes l^t que 
rabaissement de la température aurait refroidies. 



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LES FIGUES 



VARIÉTÉS DU FIGUIER 

Il y a trois variétés bien distinctes de figuier dont 
les fruits mûrissent au nord : le figuier à fruit blanc, 
le figuier à fruit jaune, et le figuier à fruit rouge ou 
violet. 

Le figuier à fruit' blanc est le plus propre aux cli- 
' mats froids ; c'est celui qui est cultivé à Argenteuil, 
oùil réussit admirablement. Ses feuilles sont grandes ' 
et découpées peu profondément, son fruit est gros, 
renflé par la tête et couvert d'une peau lisse vert clair. 
Il donne quelquefois deux récolles, Tune au prin- 
temps, raiître à Tautomne. 

L^ figuier à fruit jaune (figue angélique) a les 
feuilles un peu moins grandes que le précédent. Son 
fruit est plus allongé et moins gros ; la peau est 
t jaune, tiquetée de vert clair, et ses graines sont 
■ lavées de rouge. Il produit au printemps et à l'au- 
tomne ; mais, au contraire du figuier blanc, la ré- 
colte de Tautomne est beaucoup plus considérable 
que celle du printemps. 

Le figuier à fruit violet a les feuilles découpées 
plus profondément que les deux autres variétés j son 

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126 LES FIGUES 

fruit est violet foncé, sa chair est rouge, son eau 
légèrement acidulée et d'un goût Irès-agréable dans 
les années chaudes. It est un peu plus tardif que le 
figuier blanc et produit souvent plus à Tautomne 
qu'au printemps; mais, en raison de sa tardivilé, 
ses fruits d'arrière-saison arrivent .rarement à une 
maturité convenable. Il y a une sous-variété à fruit 
long, connue sous le nom de figue-poire^ figue^de 
BûfdemXf qui lui est inférieure et dont lôfc fiMits 
coulent jusqu'au moment de la récolte. Le figUisr 
à fruit violet (figUe dauphiiié) est une Variété teèB- 
méritante qu'il faut cultiver concurremment avec le 
flgliiér d'Argenteuil, parce que celui-ci est plus hâtif, 
et que l'autre, étant tardif, donne des fruits ^uiiiie 
jours après. , 

Les autres Variétés sont incontiues dans le Nord, où 
leur culture est impossible, leur fruit n'y âftivaiit|ii 
à tnatiiritéi 

DU SOL OOKVENABLB AU FIGUIEft 

Le figuier s'accommode de tous les, sols, depuis le 
plus sablonneux jusqu'au plus compacte, depuis le 
plus sec jusqu'au plus humide. A Argenteuil, on le 
trouve sur les côtes crayeuses, siliceuses, argileuse»; 
dans le plâtre et dans les terres sourceuses et froides 
où la vigne ne réussit pas. 

Dans les terres légères ou franches, il donne géné« 
ralemeat de meilleurs fruits qui mûrissent plus M ; 

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LES FIGUES , 127 

mais dafiê tes années sèche», comme celles de 1863 et 
1866, les fruité sdnt meilleure et plus abondants dans 
les ^tte^ huhiîdeô. 

Le flgtiier, dans les terres âèches^ se coiîsei've mieux 
l'hiver ; car l'humidité prolongée^ quand il a été en-- 
terré tî-op tôt et dans de mauvaiseà conditioosi lui est 
prëjiidicîabte. 

Quoi qii*il en soit, le figuier réussit partc^ti eîce|)té 
dans les terres marécageuses : c'est le plus robtiste 
de tous les arbres. Il n'est pas exigeant sous le rapport 
de la qualité du sol ; il ne demande que des soins de 
culture et de taille. 

PLANTATION 

Le figuier se plante avant l'hiVer, flu lôf novembre 
à la fip de décembre au midi de la France , et au 
printemps, du 1^ mars au 15 avril, dans le tiord et 
le centre. 

La disposition des couches * varie selon que la 
plantation est faite en plein champ ou en simples 
lignes, le long des murs ou dans les carrés de 
jardin. 

ia plantation en plein champ se fait de deux ma- 
iiières : par deux couches ou par couche simple. 

Pour planter par deux couches, on ouvre deux 
trous à la distance de 1 mètre 50, et on plante un 

1* On donné le nom de couche à'ciiàt|ûë plaht, {)arcë tpi'dn 
^^^^ l^tès tes lig^ pèHr ies enterrer. 

' , Digitizedby VjOOQIC 



128 LES FIGUES 

pied dans chaque trou en les inclinant dans le sens 
opposé pour qu'ils s'éloignent au lieu de se rejoin- 
dre, de manière à former un V dont la base serait 
écartée de 1 mètre 50 (il y a des plantations qui sont 
à 1 mètre seulement, mais dans des pièces étroites). 
La plantation se fait en lignes distantes entre elles 
de 5 à 6 mètres, les couches sont dirigées de manière 
à incliner les figuiers à droite et à gauche dans le sens 
de la largeur de la pièce. 

Pour planter par couche simple ou oblique, il 8u£St 
d'ouvrir des trous â la distance de 3 mètres 50 centi- 
mètres sur la ligne et de distancer les lignes de 
4 mètres. On incline alors tous les plants du môme 
côté, et si le terrain est en pente, on incline le 
figuier du côté du haut. Cette inclinaison a pour but 
de faciliter le couchage. 

Pour planter, on emploie des marcottes d'un an. 
Le figuier se plante à la même profondeur que les an- 
tres arbres. 

CULTURE 

La culture du figuier, comme celle de tous les 
autres arbres , comprend les laboura , la tailleT k 
pinçage, enfin toutes les opérations qui servent à 
entretenir la terre meuble , à le gouverner, etc^ ' 
mais Tart de diriger le figuier et d'obtenir de» i 
fruits étant différent de celui suivi pour les 
autres arbres, nous ne nous occuperons swtomitt | 

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LES fIGtES 12» 

dâûâ ce chapitre que de la culture du sçl. Quant 
aux cultures spéciales, nous les di7i8eroD3 en au- 
tant de chapitres que d'opérations^ en les classant 
dans Tordre où elles doivent être exécutées, à ptrtir 
du printemps ou du relevage^ pour être plus intel- 
ligible. 

Le figuier demande de fréquents labours. A Ar- 
genteuil on le cultivé absolument comme la vigne ; 
cependant on cesse toute culture quand la figue com- 
mence à prendre du développement; c'est-à-dire pen- 
dant le mois de juin, dans la crainte de froisser les 
feuilles et de faire tomber le fruit qui se détache au 
moindre choc. 

Les labours se font toujours à plat ; mais en ayant 
le soin de dégager le pied en faisant une cerne (un 
creux) autour, afin d'y attirer l'eau dans les terres 
sèches, et aussi et surtout pour que les branche» 
traînantes ne puissent toucher au sol et s'enraciner 
dans leur longueur, ce qui est très- préjudiciable à 
l'arbre. Quand une couche traîne à terre, il faut» la 
relever et la soutenir avec des étais pour qu'elle ne 
s'enracine pas. * 

Les labours se font superficiellement (à 2 ou 3 cen- 
timètres) avec la houe ou la binette. 

RELEVAQEÎ 

Cette opération consiste à déterrer les figuiers et à 
]6ê remettre à l'air; elle se fait aussitôt que les fortes 

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130 LES FIGUES 

gelé^ 19 soat igHx^ à craindre» c'estrà^dire d^ 2Q 1^ 
Trier au JQioîa'», 

li faut s^ garder de f^re ce travail p^r le soleil, 
parQ^ que les jeunes bourgeons et le.s jeunes figuçaqui 
ont $ubi un commencement de végétation seraient 
brûlés par les rayons du soleil, et la récolte comjF^ 
n^^ise. Il Q»\ donC'prèférable de profiter d'un jour nua- 
geux ou couvert. 

Pqup pratiquer le relev£^ge, on se sert d'une boue 
large pu d'une binette à l'aide de laquelle on p^tips 
dpucegient la terre de dessus la couche, en dirigfaflt 
i'oum du pied à la tê^e pour ne pas enlevé? le»' 
jeunes figues et les yeux. Quand il ^'y a pflesççiô 
plus de terre, oq passe la main sous ia couc)^^ et 
on Télwanle doucenaent jusqu'à ce qu'elle sor^ 4e 
la terr§ \ on la sbijlève ensuite pour la redresser, 
an d^^ise les branche^ et on pivellele soU 

TAI$*LE 

La taille du printemps, sijr un ûguier qui a été cw 
venablement ébourgeonné Tannée précédente, est à 
peu i^-ès nulle. Elle consiste à enlever les branches 
mortes ou mal placées, à opérer quelques ravalemente 
si le figuier n'est pas vigoureux et ne pousse pas de 
bourgeons assez longs. 

En général, les suppressions et les ravalements 
' réussissei^t mal sur le figuier { ils ont le double incon- 
vénient; de fair^ des plaies qui ne se ferment jpi^ 

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LE3 FieUES 431 

(^omy^ym^^^ et de faire reQiie? Ifi péve sur U «mu^hç 
où il se développe des drageons. 

Au captraire des autpes arbres^ il m faut pa^ que 
les bw^rgftOTS de J^au^ié^ sment très^oogs: ils na doi- 
vent pas dépasser 45 à 50 centimètres but uo figuie? 
Um tei^vi, parce qu'il es^ rare que les figues sortent 
sur upe longueur aussi grande et qu'elles oe tombept . 
pa$ ^w xRovf}ei]^i de la floraison, U Uni dope savoir 
charger ou décharger à propoi, pqur Baai^teigir 
l'ôqwliJbii^ ^ Vbarmonie d'abaycl^ et eesi^ite p§mf 
ol)}pj4r ^ ptus de fcuii» p^^aible tout m GO|^$^^^ant 
4 F^ffe-e J^ yiguéur néeess^re/ Çé^ ^*es| |A9 
difficile*, comme on le verra pJug loin; mais il fefll 
un peu d'attention et des soins^ assidus pour y 
arriver. 

ÉBORGNAGE OU PINÇAGE 

Oq u^QftiQe ^mgfmga oa pinçagê Pop^tioB qui 




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132 LES FIGUES 

consiste à enlever Toeil terminal de chaque pousse de 
Tannée précédente. 

Le figuier est bien Tarbre le plus torturé de tous 
ceux qui existent; mais, sans ces diverses opérations, 
il ne produirait pas ou presque pas de fruits. 

Aussitôt que le relevage est fait, c'est-à-dire huit 
•ou dix jours au plus après, selon l'époque .et la sai- 
son, on pratique l'éborgnage. Pour cela, on se munit 
d'un couteau bien afl&lé (les- cultivateurs d'Argenteuil 
se servent d*une serpette^ mais ils savent la manier 
avec une grande dextérité) et on enlevé rœil termi- 
nal T de chaque branche, en le coupant jusqu'à sa 
base au trait A (flg. 20). ' 

BGTONNAGE OU DEUXIÈME ÊBORGNAGE 

On appelle ectonnage Féborgnage des yeux à bois 
qui se développent le long du rameau pincé. Cette 
opération se fait après le pinçage , aussitôt que Ton 
peut distinguer ToBil à bois d'avec la figue qui se 
trouve à côté ; elle se pratique en enlevant l'œil à 
l'aide de l'ongle du pouce , comme l'indiquent les 
traits BBBBBBBB (flg. 20). 

On enlève donc tous les yeux, excepté deux qpii 
sont destinés à donner naissance à deux branches de 
remplacement qui produiront le fruit l'année sui- 
vante. Pour cela, on choisit deux yeux placés de chaque 
côté de la branche, pour les obtenir, comme en B et 
C (flg. 21), le plus rapprochés du vieux bois, afin d'é- 

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LES B'IGtîËS 133 

Vîter l'allongement, et espacés de 25 centimètres en- 
viron Tmi de l'autre, i 




Fig. 21. 

Si les yeux étaient tellement mal disposés qu'il n'y 
en eût pas de côté, ou qu'ils ne se développassent pas, 
il faudrait prendre, de préférence ceux qui sont placés 
en dessous. 

Pendant le mois qui suit l'ectonnage, il faut sur- 
veiller le figuier, pour supprimer toutes les pousses 
qui se feraient jour sur les autres parties de l'arbre, 
afin de ne pas établir de confusion dans la char- 
pente, et aussi parce que les pousses qui sortent du 
vieux bois sont des gourmands , qui en déformant 
l'arbre, ruinent la branche sur laquelle ils se déve- 
loppent, 

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134 L»» FIGUES 

Il vtrivùr e#jp«adiint, des ca^ où Ym fmU ah Vern 
doit même conserver les gourmands : c'est qqaisâils 
naissent sur une branche malade, au-dessous d'un 
chancre ou d'une blessure qui compromettent son 
existence. Dans ce cas, on les conserve et on les di- 
rige. S'ils s'emportent, on les pinceà 50 centimètres de 
longueur pour les faire bifurquer et empêcher Qu'ils 
nuisent au développement des autre§ rameaux. 

Ê^OURGEONNAGE 

Vers le 15 juin, quelquefois plus tôt, quelquefois 
plus tard, il faut procéder à Tébourgeonnage. Cette 
opération consiste à enlever toutes les pousses ad- 
ventices qui se sont développées hors des deux yeux 
dont nous avons parlé dans les deux chapitres pré- 
cédents ; ainsi on retranche, en les coupant fez- 
branche, les bourgeons A au trait E, D au trait H, et 
G au trait f (fig. 21). On ne laisse subsister que les 
deux rameanix B et G qui stmt eonvenablement placés 
pour faire la bifurcation. 

On r^narquera que le rameau À ne deT?ait pas 
exiirter, puisqu'on éborgne tous les yeux qui sorleat 
au-dessus du ranoeau G. — Autre remarque : on M 
laisse pas plus de huit figues par rameau. On devra 
doiic Supprimer toutes celles qui croîtraient entre lefl 
ranoeaaiix G et B. Quand elles se développent , ce qui 
est rare, ces ûgues réussissent mal et tombent sm^ 
vent avant la maturité. Si nous en avons indiqué siirta 

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LES FIGUES 133 

figure, c'est pour faire voir qu'il peiti s'y en trouver* 
et que, dans ce cas, il faut les enlever. 

On supprime donc rigoureusement tous les gour- 
mands, quels ,que soient leur force, leur nombre et là 
position qu'ils occupent. On ne doit les conserver que 
dans le cas où ils pourraient remplacer avantageuse- 
ment ceux qui ont été froissés à Tectonnage, à l'é- 
borgnage, ou dans celui dont nous avons parlé plus 
haut. 

. L'ébourgeonnage a pour but aussi de faite refluer 
la sève sur les figues, de les faire grossir, de les em- 
pêcher de s^étîoler ou couler. 

APPRÊT DBS FIGUBS 

La figue blanche mûrit naturellement sous toutes 
les latitudes, en France ; mais, pour l'avoir plus tôt, 
et jouir des figues d'automne (regains), on est obligé 
de leur faire subir une petite opération qu'on nomme 
apprêL 

L'apprêt des figues a une autre utilité bien plus 
grande, c'est que dans une localité comme Argen- 
teuil, où Ton vend ce fruit frais, il importe de l'avoir 
de bonne heure et de prolonger, la récolte, afin de ne 
pas être encombré de travail quand elle arrive; car, 
non -seulement ce travail serait impossible, mais la 
récolte, se faisant en quelques jours, se vendrait à vil 
prix. On a donc cherché le moyen d'avancer la matu- 
rité de la figue, et on Ta trouvé il y a bien longtemps ; 

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136 LES FIGUES 

car on ne connaît ni le nom de l'inventeur du pro< 
cédé» ni depuis quand il est pratiqué. 

Pour apprêter la figue, il suffit de déposer une très- 
feible goutte d'huile d'olive sur Tœilj et neuf jours 
après elle est bonne à cueillir. 

Deux choses essentielles sont à observer pour ap- 
prêter. La première, c'est qu'il ne faut opérer que sur 
des figues dont la fleur est passée depuis quelque 
temps^ ce qu'on reconnaît à ce que l'œil est jaune et 
semble vouloir se dilater ; la peau est parée^ en terme 
de métier, c'est-à-dire lisse , brillante et tirant sur le 
jaune; la seconde^ de n'opérer que par un temps 
^ sombre, le soir ou le matin. 

Toute figue touchée avant l'époque convenable 
fane et tombe. Si on la touche par le grand soleil, 
l'œil noircit, elle se bouffe^ mais elle fane ou ne vé- 
gète plus, et elle est également perdue, soit qu'elle 
tombe ou qu'elle reste , car elle n'est pas man- 
geable. 

Rien de plus simple que de toucher ou d'apprêter 
la figue. Les cultivateurs d'Argenteuil ont xm petit 
flacon plein d'huile, attaché à leur boutonnière; ils 
y trempent le pétiole d'une feuille de figuier, ou une 
paille, ou un petit morceau de bois, puis ils en po- 
sent légèrement l'extrémité sur l'œil de la figue, et 
l'opération est faite. On peut en apprêter deux, trois, 
et même quatre, sans retremper le petit instrument 
dans l'huile. 

On a prôné divers mélanges, l'huile avec le CO' 

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J 



LES FIGUES 137 

gnac, les graisses animales, etc.; toutes ces prescrip- 
tions n'ont aucune valeur et ne méritent pas qu'on 
s'y arrête. 

CUEILLETTE^ EMBALLAGE , ET EXPÉDITION 

La cueillette de la figue n'a rien de particulier; seu- ' 
lement, quand ce fruit est, destiné à voyager, il faut 
savoir saisir le moment propice; car une seule jour- 
née suffit pour le perdre. 

La cueillette doit se faire le matin, avant que le soleil 
ait flétri ou fané la figue. Les cultivateurs d'Ârgen- 
teuil cueillent tous les deux jours. Ils la mettent dans 
de grands paniers, puis ils font le triage et l'emballage 
â la maison. 

Pour la vente, on divise les figues en deux parties, 
ies belles et les petites, et on les emballe séparément, 
par paniers de cinquante-deux fruits. 

Chaque panier est garni de feuilles de vigne ou de 
choux,, et recouvert avec des feuilles de choux ou de 
papier ; le tout est maintenu par des ficelles à un 
seul brin , et conduit le jour même à la halle de 
Paris. 

Le prix moyen des figues est de 5 fr. les deux pa- 
niers de 52. Les paniers se payent 12 fr. 50 le 100, et 
sont compris dans le prix de vente. 

TAILLE d'automne 

La taille d'automne se pratique immédiatement 

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188 LfiS FIGUES 

avant le coachage, c'esinà-dire du 15 au 25 novembre. 

On commence par faire tomber toutes les feuilles 
qui sont encore sur Tarbre, puis on procède à la taille, 
qui a lieu comme il suit : ' \ 

On enlève tous les rameaux de Tannée précé- 




dente, qui ont porté du Iftuit oii nôû, ati-dessus de 
celui de Tannée ; ainsi, les^rameaux RRRRRRRRRR 
(Ûg. 22) doivent être enlevés à leur base , comiiie 
on le voit sur les trois premiers, au trait CGC; 
puis, dix ou douze jours après, on procède au cou- 
chage. Cependant cette opération se fa,it généra- 
lement dès le commencement de septembre ; tes 
cultivateurs soigneux ne manquent pas de la faire 
à cette époque; c'est ce qu'ils appellent éplucher l^ 
figuier. 

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LES F'IGUBS 139 

COUCHAGE 

On couche en terre le figuier, du l^r au 15 novem- 
bre. Cette opération se pratique comme il suit : 

On ouvre , à l'aide de la houe, des fosses assez 
profondes pour que les branches soient enterrées à 
20 centimètres au-dessous du niveau du sol. Quand 
la fosse est ouverte, deux, trois ou quatre hommes, 
selon, la force de la couche, réunissent les branches, 
les placent convenablement pour qu'elles ne se frois- 
sent pas, les petites en dessous, et on incline la 
couche tout entière, en appuyant avec les genoux 
pour ne pas blesser les branches; on la maintient 
ainsi, pendant que Tun des ouvriers la. recouvre 
de terre. Il en feiut au moins vingt centimètres 
sur la couche , pour éviter la gelée * et l'humi- 
dité. 

n faut bien se garder d'enterrer les feuilles sur le 
bois^; autrement toute partie en contact avec elles 
serait pourrie au mois de février, et il en résulterait 
des blessures qui ne se refermeraient jamais. 

Les feuilles s'amassent en petit tas, à côté du 
figuier ; puis, quand le pied est recouvert de 15 cen- 
timètres, on y place ces feuilles et on remet 8 ou 
10 centimètres de terre dessus. Après l'hiver ces 
feuilles sont réduites en terreau, et l'arbre n'a rien 
à redouter de cet amas avec lequel il n'a pas été en 
contact direct. 

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440 LES FIGUES 

CULTURE FORCÉE 

La culture forcée du figuier n^est guère pratiquée, 
que nous sachions, que comme curiosité, mais ceux 
qui voudraient la tenter pourraient la faire en sui- 
vant les moyens employés pour forcer la vigne. On 
force aussi le figuier élevé en pots, à l'âge de trois 
ans. 

En général, quand on parle de forcer le figuier, 
on entend forcer la figue; c'est-à-dire, l'apprêter 
comme nous l'avons indiqué dans un précôd.ent 
chapitre, 

CHARPENTE DU FIGUIER 

La charpente du figuier est très-façUe à établir, 
elle consiste en bifurcations qui se répètent tous les 




Fig. 23. 

ans sur les rameaux. Ainsi, en. supposant un arbre 
muni d'ime belle pousse d'un an,. on ne réserve que 
deux boutons à bois, l'un à droite, l'autre à gauche, 
la première année. A la seconde, on laisse encore 
deux yeux se développer, et ainsi de s^te tousses 

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LES FIGUES 141 

ans, de manière à distribuer les branches comme an 
le voit fig. 23, représentant Textrémité inférieure des 
quatre branches-mères d'un figuier de Tàge de huit 
à dix ans. Il arrive souvent qu'au lieu de quatre 
mères-branches, on n'en peut obtenir que deux ou 
'trois, par suite de la mort des autres; dans ce cas, 
on y remédie en laissant croître les drageons bien 
placés qui sortent du pied, 

RAVALEMENT DU FIGIJIER 

Ravaler le figuier, c'est raccourcir les branches 
qui en composent la charpente quand elles sont de- 
venues trop longues ou qu'elles sont malades, mortes • 
ou mutilées. 

Il est bien rare qu'un figuier porte des branches 
de vingt-cinq ans entières ; car souvent, avant cet 
âge, on est obligé de les raccourcir, parce qu'elles en- 
vahissent le terrain, qu'elles se croisent avec celles 
des figuiers voisins ; qu'elles périssent par suite des 
blessures qu'on leur fait en les enterrant ou en 
les déterrant; ou encore parce qu'elles sont dé- 
garnies de leurs branches latérales, et qu'elles ne 
forment plus ainsi qu'unç grande gaule sans ramifi* 
cations. 

C'est au mois de mars que l'on fait cette opération, 
bien qu'on puisse la faire aussi lors de la taille d'au- 
tomne. Elle consiste à enlever les grandes branches 
•jusqu'à la moitié qu au tiers de leur longueur en les 

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14S LES PIGUIS 

coupant derrière une bifurcation, oa une brtacdis 
déjà forte qui puisse remplacer celle que i'on en- 
lèye et rétablir la charpente. Ainsi, si Toa vouledi 
ravaler la couche de figuier décrite en la figure 22, il 
faudrait couper la branche dont on ne Toit qu'une 
partie dans la figure, aux traits LL, pour que les gros^' i 
ses branches A ou B pussent servir au remplace^ 
ment de celle supprimée. 

Ouand*on fait des amputations sur le figuier, il est 
toujours prudent de remplir le trou de la moelle avec 
du gbudron et d'en recouvrir la plaie. Le goudron 
qu'on emploie à cet effet est un composé de résine et • 
dé suif en proportion telle que le tout forme une pâte 
susceptible de ne pas se briser, et cepetidant de se 
dessécher suffisamment. 

REGÉPAOE 



On nomme recéper l'opération qui consiste à couper 
la totalité des branches du figuier jusqu'à 10 centi- 
mètres de profondeur, c'est-à-dire jusqu'à la naissance 
des racines. Elle se pratique ordinairement avant l'hi* 
ver. On fait une butte de terre de 40 à 50 centimètres 
sur la souche pour l'hiver ; au printemps, on débute 
comme on le fait pour les autres figuiers, et les pous- 
ses ne tardent pas à se montrer. Cependant il arrive 
quelquefois qu'elles ne sortent qu'à la seconde année* 

On peut aussi recéper au printemps lors du rele- 
vage» quand on s'aperçoit qu'une couche s'est perdue , 

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LES FIGUES 148 

p^ant Tbiver; mais il se faut pas se hâter de le ' 
faire, surtout si le figuier n'est pas vieux, car il con*- 
tinue souvent à végéter malgré des blessures çfui se- 
raient mortelles pour un autre arKre. D'ailleurs, quand 
le figuier est jeune, il reperce soi^vent, sur les racines, 
des pousses qu'on utilise pour remplacer les vieilles 
branches usées. ' 

En général, il faut être très-sobre de recépage ; car 
il supprime la récolte pour plusieurs années ou il la 
diminue considérablement. 

S'il arrivait qu'après le recépage il sortît des bran- 
ches de i°»,50, il faudrait les raccourcir à 60 centi- 
mètres, au printemps suivant, pour les faire bifur- 
quer et continuer de le faire pendant tout le temps 
qu'elles atteindraient une longueur d'un mètre, afin 
d'empêcher que le figuier s'allonge trop. 

r 

MALADIES DU FIGUIER 

Le figuier est sujet à diverses maladies que l'éten- 
due de cet ouvrage ne nous permet pas de décrire; 
elles proviennent toutes d'une mauvaise culture et du 
défaut de soins : le meilleur moyen de les guérir , 
c'est de les éviter. En observant ce que nous avons dit 
sur cet arbre, on n'aura pas à s'en occuper. Cepen- 
dant, il en est une que nous ne devons pas passer 
sdus silence : c'est le blanc. 

Qu'est-ce que le blanc? Quelle en est la cause ? Par 

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144 LES FIGUES 

quel moyen le guérir ? Voilà trois pointa atue<îuels 
nous allons répondre. 

Le l)lanc est une maladie qui se déclare sur les ra-* 
cines, qui sont, alors, recouvertes de moisissures, 
c*est-^-dired'un cryptogame ou champignon. Quand 
unfiguier est atteint de cette maladie, les feuilles se 
fanent, jaunissent, tombent, et l'arbre meurt. Cette 
maladie est contagieuse et se propage avec une rapi- 
dité effrayante; elle peut envahir un espace de 10 ou 
15 mètres dans une seule année; et attaquer tous les 
arbres qui se trouvent à cet,te distance si les racines 
ont communication entre elles. 

Le blanc prpvient ou de la surabondance d'engrais 
mal consumés, ou de la mauvaise culture, ou du sd. 
, Le seul moyen de guérison, c'est la houe pu le 
couchet, c'est-à-dire l'arrachage.' Il ne faut pas hési- 
ter à y recourir aussitôt qu'on reconnaît la maladie; 
car toute la plantation y succomberait. On arrache 
l'arbre malade, puis tous ceux qui l'entourent à une 
distance de 6 ou 7 mètres, et on ouvre une tranchée 
de 50 centimètres de profondeur qu'on ne comble 
qu'après trois ou quatre ans. 



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CALENDRIER 

DU CULTIVATEUR DE FIGUIERS 



JANVIER 



Pendant ce mois, tous les travaux sont suspendus. 
Le cultivateur de figuiers n*a absolument rien à faire, 
si ce n'est de veiller, dans les moments de pluie, à ce 
que l'eau ne découvre pas- ïes couches ou qu'elle ne 
séjourne pas directement sur» elles, ce qui pourrait 
leur être préjudiciable. 

, FÉVRIER 

Les travaux sont encore à peu près nuls à cette 
époque. Cependant on commence à relever les figuiers, 
à Argenteuil, à la fin du mois ; mais cène sont guère, 
en général, que ceux qui dnt de fortes plantations et 
qui craignent Fencombrement des travaux du mois 
de mars. 

MARâ 

Le fijuier doit être relevé du 5 au 10 mars* Tout 
têtard peut diminuer la récolte. On choisit, pour faire 

a 

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146 LES FIGUES 

cette opération, un jour sombre ou^'pluvieux, ainsi 
que nous l'avons dit au chapitre relevage. 

A Argenteuil, on considère comme compromise la 
récolte des figuiers qui ne sont pas relevés ayant le 
15. Il est donc nécessaire de pratiquer cette opération 
avant cette époque. 

On pince et on donne le premier labour. 

AVRIL 

I 
On pratî(ïuè Xecloniiàp^ ô'eât-â-dire qu'oti éûlère 
tous les yeux à bôië attires que ôeui dcfStiïiéô à fifo* 
dtiire lëi deu^t ^améèuf de biftrrôation, âtisMfÔt qa^m 
peut les diëtiîiguei» des figtiëé. Où éoïîtliiti© et wa 
achève le premier laboui»; 



MAI 



On surveille l'extrémité des rameaux qui ont été 
pîîicés, âân d'enlever de nôuvèâU leè yehl stîpulàîi^s 
qui sôrtiraieût de^là baéé de l'ôèîl terïùinâh iiû éttf-* 
veille aussi leâ râméâux dâils toiite leur k)iigiiëM, 
pour énievef tous lèé yéu/qui se dévèldppeù't â là 
partie Supérieure. 

JUIN 

On commence et on achève le premier binage, avant 
le 10 juitr* pa^àé Cetfe époque, ém.doit ce^SSeï' fcfefe 
cttlttrfe JtWtu"* là éueâlet* «e& Ég^W. 

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LES ÏÎGIIËS I4f 

On éiwfutféôîiiie, b'ést-â-dife on fié laissé ^uê deùi 
rameaux sur chaque branche, tous les autres dtii-^ 
vent être enlevés, ainsi que les drageons qui repous- 
sent du pied ou de la souche. On ne les conserve 
qu'aux figuiers dont la charpente est usée et qui doi- 
vent être raccourcis, ravalés ou recépés* 

A la fin du mois on accote, on soutient les branches 
qui seraient ^argéës de fruits et qui traîneraient à 
terre. 

JUILLET 

On doit entrer le moins possible dans les champs 
de figuiers pendant ce mois. Tous les travaux y sont 
suspendus, si ce n'est Vappretage et ia cueillette. On 
apprête et on récolte les figues. 

ÂÔtiT 

On peut commencer et terminer le second binage 
pendant ce mois. On supprime les gourmands qui ont 
pris naissance sur les branches. 

SEPTEMBRE 

On épluche le figuier, on* enlève le bois mort, on 
raccourcit les branches trop longues ou confuses. On 
apprête les regains. 

OCTOBRE 

On termine les travaux indiqués en septembre, s'ils 
n'oùt pas été faits. On conduit des engrais da^^lea^ 



448 LES FlGtES 

champs de figuiers, pour y être distribués pendant 
l'hiver. 

NOVEMBRE 

On effeuille, épluche et couche le figuier pendant 
ce mois, et on donne un labour. On commence à dis- 
tribuer les engrais, quand il survient des gelées. On 
pratique des rigoles d'égout, si le sol est humide, afin 
que Teau ne séjourne pas au piçd de la couche. 

DÉCEMBRE 

On termine le couchage, s'il n'a pas été fait en no- 
vembre. On continue la distribution des engrais. On 
donné de l'écoulement aux eaux. On peut déjà com- 
mencer le labour d'hiver dans les jeunes plantations, 
car dans les vieilles la terre se trouve remuée partout 
par l'effet du couchage. 



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LES FRAIBOISES 



VARIÉTÉS DE FRAMBOISIERS 

Le framboisier, Rubus îdxuSy est un arbuste très- 
anciennement connu , aussi modeste que robuste, 
qu'on abandonne à lui-même généralement dans le 
coin le plus caché du jardin, où il végèle à l'ombre 
des murs ou des grands arbres comme un paria dont 
on aurait honte. Cependant le framboisier mérite plus 
d'égards qu'on ne lui en accorde ; car ses fruits déli- 
cieux, d'un parfum exquis, ont un emploi assez ré- 
pandu chez les personnes intelligentes qui savent en 
tirer parti. On le cultive même comme spéculation 
dans quelques localités *où il donne un certain 
proût. 

Le framboisier ne vit que deux ans, ses rameaux 
du moins; mais si ses tiges sont bisannuelles, ses 
racines sont vivaces et peuvent durer dix ans et plus 
à la même place, et l'arbuste donner constamment de 
bonnes récoltes, au moyen de quelques petits soins 
et d'engrais. 

Il y a trente ou quarante ans, on ne comptait que 
quelques variétés de framboisiers ;.mais aujourd'hui, 

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150 . LES FRAMBOISES 

il y en a un grand nombre qu'on a obtenues par se- 
mis. Les meilleures sont les suivantes, dont la plu- 
part ne datent que ()q quelque^ ann^^ : . 

l^ Merveille des Quatre-Saisons rouge. — Remon- 
tante jusqu'aux gelées, à gros fruit rouge conique, 
remarquablement belle. 

2» Grosse rouge. — Non remontante, ti-ès-produc- 
tive, à gros fruit, trèa-bonne. 

3 Perpétuelle rouge, — Quatre-Saisons à gros fruits 
rouge, très-fructifère, très-pa^fumée, 

. 4o César à fri^U jaune. — ExcQllei^t fruit, 

5o Belle de Fontenay. — Fruit gros, rouge foncé, 
très-fructifère surtout à T^rièrç-saison. 

Qf^ Merveille d^ Quatre ^Saisom jaune. — Fruits 
jaunes de bonne qualité, très-gros et très-psprfumés. 

70 Gçuavissa. — Gett^ variété, originaire d'Amé- 
. rique, est remontante ; ses fruits soQt çougep et ex- 
cellents. 

8° Faktaff. — A grqs fruit rouge (i'excfillepte qua- 
lité, très-fertile. 

. 90 Superbe d'Angleterre. — Gros fruit rouge coli- 
que ; Tune des plus })elles variétés. 

lOo Belle de Pal\uau. — ûrq^ fçuit ^P^g? CQuiqu»; 
très-bonne, , v 

\\^ Do\it)l^ Béaring. — I4 plus productive et la 
plus belle de^ bifères, La f^iictiQcatiou j^e. pix^onge 
jusqu'en novembre. 

\%9 Oe Sr^am. -^ JoUfruii mms^ sçM^^p^^p4ac- 

'tif; assez bon. . ^ 

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LES FfiAI^ÇOI^ES \^l 

i3o HomeU -^ A U'èsrgro^ finiit rowge et de bonae 
qualité. 

14o Jaune du Chili. — Gros fruit Qvoïde rouge très- 
bon, plante très^fertile. 

15o Jaune d'Anvers. — Fruitgrps, coniqije etjauae, 
très parfumé ; plante très^fertile, 

}6q Si^rpassQ fcdU^ff^ -rr- Gros fruit rouge d'e^cel* 
' Jente qualité, 

ilo Semper fidelis, —Gros fruit rouge très-reçom- 
mandable. 

18° BrinckWs orange. — Variété importée d'Amé- 
rique ^ récemment, tréS'-distincle de toutes les autres 
par sa couleur orange vif et sai (jualité exquise ; plante 
vigoureuse et très-fertile. 

IQo Surpasse Merveille ja,une. — Variété remontante 
à gros fruit jaune. 

20» Princesse 4^w?e. — Variété tardive à fruit vcaage 
très-grcs et trè^-bpp. 

DU SOL ET DB ;.'eXPQSXTION 

Le framboisier g'acçomtnode de tous les terrains } 
cependant il préfère un sol léger et frais, et une ex- 
position demi-ombragée. Pour avoir des fruits toute 
l'année il faut planter plusieurs variétés, notamment 
les bifères et les remontantes. 

• Pour avoir des framboises jusqu'au mois de no- 
vembre il §er^ bon, si rpp digpgse d'ua petit mu 
biep ê?cpo§é) d'y pl^ï^ter quelques pieds des variétés 

DigitizedbyCiOOglC 



152 LES FRAMBOISES . 

remontantes ; les fruits noueront et mûriront mieux, 
seront plus savoureux et plus parfumés. 

Blanté en plein champ et même à l'exposition du 
nord, le framboisier réussit parfaitement. Les varié- 
tés bifères ou remontantes donnent également des 
fruits jusqu'aux gelées. Ces fruits sont d'autant 
plus, précieux qu'ils peuvent s'adjoindre aux frai- 
ses des Ouatre-Saisons qui manquent de parfum à 
cette époque, et permettre ainsi de composer un d^ 
délicieux desserts qui plaisent tant aux amateurs. 

Il est bon de planter*des variétés de diverses cou- 
leurs, pour donner plus d'attrait à l'œil et un par- 
fum plus agréable à la bouche. 

PLANTATION 

Pour planter le framboisier, il suffit de Içibourer le 
sol et d'enterrer une bonne fumure composée d'en- 
grais bien pourris. Tous les fumiers sont bons et peu- 
vent être employés indistinctement.. 

Le terrain convenablement labouré et nivelé, on 
tend un cordeau à l'endroit où l'on veut placer les 
pieds de framboisiers, et on ouvre les trous 'à l'aide- 
d'une bêche à la distance de t mètre l'un de l'autre, 
et on plante immédiatenient les drageons à 20 centi- 
mètres du mur, • 

Cette plantation se nomme plantation à plat. En 
Hollande, on ouvre des rigoles de 25 centimètres, 
comme pour la culture des asperges, et on recharge 

^ Digitizedby VjOOQIl , 



LES FRAMBOISES 1K3 

de terre tous les ans, pour que les racines qui remon- 
tent à la surface du sol soient toujours à une profon- 
deur convenable. 

Si Ton plante en plein carré ou en plein chatnp, on 
dispose les lignes à la distance de I mètre 50 centi- 
timètres les unes des autres, et on plante de môme 
que ci-dessus, à 1 mètre seulement sur la ligne en 
carré et non en quinconce. 

Nous croyoi?is devoir répéter ici ce que nous avons 
déjà dit bien souvent, que rien n'est plus laid, plus 
ennuyeux et plus insignifiant qu'un quinconce. On 
s'imagine, en plantant ainsi^ que les racines seront 
mieux réparties dans le sol, et qu'elles se nuiront 
moins. C'est une erreur, les racines vont chercher 
leur nourriture là où elles la trouvent, et elles cou- 
rent à des distances bien plus grandes qu'on le sup- 
pose, et qui dépassent de beaucoup les limites tracées 
par le quinconée. 

culture; 

La culture du framboisier est des plus faciles ; tous 
les ans, à l'automne, ou pendant l'hiver, on pra- 
tique un labour superficiel, en ayant, soin de ne^ 
pas déraciner les drageons qui doivent donner du 
fruit. On profite de ce labour, pour répandre un peu 
d'engrais, si le sol en a besoin. 

Au printemps, aussitôt que la végétation des her-* 
l)es parasites commence, on donne un binage à la ra- 

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154 l'Es FRAHP0IS|£9 

twsQipe et pn poatiwie, dç temps m tfN^îB»! »t wi¥a«t 
lei toaomsi les binage* et le^ ^arcl^ges^ poiir te»w !# 
terre constamment meuble et propre; ^ qui ï>'çst pi^ 
difficile, car Tombrage cwsé p^ir 1^ frimil¥)i4er9 en 
eii^pêcfae la croissance, . 

I) est bien rare qu'on arrose les framboisiera ; o^ 
pendant, si on avait une plantation exposée au seleili 
ou abritée de la pluie^ par des muie ou des arbres 
élevés, on ferait bien, par les grandes çéêheresses, 
de donner quelques arrosage, sans quoir les froîts 
seraient rares et de médiocre qualité. 

Dans la culture en plein champ, on n'arrose ja- 
mais. On se borne à un labour d'hiver, aux binages 
et sarclages pendant la bonne saison. 

TAILLE 

La taille du framboisier comprend quatre opéra- 
tions : le nettoyage j la taille proprement dite , le pin- 
cement et le palissage.- 

Nettoyage, — Le nettoyage du framboisier cpnsisteà 
couper rez terre, à Taide d'une serpette et mieu]^ 
d'un sécateur, toutes les branches fruitière^ de Tan- 
née précédente qui sont mortes. Cette opération se 
pratique pendant l'hiver quand la température esjt 
douce, jamais par la gelée : soit au mois de mars Off, 
au commencement d'avril, avant le premier binage. 

Taille. — La taille du fr^fliboisier est des plus fe- 

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LES FRAMBOISES 155 

ciles j elle consiste, 1^ nettoyage achevé, 1» à.^oleyer 
tou9 Jes drageon^ qui sont inutiles, c'est-à-dire à n'en 
laisser que cinq ou six des plus beaux sur chaque 
pied; 2® à raccourcir à 60 centimètres ceux qu'on a 
laissés et qui doivent produire du fruit. 

Comme il y a des variétés très-vigoureuses dont le$ 
rameaux atteignent parfois deux mètres de hauteur, 
et des variétés naines. Il faut en tenir compte à la 
taille. Ainsi, on devra enlever le tiers seulement dé la 
longueur dans les plus vigoureuses et le quart dans 
les naines. Du reste, une année d'expérience appren- 
dra facilement la manière gpécialQ de tailler chaque 
variété. 

Pincement, t- Le pincement peut se pratiquer sur 
le framboisier pour déterminer |a sève à se porter 
sur les fruits déjà noués, afin de les obtenir plus beaux 
et dô PQjpîlleure qualité j com^ie généralement on 
préfère laisser le§ fruits croître .en UJ)eyté, nous ne si- 
gnalons ce fait que pour mémoire. 

Palissage, -r» Depuis qu'on 3'ocçupe sérieusement de 
la culture du framboisier on a cherché à en obtenir à 
la foisleplusdefruitspossibleet delameilleure qualité. 
Au lieu de leiaisser croître en liberté, état dans lequel 
les branches de Tannée se confondent avec les bran- 
ches de Tannée précédente, ombragent le fruit, ce 
qui lui ôtQ de sa beauté et de aa qualité, on s'est ima- 
giné de le palièaer. Cette disposition offre non-seule- 
ment cet avantage, mais le framboisier, ainsi dirigé, 

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156 LES FRAMBOISES 

a quelque chose de coquet qui tranche étrangement 
avec l'air de fouillis qu'il a dans la culture libre. 

Voici comment on procède : 

La plantation faite comme nous l'avons indiqué 
plus haut, on place sur le mur deux fils de fer tendus 
comme d'ordinaire, le premier à 30 centimètres du 
sol et le second à 25 centimètres plus haut, et on y ^ 
attache les jeunes drageons du framboisier comme 
l'indique la figure 24. 




Fig. 24, 

Aussitôt la taille faite, on palisse à l'angle de 45 de- 
grés les branches a a a a en les fixant sur les deux fils 
de fer c c et l'opération est terminée pour le moment. 

On surveille la végétation, et qua,nd les drageons 



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LES FRAMBOISES i57 

sont sortis on choisit les 4 plus beaux qu'on at- 
tache perpendiculairement sur le premier fll de fer, 
puis plus tard sur le second, de manière à leur faire 
occuper la position qu'ils ont en bbbb dans la 
figure 24. 

On comprend aisément que de cette manière, les 
jeunes branches ne sauraient ombrager le fruit qui 
est sur les anciennes. L'année suivante, à la taille on 
supprime les branches fruitières aaaa^ et on palisse 
à la place qu'elles occupaient, les branches bb bb et 
on recommence chaque année les mêmes opérations. 

Dans le cas où on aurait à palisser des variétés 
très-vigoureuses, qui s'élèvent à un mètre cinquante 
ou deux mètres, il serait nécessaire d'espacer davan- 
tage les fils de fer ou mieux d'en placer un troisième 
au-dessus des deux premiers. 

Si les, framboisiers étaient plantés en plein carré, 
on pourrait tendre les fils de fer sur des pieux en 
bois, qu'on enfonce solidement dans le sol, après les 
avoir mis dans un bain de sulfate de cuivre, pour les 
empêcher de pourrir. L'opération serait alors la même 
exactement, et aurait les mômes avantages. 

DIFFÉRENTS MODES DE CULTURE 

Le framboisier se cultive de plusieurs manières et 
sous plusieurs formes. En bordures, en carré, en mas- 
sifs, en espalier, en contre-espalier. 

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138 LES FRAMBOISES 

En bordures, — (to pJantQ 1q framboisier le plus 
souvent en bordure le long des murs pour utiliser les 
plates-bandes qui sont à Texposîtion du nord. On le 
laisse croître en liberté et il n'est soumis qu'à la taille 
et au nettoyage. 

f!n carré. — On le dispose comnae îious l'avons dit 
à Tarticle Plantation, et on le laisse croître en liberté 
comme dans les bordures. C'est dans cette, forme 
qu'il est cultivé pour l'approvisionnement dos mar- 
chés. 

jjri jnassifs. — C'est h même plantation queo^Ue eiji , 
c^rré \ seulement, les massifs sotit de toutes formes. 

En eapalier. •« Hacé en bordure 1q long desi mur» 
on peut palisser le framboisier pour lui donnep la 
forme d'une sorte de palmette ou d'espalier (voir Po- 
lissage et figure 24). Ce nouveau ijiode de culture est 
adopté dans les ia?4iûç bien teuus. 

En contr^espalier. -- C'est la lorifte àe Vesp9k\ier 
appliquée 4 la plantatK>n en carré (v^r Palissage) ék>î« 
gné des n^urs. 

QUSILLBTTB £T TEiVKSPQBT 

Aussitôt c^m la framboise e^jt mtlyce* il &ut la cueil- 
lir ; car si Ton attend trop, elle se détériore et les mille 
paUes la dévorent. 

Uniç fois la cueillette commencée, il faut visiter tous 
les jours les fran^boisiers pour récolter celles qm 

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Wt jQûre?; ai^tremeut on en trouverait de gâtées 4 
çh^ujue fois. 

h^ framboise adhère peu à la queuQ qui est durç st 
très-difflcilç à détacher ; aussi presque toujours op 
cueille le fruit sans la queue. Cela n*a pa^ gr4Q4 
i^conYéI^e9t quand on le consomme de suite et 
sur plaCe j ipais s'il fallait le transporter il s'écra^- 
rait en route et arriverait froissé et en jus. Oa doit 
donc, autant que possible, cueillir la queue avec \^ 
framboise, pour éviter Jes détériorations de route. 

L'emballage de la framboise n'offre pas plus 4e di|^ 
Acuités que celui de la frai?e; ai^a^i yenvoyons-nousf 
à ce que nous avons dit à* ce sujet; cav tout est égale- 
ment applicable à la framboise. 

La grande culture expédie souvent ^t en grs^i^d^ 
quantité la framboise écrasée et en jus, dans des fûts : 
ces fruits sont employés par la distillation, laparfu- 
Wrie et la pharmacie. 

EMPLOI DE LA FRAMBO^SK 

Le fruit du framboisier est employé pour la table, 
dans l'industrie et en médecine. 

Pour la tabla, la framboise sert !<> comme dessert, 
sbuIq ou mélangée avec la fraise et la groseille. — On 
en fait des gâteaux, des tartes, des compotes, des ge- 
lées, des conserves, des liqueurs, des sirops, des 
êfeces. Voici I9, manière de la préparer : 

Gomme dessert, on sert la framboise seule ou mé- 

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160 LES FRAMBOISES 

laDgée avec la fraise et la groseille, avec du sucre en 
poudre. — La meilleure manière de la manger avec 
la fraise, c'est de mélanger ces deux fruits et de les 
préparer avec de l'eau-de-vie et du sucre comme la 
fraise (voir ce que nous avons dit à ce chapitre). 

Les gâteaux, les tartes et les glaces ne peuvent être 
faits que par les personnes de l'art, aussi nous nous 
abstiendrons d'en donner la recette ici, croyant 
qu'elle serait inutile. 

Les compotes se font comme toutes celles de fruits 
et n'offrent pas plus de difficultés ; elles sont plus 
agréables que la plupart de celles qu'on sert géné- 
ralement et surtout beaucoup plus digestives. 

La gelée de framboises se fait comme il suit : pre- 
nez 1 kilo de framboises et 500 grammes de groseilles 
blanches. Écrasez-les, puis passez-les au tamis, Met- 
tez dans ce jus 1 kilo de sucre, versez le tout dans un 
chaudron et faites cuire jusqu'à ce que le jus se prenne 
en gelée, comme s'il s'agissait de groseilles. 

Les conserves sont de deux sortes , conserve de 
jus, conserve de fruits entiers. 

Pour faire la conserve de jus on procède comme il 
suit : 

Prenez un panfer, garnissez-le à l'intérieur de paille 
bien saine et bien propre. Mettez-le sur im baquet, 
emplissez-le de framboises, et rabattez la paille 
dessus. Cela fait, prenez une planche qiie vous pla- 
cerez sur la paille, et chargerez d'un poids assez lourd 
pour faire couler le jus des framboises dans le ba- 

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LES FRAMBOISES 161 

quet où vous le laisserez fermenter de 16 à 24 lieu- 
heures, dans un endroit où la température soit de 15 
à 20 degrés centigrades. Plus elle sera élevée, plus 
la fermentation marchera rapidement ; mais il ne 
faut pas qu'elle dépasse 20 à- 22, autrement, il y 
aurait à craindre Taigre, La fermentation sera termi- 
née, quand les écumes s'affaisseront et se fendront. 

Tirez le liquide à clair, mettez-le en houteilles , 
bouchez solidement et ficelez. Faites chauffer au 
bain-marje (dans une chaudière pleine d'eau), et, 
quand l'eau commence à bouillir, descendez lé chau- 
dron et laissez refroidir avant de sortir les bouteilles, 
ou du moins attendez que la température soit descen-, 
due à 20 degrés, dans la crainte que le changement 
trop brusque les fasse casser. Quand elles seront 
froides, vous les goudronnerez et les descendrez à la 
cave. 

Il est inutile de dire qu'il faut mettre les bouteilles 
dans l'eau avant qu'elle soit chaude; autrement elles 
casseraient infailliblement. 

Pour conserver les fruits entiers, l'opération est 
encore plus facile. On les met dans des bouteilles à 
large goulot, ditesbouteilles à conserves, qu'on emplit 
aux trois quarts; on ajoute trois à quatre cuillerées de 
sucre en poudre; on bouche, ficelle et on met chauffer 
au bain-marie comme pour la conserve du jus. On ne 
donne qu'un seul bouillon. 

Il faut que les fruits ainsi conservés soient cueillis 

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16^ !.£§ f^AUBOlSES 

avapt leur cppplète maturité, ]^\m pettQyéget dôr 
ppuiUép de leur ijueyç. 

On conserve également les frapiboises au sirop. 
Pour cela, quand elles sont dans la bouteille , on 
achève de la ^emplir avec du sirop à %&^, et ox\ 
obau|f§ au bain*mai*ie comifie ci-dessus. Quelque! 
cuill^ré^p d§ sirop pufiisept, 

JjCS Uqueurs de framboises sont de deux sortes : 
celles faites, en framboises pures, et celles mélan- 
gées à la merise ou au cassis. Voici la recette d^ Ç9# 
ratafiats. 

Prenez : - 

Framboises bien mûres et écrasées. . 5 kilos. 

Alcool à 85o. 5 litres. 

Laissez macérer pendant un mois et tirez à clair 
cette infusion. 

Prenez, alors : 

Infusion 5 litres. 

Alcool à 85o ,2 litres. 

Sucre 8 kilos. 

Eau 6 litres. 

Faites dissoudre le sucre, dans Teau portée au de? 
gré de TébuUition, et faites évaporer jusqu'à ce que 
le sirop ait atteint 30 degrés, bouillant. Laissez re- 
froidir, mélangez et filtrez. 

Quelques personnes préfèrent Ig vaèlm^ giavqijjt^ 
qui est très-bon et plus coloré : 

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LES FQÀ^QO|S£S 163 

Ifll'jisiqu de framboise? ... 4 liteep. 

— de cassis I litre. 

Le reste comme ci-dessus. 

I/infusion de framboises trouve sa place dans la li^ 
queur de cassis (Rataûat de cassis). Il ji'est pas de 
bon cassis sans framboises. 

- Les personnes qui n'aiment pas les liqueurs sucrées 
pourront diminuer la quantité ci-dessus, et n'en 
employer que 6 kilos au lieu de 8 ; mais, dans ces 
conditions, Je ratafiat de framboises est trop alcooli- 
que et il faut dinûnuer un peu la quantité d'alcool. 
On tombe, alors, dans un autre inconvénient : cette 
liqueur devient inférieure et ne peut guère être 
offerte aux amateurs. ' 

Que Ton n'oublie pas que Talcool ou 3/6 ne peut 
être remplacé par Teau-de-vie, ni dans Tiofusion 
ni dans la fabrication de la liqueur. On n'obtien- 
drait aucun résultat; la liqueur aipsi- fabriquée ne 
serait pas potable' et ne se conserverait pas long- 
temps. Pour utiliser Teau-de-vie, il faudrait procéder 
tout différemment, et conmie il n'y a pas avantage à 
le faire, nous passons la formule sous silence. 

Le sirop de framboises est des plus agréables et des 
plus faciles à préparer. 

Prenez : • 

Sucre raffiné. ...... 6 kilos. 

Conserve de framboises ... 3 litres. 

D^cajpitez et filtrez la conserve, yersez^a sur 1^ 

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104 LES FRAMBOISES 

sucre dans le chaudron et chauffez rapidement en re- 
muant *avec une spatule pour exciter la dissolution du 
sucre. Aussitôt le premier bouillon, retirer de dessus 
le feu et laisser reposer pour que Técume s'affaisse ; 
l'enlever et passer le sirop à travers un blanchet ou 
ime chausse sans filtrer. 

Pendant la saison des framboises, on peut faire le' 
sirop plus rapidement et plus économiquement, 
comme il suit : 

Sucre blanc ....... 6 kilos. 

Framboises mûres ..,.•. 6 kilos. 

Jeter ces fruits dans le chaudron avec le sucre pilé 
grossièrement, mêler le tout et faire bouillir en re- 
muant avec une écumoire, jusqu'à ce que le sirop 
marque 32©^ bouillant. , 

Passer à travers une ctausse à plusieurs reprises 
pour enlever le résidu des fruits. Mettre en bouteilles 
et conserver au frais. 

Pour V industrie. — La framboise est employée à 
l'état d'alcoolat et d'esprit par les distillateurs qui s'en 
servent aussi pour les infusions destinées à entrer 
dans les liqueurs, notamment daufi le cassis, le ralafiat 
de cerises, les sirops, etc. 

Les pâtissiers, les pharmaciens l'emploient en 
grandes quantités à Paris; aussi, tous les jours s'en 
vend-il à la halle par centaines de kilos. 

On en fabrique des limonades gazeuses en France, 
et même en Russie, qui ont beaucoup de suavité. — 

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LES FRAMBOISES 165 

En Pologne, on en fait un vin très-estimé. — Les 
Suédois préparent avec ces fruits une sorte d'hy- 
dromel y avec du miel et de Teau , qui est déli- 
cieux. 

Dans certains vignobles de France ; on met des 
framboises dans la cuve^ avec le raisin, pour donner 
du parfum aux mauvais vins. 

En médecine. — On emploie fréquemment la fram- 
boise ; elle possède des qualités que Ton ne connaît 
pas assez. L'usage répété de ce fruit guérit les fièvres 
bilieuses et putrides que Tét^ multiplie sous certains 
climats. 

Elle est précieuse contre les maux de reins et les 
maladies de la vessie. Elle régularise les fondions de 
Testomac. Mais, dans Tun comme dans Tautre cas, il 
faut lui associer le sucre en suffisante quantité, soit 
qu'on la consomme en nature ou en conserve. Le 
sirop jouit des mêmes propriétés que la framboise 
elle-même. Consomibée en. dessert comme la fraise, 
soit seule ou mélangée, et additionnée d'eau-de-vie, 
elle ne perd aucune de ses qualités curatives. 



yGoogk 



AVIS A NOS LICTEURS 



Dans les dernières éditions de cet ouvrage ûôîis 
avions négligé de donner un extrait de notre cata- 
logue. Plusieurs personnes nous a^ant écrit potir s'in- 
former si nous nous occupions de la multiplication dô 
Tasperge, du fraisier» de la vigûe,- etc*> etc. Nous 
prenons le parti d'insérer quelques notes relative^ â 
notre établissement. 

DES 

ASPERGES, MâISIERS, YMÊS, ÈW. 

DE 

i.'f. LËBEUt*, horticûltdut-pépihiériëte 

A AftGENTEUIL (Seine-et-Oise) 

Lé Catalogué général est envoyé franco à cèùûo ^ui en fôiii Id 

demande franeo. 

Le« pit ci^dëôSôiis ne soïit fixés que pour le plîn- 
tettipi 1869. Consulter le catalogué gétiéMl qui é§t 
envoyé franco â tous deux qui le demandent (Ce cata- 
logue parait tous les ans vers le 15 septembre). 

ASPERGES D'ARGENTEUIL 
ASPERGE ROUGE OU VtOlETTE HATIVE D'ARGENTEUIL. 

Les 100 griffes, 1^'. choix 10 fr. 

Le mille 90 fr. 

Les 100 griffes, 2^ choix 7 fr. 

Le mille ., . 65 fr. 

Digitizedby VjOOQIC . 



AVIS a nos LÈGTEUftS 167 

A^ÊtfiE imi 6fl VitlÉftE mm D'ARGÈNtÉUIL. 
Les fÔO grîjï'es, i^r choix. ..... 10 fr. 

Le mille 90 fr. 

Les 100 griffes, 2^ choix 7 fr. 

Le. mille 65 fr. 

ASPERGE YER-fÈ ÂMÉUÛRÉÉ D'ÂiJÊENTEUU.. 
Les. 100 griffes, l^r choix i . • . . ' 8 fr. 
-^ 2« clioi]?. ..... 4 fr. 

FRAISIERS 

Li plus belle eolleetion de fraisiers, composée de 
280 variétés fie ï-ace américaine, doùt lOOdéptêmlël- 
choix, et lÛ variétés de racé européenne^ au nombre 
desquelles les fraisieîs des Quatre-Saisonç âfnéîibrês 
et à gros frtîîts se décomposant comme il suit : 

lo Fraisiers pour la grande culture et l'appfOf ISiOîlft 
nèment deë îiïarchés ; 

2o Fraisiers de produit pqur Ift consemmatibn de lÉ 
maison, dits à gros ft'uitè ♦ 

3" Fraisiers d'âmateul*, ddnt les. fruils sont âe meil- 
leure qualité, mais plus petits et mdiïi§ âBdUSâfitS } 

4<^ Ptàislers ptJtiî ïâ ètilture hâtée sur ados et en 
pleine terre; * 

50 Fraisiers pôuîf forcëi? siir couchèâ ou sbilà Miââsîiî 
et^en pots. 

60 Fraisiers nouveaux, oh récemment dis dans te 
commerce, composés des meilleurs gairiS 8ê V&riné6 
précédente. ' V 1 

* Digitized by VjOOQ IC 



168 AVIS A^NOS LECTEURS 

(Demander le Catalogue général qui se publie tous 
les ans an mois de septembre, pour plus amples ren- 
seignements.) 

VIGNES 

Raisin de table 

Chasselas pour grandes plantations, le mille 250 fr. 
Chasselas de Fontalae- 
bleaii. Le pied enraciné. > 50 

— 2« choix. — » 35 

— doré. — » 50 

— 2« choix. — » 35 

— noir. — » 50 
Chasselas bordelais. 

Le pied enraciné. ... 1 » 
Chasselas violet. Le 

pied enraciné i » 

Alieante. Le pied enrac. i > 

Barjae. JLe pied enraciné, i » 
Cornlehon blanc. Le 

pied enraciné i » 

Be Candolle. Pied enr. i 50 

Espagnol. — . 2 » 

Frankental. — i » 
Frontignan ronge. Le 

pied enraciné i jê 

GrcMi Gromler dnCan- 

tal. Le pied enraciné. 2 » 

Gros Bamas. Pied enr. i » 

Grosse panse. _ i » 
Grosrlbler dn Maroc. 

Le pied enraciné. • . . i » 

Isabelle. Pied enraciné, i » 



Jnbi blanc. Pied enrac. 2 
liOng noir d'Espagne. 

Le pied enraciné. . . . 
Mnseat noir. Pied enr. 
Mnsoat ronge. — 
ni usent blane faAtlf. 

Le pied enraciné. . . . 
Mnseat rose. Pied enr. 
Madeleine noire; — 
Maliroisle rose* •— 
Malirolsiagrossa. -r ^ 
MalTolsie blane. — i 
Morillon hâtif (ou plant 

de juillet). Pied enraciné. » 
MesUer blanc. — • 
— noir. — î 
Palestine. — 

Pinot franc. — 
Précoce Malingre. Le 

pied enraciné 

Salbalkasko j. Pied enr. 
TokaK gris ^ — 
Tokal des Jardins. Le 
pied enraciné 



Etc.; etc. 



Nota. — Tous ces pkmts sont 
assurer la reprise. 



assez bien enracinés pour A 



yGoogk 



' AVIS A NOS LECTEURS 169 

FRAMBOISIERS 

Cette collection est Tune des meilleures qui exis- 
tent. (Voir le Catalogue général pour les prix.) 

No» 1 Merveille des Quatre-Saisons, ^rouge, remon- 
tante jusqu'aux gelées, 

2 Grosse rouge, non remontante. 

3 Perpétuelle ou nouvelle Quatre-Saisons à gros 

fruit rouge. 

4 César à fruit jaune. 
5' Belle de Fontenay. 

6 Merveille des Quatre-Saisons, jaune. • 

7 Catavissa. 

8 Falstaîf. 

9 Superbe d'Angleterre. ♦ 

10 Belle de Palluau. 

11 Double Béaring. 
12DeBrabant. 

13 Hornet. 

14 Jaune du Chili. 

15 Jaune d'Anvers. 

16 Surpasse Falstaff. , . 

17 Semper fldelis. ♦ 

ARBRES FRUITIERS 

Abricotiers, cerisiers, pêchers, poiriers, pommiers, 
pruniers, les meilleures variétés. (Voir V Horticulteur- 
gastronome pour se renseigner.) 

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170 AVIS A NOS LECTEURS 

Les prix sont indistinctement fixés comme ii suit, 
excepté pour les variétés nDUvellôâ qui seront cotées 
"au mieux. 

Haute tige, selon le sujet. ». 1 60 à 2 » 

Espalier . » 90 1 25 

Pyramide » 60 1 • 

Cordons » 60 .» » 

PLANT d'un an de SEMIS POUR GRÈlTPÈft 



Amandier, le 100, i<" choix. . . 


3fr. . 


— 2» choix. . . 


2 fr. . 


Cognassier, le 100, 1«* choix. . . 


3 fr. . 


— 2» choix. . . 


2 fr. . 


Poirierfranc,lelOO, ie'choix. . . 


3 fr. I 


* — 2« choix. . . 


2 fr. . 


Pommier franc, le 100, 1" choir. . 


2 fr. 50 


— 2« choix. . . . 


1 fr. 75 


FIGUIERS 





Le figuier ne se plante qu'au printemps dans le 
Nord. — Au midi de la France on peut le planter à 
Tautonme. 

Flu^uler à fruit blanc d'Argentmil , la 

meilleure de toutes les figues pour manger fraîche, 
le pied enraciné, de 1 fr. 25 à 1 fr. 80* 

«ftMei^ à tttAk i^let, le piefd enraciné, ds 
Ifr. 50à2fr, 

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AVIS A NOS LECTEURS \Tl 

glaïeuls gaî^davensis 

BT VARIÉTÉS HYBBJDBS 

Notre collection est des plus variées et des plus re- * 
marquables. 

Prix : l'e série, de 25 oignons assortis. . 4 fr. 
2« série, de choix, de 35 oiguoag 

assortis 6 fr. 

3® série, extra, 25 oignons variés. 8 fr. 

Nota» — Cette dernière série comprend 16 à 15 va- 
riétés remarquables qui ne sont pas dans le cemimerce,. 

(Voir le Catalogue général pour les modifications 
de prix et les nouveautés. Nous faisons des semis 
tous les ans sur une grande échelle, et pous avons 
toujours ainsi un grand nombre de variétés nou- 
vejies à la dispositioi^ de nos clients.) 

PLANTES DIVERSES 

Houbbn pour tonnelles, planta forts, le pied. 40 c. 
— pour la fabrication de la bière, 

le$ 100 pieijs. .... 12 fr. 
-f- Précoce de Spalt, Je plus estimé» 

les 100 pie^s 14 fp. 

Lierre dlrlandôy l«f choix en godets ou en 

motte, les JQO pieds. . 50 fr. 
— 2® choix, un peu moins fort. 45 fr. 

Oseille géante, la plus belle connue (portant des 
feuilles qui ont 30 centimètres de long mv 17 centi^ 
mètres de large, pétiole ou queue non compris), le 
pied 40 centimes, la douzaine de pieds, 3 fr. 



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178 AVia.A NOS LECTEURS 

LISTE 

PES PRINCIPiUlS PRÉPARATIONS ŒNOLOGIQUES OU CHIMIQUES 

FAQRiQCéES PAR MM. LEBEUF Fils et G% a argentedii, 

(SEINE«ET-0I8E) 



(Demander franco le Catalogue général pour connaître lés autres 
produits.) 



Bouquet de Pomaid et de Boîtrcogne, donne au vin le 
goût et le parfum du yin vieux de Bourgogne. Le flacon, 
pour 230 litres 3 

Bouquet obnanthiqui des vins du Midi, pour empêcher 
Taigre des vins du Midi et leur enlever leur goût de 
terroir. Le flacon pour 230 litres 2 

Elixir de Cognac, préparation pour donner aux. coupages 
et eaux-de-vie ordinaires le bouquet, la sève et* le montant 
des cognacs vieux. Le flacon, pour iOO litres 5 

Extrait de Bordeaux, ou Sève de Médoc. Un flacon donne - 

le bouquet des vins du Médoe à une barrique de 
. 230 litres 2 

Maladie des vins. Quelle que soit la maladie des vins^ 
là dose pour guérir 130 litres, est du prix dé 3 fr. 

Les principales maladies d^ vin sont connues sous les 
noms suivants : aigre, absinthe (poussé), am«r, gras, fùté, 
moisi ou pourri, rance, goût de chêne, perte de couleur» 
— Une instruction enseigne le mode d'opérer. 

Poudre anglaise, pour clarifier indistinctement tous les 
vinS;, les bonifier et augm^ter de suite leur bouquet. Le 
demi-kilo, pour 60 à 80 hectolitres S 

Poudre Lebeuf, pour la clarification des vins rouges et 
des vins blancs. Le kilo, pour 50 hectolitres..... 6 

Teinte Bordelaise, pour la coloration des vins blancs et 
* des vins rouges trop pâles. L'hectolitre, 100 fr. (1 litre 
colore autant que 20 litres de vin de Marbonne). 

Vieillisseur des vins. N» 1, pour adoucir les vins verts 
et durs, les vieillir et les clarifier; n" % pour les vins 
qui n'ont que peu de verdeur; n» 3, pour les vins tendres 
ou provenant de vendange bien mûre. Chaque dose, pour 
230 Utres ,,.. 3 



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TABLE DES MATIÈRES 



LES ASPER6B8. 

Variétés de Tasperge • 7 

Description physique des asperges 9 

Du sol ,. 12 

Préparation du sol. ^ 13 

Des engrais avant la plantation 14 

Choix du plant 14 

De rage et de la force des plants 19 

Disposition du terrain pour la plantation ^ . . . . 20 

Espacement du plant 22 

Plantation • 23 

Soins à donner aux asperges, pendant les premières années.. 26 

Culture, lahours des aspergeries en rapport 30 

Des engrais et de la manière de les distribuer 32 

Décottage 36 

Rechaussage et formation des buttes 37 

BécoltJ, conservation, boltelage, expédition des asperges. . . , 40 

Asperges de vente 44 

Ces divers modes de cultiYef Tasperge. 4S 

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174 TABLE DES MATIÈRES. 

Fréb et produit d'un hectare planté d'asperges 48 

L'asperge d'Argenteail et l'asperge de Hollande compar^.. 49 
Gomparaison d*ane plantation faite avec des griffes d'an an, 

et d'autres faites avec des griffes de deux et de trois ans. . , 51 

Dn semis en place. .*. 54 

Utilité des buttel.».*., .,*..,,..,.,,.. .•,,,.,., 55 

Guitare hâtive en pleine terre 56 

Cmltare forcée 58 

Ennemis de l'asperge 62 

Calendrier du caltivatear d'aspet^ges. . • 64 

LES FRAISES. 

Botaniq^ae da fraisier 70 

Variétés des fraisiers 76 

Da soi convenable aa fraisier 79 

Du choix des rariéfés à cultiver 79 

PtenUtion 8t 

Multiplication du fraisier 83 

Dû pailli^ Bi 

Entretien des fraisiers après la plantation. . . ; , 8S 

Culture des fraisiers des Quatre-Saisons 86 

Nettoyage au printemps g9 

Cueillette et conservation des ft>aises g0 

Emb^lage et transport des fraises. U 

Aménagement des fraisiers tt 

Des insectes nuisibles au fhtisier 93 

Hybvdation du fraisier / 9s 

Ordre de maturité des fraises 9(^ 

Dégustation des fraises # 98 

Durée des fraisiers. (02 

Moyen de perpétuer les fraisiers , lOf 

Maladies du fraisier 10| 

Des ettgriBds ifj 

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nitE DES MATIÈÏIES. 175 

Plant fatigué par le voiyage 104 

Ciiltnre hâtée 104 

Variétés propres à la culture hâtée 107 

Culture hâtée en pots , 1 1 • • • * *^ 

Culture forcée. lOd 

Art d'accommoder les fraises iiO 

Cofiserve des fraises •* li? 

Gopfiture de fraises \\^ 

Qsiée de fraises , . , . , ^ . . , , AiÇ 

- Liqueur ou Crème de fraises .\ ,,,..,.».,. . \\9^ 

Propriétés médicinales des fraises. . . , ,,,.,,....,.., -4^6 

Calendrier du cultivateur de fraisiers Hd 



LES FIGUES. 

Variétés du figuier. . , '. . 185 

Du sol convenable au figuier 1Î6 

Plantation 127 

Culture 128 

Relevage 129 

Taille 130 

Éborgnage ou pinçage 131 

Ectonnage .^ 132 

Ebonrgeonnage < 134 

Apprêt des figues 135 

Caeillette, emballage, expédition 137 

Taille d'automne 137 

Couchage 139 

Culture forcée , 140 

Charpente du figuier * 140 

Havalement 141 

Recépage ; 142 

Maladies du figuier 143 

Calendrier du cultivateur de figuiers 145 



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176 TABLE DES MATIÈRES, 

LB8 FRAMBOISES. 

Vaïiéléà du framboisier - lA 

Du sol etjde Texposidoo : - 151 

Plantation 158 

Culture 153 

TalUe m 

Différents modes de culture 157 

Cueillette et transport « 158 

Ëm^oi de la framboise 12^ 

NOTES DIVERSES. 

Avis à nos lecteurs 166 

Elirait du catalogue des asperges, fraisiers, vignes, framboi- 
siers, arbres fruitiers, etc '. . . 166 



FIN DE LA TABLE. 



^ÀiS. — Imp. L. Toiuou et C«, à Saint-Gcrmaiu, 

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Imprimârte L. Toinon* ei C^ 



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LOAN DEPT. 

RINEWAIS ONLT— TEL Nd. M2-S40S 

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on the dacc to which rçnewed. 

Ratiewed book^ are subject eo immédiate recatl. 



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BerkcLef 



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