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Full text of "Les calvaires bretons"

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Gruyer, Paul 

Les calvaires bretons 



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Presented to the 


LiBRARY of the 


UNIVERSITY OF TORONTO 


by 


m.^. MAURICE DUPRÉ 



LES VISITES D'ART 
Metnoranda 



CALVAIRES 

BRETONS 



PAR Paul Gruyer 



ir; in ia n wiii âiiw i i II » i ' Il ■ ■ ■ ! . 



■■/^^p 






'-;-.'_: i', V 



LES 

Calvaires Bretons 



1^ 



COLLECTION DES MEMORANDA 



COLLECTIONS PUBLIQUES DE FRANCE 

Le Musée de Nantes, par Marcel Nicollk. 

Le Musée de Lyon, par Henri Focii.lon. 

Le Musée de Rouen, par Marcel Nicolle. 

Les Fouquet de Chantilly, par Henry Martin. 

La Galerie Médicis au Louvre, par Louis Hourticq. 

Le Musée de Sculpture comparée, par Jules Roussel. 

Le Musée d'Aix-en-Provence, par E. Aude. 

LES VISITES D'ART 

Hôtels de Ville et Beffrois du Nord de la France, par 

Camille Enlaiu. 
Saint-Quentin, par Amédée Boinkt. 
Noyon et ses environs, par Marcel Aubert. 
Verdun et Saint-Mihiel, par Aiiédée Boinet. 
Or San Michèle, Sanctuaire des Corporations Florentines, 

par .Iean Aiazabu. 
Colniar, par Louis Réau. 
Salonique, par (^harles Diehl. 
Les Calvaires bretons, par Paul Gruyer. 
Jérusalem, par Charles Diehl. 



Copxright by Henri Laurens, l'JÎO. 



LES VISITES D'ART 

Memoranda 

LES 

CALVAIRES 

BRETONS 

PAR 

PAUL GRUYER 

I 



PARIS 
HENRI LAURENS, ÉDITEUR 

6, rue de Tournon, 6 



^7 




LES CALVAIRES BRETONS 



Les Calvaires bretons tiennent nnc place spéciale et bien 
typique dans l'histoire de lart religieux en F'rance. Ces sin- 
guliers et multiples petits édifices de granit, dont nulle part 
ailleurs on ne trouve léquivalent et qui se pi'ésentent à nous 
sous des formes diverses, portent, aussi fortement que l'em- 
preinte du sol qui les vit naître, la marque morale du peuple 
qui les éleva. Afin de comprendre et leur genèse et 1 évolu- 
tion qu'ils suivirent, il est nécessaire de se reporter à bien 
des siècles en arriére d eux et de rattacher leurs traditions 
aux traditions plus lointaines qui les précédèrent. 

Il y a, dans 1 histoire des religions, peu de pages aussi 
curieuses que celles de la transformation de la vieille Armo- 
rique païenne en Bretagne chrétienne. Jamais race ne fut plus 
solidement attachée à ses croyances ancestrales et ce même 
christianisme moyen-âgeux, qui y demeure encore incrusté, 
n'eut pas moins de peine à se substituer jadis aux vieilles 
divinités autochtones qu aujourd hui l'esprit moderne à y 
pénétrer à son tour. Ce ne fut qu'en se fondant en quelque 
sorte avec eux que les autels du Christ parvinrent à se subs- 
tituer lentement aux autels de Tentâtes, jamais en les com- 
battant en face, mais en acceptant bien souvent leurs supers- 
titions mêmes et les rites de leur culte. Quand la légende et 
Ihistoire ne seraient pas là pour nous l'attester, plus d'un 
monument, debout sur le sol, nous en servirait de témoin. 

La plus ancienne religion qui ait régné sur la Bretagne, 
comme sur la Gaule, est celle que l'on nomme communément 
la religion druidique. Qu'il nous suffise de rappeler ici que 
ses Menhirs (pierres levées) et ses Dolmens (pierres couchées 



6 Les Cahains brcfons 

et formant toiture, portées par des pierres levées) remontent, 
en grande partie, à lépoque préhistorique et sont lœuvre de 
races d un nom inconnu, antérieures aux Celtes. Les spéci- 
mens de cette architecture, toute rudimentaire, sont particu- 
lièrement nombreux en Bretagne, où le granit abonde, et où 
il suffisait de dresser sur le sol. à grand renfort dhommes 
ou de bêtes de somme, les plus beaux blocs qui s y trouvaient 
couchés ou légèrement enfouis. Moins qu ailleurs aussi, ils y 
ont été détruits au cours des siècles qui suivirent. (>e culte de la 
pierre, de la pierre robuste, immuable et rude, que battent 
et flagellent en vain les formidables vents du large et les 
intempéries du ciel, s'était, semble-t-il, adapté à merveille à 
cet autre granit qu est le cerveau breton, qui, inconsciem- 
ment, avait trouvé là son symbole . 

Les Romains, ayant conquis le pays, tentèrent, les pre- 
miers, d'y implanter leurs Dieux. Un monument singulier, 
intéressant entre tous, la fameux Mcnhir-aiitcl de Kerdavel 
(Finistère), nous montre déjà que, comme plus tard le Christ, 
les Dieux nouveaux durent se mettre à l'abri des anciens 
autels et, pour s'y substituer, leur empruntèrent à eux-mêmes 
l'indéracinable respect qui les entourait. Ce menhir, qui 
s'érigeait autrefois à Kerdavel, petit village de la région de 
la Baie d'Audierne, voisin de Plobannalec, a été acquis, à la 
fin du siècle dernier, par le savant archéologue P. du Chàtel- 
lier, qui l'a fait transporter, à quelques kilomètres de là, dans 
le parc de son Château de Kernuz. où on le voit aujourd'hui. 
Sculptés dans le granit du menhir, usés par le temps, mais 
dessinant nettement leur silhouette aux rayons frisants du 
soleil, apparaissent un Mercure Psychopompe (Conducteur 
des Ames), un Jupiter Dispaler (Père des Dieux), un Mars 
Gaulois, avec des cornes, une Vénus et un Vulcain. La super- 
position d'une religion à 1 autre est flagrante. 

Puis les Romains passèrent et le paganisme druidique 
demeura triomphant, augmenté seulement de quelques autres 
superstitions. Du v'^' au vu'- siècle, la Grande-Bretagne (Angle- 
terre actuelle), déjà attachée en partie au christianisme, 
entreprit la conversion de la Bretagne continentale, restée 
complètement en dehors du mouvement du reste de la 



Li's Cahaires bnlons ■ — • 7 

(iaule, et lui envoya, par delà les flots, toute une série de 
saints personnages, qui apportèrent la bonne parole. 



La tâche était malaisée d inculquer la douce religion du 
Christ à ces populations farouches, livrées aux vieux cultes de 
sang, aux croj'ances les plus fétichistes, et sur qui les der- 
niers Druides et les dernières Druidesses, transformés en 
sorciers et en sorcières, avaient conservé tout pouvoir. Il fallut 
composer avec le passé et, comme les Dieux romains sculptés 
sur le menhir de Kerdavel, ce fut dans les pierres des menhirs 
et des dolmens que le christianisme dut, pendant des siècles, 
se tailler des images. 

Sur les pierres levées les plus vénérées s érigea la Croix, 
afin que la même vénération confondît le nouveau symbole 
et l'antique crojance. Tel le menhir de Brignogan (Finistère), 
le Men-Marz ou Pierre du Miracle, 1 un des plus beaux, haut 
de dix mètres, qui porte, posé sur son sommet et gravé à sa 
base, le signe du Christ. Tel le Menhir de (Ihamp Dolent, 
près de Dol (Ille-et-Vilaine), un des plus remarquables égale- 
ment, qui sert de piédestal au Crucifié chrétien. Telle encore, 
à Saint-Briac (Ille-et-Vilaine), la Croix des Marins, dressée, 
comme à Carnac (Morbihan), sur un ancien dolmen, dont la 
table de granit servira en même temps de tribune au prêtre, 
pour prêcher la bonne parole. Elément que nous retrouverons 
tout à 1 heure dans la composition du Calvaire. 

Ici, c est un menhir tout entier qui est sculpté en forme de 
croix (route de Belle-Ile-en-Terre à Locquenvel ; Côtes-du- 
Nord). A l'église de Plonaret. prés de Lannion (Côtes-du- 
Nord), la table elle-même du maître-autel n'est qu'un gigan- 
tesque menhir couché et taillé. Un peu plus loin, sur la route 
de Lannion, ce ne sont pas moins de Cinq Croix, d'allure 
étonnamment barbare, où subsiste une sorte d atavisme des 
pierres levées druidiques, qui s'alignent devant le passant, sur 
un long bloc de granit. A Lanrivoaré, sur la côte nord de 
l'exti-éme Finistère, une croix de granit, surmontant un petit 
édicule qui servait d autel et qui abrite, sous une arcade, une 



8 JLcs CûHaircs bretons 

statue de la Vierge, domine gravement et sanctifie huit 
grosses pieries rondes, de ealilire inégal, vieux fétiches drui- 
diques, devenus huit Pains pétrifiés par saint Hervé, neveu de 
saint Rivoaré, pour punir un boulanger de lui avoir refusé 
l'aumône. Aujourd hui encore, personne ne lait le tour de 
Teuclos sacré, que pieds nus et ses sabots à la main. 

A la simple Croix, et afin de rendre plus sensible à la foule 
la religion nouvelle qu'on lui prêche, s'ajoutent bientôt, par 
les soins des premiers apôtres bretons, des figurations 
diverses. Sur le curieux Menhir de Saiiit-Diizec, près de Lan- 
nion (Côtes-du Nord', sont représentés les Instruments de la 
Passion : 1 Echelle, l'Eponge de fiel, le Marteau du bourreau, 
les Clous, les Tenailles ; la Vierge pleure, sous les pieds du 
Christ, entre la Lune et le Soleil, qui marquèrent, en se voi- 
lant, le deuil du monde ; i\n Coq rappelle le reniement de 
saint Pierre. C'est un aide-mémoire, un tableau parlant, à 
lusagc des passants. 

De ces productions, primitives et naïves, et du même sj's- 
tcme de figuration visible de 1 Evangile, devaient naître un 
jour (xiv'',xv'', xvi" siècles) les « Croix Ornées ». Sur les bras 
multiples de la croix s'étagent divers personnages : la Vierge 
tenant Jésus enfant ; les Saintes Femmes ; les Gardes à cheval 
du Tombeau du Christ ; des Anges recevant dans ini ciboire 
le sang qui coule des plaies du Christ xV Melrand (Morbihan ; 
région de Pontivy, une (^roix Ornée nous montre à son som- 
met 1 emblème de la Sainte-Trinité : Dieu le Père, avec le 
Saint-Esprit sur sa poitrine ; en dessous, le Christ crucifié. 
Tout le long du fût de la ci'oix s'échelonnent en chapelet dix 
têtes d'Apôtres. Sur le socle, la Mise au Tombeau et le Christ 
portant sa croix. 

La réunion, perfectionnée, de ces divers éléments devait 
produire un jour le Calvaire. Le plus ancien Calvaire que 
nous rencontrions dans sa forme type est le (lalvaire de Tro- 
noën (Finistère), qui semble dater des dernières années du 
xv'' siècle. Côte à côte avec la Chapelle du même nom, qui 
appartient au plus fin gothique flamboyant et découpe sur le 
ciel ses trois clochetons ajourés, il s élève sur une légère émi- 
nence, au milieu des solitudes sablonneuses qui bordent la 



Lus Ca ha ires brclons ■ î> 

Baie crAudierne. Il se compose d Un souliasscmeiit cjuadran 
gulaire, massif et sans ornement, qui, sur la partie supérieure 
de ses quatre faces, nous montre en liaut-relief, en deux ran- 
gées superposées, nn alignement de figurines sculptées, d un 
art naïf encore, mais charmant. Elles sont à demi léprosées 
de lichens gris et jaunes, et le sable, soulevé par le vent, qui 
les fouette éternellement, en a rongé le granit à demi, leur 
donnant l'aspect de queltjue débris antique. On reconnaît 
les difl'érentes scènes de la Vie du (Christ, que nous retrouve- 
rons sur tous les autres Calvaires, notamment la principale 
d entre elles, le Portement de Croix. Jésus porte sur son 
épaule une croix énorme, précédé d un Reître insolent, et lié 
par une corde Les deux Larrons le suivent, portant aussi 
leur croix en forme de tau (Tj . Les trois Croix du Christ et 
des deux Larrons s'élèvent sur la plate-forme, qui est ornée 
également, à leur base, des statuettes des Saintes Femmes 
éplorées. 

Avec le remarquable Calvaire de (jiiéhcnnu, prés de Josse- 
lin 1 Morbihan), nous trou\ons une date précise, 1550, en même 
temps que la signature de l'artiste : J. Guillonic. Nous en 
trouvons une autre. 1554, au Calixiirc de Ploiigonven, village 
à une douzaine de kilomètres S.-O de Morlaix, dans la 
région des Monts d'Arrée C'est un joli petit monument, aux 
lignes fines et bien équilibrées, et c|ui repose sur un socle 
hexagonal. Deux autres dates encore, 1581-1588, sont inscrites 
au Calvaire de Guimiliaii, qui est, avec celui de Plougastel, 
le plus intéressant de ces petits édifices, le plus grouillant 
de vie de toute la Bretagne, et qui fut exécuté en sept années, 
sous le règne d Henri III. 

Guimiliau, humble hameau entre Morlaix et Landerneau 
(dix-neuf kilomètres de Morlaix, vingt-deux kilomètres de 
Landerneau), doit son nom à Miliau, roi de la Cornouaille, 
assassiné par son frère vers 531. et mis ensuite au rang des 
Saints. Le Calvaire fait partie, avec le Cimetière, l'Eglise et 
rOssuaire, d'un ensemble architectural, encerclé d un mur, 
et où 1 on pénètre par une petite Porte Triomphale. Sous 
l'influence de la Renaissance, parvenue tant bien que mal et 
fort en retard au pays breton, qui se l'assimile à sa façon, le 



10 Li's Cahain'.s brchns 

soubassement carré du Calvaire s'évide de quatre arcades, 
de hauteur d'homme, en arc plein, ouvertes sous quatre 
contreforts qui rayonnent de la masse centrale du monument 
et en allègent les lignes, en même temps qu ils ofîrent à la 
sculpture une plus grande surface. Sur la face principale, un 
portique élégant, encadré de deu.x colonnes doriques canne- 
lées, abrite un Autel surmonté de la statue de saint Paul de 
Léon. Sur le linteau du portique on lit : Ad. Gloui.^m. 
DoMiM. 1581. C.Hix. Ego. Facta. Fui. (A. La gloire. Du Sei- 
gneur. 1581. Moi. Calvaire. J'ai été fait.) 

Mais le regard, curieusement attiré, se porte surtout vers 
le grand drame de lEvangile qui se déroule devant nous, 
espèce de Mystère immobilisé dans la pierre, leçon figurée 
d'histoire religieuse, que tous ces acteurs de granit rendent 
plus sensible à la foule. Voici d abord, en frise, au premier 
étage, la série des hauts-reliefs, parmi lesquels nous recon- 
naissons sans peine : 1 Annonciation, la Nativité, l'Adoration 
des Mages (au bas de ce groupe se trouve la seconde date : 
1588;, la Présentation au Temple, la Fuite en Egypte. 1 Entrée 
de Jésus à Jérusalem, sur un bourriquot aux longues oreilles, 
la Cène Judas tient à la main un gros sac d écus ; sur la 
table, dans un plat, est 1 Agneau pascal), le Lavement des 
Pieds, le Christ au Jardin des Oliviers. Le travail de cette 
première série de sculptures est fort inférieur à celui des sta- 
tuettes de la plate-forme. Elles sont visiblement, et les dates 
inscrites le prouvent, l'œuvre d'un second artiste, qui acheva, 
avec un moindre talent, l'ouvrage commencé. A ce même 
étage, aux quatre extrémités des contreforts, sont assis les 
Quatre Evangélistes. 

D'une exécution plus serrée, d un art plus savant sont les 
acteurs de la plate-forme supérieure et une âme trépidante 
les anime. Quatre motifs principaux représentent : Le Porte- 
ment de Croix, où 1 on voit Jésus, large face et corps robuste, 
accroupi pour se reposer, sur un petit piédestal qui lui fait 
dominer quand même, comme il sied à un Dieu, la solda- 
tesque qui 1 entoure ; ces soldats portent le costume militaire 
contemporain de l'artiste, la lance et le petit bouclier rond, 
la .1 salade » de fer ou le haut feutre sur la tête ; ils sonnent 



JLf.v Cahciircs b nions 11 

de 1 olifant ou tVappent sur leurs longs tambours, avec une 
verve digne de Cal lot ; La Mise au Tombeau, où s'allonge 
sur un drap le corps inanimé de Jésus, entouré de la Vierge, 
des trois Maries, de Joseph d Ariniathie, de Nicodème et de 
Gamaliel, qui tient la couronne d épines, ainsi que de deux 
autres personnages en bonnet et d'un autre en chapeau, qui 
assistent à la scène; La Résurrection, qui nous montre le Christ, 
haut et droit, avecunegrandc allure dcgentilhomme, surgissant 
du tombeau ; les Gardes endormis se sont réveillés en sursaut 
et sont, sur place, renversés d'épouvante ; 1 un d eux, plus 
d'aplomb, se sauve, en jetant vers le Christ un regard étonné ; 
un autre, bien cuirassé dans son armure, le chcF sans doute, 
que rien ne démonte et qui semble une sorte de duc d'Albe, 
est seul à ne pas sefïarer et regarde, non sans quelque effron- 
terie, le Fils de Dieu ressuscité. Parmi les motifs secondaires, 
dont quelques personnages semblent avoir été déplacés, on 
reconnaît, en noble dame, richement vêtue, sainte Véronique 
tenant le voile de la Sainte-Face. Mais une scène surtout est 
pittoresque, celle qui, à loccasion de la Descente de Notre- 
Seigneur aux Enfers, nous présente un sujet accessoire, 
l'histoire terrible et longtemps populaire en Bretagne, de 
Calell-Gollct, ou Catherine-Perdue, dont le sort aflVeux est 
offert en exemple aux femmes qui tenteraient de limiter. 
Servante dissolue, non seulement elle cacha en confession le 
honteux péché d'amour, mais déroba une hostie consacrée, 
afin de la donner au Diable, qui était son amant déguisé et 
qui la lui avait demandée, pour la profaner. Elle fut, en 
punition, condamnée aux flammes éternelles et, le lende- 
main de sa mort, reparut dans un buisson de feu, le visage 
plein de serpents et des salamandres dans les j'eux, pour 
annoncer sa damnation à ses compagnes : 

« Voici ma main, cause de mon malheur, 

Et voici ma langue détestable ; 

Ma main qui a fait le péché. 

Et ma langue qui l'a nié. 

Par Marie-Madeleine 

J ai été avertie, douze fois, 



12 ■ Li-s Cahaircs- hn-lons 

Qu il fallait faire une ronfcssioii 

Sincère et complète. 

Et que je serais pardonnéc- 

Un More^ noir et (jris, à longue (jueue. 

Horrible, avec les griffes de ses pieds. 

En me menaçant de me briser la tète. 

Ma contrainte de rester bouche close. 

Malédiction sur les mauvaises coni])açjnics .' 

Malédiction sur les bcds et sur les danses, 

Qui m ont fait tomber dans le jyéché ! » 

Lnrtiste nous montre (latell. nue et les cheveux dénoués, 
saisie par des Dial)les que vomit une gueule énorme, tjui est 
celle de 1 Enter ; l'un d eux lui prend le cou dans sa fourche, 
un autre enfonce ses griffes dans la chair tendre de sa cuisse. 

Nul doute, écrit à ce sujet Charles Le Goffic, qu'après 
l'explication de la Passion, le prêtre breton n'en vînt à un 
enseignement plus direct et, comme il fait encore aujourd'hui 
dans les églises, ne fulminât contre la danse et les amuse- 
ments profanes des jours de fête, en vouant les coupables 
aux flammes éternelles, à l'instar de cette malheureuse que 
1 on voyait là tordre sa liouche et clamer son désespoir. Il 
n'y a pas bien longtemps, un demi-siècle à peine, les prédi- 
cateurs bretons se servaient, toujours pour ce même ensei- 
gnement des yeux, de tableaux peints qu'ils faisaient défiler 
durant leur prêche et où les Sept Péchés mortels étaient 
représentés par des animaux : l'Orgueil par un paon ; la 
Gourmandise par lui cochon; la Luxure par.. . Catell-Gollet -. 
« L un de ces prédicateius, 1 abbé Le Houx, s'était fait une 
spécialité de ce genre Quand il arrivait à Catell-Gollet, 
retroussant sa soutane, il limitait entrant au bal et déployant 

1. Appellation conniuuif du Démon. 

2. L'église de Ploudaliiu'zedii iFiiiistèrei. où nous les avons vus, 
jîossède encore des tableaux de ce genre, fort curieux, qui se 
roulent et se déroulent, et servent à l'éducation religieuse et morale 
<les enfants de la paroisse. Les prêtres les emportent avec eux 
diu-ant les toiu-nées de catéchisme qu ils t'ont dans des villages 
environnants. 



Les Ccihain's brclùns 13 

SCS grâces. Tout le monde clans léglisc riait aux éclats. M&is 
bientôt survenait ]3elzébutli, qui s emparait de sa proie. 
Catell se débattait en vain ; elle tombait en Enfer avec des 
rugissements si atTreu.v que les auditeurs, glacés deffroi, 
s échappaient par toutes les portes, croyant avoir le Diable à 
leurs trousses. » 

Telles devaient être exactement les prédications qui se fai- 
saient sur la petite plate forme du Calvaire de Guimiliau, où 
Ion monte par un escalier de quelques marches, pratiqué 
entre deux des contreforts. Le prêtre, circulant sur la plate- 
forme, désignait avec une baguette les personnages ayant trait 
aux divers sujets qu'il commentait. 

Une grande Croix Ornée s élève du milieu de cette plate- 
forme, figurant à son sommet la Croix du Christ et au- 
dessous, sur deux autres bras, les Saintes Femmes. Le fût 
de la Croix Ornée, au lieu d'être lisse, est « épineux », 
comme un tronc d arbre non écoté et qui a gardé l'amorce de 
ses branches. Or. la tradition conserve le nom de Croix de 
Peste [Kroazion ar-Yosscnn) à toutes les croix épineuses qui 
furent érigées, principalement clans le Léon, à la fin du xvi** 
et au début du xvn'^ siècle. 

« La peste hhtnche est partie d ElUanl ; 

Elle a emporté sept mille et cent victimes. 

Cruel eût été le ca'iir de celui qui ncùt pas pleuré 

En voijanl sept fils, d une même maison. 

Allant en terre dans une même charrette 1 

La pauvre mère les traînait, 

Le père suivait en sifflant ; 

Il avait perdu la rcnson . 

Sur la place du marché 

On trouve partout de l herbe à faïu-hcr. 

L'église est pleine jusqu'aux seuils. 

Et le cimetière jusqu'aux murs. 

On enterre tout le monde, grands et petits, 

El Von ne trouverait plus un seul garçon 

Pour garder les moutons. » 

Ce Chant de la Peste, encore populaire dans les villages 



14 Les CaJSfaircs brchns 

des Montagnes Noires et des Monts d Arrée, montre quel 
était l'effroi inspiré par la redoutable épidémie, qui se pro- 
menait dans toute la contrée, dévastant même Quimper, que 
révoque et son clergé étaient obligés de déserter. « C.e fut, 
dit le chanoine Morcau, en punition des péchés des hommes, 
qui étaient si débordés que l'on ne savait plus prier Dieu. La 
peste commença par les plus pauvres : mais- enfin elle s atta- 
qua, sans exception de personne, aussi bien aux riches, 
nonobstant que c'était, disaient-ils, la maladie des gueux, et 
il en mourut des plus huppés. » 

Il est donc permis de supposer que c est à loccasion d un 
de ces fléaux, et pour en obtenir du ciel la cessation, que fut 
élevé le Calvaire de Guimiliau. D autant que l'on sait, dune 
façon formelle, que c est dans une circonstance analogue que 
fut exécuté, vingt et un ans plus tard, le proche Calvaire de 
Plougastel. Deux autres Croix, aujourd hui détruites, celles 
des Larrons, accompagnaient sans doute la grande Croix, et 
deux autres bras de celle-ci, disparus dans quelque destruc- 
tion, portaient vraisemblablement les deux Cardes à cheval 
que nous retrouvons posés sur la porte d entrée du Cimetière. 
La pierre employée est le granit dit de <i Kersanton ». le plus 
fin et le plus serré de grain des granits armoricains, {|ui s extrait 
des carrières de Logoiuia Daoulas, au Ibnd d une des anses pro- 
fondes de la Rade de Hrest. Toute la série supérieure de ces 
sculptures est, répétons-le, œuvre de premier ordre, qui ne 
déparerait aucune de nos plus belles cathédrales. Et le voya- 
geur s'étonne de trouver tant d'art et de charme dans ce coin 
perdu de Bretagne, où bien peu s'arrêtaient encore, il j- a 
seulement vingt ans. 

L Eglise qui, dans le (Cimetière, accompagne le Calvaire, 
appartient au gothique flamboyant et à la Henaissance (fin 
du XVI'- siècle et première moitié du xvii''), L'Ossuaire où, à 
mesure que s'emplissait le (cimetière, s'empilaient crânes et 
ossements, exhumés du sol, est accolé au côté gauche du 
porche. Une Chapelle Eunéraire, datée de 1G48 et du style de 
la Henaissance, avec chaire extérieure en pierre, pratiquée 
dans une fenêtre, entre deux colonnes, borde le Cimetière et 
complète l'ensemble architectural de Guimiliau. 



Xf.v Ca ha ire s b nions ■ 15 



Le Calvaire de Ploiujaslel fut érigé de 1602 à 1CU4, à 
loccasion d'une peste qui sévit en 1598. Plougastel-Daoulas, 
situé sur les hauteurs pittoresques qui dominent la vallée de 
lElorn, ou Rivière de Landerneau, qui forme entre Lander- 
neau et Brest un vaste estuaire où remonte la marée, est éga- 
lement célèbre par la curieuse physionomie de ses habitants, 
industrieux et riches, moitié cultivateurs et moitié marins, 
qui ont gardé leur ancien costume aux couleurs violentes, 
bleues, jaunes, rouges et vertes chez les femmes. Les hommes 
portent des vestes bleues, à boutons dor, et des culottes 
blanches ; quelques vieux ont conservé le bonnet rouge. 

Le Calvaire est, dans une allure plus froide, du même type 
que celui de (aiimiliau, dont il s'inspire visiblement. La dis- 
position générale est identique : socle évidé d'arcades, avec 
un petit Autel entre colonnes, sur l'une de ses faces ; une 
ligne de hauts-reliefs; les statuettes sur la plate-forme. Les 
personnages sont moins prime-sautiers, plus réguliers d'allure, 
plus hiératiques. Nous retrouvons les mêmes scènes de la 
Vie du Christ et de la Passion et, en partie, les mêmes cos- 
tumes. Sur l'un des motifs, 1 Entrée de Jésus à Jérusalem, 
ce sont des paj'sans bretons, en costume national, qui pré- 
cèdent le Christ, en jouant du biniou et delà musette. L'opé- 
ration de la Circoncision est pratic[uée par un évéque mitre, 
face au public. Les trois grandes Croix de la plate-forme ont 
été conservées : une Croix Ornée au centre, à fût épineux, 
portant sur deux bras superposés deux Gardes à cheval et les 
Saintes Femmes ; deux Croix plus courtes, en tau, avec les 
deux Larrons. 

Le Cimetière, qui entourait le Calvaire, ainsi que 1 Ossuaire 
et la Chapelle Funéraire qui s 3' élevaient, n ont pas sur- 
vécu. LEglise a été reconstruite de nos jours, en style 
pseudo-gothique. L'ensemble, sur ce point, est donc beau- 
coup moins parfait qu'à Guimiliau. Le Calvaire a été restauré 
en 1870. 

Avec un Calvaire secondaire, c'est au contraire un ensemble 



16 Les Cil IS)a ires brûlons 

des plus remar(iiial)les, supérieur même à celui de (uiimiliau, 
que nous rencontrons à Sdiiit-TIicgonnec, petit bourg situé 
entre Cmimiliau et Morlaix. La Porte Triomphale qui sert 
d'entrée au (cimetière est un délicieux et parlait édicule de 
1587, orné de clochetons à boules. Ornementation que nous, 
retrouvons aux toitures de la belle Chapelle Funéraire, qui 
est voisine, que flanquent des fines colonnes corinthiennes, 
et qui date de 1581. L Eglise, plusieurs fois reconstruite, est 
un imposant monument, avec sa haute tour carrée de 1605, 
que coilTe un dôme à lanterne de pierre et à galerie ajourée. 
Le Calvaire, de 1610, se compose, comme les vieux (Calvaires, 
d'un simple socle rectangulaire, en pierre nue. portant sur 
sa table divers groupes d un travail naïf, rappelant celui des 
artistes du moyen âge. On voit le Christ tombé à terre, sous 
le poids de la croix, et l'un de ses conducteurs le frappant 
d'un bâton, tandis qu'un autre monte à califourchon sur le 
bois de la croix, pour achever d'écraser sa victime. Les bour- 
reaux, c[ui s apprêtent à llagelbr le Sauveur a\ec leurs marti- 
nets, sont pris sur le vif, avec leurs mines de brutes féroces 
et leur courte culotte. D'autres personnages portent les 
manches et les bottes plissées. la moustache retroussée et la 
barbe en éventail, à la Henri IV. Dans une petite niche pra- 
tiquée dans le socle du Calvaire, au-dessus d'une table à 
offrandes, un groupe minuscule, très fruste, représente 
saint Thégonnec, que l'on invoque en faveur des bestiaux, 
et le bœuf, attelé à une charrette, qui aurait, selon la tra- 
dition, voiture les matériaux de léglise. 

Tout l'elfort décoratif s'est ici porté sur la Croix Ornée que 
supporte le Calvaire, et qui le domine de toute sa hauteur, en 
un merveilleux équilibre. Entre les deux Croix lisses des 
Larrons, sveltes obélisques de granit, elle dresse son fût, 
cette fois encore épineux, et sur deux bras superposés porte 
les Gardes à cheval et les Saintes Femmes, en grands person- 
nages Au fût. le Christ crucifié et deux Anges, qui recueillent 
dans des ciboires le sang de ses mains et de son flanc. C'est, 
à Iheure du crépuscule, au-dessus des tombes blêmissantes 
qui commencent à s'estomper dans la nuit, un spectacle fée- 
rique que celui de cette Croix, détachant, parmi les clochetons 



Les Ca ha ires bretons 17 

à boule qui rcntourcnt, ses fines découpures, sur le ciel (|ui 
rosit, se dore ou s em])our|)re. 

Le Calvaire de Pleijhcn, un |)eu plus au sud dans le Finis- 
tère, vers Chàteaulin, reprend, en KiôO, la tradition de Gui- 
miliau et de Plougastel, et révolution continue. Au pied 
dune belle Eglise, mi Renaissance, mi-gotliicpie, et dont la 
tour-clocher surtout est magnifique, en compagnie d un char- 
mant Ossuaire du xv' siècle, aux fines ogives, il se dresse 
aujourd'hui, isolé, au milieu dune vaste place qui fut le 
Cimetière, dont le mur denceinte a seul subsisté. Son socle 
s'est haussé, ainsi que les arcades, qui maintenant n'en 
évident plus les contreforts, mais le centre même, et qui 
donnent nettement à lédifice lallure d un petit Arc de 
Triomphe antique. Les sculptures se sont faites, en même 
temps, moins tassées, et les groupes se rangent et s isolent, 
dans un effort décoratif plus recherché. Seuls les motifs prin- 
cipaux. Nativité. Cène, Portement de Croix, Mise au Tom- 
beau. Descente aux Knfers (ou plus exactement aux Limbes), 
Résurrection, etc.. ont été représentés. Leur naïveté disparaît, 
en partie tout au moins, devant plus de science et d étude ; 
car nous sommes arrivés, ne loublions pas, à l'aube du règne 
de Louis XIV. Cependant, par un archaïsme voulu, les per- 
sonnages conservent soit le vieux costume gothique, soit 
celui des contemporains d Henri III ou d Henri IV, en tra- 
dition des (Calvaires précédents. Tandis enfin que nous igno- 
rons le nom des artistes de Guimiliau et de Plougastel. nous 
trouvons ici la signature de larchitecte : Yves Ozanne, gravée 
sur la table de la Cène. 

Les Calvaires fleurirent surtout en Bretagne au cours des 
xvi" et xvii'^ siècles. Si nombreux sont-ils qu il serait difficile 
d en dresser un répertoire complet. Dès le début du xviii'' siè- 
cle, leur faveur fit place à celle des « Mises au Tombeau », 
en bois peint, terre cuite ou pierre peinte, aux personnages 
de grandeur naturelle, et où révolution de lart est complète, 
en même temps qu'elles s'abritent des intempéries dans les 
Chapelles Funéraires ou dans les Cryptes des églises. Quel- 
ques Calvaires anciens, dont les personnages avaient été 
brisés, reçurent, comme celui de Comfort. entre Douarnenez 

9 



18 Les C'a Nains bn'lons 

et Audierne (F'inistère), sur leurs soubassements gothiques, 
d'autres figures, dans le style classique. Du xvin' siècle égale- 
ment semble être un petit (>alvaire d autel, en terre cuite, 
que possède à Rennes, le Musée Céramique, et qui provient 
de Campénéac ( Morbihan ^ Ses minuscules et délicieuses 
figurines ont une curieuse allure de terres cuites antiques. 

Ajoutons que 1 emploi du bois dans les Calvaires et les Croix, 
si fréquent dans d'autres pays, est fort rare en Bretagne. On 
peut citer : la C/o/.r de Lanrivoaré . qui fait face, avec son beau 
Christ ancien, à la vieille Croix de granit et aux huit Pains 
dont nous avons parlé tout à 1 heure ; la Croix aux Outils. 
prés de Paimpol Côtes du-Nord) ; celle de Plouézoc'h (Finis- 
térc\ qui date de 18H() environ et qui est curieuse avec sa 
grande auréole, sur laquelle se détache le corps du Christ; la 
Croix (tux Epingles, dans la cour de 1 ancien Couvent des 
Carmes, à Auray Morbihan), à la base de laquelle les jeunes 
filles viennent piquer des épingles, pour obtenir un mari. 

Gardons un silence prudent sur les (Calvaires modernes 
qui, par l'initiative du clergé local, continuent à s ériger de 
temps à autre, aux carrefours des loutes bretonnes. 

Mais veillons aux vieux Calvaires que nous a légués le passé. 
Sous la patine noirâtre du temps, leurs gentils bonshommes 
ont traversé les siècles et les révolutions, et l'on s'étonne de 
retrouver encore en place ces petits édifices, à peine mutilés, 
presque sous la main du passant qui les respecte. Ignorés et 
perdus dans leur calme bourgade, ils n'avaient rien à craindre. 
Mais ils voient maintenant défiler devant eux tant de visages 
nouveaux! Il faudra bientôt, sans doute — car ils sont, les 
pauvres, si confiants si peu protégés ! — les garder prudem- 
ment contre le vandale inconnu ou le voleur, toujours pos- 
sibles. 

Paul Gruykh. 



19 






KERDAVKL (Fiiiistèie). — MiiNHiR-AuxEL gallo-romain, 

AVEC LIMAGE DE MaRS. 



Cliché V. G 



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20 




CARNAG (Morljihan). — Dolmen uexversi: 

SURMONTÉ d'une CHOIX DE GRANIT. 




BRIGNOGXAN i Finistère). — Le Me\-Marz 
ou « Pierre du Miracle ». 

Clich 'S P. Gruyer 



21 




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LANHIVOARE (Finistère). — Citoix sun table d'avtei,. 
ET LES Huit Pains changés en piKimE par saint Heiîvé. 

Cliché P. (riiti/i'i: 



25 




ILE DE BREHAT (Càtes-duNoid). — Croix ue giîanit 

SUR LA COTE OUEST DE l'iLE. 

CHchi- P. Grwjer. 



26 




SAINT-JEAN, PRÈS DE Pont-l'Abbé ^F'inistère). 
Croix avec chaire en plein vent. 



Cliché P. Gruijer. 



27 




CHATEAULIN (Finistère). — (hioix Diinke, avec petits personxaces 

DE STYLE ARCHAÏQUE, PHÈS UE LA ChaPELLE DE NoTRE-DaME. 

Cliché P. Gruyer. 



28 




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DINAX (Cùtes-du-Xorcli. — • La (hioix uu Saint-Esprit, 

DU XV= SIÈCLE ET DU STYLE GOTHIQUE. 

Cliché Neurdein. 



30 





KHRYOLET (Finistère). 

(]uoix OuNÉE (un Ange reçoit 

j)ANs DEUX Ciboires le sang qui 

COULE UES plaies DU ChRISt) . 



(liîoix Ornke ayant au sommet 
UN Triangle, 

SYMIiOLE DE LA SaINTE TrINITÉ. 

(Finistère). 

Cliclirs P. (iruyer. 



31 







32 




TRONOËN (Finlslèn). 



(l^I-VAIliR DU XV= SIÙr.I.E. 

Cliché P. Gruyer. 



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LE FOLGOÉT (Finistère). — Calvaire dl xv si:;t i.i;, 

EN PARTIE KEMANIÉ. 

Erigé par le Cardinal de CoiUivy, évc(jue de Dol. niorl en 1474 

Cliché P. Gruyer. 



35 




QUILINEN (Finistère). — Cai.vaii\e des xv'=-.\vi'' siècles. 

Cliché Villard, Quimper, 



36 




37 




MELRAND (Morbihan). — Calvaire avec Citoix Ornée, 

DU XV" 0,U XVI° SIÈCLE. 

Socle et Saintes Femmes uu xvni« siècle. 

Cliché P. Gruyer. 



38 




•5 G. 



39 




LA FORET- EX -FOUESXAXT (Finistère). 
Calvaire des xV^-xvi" sh'xles, uv style uothique flamboyant. 

Cliché Villard, Quimper. 



40 




LOCRONAX (Finistère). — Ckoix OuNiii; uu xv sikci.e, 

UU STYLE GOTHIQUE FLAMBOYANT. 

Cliché Lévy. 



41 




GUEHENNO (Morbihan). — Cai.vaihe de 1550, 

CiMETIKRE ET OsSUAIHE. 

Cliché Neurdeii 



42 




43 




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44 




Cai.vaiue i)ii GUIMILIAU. — Rksiuiiection uv (>hrist 

ET (a DROITEl GROUPE DE CaTELL-GoLLET. 
A LA BASE. Al TICI. DE SAINT Poi. - DE - LÉON. 

Cli'-hë P. Gruyer. 



45 




46 



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l l!lrtiinit ii i i nilti <m»»«— ^ ^p w ■■—■—■MM» 



C.vlvaihl: di; (îULMILIAU — Knthke du Christ a .Ji.ul.sm,i;m 
(lô.SSi. 




Calvaire de GUIMILIAU. — Le Ckne avec Jésls 

AU MILIEU de ses DiSCII'LES : A (iAUCIIE JuDAS TENANT UN SAC o'ÉCUi 

(15.S.S). 

Clichés P. Gruyer. 



47 




PLOUGAS'J EL-DAOULAS. — Vvr- u ensembi.k di; Calvaire 
(l(i02 A 1604). 

Cliché Neurdein. 



48 







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49 




(.ALVAlltK UE l^l^tJUGAS'lhL l.A MlSK AU ToMHEAU. 

Au DESSOUS iMauiage. par un évkque, UE iMarif. et de Joseph; 
La Chèche ; La ('iiu.oncision, pap. un icvèque. 



Cliché 1'. Gruyer. 



50 




51 




SAINT-THEGONNEG. 



- Le Calvaire (1610). 

Cliché P. Grmjer. 




Cai.vaii'.f. i>f. SAINT- tu I:('.()XN1:(;. — .Ii':srs tomhf. 

SOIS I.i: l'DIDS 1)K I.A (>lSOIX. 



»s^î«sé. 




.m^êà^mÊ^m^", 



Calvaire de SAlN'l 'I HhdONNhC. — A gauche. Hésiuhection 
DU Christ. Au centre et a droite, le Christ entre ses bourreaux. 

Clichés P. Grvycr. 



53 





54 




PLEYBEN. — Le Calvaire. 



Cliché P. Gru;/-'-. 



55 




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56 




COMFORT (Finistère). — Calvaire avec pkrsonnagks dv xviii" sikclk 

FIGURANT LES ApOTRES, Sl'r. SOCLE GOTHIQUE. 

Cliché P. Grvijer. 



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GUISCRIFF iMoihihanl. — Le Calvaire. 

(xvnr'-xix= siècles). 

Cliché Lévy. 



58 




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59 




LANRIVOARK (Finistère). — Croix ue bois, avec Christ ancien. 

Cliché P. Gruyer. 



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PAIMI^OL Coteb-du-Nord;. — La Croix aux Outils. 

Cliché Lévy. 



62 





SAINTE-ANNE DAl'RAY iMorbihan). — La Cuoix aux Epingles. 

(Les jeunes filles viennent piquer une épingle uans le fut ue la Cuoix, 

afin doiitenir un mari ) 

Cliché P. Gritijer. 



Tabk des Planches G.'i 



TABLE DES PLANCHES 



Pages. 

Kerdavel (Finistère). — Menhii'-Autel gallo-roniain 19 

Carnac (Morbihani. — Dolnieii renversé surmonté d'inie croix 

de granit 2(t' 

Brignognan (Finistère) — Le Men-Marz ou Pierre du Miracle. 20 
Dol (Ille-et-Vilaine). — Menhir du Chanip-Dolcnt avec une croix 

de bois '1\ 

Cimetière de Pontivy (Morbihan). — Menhir surmonté d'une 

croix de pierre 'Jl 

Saint-Duzec (Côlesdu-Nordi. — Menhir sculpté Tl 

Cimetière de Pont lAbbé (Finistère). ■ — Lech druidique . . . '2,'î 
Lan ar Justiz ^Côtes-du-Nord). • — Menhir transformé en Crcjix 

ornée 'l'A 

Lanrivoaré (Finistère). — Croix sur table d autel et les pains 

changés en pierre '24 

Ile de Bréhat (Côtes-du-Xord). — Croixdegranitsur la coteouest 

de lile 2.") 

Saint-Jean près de Pont-I Abbé (Finistère) — Croix avec chaire 

en plein vent 2(i 

Chateaulin (Finistère) — Croix ornée 27 

Penmarc'h (Finistèrel. — Croix ornée près de la chapelle de 

Notre-Dame-de la Joie 28 

Dinan (Côtes-duNord). — La Croix du Saint-Esprit 2*.l 

Kéryolet (Finistère). — Croix ornée 30 

(Finistèi'e) . — Croix ornée 30 

Ploubezre (Côtes-du-Nord). — Les Cinq Croix de granit. ... 31 

Tronoén (Finistère). — Calvaire 32 

— Détail des sculptures de TronoéTt 33 

Le Folgoét (Finistère). — Calvaire 34 

Quilinen (Finistère). — Calvaire 35 

Saint-Avé (Morbihaiil. — Calvaire avec Croix ornée et Fontaine 

sacrée 3(}- 



6-1 Tabk' des Planche 



Melrand (Morbihan). — Calvaire avec Croix ornée 37 

Lannion (Côtesdn-Nord). — Calvaire 38 

La Forest-en-Fouesnant (Finistère). — Calvaire 39 

Locronan (Finistère). — Croix ornée, xv= s 40 

Guéhenno (Morl)ihan). — Cimetière et ossuaire 41 

Plougonven (Finistère). — Cimetière, église et Calvaire .... 42 

Guimilian iFinistère). — Cimetière, église et Calvaire 43 

Calvaire de Gnimiliau. — Résurrection du Clirist, groupe de 

Catell (ioUet. autel de saint Pol-de-Léon 44 

Calvaire de Guimiliau. — Le Fortement de croix et le Lavement 

des pieds A^i 

Calvaire de Guimiliau. — Entrée du Christ à Jérusalem ... 4() 
Calvaire de Guimiliau. — La Cène avec Jésus au milieu de ses 

disciples 4() 

Plougastel-Daoulas (Finistèrei. — Le Calvaire (vue d ensemble) 47 
Calvaire de Plougastel. — Le Portement de croix, la Cène et le 

Lavement des pieds 4M 

Calvaire de Plougastel. — La Mise au tombeau. Mariage de 

Ahu'ie et de Joseph la Crèche, la (Circoncision 411 

Saint Thégonnec (F'inistère). — Porte triomphale du cimetière 

et Cha])elle funéi-aire M 

Saint-Thégonnec. — Le Calvaii-e âl 

Calvaire de Sainl-Tbégf)niiec. — Jésus tombe sous le poids de 

la croix 52 

— Le Cbi'isl entre ses bourreaux 52 

Pleyben Finislère) — Eglise et Calvaire r)3 

— Calvaii-e 54 

Calvaii-e de Pleyben. — Mise au t()nd)eau. Cène et Lavement 

des pieds 55 

Comlort (Finistère). — Calvaire 56 

Guiscriir (Morbihan). — Calvaire 57 

Musée de Rennes — Petit Calvaire d'autel 58 

Lanrivoaré (Finistèrei. — Croix de bois avec Cin-ist ancien. . 59 

Plonézoc h Finistère) — Croix de bois avec auréole .... (iO 

Paimpol iCôtes-du Nord) . — La Croix aux Outils . . 01 

Sainte-Amie-d Aiiray (Morbihan). — La Croix aux FCpinglcs. . 62 



ÉVHEL'X, I .iH' K 1 M E H 1 li uU. niililSSEY. 



N 


Gruyer, Paul 


8053 


Les calvaixas. bretons 


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