LES CANADIENS-FRANÇAIS
ORIGINE
DES FAMILLES
ÉMIGRÉES DE FRANCE, d'eSPAGNE, DE SUISSE, ETC,
POUR VENIR SE FIXER AU CANADA, DEPUIS LA
FONDATION DE QUEBEC JUSQU'À
CES DERNIERS TEMPS
ET SIGNIFICATION DE LEURS NOMS
PAR
N.-E. DIONNE, LL. D., M. D.
Professeur d'Archéolog-ie à L'Université Laval
Québec : 1 Montréal :
LIBRAIRIE GARNEAU LIBRAIRIE GRANGER
Rue Buade i Rue Notre-Dame
Laflamme & Proulx, Imp. Québec
1914
1'
ORIGINE DES FAMILLES
CANADIENNES-FRANÇAISES
LES CANADIENS-FRANÇAIS
ORIGINE
DES FAMILLES
EMIGREES DE FRANCE, D ESPAGNE, DE SUISSE, ETC,
POUR VENIR SE FIXER AU CANADA, DEPUIS LA
FONDATION DE QUEBEC JUSQU'À
CES DERNIERS TEMPS
ET SIGNIFICATION DE LEURS NOMS
PAR
N.-E. DIONNE, LL. D., M. D.
Professeur d'Archéolog-ie à L'Université Laval
Québec :
LIBRAIRIE GARNEAU
Rue Buade
Montréal :
LIBRAIRIE GRANGER
Rue Notre-Dame
Laflamme & Proulx, Imp. Québec
1914
HIST. REF.
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L-
PREFACE
Le but de cet ouvrage est de faire connaître l'origine des
noms de famille canadiens-français et partant des familles
elles-mêmes, et, en second lieu, d'apporter à chacun des noms
le sens qui lui est propre ou qui s'en rapproche. Plusieurs se
sont bien souvent demandé de quelle partie de la France ils
tirent leur origine, du nord, du midi, du centre, de l'est ou de
l'ouest, sans pouvoir toujours trouver la réponse. D'autres
auraient aimé de connaître la signification de leurs noms, de
compréhension souvent difficile, sinon impossible. Que veu-
lent dire Bolduc, Gariépy, Plamondon et Massicotte? Mys-
tère, n'est-ce pas, mystère même pour les personnes les plus
intéressées à le pénétrer.
L'auteur de cet humble ouvrage a voulu soulever un coin
du voile qui plane sur ce double sujet, et il doit avouer qu'il
a mis à cette œuvre tout le travail et toute la bonne volonté
que le public est en droit d'attendre de ses efforts. Il a puisé
les noms de familles dans le Dictionnaire Généalogique de
Mgr Tanguay; il a ajouté à ceux-là, un bon nombre d'autres
Français émigrés au Canada depuis 1730 jusqu'à ces der-
nières années. C'est ainsi qu'il a pu en recueillir près de neuf
mille. Il aurait pu ajouter à sa liste les noms des quelques
centaines de personnes d'importation récente, mais il les a
mis de côté, d'abord parceque ceux-là sont moins connus, et
aussi parce qu'il est difficile de prévoir quel sera le sort de
cette colonisation tardive, qui pourrait n'apporter à la pro-
vince de Québec qu'un appoint passager.
[ viii ]
I
HISTORIQUE DES NOMS EN GENERAL
Le nom remonte à la création du monde. A mesure que la
population s'est accrue, que les familles se sont multipliées,
il a fallu, pour se reconnaître, avoir recours à des combinai-
sons variées, d'où sont sortis le surnom, le prénom et souvent
le sobriquet. De tout temps, ces noms furent significatifs,
puisqu'on a dû les puiser dans la langue parlée. Comment
a-t-il pu arriver que plusieurs d'entre eux défient toute
explication, toute étymologie et même la véritable racine?
C'est là un des secrets de notre langue, lors de sa formation.
Si nous ne pouvons parvenir à le pénétrer, nos ancêtres ne
doivent pas en être tenus responsables, car on ne peut sup-
poser qu'ils aient cédé à la fantaisie ou au caprice, quand ils
ont créé cette série de noms de communes, de villes, de fa-
milles, qui sont devenus légion.
L'historique des noms de famille varie quelque peu, si on-
l'étudié chez les différents peuples de l'Univers. Chez les
Hébreux, les noms étaient personnels, et ne se transmettaient
que de père en fils. A leur naissance, les enfants recevaient
un nom qui n'était en général que l'expression d'une qualité
du corps ou de l'esprit, ou d'un vœu. Ainsi Caïn veut dire
possédé; Cham, chaleureux; Isaac, blanc; Noé, libérateur;
Esaii, actif; Salomon, ami de la paix. Pour distinguer les.
familles l'on y faisait suivre le nom du père de celui du fils,
et l'on disait Isaac, fils d'Abraham, David, fils d'Isaïe.
Après la dispersion des tribus, l'on abandonna la vieille
coutume de donner aux enfants le nom de leur père. Voilà
pourquoi l'on ne doit pas être surpris de constater dans
l'Evangile que Zacharie, ayant voulu donner son nom à l'en-
fant qui venait de lui arriver, on s'y opposa et cet enfant fut
nommé Jean. Souvent les Juifs multiplièrent jusqu'à trois,
le nombre de leurs noms.
[ ix ]
Chez les Grecs anciens, le nom du père ne se retrouve point
chez le fils. Tous les noms y sont significatifs, et souvent ils
sont au nombre de trois. Ils se transmettaient de l'aïeul
paternel au petit-fils aîné et de l'oncle au neveu. Pour ne pas
confondre les individus, on leur attribuait souvent des sobri-
quets ou faux noms. Des exemples frappants se retracent
parmi les successeurs d'Alexandre le Grand. Les Antiochus,
les Ptolémée, les Démétrius sont des noms bien connus dans
l'histoire. Nous les connaîtrions moins bien s'ils ne portaient
les surnoms qui leur sont restés. Démétrius Soter (sauveur),
Démétrius Nicator (vainqueur), Ptolémée Philadelphe (ami
de ses frères), Ptolémée Philopator (ami de son père), Antio-
chus Epiphanes (illustre).
Chez les Romains, on avait des noms, des prénoms et des
surnoms. Cependant à l'origine ils ne portaient qu'un seul
nom: Romulus, Remus. Puis ils en prirent deux: Numa
Pompilius, Servius Tullius. Ce ne fut qu'après la chute de la
royauté, que l'on adopta à Rome l'usage de trois noms.
Le premier était ordinairement marqué en abrégé par des
initiales : A. pour Aulus, C. pour Caius, Sex. pour Sextus.
En second lieu venait le nom proprement dit, qui finissait
en lus : Cornélius, Fabius, Tullius. Le surnom se plaçait en
troisième lieu et indiquait la famille dont on faisait partie:
Cicero, César. Quelquefois un second surnom servait à rap-
peler un fait remarquable, un événement heureux, ou une
marque de l'esprit. Un exemple bien frappant sous ce rap-
port est celui de Scipion l'Africain qui s'appelait Publius
Cornélius Scipio Africanus. Cornélius est le nom de la race,
Scipion est le nom de la famille, et Africanus est le surnom
destiné à perpétuer le souvenir de la ruine de Carthage. Des
Romains illustres ont pris jusqu'à cinq noms: Scipion lui-
même aurait ajouté à ceux déjà cités, celui d'^milianus,
parcequ'il devait le jour à ^milius Paulus.
Comme chez les Hébreux et chez les Grecs, les noms et sur-
noms des Romains étaient significatifs. Encore quelques
exemples tirés de l'histoire romaine: Galba signifiait cour-
[ X ]
taud; Flavius, blondin; Publius, orphelin; Strabo, louche;
Varus, jambes torses ; Ovidius, possesseur de troupeaux de
moutons; Hortensius, amateur de jardins; Brutus, inculte;
Nepos, prodigue; Cicero, pois chiche (Cicéron avait une pe-
tite verrue sur le nez) ; Scipio, bâton de vieillesse.
En France, les premiers Francs ne portaient qu'un seul
nom, qui partageait du caractère tudesque et du Scandinave,
comme les suivants : Berther, Dagberth, Berthbramm, Wald-
win, Baldwin, dont on a fait Berthier, Dagobert, Bertrand,
Gavivin et Baudin. Ce n'est qu'à partir du Xe siècle que les
seigneurs commencèrent à écrire leur nom de famille, en le
faisant suivre du nom de leur terre ou fief. On remarque
qu'au Xle siècle les surnoms deviennent plus fréquents, et
qu'on ajoute le nom du père à celui du fils : Hervé, fils de Jos-
selin. C'est à la même époque que les cadets de famille com-
mencent à suivre l'exemple des seigneurs, en ajoutant à leur
nom celui de leur terre. Ce fut ensuite le tour de la petite
noblesse et des propriétaires, qui eurent recours à un procédé
similaire. C'est alors que l'on voit tous ces gens emprunter
des noms aux éléments, aux règnes de la nature, aux loca-
lités, aux professions et métiers, aux habits, aux meubles,
aux bonnes et aux mauvaises actions. Déjà, à cette époque
du onzième siècle, l'on retrace les noms des Petit, des Têtu,
des Leblanc, des Beaufils, des Desnoyers, des Delorme, des
Delamarre, des Crèvecœur.
Le nom de baptême ne tarda guère à suivre. Cependant il
serait téméraire d'affirmer qu'il y en eût beaucoup avant le
douzième siècle. D'après Mezeray, les noms ne devinrent
héréditaires que sous le règne de Philippe-Auguste. Citons-
le : " Les noms héréditaires furent encore longtemps incon-
nus dans les campagnes, et les registres de l'état civil, véri-
tables archives de nos familles, ne furent ouverts que dans
le XVe siècle. En 1406, un synode prescrivit aux curés la
tenue des registres de baptême, et plus tard, vers 1464, on
leur enjoignit de constater les mariages et les décès à dater
du mois d'août 1539, époque à laquelle la tenue des registres
[ xi ]
de l'état civil fut prescrite par l'ordonnance de Villers-Cot-
trets. Alors, mais alors seulement, les naissances, les ma-
riages, et les décès devaient être enregistrés : chacun en nais-
sant reçut le nom de son père, et porta ce nom tracé sur sa
tombe. "
Pour éviter toute confusion, les Etats généraux de 1614
exigèrent que tous les gentilshommes signeraient dans les
actes leurs noms de famille et non ceux de leurs seigneuries.
En 1790, une loi ordonna aux Français d'abandonner les
noms empruntés de possessions vraies ou fausses pour re-
prendre leurs noms de famille. ]\Iais cette loi ne put être
mise en pratique, parce qu'elle était de nature à bouleverser
toutes les transactions civiles.
Les premiers registres de l'état civil, dans la NouA^elle-
France, en 1615, furent consumés au cours de l'incendie
désastreux du 14 juin 1640, qui détruisit l'église paroissiale
de Québec. Depuis lors, les registres ont été régulièrement
conservés. On suivit le système préconisé en France à partir
de 1539, et depuis 1640, rien n'a été changé, avec cette seule
différence qu'à Québec, au lieu de tenir trois cahiers diffé-
rents, naissances, mariages et sépultures, on n 'en emploie plus
qu'un seul où naissances, mariages et sépultures sont consi-
gnés pêle-mêle, mais chronologiquement toujours.
II
ORIGINE DES NOMS DE FAMILLE
Le nom de famille, c'est nous-mêmes. Nous le reconnaissons
partout où il se rencontre. Qu'il soit écrit ou prononcé, nous
avons tôt fait de comprendre qu'il est question de nous, ou de
nos amis, ou de toute personne connue. C'est donc une chose
qui nous est chère, puisqu'elle est de nature à réveiller en
nous des souvenirs souvent agréables, surtout lorsqu'il est
question de sa propre famille. Ce nom, on tient à le conserver
[ xii ]
intact, et même à lui donner une importance qu'il a ou qu'il
n'a pas, mais qu'il peut obtenir au moyen d 'œuvres ou d'ac-
tions célèbres.
Mais d'où viennent ces noms? Comment et par qui ont-ils
été créés? Plusieurs, sans doute, interrogés sur ce sujet,
pourraient nous répondre qu'ils savent très bien d'oiï vien-
nent leurs ancêtres, et surtout dans quelle partie de la France
ceux-ci demeuraient lorsqu'ils ont dit adieu à leur patrie
pour venir s'établir au Canada. D'autres cependant ne pour-
raient en dire autant, faute d'être aussi bien renseignés.
Dans les deux cas, il est assez loisible de croire que si les
derniers sont complètement ignorants de leur origine, les
premiers n'en sont guère plus instruits. Tous les deux ne
sont pas allés à l'origine même de leur famille, et la science
des uns, qui ne dépasse pas l'époque de l'arrivée au Canada
de leurs ancêtres, ne vaut guère mieux que l'ignorance des
autres.
Pourquoi cette anomalie ? me dira-t-on. La réponse est
bien simple: c'est que les uns, les savants, n'ont pu aller au-
delà du Dictionnaire Généalogique de Mgr Tanguay ou d'une
tradition qui ne remonte pas très très loin dans le passé. Mgr
Tanguay dit bien que telle famille, émigrée de France, par-
tait de tel endroit, mais il s'en tient là. L'auteur, du reste, ne
pouvait être mieux renseigné que nos archives provinciales, et
il devait se contenter des minces renseignements qu'elles lui
apportaient. Un Tel vient se marier à la paroisse de N.-D. de
Québec. Le curé lui demande son nom, ses prénoms et le nom
de la localité où il séjournait en France, lorsqu'il en partit.
Jusqu'à présent tout est parfait. Mais ce Tel qui arrive
de Saint-Malo ou de La Rochelle, avait une famille, il avait
eu un aïeul, un bisaïeul, un trisaïeul, etc., etc. Est-ce que
cette famille avait toujours résidé à La Rochelle ou à Saint-
Malo? C'est possible, mais le contraire l'est aussi, car il a dû
se produire en France comme partout ailleurs des mouve-
ments de population qui ont séparé les familles les unes des
autres, à mesure qu'elles grandissaient, tout en leur conser-
vant l'intégrité du nom.
[ xiii ]
Le même fait s'est produit au Canada. Une famille, fraî-
chement ai^L-rivée de France, va s'installer dans une de nos
paroisses. Là elle fait souche, puis elle voit ses membres se
disperser de côté et d'autre, jusqu'à ce que finalement, pres-
que toutes nos campagnes retentissent du nom de cette fa-
mille. Prenons pour exemple la famille des Gagnon, dont les
trois chefs allèrent se fixer au Château-Richer. Que sont deve-
nus tous les membres des cette famille aujourd'hui si popu-
leuse? Regardez autour de vous, vous en trouverez dans tous
les comtés de la Province de Québec. Quoi qu'il en soit, le
Château-Richer est bien l'endroit d'où la famille Gagnon
tire son origine au Canada. Il serait absolument absurde de
vouloir lui en indiquer un autre.
En France le même phénomène a dû se produire, mais là
il nous est loisible de remonter jusqu'au premier chef de fa-
mille, c'est-à-dire, assez haut dans le cours des âges, au dou-
zième, au onzième siècle et même au dixième. Inutile de se le
dissimuler: pour obtenir l'origine siire de chacune de nos
familles importées de France, il nous faut mettre de côté
l'époque des premières colonisations du Canada. Les re-
gistres de nos paroisses les plus anciennes établissent que
nos ancêtres sont venus de Saint-Malo, de Saint-Brieuc, de
Bayonne ou de Bordeaux, mais, en supposant même le cas
que ces personnes, chefs de famille ou non, fussent fixés à
l'époque de leur départ de France dans les lieux inscrits aux
registres, suit-il de là que leurs ancêtres aient toujours de-
meuré dans ces mêmes endroits? Vouloir donc retracer les
origines de nos familles canadiennes françaises par le procédé
généralement suivi jusqu'à présent, c'est s'exposer à un
grave mécompte. Je n'irai pas cependant jusqu'à dire qu'il
est défectueux dans tous les cas qui se présentent. Nous
avons des familles dont les origines se trouvent réparties
dans des localités françaises qui se chiffrent par deux, quatre,
cinq et même davantage, et dont le nom est partout indiqué.
Alors le Dictionnaire Généalogique pourrait être utilisé avec
quelque avantage, et on pourrait s'en rapporter à ce qu'il dit.
[ xiv ]
Impossible de pouvoir discerner entre toutes ces communes
portant le même nom, laquelle doit être préférée.
M. Suite a publié en 1910, dans les Mémoires de la Société
Royale, une étude sur les Bretons venus au Canada de 1639 à
1779, c'est-à-dire durant tout le régime français et un peu
au-delà. D'après lui, il en serait venu 392 qui, à peu d'ex-
ceptions près, se sont mariés ici. Son travail est basé sur le
Dictionnaire de Mgr Tanguay, souvent incomplet quant aux
origines des nouveaux venus. M. Suite ne manque pas de
signaler cette lacune, et il n'est pas loin de croire que si
elle était comblée, au lieu de 392 Bretons, nous en aurions eu
550.
M. Suite a dressé une liste de ces émigrants, année par
année, venus de Dol, de Saint-Malo, de Saint-Brieuc, de
Saint-Pol-de-Léon, de Quimper, de Vannes, de Rennes et de
Cornouailles. Je n'ai pas pris la peine de faire le relevé de
chaque nom, me contentant de signaler les gens de Saint-
Malo, de Nantes, de Dol et de Rennes. D'après ses statis-
tiques, Saint-Malo aurait fourni au Canada environ quinze
personnes. Rennes, 15, Nantes, 17 et Dol, 25. Ce qui forme un
total de 72 émigrés pour ces villes de la Bretagne. Or,
d'après mon système, qui s'écarte absolument de celui de
M. Suite, je ne puis retracer que 16 Bretons. Les autres sont
gens venus de Normandie, du Dauphiné, de la Guyenne, du
Berry, de Bourgogne, de Saintonge, de la Haute-Savoie, de
la Bresse, de la Gascogne, du Poitou, de la Champagne. Pour
être plus explicite, je vais donner les lieux d'origine des pré-
tendus Bretons venus de Dol. Je n'en retrace que quatre,
au lieu de vingt-cinq. Ce sont Pomeret, Carré, Pierre et Jean
Renaud. Maillet et Etienne sont de Picardie; Launay et Ber-
thelot sont de Normandie ; Hameury et Biais sont de la Sain-
tonge ; Briant, Sénéchal, Adam et Flaux sont de la Bour-
gogne; Rondeau et Grenier sont de l'Auvergne; Faveron
est de Gascogne; Durocher vient du Maine; Bêlé vient de
Guienne, et Lavallée, de Lorraine.
Comment ai-je pu arriver à un pareil résultat? Ce n'est
[ XV J
toujours pas en tenant compte des données que nous apporte
le Dictionnaire Généalogique, données insuiïîsantes, parce
qu'elles ne nous permettent pas de dépasser le XVIIe siècle.
C'est bien plutôt en remontant jusqu'à la commune, d'où nos
noms, tous nos noms sont tirés. Je n'avais pas d'autre moyen
à ma disposition, et je m'en suis servi, comme bien d'autres
du reste qui connaissent le lieu d'origine de leurs familles
par le nom de la commune qui porte leur nom ou un nom à
peu près identique. Quand il y a divergence, on peut arriver
à une conclusion assez juste, en suivant certaines règles qne
j 'ai dû suivre moi-même et que j 'exposerai bientôt.
Tous nos noms de famille sont d'importation européenne,
de France surtout, mais aussi d'Espagne, de Belgique, d'Ita-
lie, de Suisse et d'Allemagne. Nous les avons écrits de tout
temps, c'est-à-dire depuis trois siècles, de la même manière,
tantôt bien, tantôt mal, mais toujours de façon à les rendre
compréhensibles. Ces noms se tirent en général des noms de
villes, communes, bourgs, hameaux, châtellenies, baronnies,
comtés, vicomtes et seigneuries. C'est assez dire que le nom
de lieux a précédé celui du nom de famille. La preuve se
trouve dans le fait que les noms de lieux sont souvent in-
compréhensibles, tandis que les noms de famille le sont assez
rarement, grâce à l'étymologie, qui dans les cas difficiles,
devient un aide très précieux. Plus on remonte dans le loin-
tain des âges, plus le mot, et cela se comprend, a des allures
barbares. La langue française a subi bien des vicissitudes,
pour se débarrasser de ses origines multiples. On sait qu'elle
a été formée du gaulois ou celtique, du grec, du latin, du
tudesque et du roman.
Le gaulois ou celte était la langue primitive des Gaulois,
peuple inculte, qui ne connaissait ni écriture, ni littérature
populaire. Après la conquête romaine, les Gaulois se virent
forcés de parler le latin qui alors était la langue officielle de
l'Eglise et de l'Etat. Mais le peuple ne voulut pas se sou-
mettre à cette injonction et il continua de parler le celtique,
qui finit par aller se perdre dans la Basse-Bretagne et en Ir-
[ xvi ]
lande. C'est du celtique que viennent beaucoup de noms de
communes de France. Il est resté quelques rapports entre lui
et le français moderne. Ainsi certains radicaux sont com-
muns aux deux langues, comme gog, dans goguette, dean
(forêt) qui se trouve dans Ardennes, et ber, dans berceau.
Il y a au moins cent mots français qu'on peut rattacher au
celtique, comme amarre, bac, bec, botte, clan, dune, havre,
etc.
Sous Charlemagne c'est la langue allemande qui est parlée
en France, mais après lui la lutte se fait entre le latin et le
français d'où est sortie une langue mi-latine mi-tudesque,
appelée romane. C'est la langue des troubadours Le latin,
toutefois, conserva plus d'empire que le celtique. C'est alors
que les noms de famille commencent de se former, mais non
sans subir par la suite de profondes altérations. On pourra
se faire une idée des modifications qu'ils eurent à subir par
l'exemple suivant. Trévoux dit que le mot Etienne a été
écrit d'abord Stéphan (de Stephanus) Stevan, Estevan, Ete-
van, Etivan, Etian Etiane, Etiène et enfin Etienne.
L'on retrouve dans les auteurs du Xlle siècle des mots
français qui sont en tous points semblables à certains de nos
noms de famille. Ainsi le mot bestourné se trouve en toutes
lettres dans le Roman du Renard et dans le Roman de la
Rose. ; I
Pour parfaire une étymologie complète des noms qui tirent
leur origine du celtique, il faudrait une connaissance assez
approfondie de cette langue, et puis du bas-breton, de l'ir-
landais et de l'écossais, qui sont des rameaux détachés de la
langue primitive. Or, comme je n'ai aucun dictionnaire cel-
tique à ma disposition, j'ai dû me contenter de recueillir ça
et là les étymologies requises. Et même avec un meilleur
outillage, il m'eût encore été bien difficile d'obtenir beaucoup
plus de données étymologiques, vu que les personnes qui ont
créé les noms propres de communes, étaient peu lettrées, et
ne s'occupaient guère des règles de la grammaire.
Beaucoup de noms se tirent de la basse latinité, c 'est-à-dire
[ xvii ]
d'un latin populaire, parlé plutôt par le bas-peuple ou par
le militaire. D'où il résulte qu'il est bien difficile pour un
seul homme, quelque bonne volonté qu'il y apporte, de
retracer dans chaque cas épineux une étymologie sûre, indis-
cutable.
Beaucoup de noms de communes sont donc absolument
incompréhensibles. Ils défient même tout travail étymolo-
gique. Comment pourrait-on aujourd'hui comprendre des
noms comme Thurageau, Pusignan, Marjevols, Puydarrieux?
Cependant ces noms ont un air de famille assez français
pour qu'on ne puisse pas les confondre avec d'autres tirés
soit d'Espagne, soit d'Italie ou d'Allemagne. Etaient-ils
français lors de la formation de ces communes? Je l'ignore.
C'est à l'aide de ces noms que nos ancêtres ont désigné leur
famille en essayant, et souvent avec succès, de les façonner
de manière à les rendre mieux compréhensibles. C'est ainsi
que ces vieux noms démodés, vieillis, et sortis probablement
du langage usuel, ont été remplacés par d'autres à l'allure
plus moderne. Et finalement, communes et famille se sont res-
semblées au point de n'apporter plus que peu de différence.
Mais avant que de parvenir à ce dernier résultat, les anciens
noms de famille sortis des communes plus anciennes encore,
nous ont été transmis avec leurs défectuosités apparentes et
leur bizarrerie grammaticale, bien que les créateurs de ces
noms aient dii faire un grand effort pour donner une tour-
nure française à des noms qui semblent aujourd'hui ne
l'avoir jamais eue. Cet effort cependant, je le repète, n'a pas
été laissé au caprice. Il a fallu avoir recours à certains pro-
cédés, suivre des règles sinon absolues, du moins générales,
et que nous allons sommairement exposer. [Ici l'auteur
doit faire remarquer que dans ce travail, il ne marche
sur les brisées de personne. Aucun livre, aucun manuel
du genre ne lui est parvenu. Même ignore-t-il s'il en existe.
Conséquemment 11 n'apporte que le faible résultat de ses
études à travers ce dédale de noms plus ou moins baroques
sortis du vieux français et des langues dont il est sorti lui-
même] .
[ xviii ]
Etablissons tout d'abord que les noms de famille, d'une
manière générale, ont été créés plutôt d'après la terminaison
des noms de lieux dont on a voulu conserver la désinence.
Ainsi les noms de communes qui finissent par an, en, ein, on,
un, et, é, ey, i, y, o, au, aut, ot, aux, os, doivent retrouver
dans les noms de famille qui leur correspondent une conson-
nance à peu près semblable, quels que soient les changements
ou altérations que l'on ait pu faire au corps du mot. Ainsi
Baillargeon tire son origine de Barjon, commune. Pourquoi
a-t-on ajouté la syllabe lar? Parceque Barjon n'étant pas
un mot français du temps, on a voulu le franciser en se ser-
vant du mot baillarge. Il ne restait plus qu'à former la dési-
nence en lui conservant la syllabe geon ou jon.
C'est par un procédé identique que l'on a formé le mot
Berlinguette. Ce nom vient de la commune de Berguette.
Comme Berguette ne comporte aucun sens appréciable, on
lui a incorporé la syllabe lin, et on a fait Berlinguette, qui
comporte une signification.
Le nom de Galipeau a été créé de cette façon. On était en
présence de la ville de Gap. Gapeau n'étant pas français, on
y a ajouté la syllabe lip pour former Galipeau, mot français.
Les noms de communes qui finissent par a, as, at, ac, ont
vu changer ces terminaisons en ard, art, or, ort. Ainsi Ché-
nard, Rivard, Chouinard, Fafard et Rouillard, viennent res-
pectivement de Chenas, de Rivas, de Chonas, d'Afa et de
Rouillac.
Les noms de communes qui ont pour désinence les lettres
i et y, ont dû voir transformer ces lettres en ier, comme
Tessier de Tessy, Lussier, de Lussy, Saucier, de Saucy, Car-
rier, de Carri.
Les noms de communes terminés par e, es, ou par une con-
sonne, prennent pour désinence au, aud, eau, os, ot. Rentrent
dans cette catégorie un grand nombre de nos noms. Gau-
vreau, de Gavre, Boissinot, de Bessines, Minaud, de Mine,
Boissonneau, de Busson, Chauveau, de Sauve, Drapeau, de
Drap.
Plusieurs noms de commune qui se terminent par le mot
[ xix ]
ville, se sont vus enlever leur dernière syllabe pour mettre à
sa place tout simplement la lettre t. Ainsi Audet vient d'Au-
deville, Blanchet, de Blancheville, Hébert, d'Héberville,
Ouellet, d'Oëlleville, Rolet, de Rolleville.
Quelquefois, et toujours avec l'idée préconçue de fabriquer
un nom de famille mieux intelligible, on a dû altérer la pre-
mière lettre du nom de lieu. Cet usage fut assez fréquent,
puisqu'on le rencontre dans beaucoup de nos noms. C'est
ainsi qu'on a remplacé le c initial par un g, l'm par n, le ch
par s, le p par b et vice-versa. Ainsi de Prondines on a fait
Grondines, de Tranger on a fait Granger, de Trefïord on a
fait Greffard, et combien d'autres ?
D'autrefois on a placé une lettre initiale au nom de lieu
pour donner meilleure contenance au nom de famille. C'est
ainsi qu'on a fait le nom de Faribault, qui vient d'Auribeau,
Ratté, d'Athée, Pause, d'Auzée. Quelquefois même on a sup-
primé la première lettre; ainsi Auclair vient de Vauclerc.
Encore on a remplacé la syllabe initiale par une autre quel-
que peu dissemblable. De Bobital, on a fait Robitaille, de
Glamondans on a fait Plamondon.
Mais toutes ces altérations de syllabes dans les noms de
communes ne comportent pas une règle générale. Les excep-
tions sont très nombreuses; cependant elles ne nous empê-
chent pas de conclure qu'il y a une affinité indéniable, une
parenté indissoluble entre les noms de communes et ceux de
familles.
On serait peut-être tenté de croire que certains noms tirés
d'une province tout entière, comme les Tourangeau, les
Danjou, les Potvin, les Picard, viennent nécessairement de
Touraine, de l'Anjou, du Poitou et de Picardie. Il n'en va
pas toujours ainsi. Ainsi les Tourangeau viennent du Poitou,
les Danjou, de la Franche-Comté, les Potvin, de Normandie,
les Bretons du Bourbonnais, les Gascons, du Nivernais, etc.
Les mots Tourangeau, Potvin, Saintonge, Picard, etc, ne sont
en réalité que la forme française de la commune qui l'était
moins. Ainsi Tourangeau vient de Thurageau, Danjou vient
de Dampjoux, Breton vient de Brethon.
[ XX ]
Il est des séries de noms qui semblent tous dériver de près
d'un mot particulier, très français lui-même. On a accom-
modé ce mot aux besoins du moment pour en faire sortir
des noms de famille. Ainsi le mot casse a servi à la création
des Cassard, des Casaubon, des Casavant, des Caseneuve, des
Cassegrain, des Cassista, des Casson. Quelques-uns de ces
noms peuvent avoir une signification propre à eux, mais pour
les autres, il faut nécessairement s'en rapporter au mot casse
dont ils sont en partie formés.
Il y en va de même du mot Robi accolé à Robitaille, Robi-
doux, Robichaud. C'est toujours le mot robi qui prédomine,
avec l'intention d'apporter au nom un sens tiré du mot robi,
qui veut dire rubis.
III
ORTHOGRAPHIE DES NOMS
Est-ce que nous écrivons correctement nos noms? Voilà
une question qui demande une réponse. Elle est, du reste,
assez facile.
Quant à l'orthographie, prise d'une manière générale, nos
noms de famille sont presque toujours bien écrits, quoiqu'il
soit notoire que plusieurs d'entre nous semblent s'évertuer à
«n modifier les désinences, soit en les allongeant, soit en les
raccourcissant. Qu'on écrive Duquet ou Duquette, Morisset
•ou Morissette, cela nous importe peu. Cependant on doit
écrire Duquet ou plutôt Du Quet, en deux mots. Il en va de
même d'un bon nombre de noms commençant par D. Pour
être juste, disons que les familles dont les noms suivent
pouraient employer la particule, sans que personne ne puisse
trouver à redire. Ainsi Dorion, Doris, Daveluy, Dauteuil,
Dastou, Daoust, Dorval, Deschêne, Déziel, David, Dubé,
Damour, seraient parfaitement justifiables d'écrire leurs
noms comme suit: D'Oris, D'Aveluy, D'Auteuil, D'Eziel,
[ xxi ]
D'Avid, D'Eschêne, D'Astou, D'Aoust, D'Orval, JD'Ubé,
D'Amour, parce que leurs noms indiquent l'endroit de l'ori-
gine de chacun d'eux.
Nous pourrions en dire autant, et pour la même raison, des
noms de famille qui commencent par De. Ainsi Decaze, De-
lâge, Deblois, Decarie, Delisle, Decarreau, Dechêne, Decour-
cy, Degagné, Degordy, Deguire, Déguise, Dehaye, pour-
raient, sans s'exposer à des remarques injustes, signer De
Blois, De Caze, De Lage, De Carie, De Chêne, De Courcy, De
Gordy, De Guire, De Guise, De Haye, De l'Isle.
Pour la même raison, les noms qui commencent par Des
pourraient s'écrire en deux mots: Des Carreaux, Des Jar-
dins, Des Plats, Des Trois-Maisons, Des Biens, Des Barats,
Des Coteaux, Des Fossés, Des Loges, Des Patis, Des Noyers,
Des Rivières, Des Roussels, Des Ruisseaux, De Sannes, etc.
Ce qui vient d'être dit de la particule de s'applique aussi
bien aux noms qui commencent par le, la les. Ces noms pour-
raient s'écrire en deux ou trois mots, et personne ne pourrait
y trouver à redire. L'usage du reste en est déjà assez répandu.
Nous en citerons quelques exemples tirés des noms les plus
connus: Labarre, Labissionnière, Labrèche, Labrière, La-
certe, Lachance, Lachapelle, Lachaîne, Lacoursière, Lafon-
taine, Laframboise, Lafranee, Lagacé, Lajeunesse, Lalime,
Lamonde, Lamoureux, Lapolice, Laprise, Laquerre, Laro-
chelle, Larivière, Larocque, Laroque, Larue, Laserte, Latour,
Lareau, Lavallée, Laventure, Lavigne, Lavigueur, Lavio-
lette, Lebel, Ledroit, Legendre, Lefaivre, Lefebvre, Legrand,
Legris, Lelièvre, Lemay, Lemire, Lemoine, Lenoir, Lepage,
Lépine, Lespérance, Lesueur, Letartre, Le Tellier, Letendre,
Levasseur, Lévêque.
Un certain nombre de noms commençant par de le, de la
et du pourraient s'écrire en deux ou trois mots. Ainsi nous
pourrions écrire De la Chevrotière, De la Grave ou De La-
grave, De la Bruère, De la Marre, Du Beau, Du Breuil, Du
Bue, Du Cas, Du Chesneau, Du Chesny, Du Gros, Du Fort,
[ xxii ]
Du Gai, Du Gas, Du Guay, Du Haut, Du Lac, Du Mais, Du
Mas, Du Mesnil, Du Mont, Du Mouchel, Du Moutier, Du Pas,
Du Péré, Du Plain, Du Plessis, Du Pont, Du Prat, Du Puis,
Du Rocher, Du Sablon, D'Usseau, Du Fil, Du Tremblay, Du
Val, Du Vernay, Du Vert.
Quelques noms d'origine étrangère et devenus canadiens,
ont été forcément omis, faute de renseignements. C'est ainsi
qu'il n'est pas question des familles Glackemeyer, Prender-
gast, Bruchési, Blumhart, Donati, de Kastner, Pettigrew,
Dombroski,, Blagdon, Daly, Barnard, Burroughs, Croft.
Plusieurs noms canadiens ont dû être aussi mis de côté
pour la même raison. Ceux-là ne nous en voudront pas pour
cela. Il en reste assez d'autres pour contenter bien des gens.
Parmi toutes ces familles il en est qui sont disparues de
la scène du monde. Cependant il y en a encore beaucoup
plus qu'on ne le pense à première vue. J'en découvre tous
les jours que je croyais éteintes à tout jamais. Dans chaque
paroisse un peu ancienne, nous rencontrons deux ou trois
familles dont les noms nous surprennent toujours par leur
rareté, et je pourrais en citer ainsi à la douzaine générale-
ment peu connus ou même inconnus. Ainsi quels sont ceux
qui connaissent les Cassista, les Macarty, les Bellonne, les
Romine, les Chignol, les Frank, et même les Janvier ? Et bien,
ces familles ont existé ou existent encore dans le comté de
Kamouraska. Il est donc prudent de ne pas déclarer la dispa-
rition de telle ou telle famille, parce qu'on n'en a jamais
entendu parler ni même leur nom mentionner.
IV
SIGNIFICATION DES NOMS
Tous nos noms ont un sens propre. Leur choix en ayant été
déterminé par la vue des objets usuels, par des idées fami-
lières ou abstraites, on ne doit pas être surpris de rencontrer
une foule de noms connus et faciles à comprendre. Mais il
[ xxiii ]
en est d'antres, dont l'emploi, tombé en désuétude, ne nous
dit rien quand on les prend dans leur ensemble. C'est
alors que l'étymologie peut être de quelque secours, procédé
qui n'est pas toujours facile. Parmi ces noms il en est de
très beaux, qui sonnent très haut et dont doivent être fiers
ceux qui les portent. Y en a-t-il de plus suggestifs que ceux
de Roi, Prince, Duc, Marquis, Baron, Baronet, Lord, Cardi-
nal, Larchevêque, Lévêque? D'autres, plus modestes en appa-
rence, sont aussi faciles à comprendre qu'à signer: Tran-
quille, Vaillant, Têtu, Soupiran, Sourin, Sansfaçon, Richard.
11 en est de très curieux et qui semblent être disparus sans
laisser de profonds regrets : Gaudriole, Passepartout, Poil-
blanc, Prétaboire, Récompense.
Nous avons dressé une liste des noms les plus significatifs,
en les rangeant par groupes, suivant leur provenance.
Noms tirés de l'Ancien Testament: — Abel, Adam, Abra-
ham, David, Jacob, Samson, Salomon, Benjamin, Siméon,
Ezéchiel, Jérémie, Judith, Daniel, Zacharie, Jérôme, Zaché.
Noms tirés de l'Eglise, de la religion, et de la théologie: —
Labbé, Cardinal, Mathieu, Paradis, Pèlerin, Prieur, Robin,
Rochette, Ledieu, Lacroix, Noël, Jourdain, Bourdon, Chré-
tien, Chapais, Leclerc, Desautels, Lemoine.
Noms tirés de la géographie: — Danjou, Beauvais, Labrie,
Davignon, Langevin, Langlais, Normand, Malouin, Manseau,
Picard, Potvin, Provençal, Romain, Sarrasin, Valois, Lyon-
nais, Lombard, Aragon.
Noms tirés des titres, dignités, condition : — Labbé, Lan-
gelier, Langevin, Bailly, Baron, Baronet, Bédard, Bourgeois,
Bouthillier, Cardinal, Christin, Chrétien, Chevalier, Leclerc,
Auclerc, Comte, Lecomte^ Dauphin, Ledieu, Doyer, Lami-
rault, Larchevêque, Lécuyer, Lesieur, Major, Maréchal, Mar-
quis, Lemoine, Noblet, Lepage, Page, Papin, Pèlerin, Pré-
vost, Provost, Prieur, Primault, Prince, Prudhomme, Robi-
neau, Roy, Sénéchal, Voyer.
[ xxiv ]
Noms tirés de l'atmosphère, du temps, des métaux: — Aube,
Aubert, Brouillet, Caillouet, Doré, Fontaine, Geley, Liver-
nois, Riverin, Verreau, Verret.
Noms tirés de la parenté : — Laîné, Bisson, Cousin, Cousi-
neau, Cousinet, Bonenfant, Garceau, Legendre, Gendron,
Jouvin, Beaufils, Marion, Marier, Mariton, Parant, Poupart,
Duvemay, Viel.
Noms tirés de la fable et de l'histoire: — Mars, Dionne^
Alexandre, Caron, Balthazar, Néron, Adam, Bellone, David,
Dueas, Salomon, Samson, Mercure.
Noms tirés du corps de l'homme et des animaux: — Gar-
reau, Gigaut, Lavoix, Poitrineau.
Noms tirés des couleurs : — Leblanc, Blanchard, Blanchet,
Leblond, Blondeau, Blondel, Blondin, Lebrun, Bruneau, Bru-
nelle, Brunet, Grenet, Grenon, Legris, Lenoir, Noirot, Larose,
Leroux, Roussel, Derousselle, Rousseau, Roussin, Levert,
Duvert.
Noms tirés du règne animal : — Baudet, Baudin, Bisson,
Bizeau, Lebœuf, Cheval, Chevrette, Chevreuil, Cochon, Por-
cher, Dagneau, Lelièvre, Léonard, Lionnais, Poulin, Vacher,
Daigle, Cailhat, Caillouette, Lecoq, Colin, Corbin, Leduc,
Ducas, Létoumeau, Flamant, Huart, Hupé, Loysel, Marti-
neau, Rossignol, Pigeon, Duverdier, Lauriot, Barbeau, Dau-
phin, Grondin, Poisson, Bourdon, Cousin, Mouchel, Meunier,
Chabot, Lamouche, Lasnier, Porcher, Hazé, Vachon, Vacher.
Noms tirés du règne végétal: — Desaulniers, Boulay, La-
branche, Chêne, Duchesne, Duchesnay, Chenard, Lachesnaye,
Duchesnois, Cornière, Delorme, Desormeaux, Ducharme, Flo-
rian, Fleury, Lafleur, Fugère, Dufresne, Groseiller, Laurier,
Deslauriers, Lépine, Lépinay, Marcotte, Desnoyers, Olivier,
Paillette, Pailleur, Lapalme, Pépin, Plante, Laplante, Poi-
rier, Racine, Larose, Desrosiers, Souchet, Lavigne, Lavio-
lette.
[ XXV ]
Noms tirés des mois, des jours et des saisons: — Janvier,
Février, Mars, April, Mai, Juin, Juillet, Août, Macarty,
Jeudi, Printemps, Hiver.
Noms tirés du lieu de naissance: — Lallemant, Langevin,
Bédouin, Breton, Bourgoin, Bourguignon, Chartrain, Fla-
mand, Lefrançois, Gascon, Génois, Germain, Langlais, Lan-
glois. Lombard, Lorrain, Malouin, Manceau, Normand, Nor-
mandin, Picard, Potvin, Provençal, Romain, Sarrasin, Va-
lois, Vandal.
Noms tirés de divers patois : — Aube, Bousquet, Campagna,
Carrette, Claveau, Fournel, Gouge, Hamel, Martel, Mitron,
Mole, Périer, Perrier, Tellier.
Noms tirés de l'anglais: — Apert, Auger, Bacon, Baronet,
Belley, Bell, Borne, Bray, Chevalier, Daly, Dragon, Gallant,
Geley, Grave, Hardy, Joly, Major, Mallet, Maréchal, Mar-
quis, Parrot, Pilote, Provost, Savoie.
Noms tirés des bâtiments, matériaux, dépendances: —
Case, Cazeau, Decaze, Castel, Lachapelle, Châteauvert, De-
parrois. Desautels, Forget, Desforges, Dufort, Fortier, For-
tin, Granger, Grenier, Labadie, Lacour, Lamarche, Dufour,
Fournel, Dufournel, Fourneau, Maisonneuve, Desmazures,
Dumoulin, Perron, Dviperron, Lapierre, Perrin, Perrault,
Perrier, Dupont, Laporte, Lasalle, Latour, Vanier.
Noms tirés de l'alimentation: — Aveline, Barbeau, Bois-
sonneau, Boucher, Bouillon, Brochet, Casse, Cochon, Lecoq,
Farcy, Fricot. Gigault, Lelièvre, Painchaud, Pigeon, Poiré,
Poisson, Saucier, Lebœuf, Geley.
Noms tirés des métiers et professions : — Barbier, Berge-
ron. Boucher, Boulanger, Brassard, Brasset, Carmel, Carrier,
Carrière, Cartier, Charbonneau, Charpentier, Charron, Ca-
ron, Chartier, Chevrier, Couturier, Escudier, Fabre, Favreau,
Lefebvre, Lefaivre, Fortier, Forget, Fournier, Lasnier, Lar-
[ xxvi ]
cher, Lepailleur, Magnan, Masson, Marchand, Maréchal, Ma-
rin, Marinet, Mercier, Métivier, Métayer, Meunier, Panet,
Tellier, Tessier, Letourneur, Vacher, Vannier.
Noms tirés des machines, outils, ustensiles : — Baquet, La-
barre, Barre, Binet, Boisseau, Bouchard, Bougie, Boulet,
Dubroc, Labrosse, Brossard, Charrier, Charette, Chenet, Cla-
veau, Clouet, Collard, Corbeil, Crépeau, Cuvelier, Cuvillier,
Desautels, Desforges, Forget, Fourneau, Fournelle, Godet,
Godin, Gouge, Guillemet, Hochu, Mallard, Mallet, Langlumé,
Marquette, Dumoulin, Faquin, Paquet, Desplats, Quintal,
Rabeau, Ringuet, Robin, Robinet, Robineau, Rondeau, Sau-
cier, Latouche, Touchette, Truchon, Verreau, Verret.
Noms de baptême devenus noms propres : — Alain, Albert,
Aubert, Alexandre, Amiot, Auger, Annet, Armand, Arnaud,
Aubin, Barbeau, Benoît, Bernard, Berthelot, Colas, Collet,
Constantin, David, Lefrançois, Gauthier, Gilbert, Grégoire,
Guérin, Guillot, Guy, Henry, Isabelle, Jacques, Jacot, Jean,
Jeannotte, Joubert, Jobin, Laurent, Léger, Léonard, Mar-
cou, Marion, Marin, Martin, Martineau, Mathieu, Morisset,
Michel, Michon, Michaud, Nicole, Noël, Olivier, Pacaud,
Patry, Paulet, Philippe, Perron, Raymond, Robert, Rolland,
Richard, Romain, Samson, Servais, Simon, Simoneau, Syl-
vestre, Thribault, Thibaudeau, Thomassin, Vidal.
N. B. — Le lecteur voudra bien tenir compte des correc-
tions et additions insérées en appendice.
LES ANCIENNES GRANDES PROVINCES DE FRANCE
ET LEURS SUBDIVISIONS.
A6EN0IS. — Forme la majeure partie du dép. de Lot-et-
Garonne. Capitale : Agen.
ALSACE. — Formait les dép. du Haut et du Bas-Rhin. La
Haute-Alsace avait pour capitale Colmar, la Basse-Al-
sace, Strasbourg, et Sundgaw, Belfort.
AMIENOIS. — Compris dans le dép. de la Somme. Capitale :
Amiens.
ANGOUMOIS. — Forme avec la Saintonge IMéridionale, le
dép. de la Charente. Capitale : Angoulème.
ANJOU. — Forme le dép. de Maine-et-Loire, l'arrondissement
de Château-Gonthier du dép. de la Mayenne, celui de la
Flèche, du dép. de la Sarthe, et partie de l'arr. de Chi-
non du dép. d'Indre-et-Loire. Capitale : Angers. Le
Haut-Anjou avait pour capitale Anger, et le Bas-Anjou,
Saumur.
ARGONNE. — Petit pays compris entre la Marne, l'Aisne et
la Meuse. Sainte-Menehould en était la capitale.
ARMAGNAC. — Forme le dép. du Gers. Capitale: Auch. H
y avait le Haut et le Bas-Armagnac.
ARTOIS. — Forme le dép. du Pas-de-Calais, à l'exception de
l'arr. de Boulogne et d'une partie de celui de Montreuil.
Capitale : Arras.
AUNIS. — Forme aujourd'hui la partie nord-ouest du dép. de
la Charente-Inférieure. Capitale : La Rochelle.
AUVERGNE. — Comprend les dép .du Cantal et du Puy-de-
Dôme, et l'arrondissement de Brioude du dép. de la
Haute-Loire. Il y avait la Haute et la Basse-Auvergne.
La Haute comprenait le dép. du Cantal, capitale Auril-
lac, et la Basse, le dép. de Puy-de-Dôme, chef-lieu :
Clermont-Ferrand.
AUXERROIS. — Petit pays compris dans le dép. de l'Yonne,
[ xxviii ]
et forme la majeure partie de l'arr. d'Auxerre. Capitale:
Auxerre.
AUXOIS. — Pays de Bourgogne. Capitale : Semur.
BASSI6NY. — Formait la plus grande partie du dép. de la
Haute-Marne. Capitale : Chaumont.
BAZÂDOIS. — Forme partie du dép. de la Gironde. Capi-
tale : Bazas.
BEARN. — -Forme aujourd'hui le dép. des Basses-Pyrénées
à l'exception de l'arr. de Bayonne, et d'une partie de
celui de Mauléon. Capitale: Pau.
BEAX7CE. — Forme la majeure partie du dép. d'Eure-et-
Loir et de Loir-et-Cher. Capitale: Chartres. La Beauce
renfermait le pays Chartrain, la Haute et la Basse-
Beauce.
BEAUJOLAIS. — Formait la partie septentrionale du dép.
du Rhin, et une partie de l'arr. de Roanne, du dép. de la
Loire.
BEAUVOISIS. — Fait partie du dép. de l'Oise, et forme la
majeure partie de l'arr. de Beauvais. Capitale : Beauvais.
BERRI. — Forme les dép. de l'Indre et du Cher, à l'excep-
tion de l'arr. de Saint- Amand qui appartient au Bour-
bonnais. H y avait le Berri Occidental et le Berri Orien-
tal.
BIGORRE. — Forme la presque totalité du dép. des Hautes-
Pyrénées. Capitale: Tarbes.
BLAISOIS. — Forme la majeure partie du dép. de Loir-et-
Cher. Capitale: Blois.
BOULONNAIS. — Forme l'arr. de Boulogne, dans le dép. du
Pas-de-Calais. Capitale: Boulogne.
BOURBONNAIS. — Forme le dép. de l'Allier et l'arr. de
Saint-Amand, dép. du Cher. Capitale: Moulins.
BOURGOGNE. — Forme les dép. de l'Ain, de la Côte-d'Or,
de Saône-et-Loire, et une partie de l'Yonne. Capitale:
Dijon. Il y avait la Haute et la Basse-Bourgogne. Cette
.dernière était formée de l'Auxerrois et du Sénonnois.
BRESSE. — Pays qui forme la majeure partie du dép. de
l'Ain. Capitale: Bourg.
[ xxix ]
BRETAGNE. — Forme à présent les dép. d'Ille-et-Vilaine,
des Côtes-du-Nord, du Finistère, du Morbihan et de la
Loire-Inférieure.
BUGEY. — Fait partie maintenant du dép. de l'Ain, et
forme les arr. de Belley et de Nantua. Capitale : Belley.
CÂMBRESIS. — Forme la majeure partie de l'arr. de Cam-
brai, dép. du Nord. Capitale: Cambrai.
CHÂLOSSE. — Fait partie du dép. des Landes. Capitale:
Saint-Sever.
CHAMPAGNE.— Forme les dép. des Ardennes, de la Marne,
de l'Aube, de la Haute-Marne, et partie de ceux de
l'Aisne, de Seine-et-Marne, de l'Yonne, de la Côte-d'Or,
de la Haute-Saône, des Vosges et de la Meuse. Capitale :
Troyes.
CHAROLLAIS. — Fait partie du dép. de Saône-et-Loire.
Capitale: Charolles.
COMBRAILLE. — Fait partie du dép. de la Creuse. Capi-
tale : Evaux.
COMINGES. — Fait partie du dép. de la Haute-Garonne.
Capitale : Saint-Bertrand.
COMTAT-VENAISSIN.— Forme une partie du dép. de Vau-
eluse.
CONDOMOIS. — Fait partie des dép. du Gers et de Lot-et-
Garonne. Capitale: Condom.
COUSERANS. — Fait partie du dép. de l'Ariège. Capitale:
Saint-Lizier.
DAUPHINÉ. — Forme les dép. de la Drôme, des Hautes-
Alpes et de l'Isère. Capitale: Grenoble.
DOMBES. — Fait partie du dép. du Doubs. Capitale : Tré-
voux.
FLANDRE.— Forme aujourd'hui le dép. du Nord. Capitale:
Lille.
FOREZ. — Forme le dép. de la Loire, à l'exception d'une
partie de l'arr. de Roanne. Capitale: Montbrison.
FRANCHE-COMTÉ.— Comprend les dép. du Jura, du Doubs,
de la Haute-Saône. Capitale : Besançon.
[ XXX ]
GASCOGNE. — Forme à présent les dép. de la Haute-Ga-
ronne, du Gers et des Hautes-Pyrénées, et partie du dép.
des Landes et des Basses-Pyrénées.
Dans la Gascogne, il y avait huit petits pays: les
Landes, le Pays Basque, Chalosse, le Condomois, le Haut
et Bas-Armagnac, le Bigorre, le pays de Cominges, et
Couserans.
GATINAIS. — Forme partie des dép. de Seine-et-Marne et
du Loiret. On le divisait en Gâtinais français, avec Me-
lun pour capitale, et le Gâtinais propre. Capitale : Mon-
targis.
GUIENNE. — La plus considérable des ci-devant provinces
de France. Elle forme aujourd'hui les dép. de la Gi-
ronde, de la Dordogne, du Lot, de l'Aveyron, de Lot-et-
Garonne, du Tarn, des Landes, du Gers, et des Hautes-
Pyrénées, ainsi qu'une partie des dép. de Tarn-et-Ga-
ronne, de l'Ariège et des Basses-Pyrénées. Capitale :
Bordeaux.
La Guienne comprenait plusieurs subdivisions : la
Guienne proprement dite, capitale: Bordeaux, la Gas-
cogne, le Rouergue, le Quercy, le Périgord, l'Agenois.
HUREPOIS. — Fait partie du dép. de Seine-et-Oise. Capi-
tale: Dourdan.
ISLE-DE-FRANCE. — Forme les dép. de la Seine, de Seine-
et-Oise, de l'Oise, et partie de ceux de Seine-et-Marne,
de l'Aisne et d'Eure-et-Loir. Capitale: Paris. L'Isle-de-
France comprenait le Parisis formé du pays de Hure-
poix, du Mantais, et de la plaine de Saint-Denis.
LAONAIS. — Fait partie du dép. de l'Aisne, en Picardie.
Capitale : Laon.
LANGUEDOC— Forme les dép. du Tarn, de l'Hérault, de la
Lozère, de l'Ardèche et du Gard, et les arr. de Toulouse
et de Villefranche (Haut-Garonne), l'arr. de Castel-Sar-
rasin (Tarn-et-Garonne, les arr. du Puy et d'Yssin-
geaux (Haute-Loire). Le Haut-Languedoc avait pour
capitale Toulouse, et le Bas-Languedoc, Montpellier, et
les Cévennes, Alais.
[ xxxi ]
LORRAINE. — Comprend les dép. des Vosges, de la Meiirtlie,
de la Moselle et de la Meuse.
LOUDUNOIS. — Forme partie du dép. de la Vienne. Capi-
tale : Loudun.
LYONNAIS. — Forme aujourd'hui les dép. du Rhône et de
la Loire. Capitale : Lyon.
MAINE. — Forme aujourd'hui le dép. de la Sarthe, à l'ex-
ception de l'arr. de La Flèche, les arr. de Laval et de
Mayenne, l'arr. de Mortagne, du dép. de l'Orne, et de
partie des arr. de Dreux et de Nogent-le-Rotrou, du
dép. d'Eure-et-Loir. Le Maine se divisait en Haut-Maine,
capitale Mayenne, en Bas-Maine, capitale le Mans, et
Perche.
MANTAIS. — Fait partie du dép. de Seine-et-Oise. Capitale :
Mantes.
MARCHE. — Forme le dép. de la Creuse, et partie des arr.
de Limoges et de Bellac, dans la Haute-Vienne.
MESSIN. — Le pays Messin formait la plus grande partie
du dép. de la Moselle, et partie de ceux de la Meuse et de
la Meurthe.
NAVARRE. — Fait partie du dép. des Basses-Pyrénées et
forme la presque totalité de l'arr. de Bayonne.
NIVERNAIS. — Forme le dép. de la Nièvre, à l'exception
d'une partie de l'arr. de Château-Chinon et de quelques
cantons de l'arrondissement de Cosne.
NORMANDIE. — Forme maintenant les dép. de la Seine-
Inférieure, de l'Eure, du Calvados, de la Manche, et
l'Orne à l'exception de l'arr. de Mortagne. Il y avait la
Haute et la Basse-Normandie. La Haute comprenait le
Vexin, divisé en Vexin-Français et Vexin-Normand, le
Roumois, le pays d'Ouche, le pays de Caux, le pays de
Bray, Neubourg et Lieuvain.
NOYONNAIS. — Fait partie du dép. de l'Oise, en Picardie.
Capitale : Noyon.
ORLEANAIS. — Forme les dép. de Loir-et-Cher et du Loi-
ret, l'arr. de Châteaudun et partie de celui de Chartres
[ xxxii ]
(Eure-et-Loir) et partie de l'arr. de Cosne (Nièvre).
Capitale: Blois.
L 'Orléanais était subdivisé comme suit : la Beauee,
capitale: Chartres, le Gâtinais, le Blaisois, et l'Orléanais
propre, capitale: Orléans.
PAYS BASQUE. — Fait partie du dép. des Basses-Pyrénées,
et forme l'ar. de Bayonne, et partie de celui de Mauléon.
Capitale : Bayonne.
PAYS CHARTRAIN.— Dans la Beauee, dép. d'Eure-et-Loir.
Capitale : Chartres.
PAYS DE BRAY. — Compris dans le dép. de la Seine-Infé-
rieure, où il forme l'arr. de Neufchâtel.
PAYS DE CAUX. — Forme la plus grande partie du dép. de
la Seine-Inférieure. Capitale: Caudebec.
PERCHE. — Compris dans les dép. de la Sarthe, de l'Orne,
d 'Eure-et-Loir et de Loir-et-Cher. Capitale : Mortagne.
PERIGORD. — Forme la totalité du dép. de la Dordogne.
Capitale: Périgueux.
PICARDIE. — Forme maintenant le dép. de la Somme,
ainsi que les arrondissements de St-Quentin et de Ver-
vins (Aisne) et de ceux de Boulogne et de Montreuil
(Pas-de-Calais,) La Picardie comprenait l'Amienois, le
Beauvoisis, le Calaisis, capitale: Calais, le Laonais, le
Noyonnais, Ponthieu, capitale: Abbeville, Santerre, ca-
pitale : Péronne, le Soissonnais, capitale : Soissons, Thié-
rache, capitale: Guise, Valois, le Tardenois (Aisne) le
Vermandois, capitale : St-Quentin, et le pays de Vi-
meux, capitale: St-Valéry, le Bourbonnais, dans le Pas-
de-Calais.
POITOU. — Forme les dép. de la Vienne, des Deux-Sèvres et
de la Vendée. Le Haut-Poitou avait Poitiers pour capi-
tale, et le Bas-Poitou, Fontenay.
PROVENCE. — Forme maintenant les dép. des Bouches-du-
Rhône, du Var, des Basses-Alpes, et une partie de celui
de Vaucluse.
QUERCY. — ^Forme le dép. du Lot, et partie de celui de Tarn-
et-Garonne. Capitale: Cahors.
[ xxxiii ]
ROUERGUE. — Forme le dép. de l'Aveyron. Capitale: Ro-
dez.
ROUSSILLON. — Forme le dép. des Pyrénées-Orientales, à
l'exception d'une petite partie des arr. de Perpignan et
de Prades.
SAINTONGE. — Forme la majeure partie des dép. de la Cha-
rente-Inférieure et de la Charente.
SENONNOIS. — Forme partie de la province de Bourgogne.
SOISSONNAIS. — Fait partie du dép. de l'Aisne. Capitale:
Soissons.
TOURAINE. — Forme le dép. d'Indre-et-Loire, et une par-
tie de celui de la Vienne. Capitale : Tours.
XJZEGE. — Comprend le dép. du Gard. Capitale: Uzès.
VIVARAIS. — Forme le dép. de l'Ardèche, et partie de
celui de la Haute-Loire. Dépendait du Languedoc.
I
NOMS DE FAMILLE
CANADIENS-FRANÇAIS
^^
T»
ABEL. — D'Habel, seigneurie de Bretagne, érigée en 1696
pour de Keraly. Le nom d'Abel est un souvenir du se-
cond fils d'Adam, qui fut tué par son frère Caïn. Il y a
eu des Abel, comme il y a eu dés Adam, des Abraham
et des Daniel. Abel veut dire pleureur et non pas afflic-
tion, qui se traduit en hébreu par Ebel. En bas-breton
Abel veut dire pomme, et en gallois, discorde, perte,
débat.
ABELIN. — D'Abeilhan, commune du dép. de l'Hérault, arr
de Béziers. Diminutif d'Abel, comme on a fait Marcellin
de Marcel, et agnelin d'agnel ou d'agneau. Dérive du
verbe abelir, plaire, charmer.
ABIRON. — D'Aviron, commune du dép. de l'Eure, arr.
d'Evreux. Abiron semble venir de cet Israélite qui fut
englouti avec Dathan pour s'être révolté contre Moïse.
ABRAHAM, ABRAN. — De Sabran, commune du dép. du
Gard, arr. d'Uzès. Abraham veut dire père d'une grande
[ 2 ]
multitude. On ne pourrait pas en dire autant du premier
Abraham canadien, dont la famille n'a pas été nom-
breuse.
ABRIÂS. — D 'Arboras, commune du dép. de l'Hérault, arr.
de Lodève. Dérive d'abrier, couvrir, protéger.
ACHAPT. — D 'Apchat, commune du Puy-de-Dôme, canton
d'Ardes. Achapt signifie achat, rachat.
ACHARD. — D'Aclières, seigneurie du Berry, établie en
1450 pour le bénéfice de De Mornay. Autre seigneurie
dans le Gâtinais, devenue baronnie en 1626. Achard
dérive de ache, charpente, ou d'acharir, voiturer. En
argot achard signifiait acharnement.
ACHIN, ACHIM.— D'Achain, village du dép. de la Meurthe
en Lorraine. Semble dériver du breton hakein, qui veut
dire bredouiller.
AGHOIE. — D'Achiet, com. du Pas-de-Calais, arr. d'Arras.
Vient d'achoison, ou occasion heureuse ou malheureuse.
Du latin occasio.
ACOULON. — D 'Accolans, commune du dép. du Doubs, arr.
de Baume-les-Dames. Vient d'acouler, couler, affluer.
ADAM. — D'Adam-les-Passavant, com. du dép. du Doubs,
arr. de Baume-les-Dames. Adam, nom hébreu, qui vient
d'adama, terre, et .signifie homme en général. Il existe
une sorte de hibou appelé adam.
ADDE. — D'Agde, commune du dép. du Hérault, arr. de
Béziers. Vient du latin addere, ajouter.
ADHEMAR. — De Montélimar, ville du dép. de la Drôme,
au confluent du Roubion et du Jabron qui se jettent dans
le Rhône à une demie lieue de là. Montélimar se dit en
latin Ademari mons, d'où Adhémar.
ADNEY. — D'Arney, commune du dép. des Hautes-Pyrénées,
arr. de Bagnères. En botanique l'adné est une chose
attachée à une autre de manière à faire croire qu'elle
fait corps avec elle.
ADRAIN. — D'Andrein, commune des Basses-Pyrénées, arr.
[ 3 ]
d'Ortliez. Vient d 'adrès, adras, dédommagement, moyen,
minute.
ADRESNY. — D'Ardenay, commune du dép. de la Sarthe,
arr. de Mans. Vient d 'aderrenier, retarder.
ADRIERS. — Commune du dép. de la Vienne, arr. de Mont-
morillon. Vient d'adererer, reculer.
ADVERSY, AVERSY. — D 'Aressy, commune des Basses-
Pyrénées, arr. de Pau. Du mot adversion, adversité, tri-
bulation.
AGATHE. — D'Agathe ou Agde, commune du dép. de l'Hé-
rault, arr. de Béziers. Agathe, pierre précieuse de di-
verses couleurs, terme de marine, nom de femme.
AGÏLLE. — Village du département de Loir-et-Cher, dans
le Maine. AgUle veut dire léger, dispos. Nom propre
d 'homme.
AGNEL. — D'Agnielles, dans le dép. des Hautes-Alpes, arr.
de Gap. Agnel est le nom d'une ancienne monnaie d'or
que fit frapper saint Louis, roi de France, sur laquelle
était représenté un agneau. Signifie encore fourrure
d'agneau. Dérive d'agnus, agneau.
AGNES. — D'Agnez, commune du dép. du Pas-de-Calais,
arr. d'Arras. Dérive du latin agnus, agneau.
AGUERRE. — D'Aillères, commune du dép. de l'Ariège, arr.
de Foix. Vient du verbe aguerrir ou du vieux mot
guerrer, qui se disait pour garer, ou encore d'aguer,
déguiser, rendre perçant. L'a préfixe veut dire en
dehors.
AHIER. — D 'Ailly, commune du dép. de la Somme, arr.
d'Amiens. Vient de a et de hier, s'égosiller, battre à
coups redoublés.
AIDE-CREQUI. — Créqui, commune du dép. du Pas-de-
Calais, arr. de Montreuil. Est-ce un souvenir de Fran-
çois de Créqui, maréchal de France en 1669 ? Aide, dans
l'art militaire, se dit de certains officiers, comme l'aide-
de-camp, l'aide-major. L'aide-de-eamp aidait le maré-
chal dans la distribution des divers quartiers d'un cam-
pement.
[ 4 ]
AIGNAN. — Petite ville dans le Bas-Armagnac, près de la
source du Midon. Il en existe plusieurs autres du même
nom, dans la Loire-Inférieure, dans le Gers, dans la
Sarthe, dans le Morbihan. Dérive'' d'aigne, bête à laine.
AIGREMONT. — Communes des dép. du Gard, de la Haute-
Marne, de l'Yonne et de Seine-et-Oise. Dérive d'aigre,
ardent, impétueux.
AIGRON. — D 'Airon, commune du dép. du Pas-de-Calais,
arr. de Montreuil. Aigron est le nom du héron.
AIGUEBELLE. — Commune du dép. de la Savoie, arr. de
St-Jean de Maurienne. Ce mot est formé de algue, eau
et de belle, ou belle eau.
AIGUILLON. — Ville de la Guienne, dép. de l'Ariège, au
confluent du Lot et de la Garonne. Il y a aussi Aiguillon-
sur-mer, en Vendée, arr. de Fontenay, canton de Luçon.
Aiguillon signifie piquant.
AILLY. — Ailly-le-Haut-Clocher, seigneurie de Picardie, qui
date de 1556, avec Beauvarlet comme tenant. Aillie
voulait dire sauce à l'ail ou encore aigreur, querelle.
AIME. — D'Aimé, en Savoie, arr. de Moutiers. Nom propre
qui vient du latin amatus, aimé.
AINE. — Commune dans le comté de Bigorre, diocèse de
Tarbes, parlement de Toulouse. Aine, est le premier né
du mariage.
AINEAU, AISNEAU. — D'Aisne ou Vézine, village du dép.
de l'Ain, dans la Bresse, canton de Bagé-le-Châtel. Dé-
rive de aine, âne, bourrique.
AINS, AINSE. — Bourg de la Charente-Inférieure, en Aunis.
Semble venir de ainxe, qui signifiait angoisse, anxiété.
ALAIN. — Commune dans la Provence, diocèse de Toul,
parlement de Metz. Nom d'homme qui signifie romarin.
En irlandais, alain signifie blanc, luisant, serein.
ALARD. — D'Alas, seigneurie de Picardie, qui remonte à
1284, avec De "Warroquier, comme premier seigneur.
Nom d'homme fait d'Adelard, puis Adlard, et finale-
ment Alard.
[ 5 ]
ALARIE. — Alary, bourg dans le Quercy et dans le Rouer-
gue.
ALBANEL. — D'Allebanne, commune du dép. de Savoie.
Dérive de albe, blanc, et d'anel, chaîne, fer, lunettes.
Alban en gaulois, voulait dire phare, aube.
ALBEAU. — D'Albe, commune du dép. de l'Hérault, à 4
lieues de Viviers. Albeau, diminutif d'albe, bois blanc,
aubier. C'est aussi le nom d'un petit poisson de rivière
qui ressemble à l'anchois.
ALBERT. — Duché de Picardie, érigée en 1620 en faveur
d'Albert de Luynes. Nom d'homme, formé d'Adelbert.
Albert voulait dire monnaie blanche, anévrisme,
ALBRAIN. — D'Albens, commune du dép. de la Savoie, arr.
de Chambéry. Albran, nom du canard sauvage.
ALEXANDRE. — Commune du dép. du Gard, arr. d'Uzès.
Nom d'homme qui vient du grec alezzo, je chasse, j'aide,
je défends, et d'anèr, homme, le défenseur des hommes.
ALIEN. — D'Alignan, dans le Bas-Languedoc, diocèse de
Béziers, parlement de Toulouse. Allen signifie étranger,
qui est d'un autre lieu; du latin alienus.
ALINAI7D. — D 'Allennes, commune du dép. du Nord, arr.
de Lille. D'alenée, voix, respiration.
ALIX. — Petite ville dans le dép. du Rhône, dans le Lyon-
nais. Nom de femme pris pour Adélaïde. On disait
Adélaïs, dont on fait Alix par contraction. Allix signi-
fiait lis, et alix, compacte, serré.
ALLAINE. — Commune du dép. de la Somme, en Picardie,
arr. de Péronne. Allaine, alêne, lancette, poignard.
ALLAIRE. — Chef -lieu de canton, dans le Morbihan, arr.
de Vannes. Dérive d'aleoir, allée, galerie, passage.
ALLARD. — D'Alias, commune du dép. de la Charente-Infé-
rieure, arr. de Jonzac. Alleor, vieux mot français, qui
signifie voyageur.
ALLE. — Alet, commune du dép. de l'Aude, arr. de Limoux,
Allé, passé, mort, usé, corrompu.
ALLEGRAIN. — D'Allègre, commune de la Haute-Loire,
[ 6 ]
arr. du Puy. Vient d'allégrer, rendre gai, joyeux, dispos.
ALLIEZ. — D 'Allier, commune des Hautes-Pyrénées, arr. de
Tarbes. Allier signifie filet.
ALLOIR. — Des Allois, village de la Haute-Vienne, dans le
Limousin, canton de S. Léonard. AUoir signifie allée,
corridor.
ALMAIN. — D'Allemant, commune du dép. de la Marne,
arr. d'Epernay. Dérive d'almus, beau, bon, d'où aime,
qui nourrit, qui fertilise, et almain, diminutif d'alme.
ALMERAS. — D'Almaraz, ville d'Espagne, dans l'Estrama-
dure, sur le Tage.
ALOIGNON. — D'Alagnon, petite rivière que l'on traverse
sur la route de Clermont-Ferrand à Toulouse. Vient
d'alloigne, qui signifie distance, retard, délai, éloigne-
ment.
ALOGNY. — D'Allogny, commune du dép. du Cher, arr. de
Bourges. Vient d'alogne, alêne, cordage qui sert sur les
pontons.
ALONZE. — D 'Allons, commune du dép. des Basses- Alpes,
en Provence, et commune du dép. de Lot-et-Garonne,
arr. de Nérac. Alonze est le même nom qu'Alphonse.
Nom propre d'homme qui vient d'alpha, premier, princi-
pal, parce qu'alpha est la première lettre de l'alphabet
grec.
ALY. — D 'Ally, village du dép. du Cantal, canton de Pleaux.
Alie est l'alizé, fruit de l'alizier. En bas-breton, aly
signifiait sollicitation.
AMARITON. — De Méritein, commune des Basses-Pyrénées,
arr. d'Orthez. Vient d'amarrir, remplir de chagrin.
AMAS, AMASSE. — D'Amassé, rivière de Touraine, qui se
jette dans la Loire, près d'Amboise. Amasse veut dire
levée d'impôts.
AMAURY. — D'Amure, commune du dép .des Deux-Sèvres,
arr. de Niort. Amaury, nom propre d'homme, vient
d'Amalaric, dont on a fait Amalric, puis Amauric et
enfin Amaury.
[ 7 ]
AMBÂU. — D'Ambres, commune du dép. du Tarn, arr.
de Lavaur. Vient d'ambe, l'un et l'autre, du latin ambo,
tous deux.
AMBOISE. — Commune du dép. d'Indre-et-Loire, arr. de
Tours.
AMEAU. — D 'Ames, village du dép. du Pas-de-Calais, can-
ton de Norent-Fontes. Ameau, nom de famille, qui vient
d'Amis, ancien nom propre lui-même. Dérive du latin
amo, j'aime.
AMELOT. — D 'Amel, commune du dép. de la Meuse, arr. de
Montmédy. Diminutif d'Amel.
AMESSE, AMESTE. — D'Amettes, commune du Pas-de-
Calais, arr. de Béthune. Ameste veut dire paroisse, dis-
trict.
AMIEN. — Amiens, ville du dép. de la Somme, et ancienne
capitale de Picardie, avec bailliage.
AMIOT, AMYOT. — D'Amy, commune du dép. de l'Oise,
arr. de Compiègne, canton de Lassigny, érigée en sei-
gneurie en 1658 pour de Belloy. Amiot, forme parago-
gique diminutif du mot ami, qui signifiait aussi guet,
sentinelle, comme on a fait vieillot, pâlot, de vieux et
de pâle.
AMIRAULT. — D'Amirat, corn, du dép. des Alpes-Maritimes,
arr. de Grasse. Amirault, variante d'amir ou émir, ami-
ral, prince, gouverneur de province.
AMONT. — Commune du dép. de la Haute-Saône, arr. de
Lure. C'est aussi le nom d'un ancien bailliage de la
Franche-Comté septentrionale, dép. du Doubs. Dérive
du latin ad montem, en haut, hauteur.
AMOS. — D'Ames, commune du dép. du Pas-de-Calais. V.
Amau. Amos est le nom de l'un des douze petits pro-
phètes juifs.
AMPLEMAN. — D'Amblimont, commune des Ardennes, arr.
de Sedan. Amplement, d'une manière ample.
ANAIS. — Villages des dép. de la Charente et de la Cha-
rente-Inférieure. V. Anet.
[ 8 ]
ANCE. — D'Ance, village du Lyonnais, sur la Saône, à 9
lieues de Mauléon, sur la route de Dax. Ance, anse.
ANOEL. — D'Aneelle, village du dép. des Hautes-Alpes
dans le Dauphiné, canton de Saint-Bonnet, arr. de Gap.
Ancel veut dire bénitier.
ANCELIN. — D'Anceins, commune du dép. de l'Orne, arr.
d'Argentan. Ancelin, dim. d 'ancel.
ANDAYE. — D 'Andouillé, commune du dép. de la Mayenne,
arr. de Laval. Andayé se disait pour andouillé.
ANDIAU. — D 'Andlau, commune du Bas-Rhin, canton de
Barr.
ANDIRAND. — Petite ville dans le dép. de Lot-et-Garonne.
Dérive du mot andier, chenet.
ANDRE. — D'Andrest, village du dép. des Hautes-Pyrénées,
dans le Bigorre. André, nom propre d'homme, qui vient
du grec Andreias, c'est-à-dire courageux.
ANDRIEU. — Seigneurie qui date de 1463, en Normandie,
érigée pour De Varignières. Vient du grec anèr, homme.
ANDRO. — D'Andres, commune du Pas-de-Calais, arr. de
Boulogne.
ANDRI, ANDRY. — D'Andries, bourg du dép. de l'Yonne,
arr. d'Auxerre, canton de Coulonge-sur-Yonne.
ANCTIL. — D'Anctiville, commune de Normandie, diocèse
de Coutances, parlement de Rouen. Dérive de anker,
suspendre.
ANES. — D 'Anets, seigneurie bretonne, unie en 1683 aa
marquisat de Chàteau-Frémont. V. Anet.
ANET. — Châtellenie, située dans l'He-de-France qui, érigée
au seizième siècle, a successivement appartenu aux fa-
milles Poitiers, Lorraine, Mercœur, Vendôme, Condé, du
Maine, de Dorabes, d'Eu, au roi de France, à de Pen-
thièvre, et enfin, en 1817, à la famille de Monti. Anet
vient du grec ana et thein, qui veulent dire, croître rapi-
dement. L'anet est une plante ombellifère qui pousse
très vite. Dans le vieux français, anet voulait dire
canard.
[ 9 ]
ANFRIÉ. — D 'Anfreville, dans le dép. de la Seine-Infé-
rieure, canton de Boos, arr. de Rouen. Dans le langage
gallois, anfri signifiait une action honteuse.
AN GARÉ. — D'Angayrat, commune de l'Agenois, diocèse
d'Agen, parlement de Bordeaux, arr. de Montdidier.
Dérive du verbe angarier, fatiguer de corvées.
ANGERS. — Chef-lieu du département de Maine-et-Loire,
sur la Mayenne, un peu au-dessous de son affluent avec
la Sarthe, à une lieue de la Loire. D 'après les uns, anger
signifierait peupler, propager, d'après d'autres, char-
ger, et enfin contraindre, et dériverait du persan aga-
riden, presser.
ANGELVIN, ANGEVIN. — D'Anvin, commune du dép. du
Pas-de-Calais, arr. de St-Pol-sur-Ternoise. Angevin, mon-
naie d'argent frappée par les comtes d'Anjou. Ce mot
semble venir du grec aggelos, messager.
ANOTE. — D 'Annot, ville du dép. des Basses-Alpes, dans les
montagnes, su rla Vaire. Du verbe annoter, faire des
notes explicatives d'un ouvrage.
ANNET. — Village du dép. de Seine-et-Marne, dans la Brie,
arr. de Meaux. V. Anet.
ANSE. — Bourgade sur l'Azergues, ancienne station romaine,
à une lieue de Villefranche et de Trévoux, et à quatre
lieues de Lyon. Anse a voulu dire manche, cuve, espèce
de pressoir.
ANTAYA. — Nom sauvage accolé à une branche de la fa-
mille Pelletier, qui avait épousé une sauvagesse du nom
d 'Antaya.
ANTERIEUX. — Commune du dép. du Cantal, arr. de Saint-
Flour.
ANTHIAUME. — D'Anthème, commune du Puy-de-Dôme,
arr. de Lunéville. Anthiaume, mot composé d'anti, vieux
et de heaume, barre de gouvernail.
ANTHOINE. — D'Antonne, commune du dép. de la Dor-
dogne, arr. de Périgueux.
[ 10 ]
ANTIGNY. — Commune de la Vendée, arr. de Fontenay-le-
Comte.
ANTINAEL. — D'Antignac, commune de la Charente-Infé-
rieure, arr. de Jonzae. Mot composé d'anti, vieux, et de
naël, jour de naissance.
ANTON Y. — Commune du dép. de le Seine, arr. de Sceaux.
APART. — De Daspard, commune des Basses-Pyrénées, arr,
de Bayonne. Hapart signifie crochet à pendre, voleur,
brigand.
APERT. — D'Abère, commune des Basses-Pyrénées, arr. de
Pau. Apert vient du latin apertus, ouvert, franc, décou-
vert. Mot employé dans le langage du palais, dans l'ex-
pression il appert. En bas breton, il voulait dire, adroit,
industrieux.
APRIL. — D'Avril, commune du dép. de Meurthe-et-Moselle,
arr. de Briey. April vient d 'aprilis, avril, du verbe
aperir, ouvrir, parceque, dit Nicot, en ce mois d'avril,
la terre semble ouvrir son sein pour la production des
végétaux.
AQUIEN. — D'Aquin, commune du Pas-de-Calais, arr. de
Saint-Omer.
ARABY. — D 'Arbis, commune de la Gironde, arr. de La
Réole.
ARAMY. — D'Aramits, commune des Basses-Pyrénées, arr.
d'Oloron. Aramie, serment, accusation, plainte, bataille.
ARBARIS. — D'Arbori, commune du dép. de la Corse, arr.
d'Ajaccio. Arboirie signifie réunion d'arbres et d'arbris-
seaux.
ARBOUR. — D 'Arbourse, commune du dép. de la Nièvre,
arr. de Cosne. Arbour, à rebours.
ARCAND. — D'Archamps, commune de la Haute-Savoie,
arr. de St-Julien. Vient d'arcage, langage.
ARCASTE. — D'Arrast, commune des Basses-Pyrénées, arr.
de Mauléon. Arcasse, mot employé pour désigner la
culasse du navire ou le derrière du gaillard.
ARCENEAU, ARSENEAU. — D'Arcine, commune de la
[ 11 ]
Haute-Savoie, arr. de St-Julien. Arseneau vient d'arse-
nac, espèce de citadelle pour garder les machines de
guerre.
ARCHAMBAULT. — Lieu du dép. de l'Yonne, arr. de Ton-
nerre, dans la commune de Grimault. Dérive d'arche,
are de triomphe, arcade, coffre, trésor, archives, cellier,
bâtiment de mer ou de rivière.
ARCHERON. — D'Archon, commune du dép. de l'Aisne, arr.
de Laon.
ARCOUET. — De St-Hilaire-du-Harcouet, bourg du dép. de
la Manche, arr. de Mortain. Arcouet est aussi le nom
d'une pointe par où l'on passe pour se rendre à l'île
Bréhat dans les environs de Paimpol. Vient d'arcté,
étréci, resserré.
ARDILLOS. — Des Ardillats, commune du dép. du Rhône,
arr. de Villefranche-sur-Saône. Vient du grec ardis,
pointe d'une flèche.
ARDOIS. — D'Ardoix, commune du dép. de l'Ardèche, arr.
de Tournon. Dérive du celtique arddû, noir, d'où ar-
denne, qui signifie forêt sombre.
ARDOUIN. — D'Ardin, commune du dép. des Deux-Sèvres,
arr. de Niort. Vient d'ardoir, brûler, consumer.
AREL. — D'Arelles, en Bourgogne, diocèse de Langres, par-
lement de Dijon. Arel est le diminutif d'areau, espèce
de charrue sans roues.
ARENAIRE. — D'Arnière, commune du dép. de l'Eure, arr.
d'Evreux. Vient d'arenosus, sablonneux, ou d'aren, cor-
dage. Une arenière était le nom d'une sablonnière.
ARET. — D 'Arette, commune du dép des Basses-Pyrénées,
arr. d'Oloron. Areste signifiait barbe d'épis, espèce
d'aiguille ou d'épingle.
AREZ. — Petite ville de la Gironde, diocèse, parlement et
intendance de Bordeaux. Un arée est une terre labourée.
ARGENCOURT. — Com. de la Bourgogne, diocèse d 'Autun,
parlement et intendance de Dijon.
[ 12 ]
ARGENSON. — Seigneurie avec titre de comté, en Tou-
raine, sur la Creuse, à 5 lieues de Cliinon. Autre sei-
gneurie du même nom dans le Poitou, unie en 1712 au
marquisat de la Graye.
ARGENTEUIL. — Baronnie en Champagne, érigée en 1500
pour Le Bascle, et communes dans les départements de
Seine-et-Oise et de l'Yonne.
ARGOS. — D'Argol, commune du Finistère, arr. de Château-
lin. Argos signifie doigt du pied, ergot de coq, boulet du
cheval. En grec argos signifie blanc.
ARGUIN. — D 'Argut, commune de la Haute Garonne, arr.
de St-Gaudens. Dérive d'argu, sorte de bâtiment plat,
large, haut de bord, et qui se rétrécit par le haut.
ARGUINEAU. — D'Arguenos, village de la Haute-Garonne,
arr. de St-Gaudens.
ARIAL. — D 'Arles, commune des Pyrénées-Orientales, et
ville des Bouches-du-Rhône. Arial vient d'ari, bord du
fossé.
ARIUS. — D 'Arieus, bourg situé près de Carcassonne, dans
le dép. de l'Aude. Arius, prêtre de l'église d'Antioche, et
fauteur d'hérésie.
ARLEN. — D'Ariane, commune du Puy-de-Dôme, arr. d'Am-
bert. Arlan est un cri lancé par les soldats quand ils
voulaient se livrer au pillage.
ARMAND. — D'Armancourt, com. du dép. de la Somme, arr,
de Montdidier. Armand vient de l'allemand hart, ro-
buste et de mann, homme, ou de war, guerre, et de man,
homme ou vir bellator, guerrier.
ARNAUD, ARNAULT. — Arnaud, en Gascogne, diocèse de
Lombez, parlement de Toulouse. Nom propre d'homme
qui dérive de l'allemand arn, aigle, et de ait, vieux,
noble. Alors Arnaud signifierait aigle noble. Ménage
croit que ce nom a été fait de Renaud, par une transpo-
sition de lettres, et par le changement de l'a en e.
ARNOULD. — Ville de Seine-et-Oise, à 7 lieues de Chartres,
dans la forêt d'Iveline, ou encore Arnouville, dans l'Ile-
[ 13 ]
de-France, érigée en comté en 1817, en faveur de Mi-
chault d'Arnouville. Nom propre d'homme, qui veut
dire mari dupé et malheureux.
AROISE. — D'Aroaise, bourg du Pas-de-Calais, à 3 lieues de
Péronne. Vient du mot arroit, d'arrectus, qui est raide,
ou mieux d'aroi, arrangement, équipement. Le vieux
mot aroy signifiait charrue. Aroaise était le nom d'une
abbaye de chanoines réguliers en Artois.
ARON. — Commune du dép. de la Mayenne, arr. de Mayenne.
Vient d'aronde du latin hirundo, hirondelle.
AROUCHE. — D'Arrouch, ville d'Algérie, dans la province
de Constantine, ou d'Aroux, village de Gascogne.
ARPAJON. — Seigneurie de l'Ile-de-France, érigée en mar-
quisat en 1720 en faveur de d'Arpajon. Petite ville de
même nom dans l'Aveyron. Un arpage, chez les Ro-
mains, était un enfant mort au berceau.
ARPENTIGNY. — Dérive du celtique arat, labour, et de
penger, sillon.
ARPIN. — D'Arpenan, commune de la Haute-Saône, arr. de
Lure.
ARRACHAR. — D'Arracourt, village du dép. de la Meurthe,
à 2 lieues de Château-Salins. Ce mot vient d'arracher,
déraciner,
ARRIVEE. — D'Arrivé, commune des Basses-Pyrénées, can-
ton de Sauveterre. Arrivée, approche de la rive, l'abord.
ARTEAU. — D'Artas, commune du dép. de l'Isère, arr. de
Vienne. Arteau, homme rusé, habile, dérive du latin ars,
ruse, artifice.
ARTOIS. — D'Arthez, commune des Basses-Pyrénées, arr.
d'Orthez. Artois, province de France, et aujourd'hui
département du Pas-de-Calais.
ARTON. — Commune de la Loire-Inférieure, à quatre lieues
de Paimbœuf.
ARTUS. — Châtellenie du comté de CharoUais, dans le dio-
cèse de Mâcon. Vient d'artuis, trou de vers.
[ 14 ]
ASKIN. — D'Ascain, commune des Basses-Pyrénées, arr. de
Mauléon.
ASSAILLE. — D'Assay, commune du dép. d'Indre-et-Loire,
arr. de Chinon. Vient du verbe assaillir ou assaillir.
ASSELIN. — De Vasselin, commune du dép. de l'Isère, arr.
de la Tour-du-Pin. Aisselin, madrier, petite planche en
forme de tuile pour couvrir les maisons.
ASSINE. — D'Assenay, commune du dép. de l'Aube, arr. de
Troyes. Assiner, assigner.
ASTIER. — Chef -lieu de l'arr. de Périgueux, en Dordogne.
Dérive de ast, fût, bois de lance.
ASTRUDE. — Baronnie dans le dép. de l'Yonne, à sept lieues
de Semur.
ATCHERS. — D'Attichy, commune du dép. de l'Oise, arr.
de Compiègne. Atché est le nom de la plus petite mon-
naie qui se fabriquait dans les Etats du Grand Seigneur.
Elle était d'argent et valait environ quatre deniers de
France.
ATINA. — D'Attignat, commune du dép. de l'Ain, arr. de
Bourg. Atina était l'Hymet des anciens. Comme il est
prêt d'Athènes, on l'a appelé le mont d'Athènes. Atinée
veut dire provocation.
AUBAIN. — D'Aubaine, en Bourgogne, diocèse d'Autun;
en Gascogne, arr. de Saint-Séver. Ce mot a le même
sens que aubereau, oiseau de proie, petit aigle. Signifie
encore aubier, cheval blanc, étranger qui habite un pays
sans se faire naturaliser.
AUBAU, AUBEAU. — D'Aube, commune du dép. de l'Orne,
arr. de Mortagne. Aubeau, peuplier blanc, aubier.
AUBE. — D'Aubers, commune du dép. du Nord, arr. de
Lille. Aube est celui qui a été ordonné prêtre ; c'est
enrore une offrande pour la bénédiction des aubes. En
bas-breton, aube se disait pour abbé.
AUBERNON. — D 'Obernai, commune du dép. du Bas-Rhin.
AUBERT. — Commune dans le dép. du Nord, arr. de Cam-
[ 15 ]
brai, canton de Carnières. Nom propre teutonique, même
chose que Albert, qui signifie tout illustre. Diminutif
d 'haubergeon, qui veut dire chemise ou cotte de mailles.
Peut venir encore de haut, et de ber, c'est-à-dire baron
ou seigneur justicier. Auber signifie encore harnais et
en terme d'argot, argent.
AUBERTIN. — Commune du dép. des Basses-Pyrénées, arr.
d'Oloron. Diminutif d'Aubert. V. Aubert.
AUBIN. — D'Aubin, seigneurie du Rouergue, érigée en 1700
pour de Buisson. Aubin voulait dire autrefois le blanc
de l'œuf, d'albinum pour albunem. C'était encore un
pas de cheval, une allure qui tient de l'amble et du
galop. En vieux français, Aubin signifie étranger.
AUBOIS. — D'Auboué, commune du dép .de Meurthe-et-
Moselle, arr. de Briey. Hauboit, haubert.
AUCHEN. — D'Aulchin, commune du dép. du Nord, arr. de
Valenciennes.
AUCLAIR. — De Vauclerc, commune du dép. de la Marne,
arr. de Vitry-le-François. Auclair, à la clarté.
AUCOIN. — D'Aucun, commune du dép. des Hautes-Pyré-
nées, dans le canton d'Argelez.
AUDELIN. — D 'Audelange, commune du Jura, arr. de Dole.
Vient du latin audere, oser.
AUDET, AUDETTE. — D'Audeville, commune du dép. du
Loiret, canton de Malesherbes, arr. de Pithiviers. Audet,
mot latin qui signifie il ose, il a de l'audace.
AUDI, AUDY. — D'Audigny, commune du dép. de l'Aisne,
arr. de Vervins. Haudi, lassé, fatigué.
AUDIBERT. — D'Audembert, commune du Pas-de-Calais,
arr. de Boulogne-sur-Mer.
AUDON. — Commune du dép. des Landes, arr. de St-Séver;
AUDRY. — D 'Audrix, commune de la Dordogne, arr. de
Sarlat.
AUFRAY. — D 'Auffray, commune de la Seine-Inférieure,
arr. de Dieppe. Frai, action de briser.
AUGEARD. — D'Augea, commune du Jura, arr. de Lons-le-
Saunier. Dérive du Scandinave auge, prairie.
[ 16 ]
ÂUGER. — Commune du Puy-de-Dôme, arr. de Thiers. Moisy
fait dériver ce mot de alga, algue, et l'explique comme
suit: Deux petites rivières qui traversent cette contrée,
la Touques et la Dive, souvent débordés, finirent par
former des marais oii les algues abondent. Auger peut
venir du grec aggos, vase.
AUGERON. — D'Augerans, commune du Jura, arr. de Dole.
Augeron, qui est du pays d'Auge.
AUMAIS. — D 'Haulmé, commune du dép. des Ardennes,
arr. de Mézières. Aumais ou haumet dim. de heaume,
"barre du gouvernail.
AUMASSON. — D'Aumessas, commune du dép. du Gard,
canton d'Alzon.
AXJMIER. — D 'Omey, commune du dép. de la Marne, arr.
de Châlons-sur-Marne. Aumier, sorte de chien limier,
bon pour faire la chasse.
AUMONT. — Communes des dép. de la Somme, de l'Oise, et
la Lozère. Aumont, individu assisté par l'aumône. Dé-
rive du bas latin almosna, dont on a fait eleemosyna, au-
mône.
AUNIS. — D'Osny, commune du dép. de Seine-et-Oise, arr.
de Pontoise. Aunis, petit pays de Saintonge, dont la
capitale était La Rochelle; les îles de Ré et d'Oléron en
dépendaient.
AUPIN. — D 'Aups, commune du dép. du Var arr. de Dra-
guignan.
AURÉ. — D 'Aurée, dans le Velay, et Auray, ville du Mor-
bihan, célèbre par son pèlerinage à la bonne Sainte-
Anne. Aurais signifie montagne.
AURILLAC. — Ville du dép. du Cantal. Vient d'aurilleor,
celui qui cultive les abeilles.
AURIO. — D'Auriat, commune du dép. de la Creuse, arr. de
Bourganeuf,
AUSSAN. — D 'Auxan, commune de la Côte-d 'Or, arr. de
Beaune. Vient d'auxent, qui manque de.
[ 17 ]
AUSSION. — D'Haution, commune du dép. de l'Aisne, arr.
de Yervins.
AUTEBOUT. — D'Hautbos, commune du dép. de l'Oise, arr.
de Beauvais.
AUTIN. — D 'Autun, ville du dép. de Saône-et-Loire. Autin,
arbre autour duquel on fait grimper les branches de la
vigne.
AUTRACHE. — D'Autrèche, commune du dép. d'Indre-et-
Loire, arr. de Tours. Autra^e, comme s'il y avait d'un
autre âge.
AUTRAC. — Commune de la Haute-Loire, arr. de Brioude.
AUTRAY. — Autrey, commune du dép. des Vosges, arr.
D'Epinal.
AUVERGNE. — D 'Avernes, commune du dép. de Seine-et-
Oise, arr. de Pontoise. Auvergne, province qui forme les
départements du Cantal et du Puy-de-Dôme.
AUVIN. — D'Auvent, bourg de la Charente, à huit lieues de
Confolens.
AUXIBI. — D 'Auxy-le-Château, commune dans le dép. du
Pas-de-Calais, arr. de Saint-Pol, érigée en baronnie en
1715.
AUZÉ. — D'Auzay, commune de la Vendée, arr. de Fontenay-
le-Comte. Vient d'ozé, hardiesse.
AUZON. — Commune de la Haute-Loire, arr. de Brioude, et
commune du dép. de l'Aube, arr. de Troyes.
AVACHE. — De Veauche, commune du dép. de la Loire, arr.
de Montbrison. Avache vient d'avachir, rendre lâche.
AVARD. — D'Avord, commune du dép. du Cher, arr. de
Bourges. Avord signifie maladif, hâve.
AVELIN. — Com. du dép. du Nord, arr. de Lille. Avelin,
dim. d'avel, désir, joie, chemin fréquenté, frayé. Avelin,
qui est de la nature de l'aveline, ou celui qui vit parmi
les aveliniers.
AVELINE. — Commune de la Lorraine, dans le duché de
Bar. Aveline, grosse noisette.
AVES. — D'Auve, commune du dép. de la Marne, arr. de
[ 18 ]
Ste-Menehould. Aves dérive d'avis, oiseau. Aves, rivière
du Portugal, et île du même nom, appelé aussi Ile des
Oiseaux.
AVISSE. — D 'Avize, commune du dép. de la Marne, arr.
d'Epernay. Avise, sentinelle, vedette, esprit.
ALAVOINE, AVOINE. — D 'Avoine, communes des dép. de
l'Oise et d'Indre-et-Loire.
AVON. — Communes des dép. des Deux-Sèvres et d'Indre-
et-Loire. Avon, rivière, eau, ruisseau, et havon, mesure
pour l'avoine.
AVRARD. — Du Havre, ville de la Seine-Inférieure. Avrard
vient de avre, grincheux.
AVRON. — D 'Avéron, commune du dép. du Gers, arr. de
Mirande. Haveron, avoine folle ou sauvage, la folle-
avoine.
AYET, AYETTE. — D 'Ayette, commune du Pas-de-Calais.
arr. d'Arras, et d'Ayet, commune du dép. de l'Ariège,
canton de Castillon. Ayet, aillet, ail.
AYEUR. — D 'Ayherre, commune des Basses-Pyrénées, arr.
de Pau. Haieur, garde des haies.
AYMARD. — V. Emard. Dérive de ayme, âme.
AYMOND. — D'Hesmont, commune du Pas-de-Calais, arr.
de Montreuil-sur-Mer. V. Haimond.
AYNARD. — D'Aynac, commune du dép. de Lot, arr. de
Figeac.
AZUR. — Commune du dép. des Landes, arr. de Dax, canton
de Soustons. Azur, pierre bleue, poudre bleue.
[ 19 ]
B
BABEAU. — Des Babottes, lieu de la Haute-Marne, dans la
commune de Voillecomte. Le babeau est un fantôme
imaginaire qu'on invoquait dans le Languedoc pour
effrayer les petits enfants. Duchat interprète ce mot
pour grimaces de singe. Signifie encore fête, cadeau.
BABEL. — De Babel, bourg d'Auvergne, dans la Haute-
Loire, à 3 lieues d'Issoire. Nom propre d'homme, par
corruption de Babylas.
BABEU. — De Babœuf, commune du dép. de l'Oise, arr. de
Compiègne. Dérive du verbe baber, céder lâchement.
BABIN. — De Balbins, commune du dép. de l'Isère, arr. de
Vienne. Le rapport qu'il y a entre babin et baba, qui
signifie vieille, a donné lieu d'imaginer une république
de Babins, en Pologne. Le tout était un badinage sans
conséquence. En tout cas, Babin veut dire terre en
Pologne, c'est-à-dire, une terre toute d'imagination.
BABINEAU. — De la Babinais, seigneurie de Bretagne. Dim.
de babine, lèvre du chat, du chien, et improprement de
l'homme.
BABY. — Commune du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Pro-
vins. Baby, en anglais, signifie enfant, bébé. Babi, nom
donné aux partisans du babisme, doctrine professée par
Bab et ses sucesseurs.
[ 20 ]
BÂCHAND. — Commune du dép. du Nord, arr. d'Avesnes.
Ville située sur la route de Paris à Namur, à quelques
milles de Maubeuge. Ce mot semble venir de bâche,
goulet, tranchée pour conduire l'eau, ou du mot turc
bâche, qui signifie tête, sommet, extrémité, et par méta-
phore, chef, général, commandant.
BACHELET. — De la Bachellerie, en Dordogne, à 2 lieues
de Montignac, et seigneurie fondée en 1635 en faveur de
De Lajac. Bachelle voulait dire adolescent, bachelier.
BACHELIER. — De Bachely, seigneurie normande, qui date
de 1463. Du Cange prétend que ce mot vient de bacca-
leria, espèce de métairie ou pièce de terre ; les bacheliers
en étaient les cultivateurs.
BACHOIE. — De Bachy, dép. du Nord, arr. de Lille. Dérive
de hacher, qui signifie frapper avec bruit, comme à une
porte; de l'allemand batshen, frapper de l'aviron sur
l'eau avec fracas. Peut aussi venir de bachoe, vaisseau
de bois, baquet, hotte, manne.
BACON. — Du Bacon, commune du dép. de la Lozère, arr. de
Marjevols. Bacon veut dire lard fumé et salé. Vient de
baconus, dos. Le mot bacon est français et tire son ori-
gine de ce qu'autrefois l'on ne se servait que du porc à
certains banquets. Ces banquets portaient le nom de
baconiques. Moisy rapporte qu'à Paris, le chapitre de
Notre-Dame, à certains jours solennels, avait droit à un
repas baconique. Telle serait l'origine de la foire aux
jambons, qui se tenait autrefois sur le parvis de Notre-
Dame.
BACQUET. — De Bauquay, commune du Calvados, arr. de
Vire. Dérive de l'allemand back ou du bas-breton bac,
bateau, ou du grec hakè, bac.
BADAILLAC. — Ville du dép. du Cantal, canton de Vie, arr.
d'Aurillac. Dérive du grec pais, jouer, folâtrer.
BADEAU. — De Bados, en Guyenne, diocèse et parlement
de Bordeaux. Diminutif de hade, baliverne, bêtise.
[ 21 ]
D'autres croient à une simple corruption de bateau. Le
Duehat dit : " Badaut est proprement un homme qui,
n'a jamais rien vu que par un trou, comme on dit de
' ceux qui ont été nourris et élevés dans un navire. Tel est
un Parisien par rapport au bateau qui fait les armoiries
de Paris.
BÂDEL. — De Badevel, commune du dép. du Doubs, arr. de
Montbéliard. Badel, dérive soit du grec pais, jouer, fo-
lâtrer, ou du bas-breton badel, bedeau, robin.
BADELART. — D'Andelarre, commune de la Haute-Saône,
arr. de Vesoul. Badeladre ou badelaire, épée courte,
large et recourbée dans le blason.
BADET. — Bourg du Morbihan, arr. de Vannes. Badé, est
le moment où l'on épie la bête pour la chasse, en terme
de vénerie.
BADIAU. — De Boudy, commune du dép .de Lot-et-Garonne,
arr. de Villeneuve.
BAFRE. — De Baffe, commune du dép. des Vosges, arr.
d'Epinal. Bâfre, repas copieux.
BAGANARD. — De Bagnars, commune du dép. de l'Avey-
ron, canton de Saint-Amans. Baganard vient de bagan,
mot gascon qui signifie pâtre ou paysan, gardien du
bétail dans les Landes.
BAGNEL. — De Bagnoles, commune du dép. de l'Aude, arr.
de Carcassonne.
BAIL. — De Baye, commune du Finistère, arr. de Quim-
perlé. Bail, veut dire gouverneur, bailli, tuteur, retran-
chement. En terme de droit, c'est un domaine affermé.
Baille signifie barricade, tonneau, et en bas breton, bail
veut dire cuvier, baquet ; et en irlandais, lieu, endroit.
BAILLAC. — Bayac, commune du dép. de la Dordogne, arr.
de Bergerac.
BAILLARD. — De Bayard, lieu du dép. de la Haute-lMarne,
dans la commune de Laneuville-à-Bayard. Baillard,
pièce de bois pour porter les laines qu'on tire de l'eau.
[ 22 ]
et qui traverse la chaudière à dégraisser. C'est encore
une brouette plate, comme une civière.
BAILLARGÉ. — De Bagé-le-Châtel, commune du dép. de
l'Ain, arr. de Bourg. Au moyen-âge, l'on appelait bail-
large une sorte d'orge plus petite que l'orge ordinaire.
Cotgrave écrit: Baillarge, kind of small barley, c'est-à-
dire variété de petite orge.
BAILLARGEON.— De Barjon, commune du dép. de la Côte-
d'Or, arr. de Dijon. Au moyen-âge, le censitaire était
obligé vis-à-vis du seigneur de s'acquitter de certaines
redevances dites en baillarge. Le censitaire lui-même
prenait le nom de baillargeau, d'oii vient probablement
le nom de Baillargeon, peut-être aussi celui de Baillarge.
BAILLE. — Baillé, bourg de la Mayenne à 7 lieues de Laval.
Baillé signifie livraison, bail à ferme.
BAILLES. — V. Bail. Baille se disait pour valet, serviteur,
palissade, nourrice.
BAILLEUL. — Seigneurie de Picardie, érigée en 1400, en
faveur de De Bétlmne. Le bailleul était une sorte de
charlatan ou de chirurgien, appelé aussi renoueur ou
rebouteur.
BAILLEUVILLE. — De Bailleul-Neuville, commune de la
Seine-Inférieure, arr. de Neufchâtel-en-Bray. Bailleu-
ville, ou ville des rebouteurs.
BAILLON. — Seigneurie de Bretagne, fondée en 1668, et
seigneurie de Picardie, érigée d'abord en marquisat
sous le nom de Fresnay en 1652, et passée aux des
Meloizes en 1767. Bâillon veut dire maladroit, chantre
d'église.
BAILLOU. — Commune du dép. de Loir-et-Cher, arr. de
Vendôme. Bâillon signifie braillard.
BAILLY. — Seigneurie de ce nom en Champagne, érigée en
1716 pour De Broussel. Bailly veut dire sénéchal, gou-
verneur, et au palais, gardien. Il signifierait conseil,
d'après Borel. En irlandais, bail veut dire intendant
d'une terre, sergent.
[ 23 ]
BAIN. — Bain, ville de Bretagne, sur la Vilaine, à 5 lieues
de Redon. Bains est aussi le nom d'une seigneurie de
Picardie, érigée en 1600. En gallois bain se dit pour
pays, et en irlandais, femme, jeune fille.
BÂLAN. — Commune du dép. des Ardennes, arr. de Sedan.
Balan signifie balancement, équilibre. Dérive de ballare,
danser, qui pend et oscille comme un balancier. Balant
signifierait fainéant, et partie d'une manœuvre qui n'est
point hallée. Dérive du grec palla, lancer.
BALARD. — De Ballore, commune du dép. de Saône-et-
Loire, arr. de Charolles. Dérive du gaulois bala, balle,
paquet, ou de l'écossais bala, village, demeure, ou de
l'irlandais bala, ville.
BALCER. — De Balacet, commune du dép. de l'Ariège, arr.
de St-Girons. Balcer, vient de baie, poutre.
BALÉ. — Commune du dép. de la Mayenne, arr. de Château-
Gonthier. Balé, vieux mot qui signifie galerie ouverte,
auvent.
BALL. — De Basle, ville de Suisse, sur le Rhin. Dérive de
baule, danse, bal, pièce de toile grossière.
BALON. — Ville, située sur l'Orne, à cinq lieues du Mans,
érigée en marquisat, en 1600, en faveur de St-Gelais de
Lusignan. Balon, ballon.
BALTE. — De Balesta, dans le diocèse de Comminges, parle-
ment de Toulouse. Balte veut dire baudrier.
BALTHAZAR. — De Béthézer, commune du dép. des Landes,
arr. de Mont-de-]\Iarsan.
BANCHAUD. — De Bansat, commune du dép. du Puy-de-
Dôme, arr. d'Issoire. Banchaud, vient de banche, fond
de roches tendres qui se trouvent au fond de la mer, ou
glaise durcie, d'après Réaumur.
BANDE. — Seigneurie de Bretagne, érigée en 1696 pour le
Jumeau. Bande, troupe de gens, côté, bandeau.
BANEL. — De Baneuil, commune du dép. de la Dordogne,
canton de Lalinde. Bannelle se disait pour petite vanne,
ou conduit des eaux d'une maison.
[ 24 ]
BANET. — De Banneville, commune du Calvados, arr. de
Caen. Banet est une variante de banier, celui qui a droit
de banalité. Banete, dans le vieux français, se disait
pour panier.
BANGAILLE. — De Bangor, commune du Morbihan, arr.
de Lorient, canton de BeUe-Isle-en-Mer. Vient de
bangue, plante qui ressemble au chanvre.
BANHIAC. — De Balignac, commune du dép. de Tarn-et-
Garonne, arr. de Castelsarrasin. Banhiac vient de banie,
ban, publication.
BANLIER — De Basly, commune du Calvados, arr. de Caen.
Banlier, ou bannelier, conducteur de banneau.
BANNE. — Commune du dép. de l'Ardèche, arr. de Largen-
tière. Banne se dit pour corne, dans le Languedoc. Même
sens que vanne, chute d'une rivière.
BANSE. — De Bans, commune du Jura, arr. de Dôle. Banse,
manne carrée et profonde dont on se servait en France
pour transporter des articles de chaudronnerie.
BANVILLE. — Commune du Calvados, arr. de Bayeux. Ban-
ville est composé de ban, qui signifie appel des vassaux,
et de ville.
BAPAUME. — Châtellenie de l'Artois, qui date du commen-
cement du seizième siècle. C'est encore un bourg de la
Seine-Inférieure, arr. de Rouen.
BAPT. — Baupt, dans le dép. de la Manche, sur la route de
Caen à Cherbourg.
BAPTISTE. — Batiste, seigneurie normande érigée en 1650
au bénéfice de De Pardieu. Baptiste est le surnom donné
à saint Jean le Précurseur, et signifie, qui baptise.
BAQUEVILLE. — Commune de la Seine-Inférieure, arr. de
Dieppe.
BARABÉ. — De Baracé, commune du dép. de Maine-et-
Loire, arr. de Baugé. Dérive de bar, qui, en gallois, si-
gnifie lance, et de l'irlandais, flèche, faîte, cime. Bara
veut dire pays. Le mot baraban qui se rapproche le plus
de barabé, est un chaudron ou bassin de cuivre.
[ 25 ]
BARACAN. — De Berrogain, commune du dép. des Basses-
Pyrénées, arr, de Mauléon. Baracan ou bouracan est un
camelot grossier. Du Cange fait dériver ce mot de
barre, parce que le fil du bouracan représente des barres.
BARACQ. — De la Baraque, hameau dans les environs de
Grenoble, à trois lieues de Pont-en-Royans. Ce mot
vient de l'espagnol baracas, qui signifie cahuttes dres-
sées par les pêcheurs au bord de la mer.
BARADAT. — De Parata, commune de la Corse, arr. de
Corte.
BARAILLON. — Seigneurie dans le Forez, érigée en 1225,
en faveur de De Forez. Baraillon semble venir de bara
qui signifie flèche en langue irlandaise, barbeau dans le
vieux français, et lance en gallois.
BARAINE. — De Baraigne, commune du dép. de l'Aude,
dans le Haut-Languedoc, canton de Salles.
BARAS. — Bara, seigneurie bretonne. V. Barabé. Barat
signifie mensonge, calomnie, et aussi une maladie de la
peau consistant en une tache considérable entourée de
plusieurs autres plus petites, maladie appelée morphée.
BARATEAU. — De Barastre, commune du Pas-de-Calais,
arr. d'Arras. Vient de barat, tromperie. Sur les vais-
seaux français on appelait baratterie une tromperie ou
malversation du maître de l'équipage.
BARBARET. — De Barbarey, bourg du dép. de l'Aube, et
seigneurie de Champagne, érigée en 1582.
BARBARIN. — De Bourberain, commune de la Côte-d'Or,
arr. de Dijon. Barbarin est le nom d'une monnaie frap-
pée au XlIIe siècle par les vicomtes de Limoges.
BARBAROUX. — De Barbaira, commune du dép. de l'Aude,
arr. de Carcassonne.
BARBE. — Communes des dép. de la Moselle et des Vosges.
Barbe signifie gerbe, moisissure en forme de duvet qui
se développe sur les substances fermentées comme le
fromage, les confitures.
[ 26 ]
BARBEAU. — De Barbas, commune du dép. de Meurthe-et-
Moselle, arr. de Lunéville. Le barbeau est un gros in-
secte coléoptère, un poisson, ainsi appelé parce qu'il
porte deux barbes à côté de chaque mâchoire.
BARBEL. — De Barbeville, commune du Calvados, arr. de
Bayeux. Barbel, pointe, dent.
BARBEREAU. — De Barberay, commune du dép. de la
Savoie, arr. de Chambéry. Barbereau, dim. de barbier.
BARBEROUSSE. — De Barberouge, village de la Manche,
arr. de Mortain. Barberousse est un nom qui fut donné à
deux frères, chef de pirates chez les Musulmans.
BARBERY. — Seigneurie de Champagne, érigée en 1530 en
faveur de Choiseul, et seigneurie de Normandie, érigée
en 1747, en faveur de Ducastel de Neuvillette. Barberie,
espèce de pomme.
BARBET. — De Barbey, commune du dép. de Seine-et
Marne. Les Barbets sont des habitants des vallées des
Alpes et des Pyrénées, dont plusieurs sont brigands.
BARBEZIEUX. — Ville de France, en Saintonge, à 9 lieues
de Saintes, et à 15 lieues de Bordeaux.
BARBIER. — De Barby, commune du dép. des Ardennes,
arr. de Rethel. Barbier se disait pour barbeau, poisson,
et pour mentonnière.
BARBIN. — Seigneurie de Bretagne, érigée en 1668 pour de
Goulaiue. Barbin, barbe.
BARBINAIS. — De la Barbinais, seigneurie de Bretagne,
érigée en 1700 en faveur de le Gentil.
BARBOT. — V. Barbeau. On appelait barbot sur les galères
ceux qui faisaient le poil aux forçats.
BARBOTIN. — Barbotan, lieu du dép. du Gers, canton de
Cazaubon. Barbotin dérivé de barbot, se disait pour
bâtiment de transport, et pour masque à barbe.
BARBU. — Seigneurie de Bretagne, érigée en 1696 en faveur
de Tréviex. Barbu signifie qui appartient au vieillard,
et barbue, provin avec sa racine.
[ 27 ]
BARCY. — Ville du dép. de Seine-et-Marne, dans la Brie.
Barce, sorte de canon autrefois en usage sur la mer, et
ressemblant au faucon.
BARD. — Seigneurie de Bourgogne fondée en 1670 pour De
Lanneau. On appelait bard tout bois façonné à la var-
lope. En gallois, bard signifie prêtre, devin, prophète.
BARDE. — Bourg de la Charente-Inférieure, canton de Mont-
guyon. Vieux mot qui signifiait l'armure d'un cheval
de gens d'armes, le bât, selle, instrument de charpen-
tier.
BARDET. — De Bardais, commune du dép. de l'Allier.
BARDIN. — De Bardon, commune du dép. du Loiret, arr.
d'Orléans. La pomme de bardin, en France, est appelée
aujourd'hui courpendu.
BARDOL. — De Bardelles, seigneurie de Bretagne, fondée
en 1668 pour De Chardonnaye.
BARDY. — Ville de Savoie dans la vallée d 'Aoste, et châ-
teau dans l'ancien duché de Parme, sur le Tarn, dans
les Apennins, à 10 lieues de Parme. On appelait bardis
une baraque de pieux et de branches. C'est encore un
terme de marine pour indiquer la séparation que l'on
fait dans les cales pour les blés et autres objets de
commerce. Un bardit, est un chant commun chez les
anciens Gaulois.
BARE. — Commune de Normandie, diocèse d'Evreux, par-
lement de Rouen. Bare se disait pour fortification, me-
sure, obstacle, délai.
BAREAU, BARO. — Seigneurie de Bretagne qui date de
1696.
BAREL. — De Bareilles, commune des Hautes-Pyrénées,
canton de Bordères. Barele se disait pour jument.
BARETTE. — Commune de la Charente, arr. de Châtelle-
rault. Baratte, couverture de tête, barrière, mesure nor-
mande pour les haricots et les blés, sorte de monnaie.
En écossais, baret signifie chapeau.
BARGEAT. — De Barjac, commune du dép. du Gard, arr.
[ 28 J
d'Alais. Ce nom vient de barge, oiseau, poisson, meulon
de foin, barque.
BARIAT. — De Barriac, commune du dép. du Cantal, arr.
de Mauriac.
BÂRIAI7. — Du Bariod, dép. du Rhône, dans la commune
de Dardilly.
BARIL, BARY. — Des Barils, commune du dép. de l'Eure,
arr. d'Evreux, canton de Verneuil. Baril vient du gau-
lois barr, qui signifie non seulement barre et barrière,
mais aussi tout ce qui sert à renfermer quelque chose,
un mur, un rempart de ville. En espagnol, barill signifie
un vaisseau de terre, avec un cou étroit et un gros
ventre.
BARILLES. — Petite ville du Languedoc, sur l'Ariège, entre
Foix et Pamiers. Barille, baril.
BARNABE. — Commune du dép. des Côtes-du-Nord, arr. de
Loudéac, canton de la Chèze. Barnabe, nom d 'apôtre qui
veut dire fils de prophète, et dérive de l'hébreu bar, fils,
et de nabi, prophète.
BAROIS. — De la Barouère, seigneurie du Poitou, érigée en
1415 en faveur de Foucher. Barrois, pays situé entre la
Champagne et la Lorraine. Barois signifie forêt, vrille.
Vient de barroyer, défense, exception, fin de non rece-
voir, en terme de palais.
BAROLET. — De Barlest, commune des Hautes-Pyrénées,
arr. d'Argelès. Barolet, dim. de barol, baril.
BARON. — Commune du Calvados, et seigneurie de Pro-
vence, érigée en 1492, pour de Gombert. Baron, vient de
l'espagnol varo, jeune homme vigoureux, vaillant et
noble. En wallon, baron signifie mari. La véritable éty-
mologie est celle qui fait venir baron de bar, vieux mot
franc qui signifie vir, homme. Chez les Romains, baro
se disait pour un homme fort et vaillant. En gallois,
baron signifie seigneur, guerrier.
BARONET. — De la Baronnais, seigneurie de Bretagne, fon-
dée en 1668 en faveur de L'Advocat. En Angleterre,
[ 29 ]
baronet est un titre de noblesse correspondant à celui
de banneret en France.
BARRANQUET.— De Barquet, commune du dép. de l'Eure,
arr. de Bernay.
BARRAS. — Commune des Basses-Alpes, arr. de Digne, et
seigneurie qui date de 1422 avec de Baschi comme pre-
mier seigneur. Le barras est un minéral appelé borax,
une espèce d'encens, dont une variété s'appelle galipot.
En gaulois, barra signifiait barre, tribunal, bière, cer-
cueil, et en irlandais, bare verrou, obstacle.
BARRÉ, BARRET, BARRETTE. — Barret, commune du
dép. de la Charente, arr. de Châtellerault, à 1 lieue de
Barbezieux. Barré est un terme de blason, lorsque l'écu
est divisé en forme de barres. Autrefois les Carmes
étaient appelés les Frères Barrés, à cause de leurs ha-
bits. Du Cange dit que baratte est le substantif du verbe
baréter, pour échanger, faire du commerce. Moisy dit
qu'on donne en Normandie le nom de barette à la ba-
ratte pour faire le beurre.
BARRIERE. — Seigneurie du Périgord, érigée en 1615 en
faveur de D'Abzac. Une barrière est un assemblage de
planches qui servent à former un passage; de barreria,
au figuré, obstacle.
BARRY. — Commune des Hautes-Pyrénées, arr. de Tarbes.
V. Baril.
BARSA. — De Barsac, île de l'Océan, aujourd'hui l'île de
Bas, sur la côte de Bretagne, auprès de Saint-Pol-de-
Léon. Une barse était une boîte d'étain qui servait à
transporter le thé de la Chine.
BARSOLOU. — De Bassou, lieu du dép. de l'Yonne, dans la
commune de Beaumont.
BARSY. — De Barzy, commune du dép. de l'Aisne, arr. de
Ver vins.
BART. — Commune de la Bourgogne et seigneurie de Picar-
die, érigée en 1699 pour Gourdon. Barre, plant de vigne.
[ 30 ]
BAR THE. — Commune des Hautes-Pyrénées, arr. de Ba-
gnères-de-Bigorre, et châtellenie d'Auvergne, érigée en
1666 en faveur de Carbonnières. Il y avait une seigneu-
rie de ce nom en Guyenne, dont Du Prat fut le premier
seigneur. Dans le vieux français, barthe signifiait buis-
son, bouquet de bois. Barthe veut dire encore musicien
ou chanteur; en kymrique, c'est un poète, en comique,
un musicien, en armoricain, un poète, et en gallois, un
prophète.
BARTHELEMY. — Commune des dép. de l'Isère, de l'Ar-
dèche, de la Dordogne, des Bases-Alpes, et de la Seine-
Inférieure. Barthélémy, nom d'apôtre et d'homme, qui
vient de bar, fils, et de Tholmaï, Ptolémée.
BARTON. — De Barenton, commune du dép. de la Manche,
arr. de Mortain.
BARTOUS. — De Bardou, commune de la Dordogne, arr. de
Bergerac. Bartou signifie tapageur, ribaud.
BARTZOCH. — De Bazoche, communes des dép. d'Eure-et-
Loir, de l'Aisne, de Mayenne, de Seine-et-Oise, etc.
BASILE. — De Basville, commune du dép. de la Creuse, arr.
d'Aubusson. Basile, nom d'homme formé du grec basi-
leus, qui signifie royal.
BASIN. — Commune du pays Messin, diocèse de Toul, par-
lement de Metz. Basin, dim. de bas, engin de pêche pro-
hibé. Peut venir de bombasus; bombazin se disait jadis
pour désigner le basin, ou futaine faite de coton.
BASINET. — De Bazinville, seigneurie de Normandie, éri-
gée en 1620, en faveur de Longaunay. Bacinet était une
sorte d'armure, et bassinet, espèce de renoncule, à fleurs
jaunes.
BASQUE. — Des Basses, commune du dép. de la Vienne, arr.
de Loudun. Basque, nom de peuple de la Gascogne qui
habitait trois provinces, la Biscaye, Guipuzcoa et Alava.
BASQUAIN, BASTIEN. — De Bassens, communes de la
Savoie et de la Gironde. Basquain, basque et basquiner
[ 31 ]
voulait dire ensorceler. Bastien est un prénom pour Sé-
bastien, par apocope de la première syllable. Bastien
se dit du basque d'un vieil habit.
BASTILLE. — De Bastil, commune du dép. du Lot, arr. de
Gourdon. Bastille est un petit château fortifié à l'an-
tique avec tours rappiochées les unes des autres. Vient
de bailles qui, d'après Borel, signifiait parapet.
BASTON. — De Bastogne, ville du duché de Luxembourg,
comté de Chiny. Baston est la même chose que bâton,
qui se disait pour arme, fût de lance, canon, bouche à
feu. Dérive du grec bastos, bâton, pieu.
BATAILLE. — Commune du dép. des Deux-Sèvres, arr. de
Melle. Batail, battant de cloche, bataille, meurtrière, ou-
verture dans les murailles.
BATAR, BATARD.— Châtellenie de Bretagne, l'un des fiefs
dont fut formé en 1776 le marquisat de la Châtai-
gneraye. Le bâtard est une corde qui rassemble les ra-
cages et qui les amarre sur le mât proche de la vergue.
BATINIER. — De Batigny, commune du dép. de la Meurthe,
arr. de Toul. Vient de bast, bâton pour porter des far-
deaux.
BATZ. — Batz ou Bas, du dép. de la Loire-Iuf érieure, arr. de
Savenay, canton du Croisie, et Bats, commune du dép.
des Landes, arr. de Saint-Sever. Le batz est une petite
monnaie qui a cours dans quelques villes d'Allemagne
et de Suisse, et vaut trois sous.
BAU. — Baud, Ville du Morbihan, à 5 lieues de Pontivy et à
7 lieues de Vannes. Le bau est une pièce de bois ou
poutre qui traverse en largeur d'un bout à l'autre du
navire, et qui sert à porter les planchers appelés ponts
ou tillacs.
BAUBIN. — De Baubigny, commune du dép. de la Manche,
arr. de Valognes. Baubin vient de baube, léger.
BAUCHET. — De Bauché, châtellenie du Berry, diocèse de
Bourges. Bauchet est l'arbre d'une balance, une poutre.
[ 32 ]
BAUDIN. — Seigneurie en Bourgogne, qui date de 1668.
De baude, joyeux, fier, hautin. Baudin signifie baudet.
Il existe une contrée dite Terre de Baudin dans l'Aus-
tralie du Sud.
BAUDOIN. — Seigneurie dans le Nivernais, érigée en 1600
en faveur de De Reugny. Baudoin, nom d'homme.
BAUDON. — De Baudoncourt, commune du dép. de la
Haute-Saône, canton de Luxeuil.
BAUDREAU. — De Baudre, commune du dép. de la Manche,
en Normandie. Baudreau vient de baudroyer, ouvrier
qui maniait les cuirs pour les corroyer.
BAUDRIAS. — D'Outriaz, commune du dép. de l'Ain, arr.
de Nantua.
BAUDRY. — Seigneurie en Touraine, érigée en 1755, en
faveur de Taschereau. Bauderie signifie joie. Vient du
verbe baudrir, mouiller, salir.
BAUGAR. — Village de la Gascogne, à trois lieues de Saint-
Jean-de-Luz. Dérive de baugue, algue à feuilles étroites
qui vient dans les marais salants près Montpellier.
BAUGIE. — Seigneurie en Normandie, qui date de 1770, de
Bonnechose, seigneur. Baugie signifie poutrage.
BAUGRAND. — V. Bougran. Baugrand vient de baugue,
bardeau; plante marine employée pour faire des ma-
telas.
BAUJELOIS. — Contrée de France comprise dans le gou-
vernement de Lyon, et dont la capitale était Beaujeu.
BAULÉ. — De Baulay, commune du dép. de la Haute-Saône,
dans la Franche-Comté, arr. de Vesoul. A Dijon on
appelait baulé un brancard pour porter les lépreux au
cimetière. Bauler signifie crier, mugir, hurler. Une
baule est une pièce de toile grossière.
BAULIER. — De Beslière, commune du dép. de la Manche,
arr. d'Avranches.
BAULIN. — De Baulens, baronnie de l'Armagnac, fondée en
1550 pour De Bazon. Baulin, layette d'un enfant, petit
[ 33 ]
matelas fait avec de la balle, pièce de toile qu'on étend
sur le sol, quand on vanne le blé.
BAULOU. — Communes dans les dép. d 'Ille-et-Yilaine et de
l'Ariège.
BAUMIER. — De Beaumais, commune du Calvados, arr. de
Falaise. Le baumier est l'arbre qui porte le baume.
BAUQUIN. — De Beauquêne, bourg de Picardie, ancien
doyenné de Dourlens. Bauquin, bout de la canne que
l'on met sur les lèvres pour souffler le verre.
BAUSSANG. — De Beussent, commune' du Pas-de-Calais,
arr. de Montreuil-sur-Mer.
BAUSSY. — De Bauzy, commune du dép .de Loir-et-Cher,
arr. de Blois.
BAXJVIER. — De Bovée, commune du dép. de la Meuse, arr.
de Commercy.
BAUVILLET. — De Bavilliers, commune du Territoire de
Belfort, cmanton de Belfort.
BAUZET. — De Beauzée, commun • du dép. de la Meuse, à
6 lieues de Verdun.
BAVERT. — Seigneurie Normande, qui remonte à 1349. Dé-
rive de bave, bavardage.
BAVIERE. — De Bouvières, commune du dép. de la Drôme,
arr. de Die. Bavière, bavette.
BAYAC. — Commune du dép. de la Dordogne, dans le Péri-
gord. Dérive de bay, aboi.
BAYART. — Bayard, seigneuries du Dauphiné et du Forez.
Bayard, civière qui sert à porter de lourds fardeaux.
Dérive du grec baion, rameau de palmier.
BAYEUL. — De Bayel, commune sur la route de Troyes à
Belfort, à 2 lieues de Bar-sur-Aube.
BAYLY. — De Bélis, commune du dép. des Landes, arr.
de Mont-le-Marsan. Bélie, bergerie.
BAYONET. — De Bagnolet, commune du dép. de la Seine,
arr. de St-Denis. Bayonnais, qui est de Bayonne, et
bayonnet, bayonnette, dague, épée, couteau pointu.
[ 34 ]
BÂZAGE. — Bazeage, dans le Berry, diocèse de Bourges.
Vient de bazac, coton filé et très fin, ou de bazat, coton
de Leyde.
BÂZÂNAIN. — De Bassane, commune du dép. de la Gironde,
arr. de Bazas.
BAZIERE. — De Blaziert, commune du dép. du Gers, arr.
de Condom. Basière, sorte de vase.
BAZIL. — V. Basil.
BAZIN. — De Bazens, commune du dép. de Lot-et-Garonne,
arr. d'Agen. Bazin, niais, idiot, papier à dessin grand
in-quarto.
BEAN. — De Béhen, commune du dép. de la Somme, arr.
d'Abbevile. Béant, aspirant.
BEAR. — Béard, commune du dép. de la Nièvre, arr. de
Nevers. Dérive du latin beare, rendre heureux, ou du
français béer, bailler, avoir la bouche ouverte.
BEARNAIS. — De Barneville, commune du dép. de l'Eure,
ar. de Pont-Audemer. Béarnais, qui vient du Béarn, pro-
vince de France. Henri IV est souvent appelé le Béar-
nais.
BEATRIX. — De Bertrix, seigneurie de l'Artois, érigée en
1786 pour de Louverval. Beatrix, nom de femme, qui si-
gnifie je rends heureux.
BEAU. — De Baud, commune du Morbihan, arr. de Pontivy.
Beau, qui plaît à l'œil et à l'esprit.
BEAUBEC. — De Beaubec-la-Ville, en Normandie, parle-
ment de Rouen. Vient de beau, et de bec, pointe de terre
au confluent de deux cours d'eau ou qui s'avance dans
la mer.
BEAUCAGE.— V. Bocage.
BEAUBIEN. — V. Bobien.
BEAUCE. — V. Beausse.
BEAUCAIRE. — Ville du Gard, arr. de Nîmes, sur la rive
droite du Rhône, en face de la ville de Tarascon.
BEAUCE. — De Beausse, commune du dép. du Var, à 3 lieues
[ 35 ]
de Toulon, et Beausse, en Anjou. Beauce, province de
France, dans l'Orléanais, dont la capitale était Chartres,
Appelée d'abord Belsa et puis Belsia.
BEAUCERON. — Qui est de la Beauce.
BEAUCHAMP. — Seigneurie dans le Maine, dans la Pro-
vence ; la première érigée en 1730, en faveur de Bouillet
de Beauchamp, et la seconde, en faveur de De Sade,
devenue marquisat en 1669. Celle-ci est à 4 lieues de
Tarascon.
BEAUCHEMIN. — Commune du dép. de la Haute-Marne en
Champagne, et commune du Jura, dans la Franche-
Comté.
BEAUOHESNE. — Seigneurie de Normandie, érigée eu 1700
pour De l'Aage. Elle est dans le dép. de l'Orne, arr. de
Domfront, canton de Tinchebrai.
BEAUCLAIR. — Commune du dép. de la Meuse, dans la
Lorraine, canton de Stenay, arr. de Montmédy.
BEAUCOURT. — Seigneurie de Bretagne, érigée en 1668
pour Henry Beaucourt, commune du dép. du Haut-Rhin,
arr. de Belfort, canton de Délie.
BEAUDET. — De Boudeville, commune de la Seine-Infé-
rieure, arr. d'Yvetot. Baudet est un lit de sangles. Vient
de baldettus qui dérive de baldus, d'où baudet pour dire
un âne. On a souvent donné à des animaux des noms
propres d'homme, tels que Renard, Perroquet.
BEAUDOIN. — Seigneurie de Bretagne, fondée en 1696 en
faveur de Du Plessis. Nom propre fait de l'allemand
bald, ou du vieux français baldo, qui tous deux signi-
fient fort, courageux.
BEAUFILS. — De Beaufais, commune du dép. de l'Orne, arr,
de Mortagne. Beaufils voulait dire autrefois plus rusé,
plus savant.
BEAUFORT. — Il a existé six seigneuries de ce nom, une
baronnie et une vicomte. Les seigneuries étaient en
Bourgogne, en Bretagne, en Champagne et en Anjou, la
baronnie en Artois, et la vicomte en Anjou.
[ 36 ]
BEÂX7GE. — Ville de l'Anjou, sur le Couénon, et seigneurie
fondée en 1671, au même endroit. Vient de bauge, mor-
tier d'argile mêlé de paille.
BEÂUJELÂIS. — Beaujolais, petit pays de France, situé
entre la Saône-et-la-Loire, dans le dép. de Rhône-et-
Loire.
BEAUJEU. — Commune du dép. du Rhône, arr. de Ville-
franche. Seigneurie érigée en 1000, en faveur de Beau-
jeu.
BEAULÎEU. — Il y a près de trente communes du nom de
Beaulieu, dans les Alpes-Maritimes, le Calvados, la Cha-
rente, l'Isère, la Meuse, la Mayenne, l'Oise, la Vendée,
etc. On suppose que l'origine de ce nom vient de la
beauté du lieu. Beaulieu est un terme de manège. On dit
qu'un cheval porte en beaulieu, lorsqu'il porte bien sa
tête. Beaulieu se disait autrefois pour banlieu.
BEAUMARCHAIS. — Ville de Gascogne, au confluent des
rivières de Boues et d'Arros. Vient de beau, et de mar-
chais, marais.
BEAUME. — Seigneurie de Provence, et baronnie du Com-
tat-Venaissin, dans le dép. de Vaucluse, arr. d'Olive.
BEAUMELLE. — De Beaumesnil, commune du Calvados,
arr. de Vire. Vient de baume, grotte, caverne.
BEAUMONT. — Il a existé plusieurs seigneuries et un mar-
quisat de ce nom, dont six en Normandie. Beaumont
signifie cachot.
BEAUNE. — Ville de la Côte-d'Or, et communes de la Haute-
Loire, de la Haute-Vienne et de la Savoie.
BEAUPRE. — Baronnie de Champagne, près de Joinville,
érigée en faveur de Saint-Amadour. Beaupré, mât d'un
vaisseau qui est sur la proue, incliné sur la poulaine.
BEAUREGARD. — Il a existé douze seigneuries et une châ-
tellenie de ce nom. Cette dernière était l'une des douze
châtellenies de la principauté de Dombes. Beauregard
veut dire belvédère.
[ 37 ]
BEAUSACQUE. — Beaussac, commune du dép. de la Dor-
dogne, dans le Périgord, canton de Mareuil, arr. de
Nontron.
BEAUSOLEIL. — Commune du dép. des Alpes-Maritimes,
arr. de Nice.
BEAUSSANT. — De Beaussent, dans la vallée de Lavedan,
comté de Bigorre, diocèse de Tarbes.
BEAUSSAULT. — Bourg de Normandie, dép. de la Seine-
Inférieure à 2 lieues de Neufchâtel, dans le canton de
Forges.
BEAUSSE. — Bourg du dép. du Var, à 3 lieues de Toulon, et
Beausse, en Anjou, à 3 lieues de Beaupréau.
BEAUSSET. — Bourg de Provence, dép. du Var, commune
du dép .de Vaucluse, dans le Comtat-Venaissin, arr. de
Carpentras.
BEAUVAIS. — Seigneuries de Bretagne, du Bourbonnais,
de Picardie, de Normandie. Il y a Beauvais dans le pays
d'Aunis à 3 lieues de Saint-Jean d'Angély et dans le
dép. du Tarn.
BEAUVALET. — De Beauval, seigneuries de Champagne et
de Provence ; Beauval, bourg, est situé sur la Somme, à
5 lieues d'Amiens.
BEAUVEAU. — Ancien marquisat d'Anjou, dép. de Maine-
et-Loire, fondé en 1025 pour de Beauveau.
BEAUVILLERS. — De Beuvillers, commune du dép. du Cal-
vados, arr. de Lisieux.
BEAUVOISIN. — Seigneurie de Bretagne et seigneurie de
Provence. Beauvoisin, commune, est dans le dép. du
Gard, arr. de Nîmes, canton de Vauvert.
BECANCOURT. — Becquencourt, dans le dép. du Nord, arr.
de Douai. Bec, pointes de terre qui se rencontrent aux
lieux où les rivières s'assemblent.
BECARD. — De Becas, dans le Bas-Armagnac, diocèse
d'Auch. Le saumon du printemps devient bécard au
mois d'août et de septembre, auquel temps il est le
moins bon de l'année.
[38]
BECHÂRD. — De Bâchas, commune du dép. de la Haute-
Garonne, arr. de St-Gaudens. Béchard vient de bêcher,
remuer la terre avec une bêche, et un béchard est une
houe à deux branches larges et pointues.
BECOT. — D'Ecot, commune du Calvados, arr. de Lisieux.
Bécot signifie baiser bruyant. Bec, mot gaulois, est sou-
vent employé pour bouche, dans le langage normand.
Dérive du verbe bécoter, donner des bécots.
BECQUET. — Du Becquet, seigneurie normande érigée en
1581 pour Bonnet. Un béquet est une pièce ajustée à un
soulier.
BEDA. — Bedat, rivière de l'Auvergne, qui va se perdre dans
l'Allier. Béda signifie garenne, bois prohibé.
BEDARD. — De Bédart, rivière de l'Auvergne, appelée aussi
Bédat. Vient de béder, retourner d'où l'on vient.
BEDEL. — De Bedels, bourg du Béarn, dans les Pyrénées, à
trois lieues de Tarbes. Bédel signifie sergent, soldat.
BEDOUIN. — Commune du dép. de Vaueluse, arr. de Car-
pentras, au pied du mont Ventoux, et seigneurie du
Comtat-Venaissin, érigée en 1500 pour les d'Orléans.
Bédouin vient d'un vieux mot françaais bedouan, qui
signifie voleur, pillard. Ménage prétend qu'il vient de
l'arabe badawa, qui veut dire habiter le désert, mener
une vie champêtre, vivre en nomade.
BEDOUT. — Bédous, commune du dép. des Basses-Pyrénées,
arr. d'Oloron, sur le gave d'Aspe. Bedous veut dire blai-
reau.
BEFFRE. — De Beffes, commune du dép. du Cher, canton de
Sancergues. Befe se disait pour raillerie, mensonge.
BEGAL. — De Bégole, commune des Hautes-Pyrénées, arr.
de Tarbes.
BEGAU. — De Bègnes, commune du dép. de l'Allier, arr. de
Gannat. Bégaud signifie petit-lait, et bégaut, un sot, un
niais.
BEGIN. — De Beugin, commune du Pas-de-Calais, arr. de
[ 39 ]
Béthune. Bégin dérive de Beggen, qui, en flamand, si-
gnifie demander. En flandre, bégin était le nom donné à
une association religieuse, appelée aussi béguin. D'où le
mot béguinage, maison ou couvent de béguines.
BEGINE. — De la Béguinaye, seigneurie de Bretagne, érigée
en 1668 pour Gascher. Bégine, ou béguine, nom donné à
des religieuses de Belgique, qui, sans prononcer de
vœux, vivent réunies dans des sortes de couvents, où
chacune a son petit ménage à part.
BEGNIER. — De Bégny, lieu du dép. des Ardennes, dans la
commune de Dommery.
BEIGNET. — De Besné, commune de la Loire-Inférieure,
arr. de Saint-Nazaire. Beignet, pâte frite à la poêle.
BEIQUE. — De Bec, com. du dép. de l'Eure, arr. d'Evreux.
Beke veut dire fossé, égoût.
BEIBE. — Commune de la Côte-d'Or, arr. de Dijon. Beire,
c'est le cidre.
BELÂIGLE. — De Belaye, commune du dép .du Lot, arr. de
Cahors, canton de Luzech.
BELAIR. — Seigneurie de Bretagne, érigée en 1550 en fa-
veur de Bohier, et commune du dép. des Ardennes, arr.
de Mézières, canton de Charleville.
BELAND. — Commune du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Châ-
tillon, canton de Montigny-sur-Aube, sur l'Ource.
BELANGER. — De Blangy, commune du Calvados, arr. de
Pont-l'Evêque. Bélanger vient de blange, flatterie.
BELARBRE. — Belabre, châtellenie dans le Berry, érigée en
1350, mais devenue marquisat en 1650 en faveur de Le
Coigneux.
BELCOURT. — Bellecourt, seigneurie en Artois, érigée en
1613 en faveur.de Bellevalet. Ce nom est composé de
belle et de court, qui, en Normandie, signifiait verger sur
lequel se trouvait l'habitation d'un cultivateur et qui
est le siège principal d'une exploitation rurale. Cour
vient de cors, cours de ferme, basse-cour, ou du grec
kortos, lieu entouré de haies, où paissent les troupeaux.
ornière.
[ 40 ]
BELE. — Belées, seigneurie dans le Périgord, fondée en
1600 pour De Pcns. Belet se disait pour joyau. Belée,
coulée, sorte de jeu,
BELEC. — De Bellac, ville du dép. de la Haute-Vienne. Dé-
rive de belle ou belif, de travers, de biais, situation cri-
tique.
BELETTE. — De Béliet, commune du dép. de la Gironde, arr.
de Bordeaux.
BELFOND. — Commune du dép. de l'Orne, canton de Séez,
et seigneurie de Champagne, instituée en 1734 pour
Girault.
BELENFANT. — De Belf ays, commune du dép. du Doubs,
arr. de Montbéliard. Un belenfant est un homme en
pointe de vin.
BELIN. — Chef-lieu de canton, dans le département de la
Gironde, près de la Lègre. Belin est le nom d 'une tulipe
et d'une sorte de pomme. On disait aussi belin pour bé-
lier, roc, pierre.
BELINGE. — De Bellaing, commune du dép. du Nord, arr.
de Valenciennes. On appelle belinge une tiretaine, fil et
laine, qui se fabriquait à Beauchamp-le-Vieil. D'après
Cotgrave, ce serait un mot normand.
BELIQUE. — De Bellac, commune du dép. de l'Ariège, arr.
de Pamiers. Belle, est un terme de blason, pour signifier
la couleur rouge ou gueule. Bellique se disait pour mili-
taire, guerrier.
BELIVEAU. — De Bellevaux, commune du dép. de la Haute-
Savoie, arr. de Thonon. Bailliveau est un rejeton des
forêts, et dérive de bacillus, petit bâton ou verge.
BELLAY, BELLEY. — Bellay, commune dans le dép. de
Seine-et-Oise, et Belley, ville du dép. de l'Ain, dans le
Bugey, près du Rhône. Bellay est une corruption du
mot Berlay, maison illustre de l'Anjou, nom qui veut
dire beau, bien.
BELLEAU. — Communes des dép. de l'Aisne, arr. de Châ-
teau-Thierry, et de Meurthe-et-Moselle, arr. de Nancy.
[ 41 ]
Il y a trois seigneuries de ce nom, en Bretagne, en
Picardie et en Normandie. Celle de Picardie devint mar-
quisat en 1728. La seigneurie normande date de 1463. On
appelait jadis belleau, un coussin et un bisaïeul. Beleau
signifie belet.
BELLEFOND. — Seigneurie en Bourgogne, fondée en 1728,
et commune du dép. de la Gironde, en Guyenne, canton
de Targon, arr. de La Réole.
BELLEFONTAINE. — Cinq seigneuries de ce nom, en Bre-
tagne, en Lorraine, dans l'Ile-de-France, en Normandie
et en Picardie. Celle de Normandie érigée en 1726, passa
aux de Frémont en 1735.
BELLEGARDE. — Trois seigneuries de ce nom, une dans le
Dauphiné, une autre dans le Forez, et la troisième dans
le Languedoc. Il existe, en outre, une ville du même
nom devenue baronnie appartenant au duc d'Uzès; c'est
celle du Languedoc. Bellegarde se disait pour laitue
pommée, et pou