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Full text of "Les champignons de la France : histoire, description, culture, usages des espces comestibles, vnneuses, suspectes, employes dans les arts, l'industrie, l'conomie domestique et la mdecine"

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HEtira BAVARD 

CHlR'.nClEN DENTISTE 

2, Place Thiers, 2 

MORIxAlX 
VISIBLE TOUS I^S SQ^f^j 



LES 



CHAMPIGNONS 



DE LA FRANCE 



IMPRIMERIE ADqi-PHE LAINE, RUE; DES SAINTS-PÈRES, I9 



LES 






LA FRANCE (J* 



HISTOIRE — DESCRIPTION — CULTURE 



USAGES 



DES 



espèces comestibles, veneneuses, suspectes, 

employées dans les arts, 

l'industrie, l'Économie domestique et la médecine 

PA R 

F. S. CORDIER 

Docteur en Médecine , Membre de plusieurs Sociétés savantes 

ORNÉ DE VIGNETTES ET DE 6o CHROMOLITHOGRAPHIES 

DESSINÉES d'après NATURE PAR A. D. CORDIER 




W£W YORK 

BOTANiCAli 

OARD£i^ 



PARIS 
.1. ROTHSCHILD, KDIIKUK 

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE 

43, RUE S AI NT-ANDRÉ-DE S - ARTS, 4-3 



I 870 



Tous (iroi ts resorv es 



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ny'eàe/t ''.y([)e/Jir?/y rJe^u^oo^t 

cpreaéeii^ f/euc t/aence ^Jtucotor//riffe 



€/o'?^ eimje^ rcco7iJicof/Mùn/ , 



^. cS. GotDiet. 



Paris, ce 1" août 1809. 



INTRODUCTION. 



Les champignons offrant à l'homme tout à la fois 
des substances utiles aux arts, des médicaments éner- 
giques, des poisons violents, et un aliment des plus 
agréables et des plus sains , la connaissance de ces 
végétaux est pour lui du plus grand intérêt. A ne les 
considérer que sous le rapport alimentaire, il lui se- 
rait encore utile de les connaître, puisqu'il en fait 
journellement usage, et que, dans les temps de 
disette, il trouve en eux une véritable ressource. 
Cependant l'étude de ces plantes est généralement 
négligée, non-seulement des personnes qui n'ont pas 
à s'occuper de science, mais aussi du plus grand 
nombre des botanistes. 

Elle est négligée d'abord parce qu'elle n'a pas l'at- 
trait de l'étude des plantes phanérogames, pour la 
plupart si séduisantes par l'éclat, la beauté, le parfum 
de leurs fleurs, la variété de leurs fruits, de leur 
feuillage, de leur port; elle l'est surtout à cause de 
l'extrême ressemblance que présentent entre elles 
beaucoup d'espèces, ce qui rend leur détermination 



vin INTIKiDUCTION. 



(liriicih^ ; elle l'est aussi à cause de la quantité prodi- 
j^ieuse de ces espèces. On peut dire, en effet, que le 
nombre des cliampignons est égal, s'il n'est supérieur, 
à celui de toutes les plantes phanérogames, puisqu'il 
est constant que la plupart de celles-ci en nourrissent 
plusieurs espèces. 

En France seulement, on compte plus de six cents 
espèces d'Agarics, plus de deux cents espèces de Pe- 
zizes, et au moins trois cents espèces de Sphéries; et 
cependant il est certain que toutes les espèces appar- 
tenant à ces divers genres ne sont pas connues ; beau- 
coup d'entre elles n'ont été jusqu'à présent ni figurées 
ni décrites par les auteurs. 

Ce n'est pas toutefois que nous manquions de livres 
c[ui traitent des champignons; nous en possédons 
même un assez grand nombre. Dans plusieurs figurent 
à peu près toutes les espèces connues à l'époque où 
ils ont été publiés; d'autres décrivent les espèces de 
tel pays, de telle contrée ; il y en a même qui traitent 
d'une manière toute spéciale des champignons ali- 
mentaires et vénéneux ; mais tous ces livres, soit parce 
([u'ils coûtent cher, soit parce qu'ils manquent de fi- 
gures ou n'en possèdent pas suffisamment, soit enfin 
parce qu'ils sont traités d'une manière trop scientifi- 
que, restent, malgré tout leur mérite, à peu près in- 
connus du public et même de la plupart des savants. 
Quelques-uns de ces livres, d'ailleurs, sont écrits en 
langue étrangère; ils ne peuvent donc être consultés 
que d'un petit nombre de lecteurs. 

C'est le livre qui fait plus particulièrement défaut 
aux personnes désireuses de se livrer à l'étude difficile 
des champignons, que nous nous sommes proposé de 
leur donner, en publiant cette nouvelle édition des 



INTRODUCTION. ix 



champignons alimentaires et vénéneux de la France. 
On trouvera décrites dans ce livre toutes les espèces 
qui intéressent par leurs propriétés alimentaires ou 
malfaisantes, leur emploi dans les arts et l'industrie. 
Nous avons tâché de le mettre à la portée du plus 
grand nombre des lecteurs , tout en nous tenant à la 
hauteur des connaissances actuelles. 
\Jn mot sur la disposition de ce livre : 
La première partie contient des généralités sur l'or- 
ganisation des champignons, leur physiologie, leur 
mode de reproduction, leur géographie, Tinfluence 
que peuvent exercer sur eux le sol, l'habitat, la sai- 
son, le climat; les moyens de distinguer les espèces 
comestibles des espèces vénéneuses; la possibilité 
d'enlever à ces dernières leur principe malfaisant; les 
dommages causés par quelques-unes de ces plantes; 
la culture, la récolte, la conservation des espèces utiles 
à l'homme, leur préparation culinaire, leur rôle dans 
les arts, l'industrie, l'économie domestique; la ma- 
nière d'agir des espèces malfaisantes sur l'économie 
animale, le traitement à apporter aux accidents qu'elles 
déterminent, et enfin l'usage en médecine de ces 
plantes. 

Dans la deuxième partie, nous avons décrit les 
champignons comestibles, vénéneux ou employés 
dans les arts, c'est-à-dire toutes les espèces de France 
qui offrent de l'intérêt à l'homme. Aux descriptions 
détaillées, nous avons joint le plus souvent la syno- 
nymie des espèces, malheureusement si compliquée 
dans les auteurs, et la citation des meilleures figures 
qui en ont été données. Nous ne nous sommes pas 
contenté de citer les planches des auteurs qui ont 
écrit avant nous; nous avons donné, dessinées d'après 



INTRODUCTION. 



nature par M"*^ Delville-Cordier, les figures d'une ou 
(le plusieurs espèces des genres dont nous pai'lons. 

JiCs descriptions sont précédées de tableaux synop- 
ticjues où sont exposés les caractères de la famille et 
du genre de nos plantes. Dans ces tableaux nous avons 
fait usage delà méthode dichotomique ; nous aurions 
voulu appliquer cette méthode à leur détermination 
spécifique; nous avons dû y renoncer, à cause de la 
facilité avec laquelle on peut s'égarer lorsqu'on a à 
traiter d'un si grand nombre d'espèces. 

Nous avons adopté pour la classification des espèces 
du genre Agaric la méthode de Persoon, suivie par 
Decandolle, jM. Léveillé et la plupart des botanistes 
français, de préférence à celle du savant professeur 
Fries; cette dernière ayant surtout pour base la cou- 
leur des spores et le rapport des lames avec l'hymé- 
nophore, ce qui n'est pas toujours facile à constater. 
La classification de Persoon nous a toujours d'ail- 
leurs paru d'un usage plus pratique. Nous avons tou- 
tefois tenu compte de la coloration des spores et des 
autres caractères assignés par Fries. 

Nous n'avons pas accepté le partage du genre Aga- 
ric de Linné en douze ou quinze genres, comme le 
fait Fries, par la raison que ces genres sont établis 
sur des caractères trop peu distincts pour être facile- 
ment reconnus par des commençants , lesquels ne 
peuvent guère voir et ne voient en effet, dans les 
genres Hygrophorus, Gomphus , Marasmiiis, Len- 
tinus, etc., c[ue de simples Agarics. Nul doute cepen- 
dant que la plupart des genres qui ont été créés aux 
dépens du genre Agaric ne soient plus tard générale- 
ment adoptés, la découverte d'espèces nouvelles aug- 
mentant cha(|ue jour. Quoi qu'il en soit, nous avons 



INTRODUCTION. xr 



eu soin d'établir la concordance de la méthode que 
nous avons suivie avec celle qui a été suivie par le sa- 
vant Suédois. 

Quelques personnes peut-être trouveront trop dé- 
taillée la description des espèces dont nous parlons, 
et eussent préféré, qu'à l'exemple de Persoon dans 
son Synopsis fungoritm, nous nous fussions borné à 
spécifier seulement les traits caractéristiques qui dis- 
tinguent une espèce d'une autre espèce. Une descrip- 
tion scrupuleuse est rarement trop longue, surtout 
lorsqu'on a eu l'attention de mettre en lettres itali- 
ques, ainsi que nous l'avons fait, les signes que l'on 
peut regarder comme tout particuliers à l'espèce dé- 
crite. Aux noms scientifiques nous avons ajouté les 
noms vulgaires que porte la plante dans nos anciennes 
provinces. 

Le catalogue des champignons de la France n'ayant 
pas encore été publié, nous avons cru devoir donner 
rénumération de toutes les espèces qui rentrent dans 
les genres dont nous avons parlé. Cette énumération, 
disposée par ordre alphabétique, est nécessairement 
incomplète; mais elle pourra servir de point de re- 
père aux botanistes qui s'occupent de mycologie. 

Rien que le nombre de champignons alimentaires, 
vénéneux, dont nous avons donné la description, soit 
considérable, il en existe, sans aucun doute, beau- 
coup d'autres qui certainement sont comestibles, et 
d'autres encore qui sont vénéneux, mais sur les qua- 
lités desquels l'expérience n'a pas encore prononcé. 
Il nous a semblé inutile de décrire ces espèces, n'ayant 
voulu parler que de celles dont les propriétés sont 
bien constatées. 

Quoi qu'il en soit, nous croirons avoir atteint le 



Ml INTRODUCTION. 



but que nous nous sonunes proposé si, par la publi- 
cation de ce livre, nous parvenons à propager le goût 
d'une partie de la botanique toujours trop négligée, 
et à rendre moins frécjuentes les méprises dans la 
récolte et l'usage des champignons, et, par consé- 
quent, les empoisonnements moins fréquents. 

Notre excellent ami, le docteur Léveillé^ le plus sa- 
vant peut-être des mycologistes français, et savant 
trop modeste, ayant bien voulu, dans la rédaction 
de ce livre, nous aider de ses bons conseils, nous 
sommes heureux de lui adresser ici nos çeniercîments 
bien sincères. 



9 

o 
02 



LES ^^^^£^ 



CHAMPIGNONS 



DE FRANCE. 



PREMIERE PARTIE. 



CHAPITRE PREMIER. 

DE l'0RGA.NISATI0N DES CHAMPIGNONS. 

Les champignons sont des plantes terrestres ou parasites 
d'une consistance charnue, gélatineuse, coriace ou même 
tubéreuse, qui portent, sur l'une de leurs faces ou à l'in- 
térieur, des. corpuscules infiniment petits auxquels les bo- 
tanistes ont donné le nom de spores ou séminides ^ les 
regardant avec raison comme les organes reproducteurs de 
la plante. 

Ces végétaux, qui tous tiennent un rang des plus hum- 
bles dans l'échelle des êtres organisés, se font cependant 
remarquer par la multiplicité de leurs formes, la variété 
de leurs couleurs, et quelquefois même par la beauté et 
l'élégance de leur port. 

Ils n'ont jamais ni feuilles, ni fleurs, ni appendices fo- 
liacés; ils n'ont ni étamines, ni pistil, et par conséquent 

pas d'organes sexuels; du moins jusqu'à présent on ne leur 

\ 



|j;s (IIA.M l'KiNttNS. 



en a pas découvert avec certitude. Ils germent sans appa- 
rence de cotvlédons; ils apparti(Minent donc à la classe des 
crvptogamcs de Linné, à celle des acotylédones de Jussicu. 
Qii()i(pio très-simples dans leur structure ou leiu' com- 
position générale, ces plantes présentent néanmoins dans 
la j)lupart des espèces un appareil d'organes plus ou moins 
complicjué. Les plus complexes d'entre eux réiuiissent tout 
à la fois ce que les botanistes aj)pellent le wfcélh'un ^ le 
vohui , le collet^ \q pcdiculc, V Iirmâiophore , X/nmcuinni et 
les spores. 

Voyons d'abord ce que sont ces différentes parties. 

On donne le nom de mjcé- 
Iluni, de carcjl/ie , ou blanc de 
champignon, aux fibres ou fda- 
ments le plus souvent blancs, 
comme soyeux, presque tou- 
jours entrelacés, qui donnent 
naissance aux jeunes champi- 
gnons , et au moyen desquels 

Mvcéliuni. — Filaments grossis. 

ils adhèrent a la terre ou aux 
cor])s sur lesquels ils végètent. 




Le voh'ct^ voh'e ou bourse^ est une membrane de cou- 
leur blanche qui, dans plusieurs 
Agarics et dans les Phalloïdes , 
enveloppe entièrement le cham- 
pignon dans sa jeunesse. Celui- 
ci la déchire en se développant 
et la* laisse à la partie inférieure 
du pédicule, complète ou incom- 
plète : complète, lorsqu'il n'en 
emporte rien ; incomplète, lors- 
qu'il en entrahie avec lui des dé- 




Volva» 



u 

s? 

Si 

.-5 



LEUR ORGANISATION. 



bris qui restent adhérents au chapeau sous la forme de 
taches blanches ou de squammes. 



Le pédicule, que l'on appelle aussi stipe, pied ou lige^ 
est la partie du champignon qui supporte l'hyménophore. 
Bulbeux ou renflé à sa base, atté- 
nué ou dilaté à sa partie supé- 
rieure, mais plus souvent cylin- 
drique dans toute sa longueur, le 
pédicule est charnu ou coriace, 
tomenteux ou lisse, nu ou pourvu 
d'un anneau ou collier. Il s'insère 
tantôt à la partie centrale du cha- 
peau ou hyménophore, ce qui est 
le cas le plus fréquent, et tantôt sur ini point excentrique 
ou tout à fait latéral. Lorsqu'il manque, l'espèce est dite 
sessile. 




Chapeau, pédicule et collier. 



Ce que l'on nomme anneau, collet ou collier, est formé 
par une membrane particulière qui, dans le jeune âge de 
beaucoup d'Agarics et d'un petit nombre de Bolets, part 
de la base du pédicule, enveloppe celui-ci jusqu'à une cer- 
taine hauteur, d'où elle s'étend à toute la circonférence 
du chapeau, duquel elle se sépare ensuite pour rester atta- 
chée à la partie supérieure du pédicule, où, le plus souvent, 
elle forme une sorte de bourrelet annulaire, presque tou- 
jours plissé et rabattu. Le volva et le collier existent quel- 
quefois ensemble sur un même champignon. 

Lorsque le collier est très-mince et que, à l'approche 
de la maturité de la plante, il sC détruit en laissant seu- 
lement quelques filaments suspendus aux bords du cha- 



LKS (;iia.mim(;nons. 




j)(;iii OU adiu'ronts au pédicule, on l'appelle plus parti- 
culièrement corlinc ou col /et aidcli- 
noidc. Le collier ainsi modifié se 
trouve plus particulièrement dans 
uwç, section d'Agarics que, pour cette 
raison, Persono avait désignée sous 
le nom de Corlinaire. 

Cliiipenu, slipc: et collier 
aniiiéi'ux. 

Le collier, soit consistant, soit ara- 
néeux, et le volva manquent dans beaucoup de cham- 
pignons; mais alors ces champignons sont presque tou- 
jours complètement enveloppés, du moins dans leur très- 
jeune Age, d'une sorte de voile, à peine distinct, qui semble 
tenir lieu de volva et de collier. Ce voile, cette enveloppe 
générale, est veloutée, comme cotonneuse, quelquefois 
même glutineuse. 

Dans un grand nombre de champignons, les Russules, 
les Lactaires, etc., on ne remarque ni volva, ni collet, ni 
voile d'aucune sorte. 

Vhymchwphore^ appelé le plus souvent chapeau ou pi- 
léofe^ et quelquefois aussi réceptacle, est l'organe du cham- 
pignon qui porte riiyménium , membrane sur laquelle 
naissent les spores. Il est la partie la plus élevée, la plus 
apparente du champignon, celle qui est supportée par le 
stipe, lorsque ce stipe existe. 

L'hyménophore se présente sous les formes les plus di- 
verses. Tantôt il a celle d'un éteignoir, d'un parasol, d'une 
coupe ou même d'un entonnoir, selon les espèces, comme 
dans la plupart des Agarics ; tantôt celle d'un cône arrondi, 
comme dans les 3Iorilles-, celle d'une mitre, comme dans 
les Ilelvelles ; ou bien celle d'une croûte étalée sur le lieu 
où végète la plante, comme dans plusieurs Théléphores, 
Morilles et Polypores lignicoles; toutefois, la forme hémis- 



LEUR ORGANISATION. 



phérique est celle qu'il affecte le plus volontiers ; il a pres- 
que toujours cette forme dans le jeune âge de la plante. 
Ordinairement régulier, il semble, dans c[uelques espèces 
lignicoles, qu'il soit coupé en deux par le milieu, ce que 
l'on appelle diinidié. 

Les bords du chapeau sont entiers ou divisés. Quelque- 
fois, comme dans les Agarics qui ont peu de cliair, ils sont 
marqués de stries longitudinales parallèles aux feuillets. 

Dans les espèces coriaces, sessiles, dont la durée est de 
plusieurs années, telles que les Bolets amadouviers, le cha- 
peau présente une alternative de saillies et de dépressions 
circidaires, qui sont le résultat de la formation successive 
de couches annuelles, et qui peuvent servir à faire con • 
naîlre l'Age de la plante. 

Le chapeau, qui pour l'ordinaire est la partie la plus 
colorée du champignon, n'a pas toujours une coloration 
uniforme, surtout à la face siq^érieure, où se voient quel- 
quefois des taches, des marbrures et même des zones con- 
centriques ou cercles de différentes nuances. Cette même 
surface, qui souvent est rendue visqueuse par l'humidité, 
est glabre ou velue, lisse ou pulvérulente, ou bien encore 
parsemée de squammes ou papilles produites par l'épiderme 
qui se soulève sous forme d'écaillés imbriquées, et qu'il 
faut savoir distinguer des squammes ou verrues des Ama- 
nites ; celles-ci^ comme je l'ai dit plus haut, sont des par- 
celles de la bourse ou volva. 

L'hyménophore, ou chapeau, est charnu, gélatineux, su- 
béreux ou coriace, selon les espèces. Il se continue avec le 
stipe, duquel il n'est pas toujours bien distinct. 

Xlhyniéiiiiim, ou organe fructifère des champignons, est 
cette membrane qui forme en se repliant les lames rayon- 
nées du centre à la circonférence des Agarics, les replis 
saillants des Chanterelles, les veines des Morilles, les pointes 



LRS CHAMI'H.NoNS. 



OU aimiilloMs des llydnos, les tiil)OS des Bolets et des Fis- 
tuiiiu's, les pores des Polvpores, etc. 

I);ms quelques espèces du genre Théléphore, il semble 
que riivniénium soit placé sur la face supérieure du cha- 
peau, bien qu'en réalité il soit placé sur l'inférieure. Cette 
disposition apparente est due à ce que plusieurs de ses 
lobes sont réfléchis en haut. 

Dans les CJavaires et les Trémelles, champignons qui 
n'ont pas de chapeau distinct, l'hyménium paraît occuper 
toute la superficie de la plante. 

Dans les Agarics, les Bolets, les Hydnes et la plupart des 
basidiosporés, l'hyménium est placé à la partie inférieure 
de la plante; dans les Morilles, les Helvelles, les Pezizes et 
la plupart des thécasporés, il est placé à la partie supé- 
rieure. 

dette membrane est souvent d'une couleur différente 
de celle du chapeau. Quelle que soit sa couleur, elle de- 
vient plus foncée à la maturité des graines. 

T/hvménhmi porte dans quelques auteurs le nom de 
inembninc spornlifcre ^ membrane séminifcre ^ membrane 
oonoy/i-pre. 

On désigne sous le nom de spores, sporules ou séminules, 
et cpielquefois sous celui de gongyles, ce qu'on appelle 

graines ou semences dans 

,,«. _^ ^ -_, les végétaux d'un ordre 

^^^ ^^ plus eleve ; c est-a-dire les 

spons grossies. orgaucs rcproductcurs 

des champignons. La té- 
nuité des spores est telle que, dans le plus grand nombre 
des cas, elles se dérobent à la vue simple ; et leur nombre 
est si considérable, dans quelques espèces, qu'il semble, à 
une certaine époque de la vie du champignon, que l'hy- 



LEUR ORGANISATION. 




ménium tout entier soit formé par leur réunion. Celui-ci 
s'en trouve recouvert comme d'une poussière fine, res- 
semblant à ce que dans certains fruits on appelle la fleiu'. 
Les spores, tant qu'elles sont adhérentes à l'hyménium, 
sont : ou bien libres, iso- 
lées et supportées par des 
filaments qui reposent sur 
de petits corps saillants 
appelés hasides . basidies 

^ ^ _ Bnsides et anthéridies grossis. 

ou clinodes ; ou bien elles 

sont renfermées en certain nombre dan-s des utricules 

auxquelles on a donné le nom de thèques. 

Les basides, à la maturité de la plante, font saillie à la 
surface de l'hyménium. 

Chaque baside est composé d'une seule cellule arrondie, 
ovoïde ou allongée, qui porte à son sommet un ou plu- 
sieurs filaments désignés sous le nom de stcrigmates, à 
l'extrémité de chacun desquels se trouve une seule spore. 

Les spores sont supportées ainsi par des basides dans les 
genres Agaric, Bolet, Hydne, Phallus, Lycoperdon. Cha- 
que baside, dans ces genres de champignons, porte quatre 
filaments ou stérigmates, et par conséquent quatre spores. 
Dans les genres Cantharellus et Scleroderma, ce nombre 
paraît variable ; car, si l'on voit le plus ordinairement 
quatre filaments sur chacun des basides, quelquefois aussi 
on en compte deux, trois, cinq ou six. Dans les genres 
Exidie et Tremelle, chaque baside ne porte qu'un filament 
et qu'une spore. 

Les thèques, appelées aussi sporanges ou asci, sont des 
vésicules, des utricules spéciales, séparables , allongées 
en forme de massue, ovoïdes ou globuleuses, dans les- 
quelles les spores sont renfermées en nombre presque tou- 



IJ:s (Il A.M l'ICNoNS. 




ThÈqucs grossies. 



jours (Iclcrmiiu'', mais vaiMal)lo, selon les genres de cham- 
pignons, et (lisj)osées en 
séries le plus souvent lon- 
gitudinales, qui semblent 
tapisser l'hyménium. 

Les thèques se voient 
dans les genres Pezize, 
llelvelle , Leotia , Géo- 
giosse, etc. ; chaque thè- 
que , dans ces plantes, 
renferme huit spores ; elles se voient dans le genre Truffe, 
où chacune d'elles en contient de quatre à huit; dans le 
genre Elaphomyce, où leur nombre varie de une à huit. 
On peut se demander si, lorsque dans lUi même genre 
le nombre des spores est variable, soit sur les basides, soit 
dans les thèques, celte variation ne serait pas due à l'avor- 
tement d'une ou de plusieurs spores, ou bien à une sou- 
dure intime de plusieurs thèques ou de plusieiu's basides. 
Dans les Lycoj)erdonnés et les Tubéracés, la partie du 
champignon qui porte les organes de la reproduction n'est 
pas extérieure, comme dans les autres champignons; elle 
est renfermée dans une enveloppe particulière, à laquelle 
on a doiuîé \e nom da péridiurn ou réceptacle. A la matu- 
rité du champignon, les basides et les thèques tapissent 
l'intérieur du péridium. 

Les L}Coperdonnés sont pourvus de basides; les Tubé- 
racés le sont de thèques. 

Outre les thèques et les basides, on remarque assez sou- 
vent à la surface fructifère des champignons des cellules 
saillantes, arrondies, ovales ou allongées, aiguës, obtuses 
ou renflées à leur extrémité libre, auxquelles les mycolo- 
gistes ont doimé le nom de cystides ou anlhévidies. Ce nom 
d'anthéridies leiu' a été donné par quelques botanistes, qui 



LEUR ORGANISATION. 



les avaient regardés, et peut-être les regardent encore, 
comme des organes destinés à la fécondation des spores, et 
jouant le rôle que remplissent les anthères dans les plantes 
phanérogames. Comme on ne voit dans les anthéridies 
rien qui ressemble ni au pollen, ni à la liqueur contenue 
dans les grains du pollen, il est difficile d'admettre qu'elles 
soient les agents fécondateurs des spores. Les anthéridies 
pourraient bien n'être que des basides ou des thèques, 
dont les spores ou séminules sont avortées, et qui se se- 
ront allongées d'une façon anomale. Il est certain, du 
moins, que les anthéridies ne sont pas disposées avec ordre 
comme le sont les étaminesdans les plantes phanérogames; 
comme le sont les spores elles-mêmes sur les basides ou 
dans les thèques. Les antliéridies, d'ailleurs, manquent 
dans beaucoup d'espèces ; on ne les rencontre guère que 
dans les champignons d'un ordre élevé. 

Je dois dire que les basides, les thèques et les anthé- 
ridies ne se voient distinctement qu'à l'aide du micros- 
cope. Il en est de même des spores^ à moins que celles-ci 
ne soient accumulées en grand nombi'e sur une même sur- 
face. Un moyen bien simple toutefois de voir les spores 
dans la plupart des champignons, 
consiste à placer leur surface fruc- 
tifère sur une glace posée horizon- 
talement ou sur inie feuille de pa- 
pier blanc ou noir. Lorsque, après 
quelques heures, on vient à enle- 
ver ces plantes, on trouve la place 
qu'elles occupaient ternie par une 
matière pulvérulente entièrement 
composée de spores. Les Agarics et les Bolets , placés 
comme je viens de le dire, laissent sur la glace ou le papier 
un dessin assez exact de la surface fructifère. 




Spores dénichées d'un Agnric. 



CHAPITRE 11. 

PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES CHAMPIGIVONS. 

Bien que certaines espèces de champignons paraissent 
assez compliquées dans leur organisation, toutes ces plan- 
tes cependant ne sont, en dernière analyse, composées que 
d'un seul élément anatomique, le tissu cellulaire; c'est-à- 
dire qu'elles sont uniquement formées de rd)res entrelacées 
les luies dans les autres, et laissant entre elles des espaces 
ou vacuoles plus ou moins irréguliers, tantôt arrondis, 
tantôt allongés, qui conmiuniquent les uns avec les autres. 
(>ette disposition en cellules de la trame, ou tissu de tous 
les organes des champignons, a fait ranger ces plantes dans 
la classe des véoétaux cellulaires. 

Les champignons sont intermédiaires entre les algues 
et les lichens, autres plantes cellulaires.' La transition de 
certains champignons aux algues et aux lichens est même 
tellement insensijjle, qu'aujourd'hui encore les hotanistes 
sont dans le doute si telle plante, qui est regardée par quel- 
ques savants comme un véritahle champignon, ne serait 
pas plutôt une algue ou un lichen. Linné et d'autres hota- 
nistes se demandaient si ces êtres placés sur la limite des 
deux règnes, végétal et animal, ne devaient pas former 
Mil règne à paît. (\\io l'on aurait appelé fongique, et te- 
nant le milieu entre les deux autres. 



PROPRIETES PHYSIQUEf^ DES CHAMPIGNONS. 11 

La création de ce règne peut paraître étrange; ] 'est-elle 
beaucoup plus que celle d'un règne humain, proposé dans 
ces derniers temps par quelques savants, et que d'autres 
savants ont admis avec empressement? 

Si les éléments qui entrent dans la composition des 
champignons sont d'une simplicité extrême , il n'en est pas 
moins vrai que ces plantes présentent une grande variété 
de forme, de taille, de consistance, de couleur, d'odeur et 
de saveur. • 

Presque toutes, au sortir de terre ou de l'habitat qu'elles 
ont choisi ou accepté, sont sphériques; mais, à mesure 
qu'elles se développent, elles prennent la forme qui carac- 
térise le fifenre et souvent même l'espèce auxquels elles 
appartiennent. Elles affectent celle d'une cloche, d'une 
ombrelle, d'un disque aplati, ou même d'un entonnoir 
dans les Agarics; celle d'une» coupe, dans les Pezizes; celle 
d'une massue ou de rameaux imitant le corail, dans les 
Clavaires ; celle d'une mitre dans les Helvelles ; celle d'une 
croûte étalée dans quelques Polypores et Théléphores; 
celle d'alvéoles dans les Morilles, Favolus, Hexagona; celle 
d'un grillage dans les Clathres. Les Cyathes, les Nidulaires, 
ressemblent à des nids dans lesquels on croirait voir des 
œufs : les Spumaires ont l'aspect de l'écume ou d'une ge- 
lée blanche. Diverses ïremelles ont l'apparence du cer- 
veau, du mésentère: les Phallus, les Verpa, ont la forme 
étrange que rappelle leur nom. 

Certains champignons atteignent des grosseurs considé- 
rables. L'Agaric fausse Oronge, l'Agaric élevé, se font re- 
marquer par leur grande taille. Le Bolet comestible et le 
Bolet à gros pied, B. pacliypus, Fr., se distinguent aussi par 
leur volume, de même que certains Polypores. Berkeley 
cite le cas d'un Polypore squammeux qui avait atteint, en 
trois semaines, une périphérie de '7 pieds 5 pouces anglais. 



12 LES CHAMPIGNONS. 



cl (|iii pesait 34 livres. Un Polyporc du Irène, Bull., me- 
surait l\i pouces anglais en largeur. Le l*olypore géant at- 
teint pres(|ue toujours \\\\v taille colossale, comme son nom 
rinditpic. i.e Pol\pore touttu, P. frondosus^ lY., atteint 
aussi !(> ])ius souvent une taille très-grande : on en a vu ciui 
mesuraient ^5 centimètres de largeur et qui pesaient de g 
à lo kilograiimies. Un liolet foie de bœuf, FisluUna he- 
palicn^ Fr., avait 6o centimètres de largeur et pesait près 
de i5 kilogrannnes; quelcpies espèces de Yesse-de-loup ac- 
quièrent aussi une grande dimension, entre autres le Ly- 
coperdon gigantesque, lequel dépasse souvent le volume de 
la tète d'un homme et va jusqu'à peser plusieurs livres. 

D'autres champignons se font, tout au contraire, remar- 
quer par l'exiguïté de leur taille. Je ne parle pas ici de ces 
espèces à peine visibles à l'œil nu et appartenant à la classe 
des Torulacés, des Mucorés et des Mucédinés. Je n'ai pas 
à m'occuper de ces plantes; mais, même parmi les espèces 
qui nous intéressent comme alimentaires, il en est quelques- 
unes qui sont d'une taille assez chétive pour que , le plus 
souvent, on dédaigne de les recueillir : tels sont l'Agaric 
esculent, Jacq., Ag. perpendicidaris^ Bidl.,et l'Agaric dis- 
séminé, Pers., A g. digilalifurmis^ Bull. 

Quant à la consistance de ces plantes, les unes sont 
charnues, d'autres sont gélatineuses, pulpeuses, d'autres 
sont dures, coriaces; quelques-unes même ont la consis- 
tance du liège ou celle du bois. Les espèces épiphytes, ou 
lignicoles, sont généralement plus coriaces que les espèces 
terrestres; elles présentent aussi plus de diversité dans 
leurs formes. 

La couleur des champignons est extrêmement variée. 
On peut dire qu'il n'est pas de nuances que ces plantes ne 
présentent : les botanistes, dans leurs descriptions, sont 
même souvent embarrassés pour domier un nom à ces 



LEURS PROPRIÉTÉS PHYSIQUES. 13 



nuances. On trouve en elles toutes les dégradations du 
jaune, de l'orangé, du rouge, du pourpre, du lilas, du 
brun, (lu fauve, du châtain, du bistre, de la terre d'om- 
bre, etc. 

Le vert et le bleu sont les couleurs qu'elles affectent le 
moins souvent. Le premier ne s'observe que dans quelques 
Russules, l'Agaric virescent, Schœff., l'Agaric à lames four- 
chues, Pers., et, dans les variétés vertes des Amanites phal- 
loïdes, Fr. et Mappa, Batsch. Le bleu ne se voit guère non 
plus que dans l'Agaric odorant, Bull., l'Agaric bleuâtre, 
JiT. (Cortinarius) cyanitçs^ Fr., et l'Agaric vert-de-gris, A'^. 
seruginosus, Curt. 

Le rouge vif, et toutes les variétés du rouge, se remar- 
quent dans diverses Russides, Jgaricus iiiteger^ Lin., Jg. 
enielicus, Fr., Jg. sangui/icus, Bull. Le rouge vineux se 
voit dans l'Agaric rougeâtre, Ag. (Amanita) riibescens, 
Pers., dans la Clavaire améthyste, Bull., dans les feuillets 
du champignon de couche. Le violet s'observe dans plu- 
sieurs Cortinaires. 

Bon nombre de champignons sont entièrement blancs. 

Leur couleur n'est pas constante dans toutes les espèces : 
elle varie quelquefois assez pour laisser des doutes dans la 
détermination de quelques-unes, surtout de la section des 
Russules. Cette différence de coloration, tantôt plus faible, 
tantôt plus prononcée, est due souvent à l'action de la lu- 
mière, mais plus souvent encore à l'âge de la plante. 

Quelques champignons sont unicolores ; c'est-à-dire 
qu'ils ne présentent qu'une seule couleur, mais nuancée à 
différents degrés : d'autres ont des couleurs variées dont 
les tons sont tranchants et forment contraste : plusieurs sont 
zones, rayés, marqués de taches de diverses couleurs. Quel- 
ques-uns ont un aspect velouté, soyeux, micacé; d'autres 
sont lisses, luisants. 



14 LKS Cil A.M l'KiNONS. 



La ("liair, ou ce (\uv l'on nppellc la trame, le parenchyme 
(les (•liampii;noiis, est blanche dans le plus grand nombre 
des espèces; elle est jaune dans quelques-unes : l'Oronge, 
la C,hanterellc, divers Bolets ; dans d'autres elle est fuligi- 
neuse : WJgaricus (Paxillus) contigims, Bull. Elle est d'un 
rouge brun dans la Fistuline hépatique, Bull. ; noire dans 
la Pezize noire, Bu/garia inquinans. Elle est nuancée de 
rose à la superficie du chapeau dans j)lusieurs Russules et 
dans l'Agaric rougeâtre, Àg. (Amanita) rubescens. 

Cette chair, dans quelques espèces de Bolets et d'Aga- 
rics, change de couleur lorsqu'on vient à la briser. Il en 
est de même des tubes et des feuillets. 

Diverses espèces sont tout chair, pour ainsi dire , entre 
autres le FistuliiKi hepatka^ Fr.; d'autres, au contraire, 
sont tellement minces qu'elles semjjlent en manquer abso- 
lument : tel est le cas de la plupart des Coprins. 

En général, la chair ou le parenchyme des champignons, 
a moins de consistance dans le jeune âge que dans l'Age 
adulte. 

La saveur des champignons est très- variable. Quelques- 
uns sont insipides; d'autres sont acres, caustiques, amers, 
astringents, nauséeux, etc. 

Dans quelques espèces, la saveur, d'abord nulle, ou à 
peine sensible, se développe peu de temps après qu'on les 
a mâchées, et donne à la bouche une sensation de brûlure 
et de constriction qui persiste longtemps. 

On sait de quelle âcreté cette saveur est douée dans l'A- 
garic poivré, Scop^, dans l'Agaric controverse, Pers., et 
dans plusieurs Lactaires. 

Elle a quelque chose de vitreux et de nauséeux dans l'A- 
garic bulbeux, ViXxW., Jgdricus Ph(iUoi(led\, Fr;, et Mapjnij 
Batsch., et dans la Fausse Oronge. Elle est salée dans l'Aga- 
ric engaîné, lîuU.; acide dans l'Agaric du bouleau, Scop.j 



LEURS PROPRIETES PHYSIQUES. 13 



l'Agaric cannelle, ^g. (Cortinarins) cinnanioiueus , Fr., 
acide aussi cLtlis le jeune âge de l'Agaric contigu, Bull., 
Paxillus iiwolutus ^Vw^ elle devient amère lorsque le cham- 
pignon vieillit. L'Agaric à longue racine, Jgaricas radico- 
sus, Bull., a d'abord une saveur agréable, mais, lui instant 
après qu'on l'a goûté, il laisse dans la bouche un goût 
d'une âcreté insupportable. L'Agaric échaudé, Bull., et la 
Clavaire en pilon, Lin., ont une saveur amère déplai- 
sante; il en est de même de Vy4g. tuherosus, Bull., et de 
^ Ag. racemosiiSy Pers., lorsqu'ils sont avancés en âge. 

L'odeur des champignons n'est pas moins variable que 
leur saveur. Celle qui domine dans la plupart d'entre eux 
est toute particulière à ces plantes et semble n'appartenir 
qu'à elles seules; c'est plus particulièrement celle qui dis- 
tingue le champignon de couche. 

Quelques espèces sont dépourvues de toute odeur : telles 
sont le Bolet comestible, Bull., le Bolet livide, Pers., Bole- 
lus Uvidus^ Fr., l'Oronge vraie. 

Plusieurs de ces plantes exhalent un parfum des plus 
agréables, tandis que d'autres sont repoussantes par leiu' 
extrême fétidité. 

L'Agaric odorant, Bull., répand une odeur qui tient du 
musc et de l'œillet. L'Agaric camphré, Bull., dont l'odeiu- 
est presque nulle et assez semblable à celle du camphre, 
loi'sque le champignon est frais, exhale, lorsqu'il est des- 
séché, l'odeur du mélilot. L'Agaric imbriqué, Bull., a celle 
de la gentiane; l'Agaric orcelle, Bull., l'Agaric Mousseron, 
Bull., Ag. Pruuulus, Scop., l'Agaric couleur de froment, 
Bull, et plusieurs autres, celle de la farine récente. Les 
Agarics Marasinius alliaceus, Jacq., M. prasiosmus, Fr., 
M. scorodonius^ Fr., M. porre.us^ Fr., sentent l'ail d'une fa- 
çon très-prononcée ; de là leur est venu leiu' nom spéci- 
fique; 



IG Li:s CIIAMr'ir.NONS. 



I.c l.ciitinns siKn'issinius^ l'r., répand, dit Friès, une 
(»(l<Mii- lics-a^ivaMc, et (|iii est porcoptiblc à 20 pieds de 
ilistancc. 

Dans le nombre des espèces dont l'odenr est fétide, je 
citerai iWgaric soufré, Bull., qui, à peine sorti de la terre, 
a celle du chanvre roui, et cpii, devenu adulte, exhale une 
odeur cadavéreuse; l'Agaric aqueux, Bull., et la Pezize 
stipitée, Bull. (P. mnciopus ^ Pers.), qui sentent la punaise ; 
l'Agaric fétide, Pers., A^. (Russula) /œ/^'/?j', Fr., doit ce nom 
à son odeur repoussante; l'Agaric spermatique, Paul., doit 
le sien à l'odeur toute particulière ([ue ce nom rappelle. Le 
Satyre impudique, P/uilliis iruj)iidicu6\) YÀn.^ répand, à sa 
maturité, une odeur d'une fétidité extrême, qui se fait sentir 
au loin et qui attire les mouches, comme le ferait la chair 
corrompue; le (Jathre grillé, CldlJirus cancellatus^ Lin., a 
une odeur plus repoussante encore. 

Le piùncipe odorant de la plupart des champignons est 
volatil; il se dissipe en grande partie parla dessiccation. 
Quelques espèces cependant, telles que V Hydnuni siiaveo- 
lens\ Pers., l'Agaric mousseron, .4g\ (ilbelliis, Dec, l'A- 
garic camphré, Bull., gardent leur odeur étant desséchées. 

Toutes les espèces de champignons contiennent un suc 
ou fluide aqueux, analogue à la sève des plantes pliané- 
rogames; mais, outre ce principe, nécessaire à l'accroisse- 
ment et à l'entretien de la plante, quelques-unes possèdent 
un autre suc de nature laiteuse, le plus ordinairement 
blanc, opaque, lequel s'épanche lorsque l'on vient à bles- 
ser la plante, et qui est assez caractéristique pour que l'on 
ait créé avec ces espèces un sous-genre auquel on a donné 
le nom de; Ldctaire. 

Les champignons rangés dans la section des Lactaires 
ne sont pas les seuls cependant qui donnent un suc laiteux 
a la cassure ; les <^garicus galopas, Vers., prasiosmus^Vr., 



LEURS PROPRIETES PHYSIQUES. 17 

crocattis, Pers., de la section des Mycènes, eu donnent anssi. 
C'est dans le pied de ces derniers que ce suc est contenu. 
Le pied des individus jeunes du Polypore squammeux , 
Fr. , distille aussi un suc de nature laiteuse. 

Le suc laiteux est concrescible. 

Nous avons vu que les spores, ou organes reproducteurs 
des champignons, sont des corps d'une petitesse extrême. 
Leur dimension varie entre quatre à cinq millièmes de 
millimètre et quelques centièmes de millimètre. Assez ténues 
j)our échapper entièrement au tact lorsqu'elles sont isolées, 
elles font éprouver, lorsqu'elles sont abondantes, la sensa- 
tion d'iuie poussière fuie. Leur densité est moindre que 
celle de l'eau ; aussi sont-elles facilement transportées par 
les vents, les courants d'air. 

Leur structin^e est très-simple. Elles sont formées par 
une seule cellule ou petite vésicule très-mince, contenant 
un fluide qui tient des granulations en suspension. Dans 
quelques espèces cependant, appartenant à des genres tout 
à fait inférieurs, et dont nous n'avons pas à nous occuper, 
elles sont cloisonnées et semblent renfermer des sporules 
ou spores plus petites ; mais peut-être ces spores cloisonnées 
ne sont-elles que des péricarpes ou de véritables siliques 
renfermant les sporules. 

Les spores ont une forme ovale, elliptique ou sphérique, 
selon les espèces. Elles sont lisses dans la plupart des cham- 
pignons; mais^ dans quelques-unes de ces plantes, lesTu- 
béracés, par exemple, elles sont hérissées d'aspérités. 

L'enveloppe de la spore est simple pour Corda ; elle se 
compose, pour MM. Tulasne, de deux membranes difficiles 
à séparer: l'une externe, qu'ils appellent exospore\, l'autre 
interne, qu'ils nomment emluspore. Pour d'autres mycolo- 
gistes, les spores sont composées d'un epispure et d'un 
nucleus. L'épispore est formé d'une seule cellule, qui garde 

2 . 



18 IJ:s ClIAMI'hiNitNS. 



SIM- lin |»(iiiil (l('>a siii-racc la trace de son insertion sur le 
filament du haside. et j)r(jl)al)lement aussi celle de son in- 
sertion dans la tlié(|ue. Le nucléus est le noyau, le centre 
de la spore. 

Les spores affectent des couleurs variées qu'elles commu- 
ni(pient prescjue toujours à riivménium ; c'est-à-dire à la 
niend)rane cpn' constitue ou revêt les feuillets des Agarics, 
les aiguillons des Hvdnes, les tubes des Bolets. Elles sont 
blanches, roses, jaunes, ferrugineuses, fauves, brun-pourpre 
ou même noires, selon les espèces. 

Ce n'est pas tout d'abord cpie les spores prennent leur 
couleur et qu'elles la donnent à l'hyménium. Dans les Aga- 
rics appartenant à la division des l^ratelles, les spores, d'a- 
bord" lilas ou violacées, deviennent noires à la maturité de 
la plante; les feuillets suivent leur mode de coloration. Il en 
est de même des Coprins, qui, dans leur jeune âge, ont les 
spores et les feuillets rosés ou d'un gris cendré, et qui plus 
tard les ont d'un noir foncé. Du reste, la couleur de l'iiv- 
ménium n'est pas nécessairement sous la dépendance des 
spores ; plusieurs Agarics ont les feuillets colorés et les 
spores blanches. 

La couleur des spores, bien que variable selon l'âge de 
la plante, est assez constante dans les champignons adultes 
pour que le professeur Pries et d'autres mycologistes aient 
cru pouvoir fonder sur elle les principales subdivisions 
qu'ils ont établies dans le genre Agaric. 

Les spores de c[uelques champignons ont une odeur et 
une saveur particulières. 

Par les temps himiides, quelques champignons sont re- 
cou\ erts d'une matière visqueuse qui rend leur superficie 
toute gluante. D'autres, au contraire, se recouvrent à leur 
maturité d'une sorte'de poussière farineuse, cjui u'estpas sans 
analogie avec l'espèce de cire qui recouvre certains fruits. 



CHAPITRE 111. 

PHYSIOLOGIE DES CHAMPIGNONS. 

Bien que les champignons passent généralement pour 
des plantes agames, c'est-à-dire dépourvues d'organes 
sexuels, quelques botanistes cependant ont cru reconnaître 
dans diverses espèces des organes mâles et des organes fe- 
melles. C'est dans les appendices appelés cystides ou anthé- 
ridies, qui se voient seulement dans les champignons d'un 
ordre élevé, qu'ils ont cru reconnaître les organes mâles; 
mais, les anthéridies ne possédant rien qui ressemble au 
pollen des plantes phanérogames, il est difficile d'admettre 
que ces corps soient des organes de fécondation ; ce sont 
plutôt, comme je l'ai dit plus haut, des thèques ou des ba- 
sidies développés avec exagération, et, par cela même, 
avortés. 

D'autres botanistes pensent avoir constaté l'existence 
d'organes maies et d'organes femelles parfaitement dis- 
tincts, et portés par des individus différents, les maies sur 
un pied, les femelles sur un autre pied. 

Enfin, d'autres encore auraient vu sur la même plante 
des organes séparés d'abord, qui se rapprochent, se réunis- 
sent et finissent par se confondre pour produire une spore 
[Syzfgites megalocarpus , Ehr.). Des zoospores , c'est à-dii'e 



LES (:ilA.M.IM(.NO.\S. 



(les sj)()r(\s animt'es do monvomonts, se produiraient à la 
suite de la fécot)tlation. 

\insi donc, il \ aiu'ait dans la classe des cliampignons 
des espèces que l'on pourrait regarder comme dioïcpies, 
et d'autres qui seraient monoïques. Les observations de 
ces auteurs auraient l^esoin peut-être, pour être admises à 
faire retrancher les champignons de la grande classe des 
plantes agames, d'être appuyées sur de nouvelles observa- 
tions. La vérité est néanmoins que les basidies et les thè- 
ques peuvent être considérés comme de véritables ovaires, 
contenant ou supportant les spores ouséminules; mais, 
(piant aux organes de la fécondation, on peut dire qu'ils 
sont encore à trouver, leur existence n'étant pas suffisam- 
ment démontrée. 

Les anciens étaient persuadés que les champignons nais- 
sent spontanément. 

D'après Pline . le principe générateur de ces plantes 
réside dans le limon, dans le suc acescent de la terre hu- 
mide et dans les racines de presque tous les arbres à 
gland (i). 

La croyance à leur génération spontanée fut longtemps 
partagée par les modernes ; mais, depuis que Micheli a dé- 
montré que les champignons se reproduisent de semences 
comme les autres végétaux, elle a été généralement aban- 
donnée. Personne aujourd'hui peut-être ne croit à la spon- 
tanéité de leur génération, même pour les espèces les plus 
simples. On a reconnu en effet que les spores ou séminules 
des champignons, placées dans des circonstances favorables 
au développement de ces végétaux, germent en quelque 
façon à la manière des plantes d'un ordre plus élevé. 

Ces spores ont besoin pour germer d'une température de 

(1) IMino, 22-46 et 22-48. 



LEUR PHYSIOLOGIE. 21 

i5 à i8 degrés centigrades; celles de certaines espèces ger- 
ment cependant à vme température peu supérieure à celle 
de la glace. Les froids au-dessous de zéro empêchent le 
développement de leur germination, comme ils empêchent 
celui des autres végétaux. 

Les spores de quelques espèces peuvent germer aussitôt 
après qu'elles ont quitté le sporophore ou réceptacle dans 
lequel elles ont pris naissance; tel est le cas de la plupart 
des moisissures. Trois heures suffisent à certains Mucors, 
six à douze heures à certains Urédinés. Les spores de di- 
verses sphéries germent qu'elles sont encore renfermées 
dans leurs thèques. La germination des grandes espèces, 
tout au contraire, Agaricinés, Polyporés, etc., ne se produit 
que longtemps après leur émission ; il semble qu'une pé- 
riode de repos soit nécessaire aux spores pour que leur 
germination puisse s'opérer. Cette période dépassée, si les 
spores se trouvent placées dans des circonstances d'habitat, 
d'humidité et de température favorables, les phénomè- 
nes de la végétation ne tardent pas à se manifester. En 
suivant ces phénomènes, on voit d'abord sortir d'un pôle, 
ou même des deux pôles opposés des spores, un filament 
ou radicule, qui bientôt se divise et se multiplie en rameaux 
plus ou moins nombreux, presque toujours blancs, les- 
quels s'enchevêtrent, s'entre-croisent et forment ce que l'on 
appelle mjcéliuni ou blanc de champignon. 

Le mycélium parait jouer dans ces plantes le rôle que 
jouent les racines dans les plantes monocotylédones et di- 
cotylédones, ou peut-être, et mieux encore, le rôle que 
joue le placenta dans l'œuf humain et dans celui des autres 
mammifères; c'est-à-dire qu'il puise là où il a pris nais- 
sance les sucs qui doivent servir à la nutrition et au déve- 
loppement du nouvel être. 

Toutes les espèces de champignons paraissent pourvues. 



22 M:S CIIA.Ml'KINrtNS. 



à leur origino. (1111) myrrlium ; mais cet organe n'est pas 
toujours apparent. Dans quclques-iuios, il disparaît si 
j)ioinptenient que l'on pourrait mettre en doute son exis- 
tence. Tel est le cas de divers champi-gnons parasites, qui 
semblent n'adiiérer aux corps sur lesquels ils végètent que 
par une sorte d'agglutination, sans apparence de radicules. 

Le mycélium dans les champignons hypogés, — les 
Truffes, par exemple, — se développe sous terre, et pres- 
que toujours il échappe à l'observation. Dans les champi- 
gnons épigés . — les Phalloïdes , les Lycoperdonnés , la 
plupart des Agarics, des Bolets, des Hydnes, etc., — il 
rampe sous le sol ou à la superficie du sol. Dans les cham- 
pignons épiphytes ou lignicoles, il vient à la surface des 
végétaux sur lesquels le champignon doit pousser. Quel- 
quefois même il pénètre profondément dans leur intérieur. 

Le mycélium n'a pas toujoiu's la forme byssoïde ou de 
blanc de champignon, que tout le monde connaît; il prend 
parfois et garde la forme de radicules ou de racines qui ne 
seraient pas sans analogie avec les racines des végétaux 
phanérogames, si elles n'étaient pas entièrement de nature 
celluleuse. Os sortes de racines se voient dans les Phallus, 
les Clathres et quelques Lycoperdonnés. Quelquefois le 
mycéliimi est mucilagineux, comme dans le genre Spu- 
maria. D'autres fois il est ferme, compacte, s'il est vrai que 
les Sclérotium ne soient que des mycélium latents de di- 
verses espèces de champignons. 

Sur le mvcélium apparaît bientôt. lorsque les circons- 
tances sont favorables, le champignon proprement dit, le- 
quel, à sa naissance, a presque toujours une forme globu- 
leuse ou ovoïde, mais qui. en grandissant, prend graduel- 
lement celle qu'il doit avoir à l'état parfait. 

^"ous avons vu que le champignon rudimentaire est dans 
presque toutes les espèces, entouré, soit d'une membrane 



LEUR PHYSIOLOGIE. 23 

OU tégument universel, tomenteux, qui disparaît bientôt 
sans laisser de traces ; soit d'une membrane ou même de 
deux membranes, phis ou moins persistantes, et formant 
ce cpie l'on appelle'le collet et le voha, et qui, l'une et 
l'autre, ont pour objet de protéger la plante avant son dé- 
veloppement. 

Le collet ne serait pas, pour Bulliard, sans analogie avec 
le calice et les pétales des plantes. 

« Le collet, dit-il, paraît être aux champignons ce que 
les pétales et les calices sont aux fleurs des autres plantes ; 
c'est un abri sûr pour les graines qui sont probablement 
fécondées avant que le collet se détache du chapeau. » 

Je me demande si les membranes qui constituent le col- 
let et le volva n'auraient pas une analogie plus grande en- 
core avec les membranes chorioii et amnios de l'œuf des 
mammifères. Le mycélium représenterait alors, comme je 
l'ai dit plus haut, le placenta des mammifères. 

Quoi qu'il en soit, le champignon sort du volva et se 
détache du collet en déchirant ces menibranes, comme le 
fœtus humain déchire celles qui l'enveloppent avant sa 
naissance, et comme le poulet sort de sa coquille en la 
brisant. 

Le champignon s'échappe même quelquefois du volva 
en produisant du bruit, à cause de la résistance que cette 
membrane lui oppose. 

Bulliard dit, en parlant du volva du Satyre fétide, Plial- 
his impiuUcns^ Lin. : ic Ce volva se crève toujours avec un 
certain effort, et quelquefois avec une explosion presque 
aussi forte qu'un coup de pistolet : il arrive même assez 
souvent que, si on a mis ce champignon dans un vase de 
verre ou de faïence, dont il remplisse toute la capacité, et 
au fond duquel il y ait un peu d'eau, il brise ce vase 
quand son volva se crève ; ceci se remarque principale- 



2i IJ:s C.IIA.MI'liiNdNS. 



ment ([uaiid l'air atmosphérique est en même temps chaud 
et sec (i). » 

Le froid, même intense, ik? paraît avoir d'effet injurieux 
ni sur les spores, ni siu- \v myeéhum des cliampignons. 
(Jue les hivers soient rii;oureux, en Suèd(î et en Russie, 
ils n'cmprchent nullement l'apparition des champignons, 
lorscpie \ient la saison ou ils ont coutume de se montrer. 

Une chaleur sèche, élevée un peu au-dessus de loo de- 
grés, ne détruit pas, à ce que l'on assure, la faculté ger- 
minative des spores de la plnj)art des espèces. 

Le mycélium, de même que les spores de diverses espè- 
ces, lignicoles surtout, reste très-souvent à l'état latent, et 
cela des années entières, attendant que des circonstances 
favorisent son développement. 

Tenu dans un lieu sec, le mycélium ou blanc de cham- 
pignon garde longtemps sa propriété végétative. Les jar- 
diniers disent en avoir conservé pendant vingt ans qui, mis 
ensuite sur des couches, a produit quantité de champi- 
gnons. Les pluies abondantes lui sont préjudiciables ; elles 
le noient en quelque façon. 

Mais si le mycélium et les spores résistent à un froid ri- 
goureux et à une température élevée, il n'en est pas ainsi 
du champignon lorsqu'une fois il a commencé à se déve- 
lopper : un froid intense et une chaleur extrême le tuent; 
aussi, bien peu d'espèces, surtout si elles sont de consis- 
tance charnue, résistent aux gelées d'hiver et à la chaleur 
ardente d'un été sec. Les espèces à consistance subéreu- 
ses, telles que la plupart des Polypores, supportent assez 
bien la chaleur et un froid extrêmes. 

Le champignon en voie de développement a besoin, pour 
continuer à s'accroître et marcher régulièrement vers son 



(t) Bulliard, Hist. des Champ., p. Cl, 



/ 



LEUR PHYSIOLOGIE. 25 

état parfait, d'un degré de température et d'humidité qui 
ne doit pas dépasser certaines limites. 

A voir la quantité prodigieuse de spores que produi- 
sent les champignons, quantité évaluée à plusieurs mil- 
lions dans une foule d'espèces, et la facilité avec laquelle 
ces spores si ténues, si légères, sont emportées par les vents, 
entraînées par les pluies, les courants d'eau, on se de- 
mande comment il se fait que la terre ne soit pas entière- 
ment couverte de ces végétaux; mais, si l'on vient à réflé- 
chir qu'une foule de plantes phanérogames produisent, 
elles aussi, une quantité prodigieuse de semences d'une 
petitesse extrême, et que cependant ces plantes ne sont 
pas plus multipliées que tant d'autres végétaux, on cesse 
de s'étonner de la rareté proportionnelle des cliampignons. 
C'est que leurs spores ou semences, comme au reste les se- 
mences des autres plantes, ont besoin, pour entrer en ger- 
mination et se développer, d'être placées dans des circons- 
tances toutes particulières de température, d'aération, de 
lumière et d'habitat. Or, quelle immense quantité de spo- 
res sont détruites, avant que toutes ces circonstances soient 
réunies! Et d'abord, la germination des grandes espèces 
de chr^mpignons, telles que les Agarics, les Bolets, les Hyd- 
nes^ les Helvelles, etc., ne se fait qu'à des époques déter- 
minées de l'année; si donc à ces époques les spores ne 
sont pas placées dans les conditions voulues, non-seule- 
ment elles ne gei'ment pas, mais encore elles perdent, pour 
la plupart, lenr faculté germinative. Que le mycélium, de 
toutes les espèces, pour ainsi dire, à l'exception de celui 
du champignon de couche, soit transporté dans des lieux 
souterrains, ce mycélium, en l'absence de la lumière et 
d'un air renouvelé, produira des monstrnosités, et nulle- 
ment des champignons à l'état normal et susceptibles de 
donner des spores à leur tour. 



i>(j LKS i;ilA.M l'KiNONS. 



UiH' seule spore peut-elle produire ces mycélium si com- 
plexes qui, dans quelcpies espèces, uous frappeut par leur 
éteudiie: ou l)ieu ces mycélium sout-ils le produit de la 
i^crmiuatiou d'uu grand nombre de spores dont les fda- 
ments entremêlés, confondus ensemble, finissent par pro- 
duire ces groupes quelquefois si nombreux de champi- 
gnons? 

Ce que l'on sait, c'est que dans les espèces à organisation 
simple, comme les Mucorés , les Mucédinés , luie seule 
spore suffit }K)ur développer, une moisissure, qui bientôt 
occupe une surface relativement étendue. 

Mais comment s'opèrent les fonctions vitales dans ces 
plantes? 

Nous avons vu, que si les champignons varient beaucoup 
dans leur structure et leur configuration, ils sont néan- 
moins composés uniquement de fibres entrelacées et for- 
mant, par leur disposition, un tissu réticulaire, dont les 
cellules, tantôt arrondies, tantôt allongées, communiquent 
avec les agents extérieurs au moyen de pores d'une téiuiité 
extrême. C'est par ces pores que se font l'absorption et 
l'exhalation. 

Ces plantes n'ayant pas de vaisseaux propres à la circu- 
lation de la sève, comme en ont les végétaux d'un ordre 
plus élevé, c'est dans les cellules mêmes, dont toute la 
plante parait formée, que sont contenus les fluides nutri- 
ciers dont la circulation presque insensible se fait par une 
sorte d'attraction capillaire. 

On admet généralement que les champignons se laissent 
pénétrer de fluides par endosmose et qu'ils abandonnent 
ces fluides par exosmose. C'est dans ce double mouve- 
ment continu d'absorption et d'élimination que s'accom- 
plissent les phénomènes de nutrition, d'assimilarion, d'ac- 
croissement et bientôt ceux de reproduction de la plante. 



LEUR PHYSIOLOGIE. 



Arrivé à son état parfait, le champignon donne des semen- 
ces comme tous les autres végétaux ; les semences émises, 
il y a presque aussitôt arrêt de développement dans la 
plante; les phénomènes d'exhalation prévalent sur ceux 
d'absorption, et bientôt survient la cessation de la vie. 

La plupart des champignons croissent avec tant de rapi- 
dité, que l'on dit en proverbe : Pousser comme un cham- 
pignon. Il en est qui en quelques heures arrivent à leur 
complet développement. Le Lycoperdon gigantesque ac- 
quiert, en moins d'une nuit, le volume de la tête d'un 
homme. 

Les pluies d'orage surtout favorisent leur apparition. 
Le lendemain d'un jour de pluie où le tonnerre s'est fait 
entendre, on est tout étonné de voir des champignons là 
où la veille on n'aurait pas soupçonné l'existence de leurs 
germes. Mais, si ces plantes poussent vite, ellespassent vite 
aussi. Dans les Coprins, la durée de la vie est éphémère; 
c'est à peine s'ils ont vécu un jour qu'ils se flétrissent. 
Dans les espèces charnues, la durée moyenne de la vie est 
de six à douze jours. Elle est plus longue dans les espèces 
dont la consistance est coriace, — les Lentinus, les Maras- 
miiis, — et dans celles dont la texture est comme tubé- 
reuse, — certains Polypores et certains Hydnes. — Les Po- 
lypores à amadou, Poljporas fomcniarius et P. igniarius^ 
ont une existence dont la durée paraît s'étendre à plusieurs 
années, puisque, tous les ans, luie nouvelle couclie (h^ 
pores vient s'ajouter aux couches anciennes; on peut dire, 
cependant, que la vie réelle de ces champignons ne se pro- 
longe guère au-delà de quelques mois. Ce qui trompe sur 
cette durée apparente, c'est que, pendant plusieurs an- 
nées de suite, des couches nouvelles de tubes ou pores se 
développent sur les couches anciennes qui leur servent 
d'babitat. Il en est de ces plantes comme de la plupart des 



28 LF.S CHA.MI'KINONS. 



polypiers, dont les générations successives établissent leurs 
habitafioiis les unes au-dessus des autres. 

^()us avons vu que les spores des champignons sont, les 
unes contenues dans des cellules allongées, appelées tliè- 
(jues. les autres placées au sommet de filaments supportés 
par ce que Ton appelle des basides. Dans les champignons 
dont les spores sont renfermées dans des thèques, ces spo- 
res, à la maturité de la plante, sont, à des intervalles plus 
ou moins lapprochés, lancées dans l'espace avec une cer- 
taine fonM\ sans doute parla contraction delà tlièque; 
et connue celle-ci contient, en même temps (pie les spores, 
\\n li(pn"de huileux, ce liquide, projeté dans l'air en même 
temps que les séminules, se volatilise et forme ces petits 
nuages toni billonnants que Ton voit s'élever de temps à 
autre de la surface de l'hyménium des Pezizes et des AIo- 
riUes. 

Dans les champignons dont les spores sont supportées 
par des basides, — les Agarics, les Bolets, les Hydnes, — 
il semblerait que ces organes, en se détachant du filament 
qui les poite, dussent tomber verticalement sur le sol et 
dune manière tout à fait passive; il n'en est point ainsi, la 
j)lnpart sont lancées dans l'espace jusqu'à une certaine dis- 
tance, et en rayonnant, pour ainsi dire. Ce qui le prouve, 
c'est que, dans leur clHite,les spores tracent, sur le sol ou 
riiabitat sur lequel le champignon a vécu, un dessin d'un 
diamètre beaucoup plus grand que le chamj^ignon hii- 
iiième dont elles se sont séparées. La nature a voidu qu'il 
en fût ainsi, afin que leur dissémination fût répartie d'une 
manière plus étendue. 

Malgré le peu de consistance que présentent, en géné- 
ral, les champignons^ ces plantes ont pour la plupart une 
forme expansive de végétation véritablement remarquable. 
Non-seulement elles poussent avec rapidité, mais encore, 



LEUR PHYSIOLOGIE. 29 



dans leur croissance rapide, elles peuvent soulever des 
poids et des masses considérables. Le docteur Charpentier 
rapporte, dans ses Eléments de physiologie, que, dans le 
voisinage de Basingstolœ, une dalle mesurant ii pouces 
carrés et pesant 83 livres, fut soulevée et sortie de son lit 
à une hauteur d'un pouce et demi par une masse de Road- 
stools, — Agarics, — de 6 à 7 pouces de diamètre, et il 
ajoute que presque tout le pavé de la ville subit un dépla- 
cement par la même cause. 

Les Agarics, du reste, ne sont pas les seuls champignons 
qui puissent déplacer des pavés, des masses de terre : on 
a vu des dalles, des pierres volumineuses, soulevées par 
des Lycoperdons. 

Diverses espèces de Polypores et d'Hydnes ne se conten- 
tent pas de lutter contre les obstacles qui s'opposent à leur 
développement; elles agglutinent, enveloppent les corps 
qui se trouvent dans leur voisinage, fragments de bois, 
herbes mortes ou vivantes; elles les étreignent si fortement 
qu'il semble que ces corps étrangers ne fassent qu'un avec 
leur propre substance. 

Le phénomène appelé contractilité se produit dans plu- 
sieurs espèces de champignons. Nous venons de voir qu'il 
existe dans les thèques et les basides, à l'époque de la ma- 
turation des spores, 

M. Robson, observant le Clathre grillagé, a constaté un 
mouvement sensible dans une partie des fibres du sommet 
de la plante, au moment où elle sortait du volva; l'ayant 
touchée avec la pointe d'une épingle, il a vu avec surprise 
que le mouvement des fibres était encore plus prononcé. 

Les champignons blessés ont une puissance de réorga- 
nisation remarquable. Si l'on enlève une partie des tubes 
d'un jeune Bolet, il les reproduit. Que ces mêmes tubes 
soient rongés, détruits par les limaces, chez les jeunes indi- 



;)0 LKS i:il \.M l'ICNONS. 



\i(lii^, ils l'oiiaisscnl ; on les trouxc reproduits aussi en 
Irlande partie dans les Ijolets adulles. In jeune Polypore 
est-il coupe en li"a\(M's, la plaie se cicatrise sans laisser de 
p-ace; il eu est de même des Lycoperdonnés. 

Les clianijîignons, cependant, ne se reproduisent point 
|)ar scissij)arité. Il est sans exemple, je crois, qu'un cham- 
pi{4Uon, divisé en plusieurs fragments, ait donné naissance 
à des champignons mulli])les. Il n'en est j)as ainsi du my- 
célium de diverses espèces, entre autres du mycélium du 
champignon de couche, lequel peut être divisé en frag- 
ments qui, dans des circonstances favorables, donneront 
(|uantité de champignons, 

La n;iture, en procréant les êtres, a tout fait pour la 
conservation de l'espèce et de l'individu; mais, comme elle 
n'attache de l'importance à la vie de celui-ci qu'autant 
qu'il possède la faculté génératrice, elle ne tarde guère à 
le laisser périr lorsqu'une fois il a perdu cette faculté, ('e 
c[ue nous voyons pour les insectes, qui presque tous meu- 
rent aussitôt après la fécondation et l'émission des œufs; 
ce que nous voyons pour les plantes annuelles, qui se fa- 
nent, se dessèchent et cessent de compter parmi les êtres 
vivants peu de temps après la maturation des graines, nous 
le voyons plus rapidement encore pour les champignons, qui 
presque tous meurent aussi et se décomposent peu de 
temps après la maturation et l'émission des spores. 

L'existence de ces plantes se prolonge rarement au-delà 
de quelques jours. La destruction de diverses espèces 
semble même nécessaire poiu- que la dispersion des sémi- 
nules ait lieu : tel est le cas des Trufl'es; tel |)arait être celui 
des Clathres et des Phallus, et ])eut-être aussi celui des 
Coprins, bien que ces derniers émettent une partie de leurs 
semences avant que leur décomposition commence. 

Si cjuelques espèces qui croissent sur les arbres, telles 



LEUR PHYSIOLOGIE. :31 

que les Bolets Amadoiiviers , semblent étendre leur vie 
jusqu'à quatorze el quinze ans, il n'en est pas moins vrai 
que ces espèces se renouvellent chaque année, ainsi que je 
l'ai dit plus haut; mais, comme leur consistance presque 
ligneuse leur permet d'échapper longtemps à la destruc- 
tion, le nouveau champignon se développe sur l'ancien, 
qui lui sert de support, et même, en quelque façon, de 
nourriture. 

Les champignons, après avoir émis leurs spores, entrent, 
ai-je dit aussi, plus ou moins promptement en décompo- 
sition, selon les espèces. Cette décomposition a la plus 
grande analogie avec celle des substances animales*, ce qui 
semblerait venir à l'appui de l'opiiuon partagée par divers 
savants, que les champignons sont des productions plutôt 
de nature animale que de nature végétale. 



CHAPITRE IV. 

GÉOGRAPHIE DES CHAMPIGNONS. 

Les champignons, considérés dans leur ensemble, crois- 
sent partout où la végétation peut se manifester. On peut 
dire qu'il n'est pas de partie du monde oii on ne les ren- 
contre ; toutefois, comme ils ont besoin pour se déveloj)- 
per de se trouver dans des conditions particulières d'ha- 
bitat, d humidité, d'air, de lumière et de chaleur, on con- 
çoit qu'ils se montrent plus abondamment dans certaines 
régions. La chaleur sèche et un froid vif nuisent à leur 
développement; ils sont rares dans les régions équato- 
riales, à cause de la chaleur extrême qui y règne, et, sous 
les cercles polaires, à cause de la rigueur du froid. 

Dans la zone centrale de l'Europe, ou la température 
est moyenne et où les pluies sont fréquentes, ils sont nom- 
breux en espèces et viennent abondamment. D'après 
Krombholz, c'est sous les tropiques que les champignons 
se montrent avec le ])lus d'abondance, parce que là se 
trouvent réunies les conditions les plus favorables à leur 
existence. 

Les champignons de petite taille et dont l'organisation 
est simple, les Mucorés, les Mucédinés, sont répartis 
sur tout le globe, en bien plus grand nombre que ceux qui 



(JEOGlîAPHIE DES CHAMPIGNONS. 33 

sont de grande faille, et dont l'organisation est plus com- 
plexe ; les champignons suivent en cela la loi générale, qui 
veut que, dans le règne végétal comme dans le règne animal, 
les espèces d'une petite taille soient plus nombreuses en 
individus que les grandes espèces. 

Les champignons viennent à peu près dans toutes les 
formations géologiques. 

Quelques espèces se rencontrent sur les montagnes, à 
des altitudes considérables. 

L'Agaric fausse Oronge, le champignon de couche et la 
Chanterelle, ont été trouvés dans les Alpes, à une hauteur 
de 1,624 mètres au-dessus du niveau de la mer. Philippi a 
trouvé sur l'Etna le Geaster hygrométrique, à une hauteur 
de 1,656 mètres. Le Clavaria crislatd^ Pers., a été trouvé 
à celle de 1,820. 

Oswaldheer a rencontré un assez i>rand nombre d'Aea- 
ries et deux Pezizes à une hauteur de 2,111 et même de 
2,274 mètres. Un Agaric de la section des Mycènes a été 
trouvé par M. Agassis siu' les bords du glacier de l'Aar, à 
2,5c)8 mètres d'élévation. 

Junghum a constaté qu'à Java les champignons croissent 
surtout à une hauteur de 974 à 1,624 Jnètres au-dessus 
du niveau de la mer. Plus haut ou plus bas que cette alti- 
tude, leur abondance diminue. Il en est de même sur les 
montagnes de l'Amérique centrale. 

Hooker fds a remarqué que dans la haute Asie les cham- 
pignons étaient très-abondants à la hauteur de 2,274 à 
2,598 mètres au-dessus du niveau de la mer, tandis qu'ils 
étaient fort rares dans les plaines. 

Sur les monts Himalaya, l'apparition de certains cham- 
pignons ne cesse qu'à une hauteur de 18,000 pieds anglais. 
A la base de ces montagnes viennent les espèces tropicales; 
à une certaine hauteur, celles que l'on peut appeler sub- 

3 



ut IJ:s cil A.M l'KiNONS. 



tropicales; |)liis haut, ccllos lUi sud (\q VVaivo\w. vt |)lus 
liant ciicoir, celles du nord de l'iMu-ope. 

(lertaines espèces sont cosmopolites, c'est-à-dire (ju'elles 
croissent sous toutes les latitudes. Parmi celles qui nous 
intéressent, je citerai le champignon découche; le Po/)- 
poiiis V('rsic()li)i\ V\\ ; le P . litcidtis, \ v. ; le P. ignidiius^ 
II'.: le S('/iiz<ij)/nl/t(!n coiumune, V\\ ; V Ai^dv'iciis pcdiades^ 
l"r., et nos espèces communes de Vesse-loup , (|ui se l'en- 
contrent à peu près dans toutes les parties du monde, ex- 
cepté dans les régions extrêmes du ÎSord. 

Il est certaines espèces f[ui \ienn(Mit communément chez 
nous, et que l'on trouve aussi dans des contrées excessive- 
ment éloignées de la l'rance. Le Clavaria fasti^idld, Lin., 
a été observé à la Ciuyane; le Geoglosswu hirsiildm, Pers., 
aTlK' de l'rance ; le Tlielcphora lerrestris, Pers., dans l'A- 
mérique équinoxiale; le J.ycopcrdon pyri farine^ Scliœff., à 
la Nouvelle-Cirenade, etc. 

Dans les contrées les plus lointaines, la Tasmanie, la 
Nouvelle-Zélande, l'ile de .iuan-Fernandez, le Chili, se 
trouvent des espèces européennes, et même en assez grand 
nombre, proportionnellement aux espèces indigènes. 

L'Amérique du Nord est très-riche en champignons. 
Outre les espèces qui lui sont propres, elle en possède une 
multitude de celles qui viennent en FAU^ope. 

Les pays tout à fait au nord n'ont j)as pour ainsi dire 
d'espèces spéciales ; ils ne produisent guère que celles des 
zones tempérées. 

Mais . si cpielques champignons semblent venir à peu 
])rès j)aitout, beaucoup d'autres, au contraire, sont parti- 
culiers à certaines régions, à certaines contrées; ils ont 
leurs localités d'élection, leur préférence poui- tel ou tel 
sol ; vainement on les chercherait ailleurs. 

Les Polypores et les Lenzites ont pour centre principal 



LKUU (iEOGRAPHIE. 33 

les pays tropicaux; les Agarics viennent plus volontiers 
dans les régions froides; les Coprins se rencontrent sur 
tout le globe. 

Les champignons des contrées boréales sont en général 
plus charnus et moins coriaces que ceux des régions tropi- 
cales. Sous l'équateur, les Russules sont presque subé- 
reuses. 

Les forets vierges des pays tropicaux produisent des 
champignons toute l'année. EnEiu'ope, ce n'est guère qu'en 
automne cpie ces plantes se montrent en quantité. Dans 
cette partie du monde, le nombre des espèces diminue à 
mesure que l'on s'avance vers les régions polaires, comme 
il diminue à mesure que l'on s'élève sur les montagnes. 

Les champignons qui viennent sous les arbres conifères 
ne viennent généralement pas dans les bois d'essence non 
résineuse. 

Les Corlinaires et les Hydnes se plaisent dans les régions 
boisées ; on ne les trouve pas dans les terres cultivées. Les 
(^oprinaires, tout au contraire, de même que les Pratelles 
et les Coprins, se plaisent dans les pays de plaine riches 
en engrais. 

Les champignons, si nombreux aujourd'hui en espèces 
vivantes, ont-ils été trouvés à l'état fossile? L'attention des 
géologues s'étant jusqu'à présent peu portée vers l'étude 
des champignons fossiles, le nombre des espèces recon- 
nues comme telles est resté fort limité. Jusqu'alors il n'y a 
guère que le Bolet oblique, Bull., Poly parus hicidus, Fr., 
champignon que l'on rencontre vivant à peu près sous 
toutes les latitudes, que l'on connaisse à l'état fossile. C'est 
dans les marécages de Cambridgeshire que ce champignon 
a été trouvé fossilisé. 

On a constaté dans l'ambre jaune l*existeiïce de Pénicil- 
lium contemporains de ces espèces conifères^ perdues au- 



M 



LliS CIIA.Ml'ICNONS. 



joiird'Iiiii, (jiii j)ro(liiisaient l'ambre. On a constaté de 
même, sur les feuilles de dépùts récents, l'existence de 
Spliériacés. 

iMus tard, sans doute, le nombi'e des espèces de cham- 
pi Jouons fossiles se trouvera considérablement augmenté. 



CH4PITRF, V. 

DE l'[NFLUENCE de LA SAISON, DU CLIMAT, DU SOI,, DE 

l'habitat, de la culture. 



Influence de la saison. 

L'époque de l'année a-t-elle de l'influence sur le danger 
que peut présenter l'usage des champignons ? En d'autres 
termes, leurs propriétés toxiques ou alimentaires augmen- 
tent-elles ou diminuent-elles selon les saisons? 

Les espèces toxiques et les espèces comestibles gardent 
leurs propriétés malfaisantes ou alimentaires, qu'elles vien- 
nent au printemps, en été ou en automne. 

La variété verna de l'Agaric phalloïde, Fr., Agaric bul- 
beux printanier, Bull., laquelle vient surtout au prin- 
temps, comme son nom l'indique, n'est pas moins dange- 
reuse que les autres variétés de ce même Agaric qui viennent 
en été et en automne. Il en est de même de l'Ag. Map}ja, 
Batsch.,de l'Ag. émétique, Fr., et d'autres espèces malfai- 
santes qui se montrent assez indifféremment en été et en 
automne, et qui sont également toxiques dans l'une comme 
dans l'autre saison. \J Âgaîicus (Amanita) rubescens, Fr. ; 
Vyég. (Russula) ahitaceus^ Fr. ; V^g. (Russula) cyanoxan- 



38 I.KS t;iI.\.MI'l(iN()NS. 



/////.v, Pcrs., cl la (Miantcrclli', que l'on troiiNc fréqucmmoiit 
au |)riiit('mj)s, en été et en automne, sont coniestil)les dans 
toutes les saisons. 

Il est (l'observation cependant que les ex(Mnples d'em- 
poisonnement sont plus IVécjucnts en automne qu'à toute 
autre époque de l'année ; mais cette fré(pienee n'est nulle- 
ment i\i\c à ce (pie 1(^ principe toxique des espèces véné- 
neuses serait plus développé dans cette saison ; elle tient 
uuicpiement à ce cpie, les champignons croissant alors en 
plus grande abondance, il s'en fait une plus grande con- 
sommation. 

Mais, si l'époque de l'année n'a pas une influence bien 
constatée sur les qualités des chanq)ignons, on peut dire 
(pi'il n'eu est pas tout à fait de même de la constitution 
atmosphérique. 

Dans nos contrées, le temps est-il chaud et sec, les 
champignons alimentaires ont plus de coloration , plus 
d'arôme, plus de fermeté; leurs propriétés alimentaires 
sont véritablement augmentées, parce qu'elles sont en quel- 
rpie faf;on concentrées. La sécheresse et la chaleur con- 
centrent de même le principe malfaisant des espèces toxi- 
ques. 

La grande humidité et les pluies abondantes, au con- 
traire, affaiblissent l(\s ([ualités nutritives des espèces co- 
mestibles, de même qu'elles affaiblissent les qualités délé- 
tères des espèces toxiques. Si les pluies sont abondantes , 
elles lavent, pour ainsi dire, les champignons, en entraî- 
nant une partie du principe malfaisant; ou bien elles ac- 
cumulent ce principe à la partie inférieure du pédicide, 
comme cela se remarque dans les Amanites, dont la bulbe 
devient alors la partie la plus active. 

Les amateurs de champignons savent tous que l'état de 
l'atmosphère influe sur les qualités de ces végétaux; aussi 



INFLUENCE DU CLIMAT. 39 

vont-ils de préférence les récolter le matin, et, autant que 
possible, par un temps sec. 

L'âge des champignons parait aussi n'être pas sans in- 
fluence sur leur principe actif. Arrivées à la maturité, les 
espèces vénéneuses sont plus dangereuses qu'elles ne le 
sont dans le jeune âge. 

Les espèces comestibles elles-mêmes , trop avancées en 
âge, deviennent indigestes, et, par conséquent, nuisibles. 
Le champignon de couche est, comme bien d'autres , dans 
ce cas ; aussi la police, à Paris, défend-elle la vente de ceux 
dont les feuillets passent au noir. 

De r influence du climat. 

Le climat exerce-t-il ime influence sur les propriétés 
toxiques ou alimentaires des champignons? C'est-à-dire, 
les propriétés alimentaires ou vénéneuses de ces plantes 
vont-elles en augmentant ou en diminuant d'intensité, à 
mesure que l'on s'avance vers l'équateur? 

Cette question parait résolue pour la plupart des auteurs, 
puisqu'ils affirment que les espèces malfaisantes, dans les 
contrées septentrionales de l'Europe, le sont également 
dans celles du Midi. On serait tenté de croire cependant 
que le principe de quelques espèces nuisibles perd un peu 
de sa violence à mesure que l'on s'avance vers le Sud. 

La fausse Oronge , poison bien constaté en Russie , en 
Italie et dans les provinces du nord et du centre de la 
France, où souvent elle occasionne des accidents graves, 
dont plus d'une fois j'ai été témoin, est mangée impuné- 
ment dans le midi de la France. Mais, là comme aifleurs, 
ce champignon n'est comestible qu'autant qu'on lui a fait 
subir une préparation culinaire propre à détruire, ou du 
moins à affaiblir considérablement son principe délétère. 



40 LES (;il.\MI'l(.\()NS. 



« A(i<'n('lliac', dans le (iard, plusieurs lamillcs, dit le docteur 
de Se\ nés, nuMieilleiit la fausse Oronge et s'en nourrissent, 
avant i;rand soin de la faire bouillir lon<;teiups et de jeter 
l'eau; elles utilisent ainsi des quantités considérables de» 
cet Agaric, qui ne leur sont pas disputées (i). » 

A Bonneville, vallée de Chamonix, la fausse Oronge se- 
rait aussi, d'après une communication faite à M. (^liatin 
par AI. Dupont, j^harmacien de cette ville, l'un des mets 
l(>s plus recherchés des habitants. L'usage de cette plante 
n'est pas cependant sans danger aux environs mêmes de 
lionneville, puisque, inie fois, M. Dumont l'a vue prodin're 
un délire furieux, qui céda à l'emploi de l'émétique suivi 
d'une {)otion étliérée (2J. 

Il est bien certain que la fausse Oronge serait mangée 
dans le nord de la France, comme elle l'est dans le midi, 
si on lui faisait subir la préparation à laquelle on la soumet 
dans le Gard. Ce qui est certain aussi, c'est que l'Agaric 
bulbeux, Bull., ^ga/-/cus phalloïdes, Fr., est non moins 
malfaisant dans le midi que dans le nord de la France. Ou 
ne cite l'exemple d'aucune personne qui, là pas plus 
(ju'ailleurs, se soit volontairement hasardée à en faire usage 
comme aliment. 

Les champignons, au rapport de MM. .lunghimi et Le- 
prieur, se succèdent toute l'année, et sans interruption, 
dans les contrées voisines de l'équateur; et cependant nous 
ne savons rien ou presque rien de leurs quahtés véné- 
neuses ou comestibles. Les populations sauvages n'en 
mangent pas, soit que l'expérience leur ait appris à s'en 
méfier, soit qu'elles trouvent assez de ressources dans le 
produit de leurs chasses et dans l'abondance des fruits, qui 



(1) Essai de Flore cri/ptoc/amique, p. IH. 

'2) Ihilletin de la Société botanique, ISOJ, n» 3. 



INFLUENCE DU CLIMAT. 41 



y mûrissent en toute saison, pour n'avoir pas besoin de 
recourir à l'usage alimentaire de ces plantes. Quant aux 
voyageurs assez nombreux qui ont visité les régions intra- 
tropicales, ils ne nous disent rien des vertus de ces plantes, 
ayant jugé prudent sans doute de ne pas expérimenter sur 
eux-mêmes les propriétés de végétaux contre lesquels s'é- 
lèvent des préventions généralement trop fondées. 

La prévention contre l'usage des champignons se re- 
trouve aussi en Algérie. Ils ne sont pas rares dans cette 
province; l'Agaric comestible, ou champignon découche, 
v croît même assez abondamment pendant une grande 
partie de l'année, et néanmoins il est négligé des indigènes, 
de même que les autres espèces d'Agarics et de Bolets. Les 
Tatares de la Crimée dédaignent aussi ces phuites, tandis 
que les Russes les recherchent. 

A l'appui de l'influence apparente du climat pour atté- 
nuer le principe toxique des champignons , on pourrait 
citer ce que Leguelvel de Lacombe raconte, dans la relation 
de son voyage à Madagascar, de l'innocuité des champignons 
qui croissent dans cette île (i) : 

« Mes Maronites (ses guides), dit-il, ramassèrent en che- 
« min une grande quantité de champignons qu'ils nomment 
a Hoiilatches, et parurent étonnés lorsque je leur dis qu'en 
« Europe il s'en trouvait beaucoup de malfaisants; ils 
(c m'assurèrent qu'il n'en était pas de même à Madagascar, 
« et qu'on pouvait manger sans crainte tous ceux qu'on 
cf trouvait. En effet, j'en ai mangé depuis presque tous les 
« jours, et jamais ils ne m'ont fait de mal. » 

L'auteur ne nous dit pas, ce qu'il serait bon de savoir, 
à quelle préparation culinaire les Malgaches soumettent les 
champignons. 

(0 Voyage à Madagascar, t. II, p. '237. 



LRS CIIAMIM^NONS. 



Il est à ici^rctter aussi (ju'il ne nous ait pas donné la 
(l(scii|)liuii (les ospùccs dont il a l'ait usage, ou tout au 
moins ne nous ail })as dit à quel genre ces espèces appar- 

ticiUHMlt. 

Je ne sais si l'on peut admettre comme certain qu'il n'y 
ait pas de champignons malfaisants dans l'ile de Mada- 
gascar : toutefois on aurait tort de conclure du fait raconté 
par 31. Leguelvel qu'il n'en existe pas dans les régions 
intra-tropicales; car, dans la relation d'un autre voyageur, 
le commandant Guillain, aujourd'hui gouverneur de la 
Nouvelle-(]alédonie, on voit un exemple crempoisonne- 
mentpar ces plantes, arrivé dans l'ile de Momhase, située 
près de la cote de Zanguebar, au troisième degré, 3o mi- 
nutes de latitude sud, et, par consécpient, dans une contrée 
plus rapj^rochée de l'équateur que ne l'est Madagascar. 

Parlant des migrations qui avaient eu lieu de l'intérieur 
de l'ile vers le littoral, M. Guillain dit: « Qu'un groupe 
d'émigrants venus d'un territoire voisin de celui des Oua- 
Kouavi, fuyant devant les Oua-Gallais , s'étant avancés 
dans le sud jusqu'à un endroit nommé depuis C.haka- 
lam'guy, virent beaucoup de champignons, dont ils man- 
gèrent ; parmi ces champignons, il y en avait de vénéneux, 
et les individus (\u\ en avaient mangé moururent (i). » 

Dans la INouvelle-Calédonie, colonie française située 
entre le 19" et le 21'' degré de latitude sud, il existe aussi 
des champignons malfaisants et des champignons comes- 
tibles. Les indigènes se gardent bien de manger les pre- 
miers; quant aux espèces alimentaires, ils les récoltent lors- 
cju'ils les rencontrent, mais ils ne les recherchent pas. 

Dans la basse Cochinchine, autre colonie de France, il 



(1) Documents sur l'/iistoire, la géographie et le commerce de V Afrique 
-orientale, par M. le capitaine do vaisseau Guillain, in-8". 



INFLUENCE DU SOL ET DE L'HABITAT. 43 

se trouve également des champignons dangereux et des 
champignons comestibles; l'un des plus estimés est VJgd- 
riciis fimetarius^ Loureiro, lequel vient sur la fiente des 
buffles, après les premières pluies (i). 

Comme on le voit par ces exemples, l'affaiblissement 
prétendu des propriétés toxiques des champignons, à me- 
sure que l'on s'avance vers l'équateur, n'est nullement 
démontré. Ce qui, au contraire, parait bien démontré, 
c'est que les espèces malfaisantes gardent leurs propriétés 
toxiques partout où on les rencontre, de même que les es- 
pèces comestibles gardent les leurs. Il est certain du moins 
que YJi^dricus campestrh., 1^., le chanq:>ignon de couche, 
lequel semble avoir suivi l'homme partout où il lui a plu 
d'aller établir sa résidence, et que l'on rencontre aujour- 
d'hui sous les tropiques comme aux confins du pôle arcti- 
que, est alimentaire partout. On en peut dire autant de la 
(chanterelle, Cantharellus cibaiitts, l'r., champignon cos- 
mopolite aussi, c'est-à-dire qui croîl indifféremment sous 
toutes les latitudes. 

Injiuence du soi et de, l'/tabitat. 

La constitution géologique du sol, elle aussi, a-t-elle une 
action sur les propriétés toxiques ou alimentaires des 
champignons? Augmente-t-elle ou diminue-t-elle ces pro- 
priétés ? 

Si la nature du sol modifie, dans un sens ou dans l'autre, 
les vertus des champignons, il faut que ce soit d'une ma- 
nière bien peu sensible, puisque jusqu'alors ces modifica- 
tions n'ont été signalées par aucun auteur. 

Les espèces qui viennent dans toutes les formations géo- 

[{) Jouan, Science pour tous, 7 septembre 1805. 



44 LKS CIIAMl'KiNONS. 



I()i;i(|ii('s, nvoiiniics alinientairos dans une formation quel- 
conque, restent alimentaires, que le sol appartienne aux 
terrains primilils, aux terrains de trjinsition, anx terrains 
secondaires, tertiaires ou quaternaires; de même les espèces 
toxiqnes gardent lenrs ])ropriétés vénéneuses, quelle que 
soit la nature du sol sur lequel elles poussent. Du reste, 
rien n'est plus commun que de voir, sur n'importe quelle 
nature de terrain, un champignon malfaisant croître à coté 
d'un champignon alimentaire. 

Les espèces épiphytes, c'est-à-dire celles qui poussent 
sur les arbres, gardent aussi leurs propriétés, qu'elles vien- 
nent sur telle ou telle essence d'arbre, lors même que ces 
arbres appartiendraient à des genres différents, à des fa- 
milles différentes. 

VJgaricus ulmarias^ Bull., est comestible, qu'il vienne 
sur le hêtre, le chêne, le peuplier, ou bien sur l'orme ; 
y^g' oslrea(us\ Jacq., venu sur le chêne, le noyer ou le 
hêtre, garde ses propriétés comestibles. Il en est de même 
àeV/^g. salignus^ Alb., qui croit sur l'aïuie et le saule, 
et de la Fistuline hépatique, qui croit assez indifféremment 
sur le chêne, le châtaignier, le noyer et le liêtre. 

D'un autre coté, l'Agaric (Panus) styptique, Fr., est mal- 
faisant, qu'il croisse sur le chêne, le hêtre ou toute autre 
espèce d'arbre, car il vient fort indifféremment sur les plaies 
de la })liq)art des arbres morts ou mourants. 

Ce que l'on peut dire, c'est que les champignons qui 
croissent dans les terrains maigres et secs sont en général 
moins développés que ceux qui viennent dans les lieux 
gras et humides; mais aussi ils ont, en général, plus de 
saveur, plus d'arôme que ces derniers. 



INFLUENCE DE LA CULTURE. 45 



Injluence de la culture.. 

Si la constitution géologique du sol n'a j3as une influence 
bien évidente sur les qualités bonnes ou mauvaises des 
champignons; si le climat et la saison n'en ont qu'une bien 
faible et même contestée par quelques mycologistes, on 
peut dire qu'il n'en est point ainsi de la culture à laquelle 
on a soumis certaines espèces. 

On ne saurait affirmer cependant que la culture atténue 
et fasse disparaître le principe toxique des espèces malfai- 
santes, puisque jusqu'à présent aucune expérience directe 
n'a été faite à ce sujet; mais il est certain que la culture 
change, modifie plus ou moins la forme, la taille, la consis- 
tance, la couleur, le goût et l'odeur des chariipignons ali- 
mentaires. 

C'est à la culture que l'on doit, sans aucun doute, ce 
grand nombre de variétés que présente VJgaricus cam- 
pestris, Lin., le champignon de couche, variétés assez 
dissemblables de l'espèce primitive pour que quelques 
botanistes les aient regardées et décrites comme autant 
d'espèces distinctes, ie\\e?> c^xeV J garicas villa tiens ^ Brond., 
qui a le chapeau squammeux, le pied pourvu d'une espèce 
de volva, et dont l'odeur et la saveur ont quelque chose 
de nauséeux. 

L'^^'. sfU'icola, Vittad., dont le chapeau est lisse, le 
pied bulbeux, la chair légèrement fauve; 

^'^g. pralicola, Vittad., dont la chair entamée devient 
tout aussitôt rougeâtre ; 

L'^^'. vaporarius, Krombli., champignon qui vient dans 
les caves, sur le fumier de cheval, et dont la couleur est 
d'un blanc mêlé de bistre et le chapeau non écailleux. 

]///_§•. setiger^ Paul., et V ^g. arvensis^ Schœff., la Boule 



m LES CHAMPIGNONS. 



(le neige des auteurs, ne sont prol)ablement non plus que 
(les variétés de T Ai^aric eliainpétre. 

l ii(> antre variété de ce dernier, peu connue et d'une 
excellente (jualité, dit un journal anglais , laquelle vient 
sous les ar])res, se distingue parce qu'elle répand , lors- 
(lu'ellc est divisée, un suc rouge abondant, (x'tte variété se 
trouve donc, en quelque sorte, transformée en T.actaire. 

M. La\alle a vu abondamment, au printemps de l'année 
i85i , dans le jardin botanique de Montpellier, une variété 
de champignon de couche, Jgaricus (iivensis, Schœff., 
pourvue de àviw colliers ou de (\eux membranes envelop- 
pantes, dont l'une, la plus extérieure, rappelait, dit-il, le 
vol va des /Jt)ianitcs (^\). 

Mais, dira-t-on, comment attribuer à la culture la pro- 
duction de toutes ces variétés? La culture les produit comme 
elle a produit tant d'autres variétés dans presque toutes les 
plantes que l'honmie a fait passer de l'état sauvage à l'état 
de domesticité, si je puis employer cette expression; c'est- 
à-dire, en faisant que les semences des plantes soient pla- 
cées dans des conditions de végétation et de nutrition 
qu'elles ne trouvent pas à l'état sauvage. Ce que l'homme 
a fait avec intention pour les plantes phanérogames dont il 
se noiu'rit, il le fi\it ici accidentellement, et, pour ainsi 
dire, à son insu. 

Les spores des chanqîignons cultivés, déjà modifiées par 
la culture, venant à être transportées par les courants 
d air, les pluies ou de toute autre façon, dans des localités 
inaccoutumées, dans des terrains fumés, travaillés par la 
main de l'homme, ont produit les variétés dont je viens de 
j)arler, et cela, comme je le disais, àl'insumème de l'homme. 

Le simple voisinage des animaux domestiques suffirait 

• 

(I) Traité pralique des Champignons comest., yàv }.\.2isd\\(i, i8o2. 



INFLUENCE DE LA CULTURE. 47 

seul, par la nature variée de l'engrais que donnent aux ter- 
res leurs fientes, pour amener des variétés dans les espèces 
de champignons. On remarque en effet que celles qui vien- 
nent dans toutes les formations géologiques, et qui par 
conséquent ne sont pas difficiles sur le choix de l'hahitat, 
telles que l'Agaric engahié, Bull. ; l'Ag. alutacé, Fr. ; le 
Bolet comestihle, Bull. ; le B. scabre, Fr. ; le B. subtomen- 
teux. Lin., lesquelles semblent se plaire dans le voisinage 
de l'homme, présentent un plus grand nombre de variétés 
que celles qui croissent dans les lieux solitaires et loin de 
son voisinage. 

On remarque aussi que les espèces qui viennent sur. les 
arbres, et qui, par cela même, ne sont pas soumises à l'in- 
fluence de l'homme, présentent beaucoup moins de variétés 
que celles qui sont terrestres. 

Ainsi donc, il nous faut admettre que des circonstances 
locales peuvent modifier les individus, et que ceux-ci 
transmettent à leur descendance les modifications acquises. 
Il en est, sous ce rapport, des champignons comme des 
autres plantes. 

On est parvenu, au moyen de la culture, à obtenir des 
variétés de l'Agaric comestibh^ d'une dimension et d'un 
poids considérables. Il a suffi à M. le docteur Labourdette 
d'arroser avec une eau contenant un peu d'azotate de po- 
tasse, — sel de nitre, — le champignon cultivé pour obte- 
nir des individus d'une taille extraordinaire , et pesant 
en moyenne de 5 à 600 grammes. 

En Angleterre, M. Ingram, qui s'occupe avec succès de 
la culture des champignons, ajoute à la fertilité et à la 
qualité de ces plantes en arrosant les couches qui les pro- 
duisent avec une faible dissolution de sel commun (i)* 

(1) Berk, Gard, chron. de 1861, p. 1091. 



48 M:S CHA.M lM(iN()N8. 



(l'est assinimcnt, sous 1(î rapport de l'alimentation, un 
résultat favorable que celui de l'augmentation de poids et 
de volume de l'Agaric cultivé; mais n'est-il pas à craindre 
([ue rem|)loi prolongé des moyens mis en usage pour ob- 
tenir cette exagération ne finisse aussi ])ar amener une 
maladie, oïdium ou autre cryptogame parasite, qui 
ne serait pas moins funeste à ce cbampignon que celle que 
la culture, malheureusement forcée, de la pomme de 
terre, de la vigne ou du houJjlon, a produite, et entretient 
depuis plusieurs années d une manière fâcheuse sur ces 
plantes ? La nature a des lois qu'il n'est pas permis d'outre- 
passer, mais que l'homme est toujours disposé à enfreindre. 

La culture, ai-je dit, transforme les espèces; le fait est 
incontestable, s'il est vrai que le Polypore tubérastre , 
Pohj)orus fuberaster^ Fr., dont le mycélium, englobé dans 
ime masse de terre et de pierres, constitue ce que les Ita- 
liens appellent y>'/<?//v/y^//ii;y//Vz, champignon cultivé dej)uis 
longtemps, et regardé par les botanistes comme une espèce 
distincte, ne soit en réalité, comme le prétend le professeur 
Hanne, que le Polypore pied-de-chèvre, P. Pes Caprse^ 
Pers., qui vient en France dans les Vosges, où on le fait 
servir à l'alimentation (i). 

De même l'Agaric napolitain , Agaricus iieapolitanuSj 
Pers., cultivé à JNaplcs sur le marc de café, et regardé jus- 
que dans ces derniers temps comme une espèce nouvelle, 
ne serait, poiu' Fries, qu'une variété de son Agaricus Cati- 
ims^ — AiJ!;. iiifiindibidifoifuis, Bidl., — lequel vient commu- 
nément dans nos bois, en septembre et en octobre, plus 
particulièrement sur les feuilles tombées à terre; mais que 
l'on ne récolte pas, probablement à cause du peu de chair 
dont il est revêtu. 

(1) Hanne, Traité sur les Champ, comest. et vénén. , p. îjo. Fries, Epi- 
er isis, p. 72. 



I N F L u I-: X { ; !•: d e la c u l t l ii i<:. 



En admettant (ju'il reste des doutes sur le type primitif 
de ces champignons, il est permis d'affirmer que les es- 
pèces typiques sont innocentes, tout aussi bien que les va- 
riétés obteiuies par la culture. 



• (^HAPITRI". M. 

DLS 3lOYEiyS DE DISTINGUER LES CIIA:MPI(.]\0NS AL1ME>TAIREï> 
DES CHAMPIGNONS VÉNÉNEUX. 

- Les cliampigiions ont, de tout temps, offert à l'homme 
iiiu' ressource eoDiiiie aliment; la niétlecine, les arts et 
1 intlustrie ont su tirer de leur emploi iu\ ])aiti avantageux, 
lequel ne peut manquer de s'accroître; cependant il est 
d'observation que ces plantes, généralement peu connues 
(\{i \ nigaire, et même de la plupart des savants, sont par- 
tout regai'dées avec indifférence, si ce n'est même avec dé- 
dain, puisque, partout oîi l'homme les rencontre, presqiu; 
toujoms il les foule aux pieds et les traite en ennemies. 

L aversion, pour ainsi dire instinctive, que la plupart des 
hommes ont pour les champignons est fondée sur la faci- 
lité avec laquelle on peut confondre, dans leur usage, les 
espèces toxi(|ues avec les espèces alimentaires, facilité 
d'autant plus grande que l'on trouve, npu-seulement dans 
un même genre de champignons, les Agarics et les Bo- 
lets, par exemple, mais même jusque dans les sous-genres 
de ces plantes, les Amanites, les Russules, les Lactaires, 
tout à la fois des espèces vénéneuses et des espèces comes- 
tibles, tellement ressemblantes entre elles qu'on ne peut 
les distinguer à moins d'en avoir fait une étude spéciale 5 



.MOYENS DE DIST1N(;UE11 LES CHAMPIGNONS. ;U 

il ne faut donc pas s'étonner si chaque année des erreurs 
fatales occasionnent la mort de familles entières. 

On s'est demandé s'il n'existe pas de caractères généraux, 
appréciables pour tous, au moyen desquels on pourrait 
distinguer les champignons vénéneux des champignons 
alimentaires, et, par conséquent, éviter ces funestes mé- 
prises. Malheiu'eusement non , ces caractères n'existent 
pas. 

La plupart des autern^s nous disent bien qu'il faut en gé- 
néral se méfier des espèces qui viennent dans les bois om- 
bragés, les lieux sombres et humides, les cavernes, les soil- 
terrains ; qu'il faut se méfier de celles dont la chair est 
molle et aqueuse; de celles qui ont une saveur acre,' astrin- 
gente, acide ou salée ; de celles dont la couleur est d'un 
rouge brillant, verte ou bleue; de celles qui n'ont pas 
d'odeur ou ont une odeur qui n'est pas celle du champi- 
gnon de couche ; de celles qui sécrètent un suc lactescent; 
de celles qui changent de couleur lorsqu'on les entame; 
de celles dont les lames ou feuillets sont colorés en brun 
on noircissent en vieillissant ; de telles dont la surface est 
gluante; de celles dont la chair est mollasse et fibreuse, 
et enfin de celles qui ne sont attaquées ni par les limaces 
ni par les insectes ou les vers, 

Lt ils ajoutent que l'on peut, tout au contraire, regarder 
comme inoffensifs les champignons qui se plaisent dans les 
lieux peu couverts des bois ; ceux qui viennent dansles 
friches, les bruyères, les prairies, les champs cultivés ; ceux 
dont la saveur n'est ni fade, ni acide, ni astringente; ceux 
qui ont une odeur de champignon de couche ou de farine 
récente ; ceux qui ont une consistance charnue, ferme, 
cassante, une chair (pii ne change pas de couleur à l'air; 
ceux qui ont une surface sèche, non visqueuse, une cou- 
leur rosée, vineuse ou violacée ; ceux qui sont attaqués 



!j;S CIIAMI'K.MiNS 



j>;ir les \crs. It-s insectes cl les limaces; ceux i[u\ sont 
reclnTchés par les animaux niammileres. 

Sans iloiitc il \ a (|iiel(|ii(' chose de vrai dans ces l'cnsei- 
i;nc'incnls des ailleurs ; mais accepter comme mo\ eus pro- 
pres à distinguer les champignons alimentaires des cham- 
pignons vénéneux tle tels caractères, serait s'exposer, d'une 
part, à repousser d(\s espèces comestihles comme espèces 
malfaisantes; et, de lautre, à prendre des espèces éminem- 
ment toxiques pour des espèces alimentaires. 

C'est qu'en réalité aucun de ces caractères n'est exclusi- 
\ ement propre, ni aux champignons vénéneux, ni aux cham- 
j)ignons alimentaires. 

En effet, les espèces qui viennent dans les parties om- 
bragées des bois ne sont pas toutes malfaisantes, puisque 
c'est là que naissent de préférence les Clavaires, dont au- 
cune espèce peut-être n'est nuisible, et les Chanterelles, 
accejîtées partout conune aliment. L(^s champigiions qui 
viennent dans les parties découvertes des bois, dans les fri- 
ches, les pelouses, les prairies, ne sont pas non plus tous 
inoffensils; car, si c'est là que se plaisent l'Agaric comes- 
lil)le, Ai^dricus cainpeslris^ Lin.; l'Agaric excorié, Ài^. ex- 
coriatus, Pr. ; l'Agaric élevé, Jg. procerus, Sco]).; l'Agaric 
faux Mousseron, Ag. (Marasmius) oreddes, Boit. : c'est là 
aussi que se trouvent le plus souvent l'Agaric brûlant, Ag\ 
(Marasmius) iirciis, LJull., espèce i'ort suspecte, et l'Agaric 
en demi-globe, Ag.setniglobatus, liatsch., autre espèce très- 
dangereuse. 

Les champignons dont la chair change de couleur lors- 
qu'elle est blessée ne sont pas non plus tous vénéneux. A 
la vérité, le Bolet pernicieux, Bo/etus luiidus, Pers., dont la 
chair devient bleue ou verdàtre lorsqu'on la casse, et le 
Bolet Satan, li. Salamis, Lenz., dont la chair devient ^io- 
lelte, sont dangereux; mais la chair de quelques Bolets 



MOYENS i)V: LES D I STLNGU Rlî. 



inoffensifs change aussi de couleur lorsqu'elle est entamée/ 
Celle du Bolet bleuissant, B. cj-aiiesceus, Bull., passe assez 
proniptement au bleu foncé. Celle du Bolet scabre, B. sca- 
ber, Fr. ; celle de sa variété orangée , B. . (iur(iiiliacus\ 
Bull., prennent une couleur légèrement vineuse, et cepen- 
dant ces espèces sont comestibles. On en peut dire autant 
de l'Agaric lactaire doré, Ji^. (Lactarius) volemus, Kr., qui 
devient de couleur légèrement terreuse lorsqu'il est blessé, 
et de l'Agaric délicieux, Jg. (Lactarius) (lcliciosiLs\ Lin., 
qui prend une couleur verdatre lorsqu'il est mciu'tri. 

Les espèces qui sécrètent un suc laiteux ne sont pas tou- 
tes dangereuses ; car, si l'Agaric à coliques, /ig. (Lactarius) 
torniinosits, Schœff., l'Agaric meurtrier, Jg. (Lactarius) 
rufus, Scop., ne sont pas mangés impunément, il n'en est 
pas de même de l'Agaric volemus et de l'Agaric délicieux, 
espèces que je viens de nommer, ni de l'Agaric poivré, 
Àg. (Lactarius) pipcidlus^ Scop., de l'Agaric controverse, 
Jg. (Lactarius) coiilroversus, Pers., et de l'Agaric douceâtre 
Jg. (\. RCturïus) s[f/M/n/c/s, Bull., lesquels sont tous comes- 
tibles. 

La saveur acre, astringente ou acide, n'est pas non plus 
un signe certain de nocuité, car l'Agaric poivré et l'Agaric 
controverse, déjà mentionnés plus haut, ont une saveur 
tellement acre que la cuisson même ne la détruit pas entière- 
ment;, et cependant ces champignons sont mangés tous les 
jours impunément. On mange aussi le Bolet scabre, Fr., la 
Fistuline hépatique, Fistub'na hepdtica, Fr., dont la saveur 
est acide ; l'Agaric rougeatre, .^g. (Amanita) ruhescens, Fr., 
et V'tg. melleus, Vahl., dont la saveur est désagréable; 
l'Hydne sinné , et la Chanterelle, dont la saveur est 
piquante. 

Quant à l'odeur de champignon de couche, elle est com- 
mune à beaucoup d'espèces qui ne passent pas pour 



Ij;S cil AMI'lfIXONS. 



comestibles : rôdeur de farine aussi est le propre de cer- 
tains champignons dont la qualité alimentaire n'est pas 
constatée ; entre autres, l'Agaric livide, y^g. lii'idus, liull., 
et le Bolet du mélèze. 

La couleur rouge brillant, verte ou bleue, nest pas non 
plus un indice certain de la mauvaise qualité des champi- 
gnons. A la vérité l'Agaric émétique, ^g. (Russula) enie- 
tiens, Fr., l'Agaric sanguin, .^g. (Russula) snnga/neus, 
Bull., qui sont d'un rouge vif; la variété verte de l'Agaric 
bulbeux, y^<^\ (Amanita) bulhosus^ Bull., Jg. Mappa^ 
Batsch, eX. phalloides^ Fr., qui est verte, sont dangereux; 
mais l'Agaric Russule, ^g. Russula^ Scliœff. ; l'Agaric alu- 
tacé, ^o-, (^Russula) alutncrus, Fr., qui sont d'un rouge 
vif aussi ; l'Agaric verdoyant, .^ég. (Russula) virescens, 
Schœff. , dont la couleur est verte, et l'Agaric odorant, Ag. 
odorus, Pers., qui se fait remarquer autant par sa couleur 
bleue que par son odeur d'anis, sont comestibles. 

La viscosité particulière à quelques espèces n'est pas 
davantage un signe de nocuité. L'Agaric blanc d'ivoire, 
A g. (Hygrophorus) ehiirneiis^ Bull., est tout gluant par les 
temps humides ; l'Agaric virginal, /ig. (Hygrophorus) vir- 
gineus^ Jacq., ne l'est guère moins, et cependant ces cham- 
pignons peuvent se manger. 

La coloration en brun des feuillets, lorsque le cham- 
pignon vieillit, n'est pas non plus un signe certain de 
nocuité ; le caractère des Agarics de la section des Pratelles 
est précisément d'avoir des feuillets qui deviennent noirs à 
la maturité, et cependant plusieurs sont comestibles : c'est 
même à cette subdivision qu'appartiennent le champignon 
de couche et toutes ses variétés. 

L'accroissement rapide des Agarics de la section des 
Coprins, la promptitude avec laquelle leurs feuillets pren- 
nent une couleur noire et se dissolvent, ont fait regarder 



-MOYENS DE LES DISTINGUER. 



pendant longtemps ces champignons comme suspects. On 
sait aujoiird'Iiiii qu'on peut les employer comme aliment, 
si on a soin de les cueillir avant que leurs feuillets aient 
pris la couleur noire et aient éprouvé un commencement 
de décomposition. 

Que la chair d'un champignon soit fibreuse et coriace, 
ou bien qu'elle soit cassante, elle n'en est pas pour cela 
nécessairement dangereuse ou comestible. Dans les Rus- 
sules et les l^actaires, elle est cassante, et cependant l'Aga- 
ric émétique, l'Agaric sanguin, qui appartiennent à la 
section des Russules ; l'Agaric à coliques et l'Agaric meur- 
trier, qui appartiennent à celle des Lactaires, sont nuisibles, 
tandis que l'Agaric élevé, ^ij^, procerus^ Scop. ; l'Agaric 
pied en fuseau, J'g. fiisjpes^ Bull., la (ihanterelle, Cantha- 
reUus cihdn'us, l'r., c(ui sont loin d'avoir la chair cassante, 
sont comestibles. 

On voudrait croire que l'homme peut manger sans dan- 
ger toutes les espèces qui deviennent la proie des limaces, 
des vers et des insectes : il n'en est rien ; car, s'il est vrai 
que ces animaux attaquent de préférence les champignons 
comestibles, il est vrai aussi qu'ils ne respectent guère plus la 
Puisse Oronge et l'Agaric bulbeux, Bull., poisons violents, 
qu'ils ne respectent la vérital^le Oronge, Ài^\ (Amanita) cœsa- 
reiis, Scop., et l'Agaric rougeâtre, Àg. (Amanita) rubescens^ 
Pers., champignons délicats à manger; tandis qu'ils n'at- 
taquent ni la Chanterelle , ni l'Hydne sinué, Hjdniun 
rcpandiuii , Lin., champignons reconnus partout pour 
alimentaires. 

L'organisation des insectes et des mollusques est d'ail- 
leurs trop différente de celle de l'homme pour qu'il soit 
permis de conclure qu'un champignon sera nécessairement 
alimentaire pour l'homme s'il est attaqué par les insectes, 
les limaces ou les vers. Ne sait-on pas que certaines che- 



•id LES CIIA.MIMiiNONS. 



iiillcs, celle du lifhymale, par exem[)le, se nourrissent de 
plantes qui sont de violents poisons poui- l'homme? 

Divers mammifères, tels (|ue les cerfs, les vaches, les 
porcs, recherchent avidement certaines espèces de cham- 
pignons, (hiidés par leur instinct, .ou plutôt par les sens 
du goût et de l'odorat, ces animaux savent, lorsqu ils sont 
en liberté, faire choix des espèces ; aussi ne s'empoisonneiit- 
ils jamais. 

Il serait donc bien d'observer quelles sont celles qu'ils 
recherchent et celles qu'ils dédaignent. L'organisation de 
ces animaux différant peu de celle de l'homme, il est évi- 
dent qu'il y aurait plus de sécurité à manger les espèces 
dont ils font choix qu'à manger celles qui sont attaquées 
par des animaux tout à fait inférieurs. Il ne faudrait pas 
toutefois s'y fier entièrement, car on sait que le porc et la 
chèvre mangent, sans être incommodés, divers végétaux 
qui pour l'homme seraient des poisons, et que les lapins 
et les cochons d'Inde mangent impunément les cham- 
pignons vénéneux crus. Les porcs mangent de même la 
fausse Oronge. 

Comme on le voit, ni l'habitat, ni la couleur, ni la 
saveur, ni l'odeur, ni la consistance, ni la facilité avec 
laquelle les champignons sont ou ne sont pas attaqués par 
les limaces^ les insectes et les Vers, ne peuvent fournir de 
signes certains et absolus de la qualité de ces végétaux. 
Quoi qu'il en soit, il sera toujours bien, avant de faire 
usage d'un champignon sur lequel on aurait des doutes, 
de faire ce que font les animaux, c'est-à-dire de consulter 
les organes du goût et de l'odorat ; car il est rare qu'une 
espèce dont l'odeur plait et qui, goûtée crue, a une saveur 
agréable, et qui persiste telle, ne soit pas comestible. Quant 
à vouloir assigner aux champignons vénéneux des carac- 
tères généraux pratiques qui les fassent distinguer des 



MOYENS DE LES DISTINGUER. 57 

autres espèces, et de plus appréciables à tout le monde, la 
chose me paraît impossible. 

Tout ce que l'on peut établir d'une manière absolue, 
c'est que les diverses espèces de Phallus et de Chuhres 
sont malfaisantes ; c'est que, dans le genre Agaric, si 
nombreux en espèces, on n'a, dans les subdivisions aux- 
quelles Fries a doiuié le nom de Heboloma, d'inocybe, de 
Flammula, de Naucoria, d'Hypholoma, de Fsilocybe, de 
Psathyra, de Panaolus, signalé aucune espèce comme 
comestible ; ce qui toutefois ne veut pas dire que toutes 
celles qui composent ces subdivisions seraient nuisibles, 
puisque jusqu'alors on n'a pas cherché à constater les pro- 
priétés de la plupart d'entre elles. 

Ce que l'on sait aussi, c'est que dans la section des 
Cortinaires, très-nombreuse en espèces, on n'en a pas 
jusqii'à présent signalé une seule qui soit vénéneuse ; 
toutes cependant ne peuvent pas être regardées comme 
comestibles, puisque plusieurs d'entre elles ont une saveur 
amère et désagréable. 

On peut établir d'une manière absolue que, dans le genre 
Morille et dans le genre Hydne, il ne se trouve pas 
d'espèces vénéneuses ; que toutes celles du geiu-e Hel- 
velle sont innocentes ; qu'aucune espèce du genre Tre- 
melle n'est mentionnée comme malfaisante, et qu'enfm 
toutes celles du genre Lycoperdon passent pour alimen- 
taires tant que leur chair conserve sa blancheur. 

On a cru longtemps, et quelques personnes croient 
encore, qu'un moyen de reconnaître si un champignon est 
malfaisant ou comestible est de se servir, dans la prépa- 
ration de ces plantes, d'une cuiller d'argent ou d'une 
bague en or; si, dans la cuisson du champignon, la cuil- 
ler ou la bague noircissent, il est malfaisant ; si elles restent 
claires, il est innocent. 



u8 LES ClIA.MI'KiNONS. 



C'est Li une erreur contre laquelle on ne saurait trop 
protester : que l'argent ou l'or noircissent ou restent 
hrillants au contact des cliampignons, on n'en peut rien 
conclure, .l'ai essayé ce procédé avec l'Agaric bulbeux et 
divers autres Agarics malfaisants, ils n'ont nullement noirci 
ni l'or ni l'argent. 

Necker avait avancé que l'oignon blanc, cuit avec les 
champignons, devient bleuâtre ou brun, s'ils sont véné- 
neux, tandis qu'il reste blanc s ils n'ont rien de malfaisant. 
La moelle du jonc noircirait aussi dans les mêmes circons- 
tances, s'il fallait en croire les observations de certaines 
personnes. Malheureusement ces assertions ne sont pas 
confirmées par l'expérience. 

Le véritable, le seul moyen peut-être d'éviter les mé- 
prises, lorsqu'on veut faire usage des champignons, c'est 
d'apprendre à connaître les caractères qui sont propres à 
chaque espèce en particulier ; en d'autres termes, c'est 
d'avoir dans la mémoire ou sous les yeux le signalement 
précis des espèces ; et, pour cela, il faut les étudier dans 
tous les âges et sous toutes les formes qu'elles peuvent 
revêtir ; car pendant leur croissance beaucoup d'entre elles 
changent de forme et de couleur, ce qui rend difficile leur 
détermination. Heureux celui qui, pour étudier ces plantes, 
peut se procurer des livres dans lesquels elles sont figurées 
avec les couleurs et les proportions qui leur sont propres. 

Il sera bien néanmoins, tout en considtant les livres qui 
traitent des champignons, d'avoir recours aux rensei- 
gnements que peuvent fournir les hommes qui vivent ou 
travaillent habituellement dans les forêts, tels que les 
bûcherons, les charbonniers, les marchands de bois, les 
gardes forestiers ; l'expérience et la tradition ayant appris 
à la plupart d'entre eux à distinguer les espèces vénéneuses 
des espèces alimentaires. 



CHAPITRE VU. 

DE LA CO^IPOSITFON CIIIMIOTTR DES CHIMPIGIVONS. 

Plusieurs chimistes des plus distingués se sont occupés, 
en France, de l'analyse chimique des champignons. 

Braconnot a fait celle de l'Agaric volvacé, Jgaricus (Vol- 
wauix) vo/i^aceus^ Bull. ; celle de l'Ag. poivré, .-/g: (Lacta- 
i-ius) /fiperali/s, Bull., de l'Ag. styptique, Jg-. (Panus) stj/j- 
tiens j Fr., du Polypore squameux, Fr. (Bolet du noyer, 
Bull,), du V. officinal, Fr. (B. du mélèze, .lacq.), du P. 
faux amadouvier, P. ign/ar/us^ Fr., de la Chanterelle, de 
l'Hydne sinué, de VU. hybride, Bull., //. veluLinuni, Fr., 
du Bolet visqueux, B. viscn/ns, Fin., du Salvre impudique, 
Phallus impudicus, Lin., de la Pezize noire, Bi(/qaria 
inquinans, Fr. , et celle des spores de l'Agaric atramentaire_, 
A g. (Coprin us) atmnwntarius^ Bull. 

Vauquelin a fait celle du champignon de couche, de 
l'Agaric bulbeux, Bull., de la fausse Oronge, Bull., de 
l'Ag. théiogale, Aii^. [LactRrius) tkeiogn lus, Bull. 

Bouillon-Lagrange, celle du Bolet du mélèze ; celle du 
B. amadouvier, Poljporus fomenta ri us, Fr. ; celle de la 
Truffe, Tuber cibariuni, Lin., laquelle a été aussi analysée 
par Robert. Fnfin, dans ces derniers temps, M. Gobley, 
M. Jules Lefort et M. Boudier ont répété celle du cham- 



60 LKS ClIA.Ml'Ii.NdNS. 



j)ii;ii()ii (le coucho. M. lîoudier a de plus lait Taiialyse de 
l'Agarie bulbeux, de la fausse Oronge et du Bolet eomes- 
tible. 

On doit à bilz eelle de V Ehij)hornyc('s ^raniihitus^ Nées. ; 
celle de \E. (iculeatus^ Vittad. (A\ ecliiiiatiis, lui-)» ^ 
M. Houchardat ; celle du seigle ergoté, Sclerotiutn Chnnis^ 
Dec, a été faite par j)lusieurs savants. 

Je ne rapporterai pas en détail ces analyses, qui toutes 
du reste donnent des résultats assez semblables, pour qu'il 
soit démontré (pie les diverses espèces, étudiées jusqu'à 
présent, possèdent un certain nombre de princip(S ou 
éléments que l'on peut appeler constituants, puisqu'ils se 
retrouvent dans toutes. 

Ces éléments sont : 

j° Eau de végétation; 

1° Cellulose ou ligneux tpti constitue toute la partie 
résistante du parenchyme et des membranes de ces 
plantes ; 

3" Trois substances azotées : une insoluble dans l'eau ; 
une soluble dans l'eau et coa^ulable à la chaleur: la troi- 
sième soluble dans l'alcool ; . 

4° Une matière grasse analogue à la cire ; 

5° Deux autres substances grasses, dont l'une fluide à 
la température ordinaire; l'autre solide, cristallisable à la 
même température ; 

6° Sucre ou mannite ; 

7° Matière colorable en brun par l'action Hbre . de 
l'air ; 

8° Substance aromatique ; 

9° Trace de soufre; 

io° Trace de sels de potasse et de silice. 

Ces éléments se retrouvent, disais-je, dans toutes les 
espèces; mais il s'en faut qu'il y ait identité dans leurs 



LEUR COMPOSITION CIIIMIOLE. • 61 

proportions, car l'âge, l'iiabitat de la plante, la saison de 
l'année, etc., font varier ces proportions. 

Outre ces éléments, on a trouvé, dans les espèces ana- 
lysées, du mucilage, de la gomme, de la gélatine, de l'albu- 
mine, de l'osmazome, de la bassorine, de l'inuline, de la 
dextrine, de la gélatine, des huiles essentielles, des acides 
fumarique, citrique, malique, pliosphorique, oxalique, des 
sels de potasse, soude, chaux, etc. 

Quelques-unes de ces plantes possèdent en plus certains 
principes qui semblent leur être propres. Tels sont : 
l'amanitine de M. Letellier, particulière aux Amanites ; la 
bulbosine et la mycétide de M. Boudier: la première, 
trouvée par lui dans les Amanites ; la seconde, dans divers , 
Agarics ; l'agaricine de M. Gobley, trouvée dans le cham- 
pignon de couche ; et la géine de Braconnot, trouvée par 
celui-ci dans les spores de l'Agaric atramentaire. 

Disons tout de suite que ces diverses substances n'ont pas 
jusqu'à présent été suffisamment isolées pour pouvoir 
être définitivement considérées comme des principes immé- 
diats de ces végétaux. 

L'eau qui entre dans la composition des champignons 
est évaluée dans quelques espèces à plus des neuf dixièmes 
du poids de la plante. 

La cellulose est la base commune des divers organes des 
champignons, celle qui reste après qu'on en a séparé les 
autres éléments par la macération dans l'eau ou par des 
lotions répétées. C'est une substance plus ou moins 
blanche, mollasse, insipide, peu élastique, qui brûle avec 
rapidité loi'squ'elle est desséchée. Ses propriétés la rappro- 
chent de la fibre ligneuse : c'est elle cpii donne aux cham- 
pignons leur consistance et leur forme. 

C'est elle aussi qui, avec les principes azotés^ le sucre et 
la mannite, qui entrent dans leur composition, fait de ces 



U2 I.i-:- CIlA.MIMCXr^NS. 



piailles lin aliment léparaleiir par excellence. (JJjleiiiie en 
trailanl le clianipignon par l'eau bouillante légèrement 
alcalisée, elU' perd les cpialités mallaisaiit<'s (|u'elle avait 
dans qiielqiK's espèces ; il y a plus, elle de\ieiit alimen- 
taiie. 

La cellulose a pour formule (''" II-' (.)''. 

La cellulose ne se colore jamais en bleu, ni par l'iode, 
ni par l'acide sulluric^ue; elle résiste plus longtemps à 
l'action dissolvante de ce dernier que la cellulose des 
autres plantes. 

Pour les chinusles actuels, le corps que Braconnot et 
les premiers chimistes qui ont anahsè les champignons 
appelaient f'ongine, et que, jusque dans ces derniers temps, 
on avait regardé comme un élément simple, n'est qu'un 
mélange de cellulose et de matière grasse. Déjà, pour Vau- 
quelin, la fonii;ine était une simple modification du tissu 
ligneux. 

Les champignons sont des substances fort azotées et cpu 
participent de la nature des chairs. 

Mj\L Schlossberger et Dopping, voulant apprécier la 
valeur nutritive des ces plantes, dosèrent l'azote des espèces 
le plus fréquemment en usage comme aliment; loo par- 
ties de champignons desséchés à loo degrés leur don- 
nèrent : 

Agaric comestible, azote 7-2G 

(leps noir 4*7^^ 

Vgaric délicieux /|-68 

Russule 4-2 5 

Chanterelle 3-22 

M. Leiort, dans son analyse du champignon de couche 
n'a trouvé que 2-91 d'azote, quantité de beaucoup iufé- 



LEUR COMPOSITION CHIMIQUE. (iii 

rieure à celle que MM. Sclilossberger et Dopping avaient 
trouvée dans la leur, (^ette différence ne tiendrait-elle pas 
à ce que les champignons cultivés auraient crû dans des * 
conditions différentes d'enorais ou d'habitation ? 

Ce même chimiste a voulu s'assurer si l'azote se trouvait 
en égale proportion dans toutes les parties du végétal ; 
pour cela, il a analysé séparément les diverses parties 
du champignon de couche ; le chapeau proprement 
dit, les feuillets avec leurs spores et le pédicule ; le 
tout desséché à i lo degrés, il a obtenu les résultats sui- 
vants : 

Le chapeau 3-5 f 

Spores et feuillets 2-ro 

Pédicule o-34 

La partie la plus iuitriti\c du champignon serait donc le 
chapeau ; la moins nutritive, le pied ou pédicule. Le cha- 
peau et Ui pied présentent du reste des différences assez 
tranchées de savein* et d'odeur poiu' expliquer la préfé- 
rence que, dans l'usage alimentaire, beaucoup de personnes 
donnent au chapeau sur le pédicule sans se douter peut- 
être que le pédicule est moins réparateur que le chapeau, 
en même temps qu'il est moins sapide. 

Le principe toxique des champignons de la section des 
Amanites, tout au contraire du principe nutritif, serait, 
d'après des observations répétées, plus concentré dans le 
pédicule, et surtout dans la partie bulbeuse du pédicule 
des Amanites, que dans le chapeau lui-même et que dans 
le reste de la plante. 3L Letellier dit cependant que les 
lamelles des Agarics sont plus actives, comme poison, que 
les autres parties de la plante. Est-ce à la présence des spores,, 
ou bien parce que les lamelles contiennent en général 



64 ].\:< r:n AM im.;nons. 



moins (l'caii (|tio le reste du eliampignoii, (jirelles doivent 
celle iioeiiite j)ltis i;raiide ? 

Prescjue tous les champignons coiilieniienL de lalhu- 
niine. (l'est, disent liraconnot et M. (ioblev, à la présence 
de ce principe f|ne les cliampignons doivent la consistance 
lernie qu'ils prennent à la cnisson ; c est aussi à la j)résence 
de l'albumine f|ue l'on doit de les faire servir à la fabri- 
cation du bleu de Prusse au lieu de san«, 

La matière sucrée du cbam])ignon de couche ne cons- 
litue pas lui sucre particulier; elle est pour M. Gobley la 
mannitc. Ce champignon renferme une forte proportion de 
matières extractives azotées ; celle de ces matières qui est 
soluble dans l'eau et dans ralcool se rapproche du prin- 
cipe que les chimistes appellent osmazome. 

Les champignons, proprement dits, ne renferment pas 
de matière amylacée. Le suc d'un grand nombre d'espèces 
contient du sucre fermentescible, susceptible par consé- 
quent de donner de l'alcool. Celui de la Chiinterelle, sou- 
mis à la fermentation, a fourni à M. Roussel, pharmacien 
à Lvreux, 5 pour cent d'alcool par distillation, au petit 
alambic de Salleron. , 

L'aearicine de M. (loblev est la «graisse solide des cham- 
pignons ; elle vient se ranger auprès de la cholestérine, de 
l'ambréine et des autres matières grasses sur lesquelles les 
alcalis sont sans action ; elle est cristallisable. " 

La géine a été obtenue par liraconnot en traitant les 
spores de l'Agaric atramentaire par l'éther, l'eau bouil- 
lante, l'acide chlorhyclrique, l'ammoniaque, la potasse suc- 
cessivement. \])rès ces divers traitements les spores 
n'avaient pas changé d'une manière appréciable de forme 
ni de volume; elles avaient conservé leur couleur brun 
foncé (i). 

(1) ./niH/les (le chimie et de physique. 1838, t. LXTX, p. 43-1. 



LEUR COMPOSITION CHIMIQUE. Go 



La Truffe, Tuber cibariuin, Bull., a été analysée par 
Bouillon-Lagrange et par Robert. Je ne crois pas devoir 
mentionner en détail ce que ces chimistes rapportent de 
leur analyse. 

Desséchées au bain-marie, les truffes, dit Bouillon- 
Lagrange, deviennent cassantes et conservent leur arôme. 

Mises en digestion dans l'huile d'olive, ce liquide ne se 
charge pas de leur arôme ; les truffes le conservent tout 
entier. Mises en digestion dans du vinaigre et retirées après 
dix jours, elles n'offrent plus à la dent qu'une matière insi- 
pide, coriace et ressemblant à la fibre ligneuse ; le vinaigre 
prend l'odeur et la saveur de la salade confite. Une chaleur 
douce, ajoute-t-il, en sépare un peu d'eau, les dessèche 
et ne leur fait pas perdre leur parfum. On peut donc pour 
les conserver employer la dessiccation. 

Les acides végétaux, suivant Antoine, pharmacien au 
Val-de-Grâce, paraissent détruire l'arôme des truffes, ou du 
moins s'opposer à son développement. 

Les champignons, ai-je dit, sont des substances fort 
azotées et qui participent de la nature des chairs. Décom- 
posés par l'action du feu dans des vaisseaux clos, ils 
donnent les mêmes produits liquides et gazeux que les 
matières animales. 

Outre les divers principes mentionnés plus haut, la plu- 
part des champignons en contiennent d'autres, dont il 
semble que jusqu'à présent la chimie ne se soit pas occu- 
pée sérieusement ; je veux parler du principe odorant, du 
principe sapide et du principe colorant. 

La plupart de ces plantes exhalent une odeur particu- 
lière, plus ou moins analogue à celle du champignon de 
couche, et que l'on pourrait appeler fongique, parce 
qu'elle est propre aux champignons. 

Quelques-unes de ces plantes exhalent une odeur déli- 

5 



6(1 LES CHAMPIGNONS 



cieuse. INul doute que les parfumeurs ue cherchent un 
jour à tirer ])arti do leur principe odorant. D'autres exha- 
lent une odeur de farine récente ; d'autres une odeur allia- 
cée ; d'autres encore une odeur fétide. Enfin il en est qui 
n'ont absolument aucune odeur. 

Le principe odorant des champignons est dû, selon 
toute vraisemblance, à une huile essentielle ou à une subs- 
tance résineuse. La chimie n'a pas jusqu'alors cherché à 
isoler ce principe. 

La saveur de ces plantes est très-variable. Il en est de 
fades et d'insipides; il en est d'iuros, de caustiques, 
d'acides, de styptiques, de nauséeuses, etc. 

Cette variété dans la saveur indique nécessairement une 
variété dans les principes qui la leur donnent. Ces principes 
aussi auraient besoin d'être plus particulièrement étudiés. 

beaucoup de champignons se font remarquer par l'éclat 
de leur couleur. Leur matière colorante pourrait être 
utilisée dans les arts : déjà les teinturiers ont su tirer parti 
de celle de divers Polypores, entre autres du Pohporus 
hispidus, Bull., du P. igniar/us, Bull. 

L'action de la lumière est sans doute pour beaucoup 
dans le plus ou le moins de coloration des champignons. 
On remarque que cette coloration est plus prononcée chez 
Jes individus qui vivent au grand air que chez ceux qui 
viennent à l'ombre. Jl est d'observation aussi qu'elle est 
plus intense dans les tissus qui sont le plus rapprochés de 
la superficie du chapeau. 

M. Filliol, directeur de l'Ecole de médecine de Toulouse, 
est parvenu à isoler la matière colorante rouge d'une 
espèce de Russule. Un jour viendra sans doute où les diffé- 
rents principes qui donnent aux champignons des odeurs, 
des saveurs, des couleurs si variables, selon les espèces, 
seront isolés et probablement utilisés. 



LEUR COMPOSITION CHIMIQUE. 07 

Les Agarics de la section des Lactaires répandent, quand 
on les brise, un suc laiteux ordinairement blanc; mais, dans 
quelques espèces, jaune on roussâtre, qui tient en suspen- 
sion des résines. Ce suc, très- abondant dans les temps 
humides, l'est beaucoup moins dans les temps secs. La 
sécheresse diminue sa quantité en le concentrant. Dans 
diverses espèces le suc s'épanche alors en partie sur la 
tranche des feuillets, où il se concrète sous la forme de 
grumeaux caséeux. 

Les Lactaires ne sont pas les seuls Agarics qui donnent 
un suc laiteux ; quelques espèces de la section des Mycènes 
sont dans le même cas ; tels sont V Jgaricus ^a/opus, 
Schrad., W'^g. saiiguiiwlf'nttis, Alb. et Schw., W^g. croca- 
/us, Schrad., champignons de petite faille et qui par cela 
même sont rarement observés. C'est dans la cavité de leur 
pied seulement que se trouve ce suc. l ne variété du cham- 
pignon de couche donne aussi, par un effet de la culture, 
comme je l'ai dit plus haut, un suc coloré. Le Fi.stuHna 
licpatica, Fr., donne pareillement un suc rouge. 

Le suc des Lactaires est miscible à l'eau. Il a, dans 
quelques espèces, une saveur excessivement acre ; dans 
d'autres, cette saveur est douce. Dans les espèces où 
l'àcreté prédomine, le suc laiteux emprunte cette qualité à 
un principe particulier que l'on retrouve dans d'autres 
espèces. Ici, le principe acre n'est que mêlé au suc laiteux; 
il n'en fait pas partie essentielle. 

Le principe acre des Lactaires n'est enlevé entièrement 
ni par l'infusion à froid dans l'eau, même pendant plu- 
sieurs jours, ni par les lavages à l'eau froide répétés, ni par 
la macération dans les alcalis, l'alcool, les acides faibles ; 
il ne l'est pas d'avantage par l'ébullition et la cuisson. 

Dans les Agarics delà section des Russules, et dans plu- 
sieurs autres espèces, le principe Acre, n'étant pas mêlé au 



08 LES CHAMPIGNONS. 



SUC" laiteux, est lacileniont CMjlevé par l'ébullitiou, j)ar la 
macérai ion dans les acides faibles, l'alcool, la potasse et les 
alcalis en solutions. 

Quelques champignons, tels cjue l'Agaric styptique, j4g. 
(Vnnus) s/j-/)i(cus\ l'r., l'Ag. amer, Jg. fascicularis, Huds., 
VJ^. clœodes^ Fr. , le liolet chicotin, H.felleus^ Bull., etc., 
contiennent un princij)e amen- dont les propriétés ne sont 
pas bien connues, ce principe n'ayant pas été jusqu'alors 
suffisamment étudié. Dans d'autres espèces, c'est le prin- 
cipe acide qui domine. Nous avons vu que les acides ma- 
liqiie, citrique et fumarique existent dans plusieurs cham- 
pignons ; l'acide oxalique s'y trouve aussi quelquefois. 

Quelques champignons changent assez promptement 
de couleur lorsqu'on vient à les briser : tel est le cas de 
divers Lactaires et de plusieurs Bolets. 

La chair et les feuillets de l'Agaric volemus, Ag. (Lacta- 
rius) volemus^ Fr., prennent une couleur terreuse, si on 
les endommage ; la chair et les feuillets de l'Ag. délicieux, 
Aii^. (Lactarius) deliciosus, Lin., deviennent verdàtres. La 
chair et les tubes du Bolet rubéolaire, B. luridiu, Schœff. , 
des B. nidiams et cyancsceiis, Bull., passent rapidement 
au bleu; la chair du B. S(itannA\, Lenz, rougit ou devient 
violette lorsqu'on la brise ; celle du Bolet scabre, Fr., de- 
vient d'un vineux clair. Le B. luridus, laissé à l'air libre, 
redevient jaune après un certain temps et quelquefois rou- 
geàtre. 

On ne sait pas encore quelle est la cause de ce phéno- 
mène. 

D'après les épreuves de Saladin, il n'est dû ni à l'action 
de l'air, ni à celle de la lumière, puisqu'il se produit aussi 
bien lorsqu'on brise le champignon dans l'eau ou dans 
l'huile, dans le gaz hydrogène, dans l'acide carbonique, 
qu'à l'air libre. 



LEUR COMPOSITION CHIMIQUE. 69 

L'ozone joue, à ce que l'on suppose, un rôle dans ce 
changement de coloration. 

Selon M. Phipson, la matière colorante qui existe dans 
les Bolets, et qui change lorsqu'on vient à les entamer, s'y 
trouve à l'état incolore, soluble dans l'alcool et diffici- 
lement miscible à l'eau ; elle se résinifie à l'air. Elle possède 
les propriétés de l'aniline et donne lieu, avec les agents 
oxydants, aux mêmes colorations que l'aniline et ses autres 
combinaisons salines (i). 

Plusieurs espèces de champignons sont phosphores- 
centes, c'est-à-dire qu'elles sont luminenses dans l'obscu- 
rité. L'Agaric de l'olivier, Jg. o/earius, Dec, qui vient, en 
France, au pied des oliviers, du charme et du peuplier 
Ijlanc, jouit de cette propriété : la nuit il donne une lueur 
assez vive pour permettre de lire des livres imprimés en 
petits caractères. Ce sont ses feuillets surtout qui projettent 
de la lumière. 

Sous les tropiques, le phénomène de la phosphorescence 
est particulier à beaucoup de champignons. En Australie, 
à Amboyne, au Brésil, il s'en trouve dont la lueur surpasse 
en éclat celle de l'Agaric de l'olivier. Gardner (M.) a vu au 
Brésil, dans le voisinage de Villa da Natividade, un bel 
Agaric dont la lumière phosphorescente, de couleur vert 
pâle, permettait de lire dans une chambre non éclairée. 
Des enfants jouaient avec ce champignon. Cet Agaric, 
qui n'a guère que trois à quatre centimètres de diamètre, 
vient sur les feuilles en décomposition d'une sorte de 
palmier^ ce qui l'a fait appeler par les habitants du pays 
Fleur de coco, 

L'Jgnn'cus nocti'lucens , Lév., qui vient à Manille, est 
également phosphorescent. 

(I) Comptes rendus, 1860, 2" semestre, t. L, p. 107. 



70 LES CI! A.Ml'IGNONS. 



Tne autre espèce de champignon, d'une grande dimen- 
sion, et pliosphorescente aussi, a été trouvée en Australie 
dans la colonie de la Rivière du (]ygne. 

Les Agarics ne sont pas du reste les seuls champignons 
qui émettent de la lumière visible la nuit. Pline parle d'un 
champignon blanc, odorant, qu'il aj)p(;lle Agaric, sans 
doute le Polypore officinal, luisant dans les ténèbres, signe 
qui le faisait reconnaître, et que pour cette raison on 
récoltait la nuit (i). 

Le Polypore soufré, P. su/fareus,¥r.^ qui est très -voisin 
du Polypore officinal, a été trouvé tout lumineux sur un 
vieux chêne du bois de Boulogne. H ressemblait, dit Paulet, 
à des flammes de feu dans l'obscurité (2). 

Une autre sorte de champignon , appelé Rhizomorphe , 
à cause de sa ressemblance avec une racine, et que l'on 
regarde aujourd'hui comme une monstruosité d'un cham- 
pignon qui vient naturellement en plein air, mais dout le 
développement a été contrarié par la privation d'air renou- 
velé et de lumière, croit abondamment dans les mines 
souterraines. Ce champignon, dans quelques-unes de ces 
mines, couvre la voûte, les parois, les piliers, de ses 
rameaux noirs, fibreux, entrelacés, lesquels donnent une 
lumière phosphorescente qui éblouit presque l'œil du spec- 
tateur, et va jusqu'à donner aux galeries l'apparence d'un 
palais enchanté pour une fête de nuit. 

On a remarqué aussi des mycélium qui avaient un aspect 
lumineux ; celui de la Truffe est dans ce cas; il émet quel- 
quefois une lueur phosphorescente. 

Les feux follets aperçus, la nuit, dans les marécages, les 
vieux bois humides, ne sont, pour quelques personnes, 



(!) Pline, 1. XVI, 13. 
(2) Paulet, t. 11, p. 100. 



LEUR COMPOSITION CIli.MIQUE. 71 

que la lumière vacillante de champignons à l'état de 
décomposition. 

Peut-être aussi est-ce à la présence d'un mycélium que 
certaines souches de bois et de racines d'arbres coupés 
doivent la propriété lumineuse qu'elles gardent plusieurs 
jours de suite. 

On ne nous dit pas ce qui donne aux -champignon s cette 
propriété. Ne serait-elle pas due à la présence du phos- 
phore dans ces végétaux? Ce corps s'y trouve, au moins à 
l'état de combinaison, puisque la présence de phosphates 
a été constatée dans presque tous les champignons qui 
ont été soumis à l'analyse. 

L'explication la plus plausible du phénomène de la 
phosphorescence des champignons est que le phosphore 
que renferment ces plantes se consume lentement en se 
dégageant de ses combinaisons actuelles. La phosphores- 
cence de l'Agaric de l'olivier ne peut guère cependant être 
rapportée à la décomposition du champignon, puisqu'elle 
est, dit M. Léveillé, d'autant plus prononcée que le cham- 
pignon a plus de vigueur. 

L'opinion commune est que les champignons, comme la 
plupart des autres végétaux, contribuent puissamment à 
purifier l'air des lieux où ils croissent. Il paraîtrait tout au 
contraire, d'après les expériences des physiciens, qu'ils 
vicient l'air au lieu de le purifier, car ils absorbent une 
grande quantité d'oxygène, et dégagent en retour du gaz 
acide carbonique. Ils exhalent aussi, d'après quelques expé- 
rimentateurs, du gaz azote et du gaz hydrogène, substances 
qui, de même que l'acide carbonique, sont de nature à 
vicier Tair plutôt qu'à l'assainir. • 

Placés sous l'eau, ils dégagent un gaz, composé d'hydro- 
gène et d'azote. Exposés sous une cloche, à la lumière, ils 
n'exhalent pas d'oxygène, comme font les plantes phané- 



72 LES Cil AMlMGiNONS. 



rodâmes pourvues de feuilles; loin de là, ils l'absorbent en 
quantité pour le convertir en acide carbonique par une 
sorte de respiration. En général, ces plantes contiennent 
une grande quantité d'azote. On peut même dire que, de 
toutes les productions végétales, ce sont celles qui sont le 
plus fortement azotées. 

Les champignons, après avoir émis leurs spores ou sémi- 
nules, entrent presque tous plus ou moins promptement 
en décomposition. La plupart d'entre eux exhalent, en se 
décomposant, une odeur fétide c[ue l'on pourrait appeler 
cadavéreuse. 

Les espèces à consistance presque ligneuse, comme sont 
plusieurs Polvpores, divers Hydnes et même divers Agarics 
(Alarasmius), se décomposent lentement et le plus souvent 
sans exhalaison fétide. Toutes ces plantes, en se désorga- 
nisant, laissent sur le sol un détritus singulièrement propre 
à favoriser la végétation d'autres plantes, qui, l'année sui- 
vante, viendront là où les champignons ont laissé leurs 
dépouilles. 

Après avoir parlé des différents principes dont la chimie 
a constaté la présence dans les champignons, j'arrive enfin 
à celui de tous qui doit nous intéresser davantage, mais 
sur lequel cette science ne nous a malheureusement pres- 
que rien appris, bien que des recherches sérieuses aient été 
faites à ce sujet : je veux parler de leur principe toxique. 

Et d'abord, ce principe est-il le même dans toutes les 
espèces malfaisantes? Cela est plus que douteux, puisque, 
comme nous le verrons plus loin, les effets toxiques sont 
différents selon les espèces. Dans les unes , ce principe 
agii comme poison narcotique; dans d'autres, comme 
poison acre, irritant; et, dans d'autres encore, tout à la fois 
comme poison acre et narcotique. 

Différent par son mode d'action sur l'économie animale, 



LEUR COMPOSITION CHIMIQUE. 73 

l'élément toxique doit différer aussi par ses propriétés chi- 
miques. 

Ce que nous savons du principe narcotique, c'est qu'il 
est soluble dans l'eau, dans l'alcool, dans l'éther et les 
acides faibles, au moyen d'une macération plus ou moins 
prolongée; qu'il n'est détruit ni par l'ébullition, ni par la 
dessiccation, et, de plus, qu'il n'est décomposé ni précipité 
par les acides, les alcalis faibles, l'acétate de plomb, la 
noix de galle ou le tannin ; que, de plus, il n'a ni odeur ni 
saveur. 

Ce principe est généralement regardé comme un alca- 
loïde. Il est permis toutefois de mettre en doute si vérita- 
blement c'est un alcaloïde, puisque l'on n'est pas parvenu 
encore à l'isoler entièrement, et que jusqu'à présent il n'a 
pas été possible de l'obtenir cristallisé. Comme il se ren- 
contre plus particulièrement dans la section des Amanites, 
M. le docteur Letellier, savant mycologiste, a cru devoir, 
il y a bien des années déjà, lui imposer le nom d\4f/ui- 
nitine. 

On ne sait pas si l'amanitine n'existe que dans les Ama- 
nites, ou si ce n'est pas cette même substance qui donne 
aux Clatlires et aux Phallus les propriétés délétères et 
narcotiques qui caractérisent aussi ces champignons. 

M. Boudier, mycologiste et chimiste distingué, pense 
avoir trouvé dans l'Amanite bulbeuse un autre principe 
toxique qu'il regarde aussi comme étant de nature alcaloïde, 
et qu'il propose d'appeler Bidbosine, principe qui serait 
tout à fait différent de l'amanitine de M. Letellier, ce que 
celui-ci conteste. Je le répète, l'amanitine et la bulbosine 
n'ont pas été jusqu'alors suffisamment séparées des autres 
éléments, pour que l'on puisse prononcer si elles constituent 
un seul et même principe ou des principes différents, et 
même si le principe toxique est véritablement un alcaloïde. 



74 LES f;il.\.MI'ir,NOi\S. 



Sclirador, de son cùté, a trouvé dans la fausse Oronge 
une substance colorante, rouge, acre, soluble dans l'eau et 
Fesprit-de-vin, qu'il regarde comme le poison, parce qu'elle 
a tué des oiseaux. 

Le principe acre, caustique, existe dans les Lactaires, les 
Russules et d'autres Agarics, comme aussi dans divers 
Bolets. Quelques espèces semblent, comme je le disais plus 
liaut, réunir tout à la fois le principe narcotique et le 
principe acre, puisque ces espèces produisent sur Féco- 
iiomie les effets des poisons acres et ceux des poisons nar- 
cotiques. 

Le principe acre est-il une matière grasse, une matière 
résineuse, ou bien un principe indépendant de la graisse 
et de la résine? 

Yauquelin était porté à croire que la propriété malfai- 
sante des champignons réside dans leur matière grasse. 
Braconnot pensait que celle de l'Agaric styptique était 
due à l'efflorescence farineuse et de nature résineuse qui, 
dans les temps secs surtout, recouvre le chapeau des indi- 
vidus avancés en âge, et qui, comme toutes les matières 
résineuses, est soluble dans l'alcool bouillant. Il attribuait 
celle de l'Agaric {Volvcirid) volvacé à une substance très- 
fugace. La propriété drastique du Bolet du mélèze, Poh- 
porus officiiialis , Fr., est due aussi, selon toute vraisem- 
blance, à une résine fixe. 

La chimie, en même temps qu'elle cherchait à isoler le 
principe toxique des champignons, a dû chercher l'antidote 
du poison. Elle l'a cherché dans le sucre, le vinaigre, le 
suc du citron, l'eau salée, l'éther, l'ammoniaque, l'eau 
iodurée, le quinquina, la noix de galle, le tannin, la magné- 
sie, le charbon, et bien d'autres substances, mais toujours 
sans résultats définitifs, ni même bien sensibles. 

Cette science, comme on le voit, ne nous a, malgré les 



LEUR COMPOSITION CHIMIQUE. 73 

progrès incessants qu'elle fait chaque année, rien appris de 
bien positif touchant le principe toxique des champignons, 
mais elle n'a pas dit son dernier mot; espérons qu'elle par- 
viendra un jour à isoler ce principe et à trouver des réac- 
tifs qui permettront de reconnaître sa présence au sein 
même de nos organes. Tant qu'elle n'aura pas obtenu ce 
résultat, il sera difficile au médecin légiste, appelé à pro- 
noncer si la mort est le résultat ou non d'un empoisonne- 
ment par ces plantes, d'éclairer la justice. 

En l'absence des ressources que la chimie ne peut 
offrir, MM. Boudier et Réveil ont pensé que l'on pourrait, 
par l'examen microscopique des matières rejetées par le 
vomissement et celui des déjections alvines, reconnaître, 
d'après la couleur et la forme des spores, la nature même 
du champignon , et par conséquent constater l'espèce, ou 
tout au moins la section à laquelle appartient le champi- 
gnon. Sans doute il ne serait pas impossible d'arriver à 
cette constatation : mais quelle habitude du microscope 
ne faudrait -il pas posséder, quelle étude de la myco- 
logie ne faudrait-il pas avoir faite, pour parvenir à pro- 
noncer avec certitude sur l'espèce qui a causé l'empoison- 
nement ! 

Un moyen plus certain, peut-être, de reconnaître si l'em- 
poisonnement est causé par un champignon, est de faire 
manger à un chien les matières que le malade a rejetées. Si 
le chien est malade, et surtout s'il meurt, il est évident que 
le champignon était malfaisant. 



CHAPITRE Mil. 

DE LA POSSIBILITÉ d'eXLEVER AUX CHAMPIG^'01N^S VÉNÉNEUX 

LEUR PRINCIPE TOXIQUE. 

On sait que les populations russes recueillent assez indif- 
féremment toutes les espèces de champignons qu'elles veu- 
lent conserver pour l'hiver. Elles les entassent dans des 
vases, les recouvrent d'une certaine quantité de sel et les 
laissent ainsi jusqu'au moment d'en faire usage. 

M. Germann dit que, dans l'Ukraine, on mange impuné- 
ment, après leur avoir fait subir cette préparation, le 
Boletus luridus ^ Schœff., la fausse Oronge, les Agarics 
(Lactaires) torin'uwsus^ Schœff., scrobiculatus^ Scop., et 
diverses autres espèces qui passent pour malfaisantes. 

La conservation des champignons dans le sel, tout simple 
que paraisse le procédé, permet, comme on le voit, de 
manger impunément des espèces qui sans cette préparation 
auraient agi comme poison. 

De temps immémorial, pour ainsi dire, on savait aussi 
que l'on peut, au moyen de la macération dans l'eau avec 
addition de sel ou de vinaigre, enlever aux champignons 
leur principe toxique; BuUiard, Paulet, Pouchet, et la plu- 



CHAMPIGNONS VENENEUX RENDUS INOFFENSIFS. 77 

part des auteurs qui ont écrit sur les champignons comesti- 
bles, mentionnent ce fait : je l'avais mentionné moi-même 
dans la première édition de ce livre; mais ce qu'aucun 
auteur peut-être n'avait dit, c'est le temps précis pendant 
lequel les champignons doivent séjourner dans l'eau salée 
ou vinaigrée pour pouvoir ensuite être mangés impu- 
nément. 

Les expériences nombreuses tentées, il y a quelques 
années par Frédéric Gérard, lui ont démontré que trois à 
quatre heures d'immersion peuvent suffire pour rendre 
comestibles des espèces très-malfaisantes, à la condition 
toutefois qu'après les avoir retirées de cette eau on les fera 
blanchir, c'est-à-dire qu'on les fera bouillir dans de nou- 
velle eau, que l'on jettera comme la première. Les cham- 
pignons, lavés ensuite et ressuyés, on peut leur donner tel 
ou tel assaisonnement, et les manger en pleine sécurité. Ce 
fait étant bien constaté, Gérard et sa famille, fort nom- 
breuse d'ailleurs, n'ont pas craint de faire un usage fré- 
quent de champignons traités de la sorte. 

Voici du reste le procédé usité par Gérard, tel qu'il le 
décrit lui-même : 

« Pour chaque 5oo grammes de champignons coupés en 
morceaux d'assez médiocre grandeur, — en quatre pour les 
moyens, en huit pour les plus gros, — il faut un litre d'eau 
acidulée par trois cuillerées de vinaigre ou deux cuillerées 
de sel gris, si on n'a pas autre chose : dans le cas où on 
n'aurait que de l'eau à sa disposition, il faut la renouveler 
une ou deux fois. On laisse les champignons macérer pen- 
dant deux heures, puis on les lave à grande eau; ils sont 
alors mis dans de l'eau froide qu'on porte à l'ébulhtion, et 
après un quart d'heure, ou mieux encore une demi-heure, 
on les retire, on les lave, on les ressuie, et on les apprête, 
soit comme un mets spécial^ — et ils comportent les mêmes 



LES t;il \M l'l(.M)NS 



assaisonncmonts que les autres, — soit comme condi- 
ment (i). » 

Ce procédé a été expérimenté par F. Gérard hii-méme, 
en présence des membres que le Conseil de Salubrité avait 
désignés pour constater son efficacité : ces membres étaient 
MM. Beaude, Mandin et Cadet de Gassicourt; sur l'invita- 
tion de ce dernier, je me suis joint à la commission. 

J'ai loul d'abord vérifié que parmi les espèces que 
(iérartl avait préparées se trouvaient (juelques pieds de 
fausse Oronge, Ji^nricus nuiscdiius., Lin., et d'Agaric bul- 
beux, ./i^rir/ci/s ùu//m)m/s, Huil,, cbampignons essentielle- 
ment délétères. Gérard a mangé de ces champignons en 
présence de la commission; sa famille en a mangé, plu- 
sieurs membres de la commission en ont goûté, j'en ai fait 
autant, personne n'a été incommodé. 

Les expériences de Gérard confirment donc ce que l'on 
savait d'ancienne date de la possibilité d'enlever aux cham- 
pignons leurs propriétés délétères, par une macération 
prolongée dans une eau acidulée ou salée, et peut-être 
même dans de l'eau pure, et les traitant ensuite par l'ébul- 
lition et le lavage. Je dis peut-être même dans l'eau pure, 
car il n'est pas démontré que le sel ou le vinaigre soient 
absolument nécessaires pour enlever le principe toxique; 
lUilliard dit positivement qu'on affaiblit le principe en 
lavant les champignons dans deux ou trois eaux, et en les 
faisant cuire ensuite dans plusieurs eaux que l'on jette à 
mesure qu'ils acquièrent différents degrés de cuisson. Dans 
le Poitou, on mange, ajoute-t-il, la fausse Oronge préparée 
ainsi (2). 

Le procédé CJérard n'est donc guère, comme on le voit, 



(1) lievue sclenlifiqiie et indiistrîelle , 1851. 

(2) Piaules vénéneuses de la France, p. 75. 



VENENEUX RENDUS INOFFENSIFS. 79 

que celui qui était en usage dès les temps les plus an- 
ciens. 

Il n'est pas besoin d'ajouter que le liquide dans lequel 
on a fait macérer les champignons, se chargeant du prin- 
cipe actif sans le neutraliser, devient un poison violent 
qui, essayé sur des animaux, leur donne presque toujours 
la mort. M. Pouchet, de Rouen, a fait bouillir dans un litre 
d'eau, pendant un quart d'heure, six fausses Oronges; la 
décoction^ donnée à un chien, le tua peu d'heures après, 
tandis que les champignons eux-mêmes furent mangés sans 
inconvénient par un autre chien. Cette expérience, répétée 
un grand nombre de fois, soit avec la fausse Oronge, soit 
avec l'Agaric bulbeux, Bull., lui a toujours donné des 
résultats semblables (i). 

Je dois faire observer ici que le simple fait de blanchir 
les champignons, suffisant peut-être pour enlever entière- 
ment le principe malfaisant de la fausse Oronge, ne l'enlève 
complètement ni à l'Agaric Panthère, Ai^. paiitherimis^ Dec, 
ni probablement à l'Agaric bulbeux, puisqu'on cite des 
exemples de personnes qui sont mortes, et qui cependant 
avaient traité ces champigons par l'eau bouillante, jeté cette 
eau et ressuyé les champignons avant de les assaisonner. 
Le blanchiment ne suffit pas non plus pour détruire entiè- 
rement le principe actif de l'Agaric nébulaire, Jl^. pileo- 
larms, Bull., je le sais par expérience. 

Tout satisfaisant que paraisse le procédé préconisé par 
(îérard, la prudence conseille de ne pas faire un usage ali- 
mentaire habituel de champignons toxiques traités par cette 
méthode, puisqu'il suffirait de l'oubli d'une portion très- 
petite de certaines espèces, de l'Agaric bulbeux, par exem- 
ple, que par mégarde on n'aurait pas soumise à la macé- 

(1) Journal des connaissances médicales, 1838-1839, t. VI, p. 347. 



80 LKS CIIA.M l'KiNONS 



ration, pour protluire les accidents les plus graves. Toute- 
lois il sera l)ieii de re(M)urir au procédé pour peu que roii 
ait des doutes sur les (pialités des champignons cpie l'on se 
propose d'employer comme aliment. 

L'action de faire macérer dans l'eau les champignons, et 
de les blanchi)- ensuite, a le tort très-grand, aux yeux des 
amateurs, d'enlever aux espèces aromati(pies prescpie tout 
lein- parfum. On pourrait dire cependant f[ue l'inconvé- 
nient est suffisamment compensé par la sécuiité qu'elle 
donne. Les cuisiniers, d'ailleurs, possèdent tous plus ou 
moins l'art de donner de l'arôme aux aliments qui en sont 
le plus dépourvus. Un moyen simple d'ailleurs de restituer 
à c(\s plantes la saveur dont les a privées la macération 
aqueuse prolongée, c'est de les assaisonner au moyen de 
l'espèce de conserve ou saumure, préparée avec le suc de 
champignons, et d'un usage si fréquent en Angleterre où 
elle porte le nom de Ketchup. 

M. (lobley, dans son intéressant mémoire sur le cham- 
pignon comestible, considéré sous le rapport chimique, 
l'cconnait un autre tort au procédé de macération plus ou 
moins prolongée : c'est de faire perdre aux champignons la 
plus grande partie de leurs qualités nutritives, en les pri- 
vant de la matière alibile qui se trouve en grande quantité 
dans ces plantes, lesquelles alors ne seraient plus réellement 
formées que de fibres végétales (i). M. Boudier est d'avis 
aussi que les champignons perdent par la macération la 
plus grande partie de leurs principes nutritifs. L'opinion 
de MM. Gobley et Boudier, toutefois, n'est pas partagée par 
le célèbre mycologiste anglais Berkeley. Celui-ci regarde ce 
que Braconnot appelait forjgine , c'est-à-dire la cellulose, 
autrement ce qui reste des champignons après que les prin- 

(1) Recherches chimiques sur les champignons vénéneux, 



VÉiNENEUX RENDIS INOFFENSIFS. 



cipes solubles en ont été enlevés par des lavages suc- 
cessifs, comme gardant toujours à un haut degré sa pro- 
priété nutritive (i). Quoi qu'il en soit, la macération dans 
l'eau salée ou vinaigrée des champignons, comme moyen 
préventif de l'empoisonnement, nous parait d'une utilité 
bien démontrée. 

On s'est demandé s'il ne serait pas possible aussi de 
détruire le principe toxique de ces plantes par l'addition 
de certaines substances à leur cuisson. 

Les anciens s'accordent pour attribuer aux queues de 
poires et aux bourgeons du poirier la propriété de détruire 
ce principe. 

Selon Celse, les champignons perdent toute leur qualité 
nuisible si on les fait bouillir dans de l'huile ou avec de 
jeunes branches de poirier (2). 

Pline, de son côté, dit qu'il y a sécurité à manger ces 
plantes, si on les fait cuire avec des queues de poires. 

Cesalpin (3) et Ambroise Paré, d'accord en cela avec 
Celse et Pline, croyaient aussi que l'on peut trouver dans 
l'écorce du poirier et dans ses fruits un remède préventif 
contre l'action délétère de ces végétaux. 

a On apprestera, dit A. Paré, les champignons sans qu'ils 
« fassent mal,, scavoir, les faisant cuire avec poires sau- 
ce vages, au défaut desquelles on pourra user des poires 
« domestiques, pourveu qu'on prenne de celles qui sont 
« plus aspres, sans regarder si elles sont fresches ou seichées 
« au soleil; et non seulement les poitcs, mais aussi les 
« feuilles et escorces du poirier tant sauvage que domes- 
« tique, y sont bonnes. Ainsi accoustrez les faut jeter aux 



(1) Gardner's Chron., nov. 1859. 

(2) Celse, I. V, c. 27, 17. 

(3) Cesalpin, eh. 40. Ké en 1519, mort en IG03. 

G 



82 LES CHAMPIGNONS 



« privez, et pourtant iie feront nul mal; car la vraye con- 
« ti-epoisou du clianipignon, c'est le poirier (i). » 

Ces mots : « Ainsi ascoutrez les faut Jeter aux privez, )> fout 
sup]K)ser cependant que \. I*aré n'était pas bien convaincu 
de refficacité du ])rocédé. 

Les médecins modernes, n'ayant pas grande confiance 
aux vertus du poirier et de ses productions, ont renoncé 
depuis longtemps à leur emploi comme contre-poison. 

Il V a, je l'avoue, peu à se fier à la décoction de queues 
de poires , comme moyen préventif; comme aussi aux 
feuilles, aux bourgeons et à l'écorce du poirier. 

J'ai fait cuire douze grammes d'Agaric bulbeux, variété 
verte, Jg. Phalloidcs^ V\., et autant à^ Ag. panlhc.nniis\ 
Dec, avec de la viande; j'ai versé dans ce mélange une 
décoction concentrée de queues de poires et de queues de 
cerises; j'ai donné ce mélange à un jeune chien, lequel a 
présenté des symptômes d'empoisonnement peu de temps 
après, et a succombé le deuxième jour, 

Chansarcl a pi'ouvé, dit Lenz, que l'on détruit immédia- 
tement le principe vénéneux des champignons, si l'on 
ajoute une décoction de noix de galle aux espèces que l'on 
a fait cuire. 

Il est douteux que la décoction de noix de galle soit un 
moyen sur de détruire le principe toxique de ces plantes, 
puisque la poudre de noix de galle et le tannin lui-même, 
ajoutés aux champignons, n'empêchent pas leurs fâcheux 
effets de se produire. 

Ces substances, autant du moins que j'ai pu en juger 
par mes expériences, atténuent ces effets, mais ne neutra- 
lisent pas le principe toxique. 

J'ai donné à des chiens des Amanites malfaisantes, X Aga- 

(I) Ambroise Paré, Œuvres, 1. XXI, c. 43. Mort en 1590. 



VÉNÉNEUX RENDUS INOFFENSIFS. 83 



ricus phalloïdes, V^g. i\J(tp/)a,V Jg. r?niscan'us, VJg.pan- 
theiinus^ soit mélangées de tannin, soit mélangées de noix 
de galle en poudre, les chiens n'en ont pas moins été 
malades ; un de ces chiens est mort après trois jours de 
souffrance. 

J'ai donné à d'autres chiens le tannin ou la poudre de 
noix de galle immédiatement après l'ingestion du cham- 
pignon vénéneux ; le résultat a été le même, les chiens ont 
été malades. 

Si le tannin et la noix de galle, mêlés aux champignons 
ou donnés immédiatement après leur ingestion, n'empê- 
chent pas les effets du poison de se manifester, il ne faut 
pas espérer qu'ils auront un meilleur résultat donnés trois 
ou quatre heures après 1 ingestion , et lorsque déjà les 
symptômes de l'empoisonnement sont évidents. Administrés 
alors ils pourront hien, comme dans les cas précédents, 
amoindrir les effets du poison, mais non neutraliser le 
principe vénéneux; ni le tannin, ni la noix de galle, ne 
peuvent d'ailleurs s'employer comme moyens préventifs 
par leur mélange dans la préparation des champignons, 
soit pendant, soit après la cuisson , car alors ils donne- 
raient à ces plantes un goût insupportahle. 

l.e café contient du tannin, mais prohahlement en quan- 
tité trop faihle pour atténuer d'une manière bien pro- 
noncée l'action toxique des champignons. 

Krapf dit qu'ayant avalé un petit morceau à'Jgaricus 
(Russula) iiiteger, Fr., bien cuit et bien pressé, il en éprouva 
beaucoup de mal, bien qu'il eût pris, presqu'aussitot après, 
du café; moi-même j'ai été incommodé, une partie de la 
journée, pour avoir mangé à déjeuner trois pieds d'Jgaricus 
nebularis, Batsch., et cependant j'avais, pour compléter 
mon déjeuner, pris une tasse de café au lait. 

M."^ Boyer, ayant mangé à son dîner de l'Agaric bul- 



84 LES CHAMPIGNONS 

beiix, Ai^. pluiUoides^ variété verte, se trouva empoisonnée. 
Les premiers svmptômes déclarés, on lui donna du café. 
Elle fut calme jusqu'à trois lieures du matin, après quoi 
d'autres symptômes plus graves survinrent. Le médecin 
aj^pelé la soumit à un traitement des plus rationnels; elle 
succomba néanmoins quarante-huit heures environ après 
l'ingestion du champignon. M"''" Boyer qui, elle aussi, avait 
mangé de ce champignon et n'avait pas pris de café, est 
morte quelques heiu'es après sa fille ( i ) : donc le café n'est 
nullement l'antidote du poison. 

Le thé aussi contient du tannin ; ses propriétés sont à peu 
près celles du café; combien de personnes cependant en 
ont pris après avoir mangé des champignons malfaisants et 
n'ont été que médiocrement soulagées'. 

On a prétendu que le suc de citron, employé comme 
assaisonnement, pouvait rendre comestibles les champi- 
gnons malfaisants ; il n'en est rien. 

J'ai donné à un chien un mélange de vingt grammes 
d'Agaric bulbeux, variété blanche, et à'Jgaricus panthe- 
ri/nis, Dec, cuits avec de la viande; j'ai exprimé dans ce 
mélange du suc de citron, en quantité plus grande que 
celle que l'on emploie dans l'assaisonnement des mets; ce 
chien est mort trois jours après. 

J'ai donné à un autre chien quatre-vingts grammes d'Aga- 
ncns pantherinùs^ cuit avec de la viande et du citron, suc et 
écorce; à un autre chien pareille quantité de fausse 
Oronge, préparée de la même manière. Les chiens goûtè- 
rent ce que je leur apportais et le laissèrent tout aussitôt; 
j'eus beau tortiller le mélange dans de la viande nouvelle, 
ils refusaient cette viande ; c'est à peine si je pus leur faire 
manger la moitié de ce que j'avais préparé pour l'un et pour 

(1) Journal de chimie médicale, année 1846. 



VÉNÉNEUX RENDUS INOFFENSIFS. 



l'autre. Tous les deux furent malades assez sérieusement; 
le lendemain cependant ils paraissaient tout à fait remis. 

Le Grec Nicandre, grammairien, poëte et médecin tout 
à la fois, lequel vivait un siècle avant notre ère, regardait 
le vinaigre comme l'assaisonnement et l'antidote des cham- 
pignons Il dit que, apprêtés au vinaigre ou à l'oxymel, ils 
perdent leurs mauvaises qualités. 

L'expérience a appris que le vinaigre ne détruit nulle- 
ment leur principe toxique. Tl y a plus : ce principe étant 
soluble dans les acides affaiblis, le vinaigre, mêlé aux cham- 
pignons dans leur préparation comme aliment, développe- 
rait leurs funestes effets plutôt qu'il ne les atténuerait. 

L'huile, le beurre, la graisse, le sel, employés comme 
assaisonnement dans cette même préparation, ne détruisent 
point et même n'affaiblissent point leur principe malfaisant. 
Il en est de même de la dessiccation et de l'ébullition, du 
moins pour ce qui est des Amanites. 



CHAPITRE IX. 

DE l'emploi des CHAMPIGNONS DANS l'iNDUSTRIE ET 
l'économie DOMESTIQUE. 

Les champignons n'intéressent pas l'iiomme seulement 
sons le rapport alimentaire, ils l'intéressent aussi sous le 
rapport de l'industrie et de l'économie domestique et phar- 
maceutique. 

Parlons d'abord de leur emploi dans l'industrie et l'éco- 
nomie domestique ; plus tard nous les considérerons comme 
poisons et comme agents pharmaceutiques. 

Le Bolet amadouvier , Polyporus j'omentarius ^ Fr., est 
généralement employé à la fabrication de l'amadou. Voici 
comment on procède à cette préparation. On prend les 
jeunes individus, on les monde de leurs tubes et de leur 
écorce, après les avoir ramollis en les tenant dans une cave 
où dans un lieu frais, s'ils sont secs. On les coupe par 
tranches ou lames minces, que l'on bat avec lui maillet, 
sur une pierre ou sur un morceau de bois, afin de les 
distendre : on mouille ces lames de temps à autre, on les 
bat de nouveau, et on les frotte entre les mains jusqu'à ce 
qu'elles aient acquis un certain degré de mollesse et de 
douceur. Ainsi préparées, elles constituent ce que l'on 
apelle Agaric des chirurgiens, substance employée pour 



EMPLOI DES CHAMPIGNONS. 



arrêter les hémorrhagies. On obtient l'amadou proprement 
dit, cette autre substance dont on se sert pour se pro- 
curer instantanément du feu, en faisant bouillir, pendant 
environ une heure, dans de l'eau à laquelle on ajoute une 
certaine quantité de salpêtre, les tranches de bolet pré- 
parées comme je viens de le diie, après quoi on les retire 
pour les faire sécher à l'ombre, et les battre de nouveau. 
Cinq cents grammes de salpêtre (azotate de potasse) suffi- 
sent pour un grand chaudron plein de tranches de cham- 
pignons. L'addition du salpêtre dispose l'amadou à s'en- 
flammer plus facilement. Quelques fabricants sont dans 
l'usage de soumettre les tranches du champignon à l'action 
de plusieurs ébullitions. Les habitants de la canqDagne ne 
les font pas toujours bouillir dans l'eau nitrée ; ils se conten- 
tent le plus souvent de les mettre deux ou trois fois dans 
la lessive de cendres dont on se sert pour le blanchiment 
du linge. Quelquefois aussi ils les baignent dans une eau 
qui tient en dissolution de la poudre à canon : ce dernier 
mode de préparation a l'inconvénient de les noircir. 

La fabrication de l'amadou forme une branche de com- 
merce assez considérable, tant est grande la consommation 
qui s'en fait, bien qu'aujourd'hui les allumettes phospho- 
rées qui s'enflamment par l'effet seul du frottement en aient 
bien fait restreindre l'usage. 

Les habitants de la Sibérie, du Kamtchatka et d'autres 
contrées asiatiques se servent de cette substance pour 
façonner des moxas auxquels on donne la forme de cônes 
ou cylindres, qu'ils brûlent sur la peau pour remédier aux 
maladies articulaires devenues chroniques. 

Le Bolet de Sologne, qui n'est qu'une variété du Bolet 
amadouvier, sert, aux environs d'Orléans, aux mêmes 
usages que celui-ci. Il en est de même, en Autriche, de 
l'Agaric de chêne, Pœddlea quercina^ Fr. En Italie, ce 



8S r.FS r;ii \MPir,\f)\s. 



D.TdaIca , au rapport de Cosalpiu, est employé par les l)ai- 
i;Mciirs comme hi'osse à déei'asser la tèle. (JueKpies per- 
sonnes s'en servent aussi eomme d'une étrille j)our les 
chevaux. 

Le P(>/}/>()fifs i^/i/fi/'iiis, Vw, esl frécpicmment employé 
dans les campagnes pour tiansporter le feu. 

L'amadou sert aux arliliciers à faire les boulets ou mè- 
ches d'Allemagne qui hrùlent sans répandre ni fumée, ni 
mauvaise odeur. 

Les habitants de la Franconie, au rapport de rdcditsch, 
ont trouvé le moyen de préparer cette substance comme 
luie peau de chamois , et d'en faire une sorte d'étoffe qui 
leur sert à confectionner des vêtements très-chauds et très- 
doux. 

Lenz a fait un excellent amadou en trempant du Rnco- 
diuni ce.llare^ Pers., dans de l'eau contenant du salpêtre 
en dissolution. 

Nul doute qu'on ne puisse retirer l'amadou d'un très- 
grand nombre de champignons. Palisot de Beauvois con- 
seille d'en faire avec le Bolet oblique, Bull. Poly paras 
lucidus^ Fr.; BuUiard et Ventenat conseillent d'en faire avec 
la Vesse-loup des bouviers, Lycoperdon Bovisia^ Lin., la 
Vesse-loup ciselée, L. cœlatutu^ Bull., et toutes les grandes 
espèces du genre Lycoperdon. BuUiard indique même la 
manière de procéder à la préparation de la Vesse-loup des 
Bouviers. 

« Pour cela, dit-il : i° On froissera entre les doigts 
cette substance fdandreuse jusqu'à ce qu'il n'en sorte plus 
de poussière. 2° On la coupera par tranches de deux lignes 
d'épaisseiu' ou environ. 3" On passera un fd à travers plu- 
sieurs de ces tranches, comme pour en faire lui chapelet. 
4" On aura de l'eau dans laquelle on aura fait dissoudre 
quelques grains de poudre à tirer, ou mieux de salpêtre; 



LEUR EMPLOI. 



on y mettra un peu de farine, et l'on fera tremper dans 
cette eau, pendant une heure ou deux, ces tranches ainsi 
enhassées ; on les fera sécher ensuite, et l'on pourra s'en 
servir de la même manière que de l'amadou préparé avec 
\GV>o\eton^\i\é (^Polyporus foinentariusy Si l'on s'aperçoit 
que cet amadou se consume trop vite, on le trempera une 
seconde fois dans la même eau, à laquelle on ajoutera une 
plus grande quantité de farine; si, au contraire, il ne con- 
serve pas l'étincelle, on fera dissoudre dans cette eau un 
peu plus de poudre. » 

Les habitants des îles Fidji se font avec un champignon, 
— espèce de Rhizomorpha, — des ceinturons, qu'ils gar- 
nissent de franges et qu'ils ornent à profusion de grains de 
collier. Ces ceinturons frangés, qui souvent constituent le 
seul vêtement des naturels, sont fort recherchés. Ils sont 
plus particulièrement en estime chez les pêcheurs de 
la côte, parce qu'ils supportent bien l'immersion dans 
l'eau, surtout quand on les a graissés avec de l'huile de 
coco (l). 

Je ne serais pas surpris que l'on fît servir à un usage 
semblable le Poi) parus fomentarius, espèce européenne. 

Angos raconte que, dans les bois de la Nouvelle-Zélande, 
il pousse, sur les arbres, une espèce de Polypore assez 
grande et assez résistante pour que l'on en fasse des sièges 
commodes (2). Mais ce n'est pas seulement à la Nouvelle- 
Zélande, chez les antipodes, que l'on utilise ainsi les Poly- 
pores ; Gleditsch dit qu'il a vu chez des chasseurs de 
l'Ukraine le P . fomentarius employé en guise de siège. 

Nous avons vu figurer à l'Exposition universelle, dans 
le pavillon réservé de la Société protectrice des animaux. 



(1) Gardn., Chvon. 

(2) Hussey, v, P. Dnjadeus. 



90 LES CHAMPIGNONS. 



des Polvpores creusés pour servir de nids artificiels aux 
oiseaux. 

Bulliard, que j'ai occasion de citer souvent, dit, en par- 
lant de la Vesse-loup étoilée, Geasler /ij^rometricm^^ Pers., 
qu'elle mérite toute l'attention du naturaliste, en ce qu'elle 
lui offre un hygromètre aussi sur qu'invariable, par la 
faculté qu'elle a de refermer les divisions de son volva dès 
qu'il fait sec, et de les étendre sitùt qu'il vient à pleuvoir 
ou que l'atmosphère se trouve chargée d'humidité. 

Le Bolet squameux, Polyporus squarnosus ^ Kr., sert, 
en Angleterre, à fabriquer d'excellents cuirs à rasoir et que 
l'on dit supérieurs à tous les autres. Pour cela, on choisit, 
en automne, des individus de grande taille, exempts de 
toute attaque de vers : on les sèche avec soin, afin de pré- 
venir l'action de la moisissure; après quoi, on les coupe en 
tranches longitudinales auxquelles on donne une forme 
convenable : chaque tranche, polie avec la pierre ponce, 
est ensuite collée sur un bois d'une forme appropriée à 
l'usage que l'on en veut faire (i). Le bolet du Bouleau, 
Polyporus bcluUnus^ Fr., peut être employé au même 
usage. 

Les Suédois se servent du Bolet subéreux, Bull., Poly- 
porus iiidulans, Fr., pour faire des bouchons {p.). 

On peut faire, avec diverses espèces de Polypores à fibres 
ligneuses, des estompes, qui sont préférables peut-être à 
celles que l'on fait avec le liège. 

Le Bolet amadouvier, Polyporus foinenlarius^ Fr., et le 
Bolet faux amadouvier, Polyporus i'gniarius ^ Fr., sont 
employés, en Bohême, comme vases à fleurs dans les appar- 
tements. On place ces champignons contre le mur ou tout 



(1) Gardu., Chron. 

(2) Id., nov. 18G0, p. 975. 



LEUR EMPLOI. 91 



autre point d'appui, mais renversés, c'est-à-dire le côté de 
la fructification en dessus, et la partie qui adhérait à l'arbre 
au point d'appui. Dans ces champignons, préalablement 
creusés, on place des plantes à rameaux retombants, géra- 
nium, cactus, etc. On les fait servir également comme 
étagères. 

On retire un principe colorant de beaucoup de cham- 
pignons. Les teinturiers emploient pour teindre en noir 
brun le Polyponis i^niarius, qu'ils nomment Agaric de 
chêne. Les gantiers font un usage fréquent du Bolet hispide, 
Bull., Poljponis hispidiis ^ Fr. , pour teindre les peaux 
en couleur marron fauve. Pour cela, ils font bouillir le 
champignon dans de l'eau; ils plongent dans cette eau 
les peaux qu'ils foulent aux pieds, afin qu'elles s'im- 
prègnent mieux de la matière colorante. Celle-ci est assez 
abondante pour que les menuisiers, les ébénistes, puis- 
sent la faire servir à teindre le bois. Mis en poudre, ce 
même champignon sert à teindre la soie, la laine et le 
coton. 

Les étoffes plongées dans la décoction alunée du Bolet 
du mûrier blanc, Hexa^ona nwri\ Poil., dit Duchesne, 
prennent les diverses couleurs, jaune verdàtre, jaune-cha- 
mois, jonquille, etc., suivant le temps de la macération des 
tissus, la proportion du Bolet, la température du bain, etc. 
Les couleurs que donne ce Bolet sont toutes très-solides. 
C'est surtout dans l'Italie supérieure que l'on fait servir ce 
champignon à la teinture. 

Le Bolet sulfurin, Polyporus sidfureus^ Bull., sert aux 
teinturiers à teindre en jaune. 

Les Arabes du cercle de Laghouat emploient, pour 
teindre en jaune, un Polypore d'une assez grande dimen- 
sion, à pores excessivement petits, qui vient sur le pista- 
chier térébinthe. Les indigènes appellent ce champignon 



9:> LKS CIIAMI'K.NONS. 



SciiiTd OU Ccrrd. J'ai vu au musée d'Alger des spécimens 
de cette plante. 

Dans les Canaries, on teint li laine et la soie avec les 
^^OYCS au Pol) snccunt crassipes, Dec, P. linclorium^ Poir., 
espèce de Lycoperdon. Les paysannes de Bologne, dit 
M. Iiarla, emploient de même cette plante pour t<Mndre 
la laine dont elles font leurs vêtements. A Massoine, et dans 
(piekpies localités des environs de INice, elle est également 
en usage pour teindre le fil et la laine. Ce champignon 
donne une très-belle couleur hrune cpi'on extrait par 
l'ébullition. 

L'Agaric cliarbonné, Bull., Jg. ( Russula) ///£,WtY///.v. Fr., 
donne une couleur brun foncé, dont les arts et l'industrie 
pom^raient tirer parti. Ce champignon, qui passe à la cou- 
leur noire à mesure qu'il avance en âge, arrivé au terme 
de son dépérissement, se dessèche, et reste longtemps sur 
le sol sans se décomposer; il est donc d'une conservation 
facile. 

Bulliard a retiré de la variété violette de la Tremelle 
mésentériforme, par la seule infusion dans l'eau, une cou- 
leur d'un beau bistre rougeatre, très-solide, et qui porte 
sa gomme avec elle. Cette plante donne par l'ébullition une 
couleur plus foncée. On pourrait, selon lui, tirer de ce 
champignon et de la Tremelle verticale, Trcmella fimbriata., 
Pers., un parti avantageux dans l'art de la teinture. Si l'on 
veut, ajoute Bulliard, empêcher la teinture de Tremelle de 
se couvrir de moisissure, lorsqu'elle est exposée à l'air, il 
suffit de faire bouillir dans le liquide quelques clous de 
girofle. 

.l'ai dit que M. Filhol, chimiste distingué, et doyen de la 
Faculté des sciences de Toulouse, a obtenu ime belle cou- 
leur rouge des Agarics (Russules) à chapeau rouge : pro- 
bablement on obtiendrait aussi une belle couleur bleue de 



LEUR EMPLOI. 93 



l'Agaric odorant, J g(( riens odorus , Bull., de ÏJgfU'ictis 
(Cortinarius) , cie/ulescens , ¥\\, de W^ij^. (Cortinarius) 
cyanites^ Fr. 

Biilliard, on le sait, est parvenu à faire une encre bonne 
pour le lavis avec le suc d'un Agaric que, pour cette raison, 
il a appelé atramentaire, Ai^. (Coprinus) atranientai ius. 
Du reste on peut faire de l'encre avec l'eau provenant de 
la décomposition de la plupart des Agarics du sous-genre 
Coprin, laquelle est formée, presque entièrement, de spores 
qu'elle tient en suspension, 11 suffit pour cela de faire 
bouillir le chapeau du champignon et de fdtrer la liqueur 
que donne l'ébullition. En ajoutant à cette liqueur des 
clous de girofle, ou une petite quantité de sublimé corrosif, 
on l'empêche de moisir. 

Desmazières a fait aussi avec plusieurs espèces de Stii- 
bospores, une encre qui peut remplacer celle de la Chine, 
pour le lavis et le dessin. Mais les Stilbospores sont de trop 
petites espèces de champignons pour que l'on puisse en 
tirer un parti avantageux. 

Vaillant dit que la Clavaire muscoïde, Clcwarid luus- 
coïdes, Lin., plongée dans l'eau lorsqu'elle est sèche, la 
teint, en un instant, en jaune de safran (i). 

Le bois imprégné naturellement du mycélium de la 
Pezize bronze, Peziza œrugiiiosd^ Fl., Dan., garde une 
belle couleur verte qui le fait employer comme ornement 
par les tourneurs de Tunbridge Wells. 

Si l'art de la leinture a su tirer parti des champignons, 
celui du parfumeur pourrait aussi utiliser ces plantes. 
L'Agaric à odeur suave, Jgaricus suaveuleiis , Schum., 
l'Agaric odorant, .%. odorus, Bull., le Bolet suave, Tra- 
me tes odorata^ Fr., et d'autres champignons exhalent une 



(») Botan., t. VIII, p. 9. 



91 Ll-:S CllAMl'K.NO.NS. 



odoiir délicieuse. Il n'en est pas, au rap})ort de Linnô, qui 
plaise davantage aux Lapons ([ue celle de ce dernier; 
aussi les jeunes gens qui vont voir leurs maîtresses en 
portent-ils toujours sur eux afin de se rendre plus agréables.' 
Les femmes laponnes, par réciprocité, portent aussi sur 
elles ce précieux Bolet. 

A cette occasion, Linné s'écrie : « O Vénus! toi à qui 
suffisent à peine, dans les contrées étrangères, les dia- 
mants, les pierres précieuses, l'or, la pourpre, la mu- 
sique, les spectacles, ici tu es satisfaite d'un simple cham- 
pignon ! » 

La poudre de ce même Bolet, mise dans les habits, en 
éloigne les insectes par son odeur, bien que les insectes 
mangent le champignon lorsque son odeur est dissipée. 

La fausse Oronge doit, comme l'on sait, son nom latin, 
Jgaiiciis m as cari U.S., Lin., à la propriété qu'elle a de tuer 
les mouches, et cela par un procédé bien simple. Le cham- 
pignon, étant divisé en petits morceaux, est saupoudré 
de sucre ; on verse dessus de l'eau, de la bière ou du 
lait, cpie l'on expose dans les chambres où les mouches 
abondent ; celles-ci viennent sucer le liquide et périssent. 
Toutes cependant ne meurent pas, car souvent elles ne 
sont que narcotisées, ainsi que l'a observé Seyffert ; quel- 
ques-unes reviennent à la vie et s'envolent; aussi conseille- 
t-il de les ramasser pendant leur sommeil et de les jeter au 

feu (i). 

Âllioni dit, de ce même Agaric, qu'il met en fuite les 
punaises, si on en frotte les meubles ou les murailles. 

L'homme n'a pas craint, 'dans diverses contrées, de 
faire usage de cet Agaric, tout dangereux qu'il est, dans 
l'intention de se procurer des jouissances. Les Ostiocks, 

(1) Seyffert, de Fungis, p. 19. 



LEUR EMPLOI. 95 



les Kamtchadales et d'autres habitants de la Russie asia- 
tique le mangent cru ou boivent sa décoction, afin de se 
jeter dans une sorte d'ivresse. Trois ou quatre champignons 
secs , délayés dans une décoction A' Epilohiiim aus^asti- 
foliiun^ Lin., ou de Vaccinium oxycoccos^ Lin., ou dans 
une boisson quelconque, sont suffisants pour une société 
nombreuse. Quelquefois cependant les chaiTipignons sont 
avalés secs_, sans aucun mélange. Leurs propriétés eni- 
vrantes se communiquent à l'urine des personnes qui en 
font usage : aussi arrive-t~il quelquefois que ces mêmes 
habitants du Nord de l'Asie boivent cette urine pour 
continuer leur orgie (i). Ainsi donc l'intoxication pro- 
duite par cette plante, de même que celle de l'alcool, 
ne va à rien moins qu'à oter à l'homme l'usage de son 
libre arbitre. 

Du reste, l'homme ne s'est pas contenté de s'enivrer du 
poison du champignon; il a été, dans certaines régions de 
l'Ouest de l'Afrique, jusqu'à faire un dieu d'une espèce de 
Bolet, que pour cette raison Afzelius a appelé sacré, Bolclus 
sucer ( Polyporus saccr^ Fr.). Les nègres de la Guinée 
rendent à ce champignon, remarquable toutefois par sa 
beauté, un véritable culte ; ils le vénèrent comme ils 
vénèrent divers autres objets naturels, qu'ils regardent 
comme des divinités tutélaires. 

D'après les analyses chimiques de Braconnot, on peut 
retirer de l'Agaric poivré et des autres Agarics de la section 
des Lactaires, une matière grasse analogue à la cire, et qu'à 
la rigueur on pourrait convertir en bougies diaphanes. 
Reste à savoir quel serait le prix de revient de ces bougies. 

Les expériences de Enslein, Beffort et Goetling démon- 



(1) Damaze de Raymond, Tableau de l'empire de Russie,lt. II, p. 631. 
--- Lindley, feget. Kingdovi. 



90 LES CIIA.Ml'K.NuNb. 



trent (|uc l'on pont, dans la pivpai'ation du hlcir de 
Prusse, employer les champignons au lieu de sang, (les 
plantes, de même que les matières animales, fournissent 
de l'acide prussique. 

Les champignons contenant une grande quantité d'a- 
zote, comme le démontre l'analyse, et comme du reste le 
prouve la vigueur avec laquelle l'herbe pousse là où ils 
s'étaient montrés l'année précédente, pourraient être 
recueillis avec avantage pour servir d'engrais, .l'appelle sur 
la propriété fertilisante des champignons l'attention des 
cultivateurs. Il y a des années où l'Agaric contigu de liul- 
liard, ^^g. {Pd.iiUus) iin>oliitus, l-'r., qui vient à peu près 
dans tous les terrains, W-Jgaricus mcUcuSy Kl., I*an., qui 
pousse sur les souches coupées au niveau du sol, les Bo- 
IcUis luteus , et B. gra/ia/citns , Lin., qui viennent sur- 
tout sous les pins et les sapins, et tant d'autres cham- 
pignons, se montrent en nombre si prodigieux qu'un 
enfant pourrait facilcMiieiit en ramasser ini hectolitre dans 
sa journée. L homme va chercher le guano bien loin, 
tandis qu'il a peut-être sous la main un amendement du 
sol qui ne lui coûterait rien^ pour ainsi dire, à recueillir. 

Les bêtes à corne mangent, comme on le sait, quantité 
de champignons; ces plantes, si elles étaient mieux connues, 
pourraient aussi être recueillies et apportées dans les étables 
pour servir à la nourriture de ces animaux ; mais il serait 
essentiel de ne leur donner que les espèces dont on sait 
qu'ils font choix, parfaitement saines, et de plus exemptes 
d'insectes et de larves d'insectes. 

Les champignons, comme on le voit par les citations 
précédent(>s, ont rendu de véritables services aux arts, à 
l'industrie, à l'économie domestique. Il est certain que, 
lorsqu'ils seront mieux connus, ils en rendront davantage 
encore. 



CHAPITRE X. 

DOMMAGES CAUSÉS PAR LES CHAMPIGNONS 

I.es maladies d'une foule de plantes qui intéressent 
riiomme oui pour cause le parasitisme de végétaux appar- 
tenant à la classe des champignons ; le plus souvent, il est 
vrai, d'un ordre tout à fait inférieur, mais dont les effets 
n'en sont pas moins préjudiciables, — les Urédinés. — 

D'une taille extrêmement ténue, très-simples dans leur 
organisation, mais par cela même se multipliant avec une 
rare facilité, ces champignons nuisent aux plantes sur 
lesquelles ils vivent; soit parce que, se nourrissant de leur 
suc, ils les épuisent; soit parce que, bouchant les pores 
delà plante, ils empêchent la circulation, l'absorption et 
l'exhalation de se faire librement. 

Ce que nos cultivateurs appellent Nielle^ Charbon ou 
Embrun, maladie qui, sous la forme d'une poussière noire, 
attaque les enveloppes florales, et ensuite les ovaires de 
presque toutes les graminées : — le froment, l'orge, l'avoine 
le millet, — et nuit conséquemment beaucoup aux 
récoltes, surtout dans les années pluvieuses, est produite 
par VVredo carho, Dec. (Uslf'/ago segelu/n, Ditm,). 

La Carie, qui envahit le grain du froment et le trans- 
forme, presque sans le déformer, en une poussière noire, 

7 



98 LES CIlAMl'H.NdNS. 



fV'ticlc loisqu'ellc est Iraiclie, est produite par VUredo 
caries^ l)(;c. [Tillelid curies, TuL). 

La Rouille, autre maladie qui attaque les feuilles, les 
»i;aînes des feuilles et jusqu'aux tii^cs des graminées, priiiei- 
palemeut celles du froment, qu'elle épuise même quel- 
quefois, est produite par Vl'rcdo rubigo vera, Dec. {Tri- 
chobasis rubigo vera, Lév.). 

\J Ergot, qui transforme 1(î grain des céréales, et plus 
particulièrement celui du seigle, eu une substance com- 
pacte, d'une uature sèche et grumeleuse, d'un noir vio- 
lacé à sa surface, tandis que l'intérieur reste blanc, mais 
d'iui blanc terne, est regardé, par quelques botanistes, 
comme lui Sclérote, Scleroliurn claïus, Dec, sorte de 
champignon, qui jusqu'à présent n'a pas donné de spores ; 
et par M. Léveillé comme ufie altération du grain devenu 
malade par la présence du Sphucelia segetum, Lév., autre 
sorte de champignon. 

Le Meunier, le Givre, le Blanc du pécher, du rosier, du 
houblon, etc., sont dus à des Erysiphes et à des Oïdium. 

Ces champignons parasites, qui presque tous ont l'appa- 
rence de moisissures, avaient jusque dans ces derniers 
temps assez peu attiré l'attention des cultivateurs ; mais 
depuis quelques années que V Oïdium Tuckeri, Berkl., 
attaque la vigne avec tant d'opiniâtreté, et qu'un autre 
champignon microscopique attaque avec non moins de 
persistance la pomme de terre, l'attention de l'homme s'est 
jjortée davantage sur ces plantes cryptogamiques : il a dû 
chercher à prévenir et à détruire la cause de maladies qui 
lui causent tant de préjudice. Heureusement il a trouvé 
dans le chaulage un moyen de prévenir ou du moins de 
restreindre l'apparition du Charbon et de la Carie, et dans le 
soufre un remède à peu près certain contre l'Oïdium de la 
vigne et le Blanc du pécher; mais, jusqu'à présent, il 



DOMMAGES QU'ILS CAUSENT. 99 



n'en a pas trouvé, de certain du moins, contre la maladie 
de la pomme de terre. 

Les arbres malades ou languissants, ceux dont le tissu 
ligneux est mis à nu parce que la hache l'a mutilé dans 
quelques-unes de ses parties, ou parce que la violence du 
vent a séparé du tronc quelqu'une de ses principales 
branches, servent très- souvent d'habitat à des cham- 
pignons, — Agarics, Polypores, Hydnes, — qui, se repro- 
duisant presque toujours plusieurs années de suite dans 
ces plaies, trop lentes à se cicatriser, semblent hâter la 
destruction de l'arbre. 

Mais c'est surtout le mycélium de certains champignons 
qui est préjudiciable aux arbres, aux arbustes et même à 
beaucoup de plantes vivaces, dont il attaque les racines. 
Les ravages du mycélium sont d'autant plus graves que 
souvent son existence souterraine est méconnue, rien exté- 
rieurement ne la mettant en évidence. 

Un arbre languit et meurt sans cause apparente de 
maladie : il meurt parce que le mycélium, le blanc d'un 
champignon, a attaqué ses racines. On remplace cet arbre 
par un arbre très-sain, il est vrai, de la même espèce que 
celui que l'on a été obligé d'enlever, le nouvel arbre lan- 
guit et bientôt meurt aussi. On suppose presque toujours 
qu'il n'a pas prospéré parce que le sujet qu'il remplace 
avait épuisé le sol des principes nécessaires à sa nutrition. 
Sans doute l'épuisement du sol peut nuire à l'arbre nou- 
vellement planté ; mais plus souvent encore celui-ci ne 
prospère pas et meurt parce que du mycélium resté en 
terre sur des débris de racines de l'arbre enlevé a commu- 
niqué une maladie mortelle à l'arbre qui l'a remplacé. 

On sauve les arbres qui languissent sous l'influence du 
mycélium en retranchant en entier la partie de la racine 
qui est attaquée, ou bien en la lavant avec une forte solu- 



100 LES CIIA.M l'IGNONS. 



tioii (le sul)limé corrosif, de sulfate de cuivre, ou de toute 
autre substance capable de détruire le mycélium sans faire 
du tort à l'arbre. 

On prévient l'apparition de la maladie sur le sujet que 
l'on veut planter en ne laissant dans le sol aucune des 
racines envahies par le mal, et même en brûlant ces 
racines ou en les emportant au loin afin qu'elles ne puissent 
étendre ce mal à d'autres plantes. 

Des champs de fraisiers ont été détruits par des mycé- 
lium. 

Les Rhizoctonia, champignons souterrains, mal déter- 
minés scientifiquement, nuisent aussi à beaucoup de 
plantes Le Rhizoctonia crocorum, Dec, connu sous le nom 
de Mort du safran, attaque les bulbes de cette plante et 
les fait périr, si l'on n'arrête ses ravages en creusant un 
fossé d'environ trente centimètres de profondeur tout 
autour des endroits qui sont infectés de la contagion. 

Le Rhizuclonia niedicaginis, Dec, nuit également à 
la luzerne, qu'il finit par faire périr. Enfin, une autre 
espèce de Rhizoctonia tue, en Angleterre, les racines de 
l'asperge. 

Le Merulius lacrjrnans^ Schum., attaque les bois de 
construction et les rend bientôt impropres à tout usage ; 
car, bien que ce champignon entretienne là où il végète une 
humidité presque constante, il n'en est pas moins vrai 
qu'il finit par convertir le bois en une masse poudreuse, 
sèche et friable. On arrête ses ravages en arrosant le bois 
avec une solution de sulfate de cuivre ou en l'impré- 
gnant, au moyen de lotions plusieurs fois répétées, de 
goudron provenant des usines à gaz. 

On sait avec quelle facilité les moisissures, — Mucorés . 
et Mucédinés, — se propagent sur les fruits, les confitures, 
le pain, la viande, les provisions de toutes sortes, végé- 



DOMMAGES QU'ILS CAUSENT. loi 

taies ou animales. On peut dire qu'il n'est pas un seul de 
nos mets que les moisissures respectent, et cela se conçoit. 
Les spores de ces plantes flottant sans cesse dans l'air, 
sont transportées partout, pour ainsi dire ; il n'est donc 
pas étonnant qu'elles s'établissent et se multiplient sur 
toutes les substances fermentescibles. Qui ne sait d'ail- 
leurs avec quelle rapidité les moisissures germent et se 
développent. 

On garantit les fruits, les viandes de l'atteinte des moi- 
sissures en les plaçant dans des endroits secs et aérés, ou 
secs et bien fermés. On en garantit les confitures en les 
couvrant d'un feuille de parchemin que l'on a trempée 
dans de l'eau-de-vie ou tout autre liquide spiritueux. 

Le vin exposé à l'air se recouvre d'une végétation para- 
sitaire, très-simple, connue vulgairement sous le nom de 
fleurs^ et que les botanistes appellent Mycoderma vini. 
Cette végétation que l'air apporte dans le vin donne à ce 
liquide un goût amer dont on ne le débarrasse qu'en 
détruisant la vitalité des germes, en chauffant le liquide 
à une température de soixante à soixante-quinze de- 
grés . 

Le Mycoderma (iceti , autre végétation du même genre, 
mais ayant la forme d'une gelée, connue sous le nom de 
Mère du vinaigre, transforme le vin en vinaigre. 

Mais ce ne sont pas seulement les végétaux qui ont à 
souffrir de l'injure des champignons parasites; plusieurs 
de ces plantes, d'un ordre tout à fait inférieur aussi, vont 
jusqu'à s'attaquer à des insectes vivants. 

La Mmcardine, maladie contagieuse qui attaque les vers 
à soie et les tue^ est produite par une plante crypto- 
gamique, le Botrytis bassiana, Bals. [Stachylidium bassia- 
num, Mont.), dont le mycélium traverse complètement les 
tissus de l'animal. 



102 LI-:S Cll.\.Ml>lti.N().\<. 



Le Mucor tnelittophllioriis^ Rabenh. se développe sur 
l'abeille et la tue enraiement. 

Le Conliceps milildris^ Liiik. (S/j/ue/in rnilildiis., Elirh.), 
et le Conliceps enlornorrhiza ^ l'r., vivent sur les insectes à 
l'état de chrysalides et peut- être même les attaquent-elles 
lorsqu'elles sont encore à l'état de chenille. 

Une autre espèce de Cordiceps se développe, en Amé- 
rique , sur une »uépe à l'état parfait, (jui, bientôt appe- 
santie par le poids de la plante parasite, tombe et meiu^t. 

Il y a plus, certaines plantes cryptoi^amiques iraient jus- 
qu'à établir leur domicile sur l'homme, s'il est vrai, comme 
l'ont avancé dans ces derniers temps des médecins distingués 
qui se sont occupés plus particulièrement des affections 
cutanées, qu'une foule de maladies du derme, du cuir che- 
velu et même des membranes muqueuses, dartres, teignes, 
muguet, etc., soient produites par des végétaux crvpto- 
gamiques, — Achorion^ Trichophyton^ Microspown^ Oï- 
dium. — difficiles à voir à la vue simple, mais caractérisés 
par l'existence de filaments mycodermiques et de spores 
visibles au microscope. 

Mais si les champignons portent préjudice à beaucoup 
de végétaux et même d'animaux, ils ont à leur tour 
de nombreux ennemis. Sans parler de Thomme qui les 
recherche pour sa nourriture ou qui, par aversion, les 
foule aux pieds, nous avons vu qu'ils sont recherchés par 
les vaches, les cerfs, les chèvres, les porcs, etc., et qu'ils 
sont dévorés par les limaces et une foule d'insectes. Ce sont 
ces derniers surtout qui, soit à l'état de larve, soit à l'état 
parfait, leur font une guerre constante. 

La quantité d'espèces d'insectes qui attaquent les cham- 
pignons, à tous les âges de la plante, est ^Taiment prodi- 
gieuse. La plupart des Agarics et des Bolets charnus sont 
à peine sortis de terre que déjà ils sont la proie de larves 



DO. M .MAGES QU'ILS CAUSENT. 103 



de toutes sortes, et que bientôt ils tombent sur le sol entiè- 
rement décomposés. Les espèces les plus malfaisantes pour 
l'homme, telles que r.A.garic bulbeux, la fausse Oronge; 
les espèces les plus acres, telles que l'Agaric poivré, Bull., 
ne sont pas à l'abri de leurs attaques ; les Polypores à con- 
sistance ligneuse ne le sont pas davantage ; il n'est pas 
jusqu'aux truffes, ces champignons souterrains, qui ne 
trouvent aussi des ennemis dans les insectes. Peut-être les 
champignons doivent-ils à leur nature animalisée d'être 
recherchés par tant d'êtres différents. 

Les insectes qui à l'état de larve ou à l'état parfait 
vivent aux dépens de ces plantes appartiennent à des tri- 
bus, à des familles, à des genres très-différents. 

Une quantité prodigieuse de coléoptères trouvent en 
eux leur vie et leiu^ habitat. La tribu des sylphiens, celle 
des hélopiens, des canlharidiens, des diapériens, des pimé- 
liens, des sténélytres, des xylophages, etc., en comptent 
une multitude ; mais ce sont les staphyliniens surtout que 
l'on y rencontre en plus grand nombre. 

La tribu des diptères compte une multitude de muscides 
et de tipuliens qui se nourrissent de champignons. Quel- 
ques larves de lépidoptères de la famille de tinéides vivent 
de même à leurs dépens. Enfui, on rencontre fréquemment 
dans les champignons des acarus, des cloportes, des scolo- 
pendres, soit que ces animaux se nourrissent de la plante 
elle-même, soit qu'ils aillent chercher leur proie parmi les 
hôtes qu'elle recèle. 

Morts et desséchés, les champignons ne sont pas même 
épargnés par les insectes : ceux-ci les attaquent et finissent 
par les détruire entièrement : ils les attaquent jusque dans 
les herbiers, ce qui rend si difficile au botaniste la conser- 
vation de ces plantes. 

Quelques espèces de champignons cependant sont gêné- 



lov LES f;ii.\.Mr>i(;N()\s. 



ralemont épargnées pnr les insectes et les limaces ; telles 
sont les Mérules, les Hydnes, les (loprins, privilège 
qu'elles doivent probablement à la présence de tel ou tel 
principe que l'analyse chimique ne nous a pas encore fait 
connaître. 

Le savant docteur Léveillé a donné, dans le Dictionnaire 
d'histoire naturelle de d'Orbi<2nv, une liste excessivement 
nombreuse des insectes qui vivent aux dépens des cham- 
pignons ou qui y établissent leur domicile ; cette liste, à 
laquelle j'ai contribué, est si multiple que l'on pourrait 
la croire complète, et cependant de nouvelles observations 
permettraient d'y ajouter encore de jour en jour. 

Les champignons morts ou vivants ne sont pas attaqués 
seulement par les insectes : ces plantes sont à peine en 
voie de décomposition que l'on voit se développer sur elles 
une foule de végétaux crvptogamiques : Mycobanche, 
Sporotrichum, Melanconium, Sepedonium, Dematium, 
Botrytis, Trichoderma , Fusidium, etc., et même des 
champignons d'un ordre plus élevé que les Mucorés et les 
Mucédinés, entre autres le Nyclalis asterophora , Fr., le 
N. parasilicd, Fr., \\4garicas loveianus, B., et le Holetus 
parasilicus. 



CHAPITRE XI. 

DE L\ RÉCOLTE DES CHAMPIGNONS, 

La récolte des champignons doit se faire par un temps 
sec et le matin de préférence à tout autre moment de la jour 
née. Une chose essentielle dans cette récolte, c'est de ne 
se point méprendre siu' la détermination des espèces ; il 
faut donc les examiner avec soin dans toutes leurs parties, 
et s'assurer si elles ont les caractères botaniques que les 
naturalistes leur ont reconnus. Avec de l'habitude, on 
parvient à distinguer une espèce de toutes ses congénères. 

En général, il vaut mieux couper ces plantes à fleur de 
terre, et sur tige, que de les arracher. En les arrachant, on 
s'expose à les salir et à faire entrer dans les feuillets, les 
pores ou les alvéoles, de la terre ou du sable, dont ensuite 
on les nettoierait difficilement. De plus, en les arrachant, 
on enlève presque toujours les jeunes individus qui se 
trouvent au pied du champignon adulte, et dont plus tard 
ou aurait pu tirer parti : le plus souvent aussi on laisse en 
terre un volva, qui offre un caractère certain pour recon- 
naître diverses espèces, et enfin on détruit le mycélium, 
qui aurait permis, l'année suivante, de retrouver la plante 
au même endroit. 

Il faut, autant que possible, les cueillir avant leur entier 



106 h\:< CIlA.MPKiNONS. 



(léveloppcmciit, parce que, trop avancés en Ago, ils sont 
d'une digestion difficile, cl ([iie traillcnrs, à peine arrivés à 
leur maturité, ils entrent presque tous en putréfaction, 
d'après cette loi générale que ce qui croît promptement 
dure peu et s'altère jironiptement. On doit laisser ceux 
qui sont attaqués par les insectes ou leurs larves. Outre ie 
tlégoùt qu'ins|)irentces larves, nous ne savons pas si, mêlées 
aux aliments, elles n'auraient rien de nuisible. 

Les truffes ne se trouvant pas à la surface du sol, 
comme les autres champignons, leur recherche exige une 
attention toute particulière et une certaine habitude. C'est 
ordinairement dans les terrains légers, humides et ombra- 
gés, d'argile sablonneuse et ferrugineuse, dans les bois de 
chênes et de châtaigniers, et dans le voisinage de ces bois 
qu'elles se plaisent. On en rencontre dans toute l'Europe, 
excepté peut-être en Suède. En France, elles viennent surtout 
dans les provinces méridionales : c'est là aussi qu'elles ac- 
quièrent plus de parfum, 

Le terrain qui les recèle présente des gerçures et quel- 
quefois de petites éminences à sa surface. Lorsqu'on le 
frappe, il rend un bruit sourd; cet indice de leur présence 
trompe rarement. Un indice plus certain encore, c'est l'o- 
deur particulière qu'elles exhalent et qui se fait sentir à 
quelque distance ; odeur qui n'est pas toujours sensible pour 
l'homme, mais qui l'est extrêmement pour les cochons, 
animaux qui recherchent les truffes avec une avidité ex- 
trême, et dont riiomme a su tirer parti pour se procurer 
ces plantes. Voici de quelle manière. 

On conduit ces animaux, dressés le plus souvent d'avance 
à cette chasse , dans les terrains où l'on sait qu'il y a des 
truffes; aussitôt que l'on s'aperçoit qu'ils fouissent la 
terre en un lieu plus particulièrement, on accourt, on les 
éloigne , et avec une petite bêche on soustrait la truffe à 



LEUR RECOLTE. 107 



leur gloutonnerie. Pour ne pas décourager l'animal, on lui 
donne un gland, une châtaigne ou une pomme de terre. 
Le cochon sent la truffe à une distance de trente à cin- 
quante mètres; il la sent de même à près d'un mètre de 
profondeur. 

Bruyerin dit que , de son temps , on entourait d'une 
courroie le groin des cochons employés à la recherche des 
truffes, afui de les empêcher de dévorer ces plantes (i). 
Cette sorte de muselière n'est plus en usage aujourd'hui. 
Quoi qu'il en soit, comme avec les porcs il faut une grande 
surveillance, et que souvent il arrive qu'ils ont dévoré les 
turbercules avant que l'on ait eu le temps d'accourir, et 
qu'il faut même quelquefois les leur disputer, on a imaginé 
de dresser des chiens barbets à cette sorte dédiasse. Rare- 
ment ces animaux montrent du goût pour les truffes ; ce- 
pendant , comme avec quelques soins on parvient à les 
accoutumer à leur usage, quand une fois ils en mangent 
avec plaisir de cuites et de crues, on peut les conduire à 
la recherche de ces végétaux. Avec le chien, celte chasse 
est facile et ne diffère guère de celle que l'on fait avec le 
cochon. Lorsque le chasseur voit qu'il flaire plus particu- 
lièrement certain endroit, et que déjà il gratte avec ses 
pattes , il écarte l'animal et, avec un outil , il enlève les 
truffes. Pour ne pas décourager le chien, on lui donne les 
plus petites à manger. 

Il y a des insectes qui peuvent aussi servir à découvrir 
le lieu d'habitation de ces plantes. L'un est une espèce de 
tipule décrite et figurée par de Borch (-i); les autres sont 
des Hélomyces, insectes de la famille des Muscides , dé- 
crites et figurées par M. Laboulbène. Ces insectes, dont les 



(1) Bruyerinus, p. 545. 

(2) De Borch, Letti^es sur les truffes du Piémont, pi. 3, f. 10. 



108 LES CIlA.MPHiNONS. 



larves so nourrissent de la substance de la truffe, soit 
(ju'iis sortent de l'état de larve, soit qu'ils veuillent dé- 
poser leurs œufs dans les truffes , se tiennent assez cons- 
tamment dans leur voisinage. A la lin de l'automne, au 
temps de la maturité des tubercules, le matin, lorsque par 
un temps serein, on voit ces insectes se balancer en co- 
lonnes dans l'air ou voltiger en troupes, puis se poser sur 
le sol, on peut être certain qu'en creusant la terre là où on 
les a vus voltiger et se reposer, on découvrira des truffes, 
mais qui trop souvent seront gâtées, ])arce qu'elles ont 
servi à l.a nourriture de l'insecte. 

Enfin, il est des hommes dont le coup d'œil est si exercé, 
qu'ils peuvent dire, à l'inspection d'un terrain, s'il y a là 
des truffes et quelle est leur qualité. 

C'est le plus souvent à la profondeur de dix à quinze 
centimètres que ces plantes se trouvent enfoncées dans la 
terre; quelquefois cependant on en trouve à sa surface, 
qu'une force élastique semble en avoir fait sortir. 

Les truffes ne venant pas toutes à la même époque . on 
en fait plusieurs récoltes. La première a lieu en août; la 
seconde, en octobre ; la troisième et dernière en décembre 
et janvier. C'est dans ce dernier mois qu'elles ont plus de 
parfum. Les truffes précoces sont fort estimées : en Italie 
on les appelle aoûlaines. 



CHAPITRE XII. 

DE LA CULTURE DES CHAMPIGNONS. 

Le goût que montrent la plupart des hommes pour les 
champignons a dû naturellement les conduire à recher- 
cher s'ils ne pourraient pas les faire croître et les multiplier 
à leur gré, comme tant d'autres plantes qui servent à la 
nourriture : c'est aussi ce qu'ils ont fait. La culture de ces 
plantes n'est pas du reste un art moderne; elle était déjà 
pratiquée chez les anciens. Du temps de Dioscoride, et pro- 
bablement bien avant lui, on multipliait artificiellement les 
espèces comestibles, et, comme de nos jours, on en faisait 
venir sur couches. 

D'après cet auteur, il suffisait, pour avoir des champi- 
gnons, de répandre de l'écorce de peuplier, réduite en 
poudre, sur une couche de terre bien fumée. 

Selon Ménandre, un des procédés mis en usage chez les 
Grecs consistait à couvrir de fumier une souche de figuier 
et à l'arroser fréquemment. 

On obtenait un résultat semblable, selon Tarentinus, en 
maintenant constamment humides des cendres de végétaux 
exposées en plein air. 

Ce même Tarentinus nous dit qu'au moyen d'un mélange 
de vin et d'eau chaude dont on arrose des souches de peu- 



Ilii LES (;ll A.M l'K.NONS. 

j)licr noir on Maiic , on obtient très-proniptenirnt lo rhnni- 
j)ii;non ;i|)j)t'U' .EgeiMta, /Igai icus iCi^erUd, Ikitt. 

Depuis le temps de (îalien jusqu'à la Renaissance, les 
auteurs ne nous parlent guère de champignons, et par 
consé(pient se taisent aussi siu' leur culture. Césalpin et Lé- 
cluse, c[ui vivaient au commencement du seizième siècle, 
sont les premiers, je crois, qui rompent ce silence. Le peu- 
plier blanc et le peuplier noir, dit le premier, produiront 
toute l'année des champignons, si l'on saupoudre de leur 
écorce réduite en petites parcelles des terres engraissées dé 
fumier, et plus sûrement encore, sil On emploie l'écorce (\n 
peuplier des montagnes, Populiu inontana^ que Pline ap- 
pelle Lybien, arbre renommé pour ses champignons (i). 

Le procédé indiqué par Césalpin est, comme on le voit, 
à peu près celui de Dioscoride. 

Lécluse dit que le peuplier blanc, coupé au niveau de 
terre et jusqu'à la racine, arrosé ensuite d'eau chaude dans 
laquelle on a délavé du levain de champignon (du mycé- 
lium), produit en moins de quatre jours des champignons 
excellents à manger. 

De nos jours, M. Desvaux a cultivé l'Agaric atténué, 
^L^ariciis attcinuitiis^ Dec, variété Ai^. cyliiitlraceus^Vr,^ 
qui vient sur les vieux troncs de saule et sur ceux de peu- 
plier. Cette espèce, qui est très-voisine de l'/Egerita des an- 
ciens, si ce n'est la même, est cultivée aujourd'hui dans le 
midi de la France par bon nombre de personnes. 

voici, du reste, ce que M. Desvaux dit de la culture de 
l'Agaric atténué : 

« Ce champignon vient en groupes plus ou moins nom- 
breux. Ayant reconnu cette espèce, on se procine une ron- 
delle de bois de peuplier de la plus grajîde étendue possi- 

(I) Césalpin^ 44. 



LEUR CULTURE. 111 



ble et de trois à quatre centimètres d'épaisseur ; on 
l'enfouit jusqu'à fleur de terre dans un lieu frais, décou- 
vert, et on frotte la surface de cette rondelle avec Y Jqnricus 
(iltenuatiis^ le plus possible. Si l'on a procédé au printemps, 
on peut être assuré qu'à l'automne suivant on aura une 
récolte abondante de cet Agaric, dont les produits devront 
être récoltés promptement, en été, par la raison que phi- 
sieurs espèces de coléoptères mycétophages, de même que 
leurs larves, les piquent et les mangent rapidement. En 
automne et au printemps, on pourra laisser prendre im 
peu plus de développement aux nombreux individus qui 
couvriront le bois (i). » 

M, Desvaux a obtenu jusqu'à liuit et neuf récoltes de ce 
champignon dans les années humides. 

M. x4uguste Saint-Hilaire dit^, de son coté, àç,V A italiens 
segeritd , appelé Pivoulade par les Languedociens, qu'on 
peut le cultiver et se le procurer aJjondamment dans pres- 
que toutes les saisons de l'asinée. Il suffit pour cela de re- 
couvrir d'une couche de terre des tranches de peuplier que 
l'on arrose de temps en temps pour activer la végétation. 

Il est à regretter que des procédés aussi simples que ceux 
qui étaient mis en usage par les anciens, et que celui dont 
parlent Desvaux el Auguste Saint-Hilaire, nesoientpas plus 
généralement connus, ou que du moins on ne les mette pas 
plus fréquemment en usage. 

Il est une espèce de champignon que nous faisons naître 
à peu près à notre volonté, j)artout où il nous plaît et dans 
toutes les saisons : c'est l'Agaric de couche , Agaricus cnni- 
/)('sfrfs, Lin.,([ue, de temps immémorial, on a cultivé sur 
couche. 

A Paris, et dans presque toutes les grandes villes, ce 

(1) Dcsvaux, Méinor. encyclop., n. 100, jaiiv. 1840, p. 4b. 



i\-2 I.i:s f:il A M IMCN ON s. 



champignon, venu artificiellemont, est, pour ainsi dire, le 
seul que l'on mange. 

Les jardiniers ont plusieurs manières de construire les 
couches à champignons; toutes cependant se réduisent à 
peu de choses près, à celle que je vais indiquer. 

On creuse dans un jardin, au midi ou au levant, et de 
préférence dans un terrain sec et sablonneux , une fosse 
profonde de six centimètres, large de soixante à soixante- 
quinze, sur telle longueur que l'on voudra. On la borde 
d'une partie de la terre de la fouille. Dans un terrain hu- 
mide on fait la fosse plus profonde, mais l'on remplit l'ex- 
cédant de pierrailles qile l'on recouve d'un peu de terre et 
de sable. On remplit cette fosse d'un mélange de terreau, 
de bon fumier pourri et de crottin d'un cheval qui ne soit 
pas nourri de son. On foule aux pieds le mélange et on 
l'élève à la hauteur de soixante-cinq à quatre-vingts centi- 
mètres, en lui donnant la forme d'un dos d'ane; sur ce 
mélange, ainsi battu, on met, d'e.space en espace, des mor- 
ceaux de mvcélium. — blanc de champignon, — pris dans 
une bonne couche actuellement en activité, ou même du 
blanc que l'on aura conservé à l'ombre ou dans une cave. 
On recouvre le tout d'un lit de terreau ou de bonne terre 
végétale de deux à trois centimètres d'épaisseur, que l'on 
recouvre, lui-même, de cinq centimètres environ de paille 
ou de fumier non consommé ; ce dernier se nomme che- 
mise. 

Vingt à vingt- cinq jours après qu'une couche, comme 
celle que je viens de décrire, a été établie , elle produit 
des champignons en quantité, si l'on a soin de l'arro- 
ser, non pas abondamment, mais fréquemment, ce qu'il 
faut faire surtout en été. Dans cette saison, lorsque la tem- 
pérature de l'atmosphère est fort élevée, la couche n'a pas 
besoin du lit de paille ou de fumier, appelé chemise, et 



LEUR CULTURE. 113 



même dans un autre temps, lorsque ce fumier doiuie 
trop de chaleur ou d'humidité, il faut le renouveler ou le 
diminuer d'épaisseur. 

La chaleur la plus convenable est celle de vingt à vingt- 
huit degrés centigrades. Il faut veiller à obtenir constam- 
ment cette température. On y parvient facilement en épais- 
sissant ou en amincissant la chemise. Du reste, il sera bien 
de changer celle-ci de temps à autre, surtout si elle venait 
à se pourrir par trop d'humidité et de chaleur. 

La récolte des champignons se fait tous les trois ou quatre 
jours, selon leur abondance. On les cueille au fur et à me- 
sure de leur venue. Il vaut mieux les. couper par le pied que 
de les arracher ; car en les arrachant, on s'expose à entraî- 
ner du mycélium et des champignons qui ne sont pas en- 
core développés. 

Quelques personnes préparent les couches à champignons 
sans avoir la précaution d'y mettre du mycéliiun, et cepen- 
dant il arrive fréquemment que ces couches sont produc- 
tives. La raison en est que très-souvent les fumiers qui 
entrent dans la composition de la couche, renferment des 
spores qui n'attendaient que des circonstances favorables 
pour se développer. Le plus sur, néanmoins, est de garnir 
toujours la couche de blanc de champignon. 

Les couches à champignons durant plusieurs années, 
l'hiver , on peut les transporter à la cave ou dans une 
serre; il est même des jardiniers qui ne les établissent 
jamais ailleurs, parce que là elles se trouvent à l'abri des 
orages, des pluies, de la sécheresse, du froid et du chaud 
excessifs. La température des caves étant à peu près cons- 
tante, les couches que l'on y établit, exigent peu de soins 
et réu-ssissent mieux que celles que l'on établit à l'air libre. 
Mais on a remarqué que les champignons qu'elles produi- 
sent ont moins de saveur et de parfum que ceux qui 

8 



114 L\■:<^ CIJA.MlMiJNO.NS. 



\ieiiiK'iit Mir couclic clans un jaitlin ; a pins toite raison en 
ont-ils nK)ins encore que ceux qui naissent sjjoutanément 
clans les IViches et les pâturages. C'est donc de préférence 
au iiraud air el dans un lieu on le soleil pénètre qu'il 
convient de construire les couches. 

Pour entretenir l;i fécondité d'une couche, il faut l'arro- 
ser avec de l'eau qui a servi à laver les chanq:)ignons dont 
on a fait usage, et laisser sécher sur pied quelques individus 
qui, arrivés à leur maturité, répandront autour d'eux les 
spores ou corpuscules reproducteurs. Lorsque la couche 
s'épuise, on renouvelle le fumier. 

Le printemps et le commencement de l'été sont les sai - 
sons les plus favorables à la construction des couches; elles 
sont d'ordinaire en plein rapport un mois ou deux après 
qu'elles ont été faites. Celles que l'on construit à la fin de 
l'été produisent en hiver; celles que l'on établit en décem- 
bre ne produisent qu'au mois de mai suivant. 

Jl arrive quelquefois qu'une couche à chanq^ignons ne 
produit rien, ou même qu'elle produit des champignons 
d'espèces tout a fait différentes de celles dont on s'était 
proposé la culture. 

La stérilité de la couche tient alors , ou bien à ce que 
le mvcélium dont on s'est servi pour la féconder était al- 
téré d'avance, et par conséquent ne pouvait rien produire, 
ou bien encore à ce que la faculté végétative du mycélium 
ou des spores aura été détruite par inie fermentation trop 
active de la couche. Si d'autres espèces , telles que des 
Coprins, ont pu se montrer sur la couche, cela tient à ce 
que leurs spores, placées plus superficiellement, ont résisté 
à la fermentation, et par conséquent ont pu tlonner des 
produits. Il faut savoir faire choix du mycélium et recon- 
naître s'il n'est pas altéré. 

Lorsqu'une couche ne produit rien ou produit des cham- 



LEUR CULTUllE. Ho 



pignons autres que le champignon de couclie, ce qu'il y a 
de mieux à faire, c'est de la détruire et d'en reconstruire 
une autre ; ce que l'on devra faire aussi si les iules, les 
scolopendres, les cloportes, envahissent la litière. 

Le blanc de champignon, ou mycéliiuu, a la propriété 
de se conserver un grand nombre d'années. Cl. Tollard dit 
en avoir vu quia produit de très-bons champignons, après 
vingt années de conservation. 

Les couches en plein air donnant des champignons de 
meilleure qualité que celles que l'oii établit dans des caves 
ou dans des carrières souterraines, il sera bien d'aérer, au- 
tant que possible, les caves et les carrières où l'on cultive 
ces plantes. 

En France, on ne ctdtive guère que le champignon de 
couche, et dans quelques provinces du Midi l'Agaric atté- 
nué et l'Agaric tegérite, dont je parlais tout à l'heure. La 
culture de plusieurs autres espèces pourrait cependant 
être tentée, et sans doute elle le serait avec succès. 

D'après une note attribuée au docteur Thore, et rappor- 
tée par plusieurs auteurs, on sème, dans le département des 
Landes, l'Agaric Palomet , Jt^aricus (Russula) virc.sce.ns , 
Sch.Tff., et le Bolet comestible, Boletas edii/is^ Biill. 

(( Pour cela, dit-il, on se contente d'arroser la terre d'un 
bosquet planté en chênes, avec de l'eau dans laquelle on a 
fait bouillir une grande quantité de ces deux espèces de 
champignons. La culture n'exige d'autres soins que d'éloi- 
gner de ce lieu les chevaux, les porcs et toute espèce de 
bêtes à cornes, qui sont très-friandes de ces deux plantes ; 
ce moyen ne manque jamais de réussir. Nous laissons aux 
physiciens, ajoute-t-il, à nous expliquer pourquoi l'ébulli- 
tion ne fait pas mourir les germes. » 

11 est douteux en effet que l'eau dans laquelle on a fait 
bouillir des cliampignons puisse servir à leur multiplica- 



11,, LKS t;llA.\ll'l(..\0.\S. 

tion ; car, bien (juc les spores sii|)j)ortent une temj)( rature 
sèclie ti'ès-élevée, rébullition, du moins si elle est j)r()lon- 
i;ée, détruit leur faculté germinative. 11 serait préférable, ce 
me semble, d'employer seulement l'eau qui a servi à laver 
l'Agaric palomet et le Bolet comestible, comme on se sert, 
pour féconder des couches préparées d'avance de l'eau dans 
la(|uelle()n a hwéV Jgdiicii.s- canipcstris, le champignon de 
couche. 

î)u reste, M. Réveil regarde comme apocryphe la note 
attribuée à Thore; car, assure-t-il, personne, ni dans les 
Landes, ni à Dax, ne fait usage du ])rocédé dont aurait parlé 
Thore. M. Réveil a répété pendant plusieurs années de 
suite, et dans plusieurs départements^ le procédé indi([ué 
ci-dessus et toujoiu^s sans aucun sucoès. Des épluclunvs 
de champignons semées par ce savant dans les localités où 
se trouvent habituellement certaines espèces, n'ont pas non 
plus propagé ces espèces. 

Micheli a semé des Agarics sur des feuilles tombées d'ar- 
bres de différentes sortes. H plaçait sur ces feuilles des 
champignons de couche debout, par conséquent les lames 
du chapeau tournées en dessous; il jetait les champignons 
lorsqu'il supposait qu'ils avaient déposé leurs semences 
sur les feuilles; il portait ensuite celles-ci dans des lieux 
ombragés, où il y avait d'autres feuilles à demi décompo- 
sées et propres à produire des champignons. Au bout d'un 
certain temps, pendant lequel il avait plu plusieurs fois, il 
a vu des champignons sortir de ces feuilles. Il est vrai que, 
dans ses essais, Micheli n'a pas toujours vu la même espèce 
se repi'oduire. 

Seyffert, plus heureux que Réveil et Micheli, ayant ré- 
pandu des semences d'Agaric sur un terreau ligneux et pu- 
tride, en vit sortir des champignons de l'espèce qu'il avait 
semée. 



LFA'll CUI/rUUK. 117 



Un ami de Wilklenow a cultivé pendant plusieurs an- 
nées, dans son jardin, non-seulement le champignon de 
couche, mais aussi l'Helvelle en mitre, Helvellamitra^ Bull,, 
et même le Satyre fétide, Phallus impudicus^ Lin.; ce der- 
nier infectait tellement le jardin, que le cultivateur finit par 
trouver que sa reproduction était trop prospère. 

Mazzoli dit aussi avoir semé avec succès ce même Satyre 
fétide; peu de personnes seront tentées de l'imiter, tant 
l'odeur de cette plante est repoussante. 

Pourquoi les jardiniers ne tentent-ils pas la culture d'une 
foule d'autres espèces, plus grandes de taille et tout aussi 
estimées que le champignon de couche? 

La culture des champignons pourrait aussi être rendue 
plus productive qu'elle ne l'est. Nous avons vu que le doc- 
teur Lahourdetle ohtient des champignons de couche d'une 
grosseur prodigieuse, en arrosant, de temps à autre, la 
couche avec une solution d'azotate de potasse (sel de nitre), 
dans la proportion de deux grammes d'azotate de potasse 
par mètre carré. 

Le champignon se développe en très-peu de jours. L'ac- 
tion du sel de nitre se fait sentir pendant plusieurs années. 

Nous avons vu aussi que, en Angleterre, M. Ingram a 
ohtenu un résultat semhlahle, en arrosant ces plantes avec 
une solution légère de chlorure de sodium (sel de cuisine). 

N'est-il pas à craindre, comme je l'ai dit plus haut, que 
l'espèce, ainsi forcée dans sa culture, ne dégénère et ne 
donne plus tard que des champignons de médiocre qualité. 
La culture du champignon de couche a déjà produit de 
nomhreuses variétés, qui se perpétuent, mais qui n'ont pas 
toujours les honnes qualités de l'espèce primitive? 

En Italie, on soumet à une sorte de culture le Bolet tu- 
bérastre, Polyporus lubcraster^ Fr., champignon très-déli- 
cat et fort recherché. Ce Bolet, qui croit spontanément aux 



118 LF.S Cil \.M1'I(;N0XS. 



environs de Naples, a pour mycélium une sorte déracine 
tubéreuse, grande, spongieuse et vivace qui, dans ses ac- 
croissements successifs, emlirasse et lie très-fortement en- 
semble de la terre, des fragments de bois, de pierre et autres 
corps (jiii se trouvent dans son voisinage, de manière à 
former des masses quelquefois assez considérables pour pe- 
ser près de cent livres ; ces masses, retenant constamment à 
leur superficie des semences ou du blanc de tubérastre, se 
recouvrent, tous les deux ou trois mois, de champignons. Ce 
sont ces masses fongifères, appelées pierres à champignons, 
Pietra fun^aja, parles Italiens, que les amateurs de cham- 
pignons enlèvent et placent dans un lieu chaud et humide 
où, ayant l'attention de les arroser de temps à autre, elles 
se recouvrent de champignons, comme elles feraient à l'air 
libre. 

La picti'd fiingdja se transporte d'un pays dans un au- 
tre; mais on s'est assuré que, dans les climats froids, elle 
dégénère et finit par ne plus produire. Transportée en 
Suède, elle y a réussi, mais elle ne s'y est pas acclimatée. 
A Naples et à Florence, on la garde à la cave; en France, 
on pourrait la conserver dans des serres. Berkeley a vu en 
Angleterre, à Hammersmith ^ dans le jardin de Sée , des 
spécimens de Bolet tubérastre qui étaient venus de mycé- 
lium importé. 

La pietni fnngnja est connue depuis bien longtemps. 
Bruverin, médecin de François Y\ auteur du traité De 
re ciharia, s'écrie dans ce livre : « Qui ne verrait pas avec 
admiration des champignons sortir d'un fragment de roche, 
et qui, détachés de la pierre, sont toute l'année remplacés 
par d'autres; car il semble qu'une partie de leur pédicule 
se pétrifie pour grossir la pierre qui en est ensemencée ; 
phénomène qui nous découvre une vie d'un nouveau 
»enre ! » 



LEUR CULTURE. 119 



En Italie, on cultive aussi, pour l'usage culinaire, une 
autre espèce de champignon, l'Agaric napolitain, Jgaricus 
nea polit anus ^ Pers., qui vient sur le marc de café brûlé. 

Voici ce c^ue Ténore disait de ce champignon dans une 
lettre écrite à Persoon, ce savant père de la mycologie, en 
lui envoyant plusieurs individus de cette espèce. 

« Le champignon que vous trouverez ci-joint se déve- 
loppe sur le marc de café poiuTi et gardé dans un endroit 
humide, pendant huit à dix mois. Ce n'est que depuis peu 
d'années que le hasard le fit découvrir. Des jeunes religieu- 
ses d'un couvent de Naples l'ont trouvé sur un tas de marc 
de café ramassé dans ini coin ombragé de leur jardin. Dès 
lors elles en ont répandu la nouvelle, et, à présent, on se 
le procure artificiellement; car ici , on a pris l'habilude de 
ramasser ce marc pendant quelque temps, en employant 
aussi celui des boutiques, pour en faire une provision plus 
considérable. On fait pourrir le marc dans un pot déterre 
cuite, non vernissé, déposé à l'ombre, et arrosé pour en- 
tretenir une humidité constante. Les champignons parais- 
sent au bout de six mois environ ; ils sont bons à manger 
et d'assez bon goût (i). » 

Dans la culture de l'Agaric napolitain, il n'est pas néces- 
saire de recourir à l'emploi de mycélium. Les spores de 
ce champignon seraient à peu près répandues partout si, 
comme le pense Fries, cet Agaric n'est autre cliose que 
son Aifaricus catinns ^ ou 1'^^'- infumUbuliforniis ^ Bull., 
Ag. sudi'is, Pers., si commun dans nos bois. Il est donc à 
présumer que la culture de ce champignon réussirait en 
France. 

Les Italiens cultivent encore une autre espèce de Poly- 
pore dont on pourrait aussi tenter la culture en France ; 

(1) Persoon, Myc. europ., t. III, p. 74. 



120 M:S CIIAMI'K.NONS. 



(.•"fst le l\)l\|)ui"e tlu coudrKT, /\)/)/)()n/s c()/)//n(is, Mauri , 
(|iii vient surtout dans la (Campagne de Rome, et qui est 
tellement apprécié, cpie rarement il \i\ jusqu'aux marchés 
de Rome, étant le plus souvent envoyé en présent, comme 
champignon de choix. 

Ce champioiion croit principalement sur les vieux troncs 
de noisetiers, qui accidentellement ont été brîdés. Les pay- 
sans, instruits par l'observation du résidtat que produit 
cette combustion, font, sur les vieux troncs des noisetiers, 
un feu léger jusqu'à ce qu'il y ait un commencement de car- 
bonisation. Après cette opération, les champignons, si les 
circonstances sont favorables, poussent en si grande quan- 
tité qu'ils couvrent tonte la souche. Les paysans veulent- 
ils obtenir une troisième récolte, ils renouvellent la légère 
combustion sur le même tronc. 

Le Polvpore du coudrier continuant à se développer , 
bien que transporté à de grandes distances, il serait facile 
de faire venir d'Italie des souches de noisetiers déjà char- 
gées de champignons, ou tout au moins de mvcélium. 

La culture de ces espèces étrangères procurerait aux 
gourmets de France une. jouissance nouvelle. 

Mais ce n'est pas seulement en Europe que l'on se livre 
à la culture des champignons. Rumphius rapporte qu'à 
Amboine, et dans d'autres iles voisines, on cultive deux 
sortes de champignons : le Bolet du muscadier, Boletus 
moschocarjanus , et le Bolet du sagoutier, B.' sai^aarius. Le 
premier vient sur les tas de brou de noix muscades , aban- 
donné sur le sol, comme n'étant d'aucune utilité; l'autre, 
pousse sur les débris du bois de sagou, Sffgus fffr/nacea, 
qu'on entasse exprès dans les jardins. Le Bolet du musca- 
dier est un mets très-recherché des amateurs, et qui ne fi- 
gure que sur la table des riches; le Bolet du sagoutier sert 
de mériK.' à la nourriture de l'homme , mais il vient assez 



l.KL'R CUI/rURK. 1:^1 



abondamment pour qu'on l'emploie aussi à engraisser les 
porcs et les poules (i). 

Quelques espèces de champignons exotiques , transpor- 
tées en germes avec des plantes venues de pays lointains , 
se sont plus d'une fois montrées sur la teri^e qui nourrissait 
ces plantes ou sur la caisse qui les contenait, entre autres 
un Aséroé, apporté de la Nouvelle-Hollande en Angleterre, 
et un Stilbum; aucune d'elles ne s'est naturalisée. Une es- 
pèce exotique cependant parait s'être acclimatée en Eu- 
rope : cestVÂgariciiscœpaeslipes, Sowerb., laquelle vient 
dans les serres et s'y multiplie, si l'on a soin de l'arroser 
d'eau chaude. Ce champignon, établi depuis longtemps en 
Angleterre, est originaire de l'Amérique méridionale, où on 
le rencontre dans les bois parmi les feuilles. D'Angleterre 
il a passé en France, où il réussit également dans les serres. 
Il est comestible, mais pourvu de peu de chair. 

\J ^gariciis (Marasmius) haemalocephnhis, Mont., qui 
vient dans les parties les plus chaudes des deux Amériques, 
et que l'on cultive dans les maisons au Brésil, s'est montré 
il y a peu d'années à Kew, dit Berkeley, dans un pot con- 
tenant une espèce de Cardulovica; cette plante n'a pu s'y 
établir d'une manière permanente. 

Ce savant mycologiste a essayé, il y a quelques années , 
d'introduire en Angleterre une très-belle espèce d'Agaric 
dont le mycélium avait été apporté de la rivière du Cygne, 
en Australie; sa tentative n'a pas réussi. Il en a été de 
même avec V Âgaricus fahaceus^ Berk,, dont la culture a 
été tentée aussi en Angleterre, à cause de ses excellentes 
qualités, avec du mvcélium venu de la Caroline du Sud. 

Le peu de succès de ces tentatives ne doit pas décou- 
rager. 

(1) Herb. Amhon. 



I 



122 LES CIlA.Ml'ir.NONS. 



Les champignons sont, comme on le voit, des êtres déli- 
cats dont la transj)lantati()n est difficile, (jueiqiies-unes de 
nos espèces cependant, t(4les que les Amanites et les ('o-^ 
prins, transportées dans ini lieu frais avec un peu de la 
terre sur iacjuelle elles croissent, continuent à se dévelop- 
per. Les paysans lorrains connaissent cette propriété ; aussi, 
lorsqu'ils rencontrent une Oronge à peine sortie de son 
volva, ont-ils soin de l'emporter avec un peu de la terre 
sur laquelle elle a crû, et de la placer sous leur évier, lieu 
toujours frais, où le champignon continue à grandir. (]ette 
pratique a cela de fâcheux qu'elle ne permet pas au cham- 
pignon de répandre ses spores dans un lieu propice à sa 
reproduction. 

Presque toutes les autres espèces de champignons se 
flétrissent, peu de temps après qu'elles ont été enlevées à 
leur sol natal. 



CHAPITRE XIII. 



CULTURE DE LA TRUFFE. 



Les personnes qui font profession de cultiver la truffe 
ne sont nullement d'accord avec les botanistes sur l'orio^ine 
et la nature de cette production ; car, tandis que les bota- 
nistes regardent les truffes comme des champignons sou- 
terrains, se reproduisant de spores comme tous les autres 
champignon-s, la plupart des cultivateurs, tout au contraire, 
ne voient dans ces productions que des excroissances végé- 
tales de la nature des noix de galle. Telle est du moins 
l'opinion émise par M. Bonnet et par M. Martin Ravel, à 
qui l'on doit des travaux intéressants sur la culture de la 
truffe. 

Pour ce dernier surtout^ la truffe n'est qu'un accident 
produit dans la végétation de divers arbres, et plus parti- 
culièrement du chêne, par la piqûre que fait une mouche, 
qu'il appelle truffigène, aux racines chevelues de l'arbre. 
Selon cet auteur, la mouche truffigène pénètre dans la 
terre, atteint les racines chevelues , les pique à leur extré- 
mité et dépose là ses œufs. Introduit dans la plaie, l'œuf 
fait affluer sur ce point les sucs nourriciers; une excrois- 
sance, qui est la truffe naissante, s'élève, grandit ; la radi- 
cule piquée par la truffigène ne tarde pas à mourir; la 



124 LES fMIA.MIMiINdNS. 



truite alors s'en drtarlie : al)niulonnéo à ollo-mèmo. elle 
loiitinue à grossir (^t à se développer avee le secours de la 
terre et de l'air. 

Il est douteux cju'inie mouche puisse pénétrer dans la 
terre justpià la profondeur de huit, dix, et queUpiefois 
même de vingt centiniètres, pour déposer ses œufs dans 
les radicules tlu chêne et d'autres arbres, et produise ces 
excroissances cpie plus tard ou appellera truffes. S'il en 
était ainsi, on devrait trouver dans toutes les truffes des 
larves, des chrysalides, des insectes ))arfaits, ou tout au 
moins des traces du séjour de l'insecte aucjuel on attribue 
leur origine , et cependant il n'en est rien ; la plupart des 
truffes sont parfaitement intactes lorsqu'on en fait la ré- 
colte. 

Une hypothèse qui me parait très-vraisemblalDle tou- 
cliantla reproduction de ces végétaux, c'est que, lorsque les 
spores de ce champignon, appelées truffinelles parTurpin, 
entrent en germination après la destruction de la truffe 
mère, leur mycélium ayant besoin pour s'accroître et nour- 
rir la jeune plante de puiser dans l'organisation (Vwu être 
vivant les éléments nécessaires à sa nutrition, ce mycélium 
s'attache au chevelu des racines du chêne et d'autres arbres 
qui lui fournissent les premiers éléments de l'assimilation. 
Plus tard, le tid^ercule se détache des racines aux dépens 
desquelles il a vécu quelque temj)s, et trouvant dans le 
sol les éléments nécessaires à la continuation de son exis- 
tence, il croît, se développe, le plus souvent isolé, et ne 
gardant aucune trace de son adhérence aux spongioles de 
la racine de l'arbre. 

Déjà, si je ne me trompe, MM. Tulasne avaient admis 
que les Élaphomyces pourraient bien être des plantes pa- 
rasitaires ; si les Élaphomyces sont véritablement parasites, 
il y a grande apparence qu'il en est de même des truffes. 



CULTURE DU LA TRUFFE. 12o 

Mais, que la triiffo soit un cliampignon parasite, ou l)ien 
qu'elle soit une espèce de galle provenant de la piqûre 
d'un insecte, comme les bédéguars et les noix de galle, 
voici à peu près quel est le procédé de culture conseillé et 
mis en usage par M. Bornholz et par jM. Ravel : 

Les truffes ne prospérant guère que dans les terrains 
calcaires ou argilo-calcaires, un peu humides, et plus par- 
ticulièrement sur la lisière des bois ou dans les endroits 
qui forment clairière, mais qui pourtant sont ombragés de 
grands chênes, c'est dans les terrains qui réalisent à peu 
près toutes ces conditions qu'il faut établii' les truffières. 

Trouve-t-on ces conditions réunies dans un bois, dans 
un bosquet ou même dans un jardin anglais : vous élaguez, 
dit Bornholz, le bas taillis et les broussailles, après quoi 
vous creusez d'un mètre trente centimètres ou d'un mètre 
soixante centimètres tout le terrain destiné à la truffière ; 
vous remplissez la fosse avec de la terre choisie dans la 
forêt, et alors vous êtes en mesure; il ne s'agit plus que 
d'implanter les tubercules dans la couche. 

Les truffes perdant, à ce qu'il parait, leur propriété ger- 
minative aussitôt qu'on les a enlevées à leur sol natal, pour 
peu qu'elles aient été soumises à l'action de l'air ou du so- 
leil, leur extraction ou leur transport demande certaines 
précautions. 

Par un jour pluvieux ou humide, ou par un ciel couvert, 
on extrait du sol les truffes, de manière à les laisser enve- 
loppées de la terre qui les entoure et les garantit du con- 
tact de l'air; si, par suite de l'absence de pluie, le sol était 
sec, il faudrait l'arroser quelques heures avant de tenter 
l'extraction des tubercules. • 

On fait choix de truffes de grosseur moyenne, pleines de 
force vitale , et parvenues à leur entier développement. 
Trop avancées en maturité, elles auraient perdu leur fa- 



126 1>KS CIIA.M l'KiNONS. 



culte l'cpnxluctive ; trop jeunes, leurs spores ne seraient 
pas siilflsanimeiit iiiùres. Les tiil)ei{ nies, ainsi gai'nis de 
terre, sont jjlac es clans des caisses, et pour empêcher qu'ils 
ne soient ballottés dans le tiansport et prévenir tout frotte- 
ment, on remplit de nouvelle terre humide, que l'on prend 
sur le lei'iaiii, les inlerNalles (jiii |ieuvent exister entre eux; 
on les traiispoi'te ainsi là ou l'on \('ut les planter. 

Vi'rivées au lieu de destination, on ouvre les caisses à 
Tombre; le soir de préférence. On humecte un peu la terre 
si cela est nécessaire, et l'on plante les truffes le plus 
promptement possible. On les enterre à cinq, dix et quel- 
quefois vingt centimètres de profondeur, selon lanatiu^e du 
terrain que l'on a préparé d'avance ; on les recouvre en- 
suite de la terre environnante. Comme la plante vient de 
j)réference au milieu du chevelu des racines des arbres, 
il sera bien d'en mettre près des radicules de ces arbres, 
et plus particidièrement près des radicules du chêne. 

Quelques cultivateurs pensent qu'il vaut mieux placer les 
truffes ensemble dans un petit espace, que de les éparpiller 
sur toute la couche, u Tout le plant, dit Bornholz, se re- 
couvre ensuite de branches de chêne , de hêtre ou de 
charme, jetées de distance en distance. On plante également 
tout le terrain consacré aux truffes de jeunes arbrisseaux 
de la même espèce, — chênes, hêtres, charmes, — mais à 
une certaine distance les uns des autres , de manière qu'ils 
ombragent le terrain sans arrêter la circulation de l'air. » 

On voit que Bornholz, sans se déclarer partisan de l'opi- 
nion de ceux qui veulent que la truffe soit le pi'oduit de 
la piqûre faite pai' un insecte aux racines des arbres, re- 
conmiande d'en planter sur les couches destinées à pro- 
duire des truffes. 

« Le meilleur moment de l'année pour la plantation des 
truffes, ajoute- t-il, est îe printemps et le commencement de 



CULTUliK 1)K LA TRUFFE. 127 

l'automne, parce que c'est alors qu'on trouve les meilleures 
truffes à cet usage. Vers ce temps, ci'ailleiu's, la terre est 
d'ordinaire assez humide pour qu'on n'ait pas besoin de 
l'arroser; mais, le cas échéant, par une sécheresse prolon- 
gée, il ne faudrait pas omettre les arrosements extraordi- 
naires, lesquels doivent toujours se faire avec précaution 
pour ne pas inonder et déranger les germes qui se déve- 
loppent. Il est inutile de rappeler que, l'automne arrivé, on 
couvre les plantes d'une couche de feuilles de chêne. » 

Les tridfières ainsi disposées, on les laisse absolument 
tranquilles; on laisse croître librement les petites herbes, 
n'arrachant que les végétations plus grandes qui pourraient 
épuiser le sol, lequel doit toujours être conservé dans un 
état de fraîcheur. 

Les couches préparées au printemps |)roduisent déjà en 
automne des truffes de la grosseur d'une noisette ou d'une 
noix. Leur apparition est un signe que le plant a réussi et 
qu'il prospérera. 

QueUpies personnes, craignant d'exposerà l'air les truffes 
qu'elles se proposent de faire servir à l'établissement de 
truffières artificielles, transportent dans la fosse ou tran- 
chée préparée d'avance des blocs de terre prise, par un 
temps humide, dans une truffière naturelle, et que l'on 
siq^pose contenir des truffes ou des germes de truffes. Les 
expériences faites à ce sujet ont eu quelques résultats avan- 
tageux ; malheureusement, lorsque l'on opère ainsi , on 
n'est pas toujours sur que les blocs de terre que l'on trans- 
porte contiennent des truffes ou des germes de truffes. 

Une truffière en activité donne des produits depuis le 
commencement du printemps jusqu'à la fin de l'automne. 
C'est en août, septembre et octobre, que les truffes vien- 
nent en plus grande abondance. Elles sont de meilleure 
qualité si l'automne est cliaud et humide. 



1:>S LKS Cil A. M l'Jf.NKNS. 



L'humidité est nécessaire a la truffe ; la plante meurt 
cjuaiul la séclieresse est grande et dure longtemps; une 
quantité dVau trop grande aussi lui est nuisible; elle la 
fait dépérir en la chargeant de moisissure. 

l ne première tentative a-t-elle échoué, il ne faut pas 
poui' cela se décourager ; le terrain est préparé pour Tannée 
sui\aiite. Il (^st rare que l'on échoue une seconde fois, si 
l'on tJ"ansporte dans la couche de nouvelles truffes. Pour 
|)lus de sùrete encore, on peut faire plusieurs plantations 
dans le même terrain, en différentes saisons. 

S'il faut en croire les cultivateurs de truffes, tout pro- 
priétaire d'une ferme, d'un jardin ou d ini bosquet où sont 
plantés des chênes, des hêtres, des châtaigniers et autres 
arbres, peut établir des couches et cultiver la truffe. Jl 
sultit poiu' cela de choisir un t>mplacement cpii se trouve 
dans les conditions de celui dont on aiu^ait fait choix dans 
le bois. On creuse, comme l'a dit plus haut Bornholz, à 
i'%3o ou i™.5o de profondeur le terrain destiné à la truf- 
fière. On remplit la fosse que l'on a creusée par de la 
terre choisie dans la forêt, ou, à défaut de celle-ci, par de 
la terre végétale retirée des endroits où ont vécu de temps 
immémorial des groupes d'arbres. On traite ensuite cette 
couche comme on aurait traité celle qui aurait été établie 
dans un bois ; ainsi on plante déjeunes chênes, de jeunes 
hêtres sur la truffière; on recouvre celle-ci chaque automne 
d'une couche épaisse de feuilles de chêne, et l'on a soin 
d'arracher de dessus la truffière toutes les grandes herbes 
qui pourraient donner trop d'ombrage. Il sera bien de re- 
tourner les terres de la truffière après les avoir engraissées, 
non avec du fumier, il lui serait contraire, mais avec des 
feuilles de chêne. 

Il faut, autant que possible, éloigner des truffières les 
animaux qui sont les ennemis de la truffe. 



CULTURE DE LA TRUFFE. 129 

ê 

Dans les bosquets, les truffes ont surtout à souffrir des 
attaques des souris, des loirs, des mulots, des limaces rou- 
ges et noires, des vers provenant de grosses mouches, des 
larves de hanneton, des scolopendres, des cloportes. Dans 
les grands bois, elles ont à souffrir de celles des sangliers, 
des cerfs, des chevreuils et des écureuils. 

Pour détruire, ou du moins diminuer le nombre des 
insectes, il sera bien de remuer de temps à autre, mais su- 
perficiellement, le terrain avec une petite bêche, et d'y 
mêler une certaine quantité de bonne cendre ou de chaux. 

En France, le nombre des espèces de truffes est plus 
considérable qu'on ne le croit communément ; il se monte à 
une quinzaine, dont cinq ou six sont alimentaires, et dont 
trois, à ce qu'il parait, sont confondues sous le nom de 
truffes noires. 

Les truffes noires ne végètent qu'au milieu du chevelu 
des racines des arbres, et en particulier du chevelu de trois 
espèces de chêne : le chêne rouvre, Quercus robiir^ Lin., 
appelé dans quelques endroits chêne femelle; le chêne 
yeuse, Q. ilex, Lin., et le chêne kermès, Q. coccifera^ 
Lin. Elles acquièrent sous ces arbres un parfum qui leur 
manque lorsqu'elles viennent entre les racines du charme, 
du hêtre, du châtaignier, etc., au pied desquels on les ren- 
contre quelquefois. 

La truffe noire, dite du Périgord ou de haute Provence, 
est celle que l'on cultive de préférence. Elle vient surtout 
dans les bois de chêne rouvre, arbre qui se distingue de 
ses congénères par ses fruits sessiles. C'est dans les terrains 
tertiaires et de transport à base calcaire, argileuse, mar- 
neuse, mêlés de cailloux, qu'elle se plaît. Et, comme je l'ai 
dit des truffes en général, elle vient plus volontiers sur la 
lisière des bois ou dans les endroits qui ne sont pas trop 
ombragés. 



130 LES CHAMPIGNONS. 



Chaque espèce de truffes paraît du reste avoir une pré- 
férence marcjuée pour les racines et l'ombrage d(3 certains 
arbres. Les différentes espèces de chêne donnent, à ce que 
l'on assure, des espèces différentes de truffes. 

Dans le Midi de la France, on cultive le chêne tout exprés 
poiu' favoriser la multiplication de la truffe; le voisinage de 
cet arbre lui étant pour ainsi dire indispensable. La truffe 
noire qui vient sous le chêne rouvre est cultivée de préfé- 
rence. 

Les tubercules se rencontrant presque toujours au pied 
des chênes qui en ont donné les années précédentes, on 
marque ces arbres d'une croix blanche, afin de les recon- 
naître, et rendre plus facile la recherche du tubercule. Les 
arbres sont-ils devenus trop grands, ils ombragent trop 
fortement le sol et le garantissent delà pluie; le sol cessant 
alors d'être favorable à la végétation du champignon, il 
faut renouveler le taillis par coupes. 

La culture de l'espèce ou variété qui vient sous le chêne 
yeuse, de même que celle qui vient sous le chêne kermès, 
ne poiuM-aient pas être tentées dans le Nord de la France, 
puisque ces arbres n'y viennent pas. 

Une autre espèce, peut-être, de truffe, paraît se plaire 
dans le. voisinage des racines de coudrier. Des plantations 
de cet arbuste ont même été proposées dans le Midi de la 
France, dans le but de midtiplier ce tubercule. Les cou- 
driers étant abondants dans les provinces du Nord , il est 
à présumer que la culture de cette truffe y réussirait. 

11 est rare, en France, de trouver des truffes sous les co- 
nifères ; en Algérie, le Terfezia T^onis^ Tul., sorte de truffe 
comestible, vient à l'ombre des pins et des cèdres. 

A Carpentras, on vend annuellement, dit Martin, du pre- 
mier décembre à la fin de février, sur le marché, pour deux 
millions de truffes, qui sont envoyées dans l'Europe en- 



CULTURE DE LA TRUFFE. 131 

tière. Le Périgord en fait aussi un commerce considéra- 
ble. 

Les truffes ont été cultivées de vieille date; elles l'é- 
taient déjà du temps de François 1", car Bruyerin , son 
médecin, dit, dans son traité De re ciharia^ que dans cer- 
taines contrées humides, les truffes que l'on exportait 
étaient le produit de la culture (i) : Quibusdam Lacis accep- 
tantur riguis et seruntur. 

(1) BruerinuSj p. 545. 



CHAPITRE XIV. 

MOYENS DE CONSERVATION DES CHAMPIGNONS. 

Les cliampiguons étant devenus un objet de luxe pour 
quelques personnes, et pour d'autres un aliment de pre- 
mière nécessité , on a dii chercher de bonne heure les 
moyens de les conserver pour les saisons de l'année où la 
nature se refuse à les produire. 

Le plus simple et celui qui a dû se présenter le premier 
à l'esprit, est la dessiccation qui se fait, soit en les laissant 
sur une claie ou dans un panier à jour, à l'ombre et dans 
ini lieu sec, entiers, s'ils sont petits, coupés par tranches, 
s'ils sont volumineux ; soit en les suspendant à un courant 
d'air, enfilés en chapelet sur de gros fils, et de façon qu'ils 
ne se touchent pas. On peut aussi les dessécher en les 
mettant dans un four, après qu'on en a retiré le pain; mais 
il ne faut pas que le four soit trop chaud, car on a remar- 
qué que, desséchés avec rapidité, ils valent moins que lors- 
qu'ils sont desséchés lentement. Certaines espèces perdent 
en grande partie leur arôme par la dessiccation; mais tou- 
tes du moins conservent leurs qualités nutritives. 

Avant de dessécher les grandes espèces, on les débarrasse 
de leur partie fructifère, de la pellicule du chapeau et de 
leur pédicule, si celui-ci est coriace. Une fois secs, les 



CONSERVATION DES CHAMPIGNONS. 133 

champignons sont mis dans des sacs de toile ou de papier 
que l'on suspend dans un lieu aéré. Il faut avoir l'attention 
de les secouer de temps à autre , afin d'empêcher qu'ils 
ne se couvrent de poussière ou même de moisissure. 

Ainsi desséchés, on les réduit quelqiiefois en poudre, 
au moyen d'une râpe ou d'un moulin à café, ou bien en- 
core en les pilant dans un mortier. La poudre se garde 
dans des flacons bien bouchés. Les Mousserons sont faciles 
à pulvériser ; réduits en poudre, ils se gardent mieux que 
lorsqu'ils sont entiers. 

Quelques personnes, pour conserver les champignons, 
les font bouillir un instant dans l'eau avec du sel, et les 
dessèchent ensuite ; ils ne sont plus alors attaquables par 
les insectes. D'autres les conservent dans l'eau salée; d'au- 
tres encore les font confire dans du vinaigre avec du sel, 
du poivre et de l'ail. Ce dernier procédé s'applique très-bien 
aux Clavaires et à l'Hydne coralloïde. Pour cela, on les 
blanchit d'abord , c'est-à-dire qu'on les passe à l'eau bouil- 
lante, on les essuie et on les met dans le vinaigre. L'expé- 
rience a prouvé que cette manière de les conserver est très- 
bonne. 

En Italie, l'Oronge, fraîche ou desséchée , se conserve 
dans l'huile ; ainsi préparée, elle y devient même un objet 
de commerce. 

En Russie et en Allemagne, où l'on fait sans beaucoup de 
choix, dit-on, de grandes provisions de champignons pour 
la consommation d'hiver, on les gaide dans une espèce de 
saumure ou dans du vinaigre. Le premier procédé con- 
siste à mettre dans un vase une couche de champignons , 
puis une couche de sel, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le 
vase soit plein. Le second procédé se réduit à laisser les 
champignons dans des tonneaux avec du vinaigre. 

Les champignons, lorsqu'ils sont cuits, peuvent se gar- 



\3't LES CHAMPIGNONS. 



(lor dans des vases en y mettant assez de benrre fondu 
pour qu'il dt-passe le champignon de deux doigts de hau- 
teur. Le vase doit être fermé liermétiquement. Le beurre 
et les champignons sont excellents à manger. 

Les truffes se gardent bien dans leur terre natale, si cette 
terre est privée d'humidité ; elles se gardent assez bien aussi 
enterrées dans du sabh; ou de l'argile réduite cii poudre, 
après les avoir nettoyées avec une brosse rude. Trop mures, 
ou pas assez mûres , elles se gardent difficilement. Toutes 
doivent être saines; une seule qui serait endommagée suf- 
firait poiu' gâter toutes les autres. L'espèce la plus apte à la 
conservation est la truffe noire. 

Le vinaigre, la saumure, et même l'eau-de-vie, ont été 
em])loyés à leur conservation ; mais, retirées de ces divers 
liquides auxquels elles cèdent presque tout leur principe 
odorant, elles ne peuvent plus guère servir que comme as- 
saisonnement. 

Lue excellente manière de conser\er les truffes bonnes 
et agréables à manger, c'est de les mettre dans l'huile d'o- 
live; ainsi conservées, on les appelle, quoique impropre- 
ment, 'Jrujfes nuirinces. Dans certains pays, avant de les 
mettre dans l'huile, on les fait cuire dans du vin. 

On aurait tort de laver les truffes que l'on veut conserver; 
l'humidité leur est préjudiciable, en ce qu'elle favorise leur 
putréfaction. Le son, la bourre, les étoupes dont on s'est 
servi quelquefois, s'imprégnant facilement d luunidité , 
sont plutôt propres' à accélérer qu'à prévenir leur décom- 
position. Les cendres les altèrent. La graisse et la cire dont 
quehpies personnes les entourent, empêchant le mouve- 
ment d'absorption et d'exhalation qui se fait en elles, nui- 
sent à leur conservation. 

Coupées par tranches et suspendues, à l'air libre, sur 
des fils, on peut les dessécher à la manière des autres 



LEUR CONSERVATION. 135 

champignons. En l'absence du soleil, on peut aussi les sé- 
cher dans une serre de chaleur tempérée ; mais, quel que 
soit le procédé que l'on mette en usage dans un but de 
conservation, jamais les truffes ne sont si bonnes que lors- 
qu'elles sont fraîches. 

En Italie, les truffes se conservent aussi par le procédé 
Appert. 

On choisit une certaine quantité de truffes fraîches et 
sans taches. On les plonge dans l'eau et on les essuie. On en 
met ensuite trois ou quatre dans de petits vases en cristal, 
faits tout exprès pour cet usage ; on verse dans ces vases 
ce qu'il faut de vin blanc pour couvrir les truffes, après 
quoi on bouche les flacons avec des bouchons sans défauts 
et enveloppés d'iuie toile humectée d'un peu de colle faite 
avec de la farine et de l'eau. On lie le bouchon au col des 
flacons avec un fd de fer; on met ensuite ces flacons en- 
tourés de paille ou d'un mauvais linge dans un récipient 
(un chaudron), à trois pieds, dans lequel on verse de 
l'eau fraîche qui arrive jusqu'au col des flacons. On met le 
chaudron sur le feu; mais à peine commence-t-il à bouillir, 
qu'on le retire sur le coin du fourneau, où on lui fait su- 
bir une ébuUition très-lente pendant une demi-heure, car 
une ébullition forte, dégageant trop de vapeur, pourrait 
faire éclater les flacons. On laisse refroidir ceux-ci dans l'eau 
même; après quoi, pour plus de sûreté, on goudronne le 
bouchon. Les flacons se conservent dans un lieu frais et sec. 

Les champignons desséchés, ou conservés par les procé- 
dés énonce's ci-dessus, forment une branche de commerce 
assez considérable. Le Midi de la France expédie à Paris 
ses Ceps (Bolets) en grande quantité, coupés par tranches 
et desséchés. L'Allemagne et surtout la Bavière lui envoient 
leurs Morilles, leurs Pezizes, leurs Agarics, etc., mêlés tous 
ensemble. 



13G LES CHA.Ml'lCNONS. 



Veut-on employer, comme condiment ou comme assai- 
sonnement, les champignons ainsi desséchées, on les laisse 
tremper dans l'eau pendant plusieurs heures; après quoi, 
on leur donne la préparation que l'on juge convenable. 

Les Anglais soumettent à ime certaine préparation le suc 
de champignon, qu'ils gardent ensuite, et dont ils font un 
usage fréquent. Cette préparation , appelée par eux Ket- 
chup (i), est à peine connue en France. Voici, d'après 
W" Hussey, comment se fait cette préparation. 

Les champignons étant coupés par tranches et saupou- 
drés de sel, on laisse écouler leur jus à travers un tamis 
sans les presser; on laisse reposer ce jus pendant quelques 
heures, après quoi on le transvase avec beaucoup de soin, 
afin de le séparer de tout sédiment; on le met ensuite dans 
de petites ])outeilles, en ayant l'attention d'y laisser assez 
de place pour recevoir un peu d'un spiritueux dans lequel 
on a fait infuser des substances aromatiques. 

Le ketchup se garde admirablement, dit-on, et conserve 
tout son arôme, lequel néanmoins se dissipe , si le ketchup 
vient à fermenter, ou si, dans une préparation culinaire, il 
est soumis à une ébullition trop prolongée (2). 

Les marchands gardent fréquemment dans des barils les 
champignons salés, avant d'en extraire le ketchup ; le mieux 
est d'extraire de suite le suc du champignon ; la conservation 
en est plus sûre. 

Ln bon moyen de conservation aussi est de mettre le 
ketchup dans de petites bouteilles en grès, capables de 
supporter un bon degré de chaleur sans faire sauter le 
bouchon. 

Dans la préparation du ketchup, on emploie indifférem- 
ment toutes les variétés du champignon de couche. La 

(1) Ce nom est d'oriprinc oriontalo. En allemand il s'écrit Catsiip. 

(2) Gardn., Chron., déc. 1801. 



LEUR CONSERVATION. 137 

meilleure pour cet usage est celle qui vient dans les friches, 
les bruyères. Le ketchup se prépare aussi avec d'autres 
espèces que le champignon de couche. L'Agaric rougeâtre, 
Agaricus (Amanita) rabe.scens^ Fr. , est souvent employé à sa 
confection. Il en est de même de l'Agaric chevelu, Aga- 
ricus (Coprinus) comalus^ Fl. Dan., qui, comme les autres 
Coprins, donne un suc très-abondant. 

Un mot maintenant sur la conservation des champignons 
sous le rapport scientifique. * 

Les plantes phanérogames, gardant presque toutes leur 
faciès dans un herbier, peuvent être consultées chaque jour 
avec avantage; il n'en est pas ainsi des champignons. Ceux- 
ci, eu effet, y figurent assez mal, les uns à cause de leur vo- 
lume, les autres à cause du changement de couleur et de 
la déformation que leur dessiccation occasionne, et qui, 
presque toujours, les rend méconnaissables; mais surtout 
à cause de la facilité avec laquelle ils sont attaqués par les 
insectes , qui souvent les détruisent entièrement. Quelques 
espèces d'ailleurs ne peuvent pas prendre place dans les 
herbiers à cause de leur prompte décomposition; tels sont 
la plupart des Coprins. 

Quoi qu'il en soit, veut-on conserver en herbier les 
champignons charnus, on les expose à l'air libre pendant 
quelques heures, afin de chasser une partie de leur humi- 
dité. On les met ensuite entre des feuilles de papier sous 
luie pression modérée, en ayant soin, dans les premiers 
jours, de les changer de papier matin et soir. Comme il est 
bon de faire voir la disposition des tubes, des aiguillons et 
surtout le rapport des feuillets avec le pédicule , et la dis- 
position intérieure de celui-ci, on coupe le champignon 
perpendiculairement par le milieu avant le dessécher. 
La dessiccation obtenue, on dispose le champignon dans 
l'herbier. 



z^-. 



138 LES CHAMPIGNONS. 



Les espèces charnues très-épaisses, la plupart des Bolets, 
(les Ilydues, des Agarics, et celles qui se liquéfient facile- 
ment, doivent être choisies avant leur entier développement. 
Les Tremelles et autres champignons gélatineux se collant 
au papier, on les laisse se sécher d'eux-mêmes ; veut-on 
ensuite les examiner, on les liumecte. 

Les champignons coriaces, suhéreux ou ligneux, perdent 
facilement le peu d'humidité qu'ils possèdent; tels sont 
divers Polypores, Hydnes, Téléphores. Il suffit pour les en 
priver de les placer dans un lieu sec et aéré. Il faut avoir 
soin de faire choix d'individus qui ne soient pas attaqués 
par les insectes. On fait périr les œufs et les larves en des- 
séchant le champignon au four ou en l'exposant à un soleil 
ardent. 

Pour préserver les champignons desséchés des attaques 
des insectes, on les plonge à diverses reprises dans une so- 
lution de sublimé, d'acide arsénieux ou de sulfate de cui- 
vre, ou bien on les imbibe plusieurs fois de cette solution. 
On peut substituer au sublimé, à l'acide arsénieux et au 
sulfate de cuivre la décoction de quassia amara, Picmim 
ejccelsa, Dec, ou d'écorce de simarouba, Simaruba offi- 
cinalis^ Aubl. , à la quantité de soixante grammes dans 
cinq cents grammes d'eau ; ou même l'infusion de tabac, à 
laquelle on a ajouté quelques clous de girofle (i). 

Les espèces de champignons qui sont minces, aplaties 
et d'une consistance coriace, se dessèchent aisément dans 
de vieux livres ou dans du papier. Celles qui sont épiphyl- 
les se dessèchent avec la feuille même qui leur sert d'ha- 
bitat. Les espèces fragiles se conservent dans des boites au 
fond desquelles on a mis un peu de coton. 

Les Lycoperdonées doivent être recueillies avant leur 

(1) Les champignons desséchés sont sartout attaqués dans l'herbier par 
.es dermestes, les ptines, les bostryches, etc. 



LEUR CONSERVATION. 139 

maturité. On les laisse à part pendant un jour ou deux, afin 
qu'elles aient le temps de perdre l'eau qu'elles émettent 
par une sorte de fermentation ; après quoi on les dessèche 
dans du papier sans trop les presser. 

Les Geaster se peuvent mettre immédiatement sous 
presse. 

Les Morilles se gardent facilement entières, et, si l'on 
veut, avec leur forme naturelle. Pour cela, on fait un trou 
à l'extrémité inférieure du pédicule ; on remplit le champi- 
gnon, lequel est creux, comme l'on sait, de sahie fin, et on 
le suspend la tête en bas; lorsqu'il est sec, on fait tomber 
le sable. Le champignon préparé de la sorte conserve à 
peu près sa forme et son volume. 

Les Pezizes et les Helvelles se dessèchent facilement aussi 
en les laissant séjourner pendant quelques jours dans du 
sable sec. 

On peut conserver les champignons dans de l'alcool 
étendu d'eau , mais ce moyen est dispendieux. Ces plantes 
d'ailleurs perdent leur couleur dans l'alcool; en outre, le 
liquide se trouble, ce qui met dans la nécessité de le re- 
nouveler de temps à autre. 

On emploie divers procédés pour conserver les truffes. 
Elles se gardent assez bien dans leur terre natale, si on les 
couvre de sable ou d'argile desséchée et pulvérisée, de ma- 
nière qu'elles ne se touchent point. On les enferme alors 
dans une caisse dont on lute les bords pour empêcher que 
l'air n'y pénètre. C'est ainsi qu'on nous envoie les truffes 
du Piémont. On les emballe aussi dans du son, dans des 
étoupes, dans de la cendre, ou bien on les entoure de cire, 
de graisse, d'une peau fine ; d'autres les font mariner et les 
enferment ensuite dans des bocaux de verre hermétique- 
ment fermés. Lorsqu'on les lave, l'humidité s'insinue dans 
leurs pores et hâte leur décomposition. 



140 LES CHAMPIGNONS. 



Ainsi que les Mousserons et les Oronges, on peut les con- 
server en les coupant par tranches, qu'on enfile et qu'on 
expose à une douce chaleur dans un poêle, dans un four 
ou dans une étuve. Mais, dans cet état de dessiccation, elles 
perdent presque tous leurs j)rincipes odorants. On les con- 
serve encore assez bien dans l'huile, après les avoir fait 
passer à lui feu doux, afin de leur enlever leur humidité. 
Dès que l'huile parait bouillonner dans le vase et que- la 
surface se couvre d'une espèce d'écume, il faut les oter et 
s'en servir. Les truffes ainsi marinées ont perdu leur par- 
fum; mais l'huile, en revanche, s'en est emparée. La salade, 
l'omelette, les œufs brouillés, les asperges, le poisson qu'on 
assaisonne avec cette huile, ont un goût de truffes. 

La conservation par les procédés suivants est plus parti- 
culièrement à l'usage des naturahstes voyageurs. 

Les champignons spongieux , flasques ou charnus , se 
conservent, dit Barelle, T soit dans un liquide formé de 
deux parties d'eau pure et d'une partie d'esprit-de-vin rec- 
tifié auquel on a ajouté une quantité de sulfate de cuivre 
cristallisé, suffisante pour donner au liquide une très-légère 
couleur bleue; i" soit dans lui liquide formé de huit litres 
d'eau pure, un litre d'esprit-de-vin rectifié, que l'on filtre 
après y avoir fait fondre huit grammes d'acétate de plomb 
cristallisé. 

On met seulement une. espèce de champignon dans cha- 
que bocal. Celui-ci doit avoir une ouverture large, être 
exactement rempli de liquide, afin qu'il y reste le moins 
d'air possible. On le ferme d'un bouchon enduit de poix 
ou recouvert d'une vessie vernie, ou bien encore d'une lame 
d'étain ou de plomb qui recouvre exactement les bords du 
vase. 

La liqueur de la deuxième recette conserve mieux que 
l'autre les couleurs délicates. 



LEUR CONSERVATION. 141 

Lorsqu'on ne veut que transporter avec soi les champi- 
gnons intacts, sans avoir l'embarras d'emporter des bocaux 
remplis de liquide, on met dans un vase de terre une cou- 
che de mousse, une couche de champignons, et successive- 
ment jusqu'à ce que le vase soit plein ; ensuite on y verse 
de la liqueur première tant que la mousse continue à s'en 
imbiber, et enfin on bouche le vase. 

Si l'on se propose d'expédier, pour un trajet d'un jour ou 
deux seulement, des champignons frais, on se contente de 
les placer dans une boîte ou dans un panier, séparés les 
uns des autres par un lit de mousse sèche, et de mettre le 
tout à la poste ou au chemin de fer. 

Quant aux herbiers mycologiques , le meilleur , sans 
contredit, serait le dessin en couleur du plus grand nom- 
bre d'espèces possibles; mais il n'est pas donné à tout le 
monde de savoir dessiner, et d'ailleurs il faut dessiner sans 
retard les champignons, car, du jour au lendemain, la 
plupart changent de forme, et beaucoup sont en voie de 
décomposition. 



CHAPITRE XV. 

DE l'emploi ALI3IENTAIRE DES CHAMPIGNONS. 

Dans tous les siècles et chez toutes les nations arrivées à 
un certain degré de civilisation, les champignons ont figuré 
sur la table des riches comme sur celle des pauvres : chez 
les riches comme un objet de luxe peut-être, mais chez les 
pauvres comme aliment de première nécessité. 

Les Grecs, et surtout les Romains, avaient pour ces vé- 
gétaux une passion singulière. Les hommes adonnés de 
longue main aux plaisirs de la table, veteres vohiptaarii, 
portaient, dit Pline, le raffinement si loin, qu'ils ne s'en 
reposaient que sur eux-mêmes du soin de leur préparation. . 
Ils les apprêtaient dans des vases d'argent, comme chose 
précieuse, les coupaient et les servaient avec des instru- 
ments de ce métal ou (Velcctniin (alliage d'or et d'argent). 

Les deux espèces qu'ils recherchaient de préférence 
étaient la truffe, qu'ils appelaient Tnher^ et notre Oronge 
vraie, qui chez eux portait le nom de Boletus. Ils appré- 
ciaient singulièrement cette dernière. 

Tous les auteurs latins qui en ont parlé accompagnent 
son nom d'une épithète flatteuse. Martial, qui dans ses 
écrits en fait l'éloge à chaque instant, va jusqu'à dire que 



EMPLOI ALIMENTAIRE DES CHAMPIGNONS. 143 

de son temps on lui donnait la préférence sur l'or (r). 
Juvénal, dans sa satire sur les parasites, dit qu'à la table 
de Yircon, l'Oronge était servie au maître de la maison, et 
les champignons de second ordre aux convives subalternes. 

L'Oronge cependant ne conserva pas toujours à "Rome la 
haute estime dont elle jouissait. L'empereur Claude, qui 
en était très-gourmand, ayant été empoisonné par Agrip- 
pine, son épouse, qui lui en fit servir un plat dans lequel 
se trouvait un poison préparé par la trop célèbre Locuste, 
cela jeta pour un temps de la défaveur sur ce champignon, 
que Néron, faisant allusion à la mort de Claude et à son 
apothéose.^ appelait avec une ironie cruelle un manger des 
dieux ; mais cette défaveur ne dura guère, tant l'Oronge 
avait d'attraits pour les palais voluptueux. 

L'empereur Claude n'est pas, du reste, le seul souverain 
qui ait eu un goût prononcé pour les champignons. Le pape 
Clément VII avait, ditBruyerin, une telle passion pour les 
champignons qui viennent au printemps, — les Mousserons 
ou les Morilles sans doute, — que tous les jours il s'en fai- 
sait servir des plats entiers. Il avait rendu un édit qui dé- 
fendait à tous les sujets de l'État romain d'en cueillir, dans 
la crainte d'en voir manquer l'espèce. Il mangeait aussi 
des melons immodérément. Sa mort prématurée fut invo- 
quée comme une preuve certaine que la manière de vivre 
a de l'influence sur la durée de l'existence. Tombé malade 
par suite d'abus de ces aliments, tout l'art de Curtius, mé- 
decin des plus savants de cette époque, ne put, ajoute 
Bruyerin, lui conserver la vie. 

Quelques personnes aujourd'hui encore vont jusqu'à ris- 
quer leur existence pour satisfaire leur appétit pour les 

(1) Argentum atque aurum facile est laenamque togamque 
Mittere : boletos mittere difficile est. 

(Mart., epigr. AS, ter. 13.) 



114 LES CHAMPIGNONS. 



cliamj)ignons, tandis que d'autres, tout au contraire, n'en 
voudraient manger j)our rien au monde, tant le danger des 
méprises les effraie. 

r 

Le savant L'Ecluse (Clusius), qui a écrit sur les champi- 
gnons et a même donné des détails sur la manière de les 
préparer, avait horreur de ces plantes. Il n'avait j)as voulu 
en goûter une seule fois, disait de lui Dalthesen de Bal- 
thion ; il lui eût donc été difficile de se prononcer sur leur 
saveur. 

Nombre de personnes aussi n'en mangent point, préten- 
dant que ces plantes n'ont en elles rien de nutritif et ne 
sont bonnes qu'à lester les organes de la digestion ou à les 
fatiguer inutilement. Opinion erronée et tout à fait con- 
traire à ce que démontrent l'observation et l'expérience de 
tous les jours. Car, si l'on veut bien examiner qu'une foule 
d'hommes, livrés habituellement à des travaux pénibles, 
en font pour ainsi dire leur nourriture exclusive ; que les 
ïartares, les Russes, les Hongrois, les Toscans, n'en ont 
pour ainsi dire pas d'autre durant tout le temps du Ca- 
rême ; que de toute antiquité ces plantes ont été d'un usage 
alimentaire, il faudra bien reconnaître qu'elles ne sont pas, 
moins que tant d'autres substances végétales employées 
chaque jour, propres à nourrir et à réparer les forces. 
L'analyse chimique d'ailleurs, nous l'avons vu précédem- 
ment, ne permet pas d'élever des doutes sur leurs pro- 
priétés nutritives. 

Je ne nierai pas toutefois que les espèces de champi- 
gnons, même les plus salubres, n'aient produit quelquefois 
des accidents ; mais, le plus souvent, ces accidents au- 
raient pu être évités. Qu'un homme, après une longue 
abstinence, mange en quantité excessive des champignons 
mal cuits; qu'il les mange précipitamment , sans mastica- 
tion, il aura une indigestion des plus complètes. Il en au- 



LEUR EMPLOI ALIMENTAIRE. 143 

mit eu une de même s'il avait mangé du porc, des œufs, 
du poisson ou tout autre aliment, sans plus de précaution. 
Il y a des espèces qui, bien que comestibles, sont coriaces ; 
les habitants des villes, avec leur estomac faible, délicat, 
auront une indigestion, même une dyssenterie, s'ils man- 
gent de ces champignons, tandis que ces mêmes espèces 
seront digérées par les hommes de la campagne, habitués 
à une nourriture grossière. Ceux-ci n'appréhendent même 
pas de les manger crus. Les habitants des environs de Nu- 
remberg les mangent ainsi avec leur pain noir, assaisonné 
d'anis et de carvi. 

M. Schwœgrichen, professeur de botanique à Leipzig, 
imita ces bonnes gens, si bien que, pendant plusieurs se- 
maines, il ne mangea que des champignons crus avec du 
pain, et, de plus, il ne but que de l'eau; ceux auxquels il 
donnait la préférence étaient le Bolet comestible, le Bolet 
roux, Roletus ru fus, Pers. , l'Agaric champêtre, l'Agaric 
élevé, la Clavaire coralloïde. Sous l'influence de ce régime, 
il sentit ses forces s'accroître. 

Willdenow aussi raconte que, durant des semaines en- 
tières, il n'a vécu que de champignons et de pain grossier, 
et que cependant il a joui d'une excellente santé. 

On cite l'exemple d'un montagnard de la Thuringe qui, 
pendant trente ans, n'îi vécu que de champignons, et qui 
est mort centenaire. 

Les champignons ont été appelés quelquefois la manne 
des pauvres, et cela avec juste raison ; car ils poussent si 
vite, et quelquefois si abondamment, que, comme autrefois 
la manne des Hébreux, il semble qu'ils soient tombés du 
ciel en une nuit. 

Nous avons vu qu'à Madagascar on les mange à peu près 
sans choix. 

En Cochinchine, on fait un très-grand usage de V Hel- 

10 



14(J LES CIIAMI'li.NONS. 



vclld (ini(if((, Lonr., Leolid (imaid, Tr., (|iii y croit sur une 
csprcc (le mclalcuqiie. (!<' rlianipignon est tivs-amer, mais 
l'eau liM fait perdre son amertume (i). (^ommcrson dit que 
l'on Iroiive, à l'Ile de France et à l'Ile liourbon, un cham- 
pignon qui vient sur le tronc des j)almiers apj)elés Arcca^ 
lorsque cet arbre pourrit sur la terre. C.e cliam])iguon 
donne un goût agréable de Morille à la soupe et aux ra- 
goûts. Lamarck l'appelle JgdHcus lacinialus (2). 

Divers champignons qui naissent sous terre sont même 
d'un usage fréquent dans beaucoup de pays. Sans parler 
de la truffe et autres tubéracés, si généralement recherchés 
en Europe, je mentionnerai le Mylitla auslralis^ Berk., 
champignon hypogée, — sorte de Rhizopogon, — devenu 
le pain naturel des Anglais, native bread, dans l'Australie 
et la Tasmanie (3). 

En Chine, on mange une espèce de Pachyma, probable- 
ment le Pachynui hoeleii, Fr., champignon souterrain ayant 
la forme d'ini Sclerotium (4). Les habitants des îles Aleu- 
tiennes font usage, comme aliment, du BroinicoUa aleii- 
tica, Eichwald., autre champignon souterrain qui vient 
assez abondamment dans ces îles, et qui j^robablement est 
lui Sclerotium ou le mycélium d'une Clavaire (5). 

L'usage des champignons est, on le voit, répandu par- 
tout. Les peuples qui vivent tout à fait à l'état sauvage 
sont les seuls qui dédaignent l'usage de ces plantes, les- 
quelles pourtant seraient pour eux une ressource certaine 
quand les produits de la chasse, ceux de la pèche et les 
fruits dont ils se nourrissent viennent à leur faire défaut, 
ce qui arrive trop fréquemment. 

(1) Joiirn. de Pharmacie, année 1835. 

(2) T.amarck, Dictionn., t. IV, p. 124. 

(3) Borkcl., Annal, hist. nat., 1839, 32G, t. VII, r. 2, 

(4) PeiH'ira, Matière médic. 
(o) Eicinvalde, Flora. 



LEUR EMPLOI ALIMENTAIRE. 147 



La Terre de Fcii est peut-être l'unique contrée du monde 
où les popidations sauvages fassent un usage habituel d'un 
champignon comme nourriture : c'est le Cyltarla Darwinii^ 
genre nouveau, voisin du Bulgaria^ et décrit par Berkeley. 
Ce champignon, de forme globideuse, d'un jaune brillant, 
pousse en grande abondance sous les hêtres. Arrivé à sa 
maturité, il est recueilli en quantité par les femmes et les 
enfants. Il se mange cru. Heureux les habitants de cette 
terre stérile de pouvoir mêler quelquefois une substance 
végétale à leur nourriture ! 

Le Cjttaria Darwinii vient aussi au Chili (i). 

(1) M^^ Husscy, t. 11. 



CHAFliKi: XVI. 

DK LV PHEPARATION CLLIJN'AIRE DES CII.VMPK ..\OiVS. 

On peut dire qu'il n'est pas de sorte d'apprêt culinaire 
que l'on n'ait fait subir aux champignons, tant sont nom- 
breuses dans tous les pays les diverses manières de les pré- 
parer pour le service de la table. 

L'assaisonnement et la cuisson ne sont pas cependant 
absolument indispensables à l'usage de toutes ces plantes. 
Il en est quelques-unes que l'on peut manger crues et sans 
aucun apprêt, entre autres le champignon de couche et ses 
variétés. l'Agaric élevé, Jg. procerus. Scop., l'Agaric vole- 
mus, l'Agaric cyatliiforme , Jg. suavis ^ Pers., l'Agaric 
piedfu, l'Agaric virginal, le Bolet comestible, le Clavaire 
coralloïde. 

En Lorraine, les enfants ne mangcînt jamais l'Agaric vo- 
lemus, qu'ils appellent J iaii^ autrement que cru. Pour moi, 
je l'ai toujours mangé ainsi au milieu des bois, au moment 
même ou je ^enais de le cueillir, et constamment je lui ai 
trouvé un goût excellent. Je suis persuadé que ce champi- 
gnon ne peut que perdre par la préparation culinaire. 

Le véritable moyen de prévenir toute méprise dans l'u- 
sage des champignons, et par conséquent tout accident 
fâcheux, serait, sans aucun doute, de les manger tels que 



PREPARATION CULINAIRE DES C (I AM PI C NONS. 140 

la nature nous les présente. En effet, les espèces insalubres 
ayant presque toujours dans leur état naturel un goût 
désagréable, et souvent une odeur repoussante cpii nous 
avertissent de nous en défier , ces espèces rebuteraient 
bientôt si l'on voulait les manoer crues. C'est l'art seul des 
cuisiniers qui cause les empoisonnements; cependant, 
comme cet art sert à multiplier et à varier nos jouissances, 
on y aura toujoin\s recours. Il est d'ailleurs des cbampi- 
gnons auxquels la cuisson est nécessaire pour qu'on puisse 
les manger avec plaisir ou sans inconvénient ; tels sont 
l'Agaric rougeâtre, l'Agaric engainé, l'Agaric virescent, le 
tiolet rude, le Bolet orangé, le Mérule chanterelle et quel- 
ques autres. Il serait même impossible de manger crues 
certaines espèces, telles que l'Agaric poivré, l'Agaric con- 
troverse, dont la saveur est tellement acre que la cuisson 
même ne peut pas la détruire entièrement. 

Règle générale, il ne faut jamais faire usage de champi- 
gnons que l'on ne connaît pas parfaitement. Pour peu 
donc que l'on ait le moindre doute sur la nature et la qua- 
lité d'une espèce, on devra s'en abstenir, ou du moins ne 
procéder à sa cuisson et à son assaisonnement qu'après 
l'avoir coupée par tranches et l'avoir laissée tremper pen- 
dant plusieurs heures dans de l'eau à laquelle on aura 
ajouté un peu de vinaigre ou de sel commun ; encore après 
cela sera-t-il prudent de les blanchir. 

Il faut faire choix de champignons qui soient sains, vi • 
goureux et jeunes, car la plupart, lorsqu'ils sont vieux, 
deviennent coriaces, et, par conséquent, de digestion dif- 
cile. C'est pour avoir usé de champignons trop mûrs ou 
près de se décomposer que souvent des personnes ont été 
incommodées et se sont crues empoisonnées par des es- 
pèces réellement salubres. Mais, s'il est prudent de rejeter 
tous les individus qui se fanent de vétusté, il ne l'est pas 



l.-.o LKS CIIAAIIMCNONS. 



moins de s'ahstcnir de ceux qui sont déjà la proie des vers 
ou des larves d'insectes, car rien ne prouve que ces larves 
ne soient pas nuisijjles, et d'ailleurs les champignons qui 
en contiennent ne sauraient être mandés qu'avec répu- 
anance. 

Si les champignons sont propres et tout à fait intacts, on 
peut se dispenser de les l)aigner ou de les laver ; mais s'ils 
sont salis })ar de la terre ou du sable, il faut les laver à 
grand(î eau, ensuite les essuyer et même les presser. 

On peut faire cuire certains champignons entiers et sans 
en rien retrancher, tels que l'Oreille de chardon, Jg. 
Eryng/f, Dec, l'Agaric virginal, .-Jg. (Hygrophorus) virgi- 
ne.us, .lacq., l'Hydne sinué, la Chanterelle et les Clavaires. 

On rejette le stipe ou pied des champignons, quand ce 
pied est coriace connne celui de l'Agaric élevé, de l'Agaric 
piedfu, du Bolet scabre. On enlève la pellicule du chapeau 
des Agarics qui se laissent peler ; on enlève de même les 
tubes des Bolets, ce que quelques personnes appellent le 
foin. Cette dernière précaution est utile loisqu'ils sont 
avancés en âge. 

La saveur acerbe de quelques espèces se dissipe entière- 
ment par la cuisson ; mais d'autres espèces conservent en 
grande partie cette saveur. La consistance ferme de plu- 
sieurs champignons se dissipe aussi par la cuisson , tandis 
que d'autres conservent leur dureté malgré une cuisson 
prolongée; la Chanterelle, le P oly parus [rondos us ^ Fr., le 
P. inlybaceus, Fr., sont de ce nombre. 

Beaucoup de champignons préparés par une main ha- 
bile sont véritablement lui aliment exquis et apprécié par- 
tout. Les plus recherchés sont : l'Oronge vraie, l'Aoaric 
rougeatre, l'Agaric ovoïde, le Mousseron du printemps, ^^^ 
(ilhellus^ Dec, le Mousseron d'automne, .-^g. Prunu/us , 
Scop., l'Oreille de chartlon , le cliampignon de couche, 



LEUR PRÉPARATION CULINAIRE. 151 

l'Agaric virescent, l'Agaric cyaiioxanthe, les Bolets comes- 
tiblcj scabre, orangé et bronzé. 

Certaines espèces manquent de parfum ou sont d'une 
nature trop ferme poiu' être jamais un aliment délicat; 
mais elles servent utilement à la nourriture des hommes 
forts et robustes, et surtout des habitants de la campagne, 
telles que les Clavaires, les Hjdnes, les Pezizes, l'Agaric 
piedfu, la Chanterelle. 

Divers champignons, bien que comestibles, sont de trop 
petite taille ou ont trop peu de chair pour pouvoir être 
mangés en quantité ; aussi ne les emploie-t-on guère que 
comme assaisonnement. Je citerai parmi ceux-ci l'Agaric 
alliacé, l'Agaric odorant, l'Agaric esculent, le faux Mous- 
seron, j4g. (Marasmius) Oreades, Boit. Ce dernier est néan- 
moins très-recherché en Angleterre. 

Il est de ces plantes qui se prêtent à toutes sortes de pré- 
parations culinaires ; tels sont les champignons de cou- 
che, les Mousserons, le Bolet comestible, etc. Il en est d'au- 
tres auxquelles tels ou tels procédés paraissent mieux con- 
venir. On conçoit que les modes de préparation ne peuvent 
pas être les mêmes pour toutes les espèces, puisqu'elles 
diffèrent de consistance, de nature, de goût, etc. 

En général, les champignons n'exigent pas une cuisson 
très-longue ; moins d'une demi-heure suffit à la plupart. 
Les Polypores et les Chanterelles exigent un temps beau- 
coup plus prolongé. 

N'étant, je l'avoue, nullement versé dans l'art culinaire, 
j'ai dû puiser un peu à droite et à gauche, dans les livres 
qui traitent de cet art, l(;s formules de préparation que je 
donne ici. .l'ai choisi celles qui m'ont paru les plus simples 
et le plus généralement employées, laissant de coté les pré- 
parations dans lesquelles le raffinement et le luxe des Vatel 
et des Carême prédomine, et qui, par conséquent, ne sont 



152 I.KS r:H A MPKINÛNS. 



pas a la portée de toutes les bourses. Je dois (lire rpie j'ai 
puisé surtout daus les ou\ragcs de Roquos ot de Paulel. 
Les recettes culinaires que je donne sont variées, et elles ont 
dû l'être, car, si les chamjiignons étaient constamment pré- 
parés de la même façon, ils finiraient par inspirer cette 
satiété dont se plaignait , dans les contes de La Fontaine , 
ce serviteur aucpiel son maître faisait manger tous les joints 
du pâté d'anguilles. 

Quek|ues personnes pourront s'étonner de voir que, 
dans un ouvrage scientifique, je me sois permis tant de 
détails sur les diverses manières de préparer les clianq>i- 
gnons. L'étude de ces plantes n'avant en définitive ppur 
objet, aux yeux de beaucoup de personnes, que leur em- 
ploi alimentaire, j'ai cru utile de donner ces nombreuses 
formules de préparation. Sans doute j'aurais pu renvover 
le lecteur aux ouvrages ([ui traitent plus particulièrement 
de l'art culinaire; mais tout le monde n'a pas entre ses 
mains le Cuisinier impérial ni même la Cuisinière bour- 
geoise ; beaucoup de personnes ne savent même pas que 
ces livres existent. Je crains seulement , comme chaque 
jour, pour ainsi dire, les modes ciiangent, même en pré- 
parations alimentaires, qu'on ne trouve un peu suraïuiées 
fpiolrjuos-unos de celles que j'ai données. 

PRÉPARATIONS CILINAIRES DES CH VMPir.XOXS. 

Champignons sur le gril. — La manière la plus simple de 
préparer les champignons, et la plus communément usitée 
à la campagne et chez les pauvres, consiste à les faire cuire 
entiers sur le gril et à les assaisonn.er d'un peu de beurre 
frais, de sel et de poivre. 

Champignons aux fines herbes. — Fue autre manière, qui 
n'est guère moins sinq)le, ni moins usitée, consiste à les 



LEUR PREPARATION CULINAIRE. 153 

assaisonner de beurre ou d'iiuile, de sel , de poivre et de 
fines herbes, persil^ ciboule, échalote, ainsi que leurs pieds 
hachés , et à les faire cuire sur le plat ou dans une toiu'- 
tière que l'on couvre d'un peu de braise ou de cendres 
chaudes. On y ajoute quek[uefois de la chapehu'e. 
Une demi-heure au plus suffit à leur cuisson. 

MANIERE DE PRÉPARER LE CHAMPIGNON DE COUCHE ET L\ 

PLUPART DES AGARICS. 

Champignons en fricassée de poulet. — « Après avoir éplu- 
ché et coupé les champignons , s'ils sont trop grands, on 
les lave à l'eau froide, et on les passe à l'eau bouillante, ce 
qu'on appelle blanchir : cela les ramollit un peu, et lein- 
ôte une partie de leur parfuni, trop fort ou trop acre poiu' 
certaines personnes. Poiu' leur donner de la fermeté, on 
les remet dans l'eau froide, et on les essuie bien ; après 
quoi on a un morceau de beurre fin qu'on fait fondre dans 
une casserole sur le feu; on y ajoute les champignons qu'on 
mêle bien avec le beurre, pour qu'ils s'en imbibent, ce 
qu'on appelle faire revenir, en terme de cuisine. Les uns 
alors (et ce n'est point la meilleure méthode ou la plus 
saine) y ajoutent une pincée de farine qu'ils font cuire avec 
les champignons, après quoi ils les mouillent soit avec de 
l'eau tiède, soit avec du bouillon du pot; d'autres les font 
cuire de même, mais sans addition de farine, et en les as- 
saisonnant tout simplement avec le persil, le poivre, le sel, 
et quelquefois une pincée des quatre épices; lorsqu'on doit 
retirer le persil, on le met en bouquet. Quand ils sont 
cuits, on fait, en les retirant tout bouillants et hors du feu, 
une liaison avec des jaunes d'œufs délayés dans l'eau, ou 
bien avec de la crème, et on les sert. La sauce alors est ra- 
rement l)lanche; pour la blanchir, on ajoute à la liaison 



i:i4 LES CilAMIMGNONS. 



une ou deux tranclics (le citron sans écorce; c'est I;» ma- 
nière la plus usitée à Paris. » (Paulet.) 

Champignons à la bourgeoise. — Nettoyez deux cent 
soixante-quinze i^rammes de cfianipi^nons ; coupez-les en 
petites tranches ; mettez ensuite quatre-vingt-dix grammes 
de beurre et trente grammes d'huile dans une tourtière^ 
faites frire doucement les champignons; sautez-les, ajou- 
tez-y lui peu de sel et de poivre, et, après dix minutes, 
saupoudrez-les d'une pincée de persil trituré avec deux 
gousses d'ail ; servez-les ensuite avec du citron, à part. 

Champignons frits ou en beignets. — Salez des deux cotés 
des chapeaux de champignons bien nettoyés; après cinq 
minutes, essuyez-les avec une serviette; cela fait, cou- 
pez-les en deux, roulez-les dans la farine et jettez-les dans 
la friture bouillante. Lorsqu'ils auront pris une belle cou- 
leur , égouttez-les et apportez-les sur un plat avec une ser- 
viette, après les avoir garnis de persil frit non haché. 

Dans le pays de Liège et dans le Luxembourg, les paysans 
font lui usage fréquent de ces beignets. 

Croquettes de Champignons. — Coupez en forme de petits 
cubes six chapeaux de champignons bien nettoyés, que 
vous ferez frire doucement dans une casserole avec soixante 
grammes de beurre pendant trois minutes ; versez dessus 
trois verres de Ijéchamelle maigre ; ajoutez-y trois jaunes 
d'œufs cuits durs et hachés, un gramme de noix muscade, 
un peu de sel et une petite poignée de fromage râpé; 
faites bouillir doucement le tout pendant huit minutes, le 
remuant de temps en temj)s. Ensuite, retirez la casserole 
du feu; ajoutez-y deux jaunes d'œufs crus et versez le tout 
dans ini ])lat pour le faire refroidir. Faites-en ensuite des 
boulettes, et terminez comme il est dit des autres cro- 
quettes. 

Croûte aux Champignons. — Epluchez des champignons. 



LEUR PREPARATION CULINAIRE. 133 

fendez en quatre les plus gros, et les moyens en deux ; met- 
tez-les dans une casserole avec un morceau de Ijeurre, un 
bouquet de persil et ciboule, passez le tout au feu; ajoutez 
un morceau de beurre manié de farine et mouillez avec du 
bouillon ; assaisonnez de poivre et de muscade râpée ; peu 
de sel, à cause du bouillon qui est salé; faites bouillir et 
ensuite cuire à petit feu ; au moment de servir, retirez le 
bouquet et mettez une liaison de jaunes d'œufs délayés 
avec de la crème; mettez dans le milieu de votre plat la 
croûte d'un petit pain chapelé, dont vous aurez oté la mie 
et que vous avez mise un instant sur le gril, après l'avoir 
beurrée des deux cotés; versez votre ragoût de champi- 
gnons sur cette croûte. 

Croûte aux Champignons à la Provençale. — « Prenez une 
certaine quantité de champignons et lavez-les sans les pe- 
ler; mettez quelques cuillerées de bonne huile dans une 
poélc et faites-les cuire ainsi sur un fourneau très-vif pen- 
dant sept à huit minutes; ajoutez-y pendant qu'ils cuisent 
du sel, du poivre et de la muscade, des échalotes et du 
persil, le tout haché; versez-les dans le plat et siu' une 
croûte de pain beurrée et séchée sur le gril. » {Le Par- 
fdjl Cuisinier.^) 

Ragoût de Champignons. — « Passez les champignons bien 
épluchés au beurre, avec u\\ bouquet de persil et ciboule, 
mettez ensuite un peu de farine; mélez-la et mouillez avec 
de bon bouillon, autant de vin, et du jus, si vous en 
avez (i). Faites cuire pendant une bonne heiue ; liez la 
sauce avec du jus ou avec un peu de beurre manié de 
farine. » (Albert.) 

Purée de Champignons. — « Faites bouillir des champi- 



(1) Ce que les cuisiniers appellent jus est une sorte d'extrait de suc de 
viande : le bouillon peut remplacer le jus. 



i:;6 LES CHAMPIGNONS. 



giioiis hicii lavés et épluchés; faites-les égoutter, ensuite 
hachez-les bien fin, attendu qu'on ne peut pas les passer, 
et pressez-les clans lui linge ])lanc. Passez vos champignons 
hachés dans luie casserole avec un morceau de beurre et 
le jus (I un citron. Lorsque le l)eurre sera en luiile, mouil- 
lez avec du jus blond (jus (pie l'on fait avec des viandes 
blanches, et qu'on ne laisse pas colorer), et autant de 
bouillon; faites réduire jusqu'à ce que la purée ait acquis 
une bonne consistance. Yovez si elle est assez assaison- 
née, i) (Albert.) 

Œufs aux Champignons. — « Pour les préparer, il suffit, 
lorsqu'ils sont suffisamment cuits, comme on vient de lin- 
diquei-, de les presser à ti'avers une étamine, pour en ex- 
traire le jus qu'on bat avec des œufs (sur une choj)ine de 
jus, il faut cinq œufs dont ou a ôté deux blancs) ; on passe 
de nou\eau à Pétamine, et on les fait prendre au bain- 
marie dans de petits pots. Si l'on veut les préparer au 
maigre, on met du lait en place de bouillon lorsqu'on les 
les fait cuire, et on observe les proportions indiquées. » 
( Paulet.) 

Tourte aux Champignons. — « Pour la faire, OR com- 
mence par couper du beurre par tranches dont on couvre 
le fond d'une tourtière ; sur ce beurre, on met une couche 
de mie de pain bien fine, et sur cette mie de pain une autre 
couche de champignons dont on a oté la peau et les tiges ; 
on couvre ces champignons de Ijeurre coupé de même par 
tranches: on ajoute du poivre, du sel et des fines herbes, 
comme persil, etc., et de la mie de pain dont on fait une 
autre couche un peu épaisse, sur laquelle on fait un second 
lit de champignons semblable au premier, et qu'on recou- 
vre encore de beurre, de mie de pain, de fines herbes, etc. 
On fait jusqu'à trois couches ou lits, placés alternativement 
entre ceux de beurre et de mie de pain, etc., de manière 



LEUR PRÉPARATION CULINAIRE. l.iT 



que les chanipigiions soient placés immédiatement sur un 
lit de mie de pain et sous une couche de beurre , et que 
le tout soit recouvert d'une couche de mie de pain très- 
épaisse (de l'épaisseur du doigt environ). On couvre la 
tourtière de son couvercle ou four de campagne, on met le 
feu dessus et dessous, et on fait cuire ; c'est l'affaire d'une 
heine. La toiu'le cuite, on la sert dans la tourtière. Cette 
manière est principalement usitée dans le Bourbonnais. » 
(Paulet.) 

On fait entrer les champignons de couche et la plupart 
des autres Agarics dans la préparation des salmis, des gibe- 
lottes, des vols-au-vent ; on en fait des salades, des potages; 
on les mêle aux viandes ; on les cuit à l'eau, au lait, au vin, 
à l'huile, etc. 

On en fait des beignets, en les jetant dans l'huile ou le 
beurre chauds, après les avoir fait bouillir à l'eau et les 
avoir roulés dans la farine. 

Champignons à la crème. — Pelez et nettoyez bien dix 
beaux chapeaux de champignons , mettez-les ensuite en- 
tiers dans un poêlon avec deux verres de crème fraiche , 
une pincée de sel, une moitié d'échalote et deux feuilles 
de persil liées; faites-les bouillir doucement pendant une 
demi-heure ; mettez-les ensuite sécher sur un plat; cela fait, 
délayez dans une terrine trois jaimes d'œufs avec trente 
grammes de beurre, lui gramme de noix muscade râpée et 
une pincée de persil haché ; amalgamez le tout dans la 
crème , en l'agitant, sans la laisser bouillir ; vous la versez 
ensuite sur les chapeaux. C'est un plat délicieux. 

Champignons en matelotte. — Cette manière consiste à 
achever de cuire, dans la sauce d'une matelote, les cham- 
pignons déjà passés ou revenus dans le beurre, manière 
qui se rapproche le plus de celle des anciens, qui les fai- 
saient cuire dans l'huile et le vin. 



158 LES CIlA.Ml>|(iNONS. 



Champignons à TAnglaise. — Enle\ez la pellicule; à six 
gros cliapeuux de champignons blancs ; incisez-les légère- 
ment avec la iiointod'un couteau, faites-les ensuite macé- 
rer pendant une petite heure dans une terrine avec de 
l'huile, le jus d'un citron ou du verjus, du sel, un gramme 
et demi de poivre, un petit bouquet de persil. Vous les 
saupoudrez ensuite légèrement de pain et les mettez sur le 
gril avec un feu très-lent, les retournant plusieurs fois; 
après dix-huit minutes environ de cuisson ; servez-les en 
couronne, en versant dessus une sauce chaude à la maître- 
d 'hôtel. 

Champignons à l'Italienne. — Pelez un kilogramme et 
demi de beaux champignons blancs; lavez-les avec de l'eau 
tiède ; essuyez-les ensuite et coupez-les en tranches minces ; 
cela fait, mettez dans une casserole cent vingt grammes 
de beurre, trente-deux grammes d'huile d'olives, deux 
anchois nettoyés de leurs écailles et que vous triturerez 
avec deux gousses d'ail ou d'échalote; faites-les frire un 
instant; jetez-y les champignons avec le jus d'un citron, 
du sel, un gramme de poivre et un demi-verre de bouillon. 
Couvrez la casserole , faites-la bouillir à petit feu en mê- 
lant de temps en temps les cliampignons avec une cuiller 
de bois, et après un petit quart d'heure d'ébullition, ajou- 
tez-y une pincée de persil avec une feuille de menthe 
broyée ; saupoudrez le tout de sel. 

Servez-les ensuite sur lui plat , entourés de quelques 
croûtons frits dans du beurre et glacés. 

Champignons à la Languedocienne. — « Prenez de gros 
champignons de couche , coupez les queues très-court et 
eidevez une petite peau blanche qui les recouvre ; met^ 
tez-les sur une tourtière, la queue en haut, avec un peu 
d'huile; saupoudrez-les de sel fin, gros poivre et muscade 
râpée, persil et ciboule hachés; arrosez-les d'un peu 



LKUR PREPARATION CULINAIRE. !159 

d'huile; ne les retournez pas; quand ils sont cuits, dres- 
sez-les sur un plat. Ils doivent être imbibés d'huile. » 
(Albert.) 

Champignons à la Lombarde. — Nettoyez six gros cha- 
peaux de champignons ; coupez-les en tranches minces 
dans leur largeur; plongez-les dans im œuf battu, ensuite 
roulez-les dans la farine , puis mettez-les dans une tour- 
tière sur cent vingt grammes de beurre fondu. Placez la 
tourtière sur un feu modéré, et, aussitôt qu'ils seront teints 
d'une couleur blonde d'un côté, retournez-les de l'autre ; 
salez-les, et, après deux minutes, ajoutez-y une pincée de 
persil trituré avec une demi-gousse d'ail. Faites-les sauter 
et servez -les sur un plat en coiu'onne , après les avoir 
arrosés d'un peu de leur graisse , et servant un citron à 
part. 

Moutarde aux Champignons. — On prépare en Italie , sui- 
vant Sterbeeck, sous le nom de moutarde aux champi- 
gnons, une sorte d'assaisonnement dont l'usage est assez 
répandu. 

Poin^ faire cette moutarde, dit Paulet, on prend des 
amandes pelées qu'on pile dans un mortier avec un peu 
d'eau; on y ajoute de l'ail, du gros poivre concassé, de 
l'huile d'olive et du jus de citron ; on donne au tout la 
consistance de la moutarde, et on la sert avec les champi- 
gnons cuits. 

MANIERE D'APPRÊTER L'ORONGE. 

(t La meilleure manière d'apprêter l'Oronge consiste, 
après l'avoir dépouillée de sa peau et enlevé sa tige , à la 
faire cuire sur un plat, ou la lèchefrite ou autre vaisseau, 
sa cavité garnie de tines herbes, de mie de pain^ d'ail, de 
poivre, de sel, et des hachures de sa tige, le tout arrosé 



lUO LES CIIA.M IM<.N()NS. 



(riitiilc. (V(\st ce qu'on appelle à la bant!;oule ou à \\\ proven- 
rulc. Ou ue jx'ut rieu luaugiT de plus délicieux. » (Pai let.) 

H laut manger les Oi'ouj;('s fraîches, car elles ne se gar- 
dent j)as au-delà de lui ou A^nx jouis. 

Oronges à la Chapsal. — A}'^'^^ suj)prinu' la pellicule du 
chapeau de six Oronges, et les avant jjieu nettoyées, met- 
tez-les entières dans une tourtière, dans laquelle vous aurez 
mis un bon demi-verre d'huile, en semant dessus une tri- 
turation de deux anchois bien nettoyés, une pincée de per- 
sil, et luie gousse d'ail avec un pini de sel et de poivre; 
versant ensuite dans la tourtière une demi-ljouteille de vin 
blanc. (]ouvrez-les avec une feuille de papier arrondie et 
graissée d'huile. Mettez-les ensuite dans un four chaud 
])endant vingt minutes environ, ou bien avec delà cendre 
rouge sous la tourtière et sur le couvercle. I)is])osez-les en 
couronne sur un plat, enlevez l'excès de graisse et ajoutez le 
jus de la moitié d'un citron; le tout bien réduit, vous cou- 
vrez les champignons et les servez fumants. 

MAMKRE I) APPRÊTER LOREIEI^E DE CHARDON. 

« Les Provençaux et les Languedociens font beaucoup 
de cas de ce chanijiignon; ils le mangent apprêté avec de 
l'huile, du sel, du poivre, du persil et de l'ail, qui est l'as- 
saisonnement ordinaire des champignons, et qui a même 
donné son nom à deux sauces semblables, qu'on y appelle 
à la ba ri inouïe , à Ui balii^oule ; mais cette plante est encore 
meilleure en fricassée de poulet , et plus délicate que le 
champignon de couche. 11 n'y a rien à ôter dans celle dont 
il est question. Tournefort et Oarides, entre autres, en ont 
fait l'éloge. » (Paiilet.) 



LEUR PRÉPARATION CULLNAIRE. ICI 



MANIERE J) APPRÊTER LES MOUSSERONS. 

Ragoût de Mousserons. — « Après avoir épluché et lavé 
vos Mousserons, passez-les au lard fondu avec bouquet, sel 
et poivre; mouillez de jus de veau et faites mitonner; dé- 
graissez ensuite et liez d'un coulis de veau et de jambon. » 

Croûte aux Mousserons. — a Vous faites un ragoût de 
mouton ; vous mettez une croûte bien sèche et bien cha- 
pelée au fond du plat; servez votre ragoût dessus. On peut 
préparer d'une autre manière cette croûte aux Mousse- 
rons; à cet effet, on prend un pain bien chapelé; on en 
coupe les croûtes de la grandeur d'un écu; on les fait 
tremper dans du lait et frire de belle couleur; après les 
avoir égouttées, on les dresse dans un plat et on verse 
])ar dessus le ragoût de Mousserons. 

« On peut aussi apprêter les Mousserons à la crème, en 
faire des beignets, etc. 

« Un habile cuisinier saura préparer un potage au gras ou 
au maigre auquel notre champignon communiquera tout 
son parfum. 

« Quand on mange le Mousseron, venant de le cueillir, 
la meilleure manière et la plus simple de le préparer con- 
siste à le laver à l'eau froide et à le mettre à la casserole avec 
du beurre frais ou de l'huile d'olive, du poivre, du sel et 
un jus de citron. » (Noulet et Dassier.) 

La poudre de Mousserons desséchés s'emploie pour as- 
saisonner tous les ragoûts. 

MANIÈRE D'APPRÊTER LES RUSSULES. 

Les Russules sont très-recherchées en Lorraine où elles 
sont connues sous les noms de Franc-vert^ Fdjssé, Cliarbon- 

11 



1C2 l^I-vS CHA.Ml'hiNONS, 



nier; elles se }>réparciit en général à la iiiaiiiérc du champi- 
gnon (le couche. 

Dans le haut Languedoc, on fait cuire l'Agaric virescent, 
appelé rerdette dans le Midi, sur le gril, avec de fines her- 
bes et de l'huile. Dans le Nord on le fait cuire avec du 
beurre, du poivre, du sel et quelquefois un peu de bouillon. 
On en fait aussi im hachis avec de fines herbes et un peu de 
lard ; on le passe au beurre et on l'introduit dans une ome- 
lette. 

Les Russules desséchées servent à faire des purées ou 
des coulis, qui donnent une sorte de relief au rôti et au 
bouilli de la veille. 



MWIÈRE D'APPRÊTER LES LACTAIRES. 

Les enfants, en Lorraine, mangent presque toujours cru 
VJgarieus / oleiims^ qu ils apjjellent / iau. En Allemagne, on 
le mange assaisonné avec du beurre et du persil , ou cuit 
avec de la crème ou du beurre, et assaisonné de sel et de 
fines herbes. 

L'Agaric poivré et l'Agaric controverse sont, malgré leur 
saveur acre, mangés communément par les charbonniers 
et les bûcherons. Us se contentent de les cuire sur le gril ou 
siu' les charbons, et d'y ajouter du sel et du poivre. La 
cuisson détruit en grande partie l'àcreté de ces plantes, 
mais elle n'en fait jamais un aliment agréable. 

Plenck dit de l'Agaric délicieux, qu'il est excellent dans 
les ragoûts. En Allemagne, on en fait des provisions pour 
l'hiver, et on le conserve confit dans de la saumure ou dans 
le vinaiijre. 

Dans certains pays on fait sécher les Lactaires après les 
avoir coupés par tranches ; dans d'autres, on les conserve 



LEUR PREPARATION CULINAIRE. 1G3 

dans des tonijeaux avec du vinaigre et du sel, comme le pré- 
cédent. 

MANIÈRE D'APPRÊTER LES CHANTERELLES. 

« Le laboureur, les hommes qui vivent au milieu des 
champs, pourront apprêter simplement les Chanterelles 
avec du beiu're^ de l'huile ou de la graisse, du poivre ou 
du sel. En y ajoutant des tranches de pain grillé, ils au- 
ront un plat suffisant pour une famille entière. On peut 
aussi incorporer ces champignons dans une omelette après 
les avoir passés à l'eau bouillante, ou bien les mêler avec 
des œufs brouillés. » f Roques.) 

Ce champignon demande à être cuit longtemps et len- 
tement , à l'étuvée ; il est bien meilleur si on l'a d'abord 
laissé tremper pendant quelques heures dans du lait. Il 
ne faut pas, dans la cuisson, élever trop haut la tempéra- 
ture, ce qui le rendrait coriace et dissiperait son arôme. 

Autre procédé. — « \près avoir lavé et épluché les Chan- 
terelles, on les passe à l'eau bouillante : ensuite on les 
fait cuire avec du beurre frais, un peu d'huile d'olives, de 
l'estragon, du poivre, du sel et un peu de zeste de citron. 
Lorsqu'elles sont cuites, on les laisse mijoter sur un feu 
doux pendant quinze ou vingt minutes , et on les arrose 
de temps en temps avec du bouillon ou de la crème, ou 
bien on les lie avec des jaunes d'œuf. » (Roques.) 

« On peut également préparer les Chanterelles avec de 
la volaille, des tendons de veau ou toute autre viande, en 
ajoutant à l'assaisonnement ordinaire un peu de jus de 
citron. » 

Dans nos départements du sud, on les marie avec des 
cuisses d'oie confites. 

Quelques mycophiles préfèrent la Chanterelle réduite 



Itlj LKS CHAMPIGNONS 

en j)iiire et servie sous une noix de veau ou sous uu filet 
de bœul. (^'tte purée s'allie à merveille a\ec la tomate 
assaisonnée de jus de citron et de fines iierbes. Si vous 
employez l'estragon, il est mieux qu'il soit fraîchement 
cueilli et non conservé. 

Desséchées, les Chanterelles servent d'assaisonnement 
aux ragoûts. 

MAMi:iŒ DE IMIÉPAHER EES CEPS OU BOLETS. 

Toutes les préparations auxquelles on soumet le cham- 
pignon de couche conviennent aux Bolets. 

On peut, lorsque ces plantes sont fraîchement cueillies, 
les mettre en ragoût, en tourte, en fricassée de poulet, etc. 
On est dans l'usage de les passer à l'eau bouillante, puis 
de les essuyer, après quoi on les fricasse. Quelques per- 
sonnes se contentent de les faire revenir dans du beurre; 
elles ajoutent ensuite du sel et du poivre. D'autres les font 
d'abord cuire à l'eau, puis les mettent dans une sauce faite 
avec de Tliuile, de l'ail, de l'échalote et du persil que l'on 
chauffe sur le plat. 

Dans les fermes des Basses-Pyrénées , les maîtres, les 
domestiques et les ouvriers se régalent avec des ('eps cuits 
au four sur un plat, et assaisonnés d'huile, d'ail et de per- 
sil. C est quelquefois leur principal repas. 

11 se fait un grand commerce de ces champignons dans 
nos départements méridionaux^ et surtout à Bordeaux. 

Ceps aux fines herbes. — « Après avoir épluché les Ceps, 
on les laisse mariner pendant quelque temps dans l'huile 
avec du poivre et du sel Ensuite on les fait cuire sur le 
])lat ou dans la tourtière, avec du beurre frais, des ci- 
boules, des échalotes, du persil et de l'estragon hachés 
menu, du gros poivre, du sel et de la chapelure de pain. 



LEUR PRÉPARATION CULINAIRE. 165 

« A la campagne, on les mange cuits simplement sur 
le gril et assaisonnés de beurre, de sel et de poivre, ou 
bien on les fait frire dans la poêle avec du beurre, du 
saindoux ou de l'huile. C'est un mets populaire dans les 
cantons voisins des grandes forêts. » 

Potage aux Ceps. — « Coupez par tranches une demi- 
douzaine de Ceps épluchés avec soin ; mettez-les dans 
une casserole avec du sel, du gros poivre^, un peu de mus- 
cade, une livre de maigre jambon éminci, une demi-livre 
de croûte de pain et quatre onces de beurre frais. Faites 
cuire le tout sur un feu vif pendant une heure, et mouil- 
lez de temps en temps avec de l'excellent bouillon. Passez 
ensuite à travers une étamine. Remettez votre purée sur 
un feu doux, en ajoutant du bouillon pour l'éclaircir ; 
laissez mijoter pendant vingt minutes , et versez le tout 
dans votre soupière, après y avoir mis des croûtons pas- 
sés au beurre. Surtout que le potage soit chaud et d'un 
bon goût. 

« Dans les pays où ces champignons abondent , on les 
coupe par tranches, qu'on enfile et qu'on fait sécher. Ail- 
leurs, on les passe au four ou à l'étuve, et on les conserve 
pour l'hiver. On en reçoit, tous les ans, à Paris une grande 
quantité du département de la Gironde. Lorsqu'on veut 
en faire usage, on les fait revenir dans de l'eau tiède ou 
dans du bouillon, et on les apprête ensuite comme les 
Ceps nouveaux. Quelques auteurs les râpent et en font des 
coulis, des potages, des crèmes, etc. » (Roques.) 

Ceps à la Bordelaise. — On choisit les plus jeunes indi- 
vidus, ou du moins ceux dont la chair est ferme, blan- 
che, parfumée, et après en avoir retranché l'hyménium 
ou la partie poreuse, ainsi que le pédicule, on les fait re- 
venir pendant quelques instants sur le gril pour en déga- 
ger l'humidité surabondante. Puis on les presse légèrement 



1G6 LES CHAMPIGNONS. 



entre deux linges; on les essuie, et on les fait cuire avec 
(le riiuile d'olives, du persil et de l'nil liaché, du ])oivre et 
du sel. On ajoute, vers la lin, un peu de jus de citron. 

Autre procédé. — « On prend une partie des tiges les plus 
saines, et on en compose, avec de l'ail, du persil, du poivre 
et du sel, un hachis (pi'on a fait revenir dansThuile d'oli- 
ves fraiclie. Puis on ajoute les Ops passés sur le gril , et 
leur cuisson se termine dans ce condiment. » 

Hâtelettes de Ceps à ritalienne. — « Faites revenir VOS 
Ceps sur le gril; pressez-les dans un linge, et les coupez en 
quatre, six ou huit morceaux, suivant leur grosseur. \yez 
autant de petites lames de lard. Enfdez tour à tour un mo- 
rceau de Ceps et un morct^au de lard, jusqu'à ce que vos 
hâtelettes (brochettes) soient garnies. Assaisonnez-les avec 
du sel, du poivre et du persil hachés; trempez-les dans 
l'huile et panez-les. Faites-les cuire sur le gril, et arro- 
sez-les de temps en temps avec l'huile qui a servi à l'as- 
saisonnement. « (Roques.) 

Manière de préparer le Bolet foie-de-bœuf (Fu^w/^Ha hepatica.) 
— Ce champignon, dont la chair est épaisse^ veinée et rou- 
geâtre, est quelquefois assez volumineux pour qu'un seul 
pied puisse fournir amplement de quoi faire un bon repas. 
ij Sans odeur sensible, il a un goût vineux, lui peu acide. 

On recherche, pour l'usage, les jeunes individus, car, avec 
Fâge, sa surface devient visqueuse, sa chair se durcit et 
tend même à passer à l'état ligneux. Trop avancée d'ailleurs, 
elle altère et échauffe un peu. 

Il y a, dit Paulet, deux principales manières de manger 
le Bolet foie-de-bœuf : ou cuit sous la cendre, et coupé 
ensuite par tranches avec une liaison ; ou Ijien apprêté en 
fricassée de poulet : c'est-à-dire , qu'après l'avoir lavé, 
éjîluché et bien essuyé, on le fait revenir à l'eau bouillante, 
et on le fait cuire dans le beurre avec un peu de persil, de 



LEUR PRÉPARATION CULINAIRE. 1G7 

ciboule, poivre, sel, etc., et on fait une liaison avec les 
jaunes d'œufs. L'assaisonnement un peu piquant est tou- 
jours nécessaire à cause de sa viscosité, lorsqu'il est un peu 
avancé. On a éprouvé que le vinaigre se marie mal avec 
cette espèce, et gâte sa sauce. Ce champignon, qui a une 
saveur de truffe, altère, échauffe même un peu, lors- 
qu'on en mange trop, mais ne nuit jamais. Lorsqu'il n'est 
que naissant, il ne produit pas cet effet. 

On le mange également cuit sous la cendre, coupé par 
tranches, en y ajoutant une liaison. 

A Vienne, en Autriche, et dans d'autres parties de l'Al- 
lemagne, on coupe le Bolet foie-de-bœuf par tranches 
minces et on le mange cru en guise de salade, avec la 
chicorée et la mâche. Si on y ajoute, dit Berkeley, quelque 
peu de jeunes truffes, on a un mets excellent. 

M'^ Hussey dit que pour faire un bon plat, le Bolet 
foie-de-bœuf, coupé menu, doit être mélangé avec de la 
viande de veau ou de poulet, et assaisonné avec du jus de 
citron et du poivre de ('ayenne : on le cuit délicatement à 
l'étuvée ou bien sur le gril. 

On le cuit de même avec de la viande de veau, en y 
ajoutant de la crème et du jus de citron. 

On retire de cette plante un suc abondant, de couleur 
brune , lequel est excellent avec les biftecks et d'autres 
viandes grillées. 

MANIÈRE D'AI^PRÊTER LES HYDNES. 

L'Hydne sinué est de très-bonne qualité. La cuisson 
dans l'eau, dit Paulet , paraît nécessaire pour le ramolHr, 
étant de substance un peu ferme. Il n'y a rien à ôter pour 
préparer ces champignons. On les coupe par morceaux; 
on les fait revenir un peu dans l'eau bouillante, et on les 



468 LES CIIA.MI'HINON-S. 



Iricasse avec du Ijclmtc cl du persil, tlu poivre, du sel, etc. 
Mais l'expérience m'a prouvé qu'après les avoir passés à 
l'eau bouillante, la meilleiu'e manière de les ajîprèter; c'est 
de les faire cuire, sans les essuyer, à la graisse et au bouil- 
lon : ils sont meilleurs cpi'avec le beurre, avec lequel ils 
sont toujours un peu coriaces. Elant très- peu aqueux par 
eux-mêmes, ils ont besoin d'un véliicule liquide un peu 
abondant. 

Selon Berkeley, la meilleure manière peut-être de pré- 
parer l'Hvdne sinué est, après l'avoir plongé dans l'eau 
chaude, de le faire cuire lentement à l'étuvée avec inie pe- 
tite ([uantité de jus de veau auquel on ajoute un peu de 
sel, de poivre de Cayenne et un brin de macis. Qiiand le 
champignon est tendre, une petite quantité de persil, de 
cerfeuil, avec lui peu d'ail, est ajoutée en m.ême temps que 
de la Ijonne crème. Le tout est servi chaud avec des tran- 
ches de pain frit. 

On mange aussi ce champignon cuit sur le gril avec de 
fines herbes, à la manière des Agarics. 

L'Hydne hérisson s'accommode comme le champignon 
de couche, dont il a le goût. 

MANIÈRE D'APPRÊTER LES CLAVAIRES. 

« Après les avoir lavées et épluchées, c'est-à-dire ôté la 
terre du bas, on les fait ramollir sur un feu doux dans 
une casserole, avec un morceau de beurre; quand elles 
sont ramollies, on jette l'eau qu'elles ont rendue, et on les 
saupoudre légèrement de farine ; on les mouille avec du 
bouillon, et on fait la liaison avec les jaunes d'œufs, quand 
elles sont cuites; c'est l'affaire d'une heure. 

« D'autres les font cuire, après les avoir épluchées et la- 
vées, avec du lard t[u'on met dessus et dessous, et du 



LEUR PREPARATION CULINAIRE. 169 

bouillon, en ajoutant sel, gros poivre, un morceau de jam- 
bon et un peu de persil. Jl faut environ une heure de cuis- 
son ; après cela, on les met dans une sauce faite avec du 
coulis ou du jus de viande, ou en fricassée de poulet, sans 
les remettre sur le feu. On a soin de couvrir la casserole 
avec du papier, sur lequel on met le couvercle ; c'est le 
moyen de retenir leur parfum, de les conserver blanches, 
et d'empêcher la sauce de s'épaissir trop. 

« On confit encore les Barbes-de-chèvre (les Clavaires) 
au vinaigre, de la même manière que les cornichons et la 
perce-pierre, Crythnium maritimum, etc. Pour cela, on les 
blanchit d'abord , c'est-à-dire on les passe à l'eau bouil- 
lante, on les essuie et on les met dans du vinaigre. L'expé- 
rience a prouvé que cette manière de les conserver est très- 
bonne, » (Paulet.) 

Les grandes espèces de Clavaires demandent à être cuites 
à l'étuvée pendant au moins une heure. Ce qu'il y a de 
mieux, c'est d'ajouter à leur cuisson un mélange de fines 
herbes et de jambon auquel il est indispensable de joindre 
des cives, des échalotes et une petite portion d'ail. 

Lorsqu'on fait cuire les petites espèces de Clavaires, 
elles doivent être liées en bottes, comme les asperges. C'est 
le plus souvent à la sauce blanche qu'on les prépare. Les 
Clavaires de couleur jaune sont moins délicates que les 
blanches. 

Ces plantes^ même celles qui sont de petite taille, sont 
pour la plupart d'excellents articles de nourriture. 

MANIÈRE D'APPRÊTER LES MORILLES. 

Les Morilles sont les bienvenues du printemps. De quel- 
que manière qu'on les apprête, dit i*aulet, elles sont tou- 
jours bonnes, étant moins huileuses et d'une chair moins 



170 LES f.llAM PIGNONS. 



compacte en général ([ue les (Ihampigiions, les Mousserons 
et les Truffes; elles sont aussi plus légères sur l'estomac, 
et n'incommodent jamais. 

l*our les apprêter, on commence, après les avoir éplu- 
chées, par les laver et les battre dans plusieurs eaux, d'une 
casserole à l'autre, pendant quelque temps, pour leui" ùter 
toute la terre qu'elles sont sujettes à contenir dans leurs ca- 
vités. Cette opération fait(^, on les égoutte bien en les es- 
suyant, et on les met dans une casserole sur le feu, avec 
du beurre, du gros poivre, du sel, du persil, et, si l'on veut, 
un morceau de jambon. Tne heure de cuisson leur suffit. 
Comme elles ne rendent pas beaucoup d'eau, on est obligé 
de les humecter souvent, et, pour cela, on préfère le bouil- 
lon. Lorsqu'elles sont cuites, on ajoute des jaunes d'œufs, 
pour faire la liaison, en les ùtant du feu. Il y en a qui y 
mettent un peu de crème. On les sert seules, ou sur une 
croûte de pain rissolée et imljibée de beurre. 

Morilles farcies. — On préfère pour les farcir les Morilles 
fraîches et les blondes. On les ouvre au bout de la tige, et 
après les avoir bien lavées, battues et essuyées, on les gar- 
nit d'une farce fine, et on les fait cuire entre des bandes de 
lard. On les sert dans une sauce semblable à celle des Mo- 
rilles à l'italienne. 

A Vienne en Autriclie, on farcit les Morilles avec de la 
chapelure de pain, de la viande de volaille, des sardines, 
des écrevisses et d'autres assaisonnements. 

On mange encore ces champignons frais, grillés, ou cuits 
sous un four de campagne. 

Morilles à iitaiienne. — «Epluchez, lavez et laissez égout- 
ter vos Morilles; coupez-les en deux ou trois parts, sui- 
vant leur grosseur, et placez-les dans une casserole sur du 
feu vif, avec de l'huile d'olive, poivre, sel et un bouquet 
de fines herbes. l"aites-les sauter quelques instants, ensuite 



LEUR PRÉPARATION CULINAIRE. 171 



y ajoutez du persil haché, de la ciboule et une pointe d'ail. 
Continuez la cuisson sur un feu modéré; mouillez avec un 
bouillon et un verre de vin blanc; et. lorsque la cuisson 
est parfaite, servez avec du jus de citron et des croûtons 
bien rissolés. 

« Dans nos départements méridionaux, on apprête les 
Morilles à la manière des Ceps, ou bien on les mange far- 
cies comme les aidjergines. Ailleurs, on les farcit avec de 
la volaille, des anchois, de la chapelure de pain, quelques 
fines herbes^ et on les fait cuire entre deux bardes de lard. 
On aime à les savourer dans les pâtés chauds, la fricassée 
de poulet, l'émincé de volaille. Enfin, rien n'est si délicat 
qu'une noix de veau entourée de Morilles, convenablement 
assaisonnée et cuite au four dans son jus. » (Roques.) 

Morilles en hâtelettes. — Après les avoir lavées, coupées 
en deux, et passées au feu, pour leur faire rendre leur eau, 
on les met avec du beurre, de l'huile, du sel, du poivre, 
du persil, de la ciboule hachée et des échalotes : ainsi ma- 
rinées, on les embroche avec de petites brochetes, et on 
les fait griller après les avoir légèrement panées. On les 
arrose avec leur sauce, et on les sert avec ce qui reste. 

Morilles à. la crème. — « Après les avoir passées sur le 
feu, avec du beurre, du sel, un bouquet de fines herbes et 
un petit morceau de sucre, on les mouille, quand elles 
out perdu leur eau, de bon bouillon, en ajoutant quelques 
pincées de farine ; on y mêle ensuite de la crème et on les 
sert avec des croûtes de pain. » (Paulet.) 

Ragoût de Morilles. — Epluchez , coupez en deux et lavez 
vos Morilles; égouttez-les bien en les essuyant. Ensuite, 
mettez -les dans une casserole avec du beurre fin. Faites 
sauter sur un feu assez vif, et, lorsque le beurre est fondu, 
exprimez-y le jus d'un citron. Donnez encore quelques 
tours; ajoutez ensuite sel, gros poivre et un peu de mus- 



17:2 LES C 11 A.M 1' 1 (. NONS. 



c:ule ràjK'C. Laissez cuire vos Morilles pendant une heure, 
et nourrissez-les par intervalles avec du bouillon ou du con- 
sommé. Lors([u'elles sont cuites, liez-les avec des jaunes 
d'oeufs. 

Morilles aux croûtons, — « Passez VOS Morilles sur le feu 
avec du beurre, du sel, du gros poivre et un bouquet do 
fines herbes; faites sauter et ajoutez un peu de farine. 
Mouillez-les avec de l'excellent bouillon ; faites-les cuire et 
réduire sur un feu doux. Supprimez ensuite le bouquet de 
fines herbes. Prenez des croûtons que vous aurez fait frire 
d'avance dans le beurre; fiiites une liaison avec trois 
jaunes d'oeufs et une pincée de sucre en poudre que vous 
mêlez à vos Morilles, et versez le tout sur vos croûtons. » 
(Roques.) 

Les Morilles sèches reviennent facilement dans l'eau. Sé- 
chées au four ou autrement, on les râpe ainsi que certains 
Ceps et les Mousserons, pour en avoir la poudre, qu'on met 
dans les sauces au besoin. 

mami:re d'appré'ier les helvelles. 

Toutes les Helvelles, dit Roques, fournissent un aliment 
sain et d'un goût agréable. On n'en connaît encore aucune 
qui soit d'une nature vénéneuse ou même suspecte. 

Après les avoir épluchées, on les lave à l'eau tiède et on 
les fait cuire avec du persil, du sel et un peu d'eau. On 
peut y ajouter, avant de les servir, du lait ou des jaunes 
d'œufs. 

Il ne faut pas, dit 3L Berkeley, les laisser tremper trop 
longtemps dans l'eau ni les laver plusieurs fois, ce qui dé- 
truirait leur arôme délicat, bien qu'il soit toujours prudent 
de les diviser et de les plonger un instant dans l'eau 
chaude, afin de les débarrasser des limaces et autres holes 



LEUR PREPARATIOX CULINAIRE. 173 

qu'elles pourraient loger, et du gravier. La meilleure façon 
de les assaisonner est peut-être de les préparer avec du 
veau ou du poulet hachés menu et enveloppés dans des 
tranches de lard minces, après que, d'abord, on les a ù\\t 
cuire à l'étuvée jusqu'à ce qu'elles soient tendres et conve- 
nablement assaisonnées. 

Les Helvelles peuvent être préparées à peu près de la 
même façon que les Morilles, Comme celles-ci , elles de- 
vraient toujours être recueillies par un temps sec, car la 
moindre humidité les fait moisir, et la putréfaction s'ensuit 
rapidement. 

MANIÈRE D'APPRÊTER LES VESSE-LOUP. 

Toutes les grandes espèces de V^esse-loup peuvent se 
manger, tant que, coupées en travers, elles restent d'un 
l)lanc pur : si elles offrent des taches jaunes ou conimen- 
cent à prendre une couleur cendrée, elles sont trop vieilles; 
il faut les rejeter. Mais toutes les espèces de ce genre, dit 
Berkeley, ne sont certainement pas, quoique jeunes et 
préparées avec soin, délicates à manger, entre autres le Lj- 
coperdon cœlatiun et le BovisUi plurnbea. 

On fait subir aux Vesse-loup la même préparation 
qu'aux champignons ordinaires. 

La Vesse-loup gigantesque est un champignon excellent 
quand elle est cueillie jeune et préparée convenablement. 

Voici comment mistress Hussey conseille de la préparer. 

Coupez-les en tranches d'un demi-pouce d'épaisseur; 
ayez des herbes hachées, du poivre, du sel, etc., tout 
prêt, comme pour une omelette ordinaire ; trempez les 
tranches dans lui jaune d'œuf, recouvrez-les des herbes et 
de l'assaisonnement; faites-les frire dans du beurre frais 
et servez-les immédiatement. Elles sont plus légères et de 



17i I.KS fillAM l'h;N(iNS 



plus facile digestion ([ue les omelettes aux œufs, et res- 
semijlcnt à des beignets de cervelle. 

Eli Italie, on coupe la Vesse-loup gigantesque par frag- 
ments, ainsi que la Vesse-loup ciselée; on les passe à l'eau 
bouillante, puis on les fait frire avec de l'huile, en y ajou- 
tant l'assaisonnement nécessaire. 

Du temps de C>ésalpin, les Vesse-loup étaient déjà d'un 
usage alimentaire. On les faisait cuire, nous dit cet auteur, 
dans leur jus, et on y ajoutait de la menthe, ou bien on les 
faisait frire tlans de l'huile, après les avoir coupées par 
tranches. C'était, ajoute-t-il, un aliment des plus agréables 
et qui n'offrait aucun danger. 

MAMKRE D'APPRÊTER LES TRUFFES. 

Les grosses Truffes sont les plus estimées : celles qui 
viennent dans le Périgord passent pour les meilleures. ' 

La Truffe noire, Tuher ciharium, est la plus usitée en 
Lrance. La Truffe blanche, T. magnntum, beaucoiq) plus 
rare que la noire, est tellement agréable au goût et à l'odo- 
rat, qu'en tout temps elle se vend à lui prix élevé. 

Les Truffes peuvent se manger de mille manières diffé- 
rentes, crues ou^uites, assaisonnées ou sans accommode- 
ment, seules ou mélangées à d'autres aliments. 

Elles sont excellentes dans toutes sortes de ragoût, soit 
hachées, soit coupées en tranches après les avoir pelées. 
C'est sans contredit un des meilleurs assaisonnements que 
l'on puisse servir en cuisine. 

On en farcit fréquemment les volailles, auxquelles elles 
communiquent leur parfum en même temps qu'elles favo- 
risent leur conservation. 

Mises dans le lait, ces plantes lui communiquent leur 



LEUR PREPARATION CULINAIRE. 175 



odeur et hâtent sa coagulation ; on peut de cette manière 
obtenir des fromages à la Truffe. 

(( On préfère avec raison l'huile ou le beurre à toute 
autre substance pour assaisonner la Truffe. Après l'huile, 
le vin est l'ingrédient ou le véhicule qui lui convient le 
mieux, et lorsque ces deux sul)stances sont mariées en- 
semble, alors l'assaisonnement est parfait. Voilà pourquoi 
un ragoût de Truffes n'est bon et bien agréable que lorsque 
la sauce a pour base l'huile et le vin. Ainsi, pour faire lui 
bon ragoiit, après les avoir bien lavées et bien brossées 
pour enlever toute la terre, on les fait tremper un peu dans 
l'eau, ou, ce qui est mieux, dans l'huile, on les coupe en- 
suite par tranches, et on les met sur le plat avec de l'huile 
ou du beurre, un peu de vin, du sel et du gros poivre ; il 
y en a qui ajoutent des anchois et de petits oignons. C'est 
l'affaire d'une heure de cuisson ; on fait une liaison avec 
des jaunes d'œufs. Quand les Pruffes sont de bonne qua- 
lité, ce ragoût est délicieux. Quelques personnes ajoutent 
un peu de bouillon pendant la cuisson. » (Paulet.) 

D'autres les mangent cuites dans du vin et dans du 
consommé, assaisonné de sel, de poivre, d'un bouquet de 
fines herbes, de racines et d'oignons. On ne les met cuire 
dans ce bouillon qu'après les avoir fait tremper dans l'eau 
tiède. Quand elles sont cuites, on les sert pour entremets 
sous une serviette. 

Truffes cuites sous la cendre. — Avec un couteau, on fait 
des fentes à la Truffe en plusieurs endroits pour pouvoir 
y introduire poivre, sel et assaisonnement; on la plonge 
dans de l'huile ; on la recouvre ensuite de papier huilé, 
puis on l'enveloppe de nouveau avec du papier mouillé, 
pour la faire cuire une heure au moins sous la cendre bien 
chaude. 

Autre procédé. — « Prenez de belles Truffes lavées et 



ne LKS CHAMPIGNONS. 



brossi'fs avoc soin. Saupoudrez chacune d'elles de sel et 
de i;ros poivre. Lnveloj)])ez-les d;uis plusieurs dou])les de 
papier, garnis de bardes de lard. Mouillez légèrement ces 
caisses, et mettez-les sous une cendre rouge. Faites cuire 
pendant une bonne heure. Otez le papier, essuyez vos 
Truffes , et servez-les chaudement dans une serviette. » 
(Roques.) 

Truffes au vin de Champagne. — On lave plusieuis lois 
les Truffes dans l'eau tiède, on les brosse et on les met 
dans une casserok; foncée de bardes de lard, avec du sel, 
inie feuille de laurier et une bouteille de vin de Champagne. 
On couvre hermétiquement la casserole, on fait bouillir 
une demi-heure, et on sert les Truffes sous une ser- 
viette. Les Truffes acquièrent ainsi une [)ropriété exci- 
tante très-marquée; mais, si elles réveillent les tempéra- 
ments inertes, elles échauffent et irritent les sujets bilieux et 
sanguins. 

Truffes à la vapeur de vin. — « On cuit les Truffes à la 
vapeur de vin, en mettant dans une casserole deux verres 
de vin blanc, lui petit verre d'eau-de-vie et tel aromate que 
l'on veut. On place les Truffes sur un clayon dans la cas- 
serole, que l'on recouvre de son couvercle, et l'on fait 
bouillir; aussitôt que rébuUition commence, on pose sur le 
couvercle lui linge mouillé; les vape'j.rs se condensent et 
retombent bouillantes sur les Truffes ; lorsque celles-ci sont 
cuites, on les retire et on les laisse un instant se ressuyer 
à l'air : on sert sur une serviette. » (Paulet). 

Truffes à, la Périgord. — Il v a deux manières de prépa- 
rer les Truffes à la Périgord : l'une consiste à les faire bouil- 
lir entières dans le vin et à les assaisonner; l'autre à les 
bien cuire d'abord sous la cendre et à les fricasser ensuite. 

Truffes à la maréchale. — Prenez de grosses Truffes bien 
brossées et lavées ; ajoutez à chaque une pincée de sel et 



LEUR USAGE CULINAIRE. 177 

de gros poivre ; enveloppez-les de plusieurs morceaux de 
papier, et mettez le tout dans une petite marmite couverte 
de cendres chaudes où vous les laisserez une heure. On 
les sert en cet état. 

Truffes à la Piémontaise. — On fait mariner les Truffes 
dans riiuile ; on les coupe par lames très-minces , et on 
dispose un lit de ces Truffes émincées sur un plat d'argent 
avec de l'huile, du sel, du gros poivre et du fromage de 
Parmesan râpé. Après avoir fait ainsi plusieurs couches, 
on met le plat sur la cendre chaude et sous le four de 
campagne. Un quart d'heure suffit pour leur cuisson. 

On prépare aussi les Truffes en croustade. On les choisit 
alors d'une forte dimension, on les couvre de bardes de 
lard, et on les dispose dans de la pâte brisée, dont on 
forme une espèce de tourte qu'on met au four. Dans une 
heure elle est cuite. 

Truffes du Piémont à la Rossini. — « Vous émincez fine- 
ment des Truffes du Piémont. Vous mettez ensuite dans 
un saladier de l'huile d'Aix, de la moutarde fine, du vi- 
naigre, un peu de jus de citron, du poivre et du sel. Vous 
battez ces divers ingrédients jusqu'à parfaite combinaison, 
et vous mêlez vos Truffes. 

« On peut servir de même nos Truffes noires, en ajoutant 
à cet assaisonnement deux jaunes d'œufs et une pointe 
d'ail, afin de leur donner le goût et le moelleux des Truffes 
du Piémont. » (Roques.) 

Truffes à, l'Italienne. — •« Prenez des Truffes moyennes, 
épluchées et coupées par tranches ; mettez-les dans une cas- 
serole avec un peu d'huile, de sel , de poivre, de persil, 
de ciboule, d'échalotes hachées, et deux gousses d'ail pi- 
quées d'un clou de girofle. Laissez-les un peu mariner et 
mettez-les quelques moments sur les cendres chaudes. 
Égouttez-les, et ajoutez de bon bouillon, ou du vin blanc, 

12 



178 LES CHAMPIGNONS. 



une croûte de pain beurrée et maniée dans la farine ; faites 
bouillir le tout*, dégraissez^ et servez vos Truffes avec un 
peu de jus de citron ; la sauce doit être perlée. » (Paulet.) 

Truffes blanches ou noires à l'Italienne. — Après avoir 
plongé dans l'eau et bien brossé deux cent cinquante 
grammes de Truffes, pelez-les, si elles sont noires. (>ou- 
pez-les par tranclies sur un plat, mêlez ensuite cent cin- 
quante grammes de beurre et soixante grammes d'huile 
d'olives dans une tourtière avec deux anchois nettoyés et 
triturés, avec une pincée de persil et une gousse d'ail ou 
d'échalote. Faites frire légèrement le tout pendant une 
minute, ensuite jetez-y les Truffes avec une pincée de sel ; 
retournez-les deux ou trois fois ; versez-les sur un plat, en- 
tourées de croûtons de pain frits dans le beurre et glacés, 
en faisant dégoutter dessus deux cuillerées à bouche de 
bouillon concentré. Servez-les fumantes avec un citron à 
part. 

Truffe blanche ou grise. — Autre procédé. — Cette produc- 
tion souterraine, dit M. Barla, est tellement agréable au 
goût et à l'odorat que, même à l'époque où elle est la plus 
commune, on la vend encore à un prix élevé. Les Truffes 
les plus affuiées sont celles qui ont une forme arrondie et 
la chair foncée et odorante ; celles qui sont comprimées ou 
lobées sont moins recherchées. 

On coupe cette Truffe en tranches très-minces avec un 
couteau fait exprès, et on la mange ordinairement crue en 
salade, après l'avoir assaisonnée* avec de l'huile, du vinai- 
gre et du jus de citron. En Piémont, on la mange le plus 
souvent avec des cardons crus et une sauce composée 
d'huile et d'anchois. On s'en sert aussi pour parfumer di- 



vers ragoûts. 



Truffes à l'Espagnole. — « Coupez les Truffes en quatre 
morceaux après les avoir lavées et épluchées; faites-les 



LEUR USAGE CULINAIRE. 179 

sauter dans un peu d'huile, en y ajoutant ciboules hachées, 
poivre, sel, épices et laurier. Queiques tours suffisent pour 
les cuire. Un peu avant de les sortir du feu, vous mouil- 
lez votre sauce d'un peu de vin de Madère, et vous ache- 
vez par une liaison avec lui peu de farine et un jaune 
d'œuf. » (MM. MoYNiER.) 

Ragoût de Truffes. — « Après avoir lavé et bien brossé 
des Truffes d'un bon parfum, on les fait mariner dans 
l'huile ; on les coupe ensuite par tranches épaisses de deux 
lignes, et on les met sur un plat qui aille au feu ou dans 
une casserole, avec de l'huile ou du beurre, du sel, du 
gros poivre et un peu de vin blanc. Lorsque les Truffes 
sont cuites, on les sert avec du jus de citron, ou bien on 
les lie avec des jaunes d'œufs. » 

Autre procédé. — « Prenez de moyennes Truffes et cou- 
pez-les en tranches ; mettez-les dans une petite casserole ; 
vous les passez avec très-peu de beurre et de muscade râ- 
pée ; vous les mouillez avec de l'espagnole et du consommé, 
et, après les avoir dégraissées, vous incorporez un verre de 
vin de Champagne réduit. » [Le Parfait Cuisinier,) 

Pouding aux Truffes. — =• « Epluchez deux livres de 
moyennes Truffes, et les émincez en lames de deux lignes 
d'épaisseur ; sautez-les dans une casserole avec quatre onces 
de beurre tiède, une grande cuillerée de glace de volaille 
dissoute, un demi-verre de madère sec, le sel nécessaire, 
une pincée de niignonnette et une pointe de muscade 
râpée. 

ce Vous prenez un bol d'entremets, ayant à peu près 
quatre pouces de profondeiu' sur sept de diamètre; vous 
le beurrez légèrement à l'intérieur, vous le foncez de pâte 
brisée, et vous y placez les Truffes avec leur assaisonne- 
ment. Vous humectez ensuite le tour de la pâte, et vous la 
couvrez d'une abaisse ronde dont vous soudez parfaitement 



180 LES CIIA^IIMGNONS. 

les bords, afin que le parfum des Truffes ue s'évapore 
[)oint à l'ébuliitiou ; jjjuis vous enveloppez le bol dans une 
serviette, vous le liez avec une ficelle, et vous le placez dans 
une marmite d'eau bouillante. Après une heure et demie 
d'ébullition, le pouding est cuit. Au moment de servir, vous 
l'égouttez^ vous en détachez la serviette, et vous le disposez 
sur le plat d'entremets. 

« Les Truffes mises dans du lait hâtent sa coagulation et 
lui communiquent leur parfum. On peut de cette manière 
obtenir des fromages aux Truffes. » (Roques.) 

Émincie de Truffes. — Coupez des Truffes en tranches 
minces, passez-les au beurre, ajoutez des échalotes et du 
persil haché, sel et gros poivre; mouillez avec du bon vin 
blanc et deux cuillerées de jus. Au moment de servir, mettez 
une cuillerée d'huile ou un -pelit morceau de beurre. 

Ratafia de Truffes. — « On prend deux livres de Truffes 
moyennes, d'un tissu ferme et bien parfumées. On les 
coupe par fragments, et on les fait macérer à froid pendant 
vingt jours dans deux pintes de bonne eau-de-vie, en ajou- 
tant à la macération trois gros de vanille du Mexique, dé- 
coupée. On passe le mélange, et on l'édulcore avec deux 
livres de sucre fondu dans une livre d'eau de rivière. On 
filtre ensuite la liqueur, et on la conserve dans des flacons 
hermétiquement bouchés. 

« Cette liqueur, prise suivant les règles de l'hygiène, 
c'est-à-dire avec modération, égaie les esprits attristés, ré- 
veille les organes languissants. » (Roques.) 

Truffes au court-bouillon ou au vin de Champagne. — Plon- 
gez dans l'eau une douzaine de grosses Truffes , et bros- 
sez-les bien. Faites frire doucement, pendant deux minutes, 
dans une casserole, un petit morceau de beurre, avec trois 
morceaux de ciboule, une carotte, un bouquet de thym et 
de basilic, mêlez le tout dans une grande bouteille de vin 



LEUR USAGE CULINAIRE. 181 



blanc, trois clous de girofle, une feuille de laurier, un peu 
de sel, une pincée de persil entier. 

Faites bouillir doucement le tout pendant une petite 
heure ; passez-le ensuite par le tamis dans une autre cas- 
serole, dans laquelle vous déposerez les Truffes , les cou- 
vrant avec un rond de papier graissé de beurre. Faites-les 
cuire pendant une demi-heure environ, et mettez-les bouil- 
lantes au milieu d'une serviette sur lui plat. 

Voulant ensuite les cuire au vin de Champagne, au lieu 
du court- bouillon, vous ferez usage d'une bouteille de 
Champagne et d'un peu de sel. Faites-les cuire et servez-les 
comme ci-dessus. On les sert aussi froides mises en pyra- 
mide sur une serviette, avec une sauce à l'huile, à part. 

Truffes en salade. — Après avoir bien brossé et essuyé 
des Truffes, blanches de préférence, coupez-les par tran- 
ches sur un plat muni d'une serviette, au moment de les 
porter sur la table, afin que l'on puisse jouir de tout leur 
agréable parfum. Vous servez, à part, une sauce compo- 
sée de la manière suivante : faites délayer dans une terrine 
deux anchois nettoyés, triturés avec une gousse d'ail et 
passés aux tamis avec le jus d'un citron, un gramme de 
poivre et de sel; mélez-y un demi-verre d'huile très-fine et 
versez dans la saucière. Servez aussi du citron à part. 

Truffes en pâte. — « Lavez et brossez de grosses Truffes, 
que vous arrangez dans un morceau de pâte brisée pour 
en former une tourte. Couvrez les Truffes de quelques 
bandes de lard ; recouvrez la tourte et faites-la cuire l'es- 
pace d'une heure. » (Paulet.) 

Omelette aux Truffes. — «Cassez et battez les œufs comme 
à l'ordinaire. Épluchez de petites Truffes, que vous coupez 
en morceaux carrés et que vous assaisonnez de poivre, de 
sel et d'un peu d'épices. Faites fondre dans une casserole 
un bon morceau de beurre : si vous avez lard et jambon à 



182 LES CHAMPIGNONS. 



mettre clans l'omelette, faites-les revenir dans le beurre ; 
ajoutez-y ensuite les Truffes et faites-les sauter jusqu'à ce 
qu'elles soient entièrement cuites; retirez alors les Truffes, 
Ajoutez un peu de beurre, s'il n'en reste pas assez dans la cas- 
serole ; versez-y les œufs battus ; lorsqu'ils sont un peu pris, 
sans cependant qu'ils se soient attachés au fond de la cas- 
serole, vous y versez les Truffes et achevez l'omelette comme 
à l'ordinaire. Au moment de servir, vous pouvez l'arroser 
avec de l'essence et mettre à l'entour du plat des Truffes 
très-chaudes, cuites au vin, accompagnées d'un citron 
partagé en deux. Pour les œufs brouillés et l'omelette 
sans lard ni jambon, vous procédez d'une manière tout 
à fait semblable. Ces mets ne doivent pas manquer de 
beurre. 

« Il est à remarquer que les Truffes, en cuisant avec les 
œufs, ne veulent avec elles ni oignons, ni ciboules, et gé- 
néralement aucun herbage. » (MM, Motnier.) 

Préparation de la Truffe appelée Tersez [Tuber niveum, Desf.) 
chez les Arabes. — « Les Arabes, dit Fries, mangent comme 
un mets délicieux et avec juste raison la Truffe qu'ils ap- 
pellent Tersez. Mise d'abord sur la braise, ensuite nettoyée 
et arrosée d'un jus gras, c'est un aliment délicat et recher- 
ché. Ils la manoent aussi cuite à l'eau ou avec du lait. » 
(Fries, Sfsl. niyc.^ p. 29.) 

Manière de préparer les Truffes chez les anciens. — « Sui- 
vant Apicius, après avoir fait cuire les Truffes dans l'eau, 
on les traverse d'un petit bâton, et on les présente un ins- 
tant devant le feu ; on les met ensuite dans un poêlon avec 
de l'huile, un peu de jus de viande, du chervis, du vin, du 
poivre et du miel, dans des proportions convenables. Lors- 
que la sauce est bouillante, on fait une liaison avec un peu 
de farine et on les sert en cet état. 

Pline dit qu'on les lave dans du vin, qu'on les fait 



LEUR USAGE CULINAIRE. 183 



cuire ensuite sous la cendre et qu'on les sert chaudes, sau- 
poudrées de poivre et de sel. 

Apicius et Platine nous ayant laissé des détails assez éten- 
dus sur la cuisine des anciens, je renvoie à ces deux auteurs 
les personnes qui seraient curieuses de savoir comment de 
leur temps on assaisonnait les champignons. 

Manière d'apprêter les Champignons desséchés. — Les 
Champignons desséchés sont, dans certains pays, d'une 
grande ressource pour l'hiver et le temps du carême. 

Ces plantes se préparent à peu près de la même manière 
que si elles étaient fraîches. Mais il faut, lorsque l'on veut en 
faire usage, commencer par les ramollir en les tenant plon- 
gées pendant quelques heures dans de l'eau tiède ou dans 
du lait. On préfère le lait pour les Chanterelles et les Cla- 
vaires, et l'eau pour les Agarics^ les Morilles et les Bolets. 

a Lorsqu'on veut faire usage des Cèpes (Bolets), dit M. Pau- 
let, on les fait revenir dans l'eau tiède, où on les laisse in- 
fuser toute la nuit sur les cendres chaudes, la veille du jour 
où l'on veut les manger. On conserve cette. eau chargée 
d'une partie de leur parfum. Les uns les font bouillir en- 
suite légèrement dans l'eau, et, après les avoir essuyés 
et avoir jeté cette eau, ils les font cuire dans le beurre avec 
du persil, du sel, du poivre, c'est-à-dire avec l'assaisonne- 
ment ordinaire ; ils les nourrissent pendant leur cuisson 
avec la première eau dont on a parlé : c'est l'affaire d'une 
heure environ. La liaison se fait avec des jaunes d'œufs ou 
de la crème. D'autres les mangent à l'oignon, qu'on fait 
roussir d'abord sur le feu, dans le beurre; quand ils com- 
mencent à roussir, on ajoute les champignons qu'on achève 
de faire cuire. Il y en a qui ajoutent de la chapelure de 
pain, de la muscade ou des quatre épices. 

« En Hongrie, on fait avec ces plantes des coulis ou 
soupes qu'on y mange avec plaisir. Pour cela, on les fait 



184 LES CHAMPIGNONS. 



revenir avec de l'eau tiède, comme il a été dit plus haut ; 
on se sert de cette eau dans laquelle on fait bouillir des 
rôties de pain. Après un temps suffisant^ on passe le tout 
pour en faire un coulis épais de consistance de purée, au- 
quel on ajoute les Champignons qu'on a fait cuire à part 
dans le beurre, avec l'assaisonnement convenable. On mêle 
le tout pour en faire un plat d'abondance. » 

La poudre des Champignons desséchés peut servir à as- 
saisonner tous les aliments dans la préparation desquels 
on fait entrer ces plantes : elle remplace même avec avan- 
tage les Champignons frais, du moins quant au parfum et 
à la saveur. 



CHAPITRE XVII. 



DE l'effet des champignons vénéneux sur l'économie 

ANIMALE. 



La plupart des champignons vénéneux sont des poisons 
subtils, qui, pris même en petite quantité, — Agarics et Bo- 
lets, — peuvent donner la mort dans l'espace de quelques 
heures. Les exemples de ce genre d'empoisonnement ne 
sont malheureusement que trop communs. On peut dire 
qu'il ne se passe pas une année sans que les journaux ap- 
prennent au public que des familles entières ont succombé 
pour avoir mangé imprudemment des champignons délé- 
tères ; et, ce qui est regrettable, c'est que presque jamais 
ces journaux ne nous disent par quelles espèces les acci- 
dents ont été occasionnés. 

Sans vouloir rapporter ici des exemples particuliers 
d'empoisonnement, et je pourrais en rapporter un grand 
nombre, je dirai que plusieurs personnages, illustres par 
leur rang et leur naissance, au nombre desquels, disent les 
auteurs, il faut compter l'empereur Jovien, le pape Clé- 
ment YII, l'empereur Charles VI, la veuve du czar Alexis, 
un Borromée de INaples, périrent empoisonnés par des 
champignons. 



186 LES CHAMPIGNONS. 



Une méprise fatale clans l'usage de ces plantes causa, 
au rapport de Pline, la mort d'Ann?cus Serranus, capitaine 
des gardes de Néron. 

En 1701, la princesse de Conti, étant à Fontainebleau, 
prit de fausses Oronges pour de véritables Oronges; elle 
les cueillit elle-même et s'en fit servir un plat. Après en 
avoir mangé, elle éprouva des accidents très-graves; sa vie 
même fut en dano;er. 

Le seul toucher, l'odorat même de diverses espèces de 
champignons, ont suffi, au témoignage de quelques per- 
sonnes , pour produire des symptômes d'empoisonne- 
ment. 

Bauhin raconte qu'ayant manié le champignon qu'on 
appelait alors Fungus albus acn's, Agaricus (Lactarius) zo- 
nai'ius^ Bull., et s'en étant frotté les yeux par hasard, il 
en éprouva une vive irritation. 

Rhasis parle d'un champignon dont la poudre mise sur 
un bouquet empoisonne lorsqu'on le flaire. Hilden cite 
un cas d'empoisonnement de ce genre. Ces auteurs ne nous 
disent pas quelle espèce de champignon aurait fourni cette 
poudre fatale. Il est certain que la poudre des champignons 
malfaisants ne serait pas respirée impunément. 

Clusius (l'Ecluse) raconte qu'on lui avait présenté à Ams- 
terdam plusieurs individus du Phallus Hadrinni, A'ent., et 
que, toutes les fois qu'il le serrait dans la main, il éprouvait 
un engourdissement. Cette espèce aurait-elle disparu ? aucun 
mvcolo£[iste ne dit l'avoir rencontrée. 

Il est certain qu'il. y a des espèces à odeurs pénétrantes, 
qui, fraîches ou même desséchées, étant laissées dans une 
chambre à coucher, ont occasionné de violents maux de 
tête à la personne qui y avait passé la nuit. 

Pennier de Longchamps dit qu'ayant récolté au pied 
d'un chêne un champignon qu'il garda une nuit dans sa 



LEUR EFFET SUR L'ECONOMIE ANIMALE. 187 

chambre, le lendemain en s'éveillant il se sentit suffoqué 
par une odeur fétide (i). 

MM. Tulasne disent aussi que s'étant imprudemment 
enfermés, pendant la nuit, dans inie chambre étroite où 
se trouvait l'Agaric annulaire, Bull., Jg. melleus^ Fl. Dan., 
l'air fut tellement vicié par l'odeur putride et les exhalai- 
sons du champignon qu'ils en furent comme asphyxiés. 

Lenz aussi fut incommodé pour avoir laissé neuf pieds 
du Bolet satan, dans sa chambre. 

Plus d'une fois, j'ai eu des maux de tête pour avoir sé- 
journé trop longtemps dans une pièce où j'avais déposé 
diverses espèces de champignons. 

Bassins dit qu'une espèce de Phallus qu'il décrit, et qu'il 
propose d'appeler Phalloidaslrum Bononiense alpinuni ,% 
exhalait une odeur tellement forte qu'il en éprouva un 
violent mal de tête. 

La femme d'un médecin, M. J. Busson, ayant goûté par 
distraction d'un champignon desséché, fut obligée de 
le rejeter aussitôt après l'avoir mâché : une demi-heure 
après, bien qu'elle eût rincé sa bouche, elle sentit du ma- 
laise ; prise de nausées, elle fit des efforts pour vomir et 
ressentit une douleur violente à l'estomac : heureusement 
elle vomit. On offrit de ce champignon à un chat qui refusa 
d'en manger; on lui en présenta d'autres, il les dévora. 

Les plus dangereux de tous les champignons sont sans 
contredit ceux qui appartiennent au sous-genre Amanite 
des Agarics : ce sont ceux du moins qui occasionnent les 
accidents les plus graves et les plus fréquents; ceux qui, 
chaque année, pour ainsi dire, causent la mort de familles 
entières. 

La plus pernicieuse des espèces d'Amanites est \ Aga- 

(1) P. de Longchamps, p. 50 et 57. 

(2) Tulasne, 5e/ec/./Mng^. Carpol. 



188 LES CHAMPIGNONS. 



riciis phalloïdes^ Fr. Agaric bulbeux Bull. Son principe 
malfaisant est assez actif pour que des personnes qui n'en 
avaient mangé qu'un seul pied aient succombé. D'après mes 
expériences répétées, donné à des chiens, à l'état frais, il les 
tue à la dose de vingt-cinq à trente grammes; donné à 
l'état sec , il les tue à une dose moins forte encore. Un 
jeune chat, qui avait rongé quatre grammes seulement de ce 
champignon frais, est mort le cinquième jour. Cette Amanite 
tue, tantôt de vingt-quatre à trente-six heures après l'inges- 
tion, et tantôt après avoir fait languir trois ou quatre jours. 

UAgaricus Mappa, Batsch, champignon qui ressemble 
tellement au Phalloïde que pendant longtemps les bota- 
nistes les avaient confondus et n'en faisaient qu'une seule 
• espèce, Agaric bulbeux, Bull. Amanita venenosd, Pers., 
est un peu moins actif que le Phalloïde, et néanmoins plus 
d'une fois il a donné la mort. VAgaricus pantherinus ^ 
Dec, tue aux mêmes doses que le Mappa. 

VJgaricLis muscarius., Lin . , ou fausse Oronge, est un poi- 
son peut-être moins violent que les précédents. Plus d'une 
fois, cependant, il a mis aussi la vie en danger. 11 occa- 
sionne surtout de graves accidents nerveux, lesquels, il est 
vrai, se dissipent le plus ordinairement après avoir doiuié, 
pendant un jour ou deux, les plus vives inquiétudes. 

Nous avons vu plus haut que l'urine de ceux qui ont 
fait usage de ce champignon acquiert des propriétés eni- 
vrantes. La chair des rennes qui ont été tués peu de temps 
après en avoir mangé est pareillement enivrante (i). 

A ces faits j'ajouterai que Ton a des exemples d'enfants 
qui, allaités par des femmes empoisonnées pour avoir mangé 
des champignons vénéneux, ont succombé, empoisonnés 
eux-mêmes par le lait de la nourrice. 

(1) Langsdorf. 



LEUR EFFET SUR L'ECONOMIE ANIMALE. 189 

Les Agarics de la section des Amanites agissent à la 
manière des poisons narcotico-âcres, c'est-à-dire que leurs 
effets sont ceux de l'opium et des solanées. 

Le suc de ces champignons appliqué sur la pean dénu- 
dée produit, par absorption, le narcotisme et des acci- 
dents nerveux, sans apparence d'inflammation extérieure. 
Celui de l'Agaric phalloïde, inoculé sous la peau d'oiseaux 
de petite taille, les a tués dans les vingt-quatre heures, 
d'après mes expériences. 

Les Agarics du sous-genre des Russules agissent à la façon 
des poisons acres caustiques, et cependant, comme les 
Amanites , ils produisent quelquefois des effets narco- 
tiques. 

Les Russules les plus évidemment toxiques sont V^^ga- 
n'eus ruber, Fr., VJgnricus emeticus, Pers., et VAgaricus 
sanguineus, Bull. 

Ces champignons ont une saveur extrêmement acre. 
Lorsqu'on les mâche, ils impriment à la langue et à la 
bouche une sensation brûlante. Lenz, Krombholz et plu- 
sieurs personnes ont éprouvé des coliques et des vomis- 
sements pour avoir seulement goûté AeVJgaricus integer. 

Prises comme aliment, les Russules provoquent des nau- 
sées, des évacuations alvines excessives, une soif ardente , 
de l'anxiété, de l'oppression, une sensibilité extrême de 
l'épigastre, une altération profonde du visage, enfin tous 
les symptômes de l'inflammation de l'estomac et des in- 
testins. Ces divers symptômes s'accompagnent quelquefois 
de coma et autres accidents nerveux, ce qui permet de 
supposer que la présence du principe caustique n'exclut 
pas celle du principe narcotique. En général , les symp- 
tômes d'empoisonnement par les Russules se manifestent 
plus promptement que ceux que produisent les Amanites. 

Le suc des Russules, mis sur la peau dépouillée de l'épi- 



190 LES CHAMPIGNONS. 



derme, occasionne une inflammation locale, sorte d'éry- 
sipèle, exempt de symptômes généraux. 

Les Agarics du sous-genre Lactaire agissent sur l'écono- 
mie à peu près à la manière des Russules. 

La saveur de quelques Lactaires est d'une âcreté insup- 
portable et qui persiste pendant longtemps. La moindre 
parcelle du champignon, mise sur la langue, semble em- 
porter la bouche. Pris à l'intérieur, les Lactaires détermi- 
nent, de même que les Russules, une inflammation des 
voies digestives, accompagnée quelquefois d'un assoupisse- 
ment profond et d'autres accidents nerveux. 

Il n'est pas jusqu'aux spores de quelques espèces de 
champignons qui ne soient malfaisantes. Celles de ÏJgari- 
cus ve//ereus, Fr., goûtées, même en petite quantité, dé- 
terminent des nausées et d'autres symptômes graves. Le 
docteur Badham fut sérieusement incommodé, et cela pen- 
dant plusieurs heures, pour avoir simplement goûté les 
spores d'un Agaric laiteux, qu'il ne nomme pas, mais qui 
était probablement ce même Jgaricus vellereiis. 

Un chien, qui avait déchiré en jouant un pied de ce 
champignon, en éprouva des douleurs presque incroya- 
bles, qu'il témoignait par une vive agitation. Est-ce à la 
matière résineuse qu'ils contiennent que les Lactaires doi- 
vent leur propriété toxique, ou bien à l'amanitine qui alors 
se trouverait mêlée à ce principe ? 

Les Lactaires ont une grande analogie de structure et de 
vertu avec les Russules. Ce qui les différencie plus parti- 
culièremeni, c'est que celles-ci perdent en grande partie 
leuf saveur acre lorsqu'on les laisse macérer dans l'eau, 
tandis que les Lactaires gardent la leur. 

J'ai jadis, sur la foi des auteurs qui donnent VAgaricus 
nebularis, Batsch, de la section des Gymnopes, pour co- 
mestible, mangé de ce champignon : j'en ai été incom- 



LEUR EFFET SUR L'ECONOMIE ANIMALE. 191 

mode. Une dame, qui en avait mangé le même jour que 
moi, en fut incommodée plus sérieusement que je ne 
l'avais été. Il occasionna chez elle du malaise, des selles 
nombreuses, des douleurs abdominales, de l'inappétence. 
Elle fut deux jours avant de revenir à l'état normal. 

Dans la section des Pleuropes, l'Agaric styptique, Bull., 
Panus styplicus, Fr., est malfaisant. Mais sa petite taille, 
sa chair molle et coriace en même temps, et sa saveur 
acerbe sont cause qu'on n'est pas tenté de le faire servir à 
la nourriture ; aussi a-t-il rarement occasionné des acci- 
dents. Ses effets sont ceux des champignons acres. 

L'Agaric de l'Olivier, Agaricas olearius, Dec, autre Pleu- 
rope, est donné par MicheH comme vénéneux, et par Bat- 
tarra comme comestible. La propriété phosphorescente de 
ce champignon suffirait pour le rendre suspect. La vérité 
est qu'il est malfaisant. 

Plusieurs Bolets sont dangereux. 

Le Bolet satan, Boletus Salarias, Lenz, expérimenté par 
Lenz, mérite le nom qui lui a été imposé. Ce savant myco- 
logiste fut fortement incommodé pour avoir seulement 
goûté un morceau cru de ce champignon. Il ressentit 
des douleurs dans tous les membres. Le mal;, il est vrai, 
se dissipa assez promptement. 

Une personne qui, aussi, s'était contentée d'en mâcher 
un fragment, eut des vomissements vingt fois répétés, et, 
de plus, de la fatigue et de la faiblesse, qui durèrent jus- 
qu'à la fin du deuxième jour. D'autres personnes c(ui en 
avaient mangé très-peu ont été fortement incommodées : elles 
ont éprouvé des vomissements nomljreux qui leur ont fait 
rejeter les boissons et les médicaments qu'on leur avait 
prescrits. Elles ont eu du dévoiement, des selles sanglantes 
et glaireuses : leur pouls était faible, leur ventre affaibli ; 
tout leur corps était froid. Ces mêmes personnes avaient 



192 LES CHAMPIGNONS. 



copcndant trouvé bon goût à ce champignon malfaisant. Le 
Bolet satan est assez rare en France; nous devons nous en 
féliciter. 

Le Bolet pernicieux, Bull., Boletus luridus , Scha?ff., est 
au contraire très-commun dans nos contrées, surtout en 
automne. Il occasionne des accidents analogues à ceux que 
produit le Satanas, mais généralement moins graves. Pris à 
l'intérieur, c'est sur les voies digestives surtout qu'il agit. 
il est nuisible aux animaux ainsi qu'à rhonune. 

Le Satyre fétide, Phallus itnpudicus , Lin., champignon 
qui n'est pas rare en France, sent, lorsqu'il est jeune, la 
pomme de reinette; mais, en vieillissant, il exhale une 
odeur infecte et comme cadavéreuse tellement repoussante 
qu'un seul pied apporté dans une chambre la rendrait 
inhabitable. 

Un botaniste, dit Badham, ayant laissé par mégarde un 
de ces champignons dans sa chambre à coucher, fut bien- 
tôt éveillé par les émanations insupportables qu'il exha- 
lait : aussi s'empressa-t-il d'ouvrir la fenêtre et de le jeter. 
Il pensait être débarrassé de l'odeur en même temps que 
du champignon, mais celle-ci persista plusieurs heures en- 
core après qu'il eut été jeté. .J'ai constaté cette jiersistance 
de l'odeur. 

Le gaz qui s'échappe du volva du Phallus au moment de 
sa rupture, recueilli par Godefroy, tua presque aussitôt un 
moineau qu'il avait plongé dans un volume d'air dont ce 
gaz formait la quinzième partie. 

Le Clathre treillage, Clal/irus cancellatus^ Lin., exhale 
une odeur plus fétide encore que celle du Phallus. Ce 
champignon, si singulier dans sa forme, est délétère comme 
ce dernier. 

Le docteur Badham, cité plus haut, raconte qu'étant 
resté dix minutes dans une pièce où se trouvait un pied de 



LEUR EFFET SUR L'ÉCONOMIE ANIMALE. 193 

Clathie, il y était resté dix minutes de trop; il ne dit pas 
ce qu'il a ressenti. 

Paulet raconte, d'après le témoignage d'Àyman, méde- 
cin, qu'une jeune personne, ayant mangé un morceau de 
ce champignon, éprouva, deux heures après, une tension 
douloureuse au bas ventre, avec des convulsions violentes. 
Elle perdit l'usage de la parole et tomba dans un assoupis- 
sement qui se prolongea au-delà de cinquante-deux heures. 
On parvint à dissiper ces accidents, en lui donnant un vo- 
mitif qui lui fit rendre un fragment du champignon avec 
deux vers et des matières muqueuses teintes de sang. Elle 
fut plusieurs mois à se rétablir complètement. 

Les paysans des Landes sont, dit-on, si bien persuadés 
de ses propriétés malfaisantes qu'ils vont jusqu'à croire 
qu'il peut donner le cancer, et qu'il suffit de le toucher 
pour attraper la gale; aussi ont-ils soin, lorsqu'ils le ren- 
contrent dans les bois de pins^ où il se trouve plus commu- 
nément, de le couvrir de feuilles ou de mousses. Son 
odeur infecte, son aspect repoussant et la sensation de chair 
crue qu'il fait éprouver lorsqu'on le touche, ont bien pu 
donner lieu à cette croyance superstitieuse. 

Les Lycoperdons ( Vesses-loup ) sont alimentaires dans 
leur premier âge; ils deviennent nuisibles lorsque leur 
chair passe au jaune-verdâtre, et commencent à se ra- 
mollir. 

Leur poussière respirée fortement cause des éternue- 
ments violents et quelquefois des hémorrhagies. Lancée 
dans les yeux, elle provoque le larmoiement, de la cuis- 
son, de la rougeur et même des inflammations violentes. 

V^aillant dit que le Sclewderma verrucosuni^ Pers., pris 
intérieurement, est mortel. 

VElaphoinyces granulaius^ Vr. {Scleroderma ceivinum , 
Pers.) est recherclié par les bétes fauves et surtout par les 

13 



19i LES CHAMPIGNONS. 



cerfs, qui le mangent avec avidité. Son odeur, presque viru- 
lontc, le rend suspect. Persoon le dit même pernicieux aux 
liommcs. Il n'est pas prouvé que jusqu'alors il ait occa- 
sionné des accidents. MM. Tulasne en ont fait prendre des 
quantités assez considérables à des oiseaux et à des gre- 
nouilles ; ces animaux leur ont semblé n'en souffrir aucu- 
nement. 

Les Moisissures, — Mucedinées et Mucorinées, — ont 
l'inconvénientdedonner un goût désagréable aux aliments ; 
quelques-unes, en outre, les rendent malsains, même vé- 
néneux. 

Doit-on attribuer aux moisissures les accidents qui sur- 
viennent fréquemment quand on mange des viandes qui en 
sont couvertes? Il sera toujours difficile de dire quelle est 
la part qu'il faut attribuer à des végétaux introduits dans 
l'économie animale avec des viandes qui ont déjà éprouvé 
un commencement de décomposition. 

Le pain moisi ne peut être mangé sa"ns danger pour 
l'homme et pour les animaux. 

Le docteur Yesteroff dit avoir vu deux enfants qui, après 
avoir mangé du pain de seigle moisi {Mucor Mucedo^ Lin.), 
ont eu le visage rouge, gonflé, le regard animé, effaré, la 
langue sèche, le pouls faible, accéléré, des étourdisse- 
ments, une soif inextinguible, puis des envies de dormir, 
de l'abattement, de l'indifférence à tout, etc. Ces accidents 
cédèrent à l'emploi d'un émétique. 

L'exemple suivant prouve que la moisissure qui vient sur 
les biscuits peut tuer les poules. 

M. Simon, avoué à Arlon (Luxembourg belge), avait 
reçu, il y a quelques années, une caisse de vin de Champa- 
gne dans laquelle se trouvaient des biscuits de Reims. La 
caisse fut descendue à la cave avec les biscuits, car on ne 
savait pas qu'elle en contenait. Lorsqu'on l'ouvrit, après 



LEUR EFFET SUR L'ERGONOMIE ANIMALE. 195 

quelques mois de séjour dans la cave, on trouva les bis- 
cuits entièrement couverts de moisissure. On les jeta dans 
la basse-cour à des poules, qui s'empressèrent de les man- 
ger, mais qui bientôt furent malades et moururent. 

Le fait m'a été rapporté par une dame qui en a été té- 
moin. 

Les moisissures qui viennent sur les fruits sont moins 
dangereuses peut-être que celles qui viennent sur les pro- 
duits des céréales. Lin matin j'ai mangé la moisissure du 
Pemcilliuin glaiicum^ Link., venue sur un pot de confi- 
tures d'abricot; n'en ayant pas été incommodé, j'ai mangé, 
le lendemain, celle qui se trouvait sur de la confiture de 
groseilles; toujours sans en être incommodé. Un autre 
jour, j'ai mangé celle qui recouvrait la grande moitié d'une 
orange; je n'en ai pas non plus éprouvé d'effet sensible. 
Toutefois il ne faudrait pas conclure de ces expériences 
que les moisissures qui viennent sur les fruits et les con- 
fitures, pour n'avoir pas produit sur moi des effets bien 
prononcés, ne sont pas nuisibles, et que les enfants pour- 
raient les manger impunément. Peut-être ce que j'en ai 
mangé n'était-il pas en quantité suffisante pour incom- 
moder un adulte, et aurait incommodé un enfant. On sait 
du reste que certaines substances ne sont malfaisantes que 
lorsqu'on en fait un usage prolongé. 

La Carie du blé, Uredo Caries, Dec. Tilletsia Caries^ Tul. 
n'est pas malfaisante : je l'ai expérimentée sur moi il y a 
déjà bien des années. 

En novembre 1822, je délayai dans un peu d'eau sucrée 
quatre grammes de cette poussière, que j'avalai, le matin, 
à jeun. Je lui trouvai une saveur particulière avec une fai- 
ble odeur de marée : sa couleur étendue tirait sur le roux. 
Cette substance n'ayant produit aucun effet sur moi, le 
surlendemain je triplai la dose, que je délayai dans un 



inr. LES CIIAiMPIGNONS. 



])('ii d'alcool alTail)!!. .le la pris sans en rien éprouver non 
plus. 

On n'avait, jusque clans ces derniers temps, reconnu a 
la Carie du blé que le grave inconvénient de donner à la 
farine et au pain une couleur grisâtre et un goût désagréa- 
ble. Il faudrait lui en reconnaître un beaucoup plus fâcheux 
si, comme le pense le docteur Costallot, la pellagre, maladie 
signalée d'abord dans le midi de la France, mais qui, de- 
puis quelques années, se serait montrée dans le nord, no- 
tamment à Reims, ou elle a été constatée par b' docteur 
Landouzy, est le résultat d'un empoisonnement occasioimé 
par l'usage du pain préparé avec du blé affecté de carie; 
de même que dans les provinces du sud-ouest de la France 
C(^tte maladie aurait pour cause, ainsi que le prétendent 
Balardini, médecin italien, le docteur Costallot, et d'autres 
médecins, l'usage du maïs, altéré par la moisissure appelée 
ye.rdet^ Verderame {Sporisoriiiin mnjdis ), h\nk. ^ qui se 
produit sur le maïs avant sa maturité et après qu'il est 
desséché. 

S'il est douteux que dans le nord la pellagre soit véri- 
tablement produite par l'usage du blé affecté de carie, il 
ne l'est pas moins que dans le midi elle ait pour iniique 
cause l'usage du maïs affecté de Yerdet, puisque, en Espa- 
gne, la pellagre a été observée dans des contrées où l'on 
ne fait pas usag(^ du maïs. On peut admettre cependant 
f[ue la Carie du blé et le Yerdet du maïs, innocents lors- 
qu'on ne fait pas un usage habituel d'aliments qui en con- 
tiennent, ne le sont plus lorsque cet usage est longtemps 
prolongé, et, dans ce cas, s'ils ne sont la cause unique de 
la maladie, ils contribuent du moins à sa jjroduction. 

Dans le midi delà France, le Stemonitis ovata^ Pers., 
moisissure noirâtre, et VUstUago hypodytes^ Trél., vien- 
nent sur les roseaux après qu'ils ont été coupés : le ma- 



LEUR EFFET SUR L'ECONOMIE ANIMALE. 197 

niement de ces roseaux fait venir des boutons au visage des 
ouvriers qui les travaillent, et leur occasionne la maladie 
particulière appelée par eux maladie des roseaux (i). Dans 
la province d'Alger, où cependant les roseaux [Arundo 
donax et Mauritanica) sont cultivés en grand et journelle- 
ment employés à la fabrication de clôtures, de paniers, de 
corbeilles, etc., on n'a pas remarqué qu'ils donnent la 
maladie des roseaux. 

L'Urédo du maïs, Dec, Ustilago majdis, Tul., ne se- 
rait pas malfaisant, au rapport de Imlioff. Il en a pris 
quatorze jours de suite une drachme, délayée dans de 
l'eau, sans en éprouver le moindre inconvénient. Il en a 
appliqué une certaine quantité à la surface d'une plaie, 
sans changer aucunement la condition de la plaie, sans 
augmenter ni diminuer la souffrance (2). D'après le témoi- 
gnage du docteur Dugès, qui exerce la médecine au Mexi- 
que, cette substance y serait d'un usage alimentaire; elle y 
porte le nom de Cueivo, à cause de sa couleur noire. 

La Rouille, Uredo Rubîgo vera, Dec, Trichobasis Ru- 
big'o vera, Lév. , serait moins innocente que l'Urédo du 
maïs, s'il faut en croire certains auteiu's. Treize agneaux 
sur cent seraient morts, dit l'un de ces auteurs, pour avoir 
mangé des herbes qui en étaient infestées. 

Il est certain, dit Tessier, que, dans les années où il y a 
beaucoup de blé rouillé, il a régné une grande mortalité 
sur les chevaux, soit qu'on doive en attribuer la cause aux 
feuilles, soit qu'elle dépende d'autres circonstances (3). 

M. Magne, professeur à l'École d'Alfort, cependant ne 
regarde pas la Rouille comme aussi malfaisante qu'on le 
suppose : il a nourri, pendant trois mois, un lot de mou- 

(1) E. Maurin, Moniteur des hôpitaux, 26 mars 1839. 

(2) Gardn., Chron., déc. 1859, p. 973. 

(3) Tessier, Malad. des grains, p. 212. 



198 LES CHAMPIGNONS. 



tons avec do la jDailh; de blé fortement rouillée, et, non- 
seulement ils ne sont pas tombés malades,, mais même ils 
ont pris du poids et de la graisse. 

Toutefois M. Plasse, médecin-vétérinaire à Niort, accuse 
les champignons microscopiques des fourrages avariés 
d'être la cause unique de la fièvre typhoïde du cheval, qu'il 
compare à celle de l'homme (i). 

L'Ergot du seigle, Sclerolium CUunis\ Dec, qui sert de 
base au Sphacelia segetuni^ Lév., est, on le sait, donné 
joiu'nellement, à la dose de quatre grammes, à des femmes 
en travail d'enfantement, pour provoquer les contractions 
de l'utérus et accélérer l'accouchement. Donné ainsi occa- 
sionnellement, il ne détermine pas d'accidents, tandis que 
l'usage prolongé de la farine qui en contient finit par oc- 
casionner l'ergotisme, maladie grave, qui rend les diges- 
tions difficiles, affaiblit les facultés intellectuelles, produit 
un engourdissement incurable , entraîne quelquefois la 
gangrène des extrémités inférieures, et, dans tous les cas, 
amène la dégénérescence non-seulement des individus, mais 
de familles entières. 

L'Ergot n'est pas particulier au seigle : dans les années 
pluvieuses, il vient sur beaucoup d'autres graminées. En 
Angleterre , les épis du ray-grass (ivraie vivace), ceux du 
dactyle aggloméré, de l'avoine jaunâtre, en sont quelque- 
fois tout chargés, en octobre. Lorsqu'il est abondant dans 
les pâturages, les prairies, il produit l'avortement chez les 
vaches qui s'en nourrissent. Il sera donc prudent d'éloi- 
gner des prairies qui en sont infestées les vaches et les 
brebis pleines, jusqu'à ce que l'herbe, étant fauchée et 
mise en grange, l'ergot s'en soit détaché. 

Il est à peu près certain que des veaux et des agneaux 

(1) Académie des sciences, 9 octobre 1848. — Gaz. méd., t. IV, p. 864. 



LEUR EFFET SUR L'ECONOMIE ANIMALE. 199 

apportent en naissant une mauvaise constitution, qui a 
pour cause l'usage, dans la noiuTiture donnée à la mère, 
de plantes ergotées. 

VUstilago majdis possède aussi des propriétés abor- 
tives, qui, dit-on, ont été constatées sur des vaches et des 
chiennes (i). 

Les Érjsiphées aussi seraient nuisibles/ 

Un jeune enfant, dit le docteur Perrachet, après avoir 
mangé des groseilles à maquereaux couvertes d'Érysiphées, 
fut pris de coliques, de frissons, de maux de tète, d'anxiété 
et de mouvements convulsifs suivis de prostration. 

M. BoLidier a observé un cas à peu près analogue sur 
la mère et les deux enfants d'une famille de cultivateurs 
qui présentèrent tous les symptômes d'une véritable cho- 
lérine pour avoir mangé des cerises couvertes de la moi- 
sissure verdâtre connue sous le nom de vert-de-gris^ le 
Cladosporium herbnnwi, Link., des botanistes (2). 

J'ai dit précédemment que des médecins distingués, qui 
s'occupent plus particulièrement des affections cutanées, 
ayant, dans ces dernières années, reconnu, à l'aide du 
microscope, la présence de fdaments mucédinés et de 
spores dans diverses maladies du derme, du système pi- 
leux et des mem])ranes muqueuses , ont considéré ces 
productions végétatives comme la cause même de ces ma- 
ladies. 

Pour ces médecins , le muguet , maladie qui attaque la 
bouche, la langue, le pharynx des enfants en bas âge, se- 
rait produit par VOïdium alhicans^ Ch. Rob. 

V Achorion Schœnleinii, Remak., serait la cause de la 
teigne faveuse, maladie qui attaque l'orifice dermique des 



(1) Bouchardat, Répertoire de pharmacie, mai 1861. 

(2) M. Bouclier, des Champ., 1866. 



200 LES CHAMPIGNONS. 



follicules pileux du cuir chevelu et même de ceux de la 
face. 

Le Trichophyton tonsurnns^ Tîabrust, produirait la teigne 
tondante. 

Le Microsporoii Aiulouini^ Grub., serait la cause de la 
teigne décalvante ou pellade, maladie qui n'est accompa- 
gnée d'aucune altération du derme, le cryptogame bornant 
aux cheveux son action destructive. 

Le Microsporon ruentagruphytes^ Grub., donnerait nais- 
sance à la maladie appelée mentagre; si toutefois il est 
autre chose qu'un Trichophyton tonsurant.' 

Le Micros poron j urjiu\ Sluyt., déterminerait sur l'homme 
les taches hépatiques, des éphélides lenticulaires, des pi- 
tyriasis, etc. 

Deux espèces nouvelles de végétaux parasites, Asper- 
gillus/lm'us, \Vred., et ^. nigricans, AVred., observées par 
M. Wreden, se développeraient, selon lui, dans la mem- 
brane du tympan et seraient la cause d'une maladie par- 
ticulière de l'oreille, très-opiniâtre, et qu'il combat par 
l'hypochlorite de chaux et l'arséniate de potasse (i). 

Des Algues même auraient été trouvées dans l'intérieur 
du corps de l'homme et vivant au milieu des matières sé- 
crétées^ entre autres des Leptomitus^ des LeploUirix, d«^s 
Merismopodia , e te . 

Je crois que les spécialistes ont été trop loin en attri- 
buant tant de maladies différentes à des productions végé- 
tales. 

Et d'abord, ces plantes cryptogamiques sont-elles véri- 
tablement la cause des maladies qu'on les accuse de pro- 
duire, ou bien ne se montrent-elles dans ces maladies que 
comme complication, et seulement parce que des spores, 

. (1) Congrès médical de 1867. 



LEUR EFFET SUR L'ÉCONOMIE ANIMALE. 201 

flottant dans l'espace, se trouvant transportées sur un or- 
gane malade, s'y sont développées, le nouvel habitat, bien 
qu'insolite, n'étant pas tout à fait contraire à la germina- 
tion de la plante? 

Je me demande aussi si ces productions végétales, re- 
gardées par les médecins qui les ont observées comme 
constituant des espèces nouvelles^ tout à fait distinctes et 
même appartenant à des genres qu'il leur a fallu créer, ne 
sont pas de simples modifications, ou plutôt des altéra- 
tions d'espèces de Mucédinéesbien connues; moditications 
ou altérations provoquées par la nature même de l'habitat 
sur lequel les spores de ces plantes se seraient dévelop- 
pées. 

D'autres maladies que des affections du cuir chevelu, 
du derme ou des membranes muqueuses, ont été attribuées 
à des plantes cryptogamiques. 

La carie périphérique des dents, par exemple, nom au- 
quel Klenke substitue celui de carie végétative, serait occa- 
sionnée, selon Nedden , par une production parasitaire 
cryptogamique dont il décrit les effets (i). 

La syphilis, d'après Custano, ancien médecin-major de 
l'armée d'Orient, est le résultat de l'introduction dans l'é- 
conomie d'un végétal fongiforme parasite, qui, en se dé- 
veloppant, appelle autour de lui des fluides anomaux, au 
milieu desquels il se développe, en même temps qu'il re- 
foule les tissus sains, dont il prend la place. Les caustiques 
et les antisyphilitiques métalhques, si fréquemment mis 
en usage dans cette maladie, n'agiraient, selon lui, qu'en 
taisant périr les spores, ou en les rendant impropres à la 
germination (i). 



(1) Gazette hebdom., t. IV, p. 812. 

(2) Comptes rendus, 28 février 185^, vol. XL, p. 478. 



202 LES CIIA.MIMGNONS. 



Ce qui parait bien démontré, c'est que les spores de la le- 
vure de bière, inoculées sous la peau par le docteur Lowe, 
ont jiroduit la maladie cutanée appelée porrigo lupuiosa. 

Le docteur Tliiersch admettait que le choléra pouvait se 
transmettre, de l'homme à l'homme, par des crvptogames 
résultant de la fermentation , lesquels se trouveraient ré- 
pandus dans l'air et porteraient le ferment par la bouche 
et les fosses nasales jusque dans l'estomac (i). 

Bien d'autres maladies assurément que la carie dentaire 
et la syphilis pourraient, si l'on ne consultait que l'ana- 
logie, être attribuées à des productions cryptoganiiques. 
Le cancer, les ulcères atoniques, par exemple , ne pour- 
raient-ils pas être regardés comme produits par une 
plante qui, se multipliant sans relâche, rongerait lente- 
ment l'organe sur lequel elle se serait fixée? 

La rage elle-même ne pourrait- elle pas être considérée 
comme occasionnée par le développement plus ou moins 
tardif de spores d'un végétal d'une nature toute particu- 
lière, qui, inoculées avec la bave de l'animal affecté de 
rage, resteraient plus ou moins longtemps à l'état d'incu- 
bation, selon la constitution de l'individu, mais qui, un 
jour, faisant effort pour se développer, produiraient 
cette maladie fatale ? Je ne serais pas surpris que l'on 
trouvât des spores dans la bave des animaux affectés 
de la rage, puisque déjà, en 1841, Laugenbek a trouvé 
dans l'écoulement nasal d'un cheval morveux des fila- 
ments mycodermiques et des spores brunâtres, réunies en 
chapelet. Ce serait donc en détruisant les spores par une 
cautérisation prompte, et avant qu'elles soient absorbées, 
que l'on préviendrait l'apparition de l'hydrophobie rabique 
et celle de la morve. 



(1) Gazette hebdom., t. II, p. 099. 



LEUR EFFET SUR L'ÉCONOMIE ANIMALE. 203 

Nous avons vu que la plupart des champignons exhalent 
en se décomposant une odeur fétide : beaucoup d'entre 
eux répandent alors des miasmes putrides qui vicient l'air, 
et qui, au dire de quelques personnes, seraient la cause de 
ces fièvres de mauvais caractère qui sévissent plus parti- 
culièrement en automne, et qui, dans certains villages, si- 
tués au milieu des bois humides, jettent si souvent la dé- 
solation dans les familles. 

Je ne sais si l'accusation portée contre les champignons 
en décomposition est fondée, mais il est certain qu'on 
préviendrait les effets qu'on leur attribue, si, dans un but 
d'économie domestique, on enterrait ces plantes pour les 
convertir en fumier, comme le conseille M. Lavalle. Ce 
procédé si simple, tout en conservant la santé, la vie aux 
hommes , produirait un engrais qui probablement ne le 
céderait en rien à celui que donnent les animaux domes- 
tiques. 

On a accusé plus d'une fois d'avoir occasionné des ac- 
cidents graves, des espèces de champignons qui, au su de 
tous, sont alimentaires. La Morille, la Chanterelle, le cham- 
pignon de couche lui-même, toutes les espèces reconnues 
pour comestibles, auraient été la cause d'empoisonnements. 

On conçoit que les champignons, même les plus salu- 
bres, occasionnent des accidents s'ils ont été cueillis trop 
vieux, s'ils ont subi un commencement de décomposition, 
si leur cuisson est insuffisante , ou si l'on en mange avec 
excès. 

Des Morilles, altérées par l'état humide et pluvieux de 
la saison, et, de plus, mal nettoyées avant la cuisson, oc= 
casionnèrent d^s accidents sérieux dans une famille com- 
posée du père, de la mère et de quatre enfants. Ce même 
champignon, conservé pendant plusieurs jours, soumis à 
l'action d'une température élevée et probablement ayant 



■20i LES CllA.Ml'K.NoNS. 



su])i lin commonccmont de fermentation, fut cause de 
l'empoisonnement c)e deux femmes, qui, heureusement, 
n'en moururent pas. Des champignons de couche, récoltés 
depuis plusieurs jours, peuvent aussi déterminer des acci- 
dents, (''est dans le but de prévenir ces accidents qu'à 
Paris la police interdit la vente de champignons dont les 
feuillets ont perdu leur couleur lilas. 

Du reste, les champignons ne conviennent pas à tous les 
estomacs. Jl en est de cet aliment comme du lard, des 
choux, des pois, des lentilles, etc., dont tant de personnes 
se nourrissent hal)ituellement, tandis que d'autres sont in- 
commodées si elles se hasardent à en manger. 

Lue indigestion causée par l'usage de champignons re- 
connus pour comestibles fatigue le malade, le fait souf- 
frir, mais rarement constitue un danger réel et jamais un 
véritable empoisonnement. 



CHAPITRE XVllI. 



DES SYMPTOMES DE l'eIVIPOISONNEMENT PAR LES CHAMPIGNONS. 



En général les champignons malfaisants ne produisent 
pas chez l'homme leurs effets immédiatement après l'in- 
gestion : presque toujours il se passe plusieurs heures 
avant que les symptômes d'empoisonnement se déclarent. 
Du reste, ces effets sont plus ou moins prompts, plus ou 
moins violents, selon l'espèce de champignon et selon la 
quantité dont on a fait usage. On conçoit que leur manière 
d'agir sur l'économie soit différente, suivant que c'est le 
principe acre ou le principe narcotique qui prédomine 
dans ces plantes. 

Les premiers symptômes d'empoisonnement par les 
champignons à principe acre ne se manifestent guère que 
deux ou trois heures après l'ingestion; les espèces à prin- 
cipe narcotique sont plus tardives encore dans leurs effets : 
souvent il se passe huit heures, dix heures et même da- 
vantage, avant qu'aucun accident se déclare : jusque-là le 
malade reste ignorant du danger qui le menace. 

Les espèces qui sont caractérisées par la présence d'un 
principe acre, telles que les Russules, les Lactaires, l'A- 
garic styptique, Jg. {Marasniiiis) stfplicus, Bred., le Bolet 
livide, B. /uridus, fr. , le Bolet Satan, fr. , occasionnent, peu de 
temps après leur ingestion, une tension dans la région de 



206 LES CHAMPlTxNONS. 



l'estomar et de l'anxiété, signes précurseurs de l'inflamma- 
tion de cet organe et du tube intestinal; inflammation ca- 
ractérisée bientôt par de la douleur à Fépigastre, de la 
sécheresse à la gorge, inie soif ardente, de la fréquence 
dans le pouls, des vomissements répétés, des selles nom- 
breuses, une agitation extrême et quelquefois des mouve- 
ments convulsifs. Ces champignons paraissent agir sur 
l'économie k la manière des acides ou des alcalis concen- 
trés. Il n'est pas rare qu'ils tuent après deux ou trois jours 
de souffrance; mais, si le traitement a été prompt et bien 
dirigé, rarement ils vont jusqu'à donner la mort. 

Quant aux cliampignons qui contiennent un principe 
narcotico-âcre(ramanitine), tels que l'Agaricbulbeux, Bull., 
et ses variétés, verte, blanche, jaunâtre, Àg. {Amanitd) 
Phalloidcs, fr., ^g. {/éinanita) Mappa, Batscli, l'Agaric 
panthère, ^4g. [Amanitd) pnnUierinus ^ Dec, l'Agaric fausse 
Oronge, leur action est plus lente à se manifester que celle 
des précédents. D'ordinaire, il se passe quatre heures, six 
heures, douze heures et souvent davantage avant que les 
premiers symptômes se déclarent. 

Ceux-ci débutent par de la pesanteur de tète, un peu 
de trouble dans les idées, des douleurs vagues, de l'abat- 
tement, de la stupeur; puis viennent des nausées, des vo- 
missements, auxquels succèdent la diarrhée, la cardialgie, 
les douleurs abdominales, l'anxiété, l'oppression, une soif 
vive. Le malade a le visage pâle, décomposé ; il éprouve 
des accidents nerveux, tels que des convulsions violentes, 
un délire taciturne ou un délire gai; quelquefois même il 
a des visions fantastiques, mais plus souvent encore, il 
tombe dans un assoupissement comateux dont il est diffi- 
cile de le tirer. Le malade a des défaillances fréquentes : 
le pouls, devenu petit, dur, serré, s'affaisse de plus en 
plus; une sueur froide se répand sur tous ses membres. 



SYMPTOMES DE L'EMPOISONNEMENT QU'ILS CAUSENT. 207 

Enfin la mort, presque toujours prévue et annoncée par le 
malade lui-même, vient mettre un terme à ses souffrances. 
Il meurt tantôt clans les angoisses d'une convulsion déchi- 
rante, tantôt plongé dans une léthargie profonde. 

Le plus souvent les malades succombent dans les qua- 
rante-huit heures qui suivent l'empoisonnement, mais 
quelques-uns languissent cinq ou six jours et finissent par 
succomber. On comprend, du reste, que le poison ait des 
effets variables selon la quantité de champignons qui a été 
ingérée et selon la constitution des individus. Mais com- 
bien de personnes ont trouvé la mort, qui n'avaient mangé 
qu'un seul pied de champignon du sous-genre Amanite! 

Un fait bien cligne de remarque dans l'empoisonnement 
par ces végétaux, c'est que prescjue toujours les personnes 
qui en ont fait usage les ont mangés avec plaisir ; rien, une 
fois qu'ils sont assaisonnés, ne trahissant leurs mauvaises 
qualités. 

A l'ouverture du corps des individus qui ont succombé 
à l'empoisonnement par les champignons à principe nar- 
cotique, on ne voit souvent aucune trace d'inflammation 
de l'estomac et des intestins, bien que le malade ait eu des 
vomissements, des selles répétées et des douleurs abdomi- 
nales, indices presque toujours certains d'une inflamma- 
tion des voies digestives. Chez ceux-ci, le foie est le plus 
ordinairement volumineux, pâle, sans consistance ; la vé- 
sicule du fiel est vide. 

Réveil lé-Pari se, cpii avait eu bien des fois occasion d'ou- 
vrir des cadavres de soldats morts pour avoir mangé des 
champignons du sous -genre Amanite, a le plus souvent 
observé que l'action loxicpie avait été seulement stupé- 
fiante : la membrane muqueuse, gastric|ue et intestinale, 
étant tout à fait saine. L'action toxique s'était portée plus 
particulièrement sur le système nerveux. 



208 LES CHAMPIGNONS, 



Dans les cas d'empoisonnement par les champignons à 
principe acre, on trouve que l'estomac, pour l'ordinaire 
vide d'aliments, et les intestins vides de matière fécale, 
mais distendus par des gaz fétides, ou contractés sur eux- 
mêmes, sont constamment phlogosés, et presque toujours 
parsemés à leur intérieur de taches livides et ulcérées, plus 
ou moins étendues; on trouve même quelquefois que des 
portions considérables d'intestins sont frappées de spha- 
cèle. Tous les viscères abdominaux participent plus ou 
moins à cet état morbide. Le foie, la rate, le mésentère, 
sont gorgés d'un sang noir ; il en est de même des pou- 
mons. Des taches inflammatoires ou gangreneuses sont 
disséminées sur divers points des membranes séreuses ; 
de semblables taches se sont rencontrées dans les ventri- 
cules du cerveau, dans l'œsophage, sur le mésentère, la 
vessie, la matrice, et même sur le fœtus d'une femme en- 
ceinte, disent les auteurs d'un rapport fait à la Faculté de 
Bordeaux sur les empoisonnements par les champignons. 
Extérieurement, on remarque sur les téguments des taches 
violettes, nombreuses et très-étendues. 

L'empoisonnement par les champignons ne présente pas, 
comme on a pu le voir, de symptùmes qui lui soient essen- 
tiellement propres; tous ceux dont j'ai fait mention peu- 
vent se rencontrer dans l'empoisonnement par d'autres 
substances végétales : il en est de même des lésions orga- 
niques que constate l'autopsie. 



CHAPITRE XIX. 

DES MOYENS DE REMÉDIER AUX ACCIDENTS PRODUITS PAR LES 

CHAMPIGNONS DÉLÉTÈRES. 

Les personnes qui ont mangé des champignons véné- 
neux étant presque toujours vouées à une mort certaine, 
si elles ne sont promptement secourues, on doit, aussitôt 
que les premiers symptômes de l'empoisonnement se ma- 
nifestent, leur donner tous les secours que réclame leur 
position. En l'absence d'antidotes bien constatés, ce que 
le médecin a de mieux à faire, c'est de débarrasser l'éco- 
nomie de la substance ingérée, afin de soustraire le ma- 
lade à son influence pernicieuse. On le fera donc vomir au 
plus tôt, que le champignon appartienne à la classe de ceux 
dont les effets sont surtout narcotiques ou à la classe de 
ceux dont l'action particulière est de déterminer des 
désordres inflammatoires. Mais comme d'ordinaire, lorsque 
les premiers symptômes se déclarent, le poison se trouve 
déjà en partie dans le canal intestinal, il convient, en 
même temps que l'on fait vomir, de procurer des évacua- 
tions alvines. 

L'ipécacuanha, délayé dans l'eau, à la dose de 5o cen- 
tigramnaes à i gramme et plus, selon l'âge de la personne, 
ou l'émétique, à celle de 5 ou lo centigrammes en solu- 

14 



210 LES CHAMPIGNONS. 



tion clans une tasse du même liquide , sont des mQyens 
presque toujours sûrs de provoquer le vomissement. Si 
l'on ajoute à ces substances de i5 à 3o grammes de sulfate 
de potasse, de soude ou de magnésie, que l'on administre 
par fractions, à des intervalles plus ou moins rapprochés, 
on produit le double effet du vomissement et de la pur- 
gation. On secondera les efforts du vomissement, en fai- 
sant boire abondamment de l'eau tiède ; et, si les effets de 
la purgation tardaient à se manifester , il faudrait faire 
prendre au malade des purgatifs un peu actifs, tels que le 
séné, la rhubarbe, la casse, en décoction ; l'huile de ricin, 
mêlée au sirop de nerprun ou au sirop de fleurs de pécher, 
les sels neutres en solution. Ces mêmes substances, prises 
en lavement, pourraient être d'une grande utilité. 

Si l'on n'avait pas à sa disposition les médicaments dont 
je viens de parler, comme l'on perdrait des moments pré- 
cieux en restant inactif et en abandonnant le malade à 
lui-même pendant le temps que l'on mettrait à se les pro- 
curer, il faudrait chercher à provoquer le vomissement, 
en faisant boire au malade de l'eau tiède en quantité, après 
quoi on introduit le doigt jusqu'au fond de la gorge, ou 
mieux encore la barbe d'une plume imbibée d'huile ou 
trempée dans une infusion légère de tabac, avec laquelle 
on chatouille toute l'arrière-bouche. On a recours de pré- 
férence à l'huile à brider, comme plus nauséeuse : fumer 
est, pour les personnes qui ne sont pas habituées à l'usage 
du tabac, un assez bon moyen d'exciter des vomisse- 
ments et quelquefois des selles. La décoction d'une pincée 
de tabac haché ou en corde dans aSo grammes d'eau, 
donnée en plusieurs fois, produit assez constamment le 
vomissement : cette décoction le provoque, même prise en 
lavement. Toutefois il ne faudrait pas dépasser la faible 
quantité que je viens d'indiquer, le tabac pris à forte dose 



MOYENS DE REMEDIER AUX ACCIDENTS. 211 

étant lui-même un poison violent. On a fait vomir des 
malades en leur présentant ou en leur faisant avaler un 
objet qui leur répugnait beaucoup. 

Nous avons vu que les champignons vénéneux agissent 
les uns à la manière des poisons acres, irritants : tels sont 
les Bolets, les Russules, les Lactaires ; les autres à la manière 
des poisons essentiellement narcotiques, la fausse Oronge, 
par exemple , et quelques autres tout à la fois comme des 
poisons acres et narcotiques, tels que l'Agaric bulbeux et 
l'Agaric panthère. 

Les symptômes d'empoisonnement différant selon que le 
champignon agit comme poison irritant ou poison nar- 
cotique, le traitement ne doit plus être le même, après 
que l'on a provoqué le vomissement et des évacuations al- 
vines. 

Si l'empoisonnement était accompagné d'accidents ner- 
veux, sans qu'il y eut apparence d'inflammation, on ferait 
usage des antispasmodiques et des sédatifs. L'éther sulfu- 
rique s'est acquis une certaine réputation contre ces di- 
verses sortes d'accidents. Je dois faire observer ici que , 
comme cette substance a la propriété de dissoudre le prin- 
cipe actif des champignons , on ne doit recourir à son 
emploi que lorsque le champignon est rejeté en entier, 
ou tout il fait absorbé. Il en est de même des acides, tels 
que le vinaigre , les sucs de citron , d'orange , de ver- 
jus, etc., dont l'utilité, de même que celle des dérivatifs, 
est bien reconnue lorsqu'il y a stupeur et engourdisse- 
ment. 

Le coma, l'assoupissement, dans les empoisonnements 
par les champignons narcotiques, est quelquefois si pro- 
fond, et la constriction des mâchoires si grande que l'on 
ne peut rien faire avaler au malade. On a proposé, dans ce 
cas, de se servir d'une sonde en caoutchouc, longue de 



212 LES CHAMPIGNONS. 



5o à Go centimètres, pour ingérer dans l'estomac une potion 
émétisée, ou un éméto-cathartique. On introduit la sonde 
dans la bouche, au défaut d'une dent, ou bien on l'engage 
dans l'espace qui reste libre entre les deux dernières mo- 
laires et l'arcade dentaire. On fait pénétrer la sonde dans 
l'œsophage et même jusque dans l'estomac ; on chasse alors, 
au moyen d'une seringue qiii s'adapte à celle-ci, le liquide 
que ion a soin de pousser lentement. 

On peiit craindre dans cette opération de faire pénétrer 
la sonde dans le larynx ; on évite cet accident en dirigeant en 
arrière Icxtrémité de celle-ci. On pourrait aussi faire péné- 
trer la sonde par les narines ; quoi qu il en soit, ces divers 
procédés opératoires exigent une main exercée. 

Chantarel assure avoir employé avec avantage la décoc- 
tion de noix de galle, comme antidote des champignons. 

La noix de galle, de même que le tannin, expérimentés 
par moi, ne m'ont donné aucun résultat avantageux. 
31. Réveil, les ayant expérimentés de son côté, dit que ces 
substances, de même que la décoction de quinquina, sont 
d'une complète inutilité. 

Le café néanmoins est d'une utilité bien démontrée dans 
les cas d'empoisonnement par les champignons narcoti- 
ques ; mais c'est bien moins peut-être à cause du tannin 
qu'il contient que parce qu'il possède une propriété sti- 
mulante, dont l'effet essentiel est de tirer les malades de 
l'assoupissement dans lequel les plongent si souvent ces 
espèces, qu'il agit. 

M. Boudier pense que le tannin et l'infusion de noix de 
galle peuvent être donnés avec avantage^ mais il préfère, 
après que les vomissements ont été provoqués, donner de 
temps en temps aux malades, et par cuillerées, une solu- 
tion très-légère d'iodure iodé de potassium : cette solution, 
dit-il, précipite le poison des Amanites mieux que le tannin 



MOYENS DE REMÉDIER AUX ACCIDENTS. 213 

et l'infusion de noix de galle , et pénètre p\ns facilement 
dans la circulation (f). 

Dans Tempoisonnement par les champignons à principe 
acre, lorsqu'une fois on est parvenu à provoquer l'expul- 
sion de la substance nuisible, ou bien lorsqu'il s'est écoulé 
un temps fort long depuis le moment de son ingestion, et 
que l'on peut raisonnablement supposer qu'elle a été toute 
absorbée , et ne se trouve plus dans les voies digestives, 
c'est aux moyens jugés propres à combattre l'inflammation 
qui s'est développée sur l'estomac, les intestins et souvent 
dans d'autres organes, qu'il faut avoir recours; inflamma- 
tion qui se reconnaît à la sécheresse de la langue, l'inten- 
sité de la soif, la fréquence et la petitesse du poids, la 
chaleur de la peau, la douleur et la tension du ventre. 

Ces moyens sont : les saignées générales et locales, que 
l'on est quelquefois obligé de réitérer; les boissons muci- 
lagineuses, telles que la décoction de gomme arabique, 
l'infusion de racine de guimauve, de graine de lin ; les bois- 
sons émulsives, le lait d'amandes, le lait coupé , le blanc 
d'œuf battu dans de l'eau, les boissons dites délavantes et 
rafraîchissantes, la décoction d'orge, de gruau ou de fé- 
cule, les sirops d'orgeat, de groseille, de limon, de vinai- 
gre, étendus d'eau; le petit-lait, l'oxymel , la limonade 
avec le citron ou l'orange. Généralement les acides végé- 
taux sont emplovés avec avantage à cette période de la 
maladie. Un pharmacien de Bordeaux a préconisé l'ammo- 
niaque liquide. 

Si les boissons étaient rejetées par les vomissements, 
comme il arrive quelquefois lorsque l'inflammation est fort 
intense, il faudrait les faire prendre seulement par cuille- 
rées à la fois , et insister sur l'emploi des saignées , des 

(1) Des Champignons, etc., p. 122. 



214 LES CHAMPir.NONS. 



bains, tlos fomentations émolliontes sur lo ventre, des la- 
vements adoucissants, et tenir le malade à une diète 
sévère. 

Si le malade se refroidit, il faut rappeler la chaleur, 
activer, autant que possible, la circulation par l'usage des 
boissons chaudes, le thé, le café, l'infusion de menthe, de 
mélisse, etc.; les frictions légèresj les sinapismes. 

Dans la longue convalescence qui suit généralement 
l'empoisonnement par les chainpignons, on donnera au 
malade des aliments de facile digestion, des crèmes de riz 
ou d'orge, des fécules, de la bouillie, des panades, des 
laits de poule, des légumes, des fruits cuits, des viandes 
légères, un peu de vin rouge ou plutôt de la bière, et dans 
l'intervalle des repas de l'eau sucrée. Si les forces tar- 
daient trop à revenir, on lui ferait prendre des amers, des 
toniques, des préparations de quinquina, de fer, etc., et 
*des aliments succulents. 

Lorsque l'empoisonnement est occasionné par le mé- 
lange de champignons à principe narcotique et de cham- 
pignons à principe acre, on conçoit que le traitement doit 
être mixte. Le plus rationnel sera toujours de faire vomir, 
si l'on suppose que le champignon séjourne encore dans 
l'estomac, après quoi on s'attachera à combattre les symp- 
tômes prédominants (i). 

Une indigestion causée par l'usage de champignons re- 
connus pour comestibles ne présente pas généralement 
de gravité. On y remédie en provoquant le vomissement 
avec de l'eau tiède, après quoi on fait prendre au malade du 
thé, du café léger, ou une eau légèrement alcoolisée. Pres- 

(1) Je renvoie, pour le traitement des maladies cutanées : dartres, 
teignes, etc., attriljiiées à des végétaux parasites : acliorion, tricho- 
])hyton, etc., aux ouvrages spécialement consacrés aux maladies de la 
peau. 



MOYENS DE REMEDIER AUX ACCIDENTS. 215 

que toujours le malade se remet promptemeut de son in- 
disposition. 



Du traitement de l'empoisonnement par les champignons 

chez les anciens. 

Le traitement auquel chez les anciens étaient soumises 
les personnes qui avaient mangé des champignons malfai- 
sants paraît aujourd'hui quelque peu empirique ; aussi 
est-il généralement abandonné. Peut-être serait-il conve- 
nable cependant de reprendre^ ne fût-ce qu'à titre d'essai, 
l'emploi des remèdes usités par eux, car, selon toute vrai- 
semblance, c'était l'expérience qui leur avait appris à faire 
choix de telle substance plutôt que de telle autre. 

Le raifort, Cochlearia arinoracia ^ Lin., dit Pline, est, 
d'après le témoignage de Nicandre, utile contre les empoi- 
sonnements par les champignons (i). 

Si l'on a fait usage, dit Celse, de champignons malfai- 
sants comme nourriture , il faut manger du raifort [racli- 
cilla), assaisonné d'oxycrat ou de sel et de vinaigre. 

Galien dit, à son tour, que l'on donnait, en quantité, des 
radis (raphani) crus aux personnes qui étaient malades 
pour avoir mangé des champignons. On leur faisait pren- 
dre aussi du vin pur, de la lessive de cendres de sarment, 
du nitre dissous dans du vinaigre^ de la lie de vin brûlée, 
délayée dans de l'eau et donnée en boisson^ ou de l'absin- 
the avec du vinaigre, ou bien encore de la rue, Rata gra- 
i^eolens^ Lin., en poudre, délayée dans du vinaigre. La rue, 
ajoute-t-il, mangée seule fait du bien aussi (3). 

(1) Pline, XX, 13. 

(2) Celse, 1. V, sect. 27-17. 

(3) Galien, t. XIV, c. 7, p. 140. 



216 LES CHAMPTnxONS. 



La rue, dit Pline, est utile contre l'empoisonnement par 
ces plantes, soit qu'on la donne en boisson, soit qu'on la 
donne en substance (i). 

I/a graine de rue des montagnes, llnta nioiilana^ Dec, 
dit de son coté Dioscoride, bue dans du vin, à la dose de 
r 5 drachmes (67 gram. 5o centigr.), est un puissant remède 
contre tout empoisonnement. Les feuilles de rue , man- 
gées seules, à jeun, ou avec des noix et des figues sèches, 
amortissent toute espèce de venin. On donnait la pré- 
férence à la rue des jardins sur celle des montagnes; 
celle-ci, plus active, causait la mort si l'on en mangeait 
trop (2). 

Les anciens, comme l'on voit, faisaient un cas tout par- 
ticulier de la rue : elle leur servait de médicament et 
d'aromate. Aujourd'hui encore on l'emploie , en Italie , 
comme condiment dans les salades. L'emploi de cette 
plante à haute dose étant dangereux, c'est avec circons- 
pection qu'il faut en faire usage. 

La fiente de poule , dit Galien , a soulagé promptement 
des personnes qui étaient comme asphyxiées pour avoir 
mangé des champignons. Après avoir réduit la fiente en 
poudre , on la délayait dans trois ou quatre tasses d'oxy- 
crat ou d'oxymel : peu de temps après en avoir pris, les 
personnes vomissaient et étaient complètement débarras- 
sées. 

Serait ce uniquement comme vomitif que la fiente de 
poule agirait, ou bien est-ce en vertu de l'urate de chaux 
qu'elle contient? De nos jours encore quelques personnes 
ont recours à l'usage de cette fiente de poule dans maintes 
maladies , seulement elles font choix du blanc de celte 



(1) Pline, XX, 51. 

(2) Dioscoride, livre III. 



MOYENS DE REMEDIER AUX ACCIDENTS. 211 

substance. Délayée dans du vin, la fiente de poule prend, 
à Montmorency, le nom de vin de poule. 

Apollodore, au rapport de Pline, parle de l'emploi du 
suc de choux pour remédier aux accidents causés par les 
champignons. 



CHAPITRE XX. 



DE l'emploi des CHAMPIGNONS EN MÉDECINE. 



Après avoir parlé assez longuement des propriétés mal- 
faisantes des champignons , je crois devoir dire quelques 
mots des propriétés médicales attribuées à plusieurs de ces 
plantes. 

La médecine en faisait autrefois un usage assez fréquent, 
aujourd'hui cet usage est à peu près entièrement aban- 
donné ; mais sans doute on y reviendra, car le plus sou- 
vent la médecine, après avoir longtemps délaissé, sans trop 
savoir pourquoi, l'usage de tels ou tels médicaments, un 
jour vient qu'elle les sort de l'oubli où elle les avait 
laissés. 

Parlons d'abord de l'emploi que les anciens faisaient de 
ces plantes. 

Selon Pline , le champignon que de son temps on ap- 
pelait Agaric, et que les pharmaciens continuent à appeler 
de ce nom, le Bolet du Mélèze, Polypore officinal des 
mycologistes, pris en boisson, à la dose de trois oboles (i) 
(2 gramm. ^5 centigr."), dans un cyathe (o litre o/|5) de 



(i) Obole, la sixième partie de la drachme. Cyathe, la douzième partie 
du patarin. 



EMPLOI DES CHAMPIGNONS EN MEDECINE. 219 

vin vieux, guérissait la straiigurie et la splénite. Ce cham- 
pignon, donné de la même façon et aux mêmes doses, 
guérissait le nerf appelé pin ty s (le tendon d'Achille?) et la 
douleur d'épaule. On le donnait aussi réduit en poudre à la 
dose de 4 oboles (3 gramm. 45 centigr.) dans deux cyathes 
(o litre 09) de vinaigre. 

Les anciens distinguaient l'Agaric mâle et l'Agaric fe- 
melle, tous les deux de couleur blanche et croissant sur les 
arbres. Le mâle, dit Pline, est plus dense, plus amer ; il 
cause de la céphalalgie. L'Agaric femelle, moins consistant 
que le mâle, a une saveur d'abord douce, mais qui bien- 
tôt devient amère. . 

INous ne savons pas trop si ce que les anciens appelaient 
Agaric mâle et Agaric femelle étaient deux espèces dis- 
tinctes, ou s'ils n'étaient pas, ce qui est très-vraisemblable, 
de simples variétés d'une même espèce. Quoi qu'il en soit, 
l'Agaric qui venait de la Gaule passait pour plus faible que 
celui que l'on recueillait aux environs du Bosphore. 

On les employait contre les flux de ventre. On les fai- 
sait entrer dans la préparation des médicaments appelés 
ophthalmiques, dont on se servait pour bassiner les yeux. 
On les employait pour faire disparaître les lentilles {lenti- 
gines), les taches de rousseur et autres taches qui viennent 
sur le visage des femmes. On les employait contre les érup- 
tions et ulcères sordides de la tête, contre la morsure des 
chiens, comme aussi pour réprimer les excroissances qui 
viennent au fondement (i). 

Voyons maintenant quel usage la médecine a fait des 
champignons dans des temps plus rapprochés de nous, et 
quel usage elle en pourrait faire encore. 

La fausse Oronge, administrée en poudre, à l'intérieur, 

(1) Pline, 1. 22-38; 1. 25-57; 1. 26-48. 



220 LES CHAMPIGNONS. 



a été employée avec succès, assiire-t-on, contre l'épilepsie 
et il'aiitres maladies nerveuses, liernardet et Whisling 
attestent son succès (i). 

Plenck faisait prendre sa poudre intérieurement contre 
l'épilepsie. Il la donnait à la dose de cinquante grammes 
à iMi gramme, trois fois par jour, dans de l'eau, ou à celle 
de quatre grammes, ime fois seulement dans la journée, 
administrée dans du vinaigre, comme plus efficace. 

Employé à l'intérieur et à l'extérieur, en même temps, 
ce champignon aurait guéri les engorgements chroniques 
{tumeurs et indurations), les scrofules, et des ulcères fistu- 
leux de mauvais caractère. 

Sa poudre, répandue sur les ulcérations de la cornée, les 
excoriations du bout du sein, les ulcères sanieux ou com- 
])liqués de carie, aurait guéri ces maladies, 

La fausse Oronge était cueillie avant sa maturité, puis 
séchée à l'ombre ou dans un four. Les médecins employaient 
de préférence la poudre obtenue du pied du champignon; 
attendu qu'il contient, comme nous l'avons dit, plus de 
principe actif que le chapeau. 

La teinture de ce champignon a été vantée contre la tei- 
gne, les impétigos, les dartres et le catarrhe chronique avec 
crachats muqueux et puriformes. FJle se donnait, étendue 
d'eau ou de vinaigre , à la quantité de douze à quarante 
gouttes, répétée trois fois par jour. 

La fausse Oronge aurait aussi, à ce que l'on prétend , 
arrêté des diarrhées et des sueurs trop abondantes. 

On sait que les habitants du Kamtschatka emploient ce 
champignon non pas comme médicament, mais dans le 
but de se plonger dans une sorte d'ivresse. 

Tantôt ils le mangent desséché et tantôt infusé dans du 



(1) Whisling, Dissert, de virtut. Agarici muscarii. 



LEUR EMPLOI EN MEDECINE. 221 

SUC de Vaccinium idiginosum, ou bien encore ils en pré- 
parent, avec les feuilles d'une espèce d'épilobe et de l'eau, 
une boisson qu'ils boivent comme du vin. La fausse Oronge 
produit sur eux l'effet du vin, et, comme celui-ci, elle pro- 
voque, chez quelques-uns la joie, l'exaltation, les chants, la 
danse; tandis que chez d'autres elle amène la tristesse, la 
violence, les excès. Je ne recommanderai pas le procédé 
kamtschatkale comme moyen propre à préserver des ma- 
ladies. 

Ce champignon n'a jamais, que je sache, été employé 
en médecine à titre de sédatif; ses propriétés narcotiques 
cependant sont bien connues. Pourquoi ne l'emploierait-on 
pas comme succédané de l'opium? Il y aurait même de 
l'avantage sous le rapport pécuniaire ; car il ne demande 
pas de culture ; on sait qu'il est peu de contrées boisées 
où on ne le trouve abondamment, en automne. 

Il serait facile d'en faire des extraits, des sirops, des 
teintures alcooliques ou éthérées, etc. 

Son suc, de même que celui de plusieurs autres Ama- 
nites , appliqué sur la peau dénudée , produisant par ab- 
sorption le narcotisme , ou pourrait , sous cette forme , 
l'employer à faible dose, comme on emploie la morphine 
et autres préparations opiacées. 

Tout récemment le D"^ Curtis a proposé l'emploi thérapeu- 
tique des champignons vénéneux contre le choléra, la ma- 
ladie de Brightet les fièvres intermittentes. C'est la teinture 
d'Agaric bulbeux dont il a fait usagé contre ces maladies : 
malheureusement ses observations sont trop peu nombreu- 
ses pour être concluantes; toutefois il sera bon de les répéter. 

L'Agaric poivré, Agaricas acris^ Bull. {Lactarius pipera_ 
tus, Fr.), a été d'usage en médecine. Son suc laiteux, pris 
avec le sirop d'althaea, passait pour provoquer l'excrétion 
de l'urine et briser les calculs. 



222 LES CHAMPIGNONS. 



La même propriété était attribuée à l'Agaric zone, Jg. 
(Lactarius) zonarius, Fr. autre lactaire. Vaillant dit que le 
suc de ce champignon, pris avec le sirop d'althaîa, brise le 
calcid, d'après une expérience certaine, en même temps 
(|u'il provoque l'urine. Il dit aussi que par le frottement il 
fait disparaître les verrues. 

Au rapport de MM. Noulet et Dassier, les paysans du 
Languedoc emploient aujourd'hui encore cet Agaric pour 
cautériser ces excroissances. Son suc agit à la manière 
du lait de la chélidoine et du réveil-matin. 

Gésalpin attribue au Polypore tubérastre, champignon 
cultivé à Naples sur la pietra fimgaja, la vertu de provo- 
quer la sortie de l'urine et des graviers ; comme aussi celle 
de dissiper les douleurs d'estomac, de guérir l'ictère et le 
flux de ventre (i). 

Pour en revenir à l'Agaric poivré, ce champignon aurait 
guéri la phthisie pulmonaire, lorsque déjà cette maladie 
était accompagnée de fièvre hectique et de vomique du 
poumon. M. Dufresnoy le réduisait en poudre, après l'avoir 
lavé, puis desséché dans un four : il en composait ensuite 
un opiat ou électuaire de la manière suivante. 

Conserve de roses 1 5 grammes. 

Blanc de baleine 1 

Yeux d'écrevisses ? âa 8 gram. 

rieurs de soufre lessivé.. . ) 

Agaric pulvérisé 12 gram. 

Miel de Narbonne, quantité suffisante pour composer un 
électuaire dont on faisait prendre deux grammes et demi, 
trois fois par jour, délayé dans une infusion de mille-feuille 
sucrée. 



(1) Césalpin, 44. 



LEUR EMPLOI EN MEDECINE. 223 

h' yéga 7' ic US (Lactarius) torminosus, Fr., était quelquefois 
substitué à l'Agaric poivré : on l'ajoutait à l'électuaire, 
mais à la quantité d'un gramme cinquante centigrammes 
seulement. Le quinquina aussi y était quelquefois ajouté, 
à la dose d'un gramme, et l'opium à celle de vingt cen- 
tigrammes. 

Le Pecq de Clôture faisait usage de ce même électuaire 
dans les mêmes circonstances. Cette préparation, délaissée 
aujourd'hui , pourrait être essayée de nouveau dans les 
cas de catarrhes chroniques et de phthisie non trop avancée. 

Pourquoi aussi ne tenterait-on pas la guérison des ul- 
cères atoniques par l'application sur les plaies de la pulpe, 
du suc ou de la poudre d'Agarics de la section des Lac- 
taires et des Russules ? Nous avons vu que le suc de quel- 
ques-unes de ces plantes, mis en contact avec la peau 
dénudée, produit par son âcreté une inflammation limitée 
qui ne détermine pas d'accidents généraux. La chair écra- 
sée de ces Agarics ne pourrait-elle pas aussi être utilisée 
pour produire la rubéfaction de la peau ? 

L'Agaric amer, Bull,, Ag. elseodes, Fr., croît, pour ainsi 
dire, toute l'année, en touffes considérables, sur les sou- 
ches d'arbres à demi pourries. Ce champignon, qui n'est 
jamais attaqué, ni par les insectes, ni par les limaces, pro- 
voque , pris en petite quantité , des vomissements et des 
selles abondantes ; on pourrait donc le prescrire en mé- 
decine comme vomi-purgatif, en substance, en infusion , 
en décoction. 

D'autres Agarics , tels que l'Agaric fasciculaire , A^. 
fascicidaris, Huds., l'Agaric rouge-brique paie, Ag. siihla- 
lerilius , Scliœff., jouissent des mêmes propriétés que l'A- 
garic amer. Une fois introduits dans les officines, ces cham- 
pignons y prendraient place à côté de la rhubarbe, du 
séné, de l'aloès, du nerprun, de la mercuriale, etc. Toute- 



224 LES CHAMPIGNONS. 



fois leur emploi devrait être réglé par la médecine , car 
l'Agaric amer tue un cliien à la dose de soixante grammes. 

On pourrait aussi utiliser, comme médicament, l'Agaric 
styptique, ^i^^ (Panus) stypliciis, Fr., qui, comme on le 
sait, purge violemment les animaux auxquels on le donne, 
mais ne les tue pas. 

Sertorius est le premier qui ait prescrit le Bolet odorant, 
Boletus sa/icinus , Bull. {Tranietes suaveolens y Fr.);, contre 
la phthisie pulmonaire. H le donnait en poudre à la dose 
d'un gramme trente centigrammes, deux ou trois fois par 
jour. 

Les professeurs Schmidel et Wendst rapportent des exem- 
ples de guérison de cette fatale maladie, obtenue par l'em- 
ploi d'une cuillerée à café d'électuaire de ce champignon 
donnée dans du miel, trois fois par jour. 

Le Bolet du Mélèze, Poljporus officinalis^ Fr. , était vanté, 
il y a peu de temps encore, contre les sueui's colliquatives 
des phthisiques. C'ctiiit en poudre et en extrait qu'on l'ad- 
ministrait. Son usage exige de la prudence, à cause de ses 
effets drastiques. 

Ce Bolet contient, d'après les analyses de Braconnot et 
de Bouillon-Lagrange, une grande quantité de résine acre, 
à laquelle il doit sans doute ses propriétés purgatives. 
Tromsdorff regardait ce purgatif comme préférable à la 
résine de jalap. Les paysans suisses s'en servent pour pur- 
ger les vaches. 

Haller rapporte que les habitants du Piémont prennent 
un petit morceau de ce champignon, avec addition d'un 
peu de poivre, quand ils ont avalé quelques-unes de ces 
petites sangsues dont les eaux de leur pays abondent. Les 
habitants de Balen l'emploient réduit en poudre, dit Bo- 
mare , pour guérir les pustules , les furoncles de leur 
bétail. 



LEUR EMPLOI EN MEDECINE. 225 

Fouqiiier avait préconisé le Bolet du Mélèze contre les 
sueurs nocturnes des phthisiques. Ce champignon est un 
purgatif violent qui autrefois était très-employé, mais dont 
aujourd'hui l'usage est très-restreint : il doit, à ce qu'il 
paraît, sa propriété cathartique à un principe résineux. 

Un autre Bolet , Poljporus serpen(arius^ Pers. {P. anno- 
sus, Fr.), qui peut-être ne vient pas en France, est employé 
par les paysans de la Suède contre la morsure des serpents. 
Ils exposent à la fumée du champignon le membre qui a 
été blessé; la guérison, au rapport de Fries, ne se fait pas 
attendre. Fries dit aussi avoir vu arrêter, dans un court 
espace de temps, par l'application de ce même Polypore, 
le sang qui coulait de la bouche d'un chevreau qui avait 
été blessé. 

Ce que l'on appelle amadou et Agaric des chirurgiens se 
retire, comme nous l'avons vu, du Pol/porus Jomenian'us, 
Fr., et de plusieurs autres Polypores. 

L'amadou est usité surtout dans le pansement des plaies 
pour arrêter les hémorragies des petits vaisseaux, à cause 
de sa propriété absorbante. On l'emploie aussi, comme la 
flanelle, et mieux que la flanelle, pour conserver le calo- 
rique sur les parties du corps qui ont besoin d'une chaleur 
permanente. Nous avons dit plus haut que l'on en fait des 
vêtements. 

En Angleterre, les médecins font usage de plaques d'ama- 
dou pour prévenir les ulcérations qui surviennent si fré- 
quemment aux parties déclives du corps, le sacrum , le 
trochanter, chez les personnes qu'une longue maladie con- 
damne à l'immobilité pendant des semaines entières : telles 
que les fractures, les luxations. Ils l'emploient de même 
pour exercer une pression légère sur les veines vari- 
queuses et réprimer leur dilatation. 

L'odeur de l'amadou brûlé , préparé avec l'azotate de 

15 



226 LES CIIA.Ml'KiNONS. 



potasse, est un excellent calmant pour les personnes at- 
teintes de maux de nerfs. 

La décoction dans le lait de la Pezize oreille de Judas, 
Exidid nuricula Judce , Fr. , et son infusion prolongée 
dans le vinaigre, étaient autrefois fréquemment employées 
en gargarismes contre les esquinancies, le gonflement des 
amygdales et autres maladies de la bouche et de la gorge; 
aujourd'hui quelques personnes ont recours à leur usage 
dans les mêmes circonstances. 

En Allemagne , ce champignon , trempé dans l'eau de 
roses, est souvent usité dans la médecine du peuple pour 
combattre les inflammations oculaires. On prétend qu'on 
l'a administré avec succès aux hydropiques, de même que 
le Bolet du Mélèze. 

L'Oreille de Judas passe pour purgative; il est douteux 
qu'elle le soit en effet, car elle est employée, ou du moins 
une espèce qui lui ressemble singulièrement, est employée 
comme aliment dans diverses parties du monde. 

Avant que la ligature des artères fût devenue d'un usage 
vulgaire, on employait la poussière de la Vesse-loup gigan- 
tesque, Lfcoperdoii giganteum^ Batsc/i^ et celle de la Vesse- 
loup ciselée, L. cœlatiini, Bull., pour arrêter le sang. On s^en 
servait, comme on se sert aujourd'hui de poudre de colo- 
phane , de toile d'araignée ou de linge brûlé. En Angle- 
terre, c'est encore aujourd hui un remède populaire contre 
les coupures et les saignements de nez. Le vulgaire , dit 
Murray, en fait usage , en Allemagne , contre l'état chas- 
sieux des paupières des chevaux et des bêtes de trait, et 
aussi contre leur diarrhée, dit Ltesel (i). Valmont de Bo- 
mare assure que les barbiers d'Allemagne ont toujours 
dans leurs boutiques de la poudre de Vesse-loup gigan- 



(1) Lœselius, Flora Prussica, p. 82, 



LEUR EMPLOI EN MEDECINE. 227 

tesque, qu'ils mettent sur les coupures des rasoirs pour 
arrêter le sang. 

Les expériences de Lafosse prouvent combien son effi- 
cacité est grande, puisque, chez le cheval, après que l'on 
avait coupé l'artère crurale, on a arrêté la perte du sang à 
l'aide de la compression faite avec un fragment du cham- 
pignon, recouvert de sa poussière séminale. Je ne sais, dit 
Ascherson, si l'on ne devrait pas recourir à l'emploi de ce 
moyen, dans les cas d'hémorragies gangreneuses, lorsque 
le chirurgien, ne parvenant pas à les arrêter, croit n'avoir 
plus de ressources que dans l'amputation. 

Les spores de la Vesse-loup géante, mêlées avec du lait, 
sont un remède populaire en Italie contre le cours de 
ventre des bœufs. 

. La fumée des Lycoperdons passe pour posséder des pro- 
priétés anesthésiques , c'est-à-dire de nature à abolir la 
sensibilité générale. On l'emploie depuis longtemps, en 
Angleterre, avec succès, pour stupéfier les abeilles lorsqu'on 
veut prendre leur miel sans les détruire. On a même fait 
usage de ces plantes comme substitut du chloroforme. Des 
opérations , dit Berkeley, auraient été tentées avec succès 
sous leur influence (i). 

Le D' Richardson a pu endormir des chiens pendant 
plusieurs heures et produire la suspension momentanée de 
la sensibilité, en les exposant à la vapeur de la combustion 
de la poussière de Lycoperdons. C'est par le dégagement 
de gaz acide carbonique et d'oxyde de carbone que la fumée 
opère; ce n'est donc pas à la manière de l'éther ou du 
chloroforme. Du reste , ce procédé ne fait-il pas courir 
les mêmes dangers et peut-être même des dangers plus 
grands que ceux auxquels sont exposées les personnes 

(1) Berkeley, Garden. Chron., 1800, p. 289. 



228 LES CHAMPIGNONS. 



que l'on soumet à l'action de ces dernières substances? 

Les habitants de Java , dit Zippelius, se servent de la 
■poussière du Lycopcrdon kakava^ Lév., pour se guérir de 
coliques flatulentes. 

l.a Truffe du Cerf, Ehtphoniyces granulatus^ Fr., servait 
autrefois à colorer le baume apoplectique. Elle passait 
poiu' alexipliarmaque, c'est-à-dire comme moyen propre à 
expulser du corps les poisons, les virus, qui s'y seraient 
introduits. On lui accordait aussi la propriété de provo- 
quer la sécrétion du lait et d'accélérer l'accouchement. Si 
elle possède réellement cette dernière propriété, on pour- 
rait la substituer au seigle ergoté. Il est vrai que celui-ci 
se trouve plus communément dans les pharmacies. 

Gleditsch parle d'un paysan qui, pour ré^^eiller en lui 
les désirs vénériens, prenait tous les jours huit grammes 
d'esprit-de-vin dans lequel il avait laissé macérer la Truffe 
du Cerf, Elaphomyces granuhitas^ Fr. Il vantait cette li- 
queur comme ayant la vertu merveilleuse de ranimer ceux 
qui étaient affectés de langueur maritale. Il en cédait lar- 
gement et gratuitement à tous les pauvres. Quelques char- 
latans, moins généreux, vendaient, au poids de l'or, cette 
teinture à des jeunes gens blasés et à des vieillards ma- 
niaques. Aujourd'hui encore la Truffe du Cerf est usitée 
dans quelques pays comme aphrodisiaque. 

J.a Truffe comestible , Tuher cibarium , Sibth. , et la 
Truffe blanche, R/iizopogon a/bus, Fr. , Hjmenogaster 
Klotschii, Tul., jouissent aussi à un haut degré de la ré- 
putation de porter aux plaisirs de l'amour, réputation qui 
pourrait bien être usurpée, car bon nombre de personnes 
en ont mangé, et même en assez grande quantité, sans 
avoir constaté la propriété spéciale qu'on leur attribue. 
Quoi qu'il en soit, les Truffes paraissent être un restaurant 
efficace dans les cas d'épuisement et de faiblesse d'estomac. 



LEUR EMPLOI EN MEDECINE. 229 

L'estime que l'on faisait de ces plantes, comme aphro- 
disiaques, et la croyance où l'on était qu'elles ne venaient 
point de semences et qu'elles n'en donnaient point, a ins- 
piré à un poète, dont le nom est resté ignoré, le distique 
suivant : 

Semina nulla damus; sine semine nascimur ullo, 
At qui nos mandit seraen habere putat (1). 

Le Satyre fétide, Pliallus impiidicus^ L., réduit en pou- 
dre, est regardé, dans plusieurs cantons, comme un remède 
qui porte aussi aux plaisirs de l'amour. 

Beckmann dit qu'on le donne aux bestiaux pour les 
exciter à l'accouplement. Asclierson a vu un cheval de 
dix-sept ans se montrer très-ardent en amour après avoir 
mangé de ce champignon. Quelques personnes prétendent 
qu'il détermine de fréquents avortements chez les vaches, 
ce que d'autres nient. Gleditsch dit qu'on le cueille avant 
cju'il soit entièrement développé , car il paraît qu'il ne 
produit son effet que lorsqu'il est encore dans son volva. 
Alors il n'a pas l'odeiu' fétide qu'il aura plus tard. On le 
desséche et on l'emploie réduit en poudre. Hertwig l'a 
donné à des chiens et à des chevaux; il n'en a rien ob- 
tenu. Ne serait-ce pas la forme même de ce champignon 
qui lui aurait fait accorder la vertu stimulante qu'on lui 
attribue ? Beaucoup d'autres champignons, les Bolets, les 
Agarics et les Morilles, en particulier, jouissent de la ré- 
putation de posséder cette même vertu. La propriété aphro- 
disiaque de ces plantes est fortement contestée aujourd'hui. 

Le Phallus Mokusin, Lin. {Lysuriis Mokusin^ Cib.),en 
Chine, et le Ljcoperdon carcinomale^ Lin. {Podaxon carci- 



(1) « Nous ne provenons pas de semence, nous ne donnons pas de semence, 
et celui qui nous mange pense en obtenir de nous. » 



230 LKS CIIA.MI'K.NONS. 



/lof/ia/f's, Fr.j, près du cap de Donne-Espérance, sont^ dit 
Dadliam, employés par les habitants de ces pays en appli- 
cations extérieures contre les plaies cancéreuses. 

Les Chinois saupoudrent ces idcères de la cendre du 
Phallus Mokusin jusqu'à ce que toute la malignité du mal 
ait disparu. Ils le mangent quelquefois, mais non sans dan- 
ger, car c'est un véritable poison (i). Ce champignon et le 
Lycoperdon varcinomnle produiraient donc un effet tout 
contraire à celui que les^habitants des J^andes attribuent 
au Clathre grillagé. 

Le Satyre fétide est encore dans quelques pays un remède 
populaire contre la goutte; aussi, en Allemagne, on l'ap- 
pelle Champignon de la goutte. En Hollande, au rapport 
de Greville, on l'emploie en cataplasmes contre les dou- 
leurs rhumatismales. 

Les Pachyma , champignons souterrains qui viennent 
dans les contrées les plus chaudes du globe, sont usités en 
médecine. 

Le Pachyma Tuber regium, Rhumph., qui vient à Am- 
boine, dans les iles Moluques, est vanté contre la diarrhée, 
les maux de gorge, les fièvres, etc. Le P. Hoelen^ Fi'., que 
l'on trouve en Chine, est lai médicament précieux dont on 
fait usage, à la manière du thé, pour rétablir les forces. On 
l'emploie contre la phthisie. he Pac/ijma Cocos, Schwein., 
plante de la Caroline, est de même employé par les in- 
digènes dans le traitement des maladies. On ne nous dit 
pas quelles sont les maladies contre lesquelles on en fait 
usage (2) 

On sait quel usage fréquent, on pourrait même dire quel 
abus, les accoucheurs et les sages-femmes font aujourd'hui 



(1) Fries, Sijsfema vnjcoL, II, p. 2S0. 

(2) Pries, Systema tni/c, il, p. 242. 



LEUR EMPLOI EN MÉDECINE. 231 

du seigle ergoté pour ranimer les contrac lions de l'utérus 
dans les cas d'inertie de cet organe, accélérer l'accouche- 
ment, favoriser la délivrance, arrêter les pertes atoniqiies 
qui surviennent quelquefois après le travail de l'enfante- 
ment. On administre cette substance, réduite en poudre, 
à la dose de cinquante centigrammes à deux grammes; et 
en infusion à celle de quatre grammes pour cinq cents 
grammes d'eau. Qui aurait pensé, il y a un demi-siècle à 
peine, que l'ergot du seigle, poison lent lorsqu'il est mêlé 
au pain, prendrait place dans la matière médicale et devien- 
drait d'un usage général, comme médicament? Ajoutons 
que si cette substance a rendu des services, son abus a 
occasionné plus d'une fois la mort des enfants , et n'a pas 
été sans nuire à la mère. 

Wiggers, à qui l'on doit l'analyse la plus complète du 
seigle ergoté, y a trouvé un principe particulier, doué de 
propriétés narcotiques, qu'il appelle ergotine, et que l'on 
administre à peu près dans les mêmes circonstances que 
l'ergot, mais à de moins fortes doses. 

Nous avons vu que les champignons renferment une 
forte proportion de matières extractives azotées, solubles 
dans l'eau. Ces plantes ne contenant pas d'amidon, ou du 
moins n'en contenant qu'une quantité à peu près inappré- 
ciable, et ne renfermant du sucre qu'à l'état de mannite, 
et cela dans une très-faible proportion, pourraient, de pré- 
férence, être données comme nourriture aux personnes 
affectées de diabète sucré; s'il est vrai, ce qui est mis en 
doute aujourd'hui, qu'il faille dans cette fâcheuse maladie 
s'abstenir surtout d'aliments féculents, dans la crainte de 
transformer la fécule en sucre. 



LES 



CHAMPIGNONS 



DE LA FRANGE. 



-^^^1^ 



DEUXIEME PARTIE. 



Xableau synoptique des familles de Clianipîgnons. 



Champignons 
dont la fructification 
portée sur une mem- 
brane ou hyménium 
est placée extérieu- 
rement. 

Hyménomy cites. 
Spores 



/ le plus souvent aul 
nombre de 4 , etl 
supportées par des ) 
basidies. 

Basidiosporês (}). 
Hyménium ou mem-f 
brane sporophore | 



infère , 
en forme 



de lamelles . 
de tubes . . . 
d'aiguillons . 
de membrane 



périphérique 



!'de massue ou de 
rameau ..... 
de membrane pas- 
sée 

[déliquescent^ de cellules .... 

en forme ; , 

( de reseau a jour. 



périphérique, en forme d'alvéoles ou cellules 
irrégulières 



le plus souvent au 
nombre de 8, con- 
tenues dans des 
thèques. 
Thêcasporés. . ^^^^-^^^^ ( de lobes rabattus . 
Hyménium ou mem- [ 
\ brane sporophore \, '•'" forme | (j^q disque ou de cupule . 



Agaricinés. 
Boléto^dés. 
Hydnés. 
Auricidarine's. 

C'iavarien. 

Trémello'idés. 

Phalloïdes. 

Clathroïdés. 

Morchellês. 



Champignons / 

dont la fructification 1 Au nombre de 4, supportées par des basidies . .( sur la terre. . . . 

est située à l'inté- 1 , , ) , 

rieur d'un réceptacle ] -S«««<''''«i""'««- Peridium croissant f sous la terre . . . 

commun ou péri- i ^y nombre de 2 à 8, renfermées dans des thèques j 

dium. i / 

Gastèromycetes. f r/ie'ccwpore's.Péridium croissant sous la terre ) 

Spores \ 



HelvelUs. 
Pezizés, 

Lycoperdonés , 
Mélanogastérès, 

Tuhéracés. 



(1) Constater si les spores viennent sur des basidies ou sont renfermées dans des thèques , est chose qui 
n'est pas à la portée des commençants, et qui d'ailleurs exige l'usage du microscope ; mais il sutRt de voir 
comment se comporte la membrane sporophore pour arriver à la détermination des familles. 



I.KS ( 11 A MI'I(;\(t\S. 



I>ivî>9ioii <li4-li«»l4>iiii«|ii«'' «lu ^eiire ^'Vj^aric , 

il'iiiu'r.s la flassiticatiuii do IVrsoou f ). 



A(.AU1C. llymcuiiim distinct sons la forme de lumoUcs parallèles entre elli;s. 

Champignon muni d"nn volva complet ou incomplet 

l'édicule excentrique latéral ou nul 

1 Feuillets égaux eu longueur dans la plupart des espèces 

Champignon ] | /Feuillets contenant un suc laiteux, 

dépourvu ' 



de volva. 



fr.'diciik- 
. central. 



Amanite. 
J'ieurope. 
liusmle. 
Lactaire. 



Feuillets 

Iconstaninient j 

inégaux 

en longueur. 



j Feuillets d'abord 
' nébuleux et de- 
I venant noirs à 
la maturité. 



Feuillets 

ne 

[coutenau't 

pas 

de suc 

laiteux. 



Feuillets noirs à la ma- 
turité, mais ne se li- 
quéfiant pas Pratelle. 

Feuillets noirs à la nia- 
\ turité et se liquétiant. C'o2»'in. 

Chapeau en enton- 
noir ou déprimé au 
centre 



Feuillets 

unicolores 

et ne 

I 
ilevenant / 

pas noirs 

à la 

maturité. 



Pédicule 
n'ayant | , Chapeau 

ni anneau.|c,,^p^^^ (charnu ' 

convexe I Chapeau 
ou y le plus 
piano- 1 souvent 
convexe, j membra- 
neux , 
strié. . . 



Omphalie. 
Gyninope. 



ni 
Collier. 



Mychie. 
Ldpivtc. 



/d'un anneau com- 
Pédicule 1 plet, consistant . 
pourvu i^ijjjj collier ou au- 

\ ueau filamenteux. C'ortinaire. 



(1) J'ai adopté cette classification qui me parait la plus simple et celle qui convient le mieux aux com- 
men(^ants. 



i 
I 



DESCRIPTIUNS. 



Classe 1'^ — HYMENOMYCETES. 

Yfxéviov, petite membrane, ij,mr]ç, excroissance fongueuse 

HYMENIUM A SURFACE OU MEMBRANE SPOROPHORE PLACÉE EXTÉRIEUREMENT. 

Spores portées sur des basides. Oasidîosporés. 

Ordre 1er. _ AGARIC IN ES {Agaricini). 

Hyménium infère, formant des feuillets ou lamelles, pouvant se par- 
tager en deux membranes, lesquelles rayonnent d'un centre commun. 



Section I^^ — AGARIC {Agarictts). 

IdyaoLxov, d'Agaria , ville de la Sarmatie. 

Chapeau doublé en dessous de feuillets à bords aigus , et qui ne 
sont presque jamais anastomosés les uns avec les autres. 

SÉiuE I'-*'. — AMANITE (Ainanita). 

'Aî^-aviV/ji; , sorte de champignon chez les Grecs. Genre pour quelques 

auteurs. 

Champignons charnus , sortant d'un volva ou bourse qui se déchire 
et laisse quelquefois des lambeaux sur le chapeau , mais toujours à 
la base du pédicule, lequel est central et pourvu ou non d'un collier; 
hyménophore distinct du pédicule. Tous croissent sur la terre et le 
plus ordinairement dans les bois. 

Les champignons les plus délicats et les plus vénéneux appartien- 
nent à la série dos Amanites. 



LES ClIA.Ml'KJNOiNS. 



Leucospoues. Spores l)lanclies (Àsujco: . Iilmc, cTrôpoç, spore, 

semence). 

1''^' Tmiuj. iViiiîtiiile (^lype). Spores el Icuillels J)laiics. 

Fédicule pourvu iVun anneau. 

Ag. (Am.) Oronge. .1,'/. {Am.) cœsareiis, Scop., FI. Cam.. 41U. 

(Pl.I). 

Mirli., Nov.gen., t. 07, llg. 1. — Koq. Phyt. méd., t. 13, fig. 1,2. — Paul., Traité,' 
1. 154. — Bull., Jlerb., t. 120. — Pcrs., Champ, com., t. 1. — Kiombli., tSclm-., 
t. 8. — Vittad., Fuwj. maufj., t. 1. — DC, FI. fr., 562. — Fr. Epkr., 1. 

Noms vulgaires : Oronge vraie , Dorade , Jaune d'œuf , Cadran , 
irandja, Jaseran, Cliogeran, Mujolo, Campagnol, Ounégal, Dounier- 
gal , Roumanel , Dorgne. 

L'Oronge est d'une belle couleur jaune-orange ; elle a un chapeau 
presque plane, orbiculairc, large de 10 à 15 centimètres, dont les 
Jjords striés et souvent incisés se recourbent en dessous , et dont la 
superficie n'est ni visqueuse ni tachetée de verrues; ses feuillets sont 
larges, épais, inégaux, Jaunâtres, très-adhérents à la chair, mais non 
adhérents au pédicule , lequel est jaune en dehors , blanc en dedans , 
lisse, long de 8 à 15 centimètres, plein , bulbeux , pourvu d'un an- 
neau jaune, large, renversé. Ce champignon, lorsqu'il est jeune, se 
trouve renfermé tout entier dans un volva de couleur blanche, ce qui 
lui donne alors l'apparence d'un œuf; pour lui livrer passage, le volva 
se déchire et reste complet à la partie inférieure du })édicule. 

L'Oronge croît à la fin de l'été et en automne dans les bois, et sur- 
tout dans les bois de pins ; elle a une odeur faible et une saveur des 
])lus agréables ; c'est un manger délicieux et recherché partout. 11 
fautl)ien se garder de la confondre avec la fausse Oronge [Ag. mus- 
car i us) , décrite plus loin. 

Ag. (Am.) élevé. A<j. (Anu) cxcelsus , Fi-., Epier., 16. 

Paul., .Soc. méd., t. 12. — Kroml)!!., t. 29, fig. 14-17. — Berkl., OntL, t. 3, fig. 3. — 

Amanita ampla, Pers., Syn., 15. 

Ce champignon est d'une taille élevée, comme son nom rindicjue. 
Son pédicule atteint IG et 18 centimètres, et son chapeau 12 à 15 cen- 
timètres de largeur. Ce chapeau est charnu, fragile, d'abord sphéri- 



DK^^CHîrTIONS. 



que, puis faiblement convexe ou même plane, de couleur gris blan- 
châtre (gris de souris) ou gris fauve , plus foncé au centre, parsemé 
de squames ou verrues, larges, enflées, qui disparaissent bientôt. Ses 
])ords sont lisses et quelquefois substriés dans un âge avancé. 

Les feuillets, inégaux, ventrus, libres, arrondis en arrière, étroits, 
épais, à bord très- finement crénelé, ne laissent pas de stries sur le 
pédicule, lequel est cylindrique, un peu bulbeux à sa base, écailleiix 
au-dessous d'un collet, blanc, raljattu^ finement strié. Le volva, ordi- 
nairement fugace, est d'un blanc terreux, et presque toujours caché 
sous terre. 

h'Ag. excelsus, dont la chair est blanche, ferme, appétissante, est 
assez rare; il vient dans les bois montueux; son odeur n'est pas désa- 
gréable. Parla saveur, il rappelle le champignon de couche, et cepen- 
dant il est vénéneux. Cette propriété, déjà connue, a été confirmée 
par les expériences de M. Tulasne. 



Ag. (Am.) Mappa. A<j. Mappa, Batsch. 
(1^1. IIl,fi-. -1). 

Paul., Ch., t. 158, fig. 1, 2. — Vittacl, Ihiny. many., t. 11. — lvr.)inl)li., t. 28, 
fig. 1-12. — A;j. hulhosus, Bull., t. 577, fig. D, G, H, M. — Anumlta re- 
nenosa , Pers., C'hamj). com., t. 2, fig. 3. — Fr., Epier., 11. 
Var. A. Chajjeau de couleur blanche. Koq., Pliyt., 1. 15, fig. 3. — Schreff., t. 241 . 
» B. ). verclâtre. Kronibh., t. 28, fig. 1-10. 

" C. » jaune iiaillc ou citron. Schïeft'., t. 20. ~ lîoq., t. 15, fig. 1. 
" D. » fauve. F/, dan., t. 2143. 

Chapeau d'aljord convexe, puis phuie, lai'go de 8 à 10 centimètres, 
ordinairement de couleur jaune-soufre, mais quelquefois verdàtre, 
blanc, grisâtre ou fauve, non visqueux, à bord strié ou à peine strié. 
Ce chapeau porte des verrues blanches, débris du volva. Ses lamelles 
sont blanches, inégales , elles atteignent le pédicule. Celui-ci , long de 
10 à 12 centimètres, devient fîsluleux avec l'âge, il est blanc, cylin- 
drique ou un peu atténué à son extrémité supérieure, pourvu d'un 
anneau membraneux , renflé e>i hulhe à sa partie inférieure, où se 
voit une simple trace en forme de marge, laissée sur cette base par 
le volva. Pellicule du chapeau se séparant difficilement. 

Ce champignon est commun en automne; il croît dans les bois. 
D'odeur faiblement vireuse, de saveur désagréable, il est aussi dan- 
gereux que l'Ag. jJhaUoides, dont il diffère si peu, qvi'on les con- 
sidérait comme ne formant qu'une seule et même espèce. Plusieurs 



LES riIA.Ml'lGNONS. 



hutaiiistcs persistent , même aujounllmi , ù ne i)as les distinguer. 
VAg. Mappa et VAg. plialloides sont les deux espèces qui occasion- 
nent les accidents les plus graves et les plus fréquents. 

Ag. !'Am.) fausse Oronge. Ag. {Am.) muscarius, Lin. 

(PI. II). 

Mich., t. 78, fig. 2. — Schaeff., t. 27, 28. — Sow., Col.fig., t. 286. — Orev., 
-SVo/. crypt., t. 54. — Roq., t. 12, fig. 1,2. — Orf., Mi'd. %., t. 14 , fig. 1. — 
Paul., 1. 157. — FI. dan., t. 1129. — Lenz., Schn:, fig. 3. — Krombh., Sriw., 
t. 9. — Vittad., t. 5. — Hoftm., t. 1. — DC, Fl.fr., 561. — Fr., Epier., 7. 
— Af/. aiirantiacuf: , Bnll., t. 122. 

Noms vulgaires : Faux jaseran , Mujolo folo. Agaric aux mouches, 
Tue-mouches. 

La fausse Oronge, remarquable par son élévation et sa beauté, a un 
chapeau de couleur rouge écarlate, plus prononcée au centre, large 
de 10 à 18 centimètres, convexe ou à peu près plane à la maturité . 
presque constamment moucheté de verrues blanchâtres, peu nom- 
breuses, anguleuses, formées par les débris du volva, adhérentes au 
chapeau, qui est i(n peu visqueux et à bord faiblement sfr/f?. Ses 
feuillets, blanchâtres, larges, droits, inégaux , non adhérents au pédi- 
cule, sont coupés brusquem.ent à Imi terminaison. Le pédicule est 
entièrement blanc ou blanc jaunâtre, long de 12 à 18 centimètres, 
plein, cylindrique, bulbeux à sa base, où se trouvent à peine quel- 
ques vestiges d'un volva écaïlleux; le collier est large, blanc, ordi- 
nairement rabattu. 

La fausse Oronge , assez commune dans les bois , en septembre et 
en octobre, vient le plus souvent solitaire. Elle n'aflecte pas désagréa- 
blement l'odorat, mais sa saveur a quelque chose de vireux. Confon- 
due avec la véritable Oronge , elle a causé de nombreux accidents ; 
c'est un poison des ^olus actifs. 

Ag. (Am.) Oronge blanche. Ag. (Am.) ovoideus. DC, FI. fr., suppl., p. 53. 

Vittad., t. 2/ — Ag. ovoides allim, Bull., t. 364. — Amanita alla, Pers., Champ. 

com., p. 177. 

Noms vulgaires : Boulé, Coucoumèle blanche, Coquemelle. 

L'Agaric Oronge blanche est de grande taille et de couleur blanche 
dans toutes ses parties. Son chapeau, orbiculaire, presque plane, lisse, 
dépourvu de squames ou en portant seulement quelques vestiges floc- 



DESCRIPTIONS. 



culeux, a des bords saillants, in/?éc/MS, non striés, auxquels sont 
souvent suspendus des débris de l'anneau ; il peut acquérir 14 ou 15 
centimètres de largeur; ses feuillets, blancs, saillants, atteignent à 
peine le pédicule, ils ne sont pas atténués aux extrémités, les plus 
courts étant arrondis , coupés brusquement ; le pédicule est long de 8 
à 10 centimètres, plein, ferme, cylindrique, à peine renflé à sa base, 
comme tomenteux , pourvu d'un anneau peu consistant ; le volva est 
grand et mince. 

On trouve l'Oronge blanche dans les forêts de chênes , en été et en 
automne ; elle est commune dans les parties méridionales de la France, 
et fournit un aliment des plus délicats ; son odeur est faible, sa chair 
épaisse, ferme, d'un goût très-agréable. 

l^'Ag. ovoideus n'est pas sans ressemblance avec la variété blanche 
de l'Ag, bulbeux, plante délétère, avec laquelle il faut éviter de le 
confondre. 

VAg. Coccola , Scop. — Fr., Epier., 2. — Batt., t. 4, f. D, que 
l'on rencontre quelquefois dans le midi de la France, ne diffère guère 
de VAg. ovoideus que par ce qu'il est strié sur ses bords; pour quel- 
ques auteurs, il n'en est qu'une variété. \JAg. Coccola est comestible. 



Ag. (Am.) Panthère. Ay. {Jm.) pcutlltcrinus^ DCl., Ft. fr., s^jjp/., p. 5"2. 

Scliœff., t. 90. — Yitlacl., t. o9. — FL dan., t. 1911, fig. 2. — Krombh., t. 29, 
fig. 10-13. — Paul., Ch., t. 160, fig."2. — >S'oc. vmL, t. U. — Staude , t. 10, 
fig. 3,4.— Roq., t. 20, fig. 2, 3, et t. 21, fig. 2,3. — Letell., Siq)!)!., t. 639, 
fig. B-D. — Fr., Epier., 8. — Amanita umbrina , Pcrs., Syn., 12, pi. 3, fig. 2. 

Noms vidgaires : Fausse golmelle ; Faux missie , en Lorraine. 

Le chapeau de ce champignon est toujours de couleur fuligineuse 
ou fauve , livide , un peu brunâtre , visqueux par les temps humides ; 
d'abord convexe, puis plane, large de 6 à 9 centimètres, tacheté, sur- 
tout au centre, de squames blanches, petites, assez régulières, faible- 
ment strié sur les bords ; sa chair est hlanclie sous la cuticule ; ses 
feuillets, dont les plus courts coupés à angle presque droit, et les plus 
longs à peine adhérents au pédicule, sont d'un blanc pur. Le pédicule 
de cet Agaric est blanc, cylindrique, long de 6 à 10 centimètres, 
plein, pourvu d'un collier et tubéreux à sa base, qu'entoure un volva 
tomenteux peu distinct. 

Quoiqu'il serve d'aliment aux vers, ce champignon est très-véné- 
neux; je l'ai expérimenté sur des chiens, qui en sont morts. 



LKS CHAMPIGNONS. 



Commun en ;iiitoinne dans les bois monlueux , VAg. pantlierinus 
est charnu et de saveur vireuse. On a pu le confondre avec VAg. ru~ 
hescens et VAg. vaginatus; mais il n'a pas le pied et le chapeau 
roupfpàtres du premier, ni la taille élancée et le volva bien distinct du 
second , k-qucl d'ailleurs n'a pas de collier. 

Ag. 'Am.^ phalloïde. Ag. {Am.) plioUoidcs, Fr., Epier., 4 et 5. 

(PI. IV). 

Vaill., Bot. Far., t. 14, fig. 5. — Staude, t. 10, fig. l, 2. — Vivian., Fum/Ji., 

t. 15. — Vittad., t. 17. A(/. hulhosus, Bull., t. 2. 
Var. A. Chapeau de couleui- blanche. Ag. vermix, Bull., t. 108. — Paul., 

t. 156, fig. 3, 4. — Pers., Champ, corn., t. 2 , fig. 1. — Boit., Fiaïf/., t. 48. — 

Pvoq., t. 2a, fig. 5. — Fr., Ujricr., 4. 
Var. B. Chapeau de couleur jaune. Amanita citrina , Pers., Chamj). com., 

t. 2 , fig. 2. 
Var. C. Chapeau verdâtre. Ag. virescens. FI. dan., i. 246, — Roq., t. 23; 

fig. 1 , 2. 
Var. D. Chapeau olivâtre. Kromhh., t. 69, fig. 10-17. — Pers., Champ, com., 

t. 2, fig. 3. 

Ce champignon, le plus dangereux de tous peut-être, a un cha- 
peau charnu, convexe, aplati, glabre, visqueux par les temps lut - 
mides, large de 8 à 10 centimètres, à bord orhiculaire non strié, 
rarement recouvert des débris du volva. Sa couleur, jaune le plus 
souvent, prend avec l'âge une teinte verdâtre, quelquefois vert-olive 
ou fauve, plus pâle sur les bords. La variété qui vient au printemps 
est blanche. Les lamelles de cet Agaric sont blanches, inégales, nom- 
breuses ; les plus courtes coupées .brusquement , les plus longues 
s'arrètant à quelque distance du pédicule, lequel est blanc , long de 8 
à 12 centimètres, plein d'abord , mais devenant ensuite creux au som- 
met , cylindrique, un peu renflé à sa base, pourvu à sa partie supé- 
rieure d'un anneau membraneux peu consistant. Le volva est assez 
ample , lâche, à moitié libre, persistant en grande ptartie. 

L'yif/. phallo'ide vient dans les bois, en été et en automne ; il est 
malheureusement très-commun. Son odeur est faible ; sa saveur, 
d'abord peu prononcée , laisse bientôt dans la bouche quelque chose 
d'acre. Une grande partie des accidents qu'il occasionne est due à son 
aspect séduisant. 

Le champignon de couche (Ag. campestris) , avec lequel on pour- 
rait confondre VAg. phalloïde, se distingue de ce dernier par ses 
feuillets plus ou moins roses et par l'absence d'un volva. » 



DESCRIPTIONS. 



Ag. (Am.) rougeàtre. Ag. (Am.) rubescens, Pers., -Syn., 13. 

Paul., Soc. méd., t. 13; Champ., t. 161. — Vittad, t. 41. — Krombh., t. 10, 
fig. 1-5. — Huss., I, t. 23. — Staude, t. 10, fig. 5. — Schseli'., t. 91 et 
261. — Fr., Ejyicr., 18. — Ag. verrucosus, Bull., t. 316. 

Noms vulgaires : Golmelle ou Golmotte franche , en Lorraine , et 
Missie clans quelques cantons. 

Cette e.spèce a le chapeau d'abord convexe , puis presque plane , 
large de 8 à 40 centimètres, d'un rouge fauve peu prononcé ou d'un 
rouge vineux, plus coloré au centre, non .strié ou à peine strié sur 
les bords, parsemé de squames d'un blanc rougeàtre. Ses feuillets 
sont larges, nombreux , droits, inégaux , les plus courts coupés assez 
brusquement, mais terminés en s'arrondissant, non décurrents, d'un 
blanc pur. Le pédicule , bulbeux à sa base et à peu près cylindrique 
dans le reste de son étendue, est long de 8 à 12 centimètres, ordinai- 
rement fistuleux, d'un rouge vineux, plus foncé à sa partie inférieure, 
où se voient à peine quelques débris du volva , couvert dans sa lon- 
gueur de petites peluchures , pourvu d'un anneau large de la couleur 
du pédicule et conservant le plus souvent l'empreinte des feuillets. La 
chair en est cassante, blanche, rovgeûtre au-dessous de la pellicule. 

UAg. ruhescens croît à teri-e dans les parties découvertes des bois, 
en été et en automne, le plus souvent solitaire; il n'est pas rare. Son 
odeur est nulle ; sa saveur, d'abord fade, devient ensuite acre et comme 
salée. 

C'est un manger des jÂus délicats, et dont il se ftiit une grande 
consommation on Lorraine. 

Ag. (Am.) solitaire. Ag. {Am.) solitarius, PhiIL, t. 48. 
Fr., JSjncr., 16. 

Cette grande et belle espèce, voisine de la précédente, atteint 12 et 
15 centimètres de diamètre. Le chapeau, régulièrement arrondi, est 
d'abord convexe, puis plane et même un peu déprimé au centre, par- 
semé d'un grand^ nombre d'écaillés ou verrues proéminentes, formées 
par les débris du volva. De couleur blanche ou quelquefois d'un bistre 
pâle, l'Ag. solitaire a des feuillets larges, épais, entièrement blancs, 
laissant leur empreinte sur le pédicule, qui est blanc, cglindrique , 
long de 12 à 15 centimètres , portant un collier membraneux, comme 



10 LKS ClIAMl'KiNONS. 

plissé, renflé en Imllic à sa base, laquelle est toujours jtliis nu moins 
garnie d'écaillés ou de pellicules, vestiges du volva. 

Cet agaric, assez rare, vient en été dans 1ns bois; sa chair est 
blanche, d'un f/oi/f exq\(h. 

Ag. (Am.) Forme de pin. -If/. {Am.) strubilifonnis, Yiltad., t. 9. 

r;ml., r/iarnp., t. 1(32, ti^- 1- — >'^'oc. vmJ., t. 16, fig. 2. —Bull., t. 593. — Ik-rkl., 
(>i>tl., t. 3, fig. 2. — Fr., Ejncr., 9. 

Entièrement blanc et de grande taille, VAç/. MrnhUiformis aie cha- 
peau charnu, convexe d'abord, puis étalé, à surface comme satinée, 
à marge non striée, chargé de squames ou verrues angxdeuses, forte- 
ment adliérentes, grises, formées des débris du volva, qui se déchire 
de bonne heure et laisse à peine quel((ues traces à la base du pédi- 
cule. Les feuillets sont inégaux, les plus courts arrondis à leur ex- 
trémité, les plus longs libres. Le pied est gros, solide, floconneux , 
pourvu dans le jeune âge d'un anneau fugace, renflé en hulhe à sa 
base, où il est marqué d'un sillon circulaire. 

Ce champignon, dont l'odeur est peu prononcée, la saveur agréable, 
un peu aigrelette, est assez rare : il est comestible. Les limaces l'atta- 
quent fréquemment. Il croît dans les bois montueux en automne. 

■ ' Anneau nul ou ohliféré. 

Ag. (Am. 'insidieux. A(i. (Am.) inskliosus, Letell., Siippf. ù BuUlard , 

t. 631. 

Le chapeau de cet Agaric est fauve jaunâtre ou jaune verdàtre, 
j)lane, à stries radiées. 11 a des lamelles blanches ; un pédicule blanc, 
iiii , liant de 8 à 42 centimètres, rétréci vers le liant, bulbeux h sn 
base; un volva, entier, grand, contournant le bas du pédicule ; la 
cliair mince. 

L'A^. insidiosus est solitaire, et vient, en été, dans les bois. Il est 
vénéneux. 

L'Ag. maie ficus, signalé par Roques comme dangereux, et connu 
aux environs de Bordeaux sous le nom de gendarme , est probabie- 
inenl le même que VAg. insidiosus. 



il* 



DESCKIPTIONS. 11 



Ag. (Am.) à tête lisse. Ag. {Am.) leiocephalm, DC, FI. fr., sKppL, p. 53. 

Fr., Epier., 531. 

Cette belle espèce , entièrement hlanche, même dans un âge avancé, 
a le chapeau charnu , crabord convexe , puis plane , arrondi , pouvant 
acquérir jusqu'à 18 et 20 centimètres de diamètre, sec à la superficie, 
lisse, comme satiné; les feuillets inégaux, nombreux, serrés, non 
adhérents au pédicule, qui est ferme, assez court, haut de 8 à 10 
centimètres, épais à sa base, sans collier; le vôlva très-grand.. 

L'Ag. leiocephalus est comestible ; on le vend au marché de Mont- 
pellier ; sa chair est ferme, son odeur agréable. 

Il ressemble à VAg. ovoideus et à VAg. regins, Porta; mais il dif- 
fère du premier en ce qu'il manque de collier et que son chapeau est 
lisse ; du second, en ce que ses feuillets sont blancs, tandis que VAg. 
regivs a les feuillets couleur de chair. 

Ag. (Am.) Gris de souris. A;/. (Am.) murinus, Roq., p. 359. 
Morel , Traité des champig., t. 10. 

\'Ag. "murinus ressemble beaucoup k VAg. vaginatus, avec lequel 
on l'a confondu. 

Son pédicule, haut de 10 centimètres, est nu, d'un blanc mat, 
creux , aminci au sommet , bull)eux à sa base , où se montrent quel- 
ques débris du vol va. Le chapeau, d'abord conique, devient plane, 
même légèrement concave, mais avec le centre mamelonné; il est uni, 
satiné, d'un gris argenté ou de souris, d'une teinte plus foncée au mi- 
lieu, quelquefois taché de plaques blanches, strié sur les bords. Ses 
lamelles sont très-minces, inégales, d'un blanc mat. 

On le trouve, à la fin de l'été, dans les bois. Il est peu charnu , 
d'une saveur fade, d'une odeur un peu nauséeuse, dit Roques; d'une 
odeur et d'une saveur agréable de noisette, dit M. Bertillon, et cepen- 
dant nuisible, puisque celui-ci en ayant, ainsi que son frère, mâché 
et avalé quelques bouchées, tous deux en furent fortement incommodés 
(Bertillon, Union médicale, 18G1, p. 570). 

Un Agaric, de la section des Collijbia, portant déjà le nom de mu- 
rinus, celui de Roques devrait être changé. 



|-.> LKS (11 A.M l'Ki.VoNS. 

Ag. (Am.~) engaîné. A<i. (Am.) vcujinatus, Bull., t. 98 et 512. 

Batt., t. 5,fig. (", 1). — Boit., i^im^., t. 5, fig. A, B, ett. 38, fig. 2.— Fl.,hni., 
1014. — Sclia^ft"., t. 85, 8G, 95, 244, 245. — Vittiul., t. 10. — Lenz, )ig. 2. — 
KroniLli., t. 1, fig. 1-5. —Paul., t. 151, fig. 1, 2. — Fr., %jlcr., 2G, pi. 5, 
fig. 1, 2. 

Var. A. Fuira. Arnanitu spudicea, l'crs., Syn., 2. — Krouibli., t. 10, fig. C-8. 

jYo»?.s vH]gaire>>. ; Coucoumèle jaune , Coucoumèle orang^éo, Iranjn, 

Iranjada. 

Var. B. Plumhen , Chapeau brun, livide, bleuâtre. Amanita livkla. 

Pens., S)pi., 1. 

N<i^)is vulgaires : Conconnièle grise, Cnncoumèle grisette, Grisette. 

Le pédicule de ce cliaiu})ignon est long de 10 à 15 centimètres, 
grêle, fragile, fistideux à la oi«twri(é, cylindrique, non bulbeux , 
dépourvu de collet, souvent pelucbé à sa base, laquelle est entourée 
d'un volva persistant , plus ou moins allongé en forme de gaine. 
Le chapeau, mince, peu charnu, est large de 6 à 8 centimètres; d'a- 
bord convexe, puis presque plane, de couleur gris de plomb ou gris 
cendré, jaune ffiuve, quelquefois livide à un âge avancé, plus foncée au 
centre, à superficie lisse, souvent chargée de pellicules, débris du 
volva; il est , constamment strié sur les bords. Ses feuillets sont iné- 
gaux, rétrécis à leur base, blancs et adhérents au sommet du pédi- 
cule, dans la première variété; d'un blanc grisâtre et non adhérents 
au pédicule, dans la dernière. 

Cette plante est un aliment délicat. On la trouve le plus souvent 
solitaire , dans les bois et sur le Ijord des bois, de juin à novembre ; 
elle est commune, très-variable quant à sa couleur, sa forme e.t ses 
dimensions ; sa chair est fragile, inodore. 

Rhodospores ('PoSov, rose, cttoçoç, semence). Spores et feuillets 

roses. 

2" Tribu. 'Volvai'îsi {Voira, enveloppe des champignons). 

Ag. (Am.) soyeux. Af/. (Arn.) hombycinus, Schai-ff., t. 98. 

Micli., t. 70, fig. 1. — Kroiubli., t. 23, fig. 15-21. — Barla, t. 25, fig. 1-5. — Fr., 
Eii'tcr., 532. — Amanita incarnata, Pers., f^yn., 3. 

Le chai)eau deVAg. hornhgcinus est blanc ou légèrement fauve, 
couvert de petites écailles ou fibrilles soyeuses; d'abord conique, puis 



DESCIUPTION.S. 13 



convexe, plane, légèrement mamelonné, large de 10 à 15 centimètres, 
un peu visqueux. Les feuillets d'abord blancs, puis d'une couleur rosée, 
inégaux, libres, larges, sinueux, sont frangés à leur bord ; le pied 
est nu , plein , flexueux , long de 8 à 16 centimètres , glabre , un peu 
plus gros à sa base. Volva très-large, d'im blanc jaunâtre ou fauve. 
Ce cbampignon, assez rare, croît en été et en automne dans les 
bois, les jardins et les champs ; sa chair est très-blanche, tendre ; il a 
une odeur fail)le, une saveur agréable. Il est comestible; on le mange 
en Toscane. 

Ag. (Am.) à petit volva. Ag. {Am.) parvulus, AVeinm. 
(PI. Vl,fig. 2). 

Pers., Ohs. myc, t. 4, fig. 4,5. — Ag. volvaceiis minor, Bull., t. 330. — Fr., 
Epier., 535. Amanita pusilla , Fers., Syn., 5. 

Nom vulgaire : Agaric à petite coiffe. 

Ce champignon vient en automne dans les serres, les jardins, les 
pâturages ; il passe pour très-dangereux ; mais sa petite taille n'est 
pas de nature à le faire rechercher. Son chapeau est peu charnu, 
hémisjihérique, homhé au centre, sec, blanchâtre, à superficie re- 
couverte d'une fine peluchure : ses lames sont inégales, larges, 
épaisses, assez distantes du pédicule et de couleur rosée. Le pédicule 
est court, plein , égal, comme soyeux : le volva, grisâtre, persistant, 
se déchire en plusieuis lanières. 

Ag. (Am.) royal. Jg. (Am.) reylns, Porta. 
Fr., Ejncr., 536. — Paul., t. 153, fig. 8-5. 
No7n vulgaire : Coucoumelle , en Languedoc. ^ 

Cette espèce est peu commune, puisqu'elle n'a été figurée que par 
Paulet, encore ses desseins sont-ils des plus médiocres. Selon cet au- 
teur, elle croit dans les départements méridionaux, où elle est re- 
cherchée. La seule différence qu'elle présente avec YAg. leiocephalus , 
c'est que ses feuillets sont roses, tandis que les feuillets de YAg. leio- 
cephalus restent blancs. 

h'Ag. regius a la chair blanche, ferme, d'odeur et de saveur 
agréables ; le chapeau charnu, compacte, convexe d'abord, puis plane, 
large de 8 à 10 centimètres, glabre, lisse, d'un blanc tirant légère- 
ment sur le roux ; les feuillets couleur de chair ou rose très-tendre, 



LKS CIIAMI'KINONS. 



inégaux . libres; lo pied d'alwnl l)lanc, puis légèrement fauve, feiiiie. 
glabic. long de 8 à 10 centi mètres ; le volva. très- grand, persistant, 
se déchirant en travers , i)()iir livrer passage au champignon. 

Ag. (Am.; spécieux. Ay. {Arn.) speciosus, Fr., Epier., 537 et 540. 

(PI. VI . lig. i). 

FI. dan., t. 1737. — Kiumbli., t. 26, iig. 1-8. — Berkl., t. 7, fig. 3. — Barla, t. 26. 
Lctell., t. 645, fig. C, E,H. — Arj. gloiocei^halus , DC, Fl.fr., 6, p. 52. 

On reconnaît ce champignon à son chapeau charnu, gluant sur 
toute sa surface par les temps humides , lisse et brillant par un temps 
sec, d'ahord convexe, puis plane, toujours mamelonné au centre, 
d'un hlanc gris de souris, ne portant pas de débris de volva, strié 
légèrement sur ses bords; à ses feuillets, inégaux, d'abord blancs, 
puis rosés, n'atteignant pas le pédicule, qui est glabre, plein, cylin- 
drique ou grossissant insensiblement par le bas , blanc , roussàtre, dé- 
pourui de collier, long de 9 à 11 centimètres, épais de 2 centimètres 
environ ; au volva, blanc, petit, membraneux, déchiré en plusieurs 
lobes inégaux, villeux, de même que la base du pédicule. 

Cette espèce, qu'il ne faut pas confondre avec VAg. vuginatus , est 
d'odeur nauséabonde et vénéneux. Ses propriétés malfaisantes ont 
été constatées par M. Letellier. Il est assez rare , et croit dans les prés 
et les champs, en octobre. 

Ag. (Am.) à grand volva. Ag. {Am.) volvaceus, Bull., t. 262. 

Letell., t. 623. — Ycntur., >Stucl, t. 8, fig. 72 , 73. — Vivian., t. 10. — Barla , 
t. 25, fig. G-13. — Sow., t. 1. — Paul., t. 151, fig. 8. — Fr., £2''^cr., 533.— 
Amanita virgata, Pers., Syn., p. 249. 

Dans sa jeunesse, ce champignon est enveloppé tout entier d'un 
volva complet, de couleur gris fauve, lâche, persistant, se décliii'anl 
à son sommet en cinq ou six segments inégaux. Le chapeau est d'a- 
bord convexe, puis presque plane , peluché, d'un gris cendré, rayé 
ensuite de lignes noires , droites, divergentes , large de 6 à 8 centi- 
mètres, assez charnu, non visqueux. Les feuillets sont pulvérulents, 
d'un rouge de chair ou couleur de brique , inégaux, larges, atteignant 
à peine le pédicule ; celui-ci est plein, subcylindrique, nu, glabre, 
blanchâtre, long de 5 à 6 centimètres, épais de 1 1 2 centimètre. 

Ce champignon est vénéneux. Sa rhnir. blanche, cassante, aune 
saveur acre. 



DESCIMPTIONS. 15 



VAg. volvaceus croît par groupes , en été et en automne , sur le 
tan et le terreau , dans les serres et les étables. Il est véné)ieux. Sa 
chair, blanche, cassante , a une saveur acre. 

VAgarte vipérin, Ag. (Am.) viperinus, Fr., Ag. conicus , Pico , 
est malfaisant aussi ; il a occasionné des accidents très-graves. Il vient 
en Piémont et très-probaljlement en France. 



Volva ou enveloppe générale distincte de la pellicule du chapeau . 

Leucospores. 

l^e Tribu. — Amanite (type). 

Ag. (Am.) à verrues arrondies. A(/. [Am.) baccatus, Micli., t. 80, f. 4. — Fr., 
Epier., 29. — Dans le midi do la France ; rare. 

Ag. (Am.) Oronge. Ag. {Am.) cœsareus , Scop. {décrit). 

Ag. (Am.) CoccoJa. Acj. (Am.) Coccola, 8cop., f. 2. — Batt., t. 4, f. D. — Fr., 
Epier. 1 2. — Dans les re'gions humides qui avoisinent la Méditerranée. 
N'est probablement qu'une simple variété de VAg. ovoideus. 

Ag. (Am.) élevé. Ag. {A^n.) excelsus, Fr. (décrit). 

Ag. (Am.) perlé. Ag. [Am.) gemmatus , Paul., t. 158, f. 3. — Fr., Epier., 28. — 
Dans les bois des environs de Paris ; saveur non désagréable. 

Ag. (Am.) insidieux. Ag. {Am.) insidiosus, Letell. {décrit). 

Ag. (Am.) tête lisse. Ag. {Avi.) leioceplialus , DC. [décrit). 

Ag. (Am.) gris de souris. Ag. {Am.) murinus, Rog. {décrit). 

Ag. (Am.) lenticulaire. Ag. {Am.) lenticidaris, Lasch. — Lin., n» 18. — ■ Paul., 
t. 149. — Fr., Epier., 22. Dans les forêts épaisses ; rare. Effets douteux. 

Ag. (Am.) Mappa. Ag. {Am.) Mappa , Batsch [décrit). 

Ag. (Am.) moucheté. Ag. {Am.) muscarius, Lin. {décrit). 

Ag. (Am.) facette de diamant. Ag. {Am.) nitidus, Fr., Epier., 15. — Batt., t. 6, 
fig. B. — Paul, t. 162. — Dans les bois et les pelouses ombragées; rare. 
Prohahlement vénéneux. 

Ag. (Am.) ovoïde. Ag. {Am.) ovoideus, DG. {décrit). 

Ag. (Am.) Panthère. Ag. [Am.) pantherinus , DC. {décrit). 

Ag. (Am.) phalloïde. Ag. {Am.) lihalloides , Fr. (décrit). 

Ag. (Am.) porphyre. J^»/. {Am.) porphyrius , Fr., Epier., 6. — Alb. et Scliw., t. 11, 
f. 1. Ag. ophytes, Lév. et Paul., t. 152 , f. 2. — Dans les lieux humides plan- 
tés de pins, les Alpes et même les environs de Paris; rare. Propiétés in- 
connues. 

Ag. (Am.) Oronge tannée. Ag. {Am) p>rodorius, Schwein. —Paul., t. 153, f. 1, 2. 
— SchœfF., t. 245. — Dans les forêts épaisses ; rare. Suspect. 

Ag. (Am.) déchiré. Ag. [Am.) reeutitus , Fr., Epier. 12. Variété : Ag. hidbosus, 
Bull., t. 577, f. E, F. — Dans les bois de pins, en été et en automne; 
rare. Vénéneux. 

Ag. (Am.) rougeâtre. Ag. {Am.) ruheseens, ScliœfT. [décrit]. 

Ag. (Am.) solitaire. {A.g. {Am.) solitarius , Fr. {décrit). 

Ag. (Am.i épais. Ag. {Am) spissus, Fr., Epier., 17. — Krombli., t. 1, f. 7, et t. 29, 
f. 1-5. — Dans les btjis do plaines. Suspect. 



10 LES CHAMPIGNONS. 



Ag. (Am.) étrangle. ^i(/. (Am.) stranfjuJatus, Fr., Monofjr., 2. — Dans les bois cl 

les pclt)nscs en antomnc; rare. Proprlrtcn hicouniics. Kst-cc une varie'té di; 

VA'/, solifarius ? 
Ag. (Am.) forme de pomme de pin. A;/. (Am.) stroh'diformîs, Vittad. {(h'rrit). 
Afj. (Am.) engaîne. Ar/. {Am.) rn;/!nnfus, lîull. (décrit). 
Ag. (Am.) valide. A(/. (Am.) ralalKi, Berkl. — Fr., Epier., M. — Kronibh., t. 2 , 

f. 18-21. 
Ag. (Am.) printannicr. A;/. (Am.) rernus, Fr. {décrit). Variété du plialluides. 
Ag. (Am.) vircu.x. A;/. [Am.) rirosits, Paul., t. 155, fig. 1-4. — Fr., Epier., 4. — 

A'j. hidhosus, Bull., t. 2. — Dans les bois, en automne. Est-ce peut-être 

une variétë de Y .\fi. phalloïdes^ 

26 Tribu. — Volvaria. 

Ag. (Am.) soyeux. Ag. {A7n.) hombynius, Schseff. (décrit.) 

Ag. (Am.) à chapeau gluant. Aj. (Am.) (/loiocephalics, DC, est YAff. speclosus, \-y. 

Ag. (Am.) médius. A'j. [Am.) mediitu, Sclium. Dans les bois. Vé^iéneux. 

Ag. (Am.) à petit A'olva. A;j. (Ain.) jiarvidus, ^Veinm. (décrit). 

Ag. (Am.) royal. A(]. (Am.) regius, Porta, (décrit). 

Ag. (Am.) spe'cicux. Ag. (Ain.) s2)eciosus, Fr. [décrit]. 

Ag. (Am.) à grand volva. Ag. (Am.) volvaceus, Bull, (décrit). 



SÉiiiE II. — LÉPIOTE (Lcpiota). 
yVetiIi;, écaille, pellicule. 

Champignons charnus, recouverts dans le jeune âge d'une mem- 
brane, qui, en se déchirant, laisse un anneau persistant sur le pédi- 
cule ; feuillets ne noircissant pas ; absence de volva. 

Aucune espèce de Lépiote n'est signalée coiiDne étant certaine- 
ment malfaisante. 

Leucospores. Spores blanches. 

1''= Tribu. Lepîota (type). Chapeau ou hyménophore distinct du 
pédicule. Champignons terrestres. 

Ag. âpre. {Ag. asper)., Pers., Syn., p. 256. 

Vittad., t. 43. — Fr., Epia:, 18. 

LM(/. u^ipcr vient, à terre, dans les bois. 11 a le chapeau d'abord 
convexe, puis plane, large de 6 à 7 centimètres, fauve rougeâtre ou 
fauve brun , parsemé de squames ou aspérités nombreuses , petites , 
droites, persistantes, grises, à bord lisse; les feuillets blancs, arron- 
dis en arrière, adnexes nombreux; le pied allongé, sub-bulbeux. 



DESCKll'TIONS. 17 



suh-libiilleux ou squameux, d'uu blanc fauve ou cendré, lony de à 
7 centimètres, d'abord plein, puis creux, portant vers le sommet un 
anneau entier. 

Réveil^ qui l'a expérimenté sur des chiens, dit qu'il est vénê- 
neux.. 

On pourrait le confondre avec VAg. rubescens ; il s'en distingue en 
ce qu'il a la chair de couleur fauve sous la cuticule, et non rougeàtre, 
comme VAg. rubescens. 

Quelques botanistes rangent cette espèce dans la section des Ama- 
nites. 

Ag. à tige d'oignon {Ag. ccpadlpcs), Weinin. 

Sowci-b., t. 2. - FI. dan., t. 1798. — Boit., t. 50. — Grcv., l. 323, _. 

Fr., Eiricr., 48. 

Ce champignon, d'origine exotique, à ce que l'on croit, vient en 
touffes et rarement solitaire, sur le tan et la terre de bruyère, dans 
les serres et dans les jardins, en automne ; il a le chapeau mince d'a- 
bord blanc, puis d'un jaune-soufre ou légèrement fidighieux, ovale, 
étalé avec l'âge, mamelonné, couvert de j^etites écailles farineuses , 
strié ou plié sur les bords; les feuillets, inégaux, blancs, larges, 
libres, n'atteignant pas le pédicule, qui est creux, velouté, long de 
12 à 15 centimètres, renflé dans le bas comme une tige d'oignon, lé- 
gèrement bulbeux , pourvu d'un anneau fugace. Saveur un peu amère, 
sub-vireuse. Comestible. 

Son peu de chaii' fait (pi'il ne sera jamais reclierché connue ah- 
ment. 

Ag. clypéolaire (.1;/. chjpcular'ms), Ikill. 
Paul., C7i., t. 136. — Bull., t. 405 et 500, fig. 2. — Fr., Eida:, 40. 

Noms vulgaires : Coulemelle d'eau , Fausse golmelle. 

Ce champignon , (jui est assez commun et varie beaucoup d'aspect, 
croît solitaire, dans les lieux humides et ombragés des bois, en été et 
en automne. Sa consistance est molle, son odeur faible, sa saveur à 
peu près nulle. Le pédicule, blanc, grêle, le plus souvent fistuleux , 
non bulbeux à sa base, est long de 8 à 10 centimètres, comme co- 
tonneux au-dessous du point d'insertion du collier, lisse supérieure- 
ment ; ce collier, peu consistant, ne se voit guère que dans les jeunes 
individus. Le chapeau est large de 5 à 10 centimètres, d'abord ovoïde, 

2 



18 LES ClIAMriCiXONS. 

puis plane et quelquefois concave par le redressement des bords , mais 
toujours proéminent au centre. La surface blanchâtre est parsemée de 
itiouclictures roussàtves , fort nombreuses dans la jeunesse, et plus 
multipliées au centre du chapeau. Les lames sont larges, Ijlanches , 
inégales, non adhérentes au stipe. 

VAg. chjpeolarius a de la ressemblance avec VAg. excoriatus ; il 
en dillere en ce qu'il a le pied squameux et l'anneau fugace. Il passe 
pour vénéneux. M. Letellier dit l'avoir mangé sans en être incom- 
modé. Plusieurs personnes ont assuré à cet auteur qu'elles l'avaient 
mangé avec plaisir sans éprouver aucun accident. Les animaux le re- 
jettent })eu de temps après s'en être nourris, mais quelcjucfois , dit 
Paulet, ils ne ressentent aucun maL Réveil le signale comme suspect; 
il sera donc prudent de s'en abstenir. VAg. procerus , avec lequel on 
pourrait peut-être le confondre, est de dimension beaucoup plus 
grande. 



o 



Ag. en crête {A(j. eristatus), Fr., Epicv., 41. 

Batsch., f. 205. — Grev., t. 176. — Sow., t. 176. — Krombh., t. 25, fig. 26-30. — 
Huss., I, t. 48. — Ag. colubriniis, Vax-.; Pers., Syn., 2. 

Chapeau peu charnu, à surface blanchâtre, grise ou jaunâtre, ma- 
melonné, d'abord lisse, soyeux, ensuite recouvert de petites écailles, 
sub-granuleuses , brunes ou noires ; lames écartées du pédicule , 
blanches , de longueur inégale , plus larges vers la marge du chapeau ; 
pied fistuleux, cylindrique, droit, lisse, pourvu d'un anneau peu 
consistant, qui s'en sépare de bonne heure, glabre, excepté à la base, 
de couleur blanche au-dessus de l'anneau, et grisâtre en dessous. 

Cet agaric, comestible et même délicat à manger, a la saveur et 
l'odeur agréables ; il croît vers la fin de l'été et en automne , à terre , 
dans les bois , les prés , les jardins. 

Quoique ressemblant beaucoup à VAg. chjpeolarius , il en est dis- 
tinct. 11 n'est pas non plus sans ressemblance avec VAg. {Arn.) excel- 
sus , espèce dangereuse. 

Ag. tète hérissée {Ay. cchinoccphalus), Yittad., Fung. rnang., 346. 
Paul., Soc. méd., t. 16, fig. 4; Champ., t. 163, fig. 3. 

Champignon blanc, charnu, convexe, puis plat, lisse, parsemé de 
verrues pgramidales , aiguës, qui se détachent facilement, dont les 
feuillets, de longueur inégale, sont très- serrés, larges vers la marge 



DESCRIPTIONS. VJ 



du chapeau , aigus à l'autre extrémité, adliérents par une dent au pé- 
dicide , d'al)ord Idancs , puis d'un ])lanc verdàtre. Le pédicule, plein, 
blanc, floconneux, devient creux avec l'âge, se prolonge en une 
pointe qui s'enfonce en terre, est pourvu d'un anneau, blanc, large, 
qui ne persiste guère que sous forme de débris. 

Cet agaric , vénéneux à un haut degré , h l'odeur du champignon 
de couche. Il est assez rare, et vient à terre, dans les bois, en au- 
tomne, solitaire ou en groupes de trois ou quatre individus. 

Ag. excorié {Ag. excoriatus) , Scliïoff., t. 18, 19. 

Paul., t. 135 lis. — Vittad., t. 35. — KromLli., t. 24, fig. 24 - 30. — Pers., %h. 

p. 257. — Fi-., i>Kr., 34. 

L'Ag. excoriât u s diiïëre peu de VAg. jjrocerus ; on ne l'en dis- 
tingue que par sa dimension, qui est constamment plus petite, et par 
son pied, qui est plus court et rarement bulbeux. Le chapeau , large 
de 5 à 6 centimètres , d'abord convexe, puis plane, mais à centre proé- 
minent, est de couleur fauve cendré. L'épiderme mince se relève en 
petites écailles. Les feuillets, d'un blanc pâle, très-nombreux, minces, 
inégaux, larges, saillants, quelquefois dichotomes, n'atteignent pas le 
pédicule. Celui-ci est cglindrique, parfois bulbeux à sa base, creux, 
glabre, lisse, blanc ou de la couleur du chapeau ; il a un anneau, 
large, mobile, persistant. 

Ce champignon est comestible. Il croit, en été et en automne, dans 
les bois , les champs et les terres cultivées. Sa chair est blanche , 
molle ; sa saveur fongique ; son odeur presque nulle. 

Ag. mastoïde {Ag. mastoideus), Fr. 

FI. dan., t. 2144. — Krombh., t. 24, fig. 17-18. — Batt., t. 10, fig. \. — Bcrkl., 
May. zool. et Bot., t. 2, fig. 1. — Fr., Epier., 3G. 

Cet agaric a le chapeau de couleur blanc alutacé, pou charnu , mou , 
convexe, fortement mamelonné , à cuticule mince , se déchirant en 
papilles ou écailles minces, éparses ; les feuillets très- écartés , d'un 
blanc pâle ; le pédicule creita?, faible, sub -villoso- squameux ;, à ^jeu 
près cylindrique , bulbeux à sa base, pourvu d'un anneau entier, . 
mobile. - . 

On le trouve dans les bois. — Il est comestible , mais peu estimé. 



20 I.KS CHAMI'KJNONS. 



Ag. chétif (.1^. iiaiiciHum) , Vv. 

l'aul., -Suc. méd., t. 'J, fig. 3; Champ., t. 15(i, fig. 1,2.— liait., t. 7, fig. G. — 
Vittatl., t. 40. — Krombh., t. 24, fig. 20-23. — Fr., Eiùcr., 47. 

l/.l;/. uaucinus a le i-lia|)L'au clianiu , mou, convexe ou légèrement 
mamelonné, lisse, soyeux à sa surface, à cpiderme mince, se fen- 
dillant en granulations très- fines , qui le recouvrent, excepté au 
sommet ; les feuillets , nombreux , libres , inégaux , d'un blanc pâle, 
passant au rose ; le pied plein ou légèrement creux, atténué de bas en 
haut, bulbeux à la base, lil)rilleux, blanc, pourvu supérieurement 
d'un anneau mince ; la chair, ferme , blanche ; l'odeur et la saveur 
fongiques. 

Est peu commun et comcsUhle ; vient à terre dans les bois gazonneux 
et les champs. 

Ag. couleuvre {Ag. proccrus), Scop., p. 418. 
(PL VII.) 

Scbœff., t. 22, 23. — FI. dan., t. 772. — Curt. Loiid., t. 69. — Vittad., t. 24. 
— Lenz , fig. 5, 6. — Paul., Champ., t. 135. — Sow., t. 190. — Ag. colu- 
brinus, Bull., t. 78 et 583. — Pers., Syn., p. 257. — Fr., Epier., 31. 

Xorns vulgaires: CurniL'lle, Grisette, CuLiloiivrclie , Clorosse, Cul 
d'ours, Houpale, Saint-Martino , Brugaizello, Capellon, Coche, Co- 
cherelle, Para.sol, Bouterot, Paturon, Coulsé, Colombette, Escumelle, 
Chic à la bague (Loire) , Commère (Indre-et-Loire), Cloroson (Creuse), 
Golmelle et Golmotte de Voyen (Meuse). 

Ce champignon , remarquable par sa beauté , s'élève quelquefois à 
plus de 30 centimètres ; son pédicule, renflé en hidbe à sa base, est 
grêle, cylindrique, fstuleux , traversé de taches hlanclies et brunes, 
muni d'un collet mobile et persistant ; son chapeau , d'abord ovoïde , 
puis étalé, ordinairement proéminent au centre, peut atteindre jusqu'à 
25 et 30 centimètres de diamètre ; il est recouvert d'écaillés imbriquées, 
formées par V épidémie qui se soidève , de couleur bistre ou fauve 
cendré sur fond blanchâtre; ses feuillets sont d'un Ijlanc pâle, iné- 
gaux , peu serrés, n'atteignant pas le pédicule, qui est reçu dans une 
dépression du chapeau. _. - - 

L'Ag. procerus vient à la fin de l'été et en automne , dans les en- 
droits découverts des bois et dans les champs sablonneux. 11 est ali- 
mentaire et d'usage très-répandu ; son odeur et sa saveur sont agréa- 
bles. On rejette le pédicule conune trop coriace. 



DESCRIPTIONS. 21 



VAg. rachodes , Vittad., t. 20, ressemble beaucoup à VAg. procc- 
rus ; pour quelques auteurs, il n'eu est mémo qu'une variété. Fries 
dit que le rachodes a une saveur désagréable et n'est pas comestible; 
M. Hussey dit, au contraire, qu'il est le vice-roi du procerus. Au 
marcbé de Londres on les vend confondus ensemble. 

Ag. de Vittadini (i4f/. Vittaclinii), Moretti, Bot. itciL, t. 1. 
Vittad., Amen., t. 1. — Krombli., t. 27. — Huss., I, t. 85. — Fr., Ejnn:, 43. 

Cbampignon de très-grande taille, robuste, épais, entièrement 
blanc, ayant le cbapeau charnu, obtus, large de 12 à 15 centimètres, 
couvert d'éccnlles verruqtieuses , serrées; les feuillets libres, ventrus, 
épais; le pied solide, long de 15 à 18 centimètres, épais de 3, pourvu, 
à sa partie supérieure, d'un anneau ample, au-dessous duquel il est 
couvert de squames réfléchies, concentriques, jamais bulbeux et sans 
traces de volva. Il vient dans les bois ; est rare. 

Vénéneux, il cause de l'irritation à la gorge, de la chaleur dans 
tout le corps et des étourdissements. 

On peut le confondre avec VAg. (Am.) excelsus, espèce malfaisante 
aussi : il en diffère surtout par l'absence d'nn volva. 

2'' Tribu. ilL.rniill»ri» {Armilla , bracelet). Chapeau ou hyméno- 
nophore se continuant avec le pédicule ; anneau restant adliéient 
à ce dernier. 

Ag. orange {Ag. aurantius) , Schîpff., t. 37. , 
Bcai-la, t. 13, fig. 1-10. — Fr., Ejnrr., 66. 

UAg. aurantius est lui champignon de taille moyenne , qui vient 
tard dans les bois de sapins. Il exhale une odeur forte , nauséabonde, 
analogue à celle de l'huile de ricin. Son goût est un peu acre et amer. 
M. Barla le dit comestible ; mais il est de qualité médiocre. Selon cet 
auteur, on le rencontre solitaire, en automne , dans les bois et sur la 
lisière des bois. 

Le chapeau est charnu, de couleur orangée faible, convexe, puis 
plane, obtus, couvert do petites écailles adhérentes, visqueux. Le 
pied solide, égal, tacheté au sommet de .squamules de couleur 
orangée , est muni d'un anneau peu apparent. Les feuillets sont nom- 
breux, sinueux, adnoxes, blancs. 



22 LES CHA.MI'KiNONS. 

Ag. chaussé {Ag. caligatus), Yiviani , t. 35. 
Barla, t. 9 et 10. 

Nom vulgaire : Causselta. 

Ce champifrnon viont ^olitniro nu par petits groupes sous les pins, 
depuis le uiois (lOftobre jiiscpi'i'i la fin de décembi'o. Son chapeau , 
d'ajjord convexe, puis plane, est de couleur rouge hriqucté ou rouge 
hrun , plus foncé au centre qu'à la circonférence. Il a les spores d'un 
blanc jaunâtre , ovoïdes, les bords toujours roulés en dessous, la sur- 
face comme satinée, couverte de petites peluchures, brunes, filamen- 
teuses , les feuillets , blancs, inégaux , arqués, atténués vers les bords 
du cliaiM'au, adnés, arrondis et écbancrés près de leur insertion au 
pédicule. Ce pédicule est cliainu, plein, ferme, filandreux, long de 
5 à 7 centimères , le pins didinairement atténué à la base, varié de 
taches circulaires, irrégulières, interrompues, de la couleur du cha- 
peau, mais blanr et parsemé de petites écailles ou papilles blauclies 
au-dessus (h- l'anneau, lequel est le plus souvent persistant, lilanc à 
l'intérieur, varié à l'extérieur de teintes fauves ou rougeâtres. 

h'Ag. caligatus a la chair tendre, compacte, l)lanclie, prenant , 
lorsqu'on l'entame, une teinte rose, variée de jaunâtre; l'épiderme se 
détache facilement du chapeau, de même que les feuillets; l'odeur est 
peu sensible , la saveur légèrement acide , peu agréal)le avant la cuis- 
son. Il est comestible , et très-recherché par les habitants des environs 
de Nice. 

Ag. couleur de miel (Ag. mélleus), FI. O.an. 
(PI. VIII.) 

Yalil, FI. dan., 1. 1013. — Micli., t. 81, fig. 2. — Vittad., t. 3. — Lcnz, fig. 7. 

— Grev., t. 332. — KroniLli., t. 1, fig. 13, et t. 43, fig. 2 -6. — Sow., t. 101. 

— Batt., t. 11, fig. B, F. — Berkl., t. -4, fig. 1. — Staude, t. 9, fig. 4, 5. — 
Fr., Epier., 73. — Aq. annulaiius, Bull., t. 540, fig. 3, et t. 377. — A(j. 
polymyces , Pers., Syii., 19. 

Noms vulgaires : Piboulado, Sausénado, Ca-ssenado en Languedoc, 
Souquarel (Tarn). 

Champignon peu charnu , concolore, dont le pédicule jaunâtre, lavé 
d'un peu de noir à la base, est long de 8 à 12 centimètres , cylindri- 
que, un peu tordu sur lui-même, légèrement courbé à sa base, plein 
dans le jeune âge, fistuleux dans la vieillesse, garni vers le sommet 



DESCRIPTIONS. 23 



d'un collier entier, d'abord évasé en godet, puis rabattu. Le chapeau, 
fauve jaunâtre, mêlé parfois de verdàtre , est convexe, à centre proé- 
minent, plus coloré que le reste, tacheté de petites écailles hm- 
nâtres , à bord mince, étalé, faiblement strié. Les feuillets sont 
blancs ou légèrement jaunâtres, inégaux, larges, peu serrés; ceux 
qui atteignent le pédicule , un peu décurrents. 

L'aspect terreux de cette plante ne prévient pas en sa faveur. Le 
pédicule étant coriace, on ne fait usage que du chapeau , dont la chair, 
blanche, jaunâtre, se sépare facilement de la pellicule, a une odeur 
forte et un peu vireuse, la saveur nulle, le plus souvent acre et désa- 
gréable. 

VAg. melleus est comestible ; on le vend sur les marchés de 
Vienne. 

Bien que la cuisson lui fasse perdre son àcreté , il n'est nullement 
recherché en France; on ne le mange guère que dans le Languedoc. 
On le trouve, en été et en automne, dans les bois, au pied des vieux 
troncs coupés au niveau de terre , par groupes de dix , quinze et vingt 
individus ; très-commun. 

Ag. muqueux {Ag. mucidus), Schrad. 

Tratt., t. 14, fig. 27. — Fr., ^^r/cr., 82. — Ar/. nitldus, FI. dan., t. 773, 1130 

et 1372. 

Champignon de taille moyenne , entièrement blanc , le plus souvent 
en groupes, en automne, sur les troncs de hêtre langui.ssants ou cou- 
pés depuis peu. Le chapeau est large de 4 ou 5 centimètres et plus, 
convexe, étalé, mince, mou, visqueux, d'un blanc pur, mais quel- 
quefois de teinte cendrée ou légèrement fuligineuse. Les feuillets, iné- 
gaux , distants , d'un blanc pur, sont arrondis vers un pédicule cylfn- 
drique , grêle, recourbé , plein, légèrement renflé à sa base , épais 
de 4 à 5 millimètres, pourvu au sommet d'un anneau, prononcé, 
réfléchi. Très-peu charnu, inodore; comestible, selon Chevallier. 

Ag. rude {Ag. scruposus), Fr., Epier., 69. 
Batsch., t. 5, fig. 19, et t. 19, fig. 101. — Paul., t. 51, fig. 2-4, et t. 94, fig. 1-4. 

Noms vulgaires : Darmas , Macaron des prés (Paulet). 

Le chapeau de cet agaric est charnu , convexe d'abord , puis plane , 
à surface glabre, inégale, brune, marquée de rides contournées. Ses 



24 LKt? (IIAMI'ICNONS. 



feuillets l)lanc grisâtre , rapprocliés , inégaux, ôrhancrés à la l»ase, 
adhèrent au pédicule, rpii est droit, plein, cyliudriiiue , atténué à la 
liasc, glabre, di' la (duli'ur du chapeau, pourvu d'un anneau blanc, 
fugace, éti'oit, placé à la partie supérieure. 

1,M'/. scruposus vient à liiic dans les pâturages du Midi de la 
France. Sa ( liaii- ferme, blanche, (h'dicate à manger et rechercltée , 
a une odeur de farine récente , un goût et une saveur agréables. 

OciiROSPORES. Spores ferrugineuses (w/po;, jaune pâle, cîTopoç, spore). 

Dennini , de Fries. 

o''Ti!ir;r. I^lioliota (-^oVi^ , écaille, squame). Voile laissant un 

anneau sur le pédicule. 

Ag. Egerite [Ag. /Egerità), Fr. 

]5;itt., t. 0, lîg. E. — l'aul., t. 145. — Fr., Ej^lcr., G54. 

Noms vulgaires : ('.haïupignon du j^euplier, Pivoulade. 

l^'Ag. yEgerila est bien voisin de \'Ag. cglindraceus , si ce n'e.-^t la 
même espèce. Il croît, en automne, en touffes, au pied du peuplier 
noir, et de [ilusieius autres arbres, dans le Midi de la France. 

Chapeau cluinui , dabord convexe, jniis }ilat, et même à bords re- 
levés avec Tàge ; surface lisse , un peu soyeuse et sèche , de couleur 
fauve dans un âge avancé , sujette à se gercer ; feuillets inégaux , ser- 
rés , d'un blanc tirant sur le fauve ou le roux , aigus vers la marge du 
chapeau, arrondis, échancrés à l'autre extrémité, et adhérents par 
une dent à un pédicule, cylindrique, blanchâtre, d'abord plein, puis 
se creusant, glabre, ferme, muni très-près des feuillets d'un anneau 
membraneux, blanc, persistant. 

C'est un excellent champignon , que les anciens même recher- 
chaient : odeur et saveur auréables. 

Ag. cylindracé {^Aij. cylindraceus) , DC, FI. fr., VI, j». 51. 

Letoll., t. G32. — Noul. et Dass., t. 32. — Fr., Ejncr., 653. 

Var. A. Aj. attenuatus, DC, FI. fr., VI, p. 51. - Fr., E^jlcr., 653. — Batt., 

t. 6, fig. C. 

Noms vulgaires: Champignon du saule Pivoulade, Piboulade, 
Saûzénado. 



DESCRIPTIONS. 25 



Cet agaric croît au printemps et en automne, le plus souvent en 
tondes, sur les vieux troncs de saules , et mèrne de peupliers. 

Le chapeau est charnu, sec, glabre, convexe, large de 10 à 12 cen- 
timètres , d'un blanc sale ou un peu roussâtre , souvent irrégulier, à 
bords repliés en dessous dans le jeune âge. Ses feuillets, d'abord 
blanchâtres, ^ilus tard d'un brun fauve sale, sont adhérents au pé- 
dicule et décurrents , seulement lorsque le pédicule est excentrique , 
ce qui arrive quand le chapeau est gêné dans son développement. Ce 
pédicule, plein, charnu, blanchâtre, plus ou moins courbé ou tordu, 
long de 6 à 10 centimètres , cylindrique , aminci à sa base dans la 
variété attennatus , est muni au sommet d'un anneau rabattu, peu 
consistant , d'un blanc fauve et placé très-près des feuillets. 

Comestible. On mange ce champignon à Toulouse et à Montpellier. 
Sa chair, blanche et délicate, a une odeur particulière, une saveur 
fongique. 

Ag. précoce [Ag. prœcox) , Pers., %"•, P- 420. 

Scbœff., t. 217. — Lctell., t. G. — Berkl., t. 8, fig. 1. — Batt., t. 20, C. — Fr., 

iv^><V»-., 647. 

Chapeau charnu, mou, convexo-plane, doux au touclicr, lisse, 
large de 5 centimètres environ , d'un blanc jaunâtre ; feuillets émar- 
ginés, adnexes, arrondis, inégaux, serrés, d'un blanc fuscescent, 
brunissant à la longue; piedp^ei'i, ensuite creux, cylindrique, d'a- 
bord farineux-pubescent , plus tard devenant lisse , blanc , de mémo 
que la bague dont il est pourvu , laquelle est entière , striée en 
dessus. 

Vient à terre , est commun au printemps , dans les jardins et lieux 
abondants en herbe. 

Comestible , selon Leuz et Schar-ffer. 

Ag. pudique [Ag. pudicus) , Bull., t. 597, fig. 2 , R, S, L, 0. 
Batt., t. 8, fig. A. _ Huss., I, t. 31. — Letell., t. 664. — Fr., 7^»cr., 652. 

D'abord blanc , le chapeau de cette espèce devient d'un blanc fouve; 
il est charnu, globuleux, convexe , enfin plane, arrondi, large de 8 à 
10 centimètres, lisse, sec, glabre. Les feuillets sont ventrus, arrondis 
en arrière, libres, adnexes, inégaux, blanchâtres , jmis d'un blanc 
fauve. Le pied, quelquefois excentrique, courbé à la l)ase , haut de 5 



20 LES CHAMPIGNONS. 



à 8 centimètres, solide, plein, à peu près égal, lisse, est muni d'un 
anneau étalé , entier, persistant. 

Cet agaric serait comestible , selon M. Berkeley. 

Il vient solitaire ou en toufles, sur les vieux troncs des arbres. 

Ag. remarquable {Ag. spectahilis), Fr., Epier., GCI. 
Ag. aureus, Bull., t. 92. — A(j. rhaharharinus , Krombh., t. 3, fig. 3. 

Cet agaric a le chapeau compacte, convexo-plane , sec ; la cuticule , 
déchirée en squames ou en fibres soyeuses, de couleur doré pâle ou 
fauve ; les feuillets , adnés-décurrents , serrés , étroits , d'un jaune fer- 
ruginoux : If pédicule ferme, ventru, assez court, enveloppé en bas 
par l'anneau , farineux en dessus. 

11 croît , dans les bois , au pied des troncs de chênes. 

Son goût est salé , amer. — Comestible , selon M. Letellier. 

Ag. écailleux (.'If/, aquarrosus), Mûller. 

Batsch., fig. 114. — Schœff., t. 61, 80. — Sow., t. 284. — Grev., t. 2. — FL 
dan., t. 831. — Paul., t. 292. — Huss., I, t. 8. — Aj. squamosiis, Bull., 
t. 66G. — Fr., Epier., 6G0. 

L'Aj/. squarrosus, commun en automne, vient en touffes plus ou 
moins nombreuses , au pied de différents arbres , et surtout du pom- 
mier ; il est comestible (je l'ai mangé plusieurs fois) ; a la chair ferme, 
d'un blanc jaunâtre ; l'odeur faible ; la saveur fongique, agréable ; se 
pèle difficilement. 

Son chapeau , large de 6 à 8 centimètres , de «ouleur fauve clair, 
est recouvert, ainsi que le pédicule, de squames nombreuses qui se 
redressent de la circonférence au centre du chapeau , un peu plus fon- 
cées en couleur vers le centre de ce chapeau , lequel est d'abord ar- 
rondi , hémisphérique, puis aplani, à bords légèrement recourbés en 
dessous. Les feuillets sont d'un blanc pâle, arqués, inégaux, droits, 
nombreux , atteignant le pédicule mais non décurrents , finement 
morfilés de blanc à leur tranchant. Le pédicule, long de 6 à 10 centi- 
mètres, est cylindrique, flexueux, atténué à sa base, plein ou fistu- 
liMix , pourvu à sa partie supérieure d'un anneau peu consistant, squa- 
meux au-dessous de cet anneau , non squameux en dessus. 



DESCRIPTIONS. 27 



IuEI»IOXA. 

l^e Tkibu. — Lepiota (type). 

Voile universel continu avec la pellicule du chapeau. Hyménophore distinct 

du pellicule. 

Ag. à écailles aiguës (Ag. acidesquamosus) , Weinm. — Fr., Epier., 38. — Dans 

le gazon des jardins ou des bois. Comestible, selon Mich.; sus2}ect , selon 
- Vittad. 
Ag. couleur d'amiante (Ag. amîanthinus) , Scop. — Batscli, fig. 97. — Fr., 

E^yicr., 50. — Dans les pi'airies. Est peut-être une variété de ÏAg. gra- 

nulosus. 
Ag. âpre {Ag. asp)er), Pers. {décrit). 
Ag. tige d'oignon [xig. cejjestijjes), Weinm. {décrit). 
Ag. arcliarias {Ag. archarias), Pers., Icon., t. 5, fig. 1-3. — Fr., Ejncr., 50. — 

Dans toutes les forêts de pins. Est peut-être une variété de VAg. granu- 

Josiis. 
Ag. en bouclier {Ag. clyx>eolarîvÂ) , Bull, {décrit). 
Ag. en crête {Ag. cristatus), Fr. {décrit). 
Ag. tête hérissée {Ag. echmocejjhalus) , Vittad. {décrit). 
Ag. hermine {Ag. ermineus) , Fr., E2ncr., 42. — Krombh., t. 25, fig. 34, 35. — 

Dans le midi de la France, en automne; rare; saveur de radis. 
Ag. excorié {Ag. excoriatus), Fr. {décrit). 
Ag. de Fries {Ag. Friesii), Lasch , 9.- — Lin. — Fr., Epier., 37. — Variété pro* 

bable de VAg. acutesquamosiis. — Dans les bois; très-rare. Comestible. 
Ag. des fours {Ag. furnnceus) , Letell., >Su2)pl., t. 653. — Sous un four à pain à 

Saint-Leu. 
Ag. granuleux {Ag. granulosus), Batsch , fig. 24. — Fr., Epier., 50. — Commun 

dans les bois, bruyères et pacages. Vénéneux, selon Duchesne. 
Ag. mastoïde {Ag. mastoideits), Fr. {décrit). 
Ag. de moyenne taille {Ag. mesomorplius) , Bull., t. 506, fig. 1. — Fr., Epier., 54. 

— Dans les gazons, çà et là, en automne. 
Ag. chétif (^1^. naucinus), Fr. {décrit). 
Ag. de Paulet {Ag. Pauletii), Paul., t. 163, fig. 1, 2. — Fr., Epier., 49. — Dans 

les bois des environs de Paris. Suspect. 
Ag. couleuvre {Ag. 2)rocerus) , Scop. (décrit). 
Ag. raboteux (Ag. rachodes), Vittad., t. 20. Voisin de YAg. j^rocerus. — Dans 

les serres; rare. Suspect. 
A g. de Vittadini (Ag. Vittadinii) , Moretti (décrit). 

2^ Tribu. — Armillaria. 
Voile partiel annulé ; hyménophore continu avec le pédicule. 

Ag. orangé (Ag. aurantius) , Schœff^. (décrit). 

Ag. de Crouan (Ag. Crouanii), De Guernisac-Crouan, FI. fin., p. 82. — Sur le 

terreau, dans une serre. 
Ag. chaussé [Ag. caligatus), Viv. (décrit). 
Ag. noirâtre (Ag. denigratus), Pers., Syn., p. 267. — Fr., Ejncr., 76. - Sur les 

troncs d'arbres; très-rare. 
Ag. gris brun (Ag. griseo-fuscus) , DC. — Fr., E2ncr., 78. —Variété de VAf/.mel- 

leus, selon de Seyne. 



28 ij:s eu amim(;N()\s. 



Ag. coiiliur (le luiol (A;/, melleus) , Y a.h\. {décrit). 

Ag. (lu mûi-ior (.1//. Jfori), H;itt., t. 10. — Paul., t. 144, fig. 1-7. — Dans le miili 

de la France; rare. 
Ag. niucilagineux (Aj. miicidus), Schrad. (décrit). 
Ag. ]nln]\{<)Ymc (A'/. pHuliformîs), RiiU., t. 11.'. — Entre les mousses, au pird 

des arbres. 
Ag. raclé (Ag. ramentaceus) , Bail., t. 595, fig. 2, 3. — Commun îi terre, en été 

et en automne. Suspect. 
Ag. rhagade {A<j. rhcif/ndtosus), Vr., Epier., 72. — Sur les troncs d'arbres. 
Ag. robuste {Ag. robiisius), Albert, et Scluv. — Fr., Ejner., G4. — Dans les bois. 
Ag. rude (^1^. scrtqjosus) , Fr. {décrit). 



O C Illt O S I* « It E J*^. 

se Tiuiu-. — Pholiata. 

Ag. vigoureux {Ag. adqwsns), Fr., Ejricr., 663. — Bcrkl., t. 8, fig. 2. — Sur les 

troncs de hêtres languissants ou récemment coupés. 
Ag. Égérite {Aij. yTJgerita), Fr. {décrit). 

Ag. atténué {Ag. attennatus), DC, Fl.fr., VI, p. 51. — Lctell., t. G32. — Va- 
riété de V^ig. eglindraceiis. 
Ag. doi-é {Ag. awreits) , Matt. — Fr., E/iier., G38. — Sow., t. 77. — Sur les troncs 

morts, en automne; commun. Suspect d'après Iteveil et Letellier. 
•Ag. rouille (.1//. aurivellus), Batscli , fig. 115. — Schïcft'., t. 209. — Fr., Ejncr., 

G59. — Sur les troncs des arbres touffus, surtout des saules. 
Ag. des mites [Ag. bintfariits), Fr., Epier., 045. — Dans les jardins et les lieux 

cultivés. 
Ag. coronille {Ag. coronilla), Bull., t. 597, fig. 1. — Fr., Epiier., 649. — Paul., 

t. 104. — Solitaire dans les gazons; commun. 
Ag. cylindracé {Ag. cglindrnceiis), DC. {décrit). 
Ag. destructeur {Ag. destruens), Brond., t. 6. — Fr., Epier., 656. — Sur le tronc 

des peupliers. 
Ag. luxuriant {Ag. lururians) , Batt., t. 23, fig. B. — Fr., Epier., 655. — Sur les 

troncs de cliênes. 
Ag. marginé {Ag. margimitus) , Batsch , fig. 207. — Fr., Epier., G7G. — Sur le 

tronc et le bois pourri des pins. 
Ag. nuirex {Ag. nnmcatus) , Fr., Epier., 669. — Sur les troncs pourris de hêtre. 
Ag. couleur de belette {Ag. mustellinus) , Mich., t. 80, fig. 6. — Fr., Ejncr., 677. 

Sur le hois de pin. 
Ag. changeant {Ag. mutalilis), Sclneff., t. 9. — Fr., Epyicr., 675. — Bull., t. 543, 

fig. O, P, P. — Huss., Il, t. 27. — Bcrkl., t. 8, fig. 3. — Sur les troncs d'ar- 
bres; rarenient à terre; commun au printemps et en automne. Comestible, 

dit Pries, mais à dédaigner. 
Ag. mycénoïde {Ag. mycenoides) , Fr., Ejner., 680. — Dans les marais tourbeux. 
Ag. pieu {Ag. pariUus), Batt., t. 11, fig. D. — Bull., t. 553, fig. Q. — Fr., Epier., 

671. — Sur les troncs couverts de feuilles. 
Ag. phragmatophylle {Ag. phragmatoj)hgIhis) , de Guern.-Crouan, FI. fin., p. 76. 

— Sur la' terre, au pied des arbres. 
Ag. précoce [Ag. pr(rco.r), Pars, {décrit). 
Ag. pudique {Ag. pudicus) , Bull, [décrit). 
Ag. racine de navet [Ag. radicosus), Bull., t. 160. — Fr., E2ncr., 651. — Dans 

les bois h l'ombre. Savciu- non désagréable. Suspect. 



DESCRIPTION. s. 2'J 



Ag. vemcarqualîlu {Aff. spectahiUn) , Fr. {dccrit). 

Ag. spl)ak'romorplic (A^/. si^haleromorphus) , Bull., t. 540. — Fr., Epkr., G48. — 

Dans les endroits humides. 
Ag. e'cailleux {Ag. squarrosus), Millier (décrit). 
Ag. en toge [Ag. tojidaris) , Bull., t. 595, fig. 2. — Fr., Eincr., 642. — Dans les 

gazons. 



SÉRIE III. — GYMNOPE (Gymnopus). 
(ru[j.vo'TToui; , qui a le pied nu). 

Point de volva , point d'anneau , ni de collier ; pédicule central 
plein; feuillets ne noircissant pas en vieillissant; chapeau charnu, à 
centre proéminent. 

Leuguspoue«. Spores blanches. 

1'" Tninu. Xrîeliolomîi (Opt^, cheveu, Xoaa , frange). Pied charnu ; 
lamelles sinuées ou échancrécs en arrière. 

Ag. acerbe {Ag. accrbus), Bull., t. 571, lig. 2. 
Pcrs., lltjc., 270. — Vittad., p. 350. — Fr., U2>kr., 166. 

On reconnaît ce champignon à son chapeau charnu, large de 7 à 
9 centimètres , convexe , étalé , obtus , glabre, lisse, de couleur blanche, 
teintée de jaune, et enlin d'un roux fauve, assez souvent tacheté et 
comme tigré , strié , inince au bord , fortement roulé en dessous ; à 
ses feuillets, droits, inégaux, serrés, d'un jaune pâle, un peu décur- 
rents. Le pied , long de 4 à 5 centimètres, est plein, nu, solide, d'un 
blanc jaunâtre, tacheté au sommet de très-petites écailles , cylindrique, 
mais quelquefois épaissi à sa base. 

M croit à terre, assez tard, en groupes de deux ou trois individus. 

Comestible. Yittadini dit qu'on le mange aux environs de Milan. 

Ag. mousseron blanc {Ag. albelhts), DC, FI. fr., 4C9. 
(1^1. IX, fig. 1.) 

Schœff., t. 50. — Roq., t. 16, fig. 4, 5. — Sow., t. 122. — Paul., t. 94, et t. !)5, 

fig. ]-8. — Fr., Epier., 147. 

Noms vulgaires : Mousseron , Misseron , Moussaïron , Champignon 
muscat, Braquet. 



30 LES CHAMPIGNONS. 



Le chapeau de ce champignon est charnu , compacte, convexe, siib- 
mamelonnc, rpiolquefois irrégulièrement arrondi, glabre, large de 8 à 
10 centimètres , d'abord blanc , puis d'un gris légèrement fauve, sou- 
vent parsemé de taches squameuses non persistantes , à bord mince , 
lisse, replié en dessous. Les feuillets sont nombreux , inégaux, blancs, 
les plus longs sont adhérents au pédicule et terminés par une dent. 
Le pédicule, nu, blanc, fibrilleux, plein, sous-ventru à sa base, en- 
foncé on partie dans la terre, est haut de 3 à 4 centimètres. 

On a donné à cet agaric le nom de Mousseron , parce qu'il vient 
dans les mousses. h'Ag. albellus, dit Paulet, est le Mousseron le ])lus 
(in, le plus délicat (pie l'on connaisse; selon Bosc , c'est un manger 
délicieux, qui échappe à toute comparaison. On le trouve plus fré- 
quemment dans les départements du Midi (juc dans ceux du Nord. Sa 
chair, blanche, ferme, cassante, se pèle difiicilement. La dessiccation 
ne détruit pas son odeur agréable et musquée. 11 apparaît au premier 
printemps , sur les pelouses et le bord des bois. 

L'Ag. Georgii, Lui. et Glus. — Fr. , Epier., 146, appelé ainsi, en 
Angleterre, parce qu'il vient à l'époque de la Saint-George (23 avril), 
est considéré par M. Léveillé comme une simple variété de Valbellus, 
et par M. Berkeley comme une variété du garnhosus. 



kg. à 'tète blanche Ag. alhns), Fr., Epier., 159. 

Batt., t. 20, lig. I. — Burkl., t. 4, fig. 6. —Boit., fig. 153. — Ay. leucocephalus , 
Bull., t. 428 et 536. — Fers., J/^c, 184, 185, 189. 

Ce champignon, qui croît, au printemps et en automne, solitaire 
ou par petits groupes, à terre, dans les bois, est entièrement blanc 
dans sa jeunesse. Plus tard , il a le chapeau nu , peu jaunâtre ou fauve 
au centre. 

Ce chapeau, d'abord convexe, plane ensuite et ordinairement 
mamelonné, lisse, sec, charnu, large de 6 à 7 centimètres, a les 
bords parfois sinueux. Les feuillets sont nombreux, inégaux, minces, 
larges, comme festonnés sur leur tranchant, un peu adhérents au pé- 
dicule, qui est long d'environ 8 centimètres, nu, plein, fibreux, cy- 
lindrique ou atténué à sa base, quelquefois flexueux. 

ï^'Ag. albus passe à tort pour vénéneux, dit M. Letellier. Quoi 
qu'il en soit, son odeur particulière-, faible, vireuse, sa saveur, acre 
et amère , ne préviennent nullement en sa faveur. 



DESCRIPTIONS. 31 



Ag. couleur d'améthyste {Ag. amethystimis) , Scop., 437. 
Paul., t. 95, fig. 9-11. — Fr., Exncr., 150. 

Noms vulgaires : Mousseron , Palomet , Paloml)ette , Blavet. 

Son chapeau est charnu , peu épais , frat^ile , large de 7 à 8 centi- 
mètres , d'abord convexe , puis plane , irrégulièrement arrondi, glabre, 
lisse , humide , d'une couleur mélangée , dans la jeunesse, de bleu, 
de blanc et de vert au centre (gorge de pigeon) , se changeant ensuite 
en roux, à bord d'un blanc sale, suh-rtigueux. Les feuillets blancs 
deviennent un peu roussàtres avec l'âge, ils sont décurrents, sub- 
adnés , de longueur inégale , fins, serrés. Le pédicule, plein, nu, 
fibreux, ne s'élevant pas à plus de 4 centimètres, est légèrement 
renflé à sa base. 

Cet agaric est comestible, d'un goût exquis; aussi le mange-t-on 
quelquefois cru. Il croît dans le Midi de la France , en automne , à 
terre , dans les bois , les friches , sur le gazon , parmi les mousses , or- 
dinairement solitaire. Il a la chair blanche, ferme, l'odeur agréable, 
et ressemble au Mousseron par son port et sa forme. 

Ag. des sables {Ag. arenarius) , Laterrade. 

Paul., CJiajnj)., t. 85, fig. 1, 2. — Aff. sinuatus, var. B. Arenarius, Laterr. — 
Léveil., Ann. cl. se. naf., l^^ série, t. IX, p. 119. 

Cette espèce est de couleur jaune, rutilante. Elle a le chapeau 
charnu , d'abord convexe , obtus , puis étalé , glabre ; les feuillets , 
inégaux, peu nombreux, aigus aux deux extrémités, mais plus larges 
vers le pédicule , à la partie supérieure duquel ils sont adhérents ; le 
pédicule cylindri([ue, nu , le plus souvent bulbeux à sa base, glabre, 
fibreux, plein. 

L'Ag. arenarius croît , en automne, dans les sables des bois. Paulet 
dit qu'on le mange à Bordeaux , où il est irës-recherché. Il n'est pas 
rare dans la forêt de Fontainebleau: Il ressemble à VAg. sulfureus , 
espèce nuisible, dont il diffère surtout par sa chair blanche, son odeur 
douce et sa saveur agréable. 

Ag. doré {Ag. auratus) , Krom])h., t. 63, fig. 10-12. 
Paul., Chani^}., t. 43. — Fr., Exncr., 93. 

L'Agr. auratus , qu'on recherche comme aliment , dans le Midi de 
la France , est assez rare, il croît à terre dans les bois de pins. On le 



32 LES CllA.MI'iti.NUNS. 



iveounail. à son cliapoau cli.inni, couvoxp, puis piano, sinué et on- 
(liilr siii- !(> ])()i'(l , (le coulciii- jainic , un peu plus pâle vers la marye ; 
à SOS l'cuillcls , laryes , (''[(ais , non !<cn'cs , nrroïidis à la banc, de 
couleur jaune doré, adhérents à la niùmc hauteur à lu partie supé- 
lieurc du pédicule : ce pédicule est court, nu, épais , ferme, inégal , 
lil)reux, glabre , de la couleur du chapeau. La saveur de ce champi- 
gnon est agréable. 

Ag. trapu (.1^. brcvipcs), Bull., t. 521, 11g. 2. 
liuxl)., t. 31, fig. 1. — Paul., t. 44, fig. 1, 2. — Fr., Ejncr., 172. 

Cet agaric a le chapeau large de 6 à 7 centimètres, d'abord con- 
cave , 2^nis plane , avec un mamelon très-obtus , souvent échancré, à 
superlicie bien lisse , de couleur gris brun ; les feuillets d'un gris cen- 
dré, nombreux, inégaux, aigus vers la marge du chapeau, échancrés 
à leur insertion au pédicule , lequel est court , nu , plein , de la cou- 
leur du chapeau, glabre, cylindrique, assez souvent renflé à sa base. 

LM^. hrevipes est comestible et même délicat, selon Paulet. Pie- 
veil le donne pour suspect; peut-être ne l'a-t-il pas expérimenté. 
1/odeur de cet agaric est faible , sa saveur légèrement astringente, sa 
chair, fragile, d'un blanc sale ou un peu rougeàtre. C'est un champi- 
gnon charnu , qui vient assez tard , en automne , dans les gazons des 
bois et sur le bord des chemins. 

Ag. colombette (.4^. culumbcllu), Fr., Epier., 108. 

tetcrb., t. y, fig. B etc. — Aij. albu6, l'ers., Jlyc, 185. — ^i<j. aericcud, Iviuiubli., 

t. 25, fig. 6, 7. 

Ce champignon, entièrement blanc, se distingue encore par les ca- 
laclères suivants : chapeau charnu, convexe, étalé, humide, rigide, 
sub-llexueux, d'abord glabre, ensuite soyeux, fibrilleux ou squa- 
muleux, large de 6 à 8 centimètres, abord légèrement enroulé; pied 
solide, nu, fort, inégal , strié, sub-glabre, long de 4 à 5 centimètres; 
feuillets presque libres , odeur et saveur peu prononcées. 

il n'est pas très-comnum , et croît solitaire dans les bois de chênes 
et les bruyères. Comestible. 

VAg. spermaticus , Paul., f. 45, f. 1-3. — Fr., Epier., 92, res- 
semble beaucoup au Columbetta. Fries dit que VAg. spermaticus est 
vénéneux; d'après M. Léveillé, ses propriétés sont incertaines. 



DESCKIPTIONS. ■ 33 



A.Q. iaxnhn (J(j. (jamhosus) ,Yv., Epier., iAi>. 

Krombh., t. 63, fig. 18-22.— Staiide, t. 9, fig. 2,3.— Bcrkl., t. 4, fig. 5. — 
Macq., t. 2, fig. 13. — Sow., t. 281. — Huss., I, t 83. — Ag. Pomonœ^ 
Lenz, Scliw., p. 23, t. 2, fig. 7. — xig. Georrjii, Lin. 

Ce champignon de grande taille, mais variable en dimension, blanc 
ou légèrement ocracé, a le chapeau charnu , très-épais , d'abord con- 
vexe , puis plane et ondulé , humide, glabre , tacheté et enfin gercé , 
à bord roulé en dessous da)ts le jeune âge, velouté, de même que 
le sommet du pied ; les feuillets émarginés , ventrus, serrés, d'un 
blanc jaunâtre , adhérents au pédicule , lequel est nu , ferme , solide. 

h'Ag. gambosus a vuie odeur forte de farine récente ; il vient au 
printemps, dans les bois, les champs et les prés, tantôt seul, tantôt 
en groupes, le plus ordinairement formant un cercle. 

Comestible, 11 est d'un usage assez fiéquent en Scandinavie. Lenz 
l'a souvent manué cru ou cuit. 



'O^ 



Ag. géminé (Ag. geminus), Paul., t. 40. 

Fr., Ejpicr., '. 2G. 

Paulet dit ipie cette espèce-est très-boune à )ua)iger. On la trouve 
en groupes peu nombreux et souvent composés de deux individus , 
d'où lui est venu le nom de geminus. On la distingue par son cha- 
peau charnu, corupacie, de couleur rousse, large de 3 à 5 centi- 
mètres, sec, convexe, onduleux , quelquefois fiitement crevassé, à 
bord infléchi en dessous , mince ; ses feuillets , minces , nombreux , 
serrés, d'un blanc roussàtre, aigus à la marge ; son pied court, épais, 
fibreux, nu , plein, de la couleur du chapeau. Rare. 

Ag. pied rayé {Ag. grammopodius), Bull., t. 548 et 585, fig. ^. 
lluss., II, t. -11. — Fr., Epier., 169. — A^j. iabulark, Pcrs., Myc., 110. 

Agaric solitaire, dont le chapeau charnu, d'abord en cloche, pîiis 
convexe, plane et enfin déprimé, légèrement mamelonné, bsse, 
humide, est large de G à 8 centimètres, giis brun ou fauve roux ; les 
feuillets sont inégaux, arqués , serrés , blancs, non décurrents, adhé- 
rents à un pédicule , ferme, épais, plein, nu, cylindrique, long de 
5 à 8 centimètres, glabre, marqué de petites raies noirâtres, un peu 
renflé à sa base. On le trouve dans les bois ombragés, vers la fin de 
l'automne. 



M IJ:s (Il a m IMiiNnXS. 



I il 'ai II iiii j' (I A I il; lai-- in" iniriil rf ili,iiii|iiL;niiii . (|iic rc|i('iiil.iiil M . I Ici' 
ki'lcv, Anulais liii-incuu' , drclarc drlcsliihlc. 



Ag. à odeur forte (.1;/. uracculcns. , l'cis., ^ijn., [>. olij. 
(l'I. lX,lig-. 2.) 

Tratt'., t. lu, fîy. ly. — Krunil)h., t. 2, fîg. 2-G et' t. 55, fig. 2-6. — lîull. 
t. 1-12. — raul., t. V)4, fig. 5, G. -- Noul. et Dass., t. 25, 2(3. — l'ers., 
J/yc, 353. — Fr., Epier., 149. 

Soins ctih/dircs : .Moiissoroii , .MoiissaïiiLiO, Moiissainui. 

\j'A(j. ijmveolois , ilianm, cniii/HU-li' . (l'iiii hlauc sale, tirant sui' 
le jaunâtre et passant ensuite au fauve cendré, non niarcjué de taches, 
a un cliapi'âu lat'Lie de i à (i (•(MitiniMrcs , d'aliord s|ili(''i'ii|iir , |iiiis 
très-convexe, arrondi , un peu ondulé, doid la surface sècJie et lisse 
rcssemlile à de la peau de gant, el dont les bords sutit lisses et roulés 
en dessous; tes feuillets terminés en pointe aux deux extrémités, 
nombreux, inégaux, arqués, minces, adliérents au pédicule, d'a- 
l)ord hlancs, ensuite d'un ]>lanc .sale ou roussàtre, fuligineux; le })é- 
dicule blanc, nu, ferme, long de 3 à 4 centimètres, épais de 12 à 15 
millimètres, cylindrique, jihrillenx ; la chair blanche, cassante, 
épaisse, à odeur pénétrante, se rapprochant de celle de la farine. 

11 croit au commencement du printemps dans les bois, les friches 
et les prés secs. C'est un nuoiger délicat , dont on fait un fi'éipient 
usage dans le Midi de la France, surtout connue assaisonnement. On 
le conserve souvent desséché ; il se pèle diflicilement. 



Ag. imbriqué (.1^/. imbricalKs), Vv., Epier., lU'J. 
J//. nifus, Pei'S., J/.V., 200. 

(le (liampignon est cliaj'uu , foinpafle , de couleur rousse, lai'ge 
de 5 à G centimètres, d'abord conique, puis convexe, oisuite jihnw, 
à superficie sèche, marquée de squ'ames adhérodes, à Jjord inlléchi 
dans les jeunes individus, pubescent, moins foncé en couleur, lia 
les lamelles serrées , d'un hlanc roussàtre, émarginécs , adnexes ; le 
jiird jileiu, court, roussàtre, nu, d'un blanc }iul rérident au sont - 
nicl : la cliair fei'me, d'iuie saveur douce. 

Il ciiiil lu (liiiairenicnl ni loiilfes [)eu uoml)reuses. dans les bois de 
piijs, assez laid rn aiildunie : l'are. Atimcntcirc. 



DKSCKIPTIONS. 35 



Ag. nu (./'/. u}(dus), Bull., t. 439. 

liuxb., t. 12, fig. 1. — Paul., t. 78, fig. 3. — Kroinlth., t. 71, fig. 27-20. — 

Fr., J^i^/c)-., 162. 

Cet tigai'ic , commun dans les bois , en été et en automne, vient le 
plus souvent en groupes peu nombreux ; il a le chapeau d'abord co)i- 
vexe, 2)1(18 apkdi , mais d'ordinaire faiblement mamelonné, irrégu- 
lièrement concave ou sinué , large de 5 à 8 centimètres , lisse , de 
couleur violet-tendre ou lilas grisâtre , quelquefois violet fauve , charnu 
seulement au centre , à hord légèrement recourbé en dessous; les 
feuillets, nombreux, inégaux, bleus ou d'un violet ronsscUre , aigus 
vers la marge du chapeau , arrondis à leur base et adhérents au pé- 
dicule par un léger prolongement ; le pédicule, plein, élastique, cy- 
lindrique, nu , long de 5 à 6 centimètres , de la couleui- du chapeau , 
sub- farineux au sommet, légèrement tomenteux à sa base. 

Il est comestible, très-bon et délicat ; odeur faible, saveur agréable; 
chair cassante, d'un blanc un peu violacé. 

Ag. travesti [Ag. personatus) , Fr., Epier., IGi. 

FI. dan., t. 1133. — Sow., t. 209. — Boit., t. 147. — Huss., II, t. 40. — Bcrkl., 
t. 5, fig. 1. —Aij. Hcolor, Pcrs., Mjjc, 38(5. 

Son chapeau est compacte, charnu, régulier, large de 7 à 8 centi- 
mètres, et même davantage ,#ronvexe , glabre, lisse, humide, de cou- 
leur violacée, lilas, plus souvent cendrée ou fauve pâle , à bord excé- 
dant, recourbé, tomenteux. Les feuillets serrés, cVun blanc terne ou 
d'un violacé sale, sont arrondis en arrière et libres. Pédicule épais, 
pulvérulod ou tomenteux, lilacé ou violacé, nu peu renflé à sa 
base, plein d'abord et enfin creux. 

A la première vue on prendrait cet agaric pour un Cortinaire; aussi 
a-t-on pu le confondre avec le Cortinariiis violaceus. Il n'est pas non 
plus sans ressemblance avec VAg. niidus. Il vient presque toujours 
solitaire dans les bois, les gazons, les pâturages, et quelquefois dans 
les jardins. Non rare. Co\nestible ; il se vend sur les marchés de Lon- 
dres et d' Allier. Il est très-estimé dans le Midi de la P'rance. 

Ag. russule {Ag. Russida), Schceff. , t. 58. 

Tratt., t. G. — Kromljli., t. G3, fig. 1-9. — Bull., t. 509, fig. 3. — Letell., t. GIG. 
— Barla, t. 13, fig. .11, 12. — Pcrs., 3Iyc., 296. — Fr., Ejricr., 99. 

Ce champignon sert d\diinent, surtout en Autriche. On pourrait 



3C LES CHAMPIGNONS. 

le confoiuli'o avec VAij. etnelicus et VAy. roseus , Russules malfai- 
santes, si leurs feuillets n'offraient des diflerences essentielles. Ces 
deux derniers agarics ont les feuillets de longueur égale, tandis que 
ceux de VAg. Russida sont inégaux. 

Le chapeau est charnu, de taille assez grande, large de 8 à 10 cen- 
timètres, d'abord convexe, 2>i<is 2ilo.ne et même un peu déprimé au 
centre, visqueux, granuleux ou parsemé de petites p)elucUures 
brunes et écailleuses. Les feuillets, inégaux, blancs, peu serrés, ar- 
rondis, larges de 6 à 7 millimètres, sont à peu près libres. Le pied 
est nu, ordinairement cylindrique, court, d'un rouge rosé, plein, 
ayant le sommet granuleux et visqueux. 

On trouve VAg Russida dans les bois; assez rare; solitaire. 

Ag. couleur de soufre {Ag. sulj)hureus] , Bull., t. 168. 

Sowerlj., t. 44. — FI. dan., t. 1910, fîg. 1. — Paul., t. 85, fig. 3, 4. — Bcrkl., 

t. 4, fig. 4. — Fr., E2ncr., 133. 

Plante toute de couleur jaune-soufre , dont le pédicule est long de 6 
à 8 centimètres, nu, cylindrique, ordinairement flexueux ; plein, 
glabre, légèrement strié. Le chapeau, charnu, large de 4 à 8 centi- 
mètres, quelquefois un peu fauve, à superficie d'aJjord conique, puis 
convexe, avec le centre jMr fois un peu déprimé, estcliarnu, à sur- 
face' sèche, ne se pelant pas. Les feuillets sont inégaux, larges, dis- 
tants, terminés en pointe , adhérents au stipe, et quelquefois faible- 
ment décurrents. 

L'A(7. sulpliureus a la chair jaune, l'odeur et un peu le goût du 
cliènevis pourri, il vient solitaire, dans les bois, en automne. On le 
trouve toujours à terre. Commun. Vénéneux. 

2e Tribu. — Clytoeîbe (xàÎto;, penché , xu,3r,, tète). Pied fibreux 
élastique; lamelles décurrentes ou fortement adnées, non enduites 
de viscosités, atténuées en arrière, mais non échancrées; chapeau 
à marge primitivement enroulée. 

Ag. oreillette {Ag. Auricula), Fr., Epier., \d2. 
Dul,., FI. Orl. — Noul. et Dass., Chamiy., t. 20, fig. B. 

Noms vulgaires: Oreillette, Escoubarbe, Courdelou. 

Un chapeau charnu , compacte , irrégulièrement arrondi , convexe , 
n'ayant guère dans son entier développement que 4 ou 5 centimètres 



DESCRIPTIONS. 37 



de diamètre, d'un gris plus ou moins foncé ou cendré fauve, lisse, 
d'abord convexe, puis plane, dont les bords sont un peu roulés en 
dessous ; des feuillets d'un blanc pâle, décurrents sur un pédicule, 
court , plein , atténué à la base et de la couleur des feuillets , tels sont 
les signes distinctifs de YAg. Auricula. 

Il vient ordinairement solitaire , en été et en automne , dans les clai- 
rières des bois et sur les pelouses; est comestible, de très-bon goi\t 
et de facile digestion, a l'odeur de la farine récente, ne se pèle pas et 
se dessèche facilement. 

Pour M. Léveillé, VAg. Auricula pourrait bien n'être qu'une variété 
de VAg. prunulus. 

Ag. de Garidel {Ag. Garidelli), Fr., Epier., 243. 
Paul., t. 63, fig. 2-4. 
Noms vulgaires : Pinedo , en Provence, 

Ce cliampignon n'est signalé que par Garidel et Paulet. Il est tout 
entier de couleur de chair. Son chapeau est charnu , d'abord convexe, 
puis déprimé au centre, lisse, à marge recourbée en dessous, large 
d'environ 8 centimètres. Les feuillets sont inégaux, nombreux, aigus 
aux deux extrémités, décurrents. Pied nu, glabre, plein, inégal, 
renflé à sa base. 

Il vient à terre , dans les bois de pins en Provence, où il est re- 
cherché; il a la chair blanche, l'odeur et la saveur agréables. Comes- 
tible. 

Ag. gymnopode {Ag. gymnopodius) , Bull., t. GOl, fig. 1. 

Noul. et Dass., Champ., t. 23. — Fr., Epk-r., 735. 

Noyn vulgaire : Cassenado , en Languedoc. 

Cet agaric croît , en automne , dans le Midi de la France , par groupes 
de quinze à vingt individus, à terre, dans les bois. Les paysans le con- 
fondent avec VAg. socialis ; il en diflere en ce qu'il vient à terre, au 
pied des arbres , et non sur les souches pourries ou au pied des yeuses , 
comme VAg. sooialis. Sa chair, épaisse, blanche et très-ferme, a une 
odeur et une saveur-agréables. 

Son chapeau est charnu, large de à 8 centimètres, d'un brunfer^ 
rugineux , d'abord campanule , puis convexe , puis plane , strié et sou- 
vent fendu sur les bords , mamelonné au centre , qui est comme lié- 



38 IJ:s ( IIA.Ml'KiXOXS. 



risse de polifos aspérilés noires. Ses feuillets sont d'une teinte plus 
(jaire (jno le chapeau, tivs-larges, inégaux, peu nonihii'ux , arqués 
et attachés au pédicule, sur lequel ils sont décurrentu. Ce pédicule, 
im. plriii, loiiLi ili' S à l'J criiliiiK'.'tros, atténué et coiilmiriit'' à son 
cxlrrmité iiil'érieure , esighibre, strié et (Fini lniiii foncé. Alimen- 
taire. 

Ag. nébuleux (.1,'/. neJjKlaris) , Batsch , fig. 193. 

FI. dan., t. 1734. — (Jrev., t. 9. — Paul., t. 79, fig. 1-5. — Huss., II, t. 9. — 
Fr., E2)!er., 185. — Pers., *%?i., 1G8. — A;j. pUeolarhis, Bull., t. 400. 

Ce champignon charnu a le chapeau largo de 8 à 10 centimètres, 
convexe d'ahord , puis plane , rarement régulier, avec le centre presque 
toujours proéminent, de couleur gris cendré, jilus foncée au centre, 
les Ijords étant minces, légèrement recourbés en dessous, la super- 
ficie suJi-ftirinense chez les jeunes individus, lisse plus tard. Les 
feuillets sont d'iiii lilanc pâle, inégaux, nombreux, minces, étroits, 
aigus aux deux extrémités, se prolongeant sur un })édicule long de 4 
à 8 centimètres, blanc ou grisâtre, peu épais, cylindrique, quelque- 
fois flexueux, plein, substrié longitudinalement, tomenteux à sa base. 
Sa chair est blanche, son odeur fongique, sa saveur particulière. 

A la fin de l'été et en automne on le trouve fréquemment solitaire 
ou en groupes, et formant souvent des traînées irrégulières à terre, 
dans les bois, parmi les feuilles, auxquelles il adhère par une sorte 
de byssus. 

Bien que les auteurs donnent VAg. nehularis comme comestible, 
il est malfaisant. Paulet l'avait signalé comme suspect. M. Berkeley 
(lit cpTon le mange en Angleterre; mais, ajoute-t-il, c'est une des es- 
pèces qui peuvent devenir offensives avec l'âge, et qu'il faut choisir 
saines, nnu viciées. Ayant voulu l'expérimenter, j'ai cueilli moi- 
même des individus jeunes et sans défaut; ils m'ont incommodé, 
ainsi qu'une personne qui avait partagé mon repas. 11 est donc pro- 
bable que si des personnes en ont fait usage impunément, elles l'ont 
mangé dans de très-faibles proportions. 

11 est facile de le confondre avec YAg. geotropiis. 

Ag. odorant (Ag. oclorus), Bull., t. 556, fig. 3, et t. 170. 

Sow., t. 4-.'. — Grcv., t. 28. — Fl dan., t. 1011. — Fr., Epk-r., 202. — A(,. ani- 

satus, Pers., *%»., 122. 



Nom ruh/aire : Bise verte (Vosges). 



DESCRIPTIONS. 31) 



Ce champignon exhale une odeur agréable ; pénéiranle, qui se rap- 
proche de celle de l'anis. Son chapeau , peu charnu, est large de 4 à 
8 centimètres, glabre, no)i visqueux, de couleur gris bleu clair ou 
vert terne bleuâtre , d'abord convexe, puis plane, mais légèrement 
mamelonné au centre, avec des bords sub-sinueux et quelquefois 
même relevés. Les feuillets, dont un tiers à peine atteint le pédicule, 
sont adnés, sub-décurrents , non serrés, d'un blanc pâle très-légère- 
ment incarnat. Le pédicule est grêle , cylindrique , plein , nu , long de 
3 à 5 centimètres, de la couleur du chapeau, mais affaiblie. 

Il vient à terre, dans les bois, sur les feuilles mortes , auxquelles il 
adhère par une sorte de duvet. 

Comestible ci de saveur agréable; on pourrait l'employer comme 
condiment. Suspect pour Réveil. 

Ag. social {Ag. aociaUs)^ DC, FI. fr., YI, p. 48. 
Noul. et, DasR., Champ., t. 22. — Fr., Epier., 771. 

Noms viihpiires : Cassonade, Pivoulade d'Kouse, Frigoulo. 

UAg. socialis croit, partoufles de quinze à vingl, individus, sur les 
vieilles souches du chêne yeuse , de môme que VAg. ilicinus. Son 
chapeau charnu, presque plane, fauve ou roussàtre, à centre ])lus 
foncé, un peu mamelonné et peluché, a les bords un peu roulés en 
dessous. Ses feuillets sont roux , très-décurrents sur un pédicide cy- 
lindrique, long de 1 '2 à 15 centimètres, tortillé sur lui-même, d'un 
roux pâle, noirâtre h sa base, plus large là où s'insèrent les feuillets. 
Chair blanche, ferme , d'une odeur agréable. Comestible. 

Il est en grande réputation dans le bassin pyrénéen ; mais on ne 
mange que le chapeau , et non le pied , qui est coriace. 

Cet agaric ressemble à la variété Ag. contortus, Cuil., t. HO, do 
VAg. fiisipes: mais ses feuillets très-décurrents sont de couleur ferru- 
gineuse. 



40 l.i;s (IIAMl'KJXOXS. 



G'' Ti'.inr. C;ollyl>îf» (mKIu^oi;, trôp-petito piôcn de monnaio). V\ih\ 
cai'tilagincux exlérieTiremcnl , cliapcati convexo-plane, à marge 
iniinilivcmont enroulée ; spores ohlongues ; lamelles non décur- 

i('iil('<, non (Mi(1nit(^?; de viscosité et se décliimnl fiicilenient. 

Ag. clou {A(j. Chu'Ks), Lin. 

l'ers., Jfijr., 243. — lîull., t. 148, fig. A, B, C, E. — Boit, t. 39 B. — Vaill., 
t. 11, fig. 19, 20. — Fr., ^)/cr., 339. 

Champignon de petite taille, à peu près [)laue, qu'on trouve, soli- 
taire, au i)rintemps, sur les troncs d'arbres et au pied des arbres, de 
couleur orcUigé rougeàtre brillant, ayant une saveur faible de radis, 
sans mauvais goùl ; un chapeau peu charnu, obtus, lisse, glabre, un 
peu jaunâtre, large de 1 1/2 centimètre à peine, coriace, non strié ; 
des feuillets libres, nombreux, serrés, blancs, adnexes, émarginés; 
le pied ph'iii, mince, glabre, cylindrique, à racine allongée, vil- 
leuse, long de 7 centimètres. 

./UAg. Clavus est tout voisin de VAg. escalentus. Comme celui-ci, 
il n'a. ni mauvais goût ni mauvaise odeur; mais il croît de préférence 
au pied des arbres et son pédicule est plein, ce qui les différencie. 



Ag. dryophile (Ag. dr/jopliilus) , Bull., t. 343. 
Sow., t. 127. — 8clia3ff., t. 255. — IIuss., I, t. 39. — Fr., Ejncr., 334. 

L'Ag. dryopliilus varie de forme, de dimension et de couleur. 11 
est implanté sur les feuilles mortes par une base filamenteuse , sorte 
de byssus, agglomérant les débris qui l'entourent. Sa saveur est nau- 
séeuse. Mistress Hussey le dit très-pernicieux : il a occasionné un em- 
poisonnement en Angleterre. Extrêmement commun, dans tous les 
bois, du printemps à la fin de l'automne. 

Il a le chapeau peu charnu, presque plane, obtus , quelquefois dé- 
jh'inir au centre, de couleur roux pâle ou fauve jaunâtre , lisse, large 
de 4 à 5 centimètres; les feuillets .sinueux, serrés, étroits, d'un 
blanc jmle , adhérents, à peu près libres ou ayant une dent décur- 
rente ; le pied fistuleux, lisse, nu, de la couleur du chapeau ou un 
2^eu plus pâle , blanc au sommet. 



DESCRIPTIONS. 41 



Ag. esculent (il^. esculentus) , Jacq., t. -14, fig. 4. 

Tratt., t. F. — Lenz, fig. 18. — Vaill., t. 11, fig. 16-18. — Fr., Epier., 330. — A(/. 
perpendicularis , Bull., t 422, fig. 2. — Schœff'., t. 59. — Pers., J/j/c, 243. 

L'ilj/. esculentus, dont le chapeau est large à peine de 3 centimètres, 
peu charnu, à peu près plane, ohUis , lisse, non strié, de couleur 
fauve ou jaune terreux , a une saveur légèrement amère ; il vient , 
au printemps , dans les pâturages , les bruyères et les bois de haute 
futaie, soit solitaire, soit en toufïes formées d'individus rapprochés, 
mais non soudés. Ses feuillets blancs, assez serrés, souples, adhèrent 
à un pédicule, long de 5 à 8 centimètres, fistuleux , grêle, très- 
glabre, tenace, fortement enraciné, de la couleur du chapeau. 

Comestible. Malgré sa petite taille , il est fort estimé en Autriche 
comme assaisonnement ; on le porte au marché de Vienne. Partout 
ailleurs il est négligé : on le conserve desséché. 

Ag. pied-fu (.1^. fusipcs), Bull., t. lOG el 516, fig. 2, el t 30. 

(PI. X.) 

Sow., t. 129. — ScliiEff., t. 87, 88. — FI. dan., t. 1G07. — Krombh., t. 42, fig. 9 
à 11. — Huss., II, t. 48. — Berkl., t. 5, fig. 5. —Paul., Clianip., t. 51. — 
Fr., Epier., 292. 

Nom vulgaire: Ghènier ventru (Paulet). 

Cette espèce, dont les feuillets sont blanchâtres dans la jeunesse, 
est toute de couleur fauve ou marron lorsqu'elle est adulte. Son pédi- 
cule, nu, lisse, sillonné, long de 6 à 12 centimètres, est tortueux , 
renflé au milieu et terminé en pointe, ce qui lui donne la forme d'un 
fuseau , la partie inférieure plus colorée que le reste. Le chapeau, 
globuleux dans le jeune âge, plus tard irrégulièrement convexe, quel- 
quefois fendillé en dessus, a 8 centimètres et plus de large. Les feuil- 
lets sont un peu écartés , inégaux , larges vers le pédicule , où ils se 
terminent parfois brusquement par un petit crochet décurrent. 

VAg. fusipescroiienéié et en automne, par touffes de sept ou huit 
individus , quelquefois solitaire , dans les bois , au pied des arbres et 
sur les troncs pourris ; il n'est désagréable ni au goût ni à l'odorat. 
Comestible ; on rejette le pied comme trop coriace. 

h'Ag. œdematopus, Schœff., elVAg. daucipes , Pers., Myc.,136, 
sont pour Fries de simples variétés de VAg. fusipes; VAg. contortus, 
Rull., t.. 36, n'est peut-être non plus qu'une variété du fusipes. 



I,i:s CIIAMI'IC.NOXS. 



Ag. des devins {Ag. liariolorum), Bull, t. 585, fig. 2. 
Af/. sagarum, Pcrs., f>}jn., \?>ïi. — Fr., Editer., 313. 

('.li;iiii|(i-iiiMi tirs-iare , comefiti1>l('. , vonaiil ou groupe, en été, dans 
li's J)ois , 5;vn' les fouilles pourries. II a, <lil linUiaid, un i^oùf très- 
agréahle et presque pas d'odeur. Dans quehjues pays le peuple su- 
perstitieux craint de le fouler aux pieds, ce qui, peut-être, lui a fail 
donner le nom à^Kjaric des devins. 

C'est un champignon de couleur jaune pâle, dont le chapeau , peu 
charnu d'ahoi-d , convexe, j)U?.s' plane et (juclquefois même légèrement 
déprimé au centre, lisse, glabre, est large de 3 à 4 centimètres. Les 
feuillets, inégaux, écartés, presque toujours tortueux, sub-émarginés, 
ne touchent le iièdic\de que par leur pointe. Celui-ci va s'atténuanf 
par en haut , et se continue avec la chair du chapeau ; il est long de 3 à 
4 centimètres, nu, ri/iew.z;,. coriace, plein dans la jeunesse, fistuleux 
dans un âge avancé. 

Ag. d'yeuse (^Ag. ilicinus), DC., FI. fr., V, p. 48. 

Nunl. et Dass., Champ., t. 28. — Fr., Ep'in:, 770. 

Noiufi vulgaire-^ : Pivonlade d'éouse , Piboulado, SaiJsenado, Cas- 
sinado. 

On trouve cet agaric, à la lin de l'été, par touffes de dix et quelque- 
fois trente individus, sur les vieilles souches et au pied du chêne vert 
ou yeuse. Li' chapeau est cliarnu, très-convexe dans la jeunesse, 
puis presque plane, sec, non peluché, d'un roux fauve, quelquefois 
divisé sur les bords, de 3 à 4 centimètres de diamètre. Les feuillets, 
d'un roux pâle, inégaux, adhérent au pédicule sans être décurrents. 
Le pédicule est nu, roussâtre, presque cylindrique au sommet, nu , 
aminci en pointe à .sa base, plein ou irrégulièrement fistuleux, long 
de 8 à 10 centimètres. 

On mange, à Montpellier, VAg. ilicinufi, confondu avec YAg. so- 
cialis, sous le nom de pivoulade d'éouse. La chair est blanche, d'un 
goût exquis; elle a une odeur agréable. Le chapeau seul sert d'ali- 
ment, le pédiculp étant trop coriace. 

>L de Seynes, d'accord avec Delile, no le regarde guère que comme 
une variété de VAg. fasipes. 



DESCRIPTIONS. 



4-' Tribu. Hygrophorûs (ôypôç, humide, '.popa, action déporter). 

Genre pour quelrpies auteurs. 

Hyiiiéno25hore ou cliaiieau se continuant avec le pédicule, et dont la trame 
jie'nëti-e dans les feuillets, lesquels sont très-souvent ramcux h leur ))ase; 
chapeau et feuillets visqueux. 

i"-" Subdivision. L.iniacium (Limax, limace, en latin). 

Ag. blanc d'ivoire {A<j. cburneus) , Rull., t. i 18 et55i, fig-. 2. 

Pi. XI, fig. 1. 

Buxb., t. 30, fig. 2. — SchœfT., t. 39. — Lenz, fig. 8. — Batt., t. 4, fig. 2. — 
Berk., t. 15, fig. 1. — Noul. et Dass., t. 21, fig. B. —Ag. jozzolu.s , 8cop., 
J^l. carn. — Hyrjropliorus eburneiis, Fr., Ejiicr., 3. 

LMf/. ehurneus est tout d'un ])lane d'ivoire, luisant, lrès-visquev.r 
par les temps liumides. 

Il a un chapeau , d'ahord hémisphérique, puis plane et même quel- 
(fuefois concave, mais toujours proéminent au centre, lar^-e de 5 à 
8 centimètres, charnu, lisse sur ses hords, qui, dans le jeune âge, 
sont recourbés en dessous; les feuillets, étroits, inégaux, nom- 
hreu.x, légèrement prolongés sur un pédicule nu, plein, cylin- 
drique, ordinairement court, parfois grêle et allongé, couvert sur le 
sommet de petites écailles ou aspérités hrunâtres. Il croît communé- 
ment dans les Lois en automne. 

Comestible. Il a une odeur et une saveur agréables. 

VAg. penarius, Fr., Epier., 0, ressemble quelque peu à VAr/. 
ehtrneus ; il est comestible aussi et vient probablement en France. 

2" Subdivision. Cniimropliylluii* (y.auïpa, voûte, c&ûXÀov, feuille). 

Chapeau charnu, Iiuniide, à peine visqueux; voile nul; pied légèrement lisse. 

Ag. des prairies (Ag. j)ratensis) , Pers., Sijn., 87. 

Sow., t. 341. — Schseff., t. 313. — i-V. dan., t. 1735, fig. 1. — Grev., t. 91. — 
Krombh., t. 43, fig. 7-10. — Huss., II, t. 40. — Hoftm., t. 5. — Ag.ficoidex 
Bull., t. 587, fig. 1 . — Hygrophorus pratensls , Fr., Epirr., 24. 

Ce champignon, fauve roussâtre et quelquefois cendré ou blanchâtre, 
a le chapeau cliarnu , d'abord convexe, puis aplati, avec le centre 
proéminent, glabre, humide, à bords minces ; les feuillets , peu nom- 
breux , arqués , inégaux , épais , distants , de la couleur du chapeau 
ou blanchâtres , très-décurrents sur un pédicule court, ^^Icin , blan- 
châtre, lisse, atténué en bas. 



-il LKS CIIAMIMdXoNS. 

Ou le tidiiNC roiiiiiiiiiR'iiK'iil , en élé et (Mi uuluiiiiie, par groupes 
peu nombreux , clans les prés et les pâturages. 

Cort)p!^(ihlo., selon Lenz , I lu^soy et Berkeley. Saveur agréable ; odeur 
i|ui i';iii|ii'll(> celle (hi iiii'loii ; chair un |ieii coi'iace. 

LMf/. (Paxilkis) Lepistn , Fr., (igui'é par Paulc't, n'est pour M. Lé- 
veillé qu'une variété de VA<i. prutensis. 

Ag. virginal (.1,7. virgineus), Jacq., Mise, 2, t. 15, fig. i. 

(PL XI, fig. 2). 

Sow., t. 32. — Battar., t. 19, fig. II. — Batscli , fig. 200. — Grev., t. IGO. — Atj. 
erlceus, Bull., t. 188. — llyfjroplwrus virgineus , Fr., Epier., 25. 

Noms vulgaires : Oreille , Oreillette , Mousseron , dans quelques 
provinces ; Quîclie , dans les Vosges. 

Cet agaric, d'un blanc de neige dans toutes ses parties, croît par 
petites peuplades, vers la fin de l'été, dans les bruyères, les fricbes, 
les pâturages. 

Son cliapeau, d'abord convexe, plane à la fin, obtus, est large de 
4 centimètres environ , à bords quelquefois aréoles ou fendillés , faible- 
ment roulés en dessous , sec dans les lieux découverts , mollasse dans 
les lieux bumides; il prend , en vieillissant, une légère teinte de gris ou 
de fauve. Ses feuillets sont inégaux , décurrents, peu nombreux, assez 
épais. Son pédicule n'a guère que 2 à 3 centimètres ; il est ferme, plein, 
cylindrique, plus épais*vers le sommet qu'à la hase, mais non squar- 
reux au sommet comme VAg. eburneus. 

Alimentaire. Il a un goût agréable, une odeur faible, une cbair 
mince , à demi transparente. 

S'' Subdivision. Hycrocybe (Ciypot,, humide, xu^i-r,, tête). 
Chapeau mince, aqueux, fragile; voile nul. 

Ag. écarlate {Ag. coecincus), SchcelT., t. 302. 

Batt., t. 19, fig. B. — Sow., t. 381. — FI. dan., t. 715. — Huss., I, t. Gl. Af/. 
scarlathius, Bull., t. 570, fig. 2. — ■ Hycjroiiliorus coccineus , Fr., Editer., 38. 

Cbampignon élégant de forme , peu cliarnu , fragile , ayant un cha- 
peau mince, convexe, obtus, visqueux, glahre, d'un rouge écarlate, 
tournant au jaune ; des feuillets adnés , décurrents avec une dent , 



DESCIlirTIONS. 45 



marqués de veines de diflerentes couleurs (pourpre à la base, jaune 
au milieu, glabre sur le tranchant) ; un pied creux , comprimé , jau- 
nâtre, écarlate à sa partie supérieure. Très -commun, en automne, 
dans les prés, les pâturages. Comestible , d'après Mistress Hussey ; 
saveur très-agréable*. 

L'Ag. coccuieus a de la ressemblance avec les Ag. miniatus , Fr., 
puniceus, Yr., jJsittacinus ^ Fr., ceraceus, Fr., et même avec IMf/. 
conicus , Fr., tous de la section des Hygrophores de cet auteur, mais 
dont les propriétés n'ont pas été étudiées. 

Ag. gris de souris (Ag. murinaceus) , IjuII., t. 520. 

Krombh., t. 72, fig. 6-18. — Batt., t. 19, fig. 8. — Sow., t. lOG.— Ihjfjropliorus 

murinaceus , Fr., Epier., 50. 

Son chapeau, d'abord campanule, puis étalé , mamelonné, mince , 
large de 7 à 8 centimètres, est soyeux, légèrement squameux à la 
surface, souvent crevassé sur les bords, cendré fuligineux. Ses feuil- 
lets, sont peu serrés, larges, abords sinueux j un peu plus pâles que le 
chapeau , ceux qui sont dimidiés coupés court , les plus longs adnés , 
échancrés à leur base. Pédicule grêle, ordinairement flexueux , fistu- 
leux , nu , grisâtre, non glabre. 

Selon Duchesne et Morel , cet agaric est vénéneux. On le ren- 
contre, en automne, dans les bois et les pâturages. Il a une odeur 
particulière, forte ; une saveur fongique. 

Rhodospores. Spores roses. 
5o Tribu. Entoloma (svtoç, en dedans, Iwyx, frange, bordure). 

Chapccau ou hyménoi^hore se continuant avec le pédicule; lamelles adnexées 

au pédicule par une sinuosité. 

Ag. en bouclier {Ag. clypeatus), Lin. 

Fr., Epier., 573. — Boit., t. 69. — Buxb., c. 4 , t. 6. — Huss., II, t. 42. — 
Berkl., t. 7, fig. G. — Aff. plionospermus , Bull., t. b'di. — Ay. fertilig, Alb. 
et Scliw. — Vaill., p. 53. 

Le chapeau de ce champignon est peu charnu , hygrophane, d'abord 
d'une forme campanulée , il s'aplatit ensuite irrégulièrement, se 
creuse même dans le centre , mais reste mamelonné ; ses bords sont 
ondulés ou sinuès ; sa surface est sèche, lisse et sogeuse, rayée ou 
tachetée et comme pulvérulente, de couleur gris jaunâtre ou rous- 



lj;s ( II AMI'KJXONS. 



^àlre ; il .Miinii'il !•• ;'i l- (■(■iitiii:rlrc> cl plus; arrivé ;ï son ciilioi' dé- 
\(|n|i|iriiii'iit , SCS Iciiillels sont larges, |icii serrés, an'ondis en ar- 
rière, ailliérenls et formanl le |ilii< souvent une sorte de crocliel sur h.' 
|M'(li(iilc ; d'abord iriin iin anial sale , ils passent par degrés au rouge 
mal eu vieillissant ; son pédicule est ferme, fibreux, ^j^ein d'abord, 
jHÙs creux, nu, cyliiKliiiiue ou lui jicu ronlïé à sa base, long de (> à 
8 contiuiètres, (juekiuel'ois blanc, mais })lus souvent grisâtre et ordi- 
nairement marqué de stries rougeàlres, pulvérulent au sommet. 

11 croit au printemps, surtout dans les lieux boisés et découverts, 
sur les pelouses et dans les allées des jardins, solitaire ou en touffes 
l)eu nond)reuses. Sa cbair est blanche, cassante, inodore. 

Pris, même en petite quantité, ce champignon est un j^oisou dont 
les efl'ets sont narcotiques. Tin Anglais , W. 0. Smith et sa famille, 
en ayant mangé, en furent assez sérieusement malades. Pour Réveil il 
est suspect. 

Ag. rose grisâtre {A'j. rJiodojJolius) , Fr., Eincr.^ 474 

Paul., t. 99, fig. 1. — Boit., t. 6. — FI. dan.^ t. 1736. — lùombli., t. 55, 

fig. 17-22. 

Clianq)ign()n d'assez grande taille, livgi'ophane , peu chaniu . d'a- 
Ijord campanule , puis étalé, plat ou déprimé, à centre mamelouné, à 
Jjords flexueux ; surface lisse, cuinme satinée, d"un gris pâle loi'squ'il 
est sec, diiu gris noirâtre ou basané lorsqu'il est humide, large 
ircuxjron 8 centimètres; Icuillols inégaux, espacés, aigus vers la 
marge , très-larges vers le pédicule , auquel ils adhèrent par un petit 
crochet, rosés dans le jeune âge, plus foncés en couleur en vieillissant, 
pédicule creux, cylindrique, allongé, glabre, blanc, pruiné en haut. 
Croît au printemps et en automne dans les bois. 

Chair blanche, aqueuse, fragile : saveur presque nulle, odeur ana- 
logue à celle de la farine fraîche. 

Comestible. Paulet et M. Léveillé reul vu manger abondamment. 

11 faut éviter de le confondre avec Y Ag. chjpealus. 

Ag. sinué [Ag. sinucUus') , Fr. 
Pcrs., Jfi/c, 281 . — Af/. phonospermus, Bull., t. 547, fig. 1 et 500. — Fr., Epier., bol. 

No)ns vulgaires: Videau, Jaunet, Clianq)ignon jaune des Sables 
(Gironde). 



DESCRIPTIONS. 47 



Cliaiiipigiioii j-aro, ti'i'S-hoit à itudtfjer, cL ddiil rodeui' agréaJjk' 
rappelle celle du sucre lnùlé. 

Chapeau cliaDiu, d'alioid arrondi, coiicexe, j^uis déprimé , sinué, 
lisse, glabre, d'un hislre clair ou Liane jaunâtre; large de 10 à 15 
centimètres, feuillets très-larges, nombreux, roussàtres, libres, ob- 
tus et émarginés à leur partie postérieure; pédicule plein, nu , ferme, 
compacte, d'abord iibrilleux, ensuite glalore, blanc, tacheté de roux, 
égal ou un peu renflé à sa base, long de 5 à 7 centimètres. 

Il croit à terre, au })rintemps et en automne, dans les bois hu- 
mides. 

Cette espèce ressemble quelque peu à VAg. chjpeatus Fr., avec le- 
(juel il serait dangereux de la confondre. 



6'- Tfïir.u. Clîtopîlus (x)>itô<;, penché, ttIXoç, chapeau). 

Chapeau uu liymcnopliore se continuant avec un pédicule charnu ou fibreux; 
lamelles plus ou moins (Iceurrcntcs. 

Ag. orcelle {Ay. Orcella), Bull., t. 573, %. A, B, et t. 591. 

(PI. XII,fig. 1). 

Batt., t. 3'J, A, B. — Batsch, t. 21(3. — Vittad., t. 12, lig. 2. — Fr., E2)icr., 582. 

Cet agaric vient, en automne, solitaire ou en petits groupes, dans 
les bois, sur les pelouses, au bord des chemins; rarement il est attii- 
qué parles vers; il a une forte odeur de farine récente; une saveur 
non désagréable ; j-ine chair cassante. Son chapeau, charnu, blanc, 
devenant un peu grisâtre en vieillissant, lisse avec ï aspect du salin 
ou d'une peau de gant glacé, visqueux par les temps de pluie, large 
de 6 à 9 centimètres, est d'abord convexe, puis plane et quelquefois 
déprimé au. centre, irrégulièrement arrondi ou nuMne lobé, à bord 
roulé dans les jeunes individus; ses feuillets sont nombreux, droits, 
inégaux, serrés, d'un blanc légèrement incarnat, terminés en pointe,, 
sur un pédicule court (3 à 4 centimètres), nu, })lein, blanc, s'élar- 
gissant au sommet, presque toujours excentrique et ordinairement 
recourbé. Comestible. 

Ag. prunulus {Ay. PrunulKs), Scop. 
(PI. X.II,fig-. 2.) 

Schaîff., t. 78. — Sow., t. 143. — Kronihli., t. 55, fig. 9, 10. — IIuss., II, t. 47. 
Berk., t. 7, fig. 7. — Barla, t. 28, fig. 1-G. 

Xoiiis vuhjalrcs : Mous.^erouou Mouccron. 



48 LKS Cil A.M I'K; NONS. 

On l'oconnail ce (•li;iiii|iiL;ii(iii aux caractères siiivanis : cliaiteau 
ilianiii, épais, citni piivli\ (Talxii'il convcxe , l'égnlicr, |niis (l(''iiriiii('' cl, 
à ImhiI llcxueux, à sii|icrli(ie sèche finement prninée; de coiilnir hl.in-' 
clio ou cciidré [)àlo, large de 5 à 8 cenlimètres ; {'euillels nond)reux , 
élroils, linéaires, d'un Maiic (|ui di'\iciil l'aililcniciil iiicanial en vioil- 
lissaiil, terminés en pointeaux deux extrémités, liès-décurrents, non 
serrés; ii(''d!cnl(' liaiil d(> 2 A 3 coutiniètres, épais, strié, nu, renflé 
et velu à sa hase, de la couleui' du diapeau. 

Ou 1(> tiouve dans les bois et les IViihes, au printemps (avril et mai). 
Il u"('sl jauiais visrpuMix, ni zone, in tacheté. Est Irea-hoti à manger; 
la cliair, ferme, Mauclie, cassante, exhale une odeur de farine récente, 
forl.c et agréable. 

Jl dilfère de VA.cdhelhis par ses feuilh.'ls un peu juses , dccurjenl.s et 
terminés cMi ])oiut,e aux deux extrémités. 

Vittadini et M. Léveillé regardent IMy. prunulus et VAg. orcella 
conune n(> formant cpi'une même espèce. D'après M. Léveillé, VAg. 
((urlcula Dub. rentrerait dans cette même espèce. 

OciiRospoRES. Spores ferrugineuses. 

1'^ Tribu. Hebeloma (r^PÀ, jeunesse, Àwua, frange, Ijordure). 
Pédicule cliai'iiu; feuillets sinueux, éniargiiiés, non itecuvrcnts. 

Ag. nauséabond (/Ir/. faslibilis), Scha-ff., t. 221. 
Batt., t. 15, fig. D. — Fr., ^>('c>-., 714. 
Var. Afj. 2i>'iii)i-usus, Paul, et Lévcil., t. 5o, fig. '_'. 

Chapeau compacte, charnu, d'abord convexe, }Miis plane, sinueux, 
obtns, lisse, gla])re, ochracé , })àlo où blanchâtre, large de 5 à 8 
centimètres, à ])OT'd enroulé; feuillets émarginés , peu serrés, d'a- 
boi'd d'un blauc pâle, puis de couleur cauuelle; pied solide, ferme, 
épais, suldiullieux , d'un blanc pâle, fibro-squamenx, long de 6 à 8 cen- 
timètres, souvent flexueux , peurvu d'une ( ortiue blanche, floconneuse. 
Ce champignon vient ordinairement en petites toutfes, dans les bois, 
dans les champs. 11 a une odeur de radis, une saveur légèrement amère, 
désagréable. Il ei^i malfaisant, dit Kickx. M. Léveillé le tient au moins 
pour suspect. 11 diffère peu de VAg. crustuUniformis. 

Aucune espèce de la division des He])eloma n'est signalée comme 
comestible. 



DESCRIPTIONS. 4J 



Ag. échaudé {Aç/. crustuliniformis) , Bull., t. 308 et 546. 
(PI. XIII,fig. i.) 

Batsch, fig. 195. — Paul., Chamj)., t. 52, fig. 1-3. — Berkl., t. 9, fig. 1. 

Fr., E2ncr., 724. 

Chapeau charnu, consistant, convexe, ensuite plane et sinueux sur 
le bord, large de 5 à 8 centimètres, à superficie unie, luisante 
et très - gluante par les temps humides, de couleur blanc ocracé oti 
jaune roux ; feuillets nombreux , d'un roux pâle ou incarnat terreux , 
crénelés sur leur tranchant et comme larmoyants, ceux qui sont 
entiers laissant un intervalle entre eux et le pédicule, lequel est nu, 
plein, cylindrique, sub-bulbeux, long de 5 à 10 centimètres , blanc, 
glabre à sa base, granuleux ou tacheté de petites peluchures dans 
le milieu. 

Ce Champignon est commun de juillet à novembre , dans les bois et 
les prairies, et vient par groupes , formant quelquefois des cercles et 
d'autres fois des bandes sinueuses ayant jusqu'à 100 mètres de lon- 
gueur. Par sa forme et sa couleur, il a quelque ressemblance avec un 
échaudé, d'où lui est venu son nom. Sa chair est blanche, assez 
ferme, sa saveur désagréable; son odeur a quelque chose de la rave. 

Véiiéneux. Il a incommodé des animaux auxquels on en avait 
donné à manger. 



Ag. crevassé (Ag. rimosus), Bull., 388 et 599. 
(PI. XIII, fig. 2.) 

Sow., t. 323. _ Grev., t. 128. — Batsch, t. 20, fig. 107. — Krombli., t. 44, fig. 10 
à 12. — Pers., Myc, 331. — Berkl., t. 8, fig. 5. — Fr., E2ncr., 699. 

Cette espèce, dont le chapeau est large de 5 à 8 centimètres, 
peu charnu, d'abord conique puis plane avec le centre proéminent, 
peluché ou marqué de libres soyeuses, rayonnantes, de couleur fauve 
clair , irrégulièrement crevassé de fentes longitudinales, a les feuillets 
inégaux, sinueux, nombreux, libres, fauves ou gris rougeâtre, le pé- 
dicule, nu, plein, cylindrique, grêle, long de 6 à 9 centimètres, 
d'un blanc sale ou fauve, comme farineux à son sommet , un peu 
renflé à sa hase. 

Elle est très-commune, à terre, dans les bois, en été et en automne. 
Odeur terreuse ; saveur amère; chair blanche. 

4 



5a LES CIIAMI'KINOXS. 

VAg. rimosus passe jyour vénéneux. Selon M. Berkeley, il n'au- 
rait ni bonnes ni luinivaises qualités; mais Réveil le d\l malfaisant, et 
lî,ill)is rapporte qu'il a empoisonné toute une famille. 

ire Tuiuu. — Tricholoma. 
^ Pied clianui ; feuillets sinucs en arrière. 

Ag. acerbe {Ag. acerhus), Bull, {décrit). 

Ag. c'cliiiuffc [Afj. œstuans), Fr., Epier., 104. — Dans les Ijois de sapins; odeur 

nulle. 
Ag. Mousseron {Ag. alhellus), DC. {décrit). 
Ao-. brunâtre {Ag. albo-brimneus), Fr.. Epier., 96. — Weium., Scliajff., t. 38. — En 

autuume, dans les bois de pins et de chênes, sur les montagnes. 
Ag. blanc {Ag. albus), Fr. {décrit). 
K". aniétliyste {Ag. omethgstinus) , Scop. {décrit). 
Ag. des sables (A(j. arenarius), Laterrade {déci'it). 
k". arqué (^1^. areuatus), Bull., t. 343 et 589, fig. 1. — Fr., Epier., 154. — 

Dans les pre's où il y a beaucoup d'herbages, groupé sur un même pied; 
en automne ; rare. 
Ag. argenté {Ag. agyraceus), Bull., t. 423, fig. 1. — Variété de VAg. terreus. 
Ag. couleur d'or (-1^. auratus), Krombh. {décrit). 
Ag. trapu {Ag. brevijyes), Bull, {décrit). 
Ag. des crapauds {Ag. bufonius), Pers., iSgyi., 188. — Bull., t. 545, fig. 2, et 

t. 168. — • Variété de l'^l. sulfureus, pour Pries. — Dans les bois de pins 

sur les montagnes; odeur fétide; suspect. 
Ag. couleur de chair [Ag. carneus), Bull., t. 533, fig. 1. — Dans les bois, les 

gazons, sur le bord des chemins. 
Ag. cartilagineux {Ag. eartilagineus) , Bull., t. 589, fig. ^. — Fr., Epier., 120. — 

Dans les endroits couverts de gazons; en automne; rare. 
Ag. couleur de cire {Ag. cerinus), Pers., Sgii., 119. — Fr., Epier., 139. — Dans 

les bois de sapin. 
Ao-. tête jaune {Ag. chrysenterus) , Bull., t. 556. — ■ Fr., Ejncr., 138. — Dans les 

bois de hêtres , entre les feuilles. 
Ag. blanc cendré {Ag. cinerascens) , Bull., t. 428, fig. 2. — Fr., Epiier., 167. — 

Dans les bois. 
Ao-. odeur de cliair rôtie iAg. Cnista), Paul., t. 37, fig. 4-6. — Fr., Epier., 168. 

— Dans les bois de hêtres exposés au soleil; rare ; odeur de farine. Pro- 
bablement comestible? 
Ag. Columbetta {Ag. Columbetta) , Fr. {décrit). 
Ag. feuillets en coin {Ag. cuneifolius), Fr., Epier., 124. — Batsch, fig. 206. — 

Bull., t. 580, fig. A, B. — Dans les gazons ; odeur de farine. 
Ag. pied dense {Ag. dasypms), Pers., Syn., 348. — En groupes, près des troncs 

de chênes. 
Ag. équestre {Ag. equestris), Liu. — Schseff. , t. 41. - Dans les bois de pins; 

rare; tardif. 
Ag. jaune brun {Ag. flavo-bnmneus), ï'r.. Epier., 95. — Schseft'., t. 62. — Dans 
/ les bois humides; très-commun, surtout dans les bois de pins; odeur de 

farine. 



DESCRIPTIONS. 51 



Ag. couleur de froment (-1^. frumenfaceits) , Bull., t. 571, fig. 1. — Dans les lieux 

humides des bois; rare. 
Ag. obscur {Ag. furvus), Fr., Epier., 113. — Dans les mousses humides des 

campagnes et des bois. 
Ag. fardé {Ag: fucatus), Fr., Epier., 90. — Sous les pins, au bord des chemins. 
Ag. jambu (Ag. gambosm),Fr., Ejner. {déerit). 
Ag. géminé {Ag. geminus) , Paul, {décrit). 
Ag. de la Saint-George {Ag. GeorgU) , Lin. — Paul., t. 94, fig. 13-18. Var. de 

VAg. gambosus. — Dans les pays boisés, vers le milieu d'avril. Comestible. 
Ag. pied rayé {Ag. grammopodius , Bull, {décrit). 
Ag. de Guernisac {Ag. Guernisaci), Crouan, FI. fin., p. 81. — Sous les pins 

maritimes. 
Ag. à odeur forte {Ag. graveolens), Pers. {décrit). 

Ag. humble [Ag. humilis) , Fr., Ej)icr., 173. — Dans l'herljc des terrains humi- 
des, en automne. 
Ag. imbriqué {Ag. imbricatus) , Fr. {décrit). 
Ag. ionide {Ag. ionides), Bull., t. 533, fig. 3. — Fr., Epier., 141. — Dans les 

gazons des bois humides. 
Ag. lascif (^4_y. laselrus), Fr., Epier., 135. — Dans les bois de chênes et les 

plantis. 
Ag. tête blanche {Ag. leucocephcdus) , Fr., Epier., IGO. — Krom])h., t. 02. — Com- 
mun dans les bois; odeur et saveur de farine récente. 
Ag. blanc noir [Ag. melaleucics) , Pers., Sgn., 180. Ag. leueopha'us, Pers., i/v/c, 

no 280. — Buxb., t. 12, fig. 2._Fr., Epier., 171.— Commun par les temps 

de pluie, dans les bois, le long des chemins, dans les gazons; S(n-tc de 

prêtée. 
Ag. Méléagre {Ag. Melengris) , Sow., t. 171. — Fr., Epier. , 122. — Sur les couches. 
Ag. clignotant {Ag. nictifans, Fr., Epier., 94. — Bull., t. 574, fig. 1. — Dans 

les bois à feuillage épais ; rare ; sans odeur. — Variété Ag. fulvellus, Fr., 

Epier., 94. Ag. fulvus, Bull., t. 552, fig. 2. — ■ Dans les bois de hêtres. 
Ag. nu {Ag. nudus), Bull, {décrit). 
Ag. des montagnes {Ag. oreinus)^ Fr., Epier., 155. Ag. testudineus, Pers., Mye., 

t. 23, fig. 1-2. — Dans les bruyères des montagnes, au printemps; odeur 

faible, acidulé. Comed.lble. 
Ag. de Pelletier {Ag. Pelhtierl), Léveillé; Crouan, FI. fin., p. 81. — Dans les 

chemins creux. 
Ag. prétentieux {Ag. portentosus) , Fr., Ejiicr., 88. — Dans les bois de pins. 
Ag. trayesti {Ag. ijemonat us) , Fr. {décrit). 
Ag. pied de chèvre {Ag. pes caprœ), Clus. — Sterb., t. 9. — Schaîfi'., t. 14. 

Fr., Epier., 152. — Dans les gazons; odeur de farine. Comestible. 
Ag. tête brune {Ag. p)haioeep]icdus), Bull., t. 555, fig. 1. — Fr., Epier., 113. — A 

terre, au printemps et à l'automne. Suspect. 
Ag. à feuillets nombreux {Ag. polyphyllus) , DC. — Fr., Epier., 111. Aq. pluro- 

clirous, Pers., ^[ge., 312. — Dans le Midi de la France; dans les serres sur 

le tan. 
Ag. roussâtre {Ag. Russida), Schseff'. {décrit). 
Ag. cinq parts {Ag. quinquepai-titus) , Lin. — Paul., t. 55, fig. 2,3. — Dans les 

bois de pins; rare. Odeur nulle; saveur douce. 
Ag. rutilant {Ag. rutilans), Schœff., t. 219. — Sous les arbres verts. 
Ag. de S clmmachev {Ag. Schumacher i), Fr., Epier., 153. Ag. pidlus, Pers , iî/)/.-,, 

uo 144. — Dans les bois de hêtres, à la fin de l'autonnie. Vénéneux, selon 

Ducliesne. 



52 l'KS tllAMi'KiXOXS. 



Ag. odeur de savon (.l^r. sapo7iaceiis) , Fr., Epier., 118. — Sow., t. 81. A//, argy- 

rospermus, Bull., t. G02. Commun; fin de l'autoninu et liiver, dans les bois, 

lorsque l'atmosphère est humide. Odeur caractéristique de savon. 
Ag. e'margine (Aj. sejunctus), Sow., t. 12G. — Fr., Ejncr., 87. — Dans les forêts ; 

odeur de farine. 
Ag. sordide {Ag. sordidii^) , Fr., Epier., 178. — FI. dan., t. 1843, fig. 2. — Dans 

les jardins, les vergers. 
Ag. spermatique {Ay. npermaticus) , Paul, t. 45, fig. 1-3. — Fr., Ejncr., 92. — 

Dans les bois à feuillage épais ; odeur vireuse. Vénéneux ou du moins fort 

siiS2)ect. 
Ag. couleur du soufre {Ay. sulfurewi) , Bull., (décrit). 
Ag. terreux (Ag. terreus) , Schseff., t. 6i. — Sow., t. 76. — A terre , dans les bois 

et les champs, pendant l'automne et l'hiver. 
Ag. tigré (^1^. tiijrinus), Schœft'., t. 89. — Fr., Epier., 151. — En gi'oupcs, sous 

les pins dont le pied est couvert de gazon. Comestible; peu estimé. 
Ag. triste {Ay. tristis), Scop. — Fr., Epier., 114. — Dans les champs, les haies. 
Ag. enflé [Ay. tumidus), Pers., Sijn., p. 350. — Krombh., t. 72, fig. 1-5. — Fr., 

Epier., 128. Ay. rohitstus , Letell. — Dans les l^ois de pins; rare. 
Ag. des vaches {Ag. vaccinus), Pers., Iconograph, et descript., t. 2, fig. 1-4. — 

Dans les bois de pins. 
Ag. ■ça.na.iAié {Ay. varieyatwi) , Scop., FI. carn., p. 434. — FI. dan., t. 1910. fig. 2. 

— Très-voisin de YAg. rutilans. 
Ag. rayé {Ay. viryatus), Fr., Epier., 130. — Lasch. — Weinm., p. 2G. — Dans 

les bois, sur les montagnes solitaires, au Midi; en automne; rare. 



2e Tribu. — Clytocibe. 
Pied élastique à écorce fibreuse ; feuillets décurrents ou aigus à leur annexion. 

Ag. Ag. ample {Ay. aniplus), Pers., Syn., 139. — Fr., Epier., 217. — Dans les 

bois; très-i-are. 
Ag. d'Augé {Ay. Auyeanus) , Mont. — Odeur de farine. 
Ag. petite oreille {Ay. Auricida), Fr. [décrit). 
Ag. blanc de céruse {Ay. cerussatus), Fr., Epier., 279. — • EL dan., t. 1796. 

Dans les bois. 
Ag. pied en clou {Ay. clavi2)es), Pers., Syn., 176. — Fr., Epier., 217. — Dans 

les bois ; très-rare. 
Ag. pied court {Ay. curtijjes), Fr., Epier., 195. — Dans les gazons. 
Ag. blanchi {Ay. dealbatus), Sow., t. 123. — Pers., Myc, 189. — Fr., Epier., 21b. 

— Dans l'herbe des champs, en automne; odeur agréable. Probablement 
eomestible. 

Ag. enfumé {Ag. fumosics) , F ers., Syn., 165; Icon.pict., t. 7, fig. 3. — Fv., Ep-icr., 
189. — Dans les bois de pins , sur les montagnes ; odeur nulle. Vrai protée. 

— Pris quelquefois pour YAy. nebidaris. 
Ag. de Garidel (Ay. Garidelli), Fr. {décrit). 

Ag. gymnopode {Ay. yymnopodius) , Bull, {décrit). 

Ag. liiruéole {Ay. hirneolus), Fr., Epier., 196. — Weinm., p. 223. — Pers., Myc., 

131. Ay. undulatus, Bull., t. 535, fig. 2. — Dans les mousses et le long des 

chemins. 
Ag. des jardins {Ay. horterms), Pers., Syn., 194. — Batt., t. 21, fig. D. — Fr., 

Epier., 222. — Dans les jardins du Midi de la France. 



DESCRIPTIONS. 53 



Ag. bronzé {A(/. molyhdinus). Bull., t. 523. — Fr., Epier., 218 Dans les bois 

feuillus. 
Ag. des lieux humides {Ag. liumosus), Fr., Epier., 223. — Sur la terre, dans les 

terrains humides. 
Ag. ne'buleux {Ag. nebularis), Batsch {décrit). 
Ag. odorant {Ag. odorus), Bull, {décrit). 
Ag. opaque {Ag. opacus), With. — Sow., t. 142. — Pers. Myc, nos i62, 170, 

190. — Fr., Eincr,, 228. — Dans les bois. 
Ag, social {Ag. socialis), {décrit). 
Ag. à odeur suave {Ag. suaveolens) , Schum. — FI. dan., t. 1912. Ag. hedeos- 

miis, Pers., Myc, 121. — Pai-mi les mousses. 
Ag, vert {Ag. viridis), Scop. — Bull., t. 176. — Fr., Epier., 201. — Dans les 

bois. N'est probablement qu'une varie'té de VAg. odorus, Bull. 



3e Tribu. — Collybia. 

Pédicule cartilagineux extérieurement; marge du chapeau d'abord enroulée; 

feuillets non décurrents. 

Ag. en touffes {Ag. acervatiis), Fr., Epier., 333. — Dans les bois de pins, h, la 

base des troncs, 
Ag. anthracophile {Ag. anthracophilus) , Lasch. — Ag. ambustus, Fr., Ejner., 

352. — ■ Sur la terre brûlée. 
Ag. aqueux {Ag. aquosus). Bull., t. 12. — Dans les mousses humides. 
Ag. butireux {Ag. butyraceus) , Bull., t. 572. — Dans les bois, en novembre. 
Ag. garni de franges {Ag. cirratus), Schum. — Batsch , fig. 95. — Fr., Epier., 

321. — Parmi les feuilles mortes dans les bois. 
Ag. clou {Ag. Clavus) , Bull, {décrit). 
Ag. des collines {Ag. collinus), Scop. — Schseff., t. 220. — Ag. arundinaceus , 

Bull., t. 403. fig. 1. — Sur les collines couvertes de gazon. 
Ag. concolore {Ag. concolor) , Del., Iconog. Très-voisin de VAg. oedeniatopus. 
Ag. confluent {Ag. confluens), Pers., Syn., 207; Icon. pict., t. 5, fig. 1. — Dans 

les bois. 
Ag. des cônes {Ag. conigenus), Pers., aS'v/îj., 245, — Buxb., t. 57, fig. 2, — Dans 

les bois de conifères , sur les pommes de pins et de sapins. 
Ag. tortu {Ag. eontortus), Bull., t. 36. — N'est probablement qu'une variété de 

VAg. fusipes. — Sur le tronc des arbres. 
Ag. blanc de cygne {Ag. cycnem), Lév. et Paul., t. 93, fig. 4, 5. - A terre, en 

automne, dans les bois. 
Ag. dryophile {Ag. dryophilus) , Bull, {décrit). 
Ag. comestible {Ag. eseulentus), Ja,cq. {décrit). 
Ag. extubérant {Ag. extuberans), Batt., t. 28, fig. 1. — Fr., Epier. 336. Ag. ocior., 

Pers., Myc., 244. — A terre, sur les troncs, au printemps et en été. 
Ag. pied en fuseau {Ag. fusipes), Bull, [décrit). 
Ag. des devins [Ag. hariolorum) , Bull, {décrit). 
Ag. de l'yeuse {Ag. ilicinus) , Dec. {décrit). 
Ag. pied en forme de lance [Ag. lancipes), Paul., t. 118. — Krombh., t. 42, 

fig. 6-8. ~ Dans les bois, à terre; rare. 
Ag. long pied {Ag. longipes) , Bull., t. 232 et t. 515, fig. M. — Dans les bois 

ombreux, en automne. 
Ag. maculé {Ag. maculatus), Alb. et Schw. — Fr., Epier., 293. — Dans les lieux 

humides plantés de pins. 



.ii LES ClIAMl'IGNOXS. 



Ag. souris {Ag. murinu^), Fr., Epier., 354. — Dans les endroits sauvages des 

bois, h terre. 
Ag. des mousses (A</. 7mtcif/etiux), Fr., Epier., 343. — /Y. dfui., t. 2024, fig. 1. 

— Dans les mousses des champs, et au bas des troncs d'arbres. 

Ag. nummulaire {A'j. nummularius) , Bull., t. 56. — Dans les feuilles; les 

pailles. 
Ag. ocellé {A(j. ocellafus), Fr., Epier., 340. — lîull., t. 569, fig. 1. — Dans les 

bois; au bord des chemins; sur les gazons. 
Ag. pied gonflé ( Ag. œdematopus) , Schseff., t. 259. — Krombh., t. 42 , fig. 6-8. 

Aij. fusiformh , Bull., t. 76,. — Sur les bois pourris. N'est peut-être qu'une 

variété de l'-l^ Jmipes. 
Ag. parasite {Ag. parasiticus), Bull., t. 574, fig. 2. — Sow., t. 127. — Nydalis 

2)arasitica, Fr., Epier., 5. — Bcrkl., Outl., t. 19, fig. 2. — Sur l'^ly. Eussula 

adustus. 
Ag. pied châtain {Ag. phœojyodim) , BnW., t. 532, fig. 2. — Fr., Epier., 297. — 

Dans les bois. 
Ag. à feuillets plats {Ag. platyphyllus), Fr., Epier., 288. —Paul., t. 97, fig. 1, 2. 

Ag. grammocephalus , Bull., t. 594. — Autour et sur les troncs de bouleaux, 

de hêtres, etc. cariés. 
Ag. à pied entrelacé {Ag. j^lexipes), Fr., Epier., 350 et 351. Ag. ftdigînariuê , 

Batsch, fig. 40. — Sous les hêtres, panni le gazon. 
Ag. ranieux {Ag. ramosus), Bull., t. 102. — Fr., Epier., 303. — Sur les troncs 

d'ormes. 
Ag. en grappes [Ag. racemosus), Pers., Disput., t. 3, fig. 8. Ag. globulites, Brond., 

t. 6, fig. 6, 7. — Siu- les agarics putréfiés. 
Ag. enraciné {Ag. radieatus) , Kelhan. — Sow., t. 48. — Fr., Epncr., 285. — Au 

pied des troncs d'arbres. 
Ag. des tiges {Ag. stijpitarius) , Fr., Ejncr., 310. — Lasch , Ag. caulidnalis , Bull., 

t. 522, fig. 1. — Sur les tiges et les racines des graminées, en touifes. 
Ag. tenace {Ag. tenacellus), Pers., Syn., 244 ; leon. pict., t. 1, fig. 3. — Dans les 

bois, automne et hiver. Odeur nulle; saveur agi'éable. 
Ag. tubércux {Ag. tuberosus), Bull., t. 256. — Sur les champignons pourris; 

commun , en novembre. 
Ag. pied velouté {Ag.velutipes),C\xx\.., FI. lond., t. 70. — Sow., t. 384, fig. 3. — 

lluss., I, t. 46. - Fr., Epier., 305. Ag. nigripea, Bull., 344, et t. 519, fig. 2. 

— Sur les troncs d'arbres. 

Ag. ventru {Ag. ventricosus) , Bull., t. 411, fig. 1. — Dans les forêts épaisses du 
Midi; sur la terre , les fumiers. 

4'2 Tkibu. — Hygrophorus. 

llymeuium continu avec le pédicule et pénétrant dans les feuillets; chapeau 

et feuillets visqueux ou humides. 

l*'^ Subdivision. — Eimaciurn. — Chapeau charnu, visqueux; pied squameux. 

Ag. (Hyg.) dent d'or {Ag. Uyg. chrysodon), Batsch , fig. 212. — Fr., Eina'., 2. — 

Dans les bois. 
Ag. (Hyg.) Cossus {Ag. Hyg. Cossus), Sow., t. 121. — Fr., Epier., 4. _ Dans 

les bois de pins, 
■^g- (Hyg) forme de disque {Ag. Hyg.discoideus), Pars., Syn., 200. — Fr., E])ia:, 

!"■ — Dans les endroits herbages, sur les chemins des bois de pins; rare. 
-^S- *.Hyg-) ivoire {Ag. Hyg. eburneus) , Bull, {décrit). 



DESCRIPTIONS. 55 



Ag. (Hyg.) rougissant {Acf. Hyg. eruhescens), Fr., Epier., 8. — Dans les lieux 

sauvages et les bois de pins. 
Ag. (Hyg.) glutinifère {Au. Hyg. glutinifer), Bull., t. 258 et 539, fig. B. — Paul., 

t. 87, fig. 1,2. — Fr., Epier., 10. — Dans les bois touffus, du Midi surtout. 
Ag. (Hyg.) à feuillets soufrés {Ag. Hyg. liypothejus) , Fr., Epier., 13. — Krombb., 

t. 71, fig. 24, 25. — Alb. et Schw., t. 10, fig. 3. — Sow., t. 8. — Dans les bois 

de pins , les bruyères. 
Ag. (Hyg.) blanc brun {Ag. Hyg. leucophœiis) , Bull., t. 539, fig. C, E. — Variété' 

de VAg. glutinifer. 
Ag. (Hyg.) gluant {Ag. Hyg. limacinus), Scop. — Paul., t. 77, fig. 3. — Fr., 

Ejner., 17. — Dans les pays de bois de plaines. 
Ag, (Hyg.) blanc livide {Ag. Hyg. livido-alhus) , FI. dan., t. 1904, fig. 2. — Fr., 

Eficr., 16. — Dans les bois chargés de feuilles; rare, 
■^g- (Hyg.) blanc olivacé {Ag. Hyg. olivaeeo-albus) , Fr., Epier., 14. — Schsefi"., 

t. 312. — Dans les bois de pins de montagnes , été et automne. 
Ag. (Hyg.) de l'oflSce {Ag. Hyg. penarius), Fr., Epier., 6. — Schteff., t. 238. — 

Dans les bois mixtes, les bois de hêtres surtout. Comestible. 
Ag. modeste {Ag. pudorinus), Fr., Epier., 9. — Pers., Myc., 168. — Sous les 

sapins. 
Ag. (Hyg.) pustule {Ag. Hyg. pustulatus), Pers., Syn., 178. — Dans les bois de 

pins. 

Hygrophorus. 
2^ Subdivision. — Camoropliyllus . — Chapeau charnu , humide ; pied lisse. 

•^g- (Hyg.) des bois {Ag. Hyg. nemoreus), Lasch. — Dans les bois rabougris et 

^pais. 
■^g- (Hyg.) blanc de neige {Ag. Hyg. niveus), Bco^. —• Schœff., t. 232._Krombh., 

t. 24, fig. 1-3. — En automne, dans les prairies mousseuses. 
Ag. (Hyg.) des pacages {Ag. Hyg. ovinus), Bull., t. 580. — Fr., Epier., 30. — 

Huss., n, t. 50. — Dans les prairies des pays de plaines. Duchesne le dit 

comestible. 
■^g- (Hyg.) des prés {Ag. Hyg. pratensis). Lin. {décrit). 
■^g- (Hyg.) virginal {Ag. Hyg. virgineus), Jacq. {décrit). 

Hygrophorus. 
3^ Subdivision. — Hygrocybe. — Champignon entièrement aqueux ; fragile. 

Ag. (Hyg.) céracé {Ag. Hyg. eeraceus), Fr., Epier. ,^1 Sow., t. 20 Wulf., II, 

t. 15, fig. 2. — Dans les prés couverts de mousses, et les pâturages en au- 
tomne. 

Ag. (Ilyg.) chlorophane {Ag. Hyg. cliloroplianus] , Fr., Epier., 45. — Dans les 
gazons et les mousses. 

Ag. (Hyg.) écarlate [Ag. Hyg. eoecineus), Hchxff. {décrit). 

Ag. (Hyg.) conique {Ag. Hyg. conieus) , Scop. — Sclueff., t. 2. — Sow., t. 381. — 
Bull., t. 50, et t. 524, fig. 3. Ag. dentatus , Lin. — Dans les gazons et les 
herbes, en automne. 

Ag. (Hyg.) riant [Ag. Hyg. lœtus), Pers., Syn., 141. — Dans les prés couverts 
de mousses. 

Ag. (Hyg.) vcrmilloja {Ag. Hyg. miniatus), Fr., Epier., 39. — FI. dan., 1009, 
fig. 2. — Krumbh., t. 1, fig. 21. — Dans les lieux humides, pendant tout 
l'été. 



5G LES CHAISll'lGNONS. 



Ag. (TTyg.) gris de souris (^1//. //y//, miirlnaceux), Bull, (décrit). 

Ag. (Hyg.) doré brillant [Ai/. Jf)/f/. obrusseus), Fr., Epier., 43. — Batt., t. 10, 

fig. D. — Sur le bord des bois, en automne; rare. 
Ag. (Ilyg-) perroquet {A(j. ITyy. psitt aclnu.'i), Sehaeff., t. 301. — Grev., t. 74. — 

Batt., t. 21, fig. E. — Sow., t. 82. — lluss., I, t. 41. — Bull., t. 545, fig. 1- 

— Dans les pâturages et les tourbières. 
Ag. (Hyg.) rouge pourpre {Aij. Hijij. puniccus), Boit., t. G7, fig. 2 et t. 43. — 

Fr., Epier., 42. — Dans les près où croissent les mousses. 
Ag. lllyg.) brmi bai {Aç). Hyfj. spadîceus), Scop. — Fr., Epier., 47. — Dans les 

gazons de montagnes. 
Ag. (Hyg.) chapeau rose [Af/. rhodocephalus) , Levcil. — De Guernisac-Crouan, 

Fl.Jin. 

rtnoi>osi*oitEs. 

5<^ Tkibu. — Pluteus (en \aXin, para^yet, cloison). 

Chapeau ou hyme'nophore distinct du pédicule; lamelles absolument libres; 
enveloppe générale nulle ou confondue avec la pellicule du chapeau. — 
Epiphytes. 

Ag. couleur de cerf {Aij. cervinus), Schscff., t. 10. — Sow., t. 108. — Fr. Epier., 

541. — xig. pluteus , Krombh., t. 2', fig. 7. — Commun, au printemps et à 

l'automne, sur les troncs d'arbres, dans les bois et même sur les toits en 

chaume. Suspeet. 
Ag. jaune brun [A;/, chrysophaus) , Schseff., t. 253. — Berkl., t. 7, fig. 5. — Fr., 

Epier., 554. — En automne , sur les bois tombés à ten-e, le hêtre surtout. 
Ag. velu {Ag. epheheus), Fr., Epier., 543. — Bull., t. 214. — Sur les troncs 

d'arbres, dans les lieux ombragés; rare. 
Ag. couleur de lion {Ag. leoninus), Schœff., t. 48. — Fers., leon. et deseript., 

t. 1, fig. 3, 4, — Berkl., t. 7, fig. 4. — Fr., Epier., 553. — Ag. piyrospermus, 

Bull., t. 547, fig. 3. — Sur les troncs de hêtres gâtés. 
Ag. nain {Ag. nanus), Pers., Sy7i., p. 537. — Bull., t. 547, fig. 3. — Fr., Epier., 

548. — Sur les troncs d'arbres , du hêtre surtout. 
Ag. blanc rosé {Ag. roseo-alhus) , FI. dan., t. 1679. — Fr., Epier., 552. — P3n 

mars, sur les troncs cariés du peuplier, dans la France méridionale ; odeur 

de farine. 
Ag. du saule {Ag. salieinus) , Pers., Syn., 160. — Fr., Epier., 544. — Sur les 

saules creux. 
Ag. ami de l'ombre {Ag. iimbrosus), Fr., Epier., 542. — Weinm. — Pers., leon- 

et deseript., t. 2 , fig. 5, 6. — Sur les troncs d'arbres et la terre , dans les 

pays très-ombragés. 

6^ Tribu. — Entoloma. 
Hyménophore continu avec le pédicule charnu ou fibreux ; feuillets sinués. 

Ag. ardoisé [Ag. ardosiaeus), Bull., t. 348. — Fr. , Epier., 565. — Dans les prés 
hmnides, les bois. 

Ag. en bouclier (^1^. clypeatus). Lin. {décrit). 

Ag. bicolore {Ag. dichrous), Pers., Syn., 156. — Fr., Epia:, 571. — Paul., 
t. 114, fig. 4, 5. — A terre dans les gazons. 

Ag. bleu-grisâtre {Ag. griseo-eyaneus) , Fr , Epncr., 570. — Dans les pays mon- 
tagneux, les pâturages. 



DESCRIPTIONS. 57 



Ag. chevelu {Ag. jubatus), Fr., Epier., 568. — Parmi les mousses. 

Ag. livide {Ag. lividus), Bull., t. 382. — Fr., E2ncr., 558. — Dans les bois, à 
terre. Odeur de farine. — Ag. pluteus , Batsch. — Paul., t. 134, fig. 3. — 
Serait-ce une variété de VAg. cervinus'? 

Ag. humide {Ag. madidus), Fr., Ejncr., 564. — FI. dan., t. 2148. — Dans les 
mousses des ruisseaux, à l'ombre; odeur fétide. /Suspect. 

Ag. placenta {Ag. Placenta), Batsch, fig. 18. — Fr., Epier., 560. — Dans les 
haies humides. Tard, en automne. 

Ag. prunuloïde {Ag. prunidoides) , Fr. , Epier., 559. — Sur la terre, dans les 
collines. 

Ag. rose blanc {Ag. rhodopol'ms) , Fr. , Epier., 574. — Boit., t. 6. — Krombh., 
t. 55, fig. 17-22. — En automne, dans les endroits humides des bois, sur- 
tout plantés de hêtres. Comestible {dcerit). 

Ag. rubicond {Ag. rubellus), Scop. — Fr. , Epier., 566. — Dans le Midi, en au- 
tomne. 

Ag. des haies {Ag. sepium), Noul. et Dass., t. 26. — Dans les bois taillis. 

Ag. satiné {Ag. sericeus), Bull., t. 413, fig. 2. — Fr., Epier., bl%. — Commun 
au printemps et en automne, dans les prairies, les gazons. 

Ag. légèrement soygu-x. [Ag. sericellus), Fr., Epier., 572. — Commun, k terre, 
dans les endroits couverts de gazon. 

Ag. sinué {Ag. sinuatus), Pers. {déerit). 

7e Tribu. — Clitopilus. 

Chapeau continu avec le pied charnu ou fibreux ; feuillets décurrcnts. 

Ag. à feuillets blancs de chair {Ag. carneo-albus) , With. — Fr., Epier., 587. — 

Dans les bois. 
Ag. à lamelles safranées {Ag. eroceo-lamellatus), Letell. , SuppL, t. 617. 
Ag. orcelle {Ag. Orcella), Bull, {décrit). 
Ag. prunulus {Ag. Prunidus), Scop. [décrit]. 

se Tribu. — LejJtonia (Àetttwi;, mince). 

Pied à écorce cartilagineuse, marge du chapeau d'abord recourbée; lamelles 
libres ou adnées au pédicvile, mais se retirant. 

Ag. couleur do canard {Ag. anatinus), Lasch, no 561. — Fr., Epier., 595. — 

Dans les pâturages exposés au soleil. 
Ag. des sources {Ag. aquilis), Fr. , Epier., 605. — Bord des ruisseaux et des 

rivières. 
Ag. des lieux arides {Ag. asprellus), Fr., Ep)icr., 609. -- Dans les prés secs, 

montueux. 
Ag. couleur d'acier {Ag. chalybœus), Pers., Syn. 158. — Vv., Epier., 601. — 

Krombh, t. 2, fig. 11, 12. — Ag. glaiicus, Bull., t. 521. — Sur les collines 

gazonnées, dans les prés, en automne. 
Ag. grisonnant {Ag. ineanus), Fr., Epier., 606. — Ag. murinus, Sow., t. 162. — • 

Dans les gazons exposés au midi, en automne; rare. 
Ag. de Kervcrnikc [Ag. Kervernii), de Guern. — {!xonnn, Fl.fin., p. 76. — Dans 

les garennes marécageuses. 
Ag. pied brillant {Ag. lampropus), Fr., Epier., 597. — Sur les coteaux gazonnés. 
Ag. lazulin {Ag. lazidinuii), Pers., Icon. jnct., t. 4, fig. 3, 4. — Fr., Ejricr., 

602. — Dans les gazons des collines. 



58 LES CHAMPIGNONS. 



Ag. iicui dentelé (Aff. nefrens), Fr., Ujncr., 611. — Dans les gazons et les herbes, 

surtiiiit des marais. 
Ag. dciitelu (A'j. scr)-tilafus), Fr., Epia:, 599. — A;i. columbarius , Bull., t. 413, 

fig. 1. — Ilolmsk., t. 38. — Sur le gazon, dans les bois et les collines. 



9" Tkibu. — Kolanea (en latin, nola, clochette). 

Pied cartilagineux; marge du chapeau d'abord droite, pressée contre le pédi- 
cule ; lamelles adnexcs , sub-libres. 

Ag. tiuet {Ag. exilis), Fr., Epier.., 629. — Dans les endroits frais et gazonnés 

des bois, entre les feuilles. 
Ag. des marécages {Ac. junceus), Fr. , Epier., 618. — Dans les sphaigncs des 

marais. 
Ag. papille {Ag. mammosus) , Lia. — Fr., Epier., 616. — Bull., t. 526. — Batsch, 

fig. 3. — Commun dans les gazons exposés ati soleil. 
Ag. pied noir {Ag. nigrij^es), Trog, p. 527. — Fr., Epier., GI9. — Dans les 

marais, parmi les joncs; odeur forte. 
Ag. des pâturages (Ag. pascints). Fers. — Scha;ff., t. 229. — Boit., t. 35. — 

Commun dans les pâturages et les forêts. 
Ag. plein pied {Ag. 2)leopodius) , Bull, t. 556, fig. 2. — Fr., Épier., 624. — En 

touffes, en automne, dans les pâturages; rare. 



10^ Tkibu. — Hebeloma. 
Pied charnu , feuillets sinués. 

Ag. têtu jaune {Ag. auricomus), Fr., Epier., 700. — Batsch, fig. 21. — iSur les 

terres brûlées. Vai-iété de VAg. descissus. 
Ag. échaudé {Ag. ci'Utihdinifurmis), Bull, {décrit). 
Ag. lacéré {Ag. deglubens), Fr., Epier., 695. — Sous les pins. 
Ag. fendillé {Ag. descissus), Fr., Epier., 700. — Batt., t. 18, fig. F. — DauR les 

bois. 
Ag. noble {Ag. elatus), Batsch, t. 108. — Fr. , Ejner., 725. — Puimi les feuilles 

tombées, dans les bois. 
Ag. prétentieux [Ag. fastihilis), Pers., Sgn. 127. — Fr., Ejncr., 714. — SchaeiF. , 

t. 221.- — Dans les bois; odeur de rave. Suspect. Vénéneux, dit Kckx. 
Ag. en faîte {Ag. fastigiaius), Schseft'., t. 26. — Fr., Epier., 698. — Dans les 

champs, aux bords des chemins. 
Ag. fei-me {Ag.firmus), Pers., Icon. et deser-, t. 5, fig. 3, 4. — Ag. Clavus, Batsch, 

fig. 199. — Paul., t. 53, fig. 1. — Fr., iï^wr., 717. — Dans les bois do 

pins. Sus2)eet. 
Ag. floculeux {Ag. floeculentuti) , Pall. — Fr. , Jlonogr., p. 336. — Ag. lanugino- 

sus, Fr., Ep>icr., 685. — Vaill., t. 13, fig. 4-6. — Bull., t. 370. — Dans les 

terrains plantés de hêtres, les bosquets, en automne. 
Ag. à feuillets terrevix {Ag. geophyllus), Low., t. 124. — Bull., t. 522, fig. 2. — 

Fr., Epier., 709. — Très-commun dans les bois. 
Ag. odeur d'anis {Ag. gratus),'WQ\nm., p. 194. — Dans les gar.ons. 
Ag. hérissé [Ag. hirsutus), Lasch. — Fr., Epier., 684. —Dans 1(;r bois l.umides. 
Ag. déchiré {Ag. lacerus), FI. dan., t. 1846, fig. 1. — Fr., Epia:, 692, — En 

touffes, sur la terre nue, dans les bois de pins de raontag.es; préc:icc. 



DESCRIPTIONS. 59 



Ag. lanugineux {Ag. lanuginosus), Bull., t. 370. — Sur les souches et à terre, 

clans les bois. 
Ag. à longue tige (Ag. longicaudus), Pers., Syn., 136. — Batt., t. 21, fig. F. — Fr., 

E2}icr., 726. — Berkl., t. 9, fig. 2. — Dans les futaies. 
Ag. nocturne (Ag. lucifiigiis) , Fr., Epier., 710. — Pers., Icon. et descrtpt., t. 15, 

fig. 2. — Dans les bois de pins. 
Ag. dartreux {Ag. j^etiginosits), Fr., Epier. 722. — Ag. rufipes, Pers., Icon. pîct., 

t. 1, fig. 5. — A terre, dans les bois. 
Ag. odeur de poire [Ag. pirlodoruB), Pers., Syn., 81. — Bull., t. 532, fig. 1. — 

Fr., Epier., 689. — Le long des chemins, dans les bois. 
Ag. projeté en arrière {Ag. relieinus), Fr., Epier., 682. — Dans les bois de pins 

de montagnes et les mousses de chênes. 
Ag. ondulé {Ag. répandus), Bull., t. 223, fig. 2. — Lasch. — Pers., Myc., 280. 

— Dans les bois sablonneux, sur le bord des chemins. Très-suspect. 
Ag. crevassé {Ag. rimosiis), Bull, {déerit). 
Ag. odeur de sureau (Ag. sambudniLs), Fr., Epier., 705. — Sow., t. 414. — Pers., 

Myc., 194. — Dans les bois de pins, les gazons, le long des chemins; 

odeur forte, vireuse. 
Ag. odeur de moutarde (Ag. sinapizans), Paul., t. 82. — Fi-., Epier., 72. — Dans 

les lieux humides des bois. 



lie TiuBU. — Flamimda (en latin, petite fiannne). 
Pédicule charnu; feuillets adnés au pédicule ou décurrents, non échancrés. 

Ag. de l'aune {Ag. alnicola), Fr., Epier., 754. — Paul., t. 147. — Ag. amants, 
Bull., t. 147. — Sur les troncs de vieux arbres. Saveur amère. Vénéneux. 

Ag. apicré {Ag. apncreus), Fr., Epier., 758. — Ag. lignatilis, Bull., t. 554, A. — 
Sur les troncs. 

Ag. austère {Ag. austerus), Fr., Epier., 759. — Sur les troncs du pin et du sapin. 

Ag. des charbonniers {Ag. carbonarius) , Fr., Epier., 750. — Weinm. — Sur la 
terre brûlée, été et automne. 

Ag. pulvérulent {Ag. connissans), Fr., Epier., 756. — Ag. pidverulentus , Bull., 
t. 178. — Sur les troncs de saules, en groupe. Vénéneux, selon Reveih 

Ag. à grand réseau (Ag. cortinatus), DC, Fl.fr., VI, p. 51. — Fr., Epier., 752. 
• — Sur le bois de chêne yeuse, au printemps et à Fautomuo ; rare. — Va- 
riété Ag. eortinellus, DC, id. — Sur les saules. 

Ag. flave {Ag.flavidus), SchEeft'., t. 35. — Fr., Ejncr., 755. — Sur les troncs de 
pins, en groupe, au mois d'octobre. 

Ag. fuseau {Ag.fusiis), Batsch, t. 189. — Fr., Ejner., 751. — A terre et sur les 
vieux troncs abattus. 

Ag. à pied nu (Ag. gymnopodius) , Bull., t. COI, fig. 1. — Fr., Epier., 735. — Co- 
mestible. 

Ag. flexible {Ag. lentus), Pers., 8yn., 52. — Fr., Epier., 743. — Entre les feuilles 
mortes, de hêtres principalement. 

Ag. lubrique (Ag. lubricus], Fr., Epier., 744. — Wcinm. — Dans les bois, à la 
base des troncs; dans les gazons vigoureux. 

Ag. mixte {Ag. mixtus), Fr., E2ner., 746. — Bull., t. 556, fig. F, 0. — A terre, 
dans les bois de pins de montagnes. 

Ag. de Nées {Ag. Neesii), Barla, t. 23, fig. 1-4. — Sur les troncs du pin; rare. 

Ag. du sapin (Ag. sapineus), Vy., Ejncr., 765. — Sur les troncs pourris du 
sapin. 



00 LES CHAMPIGNONS. 



Ag. abords ciliés {A<j. .strhjiceps), Fr. , Epier., 739. — A;/, f/naphaliocephalus, 

Bull., t. 576, fig. 1. — Entre les feuilles mortes. 
Ag. vineux (A)/. vhiosu.i) , Bull., t. 84. — Fr., Ujncr., 736. — Non dangereux; 
goût salé, comme vineux; à terre. 

12^ Tribu. — Naucoria (naucits, zeste de noix). 

Pédicule cartilagineux extérieurement; chapeau plus ou moins convexo-plane ; 

à marge d'abord recourbée. 

Ag. des moissons (Ag. arralis), Wcinm. — Batt., t. 28, fig. D. — Dans les 
terres cultivées et humides. 

Ag. cerodcs {A_(/. cerodes), Fr., Epier., 791. — Aff. muscorum, Hoffm., Koni., 
t. 573. — Sur la terre, entre les mousses. 

Ag. h odeur de concombre {Afj. ciieumis) , Pers., Obs. — Fr., Epier., 779. — Sur 
la terre dans les jardins; le ))ord des chemins. 

Ag. arrosé {Ag. eonspersus), Pers., Icon. et descr., t. 12, fig. 3. — Fr., Epier., 
815. — Kronibh., t. 3, fig. 12. — Dans les bois, les lieux frais, les maré- 
cages surtout. 

Ag. hérisson {Ay. eiinaceus), Fr., Epier., 813. — Ag. aridus, Pers., Myc, 327. 
— • Sur les rameaux tombés à terre, à la fin de l'été; rare. 

Ag. poudreux [Ag. furfuraceus), Pers., Syn., 379. — Ag. squarrosus, Bull., 
t. 593, fig. 3. — Batsch, fig. 98. — A terre, sur les sciures, les rameaux cou- 
pés, les feuilles, etc. 

Ag. des graminées {Ag. graminlcola) , Nées, f. 186. — Fr., Epier., 821. — Sur* 
les tiges, les chaumes des graminées. 

Ag. locataire {Ag. inquilinus), Weinm. — Fr. , Ejncr., 808. — Sur les bois ca- 
riés, les chaumes, les rameaux tombés à terre. 

Ar^. hilairc {Ag. hilaris), Fr., Epier., 776. — Ag. xanthopodius, DC, Fl.fr., 49. 

— Dans les bois, en octobre. 

Ag. horizontal {Ag. horizontalis) , Bull., t. 324. — Sow., t. 341. — Sur les écorces 

de poirier, d'orme, au printemps et à l'automne. 
Ag. limbe {Ag. limhatus), Bull., t. 563, fig. 2. — Fr., Epier., 818. — A terre. 
Ag. couleur de coing {Ag. melinoides), Bull., t. 560, fig. 1. — Berkl., t. 9, fig. 3. 

— Dans les bois exposés au soleil, les prés, les gazons, au printemps et 
à l'automne. 

Ag. des plaines {Ag. pédicules), Fr., Ejner., 799. — Schsefi"., t. 203. — Toute 
l'année, dans les champs, d'où son nom tteoiov, plaine. 

Ag. pygmée {Ag. pygmœus), Bull., t. 525, fig. 2. — A la base des troncs 
d'arbre. 

Ag. demi-orbiculairc {Ag. semi-orhieularis) , Bull., t. 422. — Berkl., t. 9, fig. 4. 

— Fr., Epier., 800. — Sur les pelouses, au bord des chemins. 

Ag. sidéroïde {Ag. sideroides), Bull., t. 588. — Fr. , Ejrier., 794.— Sur les che- 
mins; dans les débris de bois; sur les troncs de pins. 

Ag. vêtu (Ag. siparius), Pers., Myc., 258. — Fr., Epier., 814. — Weinm. —Ag. 
vestitus, Chev., t. 6, fig. 9. — Sur la tige des fougères, les branches pour- 
ries du chêne, au printemps et en automne. 

Ag. couleur de tabac {Ag. tahacinus), DC, Fl.fr., VI, p. 46. — Le long des 
chemins, en automne ; rare. 

Ag. tenace [Ag. tenax) , Fr. , Epier. , 803. — Parmi les feuilles de sapin. 



DESCEIPTIONS. Cl 



13® Tribu. — Galera (en latin : bonnet de peau). 

Pédicule cartilagineux extérieurement ; chapeau plus ou moins campanule, k 
marge d'abord droite et rapprochée du pédicule. 

Ag. antipus {Ag. antîpus), Lasch. — Fr., Epier,, 837. — Dans les bois. 

Ag. entassé {Aq. confertus, Boit., t. 18. — Fr., Epier., 833. — Dans les serres, 

sur le terreau. 
Ag. à tête conique [Ag. conocephalus) , Bull., t. 563, fig. 1. — Fr., Epier., 839. 

— Dans les terres grasses. 

Ag. des mousses {Ag. hyimorum) , Batsch, fig. 96. — • Bull., t. 560, fig. 1, C-E. 

— Dans les mousses. La variété sphagnorum de ce champignon est com- 
mune dans les marais, toute l'année. 

Ag. couleur de brique [Ag. latentius^, Batt., t. 28, fig. T. — Fr., Epier., 832. — 

FI. dan., t. 1840, fig. 2. — Dans les gazons, les terres grasses. 
Ag. ovale {Ag. ovalis), Berkl., 297. — Fr., Monogr., p. 389. — Ag. campanu- 

latus, Bull., t. 563, fig. 1. — • Dans les terres fumées. 
Ag. transparent (^1^. pellucidus), Bull., t. 555, fig. 2. — Sur les feuilles de 

hêtres , les chemins. 
Ag. coitleur de farine {Ag. siligineus), Scliseff". , t. 70, fig. 1-5. — Fr., Ejncr., 834. 

Dans les gazons, les teiTes fumées, au bord des chemins. 
Ag. grêle {Ag. tener), Schaeff"., t. 70, fig. 6-8. — Fr., Ejricr., 833. — Sow., t. 33. 

— Ag. foraminulosus , Bull., t. 535, fig. 1. — Dans les herbes, sur les dé- 
tritus, les troncs, au printemps. 

SÉRIE IV. — MYGÈNE (%mm). 
(MuK-/;i;, champignon). 

Absence de volva et de collier; chapeau campanule, rarement étalé, 
jamais ombiliqué ; pédicule central , grêle ; feuillets ne noircissant pas 
en vieillis.sant, presque sans suc; quelques-uns ayant le pédicule lac- 
tescent. Espèces fragiles, à peine charnues , et de trop petite taille 
pour être recherchées comme aliment. 

Leucospores. Spores blanches. 

Ire Tribu. Mycèiie (type). 

Pied fistuleux; chapeau mince, le plus souvent campanule, primiti- 
vement droit et pressé contre le pédicule. 

Ag. pur {Ag. purus) , Pers., Myc., 408. 

Sow., t. 72. FI. dan., t. 1613, 1673. — Batsch , fig. 20. — Labr., t. 13, fig. 4. 

— SchsefF., t 303. - Paul., t. 119. — Huss., II, t. 49. — Fr., Epier., 373. 

— Ag. roseus , Bull., t. 507. 

Cet agaric, peu charnu, de couleur rose, pourpre ou rougeâtre, a le 
chapeau d'abord conique, puis campanule et quelquefois aplati, mais 



«2 LES (Il A.MIMGNONS. 

loujonrs inainelonaé au centre, large de () à 8 centimètres , strié 
sensiblement sur les bords, un peu humide à la superficie; les feuil- 
lets, inégaux, [hmi nombreux, larges, saillants, arrondis, adnexes, 
n(ui-(lécurr(Mits, de la couleur du cliaiicau , mais plus pâles, veinés ou 
réticulés à leur insertion au pédicule, qui est long de 6 à 10 cen- 
timètres, fistulcux, assez grêle, glabre, brillant, de la couleur du cha- 
])eau , mais moins foncé , cylindriciue ou atténué par le haut, velu à 
sa base. 

L'Ag. purus est très-variable de taille et de couleur; le plus sou- 
vent rose ou lilas, il est quelquefois incarnat , gris bleuâtre, [)àle et 
même blanc. 

M. Léveillé dit lavoir i'(( manger conmiunénieat; il a un guùt ter- 
reux, et une odeur faible de radis. 

On le trouve très-fréquemment, en été et même très-tard en au- 
tomne, dans les bois, parmi les feuilles tombées , dans les prés mous- 
seux, les bruyères, en groupes peu nombreux. 

Ag. couleur d'étain {A<j. stanncus), Vaill., p. 70, n" 1. 
Fr., Epier., 407. — • Ag. griseus, Pers., Afgc, 439. 

Chapeau entièrement membraneux , campanule, étalé, glabre, large 
(le 2 à 3 centimètres, hygrophane, strié, lisse, d'un soyeux lui- 
sant loi'sfiu'il est sec, de couleur grise, devenant couleur d'étain avec 
l'âge; feuillets inégaux, adnés, peu serrés, d'un gris ])lanchàlre, vei- 
nés, décurrents au moyen d'un denticule ; pied long de 5 à 8 
centimètres, épais de 2 à 3 millimètres, lisse, fistuleux. 

UAg. stanneus se trouve dans les gazons des bois, il est inodore. 

Est comestible , selon Réveil; mais trop peu charnu pour (jue l'on 
en fasse usage. 

2e Tribu. Mnrasmîus (fjLapacijLo*;, maigreur extrême). 

Pied cartilagineux; chapeau ou hyménophore coriace, mince, se 
continuant avec le pied; feuillets épais, sub-coriacés, abord tranchant. 
Champignons épiphytes, non-putrescents, et pouvant reprendre leur 
forme lorsqu'ils sont humectés. Genre pour quelques auteurs. 

Ag. alliacé [Ag. alliaceus), Jacq., t. 82. 

FI. dan., t. 12ûl. — Micli., t. 78, fig. 4. — l'aul., t. 122 Ms, fig. 1. — Marasmms 

aUiaceus, Fr., Epier., 36. 

Nom vulgaire. Agaric porreau (Vosges). 



DESCRIPTIONS. 03 



Le nom donné à cet agaric dit assez qu'il a une odeur très-forte 
d'ail. Son chapeau, très-peu charnu, estsub-membraneux, flexible, d'a- 
bord campanule, puis étalé, mais conservant un mamelon peu pro- 
noncé, lisse , légèrement marqué de stries dans un âge avancé, blanc 
grisâtre ou un peu roux, large seulement de 2 à 3 centimètres. 
Les feuillets sont inégaux, aigus vers la marge du chapeau, arrondis 
et libres à l'autre extrémité, distants les uns des autres, d'abord blanc 
et enfin d'un blanc fauve. Pied coriace, fistuleux, grêle, allongé, 
droit cylindrique, nu, noirâtre, velouté ou comme couvert de givre, 
à base terminée en racine. 

Ce Champignon comestible, qui croît en automne, dans les bois 
montueux sur les feuilles, est si peu substantiel , qu'il ne peut servir 
que de condiment. 

Ag. faux mousseron {Ag. oreadcs), Boit., t. 151. 
(PI. XIV, fig. 3). 

Sow., t. 247. — Schœff., t. 77. — Paul., t. 103, fig. 1-4. — Grcv., t. 323. — 
Vittad., t. 10, fig. 1. — Krombli., t. 43, fig. 11-10. — Staude, t. 9, fig. 1. 
— Bull., t. 144, et t. 528, fig. 2. — Noul. et Dass., t. 27, fig. B. — Berkl., 
t. 14 , fig. 5. — Huss., t. 38. — Aff. caryopJnjlknis , Pers., Myc, 234. — 
Marasmius weades, Fr., E2ncr., 7. 

Noms vulgaires : Faux Mousseron, Mousseron godaille ou de Dieppe, 
Mousseron d'automne, Mousseron pied dur; Sécadon, en Languedoc. 

Cet agaric ne ressemble guère au véritable Mousseron que par sa 
couleur toute d'un jaune pâle, tirant sur le roux. 

Son pédicule est nu, cylindrique, plein, long de 4 à 5 cen- 
timètres, non velu à sa base, grêle, tenace et se tordant par la dessic- 
cation. Le chapeau, d'abord hémisphérique, puis conique et quelque- 
fois plane, souvent mamelonné au centre, peu charnu, est large 
seulement de 3 à 4 centimètres. 

Feuillets inégaux, peu nombreux, d'un blanc pâle, plus colorés sur 
la tranche, n'adhérant pas au pédicule. 

Il croît, à la fin de l'été et en automne, dans les prés secs, les en- 
droits des bois découverts, le plus souvent en petits groupes, et quel- 
quefois traçant des cercles ou des séries. Commun. 

C'est surtout comme assaisonnement qu'on l'emploie. En Angle- 
terre, il s'en fait une grande consommation ; on le dessèche quelque- 
fois pour le manger en hiver. Sa cliair, dépourvue de suc, se déchire 
avec peine; elle a une odeur faible et une saveur agréable. Peu re- 
cherché en France à cause de sa petite taille. 



f.i • LES CHAMPIGNONS. 

Ag. chaussé {Ay. peronatus), Boit., t. 58. 
(PI. XIV, fig. 2.) 

Sow., t. 37. — FI. dan., t. 2018, fig. 2. — Bcrkl., t 14, fig. 4. — Mammms 

peronatus , Fr., Epier., 2. 

VAg. pnronatus est assez voisin do VAg. urens, pour que Persoon 
ait été tenté de les regarder comme ne faisant qu'une même espèce. Il 
ne diffère guère, en effet, de celui-ci, que par son chapeau plus 
large, plus ridé lors(pi'il est vieux, et que par son pied, garni à la base 
d'un duvet jaunâtre , comme laineux, ce qui lui a valu le nom (ju'il 
porte. Saveur poivrée. 

M. Letellier donne ce Champignon comme vénéneux. 

Ag. à odeur de poireau {Ag. porreus), Pars., Myc, 210. 

Sow., t. 81. — Aj. alliaceus, Bull., t. 158, et t. 424, fig. 1. — Marasmius 

porreus, Fr., Epier., 3. 

No)yi vulgaire : Agaric alliacé (Vosges). 

Cet agaric exhalo une forte odeur d'ail, qui persiste quelquefois 
pendant des années, lorsqu'il est desséché. Il est comestible, et s'em- 
ploie surtout comme assaisonnement. 

Il croît, le plus souvent en groupes, dans les bois, assez tard en au- 
tomne, sur les feuilles sèches, tombées à terre, surtout sur celles du 
chêne, et généralement sur la nervure du milieu. 

Le chapeau membraneux, sec, coriace, lisse, de couleur jaune pâle 
ou roussàtre, est d'abord convexe, puis plane, orbiculaire, large de 
3 à 4 centimètres , opaque , légèrement strié sur ses bords. Les 
lamelles adhérentes au chapeau sont écartées , fermes , arrondies et 
comme tronquées. Le pied, d'abord plein, puis fistuleux, nu, grêle, 
long de 7 à 9 centimètres , épais de 2 à 3 millimètres , est coriace , 
roussàtre, tomenteux ou puhescent, j^las velu dans le bas, et gros- 
sissant à ses deux extrémités. 

Ag. odeur d'échalotte {Jg. scorodonius) , Fr. 
(PL XIV, fig. i.) 

Mich., t. 72 , fig. 2. — FI. dan., t. 1251. — Sv. Bot., t. 173. — Schœff'., t. 79. 
— Paul., t. 122 Us, fig. 2 , 3. — Lenz , fig. 17.— Pers., Myc, 211. — J/a- 
rasmiiis scorodonius, Fr., Epier., 21. 

VAg. scorodonius exhale une odeur d'ail tres-prononcée , il croît, 
à la (ni (le l'été, sur les collines exposées au soleil, les rameaux tom- 



DESCKIPTIONS. C5 



bés à terre, les chaumes des céréales , dans les bruyères et les pâtu- 
rages secs. Son chapeau, peu charnu, mince , convexe ou plane, est 
d'abord lisse, puis légèrement rugueux ou plissé, large de un à deux 
centimètres et demi , rdux, pâle ou terreux. Ses lamelles , crispées , 
blanchâtres, un peu écartées, adhèrent à un pédicule fistuleux, cylin- 
drique, long de 2 à 3 centimètres, épais de 2 millimètres, glabre, 
luisant, roussàtre, devenant Ijrun avec l'âge. 

Il est comestible et d'un usage fréquent dans la Lusace comme as- 
saisonnement; plus rare que VAg. alliaceus. 

Ag. brillant {Ag. Mar. urens'j , Bull., t. 528, fig. 1 

i^Z. dan., t. 2018, fig. 1. — Berkl., t. 14, fig. 3. — Marasmius urens , 

Fr., Epier., 1. . 

Ce Champignon vient, cà et là, dans les bois et les pâturages, on été 
et en automne, sur les feuilles mortes, ordinairement en touffes peu 
noml^reuses. 

Saveur acre et poivrée. Chapeau large de 4 à 5 centimètres , cour- 
vexe d'abord , puis plane , un peu charnu , membraneux , coriace , 
%mi dans la jeunesse, et plus tard comme ridé ou sillonné, assez régu- 
lier, jaune-terreux ou roussàtre, avec les feuillets roussâtres, étroits, 
peu serrés, les plus longs terminés régulièrement, à un ou deux 
milHmètres du pédicule; ce pédicule, de la couleur du chapeau, est 
plein, solide, nu, cylindrique, un peu plus épais et velu à sa hase, 
légèrement rayé de fauve, long de 10 à 12 centimètres. Chair mince, 
ferme, blanche. 

Il est généralement regardé comme dangereux. MM. Noulet et 
Dassier disent que si on l'administre à des chiens, il produit des vo- 
missements et des selles accompagnées de mouvements nerveux, mais 
qu'il n'amène pas la mort. Réveil le déclare malfaisaid. En Angle- 
terre, il ne passe pas pour vénéneux; M. Léveillé doute aussi (pi'il le 
soit. Jusqu'à ce que ses propriétés soient mieux constatées, il sera 
prudent de s'en abstenir. 



pe Tribu. — Mycéne (type). 

Ag. aciciile {Ag. acicula), Schseff., t. 222. — Fr., Ejncr., 422. — Dans les bois 

de hêtres. 
Ag. adonis (Ag. Adonis), Bnll., t. 5G0, fig. 2. — Fr., Ejnn:, 375. — Dans les 

gazons de.« bois, par touftes. 

5 



CG LES CHAMrHJXONS. 



Ag. alcalin {A</. alcaUnus), Fr., Epier., 401. — Wciiiin. — Scliajff., t. 31, 32. — 

Sni" le tronc des arbres et à terre. 
Ag. ammoniacal (^1^. amnioidacus, Fr., Epier., 402. — Sur la terre, dans les 

champs. 
Ag. l)leu foncé (.!'/■ ntrocyaneus), Batsch. — Fr., Epier., 399. — A terre, sur 

les aiguilles du pin. 
Ag. capillaire {A;/, capillaris), Schum. — FI. dan., t. 2142. — A;/, lacteus, lîiill., 

t. (501, fig. 2. — Sur les feuilles tombées, surtout celles du hêtre. 
Ag. jaune citron {A_'j. ntviaellus) , Pers., Icon. et descr. , t. 11, fig. 3. — Fr. , 

Epier., 483. — Dans les bois de pins, en octobre surtout. 
Ag. cblorotique {Aij. ehlurantus), Fr., Epier., 'Mi^. — FI. dan., t. 1614, fig. 2. — 

Dans les endroits herbages des bois. 
Ag. cladophyllc {A;), cladophijllas] , Lév., Ann. des se. nat., 1843, t. 7, fig. 1. 
Ag. claviculaire [Aj. clavieularis) , Fr. , Epier., 430. — lîulL, t. 80. — Dans les 

lieux humides des bois; rare. 
Ag. adhérent {A^. cohœrens) , Alb. et Schw. — Ac/. ceratojyus, Pers., Myc, 459- 

— A terre et sur les rameau.x ligneux. 

Ag. des écorces {A;j. corticola), Schum. — Lin. — Mich., t. 74, fig. 8. — Aj. 
2msillus, Hoffm., t. 34. — Afj. cortieaiis, Bull., t. 519, fig. 1, A, B, C. — 
Automne et hiver, commun sur l'écorce et dans les mousses des arbres. 

Ag. en coupelle {A>j. eraterellus) , DK. et Lév., Exi^l. scient, de VAlijérie, Bot., 
pi 3i_ — . tjur les rameaux de diiférents arbustes, dans les bois au prin- 
temps et à l'automne ; au midi de la France. 

Ag. couleur de safran [Ag. a-ocatus), Schrad. — FI. dan., t. 2024, fig. 1. — Fr., 
Epier. ,426. — Sur les feuilles humides du hêtre tombées à terre; commun. 

Ag. sanguin [Afj. cruentus), Fr. , Epier., 424. — Sowerby, t. 385, fig. 2, 3. — 
Dans les lieux humides sous les pins et les sapins. 

Ag. débile {Ag. dehilis) , Bull., t. 518, fig. P. — Fr., Epier., 415. — Dans les 
mousses des champs. 

Ag. dilaté [Ag. dilatatus), Fr. , Epier., 436. — Bull., t. 363, fig. R, S. — Sur 
les bois putrides et les chaumes, dans les lieux humides. 

Ag. discopus {Ag. discopus), Lév., Ann. des se. nat., 1841, t. 14, fig. 4. — Sur 
les fruits tombés du coudrier. 

Ag. epipterygius [Ag. e2npterygius) , Scop. — Sow., t. 92. — Fr., Eprier., 429. 

— Très-commun à terre, sur les mousses, les feuilles tombées, les 
chaumes, les troncs. 

Ag. pied menu [Ag . filopes) , Bull., t. 320. — Fr., Epier., 411. — Commun, dans 

les endroits couverts de feuilles. 
Ag. fauve-blanc {Ag. fiavo-alhus), Fr., Epier., 380. — Ag.pumilus,'Q\x\\., t. 200- 

— Assez commun, à terre et sur le tronc des vieux arbres. 

Ag. en casque [Ag. galerieulatus), Scop. — Schaefï'., t. 52. — Bull., t. 518, 
fig. C, D, E. — Fr., Ejncr., 391. — Commun sur les troncs, de novembre 
à décembre ; variable. 

Ag. pied laiteux {Ag. galopus), Schrad. — FI. dan., t. 1550, fig. 2. — Batt., 
t. 28, fig. Q. — Fr., Epier., 428. — En touffes, sur la teiTe couverte de ' 
mousse humide , en automne ; commun. 

Ag. gris {Ag. griseus), Fr., Epier., 476. — A terre, dans les gazons, en au- 
tomne. 

Ag. couleur de plâtre [Ag. gypseus) , Bull., t. 563, fig. 4. — Ag. ochraceus, 
Pers., Myc., 459. — A terre et sur les rameaux ligneux. 

Ag. pied couleur de sang {Ag. hmnatoims), Pers., Syn., 228. — Sur les troncs 
d'arbres. 



DESCRIPTIONS. G7 



Ag. d'hiver (Aj. hyemalis), Osbeck. — Fr. E/ncr., 442. — At/. corticalîs, Bull., 

t. 519, fig. 1. — Sur les écorces ; tard. 
Ag. modeste {Ag. întegreUiis) , Pers. , Icoii. et descr., t. 13, fig. 5. — Fr. , Epier. ■> 

480. — A terre, sur le bois qui pourrit et les feuilles en décomposition. 
Ag. des Jones [A;], juncicola), Fr. , Ejncr., 446. — Bull., t. 148, fig. D. — Sur 

les chaumes, surtout du jonc articulé. 
Ag. couleur de lait {Ag. lacteus), Pers., Syn., 257. — Ag. nanus, Bull., t. 563, 

fig. N, 0. — Commun, à terre, en novembre et décembre, dans les bois 

de pins. 
Ag. tête menue {Ag. leptocephalus) ^ Pers., Icon. et descr., t. 14, fig. 4. — Fr., 

Epier. , 400. — Sur les troncs et la terre ; très-rare. 
Ag. rayé {Ag. lineatuti), Bull., t. 522, fig. 3. — Fr., Epier., 377. — Dans les 

prés et les bois. 
Ag. jaune blanc {Ag. luteo-albus) , Boit., t. 38, fig. 2. — Fr. , Epier., 379. — 

Dans les lieux ombragés et humides, en automne. 
Ag. limité {Ag. metatus), Weinm. — Fr., Ej)ier., 403. — Ag. lœvigatus, Pers., 

Syn., 230. — A terre, dans les mousses, dans les bois de pins. 
Ag. mucor {Ag. mucor), Batsch, fig. 82. — Yï., Epier., 437. — Près des feuilles 

pourries. 
Ag. livide {Ag. 2'>eUant]miui<) , Fr., Epier., 361. — Batt., t. 19, fig. F. — Pers., 

Myc, 395. — Dans les bois de hêtres et de chênes, sur les feuilles tombées. 
Ag. H cent raies {Ag. pohigrammus), Bull., t. 395 et 518, fig. H. — Commun, 

sur les troncs d'arbres, et, à terre, sur les feuilles tombées. 
Ag. ptérigène {Ag. pterigenus), Fr. , Epier., 349. — Sur la nervure des feuilles 

pinnées, et surtout des fougères. 
Ag. pur {Ag. purus) , Pers. {décrit). 
Ag. rosacé {Ag. rosellus), Pers., Syn., 255, et t. 5, fig. 3. — Fr., Epier., 372. 

— FI. dan., t. 2025, fig. 2. — Dans les bois de pins, entre les feuilles et 

les mousses. 
Ag. rubro-marginé {Ag. ruhro-marginatus) , Fr. , Epncr., 370. — Sur le l)ois, les 

chaumes. 
Ag. rugueux {Ag. rugosus), Bull., t. 518, fig. K, M. — Fr., Epier., 389. — Sur 

le tronc et près du tronc des arbres. 
Ag. sanguinolent {Ag. sanguinolentus), Alb. et Scbw. — Fr. , Epier., 425. — 

Bull., t. 518, fig. P. — Entre les feuilles et les mousses humides, en au- 
tomne. 
Ag. pied soyeux {Ag. setipes), Fr., Epier., 477. — Ag. variegatus et Ag. hypni- 

cola, Pers., Ag. tentatida, Bull., t. 560, fig. 3. — Dans les mousses et les 

broussailles humides. 
Ag couleur d'étain {Ag. stanneiis) , Vaill. {décrit). 
Ag. des pommes de pin {Ag. strohilinus) , Sow., t. 197. — Fr., Ejxier., 375. — 

Sur les cônes de pins à demi pourris. 
Ag. supin {Ag. siqnnus). Lin. — Fr., Ep>ier., 418. — Iloffm., t. 6, fig. 3. — Sur 

les troncs mousseux des hêtres , en groupes. 
Àg. stylobate {Ag. stylobates], Pers., Syn., t. 5, fig. 4. — Fr., Ejner., 435. — 

Sur les feuilles et les chaumes renversés ; toujours solitaire. 
Ag. clochette {Ag. tintinnabidum) , Paul., t. 122, fig. 3. — Sur les troncs ren- 
versés du hêtre; tard, en automne. 
Ag. tressé {Ag. vitilin) , Fr., Epier., 416. — Ag. fistidosus , Bull., t. 518, fig. O. 

— • A terre, parmi les mousses et les chaumes renversés ; tard , en avitomne. 
Ag. vulgaire {Ag. vulgaris), Pers., Syn., 258. — Berkl., Oittl., t. 0, fig. 2. — 

Dans les bois, sur les feuilles pourries. 



as LES CHAMPIGNONS. 



2"^ Tribu. — ^farasmius. 

Ag. Mar. alliactî (^1^. Mar. alllaceu.s) , Jacq. {décrit). 

Ag. Mar. rduni {A(j. Mar. amadeljihus)^ Bull., t. 850, fig. 3. — Fr., Epier., 37. 

— En touffes, sur les rameaux; automne et hiver; sans odeur. 

Ag. Mar. Androsace (.1//. Mar. Amlrosaceus) , Lin. — Boit., t. 32. — Sow., t. 94. 

— FI. dan., t. 1551, fig. 1. — .ly. eplphrjUus, Bull , t. 569, fig. 2. — Sur 
les feuilles mortes, en dëcembre et en janvier, et sur les ëcorces, mais 
plus rare. 

Ag. Mar. beau pied (^1//. Mar. cnlopus), l'ers., Sjjn., 218. — Bull., t. 550, fig. 1. 

— Sur les pailles, les racines des graminées. 

Ag. Mar. à odeur d'oignon {Af). Mar. cepaceus), Fr., E2)lcr., G. — LarL., t. 14, 

fig. 3. — Dans les champs. 
Ag. Mar. des feuilles mortes {Ag. Mar. epiphyllus), FI. dan., t. 1194, fig. 1. — 

Tratt. , fig. 22. — Sow., t. 93. — Fr., Epier., 51. — Sur les feuilles et les 

pailles. 
Ag. Mar. pied rouge (^-1^. Mar. erythropus) , Pers., Syn., 206. — Fr., Ejjicr., 18. 

— Sur les troncs et les feuilles tombées du hêtre, en automne, dans le 
midi ; rare. 

Ag. Mar. alvéolaire {Ay. Mar. faveolaris). Mont. — Fr., Epier., 45. — Sur les 

pailles, les feuilles, dans les Ardennes. 
Ag. Mai', à odeur de fenouil (^-l^/. 3Iar. fœnicidaceiLs), Fr., Epier., 5. — Sur le 

bord des chemins et les gazons des bois ; rare. 
Ag. Mar, infect [Ag. Mar. fœtidus), Sow., t. 21. — Fr., Epier., 26. — Sur les 

branches en pourriture. 
Ag. Mar. fauve pourpré [Ay. Mar. fuseo-purpureus), Pers., Icon. et descr., t. 4, 

fig. 1-3. — Fr., Epier., 13. — Sur les feuilles tombées du hêtre. 
Ag. Mar. des graminées [Ay. Mar. yraminum], Lib. — Berkl., t. 14, fig. 8. — 

Sur les feuilles des graminées. 
Ag. Mar. d'Hudson [Ay. Mar. Hudsoni) , Pers., S^yn., 248. — Sow., t. 164. — 

Fr., Epier. , 49. — Sur les feuilles du chêne vert. 
Ag. Mar. greffé {Ay. Jlar. imititius), Fr., Ejncr., 48. — Sur les feuilles tom- 
bées du chêne, de la ronce etc. 
Ag. Mar. brodequin {Ay. Mar. mulleus), Fr., Epier., 4.— Vaill., p. 63, n» 16. — 

Pers., Myc., 215. — Sur les troncs d'érables etc. 
Ag. Mar. faux mousseron {Ay. Mar. oreades] , Boit, {décrit). 
Ag. Mar. perforant [Ay. Mar. perforans) , Hoft'm., t. 4, fig. 2. — Batsch, fig. 10.— 

Schseff., t. 239. — Fr., Ejncr., 47. — Sur les feuilles de sapin, les feuilles 

et les fruits de hêtre ; odeur fétide. 
Ag. Mar. chaussé [Ay. Mar. jjeronatus) , Batt., t. 58 [décrit). 
Ag. Mar. à pied comprimé [Ay. Mar. pilaneus), Fr., Epier., 8. — Paul., t. 103, 

fig. 5,6. — Dans les bois feuillus ; rare. Comestible; odeur nulle. 
Ag. Mar. odeur de poireau {Ay. 3Iar. porreus), Pers. {décrit). 
Ag. Mar. odeur de ciboule {Ay. Mar. p)rasiosmus) , Fr., Epier., 11. — Bull., 

t. 524, fig. 1. — Sur les feuilles, dans les bois de chênes et de hêtres; 

tard, en automne. 
Ag. Mar. pyramidal {Ag. Mar. pyramidalis) , Scop., p. 433. — Fr., Epier., 9. — 

Vaill., no 54. 
Ag. Mar. des rameaux [Ag. Mar. ramealis) , Bull., t. 336. — Fr., Epier., 28. — 

Sur les petits rameaux des arbres ; très-commun ; inodore. 
Ag. Mar. rotule [Ay. Mar. rotula), Scop. — Mich., t. 74, fig. 5. — FI. dan., 

t. 1134. — Bull., t. 64, t. 569, fig. 3. — Très-commun, au printemps et en 

automne , sur les troncs et les feuilles. 



DESCRIPTIONS. G'J 



Ag. Mar. saccharin {A>j. 3Iar. saccharinus) , Batsch, fig. 83. — Fr.; Bjncr., 50. 

— Sur les feuilles , les pailles. 
Ag. Mar. odeur d'e'chalotte {Ag. Mar. scorodonius), Fr. [décrit]. 
Ag. Mar. lamelles en collerettes {Ag. Jlar. torquatus), Fr., E2ricr., 35. — Paul., 

t. 124, fig. 2, 3. — Sur les pailles et les feuilles. 
Ag Mar. brûlant {A(j. Mar. urens) , Bull, {décrit). 
Ag. Mar. de Vaillant {Ag. 3Iar. Vaillantii) , Fr., E^ncr., 24. — Vaill., t. 11, 

fig. 21, 23. — Sur les pailles, le bois mort, les feuilles tombées. 



SÉRIE V. — OMPHALIE {(Jmphalia). 
('OixcpaXoç , nombril). 

Chapeau en entonnoir ou déprimé au centre ; pédicule le plus sou- 
vent coriace ; feuillets décurrents, ne noircissant pas. 

Leucospores. Spores blanches. 

l'" Tribu. Omphalia (type). 

Espèce terrestre , de petite taille ; feuillets à bord non-denté , ne se 
détachant pas facilement du chapeau; absence de collier. 

Ag. en bassin {Ag. Catinus), Fr., Ejncr., 247. 
(PI. XV, fig. 1.) 

Ag. infundibidiformis, Bull., t. 286. — Ag. neajoolitanus , Pers., 3Iyc., 112. 

Cet agaric est tout entier d'un blanc pâle, prenant une nuance in- 
carnat par les temps pluvieux. Il a le chapeau mince , fragile, glabre , 
lisse, toujours creusé en entonnoir, large de 5 à 8 centimètres, 
à bords devenant irréguliers avec l'âge; les feuillets inégaux , minces, 
étroits, serrés, blancs, décurrents, terminés en pointe aux deux extré- 
mités; le pied élastique , long de 3 à 5 centimètres, '][)lein , fibreux , 
cylindrique ou légèrement renflé à sa base, laquelle est villeuse. 

Il vient dans les bois, en septembre et en octobre, sur les feuilles 
mortes, qu'il pénètre au moyen de ses fibres radicales. 

Sa chair blanche a une odeur agréable, un goût de champignon. 

Fries regarde VAg. neapolitanus y Pers., cultivé à Naples sur le 
marc de café, comme une simple variété de VAg. Cathms. 



70 LES CIIA.MI'IUNON.S. 



Ag. cyathiforme (A;/, cyathifovmis), Bull., t. 575, fig. II, M. P, Q. 

Vaill., t. M, fig. 1-3. — Boit., t. l-t.'j. — Ilulmsk., 2, t. 41. — Sow., t. 363. 
— IIu¥;s., II, t. 1. — Fr., 7s)>/«-., 251. — A;/, idatyceps, Perg., Myc, 123 ; 
A(j. tardus, ici., 124.; Af/. œreus , id., 128. 

Ce Champignon , commun à la lin de l'antomno dans les bois, parmi 
les mousses, a une odeur faible, une saveur prescpie nulle; il ."^e pèle 
sans dit'firnlt»'^ ; rarement il est attaqué par les insectes ou les vers. 

11 est entièrement de couleur fauve ou roussàtre (terre d'ombre); 
mais ses feuillets sont mi peu plus pâles que le reste de la i)lante. Le 
chapeau membraneux , arrondi , large de 4 à 5 centimètres, lisse, 
humide, luisant [lar les temps de pluie, a les bords sinueux, ré- 
fléchis. Les feuillets sont droits, étroits, inégaux, distants, faiblement 
décurrents sur un pédicule j)lei)i, grêle, cylindrique , élastique, (ibril- 
leux, réticulé, atténué par le haut, long de 5 à 7 centimètres. 

Comestible. Son peu de chair est cause qu'il n'est pas recherché. 

Ag. flasque {Ag. fluccidus) , Sow., t. 185. 
Pers., 3Iyc., 82. — Fr., Epier., 241. — Ay. Infundîbuliformis, Bull., fig. N. 

Chapeau à peine charnu, mince, flasque, déprimé, puis en forme 
d'entonnoir , lisse, large de 6 à 7 centimètres, de couleur fauve, 
ferrugineux ou roussàtre; feuillets nombreux, décurrents, étroits, ar- 
qués, jaunâtres ; pédicule d'un jaune clair, court, plein, inégal, ordi- 
nairement flexueux, velu à la base. 

Commun dans les bois, oii il vient le plus souvent en touffes iiarmi 
les feuilles. SusjJect d'après Paulet et Réveil. Peut-être n'est-il qu'une 
variété de YAg. inversus. 

Ag. fragrant [Ag. fragrans), Sow., t. 10. 
(PI. X,V, fig. 2.) 

Pcrs., Myc. t. 27, fig. 5. — Krombli., t. 1, fig. 34-38. — Fr., Ejmr., 268. 

Champignon d'une odeur agréable se rapprochant de celle de l'anis. 

Chapeau charnu-membraneux, d'abord convexe, puis plane et enfin 
di''liiiiii(''. d'un hlanc sale, unicolore, lisse, glabre, hygrophane; pied 
glabre, élastique, subflexueux , d'abord plein, puis creux; feuillets /ai- 
blement décurrents, peu serrés, blancs. 

Dans les bois, en automne, parmi les mousses, le gazon. Commun. 

Comestible. On le vanle comme coudimenf. 



DESCRIPTIONS. 71 



Ag. géotrope {Ag. geotropus), Bull., t. 573, fig. 2, 

Grev., t. 41. — Huss., I, t. 66. — Sow., t. 61. — Batsch, fig. 204. — 

Fr., .^«"cn, 239, 

Ce Champignon a le chapeau charnu , d'abord convexe , puis plane 
et enfiii en entonnoir, mais mamelonné au centre et à hord légère- 
ment replié en dessous, à surface lisse comme du satin, de coideur 
blanche, tirant quelquefois sur le jaune; la chair blanche; les feuil- 
lets très-décurrents , inégaux, simples, assez nombreux, droits, aigus 
aux deux extrémités, d'abord blancs et enfin de la couleur du chapeau ; 
le pied long de 8 à 10 centimètres, blanc, plein, compacte, fibril- 
leux, atténué par le haut, parfois velu à la base. 

Il croît communément à terre , dans les bois , en automne. Comes- 
tible. 

Les Comtois le vendent avec le Mousseron de Suisse. On le mange 
aussi dans le midi de la France. Badham le regaixle comme un des 
meilleurs et des plus sains. 

Il faut éviter de le confondre avec VAg. nébxdaris. Ce dernier est 
malfaisant ou tout au moins suspect. 

Ag. gigantesque {Ag. giganteus), Sow., t. 244. 
Huss., I, t. 79. — Fr., U2ncr., 229. 

Champignon de grande taille, entièrement d'un blanc alulacé. Son 
chapeau , en forme d'entonnoir , a quelquefois près de 30 centi- 
mètres de diamètre; il est charnu, mince, se fendillant; à superficie 
d'abord humide, couverte d'un duvet entrelacé, plus tard elle devient 
squameuse; feuillets très-serrés , légèrement décurrents , passant du 
blanc au jaune. Pied solide, dur, épais, égal, lisse, long de 6 à 7 
centimètres. 

On peut le manger en toute sécurité. Odeur faible, mais agréable; 
saveur douce. 

Il vient en septembre, dans les bois , les friches, par groupes , for- 
mant le plus souvent des cercles de grande dimension. Assez rare. 

Ag. gris cendré {Ag. gilvns), Pers., Syn., 367. 

Batsch , t. 37, fig. 204. — Boit., t. 22. — Letell., t. 670. _ Fr., var. splendens. 

Epier., 238. 

Chapeau charnu, compacte, large de 8 à 10 centimètres, d'abord 
convexe, puis déprimé, mais à peine infundibuliforme , très-glabre, 



72 LES-CIIA.MI'IGNONS. 

luisant, Immide par les temps pluvieux, de couleur f\uive gris-cendré; 
i'cinWcls très-décurreiits , serrés, minces, souvent rameux , incarnat 
pâle Oïl ocracé ne passant pas au roux; pie(l charnn, solide, terme, 
non élastique, à peu près cylindriipie, blanc, glabre, fistulcux avec 
l'âge, long de 5 à 7 centimètres, villeux à la base. 

Cette espèce vient à terre dans les bols, parmi les mousses et les 
feuilles; sa cbair est blancbe et d'un goût agréable. Comestible. 

Ag. entonnoir (.If/. infiouUbuUfovmis), Schrolt'., t. 212. 

Berkl., t. 5, fig. 2. — Fr., Epier., 231. — Ag. suavis, Pers., jiTyc., 85. — 
Af/. r/ibbus, id. , 84, et Ag. stereopus, id., 109. — Aj. cyathif orrais , Bull., 
t. 248, fig. B, D, et t. 575, fig. F, G. 

Ce cbampignon peu cbarnu , se desséchant facilement , rarement at- 
taqué par les vers, sub-coriace, a le chapeau jaune pâle, tirant sur le 
cannelle, mince, uni, creusé en coupe ou en entonnoir, mais à centre 
un peu proéminent, large de 4 à 6 centimètres, à bords si- 
nués; les lamelles d'un blanc pâle, étroites, inégales, minces, termi- 
nées en pointe aux deux extrémités, décurrentes sur un pédicule de la 
couleur blanc pâle des feuillets, assez grêle , nu , {ilein, long de 4 à 5 
centimètres, fibreux, évasé à sa partie supérieure, et légèrement renflé 
à la Ijase , qui adhère par un duvet assez dense aux feuilles tombées 
à terre. 

On le trouve communément , à la fin de l'été et en automne, dans 
les bois, solitaire ou en petits groupes, à terre, sur la mousse, les 
fouilles mortes. Comestible. 

Sa saveur est un peu astringente, son odeur agréable. 

Éviter de le confondre avec VAg. inversus, champignon suspect. 

Ag. retourné {Ag. inversus), Scop., Carn., p. 445. 

Scliseff"., t. Ci5. — .Sow., t. 186. -^ Huss., II, t. 43. — Fr., Epier., 240. — 
Ay. infmidibuU/onnis, Bull., t. 553 {ex parlé). 

\'Afj. inversus a le rhapoau chanm. fragile, large de 5 à 6 
centimètres, con\e\e d'ahord, puis en forme d'entonnoir , lisse, de 
couleur brun roussâtre d'abord, ensuite couleur de tan, a bord mince, 
recourbé; les feuillets très-décurrents, simples, peu serrés, d'un blanc 
pâle et à la fin de la couleur du chapeau; le pied plein, puis spon- 
gieux, puis creux, nu, mince, ferme, lisse, de la couleur du chapeau, 
(pielquefois recourbé; chair pâle, odeur acidulé. Non commun. 



DESCRIPTIONS. 73 



Il vient dans les bois, souvent en touffes. 

L'Ecluse range cet agaric parmi les champignons j)e»'rl!^c^e^f£c. Paulet 
et Kickx le tiennent pour fort suspect,. 

Ag. laque {Ag. laccatus) , Scop. 

Schœif., t. 13. — Grev., t. 249. — Batt., t. 18, fig. G, 1. — Krombh., t. 43, 
fig. 17-20. — Hiiss., I, t. 47. — Sow., t. 187 et t. (34. — Boit., t. 41, fig. A, 
et t. 63. — Berkl., t. 5, fig. 3. — Buxb., t. 30, fig. 1. — FI. dan., 1249. — 
Fr., Eincr., 279. — Âç/. amethysteus, Bull., t. 570, fig. 1. 

Cet agaric, de couleur violet-améthyste à sa naissance, devient 
ensuite roux de chair ou jaunâtre. Son chapeau , large de 4 à 6 
centimètres au plus, est d'abord hémisphérique, régulier, ensuite con- 
vexe, puis déprimé au centre, à bords sinués, à sitperficie sèche, 
comme farineuse. Les feuillets sont d'un violet plus ou moins foncé, 
rares, épais, inégaux, légèrement décurrents sur le pédicule. Ce pédi- 
cule , cylindrique , haut de 5 à 7 centimètres , nu , grêle , plein , 
filandreux, continu avec le chapeau, est garni au bas de fibrilles ra- 
dicales. 

On le trouve fréquemment dans les bois, en automne , soit solitaire, 
soit plus souvent réuni de deux à quatre ensemble. 

Comme il est peu charnu , on le recherche peu , quoiqu'il soit 
comestible ; on rejette le pédicule comme trop coriace. 

2c Tribu. L,entinus {lentus, flexible). 

Espèces épiphytes; feuillets à bord denté, ne se détachant pas faci- 
lement du chapeau. Plusieurs espèces sont pourvues d'une cortine peu 
apparente et qui disparaît promptement. 

Genre pour quelques auteurs. 

Ag. Lent, tigré {Ay. Lent, tigrinus), Bull., t. 70. 

Batt., t. 12, fig. A, B, C, D. — Sow., t. 68. — Pers., 3Iijc., 71. — Lentinus 

tigriniis, Fr., Epier., 14, 15. 

Var. Ay. Dunalii, DC, Fl.fr. — Bull., t. 36. — Saint- Amans, t. 12. 

Berkl., t. 15, fig. 2. 

Champignon })eu cliarnu, coriace, mince, blanc, dont le chapeau ar- 
rondi, mais le plus souvent de forme irrégulière, large de 5 à 8 
centimètres, est toujours ondjiliqué, c'est-à-dire creusé en entonnoir, 
avec les jiords rabattus, marqué de petites pjeluchures ou squames 



74 LKS CHAMPIGNONS. 

briDies cm grif^ fauve , comme soyeuses, nombreuses, somldanl aller 
du centre à la circonférence. Les feuillets sont d'un blanc pâle, nom- 
breux, inégaux, étroits, sinueux, (inement crénelés sur leur tranchant, 
les plus courts coupés brusquement, les plus longs terminés en pointe 
et décurrents sur un pédicule tortueux , long de 4 à 5 centimètres , 
grêle, à peu près cylindri({ue, mais s'élai'gissant \nn\v se continuer avec 
le chapeau, le plus souvent squameux, et quelquefois pourvu (l'une 
cortine, à peine api)arente et qui disparaît promptement. 

il cioîl solitaire ou en toufles parfois nombreuses, en été et en au- 
tomne, sur les vieilles souches des saules, des peupliers, de l'orme etc. 

Comestible ; fort agréable au goût et à l'odorat; chair ferme. 

h'Arj. (Lentinus) umbellatus, Fr., Epier., 31, est aussi comestible. 
Paulet dit l'avoir mangé plusieurs fois, et l'avoir trouvé de très -bon 
goût; il est rare en France. 



OcHROSPORES. Spores ochracées. 
3" Tribu. F*ax.îllus (paxillus, pieu). 

Feuillets se détachant facilement du chapeau ; pas de collier. Geni'e 

pour quelques auteurs. 

Ag. Fax. enroulé {Ag. Pax. involutus), Batsch, t. 13, fig. 61. 

Buxb., t. 26. — Schaîff., t. 71, 72 , et t. 252. — Sow., t. 98. — Berkl., t. 12 , 
fig. 5. — Batsch, t. 13, fig. 61. — Paul., t. 62 et t. 63, fig. 1. — Af/. con- 
t'ujuus, Bull., t. 240 et t. 576, flg. 2. — Paxillus 'mvolutus, Fr., Epier., 4. 
— Bhimovis involuta, Eabh. 

Champignon entièrement dé couleur fauve sale ou jaune terreux , à 
[)édicule cylindrique , plein , nu , charnu , solide , souvent tortueux, et 
quelquefois excentrique , long de 4 à 5 centimètres , continu et 
s'élargissant avec le chapeau. Le chapeau , d'abord convexe , puis 
plane et enfin déprimé au centre, souvent irrégulier, a 12 à 14 
centimètres de diamètre, les bords, dans le jeune âge, roulés en des- 
sous, tomenteux et tnarqués de stries ou comme cannelés. Les feuil- 
lets, un peu plus pâles que le reste de la plante, sont nombreux, iné- 
gaux, droits, quelquefois anastomosés, minces, atténués aux deux 
extrémités, un peu décurrents sur le pédicule , se détachent aisément 
de la cliaii- <hi chapeau, avec laquelle ils semblent n'être que contigus; 
moniliformes à leur base. 



DESCRIPTIONS. 75 



Il croit solitaire ou en petits groupes dans les bois, en été et en au- 
tomne; très- commun. La chair et les feuillets deviennent de couleur 
fauve terreux, lorsqu'ils ont été meurtris; chair de la couleur du cha- 
peau ; odeur fongique ; saveur faible. 

Il est comestible. On le mange en Allemagne et en Russie; je l'ai 
mangé plusieurs fois. Dans certaines années, on le trouve en si grande 
abondance, qu'il pourrait être une ressource pour les pauvres. 

OMI*HALIA.. 

lï-e Tribu (type). 

Ag. de rautomne {Ag. brumalù), Fr., Upicr., 260. — Bull., t. 278. — Dans les 

bois et les bruyères, surtout eu novembre. 
Ag. en marmite [Ag. cacahus), Fr., Epier., 246. — Sous les sapiuS. 
Ag. campanelle [Ag. campanella), Batscli. — Schseff., t. 230. — Nées, fig. 191. 

— Sur les troncs du pin. 

Ag. en bassin {Ag. catinus), Fr. [décrit). 

Ag. tirant sur le blanc {Ag. candicans), Pers., Syn., 385. — Bull. t. 575 , fîg. E. 

Fr., Epier., 214. — Dans les endroits humides des bois, sur les feuilles 

tombées. 
Ag. couleur de cerf [Ag. cervimis), Hofïin., t. 2, fig. 2. — Nées, JS'yst., fig. 174. — 

Fr., Epier., 242. — Dans les mousses, tardivement. 
Ag. blanc verdâtre {Ag. chrysoleucus) , Fr., Epier., 447. — Ag. mollis, Bull., t. 38- 

— Sur les troncs pom-ris. 

Ag. contractile {Ag. clusilis), Fr., Epier., 356. — Ag. iimbilieatus , Bull., t. 411, 

fig. 2. — Boit., t. 17. — Dans l'herbe des bois , les feuilles tombées. 
Ag. cupule {Ag. eupularis), Bull., t. 554, fig. 2. — Sur la terre. 
Ag. en coupe {Ag. cyathiformis) , Bull, [décrit). 
Ag. des bruyères {Ag. erieetorum) , Bull., t. 551, fig. 1. — Fr., Ejncr., 249. — 

Commun près des chemins, dans les champs exposés au soleil. 
Ag. epichysium {Ag. epichysium) , Pers., Icon. pict., t. 13, fig. 1. — Fr., Epier., 

459. — Sur les bois humides. 
Ag. pâlissant {Ag. expallens),'PQXS., Syn.,^M. — Ag. cyatidformis , Bull., t. 575, 

fig. G, I. — Fr., Epier., 252. — A terre, dans les lieux sauvages. Variété 

probable de VAg. cyathiformis. 
Ag. fichet {Ag. Fibida) , Bull., t. 186 et 560, fig. 1. — Fr., Ecrier., 478. — Dans 

les lieux humides, au printemps et en été, les mousses, les gazons 
Ag. flasque {Ag. flaccidus) , Sow. {décrit). 
Ag. vacillant {Ag. Jluxilis), Fr., Epier., 524. — Sur les mousses des troncs 

d'arbres. 
Ag. parfumé {Ag. fragrans), Sow. {décrit). 
Ag. géotrope [Ag. geotroinis) , Bull, {décrit). 
Ag. gigantesque {Ag. glganteus) , Sow. {décrit). 
Ag. gris cendré {Ag. gilvus), Pers. [décrit). 
Ag. effilé {Ag. gracillimus) , Weinm. — Vaill., p. 71, n" 6. — Y'w, Epier., 479. — 

Dans les lieux marécageux, sur les chaumes. 
Ag. gris pâle (Ag. griseo-iudliddis) , Desm., n*^ 120. — Ag. griseohis, Vers., Myc, 

137, t. 28, fig. 3. — A terre, le lunç des chemins, dans les champs, les 

jardins. 



70 LE.S CHAMPIGNONS. 



Ag. hépatique {A(/. hejmticm), Batscli, fig, 211. — Kr. Epier., 457. — Dans les 

cliamps, sur les chemins. 
Ag. hydrogranime {Atj. lijjdroijrammus), Bull., t. 564, fig. A. — Fr., 7y>/rr.,449, 

— Afj. streptopiis, Pers., J/yc, 127. — !5ur les feuilles du hêtre, dans les 
lieux humides. 

Ag. en entonnoir {Af/. infuncî'tbidiformis), Schseff. {décrit). 

Ag. retourné [Ay. invemus), Scop. (décrit). 

Ag. laque {Aff. laccatus), .Scop. ^décrit). 

Ag. très-gi-and [Ag. maximum), Mh. et Schw. — Buxl). — Fr., Epier., 230. — 

Afj. stereopus, Pers., Myc, 109. — Dans les hois, sur les feuilles mortes; 

odeur agréable. 
Ag. dicolore {Ag. nietachrons) , Fr., Epier., 262. — Weinm. — Krombh., t. 2 , 

fig. 22. Dans les bois très-secs, au milieu des feuilles; odeur nulle. 

Ag. des murailles {Ag. muralis), Swartz. — Fr., Epier., 466. 

Ag. jarre {Ag. obbatus) , Buxb. — Bull., t. 248, fig. C. — Fr., Epier., 253. — 

Dans les plantis. 
Ag. cloporte {Ag. Oniseus), Fr., Epier., 462. — Dans les endroits tourbeux et 

mousseux, en groupe; rare. 
Ag. analogue {Ag. piarilis) , Fr., Epier., 237. — Ag. ohliquiis, Pers., Icon. j^lct., 

t. 13, fig. 3. — Ar/. clmlcarius , Pers., Mye., 136, t. 26, fig. 7. — Dans le& 

bois ; plus grand pendant l'été qu'à la fin de l'automne. 
Ag. phyllophile {Ag. plujllophilus), Pers., FI. dan., t. 1847. — Schaeflf., t. 207.— 

Fr., Epier., 211. — Sur les feuilles tombées, surtout celles du hêtre. 
Ag. poli {Ag. poUtus), Pers., Syn., 463. — Dans les bois. 
Ag. pruipeux (Ag. pruinosus), Lasch. — Bull., t. 568, fig. 1. — Fr., Epier., 256. 

— Sur les troncs et dans les bois de pins, où il y a de la mousse, en au- 
tomne, tard. 

Ag. en boîte {Ag. ijyxidatus) , Bull., t. 568, fig. 2. — Dans les champs, sur les 

chemins, en automne. 
Ag. rustique {Ag. rustieus), Fr., Epier., 463. — Dans les bruyères, les lieux in- 
cultes. 
Ag. scyphifonne {Ag. scyphif orrais) , Fr., Epier., 464. — Sur la terre nue ou 

parmi les mousses. 
Ag. scypboïde (Ag. seyphoides) , Fr., Ejncr., 455. — En groupes, dans les terres 

couvertes d'herbe et de mousse. 
Ag. sphagnicole {Ag. sphagnicola) , Berkl., Uutl., p. 131. — Sur les sphaignes. 
Ag. brillant {Ag. spilmdens) , Pers., Syn., 375. — Fr., Epier., 238. — Variété de 

VAg. gilvus. 
Ag. à petites écailles {Ag. squamidosus) , Pers., Syn., 369. — Fr., E2ncr., 232. — 

De bonne heure, dans les bois de pins, les gazons, sur le bord des chemins. 
Ag. odeur suave {Ag. suaveolens), Schum., FI. dan., t. 1912, fig. 1. — Fr., 

Epier., 259. — Ag. hedeosmus, Pers., 3Iyc., 121. — Dans les mousses, et 

plus souvent dans les prairies. 
Ag. trompette {Ag. -Tuba), Va.n\., t. 65, fig. 2-6. — Fr., Epier., 2A8. — Dans les 

feuilles , celles du pin suiiout. 
Ag. ombellifère (Ag. umbelliferits), Lin. — Fr., Ejncr., 467. — Ag. pseudo-an- 

drosaceus, Bull., t. 276. — Sur les bois cariés, dans les haies épaisses, les 

marais tourbeux. 
Ag. ombiliqué (Ag. umbilicatus) , Schseff., t. 207. — Fr., Epicr.,4bO.—Ag. phœoph- 

thalmus, Pers., Myc, 108. — A ten-e et sur les racines des arbres. 
Ag. ombratile {Ag. umbratilis), Fr., Epier., 474. — Weinm. — Sur les bords 

des fossés. Vénéneux. 



DESCRIPTIONS. 77 



Ag. tremblotant (Âg. venfosus) , Fr., Epier., 448. — Bull., t. 564, fig. B. — Sur 

les bois de hêtres. 
Ag. stigmatise {Ag. vibecinus), Fr., Epier., 258. — Ag. cyatMformis, Bull., t. 575. 

fig. K, L. — Dans les mousses, surtout clans les bois de pins, au bord des 

marais, en groupe. 

2^ Tkibu. — Lentinus (Leucospores). 

Ag. Lent, colimaçon {Ag. Lent, eoehleatus), Fr., Epier., 35. — Sow., t. 168. — 

Berkl., t. 19, fig. 4. — Sur les troncs de différents arbres. 
Ag. Lent, de Delastre {Ag. Lent. Delastris), Lév., Ann. des se. nat., 1844. 
Ag. Lent, de Dunal (Ag. Lent. Dunal'd) , DC. — Fr., E2ncr., 15. — Batt., t. 12, 

fig. A. — Berkl., t. 15, fig. 2. — Sur les saules, les peupliers. — Variété 

de VAg. tigrinus, pour M. de Seynes. 
Ag. Lent, humidifère {Ag. Lent, liumeseens) , Lév., Ann. des se. nat., 1848, 121. 

— Dans la France méridionale. 

Ag. Lent, gracieux {Ag. Lent, lepideus), Sow., t. 382. — Fr., Epier., 16. — 

Schseff., t. 29, 30. — Sur les vieux bois de pins. 
Ag. Lent, d'apparence ligneuse {Ag. Lent, suffrutesceiu), Fr., Epier., 32. — 

Schseff., t. 249. — Sur les bois travaillés. 
Ag. Lent, tigré {Ag. Lent, tigrinus), Bull, {décrit). 
Ag. Lent, couleur de renard {Ag. Lent, vulpinus), Fr., Epier., 39. — Sow., t. 361. 

— Sur les vieux troncs d'orme. 

3^ Tribu. — Paxillus (Ochrospores). 

Ag. Fax. noir tomenteux {Ag. Fax. atrotomentosus), Batsch, fig. 32. — Paul., 
t. 33, fig. 2-3. — Fr., Epier., 6. — Dans les bois, à terre et sur les troncs. 
Suspect. 

Ag. Pax. filamenteux (^1^. Fax. Jilamentosus) , Scop. — Fr., Epier., 5. — A terre, 
dans les bois. 

Ag. Pax. enroulé [Ag. Fax. involutus), Batsch {décrit). 

Ag. Pax. en aiguière {Ag. Fax. Lepista), Fr., Ejncr., 1. —Paul., t. 47, fig. 3, 4. 

— Dans les bois et les lieux humides. Peut-être variété de VAg.pratensis. 



SÉRIE Vr. — PLEUROPE (Pleuropus). 

(ttXsupov, côté, TTout, , pied). 

Cliampignons à pédicule nul , latéral ou excentrique; feuillets dé- 
currents. La plupart croissent sur les bois et les arbres malades. 

Leucospores. Spores blanches. 
Ire Tribu, i^ieuropus (type). Champignon charnu, non coriace. 

Ag. du houx {Ag. AquifolH), Paul., t. 38. 
Fr., E2ner., 498. 



Cet agaric n'a été signalé que par Paulet, qui le décrit ain.si : Cha- 
peau charnu, mou, d'al)ord convexe, ensuite plane ou déprimé, large 



78 L !•: S Cil A M 1* 1 Ci N i) N .S. 

de 12 à 15 centimètres , rarement régulier , uni, sec, glabre, quel- 
(luefois crevassé, de couleur de buis, feuillets épais , larges, éloignes 
los uns des autres, inégaux, })lus foncés en couleur que le cbapeau, 
(!(■( urrents et s'insérant à la même hauteur à une espèce de bourrelet, 
autour d'un pédicule le plus souvent excentrique, droit, i)lein , solide, 
blanc, nu, et un peu aplati. 

Il vient à terre, en automne, dans les buissons de houx; a une chair 
fine et délicate, un parfum agréable et une saveur qui invitent à le 
tnanger. Ce serait un des meilleurs champignons que l'on connaisse. 
Fries est tenté de regarder VAg. Aquifolii comme une variété de l'yl^. 
Eryngii. 

Ag. du chêne {Ag. dryinus), Pers., Comment., 96. 

Schseff., t. 233. — Nées, Syst., t. 22, fig. 177. — Paul., t. 18, fig. 3, 4. — 
Huss., II, t. 29, 33. — Pers., Ifyc, 46. — Fr., Ejncr., 485. 

Yar. yibhosus, Paul., t. 20, fig. 1. 

Le chapeau de cette espèce est dimidié , convexe d'abord , et bientôt 
aplati, oblique, dur, compacte, large de 6 à 8 centimètres, blanc, par- 
semé d'écaillés formant des taches noirâtres, son bord est tranchant, 
un peu replié en dessous; les feuillets sont étroits, d'inégale longueur, 
arqués, d'un blanc pur , devenant avec l'âge d'un jaune pâle, décur- 
rents sur un pédicule stiblatéral , ferme, plein, suhsquameux , long 
de 3 à 4 centimètres et plus , de la couleur du chapeau , garni 
dans le jeune âge d'un voile blanc, fugace, déchiré, rarement appa- 
rent. 

Comestible. Ce champignon, dont la chair est blanche et prend une 
teinte légèrement jaune lorsqu'elle est coupée ou brisée , a un goût et 
une odeur agréables ; il croît en automne, ordinairement solitaire, sur 
le tronc et les branches du chêne, du pommier et d'autres arbres. 

Ag. de l'érynglum {Ag. Et^jngii) , DC, FI. fr., VI , n" 462. 

Mich., t. 73, fig. 2. — Paul., Champ., t. 39. — Vittad., t. 10, fig. 2. — Nouï. 
et Dass., Champ., t. 21, fig. A. — Fr., Ejncr., 499. 

Noms vidgaires : Ragoule , Gingoule , dans le nord de la France; 
Brigoule , Ringoule , Bérigoule , Boulingoule , dans le midi ; Béigoula , 
Couderlo, en Languedoc; Oreillette, Oreille de chardon, dans le Ni- 
vernais; Corgne, Panichaou, en Provence. 



DE>SCRIPTIONS. ' 79 



Cet agaric est plus délicat que le champignon de couche, quoique 
peu odorant et peu savoureux. Il croît, en octobre, sur les racines 
mortes du chardon Roland {Eryngium campestre) , dans les terrains 
sablonneux et secs; son chapeau charnu, lisse, de couleur roux pâle ou 
gris fauve , est large de 5 à 8 centimètres , arrondi ou irrégulier , d'a- 
bord convexe , puis un peu déprimé au centre , avec les bords roulés 
en dessous ; ses lames sont blanchâtres , inégales , peu serrées , aiguës 
aux deux extrémités et décurrentes sur le pédicule, lequel est nu, 
court, plein, ferme, blanchâtre, droit, cylindrique, central , mais plus 
souvent excentrique. Rare. 

kg. géogène (Ag. geogenius) ,I)G. 

Mich., t. G5, ûg. 2. — Fr., Epier., 507. — Ag. leporînus, Pers., Myc, 39, 
et Ag. Aui-icula, id., Myc, 67. 

Var. alba, Paul., t. 25, fig. 1, 2. 

Champignon presque membraneux , glabre , luisant , sub-visqueux 
par les temps humides , haut de 6 à 7 centimètres , large de 5 à 
6, de couleur fauve ou terre d'ombre, dimidié, dont les bords laté- 
raux , en se rapprochant , forment un entonnoir fendu jusqu'à la 
hase, et sont ondulés, irréguliers, réfléchis. Ses feuillets, très-nom- 
breux, surtout à la circonférence, inégaux, minces, serrés, blancs, se 
prolongent en petit nombre jusqu'à la naissance d'un pédicule laté- 
ral, court, recourbé, canaliculé en dessus, tuhéreux ou un peu renflé 
à la hase. 

h^Ag. geogenius, qui ressemble beaucoup à VAg. petaloides , se 
mange dans les environs d'Aigues-Mortes, dit M. de Seynes, confondu 
sous le nom de Bérigoule avec VAg. Eryngii; il est même estimé 
comme alignent. Néanmoins ce champignon serait dangereux, s'il est 
le même que VAg. geogenius de Paulet , var. alha, lequel , expéri- 
menté par cet auteur, aurait fortement incommodé un chien. 

Ag. de l'olivier {Ag. olearius) , DC, FI. fr.., VI, suppl., p. 368. 

Batt., t. 13, fig. A, B, et t. 14, ftg. B. — Lai-br., t. 20, fig. 6. —Paul., t. 23, 
et t. 24, fig. 1-7. — Vivian., t. 50. — Pers., 3Iyc., 62. — Tulasne, Ann. 
des se. nat., t. 20, fig. 1-10. — Barla, t. 24, fig. 1-6. — Fr., Uplcr., 854. 

Nom vulgaire : Champignon de l'olivier. 

Cet agaric, entièrement de couleur orange ou roux doré vif, quel- 
quefois un peu brun en dessus, est charnu. Son chapeau, d'abord cnn- 



80 LES CIIAMI-IUNONS. 

vexe, puis (lépriuiù au LcnUe ou iiiemc eu eulouiiuir, irrégulier, à 
Lords repliés en dessous , est large de 7 à 10 centimètres , et pré- 
sente une surface lisse, sèche, douce au toucher. Les feuillets sont 
inégaux, plus pâles que le chapeau : larges, serrés, très-décurrents 
sur un pédicule, plein, de la couleur du chapeau, à chair fdandreuse, 
central ou plus souvent excentrique, atteignant à peine 6 à 8 cen- 
timètres, presque toujours courbé, plus large à sa partie inférieure. 

Il croît le plus souvent en groupes , sur les racines à Heur de terre 
<1(' l'olivier, du charme, de l'yeuse, de plusieurs autres arbres ou ar- 
brisseaux. On le trouve communément dans les provinces méridionales 
de la France. 

Est vénéneux. Il a ime odeur non désagréable; une saveur légère- 
ment amère ou styptique; la chair d'un blanc jaunâtre ou orange, cas- 
sante, ferme, celle du pédicule étant filandreuse. Les docteurs Destrems 
et Mierge ont vu des exemples bien caractérisés d'empoisonnement 
causé par ce champignon, qui purge violemment, même lorsqu'il 
n'est que mâché. 

Ses feuillets de\iennent phosphorescents la nuit, et communiquent 
une lueur pliosphorescente aux doigts qui les ont touchés; aucune 
odeur n'accompagne cette phosphorescence. 

Persoon et M. Léveillé considèrent l'Oreille du chêne vert, Paul., 
t. 24, fig. 3-4 Ag. {Panus) farneus, Fr., Epier., 1, et l'Oreille du 
charme, Paul., t. 24, fig. 5-7. — Barla, t. 24, fig. 7-9 (Ag. Car- 
pi)ii, Fr., Epier., 865) comme de simples variétés de VAg. olearius. 

Ag. ostracé {Ag. ostreatus), Jacq., t. 288. 

Sowerby, t. 2-41. — Curt., t. 116. — Tratt., fig. 40. — FI. dan., t. 892. — 
Vittad., t. 4. _ Lenz, fig. 19. — Krombh., t. 41. — Huss., IT, t. 19. — 
Ag. dimidiatus, Bull., t. 508. — Letell., 695. — Fr., Epier., 503. 

Var. A. Ag. glandidosus , Bull., t. 426. —Paul., t. 28. 
» B. Ag. gyrinus, Pers., Jlgc, t. 25, fig. 2. 

Noms vulgaires : Couvrose, Poule de bois (Vosges), Oreille denou- 
ret ou Nouret. 

Ce champignon comestible est d'un usage assez général dans les 
Vosges. Sa chair est ferme, blanche; son odeur faible; sa saveur non 
désagréable. 

Il croît en touffes, et le plus souvent imbriqué sur le tronc des ar- 
bres languissants, plus spécialement sur le pommier , au printemps et 
dans les automnes pluvieux; pst rommun. 



DESCKIPTIONS. 81 



Jl a le chapeau cliarmi, lisse, siib-diinidié , eu forme de couque , 
(l'ahord noirâtre , pni^ cendré fauve, et enfin pôle, larye de O à 9 
centimètres et davantage, à Lords recourbés en dessous ; les feuillets, 
décurrents, droits, inégaux en longueur, cVun hkinc pâle, non serrés, 
anastomosés à la- hase, chargés de houppes glanduleuses dans la 
variété A, le plus petit nond^re de ces feuillets atteignant le pédicule, 
qui est latéral, court, épais, maigre à la base. 

* M. Léveillé ne serait pas éloigné de regarder VAg. dimidiatus de 
jjulliard comme distinct de Vostreatus ; ils sont d'ailleurs alimen- 
taires l'un et l'autre. 

Ag. pétaloïde {Ag. ]petaloides) , Bull., t. 22G et 557, fig. 2. 

Batt., t. 9, fig. E. — Pers., SLjc, 34. _ Fr., Epkr., 508. 
Var. Aij. spathidatus, Pers., Ohs., t. 4, fig. 1, et J/yc, 11° 35, t. 25, fig. 5. 

Champignon dimidié , peu cliarnu, mince, large de 6 à 7 centi- 
mètres, de couleur fauve pâle ou cendrée, à superficie sèche et 
comme farineuse, à bords sinués, rabattus, ayant la forme d'une spa- 
tule ou d'un pétale dont l'onglet serait prolongé; les feuillets d'un 
blanc cendré ou faiblement jaunâtre, nombreux, droits, inégaux, 
étroits, décurrents sur un pédicule, latéral, blanc, nu, comprimé, 
long de 1 à 3 centimètres, continu avec la chair du chapeau, creusé 
en gouttière en dessus et marqué en dessous de veinules longitudi- 
nales, qui sont la continuation de la décurrence des feuillets. 

Il croît à terre et sur les souches enterrées , dans les parties arides 
des bois et le long des chemins , en septembre et en octobre, solitaire 
ou en groupes de deux ou trois individus. 

Il a l'odeur de la farine récente; une saveur (j[ui n'est pas désa- 
gréable; se pèle facilement; chair cassante. Comestible. 

Ag. du saule [Ag. salignus) , Hoffm. — Pers., Syn., 428. 

Tratt., t. 4, fig. 8. — Paul, et Lév., t. 17, 18, et t. 20, fig. 2,3.— Fr., Eirlcr., 
504. — Ag. alloclirous, Pers., Myc, 44. 

Il est de grande taille , a le chapeau large de IC à 20 centi-. 
mètres, sub-imbriqué, charnu, dimidié ou dilaté en éventail, convexe- 
plane, glabre, lisse, quelquefois gercé, de couleur noisette ou café au 
lait, déprimé à sa base. Les feuillets, assez rapprochés, sont minces, 
larges, d'inégale longueur, blancs ou nuancés, de la couleur du cha- 

6 



82 LE8 ( Il AMi'KlNON.S. 

[u'aii, iiiin glanduleux, ai|^us aux deux cxtréinilés, svli-ra meu.c , éi'o- 
(l(''s , dccurrents. Le pédicule est court, blanc, tomenteiix , plein. 
ferme. 

Viviani émet le doute si ce cliampignon n'est pas une variété de 
r.lf/. o^treatus On le trouve non communément dans l'arrière-saison, 
solitaire ou par groupes peu nombreux, sur les vieux troncs d arlires, 
et ]ilu< ])atli(ulièrement sur les troncs de saules, de peupliers et de 
noyers. Jeune, il est délicat à manger , et recherché des amateurs; 
vieux, il devient noir et coriace. 

Ag. marqueté {Ag. tessulatus), Bull., t. 513, fig. 1. 
(PI. XYIII, fig. 1.) 

l'ers., Jlyc, n° 47, t. 23, fig. 4, et qo G3. — Fr., ^wa, 490. 

Comme VAg. ulmarius, VAg. tessulatus a le chapeau charnu, con- 
voxo-plane, glabre, arrondi dans la jeunesse, plus dévelojipé d'un côté 
que de l'autre à la maturité ; il en diffère surtout par un chapeau moins 
large, jaî<He fauve ou ferrugineux,- avec des taches ou marquetures 
d'un jaune plus daiv , i^resque hexagonales. Les feuillets, blancs ou 
blanc jaunâtre , larges , inégaux , serrés , adhérents au pédicule, sont 
échancrés à leur hase. Ce pédicule, long de 6 à 8 centimètres, 
blanc, nu, j^/een, charnu , cylindrique, un peu excentrique, est tou- 
jours recourbé pour donner au chapeau une position horizontale. 

L'Afjf. tessulatus croît, en automne, le plus souvent solitaire, sur les 
arbres languissants, et surtout sur les vieux troncs du pommier et du 
chêne. 

Sa chair, un peu coriace, peut s'employer comme aliment. La sa- 
veur n'est pas désagréable; l'odeur se rapproche de celle de la farine 
récente. Réveil le dit suspect, mais sans preuve. 

Ag. ulmaire {A(j. uhaurius) ., Bull., t. 510. 
(PI. YIII, fig. 2.) 

Sow., t. 67. — Vittad. t. 23. — Noul. et Dass., t. 12, fig. B. — 
Pers., Myc, 64-66. — Fr., Eincr., 489. 

Noms vulgaires: Oreille d'orme, Comparul (ruuliaé, Aoureillo 
d'oulmé. 

Cet agaric croît en octobre , novembre et décembre , solitaii^e ou en 
touffes, .sur le tronc de différentes espèces d'arbres, et plus particu- 
lièrement sur le tronc des ormes languissants. 



DESCKIPTIONS. 



Son pédicule est cylindrique, toujours arqué pour tenir le chapeau 
dans une position horizontale, nu, d'un hlanc sale ou grisâtre, suh-fo- 
menteux, long de 6 à 9 centimètres, charnu, j>^ei>i, ferme ^ con- 
tinu avec la chair du chapeau, auquel il s'insère un peu latéralement. 
Ce chapeau est charnu, compacte, glabre, il peut acquérir jusqu'à 
50 centimètres de diamètre, mais le })lus souvent il en a de 12 à d8 
seulement; il est comme arrondi, d'un hlanc })àle ou gris, mais assez 
souvent marqué de taches arrondies, plus foncées en couleur. Les 
feuillets sont nombreux, larges, inégaux, échancrcs à leur hase, ad- 
hérents au pédicule, d'abord blanchâtres , ensuite d'un jaune sale. R.a- 
rement attaqué par les vers. 

Comestible. La chair, dont la consistance est ferme, compacte, a une 
odeur et une saveur agréables. Ce champignon se pèle difficilement. 



Pleuropus. (Leucospores). 

2c Tribu. I*aims (nom employé par Pline). 

Champignon charnu , mais coriace , se desséchant avec l'âge et se 
conservant par la dessiccation. Genre pour quelques auteurs. 

Ag. (Pan.) en conque {Ag. Pan, conchatus), Bull., t. 208, ciAg. 
dimidiaius , t. 517, fig'. 25. 

(PI. XIX,fig. 1.) 

Krombli., t. 42, fig. 1-2. — Aty. cornucopîœ , Pers., Myc, 42, et Afj. incom- 
tans, Pers., J/?/c., 60. — Scliseff., t. 44 et 45. — Fanus concliatus, Fr., 
Eincr., 5. 

Chape; '1 charnu, mince, irrégulier, excentrique, dimidié, en forme 
de conque ou d'entonnoir, d'abord blanc roussàtre ou couleur can- 
nelle pâle, glabre, lisse, et enfin légèrement squameux : feuillets dé- 
currents, sub-rameux, d'un blanc de chair ochracé, quelques-uns 
anastamosés, aigus aux deux extrémités; pédicule ferme, court, iné- 
gal, à base pubescente. 

Sur les troncs et les rameaux des arbres en toufles. 

Chair ferme, substance coriace, non putrescente ; saveur et odeur 
agréables. Comestible. 



84 LES CHAMPIGNONS. 



Açj. Paii.^ styptique [A<j. l'an. slypHcHs), Liiill., I. J 'iM, i.'l (. 007, ii;^. 1. 

(IM. \IX, n-. 'J.) 

Scliœff., t. 208. — Sdw., t. iny. — FI. dan., t. 832, et t. 1292, fig. ] . — 'l'ratt., 
t. 0, fig. 2. — Kvombh., t. 4^1, fig. 13-17. — Koq., t. 10, fig. 3. — Pers., 
Jlyc, 51. — Panus stjipticus, Fr., Epier., 11. — Boit., t. 72, fig. 1. — 
Biixb., Cent., 5, t. 10, fig. 1. — Orfila, Méd. %., t. 18, fig. 4, et t. 19, fig. 2. 

L'Ag. styptiqno n'a guère que doux à trois centimètres dans son 
plus grand dianièlre, est entièrement de couleur cannelle ou fauve 
clair. 11 a un pédicule nu, latéral, plein, long d'environ 2 centi- 
mètres, qui s'évase à son sommet et se continue avec le chapeau; ce- 
lui-ci est un peu ohlong ou réniforme, quelquefois lobé, avec les 
bords roulés en dessous, parsemé de squames furfuracées, qui s'en 
détachent facilement. Ses lames sont étroites, brunâtres, minces, ser- 
rées, inégales, les plus longues se terminant qucUjuefois toutes à une 
hgue circulaire, qu'aucune ne dépasse. 

Il est assez commun, dans les bois, en automne et en hiver, quel- 
({uefois groupé par étages, sur les troncs d'arbres coupés transversale- 
ment. 

11 n'a pas d'odeur; mais sa saveur, d'aboi'd fade, devient bientôt nau- 
séeuse, 2>ui$ acre et hrvlonie à la bouche et à la gorge. Chair peu 
épaisse, jaunâtre. Coi'iace. 

Vciiéiieux. Il jiurge violemment les animaux, mais ne les tue pas. 

Ag. (Pan.) cintré (A^j. Pan. torulosus), Pers., Syn., 422. 

Batsch, t. 7, fig. 33. — Nces, Sysf., fig. 17G. — Krombli., t. 42, fig. 3-5. — 
Boit., t. 14G. — Pers., Myc, p. 44. — Panus torulosus, Fr., Ejyicr., 4. — 
Paul., t. 26, fig. 3,4. 

lS!o)n vulgaire : Chair de Bavière. 

Chapeau dimidié, se déprimant en entonnoir, charnu, mince, co- 
riace , large de 5 à 8 centimètres, lisse, couleur de chair tirant 
sur le roux, à marge repliée en dessous. Feuillets inégaux, peu ser- 
rés, légèrement crispés, un peu plus pâles que le chapeau, ensuite 
couleur de tan, aigus aux deux extrémités, décurrents sur un pied 
court, oblicpie, épais, recouvert d'un duvet grisâtre. 

Cet agaric, as.sez rare, croît à la fin de Tété et en automne, assez 
souvent en touffes , s\u- les vieux troncs de diverses espèces d'arbres. 



DESCRIPTIONS. 85 



et principalement sur les troncs de bouleau. Sa couleur varie quelque- 
fois, mais elle a toujours quelque chose de rougeàtre. 

Il est très-hon à manger; on en fait un fréquent usage en Alle- 
magne; recherché surtout en Bavjère. 

OcHROSPORES. Spores de couleur ferrugineuse. 
3'- TiRBU. Crei>i<lotus (xp-/iiciç, pantouflle , ouç, oreille). 

Ag. transparent {Ag. trcmslucens) , DC.7F/. /r., Suppl., p. 43. 

Fr., Epier., 8G2. 

Nom vulgaire : Pivoulade de saule, à Montpellier. 

Gliampignon suh-membraneux , à demi -transparent, sessile ou 
pourvu d'un pied, nu, très-court et latéral, ayant le chapeau d'un blanc 
légèrement roussâtre , arrondi ou irrégulier; les feuillets libi'es, in('- 
gaux, d'abord pâles, puis d'un lilas roussâtre. 

Il est comestible, et croit sur les vieux troncs de saule, d'orme et de 
peuplier, aux environs de Montpellier. Les paysans, dit De Candolle, le 
mandent, confondu avec d'autres sous le nom (\o Pivoulade de saule. 

pe TuiBU. — Fleuropus (typcj. — (Leucospores.) 

A"-, algide [Ag. algidus^, Fr., Epier., 523. — FI. dan., t. 1552 et 1556, fij^. 2. — 

xiq. triehotis, Fers., Myc., 3, t. 2G, fig. 9. — .Sur les bois putrides et les 

troues morts du Ijoulcau. 
Ag. appliqué [Ag. applieatus), Batscli, fig. 125. — Bull., t. 581, fig. 2. — Snw., 

t. 301. — Fr., Epier., 528. — Sur les Lois carie's. 
Ag. du houx {Ag. Aquifolii), Paul, (déerit). 
Ag. armoricain (Ag. armoriennus), C'rouan, FI. fin., ]i. 77. — Sur les Lranclies 

mortes du chêuc. 
Ag. garni d'une écorce {Ag. eortieatus), Fr., Epier., 483. — Pers., Mge., n"» 44 et 

59. — Sur les vieux troncs. Bare. 
Ag. oiululé {Ag. eraspedius), Fr., Epier., 483. — Paul., t. 44, fig. 3. — A la hase 

des troncs en décomposition. 
Ag. en gondole {Ag. ejiphelkcformis), Berkl., t. 15, fig. 3. — Fr., Epier., 52G. — 

Sur les tiges mortes de diverses plantes. 
Ag. du dactyle {Ag. JMetyli), Crouan, FI. fin., p. 77. — Sur les tiges elles feuilles 

du dactyle gloméré mourant. 
Ag. racine maillée [Ag. dietyorkizus, DC). — F/, dan., t. 1552, fig. 2. — Sur la 

terre et les bois putréfiés. 
Ag. du chêne {Ag. dryinus), Pers. {d,éerit). 
Ag. de l'erynginm [Ag. Eryngii), DC. [déerit). 
Ag. frangé {Ag. fiimhriatus), B'-lt., t. Gl. — Fr. Eprie., 404. — A la hase des 

troncs cariés du hêtre. 
Ag. géogène {Ag. geojjeniu.t), DC. (d-'erit). 



8(> I-KS ( IIA.MI'KJNONS. 



Ag. glanduleux (.1^. f/lamlulosus), Bull., t. 420. — Sur le tronc des vieux arbres. 

Comestible. — Est-ce une variété de VAfj. osfreatits? 
Ag. du liois uiort (Af/. llipiatilù), Fr., Epier., 405. — FI. dnii., t. 1.507. — Sur 

les troncs d'arhres et les hois pourris. 
Ag. doux (-1//. initia), Ters., Jfijc.,n*'). — Obscrv., t. 6, fig. 3. — Fr., Epirr.,'>\\. 

— Sur le 1)0Js et les rameaux des arLres toinljc's à terre, et surfont du ]iin. 
Commun en automne et dans les hivers doux. 

Ag. nidulant {Ag. nidulans), Pcrs., Tc07i. et descr., t. 6, fig. 4. — Fr., Epier., 510. 

— Assez commun sur les bois qui se pourrissent, le pin, le hêtre. 

Ag. noir (.1//. nif/er), Schwein., EL, p. 2G. — Kohans, ïron. pict., n» 205. — Fr.. 

Ejncr., 527. — Sur les troncs de hois pourri. 
Ag. des oliviers {Ag. olearius) , DC. [décrit). 
Ag. en coquille (J//. ostreains), Jacq. {décrit). 
Ag. miniature (.1^. 2)erinisillus), Fr., Epier., 530. — J'I. dan., t. 1205, i'ig. 1. — 

Sur les rameaux tombés. 
Ag. pétaloïde [Ag. petcdoides\ Bull, {décrit). 
Ag. des vergers {Ag. Pometi], Paul., t. 33, fig. 1. — Sur les troues pourris, (hms 

les jardins fruitiers. 
Ag. du saule {Ag. salignus), Fr. {décrit). 
\g. septique {Ag. septieus), Fr., Ejricr., 520. — Sow., t. 321. — Sur le liuis et 

les rameaux pourris. 
Ag. tardif (.l.y. .<ierotimts), Schrad. — Fr., Epier., 510. — FL dan., t. 1693, fig. 2. 

— Sur les troncs des arbres ù feuillage épais, automne et hiver. 

Ag. blanc cendré (Ag. spodoleucus), Fr., Epier., 501. — Paul., t. 22. — Sur les 
troncs du hêtre etc. 

Ag. légèrement strié [Ag. Htriatulus), Fr., Epier., 520. — Sur les Ijois et les ra- 
meaux tombés à terre. 

Ag. marqueté {Ag. tessulatus), Bull, [décrit). 

Ag. tremblant {Ag. tremulus), Scluïff., t. 224. -^ Fr., Epier., 514. Sur la terre et 
les mousses. 

Ag. de l'orme {Ag. idmariiis), Bull, {décrit). 

Ag. onguiculaire {Ag. ungidcidari^), Fr., Epier., 525. — Pers., Mgc., t. 20, fig. 0. 
Dans les l\'ntes d'écorccs d'arbres, pendant les hivers doux. 

2^ Tribu. — P<inii.<<. — (Leucospork.s}. 

Ag. (Pan.) en conque {Ag. Fan. conchaius), Bull, {décrit). 

Ag. (Pan.) en forme de coupe {Ag. Fan. cyatlnfwmiH), Schajff., t. 252. — Fr.. 

Epncr., 2. — Sur les troncs de pins. 
Ag. (Pan.) de Delastre {Ag. Fan. Delastrii), Mont. — Fr., Epirc., 10. — Sur 

récorce de divers arbres vivants. 
Ag. (Pan.) farncur {Ag. Fan. J'arneus), Paul., t. 24, fig. 3-4. — Fr. , Epricr., 1. — 

Simple variété de VAg. olearius, ])our Pcrsoon et Lévt'illé. — Sur les ti-nncs 

d'yeuse, dans le Midi. — tSusp/eet. 
Ag. (Pan.) puanteur (.l//. Fan. fretor). Corda. Ag. Fan. ftetem, Secr. —Bull., 

t. 517, fig. II, N. — Sur les troncs, dans les contrées méridionales. 
Ag. (Pan.) de Lamy {Ag. Fan. Lamganus), Mont., SglJ., 400. — Sur les troncs 

des chênes, en automne, dans le Limousin. 
Ag. (Pan.) styptique [Ag. Fan. stypticus), Bull, [décrit). 
Ag. (Pan.) cintré {Ag. Fan. toridosiis), Nées {décrit). 



DESCRIPTIONS. 87 



3e TiuBU. — Crepidatus. — (Ociiuospohes.) 

Ag. by-ssoïtlc [Aij. hyssisedus), Pers., Icon. et descr., t. 14, fig. 4, et Ob^., 2, t. 5, 

fig. 8, 9. — Fr., E_[)kr., 86G. — Sur les Ijois pourris. 
Ag. pleureur [A'j. depluens), Batscli, fig. 122. — Fr., Ej^ùcr., 8G5. — Sur la 

terre, sur les mousses, dans les serres. 
Ag. tics bryums {Ay. epihrjjus), Weimni. — Fr., Epier., 864. — Sur les mousses, 

rare. 
Ag. épais (Afj. rrassus), Batt., t. 25, fig. (t. — Paœillns rras'^us. — Fr., Epier., 

8. — Sur les peujîliers, en automne. 
Ag. jonquille (At/.jonquUla), Lév. et Paul., t. 20, fig. 4. — Sur les vieux troncs 

de chêne. Est très-voisin de Vxig. mollis. 
Ag. mou {Ag. mollis), Schœff'., t. 213. — Sow., t. 97. — Huss., I, t. 74. — lîerkl., 

t. 9, fig. 6. — Sur les troues pourris des arbres, le bouleau , le lu'tre et 

même le sapin. 
Ag. palmé {Afj. palmatiis)., Bull., t. 216. — Fr., Epier., 853. — Sur le tronc des 

arbres, en automne. Est bien voisin de VAij. ulmnrins et de IM//. fessu- 

latus. 
-Ag. pannoïde {Ag. pannoides), Fr. — Pers., Myc, n^s 61, 15, 17. — Ag. Unnel- 

lirugns, DC, Fl.fr., suppl., p. 44. — Pers., Mye., 9. — Sur les vieux troncs, 

la sciure, en automne. 
Ag. forme de pezize {Ag. pe?âzoides), Nées, t. G, fig. 18. — Fr., Epier., 868. — 

N'est pas sans analogie avec VAg. violaeeo-fulrus. 
Ag. en trompe {Ag. j^roboscideus), Fr. Ejncr., 860. — El. dan., t. 1072. — Sur 

le bois et les rameaux tombés à terre et putréfiés. 
Ag. transparent {Ag. translucens], DC. (décrit). 
Ag. variable {Ag. vnriedjilis), Pers., Ob.s., t. 5, fig. 12. — Berkl., t. 10, fig. 1. — 

IIuss., I, t. 5. — Dans les bois, sur les troncs et les rameaux tomb('S à 

terre, en autonme et en hiver; commun. 
Ag. roux violacé {Ag. violaceo-fulvus), Batsch, fig. 39. — Fr., Epier., Slu. — 

Ag. elatinus, Pers., Myc., t. 24, fig. 4. — Sur le bois de pin. 



LES CTIAMriGNONS. 



Skuik VFI. — I'1JAT1<:LLI<: {PraWlIn). 

{Pi'dtUiil , pli'', ;^;i/(Mi.) 

F(niillofs so flécoloraiil , ii(''l)nl(Mix ; p(''<li(iili' ccnlial un ou poni\u 
iTuu ((illici". Sjioi'os d'un hiiiii [Hiui'pro ou noirâtre. 

PoRPiiYROSPORES (TTupsupa , pourpro , GTTopa , semeiice). 
Spores d'un lnini juiuipro. 

I""'' TiiTnr. r*sallîota (TrcaXXiov, anin'an, ou; , oroillo). 

Tégniiiciit l;iis<aiil un anneau sur \r jiii'd. 

Ag. des jachères 'A;/, arvonsis), Srlia-iï., t. ^510. :ll 1 . 
(PI. XX, fig-. 2.) 

Sow., t. n04. — i'aul., (7ump., t. 104, iig. 1,2.— Tratt., t. 1, fig. 1. — 
Kr..inl)li., t. 23, fig. 11-14, et t. 2G, fig. 9-13. — Vlttad., t. 20. — Bult., 
t. 52. — Huss., I, t. 77. — - Bcrkl., t. 10, fig. 4. — Badli., t. 6. — Fr., 
/^Jjnrr., 871. — Ar/. edulls , Bull., t. 51 i, fig. N, II. — Pers., Sipi., 301. 

Xoiiis viïlijdires : Poliron. Palurou Manc, Champignon de.s bruyères, 
Houle de neicce. 

C(^\ agaric ressend)lo lioaucoup au cninpcstrit^, avec leijucl ou a llia- 
Ititude de le cnufondrc; il e.<t d'un blanc de neige dans sa jeunesse. 
Son cbapcau cliainn, d'al)ord convexe, pins un ])eu aplati, a de 8 à 
10 cerdiuièh'es de lai'gr'ur. la superficie d'aliord tomenteuse ou l'aii- 
neuse, ijinhrc rnsnile et sèche. Les leuillets, libres, inégaux, plus 
larges vers la circoiderence, de couleur rose tendre ou lila-^, de- 
vieuneu' plus lard iriui noir violacé. Le pied ferme, creux ou spon- 
gieux. Iiaul lie liuil à dix centimètres, est Ijlanc , iiourvu d'un collel 
très-large, retomhanl , onVai virement double, et dont l'extérieur est 
parfois fendu eu l'ayons. 

On le trouve fréquemment, en automne, dans les prés, les ]iàfu- 
rages, les lieux découverts des bois. Odeur et saveur agréables. 

Il est comestible comme VAg. campestris , dont il se distingue par 
sa couleur d'un ])lanc pur, ses feuillets plus pâles, sa chair blanche, ne 
changeant pas de couleur lorsqu'elle est entamée, ses lamelles long- 
temps pâles, sèclies et ne devenant nullement déliquescentes avec 
Page. Malgré ces différences, il est permis de douter que cette espèce 



DESCRIPTIONS. «9 



soit bien distincte de VAg. campestris, le passage de l'une à l'autre étant 
insensible. Persoon, dans une note manuscrite, dit, eu parlant de VAg. 
arvensis : Soluwmodo varietas Ag. carnpestns videtur. Aucune es- 
pèce d'ailleurs ne présente peut-être autant de variétés de dimension , 
de forme, de couleur, que VAg. campestris. 

Ag. champêtre {Ag. camjyestris) , Lin. 
(Pi. XX,fig. 1.) 

Schœff., t. 33. — Sow., t. 305. — Grev., t. 161. — Tratt., t. K. — Batt., t. 45. 

— FI. dan., t. 704. — Nées, t. 24, ûg. 195. — Vent., t. 5, fig. 38-41. — 
Viv., t. 6-8. — Hartz, t. 9 et 60. — Bcrkl., t. 10, fig. 2. — Huss., I, t. 90. 

— A^ittad., t. 6-8. — Krombli., t. 23, fig. 1-8, et t. 26, fig. 14, 15. — Paul., 
t. 130. — Barla, t. 27, fig. 1-13. — Ag. eclulis, Bull., t. 134, et t. 514, 
fig. L, M. — Fi-., E2ncr., 870. 

Noms vidgaires : Cliampi^iion de couche, Cliampiiinon dos ])rù^, 
( Ihampignon du fumier, Patin-on , Potiron, Envinassa, Pradélos, C.n- 
berlas, Rougetto, Bousiquet, Campagnola, Gampagnoulé, Vinois , Mis- 
seron, Saussiron, en Lorraine. 

Ce champignon, dont l'usage est répandu partout, a \\n cliapeau 
charnu, convexo-plane , de couleur roussàtre ou brun bistre, et quel- 
quefois jaunâtre ou même entièrement blanc, large de 6 à 7 centi- 
mètres, à superficie sèche; nnimn squameuse ou p^luchée, rarement 
lisse; des feuillets non adhérents au pédicule, droits, inégaux, sei'rés, 
couleur de chair dans les jeunes individus, puis d'iui rouge vineux et 
enfin noirâtres dans la vieillesse , et sub-déliquescents ; le pédicule 
plein, charnu, cylindrique ou f[uelquefois renflé à sa base, long de 
i à () centimètres, blanc, oi'dinairement glabre, pourvu dans son mi- 
lieu d'un anneau blanc, ])lns ou moins complet et plus ou moins persis- 
tant. 

Cet agaric, à peu près cosmopolite, vient dans les l)ois peu couverts, 
les friches, les champs cultivés, les jardins, les écuries, le plus ordi- 
nairement en touffes, depuis le mois de mai jusqu'en octol)re. On le 
cultive sur couche dans toute l'Europe. 

Il est employé sous toutes .sortes de formes comme aliment et comme 
assaisonnement. Odeur et saveur agréables ; cliair un peu changeante 
lorsqu'elle est divisée. 

On doit se garder de le confondre avec Vj\g. hulhostis eiVAg. jmn- 
therintis, qui sont des poisons; ces deux agarics ont toujours les feuil- 
lets blancs et sonl iionryn d'un volva. 



90 LES CHAMPIGNONS. 



L'/lf/. campestvi>! oflVo do noinl)i'rMisos variéb''s, duos à l'influence 
(le la fulturo ot. do riial)i[al: (|U('li|U('s l)(»t;uiisti>s on onl voulu t'airo (\o< 
espèces ; telles sont : 

L'i4f/. pralicola , N'iltaiL, dont, lo (•lia[tcaii osl, couvci'l de [)Clites 
('•caillos roug"e-chair, ayant une légère teinte lilas-o-illet; 

l'Afj. villaticus, Brond., (h'ijpt., t. 7; _uran(l(' dimension: pied et 
chapeau très-squameux ; 

L'vlf/. rciiornrius, Otto. — Ki-ond)li., t. 'ili. Ul:. 1 HÔ. — - P)ei'kl., 
'• K». li^. !». ^ Paul., Champ., t. 13-2, ii--. 1-L>, dont ranncan est 
large et. cutici'. cl (|ui viiMit dans les serres; 

h'Ag. snh:icoJi(. \'ittad.. cliaiicni luisant, doux; ]iiod allongô, l»ul- 

llCUX. 

\iondialrnl on-^uili' los variétés Buchanani ot elonrjatus, Borkl., 
et, bien d'autres encore, et i)nilialilrmont aussi VAij. sefif/er, Paul., 
t. 132, fig. 3-4. 

M. Lavallo ;i vu, en ISÔl, au .laiiliu lii)lanii|Uo do .MontpoHioi', un 
gi'and nondiii' d.lf/. (v/mj:)esi/'i.s , ijui poilaioat un double coliioi'. 
formé jiar nno double membrane, dont l'extérieur rappelait le volva 
des Amanites. M. de Seynes, de son côté, rappoi'to de-s exemples do 
ce mémo champignon privé de collier, ou n'en présentant (jue des 
lambeaux attachés au chapeau. 

Ag. crétacé {A(/. cretaceus), Vv. 
Tratt., t. 7, fig. 13. — Krombli., t. 26, fig. 1(5, 17. — Fr., F.pkr., 872. 

Ce champignon, entièrement iFun l)lanc de craie dans son premier 
âge, est de taille moyenne. Son chapeau, convexe, plane, charnu, or- 
dinairement //.ssé», d'autres fois gercé ou suh-écailleux , est très-légè- 
j'oincnl tau VI' à son sommet chez les individus adultes; il a 8 à 9 
contimotros do diamètre; ses feuillets, nombreux, inégaux, droits, 
largos à la circonférence, n'adhèrent pas au pédicule; ils s'en écartent 
mémo légèrement; hlancs d'abord, ils se colorent plus tard faible- 
ment en roiKje-chair. Le pédicule est cylindrique, un peu renflé à sa 
l)ase, leplns sonvoit creux, hautde 5à 8 centimètres, parfois ilexueux, 
muni d'un anneau horizontal, large. 

Il croît en juillet, août et en automne, dans les jardins , les vignes, 
les champs cultivés. Il esl comestible, de qualité excellente; son odeur 
est lail)li>. sa saveur agréable; son épidémie, assez épais, se détache fa-^ 
cilement du chapeau. 



DESCRIPTIONS. 91 



Au premier aspect on prendrait ce champignon pour un Lepiola, à 
cause de ses feuillets blancs; plus tard ils deviennent incarnats, et 
passent au fauve lorsque le champignon se décompose. 

Ag. en demi-globe (Ag. semiglobatus), Batsch, fig. 410. 

Sow., t. 248. — Curt., t. 144. — Tirer., t. 328. — Huss., I, t. .80. — Paul., 
t. 150, fig. 4, 5. — Fr., E2nrr., 900. — Ar/. nifens, Bull., t. .5Gr,, fig. 4. 

Un chapeau liémisphérique , peu cliarnu , atteignant rarement 3 
centimètres, de forme semi-orbiculaire, suh-visqueux , luisant , d'nn 
jaune pâle; des feuillets peu serrés, larges, planes, d'un noir nébuleux, 
coupés perpendiculairement vers le pédicule , auquel ils sont adhé- 
rents; un pédicule droit, grêle , long de 6 à 8 centimètres , d'un jaune 
très-pâle, fistuleux, glabre, panctué de noir au sommet, légèrement 
bulbeux à sa base, pourvu d'un anneau meml)raneux : tels sont les 
signes auxquels on reconnaît V Ag. semiglohatuH. 

Cet agaric, très-commun du mois de mai au mois de décembre, 
vient le plus souvent en touffes, dans les prés et les parties décou- 
vertes des bois, sur le crottin de cheval surtout et le fumiei'. 

Il est vénéneux, mais rarement il va donner la mort. On cite cepen- 
dant ime famille entière qui, en France, est morte pour en avoir 
mangé. Du reste, il est d'une trop petite dimension pour qu'on le re- 
cherche, et que l'on songe à en faire mage. A la rigueur, il peut être 
confondu avec VAg. campestris , puisqu'il vient quelquefois sur 
couche, mais sa forme et sa petite taille l'en distinguent essentielle- 
ment, et avec VAg. oréades, mais ce dernier a le pédicule dépourvu 
d'anneau et les feuillets blancs. Il ressemble davantage à VAg. sterco- 
rarius, Fr. , doni il diflere surtout par son pédicule fistidoux, tandis 
que celui de VAg. stercorarius contient une espèce de moelle. Les 
propriétés de VAg. stercorariu.'^; n'ont pas été constatées. 

Ag. des bois (Ag. fujlmticKs) , Sclifi-ff., t. 242. 
Fr., E])icr., 874. — Ag. iumescens, Vivianî, t. :51. 

Cet agaric, ({ui vient en automne dans les bois, est un de ceux qui 
ont une grande ressemblance axecVAg. campestris. Vivianile ditper- 
nicieux; il est au moins fort suspect. Une dame de ma connaissance 
fut incommodée pour en avoir mangé un seul pied, mêlé au champi- 
gnon de couche ordinaire {Ag. campestris). On le l'econnaîtra aux 
siijnes suivants : 



92 LES ClIAMl'IGNONS. 



rii;i|){\ni cliarim. d'alxiid l)l;iiîc , puis d'un gris fnliLiinonx , rrimpn- 
iiiilr, cusiiile ùlalé, siil)-mainol<niné, à .superficie llocculeusc du laiMc- 
menl squameuse; leuillels libres, pressrs, minces, secs, inégaux, (l"a- 
lt()i-(l d'un blanc sale, prenant plus tard iiin" teinte mêlée de fViuve et de 
lilas, atti'iiur's aux deux extrémités, noji adliérents au i)édicule, qui est 
long" de à 8 centimètres, ferme, d'abord plein, ensuite sub-lacn- 
neux, d'un blanc sale, pourvu d'iui collet, distant, siiuplc. La chair du 
chapeau prend une couirur un peu jaunâtre Inisqu'ou la déchire. 

Odeur torlc 



2" TiuiiU. Ilyplioloniîi CY-joc, voile, À(o;/a , frange). 

Tégument laissant une cortine ou des filaments aranéeiix . adhérenls 

à la marge du cliapeau. 

Ag. en fascicule (An. fasclcularis), TInds. 

Boit., t. 29. — Sow., t. 225. — FI. dan., t. 2075. w Krombh., t. 44, fig. 4, 5. 
Paul., t. 107. — Huss., II, t. 15. — Fr., Epier., 90(5. — Ag. pidverulentus, 
Bnll., t. 178. 

(ihapeau charnu, mince, convexe, sub-mamelonné, glabre, large de 
4 à 6 centimètres et plus, de couleur jaunâtre, plus foncée au milieu ; 
feuillets adnés, très-nombreux, atténués, étroits, sub-déiiquescents , 
de cduleur de suufre ou fuligineux verdàtre, recouverts dans leur jeu- 
nesse par une membrane fugace; pédicule creux, mince, ftexueux, 
filjrilliMix . jaune, de même que la chair du chapeau. 

Commun en automne sur les vieux troncs, les arbres toml)és à 
terre. Odeur forle, saveur amère. Il ressemble assez à VAg. suhlate- 
l'iiiufi et à VAg. a'iœodes, dont il partage les propriétés perm'cietfse.s. 

Ag. rouge de brique pâle (Jg. sublateritius), Schfpff., t. 49, fig. G, 7. 

Ih'dw., t. 38. — Huss., I, t. GO. — Krombli., t.'44, fig. 1-.3. — raiil., t. loO. 

Fr., Ejncr., 902. 

Cet agaric, qui est commun et rarement attaqué par les vers , a le 
chapeau charnu, convexe, large de G à 9 centimètres, à surface 
sèche, glabre, do couleur bii(pie fauve, i>lus foncée au milieu, jaune 
vers la marge, celle-ci étant repliée en dessous; les feuillets nombreux, 
inégaux, d'un blanc olivacé ferrugineux, devenant noirâtres avecl'âge, 
adhérents au pi''(licule jtar une nervure. Le pédicule, d'un jauno pâle 



DE^^CUirTIONS. 1)3 



L'u liant, de la couleur du chapeau, prcs({ue luujoui's atténué à la jiai- 
lie inférieure, est cylindrique , le plus souvent jjlebiy rarement droit, 
pourvu d'un collier, placé très-haut et composé de filaments fugaces, 
qui restent attachés à sa circonférence et à la marge du cliapeaii. Chair 
blanche. 

Il vient en automne, an [)ied des arbres ou à terre, en groupes 
quelquefois très-considérables. 

Dangereux. Il a incommodé des animaux sur lesquels on Ta expé- 
rimenté; rien du reste n'invite à en fair^ usage. La chair est compacte, 
l'odeur peu prononcée, la saveur désagréable, nauséabonde. 

3c Tribu. I^sîlocybe {'Ulh^ , mince, xu^v), tète). 

Ni anneau ni cortine; chapeau convexo-plane , à marge primitivement 

recourbée. 

Ag. calleux {Ag. callosus), Fr., Epier., 939. 
Buxb., c. 4, t. 15, fîg. 1. — Pers., Myc, t. 27, fig. 3. 

L'Ag. calleux est de petite dimension. Son chapeau , peu charnu , 
est conique, cutnpa)iulê, uhtus, lisse, glabre, sec, résistant, large ^dc 
2 centimètres, de couleur variable, blanc jaunâtre , livide, avec des 
feuillets adnés, ascendants , ventrus, serrés, d'un noir -fuligineux; 
un pied glabre, nu, fistideux , tenace, pâle, égal, grêle, presque fili- 
forme, long de 5 à 6 centimètres. Il croit dans les gazons, le long 
des chemins, le plus souvent en groupes. 

Cette espèce, dit M. Berkeley, est certainement délétère; mais heu- 
reusement sa taille est trop petite pour que l'on songe à en faire usage 
comme aliment. 

l»'e Tribu. — Psalliota (Pkatelle). 

Ag. ëi-ugmeux {Aij. œruginosus), Curt., FI. Lond., t. 309. — Sow., t. 261. — Fr., 

Epier., 891, — Krombli., t. 3, fig. 27, 28, et t. 62, fig. 11-14. - Huss., I, t. 35. 

— Ar/. cyaneus, Bull., t. 170. — A terre et sur les troncs d'arbres, (Laiis les 

plaines couvertes de gazon etc.; commun. 
Ag. blanc bleuâtre {A>j. albo-cyaneus), Dcsni. — Pers., jVyc, t. 29, fig. 1, 3. — 

Fr., Epier., 892. — Dans les gazons liumidcs, les près. 
Ag. des cliamps [Ag. arvetisis), Schseff. {décrit). 
Ag. auguste {Ag. augustus), Fr., Epier., 869. — Dans les bois, très-rare. — 

Suspect. 
Ag. champêtre [Ag. campestrîs) , Lin. [décrit). 
Ag. crétacé [Ag. cretaeeus), Bull, {décrit). 



«J4 l.KS ( 11AM1'1(;.\()NS. 



Ay. iR-risso {Ay. cchinatus), Kutli, t. ".', lig. 1. — Fr., Epier., 8Su. — Daus les ~ 
jardins, à terre. 

Ag. à graines rouges {Aij. hamatosjyertnus), Bull., t. b\}î>, fig. 1. — Kroni1)li., t. 
3, fig., 21. — Fr., Ejitcr., 879. — Dans les pâturages de la France méri- 
dionale. 

Ag. à graine noire {Aff.melanos2>enmui), Bull., t. 540, fig. 1. — .ScliEcft'., t. 51, Afj. 
jihœospermiis, Fr., 2Ionoyr., p. 413. — Dans les plaines et prairies, en au- 
tomne. 

Ag. cxcre'mentiel (A;/, merdanus), Weinm. — Huss., 1, t. 39. — Buxl)., t. lO, 
fig. 2. — Grcv., t. 344. — Fr., Epier., 898. — Sur les excréments desséchés ; 
rare. 

Ag. ohturé [Aij. obturatus), Fr., Ejncr., 894. ■ — Daus les terrains argileux, au 
])rintemps et en automne; non rare. 

Ag. scmi-glubuleux {Aj. semiglohatus), Batsch [décrit]. 

Ag. des prés {A(j. pratensis), Schseflf., t. 96. Ag. spodophyllus, Kvombh., t., 26, 
fig. 18-22. — Fr., Epier., 873; Monogr., p. 405. — Dans les prés et les bois. 

— Comestible. — Pour M. Léveillé, variété de VAg. campestris. 

Ag. soyeux [Ag. setiger), Paul., t. 132, fig. 3, 4. — Fr., Epier., 875. — Variété de 
VAg. campestris, pour de Seynes. — Dans les bois ombragés, en automne. 

— Comestible. 

Ag. écailleux {Ag. squamosus), Pcrs., Syn., p. 409. — Weinm. — Fr., Epiicr., 
896. — FI. dan., t. 2077, fig. 1, 2. — Berkl., t. 10, fig. 6. ~ Sur les feuilles 
tombées, dans les bois, les jardins. 

Ag. stercoraire {Ag. stereorarius), Fr., Epier., 899. — Weinm. — Bull., t. 566, 
fig. 4. — Sur les fumiers et la ten"e végétale. 

Ag. sauvage {yig. sylvaticus), SchœfF. {dÀeint). 

2^ Triiu". — Hgpoloma (Pratelle). 

Ag. appendiculé {Ag. a2)pendieulatus\ Bull., t. 392. — Fr., Ep)icr., 915. Ag. sti- ■ 
patus, Pers., >Syn., n'^ 310. — Eu touffes, le plus souvent daus l'été et l'au- 
tomne, sur les troncs d'arbres poun-is, les chemins des bois, dans les 
jardins. 

Ag. de CandoUe [Ag. Candollianus), Fr., Epier., 914. — FI. dan.,l'ïA. — Weinm., 
Ag. violaceo-lamellatus, DC, n° 406. — Au printemps, à terre, dans les 
lieux ombragés. 

Ag. à lamelles olivâtres {Ag. cclœodes), Fr., Epier., 905. — Paul., t. 108. — Ag. 
amarus, Bull., t. 30. — Sur les troncs d'arbres et à terre; odeur agréable, 
saveur très-amère. — Suspect. 

Ag. épixanthc (^^. epixanthus), Paul., t. 107. Fr. Ejncr., 222. — Sur les troncs 
d'arbres. 

Ag. fasciculaire (Ag. fascicularis), Huds. (décrit). 

Ag. hydrophile (Ag. hydrophilus), Bull., t. 511. — Paul., t. 110, fig. 1. — Fr., 
Epticr., 916. — Daus les bois, sur les feuilles mortes, les troues, été et au- 
tomne. 

Ag. larmoyant (Ag. lacrymabiindus), Bull., t. 104. — Fr. Epier., 011. — Sur la 
terre et les ti-oncs, été et automne. 

Ag. piluliforme {Ag. pUiâifo^-mis], Bull., t. 311. - Fr. Jlonogr., p. 428. — Sur 
les troncs, les rameaux mousseux et les feuilles tombées daus les bois. 

Ag. silacé (Ag. silaceus), Pers., Sijn., p. 307. — Fr., Epier., 901. — A terre, 
solitaire. 

Ag. rouge de l)rifiue pâle {Ag, sublateritlvs), Schjeff. {décrit). 



DESCRIPTION^^. 95 



Ag. toisomié (Ag. velutînns), Pers., /S'y»., 285. — Fr., Epia:, 912. — Berkl., 
1. 11, fig. 2. — Dans les graviers, le long des chemins, dans une terru grasse, 
et même sur les troncs d'ar1)res. 



3e TiuBU. — Psilocyhe (Pkaïelle . 

Ag. des saljles {Aij. amniojjhilus), Dur. et Lév. ■ — Dans les saljles maritimes, 

isolé ou en groupes peu nombreux, dans le midi de la France, au printemps 

et en automne. 
Ag. roux noir {Ag. airorufns), Scliœff., t. 234. — Ag. montaniis, Pers. — A terre, 

dans les Lois gazonneux et dans les champs pierreux. 
Ag. huileux (Ag. huUaceus), Bull., 556, fig. 2. — Fr., Epier., 932. — Sur les 

fientes, le long des chemins, au printemps et à l'automne. 
Ag. calleux {Ag. callosus),Vv. {décrit). 
Ag. courbe' [Ag. cernuus), FI. clan., t. 1005. — Schseff., t. 205. — Fr., Epia:, 

t. 921. — A terre, sur les feuilles, les bois pourris, ordinairement en touffes^ 

au printemps. 
X^. coprophile {Ag. copiropliilus), Bull., t. 566, fig. 3. — Fr., Epier., 931. — Au 

printemps, dans les terres fumées et les pâturages, au bord des chemins. 
Ag. de la fenaison {Ag. fœnisecii), Pers., Icon.,i. 1, fig. 1. — Berkl., t. 11. fig. 5. 

— Huss., I, t. 39. — Fr., Epier., 925. — En automme, sur les pelouses, dans 

les champs, les jardins. 
Ag. phœnix [Ag. pjlurnir), Mich., t. 73, fig. 1. — Fr., Epier., 918. — Sur la terre 

fumée. 
Ag. physalo'ide {Ag.pliysaloides), Bull., t. 366, fig. 1. — Fr., Epier., 933. — Paul., 

t. 99, fig. 7. — Sur les fientes, le long des chemins, au printemjis et dans 

les lieux où croupissent les eaux, pendant l'hiver. 
Ag. tête charnue {Ag. sareoceplmlus), Vr.,Ep)ier., 929. — • Paul., t. 106. — Sur la 

terre, dans les bois, les gazons; rare. 
Ag. bai-gris (^-l/y. sj^adieeo-grineus), Schaîfr., t. 337. FI. dan., 1. 1673. — Fï., Epier., 

947. — Bull., t. 511. — Sur les troncs et près des trons, dans les bois. 
Ag. spadicé {Ag. spadieeus), Schseff., t. 60, fig. 4-6. — Fr., Epier., 920. — A terre, 

entre les feuilles, au bas des troncs. 
Ag. tégulaire {Ag. tegularis), Sclium. — FI. dan., t. 1958. — Fr., Epier., 938. — 

Sur les terres gazonnées. 
Ag. des marais [Ag. iidus), Pers., %n., no 295. — Fr., Epier., 930. — Dans les 

marais tourbeux. 



4c Tkibu. — Psathysa. (Pkatelle). — ('|aOupoç , fragile.) 
Ni anneau, ni cortine; chapeau campanule, à marge primitivement droite. 

Ag. tête conique [Ag. conophilus), Fr., Epier., 941. — Eg. eonoeepJialus , Bull., 

t. 365. — En novembre, sur les pelouses, dans les jardins. 
Ag. froncé (Ag. corrugis), Pers., Syn., p. 313. — Fr., Eiricr., 942. — Ag. pellosper- 

mus, Bull., t. 561, fig. 1. — Dans les jardins et les forêts omttragées. 
Ag. fibrilleux {Ag. fihrillosus), Pers., tSyn., no 314. — Fn, Epier., 952. — Dans 

les bois humides, à terre, entre les feuilles tombées, rarement sur les 

arbres. 
Ag. pied flexueux {Ag. gyrofexus), Paul., t. 123, fig. 4. — Schseft', t. 212. — Fr., 

Epier., 946. — Dans les gazons humides, sur les racines des arbres. 



LES CIIAM l'icXONS. 



Ay. i-utuiimiix. (.1//. ijossypinus), Bull., t.. 420, llg. 2. — IJult., t. 71, fig. I. — 
l''r., Epkr., 954. — Sur la terre et les chaumes, dans les bois. 

Ag. obtus {A(j. obtusatus), Fr., EjjIci:, 948. — l'ers., <S'^)t., p. 428. — Schicff., t. Od, 
Hg. 1-3. — Vaill., t. 12, fig. 5, G. — Sur les troues de eliêucs, solitaire ou eu 
touffes. 



5^ TuiBU. — CoriNAini; (Coprinarais}.' — I'uatki.i.k. 

MKL.VNusi'uiŒs {>Î2ioi'e$ oioivâtres). 

Feuillets neliuleu.x, ne devenant ni fauves ni pm-purcsccnts: un peu déliques- 
cents; pied fistuleux; distinct du chapeau. 

Les Coprinaires tiennent le milieu entre les Pratelles et les Coprins. 

li"e Tribu. — Fa)ui:ohis (Tràç, tout; aîoXoç, divers). 

Chapeau peu charnu, strie', à marge excédant d'abord les feuillets, qui sont 
tache's de cendré et de noir. Fanœolus (TravouXEuç , très-pernicieux.) 

Ag. en ))ointe {Aff. acuminatus), Batt., t. 22, F. — Fr., Epia:., 967. — Sur le 

gazon, le bord des chemins. 
Ag. ténébreux {Ai/. caHjlnosus), Juugh., t. G, tig. 13. — Vv., Epier., 'JGy. — Dans 

les champs. 
Ag. en cloche {Ag. campanulaius), Lin. — Bull., t. 561 , fig. 2. — Fr., Epier., 

96. — Sur les terres fumées et les gazons, en automne. ^ 

Ag. du fumier {Ag. fimicola), Fr., Epier., 9G8. — Boit., t. 66, fig. 1. — Dans les 

pâturages, sur les fientes d'animaux, au printemps et en été; rare. 
Ag. du terreau {Ag. Jimlputris), Boit., t. 57. — Batt., t. 28, fig. P. — Bcrkl., t. 

11, fig. G. — Bull., t. GG. — Au printemps et en automne, sur les fumiers, 

le terreau, la fiente des bêtes de somme. 
Ag. papillionacé {A(/. pap>ilionaceus), Bull., t. 561 , fig. 2. — Fr., Epier., 964. — 

Au l)ord des chemins, sur le fumier et les feuilles mortes, été et automne; 

commun. 
Ag. des phalènes {Ag. pliahrnarum), Bull., t. 58. — Paul., t. 121, fig. 1. — Fr., 

Epier., 'èb'd. — Sur le fumier. — Cet agaric serait, selon Seyncs, une variété 

de VAg. ptapilionaceus. 
Ag. à anneau distant {Ag. separatus). Lin. — Fr., E^ncr., 957. — Boit., t. 53. — 

Berkl., t. 11, fig. 7. — Ag. nitens, Bull., t. 84. — Commun sur les fumiers. 

2e Tribu. — Psathyrella («jiaÔupo!;, fragile). 

Chapeau membraneux, ù bord n'excédant pas les feuillets, qui sont unicolores. 

Espèce de petite dimension. 

Ag. poudré {Ag. atuiaatus), Fr., Epier., 977. — Sur le bord des chemins, les 

gazons. 
Ag. tigellé {Ag. eaudatus), Fr., Epier., 975. — Paul., t. 124, fig. 1, 2. — Dans 

les jardins et les terres fumées; n'incommode pas les animaux. 
Ag. disséminé {Ag. disseminatiis), Pers., Schœff., t. 308. — Sow., t. 166. — Ag. 

digitaUformis, Bull., t. 22 et 525, fig. 1. — Croît par milliers sur les vieilles 

souches. Bien qu'il soit comestible, sa taille le fera toujours dédaigner, 
-^g- gi'clc {Ag. gracilis), Fr., Epia:, 970. — Dans les broussailles exposées l\ 

rhumidité et les gazons, au priuteiiijis. 



DESCRIPTION. s. 07 



Ag. silluimé (^Ir/. Idascem), Fr., .Ejricr., 972. J^. stiiatus, Bull., t. 552, fig. 2, 

F. Cl. 
Ag. liyclropique (Aij. hydrophorus), Bull., t. 558, fig. 2. — Fr., Ej^rlcr., 964. — Dans 

les jardins. 
Ag. sumbre [Aij. suhatratus), Batscli, fig. 80. — Fr., J^)icr., 909. — Dans les 

gazons des jardins ; non nuisible. 
Ag. subtil {A(/. subtMis), Fr., Uplcr., 980. — Pers., J/v/c, t. 20, fig. 1. — Au 

printemps, sur le fumier de brebis, de chèvres etc. 

3e TraBU. — Bolbltius. (So^^itoç, fiente de bœuf.) 

Feuillets d'abord adhérents au pellicule, devenant humides, mais non 
liciucscents : pied fistuleux. 

Genre pour quelques auteurs. 

Ag. Bol)), de Bolton {^Lff. Bolh. Uoltonii), Fr., Epier., 2. — A(j. Jlavidvs, Boit., 

t. 149. — (Sur le fumier, les tas de feuilles. 
Ag. Bolb. fragile {Ag., Bolh. frayUis), Lin. — Fr., Epier., 3. — Boit., t. 05. — 

Sow., t. 90. — Au bord des chemins. 
Ag. Bolb. jaunâtre (4'/. luieohts), Lasch, no 501. — Fr., Epier., 5. — Sur le 

gazon des jardins. 
Ag. Bolb. chancelant {A<j. Bolh. tituhans), Bull., t., 425, fig. 1. — Sow., t. 128. 

— • Fr., Epier., 4. — Sur la terre et les feuilles mortes, dans les bois. 
Ag. BoUj. jaune d'oeuf {Ag. Bolh. vitelliniis, Pers., Syn., 272. — Fr., Epier., 1. — 

Sur le fumier. 



Sérif VIIL — GORTINAIHE {CoHinaria). 
{Coriuia , tapisserie.) 

Feuillets mcuibraneux, persistant , qui se décolorent en se dessé- 
chant, mais ne noircissent pas; recouverts dans leur jeune âge d'un 
tégument aranéeux, qui laisse des débris, et parfois une cortine ou 
collier filamenteux sur le pédicule. Genre pour- quelques auteurs. 

Aucune espèce de CoHhiaire n'est signalée comme malfcnsante ; 
toutes Cependant ne couvraient pas servir de )iourritnre, car plu- 
sieurs sont amères. 

Les Cordnaires ressemblent aux Pratelles; mais, dans les Pratelles, 
les feuillets noircissent toujours, ce (jui n'arrive pas dans les Corti- 
naires. 

OcHROSPORES. Spores ochracées. 

i'o TiiiBU- tlortiiîaîre (type). 
Chapeau couvexo-plane; lamelles simples, non décurrentes. 

7 



*J8 LEfS CHA.MI'KJNUNS. 



i"' Slt.division. I*lilefçniaeîuni (sXÉYaa , glaire). 

Pclliculo du chapeau visqueuse dans les temps humides; cortine fibi'illcuse, 

sèche ; j)ied également sec. 

Ag. (Cort.) turbiné (.ly. Corl. turbinatiis) , Bull., t. 110. 
l'ers., Si/n., GG. — Cortinarlus turhinatus , Fr., Epier., 38. 

C'est dans les bois ombragés, les bois de bèlres surtout, en été et en 
automne, que .se trouve ce cliampignon cliarnu, dont le cliapeau, de 
couleur fauve pale, est largo de 10 à 12 centimètres, d'abord con- 
vexe, puis plan et enfin un peu dé[)rimé, lisse , viscjueux et suh-lnj- 
grophane par les temps liumides. Ses feuillets, nondjrcux, .serrés, 
tris-entiers, sont terminés en pointeaux deux extrémités, légèrement 
jaunâtres, puis de couleur baie. Le pédicule, épais, bulbeux à la base, 
plein, long de 10 à 15 centimètres, blanc ou jaune-paillc, glabre, 
est pourvu d'un collet fugace, aranéeux. 

Sa cliair, Idancbe, molle, se pèle assez facilement. 

Il est très-agréable au goût et à Todonit, dit Bulliard; il semble 
donc cj[u'on pourrait en inanger sans inconvénient. 

Réveil néanmoins le tient pour suspect. 

2c Subdivision. Inoloma ("Iç, îvo'r, fibre, Xwaa, frange.) 

Chapeau cliarnu , sec, soyeux dès le jeune âge, avec des écailles ou des 
fibres innées ; pied charnu , subbulbeux. 

Ag. Cort. important (.If/. Cort. prœstans), Cordier. 

Champignon de grande taille, ayant le cbapeau large de 12 à 14 
centimètres , cbarnu , convexe , orbiculaire , sub-satiné , de couleur 
marron violacé, à bord légèrement recourbé en dessous dans la jeu- 
nesse; les feuillets inégaux, peu larges, nombreux, se terminant en 
rond près du pédicule, avec un petit prolongement en ci'ocbet. Leur 
couleiu-, d'abord blancbàtre, passe au café au lait clair, ou plutôt au 
cendré clair; le pédicule, fibreux à l'intérieur, ])lane, ferme, cylindri- 
([ue, quelquefois sinueux, grossi et presque bulbeux à la base, sub-sé- 
ricéeux , long de 12 à 14 centimètres, large de 2 1/2 centimètres, 
pourvu cbez les jeunes individus d'un voile aranéeux, blanchâtre, qui 
disparaît cbez les individus adultes. 

Il croît solitaire ou en groupes peu nombreux, dans les bois, à terre, 
en automne; est comestible. 



DESCRIPTIONS. 00 



Cette grande et belle espèce, que je regarde cormne nouvelle, m'a 
été signalée comme alimentaire par M. Mayeur, percepteur à Ancer- 
ville (Meuse). Son odeur est faible, sa saveur un peu prononcée, sa 
chair d'un blanc terne. 

Ag. (Cort.) violacé cendré {Ag. Cort. violaceo-cinercus) , Pers., Syn., 

p. 279. 

Schceft'., t. 3, Cort'inarius rlolaceo-chiereus, Fr., Ej)icr., 88. 

Ce champignon ressemble beaucoup îxwviolaceus ; comme celui-ci, 
il est comesiïhle . Il se trouve dans les bois touflus, presque toujours 
solitaire. Le chapeau, charnu, convexe, violacé pourpré ou violacé cen- 
dré, est couvert de granulations ou de squames cendrées. Les feuil- 
lets, adnés, larges, peu serrés, pourprés , deviennent de couleur can- 
nelle. Le pied, buUjeux, plein, ferme, plus pâle que le chapeau, un 
peu tomenteux, est muni d'un voile aranéeux, qui disparaît bientôt. 

Il n'a pas de saveur et son odeur est peu sensible. La chair du cha- 
peau est d'un blanc sale; celle du pédicule d'un violet rougeàtre. Belle 
espèce; assez rare. 

Ag. (Cort.) violacé [Ag. Corl. vlolacciis), Lin. 

Bocc, t. 301, fig. 5. — Sa: Lut., t. 288. — Hedw., t. 4. ~ Hu^s., I, t. 12. — 
Ag. araneosus violaceus, Bull., t. 250 et 598, fig. 2. — Aj. violaceus , Pers., 
Syn., 32, et Aj. hercinîcus, Pers., Syn., 33. — Coriinarius violaceus, Fr., 
Eincr., 85. 

l'Ag. violaceus est charnu, tout entier d'un violet obscur, son cha- 
peau, d'abord convexe, ensuite plan, sec, velu, comme squameux , 
es': large de 8 à 16 centimètres. Les feuillets, distants, larges, 
épais, inégaux, presque d'un noir violacé dans le jeune âge, adhèrent 
au pédicule, qui est cylindrique , plus ou moins renflé à sa base, sub- 
tomenteux, large de 8 à 10 centimètres, d'un violacé cendré à l'in- 
térieur. Dans la jeunesse, une membrane, si lâche qu'elle semble une 
toile d'araignée, lie les bords du chapeau au pédicule. 

Il croit en août, septembre et octobre dans les bois. Est cornestihle. 



100 LES CIIAMl'KiXoNS. 



3« Subdivision. I>ei*niocyl>e (oepaot, peau; xufiri, lètc). 

Cliapcau mince, d'abord soyeux , ensuite glabre ; pied creux, non 

lu il lieux. 



Ag. (Cort.) cannelle (.1;/. Cort. cinnamomeus) , Lin. 

Schœft'., t. 4. — Batsch, fig. 117. — IIuss., I, t. 30. — Kronibli., t. 71, Hg. '[2 
h 15. — Lctcll., t. 652. — Vaill., t. 12, fig. 12-14. — Boit, t. 156. — Sow., 
t. 205. — Cortinarius cinnamomeus, Fr., Epier., 120. 

LM(/. cinnamomeus y coiuuiun dans les bois, en automne , variant 
de l'orme et même de couleur, a locliapeau cbarnu, mince, obtus, ma- 
melonné, lari^e de 6 à 8 centimètres, de couleur cannelle claire, 
d'abord soyeux ou légèrement squameux, et enfin glabre; les feuillets, 
adnés, fixés au pédicule par luie espèce de dent , larges, serrés , l»iil- 
lants, quelquefois rougeâtres; le pédicule d'abord })lein , iniis creux , 
mince, cylindrique, jaunâtre, de même que le voile, qui est aranéeux; 
l'odeur aromatique. Comestihle ; cliair jaunâtre. 

¥ Subdivision. Xelanionîa (T£Àau.iov, baudrier). 

Pied pourvu d'une espèce de voile aranéeux, formant un anneau ou 
des squames flocconneuses; cliapeau bygropbane. 

Ag. (Cort.) à bracelet {A'j. Cort. arynillatiis), Fr., Epier., 143. 

lIuss., I, t. 19. — Paul., t. 140, fig. 1, 2. — Arj. notatus, Tcrs., Stjh., 71. 
— A[j. aimatocheHs, Bull., t. 527, fig. 1, et t. 596, fig. 1. 

Cet agaric a le cliapeau peu cliarnu, d'abord convexe, puis plane, 
large de 8 à 10 centimètres, à surface sèche, fauve claii' , et recou- 
verte de petites écailles fibrilleuses; les feuillets couleur de rouille ou 
cannelle pâle, inégaux, peu serrés, arrondis à la base, non décurrents ; 
le pédicule, plein, cylindrique, légèrement renflé à sa base, long de 
8 à 9 centimètres, .soyeux, fibrilleux, de la couleur du chapeau, 
marque dans le milieu de sa longueur d'une tache rouge circulaire,. 
Dans la jeunesse, les feuillets sont recouverts d'un collier aranéeux. 

Il croit à teiTe, ordinairement solitaire dans les bois, surtout dans 
les bois de hêtres, à la fin de l'été et en automne, est comestihle, a 
l'odeur faible, la chair d'un blanc sale, le chapeau facile à peler. 



DESCRIPTIONS. 101 



5« Subdivision. Hygrocybe ('VYpoç, humide, xuS-^, tête). 

Pied n'ayant ni anneau ni squames floconneuses , séparé du chapeau 
par une cortine fibrilleuse^ mince, adhérente à \a marge du chapeau. 

Ag. (Cort.) châtain (Ag. Corf. casfcmeus), Bull., t. 268, et t. 527, fig. 2. 
Holmsk., 2, t. 37. — Pcrs., Syn., 75. — Oorfinarius rasfaneus , Fr., Epier., 18(3. 

Ce champignon alimentaire, inodore, de saveur agréable, se trouve 
assez communément en été et en automne , dans les hois, sur la terre 
nue, en touffes peu considérables. 

Son chapeau de couleur marron ou fauve, ordinairement plus pâle 
sur les bords , est lisse , peu charnu , large de 4 à 5 centimètres , con- 
vexe, légèrement mamelonné, souvent concave dans la vieillesse par le 
redressement des bords, qui alors se fendillent. Ses feuillets sont iné- 
gaux, larges, adhérents au pédicule, de la coiUeur du chapeau, phtfi 
pâles sur leur traiichant. Le pédicule, long de 3 à 4 centimètres, plein, 
cylindrique, ferme, de couleur blanche, nuancée de brun violacé, porte 
les vestiges d'un collier, aranéeux, Idanc, peu apparent. 

PoRPiiYROSPORES. Sporos d'un brun pourpre. 
2^^ Tribu. Oompliidius (yoy.aoç, gros clou, de sa forme). 

Champignon en forme de cône renversé; lamelles décurrentes, lé- 
gèrement branchues, à bord aigu; hyménophore se continuant avec 
le pédicule; voile aranéeux. 

Genre pour quelques auteurs. 

Ag. (Gomph.) visqueux {Ag. Gomph. vhcldus), Lin. 
(PI. XXIII.) 

Scliœflf., t. 55. — Sow., t. 105. — Krombli., t. 4 , fig. 1-3. — Letell., t. 603* 
Aff^ Gomphus, Pers., Icon., t. 13, fig. 1-3; ici., Syn., Gl. — GomphidiiLs 
viscîdiis , Fr., Epier., 2. 

Champignon ciiaiiiu , ayant un peu la foi'mc d'un clou, d'où lui est 
venu le nom de Gomplius ou Gomphidius , imposé par quelques au- 
teurs. Le chapeau, roux fauve ou vineux pâle, large de G à 7 centi- 
mètres, successivement conique, convexe, plan, est arrondi, mame- 
lonné, suh-visqueu.r , à hords légèrement recourbés en dessous dans 
le jeune âge. Les feuillets , un peu plus foncés en couleur que le clia- 
peau, sont distants, di-oits, décurrents s^ui' un ])('Mlicnl(', )ilus pâle que 



I(i_> LKS CI! AMI M (; NON. ^. 



!(" cliapeau, lony de 8 à !) ccurnucLro.'^, plein, cv ThhIi'kihc , le \>\\\< sou- 
vent (lexneux et aUénné à la ])ase, strié ou sunannilenx, nnuii dans sa 
ji'unesse d'un cuIIk r lilanienteux, fiip;-ace. 

L'Ag. vificidus croit dans les ])ois de pins en automne. 

(hi le niroirje daxïfi les envi i(»ns d'Aiguës -Mortes. Sa eliair, d'un 
blanc roussâtre, coriace et nullement délicate, se pèle facilement. 
Odeur et saveur faibles. 

V<^ Tribu. — rhlegmacium. 

V Subdivision. — FJdegmacium. — Chapeau visqueux; pied sec, fibrillcux. 

Ag. (Cort.) ondulé {Af/. Cort. anfractus), Pers., t^ijn., 43. — Fr., Epier., 22. — 

Dans les bois touffus, les lieux linniidcs couverts do paille. 
Ag. (Cort.) jaune fauve {A'j. Cort. calloc/irous), Vers., Syn., 41. — Fr., Ejricr., 33. 

— Berkl., t. 12, fig. 3. — Dans les bois de hêtres exposés au soleil; rare. 
Ag. (Cort.) pridé {Ag. Cort, caperatus), Fr., Epier., 1. — E/. dan., t. 1G75. — 

Dans les bois. 
Ag. (Cort.) bleuissant (^1^. Cort. cccrulescens), Fr., Epier., 34. — Schœff , t. 34. 

— Dans les bois. 

Ag. (Cort.) cristallin {Ag. Cort. cristnllinus), Fr., Epier., 51. — Batsch , fig. 11. 

— Dans les bois de hêtres ; rare. 

Ag. (Cort.) vent de mer {Ag. Cort. cumatilis), Fr., Ep)icr., 47. — Ag. crocco-cœ- 

ruleus, Pei'S., Icon. pict., t. 1, fig. 2. — Dans les bois touffus ; rare. 
Ag (Cort.) brillant {Ag. Cort. fidgens), Alb. et Schw. — Schfeff"., t. 24. — Letell., 

t. G4G. — Fr., Epier., 40. — Dans les bois de jiins , les bois toufiiis. 
Ag. (Cort.) glauque {Ag. Cort. glaucopus), Schaîff., t. 53. — Fr., Epier. 81. — 

Dans les bois de pins de jibune. 
Ag. (Cort.) à bord fléchi (^1^. Cort. infractus), Pers., Syn., 283. — Dans les bois 

ombragés. 
Ag. (Cort.) tacheté {Ag. Cort. niaeidosus), Pers., Syn., no 55. — Fr., Epier., 55. 

— Dans les bois de pins; rare. 

Ag. (Cort.) multiforme {Ag. Cort. midtiformis), Fr. , Epier., 25. — Dans les bois. 
Ag. (Cort.) navet {Ag. Napus), Fr., Epier., 27. — Dans les bois de pins. 
Ag. (Cort.) gracieux {Ag. Cort. percomis), Fr., Epier., 15. Dans les bois de sapins. 
Ag. (Cort.) purpurin {Ag. Cort. piurpurascens), Fr., Epier., 35. — Dans les taillis. 
Ag. (Cort.) turbiné {Ag. Cort. turhinatus), Bull, {décrit). 

Ag. (Cort.) varié {Ag. Cort. rai'ins), Schœff., t. 42. — Fr., Epier., 9. — Dans les 
bois de pins des pays de plaines. 

2e Subdivision. — Myxacinm. — (|v.û;a , mucosité.) — Chapeau visqueux. 

Ag. (Cort.) pied chaussé {Ag. Cort. alutipes), Larch. — Lin., no 303. — Fr., 

Epier., 65. — Dans les bois. 
Ag. (Cort.) muqueux {Ag. Cort. coUinitus), Pers., Syn., 30. — Buxb., t. 9. — 

Sow., t. 9. Fr., Epier., 69. — Ag. mueosus, Bull., t. 549, fig. D,F, et t. 596. 

— Krombh., t. 3, fig. 5, et t. 73, fig. 13-15. — Dans les bois et les bruyères; 
est mangé h. Brescia. 

Ag. (Cort.) amptipe (^1^. Co7-t. elatior), Pers., Syn. — Fr., Epier., 69. — Dans 

les bois. 
Ag. (Cort.) luisant {Ag. Cort. nitidus), Schaîfi"., t. 97. — ,Sow., t. 126. -- Fr., 

Epier., 71. — Ag. leiicoxantlms , Pers., Syn. — Dans les buis. 



DESCRIPTIONS. 103 



Ag. (Cort.) couleur de la mer {Ay. Cort. saUor),Fr., Epier., 74 Dans les Lois 

de haute futaie. 
Ag. (Cort.) scintillant {Ag. Cort. vibrrttilis\ Fr. , Epier., 79. — Sous les hêtres. 

3^ Subdivision. — Inoloma. — Chapeau sec, pied charnu, suIjIjuHicux. 

Ag., (Cort.) violet blanchâtre {Ag. Cort. albo-violaceus) , Pers., Syn., n" 49. — 
Fi'., Epier., 89. — Dans les bois fourrés 

Ag. (Cort.) sablé {Ag. Cort. arenatus), Pers., Sgn., n^ 65. — Bull., t. 586. — 
Huss. I, t. 72. — Fr. , Epier., 103. — Dans les bois mélangés des mon- 
tagnes. 

Ag. (Cort.) argenté [Ag. Cort. argentatus), Pers., Sjin., no 39. — Krorabh., t. 2, 
fig. 27. — Fr., Epier., 84. — Dans les bois; rare. — Est peut-être une va- 
riété de VAg. albo-violaeeus. 

Ag. (Cort.) bolaris (^4^^. Cort. bolaris) Pers., Syn. et Icon. piet., t. 14, fig. 1. — 
Fr. , Epier. , 99. 

Ag. (Cort.) de BuUiard [Ag. Cort. BuUiardi), Pers., Syn., no 56. — Bull., t. 431, 
fig. 8. — Fr. Epier., 97. — Dans les bois, touffus. 

Ag. (Cort.) bleuâtre {Ag. Cort. eyanites), Secret., n» 147. — Ag. eyaneus, Pers., 
Syn., n° 30. — Dans les bois humides, plantés de hêtres. 

Ag. (Cort.) important {Ag. Cort. prœstans), Cordier {décrit). 

Ag. (Cort.) odeur de bouc {Ag. Cort. treignnus), Fr., Epier., 93. — Schœft'., t. 56. 

— D^ans les bois de pins des montagnes. 

Ag. (Cort.) violet cendré {Ag. Cort. violaceo-cinerevs), Pers. [déerit). 
Ag. (Cort.) violet {Ag. violaceus), Lin. (déerit). 

4" Subdivision. — Dermocybe. — Chapeau sec, sub-strié ; pied extérieurement 

rigide, creux, non bulbeux. 

Ag. (Cort.) anomal {Ag. Cort. anomalus), Fr., Epier., 115. — Bull., t. 431,fig. 3. — 
Berkl., t. 12, fig. 4. — Ag. eumorphus, Pers., Syn., p. 342. — Dans les en- 
droits retirés des montagnes, des bois etc. 

Ag. (Cort.) collier aranéeux {Ag. Cort. arachnostreplius), Letell., Supp)!., t. 617. 

Ag. (Cort.) tortueux {Ag. Cort. camurus),\^M\\., t. 431, fig. 4. — Fr., Ejncr., 109. 

— Dans les bois coupés. 

Ag. (Cort.) du chien {Ag. Cort. caninus), Fr., Epier., 111. — Bull., t. 544. ~ 

Buxb., t. 22. — Dans les bois. 
Ag. (Cort.) à tête luisante (.ly. Cort. lamprocephalus). — Bail., t. 544, fig. 2. — 

Ag. lucidus, Pers., Syn., 78. 
Ag. (Cort.) couleur de cannelle {Ag. Cort. elnnamomeus), Lin. {décrit). 
Ag. (Cort.) blanc ochracé {Ag. Cort. ochroleucus], Fr., Epier., 105. — Dans les 

bois de chênes; rare. 
Ag. (Cort.) orellan (.4^. Cort. oreîlanus), Fr., Ejner., 121. — Dans les bois; rare. 

— Ag. purpureus, Bull., t. 598. 

Ag. (Cort.) raphanoïde {Ag. Cort. rnphanoidcs), Pers., Syn., n» 123. — Fr., 

Epier., 128. — Dans les bois. 
Ag. (Cort.) sanguin {Ag. Cort. sanguineus), Wulf. — Fr., Epier., 119. — Sow., 

t. 143. — Boit., t. 56. — • Sur les troncs mousseux et sur la terre. 
Ag. (Cort.) ma^rqueté {Ag. Cort. subnotatus), Pers., Syn., \\^> 71. — Fr., Epier., 

126. — Bull., t. 700, fig. Z, Y. — Dans les bois; rare. 
Ag. (Cort.) couleur d'airain {Ag. Cort. tabularis), Fr., Epier., 108. — Bull., t. 431, 

fig. 5. — Dans les bois. 
Ag. (Cort.) des marais [Ag. Cort. uliginosus), Berkl., PtitJ., 31. — Dans les marais, 

sur les sphaignes. 



lOi LES CHAMPIGNONS. 



D*' tSubdirision. — Telamonia. — Chapeau hygroplianc, glabre; 
cortine annuliformc. 

Ag. (Cort.) bracelet {Arj. Cort. armillatus), Fr. {décrit). 

Ag. (Cort.) h. voile double {Ag. Cor. bivèlus), Fr., Eincr., 133. — Dans les bois 

(le bouleaux des montagnes. 
Ag. (Cort.) jaune fauve {Ag. Cort. croceo-fulrus\ DC, Fl.fr., t. YI, p. 40. — 

Fr., Ejyîcr., 145. — Dans les bois du Midi. 
Ag. (Cort.) éverne (Ag. Cort. evernius),Fr., Ejncr. ,'li\. — Dans les lieux humides 

et montueux. 
Ag. (Cort.) grisâtre {Ag. Cort. Jielvolus), Bull., t. 521, fig. 1. — Fr., Epier., 147. 

— Dans les bois. 
Ag. (Cort.) faon {Ag. Cort. hinnuJetis), Sow., t. 173. — Fr., Epier., 148. — Ag. 

helvolus, Pers., Obs., et xig. punctatus, Pcrs., Sgn. — Bords des bois et des 

champs. 
Ag. (Cort.) demî-chcvcln {Ag. Cort. hemitriehiii), Pers., Sgn., n^ 72. — Fr., Epier., 

IGG. — Parmi les feuilles tombées et les mousses. 
Ag. (Cort.) pied grêle {Ag. Cort. ileopodius), Fr., Epier., 1G5. — Bull., t. 578 et 

580, fig. 2, A, B. — Dans les bois de hêtres, en automne. 
Ag. (Cort.) incisé {Ag. Cort. incisios), Fr., Epiicr., 104. — Bull., t. 580, fig. 2. — 

A terre. 
Ag. (Cort.) limonius {Ag. Cort. limoniùs), Fr., Epier., 146. — Holmsk., t. 40. — 

Dans les bois de pins. 
Ag. (Cort.) pied vêtu {Ag. Cort. lieinipes), Bull., t. 600, fig. X, W, T. — Fr., 

Epier., 136. — " Dans les bois de sapins des montagnes. 
Ag. (Cort.) à tête grcmic {Ag. Cort. psammoeeplialus, Bull., t. 531, fig. 2. — Fr., 

Epier., 163. — Dans les bois; commun. 
Ag. (Cort.) imposant {Ag. Cort. torvus), Fr., Epier., 137. — Krombh., t. 73, fig. 

10-21. — Ag. araneosus,^\\\\., t. 600, fig. Q, H, S. — Dans les bois. 



6^ Subdivision. — Hygroegbe. — ChajDeau hygrophane, glabre; cortine 
fibrilleuse, mince, fugace. 

Ag. (Cort.) aigu {Ag. Cort. acutus), Pers., Syn., 107. — Fr., Epier., 212. — Dans 

les lieux humides des bois. Espèce douteuse. 
Ag. (Cort.) couleur d'abricot {Ag. Cort. armeniaeus), Scliaifi"., t. 81. — Fr., Epier., 

171. — Très-beau dans les bois de pins, moins remarquable aillem's. 
Ag. (Cort.) châtain {Ag. Cort. eastaneus), Bull, {décrit). 
Ag. (Cort.) quenouille {Ag. Cort. Coins), Paul., t. 99. — Fr., Epier.,!^.— Dans 

les bois. 
Ag. (Cort.) à bandelette {Ag. Cort. fasciatus), Fr., Epier., 216. — Ag. sidaroîdes, 

Bull., t. 588. - A terre, dans les bois. 
Ag. (Cort.) ferme {Ag. Cort. firmus), Fr., Epier., 109. — Bull., t. 06. — Dans les 

bois ombragés; rare. 
Ag. (Cort.) éclatant {Ag. Cort. jubarinus),\h\\\.,\. 431, fig. 1.— Yi:, Epier., 195. 

— Dans les bois de pins etc. 
Ag. (Cort.) pied blanc {Ag. Cort. leucopus), Fr., Epticr., 203. — Ag. leueopodius, 

Bull., t. 533, fig. 2. — Au printemps, dans lesbui^ 
Ag. (Cort.) sons-ferrugineux {Ag. Cort. subferru(jineus), Batsch. — Fr., Epier., 

170. 



DESCRIPTIONS. 105 



2e Teibu. — Gomphus. 

Chapeau en forme de clon, se continuant avec le pëdicule; feuillets de'currents, 

sul)-rameux. 

Ag. (Gompli.) glutineux (^l//. Gomph. glut'mosus), SchsefF., t. 3G. — Fr., Epier. ^ 1. 

• — Letell., t. G47. — Sow., t. 7. — Dans les bois de pins. Comestible.^ — 

Scliummel le dit dangereux. 
Ag. (Clomph.) visqueux {Ar/. Goinpli. vîscidus), Lin. (décrit). 



SÉRIE IX. — COPRIN {Coprinus). 
(KoVpo;, excrément.) 

Mklanospores ([/î'X^ç, noir; aTrôpa, spore , semonce). Spores noires 

Absence de volva ; chapeau peu charnu ou mem])raneux ; feuillets 
plus ou moins déliquescents, se fondant en une eau noire ; pédicule 
nu ou ])0urvn d'un collier, presque totijou-rs fugace , aranéeux ; pied 
fistuleux. 

Les Coprins ont ime existence éplicmère ; pii^esque tous croissent 
sur le fumier ou les terres riches en engrais. 

Chapeau peu charnu ou memhraneux ; feuillets minces, se liqué- 
fiant en une eau noirâtre; stipe fistuleux; champignons généralement 
grêles; spores noires. Coprin. Genre pour quelques auteurs. 

Ag. (Cop.) atramentaire(.4,</. Cop. atramentarius), Bull , Champ., t. 164. 

Vaill., Bot., t. 12, fig. 10, 11. — FI. dan., t. 1370. — Boit'., t. 54. — Sow., 
t. 188. — Schœff., t 67, 68. — Paul., Champ-, t. 129. — Coprinus atra- 
mentarius, Fr., Epier., 7. 

Ce Coprin a le chapeau à peine charnu, presque membraneux, d'a- 
bord globuleux , ovale , puis en cloche allongée, large de 5 à 7 centi- 
mètres, à bords sim*ewx et striés , d'abord blanc, puis jaunâtre ou 
fauve pâle , parsemé au sommet de petites taches roussâtres ou 
brunes ; les feuillets inégaux, nombreux, presque tous de même lon- 
gueur, libres, pi^imitivement blancs, puis d'un pourpre fauve, et enfin 
noirs ; le pédicule lisse , blanc , creux j long de 12 à 18 centimètres , 
épais de 6 millimètres, atténué à sa partie supérieure , où il conserve 
une empreinte circulaire, vestige d'un anneau ftigace. 

Il croît communément en été et en automne , dans les prés , les 
])ois , les jardins , par groupes formés quelquefois de trente ou quarante 
individus. 



lOfi LES CHAMPIGNONS. 



Co))ieslilili\ 11 r:int le cueillir ;t\;iiit i(U(> Irs l'iMiilIcts iiiciil lunni. 
Ces fouillets, coiiHue ceux de la plu[iart des Copi'iiis, se Iniidcnl en un 
li'|uido épais, noir, avec lequel lîulliard a fait une encre très- hou ne 
pour le lavis ; elle porto sa gounne. 

En général, les Coprins sont comestibles dans leur jeune Age ; rien 
même ne prouve qu'il y en ait de malfaisants'. Les grandes espèces 
seides sont à rechercher ; en Angleterre, elles servent à la préparation 
du ketchuop. 

Observation. L'eau de VAg. micaceus, Bull., I. 240 et 5G5, efTaco 
l'écriture faite avec de l'encre ordinaire ; le suc de VAg. atramenta- 
i'iua l'eflace également, mais moins bien que VAg. micaceus. 

Los coprins sont connus aux environs d'Agen sous la il(''nouiiua- 
tion gasconne de jiichf-cas. 

kg. (Cop.) chevelu (An. Cnp comalufi), Batt., t. 2G, fig. 13. 

Schsefl"., t. 4(3 et 47. — Sow., t. 189. — Grcv., t. llO. — Scliin., t. 10. _ 
Kronil)li., t. .S, fig. 35. — Boit., t. 49. — Paul., Champ., t. 127, 128. — 
Pei-s., Sun., 2G0. — Ar/. typhokles, Bull., t. IG, et t. ,582, fîg. 2. — f'opri- 
nus comatus, Fr., Epier., 1. 

'So))i vahialrr : Ouinal d'azé. 

Ce cliampignon, à peine charnu, blanc, avec une teinte légèrement 
lilacée ou rousse au sommet , a le chapeau d'abord ovoïde, puis cylin- 
drii(ue, même étalé, strié sur ses bords, qui se déchirent et se re- 
lèvent, couvert de squames ou j^eluches nombreuses, larges, soyeuses, 
aUant du soïnmet à la base, et disposées presque circulairement ; ce 
chapeau acquiert promptcment 7 à 8 centimètres de diamètre. Les 
feuillets sont nombreux, libres, linéaires, presque tous entiers, d'un 
bjiinc pnrpuresccnt d'abord, puis vineux et enfin noirâtres, et se dis- 
solvant en une matière noire. Le pédicule, blanc, fistuloux , cylindri- 
que , long de d^ ài5 centimètres, atténué à son sommet, pourvu d'un 
anneau mobile, est un peu renflé à la base, qui se termine par un 
l)rolongement en forme de racine. 

Il croit en toulTes, à la fin de l'été et en automne, dans les bois, les 
.jardins , et en général dans les terrains gras. 

<Jue|i|U(^s personnes le trouvent très-délicat ; il est d'un usage vul- 

1 Panlet (lit co]icn(lant que; le Coprhms fuscescens, Fr., Epier., 244, et l'.I//. 
riifo-candidus, .Scluell'. ; Paul., t. 125, fig. 1, ayant les feuillets noirs, sont reje- 
tés en vomissant par les chiens, mais sans occasionner la mort. 



DESCRIPTIONS. 107 



Claire on Angleterre et aux environs de Lucques ; dans les pays qui 
environnent Toulouse, on le mange frit à la poêle. Il faut le cueillir 
avant qu'il soit épanoui , et le manger immédiatement , car, du jour 
au lendemain , comme du reste tous les Coprins , il se décompose en 
une eau noire , que l'on peut utiliser pour le dessin et le lavis ; cette 
eau est même plus abondante dans VAg. coynatus que dans VAg. atra- 
mentarius. 

Ag. (Cop.) à encre {Ag. Cop. atramentarlus) , Bull, {décrit). 

Ag. (Cop.) chevelu {Ag. Cop. comatiis) , Batt. {décrit). 

Ag. (Cop.) cendré {Ag. Cop. cinereus), Scliseff., t. 100 et t. 201. — FI. dan., 
t. 1195. — Variété de V{Ag. fimetarius). 

Ag. (Cop.) entassé {Ag. Cop. congregatus) , Bull., t. 94. — Paul., t. 123, fig. 7, 8. 
— Fr., Epier., 30. — A terre, au bord des chemins; est mangé par les 
vaches. — ^^Ag. congregatus pourrait bien n'être qu'une variété de VAg. 
micaceus, de Bull, (note inédite de Persoon). 

Ag. (Cop.) déliquescent {Ag. Coj). deliquescens) , Fr., Epier., 28. — Schœff., 
t. 21(5. — ■ Bull., t. 558, fig. 1. — S»r les troncs et entre les feuilles mortes, 
toute l'année, dans les bois, les jardins, les prés. tSusp)ect, selon Réveil. 

Ag. (Cop.) digital {Ag. Cop. digltalis), Batsch, fig. 1. — Bull., t. 437, fig. 2. — 
Fr., Epicn., 29. — Dans les bois, k terre, en automne. 

Ag. (Cop.) domestique (^1^. Cop. domesticus) , Pers., >%«., n" 274. — Fr., Epier., 
40, — Dans les lieux cultivés, au printemps,- en tuftes ; sur les places pu- 
bliques des villes, des villages; rare, mais remarquable. 

Ag. (Cop.) faux éphémère {Ag. Cop. ephemoroldes) , Bull., t. 582. — Fr., Epier., 
32. — Sur les fumiers. 

Ag. (Cop.) éphémère {Ag. Cop. epliemerus), Bull., t. 128, et t. 542, fig. 1, 2. — 
Batt., t. 27, fig. B. — FI. dan., t. 832, fig. 2. _ Fr., Epier., 43. —Au prin- 
temps et à l'automne, dans les jardins, sur les chemins, les terres fumées. 

Ag. (Cop.) érythrocéphale {Ag. Cop. er gthrocephahis) ,Ijév. — Ann. des se. nat., 
1841, t. 14, fig. 3. — Sur la terre gypseuse. 

Ag. (Cop.) éteignoir (4'/- Cop. e.Tstinctorius),F-MÛ.,t. 124, fig. 7. — Bull., t. 437, 
fig. 1. — A terre, près des racines, dans les terrains fertiles. 

Ag. (Cop.) fimetaire {Ag. Cop. fimetariiLs), Lin. — • Stcrb., t. 24, fig. A, B. — 
Schœft'., t. 100. —Fr., Epier., 17. — {Ag. einereus), Bull., t. 88. — Sur les 
fumiers, les terrains fertiles, humides, ù terre, autour des troncs, au prin- 
temps. 

Ag. (Cop.) à petits flocons {Ag. Cop. floceulosus) , DC, FI. fr., VI, p. 45. — 
Battara, t. 25, fig. A. — ■ Dans les champs, les jardins. 

Ag. (Cop.) basané {Ag. Co}). fusceseens) ,iichsdS., t. 17. — Paul., t. 125, fig. 1. — 
A la base des troncs d'arbres. D'après Paulet, ce Coprin aurait occasionné 
des accidents à tles chiens. fSuspeet. 

Ag. (Cop.) d'Henderson {Ag. Cop. Jfendersonii) , Fr., Entier., 34. — Berkl., t. 24, 
fig. 8. — Sur les couches, le fumier; très-rare. 

Ag. (Cop.) micacé [xig. Cop. mieaeeus), Fr., Ejner., 22. — ScluTeft'., t. GG, fig. 4 
à 6. — Bull., t. 24G et 565. — CU-ev., t. 76. — Sow., t. 261. — F/, dan., 
t. 1193. . — Dans les jardins, les prairies, sur les troncs pourris etc., de 
mai à novembre. 

Ag. (Cop.) des joncs {Ag. Cop. juneorum), Crouan. — Sur les tiges mortes du 
Funcus effusus. 



108 LES ClfAMPTnxONS. 



Ag. (Cop.) nycthcnièrc {Ag. Cop. nycthemerus) , Fr., Ejnrr., 38. — Bull., t. 542 , 

fij^. D, J. ~ Sur les terres fumées ;^rare. 
Ag. (Coi).) foi'iiie (l'œuf {Af/. Cop. ovaiiis) , Schaîff., t. 7. — Fr., Ejnrr., 2. — Dans 

les terrains gi'as, les gazons; le plus souvent solitaire. 
Ag. (Cop.) couleur de neige {Af/. Cojy. niveus) , Pers., <%n., Ji'' 207. — Paul., 

t. 125, fig. 2. — Iloffni., t. 6, fig. 2. — Micli., t. 77, fig. 2. — Sow., t. 262. 

Fr., Epier., 19. — Commun; au printemps sur les fumiei-s et clans les bois 

ombrages; solitaire. 
Ag. (Cop.) papille {{Afi. Cop. papillatiis), Batsch, t. 78. — A terre et sur le fumier. 
Ag. (Cop.) pie (Ag. Cop. pkaceus), Bull., t. 20(3. — Fr., Uj^icr., 12. — Sow., 

t. 170. — Dans les bois touffus, h terre, les jardins, en septembre et octobre. 
Ag. (Cop.) pliant {Ag. Cop. p>Ucatilis) , Fr., Epier., 45. — Curt., FI. Lond., t. 200. 

Ag. strintus', Bull., t. 552, fig. 2, et t. 80. — Dans les cbamps, sur les 

bords des chernins ; commun au printemps et h l'automne. 
Ag. (Cop.) rayonnant {Ag. Coju radians), Desm., Aet. des scienc. natur., t. 10, 

fig. 1. — Sow., t. 145. — Fr., Epier., 24. — Autour des murs bumides. 
Ag. (Cop.) radié [Ag. Cop. radiatus) ,'&i)\\.., t. 39. — Fr., Epier., 39.. — Ag. ater- 

eorarius, Bull., t. 542, fig. L, E , H. — Sur les fumiers. 
Ag. (Cop.) sobolifère {Ag. Cop. soholiferus) , Ilofim., XomencL, t. 3, fig. 2. — Fr., 

Epier., 9. — A la partie infe'rieurc dés troncs et dans les serres. — Suspeet. 
Ag. (Cop.) stercoré {'Ag. Cop.stereoreus), Scop. — Ag. stercorarius, Bull., t. 542, 

fig. M , P. — Commun , sur les fumiers. 
Ag. (Copr.) Sterculin {Ag. Cop. sterquilinus) , Fr., Ejna:, 4. — ilicb., t. 83, fig. 3. 

— Sur les bouses de vaclie. 
Ag. (Cop.) tergiversant {xLg.- Cop. tergirersans) , Fr., Epier., 21. — Dans les 

prairies fertiles, en automne. 
Ag. (Cop.) drapé {Ag. Cop. tonuntosiis), Bull., t. 138. — Fr., Ep)ier., 18. — Mich., 

t. 75,. fig. 3. — Boit., t. 159. Simple variété de VAg. fimetarius , pour de 

Seyues. Sur la ten-e fumée dans les jardins, et même dans les endroits 

sauvages. 
Ag. (Copr.) des troncs {Ag. Cop. truncorum) , Scbœff'., t. G. — Fr., Epier. — Sur 

la base des troncs d'arbres morts. 



Série X. — LACTAIRE, Lactarius (lac, lail). 
Genre pour quelques auteurs. 

Cliampignon cliarnu , à trame vésiculeuse, ferme ; chapeau déprimé 
ou omljiliqué; feuillets lactescents, simples, inégaux , adhérents à un 
pédicule central ; ahsence de tégument ; suc laiteux , l)lanc , jaune ou 
rouge ; spores verruqueuses , blanclies , jaunâtres dans un petit nombre 
d'espèces. 

Ag. (Lact.) vénéneux {A<j. Lact. aspiâeus), Fr. 

Pico , J/ém. de la Société de méd. de Paris, 1780, t. 12. — Paul., t. 72 , fig. 78. 
Laetarius aspideus, Fr., Epier., 10. 

l'u chapeau charnu, d'abord convexe, à centre ^^yoéminent , iniis 
déprimé, non zone, de couleur paille, d'abord villeux on tomentevx 



DESCRIPTIONS. 109 



('/ la marge, puis r/kbre , lisse, hlanc ; des lamelles peu épaisses, 
d'un Liane pâle , aiguës aux deux extrémités , adhérentes au sommet 
du pédicule, qui est cylindrique, droit, glabre, plein et plus tard fis- 
tuleux : tels sont les caractères auxquels on reconnaît VAg. (Lact.) 
aspideus. 

On le trouve dans les bois humides , les saussaies ; très-rare. 

D'après les observations de Pico , de Turin, ce serait un j^oison vio- 
lent. Il a le suc acre, brûlant, très-caustique, d'un hlanc lilas; la 
chair, ferme, blanche, prenant, de môme que le lait, une teinte vio- 
lacée au contact de l'air. 

Ag. (Lact.) sans zones [Ag. Lad. azonites), Bull., t. 559, fig. i. 
Noul. et Dass., t. 18, fig. B. — Lactarius azonites, Fr., E2rtcr., 43. 

Bien que, selon Réveil, VAg. (Lact.) azonites soit dangereux , il se 
vend au marché de Toulouse , confondu avec d'autres agarics de la 
section des Lactaires. 

Il est peu délicat au goût , a le chapeau charnu , compacte, d'aliord 
convexe, puis plan et enfin quelquefois déprimé au centre, irrégulier, 
flexueux ou bosselé, large de 5 à 8 centimètres , à surface lisse , non 
' zone , de couleur gris bistre ou café au lait ; les #tiillets nombreux , 
droits, inégaux , d'abord blancs et devenant jaunes avec l'âge, à peine 
attachés au pédicule, qui est nu , plein, cylindrique, atténué en bas, 
long de 4 à 5 centimètres, blanchâtre ou jaune-paille ; la chair blanche, 
ferme , de saveur acre , devenant d'un rouge vineux lorsqu'elle est 
rompue ; le suc d'un blanc de lait. 

On le trouve solitaire, en été et en automne, dans les friches et les 
bois humides. 

Ag. (Lact.) camphré {Ag. Lact. camphoratus) ., Bull., t. G67, fig. 'I. 
Kromljli., t. 50, fig. 21-24. — Lactarius camphoratus, Fr., Epier.., 52. 

Ce Lactaire a le chapeau mince, déprimé, sec, suh-zoné , lisse, 
large de 3 à 5 centimètres, d'un brun rouge ; les feuillets nombreux, 
d'un jaune rougeàtre ; le pédicule cylindrique , plein , souvent 
flexueux, d'un jaune rougeàtre; le lait, blanc, doux. Il vient dans les 
bois. Je ne le crois pas malfaisant, quoiqu'il liasse ^jour suspect. 

h'Ag. Lact. camphoratus ressemble beaucoup à VAg. subdulcis , 
dont il diffère surtout par une odeur forte de mélilot, qu'il garde 
même longtenqis aju'ès avoir été desséché. 



110 LES CIIAMI'KIXUNS. 



Ag. (Lact.^ controverse (.1^. Lad. controvûy.^iis)^ Pers., Syn., 32G. 

Batscli, fig. 201. — Paul., t. G8, lig. 1. — Vcuturi, t. C, fig. -19, 50. — Vittad., 
t. 27. — Barla, t. 18, fig. 1, 2. — A(/. aa-is, Bull., t. 538, fig. C, D, E, 
F, M. — Lactarlus controversus , Fr., Epier., 7. 

De grande laiUr, luiyc de i^ à 15 centimètres, blanc, (.luirnu, com- 
pacte, fragile, il a le chapeau plan , plu.s souvent infundibuliforme, 
marqué de tachea ou zones rosées, à bords rarement régidiers, d'a- 
bord recourbés en dessous, minces, à superficie sub-tomenteuse on 
sub-visqueuse; les feuillets nombreux, minces, serrés, droits, inégaux, 
atténués aux deux extrémités , sub-décurrents , nuancés très -faible- 
ment d'incarnat ou de rose clair ; le pied, long de 4 à 6 centimètres, 
solide, inégal, atténué en bas, quelquefois excentrique chez les indivi- 
dus adultes. 

Bien que la cuisson ne fasse guère qu'affaiblir son âcreté, ce cham- 
pignon est d'un fréquent usage dans plusieurs provinces ; on le des- 
sèche même quelquefois pour le manger en hiver. Il est commun , en 
été et en automne, dans les bois et sur les pelouses, et croît paifois en 
touffes ; son suc , laiteux , blanc, est excessivement acre. 

Ag. (Lact.) délicieux {Ag. Lact. deliciosi(s) , Lin. 

Schaeff., t. il. — FI. clan., t. 1151. — Sow., t. 202. — Boit., t. 141. — Buxb., 
t. 45, fig. 1. — ICi-ombh., t. 11. — Huss., I, t. 63. _ Staude, t. 7, fig. 1-3. 
— Leuz, fig. 9. — Letcll., t. 633. — Vittad., t. 42. — Barla, t. 19, fig. 1-5. 
l'ers., >Si/n., 332. — Lactarlus deliciosus, Y x., Epier., 31. 

Noms vulgaires : llougillo'n et Pvouzillon, en Languedoc; Vache 
rouge, dans les Vosges; Briqueté. 

Le nom de ce champignon parle beaucoup en sa faveur, cependant 
il est peu recherché en France; les Suédois, au contraire, l'ont en haute 
estime. En Allemagne, on en fait des provisions pour l'hiver, et on le 
conserve confit dans la saumure et le vinaigre. 

Son pédicule, de couleur jaune ou légèrement tacheté, long de 5 à 6 
centimètres, est nu, ferme , épais, d'abord, plein, puis creux. Le cha- 
peau , charnu , orbiculaire , large de 8 à 12 centimètres, d'abord con- 
vexe, puis plan ou déprimé au centre, khoràn réfléchis, sub-vis- 
(fueux, d'abord jaune, pi<is /auue et même rougeâtre , est marqué 
quel([uefois de zones jaunâtres. Lames inégales, d'un rouge de brique 
ou safrané. La chair et les feuillets blessés prennent une couleur vert 
sombre. 



DESCinPTIUN.S. Il 



Ce Lactaire est comestible; il croît, de juillet à novembre, dans les 
bois couverts et montueiix, et surtout dans les bois do pins. 

On pourrait le confondre avec l'A^. torminosus, VAg. zo)iariiis etc.; 
il s'en distingue par son suc lactescent, rouge orangé ou safrané. 

Ag. (Lact.) fuligineux {Arj. Lad. fuliginosus), Fr. 

Kroml)li., t. 14, fig. 10-12. — Bull., t. 567, fig. 3. — Hartz, t. 29. — Bavia, 
t. 21, fig. 6, 7. — Ladarius fuliginosiis, Fr., Epier. 

Champignon de couleur fuligineuse, d'abord convexe , puis déprimé 
au .centre, large de 4 à 5 centimètres , charnu, sub-villeux , très-sec, 
non zone, parsemé d'une espèce de givre fuligineux, qui le distingue 
des espèces voisines, à bords ondulés. 

Ses feuillets d'un blanc jaunàire , inégaux, droits, nombreux, ad- 
hèrent au pédicule, qui est cylindrique , lisse, d'un blanc sale, ensuite 
d'un fauve terreux. Le suc laiteux blanc, d'abord insipide, devient 
acre. La chair, blanche, déchirée, se tache en jaune. 

Il croît, en automne, dans les bois; est vénéneux selon M. Barla et 
Réveil. 

Ag. (Lact.) poivré {Ag. Lact. piperatus), Scop. 
(PI. XXVIII ,fio. 1.) 

Batscli , t. 13, fig. 59. — Roq., t. 6, fig. 2,3.— Afj. acris, Bull., t. 200. — 
Schœff., t. 83. — Paul., t. 68, fig. 4. — FI. dan., t. 1132. — Hartz, t. 39. 
— Krombh., t. 57, fig. 1-3. — Barla, t. 22, fig. 1-5.— Pcrs., Si/n., 325.— 
Lactarius inperatus, Fr., Epier., 28. 

Noms vulgaires : Eauburon, Aburon, Lamburon, Tathyron, Lathe- 
ron; Poivré; Vache blanche, dans les Vosges; Ghavane. 

Ce champignon est entièrement b?« a c, a le chapeau large de 10 à 15 
centimètres, d'abord convexe, puis plan et enfin concave ou infundi- 
buliforme , glabre , mais quelquefois comme farineux , non zone, les 
bords étant onduleux et recourbés en dessous; les feuillets très-)iom- 
breux, étroits, serrés, inégaux, parfois fourchus, blancs, mais prenant 
une teinte jaunâtre en vieillissant, un peu décurrents sur un pédicule 
nu, épais, cylindrique, charnu, }>lein, qui n'atteint guère que 3 à -4 
centimètres de hauteur. 

Il vient à terre dans les bois, où on le trouve communément, en été 
et en automne. Chair compacte, ferme; suc blanc, laiteux, excessive- 
ment acre. 



Il-' LES ClIAMriGNONS. 

La ( iiissou délriiisantengi'aïKlc parlie sonàcrcté, o>i le luange dans 
hcat(co}(i) de coiUrêes ; ce n'est cependant jamais un alimciii. iirs- 
ai:ï"i'éalili'. l'ji T.oiTaine, les ])rt(licioi».s et les rhai Imiiiiicrs en Itnif un 
IVéqueut usaye. En Russie, la consommation en est considérable. Les 
vaches le mangent avec avidité, mais il rend leur lait et leur beurre 
nauséeux. En Piémont, on le fait macérer dans l'eau salée. 

Ag. (Lact.") plombé (.If/. Lact. plumbeus), Bull., t. 282, et t. 599, li--. 2. 

Krapf, t. 4, fig. 1-3. — Krombh., t. 5G, fig. 1-4. — Barla, t. 21, fig. 1-5. — 
Pcrs., iSyn., 435. — Lactarius ])lumbeus,Yï., Epier., 24. 

Sa chair est blanche , cassante, granuleuse; son lait blanc, acre, 
piquant; sa saveur anière et désagréable. Le chapeau, d'abord con- 
vexe, devient concave ou en entonnoir, a la surface sèche, de couleur 
plombée on bistrée, tirant sur le noirâtre ; lelDord un peu réfléchi 
et non zone. Les feuillets, iiumlncux, incLiaux, étroits, d'un blanc jau- 
nâtre, sont un |)eu décurrents sur le pédicule, qui est court, épais, nu. 
plein. 

Commun, dans les bois et les friches, ce lactaire, de médiocre di- 
mension, serait vénéneux d'après M^L Barla et Duchesne. 

Ag. (Lact.) caustique {A(j. Lact. pyrogcdus) , Bull., t. 529, fig. 1. 

Krombh., t. 14, fig. 1-9. — Larbr., t. 18, fig. 13. — Krapf., t. 4, fig. 8. — 
Roq., t. 13, fig. 5. — Noul. et Dass., t. 19, fig. A. — Pers., Syn., 338. — 
— Luctarlus pyroijalus, Fr., E2ncr., 22. 

Son chapeau est charnu, glabre, lisse, un peu humide par les temps 
pluvieux, large de 6 à 10 centimètres, d'abord convexe , puis déprimé 
au centre, de couleur jaune terreux ou livide cendré, souvent marqué 
de zones noirâtres. Les feuillets sont jaune roussûtre, écartés, sub- 
décurrents. Le pied, Y>rimiii\einent jdein et ensuite creux, de la cou- 
leur du chapeau , aminci à la base , est long de 3 à 4 centimètres. Le 
lait et la chair ne changent pas de couleur. 

Cette plante croit solitaire dans les bois et les prés, en été et en au- 
tomne, est assez commune et vénéneuse. Son suc, laiteux, blanc, dou- 
ceâtre dans les jeunes individus; devient acre et caustique à la matu- 
rité. 

Ag. (Lact.) modeste [Ag. Lad. quietus), Fr., Epier., 40. 
Aff. dygmoyalus, Bull., t. 584. — Krombh., t. 40, fig. 1-9. 

Champignon d'nu roux très-pâle , plus obscur dans le centre du 
chapeau, qui e.st chanui , large de G à 10 centimètres, d'abord vis- 



DESCRIPTIONS. 113 



queux, mais bientôt sec et lisse , parfois marqué de zones grisâtres , 
arrondi, plan, puis déprimé. Les feuillets sont inégaux, un peu dé- 
currents, primitivement Jjlancs , puis roussâtres. Le pédicule, nu, 
spongieux, cylindrique , long de 5 centimètres , s'élargit pour se con- 
tinuer avec le chapeau, auquel il ressemble par la couleur. 

11 naît dans les bois, solitaire ou par groupes de deux individus, a 
le lait blanc, doux ; la chair blanche, ferme; est comestible. 

On le mange aux environs de Bordeaux. 

Ag. (Lact.) roux {Ag. Lad. rufus), Scop. 

Krapf, t. 5, fig. 1-4. — Krombh., t. 39, fig. 12-15. — Lenz, t. 4, fig. 17. — 
Huss., I, t. 15. — Paul., t. 69 Us. — Bull., t. 14. — A<j. lactifluus neca- 
tor, Pers., Syn., 336. — Laclarius rufus , Fr., Epier., 56. 

Noms vulgaires : Agaric meurtrier; Calalos, dans le Bordelais ; R.af- 
loult. 

L'iigf. Lact. rufus a le chapeau charnu , ferme, sec, large de 8 à 
10 centimètres, d'abord convexe, mamelonné et enfin déprimé en en- 
tonnoir, lisse, non zone, de couleur châtain roux ou bronzé, à bords 
villeux dans le jeune âge, roulés et ensuite plans; les feuillets nom- 
breux, inégaux, adnés, sub-décurrents , d'un jaune ochracô ou rous- 
sàtre; le pédicule, court, plein, plus pâle que le chapeau; le suc lai- 
teux, 6^anc, extrêmement acre. 

Il est commun et croît, en automne, dans les Ijois et surtout dans 
les bois de pins ; les vers ne l'attaquent jamais; extrêmement véné- 
neux. 

Bulliard dit qu'il est nuisible à la plus petite dose. Krapf rappoite 
plusieurs exemples de ses effets délétères: il aurait ])lus d'une l'ois oc- 
casionné la mort. 

On l'a confondu quelquefois avec VAg. torminosus , qui s'en dis- 
tingue par son chapeau, dont le bord reste villeux, et son pied creux. 

Ag. (Lact.) douceâtre [Ag. Lact. subdulcis), Bull., t. 224, fig. A, B. 

(PI. XXVI, lig.l.) 

Sow., t. 204. — Boit., t. 3. — Schaiff., t. 73 ex parie. — Krombli., t. 40, 
fig. 13-14. — Lenz, fig. 11. — Barla, t. 20, fig. 4-10. — Laclarius suhdul- 
cis, Fr., E]jicr., 51. 

Nom vulgaire : Vache rouge, dans les Vosges . 

On trouve communément ce lactaire dans les bois, en été et en au- 
tomne. Il a le suc bhoïc, laiteux, d'abord douceâtre, ensuite quelqug 



114 LES CHAMPIGNONS. 



l)cii MH'\ la chair rougeâtre, ne changeant pas de couleur; le chapeau 
charnu, Uiiluc do 5 à 7 cntimètres, peu épais, primitivement convexe, 
puis déprimé au centre, qui reste sub-mamelonné, lissé, )ion zone; à 
superficie sèche, de couleur fauve rougeâtre ; les feuillets nombreux, 
fragiles, inégaux, étroits, presque incarnats et enfin roussàlres, sub- 
décurrents; le pédicule, plein d'al)ord, puis creux, cylindrique, long 
di' o à G centimètres, peu épais, de la couleur du chapeau. 

J'ai mangé plu.?ieurs fois de ce champignon, et n'en ai pas été in- 
commodé; il est donc comestihlc. 

\jAg. ru fus, champignon dangereux, avec lequel on i)ourrait le 
confondre, a un lait toujours excessivement acre. 

Ag. (Lact.; à lait jaune (.If/. Lact. theiorjalus), Bull., t. 5G7, fiij. 2. 

(PI. XXYII, fig. 2.) 

Krombh., t. 2 , fig. 23, 24. — Barla, t. 20, fig. 14-18. — Boit., t. 9. — 
Paul., t. 71. — Lactarius theioc/alus , Fr., Epier., 35. 

Chapeau de moyenne dimension, charnu, d'abord convexe, plus 
tard déprimé au centre, souvent un peu irrégulier, glahrc, à surface 
sèche, de couleur roux fauve, ordinairement sub-zoné. Les feuillets, 
inégaux, minces, serrés, A'un blanc jaunâtre , adhèrent au pédicule 
et sont un peu décurrents. Le pédicule lisse, presque toujours plein, 
nu, de la couleur du chapeau, s'élève au plus à 4 centimètres. 

Ce champignon vient, en automne, dans les bois. Son lait est d'un 
blanc de soufre ; sa chair, jaunâtre, a un goût acre , amer, une odeur 
peu prononcée. 

UAg. theiogalus passe pour vénéneux. 

Paulet dit l'avoir donné à des animaux qui n'en ont pas été incom- 
modés. M. Léveillé ajoute qu'on le mange dans quelques campagnes. 

Ag. (Lact.) aux tranchées {Ag. Lact. tunninosus), Schcetf., t. 12. 

(PI. XXYII, fig. -1.) 

.Sow., t. 103. — Buxb., c. 4, t. IG. — l'I. dan., t. 10G8. — Schœli'., t. 12. 

Noul. et Dass., t. 17, fig. B. — Paul., t. 70, fig. 1,2.— KromlDh., t. 13, 
fig. 15-23. — Aij. necator, Bull., t. 529, fig. 2. — Lactarius torminosus, 
Fr., Epier., 2. 

}<()ins vulgaires : Morton, Piaffoult, Galalos, Mouton zone. 

Plante toute de couleur rouge de chair ou roux pâle, dont le cha- 
peau, large de 8 à 10 centimètres, est d'abord convexe, puis plan et 
enfin déprimé au centrp. à l)ords roulés en dessous, velus et comme 



DESCEIPTIONii. 115 



frangés. Les feuillets sont crvin blanc pâle ou tres-faiblement incar- 
nats, étroits, de longueur inégale. Le pied, lisse, plein et bientôt 
creux, long de 6 à 9 centimètres, est nu, cylindrique, de la couleur du 
chapeau. La chair, ferme, laisse écouler, lorsqu'on la casse, un .suc 
laiteux, blanc, excessivement acre. 

h'Ag. torminosus se trouve fréquemment dans les bois et les 
friches, à la fin de l'été et en automne ; il n'est presque jamais attaqué 
par les limaces. 

Les noms à' Agaric aux tranchées et d'Agaric meurtrier, qu'on 
lui a donnés , l'ont fait regarder comme très-dangereux, et cependant 
liresque tous les auteurs s'accordent à dire qu'on peut le manger 
impunément; M. Letellier l'a mangé plus d'une fois sans inconvé- 
nient; toutefois il est dur et indigeste. 

Les mauvais effets qu'on lui attribue ne seraient-ils pas dus à ce 
qu'on l'a confondu avec VAg. riifus, espèce très-dangereuse, ou bien 
avec VAg. scrohiculatus , autre espèce malfaisante , ou du moins fort 
suspecte ? Du reste, le goût très - désagréable de VAg. torminosus 
éloignera presque toujours d'en faire usage. 

Ag. (Lact.) sale {Ag. Lact. turpis) , Weimu. 

FI. dan., t. 1913. — Krombli., t. 69, ûg. 1-G. — Ag. necator, Pers., Syn., 
336. — Bull., t. 14. — Lactarius turpis, Fr., Epier., 5. 

Le nom de turpis donné à ce champignon est de nature à inspirer une 
défiance qui n'est pas méritée, car Weinmann et Lenz le donnent pour 
comestible. On le trouve dans les bois, surtout dans les bois de pins. 

C'est une belle espèce, souvent de grande taille, dont le chapeau, 
de couleur olivacée , terre d'ombre , non zone ou à peine zone , com- 
pacte, plan, glabre, sub- visqueux, aies bords tomenteux , jaunâtres, 
un peu enroulés. Les feuillets sont minces, pâles, sub -incarnats. Pied 
de la couleur affaiblie du chapeau, atténué par en bas, plein, court. 
Lait blanc, acre. 

Ag. (.Lact.) à toison {Ag. Lad. veUereus), ¥i-., S/jsi. 
(Pi. XXVIII, fig. 2.) 

.Sow., t. 104. — Bull., t. 538, fig. Cl, H, N. — Paul., t. 68, ûg. 2,3.-^ 
Krombh., t. 57, fig. 10-13. — Huss., I, t. 63. — PUb., t. 4, fig. 3-12. — 
Barla, t. 22 , fig. 6-8. — Liictarius veUereus , Fr., Epier., 29. 

Champignon de couleur blanche, dont le chapeau, large de 12 à 15 
centimètres, d'abord légèrement convexe,- puis déprimé au centre, 



I l.i LES CHAMPIGNONS. 



sifb-totnenteux , Terme, non zoitr, a les lujrds inlléchis. Ses feuillets, 
étri)its, distants, arqués, sont d'un blanc pâle. Le pédicule est plein, 
ferme, gros, sab-pubescent, long de 5 à 8 centimètres. 

11 croît, en groupes, dans les bois; est assez conmiun en autoinne; 
a la cbair compacte, acre ; une odeur faible, non agréable ; le lait , 
blanc, acre, peu abondant ; ce lait devient jaune au contact de l'air, et 
repi'end sa couleur primitive après un certain temps. 

Vénéneux, selo)i quelques auteurs. Badliaiu dit, qu"en ayant goûté, 
il fut sérieusement incommodé. Uncbien, qui on avait décbiré un spé- 
cimen, éprouva des tortures presque incroyables. Malgré sa saveur 
acre, il serait comestible an rapport de }[. Léveillé. M. Barla dit 
qu'on le mange aux environs de Nice, après l'avoir fait bouillir et ma- 
cérer dans l'eau. 

L'Ag. vellereus ressemble à VAg. piperatus ; on l'en distingue en 
ce que ses feuillets sont moins nombreux .qu'il est tomenteux et non 
glabre. 

Ag. (Lact.) vert (J<j. Lad. viridis) , Paul., t. 69, fig. 3, 4. 
Ladarius viridis, Fr., Epier., 25. 

Ce lactaire croît dans les bois bumides, en automne, est rare, com- 
pacte, d'assez grande taille , facilement reconnaissable à sa couleur 
verte, également répandue sur la surface du cliapcau, lequel est large 
de 10 à 12 centimètres, déprimé en entonnoir au centre, glabre, sec, 
non zone, à bords onduleux ; a le suc laiteux , blanc , acre ; la cliair 
blancbe, sans odeur; les feuillets nombreux, serrés, minces, d'inégale 
longueur, d'un blanc tirant sur le roux, adhérents au sommet du pé- 
dicule, qui est droit , cylindrique, atténué à sa partie inférieure, d'a- 
Jjord plein, puis fistvdeux, verdàtre, glabre. 

On le connaît dans les campagnes, dit Paulet, sous le nom de Mau- 
vais prévat, ce qui indiquerait des propriétés malfaisantes , et cepen- 
dant il n'en est rien; ce mycologue l'a donné aux animaux , et lui- 
même en a mangé, sans qu'il en soit résulté aucun inconvénient. 

Ag. (Lact. volemus .1;/. Lact. volemus) , Fr. 
(l'I. XXYI, flg. 2.) 

Schseff., t. 5. — Tratt., t. 20. — Kiapf , t. 1, fig. 1-3. — Leiiz, t. 3, fig. 12. 
Huss., I, t. 87. — Letell., t. 62-1. — Baila, t. 20, fig. 1-3. — Lactarim 
volemus, Fr., Epia:, 47. 

Noms vidgaires : Viau , Vacbotte , en Lorraine ; Yélo , dans quel- 
ques parties de la Cbampagne ; Lactaire doré. 



DESCRIPTIONS. 117 



Le chapeau de ce lactaire est large de 8 à 10 centimètres , compacte, 
ferme, d'abord convexe, puis un peu déprimé au centre, qui cepen- 
dant reste souvent mamelonné , de couleur jaune-chamois ou fauve 
clair, non zone, sec, à épiderme quelquefois fendillé ou sub-pulvéru- 
lent. 

Les feuillets sont droits, inégaux , quelques-uns parfois bifurques , 
les plus courts coupés assez brusquement, les plus longs sub-décur- 
rents, d'un blanc pâle, passant à la couleur du chapeau. Pédicule, nu, 
cylindrique, plei)i, ferme, droit ou flexueux , long de 6 à 8 centimètres, 
de la couleur du chapeau, mais plus pâle, siib-inilvérulent . 
' Ce champignon est des plus agréables à manger ; dans certains 
pays, on le mange cru aussi souvent que cuit. Ses feuillets froissés 
prennent bientôt la couleur du chapeau. Le suc est laiteux, doux, 
blanc, abondant; la chair cassante a une odeur particulière. Il croît, 
ordinairement solitaire, dans les bois , en été et au commencement de 
l'automne. 



Ag. (Lact ) zone [Ag. Lact. zonarius), Bull., t. 104. 

Vaill., t. 12, fig. 7. Noul. et Dass., t. 19, fig. B. — Venturi, t. 6, fig. 51, 52. 
— Hartz, t. 43. — Bai-la, t. 21, fig. 8-12. — Ay. Jiexuosiis , Pers., Sy7i., 
328. — Lactarius zonarius, Fr., Epier., 13. 

Nom vulgaire : Rousillous, dans le Tarn. 

Cet agaric vient dans les bois, au printemps, en été et en automne , 
et passe pour vénéneux. Teinturier dit néanmoins qu'aux environs 
de Brescia, les habitants de la campagne le mangent sans en être in- 
commodés. Dans le Languedoc, les paysans l'emploient à cautériser 
les verrues. 

Son chapeau, compacte, d'abord arrondi, convexe, s'aplatit ensuite, 
puis devient déprimé au centre ou infundilniliforme, est à'iin jaune ti- 
rant sur le roux , marqué de zones concentriques de la même cou- 
leur, mais plus foncées , acquiert de 8 à 10 centimètres de diamètre, a 
les bords non velus, légèrement roidés en dessous. Les feuillets sont 
serrés, inégaux, d'un blanc sale. Le pied, plein, ferme, nu, court, 
lisse, plus large du haut, d'un hlanc jaunâtre, n'est jamais tacheté. 

Il a de la ressemblance avec VAg. deliciosus, duquel il se distingue 
surtout par son suc laiteux , blanc , acre , caustique , et par sa chair 
blanche, qui ne change pas de couleur lorsqu'elle est blessée. 



118 LES CHAAiriGNONS. 



t.iVCXiYIIlE. 

l'" /^uhdimston. — Lait blanc. 

Ag. (Lact.) véndncux (Aj. Lact. aspidem), Fr. (décrit). 

Ag. (Lact.) gluant (J.^. Lact. hlennius), Fr., Epier., 15. — Kroni1)h., t. 69, fig. 7, 

0. — Sterb.. t. 5, fig. E. — Krapf, t. 4, fig. 11-13. — Dans les bois de 

hêti-es, commun; dans les bois de pins, rave. — Suspect. Vénéneux, selon 

ICirclcx. 
Ag. (Lact.) campylus {Ag. Lact. campylus), Otto. — Fr., Epier., 4. — Paul., 

t. 72, fig. 5, 6. — Dans les bois, à la fin de l'automne; rare. 
Ag. (Lact.) lait jaune d'or {Ag. Lact. chrysorheus), Kabh. — Krombli., t. 12, 

fig. 7-14. — Fr., Ejyîcr., 36. 
Ag. (Lact.) lait ciliée {Ag. I^act. cilicîoides), Fr. Epier., 3. — Ag. crinitus, Schseff., 

t. 228. — Dans les bois de pins. 
Ag. (Lact.) dëlicieux {Ag. Ijact. deliciosv^), Fr., Epier., 31 {décrit). 
Ag. (Lact.) controverse [Ag. Lact. confroversus), Pers. {décrit). 
Ag. (Lact.) fascinant {Ag. liaet. faseinans),Fr., Epicr.,9. — Weinni. — Krombh., 

t. 50, fig. 17-19. — Dans les bois et les prës couverts de mousses. 
Ag. (Lact.) flexueux {Ag. Lact. flexuosus), Scliœff., t. 235. — Fr., Epier., 21. — 

En automne, dans les endroits plantes de pins et les chemins gazonnés. 

Comestible. 
Ag. (Lact.) insipide {Ag. Lact. insulsus), Fr., Epier., 12. — Krombh., t. 12, 

fig. 1-6. — Dans les bois. Paraît être comestible. 
Ag. (Lact.) pied latéral {Ag. Lact. lateripes), Desm., Cat. plant., 21. — Pers., 

Jilge., t. 24, fig. 1. — Fr., Epier., 64. — Sui- les troncs pourris; rare. 
Ag. (Lact.) blême {Ag. Lact. luridus), Pers., Syn., 339. — Paul., t. 70, fig. 3, 4- 

— Fr., Epier., 19. — Dans les champs, même où il n'y a pas de mousses. 
Ag. (Lact.) forme de mamelle {Ag. Lact. mammosus), Fr., Ep>icr., 58. — !Mich., 

t. 80, fig. 1. — Krombh., t. 40, fig. 26-29. — Dans les bois de pins. 
Ag. (Lact.) jutueux {Ag. Lact, musteus), Fr., Epier., 14. — Dans les bois de pins 

de montagnes. Vénéneux. 
Ag. (Lact.) pargamenus (Ag. Lact. pargamenus), Batsch, fig. 29. — Schwartz. 

— Krombh., t. 57, fig. 4-6. — Fr., Epier., 27. — Dans les broussailles, les 
lieux sauvages. 

Ag. (Lact.) poivré {Ag. Lact. pijjeratus), Scop. {décrit). 

Ag (Lact.) couleur de plomb {Ag. Lact. pluinbeus), Bull, {décrit). 

Ag. (Lact.) caustique {Ag. Lact. pyrogalus), Bull, [décrit). 

Ag. (Lact.) serifluus {Ag. Lact. serifiuus), DC, FI. fr., VI, p. 45. — Krombh., 

t. 40, fig. 15-16. — Dans les bois, les bruyères, les lieux humides. 
Ag. (Lact.) en creux {Ag. Lact. scrobieulatus), Scop. — Schseff., t. 217 et 228. — 

lii-ombh., t. 58, fig. 1-6. — Fr., Epier., 1. — Dans les bois humides, en 

novembre. Suspect. 
Ag. (Lact.) à coliques {Ag. Lact. torrainosus), Schseff. {décrit). 
Ag. (Lact.) trivial {Ag. Lact. trivialis), Fr., Epier., 17. — Krombh., 1. 14, fig. 17, 

18. — Dans les lieux humides des bois de conifères. 
Ag. (Lact.) honteux {Ag. Lact. turpis), Weinm. {décrit). 
Ag. (Lact.) terre d'ombre {Ag. Lact. umbrinus), Pers., Syn., 335. — Paul., t. 69, 

fig. 1, 3. — Fr., Epier., 53. 
Ag. (Lact.) k toison {Ag. Laet. vellereus), Sow. {décrit). 
Ag. (Lact.) vert {Ag. Laet, viridis), Paul, (décrit). 
Ag. (Lact.) zone {Ag. Laet. zonarius), Bull, {décrit). 



DESCRIPTIONS. 119 



2^ Subdivision. — Lait toujours coloré. 

Ag. (Lact.) acre {A<j. Lad. acris), Boit, t. 60. — Batscli , ûg. 68. — Batt., t. 13, 

E. — Fr., Epier. ., 37. — Dans les Lois. 
Ag. (Lact.) orangé {Ag. aurantiacus), FI. clan., t. 1909, fig. 2. -- Batt., t. 16, 

fig. A. — Fr., Epier., 41. — Dans les bois touft'us; rare. 
Ag. (Lac.) sans zones {Ay. Lact. azonites), Bull, {décrit). 
Ag. (Lact.) campliré {Afj. Lact. camphoratus), Bull, {décrit). 
Ag. (Lact.) délicieux {A(/. Lact. deliciosus), Lin. {décrit). 
Ag. (Lact.) fuligineux {Ag. Lact. fidiginosus], Fr. {décrit). 
Ag.> (Lact.) à odeur alcoolique {Ag. LMct. ghjciosmus), Lenz , fig. 11. — Huss.,I, 

t. 15. — Fr., Ejjicr., 59. — KromLli., t.' 39, fig. 16-18. — Dans les bois de 

pins; odeur foi-te. 
Ag. (Lact.) ichoreux {Ag. Lact. iehoratus), Batscli, fig. 60. — Fr., Ejncr., 48. — 

Dans les plantis. 
Ag. (Lact.) très-doux {Ag. Lad. miiissimus), Fr., Epier., 50. — Krombh., t. 39, 

fig. 16-18. — Tard, dans les bois. Comestible, selon Letellier. 
Ag. (Lact.) pâle {Ag. Lact. pcdli dus), Pers., Syn., 330. — Krombh., t. 56,fig. 10- 

14. — Fr., Ep)icr., 39. — Dans les bois de bêtres. 
Ag. (Lact.) recourbé {Ag. Lact. reshnus), Fr. , Epier., 11. — Krombb., t. 5y, 

fig. 11-14. — Dans les bois. 
Ag. (Lact.) modeste {Ag. Lact. quietus), Fr. {décrit). 
Ag. (Lact) roux {Ag. Laet. rufus), Scop. {décrit). 
Ag. (Lact.) à suc couleur de sang {Ag. L^et. sanguifluus), Paul., t. 81, fig. 3-5. 

— Fr., Ejncr., 33. — Dans le La guedoc. Paulo. le dit très-rccbercbé dans 

le pays où il croit; trouvé par lui seul. 
Ag. (Lact.) douceâtre {Ag. Lact. subduleis), Bull, {décrit). 
Ag. (Lact.) à lait jauie {Ag. Lact. theiogalus), Bull, {décrit). 
Ag. (Lact.) titbymale {Ag. Lact. tithymcdinus), Scop. — Fr., Epier., 55. Kr;)nibb., 

t. 39, fig. 5-9. ~ Dans les f rets. 
Ag. (Lact.) visqueux {Ag. Laet. uvidus). Fr., Epier., 20. — Batsch, fig. 202. — 

Dans l(!r; bois. 
Ag. (Lact.) Yolemus {Ag. Lact. volemus), Fr. {décrit). 



SÉuiiî Xî. — RUSSULE, Hussula (^mssulus , rouge). 
Genre pour quelques auteurs. 

Champignon charnu, putrescent, d'ahord convexe, puis plan ou 
déprimé, à trame suh-grumeleuse ; pédicule central , nu ; feuillets ne 
contenant pas de suc laiteux, égaux entre eux dans la plupart des es- 
pèces , .souvent anastomosés , bifurques ; absence de volva et de tégu- 
ments ; spores rondes , verruqueuses. 

Toutes les espèces de Russules sont terrestres, mais se i^laisent 
dans les hnis. 



120 LES CIIAMriGNONS. 



Ag. (Russ.) alutacé Ag. Russ. alutaceus), Pers., Syn., 349. 
(PI. XXIX,fîg. 2.) 

Vittad., t. 34. _ Roq., t. 10, fig. 3. — Krûml)h., t. 64, fig. 1-4. — Borkl. 
t. 13, fig. 8. - Barla, t. 14, fig. 1-3. — Xoul. et Dass., t. 15, fig. A, IJ 
et t. IG, fig. A. Eussula ahdcicea, Yx., Epier,, 37. 

Noms vulgaires : Fayssé, dans la Meuse; Rougetto , en Languedoc; 
Bise rouge. 

Ce champignon a la chair hlanche , cassante , agréable au goût; le 
chapeau large de 8 à 10 centimètres, arrondi, à bord rarement ré- 
gulier, plan au centre ou déprimé, de couleur rouge violacé ou rouge 
un peu fauve, même sanguin , plus foncé au centre, à bord mince, se 
pelant facilement, finissant par devenir strié et sub-tomenteux ; les 
feuillets droits , peu serrés , égaux en longueur, non décurrents , de 
couleur ochracé pâle ou blanc jaunâtre ; le pédicule long de 4 à 
7 centimètres , lisse, plein ou spongieux , blanc , le plus souvent nuancé 
d'un ronge pâle. 

Il croît dans les bois , à la fin de l'été et en automne , est de couleur 
variable, quoiqu'on puisse lui assigner, à cet égard, des caractères 
généraux. 

La surface de la chair paraît souvent rougeâtre lorsque l'épiderme 
a été enlevé. 

Comestible ; très-recherché en Lorraine. 

Ag. (Russ.) cyanoxanthe {Ag. Russ. cyanoxanthus), Pers., Syn., 360, 

(PI. XXX.) 

Boit., t. 1. — Sterb., t. 5, fig. C, D, E. — Paul., t. 76, fig. 2, 3. — Huss. 
I , t. 80. — Sow., t. 201. — Ki-ombh., t. 67, fig. 12. — Yittad., t. 27. — 
Schseff., t. 93. — Pers., /Sy7i., 359, 360. — Eussula vesca, Fr., Epier., 10. 

Nom vulgaire : Charbonnier, en Lorraine. 

Chapeau large de 6 à 10 centimètres , d'abord convexe , puis plan 
et enfin déprimé au centre , de couleur douteuse , mêlée de violet , de 
fauve, de brun verdàtre et même bleuâtre, plus foncé au centre, non 
lisse , suh-veiné ou tacheté , non strié sur les bords ou à stries rares. 
Feuillets d'un blanc pur, épais, droits, peu serrés, plus larges à la 
circonférence, atteignant presque tous le pédicule, mais non décur- 
rents, quelques-uns parfois bifurques près du pédicule. Celui-ci est 
blanc, parfois nuancé de rose, non lisse, le plus souvent veiné 



DESCËIPTIONS. 121 



ongitudinalement , nu, d'abord plein, puis lacuneux dans la vieil- 
lesse, cylindrique, rarement droit, long de 6 à 8 centimètres. 

Les vers et les limaces attaquent ce champignon , qui n'est pas rare 

t croît , à la fin de l'été et en automne, dans les bois, et plus particu- 
lièrement dans leurs parties découvertes. 11 est délicat à man~ 
f/er. Sa chair, blanche, cassante, est rougeâtre sous la pellicule, qui se 
pèle assez facilement à la circonférence et difficilement au centre; sa- 
veur agréable; odeur faible. 

Ag. (Russ.) émétique (Ag. Russ. emeticus), Fr., Syst., 5. 

Krombh., t. 66, fig. 4-7. — Paul., t. 75, fig. 6-8. — Clusius , t. 21. _ Ag. 
pectinaceus, Bull., t. 509, fig. O, P, Q, U. — Bussula emetica, Fr., Epier., 
25. — Schaeff., t. 16, fig. 1-3. Y a,riété faUax. 

Nom vidgaire : Faux-Fayssé , dans la Meuse, 

Les caractères distinctifs de cette espèce sont : un chapeau charnu , 
régulier, aplati ou déprimé , poli , luisant , de couleur d'abord rose , 
puis sanguine, et enfin fauve ou d'un blanc ochracé, dont le bord 
étalé est strié ou sillonné avec l'âge ; une chair blanche sous une 
pellicule rougeâtre, qui s'en détache facilement; des feuillets libres, 
non adhérents , égaux, simples, larges, peu serrés, blancs , jamais 
pulvérulents; un pédicule spongieux, ferme, élastique, lisse, blanc 
ou un peu rougeâtre. 

Espèce extrêmement vénéneuse. D'après les expériences de Krapf , 
de Vienne, son principe toxique n'est détruit ni par l'ébullition ni par 
la dessiccation. La chair, fragile, a une saveur acre et repoussante, 
une odeur particulière. Elle croît dans les bois , à la fin de l'été et au 
commencement de l'automne ; assez grande dimension. Très-com- 
mune. 

Ag. (Russ.) fétide (il(/. B.uss. fœtens), Pers., Syn., 356. 

Sow., t. 415. — Bull., t. 2^92. —Krombh., t. 70, fig. 1-6. — Bussula fcetens, 

Fr., Epier., 29. 

Si, comme l'affirme M. Letellier, VAg. Russ. fœtens n'est pas vé- 
néneux, son odeur désagréable , nauséeuse, sa saveur acre et poivrée 
le rendent au moins suspect. On le trouve, en automne, dans les bois, 
au milieu des gazons. 

Son chapeau est d'un jaune terreux, sale et tirant sur le fauve, large 
de 12 à 15 centimètres, d'abord convexe, puis déprimé au centre, à 



122 LES CHAMPIGNONS. 

bord? sinués et marqués de stries ou cannelures, qui paraissent 
comme articulées, enduit d'une matière gluante, peu charnu. Les 
lames sont rares, épaisses, inégales, assez souvent fourchues ou 
anastomosées à leur insertion au pédicule, non adhérentes, (Tiiii 
blanc sale, de même que le pédicule, lequel est nu, plein ou celluleiix, 
long de 4 à 5 centimètres, épais de 3, s'élargissant un peu à son som- 
met. Chair assez ferme et cassante. 

Ag. (Russ.) fragile {y/g. Rhss. frayiUs), Pers., Syn., 347. 

Krombh., t. Gi, fig. 12-18. — Barla, t. 14, ûg. 10-13. — Ag. pectinaceus, 
lîull., t. 509, fig. T, U. — liussula fragilis, Fr., Epier., 30. 

Champignon généralement de couleur rouge , mais affectant diverses 
nuances, toutefois plus pâle que l'agaric émétique. Chapeau charnu, 
mince, plan, déprimé, poli, inégal, à pellicule mince, visqueuse, 
à bord tuberculeux, strié; feuillets blancs, serrés, minces, ven- 
trus , adhérents à un pédicule , d'abord plein , puis creux , luisant. 

Espèce très-commune dans les bois, en automne. Chair blanche 
sous le pédicule ; saveur acre. Vénéneux , selon Kick. Persoon était 
tenté de regarder ce champignon comme une variété de VAg. emeticus. 
M. Barla dit que ce champignon se mange quelquefois dans les cam- 
pagnes aux environs de Nice , après qu'on l'a fait bouillir et macérer 
dans l'eau. 

Ag. (Russ.) à lames fourchues (Ag. Russ. furcatus), Pers., Syn., 363. 

. Scbseff., t. 94, fig. 1. _ Buxb., t. 47, fig. 2. — Pcaul., t. 74, fig. 1. — Krombh., 
t. 62, fig. 1, 2, et t. 64, fig. 18, 22. — Barla, 1. 16, fig. 1-9. — A(j. bijidus, 
Bull., t. 26. — Biissula furcata , Fr., Epier., 9. 

Nom vulgaire : Vert-bouteille. 

Le chapeau , de couleur vert terne ou olivacé, est large de 8 à 10 cen- 
timètres et plus , charnu, rigide, d'abord convexe, puis plan , et enfin 
déprimé au centre, lisse, à surface humide dans les temps pluvieux, 
présentant des bords minces , recourbés en dessous, non striés. L s 
feuillets, blancs, rares, épais, tous à peu près de la même longueur, 
la plupart bifurques vers le milieu ou les deux tiers externes , adhérent 
au pédicide , lequel est blanc , ferme , lisse , atténué en bas , long de 
3 à 5 centimètres, devenant creux ou spongieux en vieillissant. 

L'ylgr. furcatus croit à terre dans les bois secs et arides, en juin et 
en juillet. Sa chair est blanche, sèche et cassante ; sa saveur, fade et 



DESCRIPTIONS. 123 



nauséeuse dans le jeune âge, devient amère el salée dans la vieillesse ; 
son odeur est peu prononcée. 

Il diflere de YAg. virescens parla pellicule du chapeau, qui ne se 
déchire pas en verrues, et parla bifurcation de ses lames. 

On n'est pas d'accord sur les propriétés de ce champignon : ses ef- 
fets seraient à peu près nuls, selon Hartig, et Réveil le déclare sus- 
pect; Paulet dit qu'essayé sur des animaux, il n'a rien produit qui fût 
digne d'être noté. J'en ai mangé impunément. Il passe toutefois jjowr 
malfaisant. 

Ag. (Russ.) hétérophylle {Ag. Buss. heterophyllus) , Fr. 

Krombh., t. 67, fig. 12-15. — Huss., I, t. 84. — Berkl., t. 13, fig. 5. — Bull., 
t. 509, fig. L, M. — Noul. et Dass., t. U, fig. A. — Battara, t. 12, fig. E. 
.FI. dan., t. 1907, fig. 1. — Paul., t. 75, fig. 1-5. — Bussula heterophylla, 
Fr., Epier., 11. 

Nom vulgaire : Bisotte (Paulet). 

Charnu et consistant , il a le chapeau d'abord convexe , puis plan , 
et enfin déprimé au centre, large de -4 à 5 centimètres, uni , lisse , de 
couleur variable, gris de souris ou hise, plus foncé au centre, pourvu 
d'un épiderme , qui se détache facilement , à bord mince , lisse ou à 
stries fines et serrées; les feuillets, minces, très-nomhreux , d'un 
blanc pur, fourchus , quelques-uns dimidiés , atténués et atteignant le 
sommet du pédicule, qui est ferme, plein, quelquefois fistuleux, lisse, 
blanc, haut de 4 à 5 centimètres, à peu près cylindrique, un peu di- 
laté à l'insertion des feuillets. 

A la fin de l'été et en automne on trouve ce champignon dans les 
bois peu couverts et les friches. Il est comestible, et on en fait une 
grande consommation en Bourgogne. La chair est blanche, cassante ; 
la saveur douce , faiblement piquante , non teintée de rouge sous l'é- 
piderme, comme celle de VAg. cyanoxanthus. 

Il diflere de celui-ci , et par ce caractère et par ce que son chapeau 
n'est jamais ni rougeàtre, ni purpurescent. . * 

Ag. (Russ.) intègre {Ag. Russ. integer), Lin., Suec, no 1230. 

ScliseAP., t. 92. — VittacL, t. 21. — Fr., Epier., 31. — Bussula intégra, 

Fr., Epier., 31. 

Ce champignon , coynestihle selon Scha^ffer, croît dans les bois. Il 
a une saveur douce, la chair Manche. 



124 LES CHAMPIGNONS. 



Son chapeau est charnu , étalé ou déprimé, à pellicule visqueuse, de 
couleur à fond rougeàtre, mais passant au fauve, au rose sale , à bord 
mince, sillonné à la fin et tuberculeux. Les feuillets, à peu près libres, 
sont très-larges , égaux, distants, blanc, ensuite pâles, comme sau- 
poudrés de jaune. Le pied est plein ou spongieux, lisse, blanc, ven- 
tru. Ses spores sont sub-ochracées. On le confond souvent avec VAg, 
emeticus et VA'j. alutaceus. 

Ag. (Russ.) couleur de lait (Ag. Russ. lacteus), Pers., Syn., 343. 

Paul., t. 74, fig. 2. — Barla, t. 15, fig. 11-13. — Krombh., t. Gl, fig. 1-2. 
f Iiussula lactea, Fr., Epier., 20. 

Chair blanche, ferme , sans odeur, comestible, de saveur douce on 
faiblement piquante. 

Ce champignon , entièrement blanc, a le chapeau charnu, com- 
pacte , à superficie sèche , non lisse , large de 6 à 8 centimètres , d'a- 
bord convexe, puis plan et quelquefois déprimé, blanc, mais prenant 
avec Y âge une teinte alutacée, à bord droit, lisse, souvent fendu; 
les feuillets épais, distants, libres ou adnés , fermes, larges, sail- 
lants, d'un blanc pâle, égaux, quelques-uns étant bifurques; le pied 
spongieux au centre, compacte, fort , glabre, blanc , cylindrique, long 
quelquefois de 12 et 45 centimètres , et épais de 4. 

Il croît dans les bois , de hêtres surtout ; rare. 

Ag. (Russ.) délicat {Ag. Russ. lepidus), Fr. 
(PI. XXIX , fig. 5.) 

Huss., n, t. 32. — Batsch, fig. 12. — Bussula lepida, Fr., Epier., 18. 

Noms vidgaires : Rouge ou Cul rouge, en Lorraine. 

Le chapeau de cet agaric est large de 8 à 10 centimètres , d'un rouge 
violacé (rouge-cerise) ou légèrement fulvacé , plus pâle à la circonfé- 
rence, charnu, compacte, convexe d'abord, puis plan et se dépri- 
mant au centre , su&-j:)H7t'éruïe>if , non lisse, non luisant , peu ou 
point strié sur la marge, se fendillant par la sécheresse ; les feuillets , 
larges, épais, droits, non très-serrés , blanc terne ou faiblement jau- 
nâtres , arrondis et plus larges à la circonférence , à tranchant non mor- 
fdé , sont égaux , quelques-uns parfois bifurques ; le pédicule , long de 
6 à 8 centimètres, plein ou lacuneux, solide, compacte, souvent tor- 
tueux, cylindrique ou un peu renflé du haut , blanc, est presque tou- 
jours nuancé de rose ou de rouge. 



DESCRIPTIONS. 125 



Ce champignon vient en automne , dans les bois , surtout dans les 
bois de hêtres. Il est comestible, excellent, de saveur douce. Il a l'o- 
deur faible, la chair ferme, cassante, comme spongieuse, caséeuse. Le 
chapeau se pèle assez facilement sur les bords, difficilement au centre; 
la pellicule enlevée laisse une nuance rougeàtre à la superficie de la 
chair. Les limaces et les vers le recherchent pour leur nourriture. 

L'Agf. ruber, qui est vénéneux , ressemble beaucoup à VAg. lepi- 
dus ; celui-ci s'en distingue par son chapeau sec , ijoli, lisse. 

Ag. (Russ.) noircissant {Ag. Russ. nigricans), Bull., t. 212. 

Suw., t. 30. . — Hiiss., t. 7o. — Krombb., t. 70, fig. 14, 15. — Barla, t. 17. — 
Af/. adustus , Pers., Syn., 390. — Russula nigricans , Fr., Epier., 1. 

Ce champignon, d'assez grande taille, charnu, fragile, compacte, 
a le chapeau large de 10 à 12 centimètres, de forme arrondie d'abord, 
plus tard sinueux , déprimé au centre, de couleur hlanc fuligineux 
ou olivacé-cotdré et oifm noirâtre, à bords infléchis, non striés; 
les feuillets épais, inégaux, distants, rares, ar.rondis, d'un blanc 
pâle ; le pied plein , solide , d'un blanc cendré , long de 3 à 5 centi- 
mètres. 

Il vient à terre, en abondance, dans les bois, en été et en automne, 
Sa saveur fongique n'est pas agréable ; son odeur est faible. 

Li'Ag. nigricans passe pour nicdf disant ; mais son aspect ne dis- 
pose guère à en faire usage comme aliment. Su chair et ses feuillets 
rougissent un peu , lorsqu'ils sont brisés. Toute la plante se dessèche, 
eiàeViQui odikremoit noire en vieillissant, elle reste dans cet état 
pendant plusieurs mois. Je pense qu'on pourrait l'employer en tein- 
ture. 

VAg. adustus est trè.s-voisin du nigricans ; il s'en distingue parce 
que ses feuillets sont nombreux et généralement plus petits. Ses pro- 
priétés n'ont pas été étudiées. 

Ag. (Russ.) blanc jaunâtre (^j/. Buss. ochroleucus) , Pers., %»., 355. 

Buxl)., t. 45, fig. 7-9. — Krombb., t. 04, fig. 7-9. — Labr., t. 19, fig. 1. 
Russula ochroleuca, Fr., Epier., 27. 

Cette espèce ressemble beaucoup , par sa structure et sa nature , à 
l'agaric émétique : ses caractères sont d'avoir le chapeau constamment 
de couleur jaune pâle abord étalé, lisse; les feuillets arrondis posté- 



120 LES CHAMPIGNONS. 

rieurement , d'un blanc pâle ; le pédicule légèrement réticulé, ru- 
gueux , d'un blanc cendré. 

Elle vient dans les bois des montagnes, surtout les bois de conifères, 
les lieux humides. Malfaisante. Inodore, saveur acre, 

Ag. Russ.) pectinacé {Ag. Russ. pectinaceus) , Bull., t. 509, fig. N. 
Biissula pectinata, Fr., Epier., 26. 

Chapeau charnu , d'abord convexe, puis plan , déprimé ou concave, 
large d'environ 6 centimètres ; rigide , d'abord visqueux , ensuite sec , 
d'un blanc jaunâtre opaque, plus foncé au centre, à bord mince strié 
sillonné ; feuillets atténués et libres , postérieurement plus larges vers 
la marge, rapprochés, simples, égaux, blancs; pied plein, spongieux à 
l'intérieur, rigide; légèrement s(rèé longitudinalement , Manc , long 
de 4 centimètres. Dans les bois , en automne. Rare. 

Chair blanche, jaunâtre sous la pellicule : odeur nauséeuse ; saveur 
très-âcre. Vénéneux. 

Bulliard avait réuni, sous le nom à'Ag. pectinaceus , t. 509, plu- 
sieurs espèces de Russules aujourd'hui qualifiées. 

Ag. (Russ.) rouge {^Ag. Russ. ruber), Fr., Syst., 9. 

Larb., 1. 18, fig. 7. — Kroml3h., t. 65. — Venturi, t. 7. — Vittad., t. 88, fig. 2. 
Schscfl"., t. 15, fig. 4-6. — Barla, t. 15, fig. 1-10. — Eussula ruhra, Fr., 
Epier., 17. 

Nom vulgaire : Faux Fayssé, dans la Meuse. 

Cette grande et belle espèce, qui vient communément en automne, 
dans les bois touffus, est vénéneuse. Elle a le chapeau charnu, ferme, 
d'abord convexe, puis plan ou déprimé, sec, uni, lisse, non visqueux, 
large de 8 à 10 centimètres , rouge ou vermillon foncé , quelquefois 
pâle, ordinairement moins foncé sur le bord, qui est étalé, obtus, non 
strié ; les feuillets adhérents , non décurrents , peu serrés , blancs , 
cassants , inégaux , entremêlés de feuillets dimidiés et fourchus ; le pé- 
dicule cylindrique , plus gros près du chapeau , plein , consistant , 
non lisse, comme sub-cannelé, blanc ou nuancé de rose à la base. 

La chair, compacte , épaisse , cassante , comme grumeleuse , roM- 
geâtre sous la cuticule du chapeau, a une saveur très-âcre. 

Il ne faut pas confondre VAg. ruher avec VAg. lepidus. La saveur 
de ce dernier est douce. 



DESCRIPTIONS. 127 



Ag. (Russ.) sanguin {Ag. Riiss. sanguineus) , Bull., t. 42. 

ScLsefï'., t. 15, fig. 4. — Noul. et Dass., t. 16, ûg. B. — Bussula sanguinea , 

Fr., Ejricr., 7. 

Noms vulgaires : Rougetta , à Toulouse ; Faux Fayssé , dans la 
Meuse. 

Cette espèce a le chapeau charnu , compacte , de couleur rouge de 
sang, d'abord convexe, puis déprimé, efïhême irrégulièrement con- 
cave, large de 8 à 10 centimètres, lisse, humide à sa surface, à bord 
mince, aigu , strié ou légèrement sillonné ; les feuillets blancs, minces, 
étroits, très-serrés, très-nombreux, atténués à leurs extrémités, dé- 
currents sur le pédicule, quelques-uns bifurques; le pédicule long 
de 5 à 6 centimètres , d'abord plein , puis creux ou spongieux , nu , 
cylindrique, blanc, et quelquefois faiblement teint de rose. 

Les limaces et les vers s'en nourrissent. 

Une foule d'auteurs ont constaté que ce champignon est vénéneux 
ou au moins suspect. 

Selon MM. Noulet et Dassier, il serait vendu néanmoins sur les 
marchés de Toulouse, sans qu'on signale aucun cas où il ait été nui- 
sible ; la cuisson, disent-ils, faisant disparaître son âcreté et le rendant 
inoffensif. Vittadini l'aurait donné à des animaux sans qu'ils en fussent 
incommodés. Mais Hertwig dit qu'une once de cet agaric a occasionné 
à un chien des vomissements et la prostration des forces. Une chatte , 
à qui M. Letellier en a fait manger 125 grammes , a eu des vomisse- 
ments et du dévoiement. Il sera donc prudent de s'en abstenir. 

Sa chair est ferme, consistante , blanche, ne changeant pas de cou- 
leur au contact de l'air ; sa saveur acre, amère, nauséeuse, son odeur 
faible. Il se pèle difficilement, et on peut détacher les feuillets du cha- 
peau sans les rompre. On le trouve fréquemment , solitaire , dans les 
lieux humides des bois, en été et en automne. 

Ag. (Russ.) vert de gris {Ag. Fmss. virescens), Schgeff., t. 94. 

Sturm, m, t. 31. — Larb., t. 19, fig. 3, et t. 20, fig. 5. — Krombb., t. 67, 
fig. 1-10. — Vent., t. 7, fig. 57, 58. — Berkl., t. 13, fig. 6. — Huss., H, 
t. 11. — Vittad., t. 31. — Barla , t. 16, fig. 10-12. — Pers., tSyn., 364. — 
Bussula virescens, Fr., Epier., 19. 

Noms vulgaires : Palomet, Cruague, en Gascogne ; Berdanel, Ber- 
danello , Bordet , Bordetto, en Languedoc ; Iraux-cher, Palomet, dans 
les Landes; Vert, Cul-vert, Vert-bonnet, dans la Meuse ; Bise vraie, 
dans la Haute-Saône. 



128 LI-:S ClfA.MI'lGNON.S. 



Cet agaric, (|iril ne laiit pas cournnilrc jivcc VAg. fiircatus , si, 
coiniiu' on le suppose, ce (Icrnicr osi iiiallaisant , est un manger déli- 
cieuse, il iioit à terre, ordinairement sml , dans les bois et les friclies, 
à la lin de l'été et en automne. Son odeur est agréable, sa saveur 
douce ; sa chair est blanche, cassante; son épiderme se détache dilli- 
cilement au centre du chapeau. 

Ce chapeau , d'abord convexe et régulier, ensuite légèrement con- 
cave et irrégulièrement arrondi, large de 8 à 10 centimètres, est de 
couleur verl-de-gris ou vert d'œillet, plus prononcée au centre, à su- 
perficie toujours sèche, couverte de j^etiies verrues ou granulations 
ver dàtr es , quelquefois aréolée ; les feuillets droits, libres, d'un 
blanc assez pur, peu serrés , parfois anastomosés , atteignant pres({ue 
tous le pédicule, mais non décurrents; le pédicule rarement dioit, 
long de -4 à 6 centimètres , assez épais , cylindrique ou faiblement 
renflé à sa base, plein, blanc. 

Ag. (Russ.) hâlé {Ag. Buss. adustus), Fr., Ex)kr., 2. — Kromljli., t. 70, fig. 7-1 ij. 

— Dans les bois. 

Ag. (Russ.) alutacé {Ag. Buss. alutaceus), Pers. {décrit). 

Ag. (Russ.) doré {Ag. Buss. auratus) , Schseff. , t. 15, fig. 1-3. — Krapf., t. 5, 

fig. 1-4. — Krombii., t. 66, fig. 8-11. — Fr., E2ncr., 32. — Dans les bois de 

pins surtout. Comestible. 
Ag, (Russ.) consanguin (Ag. Buss. consohrinus), Fr.. Epier., 28. — Dans les bois 

de sapins de montagnes. Suspect. 
Ag. (Russ.) bleuissant {A<j. Buss. cyanescens), Kickx., Bull, de Bruxelles, 1842. 

— Sturm., t. 1. — Dans le nord de la France. 

Ag. (Russ.) cyanoxanthe {Ag. Buss. cganoxanthus), Fers., Si/n., 360 {décrit). 

Ag. (Russ.) sevré {Ag. Buss. delicus), Batt., t. 17, fig. A. — Paul., t. 73, fig. 1. 
Fr., Epier., 4. — Dans les bois de. pins. M. Lëveillé doute que ce cham- 
pignon soit une Russule; pour lui, ce serait un Lactaire. 

Ag. (Russ.) blafard {Ag. Buss. depalleiis), Pers., Syn., 346. ■ — Krombh., t. ^'o, 
fig. 12, 13. — Fr., Epier., 12. — Dans les bois, les bruyères, les prés cou- 
verts de mousse. Comestible. 

Ag. (Russ.) émétique {Ag. Buss. emeticus), Fr. {décrit). 

Ag. (Russ.) chicotin [Ag. Buss. felleus), Fr., Epier., 16. — Paul., t. 76, fig. 4. — 
Dans les bois de hêtres. 

Ag. (Russ.) fétide {Ag. Buss. fœtens), Pers. {décrit). 

Ag. (Russ.) fragile {Ag. Buss. fragilis), Pers. {décrit). 

Ag. (Russ.) fourchu {Ag. Buss, furcatus), Pers. [décrit). 

Ag. (Russ.) blanc de lait {Ag. Buss. galochron) , Bull., t. 509 , fig. L , M. — 
Batt., t. 12, fig. E. — Dans les bois de bouleaux. Variété de l'Ag. lietero- 
pjJiyllus. 

Ag. (Russ.) gris {Ag. Buss. griseus), Fr., Epier., 34. — Pers., Syn., n» 358. — 
Dans les bois de hêtres. Est peut-être une variété de VAg. deculorans, Fr. 



DESCRIPTIONS. 129 



Ag. (Rixss.) hëtéropliylle {Ag. Euss. heteropliyllus), Fr. {décrit). 

Ag. (Russ.) intègre {Ag. lîuss. integer], Lin. (décrit). 

Ag. (Russ.) lacté {Ag. lîuss. lacteus), Paul, (décrit). 

Ag. (Russ.) délicat {Ag. Russ. lepidus), Fr. [décrit). 

Ag. (Russ.) jaune {Ag.Buss. luteus), Huclson. — Fr., J^wc?'., 39. — Dans les bois 

de hêtres, en automne. 
Ag. (Russ.) nauséeux {Ag. JSuss. nauseosus), Pers., Syn. 362. — Scliseff. , t. 16, 

fig. 4. — Fr., Bjncr.jél. — Dans les bois de conifères. 
Ag. (Russ.) noircissant {Ag. Buss. nigricans), Bull, {décrit). 
Ag. (Russ.) luisant {Ag. Buss. Jiitidus), Pers., Syn., *357. — SchsefF. , t. 254. — 

Fr., HJj^icr., 35. — Berkl., t. 13, fig. 7. — En automne, dans les bois, sur- 
tout les bois de hêtres. Comestible. 
Ag. (Russ.) jaune d'ocre {Ag. Buss. ochraceus), Swartz. — Fr., Upicr., 38. — 

Dans les bois de pins. 
Ag. (Russ.) blanc jaunâtre (Ag. Buss. ochroleucus), Pers. (décrit). 
Ag. (Russ.) pectinacé {Ag. Buss. pectinaceus),'Qu\\. (décrit). 
Ag. (Russ.) jaune roux {Ag. Buss. ravidus), Fr., Ag. pectinaceus, Bull., t. 509, 

fig. A. — Dans les bois de pins. 
Ag. (Russ.) rosacé {Ag. Buss. rosaceus), Fr., Ag. p)6ctinctceus, Bull., t. 509, ilg. Z. 

— Dans les bois de pins. Suspect. 
Ag. (Russ.) rouge {Ag. Buss. ruher), Krombli. {décrit). 
Ag. (Russ.) sanguin {Ag. Buss. sanguineus), Bull, {décrit). 
Ag. (Russ.) sarde {Ag. Russ. sardonius), ScliœfF., t. 16, fig. 5, 6. 
Ag. (Russ.) languissant (Ag. Buss. veternosus), Fr., Epier., 15. — Pnul., t. 74, 

fig. 3. — Dans les eiadroits sauvages, les buissons, en octobre et novembre. 

Comestible en Italie. 
Ag. (Russ.) verdoyant {Ag. Buss. virescens), Scbseff. {décrit). 
Ag. (Russ.) pâle jaunâtre {Ag. Buss. vitellinus), Pers., Syn., 352. — Batsch, 

t. 72. — Dans les bois, en automne, tardivement. Variété de VAg. Buss. 

nauseosus, Fr., Epier., 41. 

CHANTERELLE , CantliareUus. 

(KocvGapoq, coupe.) 

Chapeau ou liyménopliore garni en dessons de plis étroits ou de 
feuillets obtus sur leur tranchant , quelquefois rameux ou anastomosés 
entre eux ; hyménophore se continuant avec le pédicule. Champi- 
gnons terrestres. 

Chanterelle orangée {Cantharellus aurantiacus) , Fr., Epier., 1. 

(PI. XXXII, fig. 2.) 

Sow., t. 413. — Jacq., II, t. 14, fig. 3. — Pliœb., t. G, fig. 15-24. — Noul. 
et Dass., t. 11, fig. B. — Berkl., t. 14, fig. 1. — Batsch, fig. 37. — Nées, 
fig. 233. — Merulius aurantiacus, Pers., Myc, 2. 

Var. mgripes, Pers., 3Iyc., 3. — Bull., t. 505, fig. 2. 

Le Cantharellus aurantiacus ressemble quelque peu au Cantha- 
rellus cïbarius , mais sa couleur est ochracée ou orangé fauve , son 



l:!(» LKS ( IIA.MI'IGNONS. 



|ir(liiiile grêle, cylindrique, un peu courbé, orangé pâle, noir à la base 
dans la variété )iigt'ipes. • 

Sou chapeau, pou charnu, inégal, d'abord convexe, puis déprimé 
au centre, largo de 6 à 7 centimètres, à bords roulés en dessous, est 
sub-tomenteux , quehjuelois glabre. Ses leuillets, formant des plis 
étroits, serrés, droits, décurrents, bifides ou mémo tiilides, sont 
plus foncés en coulcui- ([ue le chapeau. 

TI vient, à terre, dans les bois de pins, de sapins et les gazons, 
assez tard. Rare. Il n'a pas l'odeur agréable do la r;h;iiiterelle comes- 
tible, et de plus sa saveur est déplaisante. 

Lenz le dit malfaisant ; Fries le range au nombre des champignons 
non comestibles , et Berkeley pense qu'il l'est à peine. Bien qu'on 
n'apporte aucune preuve de sa nocuité , il sera prudent de s'en abs- 
tenir. 

Chanterelle comestible (CantJiarelluscibarius), Fr., Epier., 1, 

(PL XXXII. fig. i.) 

»Schœff., t. 82 et 216. — Yaill.. t. 11, fig. 14, 15. — Boit., t. 62. — Sow., 
t. 46. — Batsch, fig. 120. — Bull., t. 62, et t. 105, fig. 1. — Paul., t. 36. 
Grev., t. 258. — Ki-ombh., t. 45, fig. 1-12. — Vittad., t. 25, fig. 1. —Veut., 
t. 7, fig. 66, 67. — Viviaiii , t. 41. — Lenz, t. 27. — Barla, t. 28, fig. 7 à 
15. — Staude, t. 2, fig. 1. — Jleridiu-s cantJiarellus , Pers., Myc, 1. 

Noms vulgaires: Chevrille , Chevrotte , Chevrottine, Cassine, .(an- 
nette, Essau, dyi-nle. .Taunelet, Jaunire, Escraville, Roussette et Rous- 
sonne, dans le Nord; (Irobillo, Escrobillo, .lerilia, Aoureilleto, Tour- 
nebous, Lechocendrés , Boulingoulo, Jirbouleta, Jorilla, Girandelle, 
dans le Midi. 

Cette plante, <{ue Ton rencontre dans presque tous les bois, à la lia 
de l'été et en autonme, est toute de couleur jaune chamois , plus ou 
moins foncé. Elle a un pédicule nu, plein, charnu, glabre, épais de 
10 à l'i millimètres, qui se dilate en un chapeau, toujours glabre, 
d'abord arrondi et convexe, puis sinueux, quelquefois lobé, creusé en 
entonnoir, presque toujours plus prolongé d'un côté que de l'autre, et 
dont l(i dessous estparcoui u par des veines ou re(jl(s bifurques, épais , 
écartés , qui sont décurrents sur le pédicule. Elle croit assez souvent 
en groupes peu nombreux. 

La Chanterelle est un fort bon champignon , connu de tout le monde , 
et que l'on mange partout. Elle a une odeur agréaJjle, toute particu- 
lière ; une saveur un peu poivrée, lorsqu'on la mâche crue. On peut 
reprocher à sa chair d'être un peu coriace. 



DESCRIPTIONS. 131 



Ch. de la terre brûle'e [Cantli. antliracoj^liilus), Lév., Ann. des se. nat., 1841, 

t. 14, fîg. 2. — Sur la terre brûlée, au printemps. 
Ch. orangée {(Jcmth. aurantiacus), Fr. {décrit). 
Ch. k pied court [Canth. bradtypode-'i), Chev., t. 7, fîg. 5. — Fr., Kp'icr., 4. — 

Dans les bois. 
Ch. des bryums [Canth. hryopldlus), Fr., Uim-r., 17. — Pcrs., Ohs., J^fyc, I, t. 3, 

fig. 1. — Dans les mousses; rare. 
Ch. comestible {Canth. cibarius), Fr. [décrit). 
Ch. cendrée {Canth. cinereus), Fr., Expier.., 9. — Krombh., t. 45, fig. 12. — Boit., 

t. 34. — Dans les bois, surtout les bois de pins. 
Ch. crépue [Canth. crkims), Fr. , Epier., 22. — Pers., Icon. et descr., t. 8, fig. 7. 

— Sur les branches du bouleau, du hêtre, en hiver. 

Ch. crucihulum {Canth. Critcibulum),Fr. , Epier., 21, t. Atj. cm^^ifs, Turpin et Du- 
trochet. Canth. Dutrochetii, Mont. — Sur les bois, dans les lieux sou- 
terrains. 

Ch. en capuchon {Canth. cucuUatus), Dub., Bot. GalL, 798. MeruUus cucuUulus, 
Broud., FI. ag., t. 2. 

Ch. en cupule {Canth. cuputatus), Bull., t. 601, fig. 3. — Fr., Epier., 11. — Dans 
les endroits stériles ; très-rare. 

Ch. eu entonnoir {Canth. infundibuliformis), Fr. , Epier., 8. — Sow., t. 47. — 
Krombh., t. 4, fig. 8-10. — Vaill., t. 12, fig. 9, 10. — Dans les bois, sur la 
terre et les bois en décomposition. 

Ch. blanc enfumé [Canth. leucopliœus), Nouel, t. 1, fig. 2, 3. — Fr., Epier., 10. 

— Sur la terre. 

Ch. lobée (CW/(. lobatus), Fr., Epier., 19. — Boit., t. 177. — El. dan., t. 1077. 

Dans les lieux marécageux, au printemps. 
Ch. jaunâtre {Canth. liiteseens); Bull., t. 173, fig. 3. — N'est peut-être c^u'unc va- 
riété du Cantharellus tubœformin, Fr. — Voy. Berkeley. 
Ch. mélanoxère {Ccmth. melanoxeroa), Desm. et Dub., Bot. GalL, 799. 
Ch. des grandes mousses {Canth. musciyenas), Fr., Epier., 14. • — Bull., t. 288 et 

498, fig. 1. — Sur les grandes mousses. 
Ch. des mousses [Canth. miiseorum), Fr., Ejyicr., 20. — Sur les mousses des 

troncs d'arbres. 
Ch. réticulée {Canth. retiruiju.s), Berkl., t. 14, fig. 2. — Fv., Epier., 18. — Helvella 

retiruga, Bull., t. 498, fig. 1. — Sur les mousses, les chaumes renversés. 
Ch. roussâtre [Canth. rufescens), Paul., t. 37, fig. 2, 3. — Fr., Epier., 3. — Dans 

les bois. 
Ch. délicate {Canth. tenellus), Fr., Epier., 23. — El. dan., t. 1295, fig. 2. — Sur 

les bois poiu-ris. 
Ch. en spatule [Canth. spathulatus), Fr., Epie/-., 13. 
Ch. en tube (Canth. tubœformis), Fr., Ep>icr., 7. — Bull., t. 493, fig. 3. — Batt., 

t. 23, fig. 6. — El. dan., t. 2080, fig. 1. — Ditm., t. 30. — Pci's., leon. et 

descr., t. 6, fig. 1. — Sur la terre et les bois pourris. 
Ch. bombée {Canth. inubonatus), Pers., Disp., 27. — Jacq., t. 16, fig. 1. — Fr., 

Epier., 5. ^ Dans les bois, sur les places il fourneau, sur les mousses 

menues. 



132 



LES CHAMPIGNONS. 



Xal>loau synoptîc|ue des Rolétoïtlé^. 



liyini'nium 
l'oriuaut 

des tubes , 
(les porcs ou 

(les cavitds 

sinueuses, 
irroguli&rcs , 

labyrintlii- 

formcs. 

JJasi<lios2'orés 



Hym(5nium 

à 

pores r(5guliers 

(le petite 

tliiueusion, 



Hym(5uium 

à 

porcs sinueux. 

irr(îguliers , 

de grande 

dimension. 



Hym(5nium formé de tubes réunis entre eux , et qui 
peuvent se séparer du chapeau . , 

[Ilyniéiiium d'abord papilleux , puis formé do tubes 
libres entre eux et insci)arables du chapeau . . 

|lIyménophore descendant dans la trame des pores , 
desquels il est distinct , mais s'en séparant diffi- 
cilement ou pas du tout 

^l!yméuopho^•e non distinct du reste de la plante . . 

Ilyménium composé de feuillets anastomosés, for- 
1 mant des cavités irrégulièi'es , sinueuses , ou des 

' i)ores allongés, flexueux 

iHyraénium relevé de veines sinuées, anastomosécsj 
f formant des sillons , des cellules inégales peu 
^ profondes 



Jioletus. 
Fistulina. 



rolijporus. 
Trametes. 



Dœdalea. 



JUenUitis. 



TjCS genres Hexagonia, Favohis et Porothelium , quoique venant en France , n'étant d'aucune 
utilité, l'auteur n'a pas jugé à propos de les consigner dans ce tajjlean sjTioptique, et d'en parler 
dans son ouvrage. 



Ordre 2°. — BOLÉTOIDÉS {Boletoidei). 

Hyménhim formant des tubes , des pores ou des cavités sinueuses 
irrégidières , lahyrinUii formes. Basidiosporés. 



FISTULINE^ Fistulina [fistula, chalumeau). 

H Yuiénium d'abord papilleux , puis formé de tubes cylindriques libres 
entre eux , dont l'orifice est radié et frangé. 



Fistuline hépatique {Fistulina hepatica) , Fr. 

Tratt., t. 12, fig. 23. — Schseff., t. 116 et 120. — Sow., t. 58. — FI. dan., 
t. 1136, 1137. — Sclim., t. 1. — Grev., t. 270. — Paul., t. 12. _ Krombh., 
t.44. — Vittad., t. 36. — Huss., I, t. 65. — Berkl., 1. 17, fig. 1. —Boit., t. 79. 
— Fistulina buglossoides, Bull., t. 74, 464 et 497. — Fr., E].ncr., 1. — 
Hypodrys hepaticus, Pers., Myc, 1. 

Noms vidgaires : Langue de bœuf ; Foie de bœuf ; Glu de chêne ; 
Langue de châtaignier ; Bolet foie. 



DESCRIPTIONS. 133 



Plante charnue et un peu gélatineuse , d'un rouge brun , atteignant 
12 à 15 centimètres et plus de diamètre , sessile ou portée par un 
pédicule latéral gros et court. Sa face supérieure est toujours gluante 
et parsemée , dans la jeunesse, de petites protubérances, qui se dé- 
tachant, plus tôt ou plus tard, rendent cette surface lisse. La face in- 
férieure , recouverte de tubes distincts , séparés les uns des autres , 
grêles, inégaux, très-serrés, d'abord blancs, puis d'un jaune pâle, un 
peu frangés à leur orifice. 

La Fistuline hépatique croit sur les vieilles souches , le plus souvent 
au pied des vieux chênes , des châtaigniers , et à fleur de terre , en 
septembre et en octobre. Sa chair, épaisse, mollasse, fibreuse, est 
marbrée, plus ou moins rouge, ce qui la fait ressembler à la chair ou 
au foie des animaux ; lorsqu'on la coupe , il en découle un suc rou- 
geâtre ; elle n'a pas d'odeur sensible , mais un goût vineux , un peu 
acide. 

Elle fournit un aliment agréable ; on préfère, pour l'usage, les in- 
dividus qui ne sont pas trop avancés ; un seul suffit quehpiefois à 
faire un repas. 

On jetire de ce champignon la glu , dite glu de chêne. 

Bolet, Bpletiis (BwXiTriç , nom grec d'un champignon). 

Hyménium formé de tubes réunis entre eux et pouvant se séparer 

du chapeau. 

.1'''^ Subdivision. — Ochrospores. Spores ochracées. 

Bolet bronzé {Boletus œveus), Bull., t. 385. 
Krombh., t. 3G, fig. 1-7. — Fr., Epier., 39. 

A^oms vulgaires : Ceps noirs ; Gendarme noir, dans les Vosges ; 
Cep, dans le Tarn. 

Le chapeau du Bol. œreus est épais, orbiculaire, compacte, glabre, 
à\\nhrun olivacé ou noir bronzé, mêlé de rouge. Les tubes sont 
courts , serrés , à peu près libres , à orifices très-petits , de couleur 
jaune de soufre. Pédicule , long de 5 à 7 centimètres , à peu près 
égal dans toute son étendue, ferme, jaunâtre, >éiictt?é de fauve à sa 
hase. 

Il est rare, et croît, à terre, en automne, dans les bois. 



1:M LE8 ( JlA.Ml'KINONS. 



Comestible; on le préfère même au Bol. ediilis. Sa chair est 
blanche, qnelquefois un peu roup^eàtre vers la peau, et jaune verdâtre 
vers les tnbes ; ses pores, parfois comme obstrués, verdissent et ensuite 
deviennent d'un rouge brun à leur orihce, s'il est froissé. 

Bolet d'été {Boletus œstivalis), Paul., f. 170. 
Hu.ss., II, t. 25. — Fr., Bjrlrr., 44. 

rihampifrnon de o-rande taille, de couleur gris de lin d'al)ord et en- 
suite d'un roux tendre ou café au lait, qui vient dans les bois du Midi 
de la France, en mai, juin et juillet, et que les vers attaquent facile- 
mont. Odeur et saveur agréables. 

il a le chapeau charnu, épais , large de 42 à 15 centimètres, d'abord 
convexe, puis étalé, doux au toucher, comme soyeux, se gerçant fine- 
ment et devenant granuleux , à mesure qu'il s'étale ; les tubes cylin- 
driques, allongés, d'un hlmic pâle ; le pédicule fort, consistant, de 
la couleur du chapeau , lisse, non réticulé, haut de 10 à 12 centimètres, 
gros , à sa hase , de 5 à 6 centimètres. 

Paidet dit que c'est un manger délicieux. 

Bolet orangé (Boletus aurantiaeus) , Bull., t. 236 et 489, fig. 2. 

(PI. XXXVIl, fig. 2.) 
Krombh.,t. 32, fig. 1-11. — Barla, t. 35, fig. 6-12. — Pers., Myc, 34. 

Noms vidgaires : Bolet orangé, Gyrole rouge, Roussille. 

Ce champignon , commun , en automne, dans les bois , a le chapeau 
large de 8 à 12 centimètres , orbiculaire, convexe, épais , orangé ou 
rouge faove, sub-visquenx pai- les temps de pluie, portant le plus 
souvent à son l)ord une sorte de frange simulant les débris d'un 
d'un anneau membraneux ; les tubes , d'un blanc terne , allongés , 
étroits; le pédicule, long de 10 à 15 centimètres, épais, cylindrique 
ou grossir<.;ant du sommet vers la base , plein , hérissé de petites aspé- 
rités rou.jî:àtres ; la chair, blanche et molle, prenant une teinte vineuse, 
quelque temps après avoir été entamée. 

Pour quelques auteurs , ce Bolet ne serait qu'une variété du Bole- 
tus scal-cr ; mais je n'ai jamais rencontré dans le Boletus scaber le 
petit insecte diptère qui attaque le Bolet orangé et y creuse des ga- 
leries. 

Comestible : mollasse et sans govit, lorsqu'il est vieux. 



DESCRIPTIONS. 135 



Bolet bai brun {Boletus badius) , Fr., Epicv., 8. 
Lenz, fig. 35. — Krombli,, t. 36, fig. 15. 

Chapeau arrondi, convexe, mou, visqueux dans un temps de pluie, 
luisant par un temps sec, mais toujours lisse, large de 4 à 5 centi- 
mètres , l)ai fauve ; ayant des tubes , adnés ou sinueux déprimés , assez 
larges, anguleux, d'un blanc terne, jaunâtre, passant au verdàtre ; 
porté sur un pédicule solide, à peu près cylindrique , atténué à l'une 
de ses extrémités , jamais bulbeux, lisse, nu, parsemé d'vne sorte de 
farine d'un brun plus pâle. 

Est rare ; vient dans les bois montueux de sapins ; sa chair devient 
partiellement bleue près des tubes. Comestible. 

Bolet des bouviers {Boletus bovinus), Lin. 

FI. dan., t. 1018. — Scliw., t. 6, fig. 19. — Huss., I, t. 34. — Lenz, fig. 38. 
— Krombh., t. 75, fig. 1-6. — Fr., Epier., 6, — Boletus mitis, Pers., Myc, 
Eur., 10, et Boletus viscosus, id. 14. 

Assez commun dans les Vosges , ce Bolet croît en toufles , plus oîi 
moins nombreuses , dans les forêts de pins. On le mange en Angle- 
terre. Il a la chair blanche, une saveur non acre ; le chapeau , plan , 
ondulé, visqueux par les temps humides, glabre et brillant parles 
temps secs, ferrugineux roux, large de 5 à 8 centimètres; les tubes 
sub-décurrents , anguleux, sub-irrégidiers , assez grands, d'un gris 
roux ferrugineux ; le pied, c]ilindriqne , lisse, unicolore , snb- 
flexueux, non pourvu de collier, long de 3 à A centimètres, peu 
épais. 

Le Boletus jlavidus , Fr. {B. velatus, Pers., Mi/c, L '20, fig. 1-3), 
qui vient dans les tourbières des Vosges^ ressemble au B. boinnus ; 
il n'en diffère guère que parce qu'il n'a pas d'anneau distinct. On ne 
dit pas qu'il soit comestible. 

Bolet calopus (Boletus calopus) , Fr., Epier., 26. 
Krombh., t. 37, fig. 1-7. — Boletus terreiis, Scbieff"., t. 315. 

Chapeau globuleux étant jeune, puis en coussin, de 6 à9 centi- 
mètres de diamètre, sub-tomenteux dans sa jeunesse, finiment fendillé 
quand il est vieux , de couleur olivâtre terne; tubes petits, jaunes, 
adnés, angideux à leur orifice ; pied ferme, sub-égal , réticulé, d'un 
rouge écarlate. 



13fi LES CHAMPIGNONS. 



Dans les bois; août, septembre et octobre. Remarquable par sa 
})eauté. 

Cliair spongieuse , pâle jaunâtre , plus ou moins bleuissant au con- 
tact de l'air. Inodore, point de saveur particulière. Réveil le dit véné- 
neux. 

Bolet chrysenteron {Boletus chrysenteron) , Bull., t. 490, fig. 3. 
Huss., I, t. 5. — Krombh., t. 76, fig. 1-5. — l'r., Epia:, 21. 

Chapeau convexe, à la fin un peu aplati, large d'environ 5 centi- 
mètres, de couleur bnm terne, tirant sur le rouge de brique, flocon- 
neux et comme finement squameux , ^3)'esgue toujours fendillé en 
aréoles, dont les interstices sont de couleur rougeâtre ; tubes sub- 
adnés, assez larges, anguleux, inégaux, d'un jaune verdâtre, dépri- 
més autour d'un pédicule cylindrique, flexueux, rigide, fibrilleux, 
sub-strié ou finement ponctué , jaune , un peu renflé et souvent rou- 
geâtre à sa partie inférieure. 

Dans les bois , les prairies. 

Chair jaune ; rouge sous la cuticule ; odeur faible , saveur peu 
prononcée. Suspect , dit-on. Néanmoins pour beaucoup de botanistes 
le Bol. chnjsenteron ne serait qu'une variété du Bol. suhtomen- 
tosus. 

Bolet comestible {Boletus edulis), Bull., t. 60, 494. 
(PI. XXXIY.) 

Letell., t. 614. — Sow., t. 111 et 419. — Tratt., fig. 34. — Sv: loi., t. 197. . 
— Schsefi"., t. 134, 135. — Lenz , fig. 34. — Staude, t. 3, fig. 3. — Huss., 
I, t. 81. — Berkl., t. 15, fig. 6. — Krombh., t. 31. — Vittad., t. 22. — 
Eoq., t. 3-5. — Paul., t. 167, 168. — Pers., Myc, nos 14, 19, 28. — Fr., 
Exy'icr., 38 Midi., t. 68, fig. 1. — Buxb., cent. 5 et 12. 

4 

Var. A. Boletus alhus , Pers., Champ, corn., p. 233. — Paul., t. 177, fig. 1. 
Var. B. Boletus fulugineus, FI. dan.,i. 1296. 

Noms vulgaires : Ceps , Cèpet , Bruguet , Bolé, Essalon , Prourse, 
Potiron , Porchin ; Aricèlous , Moussar ; Nissoulous , en Languedoc ; 
Miquemot , dans le Tarn ; Michotte, Grosse queue, dans la Meuse ; Po- 
lonais , dans les Vosges. 

Ce Bolet s'élève à la hauteur de 15 à 20 centimètres. Son pédicule 
est gros , plein , cylindrique, quelquefois renflé à sa base, et alors plus 
court, blanchâtre, jaune ou fauve clair, réticulé. Son chapeau, épais. 



DESCRIPTIONS. 137 



convexe, glabre, humide par les temps pluvieux , large de 15 centi- 
mètres et plus, d'un jaune terne, brun, rouge brun ou rouge cendré, 
ou même blanchâtre , a des tubes allongés , petits , d'abord blancs , 
puis d'un jaune pâle ou jaune verdàtre. Sa chair est épaisse, de cou- 
leur blanche ou jaunâtre , assez souvent avec une teinte vineuse sous 
la peau, ne changeant pas lorsqu'on brise la plante. Saveur agréable; 
odeur nulle. 

Le Boletus edulis vient à terre, dans tous les bois , depuis le mois 
de juillet jusqu'à la fin de septembre; il est d'un fréquent usage 
comme aliment et comme assaisonnement , surtout dans le Midi de 
la France. 

Bolet élégant {Boletus elegans), Sclmm. 

Grev., t. 183. — Huss., II, t. ] 2. _ Krombli., t. 34 , fig. 1-10. — Fr., Ujncr., 2. 
Boletus arnienlaciis, Pers., note inédite. 

Ynï.Jlavus, à tubes plus allongés, Boit., t. 1G9. — Sow., t. 265. 

Bolet à chapeau peu charnu, large de 8 à 10 centimètres, de forme 
régulière, convexe, étalé, très-visqueux par les temps humides, coii- 
leur jaune d'or ou jaune pâle, tirant sur le fauve, à bords minces. 
Les tubes , de la couleur du chapeau , réguliers , alvéolés , anguleux , 
nombreux, peu adhérents au chapeau, quelques-uns plus courts, sub- 
décurrents, sur vm pédicule long de 8 à 10 centimètres, plein , flexueux, 
cylindrique ou grossissant légèrement vers la base, ponctué ou écail- 
leux, de la coideur du chapeau, portant , vers son sommet , les dé- 
bris d'un collet aranéeux, peu consistant, plus pâle que le pédicule. 

Il croit en automne , plus particulièrement dans les bois de coni- 
fères, seul ou en groupes peu nombreux. 

Il est comriiun et comestible, mais non délicat à manger; chair 
jaune, saveur faible, odeur fongique. 

Le B. elegans diffère du B. luteus par son pied beaucoup plus 
long, squameux, ridé, sub-réticulé, sa couleur moins foncée, sa chair 
jaune. 

Persoon , dans une note inédite, appelle 5. arme7iiacus , le B. élé- 
gant , à cause de sa couleur, qui est à peu près celle de l'abricot. 

Mougeot et Berkeley regardent la variété flavus, comme formant 
une espèce distincte. 



IM LKS ( llA.Ml'Ki.No.NS. 



Bolet à pied rouge (Boletus erythropus), Pers., Myc, 15. 

Pbœb., t. 8, fig. 3-29. — Noul. ctDass., t. 5, fig. A. — Baila, t. 33, fig. 6, 7. — 

Fr., Ejpicr., 33. 

I.i> Bol. erytltropus vient, dans les l)ois , en automne. Il a le chapeau 
toiiiL'uteux, presque velouté, visqueux parles temps de pluie, fauve 
roussàtre ou marron fauve , d'a])ord convexe , puis plan ; les tubes 
libres, (riin louge foncé à leur orifice ; le pédicule non réticulé, mais 
sub-granuleux à son sommet , tantôt court , tantôt allongé, extérieure- 
ment rouge à peu près dans toute sa longueur, à l'intérieur rouge à sa 
base. 

Sa chair jaune devient bleue lorsqu'on la coupe , et partiellement 
rouge ; elle a une saveur acide. 

Réveil regarde ce champignon comme vénéneux. 

Il n'est pour quelques auteurs qu'une variété du JB. hiridus, espèce 
malfaisante aussi. 

Bolet granulé {Boletus granulatus), Lin. 
(PI. XXXV, fig. -1.) 

Nées, fig. 205. — Schœff., t. 123. — Lenz , fig. .51. — Letell., t. 604. — 
Ki-ombh., t, 34, fig. 11-14. — Barla , t. 31, fig. 4-12. — Fr., ^«cr., 5. — 
Boletus circhians, Pers., 3Iyc., 5. 

Ce Bolet ressemble beaucoup au B. lutens , et n'en diffère guère 
que par l'absence d'un anneau membraneux. Son chapeau , large de 
8 à 10 centimètres , est d'abord hémisphérique , puis convexe , puis 
plan , légèrement onduleux, fauve ou brun , peu charnu , enduit cà sa 
surface d'une matière visqueuse, surtout chez les jeunes individus. 
Les tubes, étroits, courts, granuleux à leur orifice, d'un l)lanc pâle 
d'abord et ensuite d'un jaune fucescent , sont adnés ou un peu décur- 
rents .sur un pédicule cylindrique, quelquefois atténué en haut , court, 
jaunâtre, parsemé au sommet de gramdations. 

On le trouve dans les gazons des bois de pins , solitaire ou en petits 
groupes. Souvent les individus placés à peu de distance les uns des 
autres forment sur le sol de longues traînées, ou même des cercles, 
ce qui l'a fait appeler par Persoon circinans. 

Saveur un peu acide ; odeur sub-vireuse. Réveil le donne pourstts- 
pect. Il passe généralement pour malfaisant ; je l'ai cependant mangé 
impunément. 



DESCEIPTIONS. 139 



Bolet livide [Boletus lividus), Bull., t. 490, fig. 2, 

Letell., t. 606. — Fr., Epier., 17. — Pers., 3Iyc., 8, et Boletus hrachyporus , 

Pers., Myc, 7. 

9 

Bolet à chapeau compacte, large de 6 à 8 centimètres , d'abord con- 
vexe, puis aplati , et quelquefois déprimé, souvent inégal, ondulé, d'un 
jaune livide ou fuligineux. Ses tubes ^owi très-courts , suh-décurrents , 
d'un jaune verdâtre. Le pied, lisse, épaissi par le haut, atténué en 
bas, souvent courbé, et d'un jaune fuscescent. 

On le trouve dans les lieux humides , sub-ombragés ; solitaire ; assez 
rare. Sa chair est suh-virescente , sa saveur acide, son mycélium d'un 
blanc olivacé. 

Aliynentaire. Avancé en âge , il est dur, coriace , et doniie de lé- 
gères coliques. 

Bolet de loup {Boletus liipinus)', Fr., Epier., 32. 
Boletus erythropus, Krombh., t. 38, fig. 7-10. 

Chapeau arrondi , de 6 à 8 centimètres de diamètre , glabre , sec , 
non luissant , de coideur saie, livide avec une légère teinte ver- 
dâtre; tubes libres, petits, jaunes, d'un rouge orangé à leur orifice ; 
pied obèse, ovoïde, imparfaitement réticulé, de la couleur du chapeau 
vers le haut, teint d'un rose sanguin intérieurement. 

Dans les bois, août et septembre. * 

Chair d'un gris jaunâtre , devenant bleuâtre au contact de l'air, et 
non rougeâtre. 

Odeur et saveur acides. 'Vénéneux. 

Bolet blême {Boletus hiridus), Schoeff., t. 107. 
(PI. XXXVI, fig. 1.) 

Grev., t. 121. — Tratt., t. 9, fig. 17. — Huss., II, t. 26 et 35. — Roques, 

t. 4. _ Paul., t. 176. —Buxb., t. 5, fig. 13. — Krombh., t. 38, fig. 11-17. 

Letell., fig. 32. — Berkl., t. 15, fig. 5. — Barla, t. 33, fig. 1-5. — Boletus 

rubeolnriiis , Bull., t. 490, fig. 1, et Boletus tuherosus, ici. t. 100. — Fr.» 

Epier., 33. — Pers., Myc., 15. 

Var. A. Boletus tuberosus , Pers. Chapeau presque hémisphérique, d'un brun 
olivâtre, à pied très-court, renflé en bulbe arrondi. — Boit., t. 85. — 
Sow., t. 150. _ Batt., t. 29, fig. A, B, D. — Noul. et Dass., t. 5, fig. B. 

Nom vidgaire : Bruguët fol, Cul de Saoumo, en Gascogne. 

Chapeau large quelquefois de 30 centimètres , et quelquefois de 6 à 
40 seulement, convexe, orbiculaire, d'abord suh-tomenteux , ensuite 



140 LES CHAMPIGNONS. 

quelque peu visqueux, hrun olivacé ou roux fuligineux; tubes 
longs, petits, ronds, jaunes clans leur longueur, jaune rouge ou 
rouleur de cinnabre i\ leur orifice ; pédicule ferme, épais, réticulé 
ou ponctué de rouge, cylindrique ou bulbeux. 

Le Boletus luridus est très-commun , à terre , dans les bois et les 
pâturages des bois, à la fin de l'été et en automne. Sa chair jaune, 
devient promptement bleue, lorsqu'elle est coupée ou brisée. L'odeur 
faible, nauséeuse ; la saveur non désagréable chez les jeunes individus, 
déplaisante, au contraire, chez les individus adultes. 

D'après les observations de Paulet et de Pioques, le Bol luridus serait 
très-dangereux, ayant occasionné des vomissements, des convulsions 
et de la stupeur à des hommes et à des animaux qui en avaient mangé. 
Viviani raconte que, pour en avoir fait usage, une famille entière de 
paysans faillit périr. Il paraît cependant , au rapport de Palisot de Beau- 
vois et d'Ascherson, qu'il est employé comme aliment dans quelques 
pays ; Lonz dit qu'on l'apporte, en quantité, aux marchés d'Allemagne, 
à Olmûtz et à Brûnn ; ce serait alors le mode de préparation culinaire 
qui le rendrait inoffensif en détruisant son principe actif. Lenz l'a 
mangé et des familles entières l'ont mangé comme lui. Trattinik dit 
qu'on ne le vend pas sur les marchés en Autriche , mais qu'en Po- 
logne, les paysans le mangent , cuit sous la cendre ; cependant, ajoute- 
t-il , il est démontré que souvent son usage provoque des vomissements 
violents et un assoupissement profond. Réveil l'ayant donné à un 
chien , cru , pilé et mélangé à de la soupe , l'animal est mort le cin- 
quième jour. 

Il est probable que plusieurs espèces ont été confondues sous le nom 
de B. luridus. 

Le Boletus erythropus , Pers., le Boletus lupinus , Fr., et le Bo- 
letus satanas , Lenz , ont été longtemps regardés par les botanistes 
comme de simples variétés du B. luridus. Aujourd'hui encore, quel- 
ques auteurs ne les admettent pas comme espèces distinctes ; il est 
difficile, en effet , d'établir les caractères spécifiques de ces plantes. 

Bolet iaunkire (Boletus luteiis), Lm. 
(PI. XXXV, fig. 2.) 

Schœff., t. 114. — FI. dan., t. 1135. — Nées, fig. 204. — Lenz, fig. 30. — 
Krombh., t. 33. — Barla, t. 31, fig. 143. — Fr., Uj^icr., 1. — Boletus an- 
nulatiia, Bull., t. 332. — Pers , Ilyc, 2. 

Le Boletus luteus se distingue facilement de la plupart de ses con- 
' génères par la présence d'un anneau yneynhraneux , qui souvent 



DESCRIPTIONS. 141 



disparaît de bonne heure , et qui est porté sur un pédicule long de 3 
à 5 centimètres, peu épais, cylindrique, plein , jaunâtre, 'ponctué de 
granulations au-dessus de l'anneau. 

Chapeau convexe, d'un jaune fauve ou fauve brunâtre, quelque- 
fois tacheté de lignes roussâtres, large de 8 à 10 centimètres, enduit 
d'une matière visqueuse par les temps humides , a des tubes petits , 
ronds, quelquefois sub-décurrents , d'un jaune foncé. 

Il croît communément, en automne , sur la terre, dans les bois , et 
plus particulièrement dans les bois de pins et de sapins. 

Comestible. Sa chair, assez ferme, épaisse, ])lanche, chez les jeunes 
individus , ensuite jaunâtre , ne change pas de couleur lorsqu'on la 
déchire; elle a le goût d'abord un peu aigrelet, puis'suivi d'amertume. 

Ce Bolet est d'un usage commun en Bavière et en Prusse. Lenz dit 
qu'on le consomme par milliers à Prague, en Bohème. Je l'ai mangé , 
et l'ai trouvé bon. 

M. Letellier le déclare indigeste ; 150 grammes , donnés par lui à 
un chat , ont occasionné à l'animal du dégoût et du dévoiement. 

Bolet obson {Boletus Obsomum), Paul., t. 171, fig. 2 , 3. 

Krombh., t. 76, fig. 12-14. — Micli., t. 68, fig. 1. ~ Fr., Eino:, 42. _ 
Boletus îeoninus, Pcrs., Mi/c, p. 143. 

Noms vulgaires : Obson, Opson (du lat. Ohsonium, provision de 
bouche, à cause de ses bonnes qualités). 

Chapeau convexe aplati, assez rég'ulier, large de 10 à 12 centi- 
mètres , à surface sèche, douce au toucher et comme soyeuse, de cou- 
leur feuille morte ou cannelle pâle, sujette à se déchirer, -surtout vers 
le bord, qui est mince ; des tubes à demi-libres, petits, ronds, très- 
courts vers la marge et le pédicule, d'abord jaunes, puis de la couleur 
du chapeau; pédicule plein, ferme, conique, lisse, non réticulé, plus 
pâle que le chapeau. 

Ce champignon est un aliment de bonne qualité ; sa chair, blanche, 
assez ferme, change à peine lorsqu'on la coupe. On le recueille, en 
été et en automne, à terre, dans les bois du Midi de la France. 

Bolet gros pied {Boletus pachypus) , Fr., Epier., !29. 

Kromlb., t. 35, fig. 13-15. — Huss., I, t. 22. — Lctell., t. 641. - 
Pers., Myc, 13, 16. 

Bolet rare, qui vient dans les bois , et surtout les bois de montagnes, 
et dont le chapeau est bombé, sec, sub-tomenteux , d'un fauve pâle, 



142 Ll-:s ( 11A.\II'JG.NUN?>. 



large de iO à 15 centiniètres, avec des tubes sul)-allongés, ronds, 
d'abords jaunes, puis légèrement verdàtres, jamais rouges à leur 
orifice, courts près du pédicule, .suh-lil)re><. Pied épais, ferme, réti- 
culé, primitivement coui't, renllé à la base, plus tard allongé; presque 
égal, de coulcm lauve, variée de rouge. 

Selon Lenz et Lascli, il serait comestible, et dangereux, d'après 
M. Letellier. Il sera donc prudent de s'en abstenir. Sa chair, épaisse 
et blanche, devient légèrement bleuâtre lorsqu'elle est blessée. 

Il ressemble quelque peu au Boletus edulis. 

Bolet poivré (Boletus 2'>i2Jeratiis), Bull., t. 451, fig. 2 

Batscli , tig. 28. — JSuw., t. 34 KroniLli., t. 37, fig. li3-20. — Fr., Epier., 11 . 

Teis., Mtjc, 9. 

C'est dans les bois que vient ce champignon cliarnu , dont la chair 
est jaune, l'odeur faible, la saveur chaude et poivrée. 

Tl a le chapeau large à peine de 4 à 5 centimètres, convexo-plane, 
luisant, légèrement visqueux, de couleur fauve cannelle. Ses tubes ir- 
réguliers, assez grands, de couleiu' rou.c ferrugineux ou fauve 
rougeutre, plus foncée que celle du chapeau , sub-décurrents. Le pé- 
dicule, long de 5 à 6 centimètres, plein , grêle, tortueux, fragile, sul)- 
pulvérulent, faiblement sillonné, jaune, mais d'un fauve jaunâtre à 
sa base , qui est un peu atténuée, tandis qu'il va en grossissant légère- 
ment à sa partie supérieure. 

Fries dit qu'il est un peu malfaisant. Réveil dit l'avoir mangé, 
mais en petite quantité. 

Bolet Satan [Boletus Hutanas) , Leuz , lig. 33. 
:P1. XXXYI, fig. 2.) 

Huss., I, t. 7. _ Krombh., t. 38, fig. 1-6. — Phœb., t. 1, 2. _ Fr., Epier., 31.— 

Boletus marmoreus , Roq., t. 6. 

Le Bol. Satanas a le chapeau L-liaruu, très-épais, convexe, large 
de 10 centimètres environ, glabre, légèrement visqueux , de couleur 
fauve clair, faiblement nuancé de rose ^ comme marbré au centre, 
blanchâtre sur les bords ; les tubes étroits, petits, allongés, libres, 
d'un jaune verdàtre dans leur longueur, et d'un rouge sanguin à leur 
orifice; le pédicule gros, ventru, long de 8 à 10 centimètres, rouge- 
carmin ou rouge de sang, réticulé à sa partie supérieure. 

Il se trouve, en automne, dans les bois des provinces méridionales 
de la France. 



DEt^ClllPTIONS. 143 



Sa saveur est douce , non amère ; son odeur non désa^^réable ; sa 
chair blanche devient rougeàtre ou violacée lorsqu'on la rompt. 

Extrêmement véné)ieux ; Lenz a éprouvé sur lui-même ses pro- 
priétés malfaisantes ; heureusement cette espèce est assez rare en 
France. 

Bolet rude [Boletus scaher), Fr., Epier., 52. 
(PI. XXXVIl , fig. 1.) 

Schœff., t. 104. — i'7. dan., t. 853, fig. 2,3. — Vittad., t. 28. — Boit., t. 8. 

— Kroinbli., t. 35, fig. l-(5. — Sow., t. 175. — Lenz , fig. 32. — Huss., I, 
t. 57. — Barla, t. 35, fig. 1-5. — Paul., t. 176, fig. 1-2. — Eoq., t. 3. _ 

Bull., t. 132, et 489, fig. 1. — Pers., llyc, 33. 

Noms vulgaires : Gyrole ; Tremoulo, Tremoulen, en Gascogne. 

Le Boletus scaher s'élève à la hauteur de 1^ à 15 centimètres. Son 
pédicule est le plus souvent grêle , flexueux , cylindrique ou grossis- 
sant du sommet à la base, 'plein, hérissé de petites aspérités noirâtres, 
comme strié. Le chapeau, orbiculaire, convexe, large de 6 à 10 cen- 
timètres, est tantôt fauve jaunâtre , tantôt bistré ou fuligineux, vis- 
queux par les temps humides. Les tulies sont petits, allongés, ordi- 
nairement d'un Jjlanc sale, quelquefois gris. 

Il vient à terre dans presque tous les bois ; commun à reniréc de 
l'automne. Sa chaii', un jieu mollasse, est acidulée; cassée, elle prend 
quelquefois une couleur vineuse. 

On le mange , lorsqu'il estjeioie; le pédicule, fibreux, cassant, se 
rejette. Saveur un peu salée ; odeur nulle. 

Bolet sub-tomenteux {Boletus subtomentosiis). Lin. 
(PL XXXVIII , fig. 2.) 

Schaiff"., t. 112. — Nées, fig. 206. — Lcuz, fig. 36, 37. — FL dan., t. 1074. 

— Ki-oinbh., t. 37, fig. 8-11. — Bull., t. 393, fig. A. — Paul., t. 172, 173, 
183. — Fr., Upicr., 22. 

Ce cluunpignon varie beaucoup pour la foi'nie, la couleur et les di- 
mensions. Son pédicule, grêle, long de 10 à 12 centimètres , ordinaire- 
ment tortueux, le plus souvent cylindrique, aminci , d'autres fois ren- 
flé à .sa base, strié, réticulé ou ponctué à sa partie supérieure , de 
couleur jaune, fréquemment strié de rouge, supporte un chapeau, or- 
biculaire, convexo-plane, siih-tomenteux , hrun rougeàtre, hrun 
olivâtre ou bronzé, ayant 8 à 12 centimètres de diamètre, sujet, dans 
la vieillesse, à se gercer en aréoles, dont les interstices sont de cou- 



144 LES CHAMPIGNONS. 



leur JHimàlre. Les Uibes sont dun jaune, tiianl sur le vert, iirégu- 
lier.s, larges, allongés; ceux qui naissent près du pédicule, moins 
longs, laissent autour de ce pédicule une sorte de vide. 

11 croit communément dans les bois, à terre, en été et en automne^ 
le plus souvent solitaire. 

Sa chair, molle , cassante , d'un blanc jaunâtre , quelquefois un peu 
changeante, et passant légèrement au bleu si on le casse, a une saveur 
particulière, une odeur agréable. Comestible. 

2*^ Subdivision. — Ftliodospores. Spores roses. 

Bolet chicotin {Bolletus felleus), Bull., t. 379. 
Krombh., t. 74, fig. 1-7. — Pevs., Myc, 20. — Fr., Epier., 56. 

Chapeau convexe d'abord, puis plan, et, dans la vieillesse, re- 
courbé sur les bords, glabre, lisse, fauve marron ou même gris cen- 
dré ; tubes allongés , blanchâtres dans le jeune âge , ensuite couleur 
de chair, devenant larges et irréguliers en vieillissant ; pédicule de la 
couleur du chapeau, grêle, cylindrique, un peu renflé à sa base, réti- 
culé à sa partie supérieure. 

Ce Bolet vient dans les bois ombragés , en été et en automne. 

Suspect. On est peu tenté d'en faire usage , à cause de sa saveur 
amère et de son odeur désagréable. Sa chair, lorscp.i'on la casse, prend 
une teinte rosée. 

3e Subdivision. — Leiicospores. Spores blanches. 

Bolet marron {Boletus castaneus), Bull., t. 328. 

Huss., 11, t. 17. — Barla, t. 32, fig. 11-15. — Pers., Jlyc, 22. — 

Fr., Epier., 58. 

Ce Bolet est tout de couleur tnarron ou rouge hnin , à l'exception 
de ses tubes, qui sont d'abord d'un blanc de lait, et ensuite jaunes , 
et des bords du chapeau, qui sont quelquefois jaunâtres. Le chapeau, 
d'abord convexe, puis à peu près plan , large de 5 à 7 centimètres, a 
un aspect velouté. Les tubes sont courts, à orifice de petite dimension. 
Le pédicule est mou, spongieux, ensuite creux, cylindrique, souvent 
renflé et crevassé à sa base, rarement droit. 

H vient solitaire, dans les bois. Bare. 

Sa chair, molle, cotonneuse, de saveur agréable, ne change pas de 
couleur. Comestible. 



DESCRIPTIONS. 145 



Bolet bleuissant (Boletus cyanescens) , Bull., t. 309. 

Letcll., t. 654. — Kroml)h., t. 35, fig. 7-9. — Roq., t. 8, fig. 1, 2. — Barla, 
t. 37. — Fi-., E2)lcr., 57. _ Pers., JLjc, 18. 

Noms vulgaires : Sorcier, dans quelques cantons ; Cep-fails, dans 
le Tarn. 

Bolet entièrement d'an blanc pâle ou blanc jaunâtre , dont le cha- 
peau , convexe , plan , sub-tomenteux , a 5 à 8 centimètres de dia- 
mètre. Les pores sont ronds, égaux, blancs et enfin jaunâtres. Le 
pédicule, long de 4 à 5 centimètres, sub-tomenteux , mais non réti- 
liculé à son sommet , est plus gros dans le milieu qu'aux extrémités , 
spongieux à l'intérieur. La chair, hlaiiclie, compacte, devient , ainsi 
que les tubes, d'un bleu foncé, lorsqu'on la brise. 

Il vient dans les bois stériles et les prés. 

Le Bol. cyanescens excite des préventions à cause de sa couleur 
changeante ; Bosc assure néanmoins qu'on le mange dans le Pié- 
mont ; Noulet et Dassier disent , au contraire , que , donné à des 
chiens, il les a incommodés. La vérité est, qu'avancé dans sa végéta- 
tion, il devient dur, coriace, et donne de légères coliques. 11 est donc 
prudent de- s'en abstenir. 

4c Subdivision. — Xeplii'ospores , Tliephrospori (Tccf-poç, gris 
cendré, cTuopcj, semence). Spores cendrées. 

Bolet flocomieux {Boletus floccopus), Vahl. 

i-'l. dan., t. 1252. — Chev., FI. par., t. 0, fig. 10. — Fr., Epkr., 46. — Bo- 
letus cinereus, B. foccojms, B. gossyjjiniis , Pcrs., AFyr., 29, 30, 31. — - 
Strobylomices Jioccojnis, Berkl. 

Ce champignon, très-rare, est remarquable par sa forme et sa cou- 
leur. Sa chair, blanche et ferme , pi^end une teinte rosée lorsqu'on la 
divise. C'est un poiso)i viole td ; Réveil s'en est assuré par des expé- 
riences. Il vient dans les forêts ombragées. 

Il est d'abord de couleur de cendre., ensuite noirâtre, a le chapeau 
convexe , charnu , large de 8 à 10 centimèti'es , tomenteux , aréole , 
recouvert de flocons fascicules , réunis en papilles , et formant des 
écailles qui recouvrent toute la surface. Les tubes sont grands, d'un 
blanc grisâtre, irréguliers, plus courts en arrière. Le pédicule, tantôt 
court, tantôt long, de couleur terre d'ombre inférieurement, tomen- 
teux, est lacuneux au sommet, et porLe un anneau persistant. 

10 



i'ic, LES cita:mpignons. 



I,c ]}ol. /loccopus ressemljlo boaucoup au Bol. strohilaceus , Scop. 
— ]• r.. Epier., -45. Les propriétés de ce dernier n'ont pas été étu- 



diées. 



l'"^ Subdhlsîoti. — Ochrospores. — SiJorcs ferrugineuses. 

IJcil. bronzd {Bol. œreus), Bull, {décrit). 

Bol. d'été {Bol. œstivalis), Paul, {décrit.) 

Bol. appciuliculc {Bol. appendiculatus). Scliseff., t. 130. — Fr., Epier. 25. — 

Dans les Ijois. 
Bol. amer {Bol. amarus), Pers., Syn., 511. — Peut-être est-ce une variété du 

Bol. pachypiis. 
Bol. orangé {Bol. aurantiacus), Bull, {décrit). 
Bol. bai (Bol. hadius), Fr. {décrit). 
Bol. des bouviers [Bol. bovinus), Lin. {décrit). 
Bol. Ijcaix pied [Bol. calopus), Fr. {décrit). 
Bol. chryseutéron {Bol. chrysesiferon), Bull, {décrit). 

Bol. muqueux (i>oZ. collinitus), Schœff., t. 126. — Fr., Epier., 4. Comestible. 
Bol. comestible [Bol. edidis), Bull, [décrit). 
Bol. élégant (i/o/, eleyans), Schum. [décrit). 
Bol. pied rouge (5oZ. erythropus), Pers. [décrit). 
Bol. jaunâtre {Bol. flavidm) , Fr., ^///cr., 3. — Krombli., t. 4, fig. 35-37. — 

Bol. velatus, Pers., J/yc, t. 20, fig. 1 et 3. — Est peut-être une variété du 

Bol. eleyans. 
Bol. flave {Bol. flavus), With. — Sow., t. 265. — Boit., t. 160. — Est peut-être 

une variété du Bol. eleyans. 
Bol. odorant {Bol. frayrans), Vittad., t. 19. — Fr., Epier., 41. — Dans les bois 

ombragés du midi de la France. Comestible. 
Bol. granulé {Bol. yranidatus), Lin. {décrit). 
Bol. sordide [Bol. impolitm), Krombh., t. 74, fig. 10, 11. — .Scbœff., t. 108. — 

Fr., Epier., 43. — Dans les bois, sous les cbêues. Comestible selon toute 

vraisemblance. 
Bol livide {Bol. lividus), Bull, {décrit). 
Bol. du loup [Bol. lupinus), Fr., ExncT., 32. — fcombh., t. 38, fig. 7-10. — En 

touftes, dans les bois. Vénéneux, selon M. Crouan. 
J!ol. luride [Bol. luridus). Lin. {décrit). 
B(d. jaunâtre [Bol. luteus). Lin. {décrit). 
Bol. doux [Bol. mitis], Krombh., t. 36, fig. 15, fig. 8-11. — Fr., Epier., 7. — 

Dans les bois mixtes;- rare. Vome-stllle. — N'est peut-être qu'une variété du 

Bol. bovinus. 
Bol. obson {Bol. Obsonium) , Pnul. [décrit). 
Bol. pied épais [Bol. pachypiis), Fr. {décrit). 
Bol. parasite {Bol. parasiticus), Bull., t. 451. — Btikl., t. 15, fig. 4. — Fr., 

EjJÏcr., 12. — Sur les Lycoperdonnées. 
B(d. poivré [Bol. piperatus), Bull, {décrit). 
Bol. porpbyrospore [Bol. porphyrosporus) , Fr., Epier., 48. — Sur les bords 

sablonneux des chemins. 
Bol. pniiné {Bol. pruinatus), Bull., t. 393, fig. B, C. — Fr., Epier., 19. — Dans 

les prairies et les bois de hêtres ga onneux. 



DESCRIPTIONS. 147 



Bol. 2)ourpré {Bol. purpureus), Fr., Epier., 34. — Krombh., t. 37, fig. 12-15. — 
Dans les bois de montagnes, en automne. 

Bol. enraciné {Bol. radicans), Pers., Syn., 507. — Fr. , Epier., 24. • — Krombh., 
t. 48, fig. 1-6. — Dans les chênaies. — Est regardé comme malfaisant. 

Bol. roux {Bol. riifus), Pers., Obs., t. 2, p. 12. — Dans les bois. — Passe pour 
dangereux. 

Bol, rugueux {Bol. rugosus), Fr., Epier., 53. — Paul., t. 178, fig. 3. Bol. leuco- 
phœus, Pers., Myc, p. 140. — C'est peut-être une variété du Bol. scaher. 

Bol. chapeau rouge de sang {Bel. sanguineus), With., Arr., 4, p. 319. — Sow., 
t. 225. — Fr., Epier., 10. — Dans les bois; rare. — Il passe pour vé- 
néneux. 

Bol. Satan [Bol. Satanas), Lenz. {dêerit). 

Bol. scabre {Bol. scaher), Fr. {décrit). 

Bol. bai brun {Bol. spadiceus), Schseff., t. 126. — Krombh., t. 36, fig. 19, 20. — 
Fr. , Ejncr., 23. — Sur les bois coupés, au bas des troncs. 

Bol. à tête sphérique (Bol. sphœroceplialus), Barla, t. 36. — Sur la sciure pourrie 
du bois, dans les Alpes, automne. 

Bol. sub-tomenteux {Bol. suhtomentosus), Lin. {décrit). 

Bol. varié {Bol. variegatus), Fr., Ejricr. , 15.— Krombh., t. 34, fig. 15-18, et t. 75, 
fig. 7-14. — Lenz , fig. 59. — Dans les bois de pins. 

Bol. à peau changeante {Bol. versipellis), Fr., Epier., 51. — Sow., t. 110, Co- 
mestible. 

Bol. visqueux {Bol. viseidus), Lin, — Fr., Epier., 47. — Dans les bois. 

2^ /Subdivision. — Bliodosp)ores. — Spores roses. 
Bol. chicotin [Bol. felleus\ Bull, [décrit). 

3® Subdivision. — Leucospores. — Spores blanches. 

Bol, châtain [Bol. castaneus), Bull, {déeritj. 

Bol. blcuisaut {Bol. cyaneseens), Bull, {décrit). 

Bol. fauve rougeâtre [Bol. fulvidus), Fr., Epier., 59. — Krombh., t. 4, fig. 28-30, 

Bol. testaceus, Pers., Myc, 21. — Dans les prairies stériles. 
Bol, blanc de lait {Bol. lacteus), Léi, 

4^ Subdivision. — Téphrospores. — Spores cendrées. 

Bol. pied tomenteux {Bol. floccopus, Vahl. {décrit). 

Bol. strobilacé {Bol. strobilaceus), Scop., t. 1, fig, 1, — Pers., Mye., 32, t. 19. — , 
Krombh., t. 74, fig. 12, 13, — Dicks., t. 3, fig. 2. — Strobilomyees strobila- 
ceus, Berkl., p. 286. — Dans les bois, surtout de conifères. 



Ji.S LES CHAMPIGNONS. 



POLYPORE Pubjponis. 
(rioWç, nombreux; TTopoç, poi'e.) 

Ilyinénophoi'e distinct du reste du chapeau , descendant dans la trame 
des pores , mais s'en séparant diflicilenient ou pas du tout. 

l'"c Subdivision. — Mesopus (MsV.ç, milieu; ttoi^ç, pied). 

Champignon simple , chapeau entier, pied central , base de la couleur 

du chapeau. 

Polypore fuligineux (Polyporus fuligineus) , Fr., Epier., 10. 
Boletus ]}oly2^orus, Bull., t. 469. 

Chapeau très-mince, cliarnu, mais un peu coriace, étalé, creusé en 
coupe ou déprimé au centre, glabre, &\in fauve clair, à bords si- 
nueux, rélléciiis. Les pores sont étroits, ronds , égaux, superficiels, 
nombrcfux, égaux, d'ahord d'un hlancpur, puis d'un blanc légère- 
ment cendré. Le pédicule, central, d'un jaune terreux, rougeàtre à la 
hase, glabre, est un peu dilaté à chacune de ses extrémités. 

Le Pohjporus fuligineus vient à terre , dans les bois , et plus fré- 
quemment dans les vergers, en automne; est fort rare. 

Comestible, selon Fries. Chair, blanche, molle, quoique coriace. 

Polypore des pacages {Polyporus oviniis), Fr., Epier., 4. 

Schseff., t. 121, 122. — FI. dan., t. 1G18. — Xecs, t. 27. — Kostk., t. 3. — 
Krombli., t. 52, fig. 1. — Macq., t. 1, fig. 15. — Lcnz , t. 8, flg. 24. — 
Pers., J/j/c, 12. 

Ce champignon est c/iar>iM, assez compacte, mais fragile. Son cha- 
peau, d'un blanc pâle, le plus souvent irrégulier, bientôt chargé de 
petites écailles, se gerce par les temps secs. Pédicule, court, inégal , 
l)laiic. Pores, petits, ronds, égaux, d'un blanc de citron. 

11 est de taille moyenne, variable de forme, et même de couleur ; vu 
à distance, on le prendrait pour un agaric. 

On le trouve dans les bois de pins, le plus souvent en groupes ; il a 
une saveur d'amande agréable. Fries dit que dans ses excursions my- 
cologiques, ses compagnons le mangeaient, même a^u. 



DESCRIPTIONS. • 149 



Polypore tubérastre {Pohjporus tuheraster] , Fr., Ejjlcr., 2. 

Midi., t. 71, fig. 1. — Batt.,t.. 24, ûg. A. — Jacq., Siq^pL, 160, G. 8, 9. — 
Nées, fig. 211. — Paul., t. 165, 166. — Pers., Myc, 13. 

Ce Polypore, qui vient spontanément dans les montagnes de l'Italie 
centrale et méridionale, est cultivé dans une partie de l'Europe méri- 
dionale. Son mycélium, ou ce que les jardiniers appellent blanc de 
champignon, est ample, consistant ; il englobe et lie ensemble , de la 
terre, des fragments de pierre et de bois, et forme ces corps fermes ou 
masses, connues en Italie sous le nom de Pietra fungaja, pierre à 
champignons. 

Le Pohjporus tuheraster a le chapeau charnu, mince, d'abord 
plan , puis déprimé ou en forme d'entonnoir , onduleux , villenx , 
squameux, jaunâtre ou roussâtre, large quelquefois de 15 et 20 centi- 
mètres; les pores, assez grands, égaux, suh-anguleux, ou comme 
finement dentés, consistants, blanchâtres, décurrents sur un pédicule, 
court, ferme, mince, glabre, concolore avec le chapeau. 

la pierre à champignons peut se transporter d'un lieu dans un au- 
tre, et produit tous les mois, au rapport de Micheli , des champignons, 
qui souvent poussent en groupes. On la tient ordinairement à la cave, 
en ayant soin de l'arroser de temps à autre. Transportée en Suède et 
dans les pays froids , elle dégénère et finit par ne plus rien produire. 

Le Pohjporus tuheraster a une saveur et une odeur agréables , est 
recherché et de très-bonne qualité ; on le cultive maintenant dans le 
midi de la France. Le chapeau seul sert d'aliment. 

2e Subdivision. ■ — ■ I*leiiropiis ([DvEupà , côté; ttoûç, pied). 
Chapeau simple , pied de côté, noir à la base. 

Polypore écailleux {Polyporus squmnosus) , ScbLelï., t. lUl, 102. 

Sow., t. 366. — FI. dan., t. 983, 1196. — Grev., t. 207. — Huss., I, t. 33. — 
Ptostk., t. 2. — Boit., t. 77. — Sterb., t. 13, 14. — Paul., t. 16. — Noul. et 
Dass., t. 8. — Fr., Uj^icr., 41. — Bol. Juglcmdis, Bull., t. 19 et 114. — 
Pers., Mt/c, 9. 

Noms vulgaires : Miellin, Langon , Oreille d'orme. Oreille de Mal- 
chus; Camparol d'Oulmé, Boulet d'Oulmé, en Gascogne. 

Le Polyporus squamosus croît particulièrement sur les vieux troncs 
du noyer et de l'orme; on le trouve aussi sur le tilleul , le saule, le 
peuplier, le frêne et le mûrier blanc. Il a un pédicule latéral, très- 



150 . LES CHAMPIGNONS. 



court, épais, squameux, roussàtrc, prosquo toujours l)run à sa base. 
Son cliapeau est dimidié, le plus souvent imbriqué , charnu, mais co- 
riace, taillé pour ainsi dire en éventail, atteignant de 15 à 45 centi- 
mètres de diamètre , jaune roux ou fauve bistré , ordinairement cou- 
vert de squames hrunâtres , partant de l'insertion du chapeau , et se 
dirigeant vers la circonférence. Les tubes sont larges, courts, irrégu- 
liers, quelquefois blancs, le plus souvent de la couleur du reste de la 
plante, quelques-uns placés sur la tige ou décurrents. 

Le poids de ce champignon est quelquefois considérable. Il exhale 
une odeur forte et pénétrante, qu'il serait dangereux de respirer trop 
longtemps. Sa chair blanche a un goût d'abord salé, ensuite comme 
mielleux, assez agréable. Sa consistance, ferme et compacte, ne l'em- 
pêche nullement d'être alimentaire ; on le mange communément dans 
la Nièvre, mais seulement quand il est jeune et , par conséquent, en- 
core tendre. 

3e SuBDivisio>\ — Ulerîsma (Mipiç, partage). 
Chapeau multiple, partant d'un pédicule commun. 

Polypore confluent {Polyporus confiuens) , Fr., Epier., 75. 

Hartz, t. 13. — Barla, t. 29, fig. 2, 3. — Staude, t. 3, fig. 1. — Pol., artemidorus , 
Lenz., t. 43. — Pers., Myc, n» 27, p. 47. 

Ce Pol^^ore est charnu , ferme, composé de plusieurs chapeaux , 
confluents, imbriqués, irréguliers, dimidiés, lobés, couleur de chair, 
tirant sur le roux, à surface glabre , sèche , pouvant atteindre 12 et 
15 centimètres. Ses pores, d'un blanc pâle, sont très-serrés, très- 
courts, peu distincts dans la jeunesse à cause de leur ténuité, sub-dé- 
currents. Ses pédicules, blancs, courts, prennent naissance d'une 
souche charnue, épaisse. 

Il croît, en automne , sous les pins, dans les friches, les bruyères. 
Très- rare en France ; on le trouve en Lorraine. 

Bien qu'il soit peu délicat, on le mange aux emirons de Nice. Sa 
chair est pâle, sa saveur un peu acre. 

Poljrpore en crête (Polyporus cristatus), Fr., Epier., 74. 

Rotsk., t. 16. — Scli£eff.,t, 113. — Nées, fig. 217. — Bârla, t. 29, fig. 4 7. — 

Pers., Myc, S2. 

Ce champignon , rameux, charnu, fragile, se reconnaît aux caractères 
suivants : les chapeaux, les uns entiers, les autres dimidiés , le plus 



DESCRIPTIONS. 151 



souvent irrégailiers , imbriqués , déprimés au centre , sub-pulvéru- 
lents ou sub-tomenteux, ensuite ridés ou squameux , larges de 8 ou 
10 centimètres , d'un roux verdàtre, ont les bords légèrement roulés 
en dessous. Les pores, petits, anguleux, d'un blanc pur d'abord, puis 
prenant une couleur un peu soufrée , se prolongent sur l§s pédicules, 
lesquels se réunissent à un tronc commun^, court, blanc, devenant ver- 
dàtre avec l'âge. 

On trouve le Polyporus cristatus dans les Vosges ; il est rare, et 
croît à terre, dans les lieux ombragés des bois de hêtres. Fries le dit 
comestible ; M. Barla dit, au contraire, qu'il n'est point comestible : 
dans le doute, il sera prudent de s'en abstenir. 

Polypore en bouquet [Polyporus frondosus), Fr., Epier., 72. 
(PI. XXXIX, fig.l.) 

FI. dan., t. 952. — Schœff., t. 127, 128, 129, 2G5, 266. — Eotsk., t. 18. — 
Nées, t. 27. — Sterb., t. 28. — Krombh., t. 48, fig. 17-20. — Vivian., t. 36. 
— BarLa, t. 29, fig. 1. — Lcnz, t. 9, fig. 26. — Paul., 29, 30. — Pers., 
Myc, 26. 

Noms vulgaires : Panse de vache, dans la Meuse; Poule de Ijois; 
Couveuse, dans les Vosges; Barbasin. 

Le Polyporus frondosus pèse quelquefois jusqu'à 15 kilogrammes, 
et atteint souvent 30 centimètres d'élévation , sur autant de largeur; il 
est formé par la réunion d'une grande quantité de chapeaux , imbri- 
c|uès, dimidiés, de 4 à 6 centimètres de largeur, lol)és, rugueux , un 
peu ridés ou tuberculeux à la surface supérieure , d'un brun grisâtre. 
Ses pores sont très-petits, irréguliers , blanchâtres , de même que le 
tronc, duquel partent les chapeaux. 

Il croît au pied des chênes, et n'est pas ti^ès-rare en Lorraine. 

Sa chair, un peu coriace, a une saveur et une odeur agréables. Les 
gens de la campagne regardent comme un heureux hasard de rencon- 
trer ce champignon, puisqu'un seul pied suffit au repas d'une nom- 
breuse famille. 

Polypore chicoracé {Polyporus int/jbaceus) , Fr., Epier., 73. 

Sow., t. 87. — IIuss., I, t. 6. — FI. dan., t. 1793. 

Champignon trbs-rameux, charnu, assez fragile, très-rare, alimen- 
taire, dont les chapeaux , trcs-nomhreux, dimidiés, dressés, étalés, 
sinueux, spatules à la fin, à peu près lisses, d'un gris fauve, se réu- 



1-;-> LES CHAMPIGNONS. 



nissent jnir le piod, pour former un tronc très-court. Pores consistants 
obtus, diin I liane devenant brunâtre. 

Comme le Pol. umhellatus, avec lequel on l'a souvent confondu, le 
Poî. intijbaceus croit au pied du tronc des arbres, et plus [larliiMilii'- 
re ment au pied du tronc des cliènes, en touflVs, tjui ont (juelquefois 
40 centimètres d'étendue sur 15 de hauteur. 

On le mange en Allemagne et en Angleterre. 

Polypore pied de chèvre {Polyporus pes caprœ), Pers., Champ, cnm., 

p. 241, t. 3; id. Myc.,e. 

Eotsk., t. 14. — Fr., Bpîcr., 76. 
Nom vulgaire : Pied de mouton noir, dans les Vosges. 

Le Pohiporus pes caprœ est un champignon à chapeau cliarnu, 
large de 8 à 10 centimètres, dimidié, hriin noirâtre ou bistré noir, 
entier dans sa jeunesse, à squames disposées en marqueterie, assez 
épais vers son insertion au, pédicule , dont les bords sont infléchis et 
ondulés. Ses pores, larges, d'un blanc jaunâtre, sont décurrents sur 
un pédicule latéral, long de 6 à 8 centimètres, épais de 3 à 4, lisse, 
ventru, de la couleur du chapeau, plus pâle à sa base. 

Il vient à terre, en touffes, dans les bois de sapins, autour des 
bruyères, en été et en automne, dans les Vosges, et acquiert un grand 
volume lorsque plusieurs cliapeaux sont réunis sur le même pied. 

Est comestible. Sa chair, blanche, fragile, a une saveur agréable. Il 
se conserve salé ou macéré dans le vinai2:re. 

Le Scutiger tuberosus, Paul., t. 31, fig. 1-3, dont M. Léveillé a fait 
le Pol. asperellus , serait, selon Paulet, fort recherché pour l'usage. 
On le trouve, à terre, dans les environs d'Angers, d'Angoulême, de 
Toulouse. Fries est disposé à le considérer comme une variété du Pol. 
pes caprœ. MM. Noulet et Dassier n'en font pas mention, comme ve- 
nant aux environs de Toulouse. 

Polypore sulfuré {Poïyporus sulfureus), Fr., Epier., 84. 

Schaeff., t. 131, 132. — FI. dan., t. 1019. - Eostk., t. 20. — Grev., t. 113. 
— Berkl., t. 16, fig. 3. — Huss., I,t. 46. — Sow., t. 135. — Bull, t. 429. — 
Pol. cltrinus, Pers., Myc, 31. 

Ce Polypore est, en dessus, d'un jaune citron, tirant sur le rou- 
geâtre, d'un jaune soufre en dessous, et de couleur chamois dans la 
vieillesse, glabre, ondulé, irrégnlier, sessile , attaché par le côté; il 



DESCRIPTIONS. 153 



acquiert quelquefois 30 et 40 centimètres de largeur. Ses tubes , très- 
courts, à orifices extrêmement petits et difficiles à apercevoir, émettent, 
à la maturité, une poussière séminale blanche, très-abondante. 

Il vient, en été et en automne, sur les cicatrices des vieux cerisiers, 
des chênes, des hêtres, des saules , quelquefois imbriqué , et formant 
des touffes. Sa chair est jaunâtre, pâteuse à la bouche, et un peu ai- 
grelette Vieux et desséché, il devient friable et se décolore. 

Les teinturiers l'emploient pour teindre en jaune. Paulet dit en 
avoir mangé sans inconvénient, et l'avoir même trouvé bon. Sa chair, 
devenant promptement coriace, il ne serait comestible que dans le 
jeune âge. 

Le Pol. Ceratoniœ, Barla, t. 30, fig. 3, qui vient sur les vieilles 
souches du caroubier, n'est, selon toute vraisemblance, qu'une variété 
du Pol. sulfureus. On le récolte aux environs de Nice, et on le fait 
servir comme alimeiit , quoiqu'il soit, dit M. Barla, d'une qualité assez 
médiocre. 

Polypore en ombelle {Polijporus umbellatus) , Fr., Epier., 71. 

Schîefl"., t. 111, 265, 266. — FI. dan., t. 1197. — Jacq., t. 172. — KromLli., 
t. 52, fig. 3-9. — Lenz, fig. 44. — Nées, t. 27, fig. 215. Pers., Myc, 25. 

Cliampignon très-rameux, à chapeaux nombreux, de petite taille, 
non dimidiés, entiers, d'abord hémisphériques, ensuite plans et dé- 
primés au centre ou en entonnoir, filu'oso-charnus , de couleur 
fauve; pores petits, blancs; pédicules allongés, distincts, réunis à la 
base, blancs, tortueux, cylindriques. 

Il vient, en automne, à terre, et à la base des troncs d'arbres, dans 
les forêts ombragées, et surtout dans les forêts de hêtres. On le trouve 
en Lorraine; est rare dans le reste de la France. 

En Allemagne et en Suède il est employé comme cdiment. 

¥ Subdivision. — i^Lpvss ('A , priv.; ttoû? , pied). 

Champignon simple ou ayant plusieurs chapeaux , partant d'une base 
commune, rarement droit, plus souvent horizontal ; absence de pédicule. 

Polypore du bouleau {Pohjporus betulinus), Fr., Epier.. 139. 

(Pi. XLI,fig. 1.) 

Bull., t. 312. — Grev., t. 246. — Eostk., t. 22. — FI. dan., t. 1254. — 

Pers., Myc, 34. 

' Cette plante ne croît que sur le tronc du bouleau ; elle est annuelle 
ou bisannuelle. Son chapeau, charnu, coriace et même subéreux, de 



154 LES CHAMPIGNONS. 



forme convexe, ovale ou semi-orbiculairc , atteignant 12 à 15 centi- 
mètres, est glabre, sessile, ou porté, dans sa jeunesse , par un court 
pédicule, d'un blanc pur, dans le jeune âge, devenant quelquefois 
roussàtre plus tard, et recouvert d'tme pellicule mince, lisse, que 
l'on peut enlever facilement. Les tubes, blancs, courts, petits, très- 
nombreux, se séparent du chapeau sans difficulté. 

Le Polijporus hetulinus se trouve assez connnunément, en automne, 
dans les bois et les chantiers. 

Il a la chair, blanche, ferme et tenace, et sert, en Angleterre, à faire 
d'excellents cuirs à rasoirs; en Sibérie, à ftnre de l'amadou. On dit 
que les peuples du nord l'emploient, après l'avoir brûlé , à aroma- 
tiser le tabac. 

Polypore amadouvier {Polyporus fomentarius) , Fr., Ejricr., 158. 

Sow., t. 133. — Lenz, fig. 48. — Paul., t. 7. — Batscli, t. 25, fig. 130. — 
Boletus unrjiilatus ,B\x\\., t. 401, fig. 6, et t. 491, fig. 2. — Pers., 2Iyc., 92. 
— Fomes fomentarius, Fr., Suinm. 

Var. A. Pohjp. soloniensÎK, Paul., t. 9, fig. 1-3. — Parsemé en dessus de 
peaux déchirées. — No7n -Dulgaire : Chavancelle, à Orléans. 

Noms vulgaires : Boula, Bolet à amadou , Agaric de chêne , Agaric 
femelle. 

Champignon sessile, attaché latéralement, d'abord mollasse intérieu- 
rement, ensuite coriace et ligneux, sub-tnangulaire ou semi-orbiculaire , 
ayant alors la forme d'un sabot de cheval, et pouvant atteindre jusqu'à 
50 centimètres de diamètre; la surface supérieure, d'un cendré gri- 
sâtre ou ferrugineux , marquée de sillons , et quelquefois de zones 
brunes, parallèles au bord, a, sous l'épiderme, une écorce particulière 
dure et àhm noir luisant. Les tubes , étroits , très-petits , réguliers , 
d'abord glauques, ensuite de couleur ferrugineuse ou tannée, de même 
que la chair. 

Le Polyporus fomentarius vit plu.sieurs années ; à chaque année il 
s'ajoute une nouvelle couche de tubes aux couches anciennes. Ces dif- 
férentes couches sont séparées extérieurement les unes des autres par 
des sillons circulaires, plus ou moins profonds. 11 croit sur les vieux 
troncs de divers arbres, surtout sur ceux du chêne et du hêtre. 

C'est ce polypore qui est plus particulièrement employé dans les 
arts, à la préparation de l'amadou et de l'agaric des chirurgiens. 



DESCRIPTIONS. 155 



.Le Pol. soloniensis, Fr. (Paul., t. 9, fîg. 1-3), employé en Sologne 
pour faire un excellent amadou, paraît n'être qu'une variété du fomen- 
tarius. 

Le Pol. dryadeus, Pers. {Pol. pseudo-ig7iiariiis , Bull., t. 458. — 
Huss,, I, t. 21) peut servir aussi à faire de l'amadou.. 

Polypore hispide {Polyporus hispidus), Fr., Epier., 122. 

Boit., t. 161. — Sow., t. 345. — Grev., t. 14. — Bull., t. 210 et 493. — 
Huss., I, t. 29, 31. — Krombh., t. 48, fig. 7-10. — Ters., Jlyc, 40. 

Var. rut'dans, Pers., Myc, t. 13. 

Ce champignon, de coideur rouge fauve ou rouge de brique, devient 
noirâtre avec l'âge , est de consistance molle et spongieuse , en même 
temps que charnue dans la jeunesse, coriace et subéreuse plus tard. 
Son chapeau, large de 20 à 25 centimètres, compacte, épais, dimidié, 
forme une sorte de coussin, couvert de poils courts, rudes. Ses pores 
^oni 'petits, arrondis, nombreux, jaunâtres, puis passant au fauve, et 
se séparant du chapeau sans trop de difficulté. Pédicule nul. 

Il vient sur le tronc des vieux arbres, le pommier, le marronnier, 
le chêne, et plus souvent sur le noyer, en été et en automne. Saveur 
acide. 

Le Polyporus hispidus donne une couleur jaune éclatante, aussi 
est-il employé pour teindre la soie, le lin, le coton. 

Polypore combustible {Polyporus ignîarius) . Fr., Epier., iGO. 

Sow., t. 132. — Mich., t. 62. — Boit., t. 80. — Lenz, fig. 47. — Bull., t. 454, 
fig. A, B, D, F. — Pers., llyc, 93 et 80. — Boletus oMusus, DC, no 309. 
— Fomes ignîarius, Fr., Summ. 

Noms vulgaires : Boula , Agaric ou champignon de chêne ; Esca , 
Sinsa, en Languedoc. 

Champignon très-dur, épais, sessile, attaché par le côté, d'abord tu- 
berculeux, puis semi-orbiculaire ou sub- triangulaire, à bord arrondi, 
recouvert d'une couche mince, flocculente, qui bientôt devient blan- 
che. Sa superficie, inégale, est très-dure, de couleur cendré ferrugi- 
neux ou fauve noirâtre. Ses tubes sont courts, étroits, très-réguhers, 
blanchâtres dans le jeune âge, ensuite couleur de tan. Sa chair, égale- 
ment couleur de tan , de la consistance du liège d'abord, devient dure 
comme du bois. Lorsqu'on le coupe verticalement, on voit qu'il est 



15G LES CHAMPIGNONS. 



formé (lo phisicui's couches superposées , (pii se séparent quelquefois 
d'elles-mêmes, et indiquent l'âge de l'individu. 

Le Pulyporus igniarius croit, très-communément, sur diverses es- 
pèces d'arbres et d'arbrisseaux, tels que saules, peupliers, prunioi-s, 
chênes etc. 11 vil plusieurs années, ou, du moins, il se forme cJiuquo 
année une nouvelle couche de tubes; à l'extérieur, les pousses de l'an- 
née précédente sont séparées par des sillons profonds. Le mycélium 
et les spores de couleur blanche distinguent le Pol. igniarius du Pol. 
fomentarius. 

Ce Pulyporus igniarius sert aux paysans pour conserver et trans- 
porter le feu; les teinturiers l'emploient jjour teindre en brun fauve. 

Polypore officinal (Polyporus officinalis) , Fr., E2ncr., 140. 

Boletus Larids, Bull., t. 29G. — Jacq., t. lîl, 20, 21. — Micb., t. 61, fig. 1. 
— Hall., t. 22S4. — Taul. et Lev., t. 15. — Koques, t. 1, fig. 1. — Pers., 
Myc, 67. 

Noms vulgaires : Agaric blanc. Agaric des pharmaciens, Agaric pur- 
gatif. 

Cliamjùguou sossile, attaché latéralement , dont la chair, d'une con- 
sistance molle et coriace, friable lorsqu'elle est sèche, ne perd ja- 
mais sa couleur blanche. Le chapeau atteint jusqu'à 30 et 40 centi- 
mètres de diamètre, est très-épais, à peu près de la forme d'un sabot 
de cheval, a la face supérieure, glabre, lisse, blanche, marquée de quel- 
ques zones jaunâtres ou brunes, peu prononcées , se gerçant à la base 
sur les vieux individus; la face inférieure, recouverte de tubes courts, 
nombreux, jaunâtres, dont l'ouverture est peu distincte. Odeur de fa- 
rine, se dissipant en partie par la de.ssiccation ; saveur amère. 

Il croît, dans les Alpes et le Dauphiné, sur les vieux troncs des mé- 
lèzes, même après qu'ils ont été abattus. 

On en fait usage en médecine. C'est un purgatif actif, qui excite 
quelquefois des vomissements; on le donne aussi comme vermifuge. 
Les habitants des Alpes l'emploient fréquemment contre les maladies 
de leurs troupeaux, et plus particulièrement des moutons; ils s'en 
servent aussi en guise de noix de galle , pour teindre la soie en noir, 
et faire de l'encre. 



DESCRIPTIONS. 157 



5« Subdivision. — Xramètes {trama, trame , tissu). Genre pour 

quelques auteurs. 

Hyménophore non distinct du reste du chapeau. 

Polypore (Tram.) à odeur suave {Polyporus Tram, suaveolens), Lin. 

(PI. XLI, fig. 2.) 

Sow., t. 227, 228. — Sterby, t. 27, fig. D. — Trait., p. 25, fig. l.—Fl. dan., 
t. 1849. — Huss., I, t. 43. — Krombh., t. 4, fig. 25. — Pcrs., Myc, 64. 
Trametes suaveolens, Fr., Epier., 15. 

Le Pobjporus suaveolens est un champignon subéreux, un peu 
mou, sub-tomenteux, d'un blanc de neige d'abord , et plus tard d'une 
teinte un peu bistrée et zonée, avec un chapeau bombé , sessile, atta- 
ché latéralement ; il peut atteindre jusqu'à 30 et 40 centimètres de dia- 
mètre, sur 3 à 5 d'épaisseur. Ses pores sont allongés, grands, irrégu- 
liers, arrondis, quelquefois inégalement proéminents, d'abords blancs, 
ensuite d'wi hlanc légèrement roussàtrc. La chair est blanclie. 

Il croît en automne, sur les Tieux troncs de saules, et surtout sur le 
saule blanc. Son odeur, plus prononcée chez les j'eunes individus, tient 
de celle de la vanille et de l'anis. On pourrait en faire usage comme 
parfum, car il exhale une odeur délicieuse, assez persistante. Les La- 
pons en portent sur eux pour aller faire la cour à leurs belles ; les 
femmes laponnes s'en servent comme parfum. 

Les médecins l'ont enqiloyé contre les sueurs excessives de la 
nuit. 

6« Subdivision. — Hexagona ('Eçoc'yojvoç, à six angles). Genre 

pour quelques auteurs. . 

Pores dilatés en alvéoles amples, suh-hexagonaux. Champignons 

coriaces , indurés. 

Polypore Hexag. du mûrier {Pulyporua Hcxag. Mari), Fr., Sijsl., p. 344. 

Hexagonia Mon, Pall., 33, fig. 3. — Fr., Epier., 5. — Buletus Ilori alhî, 

Ducliesnc. 

Champignon sessile, subéreux, coriace, dont le chapeau est plan, 
glabre, lisse, de couleur jaune ; alvéoles hexagones, régulières. 
11 croît sur le mûrier blanc, dans le midi de la France. 



158 LES CHAMPIGNONS. 



« Los étoffes, plongées dans la décoction alunéc de ce Jjolet, dit iJu- 
chesne, prennent les diverses couleurs, jaune verdâtre, jaune-chamois, 
jonquille etc. , suivant le temps de macération des tissus, les propor- 
tions de bolet, la température du bain etc. ; ces couleurs sont toutes 
très-solides. » 

I»Ot.YI*OrtES. 

l"^*^ Subdivision. — Mesopus. 

Pol. arcnlaire {Pol. arcularius), Fr., Ejncr., 13. — Jlicli., t. 70, fig. 5. Pol. 

rhoiahlporeus, Pcrs., JTyc, p. 221. — Sur les troncs d'arbres, claus le midi 

de la France. 
Pol. biennal {Fol. biennis), Bull., t. 449, fig. 1 — Fr., Epier., 24. — Sur lateiTC, 

autour des troncs. 
Pol. brumaire [Pol. brumalis), Rostk., t. 8. — Batsch , fig. 42. — FI. dan., 1297. 

— Sur les troncs de hêtres et de chênes. 
Pol. fuligineux [Pol. fuliyineua), Fr. {décrit). 
Pol. des troncs brûle's {Pol. incendiarius) , Bong. in Weinm., Eoss., p. 309. — 

Fr., Epier., 17. — Sur les troncs brûlés, après l'incendie des bois. Comes- 
tible. 
Pol. déchiré (Pol. laciniatus), Batt., 32, fig. A, B. — Buxb.', t. 3, fig. 2. Pers., 

Myc, 30. — Fr., Epier., 25. 
Pol. de Montagne [Pol. Montaynei), Fr., Epier. , 26. — Ann. de la Soc. nat., 1836, 

no 42. — A teiTB, dans les bois des Ai'demies. 
Pol. leucomelas {Pol. leucomelas), Pers. — Fr., Epier., 5. — Dans les bois? 

rare. 
Pol. des pacages {Pol. ovinus), Fr. (décrit). 
Pol. vivace (Pol. perennis), Fr., Epier., 28. Boit., t. 87. — Schasfl'., t. 125. — 

Rostk., t. 6. — BuU., t. 449, fig. 2. — Sur les terres stériles et même les 

troncs; commun. Suspect. 
Pol. peint (Pol. pictus), Schultz. — Bull. , t. 254. — Mich., t. 70, fig. 9. — Fr. > 

Epier., 29. — A terre, eu groupes serrés. 
Pol. roussâtre {Pol. rufescem), Fr., Epier., 23. Sistrotrema rufescens, Pers., ex 

parte. — Sur la terre gazonnée, les vieux ti'oncs de saules. 
Pol. de Schweinitz (Pol. Schweinitziî), Fr., Ejncr., 22. — Mich., t. 70, fig. 1. — 

Dans les bois de pins, sur les vieux troncs. 
Pol. sub-squameux {Pol. subsquamosus), Lin. — Fr., Fungi vese., t. 52. — Dans 

les bois de pins des montagnes. Comestible. 
Pol. tacheté (^Pol. tessulatus), Fr., Epier., 1. — Mich., t. 71, fig. 2. — Dans les 

•Alpes. 
Pol. tubérastre [Pol. tuberaster), Fr. {décrit). 
Pol. visqueux {Pol. mscosus),'Pevs., Myc., 14, Fr., Epier., 6. — N'est peut-être 

qu'une variété du Pol. bovinus, Fr., Epier., 6. 

2^ Subdivision. — Pleuropus. 

Pol. anisopore [Pol. anisoporics),'Del. et Mont., Ann. des se. nat., 1845; rare. 
Pol. de Bouché {Pol. Boucheanus) , Klotzsch. — Fr., Epier., 42. — Sm- les 

troncs; rare. 
Pol. élégant (Pol. degans), Boit, t. 83. — Bull., t. 26. — Fr., Epici'., 50. — Sur 

les troncs, de hêtres sui-tout. 



DESCRIPTIONS. 159 



Pol. luisant i^Pol. liicidus), Vi:, Ejncr., 56. — Paul., t. 10, fig. 1, 2. — Grcv., 

t. 245. — Krombli., t. 4, fig. 22-24. — Sow., t. 134. IJol. obliquatus, Bull., 

t. 146 et 459. 
Pol. pied noir {Fol. melanopus), Kostk., t. 4. — Fr., Eincr., 44. — A terre, sur 

les racines, les petites branches. 
Pol. nummulaire {Pol. iiummularius), Bull., t. 124. — Eostk., t. 12. — Variété 

du Pol. elegans, Fr., Epier., 50. 
Pol. pied couleur de poix {Pol. picipes), Fr., Epier., 48. — Pers., Icon. plct., t. 4, 

fig. 1. — Sur les troncs de saules. 
Pol. du chêne {Pol. quercinus), Schrad., tSpic, p. 157. — Fr., Epier., 52. — Sur 

les troncs pourris du chêne. 
Pol. écailleux [Pol. squamosus) Schseff., {déerit). 
Pol. varié {Pol. varius), Fr., Epier., A^. —- Batsch, t. 129. Bol. calceolus, Bull., 

t. 360 et 445, fig. 2. — Sur les troncs des arbres. 

3® Suidivision. — Merisma, 

Pol. acanthoïde [Pol. acanthoides), Bull., t. 337. — Fr., Epier., 78. — /Sistrofy'ema 

rufescens, Pers., leon. pnct., t. 6. — Sur la terre et les troncs. 
Pul. caséeux {Pol. easearius), Sterh., t. 12. — Batt.,t. 34, fig. A. — Fr., Epier., 

83. — Sur le tronc des chênes. 
Pol. confluent [Pol. conjiuens), Fr. (déârit). 
Pol. en crête {Pol. eristatus), Fr. {déerit). 
Pol. eu touftes {Pol. frondosus), Fr. [décrit). 
Pol. fuligineux [Pol. fuliginosus), Scop., Fr., Epier., 91. 
Pol. gigantesque [Pol. giganteus), Boit., t. 76. — Husscy, I, t. 82. — Fr., Epier., 

77. Rostk., t. 19. — Au has des troncs; rare. 

Pol. imberbe [Pol. î«i5er5is),Bull., t. 445, fig. 1. — A terre, à la base des troncs. 
Pol. imbriqué {Pol. imbricatus), Sterb., t. 27, fig. B. — Rostk., t. 21. — Fr., Epier., 

85. — Bull, t. 366. — Sur le hêtre. 
Pol. chicoracé [Pol. vntybaeeus] , Fr. {déerit). 
Pol. de Paulet {Pol. Pauletii), Fr., Einer., 80. —Paul., t. 31, fig. 4. — A la base 

des troncs, dans la France méridionale. Comestible. 
Pol. pied de chèvre {Pol. pes caprœ), Pers. [déerit). 
Pol du saule {Pol. salignus), Fr. Epier., 94. — Boit., t. 78. — Batt.,t. 38, fig. E. 

— Sur les vieux troncs morts. 

Pol. sulfureux {Pol. sidfureus), Fr. {décrit). 

Pol. en ombelle {Pol. umbellatus), Schsefi'. (décrit). 

46 Subdivision. — Apus. 

Pol. du sapin [Pol. abietiniis), Fr., Epier., 231. — PI. dan., t. 2079, fig. 1, et 
1298. — • Grcv., t. 221. — Dans les bois de pins de montagnes. 

Pol. brûlé [Pol. adustus), Sow., t. 231. — Fr., Epier., 115. — El. dan., t. 1850, 
fig. 1. — Sur les troncs d'arbres. 

Pol. blanc {Pol. alhus), Iludsou. — Fr. , Epier., 113. Bol.saliei^ms,^^)!., t. 433, 
fig. 1. — Sur les saules et les hêtres pourris. 

Pol. amorphe {Pol. amorplius), Fr., Epier., 120. — Nées, t. 223. — Sow., t. 423. 

— Pers., Myc.,50 et 85. — Sur les troncs de pins, dans les bois.de mon- 
tagnes. 

Pol. antique {Pol. annosus), Fr., Epier., 188. — Sur les troncs, près de la terre 

dans les montagnes. 
Pol. apalus {Pol. apalus), Lév., Ann. des se. nat., 1848; rare 



IGO LES C lIA.Mi'lli.NUN.S. 



Pol. aplani (Fol. applanatus), Pcrs., Obs.,Fr., Epier., 157. — Batscb, t. 130. — 

Hur le tronc des arbres. 
Pol. du bouleau {Pol. betulinus), Fr. (décrit). 
Pol. boréal (Fol. borealis), Fr., Epier., 130. — Scbœff., t. 134. — Sur les troncs 

de sapins morts. 
Pol. bleu perse (Fol. cœsius), Sow., t. 256. — Fr. , Eincr., 10-i. — Sur les troncs 

tombés à terre. 
Pul. candide (Fol. candidulus), Lév., Ann. des se. nat., 1846. — Sur les troncs. 
Pol. du charme (Fol. carjpineus), Sow., t. 231. — Sur les charmes. — Variété du 

Fol. adustus. 
Pol. cinabre [Fol. einnaharinus), Fr., Epier., 193. — Jacq., t. 304. — Bull., 

t. 505, fig. 1. Fol. sanguineus, Pa^ol. , t. 3, fig. 3, 4. — Sur les troncs des 

arbres. 
Pol. en coquille (Pol. conchatus), Fr. , E2)icr., 135. — Sur les troncs des hêtres, 

des saules etc. 
Pol. sal'rané (Fol. eroceus), Buxb., t. 3, fig. 1. — Fr. , Epier., 107. — Sur les 

troncs pourris du chêne. 
Pol. des souten-ains (Fol. cryptarum), Fr., Epier., 202. — Bull., t. 478. — Nées, 

fig. 222. — Sur les bois de pin poum. 
Pol. cuticulaire [Fol. cutieularis), Bull., t. 462. — Fr., Epier., 123. — Sui" les 

tiges de chêne, de peuplier, d'aune» de hêtre. 
Pol. destructeur (Fol. dcstructor),\io^\.k..,\. 27. — Fr., Epier., 106. — Krombh., 

t. 5, fig. 8. — Sur les bois. 
Pol. dryade (Fol. dryadeus), Bull., t. 458. — Huss., I, t. 21. — Fr., Epier., 133- 

— Sur les troncs du cbêne, dans le !Midi; rare. 

Pol. étalé (Fol. ccqmnsus), Desm. — Fung. quin., fig. 12. — Fr., Epier., 208- 

— Fol. raeçjaloporus, Pers^., Mye., p. 88. — Sur les pouti-es. 
l'ol. ainadùuvier (Fol. fomentarius), Fr. déerit). 

Pol. du frêne (Fol. fraxineus), Fr., Ejricr., 177. — Bull., t. 433. — Sui- les 

frênes. 
Pol. roux (Fol. fuhus), Scop., C'arn., p. 469. — Pers., Obs., 1, p. 24. — Fr., 

E^jier., 161. — Sur les troncs. 
Pol. enfumé (Fol. fumosus), Fr., Epier., 114. — Tratt., t. 3, fig. 5. — Sua- les 

saules et en moindre quantité sur les hêtres. 
Pol. gibbeux {Fol. gibbosv.s), Pers., Mye., 66. — Sow., t. 288. — Siu- le tronc 

des arbres. 
Pol. hérissé (Fol. hirsidus), Fr., Epier., 221. — Sur les troncs. 
Pol. hispide (Fol. hispidus), Fr. (décrit). 
Pol. amadouvier (Fol. igniarius), Fr. (décrit). 
Pol. kimatode (Fol. kimatodes), Eostk., t. 24. — Fr., EpAer., 119. — Sur les Aâeux 

troncs morts. — A peine distinct du Fol. amorjyhus. j 

Pol. de la chèvrefeuille (Pol. Lonicera), Weinm. 
Pol. jaunâtre (Fol. lutescens), Pers., Mye., 74. — Schseâ'., t. 136, fig. sup. — 

Fr., Epier., 214. — Sur les troncs d'arbres. 
Pol. marginé (Fol. marginatuis), Fr., Epier., 170. — Sur lus troncs de hêtre. 
Pol. nidulant (Fol. nidulans), Fr., Epier., 109. — Dans les bois de hêtres et de 

chênes. 
Pol. noircissant (Fol. nigrieam), Fr., Epirr., 159. — Sur les bouleaux. 
Pol. officinal (Fol. ojjieinalis), Fr. (déerit). 
Pol. tout châtain (Fol. olophœus). Mont. 
Pol. pâlissant (Fol. jjalleseeivs), Fr., Epier., 145. — Sow., t. 230. — Autour des 

troues et des rameaux. 



DESCRIPTIONS. 101 



Pol. du pin {Pol. pinicola), Fr., Eincr., 168. — Sur les troncs de pins, de bou- 
leaux etc. 
Pol. du peuplier {Pol. 2)02ndinus), Fr., Epier., 191. — El. clan., t. 1791. — Sur 

les peupliers blancs. 
Pol. rheades [Pol. Bheades) , Pers., 3Iyc., 72. — Fr., Epier., 124. — Sur les 

troncs d'arbres, de l'onne en particulier'. 
Pol. du groseillier [Pol. Pihis), Fr., Ejrier., 164. — El. clan., t. 1790. — Bull., 

t. 454, fig. E. — A la base des groseilliers. 
Pol. rutilant {Pol. rutilans), Pers., Icon. et clescr., t. 6, fig. 4. Fr., Epier., 110. — 

Sur récorce du sorbier. 
Pol. eu degre's {Pol. serialîs), Fr., Epier., 211. Pol. scalaris, Pers., Myc., 2, 

p. 90. 
Pol. du saule [Pol. salicinus), Fr., Epier., 166. — Sur les saules. Eomes salici- 

nus, Fr., Summ. 
Pol. de la Sologne [Pol. Solonieiisîs], Dub. — Variété du Fomentarius. 
Pol. écumeux [Pol. spumeus), Fr., Ejricr., 127. — Berkl., t. 16, fig. 4. — Sow., 

t. 211. — Sur les troncs d'arbres. 
Pol. stéréoïde [Pol. stereoides), Fr., Epier., 229. — Sur les troncs de sapin. 
Pol. styptique {Pol. stypticus), Fr., Epier., 99. — Sur les troncs morts du pin, 

qui sont déboutât couverts d'écorce. 
Pol. de l'orme {Pol. idmarius), Fr. Epier., 176. — Sow., t. 88. — Sur le tronc 

des ormes. 
Pol. onde (PoZ. ivndcdus), Pers., Myc., t. 66, fig. 3. — Sur le bois en décom- 
position; rare. 
Pol. velouté {Pol. velutinus), Fr., Epier., 222. — Sur les branches mortes. 
Pol. versicolore {Pol. versicolor), Batt., t. 35, fig. A. SclisefiT., t. 268. — Sterl)., 

t. 27. — Huss., I, t. 24. — Fr., E2jier., 224. -^ Sur les troues d'arbres. -S«6- 

^^ec^, selon Réveil; vénéneux, suivant Duchesne. 
Pol. zone {Pol. zonatus), Scliœff., t. 26. — Yv., Epier., 223. — Batt., t. 35, fig. B. 

— FI. clan., t. 2028, fig. 2. — Sur les troncs de peupliers, do bouleaux. 

5^ Subdivision. — Pesiipincdua (en latin, ^jenc/<e', couché). — Champignon 
renversé, absence de chapeau. 

Pol. entouré {Pol. circumscriptus), Lévcil. — De Guernisac-Crouan, FI. fin., 

p. 65. — Sur les branches mortes du châtaignier. 
Pol. soyeux [Pol. homhycinus), Sow., t. 387, fig. 5. — Fr., Epier., 254. Pol. rct- 

dioides, Pers., Myc., 163. — Sur le vieux bois de pin. 
Pol. tuberculeux {Pol. eollieidosus), Pers., Myc, p. 103. Pol. tuhercidosus , DC, 

i^^/r., 5, p. 40. 
Pol. contigu {Pol. confif/uun), Pers., Syn. — Fr. , Epier., 249. — Sur le chêne 

pourri. 
Pol. brun ferrugineux (Po/./eJTWf/Mzosws), Fr.,^^/»^?'., 250. — Grev., t. 155, fig. 1. 

— Sur le tronc de l'aune. 

Pol. fauve \Ta.c&Yna,t {Pol. fuseo-carneus), Pers., Myc., p. 97. — Sur des rameaux 

secs; rare. 
Pol. cotonneux {Pol. yossypinus), Lév , Ami. des se. nat., 1848. — Dans les 

Vosges. 
Pol. incarnat [Pol. incarnatus), Fr., Expier., 256. — Pers., Myc, t. 16, fig. 4. — 

Sur les troncs de pins. 
Pol. mie de pain {Pol. Jfedulla Panis), Pers., Syn., 78. — Jacq., t. 11. — Fr. , 

Ep)ier., 261.- — Sur les vieux bois, quelquefois à terre. ■ 

11 



1C2 



l.KS ( Il A Ml'Ki .\<)\S. 



I'..|. in..llusi|uc (/'<//. Nin/huscux), 8cnv., t. 387, i\<^. '.i. — F/. <Jan., t. ll'HO. — Fr., 

J-.'jiicr., '_'(J7. ■ — Sur les bois jxxirriH, les amas (ic l'ciiilli'S. 
l'ul. mou (7W. mucidun), Fr., Ejiicr., 262. — l'ers., <S'^>t., p. 54G. — Sur les vieux 

Ijois pourris, 
l'oi. propret (Pu/. )i(/!dn,s), Vv., Ej)icr., 252. — Pers., Obs.,t 4, fig. 1. — 8ur le 

buis mort, 
rd. ochracé (Fol. ochraceus), Fr. 
l'ol. oblique {Fol. ohlujuuti), Fr., Ejytcr., 243. — Pers., .%'■., 110 et 110. — Sur 

les troncs; rare. 
l'ol. racloir (Fol. Radula), Fr., Epier., 270. — Sur les bois et les rameaux secs. 
Pol. réticule [Fol. retlcidatus),Yr., Epia:, 280. ~ llofl'm., t. 12.— Nées, fig. 225. 

— Sur le bois corrompu. 

Pol lilacc [Fol. rhodellus), Fr., Epier., 259. — liuli., t. 442, fig. D. — Sur le ))ois 

de hêtre; rare. 
Pol. roux [Fol. rufus), Fr., Epier., 255. 
Pol. sous-spadice [Fol. suhà-j/adiceus), Fr., Ephr., 245. — Sur les bois de hêtre 

pourris. 
Pol. terrestre {l'ul. ferre-strii), Fr., Ep)icr., 268. — A terre, dans les fosses. 
Pol. uni [l'ol. nititun), Pers., Myc, 117. — Fr., Ejncï., 224. — Dans les bois de 

sapins des Alpes, des Vosges. 
Pol. de Vaillant (7W. Vaillantii), Fr., E/mr., 275.— Sow., t. 826. — Sur le bois. 
Pol. vaporeux {l'ol. vaporariiis), Fr., Epier., 274. — Dans les bois. 
Pol. violacé {Fol. violaeeus), Fr., Epier., 267, Fol. brunneus, Pers., M)je., n"^ 121. 

— Sur les bois de sapins. 

Pol. vitré [Fol. vitreus), Fr., Epier., 263. — Sur les troncs j)ourris et tombes du 

hêtre. 
Pol. vulgaire [Fol. vulgaris), Berkl., t. 16, fig. 6. — Fr., Epier., 266. — Sur les 

bois et les rameaux pourris. 

6^ Subdivision. — Tramètes. 

Pol. (Tr.) de Bulliard [Fol. Tr. Ihdliardi), Fr., Epier., 17. — Paul., t. 19. Bol. 

suaveolens,\in\\., t. 310. — Sur les vieux troncs de saule. 
Pol. (Tr.) de France {Fol. Tr. Gcdlieus), Fr., Epier., 4. — Nées, fig. 222. Bol. 

favus, Bull., t. 421. — Sur les troncs et les poutres de pins. 
Pol."(Tr.) gibbeux {Fol. Tr. fjibbosus), FI. dan., t. 1964.— Sow., 1. 194. — Huss., 

II, t. 4. ■ — Fr., Epier., 19. Diedalea <jibbona, Pers., Sijn., 2. — Sur les troncs 

de hêtres, de chênes, de saules. 
Pot. (Tr.) odin-ant {Fui. Tr. odurutu.s), Schiett'., t. 106. — Wult'.; Fr., Epier., 2. 

— Sur les vieu.x troncs de sapin. 

Pol. (Tr.) du pin {Fol. Tr. Fini), Fr., Epier., 3. — Pers,, iI/?/c., 96, — Sur le 

tronc des pins. 
Pol. (Tr.) rougeâtre {Fol. Tr. rubeseens), Fr., Epier., 18. Dœdalea rubescens,Alh. 

et Sclnv., t. 11, fig. 2. — Sur le saule et dans les lieux humides des forêts. 
Pol. (Tr.) il odeur suave {Fol. Tr.suaveolens^, Lin. [décrit]. 



7G Subdivision. — Hexagonia. 
Pol. (Hexag.) du nu*u-ier [Pol. Uexaij. Mori),Vs.\\.{déent). 



DESCiaPTiONS. 103 



DÉDALÉE^ Dœdalea {A^xicaloç, fait avec art). 

Hyménium com})osé de feuillets anastomosés , formant des cavités 
irrégulières, sinueuses, ou des pores allongés, llexueux, de grande di- 
mension. . 

Dédalée du chêne {Dœdalea querclna] , Pei^s., i¥yt'., t. 18, lig. 1, 

(Pl.XLlI, fig. 1.) 

.Schaift'., t. 231. — bow.,t. 181. —Boit., t. 73. — Lcnz., %. 28, 29. — Bcrkl., 
t. 19, ûg. 5. — Arj. lahyrinthiformis, Bull., t. 352 et 442, fig. F. — Tratt., 
tî2, fig. 3. — Fr., Epier., 1. — Pers., %»., 1. 

Noms vulgaires : Labyrinthe-étrille, Peigne de loup. 

Champignon d'un roux pâle ou grisâtre, de forme et do dinionsion 
variables, coriace, tubéreux, ordinairement irrégulier, non zone, pi'es- 
que toujours épais de 8 ou 10 centimètres, atteignant quel<iuefois jus- 
qu'à 40 centimètres de diamètre. Le pédicule est nul , en sorte (jue le 
champignon adhère au lieu de son habitation par la plus grande partie 
de sa surface supérieure, l'inférieure étant garnie de lames ou feuillets 
épais, contournés, fréquemment anastomosés, et quelquefois de pores, 
larges, sinueux, ce qui le fait ressembler tantôt à un agaric, tantôt à 
un polypore, représentant une forme de labyrinthe. 

On le trouve sur le tronc des arbres, surtout celui du clièno, sur les 
bois de charpente, dans toutes les saisons. Sa contexture est de la cou- 
leur du chapeau. Les individus quivierment sur le sapin sont conqdé- 
tement noirs. Les insectes ne l'attaquent jamais. 

En Autriche on en fabrique de l'amadou; en Italie, les personnes 
qui fréquentent les bains, s'en servent pour se décrasser la tète ; tlans 
quelques contrées de la France, il sert en guise d'étrillo , pour lustrer 
le poil des chevaux. 

Déd. étroit [Dœd. angustata), iSow., t. 193. — Fr., Epier., 8.— Sur les troncs de 

peuplier. 
Déd.'doré [Dœd. aurata), Battara, t. 35, fig. F. — Fr., Epier., 4. — Hurles troncs 

de chêne, dans le Midi. 
Déd. cendré (JDœd. cinerea), Batt., t. 38, fig. G. — Fr., Ejncr., 9. Bull., t. 537, 

fig. O, P, Q. — Sur le tronc des hêtres. 
Déd. scabreux {Daxl. conf'ra(josa). Boit., t. 160. — Sow., 1. 193. — Pers., tSipi.,3. 

Fr., Epylcr., 5. — A(j. lahyrlnlldformis, Bull., t. 491, fig. 1. — Sur les troncs 

d'arbres touffus. 
Ded. très-large {Dœd. latlssliiia), Sow., t. 424. — Fr., Epier., 3. — Sur lus troncs 

mousseux de hêtre; rare. 



104 LKS CIIA.MI'KJXOX.S. 



DiM. tcndillé {Dœd. lîrellosa), Pers., J/yc, 2, 1. 18, fig. 2, 3. — JFr., Entier., p. lyô. 

— Sm* le peuplier; rare. 
Di'd. plombe {IJad. plumbea), Lev. 
Dell, du chêne {Dœd. quercina), Pers. {décrit). 
Ded. serpentant (X)a'cZ. serpem), Fr., ^^/(cn, 15. — Sur les troncs et rameau.x du 

chêne, du sorbier, dans les montagnes. 
Ded. unicolore {Dœd. uniculvr), Sow., t 325. — Fr., Epier., 10. — Sur les troncs 

d'arbres feuillus. 



ME RU LE, Mendius (nom ancien). 

iluiiL'iiiuni reJevé de veines sinuées, anastomosées, Ibi-niant des 
sillons, des cellules inégales, peu profondes. 

Mérule pleureur {Merulius lacrymtins), Fr., Epier., 15. 
(PI. XLII, fig. 2.) 

Wulf., t. 8, fig. 2. — Sow., t. 113. — FI. dan., t. 2026. — Krombh., t. 46, 
fig. 1-2. — Huss., I, t. 3. - Berkl., t. 2, fig. 1. — Hénon, t. 2. — Uijlo- 
myzon deistruens, Pers., 2Iyc., n" 1, p. 27. 

Champignon spongieux , charnu-memhraneiix, mince, étalé, pou- 
vant atteindre jusqu'à 40 et 50 centimètres d'étendue , jaune ferrugi- 
neux ou orangé foncé, à marge blanche, cotonneuse, dont la surface 
fructifère forme un réseau à grandes mailles, ou des cellules sinueuses, 
sub-quadrangulaires. Son odeur est désagréable, surtout dans les indi- 
vidus desséchés. 

Il couvre fréquemment les poutres dans les lieux Immides , les cel- 
liers, et détruit des pièces de bois entières, laissant souvent échapper 
des gouttelettes d'eau, d'où lui est venu le nom de Pleureur. 

Son mycélium, répandu dans les fibres du bois, souvent longtemps 
avant --on apparition, y reste stationnaire , attendant des circonstances 
favorables à son développement. 

On le détruit, en grattant le bois, qu'on lave ensuite avec un pin- 
ceau , chargé d'eau , mêlée à un tiers d'acide sulfurique; il est bien 
pour plus de sûreté de faire plusieurs lotions. On peut aussi employer 
la benzine. 

1'*' Subdivision. — Leucospore. 

Me'r. de Carmiehael {^^er. Carmichaelianus), Berkl., Outl., 8. — Grev., t. 224. — 

Sur l'écorce et les troncs pourris. 
Mér. parchemin {Mer. corium), Grev., t. 147. — Sow., t. 349. — Fr., Epier., 5. 

— Auricularia papyrina, Bull., t. 402. — Sur les troncs et les branches 

des arbres feuillus. 



DEt^CliirTIONl^. Hiô 



Mer. en capiichon {3Ier. ciicitllatus), Brond., Crypt. mjen.^ t. 2. — Sur les saules 

tlénue's d'écorce, en hiver. 
Mer. passager {Mer. fugax), Fr., Ejncr., 10. — 8nr les troncs morts. 
Me'r. Mmantioïde {Mer. h-imaniioîdes), Montagne, Ami. des sr. naf,., 1836. — 

Fr., Epier., 8. — Xylomyzon versicolor. Fers., Myc, 5, et Xyl. croceum, id., 13, 

t. 14, fig. 3, 4. — Sur le bois du pin. 
ile'r. mollusque {3Ier. onollusciis, Yy.^ Epier., 9. — Xylomyzon molluscum, Pers., 

Myc, 5 et Xyl. indchrum, id., 9, t. 14, fig. 1, 2. 
Mer. blanc de neige {3Ier. niveus), Sommevf. — Fr., Epier., 6. — Sur les 

branches d'aune pourries. 
Mer. pâle {Mer. pallens), BerkL, OutL, 7. — Sur les branches mortes. 
Mer. rougeâtre {Mer. rufus), Pers. ■ — • Fr. , Ejncr., 12. — Xyloviyzon ritfiimi 

Pers., Myc., 8, et 3Ier. isojiorum, 12, t. 16, fig. 1, 2. — Sur le bois carié. 
Mer. porioïde [Mer. piorioides), Fr., Epier., 11. Xylomyzon porioides, Pers., 

Mye., 11, et Xyl. paiceiruywn, id., 14, t. 14, fig. 7. — Sur le bois etl'écorce 

du sapin. 
Mer. serpentant {Mer. serpens), Fr., Epier., 15. — Pers., n"^ 7, 15. — Sur les 

bois jjourris de pins. 
Me'r. trémelloïde {3Ier. tremellosus), Schrad., /S^ric, p. 139. — Huss., I, t. 10. ■ — ■ 

El. dnn., t. 1553 et 770, fig. 1. — Fr., Eoicr., 3. — Sur les troncs d'arbres 

feuillus. 

26 Suhdivision. — Oeltroxpiores. 

Mer. appliqué {3Ier. npplieatiis), Lév., Ann. des se. naf., 1843, t. 7, fig. 2. — Sur 
les cuirs abandonnés, au printemps. 

Mér. pleureur {Mer. laeTymcois, Fr. [décrit). 

Mér. poudreux {Mer. pulverulentus), Fr., Epier., 16. — Sur les murs luimides. 

Mér. de Eequin {Mer. Bequiniï). 

Mér. terre d'ombre {Mer. umbrinus), Fr., Epier., 20. — Sur les troncs des coni- 
fères en décomposition. 

3® Subdivision. -- Favolus. (Favolug, qui a la forme d'une alvéole.) — 
» Genre pour quclqiîes auteurs. 

Alvéoles amples, régidlères entre elles , formées de lamelles anastomosées, 
rayonnantes, a parois doubles. Champignons charnus, minces. 

Mér. (F av.) d'Europe {Mer. Far. Europta-us), Fr., Ejjier., p. 498. — Ifer. alreo- 
larius, DC, Fl.fr., VI, p. 43. — Snr les troncs, dans le Midi. 



tCO LES { 11 A.M PIGNONS. 



On.nr.K H''. — IIYDNKS, Ilydnei ("Yovov, Irullej. Nom fjrec de la 
Irufle, transporté aux llyihiés. 

ITyménophore en forme d'aiguillons , de dents ou de papilles 
persistantes (Basidiosporés). 

HYDNÉ (Hijdnum). 

TManle pourvue d'un cliapeau non lonjours distinct, garni en des- 
sous, et quelquefois en dessus, d'aiguillons cylindriques ou coniques, 
distincts les uns des autres, et qui contiennent les spores à leur extré- 
mité. 

l>"e Subdivision. — Ulesopus (Micro?, milieu ; ttouc, , pied). 

Pédicule central. 

Hydne imbriqué {Hydnum imhricatum] , Lin. 

Schœff., t. 140. — FI. dan., t. 176 et 1500. — Nées, t. 32, fig. 240. — Hartz, 
fig. 6-9. — Boit., t. 87. — Staude, t. 20, fig. 4. — Lenz , fig. 41. — KromLb., 
t. 49. — Grev., t. 71. — Noul. et Dass., t. 10, fig. B. — Barla, t. 38, 
fig. 1-4. — Fr., Epier., 1. — Hydn. cervinum, Pei'S., Myc, 3. 

Noms vulgaires : Barbe de bouc ; Pouclierillo , Brouquichous , en 
Languedoc. 

Chapeau charnu , d'abord arrondi , convexe, puis plan et sub-om- 
biliqué, souvent difforme, large de 8 à 10 centimètres, couleur déterre 
(l"oinl)i'e, parsemé de squames épaisses, dressées, floconneuses j ai- 
guillons lisses^ décurrents, d'un blanc cendré; pied, court, lisse. 

On le recueille, en automne, à terre, dans les bois de pins et de sa- 
pins. 

VHgdnum imhricatum est comestible. Chair d'un blanc pâle, 
ferme. 

Hydne en entonnoir (Hydnum infundibulum), Swartz. 

&i\ Bot., t. 492. — Fr., Epier., 6. — Fers., J/yc, 4. — Hyd. fusipes, 
Pers., 3Iyc., 12, t. 20, fig. 4-6. 

Champignon de taille moyenne, croissant à terre, le plus souvent en 
touffes, dans les bois de pins et de sapins des Vosges, et ayant un cha- 
peau charnu, fbreu.r, flexible, lisse, glabre, infundïbuli forme, ir- 



DESCRIPTIONS. 167 



régulier, fauvo ou hlanc grisâtre, des aiguillons décurrents, nombreux, 
d'un blanc pâle; un pied, inégal, atténué en bas, de la couleur du 
chapeau. \ 

Il exhale, lorsqu'il est desséché, une odeur forte, analogue à celle du 
céleri. Comestible. 

Hydne lisse {Hydniim lœvigatum) , Swartz. 

Mich., t. 72, fig. 1. — Paul., t. 34. — Barla, t. 38, fig. 5, 6. — Fr., E2ncr., 5. 
Hyd. biibalinian, Pers., Myc, 9. 

On l'econnait ce champignon comestible, mais de qualité médiocre, 
à son cliapeau charnu, mollasse, glabre, lisse ou faiblement ru- 
gueux, sinueux, irrégulier, de forme variable, fauve cendré, non 
squameux; à des aiguillons très-grêles, nombreux, d'un blanc cendré, 
aigus au sommet; à son pied, delà couleur du chapeau, ferme, inégal, 
lisse. 

Sa chair, blanche, épaisse, ferme, a une saveur agréable. 

On le trouve, à terre, dans les bois de pins. 

Hydne sinué {Hyclnum repandum) , Lin. 
(PI. XLIII.) 

Vaill., t. 14, fig. 5-8. — FI dan., t. 310. — Sow., t. 176. — SchaîfF., t. 318. 
— Bull., t. 172. — Krombh., t. 50, fig. 1-9. — Vittad., t. 25, fig. 2. — 
Paul., t. 35, fig. 1, 2. — Staude, t. 2, fig. 3. — Huss., I, t. 16. — Bevkl., 
t. 17, fig. 2. — Noul. et Dass., t. 10, fig. A. — Pers., 3Iyc., 8. — Fr., 
Epier., 8. 

Noms vulgaires : Erinace, Chamois, Chevrelle , Ursin; Rignoche, 
Lurchon, Penchenilla, en Gascogne; Arresterou, dans les Landes; 
Mouton, dans la Meuse; Pied de mouton blanc, Barbe de vache, dans 
les Vosges. 

U Hy dnum repanchmi, très-coïïïïïiun au commencement de l'au- 
tomne, dans les bois, à terre, épars ou en séries très-longues et mémo 
circulaires, est entièrement de couleur jaune-chamois ou incarnat 
pâle, de grandeur moyenne. Il a le chapeau charnu, compacte, irré- 
gulier , sinué , non-zoné; les aiguillons inégaux, tubulés , fragiles, 
quelques-uns «'avançant jusque sur le sommet d'un pédicule , plein , 
irrégulier et presque toujours excentrique. Chair ferme, cassante; 
saveur légèrement amère et un peu acerbe. 

Comestible, H (Vnn usage très-fréquent. 



N 



if)^ i.i:.s riiA^iri(;N()Ns. 



Hydne rufescent (Hydnton rufescenf), SchrofF., t. 141. 

Bult., t. 88. — Fr., Ejjicr., 9. — Ilyd. repandum, Pers. et var. rufescem, 

Mijc, 8; Icon., t. 19, fig. 1. 

UHyclninn rufescens est regardé par Persoon et Berkeley comme 
une simple variété de VHijdnum repanduin ; il n'en difl'ère guère que 
par ce qu'il est généralement plus petit. Son chapeau est mince, snh- 
tomenteux, ochracé, roussâtre, irrégulier. Les aiguillons sont minces, 
égaux; de couleur incarnat ochracé. Pied grêle, à peu près égal. 

Il croît , à terre, dans les bois. Comestible. 

Hydne écailleux [Hydnum squamosum) , Schaeff., t. 273. 
Barla, t. 39, fig. 10-12. — Fr., Epier., 2. — Hyd. eucopus, Pers., Myc, 2. 

Ce champignon, comestible, assez rare,, qu'on trouve, à terre, dans 
les bois de pins, a la chair d'un blanc jaunâtre, molle; le chapeau 
charnu, large de 6 à 8 centimètres, campanule, puis déprimé, irrégu- 
lier, lisse, fauve fuligineux , couvert de squames ou écailles irré- 
gidières; les aiguillons, grêles, d'un gris fauve, blanchâtres au sommet. 

L' Hydnum squamosum n'est, pour M. Barla, que la var. rufes- 
cens, Pers., de VHyd. repandum. 

Hydne en forme de coupe (Hydmtm scrobiculatum) , Fr., Epier., 21. 
Mich., t. 72, fig. 7. — ffyd. cyathiforme, Bull., t. 156. — Schseff., t. 139. 

Bien qu'il soit coriace, quelques personnes n'hésitent pas à manger 
ce champignon; il naît, à terre, dans les bois, en groupes plus ou 
moins nombreux , est de couleur tannée ou ferrugineuse. Son chapeau 
est subéreux, coriace, d'abord arrondi, puis plan , ei enfin creusé en 
entonnoir, mince, zone, comme squameux ; aiguillons très-courts; 
pédicule ne s'élevant pas au delà de 3 centimètres, nu, pourvu de ra- 
cines. 

Hydne sub-squameux (H//dimm subsqiiamosum) , Batsch , t. 10, fig. 43. 

Paul., t. 33, fig. ]. — Fr., Eincr., 3. — Hyd. badium, Pers., Myc, I, t. 21. 
— Syd. squamosum, Bull., t. 409. 

Noms vulgaires : Chevrotine écailleuse, grande chevrette. 

Champignon de grande taille, ayant le chapeau charnu , plan , irré- 
gulier, sub-ombiliqué, fawrf; ferrugineux, tacheté desquames super- 



DESCRIPTIONS. 169 



ficielles ou marqué de fissures de couleur fauve foncé; les aiguillons, 
d'abord d'un blanc cendré, ensuite légèrement fauves ; le pied , court , 
cylindrique, inégal, de la couleur du chapeau. 

Il croît en touffes, à terre, dans les forêt? de pins et de sapins, et 
n'est pas rare dans les Vosges et le Jura. 

UHydnum suhsquamosum acquiert quelquefois 25 centimètres de 
diamètre; est comestible. Chair ferme, d'un blanc jaunâtre. 

Hydne violacé {Hydnurn violascens) , Alb. et Scliw. 

Paul., t. 35 bis. — Pers., Myc, 10. — Fr., E2)icr., 12. 

^ V Hydnurn violascens a le chapeau, fibreux, charnu, d'abord con- 
vexe , puis plat , puis déprimé au centre , le plus souvent irrégulier ; 
une surface tomenteuse, douce au toucher, sub-zonée, de couleur 
violet sale; des aiguillons égaux, cylindriques, aigus, violacés, décur- 
rents sur un pédicule ferme, souvent courbé, inégal. 

A terre, dans les }x)is. Rare. 

Est comestible , mais peu recherché pour l'usage alimentaire, mal- 
gré son goût et son odeur agréables. 

2e Subdivision. — Pleuropiis (TrÀsupo'v, côté, ttou? , pied). 

Pédicule latéral. 

Hydne cure-oreille {Hydnurn Auriscalpium) , Lin. 

Schîeff., t. 143. — FI. dan., t. 1020, ûg. 1. — Grev., t. 196. — Krombh., t. 50, 
fig. 15-17. — Sow., t. 2(37. — Bull., t. 481, fig. 3. — Fr., Ejncr., 34. 

Ce champignon, d'un brun roussàtre, croit sur les cônes de pin 
tombés à terre. Son chapeau, mince, coriace, tomenteux, semi-orhi- 
ctdaire ou réniforme, atteint rarement au delà de 2 centimètres de 
diamètre ; il est garni , en dessous , de petits aiguillons nombreux , 
égaux, et attaché, par le côté, au sommet d'un pédicule grêle , droit , 
velu, plein, long de 4 à 5 centimètres. 

Bien qu'il soit coriace et de très-petite taille, on le mange en Gas- 
cogne et en Toscane ; c'est un aliment peu digne d'être recherché. 



170 LES Cil AMI'ICXONS. 



H'^ SrniiTVTF;]ON. — ■ ]%Ici*i!mnn (aepîç, i)ai1ag-e). 
Trt's-rameux. 

Hydne tète de Méduse JlijdnHin capuf Mcdiisœ), Bull. 

Fr., Epier., 41. — Glavaria cMpiit MeduKo-, lîull., t. 412. — Ilerlcîum caput 

Meduso.', Pcrs., Myc, 10. 

Le nom de Tête de Méduse a été donné à cette plante à canse do 
.'ton aspect étrange, tout liérissé. 

Elle est de grande taille, d'un hlanc de lait (l'al)nrd, ])uis d'un gris 
scde, formée d'un tronc charnu , coui't, épais, (jui s'élargit supérieu- 
rement et se termine par de nombreux aiguillons grêles, ;dlnrigés, 
simples , pointus, dirigés d'abord verticalement, puis tout à fait pen- 
dants, ondulés, rassemblés en touffes et insérés sans ordre. 

ISIhjdnum caput Medusœ croit, à la fin de l'été, sur les troncs de 
i)ois moi'ts. Rare. 

On le mange fréquemment en Italie; il a une odeur et une saveni' 
agréables. 

Hydne coralloïde [Hydnum coralloides) , Scop. 
(Pi. XLIV, fig. 1 .) 

Micli., t. 64, fig. 2. — Boccone, t. 303, fig. 7. — Sclisefi"., t. 142. — Nces, 
t. 33, fig. 249. — Sow., t. 252. — Kromljli., t. 51, fi. 4-7. — Lenz., t. 53. 
— Fr., Epier., 36. — Hyd. ramosum, Bull., t. 390. — Ifericitim coroUoides, 
Pers., 3Iyc. 1. 

Nom vulgaire : Hérisson coralloïde. 

On trouve, en automne, sur les vieux troncs d'arbres encore vivants 
(ît princi})alement sur le chêne, un champignon sessile, d'abord blanc, 
puis jaunâtre, et qui, dans sa jeunesse, ressemble à une tète de chou- 
flciir. De sa base, tendre et charnue, partent un grand nombre de ra- 
meaux flexueux, entrelacés, rapprochés en toutïes, portant, au som- 
met de chacune de leurs divisions, une houppe de longues pointes ou 
aiguillons, d'abord droits , puis pendants, et même recourbés en des- 
sous et se terminant par étages. 

VHgdnum coralloïdes n'est pas très-rare en Lorraine. C'est un rdi 
ment délicat. 



Fries raconte, qu'étant avec sa mère, à l'âge de l^ ans, à cueillir des 
fraises dans un bois, il vit avec admiralioii un bel exemplaire d'Hydne 



DESCRirTIONS. 171 



coralloïde, qui, tout d'abord, fit naître en lui un si vif désir de connaî- 
tre les champignons, que deux ans après (1808), bien qu'il fut en pen- 
sion dans une école, et par conséquent rarement libre de sortir, il avait 
appris à en connaître 300 ou 400, auxquels il donnait des noms fictifs, 
n'ayant pas de livres pour le guider dans son étude, 

Hydne hérisson [Hijdnum Erinacens) , Bull., t. 34. 
(PI. XLIV, fig. 2.) 

Tratt., t. 18, fig. 35. — Buxb., t. 56, fig. 1. — Krombh., t. 51, fig. 1-3. — 
Vittad., t. 20. — Fr., Ej)!^:, 40. — Heridum Erinaceus, Pcrs., il/|?/c., 7. 

Noms vulgaires : Houppe des arbres, dans les Vosges; Pencbiuilia, 
en Lnnguedoc. 

UHijdnum Erinaceus, l'un des plus grands du genre, croît dans les 
cicatrices des vieux chênes, et quelquefois de hêtre. Il est charnu et 
entièrement d'un hlmie jaunâtre, sessile ou à pédicule court, simple, 
latéral , irrégulièrement cylindrique et recourbé à son sommet, lequel 
se dilate en une espèce de chapeau , qui émet une multitude d'aiguil- 
lons minces , allongés, toujours pendants et se terminant par étages. 

Champignon très-hon à manger, d'une consistance tendre et char- 
nue, de la saveur du champignon de couche. 

li'6 Subdivision. ■ — Mesopus. 

IT. orangé {U^yd- auranfiacuni), Alb. et Schw. — FI. dan., t. 1439. — Fr., 

Epier., 16. — Dans les bois de pins. 
H. cendré (Hyd. cinereum), Bull., t. 410. — Krombh., t. 70, fig. 13, 14. — Dans 

la France méridionale. 
H. compact {Hijd. rompxtctum), Batsch, fig. 221. — Krombh., t. 50, fig. 12. — 

Fi-., Epier., 15. — Dans les bruyères, sous les bouleaux, même dans les 

taillis de pins. 
H. jumeau {Hyd. connatum), Schultz. — Fr., Epier., 23. — Iljjdnwn scutatum, 

Pers., Mijc, p. 170. — Dans les bois do chênes. 
H. couleur de rouille {S/jd. ferruyineum), Krombh., t. 50, fig. 10, 11. — Fr., 

Eirtcr., 17. — Hyd. hjihridum^ Bull., t. 453, fig. 2. — Dans les bois de 

pins. 
H. k odeur forte [Hyd. graveolem), Delast. — Fr., Ejrirr., 26. — Hydnum lep- 

topus, Pers., Mye., 23. — Dans les bois de pins. 
H. imbriqué {Hyd. imhrieatum). Lin. [déerit). 
H. en entonnoir {Hyd. infundibidum), Swartz {décrit). 
H. lisse {Hyd. lœviyatum), Swartz {décrit). 
H. noirâtre {Hyd. melcdeucimï' , Fr., Epier., 27. — Schseff., t. 272. — Dans les 

bois de conifères. 
H. noir {Hyd. nigrum), Fr., Epier., 25. — Micli., t. 72, fig. 5. — Dans les bois 

de pins. 



172 LES CUAMriGNONS. 



II. de petite taille {irijd.jniJsiUum), Brot. — Paul., t. 35, fig. 4. — A tciTC, dans 

la Franec occiclciito-mc^ritlionale. 
II. siiiué {Hyd. repanduvi). Lin. (décrit). 
II. roussâtrc {Hyd. rufescens), Scliaîff. (décrit). 
II. scabreux {Hyd'. scabrosum), Schœfl'., t. 271. — Fr., Uj^icr., 4. — Dans les Lois 

(le conifères, sur les montagnes; rare. Comestible. 
H. ëcaillcux {JTyd. squomosum), Schseff. {décrit). 
H. en coupe [Hyd. sci'obiculatum}, ¥r. [décrit). 
H. odorant {Hyd. suaveoleiu), Scop. — Fr., Epier., 13. — Variëtë Cceruleum. — 

FI. dan., t. 1374. — Dans les bois de pins. 
H. sous-écailleux (Hyd. subsquamosuin) , Batsch (décrit). 
H. drape (Hjd. tomentosum), Lin. — SchastF., t. 139. — FI. dan., t. 1020, fig. 2. 

— Dans les bois de pins. 

H. velouté (Hyd. velutinum), Mich., t. 72, fig. 4. — Fr., Epier., 20. — Jlyd. liy- 

bridum, Bull., t. 453. — Dans les bois de pins. 
H. violacé (Hyd. violaeeum), Alb. et Scbw. (décrit). 
IL zone (Hyd. sonatum], Batscb, t. 224. — Nées, fig. 242. — Fr., Epier., 22. - 

Dans les chênaies des champs. 

2° Subdividon. — Pleuropus. 

H. blanc verdâtre {Hyd. albo-virens), Vill. 

H. cure-oreille {Hyd. Auriscalpium), "Lin. (dJcnt). 

H. occidental (Hyd. occidentale), Paul., t. 32, fig. 1, 2. — Fr., Epier., 32. — Au 

bas des troncs, dans la France occidentale; rare. Pauletle regarde r-omme 

malfaisant. 
H. parasite (Hyd. parasiticum), Vill. 

36 Subdivision. — 3ferisma. 

H. tête de Méduse {Hyd. caput Medusœ), Bull, (décrit). 
H. eoralloïde (Hyd. coralloides), Scop. (décrit). 
H. hérisson (Hyd. Einnaceiis), BuU. (décrit). 

4^ Subdivision. — Apus ('A pi"iv., tzo'jz, pied). — Absence de pédicule. 

H. en vrilles (Hyd. cirratum), Pers., Syn., 9. — FI. dan., t. 1789, fig. 2. — Fr., 

Epier., 47. — Sur les troncs. , 
H. gélatineux (Hyd, gelatinosum), Scop. — FI. dan., t. 717. — Jacq., t. 239. — 

ScliEeff., t. 144. — Krombh., t. 50, fig. 18-22. — Sur les troncs de sapins. 
II. hérissé {Hyd. hirtura), Fr., Epier., 56. — Hyd. luteseens, Pers., Myc., 31. — 

Sur les troncs. 
H. jaune d'ocre (Hyd. ochraceum), Pers., Syn., 13. — Sow., t. 15. — Fr., Ejncr. 

61. — Sur les troncs du pin. 
H. gentil (Hyd.pudorinum), Fr., Epier., 60. — Hyd. dic7iroum<, Pers., Myc, p. 213. 

— Sur les troncs cariés du -chêne. 

5^ Subdivision. — Resupinatus (en latin, penché, couché). — 
Etalé horizontalement. 

H. diaphane {Hyd. diaphanum), Schrad., t. 3 fig. 3. ~ Fr., Epier., 90. — Sur le 
tronc des arbres feuillus. 



DESCRIPTIONS. 173 



H. trompeur {Hyd. fallax), Fr., Epier., 80. — Nées, fig. 250. — Pers., 3Iyc., 49 

et 61. — Sur les vieux bois de chêne. 
H. farineux {Hyd. farinaceum), Pers., 8yn.,lSi, 20. — Fi. dan., t. 1375. — Sur 

les bois pourris de pins etc. 
H. en fascicule {Hyd. fascicidare), Alb. et Scliw., t. 10, fig. 9. — Sur les troncs 

putréfie's du pin. 
H. ferrugineux (Ilyd. ferruyinosum), Fr., Ejncr., 71. — Nées, >Syst., ûg. 248. — 

Sclu-ad., t. 4, fig. 2. — Sur les bois pourris, sous les écorces. 
II. fragile {Ryd.fraylle), Pers., Syn., 16. — Fr., Ujylcr., p. 518. — Sur les troncs 

de pins. 
H. membraneux {Hyd. membranaceum), Bull., t. 4SI, fîg. 1. — Sow., t. 327. — 

Fr., Ejncr., 67. — Sua- les bois pourris. 
H. moisi [Hyd. mucidum), Pers., Syn., 18. — Fr., Epier., 89. — Sur les troncs 

du chêne, du sorbier, du hêtre. 
H. blanc {Hyd. niveum),Fers., Disp.,i. 4, fig. 6, 7. — Fr., Epier. ,^1.— Nées, fig. 

246. — Sur les bois. 
II. du pin sauA-age {Hyd. pinaMri), Fr., Ejpicr., 77. — Hyd. abietinum, Duby, 

Bot. Gall. -^ SistoU'ema pinastri, Pers., Mye., 19. 
H. rude {Hyd. rude), Duby, Bot. Gall. — Sistotrema rude, Pers., Syn., p. 553. 
H. grêle {Hyd. subtile), Fr., Epier., 95. — Hyd. acutura, Pers., 3Iyc., 42. — Sur 

le bois et les écorces. 



Ordre ¥. — AURICULARINÉS , Auricularini {auris, oreille). 

Hyménophore ou chaperm presrpte toHJuxrs liorizontal , lisse, 
rarement veiné; hyméniiim inférieur ou. amphigéne co)itinu avec 
l' hyménophore. Basidiosporés. 

CKATEUELLUS [crater, coupe). 

Champignon charnu membraneux , hyménium inférieur se conti- 
nuant avec l'hyménophore , lisse, glabre, et enfin rugueux. Putres- 
cent en vieillissant. Très-voisin du genre Cantharellus. 

Craterelle en massue {Cratercllus clavatus), Fr., Epier., 9. 

(PI. XLV, lig. 2.) 

Schœff"., t. 164 et 276, fig. 4. — Schmid., t. 60. — Jacq., t. 12, fig. 3. — 
Krombh., t. 45, fig. 13-17. — Hofî'm., t. 6. — Staudc, t. 2, fig. 2. — Leiiz, 
t. 8, fig. 40. — Gompihuti truneatus, Pers., Mye., 1. " 

Champignon difforme , charnu , simple ou sub-rameux , ayant un 
chapeau turbiné, tronqué, déprimé, flexueux, non lisse, sub-flaves- 
cent à la surface supérieure, pnrpurascent , lisse, ridé en dessous, 
atténué en un pied solide. 



174 LES ( IIA.M l'KiXONS. 

Sa couleur varie de l'incarnat au violet l'ulijrineux. On le trouve 
ilans les bois, surtout les bois de sapins. Rare. 
Comestible. Sa chair est blanche et épaisse. 

Craterelle corne d'abondance {Craterellus cornucojnoides), Pers., Myc, 1 . 

(PI. XLV, fig. 1.) 

Mich., t. 82, fig. 5, 6. — FI. dan., t. 384 et 1260. — Schaeff., t. 165, 166. — 
Sow., t. 74. — Vaill., t. 13, fig. 2, 3. — Nées, t. 165. — Boit., t. 103. — 
Bull., t. 150 et 498, fig. 3. — Kvombh., t. 46, fig. 10. — Berkl., t. 19, 
fig. 6. — Huss., II, t. 37. Fr., Epier., 4. Peziza comuc02noide>>, Lin. 

Le Craterellus corrnico^noides ol des rapports avec les Pézizes et les 
llelvelles, mais il se rapproche davantage des Chanterelles. Sa forme 
est à peu près celle d'un entonnoir ou d'une trompette. Il a le cha- 
peau sub-membraneux , noir fuligineux, peluché ou légèrement 
s(|uameux , "avec des bords sinueux , lobés , réfléchis en dessous ; la 
surface inférieure, plus pâle que la supérieure, est d'un fauve cen- 
dré, marcp.iée de veines anastomosées, peu saillantes. Pied noir, 
creux jusqu'à la base. 

Il -vdent en groupes peu nombreux , dans les bois , à terre , en été 
et en automne , surtout lorsque le temps est pluvieux. 

Comestible. Son peu de chair et sa couleur sombre n'invitent guère 
à le manger. 

Oraterelle. 

(jr. en massue (Crat. clavatua), Fr. {décnt). 

Cr. corne d'abondance {Crat. cornucopioides), Pers. (décrit). 

Cr. crépue (Crat. crisjpus), Sow., t. 75. — Huss., II, t. 18. — Bull., t. 465. — Fr., 

Ep'tcr., p. 533. — Helvella cris^m, Bull., t. 465, fig. 1. — Dans les bois. 
Cr. jaunâtre (Crat. lutescens), Fr., Epier., 2. — Scbajft'., t. 157. — Boit., t. 105, 

fig. 2. — Jlentliîis xantkojnts, Pers., Mye., t. 13, fig. 1. — Dans les lieu.K 

humides et les bois de pins de montagnes. 
Cr. niélauoxéros (Crat. riielanoxeros), Desm. 
Cr. ocracée (Crat. ochreatus), Pers., Mye., 2, t. 13, fig. 2. — Fr., Epier., 3. — 

Recueillie aux environs de Paris. 
Cr. pilon (Crat. jjistillaris), Sclaseff'., t. 290. — Fr., Epier., 12. — Dans les bois 

épais de sapins, la mousse. 
Cr. petite taille (Crat. pusillus), Pers., Mye., p. 6. — Fr. , Epier., 8. — Cantha- 

rellus Kunthii, Cher., El. paris., t. 7, fig. 6. — Dans les bois de hêtres. 
Cr. sinueuse (Crat. sinuosus), Fr., Epier., 7. — Vaill., Bot., t. 11, fig. 11-13. — 

Dans les chênaies humides. 



DESCHIPTIONS. ' 175 



OitDRE 5'\ — CLAVARIÉS {Clavanei). 

Hyménium occupcodà 'peu près toute la surface cVun lnjmé- 
iiophore vertical, lisse ou à peine ridé, amphigène. Basidios- 

PORÉS. 

CLAVAIRE [Clavaria). 
iClava , massue, de la forme de quelques espèces.) 

Champignon à réceptacle ou hyménophore allongé , simple ou ra - 
meux , chai'nu ou coriace, ordinairement droit, confondu avec le pé- 
dicule, recouvert en grande partie de l'iiyménium. Pas de chapeau 
distinct. 

L'âge, le sol , l'exposition et d'autres circonstances locales font va- 
rier la plupart des Clavaires dans leurs dimensions, leurs formes, 
leurs couleurs. Peut-être en a-t-on trop multiplié les espèces. 

!'■''' Tribu. Rfimosa (en rameau.K). 
i'e Subdivision. — Leiicospores. 

Clavaire améthyste (Clavaria amethystea) , Bull., t. 496, lig. "2. 

(PI. XLVI, fig. 3.) 

Schseff., t. 172. — Nées, 2, t. 16, fig. 151. — Berkl., t. 18, fig. 2. — 
Boit., t. 1-6. — Pers., 3Iyc., 14. — Fi-., E^ncr., 3. 

La Clavaire améthyste est entièrement de couleur violacée ou lilas, 
de taille variable, mais atteignant quelquefois 8 centimètres et plus ; 
fragile, très-rameuse. Ses rameaux, grands, lisses, non ontlulés, 
obtus, sont très-simples, parfois hauts de moins d'un centimètre. 

Elle est comestible , d'un goût très-fin, et vient, à terre, dans les 
bois, en automne. 

Clavaire en grappe {Clavaria hotrytis), Pers., Comment., p. 41. 

(Pl.XLVII, tig. 2.) 

.Schsefi'., t. 176 et 288. — Jacq., t. 13. — Tratt., p. 159,- fig. BB. — Nées, 
t. 150. — FI. dan., t. 1303. — Bult., t. 113, fig. a. — Krombli., t. 53, 
fig. 1-4. — Vittad., t. 29. — Vent.^ t. 12, fig. 111. — Hartz., t. 57. — 
Staude, t. 1, fig. 6. — Baiia, t. 40, fig. 1-3. — Fr., Epier., 2. • 

Noms vulgaires : Barbe de chèvre ou de bouc, Pied de coq, Gan- 
teline. Tripette, Mainotte, Manetas. 



17G ' LES (JHAMPlUiNUiNS. 

Ce champignon se reconnaît aisément à sa forme irrégulière, sur- 
tout lorsque le temps est sec, à sa coulcui' d'im lil.inr sale, oxcopté à 
la terminaison des rameaux ^ qui est rougeàtre ; ces rameaux , ))or- 
tés par un tronc charnu, gros, sont nombreux, courts, épais et ser- 
rés, inégaux, sub-rugueux, (lenticules et légèrement comprimés au 
sonmiet. 11 a l'aspect d'un chou-fleur. 

On le recueille dans les bois , en été et en aulunuie. 

Il est comestible et d'un usage fréquent dans la Carinthie. Chair 
blanche ; goût agréable ; odeur fail)le. 

Clavaire cendrée (Clavaria cinerea) , Bull., t. 354. 
(PI. XLVI,fig. 2.) 

Grev., t. 64. — Pers., -Vyc, p. 166. — Fr., Epier., 8. 

Nom vulgaire : Menotte cendrée, dans les Vosges. 

C'est dans les bois que vient ce champignon fragile, de couleur 
cendrée, très-rameux ; à pied court, épais; à rameaux et ramus- 
cules, irréguliers, difformes, un peu ridés, obtus. Il pèse quelquefois 
près d'un kilogramme. 

Comestible , mais nuisible si l'on mange une certaine quantité. J'en 
ai fait l'expérience. 

Clavaire coralloïde (Clavaria coralloides)^ Lin. 

Batt., t. 1, fig. A. — Holmsk., t. 12. — Sow., t. 278. — Fr., Epier., 7. — 
, Clav. alha., Pers., Hyc., 3. 

Clavaire de couleur blauche, passant au gris, sub-fragile, ayant 
une tige creuse en dedans , assez épaisse , irrégulièrement rameux ; 
les rameaux, très -nombreux, forment des faisceaux inégaux, serrés, 
aigus. 

Elle se rencontre dans les bois humides , surtout dans les bois de 
sapins. Comestible. 

Clavaire fastigiée [Clavaria fastiyiata), Lin. 

Bull., t. .358, fig. D, E. — Ilulmsk., I, p. 90. — FI. dan., t. 836, fig. 2. — 
"S'aill., t. 8, fig., 4. — Paj., t. 2^,' fig. 5. — Fr., Epier., 4. — Clav. j^ra- 
temis, Pers., Clav., t. 4, fig. 5; id., Mijc., 27. 

Cette Clavaii'e, de cov.leur jaune, très-rameuse, s'élève à peine à 
3 centimètres. Ses rameaux partent d'une tige très-courte , mince , 



DESCRIPTIONS. 177 



sont divariqués , glabres, disposés en faisceaux obtus, et se terminent 
à la même hauteur. 

Elle est assez commune, en automne, dans les pâturages, les 
bruyères, au bord des chemins, et se plait surtout dans les gazons et 
les mousses. Comestible. 

Clavaire jaunâtre [Clavaria flava) , Pers., Cumment., p. 42. 
(PI. XLYI , lîg. 1.) 

Schseâ''., t. 175 et 285. — Lenz, fig. 54. — Krombli., t. 53, fig. 8. — Barlu, 
t. 4, fig. 5. — Clav. coraUoldes, Bull., t. 496, fig. 3, t. 222 et 358, fig. B, E. 
— Fr., Epier., 1. 

Noms vulgaires : Menotte ou Mainotte, Gallinette, Espignette, Barbe 
de chèvre. Poule, Buisson, Tripette etc. 

Excellente à manger et très-recherchée en Allemagne ; cette Cla- 
vaire croît dans les bois ombragés. 

Elle est de grande taille, charnue, fragile, de couleur jaune; a le 
tronc épais, droit, blanc, très-rameux ; les rameaux cylindriques, 
lisses , disposés en faisceaux , ohtus , de couleur jaune. Variable en 
intensité. 

Les Clavaires rameuses portent dilléreuts noms, selon les pro- 
vinces : celui de Mainotte ou Menotte leur a été donné , sans doute , à 
cause de leurs ramifications. 

2e Subdivision. — Ochrospores. 

Clavaire dorée {Clavaria aurea) , Schœft'., t. 287. 

Tratt., t. 2, fig. 4. — Clav. coralloîdes, Bull., t. 222. — Fr., E^iicr., 19. 
— Clav. flava , Pers., Myc, 4. 

Les noms vulgaires du Clavaria aurea sont ceux du Clavaria flava , 
bien que ces deux plantes soient distinctes. 

La Clavaire dorée est de couleur jaune, haute de 8 à 12 centi- 
mètres. Son tronc, épais, élastique, pâle, se subdivise en rameaux 
nombreux, dichotomes, inégaux, droits; chaque subdivision, obtuse, 
suh-dentée. La base ou pédicule est souvent allongée, mais quelque- 
fois peu évidente. 

Cette Clavaire , excellente à manger, vient , dans les bois , en oc- 
tobre et en novembre. 

12 



178 LES ClIA.MriGNONS. 



Clavaire élégante {Clavaria formosa), Pers., Icon. etdescr., t. 3, fig. 0. 

Batsch, fig. 48. — KromLli., t. 53, fig. 5-7, et t. 54, fig. 21, 22. — 
Barla, t. 40, fig. 4. — Fr., Epier., 20. 

La Clavaire élégante a une souche, épai.sse, chaniue, blanclie, di- 
visée en rameaux, épais, cylindriques, allongés, serrés, de couleur 
jaune orangé ou orangé rose, subdivisés en petits rameaux, obtus, 
ilavescents, réunis en fiiisceaux, et terminés par deux ou trois dents 
(Ml piiiiiic uii pou obtuse. 

El h' se recueille, en automne, dans les pacages, les friches et les 
bois. 

On l'apporte aux marchés de Nice. Sa chair, comestible , très- 
blanche, a un goût délicat. 

Clavaire grise {Clavaria grisea) , Pcrs., Comment., p. 43. 
Krombli., t. 53, fig. 9, 10. — Barla, t. 41, fig. 1, 2. — Fr., Bi^^o'-t 25. 

La Clavaire grise a la chair ferme ; le tronc épais, d'un blanc sale ; 
les rameaux, suh-rugueux, atténués, subdivisés en ramuscules, iné- 
gaux, obtus, de couleur cendré fuligineux. 

Est comestible , et vient, à terre, dans les bois et les friches, en 
automne. 

Le Clav. rufo-ciolacea, Barla, t. il , fig. 3-12, comestible aussi", 
n'est peut-être qu'une variété du Clav. grisea. 



2" Tribu. Sîiiii»lex (simple). 

|ie Subdivision. — A base fascicidée. 

Clavaire vermiculée {Clavaria vermicidata) , Scop. 

Mich., t. 87, fig. 12. — FI. clan., t. 1966, fig. 1. — Swartz, t. 1, fig. 1. 

— Fr., Epier., 43. 

Cette plante, qui vient en touffes, dans les gazons et les bois, en 
automne, et forme , dit Berkeley, des groupes, ressemblant à des pa- 
quets de petites chandelles , est commune, fragile, de couleur blanche ; 
elle a l'aspect de petites massues, pleines, cylindriques, souvent cour- 
bées ou fiexueuses, terminées en pointes. Comestible. 



DESCRIPTIONS. 17i) 



2« Subdivision. — Séparées à la hase. 

Clavaire pilon (Clavaria pistillaris) , Lin. 

Sow., t. 279. — FI. dan., t. 1255. — Bull., t. 244. _ Huss., I, t. 62. — 
Holinsk., t. 504, fig. 1, 2. — Krombli., t. 54, fig. 1-11. — Fers., Myc, 39. 
— Fr., ^M'cr.^49. 

Champignon simple, ayant la forme d'une massue ou d'un pilon , 
long de 10 à 15 centimètres , plein , charnu , arrondi au sommet, de 
couleur fauve ou terreuse. 

Il croît , en automne , dans les bois fourrés , les gazons , solitaire ou 
en groupes peu nombreux. Comestible. 

Les paysans Polonais, Russes et Allemands, mangent cette Cla- 
vaire. En France, elle n'est nullement recherchée, à cause de sa chair 
ferme, un peu coriace, et de sa saveur légèrement amère. 

3e TiRBU. Spai"£&ssis {1-Kr/.r,rj,aaîi\), déchirer). 

Champignon à réceptacle ou hyménophore très-rameux , confondu 
avec le pédicule, à rameaux foliacés, laciniés, couverts partout de 
Thyménium. Pas de chapeau distinct. Genre pour quelques auteurs. 

Clavaire (Spar.) crépue (Clavaria Spar. crispa), Jacq., t. 14 , fig. 1. 

(PI. XLYII, fig. 1.) 

Schajff., t. 163. - Paul., t. 189, fig. 6. — Krombh., t. 22, fig. 1. — Lenz, fig. 56. 
— Pers., Myc, 1. — Sparassis crispa, Fr., Epier., 1. 

Champignon charnu, fragile, crépu, très-rameux, de couleur blanc 
jaunâtre, de forme arrondie, atteignant quelquefois le volume de la 
tête d'un enfant. De son pédicule, épais, court, soUde, plein, atténué 
à sa base, partent des rameaux nombreux, glabres, entrelacés, re- 
courbés au sommet, et comprimés en forme de laines crépues et den- 
ticulées. 

De loin la Clavaire crépue a assez bien l'aspect d'un arbrisseau ; 
elle vient en automne, dans les bois de sapins, au pied des arbres. 

Comestible et d'excellent goût ; on la mange en Alsace. 

Clavaire (Spar.) lamelleuse {Clavaria Spar. laminosà), Fr. 
Sparassis laminosà, Fr., Epier., 2. — Spar. brevipes, KrombLi., t. 22, fig. 3, 4. 

La Clavaire lamelleuse est de la taille de la Clavaire crépue. C'est 
une plante très-rameuse, hénnsphérique, de couleur paille, à rameaux 



18 J LES L'IlAMriaNONS. 



droits, portés ]>ar des pédicules courts, qui |tartont do la l)ase en 
rayonnant, et devieiuienl plus considérables, larges et droits au 
sommet. 

On la recueille au pied des sapins et des chênes. Comestible , et 
d'excellent goût. 

l'c Tribu. — Rameuses. 
V^^ Subdivision. — Leucospores. 

Cl. améthyste {Cl. arnetli ystea), Bull, [décrit). 

Cl. eu grappe (C7. Botrytis), Pers. (décrit). 

Cl. cendrée {CL ciiierea), Bull, {décrit). 

Cl. coralloïdc {Cl. coralloides), Lin. [décrit). 

Cl. en crête (Cl. cristata), Pers., Comment., t. 4, fig. 3. — Kn^mbli., t. b'ô, fig. IJ. 

— Grev., t. 190. — Holmsk., p. 92. — FI. dan., t. 1304. — Pers., JJyc, 16, 

19, 20. — Dans les bois. 
Cl. fastigiée {Cl. fastiyiata). Lin. {décrit). 
Cl. jaunâtre ((7. Jlara), Pers. {décrit). 
Cl. de Ktinze [Cl. Kunzei), Fr., Ejncr., 12. — Bull., t. 358, fig. C, maxima. — Dans 

les bois feuillus, humides. 
Cl. mousse {Cl. muscoides). Lin. — SchsefF., t. 173. — FI. dan., t. 775, fig. 3. — 

Krombh., t. 58, fig. 22, 23. — Bull., t. 496, fig. O, Q. — Jacq., t. 16, fig. 1. — 

Dans les prairies. 
Cl. palmée {Cl. j^almata), Pers., Comment. — Crouan, FI. Jin., p. 62. • — Dans 

les chemins creux. 
Cl. en forme de boîte {Cl. py.vîdaia), Vqxs., Comment. ,\. 1, fig. 1. — FI. dan., 

t. 1304, fig. 1. — Sur- les bois pourris." 
Cl. ruusse-violacée [Cl. rufo-violacea), Barla. — Champ., t. 41, fig. 3-13. — Au- 

toimie, dans la mousse, le gazon, sur le penchant des collines. Comestible. 
Cl. rugueuse [Cl. ruyosa), Bull., t. 48, fig. 2. — Krombh., t. 54, fig. 18-17. — 

Boit., t. 115. — FI. dan., t. 1301. — Berkl., t. 18, fig. 3. — Grev., t. 328. — 

Dans les lieux humides. Comestible. 
CI. ténue {Cl. subfilîs), Pers., Comment., t. 4, fig. 2. — Dans les bois. . 

2^ Subdivision. — Oclirospores. 

Cl. du sapin [Cl. abietina), Fr., Epier., -l'I. — FI. dan., t. 2030, fig. 2. — Grev. 

t. 117. — Dans les bois de sapins. 
Cl. dorée ((V. aurea), Schscfi". {décrit^ 
Cl. ;i radicule byssoïde (CV. byssiseda), Pers., Comment., t. 3, fig. 1. — Fl. dan., 

t. 1967, fig. 1. — Sur les bois de chênes, de hêtres. 
Cl. coquette [Cl. crispida , Fr., Fjncr., 31. — Cl. muscoides, Bull., t. 358, fig. A, 

B. — Cl. Syringarum , Pers., Myc, 9. — A terre, à la base des troncs. 
Cl. safrauée {Cl. crocea), Pers., Icon. et descr., t. 11, fig. 6. — Dans les bois de 

hêtres. 
Cl. sub-épineuse {Cl. spînulosa), Pers., Obs., 2, t. 3, fig. 21. — Fr., Epier., 21. — 

Dans les bois de conifères. 
Cl. élégante [Cl. formosa), Pers. {décrit). 
Cl. grise {Cl. grisea), Pers. {décrit). 



DESCRIPTIONS. 181 



Cl. contractée {('l. stricto), Pcrs., Comment., t. 4, fig. 1. — - Scliaîff., t. 286. — 
Krombli., t. 18, fîg. 5. — Sow., t. 157. — Sur les vieux troncs de hêtres. 

Cl. de la Suède {Cl. Suecica), Fr., ii^j/cr., 26. — Kromljh., t. 54, fig. 23. — Dans 
les bois de conifères. 

26 Tkibu. — Shn2)les. 
l^'s Suhdîvîsion. — A base fasciculée. 

Cl. argillacëe {Cl. argîllacea), Fr., Epier., 42 ; Ohs., t. 5, fig. 3. — FI. dan., t. 1852, 
fig. 2, et 1962, fig. 2. — Pers., Comment., t. 1, fig. 4. — Schm., t. 15. — Sur 
la terre, dans les endroits stériles, la terre glaise. 

Cl. fragile {Cl. fraijills), Ilolinsk., 1, p. 7. — Boit., t. 111, fig. 8. — FI. dan., 
t. 775, fig. 2. — Micli., t. 87, fig. 6 et 10. — Sow., t. 90 et 232. — Vaill., 
t. 7, fig. 7. — Clavaria cylindrica, Bull., t. 463, fig. B, N, O. — Cl. Helvola, 
Pers., Syn.,Zo; Cl. pistilUforma, Pers., Myc, 59. — Dans les bois de hêtres, 
à terre, en touffes. 

Cl. fusiforme (Cl. fusiformis), Sow., t. 234. — Boit., t. 110. — Dans les gazons. 

— Comestible, d' adirés Réveil. 

Cl. inégale {Cl. inccqualis), FI. dan., t. 836, fig. 1. — Grev., t. 37. — Huss., I, 
t. 18. — Sow., t. 253. — Pers., Comment., t. 1, fig. 3. — Bull., t. 264. — CL 
fasciculata, Vill., 1054. — Dans les gazons. 

Cl. vermiculée {Cl. vermiculata), Scop. {décrit). 

2® Subdivision. ■ — Séparées h la base. 

Cl. aiguë {Cl. acuta), Sow., t. 333. — Fr., Epier., 61. — Sur la terre ombragée. 
Cl. canaliculée [Cl. canalicidata), Fr., Exncr., 56. — Bull., t. 496, fig. L, M. — 

Boit, t. 110. — Sur la terre, dans les broussailles des forêts. 
Cl. dichotome {Cl. dichotoma), Desm., Cat. — Dans le nord de la France. 
Cl. en forme de faulx [Cl. falcata), Pers., Comment., t. 1, fig. 3. — Fr., Epier., 

57. — • Sur la terre humide. 
Cl. fistuleuse {Cl. fistulosa), Fr., Eincr., 54. — FI. dan., t. 1100, fig. 3, et t. 1255. 

— Krombli., t. 5, fig. 19. — Sur les petites branches, les pailles. 
Cl. pied fauve {Cl. fuscijjes), Pers., Myc, 75. — Sur les rameaux secs. 

Cl. petit jonc {Cl. juncea), Fr., Epier., 55. — Mich., t. 87, fig. 7. — FI. dan., 

t. 1257. — Bull., t. 463, fig. H. — Pers., 3Iyc., 45, 48, 67. — Sur les feuilles 

tombées à terre, près des hêtres. 
Cl. de petite taille ((7. minor), Lév., Ann. des se. nat., XX, t. 7, fig. 2. 
Cl. humide {Cl. miicida), Pers., Comment., t. 2, fig. 3. — FI. dan., t. 1376. — 

Fr., Epier., 60. ■ — Sur la terre et les bois mousseux. 
Cl. pilon [Cl. jnstillarls), hin. {décrit). 
Cl. onciale {Cl. uncialis), Grev., t. 98. — Fr., Ejner., 63. — Sur les tiges et tuyaux 

des herbes, dans les régions alpestres. 

3^ Tkibu. — Sparassis. 

Cl. (Spar.) crépue [Cl. Spar. crl'ipa), Jacq. {décrit). 
Cl. (Spar.) lamelleuse {Cl. Spar. laminosa), Fr. {décrit). 



1S-2 LES CIIxVMPIGNONS. 



Ordre 6. — TRÉMELLINÉS {Tremellini). 
Plante charnue, gélatineuse (Basidiosporés). 

_ —i- _ _ -__ 

TREMELLE, Tremella (tremulus, tremblant). 

Expansion gélatineuse, tremblante, distendue , de forme indétermi- 
née, immarginée, dont l'hyménium recouvre toute la superficie, lisse, 
ridée, non papilleuse. 

Trémelle frangée {Tremella fnnbriata), Pers., Mijc., 14. 

Hoffin., t. 7, fig. 1. — Bull., t. 499, fig. X, Y. _ Tr. veHicalis, Bull., t. 272. — 
Fr., Epier., 1. — Tr. tinctoria, Pei'S., Myc, 8. 

La Trémelle frangée affecte toujours une direction verticale. Elle 
est gélatineuse, mollasse, élastique, de couleur violacée ou olivacé fu- 
ligineux, dilatée dans le liaut, ondulée ou diversement plissée en lobes 
flaccides, comme incisés sur les bords, et atteint 6 à 8 centimètres d'é- 
tendue. 

Elle pousse, en automne, quelquefois en touffes, dans les endroits hu- 
mides des bois, sur les \deilles souches, les branches mortes, plus par- 
ticulièrement sur celles de l'aune. Assez rare. Comestible. 

On pourrait l'employer utilement en teinture. Elle donne, dit Bul- 
liard, une couleur d'un beau bistre rougeàtre, très-solide, et qui porte 
sa gomme. Plongée dans l'eau, lorsqu'elle est desséchée, elle reprend 
la forme qu'elle avait avant la dessiccation. 

Trémelle jaunâtre {Tremella lutescens)^ Yw, Epier.., 4. 
(PL XLVIII,fig. 4.) 

Pers., Icon., t. 8, fig. 9. — Tr. inesenterica , var. B, Pers., Myc, 4. — 
Tr. mesenteriformis , Bull., t. 406, fig. C, D, et t. 499, fig. U, V. 

Plante d'un jaune pâle, de consistance charnue, tremblante, ondu- 
lée, contournée, formée de lobes serrés, entiers. 

Commune sur les vieux troncs. 

Elle peut se manger, de même que le Tremella mesenterica, au- 
quel elle ressemble beaucoup. 



DESCRIPTIONS. 



Tramelle mésentérique (Tremella mesenierica) , Pers., Syn., i. 

(PI. XLVIII , fig. 2.) 

Vaill., t. 14, fig. 4. — Jacq., 1, i. 13. — Scliseff., t. 108. — Unçjl. bot., 
t. 709. — Huss., I, t. 27. — Fr. Epier., 7. 

Plante d'une belle couleur jaune orange, gélatineuse, acsez sou- 
vent coriace, grande d'environ 3 centimètres, ascendante, diversement 
lobée ou plissée, lisse, simple ou composée de plusieurs individus 
réunis. 

Elle vient très-communément en automne et en hiver, sur les vieux 
troncs, les branches tombées à terre, et même les bois travaillés. 

Coniestihle. On en fait usage en Allemagne, où on la conserve 
comme les Morilles, dont elle a à peu près le goût. 



Trém. blanchâtre (Trem. alhlda),Vv., Eincr., 9; Huds. — Trem. cerehrina,'Q\x\\., 

t. 386, fig. A. — Sur les rameaux. 
Trém. en massue {Trem. clavata), Pers., Icon. jjîct., t. 10, fig. 1. — Sur les 

branches et les rameaux tombe's. 
Ti'ém. exiguë {Trem. ex'ttjua), Desm. — JVemoqwra urlsea, Cord., Icon., 3, 

fig. 68. — Sur les rameaux morts de l'ajonc. 
Trém. de Dufour [Trem. Dufourli), Brond., 1854. 
Trém. frangée {Trem. fimbriata), Pers. {décrit). 
Trém. foliacée ( Trem. foliacea), Hers., Ohs., 98. — Bull., t. 406, fig. A. — Sur 

les troncs d'arbres. 
Trém. touffue {Trem. Jrondosa), Fr., E2ncr., 2. — Bull., t. 499, T. — Sur le 

tronc des hêtres, des chênes. 
Trém. perlée {Trem. fjemmata), Lév., Voyage Deynidoff, t. 4, fig. 4. 
Trém. sans beauté {Trem. indecorata), Sommerf. — Fr., Epier., 11. — Sur les 

peupliers et les saules, dans les contrées alpestres. 
Trém. gonflée (Trem. intumeseens), Sm., Engl. bot., t. 1870. — Yï., Epj'ier., 10. — 

Sur les troncs pourris et les branches tombées. 
Trém. jaunâtre [Trem. lutescens), Fr. (décrit'. 
Trém. mésentérique {Trem. mesenterica), Pers. {décrit). 
Trém. sarcoïde {Trem. sarcoides), Engl. bot., t. 5450. — Schœff., t. 323, fig. 1-3, 6. 

— Berkl., 2, fig. 7. — Tremella amethystea, Bull., t. 499, fig. 5. — Sur les 

troncs. 
Trém. tortueuse {Trem. torta), Willd. — Dacrymyce-i tortus, Fr., Epier., 9. — Sur 

le bois en décomposition. 
Trém. Thurétienne (Trem. Thuretiana), Lév., Ann. des sc.nat., 1848. 
Trém., en vessie {Trem. vcslcaria), Bull., t. 427, fig. 3. — Engl. bot., t. 2451. — 

A terre. 
Trém. verdâtre (Trem. virens), Fr., Epier., 12. — Math., El. delà Belgique. — 

Sur les troncs moisis, pendant l'automne et l'hiver. 



184 LES CHAMPIGNONS. 



EXIDIE , Exidia (Va-J-ija, procéder de). 

Expansion gélatineuse, tremblante, marginéo, en forme de coupe 
on d'oreille; hyménium recouvrant seulement la surface supérieure, 
plus ou moins lidée , les interstices étant lisses, non papilleux; sur- 
face inférieure veloutée; consistance cornée, lorsque le champignon 
est sec. 

Exidie oreille de Judas {Exidia cmricula Judœ), Fr., Epier., 1. 

(PI. XLVIIl, fig. 4.) 

Batt., t. 3, fig. T. — Boit., t. 107. — Huss., I, t. 58. — En(/l. bot., t. 2447. 
— KroinLh., t. 5, fig. 50. — Hartz , t. 45. — Barla, t. 44 , fig. 17, 18. — 
JUrneola aurlcida Judœ, Bcrkl., t. 18, fig. 7. — Tremella aur'tcula Judœ, 
Lin. — Bull., t. 427, fig. 2. — Auricidaria Sambuci, Pers., Myc, 2. 

Var. nidiformis , Lëveillë, Ann. des sdenc. nat., t. 4, fig. 10. 
Nom vulgaire : Oreille de Judas. 

Plante de consistance gélatineuse, mais ferme et élastique, composée 
de deux lames, appliquées l'une sur l'autre. Elle est sessile, mince, 
étendue horizontalement, très- irrégulière; a presque toujours une 
grande échancrure , qui lui donne la forme d'une oreille d'homme , 
large de6 à 9 centimètres, haute de 3 à 4. La surface supérieure d'un 
hrun rougeâtre, creusée en soucoupe, veinée ou diversement plissée, 
gla]3re ; la surface inférieure, plus pâle, pulvérulente, comme tomen- 
teuse, parsemée de veines saillantes et divergentes. 

L'Oreille de Jvidas ne croît que sur les vieux troncs d'arbres, et plus 
particulièi^ement sur ceux du sureau. 

On l'employait autrefois en médecine, à titre de purgatif. Il est 
douteux qu'elle ait la propriété laxative. S'il faut en croire Rabelais, 
elle figurait sur table, en salade, comme plat d'entrée (*). 

Exidie glanduleuse [Exidia rjlandulosa) , Fr., Epier., 7. 
(PI. XLVIIl , fig. 3.) 

Engl. bot., t. 2448 et 2452. — FI. dan., t. 884. — Huss., I , t. 42! — Tremella 
glandulosa, Bull., t. 420, fig. 1. — Tr. spiculosa , Pers., Myc, 13. 

U Exidia glandidosa se rencontre communément , en automne , 
sur le tronc et les branches mortes du chêne ; il sort d'entre l'écorce, 

(1) C'est une sorte de Funges, issaux des vieulx suzeauLx. 

(Rabelais, Pantagruel, liv. TV, cliap. LX.) 



DESCRIPTIONS. 185 



d'abord arrondi, devient aplati et sinueux, est noir on noirâtre, gla- 
bre en dessus^ hérissé en dessous de petites papilles coniques, cendré 
et un peu tomenteux. 

Il donne à l'eau une couleur brune, brillante; on pourrait donc 
l'employer en teinture. 

Ex. oreille de Judas {Ex. cmricula Judcc), Fr. (décrit), 

Ex. glanduleuse {Ex. glandidosa), Fr. [décrit). 

Ex. forme de pezize [Ex. per.iza'formis)., Lcv., Ann. des se. naf., 1848. — Dans 

la France méridionale. 
Ex. tronquée (Ex. recisa), Fr., Ejncr., 5. — Ditm., t. 13. — Engl. hot., t. 1819. 

Exidia gelat'inosa, Dul). -r~ Pezi%a gelatinosa, Bull., t. 460, fig. 2. — Sur les 

branches de saules; en abondance, pendant Tliiver. 
Ex. saccharine {Ex. saccharina), Fr., Ejncr., 8. — Sur les vieux troncs de pins. 

Section II. 

Hyménomycètes exospores ; hyménium à surface ou membrane sporophore 
placée extérieurement. Quatre spores portées par des basides. 

Basidiosporés. 

Ghampip;nons pourvus d'un volva ; hyménium ou membrane sporopliore 
mucilagineux, se réduisant en une liquide fétide. 

Ordre 7«. — PHALLOÏDES (Phalloidei). 
Chapeau ou piléole non cancellé, pourvu d'un pédicule ; un volva. 

PHALLUS {<Pall6q). ' 

Champignons pourvus d'un chapeau perforé à son sommet, et réti- 
culé ou marqué d'enfoncements polygones, d'où sort une liqueur vis- 
queuse, dans laquelle sont engagées les spores ; marge ou bord du cha- 
peau libre. 

l'-c Tribu. ï*Iiî411us (type). 

Satyre impudique {Phallus imjmclicus) , Lin. 
(PI. XLIX.) 

Mich., t. 83. — FI. dan., t. 175. — Schœff., t. 196, 197, 198. — Boit., 2, t. 92. 
— Bull., t. 182. — Bail., t. 2.5. — Grev., t. 213. — Tratt., t. 9, fig. 18. — 
Nées, fig. 259. — Hartz , t. 66. — Corda, t. 7, fig. 50. — Krombh., t. 18, 
fig. 10-15. — Berkl., t. 20, fig. 3. — Barla, t. 46, fig. 1-4. —Paul., t. 191. 
Pers., Syn., p. 242. 

Noms vulgaires : Enfant du diable, Impudique, Satyre. 






180 LES CHAMPIGNONS. 



Cette plante , dont le nom indi(|ue la forme, a un chapeau conique , 
assez court, perforé à son sommet, traversé par le pédicule, auquel il 
n'adhère pas par sa base, creusé de cellules polygonales irrégulières , 
remplies d'une substance verdàire, excessivement fétide, qui, à une 
certaine époque, se résout en une liqueur glaireuse. Son pédicule, long 
de 42 à 14 centimètres, blanchâtre, fistuleux, percé à jour d'une infi- 
nité de trous, est entouré à sa base d'un large voira, (pii enveloppait le 
champignon dans son jeune âge. 

Le Satyre impudique vient à terre, dans les bois, à la fin de l'été et 
en automne. Son odeur le fait découvrir de loin; cette odeur attire les 
mouches et d'autres insectes , qui dévorent la pulpe contenue dans les 
alvéoles. 

1\ jMSse pour malfaisant ; au rapport de Krombholz, il aurait oc- 
casionné des accidents. Ascherson dit n'avoir rien trouvé qui prouve 
qu'il soit nuisible. Paulet doute qu'il soit pernicieux, puisque les bêtes 
fauves et les sangliers le mangent lorsqu'il est encore en boule, et que 
les chats en sont friands, lorsqu'il a atteint son entier développement. 
Fût-il bon à manger, il ne figurera jamais sur les tables, à cause de 
son odeur infecte. 

En Allemagne , les habitants de la campagne le font sécher avant 
qu'il soit entièi'ement développé, le donnent réduit en poudre et mêlé 
à quelque liqueur, aux bestiaux et aux chiens, pour les exciter à l'ac- 
couplement; des femmes même en ont pris, comme provocateur des 
règles, mais, le plus souvent, il a produit un eflet nuisible. Les an- 
ciens l'employaient contre la goutte. 

2" Tribu. Cynoplialliis (xuov, cliion; paÀlo;;, phallus). 

Cliapeau adné , adliérent au pédicule , non perforé, inégal , raboteux ; 
un volva. Genre pour quelques auteurs. 

Phallus (Cyn.) de chien {Phallus Cyn. caninus), Huds. 

Schœff., t. 330. — Batt., t. 40, fig. E, F. — Sow., t. 330. — Entre les feuilles 

tombées, dans les bois. 



DESCEIPTIONS. 187 



Ordre 8e — GLATHRACÉS (Clathracei). 

Chapeau ou piléole cancellé, dépourvu de pédicule ; un volva. 

(Basidiosporés.) 



GLATHRE, Clathms {clathri , J3aiTeaii\). 

Champignon sessile, ovoïde ou globuleux, formé de rameaux char- 
nus, anastomosés en grillage, émettant, de tous les côtés, une humeur 
dans laquelle sont enveloppées les spores. 

Clathre cancellé {Clathrus cancellatus) , Lui. 
(PI. L.) 

Bâti, t. 2 , ûg. 2. — Nées, fig. 261. — Krombh., t. 18, fig. 1-9. — Huss., I , 
t. 86. — Corda, t. 6, fig. 49. — Barla , t. 45, fig. 5-12". — Paul., t. 204, 
fig: 8. — Sterlj., t. 30, fig. N , 0. — CL volvaeeus, Bull., t. 440. — 01. ru- 
ber, Pers., Syn., 1. 

Noms vulgaires : Cran, Cranca, Cancer, dans les Landes. 

Le Clathre cancellé vient dans les bois secs et les lieux stériles du 
Midi de la France. C'est une plante sessile, charnue, globuleuse ou 
ovoïde, vide dans le centre , haute de 5 à 10 centimètres , de couleur 
rouge de feu, quelquefois orangée, jaune ou blanche, dont les rameaux 
anastomosés entre eux , forment une espèce de voûte , percée de part 
en part de larges trous carrés ou en losanges , et dont les semences 
sont mêlées à une substance très-puante, qui , à une certaine époque, 
tombe en déliquescence et les entrayie. A sa base, se trouve un volva 
ou enveloppe blanche, ordinairement lisse, quelquefois plissée par pe- 
tits carreaux, qui la contenait dans sa jeunesse. Elle ne tient à la terre 
que par une petite racine. 

Paulet rapporte un fait qui prouve que ce beau et singulier champi- 
gnon est iieraicieux. Ses effets sont ceux des poisons narcotiques. 
Dans le département des Landes, les habitants, dit Tliore, s'imaginent 
qu'il donne le cancer à celui qui le touche. Son odeur n'est pas moins 
fétide que celle du Phallus impudicus. 

Clathkus. 
Cl. hiruclinacé (C. hirucUnaeeus) , Tnl. — Est-ce une variëtd du C. cancellatus ? 



ISS LES CHAMPIGNONS. 



Xiil>l4'siii •*yiioi>lî«me «les Ilyménoinycètes tIiécaspor«5». 



Ilynuîuium ou mem- ' / Réceptacle en forme de cupule , d'a- 

brane sporophore ex- 1 l bord fermée Pezizés. 

térieure; spores au 1 Champignons \ Kûceptacleoupiléole en 

nombre de 8, renfer- , dépourvus de volva;; Réceptacle l ^rme de mitre Helvellés. 

mées dans des thè- ; hvménium 1 non en forme '„, . „,„ ., , , 

ques;tlu.ques placées) ',,,. ,/ , , Réceptacle ou piléole 

. , ^ ^ I non déliquescent, f de cupule, 1 t . ■ 

à l'extérieur de l'hy- f I. . ,f '^'Tondi ou conique, 

méniiim ou réceptacle. jamais orme., {^q forma réguiiùre .. 3rorche2lés. 



Section III. 

Hyménium à surface ou membrane sporophore placée extérieurement. 

Spores contenues clans des Ihèques (Thécasporés). 

Ordre l<>r. _ MORCHELLÉS Qlorchellei). 

Champignon dont la membrane sporophore recouvre un récep- 
tacle marqué de nervures sinueuses, formant des cellules irrrrpt- 
liéres ou alvéoles, lisses ou à côtes. 

Genre 3I0PvILLE^ Morchella [Murcliel , ail., nom de la plante^). 

Champignon dont le chapeau ovoïde, globuleux ou coniqvie, pédon- 
cule, imperforé au sommet, est relevé extérieurement de nervures 
anastomosées, cjui forment de larg-es alvéoles, recouvertes par l'hymé- 
niiiin. Toutes les Morilles viennent à terre et sont comestibles. 

Morille à côtes {Morchella costata) , Pars., Mijc, 0. 

Mich., t. 85, fig. 3. — Schœff., t. 300, fig. 1. — Vittad., t. 13, fig. 6, 7, 

et t. 14, fig. 6. 

Vaa". Deliciosa, "Weimn., t. 533, fig. 1. 

La ?»loiille à côtes atteint 10 et 12 centimètres de hauteur, sur 5 
d'épaisseur. Son chapeau, déforme et de couleur variables, a ordinai- 
rement une forme ovale ou conique, une couleur brune ou fuligineuse, 
noirâtre ou cendré verdàtre ; il est marqué de càleslongitudinales près 
que parallèles, entrecoupées de plis transversaux, formant des cel- 



DESCRIPTIONS. 18'J 



Iules oJjlongues, avec des veines ou rides dans riiilérieur. Le ijord du 
chapeau adlière au pédicule, lequel est d'un Idanc pâle, creux, épais, 
habituellement cylindrique , comme farineux en dedans , et présentant 
souvent au dehors de petites squames transversales, surtout vers le 
sommet. 

Cette Morille vient au printemps, dans les lieux humides, autour det 
fossés, parmi les graminées. 

Alimentaire. On la vend sur les marchés d'Italie. Elle est moins 
estimée que la Morille comestilile ; sa chair, peu épaisse, a l'aspect de 
de la cire. 



is 



Morille comestible {Morchella escule)ita), Pers., Syn., \. 

(PI. LI,lig. 1.) 

Batt., t. 2, ûg. F. — Boit., t. 91. — Schseff., t. 199, 298, 299 et 300. — Sow., 
t. 51. — Huss., I, t. 13. — Krombh., t. 16, fig. 3-G. — Hartz, t. ÔO. — 
Koq., t. 1, fig. 4,5. — Bull., t. 218. — Lctell., t. 104. — Lunz , t. 13, 
fig. 36, 37.— Veutm-., t. 11, fig. 10, et t. 109. — Barla, t. 42, fig. 1-7.— 
YittacL, t. 13, fig. 1-5, et t. 14, fig. 5. — Paul., t. 7-11. — Fr., %s-^., p. 6. 
. — Pers., Myc, 7. 

Var. A. grisea. 

Var. B. conica, Pers., Ulyc, 8. — Tratt., t. G, fig. 11. — Staude, t. 1, fig. 4 , 5. 
— Barla, t. 42, fig. 8-10. — Krombh., t. 16, fig. 7-16. 

Noms vulgaires: Mourillon (Languedoc), Merigoule (Gascogne), 
Morchelon. 

La Morille comestible a un pédicule le plus souvent cylindrique, 
pres({ue toujours creux à l'intérieur, long de 4 à 5 centimètres-, d'un 
blanc pâle, lisse, assez épais; un chapeau de forme arrondie, ovoïde 
et même conique, creusé en dessus de cellules polygones irrégulières, 
et dont les bords sont adhérents au pédicule. Ce chapeau, blanc ou 
grisâtre dans la jeunesse de la plante, devient plus'l.ard tantôt d'un 
blanc sale, tantôt d'un bistre foncé, et tantôt noirâtre , ce qui constitue 
phisieurs variétés, qui croissent toutes dans les bois, les prés et les ga- 
zons , en avril et en mai. 

C'est un aliment délicat et généralement recherché. 

On mange la Morille li-aiclie ou desséchée; son odeur est faible , as- 
sez agréable. 



190 LES CHAMPIGNONS. 



Morille à moitié libre {Morchclla scmilihera), DG. 
(PI. LI,fig. 2.^ . 

Micb., t. 84, fig. 3. — Grev., t. 89. — Letell., t. 696. — Fr., Syst., 8. — M. rete, 

Pers., J/j/c, 3; M.fusca, id., 4. 

Var. A. M. crassipes, Pers., 2Iyc., 5, — Sow., t. 238. 

Var. B. M. mesomorpJia, Pers., Myc, 6. — Sow., t. 51, fig. média. — Tratt., 

t. 6, fig. 12. 
Var. C. M. rimosipes , DC, FI. fr., 574. — Harz, t. 78. 

Celte Morille est alimentaire ; on la confond presque toujour.s avec 
la Morille comestible. Elle a une odeur particulière, une saveur non 
désagréable. On la trouve, au printemps, sur les bords des beis, des 
fossés, des haies, dans les lieux ombragés un peu humides. 

Le chapeau, ayant ordinairement la forme d'un cône aigu, long de 3 
centimètres, adhère au siipe par sa partie supérieure seulement; il 
est creusé de sillons allongés ou de cellules de forme irrégulière, de 
couleur jaune pâle ou fauve. Pied fistuleux, long de 8 à 10 centimètres, 
d'un blanc pâle, ordinairement granuleux à son sommet. 

Mor. de Bohème (Jlorch. Bohemica), Krombh., t. 15, fig. 1-13, et t. 17, fig. 8. — 

Veipa clubia, Lév., Ann. des 8C. nat., 1846. — Rare. 
Mor. coniciue (J/orc7i. conica), Pers., Myc, 8. — Champ, corn. — Varie'té de l'es- 

culenta. 
Mor. à côtes {MorcJi. costata), Pers. {décrit). 
Mor. à pied épais {Jlorch. crassijjes), DC, FI. fr. — Variété du semilibera, 

Pers., dans une note manuscrite. 
Mor. délicieuse {Morch, deliciosa), Fr. Syst. — Myc, 8. — Vaiiété de Vescu- 

lenta. 
Mor. comestible {Jlorch. esculenta), Pers. {décrit). 
Mor. fauve (Jlorch. fusca), Pers., Jlyc, 4. — Jlitrophora fusca, Lév., Ann. des 

se liât., 1846. — Variété du semilibera. 
Mor. géante (Jlorch., yiyas), Pers., Jlyc, 1, n» 1.. — ilicb., t. 84, fig. 1. — JE- 

trophora giyas, Lév., Ann. des se nat., 1846. — Verjia speciosa, Vittad., 

t. 15, fig. 4. 
Mor. biémale {Jlorch. hiemalis), Fr., Syst., 4. — Balb., t. 11, fig. 4. 
Mor. hybride {Jlorch. hybrlda), Pers., Syn., 6. — Sow., t. 238. 
Mor. étendue {Jlorch. patula), Pers., Syn., 2. — Sow., t. 51, en partie. — Mitro- 

phora patv.la, Lév., J.?m. des se nat., 1846. 
Mor. pubescente {Morch. pubescens), Pers., Jlyc, p. 207. — Dans les buis du 

Juia. 
Mor. à pied crevassé {Jlorch. rimosix^es), DC, FI. fr., 574. — Mîtrophora rimo- 

sipes, Lév., Ann. des se nat., 1846. — D'ans les bois. 
Mor. à moitié libre {Jlorch. semilibera), DC, {décrit). 
Mor. trémelloïde (Jlorch. iremelloides), DC, FI. fr., 572. — Phallus esculentus, 

BuU., t. 218, fig. F. 
Mor. ondoyante {Jlorch. undosa), Pers., Jlyc, 2. — Jlich., t. 84, fig. 2. — JFitro- 

phora undosa, Lév., Ann. des sénat., 1846. 



DESCEIPTIONS. 191 



Ordre 2^. — HELVELLÉS {Helvellei). 

Champignons dont l'hTjméniutn recouvre la face supérieure d'un 
réceptacle ou piléole membraneux, irrégulier, divisé en lobes p)liés 
et rabattus, libres ou adhérents. (Thécasporés.) 

Genre HELVELLE, ilekella (petit chou, en latin). 

Champignon ordinairement pédicule, dont le chapeau membraneux^ 
presque toujours plissé irrégulièrement, lisse en dessous, porte les 
spores à la surface supérieure seulement. 

li'c Tribu. Heîvelle (type). 

Chapeau membraneux, plissé, irrégulièrement suspendu sur le 

pédicule. 

Helvelle crépue [Helvella crispa), Fr., S y st., p. 14. 
(PI. LIT, fig. 4.) 

Mich., t. 86, fig. 7. — Schseff., t. 282. — Grcv., t. 143. _ Krombii., t. 19, 
fig. 27-29. — Eoq., 1. 1, fig. 3. — Lctell., t. 37, fig. 2. — Lcnz, t. 14, fig. 40. 
Vittad., t. 30, fig. 1. — Ventur., t. 11, fig. 110. — Sow.. t. c9. — Barla, 
t. 43, fig. 1-5. — Tratt., t. D D. — Ilelv. leucophœa, Pers., 3Iyc., 2. •— 
Helv. mitra, JBulL, t. 466. 

Cette espèce , une des plus grandes du genre , a le chapeau libre , 
c'est-à-dire non adhérent au pédicule par ses bords, courbé de diffé- 
rents côtés, lobé et quelquefois comme crispé, de couleur d'un blanc 
pâle en dessus , devenant roussàtre par la dessiccation, et très -légère- 
ment fuscescent en dessous. Son pédicule est glabre, blanc, fîstuleux, 
lacuneux ou cannelé , à lacunes profondes et compliquées. On la 
trouve, en octobre et en novembre , dans les bois , parmi les mousses 
et les gazons. 

Comestible. Odeur peu sensible, chair blanche, élastique. 

Helvelle élastique {Helvella elastica), Bull., t. 242. 
(PI. LU, fig. 3.) 

Schœif., t. 320. — Sow., t. 154. — Bcrg., t. 149. — Pers., llyc, 9. 

Chapeau libre, rappelant la forme d'une mitre , devenant lobé avec 
l'âge, gris cendré, uni en dessus et en dessous ; le pied allongé, grêle, 
long de 8 à 10 centimètres, non lacuneux, creux à l'intérieur, prui- 
neux, plus pâle que le chapeau. 



192 LES CHAMPIGNONS. 



\.' Ilch-i'llc élastique se rai)pro(lic du Peziza macrocarjm ; elle 
viciil, à Icrre, assez commuiiéniciil,, dans les bois, en septcniluc cL en 
uilul)i'c. 'Coiiicsliblr, mais de liop petite taille pour être recherchée. 

Helvelle haute taille (Ilelvella grandis) , Cumino , t. 2. 

i\Iicli., t. 8G, fig. 8. — .ScliœfK, t. 283. — Noul. et Dcass., t. 40. — Fr., 
Syst., 2, p. 118. _ Pci-s., il/yc, 5. 

Nom vulgaire: Morille, en Languedoc , où l'on confond les deux 
plantes. 

UHelvella grandis atteint jusqu'à 16 centimètres de hauteur; son 
chapeau, tantôt d'un brun fuligineux , taul(H violacé ou fauve, blanc en 
dessous, est formé de trois ou quatre lobes, recourbés, distincts, à sur- 
face lisse, irrégulièrement sinueux sur les bords, souvent marqués 
d'une ligne blanchâtre. Le pédicule, lisse ou rarement sillonné, épais, 
solide , est parfois traversé de perforations , qui lui donnent l'aspect 
d'un pédicule qui serait formé de plusieurs pédicules soudés en- 
seinhle. 

Cette Helvelle, à l'état frais, rappelle l'odeur du cuir tanné; elle se 
trouve solitaire, dans le Midi île la France, au printemps, après les 
pluies, et en automne, à terre, dans les lieux découverts et sablonneux 
des bois. Rare. Comestible. Sa saveur est agréable. 

Helvelle en turban {Helvella Infula), Schœlî., t. 150. 

Krombh., t. 21, fig. 14-17. — Barla, t. 43, fig. 14-16. — Mouzel, t. 6. 
rr— FI. dan., t. 835. — Fr., Syat., 2, j). 17. — Pers., 3Iyc., 6. 

Grande espèce, dont le chapeau, irrégulier, de forme variable, ré- 
fléchi, lobé, lisse, glabre, est large de 6à8 centimètres, brun rougeà- 
tre ou cannelle, à face inférieure légèrement veloutée, d'abord blanche 
ou rousse, et par la suite plus ou moins violacée, adné à vni pédicule, 
long de 6 à 8 centimètres, épais, non sillonné, blanchâtre ou d'un roux 
clair, plein dans le jeune âge, fistuleux lorsque l'individu arrive à son 
entier développement, lisse, mais (juelquefois couvert d'une efflores- 
cence pruineuse. 

V Ilelvella Infula est comestible, non très-rare dans les Vosges, où 
on l'appelle Morille d'automne ; il croit , en automne, dans les friches 
et les bois montueùx ; sa texture est très-élastique. 



DESCRIPTIONS. 193 



Helvelle lacuneuse {Hclvclla lacuiiosa) , Afzcl. 
(PI. LU , fig. 2.) 

Schœff., t. 154 et 162. — Kroiiibli., t. 10, fig. 18-21, 22-2G. — Grcv., t. 30. — 
FI. dan., t. 24. — Berger, t. 147. — Cheval., t. 6, fig. 5. — Michel., t. 80' 
fig. 7. — Hohusk. t. 24. — Barhx, t. 43, fig. 6-11. — Fr., Syst., 2, p. 115. 
— Helv. mitra, Pers., Mijc, 1. — Bull., t. 190. 

Noms vnlgaires : Mitre d'évêque, Morille en mitre. 

Ce champignon a le chapeau formé de deux ou trois lobes, réfléchis, 
ondulés sur les hords, qui, en se recourbant, ressemblent à une mitre, 
et sont tantôt d'un gris cendré, tantôt d'un lu'un fauve, adnés au pédi- 
cule, lequel est fistuleux, blanchâtre, profondément sillonné et lacu- 
neux, consistant. 

L'Helvellc lacuneuse croit, au printemps et en automne , dans les 
mousses, le gazon, et plus particulièrement sur les sols sablonneux. 

On la mange en Provence et dans le Piémont. 



2° Tribu. Gyromîtra (rcipo;, cercle, [J-tTpot^ mitre). 

Chapeau rentlé , raboteux , inégal , avec des côtes saillantes , grosses 
et formant des circuits. Genre pour quelques auteurs. 



Helvelle (Gyr.) comestible {Hclvclla Gyr. csculcnta), Sch;e{f., t. 160, 

et t. 300, fig. 2. 

FI. dan., t. 116. — Tratt., t. CC. — Kromhh., t. 20, fig. 6-12. — Vittad.. 
t. 32. — Lenz, t. 15. — Barla , t. 43, fig. 12, 13. — Staiule, t. 1, fig. 3. — 
Pers., Champ, coin., t. 4; id. 3[yc., 7. — Fr., Syst., 4. — Uyrom'dra esm- 
lenta, Str., in Flora, 4U. 

Nom vulgaire : Mouricaude, dans les Vosges. 

Ce champignon sert en (fuelque sorte de transition entre les Hel- 
velles et les Morilles; il ditl'ère des Morilles en ce qu'il n'a pas d'al- 
véoles, mais seulement des plis contournés au chapeau, et rentre dans 
la classe des Helvelles par ce qu'il est entièrement lisse. Son chapeau, 
large de 6 à 8 centimètres , de couleur bai brun, tantôt sub-orbicu- 
laire, tantôt sub-lobé, ondulé ou plus ou moins plissé, blanc et vil- 
leux en dessous, adhère à un pédicule creux, assez court, lisse, non 

sillonné, d'un blanc incarnat ou roussâtre. 

13 



194 LE, s Cil A Jl ri GNON S. 



AUnicntaire, assez rave et très-estiinéi', I'IIcIm'Ho euine^tililc :i une 
odeur et une saveur agréahles, et se vend sur les marchés d'AlleninLinc 
comme les vraies Morilles. 

On la trouve, en touires, au [)iinlemps et à raulonmc, dans les 
pays élevés, sur le bord des chemins et dans les friches. 

l'L' Ti'.iiiu. Helvella (type). 

II. à stipe court {Uelv. hrevipes), DC, Fl.fr., VI, p. 28. Helvella leucojnts, Pers., 

Myc, 8. — Sur ha terre un peu humide, dans les bois; très-rare. 
II. crépue {Ilelr. cnspa), Fr. (déa-it). 
II. comestible iHelv. esculenta, Scbseff. {décrit). 
H. élastique {Helv. elastica), Bull, {décrit). 
II. forme de selle {IJelr. Ephippium), Lev., Ann. des se. naf., 1841, XVI, 1. 15, fig. 7. 

• — Dans les bois, sur la terre; parmi les gazons, au mois d'août, 
ir. haute taille {Helv. grandis), Cumino {décrit). 
11. en mitre (Helv. Infula), Sebîcff. {décrit). 
II. lacuneiisc {Helv. laeunosa), Afzel {décrit). 
H. capuchonnc'e {Helv. Monacella) , Fr., Syst., G. — H. spiadicea, Schœff., t. 283. 

— Dans les bois montneux, au printemps, 
II. noirâtre {Helv. x)ulla), Holmsk., t. 2(3. — Fr., Syst., t. 10. — Dans les bois, 

sur la terre humide. 
II. sinueuse {Helv. sinuosa), Brond., t. 3, fig. 5. — Dans la France méridionale. 
II. sillonnée (Helv. sulcata), Afzel., in Acf., 305. — Schteff., t. 352. — Sur la terre 

humide des bois. 

2e Teibu. — Gyromitra. 
II. (Gyr.) comcstiljle {Helv. Gyr. esculenta), Bchsefl'. {décrit). 



YEPiPA (vieuK mot latin , synonyme de Phallus). 

Chapeau conique, charnu-membraneux, (hsLant du pédicule; hymé- 
nium rugulcux, mais non à côtes saillantes. 

Verpa en forme de dé {Vcrjia digi(allfovmis), Pers , Myc, t. 7, fig. 1-3. 

(PL LUI, fig. i.) 

Krombh., t. 4, fig. 20-31. — Stnrm , t. 2. — Vittad., t. 15, fig. 1-4. — Berkh, 
t. 12, fig. G. — Barla, t. 44, fig. 1-G. — Fr., Syst., 2 , p. 24. 

Chapeau campanule ou oji forme de dé, ayant seulement 1 à 2 
centimètres de haut et autant de large , irrégulier, libre en dessous , 
inséré au sommet du pédicule , lisse en dessus ou seulement un peu 
rugueux , hrun à la partie supérieure, d'un hlanc grisâtre à la par- 
tie inférieure; pédicule sub-cylindriquc, long de 3 à 5 centimètres . 
ondulé, mar<{ué de flocons transversaux , creux en dedans. 



DESCRIPTIONS. « 195 



Bien qu'il ait peu de goût et que sa chair soit mince, ce champignon 
se mange en ItaUe comme la Morille. Il vient au printemps et n'est 
pas commun. 

V. agaricoïdc (F. agarkoides] , Pcrs., Myc, 2, t. 7, fig. 4-5. — Morcliella (tfjari- 

coides , DC, Fl.fr., 569. — Dans les bois. 
V. digitaliforme (F. digitaliformls) , Pcrs. [décrit). 

LÉOTIE, Leotia (lûoç , lisse). 

Réceptacle ou chapeau supporté par un pédicule central , à hord en- 
roulé, recouvert d'un hyménium ou membrane sporophore, luisant et 
un peu visqueux. 

Léotie lubrique [Leotia Inbrica), Pcrs., Myc, t. 9, lig. 4-7. 

(PI. LUI , fig. 2.) 

Micli., t. 82, fig. 2. — Vaill., t. 13, fig. 7-0. — Sow., t. 70. - FI. dan., 
t. 719. — Nées, fig. 144 B, et fig. 162. — Hofim., t. 6, fig. 1. — Berkl., 
t. 22, fig. 1. — Grev., t. 56. — Helvella gelatinosa, Bull., t. 473, fig. 2. 

La Léotie lubrique a la consistance molle, presque gélatineuse; elle 
est à\\n jaune tir (Dit sur le vert. Son pédicue, grêle, fistuleux, le plus 
souvent cylindrique, long de 4 à 6 centimètres, supporte un chapeau 
convexe , arrondi ou légèrement déprimé, lisse, large de 2 centimètres 
seulement, irrégulier, ondulé sur ses bords, qui sont roulés en -des- 
sous. 

Elle croît, en été et en automne, à terre, dans les bois ; le plus' 
ordinairement en toufles ; n'est pas rare. 

Comesiihle ; mais sa petite taille, son peu de chair, son aspect peu 
attrayant feront qu'elle ne sera jamais recherchée. 

L. noir foncé [Leot. atrovireiis) , Pcrs., -il/^c, 8, t. 9, fig. 1. — Dans les bois 

et les lieux humides. 
L. formant cercle {Leot. circinans), Pcrs., Icoii. et descript. t. 5, fig. 5-7. — Dans 

les forets de sapins, en cercle. 
L. lubrique {Leot. lubrica) , Pers. {décrit). 
L. pied comprime' {Leot. 2>latypoda), Fr., Syst., 28. — Helvella platypoda , DC, 

Fl.j'r., VI, p. 29. — A terre, dans le midi de la France. 



l'J'J LE!< ( llA.Ml'iGNON.S. 



Ordre 3". — PEZIZÉS , Pezizei (tte^Îç, parapet). 

Rrccpiadc charnu , rarement coriace , en forme de cupule pi un 
uu mohis profonde ou de disque co)ivexe , sessile on pédicidé ; 
hijménium couvrant le dessus de la cupide (Thécasporés). 



PEZIZE (Pcziza). 
{Pezicœ, nom latin d'un champignon). 

Champignons ayant le jjIus souvent la formo d'une petite coupe , 
d'abord fermée, dont la surface supérieure esthsse et porte des spores, 
(jui s'écliappcnt sous la forme d'une poussière fine. 

Ire TiiiDU. Aleiirîa ('A).£upov, farine). 

Capsules charnues ou carnoso-membraneuses, fragiles, extérieure- 
ment pruineuses ou floconneuses , de grande dimension ; presque 
toutes terrestres. 

Toutes les espèces de Pezizes, de la soclion des Aleuria, paraissent 
être de nature alimentaire. Les plus grandes pourraient figurer sur 
nos tables, à côté des Morilles et des Helvelles. En général , les Pezizes 
sont peu recherchées. 

Pezize en coupe [Pezlza Acctahulum) , Lin, 
(Pl.LlY, fig. i.) 

Vaill., t. 13, fig. 1. — Sow., t. 59. — Mich., t. 8, fig. 1. — Bull., t. 485, 
fig. 4. — Pers., JI>jc., 1, P. Anc'dis, G. 

Cette Pezize, l'une des plus grandes du genre , puisqu'elle atteint 
jusqu'à G centimètres, a la forme d'une coupe ou d'un entonnoir, est 
mince, fragile, de couleur fuligineuse. Son pédicule, assez court, 
épais, blanchâtre, est marqué de sillons assez profonds et de côtes ra- 
meuses , divergentes à leur sommet. Sa consistance est celle de la 
cire. 

Elle croît au printemps, à terre, dans les lieux ombragés. 

Rare. Couleur d'abord fauve, }niis d'un biiui plus ou moins foncé. 
Comestible. 



DESCRIPTIONS. 197 



Pezize orangée {Pc-iza aurantia), Oed., FI. dan., t. 057, fig. 2. 

(PI. LV, fiy. 2.) 

Ters., Myc, n° G, p. 222. — Schseff., t. 148. — Sow., t. 78. — Batt, t. 10. 
— Holmsk., t. 7. — Nées, fig. 2.79. — IIuss., I, t. 37. — Krombli., t. 54, 
fig. 30. — Hartz, t. 72. — Barla, t. 44 , fig. 13-16. — Fr., >Sijst., p. 49. — 
-P. coccinea, Bull., t. 474. 

Celte Pezize, qui attire rattention par sa couleur crun rouge orangé 
très-vif, est sessile ou sub-sessile, mince, fragile, irrégulière, évasée 
en cupule ou en coquille de limaçon , large de 2 à 8 centimètres, glabre 
en dessus, pulvérulente et plus pâle en dessous. 

Elle croît à terre, le long des chemins ombragés, dans les pelouses, 
le plus souvent solitaire, quelquefois en séries ou formant des cercles. 

Comestible ; saveur peu prononcée. 

Le célèbre Persoon , étant encore enfant , fut frappé d'admiration à 
la vue de la Pezize orangée, et dut à cette circonstance le goût de l'é- 
tude des champignons, étude à laquelle il s'adonna tellement, qu'il 
devint le premier mycologiste de son époque. 

Pezize baie {Pcziza hadia), Pers., Obs. 
IIuss., II, t. 13. — Bcrkl., t. 22, fig. 4. — Vaill., t. 11, fig. 8. 

Plante de couleur variable, grande, sessile, entière, flexueuse, or- 
dinairement brune, ayant le bord enroulé; plus pâle et prenant une 
nuance olivâtre, comme 2^oudrense extérieurement. 

Est comestible ; vient dans les jardins, les bois, sur les bords des 
étangs, en été et en automne. 



'B'-? 



Pezize en limaçon {Pcziza cocli(eata), Lin. 

Bull., t. 154. — Berg., t. 175. — Sow., t. 5. _ Sclireff., t. 155 et 274. — Vaill., 
t. 11, fig. 8. — Ilartz, t. 72, fig. A. — Barla, t. 44, fig. 11, 12. 

Var. A. P. alufacea, Pers., Mijc, 3, p. 221. 
Var. B. P. umhr'ma , iiL, p. 220. 

Pezize de grande taille, sessile, mince, fragile, contournée et comme 
partagée en deux lobes latéraux, roulés en spirale. Elle atteint ?> ceii 
timètres de hauteur el, 6 de diamètre ; elle est farineuse extérieurement. m 

Sa couleur, d'un blanc jaunâtre, puis d'un fauve peu prononcé, devient mÊ 

brunâtre dans la vieillesse. ^^ 



19S T,i:S CITAMnaNONS. 



On la recuoillo à terre, dans les Lois, sur 1(\'; bords des fossés, dans 
les jardins et les gazons, en été et au commencement de l'automne ; 
croît soUlaire ou en groupes de cini( ou six individus. 

Comeslihlc ; on on fait usage dans le nord de la France. 

Pezize léporine 'Peziza Irpnrina), Batsch. 

Schœff., t. 156. — FI. dan., t. 1077, fig. 2. — Ilolmsk., t. G, fig. e. — 
Fr., Sysf., p. 47. — Ters., JLjc, 8, et P.fellna, 9. 

Champignon do couleur cannelle, suli-slipité, haut à peine de 4- 
centimètres, dimidié en forme d'oreille, farineux extérieurement, lisse 
intérieurement. 

Plus petit que le P. onotica , il a prescjuc la même forme. 

Comestible. Il croît le plus souvent en touffes, à terre, dans les 
bois do pins. 

Pezize pédiculée {Pe:iza macropxis) , Pors., Ohs. Myc, t. 1, fig-. 3. 

Fr., Sijst., p. 57. — Scliœff., t. 152 et 1G6. — FI. dan., t. 12, fig. 2. 
F. st'ipltata, Bull., t. 457, fig. 2. 

Cette Pezize de grande taille est remarquable par son pédicule très- 
long, atténué en bas, un peu flexueux , souvent lacuneux, s'élargis- 
sant en une cupule de forme d'abord hémisphérique, puis étalée, cen- 
drée, atteignant jusqu'à 8 centimètres, tomenteuso en dessous. Les 
bords sont irréguliers, légèrement ondulés. 

Elle croît sur la terre dans les bois ; est cornestihlc. Los pauvres la 
maniïent. 

Pezize oreille d'âne 'Pc:i:a onotica), Pers., Myc, 7. 
(PI. LIY, fig. 2.) 
Dittm., t. 10. — Sow., t. 70. — Fr., Sijsf., p. 48. 
Nom vulgaire : Oreille de lièvre. 

Ce champignon, de grande taille, est stipité, dimidié, légèrement 
allongé d'un côté, en forme d'oreille, farineux et jaunâtre à l'extérieur, 
rose ou orangé en dedans, et finissant par devenir plissé ou rugueux. 
Rare. 

Croît à terre, dans les bois ; est comestible et d'uiic beauté remar- 
quable. 



DESCRIPTIONS. 190 



Pezize vésiculeuse {Pczlza vesiculosa), V>n\\., t. 457, 11g. 1, et t. 44. 

(PI. LIY, fig. 2.) 

Sow., t. 4. — Grov., t. 107. — Nées, t. 38, fig. 257. — ]\Iicli., t. 8G, fig. 2. 
— Barla, t. 44, fig. 7-10. — Pcrs., Mijc., 25. 

Champignon commun sur les fumiers et sur les terreaux gras, dans 
les jardins, au printemps et en automne, croissant quelquefois soli- 
taire, mais le plus souvent en groupes de cinq ou six individus ; il est 
sessile , d'abord globuleux et creusé en gobelet, il prend ensuite la 
forme d'une bourse ou d'une petite coupe à ouverture rétrécie, dont 
les bords sont crénelés et sinués, plus ou moins contournés ; n'a ha- 
bituellement que 2 à 3 centimètres de diamètre , mais peut atteindre 
jusqu'à 6 et 8 centimètres. Sa couleur varie du blanc jaunâtre eur-légè- 
rement bistré , au blanc ferrugineux ; sa surface externe est comme 
granuleuse , subtomenteuse à la base. Il a l'aspect , la demi-transpa- 
rence et la fragilité de la cire. Très-commun. 

La Pezize vésiculeuse est co)nesri^/e; je l'ai mangée crue. Sa sa- 
veur est faible, agréable. 

P. cVALbot (P. Abbotiana), Suw., t. 389, fig. 8. — Anjouvd'luii c'est le Lecanora 
cerina, Ach. 

P. des sapins (P. abietina), Pers., Sijn. 18; J/^c, 33. — Varie'té du P. cahjrina-i 
Sclium. — Dans les bois de pins. 

P. en coupe (P. Acetabulum), Lin. {décrit). 

P. aiguille (P. aeuwii), AU), et Scliw. — Fr., Syst., p. 95. — Snr les aignillons 
du sapin, dans les bois humides. 

P. opprimée (P. adpressa), Wullr., (-rupt. — Sur les tiges sèches de rHe'lianthc 
annuel. 

P. blanc do chair (P. albo-carnea) , Crouan. 7*7. fin., p. 52. — Sur le Funcus 
fflomèratus. 

P. vert de gris (P. œruf/inosa), Pers., S'i/n., 105. — ('hlnroxporiian rcruginosum, 
Tul. — Sur les bois morts humides. 

P. blanc sale (P. cdbo-fusca), Crouan, F/, fin., p. .54. — Sur les crottes de 
mulot. 

P. agyrioïdc (P. afiyriokles), Desm., ^im. des se. naf., 1837, t. 2, fig. 2. 

P. blanc testace' (P. albo-testarea), Desm., Ann. des se. naf., 1843. 

P. blanc violacé (P. albo-violascens), Alb. et Schw., t. 8. fig. 4. — P. velutinct, 
Desm., Catal., et P. fallax, Pers., 3Iyc. — Sur divers arbres, hiver et prin- 
temps. 

P. des chatons (P. amenti), lîatsch, fig. 148. — Pers., Myc., 264. — Sur les cap- 
sules des chatons du saule. 

P. amorphe (P. amorplia), Pers.; Thelephora amorpha, de Pries. — Sur l'écorce 
des sapins morts. 

P. agrandie (P. ampliata], Pers., Jcon. et descr., t. 8, fig. G. — Sur les troncs. 

P. très-grande (P. amplissmui), Balb. 

P. petit bouclier (P. ancUh), Pers., Myc., G. — A terre dans les bois. 



■2dO LES ClIAMrKiNONS. 



r. auuiuale {P. auomala), Vers., Obs., et J\ stipcUa, Jfi/f., 130. — P. ri'.josa, 
Siiw., t. 3G9, fig. 3. — Sur les rameaux tombes, surtout du cerisier. 

r. aplanie {P. «^pjj/annto), Fr., ^St/s^, p. 64. — A terre, tlans les lieux liumidcs, en 
septembre et octobre. 

r. araueeusc {P. araneosa), Bull., t. L'80. — Sur la terre, dans les lieux cou- 
verts; en scjîteniljrc et octobre. 

1'. (lu sable {P. arciiicola), Lev., Ann. des se. nat., 1848. — Cliamps sablonneux 
du littoral. 

P. couleur d'abricot (P. armenîaca) , Pers., J/v/c, 124. — Sur les bois des- 
seclies. 

P. du roseau {P. Arumlinis), Fr., Syst., p. HT). — Sur les cliaumcs dessèches de 
YAntndo PhrcKjmites. 

P. en forme d'ascobole {P. ascobolimorpha), Crouan , FI. fin., p. ^4. — Sur les 
fumiers d'etable. 

P. d'A^pegrcn {P. Aspegrenîi), Fr., Syst, p. 131. — Sow., t. 3G0, fig. 7. — P. Ca- 
licium, Pers., 3Jyc., 165. 

P. âpre (P. aspera), Pers.; J'Jxcijnda a.tpera, Fries. 

P. noire {P. atra), Desm. — Sur les gousses pourrissantes des haricots tombe's 
à terre. 

P. noirâtre (P. atratci), Pers., Syn., 128. — Sur les troncs, les tiges des ])lantes, 
au printemps. 

P. noir verdâtre (P. airoftVeJis), Pers., tSyn., 13. — P. serlata, id., -^fyc, 305. — 
Coryne vtrescois, T^nl. — Sur les bois en de'composition. 

P. orangé (P. aurantia), Œd. (décrit). 

P. aurelie {P.aurelia), Pers., ^lyc, 129. — P. Wauchii, Grev. — Sur les feuilles 
tombées du hêtre, du chêne, au printemps. 

P. aurore [P. aurora), Crouan, FI. fin., p. 53. — Sur les bouses de vaches an- 
ciennes. 

P. azurée (P. azurea), Lév., .1»». des se. nat., 1841, t. 15, fig. 9. — Dans les 
bois, à terre, au jirintemps. 

I*. baie (P. hculia), Pers. {décrit). 

P. barbue (P. barbata), Kuuze. — P. pell'tta, Pcr?., ^fl|r., 110. — Sur les rameaux 
du chèvre-feuille. 

P. avenante (P. benesuada), Tul., Bot. Zelt., 1853. 

P. de l'épine-vinette (P. Berberidis), Pers., Syn., 55. — Sur les rameaux secs de 
Vépine-vinette. 

P. de Bei-keley (P. BerJcelea), Blox. — Sur YAnjellca sylvestris. 

P. du bouleau (P. betulœ) , Pers. — Stictls betidœ , de Fries. 

P. de Bioxam (P. Bioxami), Berkl. — Sur le tronc du prunelier. 

P. bicolore (P. bicoJor), Bull., t. 410, fig. 3. — P. quercina, Sow., t. 17. — Sur 
les rameaux tombés, au printemps. 

P, bolaire (P. bolaris), Batsch, t. 23, fig. 155. — Sur les rameaux. 

P. l)rune (P. Irunnea), Alb. et Sclnv., t. 9, fig. 8. — Sur la terre brûlée et au 
bord des chemins. 

P. iiiùr 1n-un (P. brunneo-atra), Desm., Ann. des se. nat., 1830. 

1*. brunâtre (P. brunneola), Desm., Ann. des se. nat., 1842. 

P. bulbeuse (P. bulbosa). Nées, fig. 289. — A terre, dans les bois. N"est peut-être 
qu'une variété du P. maeropus. 

P. du byssus (P. byssiseda), Fr., Syst., p. 107. — P. testaeea, Pers. — Sur les 
bois putrides souvent humectés. 

P. du cacalia (P. Cacaliœ), Pers., Myc, 174. — Sur les tiges des plantes com- 
posées. 



DESCKirTIONS. 201 



P. en calice (P. calycîna), Sclium. — Fr., t^yst., p. 01. — P. rJirysopWialma , 

Pcrs., Myc, 97. — Sur les rameaux putresccuts. 
P. calicioïcle (P. calicioides), DC, Fl.fr., 212. — Sur les e'corces. 
P. petite-coupe (P. calyculus), How., t. IIG. — Sur les In-auclies mortes de'cor- 

tiquces. 
P. clocliette (P. Campanula), Nées, fig. 295. — Batscli, fig. 14G. — Sur les 

chaumes, les stipules putrescentes. 
P. clos champs (P. campestris)^ Crouan , FI. fin., p. 23. — Champs cultives. ' 
P. du clicvreuil (P. Cajjreuli), Pers., Myc, 214. — P.Umhata, Wallr. — Sur les 

crottes de chèvre, de cerf etc. 
P. chanterelle (P. Cantliarella), Fr., Syst., p. 48. — A terre, dans les hois. 
P. du carex (P. Caricis), Dcsm. 
P. chair pâle (P. carneo-pallîda), Desm. 
P. cliarnue (P. carnosa), Bull., t. 390, fig. 1. 
P. de Caroline (P. Carolinœ) , de CTUernissac-Crouan , FI. fin., p. 49. — Sur les 

ramules mortes de l'érahle. 
P. du charme (P. caipinea), Pers. — Tubcrcidaria viihjaris , Tode. — Sur le 

charme, en automne. 
P. carpoholoïde [P. carpoholohles) , Crouan, FI. fin., p. hO. — Sur une corde 

pourrie. 
P. coupe (P. Catinus), Ilolmsli, t. 8. — P. cerea, Pull., t. 41, fig. G. — Sur les 

troncs pourris. 
P. bocal (P. Cauciis), Eeh. — Pers., Myc, 1G8. ■ — Sur les chatons tombes du 

Ijcuplier blanc. 
P. des tiges (P. caulîncola), Fr., tSyat., jj. 94. — P. f^crratidœ ., Pers., Myc, et 

P. cdbo-marginata, id. — Sur les tiges des plantes, hiver et printemps. 
P. des ceraistes (P. C'erastioria)i),Vv., tSi/s.t, p. 153. — Sur les tiges et les l'euilles 

des ceraistes. 
P. cei-ace'e (P. cerea}, Pers., Myc, 32. — Sow., t. 3. — Sur les terres fumées, 

les couches, en automne. 
P. couleur de cire (P. cerinea), Pers., >^yn., C2. — Sur les bois putrescents. 
P. de Cesati (P. Cesatii], Mont. 
P. blanc de neige (P. chionœa), Fr., /^ysf., p. 132. — Sur les feuilles de ])in, au 

printemps. 
P. chrysocomc (P. cJtrysocomn), Bull., t. 37G, fig. 2. — P. anrea, Pcrs., 3Iyc.,2Bl. 

— Sur les bois de pin pourri. 
P. à bord cilié (P. ciUaris), Schrad. — Sur les feuilles tombées, à terre. 
P. cendrée \P. cinerella), Crouan , FI. fin., p. 51. • — Sur les tiges mortes de la ronce. 
P. cendrée (P. clnerea), Batsch, t. 13". — P. ccdlosa, Bull., t. 41G, fig. 1. — Sur 

les Ijois et les rameaux putréfiés. 
P. cannelle (P. cinnamomea), DC, P7./r., VI, p. 23. — Pers., Myc, 124. — Sur 

les rameaux des chênes, parm' les lichens. 
P. à frange (P. clrrata), Crouan, l'/.fin., p. 51. — Sur l'écorce de VEupaforh'.m 

cannabiniim. 
P. citrine (P. citrina), Batsch, fig. 218. — Pers., ^^yn., lOG. — Sow., t. 150. — 

Sur les troncs et les rameaux putrescents, en autonnie. 
P. clandestine (P. clandestina), Bull., t. 416, fig. 5. — Sur les rameaux tomlu's, 

au printemps. 
P. des clavaires (P. Clavarlarum), Desm., Ann. des se nat., 1837. 
P. massette (P. clavata], Pers. — Sur les tiges des grandes herbes. 
P. coecinée (P. coccinea), Jacq., t. 1G9. — P. epipendra, de Bull., t. 467. — Sur 

les rameaux putrides tombes à terre. 



■202 LES CHAMPIGNON!^. 



P. en escargot (P. cocJileafa}, Lin. (dénnt). 

P. blcu-cid (/'. carulea), Boit, t. 108, fig. 2.— Sur les tiges poumes et le Lois 

pourri. 
P. Llcuâtre (P. crmrt), Pcrs., J/'/c, 135. — /coh. et desc, t. 7, fig. 1. — Sur le 

bois de cliène. 
P. comprimée {P. compressa), Pers., Myc, 241. — Durella compressa, Tul. — 

Sur les bois durs et les copeaux. 
]'. pare'e (P. conc'mna), Pers., Mue, 5. — Sur les feuilles de chêne tombées. 
P. poudre'e (P. compersa), Pers., ^fyr., 184. — Thelebolus hirsutus, DC, F/.fr., 

729. 
P. en couronne {P. coronata) , Bull., t. 416, fig. 4;i'. radiata, de Pers., J/j/c, 

179. — Sur les tiges des grandes herbes, ortie, chanvre etc. 
P. corticale (P. cortlcalis), Pers., Mijc, et P. Sc'iumachen, id. — Sur Ti-corcc et 

le bois mort de divers arbres. 
P. corbeau (P. eori-wa), Pers., Myc. G5. — Sur les rameaux et les bois. 
P. de Créc'hciue'raiilt (P. Crechqueraultïi), Crouan, FI. fin., p. 55. — Sur la 

terre de bruyiye. 
P. barbue (P. crlnlta), Bull., t. 416, fig. 2. — Pers., Myc, 88. — Sur les bois 

putrides. 
P. safranée (P. croclna), ilout., Ann. des se. nat., 1836. 
1'. du chaume (P. culmicola), Desm., Ann., des se, nat., 1836. — Sur les tiges 

mortes de diverses plantes herbacées. 
P. des céréales (P. cuhniyena), Fr., Sysf., p. 127. — Sur les chaumes desséchés. 
P. du cyprès (P. Cup>ressï), Batsch. — P. cvpressina, Pers., Myc., 187. — Sur les 

feuilles moj'tes du cyprès. 
P. en cupule (P. cupularis). Lin. — P. crenata, Bull., t. 396, fig. 3. — Yaill. 11, 

fig. 1-3. — Pers., Obs., t. 4, fig. 6, 7. — Eu été, sur la terre brûlée et les 

bois pourris. 
P. de Currey (P. Curreyï), Berkl. — Sur les fruits morts du Juncus effusus. 
P. cyatoïde (P. cyathoidea), Bull., t. 416, fig. 3. — Pers., 2Iyc., 171. — Sur les 

tiges des herbes et surtout de l'asperge. 
P. de la dentaire (P. Dentariœ), ChaiU. — Sur les tiges de la dentaire. 
P. dentée (P. dentata], Pers., Icon., t. 1, fig. 6, 7: id., Jlyc, 267. — Sur le bois 

carié. 
P. diaphane (P. diaphana), Pers., J/v/c, 271. — P. hyallna, Hoffm., t. 6. — Sur 

les poutres, dans les galeries des mines. 
P. lavée (P. dilutella), Fr., Syst., p. 148. — Sur les tiges mortes du LycJuiis 

dioica. 
P. diminuée (P. diminuta), Desm., Ann. des se. nat.. 1849. — Sur le chaume des 

joncs, en été. 
P. diplocarpa (P. diplocarpa), Curr. 
P. diversicolore (P. dkersîcolor), Fr., Syst., p. 88. — P. cMorina, Pers., Jf];c., 

84. — P. 2}apillata, id., 83. — Sur les fientes, le fumier. 
P. des buissons (P. dumetorum), Desm., Ann. des se. nat., 1850. 
J'. ivoire (P. eburnea), Desm., Ann. des se. nat., 1851. — Sur les feuilles des 

gi-aminées. 
P. éehinopliile (P. echlnopli'da), Bull., t. 600, fig. 1. — Dans renveloppe des 

châtaignes tombées. 
■ P. disparaissant (P. efuyiem), Desm., Ann. des se. nat., 1858. — Sur les gi-ami- 

nées, au piintemps. 
P. épiphyllc [P. ep'iphylla), Pers., Myc, 203. — Sur les feuilles putrescentes de 

divers arbres. 



DESCRIPTIONS. 203 



P. suljvillcusc {P. eriohma), Fr., Sijst. — ??ur les raniules morts de VEricri 

cinerea. 
P. eruptivc (P. erumpens), Grrev., t. 99. — Sur les pétioles du sycomore. 
P. marquée de rouge {P. erytlirostigma), Mont., Ann. des se. naf., 1842. 
P. très-1)elle (P. eximîa), Dur. et Lév. 

P. du hêtre {P. fa(/inea), Pers., Myc, 205. — Sur les péricarpes du hêtre. 
P. trompeuse {P. fallax), Desm., Aiiii. des se. nat., 1845. 
P. en faisceaux {P. fasclcidaris), Klh. et Schw., t. 12, fig. 2. — Sow., t. 425, fig. 

1, 2. — P. poindnea, Pers., Syu., 135. — DC, FI. fr., VI, p. 27. — Sur les 

troncs pourris des peupliers, des saules et quelquefois des frênes. 
P. ferrugineuse (P. ferruijlnea), Schum; P. lenticularls penediculata, de Bull., 

t. 300. 
P. ferme {P. firma), Pers., Myc, 150. — Sur les troncs et les rameaux toml)és 

et putrescents. 
P. fendue {P. fissa), Fr., Syst., p. 75. — Sur les rameaux, en hiver. 
P. flamme {P. fammea), Alb. et Schw., t. 11, fig. 7. — Pers., Jfi/c, 277. — Sur 

les vieux bois dénudés, du charme, du pommier. 
P. jaune ferrugineux {P. fluvo-ferruyinea), Alh. — Sur le hois,les feuilles. 
P. jaune fuligineux {P. flavo-fidir/inea), Alb. et Schw., p. 319, t. 11, fig. 7. — 

Sur les feuilles en décomposition. 
P. fauve verdâtre (P. favo-vîreux), Pers., Mije., 486. — Sur les bois putrescents, 

dans les endroits humides. 
P. flexueuse (P. flexella), Fr., Sijst., p. 152. — P. saliearla, Pers., Mijc, 244. — 

Sur les bois cariés du saule, du pin etc. 
P. de la bourdaine (P. Frangulœ), Pers. — Ti/mjxmis Frangulœ, Fr., Syst., 174. 
P. des fruits [P. fructiyena), Bull., t. 228. — P. salicina, Pers., tSyn., 104. — Sur 

les rameaux tombés, les glands, le péricarpe du hêtre, du châtaignier etc- 
P. brillante (P. Fulyens), Pers., Myc, 46. — A terre, dans les forêts de sapins. 
P. furfuracée [P. furfuracea), Pers., Syn., 136. — lioth, t. 9, fig. 3.. — ' Pezicida 

Coryll, Tul. 
P. fusarioïde (fusarioldes) , Bevkl., n'^ 12. — Callorla fusarloide-i , Tul. — Sur les 

tiges mortes de l'ortie dioïque. 
P. basanée (P. fmca), Pers. — Sur les bois pourris. 
P. jaune de terre (P. geoeUroa), Pers., Myc, 2. — Dans les bois. 
P. de Godrou (P. Godroniana), Mont. — P. trlcolor, Sow., t. 369, fîg. 8. 
P. glume (P. glumarwn), Desm., Ann. des se. naf., 1841. 
P. hémisphérique (P. hei.nisp]ueriea),'\N'i^Q., Schseff., t. 319. — Sow., t. 147. — FI. 

dan., t. 650, fig. 1. — P. LcdieUum,B\û\., t. 204. — P. lanugînosa, id., t. 396, 

fig, 2. Comestible. — Commune, à terre, dans les bois humides. 
P. des graminées (P. graminis], Desm., Ann. des se. nat , 1841. — Sur les chaumes 

des graminées, en hiver. 
P. granulée (P. granulata), Bull., t. 4'"8, fig. 3. — P. granulosa), Pers., j\fyc., 14. 

— Sur les bouses, en automne. 
P. des herbes (P. herharum}, Pers., Mye., 202. — Sur les tiges sèches des grandes 

herbes, automne et hiver. 
P. de l'hiver, (P. hiemaîis), Weinm. — Sporoncma Jiiemcdis, Desm. 
P. hérissée (P. hirta), Sclium. — Mich., t. 36, fig. 14. — Pers., Myc, 58. — A 

terre, dans les bois, parmi les mousses humides. 
P. hispidule {P. Ju.yildida), Schrad. — Pers., Myc, 04. — Sur les troncs et les 

rameaux tombés, en hiver. 
P. légèrement hérissée (P. horridnla), Desm., An», des se nat., 1847. — Sur les 

chaumes des graminées. 



20i LES CIIÀMPIGXOXS. 



P. (les jardins (P. horieima), Crouiih, Fi.jin., p. bô. — Sur la terre d'un put do 

fleurs, dans une serre tempérée, 
r. liiuuldc [P. humUlfi), Dcsm., Ann. des se. nat., 1847. 
]'. de riinnms {P. humosa), Fv., tSyst., 72. — (Sur la terre nue et les mousses 

humides. 
]'. hyaline (P. hyal'ma), Pers., Mije., 78. — Sur les troncs putrescents du ])in et 

du sapin. 
P. soucoupe {P. hypoerateriformis]^ Wahl., 498. — P. st'qntata, Bull., t. 457, fig. 2. 

— Variété prohahle du P. maeropus. 

P. hypodermique (P. liypodermia), DC, FI.fr., YI, p. 10; Cenanjhnn Inipoder- 

miuin , Duhy. 
P. adhérente (P. injixa), Wallr., P/. rrypf. — Sur les tiges mortes, les troncs 

])()urris. 
P. imberhe (P. hnherbîs), Bull., t. 4tw, fig. 2. — P. wvra, Pers., Jfyc, 201. — Siu- 

les vieux liois, presque toute l'année. 
P. infléchie {P. hiflexa), Batt., t. lOG, fig. 2. — Sow., t. ?,m. — P. corom/ki, Pers., 

J///C., 180. — Sur les tiges de T ortie dioïque. 
P. insidieuse (P imidiosa) , Dcsm.; Sphœria eraterium , DC. — Sur les feuilles 

du lierre, en automne. 
P. vi(dctte (P. ianthinci), Fr., Sy.sf., p. 130. — Iledw., t. 8, fig. A. — Sur les 

vieux troncs de saule. 
P. très-agréahle {P. juciindissima), Dcsm., Aiin. des se. nat., 1847. 
1\ des joncs {P. juncina), Pers., Myc., 261. — Sur les tiges sèches des joncs. 
P. des jongermannes (P. Junyermann'w), Fr. — P. hryophila , Pers., Mye., 235. 

— Sur les jongermannes. 

P. de Kneifr(P Knelffil), Wallr. — Xyloma arundinaeeum, DC. — Sur les tiges 

mortes des roseaux. 
P. à deux lèvres (P. lahiata), Desm., xinn. des se. nat., 1847. — Sur le chardon 

Ptoland. 
P. à duvet court (P. lachnohrachjis\ Desm., Ann. des se. nat., 1851. 
P. des lacs (P. lacustris), Fr., fSyst., p. 143. — Sur les chaumes des scirpus, des 

roseaux. 
P. couleur de brique (P. lateritia), rcrs., Jlyr., 130. — Sur les hois; très-rare. 
P. lécidée (P. lecideola), Fr., Ohs., t. 4, fig.' 1. — Pers., Mye., 248. — Sur les 

Lois. 
P. lenticulaire (P. lentlcidaris) , liull., t. 300, fig. B, D. — P. cltrlna, var. len- 

tieularis, Pers., ^Vyc., 197. — Sur les troncs vieux et détériorés, en au- 
tomne, 
P. élégante (P. Icpida), Pers., ^fye., 314. — Sur les tiges des plantes. 
P. lé])(n-ine (P. lepioxlna), Batscli {décrit). 

P. soie blanche (P. leueocoma), Pers., Alyc., 70. — Sur les bois cariés. 
P. bordée de cils blancs (P. leucohma), Reb. — Ilcdw., t. 4, fig. A. — Entre les 

mousses et sur les nuirs , en automne. 
P. blanonoir (P. leueomeIa},.Fers., Jfyc., 5. — P. sulcata, id., ^]in., 38, t. 5. — 

Sur les branches sèches du coudrier. 
P. chevelure blanche (P. leucotrlcha), Alb. et Sclnv., t. 7, fig. 5. — A terre, dans 

les endroits ombragés. — Pers., Consp)., t. 7, fig. 5. 
P. lilas {P. lUacina), Fr., Syst., 140. — P. earnea), Pers., Mye., 323. — Sur les 

troncs d'arbres coupés. 
P. des rivages (P. îîtforea), Fr., tSyst., p. 121. — Siu- le cliaumc des roseaux, 

hiver et printemps. 
P. pédiculée (7^ maer-opus), Pers. {décrit). 



DEfîClUPTlUNf?. 205 



P. maritime (P. 7H«n7t;««), Ucsiu. ■ / 

P. forme de bourse (P. marsupium), Pers., Sijn., 30. — N'ost pcut-ctro qu'une 

A^ariété du P. veslcidosa, de Bull. 
P. à frange noire (P. melaloma), Alb. et tSclnv., Con-^j)-, t. '2, fig. 5. — Sur la 

terre brûlée. 
P. noirâtre (P. melana), Fr., Syst., p. GO. P. melaniu, Pers., i/^c, 41, et P.voge- 

diaca, id. — A terre et sur les débris de bois pourris, les mousses, en 

avril et en mai. 
P. châtain noir (P. melanophœa), Fr. — Excipula melanoijh'œa, id., Sysf., p. 100. 

— ■ Sur les cônes tombe's des pins. 
P, melanosperine (P. melanospermum) , Crouan , FI. fin., p. 50. — Sur la terre 

brûlée. 
P. mélastome (P. melastoma), How. t. 149. — Pers., Myc., 40. — Sur les racines 

découvertes des vieixx troncs. 
P. jaune noir (P. melaxantha), Fr., Syst., p. 150. — • Sur les bois morts. 
P. excrémenteuse (P. merdaria), Fr., Elench. — ■ Sur les excréments de l'homme. 
P. micacée (P. mlcacea), Pers., Myc, 123. — Sur les tiges du Carduus nuians. 
P. exiguë (P. minutissivia), Crouan. ■ — ■ FI. fin., p. 52. — Sur les feuilles de 

chêne à moitié pourries. 
P. menue {F. minuta), Lamarek, Encyd., 5, 215. 
P. pauvrette (P. misellu), Desm., Ann. des se. nat., 1847. — Sur la face inférieure 

des feuilles de ronce. 
P. de Mougeot (P. Mouyeot'd), Pers., Myc, 18G, t. 12, lig. 2. — Blatova campes- 
tris , Fr, — A terre. 
P. des mousses (P. muscorum), Ilolmsk., t. 21. — Sur les feuilles et les mousses 

putréfiées, en automne. ^ 
P. négligée (P. neylecta), Lib. — Sur les tiges sèches de l'ortie dioïque. 
P. petit nid (P. nididus), Pers., Myc., 79. — Sur la tige du muguet nmltiHore, 

au printemps. 
P. négrette (P. niyrella), Pers., Syn., 52. — A terre, dans les bois de pins, tard, 

en automne. 
P. blanc de neige (P. nivea), Fr., Syst., p. 90. — FI. dan., t. 1440, fig. 2; P. 

ckmdestina, de Bull., t. 41G, fig. 5. — Sur les bois et les rameaux putres- 

cents. 
P. œdème (P. Œdema), Desm., Ann. des se. nat., 1850. 
P. olivacée (P. olivacea), Batsch. ■ — ■ Sur les branches de chêne tombées à 

terre. 
P. ombiliquée (P. omplialodes), Bull., t. 485, fig. 1. — P. confitcens, Vcïs., Ohs., 

t. 5, fig. 6, 7. — Pyronema confluens, Tul. — Sur les places à fourneau 

dans les bois. 
P. oreille d'âne (P. onotiea), Pers. {décrit). 
P. des chaumes (P. paleariim), Desm., Ann. des se. nat., 1846. — Sur les 

chaïunes. 
P. de couleur pâle (P. pallescens), Pers., Myc, 198. — ■ P. citrina, Sow., t. 151. 

— Sur les souches pourrissantes du coudrier. 
P. des marais (P. palustris), Desm., Ann. des se. naf., 1847. 
P. à papilles {P.ptapillaris), Bull., t. 4G7, fig. 1. — Sow., t. 177. — Sur les bois 

pourris, en automne. 
P. boutonné (P. papillula), Pers., Syn., G4. — Nées, fig. 27G. — Ascoholus pa- 

piillatus, Wallr. — Sur le fumier, en automne. 
P. patène (P. patellarla), Pers., Myc., 238. — FateUarla airata , Fr., Syst., p. 

IGO. — Sur les troncs, au printemps. 



200 LKS (Il AMIMCXONS. 



P. patcrifuruic (!'. ^laleraformU), Lcv., Ana. ilca se. nat., 1843. 

P. ctalt'o {P. ])atula), Pcrs., Obs. — Sur les feuilles tombées du Ijoitloau et du 

])cuplicr. 
P chctivc (P. j>rti(/«(Z«), Desni., Ann.des se. nat., 1851. — P. mclatephra, Lasch. 
P. de Pcrsooii {P. Persoonn, Muugcot. — Pcrs., JI^c, 183, t. 12, fig. 1. — J.y 

coperdon J^qulseti, Hoflm., t. 5, fig. 1. — Sur les tiges des prêles. 
P. besace (P. perula), Pcrs., iI7^c., IGO. — Sur les tiges de VAuijcHca syl- 

ratris. 
P. dos pétioles (P. petiolorwii), Desin., Ann. des se. nat., 1842. 
P. tiulo {P. i^hlala), Pers., Sijn., 89. — FI. dan., t. 1078, fig. 2. — Sur les ra- 
meaux i)utrescents de l'aulue et du bouleau. 
P. safrané (P. pileo crocata), Crouan, FI. fin. — Sur l'écorcc et la tige de ili- 

verses plantes. 
P. des sapinières (P. pinetl), Batseb, Cont., fig. 140. — Sur les feuiUcs tombées 

du pin. 
P. ]dnlbipbile (P. phyllopldla), Desm., Ann. des se. nat., 1842. 
P. du pin [P. pinkola), Fr., t^ijst. — P. farinacea, Pers., Syn., — Sui- les cônes 

tombés du pin. 
P. tonneau {P. ^nthia), Pers., Icon. et descr., t. 11, fig. 2; id., 3Iye., 96. — Necp, 

fig. 877. — P. helolium ^ntlnura , Fr., Syd., p. 155. — Sur les tiges, les feuilles 

mortes du Phiu-^ picea. 
P. iiolytrique (P. Polytrichi), Scbum. — Fr., Syst., p. 70. — A terre, au milieu 

des pol3'triclmm. 
P. jaune orangé {P. pseudo-uurantia), Crouan, FL, fin., p. 54. — Champs sa- 
blonneux maritimes. 
P. voisine {P.p)rop)inqua), Grogn. — Sur le bois mort. 
P. pscudo farineux [P. pseudo farinacea), Crouan, FI. fin., p. 52. — Sur les 

ramules tombés du pin maritime. 
P. de la fougère (P. Pterldw], Alb. et Schw., t. 12, fig. 7. — Pers., Myc., 220; 

id., Consp.fiuny., t. 12, fig. T. — Sur les tiges putrescentcs de la fougère. 
P. des ptéris (P. pterîdicola), Crouan, Fl.,fM., p. 50. — Sur la base du Pterh 

aqidllna. 
P. punctiforme (P. 'puncfifonms) , Fr., Syst.. p. 105. P. dryophUa, Pers., Myc, 

116. — Sur les feuilles putrescentcs de divers arbres. 
P. pourpre {P. ^mrpurascens), Pers., Myc, 48, t. 2, fig. 10. — A terre. 
P. pustulée {P. xmstulata), Pers., Myc, 18. — l'cz-ka plicata, id., 10, et P. spur- 

cata, id., 17. — A terre, lieux humides. 
P. bouche de feu {P. pyrostoma]. Mont., Ann. des se. nat., 1845, 
P. ù radicule (7*. radicidata), Sow., t. 114. — P. Sotcerhea, Pers., Myc. — Sur 

la terre ombragée. 
P. de Pandan (P. Bandanensis), Lecoq {Pecherclies sur Pandan). 
P. ratissoirc (P. radtda], Berkl. — Sur la terre, dans les bois. 
P. radis (P. rajndiim), Bull., t. 4S5, fig. 3. — Tsecs, fig. 291. — Ilolmsk., t. 9. — 

A teiTC, au printemps. 
P. relicine (P. relicina), Fr., Syst, p. 103.— P.Atropir, Pers., Myc, 70. — Sur 

les tiges de diverses plantes. 
P. saillante (P. repanda), Wahl. — P. coronato, Jacq., t. 10. — Dans les bois, 

sur les vieux troncs et la terre brûlée. 
P. rhabarbarina (P. rhalarharina), Berkl.; P. ardennensh, de Mont. 
P. rhi5;ope (P. rJ,kopv.s), Alb. et Sclra-. — P. melasfcma, Sow., t. 149. — Sur la 

terre nue, dans les bois. 



DESCRIPTIONS. 207 



I'. du riccia (P. liiccia), Crouan, i'7. Jin., 54. — Sur les l'cuillcs vivantes du 

lîitcia glauca. 
P. des ruisseaux (P. riviilarls), Crouan, Fl.,fin., p. 55. tableau supplémentaire. 

— Sur les branches mortes et submergées du saule. 

P. humide (P. roseola), Fr., Syst., GO. — Sur les rameaux morts du pin, du 

noyer. 
P. Roberge (P. llohergei), Desm., Ann. des se. nat., 1845. 
P. de la rose (P. liosœ), Pers., Myc, loG. — Tyvijxmis ohtexla, Wallr. — Sur 

les rameaux des rosiers. 
P. rougettc (P. 7'ulieUa), Pers., Mye., 230. — Sur les e'corccs et les bois pu- 
trides. 
P. roux olivâtre (P. rufo-olîvacea), AU), et Schw., t. 11, fig. 4. — Sur les ra- 
meaux des ronces. 
P. rutilante (P. rutilans), Fr., Syst., p. G8. — Dans les prés et les pâturages. — 

P. ericeiorwn, Pers., 3Iyc., et P. polytrichina), Pers., id. 
P. rouge sang (P. sanymnea), Pers., Myc, 140. — Nées, t. 37, fig. 271. — Sur 

les bois desséchés. 
P. sanieuse (P. saniosa), Schrad. — Sur la terre, parmi le Bryum argcnteum. 
P. à bouche divisée (P. schizostoma), Richon , Soc. des arts etc., de Vitry-le- 

François. — A terre, bois de pins; Champagne. 
P. de Schenk (P. SchenJcii), Batsch, t. 12, fig. 52. — Pers., i/v/c, 53. —A terre, 

parmi les mousses. 
P. en scutclle (P. sciitellata), Lin. — P. aurantiaca, Bull., t. 10. — P. livida, 

Schum. — Sur les bois putrescents, en été. 
P. sébile (P. scidula), Pers., Myc, 171. ~ Nées, t. 38, fig. 282. — Sur les tiges 

sèches des plantes. 
P. des haies (P. sepium), Desm., Ann. des se. nat., 1850. 
P. tardive (P. serotina), Pers., Syn., 98. — Boit., t. 98. — Sur les tiges et les 

feuilles putrescentes, tard, en automne. 
P. soyeuse (P. scfosa), Nées, fig. 275. — Sur les troncs cariés. 
P. rouge brun (P. si^adicea), Pers., Myc., 7G. — Sur le peuplier tremble. 
P. émcraude (P. smaragdina), Lév., Ann. des se. nat., 1846. 
P. de la spirée (P. Spirœœ), Kircli. — Sur les tiges et les feuilles mortes du 

Sphxra Ulmaria, 
P. des fumiers (P. sto-corea), Pers., Myc., G2. — P. clUata, Bull., t. 438, fig. 2. — 

P. equîna, FI. dan., t. 779, fig. 3. — Sow., t. 382. — Sur le fumier, les terres 

grasses, presque toute l'année. 
P. striée {P. striata), Fr., Syst., p. 122. — P. Urtico', Pers., Myc, 176. — Sur les 

tiges de l'ortie dioïque, au printemps. 
P. brunâtre (P. suhfusca), Crouan, FI. fin., p. 53. — Sur V album gracum. 
P. hir.'^utcuse (P. snhUrsida), Sclmm. — P. Mrtella, Pers., Myc— Sur la terre, 

l^armi les petites mousses. 
P. des cônes {P. strohilina), Fr., Syst., p. 125. — Sur les cônes de sapins. 
1'. subulaire [P. suhularis), Bull., t. 500, fig. 2. — P. suhidipes, Pers., Myc, 166. 

— Sur les semences à demi-décoraposées des hélianthes et des bidens. 
P. sillonnée (P. sulcata), Vexs.,Syn.,t. 5, fig. 1.— Dans les forêts do hêtres. 
P. sulfureuse (P. sidfurata), Fr., Syst.. 74. — P. thelochroa, Pers., Myc, 296. 

P. sulfurée (P. sidfurea), Pers., 3Iyc., 72; Icon. et descr., t. 8, fig. 4, 5. — Sur 

les tiges des grandes plantes. *" 
P. couleur de cendre {P.iepJirosia),'PcYS.,3fyc.,Uo. — P.2)orinti'fonms,'DC.,Fl. 

fr., VT, p. 26. — Sur les bols h demi-pourris. 



208 LES CIIAMriGXOXS. 



P. tricolore (P. tricolor), Sow., t. ■^69, fig. G. — .Sur les trônes. 

r. trompette (P. Tuba), Boit., t. 100, fig. 1. — Pers., M>/c., 152. — Sur les bois 

et les rameaux putréfiés. 
P. tubéreuse (P. tiiherosa), Bull., t. 485, fig. 2, 3. — Sow., t. G3. — Pers., J/^p., 

30. — Dans les bois et les pre's humides. 
P. enflée (P. tumkla), Pers., Myc, 127. — Sur les sarments de vignes. 
P. de Tulex (P. Ulicis), Crouan, FI. fin., p. 52. — Sur les branches mortes de 

l'ulcx et du Salix repens. 
P. de l'orme (P. uhnicola), Crouan, FI. ■'in., p. 52. — Sur l'écorce morte de 

l'orme. 
P. tuniidule (P. tumidula), Desm., Ann. des sc.nat., 1851. 
P. bombée (P. umbonata), Pers., Icon. et descr., t. 9, fig. 5; Mi/c, 205. — Sur 

les rameaux, les fruits, les feuilles, les cluitons. 
P. ouibrinelle (P. umbnnella), Desm., Ann. des se. nat., 1843. — Sur les tiges 

sèches de la verge d'or. 
P. couleur vai-iée (P. varkecolor), Pers., Icon. et descr., t. 8, fig. 4, 5. — Sur les 

bois putrides. 
P. veinée (P. venosa), Pers., JIî/c., 7. • — Wull'. in Jacq., t. 17, f.g. 1. — Sur les 

feuilles pourries, dans les bois. 
P. gentille (P. venustula), Desm., Ann. des se. nat., 1840. 

1*. printannière (P. vernalis), Schum. — Fr., Syst., p. 89. — Sur les tiges tom- 
bées h terre. 
P. versicolore (P. versicolor), Desm., Ann. des se. nat., 1858. — Sur les tiges de 

la fougère. 
P. changeante (P. versiforynis), Pers., 3Ii/c. — Jlelofium, Berkl., OutL, t. 2, fig. 6. 

— Sur la terre. 
P. vésiculeuse {P.vesiculosa], Bull, (décrit), 
P. velue (P. villosa), Pers., Syn., 70, et P. f/ranuliformis, id., G4. — P. sessîlis, 

Sow., t. 389, fig. 1. — Sur les tiges des herbes. 
P. vineuse (P. vinosa), Alb. et Schw., p. 308. — Sur les rameaux tombés et les 

tiges des plantes. 
P. violacée (P. vioîacea), Pers., JIi/c., 49. ■ — A terre et surtout sur les places à 

fourneaux et les troncs cai-iés. 
P. verdâtre (P. virescens), Alb. et Schw. — Sur les ramules poun-is d'ulex. 
1'. virginale (P. rirr/inea), Batsch. — Pers.- JIi/c., 104. — P. lactea, Bull., t. 576, 

fig. 3. — Holmsk., t. 14 — Sur les bois, les écorces, les feuilles. 
P. jaune d'œuf (P. vitellina), Pers., 2Ljc., 91. — A ten-e. 
P. viticole (P. viticola), Pers., Mijc, 249. — Dans les fentes des rameaux de la 

vigne. 
P. vulgaire (P. vuhjaris), Fr., Syst., p. 140. — Sur l'écorce des rameaux des- 
séchés. 
P. à taches durées (P. xanthostigma), Fr., 5^*^, p. 140. — Sur le bois de sapin 

putrescent. 



DESCRirTIONS. 209 



BULGARIE, Buhjaria [baiija, mot gaulois, signifiant bourse 

de cuir) . 

l'iéceptacle d'abord orbiculaire, ensuite tronqué, gélatineux et lifet^e 
à l'intérieur, rugueux à l'extérieur, d'abord fermé, puis ouvert, liy 
ménium lisse , persistant. 

Bulgarie salissante {Bulguria mquinans)^ Fr., kiysl.^ p. 167. 

(PI. 55, fig. 3.) 

lîatsch, t. 11, fig. 50. — FI. dan., t. 464. — Sow., t. 428. — Nces, t. 39, fig. 
296. — Huss., I, t. 32. — Berkl., t. 22, fig. 7. — Pedxa nlr/ra. Bull., t. IKl 
et t. 460, fig. 1. — P. inquinans, Pers., 3Iyc., no 279. 

Nom vulgaire : Pezize noire. 

Le Bulgaria hiquinans se distingue facilement desPezizes propre- 
ment dites par sa consistance gélatineuse, élastique et épaisse ; sa cou- 
leur, d'un brun noirâtre en dessus et en dessous, ou noirâtre seule- 
ment en dessus et rouillée en dessous. Elle est sessile, en forme de 
cône renversé et tronqué, rarement large de plus de 3 centimèti'es. 
La face supérieure, d'abord creusée en soucoupe, s'aplatit avec l'âge, 
et finit même quelquefois par devenir convexe ; l'inférieure est pelu- 
chée et rugueuse. 

Elle croît, au printemps et surtout en automne, dans les tem.ps 
humides, sur les bois morts, principalement sur les troncs de chênes 
coupés et exposés à l'air. 

Les soldats de l'armée d'occupation russe, canton)iés en Lorraine 
en 1816 et 1817, faisaient de cette plante une assez grande consom- 
mation. Elle est donc comestible, mais peu recherchée à cause de sa 
couleur noire. Elle produit abondamment une poussière qui tache le 
linge et les doigts, et (jue l'on pourrait employer comme substitut de 
la sépia , dans la peinture à l'aquarelle; délayée, elle donne à l'eau 
une couleur vineuse. 

Bulg. .salissante [Bulg. inquinans), Fr.^ (décrit). 

Bulg. sarcijïde {Bidg. sarcoides), Fr., Syst., p. 168. — Peziza sarcoides, Pers., 
J/v/c, s82. — Schœff., t. 327, fig. 2-7, ut t. 324. — 1\ fremelloldes, Bull., 



t. 410, fig. 1. — Sur les vieilles souelics. 



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DESCRIPTIONS. 211 



Classe IL— OASTEROMYCETES. 



CHAMPIGNONS DONT LES SPORES SONT CONTENUES DANS UN RÉCEPTACLE COMMUN 
OU PÉRIDIUM, FERMÉ DE TOUTES PARTS AU MOINS DANS LE JEUNE AGE. 



Ordre h^. — LYCOPERDONNÉS {Lycoperdonneï). 
(Auxoç, loup, TTEpâsiv/ faire un pet.) 

Champignons le plus souvent de forme globuleuse, dont les spores 
sont renfermées dans uîi réceptacle ou péridium cotnmun, fermé 
de toutes parts, au moins dans le jeune âge de la plante ; trame 
ou chair se transformant en poussière. 

Itasidiosporés. 

GEASTRE , Geaster (Fr], terre ; aaTi]Q , étoile). 

Péridium double , l'extérieur distinct , persistant , se déchirant en 

plusieurs lobes étoiles. 

Géastre hygrométrique [Geaster hygrometricus) , Pers., Syn., 6. 

(PI. LVI,fig. 4.) 

Boit., t. 179. — Lycoperdon stellatum, Bull., t. 238, fig. A, B, C, D. — 
Sclim., t. 26, fig. 27. — Nées, fig. 127. — Vittad., t. 1, fig. 8. — Baiia, 
t. 46, fig. 1-3. 

Le Géastre hygrométrique doit son nom à la propriété que possède 
son péridium ou enveloppe extérieure, de s'étaler ou de se recourber 
en dessous, selon que le temps est sec ou humide. 

Ce péridium est divisé en six ou sept segmeni s ou rayons , épais , 
coriaces, de couleur marron. L'enveloppe intérieure, également de 
couleur marron, est sessile, sphérique, large de 2 à 3 centimètres, 
suh-réticidée, se déchirant irrégulièrement au sommet, et répandant 
une poussière abondante d'un brun roux. 

Il croît communément, en automne , sur la terre, dans les bois sa- 
blonneux. 

Ce champignon est un véritable hygromètre, par la propriété qu'ont 
les rayons de l'enveloppe extérieure de s'infléchir en dessous par les 



:ij Li:s ciiAM ri<;X()\s. 



Ii'iiips secs. D'autre pari , sa iionssiriv, Irrs-iiillaiiiniiililc. |i(iunail 
être employée coninic relie du Lycopode dans les feux d'artilice. 

G. couronné {Geast. coronatus), Pers., Syn., 2. — Dans les Imis marécageux. 

Variété du 6'. lymhatus, pour Frics. 
CJ. doublé {G'east. dupUcatus) , Chev., FI. par. — J.ycopcrdon s/el/alum , UulJ. 

t. 471, fig. O , P. — Dans les grands bois. 
(I. iVaugc [Geast. fimbriatus) ,V\-., Sijst., 7. — Midi., t. 100, fig. 1. — ^ow., t. 8n. 

— Bcrkl., t. 20, fig. 4. — Dans les forêts de sapins. 

(;. ceintré {Geast. fornicatus),¥i\, Hyst., 2. — Batt., t. 39, fig. ]-4. — So\v., t. l'JS 

— Schaîff., t. 183. — A terre, sous les sapins. 

G. liygrouiétrique [Geast. hyfjrometricus) , Pers. {décrit). 

G. linibé {Geast. lunbatus),F]:., Syst., 5. — ttow., t. 312. — lluss., 1, t. 2. — Sur 

la terre. 
G. en mamelon {Geast. maininosus, , Fr., Sijst., 0. — Sow., t. 401. — Dans les 

forêts et les bruyères, été et printemps; rare. 
G. à plusieurs pieds {Geast. multijidus) , Kabli., i'I. dan., t. 3G0. — A terre, 

dans les bois de sapiais. Variété du G. limhatus, pour Fries. 
G. Toux {Geast. ru/escens), Fr., Syst., 10. — Mich., t. 100. — Lyc. stellaluin, 

Bull., t. 238, fig. G, H. — Dans les bois de pins et de cbêncs. N'est pour 

De CandoUe, FI. fr., 721, qu'une variété du G. Jiyçjrometrlcus. 
G. strié {Geast. striatus, DC, FI. fr.^ 718. — Fr., Syat., 3. — G. badius, Pers., 

Joiirn. de botan., t. 27. — A terre , dans les lieux secs , le sable. 
G. tunicellé {Geast. tunicatus), Vittad., t. 3, fig. 1. — Geast. Jimbrlatus, 'l'ul., 

Aiui., t. 5, fig. 8. 

BOVISTE, Bovisla [Bo/isl en allemand ^ cesscluap) . 

Peridium de forme globuleuse, semblable à du papier ou à du car- 
ton, persistant; écorce distincte, se délacbant à la fin en peaux, et 
tombant en écailles; capillitium éj^al, attaché sur tous les côtés à l'in- 
térieur du péridiuni ; spores pédicellées. 

Le genre Jiuohld est-il hieïi différent du r/otre Lucoperdon'.^ 

Boviste noirâtre {Bov. itiyrescms) , Pers., S/jn., i. 
Berkl., t. 20, fig. 5. — Lycoj^ierdon ijlohosian , Boit., -t. 118. 

(Ihampignon sessile, de forme globuleuse ou oblongue, ayant de 3 à 
4 centimètres de diamètre, pourvu de deux enveloppes ou péridiuni , 
l'extérieur blancliàtre se détachant par lambeaux, lisse; l'intérieur, 
coriace, papyracé, devenant à la lin de couleur noire. 8a chair, à la 
maturité, est d'un pourpre brun, de même que les spores. 

On le trouve, non rarement, en été et en automne, dans les prés et 
les pâturages. 

Hussey et l)()U(ni le disent cumealible. Sa })oudre est employée en 
Angleterre, pour ari-èter le sang des petites plaies^ 



DESCRIPTIONS. 21 



Bov. couleur de plomb (Bov. pUimbca) , Pers., %»., 2). 
(PL LVI, fig. 2.) 

Berkl., t. 20, fig. 6. — Batsch , t. 29, fig. 1G6, — Lyroperdon plumheum , 
Vittacl., Lyc. ardosiacum , Bull., t. 192. 

Le Bovista plumhea diffère si peu du B. nigrescens, que, pour Lenz, 
ils ne forment qu'une seule espèce. 

Il a à peine 3 centimètres de diamètre, est sessile, de forme arron- 
die, pourvu de deux enveloppes ou péridium; l'extérieur, très-hlanc , 
se détruit en totalité ou en partie; l'intérieur, lisse, papyracé, devient 
couleur de plomb à la maturité. Chair d'abord citrine, ensuite d'un 
brun fauve, de même que les spores. 

Est assez commun et comestible, mais dédaigné à cause de sa petite 
taille. 

Il vient, à terre, en automne, dans les pâturages. 

B. des sables (Bov. ammophUa) , Lév., Ann. des se. natur., 1848, t. 9, fig. 5. 

B. noirâtre {Bov. nigrescens), Pers. (décrit). 

B. des marais {Bov. paludosa) , Lév., Ann. des se. nntur., 1848, t. 9, fig. 5. — 

Dans la Franco méridionale. 
B. couleur de plomb {Bov. lAumbea), Pers. {dêcnt). 
B. subc^reux {Bov. suberosa), Fr., Sysf. Myc, 6. — Lycoperdon Corium), Df'., 

FI./]-., Il, p. 598. — Dans les friches, les bruyères, les mousses. 

VESSELOUP. Lijcoperdon {Ivxoç, Ioup_, néçideiv, faire un pet). 

Péridium de forme globuleuse, membraneux, dont la cbair, ferme 
et blanchâtre dans la jeunesse, se change ensuite en une poussière 
al)ondante , de couleur fauve ou verdâtre , entremêlée de filaments ; à 
la maturité, le péridium s'ouvre ordinairement au sommet, pour don- 
ner passage aux spores ou poussière séminale ; écorce adnée, sub-per- 
sistante, se détachant en verrues ou écailles; capillitium adné, adhé- 
rent au péridium et à une base stérile. 

Vesseloup ciselée {Lycoperdon cœlatmn) , Bull., t. 430, 
(PI. LYII, fig. 1.) 

Schajff., t. 189, 190. — Vaill., t. 16, fig. 4. — Huss., II, t. 23. — Berkl., 
t. 20, fig. 7. — Hartz, t. 74. — Krombh., t. 30, fig. 7-10. — Barla, t. 46, 
fig. 4, 5. — Fr., >S'yst., 2. Lyc. Bovista, Pers., Syn., 2. 

Cette Vesseloup , un peu moindre de volume que la Vesseloup 
géante, tient à la ten-e par une large touffe df ni)res radicales; elle 



21i LES CHAMPIGNONS. 



est sessile, mais rétrécie vers sa hase et arrondie an sommet. Sa 
sui'face, d'abord blanche, puis cendrée ou rousse, et enfin plus ou 
moins brune, est ordinairement surmontée de verrues ou tubercules 
aplatis à leur hase, ou crevassée en étoiles qui la font paraître coinrtie 
ciselée; quelquefois elle est lisse. La chair, d'abord blanche, puis un 
peu jaunâtre, finit par se changer en ime masse de poussière brune. 
Le péridium s'ouvre irrégulièrement au sommet. 

On la trouve dans les mêmes lieux que la Yesseloup géante, mais 
plus communément; elle possède les mêmes propriétés et peut servir 
aux mêmes usages. Les lièvres, dit Ascherson, la mangent avec avi- 
dité. 

Vesseloup geramiîère ILycoperdon gemmatum) , Batsch, 147. 

(P.l. LYII , fig. 2.) 

FI. dan., t. 1140. — Huss., I, t. 54. — Lyc. JnHum, Bull., t. 340, et t. 475, 
fig. A, B, C, D, F, Gr, H, I, M, N. — Lyc. 2)erlaûim , Pers., Syn., 7. — 
Lyc. echinatum, id., 9. — Lyc. Proteus, DC, Fl.fr., lli.^ Lyc. excipu- 
liforme, Scop. 

Noms vulgaires : Vesseloup hérissée, Loufa de loup. 

Plante globuleuse , d'abord blanche , ensuite fauve ou brune , large 
de 4 à 6 centimètres, dont la base se prolonge plus ou moins en forme 
de pédicule, et dont le péridium ou la surface est recouvert de verrues 
ou papilles fragiles, allongées et fort apparentes sur certains indi- 
vidus, souvent même comme digitées ou lacérées au sommet, à peu 
près nulles sur d'autres. La chair est blanche et ferme dans le jeune 
âge, et se convertit à sa maturité en une poussière brunâtre, qui s'é- 
chappe du sommet du péridium. 

Commune à terre, en été, dans les bois, les friches. 

Selon Bulliard, on s'en nourrit, en beaucoup d'endroits, pendant 
qu'elle est jeune. Probablement que la plupart des Vesseloups propre- 
ment dites sont comestibles dans le jeune âge; Micheli en indique 
onze espèces que l'on mange à Florence. Toutefois il faut s'en défier 
lorsqu'elles sont arrivées à maturité, car alors elles passent pour véné- 
neuses. A la vérité, cette propriété n'a pas été constatée par des expé- 
riences suivies; il est au moins certain que leur poussière, lancée dans 
les yeux, occasionne des opJithalmies graves, et que, respirée par le 
nez, elle provoque des éternuments violents et quehpiefois même des 
hémorrhao-ies. 



DESCRIPTIONS. 215 



Vesseloup géante {Lycoj^erdon giganteum), Batscli, t. 20^ fig. 165. 

Schœff., t. 191. — TauL, t. 200, fig. 1, et t. 201, fig. 4. — Grev., t. 336. — 
Huss., I, t. 26. — Fr., Syst., 1. — Pers., Syn., 1, Lycoperdon Bovista^ljm. 
— Bull., t. 447. — Bovîsta gigantea, Nées, fig. 124. 

Noms vulgaires : Pisse-loup, Vesse-loiip des Bouviers, Vesse-de- 
loup citrouille, Boulet d'Ap,'nel, en Languedoc. 

Cette espèce, qui acquiert jusqu'à 30 et -40 centimètres de diamètre, 
est constamment arrondie, sub-sessile. Son réceptacle ou péridium est 
blanc, fragile, souvent lisse, mais plus ord'mniremeni j^eluché ou 
floconneux, blanchâtre dans la jeunesse , puis ocliracé pâle, et enfin 
cendré. Sa chair, d'abord blanche, passe peu à peu au jaune verdà- 
tre, puis au gris brun, et finit par se convertir en une masse dépous- 
sière brun fuligineux , après quoi le péridium se gerce et s'ouvre à 
son sommet en aréoles irrégulières, et bientôt il ne reste de la plante 
que la base, dont la consistance et la légèreté rappellent celles de l'é- 
ponge. 

Le Lycoperdon giganteum a la racine extrêmement petite, et croit 
à terre, en automne, dans les friches et les pâturages. Dans le jeune 
âge , il a l'odeur et le goût du champignon de couche ; à la maturité , 
ce goût et cette odeur deviennent très-désagréables. 

On le mange lorsqu'il est jeune, c'est-à-dire tant que la cliair l'este 
ferme et blanche; il fournit même, dans ces conditions, un aliment 
excellent, recherché en Italie. La chair, devenue grise, n'est plus ali- 
mentaire; on peut alors en fabriquer un très-bon amadou. 

Les Finlandais font prendre de la poussière de cette plante, mêlée 
avec du lait, aux veaux qui ont la diarrhée. On peut en obtenir, à 
l'aide de précipités, diverses nuances de couleurs brunes, utilisées en 
teinture ; on emploie sa fumée comme anésthésique. 

V. noir pourpre {Lyc. ati-ojntrpureum) , Vitt., 3fon., t. 2, fig. 6. — Sur le ter- 
reau de feuilles de sapin. 

V. cisele'e {Lyc. cœlatum), Bull, (décrit). 

V. gemmitere (Lyc. gemmation), Batscli {décrit). 

V. géante {Lyc. giganteum) , Batsch {décrit). 

V. commenteuse {I^yc. gossypinum) , Bull., t. 486, fig. 1. — Sur les troncs pourris. 

V. d'hiver {Lyc. hieviale), Dur. et Mont. — L,yc. Protem , Bull., t. 72, fig. B, 
D, E , et t. 475, fig. E. 

V. grosse racine {Lyc. macrorhiz&n), Pers., Desv. Journal, t. 1, fig. 6. 

V. de Michéli (Lyyc. michelianum) , Balb., FI. Lugd., 216. — Dans le centre de 
la France, 



210 LES CIIA.MIM(;N0NS. 



V. vhct\{ (Lyc. pîisi/him),Bi\isch, fig. 228. — lîult., t. 117, fig. ('. _ T.yc.cepw 

forme , Bull., t. 435, fig. 2. — Dans les bruyères et les terres sablonneuses. 
V. pirii'iinne {/.ijc. 2)'>-ifunnf') , Scliœff., t. 203. — ITiiss., I, t. 70. — (ircv., 

t. 30t. — ^^yc. oroideum, Bull., t. 435, fig. 3. — Sur la terre et les troncs 

poniTÏs. 
V. m.itras (L^/c. xaecatttm) , Vahle, I^l. dan., t. 1130. — • Lyc. crcipidiforme , 

Bull., t. 450, fig. 2. — Huss., I, t. 14 — Scliœfr., t. 203. — DC, FI. fi:, 

700. — Dans les bois, les gazons. Rare. 
V. Couleur bai (Lt/c. yiadiceum), Vevs.—De.sv. Journal, t 1, fig. 5. — Dans les 

près. 
V. forme d'outre (Lyc. utriforme), Bull., t. 450, fig. 1. — Sur la terre; assez 

commune. 

De Candolle, dans la Flore française, range sous le nom de Lycoperdon 
ProteusX&s L. cepœforme , TiuW., ovoideum , Bull., pirlforme, Bull., hîemale, Bull., 
fnntnosum, Bull., hirtuni, Bull. Cette espèce s'off"re, dit-il, sous une multitude 
d'aspects ; peut-être la Vesseloup ciselée et la Vesseloup gigantesque n'en sont- 
elles que de simples variëtës. 



SGLÉRODERME, Scleroderma {2y.h]o6ç,àm\ (î'£^/ia, peau). 

Péridium ferme, avec une écorce simple, se déchiranl. irréo:\ilière- 
ment ; flocons adhérents de tous côtés au péridium, et formant des 
veines distinctes dans la masse centrale; spores grandes, granulées. 



Scléroderme à verrues {Scleroderma verrucosum), Pars., Syn., 8. 

(PI. LVIII,fig. i.) 

Vaill., t. 16, fig. 7. - Batt., t. 31, fig. C". — Grev., t. 48. — Huss., I, t. 17, 

fig. 1. — Barla , t. 47, fig. 3-10 Sel. sjmdiceum, Pers., Syn., 0. — Ly- 

coperdon verrucosum, Bull., t. 24. 

Le Scleroderma verrucosum a le péridium arrondi, épais, ferme, 
persistant, quelque peu stipité, large de 4 à 9 centimètres, de couleur 
})lanc sale d'abord, fauve ou brun jaunâtre ensuite, garni de nom- 
breuses écailles ou verrues peu proéminentes, brunes. Sa cliair, jui- 
mitivement blanche, puis bleu lilas , et enfin brune, se réduit avec 
l'âge en une poussière d'un brun pourpre. Son pied, épais, creusé de 
sillons et comme plissé, est soutenu par une racine composée de pro- 
longements (jui se réunissent en larges touffes. 

M. ll.nla considère, avec raison peut-être, le Scleroderm,a verru- 
cosum coimue une variété du Sel. vulgare. 

On le trouve fréquemment, à terre ,^n automne, dans les bois ef 
les endroits montueux. 



DESCRIPTIONS. 217 



Sa poussière, dit Biilliard, lancée dans les yevix, cause des ophthal- 
mies violentes. S'il fallait en croire Vaillant, ce Scleroderma, pris in- 
térieurement, serait mortel. Toujours est-il qu'il passe pour dan- 
gereux. 

Scléroderme commun (Scleroderma vulr/arc),_ Fr., Syst., 2. 

FI. dan., t. 1969, fig. 2. — ÏIuss., I, t. 17, fig. 2. — Berld., t. 15, ûg. 4. _ 
Sel. aurantium, Pers., Syn., 6, et 8d. oltrinum, id., 7. — Lycoperdo^i au- 
rantium, Bull., t. 270. — Boit., t. 116. — Vaill., t. 16, fig. 5, 6, 8. 

Champignon de forme arrondie, à peu près sessile, irrégulier, ayant 
un péridium épais, ferme, coriace, légèrement tuberculeux et quel- 
quefois seulement aréole , ou même à peu près lisse, jaune brun ou 
jaune citron , se terminant par une racine formée de prolongements 
réunis en touffe, percé en plusieurs endroits, à la maturité, de trous 
qui laissent échapper les spores, lesquelles sont de couleur brune. Sa 
chair, d'abord blanche, devient d'un bleu d'ardoise, quelquefois mar- 
bré de pourpre, et enfin brune. 

Il croît à terre, et, communément, sur le bord des bois, en automne. 
Sa grosseur varie de 10 à 14 centimètres. Son odeur est forte. 

Vittadini dit que, dans quelques pays, les paysans récoltent ce cham- 
pignon et le mangent. Arrivé cà sa maturité, il n'est plus comestible et 
passe même pour vénéneux. 

Sel. des bouviers {Sel. Hoi^ista), Fr., S/jsf.,4:8. — Lyeoj). irregidare,DC, Fl.fr., 
VI, p. 102. — Dans les terrains sablonneux. 

Sel. cuir [Sel. Oorium), Grav. — Barla, t. 47, fig. 1, 2. — Lyeoperdon Coriimi, 
DC, FI. fr., supplém. — Dans les terrains sablonneux oti argileux; en au- 
tomne. 

Sel. ge'astre (Sel. Geasier), Fr., Syst., 46. — Sel. polyrhizum. Vers., Syn., 11. — 
Sel . polyrhiT.on , Lëveillé, Ann. des se. nat., 1848, t. 7, fig. 1-4. — Dans les 
champs , les bruyères. 

Sel. verruqueux {Sel. verrueosum) , Pers. (décrit). 

Sel. vulgaire {Sel. rulyarc) , Fr. {décrit). 

POLYSACCUM {ITolvç , nombreux; adxxoç , sac). 

Péridium simple, non flexible, se déchirant irrégulièrement; masse 
intérieure partagée en cellules distinctes, remplie de petits péridiums; 
spores mêlées avec les filaments. 



218 LES CHAMPIGNONS. 



Polysac pied épais {Polysaccum Crassipes) , DC, FI. fr., YI, p. 103. 

(PI. LVIII , fig. 2.) 

Mich., t. 98, fig. A, B. — Paul., t. 99, fig. 5, 6. — Krombh., t. 60, fig. 1, 2. 
— Barla , t. 47, fig. 11-13. — Scleroderma tinctœium, Pers., Syn., 4. 

Péridiiim irrégulièrement arrondi, bosselé , d'abord roussàtre , puis 
brun, ayant de 5 à 7 centimètres de diamètre, rempli, à sa maturité, 
d'une poussière brune, extrêmement abondante. Pédicule épais, com- 
pacte, allongé, souterrain, divisé en grosses ramifications radicales, 
long de 15 à 20 centimètres, épais de 3. Spores fauves, rondes. 

Le Polysaccum crassipes vient, à la fin de l'été et ou automne, 
dans les champs, les friches, les terrains sablonneux. En Italie, on le 
mange lorsqu'il est jeune. 

Les habitants des campagnes, dit Saint- Amans, teignent leur fil en 
brun violet avec la poussière de cette plante. 

Pol. à pied ëpais [Fol. crassipes), DC. (démt). 

Pol. pisocarpe {Fol. jnsocarjdum) , Fr., Syst, 5. — Fol, acoule, DC, FI. fr., VI, 
p. 103. — Dans les sables. 

Ordre 2e. — MÉLANOGASTÉRÉS (Melanogasterei). 

Champignon souterrain à trame ou chair non filamenteuse, ne deve- 
nant pulvérulente ou déliquescente que par la décomposition..' 

Basidiosporés. 

MÉLANOGASTRE, Melanogaster (Mélaç, noir, yaarriQ, 

ventre) . 

Champignons à péridium arrondi, lisse, à la surface desquels ad- 
hèrent des fibres rameuses, sans base radicale propre ou distincte; pé- 
i-idioles ou cellules distinctes; spores lisses, rondes, ordinairement 
noires. 

Mélanogastre varié (Melanogaster variegatvs), Tul., t 2. fiji-. 4 , 

ctt 12, fig. 6. 

(PI. LX, fig. i.) 

Mich.. t. 98, fig. 2, C. — Sow., t. 426. — Nées, t. 23, fig. 2. — Noiil. et 
Dass-, t. 42, fig. B. — Ocfariann varief/ata, Vitt., t. 3, fig. 4. — Tubei- 
moschatum , Bull., t. 479. — Pers., Syn., 2. 

Le Melanogaster variegatus est un cliampignon de forme ovale, ar- 
rondie, d'abord ochracé, puis d'un rouge ferrugineux, et ]>lus tard 



I 



DESCRIPTIONS. 219 



d'un brun noirâtre, tant à l'intérieur qu'au dehors. Sa surface est 
constamment lisse, légèrement veloutée, dit Berkeley. Sa chair, mol- 
lasse, noire, parsemée de veines d'un blanc sale, exhale, lorsqu'elle 
est fraîche, une odeur de musc, qui se perd par la dessiccation. 

Il vient en terre, à la profondeur de 15 à 18 centimètres, dans les 
bois découverts et sur les coteaux; on l'a trouvé aux environs d'Agen, 
et même de Paris. 

Comestihle, mais non délicat. Les paysans le mangent cuit et même 
cru, à Sainte-Foi-de-Jérusalem, dit Saint-Amans. 

En Angleterre on le vend au marché de Bath, sous le nom de 
truffe noire. La surface se plisse profondément par la dessiccation. 

Mél. ambigu {Mel. ambiyims), Tul., Ann., t. 17, fig. 24, et Fungi hyp., t. 2, 

fig. 5, et t. 12, fig. 5. — Dans le terreau des bois. 
Mél. rougeâtre {3Iel. rubescens) , Tul., Fungi hypog., t. 2, fig. 6, t. 12, fig. 7. 
Mél. varié {3Iel. variegatus) , Tul. (décrit). 

HYMENOGASTER , II ymenog aster (Yjnsvtov, petite mem- 
brane, yaGTrQ , ventre). 

Péridium arrondi, sessile, se terminant par une base radicale , mais 
non pourvue de racine : péridioles nombreux, globuleux , remplis de 
spores elliptiques, à peu près lisses. 

Hyménogastre de Klotzsch {Hymenogaster Klotzschii) , Tul., 1. 10, fig. 2. 

(PI. LIX, fig. 2.) 

Staude, t. 1, fig. 1, 2 — Sterb., t. 32 , fig. A A. — Noul. et Dass., t. 42, 
fig. A. — Tuber album,, Bnli., t. 404. — Pers., Syn., 4. — Bhizopogon 
albus , Fr., Syst., 1. 

Tubercule arrondi, difforme, d'abord blanc, puis légèrement fauve 
en vieillissant, ayant un péridium lisse , quelquefois un peu rugueux 
ou silonné; muni à sa base d'un plateau radical. A l'intérieur, sa chair 
est ferme, blanche, avec des veines rougeâtres. Ses spores sont petites, 
elliptiques, obtuses à chaque extrémité, à peu près lisses. 

Ce champignon croît presque à la surface du sol, dans les bois et les 
friches, surtout dans les terrains sablonneux. Son odeur nauséabonde 
n'empêche pas quelques personnes de l'employer comme aliment. 
Les sangliers en sont très-avides. Il n'est pas rare dans le Languedoc; 
a été trouvé à Agen et à Rambouillet. 

On pourrait la confondre avec la truffe comestible; mais celle-ei n'a 
jamais de base radicale. 



2'-*') IJ:>; niAMPIONONS. 



Hyiii. (les sables {Hym. avenarius), Tul., Fanjihijp., t. 10, fig. 2. 
Ilyin. calospore {ITi/m. cahuporus) , Tul., Fun;jl hijp., t. 10, fig. 4. 

Hyiii. orné {ITtpn. decorm), Tul., Fungi hyp., t. 10, fig. 9. Dans les bois. 

Hym. de Klotzscli {Hym. Klotzschii), Tul. {décrit). 

Ilyin. lilace {Hym. lilarinus), Tul., Fimyi hyp., t. 1, fig, 2 , et t. 10, fig. 8. 

Hym. jaunâtre {Hym. /«/eifs, Vittad., t. 3, fig. 0. — Corda, t. 8, fig. 81. — Dans 

les bois. 
Hym. des peupliers {Hym. populetorum) , Tul., Fungi hyp., t. 10, fig. 10. — 

Corda , t. 8 , fig. 83. 
Ilym. tendre {Hym. tener), Bcrkl., Ont., p. 290. — Dans les bois. 
Hym. vulgaire {Hym. vulyaris), Tul., Funyi hyp., t. 10, fig. 13. — Ann. des se. 

uni., 19, t. 17, fig. 1-3. — Corda, 1. 8, fig." 84. — Dans les bois. 

Ordre 3". — TUBÉRAGÉS {Tuheracei). 

Champignons dont la membrane sporophore est contenue dans un 
péridium souterrain , cha/rnu, exactement fermé. 

TnÉCASPORÉS. 

t 

ELAPHOMYGES Ç'Elatfog , cerf. avx}]ç, champignon). 

Cli.impijinon à ti'ame ou chair devenant pulvérulente avec Fà^ïe; à 
péridium épais, dur; à thèques globvdeuses ou obovales. 

Élaphomyce granulé (Elaphomyces graïuilatus). Fr., Syst., 1. 

(PI. LIX,fig. 1.) 

Micli., t. 99, fig. 4. _ Paul., t. 199, fig. 1, 2. — Chev., t. 10, fig. 6. — Tul., 
Ann., t. 2, fig. 7, et t. 4, fig. 3 ; id., Funyi hyp., 2^ série , t. 1, fig. 3. — 
Nées et Henry, t. 10, et Nées, t. 15, fig. 147. — Schroderma cervinum, 
Pers., Syn., 12, t. 4, fig. 2. 

Ce champignon souterrain est de forme ovoïde ou glolnileuse, de la 
grosseur d'une cerise ou d'une petite noix, dépourvu de racines. Son 
péridium e.st dur, ferme, d'un roux .sale ou brunâtre, entièrement cou- 
vert de petites verrues, anguleuses ou obtuses. Sa chair, diin lilanc 
rougeàtre d'abord, ensuite ])rune. Huit jiar so transformer en une 
poussière d'un brun pourpre, entremêlée de fdaments blancs. 

Il croît, sous terre, au printemps, de février à juin, et même en au- 
tomne, dans les forêts de sapins, et dans les terrairi's montueux et sa- 
blonneux. On prétend que les cerfs, les sangliers et les lièvres le dé- 
terrent pour le dévorer. 

\j Elaphomyces granulatus tient le milieu entre les Yesseloups et 
les Truffes ; à l'état sec, il devient fragile et pulvérulent. 

Passe pour malfaisant. On lui attribue néanmoins une vertu émi- 
nemment aphrodisia({ue, qui l'a fait vendre très-cher en Allemagne. 
Odeur vireuse ; goût désagréable. 



DESCRIPTIONS. 221 



Les Élaphomyces ne sont pas d'un usage alimentaire, mais rien ne 
prouve qu'ils sont malfaisants. MM. Tulasne en ont fait prendre des 
quantités considérables à des oiseaux et à des grenouilles , et ces ani- 
maux n'ont pas paru en souffrii-. 

El. à pointes (Ela2)h. aculeatun) , Vittacl., t. 3, fig. 13. 

El. cyanospore {Elapli. cyano-Hporus), Tul., Fungi hyp., t. 3, fig. 5, et Elaph. 

Persoonii 7ninor, Tul., Ann. des se. naf., 16, t. 1, fig. 7, et t. 2, fig. 1-12. 
El. hérisse' {Elaph. echinatus), Vitt., t. 3, fig. 6. — Elaph. aculeatus, Tul., t. 1, 

fig. 5, t. 2, fig. 6, et t. 3, fig. 3. 
EL granule (Elaph. granulatus) , Fï. (décrit). 
El. lisse [Elaph. la/rif/atiis), Desportes. 
El. de Léveillé {Ekqjh. LeveiUei), Tul., t. 3, fig. 7, et t. 19. 
El. murex {Elapih. muricafus), Fr., Syst., 2. — Vitt., t. -4, fig. 6. 
El. panaché (Elaph. variegatus), Vittacl., t. 4, fig. 4 Elapili. hirtus, Tul., Ann., 

t. 841, t. 1, fig. 6 ; t. 2, fig. 3-10 ; t. 4, fig. 2. — Berkl., t. 23, fig. 3. 

TRUFFE, Tuhev (mot latin signifiant trulj'e). 

Péridium verruqueux ou tuberculeux; tîièques courtes disposées en 
veines sinueuses; spores elliptiques, réticulées. 

Truffe d'été (Tuher œstlvum), Vittad. 
Berkl., t. 23, fig. 2. — T. alhklum, Caesalp., 616. — Fr., Syst., 2. 

Nom vulgaire : Truite de la Saint-Jean. 

Truffe arrondie, de la grosseur d'une noix, d'un noir brun, marquée 
de verrues très-grandes, à polygones pyramidaux , striés transversale- 
ment, dont la chair, blanchâtre d'abord, puis d'un jaune d'argile ou 
d'un bistré clair, tirant sur le brun, est parcourue de veines blan- 
châtres, très-nombreuses, entremêlées d'espèces d'arborisations. Spo- 
ranges de quatre à six spores, elliptiques, brunes, réticulées, alvéo- 
lées, les alvéoles étant peu amples. 

Elle vient, en été et en automne , dans les forêts de la France cen- 
trale et méridionale ; odeur aromatique de ferment. 

Le Tuher œstiviim est moins délicat que les Tuber ciharîum et 
bruuiale. En Angleterre c'est la Truffe commune des marchés. 

Truffe comestible (Tnhcr cibarnun) , Sibth., p. 398. 
(PI. LX, fig. 2.) 

Mich., t. 102, fig. 1. — Nées, fig. 147. — Tul., t. 7, fig. 2, et t. 17, fig. 3. — 
Paul., t. 198, fig. 5, 6. — Krombh., t. 59, fig. 1-11. — liarla, t. 44, fig. 19, 
20. — Corda, t. 17, fig. 125, 126. — Huss., I, t. 11. — Tiib. nigrum 
Bull., t. 35G. — Lycoperdon Tuher, \An. 

Noms vulgaires : Truffe noire ; Truffe d'hiver ; Trullb, en Langue- 
doc; riabassa, en Provence. 



212 LER niAMPIGNONS. 



Fongosité irrégulièrement arrondie, de couleur noirâtre, dépour- 
vue de racines , à surface comme chagrinée ou recouverte de petites 
éminences , à peu près de forme prismatique , souvent crevassée à la 
maturité, ayant ordinairement la grosseur d'une noix ou d'un œuf, 
mais quelquefois beaucoup plus grosse, puisqu'on en a vu du poids 
(l"uu Idlogramme. A l'extérieur, sa couleur varie du brun violet ou 
brun cendré; à l'intérieur, elle est blanchâtre dans la jeunesse, puis 
d'une teinte gris foncé, interrompue par des Jignes d'un blanc rous- 
sâtre, nombreuses, disposées en réseau à la maturité. 

Le Tuber fiïbarium se trouve à la profondeur de 8 à 10 centimètres, 
et plus , dans les terrains légers et sablonneux , surtout dans les bois 
de chênes et de châtaigniers des départements du sud et de l'est de 
la France. Odeur et saveur très-agréables. 

Les Truffes fournissent un aliment et un assaisonnement des plus 
reclierchés; on les sert fréquemment sur les tailles somptueuses. Les 
plus estimées sont celles du Périgord, de l'Angoumois et du Quercy. 

Truffe magnate {Tuber magnatum) , Pico, p. 79. 

VittacL, t. 1, fig. 4, et t. 2, fig. 9. — TuL, t. 6, fig. 3, et t. 17, fig. 6. — 
Corda, t. 29, fig. 136. — de Borcli, t. 1, 2. — Krombh., t., 59, fig. 12-18. 
Barla, t. 44, fig. 21-24. — Paul., t. 198, fig. 1, 2. — Tub. griseum, Pers., 
Syn., 2. 

Nom vulgaire : Trutïe grise. 

Tubercule charnu, ayant de 6 à 8 centimètres de diamètre, et même 
davantage lorsqu'il est parvenu à son entier développement , de forme 
irrégulière, arrondie, et quelquefois aplatie, diversement lobée, à sur- 
face lisse ou très-faiblement papilleuse, de couleur jaune sale, blonde 
ou gris terreux. Sa chair, compacte, tendre, d'un blanc jaunâtre, et 
plus tard d'un roux ferrugineux ou rosé, est parcourue, dans tous les 
sens, de veines blanches, très-déliées, réticulées. 

Il croît à l'ombre des saules, des peupliers, et surtout des chênes. 
Rare en Finance ; il a été trouvé aux environs de Tarascon et d'Avignon. 

Cette Truffe est délicate et très-recherchée; son odeur rappelle 
celle de l'ail. 

Truffe à spores noires {Tuber melanosporum) , Vittad., t. 2 , fig. 111, 

et t. 3, fig. 20. 

Tul., Furiffi hyp., p. 136. — Tub. cibarium, Turpiu, Dict. des se. nat., 
Atlas, pi. 1 Roques, Cliamp., t. 24, fig. 1, 2. 

Nom vulgaire : Truffe violette ou du Périgord. 



DESCRIPTIONS. 223 



Trurie d'un noir roussâtre, couverte d'aspérités, dont les verrues 
polygones sont marquées de taches rubigineuses. La chair mûre est 
d'un noir tirant sur le rouge foncé ou d'un violacé noir, parcourue 
par des veines blanches, marquées des deux côtés d'une ligne trans- 
lucide, devenant enfin rougeâtre. Sporanges de quatre à six spores, 
qui sont elliptiques, oblongues, hérissées, opaques. 

Abondante dans le midi de la France et particulièrement recher- 
chée ; odeur et saveur très-agréables. 

Le Tuher tnelanosporum se distingue du Tuber brumale par la 
couleur noire ou violacée de sa chair , ses veines blanchâtres , fines et 
nombreuses. Le Tuber brumale a la chair grise ou bistrée', marbrée 
de veines, plus rares, nettes et d'un blanc mat. 

' Truffe mésentérique (Tuber mesentericuni] , Vittad., t. 3, fig. 19. 
Tul., p. 40. t. 3, fig. 19. — Tub. dharium, Corda, t. 5, fig. 46. 

Noms vulgaires : TrufTe grosse fouine et petite fouine, en Bour- 
gogne et aux environs de Paris ; Truffe samarquo, dans le Condomois. 
Confondue avec la Truffe d'été, dont elle est très-voisine. 

Truffe globuleuse, d'une taille moyenne, noire, raboteuse, à verrues 
anguleuses de grosseur moyenne , ayant une chair gris fauve ou brun 
grisâtre, dont les veines forment des lignes ou sinuosités obscures, 
très-contournéès, rappelant d'une manière remarquable celles du mé- 
sentère. Sporanges de quatre à six spores, elliptiques , réticulées, al- 
véolées, brunes. Odeur et saveur fortes. 

Cette Truffe, non rare dans le centre et le midi de la France , dans 
les environs de Paris, en automne et en hiver, est comestible, mais 
peu recherchée. 

On la confond souvent avec le Tub. cibarium. Très-voisine de la 
Truffe d'été, elle s'en distingue par une chair plus obscure , d'un gris 
fauve, de nombreuses lignes noirâtres, étroites, qui décrivent des tours 
nombreux et irréguliers, parallèlement aux veines blanches, d'où le 
nom de mésentérique lui a été donné. Elle présente vers sa base une 
large anfractuosité, qui semble caractéristique. 

Tr. affine {Tub. affine), Corda, Icon., t. 19, fig. 140. 
Tr. d'été (Tub. œstivum), Micli. [décrit). 
Tr. asa {Tub Asa), Tul., Fungî hyp., t. 5, fig. 2. 
Tr. automnale [Tub. brumale), Vittad., p. 135. 
Tr. comestible {Tub. cibarium), Sibth. [décrit). 



■224 LES C'1IAM1'1GN(JN.S. 



Tr. concoloie (Tub. concolor), Rabh., FI. Xr. 

Tr. du cbèuc {Tub. dryojihUum), Tul., Funrji hyj'-, 1-17. 

Tr. creuse {Tub. excavainm), Vittad., t. 1, fig. 7. 

Tr filamenteuse [Tub. Jihimentosura), Tul., Funyi b>j2)., 151. 

Tr. fétide [Tub. fwtidum) , Vittad., t. 1, fig. 8, et t. 3, fig. 11. ■ 

Tr. de Lespiault (ï\/i. ZespiawZ^n), Tul., Fuii(jihyp.,^\. — Corda, 1. 16, fig. 119. 

Tr. maguate [Tub. monnatum), Pico. (démt). 

Tr. mélanospore (Tub. melanosporum) , Vittad. [décrit). 

Tr. me'senterique {Tub. mesentericum) , Vittad. [décrit). 

Tr. luisante {Tub. nitidum), Vittad., t. 2, fig. 10. — Corda, t. 6, fig. 117. — 

Dans la teiTe de bruyères. 
Tr. ijauuifèrc {Tub. XHinniferum) , Tul., Fuwji hyjp., t. 3, fig. 3, et t. 17, fig. 4. 
Tr. odeur de rave {Ihib. rapœodorum), Tul., Funyi Jiy])., t. 5, fig. 4, et t. 18, fig. 1. 
Tr. de Kequien {Tub. lîequieni). Tul., Fungi liyp., t. 19. 
Tr. rousse [Tub. rufum), Pico. — Daus les vignes et les bois. 

TEUFEZ , Terfezia {terfcz . nom arabe). 
Péridiuiii Jjlanc, lisse; chair non veinée. 

Terfézie Leonis {Terfezia Leonis) , Tulasne , Fungi hyjj., t. 7, fiy. 5, 
et t. 15, fig. 3 (PI. LX, fig. 3). 

Zol)el, t. It5, fig. 122. — Ki-ombh., t. 59, fig. 19-24. — Tuber niveum, Desf. 
— Choiromyces Leonis, Fxjyédit. scient, de VAl(jérie, t. 24, fig. 22-30. 

Noms vulgaires : Tertas, Terfez, Tirlàzen (Algérie). 

Cliarnpignon .souterrain , globuleux, quelquefois pirifornie, lisse, 
entièrement blanc à l'extérieur et à l'intérieur, ayant le volume d'une 
noix et même d'une orange. 

Rare dans le midi de la France ; il est commun en Algérie, dans les 
terrains sablonneux, après les pluies. 

Les Arabes le mangent avec délices, cuit à leau ou avec du lait. 
Des tribus entières, dit M. H. Duveyrier', en font une grande consom- 
mation. En France, ce champignon est d'une qualité inférieure, aussi 
n'est-il pas recherché. 

Terf. odeur de berberis [Terf. berberidiodam), Tul., Funyi hyp., 176. 

Terf. Leonis {Terf. Leonis), Tul. {décrit). 

Terf. leptodeiine {Terf. leptoderma), Tul., Fungi hyp., 175, t. 15, fig. 4. 

Terf. olbiensis {Terf. olbiemis), Tul., Fungi hyp., 176, t. 15, fig. 5. 

Terf. oligosperme {Terf. oUgospenna) , Tul., Fungi hyp., 176, t. 21, fig. 15. 

Ces espèces, toutes assez rares, ont été signale'es en France par M. Tu- 
îasne. On ne dit rien de leurs proprie'te's. 

1 Henry Duveyrier, Exploration du Sahara, p. 208. 

, SXKASBOLUG rYPOGKAl'HIE DE G. SILBEUMAXX. 



GLOSSAIRE. 225 



GLOSSAIRE. 



.%caulc, qui n'a pcis de tige, de support. 

Acotylcdone, de'pourvu de cotylédons. 

Acuniiné, qui se termine insensiblement en pointe. 

.%dné, qui fait corps ou paraît faire corps avec l'organe voisin. 

.%g;aiiie) plante dont les organes reproducteurs sont inconnus. 

Aggloméré, rassemblé en nombre. 

Agrégé, en faisceau. 

Alterne, disposé alternativement. 

Alutacé, qui a l'aspect de la peau. 

Alvéolé, qui a la forme de cellules alvéolaires. 

Anastoiuo.<$c , réunion, entrelacement de nervures. 

Anneau, débris d'une enveloppe partielle qui reste sur le pédicule en forme 

de bague. 
Anthéridie, cellule saillante à la surface fructifère des champignons. 
Apode, qui n'a pas de pédicule ou stipe. 
Apre, rude au goût ou au toucher. 
Aranéeux ou Aracliuoïde, qui est formé de filaments très-fins, figurant par 

leur entre-croisement une toile d'araignée. 
Aréole, cercle coloré de petite dimension. 
Arifiié, courbé en arc. 

AMcendant, qui est courbé à sa base et s'élève ensuite verticalement. 
Ascus , utricule, petite outre dans laquelle les spores sont renfermées. 
Atténué, qui est insensiblement aminci ou rétréci. 
ita.'^ldc ou Basiilîe, utricule qui porte les spores sur un filament. 
nffide, bifurqué, divisé en deux. 
Bourse, enveloppe membraneuse des champignons. 
Itulbeiix, qui a la forme d'un bulbe ou oignon. 
Caduc, qui n'est pas persistant. 
Campanule , en forme de cloche. 

Caplllltlum, nom donné aux filaments renfermés dans les lycoperdons. 
C'arclthe, nom donné par quelques auteurs au blanc de champignon. 
Cellule, vacuole formée dans les tissus. 
Cendré, couleur de cendre. 
Chapeau, sorte de réceptacle qui porte la membrane fructifère de certains 

champignons. 
Charnu, qui a la consistance, l'aspect de la chair. 
Claviforme, qui a la forme d'une massue. 
Cliuode, utricule saillante qui porte les spores. 
Collet, Collier ou Collerette, sorte d'anneau qui se voit sur le pédicule de 

divers champignons. 
Conceptaele, lieu où une chose est contenue. 
< oncolore, d'une même couleur, à des nuances dift'érentes. 
Confluent, dirigé vers un même point. 
Continu, qui ne présente aucune interruption. 
Convergent, qui se dirige vers un même jJoint. 

lô 



■22r, LE.S ('IIA:\I]'IGN0NS. 



4 oiivexM-plaiiC) convexe sur un côté, i)lan sur l'autre. 

«orlliic. ^'ullier (le contexture arachnuùle. 

(oloiiiu'iiv , (jui a ras])i'ct du Cotun. 

('oljl«Mi(»ii, lotjc si'iiiiual des i)lantes. 

« rjplt'. Inlliciilc glanduleuse dont l'orifiee i'urnie une petite fusse. 

Cryictogaiiie , plante dont les organes sexuels ne sont pas bien connus. 

4'iipiilc, récei)tacle ayant la forme d'une coupe. 

<'iipiilir(ii'ni<>, L'U forme de coupe. 

4 yliuilriiiiit', qui a la forme d'un cylindre. 

4 y.^itidc, cellule arrondie ou ovale, faisant saillie au-dessus do riiynu'uium. 

iiériiri-tMit, qui est aigu en arrière et se prolonge sur la tige, le pédicule. 

lléliiliio.xci'iit, qui se liquéfie. 

itt'pi-iiiiô ^ (£ui est comme affaissé sous le poids d'une pression. 

ikicliotoinc, diA-isé plusieurs fois, successivement, en deux branches. 

i>ico(ylr«loiie, plante pourvue de deux cotylédons. 

i>iiiii«Iic>, semi-orljiculaire, connue divisé en deux parties. On dit des feuillets 
qu'ils sont dimidiés quand ils se terminent à une; égale distance du bord du 
chapeau et de la tige. 

iti.seolore, qui présente deux couleurs différentes. 

i»ivai'i<|iiCf écarté. 

itivoi'geiit , qui s'écarte de la ligne droite. 

KeallIeiiK, couvert d'écaillés. 

Enilo<<purc, dont les spores sont logées intérieurement. 

l'.iiroiilv, roulé en dedans. 

Kpiderine, membi'ane mince qui recouvre diverses parties des végétaux. 

Kpipliytc, qui pouse sur un autre végétal. 

Kisciileut , bon à manger. 

lîspccc. végétal qui a sa forme, son organisation propre. 

Kxoeiitrifiiie, qui part hors du centre. 

icxo.sporc, dont les spores sont placées extérieurement. 

Ivvofiqiie, étranger au climat où il est né. 

ï'uinlllc, association de végétaux a3'ant des organes situés les uns relative- 
ment aux autres d'une manière uniforme. 

l'nseieiilé , qui pousse en petites touffes. 

l'ustigié, qui s'élève en pointe et se termine à la même hauteur. 

l'cuillct, lame disposée en rayon, et particulière aux agarics. 

Fibreux, composé de fibres ou filaments déliés. 

Fibrilleiix . couvert de filaments ou de petites stries. 

l'i.stiileiix, creusé en tuyau, en flûte. 

lialielliroriiie, qui a la fcu'me d'un éventail. ' 

l'iave.weeiit , jaunâtre. 

■ioeoii, })L'tite touffe ressemblant à de la laine. 

l'ougiieiix, qui a la forme ou la consistance d'un champignon. 

Frangé, qui a le bord semblaldc à une frange. 

Fugace, qui ne dure qu'un temps très-court. 

Fuligineux, qui est co.uvert d'une sorte de suie. 

Fusee.«eent , brun, basané. 

Fu»4irorn)e, qui a la forme d'un fuseau. 

4i;oia(incux , qui a la consistance d'une gelée. 

4;enre, réunion d"un certain nombre d'espèces ayant des caractères com- 
muns. 

4iilabrc, qui est lisse et sans poils ou aspérités. 



GLOSSAIRE. 227 



(■laiifle. organe qui secrète un liquide. 

4àlaiiiliilciix, qui tient de la nature de la glande. 

<>lniique, de couleur vert blanchâtre. 

«ilcbe, jietite boule, sphère. 

«îougylc, spore, semence des champignons. 

Clongjiifère, qui porte des gongyles. 

Ciiranuleux , couvert de saillies ou rugosite's en forme de granules. 

Habitat, demeure. 

iiiNpidc, couvert de poils longs et rudes au toucher. 

■lygropbauc ) qui est comme transparent. 

Ilyniéuiuiii , membrane fructifère des champignons. 

ii>'iuéuoi»bore, organe qui supporte l'hyménium. 

Ilyiiba, tissu, toile. 

■lypogé , qui vient sous terre. 

luibriqiié, composé de parties qui se recouvrent les unes les autres comme 

les tuiles d'un toit. 
Iiuiiiargiuc , non entouré d'un bord. 
Indigène, qui est natif du pays. 
Individu, être particulier d'une espèce. 
Infiiudibulirornie, qui est creusé en entonnoir. 
I^actusceut, qui donne uu suc laiteux. 
E.aeunc, creux, enfoncement. 
L.aeiiucux , qui a des creux, de petites cavités. 
i.aniclle , feuillet disposé en rayon h la partie inférieure du chapeau ou hy- 

ménophore. 
Libre, distinct, indépendant, qui n'est pas soudé. 
■>ig;neiix, qui a la consistance et le tissu du bois. 
Mamelonné, qui présente à la partie supérieure une petite élévation que l'on 

pourrait comparer à un mamelon. 
Mai-ce.>»cent, qui, après s'être flétri, se conserve desséché. 
.tlarginal , placé au bord. 
niarginé, qui a une bordure. 
iiierisiinia , division ; qui est partagé. 
ifiouocoljiédoné, qui est pourvu d'un seul cotylédon. 
Mitre, réceptacle ou chapeau ayant la forme d'une mitre. 
lUtieilage, mucosité, humeur visqueuse. 
Mycélium, blanc de champignon, filaments produits ])ar la germination des 

spores. 
Narcotique, qui produit le sommeil, l'assoupissement. 
Nervure, filament rameux et saillant. 
Nu, qui est privé d'appendices ou d'enveloppes. 
Ocracé, de couleur de jaune d'ocre ou de limon de terre. 
Ombiliqué, qui présente un petit renfoncement à son centre. 
Ondulé, dont le bord ou la surface forme de petits plis arrondis. 
O|ipo»«é, disposé par paires, les unes vis-à-vis des autres. 
Orbiculairc , arrondi , fait en rCTnd. 
«voïde, en forme d'œuf. 

■■aimé, qui représente une palme, une main. 
l'urapliyse, excroissance, thèque avortée. 
I*araji$itc , qui croît sur une plante vivante. 

Parenchyme , partie de la plante formée de tissu cellulaire seulement. 
Pédicule et Pédicelle, support nu pied du cliapeau. 



228 LES LllAMl'IGNONS. 



i*i-ri(liuiii. enveloppe cxtcricurc des organes de lu fructification, connnc dans 

lis lyciiperdunes. 
■Miaïu-rosanic, dont les organes sexuels sont apparents. 
i>ili>ule, jjartic renflée eu forme de chapeau, lequel porte la membrane fruc- 

t il ère. 
i>Ii'iii-u|ie. qui a le pied latéral. 
i»orc, orifice des tubes des bolétoïdes. 
Port, aspect gene'ral. 

i*ruiiit'ux, qui a l'aspect du givre, d'une gelée blanche. 
l'iiboseeiit. couvert de duvet. 
■■iilpe, substance charnue du chami)ignun. 
i>iilpeii\, charnu, succulent. 
■■>iilvi>riilent , qui est couvert de poudre. 
i*iilvin<', qui a la forme d'un coussin. 
Ilaiiiilication , distribution en rameau. 
itéoeptaele, partie du champignon qui porte ou renferme immédiatement les 

organes Contenant les séminulcs. 
Kénéclii, replié en dehors ou en dessous. 
itonlforuic, en forme de rein. 

ité.'iupiiic, renversé, étalé et portant l'Iiyménium en dessus. 
K(-tioiilé, dont la surface est couverte de ramifications sous forme de réseau. 
itlioinboï«lal, qui a la forme d"uu losange. 
itiide, âpre au toucher. 
itiigncux, qui est ridé, plissé. 
«cabre, qui porte des aspérités, rude au toucher. 
«<>éminirère, qui porte les semences ou spores. 
Ménilniile, graine ou semence des champignons. 
«e.sslle , qui n'est pas supporté par un pied ou pédicule. 
Noiide, plein, non creusé d'une cavité, 
«uu»>-ligiieiix , qui a presque la consistance du bois. 
Mpatiilé, qui a la forme de rinstriimeut appelé spatide. 
Kpt'cifi«|iie, appartenant k l'espèce. 

Mpiciilc, nom donné par quelques auteurs au stérigmatc. 
Kporange. vésicule dans laquelle les spores ou séminulcs sont contenues. 
Spore et gporulc, organe reproducteur ou semence des champignons. 
Wporophore et «poriilifère, qui porte des spores ou sporules. 
Nqiiainifère, qui porte des écailles, qui ressemble à des écailles. 
Ktérigniate, filament qui porte la spore des basidies. 
^•tlpe, le pied, le support des champignons. 
^itipité, qui est pourvu d'un pied. 
*»trie, petite ligne longitudinale. 
sJrlé, marqué de stries, de cannelures. 
•«tronia, tubercule plus ou moins saillant, qui sert de base ou de support aux 

spoiidies de la plupart des champignons épiphytes. 
Subéreux, qui a la consistance et l'aspect du liège. 
Hiibiilé , en forme d'alêne. 

Miicciileut, rempli d'un suc aqueux ou mucilagineux. 
Théqiie, utricule dans laquelle les spores sont contenues. 
Toiiienieiix, cotonneux, couvert d'une sorte de duvet. 
Trame, le tissu, la substance intermédiaire entre l'hyménium et les feuillets 

des agarics et les pores des polypores. 
Tube, partie cylindrique et creuse. 



I 



GLOSSAIRE. 229 



Tubéreiix, renflé en tubercule. 

l'nllatéral, disposé ou dirigé d'un seul côté. 

l'tricule , petite outre ou cellule dans laquelle les spores sont renfermées. 

Variété, individu qui diffère de rcspèce ordinaire, par suite de circonstances 
extérieures. 

veine, nervure peu proéminente et flexueusc, 

velouté , couvert d'un duvet court et doux au toucher. 

veluiu , enveloppe partielle, de texture floccoso-farineuse, qui entoure le ré- 
ceptacle de certains champignons dans le premier temps de leur développe- 
ment. 

vilieux, garni de poils très-rapprochés. 

vlsfiiieux, gluant à la superficie. 

Volva ou Volve, enveloppe générale, membraneuse ou quelquefois gélatineuse, 
de divers champignons dans le premier temps de leur développement. 

Zone, qui est marqué de zones. 



i;}0 LES CIIAMI'KJNONS. 



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231 



LES CIIAMI'KINONS. 



TAULE DES AOMS VlL(iAIIlES. 

{Toxis les chiffres indiquent les payes de la seconde partie.) 



A1)uron, 111. 

Agaric alliaco, G4. — l)laiic, 150. — 
— (lu cliênc , 154, 155. — à jictite 
coifie, 13. — fcincllc, 155. — iiieur- 
trier, 113. — aux mouches, G. — tics 
pliarniacicns, 15G. ■ — jiorrean, G2. — 
j)urj^atil', 15G. 

Annnillcto, 130. 

Aoureillo iVoulmo, 82. 

Aricélous, 186. 

AiTcstcrou, 1G7. 

BarLasiu, 151. 

lîarbe dcbouc,lG6, 175. — de clièvre, 

1G7, 175, 177. — de vache, 1G7. 
Beigoula, 78. 
Bevdauel, 127. 
Bcrdanello, 127. 
Berigoule, 78. 
Bise rouge, 120.. — verte, 38. — ^Taie, 

127. 
Bisotte, 123. 
Blavct, 31. 
Bolé, 136. 
Bolet à amadou, 154. — foie, 132. — 

orange, 134. 
Bordct, 127. 
Bordetto, 127. 
Bovichc de lièvre, 000- 
Boula, 154, 155. 
Boulé, 6. 

Boule de neige, 88. 
Boulet d'agnel, 215. — d'oulmé , 149. 
Boulingoule, 78. 
Boulingoulo, 130. 
Bousiquet, 89. 
Bouterot, 20. 
Braquet, 29. 
Brigoulc, 78. 
Bri quêté, 110. 
Brouquichous, IGG. 
Brugaizello, 20. 
Bruguët, 136. — fol, 139. 
Buisson, 177. 

C'ahcrlas, 87. 
Cadran, 4. 
Calalos, 113, 114. 
Campagnol, 4. 
Campagnola, 89. 
Campagnoulé, 89. 
Camparol d'oulmé, 149. 
Cancer, 187. 



Capellan, 20. 

Cassenado, 37, 39, 42. 

Cassinc, 130. 

Caussetta, 22. 

Cep, 133. 

Cépet, 136. 

Ceps, 133, 136. 

Ceps-fails, 145. 

Ceps noir, 136. 

Chageran, 4. 

Chair de Bavière, 84. 

Cliamois, 167. 

Cliampignon des bruyères, 88. — du 
clu'ne, 155. — de couclie, 89. — de 
fumier, 89. — jaune des sables, 46. 
de l'olivier, 79. — 
- des prés, 89. 



muscat, 29. 



du peuplier, 24. 
Charbonnier, 120. 
Chavane, 111. 
Chavancelle, 154. 
Chénier ventru, 41. 
Chevrelle, 167. 
Chevrette (grande), 168. 
Chevrille, 130. 
Chevrotte, 130. 

Chevrottinc, 130. — écaillcuse, 168. 
Chic-à-la-bague, 20. 
Chogcran , 4. 
Cloroson, 20. 

Clorosse, 20. ' 

Coche, 20. 
Cochcrellc, 20. 
Colombette, 20. 
Commère, 20. 
Comparol d'oulmé, 82. 
Coquemelle, 6. 
Corgne, 78. 
Cormelle, 20. 
Concoumèle,12, 13. — blanche, 6. — gri- 

sette, 12. — jaune, 12. — orangée, 12. 
Couderlo, 78. 
Coulemèle d'eau, 17. 
Couleuvrette, 20. 
Coulsé, 20. 
Courdclou, 36. 
Couveuse, 151. 
Couvrose, 80. 
Cran, 187. 
Cranca, 187. 
Crobillo, 130. 
Crusagnc, 000. 

Cul d'ours, 20. — rouge, 124. — de 
saoumo, 139. — vert, 127. 



TABLE DES NOMS VULGAIRES. 



235 



Darmas, 23. 
Dorade, 4. 
Dorgne, 4. 
Douracrgal, 4. 

Eaubnron, 111. 
Enfant dudial)lo, 185. 
Envinassa, 89. 
Erinace, 167. 
Esca, 155. 
Essalon, 13G. 
Escouljarbc, 36. 
Escravillo, 130. 
Escrobillo, 130. 
Escuraclle, 20. 
Espignette, 177. 
Essau, 130. 

Fausse golmclle,6, 17. 
Faux fayssé, 121, 126, 127. 
Faux jaseran, 6. 
Faux missie , 6. 
Faux mousseron, 03. 
Faysse', 120. 
Foie de bœuf, 132. 
Frigoule, 39. 

Gallinette, 177. 

Ganteline, 175. 

Gendarme noir, 133. 

Gingoule, 78, 

Glu de chêne, 132. 

Golmelle franche, 9. — de voyen, 20. 

Golmotte , 9. 

Grîsette, 12, 20. 

Grosse queue, 136. 

Gyrandelle, 130, 

Gyrole, 130, 143. — rouge, 143. 

Hérisson coralloïde, 170. 

Houpale, 20. 

Houppe des arbres, 171. 

Impudique, 185. 
Irandja, 4. 
Iraux-clier, 127. 

Jannette, 130. 
Jaseran, 4. 
Jaune d'œuf , 4. 
Jaunet, 46. 
Jaunelet, 180. 
Jaunire, 130. 
Jerilia, 130. 
Jirbouleta, 130. 
Jorilla, 130. 

Labyrinthe e'trille, 163. 
Lactaire doré, 116. 
Lamburon, 111. 

Langue de bœuf, 132. — do châtai- 
gnier, 132. 



Langon, 149. 
Latheron, 111. 
Lechocendre's, 130. 
Loufa de loup, 214. 
Lurchon, 167. 

ilacaron des près, 23. 

Mainotte, 175, 177. 

Manetas, 175. 

Menotte, 177. — cendrée, 176. 

Merigoule, 189. 

Michotte, 136. 

Miellin, 149. 

Miquemot, 136. 

Mis.sie, 9. 

Misseron, 29, 89. 

Mitre d'évêque, 193. 

Morchelon, 189. 

Morille, 189, 192. — en mitre, 193. 

Morton, 114. 

Mouricaude^, 193. 

Mourctte, 000- 

Mourillon, 189. 

Moussaïrigo, 34. 

Moussaïron, 29, 34. 

Moussar, 136. 

Mousseron, 29, 31, 34 , 44, 47. — d'au- 
tomne, 63. — de Dieppe, 63. — faux, 
63. — godaille, 63. — pied dur, 63. 

Mouton, 167. — zone, 114. 

Mujalo, 4. — folo, 6. 

Nissoulous, 136. 
Nouret, 80. 

Obson, 141. 

Opson, 141. 

Oburon, 000. 

Oronge (fausse), 6. — (vraie), 4. 

Oreille, 44. — de chardon, 78. — de 
Judas, 184. — de lièvre, 193. — de 
Malchus, 149. — de nouret, 80. — 
d'orme, 82, 149. 

Oreillette. 36, 44,78. 

Ounégal, 4. 

Palombette, 31. 

Palomet, 31, 127. 

Panichaou, 78. 

Panse de vache, 151. 

Parasol, 20. 

Paturon, 20, 89. — blanc, 88. 

Peigne de loup, 163. 

Penchenilla, 167. 

Penchinilia, 171. 

Pezize noire, 209. 

Pibouladc, 24, 42. 

Pied de coq, 175. — de mouton blanc, 

167. ■ — de mouton noir, 152. 
Pinédo, 37. 
Pisseloup ,215. 



\ 



230 



LES CHAMPIGNONS. 



Pivoiilade, 24. — cVuousc, 39, 4-_'. 

(le saule, 24, 85. 
Poivre, 111. 
Polonais, 13G. 
Porchin, 1150. 
Potiron, 88, 89, 136. 
l'ouchcrillo, 1G6. . 

Poule, 177. — do bois, 80, 151. 
PradJlos, 89. 
Prourse, 13G. 

Qniclic, 44. 
Qiiinal d'azé, 100. 

Eabassa, 221. 
Kall'oult, 113, 114. 
Ragoule, 78. 
Eignoclie, 167. 
Piingoulc, 78. 
Rouge, 124. 
Ptougettù, 89, 120. 
Pvougillon, 110. 
Roumanel, 4. 
Roussette, 130. 
Roussille, 134. 
Rou.ssillous, 117. 
Roiissounc, 130. 
Rouzillon, 110. 
.Saint-]\Iartino , 20. 
Satyre, 185. 
Saussiron, 89. 
Sauze'nado, 22, 24, 42. 
Sécadon, 03. 



Sinsa, 155. 
Soreier, 145. 
Sijutjuarel, 22. 

Tatliyron, 111. 

Tertas, 224. 

'I\rfez, 224. 

'l'irlàzen, 224. 

Tournelious, 130. 

Trenioulen, 143. 

Tremoulo, 143. 

Tripette, 175. 

Truffe, 221. — fouine (grande), 223.— 
fouine (petite), 223. — grise, 222. — 

d'hiver, 221 noire, 221. — du Pe- 

rigord, 222. — de la Saint-Jean, 221. 
— samarquo, 223. — violette, 222. 

Truffe, 221. 

Tue-mouches, 0. 

Ursin, 107. 

Vache blanche ,111. — rouge , 1 1 0, 1 1 3. 

Vachotte, 116. 

Vélo, 116. 

Vert, 127. 

Vert bonnet, 127. 

Vert bouteille, 122. 

Vesseloup des bouviers, 21-5. — citro- 

nille, 2l5. — he'rissée, 214. 
Viau, 116. 
Videau, 46. 
Vinois, 89. 



TABLE DES PLANCHES. 237 



TABLE DES 60 CHROMOLITHOGRAPHIES. 



L — Agai'icus csesarcus. 
II. — Agaricus muscarius. 

III. — Agaricus Mappa. — Agaricus pantlicriiius. 

IV. — Agaricus plialloicles. 

V. — Agaricus vaginatus. — Agaricus vaginatus, var. liviclus. 
VI. — Agaricus speciosus. — Agaricus parvulus. 
VII. — Agaricus colubrinus. 
VIII. ' — Agaricus melleus. 
IX. — Agaricus albellus. — Agaricus graveolens. 
X. — Agaricus fusipes. 

XL — Agaricus cLurncus. — Agaricus virgineus. 
XII. — Agaricus Orcclla. — Agaricus Prunulus. 
Xni. — Agaricus crustuliniformis. — Agaricus riniosus. 
XIV. — Agaricus scoroclonius. — Agaricus peronatus. — Agaricus orcadcs. 
XV. — Agaricus Catinus. — Agaricus fragraus. 
XVI. — Agaricus tigrinus. 
XVII. — Agaricus involutus. 

XVIII. — Agaricus tessulatus. — Agaricus ulmarius. 
XIX. — Agaricus coiicliatus. — Agaricus stypticus. 
XX. — Agaricus campestris. — Agaricus arvcnsis. 
XXI. — Agaricus pracstans. 
XXII. — Agaricus violaceus. — Agaricus armillatus. 

XXIII. — Agaricus viscidus. 

XXIV. — Agaricus atramcntarius. 

XXV. — Agaricus deliciosus. — Agaricus plumbeus. 
XXVI. — Agaricus subdulcis. — Agaricus volemus. 
XXVII. — Agaricus toniiiuosus. — Agaricus thciogalus. 
XXVIII. — Agaricus piperatus. — Agaricus vellereus. 
XXIX. — Agaricus lepidus. — Agaricus alutaceus. 
XXX. — Agaricus cyanoxanthus. 
XXXI. — Agaricus virescens. 
XXXn. — Cantharellus cibarius. — Cantharellus aurantiacus. 

XXXIII. — Fistulina hepatica. 

XXXIV. — Boletus cdulis. 

XXXV. — Boletus granuLatus. — Boletus luteus, 
XXXVI. — Boletus luridus. — Boletus Satauas. 
XXXVII. — Boletus scabcr. — Boletus aurantiacus. 
XXXVIII. — Boletus clirysenteron. — Boletus subtomentosus. 
XXXIX. — Polyporus frondosus. — Polyporus sulfureus. 
XL. — Polyporus fomentarius. 

XLI. — Polyporus betulinus. — Polyporus suavcolens. 
XLII. — » Dsedalea qucrcina. — Merulius lacrymans. 
XLIII. — Hydnuiu repanduiu. 



238 LES CHAMPIGNONS. 

XLIV. — Ilydnuiu coralloiiks. — llydnuin Erinaccus. fl 

XLV. — Cratcrcllus coiiiucopioicks. — Cratciellus clavatus. 
XL^'I. — Clavaria Hava. — Clavaria ciiicrca. — Clavarîa amctliystca. 
XL VII. — Clavaria crispa. — Clavaria botrytis. 
XI.\'I11. — Tremclla lutcscens. — Trcnn-Ua mescntcrica. — Exidia glandu- 

losa. — Exidia auricula Juda;. ■■ 

XLIX. — Phallus impudicus. ^ 

L. — Clatlirus canccUatus. 
El. — Morchella csculcnta. — Morcliclla scmilibcra. — Ilclvella cscu- 

Iciita. •* 

Eli. — Ilclvella crispa. — Helvclla lacunosa. — Ilclvella elastica. 
LUI. — Vcrpa digitalifonuis. — Lcotia liibrica. 
EIV. — Pcziza acctaljuluiu. — Peziza onotica. 

LV. — Pcziza aurautia. — Pcziza vesiculosa. — Bulgaria inquinans. 
LYI. — Geaster hygrometricus. — Bovista plumbca. 
E\ H. — Lycoperdon cailatum. — Lj^coperdou gemmatum. 
LVIII. — Sclcroderma vei-ruCosum. — Polj'saccum crassipes. 
EIX. — Elaphomyces grauulatus. — Hymcuogastcr Ivlotzscbii. 
LX. — Mclauogastcr variegatus. — Tubcr cibarius. — Tcrfezia leonis. 



TABLE ALPHABETIQUE. 



239 



TADLE ALPHABÉTIQUE. 



Achorion Schœnleiuii , Bemak. . . . 

J^saric 

Agakicinés 

Agaricus baccatus, Mich 

— bicolor, Fers 

— bivelus, l'r 

- — blattarius, Fr 

— bolaris, l'ers 

— Boltonii, Fi- 

— bombyciims (Volv.), Schaejf'. 

— blennius, Fr 

— ■ brevipes, Bull 

— brumalis, Fr 

— buUjosns (Aman.) , Bull. . 

— BuUiardi, Pers 

— byssisedus, Pers 

— acerbus, Bull 

— acicuLa , Schaeff. 

— acris (Lact.), Bull 

— acris, Boit 

— acute squamosus , Weinm. . 

— acutns , Pers 

— acuminatus , BttU 

— adiposiis, Fr 

— Adonis, Bull 

— adustus, Fr 

— segerita, Baft 

— sereus, Pers 

— seruginosus, Curt 

— œleodes, Fr 

— aimatochelis, Bull. . . . 

— albellus, DC. 

— albo-cyancus, Desm. . . . 

— albo-violaceus, Pers. . . . 

— albus, Fr 

— alcalinus, Fr 

— algidus , Fr 

— alliaceiis (Marasm.), Juc^. . 

— allochrous, Pers 

— alutaceus (Russula), Pers. . 

— alutipes, Lasch 

— araadelphus, Bull 

• — amarus, Bull 

— amethysteus, Bull. . . . 

— amcthystinus, Sco}). . . . 

— aniiauthinus , Scop. . . . 

— ammoniacus, Fr 

— ammophilus, Dur. ut Lév. . 

— androsaceus, Linn. . . . 

— aiifractus, Pers 

— anisatus, Pers 

— animlarius , Bull 

— aiiomalus, Fr. . . . . ■ 



TEXTE. 


ClIliOMO- 




Ml -^ 


tlTlIO- 


l'^^ PARTIE. 


2^ PARTIE. 


GRirillES. 


rages. 


Pages. 


Planches. 


199 


)) 




)> 


o 




)) 


3 




)> 


15 




)> 


35 




>) 


104 




)) 


28 




)) 


103 




)) 


97 




)) 


12 , 16 




)> 


118 




)) 


32 




>) 


75 




54, 78 

)) 


8, 15, 16 
103 






87 
•29 




)> 


65 * 




221 


110, 111 




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119 




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102 
38 
22 

103 





240 



LES ('I1AM1'1(;N0NS. 



Agtaricus appoiuliculatns, Jlull. 

— ai)j)lic;itns, Bafacli . . . 

— Aquildlii, Paul 

— aracliuostrcplms, Letell. . 

— araneosus, Bull. . . 

— araneosus violaccus, Jiull. 

— argentatus, Fers. . . . 
u-enarius, iMterr. . . . 



arcnatus, Bc7-s. 
anueniacus, tSchaef. . 
annillatus, Fr. . . . 
armoricanus, Crouan . 
arvcnsis, Schaef. . . 

asper, l'ers 

aspiclc'us, Fr. . . . 
atomatus, Fr. . . . 
atramcntarins , Bull. . 
atrorufus, Schaeff. . . 
atn )tomentosns , Batsch 
attcnuatus, DC. . . . 

augustns, Fr 

aurantiacns, Bull. . . 
auraiitiacus (FI. dan.) . 
aurantius, /Schaef. . . 
auratus, Kronibh. . . 
aiiratus, Schaeff. . . 
aureus, 2Iait. . . . 



Auvicula, Fr. . . 
Auricula, Fers. . . 
aurivcUus, Batsch . 
azonites, Bull. . . 
Cacabus, Fr. . . 
cscpïcstipcs, fSom. . 
ca'sareus , tScoj). 
caligatus, Vivian. . 
caligincsus, Jungh. 
calloclirous , Bers. . 
callosus, Fr. . . . 
calojjus, Bers. . . 
canij^anclla, Batsch 
campanulatus, Lin. 

campcstris, Lin. 

camplioratus, Bull. 
campylus, Otlo . . 
camnrus, Fr.. . . 
candicans, Fers. . 
Candollianus, i-V. . 
caninus, Fr. , . . 
capillaris, Schum. . 
Carcliarias, Fers. . 
Carpini, Fr. . . . 
castanciis, Fr. . . 
castancus, Bull. . . 
Catinus, Fr. . . . 
caudatus, Fr. . . 
cepaceus, Fr. . . 
ceratopus, Fers. 
ceruuus (FI. dan.) . 



TEX 



ire l'AUTlK. 



Pages. 



45, 46 



59, 93 



110, 111 



21 
155 



)43, 45, 52,) 
/ 116 



48, 119 



TE. 

2'' l'Ainiic. 

Pages. 

94 

85 

77 , 85 

103 

101 

99 

103 

31 

103 

104 

100, 104 

85 
88, 93 

16, 27 

108, 118 
96 

105, 107 

95 

77 

24, 28 

93 

6 

119 

21, 27 
31 

128 
28 
36 
79 
28 

109, 119 
75 

17, 27 
4, 15 

22, 27 
96 

102 

93, 95 

08 

75 

96 

89 , 93 

109 
118 
103 

75 

94 
103 

66 

27 

80 
100, 104 
101 
69, 75 

96 

08 

66 

95 



CIIIIUUU- 

IITIIO- 

GIIII'IIIKS. 

Planches. 



XXli 
XX 

XXIV 



XX 



XV 



TABLE ALPHABETIQUE. 



241 



Agaricus ccrvinus, IJoJf'ni. 

— chlorantlius , 7'V. . 

— cluysoleucus , Fr. . 

— cluysorheus, Rahh. 

— cilicioides, Fr. . 



— ciinicarius, Fers. 

— cinereus, Scliaeff'. 



cmcreus, Bull. 
cinnamomeus , 
cinnamomeus, Fr. 



Lin . 



citrincUus, Fers. . 
cladoj^liyllus , Lév. . 
claviciilaris, Fr. . . . 

clavns, Lhi 

clusilis, Fr 

clypcatus. Lin 

clypeolarius, FiiU. . . 
coccincus, tSchaeff'. . . 

coccineus, Fr 

coclileatus, Fr 

C'occola, tScojy 

cœrulescens, Fr. . . . 
cohserens, Alb. et tSchw. 
collinitvis. Fers. 
colubriiius, Bull. . . . 
columbetta, Fr. . . . 

Colus, Paul 

comatus, (FI. clan.) . . . 

comatus, Batt 

conchatus, Bull. . . . 
congregatns , Bull. . . . 

conicus, Fico 

conoce])halus, Bull. . . 

conopliilus, Fr 

consobrinus, Fr. . . . 
contiguus , Bull. 



contru versus. Fers. 
copi'ojjhilus, Bull. . . . 
coriiucopise. Fers. . . . 

cuvonilla, Bull 

coiTugis, Fers 

corticalis, Bull 

corticatus, Fr 

corticola, Schmii. . . . 

craspe clins, Fr 

crassus, Batt 

Cïatei'ellus, Dur. et Lév. 

cretaceixs, Fr 

crinitus, Schaeff. . . . 

cristallinus, Fr 

cristatus, Fr 

crocatus, Fers 

crocatus, Schrad. . . . 
croceo-fulvus, DC. . . 
Crouaiiii, Fe Guern. . . 

eruentus, Fr 

crustiiliniformîs, Bull. 

cumatilis, Fr 

cupularis, Bull. . . . 



TEXTE. 


CHUOMO- 




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LITIIU- 


1^^ PARTIE. 


2" PARTIE. 


GRANIIBS. 


Pages. 


Pages. 
75 


Planches. 


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XIII 


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242 



LES CHAMPIGNONS. 



Agaricus cyanesccns, Jurlx. . 

— cyanciis, Bull. . . . 

— cyancus, Pers. . . . 

— cyanitcs, Secr. ' . . 

— cyanitcs, Fr 

— cyanoxanthus , Pe?'*'. . 

— cyanoxanthus, Schaep. 

— cyatliiforniis, h'c/taeff'. . 

— cylindi'aceus, Fr, . . 

— cyiihclliL'formis, Berld. 

— Dactyli, Crouan. 

— debilis, Uull 

— Dclastrii, Mont. . . . 

— dcliciosus. Lin. . . . 

— (leliciosus, Fr. . . . 

— delicus, Batt. . . . 

— deliqucsccns, Fr. . . 

— denigratus, Pei's. . . 

— depallens, Pers. . . 
depluens, Batsch. . . 

— destiiiens, Brand. . 
dictyorhizus, DC. . 

— digitaliformis, Bull. . 

— digitalis, Batsch. . . 

— dilatatus, Fr. . . . 

— diuiidiatus, Bull. . . 

— discopus, Lév. . 

— disseminatus, Pers. . 

— domesticus, Pers. . . 

— dryinus, Pers. 

— dryophilus, Bull. . . 

— Dunalii, DC. .... 

— dycmogalus, Bull. . . 

— eiourneus, Bull. . . . 

— eburneus, Fr. . . . 

— echinatus, Both. . . 

— echinocephalus, ViUad. 

— edulis, Bull 

— elatior, Pers 

— caieticus, Fr. ... 

— ephemeroides, Bull. . 

— ephemerus, Bull. . . 

— epibiyus, Welnm. . 

— epichysium, Per*. . . 

— epipliyllus, Fr. . . . 

— epiptcrygius, Scop. 

— cpixantluis, Paul. . . 

— ericctorum, Bull. 

— ermineus, Fr. . . . 

— Eryngii, DC. .... 

— erythroceplialns, DC. . 

— erythrupus, Pers. . 

— csculentus, Jacq. . . 

— cuniorplius, Pers. . 

— excelsns, Fr. . . . 

— cxcuriatus, Fr. . . 

— cxpalllcns, Pers. . 

— cxstinctorius, Paul. . 



TEXTE. 1 


CHROMU- 






IIT80- 


l^e PARTIE- 
Pages. 


2^ PAllTIE. 


Kiupiiies 


Pages. 


l'ianches. 


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75 




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107 





TABLE ALPHABETIQUE. 



243 



Agaricus evernius, Fr. . . . 

— excoriatMS, Hcliaeff. 

— fahaceus, BerM. . . 

— farneus, Faid. . . . 

— fasciatus, jFr. . . . 

— fascinans, Fr. , . . . 

— fascicularis, Hmh. . . 

— faveolaiis, Mont. . . 

— fertilis, Alb. et Schic. . 

— felleus, Fr 

— fibrillosus, Perx. . . 

— fibula, Bull 

filamentosus, Scaj}- 

— filopes, Bull 

— fimbriatus, Boit. . . 
' — fiuietarius, Lin. . . . 

-^ fiinetarius, Lour. . . 

— fimicola, Fr 

— fimijoutris, Boit. . . . 

— finiius, Fr 

— fistulosus, Bull. . . . 

— flaccidus, Soiv. . . 

— fllavidiis. Boit. . . . 

— flavo-albus, F/-. . . . 

— flexuosus, Scliaejf. . . 

— flocculosus, Df. 

— fluxilis, Fr 

— lœniculaceus, Fr. . . 
fœnisccii, Pers. . . . 

— fœtens , Pe^-s 

— fœtens , Secr 

— fœtens, Fr 

— fœtidus, tSmc 

— ■ fœtor, C'ord 

— fragilis. Lin 

— fragilis, Pers. . . . 

— fragrans, Soiv. . . . 

— Friesii, Ljctsch.. . . . 

— fuligiuosus, Fr. . . . 

— fulgens, Alb. et Schv. 

— furcatus, Pers. . . . 

— furnaceus, Letell. . . 

— fusco-purpureus, Pers. 
— • fusipes, Bull. . . . 

— galericulatus , >Soo2i- . 

— galochroa, Bull. . . 

— galopus, Pers. . . . 

— galopus, tSchrad. . . 

— gambosus, Fr. . . . 

— Ga.idelli, Fr. . . . 

— geminus, Pend. . . . 
geimuatus, Paul. . . 

— geogenius, DC. . . . 

— Georgii, Lin. . . . 
gcotropus, Bidl. . . 

— gibbus, Pers. . . . 

— gigantcus, Soir. . . . 

— gilvus, Pers 

— glàndulosus, Bull. . . 



TEXTE. 


CIIROMO- 


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lITIIll- 


lie PARTIE. 

Pages. 


2^ PARTIE. 


GRJPllIK^. 


Pages. 


Planches. 


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XV 


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80, 86 





2-J4 



LES CHAMPIGNONS. 



ficus gl;iucoj)us, Schaeff. . . 

- gloioccplialus, DC. . . 

- glutiiiosus, Schaeff. . . 

- glyciosmus, Lcnz. . 

- Cromplms, Fers 

- gossypinus, Bull. . . 

- gracilis, Fr 

- gi'acillimus, Weinm. . . 

grauiiuum, Lih 

grammc'podius, Bull. . 
grauulusus, Batsch. . . 
gravcolens, Fers. . 
griseo-fuscus, DC . 

giùscolus, Fers 

gi-iseo-pallidus, Desm. . 

gi'iscus, Fr 

g^'iniiopodius, Bull. . . 

gypscus, Bull 

gyrinus, Bull 

gyroflcxus, Faul. . . . 
hariolorum, Bull. . . . 
baematoceplialus, Mont. . 
hœinatopus, Fers. . . . 
lijematospermus, Bull. . 
hedeosinus, Fers. . . . 

helvolus, Bull 

lielvolus, Fers 

hemitiichus, Pe?v. . . . 
Hcudersonii, Fr. . . . 
hepaticus, Batsch. . . . 
hercinicus, Fers. 
heterophyllus, Fr. . . . 

hiascens , Fr 

liiunuleus, Soie 

humesceiis, Lév. . . . 

Hndsoni, Fei-s 

hydrograininus , Bull. . 
hydropliilus, Bull. . . . 
hydrophonis, Bull. . 
hyemalis, Oshech. . . . 
hypiiicola, Fers. . 
iclioi'atus , Batsch. . 

ileopodius, Fr 

ilicinus, DC 

imbricatus, Fr 

incisas, Fr 

inconstans, Fers. . . . 

infractus, Fe7-s 

int'undibulit'ormis, Bull. . 
infundibuliformis, Schaeff'. 



iiisidi(>sus, Letell. 
iiisititius, Valu. . 
insulsus, Fr. . 
integer, Fr. . . 
integcr, lAn. . . 
integrcllus, Fers. 
in versus, Scoj). . 
involutus, Batsch. 



jonquilla, Lév. et Faul 



TEXTK. 


CUROHV- 


"^ M 


•^ — 1 — 


LITIIO- 


l^'e PARTIE. 


2e PAKTIK. 


CIUPHIES. 


Pages. 


Pages. 
102 


Planches. 


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14, 16 




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72, 76 




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74, 77 


XVII 


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87 





1 

I 

i 



TABLE ALPHABETIQUE 



245 



Agaricns juLariims, Bull 

— jiuicicola, Fr 

— juiicorum , Orouan 

— labyrintliit'oruiis, BidJ 

— laccatus, /Scop . x. 

laciniatuR, Lamh 

— laciymahundus, Bull 

— lacteus, Paul 

— lacteus. Fers 

— lacteus, Bull 

— lactifluus necator, Pers 

— lavigatus, Pers 

— lamellirugus, DC. 

— laniproccplialus, Bull 

— Lamyanus, Alont 

— laterijies, Desin 

— leiocephalus, DC. 

— leuticularis, Lasch 

— lepideus, Fr 

— lepidus, Fr 

— lepista, Fr , . . . 

— - leporinus, Pers 

— leptoccphalus, Pej's. ..... 

— leucopodius, Bull 

— leucopus, Fr 

leucoxanthus, Pers 

— licinipes, Bull 

— liguatilis, Fr 

— limonius, Fr 

— lineatus, Bull 

— lividus, Bull 

— Loveianus, Berlcl 

— lucidus, Pers 

— hu-idus, Pers 

— luteo-albus, Boit 

— luteoliis, Lasch 

— luxurians, Batt 

— - maculosus, Pers. 

— maleficus, Roq 

— mamiiKjsus, i^y 

— ■ Mappa, Batsch S 

— margiuatus, Batsch. . . . ^ . 

— luastoideus, i^r 

— maximus, xL^5. et >Sc/»c 

— médius, Schuvi 

— melanospermus, Bull 

— melleus (FI. dan.) 

— melleus , Vahl 

— merdarius, Weinm 

— mesomovphus, Bull 

— metachrous, Fr 

— metatus, Weinm 

— micaceus, Schaef. 

— minor, Bull 

— mitis , Pers 

— mitissimus, Fr 

— mollis, Schaeff. 

— niontauus, Pers 



TEXTE. 


CHROMO- 


— III -^ I 


LIIHO- 


iri" P.VETIE. 


2e PARTIE. 


(HI.1P1IIF,S. 


Pages. 

1) 


Pages. 
104 
67 
107 
163 
73, 76 


Planches. 


146 

.) 
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>> 
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1» 
n 
1) 


94 

129 
124, 129 

66 
113 

67 

87 
103 

86 

118 

11, 15 

15 




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206 


5, 15 

28 
19, 27 


III 


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16 
94 

22, 28 




53, 96 


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94 

27 






76 
67 
107 
13 
86 




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119 

75, 87 

95 





246 



LES CITAMnaNONS. 



Agar 



ic'us Mori, Batt 

nmcidus , Schrad. . 
Mucor, Battich. . . 
nmcosus, Bull. . . . 

mnllcns, Fr 

multitbrmis, Fr. . . 
muralis, tiwartz. 
muricatus, Fr. . . . 
inuiiiiaccixs, Bull. . 
murinus, Roq. . . . 
iiiupcariiis, Lin. . 
imistelliniis, Jfii/i. . 

iiuisteus, Fr 

mutabilis, Schaef. . . 
mycenoides, Fr. . . 

naiius, Bull 

Napus, Fr 

naucimis, Fr. . . 
nauseosus, Fers. . . 
ueapolitauus, 7Vr,«. . 
nebulaiis, BatscJi. . 
necator, Per.i. . . 
necator, Bull. . . . 
nidulans, J'em. . . 
iiigei", ScJnrein. . 
nigricans, Bull. . . . 
nigricans, Fr. . . . 

nitens, Bull 

iiitidiis, Schaeti'. . 

nitidus , Fr 

nitidus, Pers. . . . 
nitidus (FI. dan . . . 
niveus. Fers. . . . 
nôctilucens, Lér. . . 
notatus, Fers. . . 

niulus, Bull 

nycthemenis , Fr. . . 
obbatus, Buah. . . . 

obliquus, Fers 

obturatus, Fr. . . . 
obtusatus, Fr. . . . 
ochrncena , tSirarfz. . . 
ochroleiicus, Fr. . . 
oclirûleucus. Fers. . . 
odorus, Fers. . . . 
olearius, FC. . . . 

Oniscus, Fr 

opliites, Lév. et Fend. 
Orcella, Bull. . . . 
oreades , Boit. 
orellanus, Fr. . . . 
ostreatus, Jac^j. . . 
ovatus, Schaef. . . . 
ovoïdes albus, Bull. . 
ovoideiis, I)(J. . . . 
pallidus, Fers. . . . 
palmatus, Bidl. . . . 

pantherinus, i)f'. . . 



TEXTE. 


CHRODO- 


- --^ — — 




LITIIO- 


l^e rAUTlE. 


2« PARTIE. 


CRJI'I1IF.S.- 


Pages. 


Pages. 


PlaiicliL's. 


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23, 28 

67 

102 

68 

102 

76 

28 

45, 56 

11, 15 




78, 188 


6, 15 




II 


28 
118 
28 
28 
67 




M 


102 

20, 27 

129 




48, 119 


69 




83, 190 

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38 
115 
114 

86 

86 
125, 129 




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125, 129 




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69, 191 


79, 86 
76 




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15 




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47 


XII 


52, 151 


68 


XIV 


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103 




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80, 86 




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108 


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6 




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6, 15 




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119 

87 




r/9, 82, 83, 
/ 188, 206 ) 


7. 15 


III 



TABLE ALPHABETIQUE. 



247 



Agaricus pannuoides, Fr 

— papilionaceus, Jjull. 

— papillatus, Batsch 

— 2'^i'S^i^i'^"^'s, Batsch. . . . 
parilis, Fr 

— parvulns, We'mm 

— Pauletii, Paul. . . . . 

— Paxillus, Batt 

— pectinaceus, Bull 

— pediodes, Fr 

— pelianthiuus, Fr 

— pellospermus, Bull. . . . 
percomis, Fr 

— perforans, Fr 

perpendicvilaris, Bull. . 

— peronatus, Boit 

-- perpusillus, Fr 

— personatus, Fr 

— petaloides, Bull 

— pezizoides, Kees 

— Phœnix, 3Ech 

— phseophthalmus, Fers. . . 

— phseospermus, Fr. . . . 

— phalenarum, Bull 

— phalloïdes, Fr 

— pliyllopliilus, Pers. . . . 
■ — ■ jihysaloides , Bull 

— phonospermus, Bull. . . 

— picaceus, Bull 

— pileolarius, Bull 

— pilulifoimis, Bull 

— piperatus, Scoj) 

— plancus, Fr 

— platyceps, Pers 

— plicatilis, Fr 

— plumbeus, Bull 

politus, Pers 

— polygrammus, Bull. . . . 

— polymyces, Pers 

— pometi, Paul 

— Pomonse, Lenz 

— porphyrius, Fr 

— porreus, Fr 

— prascox, Pers 

— prœstans, Cord 

— praetorius, Schwein. . . . 

— prasiosmus, Fr 

— pratensis, Pers 

— pratensis, Fr 

— pratensis, Scluef. .... 

— praticola, Vittad 

proboscideiis, Fr 

— procerus, Scop 

— pruinosus, Lasch 

— Prunulus , Sco^) 

— psammocephalus, Bidl. . . 

— pseudo-androsaceus, B^dl. . 

— pterigenus, Fr. . . . . . 



TEXTE. 


CIIROMO- 


.- nii 




IITHU- 


pe PARTIE. 


2^ PARTIE. 


GRiPHIES. 


Pages. 


Planches. 


,> 


87 




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96 




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108 




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118 




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13, 16 


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126, 129 




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35 
81, 86 
87 
95 
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94 
96 


XIV 


a4, 40, 54, 

/82, 187, 206 


8, 15 


IV 


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76 
95 

45, 46 
108 




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38 




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28, 94 




53, 59, 221 


111, 118 


XXVIII 


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112, 118 


XXV 


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76 




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86 
33 
15 




15 


68 




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25, 28 




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98, 103 


XXI 


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15 




15, 16 


68 




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43 
43 
94 
90 
87 




52, 55, 148 


20, 27 




)) 


76 




15, 150 


47 

104 

76 

67 


XII 



248 



LES CHAMPIGNONS. 



Agaricus pudicus, Bull. . . 

— pulvcvulcntus, Ihdl. 

— puniilus, Bull. . 

— j)uiK'tatus, Fers. 

— purjjurasceus, Fr. 

— ]iiniis, Berg. . . . 

— 2'^i^i^l'J'^ ) iioffm. 

— pyramidalis, Scop. . 

— ]iyi-ogalus, Bull. 

— pyxklatus, Bull. 

— quic-tiis, Fr. . . . 

— racemusus, Pers. . 

— radians, Desm, . . 

— radiatus, Boit. . . 

— radicosus, Bull. 

— rai^haiioides, l'ers. 

— rauiL-alis, Bull. . . 

— lamentaceus, Bull. 

— ravidus, Bull. . . 

— recutitus, Fr. . . 



retrius, Porta. 



lesimus, Fr. . . 
rachodes, J^ttad. 
rhagadiosus , Fr. 
rbodopolius, Fr. 



rimosus, Bull. . . . 
robustus, Alb. et Schw. 
rosaceus , Fr. . . . 
rosellus, Pers. . . . 

rotula, Scop 

ruber, Fr 



TEXTE. 



l'e l'AKTIE. 



Pages. 



15 



15 



2^ PAETEI. 



lubescens, Pers ■ 

rubro-niarginatus , Fr 

rufo - candidus , Schaef. .... 

rufus, Scop 

rufus, Pers 

rugosus , Bull 

Russula, Schaeff. 

rusticus, Fr 

saccbarinus, Batsch 

sailor, Fr 

salignus, Fr 

salignus , Alb 

sanguiflmis, Paul 

sanguineus, Bull 

sauguineus, Wulf. 

sanguinolentus, Alb. et Schw . . 

sarcocepbalus, Fr 

sardonius, Schaeff. 

scorodûiiius, P'r 

scrobiculatus, Scop 

scruposus, Fr 

scypbiformis, Fr 

scyphoides, Fr 

seniiglobatus , Batsch 

sepai-atus, Lin 

septicus, Fr 

serifluus, DC. 



189 
13, 14, 37,/ 
53, 55, 137.! 



43 

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54 

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44 

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13, 54, 189 
67 



15 
76 



52 



Pages. 

25,28 

92 

66 

104 

102 

67 

66 

68 

112, lis 

76 
112, 119 

108 
108 

28 
103 

68 

28 
129 

15 

13, 16 

119 

27 

28 

46 
49, 59 

28 
129 

67 

68 

126, 129 

9, 15 

G7 
106 
113, 119 

34 

67 

35 

76 

69 
103 
81, 86 

>> 

119 

127, 129 
103 

95 

129 

69 

118 

23, 28 

76 

76 

91, 94 

96 

86 

118 



CIIROVO- 

LITUU- 

GRIPUIF.S. 

Planches. 



xm 



XIV 



TABLE ALPHABETIQUE. 



249 



Agaricus serotinus , Schrad. . . 

— setigcr , Paul 

— setipes, i^r 

— silaceus, Fers 

■ — siiiuatus , J^r 

— soboliferus , Hoffm. . 

— socialis, DC. 

— solitarius, Bull 

— spacliceo-griseus , /Schaejf 

— spadiceus , Schaeff. . ■ ■ 

— spathulatus , Pers. . 

— spcciosus, Pr 

— spectabilis, Pr 

— spliagnicola , Berhl. . ■ 

— sphaleromorphus, Pull. . 

— spissus, Pr 

— splendens , Pem. 

— spodoleucus, Pr. . . . 
spodophyllus, Kronihh. ■ 

— squaraosus. Pers. . . 

— squamosus. Bull. . ■ ■ 

— squamulosus , Pers. . ■ 

— squavrosus, Mull. . ■ ■ 

— stanneus, Vaill 

— stipatus, Pers 

— stercorarius , Pr. . . 

— stercorarius, Bull. . . 

— stercoreus, Sco2}. ■ ■ 

— stereopus, Pers 

— stcrquilinus , Pr. . . ■ 

— strangulatus, Pr. . ■ ■ 

— streptopus, Pers. . . ■ 

— striatulus, Pr 

— striatus, Bull 

— strobiliforniis , Vittad. 

— strobilinus . Sow. 

— stylobates, Pers. . ■ ■ 

— stypticus (Panus), Pr. . 

— stypticus, Bull 

— suaveolens , Schum. . . 
suavis, Pers. . . . ' ■ 

— subatratus , Batsch. . 

— sul)dulcis, Bull 

— subferrugineus , Batscli. 

— sublateritius , Schaeff. . 

— subnotatus, Pers. . 

— subtilis, Pr 

— sufFrutesceus , Brof. . 
— ■ sulfureus, Bull 

— supiuus , Pin 

— sylvaticus , Schaeff'. . . 

— sylvicola, Vittad. . 

— tabularis , Pers. 

— tabularis , Pr 

— tardus , Pers 

— tcgularis, Schum. 

— tentatula, Bull 

— tergiversans, Pr. . . ■ 



TEXTE. 1 


CUROUO- 


-- — III 


— — 


IITHO- 


1^^ PARTIE. 


2" PARTIE. 


GIUPBIES. 


Pages. 


Pages. 

86 


Flanelles. 


45 

)) 
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)) 
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90, 94 

67 

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94 

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76 
26, 29 

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94 

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108 
108 

76 
108 

16 

76 

86 

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10, 16 

67 

67 


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(59,68, 191, 






/ 205, 224. 






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84, 86 


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119, 148 


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97 




53 


113, 119 


XXVI 


>> 


104 




223 


92, 94 
103 
97 
77 
36 
67 




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91, 94 




45 


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33 
103 

70 
95 

67 
108 





250 



l.KS CllAMI'IGNONS. 



TEXTE. 



Lgaricus tessulatits , Bull. 

— theiogalus, Ihdl. 

— tiyrinus , Bull. . 

— tintiniial)Tiliiin, l'aul. 

— titliynialiiiurt , tSco]} 

— tituliaiis, Jjitll. 

— tcigularis, JJu/l. . 

— tomentiiSiis, Jju//. 

— tonninosus, tSchaeif. 

— torquatus, Fr. . 

— torulosus , Nées. . 

— t or vu s , Fr. . . 

— traganus , Fr. . 

— transluccns, DC. 

— treiiitiliis, Scliaeff. 

— trieliotis, Fers. 
■ — truncornm , ScJwep 

— TuLa, PrtwZ. . . 

— tuniesccns , Vivian 

— tultcrusus , l'idl. 
tnrljiiiatiis , Un//. 

— tiirpls, ]\'einm. . 

— typhoidcs , J3ti//. 

— uliginosus, Berld. 
■ — nlinarius, ij'a;//. 

— iimbellatus, Fr. . 
■ — iinihellifcrus , X/«. 

— uml)ilicatus, Bu//. 

— umbilieatus, Schaejf 

— unibratilis , Fr. . 
■ unihrimis , l'er.i. 

unguieularis, Fr. 

— m-ens, Bid/. . . 
iividus, Fr. . 

— udus, Pers. . . 

— vaginatiis , Bu//. 

— Vaillantii , Fr. . 
~- validus, Berld. . 
■ — vaporarins, KroinOL 

— vaporarius, Otto. 
varialjilis, Pers. . 

— variegatus, Pers. 

— varius, Schceff. . 

— vellereus , Fr. . 

— velutiiuis, Pers. . 

— ventosus , Fr. . 

— venius , Bu//. . 

— verrucosus, Bu//. 
vetcrnosus, Fr. . 

— viberinns, Fr. . 

— vibratilis, Fr. . 

— villaticns, Brond. 

— violaceo-cinereus, Pei 

— violaceo-fulvus , Bat.-^ 

— violaceo-lamellatus , 

— violacens, lAn. . 

— vi])erinus, 7<>. . . 

— vii-(fsccns, Sc/uifif. . 

— virescens (FI. dan.). 



s. 
cit 
DC 



ire pAitTlK. 


2*' I-AKÏIK. 


Pages. 


Pages. 


>> 


82, 86 


59 


114, 111» 


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73, 77 


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115, 118 


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99 


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15 


54, 115 


127, 129 


)> 


8 



ClIROHn 

LITIKI- 

rill(l'IIIF.$. 

Planehus. 

XVIII 

XXVII 

XVI 



XXVII 



XVIII 



XXII 
XXXI 



TABLE ALPHABETIQUE. 



251 



Agaricus virgineus, Fr. 

— A-irgineus, Jacq. 

— viridis , Paul. 



virosus, Paul. 



viscidus , Lin. 
vitellinus , Pers. 
vitilis , Fr. 



Vittadini , Moret. 



— volemiis , Fr. . . 

— volvaceus , Bull. 

— vulgaris, Pers. . 

— vulpinus , Fr. . 

— zonarius , Bull. . 

j%iiiani(a 

Anianita alba, Pers. . . . 

ampla , Per«. 
— ■ cîtrina , Pers. 

incarnata , Pers. . 

— pusilla , Pers. . 

— lunbrina, Pers. . 

— veuenosa Pers. . 

— virgata, P^ers. . 

Aruiillaria 

Ascobolus paiiilhitus, Wallr. 
Aspergillus fiavus, Wied. . 

— nigncans , Wied. . 
Auricularia papyrina, Bull. 

— Sambuci, Pers. . 

AUEICULARINÉS 



Basidiosporés 



Biatora campestris 

Bolbitius 

Uolet 

BOLÉTOÏDES 

Boletus œreus, Bidl 

— œstivalis, Paid 

— albus, Pers. . . . • . 

— aniarus , Pers. . . , . 
aniiulatus , Bidl. . . 
appendiciilatus, Schaeff. , 
armeniacus, Pers. . . . 

— aurantiacus , Bull. . . . 

— badius, Fr 

■ — bovinus, Lin 

— bracbyporus, Per.<). , . . 

— calceolus, Bull 

— calopus, Fr 

— castaneus , Bidl 

— chiyseuteriion, Bull. . . 

— cinereus, Pers 

— circinaiis, Pers 

— collinitus , Schaeff. . 
cyanesceiis, Bull. . . . 

— edulis, Bull 

— elegans, Sclmm. 



TEXTE. 


CUROHO- 




-^ ■■■ — - - 


I.iTIIO- 


l^e PARTIE. 


2^ PARTIE. 


GltlIMIIES. 


l'ages.. 


Pages. 


Plimclie.s. 


)) 


44 




54, 150 


44 


XI 


)t 


116, 118 
16 




)) 


101 , 105 


XXIII 


,, 


97 , 129 




), ■ 


67 




), 


2] , 27 




53, 68 


116, 119 


XXV 


.59 


16 




)) 


67 

77 

117, 118 

3, 4, 15 

6 






4 

8 

12 




)i 


13 




188 


5 
14 

21 , 27 
205 




200 


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200 


164 






184 

173 

3, 132, 166, 

173, 175, 








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' 182, 185, 
187, 211, 










218 




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205 




1) 


97 

133, 146 

132 

133, 146 

134, 146 






136 
146 




1) 


140 
146 
137 




53 

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134, 146 

135, 146 
135, 146 ' 

139 


XXXVII 


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159 
135, 146 




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144, 147 




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136, 147 
145 
138 
146 


XXXXVIIl 


52, 58 


145, 147 




115 


136, 146 

137, 146 


XXXIV 



^ifz 



l.i:s CHAMPIGNONS. 



Roletus cntliropiis, Kromhli. 
crvthn)]ms, Per-t. 

— iVikiis, Jhdl. . . . 

— tlavidus, Fr. . . . 

— flavus, JBolt. . . . 

— flavus, JVîth. . . . 
■ — floccopus, Wallr. 

— IVaj^raus, Viftad. . 

— i'uligiiieus (FI. dan.). 

— iulvidus, Fr. . . 

— gossypiiius, Fers. . 

— granulatns, Lin. . . 

— iiiipolitn.=:, Kromh],. . 

— .Iiiglandis, Bull. . 

— lacteus, L('i-. . . 

— Laricis, Uull. . 

— leoninu.s, Fers. . . 

— leucopliseus, Fers. 

— lividus, Bull. . . 

— lividus, Fr. 
— ■ lupiuus, Fr. 

— luridus, Schœff. . . 

— luteus. Lin. 



TEXTE. 
l'O r.VKTIE.' 2<-' l'.MtTlE. 



Pages. 



68 



96 



/ 



nianuoi'eus, Boq. 
nielanupus, Basil,-. 

mitis, Fers 

mitis, KromhJi 

moscliocaryanus , Bumpli . 
nummularius , Bull. . 

Obsonium, Faul 

oLtusus, DC. 

pacliypus, Fr. . . 

parasiticus , J5«^/ 

piperatus, Bull. ... 
polyporus, Bull . . . . 
porphyrosporus, Fr. 
pruinatus , Bull. ... 

purpnreus, Fr 

radicaus, Bidl 

radicans, Bers 

rubeolcrius, Bidl. 

rufus, Fej's 

rugosus, Fr. . . 

.sagiiarius, Bumpli. . 
sanguincus, Witlt. 
saliciuus, Bull. . 
Satauas , Fr. . . 

scaber, Fr 

spadiceus, iSchaej;'. . 
sphœrocepbalus, Bnrla 
strobilaceus, Scop). ■ ■ ■ 
suaveulens, Bull. . . . 
subtomer.tosus. Lin. 
terreus, Schaeff. . . . . 

testaceus, Fers 

tubcrosus, Bull 

variegatus, Fr 

velatus, Fers 



15, 52 

68, 76, 192, 

2(15 

96 



120 



• l'agos. 
138, 146 
138, 146 
144, 147 
135, 146 

137 

146 

145 

14(; 

136 

147 

145 

138, 146 
146 
149 
147 
156 
141 
147 

139, 146 

» 

139, 146 
' 139, 146 



) 



11 

104 



68 

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>> 

145 

120 

224 

52, 68, 191 

53 



140, 146 
142 
159 
135 
146 

n 

159 

141 , 146 

155 

141, 146 
146 

142, 146 
148 
146 
146 
147 

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147 
139 
147 
147 



147 
147 



147 

142. 
143, 

147 

147 
146, 147 

162 
148, 147 

135 

147 

139 

147 

135 



CUROUO- 

LITIID- 

GIMNIIIS 



Planches. 



XXXV 



XXXVI 
XXXV 



XXXVI 
XXXVII 



XXXVIII 



TABLE ALPHABETIQUE. 



•253 



Boletus vcrsipellis, Fr. . 

— viscidus, Lin. . 

— viscosus, Pers. 
Botiytis Lassiaiia, Bals. . 
Bovista ammopliila, Lév. . 

■ — gigantea, Nées. . 

— iiigrescens , Fers. 

— paludosa, Lév. . 
plumbea, Fers. . 

— snberosa, Fr. . 

Boviste 

Broinicolla aleutica, Fichue 



Bu] 



gana mquinans , 



Fr. 



sarcoides, Fr 

Bulg;arie 

Calloria fusariuides, Tul 

Caniaropbylliis 

Cantharelhis auraiitiacus, Fr. . . 
— - anthracophilus , Lév. . 

— l)rachypodes, Cher. . 

— biyophilus, i^r. . . . 

— cibarius, Fr 

cinereus, Fr. . . . 

— crispus, Fr 

— Crucil)ulum, Fr. . . 
cucullatus, Fub. . 

— c.u23ulatus, BuU. . . 

— Uutrocheti, Monf. . . 

— infundibuliformis, Fr. 

— Kuiitliii, Chev. . 

— leucophseus, Nouel. . 

— lubatus, Fr 

— lutcscens , Bull. . . 

— melanoxeros, Fes?». . 

— inuscigenus , Fr. . 
muscorum, Fr. . . 
rctirugus, BerM. . 

— rufcscens, Paul. . 

— spathulatus, Fr. . 

— teuellus, Fr 

— tubœturmis , Fr. . 

— umbonatus, Pers. . 
Cenangiuiii liypodermium, Fub. . 

Chanferellc 

Chloi-osporium seruginosum , Tuf. 
Cladosporium berbarum, Link. . 

Clatheacés 

Clathre 

Clathrvis canccllatus, Lin 

— birudinaceus , Tul. . . 

— ruber, Pers 

- — volvaceus, Bull 

Clavaire 

Clavaria abietina, Fr 

— acuta, Sow 

— ametbystea, Bull. . . . 

— argillacea, L\ 

— aurea, Schaeff. .... 

— botrytis, Pers 



TEXTE, 
l^e PARTIE. 2e PAKTIE. 



Pages. 

ï) 

59 

■ )> 

101 

» 

173 



140 
14, 59 



55 



199 



1(5, 192 



Pages. 

147 

147 

135 
1) 

213 

215 
212, 213 

213 

213 

213 
212, 213 
1) 

209 

209 

209 

203 
43, 55 

129, 131 
131 
131 
131 

130, 131 
131 
131 
131 
131 
131 
131 
131 
174 
131 
131 

131 ■ 
131 
131 
131 
131 
131 
181 
131 
131 
131 
204 

129, 131 
199 

» 

187 

187 

187 

187 

187 

187 
175, 180 

J80 

181 
175, 180 

181 
177, 180 
175 , 180 



tiiiinMo 

I.ITIIO- 
lillAl'lIlKS. 



Planches. 



LVI 



LV 



XXXIl 



XXXII 



XLVI 
XL VII 



254 



LES Cil A M i'K; N'ONS. 



Clawirica byssiseda, Pers. . . 

— canalioiilata, 7'>. . . 

— cincrca, Jiul/. . . . 

— coralliiides, JJn. . 
— ■ coralliuclcs, JJuU. . 

— crispa, Jacq. . . . 

— crispula, J^r. . . . 

— cristata, l'o's. . . . 
crucca, Pcrs. . 

— cylindrica, Bull. . . 

— dicliutoma, Desm. 

— falcata, Fers. . . . 

— fasciculata, T7//. . . 

— fastigiata, liin. . . 

— tlava, l'crs 

— fistulosa, i'V. . . . 

— formosa, Fera. . . . 
■ — fragilis, IJolinul-. . . 

— luscipcs, Fers. . . 

— fusit'orniis. Soir. . 

— grisea, Fers. . . 

— Helvola, Fers. . . 

— iuasqualis (FI. dan.' . 

— juiicea, /*V 

— Kuiizei, i^r. . . . 

— larainosa, Fr. . 

— ininor, Lcv. . . . , 
mucida, Fers. . . . 

— rauscoidcs, Lin. . 

— palmata, Fers . 

— pistillaris, Lin. 
pistillaris. Fers. . 

— pratciisis , Fers. . . 

— ])istillit'orma, Pers. . 

— pyxidata, Fers. . . 
■ — rufo-violacca, Barla 

— rugosa, Bull. . . . 

— spinulosa. Fers. 

— stricta, Fers. . . 

— subtilis. Fers. . 

— suecica, Fr. . . . 

— S3'riiiganim, Fers. . 

— uncialis, Grev. . . ■ 

— veriniculata, Scop. . 

Cl.AVAItlÉS 

Ciitocybe 

<'iitopiIii!S 

( olljbia 

f'opriu 

C'oprinaire 

Coprinariiis 

Copriniifi^ 

Cupriuus atramentarius, Bull. 

comatus, F\'. . 

— iuccscciis, Fr. . . 
Cordiceps ento'ïKirrliiza , Fr. 

— inilitaris, Litil,\ . 



< oi'tlnaii-e 



TEXTE. 1 


cunoMo- 




.__^ — 


UTIIO- 


irOpAUTlL'. 


2^ l'AllTlE. 


GKAI'llltS. 


Pages. 


Pa-es. 


l'ianclies. 




180 
181 






176, 180 
176, 180 
177 


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178, 180 

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181 
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178, 181 

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47, 57 

40, 58 




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106, 107 




102 


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102 


J) 

97,102,103, 
104 





\ 



TABLE ALPHABETIQUE. 






Oortinarins 

Cortinarius violacco-cinercus, Fr. . 

— violaccus , Fr 

Craterelle 

Cratarellus clavatus, Fr 

— cornucopioides, Fers. . 

— crispas, Soir 

— lutescciis, l'^r. . . . 

— melanoxeros, Desm. . 

— pistillaris, Scliaef. . . 

— piisillus, Fers. . . . 

— sinuosus, Fr 

(rcpidotiis 

«ynopliallus 

Cyttaria Darwiiiii, Berld 

Dacrymyccs tortus, Fr 

Dsedalea angustata, Soiv 

— aurata, Batt 

— cinerea, Batt 

— confragosa, Boit 

— gibbosa, Fers 

— latissima, Soie 

— lirellosa. Fers 

— ■ plumbea, Lér 

— • quercina, Fr. ...'.. 

— rubescens, Alb. et tScIm. 

— serpens, Fr 

— iinicolor, Soir 

Uédaice 

nerniocybe 

Durella compressa, TvJ 

Elaplioinycc 

Elaphomyccs aculeatus, Vittad. 

— cyanosporus, Tul. . 

— echinatus, Tid . . 

— granulatus , Nées. . . 

— liirtus, Tul 

— lavigatus, Desp. . 

— Leveillei , Tid. . . 

— muricatus, jpr. . . . 

— Persoonii, Tul. . . 

— varicgatus, Vittad.. . 



Kntolonia 

Kxidic 

Exiclia auricula Judse, Fv. 

— gelatinosa, Dub. . 

— glanclulosa, Fr. . . 
pezizseforiuis, Lév. 

— recisa, Fr. . . . 

— saccharina, Fr. . . 
Pixcipula aspera, Fr. . . 
Favolus europseus, Fr. . . 
Fistulina buglossoides, Bull. 



hepatica, Fr j 



Fistiilinc 

■ianiniiila 

Fumes fomcntarius, Fr. 
— igniarius, Fr. . 





TEXTE. 


niiioMO- 




^ — 




i.iTiin- 


1" PAr 


.TIE 

S. 


2^ PARTIE. 


Cli.lPIIIIS. 


Page 


Pages. 


Planches. 


1) 




97 




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99, 103 




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99, 103 




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173, 174 




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XL II 


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221 
221 
221 
221 


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221 

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XLVIII 


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132 


XXXIII 


1) 




132 








59 
154 
155 





25r, 



LES CHAMPIGNONS. 



Fonit's salicinus, l'^r 

(iairra 

Gastkkumvcîîtes 

Gasteroniycctcs badiuH, J^er-s. . 
-- coroiiatiis, J^os. 



du])licatus, Chev. . 
fiiiihriatus, 7'V. . . 
furuicatus, /'V. 
hygvômotriciis, l'ers. 
limbatiis, l'V. . . 
inammosus, Fr. . . 
innltifidus, liahh. 
rufesccns, Fr. . 
sti'iatns, J)C. 



tuiiicatus, Vittad. 



Geaster badius, J'crs. . . . 

— C(jronatiis, Fers. . 

— diijilicatus, C/ier. . 
fîinljriatus , Fr. 

— foriiicatus, Fr. . . 

— liygi-ometriciis , Pers. 
■ — liinhatiis, Fr. . . 

— mammosus, Fr. 

— nmltifidiis , Balli. . . 
rufescens, Fr. . . 

_ striatus, DC. 



tunicatus, Vittad. 



tiéastre 

CTeoglo.ssmn liirsutum, Fers. . 

Cioniphidius 

Ciompliidius viscidus, Fr. . 
Gomphus truiicatus, Fers. 

Oyninope 

Gymiiopus 

Gyroinitra esculenta, iStr. . 

nebcloma 

llclotiuui versiforme, Berld. . 

Ilelvella aniara, Lour 

brevipes, FC. . . . 

— cxùspa, Fr 

— clastica, Bull. . . . 

— Epliippiuin, Lév. . . 
■ — esculenta , Schaelf. 

— gclatiuosa, Bidl. . . 

— grandis, Cumin. . 

— inl'ula, fSchneff'. . . . 

— lacunosa, Afz. ... 

— leiico^phœa, Fers. . . , 
-- leucopus, Fers