:CN
Ilo
■CD
00
Gruyer, Paul
Les calvaires bretons
NI
ÎOSB
ê
Presented to the
LiBRARY of the
UNIVERSITY OF TORONTO
by
m.^. MAURICE DUPRÉ
LES VISITES D'ART
Metnoranda
CALVAIRES
BRETONS
PAR Paul Gruyer
ir; in ia n wiii âiiw i i II » i ' Il ■ ■ ■ ! .
■■/^^p
'-;-.'_: i', V
LES
Calvaires Bretons
1^
COLLECTION DES MEMORANDA
COLLECTIONS PUBLIQUES DE FRANCE
Le Musée de Nantes, par Marcel Nicollk.
Le Musée de Lyon, par Henri Focii.lon.
Le Musée de Rouen, par Marcel Nicolle.
Les Fouquet de Chantilly, par Henry Martin.
La Galerie Médicis au Louvre, par Louis Hourticq.
Le Musée de Sculpture comparée, par Jules Roussel.
Le Musée d'Aix-en-Provence, par E. Aude.
LES VISITES D'ART
Hôtels de Ville et Beffrois du Nord de la France, par
Camille Enlaiu.
Saint-Quentin, par Amédée Boinkt.
Noyon et ses environs, par Marcel Aubert.
Verdun et Saint-Mihiel, par Aiiédée Boinet.
Or San Michèle, Sanctuaire des Corporations Florentines,
par .Iean Aiazabu.
Colniar, par Louis Réau.
Salonique, par (^harles Diehl.
Les Calvaires bretons, par Paul Gruyer.
Jérusalem, par Charles Diehl.
Copxright by Henri Laurens, l'JÎO.
LES VISITES D'ART
Memoranda
LES
CALVAIRES
BRETONS
PAR
PAUL GRUYER
I
PARIS
HENRI LAURENS, ÉDITEUR
6, rue de Tournon, 6
^7
LES CALVAIRES BRETONS
Les Calvaires bretons tiennent nnc place spéciale et bien
typique dans l'histoire de lart religieux en F'rance. Ces sin-
guliers et multiples petits édifices de granit, dont nulle part
ailleurs on ne trouve léquivalent et qui se pi'ésentent à nous
sous des formes diverses, portent, aussi fortement que l'em-
preinte du sol qui les vit naître, la marque morale du peuple
qui les éleva. Afin de comprendre et leur genèse et 1 évolu-
tion qu'ils suivirent, il est nécessaire de se reporter à bien
des siècles en arriére d eux et de rattacher leurs traditions
aux traditions plus lointaines qui les précédèrent.
Il y a, dans 1 histoire des religions, peu de pages aussi
curieuses que celles de la transformation de la vieille Armo-
rique païenne en Bretagne chrétienne. Jamais race ne fut plus
solidement attachée à ses croyances ancestrales et ce même
christianisme moyen-âgeux, qui y demeure encore incrusté,
n'eut pas moins de peine à se substituer jadis aux vieilles
divinités autochtones qu aujourd hui l'esprit moderne à y
pénétrer à son tour. Ce ne fut qu'en se fondant en quelque
sorte avec eux que les autels du Christ parvinrent à se subs-
tituer lentement aux autels de Tentâtes, jamais en les com-
battant en face, mais en acceptant bien souvent leurs supers-
titions mêmes et les rites de leur culte. Quand la légende et
Ihistoire ne seraient pas là pour nous l'attester, plus d'un
monument, debout sur le sol, nous en servirait de témoin.
La plus ancienne religion qui ait régné sur la Bretagne,
comme sur la Gaule, est celle que l'on nomme communément
la religion druidique. Qu'il nous suffise de rappeler ici que
ses Menhirs (pierres levées) et ses Dolmens (pierres couchées
6 Les Cahains brcfons
et formant toiture, portées par des pierres levées) remontent,
en grande partie, à lépoque préhistorique et sont lœuvre de
races d un nom inconnu, antérieures aux Celtes. Les spéci-
mens de cette architecture, toute rudimentaire, sont particu-
lièrement nombreux en Bretagne, où le granit abonde, et où
il suffisait de dresser sur le sol. à grand renfort dhommes
ou de bêtes de somme, les plus beaux blocs qui s y trouvaient
couchés ou légèrement enfouis. Moins qu ailleurs aussi, ils y
ont été détruits au cours des siècles qui suivirent. (>e culte de la
pierre, de la pierre robuste, immuable et rude, que battent
et flagellent en vain les formidables vents du large et les
intempéries du ciel, s'était, semble-t-il, adapté à merveille à
cet autre granit qu est le cerveau breton, qui, inconsciem-
ment, avait trouvé là son symbole .
Les Romains, ayant conquis le pays, tentèrent, les pre-
miers, d'y implanter leurs Dieux. Un monument singulier,
intéressant entre tous, la fameux Mcnhir-aiitcl de Kerdavel
(Finistère), nous montre déjà que, comme plus tard le Christ,
les Dieux nouveaux durent se mettre à l'abri des anciens
autels et, pour s'y substituer, leur empruntèrent à eux-mêmes
l'indéracinable respect qui les entourait. Ce menhir, qui
s'érigeait autrefois à Kerdavel, petit village de la région de
la Baie d'Audierne, voisin de Plobannalec, a été acquis, à la
fin du siècle dernier, par le savant archéologue P. du Chàtel-
lier, qui l'a fait transporter, à quelques kilomètres de là, dans
le parc de son Château de Kernuz. où on le voit aujourd'hui.
Sculptés dans le granit du menhir, usés par le temps, mais
dessinant nettement leur silhouette aux rayons frisants du
soleil, apparaissent un Mercure Psychopompe (Conducteur
des Ames), un Jupiter Dispaler (Père des Dieux), un Mars
Gaulois, avec des cornes, une Vénus et un Vulcain. La super-
position d'une religion à 1 autre est flagrante.
Puis les Romains passèrent et le paganisme druidique
demeura triomphant, augmenté seulement de quelques autres
superstitions. Du v'^' au vu'- siècle, la Grande-Bretagne (Angle-
terre actuelle), déjà attachée en partie au christianisme,
entreprit la conversion de la Bretagne continentale, restée
complètement en dehors du mouvement du reste de la
Li's Cahaires bnlons ■ — • 7
(iaule, et lui envoya, par delà les flots, toute une série de
saints personnages, qui apportèrent la bonne parole.
La tâche était malaisée d inculquer la douce religion du
Christ à ces populations farouches, livrées aux vieux cultes de
sang, aux croj'ances les plus fétichistes, et sur qui les der-
niers Druides et les dernières Druidesses, transformés en
sorciers et en sorcières, avaient conservé tout pouvoir. Il fallut
composer avec le passé et, comme les Dieux romains sculptés
sur le menhir de Kerdavel, ce fut dans les pierres des menhirs
et des dolmens que le christianisme dut, pendant des siècles,
se tailler des images.
Sur les pierres levées les plus vénérées s érigea la Croix,
afin que la même vénération confondît le nouveau symbole
et l'antique crojance. Tel le menhir de Brignogan (Finistère),
le Men-Marz ou Pierre du Miracle, 1 un des plus beaux, haut
de dix mètres, qui porte, posé sur son sommet et gravé à sa
base, le signe du Christ. Tel le Menhir de (Ihamp Dolent,
près de Dol (Ille-et-Vilaine), un des plus remarquables égale-
ment, qui sert de piédestal au Crucifié chrétien. Telle encore,
à Saint-Briac (Ille-et-Vilaine), la Croix des Marins, dressée,
comme à Carnac (Morbihan), sur un ancien dolmen, dont la
table de granit servira en même temps de tribune au prêtre,
pour prêcher la bonne parole. Elément que nous retrouverons
tout à 1 heure dans la composition du Calvaire.
Ici, c est un menhir tout entier qui est sculpté en forme de
croix (route de Belle-Ile-en-Terre à Locquenvel ; Côtes-du-
Nord). A l'église de Plonaret. prés de Lannion (Côtes-du-
Nord), la table elle-même du maître-autel n'est qu'un gigan-
tesque menhir couché et taillé. Un peu plus loin, sur la route
de Lannion, ce ne sont pas moins de Cinq Croix, d'allure
étonnamment barbare, où subsiste une sorte d atavisme des
pierres levées druidiques, qui s'alignent devant le passant, sur
un long bloc de granit. A Lanrivoaré, sur la côte nord de
l'exti-éme Finistère, une croix de granit, surmontant un petit
édicule qui servait d autel et qui abrite, sous une arcade, une
8 JLcs CûHaircs bretons
statue de la Vierge, domine gravement et sanctifie huit
grosses pieries rondes, de ealilire inégal, vieux fétiches drui-
diques, devenus huit Pains pétrifiés par saint Hervé, neveu de
saint Rivoaré, pour punir un boulanger de lui avoir refusé
l'aumône. Aujourd hui encore, personne ne lait le tour de
Teuclos sacré, que pieds nus et ses sabots à la main.
A la simple Croix, et afin de rendre plus sensible à la foule
la religion nouvelle qu'on lui prêche, s'ajoutent bientôt, par
les soins des premiers apôtres bretons, des figurations
diverses. Sur le curieux Menhir de Saiiit-Diizec, près de Lan-
nion (Côtes-du Nord', sont représentés les Instruments de la
Passion : 1 Echelle, l'Eponge de fiel, le Marteau du bourreau,
les Clous, les Tenailles ; la Vierge pleure, sous les pieds du
Christ, entre la Lune et le Soleil, qui marquèrent, en se voi-
lant, le deuil du monde ; i\n Coq rappelle le reniement de
saint Pierre. C'est un aide-mémoire, un tableau parlant, à
lusagc des passants.
De ces productions, primitives et naïves, et du même sj's-
tcme de figuration visible de 1 Evangile, devaient naître un
jour (xiv'',xv'', xvi" siècles) les « Croix Ornées ». Sur les bras
multiples de la croix s'étagent divers personnages : la Vierge
tenant Jésus enfant ; les Saintes Femmes ; les Gardes à cheval
du Tombeau du Christ ; des Anges recevant dans ini ciboire
le sang qui coule des plaies du Christ xV Melrand (Morbihan ;
région de Pontivy, une (^roix Ornée nous montre à son som-
met 1 emblème de la Sainte-Trinité : Dieu le Père, avec le
Saint-Esprit sur sa poitrine ; en dessous, le Christ crucifié.
Tout le long du fût de la ci'oix s'échelonnent en chapelet dix
têtes d'Apôtres. Sur le socle, la Mise au Tombeau et le Christ
portant sa croix.
La réunion, perfectionnée, de ces divers éléments devait
produire un jour le Calvaire. Le plus ancien Calvaire que
nous rencontrions dans sa forme type est le (lalvaire de Tro-
noën (Finistère), qui semble dater des dernières années du
xv'' siècle. Côte à côte avec la Chapelle du même nom, qui
appartient au plus fin gothique flamboyant et découpe sur le
ciel ses trois clochetons ajourés, il s élève sur une légère émi-
nence, au milieu des solitudes sablonneuses qui bordent la
Lus Ca ha ires brclons ■ î>
Baie crAudierne. Il se compose d Un souliasscmeiit cjuadran
gulaire, massif et sans ornement, qui, sur la partie supérieure
de ses quatre faces, nous montre en liaut-relief, en deux ran-
gées superposées, nn alignement de figurines sculptées, d un
art naïf encore, mais charmant. Elles sont à demi léprosées
de lichens gris et jaunes, et le sable, soulevé par le vent, qui
les fouette éternellement, en a rongé le granit à demi, leur
donnant l'aspect de queltjue débris antique. On reconnaît
les difl'érentes scènes de la Vie du (Christ, que nous retrouve-
rons sur tous les autres Calvaires, notamment la principale
d entre elles, le Portement de Croix. Jésus porte sur son
épaule une croix énorme, précédé d un Reître insolent, et lié
par une corde Les deux Larrons le suivent, portant aussi
leur croix en forme de tau (Tj . Les trois Croix du Christ et
des deux Larrons s'élèvent sur la plate-forme, qui est ornée
également, à leur base, des statuettes des Saintes Femmes
éplorées.
Avec le remarquable Calvaire de (jiiéhcnnu, prés de Josse-
lin 1 Morbihan), nous trou\ons une date précise, 1550, en même
temps que la signature de l'artiste : J. Guillonic. Nous en
trouvons une autre. 1554, au Calixiirc de Ploiigonven, village
à une douzaine de kilomètres S.-O de Morlaix, dans la
région des Monts d'Arrée C'est un joli petit monument, aux
lignes fines et bien équilibrées, et c|ui repose sur un socle
hexagonal. Deux autres dates encore, 1581-1588, sont inscrites
au Calvaire de Guimiliaii, qui est, avec celui de Plougastel,
le plus intéressant de ces petits édifices, le plus grouillant
de vie de toute la Bretagne, et qui fut exécuté en sept années,
sous le règne d Henri III.
Guimiliau, humble hameau entre Morlaix et Landerneau
(dix-neuf kilomètres de Morlaix, vingt-deux kilomètres de
Landerneau), doit son nom à Miliau, roi de la Cornouaille,
assassiné par son frère vers 531. et mis ensuite au rang des
Saints. Le Calvaire fait partie, avec le Cimetière, l'Eglise et
rOssuaire, d'un ensemble architectural, encerclé d un mur,
et où 1 on pénètre par une petite Porte Triomphale. Sous
l'influence de la Renaissance, parvenue tant bien que mal et
fort en retard au pays breton, qui se l'assimile à sa façon, le
10 Li's Cahain'.s brchns
soubassement carré du Calvaire s'évide de quatre arcades,
de hauteur d'homme, en arc plein, ouvertes sous quatre
contreforts qui rayonnent de la masse centrale du monument
et en allègent les lignes, en même temps qu ils ofîrent à la
sculpture une plus grande surface. Sur la face principale, un
portique élégant, encadré de deu.x colonnes doriques canne-
lées, abrite un Autel surmonté de la statue de saint Paul de
Léon. Sur le linteau du portique on lit : Ad. Gloui.^m.
DoMiM. 1581. C.Hix. Ego. Facta. Fui. (A. La gloire. Du Sei-
gneur. 1581. Moi. Calvaire. J'ai été fait.)
Mais le regard, curieusement attiré, se porte surtout vers
le grand drame de lEvangile qui se déroule devant nous,
espèce de Mystère immobilisé dans la pierre, leçon figurée
d'histoire religieuse, que tous ces acteurs de granit rendent
plus sensible à la foule. Voici d abord, en frise, au premier
étage, la série des hauts-reliefs, parmi lesquels nous recon-
naissons sans peine : 1 Annonciation, la Nativité, l'Adoration
des Mages (au bas de ce groupe se trouve la seconde date :
1588;, la Présentation au Temple, la Fuite en Egypte. 1 Entrée
de Jésus à Jérusalem, sur un bourriquot aux longues oreilles,
la Cène Judas tient à la main un gros sac d écus ; sur la
table, dans un plat, est 1 Agneau pascal), le Lavement des
Pieds, le Christ au Jardin des Oliviers. Le travail de cette
première série de sculptures est fort inférieur à celui des sta-
tuettes de la plate-forme. Elles sont visiblement, et les dates
inscrites le prouvent, l'œuvre d'un second artiste, qui acheva,
avec un moindre talent, l'ouvrage commencé. A ce même
étage, aux quatre extrémités des contreforts, sont assis les
Quatre Evangélistes.
D'une exécution plus serrée, d un art plus savant sont les
acteurs de la plate-forme supérieure et une âme trépidante
les anime. Quatre motifs principaux représentent : Le Porte-
ment de Croix, où 1 on voit Jésus, large face et corps robuste,
accroupi pour se reposer, sur un petit piédestal qui lui fait
dominer quand même, comme il sied à un Dieu, la solda-
tesque qui 1 entoure ; ces soldats portent le costume militaire
contemporain de l'artiste, la lance et le petit bouclier rond,
la .1 salade » de fer ou le haut feutre sur la tête ; ils sonnent
JLf.v Cahciircs b nions 11
de 1 olifant ou tVappent sur leurs longs tambours, avec une
verve digne de Cal lot ; La Mise au Tombeau, où s'allonge
sur un drap le corps inanimé de Jésus, entouré de la Vierge,
des trois Maries, de Joseph d Ariniathie, de Nicodème et de
Gamaliel, qui tient la couronne d épines, ainsi que de deux
autres personnages en bonnet et d'un autre en chapeau, qui
assistent à la scène; La Résurrection, qui nous montre le Christ,
haut et droit, avecunegrandc allure dcgentilhomme, surgissant
du tombeau ; les Gardes endormis se sont réveillés en sursaut
et sont, sur place, renversés d'épouvante ; 1 un d eux, plus
d'aplomb, se sauve, en jetant vers le Christ un regard étonné ;
un autre, bien cuirassé dans son armure, le chcF sans doute,
que rien ne démonte et qui semble une sorte de duc d'Albe,
est seul à ne pas sefïarer et regarde, non sans quelque effron-
terie, le Fils de Dieu ressuscité. Parmi les motifs secondaires,
dont quelques personnages semblent avoir été déplacés, on
reconnaît, en noble dame, richement vêtue, sainte Véronique
tenant le voile de la Sainte-Face. Mais une scène surtout est
pittoresque, celle qui, à loccasion de la Descente de Notre-
Seigneur aux Enfers, nous présente un sujet accessoire,
l'histoire terrible et longtemps populaire en Bretagne, de
Calell-Gollct, ou Catherine-Perdue, dont le sort aflVeux est
offert en exemple aux femmes qui tenteraient de limiter.
Servante dissolue, non seulement elle cacha en confession le
honteux péché d'amour, mais déroba une hostie consacrée,
afin de la donner au Diable, qui était son amant déguisé et
qui la lui avait demandée, pour la profaner. Elle fut, en
punition, condamnée aux flammes éternelles et, le lende-
main de sa mort, reparut dans un buisson de feu, le visage
plein de serpents et des salamandres dans les j'eux, pour
annoncer sa damnation à ses compagnes :
« Voici ma main, cause de mon malheur,
Et voici ma langue détestable ;
Ma main qui a fait le péché.
Et ma langue qui l'a nié.
Par Marie-Madeleine
J ai été avertie, douze fois,
12 ■ Li-s Cahaircs- hn-lons
Qu il fallait faire une ronfcssioii
Sincère et complète.
Et que je serais pardonnéc-
Un More^ noir et (jris, à longue (jueue.
Horrible, avec les griffes de ses pieds.
En me menaçant de me briser la tète.
Ma contrainte de rester bouche close.
Malédiction sur les mauvaises coni])açjnics .'
Malédiction sur les bcds et sur les danses,
Qui m ont fait tomber dans le jyéché ! »
Lnrtiste nous montre (latell. nue et les cheveux dénoués,
saisie par des Dial)les que vomit une gueule énorme, tjui est
celle de 1 Enter ; l'un d eux lui prend le cou dans sa fourche,
un autre enfonce ses griffes dans la chair tendre de sa cuisse.
Nul doute, écrit à ce sujet Charles Le Goffic, qu'après
l'explication de la Passion, le prêtre breton n'en vînt à un
enseignement plus direct et, comme il fait encore aujourd'hui
dans les églises, ne fulminât contre la danse et les amuse-
ments profanes des jours de fête, en vouant les coupables
aux flammes éternelles, à l'instar de cette malheureuse que
1 on voyait là tordre sa liouche et clamer son désespoir. Il
n'y a pas bien longtemps, un demi-siècle à peine, les prédi-
cateurs bretons se servaient, toujours pour ce même ensei-
gnement des yeux, de tableaux peints qu'ils faisaient défiler
durant leur prêche et où les Sept Péchés mortels étaient
représentés par des animaux : l'Orgueil par un paon ; la
Gourmandise par lui cochon; la Luxure par.. . Catell-Gollet -.
« L un de ces prédicateius, 1 abbé Le Houx, s'était fait une
spécialité de ce genre Quand il arrivait à Catell-Gollet,
retroussant sa soutane, il limitait entrant au bal et déployant
1. Appellation conniuuif du Démon.
2. L'église de Ploudaliiu'zedii iFiiiistèrei. où nous les avons vus,
jîossède encore des tableaux de ce genre, fort curieux, qui se
roulent et se déroulent, et servent à l'éducation religieuse et morale
<les enfants de la paroisse. Les prêtres les emportent avec eux
diu-ant les toiu-nées de catéchisme qu ils t'ont dans des villages
environnants.
Les Ccihain's brclùns 13
SCS grâces. Tout le monde clans léglisc riait aux éclats. M&is
bientôt survenait ]3elzébutli, qui s emparait de sa proie.
Catell se débattait en vain ; elle tombait en Enfer avec des
rugissements si atTreu.v que les auditeurs, glacés deffroi,
s échappaient par toutes les portes, croyant avoir le Diable à
leurs trousses. »
Telles devaient être exactement les prédications qui se fai-
saient sur la petite plate forme du Calvaire de Guimiliau, où
Ion monte par un escalier de quelques marches, pratiqué
entre deux des contreforts. Le prêtre, circulant sur la plate-
forme, désignait avec une baguette les personnages ayant trait
aux divers sujets qu'il commentait.
Une grande Croix Ornée s élève du milieu de cette plate-
forme, figurant à son sommet la Croix du Christ et au-
dessous, sur deux autres bras, les Saintes Femmes. Le fût
de la Croix Ornée, au lieu d'être lisse, est « épineux »,
comme un tronc d arbre non écoté et qui a gardé l'amorce de
ses branches. Or. la tradition conserve le nom de Croix de
Peste [Kroazion ar-Yosscnn) à toutes les croix épineuses qui
furent érigées, principalement clans le Léon, à la fin du xvi**
et au début du xvn'^ siècle.
« La peste hhtnche est partie d ElUanl ;
Elle a emporté sept mille et cent victimes.
Cruel eût été le ca'iir de celui qui ncùt pas pleuré
En voijanl sept fils, d une même maison.
Allant en terre dans une même charrette 1
La pauvre mère les traînait,
Le père suivait en sifflant ;
Il avait perdu la rcnson .
Sur la place du marché
On trouve partout de l herbe à faïu-hcr.
L'église est pleine jusqu'aux seuils.
Et le cimetière jusqu'aux murs.
On enterre tout le monde, grands et petits,
El Von ne trouverait plus un seul garçon
Pour garder les moutons. »
Ce Chant de la Peste, encore populaire dans les villages
14 Les CaJSfaircs brchns
des Montagnes Noires et des Monts d Arrée, montre quel
était l'effroi inspiré par la redoutable épidémie, qui se pro-
menait dans toute la contrée, dévastant même Quimper, que
révoque et son clergé étaient obligés de déserter. « C.e fut,
dit le chanoine Morcau, en punition des péchés des hommes,
qui étaient si débordés que l'on ne savait plus prier Dieu. La
peste commença par les plus pauvres : mais- enfin elle s atta-
qua, sans exception de personne, aussi bien aux riches,
nonobstant que c'était, disaient-ils, la maladie des gueux, et
il en mourut des plus huppés. »
Il est donc permis de supposer que c est à loccasion d un
de ces fléaux, et pour en obtenir du ciel la cessation, que fut
élevé le Calvaire de Guimiliau. D autant que l'on sait, dune
façon formelle, que c est dans une circonstance analogue que
fut exécuté, vingt et un ans plus tard, le proche Calvaire de
Plougastel. Deux autres Croix, aujourd hui détruites, celles
des Larrons, accompagnaient sans doute la grande Croix, et
deux autres bras de celle-ci, disparus dans quelque destruc-
tion, portaient vraisemblablement les deux Cardes à cheval
que nous retrouvons posés sur la porte d entrée du Cimetière.
La pierre employée est le granit dit de <i Kersanton ». le plus
fin et le plus serré de grain des granits armoricains, {|ui s extrait
des carrières de Logoiuia Daoulas, au Ibnd d une des anses pro-
fondes de la Rade de Hrest. Toute la série supérieure de ces
sculptures est, répétons-le, œuvre de premier ordre, qui ne
déparerait aucune de nos plus belles cathédrales. Et le voya-
geur s'étonne de trouver tant d'art et de charme dans ce coin
perdu de Bretagne, où bien peu s'arrêtaient encore, il j- a
seulement vingt ans.
L Eglise qui, dans le (Cimetière, accompagne le Calvaire,
appartient au gothique flamboyant et à la Henaissance (fin
du XVI'- siècle et première moitié du xvii''), L'Ossuaire où, à
mesure que s'emplissait le (cimetière, s'empilaient crânes et
ossements, exhumés du sol, est accolé au côté gauche du
porche. Une Chapelle Eunéraire, datée de 1G48 et du style de
la Henaissance, avec chaire extérieure en pierre, pratiquée
dans une fenêtre, entre deux colonnes, borde le Cimetière et
complète l'ensemble architectural de Guimiliau.
Xf.v Ca ha ire s b nions ■ 15
Le Calvaire de Ploiujaslel fut érigé de 1602 à 1CU4, à
loccasion d'une peste qui sévit en 1598. Plougastel-Daoulas,
situé sur les hauteurs pittoresques qui dominent la vallée de
lElorn, ou Rivière de Landerneau, qui forme entre Lander-
neau et Brest un vaste estuaire où remonte la marée, est éga-
lement célèbre par la curieuse physionomie de ses habitants,
industrieux et riches, moitié cultivateurs et moitié marins,
qui ont gardé leur ancien costume aux couleurs violentes,
bleues, jaunes, rouges et vertes chez les femmes. Les hommes
portent des vestes bleues, à boutons dor, et des culottes
blanches ; quelques vieux ont conservé le bonnet rouge.
Le Calvaire est, dans une allure plus froide, du même type
que celui de (aiimiliau, dont il s'inspire visiblement. La dis-
position générale est identique : socle évidé d'arcades, avec
un petit Autel entre colonnes, sur l'une de ses faces ; une
ligne de hauts-reliefs; les statuettes sur la plate-forme. Les
personnages sont moins prime-sautiers, plus réguliers d'allure,
plus hiératiques. Nous retrouvons les mêmes scènes de la
Vie du Christ et de la Passion et, en partie, les mêmes cos-
tumes. Sur l'un des motifs, 1 Entrée de Jésus à Jérusalem,
ce sont des paj'sans bretons, en costume national, qui pré-
cèdent le Christ, en jouant du biniou et delà musette. L'opé-
ration de la Circoncision est pratic[uée par un évéque mitre,
face au public. Les trois grandes Croix de la plate-forme ont
été conservées : une Croix Ornée au centre, à fût épineux,
portant sur deux bras superposés deux Gardes à cheval et les
Saintes Femmes ; deux Croix plus courtes, en tau, avec les
deux Larrons.
Le Cimetière, qui entourait le Calvaire, ainsi que 1 Ossuaire
et la Chapelle Funéraire qui s 3' élevaient, n ont pas sur-
vécu. LEglise a été reconstruite de nos jours, en style
pseudo-gothique. L'ensemble, sur ce point, est donc beau-
coup moins parfait qu'à Guimiliau. Le Calvaire a été restauré
en 1870.
Avec un Calvaire secondaire, c'est au contraire un ensemble
16 Les Cil IS)a ires brûlons
des plus remar(iiial)les, supérieur même à celui de (uiimiliau,
que nous rencontrons à Sdiiit-TIicgonnec, petit bourg situé
entre Cmimiliau et Morlaix. La Porte Triomphale qui sert
d'entrée au (cimetière est un délicieux et parlait édicule de
1587, orné de clochetons à boules. Ornementation que nous,
retrouvons aux toitures de la belle Chapelle Funéraire, qui
est voisine, que flanquent des fines colonnes corinthiennes,
et qui date de 1581. L Eglise, plusieurs fois reconstruite, est
un imposant monument, avec sa haute tour carrée de 1605,
que coilTe un dôme à lanterne de pierre et à galerie ajourée.
Le Calvaire, de 1610, se compose, comme les vieux (Calvaires,
d'un simple socle rectangulaire, en pierre nue. portant sur
sa table divers groupes d un travail naïf, rappelant celui des
artistes du moyen âge. On voit le Christ tombé à terre, sous
le poids de la croix, et l'un de ses conducteurs le frappant
d'un bâton, tandis qu'un autre monte à califourchon sur le
bois de la croix, pour achever d'écraser sa victime. Les bour-
reaux, c[ui s apprêtent à llagelbr le Sauveur a\ec leurs marti-
nets, sont pris sur le vif, avec leurs mines de brutes féroces
et leur courte culotte. D'autres personnages portent les
manches et les bottes plissées. la moustache retroussée et la
barbe en éventail, à la Henri IV. Dans une petite niche pra-
tiquée dans le socle du Calvaire, au-dessus d'une table à
offrandes, un groupe minuscule, très fruste, représente
saint Thégonnec, que l'on invoque en faveur des bestiaux,
et le bœuf, attelé à une charrette, qui aurait, selon la tra-
dition, voiture les matériaux de léglise.
Tout l'elfort décoratif s'est ici porté sur la Croix Ornée que
supporte le Calvaire, et qui le domine de toute sa hauteur, en
un merveilleux équilibre. Entre les deux Croix lisses des
Larrons, sveltes obélisques de granit, elle dresse son fût,
cette fois encore épineux, et sur deux bras superposés porte
les Gardes à cheval et les Saintes Femmes, en grands person-
nages Au fût. le Christ crucifié et deux Anges, qui recueillent
dans des ciboires le sang de ses mains et de son flanc. C'est,
à Iheure du crépuscule, au-dessus des tombes blêmissantes
qui commencent à s'estomper dans la nuit, un spectacle fée-
rique que celui de cette Croix, détachant, parmi les clochetons
Les Ca ha ires bretons 17
à boule qui rcntourcnt, ses fines découpures, sur le ciel (|ui
rosit, se dore ou s em])our|)re.
Le Calvaire de Pleijhcn, un |)eu plus au sud dans le Finis-
tère, vers Chàteaulin, reprend, en KiôO, la tradition de Gui-
miliau et de Plougastel, et révolution continue. Au pied
dune belle Eglise, mi Renaissance, mi-gotliicpie, et dont la
tour-clocher surtout est magnifique, en compagnie d un char-
mant Ossuaire du xv' siècle, aux fines ogives, il se dresse
aujourd'hui, isolé, au milieu dune vaste place qui fut le
Cimetière, dont le mur denceinte a seul subsisté. Son socle
s'est haussé, ainsi que les arcades, qui maintenant n'en
évident plus les contreforts, mais le centre même, et qui
donnent nettement à lédifice lallure d un petit Arc de
Triomphe antique. Les sculptures se sont faites, en même
temps, moins tassées, et les groupes se rangent et s isolent,
dans un effort décoratif plus recherché. Seuls les motifs prin-
cipaux. Nativité. Cène, Portement de Croix, Mise au Tom-
beau. Descente aux Knfers (ou plus exactement aux Limbes),
Résurrection, etc.. ont été représentés. Leur naïveté disparaît,
en partie tout au moins, devant plus de science et d étude ;
car nous sommes arrivés, ne loublions pas, à l'aube du règne
de Louis XIV. Cependant, par un archaïsme voulu, les per-
sonnages conservent soit le vieux costume gothique, soit
celui des contemporains d Henri III ou d Henri IV, en tra-
dition des (Calvaires précédents. Tandis enfin que nous igno-
rons le nom des artistes de Guimiliau et de Plougastel. nous
trouvons ici la signature de larchitecte : Yves Ozanne, gravée
sur la table de la Cène.
Les Calvaires fleurirent surtout en Bretagne au cours des
xvi" et xvii'^ siècles. Si nombreux sont-ils qu il serait difficile
d en dresser un répertoire complet. Dès le début du xviii'' siè-
cle, leur faveur fit place à celle des « Mises au Tombeau »,
en bois peint, terre cuite ou pierre peinte, aux personnages
de grandeur naturelle, et où révolution de lart est complète,
en même temps qu'elles s'abritent des intempéries dans les
Chapelles Funéraires ou dans les Cryptes des églises. Quel-
ques Calvaires anciens, dont les personnages avaient été
brisés, reçurent, comme celui de Comfort. entre Douarnenez
9
18 Les C'a Nains bn'lons
et Audierne (F'inistère), sur leurs soubassements gothiques,
d'autres figures, dans le style classique. Du xvin' siècle égale-
ment semble être un petit (>alvaire d autel, en terre cuite,
que possède à Rennes, le Musée Céramique, et qui provient
de Campénéac ( Morbihan ^ Ses minuscules et délicieuses
figurines ont une curieuse allure de terres cuites antiques.
Ajoutons que 1 emploi du bois dans les Calvaires et les Croix,
si fréquent dans d'autres pays, est fort rare en Bretagne. On
peut citer : la C/o/.r de Lanrivoaré . qui fait face, avec son beau
Christ ancien, à la vieille Croix de granit et aux huit Pains
dont nous avons parlé tout à 1 heure ; la Croix aux Outils.
prés de Paimpol Côtes du-Nord) ; celle de Plouézoc'h (Finis-
térc\ qui date de 18H() environ et qui est curieuse avec sa
grande auréole, sur laquelle se détache le corps du Christ; la
Croix (tux Epingles, dans la cour de 1 ancien Couvent des
Carmes, à Auray Morbihan), à la base de laquelle les jeunes
filles viennent piquer des épingles, pour obtenir un mari.
Gardons un silence prudent sur les (Calvaires modernes
qui, par l'initiative du clergé local, continuent à s ériger de
temps à autre, aux carrefours des loutes bretonnes.
Mais veillons aux vieux Calvaires que nous a légués le passé.
Sous la patine noirâtre du temps, leurs gentils bonshommes
ont traversé les siècles et les révolutions, et l'on s'étonne de
retrouver encore en place ces petits édifices, à peine mutilés,
presque sous la main du passant qui les respecte. Ignorés et
perdus dans leur calme bourgade, ils n'avaient rien à craindre.
Mais ils voient maintenant défiler devant eux tant de visages
nouveaux! Il faudra bientôt, sans doute — car ils sont, les
pauvres, si confiants si peu protégés ! — les garder prudem-
ment contre le vandale inconnu ou le voleur, toujours pos-
sibles.
Paul Gruykh.
19
KERDAVKL (Fiiiistèie). — MiiNHiR-AuxEL gallo-romain,
AVEC LIMAGE DE MaRS.
Cliché V. G
ruye^
20
CARNAG (Morljihan). — Dolmen uexversi:
SURMONTÉ d'une CHOIX DE GRANIT.
BRIGNOGXAN i Finistère). — Le Me\-Marz
ou « Pierre du Miracle ».
Clich 'S P. Gruyer
21
^
X
-g
— -
ô
-^
^
c:
o
^
'O
>■
i;
■—
7
x:
.-
5 a 9
22
23
i««*>'»^V««»'*"^''SB<!«»JI5îrf
I^HK ctE
^ s te
o
•'Xi -^ ^
a 'y
a 2
U a
24
LANHIVOARE (Finistère). — Citoix sun table d'avtei,.
ET LES Huit Pains changés en piKimE par saint Heiîvé.
Cliché P. (riiti/i'i:
25
ILE DE BREHAT (Càtes-duNoid). — Croix ue giîanit
SUR LA COTE OUEST DE l'iLE.
CHchi- P. Grwjer.
26
SAINT-JEAN, PRÈS DE Pont-l'Abbé ^F'inistère).
Croix avec chaire en plein vent.
Cliché P. Gruijer.
27
CHATEAULIN (Finistère). — (hioix Diinke, avec petits personxaces
DE STYLE ARCHAÏQUE, PHÈS UE LA ChaPELLE DE NoTRE-DaME.
Cliché P. Gruyer.
28
- 2
5 ■<
2i>
mrmAmd*fM'*0^i
DINAX (Cùtes-du-Xorcli. — • La (hioix uu Saint-Esprit,
DU XV= SIÈCLE ET DU STYLE GOTHIQUE.
Cliché Neurdein.
30
KHRYOLET (Finistère).
(]uoix OuNÉE (un Ange reçoit
j)ANs DEUX Ciboires le sang qui
COULE UES plaies DU ChRISt) .
(liîoix Ornke ayant au sommet
UN Triangle,
SYMIiOLE DE LA SaINTE TrINITÉ.
(Finistère).
Cliclirs P. (iruyer.
31
32
TRONOËN (Finlslèn).
(l^I-VAIliR DU XV= SIÙr.I.E.
Cliché P. Gruyer.
33
es
^
■<
J
a;
><
"S
u
H
•^
Q
x:
£5
o
o
Q
y.
^^
Q
o
>
o
tQ
r^
!A
S
7-t
'a
w
X
H
3
o
■<
a
M
u
U
5 H Q
3 j£ p
^ S «
S; Q
34
LE FOLGOÉT (Finistère). — Calvaire dl xv si:;t i.i;,
EN PARTIE KEMANIÉ.
Erigé par le Cardinal de CoiUivy, évc(jue de Dol. niorl en 1474
Cliché P. Gruyer.
35
QUILINEN (Finistère). — Cai.vaii\e des xv'=-.\vi'' siècles.
Cliché Villard, Quimper,
36
37
MELRAND (Morbihan). — Calvaire avec Citoix Ornée,
DU XV" 0,U XVI° SIÈCLE.
Socle et Saintes Femmes uu xvni« siècle.
Cliché P. Gruyer.
38
•5 G.
39
LA FORET- EX -FOUESXAXT (Finistère).
Calvaire des xV^-xvi" sh'xles, uv style uothique flamboyant.
Cliché Villard, Quimper.
40
LOCRONAX (Finistère). — Ckoix OuNiii; uu xv sikci.e,
UU STYLE GOTHIQUE FLAMBOYANT.
Cliché Lévy.
41
GUEHENNO (Morbihan). — Cai.vaihe de 1550,
CiMETIKRE ET OsSUAIHE.
Cliché Neurdeii
42
43
J t;j
44
Cai.vaiue i)ii GUIMILIAU. — Rksiuiiection uv (>hrist
ET (a DROITEl GROUPE DE CaTELL-GoLLET.
A LA BASE. Al TICI. DE SAINT Poi. - DE - LÉON.
Cli'-hë P. Gruyer.
45
46
r^cïi
l l!lrtiinit ii i i nilti <m»»«— ^ ^p w ■■—■—■MM»
C.vlvaihl: di; (îULMILIAU — Knthke du Christ a .Ji.ul.sm,i;m
(lô.SSi.
Calvaire de GUIMILIAU. — Le Ckne avec Jésls
AU MILIEU de ses DiSCII'LES : A (iAUCIIE JuDAS TENANT UN SAC o'ÉCUi
(15.S.S).
Clichés P. Gruyer.
47
PLOUGAS'J EL-DAOULAS. — Vvr- u ensembi.k di; Calvaire
(l(i02 A 1604).
Cliché Neurdein.
48
- W
I -^
y. ïî
49
(.ALVAlltK UE l^l^tJUGAS'lhL l.A MlSK AU ToMHEAU.
Au DESSOUS iMauiage. par un évkque, UE iMarif. et de Joseph;
La Chèche ; La ('iiu.oncision, pap. un icvèque.
Cliché 1'. Gruyer.
50
51
SAINT-THEGONNEG.
- Le Calvaire (1610).
Cliché P. Grmjer.
Cai.vaii'.f. i>f. SAINT- tu I:('.()XN1:(;. — .Ii':srs tomhf.
SOIS I.i: l'DIDS 1)K I.A (>lSOIX.
»s^î«sé.
.m^êà^mÊ^m^",
Calvaire de SAlN'l 'I HhdONNhC. — A gauche. Hésiuhection
DU Christ. Au centre et a droite, le Christ entre ses bourreaux.
Clichés P. Grvycr.
53
54
PLEYBEN. — Le Calvaire.
Cliché P. Gru;/-'-.
55
. 0,
S n
J w
56
COMFORT (Finistère). — Calvaire avec pkrsonnagks dv xviii" sikclk
FIGURANT LES ApOTRES, Sl'r. SOCLE GOTHIQUE.
Cliché P. Grvijer.
o/
GUISCRIFF iMoihihanl. — Le Calvaire.
(xvnr'-xix= siècles).
Cliché Lévy.
58
> -a
< A
< ...
6 g
59
LANRIVOARK (Finistère). — Croix ue bois, avec Christ ancien.
Cliché P. Gruyer.
GO
61
PAIMI^OL Coteb-du-Nord;. — La Croix aux Outils.
Cliché Lévy.
62
SAINTE-ANNE DAl'RAY iMorbihan). — La Cuoix aux Epingles.
(Les jeunes filles viennent piquer une épingle uans le fut ue la Cuoix,
afin doiitenir un mari )
Cliché P. Gritijer.
Tabk des Planches G.'i
TABLE DES PLANCHES
Pages.
Kerdavel (Finistère). — Menhii'-Autel gallo-roniain 19
Carnac (Morbihani. — Dolnieii renversé surmonté d'inie croix
de granit 2(t'
Brignognan (Finistère) — Le Men-Marz ou Pierre du Miracle. 20
Dol (Ille-et-Vilaine). — Menhir du Chanip-Dolcnt avec une croix
de bois '1\
Cimetière de Pontivy (Morbihan). — Menhir surmonté d'une
croix de pierre 'Jl
Saint-Duzec (Côlesdu-Nordi. — Menhir sculpté Tl
Cimetière de Pont lAbbé (Finistère). ■ — Lech druidique . . . '2,'î
Lan ar Justiz ^Côtes-du-Nord). • — Menhir transformé en Crcjix
ornée 'l'A
Lanrivoaré (Finistère). — Croix sur table d autel et les pains
changés en pierre '24
Ile de Bréhat (Côtes-du-Xord). — Croixdegranitsur la coteouest
de lile 2.")
Saint-Jean près de Pont-I Abbé (Finistère) — Croix avec chaire
en plein vent 2(i
Chateaulin (Finistère) — Croix ornée 27
Penmarc'h (Finistèrel. — Croix ornée près de la chapelle de
Notre-Dame-de la Joie 28
Dinan (Côtes-duNord). — La Croix du Saint-Esprit 2*.l
Kéryolet (Finistère). — Croix ornée 30
(Finistèi'e) . — Croix ornée 30
Ploubezre (Côtes-du-Nord). — Les Cinq Croix de granit. ... 31
Tronoén (Finistère). — Calvaire 32
— Détail des sculptures de TronoéTt 33
Le Folgoét (Finistère). — Calvaire 34
Quilinen (Finistère). — Calvaire 35
Saint-Avé (Morbihaiil. — Calvaire avec Croix ornée et Fontaine
sacrée 3(}-
6-1 Tabk' des Planche
Melrand (Morbihan). — Calvaire avec Croix ornée 37
Lannion (Côtesdn-Nord). — Calvaire 38
La Forest-en-Fouesnant (Finistère). — Calvaire 39
Locronan (Finistère). — Croix ornée, xv= s 40
Guéhenno (Morl)ihan). — Cimetière et ossuaire 41
Plougonven (Finistère). — Cimetière, église et Calvaire .... 42
Guimilian iFinistère). — Cimetière, église et Calvaire 43
Calvaire de Gnimiliau. — Résurrection du Clirist, groupe de
Catell (ioUet. autel de saint Pol-de-Léon 44
Calvaire de Guimiliau. — Le Fortement de croix et le Lavement
des pieds A^i
Calvaire de Guimiliau. — Entrée du Christ à Jérusalem ... 4()
Calvaire de Guimiliau. — La Cène avec Jésus au milieu de ses
disciples 4()
Plougastel-Daoulas (Finistèrei. — Le Calvaire (vue d ensemble) 47
Calvaire de Plougastel. — Le Portement de croix, la Cène et le
Lavement des pieds 4M
Calvaire de Plougastel. — La Mise au tombeau. Mariage de
Ahu'ie et de Joseph la Crèche, la (Circoncision 411
Saint Thégonnec (F'inistère). — Porte triomphale du cimetière
et Cha])elle funéi-aire M
Saint-Thégonnec. — Le Calvaii-e âl
Calvaire de Sainl-Tbégf)niiec. — Jésus tombe sous le poids de
la croix 52
— Le Cbi'isl entre ses bourreaux 52
Pleyben Finislère) — Eglise et Calvaire r)3
— Calvaii-e 54
Calvaii-e de Pleyben. — Mise au t()nd)eau. Cène et Lavement
des pieds 55
Comlort (Finistère). — Calvaire 56
Guiscriir (Morbihan). — Calvaire 57
Musée de Rennes — Petit Calvaire d'autel 58
Lanrivoaré (Finistèrei. — Croix de bois avec Cin-ist ancien. . 59
Plonézoc h Finistère) — Croix de bois avec auréole .... (iO
Paimpol iCôtes-du Nord) . — La Croix aux Outils . . 01
Sainte-Amie-d Aiiray (Morbihan). — La Croix aux FCpinglcs. . 62
ÉVHEL'X, I .iH' K 1 M E H 1 li uU. niililSSEY.
N
Gruyer, Paul
8053
Les calvaixas. bretons
G7
m' • 'V,
PLEASE DO NOT REMOVE
CARDS OR SLIPS FROM THIS POCKET
UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY