FCH ANOT.RELIEUR
c
LES
VILLES
D E
M E A D A M
MENVISlEPv
A PARIS,
Chez TOVSSAINCT OVINET,
au Palais, (bus la monteedela
Cour des Aydes.
M. DC. XLlV.
rr - .
Attec Privilege du Roy.
JniversfgJ*
WBL/OfHECA
PQ
A MONSEIGNEVR.,
MONSEIGNEVR
LE VICOMTE
DARPAIO
MARQV IS DE SEV1RAC,
CONSEILLER DV ROY EN SES CONStlLS,
Cheualier de fesOrdres, Lieutenant
general en fes Armees 4 & en la
ProuincedeLangaedoc, &c.
NT E ieioffre ces Cheuilles,
Slue fans lefecours des ncuf Fills $
Parvnprodige to-urnou&eau
fay fait naijlre de won cemeau.
*
am
6 E P I S T R E.
Si le del nieiit fait cette grace,
Que de m auoirfait de la race
De ceux qtti tiennem en letm mains
Le vpuuernement des htmaivs.
o
Queparvne heureufcaduanture,
L e caprice dc la Nature
En me donnant I eftre m euflfait >
Au lieu d vnfaifeur de Bufet,
De cesporteurs de Diadefmes ,
Quifont aux vaffauxplutfuprefmes
Sur laterre & deffw les eaux
Ce qu Aquilon fait aitx rofea-ux.
Si iauois , dif-ie , lapuiffance
Par la grandeur de la naijjance
De recompenferla we nil
Dont tonefprii ejl rzueftu>
Au lieu d<vn prefem./lpeu digne^
le iure la vakur
EPISTR E.
I te fait dans les chawps de Man
Ternir le luflre des Cefars,
LOTS que dvne Augujle affeurance
Tu crois des ennemis de France
Le trifle Empire de Pluton ,
Slue ietoffriroisvnbajlon:
Mais comme tomes les perfonnes
N ont pas des tefles a Couronnes-t
Que I Vniuers efl trop petit
. four contenter cet apetit;
le ne puts toffrir dauantage
Sjie ce que le Ciel -mepanage .-
Les Holocauftes qu en ces lieux
On met fur les Autels des Dieitx
Ne font pas de valeur egale.
Mais bienfouuent vine Cigale
Qtt*, part des mains dn Laboureur s
Vaut bien fAigle d vn Ewpertur?
8 EPISTRE.
Car cette nompareille effence
Qui la pi us iltuflre naiffance
A la plus baffe egalera,
latil du monde tombem
linuiflble fepulture
f-i
doit engloutir la Nature ,
n mefme amour regarde & prend
Loffre du petit & du grand.
Ce grand Moteur ,qui tout comemple.
Revolt de mefme main au Temple,
Quand lame pure luy fait don ,
Et la tulipe & le chardon.
Ainfi fa bonte nompareille
Si* toft que le Soleil seueille
Veut que t eclat de fes rayons
Illujirant ce que nous voyons
D vne mefme fplendeur eclate
Sur la bure & fur tecarlate
C eft
EPISTRE.
C ejl ce que lefpere de toy ,
fuiuant fa Diuine Loy,
noble & oenereux courage
O o
Tu prendras ce petit Ouurage
Auec le mefme agreement ?
oo
Que Ji le fame ux Saint Amant
T auoitfait prefem de ce Lmre
Ou fa gloire doit toujlours viure.
Sont les marques de mon deitoir ,
Mais lors que tu le voudrasvoir,
Fais-moy cettefaueur infigne,
Que fi des la premiere ligne
Tu iuges que fon emretien
Ne foit pas capable du tien,
De le donner en facrifice
Aux marmitons de ton office y
Pent eflre lors quils le liront
Parlant de ma verne Us diront
e
io EPISTRE.
En dialogue de cuijine,
Que le roman de Mellufine
N e fur pajfe point en efprit
L eloquence de mon efcrit .-
Par ainfi ieferay connoijtre*
Si ie nay contente le Maiftre,
Que du moins lay charme lennuy
Desferuiteurs quifont a luy.
Par la fa it iugera ton ame,
Si ieftm capable de blame ,
Puifque.dans feftat ou iefuix,
Ie te donne ce que iepui*.
Ie ffay qu vnpeu de violence
T* a fait condamner monjilence*
Et que ta cenfure a centfois
Blafwe fvfage de mes doit >
De ne iauoirpa* voulu mettre
Cinq oujix mots dans vne lettre :
EPISTRE:
Mais tuffauras que lepouuoir
D W iujle & modejle deuoir
Mejl venu tou/iours interdire
Cette liber te de tefcrire.
ingratitude ne m a point
Fait broncher encore a ce point,
Que d auoireu I ame infenfee*
lufqu a bannir de ma penfee
Lafouuenance des bie.n-faits
Qu en ma mifefe tu mas fait s-
^^^
Ma plume nefut oncquauare^
Mais dautantque celle clcare y
P our auoir pris vnvoltrop haut->
Luyfitfaire vn funejte faut .-
le crains quepourtrop entreprendre
Sondeflin ne me vienne prendre.
Pounant, quoy quilpuiffe arriuer^
Ces Chenilles tiront trouuer.
e ii
12 EPISTRE.
La mefme wain qui te les offre
Te pent" encore offrirvn c offre
Car quand ie Rabote ou iefcrtij
Ma raifon wet a wefmepm^
Et ?nefme boutique enuelope
MonApollon & ma Varlope.
Ce Phcebus neft pa,?> ce So lei I,
<Qui dans vnfuperbe apparei!
Apone du milieu de londe,
Lejclat qui ranime le wonde.
lamati ie nvfay des douceurs
Ny de luyjiy de fes neuffoeurSj
Ce double mowtinnacceffible
Ou lafaute eft irremijjible,
A quiconque sy veut jucher
Comme vn Cocq deffus le clocher^
Ne maiamaisparupropice,
Car de crainte du precipice ,
EPISTRE. 15
Dont ilefpouuante celuy
Qui nejlpaz capable de luy,
fay toufiours fuiuy Lauantim
Que maprefente la Nature,
L Apollon que i ay pour objzt
Cefl I incomparable fujet
Depeindre an from de la we wo ire
I^Illuftre portrait de ta gloire,
Et monjlrerfansfeime & fans fart
Ce que pent ait deffus de I An
Vn Menuijier fauuage & rude,
Qui ne seji point acquti cleftude,
Encore quil fe fbitfoumis
D en Raboterafes amis.
Pour ebaufcher ce grand Ouurage
Ou la temerite m engage,
O O
llfaut vn autre Cabinet
e celuy de Touffain^il^inet^
->
e 111
14 EPISTRE.
Lt Bou il/ant dejir qui fopprejfi,
Defaire roulerfom la preffe
Ce bon on ce Manuals recueil
Qtiifait monport ou mon efcueil ->
Apeine me vent ilpermettri?
Lacheuemem de cette lettre.
i
Si iamati vnpeu de raifon
Me fait veprendre maniaifon;
Que dedans cette folitude,
Oil iamais nulle inquietude.,
Ny millefoings embaraffans
Ne troublem f empire desfens>
lepuijje ioindre cette flame
Qui donne we lumiere a fame ,
Et qui pardes diuins tranfports,
Sans la detacher defon corps >
Par vne route peu connue
ejleue au deffus de la nue;
EPISTRE. 15
-*w
leferay ton portrait Jt beau,
Sine lesparques, ny le tombcau,
Le cours du temps , ny la nature y
N^enpourront ternirlapeinture.
Ony verra torn ces exploits
Dom tuffais affermir nos lois^
Quand a la tefle d vne armee,
LaviEtoire & larenomwee,
Ton bras , tagltire, & le trepan ,
font v%e ouuenure a tespas.
leferay voir mille Batail/es ,
Ou fur des wonts defunerailles
D "hommes morts ,de wurs demolit]
Ta main a cultiue nos Us ;
Etfait bru ire comme vn tonnerre
m les peuplesde la Terre,
Mars changeroit de couleur
Soubs les efforts de ta va/lcur.
16 EPISTRE.
Mais fur tout, tendroit leplus rare
De ce portrait que ieprepare-^
Sera de montrer leplaijir
Dont tufatisfais ton defir,
Loin de cette fatale pompe
Pourqui la lortunenoustrompe:
Parvneedatanteraifon
le montreray qu en ta maifon,
Ton a me peut eflre affouuie
De to us lesplaifirs de la vie,,
Sans chercher tepineuxfeiour
Des trompeurs appas de la Cour 5
Oii, quelque bien qu on sy propofe,
L epinefuit toufioursla rofe*
Oul heur n eft pas epanouyt
Quaujfi-toftilseuanouyt,
Et ne laiffe a, noflre memoire
TOiule r uat)f > 7<i y M>6&lf)i / y
VnfCft
EPISTRE. 17
Vn pen de fumee & de bruit
Quvnfoufle du temps nous dejlruit.
Tu le foals mieux qu bomme du monde >
Et que touts awe quifefonde
Deffas cet appaz deceuant ,
Bajiit fur vy [able mouuant.
Depuis dix ans ie la prattique
^
Au detriment de ma Boutique,
Mes outils en font torn
Et to us mesfcntimens b*
Ontprefque abandonnelvfage
Parquiitntretiens mon mefnage.
lie ft vray , que la pajfion
toucher wepen/on
vnvenereux Prince me donne,
O
Fait que mon ame sabandonne,
A rendre bommage a la Candeur
De fa tres- augujte grandeur.
_ EPISTRE;
Mah mwmafheur en ce rencontre
Efl que d ordinaire wa monflre
Ne msproduit aucuns effet s*
Quji payer les frals mie i* ay fait s .
Ainfiie trouue apres lafejh
Slue ie nay qus I hownzurde rejle,
IJauoirfalue lefouueram,
Et retournant en Pelerin,
Fauta ma premiere foupee ,
Pour vn bourdon,, quitter I efpee.
Ie ne trouue rien de fi doux
la demeure de cheZ^nom ,
chawpeftre & fimple village
dz ce nuijible aduantage ,
De voir torn ces Paltati dore^
Ou des m or re Is font adore^
Ou tart & la magnijicence
font idolatrer leurpuijjance.
EPISTRE. i 9
Tous ces lains coloffes dorgueil
Qi/e le iewps doit me it re au Cercue il^
Cesfameux monuments antiques,
Ces tours, ces juperbtsponiques*
f emblem mtwajfer ies Cieux
leursfommetsaudadeuxy
>
nom ont iawatifait dencowbres
Ny de leun corps^y de leurs ombres.
Tom ces lambm eflincelans^
Ou lespeintres plm ex.ce Hans
Ont mis torn leurs foings & leurs
faire efclater leurs merueiUes ,
JV om point encore dans ceslieux
Esblouy lesfcns^y tesyeux.
Vnvieux bo is de qui la verdure
N a! quit auecque la natu*e,
My prefime des proummoirs
/i nejoat lummeux ny noirs ;
io EPISTREJ
Et dont les demeuresfe ere ties
Ont de ficharmantes retraites ,
cefl le Ptmtemps feulemsnt
i peutenpemdrel omewem*
Tarn I incomparable Cibelle
Deffbus ces rameauxparoift belle.,
I am a it la rigueitrdes Hiuers,
chocqua fes ombrages vers ,
Etfa tefte eft toujiours couuene
D vne efpefle permque verte,
Oil miUe & mille Oyfeaitx
Omtoufiours leursfoms atta
Afaireefclattera toute heure
Dans cette paifible demeure,
Vnbruit fidoux & fi charmant,
Que lefilence mefmement
Eftrauide leurvoirdejlruire
on Empire.
EPISTRE: zi
Le celefle accent de leun airs
Chaffant la nue d^ les efclairs ,
Sauue leur innocentes tefles
De la colere des tempefles.
Parmy ces cabinets toufw
le ne me troitite point confus ,
Comme au fot vfage de viure
<Q%e ches le grand monde ilfaut future.
En ce lieu la orandeur des Roys
5
N y fait point efrlaterfes loys ,
L e diuin Moteur de la terre
Qui forme & branditle tonnerre*
Eft lefeul de torn les puijfans
A qui lony donnefencens.
ambition n a point de flame
Que ny fache ejteindre mon ame
Carvoyant quilnowfaut mourir*
Et quen vain pour nowfecourir,
**
1 HE
it EPISTRE.
To utes cespuiffancesfuprefrnes*
Couronnes, ces Diade fines,
now font flefchirlesoenoux
Deuant desmonehcommenom ,
Nauront qiiunefrejle puiffance-^
Contre la fatalle ordonnancc, ,
Quiporte oenerallemem
To utes cbofes au Monument-,
QtJi/faitt que toft ou tard ton tombe
Soubi iajfieux, enciosdvnetotnbe ,
Que noflre orgueil n tjl que du vent,
Et que tel,qui neftplm viuant,
Larffant les Refnes dvn Empire
bords de I Acheron JouJ pin ,
voirqiiilne luy refte rien
7 vnfeuldemerde tout (on bien:
Encore vnvieux Nocher lenpriue
Pour le f offer a !aum nue ,
EPISTRE:
gup le cercueildeJlruitlAutel
X)uplw$ redout able mortel,
Qiie Cafar , Pompee , Alexandre
N<? font plus que terre 6" quecendrel
Et qu auecque to us les explois
Dont Us affermirent leurs lois ,
Ilsfont ma mtenantplm aplaindre
nefufent iadis a craindre.
le temps par fes changements
Boulleuerfe des monuments y
Ou Ion ne cognoiftplus les marques
Ny des grandeurs > ny des Monarques
Brefque le foible , & lefort,
Sontfuiets aux loix de la mort;
Ces decadances affeurees
Bien meurement con(iderees\
Font que i eftime millefols^
Les Louures moindres que les boi*
24 EPISTRE.
) - 1*
Et cjue tout me refftnMt rude
A fefgal delafolhude. <
C ejlparmy ces ant res diuers^
Que re f 11 am au mejlierdes vers
I efpere defaire connoiftre,
Que le Ciel n a iamaisfait wai/lre
Vn Heros qui merite wieux
Que toy, le ravgdes demrDieux;
Quand mejwe L" ombre d Alexandre
Voudroit contre moy lentreprendre*
Cependam cher Conte refois
Ce que ie t offre a cettefoti;
Tu trouueraz dans ce volume-)
Outre le trauailde ma plume ,
Plus d honneur,que le new pretends
De trente peinceaux ejdatans;
Quipardes tranfpors tow de flame ,
Ont voulu donner a mon ame
Dff
EPISTRE.
Des eloges & des appas
Que mes hois ne meritentpas.
I Is vont pour combattre fenuie
Quipourroit trauerfer la vie
De ces Cheuitlus auonons
Quipaffentpourles re je tons
tfvnefouche malanimee ^
Oupour k mieux dire vne armee
Dont lesfoldats tous eperdus
Marchentfousfes enfansperdus*
En voulant dire des merueilles
De mes trauaux & de mes veilles,
Pourenparler trop dignemem
Leur ofteront leurornement.
Ainfi ces en fans de la gloire
P enfant kclairer ma memoir^
I Is abaijjeront ma couleur
Par le grand eclat de la leur.
8
26 EPISTRE.
Lexcet^deleur amour extreme ,
Pour me trop tefmoignerquiim aime >
Ferapar ces chants trio wphans
Cornme lejinge afes er/favs,
Qui les emkraffam par trop dayfe
Les ejlouffe quandii les baife.,
Ainfi le bel Aflre du iour
Quand ilfaitfon oblique tour 7
Son ceildeueloppe & defferre
J^ans le vif e fin ail d<v% parterre,
Mitte boutons en mille fleurs >
DomlAurore auecque despleun
A fait vne vine peinture
Sur les habits de la nature.
Les traits dejes diuins rayons
Sont autant de diners crayons
Quipeignent &quifontefclore
CefuperbeornewemdeElare.
EPISTRE. 27
Mais cowwe ce diuin flambeau
Prez.de luy ne voit lien de beau;
iSvn mefpm digne de Jan cflre
Son mefme ceilqui les a fait vaijlre
A peine les voit-ilfleurir,
Quauffi toftil les fait mourn
mefme ces diuins Denies .
o *
de leurs (aintes harmonies
Ont voitlit flatter mes efcrls ,
Auront droit denfaire vn mcfpriz*
Et comme il les crairant mdine$
, o
D eftre compare* a lettrs lignes^
Its les venom d\n ceil pareil
Que lesfieun le fan edit Soldi
Mais graxd apuy de la Couronne y
ra ue Cente ie t e ies donne
tomme des en fans qui n ont rien ,
Mais qtd naurom qite trop
EPISTRE.
Pourueu qus tit leurfoisprofpere
Cowme m lefus a leurpere,
Qinfera, toufioufs de bon cceur
Ton tres-oblige femiteur.
ADAM BILLAVT;
Menuiiicrdc Neuers.
APPROBATION
D V
P A" R N A S S E.
Sur Ics Cheuilles de fylaiftre Adam Billaut,
Menuificr de Neucrs.
A Maiftre Adam Menuifier de
Neucrs.-fur fes Cheuilles.
E P IG.-R A M M E.
r Sf 2V f cut dire en tout Wniuers ,
1^1 Voy*nt les beaux ecrits aue M aiflre Adam
^if&r/p" ** .^ j
nous cffre ,
Quit sen tend a faire des vers,
Comms il sentend & faire w
SAINCT AMANT.
a
APPROBATION
A Maiflrc Adam Menuifier de
Neuers , fur fes Cheuilles.
*
EPIGRAMME.
Droit Menuifier de Neuers,
Mais plus adroit tourneur defers ,
Va trauailler en Catalo?ne y
%j
On vers le Rhin , pour nos Guerrier$ y
Ne mefs plus de Bois en be Co me,
i _/<_>
Si ce n eft du Bois de Lauriers.
BOIS-ROBERT,Abbede Chaftillon.
DV PARNASSE.
A Maiftre Adam , Menuificr de
Neuers,fur fesCheuilIes.
ODE.
QVelDieu fa rendufen Oracle ?
Quel Demon tinfpire ccs versl
Dois-tu f offer dans foniuers
Tour *vn JMLonftre ,ou four vn Miracle ?
O prodige entre les Efprits,
Qut ffais tout,& no* rien apris !
JMerueille du fade ou nous jommes !
Eflonnement de tons lesyeux !
Apeine ts-tu connu des hommez,
Et tu paries comme les Dieux.
APPRO B ATI ON
~Dotte ignorant, ftiiffani Gcnit,
Qui farmy le bruit & le bois*
As fceu trouuer plus d we fois,
Et la cadence , & I harmonic.
Ta main eft fc-auante an Compas y
La Regie ne te manque fas,
Et ttt ne fait rien fans Me fur si
Jidais en ce Labeur immortel ,
Ce nefipointl Art, ceft la
O ui tenfeime a le rendre teL
J o
Qmtte, quitte le Mont Parnaffe 9
ftre & fameux Menuificr- y
Laurier, Mirthe, Palme & Rofier,
Pour toy nont rUnqui fatisfaffe*
Va, malgre lorgueil du Turban,
Sur le fbmmet du Mont Liban,
TV feruir d <vn moyen qti il toffre:
La, comme tes Vers font fans prix,
Pren du Cedre & ten fats vn
Poury conferuer tes Efcrits.
DV PARNASSE.
Sans les flatter, Us enfontdignesi
Ettoutle monde efl eftonne,
Devoir <vn Rabot cottronne,
Faire taire & chanter des Cygncs*
O Neuers.fejour glorieux ,
Cache ton email curieux,
Ne le fay plus voir a I Europe:
Mais fay r ooir a tous les pajfans,
E immortelle & grande V~arlope,
SurVAutelou fume I encen*.
Fay voirfur les riues de Loin*
Drsarcs de triomphe
Ou foient doffement
Faisy pendn de toutes farts,
Comme marques de ces deux art$ 9
Des Cheuilles&des Couronnes*
Et pour affliger I Eridan,
Fats lire an deffus des Colomncs,
A LA GLOIRE DE MAISTRE ADAM.
D SGVDERY.
a li
APP RO B ATI ON
A Maiftre Adam , Menuificr de
Neuers , fur fes Chenilles.
STANCES,
E nofe proferer <vn mot,
uand i admire ton beau volume,
Adam Btllaut don t le Rabat
Fait bien mains de bruit que la flume.
le ne fuisaffez, te prifer,
T dots feul t immortalifer,
Etmieux que cetAutheurquifat chery
Deuantqueton trepas ait mis la JVLufe en deml t
Tu ptttx d vn efprit fort $ d vne main
Faire ton Epitaphs auecque ton cercueil.
DV PARNASSE.
Quel~Bon "Demon fa confeille,
De fairs des Vers de la forte ,
Toy qui nauois iamais veille
Qtiau milieu d vne foreftmorte.
I.e rude bruit de ton marteau,
il excite le ccruean ?
ie croi rois fluftoftvoyanttant de miracles,
fajfentdeheaucoup tousles efforts humains,
morcean de ce Bois qm r en doit des oracles,
ha&ardRabote de tes mains.
Ton Iras far vnvif mouuement,
Enfitfortir ^ne etincetle
Qut tanima dans ce moment
AH bel art OH ton ame excelle:
Ie m imagine que dejlors,
L efprit fe degageant d.u corps,
Fut comme illumine A^ne flame fubtile,
Quil ietta des rayons quijuy furent in fits,
Etquecharmedu Dieu qui rauitla Si bile,
II enfanta des vers qtiiln auoit fas confas.
A PP R OB AT I ON
JMai$ les feitilltt dont tit
Surf afferent ces anciennes,
On riy trouuerra point defers ,
Quijbient confondits comme awx fames.
Quoy que fiufien t tes cmticux^
Le temps, an marbre injurieux y
S ecottlera foujfiotirs fans les -vGtr eff^cees^
Chacon afres mi He ans les lira mills fits,
Etverra-ce papier OH britient tes pen sees
T)t4rer plusque le ferdont tu coupes le Bo is*
F
i*-
DVPARNASSE.
A Maiftre Adam , Menuifier de
Neuers , fur les Cheuille?
o D
TOY qui d vnpie
As ft* monter deffus Parnaffe>
Et dont U main poufle-Rabot
Carmes dejfus Carmes entaffe* .
Rare Menuifier dc Neueh,
Qui fais bien flu ft oft mille Vers-
Qtivne dou^aine d efcakelles^
Tes Vertqm courentl vniuers,
Sont leus dans Us fines me lies
En depit de I Enitieau regardde trauers.
b
jo APROBATION
Jls font centre Apollon Jl beaux?
Quails dureronf, chofe certaine,
Plus long- temps que tes efcabeaux,
Fuffent-ils de Ems, ou Debene.
Quitte dont ton meftier de Bois,
Vien voir les Princes & les Roysj
DisleMr tes chanfins immortelles, *
Parmon chefie n en voypas trois,
Qui puijfent en dire de telles,
Et ne croyfas en voir deplus de quatre moi$
Vn qiildan *venu lautre lour
Des bords de la fain&e Fonraine $
Dit quon a battu le tambour
Aux enuirons de I Hipocrene.
Que four ton Rabot exalter
Des Rimeurs le grand Magifter,
Par tousleslieux de fon Empire,
Entendoit que fans refifter,
Et fans y trouuer a redire y
On ne ditplus limer vn Fers, mats ratotfer.
ParMr.rABBE SCARON.
D V P A R N A S S E. 1
A Maiftre Adam , Menuifierde
Neuers,fut fes Chenilles.
SONNET.
LE Dicu de Pythagore, & fa Metempfycofc,
lettans lame d Orphee en *vn Poete Franco ts,
Parquet crime , dit-elle , ay-jt off encevos loix,
T)igne AM trifle fort que leur rigueurtn impofe ?
Les Vers font bruit en France, on lesloue, on en caufe>
Les miens en <vn moment auront toutes les voix,
JMaisiy verray mon homme a toute heure aux A
St four gaigner dupain il Vie f fait autrec kofe.
ns , dirent- Us , le pouruoir d *un meftier,
II f era fameux Poete, $ fameux Menuifer ,
Afin qMvnpeu de bienfaiue beaucoup deiiime :
A cenouueau party fame les pritau mof }
safteurantlien plus au Rabot qua la Rime.
Elle entra dans le corps de Maijlre Adam Billot.
CORNEILLE.
b ij
APPROBATION
A Maiftrc Adam Menuifier de
Neuers , fur fcs Cheuilles,
E P I G R A M M E.
ENnemy durepos, & de Voifiuete,
Mai fire Adam fait des Vers> & non fas des
Chenilles,
Pouratacher le snows a UPofterite,
Des Lauriers duParnaceil a fait des Chenilles*
COLLETET.
D V P A R N A S S E.
A Maiftre Adam , Menuificr de
Neuers , fur fes Chenilles.
SONNET.
Dam premier Homme du Monde,
Vray Poete & way Menuifier ,
Don tie Rabot n eft point altier,
OJ que la plume en [bit feconde.
De ta Prince fie fans feconde,
Gratte If beau nom fur lacier,
Qui peutmieuxquetoy publier
Les merites dont file abonde ?
Que tu mettras ta ?loire
Si tu trauatlles comme ilf
Pour tant de quaUte^ illuflres j
T dots lien eftrevtile aux Roys,
Puifque tu peux faire a la fois
Lews Efloe$ & ^ rs Balufires.
DE BENCERADE.
i
b. . .
i
14 APPROBATION
A Maiftre Adam ,. Menuifier de
NeuerSjfur fesCheuilles*
1 P I G R A M M E.
I tu repots des Vers d vn & d autre cofle,
De ceux qui trouueront leur immovtalite y
A tenir qudque place en tes diuins outrages ,
S fats- fa lien , cher Adam , le malque ie preuoy,
C eft quils s en <vont remplir iufcjUAux dernures
pages,
rien taijjferont pas vnefeukpour toy I
D S ALIBRAY.
DVPARNASSE. 15
r
A Maiftre Adam, Menuifier de
Ncuers , fur fes Cheuilles,
EPIGRAMME.
V
DAnsvn owtr age ft par fait,
le confldere Caliope
^T arracher des mains le lufct ,
Et t en faire choir la Varlope^
Etpuis en te monftrant fes fours t
A qui tufis mille careffes,
^Tn fus ratty de leurs douceurs ,
Et les pris alors pour Maiftrejfes :
Mais fitti voulois eprouuer,
L amour deces dimnes files,
Cefl la que tupourrois trouuer
Autantde trottsquc dc cbeuillei.
DE GERARD:,
._ 1m ^ ^ _ . _ . _ ^
a* APPROBATION
AMaiftre-Adam Jvlenuifier de
Neucrs , fur fes Cheuilles.
S O N N E TV
A Da m , ie fui$- raw, ma Mufe me tr an
C eft pour ton gradrenom queie deufes Kimeu
l^ekruitde ton Rakotmamis en cette kumeur,.
Etma chez, Apollo n ouuertlagrandeporte,.
Ty fus ties -lien reccu ,ffache de quelle forte-,
L on my donna de lean que boitton Imprimettr y
fen pris , dontles S^auansfirentcj
hitn quilme falluty demander
Apollon connoiffant o^ue i ejtois en danger,
Enuoyafes neuffceurs afn deme.*vanger t
If recews tant d honneur de ces diuines Ftlles 9
ie rcftay mttet dam le remerciemcnt,
Luth pour ceteffet jut <vn foible inftrumtnt,
Adam i auois befein de tes belles Cheuilles.
IANV1ER.
i
Du mcfmc
D V P A R N A S S E. 17
Du me fine.
EPIGRAMME.
L faut eflre pisquvn Cyclope,
P our n admirer pas la Verio fe
De cet illuftre Saboteur,
Ses beaux Vers ont tant d energie,
Oft on J croiroit de la magie,
Si I on nen connoiffoitl Autheur.
AVTRE EPIGRAMME.
A Juy-mefme.
T)am,tu n ds pasaffezi, fait,
II te refte a fairs <vn buffet y
Pour mettre les prefers que chaque Grand te donne.
Princes, Seigneurs , faauans Efprits,
Votis apprendre&parfes efcrits
Qtiil a de lavertu-) mats paye&faperfonne.
IANV1ER.
A PPRO B ATI ON
* r ^vv *^ *v * TOre*
:j^?^^S^^%^
A Maiftre Adam,Menuifierde
Neuers ., fur (es Cheuilles,
STANCES.
Rtijptn illtijlre & fameuxl
A qui tent de Herosrendentvneiufic
Apres Auoirveu ton ouurdge ,
Jeviens ten rendre aufii comme
Card abord ie .ne pouuois croire^
Que tu meritaffes lagloin,
Que te donnoient par toutces Chantresimmtrtelsi
Mais en fin i ay corinu aue tu n as point d exemplc?
Etqttil te fautdrefftr *vn Temple,
Qwfiitfaitdu debris de nos fropres
D V P A R N A S S E.
JN70 j Efcritsfont des fruits de I Art,
Que pollit tous lesiours I eftude & la fciencei
Mais lestiensontvne eloquence,
Quifuit I artifce & lefart;
riomphcs de nous fans armes,
uoir charmer tu nous charmes;
tout far Nature 3 & tu nasrien af>ri>?
Ton caprice te fert dereigle & de pratique^
Et le plus fouuent ta Boutiyue.,
Bait he n te aux Ca bin ets des f lusfe m cux FJp rits.
courirau facre /emmet,
trouuesle chemin du Temple de
Et tupojfe des plus de glotre,,
QjfApollott ne nous en
Poufe par 1 ne audace
Tu vat derob erau Chi mefme,
Ge feu dontil for males ejprits des l
Et couuert de LAWiers quc te prod-utt la terre,
Lon te *voit Irauer fen Tenner re ,
C&uronnea I A tefe 3 & le Rah t aux mains.
GILLET.
c ij
io APP R O B ATI ON
WSSEI GTiiit 6I
A Maiftre Adam le Menuifier,
Par Ragueneau le Patifsier.
SONNET.
IE Croy&is eftre feulde tousles Art i fans,
Out fat fa MO rise des dons de Cotltope j
jMais ie me range , Adam, parmy tes Part
Et rveux que mon Rouleau le cede a ta Varlofe.
Ie commence a conneftre apres plus de dix ans,
Que dejfous moy Pegafe eft <vn Cheualqui chope,
Ie *vay done mettre enfafte & Perdrix &faifans y
Et contre lefourgon me noircir en Cy elope.
Puifyue ceft ton metier de frequenter la Cour,
Donne-moytes outils four efchaufer mon four\
Car tes Mufesontmis lesmiennes en dsroute.
foufriras pcurtantque ie me fate <vn peu>
lus de bruit tu trauailles ,fans doute >
Mais pour moy ie trauaille auecqueplus de feu.
RAGVENEAV.
D V P A R N A S S E. ti
A Maiftre Adam , Menuifier de
Neucrs , fur (es Cheuilles.
E P I G R A M M E.
QVittxntfon Rabot a Ncucrs ,
JMaiflre Adam epuifcfa hour ft \
Mats icydebitantfcsVers,
II treuue vne keureufe rejourcc :
Noflre Maiftre Adam neft fas fot,
Sa Plume <vaut bien Jon Rabot.
MONGLAS.
c n;
-u- APROBATION
A Maiftre Adam , M enuifierd
Neuers, fur fes Chenilles,
SON NET.
MAiftre Adam donne nous AH net:
Les ceimres de ton Efcritoire,
1 ire- les de ton Ca bin ef y
Ou y jf tu vetix, de ton armoire.
e:
Stance, nj Sbnnef;
m ne meritte que la Gloire.
J
mains de^foujfatnt Qukiet;
Imprime au Tempffdt Adememoir?,
Plufieursftattfnt far vanite
Lqurs Efcrits d vne Eternite,
Qui mcw&nt twtnt le&rs p
Adais les tiensy font enchafffZ*
tec des Chenilles trop bonnes^
Pour sen voiriamais
MAT.HVRIR
DV PARNASSE.
A Maiftre Adam Menuifier de
Neucrs , fur fes Cheuilles.
SIXAIN.
Daw, Its ntufffauanfts Filles
Tromcront mtuuaiscftia tes
^Ti4 bonnes le nom de Chtuillcs,
Parceque I ceil de Wnitttrs,
Lew frtnle Diet* de la Rime,
uon Its lone &le$ tftimc.
SALLART.
14 APPROBATION
A Maiftre Adam, Ivlenuifierde
Neuers , fur fes Cheuilles.
STANCES.
Ars Ouurier, dontla main a trace des Efcrits,
Qui furpaffent fans an I Art des meilleurs
Efpnts,
1 es Versque tout le monde eftime ,
De tes propres out Us tirentleur plus beau jour,
Us font ft bien tourney qu ils femllcntf aits au To
Etfententle CompasJeRabot, & la Lime.
Ainfiles jnftritmens de ton Art Mechanise,
T eJlefcentftirParnaffeaufond deta Boutique,
Par eux tw fais des Verspc barmans &Ji beaux,
Que cbacun Ics trouue admirable s,
Et ie les crois bien plus durables,
QMS tes Banes, ny tes Efcabeaux.
_
RAMPALLES.
A Maiftre
D V P A R N A S S E.
A Maiftre Adam , M enuificr de
Neuers , fur fes Chenilles.
SONNET.
Dam y n accufe point ny ton fang , nyta racf y
La vertM reluit mieux yarmy la pauurete-y
Souuent d vn fonds ruftiyue & pie in d obfcuritc.,
lallit vns ondepure atiecque spins de grace.
Apollon ayme ceux dont la vaijfavce eft laffe,
Et leurfaitreffentirfe liberalite .,
Ainfi dans les vallonsfbn ardeurft ra
Ainji font-its brillants de plus vine clarte.
Celuyqui defcriuitU colere d
Geluyqui pour Enet a conftntitime ville ,
Eurent-ih en naiffantles Deft ins plus heureux ?
Puifyue ttt deuois doncarriuer a leurgloire,
Et confacrer, comme ettx 3 tes versa la Memoire>
Ne deuois-tupas naiftre & commencer comme Eux?
D ALIBRAY.
APPROBATION
Du mefrne.
EPIGRAMME.
L Autre iottrvn noble Guerrier
Eflant prejl depoufer fa Dame,
Enuoya vers Adam , afin de le frier
De luy drefferfa Couche &fon Epithalame.
AVTRE EPIGRAMME.
A luy-mefmc.
L If Antics Vers quAdam nous offre,
Dont il a y dit-il ,flein *vn coy re
Dedans fa maijon de Neuers-y
le fais fi farfris de ces Vers,
Que le neffay fi ie dors ou ie v
Mais ce que deplus de Merueille
Rendmon e for it comme tranfy,
J * "J ~S
C eft quil a fait le coffre aufi.
DALIBRAY.
DV P ARN ASSE.
- -T & *T* vf. -T- ^T ^
AMaiftre Adam ,Menuifier de
Neuers ,fur fes Cheuilles,
MADRIGAL. %
Our fair e en ta fatteurvn ouurtge ajfez* beau,
Qui commetaVdrlope illuftratmonEnclume,.
II faudroit maintenant mefcrimerde laflumff >
i bien que iefaais m efcrimer
Pour toy ma Verne toufiours prefte
T offriroit cheque iour <vn Eioge nouueau,
Efl on verroitfortirflusde feu dema tefte,
Qtfil rien entre dans mon fourneau.
Pourneftre pas pourtant blamed ingratitude,
Je croisqtiil want bien mieux fans art & Jans eftude,
Dire peu par mes versque de ne dire mot.
Et qtie sil on t pour toy quelque chofe dc rude,
pajfer le Rabot.
DE REAVLT.
APPROBATION]
A Maiftrc Adam Menuifier de
Neuers , fur fes Cheuilles.
EPIGRAMME.
Dam que iuftement tu te nommes ainfi,
Cardu premier viuant I heureux nffouuenir y
En fes mceurs, en fes vers, a <voulu raiewir,
Et rendre fonff amir par le tien efclairjy.
nas pas mo msque luy lesfciencesinfufes,
auoir fans efiude eflonne les S$auans,
Et fes e Cents feront iufquau dernier des an$>
Le Phare d Apollon & celny de no$ Mufes.
MAVGIRON,
DV PARNASSB,
A Maiftre Adam, Menuifier de
Neuers , fur fes Cheuilles.
EPIGRAMME.
MVfis worn Allez^ far tout dire
Que Phebus cftvn
T)e quitter I Archet & la Lyre
Tour frendre en fa main vn Rabot :
Tout beau , troupe ffauante & belle t
Le Rabotvaut bien la true lie,
four ce diuin faifeur de Vers,
II veutque tout le monde croye,
Sil fut jadis Ma$on a *Troye t
Quilefi ME NOISIER a
DELISLE,
5 o APPROBATION
3?Vf) fff/*J flffiia OSL-ft . Kl /*i O^MPQ fv/ii 9\ i/*i
A Maiftre Adam , Menuificrde
Neucrs , fur fes Cheuillese
STANCES.
I Lit* fire Menuifierdontle noble tranfyort
Execute fans cejfe auec (i peu defort
Ce qm d dutres envaincherchent par rant d^
JMjracttletixobietde tout noflrc entretien,
j j *
Quel efprit affe 1 ^ haut petit vanter tes merueilles^
Sans en dire troppeu , sil riefl egalau tien ?
Veux-tu point employer ses precieux
tii nous font t voirdes riens le merits & le prix
A te donner <vn bruit dont ta plume difpofe ?
~Faut-ilentafaueur exercer tantd Attthettrs,
Si te voir (0 iaymer rieft qtivne mejme
ffifites wttieuxfont Us admirateun ?
DVPARNASSE. }i
Is f$ay bien que leurs noms font facrez, a la Cour,
Ef qu >e vn Liurefans dotite eft indigne du tour,
Qttandon ne Ie r end p as dignede leurs fujfr ages ,
Que leur author it e nous doitcftrevneloy,
Que far leurs fenti me ns on iuge des Otmntges,
Etquona tottf enfn quand on les a fourfoy.
JMaisil efl des be&ute!^dontles propres apas
Nous far prennentd abord, & ne nous trompent pas,
Etquidenoftre amour font toujioursla matiere;
Alors quon les regarde on cognoifi leur pouttoir,
Et [on fcntquilcn eft comme de la Inmiere,
Qu on volt par flle-mefme,&qui nous fait toutvoir.
Pour moy ie ne croy pas en ce pQin&tcbliger>
Puts quil n eft pas befoin qu vnfecours eftr anger
Preuue des verite^, quetoutle monde aduoue :
filluftre beaucoup moinstes Efcritsque mon Norn,
Ie trauaille a ma gloire alorsque ie te Ioue 9
Et me fats ^ne debts en te faifans *vn D en.
APPROBATION
Athenes autrefoiseutttien moms que Ne uer
Et la gloire desGrecs dans cells de tes Vers,
Quoy qu onpuiffe opofer, doiteflre enfeuelie;
^Tu leurpeux difputer au moinsle premier lieu - y
Et fl I on eut treuue dans la <vieille Italis
homme commetoy, Rome en cut fai
onurages fameux riont risn qt4e
Jls caufent noftre honte & noftrg efionnsment,
Plus on les con/ldere &plus on les admire,
^outy paroift ft leau iuffjuesau moindre mot?
Qu il femble quApollon ait meprise la Lyre,
prendre tous les tours foptge du Rabat*
P^r (jue I fortinoiiy ,par qml beureux haz
s nous aujourd huj la Nature fans art-
Con fondre des Sfauans la plus belle arrogance ?
Etparquelle aduanture 9 bmerueilleuxEjprits !
Ce Siecle a-fil donne pourfhonneur de la France,
Vn hotnme quifyait tout, $) qui n a rien apris ?
Pourfity
D V P A R N A S S E.
53
Potirfay, diuin Genie , & ne te laj[e f>as t
Pour timmorfalifer mefme dans ton tripas,
Entretiensce bedufeu dont ta^ueine s
Et fais-nous cortfiffer deformaispar testers,
Qtie ce neftoitpas tantau Rabotqu a fa plume
A te fairc iintsrcne d de Lturiers toufiours vtrds.
CMEVREAV.
34 APPROBATION
A Maiftre Adam , Menuificr de
Neuers , fur fes Chenilles,
SONNET.
CEs nobles fentimes y que Maiflre Adam exfrime
Auec tantAe douceur & tantde majefte,
Ce four quit donnt <tux Vers fiplein de nettete,
Fontbien voirfa naijfance AU meftier de la Rime.
maniere d efcrire efl facile &fublime y
II f^air ioindre la force a la naifuete,
Mejlcr la raillerie auec I honneftete,
Et mieux que du Rabot s efcrimtr de la Lime,
Si four faire <vn Mercure , on a ditautrefois^
Quel on ri employ oit fas toute forte de bois,
on faifoit d honneura ce f if eur- defiles:
le fuis dire AH ft bien , & feut-eflre encormieux,
Que le bois dontl onfaitdefemblablesCheuilles,
N eftfas vn bois communjiy qui croijfe en tous lieux.
MALOISEL.
DV PARNASSE.
A Maiftre Adam,. Menuifie
de N
uers.
B.L.E G IE.
im eftime plus le mortel qui samufe
A charmer les humains , en courtifantla
Que le Doffe attjourd huy ne pajft tjuepourfet,
Sers- toy,fi turns crois feulementdu Rabot:
On connoiffoit iadis le merit e des bommes,
Mais ckpttw , cher Adam , quen cefiede OH now
fommes ,
Le fieclt a corrompM I ordre de l<vniuers ,
Cefl <vnpauure meftierque defaire des
Qj^ele doffe traitail iamais ne i importune,
Aufi bientu nepeuz* y faire ta fortune ,
Et crois que fans railkr Pegajje eft" Cheual y
Qui meine lesrimeurs en pofte -a I kofpital:
Thonare tonffauoir , ta pauurete m irrite,
cecxuon dira parlantde ton merits y
on te ^erra^ ie dis meffttepltes nu>
Encore mills fois quon ne ptwtla-WwtU :
J S. *
c ij
APPROBATION
Adam , ricft-ctf&s grand dommage^
De voir cc malheureux en vn td equip age ,
Son Genie eft puijf ant y i admire fes efcrits 3
S tl euft cftudicqu.il euft beaucoup apris^
Pay pftie de luyuoir fairs le pied de gnie,
Et faute de lo %is couch er dans vne rue-y
Apprens tn ce temps- cyque pour eftre adore >
1 1 fauteftre veaudor^ctibien afne dore\
Vn ieune impertinent ,dont la fotte po
Sera de rajufier to M flours fa cheuelure,
JEt de prendre confeil far chacun des cheueux,
Qui four i ant run peu , puis parlantcomme deux,
Apresauoirfon^equelque mefchante Phrafe,
Adjoujlera morbieu^pour donner de I amphafe,
Et de mauuatfe grace , en faifant le cenjeur,
Mepriferale frere, & gaufera la fceur,
Perdradans <vn difcours cent fois la contenance y
Ferarire les meurs defbn impertinence,
Chercheratottt con fits par <vn difcours nouueau,
Le fl de fon difcours at* tour de Jon c
Etnele trouuant point finira fa harangue ,
Par vn pefle du firt, maugre-bieu de la langue,
Faut-il eftre gefne dans lajmtte des mots ,
Pajfera pour hahille an jugement des fits,
Et s en faifant acroire ) ilvoudra quon leprife,
Et quon donne lemotd eloquence a fottife j
Le vulgaire croira quil eft beaucoap faaMant,
Pour auoir ose mettre *vn difcours en auant,
DV PARNASSE. 37
Et fe feravanterpartoute la contree,
Dautantquilffaitparcffur vn complimentd Aflree.
Vn autre moms hardy, mats auf i fotquc luy ,
^Tafchera, corrigeant les ouurages d autruy,
D acqtterirdu renom , &t tout bouffy de gloirt,
Pottrmonftrer quil a leu, vous mettrafur
Accufera Duplex,, blamera Coiffeteatt,
Dira que le d tfcours n eft ny coulant, n
Etpajfant toutd vn coup AUX ceuures
cet homme doit e^re affranchy de la Parque,
s quil napporte pas d ajfez^ fortes raijons,
Et quilfrouue a re dire a fe s comparaifbns,
Que Ciceron eftoitplus grandque Demoftenes>
Bien qtiileufi derobe I eloquence d Athene s,
Apres pourafieger Renault de JVL ontauban,
Que Charlemagne fit former I arriere-ban,
Et ptiis recommen$ant f un autre Coq-a-l afne,
Quil aleuquelquefois dedans Ariftopbane,
jMaisque tons les Romans afongrefontcamus>
Aupres defon Maugis, ou de Noftradamus,
Enfn ilvous rompra toufvn sour les oreilles,
S imaginant auoirraconts des merueilles,
Et fous ombre quonfcaitquil avnpeu
II eft plus glorieux quvn Recors de Sergent;
Ainfiles ignorans ont toufaurs I aduantage^
Celuy qui pour toutbien a lefprit en partage^
33 epreuue deform Ats quvn deftin figourexy
On dit en le voy ant dans le nombre des gueux,
e iij
38 APPRO B A TION
// eft braue garpn, & de bonne famille,
Et sil atioit dubienilferoitpour ma fills j
Car on, eftime plus ces riches libertes^
Ainfl commelon tientfept (uperbes Cite&,
J J 1. J L
Voyantque Ion <vantoit par tout lesvgrs d Homer
Etifpntercntiddis ce beawtiltre de Mere-)
Toutes vouloient fon Corpse fa beface , dit-Gn 3
Demeura fans maiftrejje auec^ue fon bafton.^ ,
Car tine peut iamais auec fa reucri*
Euiter ce fache we monjlre de gtteuftme > -
On l^ijfe le Po ete , & Ion croit en tffet
Cauoir recompense , dipint, ll a bien faifo
Car sd donne da vent a ce-l&y ^ui
II le paye fouuentde lamefme monnoye,
Oufi, pcuf-eftre, il eft en fa WMtuaije k
// ne Jongsrtpas fenlemsnt au Rimeun
Enfn jwurauoir mis-deslauriers far la-tefte-
D <vn poltron qui n ofa tamais leuer la crefte^
Etdequi I* ignorance auroit pluftoft befom
Quj)n luyft vn pnfcntd vne bote de fcin:
On dira, de tes Vers , your touts recompenfs ,
Vraymentils tombent tons d vne belle cadancei
Icy-ks medifins fontcontraints d attoiier,
Q.uc I Autheura^de strait qu onne petit trofiouer,
Et quit a bonne grace a compofer <vn Liure,
Les fidufes cependant ne donnent pasaviure,
Ce ri eft pas d aujowrd huy , carauxfiedes
Leurs trauaux ontefte fortmal
D V P A R N A S S E.
Etfcai$-tu bien pourquoy cesneuffettrsfbntpucelles,
C eft quaucun des mortelsnontiamais voulu d tiles,
Quelles nont rien vaillant, & que leur pauurete
A conferuel honneur de leur virgin ite,
En*un mo tqu dies font dedans *vne campagne,
N ay ant pour fe toger quvnepauure montagne,
Et peuuentbien loiter la valcur de 7viaugis t
Qrielles n ont pas moytn de loiter ^n logis.
Quittes done Apollen dont tu Drones la gloirf y
Puis quaufi lien ce Dieu ria que de lean pour
Carieconnoisfortlnenaton rouge mitfeau y
Quvn hommc comme toy nefatittroitboire d
Qu (ttu cwx encorfaire des vers fans ceffe,
Que ce ne Joit an miins quepdur noftre Princeffe}
^u fc ais quells a dejfein de te recpmpenfer%
C eft a toy, ckerAdam, maintenant d y penfer;
Pour ffloy qui ne vis point dans I efpoir dufalaire,
Etqui ne pretends rien qus Ihonneur de luyplaire^
le iure par cduy qui prefide a
De ne faire iamais que pour file des
Etquand i auray finyma Tragi-Comedit,
Que iemegueriray decette maladie^
le vettx bien eflre apres priue de iugement,
Si ie fenge iamais a Rimer feulement,
Si ce neftquelquefois pour faire vne Satyr e.
Adieu Its bien ces Vers que ie teviens d efcrire,
Afres auoir refuefur mm Lath ce matin,
Etmanditmillefois la Mufe &le Deft in.
CARPENTIER DE MARIGNY,
40 APROBATION
A Maiftre Adam , Menuifier de
Neuers,,fur fes Chenilles,
SONNET:
r
E nevcuxplus refuer deffous ces Lauriersver
Quichargentl Helicon,&quiparentfa cime\
QH on ne me parle plus d Hemiftiche, ou
le berne dejormais tous Its faijfeurs de V
Le plus fage Poete a I efpritde
Quoy qtion dife qtfvn Dieu le tranfporte
Cefetiqui rend Tefyrit &per$dnt& fublime t
Eft CAuft qnon fe perd dans le vague des air$.
ais que le Rimeur eft ton flours miferable,
Ettoy-mefme cnuersnous rieft-tu pas infolualle
Pourlesversque pourtoy nous voyons (Ibienfaits ?
Tit nen J$aurois douter^ quoy que le fort ordonne,
Tit ne feras iamais ny Coffres, ny Buffets
fourmettrc enfewrete-lestrefirsquon nous donne*
DV PELLETIEK.
A Maidre
DV PARNASSE. 4 r
A Maiftrc Adam Memiifier de
Neuers , fur (es Chenilles,
E P 1 G R A M M E.
OAT void lien qiie ton Bois , Mcnuifier de
Neuers,
A fenty la coigneeau croijfantde la Lunne,
Ottandtuviensioindre icy ta gloirc a ta fortune >
Amfi fab an dormant a la mercy desVers.
Autantquen ta JMaifbn tufeais que
Sous *un lambry dore logs la pounture,
Etque contre le Temps rien ne dew cure en tier.
<Mais iugeant quc tcs Vcrs a ce Tsmfs fait la nique y
Hardy , tu viens icy nous ouur ant ta> Boutique ,
TV fairc renommerfcul Alaiftre en ce .Metier.
DE VILLENES.
APP ROB AT I ON
Hi
A Maiflre Adam, Menuifierde
Neuers , (ur fes Che u flics.
STANCES.
TOT que la Sric & la
Ontfe long-temps entretentt,
Dis-moy , comme es-tu deuenu
Lvn des mignons de Calliope ?
Cette N imp he & toutesjes faun
Ne tirent leurs fainffes douceurs
Que du repos & du filence^
Et ton ordinaire meflier
Plain de bruit & de turbulance
homme tout entiir.
DVPARNASSE.
Cefivnprodige veritable ,
Etconnu far tout IVniuers,
Que tu fais mieux les pieds d tf vn Fen,
Que ceux d vn lit , OH d Jf vne table,
Bien que celebre Menuifier >
Tu tcs tant laue le gofier
Des eaux qtvicoulent d Hypo-crew,
Qus les Poetes plus fameux
N on t plus rien a cette Fontaine,
Si tn n y part ages commecux*
Aufi tons ces homines d elite
Font tantdecas de tes Efcrits,
Quils onta I enuie entrepris
D en faire eclater le merite :
Moy qui ne les fuis cjue de loin,
le laiffois f vn ft noble foin
A cette bande venerable,
JMais ma Mufc ne putceler
QtSellefe rendroitplus coulpable
Defe taire qtte de parler.
fij
44- APPROBATION
At* ft fa rarefuffifance ,
A tant de refutation,
Qu elle fertd occupation
A toutes les flumes de France :
Qui manqiteroit a ce deuoir,
Celuy-la ne fcauroit auoir
iyaffezi> legifimts .excufes,
L on te connoijl OH quetn fois,
Qui ria iamais connu fes Mufc
iamais parle bon Francois.
Enfia ft quelqurvn sen exemfte
C eft qtfil rien a pas le /0/y/r,
Off qui ne prend point de plaifir
Qjiand la gloire d autruy s auv
C eft qu il a pen d bonntflete }
OH feuds bonne <volonte^
Oft trop dautresfolidtudes,
Sans plufienrs autres q^e ie i>
Honteux dauoirfait leurs efludes,
Et rien f^auoir fas tantquetoy.
DV PARNASSE, 4?
Enejfeftonffaitque les Mufes
nTontfi parfaitement chery,
Qttfllcs nont point de fauory
Ou fbienttant de graces infufes :
La Nature tauoit cache,
Mais Ton f$ ait quelles font chetckf
Pourtapprendre Art Poetiqw,
Eon f fait qtie lies ont annobly
Toy , ta Famille , ta Boutique ,
TV* Outils, & ton Eft ably.
Auant <vn ft lei advantage,
Toy-mefme oferoit-tu nier,
Qua peine auois-tu le denier
Pour entretenir ton menage,
Et depuistout lemonde f$ait y
Quetunagesa tel fiuhait
Dedans les ondes du Paffvlt,
Qu a tous moments on te pent voir
Aux mains *vne double ptftole ,
OH lettres pour en receuoir.
f* a
113
46 ATP ROB AT I ON
Ces Mufes y centre lettr
voulurent perfuader,
Ef parmiracleaccommoder
Ton Rabot auec une -flume :
Au moins Jl tu naspasefte
Cet Adam de I antiquite,
Laifne de tout tantqus nous fommes,
Comme elles y remediront,
^Tu feras le premier des hommes
leurs bien-faits enrichiront.
Cette route eft ft pet* commune,
Qu vn dutre sy fouruoyeroit,
Tout le monde sappauuriroit
Par oft tu baft is ta fortune,
Etfi tes deffeins font heureux,
Us ne font pas moins genereux, ( )
Pour te rendre digne denuie.,
fen voy millc a s inquieter
De la conduite de tavie,
Etpas vnfeul a fimiter*
DVPARNASSE, 47
Qu and tit che mines parlaville,
Tent le peuple qui faperpit,
S entraffemble , te monftre au doit,
Et te remarquc entre dixmille>
Voye T- voM bien , ce difent-ils, ( . )
VoiU I efyrit des plus gcntils
D entre ceuxcfrion nomme Poete^
Cefi luj qtti de/imple Artifan.
Par des entremifes fecrctes,
Efi dcuenu grand Courtifan.
Son renom force le filsnce,
II eft connn comme le iour,
C efiluy quon appelle a U Cour,
Le Aienuifier par excellence , ( . . )
Tout le monde le vcutauoir,
Et chacun accourt pour le voir,
Commeaquelque nouueau miracle*
Ses admirateurs infinis,
Le regardent comme vnJpeffacU 9
Aufi rare que le Phenis.
APPROBATION
Outre cct honneur legttime,
u noftre wlgAire lay rend^
Toute la Cour ria point ds Grand
Out net* ay me & qui ne I eftime 5
Les pltts eloignezj du c&w.mvn
Ne chargerent iamais quelqui n
De plus fauorables careffes,
Et fur tout cethomme char man f
Plaiji a I efprit defcs Princeffes,
Comme ilflnta ccluj d Arm and *
De way ces Dames <vertueufe$.
Ces mer
Qbligent bitn fouuent fes
A des courses impetucufes,
kuf i par les puiffans attraits>
De leurs magnifcjites bicn-faits^
<Ta franchife eft- e lie ajfe
Aufi nas-tfi pas entrcpris
D employer pour files ta v
EtU. laifferou tu la fris.
Et cet
DV PARNASSEV 4?
Ef cetAUtre objet de ta
Que I 1 on reuere en tant ehdfait$,
Dont tn peux ejjjerer des droits
Que la Nature te refufe 5
Ton Heros cegand Cardinal,
Eftfibon & ft liberal
AUK equitakles recompenfes,
Qu^il sen va tefaire arriuer
Ou tes plus bautes efperances
N auoient ose te releuer.
Dansvnefi bonne pofture
ta deja mis la vertu^
Adam , qu6 deprerois-tu
Pour embellir tonaduenture,
Qu^aurois-tHplus a demander,
Rien ne te peut incommode?
Sons ces fauorables Aujj>ices>
Les plus rudes aduerftte^
N*ont pas affez^ de precipices
Pour per dre tes felicitez*.
APPROBATION
, mo n cber Amy, ie
Qtte Le del te tienne en ce point,
Sur tout ne tenorgueillis point
jy^ne fortune fiparfaite;
Et comme vn fas de libertins,
N en rends pas graces aux Deftins,
Non plus qu$ I humaine Prudence^
Mais rends- en la gloire & Vhonntw
A la Diuine Prouidence
qui tevtent totttce bon-hcur*
DE LACHAIRNAIS.
D V P A R N A S S E.
A Maiftre Adam, Menuifier
deNeuers*
EPIGRAMME,
A Dam yje ffay mieux Taduantage
Que tu as a faire des f^ers,
Que tousceux qui ten font hommage f
Puts quit efi vray quen ton has age t
Tu wins mapporter a Neuers
Les premices de ton Quurage,
Et quen taugmentan tie courage
En plufieurs rencontres diuers t
fexer$ay ton apprentiffage ,
Et for may des -la mon prefage,
Que tuferois dans I Vniucrs
Vn lour <vn rare perf&nnage.
N en defire pas dauantage
Uvn Poete a tors & a tracers,
Qui de rimer nentendTvCape:
^* ~ r >
Et veut ft cet ejcnt t outrage
Que tu le colleque a I enwrs
~)erriere tonLiure au Bagage.
DV PVY.
g ij
A PP RO BAT! ON
A Maiftre Adam., Ivf enuifier de
Neuers , far fes Cheuillcs.
STANCE S.
Dam, par qnel eftrangc cffct ,
Sansauoir courtue les
As-fa I affemblage par fa it
De tanf de fciencesinfufes ?
Aurois-tM tout fe nl herite
Du nom & de la qualite
Que poffeda le premier Homme ,
Qut des le mefme inftantque Dieu I eitt mis
Auantqu il eutgoute ds la fatelc fomme,
Sans auoir rien apris, comme toy, conncut tout,
D V P ARN ASSE. 53
Ouy fans doutc , & qutlques mtrueilles
Que I on puiffe dire de luy,
le lestreuue en toyfipareilles,
Qtfiljemble renaiflre aujourd huy.
JSlon en te louant ie t offence,
Car malgre tant de connoiffance
Ilfut far la femme feduit;
Mais nonplus qMtlcJien ton cceitr nefl fas
Et comme ilfut tentc d en accepter U fruit,
*Tu le ferois aitfi de te fcruir de l
En ce point i eflime tonfirt
Plusque lejien digne d enuic,
Que le fruit luy donna la mort>
Etl arlre te donnelavie,
Mefine par vn effet plus beau
Tu peux affrancbir du tomb e an
TonNomfi chera la memoirs,
Ettondiuin EJprit qui charme les humains,
Peut icy batiffantle trone de ta gloire
Etyargner noblement cet office ates mains.
DESFONTAINESw
g ij i
54 APPROBATION
^^^^^^^^q5
Tiw^ww^wTO^
Du mefme.
EPIGRAMME.
REtireZj-vous lafches Critiques,
Efprits bourns &frenetiqttes,
On ne fyauroit icy ^uous voir qua voflre
Loin de ce Liure, ames frophanes,
Les Chemlles de Maiftre Adam,
2$e font pas en celhupour attacker des Afhss.
AVTRE EPIGRAMME.
A luy-mcfmc.
MAiflrc Adam , ilfaut a
QiSon ne teffauroiffrop loiter*
Veu quApollon & le s neufFilles .-,
ConfefTent icy hautement,
*A/ j *^\
Que tout leur diuertiJJemenP:
Eft deformais en tes Chemlles, .
DESFONTAINE&
DVPARNASSE.
A Maiftre Adam , Menuifierde
Neuers, fur fes Chenilles.
STANCES.
#3*
CEs beauxVers furprennentmes Jens,
Us meparoiffentdes mcrueilles,
Us font p douxfflfifuiffans,
Qtiils charment toutes Us Oreilles,
Et les plus diferts d aujourd buy,
Sc doittcnt tairc dtutnt Ity.
Tout ce quil penfe , ou qu il efcrit,
A tant deforce &d elegance,
Que dejafin diuin Efprit
A fait confeffera la France^
Que le Menuifier de Neuers
Polit mo ins k Boisqucles
Lc Marquis D. P.
APPROBATION
<>
>^^^
A Muiflre Adam , Menuifier
Nquers , (ur fo Chenilles,
S.TAN c E-S,
: >
cljajlcs
Ont diflille- tant de douceurs,
Qu attjourd huy I on ne fyauroit dirs^
Qmls de leurs plus doers
S^auentmieuxcjuetoj les f aeons
D
Css Carmesfi beaux & diuers,
F : ait$ four I EJfrit de I Vn iwrsj
Et le plus fort & le plus rare,
Tonfvoir affez^ euidemment,
Que Phoebus ^entablement
Te fert de Lumiere &de Pbare]
.
Que
DV PARNASSE,
QueTEflude io mte auecl Art
Acheue ^n portraid a I Efcart
De quelque parlante Peinture,
Quant amoy ie nepenfe pas
Qu ilspreualent fur Us appas
Que va prodnifant ta Nature* .
Si mon Efprit ne fe con fond,
Les Orateurs du temps ft font:
Par we longueur indicible,
Au contraire^ce qui men flaift,
Cefl que le vraye Po ete naifi
Auecvne Verne inuindble.
Rien nefl imppflible a celuy
Dont I ceil du tour foufcrit I appuy,
Et la protection entiere y
Aduouant fes inuentions
Sur les n ai fues productions
Quit pro dttit & me ten lumiere*
P R OB AT ION
/^ farmy cet Vniuers
^Tant de forces & rudes Vers
Sortird un.e vaine moifte ,
Quils degouftcnt tous les Letteurs
Parceque lews manuals
iForcent toufiours la Po efie.
^ tJ
Encore qu ils pttrlent Latin
lls riant paspourtoint le Deftin^
Ny mefme la bonne Fortune
De reufiir dans tears Efcnts
Comme font ces diuins Efyrits
A qui UVerue tft of for tune.
Qtiils faffentcomme
Qm brilleainfiqu vn diamant
Dans le facie ingratou nom
Void-on deux quelqnc mouuemens
Aboutir dans les ornemens
ce Mwoir des Hommesl
DV P ARNASSE; 59
// fe furmonte
II encherift iournellement
Sur le bienfaire & le bien dire,
De forte quilfaut aduoi-ier
Qrion ne fyauroit ajfe^ loiter
Ce que fa flume vient d efcrire*
L Enuie en depit de fa dent,
Dit que fon venin plus ardent
Ne petit auoir farluy dt-prifi>
Tant il eji vrayqu il fait fe bien
Q^apresfes Versonne void rien
Quifoit pur & de bonne mife.
Soitquilparle des Mate lots
Qul combattent centre lesjtofs
D vne merremplie dorage,
OH quil peigne I hoftilite
De Mars dans la Trace irrite,
C eft on luitjon mafle langage.
APPROBATI
S il fait fbujpirer <vn Amant
Stir la rigueur &le tourment
Que luy donnevne belle Dame^
N exprime-il point le malhcwr
De fa rage de fa douleur,
Par des traits de feu & defame*
Si farfois pour fe diuertir,
ll frendflaiflr a confenrif
de darner contre le vice,
le Satyrife-tilpsu
Si t viuement s ^u i il met a las
Les inflrwmens de la Malice..
Enfin il emforte Ihonneur
D eftre meilletir Chantre & Sonnenr
De tous ceux dont on faitdu conte>
Apollon Tayme tellement,
Qtfil prtnd plaifir afeurement
Qu aucun ne le paffe tyfurmbnte.
D V P A R N A S S-E,
r Afres luy ] quifaitmieux que toy?
Perfonne ne te fait la lay,
Chacun admire tes Ouurages,
En cequils fintfi dextrement
*Tournez> dans I adoucijfemenf,
Qu ils rcueillent tous Us Courages.
Moy-mefme quifents que I Hyuer
JMe cotitraintt mefme d arriuer
Afubir I Arrefi de la Parque,
Ne fuis memfefeher chaque iour
De les relire tour a tour,
Attendant la fatale Barque.
II riy a fointde medifant,
Qui ne confejfe en les lifant,
Quits font enricbis de la grace
De toutcequon void en iffet
Et de folly et de parfait,
Sur le double
SALLARty
h iij
6 1 APPROBATION
yy $fa ;^pj j$5 5j) ^5 wfa ^ (^5 W OH PY?
Plainte Centre Maiftre Adam,,
Menuificr deNeuers..
STANCES,.
ffierbes "Diitez, du Temple de
JVLufes a qui tous les mortels
Offrent desvceux & des Autels^
A qui conpez^-VQUs vofire plus there gloire ?
Vows qtte les plus Sgauans implorent a genoux 3
Pourquoy votes proftitue^vous
A ceux dont icy las la Fortune ft tout ?
Et pourqtioy < verfe^ J - t voHs vos eaux dejfus
en faueur d vn feul faire millc jalom?
DV PARNASSE.
3*
T)onc en vain noftrevie en destrauaux fe paffe,
En vain, nous-nous chargeons de Joins,
Si celuy qui vousjert le moins
Paroift four noftre honte aufaifle du Parnajfe :
Apres attoir perdu le plus beau de no sans,
Au milieu de *vos Courtifans y
Vnftmple Menuifler aujourd huy nous deuancel
Et nous faitaduouer,a I honneur de la France,
a des Heros parmyfes Anifans.
DE CHARPY.
APP R O BAT ION
A Maiflre. Adam Menuifier de
Neuers, furfes Cheuilles-..
EPIGRAMME,
Xcellent & noble Billaut,
Dont la plus dotte des neuf Uilles
Empoignant en vain le Rabot,
Sans te dimintter a fait tant de CheuMes : .
Honneur dwfejour de Neuers ,
iBien que tufois tout pie in, de Vers,
Tu nen es pas moins eftimable-y
Car Jur toutautre boh ton advantage efltel
Quati lieu que par les vers it deuientperiffab
]Lc$ tims te rendront immorteL
P, RICHER.
Maiftrc
DV P A RN AS 5 E.
A Maiftre Adam , Menuifierde
Neuers , fur fes Cheuilles.
F, P.I GRAMME.
PVifyue ce dofte Menuiper,
Lors quil vent tourner r un Laurier y
Faff des cbofes digne denuie :
La liber jilitc des Roys ,
Pouroit defendre quen fa vie
II trattaillafl far dautre Bois. .
TRISTAN L HERMITE.
3 APPROBATION
A 4> & $f "& tjf \!f >J rl >if vb >if \t* vb A >Ii \i> xtr V?i -At
* vV^ ? x|/7 ^|^ -*^ KI/* rKTSn j^r^i >\;i^i oa/ fiWn /x1^ /x"^ oo^o ,vt?n -*i5 *T?f: *t>r, rts1? fl*}^ o;T/i
vw\*
4 ,-
A Maiftre Adam, Menni ficr d(
Neuers ., fur fes Chenilles.
E P I G R A M M E .
OR/>^tf auccfen Lut attiroit autrefois
Par des Airs ramjfanslesforefls & lesbois,
Mais ton art, Mennifier ,fait bien tfautres miracle s^
Car le Bois far tes mains forme de [i beaux fon^
jMorpkee eft ant ratty de tes belles Chanfons,
Se tait pour mieux pouuoir entendre ces Oracles.
GRENAILLE.
DV P ARN A SSE. 6 T
AMaiitveAdaniJVienUificr de
Neuers ,fur. fes Gheuilles.
RON D E A V.
E Mai fire Adam vo icy [apprcntiff age,
Qm pour t ant eft <vn ires -par fait Ouurage,
Et aui fait voir en cent mo j ens diners,
Qtte les neuf fccurs ont fait naiftre a Netters,
Vn qui gaignoitleurArtato Robot age :
Si d vn Heros <vous voulez^ voir
De Adars , d Amour, dn Printemps , des Hjuers,
Qu des vertus ^oud^n Siecle pewters ,
// le faut voir icy dans le langage
De Maiftre Adam.
Or Apollon des la premiere page,
Sur mon bonneur, en creueraderage>
Et regardant ce Liure de tracers
II bnfera fon outil chante-Vers^
Pour en auoirvn fait du fac_onnage
De,Maiftre Adam.
LE CADET.
APPROBATION
A Maiftre Adam , Menuifier de
.Neuers , fur fes Chenilles.
R O N D E A V.
;; M.enuifier les Outrages
Sont eftime? far tout comme a
Jvldle fois -plusque tout I or ds I AJie.
Jl les baftit fuiuant fa fantaipe,
Bois choify dent-re tous les fltis vcrds.
Ceft d vnLaurierefuine crains le$Hjuers s
Etqui ne peut ejire perce des Vers :
Eien quit foitcru dedans la Poefa
n Menuifier,
Le Cardinal y Honneur de I Vniuers,
Cherry deshons, enuie des feruers,
D vndoux flaijir a fon amefaific:
Quandfous destraitts d vne grace choifa,
volt (on nomefir it dedans les Ven
D vnmenuifar.
BEAV-SONNET.
DV PARNASSE.
A Mefsieurs nos Poetes.
EPIGRAMME.
ACcorde^, Ic tout net, & riayons point de
L excellent Menuifierfait tout fireiglement,
Quencor qu*un de fes Vers n eut qtfvn fied
lement.
Il e V6udroit f vo$meillcHrs faffcnt-ils cfvnc toife.
MARTIAL;
7 o APPROBATION
L E LIB R A IRE,
A Maiftre Adam, Menuifiercle.
Neuers,fut fes
E PIG R A M ME.
arable & grand Rimeur,
le croiroi* auoir fait *vn crime ,
Si faff ant pour ton Imprimeur,
le ne tefcriuois pas en rime,
Priant le bon Pere Bacus,
Qui vautbien mieuxqueles
Qtt ilmeprocMre autant d ectts,
Quetu ma* donne de Ckeuilles,
Afn de traiter les Autheurs
I)ont tufais tes Approbateurs.
TOVSSA1NT QVINET.
DV PARNASSE. }.. 71
i
AVTRE EPIGRAMME.
A luy-mefme.
MAiftre Adam ruminoitdes
Tenant en fa main fa Varlope,
^*\ *
Ouand il aptoerceut Catiope
Qui Iff vint trouuera Netters >
Cette gcnereufe Pucellc
Luy fit fair e unef grande echelle,
Etpuis en luy difant, Suis-moy,
Luy fit conceuoir tant d attdacc,
Qu il en montafor le Parnajfe,
Puts tira fefchelle apres foy.
TOVSSAINT QVINET;
7* APPROBATION
gentilifiimo , ed vnico
Maeftro Adamo.
MADRIGALE.
Da mo, ne tuoi
Netuoi ran concetti^
]Sle tuoi Cauicchi reijd tanto
Ch* appunto noifenjiamo
^Fufia quel frimo Adamo ,
Che faff iam dotto fufenz^a Maeftro
Ftillo con peggior Jbne ,
Dielli Sclent* la JMorte,
ScienZjAtu riceuefti,
fsrchepoi, quanta 7 Tempo ,
BENSE-DVPVIS.
Cafamiento
DV PARNASSE.
73
Cafamiento del Ccpillo de Maeftro
Adamo , Con la Lyra de Apolo.
Dezimas Caftcllanas.
Apolo. /^\ Tga Senor Trobador
V-/ Efcuche Senor Adamo I
Adamo. Adaeftiw Adamo me llamo,
Que malfe calf a iin Senor
Con vnAcepillador.
Apolo. Sin duda en Heliconfoyftes,
TenHipocrene beuiftcs?
Adamo. En t ten das de Baco st,
-Que muchas vez^es beut,
No me entiendo deffos chifies.
70 AFP ROB A TIG
Me kaZjC vofte
A fe que me burla , a fe
Senor galan que no se
Si Hipocrene y Helicon
Es tabema o bodegon.
Apolo. T tanto Adamo ,fabeys?
Tan bmuos Verfos ha&ejs,
Ojfe amis mayores priuados
Dexays todos affombrados,
T ltro Afolo pareceys.
Adamo. PorDiosque no se
Solo se que hi&e cUuijas,
Que alabanfe por kiijas
De mi humilde Cepillo,
Apolo. Ht/AS de Padre alentado,
Cepillo de infigne brio,
Puesfabe hafjr dcfafio
Con fu eftile efiremado
Al ingenio mas confiado.
DV,P A RN ASSE: [7;
Merced pues os pido,
Adamo ,Jifojs feruido,
Oue mi Lira, pueda fer
Defde agora fr muger,
T honrarle como a marido.
Picaranfe de limadas
Sus obras , for cep ilia das j
En todo ji a de acertar
Si le conjentis lleuar
tan acertadas*
BlENSE-DVPVlS.
K Ij
APPROBATION
A Maiftre Adam, Menuifierde
Neuers , fur fes Cheuilles,
EPIGRAMM "E.
EN" vain quelque faifeurs de
Viendront d >e vn regard de traucrs
>Blafonner tes oemres genulles;
Car ces Critiques Lougarous,
Nyffauroient trouuer tant de trous,
Qu on riy trouue autantde Chenilles.
LA PO I REE
DV PARNAS SE. 77
A Maiftre Adam Menuifier de
Neuers , fur fes Cheuilles.
EPIGRAMME.
APollon depite de fa Lyre rompue,
Par quelques ignorans , qui vouloient I ac*
corder-y
Cheuilles alors parcffant a fa veu f,
pour la racommoder.
P-MESMYN
T
k II)
77 APPROBATION
A.Maiftre Adam , Menuificr de
N.cuers 9 fur Ces Chenilles. .
E PIGR A MME,
Vand ie contewple mon
DM t iliac iuf.ques a la quill \
Ie ny trouue point de Chenille,
Qui ne puifle perir dans I eau ?
Le s Cheuilles de ton ouurage,
Adam , I exemptent du naufrage t
Malgre lesfots imperieux,
Et font que fa force animee,
DM fouffle de la Renommee
atifi hautque les Cieux. : ,
VIEVX-MARCHEl
DV PA;RNAS;SE. 71
A M aiftre Adam , Menuifier de
Neuers^fut (es Chenilles.
E P I G R A M M E.
Slt H veux rejoiiir Daguerrc ,
Ne rime plus que fur la Guerre }
I^OH Triomphans nous reuenons :
Chante la r valeurHsroique 9
Etmetsle Bo is deta Boutique
*A fairs des fujts de Canons.
DAGVERRE.
So APPROBATION
A Maiftre Adam , Menuifier de
Neuers , fur (es Chenilles,
EPIGRAMME.
I tauoisde telles Ckeuilles
1 Pour placer les Armes dn Roy 3
ctiricufes families,
Adam , sadrefferoient a moy,
Pour vow les admiral? les charmes
Qes Chenilles comme des Armes,
S-AI-NCT MALO;
DV PARK AS SB,
A.Maiftre Adam , Menuifier de
Neuers , (ur fes Chenilles.
EPIGRAM ME.
M. T four qui ic Ciel if tufa fes mrueilles>
Et ce quilauoit d-e plus beau,
*Eoy qui far fes labeurs &par fes dafles veilles,
JAets ton xbm pcuriamatsa comert du tombeau.
Cher Adam , nt croy fas quen ce lieu ie fret ends
loindrevnefifetite ojfrande
A ceque tontvoui tantde rares Efprits j
Ie ffay trof de combien ie cede a leur merite,
<Mais, comme eux en public ,fof-ffreqite ie .m aquite
En mon particular de ce qua iufl efrix,
Toute U terre doit a tes nobles E fa its,
Que chaeun voit , &
LE MARQViS D AHIMANT.
I
8t APPROBATION
*
A Maiftre Adam ,Menuifier d^
Ncuers ,fur fes Chenilles.
S O N N E T.
Vand ie me fis Comedien,
^Tcftois *un pauure perfennagt -.,
Et ie vous iure quvn bsan-rien
Eftoit mon
Adaiftre Adam ^ous f^ueT^ tres-lien,
Qitoy que ie naye point de Page,
Qttf lay pourtant trouue mo
De drejjfervn b el equip age j
Mai* il n a point de logement>
Pour quit en ait un promptement,
Ce petit Sonnet ie vows o
cher Menuifier de Neuers>
Oblige z^-moy d y faire vn coffre
Qut ne fiit point fujet aux vers.
D ARGIS.
DV P ARN ASSE.
<p "S^i
A Maiftre Adam , Menuifier de
Neuers , fur fes Cheuslles.
EPIGRAMME,
A Tfaitces vers d aufii bon
Que iamais tu fs Efcabetle,
Grand Menuifier ,g?and Rahoteur,
Mais ma Rime nefi p#s trop belle.
ne dots pourtant refufer
.Mon ouurage, bitnqu e un feu rude,
Et tu peux <vn fexe excufer , .
Qui non plus que toy ria d^cflude.
Si ie poituois, ieferois mieux ,
Pour te monjtrsr ma bienueillance 5
jfriaisff aches qii aufii ie neveux,
Ny grand-mercy -, ny recompenfe.
M llc - DE BEAVPRE .
84 APPRO BAT ION
A Maiftre Adam, Menuifier.de
Neuers,fiu fes Chenilles.
E PI GUAM ME.
Dam , tf n fol de Serurier,
Qui voudroit fes Vers decrier 3
Et ne pent fottfrir ton ejlime,
Tousles iours contre moy s efcrime 3
ll tnefbittient, le pamrefbt,
our bienpolir <vne Rime,
faut fertiir de la Lime,
Et ie tiens que cefl d vn Rabat,
^ GERMAIN.
DV P ARN AS SE,
85
"EIS TEKTONA MOY2OOIAON KAI
;EnirPAMMA.
E K T G N I
MODOWV o
c^
oo
3 oiy?7 3*0!?
o
IOANNH2 IAKXOTETIOS
oo APPROBATION
~ Fabro lignanononignobili Poeta.
EPIGRAMMA.
Vdijt Ifmarius modulantcm vt carmina Fa-
bium ,
3
Ingemit,atque fuam credit habere Lyram:
Ignoto dubitat qua: Tors commifit habcndam,
Rcftituique fibilitigatante Decs.
Olli at (ubridens,noncft tua, dixit Apollo,
Runcina fecit namFaberipfe fua.
L
Aliud eiufdem.
Audare merito fi quis hos velitverfus
Sar dicat clfc prorfus affabre fados.
FR^iNCISCVS DE
Jlerum Franacarttm Scriptorffiftoricus. ,
DV PARNAS5E,
$9 ^< <*fa $1 &n PVS <^? <*&
Adamo Fabro Lignario,
Mlror Adame tuum Gehium , qui rauca la-
boris
Murmura non fugiens, carmina tanta canit.
Joannes Aquilius, 8. ann. natus.
CVrrite Pieridcs iam iam quatiti&a fecuri
Syluajnemuscotumconcidetipfc fabcr,
Pegafeis fatiatus aquis , &: Apollinc plcnus
Contentus Lauro Cetera ligna ftabunt.
COMRADE.
APPROBATION D-V
A Maiftre Aciam Menuifier de.
Neuers. , (cries Chenilles.
BPI G R A M M F
Dam, ckacun
Qn vn Charpentierqui rime I ien 3 ,
Eft alle trouuer Sommautlle,
Pourvn Labeurcomme Ic Hen:
Ie preuoy que fewmes ^flles i
ylus groffes ces Chenilles ;
cellesqulmprime Quinet,
Leur ferontim meilleur <vifage\
Et t fourattacher leur bagage
Les mettront dans leur Ca binet. ;
B. ditLA MICHE,
DV P ARNASSE.
A Maiftre Adam, Menuifier de
Neuers , fur fes Cheuilles.
EPI GRAMME.
V mas promts , cher Menuifier,
Plus de quince tours de ta feint?
Pour rACommoder noflre Scene,
Sans en vouloir vn feul denier -,
Mais quittevftfoinfi difficille,
Diuin Raboteur de Neuers,
Tu nous feras hienplusvtille,
Si tu nous donne de tes Vers j
iBien que four Rabofer tufiis en grtnde eftime,
Groy-moy , mon cherAdam Billot,
Quc ta Scie &qtie ton Rabet,
Jecront bien moins four nous , que ne ferAta Rime,
FLORIDOR,
m
APPROBATION
A MaillrcAdam, Mcnuifier dc
Neuers ., fur fes CheuiHes.
.3ETIG RAMM E
Enuiflw <vos Rimes font- belies,
Plus cent fois que <vos E
Tout ce que voftre f lume a fait
So nt des chef-d ceuures en effet y
Vous aueZj la *vcrtH frofonde
QM attoit I Adam du premier
Car vous eft e s feauant fans art,
Etvoftre feauoir beau fans far d:
JMaJs apropos de ce vieux Pere ,
Vous ne dire^ pas le contraire,
Quele bon-komme n ettt grand tort,
JMatftre Adam ,<$uelle eft voftre enuie,
L imprudent nous donna la mort,
M^DORGEMONT,
DV PARNASSE.
A Maiftre Adam , Menuifier de
Neuers, furfes Cheuilles..
^
E PIG P. AM ME.
VOus Reigte, & wous Comfas, qu Adamtram-
forme en flume ,
Qu^nfiel de vain orgue il contre vos Vers ne fuwei
JSft-il dit quApollon 5 Dieu qui fe ft Homier,
-O/? farvn Po cie enter *vn Menui/ter ?
DE GOVRNAY.
m
APPROBATION
A Maiftre Adam,Menuifierde
Neuers , fur fes Chenilles.
EPIGRAMME,
~Damfepare du vulguaire,
N a fas ce Deftin
Qui du Temps redoute U toy >
Et la me fine Flertu fccrctte
Qm dvn Potier a fait wri Roy>
> Menuifier fait wit Poete.
GOMBAVLD.
AVTRE EPIGRAMME ?
A luy-mefme.
E fameux Artifan JJcher a la memo ire y
jyeffetjomme de nom y le premier des hum
Entrc atttre ouurage de fes mains,
drefe Jes Autels an Temple dt la Gloire.
ROTROV.
DV PARNASSE. 9}
A Maiftre Adam , Menuificr de
Neuers , fur fes Chenilles.
STANCES,
TOT qui fans auoir rien Afrts,
Faisdes Versa charmer Its lldvfes,
Efprit mcrueille des EJprits,
desfciences infufes.
T frouues mieux que cent raifens,
Quon eft fyauant desk naijfance^
Et que toMtceqite nous difon$>
rien quvne
Sermette en tefte & <verre en main,
Entre le froumage & la poire,
En reuant tu remets fiudain
Quclqite belle ceuun en to, memoir*.
* .
m iij
54 APPROBATION
Quelstermcsontiamai*
Quclles conceptions meillawes
Cependant tu nas %t>ieres lu.
One ton Alphabet ff)tes Heures,
s ce qui prend infiruttion .
Dans I Efcolle dela Nature*.
Vn lour dfrmedit&tion
de lecture,
Les deux , les Tenes, & Us
Se pzuuent .nomtncr. de grands Liures?
Ou ton ejfritfuife des vers
I)ignes des bronzes & des
^Toutcc quits ontdeplus diuin
Tuffais le prendre auecque rtd
Etvendre au pris dvn muy de <vin
Vne gontc d*edu de Pertncjft.
DV PA RN AS SE*
Le Poete le plus fludietix
A til le plusde recompencc,
Etfon fyauoir luy vaut-ilmteux ,
Que ne te *u Button ignorance*
Les <ver$ qite le c Taffe
Vo lot en t far toutes les Prouin ces
Et tousles iours il reccuoit
Lcttres de Seigneurs & dt Princes
Enfiv ilfut comble
s fans le kien , qut fert la gloirtl
ny Prince , ny Seigneur
Ne lay fit don d^ne cfcritoirc*
n eft pas en <vam> comme luy
Lowe iufqu aux terrss eftrartgfs y
Et pour toy les Grands aujourhuy 9
loignent les prefensaux
APPROBATION
Done, o Menuifier /Afollon,
Coupe vn gros Laurier ds Parnajfe .,
Afin den faire *vn Vtzllon
Pour leur firmer tres-humble grace.
Les Mttfet t ayment cberement,
, Et fllerovt leur trcjfe blonde,
Vour mcnter ce dotte wftrument
j j
Desplus belles cordesdvt tnonde,
A tentourde toy danceront
Ccs jeunes &ffau*nfes/illfS 9
Tts riuaux en arrageront y
ft fe fendront* fes Chetiillts.
L ESTOIU.E.
AVANT
AVANT-PROPOS,
AV LECTE VR.
EST vne chafe aueree par r
CG dc.tous les ficcles, que la Pocfie,
quoyqu ellc fe coropte entre les Aits,
neantmoins elle a ccttecondition par-
ticulierc par dcflus les autrcs, cyclic ne
point, &; que pour prcrendre d ye (lie
Maiftre,il ne fufepas d cn fcauoir les regies. De la
les ancicns nous ont dit, qu on po-imoif fairc de-s
Orateurs,mais qu il falloit naiftre Poete. Et dc mef-
meilsont touilours cru quc la Pocile cdoit diuine,
6 qu il falloit qu il y cudquelqucchofe quipaflant
la portccdcs hommes,rcdeuoit artribuer a J infpi-
ration dcs Dicux. Dcfaconquela chofecftantcom-
me cllc eft, il n eft pas bicn merueilleux qtic dans
TDC perfonnedVnenaiiiace.irjfortunce.ee feu diuin
7 faffc eclaterfes rayons ,& qu il vienne -illnminer
matiere ; qui pour cftrc -mcfprifcc deJa Fortunc 3
n
AV *A NT- PROP OS.
lc Ciel n a pas voulu pour cela morns fauorifer*
Ainfi quand Maiftrc Adam, dequelque condition
qu ait cfte (anaifTance, f eft trcuuc aueclapuiffance
6 la difpofltion naturclle qui rend les hommes
Poetes,il n ya rieneu en. cela qui ait eft e capable de
donerde I admiration jmais bien que fans laide de
lexercice, qui eftabfolument ncceflaire pour met-
tre les puiHTancesdans Tachion , tout d vn coup il ait
fait paroiftre des effets d vne puiffancc qui deuoic
toujours demcurcr cnfeuelie a faute d auoir efte
dans fon temps mife en a&e,&: dsueaicnt exercee:
Car fi ies chofes aufquellesla Nature nous a c?onne
IG plus depuiu ance, commede marcher 6C dccour-
rc,demandentqu Qn s cnaquiere labitude par des
actions reiterees , fans lefquelles clles s aneantifTent
prefque entierement, que pcut-qn dire de celles qui
n eftans point attachees par neceffitc a noftrc
eflrc, ne fe rcmarquent en quelques particuliers,
que comme des productions plus egayecs, ou la
Nature a voulu m.onftrer , iufqu ou elle pouuoit
poufler fes ouurages les plus acheuez. Certesilfaut
aduolierquec en: pour fes habitudes, qui ont tant
d extraordinaire, que 1 exercice y eft dauantage rc-
quis, il faut qa il fupplec a vne difpofition qui n a pas
tant de liailbn auec no ftre nature, 6C qu il fortifie
parvnelongue continue, ce qui pour n eflre point
delvfage de la vie , paroiften quelque fa^on eftran-
ger. Partant ce n cft pas vne petite merueille que
AFANT-PROPOS.
Majftre Adameftantne, &: ayant pafle lemetllcur
de fonagefous cettc dure neceflite , qui abailte ce
qui eft dc plus releue dans le monde, il ait neant->
moinsfurmonte. Et quenonobftantiqu il fuftacca-
t>Ie (bus lamatiere,il ait pude luy-mefmc s endc-
mefler. Aulicudctrauaillcr a polir Ton efprit, 5i a
perfedlioHner cette puiflance ii belle &: fi noble, il
ne f euertuoit qu a acquerir 1 induftrie d ajuftcr du
ajftre ouduchefne,& fa plus <>rande fuffifance ie
terminoit a connoiftrc lequcl eftoit le plus proprc
pour fa befongnc. Eftrange apprentiOage, pour
dcucnirvniourMaiftred yn Art, qui fe vante dene
tcnirrien que dcs Dicux. Et ccpendant fans tous
les foins 5cles vcilles necefTaires pour rcndre 1 amc
capable de deployer cctte puifTancc plus qu humai-
ne,aucontraire attache a vn penifc>le5C vil mefticr,
qui deuoit eftoufer ce qu il pouuoit auoir de plus
noble, il fait paroiftre a la vcuc de tout le mondc
des ouuragcs auflfi accomplis , que s il auoit pafTe par
tpus les dcgrez, parlefquels ontmonteceuxquiont
acquis la gloire de bons Maiftres. La diuerfite de fes
pieces eft aufTi gran deque fil auoit employe toute
fa vie a cueillir les diuerfes fleurs des riuages de la
Grcce , &C de 1 ancienne & de la moderne Italic.
Elles font aufli pleincs de feu & de luftre, que celles
quel eftude 6 la dodlrine deceux,qui ont acquis
iufqu icy tant de reputation C de credit , a rendu fi
eclatantcs. Aind on peut dire, qu il nec eftveu par
n ij
ioo A FA NT- PROP OS.
\e pafie rien de fi illuftrequenoftrc Poete, dans le^
quel la Nature a voulu m-onftrer que veritablement
eli cft Maiftreffe de routes chofcs , dc qu.c toute no
ftre laborieufe induftrie , n eft qu vne foible imita--
tion de cc qu clle peut rrcs-aifemcnt : II eft en elle dt
faire tout a vivcoup,ce-qucnous nefaifons que petit
a petit , 5c auec peine. Et ie pcnfc mcfme-, que farre
brauer 1 Efcole des Stoicicns, on peut dire,que (i clle
vouloit, il nc luy coufteroit pss clauranrage afaircie
Sage, dont ils ant tant trauaille a baitir la feule jdee, ,
qu il luy acoufteafaite noftre Poctc. Defonexepie
afTeurons-nous queies fitclcs ne lavicillKfent point,
& qu clle -a autant-de vigi?etir an noftre, qu elle auoit
dans ceuxddnt nousrefpec^tonsla-mem-oire. Etau
Ifcudenaus plaindic du malheur-de noftre tcrnps,
droyons que s il eft fertiil e en vices , il reft aufii en
vertu, & fouue-nons-nous, que de 1 Egypre an-
^iennement il renomaiee par fo-n abondance de
Mcns &t de deliees, fe tiroientauffi lesplus fubtils
.poifons. Mais Tans m efcarter dauantage , ie flniray,
ayant voulu t aduertir, queies ouurages que tu tiens
^n rnain,ontdclcur nailTance desconditionsquiks
d oiusnt releucr au dela d leur propre valeur.
DE S - LAVRE-NT.
TABLE
NOMS DES AVTHEVRS
DE I/ APPROBATION D V
A s S E.
Ragueneau Sonnet , x o.
Monglas Epigrame, n.
F. Mathurin Sonnet, 11.
Sallart Sixain 9 13,
Rampallc Stances, 14-,
Dalibray Sonnet, 15.
Du melme Epigrame , U
mefme,
Du mefme Epigrame, 16.
DeReaultMadrkal, 17.
Maugiron Epigramcj
Dehile Epigrame.
Chevreau Stances, 31.
Maloifel Sonnet, 34,
Du Pelleticr Elegre, 40,
DeVilennes Epigrame, 41.
De laCharnays Srances^ti
Du Puis Epigrame, 51,
Desfontainc Stances, 5*.
Du mefme, la mcfme*
Du mtfme Epigrame ,54,.
P A R N
RefacedeKion-
fieurdeMarol-
leAbbedeViL
leloin.
MonficurdeS. Amant Epi
grame, page i.
De Bois Robert Epigra
me, 2.
De Scudery Ode,
Beys Stances,
L Abbe ScaronOde,
De Corncille Sonnet .
Colletet Epigrame, 11.
DeBencerade Sonnet, 13.
D Alibray Epigrame, 14.
De Gerard Epigrame, 15.
lanuier Sonnet, 16.
Du mefme Epigrame , U
mefme.
Du mefme Epigrame, 17.
Gillet Stances, 38.
3-
6.
9.
il.
Le Marquis D. B. c!e B.
Stances, 55.
Sallart Seances, 56.
DeCharpy Stances, 61.
P^ Richer Epigrame, 64.
Triftan Epigrame , 65.
Grenaille tpigrame, 66.
Le Cadcc Rondeau, 67.
Beauflbnet Rondeau } 68.
Martial Epigrame, 69.
Quinet Epigrame, 70.
Du mefme Epigrame ,
7i.
Macirical Italien 71.
Du mefme en fpagnol,7j.
La Poire e Epigrame, 76.
P Mefmyn Epigrame, 7 7.
Vieux Marche Epigrame ,
78.
Daguerre Epigrame, 79.
S c Malo Epigrame , 80.
Le M.Danmant, Epigra
me, g
Dargis Sonnet^ Si.
Mademoifelle de Beaupre
Epigrame , 83,
S. Germain Epigrame, 8 4.
Epigrame Grecque, 85,
Demezeray Epigrame la-
tine, 26.
Deux autres Efigrarae la-
tine , 87.
B. die la Miche Epigrame,
Floridor Epigrame, 8p.
Mademoiieile Dorgemont
Epigrame, 91.
Gombaut, U mefme.
Rotrou Epigrame, 92.
Mademoifelle de Gournay
Epigrame.
De Leftoile Stances, 95.
Auant propos de M, de S.
Laurent.
TABLE
DES PIECES CONTENVES
AVX CHEVILLES
DE MAISTRE ADAM,
Mcnuifier dc Neuers.
P I S T R. E a Madame la PrincelTe Marie pour auoir
vn habit auxeftrcnnes. Pa^ti.
Stances fur lesvcux de Madame la Princefie Anne. to.
A vne vieillcDamequipriaMaifireAdamdeluyfaire
desvers. 15,
A la mefme ioiiant alaPcimc. 16.
Epigramelurle portrait dc Madame la PrincdTe Marie. 18.
Autrcs fur lemcfmefujet. j^.
Epigrameau fieur de Marolle s pour auoir vn habit dedueil. zo.
Stances a Madame la PrinccfTe Marie fur (on pare. ar.
Stances a Madame la PrincelTe Anne , reprcfemant vnc Bouquctierc
a vn Balet. zy.
A Madame la Princefle Marie centre fon coiffeur ,nomme Cham
pagne. 3 r.
Epicaphe pour vn Beneficier qui fut tue a la guerre. 33.
Stances a Madame la Princeffe Marie comme clle cfloit aux eaux
de Pougues. 34.
Epigrame a Madame la PrincelTe Anne. ^8.
Stances fur le portrait de Madame la PrincelTe Marie. 39.
Confolation a vne Dame (ur la raort d vne Biche. 41,
RequeftedeLutempicano Menuiiier deIaPrincffleRoxelane.47.
o ij
TABLE.
Eptgrame pour vn portrait oftccc a vne Dame.
A vne belle Dame fur la more de fon Pere. 150.
Vn Gafcon priel Autheur dc luy faire vn Rondeau contre vn Rt-
ual. ifo.
Refponfe de I Autueura vnmefcluntEfcriuaittquiluy enuoyavne
Epigrawe. ijt.
RemerciementderAutheur a vn Chanoine de Nosers qui luy en-
uoya defon vin. 151.
Stance a Monfieur CourradeMsdedn,furfonLiurederHidre Fe
minine. i$;.
Chanfon a boire. i<rf.
RerponlealaChanfonderAutheurparMonfieurdeMaugiron.!^.
Quadrain contre vn auarideux. 1^7.
Sonnec contre vn fou amoureux. 158.
Sonnet a Clorinde fur 1 inconftancc de fon Amant, 15^.
Sonnet avn Riual. 160.
Elcgiepour G.A.C. O.B.I. A. L. i^c.
Sonnet. 16?.
Autre. 166.
Autre fur vne abfcnce pour Monfieurle Comtc de A. P. 167.
Sonnet fur la mort de Louis X III. 168.
Stance fur lecercueildu Roy Louis XIII. quieftaS. Denys. 169.
Sonnet profopopee fait apres lamortde Monfeigneur le Cardinal.
73-
Sonnet furlamaladie dc Monfieurde Langeron. 174.
Epiftrea Monficur des Noyers, Secretaire de Madame la Princefle
Marie. 17^.
Stances fur la nai fiance du Roy Louis X I II I. 188.
Ode a Monfeigneur le Cardinal Mazarin. 194.
Stances comtnencees pour Monfeigneur le Cardinal de Richelieu
deuxiours auparauantfa mort fur la maladie de fon bra?. zof.
Ekgie a fon Alcefle Royale, 206.
Sonnet a Monfeigneur le Chancelier, 2.12,,
Sonnec fur le Chateau dc Neuers. 113.
Stances fur cequ vn hommede condition die aTAutheurqu ilmour-
T A B L .
roicdans hui& iours.
Sonnet a Monfieur duPuyMedecin duRoyfc de Madame la Prin-
ceffe Anne. 117.
Vne b dleDamc prie { Autheur dc luy faire des vers fur fa beaute*. L 1 8.
Sonnet fur ce qu vnnornmc Defchamps apporca des vets Lacins a
Monfieur de Langeronpour eftrennes, 119.
Sonnet a vn Seigneur qui dcmanda ties vers a 1 Autheur deiiant
Monfeigneur le Cardinal dc Richelieu. no.
Epitaphepour Monfieur Paullet Cnanoincde S.CiredeNeuers.zti.
Epicaphe de Madame Claude dc SauIxdeTauanc. ii(.
Refponfeavnelcttre que Monfieur le Corate dc Langeron efcriuit
al Aucheur. 119.
Imprecation de Lucernpicanor centre Luftubcon. 158.
Epigrarne pout deux bodceitlesde vin. 241.
PvOndeau. 14^.
Sonnet a Madame la Ptincefl e Anne leiour des eftrennes. 146.
Stances & Refponfe a vn Grand qui folicice 1 Autheur d aller a la
Cour. 447.
Stances centre vnevieille Dame. ijt
Caprice centre Ics Mufes. ajj,
Caprice fur ce que Monfieuc le Baron de la Hunaudayelogea Mai-
ftte Adam chezluy. z^.
Chanfon. 257.
Sonnet a Madame laPrincelfe Marie. 2,58.
Ekgie a Madame la PrincefTo Mane, fur cequ elle dift a Maiftrc
Adam qu il ne faifoit plus de vers. ij9.
Elegie a Monfieur de B. i6j.
Epiftre de 1 Autheur a vn fien amy qui luy confeilloit de nc plus faire
deVeis, & dene point abandonnerl vfagedeRabot. 170.
Stances a Madame la Pdnceffe Mat ie fuc les Eaux de Pouguc. 174.
Epiftre a vn Prefident. 178.
Sonnet a fon AlteflTcRoyaleeftantaux Eauxde Bourbon,
Epitaphe fur le Tombeau de Monfieur Boulacre,
Epiftre a Monfieur Gerard.
SojQne:aMonfi:utdeBeaufonnetfurlaNaiflancedc Monfeigoeuc
T A B L E.
Stances a Monfcigneurle Cardinal de Richelieu , dont il donna pen-
fion aMaiftre Adam. 57.
Rondeau fur le nom de Richelieu. 61.
Sonnet a Monfieur Ic Matefchalde laMeilleraye. 6z.
Tombeau du Ducde VVimar* 63,
Sonnet acroftiche fur le nom d Armant de Richelieu. 64.
Epigrame a Monfieur 1 Abbe dc Boifrober., 6y,
Stances fur vne main. 66.
Epiftre a vn folamoureux. 69,
Stances avn Seigneur qui blafmoit le cabarer. 71.
Stances pour vn Seigneur peu liberal. 74.
Epiftrea Damon pour 1 inciteratix plaifirsde lacarnpagne. 77^
Stances pour excufc a vne gtande Dame qui denundaic des
vers. 8 1.
Plainte dcl Autheur fur le Tombeau dc fa mete, 85.
Autre plaintefurle mefmefujer. 8.
Sonnet a Monfieur le ComteD. A. P. 8c>.
Autre Sonnetpourvn autre Seigneur. 50.
Eftrenes avn Seigneur amoureux. pr.
Epigrarne a Monfieur des Noyers. 94.
Sonnet a vn Riual. 9j.
Sonnet pour leReuerand Perele Moyne fur la gueriibn du Roy,
96.
Stances a Monfieurde Monteclair. ^7.
Au mefme fur du vin que luy enuoyoitrAutheur. ^9.
Sonnet pour vninconftanr, 100.
Anagrame fur !e nom de Monfieur 1 Abbe de S. Martin de Neuers,.
JOI.
Epigramcpour Eilreneau parrjn du Fils de 1 Autheur. JQI.
Epigrame mife fur les Heures d vne belle Dame. 103.
Epigrame a Monfieur le Surintendanc. 104,
Epigramefurlamort d Alcandre 105.
Refponfe a vn Rondeau d Monfieur BeaulTonnet par vn autre
. Rondeau, 106,.
Sonnet a Monfeigneurle Due d 3 Anguien. 107.
T A B L E.
Refponfe a la LettredVn Seigneur. 108.
Epigrame a vn amyquideniandou le portrait de 1 Autheur. 109.
Epigrame a Monfieur le Baron de Caniliac. no.
Rondeau pour guerir de la Siatique. in.
Rondeau avnc Damepoucauoir duvin. m.
Odea Monfeigneurle Cardinal Due de Richelieu. \\%.
Epitfre que I Autheur efcrit a Daphenis pour fe faire payer de fa
penfion. izr.
Sonnet contre Ic porrierdVne grande Dame. 131.
A Monfeigneur Molle, premier Pi dldent. 153.
Sonnet a Madame la P. A. 134.
Epigrame furlesOeuuers de Monfisurdu Vair.
AutreEpigrame a Monfieur de Monmor.
Epigrame pour vneDame que Ion difoitqui fe fardoit.
Auttepoucvn Magiu en.
Autrea Monfieur le Comte D^rpajon , par laquelle 1 Autheur luy
demands fa penfion. 13-7,
Autre poiic Monfieur de LangeronreprefentantrEurope au Ballet
de Madamoifelle. 157.
Autre pour lemefme,reprefentanc I air au mefme Bailee. 138.
Autre pour Monfieur le Comte de Brian. i;8.
Autre d va Bouquet que 1 Autheur enuoya a vne Dame. 139.
L Autheur enuoye fon fils aux Eftrenesvers Madame la PtincciTe
Anne,ayant des fabotsaux piedf/ j^o.
Stances fur vne difgrace artiucc a 1 Autheur. 141.
Epigrame a Monfieur de la Vigne Apotiquaire de Madame la Prin-
ce(Te Marie, furcequ ilaguery TAuthcurd vne maladie. 14*.
Stances fur du vin qu il enuoy a quenr chc:z de fes amis . 143.
Rondeau fur Jcsamours de Diane &f d Emdimion. 144.
Remerciment a Madame la Princeffc Maded vn eftuyqu elleache-
pta a 1 Autheur a la Foire S. Germain. 1^.5-.
Epigrame a vn Poetequi fenfuroitlesversde 1 Autheur. 146".
Rondeau fur vn habic que Monfieur le Cornte Darpajon donna a
1 Auiheur.
Epigrame fur la moic de Monfeigneurle Cardinal
TABLE
le Dauphin , & fur la fain&e Ampoule. 2,8 8.
Sonnet Acroftiche a Monfieur de Marolle Abbede Villeloin. 289.
A vne gtade Dame pour vn planchcr quel Auteur luy auoit fait. 250.
Epigramea vn Comrequi auoit promis-recompenfeaTAuteur pout
lesVersd vnBalet. 2.93
Con fell a vn certain Vicomte amoureux d vne grande Dame,
Elegic. z9 4 .
Epigrame centre vnPeintre. 197.
Chanfon Bachique. 198.
Autre. -jor,
Vers pour vn Balecaux dance*. 302.
Autre. 305,
Autte. 304.
Autre. 3oj
Autre. 306,
Autre. * 307.
Autre. $ 308.
Fpiftre a Monfieur lanuier.
Epigrame a Monfeigneur le Cardinal Mazarin fur la mort de Mada
me fa Mere. 31^,
Fin de la TMe da Cheuittesde M.
de Neuers.
Pittttt faeutnHes en I ltnprtjfiin,
PAgei4.1ignei./i/^impn euT J ptuv impcrieurs: p.ij.l.io./i/i^de fcr pair Ju fcr,
p.yo.l 6. life^Saiffc pomrEReus :p.nS \.i6.life^ Chaotic pturPieRtc ;p. 141. 1.
ii/i^ParnaflcpflMr Pcrnaflc. p. ijz. l.i).ti/f^du Piiorf Diufic fcur\c Pnncc d iTifinit : p,
l8o.l.7./i/i^l on nc vetia,feurl os rcuercra : p. 187. 1.6 lifet- qui pui(Tf,ftfr qu il puift c
,p.i9.1.i.i/i^ Chants pour champs :p.tt.l.ij.///}^cn rocttantfrcn maiotcnant :.p.ij6,
l.i./i/i!^_L cfpargnejp.ijo.l.i.//<^: rcuolutions fo*rreuolations :p. iji. 1 7. ///iy en vn
taotpetirSt vnmotrp.ljj.I.iS./i/t S . vousne rompi(le,^rvous mc:p.is.l.]7./i/f^rien
imporruHC, fwr m importunc : p.tfii. 1.16. /*/<(* incuitable.- p. i8j. 1. n.
celictt :p* x88.J, x.7yiriArgonifte/r ArgauniAe.
EES CHEV1LLES
CHEVILLES
D V
MENVISIER
DE NEVER S.
E T / S T R E,
Madame laPrincefTeMariccjfiantaNcucrsl aiinec
toil fix cens trence-cinq , Maiftrc Adam le Menuifier
luj demandant vn habit aux Eftrenncs,lujcfcriuig
cettc Epiftre,
A N S cefte importune faifon
chacun garde la maifon ,
fans <vos atrais la Nature
paroijiroit qtien fa pemture*
LES CHEVILLES
One les lardms font
De <voir leurs parterres
Et aue lews flmrs nont point
n- a. r a. T
St ce n ey far vofrre wfage 5
Que d <vn change me nt fans pareil
UHiuer a chafie le Soletl?
Qtiil a mefme ce friuilege
De faire le lour de l# neige"-)
6}ue les oyfeaitx nont plus de chants ?
Et que les plus fertile s ohamps
Sent fkeriles comme des marbres >
les bwffons & que les arbres ,
t mains beaux & mims <v
riefloient lors que I Vniuers
la vengeance des crimes
Vit des tembeaux deffus leurs times 9
Qitand <vn Deluge en ce$ deserts
Leur ft des branches de corps marts :
tons les flettues font de roche ,
le moindre tournetiY de broche
Eft plw heureux cent mill e fits
^ueces Heros ,iqui pour les Rois
Sont maintenant dans *vne
A s echfitoffer de leur haleine.
Bref que dam ce dereglement
Chacun chent cet Element >
MENVISIER DE NEVERS. 3
t)e mii la fame <v#gabonde
Doit f dire le tombeau du monde.
Rl NC E S S E, fanique ornement
\e ce que kceil du Armament
Voit de plu* beau dejjki la terre 9
Faut-il que cette injufe Guerre
I injolence des jrimas >
morfonde dans Con ama$ s
j i
Et Gjue te face penitence
Par f ante de voftre afitftance 5
L ardeur qui bouillon ne en monfetft
Minuite a ce fameux dejfein
De peindre au front de la Memoirs
Le Saint portrait de <voftre Gloire.
is lors qtte ie penfe coaler
ce grand fujet de parler ,
lumiere qm menflame >
Ie perds le mouuement de I ame
.Aupres d*vn miserable feu
i paroift ?$ lttit aufo peu
I >J ^*^ / /
e I asd d Je vne vieille ridee
Dont la mon detefte lidee 5
Si ie met* la plume a la main
Le f-oid ride mon parchemin
Et mon ancre montre a ma .
a yett le cbefde Mfduf:
4 LES CHEV1LLES
Je ne trome dans ma maifbn
qui feme a cette faifon.
ie deualle dam ma cane >
Je ny trouue que de la laue
Qui moifit dejjw *un fowjfon ,
De am le lamentable Jon
Lors que is le toucke me klefle *
<r> J "KT J I ** * Nobles
Lomme <vn tambour ->cette Novlejje s cn
Dont la flufan auf c e/roy ,
A fans conge quins le Roy.
Si dedans mon gr enter ie monte ,
Vn chM me fait rougir de konte 9
i trsuue de bpn heur comble >
de rats que de grams de bis 9
Si bien qu en ce fen [Me outrage ,
le nay ny vigour ny courage ,
De voir que mss fr&mfwns ,
J\!efont que dans de$ wi/ions ,
Que ie rencontre dans le fomme
Lors que le fommeil now ajjomme:
le fais <vn Crefus en refuant }
Mais le matin en me tenant
Ce qui met mon ame * la gefnt)
C eft que ie fuis *un Diogenes
J\dcs habits <vje& & mat f aits
Comme cwx d fyg *vteux forte fait $*
MENVISIER DE NEVERS.
ffauroient fins faire mertteilles
ii a faire peur a des Come tiles)
Si bien quen Us voulant vettr,
On me prendroit four <vn Martyr \
QM, four un qui fe defefjtere
nprenant *un habit de galere.
Si te penfe prendre <vn manteau ,
Je rien trouue point de plus beau
Qu vn qui des la premiere annes
fert de manteau de chemmee ,
Ou le temps auide & goula
tAnt puife de Vermont* ,
iila des antres fans poufiere
i cacheroient <vne Sorciere.
tout pauure (ef mal <vetH
dif p^rlant a la Vertu t
Ce que Bmtws brauant I* Ernie
y dit a la fin de fa vie ,
elle eftoit feulement de nom I
ce ckimerique ye nom
s quifa gloire fe fonde 9
peut rien aux chofes da monde*
C eft la "Fortune qui regit ,
qui fi puifiamment agit ,
au momdre reuers cjuette donm
diftpe <yne Couronm,
$ LES CHEEVILLES
Oeflfon caprice qtti peut tout y
ILt qui de l*vn a I attire lout
Se traifhant deflus vne rciie ,
r Peut former <vn Sceptre de boue\
Faifant , inconftante quelle eft ,
Des Deftins tout ce qutl luj plat ft,
Or moy qui rfay point de querelie
QMC lors q&ilfaut parle r a die 3
*& our fair e cejjer fon courroux
Ilfaut que te madrejje a vons*
Pour <VOH$ fan amitie foupire,
Et vow faites dans fon Empire
jiuecciue mille attraits ijainqueurs >
Ce que <vQJtre ceil fait fur les cceurs*
]Le lour ^ne le Ctel <vous ft naiftrs
*Pour nous faire icy ba4 paraiftre.
La merueille de fes trefbrs
Dans la beauts de <voHre corp?}
J) >e vns memeitteufe aduanture ,
Fortune , Amour , & la Nature y
trotiuerent dans le fejour
le Ciel<vous verfa le tour,
QJ4 par ^n celefte aduantage
Leurs dons ^ous ^inrent en partage }
La Nature premierement
our faire *un
MENVISIER DE NEVERS.
dela de toutes les cbofes ,
TPrintemps toutes les rofes>
Tofts les Kittets ($* t&us les lys
Dont les jardws font embeSu 3
*Pui& imitant dans ce mejlavge
Bieu, quand tl fit le premier jdvgc ,
En moms d *vn moment elle cut pemt
Les werueilles de voftre teint 3
T^vur faire IQS yeux qu on adore
Bien mieux que lesjeux de L furore ,
Elle inuenta plus d apareil
Que lors quelie ft le Soleil;
ft fms WHS ay ant fait fi belle,
Elle alia rompre fon modelle ,
?Toute orguedleufe d auoir fait
Les traits d >e un ceuure fi parfait*
Amour qui parmy fes merueilles
JV<? contentoit que ces oreilles ,
Rornfit les nosuds de j[on bandeau
*Pour <voir *vn miracle fi beau >
Et d abord qttil VQUS cut connuz
Jlfe jetta dans voftre veuc,
Oti defuis il bleffe les cceurs
Des plus indotnptables ^vamquetin :
Cefat da&s cette heure opportune
ans efpargner la Fortune >
s LES CHEVILLES
// la blejja d vn trait [I doux ,
Quelle britfle d amour pour <UQUS*
Lors cette ingrate a moy farouche 9
Vous bdifant millefois la bwche
Comme a fon unique fluey 5
S<z parole wous dit ainfit
Adorable & Melle
e la Terre aura four
qui les Diettx & les Adortds
Doiuent eriger dss Autels ,
Sfache que ce qne ie fcay faire
N eft ricn que four te fatisfaire,
Et qua tons tes Tredecejjeurs
Went fas en toutes mes douceurs:
Ie ffay bien que leur gloire eft pe
Sur Ie Adont ds la Terre Sainte*
t quds ont fotile Ie Turban
Deffous les ^Palmiers du Lib an:
Fay fait naiftre leur defines
Vne heure aprss qus ie fas nee 5
fay wen leurs belliqueux exploits
\A la Terre impofer des Lotx,
Et fi dans leur "Pomps Roy tile
Ie ri ay rien trouue etui fefoale* }
y _ / Jo
que ie vettx defovmau
Grandettr dwre a iamai^i
Et
MENVISIERDE NEVERS.
r t cjuil fe trouue dans ta race
Vne ft belliqueufe trace ,
QMS t Hiftotre qui chant era
Les merunlles quelle fera,
jMet te pwr detmire Alexandra
Sa memoire dedans pi cendre ,
Et ruine ce 6$ue les Cefars
Qnt acorns dans les champs de Mars*
Eile eufk continue fon dire
Quand elle fe print a <vom rire ,
Voyant que four pUire a ces <vceux
V oft re main luy prit les cbeueux.
Depuu elle <vous accompagne
Comme fon vnique compagne ,
Et fuit I ordre de vos accords
Aiieux que I emigre ne fait le corps.
C eft pourquoy ie *VQut importune
De commander A la Fortune
me denne feulement
mefchatit halillemenf.
fO
LES: CHEV1LL.ES DV
STANCES
S V R L E S Y E V X
DE
LA PRINCESSE ANNfc
E ne sinuoque plus hmineufe puij-fance ?
I Dont la courfs embellit la Nature {f les
Cieux >
Soleil, dent la :t verttt minfyira la Science
Qui maprend aparlcv le ^ngAge des Dieuxy
Deweure ft tu zjeitx a iamai* dedans i&nde ,
Les ye MX l^mariltis , les plus beauxyeux du monde^
Vont paroiflant aux miens (I brillans & p beaux >
ue pour les bien vanter a ta honte on peut dire,
6[t*e dejfas tcs rayons its dnt le mefme empire,
(Due celuy qtie tu tiens far les
*%a J I *-"--
ENVISIER DE NEVEKS. n
s que le Chtws enfanta ta
montrer aux viuans ces miracles ditiers *
lufyues a tnaitJtenant. , que fiiiuant t& carriere
Tufais oblique rnent le four de L Vmuers
Dans ta cource, OH Diet) mefme admiriitfes- menmlles
Comfdffe les faifons far I ordre de tes ^eilks .
iBel j4ftre,(]Ma4-tu wen ejitife fmjje egalcr
dujujet qt*e le Hens du tout incomparable ,
Et ri decor de -tu p<ts > que lu riot mnd aimable
pris de ces Soleils dont te iofe
le- calme 4 <vMntu la fores d? I
les fots de la mer ont cefie leur CQUYTQUX
ces keaux yeux >ftux>tH votr ton <v
Dans ce miroir jletant & riefhe point jaloux*
Get em dil amme~dont tu fais la petnture >
Cesfleurs d&nt t&n dmour CareJJe la. Nature
-tu que ce foitnjn Miracle important
le faire efttmer unique dans la Gloire ,
qtte dans lepaijjeur d vne ntitf-la &1&& now<?
d Amanttu nen puijfenrfaire ati
B
is LES CrtEViLLES
Leur putffame occupee a de ptw gr Andes
Wafpire qua gaigner la liber tf des.Rois,
Et tandis quetn fats la naijfance des rofes
Ette imfrime en teurs cvttrs I em fire de ces lof><
Encore cet email 0[ue tn now fait paraiSlye
Dans qmlque <vifefd&t que tu Is face ri
Ce qu ilef; au matin k joint ne I eft pas 3
Sa naijfance ^ fa man derimnt deta flame.
Adais-t AmoMiquecesycux ont graue dans <vne
"Plus If temps lefowfuit moinsil craintletrefj>aj.
maccorde tit ptu qu? leurflam
de I amour les ormeilleux atrais ,
Et qua moms que d amir la Nature
On ne peuf efuiter l& force de leun
Qtt vnfeMl <e lews regards a le pomolr de rendre
Vn Amant tout, en fen , <vn outre tout en cendre*
Et qu attft toft qu Amour euft ce content ement
pejleue.r fes Autels & fon ^Trone en leur <veue.
Leur feu comme le tien^ quand il fend we me
k kandsau defen aueuglemsnt*
MENVISIER DE NEVERS,
Dans ccs globes de feu, Icwrs p&iffances
JDonnent des pafoons aux moms (enfbles cceurs :
jMais ces momdres but ins cc font des D
J)ont la ferteflaif mieux aux <vaincus qu attx
La a<vne majcfte que mile attire n efgale 3 (queurs.
Par des coups pita certains qm ie dard de Cephale ,
// prefide an deffiti des volant e^dtt ft>rf->
Et quiconque a Ihonneur de plaire a fan enui? ,
contre le Cid de n auoir quvne vie,
ft <voir oblfae de n auotr qu tf une mort*
y GP f-
Ce perfde element dont la, fureur extrefme
J)eit vn tour deuorer la Nature & le Temps
Ce feu dont les defers ne feront point content
Que (on auidite ne I ait detruit luy-mefme.
O beaux ye HX , ft la flame eftoit efgale 4
Lors que tout I l^muers tomb ant fous fbn
*P^r wn or dre fatal <verra fa gloire efteinte ,
Quoy que fa cm ante face horreur au trefoat,
N en defplaife audifcours de I EfcritureSamtel
Je dirois md-bsureux qui ne le <verroit pat.
SE _."".-- ~. fc /
LES CHEVILLES
Impertears regards } dont tes donees atteintes
Immollent a leurs feux les fins grands. Conqwerans ?
t qtti de tout les ccews dont VOM tirez. des plaint s$ s
Vow rieftes appettez* qw adorable s tjrans.
jlftres qul po/ftdeT^ ces fylendeun immortelles,
font Amanllu la merneille des belles ,
mon efynt feroit amplemeni fatifait
S il auoit en ces vers la force affez^ pmjjante
D ebaucher feulement /^ peinture parUnte
Des grandes ltberte\ dont voiti etes
e part OH ftifeif> adorable Genie 3
de ces yeux dwins te (ent^enfiamer ,
qtd dans les tranfyofts d vne amour infinity
jBmlles incejjamment , & ne penx wnfommer >
le tedonae ces vers peur fiulager tes femes
Centre les durs affants des forces inhumaines ,
ui dans tes pafions t$ Itunnt tant de mat 3
t que I Hjmcn change ant ton aduantnre $
Te doit faire Ksn toft apres cejte
*Pffeder les dtrais de Con orinn^L
JU rf t-
MENVISIER DE "NEVER-S. 15
VNE VIEILLE DAME RIDEE
qui fe fardoit, qui eftant venue voir Madame la
PrincefTe Marie , pria Maiftre Adam deluy fairs
des vers.
en <vain que ijoftrc ame s* employe
chercber dans le fard qneltftie choje de
Amans ont horrcur d vne pareil/e proye ,
U mort fettle went doit fiupirer four
en win que le plaflre aplique fbn
poiir <voftre front couuert de flu diners ,
t i enrage de <voir deflus voftre vifage
Les moufches derober U pature des <ven\
// eft way qtiautrefow wem ftites fanr pareilie\
^is uoftrc fiecle d er rieft plu rien que
dam ce chanpement ce n eft pas de iie
ft bien awrefgu d <vn An?e > Lucifer*
._ . . ___ -. ^ - --- VJ Q f -
is LES CHEVILLES DV
A lamefme joiiant a la Prime.
r Antofme d ojjemens , vifage de
T Vieitte dont chaque ceittade eft mere d vn r@chef s
C eft en vain que tu *viens importune? ma
Ue a comme Li mort horreur de iaprocher.
eft fotj et f^u unique ie Contemfte 5
Ceft de ces yeux diuins que ie cherche laccueil,
Car c eft dans leurs regards qu Amouf eft dans fen
jfinfl cfte dans les tiens la mort dans <vn eercueii*
Crois-tu queie resemble aulPeintre
ta can a fie hideufe me femont,
ef/m fince^u dont ie fgure <vn \Ange ,
Je I aitte prephaner a depeindre *vn Demons*
if r ^. ~ - L-
Tout
MENVISIER DE NEVERS.
Tout le bien quefgturoit te de/irer m*> rime >
n (jue de format* tu ne la chercbes flu* ,
C ejf que tu puiffe prendre en jotiant <* la Trim? >
Sur tons les afiftans , le pltu excellent fus.
Mai* vieiSe , ^ue cefoit <vnfi grand flu* de ventfe,
e ceux qui fentiront ton naturel infeff ,
Crient a haute voix } dites que le Suiffe entre
trainer cette infame an centre d vn retrait.
/
is LES CHEVILLES DV
EPIGRAMME
Pour mettre fous le Portrait
D E MADAME LA
P&INCESSE MARIE,
VN fame UK Artifan d <vn tabeur fans parent,
Aiontre dans ce portrait kabrege des mefueitt
Mais quelque grand effvt qui foit m de fes veilles
// ria fait quvn rayon f enfant faire <vn Soled:
Ce riefk fas qu enfon An il naift fuiuy la regie}
El fon trauail feroit dans <vn point glorieux ,
Si fon deflr bantam prenant Is *vol d tf un Aigle ,
<VQir dans fin objet>il en ettftpru les yeux,
MENVISIER DE NEVERS.-
Autre pour le mefme Sujet
Incomparable objet qui britte en ce pourtrait
Ou laGloiregf I .Amour font dedans chaque trait
Efdater lews grandeurs dans des thrones defames 3
Paroift (I charitable en caufant les douleitrs ,
Que four vainer? I ardeur dont il brnfle les ames ,
II donne en mefme temps (g la flame & les pi
Autre fur le mefme Sujet,
E toutes les Beaut e& dont la terre fe pare,
L on volt dans ce^Poitrtraitce qtidlea de plus
Et bien cjuefbn eclat faffe naijlre <vn tombeau, \beau,
Qm rende cheque Am ant comfagnond^n I care,
Je conclw toutefou quAufres de ces apa-s
Les ngueurs de la wort font des traits de deliccs
*~ que par *vn feul coup elle euite cent (uplices
f - r r i
ton pOMrroit Joujnr en ne la <voyant pas,
9. 9
t o LES CHEVILLES DV
Apres la mort de Monfieur de Mantoue, Maiftrc
Adam fit cet Epigramme a Monfieur de Marol-
les Abbcde Villc-loing, pour Jujobtcnir vn ha
bit de dueil dc Madame la Princefle Marie.
E Addrolles , dis a Madams
Que le fuu prefqite an defeftoir,
De poner <vn dueil dedans lame,
Que mon corps ne feut faire
cette incomfarMe perte 3
cette { Princeffe a foufferte ,
l y enrage contre le trefya* ,
Et qu en hnnuy qui me deuore
Si Nature mauoit fait Adore ,
le ne I imj?ortmerois
I
!
.
MENVISIER DE NEVERS. it
MA DAME
LA PRINCESSE
MARIE
S ALLANT PROMENER DANSVN
Pare qu elle aprochelS[euers,d.insla (ailon prin-
tanicre , Maiftrc Adamluj fkcesvcrs.
Eat* ^Parc, ou la ISfatute admire fon ouurage\
Qu leTr mteps renatften mi lie endroits diners*
Ou les momdres oljets rcprefentem I wtage
ce beau tour ctuon wit faratjlre au premier age $
Quand Dieu fo d^n neant le rond de
En fin cefl atijourdkuy queta heante furmonte
Ce qu on volt de plus beau fow [empire des
Que tous ces beaux vergers que I Hiftotre nous
OH le Berber Adon carejjoit Amatonte ,
font,qt4e des defertsa t efgard de tes l\eu
C ///
ss LES CHEVILLESDV
Alais fur tout ce qut fait ta gliwe i
Et <p; rend icy bos ton renomfans pareit
C eft d eftre in file de I ceil le plus aimabte,
De I cbjet le plus digne , & le plus adorable
I lamais ait terny la clarte da SokiL
Ceffe grande Prince (fe aufo Belle CJUG Sage]-
Cette Reyne des casters , dent Id pmjjknce lutf
Sur les autres Be aute z> , auic plus danantage
Que ce fameux flambeau quife leue du Tagg
.Ne luit a [on rejUeilfw les feux de la nutt*
Si t#ft quefon ret our cut chafe les encombres
te tes fiuillages <verds reulrent fes dppas ,
Eft-il p<M way qu on *vit tes cabinets moinsfom
Qua I afyeft de fes yettx tu retira* tes ombres
r admirer les fours qui nai/oient feus fes
ENVISIERDE NEVER!
Les f erf ens aufii toft delaifferent tes herbes }
Flore fit a I mftant naiftre tant de cmleurs ,
Que I Efte ri a tamais tant amafie de gerbes ,
Comme I on wit alors tes parterres fuperbes
Remplis dmerfement de la beanie des fears.
Aiais qitelque vifefmail qtte ton fein ait de rare
a -il en (on efclat plus beau cjue les habits,
._ I furore an matin a fan leuer prepare ,
** . j it
Quandpour <voirfbn Chajjettr, dmourveut quettepJft
)e perles fa permque , & fin corps de rubis.
Me (me euffes-tu parmi tant debeauteT^edofei.
Les ^ fires dont les Die fix , ont les Cteux embe!l
namoi$ pewt encor de ft dmnes chofes 3
fbn telnt qui de honte a fait rougir Us rofes
f qu i de ]<thufie a fait blancbir les Ljs,
LES CHEV1LLES DV
*vois tons ies ?natins cetfe ~Beaute parfaite
Chercher dedans ton bois I antre fins obfturcy >
Et comms vne Diane y fat pint fa r e trait e,
R appellant a fes yeux ton ancienne defaite ,
Regardant tes rawcaux 3 femble farter d
Beaux arbres } cfiii malgre la faperbe mfolence 9
^ J} e ce monftre qui fut la pature aux corbeaux,
11 tcps que , 1 I
yV eftes pas moms toufas qi4e quand fa violence
Ne r Qbligeoit la coignte d troubler le filence ,
bruit quelle faifoit en coufant vos rameaux*
ne
le *veux que four iayttdisvoftre beautevous duri y
e vous ne fey ezs point facts au changement,
vn rigour eux Hyuer caufe far fa freiditM y
Et que *vous ne quittiez* iamais wcftr? verdure >
far le coup fatal dufeti dn Jugement*
ENVISIER DE NEVBRS.
e vetts forties <vn lour wos orguitlleufis te
u fanes aupres dufejourou les j4ftres font nel^ ,
Et que les Rofignols qui feront far i:os faiftes,
Difopent de leur bruit les foudres & tempeftes,
<voudioient ofenfer <vos beaux -fronts couronnez*
77 j j
T)e fimUokles difcours cette Nymphe dimne]
En muvmurant tout bat ftmble te reuerer ,
Quand parmy tes rameaux %epb&e qui
*Te fouffe doucement , & fait qtte tu t incline,
De forte quon wit bien que tu <vettx I adorer.
Lt Rojftgnol rauy de *voir tant de me
*Tire de (on gorier <vne idle douceur ,
Vn air qui ffait ii bien enchanter les oreilles ,
Quon voitbien quil naplw dememcire enfes
De I affront que luy ft le marj de fa four.
D
16 LES CHEVILLES DT
!Bref fanny tant dap a* dont ton Sejour
Qit eette autre Diane erire des Autels,
<$
le doute en admtrsint ta Gloire fans feconde ,
Sfauoirfl tu ries point ce TParadis du monde 3
On le premier yiuant damn a tons les
Oeft ainfi que pdrloit dans ce lien foli
.Sous <vn arbre olt iamais ne parut le Soleil- y
Adam qui fat contraint a la fin de fe taire ?
Tar le ramjftment d vnfi digne myftere
Et par la pefante^r des pauots
MENVISIER DE NEVERS.
&. & 4- A 1 $" ^fe. ^ " * & 4^ $ > & & 4- $
<&& w < fe^i^ Q ^MBrafe^iE <^l^li ; &&&
VERS POVR MADAME
LA PRINCESSE ANNE
REPRESENTANT
vne Bouquetiere a vn Ballet:.-
STANCES.
E Cms de U Nature, <vn (I par fait &t4~
* r J
a e >
/w fieurs dt mon fein captiuer&ient
*
I
les
Mt la France a des Lys , qui ne valient f><z* tnitux*
CCMX de mon
./
Te riinmque iamait I Aurbre ny fes charmes 3
reur rendre a mes jar dins leurs odorans apaey
fleufs en ma faneury naiffent foils me* pat---,
que deflous fts larmes.
./ JJ *S
D ij
LES CHEVILLES DV
Us ont en de tout temps ee puiffant privileg
empfffcher 4 IHyuer fan rigoureux dejjein,
On nj void nuls fiimas >/i ce rieft que mon
T martin de la
Vn dymabfe^Printemps sy fait t
^e fi quele/ues rigueurs ckoquoient fonaparell,
Yn feul de met regards s bien mieux que le Soldi
Les feroit difraraiftre.
-f If V
Le filence eft ft doux en cet keureux domains ?
e me (me on nyfent point I haleine des T^ephirs,
ce ri eft quand dmour dtt yent de
defa feme.
Soment te I ttpperfoy plein de traits & de fames,
Immolant a nws pieds fa puiffance (f fes voeux,
Implorer ~a genoux quelquvn de mes cbetteux ,
enchdifher Us ames*
MENVISIER DE NEVERS.
If rk quand ie le <vois tout rougtffant de konte]
S efcrier, Grands effets cjUeftes vous deuenus t
d pour <vn j4donis y ie flechijfois Venus
jar dins d ^dmatonte ?
I enchantement ds fes amerces fines,
*Tout ce que ma bonte feut donncr a fes flews
C eft que lors qi4e mes mams ont cueilly milk f
II en a les efyines.
Encore eft-ce teaucoup content er fon enuie
C eft luy donner des trait dont il pent tout
Car de fes efguillons il poitrroit offender
La plus heureufe <vie.
Peut eftre qua I inftant ce Demon tout fkperle]
*Pourfaire a mon defceu qitelques nomeaux aqueft
Eft dedans mon panier cache few mes bouquets 9
Comme vn Serpent fow fherk.
D iij
LES CHEVILLES DV
le fais I vmqMe ebjet on fe Tyran s*amup,
me fait tellement aux Champs & dans la Cour,
s [cauoir que ceft de donner de I
Vn chdcan men acufe.
MENVISIERDE NEVERS.
MADAME
LA PRINCESSE
M A R I
STANT ALLEE A PARIS,
Maiftre Adam la fut voir , & tout eftonnc de voir
vn Coiffeur nommc Champagnc.,qui luy agcniToi?;
fcschcucuxjuy fit ces vcrs
A Be ante
Eft ant digne de t&H* let
l y enrage quand ie voy Champ
Torter la main a <vos cheueux, 5
fermjfez* <vo$re hudnge,
Soup-ant cjue ctt bomme de fange ,
Maitrife des liens qui font touf J&topirer 9
Et <VOMS faites ^n [acnlepe
i * . ,
De luy denner *vn privilege
De prophaner ainfi ce quon do\t adorn
4 il -J rt .._ J _ M
LES CHEVILLES DV
Adonarque four
T)ont perfonne ne /afp
^i voudroit changer fon Empire
j$ux biens que cet homme refoit :
r Penfez J f votM quen cette aduantun ,
Le Ciel 3 s$mour > & la Nature t
Quifont dans vos Beatitez* efdater leurs
JMe rejfentent $<u <vn outrage >
D auoir fait *un (i be I oimrage ,
Et voir qne voftre kumeur ne s en contente fas*
ce fat & fes remedes s
ow defabufer,
fi I art neft propre quaux laide^
rien deue& iamau yfer :
C&nfidere&hien voftre grace
Dans la bea-afe de vofire glace 5
dhrs vons connfarezs q^e <v entablement,
Man confe d doit ejlre en vfage ,
i pour ble/er Us coeMrs na ^ue trep d &rnement.
V N
DE NEtERS,
$|*:.<f :*
N CERTAIN GENTILHOMME
qui auoit eftc Benefkier, ayant eftc cue a la guerre,
Maiftre Adamluyfic ccc Epitaphc.
CT gift, qui four attaindre vri eternel renom>
Dedans Ic champ de A4ars engs.^ca fa franchise \
*PaJfant, affeun-toy ill eft mort 2 fe vn canon,
Qiie ce ria pas ejle du canon de I Eglife.
// n ambit pas ncor efprome le
&ui fait puffer dux marts la fat ale nulcrc j
S tl euft aufi bien fee u manager fa valeur,
omme ilfyauoit ladis efyargner fon Brent airs*
*Pa]Jant, pour euiter la ngueur de [on fort y
deux genoux ley di$~luy des patenoftres ,
*Parce q&e fon print emps euft suite la men
S H euft pfu du plaifir a prier pour ics autns.
3? LES CHEVILLES DY
- M A D A
LA PRINCES
M A Pv 1 E
ESTANT ALLEE BOIREDES
Eaux a Pougues , Maiftre Adam fit ccs vcrs a la
Fojitaine.
Erueilkufe & belle Fontaine ,
Z)0#f I incomf arable bonte
Nous rend <vne freme certai
Qtie tti fcais donmr la fants
iufte ardeur me connie,
dlfcounr , qtie I Enme
plw mn pour toy de fatal $
Et que tss maiheurs prirent cejft
Dss le moment que ma
Se vif fcj-nte dans ton c
MENVISIERDE NEVERS.
**
Sou Jain c[ue ta vmUe Nayade
Ertt finty le fen de fes yeux ,
Ce <ji4t rend vn jaloux maUde *
Luy fit db^ndonner ces lieux 5
f le front tout couucrt de ride?*
jflla confer aux Nereides
Dans leurs humides logsmens ,
Qttelle "jenoit de voir <vn <dnge ,
i nou* menafoit du me/Iange 3
Chaos , des Elemens*
Ce fat It detiit (tf la
i r I /
v laprent parler awji)
Car tM vis ce fei4 fans contraini? >
De mefme quil te <vit auft ?
Et que bien loin de te depUire ,
*T& belle eau deuenant flus cLtfye ,
Dans I abord quit la vint toudm >
II luy donna pins dt lotiange,
n en a lefauue dn Gange
le Soldi iy ^A coucher.
, , /
S ij
^JES CHEVILLES DY
tout e qui rend t a glows $
Digne de I Immortalits ,
Mt qui f era que ta memoir e,
fttruiura la pofterite 5
C eft que ce Miracle des Belles
des marques e t erne lie $ ^
te font adorer des lors ,
tu jcms dn frimlege ,
D entrer en fon [ein , ou la neife
pardiji.re quau dcbors*
quel attire fleme , ton onde 3
*Peut elle Reformats ceder ,
De poffed&r ce am le monde
/ +jj J
&s digne de poffeder,
rapidite pwjfante
JDont lefleuue du 2\tlfe vante .,
// n a ncn qui te foit efga{\
Le I our dam feulement f outrage ?
ce que tu ri a* que I I mage
ont il bafi(a I
MENVISIER DE NEVERS,
Mais pourtant , ofource adorable
On ne te doit moms efttmer,
Ta petitejje eft com far Me,
j4u vape empire de la men
TOM ce que Neptune a de rare
Dedans fin empire barbare
Et cjui le fait enfier d orgiteilj
Ce/ que ie Soleil fe retire
Deffous cesfats 3 mais tM peux dm
e tu couches dans le Solid.
S3 LES CHEVILLES DV f
MAISTRE ADAM PARLANT
A MADAM E
LA PRINCESE AN NE,
LA SVIVANT A CHEVAL A COSTE
dc foo caroffe , paffant dans vn bourbieril fut fi
malhcureux que Con eheual jetta dc k boue an
vifage dc la PrincdTe , il fit ecttc Epigrammc
fur le champ , pour excufe.
O J* yeux a nuls autres pare/ Is ,
S Us font , comme an dit , des Soleik,
Us fe font eux mefmes la guerre,
^Puis qtfils fame nt taut enflammtv,
rient pas dejfiche la ferre,
J^lofc chettal e- il a b lamer?
MENVISIER DE NEVERS. s,
Commc Ton faifoit Ic portrait de Madame
LA PRINCESSE MARIE,
MAISTRE ADAM FITSES VERS
pour ic Pcincrc.
***>
OVR les traits d y -vn ^Portrait fi beau]
T>eintre , il te faitt nwunr d cjime ,
Et preciptter au tombeatt
La temerite de ta <vie :
Car tofe dire en cef eferit,
Ftifjes tu plus ffauant qU 4
Qu ilfaut que tu fois tout efpnt
^e mdre <vne cbofe ft belle.
Say done I ordre de mss accords *
Et pour atteindre <vne laiiange 3
G}ni ne regarde point le corps
Empmnte les aifles d vn j4ngs \
Et puis par *vn *vol fans pareil,
*Pour plaire au defir qai t
a tout derober au Soleil,
r peindre les yeux de
.* - - <j
40 LES CHEVILLES
ffifite par tout dans les Cieux]
Von torn fes pirn parfaits modeller ^
Quinuenterent iadu les Dieux >
Tour fare les chofes plus belles ,
Demande a ces TPeintres fyauans
Cette nompareille pemtnre ,
Dont its rendoient efians f uiuans]
fha pdrfait que la Nature*
Voj I Aurore comme eRe
^^
La naijjdncc de la lumiere 9
Et confidere bien le teint
De cette belle auant couriere j
Voy tetttes ces *vwes couleurs
Bont elle rend le i&ur aux chcfes y
JE t comme ellefirme les pleurs
Quifont la naijfance des rofes.
En
MENVISIER DE NEVERS,
En <vn mot , ne fejloigne fas
ce beau dejpin qui te prejfe 5
Prendf ce c^ue le del a dapas ,
Tour le Portrait demaT>RINC ESSEs
Et fuis d vn pinceau qui foil deux
Comme les traits de fon i>ifage 3
Rends fl tu peux les Dieux jaloux
De U douceur de ton ouwa*e.
o
**
LE3 CHEVILLES DV
CONSOLATIO N A VNE DAME
ij
^ fur la mortd vne Bichc que Madame la Priricefle
Marie luy auoit enuoyce par Ton Huiflkr pour Li
nourrir.-piaisqqi s eftam fauuee du Pare ou die
ciloit, fut prife par vn Seigneur fpn voifjn , qui
ftns la conneflre la fit tuer
M AIL ANTE
Quit fe& ce deu il & ce courr&ux
Qfi <vou$ enlaidtt le vifage
^^ J o
Trenez* voftre premier vfoge ^
Tons i)os fouflrs font fuperflus ,
Voftre Biche ne <viura plm ,
lay <ueto tomber dejfm fa tefle
Vn mart CAM comtne i>ne tem
Qui fe departoit de la mam ,
I) *u-n boucher du tout inhumain*
7) ans ce funtfie facrifce ,
Ce borne atifmf ant fon office
MENVISIBR DE N EVERS.
*
En cjttartiers tout fon corps a mis ,
faire l#rg?Jp dux ami* >,
Seigneur qui fans la conneflre,
ut pa* deux keurcs le matftre ,
JSl en ayant four t&ut ntenu ,
ce malbeur adiicmt ,
pied quil ieut que lon-apliqttc*
Comme ijne fanglante
m ^Pour epre a iamais wri
A U porte de (on chateau \
*Pour moy d ^une fafon adroit 6
feta d ma pan la cuiffe drone
Dont i ay fait faire <vn grand
fi ijons en auiezt tape ,
ririezj en voftre penfec s
De I auoir (t bien engraiffee >
Paccorde que vous aue& tort *
*Puu fue la canfe de fa mort ,
*Par vn malheur eft abordee ,
Tour ne I atuoir p<M bien gar dee.
j&ffrewZs mieux &ne autre foil ,
\A faire fermer voftre bois >
De crainte que par ad
Yne femblable fepulture
*- <4I*
F
44 LES CHEVILLES D^
J\ r e ^ous rendift le CCSMV mary ?
*Pa r la perte de [on mary.
On tient que ce Serf eft capable
Dans cet accident lament able>
De fe porter quelque matin }
^ fumre [on me [me deftin j
e fi ce malheur le doit future >
tlfe treuue lafe de viure ,
De crainte de <voi4S ennuyer,
Vons natter qua nous I enuoyer ,
Now auons vne adreffe extreme ,
*Pour empefcber que Jur luy-mefme^
II ne fajfe le me(me effet ,
Que dejfiM fa Biche on a fait.
J\4au quoy I fa mort eft fans remeds 9
Vow auezs beau crier a I ayde ,
Faifant la guerre a DOS afas ,
Quette ne retournera p*t$.
Adonrir! ce rie/l pa de memeilles 3
Si la barque auoit des oreilles
Comme <voftre biche ^en auoit >
^Petdt-efrre quctte efcouteroit j
Jc me plais tant a wens vow rire 9
Qitc sil ne tenoit qua luy dire
MENVISIER DE NEVERS, 4;
Qu elle la f/t refu fetter,
J troM pour la filliciter }
lupyues dedans les licux fnncbres ,
Ou fin efclat fait les tenebrss.
J\4au ceft perdre temps & difcours ,
II faut que le mal ait fon fours ,
Car cette horreur qui rien ne doute ,
J}e mefme qu j4mour ne *uoit goutej
Les Dieux ont ordonne ce point ,
la rnort riefccutereit point j
ous coflfblcr dauantage ,
C eft qu of res fin fan giant part^ge 9
jElle a feruy- dedans ce lieu ,
D orriement a la Fefte-Dieu ,
Epant en fafli^magm^ues ,
DeJJits mawtes belles boutiques ,
Donnant de la. tentatton
U^ ceux de la proceficn.
Vous n eftes pas (eute ddonnee ,
^d fiupirer fa deftinee}
Adonfieur I Hutfier qui la mcna 3
Madame <yotti la donna ,
ce (enable dommage -,
Creuc de deptt & de rage ,
F if]
6 4 LES CHEVILLES DV
De riamir pas eu ^n manteatt
De I argent qui <vient de fa p?att*
condure 5 ie iow fufiie
bannir la melancolie >
four <vn ft matgre fUjet
Term! I efdat de <voftre objst ,
Et fans vow en prendre a *vos charmcs $
Carder <vos Ceupirs , & vos larmes ,
*P0ur VOHS ofter vn tour le faits
T)es
MENVISIER DE NEVERS; 47
gEQVESTE PE LvTEMPICANOR
Menuifier dela PrinccfTc Roxdane ,iemme de So-
liman, parlaqucllc ilfc plaint a fa Hnuttffc, de ce
quc fon Argentier Luftubron nc luy vent pas payer
les parties de labefongne Oju il afaitedans Ic Ser-
rail, traduite dc Turc en Francois , par Maiftre
Adam, tiree del Hiflojrc dc Monftiuofuron Hi-
J
ftoricn Turc B
D O R AE L , & belle Trinccf,
le me prefents a wo/ire Hauieffe ,
Pour me fUindre qttf Luflnbrond >
*P our fair e+fqn cent? tout rend ,
Eft tou flours preft quartd on aporte j
depuu quoin pajje fa pone ,
lay demander de I argent ,
II paroift aufii diligent,
jrjbiiiller dans fon efearcelle,
$tf?vn p<age qtis fon maiftre appette ,
Taroi/t habile a s aduancer
le foiiet qui le fait dancer:
LES CHEVILLES DV,
// mre , il afrme , il attefte,
S oilman luy doit tie refte ,
dernier voyage qtJil ff ,
6)uand le grand Souldan il defiti
f pour auoir fournj de me fine t
Tons les efchantis du Canfme ,
Tarce sine Boftangibafy
^Atioit neglige le fomy ^
Qm doit four mr vojln mefmzge
Par les Libeurs du jardwage,
cfiton volt aufecond rang)
text? de no/ire Alcoran 5
// femble q*ie voftre ordinaire
Defpande de ce mercenaire ,
De cef efyrit amkitieux ,
d fcrdfa le chemin des Cicux
caufe de tkumeur Itmttile ,
i I oblige comme <vn Tantale ,
negliger ce ejue fromet ,
Le faintf ^Prophets Mahomet -,
d touts ame qui voMdra fawn *
Les beaux precept es defon Lime;
lefas bier dans fa mat/on 3
Luy presenter vne Oraifon >
Capable de rendrefechibte ,
Le nature I k mows fen
MENVISIERDE NEVERS. 4?
le luy parlou de la ngueur
Qui tient ma pamre ame en lanrueur,
< / o
Comme par f ante de peeune
Alton manage couroit fortune s
De reformer AH mefme point ,
Quil eftoit quand it rieftoit point?
feflois dans *vn refye& extrefme,
Comme ft c efteit a vow-
le luy parlois a ccsur omert*
Simple comme <vn arbrijjeau vert r
le fiechijjois ma pauure teffie ,
Deuant cette arrogante befte ,
Comme ces <vieux parans faifoient ,
Vers le <veau d or quils ad&roient :
T^our fecbir fon kumeur auare*
Teftou a moy- mefme barbare t
Car ri eft ant pas homme a fate r
Que lesfi/les de Iupiter>
Je fatfois en cette aditanture
Vn crime contre ma nature }
is mon Dim, que ne fait-on
de quelle forte d appat ,
vfe-tn point dejjus laterre s
*Pour adoutir I imufte guerre,
Dont foment la necefui
nofre fefmtL
G
5 o LES CHEVILLES DV
En fin ie luyfaifou i hommage ,
Qti vn bigot fatt four *vne image j
11 eftoit dans fon cabinet
Emmiftoufle dans fon bonnet ,
Comme <vn limacon dans fa coque ,
OM comme <vn Eflen dans fa toque >
Boufy dorgued dans ce t re for,
Comme vn Nabuchodonofor 3
II atta faire njne demarche ,
Difant pareil aux Dieitx ie marche }
Lors ie crem v entablement ,
QUA moins que d >r vn grand compliment 9
Ie ne pourrois ricn faire encore ,
Tr<?/ de cette ittttftre pecorei
S eftant dedans fa chaife
Le regardant d vnfens r
Ie luy du , O noble ^ fage homme ,
Cejt ainfi quit ijeut cjuon Ie nomme ,
Depuis qtiil a plume loyfon
Dedans voftre Illuftre maifon :
^Plairott-il a <voftre Excellence
me donner de la finance,
quit wous eft ordonne
Dans cet eftrit ^nen ma
Ce vieux efclaue de Lepne ,
ft aufi toft we mine ,
MENVISIER DE NEVERS.
Qui reprefentoit le pourtrait 3
D vn conftipe far <vn ntraitj
Son font rejfemblvit en fa ride ,
Le mttfeatt a vn afne c^u on bride >
Ses deux vilains najeaux pijjount ,
Sow deux vitres qui Ics preffoient
Vne ft vilaine roitpie }
Que pour en falre la copie ,
11 faudroit after en Enfer
Faire morfondre Lucifer:
Ses yei4x enfiniftres T^lanettes*
Adafquebufoient par fes lunettes
En me decochant des regards
DC Bafilics g? de Le \ards:
Sa barbe fale ^ mat peigncc ,
Qtiil rafe auec line coigme>
Crajjeufe (ef totite en defaroy ,
JV[e donna beaucoup pltu d effroy >
T voyAnt vn nomkre de gardes ,
Dont les pieds font les hattebardes-
JBrefle voyant de la fafon ,
Adon foil deuint en benffon ,
Et ie ne ffay par quelie rufe ,
Deuant cejrere de Aieduje *
3 ens le pouuoir de mcmpefcher>
ne pat deuenir rocher.
si LES CHEVILLES DV
"Toutefois comme en fe rencontre
Je riafpirois quafaire montre ,
le Lay prejentay mon papier :
Mais ce c&ur de markre & d acier ,
J\4e dtf en fuiuant fes weux contes,
^dire a Adefteurs des Comtes *
leur papier ny leur efcrir,
Ne font non plus fur mon efprtt,
6}w<vn Euefque attecque fa mitre y
Pewit fur I efpnt d vn Adwiftrc.
Adoy ne fouuant me reluter
Crojant qua force de fitter ?
1* adoucirois par mes paroles, ?
Cet idolatre de piftoles ,
h } dis , Luftubron mon amy ,
Quand <vQW5 ne feriez. qua demy
La fomme que ie votM demande 9
Voftre faueur me feroit grande ?
Confiderez* que <VOIM d?ue7^ ,
- e P!tf/ de bien qve vons if en aue&i
Et permetteT^ que ie vow die ,
Qu ainfi qu e vB Roy de Com? die I
w - i =- j j v/
Votu fenez, *vn Sceptre a U main ,
Que VOIM ne Uendre7 pas demain:
Si l @n ffauotf vous faire rendre }
fcauez>prendre>
MENVISIER DE NEVERS.
\ il fait mauuai/ chequer I humeur^
vn am ffait f offer pour rimeur 3
Et que le mal qut me fait plaindre t
Oblige ma Adufe a *VQMS peindre }
C effi pQurquoy ft vous me croye& 3
Jl faudra que <vous me paje7:
Mats auec tout rnon artifice ,
I eus mains de raifbn que d <vn
^4u contraire , ce vienx- magot
Cherchant la branche d <vn fagot,
orta dans ce point extrefme ,
d en iiouloir faire de mefme j
Le bruit que ce vilain tonna ,
^Totts ceux de fa chambre eftonna 9
// ne fat pas iufyu a fafemme 3
Qui blafmant fa face infame t
*~Pour mafifter en ce reuers ,
Le Vint regarder de tracers,
En fin <voila les reparties
Qtid a faitesfur mes parties,
Madame j ie laijje a penfer
Si ce rieft fa$ vons offender ,
G^ue de traiter de cette forte
Foftre illuftre faifeur de forte
Si iauois ce don auiourd huy ,
D etre ReccHeHr comme
es;
54 LES CHEVILLES DV
C eft a dire fihumeur a prendre ,
Et de ferment a ne rien rendre ,
r i
Ic nirots pas iimportuner,
II ne viendroit p&$ bourdonnef ?
Comme <vn frzflon & vos oreittes ,
J J
Croyant tjtien difant des mcrueilles*
II aigrir a I ojlrc couroux .
me banni? d aupres
cctte grojfi cfronge a fbupe ,
le <vcnt tfjfi& en poupe ?
Tour me caufer I eucriemmt
n fl fane fie cbangement y
s id auoit #Jft & de force
*Pottr me procurer cette antorce y
Vne femblable defaucur
Le feroit douUe Receueti? :
MMS ce feroit d >c vne monneye >
Que (I ceuxqui font dans la i/oye
c -^~- j j j f ^
De is Her kmpdfr dn r Poinfon ,
Eftoient payez* d? la fa f on ^
Cloactinfuiroit ladeflwce
Des partifans de la Vwee :
Car ie wenx que ct reckigrtt ,
fon groin refrogns ,
(jue iefais la nicque j
amateurs defa pratique ,
MENVISIER DE NEVERS,
Et quaupres d<vn tel animal,
lefuis HPoete & Caporal ,
Que ii tamais ce vilam tcmke,
Sous la pefanteur d vne torn he ,
Que la T^arquc pour nous <v<i?i?er
Le vienne fare dejloger ;
O iufle Cicl tc te conjure ,
ce gros nngnon d Epicure >
ie fumr dc fon ormul ,
h puijje falre le ccrcueil ,
QM pluftop I efluj dc malice
)e ce doacjue d auance ,
// neft point de hois ajfe{ fort ,
mtin Iras d if un rebufte effort,
cheutlle a perte d haleine ,
empcfcber qnil ne reuiciwe *
Ie le cloueray d y <vne fapn ,
c (I I efyouuantaljle fin,
doit effroyant la Nature ,
*Tirer les morn de fepulture >
L on pent faire fortir dekors ,
// aura plus d tf un diakle an corps.
Addis CM memporte icy la fame
Dont la Aduft efchauffe mon ame 9
Belle T^nnceffe par
Si met fens fe font
56 LES CMEVILLES PY
j4. faire I horrible pewters-
De cette infame creature :
J
le prophane icy mon yinceau ,
Faifanf le portrait d <vn pourceafc
Luy ejtti ne doit future l >e vfage ,
Que de petndre voftre vtptge :
Donne a. dedans ce changement >
Quelque chofe a mon fentiment,
Me "faipwt ce bien qtte de dwe
^4 ce vijage de bufiire ,
Qtjilmt rende mieux fatisfait,
Qu au temps jadis Una pa* fait?
*Ay$nment d vn bras homicide 5
\A limitation d ^lcide ,
le le poujferay dans les rangs ,
Oit lenfer a mu les tyrans ,
Car vn bcmtne de cette forte ,
bien ane le DiMe l e
j
En l&n
MENVIS1ERDE NEVERS. 57
"
IN I/AN MIL SIXCENS TRENTE-HVIT,
Maiftre Adam eflant alle a Paris pour vn procez
qu il auok pour vne maifon pretendue, conrrele
curateuf dc fa femme, au lieu de plaidcr fie ces
tes a Monfieur k Cardinal de Richelieu 3 qui Iny
donna penfion,
R INC E 3 dont les confeils ont ^a mcu
MS malheurs ,
Mirawleux efftt des Puiffances D wines ,
~ it donnes a la France <une mot/Ton ds
jleurs ,
Dont nos fters ennemu re/fentent les efkines }
5 i
Oracle dont la voix par *vn dmn feccurs ,
\Affknre <vn Siecle d or A la fait e des tours 9
)ui <vont comUer d honneurs & de biens cet Empire.
Grand ^tlasjefouftien de f Eglife de Dim ,
Incomparable apuy qu<vn mortel ne pettf dire
par ces mots facrez>, drmand de Rich e lie tt,
H
LES CHEVILLES DV
L eclat de ta vertM qui luit defus les
Ou le Soled commence & fnit fa cariere ,
Jhfa tire d *vn citmat ou ks plaifirs font morts
OH ie vis le malheur quand le <vis la tumiere*
*Pour offnr de I encens aux fttperbes Autels
(jfiii metttnt ton renom an rang des immorfels ,
t pner ta bonte de fe rsndre opportune 3
kimpuijfant deft in qui me <veut feconnr \
trauaille en *vain au hen d ^ne for turn f
pux d vn feul mot faire naiftre ou mourn*
i j j j
le ffay que les trauaux de mille beaux efflrits
7 our t immortalifer ont fait <vne feintwe*
Qui montre a I Primers que ta glo irs eft vnprix*
Pour etui le del dtffute auecque la Nature.
le fray que froche d*ewx mss <vers nontnen de beau,
H^u ils ne .<verr<wt le iour que four wo trle tombeau,
jjhfeftant d vn Aiemifier, ilsfontpieins de chenilles,
Et que ie ne fuu pas capable des douceurs ,
Que ces dtwns efyrits empmntent de ces files
&)ue le r pere dii wur appette fes neuf Seems,
MEJNVIS1ER DE NEVERS. 9 ,
Ie n entre fas aufti dans cette <vamte ,
Z> entreprendre auec eux de chanter tes memeiUes *
Quand le trauaillerois toute <vne eternite ,
Ie ne pounois loiier la moindre de tes vcillcs }
dont I efprit ria nen de limit e ,
e faauoir c^ue la Dtwnite
mis d$ns I intellect des hommes &
Si tu prenois le (bin de Couloir expnmer
L bonneur que Wniuers doit rendre a tes loiianges,
manquerois de force a te bien
te me contenteray dc dire feulement ,
e mon Roy, la terreur de tout les Roys
choifi ton Efprit comme vn fubtil aimant,
i, tire a fonpouuoir toute la terre & I ondey
que ce ieune Adars par tdnt d exploitsguerriers,
Se courbe en/on pnntemps font <vn faix de laitriers ,
Quil rende des Cefars la gloire difipee ,
Stfaut-U aueuer jue lors qiie le malheur
Fuit & tourne le des aux coups de fon efpce
Tes Confeils le font cratndre autant que fa
H ij
IBS CH EVILLES DV
r do nne, grand Heros , fi d vn mde apare d
flume ofe tanter vn ft diuin ouurage ,
Je ne fuis f&& Lcare, adorable Soleil 3
le ne viens pat aufii four chercher mon naufraget
ue fi tu frens plaifir a qmlqu^n de ces trats
be temps les omera de plus riches attraits 3
Ton dccuiil macroiflra le defir de pourfuiure ,
vers sembelltront d vn ftille fltu parfait:
ilfaut > grand efprit - que poitr les fairev jure ,
ware aufi le pere qui les fait.
MENVISIER DE NEVERS.
RONDEAV SVR LE "NOM
DE R I C H E L I E
Vn Richelieu ie ne fuis fat
Afes <veftemens qm me laiffent tout nu s
En donnent bien I entiere cynnoiTfance 5
inhumain aui fitt a ma nai fiance
/ . J <"
n rabot mt tout mon reuenu*
Tom les Deuins qui defuis mont cannu ,
mokliger cherchent par le
Si i vferay mes ioursfans afiftanee
n Richelieu.
Ie ne ffay pa* fl leur ejprit cornti t
Doit I aduemr refler par laduenu ,
*o /
Ceferojf bien irrtter ma con fiance :
qite enfoit> ie vis dans, I effierance
ie Jeray quelque iour maintemt
D yn Richelieu.
H iij
62. LES CHEVILLES DV
A MONSIEVRLE MARESCHAL
DE LA MILLERA YE,
GRAND MAISTRE DE L ARTILLERIE
de France, fur fon voyage de Bourbon 1 Archam-
u il s alla baigner apres la prife d Aras.
SONNET.
prodige <veux-tu ncns montrer de
Toy qui ne ^vomU rien que flame ^ que
Crois- tit qtte les Uuricrs qui font comber ta tejjte
Efant mttrris ds feu pmjfent ^mre darfs I eau,
tJercule am ft que toy > des I age du lercedu,
Eut touftoi&rs aux combat* fa dextre toute prefie ?
JWais ayant ache ug fa dermere conquefle y
La flams couronna fa vie & f&n tombeau.
Toutefois admirant ta valeur fans pareitte ,
Eftre comme ^vn Soldi, ^one errante meme dte,
Ghtifert de phare anx jenx de cent Heros diuers$
Le feul raifonnement ou mon awe fe fonde 9
C eft tju ayant far tes fails eftonne I V rimers]
<vas comme <vn Soldi tc repefer dans I onde,
MENVISIERDE NEVERS.
T O M B E A V
DE SON ALTESSE SERENISSIME
E DVC BERNARD
P E S A X E VV I M A R.
SONNET,
E ^Prince , dontle caur pirn grand que t
Da plw fameux Heros afarmottte I efttme ,
JSl eft flu* dans ce Tombeau qtf*vne fafle
e U IParquc afoubmife a la mercy des
la fatalite dufanefte reuers ,
Dont la mort fait tomber diitrofn
Cet Hercule amort mis par vn coup legitime
LinfaportMe orgueil de k Auftncbe a Rentiers.
Iras $Uu redoiitable >&fluscrmnt qttzla foudre*
x flw hardis Titans faijoit mordrc la pondre^
Et fat des opprimezttinebranUble apuy.
s Jupiter fur luy ft efclater fon ire ,
De crainte que mo nt ant far I digle de I" Empire]
II ne Ce faft rendit plus redouts $ue luy*
64 LES CHEVILLES DV
SONNET ACROSTiCHE
SVRLENOM
D ARMAND DE RICHELIEV
A ^ at re d <vn Confeil les fins forts loukuanl
Rennerfer les fro jets d *vne orgueiUeufe raze ,
AdoiJJonner des Lauriers farmy des eftendars >
^4prendre a I Vnwers <jue mieux qM<vnDim deTracel,
^Noftre Roy doit monter au ^Trofne des Cefars.
Drejfer en vn moment cent bataillons efpars<>
Donner de la chaleur a leur guerriere audace ?
jEfteuer des Ant els du debris des ramfars s
Reduire Us mut ms au re corns d vne grace }
Infiruifdnt la valettr dans les flames de
Combatre four la Foy pluftoft que four la
Honnorer les vertns des piles de JMemoire ,
JEftre en cent mills endroifTfans ejlongner *vn lieu*
Ltiire comme *vn Soleil en d eternelles valles*
loindre nos mterefts am volQnte& de Dieu :
En fin eftre <vn frodige a fairs des merueilles ,=
Voila ce que I Europe admire en Richelieu.
MAISTRE
MENVISIER DE NEVE.RS. 6;
MAISTRE ADAM ESTANT A L L E A
Rucl vn Samedy veillc de Pafqucs 3 pour voir Mori-
fieur le Cardinal, j& ne 1 ayant puvoir, fit cctte
Epigramme a Monficur 1 Abbc de Bois-Roberr.
EPIGRAMME.
Her Aw&, ne t offence
Si ma trcp longue impatience
fait retotirnerfar mes f*s ,
nettoyer ma conscience ,
Demain , ft toft $jue mes
Seront de mon cceur det
e P#r I ejfet de la Penitence ,
me reuerrtf* en ce lien j
-eftre quafape de Diet*
h verray mieux fon Eminence*
.
I
66 LES CHEVILLIS
MAISTRE ADAM PRESTANT SA
mainavneDamcqui fonoird vn bateau, trouua
la ficnne fi belle, .qu il luj fit ces vers fur le champ.
S T AN c E .
SI I" on te ffauoit Uen connefre >
AimaUe fujet de mes vers >
Vn Sceptre te feroit pareflre
Dans t Empire de I Vniuers?
Belle main de lys gf de rofes ,
Celle quiferma towtes chofes , .
c Pour montrer le fouuoir de fa diuinit?,
Dans cette admirable peinture ,
De s memeilles de la Nature ,
t rienfait qui me touche AU prix de fa beaut e.
MENVISIER DE NEVERS, 67
Sans doute fa grandeur faprefme ,
Fit tin amas de fes trefors ,
*Pour faire <vn portrait d elle-mefme 3
Dans I aflemblage de ton corps :
Afai? cet abrefe de mertteilles >
<^
J)e 0jui les graces nompareilles ,
*4t4x plus grands Conquer ans peuuent donnsrla IQJ,
Ces yeux , ce fern , & ce vifage ,
ite tout leur aduantage ,
pas dcfllis mes fens tant d* empire que toy.
Hi?r quand far les lords de Loire ,
le gouftay ce lien de te <voir ,
Que is triompkay de la gloire ,
D etre enchaifne fow ton pouuoir,
j$j<te tu pris des foins & des peines ,
d. faire des fers & des chaifnes ,
Qu m?(me la rigueuv me montra des appa$>
iBelle main t a force fat telle ,
Que ma prifon eft eternelle ,
Si ie rien doy f&rtir par la main du trefpas.
LES CHEVILLES DV
O /^ adorable aduerfaire > -
^uim tufi douce me nt far pru ,
Laijje moy languir fans deffaire*
Les doux liens dont tu mas pns .;
Fay re doubter maferuitude:
Car bien que mon tourment foit rude,,
h trouue tant d aptts aux maux que lay foujkn,
ie iure far ta puijfance ,
e i^oferou de refiftattce ,
a douce rigww voulott rompre mes fen.
MEN VISIER DE NEVERS.
CONSEIL DE MAISTRE ADAM A
Vnfien amy, qui 1 auoit prie dc voir vnc Dame
qu il aimoit , pour defcouurir cc qu elle auoic dans
1 amc touchanr fa paflion,
E vis hier matin la Belle ,
QUA bon droit tti nommes cmelle,
TV/// qua ne point mentir ie croy ,
Quelle ri aime ny toy ny moy.
II eft vray qu elle eft adorable ,
Que fin humeur incomparable
*d la puiffance de charmer*
Ce fjH on ttent capable d 1 aimer*
le I ay long-temps entretentte ,
Et d vne fafon retenus ,
J ay pafe deux heztres du lour
luy parler de t on amour.
r on difcours & fon *vifage
Ai ont bien appris cine [on ^fare ,
r r i j j ci>
J\ra(ptre quafaire mounr
Ceux quelle pourroit fecourir.
I entens les A mans de ta forte ,
J)e qui la pafiion trop forte ,
1 iij
/o LES CHEVILLES
Ie gefne dans <vne prifori,
Opt nentra iamais la raifon:
Si iamais dans ma confidence 9
*Tn rencontrat quelque prudence s .
Et s il meft encore permit ,
De me ranter de tes amis ,
Cermets quicy ie te confe dle *
Den aimer pliu cette memeille :
Ferme lesjeux a fa beaut e 9
Adocque toy de pt cruaute >
Et pour fbrtir de femitu de ,
Regarde fon ingratitude ,
me fine quvn trifle nocher]
wit du faiftre d *vn rocher 3
L inconftant & cruel Neptune 3
Donner (es btens a la Fortune 5
*Ainfi qite toy ie fas efyris }
Des charmes de cette Cypris 5
^/ i
// me refte quelque fumte ,
De I ardeur de la voir aim-set
TPour confiderer fes apas ,
fay ferdto tent fois mille fas :
way ant cfue mon efyerance ,
ceHX*f$ ma perfeuerance s
file (eruoient que four I irriter,
Ie fits contramt de la quitter?
MENVISIER DE NEVERS. 7 \
IS en de me fine ie te prie
t four changer fwblatrie >
Ie fattens dans <un lieu diuin ,
OH I on n adore que le ij m j
lean Fouray qui fait ce mcfja^
f ft iadis apprentijjage ,
Son neZs te fern voir I effet
De la fortune quonyfait}
eft la quo mon ame fe range ,
Oit Baccttt pajfant four mon
Afe fait entonner nuit tf tour >
Vine le <vin , fi de I am our,
Et de toutes ces inhumaines
j$uifont vamte de nos peines. \
7*
LES CH EVILLES DV
MONSIEVR LE COMTE
D E LANGERON
DEMEVRANT A NEVERS,
blafmant Maiftre Adam de ce qu il preferoit 1
cabaret a (a table, il luyfitcesvcrs.
E far toute la terre
Ton los immonel & diuin >
_, /
Comme ton cesur ayms la guerre
ne chert f ue !e win.
De mefme qtte Aiars a des charities .
Qul farmy lagloire des armes ,
Te font triomfher dti ntalbeur-j
Ainfi L ^lpre qui me gouuerne ,
J\4e fait tronuer a la tauefne
Ce que I on tronue en ta *ualeuf.
C tfi
MENVISIERDE NEVERS. 7*
Cejt dans ce fejour deleftalle ,
c ce grand Adoteur du [ermant
Me fait remontrer a la table,
Le foiide contentement j
Oeft la tju on n argue la Fortune ,
Que If def in eft fans rancune ,
Qtivn rot fait trembler le t rep at j
f dans ce lieu de renommee ,
Si ta fante rieftoit nominee ,
TPettt-eftre ne vwreis tu pas,
****
cheques flu$ ma deftinee ,
quelle ma mu en vn rang,
ie dois <verfer la
Comme ie dots verfer
Qtie le Demon qui t accomfagne ,
faffe perir celuy d Efpagne,
le n en auray point de foucj j
En te laijfant fain ie fay me:
Mais ie te *ve&x.prier de mefme]
Que tit me latfles faire au(?y<
^^** ifj J __ J ^/
K
LES CHEVILLES] L PV;
VN CERTAIN COMTE, PRODIGVE
commc Tan tale 3 ayant fait faire des vers a Maiftre
Adam > 5c ne Ten ayant pas remercie , le vouluc
enfuitc engager a faire Ics vers d vn Ballet, il luy
fait cefle rcfponce,
Ai TE > ceft temps perdu de crowe,
Qtte dans <un Hyuer fi f
h puifje meriter la gloire
De te fomotrfawe des
le fas hier fur le Tarnaffi
Chercher ces diu mes couleurs ,
Mai* te nay tretute que la glace,
Qu jadis te trouuay des fours*
Dans *vne mine rechignee ,
I s ay <veu ^Phebus dans (a maifon 3
Jim cherchoit la ieune fatfon,
Sous we antique chem wee}
MENVISIER DE NEVERS. 75
Dedans vn piteux defaroy ,
Son Luth crmt mifencorde ,
n auoit pliu rien cfuvne cordc 3
handout a caufe du froy.
/ J *-/
La ces neuf files eternelks ,
Qiti rior** pas rudtUant *un denier,
SemUoient ces trou femp it erne lies
Qtji font an horde I de Renier?
Les voyant toutes acroupies ,
Si i euffe veu dans ce. refers y
ant de mots c^ue de roubles ,
naurois pas manque de <vers.
Ie vis le celefte flambeau ,
Centre tordre de fa nature ,
iettoit <vn efclat moms
celuy la de fa peinture .
iBreffans dtfccurs ny compliment ->
Voyant tout alter de la fcrte ,
Ie reteurnay tout doucement
as dit coflc de la pone.
K
7 6 LES CHEVIL LES DV
I eus le deflr en deualartf ,
De toucher an cheual T^egafe ,
it eftoit en me (me extafe
le chewal * de lean Vollant }
le ne troitnay point d hypocrene , ^ Vn ch ; v ua i d
_, / / t/r ^ bois qua ion
Car dans ce cbangement fatal >
Sa jambe an lien (k<vne fontaine 3
lettoit vn quartier de cnfitil*
f
En fin pour condure , leftime
* / -j i,
te nay y lus rien de diuin\
Jzf que s tl faut trouuer la rime ,
le la dots cherchcr dans le <vin j
Mais vn manuals fort dent la course
Ji^fefionne autant me le trefpat >
J I
depuis pew tary ma bourfe s
Le win ne fe donne pste.
MENVISIER DE NEVERS. 77
MAISTRE ADAM ESTANT A
Langeron auec le Seigneur du lieu,& grandc com-
pagnie,pour inuitcr vn fienamya Ics venir trou-
cfcriyit cctte LettreaNcuers.
.
A A/O A , tu founts par ces vers >
/~\ / / i
Qu on bolt icy micux qu a Nepers ,
Et nous nations point d^mertumc ,
Si le mdancolique rume
i te fait tant parler de Dieu ,
i ejlolgnoirfomt de ce lieu :
w auons tow pa fie 1$ Fefte
bo ire 3 mau a pleine tejte ,
^n win qui want mille fois mieux
e le Nettar> qu5 dans les Cicux
ns Hebe la diuine coupe
Gammed? verfe a la trouti? }
Qui fait vanite de roter
A la fonte.de Ittpiter,
K. ilj
7 8 LES CHEVILLES DV
Et de qui> la cbatide nature
Petillante , bnllante , & pure ,
^ufii toft que mm I auallons ,
Nous efchauffe iufcfutfux talons 3
Encore qu les deftmees
L ayent conferee t rente *4nnees> * c cft
Son foumir antique & ffauant, S^
JNous ra\eunit en le teuttanf. renie
ton ne7 ria plat la roupie ,
/ /
ne graiiles flw en fie ,
iBref (i tu rieft fins morfondu ,
*T*our auoir ton argent perdu , -
Sans craindre ny marets ny Crete 9
Va prendre ^n cheual a la fofte 9 -
Et *viens en diligence icy 5
banmr I extrefme /buy ,
trop longue abfence apporte 3 >
Pour *vn Meron de t a forte ?
Que jl ton Patrocle Gnllon ,
Eft las de branler le * * *
Dejfus la Nimphe a luy donnee 9
*Par le Treftre & par L Hymenee ,
Pour auoir toufiours mieux dequcy
Troujjes en mo lie auec t&y ,
Vou* fere& rauts > car ie meure
cetfe diuine demeure
MENVISIER DE NEVERS. 7?
premier homme pecha ,
tjue Hell(cbuth prefcha ,
Ce tres Nermandifame fere ,
Soubs la forme d vne viper? ,
j4uoit > rien defylaife au bon Dicu^
P. ten de ft, charmant que ce Leu 5
Icy nopre fortune ajpmblt
Quatre DminiteZj enfemble ,
J$accm 3 Adars , ^poilon^ Amour ,
Ont des autels en cette Cour:
Adais parmy ces Dieux c^ue ie nomme*
Ctipidon a gaigne la pomme ,
*Par les attrais d >f une beaute ,
Qui detruiroit la, libcrte
JDe toute noftre Illuftre troupe
Si mon coeur cap t if de U coups ,
Ne preferoit a fes apas ,
La fuffifance d >e vn repot*
fjafle toy done ie t en conjure ,
*Pms qua mews t^ue de fain injure,
des gens de mife & d* alloy ,
ne peux dire excufes moy.
> i eferirois dauantage ,
Si ie rientendoij pas *vn page ,
i d vn ton remply de vertu ,
sefcrtant Adam ou es-tu s
80 LES CHEVILLES DV
Le premier eft deffm la table-)
-^ ce propos ft dele&atie ^
le rje paraiftray pas ft fbt ,
De I" entendre & ne aire mot.
jiimant mieux tie moy faire montre 3 -
Que dimiter en ce rencontre }
Celuy dont ie forte le nom >
cjtii [on donne le renom
* amir fait de la four de oreille]
Lors cfue jucbe fom <vne treille 9
DC deplaifir mordant ft S dois ,
Diet* I appetta flm de fix fois.
-jidieu cher amy ejue ihonore ,
*Auant que I on m appelle encore ,
le <uas finir auec efyoir ,
demain tu nom wendras *voir.
VNE
MENVIS1ER DE NEVERS.
tf ^ iSf ils A \V >V ttf A* ^{
A <fr jV 4 >* k *
V*^ ^Vj^ ^ * Y ^"V^ t^ j. ^ *" ^
L NE F1LLE DE GRANDE
condition, pric Maiflre Adam dc ]uy foire dcs
^ il luy jfait cetterefponfc,
Ve mon tjjtrit nejl-il capable ,
| Defaire des vers aufi dous,
Comme vtiitf efes Adorable ,
j4ux Trinces qtti meurent pour vow }
Vn f inceaU fans far d & fans feinte >
Rendroit ijoflre Be ante depeinte*
Dans <vn ouurage fans efgal}
Oti le ffamir de la Nat are y
Confefferoit que ma peinture
rcit bienfon original.
Si, iES CHEVILLES DV
<#>&&gt;
V-oftre < vifkge quon adore
I J ci /
Comme <vn miracle fans pareil,
Sy verroit feint comme I* AM
Et vos yeux comme le Soldi.
uelque bien que la Prance <
M courage dont voftre pere
J*>raue I Enuie & le Malheur*
uoy quil <vainque tout par fes armet 9
le ferois dire que <vos charmes
Sortt plus puijfaw que fa *valeur*
Vos vert us qui riont point d exemples]
Donneroisnt ^n luftre a mes <vers ,
Comme les Dieux donnent aux Temples,
Quon leur dreffe dans I j^ni/ters.
"*** JE*
jMau-> o dinine Cartflee ,
le parle comme <vn c Promefee ,
le me re pens d aitoir efcrit >
Aion deftr vow fait <vn outrage 9
>j que pour fair e <vn tel
nt rauir voftre efyrit.
MENVIS1ER DE NEVERS.
t|A MERE DE M A I SIR E -A D A M
eftantmortede la pcftc dans vnc ifkprocheNe-
uers,ou cllc eft emerree, luy allant rcndrelcsdo.
uoirs que nous dcupns a ccux qui nous oni fait
naiftre ? fit ccs vcrs.
O V C H E d vnc douieur amsrc ,
le viens tons les tours fur fes torts ,
Ou le cadaure de ma mere
CrQift le trifle nombre des worts 5
Ou fuiuant I ordre de Nature,
Ccnfiderant la (efulture ,
O^ gift I objet de man amour ,
Je fens de ft dwes Mttaintes 3
v te is fais re dire mes plaint es
torn ks Echos d alenteur.
LES CHEVILLES DV
e d vne horrible mame
I appette les Die^x inhumains ,
Exerfant <vne tyrannic ,
Contrc may -me (me de mes mams}
^f \ *~^
La mon ame en ptreur detefte ,
Centre la rage de la pcfle ,
Qui me (ufats ces malheurs ,
JEt mes yeux en ouurant leur honJ.e ,
Font fjue mefme la Loire gronde
Se *ioyant grofiir de mcs plewrs.
On nc me voit plus dans la
L osil d dminte ne weft fins beau , (
n element eft dans cctte ifa >
erair defjks ce tombsau )
amis ont perdu I
De reccnneftre mon vifa
*rant il eft pafle & dejcharne
Et mamtenant le ne m
Qtt afaire chanter A ma
Vn Libcra me Dominc,
w
MENVISIERDE NEVERS.
Si dans <vn dcuilfi plein de rage ,
Cloton mouuroit le
JElle repareroit I outrage
ghi elle a fait a mon fen time nt.
Tarmy ces jnarefcages [ombre s ,
Ou la men engage les ombres
["eremite d <vn
nnijj xnt i ennuy
I tray rejoindre la belle
it vis le
En quelque part que ttt repcfe ,
Chere ame > fi pour me puntr >
Le del de ce que ie propofc ,
t empefche le fottuenirj
ff auras que toute ma <v>c ,
d *vne pieufe enuis ,
le <viendray pleurer dans ces Law 9
Et 0ii4Mant qua fimr mes larmes 3
lupin aura perdu les armes
Dont il murmurs dans les Cieux*
LES CHEVILLES DV
S- * * * - * * *
:&&& ...... :-c
Autre Tar Ic mefme Sujet.
Epuis t heure trifle & fitnefte 3
Que le meffager du malheur,-
^ JL/ O
V .^o/^r crotflre ma douleur a
mere eft morte de la pefte >
le nay cejfe de foufyirer ,
Ades yeux riont cefie de pleurer 3
Le flambeau da tour m importunes
I ay fi feu de contentement >
Que I ceil de la bonne fortune .
pUift moms qus le monument.
le ne veis plus rien qui me plaife ?
Ceft en vain de me confoler ,
Si quelquiin me pertfe parler 3
II eft ennemy de mon aifej
Ce coup eft fi rude a me s fens ,
Que ie eroy les Ttieux i
Pour my rap&orter le di
m r F
S Us ne rvouloient d^n me (me accord,
Comms mon corps 3 rendre mon
aux loix de la mort.
t
MEN VISIER DE NEVERS.
Car quand lien k coup de la Tar me,
Mauroit rcduitfar I Acheron ,
Que iaurois acm de Caron 3
Le trejor e^ui <vient de fa barque }
Si quand (^ mon corps au cercueil,
Mon ame rienfermoit le dueiiil
i rrt aurolt jiny mafifec,
r la fiiite de mes douieurs ,
le ferois dedans I Eli fee
JSlatftre njn deluge de mes pleurs.
x *s>*
le mre lafaincte Lumiere]
Que dans ce trouble qm me fait s
La couche ne me fert de nmt
e pour efpandre *une r mkr? 5
fl le jommeil feulement ,
j\/fe i/ a captiuant wmoment)
Dedans ce tourment tjul- me mine
le ne (on^e qu& des corbeaux 3
j <& _ j
Et m efueittant le m imagine
jDVjfre couch e dans des tombeaux*
s LHS CHEVILLES DV
les tours fur les b&rts de I onds >
Ou gift cet immobile corps ,
langusHT fait <voir les effort*
petit <vne ams funbonde.
Bref dans ce fanejre niter $ ,
fay de I horreur pour I l^muers ,
Et far <vn defefyoir extreme ,
Hi mort fort guide mes pa* ,
par mon bras mefme,
Ce que U wort nachcue pat*
MENVISIER DE NEVERS. 39
^4^J^.^W^^^^^^^^^*^^^i^l & FV?
A MONSIEVR LE COMTE D. A, L\
S O N N E f.
VA genercux Pleros d vne illujkve cole re ,
R enoHtiellcr [ effort de tes a fires guerriers *
Et du Iras dont tti jis les vicfotres dn pcre ,
Coupes-en four lefts des forcfts de [aimers,
La France four fa gleire a fonfecours t appettc ,
Elle a receu far toy tant d eflvges diners ,
fite fi I on euft fainy ta valeur & ton ~\ele }
Ses homes s eftendroient aux bout de I Vn ui.
Mtlle fou la pine ma porte iufqttdux crimes
De presenter aux J^ieux des ^certx illegiti,
7? our eftemdre i ardeur de tes fanglans efforts,
.
* (fackant a tfuel point tu peux monterl Hiftoire,
I abandonne an hazard la *ualeur de ton corps ,
De cr aint e d offencer la grandeur de ta.gioire*
M
<>o LES CHEVILLES DV
*V ,j5, $s >fr >J* >t Vfc V xfr !r iif i?< \?/ * (fr xfr t|r !^ A Ir >ff & \tt
rft ; *WwW^W-W WWS^^W W-^^W^^WfV1fNa?^W l
MONSIEVR D. L. ALLANT COM-
m mdcr 1 armce en Italic, apres s eftre nance a Ma-
clamoifcl eD, B. pafianta NcuersMaiitre Adam
luy fit cc Sonnet.
S O N N E T.
C Ours gene fewx Heror t ou Be Hone iappelle ,
Dans les p lames de Adars trwmpher du malheui\
Suiuant les mefmes pas qua trace ta valeur >
Rends toy digne dit court d vne gloire immortelle-^
I ejfiere a ton ret&ur ->comme vn.fccond
*T ache tier ^un pourtrait tfeternelle couleur ,
Ou ma write s evftant d jf un exce&s de
Fera vcir les efforts $<vne ardeyr naturelle.
le p^mdray comme Hercule au rang des Immortels*
Encore quon luy donne <vn Temple & des Antels
r hut tnompher de fa valeur extrefme}
Mais aue tout aHContrairf,on volt paroiftre au iour,
Qite piuftoftejM enchaifnerta valeurfous 1 J Amour 9
.laiffes a la C&ur la moine de toy-mefme.
MENVIS1ER DE NEVERS. 5 ,
AAAA4^i^A^AAAA/KAAi%ift^iAA
-^| -* ?.;*; <:.;$* : $f **$ "S* <^|B* *;&&lt;:* *s ? 5?*
W^ 1 ^ ^ r^ 1
ESTRENES
A M R LE MARQV1S-D. A.
du temps qu il faifoit TAmour
a fa femme.
STANCES.
V IO VR DHVT que Ian renouuelle
Marquis , ie ijoudroi<s de grand cceitr 3
*Te pouuoir offnr cette Belle >
Qtti t ofte le nom de
le fms lafle de vow tes larmes ,
Serutr de triomphe a fes charmes s
Toy qui mefynfant le malheur,
u iamais rencontre d erage ,
j naif fiffshy fitu ton courage 3
Et fait p*flage & ta <valeur*
ij
9z . LES CHEV.ILLES D V
//<?/? <jyray 0-Wf eft fans exemple ,
beaute na nen de mortel\
Alais comme elle eft digne d <vn
Ton merit e teft d vn A lit si:
If troime la nature eflran^e ,
J >o
De I auQir faite comme vn Ange 3
Et du visage & de la vou ,
Et quelle ait paru fi barb are y
D auoir mis dans vn lieufi
Le c&nr d -vne fere des bou.
Ceft trop long-temfs fjue ta
Serf de viffime fa rigueur ^
11 eft temps e^ue fa refinance ,
Flechiffe deuant ta langneur^
Jl faut parauant que L annee 9
Rende fa com ft t ermine e ,
tu finijjfes te$ douleurs ,
que dans ces forejfs d efyines a
trouues des routes diuines
i te condmront dans le spurs.
MENVIS1ER DE NEVERS.
95
Car fans doute ta fermtude }
t moms que ta liberte >
tou flours fan ingratitude
Combattoit ta fidelity.
s (I cette belle inhuman??
t recompenfer ta peine ,
tant de trauaux foirffirts ,
s , la r a if on me fait dire ,
IVmuer* n a point d Empire
Gfyti fotr ft nche aue tes fen.
Amour ce doux tyran de l
La faffe bien toft confentir,
bnifler de la mefms fiamme
i te fait nommsr fbn martyr ?
res ijne ft dure attente ,
rendre ton ardeur contente ,
Vn doux Hymen voiufoit donns ,
h croy cjue (I le Ciel commands
Quon enterrrine ma demande ,
ie taway bien Eftrenne.
M tij
94 LES CHEVILLES DV
ESTRENES
A M R D S HOVERS,
SECRETAIRE DE MADAME
LA PRINCESSE MARIE,
QVEMAISTRE ADAM LVY FIT
aprcs la mort de Monfieur du Maine
Ton Maiftrc,
EPIGRAMME.
Qur te fairs vn prefent digm de ton
11 faudroit que le Ciel d vn effet gloriem
Nott* fift refuftiter ce Prince > dent U vie
*Paffh comme ^n efclair four faire mat
Le cruel defplaiflr dont ton ame (e glace ,
Iroit dans le cercudl (e loger a fa flace ,
Ton ame en ce rencontre auroit *vn lien far fait s
CeU ne fe fouttant , tout ce e^ue tti feuxfaire,
Oeft de te confbler , voyant que la Jceur fait ,
*P our payer ton merit e, autant queuft fait le fen,
ENVISIER DE NEVERS.
t ****>**.***********
_j
M A I S T R E ADAM E S C R I T A V N
fien riual cc Sonnet,. cpuchant la moitde
Jcur A/kiiftrdTe.
S O N N E T. -
sen eft fait } noftre Am into cruelle
.4 fenty de la mort le coup inforfune ,
Et now nations plm n?n d vne chcfe ji belle ,
I immonel amour alette noa* a donne*
ti mej)rls de nos vctwx, la ^Pjtrque a butine
TOMS les diuins attrxits que nous <voyons en elle]
Et ro - -{anglant malbettr m a fi fort eftonne t
Qtie ft is ne U fay ma i-ie eft eternelle.
&l.tofl; que fa belle ame eut change de fejour >
Que fts yeux en mow ant afferent a I ^mour
Deux throfnes oufagloireeftalloit towfes charmes,
le cru qtirun Dten jaloux de now vow tant aymer*
slwanfafon trejfra* a dejjetn qu6 nos larmes,
Efleigritjfent le feu qui nom doit confommer.
LES CHEVILLES DV
AV REVEREND PERE LE MOINE,
Surics versqu ilfitfur la guerifon duKoyLoup
trdzicfme,apres fa grancie maladie qu il cue aLyon,
SON NET.
Rand cfprit , dont les Cieux ont oblige lemonde,
Le Moine.dQnt les vers font ficharmans & douyg
ue ft le Dieu fjm <ua fe coucher dedans I ende ,
le crojoit fon fls 3 il en feroit jaloitx.
venne nous paroift tettement fans feconde t
le flvu fisr Critique eft pour toy fans
Etld terre en launers neftpat afe& feconde ,
le riche lakeur que tu fais <voir a tows.
Les trtomphes du Roy (I mftement depeints ,
Et de fa gnerifon les miracles fi faints ,
Font croire que la mort en le ^oulant pourfuMn ,
Lifant dans tes pwje.ts retira fin foifon ,
mant mieux te laiffer chanter fa guerifon ,
s de te wir I honmur deJe faire reuiure^ \.
MAISTRE
MENVISIER DE NEVER S, 97
Alonfieur Ic Cheualier de Monteclair , Gouuer-
nenr pour le Roy dans la ville deDourlan, allant
a Bourbon 1 Archambauc cherchei dans leBain
du foulagemenccontre vne cloulcur qu ii auoit
dans vn brasou iia cfte bktfe d vne moufque-
tadc,pairant a Neuers vit Maiftre Adamaquiil
fit vn prefent,dont illc lemercia par ccs vers.
S T A N C E S.
TE S liber aliteZj ont rechauffe mon
^pres run rude Hyuertufm mon renoiiiie4tt ,
Et ton bras en cherckant dti fecours dedans I eait
Par cvn ^rodigue effet me redonne vne fame
Qui te ferarewure en defit dtt tombeau.
La generofite dont ton ame eft fuiitie,
$A fi bien [ecu charmer le Adonarque des vers^
Que ttt terras <vn tow cent Efcriuains diners t
EJleuer fans flatter U pour trait de ta *uie ,
Sur le plus bel endroit du front dc I knitters.
Fauonfant ce Dieu que le ParnaJJe adore ,
Tufais reffu fetter mes premieres chaleurs 9
Et les lien-faittscn moy font des vafes de pleurs ,
Qjuifont le mefme effet que celles de I durore ,
Quandfors f$ UPnntemps lay de man dent desfleurs.
LES CHEVILLES DV
Combien que mon finceau femble rude
liour feindre des Heros Ics Martiaux affas ,
St-tojt que leurfaueur went efclairer mes fat ,
J ayme mieux les feignant fajjer four vn I care 9
f after four mgrat e r n ne les feignant fas.
is fl s en trouue feu qm viuent de ta forte 9
de Brands auiourd huy font dignes de ton fort,
Un auare defer qui les ronge {$ les mord,
Ne leur delaijjerien quandleur charongne eftmorte
Que des uers animezj far Us foins de la mort*
Tous ces grands Conquerans, dont I Hiftoire eft ornle
Tour qui Bellonne a fait tant d exfloits bettiqiteux,
t Heffor , t$ cent millecomme ettx ,,
eu d vn bouuier la mefme deslinee
Si laMuCe euft laiffe leur memoir e auec
J J JJ
^Bien que ton braseufi feint afres mainte
DM fang des ennemiston extreme ^aleur y
Que cent fo is ton courage ait vaincu le mal-heur,
Pourtant fans le finceau des files de memoir? ,,
Le temfs en termrait la flus vine couleur,
C fftfarlesfoings diuers de ces diumes fees y
Que des plus grands Heros on affrend les lepns ,
^/I at s four bten merit er leurs diuines cbanfons- s
Mt laiffer a- iamats de fuferbes trofbees
Jkfattf ainfi que toy chtrir leurs nouriffons*
j.i & & *j <jj
MENVISIER DE NEVERS.
Au mefme fur du vin que Maiftre Adam luy en-
uoyoit a Bombon.
STANCE.
MArcpiis le tien le plat infighe
Que ie tiens du moteur Diuin. t
Confefte en trou hommes de
Dont ie t af forte tout le
C eft pour elle qne ie fonpire
Son efkendue eft mon empire ,
Et ie ne fuis ambitienx ,
Depui* que Dien me la donnee t
Qua preparer la dcftmee ,
Pour fanner fa bonte de I infire des
Dans ce fiecle infame de guerre ,
Ou tel qui four trop, endnrer ,
Maudit & detefte la terre t
De la <voir ft long-temps durer
Ie ne vois rien qui m import me $
Et ce lieu qni fait ma fortune
Me doit eftre encore pins beau
Si td valeur incomparable,
Tronne dans ce ins deferable
Ce qne les Ale de tins te font cbercher dans f
N *
too LES ,C H E V I L L E S D V
Pour vn inconftnnt qui laiffe vne feeonde Mai
{tre(fe , pour retourner a la premiere,
SONNET.
V* Aminte vine ou nan en des lieux d efolez^,
Les beaut e^j <^Amafis cnt rappelle ma
11 fan f recommerjfant a luy donner won ame
Luy rendre les refyefls qvt> vn autre auoit vole^,
le connois que mes jeux fe font d
Qite ma raifon bit flee a trouue fon
Et toy fame mes fens de cet oljettnfame s
Qui par vn fi long- temps les auoif deregle&,
Enfin ctjtve Amafts ,dottx efpoir de ma joyt ,,
Fapperpis que nos iours fe <vont filer de foye
Que le del riaura plus de malice pour nous.
le neme repents plus des carejjes Aminte ,.
Le frtiiff de Jes baifers n eftant plus que d abfinte
lues vojfres me firont trouuer le mielplttsdoMX.
MENVrSIERDE NEVERS, 101
A Monfieur 1 Abbe de Saint Martin dc Neuer*? ,
Acroftiche&: Anagrame cnfemble , il s appellc"
lean de Vienne qui fait Ange ne en Dieu.
JiCROSTICHE ETzANACRAME.
Mjtateur des plus grands Sainfts ,
Efprit le plus par fait de ce ficcle OH nous
dont Us pteux dejjeins ,
tfortis des Cieux que pourfatiuer Its liommes*
Dieu , c et artifan fans pareil ,
En qui nous adorons tine eflence ete rne lie ,
Voulut en fuite du Solid ,
letter ton grand efyrit dans fon mefme modelled
\ Et slit a wis en ce las //>#,,
N en deuons nous pas mieux ctlebrtrfes lomnges y
Now pofledons vri Anre ne en Dieu ,
* *JJ 4^
Et finQw iimitons now (irons tous des
itf;
IBS CHEVILLES DV
Epigrame que Maiftre Adam fit porter a Ton fils
pour eftrene a Monlleur Y A bbede S.Martin Ton
parrin, ayant des fabots aux pieds.
E P I G R A M E.
MOnfeigneur mon pwain , wo/Ire <vie eft ft faint e ,
Quezon <votts tientpar tout vn filter de la Foy 3
8t ceft ce quim oblige a <u QMS fair e vneplainte,
Pour voir ft vows ferez, <vn miracle four moy ,
8n faueur de mes vers , ie ne vettx autre chofe 9
Pour brauer de mon fort les rigour en fes lois 5
Sinon que wous fafiiez* <vne metamorpbofe ,
De changer en dn cuir mes deux fouliers de
MENVISIER JDE NEVERS. 103
c^fex-fc
EpigramequeMaiftreAdam efcriuitfur Ic champ
dans les heures "d vne belle Dame.
i
E P I G R A M E.
im Me caufe de ma peine ,
VeilleZj t$ priezj mutt f$ iour.
lantais la grandeur fonueraine
Ne HJOMJ donnera fon amour:
^ant que veflre ame inexorable
Rendra la mienne miferable ,
Uow perdreZj vos vceux f$ ^os pas 3
Pcurce que la bonte fitprefme
^Veut qu on- ayme ce qui. nous ajme t
Cependant vow ne m aymeZj fas.
104 LES CHEVILLES DV
Monfieur le Cardinal de Richelieu commands a
fc Maiftre Adam de faire des vers a Monfieur le
Surintendant,pour luy demander dequoy aider
a payer vne maifon qu il auoic achettee t il fit
cette Epigrame fur le champ.
E P I G R A M E.
GRand osconome de la France,
^rmand machete <vn baftiment ,
Mais le pautire homme eft fans finance^
acbeuer le payement 5
grace accords a ma requefte
Ce quit faut four payer le refte ,
Que ft mes foins font fuperflits ,
Dti moms donne moy cette grace
De jouyr vn mots de ra place*
le ne iimportunerayplits.
Sur
MENVISIER DE NEVERS. ioj
Sur la mort dc ( incomparable Alcandrc qui fut
cue au (iege d vne ville par fa propre mine,
E P I G R A M E.
IAmau I* incomparable f$ valeureux
Ne feroit fuccombe [bus Us trais dumal-hettr,
Si tors c[ue le trefya* s arma four
II etift eti le dejfein d* affronter fa
Ce Monftre des viuans far vn Ufche artifice,
L a conquis par le feu comme far I* eat* Narciffc t
La mine du premier a t ermine f on fort :
JJautre pour qui la France eft en vn diteil extreme
couuert de laiwiersfa mine tout de mejrne
Eft cdttfe de fa mort*
L E S C HE V 1 L L E S D
Refponfe au rondeau que Monfieut dc Beaufon^
net a fait a la loiiangede MaiftreAdam.
R O N D E A V.
#
L.J5 1 Menuifierria ritn de comparable ^
$A la chalettr de ta veine admirable 3 .
Qui far des traits d immortelle fylendeur t ,
Comme i}n Soleil fait brilkr fa candew , t
Par tout les coing? de la terre habitable,
Pour faire vn pted d vn lift, -on- dvne table s
11 feroit plus cpie toy confiderable
Mai s pour les *vers t tt paffis en gr&ndeur.
Le Menuifier,
Variant de luy 9 parois- pltts veritable ,
Car rien depUife a ta Mufe adorable*
^Tu pafterois four mfigne fiateur y
8n ejleitant ainfi ton femiteur
IBref ton rondeau traite comme vnt fable,
Le Merwifer*
MENVISIER DE NEVERS, 107
R
A Monfeigneur le Due d Enguien.
de mille Rois , illuflre fang de Mars ,
Si dedans ton Trintetnps t I ardeur de ton cou
e>
Efface en Wniuers le luftre des Cefars ,
Que ne fer&s-tu pa* dans I Qfle de ton aage \
Ton krat fera lien-top: au mefyris des hazards,
Reuerdir tes lauriers fur les riues di* tage ,
OM I Sfydgne verra par d" bum ides regards
Partager fes trefors AM frais de leur ombrage^
Mais , grand Trince ^army tantde trauaux diners
Qui ceindront de nos lys le front de I Vniners ,
Si ttt narrefte *vn feu le cours de ta vi&oire.
Tit kfejjeras ton Roj des traits de ton amour ,
Car en Itty gaignant , tout , tu luy rmis la gloire
D emplojer fa iialeitr a timuer vn tour.
108 LES CHEVILLES D V
Maiftre Adam eftant malade receut vne lettre,,
d vn Seigneurjon amy qui le pile dc faire des
vers fur le fujet de Ton amour , il luy fit cctte
refponfe.
drqui* 3 fi ma douleur ne cejje fes efforts ,
fe fcfcrtray bicn-toft du Rojaume desmorts*
Le violent acce& tf vne barbare fiebure >
Qui pofe a tons momens mon ame fur ma levre 9 .
JVVa fl fort Matu qua te bien difcourir,
C eft la wort feulement qui me peut fe courir
le forte dans mon corps <vn montgibel de flame 2
Qui reduit en brafier ce falM de mon ame ,
Et quelque douce humeurqui ijienne a I arroufer
Bfleint moms fan ardeur quvn amour eux baifer
t ta pdfiion , quand fur >vn bean
nant ce frutft tu brujles d
En fin ne ff ere fas que farmy.cts chaleurs 3
La Mufe ofe pour moy faire naiflre des fears:,
Les rofes du ^arnafte ont peur de mon batairie ,
*Ainfi que dtt Soled les beaut e & d vne pleine ,
Que I \Aurore a fait najftre., & qui dans fon ret our
Rencontre que la mort en a banny amour >
Sans cette cruauti qui bourelle ma vie s .
1 auroisfait vn four trait gow ta belle Liuie ;,
MENVISIER DE NEVERS. iop
It i euffe fait pajjer les beauts de fon tint
dejjus des at traits dont nature fe pemt
rs que le Print emps recberchant Jon Empire ,
Lay fait par les otfeaux anoncer fon mart we ,
y */ - /i r i -
MaUy Marquis , s en eft faitie n ay plus nen
Si i efcru plus en <vers ce /era mon Tombeau
Carde toutes les fleurs dont me resJe l >e vj
Sont les Ijs que la mort a peints fur mon
4
Dans la mefme maladic Maiftic Adam fait refpon-
fe a vn fienamy qui lu) demandavneheure de
letups ppur faire fairc fapeinture,
E P I G R A M E.
CHe r dlcandre ie vois la mort comme <vne bar pie ,
Porter dedans mon fein fon appetit brutal>
C ejt pourquoy baftestoydeprendre la copie >
Dont tu verrai fan-toft perir I* original 5
^Tandis quil resJe encore empreint en mon v
Quelques traits languiffans de mon premier
Preuiens la cruaute que me liure le fort,
attends pas que le mal ait change ma fgure
mointfi tu ne <veux faire par ma feint urt
Le pourtrait de la mort.
iit
IIP LES CHEVILLESDY
A Monfieurlc Baron de Canillac a Ton depart
pour aller dans Tarmee dltalic , lequel perdit
vn oeil au fiege de Cafal.
E P I G R A M E.
Llttpre rejettonde Mars 9
Pour rendre ma boutique a iamais embetlie ,
orte moy de I Italic ,
tronc des <vieux Uuriers qit ont pldnte Its Cefars>
Ie te jure far les nenf files ,
Qu au lie 14 d en fair e des Chenilles ,
1 enferay fur ta tefte <vn fi digne appareil ,
Que cetfe couronne enframes
Dieu qui te resemble en cequilna
as fant de renommee,
MENVISIER DE NEVERS.
Aiaiftre Adamallant voirvnde fes amisquieftoic
malade d vne fciatique luy fit ce rondeau.
R o N D E A v.
POur te guerir de cette Sciatique ,
Qui te retient comme vn Paralitique I
Dedans ton lid fans aucun motiuement
Prens moy deux bvocs d vnjin jus de fermdnt i
T/> li* comment on le met en pratique.
Trent en deux doigts , t$ lien chaud les applique >
Deffus 1 externe ou la doideur te pique ,
c> i i . n *
&t tu votras le refle promptement,
Pour te guerir.
Sur cet aduis ne fois point Herttique,
Car ie tefais <un ferment autentique,
Que fi tu crains ce doux medicament,
Ton Medecin pour ton foulagement t
Fera I tjfay de ce qu il communique
Pwr teguerir.
ii2 LES CHEVILLES DV
Maiftre Adam eftant en compagnieou 1 onbeu-
uoit d excellent vinqu vne Dame auoitenuoye,
luy fie ce rondeau pour en auoir encore deux
bouteilles.
R O N D E A V.
E <voftre <vin nous rougiffons noflre ame ,
VOM proteftans qite tous ards de fa fame ,
Notts octirons tout chagrin & foucy >
t que bonte vow f era faire ainfi ,
cbicbete riencourez* aucun blame.
moy criant a haute
la fante de la moult bonne Dame
Le dos an fen nations nttlle mercy
De voftrc win.
Mai* <vn mal-heur qm griefttement diffame >
Et contre qm von* portez^ le difttime*,
Eft qite BACCUS v a deguerpir d icy 3
Noftre Pbcebus dewendra tout tranfy
Si rienuoyez, encore quelque dragme
<voftre vin*
Elegie
ODE
A MONSEIGNEVR
*
LE CARDINAL DVC
D E
RICHELIEV-
T RE del Eftat> leplu* grand de la terre,
Atla* dont nofire Empire eft I immobile faix ,
Quicultiues nos Lys dans vn byuer de guerre*
IP our les eternifer dans <vn print emps de faix^
Inninctble Heros dont lagloire infinie
*A des Heros p<*ffe& la memoir e ternic ,
Et d*<vn puijpwt effort les Titans abatw 5
Tutelaire Demon que la France a fait naiftrc >
Souffre encore vnejois que ma Mufc champeftre
Confacrt fes chanfbns a tes rares
4 LES CHEVILLES DV
ame sen alloit triftement abatue
Sons le pefant fardeaw de cent foucu diuers 9
Et la necefiite qui la ronge f$ la tue
L eloignoit pour iamais de la, fource des vers :
Mais le bruit glorietix que fait ta renommee
o 1 J
De climat en climat (uperbement femee
M empecha d ecoufer ces laches -pafiions ,
Et malgre la rigueur du deffin qui m outrage
le w tes grands exploits faire dans won cm
Cc que font far les fiots les nids des Alcions*
Quand tofe contempler I eclat de ton merite
Qui porte dans les occurs 3 QM I am our 3 OH
Qua ton ^?le facre la terre eft ttop petite
Pour orner dignement la grandeur de ton
Que dans ton cabinet ce que tu deliberes
*Detruit tons les con fids du Prince des Iberes*
le fens d >r un nouueau feu ralumer ma cbaleur$
Et fans me confumer aux labeurs de I etude >
le confulte en repos dans ^ne folitude
qui menfeigne a chanter ta ^
MENVISIER DE NEVERS. 115
u cette faints ardeur qitipour toy me tranfyorte,
Dont mon cceur enfamme s eleue iu/quaux Cteux j
Et qui contre le cours d >r un homme de ma forte
Ai infyire en ta faueur le langage des Dieux :
Grand Prince neft-ce f<u l %r un de ces
Par qui le del benit tcs trauaux t$ fes
Et te rend admirable aux yeux de t Vniuers j
Et me peitt-on qua tort difyuter I auantagc y
D eftre l >f un des rayons des efyrits de noftre age,
Qui font de ta vcrttt le temple de lews vers.
\ N eft-ce pas wri effet de I effence fuprefme
Z>e voir d vnfeM diuin mes efprits anime^ ,
Que reffemblant *vn champ cult ins de luy-mepne 3
le prodmfe des fruits que I on n a point feme z>:
sAinfi vit-on \&dis <vne troupe dittine
^Porter par i F niuers noflre faint e dottnne ,
Et rauir les mortels des msmeiHes de Dieu 5
Sans auoir de I etude aucune experience ,
Et pour en bien parler , qtte la mefme fcience t
Qui mapprend a chanter les fait "s de Richelieu.
p 9
LES CH EVIL LES DV
\
Ce n eft pas fur ce mont qui fe per d dans les nites,
Que four petndre tes faix ie cberche des couleurs f
Le Parnace a pour moy des routes inconnues ,
J en laifle a nos Efyrits , t$ les fruits & les fleurs$
Sans grimier fur i orgueil de ces grands precipices t
La Nature a pour- rnoy des foings affeZj propices>
G cft elle fculement qm me went animer>
t fans faire le <uain , tauray bien L affeurance 3
De dire , quit n eft point de Menuifter en France
Qui fcacbc comme moj ce bd an de rimer,
Vn tillage voi(in du beatifleuue de Loire J,
Ou le fiecle de fer n a pat encore efte .
D OM fans le bruit des eaux , t$ lebru ttdetagloiril
Le file nee iamai* ne feroit ecarte\,
Dans ce fejour plaifant 3 autant qu il eft faauage y .
oslfiis dejju* les Jleurs cjui bordent le riuage 9
le borne mes defirs au fain de te prifer^
Sans que i . ambition me flatte defyerance ,
Meflirnant trap heureuxfi i aylarecompenfe
En. fimmortalifantde m immortalifer^
MENVISIER DE NEVERS. 117
Bien que ie ne foil point parmy T or & lesmarbres
De ces Palais fameux de richeffe eclatans ,
Que ie ne <voye icy que des eaux f$ des arhres t
JVLes innocent defirs ne font fas moms con fens :
Loin de L ambit ion d vne foule importune
OH fouuent I on fe perd en gaignant la fortune ,
Dans ces lienx reader mon defir eft mon
Et quelqite pa f ion qui flatte noftre vie,
Je ferois an fit franc d amour comme d enuis
Si ie nen ami* point de difcourir de
u lors que ta wrtu me paroift (ansexemple^
Quand ij voy que ta vie eft matftreffe du fort 3
Que la pofterite te doit baftir ^un Temple
OH tu triomphera* du temps & de la mon:
Que Ie pliM digne Roy qiti foit defiw la terre
lire de tes confeils cet orguitlleux tonncne ,
Qui porte en miUe endroits la craiwte {$ Ie t
Et que cefte fylendeur q^i luit en fa Couronne
Emprunte tant d eclat de ta feule perfonne 3
h croirou tfn injufte en ne Ie difant pas.
P i
us LES CHEVILLES DV
le faj qu <vn lache efyrit plein d vne ardeur infamy
Qui de quelque Megere inplora le fecours ,
vault* d vn crayon aufii noir que fon ame ,
infolemment la gloire de fes tours :
Mais comme le Soleil montre <vn plu* bean
*
Quand il a difipe les voiles du nuage ,
De me (me ton merite en a parti fins beau $
Et ce monftre d borreur cut I ame bien fume t
Coir ton integrate vainquit fa calomnie ,
Et luy fit en fiaijjdnf rencontrer le tombs an.
Depuis que fb&s les loix da pins iufte Monarque
Qui iamau ait regi I empire des vittans ,
tiens comme i//z Nocher le timon de fa barque 5
-tu iamais blefmy pow la crainte des vents:
Quels Syrtes vagabonds , quels efcueils ejfroyables ,
Par force on par amour rias-turendu plojables ,
Et quels prodiges feut I Htfloire renommer
Qjti puijfent egaler cejie heureufe auanture ,
OH le Ctel te permit tiinfl qua la Nature ,
D eleuer des Rochers dans le [em de la Mer.
MENVISIER DE NEVERS, U9
Ce iour qu en tafaueur le Cid fla defoje ,
Neptune ft four toy de fi puijjants efforts-,
Quau temps quilbatifloit les mur allies de Troye ,
11 trauailioit hi en moms quit ne faifoit alors :
Cf pendant t a fortune ardemment anime e,
&llla voir dcs ^nglois la facrilege armee,
6t d >f un ceil de courroux qui leur fembloit f drier
Leur tor edit les malheurs quimenacoient Uurs crimes 3
Et conta lews vaiffeaux comme autant de
Que ta faint e fur eur Itty deitoit immoler.
Ces murs de qui I orgueil Je trempa les matieres
Dorit la time aujourd hity laife les fondemens ,
Ces Colojjes changes en fameux cimetieres
Ou ta gloire a bafty de fi beaux monumens :
Ces affreux bouleuars , ces fuperbes machines ,"
Ces forts enfeuelis font leurs propres ruines^
La Rochette en ijn mot,, qutft ette maintenant ?
Was-tu pas abatu fa pompe injurieufe ?
Et mis aux pieds du Roy I* an dace imfmeuCc
rebelle. Demon qut I attoitfoutenant*
120 LES CHEVILLES DV
Mais tant d autres exploits dont / Biftoire e
^ant d effets merueilleux qui brillent en nos tours 9
Et qui ne verront point leur gloire t ermines
Qu alors que U Nature aura fny fort corns :
Tant d ennemis courbeZj au ]oug de cet Empire ,
Malgre tow les defjeins quc I Auftriche conjpire
Pour affouuir la faim de fon mourant
Tons ces faits gloriettx font-ils pas a ta
&&lt;4utant de Pe lions four ecrafer I enme ,
Et fauuer fes vertus de U nwitt dit cercueiL
, Grand Heros, etendre nos
bords ou le Soled naift t$ vaf
Et c^ue tons tes progre^ foient autant de tempeftes
Pour emoufier I orgueil des corns s du Croiffant:
Que silfaut qt^e ton corps , comme Augufte fuccombe
Sout le faix eclattant d te une fompettfe tombe 3
tpuitte-tu fairs naiftre *un Laurier glorieux ,
Qui de tes fait s diuins foit la marque eternette,
6> ponffe au monument <vne tige immortelle
Qui forte fis rameaux iufyues dedans les Cieux.
Maiftrc
MENVISIER DE NEVERS. ui
Maiftre Adam ayant efcrit de Neuers a Paris , a vn
de fes meillcurs amis pour le prier de le fairs
payer de la penfion que Monfieur le Cardinal
de Richelieu luy donnoit , 6c ne receuant au-
.cunerefponfe luy cfcriuit cette Bpiftre,
is iefuisfort eftonne,
Pourquoy tit mas abtwdonne ,
Moy qui nafyire qua lagloire,
Ds ruittre dedans ta memoir e 5
Voicy four la troiftefme fois ,
Qiie de mes lettrss tit repis ,
Et la troifiefme fois de mefmel
(hie par<vn mefyris plus qn extrefine,
*Xn ne mas fas tant feulemenf
^Accords ce content ement 3
Deme manderji ma qmtance ,
Fourniroit a$z* d eloquence ,
Pour me fairs rendre en ce liett s
La fenflon de Richelieu 5
En write cela mirrite ,
Et riendefylaife a ton merits t
Cct onlly ma Cibien fitfche.
y _ - j j *
122 LES CHEVILLES DV
Qtie ie idccufe d <vn peeks ,
Et cefi en effef le commettre
Que de manquer & de promettre 3
Car tu ffais quit mcfloit permis ,
De me writer de tes amis,
fen Crenels a tefmoin veritable
CeComte aymable 5* redoutMe t
A qui tu from is dcumt moy ,
Sur ta parole , ^ fur tafoy ,
Qu en ta faueur pour mon feruice ,
c l~u paroiftrois t onflows propice$
Cc pendant ie reconnois bien 9
Que ce qite tu dis rieftoit rien
Qu<vn pen de flamme & de famee
Eflcinte aufi-tofl quallumee ,
Ou pour te le faire plus cour
I \J I
ttcoMp d eau benifte de Cour 5
ne trouueras point d excufe
Contre ce blame qui iaccnfe
Pent -eft re me retyondrastw
Que ta plume a trop de vertu ,
Qj4t ton eloquence eft trop belle
Pour <vn raboteur defcabelle^
Des Id ie te tiens au collet
Pws que ie faay que ton valet
fat lefyrit ft plein
MENVISIER DE NEVERS. in
Qu il nefcriuit bien en ta place $
11 eft encore ajje& a temps 3
Et cesJ tout ce que ie pretends ,
Que de toucher cette pecune
Qu vn chacun nomine ma fortune ,
Et qui la feroit en ejfet,
Si ce Cardinal p par fait
Pour ejleuer mes deftinees
M auancoit pour deux ant annees ;
Mais ceft ce qui ne fera pas ,
Car i aflre qui conduit mes pa*
I* influence trop maiiuaift
eflre I appuy de mon aife,
Aufi ie ne men fafche point,
Et ie m arrefte fur ce pain ft
Qitil ne faut pas que ie pretende
L effet d *vne cbofe fi grande $
Ie my trouue fort refolu 3
*Parce que Ie del La <vouliA 5
Quand ilafait vne ordonnance 9
2ty Ie Roy ny fon Eminence ,
Qui font bien d autre lieu que moj \
N en fcduroient e niter la loys
Us peuuent tout deffnf la terre,
Leur colere vaut <vn tonnerre,
Mai* certes quand il faut dl/er
O
n4 LES CHEVILLES DV
D ou I on ne faaurott atelier ,
Les Grands ont beau faire & bean dire s
les forces d vn Empire ,
fas le pouuoir d empefcher
Ls coup qui noli* went defpecher ;
C esJ- ce qui m affltge & me/tonne 3
Que cc pendant qu vne couronne 5
Les fait atelier en ces lieux ,
Les vines images des ^Dieux
Its font /* pew de recommence ,
ns3 cettx qui cb an tent Uur pttiffance 3
Sans qui lew efclat le plus bean ,
Suiuant teur corps dans le T^owbedM 3
2S[e laijjeroif a la memoirs
une marque de leur gloir*\
fi le del meufl ordonne s
empire quand le fus ne ,
Je riawou iamais esJe cb/cbe ~ 9 .
Pares qu vn Prince eft toufiours richi^
De qutlque violent effort,
*Dont les fuijfe agiter le fort 5
Us nont iamaisl ame afteniie ^
Que par la perte de la <vle $
Les Princes ne peuuent donmr ^
Que ce qui doitleur retourner
Us font Maifresde la fortune ;,
MENVISIER DE NEVERS. 12*
En dormant ils fcmblent
Qui fait les feyues de la
Mais quiles remit abifmer t
^pres quelque legere covtrfe
Dans leur inefuifable fource*
LOTS que leur liberality
trouue rien de limit e,
les cceurs leur font des vittiwes,
Tons leurs dejjeins font legit ime s >
Et les plus feres Nations ,
u4yment leurs inclinations 5
Lors que leurs mains font liberals ,
Leurs Majefte& font plus Rojales 5
Chacun Us regards a genoux ,
Us ne fe font point de jaloux 3
^refpour mieux Is fair e comprendre,
11 faut tout donnerpour toutprendre,
T^lau certes il sen trouue pen
Qui foient ernbrafez^ de ce feti- y
dufii ce qui me recon forte,
Ceft <\ue fi iamais a la forte I
*Tar laquette il nous faut paffer^
Quand nous tenons de trefyaffir,
Je rencontre par aduanture ,
Vn de ces mignons de Nature,
Qui prennent tout fans donner rienl
126 LES CHEVILLES DV
Ma foy ie men moqueray bien ;
Si iamais ie paffe la barque ,
*Auec <vn auare Monarque ,
I andis que Ie <vieiilard Caron ,
Notts paffe ra fur I Acheron >
Ie luy feray hi en reconneHre
QiAilri aura plus Ie nom
J\ r e fouuant alors mabflenir ,
Pour me Danger & Ie punir ,
De luy remettre en la memoire ,
La decadence de fa gloire.
La fans crainte de la grandeur >
Et de la Roy ale [plendeur 5
Donf iL cherijjoit tant l >e vfage 3
Ie lity tiendray ce beau langage*
Prince mi (er able f$ confas ,
Qui nes plus de ce que tu fits,
Qtt vne trifle & malheureufe ombre,
Qui vas multiplier ^n nombre>
Oil tel qui ne tofoit parley,
Lors que tu faifois tout trembler >
Sous ton orgueilleufe puijjance
JVIeprifera fa connoijjance ,
Toy qui jadis cheZs les mortds ,
Prenois I encens & les
on doifaMx De itez,
MENVISIER DE NEVERS. 127
Et qui tout ccint de diadefmes ,
Tenois *un pomoir en tes mains ,
Out fat [bit trembler les hwnains\
^" j j *
Dedans cette cbeute fatale ,
Qui dans ce bateau nous
JSleJens-tu pas que tu refois
La morfvne feconde fois\
Par le reflouuenir funefle ,
D en auoir tant laijfede refte,
it riauoir fins four tout Jupport ,
Qujvn denier four pajjer le port 5
Lors que tit gouflois en la vie ,
Cequi rend njne ameajjouuie,
Pourquoy ne conftderois-tu 9
Ces Alimpres de la vertH ,
Ce s Efcriuains de qui les plumes ,
7> pouttoient drtffer des Volumes
Ou malgre le temps f$ fon cours
*Ta glotre auroit vecu toufiours 5
Petit-efrs auois-tu la pensee,
Que depuis que I ame ell pafsee^
Dedans I empire du trefyas ,
La memoir e ne la fait pas,
Et que dans ces ombreufes plaines
Qui font les plat firs &u les peines,
L ejfirtttn cc fatal niters
128 LES CHEVILLES DV
Ne fonpe pin* a I Vniuers.
-** N r / /
Mais a propos de la memoire ,
// femble qtte ie vtteille boire ,
Dedans le noir fleuue d Oubty ,
Qit ie fais prefcjue enfenely;
~P enfant efcrire <vne mifiiue ,
le me rencontre fur la riue^
OH I argent e$l <vil & ab\et ,
Et c eft luy qui fait mon fa jet;,
Cher amy Daphnis ie te
Pardonne a cette reftierie ,
Retournons a ma penjton s
Ie ri amis pas intention
^ID entrer dedans cette matiere ,
A/lais comme dans f yn Cimetiere s
le fais comme ^n T *re sJye indigent:
Quifbnge aux marts pour de l arger 3
Et qui par le gain qni L enchante
ftait ce qttil dtt quandil chant e t
retourner a mon difcowrs ,
moy de ton fecours ,
Encore <yn coup ie ten conjure 9
Et fi tu <vois par aduenture ,
Lilluftre Abbe de Chaftillon s
Saint ^Amant .Collet et 3 Sillon,
Bejs s Gombatit) Rot row 9 1 Eftoitte,
MENVISIER DE NEVERS. 129
EtdeGournay la Ttamoifclle ,
Scudery , Corneille , Scaron ,
La Serre de chezi Adontauron t
Dalibray , Faugclas , Voiture 9
Et celuy qui fait la peinturt
De la pucelle qui rendit
La France en fon premier credit 5
Bref totttf la fameuft troupe,
Qui grimpe fur la fain ft e croupe ,
2)^ Double mont imperifttx ,
Dont les comes baifent les Cieux 5
Fay moy cette faueur encore ,
De dire que ie les adore ,
Qjte fans lew unique fupport ,
le riancreray iamais an port t
Et que fans la -rigueur maline
Dont la pauurete m ajfafine ,
Malgre les rigueurs del Hytter,
Ttrols a Part* <VOMS trouuer 3
Pour ^ous fairs voirquelques rimes,
OH fivous vaults qudques crimes 3
OH mon efyrtt s efl *rejte ,
Par w orgueil qui [a forte
oA difcomrlr fur la na trance
De ce grand appuy de la France
De ce c Datiphm qwnws promet ,
330 LES CHEVILLES PV
JDe nous ijlcuer au jommet,
OH nous aurons la tony fiance 9
^ \rJ
L)*vn beiireux Siecle d inocence,
Qut nous f era <voir plus de fleurs y
Que noHS n auons verse de fleurs^
D abort ie confefle ma faute,
Car four <vne chofe ft haute ,
Ma Alufe a trof feu d affareil,
C eft a vous a voir ce Sole f I ,
Grands digits de I s4cttdemie *
Qui fans tache & fans infamie s
^PorteZj vos plumes & vos jeux y
lufques dans les Thrones desDieux y
Ie fens bien que ie me f re fare 3
I infortime d vn Icare 5
* qui n aymeroit fas I ecu ill
Ou ie rencontre mon cercntil
Si toute la Nature eftime,
Le digne fu\et de mon crime:
o J J
Si iamais voftre iugement >
Me fauorife d >f vn moment y
Pour confiderer cet ouurage a
<&4fn d euiter Ie naufrage
*Dtuins t$ fablimes efyrits
que mes foikks tfcrits \
<vos diwnes chofes
MENVISIER DE NEVERS. 131
Des ejfiines parmy des rofes ,
Et confiderezj en <vn mot
Ouen faifant marcher le rabot
^""^ J %/
Vn Menuifier dans (on village 9
Fttf I artifan de cet ouuragt ,
N ajftnf iamais en nulle parf,
A [ excellence de *uoftre art ;
Stir tons Dapbnis ie ten
Et ft ttt ne veux que ie pl/e s
Sous Idj-freufe necefiite
Qui brans mafdmte^
^arois i)n pea plus veritable ,
On ft tti vettx plus charitable.
<&4dieu ie finis ce difcours t
De qui le trop nuijible cottrsl
Efl tndigne de tA me moire j
Je me contenter#y de croire ,
Que tu fouffriras de bon cceur
Que isfigne ton femiteur.
Adam.
132 LES CHEVILLES DV
Maifhe Adam avant efte fix fois chez Madame
.
la P. A. pour auoirllionneur dc la voir,& trou-
uant toufioursvn portier quiluj refufoit Ten-
tree luy efciiuit ce Sonnet.
S O N N E T.
Qn ne vons volt nonflw c^uefi vont e flies morte y .
Ce pendant voftre efclat ne fut iamais plus be ait?
la nuitt dureroi l ,/i I vnique jlambeaw
t4x de I Vn weYs fe cathoit- de la forte.
Cinq oufix* fois le iour plant e fur vjftre forte*
Comme ijn fantofme afiis fkr le bord d vn torr/beau,
le careffe vn faqttinqui <vn ton de corbetftt,
Croit que tout doit ceder a I orgHeil qui I emporfe,*
Le defir de <vous *voir meftfi chsr & ft doux f
Que mefmes ie fleclns fous I orgueilleux cottroux s
Qui fait rider le front a cet komme de fange*
Je pratique le del par ce honteux deuoir ,
dfm de me ganger quand vous ferez*<vn dnge s
Par I eternfl pLifir que lauraj de <vous
MENVISIER DE NEVER& 133
TITRE DV SONNET D APRES.
8 plus mefchant de tons les hommes ,
QjMt fbit en ce Siecie OH nous fommes ,
Et dont I abominable efyrif ,
Piperoit dejfas F^ntecbrit ,
D vne lafchete fans exemple,
Comme vn excommunie du Temple }
Mit hors du chafteau de Neuers ,
L innocent Authevir de ces vers ,
Et d >f une mefdifance infame ,
Dont il entretenoit Madame,
La portaprefque iMfquau point ,
&e faire froter (on ponrpoint 3
Luy qut durant cetfe fouffrance?
23*auoit vien qm (on innocence 3 -
Pour fair e in f age au mal-heur,
Que luj decocboit le volfttri
of ant aborder la Prince ffe 3
cette ka&ardeufe adrejfe
De faire dans fon cabinet
coaler ce Sonnet.
&;*
IBS CHEVILLES DV
A MADAME LA P. A.
9
SO N NET.
Vifquevous le vottleZj toy commit *une offence ,
i erne rends four von* flair e a torn mes ennsmu s
Et me wilatout preft a faire fenitence>
De I borihle peche que ie nay fa* commit.
le frie encor celwy qi^i fonftient I innocence 3
Deuant qui ^os fared s fontmoinsquedes four mis 9
Quil ntienne le fre tn de la jufte vengeance ,
Des maux que iay/ottfferts > qiian& e vo 9 L > aMespermisl l
fay fait fi vow <voulez^ d vne ardeur incenjjee ,
t ce quvne ame ingratte allume en fa. fenfee i
J ay neglige I honneur o^on doit a <vos appas.
Mais belle AmariUis , mon crime plus extrefme 9
G eft d* auolr fris vosyeuxfour lesyettx deDieu mefme
Qui liftnt dans nos cosurs , 0* VOMS ny lifeZs pas*
MENVISIER DE NEVERS.
Vn nomme Grand Champ ayant promis aMai-
ftre Adam les OEuurcs de Mondeut du Vair,
& ne les luy dormant point illuy ntcetteEpi-
gtamme.
E P I G R A M E.
TA promeffe mef inutile ,
Puts qnellene prodtttt aucun euenement t
Et tu nes qu<vn grand Champ fterile ,
Qui ne donne du vcrd que diffcilement.
A Monfieur de Monmor , qui vcnant condui-
re les garnilons en Niueinois , 6c eftablir la
Subfiftence^fouppant auecque Maiflie Adam
luy demanda TEpigramme qui fuit.
LA V1LLE DE NEVERS PARLE.
/
ARvn terntte cbangement 9
Qui w a rauj mts premiers charmes >
le ne fuis plus cp*vn lugement >
En proye 4 dix mille gendarme s$
Le harnots tjtie i ay far Ledos ,
LES CHEVlLLES D
Eft fait de failles & d impofts ,
Pourtant dans cette fermtnde,
Qui met ma franchise ait trejfiaj ,
Mon tourment me feroif moins rude
Si mon mor ne me Utflbjt fas.
Epigramnae pour vne belle Dame que Ton
die qui fe fardoit.
SA beautena point d artifice 3
yoicy comme chacun le croif ,
C eft qu*vn des chefs de la Justice ,
Sur ce poinff luy donne le droit 5
Tour <vanter <vne amc fi belle
le ne veux pas de PhilomeUe ,
Emprunter le g&fouillement 3
le riafyire qu a I aduentMre
D eftre geay deux tours [eulement 9
Pour hten parley de fa nature 3
Epigramtne pour vn Magicien a vn Ballet.
Rgande na iamais appprocbe mon ffauoir y
le predis quand ie <veiix vne cbofe fittnre ;
Et qwand f une beaut e prepare vn defejpoir 9
M,a verges le pouuoir d amoUir fa na$ure s
A
MENVISIER DE NEVERS. J3 r
A Monfieur leComtc d Arpajon, Adamluy
demande fa peniion,
Omte ie nay rien autre chofe
*Ate dire pour compliment t
S mon qi* ^4 ppollon fe difpofe
te fairc <vn remerciement ;
wcefiite de ma Adufe s
Rend won ame tottte confufe ,
f four me tirer de foucj ,
jT^ ri as qua <venir a L offrende f
Car iefcris mieux un grand mercy
Que ie ne fats <yne demande.
Pour Monfieur le Baron de Langeron reprefcntanc
1 Europe , au Ballet de Madamoilelle.
CEllepoiir quimori ame enflammeeftconuertie,
Cet rfftre desheantez^ a qui tout doit ceder,
duec les immortels a tarn de fjmpathie ,
Que ie ne montre icy ^^jne feule parfie
Des biens que fes vertus ont droit de poffeder
Que ie rencontrerois >vne heurettfe adventure t
Et que mon ccetirferoit amplement Jatisfait ,
138 LES CHEVILLES DV
Si du mains ie poituois luy donner en effet ,
Ce q if icy ie m puis luy donner quenpeinture.
Pour Ie mefme reprefentaat I air au
mefrne Ballet.
Sf parmy les douleurs I vfage de parler ,
Ne pent etlre intcrdit; aux libertez, de I ame 9
Beaux slftyes de la CQU.T fans <vn habit de I* aw ,
*dmour brvijlemon cceur d vne eternelle flame $
Toutefois ie me plaift ft fort dans montourment*
(hie fans ma pafiion aucun bien ne m afiiffe 9
f ie me fers de I air comme d vn Element
Tar qm Ie feu, fubfifte.
Pour Monfieur Ie Conite Je Bcion 3 reprefen-
tant lefeu au Ballet de Madamoifelle.
E vis dans Ie plus pur de tous les Element,
Et tout %efyltndtffa-nt defiammes immortelles
Is fais comme -run folfil aux plus dignes Amans 9
&4i4j?r vais-iemoMranP pottr Fwpiyte des belles ,
Le fen. de mon amour triejk fi doax & p cher ,
MENVISIER DE NEVERS. 139
Son aymable fvtreur me donne tant d enuie >
Que lors que le trepas far luy me <vient toucher,
Lmitant le Phcewx ie recouure la vie t
Dans monpropre bucher.
Pour vn bouquet enuoye a vne Dame par Mai-
ftre Adam.compofedecrois rofes,6cdetrois
foucis pour remerciment de quelques vers
quelle auoic faics pour
Ovir remerciment de tes <ver$
Doux ob\et de pleurs & de joye ,
^Pour peiridre mes mal-heurs diners t
Ce petit bouquet ie tenuoye 5
11 fait far oi fire en deux couleurs
Et ton vifage & mes douleurs 5
En ce rencontre de Nature ,
Ses rofes y montrent ton teint ,
Et fes foucis font la peintvire
Des cruauteZi dont tn mas feint >
i 4 o LES CHEVILLES DV
.Maifhe Adam enuoye Ton fiisauxeftrennesvers
Madame la PiinceiTe Anne, ayant chaufTe des
fabots,6c ces vcrs a la main,
Rincejfe ie fats fits d vn faifeur de rabots ,
Qttiprend totts fes en fans pour des tnaiftresmA*
rouffes
Car tors <jue ie me plains de porter des fabots ,
ll dtt que vous poitueZj me donner des fantoufles,
Quand ie luy vats parlantd vn fens fage & rafts
Jl me dit mon enfant ytes mifens font grandes >
PMIS qt4e najant pa$ eu i argent denos chafiis
le ne peux accorder ce Cjue tit me demandes.
Pr/ncejfe I ornement de ce grand Vniuers .>
Qui parmi les Dimns auez^ des Jimpaties
ne^ moi des fouliers en faueur de ces vers^
du moins ordonnezj I argent de nos parties*
MENVISIER DE NEVERS. 141
Sur vne difgrace arriue e a Maiftre Adam.
STANCES.
M
Vfe quitte Us /bins diners ,
Quipour moj te donnent despeines,
Men fang eft glace dans mesveines ,
Tout mcurt pourmoj dans I Vntuers,
Le Soleil qui fait tout reuiure ,
N a rien qui m oblige a le future .,
Mon amea perdu la raifon^
Je fuis brute , If Juts fanuage ,
Depuis qu dmarillts s* engage 3
me bannir de fa
Belle Njmpben*eftime plus
Que ta *vertu majjitjettijje t
le detefle comme intuftice ,
^ous tes entretiens fuperflus>
le meurs d enmty , ie deftfbere 5
nslpres ce fanglant vitupere ,
le ne trouue plus rien de beau ,
Ie ris quand la mort me menace
Et quit t ant les vers dtt Pernaffe ,
le chercbe les vers du lombeau*
i 4 o LES CHEVILLES DV
A Monfieur de la Vigne Apotiquaire de Mada
me la Princeffe Marie, pour remercimentd a
uoir guery Maiftre Adam d vne grande mala
diequil eut a Paris.
E P I G R A M E.
N* Fff-ce pas un effet admirable t$ diuin
Que parmi les efforts d vne dottle ur infigne ,
I aye euite I A mort par le ins de la <ui<rne .
r * l> J
Lt n auoir pa* <vse a vne gourte de vin^
Doffe Pharmacien a qui ten dois la gloirv ,
Qui me pr want du i) in pour men faire mieux Boire 3
^is remts mes ejpnts en Lenr viUAcite a
Maintenant que Baccus prefide a mort enuie ,
We ft- it pa* lien raifon de boire a fa fame ,
Puts qnc par tonffawtr iaj recommit*
MINVISIER DE NEVERS. 141
Maiftre Adam enuoyant querir du vin en vne
compagnie de fes amisjeicriuit ces lignes.
STANCES.
AlmaUes enfans dc la treille 3
Par le pc/uucir Cjue ious aueZj,
; woi quelque bouteille,
me [me *wn <^ue vctu beuuez^?
Now fommes cinq ou fix a table,
Qjti nations rien de delectable
\PoHr maintenir no fire ami tie ,
Qjte ^excellence d >i vn fromage.
Dont nous vous faifons ^n hommage
D vn doigt flus que de la moitie,
Pour payer c e bien fait infigm ,
Que I infolsnce des frim<M
touche iamais a la <vigm
le Sewneur en fait ama* *
O J J
Que is del t$ la deftine e
La puiflent combler de vinee^
Si vous nous faites un refus
PttiJJe t elle en change ant {on eftre ,
lamais ne plus rien fairs naiftre
Que cenelles & grttectts.
144 IBS CHEVILLES DV
P
Les amours dc Diane & d Endymion
en vn Rondeau.
/<? milieu d vn bois fuperbe t$ glorietix 9
voirqite fa fraifchcur ne crawt point I ceil
Endimion effant aux plaifirs de la chaffi
Rencontra par b on -he Mr *Diane toute lajfe ,
Qvti couroie comme luy les beftes de ces lieux*
Abordant cet objet qtti captiue les Dieux ,
jfl Itty dif en baifant fon beau fein & fes jeitx,
SottffivZs que mon ardytr efchauffe vofire glace 9
Par le milieu 5
Amour qm de nature ef fort imperieux 3
Jalottx de lews flat firs deuint fi furieux
Qjtil fit que le refyett a la fare Mr ft pUce ,
Qjte ce cruel zAmant fin Amante terrace f
ottffant dans le corps vn trait delicieux
Par le milieu.
Remer-
MENVISIER. DE NEVERS.
Remercimcnt a Madame la PrincelTe Marie dVn
eftuy qu elle achcpca a Maiftre Adam a lafoiie
faint Germain.
EPIGRAMS
INcomparalle & grand st
T)e ma fortune &dc ma glairy
Voftre ^Alteje ne f$&uroit croire a
Comme ie cherts cet eftuj t
Que tens de vos mains a lafoirc:
Alais ie doMerois la memoirs
Desbien-faits de voftrebontCt
Si iauois vn banap pour bon
A voftrc adorable
*
LES CHEVILLES DV
A vn Poete qui cenfuroitles vers de
Aiaiftre Adam,
E P I G R A M E.
Arouffle que I on ft efquiuerdti Parnajfe f
De me (me que des Cteux on ft fortir Vulcan
Gs4pprens que to. fweur ma ferny de bonace ,
Et que tes vers ont mis ton honneur a l encan$
Efcrits ont rendu ta fottife connu e:
pajfe pour Soleil, t$ tupdjje pour nue :
*Tes fentlmens ri ont fas I ordre de la raifon.
Pour te payer pourtant de tes foirts inutiles \
le ioffrede ban ceeur fix vers f$ tYois chenilles *
^Potir fairs vn Eftfafhe ($ baftir ta maifon.
MENVISIEB.DENEVER.S.
Eenqerciment d vn habit donne par Monficurlc
Comted Arpajona Maiftre Adam.
R O N D E A V.
Stant we fit* de nouuelle fafon,
I ay delaife ces habits de mafon t
me faifotent par tout rougir de honle^
il en fai4f remercier ce Comic ,
En write c cft <vn noble
Infpire moj quelque idle ckanfon,
plus (ubtil qui foit dans fa lefon ,
ui montrer t^ue t ay trouue mon cote.
Eflant <vpu,
feftois plus nu q^e le fauuage Qrfon]
Quand Valentin l f alia prendre artinfon t
Et cet Hjuer quitoutes chofes dompte*
fes dents voit c^ue ie le furmonte\
craignant plus tremblement ny fntfon.
Eftant
t 4 8 LES CHEVILLES DV
Maiftre Adam eft pric dVne perfonnc de con
dition de faire des vers pour Monfieur le Car*
dinal apres fa rnort 3 refponfe fur le chant,
E P I G R A M E.
DAmon qns wax- ft* que iefa
^Tout mon Printemps s en <va pafse
Et i mcague Mufe t$ Partiaffe ,
Defuis qtt <drmand eft trepajfs,
Si quelque pit is te conute ,.
De ne yoint trauerfer La vie
D vn ejfirif debile & perclus $
// fant qus tu me confidere
Pitt toft pour ce que i ay {ceu fam >
Que pour ce que iefcraj plat*.
MENVISIER DE NEVERS.
Pour vn pourtraitoffert avne Damei
EPIGRAMS.
E wous faii offre d >r vn pourtrait,
OH I art iufyues au dernier trait,
Vous montre mon trifle vifagt 5
Que taurots vn parfait bon-heur,
Si teftois feint dans voftre cceur ,
Comme ie fuis dans cet ouurage*
A vne belle Dame, fur la more de Ton pere.
E nay fas entrepris de fatter vos douleurs ,
T /nfuneftc trepas m oppofe I impofible ,
Ce wonltre des Divans 3 ce f ant o fine inuincille,
SD vn iniufte Tombeau tire vos iujles pleurs.
Vos beaux yeux 3 ciil awour admire fa jttjj*nce>
Se vbilent iuftement d vn lugubre bandeau,
t la nature doit en cette violence ,
De Itursfources deft MX fa ire des four ces d eaul
T ii
IES CHEVILLES DV
fongc dc SiUuc qu Amour la blelfe,
R O N D E A V,
Hi ie me mettrs d*ns ce rauijjemeni- s
Par ions des yeux , laiffons le comflim&nt
Si wits ayme& les flatfirs de Siluie ,
23t craignez^ fas a lt*y rauir la <vie ,
jl/frfi guerifon <vAUt moins q^e mon tourment*
Que voftre dard me bkjje doucement ,
Qiien me ble^ant / / eft doux & ckarmarit,
Et quit eft bien digne de mon enule 9
Ha ie me meurs.
PoufffZj plus fort que da commencement
Vopre fareur fait mon fbulagement ,
cet effort mon awe voits conuie,
sen eft fait \vous me I aueZj rams ,
dernier coup mofte lemouHement,
e me .
* E
MENVI.SIER DE NEVERS. 151
Vn Gafcon pric Maiftrc Adam de luy faire vn
Rondeau centre vn riual.
Vj cap de bioux frocht df fes apat,
Par la corbwux ie ne fonffriray fas ,
Qu autre que moy poffede cettc belle ,
Faut I adorer fans eflre amoureuxd elle ,
La barnanbiottx I ony perdroit fes pas-,
Car mavaleur qui dedans les Combats 3
renuerse mille ennemis a bo* ,
t bien-toft mis fin a la querelle.
Ouy cap de bioux \
C eft a moy feul a prendre ce repas ,
Son corps eft fait pour plaire a mesesbas,
Digne morbioax ft c^uelc^H^n fe reuelle ,
Contre I amour dont (on ceilmebourrelle,
Quil fe prepare a fouffrir le trepas 3
Ouy cap de biottx
i 3 2 LESCHEVILLES DV
A vn mefchant Efcriuain , a qui Maiftrc A dam fait
refponfe fur vn Epigratneqirilluyauoicefcric.
Amais far tes efcrits tit n auras de riuaux >
Car fl les Efcrmains tant depots que propbanett
Te votiloient imiter , fans dotite que Us afncs ,
Paftcroient amour d huy le nombre descheuaux.
dfc? Jbdb^b^^dta/J^c^
Monfieur de I Or Prieur d Infiny, & Chanoine
de la grande EglifeCatedraie de Neuers, ayane
cnuoye de fon vin a Maiftre Adam , il luy fit ce
remercicment.
EI Or ce quon dit dans les Cieux ,
De la douceur dc I Ambrofie 3
Ne touche point ma fantaifie ,
Comme ton win delicieitx ;
// a de fi cijarmans appas ,
Que proche de luy le trefpas
Ne peut nen deffus ma memoirs ;
Et fans doute Baccus te lit
$signeur du Prince Infinit ,
A dejjein de men fare boire,
MENVISIER D E NEVERS, 153
gat ptttffe-tu ittfqu a cent Ans t
Pofieder <vn f re for ft rare
iamais la rimeitr dtt temps ,
L
t enfaffe montrer auare;
Qua ce tour de la faint Martin ,
JM* en ptiiffe~tM fairs <vn feftirt,
Ou deuant tesamis infignes ,
h ptiiffe promter dans mes <vers
Qjie ton vm,^ ton nom font dignes
Decaf finer tout I Vnitters*
A Monfieur Courrade Medecin ordinaire du Roy ,
6c de Madame la PrmcelTe Marie fur Ton Liurc
del Hydre Feminine combatue par la Nimphc
Pougoife, pour lafontaine de Pougue.
CHers fauoris de la memoir e >
^rfdorables faifeurs de <vers 9
Quifaites p offer <VQftre glair e ,
lufyttau dela de I VmHers^
Doftes & rauiffans Cenies ,
Qui par <vos domes harmonies >
SnfeigneZj la langue des ^Dieux ,
Gt qui montrez* dans ^os Volume s t
Que VOMS faites boire a vos plumes >
Ce qtion petit hire dam lesCieux.
154 ^ES CHEVILL ES DV
Quittcz, <un feu cette hypocreine,
OH vous fui{e& tant de douceurs a ,
Pour adorer cetft fontaine 3 ,
Qtii <vaut lien celle des neu
Que fl cette fource eftimee 9
Fait durer voftre renommee ,
Par la douceur de vos accords
Celle-cj rieft fas moms
Tuis quelle a le fouuoir femblable
Deflus la nature des corps,
*Une Nay dde toute Mite,
Quifortde ce feiour natal T
Comme wri Sole/I qiti find la nue^
Herce ce. mobile crittal ,
JEt paroiffant iufquaux, efj?aules s
Sons <vne coiffure de fatties
De tongs j de feu fliers , de
Montr e *vn vifage qui merit e ,
Le mefmepouuoir qu j4mpbitrite
^A Jur le Monarque des
Ceffi cette Nymphe fans
Qui vow oblige a difcourir^
ce liure que le monde
Que fl la buiflance homicide,
^^*a- J /- JJ.
JDw grand: f$ ndotttakle Akide
MENVISIER DE NBVERS. 155
Henuie t$ le mal-heur$
Vous verrez*, far experience ,
QH on trouuc icy dans la fciencff t
Ce atiil frontia dans fa iraleur.
Alaiftre Adam difnantchez Monfieur le Cheua-
lierde MaugironauecqueniluftreSc Inuincible
Baron de Caniilac 5cd autres.il fie cette chantbn
le rare a la main.
CHANSON.
Mi* en depit des Impots
Vimns fotts I empire despots ,
Et difons tons d tf vn air dm in >
argue des ennemif du vin 5
ta honte
Qui nous traittefi lien ,
Sans qnil nous confer ten >
Qui ne fera raifon
denenir Ojfon,
LES CHE VI LLES DV
B A R O N if trtnqye de grand cosur M
xf t a /ante cette liqueur,
C efl par ces flairs innocent y
Que la paix regne dam nos fens %
Sile coup fauorabU t$ fatal
Quite vint a Cafal
JEnleuer vn lamleait
De ton rouge Mufeau,
Euft fembli celuy-cy y
Ton nezj ne fufl fas racourcy,
Suiue qui iQttdra les ha&trs s
Qui font dans les flames de Mars \
I 3 ay moins de refutation
Que noflre Hercule G A S S I O N,.
Mai* f our t ant : s il eftoitdejtine s
Quand ie fuis envine
A troMer les <&4fa*
Que ie trouue an repas 9
D*<vn^ O T tant feulement*
I* If mettrois an Monument;
MENVISIER DE NEVERS.
Refponfe fur Ic champ de Monfieur de Maugiron a
la Chanfon de Maiftre Adam.
CHANSON.
GRand efprit , genereux rtmeur
Ttont le fiecle adore I bumeur,
Que ie fuis heureux de te<voir
^Dedans ce c Bachique deuotr ;
PERE ADAM, 1 en hots a ta fante,
Dece win de Coindrieux.dont tu as tant vantc
L excellente bonte
*Pour mteux te I exprimer
Votla Q V I N E T pour L imprimer.
certain Comte pieUant JMaiftre Adam a luy
faire Ics vers d vn Ballet, & ne luy dormant point
d argent pouiauoirdeTanae luy fit cequatrain
I it parois feu dihgent,
*Aux vers ou ton Ballet f engage
C eft quay ant Bu won hofte enrage
wir <vn cent f fans drgent,
V *
i>s LES CHEVILLES DV
Vn certain fou amoufeux prieMaiftre Adam de
luy faue cc Sonnet fur la paflion quii auoie
pour vne MaiftrelTe.
SONNET.
EN fin ie connois bien , trop ingratc Siluie>
Qiie toname eft de glace > & ton cceur de
Et qne la fafiwn dont moname eft faiwe ,
Ne fe Jfattrott toucher.
Soit que le i our ft leue 3 ou quit s aitte coucher*
Detes diuins regards mon ame eft pour fuiuie,
le meurs t ie defefbere 9 & ne feats on cbercher ,
J J i J *
Le repos de ma <vie.
Monfupplice eft iin mal } a nul autre pareili
Ie ne trouue en mes fens ny rat [on ny cohfeil 3
Tour ce mal-bettr eftrange a
O Cieux a quelle fn mauez> <vous tondamn/,
De me fair e foitffrir auferuice d >e vn oAnge
Le tourment d vn damns*
MENVISIER DE NEVERS. 159
A Clorinde fur Vinconftance dc fon Amant.
SONNET.
BEayxyeux dc qui fay feint la candeur 05* les
cbarmes.
^/Iflres dans qqi le Ciel montre run auure par fait*
Viuans fourtrais des Duux ) fouue^ f vousbtenfans
larmes
Voirle nutfible affront quvn f erf de wous fait*
\Amour qui fotts vos trais na que de fiibles armes >
Par cette ingratitude auroit cfte dcjfait,
N eftoit I e/poir qujlaque d^ns <vn champ d alarmes>
La mort le Danger a d >f un ft barbare effet.
Pour expier l horreurd >f vne telleaduanture*
le commence de i;oir le Cieltf la nature 9
Preparer leur lufice a vanger <vosdouleurs.
Lc Soleil feulement faifant fa courferondc>
jluec iufte rat fon peut rire de <vos pleurs 9
Car lorsque *vous [leurez, il
1*0 LES CHEVILLESDV
Sonnet a vn RiuaL
Vy ie fay refolu , ie te quirt e ma place
Ta noMttelle prijon cdufe ma liter te t
Ie faute d vn Hjuer, dans wheat* tour d
Et ie fats de rocber ainfi quelle eft de glace.
Connoifiant de Philis I ingrate durete 3
Ie dtuiens orgueilleux pour punirfon andace t
Ef bien que fa beaut e toutes chafes forpajfi
If veitx par ^n depit furmonter fa bemte.
C eft ainfi c^u Alcidor an mefpris de fa flams ,
Cedoit a fon Ritual (on infidelle Dame ,
Pen/an fen ce rencontre adoMcirfbn toitrment.
ll itira far t Ant el de quitter cette belle ,
tlfut fi farpris en prenant conge d elle 9
Qt*ilfai4ffa {on ferment.
Elegie
MENYI S1ER DE NEVERS. 161
- :
E L E G I E
POVR G. A, CO. B.I. A. L.
E/s/ J&i grace faux deux, ces fames font eftcintes,
Qui m ontfait tant Jeter de larmes & deplaintes>
Je riidolatre plus en adorant cts lieux
QU Amour me fit nommermes Soletls &mes DieMX,-
Leur efclat ne meft plw quvne lumiere f ombre ,
jlngeltque en vn mot ne me femble qu*vne ombre 3
Vn fantofme trompeur>dont le magiqite fort
MA fait nommer Amour >k image de la mort.
e rieft pas cjuelle n ait encore tf/fe^ de charmes >
Tour rendre vn malheureux tributaire a fe-s armes;
far trep de rigueurs mes fentimens remit ,
trouuent qu^ri enfer,ou fat leur paradi* :
Vn regret feuie me nt me fait & me lourelle,
J^auoir pa/e dix tours a foupirer four ette t
Sans que iamau Ungrate ait permis fettle went /
La meindre frinante qtte mtrite *vn moment.
T- LES CHEVILLE S DV
L mfolente ngticur qui gottuerne fon ame 9
s$ mis a fi bat fris la grandeur d: ma flxmm? ,
: Qu fi ati mcfpris de mcs fctsy /on courage inhxmain
Ala refute I honneur de l:ry baifer la main
J /
le ric preucQpis pas qxc cctte &me cmeUe ,
Donne teaacoup d* amour } (/ n en {trend point pour
i cile eft r^n r uif portrait de l^ndei;tS, [elle,
^; ft a rien ds parfait quvric extreme beauts ,
I n afhc malheureux a qM les defunees >
Domioient a VQUiierner mes plus belles annecs.
" (
A<1 &is grace a ma raifcn } ie pii>
Et is r i ; <w cjJoign^nt ce vifctge rufe,
:.?\ms qti vn efeuci! ou kamoureux or age ,
Iv ialioif fairs efpronmr e vn tragiqae na&frage*
rertfins qm regies Is defiin des mortcls ,
a qtti. nous deuons fettle went des AMI "els
Hay dcfollige vos pwjjances fuprefrnes ,
te m?s atxurtemens ont pam bin -extre fines,
:ind de fcur d lrritcr fon per fide courroux ,
h hij donnois des ^oceiix qm neftoidnt deubs qu a
PJcias ! pour me punir de ce-tte ingratitude 3
Vom ne fcaunezj choifii" ds ch.-iftiment plus rude
:.e le rejjbuuentr qitt fans cejje me fwt ,
D auotr feme le grain dont >vn autre a 1$ fwit.
Dans ce reffentiment am <uou5- *va
JJ 1
Is rcjjCffiklt Mi nocher, qui fame du
MENVISIERDE NEVERS.] -^
s deflik le port iota les fens efeerdus ,
^// -. / J /- /
Voyant ro^fes trauaux ^ torn fes mens per aw;
^pres auoir mattdit I empire de Neptune ,
En des licux plus kcu. cux <va chercher fa fortune*
^4 trip ie fais ferment par la darte du tour >
Que ic nawray iamais de dcjjeins pour [ ^dmoi r:
kommc eft m^lhcureux de jui lams fodvtre 9
le rude faix d<un p baibare empire ,
qtte tefeul tourmsnt ^non ne pent ex primer ,
Eft celuy etui TioU S went de La doidcnr $ aimer.
Cependant quand ce mal prcjldolt a mon an: - ,
I anois tant d amitic pour I ardeur de wr&fiammK
Que Ion me lift pluftoft fait pajjfer dans les Enfcrs ,
Que de me pnparer J. delaiffer mes fers.
H)ue de manuaifes nulls out pouuerne mon am: ,
** / Ov
Que fans leau de mes flews i aurou fentj
Et que pins le me^ris qui me ft tven
Taurois goiifie long-temps ce pcrfidc plaiflr*
Vengeances , defefppirs , foucts , inquietudes ,
flarnmes->(oupm,fei/"mem> larmes . ingratitudes ,
Miniftres de t dnioM t vos (o ins font fuferfats,
Et WHS perdrel^ I-QS pas fi voits reuemz* pL f s.
Et toy pert be ante ^ui mas tant fait de peine t
dpprens cjue tu ncs plus (jv e un objet a ma haine,
Et que f ie vis plus , ceft a deffein de ijoir
fous le temps ton orgwille/ux
X
LES CHEVILLES1DV
C eft tout ce que l?jw prepare a ma vengeance \
T)onnant a m?$ languturs cette fitbfe allege ance *
De <voir vn lour ton ceil qtti me fembloit fi oe#u ,
nan plus d eclat qttijn fanebre jlambeafy y
deuant *vn cenueil ^n miferable ports ,
Tour honorer la fin d vne pmjfance morte.
C eft tors Gjue fi ie fuis encore difcourir
Des maux dont tu triastantfatt wttre (ef tant mourir f
Oppofant a tesyeux pour puriir ton audace ,
Ton portrait d aprefent , tf I afreft d vne glace.
le fait bien ajjeure quen ce$ extremitezj >
Voyant tant de laideurs apres tant de ieaute?
te repentiras d auoir efte cruelle
uftes fentimens d >f vne amitie fidette ,
En par ces changemens ton corps tout
Adourra de deplaifir, & ie feray *v tinge.
MENVISIER DE NEVERS.
S O N N E T.
Mints , m> raifon a ferdu fan <vfaff? ,
audacieux , lefyere G^UC demam ,
me permettra de baifer ton <vifa?t "
A r> I V o
Hen uo to, m&tn.
Encore que ton ceil ait catife men
Je Its dans fa douceur <vn preface certain ,
ua I exemple d <vn Dieu dont on baife l
/operas mon
! ie *voy bien , inmmaine adorable ,
e cef} par <vn adieu que ce bien defrabie 9
JDoit accroijtre lardeur qui <vient tninquieter.
<uit iamau tourment efgal a mon war tyre*
ue pottrjcuir du bien ou mon amour afpire ,
11 te faille quitter.
LES CHEVIL.LES DV
SONNET.
A fn ie fuis confront de ceder a tes cbat mts
Amour far tes afas seftrendu monvainc
Et it* peux bien iuger par le cours de mes U
? tes ye MX ont fondu la glace de rnon
J\4ille fsiipirs bruflans lemo:ns de ma langueuf,
Sont ks tra Is qttece Diet* ma laifie pour mes armes:
MatsficommeenbeAuie tu triomphe en rigueur
La mart mzlgre I Amour pmra mes allarme$ t
..- .
Cradle , fois fenfible a ma mfle am iiie ,
f doucis ta ngueiir d^vn trail dc ta pitte >
Imour efi am vn lien le plus douse de la <vifj
le le difperfe pas fi frodigalemcnt ,
<? de le tout denner Jans quil te prenrie entile,
s tenferu w <un pen pottr mon foulagement*
MENVISIER DE NEVER S.
&.&L m "j&fiM
SONNET SVll VNE ABSENCE,
four Monfieur le Comte dc A. JP.
*-i
BEaux yeux> <5iuans-p6tirtraitsdela Diuinite ,
Profiles eftincellans de I amourettx empirs ,
g$uel bien ejl com far alls a ma f elicit e >
JDepuis q:-ie fous vos ioix ma likerte fenfire.
nincikles auteurs de ma c
i
C eft *vous qiii refpande^le iottr ejne ie refpirej
Et I ^ ft re dont la terre emprume la clarte,
vous eftes firmer ns luit quepcurme nuire.
. ^
Lorn de vow a la Conr il contcmple dcs ycux ,
Qu on appflle a bondrcit des Aftres & des Diex,
r ri avoir point en eux de qualitez* mortelles.
fi
, o ditiins flambeaux dont: lefc iat me conduit,
pOiiiie& dejjtis exx , tant ios darter font belles*
Ce qM-e.-fgut le Sole il far Ics feux ti< i mit.
LES CHEVILLES
S VR LA MO RT
D E L O V I S XII L
SONNET.
G
Rand Roy, tu ne vis plur , & ton bras redout a
ui ialloit ac quern I Em fire des ^uiuans ,
frejle quvn rofean combatufar les vents a
<A perdu four iamais Is tittre d mdomptable.
c,e malheur Canglant me (emble efbouuentabk]
/ O / Jl
I aueugle fortune a des traits decsuans*
ue le monde eft pen lors que fes pour
Rencontrent de la mort I ecueil ineuitable.
r jfpres auoir p^m la merueille des Roys}
EJleue iufejuati del fes Lauriers & fes
Et bafty des Autds fur le front de E
Quine seftonmia d vn (i tragique forfl
t qui des demy- Dieux pent sa/eurer la <vt }
cefils de Adan abbatupar la mort.
M-AISTRE
MENVISIEK DE NEVERS.
MAISTRE ADAM ESTANT A
Saint Denys, afpergeanc d cau bcriifte le ccrcucil
du RoyLouys leluftc,efcnukcesvers.
S T A N C E S.
le "Prince eut rendu I awe,
Et qu<vn malhettr fans
Sous lajroideur d vne lame*
Eut eteint ce grand Soleil)
Pour flaindre cette aduanture ,
Dont les lays de la Nature
Qnt eflonne I Vn mers ,
L amc toute defolee
Shrfon pompeux Afaufolee *
^dlcandre ejcriuit ces vers.
T
LES CHEVILLES DV
Grand Heros de qui la glolre ,
Eft ijn miracle a nosyeux ,
Si ma Alufe aux borts de Loire ,
Ta mis an nombre des Dienx ?
Faut-il ffjuelleje demente ,
Et c[ue la main triomphante
Dont tu regiffois le fort,
f Pour nous nndre veritablcs
N ait eu des forces cap able f<
J)e tnompher de U mort?
Ces fnemorables prodiges
e tu fafoi) pour les Its ,
Et dent iamau let vejhges
feront enfeuelu ,
m&ntretent-ih p^ des marques
nous difsient que les
l\f fe pourroient t acquerir,
Et ne deiiions*noM p&$ croire ,
ton corps comme ta rloire 9
f >
deuoit iamais perir.
MENVISIER DE NEVERS-. i 7 i
Qiti rieuft cru voyant ta <vie>
La merueitte de nos tours ,
Obliger mefrne i Enwe,
D en idolatrer le cours ?
Qui n eufl dit la voyant telle ,
r Pompenf - eJclatMHtc gj* belle ,
Enceinlc de mille Autels*
Quelle ne demit rien cra wdrc y
JEf qttette f outwit atteindre
La glolrc des immortels /
Cependant ten grand courage *
tous ces faffs efdatans ,
pu defkourmr i orage
Qui fait tout, ceder au ^
Vn jroid cenurtl enneloppe
Ton front deuant qui I*
Vid coufbei mille Cite
Et dans cette grotte f ombre
Ton corps eft motndre que
i marchoit a fes cot el.
:._--- 4 V,
7 //
LES CHEVILLES DV
la terre s
( P<ir cet impmten trefpas ,
Qi>ie voftre pcmpe eft <vn vene ,
Dont I efelat ne dure fa*.
Vas grandeurs ies fins dmines ,
Sont des parterres defines ,
Qui prodmfent fen de faurs\
Et cette mart me comae ,
^4 croire que voftre vie ,
F#it mGins de ris que de pleurs,
C eft ainfi qiion *v\t Alcandre %
mfleffc confondu ,
Soujf irer dcffus la csndre ,
Adaiftre qtitt a perdu:
Tie <voix luy *vint
fiulager fon martyre ,
che I eau de tes yeux >
Celuy am fait ta fbtiffrance >
Eut moins d efdat dans la France,
n en a dedans Us Cicux<
MENVISIER DE NEVERS. 173
APRES LA MORT DE MONSIEVR
Ic Cardinal , Maiftre Adam fit ce Sonn-ct Profo-
popee,
SONNET.
I
"Ay plant e des lamiers qui (eront t onflow s vers)
A4es exploits ont flu* fait de bruit qiie letonnerre>
Et mes diuins ,C0??fetls ont bnfe comms fuerre ,
Les orgttfilleux deffews de cent peoples diuers.
La France par mes foinsvoit les fen tiers ouuerts ,
OH Cefor ft pajfer la Viftoire & la Guerre ,
Etbrauantle Demon A Efyagne^ d single terre
1 ay forte mon renom plus lorn que
n de lours & d honneurs fay t ermine ma
j\dalgre les factions de la flus mire enhie ,
Ie bntte dam kHiftoire en defyit du trefpas.
Et pour monter Louis au ^Trofne d 3 Alexandre 3
I wit ant le Pher/ix , toy Imjfe de ma cendre ,
Yn fecond Cardinal pour efdairer ces fas.
Y ij
i 47 LES CHEVILLES DV
& * ftW&MMM9tfM^^
MONSIEVR DELANGERON ESTANT
dcfcfperc dcs Medecins , a caufe d vne maladie du
poumon , M. Adam qui 1 aimoit a 1 efgal de foy-
mefmc, prcfledVnedoukur extrtfrne par la pertc
d vn fi bon amy, les larmes aux yeux fit ce Sonnet.
SONNET.
Tres auolr cent fois d vn genereux effort
Attache fur ton front I honneur d vne
Cher Comte , faudra-hl gjue la rigueuv dti fort,
now fa/e flus voir ta <ualeur qu en I Hipoire.
Dans I* j4uril de fes ans faudra-hl que la Gloire,
Regret e en te perdant } [on plus fameux fop port 9
t tant de grands exploits donne^ alafrfemoir?
Nejfecbwont-ils point les rigueurs de la mart*
e i)oy par ton mal quilfattt qite tu
JDans le pafle fejour ou sefleuent les tombesy
Aiais lamais le trefyas ne feroit ton e vainqnetirl>:
-K
Et les pin* grands Heros te porteroient enuie,
Si le del euft pris foing en te donnant la <vw 9 -.
De fairs ton poulmon^u^i bon que ton c
MENVISIERDE NEVERS.
MAISTRE ADA M ESC KIT CETTE
Epiftre a Monficur des Noyers, Secret airede Ma
dame la Princeflc Marie, ou il k pric dc Iny mandcr
ks predictions dc fa nariuirc , felon rhorofcopc
qiul luva plu en vouloir fairc.
E P I S THE,
Et efcKU d jf un dim 4t fane fie ,
Ou tout le bon heitr GUI me rcfte
Eft I agreable fouuenvr 3
de toy went m
milieu d vn people barb are ,
qui I ame la moins auare
Piperett dejfiif ce damnc ,
Gjiui par les Dieux fit condemns,
*d fowffrir dans I can de I Anerne >
Ce qu endure en <vne tauerne
Le poumon avn pa&un indigent >
ui meurt de fotffaute d arrent.
yant r PkJbus ny la
Dans ce dmat ou il m ^
LES CHEVILLES D V
le ne puis fc-auoir de mon fort ,
Si ie fuis OH vittant on mon.
Qttand ie repajje en ma metnoire
Quette fat autrcfois la gloire >
Dont mon ame s entretenoit ,
Lors jii ^pollon la maintenoit j
glue loin dela famejtfe audace y
Qtii me/leuoit fur le " Parnaffe ,
Ie rienfante plus rien de bean ,
Je m imagine eftre an tombeau,
Aiais ai4.fi quand mon ame efpere ,
pour bdnmr ce e vitupere )
dedans ces ferfdes lieux,
Derobe Hippocrene a mes yeux ,
11 font chercher vne aduanture ,
f&it plus douce a ma nature,
e celle qui )r,e fait icy
r ds crAintt & de foucy >
Jay ma lib erte premiere ,
Pour recouurir cette lumiere 9
Qui remet <vft cosur abatu
Dans le chemin de la <vtrlu \
fejour plus doux a la
t rcnre mon ame
ton cabinet m eft ouuen 3
me mettre encore a
MENVISIER DE NEVERS. 177
Et que k deux jtu de Septembre ,
*Peur eftre four may dans ta chambre ,
Ce quil m eftoit auparauant ,
Je m imagine eft-re vittant.
dinfi is balance & ie jiotte,
Entre derix vents comme <vn T^ilote,
Qui dans I 3 or Age & lorn du bort ,
Attend le naufrage on le fort.
Toy qw depuis feu ff ait
DM bon & tin manuals
De la T^lanette dont le ccurs ,
Fait la conduite de mes lours.
Adande moj ft men korofcope
Veut que it fume la varlope ?
Si ie dots toufiours rabotcr ,
& ces files cjue lupiter
*Tira du cerueau de Adineme ,
JSle veulent plus qtte ie les feme*
En ce rencontre tu terras $
Out ce c}ue tu me preftrira* ,
Sans me rejouir ny me plaindre >
Ne [e verra iamais enfraindre>
Eft ant "Pkilofophe a ce pointy
Que mon ame ne semeut pointl
De ce que le del nous enuoye ,
T la trijtejje on pour la joje.
Z
LES CHEVIL/LES DV
ie ne fir ay flus de
h ne vettx fas en ce reuers ,
Tefmoigner ^n point de
Contre le del ny la Fortune 5
Sont des enfans infartuneT^ ,
Qui de$ k moment quils font
Sentent leur verfu four (untie >
De Ignorance & de lenuie y
JEt far <vn mouiiement fatal,
Trtfifnent leur fere a I hofpttal >
C ep <une engeance vagabonde ,
6)m fait du bten a fen de monde j>
Si hien CJU? dans cet accident ?
le me feray riche en ferdant,
N eftimant la Verne autre chofe $
le gay bouton d 3f vne rofe 3
dans I ame s efpanonit t
feu a feti s^ttanomt ,
En laijpint vn patture Toete 9
ecaue fa langue muette }
de la e viei de(Te tvaincu,
_ jj
J}e rofe dement gratecu ?
Si tojl (jit we wtlleffe, infamt
Cho^ue la demeure de lame
De tjttelejMe grand raifbnnemenf 9
it ag y I enteudement.
MENVISIER DE NEVERS,
*
t)ans ce malheur qui nous trauailte 3
Nature na pin* rien qui <vaiile ,
c aire rendiftre le fruit ,
I age* g le temps ont deftrwfa
Le fang ne bout pltt* dans nos <vcme$ ,
Et nos ejfierances font vaines ,
Dans ce necejfeire malheur ,
De pretendre plus de chaleur:
Le corps deuient froid comme markre,
L email d<vn pre , le verd d vn arbre 5
Ont cet advantage far now ,
le pltts perpde courroux
ajfire Jroidure defferre
Contre les beante^ de la terre 9
2^1 e petit empefcher leur re tour >
le *Printemps eft en amour.
deptoif que I age nous touche,
darWifleau Ion dement (oucbe 5
Le tronc ^iuant neft bon alors >
Qua croiftre le ncmbre dcs morts>
ej?rit akandonne la place >
cetts demeure de glace ,
Comme ^n Capitame djjailly ].
Quitte quand le <viure a failly.
De moy quifuis prcfque a la <veilie,
D omr la r Parque a mon oreille,
\ J Z
Z, ii
,80 LES CHEVILLES DV]
Afordonner de ckercher aillettrs ,
DCS deftms plus durs OH medleursi
$hie ceitx dont ie fay la
Des le moment de ma
Dans ce necejjaire accident ,
Qtii prcfege noftre accident ,
L on m vena fans nulle crainte s
Sans jctter ny larme ny plainte,
r Pajer librement fans efmoy 3
Cc e qM<vn Prince doit comme moy,
Qfie sd me faut encore <viwre) *
Sous I ennuy qus I age now Iwrc ,
les biens ^ les dons des grands ,
moy m foient pltt* apparants 3
II me rejiera t aduantage ,
De prendre mon premier <vfage ,
Et fans ciue ie m .aille flat t ant 9
Gaigner du fain en rabotant ,
Loing de T^hebus ^ des neitf files*
Quit t ant les wers pew les chenilles,
Et le laurisr pour le noyer :
Uon me <vcrra fans m ennuy er t
Sttiuant ma premiere pratique ,
s4fiidtt dedans ma boutique 9
Trottuzr-vn reucntt parfait ,
^4u gain d *vn coffre on d ^n buffet.
MENVISIER DE NEVERS.
// ne faut pas qne Ion cfjrere,
H)ue pour cela ie defefpere ,
C eft alors qu ie feray voir,
Que ie petix viure da ffauoir,
De faire VMS maifon funebre j
ff qus tel qtti fe croit celcbre ,
Mutant quvn Sena; eur Remain:
des Ie lendemam*
bolre de I onde noire ,
Du bras dont i auray peint fa g oire>
Recewa ce funefle accucil >
D en ejire mis dans ie ce rated.
Ie <v&y fans crainte & fans enttic 9
Les bicns & les mdux de la vie ,
J\4oyennant que la libcrte
ue toufiours md fauuretl 3
cette faueur importune ,
n lafcbe appclie la fortune
fie ij ienne point mal a propos ,
^TroubUr ma vie & mon rspos >
-Attendant Ie coup de la
Ie ne connoi* point de
j4 (jui ie voulujje .changer
( A mo ins que de men
jitt grand efclat de fa couronnc 3
Qe qu-e la libeni nous donne.
Z iij
n LES- CHEVILLES
Le s liens me font indifferent ^
Imitant nos premiers parent ,.
Jc laijje faire a I aduanture ,
Et mon deftin & la Nature 5
future ics grands nj le Roy ,
ton/tours d/e\ dequoy
empefcher que le ne tomb? *
qtte deffou* *vne tombe ?
Les Dieu-x ne font pas inhumains ,
L homme eft ant Iceuure de leur
*PQHTtteu qu d f cache reconneftre
i,a pwjfance qut la fan naiftre >
H eft pita heureux mitte fou ,
e ces gfands Aiwiftres des Lois
penfans temr enchaifnees r
La Fortune & lei Depinees ,
Captifs d <vn feriffable lien } .
trop prendre ne prennent rien y
le regret qm les afflige y
Lors que la T^arque les oblige ,
JDe quitter les mondmns appat s
Que le pamre ne goufte pa*.
L Aftre qui luit far tout le mondc s
Dans fon alleure vagabonde ,
&e[]?and fes rayons- deffus moy 3
bien que dejfits e un
MENVISIER DE
ces beaux prefens que fr
Ttre des riuages du More ,
Quelle diftiUe par fes fleurs\
Defliu la naiffance des fears ^
Tombe-nt aufi bicn fur la pree
Oil la Bergere fe recre e ,
dans ces jar dins org
u I /I ft par des foiflf memeilleux f
e d imiter en fes veilles ,
La Nature dans fes merueillcs*
Le del efyanche egalemcnt ,
Et donne prodigalement
Ce quilfaut pour la nourriture f
Et I entretien de la nature:
C eft ce qui me fait mej^rifer
Le jot defer de court tf er ,
Eflimant la Gour tout de mefme ,
le Soleil en fon extrcfme ,
ie riofe vow fxement
crainte d*<vn aueuglement*
Toy qui mefprifant cette regie ,
*As de tout temps les yeux din Aigls
HPour veir <vn dftre fans pareil ,
fyait farmonter le Soldi,
mefme que dans iin lieu foml i e 9
Le Sole il f fait furmonter I ombre j
124 LES CHEVILLES DV
Qui joiiis des ft licit e"^ 9
De voir la Rcjne des Beaut e&,
Luire en line pompe ordonnee ,
r Par lordre de la Deftwee ,
i ri a de borne (ef rien aura i
ce qiie le temps durera :
m proche d<vne Deejfe-,
y le mm d vne ^Pnnceffe
Enchaifne icy bos fdii* fes lots ,
La liberte des pins grands Rois ,
Souffre qtte fans eftre prophane ,
le prefente a cette Diane ,
*duecque de pudiques feux >
Tout ce c[ue mon ame a de vcenx i
Oeft I vnique objet qne i adore ;
ft qnelque defer encore
foil ic >te d vn retour >
Dans le tumult e de la Cour^
Ce ne fera point cette pompe
Par efui la Fortune nons tr&mpe $
cet efclat ^oluptueux 3
cent Couftifans fomptuettx >
De mi la grandeur eft faiuif >
Qui menferoit naiftre lenme}
Ce fera feulement I honneur-,
De jouir du parfait bonheur^
Dons
MENVISIER DE NEVERS.
X)ont vine ame trouu-e I vfege >
traits diuins de fon wfage ,
Ion dolt nommer en torn liettx
La vuiante image des Diettxi
C eft tiHriqme bten ou iafy ire .;
Vn ^Prince recherche <vn Empire ,
auare met fes efforts
mettre trefors fur f refers i
Le "Pilot e en faueur de i onde ,
Fait rfchercbe d <vn nouueau mondc }
Vn Heros plem d ambition ,
*Pout affouuir fa pafiion ,
Demande par t&ute la tern >
Le fang , le carnage > la guerre )
De moy > qui me petit rauir ,
Ceft le bon-heur de la feruir t
Depuis thture-que U Fortune
New ft eforouuer fa rancnne ,,
J J J <J
Quand par fox depart rigoureux s
Ce climat dettint malkeureux :
Quoy que ie *viue en r Philofophe s
Aia conftance manque d eftoffe ,
*Poaf pouuoir viure & ne <voir pa*
Ses incernparalles appa$ ,
Encore que fa renommee
dimat en climat femee ,
A f t
LES CHEVILLES
Rende les Sceptres abatus 9
*Par ta force defes ^jertta t
foit pcmte & reconnu e,
aille d vn <uol fans pareil ?
Et fans offencer le Soleil,
Que cette bruyante pelnture ,
Efdate aux yeux de la Nature ,
D >e un affrett pompettx & plus
Qiie le brillant de fon flambeau >
^ow ces miracles dont la Gloire ,
Charge le front de la Afemoire f
Ne me touchent point a
De leur ~Diuin original.
qui de cent chofes futures ,
raconter les aduantures,
Et d <vn prophetique ffautiir ,
I eftude te fait auoir ,
iufyues dans le front des
Noftre bonheur {ef nos defaflres 9
JSle fc-mrois-tu mentretenir
J3u temps qttette doit reuenir^ .
O que ce tour file de fbye
J J I \s
Comblera mon ame de ioye j
Qtien depit de tant de malheurs
JDe rif fuwederonj aitx fkurs )
MENVISIER DE NEVERS.
Et que ces puiflances diuines ,
/ / *** ,
Jolndrani de fieurs a nos efpinetj
De quclqttes traits dont le malheur i
-Ait touflours aigry ma douleur ,
Quelque rigoureufe tempepe
Quil puijje venir fur ma tepe ,
le ne croy pas que ce beau ionr ,
Remply d allegrejfi & d* amour 9
II ait ajfe& de violence
*Pour troMer ma rqowjfance j
fjt dans ma natiuite
cherches bien la veritc*
trQumra* que (I U perte
cette T^rouince a foufferte ,
[ab fence de fes apas ,
ma pat donne le trefpas ,
Qua fon ret our ie dois bien crdindrc,
Que rieftant pas mort feur me plaindre 3
le ne meure par le plaifir,
Hui men ame viendra fa
LES CHEVILLES DV
SI TOST.QyE NOSTRE
ROY LOVIS XIIIL
FVT NE;,
MAISTRE ADAM FIT CES VERS,
S T A N C E S.
N com far able ejfet desfoms dsla N
Adonarque couronne de feux & de
Grand ornement des deux , kriUante crea
ture 3
: peins de tes regards tout ce c^ue fiou$
Enfant prodigieux de la majfe premiere }
Tnncife des Saifons , pere de la Lumiere,
e dont la naiffance a mm a I* V rimers ,
Difyenfateur des frmts de la Memoire,
Grtynd S&letl 3 fi iamais tu fis rien pour ma glaire?
h fwuoque a cette heure enfaueurde rnes
MENVISIER DE NEVERS. rt ,
is prens eft d <vn fl baut me rue ,
ue te rien puts tfffe& admirer la fylendeur ,
Et tout ce an en ton cours tafamme rcfi-tfcite >
J)oit fertfir qtidque IQUY dc prix a ta grandeur y
Ce Dauphin dont le Ciel somblc noftre efyerance ,
Qui coute tant < Autels & de <v&ux a la France,
Eft de mes pafiions I cbjet imperieux ,
^wdtjue moy les fruits que ta nature enferre a
Et ne t offence pas fl ie luy donne en terre ,
La mefme dignite qtit ttt tiens dans les deux.
Grand effet de nos vceux yHPrince de qui I enfancs
*Porte deja I ejfroy parmy les Nations ,
wf\on de Saint Leiiu , dont ihcureufe naiffance
V Jfci
Efloujfe pmr iamats Ihydre des factions ,
St dedans le berceau ton augufte vifage ,
Tefmoigne a nos defers *vn affeure prefage ,
bien-teft nos walheurs feront enfiuelu}
ne <v err a- ton pa* dans le temps qui te refte]
Lors fjue ton fere a/M dans <vn trefne Celefe
te vena* <*fi& dans le trofne de$ Lys.
LES CHEVILLES D V
Dans cir euenement , OH la Fortune effiere ]
D encbaifnerfous tes pieds I Ernie &le Alalb
Sue cent peuples dtuers fMufftez, par ton pere ,
^Preuiendront a genoitx I effet de ta valeur.
Si quelqtte pafiwn doit four nir ^n or age ,
Qtti toudie de ton coenr I inmncMe courage ,
Ce doit eftre >vne ardeur de vamcre (f dtacquerir j
JMais fjue trouueras tu pour ptaire a ton enuie ,
Si le flu* grand des Roys en te donnant la <vie ,
T^ donne tons let hens que tu peux conquerir*
Son bras <vi$orieHx fur I onde (/fur la terre]
Imprtme tettement la grandeur de fes faits ,
par toy I on dira que ce Dieu de la guerre ,
vrifwdige heureux fat le Dieu de la paix,
le Dieu des flots four laiffer a I Hiftoire ,
Les monument qui font les Autels de fa Clowe]
EJleua lufqu aux Cieux I" empire de la mer>
La Nature en blefmit, & eontre fa coufume}
De cette violence il engendra I efcume,
nafquit le Dfmon qui nous fine d aime^
MENVISIER DE NEVERS.
Ceft far toy que U paix doit retournsr encore]
Enfermer nos ennuis dedans fa monument.
En naijfant , grand Soldi , tit prewzns cette furore ]
dufti tu nous pant* miraculeuftment 5
Ce temps on les fray curs ne donnoient point decraintei,
Oil I ttmour feulcmcnt faifbit nature nos plaint es,
Va reprcndre pour toy fcs diuims couleurs ,
Et de fes deitanciers pcljedant les Conquefies
]T)e mefme que ton pere a foule les tcmpeftts ,
L on te verra marcher far la face des flours.
Ce Monftre qui de fangpeint fa gloire & fon eftre,
i n affouuit fa faux qite de me wires efpais 9
Et qui dU Is moment qu l\Enfer I cut fait naiftre t
EfleiAa la difccrde an Trofne de la Pats.
Cette guerre en <vn mot , qui pour pumr ncs crimes^
Immo le a fa fitreiw de [i grandes iiiBimes >
Va ccjjer de formats fon parricide effort j
Tuferas I ^ Icy on qui uawcrat ces or ages ,
Ee qm fir as roiiitter ce fer dont les ct4t rapes
II J O
Font pmr la N attire-* & triompher la Aiort*
LES CHEVILLES DV
Ce Siecle OH le HPrintemps faifoit toute
OH les contentemens furpaffoient Us defirs ,
OH de I ambit ion U tempefte effrtnee ,
Ne venoit point troubler le calme des plat/Irs 5
Ce beau Temps ou Nature tnfanta routes chofes ,
OH les plus ftmplesfleurs vallQient miettx qnenos rofis t
V* reprendre pour toy (on adorable cours j
j4inp (JUG ta natffance efiottffe nos defafrcs ,
De mejme tu [eras la merueille des j4ftret 3
Sons qui doit refleurir ce miracle des tours.
Ce$ ^Tytdns dont I
i re garde nos fait s auec i)n wil jaloux
rigvweux dtmat, quifans I ceil de ta men }
~N auroit iamais rien fait d aimaUe ny de doux 9
Css peoples qui riontnen deft grand cjitwis audacs 9
Dont iamais les effets nont fuwy la menace?
Grand Soleil , ton abort les rendtt tow confus 3
Ton ffcUt a deffait leurs pafitoris auares ,
Et ton? leurs vains projets farent autant d Icares,
I Qnvit fubmerger aujt top que in fas.
MENVISIER DE NE VERS. i 9?
ij)0 diuins tranfports, celeftes refueries 9
jBrulantcs pafiions qui menchante z> les fens ,
QUS le reffett icy retienne <vos furies ,
T/J quo c efl d eux que <vient I objet de nopre enceni,
Honnorons du pa fie leurs grandeurs fiuueraines ,
Quant Is del fit cheT^eux ce miracle des Reines,
Par qm MATS & I Hymen viennent nousfecouri) ,
Us font affe& punis que leur Demon foupire ,
De <uoir quimprudemment il orna nopre Empire ,
D vn singe qui now fame,
LES CHEVILLES DV
MAISTRE ADAM ESTANT A RVEL,
MONSEIGNEVR LE CARDINAL
DE RICHELIEV
LVY COMMANDA DE FAIRE DES VER$
POVR MONSEIGNEVR
LE CARDINAL MAZARIN,
Sur ce qu il cfloit Entremcttcur de la Paix.
ODE.
CH E 3 Crand A4a&#rin > oti I* Euro f^
t appette,
Romps le corns violentde cetmeurtresepaisl
Bftottfant nps malheurs rends ta gloire immortelle,
*Par le fame fix ret our d vne et erne lie T^atx}
loins far les feins heureux de ta fainffe prudence^
Le paiftble Qliuier aux Lauriers de la France 3
Enfeuelis Bellonne en fa propre fareur ,
Etfajs refufciter cet dnge , aont la perte
faifant de 1 Vnitters <vn theatre d horreur]
JLend I* wort triomphante,( U Urn
MENVIS1ER DE NEVERS.
Rends nous cette fai(bn> ou k Demon des armet
fy auoit point defgorge le venin des malheurs ,
Ou les jeuxdes <vwans ne <voyoknt point de
cettes ope I" furore eftanchoit far lesfleurs \
le fangUnt defir de regir les TProumces ,
Laiflbit en Itherte les courages des T^rmces ,
Eftems I ambition dans I ame des *vainqtteurs }
\Anache leur ce fir qm fait naiftre nos craintes]
t qti Amour feulement triompbant de nos cceurs
I inuinMe Anthem dufujet de nos plaintes,
Le Ciel laffe de voir les tr^nmes defaftref s
JL/ o i J /
Dent il fumt If wurs de nos miquitezj,
Fcra qu a ton abord tes yeux feront des A fires*
Quiprediront la fin de nos calamiteZjy
Ces triples Gerions , ces antiques Barlares,
Ces Titans > que lorgueil A change^ en Icares ,
*P our fair e ijn Sacrifice a la gloire des Lys ,
N attendent plw que toy four calmer les Orages,
i vont rendre hen toft leurs *Tlmfnes demottis ,
la TPaix n^doucit I aigrenr de nos courages.
LES CBEVILLES DV
// neft pds de befoin d cnfcigner a ton awt >
Les infolens projets de cet ambit teux ,
Ton efyrit efclaiii d vne diuine flame *
ji tracers du Soled penetre dans /es Cieux j
Dans les tkrofnes brillans des Addjefte^ Dwines
Tu difcernes no s flews d auecquesleurs efymesi
Et far <vn \ugement qui ria point de paretl ,
it lii dans les decrsts d vne ch oft future ,
defcouures no s fait s lien mieux quc le Solsil
JSfe defcomre an matm le fein de la Nature,
marque es vertus qu ceuronnent t4 ve
fas empefche les tragiques efforts
Dont salloient affouuir la Difcorde ^ I Enuie ,
*Pourfaire enfler le Po di)n Deluge de Morts :
St d tf vn Ctmple CHAT*EAVtucaln f * ia Tempefte*
* , *
Quifur tant de Heros fe montroit teute frepe,
*Pour wonder de fang I empire du trepas >
Jnuincible ennemy des projets ds JSeUonne]
*Pour <vn? entiere paix que ne feras-tu
De I Eminent Chape an qw I Erlife fe
5 C3 v
MENVISIER DE NEVERS. 1*7
Le Monarque des Lys en qvi le fort d
(QUtes Us Vtrtus fait *vn fecond Fanal>
l* doublement le grand litre de lufle ,
r iomt ton mertte an noin de Cardinal,
JEt dans quglques douceurs ou ton pays fe noye ,
jDepuis lexilfameitx dn vagabond de Troye >
Queiques felicitez* dont il goute le fruit ,
La raifon p$r tes fairs now oblige de dire ,
Qut is prodige bemeux cjiti chez* luy ta fr&duit >
jl pafie les C&fars an bien de fon Empire ,
Ces llluftres Heros que IHiftoire rencmme ,
fC Par les ftngUris -tfftt* de la fame f dti fcr,
T>ans le Char Beliiqueux qui les rendoit a Rome]
N cnt p&s mieux tnomphe que tu "jos triompber \
t ce Demon forty du centre de la c Terre >
ue I Enfer a nomme le monftre de la Guerre ,
u luflre des Ctfars ria point donne dorgmil 9
qui tons les wuans ne perdent la memoire 9
i toft que ton bras ay ant fait f on cerctteil,
remit la Paix ati Throfae de fa Gloire*
_ . _ ^-. .. j - <j
Bb iy
LES CHEVILLS DV
, de qui les f aits font defacrez* Mir tides],
i brilleront aux yeux de la pofterite?
pour lappuy des Lys ri a point trouued ot)ftaclc$ s
il riait mis an dejjbu* de leur profperite 3
Par my les grands trauaux QM [on ame s adonns s
Pour agrandir I efdat d vne llluftre C&uronne *
Entre font les exploits qm le font adorer,
// ria iamais fi bien flatte noftre efpe ranee
Que lors que fa raifon te jit confiderer,
^QHr prendre auecque luy I mtereft de la
C . / J J v
Ce Prince > fornement des T^rinces de 1
Cet Ange reueftn du nom de Richelieu,
Ce vigilant Neft&r } qui pour neftre franchiCe
f^ -i -ft * *J j
^4 fait \QU$ les effets que ponrmt faire *vn Dieu,
Voyant que fes confeils fbtts vn autre ^lexandre f
Ont mis I Atgle au deffoui du velqn d rvoutvit prendre?
*Poiw acheuer le court de fes intentions ,
Se fen de ton Efyrit stpres mile Conquejkes ~ 9
Comme le Dieu desflots ce fen des dki&ns
d il vent drrefter la courfe des Tempeffeg*
*- -. ... rr- ^ * - - - -- *f -- . - - -->^.- " 9 _, i
ENVISIERDE NEVERS. i 9 ,
Get AMa* nompareil,ce memeilleuxGemi,
JY<? doit moins efyerer pour ft s fait s gloneux
Qtte d efln enwronne d vne gloire infnie ,
En Bemant le Nettar a la table des Dieux >
C eft lors qiie Ion ^erra lOlimfe fe refoudre ,
*d mettre entre fes mains tons lestraitsde la foudre\
Et e^ue les immortels le prenant four apuy ,
Troitueront fom fon bras leur put (fence ajfeuree ,
Et feront redouteT^bien mieux que fous cetuy
deft en tremblant lorgueilleux Briaree*
lfs noires f-ayettrs / quelles feres Tewf>eftes
Qnt iamais esbranle ces conflantes Venus !
Et quels Hydres affreux ont affe& eude t
G}ue la fienne aufii toft ne les ait abbatus >
Ces nomeattx re jettons des enfans de la
Ces peuples bafanne^ de FefcLtt du lonnerre ,
Qui diffm leurs ayeulxfe vint precipiter ,
2Sle font-ils fas reduits aflechir leur audace*
Et dtre en rugiffant , qtivn coup de lupiter
Eft moms a redout er qu yn trait de fa menace,
LES CHEVILLES DV 4
/i le plus fmffant de torn les Roys du
$ap pity ant fkr les foins de fa Fidelite 9
S cft plus fut redouter fur la terrf ^ fur fonde ,
(jht aMCMK de torn les Roys que la tsrre ait ports?
Al~nnten.tnt que couiteri; de Lattmrs & de^Palmes?
N os foibles ennemi* chercbcnt des routes calmes ,
\Accable!(^ (bits h-fjbrt de fes faits inoiiis.
.Acbeue M A Z A R I N d <vfer de ta TP rude nee ,
Et leur dormant la Taix ^pprens-leur qae LOVl
momdre en /^ Fureur, qu ilrieft en fa Clement?
Cberches done grand efpnt cette Dluine Fee .
C eft de tes grands trauaux que nous la requerom
Et tjuand tu U verrai , chante luy le Tropbee 9
Et les D turns Concerts que nous luy frefarons 3
Deftache-la des fers qui la tiennent captme ,
OJtc luy le Cypre& 3 & luy rcndant I Dime,
D is luy que Alars na plus le nom de *Trioift
ejuen la Chreftiente tout le monde I ejjere ,
ecfjue autant d amour quen auroit vn enfant,
i wrroit dtt tombedti refuftiter fon fere.
MENVISIER DENEVERS.
II mefemble de <voir cette Nimpbe adorable,
\4yant afes coftel^ la luftice & I Amour ,
Reformer dans *vn char lien plus con ft derate ,
celuy qui conduit la lumiere du iour.
de qttelques ieautez, dont elle foit pouruettc
e Biuwite qui paroijfe en fa veite ,
doux raitiffement qui <vient mentretenir,
Entre mille penfers mon ame fe promene,
T^ourffauoir qui des deux premier ie doy kenir,
Cette Rejne des cceurs , on toy qui now frtmcne*
s les peoples rauu de ijoir cette Deeffe,
*~Perdant le fouuenir de leurs ennuis p
~Ne feront (juijn tombeatt de I infame
G^itt fous ie ]Qug de Aiars les auoit terraflez.,
Le paffant ejue la nwt arrefte en *un bocdge ,
tHuiria point de dart e pour Iff ire tnfon
Que cette ^ue les loups eflancent de Leurs yeux>
JV eft pas mieux fatisfait quand I* Aurore
Que nous ferons alors que la faueur des, deux
Tefer* Gondtit^etir d 3f vne telle
LES CHEVILLES
Ley Labourers prejfe!^ de cent peines /entiles /
i leur font habiter les bo Is & les b tiffins ,
Ne verrontplus de jougdans Leurs champs infertilei,
Slue celuy dont les Boettfs produifent les motions;
Que (i des maux pajfez* its cherchent la vengeance
JSle leur ferace-ptw <vne extreme allegeance >
En (uite des malheurs qui les ont <*fflige\,
De tromer foubs le foe des fojfes toutes ple mes ,
Ou mille ^y mille corps qui les ont outrage &,
Seritiront de fumier four engraijfer leurs plainey.
Afoy qui de tons les bisns ou tout le monde afyire s
fil ay tamais recherche four plaire a ma raifon,
G^ vnR^BOT que i eftimea I efgald rvn Empire*
^Pui* qu ile ft dans mes mains vn Sceptre 4 ma maifoni
Si toft quo le recit de tes fa mttes Memeilles 9
Viendra charmer mis fens ^ rauir mes ore die s ,
Quelques neceflitez* dont lefynuue les Loys j
*PQur montrer mon amour a la c^ufe pMique ,
De mefme que mon cceur i embraferay mon Boi$ 1
t ne feray quvn fen de tonte ma Boutique.
f ^ J fj if
a
MENVIS1ER DE NEVERS.
**
Laiffant pour quelauetempsla$cie & la
*Pour immortaliftr la gloire de tcs fours >
I yray fur le Tarnajfe employer Caliofe
Ji te cueiliir des fours qiti durerom toufiours >
Sur ce Adont glorieux ou fen de monde habile ,
Oii malgre le trefyas la Cloire refaftite ,
le feray ta peinture en mille & mi lie lieux ,
f feray <voir auxyeux dtogfad Siecle ou nensfommes,
i? ffay bien parlcr le langage dcs Dieux ,
ilfaut difcoutir de la verta des Homines*
La tfrun pinceau pdrlant de la haute aduanture ,
j)ont ton ame aura mis nos malheurs a Heart ,
le te predigueray tout ce que U Nature
JM infytre pour atteindre attx miracles de / An >
Et t&w es grands Efprits dont te ne fuu q^e I 1 ombre ^
Quiff auent pcnetrer dans la nuit la plus fbmbre t
Dont les Cieux ont rcndu leurs myfteres couuerts ,
Ces do&es Heritiers du Trefor des neuf Fillesy
*fe loiieront doublement dauoir tire dei <vers ,
^n homme qtii iamaij ne ft que des Cheuilk$>
Cc
*o 4 LES CHEVILLES DV,
En ce rencontre heureux lefsray reconneftrs
Alalgre I" intention de ton humiitte ,
four le genre humain ta natjjanceeft<vn eftrs
now* montre vn rayon de la Diuinite >
Et dans ce grand bonheur ou le Cid me conmt ,
le ne demands rien aux grandeurs de ta vie,
T^our me recompenfer des biens qus is fredit>\
Sinon que font tes pieds ie faffe deux colomnes*
~du(amtt Tyrone ok i en tient les Clefs du ^P
n defbit de I enenr de tant dames felonnes*
* jj j
A4arcljedoncgrbdE$ritfuuqtiele del
\dcheue ton ouurage , ^ fan T^le obftme ,
que la Chreftiente ne [bit quvne couronne ,
reprendre I Empire OH Mahomet eft ne>
loins p4r les [bins heureux de t a fain ft e prudence,
Le paiftble Olmer aux Launers de la France)
Enfeuelis Bellonne en fa prepre fareur 9
Et fait refitftiter cet Ange dent la perfe,
Falfant de I V rimers vn theatre d horreur^
Rend la mon triumphant? & ia terre deferfc
- - - - _-- i J - ^^ . - _ - J ._.. :
MENVISIER DE NEVERS.
ERS QVE MAISTRE ADAM
AVOIT COMMENCEZ
POYR MONS1EVR LE CARDINAL
, j
DE RICHELIE V,
p.EVX IOVRS AVPARAVANT SA MORT,
Sur la maladie dc fon bras.
STANCE s.
Rand Heros^u^ndton bra* I apuy de notre Em*
pire>
Succomba (bw I effort <*vn barvare accident f
Crainfe q^e le fuccez, d >f vn fi fatal martyre t
le fift panther I Eftat dedans fon Occident,
Les yeux baignez* de pleurs } & I ame enfeuelic )
Des plw /ombres <vapews de la melancolie*
*Plein de \ele (f dardeur a chercher ton fecgurs,
Je grim fay fur ce Mont ou set ale Ugloire,
d abord que ie <vis les files de Afemoire ,
le leur tins ce difcottrs.
*- - - -"* - .- _ - . .. _^. .
Cc iij
^- j- *_,.
CHEVILLES DV
Retries dt mes defirs , incomparable* Fees ,
i mefpnpint du temps le cours precipite,
pinceaitx parUtis , ergez, des Trophees
riont point d attire but que fimm&rtalite ,
Cermaines de ce Dieu qui puife dedans londe s
Le tvAgahond flambeau qm ranime le Aionde>
infenfible humzur pent retenir ijos pleurs ,
vons fans regret , o Trincejjes
Voir vofre Prote&eur au milieu des efpines 9
t *VQHS pxrmy des ftcurs.
i j j
Cebras dont la vertM ri a point trouue
qui par my ies foms de cent iraumx diuers >
toufioms detache pour -vetts dreffsr des
ne periront point quaueccfite I ^nmers)
Ce bras le feul eff/ oy des Tira^s de la lerre ,
Qui va tirer la : Paix des cacbots de la Guerre
Remettant la Nature en fes premiers appat,
Qfe!^*VQiu fans rougir de vojln ingratitude ,
Conneftre fes longueurs & mon inquittuds 3
Et ne I afiifter pa*.
MENVISIER DE NEVERS
A SON ALTESSE
R O Y A L E,
I
ESTANT AVX EAVX DE
POVRBON L ARCHAMBAVT.
L E G I E.
RINCE dont le Merit e lgde la
fance,
Race de mills Roy s, grand & grand Fib
de France,
Oftray-je fans crime 9 Hlufire Sang des Dieux ,
Croire qne la douleur t ait reduit en ces lieux ,
Et que farmy ces eaux tu cherches ton dittame j
Toy de qai les 4yeulx far la foudre ^ laflamme,
Ont fait tonner leur gloire en mille lifux diners,
Et p9tt# tear renom flus loing que I* V niters >
Quette injufle rigueur ofe bien te contraindrc
A trQuuerfotts fes loix I vfage de te fUindre?
108 LES CHEV.ILLES DV
Et peur qmlle raifon produit-eUe vn effet,
de donner du mat a qui n en ria point fait,
* le iour fameux que la Maffe premiere,
Enfant a du Soldi la courante Lumiere ,
Nature eftabhtfon Empire (/fa Loy,
Afanarque icy b<g* a rnieux vefett que toy I
L, ;4ftre qui contrive aux grandeurs de la vie ,
Enchaifnant (ous tes pteds la DiCcorde f I Entile]
tes attes humains ta plus gdigne de eceurs ,
ria fait la vateur A ces fanglans Vainqueun^
I ambition OH leur gloire fe fonde 3
*Pottr raifner $Vniuers detrwfent tout le monde f
T ^ r f I T
lamais tes Jentimens n ent cheque la raijon t
Tes liber alitez, font fans comparaifon j
JEt le del ou> tu prens ces qualitel^ Ditiinesl
^ fait de tes vertus , des rofes fans efyines ,
Ou le$ Roys feulement qm les fourront cneillir^
^Irouueront le fecret de ne iamais vieillir:
Car le temps qui detruit & mine tomes chofes, "j
fait differemment tant de Metamorpkofes >
te rendra iamau les Autels abbatus ,
2)effi4s qui les mortels adarent tes wertw?
Ton *Pere , dont la gloire a nulle autre feconde 9
Fit bmire fa <valtw fur la terre & fur I onde*
Et qui dans le ^Palais de I immonel fejour ,
Secure du Jtie&dr ane tu boiras *vn mr*
Tf x/ . < -- - - 4i -.- - _-.-
MENVIS1ER DE NEVERS. p 9
les DeiteZj dont il accroift le nombre ,
Ok dejfas le Soleil fes pas Impriment fambre >
Opt fes contentemens furpaffent fes defirs ,
e pcttf-il I oir de grand farmy tow ces plat(irs f
I efgal des faueurs dont le Deftin I oblige
*Par deux Fils e/leue& de fa Roy ale tige ,
Qui recouurant en euxfes projets commence^,
A4<zrchent defltts les pa* quc fa gloire a traceT^
Car de quelque <ualetir dont on *uante *4lexandre 3
Quelques grands Monument quon cjleue a face^ dre t
Qua-til feit de ft grand, e/Meton Frere aujourd [my,
it merit e Ihonneur d etre plus grand que Itty .
t ces fameux Heros que le Tybre renomme ,
i de tout I Vniuers ne firent quvne Rome ,
Entre torn leurs exploits , qu ont-ilsfait de (i beau,
G}ue ce grand Filsde Aiars riait mis dans le ^ombean}
jlugtipe t dont le nom eft adorable encore ,
Des riues du Couchant an letter de L* 4 wore ,
S il euft en pour obftade <vn Adonarque ft grand 9
On L auroit *veu capiifpluftoft que Conquerant ,
Ettous ces grands Lauriers qua fait naiftrefa Gloire ,
Ombragerotent les torts de la Seine & de L&ire :
jMiais de quelque Immortelle & brittante couleur,
Dont U Ademoire ait peint fa bouittante vale^r 3
Quelque bruit dont fa vie ait la terre femee ,
r le fon efdatant que fait U Renommee,
Dd
sio LES CHHVILLHS DY
$uoy que ce Prince ait fait d lliuftre tfd
Vn put de / deftrs en pourrafaire atttant ,
bans te donner en proje aux trauaux de Eellenns;
Pmr enrichtr ton front d <vne (llttftre Couronne ,
Sans donner a la mart cent peoples mnocens ,
Mnfumant fes Ant els de fang au liettd encensl
Les yeuxque la Mature en ta file a fait natftre]
Dont tu te peux <vanterg le Pere & k A/UiftrS
^Peuuent en <vn moment par ieurs Diwns regards f
Accroiftre tes grandeurs du luftre des C&fars ,
La fureur tie fatt nen far la force des armes ,
Qui ne (bit tribiitaire a forgueil de .ces
Et fans faire marcher mdle ps uples diners y
T^ peux quand tu voiidras tacquenr
L eclat imperieux de fes beaut e& [uprefmes ,
Semble faire <vn mefpris des phis grands
Et I Amour tout craintif aupres de ces appas ,
Tout immortel ejud eft , a cramte du trefpas :
Le iour que la Nature & ies Die MX auecque
Firent en ta faueur [on merneilleux molelle ,
j j
Us y mirent des traits plus doux %g plus par fait s /
Que celuy fur leqml eux-me finis f went fait s.
Alais de ejuelques attraits dont elle fott pottmeu i
^uel(jue ejdat nomparetl qui brille dans fa veue ^
I cfe fans te donner aucune vanite ,
Eftimer ft Naiffance autant qnefa beauts*
MENVISIER DE NEVERS. cm
JEt dire quelle doit a ta piidique fame ,
L>es belles quahte^qui Irillent en (on ame.
Mais parmy tons ces traits d amour & de pttdeur 3
Oti I on voit le pourtrait de toute ta grandeur >
le detefte de voir que le del forte enuic-,.
ji I A j elicits qu t gouuerne ta itiey
Et que jaldux dss vseux qtton offre a tes dittelp,
11 te rende fttjet aux peines des mom Is.
*Plut aux Dieux qiie le fort qm re git I aduanture,
Des miracles ^titans qui font en la Nature*
*P our fair e en tafaueur vn frodige nouueau ,
jtfettffait comme -Aretnfe ^n murmurant rttij]cau>
Et que ta guenfon en font man heur a/fire ,
Dependiftfetoleme nt de mon liquide Empire ,
*Pour rendre 4 ta fante fes <v tiles appas ,
] j4d&rable G A STQ N- 3 que ne ferou-ie pa* :
*Tons ces canaux de fang qui ferpentent mes wine* ?
Offrant a tes ^ertns leurs viuantes fontaines ,
Formeroient *vn cripal qui feroit reuen ,
plus de refyett que ce fieuue d@re ,
M fort malgrs- la nmt la flame pure & fclfe ,
rend a I ^muen fa be ante nature lie.
s prince incomparable , en teftateii ie (uis ,
te dwner ces <vers , c eft tout ce que ie
- - _. - . b - - B !/.-. .. J. _
S)d *
LES CHEVILLES DV
A M O NSE IGNEVR
SEGVIE
CHANCELIER DE FRANCE,
u <f
A qui Maiftre Adam dcmande fa Penfion.
SONNET.
Amcux & grand E(prit>dont la haute prudence
Eternife fes faits d immortelles couleurs?
Et de cjui la <vertu fait aux Lys de la Francs*
Ce quo fait le Soldi fur la tige des fleurs*
Miniftre a iamais d vne Augufte ajfeurance,
L efgal de tes foins combatu nos malheurs ,
Et quipeut mieux que t&yjoindre a noftre e/^eran^
Le retour deltfPaix } ^la fin de nos fleurs*
Le defir d cleuer au Temple de Me moire*
Jluecque des trais d or le pourtrait de ta glom 9
De mille ardens penfers <vient memkrafer le fern:
barbarc fort ejUt fait won aduanture ,
Me va rauir I honnettr d >f vn fi fameux de
ton lllufre Mam rien fourmt la peinture.
ENVISIER D NEVERS.
4
MA 1ST RE ADAM ESTANT VN
iour dans la Cour du Chaficau de Neucrs, oil,
le Prince & lesPrinceflcs n eftoiem plus,!?! ce Son
net.
SONNET.
fferatle Chateau qm riffi phts
peftre 3
Vipte de$ Demons de la nutt & du WHY ,
Toy qm dedans ton fein autrefois a <vet* naiftre
Les noumffbns de
Mondiett que les Deftins ont lien change ion eftte ,
ue tu jembles a mes yeux vn defole fej0ar ,
Et que tit pajfes. lien four Chateau de Btfefire
Depuis que tu neji plus de tes Trinces la Cmr.
j)ue rias tu cowme moy qiielque reffentimsnt ,
r fe cenfdcrer dedans ton changeme nt ,
e aufa malkeureux que les reftes de Troyc,
pourroit iufteme nt injurier les Citux ,
Et dire.quoy : fmt-il eft re anx Demons enproye,
Aloy qwfw autrefois Ik demeure des
D d
t,-4 LES CHEVILLES DV
& i?/ tfc .
&W
VERS FAITS SVR. LE CHAMP
A MONSIEVR LE COMTE
DE M***
SVR CEQV IL DISOIT A MAISTRE ADAM
qu il mourroit dans huic iours;
s*^
Ad T E> ie me forte <vn pen Micttx
M.on mat a fonne U retraite ,
Et I efpere que grace aux Dieux,
<vn mauudis Prophete, a
ctois plitpoft epre
lutn (mte de ton Horofcope
En cbantant *vn Miferere
MA mam t afcergera .d hy/ope.
s dttpATauant que la Aiort,
En fa ieuae/e ts terra/e ,
mourras dans ce nconfort ,
e tu laifleras de ta Race,
MENVISIER DE NEVERS,
Vn fls digne de ta
i dcit eflre <vn A/lars en froueffe]
En ta place aura pour tuteur
*lon onde le Seineur
tt4 ne peux mdlementi
*Te parer ds cette aduanture ,
Oblige moy par teftament ,
fajje ta
qttvn Deflin fltts kean
celuy la qui m importune ,
Fera du guam ds ton Tombeaiii
naijfance de ma fortune.
Dans la perte de ton accueil t
J\da Mufe toute defolee ,
ra ces mots fur ton cercueil,
i vaudront mieux quvn
Car malgre la Parque & les vert
Et tons les droits de la Nature ,
J omeray de ces triftes vers 9
miferable Septtlture.
LES CHEVILLES D
Paffant , tefmoigne vn feu d cnnuy ,
En difant quelques patenoftres
k Tombeati de celity
penfoit frier four Us autres.
La Barque qui nefyargne rien,
Ny U naiffance ny le bien ,
La fait choir dejfius cette Tomle ,
Le fort quiff ait tout gouuerner ,
Fait que bien foment le four tombe 9
Lors quc nous penfons enfourner*
ESTRENNES
MENVIS1ER DE NEVERS.
ESTRENNES A MONSIEVR
DV PVY>
MEDECIN DV ROY,
ET DE MADAME
LA PRINCESSE ANNE.
SONNET. -
Vjourdijiiy que le Te mps fait renatftre I annce >
le fens qua tetrener te manque de p
Car que t? puis-ie offrir,Jt ton awe eft ornee
Des dons les plifc parfaits qtte frame futjfc
Toutefois par couftume > ainfi que par devoir*
ifte cffre a tes pieds route fa Dcjlince ,
& pttu en dtfyofer , pats quauec ton ffauoir
mefpris du treffas tu me I* as redonnee*
iuin, & grand Efprit,c eft ainfl c}ue te <veux
Te donnerapres Diet* Jes plus grands de mes
Et fi iamais I amour des files de Ale moire,
< J\d t ot4ure le Cabinet de leurs riches prefens 9
Pefpere d augments r la grandeur de ta Gkire 9
De mefme que tufais ia courfe de mes am.
LES CHEV1LLES DV
VNE BELLE DAME,
PRIA MAISTRE ADAM
de luy faire des v.c.rsfur ia Beaut e.
Q
Vand ic *uiens a penfer que <vms moune& *vn
la mart dans vos
tous cej doux at traits dont la Beauteiousparp,
Se perron? enfcrme^fom vn marbre de *Pare >
Que le temps vow doit rendre au mefpris de nos < v
JMoindrc que cet Iris qui foudre <uos ckeueux*
Que les wen ^excrement des foms de la
f^. j
c Perceront hinement de voflre Sepulture,
Oue leur bmtalite me fine sir a cacher
Dans ce pin que les Roys noferoient approcher.
En vn mot tque le fort won* cgntraindra de fui
Celles (jut nefont pltu que I ormment d vn Imre >
le w?urs de defylaifir envoy ant tant d app&j,
Sujets aux ^ifenfe^ dvn ngoureux trefpas ,
Et ie blafme le Ciel daucir mis tant de chofes,
Dans <un teint qtii ternit tf les lys & les rofes ,
Et qui malgrs pourtant tow nos cm faperflus ,
Les rofes reuiendront* & ne nuiendva plus.
MENVISIER DE NEVERS.
^ ^
N N O M M E DES-CHAMP S
apportant Ic iour des Roys, des vers Latins a Monficur
de Langcron pour Eftrennes, Maiilrc Adaav
luy ftc ce Sonnet fur le champ.
SON NET.
_
E ne the ficque pas de dire dans mes champs y
L A quel point t<* valeur a fair monter ta gloire ,
II faudroit eftre ayms des Filles de Alemoire,
Cvmme ce grand Efprit quonappeile Def- champs*
le nay iamais cherche riy par monts ny par champs,
Cette fierce , ou la Mufe a tout heure *UA boire 3
j4uft ie nofe pas entonner ten Hiftoire ,
De cramte.que mes vers nefajftnttropmefckans,
\
Imuoque feulement pour toy la De Mines,
j^ue decant c}ue le temps ait terming I dnnee,
TupaJJes des C&fars les Bdliqueux Exploits}
e ce^ brat dont m tiens ^ pares la Tempeftel
Faffe que ce jottrd huy I* on celebre ta Fefre
far fa merit es bien d eftre au nombre des
no LES CHEVILLES DV
A VN SEIGNEVR, QVI DEMANDA
DEVANjr [M.ON,S;EIGNE VR
LE CARDINAL DE RICHEL1EY,
* o
QVATRE VEP.S A MAISTRE ADAM,
lequcl luy nc ce Sonnet fur le Champ.
SONNET.
Raiter de quatre <vers *un Seigneur de t a forte*
le fer&is accitfe de peu dc mgement^
Ton merit e eft trop grand^ mon amour trop forte s
ne tc presenter qu<vn quatrain
flaire a ton defir I ardeur qtti me tranfporte
J[4e fait naiftre ces vers (jui riont point d ornem^f s
Sinon qu Us font traceT^ par I Ange G/ui me pone t
chanter tow les tours les memeilles d Arman d,
Us ne font pas icy le pourtrait de ta Gloire,
Tour vnfujetfi beau les Filles de Memoire
Zid enftrmeront tantoft dedans leur Cabinet :
s qua tes <vertus is n?fcray point ebiche :
J\dais pourle temps prefent neftant pas ajfe& ri
le ne te fuu offrir que ce pauuKS Sonnet.
MENVISIER DE NEVERS. ,
*******^* *******$ * **
E P I T A P H E
A LA MEM01RE DE TRESJLLVSTRE
Et trcs-vcrtue.ufc Perfonnc
MOHSIEVR PAVLLET,
EN SON VIVANT CHANOINE ET
Poyende TEgLTc Cathedralc dc Saint CircdcNc-
ucrs, lequel dcccda en celebrant ia Fcftc du trcs-
Saint Sacrcmepr, 1 aji 1643.
I four auoir ferny a exemple,
Aux plus illuftres de ce Temps \
Si potw auolr orns ce Temple ,
Mieux que les rofcs
Si le ccurs d if une belle vie ,
J)e gloire g? de <vertu fuiuie ,
Doit mettre vne ame en
On pent dire auec iufte caufe >
Cduy <jui cy-deffow repofe,
flits befim ci*Autel$ que d? DcprofundisI
Ee iij
LES CHEVILLES D?
r te faire connejlre,
Comme le Ciel fe k donna ,
Is f ache qu en couronnant [on Ada iflre] temaiiepma
Son Adaiftre aufii le cottronna\ iaproceffion,&
r I* VTX s*, i / tombaen Cou-
L.A mort d <vne Pompe Lelebre 3 ronnantieSamt-
Luy fit <vne T>0mpe fanebre , Sacrement dy
*-r /H . v T i nc cour nne de
hn le derobant a nos yeux: fleurs.
is ce fut auec tant de Gloire 1 ,
iamais I ceil de la Afemoire
naif re vnTombeau quifnft plus Glomuti*-
Comme <vn nourrifon de
6lui parmj I or age & I effroj,
Mettrt en mamtenant la Couronne
De/tts la tefte de fin Roy\
De mefme an mefpris de la
11 rendit au Dtuin Monarqus
^ous les reftes de fin deuoir ,
ft quand le mal le vient
aima mieux cejjer de
de refer ^tuanf fg manqutr
- ^ , -* ^_._ . ^t _ ^,^_ jf
MENVISIEK DE NEVERS.
*
milieu d vn peuple fdele ,
jj)ui de toutes parts le [uwoit y
. - r J ~ , I! ft cmporte
nt four imiter Jon {ele , cfujnouy del*
four la charge quil awit} ProcdTai>
En celebrant I Augufte Fefte ,
)u Moteur qui Uent U Tem
Et la Deft wee en fes mains i
La Mon d vn cquf doux & funefte 9
IJ -elegant au Sfjour Celefte ,
* Lefam$ four iamau de celuy des humainsl
Funefte de <veir fa f re fence ,
bjet d <vn veritable sfmour ,
^Marcher [MY les pas d vne abfence,
Qui ne fromet point de re tour)
MaU fauorable en ce rencontre ,
Gue far fan falui Dieu now movtre ,
Vn lieu Superbe ^ fans pareil>
OH I homme le plus miferable
Jmitant fa vie adorable ,
corwne luy fur le front dtt SokiL
LES CHEVILLES DV
Grands Imitdteurs de fa
A/iimftres de ce lieu ,
i ne refpire& cjue I enuie ,
JD accrotftn la Gloire de Dieit->
^Pardonne^- moy fi le vow blafme ,
De <VOH-S voir pner pour fon awe ,
Qui, rieft pliis capable d ennuj >
Sa Clowe eft toute indubitable t
ie trouue plus raifbnnable ,
le frier four now , que de frier pour luj.
EPITAPHB
MENVISIEK B NEVERS.
EPIT APHE
D E MADAME
CLAVDE DE SAVL
i>E T A VANES,
Femmc de Monfieur le Marquis Defpoitfc.
laquclle trefpaflale 25. Mars 1639.
I on pouuoit
Quandleur fat alite nous <ueut priuer du t
Si la grandeur duS&ng , Id Fortune &l *
*P outwit f awe ditrer la courfe dts Annies >
Celle dont ce Tomkeau fe vante fans pareit,
Exempts du tnbnt quon do if <* la Nature,
urott jamais entre dedans la Sepulture
Qu awcquele Soletl.
L Immortelle <vertt* dont eUtftet feMe,
bloit eftre au dejfaf des ^volontes du> fort,
Et l&n <v& s efonnant comms ^nc iniufte
Ofa bien triompher d vne ft iufte vie,
Car quay que la raifbn nou<s pwffs
SttrU nece/ite de la loy Nature lie,
tteris que ceft a tort ffU vne chofefi Mis
mounr.
ii6 flES CHByiLLES DV
Sc? moindres a&ions ont paffs pour Diuinesj
Mile fat jcy ba< <vn miracle a nosyettx,
AdaMCommevahau/ofier , dont la rofeefla^ deux]
Ce -trifle monument n en a e^ue les efpines j
C cft en vain d efperer far des flews fiiperflus,
ce Tombs ait cette flsur vienne cncors*
mefme fe feroit des larmes de T /furore
Now ne ia verrpns flu?,
\
Ette eft dans vn (I jour d eternefle dttfee,
Ou I dftre qm nom lyit fait ie tour fous fts pa^l
OH, I Empire du temps ny celuy dit trepat,
jN ont p.Qint d authority qui foit Cogfiderte?
La fi le Cottnenir donne de la pitte >
Si la terre a pour elle encore quelques charmes*
lefefcbettx plai/Jr de voir tomber des larm$$
fa chere moitiL
\Afres k rude effort de ce coup inmnciUe }
Sort EQUX deuint fottrd attx confutations y
Etfon cczur flicbiffant dejow les pafiions
^Paf trop de fentiment demnt prefyue in
La conflancc fay ftt *z> <>U$$ de mejfm
Sa parole ceffh ,fa couleur deiunt Uefme ,
Etpres de ces deux corps U wprt mefconnut
qwelle auoit pri/ t
MENVISIER DE NETERS.
Aufii depute le \our d vnfi cruel outrage,
tand il vient border fe fitnefte CerctieiL
II reffemble an nocher qui regards I efctidl,
Ok I orage itnpiteux a caufe (on naufragc -,
11 meurt de delplaifir d? voir que fa v
~6}M cent foi? a fcmy de remfart a la
N a fait qu run vain effort contre la vi
ce commun
De quclcjiie ftrmete dent Vn efyrit ft- fa
ontre les accident qui le peuuent t out her ,
S il ne fotipire pa*, faut quil foit vn Rocher
Qtiand iifent Gjue (on cosur de fon cceur fe fepci
Mt cvft <vn grand bon -heur Cjue le Cieiluyfeit<Vi
Contre la pafion du mat qui le pojjede ,
[on prop re malhfur a fait naiftre i>n remte
Gontte (on
Ce cxtti : romfit le cours de fa mortelle plaint e ^
des flats de fes yeux arrefta les dcbords ,
Ce fat par le recit fjiton hty.ff) (juen fon corps
Qn auoit rencontre les trtarques d <vne Sainte >
Sa glolre fe twuuant efcnte dans fonfiei,
Cotifirme a I Vnwers cette fatntte c&ufa.me
Suon ne fcat .roit tro:mer quauecque I amertumt )jert
F JI J f" I cCla
Les deuces du Ltel.
LES CHEVILLES DV
Dans cet heureux fejottr OH tout le monde afp tre?
les contcntemensfitrpaflent les deftrs ,
Ou font eft immortel> o& les motndres plaifirs
Sont plus a defirer que k eclat d vn Empire >
Dans desfelicitez. qttoii ne pent exprimer s
*d fife fur les bords du celefle rrnxg?,
Mils votf des mortels I ambitieux orage
crainte de la mer.
Taffant ,pour merit er k bon heur de U fuiiwe,
Et rendre ton efpnt a iamaij fat is fait >
dpprends par le chemin que fa <vertu te fait,
Quilfaut four bien mottrir cjue I on f cache bien
jtnprime dans ton ccsur la grandeur de fa. foy ,
Et four participer a fa gloire immortelle ,
la pluftop (que de frier pour e//e)
prie pour toy.
MENVISIER DE NEVERS,
***** 4- ,***.*,* _i, * * * t* * *
&& gMfcaw tffeAfll AebffidB gfe >S Ate&li <fe cgd
MONSiEVR LE COMTE
E LANGERON
ESTANT ALLE EN ROVERGVfi
pour rcmectrcles matins foes I obdifancc duRoy,
cfcriuicvncLettrea Maiftrc Adam a Ncuers,par
Jaquelle ils enquicrt s?il a aciiete vnevigne, 6c ce
qu il a de rcuepu.
RESPOISSE.
MTE, pour refyondre a ta Lettre*
La Adufs a bien veulu fermettrc 9
Que <e rotournaffe cheTfiy ,
Bien cjue leujfe romfu Cafoy t
ma pafiwn natunUe
t fait iurer auec clle 5
Ellc eft de ft bonne amitie ,
Que far ^n trait de fa fitie,
file a r Allume dans mon ame 9
Vn rayon de I antique fame ,
Qtti me ft quitter autrefois ,
be RalotJa Scie } & le
3jO - LES CHEVILLBS
Et <jui d <vn miferable Ruftre ,
Ale ft fajJL r four <un Itluftre.
fcage qui me fait de trop pres ,
JVfetamorpf?G/Gtt en
Les banners qx f u$
Al auoit adiiuc7^ fir
~Et prefque tout *vfi du temps ,
Ccmme ijnc fcmme a cinquante
ie ri enfant Q is plus ni-dles chofes.
J\dais Cuiuant le Defiin des roCes ,
T\ /- J
JJLe torn [es outrages njainca ,
I allvis deuenir gratecu ,
Qiiand ta Lett re ma fait reprewdre 9
Comme --un ckarbon deffow la cendre>
Vn feu fjui n eftott plus itmant >
^Si tu n euffe anime le <vent,
rend en Icur force premiere s
ma cbaleur- $.fa lumiere -,
Doncques four te donner adui$- 9
La f aeon comme ie i;/>,
nr^fjue par ton alt fence,,
I" ay fait leaucoup de penitence ,
Que te fats prepjue eft & cent raint
De [mure tes fas & ton train,
^Pow me rtmettre <vn peu la mine i
/
Sttr tes raeottts de ta-
&^i"-
MENV1SIER DE NEVERS,
is graces an Cid^maintenant
le re f rends Garefmeprenant ,
que dijne chere extrefme
Frere a bonny mon
d lPoiir Is renew* de mon lien ,
^Que tM feux ap fetter le tien ,
Et qtti te fera pita fiddle
tes mulcts & ta
maint en ant -de s ancans.
Entr les gnffes des Croquans f
le t ajjeure. par i<n ptefinte ,
Qtifls decroift hen fins qu il n augmcn,
uis qtthier dedans le terrain ,
Do nt tti mat fait le (ameram ,
le perdu pour toute la troupe ,
cinq on fix <vuideurs.de coups i
pour trop loire 4 ta fante ,
rendirent efyouuante :
s ffachant comme fu te port-e
Cette perte me reconforte
*Puis que dans ce noble
r ^Pnfy ton frledeci t
la genereufe enuie>
Quit a de conferuer ta vie,
N auroit fas fait ,c@mme ie croyl
men Bemant on ft pour toy?
LES CHEVILLES 0?
,, j
ce quon chants d* Efeulape t
De lupiter , (ef de ^Priape,
De ce diett qui fut maq * * *
t de cehty qui dedans l eau }
Fait fouuent ^ne lechefrite y
De la coquiHe d ^npkitrite ,
LOTS que (om les flots Cufidott
iBnifle fon efcatfle lardon ,
? csluy mefme qui commande
toute I infernale bande }
le tiens que ces Dieux font varnais
Quand, on leur farle de Bachus
le ffauoir le plus fnblime ,
qui noflre corps fe rani
enfant e pa* la guenfon ,
Comme koire & faire rmfon
ieurs pttijatfces font des fr\\
Et ce ne font aue les Idoles
De ce Monarqm fans pareil ,
t hi lie mieux que le S oleil >
rs quarts dejjus la konde ,
vn gros muid qui fume & qui gronls*
II nargue du foir au mat in t
Tons les capn^es du Defin }
Ceft luy qui fait ma dejhnee ,
MENV1S1ER DE NEVERS.
Ale fait preferer bien (euuent
Le Cabaret a *vn Couuent.
Ceft de cette liqueur fuprejnte,
Qttc ma Verne deuient extrefme ,
Et qui te promet quelque tour ,
*Pour les marques de men j4mou? 9
De peindre an front de la Alemoire,
L illuftre pourtrait de ta Claire)
Car de quelque infigne valeur ,
Dont tu tricmphes du malheur
Quelques Lauriers que Adars ordonne >
*Pour iombrager d^ne Couronne ,
jjpffend* que de fafcheux hyuers
Secheroient leurs feuillagss *vers,
S ils ne pren&icnt leur nouniture 9
De cette parlante peinture t
)ui n auroit qu<vn foible orncment *
Sans le }u$ qui <vtent du ferment t
Je ne ten romprois point la tefte ,
Si tu ne me-faifois point fefte,
*Pdr la Lettre que tu mefcris ,
De la vandange & de fin prix*i
Fay plus c&npdere la Ligne ,
Ou tu me paries d vne
)ue ne feroit <vne T^utam
Les pofttire^ de Larjtm.
.._. J
CHEVILLES D
Aiau le malhc ur qui mfimportune ,
Fait que par faute de pecune >
le ne ffaurois me cont enter 3
*du defir que i ay d achepter j
Car pour te yarler en franchise
lefkis GueMx comme ^n rat
Tout mon argent: sefl efcowl/
ais il rieft p&s ft loin? alie .
> r ;
encore <vn coup le ne le <voye 3
feut-eftre auecque plus de joye 3
Qtit tu ne reuends celuy
Dont la perte a fait ton ennuy.
Toutesfois que ferols tuplaindn}
La fortune ria rien a craindre
La vigilante affeffion
Ghii t in$ire la pafiwn
D efyandre par toute U ttrre*
Le fang , le carnage-, la Guerre ,
^Pour rendre le Prince Fratifois,
Le Monarque de tons les Roys :
Brille d <une vertH (i rare
Gjue Lufiubron ce *Turc jiuare]
Euft achepte de tout [on bien>
Vn Blow comme le tien;
OH diantre ef-ce que laccule
ma penfee eft Ridicule,
ME-NVISIER DENEVERS. .55
De faire vne comparaifon,
Si pen fortakle a la Raifon.
Non , cher Comfe , ie te conjure
J)e me remettre cette injure ;
Retournons fur nos premiers pas*
Car ma foy te ne penfois pas ,
de ce Bardache infame ,
mefme auroit prodtiit fa femme ,
Toute fafamitte, &fon * * *
aire raffle d >f vn efcu 5
chtl^ Soliman pantt Chiche
L ame de cet infame Riche.
Pour retourner a mon difcours ,
Ettinuiter a mon f scours }
Comme mon Tuteur ie te prie
autant d idoUtrie ,
ton ame en a four Fanchon ]
t la mienne four *vn Bouchon.
Que ft tufai& quelque capture
Sur I A maudite genuure ,
Qui morguant la Dwinc Loy ,
Fait la mquc aux Edits du Roy]
D en faire pan a ten compere:
jlinfi la Fortune preffiere ,
*Pour croiftre tes fdicitez*,
s a tes toft it j
/ V
LES CHEVILLES
four conneftre ton [eruice,
Lsfyargne comme ^ne Eftreuiffe f
En te f re fent ant fes doublons >
marche fas a reculons >
contraire , que ton merits
DC mefme tjtiil eft fans limit?
*PouY accroiflre ten reuenu ,
Sans limit e fait recount*.
j\4ais fur tout ie te recommande >
t mefme ie te le commande ,
A moms que de m eftre enemy ,
DC parojftre <vn pen plus amy t
j4u deftm qui bruflc d tnuie>
TdM I acci oijftment de ta vie.
En <vn mot , ne ih
Entre Ics griffes du
Car de cjuelcjiie plume faauante
De qaelque peinture i^iuante ,
Dont <vn Hews foit eftime ,
Enfitited vn Libcrame,
T^our tc montrer fans artifce\
Les fentimsBS de mon Caprice ,
S caches que toy me plus le fort ,
jy<vn gMeux ijiuant , que d *vn Roymori,
le prefers le tien de ^ure ,
tous Ics monument d wn Liure~,
P*
MENVISIER DE NEVERS. 137
Aripote mefmement,
En viendrott tracer I* argument)
La Gloire fuft-ette mieux peinte t
Je U conte pour line Sainte ,
One I ame ne regards pa*
Apres I iniure du trefpa* :
Vtuons tou fiours sil eft pofitble ,
Et fl tu rieft fas infenfible
Aux prieres que ie te fait ,
Rends -toy du cofle de la. T^atix.
Que s ilfaut que ton brat dejftrre
Les de-rniers coups de fon Tonnerre ,
Que ce foit contre ces Bourreaux
Qui font ennemi* des tonne aux ,
JEt qui pour futttre <unfaux prophet e ,
Cherchent^ tow les iours la deffatte 9
De ce Dieu qui satta planter
Dans la feffe de lupiter.
Adieus cher compere / acbeue ,
Ton Laquais a rompu la trette
Que imois auecque Apollon,
Et la morgue de fon talon
Oblige ma plume a conclure ,
Tenant le Ciel & U Nature ,
Que tu me fois toufiours
Comme iefuis tgn feruiteur.
5 LES CHEVILLES DV
, s
LVTENPICANOK AY A NT DERFGHEF
Edcmal traiic dcLuftubron^recomrnen^a cettc
feconde Piece, qu il n achcua pas, a caufc que le
Grand Seigneur luy deffendit : Tirce du mefme
HiftoricnTurccjaeflla precedcnte: traduite pax
Maiftre Adam,
IMPRECATION.
VO T! c eft done a Recommencer,
"/ ton tyranniqus penfer
De toute malice capable ,
Vcut rendre I innocent coupalle ?
/ tu pe fifes par le deffein
noir Demon qui dans tonfein,
ton efpnt bramche ,
Comme vn tan qui pique <vne wache ,
M eJlQigner d dupre s d& deux yeux
Quifont mes Soleils & mes Diettx,
Et d yf une medtfance infame,
*Prefque aufii noire qyte ton
la reputation >
[ inclination
MENVISIER DE NEVERS,
ta Brut ale destinee
Tout e la terre ma donnee,
Lejkrigon, Buftre inhumain]
Juif, dont la ramffante maim
j jj
plus Brigand? dc r Pecunel
I O v
iil nenfaudroit pour la Fortune
<un homme quiferoit *vepu
De tous les dons de la Vgrtu.
T^efte de ce Siecle ou nous fommes ,
Ennemy Acs Dieux & des Hommes,
Fantofme , Lougarou , Lutin ,
Dont Ie Dialle quelque matin -
Dam If plus profond de I Aucrm,
Doit faire vn Bottchon de Tauerne*
TPour appeller aupres de Joy ,
Tous le*s tvfuriers comme toy^
Traipre, penfes-tu fjue ie dor me
c fandis que ton efprit enorme ,
*duecque deux de tes fuppofts ,
S amufe a frontier mon repos ?
Non 9 il fault 0jue ie recommence
^ combatre ta violence >
Et peindre iafques au dernier trait,
*Ton Abominable pourtrait.
Reynes de ce Mont que i adore >
Germ Ames de [4ftre qui dore.
*46 LES CHEVILLES DY
^titeccjttf mills traits diners ,
La farface de IVriwen*
Ce n eft point <voftre art efue i
ce Mirmidon de Biccqite ,
r ce peculairc auorton,
i nauroit pas en le teflon ,
Sifon Brigandage <vt(ible
mille orphelins fi nuifok
cujk a/is fa profpente
dejjits de fa epalite.
le <vous referee belles Fees ,
T*our chantey ^n iour les trophies
De mon ^Prince , a qui les DeftmJ
cent R&yaurnes mutinsy
far la terre & I onde y
La conduite de tont le monde 3
Employee vos- feintes couleitn
*Pour peindre des gefles veleurf,
Seroit dans des actes propkanes
Donner de foncens a des afnes y
t monter fur *vos deux fo
Vn monftre , qui naura
De plus cekbre recommence ,
Que la time d >a vne < ~Potence>
*Pajles hofles des creux
gen <ves antres n
MENVJSIER DE NEVERS, . 24 t
Tluton 3 Proferpine , Cerbere,
c Tififl)onne > QAle^on t Megere
Claton , Lacbe/is , Airofos
Radam^nte , Eaqtte , Minos
Toy-mefmc four qui ie Blaffame t
^Plus diable que le diable mefme ,
Pour fat is fare a mes accords
Vomis de ton infame Corps t
Auec cette infer wait b&nde .
La petnture que ie Demands,
Hb
CHEVILLES DV
Maiftre Adam auoit deux Bouteilles de vind Ef-
pagne , done il en enuoya vne a quelques-vns
de fes amis auec ees vers.
E P I G R A M E,
IE vons enuoje *vne Bouteille
Qui vow fira dire merueille 9 ,
GoMMerneZj-ladans la douceur y
J)ont nou& allons traiter ft
Elle I auroit accompagnee ,
2v\ais nous I en auons ejloignee^,
Car [on ordre ny fes deflews
femblent pa* les*** *
qHt le occur palpi te ff tremble.
! Us ne font pas deux.
le *vous ojfre cette liqueur
2) afftttion & de bon &eur y
Comme fans aucun artifice
viuraj four vofre fermee
MENVISIER DE NEVERS. 143
A Monfeigneur le Chancelier. Maifhe Adam le
pric dc luy faire donner la charge de cachetcr les
Bouteillcs , oil 1 o.n prcnd dcs caux Mincialles,
a caufe dc Tabus quc coinmcrtcnt ccux qui les
cnleuent.
STANCES,
Acre Minijlre de Themis,
T ay fait tout ce cjite fay ^u faire t
Sur ce que vous maucz^ yromis
Povrobligervn Secretaire,
A mettre deux mots de fa main^
Survn morceau de parch emin.
Jidais tovts mes foin s font fup erf its,
Toy perdu mon temps & ma peine,
le voy que leurs doigts font per clus,
Etque mon entrance, efi <vaive y
Si pour moy vousne faitesvoir,
La grandeur de v oft re pouuoir*
Si ie vous allots demandant,
(htelqtie cbofe mal enftndue,
Vous atones droit en rcfpondant,
JMaiftre Adam ta caufe eft perdue^
Car on ne fait en mamaifon
Que ce qtfordonne la raifen.
Hb ij
144 LES CHEVILLES DV
Pour ~bieu ne me
Vne chofip legitime,
Que is ne perde point mes pas,
Er four It paysmcntde ma rime,
le ne <vous demands au<vn fee an
Pour emplir des Bouteilles d eau.
A Monfeigneur le Marcfchal de Chombcrg.
EPIGRAMME.
HErcule des Francois , grand Phcenix desGuer-
riers ,
g~~l Ptf Y) C ///] Yt f I /i T) /f IP fJiV* I f\ Ijin f PYlt" V) n lTV*0 I /1/VV/l >7*7
JL J- v f i/J C&(s fl if utsv ks vmvlv vvli I (/ t/Pll> f> C fib frUlv* C ***t(J twf (J /// C*
Pourras-tti bienvn iourfuporter les lauriers
Que parmyles combats ton conraqe moiffonnei
" t ^ I ] O JJ
Mars porte de I enuie ates fanglans efforts,
^Tu cultines nos Lys fur la cendre des Adorts
Que la temerite contre toy fait refoudret
L ennemy qui te <voit & ne reculepas ,
Fait croire quilfe dit plus ptiijfant que la foudre,
Ouquil faitvanite de mourir par ton bras.
MEN VJS IE R D E N E V E R S. 24*
R O N D E A V.
; y
E vos beauteZj on me verroif
N eftoit CJH amour four ^m autw
Qut me poffede auecque tant d cwfire
Qtiil mefaudroit <vn (teclepottr defcrire
Le Labirinte OH IE me trome fru.
vow ftrhzj plus belle que Cyprk
N eftoitaux yeux du beauberger Paris
le ne pourrois autre chofe vow dire,
De vos
croyez, point qut ten fujfe vn mefprjs j
Car ie ffay bien que mille beaux e^rits t
Soujfrent pour von* <un rigour eux martyr? *
&3 ijous feruir tout mon dtfir afytrc
Sans qut pourtant it me fente farpris
De <vos Beauty*
LES CHEVILLES DV
fe^yk$&jy!^^^
Maiftre Adam fit ce Sonnet a Madame la Prin-
cefTe Anne leiour des eftrencs,
SONNET.
Jgne obiet de nos vceux , Princtfle fans feconde,
Keine dont mille Rois ont efle lesayeux,
Et de qui fcetl plus beau que le flambeau du Monde
Fait bmjlcrles mortels , & fiupirer Us Dicux*
Ma Mufe ce matin four votts fairc <une eft rent*
A fait ce q Me lie a pu pour en *venir a bout,
Mais die ria trouue c^u^vne inutiile peine 3
D entreprendre a donner a qui poftede tout.
Vous pofledeZjlesc&tirS) <vous triompbe& des
Sans le fsu de VQS yeux Amour feroit fans fames ^
Les Kois fous vos afat ne voudroient rien ceder.
Tout ce que ie ffaurois vous defirerde iuflc ,
C eft de voir *vos at traits pojfedeY t)n
Qui merire I bonnettrque de lespojfider.
MENVISIER DE NEVERS. 2 4 7
IMaifire Adam eft follicite par vne Perfonne de
condition d alkr a la Coin, afin dy dtablir fa
fortune , il luy fit xefponic par ces Stances qui
fuiuent,
STANCES.
\Ourueu quen ralotant ma diligence af forte,
equoj fa/re roulcr la courfe d >r vn ijiuant 9
je Jeray plus content a viure de la forte t
Que fl tauois gagne tons les liens dn tenant $
S ejleue c^ui voudra [url inconflante rout y
Dont la Deejfe aueugle en nous trompantfe joue ,
le ne m intrigue point dans fon funesJe acueil y
Elle couure de miel *vne pillule amere ,
Et fbus I ombre d >r un port nous cachant *vn efctieil
Elle deuitnt maraftre^uft-toftqitelU eft mere.
248 LES CHEVILLES DV
Ie ne recherche point cet ittuftre aduentage ,
De ceux qui tons les tours font dans des different,
^A diftnter I honneitr d vn fameux far ant age a
Comme ft les humams neftoient pas tous parent $
Quon fpche que ie fas d vne tige champeftre,
Que mes predecessors menolent les brebis paiftre -,
Que la rufticite fit natftre mes ayeux ,
Adais que tay ce bon-heur en ceflecle ou nou* fommes>
Que hien que ie fois bat an langage des Hommes ,
h parle qtiand ie <veux, Ie langage des Dieux ,
La fuite demes ans eft prefque termime ,
Et quand mes premiers tours reprendroient leurs apa&
La courfe d vn mortel, ce <uoit ft toft borne e >
QM il m eft indifferent d* eftre on de rieffre pas$
Quand de ce tronc viuant Fame fera fbrtie 9
Que de mes elements I ordre ou i antipatic >
Laifferont ma charongne a la mercy des vers 9
tDans ces lieux eternels OH I ejprit fe doitrendrel
Jl m importer a pen quelfecond Alexandre, ,
Ss doit fairs ^n ante I du front de Written,
MENVISIEB. DE NBVmS, z< 9
I grand <va seflonnant de voir que ie Robots t
qui ie refyondray pour fe defabufer ,
En fon aueuglemenr que fon ame radote.
De pofleder des biens dont il ne fcait *vfer ,
vn partage inegal des dons de la Nature ,
nous fait pa* jouir d vne mefme aduanture,
Mais que ma pauurete peut vaincre fonorguid.
Pour ft pett de fecours que la fortune moffre 3
Puis que pour fes trefors en pe nf ant fair e <vncoffrt t
Peut-ejlre que du Bois i en feray fan cercueil,
Le deftin qui pre fide anx grandeurs Iss plus fermes,
N a pas fi bien fonde fa conduit e & fes fait,
Que le temps nait prefcrit des borne $ & des termes,
aAuK faftes les plus grands quefafaueur ait fait s- 3
Ce Prince dont I Smpire eut le del pour limit e y
/*\ \ /^ I . Lifez Plutar-
Qui trouuott a Jesyeux la terre trop petite , que dans icd er .
Pour sejleuer vn trofne & conftruire <vne loj, Slu ^Tpaai
Son dernier fucceffeur fe vit fi miferable 9 S deliS
Que pour vaincre le tours d vne faim deplorable
j/ /) s r>/ /?/
// iaidad ^n Rabotaufiibien comms tnoy t dcllillt< Menui -
250 LES CHEVILLES D
Les reflations font des chofes eflranget,
Ef par m faint difcoitrs digne d eftonnement 9
U Ange le fins parfatt qui fuf farmy les dnges s
N a-t d fa* fait borreur dedans [on cbangement \-
Va ne me paries plus des pompes de la Tmr,
Le bnllant des grandeurs eftvnefclat de *verre
Vn ardant qm nou* trompe aufi-toftqu ony cour 9
Ce rieft pa* quen paffant ie ne te remercie,
Mais pour t ant tu faauras qtte le brutt de ma
M.e flaip miettx mill? fois que le bruit de
MENVISIER DE NEVERS,
Contrc vne vieille Dame qui Blafmoit Maiftrc
Adam fur ce qu il 1 empefchoit de dormirla ma
tinee, a caufe du bruit quil faifoit enpofant vft
plancher chez elko
STANCES.
LOrs que la mort qui tout attrtye 9
Par *un fmefte cbangement ,
Uous mettra deffotis <vne frape,
Ou tout le fyauoir d Sfculape ,
NtMra quvn <vain foulagement,
Contre le dard dont
e voftre incomparable trongns ,
La vine image da bon temps ,
Ne feraplus quvne cbarongne s
OH les vers iront en befongne
Plus affamez* , C5* pins contens ,
Qite dans <vne cane vnywongne.
LES CHEVILLES DV
S ccs honneurs & ess fermces ,
Dont VOMS flatten tant voftre corps ,
Vow feront contest four des vices 9
D<ms dloaque de fupftlices,
Qui de tout temps eft che& les mort$
Tour ces amateurs dedelices.
Et <vn mot quand voits ferezj worte
Et qae la iusJice du fort; ,
FttfteZj votis pltts ricbe C5* plus forts
Vous fera pdffir <vne forte.
D ouiamais fer forme ne fort
friere qu on afforte-y
vleille fern fit ernelle z
flat (Irs feront effaces,
L effroy d vne nuit eterndle 9
Bannira de voftre frunelle ,
Pour <VQUS faire dormir ajfez,,
am* horrible t$ criminettil
MB-NVJSIER DE NEVER S. 253
Caprice de Maifhe Adam centre Ics Mufes fur
ce qu il auoic fait.des vcrs pour vn grand Sei
gneur , auquel il fit en (uite vn cercueii.
CAPRICE.
Redines du mont
Mufes , qui dans I V rimers
Faites porter la be [ace
&A tanf de faifeurs de vers $
Voftre nature immortelle ,
N eft rien quvnc bagatelle >
Puts que tEloge plus heati,
Dont yous flatten les Monarq
Ne peuf empf/cher les Tarque
Ifttr creufer le Tombeau.
Lers quevms priftes la pein-c
De venir fur won ber$e<m
Emplir ma parlante <veine
De voftre mentew vuittejiUi
__ jj ^
Trois fois maudite fott I heure I
Qit entrant dans cette dfmeurff s
OH won corps fut enfante s
Vous me rompifles le vaje*
OH vous apponiey^ fextafe y ,
Dont votts mauezi fnchantt.
Ji
25* LES CHEVILLESDV
Cette veins frenetiquc ,
*ar qui mes fens font b
Et quifaitquen ma Boutique^
^Tous rn& outils font rouiUeKt t
due c (on Enthoufiafme ,
N auroit pas porte mon ame,
^4 fes apas faperfltts,
Qjte d auoir en faux augur e ,
Teint d eternelle Nature
Vn Heros qui ne wit plus,
Fabandonne <vos trophees 9
Pegafe , C^ voftre valon ,
Vo s oAmpbions , vos Orpke ts \
Phoebus^ & fon violon*
le fulmine , ie detefte ,
Contre I ardeur qui me rejke 1
Et mefprifant vos douceurs,
le retourne a mes Cheuilles s
Efyerant d vn jeu de quilles ,
Gagner plw que des neuf fcsurs*
MENVISIER DE NEVERS.
A Monfieur le Baron de la Hunaudaye , fur ce
qiril logca Maiftre Adam chcz luy.
CAPRICE.
4ron fans toy i eslcis perdu ,
Jout won bien e/loit depends ,
pauure qu<un rat d* Eglife 9
Prefi avendre habit & cbemtfe,
Le <uentre creux en violon ,
le difois nargue d dpollon ,
JDe Pega/e, t$ de la Fontaine ,
Que now appellons kypocreine 5
Mais grace a I extreme vertM 9
J)ont ton efrrtt eft reueftu ,
Mon deft in a change d vfage,
le reprends mon premier vtfage >
Paris qui du commencement ,
Me platfoit moins quvn Monument \
M eft vn Par*du dele ft able j
C*eft I abondance de ta table,
Et le <vin quony boit fans
Qui mf If font trwmt fi
LES CHEVILLES DV
*Dans ce contentement extrefme ,
Iff ne croy. plus eftre moy-mefme 9
Mon mamais fort ne die fins mot^
lene fonge fins an Rabot ,
Je ne cbercbe plus de pratique $
Et la face de ma boutique ,
M e (emble aufi pen de faifon
Que U forte d <vne prifbn.
Que ie dois cberir le genie ,
Qui me donna ta compagnie 5
Que fans IMJ la necefite 9
Cboquoit blen ma f elicit e $
Je ne ffauois a qui me rendre
Le defefyoir en a fait pendre ,
Qui viuoient plu* beareux que moj 3
que t entraffe ehez* toy$
maintenantrien m importune \
Le doitx repos de ma fortune?
Lesefyines de mes mal-beurs
Ont fuccombe deflbus les fleurs 5
Bref, par ta bonte 3 mes fupplices I
Succomberont [bus mes delices
Pourueti que parmy ces plaifirs
ne changes point de defirs.
CHAN,
MENVISIER DE NEVERS.
CHANSON.
Bfent de vox appas , ie nevoy riende be AM,
"Tout me femble funefte ,
Et is ne ferois plus que fobjet du
Sans L ejpoir qui me refle
De Mtioir <vos beaux yeux,
Dont la fame eft ft Idle
Qjte mon CKW Us appetle t
Ses Solcils & fes
Prim de leurs regards , les ioHrsmefontdtsnuifts,
La lumiere rn offence ,
EC tout ce qui m oblige en I efttf ou ie flits ,
C eft la fettle etyerance
De reuoir <vos beaux jeux>
Dont la flame eft Jl belle ,
Que mon cceur les appelle
Ses Soleilstf fes Dieux*
C*eflainfi quAlddon dans <vn ejloignement ,
Sottpiroit pour Stiff ie ,
Et fans dottte lamorf euft finy fon tourment ,
Sans I amoureufe enuie
De reuoirfes beauxyeux>
Dont la flame eft ft belle 3
Que fort cceur les appelle ,
Ses Sole Us ^ fes Disux.
LESCHEVILLESDV
A Madame la PiincefTe Marie. ,
SONNET.
Vandvou* neferieZjpatde cette antique race 3
Dont la tige A poufie la rime dans les Cieux f
Vn des traits me Nature amis fur voftre face y
VOM feut fair e adorer des homines t$ des Dieux.
Kous eftgs le pour trait d amour , f de la grace*
Vos regards out des traits ft fort imperieux ,
Que ie fuis efonne comme dans voftre glace,,
Vos jeux fans s aueuglerpement votr dans vosjeux*
Mais dans ce digne objctdegrandeursnompjtreilles s
Dans ce corps labregede toutes les merueilles ,
Quirend des plus grands Rots les SeptresMattts.
Pardonnez,fi ie dis , o Prince ffe adorable ,
Que tons ces traits diuins n ont rien de comparable,
prjs dtt grand efclat qui krille en vos vertits,
MENVISIERDE NEVERS. 25*
MADAME LA PRINCESSE MARIE
difant vn iour a Maiftre Adam qu il ne faifoit
plus dc versatilely fit cette refponfe,
E L E G I E.
Rinceffe, t ornement de ce grand Vniuers
C eft en vain d efyererque ie fajfi des <vert t
If fens bien qite mon ame a cbdnge de couftume,
Et qttil faut frefever le Rabota la plume ,
C eft t vou3 dire en vn mot four les <vcrs de for mats,
Que <voicy les dernier s epic ieferay iamais 9
PenfeZj-vous que ce folt <vne facile cbofe
viAux rigueurs d vnyuer de produire <vne rofe
Et que aueuglement du fortcjui me conduit
Me pttijfe fairs voir le foleil dans la nuift
Da temps que le foucy ne troMoit point mon
Que la Mufe {$ I amwrme-rendotent tout de
Que mon Pr intern fs eftoit a I abry des Tuers,
Qtt^pollon me montroit tons cestrefon butters,
K K i
26o LES GHEVILLES DV .
Et que de furcemontqui ceperd dans les nues>
Les IVLufes paroijjoient a mesyeux toutes nues ,
Princefies d&nt le del admire les apa*
Dedans cette faifon que ne faifcis-je pas ,
Ce pinceau qui me <vient. des mams de la Nature
^Acent fois eu i bonneur de fare *vne peinture 3
"Olivoftre feint pins beau que toutes les couleurs
A fait pleurer I Aurore ? fait pajlir les fours,
DM temps qite ie mar elms dans ces routes diuines
Ou ie cueillois des fleurs quinaijjoient fans efpines,
Ma Mufe fans flatter a dit en millc lieux
Que voftre illuftre fang eHoit du fang des Dieux ^
Et que voftre beaut e qui toute autre (urmonte ,
Surpafjoit en Autels la Reine Damatonte ,
C ettoitlors que mon* ame auroit pris du plaifir
*Au deuoir d obliger voftre noble 4efrj
Mais non point maintenant qu ette eft toute alatue
*Dedans ^jn Labirinte ou le chagrin la tue ,
Ne fe pom/ant plus rien imaginer de beau
,2V ayant plus pour objet que les *uers du Tombeau,
L aduenir des erifans , le foucj du mefhage ,
La crainte de jeuner fur la fn de. mon
Dnt tant d autborite fur ma condition
Que mon ame n a plus aucune ambition ,
Qua bvrnevfiulementmesdefirs dv 1 enu.ie
De ijiure en Menuifer le refte de ma vie a
MENVISIER DE NEVERS, 261
Suiuant du rofignoll >f vfage & les lemons ,
L abort de mes pet is apni mes chanffons
Puis que pour ois-je dire en ce fie de de guerre
Ou le Jang tous les lows de fait ere la terre ,
Ou la pejie , le feu , la famine $ le fer,
Trait tent les innocent des peines de I Enfcr ,
Quon ne connoiftroit plus parmit ant que nous fomma
Les homwes sils n&uoient le wi/age des homines ,
J o
Et que fans les effets que fait vojire beaut e .,
La terre riauroit fins que de la cruaiite 9
jMon bumcur eft contraire a cer funeftes chafes
le n ajme a voir le fang qu en la couleur des rofes ,
Et le cbant d vn vieux coq a la point e dit tour
Me plaift mitte fois mieux quele brtditd yn Tambour
Le [oufle d <vn Zephtr Je frais d vne fontaine,
L efmail dont la Nature embellit^ne plaine,
Le fdence trouble par le bruit d vn ruijjeau 9
Vn rocher qui refyond au babil d <vn oifeau ,
Vn bou ou I ombre vit lomg de la violence
De ces regards de feu que le Soletl now lance.
La Eergere qui mene IM troupeau de bnbis
Qui parent en repos les fleurs que les rubis,
Qui tcmbent come pleurs des beaux jeux de Fdurore
Font naiftre le matin dans I Empire de Flore.
que le Print emps luydonnant des foupirs>
en fofaueur en forme des Zephirs,
262 LESCHEVILLESDV
Ces ckampe fires objets me font plus dematieres
Que ces exploits d horreur , d effroy dedmetieres
Mon inclination ne cherit que la pais
Qu<vn Grand n atende point queiefcriu? ces fat s
Qti apres quit aura fait au mefyris dela cratnte,
Ce qu ont fait vos aye tils dedans la ^Terre faincJe 9
Et puis comme ie dtsiene concois plus nen ,
La Mufe ne nieft pluf quvn fafcheux entretien,
f*J perdu le beau feu qui brilLoit danis mes veines ,
Etpour le rallumer mes puijjances font vaines 3
Ie voy que mes lauriers ce changent en Cypres^
/-i / /r, -. . ^ , J * ,
(t/jie I aage me potirfutt trop *vttttment de pres ,
Et que le plus grand bien que fortune maprefte,
Eft de teindre en ar gentles chcuettx demA tefte 3
Et qtte Vien-toft la mort ^iendra comme <vn lafbn
D >f un coup inueuitable en rauir la toifon$
Mais de tons mes ennui* celuy le fins extrefme ,
Eft de <voir que I efclat d vn pefant Diademe t
A tantd aiitorite fur celuy de <vos yeux ,
Quil vow oblige enfin a delaijjer ces lieux,
Et donner pour iamais contre noflre~efperance
A I* Pologne *vn bien le $w bean de la France f
Le tour que I on me dit que vow deities* partir,
Ie lens tous les t our m ens quon fait fur vn Martir,
Mais ie ne trome point d horreur qui fe compare
rigueur du fort qui de nous <vous fepare ,
MENVISIER DE NEVERS. 263
Madame ,fl le iour de voftre efloivnement .
J , J J o
La doideur ne me met dedans le lylonument 3
Sans doute le deftin qui <vou4 aura rauie ,
<dura cbaffe la mon far I horreitr demavie,
le ne feray pai feul qu on uerra foupirer
La France aura raifon comme moy de pleurer ,
Defia fon ctfur toucbe d vne donleuramere ,
<&4 ce fanglant depart femble vnepauure mere ,
Qui ne pent empe fiber par ces cm fuperflut ,
La ferte d >f un enfant qitelle ne icrra plw
He las } -fi mon con fell <VQM eftoit agreable
Que ie pufl vow offer ce deftein miferMe ,
Que ne feroij-je pas afn de vow feruir
Centre la critaute qui tafche a VOIM rauir,
Ie von* remontrerois que ce climat barbare
Eft indigne de vow <vne beauPe f rare,
Que ce rieft qua regret que le Soleil j luit ,
Que leflus beau des Jours j <vaut moms qu<vne nuitt,
Etquvne Jimple fleur qus la France now donne ,
Vaut mieux que tout I efclaf qui briUe en fa Couronne >
Le del von* njeille ofter cerigoureux dejjein,
Qu^n fort injurieux a mis dans ^ off re Jein ,
Et que le Polonnou naif rien que la peinture
De vos ye ax qui now font donne&parla Nature ,
Qud aift voftre portrait quon ne pent eflimer
Qnil chercbe vn Prometee afin de I animer 9
LES CHEVILLES DV
De moj is fait content: quil I adore a touts betwe,
Mais quc I* original auec nom demettre t
C efi le diwn objet qtti me petit renflamer t
Et rendre a mon efprit tvfagc de rimer.
A Mon-
MENVISIER DE NEVERS. 2*5
A MONSEIGNEVR DE G.
E L E G I E.
Rodige de con fiance C5" de fidelite t
Martir dont la donleur fait la fdidte
Permetquati <uif efclat dc la diuine flame ,
Qui fans I eau de tes pleurs euft confomme ton ame,
le montre dans mef vers les violent efforts
Dont amour fans mourir te donne miile morts
le recognoi* ajjez^ que le feu qtti te bmjle ,
Eft plus fain ft que celuy qui triomfoa d Herctile ,
>Bien quen le confommant il euft la coalite
D en faire d vn mortel vne Diuinite>
T tromes tant d apas en ta melancolie
Que fins elle ta ioye eft comme enfcuelie,
Et ie fj;ay quen tes maux te vouloir fecomir \
C? rieft pat te Couloir empefcher de mourir ,
Ie nefcris pas aufii pour foulager tes peines,
la liber te <vmt moins mille fois qm tes cbaines
L I
266 LES CHEVILLES DV
De ta prof re douleur defend taguerifon,
Et ft quelqtt njn vouloit te tirer de prjfon.
Par I effefi rigouretox d <vnfi ^.mluAre office 3
Jl fofreroit des fers four te mettre an fupplice.
jLxemplaire parfait des pltM dignes Amans ,
Souffre , fuu que tes mdux- font fes conte ntemens 9 .
Laijfe meurir le fmi& de ta faintte efyerance^,
Et dans les longs trauaux deta perfeuerance ,
Ne fais pas com me font ces imprudens Nocbers
Qui menajjez* des ijents , desflots f$ des RocherS;,
Prefque defejj?ere& de reuoir leur$ y wages
Recherchent leur Jdlut a rompre leurs cordages ,
Confidere plutoft pour flatter tes ennuis
Que les lows les plus beaux font enfanteZj desnuiffis
^pres des montsdejlots on voit des routes calmes
En montrant des Cipre s amour donne des palmes .,
Les Tuers ont touflours precede les Printemps
Le Zepbire paroifl en fait e des Autans 3
Et la Retne des jleurs en ces beaut e& dmnes
*A toufiours fait fort ir les rofes des e [pines
Tien qu amour feit conceu des vagues de lamer -,..
Son Ireuuage ne peut iamais fembUr amer
Que lors qu vne beaut e platne d ingratitude >
Triomphe auec mefpris dt noHre (eruttude^
Lors ilfaut prefiderfm nos affettions ,
Etnytr dans taubly toutes ces pa/iow?
MENVISIERDE NEVERS. 267
Qui now* font le butin d vn objet plain d audace ,
D vne ame aui now brufle , f$ qui rieft que de glace
ladi* ainfi que toy ie face ce poifon :
Mai* la mefme be ante qui mofta la raifon,
Par trop de cruaute me redonna Vvfage
De reformer au fort des I abort de I or age ,
Et dans ce Labirinteou ie mefkois rendt* 9
le me vis aufii-toffi degage que perdu ,
Les rigoureMx dedains d vne belle inhumainc. t
Oui faifoit vanite de rire de ma peine
Ale firent efyrotwer quit rieft rien de fl che? t
Que d efutter I efcueil d <une ame de rocher ,
Et comme we Medufe en fa rigueur cruelle
Son regard dedaigneux me jit roche comme elle,
Mais ce rieft pas ainfi que tu dois efberer
^A force de foupirs tu fats tout (oupirer .,
Cette diuinite que tu nommes ta fainte ,
De mefme qu ^n Echo va redifant ta plainte>
Et comme fes foupirs ne vont point paroiffanf ,
Ceft fa faintte fudeur qui let tue en naiffant ,
Son naturel rieft pat barb are ny farouche ,
Pour donner a tes <v%u,x des fentimens de fbucbe,
La Nature & les Dieux ioignirent leurs efforts 3
*A luy former les trau f$ de I ame t$ du corps.
Et pour faire admirer leurs faueurs nompareilles ,
Ilsfrent de [on feint I tibvege, des memeilles*
LI
268 LES CHEVILLES DV
Pour immortalifcr cet ceuure fans pareil ,
Ses beaux jeux en naijjant blejjerent le Soleil 3
Et pour I acbeucment d <vn fi par fait Ouur age
La douceur de [on ccsur efgalla Jon vifage 3
I accorde que ton mal ne fe peut efgallsr ,
Qti on fouffre doublement , quandon oft parler :
JVLais ce diuin ol)\et dont ton ame eft bleffee,
&A I exemple dcs Dieux [if ant dans fa pen fee,
Voit (on diuin pour trait qite fon ceil ton vainqueur,
D vn regard tout brujlant a gram dans ton cosur >
Et <vott comme I amour orgueiileux de tes peines y
Serpente dans le feu qui jiotedans tes veines ,
T>ans cette pafton ne macorde-tu pa* ,
Quainfi que le Phoenix ttt renais du trepas y
Et que malgre I ardeur qui fe veut mettre en cendre^
ame wit de feu comme la Salemandre ,
ti te plains fans raifon qti incffjfament tu fuis ,
Cette diuinite qui caufe tes ennuis ,
Que le flus grand bon-heur que ta beUe te liure 9
C efl de confederer fon carroffe & le future ,
Regards le Soleil en I ordre de fon cours ,
s que fa naiffance A compofe les tours,
cepftblement la belle auancourriere ,
trace a fes cheuaux ijne bumide carrier e>
JSftalle deuant luy d tf un vifage riant ,
Les perles qitette frend auxriues d Oriant,
MENVISIER. DE NEVERS. 269
Qj i<un vafe de criftal d afnr , d or & & moire ,
Efyanche fur les fieurs far les mains de fa gloire.
dis-je fi iamais {on cours precipite y
a pufaire aborder cette Dtuimte y
ordrc que le del a mis en la Nature
les joindra iamais c[ue far cette aduentme -,
doit a I aduenir par vn fatal reuers ,
Redonner an Cahos L ame de I Vnitters 3
Si d )f un me fine deflin tit fu mois la malice ,
le tiendrois le trepan plus doux que ton fupplice :
Mais tefpere quenfin aprcs tant de douleurs ,
^TH cuetlleras le fruit dont ttt ria* que les feurs >
Et quauant que le temps di$t termme I annee
Les faueurs de I am our & celles d Himenee 3
Vou* ioindront d vn lien ft diuin & ft fort ,
Que rjen ne^uo^s pourra feparcr que la morL
LI la
2 7 o E S C H E V I L L E S DV,
Reponfe de Maiftre Adam a vn certain amy qui
luy confeilloic de ne plus faire de vers, rnais de
fuiure rvfage du Rabot feulement.
E P I S T R E,
DAmon Ie fais re [bus de future le Tarnaje,
Si Homere iadis a ports la befaffe ,
L -J *JJ
Les freres ****** aufii bon lien que lity 3
Rencontre du profit a la prendre amour d huy
Etbien quits foiet fort is d >f un grand ($ faint Hermite,
Sans elle Us tromerroient <une maigre marmite ,
Le vice rieft pas grand de ne foffeder rien ,
Vn homme de <vertu ne manque pas de bien ,
fen troMueray toufiours ajje^ dans ma boutique ,
Suiuant de mon Rabot la premiere pratique 9
Mais pour t ant tu f {auras qite ie n aprome point ,
JSjy que ie ne veux pa* iobeir fur ce poincl ,
D abandonner ce bien ou Tboebtts me conuie ,
Qui me met dans le del fans delaifjer la <vie
Tant que mon ame aura la diuine chaleur ,
Qui des fais d vn Heros peut chanter la
MENVISIER DE NEVERS. 571
le na^/er ay p as d <vn e flame fi digne 9
j4u contraire ie veux en imitant le Cigne *
Benijjant la faueur de la Mufe t$ da fort
Redire mes chanfons dam les bras de /< wort ,
Ce neft fat que pour t ant d *vne flume Hyfocrite,
le fafle d vn mar atoll <vn homme de merit e$
retiendras de moj cet aduertijjement ,
ie napfrouue point ce diuernjjement ,
Qjieie verray ^lutoft la famine a ma forte 9
Que de fouffrir le fort me t ratter de la forte ,
Si d *vn femceau par Ian t quelque fois far I <
le^eints de mille attraits ia gloire d >r vn mortel 3
llfaut aufarauant quelle foit eflimee
Des jettx de i Vniuers & de la renommee>
C eft ainfi cher Damon que ie <vis a la Cour,
Sans que de mon Ralot i abandonne I amour
contraire I ardeur de ma <veine ejcbauffee
I imitation d ^mphion & d Orphee 3
Qui tiroient les for efts du charme de leurs <vois
La mienne a fait njenir *vn maraCin de bois*
I i
Que ft ie ne deuiens bien-ton paralitique,
Ploiradefous mes bras dedans we Boutique 9
En VK mot, tout I Tuerie men<vais Raboter :
Mais lors que ces frimas viendront a nous quitter,
272 LESCHEVILLESDV
QjAon reuera les flcurs que fa rigueur derobe ,
Que Flore remstra de I efmail fur fa robe 3
le fure quen depit des Critiques cenfeurs y
le retourneray voir le fejour de neuf fceurs ,
Ou Its importunant d vne nomdle flame,
leferaj for leur mont <vn bouquet pour Madame 3
C eftpourelle q^ on doit dignemcnt difcourir
D aatant qite fa beaute ne doit iamais perir,
Puts qtte qMelque rigiieur dont I Tuer nous ot4trdge y
La Nature a t onflows des flcurs far fon *vi(age 9
Lesceittets & Us Ijsj font toufwurs femeZj ,
Pr/s d elle les rochers deuiendroient animeZj ,
Et ie croy la voyant aue ce ri eft quvn *vieux conte.
Ce qtte des temps pajfez* Ouide nous raconte ,
Que les Die MX autrefois pour des moindres af>a<s
Ont Metamorphose leur figure icy bat >
S ll efl oit way fembUble en la voyanf p belle ,
Us feroient tons en ferfs enchefnezj attpres d elle 9
re quelqus tottr autant de fa bonte ,
U France auioitrd huy pretend de fa beaut e ^
fcais fans plus parler ce que ie te <veux dire 3
Cue le buiftant Demon qui re<nt cet empire ,
"^ a ft- i /
Par eUe nou* promet vn hitmen adore
Q t*i. now. pro. reuoir le yieux facie dore ,
MENV1SIER DE NEVERS. 173
jfais auflt que cetfe ame Roy ale
a premis lafaueur de m epre
is que fans cela ie ne puts mammer ,
Quauecque <vn pen de bien ieffaurois mieux rimer)
Que fi If Diet* des vers charrne de fa parole ,
C eft quit i eft fait *vn lift du fable de ^Pst
Qui fait qua fon letter torn les iours nous
Sortir d^n trofne d*or I efclat de fes rayons.
le me fuis artefti deffus cetfe efyerance ,
fa promeffe <urt iourfimra ma fouffrance ,
les Grands , ^m des Dieuxfont icy bos commit ,
peuuent reitoqtter apres qiiils ont promts.
Or attendant ce lien Damon, ie te conuie
De mefcrire comment tu gouuernes ta <vie >
Si ton effirit CJHI rieft que tout nolle ^ Diuin ,
*Peut cherir <vn climat OH l f on manque de win ,
De moy , mon cher amy ,fur ma foy ie faffeure,
Que lay tant d amitie pour cette nourriture ,
Qtte me d euft on blamer de manque de dcw w >
Si tu ne wiens icy , if ne t iraj point voir.
i7 4 LES CHEVILLE S DV
MADAME
LA PRINCESSE MARIE
ESTANT A POVGVES,
COMMANDA A MAISTRE ADAM
dcfaircdes vers pour Madame dcLiancour, qui
prenoit dcs eaux auec elle: II cfcriuit ccs Stances
STANCES.
Cakle foiu le )oug de cent foucij diners ,
Donf <vn mauttau dejiin peruertit rnd nature]
is fait vn ferment d abandonner les vers,
ua tant que la mort far ^n commun reuers
Me les feroit trouue? dedans la fepuiturc*
ats d abord que tayfcett tant de ferfeftions
ui <vottf font excellcr far cettes de cet age
fay retards le corns de mes intentions 5
Et *vos *uertu* ont fait naiftre des Alclons
me font rembarquer au mejf>m de I or age.
MENVIS1ER DE NEVERS.
Si toft que ma "Pimceffe cut fait commandment
De fare quelque vers deti vs a <voftre lotiange 3
J^ia rat f on dit foudain a mon entenacmtnt ,
Que le del mordonnoit de faufler mon ferment ,
s quit me le mandoit par la bouchf dvn
D >e vn difcours que le del eufl mefme reuere }
Et qui remit mes fern dans leur premter
Lette Re we des cceun me rendit affeure ,
voftre efprit eftoit digne d eftre adore \
autdnt d amour que yoftre bcsiu
n fageffe il paffbit les Ditux & les mortels 9
prudence <vn tour embellwoit I Hiftoire,
ud poffedoit des fruits dont les cbarmss font fels t
Qu ellefe promettoit de luy voir des Ant els ,
ne ferae nt bat is que des mains de la G/oire*
* dedans (on difcours r jn des trait le plus beau,
C eft la grandeur du fang don vons ttrel^ <voftre eftre,
jue ce Diuin Soleil, aux rais de fin flambeau t
Fit conneflre a met yettx la pompe du Tomlieau ,
Ou dort ce grand Herosfous qm Diet* vow ft
Mm ij
LES CHEVILLES DV
a Mufe fans fiater pent dire enfes accords ,
Mtt aux Francois de rampart & d afyle ,
Mars euft fuccombe fous fes vaillans efforts,
Et quilfit admirer dedans vn mefme corps y
Le confeil de Neftor, & la walettr d Achille.
Quand la T^arque cut coupe de fa fat ale main*
Son fit d or qui feruoit de digue a pi TPatrie,
La France rejjentit far ce coup inhumain,
La pareilte douleur queut t Empire Remain*
En la perte qttilft dtt genereux Decie.
s quelque cn&aute diniuftice (ef de fel
Dont <vn manuals Dejfin ait aJJoHuy fa rage ,
Plein de Cloire & dHonneurs il boit dedans le del
A la table des Dieux le Netfar & le Mid*
nc verfe qua ceux qmfuiuent fon courage.
Vous quil non* delaiffa comme *vn don precieax ,
T our rendre la triflejje en nos cceurs dififee 9
Qui viueJ^ icy bat comme il <vit dans les Ciettx,
Et qtil montre\ qu Amour a mis dans <VQS beauxyewx
Ce qne Mars amit mis au bout de fon efyee.
MENVISIER DB NEVERS. 2T7
If wia offre ces <vers dans I effoir que le temps ,
La Mufe & mon Rabot me feront ^ne Lire ,
Sur qui ie chanter e par dts fons efdatans ,
Bien mietix que dans ces *vers lesfleurs & le "Printemfc
Dont <vos rares Venus ont orne cet Em fire.
Adm iij
LES CHEVILLES DV
MAISTRE ADAM ALLANT A NANTES,
PaiTant par Amboife, vid Monfeigneur le Prefi-
dcnt de B qui luy fit promettrede le vc-
nir reuoir a fon retour. Mais commeilfut prefTc
de mourner a Neuers, ii luy cfcriuir ce mot de
LettredechezMonfieurrAbbedeVille-loing.
ONS El GNE7R, farces <vers icj
I 7 ous ffaurez* qii<vn fafcheux foucy
dheure en autre m accompagne ,
Moir que fait m* Comf^gne ,
J(d e fait auec tufle raifon ,
Retourner dedans ma maijon j
Par ainfi te perdray la gloire
De retourner aux lorts de Loire 5
macquittr de ce deuoir
rriovligeoit a wow remir.
oy quit en fat > ie voii* con mre
JDe croire quen cette aduanture 9
Ce riep pas manque de rtfpetf,
la crainte d eftre fufpeft,
me prouoque {$ qui minfmrs ,
men oiler fans yous^ rkn dire.
MENVISIER DE NEVERS.
L lllujtre Albe de Vil** *
Eft irreprocbMe tefmoin
De la faint e Amour que is port? ,
-dux grands hommes de ^jo&re forte ,
Qui malgri le fie etc tonu,
Font des A ut els a U l r ertUy
VOHS ffaureZt de cet komnte braue ,
Comme du meillenr de fa Cauc
Nous Auons mille fots ports
Des brinde? a I oftre fante ,
Qut tout le monde vow fou
Voila ce qu^ri failure Poete
Vou* defire d aufii ion ccenr ,
Comme il eft voftre
LES CHEVILLES DV
A SON ALTESSE
R O Y A L E>
ESTANT AVXBAINSDE BOVRBON
L A R C H A M B A V T.
SONNET.
ATlas yr <^#J I Eftat fonde fon efperancel
"Prince dont mille R&ys ont efte les ayeux 9
Quelle iniufle douleur t oblige dans ces lieux,
^4 ferir dedans I eaufobarbare licence.
Ton Frere am ft que toy forty du fang des Dteux I
Tout course fous le faixdes Lauriers de la France,
Par des bouches de feu maiftrifant la f0nffrance >
fon Empire a. Uglotre des Cieux.
e dis-tu y ma raifon en pdreille aduanture
De <voir deux Element de contmire nature,
*I*ar different accords faire nw effet ft b
m accordes-tufas+tiue ce qtion feitfrrtfeudre
Eft qiiimitant lupin m$n Roy wit far la Foudre*
qumnfi atte Neptttnjbn Frere v# partEa*.
A MONSIEVR
MENV1S1ER DE MEYERS, 281
<K- 4 . 4s* 5 - tJE 1 w ? v w 1 *?,
E P I T A P H
Pour mettrc fur k Tombcau
D E M O N S 1 E VR B O V L A C R E
Lieutenant General au Baiiliagc 6: Paine
de Niuernois, 6cc.
Corruptible monel,aprens a te re feu are
A ne point murmurcr au partir de ces licttx,
TMM jue I llluftrcHenry ri eft plus qu<vn pea depou
Luy qui fat en <VMant <vn miracle a nos jeux >
Croy que ft les Vertw pouuoient fechir I Enuie
^ut fait agir les Loix de la *P<irque ^ du Sort ,
V incomparable cours d <vne [i belle ine ,
N duroit iamais pajfe par les mains de Li meyt.
Cette inuinciUe horreur qui range tovte
Sous la necefiite de ces barbares Loys,
Et dont I arreft fanglant en ces JffiiAM
Fait <vne efgaltte des Berbers & des Roys,
amir pile de ft belles annees 9
ce corps qui parut I ornement de nos htf/ j >
Adourons fans wurmurer contre ces De fringes ,
/ J
queleur inconftance en a rompa Is cours,
LES CHEVILLES DV
Cher Henry , tu deuou par des droits legitimcs}
*PoJftder des fausurs qtte now riefierons fas :
Car comme tes biens-faits &nt furmonte les crimes ,
De mefae tn deuoit farmonter le trepaj*
famenx g? grand flambeau 4e Ittftice & de Gloirs>
Dont U fylendeur ejhinte a fait naiftre mes
euois bien durer autant quc ta Memoirs ,
ne perira point qua
Get j4ftre d0nt la flame eflimellante & pure ,
veugle a fon refueil tow les Aftres des Cieux ,
Et fans qui les trefors qtietatte la Nature ,
SerQieni a nos regards des objets pdieux.
Ce vagabond flambeau dans fa couice adorable ,
R animant I Vniuers, a t tlrien fait de beau,
ton Dmn efdat. ne Ittyfitft comparable,
quit f ufl fjte wt far la mitt dtt Tomheau.
MENVIS1ER DB NEVERS.
Ce miracle vi/tble en fe tenant ds konde ,
Efface de la nuit les lugubres conleurs ,
t par tun grand effet qui reflabltt le monde ,
Rend la <vte a la terre, & la naiffance aux flews.
Hregle lesfaifons far I ordre de ces willes >
^otu If 3 autres flambeaux vers lityn ont point delict* >
Et ces Dtuins rayons font atitant de mer nettles ,
montrent les effets des miracles ds Dieu.
jf infi quand tu viuois d <vne mcfme puijfanet 9
<Tes iugemens perfoient dans la fins (ombre nuit ,
Et lesfieurs qui natffbient de ta belle Eloquence t
13 c cedoient point aux fleurs que cet ^4 fire produit?
Tef veilles najpiroient qua detruire le vice ,
Ten bras pantt tottfiottrs L appuy de I innocent y
Et tit n&s iamau fait *un afte de luftice ,
e pourfairc efclatcr celle dti Tout-puijfant.
LES CHEVILLES DV
Adais tu rieft fins mutant c^ue par ta renommpe*
ui braitantdtt tref.u le funefie appareil,
De tes hautes vertur ft Buoyant ammee ,
Dursra plus long temps que le cours du Soldi:
Car dans ce dernier tour on Die it iMcndTA pare fire ^
La grandeur de la foy maprend a, difcotsnr ,
Oue le Soleil vena le retour de ton eftre ,
jilors quil fe vena fur le Point: de
Ceft lors que ton efprit ranimant cette cendre]
Dent fe pare I honeur de ce jro ui monument ,
Par run decret Diuin qu? Dieuftul peat comprendre,
Ira voir la Nature en fon dermer moment ?
Gefi lors que delaijjant cette demeure fombre ,
La T^arque n ay ant plus que de foibles efforts,
Vers ce luge equitable on te prendra pour l omj?re ,
Dontfa Dwinite compofera le corps.
MENVISIER DE NEVERS.
RESPONSE A MONSIEVR
DE GERARD*
CAP1TAINE D V N VAISSEAV
du Roy dans I Armcc Nauale a Toulon.
E P I S T R E.
Vs vettx-tu que ie ferine en I eft at ou ie fais,
D eptiis (jite ton a j fence cut caitfe mes ennuis
One de nofire Couuent ie qnitte la marmite
De frere "Petimeur ,ic me fas fait Her mite ,
h <vi$ dans <vn cltmat loing du monde ^ du
On B.ICHS feulement me confeille
A tirer tons les iours d vne^Pipe
Uencens que mon nafeau fbufle a ta renommee.
h nay point delaijje fofage du tobat ,
Tltts fam?itx quvn Sorrier qui reuient du
Ef ce lieu folitaire OH mon Deftin me range 3
Dedans mon Couuenir tu paffes pour mon Ante.
r 1 l r r **
*5/ i amis le pouuoir de j^ijir an collet
Ce chemllu, Cheual quifut a~Pacollet,
n iij
LES CHBVILLES DV
Ie veux lien a iamais f offer four <vn
Si four t alter trouuer te ne qttittois
vottUnt point montcr cet emplttme cheual,
tors que ie voudray courir a I Hofyital,
Ou tout rojfe qitil eft incejfamment tl menne ,
Let plus grans fauoris des Nfmpkes d Hipocrene>
JWa bouche iexpnmant I ardeur de won ffprif,
*! cntreticndroit lien flw que ne fan cet efcrit j
*Puis qtte Ie grand AM I apptty de naflre gloire ,
^Trouue vn crime en difant quatrc lignes fans
O (jue la coupe en mainie te diroiy fouuent ,
Frere , pour obfemer les regies dt* Couuent ,
Difons que taut lefcUt des grandeurs de la
moindre a ms defers qm la potnpe d >e vn Vene ,
Nature feconde en f&n pouuoir Diu m,
Fait bnller la fante dans la liqueur du Vin 3
Adalgre I ambit ion qui ouuerne ton ame ,
o * / o
Et qui dans Ie mejpris dufer & de la fame,
Oblige ta waleuT a rechercher lefort,
Qui rend Ihomme immortelparles mains de la w&rty
Je te peindreis fi bien ma Solitude fainte ,
Oit Ie contentement de vuider *vne peime,
Efgale pour Ie moms celuy quen ton vatfe**,
^Tu prends lors qtt d Ie faut en faire ejptiifer I eau ,
Qua moins que Aauoir pm Ivfage & ,la fortune 9
3) u Bator d qu dnfhttrite 4 conceit
MENVJSIER DE NEVERS.
i
fentirois regner en ton ame *un defir
jjui t y feroit venir partager mon plat fir y
le connois ton humcurfi douc? {$ fl charmanti,
Qu encore que celuy qui baifa Bradamantc
Dans les flames de Adars aip mows que to
ne demrou f&& ce bien a ton faint \
n treituerois fans doute en ce lieufohtaire,
Suiuant w<& pafwn t deqmy te fattsfaire.
La Cour ne parotft point dans ce faifible lieu
La mjfere du temps ny fait point lurer Diet* 9
Et I aueugle Fortune en fa fat ale pompe ,
Ie fait point hurt icy t aidant dont die trowpe
lay fauue mon vaijjeau de ccs fanepes <v4ns,
comms t ay le nom du premier 4ts vitiant ,
^raiftte d offjncer le principe de I cftre ,
fide <VQulant confemer ce Tar^dis terreftre,
l\ay hanny d auec mey d*<vn effort rnutine >
La femmc, d$nt Hymen m auoit embeguine \
Dfpeftif des liens de ce nut fib le encombre,
h marche feiilement afltfte de mon ombre ;
Encore me nuit-elle en ces eftes diners,
o J
branle de la main dont ie t efcrts ces
ie deftine ait feu sils manquent de
De my faire joiiir de ta deuce pre fence.
Icy I horrible cffroy de I Empire des flots
iamaufait blemir le front des
JLES CHEVJLLES DV
Et ce vajjeait fameux ou ta valeur commande,
Sur le fecond amat d vne argaumpe bande ,
N a nen comme ce lieu four charmer ma rat fort ,
Quand mefme tu voudrois men faire le jafon.
Votla ce cjue ie finis pour le prejent te for ire ,
Vn tour q^e mon Thfkus aura mieux dequoy fare*
le lure le poinjjbn vers ^ui ie ftiis couch e >
le lure fa liqueur qui ma fi bien touch/)
JBrefie lure ce Dieu qm riaqmt d vne cuiffe ,
Vn lour c^ue lupiter eftoit fou comme *vn
G^tte ie peindray fi bien ta gloin dam me 3
Quon ne trotmera pas encore en I Vn mers >
Dans k nombre infny des pouffeurs de Varlope ,
yttifoit plus que moy chery de Caliope-
Frere , I honneur de tout le genre humain ,
Le (bmmeil ma faifi la pipe dans la main>
Et tout ce ejue ie pms , c ef d acheuer de mettre
femiteur an bout de cette Lett re.
*/
A MONSIEVR
MENVISIERDE NEVERS, 289
A Monfieurde Beaufonnet fur fesvers des grands
feux de joyc fairs a Reims , a la naiffancc de
Monfeigneur le Dauphin, & fur la fainde Am-
poulle gardee en la mefme ville.
SONNET.
CEs feiixou tti tCepeins I amour de ton pays 9
Qtt R eims montre a fin Rqyle &ele qui I enflame*
N*4wrp$tnt fans Uclarte des beaux feux de ton ame
Kend.it comme Us ont fait cent feufies e bahi*.
En admtrant tes vers mes yeux font ittouis ,
Pour y i;oir deux Sole ils fair e *une wefme fame*
L vn procedant du Dieu que ta Mufe reclame ,
Et I autre de I eclat dti grand pis de Louis*
Reims petit done fe ranter d auoir en fa
De mefme que des Cieux <vn don de la Nature 9
^dyant fEmpoulle faint e & tes *vers pie ins d appas*
Si Reims garde a nos RGM I On&ion de leur
*Ta Mufe d autre fart fait ajjtz* reconnoiftre
Qtfelle peutgarantw leur renom du
LESCHEVILLES DV
A Monfieurde Marolles , Abbe de Villeloing.
SONNET ACROSTICHE.
MEruetRs des efyrits dont la feconde flume
lamais ne ft repofe , f$ d vn <vol fans pareil,
Com f of ant tons les iours la beaute d ljn Volume t
Honor e I Vniusrs a I eal du SoleiL
Entre tons ces fcauans qiii du Dieti du fommeil
Lament aitx demis morts fon oijiue coutume ,
De leurs trais plus diuins I immortd apareil,
Eale-nl L ardeur du beau feu qui iallume ?
Millc caiers ditters font ant ant de tefmoms 9
^ttec qt*i ton ffauoir d wfatigables [bins 9
Releue des defuntts U memoire abatue.
On te <voit torn les iours d vnprodige nomeau
Letter a fon renom <vnc vine flatue
En tirant yn Heros de U nuitt du Tombed.
MINVISIER DE NBVERS. 291
Maiftre Adam ayant fait vn plancherdanslaMai-
fondVncgrandc Dame, pour auoir mis crop de
temps a la befongne, le fit atendre long-temps
au pavement ,dont il luy fit ces vers.
I dccorde qttenfaiffant trof durer voflre oiiuragc
le vous ay fait outrage 5
M ait ce rieft pa* aufi me vouloir pardonner
De ne men rien donner.
Quefi man manuals fort empefche wfire Altctte
Ds me fair e large ffe ,
Queue me faffe an moms ce miferable lien
Que I on ne mofte rien,
I auois frit ^n deflein de tracer *vne Hiftoire ,
Ou la main de la gloirs-
Rendroitpar mon peinceau <vos atrais adores
De mille trais dor is >
M aisle mo 1 ] en de peindre <vne fi digne chofi
Comme ie le propofe,
ie nay point d or pour ces trait free jeHX>>
Que dansle blanc desyeux,
292 LES CHEVILLES DV
Mais, Madame 3 il ri eft pat d ajjez^ bonne Nature
Pour orner ma peinture,
Jl eft trop pen Imfant , f$ trop femblalle a
*A la four dn fbucy ,
// en fatidroit vn feu de celtty de ce coffre,
Que fortune vow offre ,
Et qtiifait quauiotird tuiy I on flefcby les g
En sapfYochant de vow ,
Ne troitueZi pa* mauuais (I farUnt de la forte
La fureur me tranfyorte ,
Le fln-s grand ennemj quaiji la fe licit e,
C eft la necefiite 9
Le Roy va conquer ir L Empire de la terre
Par <vne ittfe guerre,
Tourtant il manqueroit d eftre affez^ diligent s
S tl n auoit point d argent,
C eft ce traitre metaildansce fiecle ounoiu fommes 9
. QMI fait prifer les bommes ,
Ceft luy qui charme tout , & fans qui la vertu
Ne vaut pas vnfefta*
Ceft ce brutal Demon qui me force decrire
Pour vow prier de dire
A Monfieur I* Ar gentler de ne point retranclier
L argent de mon plancber.
MENVISIER DE NEVERS. 29$
Maiftre Adam ayant fait Ics vers dVn Ballet ,
qu vn certain Comteluy auoic commande , qui
luy auoit promis qu a Ton retour de la campa*
gne il fatisferoit rimprimeur , luy & leviolon,
ce que ne faifant pas , illeur efcriuit cetteEpi-
grame.
EPIGRAMS.
Efiieurs , /^ Comte eft arrive ,
Mais pour donner de la pectine
11 syconnoifmoins qttAritte
2V<? (e connoijjoit a IA Lune 9
C ejl a dire que I lmprimeur,
Le violon & le rimeur
N auifont ny debat ny mecomftc ,
Que Ji four viure afon plaifir ,
homme doit tronner fbn comptet
aitons few fort mail choifir.
- _ *<
29*. LES CHEVILLESDV
Confeil a vn certain Vicomtc amoureux
d vne gran.de Dame.
Vlcomte ceffe d efferer
L objet qm te fait foiifyirer s
S trite de la violence
Qui fa fait romfre ton filence ?
^TotMtes-defirs font faf4rfius 9
Si tu me croy ne park pltu ,
Et pour te dormer vn remcde
Contre le mal (ftti te
Mont re far <un dernier
Que le noir fejour de la mort 3 ,
Eft le lieu le plus (ecourable
Que puffi auoir wn miferable ,,
Quand vn cizur eft bien enfiAme,
Qutlaime & ne pent eftreaime >
le mepriferois fon courage
Si pour furmonter cet outrage*
(Genereux) ilneuitoit pas ,,
Parvne mort mille trepas,,
Ce doit eftre njn plaijir a l amff s ,
Lots quell? corps eft tout de flame ^
De rencontrer pi guerifon
It debris defa
a
MENVISIER DE NEVERS. tp;
Qtiand elle eft far trop aferuie ,
Sous we languiffante vie ,
EUe pent auec liberte
Sortir de fa captiuitp,
Et far <une fin genereufe
Efteindre fa flame amour eufe,
*Dansles flots de fbnpropre fang t
Qtii font a lien dire vn e Jiang t
Dont die pent rompre la bonde ^
Quand elle dement funbonde ,
leffdy f\ne cent mi lie combats,
OH iamais tu nefucomla* ,
Sonte fens des mains de lagloire,
*Aitx plus beaux endroits de I Hiftoire .
Mais Vicomte aufi ie ffay bien ,
Que tons ces exploit ne font rien
Pour vaincre I orgtteil de la fainte ,
Qui fait le fujet de ta plainte >
Ainfii voyant que la rigtteur,
*Dont elle entretient ta Ungttcur *
Fait vanite de ts pour future,
le te confedle a ne plus
C efivne impofiibilite
Que tamais tafidetite t
La pttffi obliger ny contraindrc
De iofter fvfagc
LESCHEVILLESBV
Ton mar tire a bean texceder*
Son cceur ne fe pent pojfeder,
C eft <vn rocher inaccefiible
Qui d <vne Nature infenf&le >
Enuirom de mills efcueils
fait trouuer que des cercueils
ceux qui i ont pris pour refuge
Dedans vn amoweux deluge ,.
Ces yeux diuins , & fans pareils 9
Sont four bten dire deux Soletls ,
Quiremplis de douceurs barkares*
Ont fait fuimerger cent I cares >
Qu amour auoit fait ha&arder 9
**AiA dejfein de les aborder ,
Cette merueille fans feconde*
n d obliger tout le monde>
chaque minute di* iour ,
*Donnc a mille c&itrs df I 9 amour %.
Mai* contre elle-mefme crudU 9
Ette nen prend iamais pour eile 9
C efl pourquoj pour te confeiller 9
Dans I ardeur qui,te fait brujler s .
Souffre que ta perfeuerancs
e auimrdhuy touts
<vn courage
comms
MENVISIER DE NEVERS, 297.
chercher dans ta fepulture
Le remede de fa blejfare.
A vn mauuaisPeintrequi faifoitlepourti aitd vne
belle Dame, qui die a Maiftre Adam qu ilL itn-
portunoit de le regarder.trauailler.
P
E P I G R A M
Eintre qui te dis fans pareil
Jl fatit pour dauber fur ta Matte,
Monftrer qua peindre ce Soleil ,
Tu rieft rien quvn Teintre deBalle,
Retire toy fot ignorand,
Ton ftauoir neft pas ajfc& grand ,
Pour comprendre tant de merueiltes
Ckacun te donne du deffous ,
D Auiant qtfvn miroir de deux [bus
Fera plus que toutes tes willcs.
298 LES CHEVILLES DV
CHANSON BACH1Q_VE
QVe Pkcelws foit dedans I onde
Ou dans fin oblique tour 9
le TSois f on (fours a la ronde >
Le win eft tout rnon amour >
Soldat dtt fils dc Semelle t
Tout le tourment qui me foinft ^
Ceft quand won venire jroimelle ,,
Faute de ne Boire poinft.
Iwmisrt
Vient redorerles coteaux,
d vn defer de Boire ?
carrejje les tQnneaux>
Ratty de remir V Aurgre >
L e <verre en main ie lu$ Ms ,..
f -on flits an riue more
far -mmKle<^ de Rubis*
MENVISIER DE NEVERS.
Si quelque ionr eftantyurc
Parqtte arefte mes pa* ,
le ne <ueux point pour reuiurt
Qjtitter <vn fi doux trepas ,
Ie men iray dans / Atternt
Faire enniurer Ale ft on,
Et planteray ma tanerne
Dans la Chambrc de
Le plus grandde la Terre >
Quand ts fuis au trepa* t
S il m anonfoit la guerre
11 nj gagneroit pat,
Jamau ie ne m efionne ,
Et ie croy quand ie boy
Que fi lupiter tonne ,
C eft quil a peur de moy.
La nult neft pointt chaffee ,
Par I vnique flambeau ,
Quaiifii toft ma penfe e
Eft de <uoir vn tonneatt>
Et luy tirant la bonde ,
Ie demande an Soldi t
<As-tu beu dedans I Qnde ,
D*vn Element pareiL
306 LES CHE VI LIES DV
Si I humide par tie
fejour des poiffons
en fim^atie
ius de nos poinfons 9
Sans doute mon courage
Je fourroit s empefcher
D alter faire naufrage
Contre uelifc Rocher.
( Difbns done cdmarades 3
Que le ius dw Serment
Peut chajfer des malades
L horreur du monument*
Qtie la plus douce guerre
Quiflate Fintefi-m ,
C eji le tintin duverrt
f loire le matin.
ce netfar
Les damne& eftans
Jeferay chanter au Diakle ^
L,a Mttfique de Bacus 3
Fapaiferay decant ale,
La grande Alteration^
J5> ^ttant FOnde infernale
boire a Txtion*
MENVISIER DE NEVERS. 301
CHANSON BACH1QJ/E
Vitons fe foin auarf
De nos ans le Bourreau ,
Et fjui d >r vn fer barbare
Nous creufe le ^Tombea^
Et nayons plus d enuie ,
Que d honorer Bacus ,
Puts qucnperdant la vie
Notts pardons nos efcus.
Si la Parque inhumaine }
Souffroif pour de I urgent,
De quinZjdine a qwnz>aine
Comme fait <vn Sergent >
Pour viure daitantage }
le (ewerois du bien ,
J\4ais nargue dtt mefhage,
qtiil ne fert dt r
LES CHEVILLES DV
Vers pour vn Ballet qui fut danfe en Carefme le
iour des Brandons , ou eft reprefetue dcs Darnes
qui fortent des Enfcrs.
AVX DAMES.
Ous fortons de ces liettx ou la rigueur du fort
Oblige nos e (frits auxrigueurs de la fame ,
QH prefide la nuift , ou le So lei I eft wort ,
OH nous ne recherchons que lafn de noftre ame.
Nous fommes retournez* en ces t err e {Ires lieux
En ce temps c^ue chacun -court A la penitence 3
Pour voir fi les Damned pourroienttirer des
Le lien qutls ont promts dedans la repentance.
Mais au premier abord qtte vos diuins
Now ont fait <voir en <vons les atrais de I* Aurore 3
Nom nous fommes dedis , car nous ne craindrions pas
fcachant vous pojjfder a nous donner encore.
Notts prendnons dtt plat fir au millieu de nos~fers
Nos Demons quite? oienl leurs fitreitrs ^ lenrs rages
Si I on <voyoit pareftre an millieu des Enfers ,
La douceur qae I on vott lw?e far vos vifages.
MENVISIER DE NE VEILS. 3*3
rs nous $?anirions nofire cruel foucy ,
Sur nms le defefboir nauroit plus de puiljance,
it i
Et dedans <vn Ballet menieur que celuy-cy >
Nous votts apfrendrions bien iwe plus belle dance.
Vers dc Ballet pour les Dames.
V ESP KIT DE r A NT ALE..
A V X DAME
E [uh ce dtt eft able & mal-heureux ( Tantale 3
Que I 3 Auayice a mis au poinff,
D eftrc wfquait manton dedans I Onde tnfernaie
Qui meurt de foif , t$ ne bott point *
\Dames 3 fite Ciil pour finir mon towment
Me rendoit man kumaine cotirce ,,
e le gagmr >tout mon. contentement
Sivoit A wfflflir vojirt
LESCHEVILLES DV
L ESPRIT DE NEMBROC.
A V X DAMES.
fl deffein autrefois d vn fafte audacieux ,
<oAiA plus fuiflant des ^Dieux voulutfaire la guerre
is ie nay rencontre voulant monttY aux Cieux ,
Que ce que Lucifer a trouue dans la ferre.
Cependanf auiourd huy que ie reuois le tour
*Par l efclat de yos yeuxque le Soleil furmontel
Mes Dames vows fouuez^ mobliger fi i entente
Stir vn lieu qui vaut lien le fommet de ma tour.
MENVISIER. DE NEVER.S. 307
L ESPklT DATIA SfiRK/L
AVX DAMES.
i
Ci ie reprefente vn efprit de
Qiton accttfe d auoir trop aime le repos :
au ft qwelqiivnc vent eprouucr m$ vitejjt,
On verra queiefui* damne mat a propos.
C <* A O N.
AVX DAMES.
IEfuu cc wttx nocber dent les feueres lois
Font payer aux mortels le tribut de la Parque ,
Qjti pafie egalement dans fa fat ale b.arque
Pour iw femblablt prix les bouuicrs f$ les Rots
Qai vows inuiteroit a <voir nos trifles borts
Si VOMS naimtis bien mieux <voir les w quc Its morts.
308 1ESCHEVILLES DV
Maiftre Adamayantappris que Monfieur lanuicr
Ton intime amy s cn alloit a Farme e^il
luj cfcriuit ccttc Epiftre.
E P 1 S T R E.
i
At T, des amis le plus digne,
Dont I* ame plus blanche quvn Cigm
Sans fard a toujioitrs comb at M
inter eft de la vert u.
petit -it qiiauiottrd hwy iecroye
Que tu <veuilles trmbler ma joye ?
Qtfefclauc du T^ieu des combo,}
ftt futttes lesfanglafts epM
Dont If Ciel <*ffige I<* terr*
Tar les outrages de laguerrel
D ai* tepwt venir ce deffitnl
demon regnedans ton fern ?
s-ttt poi&t bu d&nsla coupe
De quelque fanfaron de troupe
Qut fauroit ( en/uf ant fin mall
e tuyfut
MENVISIER DE NEVERS, 305
L ESPRIT DE CA lN.
A V X DAMES.
C* Eft moy de qui jadls la deferable enuie
Fit <uoir a I innocent fort courage inkuwairt
Et qbti du coup fatal de ma harbare main
Fu vomir amon frere & le Can? &la*vie.
j jo
Amour huy cfue Caron ma refrdjjc le fort
Simonmattuais deftcin me vent 1 014 flours four fai
Mefdames lay dequoy vow donner vne morf
i VMS empefchera le deflr de reuiure,
0.1
LES CHEVILLES DV
L ESTRlT DE
A V X DAMES.
M our fe ft ft lien de won cceur poffeffettr ,
Et m enflama ft fort de {on feu de luxure ,
Quilforfaiiifques-la mabrutale nature
Que d alter recbercber la coucbe demafceur,
Si I adit ce
Qutl me fift trebticbfr dans ce poinft deshonnefte,
J e^oHs Laiffe a penferayantfaitcet incefle,
Ce quonneferoitpasefantauecque v
MENVISIER DE NEVERS.
Par des projets iUegitimes ,
La brutalite de nos crimes.
Quandlemoteurde fVnwers
De mtlle atrais leaux & dtucrs ,
Fit la nompareille pcinture
De Toljwpe & deia nature,
Je tiens que fon intention
JSTettoit pa* que I ambition
Rendift les Provinces defertes t
Par les irrcparables pertes
Dent ce noirfantofme d l. crreur
Nourritfa bar bare fun ur.
Qttand le fits de ce premier homme
Qui fttant demal d *vne pomme
Eut d vne facrilege main
Fait vomir i ame a fon germain$
La nompareille intelligence
N en prit-t elle pai la vengeance ?
Pour monftrer (juelle ne ijeut pat
Que la Jure loy dtt trepan
Triomphe des droits de U vie
Par la puiflance de I enuie.
Si tu me crots retire toj
Du ioug de cette inique loy ,
Et me <uienj vcir aux lords de Loire
Bacchus eftalle fagloire.
3i2 ^ LES CHEVILLES DV
Sur I afyeff d vn cdtean dittin
Qui ma prodmt <vn mutd de vjn 5
Dont leftime plus la famee
QMS toute celle d vne armee.
C eft en ce lieu que mes flat firs
<*Auroient (iirmonte mes defjrs ,
Si la pafiion ink urn a me
D vn monftre qui dans vn domaine
Pafferoit mieuxpour labour em
Qjtil neferoit pour Procureur ,
D <vne pofture rechignee
Et d vne mine refrongnee
Commevngros Muftapha RaJJa ,
Depttis quatre OH cinq mois en $a
J\le veno it point comm <a mille antres
M obliger a des patenofttres s
Qu>i le met front quelque matin
Entre les gnffes d vn lutin.
le me re ferae a le depeindre
Qitand i attray loiflr de meplaindre.
Et luyferaj le mefme affront
Qj4,e re$Mt defunct
Maisreto^rnanta ma pen fee,
DelaiJJanf cette ame in fen fee,
De ani le diahle puiffe >vn tour
Fairs de fon ventre
t de
MENVISIER DE SEVERS, 309
Mon ame ofe-icHe lien croire
^ar vndefautde memoirs
<vueille faujer le ferment
Que nous ffmes enfcrnblement ?
Lor s qu vn i our fur les bords de Seine
Ton ame encore pure & fame
N auoitpasfucce cefoifon
Qut te fait ptrdre la raifon ?
QjAenousfeflions contre leskommes
Qui dans I affreuxfie cle ou nousfo?nmes
Suiucnt les tragtques fafons
Des poiffons contre les f, oiffons ?
Quelle ambition te gouuerm\
Quel noir miniftre de lauerne
mis par <vne aueugle erreur
la (utte de fa fureur ?
Qtiand I Ange qui font we r en
annonce cette nouuette,
nature *vn gouffred ennuit
Dans la f altitude oil ie fai* *
Qui par leur fataU
f Di$iberent la connoiflance
I
Des charmes 9 que parmy ces u
La nature eftalie a
Vne noire melanwlie
man ame
-310 IBS CHEVILLES DV
Lesfleurs 3 les f res , les bois , les eaux $
Le doux murmure desoifeaux t
Le file nee , Flore & Zephyre
Ne parent finir mon manure :
Lt parcette infideliie,
le rompu la cimlite
oisA ta peffonne ,
ue la fere BtUonne
Euft du venin de fa rvtmevir
Empoifonne ta belle humetir.
Pourtant ie teem cette lettre
Dans le deffein de te remettre,
Etiarracher lapafiion
Qui dejimit I inclination ,
Oit ton ame eftoit adonnee
Pour le lien de ta deftmee.
J
le taimerou mieux porte-faix
Par my les douceurs de lapaix ,
Qjie te voir Prince de la terre t
Parmy les horreurs de la guerre
Si pen de temps que le Soleil
Notts fijje <voir fon abpareil 9
Coupons le repos de la vie ,
Loin de cette funefie emtie
Qui s allumant dedans nos fens ,
Print dttfang de mills innocens 9
MENVISIER DE NEVERS.
Et defe teffe <vne lanterns
Tour ejfiouuanter dans laucrne
Comme des moineaux dans run tie
Les traiftres qui I ont reffemble*
le nay pltts de raifbn a dire
Sinon cpie mon caur ne retire
Qjic le bonheur de te reuoir ,
<tejt ie manege de pouaoir
te dejtowntr de Forage
Ou tu <vas cbercker ton n
DM mains ne me refufe f
Quelques centimes de tes pa*
Pour ruoirMongla* I incomparable 9
Dont la table ronde admirable
Fait mleiAx eclat er fes ^ertHS
Q^<f ne faifoit celle Art us.
Jeff ay qt>ie fon r om a des charmes
Qii peut-eftre contre lesarmes
Comme moj te feront pefter
Dans la crainte de le counter.
Or commd eft d vne tiumeur francos
mettre tottfioars nape blanche
quaucan Bourgeois de Paris
Pourftftiner Its fatioris
De cegrosfls , a qui Semtlle
Latfja le tonne au pour mamelle^
Kr
34 LES CHEV ILLE S D V
Je te conjure obltge-moy
D y mener Beis auec toy ,
E* faintt Maio ce * Capitaine
du cjbi icr /^\ f i .
dcs Arm vi^f /^^ c ounr la fre tantttme ,
JNy fans fare nen d inhumain
St COM flours des ttrmes en. main,
Q^VINET mon Imprimeur encore
11 merit e bien quon I honore 3
Puifyuil <ueut t ratter lesAuteurs
Donti ay fait mes Approbateitrs.
Mai* ftfr tout ce Chantre fidette
Q ti dedans la fain ft e Cbapelle
Va far des airs melodieitx
Chercher itifques dedans Les Cieux
Par mi la Mufic[Me des ^Anges
L honneurquon doit aces louanges\
C eft ce digne des-^Aucouteaux
qtti i ay defends les eaux,
e la meCme priere
Q ye te te defends la rapiere ,
La beuueZj tons enfemblement
Sans fine e ny compliment,
Et comms dit Scaron I
Q ie ce fbit a lafante noftre,
lufqua vot tjmettre entre deux dras
Et l/uts fat* ce qtte ft*
MENVISIER DE NE^ ERS.
A Monfeigneur le Cardinal Mazarin fur la mort
de Madame fa Mere.
E P I G R A M E.
T bias tjMt de noflre Empire
Souftient ("immobile faix ,
Comme foj cbacun {ou^iite
De la perte que tu fau :
Alais de ton illuftre A/lere
La mort feroit fins amere
Si d <vn coup infortxne
Pour afflwer no/ire vie
JJ o J
LaParque nous I euftrauie
que tufojjes ne,
Fin des Chcuillcs de Maiftre Adam Menuifier
de Neuers.
La Bibliotheque
Universite d Ottawa
Echeance
Celui qui rapporte un volume
apres la derniere date timbree
ci-dessous dcvra payer une amen
de de cinq cents, plus deux cents
pour cheque jour de retard.
The Library
University of Ottawa
Dare due
For failure to return a book on
or before the last date stamped
below there will be a fine of five
cents, and an extra charge of two
cents for each additional day.
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