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Full text of "Les Eloges des hommes scavans : tirez de l'Histoire de M. de Thou : avec des additions contenant l'abrégé de leur vie, le jugement & le catalogue de leurs ouvrages"

BI5LIOTHECA 




^-<:l 



1/ ) / 



'■f^ 



LES 

ELOGES 

HOMMES SCA VANS 

Tirez, de Inlftolre 

DE M DE THOU. 

AVEC 
DES ADDITIONS 

contenant P Abrégé de leur Vie; le Jugement , ^ 
le Catalogue de leurs Ouvra^^es , 

ANTOINî^ TEISSTER 

Concilier & Hiftoriographe de fa Sérénité 

EUBoraU de Brandebourg, 

SECONDE PARTIE. 

Seconde édition revûë , corrigée , & a«gmentce 
iiJ^"^^^^^ nombre de remarques. 




UT ni CHT, 



Chez F îl A N C O ï S H A t M At 

Imprimeur de rUiÛYei£tc . M. DC. XCVII. 



5/ 




LE S 

ELOGES 

DES 

HOMMES SA VANS 

Tirez de l'Hiftoire 

DE M. D E T H O a 

AVEC DES ADDITIONS 

CONTENANT 

Lj^re^é 4e leur Vie, le Jugement^ & le Catalogue ^e 
leurs Ouvrages* 

Année 1576, 

I E G O COV ARRUVI AS de x). ^,,^ 
lîTolcdc excella parau" les ^{^\~ ^coattu, 
iitrnols en la connoilïancc du *''''^' 
5:Droit,& fur-tour duCanoni- 
Tome lU A 




2 hcs ElofT^es 

que. Ayant éré infttnir avec foîn cîc5 fon 
enfance dans l'Univcrfiié de Sal.u-nr.nqiîe5il 
fut dans Gi jeaneire Picfeireiir du Droii Ca- 
non, & pais il exerça avec beaucoup de pru- 
dence 5c d'mtecirité la ch^irae de Coircôtcur 
& d'Auditeur à Burgos & a Grenade. En 
Tannée i H9-^^ ^^'^^ f^^i^ Archevêque de Tiflc 
de S. Don^iinique dans les Indes Occidcnca- j 
les 3 & onze ans après il obtint l'Evêché de ^ 
Ciudad Rodrigo en Efpp.gne. Etàn^ême 
ten"^ps ayant été chargé du foin de rétablir 
l'Uni vcrfi té de Salamanquc , il dreila dcT 
nouvelles loix , qui y font ai-jourd'huy re- 
ligienfeirent obfervées.Enfuite étant allé au 
Concile de Trente , à fon retour il fut crée 
Evcque de Scgovie , & pnr le commande» 
ment de Pie IV. & de Philippe lorfqu'il fnc 
queftion de procéder à la canon i fat ion de 
S. Dieeo , il en ramaila toutes les preuves. 
Enfin en i pi. il fjt élevé à la dignité d^ 
Préfident au Confeil Royal , & deux ans 
après ilexcrçi la même charc^e dans le Con- 
feil d'Etat. Enfin il mourut à Madrid ïqé 
de foixante cinq ans , après avoir efTuyé 
une infinité de farieucs , foir en écrivant , 
oucnnaaiiianc les affaires de TEtaf^ôc après 
s'être acquis par Tes travaux la'répiitation 
d'un homme dodcj intégre^ & prudent. 



des Hommes Sçavans. s 

A B B I r I O l^, 

Diego v-ovARRuvrAs tut condcicré comme une f{i}<tn* 
•àcs plus grandes lumières de TETpagnc , foie pour 
ion )ugcmcnt merveilleux , foir pour fon fçavoii: 
extraordiî.a're. Il fut Difcipic de Marcin Navarre 
Afpilcueta. Mais quelque fublime que fût l'crudi- 
tionde fon i'recepceiir, il le furpartadc bien lo n. U 
ayoit tanr d'amour pour l'éaide qu'ayant cré é\cré i 
la charge de Prefideiu'au Confcil Royal , la demie 
heure , que les Confeillcrs palToicni i {e promenei: 
en attendant la venue du Roi, il l'employoîc à la 
ledure. Au Concile de Trente , Huoues Boncom- 
pagno , qui depuis fut Pape, & prie le nom de 
Crcgoire Xllï. &c Covarruvias furent chargez de 
dreiier le Décret de la Rcformntion. Mais ce der- 
nier y travailla tout fcul , de même que Diego 
Laines à ceux delà luftificacion , de la Grâce , & 
jdes Ordres, 

Les Oeuvres imprimées de Diego Covarruvias 
font , Frftciîcarum e^u&fihnum liber /. Vartarum Re- 
folutmmm lîbrï lîl. '"ollaîio veterum Numifmafum» 
Intltulum deTeflamentis Interpretatio. hilibrumtcr'- 
itum Decretâiltum 'Epitome. lu caput t quamvis pa» 
Btirti ) De Pa^is in 6 . P.eleciio. In caput , aima matetn 
J)e Sentent. Excommunicat- Commentarim. Jn Re^H' 
iam Pojfellor maUfidei. De Regulii Juris in C^. Com- 
ment, in Clementlnam -, fi furlofm . De Hcmicitito- Im 
"Regulamy Peccatum. De Recuits Juris in 6 , 

11 eut un frcrc, nommé Antoine , qui fut auHi- 
bien que lui un célèbre lurifconfulte , qui lui aida 
à compofer fon Livre intitulé VarÎA Refolutîones > 
& qui a mis au jour un Ecrit du Droit de Portugal. 

ANTOINE CONTE naquit à ^,„,.^ 
>Ioyon en Vennandois. Son père étoit Juge c»».», 

A ij 



4 Les Eloges 

Royal 3 non p:is de cette ville-là , car l'E^ 
vêcjue en ellî Seigneur, mais de quelque au- 
ti'C delà province. Suivant le témoignage 
de Cnjas , Antoine Conte fut un ]uiilcon- 
fulte extrêmement exad & judicieux. Ayant 
été quelque temps Profelleur à Bourges, il 
enfcigna la Jurifprudcnce à une grande 
foule d'Anditeurs > du nombre defquels je 
fus pendant un an. Enfuite il fut rappelle 
à Bourges i &; ayant acqais beaucoup de 
gloire par une nouvelle édition Ju Droit 
Civil 6c Canonique , <5c par beaucoup de 
Livres qu'il mit au jour, il mourut en cette 
villc-là, âgé d'environ foixanre ans , &: fut 
enterré dans l'Egliie de S.Hippolyte auprès 
de François Duarein & d'Eguinaire Baron 
ProfelFcurs de Jurifprudcnce en cette Unl^ 
Vfixfitc^ 

A D D 1 T l N» 

Les Oeuvres imprimées d'\ntoine Conte font , 
Scholia ad Corpus JurU Civilis. Gemment, ad Tît. 
^.lihriil. Digejl, Scholia adTit. Depnfcr. longi 
tempor- 'ndex omnium CoKJHrAtionum (^ BefeB'tcnumy 
qUA ah mitiomundi variis locîs exerîti funt SttbfecivA 
Leiflones. De Succejjlone ab inteflato. VarSarum quA- 
fitonum liber unus. n :n/}ituriones Non. Ve Pacit^ fu- 
ture furcejfionis , a c pr&ferùm de PaBis fomarU tnter 
patrem (^filJci ad L.facîum quod do^alfC. de p/uHs. 
Admomno defalfis Cerjianrinî U'ribus. Illujlrailcnes 
er EmendMtiones inCorpu^ "JurU Civilis.Canones Chro- 
nici , cum Fajlis Réélit ne ConfuUribui ufque ad Jh- 



des flammes Sçavdns, e 

fimUnîmort^m. AIL. JuUam Majejiatis. Bijpufa' 
ttones Jurts h Confuetudînei ftiitdbrum. De 41 ver* 
fismoréL^sneri^tis. Ad EdiBun, Henrîcî l /. de cUn^ 
dejlînls Ma,trimoniîs. Emendattones (^ ]<îotA in Nice* 
phùrt Chrovo^raphiam. Oraifon panégyrique à Fran* 
fois fils de France àt fon entrée dans Bourges. 

Jof. Scaliger dit , qu'encore cjue Conte fuc cou- S^'^^'S^ 
fin germain de Calvin ôc fon comparriote , il ne ^^*'**' 
lai/lbit pas d'être fon emiemi capital, & de déchi- 
rer incellamment fa réputation^. 

PIERRE D A N E' S Parifien fut P«r«, 
très verfé en la Langue Grecque , dont il ^''»'H' 
avoir été Profeifeur du vivant de François 
ï. Il fiu depuis Précepteur de François f I. 
qui luy donna rEvcché de Lavaur , après 
la mort de François Sylva fon doùt noiir- 
rilîbn. Qiioique Danés fut un des pkts 
fçavans hommes de fon temps en route 
forte de fciences > il n'a pourtant prefque 
rien écrit , mais il a lailîe une très belle 
Bibliothèque , qu'il avoir ramalTée avec 
beaucoup de diligence pendant tout le 
cours de fa vie 9 qui fut très laborieufe Se 
extrêmement longue 5 car il avoir plus de 
q'iatre vingt ans lors qu'il mourut a Paris 
^ans le Couvent des Bernardins > qu'il 
avoir choiil pour la retraite de fa vicillef- 
fe. Apres fa mort tous fes Livres furent 
vendus & difTîpez au grand préjudice dc 
la Republic^ue des Lettres* 

A iij 



é JDes Elogef 

ji D D I T l' o yr. 

£î{!gei de PierkeDane's ctoit defccndu <^'une fâ^ 
£ie Mat- mille noble. Il Fut inftrait par Ican Lafcaris & par 
*"*• Guillaume B-udée : car en ce temps-là, où la doc- 
trine & les Maîtres croient extrêmement rares, 
les gens de qualité ne dedaignoicnt point de pren- 
dre la peine d'enfcigner eux-mêmes les enfans de 
Thtvet bonne maifon , quand ils fembloicnt promettre 
y.eiiti beaucoup. Il fut le premier Prorcff^ur Royal qui 
2?^/* fût établi i Paris pat Prqjicois I. & ils .s'acquitta 
»* dignement de cet emploi. Pu^ilt'ut employée» 
divcrfes Ambaflades , & ayant été envoyé au Cou» 
cile de Trente , apics y avoir acquis la réputa- 
Thu^tfK tien d'un homme cloquent, il s'y fit admirer par 
fj;/^^ la vivacité de fon efprit &par (on zcle pour la 
ii.K Î5. rcformatioa de l'Eglifc. Car un Prélat italien, qui 
ne pouvoit fouffrir la gcnereufe liberté des Théo- 
logiens François , ayant dit par mépris dans le 
temps que l'un d'eux padoit contre les vices des 
Si! Mar^ Ecclcûafliques , Gallm cantM , Danés lui fie cet- 
•*''" te rcponfc qui a été admirée de tout le monde, 
Vfhiam ad Galli rantum Petrtt^refififceret ! Quoi- 
qu'il eût un grand gcnic & beaucoup d'attache- 
ment à l'étude, il n'a laiffé aucun monument de 
.fun fçavoir 3 excepté une Lettre Latine qui Ce 
trouve dans le Recueil de celles des Hommes iU 
luflres imprimé à Paris en i\')6. Qiclqucs-uns ont 
écrit que Danés avoir publié des Corrections fur 
plinc fous le nom de Bciiocirius. 

j,nnn,i JEAN DE GORRÎS , Parifien, 

'45,/'-«'»^- fils d un célèbre Médecin de Hourcies y fuc 

lui-meiTie un des plus renommez Mede- 

çl^;- cie fon temps , ^ <jui non feulemenc 



acs M( mrncs SçaZ'a?JS, 'f 

croie très habile en Tart qu'il profefFoir, 
ninisq.ii eircndoir merveillaifcnient bien 
Il LangLic Grecque ^ la Laiine , & écri- 
vou avec beaucoup de policcllc en Profe 
&: en Vers; ce qui paroic p:ir les beaux 
monnmens de fon eiprit qu'il a lai liez à 
h pofterirc , & Au- tout par la Verfion de 
Klîcinder, qu'il a faire en Vers Latin. 
Mais outre qu'à Paris perfonne ne le fur- 
paiîbir en dodrine & en humanité , il 
avoir un Jugeaient exquis & une ForvC a- 
vcrfîon pour toute forte de gain deshon- 
ncte. D'ailleurs, p.^rmi le grand nombre 
deMeJecins de cerrc grande ville il n'y 
en avoir point qui traitât les malades avec 
tant de bonheur. ÎVlais enfin cet homme, 
qui écoit l'ornement de fon féclc, & qui 
femblojc érrc né pour le bien & pour Pa- 
vantage du public , allant voir Guillaume 
Viole Evêqne de Paris , qui étoit malade, 
fut faifi d'une fi grande frayeur à la vue de 
quelques Sergcns qui environnèrent fi li-* 
tiere , &c qu'il prit pour des adaffins , que 
tant qu'il vccut il fut entièrement diiîèm- 
blable à Iny-même, d<. qu'on le viddcfail- 
lir infeufiblemeut. Il mourut âec de foi* 
xante douze ans. 



e 



^ D D 7 T ' O .V. 



Voyez r£iogc de Jean de G o r r i s daj;^ 

A iii) 



^ Les Etoffes 

SccYoîe Je Src. Marche qui iuy donne les mêmcj 

loùiini^cs qae M. de Thou. 

Ses Otuvrcs imprimées font , Kicandrt Theria- 
fa ^ Alexipharmaca , CHm Imerpretatione Ô' Scho- 
liii De Lepore Mar'mo. Dejinîticnes Mcdicg,. HippO' 
Gratis lihetî't de Geaitura puerî , Jiis)urandum y de 
J^rte detrifca Medtc'mA , de Med'uo j in Llnguam 
LathiAm converfi , cum Scholïis. Il a auûi traduit 
en François fa Préface des I>cfinitions de Méde- 
cine. 

En Tannée 1^60. on a fait imprimer à Paris 
quelques unes de fcs Oeuvres qui n'avoient pas 
encore vu le jour. Sçavoir , G^UAftiones du a CardU 
nalitU tTîtitutînts temporlbus ad âifcuttendam fropO" 
fts, in Schclîs MedicorHtn ^arîjtenfium. i. jin fré- 
quentes phlehctotniâ. Medlcorum Parifienfium jure vel 
injuria accul'entur.x.An I^lethcdus medendi Medico^ 
rum Tari fie}: flic fit omninm faluherrima.ltem de Vfté 
*veni,Jeciien'.s ad curandos morbos. ê'à'jriposi ^çtpnhf, 
Prévis An'imadverfio in libellnm Jop^nnis Laxi&i 
Chîrurgi togati Parifienfis , ^0 Aphorifmos HippO' 
(ratîs innovum ordinem digejftt. 

, .. REMI BELL EAU, ne à Notent- 
^tlia^ita le Rotrou 3u Pcrchc , Précepteur de Char- 
les de Lorriine M.ii\^ais d'ElbeLif, excella 
€11 la Poêhc Latine & en la Françoife. 
^ais il s'appliqaa principalement à faire 
des Vers en nôrre Langue , ,5c il y caipl o- 
yades termes fi bien choifis Se des expref- 
/îons Cl élevantes 3c fi heiireafcs , 6<: il ca- 
cha (on art avec t.int d'adreiïe , que ce qui 
paroiiroit en lui naturel , Se qui par con- 
séquent meritoit beaucoup de loijange > 
eût paru afFeclé en un autre , & eût été di- 



^/^.f Hommes Sç^.v^.ns, p 

çne de cenfure &: de blâme. 

G'ell pourquoy Ronlard avcû accoâ- 
tiime de l'appellcr /^ Peknre de la nmi^e, 
Auflî apvés Ronfard a [ duquef ceux qm 
s'en approchent de plus prés lonr exr^^è- 
n'ieirent éloignez ] fuivant l'opinion des 
Sçivans 3 Bell eau a tenu le fécond , ou diT 
moins le troificuie rancr parmi les Pocres 
François ; car plafjeurs donnent la fécon- 
de place à Joachimda Bellai, quoique tous 
fcs OavracTcs ne méritent pas c^alemenc 
leltime du public. Enfin après avoir com- 
poféles Bergeries 3 &l écrit fon Livre des 
Pierreries avec une polited'e digne dubeui 
fujet qu'il traitoit, & qu'aind il fe futbâci 
un tombeau magnifique de ces riches mate.^ 
riaux , comme Ronfard l'a die avec bevi. 
coup de grâce ^ il mourut ctanr à peine 
enrré dans fa cinqaantîéive année. Il fut 
enrerré dans l'E^lîfe des Auguflins, où fes 
amis le portèrent fur leurs épaules. 

AD DIT 10 N. 

RemiBelleau fut un des plus confidera *'''*<> 
!)les des fept Poètes delà PlejadeFrançoife. Son^'"*'^* 
ôile eft fleurijdoux, & aifë. Il a mis en Vers Fran-^'^*^" ^^* 
çois les Odes d'Anacreon , mais il leur a dérobé 

i iiiie grande partie de leurs grâces , comme l'a très 
b^cn remarqué rincomparAble Mademoifclie de 
Scudcri. 11 a fait un Commcntaivc (lk la féconde 
part:e des Amours de Ronfard , qui de Ton côté 

' kiidreilaun Epita^heqiici'oa void à Paris daus 

A y 



I 



j o Les Eloges 

l'i gVifc de Nôtre Dame. Voicy les Vers que cet 
illulhc Poète a fait fur le Traité des Pie-res pié- 
cieufcs de Ecileau. 

Jse taîlUz. ji^aln îndujineufe 

T)es ùerrfstour couvrir BelleMtt* 

Lui rTièmt: a hâtifcntùmhe.tu 

r edtins fes ; terres précieufes. 
B.Vit a Fait (oa Epitaphe , dans lequel il luy donne 
de grandes louanges. 

O qualem , dit il , cafruU v'irum têgis ! 

Trobns , fuavïs , comh ille Bell^jueus , 

Irudtnfiue , doBufyue , éleganfqtds , 

de' Z' Pâquier nous apprend que Belleau & Tean de la 

ya;«r/iv. parafe , quoiqu'ils eulVent acquis une grande repu- 

7»f»7' cation par leuis Poëfies , voulurent bien paroitrc 

fui le 1 hearre pour rcprcfcnter les Ocuvlcs d\iu- 

trui, S: outils jouèrent L-s principaur roollcs dans 

laTraca-dic de Clcopatrc compoféc par lodde. 

Ses Oeuvres imprimées font, Corrrnentaires fur 
Ufecmdefarîie des Amottrs de Ronfard. Les Odes 
d' Anarreên trn luîtes en Vers Trançois. Ode Pajîora - 
t, fur U rnort de Joach'm du LelUî Larmes [tir h^ 
trépi^ du Marquis d'Elbe uf. Les Bergeries. Tra'ite 
des VUrrer-ei. Edoj^ues facrées. VEcdefiaftedeSa- 
lomcn mii fv Vers FrAnfols. Deux Poëmes , l'm intl- 
inU L'innocence ^rifonwere , l* autre U Vérité fu^Ui< 
>ve , ^ui cnt ccc traduits en Vers Latms par Ho- 
icm Chrétien. Poèfies dtverfes. '^'n Pocmc en (b- 
le Macaron que, qu» vftfori eftimc par ceux qui 
s'y entendent. 1 1 a pour titre Dl^amen MetrificHm^ 
de Bello Hu£uer,ottco CT Ruftrerum VigUamlne , ad 

Modales, . T.- j -6 M • 

11 étoit lourd aufTi bien que Joaciii'ni du BcLai 

& Ronfard. 

^^*^^ ANNIBALDELLA CROCEj 



àes fiommes Sçavans, 1 1 

fat un homme d'un rare efprit & d'une 
doctrine fin salière , comme il paroi t par 
fa VeifiOii Latine d'Achilles Stntins. Il 
liàqnic d'une noble & ancienne famille, S: 
avant été lone- temps Secrétaire du Senan 
de Milan , li mourut dans fa loixantie:^re 
année de la maladie contaHeufequi defo- 
loit cette ville-là depuis deux ans après 
avoir tâché d'appaîfcr la coîeie du Ciel 5 
ou plutôt avoir addrelîé à Dieu des prières 
tres-ardentes , avec quelque prelTèntinienc 
dumalheur qui lay pcndoit fur la tére. Fa- 
brice fon fils le fit enterrer dans TEglifc 
de Stc. Marie couronnée. 

A-N NTEAL Della Croce étcit nntîf Je ^^'''^"'« 
ilan. Il avoïc joint a une pioroijQc eriu ition une , 
candeur & une probité exïL'Oid^n.iire, !1 excelloit «4,,^ 2, 
en la belle Littérature £c ..voit pénètre' dans toutes 
les Sciences. Qucjoues Ecrivains Italiens donnent 
de grandes ]o"ir!n2;cs à fa Verfion d'AchiîIes Sta- 
tius i mnis l'illuflre r.aumairc c]vii a travaille fur le 
mêire Auteur affiire que ^'eft un très méchant 
Ouvrage. Et qu'A nu bal délia Croce en plufieurs 
endroits n'a point entendu le fens d'Achilics Sra- 
tius. 

Les autres Oeuvres impranées d'Annibal délia 
Croce font pluficurs Lettres Latires ccr'tes au 
nom du Sénat de Milan à divers "apfr, Empereurs, 
Rois, Cardir.aux 5 Princes, Rc publique s , cC un 
volume de Poeiies Latines. 

Le même mal emporta P. A N D Pv £' dieuf 

A vj 



Il Les Elo(res 

iiathit' M A T T H l O L E à Trente , où il avoic 
écabli fon feiour. C'était un Médecin fa- 
meux, qui étoit né à Sienne au commence- 
ment de ce fiécle.Son peres'appelloit Fran- 
çois, £c fa merc Lucrèce Boninfeirni. Il ac- 
c]uit be \ncoup de réputation à la Cour de 
VEm^rcreur , où il demeura long. temps, & 
il eft très connu par Ton Livre des plantes y 
ilont il a éié fait tant de divctfes éditions^ 

ji D D I T ! O N. 

SciV.gt' Tous ceux qui ont lu arec application le<; Com- 
""^y^ '• tncptaiics de M A T T H 1 O L E fur Diofcoride, 
S.kltc:h» tombent d'accoidquMs font écrits avec beaucoi>p 
de politcllc, de ju^'^emcnc , & d'induf^rie &: qu'ils- 
font remplis d\'n grand nombre de rtmArqucs éga~ 
Icmcnc curieufcs &: utiles aupubl.c. Amuus Lufi- 
tanas Si. Mclchior Guillaudin firent tout leurs 
H^trônym ^^^^^^ po'^ï décrier cet Outrage dés qu'il fut pu- 
• j^z-i-^-'t. ^^i^ i "^^i^ i's réliîTirent Ç\ mal dans leur dciTcin, 
Un iu que le fa:r.eux Vaigrifius afiuroit , que bien que 
F-P fi* depuis la première édition qu'il avoir fait de ce Li. 
'• *•• yre, il en ci'it vcnviu pi is de trente mille exem- 
plaires , on le luy à ma doit de toutes parts avec 
aiita:\t d'emprelleraent que s'il m'eût tait que de le- 
mettre x\ jour. 

Ses Oeuvris imprim-e*^ font , Sts Comment air et 
fur D'oporitie, écrir', prcm erement en Italien & 
puis en Latin. De Planais Anatome. I.plJlûU Médi- 
cinales De fimplUtitPi medîcametitorttm Fncultr.ti' 
IfU'. D'if^ntatio liverfus lO. ^roblernata Ai. Guil* 
landir.t Conflit Mrd'ica. Compendium de planth 
ti^Libus. ^jcLogi.% contra jimtttHm Lt*JitanHm> Db 
mrifi GMcl atrândirAtiotie, 



des Hommes S^avanf, t^ 

PIERRE NU NEZ ,.d'Alcaçar vil- Ve^r.'^ 
lage qui n'ert pas loin de Setubal en Porta- ^''""''^' 
gai 3 Médecin de proFeffion & ries habile 
Mathernacicien, a écrit plafieiu's'exccllens 
Livres de Marhemariqncd'Optiqiie, d'Al- 
gèbre, & d'Aftronomie. Il fat Prëcepreur 
du Cardinal Henri , qui fucceda à Seba- 
fticn au Royauire de Porto ^d-, 3c deouis il 
enleigna a Conimbie toutes ces fcieaccss, 
& y mourut âgé de quatre vingts ans. 

Aj) T> ÎT I o H. 

Pierre N o n n u s o u N u n e z a étc Tun ^''''-/^- 
des plus célèbres Mathématiciens du monde. On ^f'^n'y^^ 
cftime foit (es Notes fur Purbachius , (oit à CAufe v.i/-.' 
de leur fubcilicé & de leia" clarté , foit parce qu'il yojfi.'^' d& 




Les Oeuvres imprimées de Noniius font , Rerum ^ 
^flronomîcarum Prcbletnata Géométrie a. De Erratls yfi'^** 
Orontu FiriAÎ liber De Crepu-fcnlis lîher. De Arte jo^j[\^ 
navigandi. Ir^ Théorie as. Flanetarum G. FuruAchi* er Kj* 
j^nmtathnes. In JriftotelU. PrcbUw^fa Aie^hantea> ^^'\.P^6' 
uimotanones. Tratado Je Sphera. Dos Trafados fibre '^^^» 
la earta mftrîna- Lîiro de Algehra- y Arlthmetica» 
y Geometrta. Son Traité , de Artenavi^andi^çH an 
excellent Ouvrage félon KeKermoji, 

] E A N D E B A R R O S naquit à f '^^T 
jLiSDonne , & hnit les jours preique i^f^ 
tuagenaire. Il a bien mérité du public> de 



1 4 ^t/ Eloff^S 

fa patr'e , &: de tous ceux qui dénient J'n:- 
voir une connoillancc particulicc clc5 
provinces ciu nouveau monde, en écfivanc 
l'Hiftoire des Ir.des avec be.iucoup d'exa- 
(ftirude ^ de fidclirc. Les deux preiViicres 
Décades de cetcc H.ltoiic furent impri- 
mées pendant fa vie, Cx la troificme Ta cté 
api es la mort. 

A'^ ^ 1 T I O s» 

Tean de Barros étoi: de Vifco, où il nil- 
».ff ; ^^nt -n 149^. *ic Loup ou Lopo tic Barres, Il tac 
lii',,^ clcvcdansla Cour d'Emmanuel Roi de Portugal 
Jupré< des infants , & il y fit un merveilleux pio- 
grcs dans les Lettres Grecques & Latines. Depuis 
il s'attacha i riutant lean qui ("ucccJa au Roi fon 
perc en I ç II. 5c il eut une charge dans la maifon 
de ce Prince. Il fut aulli Gouverneur de S. George 
dcMina fui les côtes d'Afrique , & enfin Threfo- 
rier des Indes , qui eft un emploi d'un très grand 
profit & très honorable pariiii les Portu-j^ais. La 
première partie de fon Hirtoitc fut imprimée en 
1551. La féconde &: la troifiéme en 15^3. La 
quatrième ne fut publiée qu'en itfiç. par le? 
fo:ns du Roi Philippe l V. qui fit acheter le 
Manufcrir des héritiers de L de Barros. Polievin 
donne de grandes louanges à cet Ouvrage , aufll- 
bien que \\,Ac Thou. Mais le Sr. de la Boulaye 
le Coux dans le jugement qu'il a donne fur divcrfes 
Relations des pay^ étrangers dit que celle de ]. de 
Parros relien blv plùtôrdu papier b.irboaiIlcjqu'un: 
Ouvraîie de ne r/ctrc la. (être Hiftoir j fur coFn- 
pofee en Portugal , & tradai; en Efpagnol par AL 
îonfe Llloa. 

il uc faut pa^confondic ]. de Barros , dont M» 



Je s Hommes Sç^vans, 1 5 

d^ Tliou a fait l'Eloge , avec un aatre Jean de Bar- 
xé^ Portugais , lequel feus le règne de leau Ilf, 
vers Tannée 1 54c. eut la charge de Defemhzrgador 
de i^aço. On attribue à cetci^i ci une Defcription 
de la province entre Douro & Minho. il y a eu 
aufîi un un autre ]can de Karros , ou de Bairios , 
tfpaguol j qui a écrie l'Hildoire de Ferdinan^l & 
d'ifabelle. Ce dernier e toit Religieux de l'Ordre 
de la Merci 5c Evêque de Guadis. 

^ LOUIS ANDRE^ R E E S E N D Jl^'^X" 
ilTu d'une honnête famille d'Evora , fur^*'^'?' 
Poëte , Orateur, Theoiogicn, ^ connoif- ^^^^^ 
foie bien la belle Antiquité. Il ccadia quel- 
que temps i-Lou vain 5 ^ fut intime ami de 
Damian de Goes fon compatriote. Il a 
beaucoup écrit , ôc fes avis ont ère extrê- 
mement miles aux autres Ecrivains : car 
ccant confulté par Ambroife Morales, par 
Kebed Toletan^iScpar Jean afé de Bruges? 
il leur communiqua beaucoup de chofes 
qui fervent à éclaircir les Anriquitez Hi- 
fîoriques.Enfin il mourut accablé de vieil- 
le(re,dâs la famille d'Henri Infant de Por- 
tugal. 

AD D IT J on. 

Louis André' R £ e s e n d dans Ca ieunefle ^'./"" ' 
le ht Dommicam. Mais comnîe c ecoit un perion 
îiage d'an Tçavoir émincnt & d'une indgne pieté, 
Emman.ël Roi de Portugal letiradu Couvenc avec 
îa pcrm.Ilien du Pape , h, hii confia l'édacation de 
fes enfans. Reefend s'étant acquité de cet emploi 
atec bcciwcoup de g^loite, fut pouivù. derich.es be- 



îé- Les Élo;rr,^ 

nc{ice<:. Et comme il n'écoic pa> moins cloqucnr etl' 
In Langue do fon pays qu'en Li Latine , ii prêcha* 
l'a parole de Dieu avec appLiudilIl-ment. NicoUs" 
Clcnari allure , que c'ctoit un excellent Poète,- 
que fw'S Vers écoienc remplis de tant de mnjefté, que- 
l'invention en écoit ii belle & fî judicieufe , qu'il^ 
nerendo tpas Evora moins célèbre , que Cordouë 
l'avoir été par les grands hommes qu'elle avoic 
produits. Reefc^nd mourut âgé de plv»s de quatre- 
ving.t ans , apics avoir donne au public les Ouvra- 
ges fuivans. 

V'mcenttHS ! evîra, ^ Martyr » Poë.'/ia Hero'icumy 
cum Scholiii. De verUorum LpùncruTn eomugaîlo- 
ne CommentariHS Ad Deum Pairem o^ caUmita- 
tem 'ieBarum O.-i.-i. Ai Ci^ijium Confejpo , ^ ad 
cruel AJfixum De P ^ifiorts K^^rlo.'Ep'.gratr.mata varii9» 
In c' Iti'.m Jva^riif î ! ' LuJiranU Re^îs Ccn-ju^Jlh, 
Carry.i'A ad ^Uria'n Jc*trmis 1 L forercm ,*</ l'hi- 
lijputn il ut uff/ a n MaurOi rcnveitnt f^s* ad Se» 
baQif>ni'm Re^im cre-uut é (^ in .-js'.s c^gîem Hen* 
decAJ'iyUabcn ad eu .dcm. E; iji'^ld W.carn.-me ad Ln- 
fum ScintiUatK . Cr 111. ad t etre]um Sahulium Epi» 
fi(U >\. adj.yfyfi:4m pr'or de ^ta Hifpanorumt 
atteja de Cclonia l'arevfi. pijhla ad Bart Kebc 
dhm Tcletarum Sacerdotem • de Saurlîs Elorenjîs' 
Ecclefét,' Epif-ola ad Jrrbrfftith Airralrs de Tta'anf 
fcr.ris infcri^îicne , alitsque EplJîoU de rébus Judïcis. 
Oraticnes il. una haliia Conitt.lyuSr', altéra ds Sy 
Ticdîs , lu 'Synode Ebcrenfi habita j^ntlc^Hitatum Lu* 
JiranU lîiri 1 V. Un Livre des Ant'^uiiez d'Evcray 
écrii en langage porcui^ais , & traduit en Latin par" 
André Scot. 

^mu. ADAM BODENSTETN, Dif- 
f^'t'.(iS- ç\-^\ç ^^ç. Philippe Auréole TKcophiafte Pa- 
facelle , expliqua le premier avec fidélité' 
Se avec adrdie :, î*un de vive 'voix, que pac 



Mil*:, 



des Hommes s çav^ns. 17 

fès opérations} la doctrine de Ton Maîtres 
qui Fut plus célèbre par la nouveauté de 
fon fçavoîr , laquelle lui attira beaucoup 
de Sedtateurs , que par la folidité de fcs 
raifonneir.ens. Bodenftein 3 qui avoit fair 
profcflTion d'aimer la liberté , quitta fan» 
regret fa dépouille mortelle dans un pays 
libre, fçavoirà Dâle , [car c'eft de cette 
manière qu'il avoit lui-même fait fon Epi- 
taphe ] & il mourut dans fa quarante neu- 
vième année ; ainfî il ne vécut gueres da« 
van rage que fon Maître. Car Paracelle a- 
prés avoir erré dans le monde, s'abandon- 
nanc à la débauche & à l'intcmperance^fi- 
nit fes jours dans l'obfcuritc^en i j4i.âgé 
de quarantc^epc ans , quoiqu'il eût voulu 
faire accroire,qu*îl avoit le fccret de guérir 
parfaitement les maux, incurables, &: de 
prolonger la vie des hommes» 

A B I> 1 T 1 o n^ 

Adam BoDENSTEiN étoit fils d'André célèbre ^^^^^^ 
Théologien parmi les Protcftans. Ce fut le premier ^^i^^^* 
qui enf-igna dans Baie la dodrinedeParacelfe. En./t iit^ 
l'année içytf. pendant que la maladie conragieufe-^-^''^^» 
ravageoit cette ville- làjil eompofaune Theriaque, 
par le moytn de laquelle il fc vantoit de guérir 
tous ceux qui.feroient atteints de ce mal.Ft cepen- 
dant l'année Caivanteen étant attaqué , il ne piit 
pas {e guérir lui même. Il a donné au public quel- 
ques Ouvrages de Paracelfc, & a mis au jour quel- 
ques Ouvrages de {on invention > fcavoir , JE^/Ï^j- 



l.%m ad Tug^eres , în quA ar^uinaita Jlch'miAm tn 
firm.inîia (f cotjjîrmati.'iit AdduCHmur , ^ eam effe 
verijjimam dtmcnjiratur * Upif^ne vere tnventus 
ojlTniiîur. "De Podagn prAfervArone. De herbîs dno- 
decim Zodlaci ftpiis dlcatU. ifMgcgtnln Arncldï dt 
V'tlU-NovM. Rofétrinm Chyn^icum 

Quant À Aiircolc Phil.ppc Thcophr.iilc Pat.icoî- 
f c , il niqiiic dans un vill.ige nomnic I inficlcl â 
deux licucicic Zurich. S()ii pcrc éroic liccntié cit 
Droit , & bitarii d'un Prince. Apres que Paijccl- 
(c C'jc fait fcs premières ccuics, il parcourut l'Alir- 
magne, l'Icalic , la irancc , &: i'Efpjgnc pour ap- 
prendre la Mcdccirc. Dans fcs voyages il acquit 
beaucoup de rar:s connoilIincJN , en partie par le 
commerce qu'il eut avec pluliears fçavans pcrfon- 
n.Tgc$ , en partie par les dirctfcs expériences qu'il 
fit. Etant retourne en Sailîe , il enfcigna la Phyfî- 
<]uc ^ la Chirurgie à BîL- avec beaucoup ù 'applau- 
di llemcnt : mais il Faifoic fes le<jOns en Laneuc 
Allcm.r.;dc , où en mêlant l'Allema'^d avec le La- 
tin j foit parce qu'il n: pouvoir pas parler Latifl 
avec facilité , ou qu'il s'cxpliquou plus hcurcufc- 
ment cd la Langue de fon pays. 

Cependant fon fçavoir exrraordinairc & les cu- 
res mcrvcillcurcsqu'.Uaifoit lui acquirent en mc- 
mc temps une grande réputation & l'envie de plu- 
fieurs perfonncs. Il ^eriflbii les lépreux , les hy- 
dropiques, les goutteux. Avec un feul breuvage il 
iNulonnoit la famé aux cpi^eptiquesi fans incifion il 
rcmcdioit aux chancres & aux loups. Il n'y avoic 
point d'ulcerc , ni de fiirplc playc, pour i\ prcFon- 
de qu'elle fût , qu'il ne confolidàt en trois jours. 
Mais quelque furprcnas que fulVent les eticts de fcs 
remèdes , les Médecins le traitoicnc d'ignorant & 
d'iinpofteur. Paracelfe ne pouvant fupporrcr leurs 
injures , leur rcndoir mépris pour mépris, &: difoic 
que le moindre de tes cheveux fcavoit plus de Me- 
ëecinc que tous les Médecins d'AUcmagae,fc vaii- 



des Hommes Sç^v^nfé i^ 

tiint même d'avoir plus fait d'expériences que Ga- 
jicn & qu'Avicenne. C'eft ce qui rcdoubloic la hai- 
ne que l'on avoit pour lui. Outre qu'il avoit pia- 
(icuis erreurs dangereufe" en matière de Religion: 
car il ioutenoin qu'Adam & Eve n'avoient point leâ 
parties ncceiraires à la génération. Il diloit que îe- 
fus-Chrift n'c^oirpas defcendu d'Adam. mais d'A- 
braham i Que les Réformateurs de l'Eglife n'a* 
voient pas pris le bon chemin pour la rcform.er, & 
qu'il y avoit des moyens plus ailurczjpour détruire 
le Pape. On croid qu'il fc feivoit quelquefois de 
remèdes de Mag-c, & il pallapour Magicien, llbitc 
de l'eau jufqu'à l'âge de vingt & cinq ans. Apreç 
■quoi , il aima le vin avec tant d'excès , qu'il étoic 
prcfque toujours yvre , & en cet état il ne laiffoic 
pas de dider des chofes très dodes &: très judi- 
cieufes. lean Oporin fameux Imprimeur , qui fe;r- 
vit quelque temps Paracelfe, allirrc que lorsqu'il fc 
couchoit . il ne quittoit nifes habits ni ("on cpée j 
laquelle il difoit avoir elle de quelque Bourreau, & 
qu'ils fe levoit fouvcnt lanuit,54 donnoit de grands 
coups d'épée contre le pavé & les murailles de fa 
chambre avec une farcur^incroyable. Il avoit de 
l'avcrfion pour les femmes , & Ton croid qu'il paf- 
fa fa vie dans une continuelle chrijlcté.ll cioït libé- 
ral jufqu'à la prodigalité.Tous les mois ilfaifoit un 
habit heuf, U il donnoic celui qu'il quittoit au pre- 
mier homme qu'il rencontroit. Il arrivoitfouvent 
que le foir quand il f.: couchoit , il n'avoit pas un 
denier, Se- cependant le lendemain matin il ne laif- 
foit pas de montrer une bourfe pleine d'argent , ^.^^ 
fans que l'on pût comprendre d'où il l'avoit eu.^^^^^^ 
Quelques uns ont écrit qu'il faifoit de l'or avec du m 6'^»- 
plomb & de l'argent- vif. L'Auteur de la vie àti'^^t^* 
]ean-Baptifte Morin dit que Paracelfe étant à Neu- 
Col dans la Hongrie, convertit le cuivre en argent, 
^ que la tradicionde c^ pays là porte. que lorsqu'il 
voulue paiîer en Tranflilvanie , il paya de cet ar« 



lo Les Eloges 

genc là Ton hôte , qui étoic un Orfèvre , dont lâ 
inaifon eft encore à prcfcnt rcrmr ]uablc par le por» 
rrait au naturel de ce grand Chyu-ifte qui y cft 
confcrvc foifrneufw-mcnr. 

Cependant il mourut àSalsbonrg dans un hôpi- 
fal auquel il donna fcs biens , & l'on void dans une 
des Eglifes de cette villç-là fonEpitaphc en ces 
mots , Conditur hic î'hiUppUi Theo^hraflus injtgrùs 
Meiiiei/)£ Dcilor i (JMÎ Jim il/» vulntra y Icpram , pê» 
d^gram hjdrofi/in, tUia^ue infanabilia corpcris con 
fglA ftiiripcâ arte [HJittlit , ac bcna fua m pAupert^ 
dijhibuendA coitocandaque honoravit. 

Ses Sedlatcurs le prcfcrcut à tous les hommes 
^tlch. ç^.jI qjj^ ^^^^ depuis le temps de Noé fans excepter 
ya Ai?.M«^icure Trimcgitte , ni Salomon. Tricho Brahé 
^^.^ afîarc, qu'il y a eu plus de gens qui ont attaqué fcs 

Ecrits , qu'il n'y en a eu qui les aycnc entendus. ]. 
Crato a écrit que Paractlfc n'avoit pas inventé les- 
remèdes dont il fc fcrfoit , mais qu'il les avoit'ap- 
pris dans un Livre compofc par un Moine deux cen» 
ans avant qu'il naquit. Ses OifciplcsdiTent qu'il a 
écrit plus de trois cens cinquante Livres de philo- 
i'ophic, de Mathématique, ou de Médecine. Tou- 
tes fes Oeuvres ont elle imprimées à franc fort e0 
douze voulûmes in ^uArto. 

T H O M A S S M I T H nânim d'u- 
iw.i/)^i.nchonncrc f.imillc dans la province a'tf- 
fexj & fclon la loUable coûcame d'Angle- 
terre il fut élevé aux dépens du Roy , non 
feulement en ce Royaume- là,mais dans les- 
Univerfitez d'Italie. Il mérita par fon ef- 
prit &: par fon faivoir d*crre joint àCcciie 
pour exercer la charge de Secrétaire d'Etat^ 
rendant le Miniftcre du Duc de Sommer- 
'X fous Edouard VI Jl eut cnfuite ïx di:o 



K 



des Homjves Sçavans, % i 

<^ion du négoce de l'érain , d>c celle des 
UniverfirezdcCarlïs & d'Econe^aux quel- 
les il rendit des ferviccs conhderables. 
Ayant efté depoUillé de ces honneurs par 
Mane,il les recouvra fous le règne d'Elifa- 
.beth,& s'éranr acqaire de divedes An^baf- 
fadesjil confeilla à la Reine de prendre foin 
des affaires d'irlande^&d y envoyer fon fils 
natureUqui périt en cette expedidon.il ai- 
ma extraordinaire^nent les Lettres ôc les 
^ens de Lettres ; 6c les loix qu'il fie pour 
établir une difcîpline dans les écoles furent 
cres utiles au public, il a laiilc quelques 
Ecrits 5 parmi Icfquels on compte un Oii- 
/rage imparfait de la République Angloi- 
ij éc un Commentaire des Monnoye's. 

Outre Uîs Oeuvres deTHOMAsSMiTH dont 
^r.dc Thou fait menrion , il y a de lui , De re^n 
ADgHA AngtlcA fcrîpthne , Dîalcgtc^- . De reMa Lm - 
■HA GrACAfronHntlatîone , Liber * 

Annie IJ78. 

LAURENT SURIUS Chartreux 
le Lubec croit un homme qui avoir beau^riv^'*' 
:oup de piecé,de /implicite, & de candeur, ^^^^^im, 
Jt\i a lui que no'isfommes redevables de 
'Edition CiQ.1 Conciles qu'il adonnez au 
>ublic ave "une diligence finmiliere ^ de 



Il Les Eloges ^ ^ 

nu-ires q-^e les Vies des Saints qu'il p. ccn- 
tes avec fiaeliré.Etain venu à bout de tant 
de travaux qu'il avoit entrepiis pour le 
bien de h République Chrétienne , il ren- 
dit ion ame à Dieu dans fa Cellule à Co- 
logne. 

ji D D I T I O IJ. 

Ccrneh Laurent S u a r i u s fat pucmicrcmcnt SoU 
Looi Cul. ^^.^ g. piii5 Charticux.il â cent l'Hia-Mic ae •: hac- 
';"'^/„^-''''ics-Qiiim, où il ptéccnci rr.oncrcr que celle de 
Gt^m' Slcid.m ert toute pleine de menfongcs. M.nsp.ncc 
Scflpi qu'il y m-ttoic fans choix tour ce qu'on lui diloit 
£/>///. £f/ S: qu' on luiécrivoic, les Religieux de fou Ordre 
gar.itm, lui impofcicnt iilcnce , &: remptchcrcnt de con- 
^»'i'6^> tinucr'lbn travail. Ses Vies dcs"Sain.s ne font pas 
plus cxadcs , ni coinpofées avec plus c.'-. fidélité, 
s'il en faut croire lean Mctel , c^ui dit que Surius 
n'écrit pas en homme d?r bon fcns , &: que dans CQt 
Ouvrage il donne par tout <les maixiucs convain- 
quantes de la maladie de Ton cfprit. C-corgc Michel 
Lingelmius rappelle lefn^e ip.l'cp^rolre dei P/tp" 
riens , dans une Lettre qu il cciit à M. deThou, Si' 
niusà" ^^^^<^^'^f^^^-^^^^ H'J^^ricrrum-.&i le Cardi- 
^'''•' naldu Penon le tiaicedv.- grande bccc&r d'ignorant. 
«M««. Q^ç^2ï Peuccr donnant fon jug- ment fur la Conti- 
nuation que Surius a faite de la Chronique dcNau- 
?'"'«%. clcnis , te Aio/w^,dit-il, rrerhe plutôt te titre de 
'z)idJa'(. Boufonqued'Bijiorlen, curîlfcnÀle qu'il naît pM 
''^. 5. tMtit dejfein de parler ferieuf en. cm que de faire rtrcy 
ehroni. pf^i^^j^' il altère tciit ce qu'il raconte, & qu'il me-rit 

Trct^*' '^^^'^ '^"^ impudence cxtrtVJt. 

' ' Ses autres Oeuvres imprimées font Bomlliaprif- 
corttm Fntrtitn in totiHS nnri ZvangelU colleds, prî- 
n^um ah Alcuino recognltA , ad qum acfejf^runt^ ad 
totius ami E/ifiolas^ exegetits. Ccncîcnes , efrAcî^uîs 



des Hcmmcs Sccwans. ^ ♦ 

fAtrihus congeJÎA. Joannes Ttaderus e Germano idlo- 
nate Latine reddittis ^ de exerchiïsfuper l'ita (^taf^ 
fione Jefu Chrtjtl-, unà cum Niro/al Echfii exercitiis. 
guindé cim Con clones de MïJJ'a Sacrifie îo , a Michaele 
Sidonio Gcrmanîce confier !pu , in Lat'inum converfA. 
Sertm Martini Eifingrenii^Cur tam mtdti eh'S tempore 
ad Luther uni fir/ium deficïebant > e Germanica Lingun 
inLaîinam'verfius. Il a aulTi tratluic en Alkmand 
cinq livres de iavie Chréciennc écrits en Langue 
Flamande par Florentius Hollandois. 

GERARD FALCEMBOURG,^ . 

ne a Nimegiie, lurpailoïc tous les Flamans FUcem. 
en la connoilTance dç la Langue Grecque. ^'*''^"''* 
Tons les jnges équirables de ces fortes de 
chofes feront convaincus de cette vérité, 
s'ils confiderent fes Ouvrages , & fur tout 
l'Edition qu'il a faire de Nonnus Panopo- 
litain^ôc les Commentaires qu'il a compo- 
fez fur cet Auteur. Il mourut â?c de qua* 
i-ante ans dans la ville de Stcinfor: étant 
i la flûte du Comte de Beinteim . 

A D V l T î O 1<J. 

louïs Guicciardin met Gérard Falcem- L^i, 
30U RG au nombre àt% perfonnes illufires qui ^"•'■' 
3nt fait rornement de la ville de Niineiçue. Iu(te ^'Z^/ 
Lipfe en divers endroits de fes Ouvrages donne ^IC,1 
mfli de grandes loiianges à ce T^avant homme. Il 
;ombadefon chevaUtanc yvre , & mourut ainft ^^^"'' 
nircrablement. Outre fes Notes fur Nonnus , qu'il ^ii^'iôth 
niblia n'ayant que 15». ans, il y a de lui quelques helgu», 
J^crs Grecs que lanus Doufa a inferez dans fes 
Commeauiies fur Tibullc. 



14 Les Eloi^ei 

j^f^nius ANTOINE M i Z A U D , né a 
i^u\cUus j^yjoni.jçori en Boui'donnois,fat un fçavanc 
PKilofophe & un celcbre Médecin. Mais 
quoique fa ProfcQîon foit extrêrieinent 
lucrative à Paris^il la négligea prefquc en- 
tièrement , pour vaquer à la recherche des 
fecrers de la Nature, & il s'occupa à com- 
pofcr diverfes Oeuvres , qui font paroître 
fa r^dre doctrine & fon jugement exquis, Ô^ 
qui feront toujours eftimées de ceux qui 
font juges compctensde ces fortes d'Ecrits. 
Il vieillit & mourut à Piris. 

A Ti D 1 T l o r:. 



Theatr, 



Antoine Mizaud exerça la Médecine a- 
vec tant de fyavoir, de gIoixc,& de fuccés, & fit ua 
Ltitr» fi grand nombre de cures extraordinaires & mcr- 
veillcufes , qu'il pouvoit arec raifon être appelle 
CEfculapede la France. Une reiiflit pas moins 
dansl'ctudede larhilofophie & des Mathémati- 
ques , qu'en celle de la Médecine , & il donna au. 
public un Cl grand nombre de dodes Ecrits, qu'il 
acquit la réputation d'ua des plus {çavans hommes 
de fon fiecle. 

Ses Ouvrages imprimez font , PloAnomena , five 
Umporum Slgna.Metcorologica. Comethographia. Af- 
c H lapa (^ VranU Medtcum Ô* Ajîronomicum ex 
cmgreffu CùUoquium. PU^ietolopA. Mundi Sphira^ 
feu CofmC'Sraphîa Zodtacus. FlanetA. Aflerifmi Offi- 
c'tnay cum Encomto docii Aflrommu Catalogi Sympa- 
tÎA c3* AntipathU rerum alî^uot memorabUitWJ. Har' 
monta cœlcjilum corporum ^ htimancrum-^ymbolum: 
funèbre in obitum Orentti Tins,ii cum ejufdem l'it^ 
értumftlo. De Arcanis naturn. in cidem ^ntonii 

Minardi 



des Hommes Sç^vans, î ^ 

tiinardl Pr£fidis ,>^Ania. Hortorum Secrets , Cultm-t 
(y '^uxilia. De hortenfium arborum Infitione. Den^ 
dranatome. De hominis SymmetrÎA. AlexîhpHs. Ay 
tificiofa Methodns c^mparandorum hortenfium frnc^ 
tuum oUrutnt^c.quA corpu$ clementer purgent ■ Me- 
morabillum , utilium; ac jucundorum, CenturU IX. 
Harmonlafupertoris mundi ^ tnfeTÎorIs Paradoxa re* 
^um cœli.Opufculum de Sena. Paraclefis fuper morte 
Francifci Olivaril Galliarum CancelUrii Cofmolo' 
£ta , five Hifioria Çupertorts ^inferîorîs mundi.Oiê- 
dis Carijiii ad Antigonum Regem Eptjicla de mor- 
lorum prAfagiis è Gr&co Latine peddlta. '-^nnotattomi 
in 3. Gaieni Ubrum de dîebus decretoriis. Annota" 
tiuticuU in Uippoeratts Apherifmos. Scholiain G ait" 
ni Ubrum de irîfirmorum dtcubttu ex Aftrologicafen' 
tentia. SelenlacumX oncittatio Medicorum if Ajîrom 
logorum in controverpa dierumdecretoriorum. Rerum 
Agri Sécréta. InfiruBlon fort populaire pour la con* 
mijfance des Luttes en tout temps. Le Jardin Medicî" 
nal. Le Miroir du temps» Difcours des ch^fes ^uifiat 
faites ou engendrées aux trois régions de l'air. Ephe^ 
meridts de l air^ ou Ajlrologie ruflique. Explication, 
'^fage > 6* Pratique de VEphemeride celefle^ Secrets 
contre la pejîe. Les Louanges de l' Ajlrologie. Harmo" 
me des corps celeftes (^ humains. Ephemerides celefies 
pour l'année 1 5 S S» i H ^' é' 1 5 ^ 7« Nouvelle inven- 
tion pour incontinents luger du naturel d'un chacun 
/par la feule infpeBion du front. Opufcule desfecrets 
de Ja Lune. Il a auili hiiîé plu/îeurs autres Ecrits 
^ui n'onc pas été publiez.. 

PIERRE LESCOTSi-. dcCIa-^;;;^^ 
gni , Parifîen dcfccnda d'une noble Se an- cLviu:, 
cicnne famille , fc donna tout entier aux 
Mathématiques, qu'il apprit heiirenfement 
fous Pierre Poftei, Et cOiiUHe il avoic une 
Tdt^j. IL B 



l€ Les Eloges 

otande inclination pour la Peinturej il s'y 
attacha auffij-vec beaucoup de fuccés.Mais 
il s'appliqua principalement à rArchitec- 
ture , & il fi^ connoitre par divers bà- 
tiiTiens > & fnr-tout par celui du Louvm 
dont il fit le delFein, qu'il furpalîbit tous 
les Architedes de ce fiecle. 

En effet ce fuperb^ palais .quoiqu'il na 
foit que commencé y ' par l'aveu mcme de 
tous les Italiens. eft infiniment plus grand, 
plus beau » & plus magnifique , »qne tous 
ceux que l'on admire dans toutes les villes 
d'Italie qui font pleines de femblablcs bà- 
timens. il mourut en f^i année clin"iaâ;^- 

ALEXANDRE PICOLOMINI 

vouloir faire croire qu'il étoitdc la famille 
dr'itneas Silvius, lequel ayant éié élevé au 
pontificat fe fit appel 1er Pte l î. Son père 
s'appelloit Angelo , & Gi^inere Hippolytc 
-Sandti. Etant Eveque de Fatras il meiita 
par fa vertu d'ctre defigiic Archevêque de 
Siennes où il ctoir né. Il avoic joint en fa 
perfonnc une gravité ferieufe^ une cxtrç- 
medouccur avec une rare & exa(3:e con- 
noidance de toutes les difciplines honnê- 
tes, qu'il a éclaircies par divers Ouvrages, 
qui prefque tous ont été écrits en Italien, 
Il érolt extrêmement attaché au parti d'A- 
riftotcsqu'il a expliqué avec beaucoup d'à- 



des Hommes Sçavans, 17 

lîreffe & d'indiiftrie. Il mourut âcrç de 
foixante-dix ans , & fur enterré dans la 
grande Eglifedc Sienne. Jean Baptifte Sa- 
criftain , Doiphobe Archiprcrre, èc Tes au- 
tres frères lui firent un Elocre honorable. 

o 
AD D I T 1 O N* 

Alexandre Picolomini écoit'lbiea ^, 
•vcrfé non feulement en la Lanaue Italienne , mais .,„ * 
aum en la Latine, en la Grecquc,& en 1 Hébraïque, i^etter. 
Il étoit fçavant en Théologie , en lurirpradencc, part. t. 
en Médecine , en Philofophie , & en Mathemati- Thevet 
<jue. Mais il a mérité moins ^c loiiange par fon %.*' ^' 
érudition , que par fa vertu. Car fa douceur , ^SLuiufi/ 
gravité , fa modeftie , & fa pieté lui attiroient l'a- impertaj 
mour de tout le monde , & il avoit joint à toutes Mm^hl' 
ces qualitcz une charité fi extraordinaire qu'il di-^''^» 
ftribuoit fcs biens aux pauvres avec une libéralité 
fans exemple, alTiftant fur tout les gens de Lettres 
^ui fe trouvoî^nt dans la neccfliré. 

Voflius dit, que ce fut un homme illuftre par ^o£dt 
fon fçavoir & par fon efprit, & que Tes beaux Ou- *^^'^^^^ 
vrages font voir qu'il cxcelloit en la Philofophic P*^®*- 
& aux Mathématiques. 

Ses Oeuvres imprimées font , la Tilof(fhia tno" 
taie. LaTheorica depianettl.L'mftftux>kne deW huo» 
nt9. L' Injihuuone del Frincipe Chriflîaiio. VelU 
grandezz^a d'eiracqua ^ é* délia terra. Tarafrafi [h 
la T^ettorlca d' ^^riJieîUe, Bella creanta délie dûn?je. 
Délie ftelle fiffe, La Sfera. III Somettî Tradux,zicn* 



Cônverfme di S' Clpriano. Inflrumento délia Fhih 
fûphiamfurale. In Mechanîcas tjuAftmes Ari^otelis 
Faraphrafis. Comment, de Cirtitudine Mathimatl- 
' ■' B ij 



ï 



%% Les Eleges 

cArum VifcipUnamm. Il a aulfi trâ:!iiit en Latin les 
Commentaires d'Alex. Aplirodifée far les livres 
des Météores d'Ariftote , & donné fo'i jugemenc 
fur la Reformation da Calendrier faite par Grégoi- 
re XIII. dars Lin excellent Ecrit qu'il publia par 
l'ordre de Irançois de Medicis Duc de Toùane. 

tl a tî bien rculTi dans les Comédies qu'il a com- 
pofées , qu'au jugement de Trajano Boccalini il 
tient le premier rang patmi les Poètes Comiques 
Italiens. 

«^•»';. J.BAPTISTE RASARIO, fils 
fis Réi' de Pierre > ilîu d'une famille noble de Val- 
f^iut^ dugia dans le Novarrois , ifit fes premières 
ctiideSià Milan, 6c apprit avec foin la Phi- 
lofophie & la Médecine. Les belles qua- 
lirez de fon efpric le firent connoitre dans 
fa jeuncire à Philippe I L lorfque, du vi- 
vant de Charles- Quint fon perc , allant 
d'Efpagne en Allemagne il palTa par Plea- 
Ifc. Il fut depuis appelle à Venire,où pen- 
dant vine^-deux ans il enfei^na Tare de 
parler, dans lequel il cxccUoit, ôc il entre- 
tint une étroite amitié avec Sidoine, P. 
Manuce, Murctjd: Odavi^en Ferraro.Dans 
ce temps-là il traduifit av.çc élégance Ga* 
lien & quelques Interprètes Grecs d'Ari- 
ftote. Il fut extrêmement aim.c parcetre 
Screniffime Repi^blique » «Se il célébra la 
mémorable victoire qu'elle avoir rempor- 
tée contre les Turcs aux ifles de Curzola- 
ri, dans une belle Oraifon qu'il fit à la 
loiiange des Vénitiens. 



des flommes S^avans, î 9- 

Wais Philippe 1 1. leur envia cet orne- 
linent de leur ville, ôc voulut l'attirer dans 
FUniverfîté de Conimbre, lui ptoniettani; 
des appoinremens confiderablcs:6<: comme 
il s'cxcufa fur Ton âge avancé , enfin à la 
prière de ce Prince, qui avoit droit de lui 
commander , & auquel il avoit de grandes 
obligations , il fe refolut d'aller à Pavic, 
où pendant quatre ans il cnfeigna la Rhé- 
torique avec la même réputation qu'il Ta- 
voit enfeignce à Venife. Apres quoi il 
mourut d'une fièvre maligne > âgé de plus 
de foixante ans.Tous les Ordres de la ville 
accompagnèrent fa pompe funèbre jufqu'à 
TEglifc de S. Auguftin , où il fut enterre. 
Quoiqu'il. eût palTé toute fa vie dans Ic-^ 
célibat , il ne fut jamais foupçon»c d'au- 
cune incontinence. Il fcmbloic n'être né 
que pour faire du bien à toute forte de pcr- 
fonnes , mais fur tout il avoit une extrême 
charité pour les pauvres. Il traitoit les ma- 
lades fans aucun falaire , & il nourri/Toit 
les neceflîteux comme s^^il eût été leur père. 
Gn dit que dans la Bibliothèque du Car- 
dinal BorrovTiée il y a beaucoup de fes" Ou- 
vrages y qu'il cft à fouhaiter que Ton met- 
te au jour, & dont cet illuftre Cardinal ne 
voudra fans doutepas priver le public. 



B ïïj 



3^ Lt 5 Eloges 

ji D Tf 1 T I O N. 

7hettr, T. BAPTisTERASARïofutun grand PKr- 
d'Huom, lofophe & un excellent Médecin. Lucas Concile 
Letierat. ^j^ ^jj»jj ^^^[^ {çarant en Grec & en Latin. Que 
farf^, l'on érudition, fa gravite , fa douceur , fon honnê- 
te , & fa vertu lui acquirent une grande réputa- 
Lue CoH' tÎQn, Et qu'il a donné au public plufîcurs cxccl- 
*' ''^^('- lens Ecrits , qui font de glorieux monumens des 
'^i'^^Jf grands progrés qu'il avoit'^fait dans IcsSicoccs. Il 
étoit du nombre des Académiciens qui compo- 
foicnt l'Académie de Padouc nommée , délit jiffi^ 
élan i & il avoir pris le nom d'Euthimo. 

Ses Oeuvres imprimées font , Oratiode Vi^orta- 
Chrijilanorum Ad tchîmdas. Et les Tradudions 
Suivantes. GecrgU Pachimeri "Epitome in univerfam 
dijferendi artem. jifr^rr^mït 'ExpUnatîo in quinque 
voces Vorphyrii. Oribafiî Sardlanî Ad Euftachium 
f.lliim libri $. quibustota Medicina tn compendium 
redaxa ccotinetur. Oribafii Sardiani Opéra omnla. 
Jo. Grammatici fhilcpomtn fhyficorum Arîjlotelis^ 
lihros 4. ExpUnatio. Xenoeratis de ftlimeato cm 
M^tt^itlibus animant'ibus Ubellm. 

Annie 1579. 

,,,nnf, JEANHARTUNG, natif He Mil- 

m^tun- tembourg fur le Mein dans la Franconie». 

**'* enfcigna premiereroenc les Huinanitez 

Grecques avec beaucoup de louange à Hei- 

delber^ , & depuis à Fribourg dans le Brif- 

govv, & il les cultiva par les Ecrits. 

ADDITION, 

Les Oeuvres impricnsçs de 7.H a r t u n g font> 



des t-Jommes Sçavans, 5 1 

Jtnmtat. m très prtores Homeri OdyffeA Rapofdtas, 
DecurtA locorum quorundam memorahUîum , ex 9pti' 
tnîs AutoribtM excerptorum- Chîli^des locorum Ho' 
Tnericorum' NotA in Virgilium. m Hcratium. Apoî- 
lomi jirgonaut'ica LéttintredditAy ^ Apologla GrA- W«'f*.' 
corum de îgne purgatork exhîbitu in Concilîo Bafi- „. '*."* 
ilenfi. 11 a aulli augmenté It Diûionaire Grec ^Cp/j^'i^,^ 
Latin , & corrigé Ariftote & Strabon. 

H mourut àFribourg âgé de foixantc ôcc^uinzc 
ans. 

ERASME OSUALD,né dans hEr^Ptr4t 
Hongrie fuperieare , fut premièrement ^^'"''^*^'** 
Profeirenr dans fon pays > ôc enfaite à In- 
golftad , à Lipfic , à Bâle , à Méninge, 
&c tnfin à Fribonrg.ll excelloit en la fcien- 
ce des Mathematiqaes,&: mêmes il l'éclair» 
cit par Tes Ecrits. IJ entendoit bien la Lan-* 
gne Sainte qu'il avoir apprife de Sebaftien 
Miinfter. Il eftoit ami de Hartung , dortt 
nous venons de parler , & mourut plus 
)cunc que lui de fept ans. 

u4DDir/0N. 

BrasMbOsuald étoit né dans le Comté de Me^ch, 
Marchenftein en Autriche. Il fut Profcllcur en^'''''^ 
Marhematique , & il enseigna la Langue Hebraî-^'". "** 
que. 

Ses Oeuvres imprimées font , Comtnentarîa m 
Théorie 04 Vlftnetarum. De primo mohili. CcmmentA- 
ria in Sph&ram Joaums de Sacro Tofco. h Almage' 
jium Ttotomii Annetaiiofjes. Gemitim Kalendarinm. 
Oratio funebris , de obitu SebajHani Munjieri. Para- 
phra/is-in CanticA Canticomm Ô* -^^le/iaJîemSaio» 

B iiij. 



'|i Les Eloges 

moms ex ChaMiea Lingua in latînftm tûnvey/a.W ii 
auffi traduit en Latin le Livre'de la Shpere de Rab- 
bi AbrahamCai, l'Arithinecique de Rabbi Elic ; &C 
en Hcbrcu le Nouveau Teftament. 

JEAN STADIUS d^Anvcrs , Ma- 
themaricien iUuftre j a acquis une giande 
réputation dans le monde par les Ephemc- 
rides qu'il a fupputécs avec beaucoup de 
diligence depuis 1554. jufqu'en 1606. Il 
fut premièrement ProfclVeur à Louvain^ 
& depuis les Sçavans ayant été invirez à 
^ifputer la chaire deRamus qui étoit vafiaii- 
Te par fa mort>il vint à Parîs3& étant en- 
tré dans la lice avec des concurrcns plus 
^çunes que lui , & fur-tout avec Macrin 
Brcs de Grenoble 5 fuivant le confe.il de- 
Foix de Caudale illuftre & fçavant perfon- 
Tiage,& les mouvemcns de fagenerofitéjil 
partagea le prix avec fan Adverfaire. Mais 
itans la fuite il fit une grande brèche à fa 
t^putation. Car voulant s'amufer à prédi- 
re Tavenir aux gens de la'Cour & aux per- 
fonnes curieufes de l'un & de l'autre fexe» 
il fembla s'éloigner du but que fe propofè 
la fcience dont il faifoit proFcflîon , & il 
rendit le nom des Mathématiciens odieux 
& exécrable , comme il l'avoit été du 
temps des Ccfars. Il paya le tribut que 
tous les hommes doivent à la nature eu fa 
dnquante quatrième année. 



l'if' 



des Hommes S çavmSi H 

AD D lTlo\, 

7 £■ A N Stadius étoit natif, non pas d' Anvers, ^">A- 
commc l'a crû M.deThouj mais de Loenhouc pe- <^- ^■'"'• 
tit village de Brabanr, Il cnfeigna premièrement y/'j,/^' 
l'Hidoirede Tice Live , puis il s'adonna entière- ^n'ir, 
ment aux Mathématiques & à l'Artronomie. il hibl. 
étoit joint d'une étroiie amitié avec lofcph Scali- *''i- 
eer, & Ton voiddnns une Lettre de -ce 2raiid hom- ^'^•,. 
me combien' il avoit d eltime pour la vertu & pour /^t, , 
l'érudition de Stadius. 11 eut un fiïs nommé Hie- epk.i^ 
rome , qui époufaia fille d'Habert Goltzius, & un 
petit-fils de fa fille Catherine , appelle luflus Ri* 
quius de Gand , lequel a mis au jour un excellent 
Commentaire du Capitole Romain , & piulieurs 
autres Ecrits. 

Les Oeuvres imprimées de Stadius font, TahnU 
B^^'ganA.fivelBphemerîdes ^^Jlrdogtcd, fecundhm Ayi^ 
tUerpUlongitudinem.ab anno 15^4./?^ annum >■ i^o^T, 
Comment atio de cœlifigurh.Hermetis Trif?^yîft •^^- 
tro Aluthematica > Latine reddita. TabvU âquahilh 
éf.apparemls motus cœleji'ium crypcrum. Commen" 
tarif m Flotnm. Prevînctâi Br^fileA, Hiftoria. 

Il y a eu un anrrc Iean Stadius natif de Hom« 
btrg dans la HefTc , lequel a fait en Allemand la 
Dcfctiptioa du pays des Anthropophages. 

L O U î S L E R O I , ae Coutance en 7,^^,, 
Normandie 3 ctoic fç^vant en Grec & en c^^R^ 
toute forre de difcipline. Et comine^il s'ac- ^'*^ 
tâcha à cultiver & à peiHFedlionner nôtre 
Langue, il traduifit en François beaucoup 
de Livres de Platon & d'Aiidote , ôc les 
expliqua par de Dodes Commentaires. 
Mais parce qu'ayant l'efpritdetache du foin 

B V 



3 4 Les Eloges 

àes chofes viles & méprifables, il n<;gligea 
fes affaires domeftiqucs , cet homnne qa2 
n'avoir jamais pu endurer de fLiperieur, fac 
obligé dans fa vieilîelle de vivre aux dépes 
d'autrui. Enfin ayant vécu quelque temps 
dans cette mifere 3 il quitta ce monde fans 
regret \ mais fa mort fat extrêmemenc 
fenfîble à tous les Sçavans.. 

A D V I T 2 O K. 

Élhihth* Louis LE Roy étoit PtofelTeur du Roi en 
lie in Philofophie à Paris, grand Hiftorien , & excellent 
Sroixdu Orateur. Lespremiers Ouvrages qu'il mit au jour 
'''^'* furent quelques Epîtres Latines , & la Vie de Guil- 
laume Budéc, qu'il écrivit d'un ftilefi pur & fi éle- 
EUges de gant, que des- lors il fut regardé comme un des plus. 
Ste^Mtr» célèbres Ecrivains de fon fiecle. Mais s'il mérita 
beaucoup d'eftime par fon fçavoir & par fon efprit, 
il s'attira la haine de plufieurs perfonnes par fa 
critique rigoureufe- & par le mépris qu'il faifoir 
des Oeuvres d'autrui. Et comme cette odieufe li- 
berté qu'il prenoit de reprendre- tous les Auteurs- 
l'eût porté à critiquer les Poeties de loachim du: 
Bellai, cet illuftre Poefie publia des Vers fi piquans 
& fi aigres contre lui , qu'il fervit long temps de 
jouëc & de rifée à toute la Cour. 

Szs Oeuvres imprimées font , Coafolatio ad Re- 
£mam Cathartn^w Med'icem. Corollarîum , quod' 
cmnta infra lunam prAter anlmos cœlitm derrJjfoi. 
mort alla Cr caduc a iic. Vit a GuUelml BudAÎ Pro - 
legomena Felittca in Folitlca ArlftotelU. Orattones 
tin A hr-ihltA Parijils. 1. De motu Fr^'àcU ^ cafibus 
ftlii^THm genî'mm &c. qui In hanc Atatemîncurrcrutit, 
JI e Uigenda fatîendi ^ fentiendl Çc'ienùct cum or- 
t}p.tè dicend'ifacuLtate. Exercitatienum i' eripatetlca» 



(Je s Hommes Se nvmi!:, ^ r 

ritm llhri IL Oratio tnfnnere raroli Valefiî ^urel'm- 
mrum^Ducis. EptJlcUcr hTAfationesTe U viciJfiTw 
de ou variété des chofes. Exhortation aux Franciis 
pour vivre en concorde, hrciet oh Dejfeîn du Royaume 
de France pour en reprefentcr en dix livres l'Erar en - 
tier. Les Moyiar chique s. Difcours fur le Royaume tir: 
Terfcs. Traité des troubles avenans four la diverfné 
de: Religions ; eréfemble du comn^encement , progrès^ 
& excellence de la Rtl'igion Chrétienne. Deux OrAt- 
fons prononcée s à Paris avant la leciure de T>cmujîhe- 
ne , l'une des Langues doctes (^ vulgaires ^ dû l'ufa- 
ge de l'Eloquence y & l'autre d: l'Etat de l'ancienne 
Grèce. TJel Excellence duGouverncment royal.Con- 
ftderaticns fur r Hijhire Franfoife (jr univerfelle de 
ce temps. Ses Tradudions Irancoifcs fonc , Le Ti- 
me e de lUtm, avec l'expofttion des lieux difpcJlrs, 
Le Sympofe , eu Banquet de flatcn , avec de do^ei 
uinnotations Le Phedon , ou la Politique de Platon 
contenant dix livres de la République, avec des Com- 
mentaires» : lutarque delà crea.imde lame. Les Po- 
litiques d' Ârijiote. L'Exhortation d'ifocrafe a De» 
monîque. L'Or ai [oh du règne. Le Symmarlitjue y oh 
le devoir du Prince, i e premi'c*- lir re de rinjïiiution 
du'Prince par Xenofhon. Les lo'iéanccs d' Âgelif> y par 
Xenophm. Traité de Xenofhcndu bien avefmant aux 
/ rinces frères de leur amitié mutuelle. Sept Orai ons 
d^ Drmrfhene trois Olynthiaiufs , ^ quatre ^hilip- 
piques. Traité d' /rifiote y touchant les changemensy 
ruines y ç^ confcrvat ions des Etats , avec des Annota- 
tions. Le livre de 1 heophrajîe touchant le feu > & les 
vents. Traité d' H ifpocrate touchant l'air y les eauxy 
C" les différences des lieux ^ parties du monde. Ser- 
tr.on de Theodoret de la Providence. VWa'fcn du Set» 
gnrur Jean Zawo'chi Volonols fur la ileclarMion de 
l'éltéfion du ^o/ de Pologne , traduite en Fracf»is. La 
RrmoKjhance que fit yrus Roi de i erfe à fes nfam 
avant lue de mûrir- 

B V, 



3 ^ Les jÊlogâJ 

Les Commentaires de Louis le Roi fur les PoH' 

tiques de Placon & d'Ariftote font fort eftimez Se 
^auà» lotiez par Naudc , qui dit que ce font des Oavra- 
*' j*^ ses qui ne peuvent qu'être extrêmement utiles & 
/•/*>. agreabks a toute forte de perfoiuies. 

lo.^ap. ]EAN BAPTISTE HADRIEN,. 

J^^^^^- jnatif de Florence <i'une famille noble >, 
ctoitLin homme qui avoir cté.bien inftruir- 
dans les belles Lettres , & qui s'étant Cervi- 
dés Mémoires de Cofme Due ^c Tofcancs 
Prince qui ctoit doué d'un efprit vafte 5c 
<î'une prudence confommée , a écrit ce qui' 
s'eft paiTé en Italie depuis l'année 15 56. ÔC 
a continué avec beaucoup de diligence Se 
d'exaditude l'Hîftoire de Guicchardin, le- 
quel 5 félon mon fentiment, ne cède à pas 
un des Hiftoriens de ce fiecle. Orcommc 
dans cet Ouvrage. Hadrien fait paroitrc un 
îugemcnr fain & jufte > une extrême can*- 
deur, jointe avec beaucoup de fidélité, j'a- 
vou'eqnefon Hiftoire m*a efté tres-utile 
pour compofcr la mienne >-& que j'ai em- 
prunré de lui beaucoup plus dé chofesjque 
d'aucun autre. Et je m'étonne que les Ita- 
liens ne l'eftiment pas autant qu'ils le doi- 
vent, & ne rendent pas juftice à Ton méri- 
te. Il avoit foixante-huit ans lorfqu'il 
raourut , & il fut enterré dans l'Eglife d^ 
S. François de la ville de Flor^nçe^ 



dès Hommes S^çavans. 5 7 

AB D IT I O 1^. 

T, Baptifte Hadrien écoit fils de Marcel Virgile, _ 
^ fLuCiirnommé Marccllin. Ourre fonHilloirc, il , J^^^ 
)ra de lui trois Oraifoii'» funèbres , la première de Sfr/y. 
TEmpercur Charles- Qtiint , la féconde de CoTmc Pioreif.. 
Grand Duc de Tofcanc , & la troifiémede Jeanne 
(d*Aûcriche femme de François de Wkdicis, 

Année ijSo. 

H I E R O M E V V O L F I U S , né à ^^;7'-^" 
Octingeii dans les-pays des Grifonsjfiuce- pfy,'jii^> 
lebre par Texade connoi [Tance qu'il avoic 
de la Langue Grecque. Après avoir par- 
courus dans fa jeun elfe lesUniverficez de 
France & d'Italie,il fe retira à Augbbourg, 
où fubfiftant par la libéralité & la maj^ni- • 
ficence des Fuggevs , il traduifit avec beau- 
coup de fidélité Zonaïas^ Nicctas^ & Grc^ 
goras 5 les principa-jx Auteurs de rHilloi- 
re de Conftantinople,& où ayant en feigne • 
le Grec à un nombre incroyable d'audi- 
teurs, enfin âgé de foixantc- quatre ans , il 
mourut de la pierre, maladie fatale à la 
plupart des gens de Lettres. 

A D D 2 T I Q .V. 

H 1 1 R o M E VV o L T 1 u S étoic forti d'une des \;^/f/^, . 
plus nobles & des plus anciennes familles du pays umm* 
cies Crironq. U vint au monde avec un corps fi foi- y>t. Vhi* 
ble &: fi délicat, que fon pcrcnc le croyant pas ca-^/-/'''- 
pablc defupporter les travaux de rccudcfit ce qu'il 
pût pour l'cmpcchcr d-'cmbrallcr la protciiioû des 



3 s Les" Eloges 

lettres. Mais comme VVoîHas avoit une forre in- 
clination poar l'étade il s'y adonna avec une afîi- 
duicé incroyable , malgré les'déf'cnfes de l'on pcre, 
& la foibleile de fon tempérament. Et parce cjue 
fon père lui refufa Tarojent qui lui écoit necellaire" 
pour s'entretenir dans les Académies , il iiic obl'gé 
de Ce mettre à fervir les Ecoliers dans le Collège de 
Tubingue , où il employa fi bien les heures qu'il 
pouvoir dérober au fer vice de fes Maîtres , que 
dans peu de temps il acquit une parfaite connoif- 
fance de la Langue Latine & de la Grecque. Enfui* 
te après avoir enfeigné pendant quelques années à 
Nuremberg , ilfut ftit Kibliothecaire & Principal 
du Collège d'Augsbourg , oùr il mourut. Il palla 
fa vie dans le célibat , & dans une fi grande pau- 
vreté , qu'on l'entendoit fouvent faire des plaintes- 
contre fon malheur , & fouhaiter qu'une prompte 
mort le délivrât de toutes fes miferes. 

Ses Oeuvres imprimées font, De vero éf ^i^ifo 

^flrologta^ ufu. Progymnafinata fcholafllca in ttliquot 

fentffnttos Cîceronî». Judîcîum de Poetis legendîs. 

Comment nrii in Ciceronis libres de Ojficiis ^ ScholtA 

în Catonemj in Léiltum, in Faradoxa, f^ Somnium Scim 

pîenis. Annot. in tahulam compendiofrm de origine, ^ 

fftccejfione , c^ docirinaveterum Philofepherum a G. 

Moreilio colleciamln Stuporem GermanU Elegia Att^ 

gufiani Gymnafii Infiitutiù. De expedita utrlufque 

LtnguéL difcend& ratione. De ChriJlianA clajf.s victo^ 

ria. Proîrepticon Poëmata. }focratisfenîentt& GrA- 

co LatmA i additts Annôtationibns e Veterum GnomO' 

logia Latin a tanthm. Cyu&ftiones maxime ne ce [far ia 

îrium tibrorum Ciceronis de Of^ciis compleBentes* 

Annotatioyjesin Ciceronis Tufculunas qu&Jliones. Ses-^ 

Traductions Latines font. Ifocratis Orationes , ad- 

ditis Anriota,ùonthus. ArgumentU -, éP Vita Ifocratis» 

Derroflhpniî Ofera •. (y Vlpi^- i p.hetcris Cûmtr*enta ■ 

ri a JEfrhinis ^ Dinar chi Orationes Demofiheni nd- 

'U^rfariA- foannis Zenar» , i^icetu, Chômai a . Laonici 



clés Hommes Scavans, ^ 9 

Chulcondyléi , ^ NtcephoriGregor& Biflcrh. Tfiàe- 
ti Enchîridîon, CooetisTi^bula Stmplun Scholîa, ^ 
uirriam Commcntaria in Epicîetum ■> cum Armotath- 
nibus. SuidA Hijiorlca thtlonisjudii Opéra. Grefo^ 
rilNaziazom Alphabetum Morttm. Hcrrr.ÎAinfeHx' 
tto di^emienîium inter fe Phllofpphonim cum^ Annota' 
tionîbu^. Quoique ces Traductions foicnt eu g; and 
nombre, elles ne lai/Tcnt pas d'êcre fort eltimccs 
& fur-tout par les Allcmans, & il n'a point Kaic 
d'Ouvrage dont il n'ait été trcs bien rccompcnfé 
par les Princes 5c les Republiques d'Allcnugnc. 

EMMANUEL TRE ME L LIUSj'*":;- 
ne à Fcrrared'an père jaiF^Fut trés-fç.ivaiu wf/.*«<. 
en la Langue Hébraïque. Etant allé à La- 
ques avec Pierre Martyr Vermil &: quelques 
autres qui avoient embrafl'c en fecret la do- 
dfcrineckspi'oteftansjil quitta enfuire l'Ita- 
lie avec Vermil &: Tes compagnons , pafîa 
en Allemagne, de établit premièrement 
fon fejour à Strasbourg,^ de là il fe tranf- 
porta en Angleterre pendant le règne d'E- 
douard VI, après la mort duquel fl retour- 
na en Allem.îgne , &: enfcigna quelque 
temps en l'Ecole de Hornbalch , d'où il 
fut appelle pour remplir la chaire de Pro- 
felFeur en Hébresi dans PAcidcmie d'Hci- 
delbercj. Etant en cette ville-là , il mit ca 
Ladn l'interprétation Syriaque du Nou- 
veau Teftamcnt , 3c entreprit d'examiner 
avec foin l'Hébreu du Vieux Tcftament, (5c 
d'en faire une nouvelle Tra>:lu(fHon, ayant 
ailucic à ce grand travail François* du ]on * lu^tim. 



4© l^^s Elcges 

de Bourges , lequel après la mort de Tre* 
mellius corrigeant avec trop de liberté un^ 
Ouvrage dont il n'étoit pas TAuteur , & y^ 
ayant ajouté beaucoup decHofcs du fien^lc' 
rendit, félon le jugement de pluficurs,non 
pas meilleur, mais plus ample. Tremellius 
enfuite ayant quitté Hcidelbcrg, fe retira à- 
Mets, où revenant d'Italie il s etoit marié, 
& étant allé à Sedan pour y enfeigner la 
Langue Hébraïque , il mourut ayant prcf- 
que atteint l'âge de foixant-dixans. 

ABB IT lOK^ 

La Vcrfion Latine que Tremellius a h'ir âà 
iMiex Nouveau Tcftamcnt Syriaque ayant été examinée 
i^h'^r^' P^^ ^^^ Douleurs de Louvain &^ de Douai , ils ca < 
Ed!t, fureuc lî fatisfait , qu'ils jugèrent que c'ccoit-un 
Viantin, Ouvragc^exciêmeiBent utile, en yfaifant quelques 
fo!,6d. petitc^s corredions. Pourfa Verfion de la Bible, le- 
Pcre Simon prétend que les plus fçavans de la Re- 
Flfioire ligion des Pioteftans n*en «ont pas fait grand casy 
d'pTe» ^^1^^ ^'^^ P^^"^ ccla'que plufiéurs Inrerprcccs l'ont 
ùamAiv, i^etoachéc. Il ajoute que comme Tremellius aéré 
a.cib'a^» -Itiîf avant que de refaire Chrétien , il a confervc 
un je ne fçai quoi qui lui eft fingulier , qu'il s'éloî-- 
gae fouvent du*" véritable fens , & que fa didlioa 
Latine eft affe£Vée & pleine de défauts. Mais quoi- 
qu'en dife le Père Simon , il eft certain que cette 
Verfion a eu l'approbation publique , car depuis 
tioeti l'année i 5 8-4. en laquelle elle parût, il s'en eft fàic 
Sum. fept ou huit difl:^rentes éditions à Genève , en Al- 
tontn- lemagne , & en Angleterre , & la plupart des Pro- 
"cenibr. ^^*ft^"^" l'out regardée comme un modèle d'uae par- 
f/.;?»_p«è faite Tradudion. 
«»», Qiicl ques-wis ont accuse Tiemeiiius d'avoir &it 



des Hommes S^cavam, ^i 

hnprîmcr fous fon nom la Vctfîon du Tcfi-amcnt Mff- 
5yLiaquc , de laquelle Gui le Fcvre de la Bodcric '^'''"'^* 
étoic l'Auteur. Mais François Tunius a fait voir eue qI' 
la Vcrfion de TrcmcUius avoit ctc imprimée en Iheo). 
iy69 i ^- celle de la Bodcrie trois ans après. Ton. a» 

Ses autres Oeuvres imprimées ("ont , Grammnti- ■'}• '^'^ 
ca, ChMdta ^ Syrimcn. In Hofeam Propketam Jnter- ^ ^^* 
pretatto ^ Enarrath. CaterhifmM Keli^iems Chri- 
JiianA Hebraïce. Jonathdws filii VLZ/el ChaUaica 
i'araphrafis in Prophetas Minores , Latine, 

JEROME SURITA,dcSaragoze^iT'* 
an Royaumcd'Arragonjavoit nii efpric or- s«/m4»* 
né de toute forte de dodiinc.Il a rendu un 
fervice confîderablcau public & à fa patrie, 
eii mettant au jour l'Hîftoirc de fon pays, 
ce long Ouvrage qu'il compofa avec beau- 
coup de foin de de travail , & l'Itinéraire 
d'Antonin , qu'il a plutôt éclairci par de 
diverfcs leçons,quc par des CommentaireSi 
de qui a été publié après fa mort p^r André 
Scot. L:i feule choie dont on le peut blâ- 
mer 5 ou plutôt le feul malheur dont on le 
doit plaindre , c'eft qu'il ait été Secrétaire 
del'Inquifîtiô,& que palTint pour un hon> 
metrés-dode , & qu'étant rrés-propre à 
gagnerl'amicjcde tout le m6de>il ^it été o- 
bligé de prédre un emploi ii cruel'^c Ci per- 
nicieux à tous les gens de Lettres, foit qu'U 
l'eut fait à dellèin de pourvoir à fa fureté , 
ou par Icdcftin de fa nation afin de foûre» 
nir fa dignité. Il mourut à Sarac;oze, dec 
de. foixantc fepc ans^ 



4^ Les Eloaes 

A D T> I T. l Q N, 

yoffrta de HiEROME SuRiTA ctoit uii hoTTimc d'un 
Mâchera, jagement 5c d'une érudition extraordinaire , félon 
r 417' Vo(îiuSj& il a été loiie par plufieurs doû^s perfon- 

nages , & fur tout par Ferdinand Pincianus-, par 
Bîh^tot. Gabriel Faerno, par Pierre Viclorius, Se par Antoi- 
■H'.P'^'. ne Auguftin. Son Commentaire fur l'Itinéraire 
yi[fii4i d' Anconin eft un Ouvrage rempli de beaucoup de 
ifii. docliine. 11 a aufîi écrit en Efpagnoi avec beau- 
j>ùfeyi*i. ^^'^? ^'élégance l'Hiftoire d'Arragpn, jufques à la 
Bibiior, ' H^oi-'t de Ferdinand le Catholique. Mais il eft un 
lih.ig^ peu prolixe , parce qu'il rapporte les noms de 
/'^.4/. tous ceux qui ont accompagné les Rois d'Efpagne 
'«'p dans leurs expéditions. 

Il y a au/Ti de lui , l^ot&ln Jpdîi CAfarls Commen» 

taria, (°r in Claudlnum» IndiceiRerum ArrftgoniA* 

Q,Vl!^ ALVAR GQMEZ, natif de Santoi 
^^p lalia prés cîe Tolède, a extrêmement obli- 
gé toutes les pcrfonnes Icttrées^en écrivant 
avec autant de politelle, que de prudence> 
la vie du Cardinal Xiroenes , à qui non 
feulement l'Efpacn-îe , mais tout le monde 
Chrétien eft fi redevable , pour avoir pro- 
curé la belle Edition de la Bible qu'il ^x. 
imprimer a Tes dépens , pendant que les 
renebres de l'ignorance s'étoient répan- 
dues fur toute la terre. Gomez mourut âgé 
defoixante fix ans. 

A D D I T î O n, 

B'hho\^ Alvar GûMEz lit fes études à Complu te fous- 



des Hommes Sç^vans^ 4 y 

Tean Ramirés-, & comme il excclloit en la connoiC- 
fance des Lettres Grecques , il fut honoré de la, 
charge de Profelîcur en cette Langue dans l'Aca- 
demic de Tolcdc. C'ccoit un homme d'une petite 
taille , mais d'un cfpric fublimc , & qui avoir une 
force d'amc au dellus du commun. Par les ordres 
de Philippe I I. il travailla à cclaircir les Origines 
d'ifidorc de Sçville , avec Pierre Ciacon. Mais un 
Cûthcrrc qui lui prir,& qui l'emporta dans le temps 
cju'il donnoit tous fcs (oins à cet Ouvrage, Pcmpc- 
chadc PachcYcr. Comme il dcfiroit avec ardent 
d'y pouvoir mettre la dernière main, il compofa 
deux Vers à l'imitation de ceux que Martial fait 
prononcera Leandre allant voir Hcro , & il pria 
les Parques d'épargner fa vie pendant qu'il ctoit at- 
taché à ce ttavail, leur parlant ainfî : 

O vos , quA in vîtfti homtnum iura ampla tenetist 
Tarctte dum fcrîho , fcindite dum pera^o.^ 

Le plus cxce'!cn: des fcs Ouvrages eft la vie du ^^^'^^» 
Cardinal Ximcn:s,qui cft une pièce incomparable, ^'^ ^•" 
& qui mérite d'crre lue de tout le monde. 

Outre cette vie il y a de lui , LAt/tsA puhlîcai?)' 
tiHguraîtoms MArtim Scilice't Arci/iepifcopt Tùletani , 
ér idyllia. 

Il y a eu un autre Alvar Comf.z n.itif de Tôle- B;t//o:6, 
de.qui a donne au public les Proverbes de Salomon ''*.'?'*•* 
en Vers Latins , & un Traité , De M il tria Vrincipls 
Burgundi y quam aurel Velleris x'ocant- Ces deux 
Ouvrages ont été attvibucz par pluficurs perfonncs 
à AUar Gomez dont M. de Thou a fait l'Eloge. 

Outre CCS deux Alvar Gomez qui étoient tfpa- 
gnols,ily en a eu un autre qui éroit Portugais , & 
qui a écrit un Traité qui a pour ticre , Ve ccnjugio 
lieg'n A»gUéi Henrici Wlll.CMm relicfafratris. 

HIER C^ ME OSORIUS Porrn- 
eais fie fcs écudes en lnli(i,»S: érant iccour- 



44- J^^-f lÊloges 

né en fon pays avec-Antoine Angnftin ^ 
Jean Mctel de Mecallacr Jurirconfultc 
Francontois , fut fait Evêqiie de Sllves^ô^ 
pais des Algarbes; H fut extrêmement uti* 
Je, non feulement aux fiens, mais à tout h 
monde ChretieJi par la faintetc^de fa viCj 
qui doit fcrvir d'exemple à toutes les amsî 
pieufes , & parles divers Ouvrages qu'il c- 
crivit d'un ftile pur & fleuri , &: qui on: 
Clé imprim.ez à Rome après fa mort ,. pai 
les foins de Jérôme fon neveu. Il s'attacha 
avec beaucoup d'aflîduité aux fondions 
de fa charge ; & rendit fon ame à Dieu a- 
vec tranquillité > ayant éiceftimé d'au tant 
plus heureux qu'il mourut peu de temps 
avant que l'armée des Caftillans entrât 
dans le Portugal , & qu'ainfi il ne fut pas 
témoin de la défolation de fon pays. 

^T> B îXl ON. 

HiEROMi OsoRius naquit à Lisbonne | 
jj-'Mloth. ^ç j^^^ Oforius & de Françoife Gille Govea , & il 
^l on niouiut âgéde foixante & quatorze ans. Dans fa 
e^or y^^' jeunefle il fe deftina à une parfaite vkginitc , & la 
We/ garda toute ravie. A l'âge de dix-neuf ans il alla à 
9/or, l-'aris ctLulicr enPhilofophle. De là il fe tranfpor- ' 
ta à Boulogne, où il s'attacha aux faintcs Lettres 
& à la Langue Hébraïque. Etant de retour en Por- 
tugal , il enfeigaa la Théologie dans rAcademJe 
de Conimbre par l'ordre du Roi Tean. Depuis il fut 
fait Prêtre, & gouverna TE glife de Tavare. lifuc 
comité Archidiacre d'Evora , &c cnJÊQ Ewée^ de. 
Sylves&des Algaibes,. 



des Hommes Sçava-nr, ^ ^.y 
£:'é:oiu UM perfonnage d'uno naillancc nob!c,d'u- 
ne profonde érudition , d'une rare éloquence , & 
d'une fincere pieté. 11 écoit fur tout rcmarqur^ble 
parCoiiinfigne charité, car il donnoit aux pauvres 
toute la valeur de la dime qu'il cxi^eoic dans fon 
Diocefc. Il nourriiloit dans fa miifon pkilicurs 
hommes fçavans & vertueux. Pendant fon repas ^'"^^om. 
il fe faii'oit lire S. Bernard , & 'la lecture étant fi- '^'^^' 
•lie, il érou permis à chacun de lui propofer fes '"^ ^^"'' 
îoi.tcs. Fox prétend que le Livre dOforius contre 
:Saddon eft tout plein de mcnfongcs , de calom- 
iies , d'iniures, & d'erreurs , de forte qu'on peut 
ui appliquer ces trois mots , mentïrls , maledicis, 
Mlerls. 

Ses Oeuvres ont été imprimées à Rome en qua- 
re volumes , & contiennent les Trairez fuivans, 
^e nohUtme Civili Ve Hohflîtate Chrifiiana. De 
Uorja. De Régis Injlhutîone. Ce Rébus Emmanuelh 
•egîs iHfitmU vîrtute é* éinfptcîo gejiîs. Defenfig 
*î nofntms' Epi/loU. Admonitio in Epi/iolam ad EU- 
^betham AngtiA, In Gualrcrum Haddonum. V>e 
itftitia DeSapientia. In EpiJloUm Wiuli ^d Romx- 
uParaphafis. In Job. t^raphrafis In^ifalmos. N*- 
Hi$»es in Varaphra/m in Pfalwos. 
Il eut un neveu nommé Hierome Oforius com- 
c lui , qui fut Chanoine d'Evora 8c qui a publié 
ufieurs Ecrits . fcavoir , Comment tirinm in ParM- 
ifis Salomonis'.Varaphriifin in Sapienfi^m ^ Alomonis. 
traphrafm ^ Katicnes m ^^ amie a ^.Anficcrum. i» 
Qiiam l'arajrhrafin» ^ ommentariuw in Ofeam Ô» 
acharîum. Oraticnem in laudem B. Cathfiri?^^. lo 
uan^eliHw Joannis Orntionei X X I h 

Année J581. 

JAQ^UES DE BILLI Prunai,Ab- 
''4c S.Michel en l'Her,fuf égalemeiu illu- 



41^ Les Eio^ei 

(Ire par fa nobleifcpar fa v.ertu,par la fain- 
tecc de fa vie, & par fon fçavoir. Comme 
il cntendoit merveilLciifementbicn la Lan- 
gue Grecque, fa principale occupation fuC 
d'éclaircir les anciens Pères. La goutte 
remporta au milieu de fa courfe , car il 
mourut dans fa quarante- feptiéme anncfe 
avec la même tranqaillicé qu'il avoit vécu, 

A D D IT I O n. 

Taq^ues de Billi étoît defcenda <ie îa no- 
ble famille de Prunaidu pays Chautraiii. H naquit 
dans la ville de Guife, de laquelle fon perc appelle 
Loiiis de Billi étoic Gouverneur, & il mourut à Pa- 
ris d'une fièvre cdique , dans la maiCon de Gilbert 
Genebrard fon intime ami. On eftime fout fes Ob- 
fervations facrées , fon Anthologie, de même que 
{es Tradadions Latines. 

Ses Oeuvres imprimées font , Récréations fp'ri' 
tueiles recueillies des morales de S. Grégoire le Pape 
fur Job. Confolaùons ^ InflrtiBims falutairts de /'>»- 
me fidèle , extraites4e S. Auguflîn furies Pfeaumes, 
Somets fptrltuels en nombre de icp, recueillis pour 
la plupart des anciens Thsoiogiens -, tant Grecs que 
Latins > commentez, enprofe par le même Auteur. Les 
tnèmes bonnets traduits en Latin ■» ^ publiet, fous le 
/irrtf ^'Anthologia Sacra. Sonnets fpirituel s en nom" 
hrede cent , avec des Commentaires. Six Livres du 
fécond avènement de "Sôfre Seigneur Jefus- C hrifi^ 
avec un Traité de S Bafile du jugement ds ^ '^«J 
Les fluadrains fententieux de S. Grégoire de "i^azian*! 
%s ., avec une brieve ^familière explication» Locu' 
tionum Gr&cartimper Alphabeti ordtKem in commumsl 
locos digeflarum volumen. Gregcri Nazia-ûz^erJ Q~ 
fera omnia , unk cum lHUeîA Scromi Comment mi^ 



des Hommes Sç^J^'fîs, ^_ 

inVanegyricas Ordî'toncs , intextU etiam qmhufdam. 
J^felll Enarratlonibus in obfcurîora locafecundA OrA- 
tmii de Pafchafg : hsic ornnia Latha facia ter lac. 
Kiblium , (y Scholiii illujiraia. Sacra Obfervatîo^ 
nés. ijîdorl PeluftotA EfifloU in Linguam Latinam 
converféL. 

Il eue un frcre nommé JeandeBilli qui 
fut Chartreux, & qui a mis au jour les Ouvrages ^'*''^'"*' 
fuivans , Exhortation à totM Tran^cii pour exercer 
œuvres de miferl corde envers les pauvres. Tr^iu 
des SeBes (^ Hercfies de notre temps > du Latin d Ho - 
fim, Vne Traduâion d'une Homélie de S. ChryQifîo- 
me , que perfonne ncft offefjfe que de foy même. 'Le 
Miroir fpîrituel , contenant l'injiruéîion de tous Chré- 
tiens y du Latin de Blo/im. Dialogue de la Verfeâion 
de la charitéi du Latin de Dionyfiui < arthufiantfs. 
te Manuel du Chevalier Chrétien. L Hijioire de 
Barlaam mife eu Franfeis , (^ ^uelc^ues autres, 

GUILLAUME POSTE L , <\cG.it:eL 
Baranton en Normandic,«,'atrach.i ?^^^^^'Z7(i^''' 
rement à l'étude delà Philofophîc & des "'' 
M.uhematiques , & ayant appris beaucoup 
de Langues de fur- tout les Orientales , il 
mit au jour en Allemagne ^ en Italie, & en 
France pUiHcurs Ecrits en ces Langues é- 
trangcres. Etant à Venife il fi-cquenta une 
vieille fille, qui lui infpira une rêverie 
déreftable , lui faifant accroire que le (exe 
des femmes n'avoit pas c'ré entièrement ra- 
cheté par noire Sauv£ur,& il publia & foû- 
tint ceblafphéme à Paris. Mais ayant été 
dénoncé au Magillrat , & on lui dércndit 
de continuer fes leçons. Depuis , rcnvie 



4 s Les Eloges 

d'enCeîî^ner l'ayant repris >en raiiuéc 1 5 (^4. 
il addielFa à la Reine une efpeec de retrac- 
tadon, où il ne confeiroit pas tant ion er- 
reur , qu ii bdéguifoir par des interpréta- 
tions fanatiques''. Qi.ielque temps après, en 
.-expliquant à fes Auditeurs les principes 
des Mathématiques , ce qui lui écoit per- 
mis, il traita de nouveau lamcme queftion. 
Ceft pourquoi défenfcs lui ayant été faites 
de continuer Tes leçons publiques , il fuc 
releerué au Monaftere de S. Martin , où il 
mourut ioé de plus de cent ans,fans avoir 
jamais eu'^commerce avec aucune femme, 
ainfi qu'il le vouloir perfuader, attribuant 
à fa continence fa confiante fantc & fa 



longue vie. 



ADDITION. 



j^^yef. G a 1 L L A u M E P o s T E L étoit né d'une Fa- 
ri,-.r P.O. mille abjede , & enfeigna long-temps les enfans 
/opogra^ dans le village de Sahi proche Pontoile. Apres 
^^*'-* qu'il eut fait connoître {on érudition par quelques 
Ouvra2,eSj & fur tout par un Traité de douze Lr.n- 
gues drifFcrentes, il fut honoré de la charge de Pro- 
felîeur Royal aux Langues étrangères. Puis il fut 
reçu Bachelier en Médecine dans PUnivcrfité de ' 
Paris, & enfuitc il fe fit Prêtre. C'étoit en matiè- 
re de doarifie le plus grand cfprit de fon fiecle. Il 
^^ avoit une vivacité, une pénétration,^ une me moi- 
rTdTs.^^ qui alloient iufqu'au prodige , un génie uniyer-i 
ignace, *fel » qui n ïgDoroit rien , èc qui excelloit particu- 
lièrement dans la connoilTance At% Langues; outre 
la Latine , U Grecque , i'Hebiaïque, U Chaldaï- 



des Hommes Sç^v^ns, 4 9 

<]iic , la Syiiaquc , il f^.ivoit fi bien celles qui fc 
parlent &: 4111 lonc vivantes, qu'il fc vaiuoit <ic 
pouvoir taire le tour de la terre fans trachcipan. 
1-raiiçois 1, qui aiinoit les Lettres , & la Rcjhc tic 
Navarre , qui ctoic fyavacte, regardoieiu l'vJltcl 
comme la merveille du niondc. Lcs|\lusgran<is Sei- 
gncuis , & entre autres les Cardinaux de Touruoii, 
de Lorraine , & d'Armagnac , rccherchoicut fm 
entretien, & lui faifoicnt en quelque tacon la ctuir. 
Les plus dod;cs l'admiioicut, & on d.foit commu- 
néinent en parlant de lui, qu'il foicot de fa bouche 
autant d'oracles que de paroles. On afîurc quj 
quand il enfcignoir à Paris dans le Colle c des 
Lombards , il avoit une (i grande foule d'Audi- 
teurs, que comme la grande fale de ce Collège ne 
pouvoir les contenir , il les faifoic defcendre à U 
tour, & leur pailoic d'une fenêtre. Mais ce fcavanc 
homme à torcc de lire les Rabbins &: de contein- 
f 1er Icsallrcs fe mit en tête des vifions fi extrava- 
gantes , qu'il ofa dire que lefas-Chrilt devoit ve- 
nir une féconde fois au monde , & que dans cet a- 
vencment une certaine Rcli^ieufe qu'il avoit con- 
nue à Venife feroic la Rédemptrice des femmes, 
a.mii que Icftts-Chrift avoit été le Rédempteur à.cs 
hommes , & il compofaua Livre lur ce fujet, m- 
tiiuié , df Vir^tne VenetA. 

Il publia aulli dans d autres Livres, que lesfcm- Î,t'' '' 
"... .-11 * *«"»<* 

ines doinineroient un jour lut les homn.es , que ^,^..^ ^.^ 

toutes les Sedcs feroient fauvécs par 'efu5-Chri(l, a^reiti 
que la plupart des mylleres du Ciuillianifme n'é- fimmu, 
toicntque des tables i que l'Ange Razitl lui avoit 
rcTclc les fccrets divins , & que fcs écrits étoienç 
les écrits de Jcfus-Chrill mcinc. 

Il foutiiu de plus qu'après être mort il étoit rcf- ^''•^/"rf « 
fufcité , & pour perfu.nier ce miracle à ceux qui ^.''*^^'''» 
l'avoient vu autrefois avec un vifage terni, des che- 
veux cris , & une baibc toute blanche , il fe far- 
^oic fecrettement le vifagc, &: fc peignoit U barbe 
Tojtie IL C 



,ço Les Eloges 

i: les cheveux, C'eft pourquoi dans U plupart ai 

izs Ouvrages ils'appclloit TPofleUuireftîtutU'S. 

Cependant Guillaume de Montcy dans {on Livr 

cle la confervacion de la {anté rapporte que Po 

ilel lui avoit dit que navigeantcn Grèce & aux In 

des Orientalesil devint blanc à caufe de l'air de h 

mer. Maisqu'aprésqu'il eut été quelque temps er 

terre-ferme , tout ce poil gris lui tomba, ^ au liej. 

de celuy-là il lui revint du poil noir. 

Scaïîger, Au reftc , il étoit plus fol que mécharft , feloi 

EfiJiM'lt témoignage de îofeph Scaliger , qui l'avoit con 

2^r ^^ particulièrement , & ainfi on jugea que fon im I 

pieté étoit plus digne de compafTion , que de châ 

j)u ^fy.timcnt. Beze a lailîé par écrit que Poftel fe vantoi 

dier Pro <iue l'ame d'Adam étoit entrée dans fon corps , Ô 

fopogr. qu'il c'toit frère d'an fol qui croyoic être S, JeanjS 

^owwe»«qui fut brûlé à Touloufe. On afliire qu'il vécu 

'/«^««^fj^^^^*^ ^^^^ ^ ^ix ^î^s, & qu'à cet âo^c il écoit fi vi 

goureux x]u il alloit a pied depuis S. Martin de 

champs , où il demeuroit , jufqu'au Collège d, 

Cainbrai , faifant mener fon mulet après lui. 

^tuo- .I^^u^é dit que le feul Livre où Podcl n'a rie 

erafb. "^^^ d'impertinent eft celui de Orbîs conrordta. C 

même Ouvrage eft auïïi fort cftimé par Spondc 

qui dit que ce Livre ell: très propre àf confondre k 

Hérétiques, les Gentils. & les Mahometans ,t 

que Vives a pris de Poflel ce qu'il y a de meilki; 

dans fon Traité de la Religion Chrétienne. Il 

auiTifait un Livre en douze Langues , qui a merit 

les louanges du grand îofeph Scaliger, 

Ses autres Oeuvres imprimées font , La BcSîP, 
ne àuftecle doré oh de i'Evangeltque règne de JcftL 
Chr'ifl. LHîJîclre memorahle des expluatlcm depu 
le déluge faites far les Gaulois &c. Plt^s t' Apologie a 
la Gaule. Les KaifoKs de la Monarchie , (^ quei 
noyemfent necejfaîres pour y parvenir Les très met 
^ Veilleufes victoires desfep?wes du Nouveau Mofjdt 

t'ittterpretmcn du Candélabre de Moyfe, écrit en Hi 



Ifreu Latin, df' François De Lz prcmlcre ver!ft /n- 
ntaîne, eu font contenues les t^aufesô'vcrtudela'l^ 
S clique. L* ConcoriUnce des quatre Evan^dî/lgs 
Avec une Iruve defcrfp:io» & une carte de U Vale. 
Jî:>i^. De laRepuhliçiue dt^s Turcs. Les H'i'Jolres O- 
r: Vitales. L'ttntque moyen de L'Accord des Prote-ÏAfjs 
6' ti^i Cathcliques. Les premiers Elemens d^JcUJe 

, Chrctieti écrits en vers. Defcripricn des Gaules. Le 

I Livre de U divine Ordonnance où ejl comprife U rai- 
fondc la rejlitaticn de toutes fhofes. la nouvelle de- 
£irhi?, La rejiitution de toutes choj'es ^vec l'exbc^uiin 
de quatre Pfeautnes. Recueil des Prophéties les plis 
célèbres du wende , par lequel 'l fe voidque le Rcl 
Tranfois iJoit tenir U Monarchie de tout le monde, 
Vn Dialogue de Platon intitulé /ix\'.)chu^ , tms eîê 
Tranfoii. De Originibm ,feii de Hebraicd Lingut (y 

j Gentls antiquitate , dequc varlarum Linguarum af- 
finitate Crammat ica Arabica . n avc'ù turiu de cotn - 
fofitione omnium dejfidiorum cire a iternam veritatem: 

*De nativitaie Mediatoris ultima Abfconditorum à 
tonftitutiûHc mundi c lavis. Commentariuf irjHiJIo" 
rjam Ruth. ^vangelium Jacobifratris Jefut Chrijii, 

^€ Gré coin Vmguam Latinam tranjlatium. De Ori'^i- 
nibu^.fen de varia hijhria tôt i us Orientis, tum ma- 
xime Tartatcrum, Perfarun,, Turcarum , (^ omnium 
Abrahami ér l^cachi alumnorum &:c. De numéro - 
rum Platonicorum admirandis fecretis. De Atcmç 
Chr'Jîi iu interioribus regno , é» facro Pétri prhnatu 
^c. Admirabilis Jud&crum elauforum Jeu dc:em 
Tri hum {fraél fub Turc.irum & ifmaéUtarum po- 
Untiaredhcfarum Hijïoria. Dsmsfijlratio . quod Pr^^ 
cipua e]tis docirinâ , quéi nowirie Arijotelis circum- 
fertur , placitafmt contra fenfum ér r.nionem 6ic. 
De Etruirdregimis , qtui prima in crbe Ourop^o hahi- 
tata eji , originibus Cemmer.tath. De Plau'cutn lit- 
ter is Comment atiuhcul A. De Vinculo mundi Hber, in 
quofideifummA capita naturalibtis raticnibtu pro- 
bamttr, Cof/Kcgrafhia , five l'c Vniveyfitr,tc. '^.' / 



î; 



5 1 Les Etofes 

U in Aflrm(>miftm , AriîhmftUam , Thcor'.cam » é»» 

Mufuam Theùricam. Abr^h^mi PatriarcJjA L ibery 

Jezlrach infcrlptus i id ejî , Fôrmatîo , ex Hehrs,o m 

Lafinum trfinflatus. Bverfio f al forum Ar'Jlotelh dog» 

watum ^ Auciùrejuflino Martyre , Tcfîello tnîerjrete. 

lÂber de caujisfeu di criginibits (f pr'mcîp'iis nature 

utrlufque , în qno ha d: aîerna rerum verîtate agi- 

tnr , uî authorltate ^ rathne non t^rîiim partlcula- 

ris provide-fUia , fid fi/îimerum ^ corpcrîs îmmcrtalî' 

tAi ex Afiflotele t'ewonjiratur. Judlcium deJielU 

^UA. annê lyii. apfarere cœfn. De Magîjïratibus 

Aîhcnienjium- De Vmverfitate Liber Commentaria 

tnObfidiam Prophetam. Sigmrum cœll conpguratio. 

De ratîmibuiSpirltiis Sancii. Alcoram (^ Êvangeli' 

^ fi arum Concordant a. Llbellus de ulûmo Judicio. De 

fels- ^^^i^^ »^rur£ uîriujijîie. Il y a quelques Ecries de fa 

^non» f*^Ç°" publiez fous le nom de Prcfper Tefntanus. Il 

xym. aauffi laifîeplufieurs autres Ouvragesqui n'ont pas 

^.£- VU le jour , & dont on peut voir Ic'Cataloguc dans 

titme, la Bibliothèque de Simler & de la Croix du Maine. 

TraUe ^^"" Etienne allure .qu'il vid à Venife Poftel di- 

deU f^^^*^ publiquement que fi Ton vouloir faire une 

Confor. bonne Relig^ion il falloit la compo'er de celle à.Q.% 

des Turcs, de celle des luifs & de celle des Chrétiens. 

»'jv. £c Mr. Naudé difoitque du temps que Pofl-el ctoîc 

t^c, ^ Vcnife il y ^voit quatre hommes quis'ailcm- 

bîoient deux Fois la femaine pour difpurer avec 

toute forte de liberté fur toutes les Relierions du 

monde, & que Poftel éerivoit tout ce qui fcpafToit 

dans leurs Conférences. Apres la inortde Foftel, 

f.cs Ecrits étant tombez entre les mains de Bodin 

furent ia matière du Livre intitulé , de abdîtîs re- 

r^im fubllm'ium Arcanis , dont nous avons parié 

dans les Additions fur rEloi^e de Bobin. 

^r^her. H U B H R T L A N G U E T, né à Vî- 
gmtu*, teaux eu Bourgogne , le cher ami de Ca- 



d^s Hommrs Sçavans, 5 5 

nerarîus , fat un perfonnagc trcs-humain 
$c très cl ode 5 & qui avoit une paifijte 
rdnnoilfance cics affaires d'Allemagne, ou 
1 avoit paiîc prcfqiie toare fa vic,<5.: ou )*a. 
rois lie une étroite amitié avec liiy Com- 
ne il s'étoit attaché à Ancrufte Elcdcur ê.ç. 
îaxe,il exerça long- temps la charge de fou 
)rcmier Confeiller. Mais étant foupçon- 
lé d'avoir écc llin de ceax qui avoicnt 
:onfeillé à Gafpar Peuccr de publier l'ex- 
>ofîtion qu'il avoit faite de la Cenê du 
ieigncur fuivanr la ConfclTi on des Suille^ 
[ fut obligé de quitter cette Cour , & s'é- 
ant reutc auprès du Prince d'Orange , il 
nourut à Anvers en Ton année climacVcri- 
[ue ., dans le temps qu'il s'occupoit avec 
pph'cationà des affaires importantes, donc 
c Prince lui avoit confié le loin. 

Hubert Langue t croit un des plus il- d; p'«/-- 
iftres pcrfonn.i^es qui fut jamais. Son cmditioivii ^i<'»- 
li avoit acquis f'cftimc de tous les cens dodues du '' '^ ^^f* 
cclepaUc, mais la vcrm & fa pieic lui avoicnt ^^.^^ ^^' 
.u^nc l'amour & la vénération de tous ceux qui le ^/^^ f^,l^ 
jiiiioillbicnt en particulier. Il ctoit connu dcr'r.j?, 
)i;'. ceux qui vivoicnt de fon temps, & il meritoit Th'-.a». 
erre connu de toute la poftcriié. Il ctoit éi;a!c. *{' ^1* 
iciu recommandable par les CjUahrcx nature ucs c^- ^,,^^ ,-, 
ir celles qu'il avoit acquifcs , par Ton (^"avoir , & ytt.Mf 
iï f.i probité , par la coruioilTance qu'il avoit des i^nçtu, 
Viiicsdu monde , & par fon adrcllc à les manier. 

ctoit li bien iulUuic des aftaires d'iMlcmaguc 

C iij 



§4 Les Eloges 

qu'il cnfeignoit aux Ailcmans l'état de leur pays» 
Jamais homine ne fit un récit avec plus d'cloquen- 
Cô & d'agréirent que lai. Il avoit unefagacité mer - 
veilleufe pour pénétrer le naturel de toute forte de 
perfonnes, Ôc il croit doiié d'une prudence fi admi- 
lable cu'il fembloit deviner l'avenir. Ses voyages 
lui avoient appris à connoître le monde & à le mé- 
■prifer , à découvrir les vies les plus cachez des 
îiommes , & à les avoir en horreur. En un mot 
Languet étoit en effet ce-que plufieurs, qui o»t ac- 
quis beaucoup de réputation dans le monde , ne 
i'ont qu'en apparence , il vécut comme les gens de 
bien défirent d'avoir vécu lorsqu'ils rendent leuL' 
■y',ede «dernier foupir , & il couronna une fi belle vie par 
du ?!e{p.s une mort douce, fàinte, & heureufe. Dans la ma- 
Â,i),s:ij. ladic dont il mourut il fut afTifté jufqu'à Ton der- 
nier foûpir par la D.ime du PlefTIs Mornai , à la- 
quelle il dit un peu avant que de rendre Tamcqu'il 
avoit défîré de vivre efperant de voir quelque a- 
mardement dans ks mœurs des hommes, mais 
que comm.e le ficelé alloit en empirant, ilquittoic 
le monde fans regret. Théodore de Bcze a fait fou 
Epitaphe , dans laquelle il dhque l'amour de la 
pieté l'obligea de quitter fa patrie, & d'aller cher 
cher retraite chés les étrangers. 
rii.coh^ Il y a de lui , EpîJloUfcrîptA ad Joachlmum Ca 
tntÇii fiierarîum faîrem , éf Jôacb'imum Qamerar'iHm ji^ 
O^ufcul. Unfny ïfifloU Vollticéi & HiftorîcA , 
%%Ucc Q."^Mes-uns croyent qd'il cfl: l'Auteur du Li- 
tte Script, ^^f intitulé, Vîndîeiéi contra Tyramos, qui a été pu- 
»^'«ea^»î.bHéfous le nom de Stephanus îunius Brutus ; plu- 
sieurs i'ont attribué à du Pleffis Mornai, & d'autres 
à Th. de Beze. 
MelaK"- ^^ void dans le premier volume des Mémoires 
i's Hijio,(o\is Charles ÎX. une Harangue prononcée devant 
/••■fwei df leRoi au nom de plufieurs Princes d'Allemagne,. 
tHmifg laquelle a été faite plï Lauguet,au jugemem de M^ 
Colamiés. 



W de^ Hommes Scavar^s, y r 

AN D R E' P A P rus, de Gund, fils^«^r.« 
d'une fœur de Levin Toricntin , qui fut fl?'^''"• 
illuftre par fa dignité ^ par fon érudition, 
a fiir connoître à la pofterité dans Ces E- 
erits 5 qnoiou'ils foient en petit nombre, 
qu'il entendoit bien la Langue Grecque & 
la Latine , la Mufique , ^ la Poétique. Il 
mourut malheureufement à Liège à la fleur 
de Tes ansjcar s'exerçant la nuit pendant la 
canicule à palîer &: à repalfcr la rivière à la 
fiage, les forces lui manquant, il fe noya. 

A D D I T î O U, 

A N D R e' r A p 1 u s & Jean Livincus furent é- ^'*^'' * 
levez avec foin par Levin Torienrin leur oncle, & ^'.** ^' 
î'avanccîent fi fort dans les fciences , cjiie Charles ^''^'** 
Langius , c]ai écoit d'un jugement merveilleux, ad- 
mirant leur profonde érudition avoit accoutumé 
icdireqa'e bien qti' ils fu (lent cxtrémment jeuiics 
îpeine trouvcroient-ils quelque choCc qu'ils puf- rjf. ie 
cnt apprendre. Papiusa l'àgc de dix-huit ans mit ^'•"'^'-'»' 
tu jour le Livre de Denys Alcxanarin,D^y7r/< orhis, fi'*^^' 
Ju'il avoit traduit en Vers Héroïques , & éclairci 
>ar de dodes Annotations. Il étoit Chrvnoinc de 

ege, & il mourut dans fa trentième année. 

Ses autres Oeuvres imptimées font , De Confo- 
^nnttii ftve H arwoKÎii Mttfi ciî liber Mufii Poëma 
fe AmdrlhUi Leanàri Cr H en/ s, Lxthiis Verfibus red- 
Ihum. Ca>fl}gattones (^ ^^miotattoucs m PrifcUnum 
^ioKyJïi hiierpretem. 

PIERRE C I A C O N , de Tolède ^'f;;';^ 
ansTEfeemadure , mourut à Rome i^^é "*"""^'' 
.e cinquante- /îx ans , ^ fut cnfcveli dans 

C ilii 



J 6 Les Eloges 

l'Eglife de S. jaques, a laquelle il légua fa 
B-bliorheque. Il fat remarquable par un 
fcavoir univerfel &: vm la connoiffance de 
rAntiquite &: de la belle Littérature ; & 
c'eft le leul de lous les Sçavans qui ont fleu- 
ri en nôtre fiecle, que l'on puille comparer 
à nôtre Aimar Rançonner. Car il n'a rien 
écrit pendant fa vie,&: Tes amis ont publié 
un petit nombre de fes Oeuvres après fa 
morr. Maisie tcmoisnaec honorable que 
pluiîeurs Auteurs lui rendent dans leurs 
Livres, de mém.e qu^à Rançonner , eft: une 
preuve convainquante de la profonde éru- 
dition de CCS deux grands perfonnages, 

A D D I T I O fl, 

£,' ,;r ^^^^^^ Rofn dit que P I î R R E C i A c o N croit 
rl"ac, i, "D ^'^rcfor de toute forte de dodtine, qui a enrichi 
' non feulement les Italiens , mais les Allemans, les 
Fraaçois, Se cous les peuples de Tunivers. il ne fut 
Andréas f^s piùtôt arrivé à Ri)me , que le Pape Grégoire 
*^rt»/r. XllI. lui confia le foin de revoir & de corriger la 
''• -P. Bible & les Ecrits des faints Pères •■, & comme il 
S acquitta de ccc emploi avec beaucoup de )ugc- 
tnent & de fucccs , le Pape lui donna un riche bé- 
néfice à Seviile. Enfuitc il travailla fur les Auteurs 
Lacins , & il corrigea le Calendrier avec Chriflo- 
^ ^ fie Ciavius. 

ae ?Air. ^i^oiT-i u n nit mis au jour aucun Ecrit pendant 
Jllufi, ^3.\\c ^ il ne lailla pas de rendre fon nom fi célèbre 
yirort q'^'il fut appelle U Varrmde fonftecle. Mais il s'at- 
tira bien moins de louange par fon émincnte érudi- 
tion que par fa profonde modcftie -, car elle écoit fî 
êicraordinaiie , c^ue quoiqu'à Rome il fut admiié 



d^s Hommes ScavAfts, 5 7 

de tout le monde , & cju'on le montiâc au doigt v*>. 
comme un homme incomparable , il ne s'cleva )a- £7«r« 
mais par orgueil, & quelques éloges qu'on lui 
dumârdecou cotez , il fit toûjouTs paroitre une 
humilité cgale à fon mérite. On allure même qu'il ^**^^* 
croit fi peu jaloux de fa réputation, qu'ayaiK corn- ^'""' 
muniqué un de Tes Ecrits a quelqu'un de fes amis, 
il voulut bien fe priver de la gloire que cette pro- 
duétion de fon cfpric pouvoit lui donner dans le 
monde . priant fon ami de le publier comme s'il en 
cioit l'Auteur. 

^cs Oeuvres imprimées font t Kalendarn Ror/JA^ 
n'i'eîeris ExpUnaîîo. Tn Saîlufi'mm SotA. InCsifarU 
Coynmentarî'a Sclolia uberiora. In infcriptimem co- 
litmnA roflr-at& C Datln CommentarU^, & de Pon- 
deribiif ^ Mifnfurps. f>e Tricl'mto Romuno. NotA ad 
yWmb'iMm & Ocijivium MmHCÎï Fslîcis. In Joannh 
CajTi uni Opéra AnnotAtloncs doB'fiméi In TertuUia- 
num Co?iieâurA. Il a au il i lai lié , In AU Varrsnem de 
hingtm Lut (^ de Re Rufllca, AraK'ttttîones. 'n Rom" 
fomum McUm Cf ^^ PH^vI Hijiorîeiyn nxturaletn Corn» 
mentfir'os. Mais ces Ecrits nom pas été publiez, 
lof. Sc.iiiger ailuie que quoiq.ie Ciacon fut tres- 
fy\Tv'nut , il n'a pas KriV; oc raiie beaucoup de fau- 
tes àjc-ns fou Livre de Trhlln'io, 

]F.AN B/UTISTE CAMOFIO , d'A- J-,^;'; 
stolo au Tvevifaii , iirad'arie ancienne Fa- »*^«*-*- 
miile V fac très dovle aax Lrïin^'ics Orien- 
lalcs, & l'un des hommes de ce rervps qui 
entendoit le mieux le Grec 11 cradia quel- 
que temps en Médecine , & enfuirc ayant 
• renoncé à cerre fcience là , il enfeigna pu- 
bliquement: la Philorophie à Bologne dans 
l'Hcole ETpagnole durant le Ponr:îî:\r de 
• l I. L? pcnJ.ini vclui de P . >! V. il 



So LesEIogâf 

exerça la même profeiïion à Maceratc dans- 
la Marche d'Ancone. Depuis ayant eré ap- 
pelle à Rome par Pie I V , il s'appliqua à 
interpréter les Oeuvres des Percsa& mourut 
en la foixantiéme année de fa vie , laillant 
un fils nommé Timothée. Il a beaucoup 
écrit, mais il ne donna au public que quel- 
ques Oraifons, qui furent imprimées fepa- 
rement ^ en divers temps , 3c des Com- 
mentaires Giecs fur la Metaphyfiquc de 
Theophralte , avec plufieurs Tradud:ions 
Latines des Auteurs Grecs. Ses autres Ou- 
vrages non imprimez dont on m'a envoyé 
le Catalogue d'Italie font en plus grand 
nombre. 

AD DIT ÎOîJ, 

Simlerî, J. Baptiste Camotio, peufonncige d'un 
fçavoir incomparable dans les Lettres Grecques, 
au jugement de Simler , a CQiTÎgé les Oeuvres de 
Theophraftc & d'Ariftote , a publié des Commen- 
taires Grecs fur la Metaphyiique de Theophrafte 
& furcellcd'Arillote :&a traduit en Latin la Phy- 
fiquedepfellus & les Commentaires d'Olympio- 
dore fur les météores. II y a aufll de lui quelques 
Poefies Grecques. 

HUBERT FOLIETA , de Gq'^ 
nés, écrivoit en Latin avec beaucoup d'é- 
legancê.Il avoit Tefprit fier èc emporté.Ec- 
parce que s'étant élevé des troubles dans fa 
Pxepublique il y voulut introduire une: 



nouveîlc diftinâion intre les familles no- 
bles & celles du penplejqaoiquîfon fenti- 
irent ne fut pas abrurdejCuivant l'opinion 
des pcrfonnes raifonnables 3 ^ que mêmes 
ii Peur prouvé en deux Dialoî^i'.çs qu'i-l 
compola en Italien , néanmoins il s'attira 
renvîe de route la Nobledè, 

Au refte il a fait beaucoup d'Ouvrages 
très polis & très judicieux '^ dont les uns 
ont été publiez par lui-mcm.e, & les autres 
après fîi mort, par Paul fon frerc, qu'il im- 
porte qu'on rédige en un feul corps pouu 
ravanragc du public. Il fut le feul en notre 
iiecle, qui eut les qualitez necclTciires poui' 
continuer , ainfi qu'il l'avoit f\it cfpercr, 
rHiftoire de fon temps , commencée par 
Pflul jove.Mais les efîtiis qu'il en a publiez 
me font croire , qu'il avoit plutôt c'eircin 
d'en donner une pnrtie, ore d'achever tout 
ce qui reftoir à écrire : car ce qu'il a mis au 
joureft (1 diffi.s, qne fi la fuire eut répondu 
au commencement , il eût fait un Ouvra- 
ge d'une grolfeur exceffivc Or comme j'ai 
emprunté de Folieta beaucoup de choies 
dont j'ai enrichi mon Hiftoire, & que fou- 
vent l'ai employé les m.êmes termes dont il 
s*eft fervi,{car il étoitimpoiîibled'en trou- 
ver de plus élcaans ) j'ai crû qu'il écoir de 
mon devoir non feuleir.enr d'en faire ici 
une confeffîon ingenuc^mais encore de lui 

rendre h louanre qui lui eft duc. Il mourut 

C VI 



^^ Les Eloge t 

à Rome en fon année clim^â-enq ic,& fat 

encerré dans l'Eglife de S. Sauveui:. 

ADDITION, 

Èlo9ii di ^"^^RtFolietjl, Noble Genois,voyant 
Loren-^o S^^ i'Hiftoire de fon pays, qui avoit écé compoféc 
érajfo. paî^ Auguftin ]Lifl:inieiiEvêc]ue de Nébio, n'avoic 
pas eu l'approbation du public, il entreprit de trai- 
ÀWé ter le même fu|ct , & il le fit avec tant defuccés, 
pl^/If * ?^'^^ ^ lïîerité de tenir un rang confiderable parmi 
'* ' ks Hiftorlens d'Italie. Il a auiïi écrit avec beau- 
coup d'exadicude & d'éloquence les Eloges des 
hommes illullrcs de la Ligurie. Mais un judicieux 
MafcAri, Critique de nôtre iieclc trouve que dans cet Ou- 
Hit'f^T. ^^^o^ ^^ ^ P^^^ ^^^^^ ^^ pafTion que la vérité, & l'ac- 
2,caù*e, ^^^^ ^^ n'avoir pas loué plufieurs perfonncs de mé- 
rite, par cette feule raifon qu'ils étoient d'un par- 
ti oppoféau fien. 
Tfc»*», Voyez dans l'Hiftoire de M. de Thou le récit des 
ff/lcr' f^oublcs qui divifcrenc la Rcpubli']uc de Gencs 
^'^..^i. pendant la vie de Folieta, & qui lui donnèrent liea 
d écrire en faveurdu peuple centre l'ambition des 
Nobles ,. &' de compcfer les Dialogues dont il elt 
ait nicnt'on en cet cnctioit. 

Sesaucics Oeuvres imprim^'cs font , De Shr/îl'i'^ 
tudlne Korm& Polyblan& De Lauàih^ urhh Neapo- 
lis De Raahne fcrtbend& Ffijhri&. ^e Caufis magni- 
tudinh. ^wperli Turclci De Linpis. LttÙKA ufu ^ prA* 
fiantia. Te Philofo^hiA ^ Jarls Civilis tnîerfe corn- 
faratîone. OpufcuU varîp^ De nonnullh in qulhu^ 
F lato ^y AriJiofeU reprehendiîur. Conmmtîo Ludevi- 
£Î Fiîfcî. Tumulttis Neapelhaai Cades Pétri Ludom 
'vlci Famenfil. Defacro Fœdere m Selîmum. De Oh- 
^d'ione Meliu Nomhja Pclybiana, ratio in feflo die 
omnium Sanciorum. Tyhiirtinum HippoUti Cardihalit 
TerrarleTifis. De viu & fladiorum ratione hminls 
re^£7fis'it:tla-î' Vario' ^xpedit Jones, in A^ricam> Oj-Aiio: 
^ silU lisxàs hjer.raàùi». 



des Hommes Sçavans, C i 

LUC PETUS , né à Rome d'une ^-''^w 
famille honnête , y mourut âgé de foixan- ^"'*"' 
te neuf ans, Se fut enteiré dans la ChapeU 
le qui eft à iTglife de S.Nicolas. Il a palIé 
pour un homme qui s'écoic fervi de h con- 
noiiîànce qu'il avoitdc la pure Antiquité 
ôc des belles Lettres pour interpréter le 
Droit avec élégance. Mais il a fait peu 
d'Ouvrages de cecre nature, &: il a cejé aux 
François la gloire d'avoir traire avec poli- 
tede les matières de Jurifprudence. 

ADDITION. 

Les Oeuvres imprimées de Luc Petiis font , Pe 
tudîciaria formula Capltolinî fort ad S.P.€). R. l'jbrt 
J V. Be Menfuris ^ Por:der'ihfcs RomaniT^ Gncts 
€um h'ts quA hodit KoméL fnm collAtis libri V. Varia^ 
rum le^ionum liber i . 

JEAN F I C H A R D , après avoir^*"'"' 
étudié à Fribourg fous Huiric Zizias, l'un J,r" 
d'cs plus illuftres Jurifconfulrcs d'Allema- 
gne, profeda la Juiifprudence à Padoucr & 
à Balogne , & écant retourné à Francfort , 
qui éuoit fi partie, il exerça avec beaucoup 
de fidélité & d'adrcde la charge de Syndic, 
& y mourut daus fi foixan^te & dixième 
année. Or comme il a pourfuivi les Vies 
des anciens Jnrifconfulies, qui avoient étc 
ccrires par Bernard Rutilius, les ayant con- 
tinuées jufqu'à Zazius , il cil bien juile de 



#2. Les Étoffés ' 

ne point prifTer fous (ileiice un homme qui 
n'a pas voulu fouffrir que la mémoire de 
tant de perfonnages illuftres fut eafevclie- 
dans un écetnel oubli. 

AD D I T I O K. 

Les Oeuvres imprimées de T E a n F r c k a r d 
font , OmmafiîcHm Philofopho Medècum Sy?2o»ymumi 
ér alternm pro vocahulii Faracel/l. Perkche vlta- 
rum reccntlorum Jureconfuhorum ab Jrnerîo ufque aâ 
Huldrichuîn Z^TL-lum. Indices duo omnium Scyipto- 
rum In "jure tam Tontificto quàm ClvU'h à veterihus 
^ recentlorlbus Jurifconfulth edUorum- Tradlatus 
Cautelaram omnium Jureconfultorum > t^ui hacîenus 
C d'Ut el arum waterlam ex profejfo tracîarunt s cum 
PrAftitione de recîo ufu Cauteldrum. LtbriGalenî de 
Ithrhproprlh) de ordmelibroruwfuûrum, de prAfagîîs 
exinfomnlis ^ quomodomorbHmfimulantes fint depre' 
hendendt. De exercitatlove parVApiU. CoK/illum in 
rnorho comitiall , Latlmt^t-re donatum Coiifûla. Exe* 
gefi s fummaria omnium tkulorum InJiîtutîonHm. 
Meich, QLianc à H u l R i c Z a z i u $,il fut premiere- 
*^dam. Yv.çnt Notaire dans la viile de Confiance , où il 
rifot^r ^^°^^ "^* ^^^^ ayant renoncé à cet emploi , il com- 
•''' mença d étudier en Jurisprudence âgé de pins de 
trente ans, & il fie en peu de temps de fi grands 
progrés en cette fcienee , qu'étant encore Ecolier 
il fut trouvé capable de remplir la p'ace de fon 
Maître, 3c de faire des leçons en public. Enfuiteil 
prit le bonnet de Codeur , & il fut honoré de la 
charge de ProfelTeur en Droit à Fribour2,oùilen- 
îeigna avec une réputation incrG7ablej& où il mou- 
rat en 1535. âgé de foixante & (quatorze ans. 

Ses Oeuvres imprimées fo de deux forces ; les 
unes ont été publiées pat ui-même & font de glo- 
îitux monumens de fou tU rit & de iàw érudition , 



des Hômvies Sçavarif, 6'^ - 

les autres n'ont vu le jour qu'après fa mort, 8C 
comme il n'y avoir pas mis ladcrnicrc main , elles 
ne rci'ondcnt point à la h-:Hice réputation que leur 
Auteur s'étoic acquife dans le monde. 

Dans le nombre des prcm ères il y â , Intelleff/is ' 
legumfingul^res. Comment arïa în L. i. De origine 
^HrU. Tracîattis fubjUtHtlonum, TrAcî^tnsiieJudAo- 
rnm infantlbus baptizjandis.ylpologia comm Eccïum. 
Item contra Stellam Aurelïenfem.'Eiitome in ufm feu- 
dnleS' Les autres font , Surnma in Digejlum vêtus. 
LeBiirA al'quot m tittilos prims, partis Digejii vererisj 
éfin îîtulum.ft certiim petattir. Itemftiper tittilnm 
de AcikmbHsin inftitntis. Lonfiltorumiibri 1 1- 

FRANÇOIS P O R T E, ne en Can- ^J''^;;^/ 
die , l\in des plus gronds orncmens de \\t„i, 
Gicce , fut élève d.ms la f.i.nille de Ren.ce 
fille de Louis XII. & femine d'Hercule II. 
Duc de Ferrare , ôc cnfel^na la Langie 
Grecque en cette ville là. Après la more 
d'Hercule , Renée étant revenue en Fran- 
ce 3 Porte c]nitta PitalieTiS: afin de pouvoir 
^ profelfer librement la créance q li lui avoic 
été mfpiréc à la Cour de cette PrinceTe,"iI 
s'en alla à Genève ,où il expliqua , & de. 
vive voix , U par écrit , les Auteurs Grecs. 
Et étant mort à^^é de foixante & dix-ans, 
Beze qui avoit été Ton cher ami pendant 
ia vie fit fon Epitaphe en Vers. 

A D D 1 T 1 o N. 

lofeph Scaligcr dit que Prancots FoRrE étoitr^^ .Çfj. 
un tres-bon &: trcs doftc vieillard , qu'il avoir ou- ''/"'• 
blic la Langue de foxi pays , U c^u'il ix: pailoit qu l- ^^'^- 



k 



é-Jç Les Eloaes 

taiien. C'efl: un de^ peifonnages que Lilius Gregoî- 

|4f>.Sc-«. re Gyraldi introduit s'enti-çcc liant de la vie Se des 

'^ ' ouvrages des Poètes Latins dans le Dialogue qu'il 

a fait fur cette matière. 

L'Epitaphe de Portus , de laquelle M. de Thou 

fait mention , eft conjûc en ces termes : 

Cr^tenfem pAtrla Portum . non mortbus , orcti^ 

TrAxerat in Venettis quem pietafis amor , 
"^ecfatîs'm Venetis na^um féliciter orh 

GUiArere fuadehat quoàpietatis Amor. 
Iiofpotioprofti£Um excepitfovifqu^ Geneb(iy 

Exulibuspertus tutus , éf orapils- 
îiecfolHm exceplt-, [ed ^ tilum hinc indefe^uutf» 

Et Pcrti âtjfiduff^i 1 ierldas comités. 
Exuvidi CH]iis mnîura, £.tatefept4lti -, 

Hoc port H minibus compofuere fuis. 
FAfS autem melicrportu welicre fotita 

^âpieta^ illum qu&rere j-njfit haiet' 

Ses Oavr.iges imprimez font, CorKmcntarii in 
FindariOlvrtpîay Pythie • 'Seme^ , Ijlhmia. Refponfio 
ad Petrl C<zri'e>2îar'ii Epinola-'^^ plenam calumnlis in 
njireslpcnos.Jn SophoclisTrd'Oe'iiit} ¥rolegoi7jena, drJi^ 
wentaria ii2 varia Xen^phc?7:is ' pufcula. Comment. ^n 
Thucydldem. Annotât- in jiphtcnlunit hlerr/iogene/n^ 
^ DiGnyftim Lcnginum. hymni S\nejii in Latinain 
'UûgHiim converfi. Cafligatlones in FlcrlUnum Gr&- 
corum Ejigrammatum , Syntaxln j^pclUnii y^llexan' 
t(ri , ^ in qu&dam aliaGrACorum Scripta. Eplgram' 
mAta. varia. Orationes- Th Tragœd'a ejttffae Qrigi' 
m- Sopkoclis^ Euripidis Collatio- 

Il eut un fils appelle Emile Portus, qui 
fut Prcfefîcur de la Langue Grecque en l'Académie 
d'H-idelbcrc;, & qui a donné au public plulieurs 
cxcell£n5 Ouvrages. Voyez fon Eloge dans Iules 
Ccfar Cipacius & dans les Vers des Poënes Grecs 
ûw Lcrcrzr; Cit^ilo. 



des IJomwcs Scavans, 6 ^ 

FRANÇOIS VENIERO, Noble Vc-F't'rr/- 

r 

nitien, fur noturi dans rétudç de la Philo- J *//,*- 
fopliie. Et étant encore jeune écrivit en 
Langue vulgaircpluficursTraitezdela vo- 
lonté , de l'ame , & du dcftin^ & depuis il 
exerça avec beaucoup de prudence & d'in- 
tegricé divers emplois qui lui furent com- 
mis. Il parvint à une grande vieillelTc , & 
il mourut dans le temps qu'il trayailloit à 
rétablir TUniverfué de Padouc , après 
avoir fait imprimer Ton Livre de la gcHc^ 
ration, 

AD J> I T i Oî^. 

François Vfniero a été l'un des plus 7ht atn 

fublimcs Génies, des plus grands PhiloCopUes , & d'Hutn, 
des plus habilesPoIiciques , que la villede Vcnifc LtnerAl, 
ait produits. Il avoir toutes les qualitcx necclîai-^'*^' 
res pour rendre un homme accompli , & il rc'ufli 
également bien & dans l'ctude des belles Lettres 
& dans le maniment des plus importantes aftaiies 
de l'Etat. 

Ses Oeuvres imprimées font , f^^uHiro Hhrififra 
jirijî utile dove traita deW Antwa . VUlogo délia Vo- 
lonta humana. Difcorji fcpra i libri délia Ceneraz^io- 
ne c Ccrriiz^ione d'jirijlotile, 

jinnée ijSi. 

]ACQ^UESPELLETIER,du ,,,./^, 
Mans 5 écoit Médecin de profcffion. Mais ^,'^ '*'• 
ce qui le rendit plus cclcbrê, ce fur la con- 
noid'ancc (ju'il avoir de TArt Poifciqje 



66 Les Eloges 

ôc des Mathématiques , qu'il ccîaîrcît par 
divers Ouvrages. Il voyagea long-remps^^ 
en divers pays éloignez, ôc enfin il érablic 
fon fejour à Paris , où il palla les demies 
r es années de fa vie. 



A D D 1 T I O N. 



^<i'ige» Îa Q^u ES Pelletier e(> traité de fçavanc 
ra-nx. Ma[hematicieii pau lofcph Scaliger , & eft appelle 
^J'^ L^* l'ornement & la gloire du pays du. Maine par Ste 

Marthe xf I « ^tSt- «i^-^ ,,.A./i 

prcg^de ^^arthe& par Vofiius. Il mourut a Pans âge de 
M.tth, fcixante- cinq ans dans le Collège du Mans , donc 
p^g''6y il ccoit Principal. Le premier Traité qu'il mit au 
jour, fut un Dialogue de l'Orthographe de la Lan- 
gue Françoife , où il introduit l'Evêque de Mont- 
pellier , le Seigneur d'Auron , lean Martin Theo- 
^ dore de Bcze > & Denis Sauvage difcourans etifem^ 
ble , &r où il tâche de prouver que l'on doit écrire 
comme Ton parle. 

Ses autres Oeuvres imprimées font , Apologie a 
Z' Maigret- Enfeîgnemens de vertH'mt petit Sàgneur 
Tlmoleon de Coffé. Art Poétique François^ L'Algèbre» 
Ve l'Vfage de la Géométrie. L'Arithmétique. Orai-* 
fon funèbre furlarKcrt d'Henri VllL Roi d' Angleter» 
re. 'E.^hortaticn à la paix entre Charles ^ûnt (^ 
Henri II. tant en Franfois , quen Latin- V Art Po'è- 
tique d' Horace mis en Vers Franfois. Oeuvres Poé- 
tiques contenant la TrJi4uction des deux premiers Lî- 
*ures delody^ée d'Homère ■> ^ du premier Livre des 
Georgiques de Virgile , de trois Odss d'Horace , d'un 
Epigrawme de Martial -, de douze Sonnets de Petrar- 
que ■> des Vers Lyriques. Congratulation fur le nou- 
Veau règne d'Henri 1 I. Epigrammes. L^Amithéfè ' 
du Courtifan liy de l'homme de repos. Les Amours des 
AjaiourSi contenant plujijurs bonnet i amoureux ô*- 



<^€S Hommes S (^avdm , Gy 

Vsts Lyriques. Opufcules en Vers. Defcrîption du 
tfiys de ^avoye. Les Lr'àzv.ges , fcavoir lu Parole , les 
trois GrACes , l'Honneur^ la Fourni . la Science. Plus, 
Defcr'ption de deux T^lanetes "Jupiter-^ Saturne. Af4' 
cuns paJJ^j;^s tmdtt'jts de Virg'le, Comment ari: très. 
I. T>e bimcnfione ârculi. i- 7)e Contr.âu lînearum, 
3. "De Cony.îrtitionihu/s horofcopi In Chryjlophorum 
Calvium de Contacin lineantm /'pologia Drmonjira' 
tiones très. i. De Avgidi reclillnei çy' curvilinoi i,- 
qualitate. 1. ijineA reJïa in très partes continua pro- 
fortionales fedione. 3. De Areétrianguli ex numcru 
AJiimatione. In Euclidis 'Elément a Géométrie a De* 
monflrationum libri VI- Annotationesin Arithmeù' 
cam Gemm& Trifii. Compendium de FraBionîbus A- 
Jîronomicis > éf* de co^^nofcendis per memeriam Calcn* 
dis. Idibus, Nonis , TeJlismobiUi'US , 0» Loco Solis ^ 
Lunéiin Zodiaco. De p efie Compcndium. De Conci-J'^'''^^ 
liatîone locorum Gale ni. .* ,/'^ 

La Croix du Maine afTiire que le Livre innciilc, 
"Récréations de Bonaventure du Periers , cft prcfquc £ p^ 
tout de l'invention de Jaques Pcllctiet , & de Ni- ^wj/,.' 
CD Lis Dcnifot daMans, farnommé le Comte d' Al- dans fêt 
fionis. Mais Etienne Pâquier afi'are que Pelletier ^"""'^ 
n'a rien contribué à cet Ouvraj^e. L^.*"' ^' 

Pelletier avoit aulfi compofé une belle & dotlc 5 ^^j,. 
Critique fur les Oeuvres de Ciccron, de Virgile, &;/!;<-. 
d'Horace, qui n'a pas été publiée. 

LAURENT JOUBERT, Médecin , hiL^-nm. 
Difcipleda fameux Rondelcr, 6: Chance-'^')^ J^ 
lier de la célèbre Univeifirc de Montpcl- 
lici'. Ayant é:é mandé par Marguerite fem- 
me du Roi de Navarre , il vint à Paris , ou 
il fit imprimer fon Livre des erreurs popu- 
laires , qui lui acquit une grande réputa- 
tion 5 de étant retourné en ion pays ,.il y 



68 Les Eloges 

mourut ayant à peine achevé Ta cinquan- 
tième année, 

AT) D ITIOI^. 

Laurent Joubert nâcjuit à Valence en 
£/o/^i d* Dauphiné d'une famille honnête. Sun fçavoii' lui 
S.hUr- acquit une fi grande réputation , qu'Henri 1 1 I. 
' '• efperant que par les fecrets de fon art il pourroic 
guérir la rtenlite de la Reine, le manda à la Coiir: 
mais tous les {oins de ce fameux Médecin furent 
inutiles , & {"es remèdes ne produifirent aucun ef- 
fet. On a trouvé mauvais qu'il ait mis en Fran« 
Çois fon Livre des erreurs populaires , parce qu'il 
y découvre avec trop de liberté les fecrets de 1 a Na- 
ture & les parties du corps humain les plus cachées, 
& qu'il fe Cert de plufieurs exprefîions qui cho- 

j2 . quent les oreilles chaftcs. II mourut à Lombes 
U Croix 1, j /r . • 

S^s Oeuvres imprimées font , f^tiejltcn vulgai- 
re y ff avoir quel langage par 1er o'tt un enfant <lHt naw 
roit jofnaîs e'tH parler. Traité contre la blejpdre on 
coups d'arquebuze , ô* ^^ manière d'en guérir. Apo • 
logie de l'orthographe de Joubert. Traité des caufes 

' du ris. Dialogue fur la Cacographîe Franfoife. 

. §luefiions des huiles. La Genfure de quelques opi' 

nions touchant la decoBioa pour les arquebux^des. 

Sentence de deux quejl ions fur la curatîon des arque - 

huz.ndes. VHiJioire des Poiffons écrite en Latin par 

G' Rondelet -, éf traduite en François par Joubert, 

! jinr.otationes in Galeni libres de differentHs morbo- 
rum , inprimum ^fecundum de f^cultatlbus natu- 

^ ralibus , ^ in librum de differenùis fymptomatum. 
I^e con-mdfîonis ejfentia (y eau fis. De cerehri afe- 
Bibus. Paradox a. Annotât iones in Paradox a. Ars 
componenii ntedicanoenta. De fyruporum conficiendo- 
tum modo , ^ utendi ratione. (glu&fliones MedicA 
po regiaPrnfejjiêrie à Jouberto difputaîA» D^ Fejig- 



^les Hommes Sçavans. 6^ 

De tfuartana Fehre. De Paralyfi. Mcdecina prMcîîca. 
îfagoge Therapetitices Methodl. De a-fecilbus pile 
rum (y cutis , pr&fertim capitis , Ô* ^^ Cephaialgia. 
De a^ccilhns internis fnrtum tkcracis. Fharr/jacO' 
p&a. De Vr'ms. u^joh-^ia profuc paradoxo 7. deçà- 
dis 1. ad Thomam Jordanur». Reffcnfo ad ylnî- 
madverfiones Francifci VallerioU in omnia Joubert 
paradoxa. L- JouhertiCP Mexidis Gaudinis Difputa- 
tio de Iterandti fdpius J hlebojowl^i i?t eodcm morbo, 
Trovocaùo à fentenùa Brunonis Seidelii de iis qujL in 
paradoxls fiùs de febrium hi*moraliurr, origine ac ma^ 
îcria difputafafum. G. Kovdeleti Vita. De ' ariola 
fTJagn.it five cmfja Gallis d'cta. DecUmatio in 
Joanni^ SaportA in auguraticne. Oratio [habita cum 
Chrift'phoro SchiUlngo Silefio Cf Danieli Calarfio 
Varljicnfi fHpremum dignliatis in artt Aledica gra- 
dnm cmferret. V^e gyrrinapis ^ generibm exercita' 
îionum apud Antiquos celebrîum- Y)e iBalmis ■'^nti" 
quorum. Ufpi t^,- Uifri^fiocf Vifputatio D^ 
nominis fui Orthographia , EpiJloU ad Jojephurft 
Scaligerum. 

llUillaun fils nomme Ifaac loubcrt , lequel a 
tait une Apologie de l'Orchographe Françoife, & 
a traduit en François quelques Paradoxes 4e fou 
pcre. 

GEORGE BUC H AN ANfatnn ^^''''f'*" 
homme incomparable , foit que Von con- n^^*' 
/îderc la beaurc de fon génie , ou que l'on 
regarde le talent qu'il avoic à bien cfcrirc, 
ainfî que le témoic;nent Tes Ouvrae^es, qui 
l^aiFeront jufqu'à la pofteritc la plus cloi- 
jnec par l'aveu même de fes envieux. Il nd- 
qv.ic Gins la province de Lenox en Ecolle 
prés d(î larivieie d'Llan : mais il vouloir 
palPer pour François pnr adoption , aulli- 



7© Les Eloges 

bien qu'Antoine Go vea Portugais fon in- 
tiftie ami : car après avoir fait Tes premières 
études en Ton pays, il vint en France, où il 
pada prefque toute fa vie enfeignant les 
belles Lettres à Paris i & depuis à Bour- 
reaux dans le Collège de Guvenne.Et de là 
ayant été mené par André Govea en Por- 
tug-al , il inftruiiit la jeuneife à Conimbre. 
Pendant tout ce temps là il travailla à Ton 
excellente Paraphrafe des Pfeaum.es. 

Etant en Portugal , il fut perfecuté par 
les Religieux de l'Ordre de S. François , à 
caufe de quelques Vers un peu libres quil 
avoit publiez contre eux , quoiqu'il ne les 
tût faits que par Tordre de Jaques V. Roi 
d'Ecoifcqui fe vouloit vanger de ces Reli- 
gieux^parce qu'il étoit perfuadé qu'ils n'a- 
Yoient pas agi commue ils dévoient dans une 
confpiration que quelques uns de la No» 
bleire avoient tramée contré lui. Etat reve- 
nu en France, il s'attacha auprès de la per- 
fonne de Timoleon Colle de Briiîac Maré- 
chal de France,avec lequel il demeura cinq 
ansac'efl: à dire jafqu'en i5éo.auquel temps 
la auerre civile s'étant alUurée parmi nous, 
il retourna en fon pays, & quitta la Fran- 
ce, qu'ilTavoit nourri & élevé. 

Il ne fut pas plutôt en EcoiTe , qu'il 
embralFa ouvertement ladodrinedes Pro- 
teftans,& après que Marie eût été dépouil- 
lée de Ton Pvoyaume,on le donna pour Pré- 



des Hommes Sçavatis, 7 1 

ceprcar àjaqaes V I. fon fils. Erant déjà 
vieux, il commença l'Hiftoire de fon pays, 
&: bienque fuivanc le gcnie de ceux de fa 
nation il s'emporte quelquefois contre les 
Tètes couronnées , cet Ouvrage eft écrit 
avec tant d'efpric, de pureté , & de difcer- 
nement, qu'il femble que c'ell la produc- 
tion 5 non pas d'un homme qui a palfé fcs 
jours dans la pouflîere de l'Ecole > mais 
d'un Miniftre qui a manié toute fa vie \zs 
plus difficiles éc les plus importantes affiû- 
res d'un Etat; tant il eft vrai que la balfedc 
de fa condition èc de fa fortune ne fut pas 
capable d'empêcher que fon grand cfpric 
ne pénétrât les chofes les plus cachées , ^c 
ne les écrivit avec prudence & avec jucre- 
mcnt. Et je me fouvicns que Ronfu-d,qui 
ctoit un homme extrcm.cment judicieux, 
lorsqu'il parloir de Buchauan , d'Hadrien 
Turbenc, d'Antoine Govca , ^ de Murer, 
qui tous étoient fes intimes amis,avoit ac- 
coutumé de dire , que CCS grands pcrfon- 
naqes n'avoient rien du Pédant que la robe 
«S: le chapeau : néanmoins il croyoit que 
les occupations de l'Ecole imiprimoicnt à 
la plupart des Précepteurs un car.-^d^crc de 
pédanterie ^d'impertinenccque tous leur* 
foins n'écoient pas capables d'eflacer. Bu- 
chanan mourut ayant pallc fa foixaute ^ 
fciziémc année. 



j% Les Eloges 



A B V iT i o n. 

j ^ -On ne peut point nier que BucHANAN'ne fut 
S^iî: ui"^ homme d'une éloquence admirable , d'une raie 

n\u» Fit' i -11'- 

^oire prudence , & d'un jugement exquis, Jl a ecnc 
iL'^igU- rHiftoire d'E colle avec tant d'éîegance & de poli- 
terretn tcfle , qu'il a •furpafi'é tous les Lcrivains de foa 




quelque 

Reji.fur témoigné dans fon Hiftoirc une cxcrême averfioa 
•^''^/•'- contre la Reine Marie Stuarc. D'autres difcnt que 
dans cet Ouvrage il a imité tropfervilemenc Tite 
Live, qu'il a dérobe aux Anciens ce qu'il a de bon, 
qu'il écrit d'un grand l'ens , mais qu'il a peu d'élc- 
ration pour les fentimcns , que ("es longues cita- 
tions du troifiéme livre ne plaiTent pas à tout le 
monde , non plus que le détail qu'il fait au fécond 
de la nation du pays dont ii-parlc. 
a,.xn^e Quant à les toëlics , JoCeph Scaliger dit quel- 
ra/iA^i, les font au dclTus de toutes celles qui ont paru de- 
puis le ficelé d'Aagufle. Comme il le témoigne 
par ces deux diftiques : 

Kamque étd fffpremum perduBa Foëilca culmen 
in te jip,t^nec quo pf^gredlatur h^het. 
Jwperîi fpterit Romuni Scctia limes > 
Kowan'i licquîl Scctia finis erit- 
Utcnhove aflure qu'il a furpalTc les plus fameux 
Poètes François &: Italiens, comme il paroit par ce 
diftique : 

Très îtalos Galllfenos vic^re, fed tinum 
Viucere Sccùgenftm non fout ère virum» 
Les trois Pripçois font, le Chancelier de l'Hôpi- 
tai, Adrien Turbene , Jean Dorât. Et les fix Ita- 
Ue-iis, Sannazar , Fracafior, Flaminio , Vicia, Nau- 

Sf^^x. S^'' ^ Bembo. 

afla. ' Rapin lui donne h louange d'avoir fait des Odes 
^tté;« dignes de l'Antiquité , quoiqu'il y ait de grandes 

iné- 1 



àes hommes St^avans, j* 

iflcgalîtcz à caufe.du mt:Unt;c de (on H i!c nui n'cft 
pai allés uni. Mais fa i'haraphiafc des l'f'caunics • 
cil Ton chcf-d'cruvre, & cilc lui a accjui s d'autant 
plus de glo!iT,c|u'il y travailla ayant rcfpnt accj- r,t Su* 
blé de doalcur, car il la compofa pcndaac qu'il é- '^*«'«'»'i. 
toit pLifonnicr dans un Monaitcrc de Porcu^^al. 
Aulli a-t-elle étccxtinordiiiaiicmcat elliméc pat 
toutes les peifonncs de bon goût , & Ton allure 
que Nicolas Bourbon, ce fameux poète, la prcfe- ^^^-^^ 
roit à l'ArchcYcché de paris, de mcme que rallcrat u'r'lu 
préFcroit au Duché de Milan l'Odequc Ronfard z'iherùc* 
faite Pour le Chancelier de l'Hôpital. Et ïulc Sca- 
ligcr ccsdeuxOdcs aHovàcc^Quem tuMetpçtnenâ, 
& DomcgratHS eram tlhi.^M Ivoyaumc d'Ana^'On. 
Pour fes Tragédies , G rôti us a écrit que ce 
grand pocte n'y avoit pasbienfoiucnula<>raviccdu ^Z^-' 
Cothurne. M. Brunet dit, que l'on découvre dans ff^fi''*^ 
les Ecïits de B-iichanan toute la beauté & toutes ep. , 
les grâces de l'ancienne Langue des Romains j & . ' 
fjuon y remarque de plus une élévation de VLcniQ ^'•^."^''i ^ 
&. une Vivacité d imagination qui furpallcnt de u» ^^ ,' 
beaucoup tout ce qui fe xrouve dans les Auteurs '• !• "* 
Italiens que le dernier fieclc vid ii ardcns à réta- 
blir la pureté de cette Langue-là. Ceux-là, ajoute- 
t-il, n'imitèrent quefoiblemcnr Ciceron : mais le 
flilc de Buchanan eft n^âle, naturel , £: outre cela 
accompagné dcrcfîc i. -ns fi judicicufcs fur toutes 
chofcs, que cen'efl: pas fans raifon qu'on le regar- 
de comme leiiieillcur & le plus illuftre de no's E- 
crivains modcïnes. Enfin il allure que l'Epitha- 
laine que Buchanan fit fur le mariage du Dauph'a 
fils d'Henri II. avec la Reine d'Ecolic a pallé pour 
un des Ouvrages les plus parfaits cjuc la rociic La- 
tine ait fournis. 

Ses autres Oeuvres imprimées font , De jure 
regjit apud Scotos Viaîogus. Rndhienta Crammati" 
fej Latins, ThcwA Linncri ex Angiicofermcne in La* 
tWHm ver fa. Francifcanm ij" ^rAtres ijlT£. Hcnr 

Tom. //. D 



74 Les Flores 

decafjllahm liber î . Epjgramtriaîum llhû lll. M'f' 

c€llanf!Orum liber ^. De bj^fura. Medea ô* Alcefies 

^urîpidîs converfa, 

T>'U4tt. Aa rcde M. de Thou rapporte ailleurs qu'il vid 

C'ftrûey.isi Bourdcaux une Lettre que Biichanaii étant extré- 

dtvl.t. mement vieux avoir écrit" à Viiiet a?ec une main 

•^''"^* •^•trembUnre, mais avec un courage ferme & rcfolu, 

dans hqurlk- il lui failoit connoîae que comme fa 

lonouc vie l.'.i donnoit-de l'ennui ^ii s'écoit retiré de 

la CouL,^ quilnetravailloit àautre chofe,qu'àfe 

fcparcr le p!a; doucement qu'il pouvoir de la com- 

f>3giiie àz ceux qui lui étoient tout à fait diilembla- 

blcs , c'cfc à dire qu'étant déjà au nombre des 

morts il td:hoit dc^rcnencer ;iu commerce des vi- 

va^is. 

^mée 15S3. 






ly^^^s ]EAN MALDONAT , Jefinrc, 
ré dans TAndaloufie d'une famille noble, 
dés Tes plus rendres années fur inftruit a- 
Ncc loin en routes les fciences , de ayant 
joint à l'arrachemenr qu'il avoir pour la 
rhilolophic Ôc pour la Théologie une ex- 
uciTie candeur èz un jucement exquis , il 
cnfeif^r.a la Theoloeie a Taris pendant dix 
ans avec l'applaudiiTement d'une infinité 
de perfonncs de toure toitc de conditions 
qui accouroienr en foule au Collège de 
Clcrmont pour être fes Auditeurs, 

Au reftc, comme la Société des Jefuires 
éroir fufpecle aux plus prudens,&: odieufe 
àrUniverfiré , qui même s'étoit oppofée 
à fon établi ircment, Ton croidavec quel- 



des Hommes Sçavans, Y^ 

que fondement , c]lic l'elHme qu'on avoit 
pour ce grand honM-nc fur la feule raifon 
qui obligea le Parlem<înt de Paris de tolé- 
rer les Jclaites dans le Royaume. En effet 
Maldonar dciVieura à Paris jafqu'à ce que 
fa feule érudition eût acquis quelque ré- 
putation à (onGrdie nai(îant. Apres quoi 
il fut appelU à Rome par Grégoire Xllf, 
oà fes veilles excefîlves lui cauferent une 
maladie qui Temporta dans fa cinquante- 
fepticmc année. 

Il ne publia aucun de fcs Ecrits pendant 
fa vie , mais après fa m.ort Claude Dupui 
fçavant Jefuite fit imprimer à Pont-à- 
Moudbn fes dodes Commentaires fur \c^ 
quatre Evangelides :& l'on cft pcrfuadé 
que Cet Ouvrage ciàt été plus accompli /i 
fon Auteur Petit lui-même donné au pu- 
blic. Qiioiqu'il en foitjfi Pon ajoute à cet 
excellent travail Plnterpr^taiion des hO:QS 
des Apôtres &: des Epîtrcs de S.Paul qu'il 
a compofée avec la même exadtitude que 
celles des Evangiles 5 les peifonncsdodïes 
& picufes auront un Livre auquel il y en 
a peu de comparables , & qui fcul peut te- 
nir lieu de plufieurs autres, 

AD D IT l O N. 

TtA-îq Maiponat, après avoir cnfeigné long- u;^//^,^ 
temps à Paris avec un aapplaudilîcment incrova-Suc,!'/»*» 
blc,fc retira à Ronie , où il fut trouvé more d^as 

D i, 



7 5 Les Eloges 

lie par celui quiTailoic appcilcr pour foupcr. te 
. Cardinal du perron dit , que Maldonnat écoit uu 
^'J^ ' 'grand homme & un vrai Thco'ogien, qu'il avoiç 
i'élocution bonne, qu'il entendoic bien les Lan- 
. ,, eues & laThcoloeie Scholaftique, qu'il étoitfca- 
^^^* vant en rhiloiophic,5c qu il avoïc bien lu les pères. 
Scal'gcr Vaccufe d'avoir pris de Calvit? & de Bcze 
e^techù ^ouc ce qu'il y a de bon dans fes Ecrits. Maldo- 
i€s Jejult "^^ ( ^^^ pâquier ) en un grand Auditoire de jeu- 
nes cnfans , fe jo^îanc de {on ef'pric aux dépens d^ 
la DcitCjfic deux leçons contrai-rcs. Dans la pre- 
mière il s'étudia de prouver par des ra'.fons natu- 
relles qu'il y avoit un Dieu, par la féconde qu'il 
n'y en avoit poinr« 

Ses Oeuvres imprimcesfont , Ccmmenturii in 

quatuor ^v ang el t fi (n. Comment AT ti In Trophettu qua- 

tftor, Jeremiami Barnfh. Ezechlelcm, & Danielem^ 

Fxpoftrio Pf/ilml 109, Epiftola de CclMone^eda- 

nenjt cumCMvîntanîs. Difputmlo dcFf^ç. Liber de 

VyemmibHS. Ou a depuis peu donné au public plu- 

(icurs Traitez de ce fçavar.t TeAiite qui n'avoienc 

pas encore vu le jour. Ils font conipris en trois 

tpin. ed volumes Infolio , & fe vendent à paris chés André 

''Proy.tD>\ Pralar^. Cafaubcn prétend qu'après la mort de 

i3«r4<:<w. Maldonat on a chanec beaucoup de chofcs dans 

fes Ecrits pour les accommoder aux fentjmcns des 

Jcfuitcsdc noftre fîcfie. 

Quelques uns lui ont acti-ibué un Livre intitule, 
Summa Cafuum Confcîemii ^ 'Difpfitaticnum ac 
ContrO'verftA.rum decifarurn circafeptem Ecclefi& R 0- 
mtins. Sacramenta , qui a paru fousfon nom. Mais 
l'Auteur de la Bibliothèque des Jefuites allure que 
cet Ouvrage eft rempli d'erreurs & n'a pas été 
compofcpar \Uldonar. 

Jl y aeu un autre Jean MALD0NAT,qui étoît 
un Prêtre natif de Burgos , & qui a écrit un Ab- 
brcgé des Vies des Saints, 2c un livre intitulc^PAr 
rAnefi^ ad litterf^ ^oHtinres, 



des Hommes Sçavans. 77 

H U B E R T G O L T Z. dont le peie ""^'l'Û! 
etoit originaire de Virczbourgen Franco* 
nîe > nâq'iic à Vcnlo dans le Duché de 
Gaeldrcs.Les Antiquitez Grecques & Ro- 
maines lai doivent beaucoup plus qu'à 
perfonncaprés Onuphrius Panvinius, An- 
toine Auoruftin , (?c Fulvio Urfino : cic 
non fculcnent il les expliqua dans fcs E- 
critSj mais encore par les divers Ouvrage* 
qu'il grava lui-mcme.Il mourut à Bru/c», 
où il faifoit fon fcjour , ayant à peine a- 
chevé fa cinquante huitième année. 

A D D I T 1 O li. 

Hubert Coltz excella en l.i Pciinnrr , en la ; /,, 
Sculpture , &: ca la coauoiliance de l'AoriciLiicc t) fer. 
11 parcoiuut toLice r Allemagne, la France , &: l'J -''V.xair. 
talic , rux dépens du Chevalier Maïc Lautin , »?c 
il rechercha avec foin Se defigna avec beaucoup 
d^induftrie toutes les anciennes médailles c^u'il pûc 
trouver dans les CûUinets des cyricuxA les ayant ^ , 
gravées, il Us expliqua par de dodcs Commentai- .^^^^-'^^'^'j!' 
res.Lipffc donne de grandes lolianges i Ces talK's^ ^^,,^0^ 
Confulaircs & admire fa diligence à chercher tantii. 
de médailles, (on bonneur à les trouver , & Ton 
adrciîe à les peindre. 11 étoit non feulcmen: Gra- B Ihrt, 
veur & Peintre, mais encore Imprimeur. Car^f"^. 
comme il craignoit qu'on ne lai/lit glilîer dans If'-' *'* 
{es Ouvraj^es des fa ites cjuoa eût pCi lui atcri-^^^^' *' 
buer, il établit dans fa maifon une Imprimerie, 
où il faifoit imprimer Tes Livres , les corrigeant 
lui iiT^me avec beaucoup de foin. Cependant 
quelques unsont dit que Goltzius n'cntendoit pas 
Je Latin , non plus que le fameux Chriflophlc 

D iij 



78 Les Eloiey 

Plantin , comme nous i'avans remarqué (fansTon 

Eloge. 

Ses Oeuvres impriirccs font, Itnper^îmum feil 
m^nhm 'vîthi. imagines , h C. Julio 'i&fare ai Carc- 
lum V- ex "jeteribus ^^um'iiff.atibus. Fafti ALigiflra- 
tuum & Triumphorum Rcmancrum ^ ab urbe condi^ 
t» HjljHe ad Augufii ohltum. Anlmad'verficiies ma.' 
Hqiict Taficmm locos. C^tclc^us Ccnfulum ab Au^ 
guÇi'i obi tu ad Juftinlantivi. L'e Origine ^ Staiu po- 
fuli Romani , deque MagiflrafuHm apud Rotnancs' 
Jnîiiis (y Mut^îionihy.i. Thefaurus rei Antlquarid, 
Vit A & R^i i<'I^àt, C. Juin Q&faris, cum Numifmati' 
huie'jufdem y ac Erun ^ Çajjji , Lepidt , M. -^ntù^ 
t}ii&ic. Compendicfa tcrtim quA pcfl c&demJuUi Ca- 
faris ufquead TrlumvkitîuM geflafant , Karraih. 
p^altr. FAfti Magifiratuuf?7(^ Triumphcrum ^^manerumi 
tibl'hth ^«î'^^7«^" Cifarfs teffjpora pertinent y cum Ani- 
ItU. " t7:f.dverfionibus în eofdem. Vit a ^ Res gejléL Augufis 
Meiih, Ce. faris , ex isummls çj^ J7ifcrtpionibu& mtîquis. 
^dam, Sîcilia , & rnagna Gr&cia , Jive Hijioria, urbtum & 
^''^^^^['^ popTilcrum GrAcid tK anttquis Nttwifajatibus. îtine- 
' é'Ht*c>*i rarshmjer Itallum , Germaniam , ac GallUtn. 
LtcttT-' Il n^ouruu âgé de cir.quante-fix ans & quatre 
f, 2, mois , fuivant Vaîerius Andréas, Melchior Adam, 
& l'Abbé Ghilinij&ainfi M.deThous'cft trompé 
en difant que Goit z avoir vécu cinquante hii it ans 

Thomoi THOMAS ERAST, natif de B:ideii 
en SaiiTcfat remarquable en ce fiecle par 
le progrés qu'il iirdansl'écudedela Philo- 
fophic & de li Médecine. Il s'attacha con- 
ilamnient aux principes de ces deux fcien- 
cesjôc par confequent à ceux qui nous onc 
cté enfeignezpar les Anciens. C'eft pour- 
quoi il cobutit avec des arenmensinvin- 
cibles l'A^'ologie^t^ui prétêd q^iie les afties 



des Hommes Sçavans. -» 

difpofent delà fortune des hommes , 5c il 
d'ccL-i.i avec bciacoup de vchemer.ce <!<: rc- 
fiita par de iolides raifons la Niedecinc de 
Paracelic, di LiquclU' la nonvcaurc, ou la 
vanirc,a charmé tant de pcrfonncsen AU 
kmagne ôc ailleurs. Mais Eraft ne fc cou- 
tencain pas des Iciences humaines»traita les 
marieresdeTheologic&agicaiulaqueitio 
de 11 dilcipliiie &: des ccnlurcs , il prir u-\ 
parti qui choqua le fcnrimenc de ceux de la 
créance, ce qui cauGi beaucoup de rrouble 
& dedifpure parmi les Eglilcs Suides. En- 
fin après avoir pencrré dans les fccrers de 
la Nature, il lui paya le tribut que tous les 
hommes lui doivent, & mourut à Çâle 
âgé de plus de foixante CLns,&: après avoir 
çnfeignc long-temps à Heidelbcrg. 

Thomas Erast fat un Médecin Tçavant ^,ins -^f*^ *. 
la théorie defon art, & heureux dans la pr.iticjuc, ''''•"^» 
Car il guérit divers hydropiques , cpilcptiqucs, ^' *^^'' 
goûteux, & plu(ieurs maladies [qui paroilloicnt 
incurables. H excella en la Philofophic , & il 
acquit beaucoup de réputation par fcs Ecrits de 
Théologie. II râquit avec une grande inclination 
pour les Lettres : mp.is deux obllabies fcmbloi^iic 
s'oppofcr au deirein qu'il avoir de sy adonner en- 
tièrement. L'un étoit la tbiblclîe de fa main droi- 
te , dont il ne pouvoit point {c {crvir , &: l'autre 
fa pauvreté. Il repara le dcf.iut de fa main aroitc 
en s'accoûtumant à écrire de la gauche , ce qu'il 
fix cûfmtc avec tant de r-apidité,qa'il n'y avoir aj- 

D ifij 



So Les Eloges 

cun de fes compagnons d écalc qui écrivit (\ tien 
& (i vice. Quanc à fa pauvreté , elle ne l'empêcha 
pas auffi de taire de grands progrés dans les fcien- 
cesjcar il eut le bonheur de rencontrer un ami cha- 
ritable, qui lui fournit librement tout l'argent qui 
lui étoit ncccflaire pour achever fes études. 

Eraîl a/Tifté par cet homme généreux s'en alla 
en Italie , & y ayant demeuré neuf ans , il s'en re- 
"vint en Allemagne , & il fut honoré de la charge 
de Profellccr en Médecine dans l'Académie d'Ile i- 
dclberg. Pais ayant été appelle pour enfeigner pu- 
bliquement à Bâle , il y mourut après avoir ac- 
quis la r'putation d'un des plut célèbres Profef- 
feurs d-e fon ficelé. 

Sts Ouvrages imprimez font , V^mo fornim" 

àcrum fyilogifmirum b'evijfi-/jii & ficilUr??a. Epifto" 

i^iad Simoiem G^y^JHtm de discrimine Logiez, Viit- 

lecticsi , C^ ScitnttA V'^s^^fir^^tiVii. 'D(fenjio Itùeh 

U H, Sivy'^iro'A dt jilh-jl^pa divinatrice advtr- 

f 14 Chnflo^ho'um s-^'hm onem. AccejftC ali^ (j'^f" 

detn afgxmenti Difp^itcitio^ S^vonfiroU Liber de 

A^^olo^tA divinatrice ex I dlico in Linguxm Luti" 

vAmconverÇiM. ExpUcatio qu&Jliojiis ,«» Aurum ex 

fgn^hilibt^ tnetallii confi^ri pojjtt, ïlÔMfx'^ > fetê 

£eUi Detejlatio. C'mmei^r, in j^ymnoi prudentii, 

Vifpudttones contre nov^m Medicinam p^mcelji, 

Difputmio de A'*^o potabili, Jddicium de indicé" 

tione CometJirum. C^m tis Montini K'Vmfm^ novi 

M^dicorum cenforïs quinque librorum de Morbis 

'viva A'i^tJme, De Caufa tnorborum continente» 

"De occutis ph.irmicertim potefi.xtibt^ . Vifputa^ 

pto de m:d cimentorum ptirgantic4m ficidtate. De 

pHtredim Lfbey, Ad A^ch^ngeli Mercenani Difpu- 

titicnem de Pmredine Reffonjîfi. Difp^txtionuyn 

tr Et>tfioUrum Medicinalium volutnen. Examen de 

jîmpHcibi44 qu£, ad compojîtionem Theriac^ ^ndro» 

m^chi requiruntur. Varia Opufcula Med'ca edi^ 

ta pojî e)u4 morîem. Confilia 3iedicx, De Afiro- 

logia dtvin.vrice E^iJloU* jyefen[io de Cotnetarum 



des Hommes S (pavana, Si 

irtH j nutura, . ^ caujls . contre Squarcislu- 
fum. Repetitîo Diffutai'toiiis de lamt'ti feu flrlgibui^ 
Refponfio ^d Lzbellum Jacobl Sch?(:gii , ^«o nupcr 
finonymo Ubrifuî ie unaperfona c5* dunbus in Chriflo 
tia,tnrh interprett refpondet. Declaratio Librljacobi 
^(hegg'ii de una perf(^na i(°r duahus naturis Chrijhé. 
Ve Excommunie atione EccUfiaftic^, auqud Bczc a 
r •pondu dans Ton 1 rairé de vera Excommunication» 
ér Chrifliano PreibyterioW y a aiilli d'Eiall un Ecv ic 
Ailcm.ind de la Ccne du Seigneur, qui a paru Uï\s 
le nom de l'Auteur. 

Année 1584. 

PAUL DE FOIX , fils de Jcah 
Com e de Cartn.iin, Archevêque de Tou-^^^'"^' 
loulc>fiit premicreinent Coniciller au Par* 
lenenr de Paris , & depuis ayant étc Am- 
badadeur en Anglereirc j à Venife , &: eu 
divers autres endroits , il s'acquitta de ces 
eaiplois avec bciiicoup ck bonheur 6c de 
prudence. A h fin du vegne d'Henri II. îl 
fiit enveloppé dans la calamitéqni s'cten- 
cîit fur tant de pcrfonnes innocentcs.-n"»jis 
étant abrous il recouvra fa pi;emiei e digni- 
té. Et parce que depuis ce içmps-là il hue 
fulpedt au Pape, il eut toutes les peines du 
monde de lui pcrfuadcr Ton innocence. Eu- 
fin dans le temps qu'il excrçoit à Rome U 
chargcd* Amba(îadeur pour le Roi, une ma- 
ladic fubite, qui lui prie à l'Eglifc , ôta da 
monde çe'grâd home, qui avoit fi bien mé- 
rite de Hi patrie »5c de Ton Prince. Il reuviic 
fon amc a Dieu daas fa cinquante lixic.nc 

^ V 



il Les E loger 

année,S: il fatenrcrré avec grande poinpe 
dans l'Eeb^e S. Loiiis. Muret, cette ^ran- 
de lumière non feiileiTienc de la France^ 
mais de Roœe, fit Ton Oraifon funèbre.. 

A'D D IT I O ii, 

Paul de Poix étudia en Droit à Touloufe , 5c: 

ï^ if et. in y enfcigna l^ ]u;ifpruclcnce à un lî grand noiTibie- 

Or.t.fw d'Auditeurs , que ceux mêmes qui avoicnt é:é 

p^*''*. Profeileurs en cette fcience alloient tous les jowrs- 

f"^'*.* à fcs leçons, afin d'apprendre de lui ce qu'ils ne 

Cçavoient pomt encore. Depuis il fut ConfeiUcr 

au Pari ment de Paris, & d'abord on lui fit cet 

honneur de le recevoir en la grande Chambre fans 

qu'il eût paflé par les autres. 

S'étant acquitté avec beaucoup de loiiange de 
Thwin. ^^Yçj-fes Ambaflades , il fut fait Archevêque de 
yicfua. Touloufe. Parmi fes importantes occupations il 
lit, j. ne difcontinua jamais fcs études : car M. de Thou^ 
remarque , que Paul de Foix ayant été envoyé qiv 
Ambaflade àRome , il l'accompagna en ce voya- 
ge, que le long d'i chemin Arnaud d'Oifat , quit 
fat depuis-Cardinal , & qui alors étoit Ton Secré- 
taire , i'entrctenoit de la Philofophie de Platoiii 
^ que François da Chêne , qui étoit fon Lecteur, 
devant Se après le repas lui lifoit tantôt les Para- 
litks de Cujas , & tantôc la Phyfiqued'Ariftote, 
avec les Commentaires d'Alexandre Picolomin' , 
fur quoi lai & d'Ollat faifoient eufuite diverfes 
réflexions. M. de Thou ajoute , que Paul de Foix: 
étoit encore plus illuOrc par (a vertu que par fon^ 
fçavoir , &: qu'il ne fe feparoit jamais de lui qu'il 
lie s'apperçut que fa compagnie Pavois rendu 
meilleur, 

11 entretint toute fà vi« un commerce familier 
avec plu fleurs fçavans hommes en divers endroits 
du.moQde.,5c£aL-ticuiietsJiicat ayec i;âûieii;ârba* 



des Hommes Sçavan.t, g ^ 

ro Archcvêc|ue d'At-juilcc, avec Charles Utenho- 
ve, aques Charpentier, Obcrt Gitaniiis, ik An- 
gullin Niphiis pccic-fiis d'Auguilin Niphus fa- 
meux Philofophe. 

Au rertc l'aul de Foix fut du nombre des Con 7'/,«<»»f 
fcillers du Variemcnc de Paris qui afllilcrent à '^/'//or-* 
cette cekbie Mercuriale «.jui fut faite l'année i J59. ^^^,'*» 
en prtfence d'i-jenn Ujôc qui ayant ccc d'avis que 
Ton adoucit les peines qu'on taifoit foufl'rir 'aux 
l'rotcllans encoururent Tindignarionde ce Prince," 
& turent mis en prilon par fes ordre-, Arnaud du ' 
Perrier Prefideni aux t nquêtcs propofa cette opi- 
nioujqui fut fuivic par Paulde ioix par Louï.> du 
1 our.par Anne du Bourg, & par la plii^-'art des gens 
de b en de l'Allcmblee , lcû|uelsaLix yeuxjncmcsp 
de leur Roi, fans (c foncier du péril qiii 'es mcna- 
coit, opinèrent avec une gcneicafe liberté, com- 
me l'a écrit M. de Thou. Mais Hjnri II. étant ve- 
nu à mourir peu de jours après, Anne du Bour-»" 
futlefeul qu'on condamna à la moïc , & les au- 
tr s furent rcc-bli<; en leurs honneurs & dignitez, 
après avoir été fufpendas de leur charges pouc 
un ;in. 

Il y a de Paul de Foixuq volume de Lettres. 

Cujas. lui dédiant fes Paratitles lai donne de 
grands éloges, le traitant de proredl.ur des Sça- 
vnns , d'homme iUuîIre par fa verru , Se d.i plus 
excellent de tous les îurifconfukcs. 

GUI DU F A U R (le PibiMc , Prefî- ^.,^ 
dciu au P;irlemenc de Paris, 5c Chmcelier *• t^r^- 
du Dlic d'Alençoiijfuc un homme ilUiflre **"** 
par la beauté &c la politelîc de Ton efprir, 
qu'il avoir rempli de la connoidance de h\ 
belle Licrcrature, par les beaux Vers Fran- 
çois qu'il a donnez au public, (S: par U fa* 
cilité qu'il avoiî d« ^'expliquer &c d'cciiit 



B4 Les Eloge$ 

avec élégance en la Laiigirc Latîne qa*iT 
avoit apprife fons Pierre BaneU.ll paf- 
fa coure fi vie à manier des affaires de la 
dernière importance dedans & dehors le 
Royaume. Il aflirta an Concile de IVente 
avec Arnaud Ferricr , ôc il accompagna 
Henri llljorsqu'il alloit fe mettre en pof- 
4b(îion de la Couronne de Polo^ne.Et en- 
fin les defordres de l'Etat , & fur-tout le 
malheureux événement de Tentreprife 
d'Anvers , lui cauferent une fi grande tri- 
ftefTe qu'elle le jecta dans une malaiie^doiic 
il mourut à Paris(n'écant plus gueres jeune 
que Paul de Foix) entre les bras d'Arnaud 
de Café neuve Ton frercti^ de fes amis. 

La mort de Paul de Foix & de Pibrac 
donna une grande douleur au public>mais 
elle m'afflierea infinimêcjcar ils avoient eu 
beaucoup de bonté & d'amitié pour moi, 
& après mon pere,c'é:oitnt les perfonnes 
<lu monde à qui j*avois le plus d'obliga- 
tion. En effet, ils me recrardoicnt comme 
leur enfant , & fi j'ai quelque fçivoir & 
quelque connoilPance des affaires du mon- 
de, )e leur en fjis entièrement redevable. 5c 
)t fuis bien aife de témoigner à la pofteri- 
té la reconnoilTance que j*ai des grâces que 
j\aîreçûës de ces grands perfonnagcs-Quoi- 
que Pibrac en moiiran ' '" -^nDuhairc 
de iT^e voir ^ une fièvre : 



des II(vn:rics Sow^i^s, 8/ 

travaille, ni'cmpécha de lai rcndn? les dcr- 
nicLs devoirs, & de recevoir Tes Ecrits qu'il 
avoit deflcin de me confier, 3t qui oiu pc. 
ri mallieurcLire.Ticnt au gr.md pvcjiidice 
de la République des Lccucs. 

A D D J T I O s. 

G a 1 D u P A u R d: Pibiac ctoit fils de Pierre ^.,^^^^. 
du F.uir Prcfidcnt au PailouKiit de Touloufc. ^the.Eio* 
l'ài^c de vingt & cinq ans il tut fait Confcillcr en es du 
Ce ParleiuciK puis ]Mc;e-n'ni;cda!is laSénccha-ificc Vrtfri-.tt 
d Touloufc. Enfurte il fat pouivû de TOlhcc''' '•"*'' 
d'Avocat gênerai , pats de celui de Picfidenr à 
Mortier au Parlement de Paris. Et 'l acquit beau- 
coup de rCt^utation au Concile de Trente &: en Po- 
logne par fouefprit,pai: fon adtelle,& par fon-^ o- 
quencç. 

Mais on repsoche avec raifon .î ce grand hom- T'um, 
me d'avoir fait un mauvais ufa^c de fon f<,avoir & H>fi.U'>, 
de fon beau génie , en défendant , comme il fie, ^** 
le Maiïacre de Paris, & c^ le foutciiant comme 
Une adlion di{;ne de louange. Car il écrivit avec 
beaucoup de foin , d'ornement , & d'artifico uncCettt La 
Lettre à Staniflas Seigneur d'fcl vide , dans laquel-"'/' 
le il prctendoit prouver que cette horrible bon '""' , 
cnerie avoit cte taiteavec )u'iicc,& que le Koi nr 2'^,ntdt» 
s'ctoi: porte 3 cctic CTtrêmiic c]uc pour prcvcnit^^;,»,. 
les Colignis , qui avoi.nt confpiré contre faper-j"«a chaj-^ 
fonne & contre fon Etat. ^'^ ^^' 

Cependant il cft certain que cette inhumanité ^^'^^* 
a été également detellée par tous les gens de bicn^,^,-^!--^ 
de l'une & de l'autre Religion. Chnltophle dc|.ui»^ 
Thou premier Prefidenr au Parlement de Paris 
Catholique zélé parlant de cette funefte journée 
avoir accoutume de prononcci cc( bc«uix Vcts de 
6câcc; 



d'Henri 



i6 Les Ëlpffes- 

Excidat llla dîes &vO:, nec pojlera credant 
SjLCula j nés certe taceamus > O" ohmta multâ 
Kccîe tegi proprU patiawnr crimina g emh. 
M. Ha.douïndc Perefixe Archevêque de Paris 

parlant de ce Maffacre dit ces belles parole s, vîc?;f.;a 

qui navo't jamais et4\ ^ qni n'aura > s'il^Uit à- 

Dieu, jamJiisdefembUhle' 

_, Mais pour revenir à Pibrac , M*de Thou le rc- 

^ ^ « j# preientc ailicars comme un homme bien fait & 

Commuât [ • • 1 J 1 

yit. fi*<t "C bonne mine, qui avoïc beaucoup de douceur 

iièi 2, & d'honnêteté, une probité incorruptible , un a- 
mour Tincere pour le bien public , une ame crene- 
rcufe, unefprit né pour les grandes chofes , une 
extrême averiion peur l'avarice , une éloquence 
- jnerveiUcufe ; veiie dans les belles Lettres & dans- 
la connolifance du Droit, & célèbre dans tont le. 
jxionde par Tes b/aux Quadrains , qui avaient été 
tradu^its en Grec Si. en Latin, & que l'on faifoit ap- 
prendre par cœur aux enfans. M. de Thou-^ioute 
que i ibrac eût été un homme accompli s'il eut 
é-îé d'un tempérament plus vif & plus acïjilîanr, tC 
a l'oifîv^té, à laquelle il s'abandonnoit fouvenr^ 
n'eut rait naîcre dans fon ccrur des pallions indi. 
gncs de ce c^rand hoir.mc. 

SpAcun omlra di colpDi i fimgran vantî , 
Uende men chlarl-, efotfcUla d'amore. 
Gar il dit que Pibrac étant dans un âge avancé. $£ 
deux ou trois ans avant fa mort , avoir bien of>é 
concevoir de Pamour pour la Reine Margueriie 
f^mme d He riiV^de laquelle il écoit Chance' ier, 
& que cette PrincelTe lui avoir reproché fa f'o'ie 
dans une Lettre que Pibrac tir voir à M. de Thou. 

_, -^ 11 mourut âçe de cinquante-fix ans. 

lijc, ^^^ Quadrains turent premièrement traduit? 

en Vers Grecs & Latins parriorent Chrétien, & 
puis en Vers Latins Héroïques par Auguftin Pré- 
vôt Secrétaire du Roi. Pierre da Moulin Miniftre. 
de Sedan les auaduics ea Grec, Ckiiftophle Loi- 



des Hommes Sçavans . Z j 

fcl, Martiniis Opitius , & Nicolas Hcibon les onc 
aulîi mis en Vers Latirs. Ltis Turcs, les Ar«bw's,ôi 
Ici PeiTans les onc aulIi traduits en leurs laiiriic?. 
I Ses autres Oeuvres imprimées for: , V» Rem 
eueil de T emonJlranccs.Lc'ùan^ei de la Vie Rufiicue, 
hepcnfe à la Haraïigue fuite à Henri fil. Roi de rô- 
le^ ne fur i'Efèjue dVladiJlnvie , en Frahfvis (jp en 
latin 

GENTIAN HERVET , né à Oliver 5.;r..- 
prci d'Orlcans en l'anncc 1499 » moiirut"'*' ^"" 
celle-ci à Rhcims. Il s'inftiuific des fou 
enfance d^ns tous les ans libcinux &{. dins 
la connoiillincc de la Langue Gieccjiie 5: 
de la Latir.c. Le premier emploi qu'il eut 
fut d'ctre Prccepreiîr de Clause d'Aubcpi- 
ne 5 lequel exerça la charge de Secrétaire 
d'Etat fous les Ruis François I, Henri II, 
Frnnçois II, 5c Charles IX. Depuis ctanr ni- 
le à Paris, il s'occupa avec Edouard Lup'cc 
Anglois à impriinci les Oeuvres deGali en,, 
qui avoict éré mifes en Larin par Thomas 
Linncic. Et ayant iuivi Lupfct en Angle- 
rcrrc,il eût foin de l'éducation d'ArrusBo* 
lusj<5c cnluitc il fut appelle à Rome par le 
Cardiiîal Polus,alin qu'il s'attachât à tra- 
duire en Latin les Auteurs Grccs.Pcndanc 
le long féjour qu'Hervet ht en cette ville- 
là , il demeuia dans la mai Ion de ce grand 
homive, laquelle étoit une école de toute 
forte d'honnêteté <!<*: de vcvtu. Et Ion rare 
fjavoir , joint avec la douceur de fa coi> 



c8 Les Etoffes 

fation , Uiî acqiii: l'ami rie cîe Polus S^ dé 

tous les hommes illuftics d'Italie. 

Depuis étant retourné en France, il ea- 
feîgna publiquenient dans le Collège de 
Bourdeaux, qui é:oir alors le plus fameux 
de tout le R oyaume. Après quoy il fit un 
fécond vova^^e en Italie. Et comme le Car- 
dinal Marcel Cervin, qui depuis fur élevé 
ûu Pontificat,rouhaitoit avec une extrême 
paflîon de l'avoir auprès de fa peifonne, 
Hervet s'attacha à ce Cirdinal du confe i-' 
temcnt de Polus foii magnifique P.irron. 
Erantchés Mircel,il trada:(î:enLaLln plu- 
ficars Ouvrages des Peves Grecs. Puis 
ayant accompagné ce Cardinal au Concile 
de Trente , il y prononça diverfes haran» 
g.iesj & entre autres ce difcours H fçavant 
& fi eftimé qu'il fit pour l'honnéterc des 
mariages>lequel fuivant Pavis de plufieurs 
a donné lieu aux Ordonnances qui ont été 
publiées contre les maringes clandeftins. 

Hervet ayant enfui te pris les Oidres fi- 
erez fut Vicaire de "Jean Hangefl: Evcque 
deNovon , & de Jean Morvillet Evêque 
d'Orléans , Ôc mêmes il s'appliqua à la 
prédication. Enfin il alla au Concile de 
Trente avec le Cardinal de Lorraine , qui 
lui donnaune Chanoinieà Rheims , où 
il pafla le rcfte de fes jours dans l'étude. 
Or coiïime fa vie a été extrêmement Ion- 



gne 5 & n*a jimais été oifcufc, j'aî crû que 
je dcvois lui faire tin Eloge un peu étendu. 

j1 D D I T 1 O iJ, 

Les Oeuvres de Gcncian Hcrvet font , Eplfret 
aux Mtn'iflres. Efitre au peuple de l"Eglife Caeho" 
lique. Oraifûn de i Afcenfton de Jefus*Chnft écrite 
en Latin (y> en François. Zpîtreî à un quidam 
fauteur des nouveaux Ev ange l'iqtiê s. Traité du l'ur- 
ga^oire. Les Rufes du Diable pour tacher à abolir 
le S. Sacrifice ds Jefus Chrifi. Apologie contre une 
Répotjfe des Ml»!/lres d'Orléans. Difc ours fur ce que 
les pilleurs , voleurs , 0* brûleurs d'Eglifes difent 
quilsn en veulent qu'aux Moines ^ Vrêtres. Con- 
futution d un Livre nommé , Les Signes Sacrez,. Ré- 
ponfe tontre une InvelHve d'un MpÂtre d Ecole 
d Orléans Reponfe à ce que les Minlflrcs d' Orléans 
ont écrit centre aucunes fiennes Efïtres ç^ les Li- 
vr?s ficns. Difc ours des troubles de l'an 1^61. en 
France. Catechifme de tout ce qui appartient au de- 
voir d un Crt'tien ^principalement des C tirez (^ Vi- 
c aires. L'Antihugues, c'ejl à dire , Reponfe aux £- 
crits de Hugues Sureau , Minijlre d'Orléans. Ccnful' 
tatîon des fignesfacrcL. Reponfe aux calomnies de 
Jean Louis Micqueau-Vn Sermon fait après avoir eus 
prêcher un Prédicateur fufpe^ dherefie. Vne Epïtre 
a un Vrédicant Sacramentaire. Il a traduit de La- 
tin en Fran<^-ois, un Recueil fait par Guillaume Lin^» 
dam , Eveque Allemand , de quelques moifcnges de 
Calvin , de Melanchthen , de Bucer . CT feutres. 
Trois Traitez de trois anciens BoHeurs Grecs, S. 
JeanVamafcene j S. Grégoire de Ny(/> , ^ Kico- 
las Eveque de Modon , du Sacremtnt de V Autel, Les 
neuf>>eJfionsdu Concile de Trente. Le Catechifme de 
S.Cyrille de Jerufalem. Les Livres de S. Auguftin de 
la Cité de Dieu.Derepararria Ecclefiafiiccrum dlfci^ 
plina Oratto. Ad Concilium Oratio , quâ fuadetur 
ne matrimonm^^uA contrahuntur àfiiïtsfamiliéf fine 



SO 'Les Flores 

eonfenfu eorum , In quorum funtfotcflïiîe , hde>>- 
îurpolegithrAs. Oratlcne^ fcx : i. J<uc OlyjihU- 
f^rum BetnOjlkenis Orariorann Irdccîhnem hahlîn. 
2. De raiiemia barba. 3. De alenda barba. 4. Le 
velradenda vel aAenda barba. 5. De afcenfti Do- 
mini 6. De amorû inpatr'iatn. Oratio de pat'iemia, 
Otatio de'vitAndootio. Oraîio de grati aninn virtn- 
te. Epigrammata. 

Ses Tradadions L^itines Tont, Bajillifermo ad- 
*veyfu4 irafcentes. Ejufdem ferme de învidia. Scpho- 
^lis Antigone . Zachari&SchoUfùci. Dialcgus Ani- 
monitM , §ubd mwndm non fit Deo co&temui. Libri 
eBo Imperialium QonfiitHticrnum , in quibm confine^ 
fur totum jus Civile , à Confiant ino Porphyrogenetu 
in 60, libres redaclum. Canones ApoflolorHm, Ccnci- 
liorum , Patrum , ô» aliorum veterum Tbeclogcrumy 
Photii Nomecanon , omnia h&e Theodori Balfatzenis- 
Comment ariis explieata. Sexttis EmpyrUus adver- 
fas Mathematicos. Jo, Crammatici Philcpom Corn" 
mentarii in très libres Arijlotelis de Anima. Cle» 
mtntis Alexandrini Opéra emnia cum Scholiis Théo» 
dori MetochitA ^araphrafi^in Arijlotelis libres Vhy 
ficos. Vlutarfhi Opu/culum , §)Homodo oporteat ade- 
lefcentem audire Voémata^ Alexandrl Aphrodi/di li- 
hellus de Fato. ^&Jiiones naturales de anima , (y 
morales. J» Chryfojîomi HomiliA in Vfalmos. Theodc 
retiErmiftes.five'Polymorphus, Dîalogus. Hireti- 
ferumimprobarumnugarum ac fabuUrum Compen^ 
dium. Commentarii in Epiftolas Tanii. Epifiola adi 
Leonem I. Vomificem. ©s»^<;i^ id efl , religiofa ht- 
ftoria. Valladii AUnachi Laufiaca- Hicol. CabafiU 
de divino altaris facrijicio libellus. Maximus de 
Myfagogla. S. Chryfeftvmi y & S.BafiUiSarrificil, 
feu Mijfi rltus , exSacerdotali GrACo. Ses Traduc- 
tions f rançoifes ne valent pas beaucoup : mais les. 
Latines font beaucoup meilleures. 

fusrlï'^ FRANÇOIS TURRIAN, natif da 
IZniX' village d'Herrera au Diocefe de Valence ui 



ûes Hcrmnes Sç^'iv^ras, pi 

Efpagnc , Flk un homme remarquable- par 
la connoiflancc qu'il avoir des Amiqui* 
tez Thaologiques,de la Langue Grecque, 
^ de rHcbraiquc. Anes qu'il eue mis au 
jour plu (leurs de les hciits, & de ceux des 
Pores Grecs , étant dcja avancé en âge , il 
fc iî: Jcfuirc , «^c alla en Allemagne , ou 
il continua d'écrire , & fui-tout il exerça 
fa plume contre Antoine Sadccl. Etant 
retourné à Rome,ily mourutjâgé prelquc 
de quatre vintgs ans. Or comme il a don- 
né au public plufîeiirs Livres, qui font les 
iTionumens de fon mérite & de Ton Ica- 
voir, j'ai juî^é qu'il étoit inutile que je 
m'étendiffe uir les louanges qui lui font 
diics. 

Le Cardinal du Perron dit que Turriin ou Tor- P<»t«»«4, 
rcs croit un boii h.omme , & propre à fcuillcrcr "*• 
les Manufcrits, mais qu'il croit mcrvcillcufcmcnc 
ignorant en ce qui e(t des temps , de mcmc que 
Gcncbrard , & qu'il avoir le plus mauvais iur^c- ,,./i . 
ment que pas un de ceux qui ont ccrir de ion ficcie. ^^^ 0'*« 
Nous apprenons du Peic Paul , que Turricn étJnc tdt de 
au Conci'c de Trcnrc s'emporta cxtrcmcmenr Tremt 
contre ceux qui dcmandoicnt la communion fous '**'«^- 
\c^ deux cfpeccs, difani que le Dcmon , qui fc 
transformoit en Ange de lumière, pouiloit !c peu- 
ple à demander une coupe empoifonnéc fous pré- 
texte de demander le fjiig de lefus Chri(t. Tur- 
rien a été cenfurc par plulicurs fçavans pcrfonnn- 
gcs & fur- tout par le ccleb^c David Blonde 1., o^u.. 






9^ Les Eloges 

Va extrêmement malcraite far le faux Ifiàofe 

& fur les précenducs Decrccales des premiets 

Papes. 

^ Ses Oeuvres imprimées font , DogmjuicHs di 

^le^ione diviriA , o* de fu[ttficattone. De rejiden^ 

/M Vajîorum, Defummi Fontificis fuprn ConctUum 

au:hcrh;ite. De A^'n Niun.i , feufexu Synodi , a» 

defiptima ae multiplia ûcîava synodo. De dogm;i:i» 

€ti Caracierihui Ver ht Dei, Dg commendutione fer» 

fett4& admimjlrationïi EccleftzrMm uacantium , ^ 

refidentî^ p,ifiorMm extra ovtlu fu^i. Di Votis Mo* 

nxjiicis. De mvicUhtli Religione votorum MonA^ 

flicorum. DeCœlthatft. De Mnîrimcniis cUndeJlinis. 

Apohgeticui pro Hbro de rejidentia f.^prum. Dé v 

foU leciione Lcgis 0» prophetarum JneUis permit ten* • 

d*. De Hterarchicis Ordm.ttionibui Mmiftrorum 

"Eccîefu c^tholicA , adverfus Sch'tfmxticcii vocatic^ 

tics Miniflr$'-um, Adverfus Magdeburgenfes Ctn^ 

iurintores , pro canoffibus Apojlolorum , & pro 

^pijîolis Deeretalibus, Adverfus capit.t difputatie^ 

ni s Lipfici. A^drex, Treih'^d, de Ecclifii , ^ de Ord'^ 

tidîiontbus Minifirorum EcclefiA. Adverfus capita 

'DiJpHtdtionis pcflerioris Andrew Treihud , de fin- 

àijfim* EHchArijlia, Apologeticus contra "BogHi- 

riHm, Varia Defenfiones locorum S . Scriptur^, De 

Ecclffia Cathalica (y. ejus p^Jt re Epifcopo Romarjo, 

adverfus Antonium Sadeelem, EpijloU ad Gon:.a' 

lum Herr&um "Epifcopum L^od-ctnfem, De Ritib^s 

Eccleft;tjîicis. EpijlûU de Dejinitione propria peccati 

origindis Dionyfio A'eopagita , & de conceptione 

Virginisfine peccato , ^* Sfiptura y & tefiimoniis 

F^itruf», Epiflola ad cjuend^m in Germania Théo- 

logum , contra V^ijuitifta^ ^rianijîas. Refpanftê 

^pologeticn ad eapiti argumenterumV .Vergerîi ex 

Ithelloejis infcripîo de liolo L^nretane, Epiflola ad 

Stmijl*um Hofinm Cardinalem , (^ua focittatem 
ilietiir. 

Ses Traduclions Latines font , Diadochi Epifio» 



des Hommes Sçavans, ^ 5 

plVhottccs caplta centnmde Perfecilone fftrîtufili. S, 
Nili CAptfa r ço, de Oratione ad Deunj' Jpojlolict, 
Jnfiitut'tones démentis Romani , ad'fHndis Camni» 
bwi Apefloloram y cftm Scholiis & Obfervaiionibiu. 
CdnonesConciliî iHirjLni 80. ex ArAlii» in Latinujff 
converfi çum Annotationihtcs ad^efia funt Nicolaï I, 
refponfa ad confulta Bulgaror^m- Joannii Sapten- 
tts ^cQgncmento CyparlJJioti y Expofitio matertarî-^ 
eorum , ^«a de T)eo à Theologîs dicuntur > è Grdco 
interpretata cum fuis Schol'iis. Photiis Archiepifcopi 
Conflantînopclîtani liher , de Voluntatibtti in Chrljlo 
qu& dicuntur GnomicA. Theodori Abu cari, ^pifcop 
CarÎA Opufcula contra HAreticos , Judâos , C Sar- ^^||;J' 
racenoi. JBafilii SeleucU Epifcopi Demonftraîio ad ftcr Ub. 
verfii-s JudAos de Chrifli adventu. S. Maxîmi Mar xc 10. 
tyris Difpufatio adverff^ Pyrrhum Archieplfcopum ?" '^'^ 
Cenflantînopolitanum Alonotheliram. S. M^xim!^*. ^"'" 
Confejforli centra Monothelîtfis (^ Acephalos Opuf p^'i^^e^ 

Rivet S: Blondcl nfllirent que Tmricn cft T Au- S^riptis 
teuu de dix huit Sermons au il a cite?, tous le nom ^'^''V■'"^ 
d'Eufebc d" Aicxandiie. -^''^ ' ^ ' • 

HULDRIC FUGGER,cl'Aiie«î-^''f''- 
oiirg 5 idii d'une famille illudic, fjt Ca-^,,,,,. 
mcrier de Paul III. Er depuis ayant em- 
bralîii la dodrine des Pioteftans, il fit {?c^ 
grandes dépeiifespour rainalîcr les Ouvra- 
ges des Ancics, & pour les faire imprimer; 
Icfervar pour cet effet de l'induftiied'Hen- 
lî Scrimger & d'Heî7ri Etienne fçavanc 
Imprimeur. Or fes parens l'ayant accufc de 
négliger fa aff.iircs domeftiques,!! fut pri- 
ré de radminiftrationdcfon bien , qui c- 
:oit très confidcrable,Cc qui lui cauùuiac 



'94 Les Eloges 

n-;élancIiolie&: une triftcire qui Ui y dura 
prefque toute Ta vieil mourut âgé de cin- 
-quante huit ans , dans la maifon de l'Ele- 
■clear Palatin^où il s'ctoit retiré, & il lui lé- 
gua fa Bibliothèque la fidèle compagne de 
:ion exil. 

A D D /r/ON. 

Voicy l'Epitaphe cI'HuldricFuggi R,(^m 
.cpiicieoii un Abi-egé de fa vie . & ion Eloge, 

JExHlum Sn/ceptôri. 

S. 

HVLDRJCO FVGGERO. 

KAimundî F. Georg., ^7. Jacohl prm. Kirohhef 
géi ^ VJ^eiJjemborni T>omîno- 

§luî in Pauli Iîl,P.R. cnhiculo verltMis lumen 
fBX familia ■prlmm ^ foins agnovit , vïtamque pri' 
fvdtam afnplîjfimh eUgmatibuc Anteferre dldlrh. 
Dttm Veterum fcrlptïs libérait fHmptu comparandis^ 
■evhlgandîs tnte^tm , ^ pAtrimm'iî ttdrnwîftrattone 
profufionis prAtextu deUcïtur. Apud TriderlcHtr)' IH. 
■£leBorem Palat. fortunam conJiantUÔ* At^uanîtrA' 
tatefuperavlt. SuisînUreareJiitutus^ frAUm'is qui- 
netiam bonU HHciior -, -eundem in re lauta , c^ttsm in 
fiffiîclA , vultum animumqut retinuU. Jnnua pan - 
perlbu4 quingenta lega-vif. Sex Utter Studtojîs fiipen' 
.dia conflitptit. Biblîothecdm pii exilii comitem uni- 
cam. Talaoinatuî moriens donxvlt cb. b. XXCIV, 
Û^/;V 18 . Kftl Juin y AtAtis 5 8 . Hiredes & legata- 
rli j gratA memorÎA ergo , cçnfa?7guinfo ^ hofpin B» 
M.hoccetnon.P. 

u^nnés 7^^^ SAMBUC V*de Dyrncen Hon- 
Simbt*, grie, mourut tranquillement à Vienne en 
^•^» Aûtrihce, dans fa cinquante- troifiémc an- 



tics ilonrr.es Sçav^jKs or 

ncc. Il ccuic Meiecin d. pioFciïïon , 6: il 
fat plus cclcbic i-ir le foin cju'il prir de 
publier les Oeuvres d'autrui, que par Jcs 
iicune". propres. Car il ramaîla les Ecrits 

des anciens Auteurs nvcc tant de diligence, 
& il employa des foi-nmes fi iuimcnfcs à les 
faire imprimer , que fa libcralicc peut être 
rgalee à celle des Princes qui ontl^icn me- 
citc du public pour avoir fait des dtfpenfcs 
de cette nature. ]c prens à témoin de cet- 
te vcricj les Ouvrages de Nonnus , qui a 
écrit les Dioiiydaqucs , celles d'Aiiflcne- 
tus , d'Eunapius , d'Hefychius,& de pla- 
ceurs autres qui ne voycnt le jour que par 
fon irir-"--^ 



»ovcn. 



I F A N S A M B u c cfolî Confcillcr Si Hiftorio- 
^raphc des I-mpcrcurs Maximilim I I & Rodol ^'''^^^'V 
phc 1 1. 3c il mourut d'une apoplexie- <<^»«/, 

Ses Oeuvres imprimccs (oxn , Expofmo Met bo- 
it confcnoendArum Ej^l/loUrum inrerfi Aut^ris. Item 
ETi»,>,.», ^,^», jjy^^il Cratio. ^HodOrMtores 
tnte PoetAs c.^mfcrndi fupr. Csrmina nnid^m. 
•oen,^tti„> afe edendorum Sfeclmcn. De lmitMti,nt 
^»cer(tum.%, DUlogl III. Orsthnei VLi.hi Sat*- 
rm Chrljil, cumAlijiiCt Hymnis. x. De ImitAtiont. 
1. Jn UuJcm iMrii CiviUs. ^.Z'frnm Pceti Oratcri- 
Nsin SchoUi ptAponendî. s . Tunchti in obitum Jac,- 
s a ^tubefd^rrg. 6. In obitum Gcor^li BcriA Cibimm- 
.i Dûm,m m Lanéfech. OrMticnîs Dominicéfwtlex 
'fcpêjino. Chcro^raphÎA nc-jM Vn^arU. Oratio 
nneum in obitum Fcrduiond: Imperat. OrAti^.fivê 
Milinm dt belU Thtcu infcundQ. In Qcmmim. 



9 fj Des Eloges 

CA^iiris tecliones (^ S'tchtgia.K^onfdutori^ Mii Joach. 
C^mrarium de obitu uxoris. De rébus gfft's a F ^m, 
"Ximenio. T-^iulade 70. difcifmlis Cijnjîi, ^ cu'y.p' 
que loco, digiiit;ite. morte , nom^ne , L^tmefacin ex 
B. 7)oro:hei vetujhjjtmo Ubro.'Ept/Htorum Gr&corum 
liber. In Luctsni Dialo^os. J'strajlichii ^y hoiogica, 
Cai'miTi.iEthUa decem quint ènnon:4f7:-. jitpsndtx rg'- 
fum Vngsrtçorumà luge M^fthii* u fane ad Impera» 
tprem F-rdinatjdnîp , Tetro Ra}7yj:no adficla, KarrS' 
tto cbjid:onis Agns, & Zigeth m l-'rig.iria fzcÎA fer 
TnrcA7n, C^^i^yi'^ft^io Ad B^f^finium retum l'annoni" 
earur?i ad Ma>:imtUan:i??7 IJ. uf^ue . Icoties aliquot 
'veterum (^ recentiorum Medicarum ac ThilofcphO' 
rum cum 'Eiogits îètraflichis. T^r>iphraJiS ^ C^m* 
mtntArii tn prient po'fticam HorA'.ii.lmplema.ta 1 50 
Thtfcvdidh C Xtnothont'n Oraticnes , att^ficio ex- 
fticiXtâ. SenuntîA & ReguU vir& ex G'egorto 2S^^- 
zianzeno collectif & s]ufdemjiimhi xLiquot nunc 
frimum tn lucttn editi, ^rcus (ilh^HOt triumphdles 
(^ Monimenta 'vicîoriA rh^cA, in honorem jani 
jiujirÏA, EtifîoU ^ C^^win» de confcUt'tonibris in 
jidzerjis .Epigra?i)?njita. rA-inci/iiiories in Ludanum, 
Z)e ExpugnatiOKe y^ràs Tc^ay. NotAtio Mffïcilium 
-VOCuminprifiisV^.gAriji Rcgrm decretis. ^.irath^'H» 
fl^ ty S^haliain S^mniurû Scifior.is. £picilegi,i c^ua." 
dam in Ijbroj octo de Bello G<*ilieo^^ Itbrum de 'Bello 
jilexAndri\o. ^^cii TtmefTjar't ExtuguAtig, Qp.pug* 
natio urhii Metcr.Jis. De T^ebus Turacis N^rruticnes 
Aliquot. PrAcefta jm^erAsorta. petitiopacis , t^ Prom 
llema bellicum. D* HifloriaNotA in petronium. Il 
y a aufïï ic lui plufieuis Tradudions Latines, fça- 
voir, VUtonis VliAdrus^Alchibiades , ^ Axicch^s, 
Hefioài Otera ^ Vies cum Bitrachomyomachia.HyP' 
piolyti TheLani Ltbellus de Onu Mari a, S-H Oratinn- 
€hU centra Barbares, TheophyUcius in Aci^ Apoflo^ 
Içrum. Conci.ofjes Aliquot e^ Cy^opddia Xenophontis, 
êum Orationibus CrittA ^ Theramtnis aà u'um 
schôlarhw, 11 a aufli corrige ujq grand nombrç' 



âes Hommes Sçavans. -^y 

tiens Auteurs, & en a donne pluGcurs au public 
qui n'avoicnt jamais vu le jour. 

JEAN GULIELMIUS , de Lubcc , r,.,,,., 
jeune homme très- poli «Se trcs-içavant,'^"'''"'- 
cranc aile à Bourges pour ouïr Cujas , à ''* ' 
peine Fut-il arrivé en cetrc ville-là, qu'il y 
endura une chaleur fi exccfTivc, qu'elle lui 
caufa une maladie , qui l'emporta avant 
•qu'il eut atteint Tàgc de trente ans. Sa 
mort fut d'autant plus déplorable , qu'il 
ctoitcn ctat de donner au public pluficirs 
Livres , 6c fur-tout une nouvelle édition 
des Oeuvres de Ciceron, qu'il avoir corri- 
gées fur divers exemplaires manufcrits, 
ayant mêmes (upplcc plus de fix cens clau- 
fes aux endroits ou elles manquoienr. 
Comme Gulielmius étant à Paris me vili- 
toit fouvent avec beaucoup de familiarité, 
il me montra ce beau travail , qui cfl ou 

tecduj ou fupriméj au grand préjudice de 
a Republique des Lettres. 

A J> T> 1 T l o N. 

lofeph Scaligcr dit , que Janus Gultelmiu^; Sf^.V^e* 
^toic une )cune homme tics-do(f\c , cjui mourut ''•^''■*' 
d'une fièvre ardente, pour avoir bû dans les jours 
caniculaires un pot de vin pui. Lipfe allure, i<>(I 
qu'il n'y avoir point d'homme de fou iicclc , qui '••"^.''* 
eût rcfprir plus droit que Guliclmius,qu*ii a don- '^^'^-^ 
tîc au public d'exccllcns Ecrits , que l'oa ne peut ^'^ , 
rien voir de plus parfait que le Livre qu'il a fair.in- *>, î. \\ 
fitule, §HjiJiiones lUtitinn. ^ & que l'on y rcœar- Ô 

Tome IL E 



^8 Les EU rf es 

remarque une profonde crudiiion & an juc^emenc 
cxcjuis. 

Ses autres Oeuvres imprimées font , De Magî- 
firatibusPop.Rom dum inlîbertate urls fuît, iikri 
'verifimillum. Jjferîio adverfu^ CSigcmum, non ejfe 
aut M. Tuiliî.a'Atfatis dignam M. Tultio earmjuA 
illiusnomine vendifatnr. Confolat'iomm. Mânes FaL- 
meriani PoëmataM a aulli crâduic enLatin quelques 
Tragédies d'funpide qui n'ont pas é^é publiées. 
Hicrome Groflot de Lillcjaprés avoir loué la can- 
deur de Gulielmas , fa probité , ù fobrieré , foa 
urbanité , fa pieté , fon érudition , dit qu'il avoir 
corrigé ou expliqué plus de tiois mille endroits 
dans les Oeuvres de Ciceron. 

^'b^ ABRAHAM BUCHOLTZER , na- 

ckoU-^. tifdeSchoonovenenHollande,acqaicune 
w. grande gloire par fa Chronologie, & mou- 
rut à Freiftard en Srléfîe , ayan: à peing 
achevé fa cinquante-quatrième année. 

ADDITION, 

Helch. Abrah.^m BuCHoLTZERécoitforti d'une ancicn- 

Adam, ne& illuftre famille de Schonau prés de Dahma 

f^r.T/;<c. à fix milles de Vittemberg, & non pas de Schoon- 

î^r-^i. ovci'^^n Hollande , comme l'a cru M. de Thou 

j^'^ • Apres qu il eut fait fes études avec beaucoup d'at- 

%<er.[tit tachement & de fuccés fousPh. Melanchthon , il 

rifrW//. cnfeignalaieuneiîe d Grunbcrge dans la Silefie. 

^K. Enfuite il fur Minidre à Spiottavie, puis à la Cour 

de Crofnc, & enfin à Freiftadt, où il mourut 

ainfi qu'il l'avoit prédit la centième année révolue 

depuis la mon de Luther. 

Il fe fi" remarquée par fon éloquence , par fa 
mof^cftie , par fa candeur^ par fonaftabilicé , par 
fa charité, & par l'intégrité de fa vie. llétoit fî 
defintereiîé, que bica loin de demander des re- 



des Homrr^cs Sçi^varî.f, ^^ 

«compenfcs aux Princes qu'il fcrvoic, ïli-:faÇa leurs 

Tprcfcns avec une gcnciolîcc admiiablc : en ouoi il 

imira l'exemple de fon illiiftie Prcccprcur. Car 

Melanchthon écanc intcri-ogc parMauricc Elccfl.-ur 

de Saxe , s'il lui manqaoi: quelque ciiofe pour fa 

fubfillencc , répondit à ce Prince , qu'il ccoic 

conicnc de fcs appointemcns > & qu'il ne fouhat- 

toit plus rien, tt étant de nouveau pie/îc par J'E- 

Jeâ:cur de lui faire connoîrre de quoi il (pouvoir 

avoir bcfom,il lui dit que puisqu'il étoic contraint 

•<lelui demander quelque clioCe, il lui demandoit 

fon congé. 

Ses Oeuvres imprimées font , Cfjromlogica. 
Jfagoge. Index Chronologîcu^. Catahgu^ Ccnfw 
fum Romanorum. EpiftcU CbronclcgicA , ad f>a^ 
'vidcm Parâum , ^ Elîam lieuf/:crum. Admonltîe 
ad Qhromlogu flud'iofos de enodatione duartim qus.^ 
fiionum Ciro77ologicariim , annum Nativifans ^ 
tempm Mtn'ificrn Chrifii concernentinm. Cpn feula. 
Son Indice Chronologique a ccc continué premiè- 
rement par GodeiVoi l'un de Tes fils, & puis par ua 
autre de fes fils nommé comme lui Abraham , qui 
fut aidé dans ce travail par Abraham Scultet. En- 
fuite cet Ouvrage a été augmente par d'autres, & 
il en a été fait cinq ou lix éditions depuis<j^uaraa- 



cc ou cinquante ans. 



Année ï jSj, 

M. ANTOINE MURET, de Lîmo- 3/. ^.. 
acs , avoic un efuiic excellcnr, (Se né pour ""'"" 
toute iortc de choies. Mais il rexerçi 
principalement aux belles Lccrics , «Se il 
acquit unceiuiere connoilîance de la Lan- 
gue Grecque & de la Larine,(î\: une exirc- 
xîic facilite d'cciite en Latin avec éloqucn- 

BISLIOTHECA 



l-oo Les Eîofres 

6c avec jugement. ll%at Profeffeur dans 
les Huinanirez à Paris , de puis à Bour- 
cleaux& à Auch.ll s\utachaauiïîà Pctude 
<ielajurifprudence à Poitiers & à Tou- 
loufe.Et de là il s'en alla en Italie en ic <• 4 
au grand regret de toute la France. Il de- 
ixeura fix ans à Venife ôc à Padonë , 3c 
ayant été appelle à Rome par le Cardinal 
Hippolyce iVEd , qui lui offrit une condi- 
tion tres-avantagcufe , il vieillit dans fa 
maifon & dans celle du Cardinal Louis 
fon frère , faifant toujours de nouveaux 
progrés dans les fciences^r dansl'Eloquê- 
ce,à mefure qu'il avançoit en âae.ll mou- 
rut à Rom.c âgé de cinquanre-ncuf ans, 
François BcnciTcligne Difcipled'an fi il-' 
luftre Précepteur, fit fon Oraifon funèbre 
devant une grande fouJe d'Audireurs qui 
s*é:oientaIïèmblez dansPEglife de la S. 
Trinité , où Muret avoir ordonné qu'on 
Pen terrât. 

ADDITION. 

Tr J?.«r H' ^^'^°^^'^' ^"^^^ ^^o't "é d'une famille 

Orat ^;ï^obie d'un vilLige prés de Limoges, appelle Mu- 

Ktbr ài:J^^' I^^nsfn leuiiclleil demeura quelque teirps à 

m. ^g-" . où il eut peur guidede (ts érudes J. Cefar 

5caîigcr. 11 fi: de fi grands profits fous cet excel» 

Vnfpcp ^^^"^ Y'^^^^^ ^i^*^' fi^ 3es leçons puMiques à l'acre de 

de du y.r ^^' -^Pf ou dix- huit ans. Etant allé à Paris, \\ en- 

Aurs.m. feignaau c ollcge de S.M.irîhc avec un fi oracd 

^. applaudiileirent, que le Roi & la ReJne lui firent 

l'honneur de l'aller ouïr. Mais ayant été accufé 

d'un criinc abominable, il fut mis dans \ç,s prifcus 



des Hommes Sçavans, i o i 

étw CÎiâcclct , d'où s'écant ciré par le crédit de fcs 
amis, il fut obligé de quitter le Royaume. 

D'autres ont écrie , que Muret aimoit un jeune ^nlhail 

farçou de Dijonjqui avoit été fon Ecolier, nommé '''• ^' '* 
rançois McngeFrcmiot. Qu'il Fut accufé de l'ai-^''^'^^^* 
mer d'un amour de-shonnéte. Que par fenccnce 
des Capitouls de Touloufe il fut brûlé en effigie 
en 1554. avec Mcngc Premiot, pour être Hugue- 
not & SodomitCic'étoient les termes de la fentcn- 
ce. Q^i'un Confciller de Touloufe fut chez lui 
pour lui donner avis des pourfuites qu'on faifoic 
contre lui, & que ne l'ayant pas trouvé il lui écri- 
vit ce Vers, Henfuge crKdelcs terras fnge llitus ^- 
'Varum* C'eft pourquoi lofcph Sca'igcr ("c plaig- 
nant que Muret s'ctoic mocquéde lui en lui faifant 
accroire qu'une Epigrammc qu'il avoit compofée, 
étoit l'ouvrage d'un l'octe de l'Antiquité , reprc- 
fcnte le danger qu il avoit co-aru à Touloufe, dans 
ce dillique : 

^î flammas rigldiL vitaver^t ante Tolofr 

Mure tu s -, fuma l'evdïdit ille vjîhi. 
Muret étant fortide France, pi:ic le chemin d'I-^" ^^'^ 
falie , & tomba iTialade dans une hôtellerie. Et/joo,^^ 
comme il étoit mal vêtu , & qu'il avoit mauvaife 
mine , les Médecins qui le traitoient le prenant 
pour tout autre que pour ce qu'il étoit, dirent en- 
tre eux parlant Latin, qu'il falloit qu'ils filTent 
l'eflai fur ce corps vil d'un lemede qu'ils n'avoienc 
pas encore éprouve. Vaclamus experimentum in 
forpore vili. Muret connoi liant le danger où il 
étoit , dés que les Médecins furent forcis de fa 
chambre, fc leva du lit, & ay.int continué fon che- 
min, fc trouva guéri de fon mal par la feule crain- 
te du renii-dequi lui étoi: prt-paré. 

Il fit quelque Teiour à Venife,où il fut foupçon- ^-,V^ 
né delà même abomination qui l'avoit obligé dcE'jh;^^ 
chercher une rctiaice en Italie. Puis il s'en alla 
à: Rome, 5c s'écaiu fait Prccre , il fut pourvu de 

£ ii| 



• T©2,' Iks Elooes 

^eaUge bénéfices confiderablcs.Sca-liger aiïdrc que Murer 
" ■• ctoit un tres-fçavant homme & qu'après Ciccror. 
i\ n'y a perfonne qui aie mieux écrit que lui,qu*ou 
ne fçauroit rien voir de plus éloquent que fes Orai- 
fons, & fur-tout celle qu'il a faite à la loiiauge de 
Tacite. Mai.î il l'accufc d'impiété & d' Athcïfme, 
ôcildif que ii Murec eût auflibien crû en Dieu,., 
qu'il étoic capable d'en perTiiader la créance, il au- 
Sff(fi(fL '^'^ ^'■^ ^" tres-bon Chrécien. Muret ctoit un in- 
'.Uror. figue Pla-^iacefi nous en croyons Lambin : Kefi- 
y,rerum, Hpa^ vr^î , ( lui dit Lambin dans une Lettre qu'il-. 
f ''^•^U'iui écrit ) que je vous ai communiqué plufieurs de- 
mes Remarques fur Horace , ^ que vous en avez- 
paré votre Livre des dlverfes Leçon} , en y falfanf 
quelque petit changement. Vous ne ff auriez, nier cet* 
te vert té , ç^Ji vous la niez, y je la prouverai par 1(9 
depcfttion de plufteurs témoins fans reproche* Mais 
2»î^. Muret foutient que c'cil une impudence extrême 
Mureti de l'accuCcr d'un femblable crime , prétendant au. 
iib.i ep' contraire que Lambin lui eft redevable de pluficur» 
'i^'fi " 'Remarques qu'il a inférées dans Ces Commenrai- 
* res fur Horace, le lui ai donné ( dit Muret écrivant 
àGiphanius) le veritalole [cas de plufieurs pajfages 
de ce Foëte qu'il n'avoit point entendus, Cepe?idant 
après lui avoir fait voir que fon explication ^fon fen - 
î'iment nétoit poi ralfonnable , il a bien osé me l'at' 
tribuér k moi même, çy le cornbattre enfui te par les- ' 
fftêmesraifofis que je lui avois alléguées-Mais ( ajou- 
te t-il } 'fe ng m^ étonne poi que Lambin en ufe de la- 
foriCy car c'efî fa coutume de faire écUirer fon envie 
contre ceux auxquels il a Us plus grandes obligations. 
Th-iT f^é* I-cs peribnnes de bon août iont beaucoup de cas. 
c^ Nevtf. "^ *^^ diverjcs Lefons,d^ns lelquelies il a rait paroi, 
tre beaucoup de fçavoir & du jugement Konig dit 
T)eCl r- ^^^ "'y ^ i-'i-fifle pliJS poli que cet cxcellétOuvra- 
\niir0^ ge. Quant à fes Verfîons elles font tres-fideles 5c 
ires-élcgan:es.M.Huet allure que Murec efl un des 
plus polis &: des plas exacts Interprètes qui ayenç 



ies Hommes Sçavdn^, lo 5 

tendiu cil Lacin les Livres des Auteurs Grecs. Qu'il 
n exprime pas feulement le fens , mais qu'il imite 
fore hc-urcufcment leur tour & leur cauadere. 

Balzac blâme avec laifoii Muret de n'avoir pas r,, 
eu pour P.Vittorius tout le refpcd & toute Thon- titm de 
nêtecé qui lui étoit duc a ciufe de fon mérite &: de Bu/^tc. 
(oa âge avvincé i car il commence un chapitre de 
fes diverfês Lefons en lui donnant un cfpece de dé- 
menti j falfum eji , dit- il , qupd ait Vlcîorîui. 

Mais il ed beaucoup plus condamnable d'avoir ^^V"** 
loiié le Mallacrede la S. Barthelemi, comme il fit, ^^/^'Jl ^ 
dans une Oraifon prononcée dans Rome à \à\^gga/ 
louange de Charles I X. 1^, 

Ses Oeuvres imprimées (ont , Oratlenum volu- 
nttna U. VarU Lecfiones.poëmata Hymnfncri Dif- 
putattonesh quatuor Lîbr't prlmi Dtgcfiitltulos Juve- 
nîlla. 'Etnendationes in Terentinmi eu m ArgnmentvSi 
Cf* <^n7Wtatîonîbus . Jmotat'tcnei m Horatlum, Ca- 
lulliim. Tibullumi Vropertium. Phin-ùiau Cîcsror.isy 
Ô^ m^^atUinam Orntiones. Cotnmentarïl in Corne- 
lium Tacirum, SetA in Salluftlum. Commentarii itt 
Çluâfiiones Tufcnlanas Ciceronis- NctA lu lîhroi de 
Officns de Tinlbus, ^ Orationem fr^ Pe'fotaro.Com' 
mentfirnin Erhicorum Arifiotelîs 10. Uhr. ad '^icê' ' 
tnachum i» Cjeconomica^ à* '» Vopica Not.i in Cyri' 
puiiam Xemphontîs Traci^tus de Jurifdîclicne ^ Im- 
perîo cum aliis Opufculis- Annotationei in Petrtnium. 
Inlib. 1.^ X'I^Utonis de Repuhiîca l^otA. Interpre- 
taîîo Comment arioru m Alexandri Athrodifjii in A* 
rljiofelem Rhetorlca Ariflot Lis in Lhigiiam Latinaz/t 
'verfa. Injîîtut:') tuerilis. Monodtaîn C hrlflcpîoorum 
Tlouanttm, Obfcrvationes Juris. Schlio ad Terentit 
Cofjiœdlas. Comment i\rl a in utr'imqus Senecam. 
No/ai in Salhiftium. î^otéi in Cyropidiafn. Chanfom 
fpirituflles. Ora'ifmtro*ioncéecn Latin devant le Pa- 
pe Grégoire Xi II. touchant la punition dei Chrfs des 
Hérétiques rebelles, mife en Frynccli p.tr ' inret. O- 
ralfonpour Henri 1 1 1. prononJi 6a La:in devant h 

E. iiij 



î04 Ln t^lcgeî 

lape.érmîfe en TrançoU fur le même Muret. Corn- 
me z\iiTi.,me autre Oraifonponr Antoine Roi de S^-' 
'Viirre , ép Jeanne Reine de Savarre. 11 a aulTi fait 
des Commentaires fur les Amours deRonfard. 
I<r.Rèf. Il y en a qui difent que Muret cft l'Auteur du 
Sc'^pr ^^^^^ ezecrahle. Be trUns Impoflorîhus. Quelques- 
/v^te/îi. ""^ i'âtrribuen: à Bernadin Ochin , & d'autres à 
»;*/ Pierre Aretia. 

petru, PIERRE VETTORI, né à Flo- 
*.*?..,«,j-enced\ine famille noble, vécue jufqu^à . 
l'^gQ de quatre vingts & dix ans , & vid j 
pendant fa longue vie les belles Lcttres^ 
renaître & s'e'teindrecn Italic.Il renouvel- 
la la mémoire d*un autre Pierre de la même 
famille mort depuis 70. ans , & il fut au- 
tant utile à la Republique des Lettres par 
fon efprit^Sc parfes ecrits^que celui-là l'a- 
voit été à fa patrie par fon confeil èc par 
fa valeur. Or parce que ce fçavant homme 
€ft alTés connu de tout le monde par le 
grand nombre des excellens Ouvrages 
qu'il a faits pour expliquer les Auteurs 
Grecs àc Latins, & pour éclaircir les Let- 
tres humaines , je n'ajouterai plus rien à: 
ce que je viens de dire. 

-4DDir70N. 

ScaU^e» Pierre V ict or i u s ou Vettori a pafîe 
rAn,\ pour un des plus fçavans hommes de fon fiecle, 
Ho'^'^ital ^ P°'"^^ ^^ reftaurateur des bel'es Lettres en Italie, 
£pt%[, * Turnebe afîure,que perfonne n*a corrige les Ecrits 
lib. 6. ^cs Anciens avec plus de diligence & de bonne foi 
jurnih» ^ue Yi<^onus.M. de Balzac dit, qu'il y a des Ecii* 



des Hommes Sçavaris. toy 

vains plus agréables & mieux ajuftcz que lui, mais l'vtn* 
c^u'il a une certaine fimplicitc Romaine cjui plaie' **• '' 
infiniment, &" que fa négligence mcmc ne laiHc^' \^ . 
pas d'avoir quelque grâce i Que c'étoit un hom-^ ch^pH 
me de fort bonne iiaifîance,& qui a annobli la \>Q- iyr ?. 
dantcrieiju'il employa toute fa vie à rinltruclionU •-. 
de la jcunelfe , & qu'il lifoitcous les jours en pu- 
blic dans rtcolc de ïlorcnce i Qu'il nous a laiilé 
fur Arillote,Ciccron , Demctrius Pholcrcus , ^c. 
quantité de bonnes & de ludicicufcs obfcrvation!;., 
Q^ie Monfîgnor délia Cafa le rccoiinoît pour fon 
Maître \ Q^i'Annibal Caro le confultoit comme 
rOraclc de fon pays ? Qiie deçà les Monis le fu- 
pcrbe Scaligcr l'a traite prcfquc toujours de clu- 
r'ijfiwusfenex , & de doBîjfimus V'chritts i Et qu'en- 
fin il rccevoit des vilitcs des Princes de Mcdicis, 
& que le Roi Henri III. lui écrivit une Lettre, par 
Jaquellc il lui dcmandoit fon amitié. 

Qiioique fcs diverfes Leçons lui aycnt acquis^^^/'^^ 
bcnucoup de gloire, Scaligcr allure que dvins ccit.inx' 
Ouvrage il n'y a que des paroles , &: peu de cor- 
rcdlions , qu'il n'y fait pas paroitrc beaucoup de 
jugement , & qu'il n'étoit en réfutation êiv^ l'I- 
talie, que parce que ccux-de fon pavs ont accoCua- 
mé de faire beaucoup de ca^ de leurs Ecrivains. 

Quant à fes Lettres , M. de Balzac déclare que , ^ , 
quoiqu il ait beaucoup d amitie pour Viaonus , il çi^j d 
ne les crtir e guère. C'eft du vlny dit-il, ^ui-verr- u?^ i\ 
tablt'7r(nt nejipas gkté , nm\i quîneft qu'à huit Leur îi, 
deniers le pot , four ufer dey termes du feu bon hcm- 
we Malherbe. Une fait point de foie cl [me. Il n efi 
foint barbare- il gji même Citoyen Romain. Mais 
il eji de la lie du peuple , (^ n'a rie» qui le fijfe 
valoir , que le lieu de fa na/jfanee. Vous nefcauriezi 
croire , ajoute- 1- il , combien il faut de refilutic» 
four aller quelquefois d'uvr I âge a l'autre. Lire tout 
le Livre nefl pas un moindre travail -, que de paf- 
fer toutes la landes d^ Beurdcaux à. pied ^ foM 

h Yj 



10^ Les Eloffes 

tompfignle. Je ne ni étonne donc point que ce Livre 
foit rare* 'je m étonner oî s bien fins ■> s il s' en étolt fait 
deux éditions, linéiques unes de fes Préfaces ma' 
'voient donné goût pour fes Lettres ^ qui rn ont dégow 
ié de telle forte que \' ai peur d en être malade ,Ji les 
vôtres ne me remettent en appétit ♦ 
Z.«<y. <ï Enfin M. de Balzac dit ailleurs que la Harangue 
AUt*^* funébie que Vidoiius fit à Cofmc de Medicis, 
faifoic tort à la réputation de ce grand Prince, 
pour ne pas dire qu'il ofFenfoit fa mémoire , &. 
qu'il meiitoit qu'on lui dit à la fortie de la chaire. 
O indignam fatum lui Principis ! hîs mortuus eji , 
femelper merbum , iterum per te. 

Ses Oeuvres imprimées font , jimotationes in 
Varronem-» Cator.em, éf Columellam. fxpUcat.fua^ 
rum Cafiigatîcnum m Varron ■ Caîon é* ColumelL 
^ommentaria in libres Arifotelis de Arte dlcendi. 
In libres de Poëtica-, in to. llbros ad Sicomachum^ 
de moribus. ^n libros de Re-ublica, cum Verfione La* 
tina. Com?/jentarii in Demetrii Phalerei itbrum de 
Elocutione. Cajligaî'ones tn Ciceronem ^ Explica- 
ticfiiarum Cajîigationum Libri VAriarum leBionum». 
Oratio ad Julîuml II Rcm& habita. Liber de laudi- 
vus Joannsi Aujiriarji Reginét, Vngay'u ^ BohemÎA, . 
De urbls Koms, regionihtis libellus. EpiJioU ^ Ora" 
tiones' Scholi^ in ^fchylum. Belle lodie délia colti' 
vatione degl'ulivi. Ah 4ationes in CUerenis Epijîo' 
la^. Dans un nouveau Recueil des Lettres de Jean- 
Cafelius imprimé à Francforr en 1^87. il y en a 
quelques unes deVittorius, qui n'avoient pas en- 
core A'u le jour, 
BihUo.. L'Auteur de la Bibliothèque curieuse dit , que ■ 
f r-7 7<« pj-gj-j-g Yidorius cH le plus excellent de tous les 
Qfy„ir. interprètes d'Ariftote, mais qu'il eft un peu obfcur. 
nop.-j'i^ D'autres eftiment- qu'il entre le plus hcureufement 
tc^y. du monde dans le fens de fon Auteur , qu'il en re» 
-vêt rcfpnc , &: qu'il en exprime le caractère d"uac- 
maiiieEe admira btle. 



r 



des Hommes Scavafis, i oj 

On adure cjite Vi(5lorius étoit fi dcfinrci'cl'le, imfrr't*" 
cjii'il rcfufa gcncvcufcmcnt -!: conftammcnc deux ''*• ^M» 
iiiillv:; ccus d'or , (ju'iin homme de tiualicc lui of- ^^J'"'- 
ti'ix d condition qu'il luy dcdiât un vok'mcdc fa 
Rhctonque* 

CHARLES SIGONIQ de Modenc fir ^'^.^^'^ 
fes éciîdcs fous Romulus Amaféc s & Ru '^'""^ 
appelle à Venife pour remplir la place de 
B-iptifteEgnatius Pr^fellLniraiix Hamani- 
tez en cette ville là. D'où il palFaaii CoU 
lege de Padonc , & tant Je vive voix que 
par écrit il y foùrint une longue difpiire 
avec François Roborrel , qui ne l*egaloic 
pas en fç.ivoir , mais qui avoir autant de 
paitifans que lui dans cette Univer/ité. Il 
écrivit auiïi contre Nicolas de Grouchi^ 
qu'il eftimoit beaucoup plus que Robor- 
tel. Depuis il fe retira à Bologne, où fui- 
vant les traces d'Onufrio Panvinio il ex- 
pliqua les Antiquitez Romaines > & il é-^ 
claircit l'Hifloîrc des derniers /lecles par 
plulicurs excellens Ouvrages qu'il donni 
au public , &: qui vivront jufqu'à Téter- 
nitcMais enfin érant allé à Modéne pour 
y acheter une maifon de campagne , où il 
avoir delTein de fe repofer dans fa vieil- 
lenTe, il y trouva une maifon , où il habi- 
îeia ctcrnellemcnt , car il tomba mjladc 
en cette villc-U , & il y mourut iaé de 
foixante-ans. 



I c 8 J^es Eloges' 

ADD IT l O IT. 

Ficgiadi Charles SigonioFiic ProfelTeui' aux Letcues 
LortHXf Grecques à Modene, n'ayant que vingt & deux 
j.f°' ans. Puis il enfeigiia les Humanicez à Padoue, oii^ 
Mifc, ^^ l'iierita par Ton {çavoii* & pat Ton éloquence que 
Efiji, la Republique de Vcnife lui donnât une penfioa 
ttnt, I, tres-con(idcrable. En cfFct , il écoic une des plus 
^' 7* grandes lumières d'Italie .Tontes fcs Oeuvres font 
inEnîfi ^^^^llentes & bien écrites , mais fur tout fes No» 
famîlsL ^^s ^^^ Titc Live, & Tes Livres de Jure ItalU , & 
f'r.iih,i. de Fajîls Romams. Il a fore bien éclairci le Droit. 
'/'. '. Romain, & mieux traité les Antiquitez de Rome, 
calige» q^ç ^.Q^^ j^^ Ecrivains qui l'avoient précède. Ce- 
pendant , quoiqu'il fut fi fç avant , & qu'il écrivit 
fi bien en Latin, il avoit routes les peines du mon- 
de de parler cette Langue. 

Il donna au public un Livre intitulé, de la Ccn» 
folaiien.i dont il voulut faire croire qae Ciceron é- 
toit l'Auteur. Mais Antoine Riccobon, Lipre,& J, 
Gulielmius firent voir que cet Ecrit n'étoit pas di- 
gne du Père de l'Eloquence Roraaine,& que c'étoit 
impérial l'Ouvrage d'un Ecrivain moderne. Ce qui lui don- 
À/« f , naune fi grande douleur qu'elle le )etta dans une 
H'/^cr, maladie, qui mit fin a fa vie & à (es travaux. 
^^nKd^'i On a blâmé Sijronio d'avoir loiié la vaillance 
ak a»n. * d'André Doria dans la bataille qu'il donna contre 
2^$^. Barberouile à Nicopolis j quoiqu'il foit certain 
que cette bataille fe perdit par la faute de ce grand 
Capitaine. 

Ses Oeuvres imprimées font , Scholla in TitlLivIi 
Htjlorîftm Chronciogin inThum LlvÎHm*FfiJllCon' 
fnUres ac Trïurnfhi Commenta,rîi in umverfam Ht' 
^oriam Romunam* De Nominihus RomAticrum Ltben 
T>e antique Jure civium Romancrurr) ItalijL, i^rovin-f 
elarum. a,c Roman a Juri [prudent ru judiclis^ De Re^ 
^hblica HehrAcrura. De jsepubli^a Atherùenfiumy^ 



J.es Hommes Sçavans, IC9- 

9tiYtim (te Laced&mon'torum îewporîhtis. Tnjendario- 
num Liber. De Lege Curiata Aia^^tjîratuum ^ Im- 
peratorum-, Liber- Derjîtd (^ rehusgefiis PSà^tonis- 

^milîam- Emendat'ionum librt duo , in quibus Fr* 
liobortellireprehenfionibHsrefyondet ac vlcjjfimtnul- 
ta in ejus. Scriptts reprehendit* Jîriflotelis Rhetorl- 
corum libritres, Latine con'verjt. De D'.alogo liber. 
Hijioria de Regno Italie. Hijioria de Kcgm Orienta^ 
li. ColleBio Fragmentorum Cicero'fiis -, cum Schoiîis. 
De Confolatione édita ftth mmine Clccronis.Ordtiones 
du&. Accufator> feu de Confolariene Clceroms. lii- 
JtoriA de rébus Bomnie»Jibns lihrï^^.NotA. in Afconium 
T&àianurrt. De Vit a Andrew DorrA.'Difiurationes pa- 
îA'vinA.SententîA adverfuslihros très î<IicolaïGruchii 
de Comitiis Romanis. hi Sulpitii Severi hijhriamfn' 
cra Comment' Orati^nes Vita Sicolaï Albergati.Dè 
Confulibus-^DiBatorihus, ô* Cenforibus Romanis. De 
Judiciis libritres- îJiftoria-, Ve Occident ali hnperio, 
Judieîum de Hijioricis quires Rowanai fcrip/erunt ab 
Hrbe condita ad Caroli Magnitempora. De hpifcopis 
Bomnienfibus. Viti* Laurentii CarKpefli.CArdinalis. 
Fragmenta Ciceronis collera ^ Scholiîsillnflrata. 

11 a aulîi donné au pub licfous le no:ii Ac Bcrnar-^^^^^ ^^. 
din Lauretinus, Scholia in Ciceronis f^rationes ép s r''pt. 
Commemaria in Ciceronis Orationes de re agraria. in.n^m', 
Sou<; celui de Hieronymus R Jgazoaus , Commen- 
tarîa in Epifiolas famiUares Cicermis , que d'autres 
ont attr.bué à P. Manuce, & enfin il v a de lui un 7"'m*«.' 
Livre incitulc , De TituUs Régis Hifpaniéi Authore ^^'^ ' 
Jacobo Manoldo , & un autre de Senatu , qui a paru 
fous le nom de lean Zamofchi, &: qji cil un Ou- 
vrage excreiiicmenc utile aux amateurs de l'Anti- 
■<|uité. Son Livre des écrivains de l'Hiitoirc Ro- 
maine eft un Ecrit où Ton a trouve beaucoup de 
chofes a redire, ce qui fait croire qu'il n'avoir été- 
fait que pour l'ufacc particulier de Sigonius , & 
que c'cft contre fon dclîcin qu'on l'a publié après 

fa mort. 



tn*s 



11^^ Les Eloges 

^h,p^; SEBASTIEN- ECHiN , de Venifc, 
tdn' i{f^j^\-^^^ç. fainille noble^ayant fak fcs écu- 
des avec beaucoup de fucccs > employa fa 
jcunede dans les charges piibliquesi^c e^i- 
fuite renonçant aux dignitez de la Repu- 
blique fe donna tout entier aux Lettres. U 
compofa un Traité de la monnoye desAn- 
ciens. Il expliqua la Morale d'Ari dore. Il 
tradui/ir çn Italien le Timée de Phton,& 
il fit quelques autres Ouvrages de Philo- 
fophie. Apres quoi , à l'âge de quarante 
ans, il s'engagea de nouveau dans les em- 
plois de la Republique , & il exerça avec 
alîiduité les charges qui lui furent commi- 
fes.!! mourut kgé dt cinquante-cinq ans, 
ayant acquis la réputation d'un homme e»~ 
gaiement Tage 3c fçavant, . 

A D D I TIO % 

Sebast ien Echin prit le nom d'Ertzzo, > 
parce qu'Echin fn Giçc £t Rizzo en Italien fîgni- 
fient la me me chofe , fçavoir un hcriflon. C'ef!: 
fous le nojT! d'Ei'zzo qu'il a publié les Ouvrages 
fui vans , Delg&verm civUeTmttato àel tnJlrHmen- 
tvevia, inventrice de glt Antichî. Le Selgiornate. 
Jjifcorfo fopra le Medaglie de glt Antichl. cm la di* 
chlaratkne délie Mo/:é<fe. Efpofz^ic?je fopra le tre 
Cannent del tetrarcha', chlamate le tre Srrelle. Em 
mie Traduction italienne du Timée de l-'laton. 

^r^hér^ REMBERT DODONE'E . de Mali- 
thé^tu». nés 3 fut pîe.raere.Tient Médecin des Em- 



À fi s Hommes Scav.in.^, n v 

pereurs Mnximilîcn W.éc Rodolphe H. De- 
puis il cnfeigna ia Médecine à Lcide avec 
beaucoup de louange. Mais ce qui a le plus 
contribue: à rendre ion nom celcbre dans 
le monde, c'eH: Ion Livre des plantes, qui 
eil: çpmpofé avec plus d'ordre que tous 
ceux qui avoient éié auparavant faits fur 
cette matière. Il mourut âré de foixaniC- 
huit ans. 

A^ D i T l O S. 

Kembirt Dodonl'e fe rendit fi celcbre par r,- Su, 
fon f^aroir & pnr la coanoifT'ancc qu'il aroit de la venitu^ . 
Médecine & des plantes , que fon nom ne mourra ■^^''*» 
jamais. Et l'on peut dire fans le flatter que dans "'^* 
fon ficclc il y eut peu de Médecins qui rcgalaflcnr, 
& qu'il n'y en eut point qui le furpaHcnt. 

Ses Oeuvres imprimeras font , Gofmographice^ 
If^goge de Sphéira, hijloria fîorum , éf corcnarïn' 
rum odoratarumque herbarum. Hîjicria frnmeHto- 
rum , Icgumïnum ■> palufirlur» ^ ajuntiliu77j herba- 
TUtTf. ^urgantîuin aliirHWque eo fa-cieminm , lihri 
quatuor. Hijhria filrfium. Praxis MedicinA. Me* 
dic'maltum obferva.tic7ium cxcmfla tara. Anmtat'iO' 
nesin A)jt. Bonlveoti ejufdem argumenti libelUim. 
EpijloU de Alce.Ep'ifloU de Zytho O* CerevlfiA.rerf 
fdia Medica. ?auium J^glnetam recenjtùt primif» 
fa Epijîola nuncHpaîoria, Hijlcria vitis ^ vinijue , 
■Oefrugum hijîori.t , Liber untiS' 'EpiJloU de Farrc y 
Chcr.dro , Trago , Vu fana , (JS" i'rin.r.o > (3* AlltA» 
Thyfiolcglces-, Médecine, partis j TabahexpeditA- 

]EAN MOLAN ,Prorcflcrrcn Théo- Mn«« 
oo;!C a Louvain, ou il ctoit ne, croir ici- 
vant en l' Hiiloirc Eccleriaftique, h'.^ucllc 



tTt Les Eloges 

î\ a éclaîrcie par divers Ecrits. Qiîoiqull 
fût vieux lorfqu'il paya le tribut que tous 
ks homes doivent à la Nature jon peut di- 
re que fa mort futprématurée, parce que les 
excelîv'îns Ouvrages qu'il avoir compofez 
n'avoicnt pas encore vu le jour. Il fut en- 
terré à Louvain dans rEc^lifc de S. Pierre^ 

ADDITION. 

l/ihtrt ^EAN MoLAN iiâquit à Lille en Ilandrcs, 

^l^ ' Vannée 1 53 5. Mais parce qu'il fit Ton feioLir à Loa- 

Elog, vain , d'où Ton père étoit natif, il regarda cette 

M^aUr, ville comme fa patrie, &c il fe fit connoître au pii- 

'p'I/'^*- ^^^^ ^*^"^ ^"^ "°"^ ^^ MoUnm Lovamenfis il fouii- 
"Btlf * i^ ^v^c^^iic de foinSc ded: i gcnce pluiicars vieil- 
les Bibliothèques des Couvens & des Abbayes» 
qu'il fit beaucoup de découvertes dans l'Antiqui- 
Mar-yr^ té, comm^ le rémoiç;nc le Cardina' Baronius , le- 
Rot». £•/!/;. quel alfurc que tous les Sçavans lui font extréme- 
f^fT^f. menr redevables j & qu'il a très-bien mérité de 
lEglife Catholique. 

Ses Oeuvres imprimées (ont^Vfuardi Martyro" 
Icgium > AnnetatlcnîiM^: au^um.Traciatu^ de Mar* 
tyro^ogiis indîctdus (^ Chri^n'con SanBorum Belglîy 
cumCAlendarîo ' elglco. CAlend^ritstn Ecclejiajil- 
cum. Natales '^anBorum Belgîi j cum Chrontra' 
San^srufT} recafitulnticne. Viaritim de IvlcU'icis San- 
Bis. Mhltîa Sacra Du cum ne Prhcipum F r ah an* 
tU. D^ 'lanonîcîs Itbrt très» De jide H&retlctsfer'' 
tuanJa- Defiderebellibusfervanda. Vefide f^jurS' 
mento ']t^^ ^ Tyranno exîguntur» De •^IBuris ^' 
Imaghiihus [ncrii. De Tejlan.em'is « ^ (^uacurque 
pU'Vcluriîaîis difi^ofitlorie. Oraticnes. de jigriîs Veî, 
T eDecifTih dar/dis^Cr de Dcclmls ■ fcîfiend'is. Théo-- 
kgU r-racîïcA Compend'iurn'LQ. ' crits fuivans n'ont 
|as ét-e publiez , Martjrdcg'ium Rcm^7:ufn awiih 



des Hommes Sç^vans, i ï ^ 

NcfUillufiratum. Annules ûrbîs Lovanleafis y Ohfi. 
dio Lovanienfis anni 1571. traclata qtujlione qnod- 
libeticfii , VîrHtn Vniverfitas Lovanienfis in Bel^îcU 
hufus anni tncurjionîbus nihUgiortA ér aucîoritatis 
fuA perdiderit ? Item , Vîrum habenda fit annua 
^ommem$ratio novljftwa ohfidionis ? IJ y auiii de lui, 
BibLiotheca Théologien y dont une partie a vu le 
JOUI , & l'autre n'a pas été i.mprimcc. 

11 y a eu un autre Jean Mol an, qui étoit Rc- ^.j^,. 
âeur de l'Ecole de Brcmcn & qui mourut en 1583. ^>d/ 
après avoir donné au public quelques Poëfies hw-Bibi." 
primées à Anvers avec celles d'Arnaud Bcrche- ^'^^• 
inius , & quelques autres Ouvrages. 

JEAN CRATO , natif de BreHau en '"''"«'^ 
Silefîe y prit la première teinture des Lct* ^'^""^ 
très en Allemagne fous Philippe Melanch- 
thon; puis ayant étudié fous Jean Baptifte 
JMontan très- excellent Médecin, il devint 
lui-même un grand Philofophe, ôc un cé- 
lèbre Médecin y & pour reconnoître les 
obligations qu'il avoit à fon Précepteur, 
il fit imprimer Tes Confeils Se fes autres 
Oeuvrcs,qu'il corrigea & qu'il au^menta^ ' 

u relte,comme il avoit un fçavoir exquis 
& une externe douceur jointe à une mer- 
veilleufe prudence,il eût l'avantage d'crre 
*ain?e' par trois Empereurs , fçavoir par le 
p.erc, par le fils, & par le perir-fils , & 
d'exercer auprès d'eux la cliàr.^e de leur 
Conlciller <Sc de leur premicr^Mcdccin ^ 
j^ulqu'à la fin de Tes jours.ll mourut en fciii 
pays âgé de foixautc-fcpt ans,. 



r ï4 Les Eloges 

A D D 1 T I HT. 

Tean Crato ayan- en^brafîé dés fa ieuncf- 

pjslch, -Te l'étude de la Théologie , s'en alla à VVictem- 

^dam. berg , où i! fi: de grands progrès en cette fcicnce 

de vit* fous Lu her & fous ^'elanchî:hon. Il ne fut pas 

M^dit, fculemenc Audiceur de ces illr.ftrcs perfonnages , 

mais il eue le bonheur d'acquérir leur b enveillan- 

ce, & me i "ne de demeurer i'efpace de fix aunéeç 

entières dans la maifon de Luther , jouïiranc avec 

beaucoup de familiarité de fon agréable & içavan- 

tc converfarion. 

Crau3 avoir acoûtumé de dire que c'étoic le plus 
grand bonheur qui lui fût arrivé pendant: fa vie, 
& qu'il n'avoir jamais palîé de temps avec plus de 
douceur & de fatisfaclion , que celui qu'il avoir 
palTé à Vittemberg^ Il avoir appris de ce grand- 
homme tanr de belles chofes , fes entretiens 
écoient remplis de tant d'érudition & de pieté, 
qu'il fe faifoic unplaifir incroyable de les repalTer 
dans fon efprit , & de les raconter à fes amis. Il 
coucha mêmes par écrit un^ partie de fes conver- 
fations familières , & les donna au pubiic fous ce- 
tir re, Sermones Convlvales Lutheri. 

Après que Crato eut d^^meuré quelque terrps à 
VVittemberg, il connut qu'il n'étoit pas propre à 
l'étude de la Théologie,. C'eft pourquoi par le 
confeil de fes Précepteurs il s'adonna à la Médeci- 
ne. Et comme I. Bàpcifle Montaniis , Médecin? 
& î?rofe(îcur à Vérone , paiîoic pour un des plus 
fçavans hommes de fa pioFjfTion , Crato voulut 
être fon Auditeur , & il profita li bien dans fon 
Ecole, qu'étant retourné en AUem.^gne il mérita- 
d'>ftre ho>ioréde la charge de Médecin des Empe- 
reurs Fer.ii. and, Maximilien, & Rodolphe 

C'ctoit un homme bien fait, de bonne mine,. 
&: qui teflembloit parfaitancnc à rEmpei:ear Ma^ 



ê.es Hommes Sçaf^vj.^, i r j* 

ïimiVicn 1 1. Ce qui donna lieu à [^ollhius de faire 
CCS d ux Vers : 

Si quibus ejl fimills factes-,Ji77nlîs quojue mens eji, 
C&farls haud dijferd CP t^*^ > docie CrAto. 

Ilccoic cg.ilcmcnc dod^c &c picax. il témoigna 
beaucoup d'attachement Sz de zèle pour la Rtligiô 
dcsProtcflnns,& routc<; les occupations de fa char- 
ge ne rcmpcchoicnt point de lire avec alTiduitc les 
livres des plus fameux Théologiens. Il s acquic 
l'amitié des plus fi^'avans hommes de Ton fiecle , 
& particulicrcnicnt de loachim Camcrar:us , de 
Gonratd Gefner , de Jean Sambic , de Paul Se 
d'Aide Manncc , de Pierre Viâorius, de Hicromc 
Mcicurial, dz Charles Sigonio, d Henri Etienne, 
& Abraham Oicelius.Mais comme les plus grands 
bommes ne font pas fans défauts, il fut accufé 
d'avoir c]uc!qucfois l'humeur fàchcufc &: chagrine 
& d'être un peu trop attache a fonintcrcc. 

Ses Oeuvres imprimées font, Ifa^oge MedeeînA* 
^eriocha Methodlca, in Gèlent libres de Elément 14^ 
Natura humant > AtrA Bile , Tem^eratnentis ç^ 
'Facultatibui Haturalibfu, PMrv» ars Mcdicifialis. 
Methodw Thcrapeutica, ex Galeni &* Motaui [en- 
tentii€. idcA. etidm Hip^ocratica , unà cum Methodo- 
de hurnore meL-inc'rjolieo» Confiiiorum O* EplJhUrttm 
Medîcinalium libri VIL De M:rbo GaHico. EpijtoUt 
ad G. Peucorum de T^ejle. Epl.tcU '■( ad P. Andrcam 
MiXtlhiolitm. VnTrairé eti Allemand de Ia Fièvre 
fejlilente. /^ertio fro Libelle fuo Germanico de F cire 
pejfi'ente. Élegia de A7igeUs. VI . Pfalrntf4 Davidis 
carminé reddittis. Or.iti» fnnebris de MéZX:n,ilia;io 
U. Epijîela, qua ratio recle Galenum legmdi ojlendi' 
îrtr- Viiri^ Carmin* Il y a aulli de lui III. bpicrcs 
Litincs duis 1:- fccond V^olunu des Obfcrvations 
de Médecine imprimées en Aiicaiagnc fous 1-e ti- 
tre de , M'tfcelLinfa Curiofa. peirm» 

. PIERRE RONSARD, ne d'une f>v r.j*#- 
rnillc noble àVcnJoinc^fuc Page de Char-'^'^ 



ï 1 é Les Eloges 

le Dac cî'Orleans. Ayant demeure qiiet- 
^qoc temps en EcofTe, il revint en France ; 
& quoiqu'il fut aiî'és avancé en âge, il ne 
laiira pas de s'attacher à l'étucîe , & il y 
fit de n grands progrés fous Jean Dorât, 
qu'en peu de temps il repara le temps qu'il 
avoit perdu ; & il lût avec tant d'applica- 
tion les Ouvrages des anciens Auteurs, Se 
les imita fi heureufement dans Tes Vers, 
qu'il femble qu'il a égalé les plus fameux' 
^Poctes de rAntiqnicé5&: qu^il en a furpaf- 
fé pl'ifieurs d'entre eux. Car comme il a-*' 
voie une imagination vive & un jugement 
merveilleux , (ce q li fe trouve rarement 
dans une même perlonne) ces deux quali- 
tez 5 jointes au talent qu'il avoit pour la 
Pocfic 5c ?u foin qu'il prit de mcler avec 
adrefTe l'art avec la nature , &c l'efprit des 
Mufôs Grecques & Latines avec celui des 
Françoifes, le rendirent le plus accompli 
de tous les Poètes qui ont fleuri depuis le 
fîecle d'Augufte , quia été le plus fertile 
en hommes fçavans & en beaux efprits,. i 
jufqu'à celui où nous vivons. 

Qiioiqu'il fût au(Iî robufte qu'il étoît ; 
bien fait de fa pcrfonne, fes débauches dt. : 
fes excès affoiblirent extrêmement fa fan-- ■ 
té , Se quand il fut fur le déclin de fa vie> 
lui attirèrent les douleurs de la goutte; 
I^Iais quelq^ue (enCbles q^ue fulFent les in^ ' 



(^^es Howmes Sçaz-am, i , - 

commoditcz qu'elle lui FaiToic endurer ^ 
quoique l'âge eut glacé ion fang^il ne làif. 
loit pas au plus fort de fcs maux de faire 
des Vers ,qui fc fcntoient de la veine qui 
lui avoir acquis tant de r^puracioji. 

Il ccoit né la mt-me année que nôtre ar- 
mec fut défaire à Pavic, ainfî qu'il Ta lui- 
UKme écrit dans une Elégie adrefFée à Ré- 
mi Belleau, comme fi Dieu eût vonlu re- 
compen fer la perte que la France ^: en cet- 
te mal.heure.fe journée , par U naillhucc 
de ce grand homme. 

Enfin fon corps érnnt exténué par les 
rnaux qu'il avoir fouifcrts, il mourut au 
Monaflerede S.Cofmeprés deTours,donr 
n eroit Prieur , & en rendant le dernier 
loupir û fit de beaux Vers, qui furent im- 
primez avec Tes autres Oeuvres. Jiqnes 
Davi du Perron , jeune homme d'un rare 
Icavoir&d'un efprit extiaordinaire , Se 
qm depuis s'eft élevé à un plus haut de^i é 
de réputation c\' de dfgniré,prononça lin 
Oraifon funèbre, .^ Je.-n GiUand Precc- 
prciirde la jcunelFe à Paris lui fit ériger 
une ftatuc de marbre dans h Chaneile de 
fon £ro!e , à: celebr.i 1-a meir:oire par un 
ierviceannîverCiir^ &: par des exercices 
delpnt,(u les jeunes gens publioient à 
1 envi les louanges. 



■ai an a. 



î iS ■ Les Ehges 

. A D D I T I O lil. 
Le Cardinal du Perron diToic que nous n* avions 
noimeudcl^oëte vrayemenc Poëce que UonCard, 
k que jamais Poëcc n'avoic eu un génie auiïi beau 
que lui' s C^e les autres étoient venus en une Lan- 
gue faite, &qae Ronfard étoit venu lorquc la 
Lancrae écoit à faire,puifque c'éroit lui qui l'avoir 
iTiife hors d'enfance. // ejl admirable , ajoure ce 
Cardinal. En beaucoup d'endroits ilfefertfi bien dei 
Tables, Il hs agence fi bien , quU 'fomhle quelles^ 
folefit àlnr &y rfi:t tcûiours une queue dùfien, qui 
^tien doit point aurefie. Vrenez. dé luV^uelque loeme 
■ fiue ce foie , H paje toujours fin Leâeur y & quand U 
"jerve le frerd. Hfeguïnde en haut , // 'vom perte 
^ufques dans les nues , // vohs fait voir mille belles 
chef es. §uefis Salfonsfont bien faite s / g«ff la Def- 
rrlptlon d7U Lyre à Bertaut eft admirable '• §ue l^ 
Dlfcours au Mlmjhe ejl excellent. Tcm fes Hymnes 
font beaux. Celui de l'Eternité eji adaàrahhy ceux 
des Saifons merveilleux. Un a pas fi bien réufj aux 
Amours aux Sonnets , aux petits Vers , parce que fin 
efnrlt ne toit porte qu'à reprefinter des guerres ,des 

n'eues de ville .. & àes combats . 
Gallandius,ciontM.deThou parle en cet en- 

*'*^^v droit , e'iiinoit une fois autant que la Duché de 
'^/'. p* Milan une Ode de Ronfard, qui commence, 
7iv.\ , '^^^^'^^ T^^ ^^' champs de la gr3.ce 

■ €)m peint m es Vers de fa couleur. 
Bf8,i*S. SceTole de S.Marthe lui donne des lotianges ex- 
^"':^'' traordinaires, il le traite de prodige de la Nature, 
deVl: de miracle de l' Art,de Prince des Poctes François. 
^uier l. Etienne Pàqaier prétend que Rome n'a jamais 
7. ^-7. produit miplus grand Poète que Ronfard. Lt il 
p^,, eft certain qu'il a cte rcb:et de l'admiration de 
f .„T. k tous les beau:c Efprits du fiecle pa..e. 
CfMpel^ Mais en celui-ci on n'a pas fait un jugement auf- 
i'f'-.îo fi avantareuxde ce fameux Poète. La plupart des 



t ^^.^" Hommcf S ça vans. , , - 

beaux Efpr.cs de ce temps difcnt <iucRonfjrd é- 
coichc nuuitcDant les oiallcs d.licates d. fo„ 
jargon barbare.te fçavanc M. Menag; ailure que 
ce fameux l'oece a acqms la repuracSn de Peda.c 
pour avoir trop employé de F.bies qu, ne fonc 
.connues que de. Sçavans , au licuciue 1, Ion veuc 
rcferv.rde hablcs.on ne dpic fefervir ««edecel- 
^s qu. fo.u cor.r,ue. de cou: le mondcAe même 

c„l y / \ ^" ""'' < «■' T^"' y rcncontroic 
<iuelque chofe de Jur ou d'impropre ' il s'arrêtoit 
tour coure. Se leur d,fou enfuL f u) ,, kZ}^. 
y«^. Il tcmo.gnoïc même tant de m-prispour les 
l'o hes de Ronfard c,u-,l prorertoit cju^il n'y r ou- 

° 'r r ''°"' *S '"^'"" " ^'°'' ^ft^" '^ vola, 
^ccn ,er fans pardonner une fyîlabe.QuoiqucM 

v^rf 11"', "n" P^^-^rP--c cette r„^.ur^l, uni: 

W > e lai "'. P°""--'""l"'-- fi '>>« l« Sonnet,, 
tou e la Irmcade, & toute* les Odes de R , ard 
cto.ent perdues, il n'auroit pas bcfoin d'être cou- 
lo.ede cetteperte : Qie c'cH plutôt la maricre 
6; !<• commencement dun I oéte , nu'un locte a 

c.o^echaultee ,1 y avoit beaucoup moins de 
«a nme , que de fumée & de fuye. 

fi.' a':îr/:ns'i"f; ''f' "•^-.'^'-R-f-'i-;- 
z::. ■T::,fr ''"7 '-"'^ '^ ''"-'^' - 



1^0 Les TAo^es 

^hoix.f oit pour les paroles ^ [oh pour les chofes i. itm 
audace infuppor table à changer ép ^ innover > une 
licence prodigleufe à former de nouveaux mots, ô* 
de mauvaifes locutions > à employer tnd',jferemmen» 
tout ce qui fe prefentoit à lui, fût il condamné par fH' 
fage, traînât' il par les rues-, fût- il plus obfcur que la. 
plus noire nuit de l'hy ver, fut-ce delà rouille ^ du 
fer gâté. La licence des Poètes Diteramhîques la II" 
^ence même dumenu peuple à la fête des Bacchanales 
ér aux autres jours de débauche étoit moindre que 
celle de ceVo'eîe licencieux.Etft on ne dit pof abfilit* 
ment que le jugement lui manque c'eji lut faire grâce 
defe contenter de dire^que dans la plupart defes Voe- 
mes le ]ugement ne fi fo^ là partie dominante , 0" ^«* 
gouverne le refie. Four la dccirifte dont on parle Cf l^ 
i:o7moiffance des bons Livres , ceux qui en parlent fe 
moquent des gens d'enparteralnfi 0'des autres Fcetes 
delà vieille Cour Appellent' Us dcBrlne une h Hure 
(ruëCT int-iigejic de la Phi Icfdf ht e hors de fa place des 
Mathématiques à centre temps du Grec ^ du Latin 
groffierement éf ridiculement travefiîs' A pjopr^.ment 
parier > en bonnes geni étoient des Prtppisrs ^ des 
Ravaudeurs-Ils tradul/olent mal, au Heu de bien imi" 
ter. J'oferols dire davantage -, ils barh oui II oient ■^ ils 
défguroient . ils déchîrotent dans leurs Poèmes les 
anciens Poètes qu ils avolent lus. Et nyvoid- onpas 
encore maintenant Plndare ^ Anacrecn écorchez* 
tout vifs - qui crient miferlcorde aux charitables 
LeHeurSy qui font pitié à ceux qui les reconnoljjent 
en cet état là. Cependant il e(l certain que l'efprit 
de Ronfaid brille encore tout entier au travers des 
Jrî Char' vieux mots &: des vieilles façons de parler qir. font 
fenù'r dans fes Oiivrages,:< qu'au pis aller il eft à l'écrard 
"» f^i de nôtre fiecie ce que Plaute, Lucrèce, & Lucilius 
Ty«v.é^£^j.^^-çjjj_ ^ l'égard d'.i iicclc de Virgile, comme l'a 
^^V'' 'forr bien remarqué un des plus polis Se des plus 
La^eue jiidic-eux Ecrivains de nôtre fieclc. L'illuftre Ma- 
/^r«/';t«>:Jidemoifclie de Scudai ell dans le même Centimentî 

car 



des fîommes Sçava^is^ 1 1 1 

ifTurc cjneRonfardavoic un cres-grand génie. qu'iK^^-''^» 
ecoic même ailés fçaTanr,i\: qu'il méritoïc l'clbn^c'"'^- ^- . 
du public:mais que comme il avoic été le premier ^'^^' ^ ' " 
eu i'rancc qui avoic entrepris de faire de beaux 
Vers, il n'avoit pu donner à ("es Ouvrages la pcr- 
fc<5lion neccûaire pour êcre louez long-temps i 
Qii'on connoic pourtant bien par quelques uns de 
fes Hymnes, que la Nature lui avoit beaucoup 
donné, & qu'il avoit mérité la grande réputation ;ç^,;^^f;j^ 
qu'il avoit acquilc. Pâquicr dit , que Melin de Sjiv.f.Jj* 
Gelais étoic ennemi de Ronfarddont les Ouvrages 7« 
lui donnèrent tant de jaloufie qu'il dégoutoïc Je 
Koi Henri II. de la le(f^urc de ce ieunc Poécc , & 
que par un privilège de Ton âge &c de ^".1 barbe il 
en fut crîi quelque temps. C'c(l pourquoy Ron-« 
faid dans un de Tes Hymnes fur la mort de là Rei- 
ne de Navarre , après avoir implore le fecours de 
cc:te ame bienlieureufe, conclud par ces Vers : 
Et fais ^ue devant mon Frhice 
Déformais pLtt^ ne me pince 
La te)ia'ille de Melin . 

Ce dernier V ers tut depuis changé en un autre, 
après leur reconciliation. 

Aurefte Roii{ard quelque grand Poète qu'il fut, ^V'J'^ 
&qiicique facilite qu'il eut à taire des Vers, en ccr- p'^-]*^^ 
taines faifons croit incapable d'en compo fer qui rr«/. 
puiîenc plaire à ceux qui avoient tant foie peu de 
goucpeur la Poefie. tt après que fa veine avoit 
été (l en le pendant long-temps, il croit tout à coup 
faili delà fureur Poétique, & elle produifoir à^s 
Fruits en abondance. Mais le temps de fa fertilité 
ic duroic que trois ou quatre jours , au lieu que 
>cndant fix mois elle ccoit d ordinaire fans adion 
5c fans mouvement. 

Au rciîe on a remarque , que Ronfard ctoîc un "îv?, 
>cu fourdaufli bien que du Bellai &: Dorac, <5. que ''''' ^' 
afurdité étoit fatale aux fameux ! oetes defon lie- ^"'f""^- 
:lc,de même que l'aveuglement ctoit la marque de 
eux qui avoient excellé en la Pociic Grecque. 
Tomç If. F 



11% Les Eloges 

Ses Oeuvres imprimées fonc, Ardeurs de Caf- 
fandre. Amours de Marie. Les Vers d' Eurymedcn éf 
deCaUirrhée. Sonnets & Madrlgds ^cnr Ajlrée Le 
J>rintemps k lafaeurdAftrée. Sommets pour Hélène. 
Amours dîvcrfe s. Les Odes. La Franàade. Vréface 
fur la Franciade touchant le ?o'ème Hero'iqne. Eicgïe 
fur le Livre de Chiijfe du Roi Charles I X. Bocage 
Royal. Les Edogues et Mafcarades. La Chtrité» 
Les Elégies. Les Hyrrtnes- Les Poèmes. Senne ts à di" 
verfesferfmnes. Gayetez. à* Epigrammes. L'Abrégé 
de l Art Poétique. Les Difcours des mi fer es de ce 
temps La Réponfe au Mimjire. L es Epitaphes de di- 
vers fujets Les derniers Vers de Ronfard- St minces Cf 
Sonnets. Efitre en laquelle il répend k fe s calomnia- 
teurs.^ es meilleures de Ces Poe des (ont Tes Hym- 
nes & fes Odes. Le moindre de fes Ouvrages eft 
la Franciade. 

Speron Sperone avoir beaucoup de mépris pour 
Marot, quoyqu'ilpairacpour le Prince des Poètes 
François. Mais il admiroir la beauté des Pocfies 
de Ronfard , & il compofa même à la loiiange 
de ce grand)Poeteune l legie qui commence ainu; 
EgofpeJJo ira me taclto e folo ■ 
DoîtQ Ronfard le vojlre ode honorate, t<.ç. 

Année i j 8 5. 

^un\nu^ MARTIN ASPILCUETA fat ap. 
'î^ ^*/p»^- pelle le Docteur Navarre , parce que fou 
*.i//Wi p€re & la mère etoient du Koyaume de Na- 
varre.ll enfeigna long-temps le Droit Ca- 
non à Salamanqiie ôc à Conimbre avec 
beaucoup d'ciudition , c^e pieté, &c de fin- 
cerité , & donna au public un noir^bre in-' 
finiû'Cuvragcs qui font beaucoup eftincz. 
'ais outre les venus dont j'ai parléjil étoic 



^î; 



des Hommes S^avans, 125 

doue d*ane cojiftance & d'une fidélité 
merveilleiilc , donc il donna deux exem- 
ples confid érables. 

Car Bai-rhele^ni Carança Archevêque de 
Tolède , à qui il avoit de grandes oblio-a- 
rions, ayant été accufé d'herefle devante 
Pape , Navarre , quoi qu'âgé prefque de 
, quatre vingts ans, fans avoir égard à foa 
âge .Se à G^. lancé , accompagna Ion ami i 
Rome, Se malgré Philippe II, & fes Mini- 
Ares il défendit Tinnocence de Carança a- 
vec courage & avec ardcur.Maisquoiqu'on 
n'eût jamais pu vérifier l'accufation que 
l'on avoit intentée contre lui , tous les 
foins de Navarre ne purent jamais le déli- 
vrer de la prifon,où cet Archevêque mou* 
rut d'ennui & de trirteife. 

Or en ce temps-là Paul de Foix ayant 
éré envoyé à Rome Am>ballndeur pour le 
Roi auprès du Pape , j'eus l'honneur de 
l'accompagner, ^ il me fouvient que Na- 
varre état allé rendre vifire à Paul de Foix, 
&nel^ayant pas trouvé à ù maifon , le 
faluadans l'Eglife de la S. Trinité, où il 
reçoit allé chercher , & ayant mis bis foii 
chapeau, il fe proftcrna en terre & lui bai- 
fa les pieds. Et parce que l'Ambaiboeur, 
furpris de cette adion d'humilité, rerufoic 
cet honneur avec fa modelb'e ordinaire, rf>^ 
tâchoit de faire lever de terre ce verei-.ible 
vieillard.Navarrercpcndir , qu'il ne pou- 



1 14 ^^^ Eloges 

voie pas fe dtfpenfer de rendre ce refpecb 
5c cet hommage à une nation dont fes 
Rois ëtoient illus. Et s'érantenfin levéjil 
ne voulut jamais mettre Ton chapeau iar 
la tête, quoyqu'il fe promenât avec T^m- 
bafïadeur en un endroit découvert 6c ex- 
pjofé aux injurcsde l'air , qui étoit alors 
extraordinairement froid, quelque inflan- 
ce que lui fît Paul de Foix pour l'obliger 
à fe couvrir. 

Et certes il ne faut pas s'étonner qu'un 
homme d'une aufTi grande probité , qui 
s'étoit occupé toure fa vie à examiner les 
cas de confcience, & qui en avoit écrit a- 
vecplusdefçavoir qu'aucun autrejcûrtant 
de vénération pour la mjem.oire de fes Sou- 
verains ; puifqu'il fçavoit que Charles- 
Quint & Philippe II. avoient fouvent mis 
en délibération s'ils dévoient reftituer la 
Navarre , dont ils s'étoient emparez fans 
aucun titre , & qu'étant con fuite fur cet- 
te queftion , il avoit confeillé à ces Prin- 
ces de rendre ce Royaume à fon Roi legi-* 
time 5 s'ils vouloient fatisfaire à leur con- 
fcience f^ à leur devoir. 

Après le decés de Carançajfoitque Na- 
varre n'eut plus d'envie de revoir fa patrie, 
ou que fon extrême vieil lelfe ne lui permit 
pas de fe mettre en chemin pour y retour- 
ner, il demeura à RoiY-e , & y rendit fon 
amiC à Dieu > âgé de quatre vingts quinze 



des Hommes Sçavans, îij 

ans. Il far enterré dans l'Eglife de S. An- 
toine de PadoLië au Champ de Mars. 

A D D l T l O N. 

Martin Navarrus Asr ; lchet a fut f\ N/f/i 
âinié Se (i conddcré par Pie lU. Grcgoirc Xlll, & Erychr, 
Sixte V , qu'ils ne jugcoicnt aucun cas de con- Pi'^'^^^'"» 
fcicnce fans l'avoir auparavant confulté. Il avoit " 
accjuis t.int de reputa:ion p^r fon {cavoir , que 
tout le monde le rcgardoit & le confulcoit eom. 
me un Oracle, Se quu comrae jadis a Rome oti 
appelle Rofcius tous ceux qui excelloicnt en quel- 
que arc, ain(i l'on donnoit le nom de Navarrus à 
ceux qui fc dilVinguoicnc par leur érudition. 11 
cnfeigna le Droit aTouloufe , à Salaminqiie , & 
à Conimbre avec un tel fuccés , qu'il efl forci de 
fon Ecole un nombre incroyable de do£les pcrfon- 
nages , Se cucre autres l'iecro Covarruvias , le 
plus ct'lebrc Jurifconfulcc que l'Efpagne ait pro- 
duit. 

Mais Navarrus ne f'i: pas moins confîdcrable 
par fa vertu , que par Ton fçjvoir : c.ir c'ctoit un ;/^' ' * 
homme d une c;randc fobnete d une rnngne piete, '^ 
& d'une chanté exemplaire. Sa mai'bn éroit la 
retraite des ncccfliccux , & apies qu'il avoir pallé ^^*V« 
le matin & l'aprés-din' e dans les occupations de 'l'^'"'^' 
la charge & dans fon cabuict, on le voyoït le lo!r ^ 
dans les hôpitaux fcrvant & alfillant les malades. 
On dit i]u'écant à Rome il alloic par la ville mon- 
té fur une mule qui avoit accoutume de s'arrêter 
d'elle-même àés qu'il rcnconcioit un pauvre , & 
qui ne concinuoic à marcher , qu'apiéi qu'il lay 
avoit donné l'aumôue. 

Ses Ouvrages imprimez fot , Manuale Confef- 
farlorum. De Vjuris. De Ctimbils» De ilmonia mtn' 
fait. DeFurto notahili, De Neceffitate defendendi 
frexim/iiTi »b hjtm/i. le Hoimcidlo cafuali, V9 

F nj 



ï26 Les E lofe f 

^ilentiotndtvmUofficiU' Comment* In c. mter'verha, 
Sexta Conclujio perfeBa. De Fama ^ Infuînla. Bg 
'Reguldrlh^ , Cêinn^enturil qunîHOr. De Alienxt'Kr'^ 
ne rerum Ecclejïafi'carum. De SpelU^ CUricorum, 
De Redhîbus herJeficiorHtn Ecclefiajilcerum. Prcpw 
^nacnlum ApolcgiA llhrl de reâiîlhus. Cap, Humant- 
aures,De Incompatlbilkate beiJcfictorHm- De Ttnlbiis 
humamrum aBuum. De VœnhentÎAlnfeptc-m dijiin' 
êitones. De Indulgeniis fi've de'jublUo. Te Eleemofy 
na. De datU ^ fromijjtspro jujlhti^ vel gratta ebtî^ 
TiendU. DeLege pœnmlu DeQraùone ,0" Rorii C»^ 
nmicU. Mifcellanade orailcne. Commentaria dere- 
fcrlptisin c.Ji quamo ^c. cum comlngat^Comment. 
m Kubrlcam , de judldii. Relent. în cap. Sovk- De 
iudhiis. Releclin cap. Accepta y De rejilt. fvdlat. De 
Judéik , in caput > if a ^norundam. Tomi duo Confi* 
licrum- 

Tous ces Traitez ont été imprimwZ à Venife en 
ûx volumes In folio. 

"^'^ ANTOINE AUGUSTIN , de Sara. 

mtu f^Q^e au Royainned'Arragon , cette gran- 
de UuTiiere de l'Efpagne/at-fîls d'une aurre 
Antoine, Vice- Chancelier d'Arragon, le- 
quel ayant été accufé de malverfation en 
fa charge par les Etats du Royaume , ftic 
f'olemnellement abfous par le jugemenc 
que Charles- Qiûnc prononça à Bruxelles 
en fa faveur. Antoine fon fils acquit en 
Italie une fi grande connoiirance de la 
belle Littérature , des Antiqaitez , & du 
Droit Civil & Canonique, que le Pape le 
mit au nombre des Juges qu'il a établis à 
Rome pour rendre juftice à fes Sujets. Il 
fut enfuirecréé Evêque d'Alifa , & puis 
<ie Lsrida en Efpagne. 



des Hornnics Sçavans, I ij 

Il a compofé plufîcnrs Ouvrages, qui 
feiont les moniimcns éternclsrlc Ton erprit 
& de fon fçavoir, dcfquels les uns onc été 
publiez par lui-mcwe, les autres par Ful- 
vio Urfino fon cher ami. Enfin ce grand 
homme, qui avoit fi bien mérité de la Re- 
publique des Lettres, & fur tout du Mon- 
d e Chrétien, ayant été pourvu de l'Arche» 
vcché deTarracTonc,mourut lorsqu'il étoic 
fur le point de mettre au jour un Recueil 
des Conciles Grecs ^ Latins , après avoir 
vécu foixante-huit ans & autant de jours. 
André Schot d'Anvers v fon ami , fir fon 
Oraiton funébrc,qu'il dédia à Lcvin Tor- 
rentin. 

Antoine Augustin étuilia en ]urirpia4cncc A '^''^'^ 
Bologne fous Andié Alciac, & aux Belles Lettres ^' '''* 
fous Romulus Amafée & Cous Lazare Bonamico./,^;,^fc\^ 
A l'Age <4€ VKîgt & cinq ans il donna au public fon A-ti'^Ji* 
Livre intitule , Emendailones JhtU Civilis i qui lui 
acquit la réputation d'un des plus f^avans hom- 
mes du monde. Il tut chéri par Paul 111. qui le fie 
Auditeur de Rote , & p.ir (on fucccllcur Jules III. 
qui lui communiquoit fcs plus fccicts dclîeins , & 
qui l'envoya Légat en Angleterre lors que Philip- 
pe II. alla en ce Royaume- là pour v cpoufcr Marie. 
Il aflifla au Concile de Trente, où il travailla de 
tout fon pouvoir à la reformation des Ecclcfiafli- 
oues , faiTant voir que tous les maux de l'Eglifc 
étoicnt caufex par leur vie licencicufe £c débordée, 

C'étoit un homme qui avoit la taille belle, l'air 
grand & uoble > & ccice majcllé qu'Euripide ju- 

£ liii 



F 



tz2 Lf S Eloges 

geoit digne de l'Empire. On\ôyoit en lui uî7 mé- 
iange de gravité 5c de douceur , qui lui atdroit le 
lefpedl & l'amour de tout le monde. Jamais per- 
fonnene fit paroiircd.ms toute la conduite de la 
vie plus d'intégrité, plus de confiance , & plus de 
grandeur d'ame , que cet illuflre Archevêque. 11 
vivoit avec une tempérance & une chafteté exem- 
plaire, & il diilribuoit -Tes biens aux pauvres avec 
tant de libéralité , qu'après fa mort on ne trouva 
pas dans fes cofres de quoi le faire enterrer fuivanc 
Mcinu^^ qualité. Il avoir un efprit fi élevé, un lugemenc 
j-'y?, /.è.fî foiide, il étoit (î fç avant & fi laborieux , qu'il 
^. •-/'. 6. ^^o^*^ capable de réulfir dans tous les Ouvrages 
iï, ^. qu'il eut pu entreprendre. 11 étoit bien vcrfé en la 
connoi/îance de la plusobCcure Antiquité, & il a- 
voit ramalTé un fi grand threfor de doctrine , qu'il 
étoit un des plus riches hommes du monde en cet- 
te efpece de biens. Vous excellez^ j luy difoit Paul 
Manuce , dan!> une de fes Lettres , en la helle Lit- 
teratnre , ^Jî je fuis quelque chofe à l'égard des 
(autres y étant comparé à vous je ne fais rien Cepen- 
}] -ra'.ie ^^^"^ ^^ PcrcPaul prétend qu Antome Auguftin n'é- 
6,. o^ci. toit pas verfé dans la connoilîance de l'Hiftoire 
.'* /'-^^ «î. EccIeliaftique.Car cet iliaftre Prélat ayant fo-j tenu 
dans le Concile de Trente que les Grecs partici- 
poient à la coupe du Seigneur en vertu d'un privi- 
lège exprés que le Pape leur avoir accordé » lequel 
il difûit avoir vû^du Ferrier Ambafladeur de Fran- 
ce le prefTa fort de lui dire quel'Pape éto.t l'Auteur 
de ce privilège i à quoy Auguftin repondit , que 
c'éroit le Pape Damafe. Cela fit rire du Feriier, 
qui étoit fçavant dans l'Antiquité, ( ajoute cet 
Hiftorien ) & confirma tout le monde dans l'opi- 
nion qu'on avoit que les Espagnols y étoient tout- 
à-fait ignorans. Car Damafe vivoit vers la fin du 
quatrième fîecle, dans lequel temps i'Eglife Ro- 
maine étoit fort éloignée de permettre qu'on re- 
çut la coupe comme par privilège , puifque cent 
ans après elle traicoit «e facrilegcsccux qui s'qn 



des Hommes Sçavnns. î i ^ 

abdenoienr. Ce qui paioit par iadccifîoii du Pape 
Gclafc dans le Dccrct de Ciaciea, 

VofTius allure , qu'Antoine Aiiguflin ctaic un 
des plus grands hommes du morKle, &c cmc Tes 
Nores fur FefViis font remplies de bjiucoup d'é- 
rudition. Ses Notes fur Varron ont au/li été gcae- 
ralcinent clUmces, 

Ses autics Oeuvres imprinr^es font , TamUiét 
Komamrttm trig'mta. cum Fulvlj VrfinifitmilJU Epi- 
ftola ad Hieronymum Blancam . de CAfaraugtiflanA 
fatrU communii Epifcopis arque CoyuUiis. Emendu • 
tlonum Cr OpîfiioriHm Juiîs Civills Libri IV- Ad Mode- 
fiîum five de excnfationihus lioer finguUrîs Ad Lf 
l'nun TaurcUumde M'dhns EpljhU. De Le^iiui ô* 
Sm^tus (onfiiltis Rbuakis. De pry^nis mmi}:ibiis P/ï;î- 
dciArtim NovelUrum.Jullum Antecefforis Epitomit 
cum Sotis ç^ ConflttHtiones Gnce ^'ugujîino h" 
terprete. AmîjUii CoUecilmes Decretaihtm , cum 
Nofis erudith. Canones PœnitentJales cum No'is, 
'OUlogontm XI de tmendaîiçpieGr.ttUfii librï. Cort' 
ftltuiïones ^r0vi?icUlcs, item ((J* ^•yndiciles Tarraco- 
nenfiuvi Epitome Jarls Pcntificiiveteris pars i . Con' 
ciliaGr&CA ô* Latin*. Eibiiotheca Latina Gr/ir<* 
m'ixta M S S. Onze Dialogues en Efpitghol des Me» 
d.l'Ues des Crées (^ des Ror/iai.js , des Atitiquîtez, 
d*Efpagne. Ces l »ialogues ont été traduits deu'C 
fois en Italien. Depuis ils ont été riMs en Latin 
par Andié Schotuis. Anr. Augullin a auHi bille 
cj.ielc]ucs Cuvr.igcs qui n'ont pas vu le )our , (i^à- 
voir, Se(unda- ^'tertiapars Eiito77ics Jwts ?on- 
tificii , ^ ^otA in altquot tituUs partis primd. jam 
editA. Jitris Pontificij înjlitutiones In FandtSla-s Fh- 
rentiufii Index 'verbertêm omnium , (^ varia Lecfio' 
7ies. yid Hadrianum liber fwgttlyirls. Item ad edic- 
titm. Fragmenta V et erum Scriptorum Ecétarum (y 
Oratorum ab Augujiino colU-H.z. c>aanc aux ïra*»-. 
m;;ns des Hifloriens qu'Auioinc Aut»u(lin avoic 
recueillis, ils ont été publiez, pai Tùlvius \JiÇ\* 
nus. 

ï / 



I5<> LesEïoûeî 

Oct^v\^ OCTAVIEN FERRARIO , fils de Je- 
fn,i -f>^-j.giT^g naquit à Milan d^unc famille noble. 
Apres avoir appris avec beaucoup cie loin 
ks Humanitez, la Philofophie a & la Mé- 
decine dans les plus célèbres Univerfiuez 
dltalie 3 il enfeigna pendant dix-huit ans 
la Morale Se la Politique dans le Collège 
ce Canobio , que Paul Canobio avoit c* 
tabli par Ton confeil. Puis, fuivant les 
ordres du Sénat de Venifcil alla à Padoue, 
de y expliqua la Philofophie naturelle 
d'Ariftote avec tant d'élégance j que Fran- 
çois Vimercat^qui du temps de François I, 
exercoit la charge de ProfelTeur au Col- 
lege Royal de Paris avec une approbation 
générale , étant retourné en Italie , après 
ia mort de ce grand Roi , choifit Ferrario 
fur tous les Sçavans , pour lui confier le 
foin de donner fes Oeuvres au public. A- 
yant demeuré quatre ans à Pavie ^ il re- 
vint à Milan , où il continua d'enfeigner 
la Philofophie 5 jufqu'à l'âge de foixante- 
huit ans , auquel il mourut accablé parla 
maladie qui l'avoir obligé de regagner fa. 
niaifon. Barthelemi Capra Jurifconfulte 
fon compagnon infeparable » auquel il 
avoir légué fa Bibliothèque , fit fon Orai* 
fon funèbre. 



>■ . 



des Hommes Sçavans, i^i 

AT> D i T I o N> 

Suivant Paul Manucc , Octavien Ferra r jo '^v/^Wf^t 
étoic mcrvcillcufcmcnt bien vcrfc en la belle Lit- £9/;- ^* 
tciature, il a traité les fciences avec un ftyle piirV/^* '* 
& clcaanc , & il ne fut pas feulement illuftre par''"* '° 
ion Icavoir, mais aulii par 1.1 probité & par la ver j-heair 
tu. Il excella principalement en la Vh.i\o(oph[ç^u*H'4om, 
jufques-jànu'il paila pour un fécond Aiiftote , ^ii-tt'"- 
pour le Prince des Philofophes de fon fiecle. P^' ' *• 

Ses Ouvrages imprimez font , De Scrmonibus 
exotcricU. De Origine Rotnancrum* De DifclpHna 
^ncjclîra. Il a aufli traduit en Lacin Athénée , & 
fait quelques Notes fur Anftote. Scstcritsqui 
n'ont pas vu le jour font , Judiciur?) Operum Art- 
fiotclis. In qulntum cafut qu'mti lihri Ethicorum 
■Arijïotelt/S. CenjUrain prhnum caput variarutn. le- 
Siionum Mureti. In Problemata ii.feâ. x<;. Arijio' 
tells, hitepodarntis. In frohlemata ArlftoteUs. Le» 
Hionesin primumi ^fecundum Poii'icorum. In 1 1, 
3. 4. 5. <î. 7. & 8. Ethicorum. 

Le (ieclcoùnous vivons a produit un autre fçn- 
vant homme nommé Octiviln 1 erra k 10 , qui 
naquit aulli àMilan en \6oz oui a (^téProfcfîçur 
à Padoué , U qui a donne au public quantité d'ex- 
ccllcns Ouvras^ s. 

JULE CASTELLAN , de Fayence en/^-rw 
Italie 5 a expliqué les Livres Académiques^"^'''''* 
de Ciceron , &: la dodrinc d'Ariftotc de 
rentendeinent de l'homme. Il enfeiiina la 
Philofophieà Rome durant quelques an- 
nées avec beaucoup de rcputation^. Apres 
quoi ayant fouffcrt la perrcdc fesgagesjquc 
Sixte V. lui avoit luppruncz par un princi» 

E vj 



iji Les Elrga 

pe d'épargne^ cette injure jointe à la mi fê- 
te où il fe trouva réduit lui caufa un dé- v 
plaifir inconcevable. Mais depuis le Pape 
lui conféra un Evêché, & ce prefent fît un 
effet fi étrange dans Tame de Caftellan, 
qu'ayant enduré la pauvreté avec confian- 
ce , il ne pût pas fupporter la joye que liû 
caufa un bien qu'il n'avoit point cfperé5& 
qu'il mourut fubitement , (avant que d'en 
pouvoir jouir , au commencement de fa 
cinquante huitième année. 

-<4 D D ; T / O N. 

Les Oeuvres imprimées de Tules Castillan 
font , Commentera in lîhros Ariflùtelîs de humano 
imelUBu 5 ex docir'wa Chrijiianorum PhilofophorHm 
defcrifîi. Net A in Cyrop&diam Xemphontis. Âdver- 
fui Cicsronii Académie a^ ^AJiionei DiffHtatio. 

tu^mt' LAURENT GAMBARA, de Brefce, 
^''"' , exerça heureufemcnt fon cfprit en la Poc- 
rttr^ hCiSc vécut long-temps dans lamaifon du 
Cardinal Alexandre Farnefe > ce généreux 
protedeur des gens de Lettres. Il deceda â- 
gé dequarre vingts dix ans, ôc fut inhumé 
dans TEc^lifede S. Laurent. 

-rf D D 7 r / O N^ 

Tiepoeu triius Grégoire Giraldi dit , que L Au RE N T 
juit'm-^ G A M B A R A palloïc poilr un homme.remarquable 
^°/'ll^'*" P'i- fon fçavoir &c par {"es beaux. Vers.Paul Manuce 
'j^ff *^* ailiu'e c^u'iletoit confideié comme l'ua des meii-^ 



des Hommes Sçav^nns. j i t 

leurs Poercs cfe ïon temps , par l'aveit même de ^''' ^' ^P" 
ceux qui excelloient en Poëfie. Dans fa jeuneiïb il'^' ^^• 
compofa plufîeui-s Poèmes qui écoicnc tres-clc^aiis p!//J"^ 
mais comme ils poiivoicnc choquer les pcrfonncs 
chaftes & vertueufcs , s'écant fait Prêtre, il biula 
tous fes Vers licencieux en prcfcnce de plulieurs 
per{onnes,quoiquc k public attendit ces Ouvrages 
avec une extrême impatience. Apres il publia un 
Traité, dans lequel il fait voir Tufage qu'il fjuc 
faire de la Pocïie,& qu'elle ne doit avoir pour objet 
que des matières famtes & honnêtes. Il a au/Ii mis p. ,wt- 
au jour la defcription de la découverte du nouveau »ut. 
Monde faite par Chriftophle Co[omb,qui ed écri- ^p ft.Uh, 
teavectantdepolitcfle & de Majerté que Paul '»•'■"• '*^* 
Manuce en la lifant ne pouvoit s'empêcher de s'é- i'i^^'^'^' 
crier. Cedîte KomanH . Matthieu Tofcan dit que Fr //*^» 
fes Eciogues intitulées VcnmrU font fort cfti- lULb.^, 
mées. 

Ses autres Oeuvres impuimécs font, Kerum Sa- 
crarum librilU. Btonis & Mofchi BucoUca. CarmL 
na mvem UluftrÎHm fœminarum. Item Lyricorum 
MctnmiSilbyciy Stefichori , Anacreonîîs S>cc. Item 
ï-legiA TyrtéLt éf Minermi , Cfirmine ex^rejfd , & un 
volume de Poèfics, 

]EROME COLUMNA mérite un plus ^'''^'y- 
grand Eloge , non fe-ilemenr parce qu'il u/.^^;,^ 
croit forti d'une famille ill'il>re,pnis-qu'il 
defcendoit du Cardinal Pompce Coluai. 
na , qui avoir ece Viccroi de Sicile , mais 
auffi par Ton érudition /ingulicre, joinrcà 
une extrême douceur & à une ainir.ible 
bonté'. Il entretint une étroite umir ié avec 
Jean Matthieu Aquavina Duc d'A:ri, qtii 
étoit cxtré;T>emenc recommandablc , ôc 
par la noblcilè de fa naillanjc , & par 



1 3 ^ Des Eloges 

fecret à Tes amis la dodrine qui étoît rcpâ* 
duc eiiSaiiïè & en Alleinagncil infpira Tes 
fentimens à Jean Valdez Efpagnol, à Jean 
Firançois Caiert parent de Galéas,<3c à Ga- 
léas lui- même qne l'amour delà pieté unif- 
foit à Flaminioj qui vivoit familiévemenc 
avec Vi6toire Colomne , veuve du Mar- 
quis de Pefcaire. Il eft vrai que Flaminio 
n'mbrallbit pas la dodtrine des Proceftans 
en tous Tes points. Miis il croyoit que l'on 
devoit corriger beaucoup de choies en 
l'article de la juftification , & retrancher 
divers abus qi\i s'étoieut gliilez dans l'E- 
glife. Enfin , après queCaléaseut été ga- 
gné par Valdés 3c par Martyr, Se qu'étant 
allé eu Allenagne faire les fonctions de 
fa charge auprès de T Empereur y il t'.n été 
confirmé dans Tes fcntimens par Martyr , 
qui avoit quitté fon pays- , &C qui demeu- 
re' c alors à Strasbourg , il fc retira à Ge- 
nève > abandonnant fon père , fa fsm.me , 
&c Tes enfans» Et puis étant retourné en 
Italie , ni le refpect qu'il avoir pour fon 
père , ni l'amour de fa femme , ni les ca- 
redes &c les larmes de les enfant ne purent 
jamais lui faire changer de deiFein. De far- 
te qu'ayant entièrement renoncé a. fa pa- 
trie , il établit fon féjour à Genève j 3c 
peiuppofant que ia femmejqui ne Tavoic 
pas voulu fuivre» avoit la première fait di- 
vorce avec lui^aprds avoir confulté les Pa- 



des Hommes Sçava'ris, i^y 

fleurs 5 comme on l'a écrit , en l'année 
1560.il y époafa une veuve , noiiimée 
Anne Frcmejére,dc la ville de Rouen, âgée 
de quarante ans^laquelle avoit été obligée 
de quitrei' Ton pays pour éviter les fnppli- 
ces qu'on faifoir endurer à ceux de 1a Re- 
ligion. Il vécut avec cette femme dans une 
étroite union. Et comme il avoit été dé- 
pouillé de tous fes biens, il pafîa le re(l:e de 
fes jours dans une extrême pauvreté , (3s: 
mourut enfin âge de foixante-huit ans , 
•ayant par ce nouvel exemple de divorce 
attiré fur les Pioreftans le blâme de beau- 
coup de perfonnesjqui ne pouvoicnt foiif- 
frîr qu'un mari du vivant de fa femme eu 
Cjpoufât une féconde. 

Onvoitdnnsia vie de Galp/aS Caraccio*», 
C]ui a ^cc écrite en Italien , tradaice en Latin > Se 
mi Te depuis peu en nôtre La;ic;ae , que fon pcrc Se 
ià femme firent tous Itius eftbrt"; pour robli;j;cr A 
quitter Genève &: à retourner en Italie , & que le 
Caidmaî Carafe fon oncle, ay«'^i"»t été élevé auVoa- 
tificat , lui fi: efpérer une Fortune confiderablc , 
pourvu qu*il voulût hAb'îter dins' quelqu'une des 
villes de la Republique de Venife , où il promct- 
toic de le laillcr vivre en liberté de confcience i. 
mais que C aléas refufam tous les avantages qui lui 
croient oftcrts , pcrfcvcradans le dellcin de pro- 
felîer publiquement à Gcncvc la Religion qu'il 
avoit embralîée, & qu'il palfa fa vie avec bcanco;ip' 
de douceur &: de tranquilité , ccaat conlidcïé di;s 



12^ Les Elotres 

Sei"-ncurs de cette Répablique , & de tous les 
éti-aiicrcis qui palToienc par leur ville , comme une 
peifonne d'un mérite excraordinaire. 11 y exerça 
la charcre d'Ancien en l'Egîife Italienne , & il s'a- 
quitta de cet emploi avec beaucoup de zèle & de 
pieté. Calvin atait connoitre l'eilime qu'il avoir 
pour cet homme ilUUtre , dans Tt pitre que l'on 
trouve à la tête de la leconde édition de fon Com- 
mentaire fur les Epîrres de S.Paul aux Corinthiens 
qu'il lui dédia-.car la première Fois que cet Ouvra- 
ge avoit été imprimé , Calvin l'avoit dédié à la- 
ques de Bouigocxne Seigneur de Falaix parent de 
l'Empereur Charles- Quint. 

Quant à (oi\ divorce, les Proteflansle jultifient 
par le verfet i > . du chapitre 7. de la i. Epitre aux 
Corinthiens, où il cft dit en termes exprés , que 
Siri/ifi:ielefe départ , le frère eu lafœur ne font point 
ajl?rv}ien cette rencontre. Car , difent-ils , l'Apô- 
tre en cet cr.droit montre clairement , que fi l'in- 
fidèle abandonne le Chrétien , en ce cas il n'eft ' 
point ali'ujetti j c*eft-à dire , qu'il eft dans une 
pleine liberté de fè remarier , & qu'il peut paiîer 3^ 
de fécondes nopces. Ils ajoutent , que cette do- 
2>«>'e.* <^i-'ine eft conforme au Droit Canonique & à la 
fart'. 2* déçifion d'Innocent III. & qu'ainfî Vi<Stoire fem- 
cauf. 2p. i-ne de Galeas ayant refufé de le Cuivre à Genève , 
^uéeft.i. où fa confciencc & fa Religion Tappelloient , 8c 
^^^^^•^. n'ayant pas même voulu avoir aucun commerce 
injiit'iii, avec lui, parce que fes ConfelTeurs lui avoient dé- 
fendu de fe mêler avec un homme qui avoit renon- 
ce à la créance de l'Egîife Romaine , Gàleas avoit 
pu légitimement , & avec la permiiTion des Ma- 
giiirats , epoufer une autre femme. 
Chriftoph Au refte , îean Valdés étoit un Genri'hommc 
Vn-^' Efpac^nol , lurifconfulte de profelTion , & Secre- 
^,iii. taire du Roy de Naples. On allure qu'ayant rap- 
Tmh* porté d'Allemagne les Ecrits de Luther , & que les 
ayant lus avec foin , il cmbrall'a fes fentimens fur 
k fujct de la Religion, &qu ilpafTa de la créance- 



Mjt inus 



des Hommes Sçava^is. 1 5 57 

rfcs îutheiicnsà celle des Socinicns , ay^nt été 
l'un des premiers c]iii combatn't la doctrine d= U 
Trinité. On dir mcmc que c'cll lui qui iiifccVa 
Bernardin Ochin des opinions de ces Hérétiques. 

MARTIN CHEMNICE , r.atif de 

Brirzen dans leMarquific de Biaiidebourg ^heynni' 
fit Tes premières études foas Philippe Me-'"'* 
lanchtlioii ^ Cous George Sabin à Vvir- 
temberg ^ à Francfort fur l'Oder , cV il 
s'adonna à la Thcolo?ie, en laquelle il fie 
ide fi grands progrés , qu'après la mort de 
Melanchthon fon Précepteur il a pa<Ic 
pour le pre "nier de tous les Théologiens 
de la confeiTion d'Augsbourg.ll a toujours 
icté confulré fjr les affaires EcclefialHqnes 
jpar Frideric II. Roi de Dannemarc > par 
Ues Electeurs , Louis Palan'n , Aiigiifle de 
jSaxe,&]canGeorge de Brandebourg,&: par 
Jules Duc de Brunfvic , & par divers au- 
tres Princes & villes d'Allemagne 5 qui 
ont embralfé la Religion des Proteftans.. 
Enfin en fon année climadlérique il mou- 
rait à Brunfvic , où il avoit enfei^rné rren- 
te ans , après avoir donné divers Ouvra- 
ges au public. 

AUDITION, 

Qiioique M \ RT I N Chemn i ce fii t fortî d'une Mfî-h. 
famille pauvre, qu il Fût fils d'an Cardcur de hine '^ '"'• 
Se que même il eut exercé le m?cicr defon perc '' '''•'• 
juiqu'à l'âge de quatorze ans, il {otnîonta par faa ^'* * 



I4f> Les EUges 

indufl:rie&par fa vertu tous les ot>n:<icîcs qui s'op- 
pofoier.t à Ion élcvacion , & il s'attacha à l'étude 
avec tant d'afiiduité , de diligence , & de fuccés , 
qu'il obtint les emplois les plus condd érables dans 
les Hglifes des Frottftans. Il aéré le plus fcavaiic 
î<"»«, des Théologiens Luthériens après Luther. Il avoic 
Fecht^ m^ç méthode claire & aifée , uae profonde érudi- 
u^|f' tion ,'une connoiffancc prodigieufe de i':-^ ntioui- 
£.cilef. té , 5c une adrelle admirable pour faire entendre 
ce qu'il y a de p'us obfcurdans îes Livres facrez. 
11 travailla ayec tant de foin à lareiiniondes Prote*» 
dans qu'il s'attira la haine & les iniurcs de ceux de 
("on parti , quiétoient les ennemis déclarez de la 
paix , & qui re pouvant rien trouver à redire' dans 
î"a conduite & dans fes mœurs , râchoient de le 
rendre mépiifable,cn lui reprochant la bafî^lle de 
fa naifl'ance & de Tes premières occupations. Il y 
en a iriéme qui difenc que Chemnicc . de même 
que Melanchihon, peu de temps avant fa more 
entra dans le feniim.ent de Calvin touchant la do- 
élrinc de \z Cène , & que c'eft pour cela qu'il ne 
voulut pas repondre au Livre de Lambert Daneau. 
Mais les Luthériens aflùrenr qu'il ne changea ja- 
mais dop'nioa , & que mêmes il éroit /i éloigné 
de la créance des Reformez qu'il di^oit que les 
Princes Luthériens les dévoient chailer de leurs 
Etat? , comme des gens qni blafuhemoient contre 
la MajcftéDivine , Scqui dévoient caufer la ruine 
de l'Allemagne & y introduire les imipictez des 
Turcs. 

Il s'acquit beaucoup de réputation" par l'excel- 
TvrhùdlQi^i Ouvr.'ge qu'il compofa contre le Concile de 
^IPg. Trenre : car ce Livre'fut fi bien reçu du public 
que dans peu de temps il s'en fit plufieurs éditions 
Un certain Cardinal dansJLe Concile de Trente di- 
foit qu'il n'y avoit point de Théolosien Allemand 
qui eut caufé plus de dommage à TFalifc Pv.omaine 
que Chemnice par ce LÏvre-là. Son Harmonie 
tv an^êli que a aulii mérite les louanges des gcnS' 



^es Hommes Sçav^ns, 1 4 1 

loties. Elle a été conciniice par Polycarpc Lyfcius |f 
>» achcvécpar JcanGciaid. 

Ses autres Oeuvres imprimées {om,toci Thcolo' 
•îcif qtiihus MeUnchthwîs Loci explicautur Funda^ 
ue'ûîa fans, doclrinA de ver a (y fubjla^itîft'Lï ^r^fentîa 
orpcris (y (einguints' Chrîjiî in S . Cocna De dnabus 
ahuris in rhrijio Lihellus. Judiciur» Chemnltii 
'e controverjiis quibufciam fuperiore tcrM^ore circa 
uofdam Confcjjimis articules wotts. Enchiridion 
oôhine 9 de prAcipuis doBririA cœleflîs capitibui 
et quApones ^ rej^onficnes. TheologiA Jefuita- 
um pYAcipuu capita, EftipoU de C Ana Donânu 
H[puta>tio Theologica de bentfictis Filii Del Dv?rJni 
T Redeviptoris nofiri Jefe* Chrljli. Judicîum de 
'.aUndarioCri'^oriam.Et ^hdicuis £cijts en Lan- 
uc 'A .'icmandc. 

Il y a eu un autre Martin Chemn ce , lurîf- 
onfuUc , qui a mis en lumière quelques Traité de 
iiirprudcncc. 

LOUIS LAVATER & K O D O L- l'^dovî. 
£ GUALTER fiuenr tous deux Paftcurs;";,,^;- 
c Zurich y où ils étoieut liez. Lavarcr 
endre d'HenriBulIinger a mérite l'efiiir.e 
u public par plusieurs Ecrits qu'il a mis 
u jour , outre ceux qu'il a com.pofez k\t 
;s matières de Rclioion» 



ji D D I T I o S. 

le père de Louïs Lavater , nommé Jean (ji^.v. 
odoltc , écoit un homme illuîlrc par fa valeur , Sr«.f*. 
ir fa prudence , par fa vertu , & par plullcurs ^'* 
itres excellentes qualitez. Il tut hcnoré de di- ^''^'*'* 
'rfes Ambûilades, du commandement des trou- 
;sdu Canton de Zurich, & de pluiicurs autres 
nplois ties-gloiicux. Et cniin il fut élevé à ia 



première dignité de cette iiluftre Repul)llquc. 11 
eut deux fils d'Anne Reucline fa femme , f^avoic 
Henn&Louïs. Loliis naquit à Kibouig dans IcJ 
Canton de Zurich le iMars i s 17.& fut élevé par ' 
ion père avqc beaucoup de foin. Après avoir fait 
fes études à Cappel & à Zurich , il alla voyager 
■en Aliemagne & en Irrance. II fit quelque fejour 
à Paris , où il Eierita l'eftime de Talanis , de Tur- 
nébe , de Dorât , de Perionius , de Vicomercat , 
de Lambin , de Sylvius , de Ramus , & de plu- 
.fieurs autres fçavans perfonnages. De France il j 
paflaàLaufanne , & de là en Italie. Et étant ei>^ 
fin retourné à Zurich, il s'attacha entierciTKTnt à 
la Thcoloo-ie , & fe voiia au fervice de Tiîglife de 
Dieu. Peu de temps après il fut trouvé digne de la 
charc^edu S. Miniftere , & ayant prêché quelque 
tempes en une Eglifc de la campagne, il fut reçu au 
nombre des Chanoines de Zurich , & des Mini- 
ères qui ont Phonncur de prêcher dans le grand 
Temple de cette ville là. En l'année 1 5 ^4. il fut 
choifi pour occuper la place de Théodore Biblian- 
der Profeffeur en Théologie. Miis il refufa cette 
•charo-e , & aima mieux continuer dans l'exercice 
•de la'^préd'vcarion de l'Evangile , en laquelle il fe 
fio-nalarefpace de trente fi^ ans,s'étant fait admi- 
rer par fon zèle , par fon éloquence , &: par ioa 
fçavoir. Iljoif^nit à une érudition extraordinai- 
re une pieté admirable & une prudence (ingulié- 
re, Onvoyoit en lui une gravité & une feverité 
mêlées d'une douceur & d'une gaycté qui lui ga-^ 
gnoient le coeur de tous ceux qui avoient l'avan-. 
tagede l'approcher. Il étoit fidèle à tenir ks pro- 
meiïes , ardv^nt à fervir ceux qui avoient bcfoin de 
Iui,&exad à s'acquitter de tous les devoirs de l'a- 
initié. Enfin il n'y eut jamais d'homme plus fo- 
bre , plus fincere , plus honnête , plus charitable. 
Se plus généreux que lui. Il laiflà deux fils , 
l'un nommé jellx , & l'autre Henri , qui a donné 
au public quelques Traitez de Médecine. Et de 



des HomTves Sçavans, 14^ 

•CCS dciax-ci il cft né un grand nombre d'cnf.ins qui 
•{e l'onc diilingucz par leur {"çavoir, par leur vertu, 
&: par les char<^cs honorables qu'ils ont exercées 
avec beaucoup de gloire. 

Louis Lavarcr a, mis au jour pluhcurs Ecrifs 
qui lui ont acquis beaucoup de réputation, parmi 
lefcjuels oncflimeCiir tout .{"on Hiftoire Sacramen- 
taire & fon Traité des Speélies qui a été traduir 
£n François , en Allemand, en Flamand , &: ea 
Italien. Son Commentaire fur les Proverbes de 
Salomon a aufli été loué par plufîeurs hommes fça- 
vans,& entre autres par le fçavant & judicieux Jeaa 
y vcl, lequel allure qu'en ce genre il n'y a rien de fi 
pnrbit que cet Ouvrage, & qu'il lui eft redevable 
de l'mtclhgcncc de pluficurs Ce ntcn ce s de Salo- 
mon qu'il nVntendoit pas auparavant. 

Sis autres Ouvrages imprimez font, te 'Rît'du^s 
ér Irifi-tutîs EcclefiA JigurlnA Lthellus. Come/a- 
rum Catalo^U6. Comment arii in Librum JofuA y in 
pr'tmtim & fecundtim Ubrt4m P aralipemem»" Explt- 
catlomZ. poflretnacapita Genefeos. Cor^mentarii in 
Ceneftn. V'itaCojirardï PtUicani. Hon^tiiA inlibrum 
Uuth.Jobîfides ô' ccnfejfio de rcfittreclicnc morfuo- 
rum » cr vJta Aîerna, ex^lirata. HcryiIliA in Efdram, 
tP 'Judith, in Nehemlam , in Ejîher , in Jo'ju/n , in 
Jenn/tA Threhes , ^ in Ex^echieletr. Kabal , five 
S ar ratio de vit a ^ obifu Nabal ébrioJi.Lnfojirerra 
cafita quarti UbriRegîti7) Cctnwenfarii le Carita- 
te a?mom cr Famé. Vmcciii Comrnentarii in libres 
Rigtim I. i.^ ^CP in primum Paralipomencn 1 ati- 
nitate dcnati. 47. Homélies fur Efther. ;4 i .fur job, 
homcliei de lapejle en Allemand, il a aulli traduit 
tn la même Langue un Sermon de S. Cyprien de 
Ja mortalité , deux Sermons de Billinecr fur la 
Ceae . & fes Commentaires fur 1* ■poc.iiy^fe, avec 
fon Traité fur ces paroles du 14. chapitre de S. 
le an . En U mai fin de mon père il y a plufteun de- 
meures. La réfutation des calomnies de Jaques An- 
tlrc contre les Mirtrcs de Zurich écrite cii Latin 



144 Les Eloges 

par lofias Simlcr , & l'Apologie des mêmes Mini- 
ères de Zurich contre laques Smidelin. Il a aufli 
compofé en Allemand la Vie d'Henri BuUingcr. 

^odoife Qiianrà GUALTER 3 il étoit beau- 

^uaittr père de Jofias Simler dont nous avons déjà 

fait l'Eloge. Il a vécu long-temps , & il a 

pad'ë pour un célèbre Prédicateur parmi 

ceux de fa créance. 

lUtch. Rodolphe Gualter naquit â ZuricH en 

^ixm. IJI^. llépoufala fille de Zuingle , &: il fut Mi- 

^it. nirtrcd.uis fa patrie. Il y prêcha dans le Temple 

Thêoi^ de S. Pic;rre depuis i 54X.jufquVn l'année i ^yj.en 

laquelle il fut honoré de la charge de premier xMi- 

niftre , qui étoit remplie par Builingcr. Il mou- 

, rut âge de foixante-dix fept ans, après avoir e- 

xercé les fondrions de fon Miniftere arec tant dd 

zèle de fçavoir , & d'éloquence qu'il pali'a pour un 

des plus excellens & des plus liabiks Prédicateurs 

de fon temps. 

Ses Ouvrages imprimez font , Jnmtathms in 
Verrinas Oratlones Ciceronis , ©^ infecundam (3* 
tertium -<4^r/ïr#^w>, publiées fous le nom d'Eubulus 
Dynaterus Comm. hiOrat» conîra Hullnm. Tollw 
iisOn^rnafitcum Laûmtatè dmatum. MononîP.chÎA 
Vavidls (^ GolU O* Allegorica ejufiiew Exj.cfitlot 
CArwineHcroi'o defcripta , cum Ejicedus -Echanl 
^^J]i> Hehrhi Lavateri > SUolal PutrigiiAngli > 
Triderici Pij.ori: Siddatii jipotheojis ^îmoms Grmxi, 
VerfUus Elec^iacJs, Eùcediunt In mQrtcm i^îâirguritéi 
JsluunrA. Ej Uedia flura in variormn clarîjptmcrum 
'uirorum ohitus. Varia Carmîna ad Joanhom Tri' 
(tum. De Germante A nc^'di'.-atisji ud lis ^ LLcgia. Ar» 
gumenta omïéîmn ta,m \êterii ^uam^ovi Testamentl 

pAci' 



I 



des Homme i S^\w^nLt. î2f.? 

' ^F^pltum -, T.leg'iace carrr/mls confcri^ta>. Sahal , C#- 
4r3(xdia facra. De rutîone (yllabarum , Ô" carm.'iilf* 
Joannis Cantficuz^enï ^polonU quatuor ^ (^ Oratlo* 
fies totidem . Cl* Theodoreti de frovidcntia Sermonsf 
lo. in Linguam Latinam converfi- A^ologiapro HuL" 
(Iricho Zuînglîo. Cratio de Ojficio AlmJJirl EcdcfiA" 
Jiici. HomiHn aulnque de novijftmh tcmporibus. D$ 
SfhoUrum amî^uijjîmo uft4 , glande Fundatorum, 
HomiiU în Ejiher , in Knth , in Pf^lmos , in Mai» 
th&um , in Mnrcum ? in Lttcam , in Joannem , 
in Acia> Jpofiolorum , Jn Epiftola^ Panli , in Epif- 
tola^ "j&annîs , in Evangellca OominicaUa , ^ Sanc- 
torum fejîa. Archetypi HornUiarum in ^ovtim Te* 
JiameKtHm. Ec un giand nombre d'autres Homci 
lies en Lacin & en Allemand. Il y a auiîi de lui 
une Trada(£lioii Latine de î. Cancacuzcnc courre 
les Sarrafins , &: de crois Oraifons du même con- 
tre Mahomet , de la ConfcfTion de foi des Mi«- 
îiillrcs de Zurich, contre les calomnies de Lu» 
thcr , & divcrfes autres Traduâ::ons Latines des p/rff. it 
Oeuvres de Zuingle. Une Trndudion Alleman-Sc//ff. 
4Îe des cinq livres de Moiïc , & des Pfeaumes.^'^'*/'''» 
Placcius alTure c]ue R. Cuaher cft l'Auteur de U^-^i'^'^'^* 
Verfion Latine de la Bible qui a paru fous le nom 
de Fr. Vatàble. 

II eut un (ils, nommé comme lui R o n o l f b. 
GuALTFR , qui fut Minière à Zurich. & qui mou- 
rut avant fon pcre , dans fa vingc«cinquiémc an- 
née, après avoir donné au public plufîeurs Vers La- 
tins &: Grecs de fa fa^on. 

Il ne faut pas oublier M A TT H I ^\3 mik 
VESENBEC 5 né d'une famille noble à':''^'*'{'>' 
"Anvers , lequel ayant cru(^ié en Droit à * ^^'"'' 
Louvain,enreigndla Jiirifprudencc à Jeiiû 
&: à VVittemberg avec beaucoup de répa- 
ration, &: ayant mis au jour plulicurs Ou-» 
vv.iges mourut âgé de g'uupante-cinci ansj 

7f77/l. / /. G 



144 Les Eloges 

par lofîas Simlcr , & l'Apologie des mêmes Mini- 
Itres de Zurich contre Jaques Smidelin. llaauffi 
compofé en Allemand la Vied'Hemi DulUngcr, 

Rodoife Qiiantà GUALTER 3 il étoit beau- 

gi*aiitr père de Jofias Simler dont nous avons déjà 

fait l'Eloge. Il a vécu long-temps , & il a 

padépour un célèbre Prédicateur parmi 

ceux de la créance. 

hUhh. ^ ODOLP HE GuALTF.R nâquît à Zuricîi en 
^/iixnt. 1^19' llcpoufala fille de Ziiingle , & il fut Mi- 
^U, nirtrcd.uis fa patrie. Il y prêcha dans le Temple 
?/;#»;/, de S. Pierre depuis i Ç4 x.)ufc|u'en l'année 1 57 j.cn 
laquelle il lut honoré de la charge de premier Mi- 
niftrc , qui étoit remplie par Bullingcr. Il mou- 
rut âge de foixante-dixfept ans, après avoir e- 
xercé les fonctions de fon Minifterc avec tant dd 
zcle de fçavoir , & d'éloquence qu'il pall'a pour un 
des plus excellens & des plus habiles Prédicateurs 
de fon temps. 

Ses Ouvrages imprimez {"ont , Jinnctathnes m 
Verr'mas Orationes Cicercnis j ^ infecundam (^ 
tertium A^rariam ,^^\h\iécs fous le nom d'Eubulus 
Dynatcrus Comm- hiOrat» contra Rullum. Foilw 
cts Onemajitcum Latimtater donatutn. Monomp.chia 
Vavidis C^ GolU ^ Allégorie a e]ufiiem Expjitîot 
cArmine Hcroi'o defcripta , cum E}icediis Eobani 
^'^Jfi* Hehrici Lavateri , Si celai PatrîgiiAngli > 
Triderici Pij^oriiSiddani- Apotheofts hmonis Gr'm&îy 
Verfi'^us Elegtacis * Eùcedium In mort cm ^argaritA 
HlaurerA. Eplcedia flura in variorum clarijfimorum 
'uirorum ohitus. varia Carmîna ad Joaniiom Tri' 
fiutn. De CermanlcAno^'^:atii fiudiis ^ Elegia. Ay» 
gumenta omiéinm tam \herli ^uaml^ovi Teflameptl 

paci" 



des Hommes S^avans, î^? 

snpitum •> Eleglace carmînls coTifirifta- l\ahal , C#- 
miœdiafacra. De r^itîone ÇylLubarum , (^ curm'nk^ 
Joannis Cantacuz^enl j^polog'u (juatuor , ^ Or/ifio* 
ms totîdem , ^ Theodoreti de provldentîa Scrmonsf 
lo. în Lînguam L atmam converfi- Apologiapro HuL- 
dricho ZHtnglîo. Gratio de Officîo Mîmjtri Ecclefm^ 
Jîici. Homiliéi quîn<iue de novijftmîs tcmporibus. Dm 
SchoUrum ami^uijjimo nfu , (^ lande Fundatorum, 
HomilU în £jiher . in Rut h ■> m Pf^hms ^ in Mat* 
thaum > in Mwcum > in Lt*cam , in Joannem , 
tn Acia Jpofiolorum , in Epi/iolai Panli , in Epîf' 
tolas J&annis , in Evangelica OominictillO' , ^ Sanc- 
torum fejla. Archetypi Homiliarum in Novum Te* 
Jiamentum. Ec un giand nombre d'autres Homc-i 
lies en Latin Ce en Allemand. Il y a au/îi de lui 
une Tradii£liou Latine de 1. Cantacuzene contre 
les Sarrafins , & de trois Ora'.fons du même con- 
tre Mahomet , de la ConfcITion de foi des Mi-- 
îiiflrcs de Zurich , contre les calomnies de Lu- 
ther , & divcrfes autres Tradudions Latines des p/rff, étt 
Oeuvres de Zuingle. Une Tradudion Alleman-Sc^V/^f. 
de des cinq livres de Moïïe , & des Pfeaumes.»^^''''/'''» 
Placcius affure c]ue R. Cualcer cft l'Auteur de IaP"*<5*^7^« 
Verlion Latine de la Bible qui a paru fous le nom 
de Fr. Vatable. 

Il eut un fils, nommé comme lui R o n o l f e- 
GuALTFR , qui fut Miniftre à Zurich. & qui mou- 
lue avant fon pcre , dans fa vingt-cinquicmc an- 
née, après avoir donné au public plufîeurs Vers La- 
tins & Grecs de fa fa^on. 

Il ne faut pas oublier M A TT H I E U^Afr, 
VESENBEC , né d'une famille noble à ^ !;'*'**{''?* 
Anvers , lequel ayant cruc^ié en Droit à ' ^^'"'■' 
Louvain^enfeignala Jurifinudencç à Jenû 
6c à VVittemberg avec beaucoup de répu- 
tation, 6c ayant mis au jour pluîieurs Ou-« 
vrnges mourut âgé de çiucpante-cinq anSj 
Tom. IL G 



14^ Les Eloges 

ADDITIOIS. 

Mi^^^^, Matthieu Vesembec ctoic fils de Pierre Vc- 
^ r'a- feiiibcc , fameux jurifconfui ce , qui fuc père de I 
rif<.'o^>f» tïei2:e enfans, à douze defquels il donna les noms 
des douze Apôtres. 11 ne fes études à Louvain fous 
Gabriel Mudée , & y fuc reçu Dodeur à l'âge de 
dix-ncufans , ce qui n'étoit jamais arrivé à aucun 
autre. Ce fut un homme d'un profond fçavoir &c 
d'une pieté extraordinaire. îi piioic Dieu règle- 
ment cinq fois le jout , S>c il étoic aflidu à la lec- 
ture des Livres facrez. Uétoit né dans le feinde 
l'Eglifc Romaine : mais dans fa jeunciîe il renon- 
ça a fa commuuion;£c ce qui fut caufe de ce chan- 
gement , c'efl: que pendant qu'il e'tudioit en lurif- 
prudence à Louvain , il y avoir un pauvre aveugle 
qui fut accufé d'être Luthérien , parce qu'il alloic 
vifiter les malades pour leur réciter quelques paf- 
fages de la Sainte Ecriture , qu'il avoir appris par 
cœur. Cet homme ayant été mis en prifon , pour 
fe confoler de fon malheur, chantoit à haute voix 
les Ffeaum.csqui avoienc été traduits en Vers AI- 
lemans par Luther. Vcfembcc touché àe la pieté 
&c de la confiance de ce miferable, eut la curiofité 
ce lire les Cantiques qui faifoientfa confolationj 
après quoi , il lût aulîi la Bible , Se les Oeuvres * 
de Luther iU: des autres Proreftans , Se ayanc 
goûté leur doûrine il renonça à la créance de l'E- 
«i'V;,f sb^e Romaine. Dans fa vieilieiie il fut cxtreme- 

V-aUf »« O 1/11 y-l • T' 

{>,..7* ment travaille de la goutte j c elt pourquoi Eve- 
fmtb, rard Bronchorrt qui étoit alors fon Ecolier avoir 
-E^^»*- accoutun:é de Pappell-r Matth&us de affâ^h. Sa 
^rmK ^^vife ^toit , pi-è t l^fè. 

^Q.s Oeuvres imprimées font , Prclegemen/iju- 
rîfprudenti& ^ de finibus , (^ ratlone {ludhkrum y il'- 
hrip^ue Jurls If^^oje 'm Héros qutiiHOf Tnjiiîutlo- 
pum Jurh Ci-vHis 0" CommaitiUrîusîn eofâem- Oeco- 
n^mla'^n^tliHtiGmrn' '^amm. ad tit. C De pacf. ç^ 



des Hommes ^ça^^afis, ï4y 

■lefiâehiflrurn- Vlgeflorum Codicis y Authentîca- 
rum , Décret or um , c^ BecYetaltutrh Comment ar:i 
in Pande^M , (ér m Libres trespriores Codicls. PrA' 
leBiones in terttîim ne quartum Codîcîs. Tracî^tus 
défendis, TraEiatus, à" ^epmfd , quA Vtdgo Confi- 
Jia dicuntîir. "Exempla Jurifprude}j:i&. Papinianus 
tum aliis MlfrelUneis ■ VaratitU m Pa7jdccfiis Juris 
Civiiis- Armotdtlnnes^^Hpflernentiim ad Schneid- 
*uvim CommentArta în 4- libros \nflittitionHm. Ora- 
atones- EpifloU. Carm'ma. r^tP^TM 

Les PaiMcitlesde Vefcmbcc on mciité Tcftime ,^^Ç-J'^^ 
Macs gcnsdoaes, & fur- tout de David Chytrécjle- "*=■'' 
^iiel alliitc qu'on ne peut rien voir de plus exact 
ni de plus méthodique que cet Ouvrage , qui cx^ 
plique avec beaucoup de brièveté &: de clnrré ce 
qu'il y a déplus difficile dans Icscuiquancc Livres 



duDigcfle. 



Année ijS/. 



Ê L I È V IN E T, né en Xaintonae à^'^'^ ^'* 
Sarbefieux , village appartenant au Seîg- 
2ieur de la Rochefoucaiit, après la mort de 
Jean Gclida , dont il remplit la place, en- 
ïcio-na la jeunelTe avec beaucoup de foin 
dans le Collège de Guyenne, expliqua les 
Oeuvres des anciens Auteurs par de docles 
Commentaires, & rendit enfin Ton aixe à 
Dieu dans la ville de Bourdeaux , âgé de 
plus de foixante 6: dix-huit ans. 

ÏLïî ViNtr étoic iils d'un Labourcac. 11 na-S^ffrf? 
<imt aubourgdc Yinct dans la plaine de Barbe- ^^J^*^^"' 
ficux, comme l'a éciit SccYolc de S.Marche.U s'cll 

Gij 



î4^ Les Elo^T^s 

du célèbre non feulement pat fon fçavoir d.uis îa 

belle Littérature , mais encore par les connoillan. 

ces qu'il avoir des Mathématiques, de TAi-ithmc- 

t^o{p,iH cfc tique , & de la Géométrie. Il eut toute fa vie tanc 

MAÙjem. d'attachement pour la ledure que mêmes pendant 

lofcPh, !^ i^^l^<iie qui i'ôta du monde , il ne pafla aucun 

Scaligiv Jo"'^ ^^ï^s lire & fans écrire. On fait beaucoup de 

£/)//?. /f'i* cas de fon Commentaire fur Pomponius Mêla & 

2.fp.^^*fur Solin. Mais celui qu'il a fait fur Aufone eft 

peu de chofe , & ell rempli d'un nombre infini de 

fautes. 

^Ses autres Oeuvres imptimées font, VJntlquh- 
té de Bourdeaux , éf de Bourg. Les Antl^HÏtez. de 
Xaintes. L' ^rpenterie- La vie de Charlemagne 
écrite en Latin par Eginard , ^ la Sphère de Procle, 
traduites en François , La manière défaire les Solai- 
res ou &luadram. De l cgiftUa Uhri très. Ex M(t. 
thetnatico Tfelli Breviario Jlriihtnetica , Suficcty 
Geometria ,. Sphara vcro ex "Proclo , Elia Vineto in* 
terprete. Schola jiquitanica. Scholia in Theogni- 
Msfententia^. NotAinSolinum ^Tompomum MeUm, 
Jlorum ., Ver[iHm,Sextum ViBorem , e^ Eutr opium, 
Commentaria in 'phéiram Joannis de Sacrobofco. 
Mcnumenta anticpua i^arbonenfia; KofA in Cenfori- 
mm de die mtali. l^efinitlones Elementl S- & 6, 
Euclidis ab El. Vineto i?7ttrpretp.t&. Rudiment a 
tingUA Gr&cA Cf Latin a. ^rifcianus emendatuSy 
indices Ammiani Mzrcellini.Suetonîi, Splini,Catul' 
îiiTibuUi.-ropertiiÀn Lucanum Scholia. \n AppolU» 
niumlchclia. n Tz.etz.A Comment arium ad Lyco- 
fhron. inArrîanum , in Martial em , in Silium Itft^ 
licum , in Diodorum Siculum. Àrs meîltndorum 
agrcrum feptem librîs ccmprehenfa. 11 a aufli faic 
un Commenraircfur Sidonius Apollinaris qui n'a 
pas été mis au jour. Etl'Hiltoire du Coiiege de 
BourdeaJX. *■ 

JACQUES SKEKÎUS MeJccin exoli. 
qua Ai-iitote à TubinL'us avec un iriar.d 



des Uomyr.cs Sçavans. 145; 

applaudifTèaient d'un 'nombre confidera- 
ble d'Audiceurs, ^ il donna au public les 

„ Ecrits qu'il avoit faits fur ce Philoiophc. 

P Enfin ayant perdu fcs yeux , mais confcr- 
vant toute la vigueur de Ton cfpritjil finie 
fes jours dans l'exercice de fa charge , âge 
de foixante & fcize ans. 

ÎACQiirs .Skekius éroic natif oc Schomcoiff^J'^^^* 
dâs le Duché de V Vii-tcinbcra. \\ apprit avec beau-^v"*!-, 
coup de loin la Langue Latine, la Grecque & l'He-iic. 
brnïque , & à l'âge de vingt-ans il fit des leçons 
publiques dans r. académie de Tubinguc. Enfuito 
il étudia en Théologie. Mais parce que lesderor- 
drcs de l'Allemagne rempêchercnt de parvenir aux 
dignitezEcclefinfciques, ilFutobligé de s'adonnec 
à la Médecine, & il y fit de fi grands procrrés, que 
daas^ peu de temps il fut jugé digne d'eiifeic^ncc 
^ publinuement cette fcicncc-la. Apres qu'il^cût 
exerce la charge de Profcilcur en Médecine & en 
Philofophic à Ti.b:ngiie pendant tr.ntc ans, il de- 
vint aveugle r mais la perte de fcs yeux nercmpè, 
cha point de continuer fcs occupations i car pour 
^ U divertir, & fe confoler dansfon malheur, il ap- 
pi-cnoic à fes petit- fils la Langue Latine, & il dic- 
toit plufieurs beaux Ouvrages , dont une partie a 
tce mife au jour. Il fuppoita fon aveuglement a- 
vcctaut dcconitancc que bien loin de <:<:\\ plain- 
dre il dit à un Oculille qui lui en promctcoit ia 
guerifon , que comme il avoir vu beaucoup de 
ciiofes pend.int fa vie qu'il eut été ravi de ne paj 
voir , iln'ctoic pas marri d'avoir perdu la vue , & 
&: que mêmes en diverfcs rencontres il fouhaicc^ 
ruit d'è:re fourd. 

Ilétoitfeav.mt dans les Langues dans lesbcHcs 
lettres, dius l'Hiitoire , àms la rhilorophic, 
^ G li] 



I 



2 5 o Les Eloges 

^ans les Mathématiques, clans laMu^qne &dan» 
laTheologie. Il a expliqué les Ecries d'Ariflotc 
avec beaucoup de méthode , de clarté, & d'érudi- 
tion , s'ûttachant{ur-toucà donner l'intelligence 
ries plus difficiles endroits,qui n'ont pas été éclair- 
cis par les autres interprêres de ce Philofophe. 

Ses Oeuvres imprimées font, Trocijiîîonum Phy 
ficarum & Medicarum tomus unus. T^e mmA^rin" 
ripatUyVialogus, De calîdo-, à" hum'iào. Ve pr'im^ 
fangu'ificaîioms înflrHmento^ 'DsfUflic^ [emmh fa^ 
cuiîate. De eau fa rontînente, Alexanâri Aphrodî' 
f&'i de mlxîtone libellus . J. Skek'io interprète. Vrdec 
'îîcnes inGaleni lîbrum de arte parva.FhilofopbU r,a>- 
îuralis five Jcroav?atttm Artjlotelisomnes Difpu^ 
tathaesl ciuîbiis nd\ech Scholia in locos ohfcurîores*^ 
:Ex Arîfioîelis lîbris de Anima, &> prolîxîs SlmpHcit 
Commentariis , brèves Inîerpretatîcnes GrACjt.De //- 
veis înfecabilïbHS Liber Arlfl^telis , Latine redditus, 
Theogmdis [ententULAtino carminé exprejf^. Com' 
mentariatn Arlflotelis ?hyfica^pitrva nattir^h>* & 
"Ethica, Arrtani librt quatuor de 'Bpicieti Dl^ertatiQ- 
nihîis , în Latînam Linguam tranjlati , cum Anna- 
taîhnlhuSy De T)emonflr(itione lihrl i 5 . Commen . 
tarla in Organi Arifiotelis libres. Comment, tnj.ér 
8. Toftccrum Ariftotelis librum- De ma perjona é" 
éluabus naîuris in Chrip. Refponfio fid libellufr, 
Amnymilnterpretîs librifui de una perfona à" ^«^' 
lus naîuris inChrifio. Kefponfio adSimonis Stenii II- 
helhm •> ^uo comtus ejîlibrum illum de unhne dna- 
rum in Chrijîe naturarum refellere.RefpondetHr etlav 
ThcmA £raJioj qui au^or illiHs libelli anonyml often 
dîtur. Vrodromus Antt-Simoni]. Anutome refponfi Si 
wncnij fid Prodr^mum- Antl Simonius. Apologeticu. 
vppoJitHs Cftlumnié G. G^nebrardi. Adverfus Am 
Trinitariûs , îibri duo. Obfervatlonum , & amenda 
tîonîimprAmeffA-, vtris amicls éP '^ociis obUta. Hy: 
ferafpiftestfeu'R^fponfio adquatuof Epijiolas Ram 



des Hommes Sçavans^ i j i 

Caf-iubon dit, que H. VVoIphius tc Skckïus ^'^Z"^"^"* 

n'ont pas cntcnda les Diflertatioiis !d' Adrien qu'ils ^^iv"'^ 

avoicnc entrepris û expliquer. L Auteur de la Bi- ^,^^;^p, 

blioîTiaphie curicufe traite SKCKius du plus exccl- Germa.* 

knt de tous lesPhilofophcs d'Allemagne , & alTu-^opc'* 

re que toutes Tes Oeuvres font bonnes. 1667, 

^ lomnes 

JEAN VIGAND , Théologien d'une 
gvandc dodvine parmi les Pioceftans , fut 
du nombre de ceux qui aickrcnt Flaccius 
lUyiicas â compoier les Centnvies de l'Hi- 
ftoirc Ecclefiaftiq'JC. Apres qu'il fe fut 
employé a ce travail, le Roi Etienne le fie 
Evcque de Pomefanie en Piuire, fuivant 
l'accord fait avec.les Princes 6c les Etats 
de cette province. 

A B D I T I o n. 

7e AN ViGAND pafTa parmi les Luthériens pour fl),,«^/« 
m excellent & do^lc Théologien , comme M. de?* r.^a. 
Thou l'a remarqué. Il etoic ne à Mansfcld d'une /-'•>. 
famille honnête & médiocrement riche. 11 fut Dif- Ai/fô. 
ciple de Luther & deMelaiichthon , &: Minière à /^j* 
MansFeld , à Magdcbourg , à lenc , & i Vifmar, xhtQK 
& enfin ayant été fa'c Evcque de Pomefanie , il 
exerça cette charge l'cTpace de douze années , & 
mourut âge de foixantc & quatre ans , après avoit 
donne? au public les Ouvrages fuivans. 

Ve Netitralibus (^ 'Mediis liù. De confejfione ta 
dcBr'wa dlv'mft, (y rieceffar'ùs faEits, S^fitagma fêté 
CorpU'S dociririài vert <(y ommpoteyitU Dei , ex veteri 
TejlurTiento , per J. VVhfinidtim ô* ^^Atthium Indi" 
fem colleBum. Synta^/ua feu Cor' ' 'm. Chri- 
Jii y ex N. Ti'jUmetitû , f^er J. l ^, im (y M. 
IndUem colle^nm. De Isorm^ judicandi dogrtMté 



taz ^ Les Eloges 

Xjera <^ fat fa. Corpufculum. docirins. [an^A^ Cave<' 

fhîftîcs, Explicationes. VojiUlaJeu Explicatie I-vaM' 

ieliorum- De Deo Methodui- 'De communiai' 

fione idigtfja^um. Rspetuio dcùirlnA de communtca* 

tione idiowatum. Ti^B-ic-at'jrh , hoc efl de h^m'ine 

integro , corrupto grenat o , glorifie ato» De lm:igme 

^ei m homîmbuSi ^ de larva Satan i. De Ubero ho' 

f^nn'is arbîtricDs legîbus divinU De peccatoortgl» 

9Jts. De jtifijjîratione. De arguendisfuLfn dogmatl^ 

^us^dcêîorrbpts.De Clave ligante în EccleJïaChriJlî 

De con\ugîO. De perfecutlone pormn > exiliis. picrHî'Vf 

wxlilh facînoroforum, ijjarîyriU piorum, pfeudo-war- 

tyrits-fuga Mîn'firortim-. confiantîay apoflafia^patlen^ ' 

tta. De hcnh ^ malts Germants, admomtîo. t)e He^ 

roibiu doSirlrfA. In varies Vfalmcs Comment. In EJa" 

iam Annotatîones. In Danleletr* Expllcatio brevls^Irt 

Trophetas minores Explîcatioms fucchcî&. In Mat* 

thium Comment* In Johannem Ex^licatlones. Jn" 

nof. in tpîji ad Romanos . ad Galaîos , ad EpheJIos^ 

fid Colojfe-njes , aâTlfr^thcum» Hijlcria patefaaio- 

riisdîvln&. Trficiatui de pocr/itentia Deplumata ^ 

fuder.da argmnenta ex Synodo avmm nuper VVltîem" 

ÀisrgA per maledicum i'cëtam Joanncm M^orem 

Eccebdum édita , frijplîdter excerpta , &c. ex Sî- 

donij Catcchifmo ma]ore. Commonefacllcnes , quA 

cjlendunî qualem reformaticnem Pontlficij moliantur. 

B^efponfiO ad confejfionem J- hLi'jcrls de ^ufiificj^ûone 

^ bonis Dperibm. Argumenta, de necejfttate bonorutn 

Oferum adfaluîem , cclletîa , (^ refntata. Defen^ 

fo alî^uot dîfciplinA EcclefiajliCiL capitum. RefpOTt' 

Jioadfcurriles ^ bla'^phemoi fœtidi Rarr^bochî rhyth- 

fnos. Argumenta Sacramentariorum collecta , ^ re" 

futata. Apdcgia contra lîbeilum J. Ma]oris de 7ie' 

cejjitate honorum operuw- De Adiaphrijiis corrupte» 

lis Sec. Admmitîones, Collatlo de Pauli Eherl împla 

tpînione , quod cjuidam Impijin ufu Cœnd 'non acci" 

piant verum corpt44 Chrijii. De Vitierini Strigelij 

Aj)oJîatA declaratlone. Scphijîicontm quorundam ar- 

igHmfnforymSf^^ham A^ricoU de necejfuats bo-fiO- 



des Hommes f^çav^t^if, l j j 

rumoperum Confutatlo. Copiera novos ArrUnoi ex:>r- 
îoi in fotoiùa Synopfis Jntichrijli RomA)2i. Ccllo- 
qulum Altemburgicutn Latînum Cenfura Je hn- 
^ua Anti Lutheranoriim Vitfemberge-tijiurn exclujio' 
ne contra M, Schlujjili'Hrglum u^nrparu^^tijilo {f 
'Reponfio de Lege , An renafis fit ncrma bonorum 
oferum. CatechUml Je fuît arum y feu Can:fii nfw 
tano. Collatio de trilw argutvcntîU Ahtînomîc'is. 
De Aynm'llU. Cauft cur in Cano DomiMi x «t r , 
ff raimndttm , coutra prdjîig'^ CMvhjiJîarum. 
De turhatoribus onwium tnaxiviis in mundo De 
monjiri^ ncvis , ^ fœcundii - in dcctrin.t de pcccato 
Commonefaéi/o. Septem fpeBrcrum jSîauicoàornm 
recentium drfcuffio. Methedm de Cœrja Domini. Art- 
tithefidccirinAvers, Cf* P.ipijlUA. kdtioois cur htc 
propofitio y l'cccatiim oi'i;in:s cft coiivipta narura, 
tn confroverfa cum Munir hdis recenticrthus ntqucAt 
confflere. ^i.ijVo , & Refpcnfo de diclo Jo.innisy 
pccc.uum c(t cfDuix. Analyfs Excgcfers ^acru- 
tr}entarii.fparf& in fede Luthcri à Fcuaro Medico Fe- 
zeLo, Cf Crucigero Apojiatii. Cur frma onffcyii 
édita à Princif:btu Saxon': £ approbari uo» pojjit Ar- 
gumenta Sacramentaricritm rcfutata rad Itis ex 
Jcriptùs Lutheri celliftis. Colloquium A' fgenfe. 
De Servcrianif/no. De fuhflan''a é^ virihtpi depra* 
vati hominii SebttU Ar'iani ftarf& in Eoriijfta f^er 
^nendam Raph^elem Rî'terum Ince veritatis divinjt 
difciijJA- CoKfra Seminlfloi f^ Semintfia S cri ! ta. 
Contra trrruptelof Adiaphcr'.fitaf. De aifracto 
Toeo'ogico Methodus. gWv^ (^ cjuam facre fa7,ci:t 
fttra J, Strff'clius viotaverit accufAndo illyricum Ô* 
yyigundum coram magijlratu, '^e fraudibus quorun^ 
dam Sacran-ehtariiyrum De Ofaridri;}/:o De Mani" 



fncrtjnio i^e ^chuvei k (l*i\thO. ! c Uenefano^ie yUif 
^ei.V'e glotia mundana fiUcrttm Vei (^ CArè,U Chti' 
fit. \'eubl.juiiU!e l e defiufu Cl.rlfi ad tn er$S, 
^ t primatu Vapi Rcth.ihi. Ve CtijiitMte ©* Ca/i^i" 

G V 



Î54 IfsEloffci 

*îs, t^arrfttîodeVipriaEcclefianUa, eontraVtt^^ 

^embergenfinm quorutdam ^alurr^nlas. Sut^llcdtorî^ 

hbellîdeSynedo. Bifitriade At^gujlma Confcffione* 

De llltifirihus^mf^ccleftéi. Htjhria de alce vera^ 

. defucclno , defde. Catalogua herharum h Trufia 

mfcemium. ^AjTio & Refpcnfio de dlao P/»«/i,Vide- 

te ne qais vos deprzdctur per Philofophiam. r^?» 

rtAOratmes& Thefes. De ^ropofitione y Bon^o^c- 

ra retinenc falatem , Uhellu^. il y a auUi de iuy 

ouelques Oeuvres en Langue Allemande. » 

49emantu GERMAIN VAILLANT , de Guêle, 
^■'''"* Evêqnecl'Oi:lcans,oùil étoit né, mourut 
à Meun fui-Loire petite ville dé fan Dioce- 
fe,aiant paiTé fafoixante & dixième année, 
il fut élevé en la maifon des Seigneurs de 
Coligni,^ il exerça la charge de Confeil- 
1er au Parlevtient de Paris. Il mérita Tefti- 
me du public , non feulement par la con- 
noidance qu il avoitde la langue Grecque, 
des Lettres humaines , & de la Poëtiqucj. 
rnais encore par fa candeur & par fa vertu, 

^, . s. Marthe dit que G^RMAIN Vaillant aroit 

iM^^'l'efpnt fi çevnleSc fi propre aux fciences,qu en 

Th! ' même tempS (ans s'incommoder il les embrafloi 

\ toutes, pour difFevemes quelles fofTem. Qii i 

- étoit encore fort jeune lors qu'il fe fit connoitre a 

la Gourde îrancois Î.& que ce Prmce , qui etoit 

fcavant & qui aimoit avec pafiiô ceux qui l'etoienr: 

l'ayant ouï dKcourir unjour à fa table qm etoit 

ordinairement environnée des plus do^cs hom- 

jncsde fon fiecle, k loua hautement devant toute 

fa Cour , qui le combla auiU de louanges a 1 envi. 



Acs Hommes Sçavam, je m 

Qii'il compofa plusieurs. Ouvragesja plupart dcf- 
c|ucls il via périr luy-même devant fcs veux par 
l'iniurc du temps & par le defordrcdcs eucires 
civilesi Qii'entrc ceux qui fe font fauvcz de ce fu- 
nefte naufrage , qui nous font refkz , fa noaJ 
vdle mcthod: de commenter Virgile , non feule- 
ment pat des Notes , mais encore par une exade 
confacnce des pallages Latins avec les Grecs , cft 
admirable & a je neïçai quoi de grand & de iabo * 
neux j Enfin que dans Ta rokantc- dixième aun-c 
il compofa un Pocmc, dans lequel il prophécifa 
l^horribleparricidequifut commis en la pcr'onnc 
d'Henri 111. & lafuricufe tempête dont il Fut fui- 
VI. Son Commentaire lur Virgile eft fort cftimé 
par lesSçavans. 

Voici fonEpîtaphc qu'il fit lui mèffie peu de f'^'/f' 
temps avant fa mort. ^ "J''^ 

Turi^^bant Mufs. morîente Valente^fororism 
Vranie vaîijed cornes una fuit. 

JAQUES PAMELE, de Bruges , ^ovù";;^;;.' 
de la noble famille des Pamcles d'Onde- '''"'*'' 
iinrde , fat tres-fcavant en l'Anciquitc fa- 
crée , qu'il cclaircit par Tes Ouvracres. H 
rendit un fcrvice confidcrable aux peifon- 
nes dodes ^ pieuGrs , en donnant au pu- 
blic Tes Notes Air Tcrtullien & fur S.Cy- 
prien. Etant defîgné Evcque de S. Orner, 
il s'en alla à Bruxelles , & comme il fut 
aux montagnes du Hainaut ^ il lui prie 
une fièvre qui l'emporta dans fa cinquan^ 
te deuxième année. Il fut enterre dans TE- 



I 



glifc de S. Vautrudc fans pompe , comme 
il l'avoit ordonne dans fon Tcftameut. 



V 



XJ^ Les Elcjrff 



yi D D I T I O ÎJ. 

'j^ir^l Jacques Pame'le étoit profond dans les Lan- 

^iâfU, gués j cxcelloit en la connoiiîance de THidoire &C 
de la Théologie , en iin mot avoit une éruditiorr 
univerfelle , qui lui acquit l'eflime & la bienveil- 
lance des Cardinaux Stanillaiis Hofius & Guil- 
laume Sirlet , & des Papes Grégoire XIII. & Six- 
te V. Ce fut par îe commandement de ce der- 
nier qu'il entreprit l'édition des Oeuvres de Ra- 
banus Maurus qui font entre les mains defes hé- 
ritiers. 

Outre Ces Commentaires Cur TertuUien & fur 
S. Cyprien, il y a de lui , Liturglca LAtimrum, Re-^ 
laùo adBelgî\ Ord'mes de non adrràttendis unft In Re- 
^hblica dlverfarum Rellgîonnnj exercltuS' Qoncio" 
nés CatechifticA. Mîrrologus de EccleJiaftUîs ohfer-- 
'uatton'tbus. Cajjiodorl divine lecfiones. Catalogus 
Cor7i77}entarîorum veterum felecîorum in univerf^ 
Bihlta. CcmrrentAri'] in libruyn Judith. Comment ^i'j 
' ^rparat in EpiftoUm "PauUad Phllemonem. 
y /ev. Voyez dans l'Apparat de Poflevîn le jugement: 
TenulUa.^^^ ce fçavant Jefuitefait ê^Q% Commentaires de 
%iu's<a- P^iTielius fur TertuUien. Mr. du Pin dans fa Biblio- 
Ugeraijii. theque Ecclefiaftique témoigne avoir peu d'eflime 
pour les Notes de Paméliusfur S. Cyprien , parcc" 
qu'il s'applique plus à confirmer la dodrine & la 
difcipltne de nôtre temps , qu'à expliquer ce qu' i^ 
y a de difficile dans fon Auteur. 

Jofeph Scaliger dit que Pnmélius étoit un honi. 
Hîe rccommandable par fon fçavoir , par. fa dou^ 
ceur , 5c par fa modeftie, 

'^^^^,^ La mort de JACQUES MANGOT^ 
îtUngo^ natif de Loudun en Poiroa , l'un des plus 
^''' grands ornemens du Parlement de Paris> 



des Hommes Sçava'rîf, r fy 

caiifa une donleiir incroyable , non feiile- 
vc\^r\i à l'angiil^e Corps dont il ctoic ircm* 
bre 5 mais à tout le Royaume, pour le bien 
duquel il fc nbloit avoir été formé. Ce fuc 
un homme également illul^rc par Ton élo- 
quence 5c par fon fçavoir , qui avoit uns 
extrême ave^on pour route forte de frau- 
de & de brigue , èc qui n'avoir nul atta- 
chement pour les biens de la terre , quoi- 
qu'il podedât de grandes richclfcs. Etant 
Avocat général en cette Cour , comm,e il 
avoit un ardent amour pour Dieu & pour 
fa patrie , il rechercha avec un efprit no- 
ble & relevé les chofes qui concernent la 
grandeur de l'Etat & de la Couronne de 
France. En un mot Dieu avoIt comblé ce 
grand homme de tant de rares qualitez , 
qu'il ne lui manquoit autre chofe qu'une 
fanté plus ferme : car il étoit d'un tempé- 
rament foible & délicat , & les foins con- 
tinuels qu'il prenoit pour le bien public^C 
pour l'avuntage du Roiaumcjlui caufoicnL 
de jour en jour de nouvelles incommodi- 
rez , qu'il rellentoit d'autant moins , que 
fes occupations importantes lui donncicnt 
un extrême plaiHr. 

En effet , cet amour qu'il avoit pour fa 
patrie lui abrogea fes jours;car ayant cfi^cré 
que l'armée des étrangers qui croit en Tra- 
ce , obliecroit les retturb.itcurs de l'Ltat à 



f 5 S Les Eloges 

eonclurre la paix maigre qu'ils en eufTenr, 
k)iTqii'il vid que le Roi mal confeilléne 
fe prévaloir pas d'une occafion qui lui é- 
îoit fi favorable pour établir le calme dans 
fon Royaume , il en conçût une- fi grande 
triftelTe , qu'il^ tomba dans une maladie 
qui l'ôta du monde en fa ^ente-fixiéme 
année.Certes c'éroit un homme diene d\i- 
ne tres-longuc vie , &: dont la mort pré- 
maturée doit caufcr un reetet éternel à 
tous les François & fur-rout à moi , puif- 
que la conformité de nos études & de nos 
inclinations nous avoit joints enfemble 
d'une force amitié. 

AD'DlTlOtJ, 

9 tir j 

Opufù ^ Taqiie»; Mangot , fils de Claude Mangot , un 
des plus fameux Avocats du Parlement de Paris, 
fut inftruitdans les Lettres Grecques par D, Lam- 
s ^^^Ma!' ^'" ' ^ ^^"^ ^^ Turifprudence par ]. Cujas. Après 
tbe» qu'il eut fait admirer {on éloquence dans le Bar- 
reau, il tut élevé à la charge de Maître des Requê- 
jierh de ^^^'P^i^ ^ <^cii^ de Procureur gênerai en la Cham» 
fâq^lib.^^^ des Comptes , & enfin il fut fait Avocat gene- 
4»cb, J7. rai au Parlement de Paris.Au jugement de Pâquicr 
& de Loifel » ce fut un des plus accomplis per- 
Loifel , fonnages de fon fiécle. Il étoit orné de toute forte 
DiAiog^ de vertus , & fur-rout il fe rendit recommandablc 
^"^"^ par une charité extraordinaire-;Car il donnoittous 
""' les ans Ja dixième partie de ion revenu aux pauvres 
& par fon Teftam.ent il ordonna que fes héritiers 
fifi-nt la même chofe après fa mort. On ne lui 
reproche qu'un feul défaut , fr-vant Pâquier, c'e(t 
que les difcours qu'il faifoit en public étoient û 



des Hor^rmes Sçavam, Ij9 

longs j qu'il ne pouvoir jamais finir , qu*nprcs 
avoir parle rrois heures entières, il ctoit aufli frais ^, _. . 
que s il n avoir point harangue. M. ,du Vair dit j, /.£. 
que Mangot avoit un efprit fort clair , un jUge- /o^t*. 
menrfain , une parole nette, fans fard , fans atl^c- 
dlioii i Qu'il fçavoit beaucoup ; C)u'enrre ce 
qu'il fçavoit il choififlbit h\cn.Totitefois{^]o\ii<^ Du 
Vair ) // me femblolt un peu trop long , ^navorrpas 
beaucoup de pointe. Je croi que fi nôtre bonheur mu:: 
en eut laijfe jouir plus long temps , l'âge , (3'" l'ufage 
y eut retranché ce qutf'imbloit redouter j Ô* rejferré 
fe qui fembloit t rep étend». 

11 y a de lui quelques Remonftrauces , & qud- 
<5ucs Fadums de procès. 

JEAN VVIER , né dans la Zclande,,^,^^, 
d'une famille noble , dés fon enfance ap^ r^<er»/. 
prit avec foin la Philofophie fous Henri 
Corneille Agrippa ce dode & fameuxMa-r 
oicien ,qui moi; rut à Grenoble il y a en- 
viron cinquante ans. U fut fi reconnoif- 
fant envers fon Précepteur , que l'on a cra 
qu'il avoit publié fons le nom d'Agrippa 
le Livre de la vaniré de la Magic,quoiqu'il 
en fut lui-même l'Aureur. Il pratiqua la 
Médecine avec beaucoup de louange à la 
Cour des Empereurs Charles- Qiiint , Fer- 
dinand , Maximilien 11 , Rodolfc 11 , 6c 
en celle de Guillaume Duc de Clévcs, du- 
quel il fut premier Médecin , 6i qu'il ac- 
€ompie;na dans toute l'Allemagne &: la 
Prude", exerçant fon art en tous ces pays 
avec un hcLUCUx fuccés. Etant allé à 



téo Les Eloge f 

à Texlenbourg pour -y voir le Comte de 

Benrcim , il y mourut d'un mal fabit à 

Pentrce de foixante ôc treizième an» 

née. 

uiDD ITIOS, 

Mdch, Jean VviER , dit 7',yi:;»^y/«5, naquit en i^Tf. 
*^dam. ^2^i« la ville de Grave fur la Meufe. 11 commea- 
^<f, Mek ça fes études en Allemagne fous Cornélius Agrip. 
pa,& les continua à Paris & à Orléans. Puis il vo- 
iagea en Afrique & en Candie,où il alîr.re qu'il vid 
une chofe qui femble incroyable. Car il a écrit 
dans fon Livre des Sorciers , qu'un payfan ayant 
été bielle d'une flèche au dos , quelques années 
après rendit par le fondement le fer de la flèche 
qui avoir rcfté dans fon corps quand le Chirurgien 
l'avoir arrachée. Etant retourné dans fon pays il 
fnt fait Médecin du Duc de Cleves ,&: il exerça 
cette charge pendant trente ans oacnviron , avec 
beaucoup degloire 6i de faccés. 

C'étoit un homme extrém-cment do€le : mais 
il fit un trcs-raauvais ufac^e de fon fçavoir : car il 
piic la proteftion des Sorciers contre les luges qui 
les condamnoient au dernier fupplice,c^ il préteu- 
dir faire voir que tous ceux que Ton accifoic du 
crime de fortilege , étoient des perfonnes à qui la 
meiancflolie avoir troublé le cerveau , qui sHma- 
ginoient fans rai fon & contre la vericé qu'ils 
avoient commerce avec le Diable , & qa'ainfi ils 
étoient plus dignes de compaffion que de châti- 
nient. Mais Bodin nontre dsn^ fa Det77onomanîer 
qne Vvier n'avoir voulu adoucir les peines desSor- 
ciers , qucpcur en augmenter le nombre, & q-ue 
fon fentiment étoir rempli d'impicte , & oUvroit 
la porte à T -* théiTme. 

En eftet , il enfeigne mille foiceireries:& il ap- 
prend les mots , les invocations , les cercles , les 



figures , les caradlei-es des plus grands Sorciers cjui 
fiucnc lamais. De plus , il a fait l'inrciKnirc de U 
Monarchie Diabolique , avec les noms & IcsTur- 
noms de cinq cens foixance don/e Princes des Dé* 
nions , &: de fepc millions quatre cens cinq mille 
neuf cens vingn-fix Diables , fauf erreur de calcul, 
11 compte i?au légions les petits, &: en mec fix mil- 
le fix cens Toixante-fix en chaque lcgio^n,ajoùtanc 
leurs qualitcz & leurs proprietez. 

Il conFclFe même , qu'ayant trouvé dans le Ca- 
binet de Ton Maître Agrippa /« Ste^anographJe de 
Trithémius , avec les noms des Démons &. les 
prières dont il falloic fe ferviv pour les invoquer, 
il le transcrivit tout entierjd'oùBodin concliid que 
Vvier étoit lui-même un infî^ne Sorcier. Vvicr 
ctoit d'un tempérament fi robufle qu'il allure qu& 
quoiqu'il pailac Couvent quatre jours entiers Cviif 
boire Se fans manger , il n ecoit nullement incom. 
mode d'un jeune (i long <>■: Ci cxtraovdinaire. 

Ses Oeuvres imprin;éjs fo;ii , r^ ^corhuto. Be 
M'^ho lr£, ^ CHratlom e^ufJem» Meduamm oh fer- 
'vattcnutnlib. i. De DA):ionHrnpr&fiîg'ils &'mcanta-' 
tîonïhiis librî p'I, De Lamiis . ^'Llber Apologethus 
in ?[eudomach'i(im DimonumVn Traitez et c Virent s 
maladie populaire de U Vefiphalje , écrit en Alle- 
mand , éc traduit en Latin p?=j .^jnri Vvicr. 

Quanta Henri Corneille Agrippa f-^n ^^^ce- , . . - 
ptcur , il étoit natiFdc Nc:te.shcun dans le pays dc^'^J^ 
Cologne. Il fut Secrétaire de Maxi milieu I , Ca- de / •:» 
pitainc dans les troupes d'Antoine de Levé, Pro- Mfdl^, 
feHcur des Lcrrrcs faintcs à Dole & à Paris , Syn- ^"--^ 
die & Avocat général à xMcts , Médecin de la Du- 
chellc d'Anjou mcrc de François I. &: enfin Con. A-o/ di, 
fcilkr & Hiitoriographc de Charles Qiiint. U fuc^?"'^'^' 
l'homi-ne de fon^tcmos le mieux vci le en toute '""'""'• 
forte defciences. A l'âge de vmgt & deux ans iT^*^' 
expliqua publiquement le Livre obfcur de Reuclin 
De verbo mir'ifico. Il fyavoit parler huit fortes de 
Langues , & il entretint un conuiicrcc paiLiculi<;s. 



î^i. Les £lc(TCS 

avec Erafme , le "Fcvie d*Ècaples , TrlrhemiLîf r 
Capito , Melaiichthon , Se plufieurs autres fçavaiis- 
pei{onnagcs. Il Mourut à Lyon en 15^4. âge de 1 
quarante huit ans. Paul love a écrit qu'Agrippa i 
Me^" P^*-^ avant que de rendre l'ame fe repentit de s'écie 
^ia.m, adonné à la Magie , & donna congé à un grai^d- j 
chien noir qui l avoic faivi toute fa vie , lui otanc 1 
£?0* V»^^ colicr plein d'images & de figures magiques, 6C 1 
lovii' lui difant tout cmû de colcicAbiperdita beftîa.qH&- j 
me totum perdîdiBiy & qu'il n'cur pas plutôt achevé i 
j^ de prononcer czs paroles , que ce chien s'alla pré- ; 

«; \f;{,^cipiter da^s la Saône. Paul ^ove ajoiite , que cc'j 
». c» 5. ch.izn ne quittoit jamais Agrippa , ni la nuit , ni j 
le joar,& Vvier allure que cet animal couchoit en-» 
trc Aerippa & lui, & ctoic toujours dans {"on ca- 
^^^idé biner. Voyez Vvier, qtii prétend nue ce chien n'é. 
^;,o^. ^fjtoit pasun Démon-, comme P. love &: quelque» 
grands autres l'o^nt crû , & Naudé , qui juftifie Agrippa dtr 
- crime de Magie. 

*' Les Ouvrages imprimez d'Agrippa font , Ue- 

cccuUaVhilofophia, Declawanojqua docetumun" 
^Hftm cerîîquicqfiam n'ifi m Deîcloquits latere^Conj- 
fTtemarlaln artemhrevem Raimnndi LulU.Ltber d» 
triplîcîratione cognofcendi Ueum-Vehortatio à Thed" 
lùgîa, Gentilî* "Bxpoflulaîion cum Joanne CarilîmtOo 
DedamdUO de riohïlitaîe ç^ préLcellenù^ fexus fsenù' 
net. !tcm , De Sacramcnto maîrlmonîh Aitet de' 
peccato orlglnff^Uy De vlta Monajlîcd. Ve Inventions 
relîqulartim B. Antonîî EremitA. Regîmenfeu Anti- 
' dotA adverfus fefiem. ^pîftêlarumlibri ^^l. Ora- 

tknes X. Htfioriola de dtiplul coronatione Carolf 
flu'mti. 

Vvier prétend que. le quatrième livre de oecultn 

Jt^vUréis'Phïlo[oph'm vi2L pas été compofé par Agripp,i,&i 

r><e/?J^^. que l'on lui fait tort de lui attribuer cet O'uTrage, 

1* ^^V' 5quc l'on dit être la clef des trois prémi.n's Livres, 

& mêmes de toutes les opérations magiques , &C 

qui en cfFct n'eft qu'un ramas confus d'imper d- 

sences & d'imgiece^^- 



des h&mmcs S'çava>7s, 1^5 

THEODORE ZUINGER, de Baie, fur ^^^^^^^ 
femblablciTient un célèbre Médecin, il a ,„,Zi.»i»i 
donné au public plufieurs Oeuvres en la^^''"^' 
fcience donc il faifoir puofeffionrmais Ton 
grand Ouvrage , incicidé le Th?atre delà 
vie hiimalncy lui a acquis beaucoup plus de 
gloire que tous les autres qu'il a mis au 
jour.Er^nt à Baie > je jouis avec un cxtré- 
nie plaifir de Ton agréable converfation , 
6^ je remarquai en lui un efpiit fi poli, un 
fi ^rand Içivoir , & tant de candeur, que 
je fuis perfuadé que s'il eijt entrepris un 
travail plus digne de lui , il y aurolt nur- 
veilleafemenr bien reuiC.Mais il n'eût pas 
tant d'égard à fa propre gloire qu'à celle 
de fon beau.pere, & à rinclination de fes 
compatriotes , qui aiment extraordinairev- 
ment les Ouvrages qni contiennent un 
çrrand nombre de volumes. Il mourut à 
Bâle âgé de cinquante- quatre ans. 

TuEODORï ZaïN'^iER nâquic d'une ïim\\\<i ^^j^jcfi^ 
pauvre & abjedc ; car {on pcre , appelle Léonard , Mant, 
ctoit Coaroyciiu. Sa mère fc nommoic Chrétien-^'- ^t^" 
ne , & croit {"(rui de l.Oporin fameux Imprimeur. *'"• 
Dans fajcuncir- il quitta lamaifon de {on père , 
qui vouloir l'obligera ap^nendue {on métier , & il 
s'en alla à Lyon , où il demeura trois ans chc's un 
imprimeur , donnant à l'étude tout le temps qu'il 
pouv'oic dcrober au travail àz l'Imprimerie. En- 
fuite , il s'achemina à Paris , 3c y apprit la Philo- 



1 (^4 Les Elo^^^f 

fophie foas P. Rami\>. Ptii's il p-iiTa en îralic v & it^ 
eiemeura i\x ans à Padoaë , s'itrachant avec appli- 
C-icion à l'étude delà Médecine, Après quoi , il| 
retourna à Bâle . où il cnfe^'^ni v>rémierenienc la» 
Langue Grecque , puis la Morale ÔL la Politique , 
& enfin la Médecine. 

Son principal Ouvrage efr le Théâtre de la vAîure 
humaine , qui avoir été commencé par Conrard 
Licofthenes fon parâ::re , lequel n'ayant pu mettre 
la dernière main A ce travail , pria en inourant 
Zuinger d*y donner fcs foins & de Tachever, C'ert: 
ce qu'il fit avec tant d'ordre , 6c méthode , & de 
•fçavoir , que pendant fa vieil te fit trois diverfesj 
éditions de cet excellent Livre, qui depuis fa mort 
a reçu des aucrnenCarions très confiderables. 

Ses autres Oeuvres 'iipprimees font, }n artem 
^'ledlc'mahm Galenî fabftU ^ Comment arîi. In 
CuLerJ lilrum -, de eœftltuîiene art'.s TahuU ^ 
Cor/7Kcvf*.^.r'iî- Ii?fpccrails vlgintl duo Comwtnîarli 
Tp.h^lts tllufirati. G^'ic^is ecntextus ëi7:endatus. la- 
iinaVerfio Cor/:Ari inni'merh locis correcia- Senteri" 
ttéi Injlgnes per locos tommunes dtgeftA, Thyjiologîa 
Medic^r. Methodt's rufilc/^ Catcnh atque Varroith 
prAccptts n'.i'horîjiicîs fer ioccs communes dlgefiîs y 
iypt edeliruata- Çonfilia CP Epiftola Medica. Ta- 
huU perpetHA-, qiu Comment arll loco ej[e pojlunt m 
Anflotelîs Ubras dis motlhm ni l^'comeit hum y cum 
J^rgTtmentis Injlûgula capita ^ Schdlh, ^imllltH- 
dhuir.7 Methodus. Methedus jipodcmîca,. Morui?t 
-FhilofephJa To'étka. In Jrtflctelti Folitica Scholîa. 
Somnlu*}-; ^fl,urîleîim> De }ii^tortA. Eufebii Epifcop» 
Opéra TatTidu tllujhata. 

Il laifîa uii fils nommé Jacques 3 qui Fut auflî- 
b4cnq'ic fou père Docteur en Médecine. De ce- 
Ju!-ci naquit un autre Théodore , qui exerçais 
charge de Minière & ^e Profcfî'eur en Théolo- 
gie V &: qui fut pcre de lean , lequel enseigne la- 
Théologie à Bâle avec beaucoup d' applaudi Hé- 



^es Hmmnes Scavans, i 6 r 

BERNARDIN TILESiO,de Corfcnze, 
fuç préi-niércT enc inaruic par Aiuoinefj'j;- 
• on oncle, qui étoîc un cclc4M-e Philo fo- 7-.v"/«/. 
.^he,^^- enluiee ayant fui: des prorrrcs plus 
.'onfiderablesà PaJoue , il alh^à Rome 
lans le temps qu'elle fut pillée par les El- 
>agnols , 15c dans ce dcfordt e il courut de 

rands dangers , & fut dépouillé de tous 
is biens. Etant en cette ville-là , il corn- 
lença la Philofophie qu'il a donnée au 
ubliCi de Payant communiquée à tous les 
ommes dodes qu'il pouvoir connoître , 

l'auguîenta de jour en jour. Son rare 

avoir Joint à la candeur de fes mœurs 
on feulement lui gagna Peftime de plu- 
:urs Grands de centre Cour , m lis mêmes 

lie du Pape Paul IV.qui voulut lui don- 
îr PEvcchc de la ville de la naiiîàncc , 
l'il rcfufa en faifant pourvoir fon ficrc. 
:piiis étant retourné à Cofcnzc , il s'y 
uia , &eut des enfans qui lui rendirent 

derniers devoirs lorfl^u'il fut dans un 
c avancé , car il mourut dans fa foixau- 
i5» dix- neuvième année. * 

^ D D I T i yr. 

ERNARDiN TiLEsio croîc tics fcavant ^.m^imptr,-^^ 
vlaihc'.iucicjiics , & fur tout en Optique, & y a^'^- A/«- 
ie fait beaucoup de nouvelles dccouverces. /*""''• 
s ilcxcellaprincipalcnu-c dans la connoilTancc^'-'''' 
i Pluloropliic,&: ïi le rendu famaix dans U Rc- 



2 65 ^'-^ ^'^g^^ . ... 

p.;biiou- des Lettres par ,les beâiix Ecrits quil 
compofa contre h doadned'Ariftotc.n eut cette 

{anstaction de voir que pendant fa vie il s établit 

,.. ; à Napks une Académic.dans laquelle on enleigna 

^tu {aPhilofochle. Il mie au ^our deux volumes des 

dlo:^. Principes des chofes naturelles., & quelc|ues au- 

^A^olU, fi-es Traitez de Phyilcrac. Aniouie Tuclio ^on 

oncle croit aulli un hom.r e d'an grand fçavoir,«C| 

il a donné au public plu lie ui s Ouvrîges en Frofc 

& en Vers. 

Sp^ro SPER.ON SPERONE enfeigna pcn-, 

Sfmntui ^^^^ foixame 6;: quatre ans la Phiiolophic 
en Italien au Collège ck Padouc. Dieu a- 
voit comblé cet homme d'une infinité dt 
dons de la nature & de lafortune^dont ur 
feul peut rendre une pcrfonHe i écomman 
dableicar Antoine Riccobon célèbre Pro 
feircuren Eloquence dansl'Oraifon fune 
bre qu'il fît après la mort de Sperone > 
loue de la nablelTe de fa patrie^de la fplei 
<ieur de fa fanMlle,de fa dignité de Clicvî 
lier 5 de fon opulence, de fa fanré vigoi 
teufc, de la force de fon corps , de l'exce 
lencc de fon efprit, du talent qu'il avQ 
pour bien parler & pour écrire avec él 
oance 5 des connoiffances qu'il avoir ai 
ouife dans la Pvethorique , dans la Poc^ 
que , dans l'Antiquité , dans la PhiloH 
phie, dans les Mathématiques^ôc dans PF 
criturc fainte, & enfin par fa merveilleu 
prudence , qui fembloit deviner Pavenii 
^ qui Pavoic rendu tres-agréablc à beat. 






j^ • des Hommes Sçav^s. i ^y 

coup de Princes , de la coiiverfiUion dcf- 
qiiels il jQiiîc pend.uu fa longue vie avec 
beaucoup de li berce. 

A D DITIQ N. 
^l'F.RoN SrERONE ttoic «acif de Pndouc & 

Ilulics dcfonn.xle, & il m- mérita pas moins 4^4"- 
cflurc du pabhcparù candeur, par fa p'rudcncci 
fc pai- fa vertu, c]uc par la b.-aucc de fon ecnic par 
on c.oqucncc , & par fo:i crudirioa. 11 n'y eut 
ama.s d homme qui fur li f^avanc en tant de fcicn- 
:cs C ctoit un Poccepoli , un Orateur cloquent, 
111 1 hilofophe protond. Il étoic trcs-vcrûi dans le ^''^• 
Jioit , confommé d.ins la Thcoloirie , &fcavinr ^'"'' • 
ians toute forte d'Hiftoircs & d'Antiquit'ez ' 11 p'^ 
•cr.voit merveiilcufemcnt bien en Italien il cfl * 

•.dhmepar ceux de Pacioue qu'il lui donnent le 
omdAnllote, d'Homère ,& de Demofthenc 
Is lui er.gcrent mêmes une ftatuc de marbre dans 
c l a a,s. te Te/îc a écrit en quelque endroit de 
es Ouvrages, qu'étant à Padoue, il vKitoitavec 
tll.duiteSpcronSpei-onc, &que la chnmbrede ce 
.imcuxPh,lo;ophclui reprcfentôit le Lycée , où 
;ocracc & i-laton avouent accoiuumé de difputcr 
V d cnfcigncr leurs Difciples. • 

Spcron bpcronc fut envoyé à Vcnife par fes 
onctovens, & il y acquit tant de réputation , que Tù^.rr 
arfqu ,lparlo,tdansJe Sénat les Avocats &: les ju-^'^^^^.*. 
;cs dcfcrtoient le Barreau pour être fes Auditeurs ^""^• 

On dT qu'étant à Rome il fut intcrro.ré par 
uclques Cardinaux , qu'elbce qu'iUalloit enten-n.m*, 
le par ces lettres que lV)n voyoït -ravées fur la/'"»' 4^^ 
ortc du Palais du pape , M. CGC. LX. H icpon- 
'C, vjulncœci CtrdÎKales crearum Lccnem \Uci- 
;;r77,,pnrccquccc Pape cro,r encore ncp 'ciinc 
^••iqu i\ fut eieve a cette charge impoicaatV 



stîS Ln Eloges 

Spei-on Sperone mo-iru: d'ans le 4:ommenccment 
4e Li quatire vingt & ncaviéme année. 

Ses Oeuvres impnmées Conc , Frima ér fi ^o^'^* 
tarte de Dialoghi. Apdo^'ta delU prhna parte de 
DIalorrhî- OrnùonlD'fcvrfi delUprudeû-La de Prea- 
dpi. OolU Miiiz.ïa. In Iode delta Terra, iotra le 
fn^enz^e , che non fi ficci troppo , à ccncfil tejhjjo. 
DeW Air,cr dife neJ[o. Dell Elo^jtenx.^ lol^are Dd 
hittareï figlluoLi Dialogo délia cura familtare. 
ZfpcfiUcnedeU'OrazJcne DomenicaU Lettsrejami^ 
gliarl Canace Trageâia. Lcz^îoni tecna i7J difejit 
delU Canace. Apoiogia. CompofirJioni diverje. Va- 

I. XUtt, liaauiri laifTe quelques Difcours & piufieurs 
Tjfctt poclies Italiennes qui n'ont pas vu le joui, bes 
i^ P-?/Opriiîcioaux Ouvrages font fes Dialogues , qui onc 
P''"" été traduits en pludeurs Langues & fouvent im- 
'*' primez, & (a. Tragédie iutiruiée Canace , au juge- 
ment de Jean MatihsusTofcanus. 

Uurr;,^ AUGER F E R R I E R Touloufain 

/^^rrm*; exerça la Médecine avec beaucoup de ju- 

2;cTnent& de bonheur.non feulement dans 

ion pais, mais auffi à la Cour &:en Itilie, 

où il alla en la compagnie du Cardinal 

Jean Bertrand Chancelier de France. A la 

connoilFance que Ferrier avoir de Tare 

dont il faifoit profeflîon il avoit ajouré 

celle del'Aftrologie & des autres fciences 

qui font inconnues à la plupart des Sça- 

v?.ns. Jules Scaliger,la plus grande lumié- 

'- xe de ce fiécle^avolt tint d'eftime pour lui, 

que ni dans Tes études , ni dans fes cures 

difficiles des malades qu'il traitoit , ^ qui 

ctoient attaquez de maux longs , il n'en- 

tiçipre- 



|t âcs Homynes SÇi^vam, k;^ 

^Tcpr-enoir rien fans L'avoir auparavant co- 
iwXié. Fcirier ^ Bodin l' Auteur du Livra 
delà Republique s'ccoienc engagez dans 
une difputc qu'ils traitoienc avec une ai- 
greur indigne des. gens de Lertrej,&ce fit 
dans le temps que Fcrrier écrivoic contre 
fon Advcrfaire, qu'il fut alî'aiili d'un mal 
aux intertins, qui l'ota du monde , après 
qu'il eut vécu foixante^Sd quinze ans dans 
une parfaite faute'. 

^ D D / r 7 O N. 

AuGF.R Terrier , comme l*a éciic S. Marthe , ^"^'^'^ 
fut undespUis célcbrcs Mcdccins de Ton temps. ^, ^'"'T 
Son pcrc , qui ctoit Chirurgien de piof.fTion r^jj^.^/; 
txcrçoic à l'exemple des anciens Médecins l'anc itColi^m 
&: l'autre pairie de la Médecine. Et ce fut fon^ la"*- 
conduite & par les bonnes ifillrudions d'un G. fca, 
vaut pcre que le fils comn.ença de bonne heure à 
fervir fon pays 6c fes Concitoyens. Cat à peine 
eut il atteint l'âge de fon adolefcence,qnc les per- 
fonncs malades commencèrent d'imnlo-er le fe- 
"Cours de fon art. Et comme il bi-ûloic d'un ardent 
dcfir d'apprendre & de tenir c]ueK]ue lan^r painu 
les Doéles, il ne fc contenta pas de la fcicnc. de U 
Wcdecinc , il s'adonna fcrieiifemcnt aux M.nhc- 
maciques, & y devint plus habile & plus profond 
cjuc pas un autre de fon /ieclc. Ce qui n'empc- 
choit pourtant pas qu'il ne rci.dic des vifitcs alli- 
duésàfes malades. Mais ce qui faifoic beaucoup 
pour Icurfoulagement , c'eft qu? fi»r fon vifacc, 
aufîi bien qu'en fcs paroles & en fcs .i£î:!on^, il f.:i- 
foit toujours paroître je ne fyai quelle gaycté d'ef- 
prit, qui Icfaifoit toujours fouhaiter de ceux qui 
î'avoient vCi. Ces émincntcs quaiicez le firer.: coa- 
Tome I L H- 



lyo Les Eloges 

noicre à Te an Bertrand Chancelier àc Trnncc , tz 
depuis Cardinal , & même ce fut à fa recomman- 
dation que la Reine Catherine de Medicis rétine 
Ferrier pour fon Médecin ordinaire. 11 ne lailla 
pas toutefois d'accoinpao lier ce Car^-^inalfonhien- 
taidlcur au voyage qu'il fit à Rome i voyoge qui 
fervit infiniment à augmenter la réputation que 
ïerrier s'étoit acquife en France par la publication 
de plufieurs doâ:es Livres & par les foins extraor- 
dinaires qu'il apportoit dans la pratique de la Mé- 
decine. Car toute l'Italie le reçût avec de grands 
honneurs & de grands applaudillemens , après 
lefquelsil s'en retourna en fon pays tout comblé 
de gloire. 
%CAh* )ofeph Scaligcr allure que Perrier excelloit non 
'*^* '* Seulement en la fcience dont il faifoit profefîîon, 
mais encore en la Philofophic & en l'Artrologie 
judiciaire. 

Ses Ouvrages imprimez font , Ver* medendi \ 
Methcdus* Caflîgationes pra^lcA MedicînA. De Tu- 
dendu lue fjijpanica De Radiée Chln^ liber , quô 
prohatur dtverfam ejfe ab Apio, T)e dîebus decreto- 
riis } fecundUm Pythagcrtcamàocirinam > (3* Afiro- 
ficmtcam obfervaticnem. Liber de Scmniii Hifpocra' 
fis de Infomniîi liber. Galeriliberdelnfcmniis. ^yne^ 
fii liber de Infomniis» Traité de U Pejie- Traité des 
Jugemem Afircrjonùques» Ai'crtijferr^enî a Jean Bo' 
dîn fur le quatrième livre de fa Republique, Aver* 
fixement fur la L. Dûrausff. De Légat, i . 

^mui, JEAN DORAT naquit à Limoges5 
qui fut aufTila pairie ile Jean Maludan^Jc 
M. Antoine Muret, & de Sinnon Dubois, 
perfonnages illuftres pnr leur fçavoir. Il 
fut premièrement employé à inilruire les 
fils du Roi, Se enfuite Ion grand efprit & la 
parfaite connoiilance qu'il a voit de laLan- 



I 



des HoTnrnes Sçavaris, iy\ 

giie Latine & de la Grecque merîterenc 
qu'on lui donnât la charge de Profclïciic 
au Collège Roy al, laquelle il exeixa long, 
remps. Ec enfin ayant renoncé aux fon- 
<5tions de fon emploi , il jouit d'une peu- 
/ion qui lui fat payée jufqLi'à fa mort. 

Il excella en la Poëlie , & il prit tant 
de foin de fes Ecoliers , quils y firent des 
progrès très confiderables. Carileftforti 
de fon Ecole un grand nombre d'excel- 
lens Poètes , & fur- tout ce rare ornement 
de nôtre fiecle Pierre Ronfard, qui rccon- 
noiffoit avec beaucoup de gratitude, qu'il 
devoit à fon Précepteur tout l'efprit 5c: 
toutes les grâces que Ton pouvoit trouver 
dans Çts Ouvrages. Or il cd: certain qu'ils 
ont égalé tous ceux des Poètes qui ont 
fleuri depuis le bienheureux fiecle d'Au- 



gufte. 



^ Dorât mourut a Paris âgé de quatre 
vingts ans. Et ce qui diminua le regrec de 
fa perte^c'efl: que la vieillelîc î'avoit rendu 
i incapable de toutes les fondions de fa 
jcharge , & que d'ailleurs la guerre civils 
avoit chafic de Paris toute la jeunedè. Ou- 
tre que comme il fembloit n'ctre né que 
pour avancer les études des autres, & pour 
avoir foin de leurs intérêts, il avoit négli- 
ge les fiens , & il fe trouvoit réduit à une 
déplorable nece/îîté. 

On trouve un Recueil de fes Pocfics , 

H ij 



171 UsVÀn^s ^ 

qu'il n'a pas lui même données au public^ 
comme le tirre le porte , mais oui onr hi 
ramailees par les Libraives,qui d'ordinaire 
facrifient larépuiaûon des Auteurs à leur 
propre intérêt. Parmi ces Vers il y en a 
plufieurs qu^il a faits à la vericé,mais qu^il 
n'eût pas avoué pour fiens. Or parce qu^il 
Importe, tant pour le bien de la Républi- 
que des Lettres, que pour la gloire de ce 
grand homme , qa'on revoye les Oeuvres, 
nous efperons que Scevole de Sre.Marthe, 
que facandeur, foi intégrité, fa rare éru. 
dirion, 6: fon excellent efprit m'ont ren- 
du extrêmement cher , fe chargera de ce 
foin. Et comme il a été l'intime ami de 
Dorat,donr il a fçû les penfées les plus fe- 
crectes , il ne faut pas appréhender qu'il , 
veiiille faire paroîtie fon efprit en corri- • 
;eeant les Oeuvres d'autrai avec trop de 
liberté 

Ç^^T. Te AN DoRAT eft le premier qui a introduit. 

j^UifoL les Anagrammes en France. Il eftimoitfort les 

£^o^t«. Centuries de Nollradamus , auxquelles il a don- 

'fY' R^ plufieurs explications qui furent confirmées pac 

%^i^,, révenemeRt, Sur la finde fesjours ilépoufaune 

fille de l'âge de vingt & d^ux ans ; & comme les 

amis lui rcprochoient un amour qui leur fembloit 

hors de faifon, il rcpondoit que cela lui devoit êtrji 

permis par une licence poétique. Mais, lui re- 

piiquoitat-ils,ri vous vouliez oalfer à un nouveau 

maiiagc , pourquoi n'épcaiîtz vous point une 



ics T-Iommes SçoTjans, ^ v ^ 

Vjc'rlle femme ? C'eft , diroir-il , que i'al miesar 
aimé qu'une épée nette & polie me perçât le cœur, 
c]Q*m-i Fer rouillé, il avoit la taille petite, mais 
l'cTprit <^rnnd. Il écoit honnête & libéral , & j1 ne 
faifoit pas plus de cas de l'arrrcnt que de la boue , 
ailuant qu'il n'y avoit point cle plus fachcufe ma- 
ladie, que l'amour des richvlîes H prenoit un ex- 
ticme plai{ir de traiter fes amis , & il conferva un 
enjoument très- agréable jufqu'à fa dernière vieil- 
kllc. Il acquit tant dcrcpuration par fes bcaur. 
Vers qu'il mûrira le noni de Veindure FtanfoU»^^^' . 
lio-cr dit qUii c'écoit un Pocre ires poli , mais qu'il 
étoit fanrafque, falc, mal propre, & qu'il coupoit 
routes les marges de 'on Burtol. 6: s'en fcivoic 
pour écrire. 

lia fait p'.us de cinquante mille Vers Grecs ou 5f«r;^r- 
Lati^s donc on n'a imprimé que bien pcu,{"çavoir,r^»<i. 
Pc'èm^tHmllhrt ^.'Ep'igmwmAtumlîhrï 5. Anagrum- 
viatttm l'tb. I. Viir.erum Ub. l . Odarum lib i.Ephha' 
larmomm lïbr't 2,. Var'iorHm l'tb. i. Hlfpolytus Etm- 
pid's Cf rhocyl.ià&i carminé redditl. Argumenta tn 
omnei^ Ffalmos Jtnguits dijiichJs. com^rehenfa. 

U V a a'jHi de lui, Efitarhes en L^in ^ en Fran* Elbll't, 
çoi$ , fur le tombeau cC Anr^e de Montmorenci. Epim ' '* 
thaUmefur le mariage d'Henri de Lorrftine Dhc ds 
Guije Ô* ^^ Cathcr'me de cUves., 

Annie i jS9,. 

FRANÇOIS ROALDES, né à Mii- J^^^"'-'/"- 
filLic pC'it: vill.igc du Roucrguc, étoit un^^/î^^^ 
homme éti^ilemenc rccomvnaniible par fa 
picré, pal* l'i^indeur, (^c par Ion fçavoir. Il 
cnfcit^na le Droit à C.iliorsavcc Antoine 
Govea, puisa Valence > oùj'écudiai fous 
lui 5c Tous Cujas tpi ayoit accoutamc de 

H lij 



174 ^^^ Eloges 

i*appeller un liciie magazin de routes les 
antiquitez les plus abftrures;& les plus di- 
fîciles. Enfin ayant été appelle à Touloii- 
fe par J. Etienne Duranti , il y enfeigiia 
long- temps la Jurifprudencc avec beau- 
coup de gloire. Il ne donna aucun Ouvra- 
ge au public; & il a mieux aimé communi • 
<5uer fes lumières aux autres, que de fe fai- 
re cônoître par Tes propres Ecrits-jCar il cil: 
certain qu'il ctoit continuellement occu- 
pe à repondre de vive voix & par écrit à 
plufieurs queftions difficiles , que les plus 
içavans hommes de fon /îecle lui propo- 
foient tant fur le Droit, que fur les fecrets 
de l'Antiquité. Enfin la douleur que lui 
caufa la mort deplorr>ble du Préfident Du- 
ranti, fon illiiftre & fon cher ami , l'acca- 
bla de telle façon qu'elle l'ôta du monde 
ctint âgé de plus de foixante & dix ans» 

En mourant il dit qu'il n'avoit que ce 
fen.l regret, d'avoir palTé une partie de fes 
jours dans une ville, pour laquelle il avoir 
eu toujours de l'averfioujcomme fçachanc 
qu'elle étoit ennemie des bonnes Lettres, 
& d'y rendre fon deiuiier foupir après y a- 
\ou été fpedlareur du cruel maflacre de ce 
vénérable Prefident. 

^ D D ; r / o N. 

t^toget de 

^u'd\a ^^ AN COI S Roaide's , Tuivant S. Marthe , nâ- 
XlrÇiiHit^^^ à Rhodes, où il fat indraitdans les premiers 
t^llmu âsjlîeûsde^ tertres par les charicables foins d'un 



des Hom??ies Sçavans, lyj 

bon Fcclcfiaftique. Delà il fut conduit à Tou- 
loafc , où , quoinu'il Fût encore jeune , il ne laifTa 
pas «i'.ippliqucr fcricurcmcnt fon eCprit à l'ctudc 
de la Philofophic & à la contemplation des fecrets 
de la Nature. Et comme il Ce tut rendu fçavanc 
dnn<î ces belles connoiflances, il embralla la lurif- 
prudence & tout le Corps des Loix,mais avec tant 
'de Fruit & de réputation, qu'ayant quelques années 
après reçu dans l'Univerlité de Poitiers le bonnet 
deDodeuren Droit par les mains de Robert Ir- 
lande fameux Profcflair de fon temps , bientôt a- 
près il fut honoré de la charo;c de ProfelTeur en 
Jurifpiudcnce. Il d.diale relie de fes jours à cet 
exercice laborieux , qu'il continua dans pluficurs 
Univeilirez de France, qui toutes demeurent d'ac- 
cord que jamais homme ne"difpenfa plus librement 
que#ii les threfors d'une dodiine admirable, & 
n'apporta jamais plus de foin dans l'inflrLidion de 
la )cunelîe. Aufli ctoit-ce pour cela tjuc je croi 
que Dieu l'avoit rcfervé. Car comme il croit en- 
core dans le berceau , il avint que lapefte s'étant 
gliflée dans la maifon paternelle , & lui ayant en- 
levé fon père & fa mère avec toute leur famille, 
ce jeune enfant, courre re'per.ince dctoutlevoi- 
finage , fe vid feul miraculeufemcnt garanti de 
cedefaftrc. ^ S^^/^e- 

Scaliger dit, que c'étoit un excellent Tutifcon- r<i«a i. 
fuite. Et il fut (î eitimé par J.Cujas & par F.Hotto- 
inan,que ces fçavans perfonnages n'étant pas d'ac- .' ^'"'" 
cord far l'explication de la L.frater afrarre.jf. De 
condiH. mdebîti -> le choifirent pour arbitre & pour 
juge de leur différend, comme étant pcrfuadez 
qu'il n'y avoir point d'homme qui fut mieux verfé 
que lui dans la connoilfance de l'Antiquité, ni 
dans l'intelligence du Droit Romain. M, de Va- ^^**'' 
rillas a remarqué que Roaldes infpira la creancef ' ^t^'^ 
desProtcftans à laplupart de la ]cuncfle qu'il in- j'g '* * 
ftruifoit dans l'Univcrfité de Cahors , & que 
{"on Auditoire fut devenu la pépinière de cec- 

H iii; 



*7^ tes Eloger 

ta Religion , fi l'on n'eur oblige les pc'res de 
iSs Difciples à rappeller ieurs enfans. 11 y a de 
I^oaldés des Annocationsfur un Dif cours des cho- 
ies mémorables avenues à Cahors en 1498. 6*: ua 

C^'r/y?6- ^^^^^"^^ ^cs machines 6v artilleries du tempspallé.. 

pborus, 

Mi^tinm. CHRrSTOPHLE PLANTiN , Tou- 
rangeau, après les Manuces , les Etiennes^ 
les Frobens, & les Oporins , a étc l'un des 
Imprimeurs qui a été le plus utile à la Re- 
publique des Lettres , par une infinité de 
Livres qu'il a dônez au public,& fur- roue 
par l'édition de la Bible , à laquelle il tra- 
vailla fous les aufpicesde Pliilippe IL Rai 
d'Efpagne , fur l'exemplaire de Compare,, 
mais avec beaucoup plus de foin & d'éle- 
gancc. Mais cette édition lui fjt auffi pré- 
judiciable, qu'elle lui fut glorieufe; car les 
Minières de ce Monarque ayant voulu 
exiger avec une exccffive rigueur les fouî- 
mes qu'il lui avoir prêtées , ils faillirent à 
ruiner Plantin , qui étoit d'ailleurs accci- 
blé de debtes. 11 vécut foixantc ^c quinze 
années, & mourut à Anvers. 

B î/\i^ Bien^uc Christophle Piantin air acquis 
/.fnr. tf une grande répucacion par l'intellig-ence de fun arC 
,, £p^ û: par 1 impremon de pluneiirs beaux Ouvrages , 
^^, & fur tout de la grande Bible , néanmoins , s'il en 
faut croire Balzac, il ne fcavoit pas la Langue La- 
tine. A la vcritéil faifoic femblant de la fçavoir, 
le fou ami fuftc Lipfe lui garda fidellemcnc le fc- 
Ç^ec jwfou'à iâ iBort. I^l lui ccrivoit des Lettres ee 



des Hommes S çav ans» 177 

Hatîn, & dans le même pacquet il lai en envoyoit 

rexplicacion en Flamand. Si ce que dit Balzac eft 
vcxitable , il s'enfuit neceflairemcnt que plulicurs 
Picfaces , qui paroiiîent fous fon nom à la cêcs de 
quelques Livres qu'il a imprimez , ne font pas des 
Ouviages de fa fayon , & qu'elles ont c'cé compo- 
fccs ou par Lip'e ou par quelque autre de fes amis. 
Cependant Plancin faifoit tout ce qu'il pouvoir 
pour tromper le public & pour lui faire accroire 
qu'il avoir de l'éruditionrcar il avoir ramaiîe une 
grande & belle Bibliothèque , qui eft confcrvé a- 
vec beaucoup de foin par fes héritiers. Et il fçMt C\ 
bien cacher fon ignorance, qu'il palîa pour un fça* Oùî, 
vant perfonnage , & que plulicurs le comparent^'» «^^ 
[ de même que M. de Thou ] aux Etienncs , les^""'/ 
plus dodes & les plus illuftres Imprimeurs qui fii- J/'A" 
rcnt jamais. Arrias Montanus avoir fait ces qua- 
tre Vers à fa louange :. 

g^«i, Plantine y benof hoc tempore jujferut art^s 

Crefcere > te 'fujfit pr&la parère Deus. 
Omni» '/Ci-^^èi i injmt ^ doiiorum fcrtpta mane' 
bunt' 

HéLC prîus eyj.cudat dummodo Chrîjloplyrus» 

Au reilc, M. de Thou a écrit dans l'Hiftoire ^cT/g«vtmt 
îz. vic,qu'cn l'année 1 57^. il fut à Anvers chésPlan-** ' ^P^" 
tîn , où il vid dix & fept prcllcs qui rouloient,'^''*' ^* 
quoiqu'en ce temps là ce fameux Imprimeur fût ' 
incommodé en fes affaires. Guichnrdin , cité pnr 
M. Bailler, dépeint l'Imprimerie dePlantin com- 
me une des plus rares merveilles de l'Europe , &Z 
qui ctoit unique en fon efpece.Lc bâti ment enétoit 
fi magnifique qu'il pafloit pour le plusbcl orne* 
ment de la ville d'Anvers , au juqcmcnt du même 
/ utcur. 11 dit qu'on y voyoit tant de prelles , tant 
de car.\(5lcres de toute forte de grandeurs & de fi- 
rures - tant de matrices à fondre des Lettres, tant 
d indrumens faits à pla (ir, ù tant d'autres com- 
inoditcz, que leprixde tout cela fe monioit iàe.% 



178 Les EUges 

ComiBcs îmmenfes, & compofoit un jiiftc- threror. 
I)*auti'eson dit que fes cara£lercs étoicnt d'argent, 
aufTi bien que ceux de Robert Etienne i 0,ue fes 
Corredeurs ont été Vidor Gifelin , Théodore 
Pulman , Antoine Gesdal , François Hardouïn, 
Corneille Kilien , & Irançois Raphelenge , quife 
font tous fait connoitre par les Livres qu'ils ont 
publiez 5 & qu'à l'exemple de Robert Etienne il 
cxpofoit en public fes épreuves promettant mêmes 
des recompenfcs pour chaque faute qu'on y trou- 
▼oit. 

^o.nHé^ JEAN STURMIUS , célèbre Profcf- 
Siurmius feiU'en Eloquence natif de Sleida , qui fut 
auffi la parrie de THiftorien Sleidan , fis 
conncîrre par fes dc£Ves Ecrits qu'il excel- 
loit en fon art. Il enfeigna long temps la 
jeunefTe à Strasbour^jOÙ il acquit la répu- 
tation d'un homme fage &c fçavant. Ayant 
exercé fa charge jufqu'à l'agc de quatre 
vingts ans ôc au de-là , il fe fentit incapa- 
ble d'en continuer les forrâ:ions , de il ob- 
tint des Seigneurs de Stras bourg que fa 
place fût: remplie par Melchior Junius foo 
Difdple. 

ji DD IT I O U> 

talcoT ÎF. ^N Sturmius ne fut pas moins recommaitf 

jPrcfcp r ^sble par fa vertu & par fou habileté dans les afFsi- 

Me/ih, res que par fon éloquence & fon érudition. Après 

Aum, ^ avoir exercé l'Imprimerie à Louvain , il s'en alla 

JT^'/**' ^ '^"^» ^^ ^' ^'^^ honoré de la charge de PEofefleur 

^^ ' Royal : mais ayanc été obligé de quitter la France 

à caufe de la Feligion > il s'établit à Strasbourg, 

loù il s'acquit reihm.. & l'amitié" du célèbre Taques 

Siurinius , auquel il perfuada de travailler à i'c- 



des Hommes Sçav^ns, 1 7^ 

tabliiTcrncnt d'une Académie dans cette villc-ià. 
Ce qui ayant ccc heiireurcmcnt exccutCjIcan Scur- 
mi LIS fur faic Redeur de cctce Académie. Il s'ac- 
<]uirta depuis avec beaucoup de gloire de diveifcs 
/\mb4nadcs qui lai furent commifes , & il afliita 
à pia(icuL-s Conférences qui fc firent pour termi- 
ner les diiferens que h Reliçrion avoir caufcz en 
Ailcm.igne. Enfin ayant enleignë rcfpâce de cin- ^nf^p, 
quai-Kc Si un an A Strasbourg;, il y mourut dans fa '* ^■'"'• 
quAtrc-vingriéme année. Il fut clHmé le Ciceron, gr- n 
le Platon, &: T Ariftore de ce (lecle, le reftaurateur cholii. 
de Ptloquencc C': des belles Lettres, en Allcmafrne, Chro», 
&^ il n très b.cn mérite de la Republique des Lct- /['k^'-- 
trcs par un grand nombre d'exceilens Ecrits en '"'^'^*^''** 
Profc & en Vers 5 mais fur-tout par fon Livre in ^^j 
ncule Parthlones DUleB',c& , don: les gens do6^cs 2. Bibliô, 
io[-\i beaucoup de cas. On eflimc aulïi extrême- g' ''/>^'<'t 
H'Cnr Tes Notes fur la Rhétorique d' Ariflote. C'niof^. 

Duza parlant de Sturmius dans une de fes Epi- ^'^'^f-' 
grammes lui donne cet Lloge : i6<$7, 

î^[e qui G raid. Duyi 

LilrarU unm infiar at^ne Romane efl. ^ 'gr, 

CiceromanoSturmir^ porens sre. * ' *î 

Ses Ocuvces imprimées font , De T.'t ter arum 
Ittdls recie aperierJ'is. Dj amijfa dicendi ratione 
'Parntloniifn Diale^lcartim llbri l J l- In Partitiones 
Oratorios C'icercnU Vîaloo't 1 V. Luclfic ad Joach. 
Camerarlum •> tum Ep'ttaphiU J -ap'tdi, EpiJiolA 
de dijfuîJo I ^erictdojue GermdnU ^ de Emeuda* 
tîone Ecclejî&. PrAfatie In quofdam Platonis Blalogos» 
Comment' in Orationem Ciceronts , de Arftfpîcum 
'Refponfis. Emendationes m Orationes & Rhetorîco- 
rum libres ômnes Ciceronts. D^ perîodîs lihetlf^, 
Hohilîtfts lilterata Vita Senti Rhe?iani. Oran'o 
fti7ïebris in obîtu Jacobi '^turmij Comwentarlolus in 
JF.fchlnis c3^ Demojihenis Qrat'ûnes contrariai. D^ 
Educatione Prlnc'iplurn. l^e SolHîtate Aiigllcan^. 
Scholia in primuw Llbrum PoUticorum Arijiotelis» 
Scholia in Orationes Ciceronis^ro ^àmio , ^ro ^Q- 

H vj 



t9o Les Eîoaes 

fnBfuti, fr^Cn.fUncîot pra C.Rahî^o Pofihumo, 
in Bivinationem coyUra Verrem, m i.'é^ i. Thilippi' 
fftm. Viaîogi in jinjiotelis Rhetcrîc/im. Refclutlô 
Operum CUeronU- Bpijlola z. de vi^cria ChrijUa." 
oorumad Echînadoi. Epijiola confolatoria ad Fahri' 
cm fratres, Epificla de tnQrte Zrafait , Eplfccpl- 
jirgenttnenfiS' jinflotelîs Khetorîca m Linguam La^ 
tham fonverfa , ^ Scholiisexplicuta. Vrolegomena 
in varios Aucîorcs. Pr^fat'to in fcripta qus,dam de 
Cœn^ Domini. Hermogenis Parfitionum Oratoria' 
rum lîher illiiJiraiti'S, Hermogenh de ratione inve-^ 
Tiîendï oratoria , libri I V. ^ Ithri de dîcendi genc 
rihu4 Latinltate donati » cum SchoUis. Dîfputatto- 
nes Logic A- LîngUA LaiinA refolvrndA ratio. De 
Imrtatione Orntorîa.-i itbri très -, cum Schclîis. De 
fiatihu^ c au f arum civilium. Vnlverfa doSirîna Her- 
mogentSt Comfn^nt-inCîceronnTufculanami. Conr 
ftlatoria Epijîola ad Bernardnm Botx.eimiHm.Oratio'^'- 
nés fur^bres l l. Val'modîa ad Lucam Oji^^ndrum. 
Invectiva contra L. Ofiandrum fous le nom d Her- 
maa Starmianus. Antipappi î 1 1 y contra Jo. Va- 
pum. Très partes priorfs Anttpappi quarti. i Com- 
mmitio. 1. Antiprccemium. 3. Antofiander pro eX' 
teris Ecclefiis , (^ pro Synodo Keapcli Palatiûi. Epi- 
jiola Apdogetica contra Jac Andream. Epîjiola 
EtickxrijVica amhrofia ad J- Tapputn. Coafejfio 
Auguftana Argent inenji s. Epifiolarum Eucharijli' 
c arum libri l. Epijiola 4. Epifiolarum Eucharifiica' 
rum libri i. Epifiola fecurhia. De cognitione Lingua* 
rum noflri [acuU* Fhyfica. PhitofophiA Naturalis: 
The mata verfibpts. EpifioU claffiCA. Neanifci. Le^ 
ges y ordo , c^ exeycitla SchoU LavinganA. De-' 
univerfa ratlcr>t Elocutionis KhetoricA libri IV. n 
Verrtriam Orationcm Ciceronisfextam. Rhetorica, 
UttÇji7V!^>}criç. ComiKentarij in Arîem Pc'èticam 
UcrAîi'j. EpilhU 1^ Gratienes variA> 2t)slitutiones- 
litiertitA De bello adverfus .Turca4 perpetuo admi» 
nifiratido. 
U y a eu un autre f^avaut homme nommé-: 



Jes Hommes Sçavans. i § r 

ÎËkN SruRMrus , natif de Malines , qui fut Me- ^ . 
decin & Piofcflcur en Mathématique à Louvain , J^dT^ 
&qui a donné au public les Ouvrages ruivan<; ^E'M,' 
Vie Rofa Herachuntlna , Theoremata yhyfices- Pfal Btlg, 
terium B.MarU Vîrg'mîs , ^ Meditatwnes Verjibus 
Trochaïcts dîme tri s. Ludus fcrtunt. De ace m Met 
Circuit dimenfione , ^ quadratura , cum SylvuU- 
SfigrammatHmy AinigMatum &cc, 

HENRI MOLLER: etoir un Theo-^^'f'^^' 
logîen rrcs-eftimc parmi les proreflans , ^''^*^''*' 
&C tres^fç.ivanr en Hébreu. 11 cnfcicrna 
fong- temps à Vvicremberg , Se enfui re 
il alla demeurera Hambourg , où il mou- 
nu, n'ayant pas atteint la foixantiéme.an- 
née. 

-tf D D / T 7 o N. 

Ees Oeuvres imprimées de Mblîcr (on x.Cofnwe n- 
tArii in Malachiam 'Prophetam, jn Hofeam- EKar" 
TAtio Pfalmorum Co7nmentarius in Efa'/aw. Vtffer' 
tatio de Cœna Domini. Srholia i?7 onmes Prophetas, 
Carmen in nupttasD. ChytrAλ Mojler a non feu- 
lement donne un Commentaire fur les Pfeaumes, 
mais encore une nouvelle Tradudion Latine de ce 
livre, fur laquelle Pcze a réglé la Paraphrafe qu'il 
a fait des mêmes Pfeaumes en Vers. Le Perc Si- ^''^/>}'^ 
mon dit que cet Auteur s'explique avec une gran- f!""^" 
de ncttete,tant dans fa Vcrfton que dans fes Corn- '^' 
mcntaires. Mais que fou ftylc eft tropdft"us& 
qu'il employé beaucoup de paroles pour dire peu 
de chofes. Fn quoi \, aioûtc le Pcrc Simon ) // <#- 
mité la rKetJfjode des Rhéteurs , qui fe fUifent dans 
iesDecLimathns. Ontreaue V A^izlyCe oh il f^lt des 
parties de chaque Pfiaame efl nudcjuefois ennuyeufe. 
ilve néglige point cependant le fe ni Littéral , n'in-.îvit 



1 s 1 Les Eloges 

M Grammaire Urf qu'il la juge rtecejfatrc pfur 
é clair cîr les difficultés defon Texte . ^ quoi ju il aif 
hi mêmes défauts que la plupart des antres Frote- 
fi ans 1 ilparoït rJ p.nwoim flta modéré que Luthen^ 
Calvin, il s'applique prineipalemmt à faire con- 
nc'itre Les "jérîtez, de la Religion Chrétienne , (^ h 
donner des maximes de Morale oU il mêle quelquefois 
des digrejfions inutiles ^ dépure érudition, il amis 
de longs fommaires au commencement de chaque 
Pfeaume , lefquels en expliquent le fens avec beau* 
toup de netteté, 

c^mZ ^ÎARTIN CROMER , Evcqne cfe 

Vnripland dans la PraUcji nfîp-ne Ecrivain 

«_> 

del'Hiftoirecîe Pologne, confacra Tes foins 
fa plame > £c Tes écrits à la gloire de la pa- 
trie , & rendît Ton ame à Dieu dans un 
â^e fort avancé. 

^ D I> 7 T 7 O N. 

rri. Martin Cromer naquit à Biecs dans la Po 

à^f^ucm iognc. Il tac prcrmeremeac Secrétaire de S^gii- 
Lciter» mond Ro\ de Tologne , puis fon An.badadeur 
/>•"». a. pour établir hi paix cnac les Polonois les Suédois- 
App -r. ^ jçç Danois. Enfuite il fut fait Evêciue de Varm* 
'*' • land , après avoir ccc quelque temps Condjuteur 
e\u'nn du Cardinal Staniflaiis Hofius en cecEvêché. Il a 
(le ^air. ccric avec beaucoup d'élégance , de fidélité , & de 
lll''(i, netteté 1 Hiftoirede Pologne. lia avilTi laifle plu- 
r,*' , ficuts autres Ouvrages en Proie 3c en Vers , qur 
P./fcv °"^ mente 1 elrime des gens doctes. hriltiaîi- 
lib, 1(5. Matthias d't que c'étoit un perfonnnge divin 5c 
c.jp' 4^* d'une mcrveillcufeérudiciorr. 
Cl" Ji. Ses Oeuvres imprimées font , Vûlcnia-> five de 
f'V ■ origine ^ rébus L'olonorn/n , libri 50. T>e fitu tolo- 
fj gv, * niA , ç^ gente Folona , libri 2.. Oratlo funehris Sh 



des Hommes Sçavans, i S 5; 

^ifwundi I. Régis. De Cor)]ugio (^ CœlihatttSacer- 
dotum 5 Commentatîo. Epifiola ad Kegem Proceref- 
que Polonos in Comitiis Varshavienjîbus congregatos^ 
i>Hbitationes de ver a viafalmîs.De pctnis facrilfgO' 
rum. Theognides in Linguam Latinam 'verfus. De 
Concentibm Muficis. De optima Politica.EpiJîoU /<»- 
t?7tliares. 

Il y a auflj de lui les Pocfies fuivantes-D^ Chri- 
flirefurgentis Triumpho. De ad ver fi* VilnA vautw 
dine Sigifmundi'Regii, Carmins f h ocili dis carminé 
hexdmetro verfa. B^b'iotff 

II y a eu an autre Martin Cromer , quis/w/tri» 
ctoic Religieux , & qui a écnt , De falfa Lttîhe' 
ranorttm S"vera Religione Chrijil Sermones 111 Sy- 
nodicos. Colloquia de Religîene , & a fait quelques 
autres Ouvrages en Allemand. 

MELCHIOR GUILLANDIN , àtM-chu, 
Koniosbercen PriifTe, fat un homme par- 5'"''''"'** 
fairement bien infliaiit aux Lettres dés Ion 
enfance. il exerça fon indnflric principale- 
ment fur l'Hiftoire naturelle, éi il excella 
en la connoKIancedes plantes & desmîne^ 
raux.La curiofué qu'il avoir pour ces for- 
tes de chofes l'obligea d'encreprcndie plu- 
jfieurs voyages en Grèce & en A(îe-,& aianc 
été long-temps cfclave en Afrique , il tira 
beaucoup d'avamagcs de Ion malheur; car 
pendant fa captiviié il fit plus de décou- 
vertes qu'il n'en eut fçà. faire étant en li- 
ber ce. 

Enfin il alla fe retirer à Padouc jcomme 
au licii le plus agréable qu'il eut pii choi/îr 
pour continu'cr (es études. Et la Républi- 
que lui ayât confie le foin du jardin* public 



184 ^^-f Eîvgcs 

de cette ville- là, il lit paroîtrc beaucoup 
d'érudition dans l'exercice de cet eu'iploi. 
Il eut de grandes difputes avec Jean Pierre 
Matthiolede Sienne , duquel TOuvrage a 
éié imprimé Ci fouvenc ôc.qu tant de Lan- 
gues différentes. 

Quoique l'on attendît beaucoup d'Ecrits 
d'un auiïi fçavant perfonnage^il en a laiffé 
très- peu, & mêmes le doéle Jofeph Scali- 
eer a faîr voir que cet homme , qui avoit 
acquis une fi haute réputation, s'étoit fou- 
venr trompé dans le Commentaire qu'il a 
coiiipoié furleTraité du papier qui fetrou. 
ve dans les Oeuvres de Pline. Guillandin 
niourur à Pâdou'é extrêmement vieux. - 

A V D 1 T l O N» 

ISelch. Melchlor Guillandin , Médecin de pro- 
..^d.xm. fc/non , vécue long-temps à Rome & en Sicile en 
ric. M'- vendant des racines , qu'il alloit arracher fur lés 
n^onîa2;nes voifines. Mais malgré les incommo- 
àuL-2 d'une pauvreté Ci indigne d'un homme de- 
Leccresfl re ia^lla pas d'acquérir une érudition ex- 
trr.ordiriaire & l'eftime des plus fcavans hommes 
de fon (îécle. Car le docle Dalechamps , enti*e 
autres , lut donne de grandes louanges dans (on 
Commentaire fur Piinc. tt la plupart des Criti- 
ques qui ont écr'.r depapyro - n'ont approuvé de 
toutes les remarques que Pline a faites fur cett^ 
matière , que celles qui étaient approuvées p"ar 
Guillandin. Il eft vrai que lofeph Scaliger a pré- 
tendu faire voir , que la réputation de Guillaniiin» 
îi'étoitpas bien fondée. Et ^*ii en faut croire Ca-- 
fâubon 5 jamais Ecrit ne fut iiûoins digne de refti»- 



des HommerScavans, îS'f 

me du public, que fon (Jommcniairc fr.r le pa- 
pier. Car il prctciiil qu'on ne ctouve nulle mar- 
que d'crufiition dans Cet Ouvrage, q\icGuillandiii* 
n'entend pas bien la matière qu*il traite , qu'il n'a 
qu'une médiocre connoiflance des Auteurs La- 
tins , qu'il entend très peu les Grcc9-, & qu'il ne 
fait pas paroïtre beaucoup de jugement dans i*C3 
corre(flions. 

Les Oeuvres impriraces de Guillandin font ,. 
Commentartus in tria, capita Vllnii Majoris de Papy 
ro, yîjfertio i-u'illandîni [entenÙA m GMenum àfe 
fronuntlatA. "Oe jiirpihus BpifloUV- Manuco DiatA» 
hoc efi -, A'viculs. Deidefcriptio. Epijîola ad Con» 
raràumGefncrum' H a aulTi écrit contre Matthio- 
le, & a remarqué cent fautes dans les Commen- 
taires que ce do£le Italien a faits fur Diofcoridc. 
Et Matthiole ayant répondu à ces remarques avec 
beaucoup d'aigreur & d'emportement, Guillandin 
s*eft défendu contre les injures de Matthiole par 
une Apologie intitulée Thûon^ 

Il a aulîi laifTc deux dodes Manufcrits , donc 
l'un a pour titre , Synonyma plantarum , & l'autre, 
ConjeBanea i <]uc ]. George ScheuK afTure avoir 
remis entre les mains d'im Imprimeur , afin qu'il 
les donnât au public. Je ne fçai ft fon intention a 
^té exécutée. 

JAQUES ZABARELLA , oTe Padonc ,j,„it*y. 
qui porroir le titre de Comte que l'Em- -^if-'- 
pcreur Maxunuien avoir accorde a les an- 
cêtres j, cnfeif^na longtemps la Philofo- 
j:^hie avec beaucoup de louange drs.ns la ccf- 
Icbre Univerfitc de cette ville-là , dey 
mourut, aptes avoir donne au public plii- 
ficars Ecrits fur Ariflore. Antoine Rica- 
b,QniIe Rovigo fit fon Oraifon funcbtc.. 



iS6 Les Elocres 



û 



AT) D I TI O 1^. 

t Vf ^AQU?.s 2abarella éroic bien verre dans lâ 
Vti'rho'i' ^^^''g^^ Latine & dans la Grecque, dans l'Oprique 
rz.î/tîï. ^ ^^^^^ ^^s Mathématiques. Mais il excelloit dans 
E(o^, . l'Aftrologie & dans la Philofophie : car on afîure 
que plufieursde fes prédictions furent vérifiées par 
^j"rf, i^ê- l'événement. Et il donna au public un {i grand 
herm, nombre d'excellcns Commcntaiïes fur Ariftote , 
Lo^îc^^ qu'il a paiTépour undesplus fçavans Pkilorophes 
pag. I îi.*^^ dernier fiecle.ll eft accufé par Impérial d'avoir 
tom. I. combattu la dodrine de l'immortalité de rame,& 
Pt/ei/i«. d'avoir donné dans fes Ecrits pluficurs marques 
^tblioth' (['iiiip'içiQ & d'Athéïfme. Quelques-uns ont écrie. 
Il Im-^^^^ ZabarcUaavoitla mémoire très- mauvaiie , & 
ferUi, qu'encore qu'il eut un fçavoir au dcillis du com- 
M'*j', nîiin , il s'exprimoit avec beaucoup de peine, 
^'ft'P'^i' 8>cq\i'il lui écoit imponible à'^ répondre furie 
^7' champ auxqueftions àe fes Auditeurs, demandant 
toujours du temps pour penfcr aux difficultés 
qu'on lui propofoit , & pour les refoudre. Ce- 
pendant l'élégance & la folidiré paroiilenr d^ns 
tous fes Ouvrages, & jamais Philofophc n'établie 
fa dodrine avec une (i ei'ande abondance de rai- 
Tonnemens clairs Si convaiiiquans , & ne rcnvcrfa 
X)elt^ les fentimens des autres avec tant de force,que Za, 
'Sp«-' barcUa. Angélus Portcnari a laiflé par écrit , que 
f^çita, Zabarella avoir attiré tant d'Ecoliers àPadoue par 
la réputation de fon fçavoir , qu'ils ne pouvoicne 
pas tous être contenus dans P Auditoiie où il enfei- 



gnoit. 



Il laifîa un fils nommé Jules, qui fut un fameux 
Mathématicien , mais qui s'abandonna à la luxure 
avec tant d'excès , qu'il en contracta une grande^ 
foiblefîe de nerfs,qui Pobligea de garder le lit ciiu 
ans avant fa mort. 

LesOuvrages imprimez de Taques Zabarella fonr, 
JéhuU tcgîcA.Le nattira Logîc&»Ap9Ug'ia deDo^rf 



f 



« 



des Hommes Scavans, \ tj 

net ordirjc qua objecllonihus ï'icolom'mAlfattsfent. De 
tmverÇione demonfirationis in definîtienem. De pro- 
fofitîonîbus vecejjariis. De fpecîebus demonJîrMionis, 
De tribus fr&cogmtls. De medio denjQvflratîûrùs, 
Comment ari(4 in dnaslibrls Arijlotelis anaiyticosfo" 
fierîores. 'De rébus naturalibus , Ubritriginta Comm 
tnentaria in libres Vhyficorum ArifloteliS'. Commen- 
taria in libres de Anima. De naturaiis f demi a con» 
Jlitutione. 

On affùic que peu de temps nvant que de mourir jmptAA^ 
il montra à fcs F.coliers une étoile , dont les in- (h Mu» 
flucnces lui dévoient être funeftes , & lui caufer la '^<«^"» 
mort i & qu'incontinent après il fut attaqué d'une ^'[^^** 
violente maladie qui l'emporta en peu de jours. 

11 y a eu un autre homme dode nomme Iac- 
Q\iEs Z A B A R E L LA , qui étoit Chcvalicr de S, 
George , & qui a donne au public pluficurs Ou- 
vrages , & cnrfautrcs/fy £/c*:« des lUufcrti Fit' 
douam» 

ANDRE' DUDITH ( auquel on ^^^^^^ 
donne quelquefois le nom de- SbardcUat , DuH» 
parcequc fa mcre,qui écoic une Noble Vc ^^"'** 
niticnne,s*appelloit ninfi ) mérite un plus 
grand Eloge.C'écoir un perfonnage illuftrc 
pat fa noblefle , par fon elprir^par fon ju- 
gement , par fon fçavoir qui avoic pour 
objet toute forte del'cienccs , par le talent 
qu'il avoitàparlcr&à écrire en Latin avec 
cle^anccpar fa prudence^ÔC par fon adref- 
fe à démclerles affaires les plus embrouil- 
lées. D'ailleurs il étoit bien f^iit de fa pcr- 
fonne, il avoit le maintien agréable 3c un 
air riant mclc av€c beaucoup de f^raviré. 
AuiEeftil certain que fa douceur, fou 



là S" Les Elo&a 

honnête 3 & fa vertu' lui avoîenr acquit 

l'eftime & l'amitié de tons ceux qui le cou-- 

noiiroient. 

Il naquit à Bade dans la Hongrie , on à> 
un château prés de Bade , au mois de Fé- 
vrier i|5 3. Il fit Tes premières ; études à^ 
Pidduë, 6c Paul Manuce , François Ro- 
bortel 5 C. Sigonio , O. Panvinio , & P. 
Vectori ont été, ou Tes précepteurs , ou fes 
intimes amis. C'étoitun (1 grand admira- 
teur & un partifan fi zélé de l'éloquence 
de Ciceronjqu'il avoic écrit trois fois tou-- 
tes Tes Oeuvres de fa propre main. Etienne 
Batori ^ qui depuis fut Roi de Pologne y 
ctoità Padoue'dans le temps que DuditK 
y écudioir,^ alors il s'engendra entre euK 
Une haine. & une- émulation fecrette , qui 
crût avec leur â^e.De là il s'en alla en An- 
glecerre avec le CardinalPolus, duquel \\ 
mit en Latin la vie , qui avoir été écrire 
en Italien avec beaucoup de poli te (Pc par 
Louis Beccatel. D'Aneiererre il vint à 
Paris, où il reprit Tes éludes, que Tes voya- 
ges luiavoient fait difconrinuer, fous An- 
gelo Caninio cet excellent homm.Cjfi (ça- 
vant en Grec y en Hébreu , ôc aux autres- 
Langues Orientales. 

Etant retourné en Hongrie , & s'étant 
fait connoîrre à la Cour de l'Empereur,, 
quoiqu'il fat extrêmement jeune , fon 
admirable, érudition &. la^ douceur de Ces. 



des Hemmes Scavans, 1 8^ 

irœiirs lui procnrereiu rEvcchc de Tina.^ 
P.iis il fac déligné Evéque des Cinq En-H.™ 
les 5 & lc5 Empereurs Ferdinand, Maximi- 
iien , Rodolfe L'nyanc honoré dediverfes 
AmbalLideSjil s'en acquitta avec beancotin 
de prudence &: de bonhe-ar. Il aflilk au 
Concile de Trente, ct)mme Envoyé des 
Erats de Hongrie , il y fit diverfes Haran- 
gues , deux defquelles ont été impiimées , 
Tune, qui traite de la Communion fous 
les (^Quy. efpeces , & l'autre , du Mariage 
des Prcnes. 

Enfaite Sieif.nond Roi de Polorrne étant 
accédé, lorfqu'il fut qiieflion d en élire un 
JîouvcaLi 5 il rendit des fervices confîdérn- 
blesà l'Empereur Maximilien II, & j'ai 
fouventoiii dire à Monluc Evcqrc de Va- 
lenccque dans h demande qu'il Faifoit de 
cette Couronne il n'avoit point eu de plus 
redoutable Adverfaire que Diidith. 

De fi grandes & /î louables quahtez furcc 
obfcurcies par fa légèreté en la Religion*, 
car il renonça à celle de fes pcres^pour em- 
brafTcr la créance des Protefîans.Et comme 
ils ne s'accordent pas entre eux , & qu'en 
Allemagne , (?: fur- tout en Hongrie , \\s 
font paitagez en diverfes opinions , il de- 
.meua long-temps irrcfolu de quel côié il 
fedéteimîneroit, témoignant de l'inclina, 
tion tantôt pour un parti, tantôt pour l'aii- 
ire. AinH (a conduite ncfatlsfît perfonnc. 



I ffo Les Eloges 

car les Catholiques le blâmoicnt d*avoir 
'^«-abjuré Ta première foi , & il palTbit parmi 
les l^roteftans pour un deierteiir de fa Re- 
licrion.En cet étacilgardoic ce temperaméc 
qu'il croyoit que pourvu qu'on cherchât 
de bonne foi le chemin de la vériré &: du 
falutjonn'étoit pas*exirémement condam- 
nable, & qu'on ne devoir pas faire fouffrir 
des fupplices rigoureux à ceux qui en trai- 
tant les points de la Religion qui font au- 
jourd'hui conteftez foûtiennent une opi- 
nion erronée, pourvu qu'il ne caufent au- 
cun trouble , ni aucune feditioniainfi que 
cela paroît par Tes Lettres, & par celles de 
Beze qui a refiué fon fentiment. 

Apres qne Dudith eut renoncé à fou 
Evéché jil fe maria à une Demoifelle de la 
îTiaifon de StralFen , laquelle étoiu fille 
(^'honneur delà Reine de Hongrie. Sur 
quoi on raconte une chofe qui viiérite d'ê- 
tre rapportée en cet endroit. Dudith étant 
encore Evêque fut envoyé en Ambadàdc 
vers le Roi de Pologne , &: comme il eut 
éii introduit dans la chambre de l'Infant 
avec fes habits Pontificaux, l'une des filles 
qui s'y trouva fe prit à rougir dés quel' Am- 
bairadeur entra jquoiqu' elle ne l'eût jamais 
vû.Il ne fe fut pas plutôt retiré , que l'In-^ 
faut demanda à cette fille d'où procedoitle 
changement qui avoit paru fur fon vifage. 
D'abord elle en cacha la véritable caufe j 



des H'-rmncs S^az^ans^ 191 

maïs enfin étant prefîc'e par l'Infant ,ellc 
l'avtnia fans feinte , & dit qu'elle avoic 
fongc la naic prcceJente , que Ton peie Se 
fa mcre la vouloicnt marier à un homme il 
fcniblableà rAmba(Thdear,cxccpté fes ha- 
bits Sacei'dotaaxjqu'elle n'avoit pu le voir 
fans que la rougeur lui montât au vifaî^e. 
Comme il n'ctoit pas vrai femblable qu'un 
homme , qui éroit revctu de la dignité de 
l'Epifcopat, pût jamais contracflcr maria- 
ge , l'Infant de cette fille n'ajoutèrent pas 
foi à ce fonge. Néanmoins il eut Ton ac- 
compli rTemcntdeux'ans aprcs-,car Ton père 
étant allé à laCourdel'Empcreur par Tor- 
dre du Roi de Poloane 3 il la fiança à Du- 
dith 5 qui ignoroit alors ce fongc , & qui 
avoit refolu de quitter fon Evêchc pour 
cpoufer une femme. 

Apres la mort de celle-ci , il fe remaria 
avec une Dame tres-vcrtueuie , qui ctoit 
veuve du Comte Jean Zarnovv , de iœur 
des fameux Sborovirs , de laquelle il eut 
des enfans. A caufe de cela il fut cité à 
Rome,& ne comparoilïant pas, il fut 
profcrit par le Pape. Mais Maximilicn ne 
laiifa pas de le fouffiir à fa Cour , Ôc mê- 
mes de fe fcrvir de lui , jufqu'a ce que Du- 
dirh ayant vendu les biens qu'il avoit en 
Pologne <S: en Hongrie y fe retira dans la. 
Siléhcavec l'agrément de TEmpereurRo- 
jolfe, &: ayant établi Ion lejour à Bicllau, 



i 

I 



192. X^i" Eloges 

il préca ui-i£ grande fomaïc d'argent à 
l'Empereur 5 ôcil vécut avec beaucoup de 
fplende-jr & de magnificence du petit in- 
térêt qu'il en redroit. 

Dans cette honnête oifivetc il reprit Tes 
premières études, s'attachant Tar. tout aux 
Mathématiques. Et ayant renouvelle ini- 
mitié qu'il avoit eue avec Jean Précorius 
de joaclûmllal.ProFeLrear en cette Science 
dans rUnivtrfiréd'Alrorf^leqL'cl avoit écé 
autrefois fon domeftique & le comp^g- ; 
non «e les études, il entretint avec lui un , 
commerce de Lettres pendant tome fa 

vie. 

Enfin il mourut doucca">enr , comme 
il l'avoit toujours prédit & fouhaité , ôc 
ï^ndiz i'ame entre les bras de fes entins Se 
de les amis , n'ayant pas gardé le lit d^ux . 
heiires.LesMédecinsjComme il arrive d'or- : 
dinaire , ne purent pas cenv^nir de la na- |j 
ture du mal qui lui avoit caufé la mxort , |' 
Jesuns difansjquec'étoitun abcès au pou- I 
mon , & les autres foûrenans , que c'é^oir ; 
une apoplexie. Il conferva toute la raiion 
& tout Ion jugement jufqu'à fon dernier - 
foûpir,invoquant fans celle nôtre Sauveur L 

JefuS' Oirift. 

Deux jours auparavant ( ce qui paroîrra 
merveilleux à pi ufieurs)il avoit écrit aPré- 
corîus, qu'il appelloit fon comnere,6^ à la 
fin de fa Lettre, après plufieurs difficultez 

con- 



I 



coniîderabks fur les matières de Marhc- 
iTJarique, derqnelles il demandoic la folu, 
tion^il avoit ajaûré de fa propr-e main cc5 
paroles. // y aura une edipfe de Lune le Cjuin* 
^j^ime de ce rnoîs^ le Soleil étant au Jîgne d'A^ 
cjuarltii y cjHt efi mon horofcnpe. Si l'ylflrGlo^ 
gie efl véritable y jefiùs rnencicc.^ oh de la mort 
on de quelque maladie dangcreufe , qvCen pen^ 
fe^^'Voiis ? 

On prit auflî pour un augure de fa more 
la reponfe qu'il fit à fes domcftiques le joun 
avant que Dieu le retirât du monde : car 
leur ayant ordonne de chercher un pauvre», 
qu'il avoit accoutumé d'a{fifter>& fes aens 
lui ayant repondu qu'ils ne l'avoieiit pij 
trouver , quoiqu'il fût alors en parfaite 
•fanté, Pem-étre^ dit-il , demain je nefer^ 
fus en état de hd faire du blen^ 

ji D V I T T Q f^, 

A N D R F.* DuDiTH écoit fils dc Hierorac , & W'''/j# 
•4>etit-fils de Jacques , qui étoit Gentilhomme 5c ^^/f"^ 
Confeillei de Ladilîas Roy de Hongrie, Il fie fes'* ** 
picmiercs études à Padouë fuivant M. de Thou 
nu. à Vérone félon Rufcelli. Quoiqu'il en foie. 
iijcn: certain que cet homme illulhc fit de Acrrandî 
progrès dans les Lettres Grecques & Latines^ dans 
laPoëfic& dans l'Eloquence, qu'il acquit une ré- 
putation extraordinaire Se l'eftimc de tous les Sçi- 
vans de fon fiecle. 6)«v« 

Comme il étoit né d'un pcrc.Catholiquc , il fat ReltJr'',, 
élevé dans la Communion de TEglife Romaine. & ^•-. Z^-- 
l'on afTure que jamais pcrfonnc n'eut plus de zeic '^''« 
Tom.lL i 



Ï94 Les Eloges 

pour fa Religion, & plus d'.aver(ion pour celle des 
Protcftans , que Dudith en témoigna dans les pre- 
mières années de fa vie. Car dans l'un des difcours 
qu'il pronon^^a au Concile de Trente il s'emporta 
extrêmement contre laperfonne^c contre la créan- 
ce de Luther , de Melanchthon , & de Bullinger, 
&ilfoûtint avec beaucoup de chaleur celle de l'E- 
glife Romaine. Mais ayant vu que tout fe faifoic 
dans le Concile fuivant le defir du Fape , que les 
Evêques qu'il âvoit gagnez furpaiToient en nombre 
les Evêques dodes & ceux qui avoient des fenci-> 
mens ju(les& raifonnables , il commença d'avoir 
pour fufpcde la caufe que le Concile defendoit, 
& après avoir enfuite examiné avec foin les dcftri- 
nes que cette Aitemblée condamnoit,il crût qu'el- 
les ctoient conformes à la parole de Dieu , & fc 
rangea dans l'Eglife de ceux qui les enfeignoient, 
II eft vrai qu'il demeura quelque temps fans cm- 
bralîer ouvertement la Religion des Proteftans, 
mais l'Auteur de fa vie allure, qu'après avoir floç^ 
té dans une trrefolution criminelle » il arriva hcu^ 
reufement au port du falut , étant mort dans U 
profeflîon de la vsrité,& ayant donné des marques 
Chv'iji* d'une fincere & ardente pieté; Cependant les So- 
Sandiut cinicns prc'tendent qu'il renonça à la docVrine des 
'Bihlmh, Reformez pour fe jcttcr dans leur parci.C'cfl: pour 
Trin'i cela qu'ils le mettent au nombre des Auteurs qui 
ont combattu la Trinité, & qu'ils ont inféré quel» 
ques unes de fes Lettres dans la Bibliothèque des 
Frères Polonois. 

Ses Oeuvres imprimées font, Oratiwes Jl.nùmh 
7je 'Eplfcoporuw Hun^arU in Concilia ' r'dentine habi» 
t£. Comment ariolus de Cornet arufT' fi^n'ficatîene , 
é' DijfertatÎQnesnovA de Comefis. QuAjilo tébi 'vera 
(^ catho'tfa Ecclefia Chrlftilnventmur. Jo.V'/elphh 
^ Theod, BezA per Epijiolam propoftz. Commen- 
tarius pro ccnju^lj lîhertate , cum Ap'^crâUe Epifi^ 
ftd Th. Bez.fim , in quft difputatur > ar. ?l(clef!& w 
rnenfolï Keformaîi ^ntiunfit- ipîfMa ir,e Bdreîici» 



des hommes Sçavans, It)y 

;£taudio puniendis' Apclogîa ad M^ixlmlllanum Z /• 
Vita Cétrdinalis Pùlî' EpiJlcU nt^ue Oratio'aes de 
diverjis materiiS' Judicittm Halicarnajfii de Thncf' 
didli Hîtloria. Aj-fîanus ALexandr'wHs de Bello Lid- 
tnano contra Carthaginenfes , ^ Gejils HannU^alis, 
Très ultïmi libri Diodori Siculi , Longinns (y* ' sme^ 
irîus zorifi 'tp/^iitxi) ^ libri D, HalicamaJfA^ 
Àe Arte Rhetorica > in linguam Latinam converfi, 
Ilyaaurtl de lui quelques fcpîcres parmi les Oeu* 
vres de Fauftc Socin. Et des Epîcrcs en Mcdeci- 
^le , imprimées en i j^8. par les foins de Lauicac 
^cholzius. 

LOUIS GUICHIARDlN,fiIs deja-f^^^t 
•<iucs& neveu de François, Hiftorien celé- c^^i^^^d'c^ 
'i)ie, &: quf eft digne de l'eftimc de tous les 
hommes , a rendu un fervice confiderablc 
au Pays-Bas , en faifant une Defcriptioii 
cxadc de toutes c€s Provinces. U confeilla 
au Duc d'Albe d'abolir le Carême , & il 
mit même fon fcntiment par écrit. Mais 
c[uoique ce confeil fut tres-falutairejil lui 
attira la haine de ce Duc,lcquel ayant or- 
donné qu'on le mit en prifon avec igno- 
minie, s'excufa en fui te , di Tant qu'il étoit 
en colère contre lui, non pis tant à caufe 
de l'opinion qu^il avoit foutenuc dans cet 
Ecrit, que parce que l'ayant fait par fou 
ordre , illui avoit été communique, non 
pas par Guichiardin , mais par un autre : 
car il "étoit tombé entre les mains par les 
foins d'un ami perfidc,qui avoit voulu ic- 
quérir les bonnes grâces du Duc d'Albc 
au dépens d'un homme qui lui avoic con- 



ï <)6 Les Eloges 

fié fon fecrer. Guichiardin mourut âg(^ de 
foixante-fix ans à Anvers :, oti il faifoic 
fon fejour, 

A B D 1 T 1 O î^. 

VoggUnt, todis Guichiardin étoit un homme d'un ex- 
rfe 5oJ/t.cellent efpric. Il étoit bien verfé en la Langue îta- 
**^*''' licnne , en la Latine , en la Grecque , & aux Ma- 
thématiques. 

Ses Oeuvres imprimées (oi-Kj>efcri'Jone dî tutti 
i paeftbajfî , altrlmenii Gertnama inferhre qui a été 
in-ife en nôtre L angue par François de Belleforêt & 
en Latin par ^ean Branzius & par Reiner Vitellius. 
Commentartî d'elle café memorabUl accadute nelf' 
EuKOpa ^majfime nelU Fiandra dell' amo 1550. 
fim al L^6 0, Hore dl ricre^ ttone. Bettî & fatti pla - 
ceveli, é'^ravi raccoUi dal Guîclcard'm &ic,^n^ 
detlàmoraliîÀtB 
V^nfom Q.^^"'^^ François GuicH TARD IN fon oncle, 
Lettr, ' ^^ ^t^^ia en Droit avec un tel fuccés , qu'il paiTa 
,fart'i, pouj^undesplu^grandslurifconfultesdefonfiecle. 
Comme il avoit joint à un rarefçavoir une pru- 
dence exquife, il fut employe'dés fa jcunelTe en d.i- 
Bihllot. verfes Ambailades , dont il s'acquitta avec beau- 
J>oJJev. coup de gloire. 1 1 fut fort aim^par Léon X.par Ha- 
iib. 16. cJnen VI, & par Clément Vll.qui lui donna lachar- 
'• 4'» ge de Preildent de la Romagne & de Lieutenant de 
fon armée. îl fut auffi Gouverneur de Modece, de 
Reggio, & de Parme, & cette dernière ville écanc 
alhegee par les f raaçois, il la défendit avec beau- 
coup de courage , car il étoit potente dî confillo ^ 
fro dimam. Et il nefaifoit pas moins paroiticds 
valeur dans \zs combats , que de prudence dans le 
l-nanimcnt des affaires.Paul 111. fit tous <cs efforts 
pour l'attirer auprès de fa perfonne , lui offranc 
des charges tres-honorablss : mais il les refufa 
comtammcnt , 6c il préféra je plailir de l'épuded 



des Hommes S^avanSt T97 

foutes les grandeurs cîc la Cour de Rome. 11 moLi-,v;<;<a 
ïut en 1^40. âgcdccinqucintc-huin ans. Son Wx-Erytbrf 
ftoire eftécrite avec beaucoup de jugement, dc'^'^*'^'^' 
polueil'e, &dcfidclice. Ses plus grands ennemis ^''^* ^" 
tombent d'accord qu'il ne fe peut rien voir de p'us 
achevé que les cinq premiers livres de cet Ouvra- 
ge.Mais il y en a qui foCiticnnent , qu'ils ont été 
corrigez par un fyavant homuie qui étoit de fes a- 
mis, 6i que les autres livres font bien éloianez de 
Ja perf.dion qu'on adm ire dans les premiers^. Quoi- 
qp'il en foi: ilefl: coni\anc que Guichiardin méri- 
te de tenir le premier rang parmi les Hidoriens 
modernes,& qu'il y a même de judicieux Critiques 
qui croyent qu'il efl comparable aux plus exceU 
kns Hiiloriens de l'Antiquité. Cependant, com:-nc 
l'efprit de l'homme. ne peut rien produire de par- 
fait , on a accufé Guichiardin d'avoir manque en 
certains endroits à la fidélité , qui efl: le caradere 
d'un parfait HiCïoiien i car on prétend que pour 
fe venger de quelq.ues paroles aigres qui lui fu* 
fent dites dans un Confeil de eucrre par François 
Marie Duc d'Urbin , il a ciiflimuie les belles ;>c- 
tions de ce Prince , 6c ::îché de décrier fa condui- 
te & dobfcurcir fa gloire. D'autres dsfent que 
Guichiardin s'cll trop amufé à décrire les Guer- 
res de Pife , & qu'il ell imroiTible de ne pas pci- 
<lie patience en lifant le détail des broiiilleries 
d'une Republiqje d'une auiïi petite coniidcratiou 
que celle-là. 

On a remarque que les meilleures de fes Ha- 
rangues font celle que fit Gnilon dtfToix au camp 
de Ravenne , & celle que fit le Ducd'Albe devant 
Charles Quint pour l'empêcher de mettre en li- 
berté François 1. On dit aufli que parmi le grand 
non-ibie de perfonnes dont Guichiardin Fait \c 
portrait , il n'y en .1 que deux qu'il ait icprcfcn- 
rc/. fans défauts , Tçavoir îcan de Medicis , & 
Gallon de Foix , qui moiirurent tous deux à la 
fleur de leur agç, aprds s'àrc figualcz par beau- 

1 hj 



loS Les Eloffes 

coup d'exploits mémorables. Voyci (Tans îa Bi- 
bliothèque de Poilevin le jugement qu'ont fait de 
cet exccilcnt A uiheur , Thomas Porcatius , lean 
Baptifte Léo, & Jufte Lipfe. Outre fon Hiftoire, 

î5.i^ . il y a de Guickiardin, Ccnfigli aurei & Avertvn^nti- 

crf^,4i. pcJatict. 



^nnie 15^0. 



ih.^ar, FRANC O'I S HOTTOMAN, ParN 

fien^croit fils de Pierre Confciller au V^^* 






Icmenc de Parîs.Ayanc appris avec foin Les= 
bclIesLetrreSjil ctadia en Droit à Orléans j 
& puis il quitta fon pays à caiîfe de la Re- 
ligion, (5c s'étant retiré à Laufanne , il j 
inllruifit la jeuncfFe. lEnfuite, à la foUici- 
tarion de Monluc Evéquede Valence j il 
revint en France > & enfcigna la Jurifpra-. 
dence tour à touc rintô: à Valence & tan- 
tôt à Bourges, jufques au defordre de Paris, 
apié; lenjel il abandonna enrieremcnt fa 
patrie,?^ il s'en alla à Montbelliardj & de 
là à Baie, où il établit fon fcjour , après 
avoir perdu fa femme quelques années au- 
paravant, & où il mourut d'une hydropi- 
fie âgé de foixanre-cinq ans. 

Il mit au jour divers Ouvraees tres-uti-' 
les pour PéclairciffÉmcnt du Droit , de 
l'Antîquité,& delà belle Littérature , lef- 
quels ont été joints enfemble , & publiez 
par Jaques Ledius ]urifconfulre,de la ma- 
nière qu'ils avoiet écé revus ^ corrigez par 



(les hommes Sç^vans, 199 

leur Auteur. Bafile Amerbachius Vaflîfta 
pendant fa dernière maladie , &] accrues 
Grinée fit fon Orairon funèbre. 

-ADDITION. 

Comme François Hottoman école deftiné^f»*' 
à remplir la place de fou père dans le Parlement de "^^^^ 
Paris , il s'atcacha à ia lurifprudcnce , & il frc^ ^,jf* 
cjucnta le Barreau. Mais il avoir une li forte incli- 
nation pour les Lettres humaines , qu'il renonça 
bien~tôt à cet emj'loi , & s'etant entièrement a- 
donnc à la connoiîiance des anciquitcz Romaines 
& de la belle Littérature , il y fie en peu de temps 
de fi grands progrés , qu'étant extrêmement jeu- 
ne il mit au jour un Traite àts degicz de confan- 
guinitc , dans lequel il fit également paroitre fa 
politelFe & {on érudition. Et parce qu'alors on 
iaifoit fouffrir des cruels fupplices à ceux qu'on 
nommoit Luthériens, &: qu'après leur avoir cou. 
pé la langue on les brùloit tout vifs , Hottoman 
apnt fouvcnt adillc à de femblahles éxecutions, 
fat charmé de la confiance avec laquelle ils cndii- 
roient ces tourmens& de la gaycté qu'ils témoi- 
gnoient au milieu des flammes & des plus {cnhbi.es 
douleurs , &: ayant voulu s'inlliuire de ladodrine 
qui leur infpiroit une relignation & une fermeté fi 
admirable, il goiita leur créance, & forma le de{- 
fcin de renoncer à la foi de l'f glife Romaine , Se 
d'embralTer celle des Pïotcftans. Mais comme il 
ne pouvoir pas en faire une profciTion ouverce 
dans la mailon de {on perc {ans s'attirer fon indi- 
gnation , & fans s*cxpo{er à de gr.inds dangers, 
il quitta Paris en l'année i ^47. étant âgé de vingt 
& trois ans , ^ après avoir fait imprimer à Lyon 
£on Commentarre {ur le Titie des Inilirutes. De 
AîHonibui. il fe retiia à Genève, & vécut quelque 
ïcmpsdans Lamaifoude CaWin.Ccpcndant fa fuite 
^ l iji) 



ïôô Les Eloges 

^ fon changeînent de Rélig-ion irritèrent fî fort sE 
l^ere , qu'il lança contre lui U foudre de fon exhe- 
redation, & qu'il refafa opiniâtrement de lui four- 
nir les fommes qui lui étoieni necciraires pour fa 
^bfiftance. De forte qu Hottoman fe trouvanc 
jcduit dans la dernière necefîitéfut obligé d'arec- 
pter la charge de Profeiîeiir en Humanitez , que 
la ville de Laufanne lui offrit par l'cntremifc de 
Théodore de Beze. Et ayant été privé des biens de 
ïonperc, il vécut le refte de fes jours de ceux que 
fon travail & fon induftrie lui procurèrent. Il en- 
seigna à Laufanne pendant deux ans , & s'y marier 
avec Claude fille d'AubclinBruër & de Françoife* 
Brachete, de laquelle il eut onze enfans. De là 
H alla à Strasbourg, où il exerça la charge de Pro- 
felfeur en lurifprudence jufqu'en l'année i^6i ^ 
€n îaquelle il revint en Prance^bien qu'Albert Duc 
rie Prull«, le Lantgrave de HeiTe , & la Reine E- 
lifabeth fillént tous leurs efforts pour l'attirer au- 
frés d'eux , 8c en quittant cette ville-là , il fe de» 
jnic d'unCanonicat qu'il y poiTedoit par la rcfîg- 
cacion de Pierre Mai-tyr Vermil. Il enfeigna quel» 
cjue temps à Valence & à Bourges, & puis à Or- 
léans, d'où il revint à Bourges'. £n 1571. il fe v id 
cxpofé à un très grand danger. Car les Proteftans 
«ie'France ayant Clé égorgez pendant le ma/lacre 
^e la Sai-nt Barthekmi,il fut far le point d'être im- 
molé à la fureur du peuple Catholique. Mais cinq- 
cens Ecoliers Allemans l'enlevèrent de fa niaifon, 
Se le conduifirent en lieu de fureté. Etant forti de 
Trance, il fe retira à Genève, où il fit quelque fe. 
|Our. Puis il fe transporta à Bile y étant appelle 
car le fameux Théodore Zuingei -, d'où il paiîa 
à Montbeliard. Et enfin étant retourne à Bâlc , il 
y mourut après avoir rangé & difpofé Ces Oeuvre^ 

en trois volunoes. 

C'étoit un homme de belle taillctil avoit les yeux 
t>lcus , le nés long, & le vifage vénérable. 11 avoit 
jpiat 4 ua cmiiaent fçavoir une pieté & une probi- 



des Horrmes ScavAns, lo i 

te exemplaire. .1! ne pall'on point de jour qu'il 
n'employât quelques heures à la pticre & d la kc- 
turc des Livres facrez. 11 avoir une parfaite con- .., 
nonlajice du Droit >^Oln;lUl,qu il traitoit avec une ç,, ,v/,«. 
éloquence admirable , &: fans contredit il a etc l'nn, 
l'un des plus doctes îurifconfultes que la France 
ait pro luits. Barthius alUne qu'il cx^elloit en la „ 
fcience du Droit &: en la belle Littérature. Ceux- \i^^'j 
\i mcnics qui ont écrie contre lui tombent d'ac- Uh 4^ 
cord qull avoit beaucoup de leélure Se une pro- '-Jp. 
fonde érudition. Mais Con Livre , intitulé Vran^o ^^'^-^^^'^h 
Gallia , lui attira avec raifon le blâme des bons'L ^■ 
ïrançois. Car dans cet Ouvrjge il tâche de prou-^^/^ ' 
ver que ce Royaume le plus flori liant de la Chr.-rv.a»», 
ticiitc n'cil point fucceflit comme font les hérita-^ '. 
ges des particuliers , & qu'autreFois on ne vcnoic'*^* 57^. 
à la Couronne que par les fuffrages de la Noblelle 
Se du peuple , (i bien que comme nncienncm ne 
le pouvoir & l'autorité d'élire les Rois appartenoic 
aux Etats du Royaume & à toute la nation allem, 
blée en corps , auffi croient ce les Etats qui les 
dépofoicnt du gouvernement. Et là dcUiis il ap- 
porte les exemples de Philippe de Valois,de lean, 
de Charles V, de Charles VI , & de Louïs XLMais- 
fur quoi il inHUc principalement , c'cft de mon» 
• trerque comme de tout temps on a juac que lei 
femmes étoient incapables de la Royauté , on doic 
au/îi les exclure de toute charge èc adminiiUa- 
tion publique. Antoine Matarcl & Papire Maf- 
fon avant écrit contre ce Liv'c, Hottoman pu» 
blia contre eux, un Fcrit eu ftile Macaronique a- 
vec ce titre , Matagonh de Matagcnlbui Decreto- 
rum Baccalatiri'i , AlonhcruiU adverfus 'talo-Gal' 
Harn five Anf'i Fmnco ùtiUiam Antonli Xiat^rei'y 
CHffijiri^'ili fapiri't Majjr>/}ls , Jtve remcdïaii charl- 
îatlvo contra ru^>l'f**m ^hrcnejm ^afiril MaJJonii 
Jc/hî/a excucuUati. 

i>cs autres Oeuvres imprimées fonr , Dtjptifatiù 
de CQntrQVCY^afucce^ion'iS re^Uinnrjatiuttns^jrilT 

1 v^ 



loi Les 'Eloges 

tris prA?ncrtUifilium , p<ir laquelle il établit le droic 
d'Henri iV. contre les faux raifonnemens de Mat- 
thias Zampinus , qui foùtenoit la cnufe da Cardi- 
nal de Bourbon. Injiitutîmum Dialeciîcamm li' 
brî quatuor , qui cft une excellente pièce & tics» 
utile à ceux qui veulent acquérir une parfaite con«» 
K^\trra noifl'ance de la Logique. Comwentaria in Oraîlo^ 
LtoU^' "^^ Ciceronh pro ^inùo > pro Rofcio Cotnœdo , pra " 
traSè'i, ^^fi^^' Amerim , in Verrem y pro Fonte jo , pro Ca- 
ûaf, j. cmna^pro Lcge MamlUiComment^in Epîflolam Cice» 
roms adl§l.Fratrem. Schollaîn C&farfs Comment a^ 
rta. Scholia, in Eutropîam. KotA tn jijconmm Pe^ 
dianHm. Partit imes Juris Ctvîlîs:. Elément arÎA^ 
Obfervatlones^ Jurifconfultus , five de êptîme gênera 
jurts interpretandi. Commentarîtts verhorttm Juris, 
Antiquitatum Komanarttm & c. Comment ar. in qua^ 
tuor libres Inflituttonum. Comment- in 2,. ff. de 
liber, fypoflhum. Ju[iiniani vita. Obfervatio»es im 
fandeB, cap' 10. item in L. Prater à fraîre» Item 
de gradibu^ confangulmtatis ^ ajfmitatis > înceflif- 
^uenuptiis. Varia. Blfputatimes. De Pendis Corn- 
wemaîio tr'tpertita. De Aciionibus Comment arius» 
JlluJlresQuéLftiones. De fpuriis ç^ legitîmatlone.SchO' . 
h in i. Titulosff. De Teflam. Comment, in Tit'C.de ' 
Tacîis. Ceé^ectura de prAfcrîpfU verhis. Dtfputatio 
habita Biturîgibuô. Vêtus renovata Dîfputatio in Z» 
^rater à fratre , imprimée favec le Commentaire 
de Cujas fur la même Loi. Appendlx adverfm no' 
'uam eiufdem Legis înterpretationem , quam nuper 
J^efcurlus promulgavit in fuo Africano. Conjilia, 
Comment, infex Leges obfcurijfmas , L. Gallus. I. 
yinum. L* Frater à fratre* L, PaEta conventa. L, 
lE.at?7 quam. L. Precibus Corpus Conftlîuticnum Ju- 
rii. Commentationes Juris Civilis- Comment, in Titi. 
Décrétai. De Vfurss. Cçmmentarius in Tît» de rébus 
credliis O" variis Comraftibus. De Re Nummarta 
populi Rpnjani. Te aureo Jujiinlaneo. Obfervat'iO" 
ncs quA ad veterem nuptlarum rit um pertinent. De 
i*ire fuccejfîonls in regno Ertmcorum leges aliquùi 



^ des FTcmmes S'çavaTif, % o.j 

9X prohatli Autorthui cçlleSlu. Refponforum amtca^ 
butinm Uhrl (iuo.Difputan'o centra Ratnutium de 7>- 
Jtamentis, Comment, in Tit-ff^ C de Pignorlbus ^ 
Hypoth. In Tit. C de Vf:ifrncii4. \nTlt. C. dejudh 
€Us. De Cœna Dommt Lt'oellus Commsntatio de Le- 
^ibus 12. Tabuinrum, Confolatlo e facrts lîtterh. 
LlrAco Gallîa, Brutnm fuLmen, Il dt l'Auteur du p/^c^ ^^ 
Livre mt'nulé Nfillkans proteftath adverfuiformu- S rip!. 
lam concordî&per'joanmm Palmertum , & de celui "^"^'7'* 
qui a paru fous le nom de Jean Afp£ifl SaUJfus ^vcc^^^'*]^* 
ce titre. In vlrulentam pUneque fophîjlîcam Andrée, sib .ot 
Fou chenil criminationem , qnam adverfus J. Pairie- tom^ i» 
rii ju/ia^ protejîationes confcripfit y pro eodeml'atme f'g'^^T» 
fio uera at^ne mode fia Defcnfio. Il y a aufli de ^ ,,. 
lui un I ivre fous le nom de François Vilier, adRe- SimUrU 
wandum Kufum defenforem Romani Pontificis contre 
Curolum MdinAUm de jlatu primitive hccleJiA^&CC. 
& une Tradition I rançoife de l'Apologie de So- 
cratf écrire en Grec par Platon. Toutes fcs Oeu- 
vres on: été imprimées à Lyon en trois tomes in 
folio. 

II avoir un frcre nommé Antoine Hotto ^'*M^«r; 
Wan, qui fut Avocat gênerai à Paris pendant les^'^** 
dcfordres de la Ligue, & qui foûtint au péril de fi 
vie à la fjice de tout le Parlement la puilîancc lé- 
gitime du Roi & Pautorité de la Loi SaliqucNous 
avons de lui un Piolorrue de Earha. 

îrançoîs Pottoman lailîa deux fils, l'un appelle 
îean , qui cft PAuccur d'un Livre iutitulc Antb* 
fhopinids i & l'autre nommé Daniel. 

JAQUES CU]AS, de Todoufe, ce^;;"/;/^ 
kare ornement de la France Se de tout le 
monde ChrccienjOÙ les Lettres flcaritrcnt, 
après les Jurifconfulres Romains a été le 
premier & le dernier Intcr^Drére du Droic^ 
Ôc c'eft à lui (jue la poderité fera redevable 

1 vj 



^04 Les Eloges 

de tons Tes eclaîrciireiTicns & de tontes les 
lumières que nôtre Ilecle a ajoutées à la ]a- 
rifprudence j car c'eft avec raifon que le 
dodle Pierre Pithou lui a donné ces éloc^es 
pour témoigner fa reconnoillance en\ers 
ce grand homme. 

Par un bonneur extraordinaire il a.joui 
pendant fa vie d'un avantage j qui arri-- 
ve à peine aux autres après leur mort, c'eft 
qu'il a vu fon fçavoir reconnue loiié,. 
& qu'au Palais , où la fcience du Droit 
ancien, dont il faifoit profefTion , n'eft 
pas autant eftimée par les Pranciens> 
qu'elle le mérite , il a été appelle le Ju* 
îifconfulte par excellence , au lieu que^ 
les autres Auteurs n'y fonc citez que pa»: 
leur nom, 

H étoit d'une petite taille & adés pleine.. 
Il ne fut prcfque jamais malade pendant: 
toute G vie,& les travaux d'une étude con» 
tinuelle & affiduc ne furent pas capables 
d'altérer fafanré.Ileft vrai qu'il étoit fujec 
a un fanglot fâcheux & importun j mais il. 
guerilîoic de cette incommodité en fe re*- 
làchant un peu de ^cs occupations , & ew 
n^angeantavec fes Difciples. Comme it 
ctoit d'un tcmr erammct (1 fain & fi vieou^ 
rcux, il eiperoit que Dieu lui accorderoif 
la gracejqu'à l'âge de quatre-vingts ans iL 
feroit en état d'enfeigner la jeuneifc avec 
uncparfiitc: vigueur du corrs (x de l'efprir^ ' 



ies Hommes Sçavans. 
ai'nfi que l'avoic fait Philippe Déce,<^^^i^ 
étoit Profelîe'ir à Pife il y a environ ^v 
ans. Dans cette efpérance ; il avoit refold 
de poLifler le divin Ouvrage de fes Obfer- 
valions au quarantième li vicde même que 
shaque livre contenoit quarante chapitres 
èc il prétendoic que la fin de cet Ouvrage 
feroit la fin de fa vie & de fes travaux. 

Cependant la guerre civiles*êtant élevée 
en France, CujaSj que les fenrimens de 
fon cœur aulli-bien que fa profeffion por- 
toiçnc à Pamour de la juftice & de Péqui- 
5>eV voyant que parmi ces troubles leDroiC 
étoit foulé aux pieds , & la liberté oppri- 
înée,quc U fraude & une déteftable hypo- 
crisie avoîent banni la Religion & la can* 
deur de la focicré, qu'il n'étoit pas enfermé: 
dans les murailles d'une ville , mais dans 
celles de fa maifon ,& que non feulement: 
il étoit épié par les fcélerats,mais qu'ils a-- 
voient confpiré fa mortjlui qui avoit fou- 
haité une. longue , vie pourvu qu'elle pur 
être utile au public par le defir d'une meil- 
leure 5 quitta avec joye le monde> & con-- 
fumé d'ennui & de triftelfe^rendit dévote-^ 
iTient fon ame à Dieu en fa foixaîite-hui-- 
tiéme année. 
^ Claude Marêchaf Confeillcr aii Parle- 
ment de Paris ,.perfonnage d'un efprit vif 
il d'une grande probité, qui avoit è:é fo^r 
;â:Liditeur , fit fou Oraifon funcbre. Il 



%oè Le.< Eloges 

îaiira une fille , & ordonna par fon Tefta- 
ment que fa Bibliothèque , qui écoit rem- 
plie de beaucoup de Livres marquez de fa 
propre main. Se corrigez fur divers manu- 
fcritS5qu'il avoit examinez, avec une extrê- 
me exadlitudc , fut vendue publiquement, 
afin que paiïant p3r les mains de plufieurs 
perfonnes elle fat iiflipéetcar il appréhen- 
doit,que fi elle étoit au p/>uvoir d'un feul, 
quelque curieux impeicinét ne fe fervic de 
fes Remarques mx\ entendj.cs,pour en faire 
de méchans Livres.Tant il eft vrai q^e cet 
homme, qui étoit ne pour le bien public , 
ctedoit jufqu'aprcs fa mort les foins qu'il 
avoit pour la République des Lettres. 

ADDITION' 

'?.fftet, 7a -MIES Cuias étoit fils d'un Poalon. 11 vint 
^.'^'"'' au monde ^vcc un génie fi heureiyc & fi fublimc , 
'^* c}ac fans le^<^xours"d'aucun Maître il parvint à ce 
haut point de fcavoir qui Ta rendu l'admiration de 
fonfiécle. La ville de Touloafe ne connoiilanc 
pas Ton mente, lui reiufa une chaire publique qu'il 
demandoit avec inftance , & l'accorda à Etienne 
ïorcadel , qui lui étoit extrémcmefit inférieur , 
êc qui n'avoit pas les qualitez ncceiiaires pour rc- 
plir la charo-e dont il fut honoré. Ce qui obligea 
Cu jas de quftter fon ingrate patrie,& de fe retirer 
a Bourges, où il fat reçu avec beaucoup de joyc & 
iTapplaudifrement. On affùre que ceux de Toa» 
loufc ayant reconnu rinjuftice qu'Us avoient faite 
ace grand hommej'cnvoyerent prier de retourner 
^âslemviUe^&Lquilnc leuvréponditque ces mots,. 
Irufira ahfentem pe^ttiritls , ^aern ^r4en:em ne^ts.* 



des. Homme s Sçavans, loj 

XÎjlîs. VaUte. Le Roi lui donna un Office de Con- g/^^„ ^^ 
fcillcL-au Parlement de Grenoble : mais Cuidsprc- 5, Mat ^ 
fera le plaidr de l'étude à l'honneur de paroîtrc {withe^ 
les fleurs de lis, & il ne voulut jamais exercer cet- 
te charge. 

Avant que de taire fa leçon , il employoit fept p.,^^^ 
ou huit, heures à méditer & à digérer ce qu'il de • hi'iïofi^ 
voit dire à Ces difciples y lorfqu'il n'etoit pas bien 
prêt , qu'il n'avoir pas bien éclaîrci toutes les 
^ifficultez du fujec qu'il avoit en main,il rcnroyoic 
fo leçon à|un autre jour. Il étoit d'un fi bon tempé- 
rament, que fa fueurdc même que celle d'Alexan- 
dre /^ Gr/^w^ ne fentoit pas mauvais. Il^prenoit 
plaifir àlaconverfation des femmes & a traiter 
fes amis & fcs Ecoliers , fur-tout à la cam.pagne ^ 
ctant bien aife de s'entretenir de toutes les chofes 
agréables qui peuvent tomber dans la converfa* 
tion , mais ne pouvant foufFrir fans chagrin,qu'aa 
milieu de fes divertifl^emcns on lui propofât quel- 
que quertionde ]ur if prudence, llétudioit étendu 
toutdefon long fururi tapis , le ventre contre Unlig?, 
terre , ayant fes Livres autour de lui.ll avoit tant'''»'» ^* 
4'amour pour fes DiCciples, qu'il leur prêtoir de 
l'argent iorlqa'ils en avoient befoin , & Scahger 
aflure qu'ils lui ont même fait perdre plus de qua- ^r^ji^,^ 
tre mille livres. U alloit à la Mefle &aaxpro- y^,,^ ,\ 
ceflioDS i mais parce qu'il prit le parti d'Henri i>^;>>r, 
IV. contre la Li^ue , on le voulut faire palTer pour Ai i^ 
Proteftant , & on tâcha plufieurs fois de l'aflafll- ^^^^"^^ 
ner. Dans fon Teftament il ne fit nulle mention ^^^^.^^^ 
ael'Ealife Romaine, mais il exhorta fa femme 
d'inftr'Iiire fa fille en la crainte de Dieu, fans ajou- 
ter ni diminuer à la S. Ecriture. Cependant cz -^'J . 
grand homme eut le dcplaifir d'avoir mis au mon- ^^^^^ 
% une fille, qui vivoit dans une fi horrible piofti- .,^ j,-^^^ 
turioii , qu^elîe faifoit gloire de fon vice.^c qu'elle y^hr. 
aifoit hautement, quelle prércndoit fe rendre >l -'je.', 
aufli fameufepar fon impadicite , que fonpcre^' «^r. 
étoit Uluftre par fonémdiùoa. Mi'. Cathauiot , 



2"ôS" Les Eloge f' 

'^l'*»- cité par M'r.Ba'.llet , nous apprend que les T:co\\cvt 
de, A^t. j^^- aiioicnt faire avec la fiUc de Cujas ce qu'elle 
° ' ' ^* vouloic , appelloienc cela , Commenter les Oeuvres 
de Cujas. & que la fiile de ce grand hoamieecoïc 
d'un tempérament fi amoureux , qu'encore quer 
Mf .le Prétidenc de Thou ( qui fans doute avoir re- 
marqué cette raifon de (t hàcer ) lui cm trouvé un 
mari à 1 5. ans , il ne pût empêcher qu'elle ne de- 
van^-at le maringe. Et que depuis fes nopces elle 
continua fi ouvertement fes galanteries que foa-, 
mari , qui" étoit un honnête Gentilhomme , eiv 
mourut de chagrin. Qu'enfin elle en époufa un- 
autre , & alla de mal en pis. 

Ses Oeuvres imprimez font , No/à ad Uhror 
quatuor Injlitutionum Juftiniani. NotA ad Vlptl 
titulos 3 9 . Interpretatfones ad JuHi Pauli recepta- 
Tfum fentenîiarum libres qumqut' n^u-yuuTiitt 
de diverfis temporum prAfcrlptiombus. Confultatio- 
nés 60. FaratitU in libres quln^uaghta Dtgejlo» 
rum. Commentaria in quofdam Pandefiarum titti" 
ios. AdAfrîcanum Tracîatus novem. Paratitla in 
lihros novem Codicis. Comment arii ad trespoftre' 
mes libres Codicis, î^ovellarum Confiitutiônum 
Expojitio. Commentarii in libres quinque de feudis* 
Obfervaîhnum ér ^mendationum llbri i 8, Cemmen* 
taria in Libres (o^Ajjtijnum » Refponforum , Défini* 
tionum , Ô* c&tertt opéra 'T'apiniani. Cemmentarisk- 
in libres Pauli ad Ediâum,^ in ejufdem libres ^déL' 
flionum. Comment, in libros rijferentiamm Juris- 
Modeftini' Recitationes ad Salvii Julîanis libres. 90, 
Di^eji. ad 'Pauli Refpons. libres z^. ad Neratîi 
Refpons. libros 1. ad Marcelli Refpenf.librumfingula* 
rem , ad Vlpiani Répons, libros i. ad ModeftiniRef- 
pws ■, libres 19' ad ScavoU Refpons. lihros 6. Item ad ' 
"Decretallum Gregcrii Libres t. 5. (^ 4 Commentât H 
in lilros- ço. Cigejlcrum, Commentarii in libres 4.. 
InflitHtlonum Jultjniant EpîjhU- Oratlones. Cors>- 
fulrationes. Pr&jcrïptio pro j. MonlucioEplfopo Va* 



des Hom^ves Scavi-tn'.»- ics>y 

ien tir/0, adverfus Z/^ch^rU Furnefleri fuhdltU'io no^ 
mine libellum e dit um. Commentarti înnovem Ubra 
€.odicis* In Dioejîa NotA,In Codicem NotA.yid L,^, 
JurifdiBîene repetitapr<s.lectio. Ad Tiiul- De Acîio- 
nihus em)ti ^ venditi repetha pr&leciîo. AdTituL'^^ 
Si tabula, te flamentinulld extubunt , refetiîa prde' 
ftio . Recitationes fblemnes ad varios Titulosjf, ^ C. 
jîdlib. ^i.Tit, I. jf. Comment. Ad Tit.ff. de Vfm'is 
Comment. NotA ad libros Joar/nii Roberti Anitnad- 
njerfionumjuris , publié fous le nom d'Anconiiis 
Riercacor. Locorum communium typus^ cfl aufît un 5'^'"^' 
Ecuit de ("a façon , s'il en faut croire KeKei'man,^^'*^'^ ","* 
II y en a qui lui attribuent la Verfion Latine des^/^^f ' 
foixante livres de l'Ouvrage qu'on appelle Bafilî- Comm' 
ques. Mais d'autres ont crû qu'il n'en étoit pasf^f'^*'^*' 
l'Auteur , & qu'elle a été compofée par un Alle-*^* ^'^^^ 
niand, qui a voulu la publier fous un nom fi illu-'^^^ .^* 
ftrc pour lui attirer l'approbation du public. Kationa* 

Le meilleur de {es Ecrits efl: le Pvecueuil dcsUbus, 
obfervations qu'il a faites fur ce qu'il y a de plus 
difficile dans la lurifprudence , que quelques fça» 
Tans hommes ont traité d'Ouvrage divin. 

Antoine Faber a traité Cujas avec tant de mé- 
pris que de dire qu'il y avoir autant de fautes que 
de mots dans le Traité qu'il a fait fur la L. adeoff, 
^rofocio. 

GUILLAUME de SALUSTE dii^^^^.^^^ 
B A R T A S , ne d'une faniille noble à«,«/ sV 
Auchs , maria fi henreLifemcnc les Miifes-i'-'^'^V 
avec les cmolois milicaires , qa'il avoiry^v.r. 
embraifez dés Ton enfance , & mérita tant 
de gloire par Tes beaux Vers5& principale- 
inent par fa Semaine , qui a été fi foavcnc 
imprimée j & même traduite en Latin «5c 
en Italien , c^uc bienque la Langue de fuui. 



2 î d Les Elcffcs 

pviis fut un grand obfracle an deireîn qu^I 
avoic d'acquérir la pureté de la Françoife, 
& qu'il air éié élevé entre les armes & les 
trompettes , loin du commerce des Sça- 
vans , il a tenu un rang honorable parmi 
les Pocres de ce temps , & que pluficurs 
ont cru qu'il devoiî être placé immédiate- 
ment après le fameux Ronfard. 

Quelques Critiques ont trouvé que fou 
ftile étoit trop parlemé de figures &: exrré- 
n")ement ampouliéifuivant l'air & le cara- 
«Hiérc de foh pays. Pour moi ^ qui ai con- 
nu fa candeur , comme- ayant eu de longs 
^ f-imiliers entretiens avec lui , dans le 
temps qne nous marchions enfcmble par- 
mi les années qui étoient en Gafcogne, je 
puis té.noigner que je n'ai connu au-. 
cune aftcclation ni aucune avrogance ers 
fes mœurs. Car quoique la plupart du 
inonde lui donnât des éloges magnifiques 
il parloît de lui-même & de fes Oeuvres 
4VCC beaucoup de modeftie , fc plaignant 
ffu malheur du temps 6c de fa naiiTance > 
qui l'âvoit empêché de communiquer fes 
de'J'eins & Çq$ écritsaux perfonnes fçavan- 
tes , :xÇïn de recevoir leuts fages avis , Sc 
de corriger fes défauts. 

En effet , dans cette vue il avoit refolu 
«e venir à Paris, après que les troubles; 
feroient appaifez : m.ais une blelfure qu'il 
i^e^ut dans Le remos q^u'il commandoic une 



des Hommes Sçavans. ut 

compagnie de Cavalerie fous le Maréchal 
de Monngnon,Gouverneur delà province 
Tempêcha d'execater ce delTein -, car ayanr 
entrepris quelque expédition militaire a- 
vant que d'ctre entièrement guéri,il tom- 
ba dans une maladie qui Remporta à la- 
fleur de Tes ans , c^eft^à-dire 3 dans la qua- 
rante fixicmc année de fa vie^aprés qu'il fc 
fut acquitté un peu auparavant avec beau- 
coup de fidélité ôc de prudence de l'Am- 
ballade d'Ecoifca qui lui avoir acquis l'e- 
ftime S: la bienveillance du Roi Jaques , 
qui lui offrit des avantages considérables 
pour l'obliger de s'arrêter à fa Cour. 

ADDITI ON. 

*■ GujitAUME de Saliifte prit le nom d'une pc- Ehz'f^e 
tire terre Jdcuée dans le pays d'Auchs , Se depuis ^^-^ J^''^''^ 
long-temps pofîedée' par fesancetrcs.il iiâquit ^^^^^^^ 
dans la piovincc de Ga^'cogne , d'une noble famil- ^ion rfe 
le, 5c d'un perc qui y cxeuçoit une charge de Collet et 
Thrcforicr. Après qu'il eut publié fon Pocme 
îrançois de la crcation du monde , fous le titre 
èc \^ première Set?7aine, on peut dire avec vérité' 
que jamais Livre ne Ru reçu ni lu en France avec 
plus d'applaudillement &: d'admiration. 

Il s'en fît plus de trente diverfcs éditions dans ^^ ^^^.^. 
cinq ou (ix ans. Elle fut traduite en Vers Latins ^'/^,v/d,«<^ 
par plufieurs perfonncs , mife en Italien , en An- g^ j m^ 
glois , en EfpSgnol, &• en AllemRnd , & commen- hHnij» 
tée par des gens dodes , fçavoir par Simon Gou- 
lard & par Thevenin. RonfariHitfi charme de 
cet Ouvrage, que pour faire connoîtrc combien 
il eu cduuaàr Auteur , il iuû envoya une j^lumç: 



ï T 2; Les éloges 

è'o):, & qu'étant euqais q^iel juge'mctu il faifair 
^e \2L Semaine de du Bartas , D-« Bartas , dit-il, <& 
fUtsfah en une [emalne que )e n'ai fait en toute ma 

Ce n'efl: poiu'tanc pas ( comme les ju^emens 
des hommes font divers ) qu'il n'y en ait eu quel* 
ques-uns , & m.êm.cs des plus fçavans , qui ayent 
trouvé de notables detaïus dans cet Ouvraf^e. Ils 
difcnt , qae ce Poëmc n'étant qu'une counnite Se 
fimple narration des chofes , comme fon fujet 
Semble le requérir, on doit plutôt mettre Ton Aa^ 
teur au rang des Hiaoriens , que des Poètes. Ils 
Soutiennent encore , que n'ayant pas dans fa for- 
ine d*écrîre fuivi les règles établies par lesAnciens, 
iis'eft écarté du droit chemin, & que plus on tra^ 
vaille à les imiter & à les fuivre de prés , plus CHi 
mérite, dejuîtesîoiianges. Mais après tout", com- 
me rafTùre S. Marthe, il a remporté cet avantage, 
qu'il a joui de fon vivant d'une haute & fameufe. 
gloire, puifque parles «harmes defaMufeila 
contrj.int les nations étrangères S^ les plus grands- 
Princevde le Jouër hautement , & d'avoir de paif- 
Nantes inclinations pour lui; 
ff à ïïe. •^^i^ iî ^^^ic tomber d'accord que fa réputation 
/exïolti ^'^ P''^s été de durée, & que ce n^cftpas fansraifoxi 
/■«r U que k ?ere Rapin a dit, que du Bartas s'étoit rendu 
^cëié^u, ridicule à vouloir imiter Pindare & Horace dans 
rinventioQ des mots. Le Cardinal du Perron pré- 
tend que c cft un fort méchant Poëce,foit que l'on 
legai-de Pinvention , la difpofition ; ou Pélocu- 
tion. Car , dit-il . (iu Bertas natomt d invention t 
3»rïcnie.^^\fv*''^^ w^/î?^ que raconter m7e Hisfoire. V ourla- 
p-a». difpofition , il ne l a pas non plus- car il ne fuit aucu- 
ne régie établie par les Anciens qui ont écrit de t' Art 
Poët/que. §luant à Vélccuticn^ elle eft très niaw 
'vaife , improjre enfes façons déparier -, imfsrttKen* 
le en Çesmeta^hores-y qui pour la \liifart ne fe doivent 
prendre que des chofes univer [elles , ouf communes t 
^u elles fi-yentpaf^é comme dsi'efpee& augeTiïSyC'Om*' 



ries Hommes Sçavan.f, 11^ 

nie le ^oletl. Mais lui au lieu de dire , le Roi des 
Jumic'ics, ildir.i , le Duc des ChaiHclc; : au lieu 
de dire, les C ourrifans d'Ecole, il dira fes Podil- 
lons. 

Ses Poé fies imprimées font , Laprémiéie S/- 
ma'ne. La Judith LVrante, Le Trlorr,the delafci, 
Ics/ieuf Mufes. La féconde Semaine. Les Pères. Lx 
Toi Les Trophées. Lh Magnificence Jonas- La Lepan- 
the.Le Cantique de la paix. La Vicîoire d'Tori. La 
fuite de la féconde Semaine , fcavoir. La Vocation.Les 
Capitaines. Le Chêne. La Décadence. VAccuenil de 
la Reine de Navarre à î^erac^ 

ROBERT GARNIER , du pays deif.f.>-/«. 
Maine, s'exerça principalement à faire des^J"'*"' 
Tragédies. Il , en mit an jour neuf, lef-'*''* 
quelles an jn£!;emcnt de Ronfardle mirent 
aii-deiHis de Jean de la Pcruic ^^ d'Etienne 
Jodclcqiii palîbient pour les pliisexcel- 
lenspocres de leur temps en la Pocfic Tra- 
gique. Les détordras «'.étant élevez en Fran- 
ce pendant qu'il éroit Confeilicr an grand 
Confciljcomme il s'imaginoit qu'il ùloit 
céder au temps , il fe rnela plutôt parmi 
les f.idieux , qu'il ne fuivit leur parti. 
Enfin , après que fa femme eut évité le 
danger , où l'cxpofa le poifon que lui 
donnèrent fcs domefliqucs , Garnfer , qui 
avoit toûjoufs devant fes yeux divers ftijcts 
de Tragédie, qu'il confidéroit fans humes 
& fans douleur , mourut de triflcflcA: 
d^cnnui , âgé dç cincj'iante-fîx ans. 



J.14 L^^ Eloges 

JIDDITIOU- 

Sainte Marthe dit qu'Etienne Todelc fut le pre- 
mier qui enrichit nôtre Langue du Poème Tragi- 
que i qu'après lui , Jean de" la Perufe ,^ans une 
grande jeunefle, acquit beaucoup de gloire par les 
Tragédies qu'il donnât au public.mais ajoute t-il» 
1!" M*^/r- encore que ces deux rares hommes fe foient en ce- 
the tra- Ja rendus extrêmement conlidcrables. Robert Cai> 
duît ^d»" nier les furpafTa dc-bien loin dans la pratique d'ua 
^olieiet, fi be[ 2,11. Comme la Façon d'écrire de Seneque lui 
fembîoit plus jufte & plus réglée que -celle des 
■ Grecs , il tâcha d'imiter cet excellent Aurcur.En 
quoi il reiiflit parfaitem.ent : car il donne à foa 
exemple des paroles fi convenables aux perfonnes 
& aux paflions qu'il réprcfente,il enrichit fes Vers 
de fi belles fentences , & joint la majcfté du dif- 
coursàde fi profonds raifonnemens , qu'on ne: 
xendpas ce que Pon doit à fonanerite , li l'on ne 
l'égale à ces illuftres Auteurs , que l'Amiqnité 
flous propofe pour exemples. Il nous alaiiîéneui 
Trat^edies, qui font non feulement toutes les déli. 
ces de la France , mais qui font encore des mar- 
ques éclatantes de l'excellence & de la facilité de 
l'efprit <le leur Auteur. Aufïï fut ce cette vnèim 
facilité qui lui donna le moyen de compofer deî 
Vers dans un genre d'écrire extrêmement labo 
lieux & difficile , parmi la feverité des études de: 
loix & de radroiniftration de la juftice puifqu'i 
exerça long-temps la charge de Lieutenant Crimi- 
«el d'ans fon pays du Maine, & enfin celle de-Coa 
feiller au grand Confeil. 
i Ses Tragédies imprimées font , Vcrc'te hlppoly 

■^ 9e. Marc Antoine. Corneille. La Trcadg. uintigone 

Xradamant- LaSedechîe ou les Juives II y a aufl 
de lui , t* Hymne de U Monarchie - é' «« Kecueutl d 
Voèfief fti'Uft imprimer à ToHloufe étant Ecolier. 



des Hommes Sccîv^ns, iiy 

JEAN BAPTISTE 'benoît, Véni- 
tien , quoiqu'il F.it fils d'un Médecin de^ll?,^: 
Valence en Cnlalle, lequel écoit original- '^'<^'^«'- 
re de France , néanmoins , à caufe' qu'il 
porcoic le nom d'une familePatricienne de 
Veniie^vouloicfaire accroire qn'il en écoic 
forci.Ce fut uii fameuxMuhématicicn,qui 
d'abord s'attacha aupris de la perfonne 
d'Odave Farncfe.Duc de Parme. Enfuitc, 

par la recommandation dcFrideiic A fînairc 
Comte de Cameraiio , il fut reçu dans la 
mai Ton d'Emmanuel Duc de SaVoye , & 
Tayanr allure que le Roi de France lui ren- 
droir P-gnerol & Savilian , l'évenemenc 
confirma la vérité ne cette prédidion, car 
rimcmc année qu'elle fut faite , le Roi 
ïîcnri m.rcvenoitdc Pologne palT^i par la 
S^vove, «Se remit ces deux places entre les 
nuins de ce Duc. Benoit n'cui qu'une fille, 
nommée touifcdont il vid la mort, ainfi 
qu')l l'avoit prédit long- temps aupara- 
Vî t. Il ne fçavoit prefquc point le Latin. 
C'cfl pourquoi , comme il avoir befoiu 
d'c rprunterla plume d*aufrui,il fc fcrvoic 
originairement de celle de François Vialard 
C'cfl l-ji qui a écrit le Livre que Benoit a 
compofé contve SUvius Plcllus de Lt p)cm 
pnut'tf y auffî-bien que fes Spéculations 
Phvf^quesiX' Mathématiques , .5c fa Gno- 
nioniquc , laquelj^ il traita d'uae telle 



i.-î^ Les 'Eloges 

^iianit're , qu'il éleva cet art an même 5é- 
-orcde perfection où il étoit parvenu da 
temps des Anciens. 

Tomes Ces Oeuvres ont été publiées, 5r 
il a laiiTé plufiears autres Traitez d'Opti- 
-que , de Mufique , & de Machines , qu'il 
recommanda en mourant à Bernard TroU 
le, parce qu'alors Vîalard étoit ablent. Ccff 
Ecrits fontgardezdans le Cabinet du Duc 
de Savove ,-en attendant qu'ils foient mis 
en lumière pour l'avantage du public. Il 
i-nourut à Turin âgé de foixante ans^comn 
me il l'avoir prédit , & il fut enfeveli dan^ 
î'Ecrlife de Saint Auguftin. 

les Oeuvres imprimées de T. Baptifte Benoit 
iTon , Speculationum Mathematharum & ?hyfica' 
Yum Liber- Refolutio omnium Eudidis problematut?u 
De gnomonum umhrarum^ue foUrium ufu . S^eculufii 
MAthematîcum. 






] ASON de NORES , Cyprîot , rémar- 
^jable de par la nobleife de Tes prédéce& 
feurs , qii^l difoit être fortis de Norman- 
die , & par fon érudition , enfeigna trei- 
2e ans laPhilofophie Morale dans le Col- 
jcge de Padouë. Après la défaite des Chré. 
tiens , qui furent tuez par les Turcs danj 
riile de Chypie, il redèntit une féconde 
afflidion de l'exil defctî fils unique nom- 
me 



d^s Hommes Sçavans, 117 

me Pierrcqui fut banni pour avoir tué un 
Noble Vénitien dans une querelle qu'il 
eut avec lui, Ôc il mourut de la douleur & 
de Tennui que cette infortune lui caufa. 

Entre fes autres Ouvrages il s'en trouve 
un, où il a voulu montrer que les Tragi- 
comédies Paftorales qui font aujourd'hui 
en ufiige parmi les Italiens , erolenc das 
monftres,qu'on ne pouvoit point les auto- 
rifer par Texempledcs Anciens, & qu'elles 
avoient été introduites par des ignorans de 
l'AntiquitéjContre les loix de la Poétique, 
Le Chevalier Baptifte Guarini de Ferrarc, 
ayant dans ce temps-là mis au jour le Ber^ 
ey fidèle , qui avoit été reçu de toute l'Ita- 
ie avec beaucoup d'applaudi (rement, crue 
que de Nore^ avoit voulu lui fîiire in- 
jure , & tenir fa réputation par cet £• 
crit , & défendit f\ Comédie fous le noLii 
de Verat. 

De Norcs de fon côté réfuta cette Apo- 
logie par une autre qu'il donna au public» 
Mais dans le temps que Guarini préparoit 
une leconde défeufc , de Nores fut alîcs 
heureux pourmourir.Car fi le malheur ar- 
rivé a fon cher fils n'eut caufé fa mort,oii 
croid que la le*5ture du fécond Livre de 
Verat lui eut infailliblement abrec;é fes 
jours. En effet Guarini avoit cccic contre 
de Norcs avec une éloquence fi véhemcuLC 
& des exprclfions fi aigres & Ci injurieufcs, 
'toyn, IL K 



fi 



A I s Les Eloges 

que l'on publioit par toutjqu'il avoic fur- 
palIë Archiloche déployant contre Licam- 
be la fureur de fes Jambes. 

A D D 1 T 1 O n. 

Thettr, Tason de Nores naquit à Nicofie dans l'iilc 

d'Ht*on7. de Chypre d'une des premières & des plus confi- 

Lttter. derables familles de ce Royaiune-là. Ayant ét-é 

i.£art, depoUillé de tous fes biens par les Turcs qui s'em- 

parerent de fa patrie , il fe retira à Padouë , où il 

enrichit fon ame de tant de rares connoiliances , 

qu'il fe rendit plusilluftre par fon fçavoir qu'il ne 

rétoit par fa nobleflc. On remarque en tous fes 

Ecrits des eiprcfîions f\ belles & (i hcureufes , un 

ftile (i noble & fî relevé , tant de méthode , de 

<larté , & d'érudition , qu'ils ont mérité Teftime 

& l'admiration de toutes les perfonnes judicieu- 

>*^vï«. ^^^' ^" fait fur-tout un cas particulier de fa Rhe- 

^;(,l^ torique, laquelle , fuivant Pofîcvin, eft un Ouvra- 

Xom a. ge excellente trcs-utilc aux Juges, aux Orateurs^ 

liè.ii. aux Ambafladeurs , & principalement aux Prédi- 

""f' ^- *" catcurs. 

Ses autres Oeuvre s imprimées font, La Poën» 

ra. VïnflituXj'tone dell* ottima Republica. Orazlo- 

tie al Do^e dt VînezÀa. Vanegyrici in Lode dî Ve- 

nez^ia. De J:rincipif, caufe , é* accrefcimentî che la 

Comedia., Tragedia , ^ ?c'err:a Herotco rUevcno 

délia Fi lofe fia McraU ^ Civile. Délia S fer a . Dif- 

corfo diCeografia. D^l mondo (^ délie fue parti fem" 

flici (y tnijie. Apelog'ia contra l ^utore del Verato» 

lntrOi'uz.icne fopra i tre lihri délia Rhetorica d'Jri' 

flctile. Inftitutio in Thllofophiam Ciceronis. Breiit 

^ dijiîncia fummaprAceptorum de Arte àicenii , en 

llhris Cicercnis celle ci a. De <;mflttutîone partium 

humariA éf civîHt PhilofophÎA. Interpretatlo in >lf- 

tem If mie mi Horatii. 



des Hommes Sçavans, 219 

IULES ALEXANDRIN exerça la^f ^' - 
!Medecinea laCourdes Empercursj& com-«mw. 
pofa beaucoup d'Ouvrages. Il fat très- 
cher à Maximilien II, qui étoic un Prince 
valétudinaire , & il en reçût des bienfaits 
confiderables & de grands honneurs , que 
ce bon Empereur lui permit de remettre à 
fes enfans , quoiqu'ils ne fud'cut pas légi- 
times. Alexandrin mourut à Trente â^é 
de quatre vingts & quatre ans. 

Iules Alexandrin , natif de Ticntc , exccl- ^ufuji, 
la. en la Poëfie & en la Médecine > & donna au pu- <ie Patr, 
blic les Ouvrages fuivans. 1^'* ^»''* 

De Medicînay fy Medico. SMuhrtHm pve de fani* 
tate tuenda lîbri III. In Galenî prAcipua Scripta An - 
iiotationes. PAdotroph'ta, De Theriaca. AntArgen- 
tericd , pYO Gcdcno. Antargentericorhm fuorum ad- 
^erftùs Galeni calumniatorem Defenfio. Epifiola 
Apologetîc^'i ad Rembertum Dodon&um- Epijlola ad 
P. Andr . Matthîûlum . Epijlolaad Andream Camw 
tlum. Enxntlotnateen fexagt'uta quatuer Galenî liber, 
ïtem Galeni Encomium. Conjilia Meiica. Galeni 
liber adverfus Lycum , quodnihil in ec Aphorifmo 
Hijpcrrates pcccartt , r;///^ eji initîum, ^i crefcunt 
plnrimum habent calcriiinnatl' Item G aient Liber 
contra ea quA à Juliano in Hippocratis Aphorifrr,os 
diBafiint , ir Liber defuccorum bcnitate ^ vïtio in 
' Linguatn Latiram converp. Itetn Joannis Aciu^ui 
libri 11 t de aeiionihti^j ^ ajfeclionibti^ [pirittu ar.i- 
malts , cum cjtifdem Methodo medendi , Latini facH. 
Son Livic de Medicina Cf Medico cft un Ouviagc 
rempli de beaucoup d'ciiiduiou. 

K ij 



liO Les Eloges 

FamUîus FLAMINIO NOBILl , de Luques, 
miin» né d'une famille noble , fut tres-fçavanc 
en la belle Philofophie. Sur la fin de fes 
jours il enfeigna la Theolocrie,aprés avoir 
utilement travaillé à l'édition de la Bible 
Latine qui fut faite parles ordres de Sixre 
V. Et ayant quitté Rome , il fe retira en 
fa patrie, où il mor.ut âgé de cinquan- 
te-Kuitans , & il fut enterré dans l'Egli- 
fc de S. Marie par les Ibins d'Antoine "fils 
de fon frère, 

ADDITION' 

TeftrlH, Jlaminio Nobilt, outre le beau travail qu'il 
^ibliot. ataic furla Vcrfion des feptante Interpuétes , a 
<it.»^tf/>. traduit en Latin le premier livre d'Ariaote de la 
libaici^f^^^^^^^^'^ ^'^ expliqué avec beaucoup de clar- 
ro Eplfi. ^^ ^ *^? fcavoir. Annibal Caro aiîure , que c'eft 
lib, *• ' un Ecrivain également dode & poli , & que (on 
Traité de l'Amour eft une pièce parEùte, foit pour 
le ftile , foir pour la matière. 

Ses autres Ouvrages imprimez font, Verfîo & 
Comm.in ^rijiot. de Generatîme ^ Corruptlcne.SO' ' 
tj^ in Verjîonew BibUornm rux 71. De hominUfeli- 
cttateUbri 1 1 1. Deveraç^falfa voluptate , lihri 
2 l. De Honore, liber 1. flusijiicnes Logic a De PrA- 
deflînatione. J. Chryfofiomi Sermoues in Epijîolam ad 
Phîlippenfes , in Linguam Latinam converfi. islota' 
tiones in ejn/dem Patrvi fententieis , quA Interpretis 
aui exemplarium viiies pîas aures Udere pojjunt. S. 
Maximi Sermo adpiefatem Latine , Flamiuio Nobi- 
lia Interprète* 

2»c«a.. H I E R O M E Z ANCHIUS , de Ber- 



des Hommes Sçavans, %ii 

gâinc 5 peu de temps après que Martyr 
eat quitté l'Italie , la quitta auffi pour le 
mcnie fujet , & s'étant retiré à Strasbourg 
remplit la place de Martyr qui fat appel- 
lé en Angleterre. Enfuite il enfeigna à 
Chiavenne dans les pays des Grifons, puis 
à JBâle , & enfin à Spire , & étant âgé 
de foixante quinze ans , il mourut à Hei- 
delberg , où il fut honorablement inhu- 
mé dans TEo-life de S. lierre. Il a fait • 
plufieurs Ouvrages , qui font des preu- 
ves convainquantes de fon profond fça- 
voir en Théologie , defquels les uns 
ont été imprimez pendant fa vie , & les 
autres ont été publiez par fes fils après fa 
-mort. 

Oï\ remarque une grande modération 
en fcs Ecrits, & il a toujours fait connoî- 
trc le fincere defir qu'il avoir de termi- 
ner tous les difFerens que laReligionacau- 
fez : car étant âgé de foixante & dix ans il 
adrelfa fa Confeffion de foi à Ulii^c Mar- 
tinengue Noble Vénitien Comce de Bar- 
co , éc \\ la donna au public tant en ^on 
nom, qu'au nom de fa famille, car c'eft le ti- 
tre qu'elle porte. Or dans cette Confcflîon 
il proteftc qu'il n'a pas renoncé limplemenc 
6c en toutes chofes à rEglife Romaine & 
à tous fes dogmes , mais feulement à ceux 
qui ne font pas conformics aux Ecrits des 
Apôtres ^ à la doctrine qu'elle-mcme en- 

K lij 



212 Les Eloges 

feignoît autrefois ^ & q'-û étoît crue pa? 
l'ancienne & par la pure Eglife s & que 
quand il avoir abandonné la Comniunion 
Romainejfçavoit été dans le delïèin d'y re- 
tourner , en cas que corrigeant fes erreurs, 
elle reprît fa première formerqu'il fouhai- 
toit de tout Ton cœur que cet heureux 
changement arrivât un jour , car qu'eft.ce 
qu'une bonne ]ame peut fouhaiter avec 
plus d'ardeur 5 que de vivre jufqu'à la fin 
de fes jours dans l'Eglife, où Ton a eu l'a- 
vantage de renaître par le Baptême, pour- 
vu que la communion que l'on entretient 
avec elle, n'oJenfe pas le Seigneur i 

A2) D IT I O N. 

^jF'P'i ^ Verheiden efbd*accord avec M de Thou tou- 
Ll,'/ cliant laparrie de H i e r o me Zanchius. Mais 
Kiam Melch'.ou Adam a ecric qu ilccoit natir d .'ilzane, 
àt Viu petite ville diftante de quatre lieues de Venife. Il 
ThtoL fut Religieux dans îe Couvent dont Pierre Martyr 
exier^n yermif éêoit le Prieur , & il imita fon exemple, 
• ayant quitté l'Italie pour aller à Strasbourg faire 
profclTion ouverte de la IlclîgioPx des Proceftans. 
On a remarqué , que dans l'cfpace d*une année 
pour la même raifon il étoit forti de ce Couvent 
dix- huit Religieux , parmi lefqucls les plus re- 
marquables après Martyr & Zanchius avoicntété 
Celfe Martinengue qui fut Miniftrede l'Eglifc Ita- 
Ip. F«6«. lîennc de Genève, Paul Lacifius qui fat Profefl'eur 
S «9 /, de la Langue Grecque à Strasbourg, & Emma- 
^'fi- nuel Tremellius. 11 fut accufé d'avoir figné une 
Aociett formule de concorde touchant les Controverfcs 
agitées entre les reformez & les Luthériens, quoi» 



des Mommes Sçavavs, 115 

que a^ns fou cœar il n'approuvât point les dodri- 
nés contenues dans cette Formule. , ., ^ 

' Aureftc, Zanchius n'a jamais enfeignc m a Ba- 
ie, ni à Spire, comme l'a cru M. de Thou. 

Ses Oeuvres imprimées font , MifcelUnea TheO" 
logica» De tribus Elohltfj. De mtura Dei. De ope-- 
ribusDei Deprimi homînls lapfu » de peccaU) & 
de lege Del Comment, m Hofeam- Comment, in Eph 
fioUm ad Ephefios , ad philippenfes , ad Colofjenfes, 
ducvs fid The^donicenfes > inprimam Epîflolam Joan-- 
tais. T)e Incarnation Eil'î'lT>eilibri U.De Sacra Scn- 
pura. De Religione Chrljîiana fides. Compendium 
pr&cipuorum capîtum doBrJnA ChrljUana» Ad Ar' 
rianl libelhm Refponfio. Ad VVilhelmum Holderum ^^^^ ^^ 
Refponfio. EplftoU. Oratïones. De fpirltuaU f»ter ,^;p,^ ^ 
Chriftum ^ Ecclefiam connubio. Vrolegomena ad £(( ,Çafi 
Fhyficam. Spéculum Chrîfiianum* Le Père Labbé^or^,. 
lefuitedit que Zanchius eft le plus fubtil de tous/^<*^.8»3 . 
les Théologiens de fa communion. 

Il y a eu un autre Hierome Zanchius de Ber- 
game]urifconfulte,quia publié quelques Ouvra- 
ges de lurifprudence. 

1AC0UE5 ANDRE' , fuccefTear dei^^'^^^'*' 
lean Bi-entius en 1* Académie de Tubingiie, 
fut le plus emporté &c le pins aigre enne- 
mi de rEglifeRomaine.il foûiint plufieurs 
difpates contre les Paftenrs de Genève, Sc 
rur-toiu contre Théodore de Beze à Mont- 
belliard cinq ans avant fa mort , & depuis 
ayant eu mauvais fuccés en la Conféren- 
ce qui fe fit entre lui' 3c Jean Piftorius, en 
prefcnce de Jacques Marquis de Baden, il 
ne fut pas plutôt retourné à fa maifon. 
Qu'il Y maurut^cude trifteire,ou des maux^ 
^ ^ ' K liij 



^^4 Les Eloges 

^ue Tes pénibles occupations & fon âge 

avance lui avoient caufez* 

AUDITION' 

■['rfi/ *'*i ^^^Qiiïs André* , natif dt Vvaiblin^ue ville 
•^J-- du Duché de Vircemberg,écoic fils d'un Maréchal. 
tultf, ].l fit ^« études à Stutgard & à Tubin^ue. Il fut 
fait Maître es Arts en 154 5f,& Diacre de Stutgard 
1 année fuirante. 11 fe maria en même temps avec 
Anne Entringuen , de laquelle il eut dix-huit en- 
fans , neuf defqueis lui furvêcurent. Ayant été 
obligé de quitter Stutgard pour avoir refufé de 
ioufcrire à {'Intérim , il fe retira à Tubingue en 
M 4 8. où il fut établi Diacre. En 1 5 5 3. il fut faif 
Doéleur en Théologie , Minilh-c , & Surinten- 
dant de Goepingue. Il reforma les Eghfes du 
Comté d'Oetinguen, du Comté d'Helffenfteinen, 
du Maïqaiiat de Baden, d'Hagenoe , & de Brunf- 
vvic. Il a/Iîita aux Conférence-; qui fe firent à Ra- 
tisbonne, 3 Francfort, à Vvormes , àAugsbourg, 
&: à Erford. 11 fut aufli envoyé au Colloque de 
Poi/Ti. Mais il n'y arriva qu'à la fin du Colloque. 
En i^6x. il obtint la charge de Chancelier de Te- 
glife de Tubingue. En 157^. il alllfta à la célèbre 
Alîcmblée des Théologiens Luthériens qui Te tint 
dans la ville de Torgue,où il travailla avec une ar- 
deur & une appliquation incroyable à dreiîer le 
Livre contenant les Articles de leur créance , ap- 
pelle Liber ConcordÎA Bergenfis^^ztce. qu'il fut con- 
firmé dans la ville de Bergue. 1 1 employa cinq ans à 
voyager dans l'Allemagne pour faire ligner à ceux 
de fcn parti les Articles dont on étoit convenu 
dans l'AlTcmblée de Tourguc. En 1 585. il pafTa à 
de fécondes nopces. L'année fuivante il ainfta 
au Colloque de Montbelliard , où il difputa avec 
Théodore de Beze , & il mourut d'une phtifîe 
quatre aiis après , fçavoir le 7. Janyier 15^0. 14 



des Hommes SçAvans. iz j 

avoit une exacte connoillance de la Langue Latine, 
de la Giccque, de l'Hébraïque , de la Philofophie, ^^'"T?- 
& de la Thcoloo-ic , s'il en fait croire. Ouenftedc. ^'t/zf""' 
D autres diicni: c]u il ecoit très peu verle dans les y^/or 
Sciences , & mêmes dans celle donc il faifoit pro- 
feflion , & qu'il étoit (i peu ferme dans {"es fenci- rt r -^ •- 
mens , que dans une lein.imc il iv-ou trois io\^ Hfio> 
changé d'opinionj Qu'il combactoit (es Adverfai- Sifr^^B. 
res plutôt avec des injures & des calomnies, qu a- ^""^^^^ 
vec de folidcs raifons , qu'il prcfumoit beaucoup"* ^ '"" 



i'J Sont. 



de foi même, & qu'il faiCoit fort peu de cas des J* '^'^'^^^^ 
auti-es Sçavans de fon (leclei Qu'il s'étoit attiré le 
mépris de la pJûpa'X de ceux de fon parti,qui le crai- 
toienr de vagabond de boufon , 3c de perfomiao-e 
qui n'avoit point de confcieuce ni de Religion , & 
qui ne connoiilbic point d'autre Dieu que Mam- 
mon & Bacchus. Enfin, qu'il étoit venu au monde 
pour le malheur de l'Allemagne, que c'étoit un 
homme d'une impudence & d'une ambition ex- 
trême , & qu'il prenoit d'autant plus de plaifir à 
caufer des troubles & d^sdivifions dans l'E^life, 
qu'elles lui apportoient d'utilité & d'avantaf^c. Il ^^^' ^^•" 
étoit l'ennemi juré des Reformez, jufqae^-là au'iK*''**'*?^** 
prétendoic que les Calviniftes croient .lu/Ti redou- il^„ ^ 
tables que les Catholiques Romains, &qtt'ils \i't'Ftchtlê 
toient pas moins cruels qu' ux. tiUk» 

Il mourut dans fa foixanrc-deuxicme année, 
ayant exercé la charge du Miuilkre pendant qua- 
rante quatre ans. 

I' fit un des plus ardcns dtfenfeurs de la doctri- 
ne de l'ubiquité, ou de la ptefence du corps de 1e- 
sus Christ en tous lieux. C'eft ce qui donua- 
lieu à ces Vers que l'on fit contre lui : 
K^ nnrere fonet fabrifi 7iomen ubiquc, 

'^ilunum ncrat s fréter ubique , faber. 
DîjferuU i docult 1 fcrip/if , volitanjit ubique,- 

Jupie p'ios nlgro fparjit ubique f/Ue. 
Jitnc 7)7ale qui demies curhone notavir ubiquc » 
Eji carbone f HO m-îus ubiquc jO»t^r. 

K Y 



%i6 Les Etoffes 

Ses Oeuvres imprimées {ont , Difputatîones h 
Jic^dsmia Tuhingenfi propofitéi dîverfis tempcrlbus. 
Hefponfio pr'iwa ad Th' Bex^am , ^ 0,d propofitionei 
Jngolftitd , Brev'ts Expofttio contrQverfu de dvMbta 
nafur'is in Chrifto 9 décrue 'verft prAfentia corports é* 
fangulntse^îii'm Euch^r'ijilas in qua Kefponftim BezA 
de carnîs Chrîjii ornai prAfentia centra J, Brenîium 
refutatur % ^ en -, quA BulUngerus contra ijusreco- 
gnit'ionem edîdit , refelluntur' De majejîate homi' 
ms Chrifli , ejufque in EHchariJlia prAfentia^ir Con^ 
^Ilij Trident ini décréta de fide iufiificante. Refponjio 
brevis contra Sperlingium. Ad libellum Frider. Sta" 
phyliRefponJio' "Exp&fitiô Cœm DjmlnicA. Defenjio 
de ufu calicis In Synaxt > contra Bart. Latorrmm» 
Jac. Andréa ^ MatthAi lllyrici Colloqtiium de peC" 
€ato originis , Arpenter ati 1571- iofiitutum- Jtem 
'Epiflola adMatt. lllyricnm de peccatooriglnis Bre- 
'Vis Admonîtio de crimine Stellionatus Calviniano' 
rum , <iuQ Jefuita^ in fi*»m Societatem rapere , é* 
docirinam Lutheri de perfona Chrifiit ^facra Cœn^ 
iliorum antoritate perfide eppr'tmere conantur- Ref' 
pnfio contra lîbrum î- Sturm\ , quem Antipappum 
quartum infcripfit. 'B.efutat'^o ApologiA Lamberti 
D/wii dsadoratione garnis J- Chrîjii. Affertîo Cœnâ, 
"DominicA.contradifputaiionemGregm'i de Valentîtt 
Jngêlftad propofitam. Methcdtts concionandî. Difptt- 
iatio de dicio cap. i. 19. ad Coloff. In ipfo habitat 
omuis p4enitudo. Confut^io Difptttationis "joan* 
JacobiGrin£i,de CœnaDomini. Admomtio dejynopfi.. 
Orattonis Jo, JacobtGrin&i qua^ Difputationi de Ccc 
n^Domîni HeidelbergA anno 1 ^^4-inJlitutAfinem im^ 
tofmt. Orat io de Incarnatîone Filij Vèiy contra blaf» 
phemos errores Tuinglianorum ^ CalvlmJiarufn.Gra^ - 
îio de Vrincipium ojficto in Collegiis Monsiftieis tiien* 
dis, ^ fovendis Lit ter arum jludïîs Oratio de inflaH'* 
f&ticne Studii Theologici. Oratio de dîfcipVma in Acd* 
d^mia TnbhigeyiÇi inJiaurandâ.Apologla contraThefes 
"Dlfputationis de ma)e^ate homirns Chrijii. De Cœna 
Dùm'mi i de perfoufk Chrijii,de commuai catione 'dlo* 



des Hommes Scava7?s, %iy 

tnatum > dg relîgiùfa Chrljiî ciomîtone . etîam qu^ 
homo eji. De religiofa adorutionetotîm Chriftifecun- 
dkm divinum ^ humunam 7i^tiirtim.'De peccmocri^ 
ginùs, DediHo Chrifli )oan.(î.<^3.SpiriLLis eft c]ui vi- 
vificac, caro non piodeft qaicqaam. De pr&defiîna- 
tîone.De unîone perfonali ^ /upernàititraU duarum In 
Chrîjlo naturarum contra bla/phemam Difputat'iortem 
Eufebij Cleberîy V aflorh Sungallenfis in Helvetia.De 
Religîone Chrtjilana. De Mîriiflerio Ecclefiajiico 0* 
eju^ ejjicacia. Contra, Concïlium Trîdentînum ■ Cel- 
loquinm Montelbergardienfe , h^bitum anno i^%6, 
ktter Ja€, Andream él* Theodorum Bez,am. Difputa- 
/*o </^ £fr/.f/;<«, & plufieufs ancres Ecrits en Latin 
& en Allemand. Car oo allure qu'il en a compofé 
plus de cent cinquante. Mais celui qui a plus fait Bi''liotJi§ 
conno'tre Jaques André dans le monde c'eft fon^*^ • 
Livre intitule, Ccncordia de Vhiijultatey que quel- 
ques uns ont appelle Concordïa Dlfcors , parce qu'il 
caufa beaucoup de troubles. 

NICODEME FRISCHLIN , natif de n^.w*. 
PalincT en Sncve, avoit un raient merveil- ""**;. ^''^^ 
leux pour la Pocfie 5 & croit Içavant en 
Aftionomie:mais fa vie liccncieufc & l*in« 
continence de fa Lingue obfcurcirenc la 
î:epurarion qne fon fçavoir lui avoir ac- 
quis, & il finit Tes jours d'une mort indi- 
one d'un homme de Lee rcs:car après avoir 
enfeignc long-temps la jeuncllè à Grats 
dans la Stirie , puis à Lubec dans la Car- 
niole, (pendant que laConfeirion d'Augs- 
* bourrr étoit rolcrce dans ces deux provin- 
ces de la maifon d'Autriche ) & enfuite à 
Fribourg dans le Brifgivvjà brunfvicdans 

la Saxe^^ enfin aTubingue , les difcours 

K vj 



12.8 Les Eloges 

mal réglez & infolens c^u'il tenoît, furent 
caufe qu'on fe faifit de luij& qu'on lui do- 
napour prifon le chârcaa d'Hohen-Au- 
rach dans le Duché de Vvirtember^ , d'où 
tâchant de fe fauver il fe coula le Ion a d*u- 
ne corde qui fe rompit,& il tomba fur des 
rochers qui étoient au pied de cette tour, 
Ainft il mourut miferablement ayant à 
peine palTé fa quarante quatrième année. 

ADD IT 1 on* 

Mfl h» NicoDEME Frischlin oâquic à pareil jour que 
^dcon, Virgile écoit mort, comme il Ta leraaiqué dans 
Y^r^^^f une de fes Elégies. 

'^ *' Vlr^inum, diZ'Wf lux hAC Gra\Â tellarereverfum- 
S'ûjtnlit, în^ue ItaUjcntumnlavit immo. 
Il fie fes premières études avec un tel fuccés , 
^u'i l'âge de treize ans il enrendoit parfaitement 
la Langue Latine & la Grecque , ^ qu'il s'ac- 
quit l'eftime des gens dodtcs .par les beaux Ou- 
vrages de Profe & de Vers qu'il compofa en ces 
deux Langues. A l'âge de vingt & un an il fut ho- 
Boré de la charge de Profeffeur en l'Aca:iemie de 
Tubingue.A peine avoit-il vingt- quatre ans, qu'il 
y enfeigna rAiUonomie fU. les Mathématiques, 
àJa place de Pierre Appian , & qu'il y preiîda 
aux difputes de Philofophie. Mais enfin après 
avoir donné des marques illuilres d'une profonde 
érudition en divcrfes Académies, il fe rctna à 
Mayence , pour y faire imprimer les pioduftions 
de fon efprît. Et comnie il éroit dénué de toute 
forte de biens , il écrivit au Duc de Vviitembcrg 
pour iaiiplorer £on aiïiflance , & pour lui deman- 
<îfer lei effjets de fa libéralité. Mais parce que ce 
pTiiice rciava à Erifchîin Fargcnt qui lui étolt 
jftccjj.'.^iùrc , u.lui vccrivii uneiecond^ LîmCj dans 



des hommes S ç divans» 129. 

laquelle il fit éclater fa colère & fon reflenci. 
mène. C'efl ce qui donna licaà remprifonnement 
& à la mort trasiquc de ce fçavant homme. 11 a- 
voir un g;;nie très propre à la Poèfic , & Ton fait 
grand cas de tous fes Pccmes, fur* tout de fes Co- 
médies & de (es f.lecries. 

Ses Oeuvres imprimées font , De Aflronomîci, 
Mrtis cum docîrîna cœlefiî ç^ nantirait Ihllofophî^ 
Convenîemla, Injiîtuttones OratoriSL. Oratio de prA- 
Jlantia ac dîgnîtate Virgïii}. l^yoblema j Vtrumfor' 
tuna aliquam caufâ, mcventU ratîonevj habeat > an 
fecus. Oratio de findiis Itngu^rHm C^ Ither^lium ar- . 
tîum» t'roblemata de feptem art'ibtt^ llbsml'ibti^ , ^ 
de qHlïi'^ue fenfibf{/s. §lîiA(tionei ^rammatîc^. De 
raùone infiltuendl puerum ^b annoAtfiîîi 6. ^ 7, ad 
ftnnum ufj[He 16. &c. Strlgtlis Grammatîca . quâ- 
Grammatijcarum quorundam for des arti lil'eralijjt- 
ma afperfs. d,eterguY.tur .Demonjîraùo GrACcs non ca- 
rere abUtlvo. Grammatlca Laùna. Difputatle 
Crammatim tribut a înducenttu ^plures propojîtio- 
nés. Nomenclator tri Un g ut s ■> GtAco-Latino Gertna- 
nîcM. Poppif/ntt^ Grammatical , pr> Strigili fua- 
Crawmatica. Oratio In M. Vagnerum Frtmarienfem 
Saxonem. troiiomtfs in fecundum Celejiini Gram* 
tnatici'Dlalogttm. GrammatuaGrAca cmn Latina 
ifecere congruens. Dtalogns Loglcus contra P . Rami 
Sûphljiicam. pro Arljlotele, Pancgyrici 1 11. de Last- 
dibus Maxlmil'a'tù 1 1 , odolphi I ^ y Ô* ^^axJm^ 
Itanl fratrii. 'Paraphrajis in Satyros Ferfii- Para- 
phrajis lu Bucolica ^ Gecrgha VirgiUi , ^ l\hrttnr 
I. JEneid. f*araphrafis }n Horatli Eoljlolaf. Oratio 
de exercîtatlonibm Oratorivs Ô" '^oJèt'ids . ad imita* 
tionem Veterum refts inJUrucr/dis- Methodus deila- 
mandi. TacetU fetecilores. Oratimes > EplftoU ■> é<* 
frdfationes. T^efenfio rentra Panxum* Interpréta* 
tio Epiorammatum éf* Annotât, in Hymnes ''^allî^ 
maehi. Arislophanes repurgatus a mcndh ^ imU 
t^iicne Plauti arque Terent'n interprétants- ''» 
Xheodori -^^Jpti] L.rammaiki lihrttr/jde JijextiU*9 



x^d Les Etoffe f 

Interpretatîo duplex , & NotA ad fâxtum Gr&cum. 

AJirclogicarum dlvinationum phafmata , & phan' 

Ufmatafamatlca explofa &c. Orat'to, ffiuls ex quin- ^ 

auefcnfibm maxm.am volupfatem ex fuo objecîoper- ' 

eiplat. Stipendlum THblngenfe. Item Gyn.m^Jf 

Monfifiica Dncls Vvirtembergîci , carminé dejcn- 

pta. De mpt'tis Ladovici Duels VvlrîembergA ,- 

lib. 7. carminé Heroïco. CArmen panegyrlcum ^ 

aequmqne SaxonU Duclbus. Opernm Foeticorum' 

pars Epie a. Operum ?o'è:lcorum pars Sleglaca. Ope- ' 

rum Voëtlcorum pars Se ente a, in qua funt Ccmœ' 

■MA&TragctdU. Operum Poétleorum Paraleipome'^ 

m. Liber Oàarum & An,tgrammaturr). In ebrleta- 

tem Carmlna. Carmen de Hordoglo Ajlrologlco Ati 

^entoraîenfi. . 

Sa Comédie de Rebecca lui valut une couronne, 
ae laurier que l'Empereur Rodolphe voulut lui 
donner folemnellemcnt de fa propre main à la 
Dicte de Ratisbonne. Voyez. Bâill. Jugemcntdes^- 
Auteurs Tom. 5. 

- «,•. FRANÇOIS SAUNAS naquit à Bar- 
,u^ S./;- cros de ]ean , qui avoit --e^îhrdrjrier de. 
''^'' Ckaïles-Qiûnï. A peine avoit-ll arremc. 
Tâoede aix ans, qu'il perdu l'afage de fes 
vei^x^de £aïte qu'on peut en quelque façon 
le comparer à Didyme d'Alexandrie ; car 
Salinas cherchant quelque coniolation y 
fon malheur , fefervit fi heureufemenc de 
fon beau génie, que non feulemet il acquit 
une parfaite cÔnolffince de la Langue La- 
tine & de laGrecque.mais qu'il excella aux 
Mathéaiatiques,'!^ fur tout en la Mnfique,-. 
far laquelle il a cÔpofédes Livres fi do6les 
ac fi eaime:^> que parmi lesSjavans en cet: 



des Hommes s çuv ans, v^i- 

art ils ont pa(îé pour l'Ouvrage de quelque 
erpritau-dcffus derhomme. Outre cela^ il 
s'appliqua à la Poëfic:, & il traduifit avec, 
beaucoup d'élégance quelques Epigram- 
mes de Martial en Vers Efpagnols. 

Il fut extrêmement chéri par Paul I V.&r 
par Ferdinand Alvarez de Tolède Duc 
d'Albe> lequel étant Viceroi de Naples lui 
donna l'Abbaye de S.Pancracejqui eft d'un 
revenu confiderable. Il Fut aufîi aimé par 
Jean Alvarez de Tolede,par Gafpard Qiii- 
ïogca , parRodericde CaftrOa & par An- 
toine Perrenot Cardinaux. Et la conformi- 
té d'études & d*inclinations, qui fe trou- 
voit enttc lui & Louis Le^lonenfis, Reli- 
gieux.de l'Ordre de S. Auguftin , Inte-r- 
préte; des Livres facrez en l'Univerfité dc- 
Salamanque, & 1* Auteur d'une belle Para- 
phrafe fur le Cantique des Cantiques , les 
unit cnfembled'un lien il étroir,qu'ils vé- 
curent long-temps dans uneparfaitc ami- 
tié. Enfin Salinas étant Profeireur en Mu* 
fi que en cette ville-là^y mourut âgé deioi»- 
xante 6c dix-fept ans., 

A D T> IT 1 O n. 

Fr<lnçois SaliMas Profefîeur en Mufiqne à. 
Salam^iiK^c a donne au public un Livre in folio, de 
Mafica* 

AMBROISE MORALES , de Cor- 



%^i. Les Eloges 

douë,tres-fçavanr aux Lettres hnmainesôs 
anx Antiquirez de Ton paySj fut fils d'An- 
tx)ine,excellent Médecin. Il s'en^aî^ea dans 
l'Ordre des Dominicains 3 niais il fut re-' 
trraiché de leur Corps, parce qu'à l'exein- 
. pie d'Origenc, ponde d'un zelc aveugle Sc 
rurieax,il s'écoit faic EunuquGjpour repris 
nier les mouvcnes de la luîiure.C''eft pour- 
quoi ayant repiis Tes premières études , il 
enfeigna la Rhétorique à Compluie, &c il 
donna un e^'^nd lour à l'hifloire de Ton 
pays par les beaux Livres qu'il compola,. 
Car il continua celle que Florian d*Ocam- 
po avoit commencée > & il la conduifit 
jufqu'au tem.ps de la iTiOrt de Veremond 
111. Roi de Léon, c'eft à-dire jufqu'ea 
1 507. & enfin il mourut à Complate a- 
yant paire faXoixantiéme année» 



A B D I T l O N^ 



^iliot, Ambroise Morales écrivoit avec beaucoup 
ihfpAti, d'éKganceen Latin & en Efpagnol. C'eft poiir- 
<quoiil fut honoré de la charge d'Hiftorlographe 
. . de Phihppe Il,.& par {es ordres il pavcoiirut toute 
i/Ziof!* ^'^^P^ê*^^ ^ ^" villca toutes les Bibliothèques, 
/iè.jTî f, s'informant avec exadliiudc des ccremonics qui; 
ii-fe^. étoient p'.at'quécs en 1.1 vénération des Reliques, 
5« afin de pouvoir -tirivailler av^c fidélité à l' -Hftoirc' 

de fon pays. Cel'e qu'il a d'année au public a ccé 
tf.s-utilc à ceux qui après lui oni. éclairci les Anci- 
<]uitez Ecclefialbques, & pnncip (Uicnt au Car- 
dînsl Baroniusj quoique danse r Oavr.i-^e Mora-i 
fcs fe l'oit foiivcnt trompé , & fur tout dans les 



des Hommes s çavms, 2^5. 

explications qu'il a données aux infciiptions Ro- 
maines qui fe trouvent en Efpagne , jufqucs U , 
<jue l'on a remarqué trente fautes dans le Traire 
qu'il a fait {ur un vieux marbre 'que Ton void à 
Barcclonne. 

Ses Oeuvres imprimées font, Scholîa m Eulogij 
Opéra, La Cronica gênerai de Efpana. CordubaGe' 
nealog'ia S. Dommd. De S. S. Juflo & Pajlore Corn- g;^^.,, 
plutenfis UcdcfiA Patronis. Epi/iola ad Reefendium. cunl* 
De Trajani pontis infcrlptîone. Il a auiïi lai fie wARilltrm 
Commentaire manufcrit de h vie de la Comcclle ^'»-i» 
Mathildc de Canofa. 



I 



Année ijsîu 



JAQUES AMIOT. de Melan , fils à\m 
Boucher , mérita par fon éminent fcavoir'f'^*" 
que l^inftrudion de Charles 1X.& d^Heii- 
ri IlI.Uîi fut confiée. Et ces Princes eurent 
tant de reconnoiiTance pour leur Précep- 
teur, qu'ils lui donnèrent des Bénéfices cres 
confiderabIes,& qu'enfin ils le firent Evê- 
que d'Auxerre & Grand Aumônier. Ce- 
pendat plufieurs ont alfûré, qu'il avoit ou- 
blié tous les bienfaiti qu'il avoit reçus de 
ces illuftres nourri iFonsicar comme lesin- 
commoditez de la vieillelîejOu les devoirs 
de Hi charge , l'attnchoient auprès de fon 
troupeau , on dit qu'il eut trop de com- 
plaifance pour leshibirans d'Auxerrc, lef- 
qi'cls s'étoient abandonnez à la fureur qui 
dans ce temps malheureux pofTèdoit la plu- 
part des François. C'efl à lui que nous de* 



2 5 4 ^^^ Eloges 

vons la belle Ver/îon Françoife des EthiO" 
piques d'Heliodoie 3c des Pocmeniques 
de Longus^quoique dans l'édition qa'oit 
en a fait on n'aitpas mis le nom du Tra- 
dadtcur. C'cil parce coup d'elFai qu'il fit 
connoître la beauté de Ton cfprit , qu'il 
exerça enfuite'fur de plus grands Ouvra- 
cres , fçavoir fur Diodorc , & principale^ 
ment fur Plutarque ', quoiqu'à dire la vé- 
rité , fes Tradadions foienr plus élégan- 
tes que fivieles. Il étvoit palFé foixame ans 
quand il mourut, 

ADD IT 10 :^. 

f^rt^f de Am roT, dît M. de S. Real, étoit fils d'an Con* 
l'Hplrt. royeur de Melun, Etant encore petit garçon il 
s'eutuït de la maifon de Ton père , de peur d'avoir 
le fouet. Il n'eut pas fait bien du chemln,qu'il tom- 
ba malade dans la BeaufTe , & demeura étendu au 
milieu des champs. Un Cavalier pafTant par- là en 
eut pitié , le mit en croupe derrière lui , & le me- 
na de cette fone ]ufqu'à Orléans , où il le mit à 
l'Hôpital pour le faire traiter. Comme fon mat 
n'êtoit que lalTitude, le repos l'eut bien-tôt guéri. 
Il fut con^redié en même temps , & on lui donna 
en partant feize fols , pour l'aider àfe conduire. 
* C'eft en reconnoiiTance de cette charité , que cet 

illuftre Prélat, par un reflentiment digne d'un 
homme qui avoir confumé toute fa vie dans l'étude 
de la fao-elTe, & particulièrement dans la leélure de 
Plutarque , fit depuis un legs de douze cens écus à 
cet Hôpital par fonTeftameut- Il fît tant avec fes 
feize fols, qu'il fc rendit à Paris. Il n'y fut pas 
îono- temps fans être réduit à gueufer. Une Dame 
à. qui il demandoit l'aumône le trouvant de bonne. 



des Hommes Sçavans, 2 ^ j 

façon, le prit chcs elle, pour fuivrcfes cnfans au 
Collège, & porter leurs Livres. Le génie merveil- 
leux pour les Lettres que la Nature lui avoir don- 
né , le fit profiter de cette occafion avec ufure. H 
étudia donc, & fi bien, qu'on le foupçonna d'ê- 
tre de la nouvelle opinion qui commençoit à écla- 
ter , inconvénient commun à tous les beaux ef- 
prits de ce temps* là. Les perquifirions rigonreu- 
fes qu'on fie alors des premiers Huguenocsr, l'o- 
bligèrent a fuir , comme beaucoup d'autres, tout 
innocent qu'il étoit , & à fortir de Paris. On en 
vouloir fur- tout aux gens de Lettres fufpeds , & 
certes avec raifon , car ils étoicnt bien les plus 
tedoutables. Amiot étant obligé de fortir de Paris 
de cette forte , fe retira en Berri chés un Gentil- 
homme de fes amis qui le chargea de l'éducation 
de fes enfans. Durant le temps qu'il y fut , le 
Koi Henri I L fliifant voyage , logea par hazaid 
dans la maifon de ce Gentil homme. Amiot ctajic 
prié de faire quelque galanterie en Vcts pour le 
Roi, compofa une Epigramme Grecque , qui lui 
Fut picfentée par les enfa;is de la maifon. Aufii- 
tôt que le Roi , qui n'étoit pas i\ fçavant que fon. 
père, eut vu ce que c'étoic , c'eji du GreCy dit-il en 
ia jcttanr , à d'autres. Ileft aifc de juger , par le 
déplaifir qu'Amiot du rcflentir de cette a£Vion da 
Roi , quelle fut fa furprifb fur ce qui arriva en- 
fuite. Michel de l'Hôpital, depuis Chancelier de ^ 
France , qui accoinpagnoit le Roi dans ce voyage, 
& qui ouït parler de Grec , ramafla ce qu'il avoic 
ietrc , il lût l'Epigrammc , & il en fut furpris. Il 
pictid Amiot par la tête , & le regardant fixement 
lui demande où il l'avoit prife. Amiot , qui étoit 
sncorc dans la confternation où l'aélion du Roi 
l'avoit mis d'abord , lui répondit en tremblant que 
c'étoit lui qui l'avoir faire. Sa frayeur ne permit 
pas à M. de l'Hôpital de douter de fa fincerité : 
comme il étoit grand connoilleur, il ne fit point 
de difficulté d'alîuref le Roi, que fi ce jcuj'.e 



1^6 Les Ehges 

homme avoir autant de vertu que de fçavoir & de 
génie pouc les Lettres , il meritoit d'être Préce- 
pteur des cnfans de France. Le Roi qui avoir en- 
M. de i*Hcpital toute la confiance qu'il devoir 
avoir, s'enquit du Maître de U maifon. Comme 
Jes mœurs dT^miat étoient irreprochabîes,le Gen«* 
tilhomiTve lai rendit le témoignage qu'il meritoit. 
Il n'y avoit que le (oupçon qui l'avoit fait retirer en 
ce lieu, qui pût lui nuire ; mais quand ce foupçon 
auroi-t été fçû, M. de l'Hôpital, qui étoit lui-même 
plus fufpeâ; qu'aucun autre , n'etoit pas pour s'en 
affrayer. Voilà l'affaire conclue. Il y a apparen- 
ce que ie P.oi reconnut bien- tôt par la Cuite la véri- 
té de ce que M. de l'Hôpital lui avoit dit d'Amiot, 
ne fut- ce que par la négociation qu'il fit à Trente, 
qui étoit la plus difficile commiflion qu'on pût 
donner à un homme en ce temps- là , & où l'Ab- 
bé de Bellofane , c'efl ainfi qu'Amiot s'appelloitr 
alors , prononça devant tout le Concile cette pro- 
teftation fi ludicicufe & fi hardie qui nous refte, 
& qui {era dans la pofterité an monument éternel 
de la fageile &c de la gcnerofité de la France dans 
cette occafion également importante & délicate. 
"Voilà l'état auquel étoîc Amiotfous le règne de fes 
difciples François II. & Charles lX,avantageux à la 
vérité fi l'on fe Convient de {"es commencemens, 
mais pourtant encore indigne de Ton mérite. Et fa 
fortune étoic apparemment pour en demeurer là, 
fans une rencontre fortuite qui le porta plus hauc 
qu'il n'avoir jamais efperé,& qui marque admira- 
blement l'efprit de la Cour. Un jour laconverfation 
étant tombée fur le fujet de Charles- Quint à la ta- 
ble du Roi , où Amiot étoit obligé d'aflîfter tou- 
jours , on loiia cet Empereur de plufieurs chofes, 
mais fur-tout. d'avoir fait fon Précepteur Pape>c'é- 
toit Adrien VI. On exagéra fi fortement le mérite 
de cette aélion , que cela fit impreihon fur l'efprit 
de Charles IXjjufques là même qu'il dit que fi l'oc- 
Câûon i'en prefentoic, il enferoit bien autant pouc 



des Hommes Sçavans. î.37 

tefien. Et 4c fait peu de temps après, la Giande- 
Aiimonciic ayant vaqaé , le Roi la donna à A- 
miot. Celai ci, ("oit qu'il eût quclcjuc preflcnti- 
rr.ent de ce qui fuivic , ou par humilité pure , s'cx- 
cufûtant qu'il pût de l'accepter, difaut que cela 
.^toit trop au deflus de lui : mais ce fut inutile- 
ment , le Roi lui dit que ce n* croit encore rien. 
Cependant cette nouvelle ayant été porté aulli-toc 
à la R'Jne Mcre, qui avoir dcAiné cette charge 
ailleurs, elle fit appcller Amiot dans {or^abincr, 
où elle le reçût avec CCS paroles ctFioyablcs, J'a€ 
fait bonqucr , lui dit-cllc , les G:tifes. & ^^^ Chàtit- 
ions , les Connétables , à" les Chanceliers • les Rois 
de Navarre , f^ les Princes de Condé , & je vous 
ai en tètetetit Preftolé î Annot eut beau protclUr 
de fes rctus, la conclufion fut que s'il avoit la 
charge il ne vivroitpas vin^t quatre heures, c'é- 
toit ic ftile de ce temps- là. Les paroles de cette 
femme étoicnt des arrêts. Le Roi étoit naturel- 
lement opiniâtre. Entre ces deux cxtremitez 
Amiot prit le parti de fe cacher , pour fc de- 
fobcr également & à la colère de la merc & à la 
libéralité du fils. Un repas palVe , & puis un au- 
tre , & puis encore un autre , fans qu'Amiot pa- 
roillL à h table di^ Roi > au quatrième il le de- 
mande , & commande qu'on le cherche tant qu'on 
le trouve , mais ce fut en vain. Amiot ne s'etoic 
pas Ccichc afin qu'on le trouvât. Le Roi s'avifa 
aa/fi tôt de ce que ce pouvoit être , ëUtoi , dit- il , 
parce que je l'tî fait Grand Aumônier ^ en l'a fait 
difparoître ! Et fur cela cnrre dans une telle fureur, 
comme c'étoit Ton naturel , dés qu'il fe mettoïc 
^«n colcre , que la Reine , qui avoit alTés de peine 
'à le gouverner , 6c qui le craignoit autant qu'elle 
l'aimoit , n'eut rien de plus preiié que de faire 
trouver Amiot à quelque prix que ce fut > en 
lui donnant toutes les furetez qu'il pût foQ- 
h ai ter. 

Koûillard dit qu'Amiot exerça à Bourgçs la ^^***^'* 



1 3 8 Les Eloges 

^ijio're charge '^de ProfefîeuL- en la Langue tatinc & ei 

rff iWf/«« la Grecque pendant dix' ans avec beaucoup di 
réputation , que ce fut dutanc ce temps-là qu'il 
.fît fa Tradudion de l'Hiftoire Ethiopique d< 
Théc^^ene & de Chariclce dont il ne connoifîoiî 
pas l'Auteur , & qu'étant aile à Rome il apprit /d(, 
Romulus Amafée Bibliothécaire du Pape, qu'He-i 
liodore Evêque de Traça dans la Thrace étoi . 
l'Auteur de cette Hiftoire , & que ce Prélat avoiit 
iTiieux aimé quitter fon Evêché , que de brûler for^ 
Lirre , bien qu'on lui reprochât que les amourj: 
qui y étoient décrites , étoieiit indignes d'ur' 
homme de {"on rang & de fon caradere. D'autrei; 
-difent que cette Tradudion fut recompenféc pa») 
François I. de l'Abbaye de Bellozane vacante paji 
la mort de Vatable. Rouillard ajoute qu'Amiot a* 
voit très peu de talent pour la Poefie , comme ir. 
paroit par un Px>ëme Latin qu'il a fait fur le facrç' 
de Charles IX. 

'Ê:fioîrt Quant à fa Verfion des Oeuvres de Plutarque. 

de /'Acd-quoiquc-ce foit un excellent Ouvrage , &: qu'il lui 

demie ait acquis une réputation immortelle , M . de Me-1 

''^'^/^'/''•ziriac , qui étoit très fçavant aux belles Lettres Se. 

fur-tout en la Langue Grecque , prétendoit mon-' 

trer , qu'il y avoir jufqu'à deux mille fautes tres- 

groflîeres, fur quoi M, PelilTon fait cette belle re- 

£exion , que quand la critique de M. de Meziriac 

{"eroit bien jufte , cet exemple ne doit pas tant 

rebuter qu'encourager ceux qui s'adonnent à 

traduire : Car» dit-il, _/» d'un coté cefi une chofe 

déplorable , ^«'«w fiujfi excellent homme quAmîoti 

fi-prés tout le temps é* toute Im peine que chacunfçMt 

qu'il employa à cet Ouvrage , n'ait pu s empêcher de 

faillir en deux mille endroits , c'ejî de l'autre une 

grande confolation , que malgré ces deux mille fautes, 

par un plu^ grand nombre de lieux où il a heur eu fe^ 

ment rencontré ^ il naitpctâ laijjé de s'acquérir -une 

Col^.tftlt^oire éternelle. 

O^'ufcu'A M. Colomics nous apprend, que Laurent Bou- 



des Hommes Sçavarîs, 2 } 9 

•clicl airmoic , qu'Amioc avoit traduit Plutarc|ue 
fui- une vieille Vcrfion Italienne de Ja Bibliothè- 
que du Roi , & qu elle ctoit caufe des fautes qu'il 
avoit faites. 

D'autres ont dit, qu'un fçavant homme qu'A- ^''^^*^^^', 
miot retira des priions de la Conciergerie du Pa- ^ 
lais & qu'il prit à ("on Cervice lui aida à faire cette 
Verfion. La popeliniere a lailîé par écrit qu'A- Ltncel, 
dricn Turnebc envoyoit de temps en temps à A- ^^'i^". 
miot les palîafTcs les plus difficiles de Plutarque ^'^^''''1'. 
tiaduits en Irancois. ^^ , ,^ 

Au rcfte, Amioi fut accufe d'une extrême avari* y^rrill, 
ce , & l'on allure que Charles I X. le raiiloit fou- My2«, dt 
vent , & lui rcprochoit , que les langues de bœuf C/>dr/«x 
dont il vivoit, ne fervoient qu'a faire fouveuir ^ • • 7* 
qu'il étoit iils d'an Boucher. 

ANTOINE de CHANPIEU , qui fe ^«-««'«t 
'ht connoure au public tous deux noms 
Hcbrenx , fçavoir fous celui dt Sadêcl , & 
fous celui (le Xammicl^ ctoîc iffu d'une fa- 
mille noble du pays deForcus. Il répondit 
aux Ecrits de François Turrian,& de quel- 
ques au très Je fui tes ,6^ il s'acquit une gran- 
de réputation parmi ceux de fa créance. 
Enfin après avoir employé trente- fix ans 
entiers à enfeiener & à écrire^ il mourut à 
Genève d'une hcvre Cv^lique dans la ciix^ 
quante-fepticme année. 

ADDITION. 

Antoine de Chandieu étoit forti de l'an- jitel, 
cienne & illurtre famille des Barons de Chandieu if<^^^'* 
dont il ell: parlé dans l'Hirtoire de Ftancc.Son père >^'"^''- 
5'appelloit Gui , Ôc fa mete Claude Chabot. Dans 



140 Les Eloges 

fa jeuncfle il embrafla la Religion des Proteftans, 
& ayant renoncé à l'étude de la lurifpiudence pour 
s'attacher à celle de la Théologie, il fut reçu Mini- 
ftrc de l'Eglifc de Paris à l'âge de vingt ans. Dans 
la féconde année de fon Miniftere il fut accufé 
d'herefie , & mis en pxifon j mais il en fut bien- 
tôt délivre par Antoine Roi de Nararre , qui l'ar- 
racha de fon autorité d'entre les mains de ceux qui , 
le gardoient.En 1^62. le III. Synode National des 
Protcftans ayant été convoqué à Orléans , Chan- 
dieu , quoi-|u'il fut encore leune, par les fuftiages 
Thut». <lc toute pAllembléefut choifi pour y prerider,par- 
Hffi.'iK ce que , comme l'a écrit M. de Thou, fa bonne 
'^c mine , fon érudition , fon éloquence difputoient 

avec une finguliere rnodeifie à qui le rendroit ic 
I«f.-io<5?,p|^5 recommandablc. Enfin ayant été obligé de 
quitter la France pour éviter les dangers dont il 
ctoit menacé , il fe retira à Genève , où il fut re- 
çu au nombre des Miniftres ordinaires de cette vil- 
le là. Pendant les guerres civiles de ce Royaume il 
fut mandé pour le Roi de Navarre , & il demeura 
trois ans avec lui. Il fe trouva à la bataille de Cou- 
tras , & il y fit la prière en la prcfcncc de ce Prin- ^ 
ce, après que les troupes eurent chanté la dernière 
paufe du Pfeaume 118. Mais Chandieu ne pou- 
vant fupportcr les fat'gucs de la guerre retourna 
à Genève , où il palTa le reile de (es jours, & ayant 
exercé toute fa vie le • fonâ:ions de fa charge fans 
aucun falaire , il mourut enfin d'une peripneu- 
monie. Voici comment M. Choricr parle de 
Uhregé Chandieu. Il étoh un fort appui de la Religion P, 
' t '^*' R. par fa pénétration dans les matières Theologiques^ 
D.xwh, l^eP.oïVécoutcît avec plalfir. Ls s erreurs fembloient 
iii'4 10. des veritez. dans [es difcours- Mais il quitta la Cour 
après que le Roi les eut abjurées, H eut peur qu'on ne 
le regardât comme un captif attaché au char de 
ttiomphe de la Religion Catholique qui avoit porté ce 
Grince à l'E^life^ Il a donné à fin parti un volume 

de 



des Hommes Sçavans, 141 

de Traîtex, Theologtquesfous le nom d'Antoine SadéeL 
Dans la Langue Hebraï^tte Sadéel fignijie champ de 
Dieu. Il travefiit ainfi fin nom de Chandien , »« 
voulant ni tirer de la gloire de [on Ouvrage ni la. 
perdre. 

Ses Oeuvres iinprimécs font , De Verho IXei 
fcripto , TraBatio. De unlco Chrijli Sacerdotîo ^ 
Sacrificlo. De verapeccatortim remîjftone. De lie- 
ritate naturA humant Jefu Chrijii. De fpîrituali 
tnanducatione corporis Chrifii, ^ fftritualî potu fan-^ 
£uinis ipfius in Ccena Demini. Ve facramevtMi man" 
dticatione corporis ChriJii , ^ facramemali potufan' 
guints ipjius in Cœna Domini. Refutatio libellî quem 
Claudîu^ de Xaintes Monachus edidit cum hac in^ 
fcrîptîone , Examen doSirinsi- Calvinians, ér Bex^anA 
de Cœna Dom':ni anm 1 5 ^7 • Index errorum Qregorii 
de Valentia ex eolîbroquem infcripfiti Examen prAci- 
pui Myjteriidodlrint. Calvinîftarum Index fecundui 
ïXiyKliKoç errorum Greg. de Valentia. Refponfio ad 
fidei , quam vacant , profeffionem à Monachis Bur" 
dsgalenfibus edltam anne i')^s -ut effet Keltgionis ab- 
^uraiîdi formula. De légitima vocaùone "Pa/lortim 
EccleJiA ReformatA. Sophifmata Turriani Soluti^^ 
Ad omnia repetita Turriani Scphifmata Refponfi§. 
Centum ficfculi 'iurrianicA d'tfputationis. Index 
fAe>7»«,9ç repQtttimnm Turriani y cui accefftt brc 
vis Réfutât! libelli, quem Turrianus edidit cum hac 
infcrîptione » iM'/Koi ^wraTry.t-r.c adverfus ter' 
tioi inlibrum hîpertitum cavillatlones Sadeelis Lu- 
therani. Analyfis- ^ Rcfiuatiô afferùonum de Chri- 
fii in terris Ecclejia , propoftarumin Collegio Pofna^ 
nienfi. Ad très iibros I aurejuii Arturi , ^«w in- 
[cripfit de Ecclefia Chri fit in terris. Méditations s m 
^falmum li- Oûcnaires de la vanité des chofes hu- 
maines. L'HiJioire des perfecutions. Traité de la 
difcîpUne Ecclefiafiique . Trois Sonnets fur la myrt 
de Calvin. On lui attribue un Hoëmc intitulé, 
La Metognorphofe de Ronfard en Prêtre^ ou, Le Tem* 
pie de Ronfard , dans lequel ce tan-.eux l^occt cft 
Tome IL L 



taxé d'avoir enfeigné rAthéïfme. Ronlara répon- 
dit à czi Ouvrage par un autre qui a pour titre, 
Lesmiferes du temps ^ auquel Chandicu répliqua 
par un autre Poemc, 

Mup'Do. HUGUES DONEL 5 cclebrcînterpie- 
**^ '^* te du Droit, naquit à Châlons fnr Saône. 
Il enfeigna premièrement à BoLircle:in3i 
pendant plufiears années : & après le de- 
lordre de Paris ayant été obligé de quiaer 
la France,il demeura quelque levnps à Lei- 
<le : & enfin à caufe du foupçon qu'on eue . 
^e lui, dont nous avons parlé ailleurs , il I 
prit alors la célèbre Académie de la Repu- 
blique de Norimberg pour l'afyle de fa 
vieilleire , & y mourut a Tâge que Cujas 
^toitmort » mais avecd'autanc moir.s de 
réputation que ce grand homme , qu'il fit 
tous Tes efforts pour obfcurcir l'éclat de fa ; 
gloire &: de vive voix Se par écrit. I 

D ou E L fît fe5 premières études dansfon pays 
^^^P^^ , avec beaucoup de faccés. Enfuite il apprit laTu- 
in*'o!af rifprudence à Touloufe fous lean Coras & fous 
funebrî Arnaud Ferrier , qui avoicrt acquis tant de repu- 
HtneUi, t-ation par leur fcavoir , qu'ils pouvoient coinpter 
d*ordinaire dans leur Autorité plus de quatre mil- 
le Ecoliers. Puis il continua fes études à Bourges 
fousEguinaire Baron & fous François Duaren \ Se 
il devint en peu de temps capable d'enfeigncr 
lui même cette Science difficile. Car à l'âge de 
vingt- quatre ans il fut mis au nombre des Profef- 
icurs de cette Univerfiiéj^ il eui Tavanrsge d'être 



des Hommes Sçavans, 24,^ 

Collègue de lacque* Cujas & de François Hotco- 
inan. Pendant qu'il cxeiçoic cette charge av« 
beaucoup de gloire , il tut expofé à un tres-graïui 
danger, car il faillit à être enveloppé dans le maf- 
facrciic la S. Barthelemi : mais il garentit fa vie 
par le fccours de quelques Ecoliers Allcmans , qui 
i'arrachercntd'cntr© les mains de ceux qui ctoient 
i"ur le point de l'immoler à leur cruauté & au 
faux zèle dont ils ctoient animez, & ils le condui- 
iirent à Genève , d'où étant allé en Allemagne , 
il enfcigna quelque temps à Heidelbcrg , puis àThnsn. 
Lciden i mais il fut obligé de quitter la Hollande, f^i/Ior» 
pr.rce qu'il fat foupçonné d'avoir eu part à une''*- 7'» 
conjuration que les habitans de cette ville-là 
avoicnt tramée contre les Etats. AnHn après avoir 
demeuré à Altorf trois ans, il y mourut âgé de 
foixante- quatre ans , & fut cnfeveli dans le Tem- 
ple de cette ville- là. 

C'étoit un homme qui excella àans la belle Littc- ^**''y v 
rature 6c dans la lurifprudcnce , qui expliqua les J^*^"' 
ditficu!tezde cette Science épincufc avec beaucoup ,4fj>t.if. 
d'érudition &: de politciTe , & qui mêla avec tant HAJib, 
d'art l'utile & Tagreable , que fes Ecrits plaifcnt & 5* 
indruifent également. Ses plus beaux Ouvrages 
"font ceux quil compofa fur la matière des tella- 
mcns & des dcrnicics volontez : car ceux qui font 
entendus en ces fortes de chofes aiîurent qu'il a 
traité ce fujet avec plus d'évidence &: de fçavoir, ^ ,y^. 
<juc tous ceux qui Tavoicnt précédé. Il avoit uncvj* tti' 
mémoire fi prodigieufe , qu'il fçavoit par cçsm}: denfit, 
tout le Corps du Droit, depuis le commencement 
jufqu'à la fin. Il avoit tant daverfion & témoi-^'"-^* 
gnoit tant de mépris pour Cujas, que dans fcs le- /"-^ *^' 
çons il ne le dcfignoi: que par cette pcriphrafc, 
hcmo nefcio Cnjai. 

Ses Ouvres imprimées font , Comment aticrum 
de 'jure CivitUlhri i S . Comment. *d 1 itulum Dige- 
jii , de rébus dublis. Comment. Ad Tituloi Ccdicis, 
de Faciis i (^TrAnfrçiiQmbHi. Comment. adTttui. 



i44 Les Eloges 

Digejîi y de prâfcrîptis verbis , ^ in faSfttm A^'tonî' 

hus Comment* dd Titul. Dtgeji'h de verbcrum oblî' 

£aùbmbus. Comment, ad Titul. Digefli y de rébus 

creditis, de jurejurando : de condi^ione ex lege , de 

^(mdiBione triticaria, de eo quod ^ertoloco dariopor^ 

tet. Comment, ad lib. 4, Cod. Paralip'imena ad ait' 

fu&s Jnjiiniani libres. Jd legem JuJUniani. de eo quod 

interefi , de ufnris , de fru^ibus , de mora , de Âdi- 

litiû ZdiBo , de eviBionibus, ér dupli ftipulatione, de 

probationibus , de fide infiniment or um . de tefiibus* 

Commentari\adTtt. 9,10. 11. 11 .13. 14. 15. 1 6.ij, 

18. 19. fif 10. lib. 6. Codicis. Commentar. ad L^ 

iaallus. ff. De liber, éf* Tefihum- Commentarii ad 

Titul. 34 . 3 S • é^ 3 ^- lib. 3. Cod- LitîerA ad Albe- 

ricum Gentilem ad Michaelem Hofpitalium , ip ad 

Marttnum Jarrium* 

Adâlphut 

jwcrkc- ADOLPHE METKERQUE , de Bru- 
"'• ges , forci d'une famille noble , s'acquit 
une grande réparation par fon fç^voir : 
mais il fe hidaeinporter au torrent de la 
guerre civile qui ravagea les Pays Bas , 3c 
ayant été fait le premier Confciller des 
Etats, il employa toute fa vie en des Am«. 
ballades ou en des emplois publics. Enfin' 
étant AmbafTadeur auprès d'Eliiaberh Rei- 
ne d'Angletcrrejil mourut à Londres dans 
fon année climad^rique de la douleur 
qu'on dit que lui caufa la nouvelle de U. 
mort de Nicolas fon fils,qui avoit été tué, 
à Devenrcr. 

ui D D I T I o s, 

v4«^r. Adolphe Mitkerque étoit tr^s-fcayact en 



des Hommes Sçavans, x^f 

Grec & en Latin , & aufîi profond dans la con» Bî"«cio 
noiflance de toute forte d'Antiquité , qu'il ctoic * ^* 
habile dans le manimcntdes affaires d'Etat. Il re- 
cueillit les A(ftesde la paix qui fut conclue à Co- 
Jogne en 1 579. & y ajouta des Annotations qu'if 
donna au public II a aufli travaillé aux Vies des 
Ccfars , à la grande Grèce , & aux Faftes Confu- 
Jaircs qui ont été gtarez & publicx par Huberr 
Coltzius. 

Les autres Ouvrages imprimez de Metxerqu» 
font. De veterïér reÛa pronunttatione Lîngut, Gtf 
€£,. Kalendarium perpetuum t five Ephemcris fylls' 
bicih dierum fc^orum Ecclefié, RomanA. Scholia m 
Mofchi^ Bionts Idyllia Theocritl Syracufani Epi" 
jp'ammata , carminc Latino reddha. MciKerquc 
ôc François Brugcnfis ajoutèrent quelques Vers à 
la Grammaire de Defpaucere , & en firent un A- 
bregé la reduifanccn un ordre plus commode. Cet 
Ouvrage fut imprimé chés Plantin en ipi. fans y 
mettre le nom des Auteurs. 11 y a aufli des Vers 
de MctKerque dans k Livre intitule. BelitU Po'é.' 
tArum GétUorhm. 

VICTOR GlSELlN,natif de Sant for-jT^'^^'^Q*- 
de village proche d'Oftendc, étoit d'une 
famille qui avoir tenu un rang honorable 
dans ce lieu4à , car il écoir dcfcendu de 
Corneille Gifelin. Il fit Tes premières cftu- 
dcs avec ]u(le Lipfe & Jcin Lernutias à 
Louvain, d'où ils s'en allèrent cnfemble à 
Dole. Là il fe fit recevoir Do(fteur en Nie- 
ticcine , y étant contraint par fa pauvreté, 
&c Lipfe fit une belle Oraifon à fa louange. 
Mais il s'attacha beaucoup plus à l'étude 5C 
aux Mufes,(^u'a l'exercice de fa profeffioUi 

L ii) 



^4^ Les Eloge f 

Je prens à témoin de cctre vérité les excel- 
Irês Commentaires qu'il a faits far les Me- 
tamorphofesd^Ovide & fur Prudence Poè- 
te Chrétien , qu'il donna au public plus 
correct qu il n'étoit auparavant. Il eft vrai 
que ce dernier Ouvrage eft^beaucoup plus^^ 
confiderable que l'autre, mais il ne l'ache- 
ya pas,& jl en confia une partie aux foins 
de Lcrnutius. 

Enfin pendant les troubles de ce Royau- 
me, il fe retira à Vinox petite ville , célè- 
bre par fon Monafterc.qui n eft pas loin de 
Danquerque , y étant actiré par l'Evéque: 
de Mofline , qui lui affigna une penfioiv 
honorable , de laquelle il s'entretint juf- 
qul ce qu'accablé d'ennui il rendit fon a- 
n^e à Dieu dans une grande tranquillité», 
LTprcs avoir prédit leteaips de fa mort ua 
four auparavant félon les règles de fon^ 
arr. Il ctoic âgé de foix^ante ans lors qu'il 
mourut. 



Barth, 



B À R T H 1 a S trouve mauvais que Gisel r N aît 
^f^vclf appelle un Commentaire {es Noces fur Prudenre, 
ilb,xoc[ & dit que c'eft une marqae d'une extrême pré- 
2o,i>/;èfomption d'avoir donné uo (i grand nom à qael- 
3i.f.4. ques pages de Remarques , d'autant mieux qu'il 
n'a nullement rcUiri dans cet Ouvrage , n'ayant 
IK iiff^ point expliqué les Antiquitez Chrétiennes qui fe 
<o.r 9. jj-ouvent dans ce Poète. Mais Polîevin eft dans 
'nJfZr.^'^ fenciment bien oppofe j car il alfare que ces 
'^ 'NotcsfomptcferaWeià toutes celks qui OQC été 



des Hommes Sçavans, 247 

f.îites fur ce Poctc. Valcrius Andrcas dit qu'cllcf 
font prcfcjue toutes tirées des Ecrits d'Arnaud 
Laurent Bcrchemus. 

Ses autres Oeuvres imprimées fort, Schdia w 
Ovidium.KotéL in Apide'tum.De Morbo Gallico.Kota 
& CJoronologia in S«verî Sulpttii Opéra. Adagiorum 
Epltome à Jumo , Gentio , aliifque poji Erafmum, 
EpiJioU de hydrargyri ttfu i ad Mttrtinum Everar- 
tum. Hymni Liturgicî. Il a aulTt lai/Tc plusieurs 
Pocfies & des Corr crions fus Aufonc qu'il légua 
d Janus Lcrnutius. 

Le CarJiiial ANTOINE CARAFE ^''?^'»'« 
étoit fils de Reinaud Clicvalicr <Jc de ]oa-^''^'*' 
nellc,qLii ctoiencd\ine incinc fAmillc Scàt 
la plus illuftre noblcHe ciuRoyame de Na- 
pies. Il apprit avec beaucoup de foin ôc dô 
lacces la Langue Grecque fous Guillaume 
Sillet , & comme il appairenoit à Paul 
IV/ous le Pontificat de ce Pape il eut parc 
dans fa jeunelTe aux premiers honneurs de 
Li Cour de Romej&;,oaprcs la mort de Paul 
IV. ayant été enveloppé dans le malheur 
qui faillit à ruiner toute cette fanuUe, il fut 
injurieufcment dépoliillé des riches béné- 
fices dont il joliiiroit. Mais ils lui furent 
rcftituez par Pic V , qui avoir de grandes 
obligations aux Carafes j(?c qui ajouta à ce 
bienfait une grâce plus conhdcrablc , lui 
donnant le chapeau de Cardinal. 

Aprc's qu'il fut clevc à cette dignité, 
comme il étoit extrêmement ftudieux &: 
dévot, il i'aplicjua à ^^o*rigcr le Droit Ca» 



'^48 Les Eloges 

jionique, & à vamafler les Décrétais, & il 
eut la conduite de Tëdition de la Bibb 
Grecque & de la Latine qui fut faite par 
Tordre de Sixte V , s' étant fervi pour cet 
effet des foins & de Tinduftrie de Pierre 
Morin Prêcre^d'Antoine Aquifijde Flami- 
îiio Nobilis Luquois, & de Fiilvio Orfini. 
Ayant fuccedé à Sirlet fon Précepteur en fa 
char<:e de Bibliothequaire du Pape, il prit 
aiiffi^la protection de l'Ecole des Maroni- 
tes qui avoit cié établie par Grégoire , &. 
dans le temps qu'il travailloit à recueillir 
le à mettre en ordre les Conciles Grecs ô^ 
Latins,unemort prématurée le priva de la 
gloire que cet Ouvrage lui eût pu acqué- 
rir, car il mourut âgé de cinquante-trois 
ans, ac ainfi il fut obligé de la cedér au 
Cardinal Borromée Vémulateur de fa ver- 
tu, Thomas Bofius Eugubinus, Cefar Ba- 
ronius le fameux Ecrivain des Annales Ec 
ckfiaftiques , & François Bencius firent 
tous trois à Venvi fon OraiCon funèbre. 
Son corps fut enterré dans l'Eglife de S, 
Silveftreau MontQuirinal , & l'on mit 
fur ion tombeau une infcription modeftc^ 
ainfi qu'il l'avoit ordonné. 



<4 15 D 7 r 7 N. 



^'^'f, . Antoine Carate naquit k jour de l'Annon^ 
^iVCar-ciation de Notre Dame, & trente ans après la 
<iiW, veille de cette îête, il fut créé Cardiaal par Pic y\ 



drs Ho7mves Sçazrarjs, 149 

Dans une grande jeu ne ilc il fie paioître une vertu 
^Bc.unc chnllecé extraoïd-naire , car il n'ctoit âgé 
que de vingt cinq^ans, lorsqu'il rcfifta aux caref- 
fcs d'une tcmuK' aufli b-llc que lubrique , qui Té- 
to>it venu trouver dans Ton lie. & pour la chafict de 
f^ chambre, il lui jetta des charbons ardcns «oncre 
le vifagc & dans le fcin- 11 fut auH] cxcrêmemenc 
recomniandable par fa charicé : car il fie de gran- 
des aumoiics aux pauvres pendant Ta vie , & en 
mourant il donna fcs biens à l'Ecole des Maroni- 
tes, f I a traduit en Latin plufîcurs Homélies de S. 
Grégoire de Nazianze , les Commentaires de 
Théodore: fur les l^feaumes , & ceux des autres 
Pcres fur les cinq livres de Moyfe , & fur tous les 
Cantiques du Vieux & du Nouveau Tefkamenr. 
11 a aaili écrit en Latin des Notes Apologétiques 
'fur l'Hin-oirc de la vie de Paul l V. composte par K^rutet, 
un Auteur anonymcOn alïure que dans la maifon *^'Vrtr<j/. 
de ce Cardinal tous les domeftiques étoicnt fça- ^'/7' 
vans, jufqu'àfcs Cuifmicrs&res PaleFrcniers. 

HENRI GRAVIUS exerça pendant «"»^»/»f 
vinor ans la charge de ProfciTenr en Théo- '^''*^* 
lo^ic dans l'Uni verficé Je Louvain : 5c 
ayanc été appelle par Sixte V & par Gré- 
goire XIV pour corriger l'édition des Pc- 
res que ces Papes avoient delTein de prc- 
carcr, il mourut dés qu'il fut arrivé à R,o- 
mc, n'ayant que cinquante cinq ansj&il. 
ne piit pas jouir des honneurs qu'il avoic 
droit d'efperer de cette Cour. Il fat eu. 
terre dans r.E^lifc de Sce.MaiieTeutcuû- 



lifi 



2JO Les Eloges 

AD DIT 10 N. 

Henr? Cravius , fils de Barchelemi exafl & 
habile Imprimeur , a mis au jour des Noces fur le 
tome fcptiéme de S. Auguftin , où ce Père parle 
contre les Herefies. Il avoir aufïï commencé un 
Livre inriculé , Commentartl rerum DcnatïjVica- 
rum, donc on void une parcic dans la Bibliothèque 
de Louvain. On y void aaffi une Oraifon pro- 
noncée en 1586. fur k verfec 10. du ly.chapicre 
de l'Evangile félon S. Luc. 
f^s^ter. 11 y a eu un autre fçavant homme, appelle Hen- 
►^^ >. Kl Gravius , parce qu'il ccoic nacif de Grive, mais 
ii^jf^^ (lont le nom école Vermolanus. U écoic Religieux 
■^*'^* de l'Ordre de S, Dominique , & ila faic imprimer, 
jiTJnetatîunctéifts in S. Cyprinnum. Annotatîones m 
Jiieronyml Efiftotdi , & EmendatlofJês in. S. Fanlim 
Ctera. il mourut en 15 51. 

i,^,^ LAURENCE STROZZT. fille de Za. 
jias.ro\' charic > fœur de Kyriaque dont nous a- 
^' vons déjà fait TEloge 3 quoiqu'elle ait 
tâché de vivre dans robfcurité,merite d'ê- 
tre célèbre par nos loUarrges, à cau(e de fa 
vertu Se d€ l'excellence de fon f^çavoir.qui 
a été Cl extraordinaire , qu'on n'en void 
gueres de femblable parrni les perfonnes 
de fon (exe. A l'âge de fept ans elle em- 
br.ilfa la vieReligieafe , Se fe mit "dans le 
Couvent de S.Nicolas de Prato en Tofca- 
ne de l'Ordre de S, Dominique , & dans, 
cetrefolitudeaiant appris la LangucGrec^- 
que &c la Latine , elle fit avec un fuccés- 
ïnerveiile.ux d^s Hymnes Latii-is en Vers 



dés h&mmes S^içavans. 2/^' 

Lyi-îqnes>â rimûation d'Horac^^ fur tou- 
tes les fêtes de l'Eglife Romaine-. Pendant 
toute fa vie elle, s'attacha avec beaucoup 
d*exa6titLidc à tous les exercices de la vie 
dévote,^: moutut enfin d*une. fièvre pour- 
prée de l'âge de foixante 6<: dix-fepc ans. 

ADDITION. 

les Hymnes Latins de Lauience Srrozii furent 'Pinucnh 
trouvez fi beaux & fi ciegans , que de fcavans i.* 
hommes voulurent bien les mettre en VcrsPran- 
çois & Italiens. Voyez l'Eloge de cette illuftrc 
iiilc dans Nicius Erythrcus. 

Année ijpi. 

AUGER GISLBR de BOESBEC, per- 
fonnage illuftrepar fon érudition , par fa f^^^l"^ 
candeur, par fa probircf, & par Ton adreife *» ■''- 
au manîment des atfaires^nyant ère em'oyé "*'*'• 
deux fois à la Porce en qualité d'Ambaffa- 
deur cie Ferdinand , s'acquitta avec beau- 
coup d'honneur & de gloire de CCS Am- 
bnfiades , bc il en donna l'Hifloire au pu- 
blic dans deux Lettres tres-élee^'^nrcs ôc 
tres-agreables 3 dont je confclfe ingénu» 
ment que j'ai pris beaucoup de chofc» 
pour les inférer dans mon Hilloire. 

Au refle, comme Roesbec après la mort 
d'Elifabeth d'Autriche veuve de Charles 
IXjde laquelle il ctoit Refident à la Cour 
de France , s'en r^cournoit ians fa patrie ,• 



15 i ^^-^ Eloges 

à dire aux Pays-BaSjavec toute fa famiUei 
quoiqu'il eût des paireports du Roy Se de 
ceux de la Lie^ie, néanmoins les Ligueurs 
it faifirent de lui prés de Dieppejlui pillè- 
rent tout fon baaasjej & exercèrent fur lui 
d'étranges cruautez. Et comme un ç extrê- 
me trifleffe eft d'ordinaire mortelle aux 
vieillards, la douleur que lui cauferent les 
mauvais traitemens qu'il avoit reçus en 
cette occafion , lui fût Ci fenfible qu'elle 
Tôta du monde dans le temps qu'il atten- 
dit les ordres du Duc de Mayenne peut' 
fa délivrance. 

A^D D JTl N, 

AtintR GiSLïK de BoKBEc naquit en lyiav. 
à Comines pacriedu célèbre Philippe de Cominc, 
" il étoit fils naturel de Gilles Ciller Seigneur de- 
Boesbec & d'une femme de baffe naifîànce. Mais 
comme dés fon eatancc il fie paroître un génie 
merveilleux & beaucoup d'anaour pour. la vertu , 
/on perc ne lai /Ta pas de \m témoigner autant d'af* 
fcilion cjiîes'rl eut étèengendré d'un légitime ma, 
liage , &le fit élever av^c ua {oin extraordinaire.-. 
Auger ayât cultivé fes talcns naturels pat une étu- 
de continuelle , Ce rendît fi Habile , que l'Empe- 
lear Maximilien Î'I. luy confia Téducation de (es 
y^ jj^ enfans. Puis il fut envoyé pMeurs Fois en Ambaf- 
Cent.l.^^^^ , & comme c'ctoit un homme d^expcrience > 
ep f^r. côfommé dans les afFaires>& qu'il avoit une adreT- 
«///. «^, {é Se un efprit-admitable , il s'aquittade ces em- 
^jfj pîois avec beaucoup de gloire. D^ail leurs il exeel- 
i©it en la belle Littérature , ce qui paroît^iùr-t-out 
^«Uas l'HifkoijiC.de. {es-Amba/lades , qjui eft . éccit^ 



des Hotnmes Sçavans . i^^ 

a-/eCMntdc pciitclFc & d'agrcmcnc , qu'elle cft^^['^^^* 
comparable aux plus paifaits Ouvrages de l'Anti ^.^ ^^^ 
c)uitc,& qu'on ne peut h lire fa»s écre pénétré à'wn^^^jih, 
extrême plaifîr. Voyez, les Eloges que Lipfc luiiç.c. ij. 
<ionne dans foafpîac par laquelle il lui dcdia fcsC.'/^'-i/..i^ 
Saturnales. ^.^^.^^^ 

Les Oeuvres imprimées d'Augcr Bocsbcc^'onr , 
SpiJîoU TurctcA Legatîoms quafuor. ConfiUum de 
re militari contra Turcam hiflituetéda. Itinera duo, 
Confiantirtopùlttanum ^ Jmafianum, EpiJloU Le* 
^Ationis GallicA. Liber de vera nobilitate, 

JEAN VINCENT LAURO , Car- J;,,, if"- 

Jinal né àTropic , ville cclcbre c^da Qx-L-^uritu. 
labre , d'une famille honncre , & d'une 
<^onclirion méciiocrc,fucclevcciAns la mai- 
fon des Carafes EHtcsde Nocére,^ écuiia 
à Naples j & puis à Padouc , .ivec Alfon- 
fe. Apres qu'il eut acquis la connoidàncc 
de la Langue Grecque & de la Latine , iL 
s'appliqua fi hcurcufement à Térudc delà 
Philofophie& delaMédecincqu'il exceU 
la en ces deux Sciences, il fur d'abord do- 
mcftique de Pnul Pariiîo G-^rdinal de Co- 
fence, & dans ce rcmps*là il connut Fami- 
lièrement Hugues Boncompagno , leqi'el 
ctant parvenu au Pontificat , & feredou- 
venant de Phennêtc «S: douce amitié qu'il, 
avoienr autrefois conrra(flée cnfeuible, lui- 
<îonna le chapeau deCnrdinal. 

Mais avant que d'ctrc élevé à cette dioni» 
ré, il s'étoir attaché à NiC')lis Gaddc Car- 
ijinal après la mort dcPariCa^Cs: aifuiie c>i 



j?f4 Les Eloges 

Cardinal de Tournon , qui lui avoît con-*- 
ferc de riches bénéfices en Auvergne. Le * 
Cardinal de Tournon ctanc déccdéjon dit 
que le Duc de Guifc l'introduifit dans la 
maifon d'Antoine Roi de Navarre , a def- 
fein d'empêcher que la Reine fa femme Se 
l'es autres qui étoienr auprès de lui , ne lui 
perfuadallent d'embralFer le parti des 
Proteflans. 

Antoine étant mort , fept mois après 
Lauro s'en retourna à Rome avec Hippo- 
tyte Cardinal de Ferrare , qui étoit alors 
Le<yat en France. Et comme il avoit de- 
meuré long-temps à la Cour , & que les 
gnmdesconnoiltances qu'il avoit acquifcs 
en la Me::le:ine , lui donnoient un acccés 
familier auprès dest3rands> il s'étoic rcn- 
iju tres-habile. 

C'cft pourquoi il ne parut pas plûtôr 
fur ce rheitre , où le mérite des hommes 
«rudenseil: fi bien reconnu , qu'il fut créé. 
Archevêque de Monireal en Sicile , Sc 
employé en diverfes AmbalTades , enrre^ 
lefàiieiles la plus mémorable fut celle de 
Polo^^ne » où il fut envoyé par Gré- 
goire XIII, pendant le règne de Sigif- 
mond , & où il demeuri ap^és le deccs 
de ce Prince, Henri Doc d^^n)ou ayant 
été choifi pour être fon fucce'Teur ; & 
depuis lors qu'Etienne B\rori fut monté 
Su le thïône ,.qui venoit d'être abandon* 



des Hommes Sçavans, ^f 

né par Henri llî. Et l'on croid que par 
fon adrelfe il introdaifit en la Cour de 
Jean Roi de Siede Antoine Pofîêvin fça- 
vant Jefuire & très propre à conduire les 
affaires les plus importantes , qui ramena 
Sieifi"iioiid & toute fa famille dans la Re- 
ligion de fesanccircs. 

Enfin ayant été créé Cardinal , il attira 
fur lui les yeux de tout le monde, & il fut 
confiJeré comme s'il eût déjà obtenu la 
fcuvcraine dignité de TEglife ; & Toiî 
prenoit pour augure de fa future éléva- 
tion un accident prcique mortel qui 
lui étoît arrivé. Car au premier voya- 
ge qu'il fit à Rome étant encore jeu- 
ne , il aiïifta au fpeélacle que l'on a- 
voit accoutumé de donner au public 
la veille de la fête de S. Pierre & de 
S. Paul , & s*érant trouvé par hazard fur 
le padàge d'un taureau, cet animal furieux 
l'enleva en l'air avec fcs cornes fans lui 
faire aucun mal. 

Il efl: vrai que dans les Conclaves de. 
Sixte V, d'Uibiin VII, de Gitgoire XIV, 
d'Innocent IX , & de Clément Vlll.il 
fut toijjours reg?.rdé comme un fujet qui 
mcritoit le Pontificat, ^ rien neJ.ui nuifir^ 
davantage que Pattachcmcnt qu'il avoir 
eu autrefois pour le Roi de Navarrercar U 
fadlion d'Efpnirne fc fervit de cette raifori 
pour rendre fufpeft au Sacré CoUcl^c ce 



%yS Les E loger 

pieux Cardinal , non pas parce qu'elle h' 
croyoit partifan des François, mais à caufe 
qu'elle fcâvoit qu'il ne lui feroit'pas Favo- 
rable, 

Enfin ayant fou vent gouic l'efperance 
de la fouveraine Ma^iftraturc de l'E^liTe, 
de laquelle on a crû qu'il étoit tres-digne, 
if rendit tranquillemejir fon ame à Dieu a 
â^é de foixante-dix-ans^aprés avoir donné: 
tous fes biens 5 qui étoient d'une grande 
valeur, à l'Hôpital des malades^ de comine"' 
la fcience de guérir lesmalades a voit fait 
lé commencement de fa fortune, il voulut 
au (îi que les malades fu (lent fes hericiers.- 
Son corps fut inhumé fans pompe dans l'E- 
î^life de S.Clemenrjdont il portoit le titre^ 
Ôi l'on mit une cpitaphe modefl:e fut fon' 
tombeau, ai n fi qu'il Tavoit ordonné. 

AD D I r /O N» 

Sljtn». M. de Thou parle de Vincent Lauro avec éîogc 
^'fi' en divers endroits de fon Hiftoire. Il dit que c'é- 
fji-, 28. jqJ^ m^ homme reoammandable par fa vertu , par- 
fon érudition i par fa modeftie , & par fa gravité. 
C^u'il fervit le Roy de Navarre en qualité de fon 
Médecin, & qu'il s'àttach'a auprès <de ce Prince par 
je confeil de ]aques Laines & de kan Polanco tous . 
deux Jéfuitcs de grande réputation , pour le dé- 
tourner autant qu'il lui étoic poflible defavorifer 
ie pauti des Protefbans;qu'à la pcituaCon de Lauro 
le Roi de Navaire ayant été bleMé àRoiien peu de-^ 
remps avant fa mortcoinmania fuivant la coOtu»- 
m£ des Catholiques, mais que Raphaël de Taille- 



des Hommes Sçavartf. t^y 

boîs Seigneur de Mcficrcs , l'un de Ces Médecins, 
qui écoit attache à la do£Viinc des Proteftans, l'.i- 
yant blâmé de s'être montré tiédc & comme neu- 
tre en l'aftaite de la Religion, obligea ce Prince de 
déclarer que s'il pouvoir revenir en fanté , il cm- 
bradcroit publiquement la ConfcfTion d'Augs- 
bourg, qu'il y vivroit, & qu'il y mourroit. 

M. de Mezcrai a(Tûre , que pendant que*, Vin- ^^'^'J* 
cent Lauro tachoit d'mfpircr au Roi de ^^"^^^^^ f/a^,cc 
là cre'ancc des Catholiques, il n'avoir pas d'ailleurs ton. a. 
grand foin de fa confcience : car quoique ce Prin- 
ce Fût à rcxtrcmité,iirentrctcnoic de jolis contes, 
il lui permcttoic de prendre des plaifus criminels, 
& fou ffroit qu'une lîlle de *la Reine nommée du 
Rouet le yifuât fouvent au grand préjudice de fa 
fanté. 

L'Auteur de la Bibliothèque Napolitaine dit que Wfor- 
Vincent Lauro étoit fçavant en la Langue Latine ^^J-/- 
& en la Grecque , & qu'il excelloit en la Poëfie, ^r^^^JJîf^ 
la Rhétorique, la Philofophie, & U^Thcoiogie. 

MICHEL DE MONTAGNE,^;;^::; 

Chevalier, naquit en Terigorrl dans un""/, 
château dont fa famille portoit le nom.ll 
fut Confeillerau Parlement de Bonrdcaux, 
avec Etienne de la Boctic,à qui il fut joint 
d'une amîtic fi forte & Ci confiante , qnc 
même après fa mort ce cher ami fut l'ob)et 
de fon rcfpcjft & de fa vénération. On rc- 
marqiioit en Montaçrne beaucoup de Hn- 
ceritc & de franchi (e , comme les ElFais 
( car c'ed ainfi qu'il a appelle l'immorrel 
monument de fon efprit ) le témoigne- 
ront à tonte la pofteritc. 

Etant à Ycnifc , il fut choifi pour rîiii^ 



ij§- Les Éloges 

plir la charge de Maire de Bourdeaiix^qni 
eft une dignité donc on ne pourvoid que 
les p:rfonnes de la première condition^ & 
quelquefois mêmes les Gouverneurs delà 
province. Et le Mirêchal de Matignon, 
qui coaîmandoitdansla Guyenne pendant 
les troubles de l'Etat , eut tant d'eilime 
pour luiaqu'il lui communiqiio.it hs affai- 
res les plus importantes & qu'il Tadmettoic 
dans Ton confeil. Or comme j'avois eu un 
grand commerce avec lui,, & quand j'étois 
dans fon pays:,&: depuis à h Cour Se à Pa- 
ris , la conformité de nos éii\âzs & de nos 
inclinations nous avoit unis cafenible par 
des liens tics- éu'oirs. Il mourut à Mon- 
tacrue âiiéde foixante ans. 

jtDD ITIOÎJ. 

Tl n'y a point d'Auteur dont on fafTe des juge- 
mens Ci divers & fi oppofcz que ceux que l'on fait 
de Michel Montagne, ii y en a qui admirent 
fon efprit , fon jugement , & fon flile. D'autres 
le traitent avec un extrême mépris,& le regardent 
comme un des plus médians & des plus dangereux- 
Ecrivains qui fut jamais. Lipfe l'appelle U Iha- 
les François- , & Mczcrai le Seneque Chrétien. 
Quelque^uns affûrenc qu'il n'y a point d'Auteur 
au monde plus capable de faire connoitre aux hom^ 
mes ce qu'ils font & ce qu'ils peuvent , & de faire 
©bCerver les ^lîorcs & les mouvemcns les plus- 
cachez des efpritSjtellemcnt qu'ils concluent que 
fon Livre doit être continuellement entre les- 
maias des. gens de la cour & da moode , afîa d'j 



V. 



des Hommes S'çavans, i J9 

apprendre ce qu'ils doivent f^avoir & ce qu'ils doi- 
vent faire. i • i • 
Plufieurs au contraire prétendent que bien loin 

que Montagne nous puille enfcigncr la vertu,qucl- 
ques-uns de fes difcours font remplis de paroles 
tres-licencieufcs , & peuvent apprendre aux Lec- 
teurs des vices qu'ils ignoroienc , ou font caufe 
qu'ils fcplaifent à s'en entretenir , & fc trouvent 
après excitez à les commettre : Cîue fes raifonne- 
mens fur beaucoup d'cftets de la nature (ont peu 
convenables à un Philofophc Chrétien : Qii'il n'é- 
toit ffueres inftruit dans les Sciences U dans les 
Artsi Qu'il ignoroit la Philofophi;: : Qu ilnécoïc 
pas fçavant en la belle Littérature , & que néan- 
moins il ne lailloit pas de parler avec une audace 
aufli gr.mdeque s'il eût été un des plus dodcs. 
hommes du monde , c'clt pourquoi lofcph Sca- 
licrer avoir accoiuumé de l'appellcr un hardi i^nc 

If tint' ,/.•»• R*itrg» 

Montagne [ fuivant M.de BaUal ] fçait bien ce ^.^^/^^ 

^u'ildit : mais fans violer le refpca qui lui eftdu, 54/^(5 
il ne fçait pas toujours ce qu'il va dire. S'il a dcf. 
fein d'aller en un lieu , le moindre;obiet qui lui 
parte devant les yeux le fait forcit de fon chemia 
pour courir après ce fécond ob)et. Mais l'impor- 
tance effc, qu'il s'égare plus heureufemeut que s'il 
alloit toutdroit:fesdigLeirioiis font^trcs- agréables 
& très inflru<^ivcs. Qiand il quitte le bon, d'or- 
dinaire il rencontre le meilleur , 5c il cil certain 
qu'il ne change gueresdc matière , que le Lcdeur 
negacriieen ce changement. Il faut avouer qu'eu 
certains endroits il porte bien haut la raifonhumai- 
ne. Il l'ekvc jufquesoù elle peut aller , foit dans 
la Volitiquc, foit dans la Morale. Pour le luge- 
menc qu'il fait des auteurs, c'cll une autre chofc. 
Art'ez fouvent il prend la fau (Te monnoyc pour la 
bonne , & Icbâiardpour le légitime. M h.izardc 
les chofes comme il les penfc d abord , au lieu de 
les examinée après les avoir pcnfccs , au lieu. de fc. 



2<^t? Les Etoffes 

défier de fa propre connoi {Tance , & oe s'en rap-^ 
porter a Ton Turnche, plmôc quedes'en croire 
foî-même. Aux autres lieux de Ton livre, ^ ajoute 
Balzac ) je fuis tout- à- fait pour fa liberté. Ce qu'il 
dit de fes inclinatiorvs ^ de tout le détail de fa vie 
privée , eft fort agréable. Je fuis bien aifc de 
connoitre ceux que j'eftime , & s'il y a moyen, de 
les counoître tous entiers,& dans h pureté de leur 
naturel. le veux les voir,s'il eft poflibie,dans leurs 
particulières & plus fecrectes aétions. Il m'a donc 
fait plaifîr de me faire fon hiftoire doraeiliquc.En- 
fuite, Balzac fait voir que Montagne , qui n'avait 
que cinq ou fix mille livres de rente, avoit fait 
deux fautes , la première d'avoir eu un Page , & Ja . 
féconde , plus grande que la première , d'avoir 
îinpriraé qu'il en avoir. Après il pourfuit fon dif- 
•ours , difant qu'un galant homme l'avoir affûré^ 
eue Montagne s'habiiloit quelquefois tout de vert, - 
& quelquefois tout de Wanc , 5c paroi/Toit ainfr 
vêtu devant le monde , & qu'il n'avoir pas biefr 
leiifli en fa Mairie de Boardeaux \ fur quoi Balzac^ 
lapportc un bon mot de Monfieur de la Thibau- 
diere , qui dit un jour à M. de PlafTac Merc, admi- ' 
rateur de Monragne au préjudice de Ciceron, Vout 
Avex. beau ejlimer V être Montagne plus que notreCi- | 
cerm y fe ne fcauroh m imaginer c^uun kcmme qui' 
^ff*^ gouverner toute U terre, ne valût pur le moins 
autant qu'un homme qu'me f fût pas gouverner Bouv^ \ 
deaux. £t parlant de fon ftile. Montagne : ajoô- 
te-t-il , vivoit fous le règne des Valois , & déplus 
ilétoit Gafcon^Par confequent il ne fc peut que 
fon langage ne (e fente des vices de fon fiecic & de 
fon pays. H faut avouer avec tout cela , que fon 
ame étoit éloquence ,qj'eUe fc faifoit entendre par 
exprcfîions courageufes , que d^ns fon ftile il y 
a des grâces & des beantez au-dellus de la portée 
de fon ûccle. Enfin Montagne , dit il -, eft un pcr- 
fonnagequcjerévcrepar tout & que je tiens com- 
parable à CCS Anciens qu'on appelloit, maximos in» 
^tnio y Art e rudes. 



•• 



des Hom?rjes Sçnvans. i tf f 

L' Auteur de la Recherche delà vérité ne £aic pas Rt:htr^ 
un jugenicnc (i avancagcux de ce fameux Ecrivain. <^*' i* l<c 
Car il prétend que Montagne n'apporce presque ^'"''» 
jamais des raifonsdes chofes qu'il avance, ou pour^^^^' * 
le moins qu'il n'en apporte prefquc jamais qui<^. •/ 
ayciit quelque foliditci que tout Cavalier qu'il eft, 
il ne laiilc pas dette Pcdanti qu'il n*a qu'une con» 
noillancc très- médiocre de l'cCprit de l'homme i 

3ucfa yanitc & (atiertc paroit dans tous Jcs cn- 
roits de ("on Livre , qu'il fe loue à tous momcns, 
que fa vanité ne piroit jamais davantage que quand 
il découvre fïS d; fmts, que comme il ne parle que 
de ceux dont on tait gloire dans le mon le, il fem- 
ble plus Un: &i plus vain lorsqu'il fc blâme, que 
lorsqu il fc loiie. F.nfîu, s'il en faut croire cet Au- 
teur , Montagne avoir peu de mémoire & encore 
moins de jugement. 11 avoué pourtant que fc$ 
défauts font mêlez de quelque chofe de bon : car, 
^it-il. fcs idées font faulîes , mais elles font bel- 
les , fes exprcllions font irrcgulieres & hardies, 
mais elles font agvcablcs , fes difcours font mal 
laifonne/ , mais ils paroiircnt bien imaginez. L'oq 
Void dans tout fon Livre un caraderc d'original, 

?[ui plaie infiniment i tout CopilU qu'il c(\ , il ne 
ent pomt 'on CopilK* , fon im.igination force 5c 
hardie donn: toujours le tour d'original aux cho- 
ses qu'il copie , & il a tout ce qu'il c(l nccellairc 
d avoir pour plaire ^' pour impofer. 

Au icrtcM. de Thou dans l'Hifloire de fa vie a '*''"•*•' 
écrit une chofe qui mérite d'être rapportée en cet ^^^Ti 
endroit. Il .ifTurc que pcutiant les Ltats de Blois («4 /»*,j, 
Montagne ^'entretenant avec lui de la diviiion qu'il 
y avoit alors entre le Roi de Navarre & le Duc de 
Cuifc , Iaï .ivoit dit , qu'il connoiiroit les plus fc- 
crcts mouvemcns de ces Princes , comme s'étant 
cnip.'oyé diverfcs fois pour terminer leurs difte- 
rens, & qu'il étoit pcrfuadé que ni l'un ni l'autre 
n'éioicnt point de la Religion qu'ils profefloicnt. 
Que le Koi de Naviirc eue vQloQiicxs cn.biAllc 



%6i Les Eloges 

celle de fes Ipredcccffeurs , s'il n'eut appréhenda 
qiie.ceuxdcfonpartl ne l'euflent abandonné , & 
que le Duc de Guife fe fut déclaré pour la créance 
delà Confeffion d'Augsbourg,fque le Cardinal d« 
lorraine fon oncle lui avoic iiifpirée,s'il eût pu i< 
faire fans danger. 

Outre les EfFais de Montagne, il y a de lui une 
TraduAion Françoife des Dialogues de la nature 
de l'homme , écries en Latin par Raimond Seboc 
Efpagnol. 

FRIDERIC FURÏO CERIOLANO: 

P'-.Pun'us^c Valence en Efpagnc , ayant commen« 
^i"'" ce fes études à Paris, s'en alla à Louvain, 
où il difpLua avec beaucoup de vehemen« 
ce 5c d'aigreur contre Bononia Sicilien. 
Profcl'eur en Théologie , fur les Verfion: 
de la Bible en Langue vulgaire. Et ayant 
palfé en Allemagce,il mit par écrite don- 
na au public cett'e dirpute,qui fut jugée di- 
^ne de cenfme. Mais l'Empereur Charles- 
Quint excellent juge du mérite des gens 
i'efptit 5 ayant reconnu la rare érudition^ 
la finguliere candeur, & l'extrême charité 
de Furius,non feulement le délivra du dan- 
ger où il fe trouvoits^ais l'envoya à Phi- 
lippe fon fils.Ce fçavant homme demeura 
toute fa vie auprès de ce Prince. Et pen- 
dant les guerres du Pays-Bas il fit tous fes 
efforts pour faire ceiîêr les difïerens & jes 
troubles qui dcfoloient ces provinces. Il a 
fait un Livre des devoirs d'un Confeiller 
Se des Confeils, & ayant vécu dans le ce- 



âes Hommes Scitvâm, x6 ^ 

litar il mourut à Valladolid âgé d'envi» 
roB foixante ans. 

/ 

ADDITION. 

Frideric Îqrio Cf.riolano étoit forti d'une b;6/*'«. 
lamillc noble, & il ne fuc pas moins illudre pau ^^Z"*"- 
fon efpiit & par fon fçavoir , qu'il l'étoic par fa 
raiilancc. I] pafîa pour un des plus cloquens hom- 
mes de fon fiecle , & il enfcigna au public l'art de 
bien parler dans trois Livres de Rcthorique qu'il 
écrivit en Latin & qu'il nvt en lumière à Lou- 
Viiin. 

jirinée 1^93.. 

LATINO LATINI, de Virerbe, le der. ^j;;*;j;^ 
nier re;crton de la famille des Latini, em- 
ploya toute fa vie à corriger les Oeuvres 
des fajnts Pères, & fur- tout celles de Ter- 
tullicn, en les conférant avec les Manuf- 
crits j & mourut à Rome âge' de quatre 
vingts ans, ainfi que le porte Tinfcriptioii 
de fon toi-nbeau,qui a été faite par lui-mc- 
me,& que l'on void en l*Eglife de S.Marie 
ians lagrand'ruë^où il fut enterré. 

ADDITION. 

PlufJeurç cxcellcns Ecrivains parlent avec cloge ^'l^' 
rlc Latinus Latinius, & fur-tout Lrpfc , qui!^'-^' 
ie traite ne prflUijJimusjcvex C* omnl Litterarumge-cent, li 
nere injlrucltjfimui i & le Carciinal Boionius , quifp. 38» 
lui donne de grandes louanges en plufiears en- I>'>fnenic% 
droits de les Oeuvres. Il fut Secrétaire des Cardi-^^'i'»' 



ié^ Les Eloges 

ivj^t, naitx Puteo, Tl^odolphe Pic ,& Rainuce Farncfe, 
Z^tini \ & il travailla a la corre(flion du Décret de Gratien 
léAti^iu avec Hugdes Boncompagno , lequel ayant été 
élevé au i^ontiScac prit le nom de Crrgoirc XLi L 
avec le Père Montalte, qui s'appella Sixte V. étant 
Pape, avec les Cardinaux Guillaume Sirlet, Char- 
les Baronius , Antoine Carafa , 6c avec Mariano. 
VittoiiodcRieti, Arnaud Pontac , Pierre Ciacon, 
& Achille Statius. 

S^s Oeuvres imprimées Tont , Loct ex cmieBu»\ 
rHiVel reJlltuH rel aliter leciî la Tertullîano peji edi" 
ttonem?Jimel:t. Ej^lJloU. CcnjeBura. Obfervatione4 
facr» (jr profana erudhione ornât & , qui font écri- 
tes avec beaucoup d'élégance & d'crudicion , êc 
qui ont été imprimées long tems après fa mort 
par les foins du Cardinal Brancacc. lucuhratic 
ftes. Kei 7?ov& propofita ccnfideratîo , nempe de éi,n* 
t20 magno A^ud Ciceronem in Somnlo Zc'qioms, 



2o<t^nts ^ ]EAN LEUNCLAVIUS, natif d'A- 
vim.^ "*' l'nelbueren t\\ Yeilplialie, droit un homme 
tres-fçavant en la Langue Grecque & en 
laLatinej& profond en la connollfance du 
Droit Romain & du Grec. Commcil «toit 
doiié d'un juc^ement merveilleux, qu'il a- 
voit lu avec loin & avec exaditude l'Hi- 
ftoire Byzantinej& que dans fon voyage de 
Conftantinople il avoit appris la Langue 
des Turcs, il acquit une parfaire connoif- 
fance de leurs affaires, ce qui paroir^ non 
feulement par les Ecrits qu'il alui-mçme 
puiJiez pendant fa vie, rnais par ceux qui 
onr été imprimez après fa mort. Enfin cet 
hosnme^qui étoit digne d'une plus longue, 

vie. 



des Hommes Sçavans, 2, 6 c 

vie, mourut à Vienne en Aûrnche,n'ayanc 
pas encore atreint fa foixantiéme année , 
& lailîà au public un exrr^^me rearec de fa 
perre, & de celle de l'Hiftoire de Conftan- / 
xinople qu'il avoit fait efperer. 

Tean Leunclavius croit un homme ilIuflrcK, /t 
par fa noblefic & par Ton érudirion. Il écoic mer- Ai?»^' 
véilicufcmcnt bien vcrfé en la belle Littérature j A'ir. pk* 
jnais il cxcelloit fur-tout en la'urifprudcace.Sca.'*/"^*. 
ligcr l'appelle le plus du^e lurifconfulte de fon 
tempsj& le met même au de/lus du grand Cujas. 
11 a il bien rëaili dans fcj Vcrfions Latines, cju'au 
jugement des perfonnes judicicufcs il n'y a point 
d'Interprète qui pui/Ie lui être préféré , ni qui aie 
Kicrité plus de loiiangc que lui. 

Les Oeuvres imprimées de Leunclavius font, 
^figrammata de nu puis Jo. Cafimiri FrUerici Sep- 
ùtnviri p ElifabethéL Au^uftl '^eptem'vînfilU. De 
Cenfilatione. Notatcrum lihri duo , ptihu^ nomma, 
^loca Juris Civil ti reJlttuunt'Ar é" illuflrantur, 
IiijîoriA^Mufulmann& Turc arum lihri cciodecim , 
^uiht^ acccjjcrunt Corr.maitarii duo , Libitriaritu. 
Index Ajhanidam , ^ ApoUgeticu^ alter. Pan- 
(leBs, Hijicria TurcicA. Commoncfa.Elio de pr&fenû 
rerum Turcicarum fiât a» De Mo fi or um bellii ad* 
^vr/kr fiwthws gejiis , Commcvîaîio. Surplemen- 
tum AnnaliutnTurcîcorum. Orafio ad Principes Ro- 
mani împerli. Apolopa pro Zoz>tmû. Ko ta in Dlo- 
Tiem Cajftum. 

Il y lie lui plnfieurs Traduâiions Latines , fçi- 
yon , PlutArchtfs de ConfoUtione. Annales Con- 
fiamini Manajfis. AmMes Michaelis Glyt^ai. An- 
qales'^nltanorum Orthmanidarum à Turcis fua Un- 
guafcripti &J}udioHicrcnymi Lcck Conflantinopo- 
liadveaiy InterpreteJ.Spie^elGcrmanice tradhcHy 
Tcm, IL M ' 



1^6 Les Eloges 

É* h Leunclavh Lathû rcddltU Jus GréL€0''Rômii' 
num tam Qanonicum ^uàm CrSile , cum AnmtA" 
tîonihusy NyJ[em Liber de hominls Opifich. "^yjfeni 
lihri quiniecbn in Canticum Cuntlcorum > ô* ^ 
Tlaviatium Epiftola. Clattdîi Cardinalis Gftlfard 
imdecim §lH&fliones , ^ GrACorum ad eas Refpon» 
fiones. Operum Gregorti J^auanz^em tomî très , avec 
la VerfionLarine des Commentateurs Grecs de S, 
Grégoire de Nazianze, & des Annotations fur les 
partages les plus obfcurs. C&farîi germant fratris 
l^azUr^ni hiaUgi quatuor. Apomaz,aris de jlgKJfi" 
catlone fomnierum. Paratitlorum lihri très antiqHt» 
Legatio Manuelis Comment ad Armemos Manuelîs 
faleoUgî pncepta de educatione regum. Zoziim 
Ccwitis HifiortA novA- Xenophontis Opéra cum An- 
notaticnibus , dans lesquelles il défend fa Vcrfion 
contre la Critique qu'Henri Etienne avoir faite fur 
cet Ouvrage. Il a aufli donné au public fexagints 
libres S«(r<A<x4)»> Eclogêm Jive Synopfim j à* Nc- 
»velLAi cum Noti, & coirigé les Hilloires de proco- 
pe de Ccfarée, d'Agathias , de Jornandes, & de 
Lcon Aretinus. 

Année 1594. 

FRANÇOIS de FOIX de Candale nâ- 
TrantïÇ" qiiitd'unc famille tres-illuftre , & a don- 
(ksFoxius ^^ 2LU Monde Chrêrien un grand nombre 
dt Roisjde Princcs,de Prélats, & de grands 
Capi laines. Mais il fat beaucoup plus 
illuftre par fon fçavoir Se par fa vercu^que 
par fa noble(Te. Les emplois dont la Cour 
rhonora dans fa jeunelîè l'ayant oblige 
de quitter Tes études ^ avant qu'ail y eût pi» 
faite de grands progrés, il fupplea par foa 



r 



des Hommes Sçavans^ i îy 

excellent efprit au défaut de rcducation,& 
ce que les autres ont peine d'apprendre a- 
vcc le fecoursdes plus habiles Maîtres , il 
l'apprit fî heureufement de lui- même, aidé 
par la dîrpofition qu'il eut a fe rendre fça- 
vaiit dans toute forte de Sciences , & fur 
tout dans les Mathcfmatiques, qu'il les ai- 
ma & s'y attacha toujours, quelques occu- 
pations que fcs divers emplois lui ayenc 
données pendant tout le cours de fa vie, 
qui fuc extiémeinent loncrue , & quemê- 

* 1 ^ * f « 

mes 11 a tait de nouveHes découvertes dans 
CCS beaux Arts. 

Parfon dernier Teflament il témoig- 
na fon extrcir.e pieté & l'ardent amour 
qu'il avoir non feulement pour le cren- 
re humain , mais auffi pour les Lettres. 
Car il fonda à Bourdeaux une chaire de 
Profcllcur aux Mathématiques; &: afin 
que l'épargne ne fit néerliger la compo- 
ficion du i.Uutaire antidote qu'il a inven- 
té , il chargea fes biens d'une penfion an- 
nuelle , qui doit erre employée ^ cet ufa- 
gc-U. 

Or comme il s'eft acquis l'immortalité 
par fes Ouvragcs,qui dureront autant que 
le monde, je (crois coupable d'impruden- 
ce , (î je n*étois perfuadé , qu'un fi beau 
nom cft un des plus grands orncmens de 
mon Hiftoire ; & je devrois même palfer 

r.pour incTvat , Çi l^iyanc honoré pendant fa 
M i; 



2^8 Les Eloges • 

Yie je ne lui teinoignois ma reconnoilun • 

ce après fa mort.ll paya le tribac que tous 

ies hommes doivent à la Nature dans Ton 

château de Cadillac , fitué fur la Garonne, 

à l'âge de plus de quatre vingts &: quatre 

ans. 

Eïc^et if François de Fo ix ctoit Capral de Buchs, 
S. Mar' Evêque d'Aire , Se le plus illuftre de tous les Ma- 
*!^' ^ 'thematiciens de fon temps. Il tue foup.onné de 
ycjj, de *^3gie par les ignorans , a cauie qu il excelloîc 
AUth. dans les Mathématiques, & qu'il fabriquoicquan- 
jp'^. 68, thé d'inftrumens d'un artifice admirable. Il a 
mis en Latin & en François le Pimante de Mercu- 
re Trifmegifte , & l'a éclairci par un dode Com- 
mentaire. Il a aufli bien mérité de la Republique 
des Lettres par la Verfion Latine qu'il a fait des 
ïlemçns d'Euclide. llefl vrai que Vo/Iius l'accufe 
de s'être donné trop de licence dans cet Ouvrage, 
<&r de s'éloigner quelquefois du {ens de l'original, 
pour donner Tes pensées au- lieu de celles de foa 
Auteur^ 

E,lX[ PLAUTE BENCI, né dans un villa- 
ge de la Tofcane , nommé Aquapendemey 
<l^i éroit du patrimoine de fon père , fut 
plus remarquable par fa vertu & par fon 
crudition,que par fa noblelfe.U ayoit Tef- 
prit doux & une extrême candeurs^ il fut 
également agréable aux Sçavans & aux 
Grands. Il apprit à Rome les belles Let- 
n::cs fous M. Antoine Muret , ^ fa Profe 



des Hommes Sçavanf, i ^^ 

^ Tes Vers Latins font fi polis, que c'eft 
avec raifon qu'il palîe pour le digne Difci- 
ple d'un G célèbre Précepteur. Enfuire s'é- 
tanc £\it Jefuite , il chanaea le nom de 
Plaute qu'il avoir reçu dans le Baptême, en 
celui de François^cV il fit de fi beaux Vers 
&des Oraifons fi éloqucntes^qu'il furpaf- 
fa la bonne opinion q l'on avoir conçue 
de lui. Voyant que Ion Précepteur vieil- 
liiPoit dans l'étude des Lettres humaines, 
pour lui témoigner fa reconnoillance 5 il 
l'excita à réuidc <Sl à l'amour de la pieré. 
Il mourut à Rome ayant prefque atteint 
£a cinquaiiticme année. 



^ DD /r/ O N. 



Blhllotb 



rAutecrrdc KiBibliothcquc des Tcfuircs rnp- ,^'/'/^ 
porte que Irnnyoïs Bencuis mcciicont la retraite 5^^^- ^ 
parmi les Religieux de cet Oidre, vid de nuit i'i- rata, 
mage d'un crucifix c]ui lui apparat divciTes fois, 
& que cette vilion le dctcrniina à entrer dans leur 
Société. 

Au refTe , Strada , Thoinns Potuk , Se le Car- 
dinal Baroniiis lui donnent de grands éloges : fie 
Scaligcr aflVire que c'ell le fcul de fon Ordre qui 
fait bien les Vers. Nicius Krychra'us dit que fa 
Tradu(flion de la Rhétorique d'Arifbbte c(\ (i belle 
qu'il feroit difficile de rien trouver de plus achevé 
fur cet Ouvrnee. 

Ses Oeuvres imprimées font , Pjjhiiue Marty- 
res è Societate Jefu in Inàla. Tcèntu Htroicum.Or»" 
timum ac Pc'émutum volumlna duo. Ergajlus. Vhi- 
Ictîmus. Annttarttm Utterfirum lie rébus SocietAtH 
U//J! quatuor* 

M ii; 



euudiui ^ 70 Les Eloges 

iattanui CLAUDE DUPUI , fils de Clément 
tres-celebre Avocat au Parlement de Paris, 
étudia dés fon enfance fous d'excellens 
Précepteurs , fçavoir fous Jean Straceî,- 
fous Hadrien Turnebe , fous Jean Dorât, 
& fous Denis Lambin. Puis il apprit la 
Jurifprudence fous Jaques Cujas le Prince 
des Jurifconful tes. Dans fes voyages il ga- 
gna Tamitié d'Urfin,de Vettori,de Manii- 
ce5& de SigoniOjles plus fçavans hommes 
du monde , qui l'ont toujours nommé a* 
vec éloge dans leurs Ecrits : &: mêmes fui- 
vant leur témoignage il a paiïc pour le 
plus illuftre de toutes les perfonnes let- 
trées. Il n'a jamais rien mis. en lumière^ 
& il fc iervit du jugement exquis qu'il a* 
voit reçu du Ciel , & des lumières qu'il 
avoir acquifes , pour examiner & pouE 
aider les Oeuvres de fes amis , aimant 
mieux travailler pour la gloire des autres^, 
que pour la fienne. 

Ayant été fait Confeiller au Parlement 
de Paris , il tint le premier rang dans cet 
augufle Corps, comme il le tenoit dan-s les 
Alfemblées des Scavans,6c il fe fit admirer 
j on incorruptible probité , par fa pro- 
fonde dodrine, & par l'adrefîè qu'il avoic 
a refoudre les queftions du Droit les plus 
difficiles , & à décider les procès les plus 
embarralTez. Etant en Italie , il contracta 
une étroite anûtié avec Vincent PineU 



l 



des Uommes ^cavans. 17 t 

Noble Génois , qui croie un homme trcs- 
fc want , 6r le proredenr des gens de Lct- 
tL\:s;& après être retourné en France,il lui 
rendit toute forte de bons offices,& il en- 
tretint commerce avec lui jufqu'à fa mort. 
Il fat chadié de fa maifon pendant les 
guciie-: civiles , & il fupporta ce malheur 
avec beaucoup de conftancea de fans qu'il 
parut que les incommoditez qu'il fouf- 
froit lui donnallènt du déplaifir. Dans 
une fortune médiocre on rcmarquoit en 
lui un efprit fi généreux & fi élevé au- def- 
fus de fa condition , que quoiqu'il fut 
chargé d'un grand nombre d'enfans , il a 
toujours été éloigné de toute forte de 
gain, & qu'il remit tonte la conduite de 
les âffiiires domeftiques à fa chère fcmme> 
Olaude Sanguinrî ; croyant que des foins 
de cette nature étoient indignes de l*oc- 
cupcr. 

Enfin il fut atnqué d'une maladie fatale 
aux gens d'étude y car il fe forma dans fes 
reins un grand amas de pierres comme un 
rocher , qui caufa la mort a ce: excellent 
homme , lequel avoir fi bien mérité de la 
Républiques des Lettres. 

Nous étions joints enfembie par le pa- 
ïentage qu'il y avoit entre fi femme ÔC 
moi , mais nous l'étions bien davantage 
par lafinccre amitié que nous avions l'un 

jour l'autrs, Il fut enterré en l'Eglifc dc 

M iiij; ^ 



27^ Les Eloges 

S. Sulpîcc dans le tombeau de fes prede- 
ceiTeurs, & Achille du Harlai prononça 
ion Oraifon funèbre en prefence de tout 
le Parlement , où il remplilïbit avec tant 
de gloire la charge de premier Pre/idcnt. 
Enfuire plufieurs perfonnes renvoi cm erent 
le regrec qu'ils avoient de fa more , par les- 
Epiraphes ^ les Vers qu'ils firent à ii 
loiiange > lefquels Chriftophle , Auguftin, 
& Pierre , dignes fils d'un fi illudre pere^ 
ont donnez aîi public* 

ADDITIO n. 

ilogts ie L'éloquent Scevole de S. Marthe a fait de cettï 
Stf manière l'Eloge de Claude Duplu. Qui e(i- 
AUrtbe ce qui poarroic ToufTcir fans murmurer que je pri- 
nai /»'«>'valle Claude DuPui de la louange qu'il mérite, d'à- 
voir ece l un des plus fcavans & des plus honnêtes 
hommes de fon fiecle ? Ec quoique (on extrên'^e 
modertic l'ait toujours empêcbé de rechercher !a 
réputation que Ton acquiert en écrivant, fi eft ca 
qwe la connoi fiance parfaite qu'il avoit des Lan- 
gues & de l'Antiquité , nousdonne allez de fujet 
de croire qu'il avoir à^s forces fulïifantes pour 
bien écrire, mais que cela choquant fon humeur, il 
n'en avoit pas la volonté. Et ce qui nous peiTuade 
d'autant plus cette vérité que j'avance, c'elT: qu'eiv 
tre tous les Critiques de Ton temps il n'y en avoit 
pas un de qui le jugement fut plus exa£l & plus fo- 
Jide que le fien , lorsqu'il étoit queftion de juger 
des Ouvrages d'autrui pour en découvrir les beaa- 
tez ou les taches. Mais laillant à parr la fcience 
des Livres & des Lettres , qu'ilembialîoit comme 
k plus doux & le plus agréable divertilîement de 
là vie , je dis que la force de fon raifonnement pa° 



àcs hommfs SciZ'<i'^s. l/f 

foiffoit far touc dans les aH-aircs fcricufcsjorsqu'^ 
pour s'acquitter de fa charge <ie Confcilicr de ia 
Cour il jugcoit cquitablement les difi-crens des 
hommes , & démêloit adroitcman leurs puércn- 
Hons & leurs intérêts. Car comme la vilicde Pa- 
ris l'avoit fait naître, cette même ville le vid au'H 
fcoir fur les fleurs de lis de fou Parlcmî-ut, ou Ço\\ 
mérite l'avoir fi judcmcnt élevé. Et il cft b;c[î 
croyable qu'après cet avantage il en eût eu encore 
d'autres plus grands, fi fa fanté lui eût permis d'af- 
pircr à de plus hautes charges. En effet fes lon- 
gues veilles & fes études-continuelles , jointes au 
dcpîaifir extrême qu'il conçût alors de voir les af- 
faires de la "France d.ms un fi déplorable étac,attc- 
nucrcnc de telle forte ce fingulier ornement des 
belles Lettres, cet excellent homme oui aimoic 
ardemment fon pays, qu'ils tomb'adans les mala- 
dies qui nous le-ravlrent avant le temps. Les pier- 
res & la gravelle , dont fon corps tbibîe ?<: dcîicac 
étoit prcfquc tout plein , achevèrent malhcurcu- 
feinenc en lui ce que lia mélancholic avoit aulil 
malheureurcment commence i car elles lui caufe- 
rcnt enfin de fi cruelles douleurs que ne poavanc 
plus rcfi-rter à leur violence il mourut à l'âg de 
quarante quatre ans, un peu devant que la yiilc de 
Paris fut réduite à robcilVance du Roi. Mais ce 
qi;i nc>us peut en quelque ta^^on confolcr de fa per- 
te , c'efl qu'il nous a laillé deux fils qui fe mon- 
trent tous Ic^ jours dignes hcriticis de la vertu 
d'un fi grand homme. . 

Nicolas Rigaut alîùrc , que quelque magnifî-/."^ ^;.,Y 
qdcs que foient les Eloges que M.:iv.* Thou & Sec- p.r<r/pa» 
vole de S. Marthe ont donnez à (Claude Dupuî,ili<^«^;. 
ne font pas au-dwtîus de la vciité. Il tut frère de '^"' ■""''*• 
Clément Dupui Icfuire , & père du do<flc Pierre ^^'^''*' 
Dupuiqui a cnvicKi la Erance d'un h grand nom** * 
bj:e d'exccllens Ouvravres. 

GERARD MERCATOR , n.itîf ifc' 

M V 



l74 ^^^ Eloges 

Rnremonde,écoit d'une famille originaire 
de Tulicrs. Il commença fes études à Bois- 
le- Duc fous George Macropedius , & il 
s'adonna avec foin à la Piîilofophie & 
aux Mathématiques à Louvain. Etant en-^ 
core jeune , il apprit l'art de graver fous 
Cemma Frifon.Et depuis ayant été connu 
de l'Empereur Charles Quint, par fon or- 
dre il fofî^ea avec un artifice merveilleux 
divers inftrumens Mathématiques , lef- 
quels furent malhcureufement fondus & 
confumez pendant la guerre contre les 
Ptoreftans au camp de l'Empereur devant 
ïngolftald. 

Puis il quitta Louvain, & s*allâ retirer 
à Duisbours avec fa femme & fes cnfans>^ 
& ayant été reçu dans la maifon de Guil- 
laume Duc de Clevesjil redrclTales Tables- 
de Ptolomce > & les grava avec beaucoup- 
d'élégance. Darïs le temps qu'il penfoit à 
donner au public le^Cartes de tout le mon* 
de qu'il avoit achevées,fçichant qu'Abra- 
ham Ortéliusavoit IcmêmcdeiTeinjil ccf- 
fa fon travail jufqu'à ce qu'Ortclius eût 
vendu fes exemplaires , afin que l'cdition 
de fon Ouvrage ne portât préjudice à fon 
ami. 

Etant dans un âge ava4icé,il s'attacha ^ 
l'étude de la Théologie , & il compofa 
l*Harmonie Evangcliqu€, & pluûeurs au* 
très Liyce^ fui: l'ËcricuieSaince^aprés o^iX 



des Homnies' Sça'Danf,- 17/ 

outrais au jour fa Ghronologicaqn'fl avoir 
calculée^ avec exadlitude fur le cours du 
Soleil & de la Lune, Ouvrage qui a cré /î 
cftimé par Onufrio Panvinio,ju^e compé- 
tent de ces fortes de chofes , qu'il n'a pas 
héfité de préférer à tous ceux qui ont étc 
publiez jafqu'ici fur cette matière. Cet 
excellent homme ayant travaillé coûte fa 
vie pour l'avantage de la Republique des 
Lettres, mourut enfin accablé d'années à 
Duisbourg, où il avoit fixé fon fejour,car 
il étoit âgé de quatre vingts ^ deux-ans> 
huit mois, ôc vingt-huic jours, 

ADDlTl Otl. 

Gérard Mercator s'attacha dans fa jeu- ^'♦^<«^ 
Jiefle avec tant d'application aux Lcccrcs , qu'il "^Tf'- 
paffoit fouvcnt des jours fans manger & des nuits g)/-*-^^ 
entières fans dormir pour donner tout fon temps à 
rétude. lient aufTi beaucoup d'inclination pour 
la Gravure,& il s'occupa à grarer des Cartes avec 
un tel fucccz , qu'il a paflé pour le plus dode & le p^jj, i^ 
plus cxa6t , & même pour le Prince des Geogra» M*them^ 
phes de fon temps , fuivant VofTius Buchohzcr. f* * î^* 
îofeph Scaliger aflùrc, que Ces Tables font beau- tuL^^^t^ 
coup meilleures que celles d'Ortclius, Sa Chro- Scatlitl 
nologic a aufTi mérité les louanges de ce grand rana, 
homme. Et Ç\ l'on veut fçavoir juîqu'à quel poiac 
elle étoit eftiincc par Onulrio panvinia, on n'a -pofftvinl 
qu'à lire l'Epitrc qu'il a écrit à Metel , & que l'on Bibl.Uk^' 
void à la tête de cet excellent Ouvrage. Il cft vrai *^i 
qu'il a été condamné dans l'Indice des Livres dé- 
fendus par le pape , auflî bien que fon Livre inti- 
tulé Atlot Ceo£ruphic9ff , & que fon Harmonie 
Svangelique^ qui fouc remplis d'erreurs & d'hese^ 



ijô Les Eloaes 

fies , s'il en faut croire le jefuite PoiTevin, lequel 
prétend que toutes les Oeuvres de Mercator font 
infedice^ de beaucoup de do£lrines pernicieufe^," 
parce qu'en mourant il refufa de fe conférer éc de 
communier fuivaat l'ufage de l'Eglife Catholique, 
fe contentant d'être confolé par un Minière qui 
"ÊlT*!*^ P"a Dieu pour lui. François Suvertius le loue 
^* ' comme un homme d'un efprit doux , d'une can- 
deur fiiîguliere , & qui aimoit la paix & la tran- 
quillité publique , mais il prétend que Mercaror 
avoit négligé la paix avec Dieu en abandonnant 
la Religion Catholique Romaine. 
man'.Sy» ^^ Table de l'E urope faite par Mercator eft la 
(itm' pîus exaclede toutes , fuivant Kexerman. 
€€ogY^ Ses autres Oeuvres imprimées font , 'Ratio f cri' 
^^' 2. hindarum La f inarum Lit ter arum, qua^ Italie ai cur* 
**'^' ^ * foriafque vocant. De ufu annuh Ajironomicl. Tabw ■ 
lAGecgraphicéi'Ptolom/S.i emendatéL. Glohi terre/iri: 
fculptt4ra\ Glohi cœlejiisfculptura. Liber de creatio- 
ne (s> fabfîca mtmdi. Commentaria in Eptjlolam 
Pauli ad Romanes. In Apocalypjin. In EMchielis 
capitaalii^uot. CofmographîcA Meditationes. 

il eut un fils nommé B a r t h e l.e m i, lequel 
étant extrêmement jeune écrivit des Notes fur la» 
Sphère de Jean de Sacro Bofco, &, mourut âgé dd 
4ix-huit ans , en 1 5 ^ 8. 



-^^f^^^ ROLAND LASSUS , natif ^e Bergne 
dans le Hainaut, a éié le plus fçavant ho- 
me de notre fiecle en Mufique, car il fem- 
ble que ks Provinces des Pays-Bas ayent 
eu cet avantage de donner au monde les 
plus exce^lens Muficiens. Suivant le dcftiii 
©rdinairedes e^^ands. Maîtres en Ton art, i^ 
fut rouveat enlevé à caufe de la douceur 
cdefa vdx^. A^rci avoii: demeuré queL^uç 



àes Hommes S çavam. 2 ?7 

temps nvcc Ferdinand Gonzairuc en Sicile 

«•Il 
& a Milan, dans un âge plus avance il fut 

Maître de Mufique à Naples,<S<: puis àRo- 
ine pendant deux ans. Et ayant voyaacen 
France &: en Angleterre avec Julc Ctfar 
Drancace , il retourna en Flandres , & il 
demeura quelque tcn)s à Anvers , d'où 
ayant été appelle par Albert DucdeBi^ 
vicrc , il alla s'établir à la Cour;> &: y con- 
duifit fa femme. 

Enfuite , comme il tranfportoir Ti fa- 
mille en France , où il croit attiré par la 
libéralité de Chulcs-1 X , qui vouloir le 
faire M.iîtrc de fa Mufique, lyant appris la 
naort de ce Prince par les chemins, il s'cti 
retourna en Davicres&l il s'nttacha anprés/ 
de Guillaume fils d'Albert. Et après avoir 
donné au public dans Tefpace de vinç>t- 
cinq ans divcrfes chanfons , tant fac/ées 
que profanes , en plufieurs Langues , il • 
mourut 3 Munich ayant palTé fa foixante 
à^ treizième année. 

ADDITION. 

Oriand ou Roland f.Assu? .1 crc loiic par- 
Mcliiliis , c]iii le mec .lu-dcfîus d'Amphion &; 
d'Oiphre. Voicy dLvqucllc manicic on a t.ut foi^ 
Eij;i-ipho : 

Eiant infant j*ay chknrJ le t/ejfusi 
Jldolefcent j'ay / .»!>'/!« ctmtret ailles 
JJormne parfait f'».y rêfow:élii tuilif* 
JMa'ti maiuti-fiant je fuis ir,iis^n lKij[t4i^ 
P rie , /«jfi«r , ^"^ l'rf^r't foU U j'u^i 



X7B tis T.hges 

y>\xVtx^\tt^^x\tàzW. en cestrrmes '.'C'étoH, 
i\i'\\^ [g plus e.vcdleKt MtiJicUnnut a'tt efé-avanf'm 
^Uf I ^ îlfcnîhîe avo:r feid ditohé l*ha.r?vO')!ff des- I 
^ieux , pour nom réjouir fur Ia terre , furpajja»t les ■ 

Jincîem , 6"* /<? mm^ranf en fm étM la merveille di 

nctre temps. L'on difoit de lui: 

Bic tlle Orlandus laffum qui recréât orhem. 

Ses Oeuvres i^onc, TheatrumMuficum^ Patroe!-* 

mum Mufarum> Motetarum à" MadrlgMium Libri, 

lÂber Mtj[arum* Ec plulieais autres. 

^InfX CORNEILLE BON AVENTURE 
f«7/Be*-BERTRAM naquit d'une famille honnê- 
vmmuf, çg >i Touars, ville dii Poitou appartenant 
au Duc de la Triniiouillc. Il étudia pre- 
mièrement à Paris fous Hadrien Turnebe^ 
& fous Jean Stracélius , & il apprit l'Hc^ 
breu fous Angelo Caninio,qui entendoit 
parfaitcaient bien les Langues Orientales, 
De là étant allé à Touloufe & à Cahors^ 
il s'attacha à l'étude du Droit , & cepen- 
dant avec le fecours de François Roaldés 
Profelfeur de Jurisprudence en cette Uni- 
verfité il acheva d'acquérir une profonde 
connoilïànce de la Langue Hébraïque. 

Puis s'étant échappé des mains de ceux 
qui le pourfuivoient dans lafedition exci- 
tée à Cahorïjdont nous avons parléen fon 
lieu, il fe retira à Genève. Deux ans après 
qu'il y fut arrivé , il remplit la chiite de 
ProfefTeur , qui étoit vuide par l'abfcnce 
de Rodolfe Cevalier , dont nous avons 
Éaic l'Eloge en 1^71. & y eafcigna publi- 



des Hommes Sçavans, ly^ 

qiaement la Langue Hébi-aïque. Dans ce 
temps» là il fit imprimer le Threfor de 
Sanrcs Pagnin aagmenré des Obfervarîons 
de Jean Mercier, de Cevalîer , & des /îcn- 
nes ; la Comparaifon delà Langue Hé- 
braïque de de l' Aramée ; & un Commen- 
taire de la police des Juifs , qui paiTepour 
le meilleur de fes Ouvrages. 

Enfuirc , ayant quitté Genc've , il s'en 
alla a FranKental darts le Palatinat , où il 
exerça fa charge avec afliduité jafqu'cri 
Tannée i j36 , & il mit au jour un Livre 
qu'il intitula , LucHhratîones Frank^malen^ 
fes , du lieu où il l'avoit composé. Enfin 
ayant été appelle à Laufannc par la Répu- 
blique de Berne, il y mourut exerçant fa 
charge en fon année clima<5berique. 

^ P D 7 r / O N. 

CoRNEiLiî Bon aventure Bertram cft W'/?o»v# 
' l'Auteur de la Vcrfion Françoifc de la Bible de Gc- ^''"'y*** 
néve qui fc fit en 1 5 88. & il fut aidé en ce travail ^^f. *'*^* 
par Bezc , la Fayc, laqucmot, & Goulard. l^^ u^baL 
Pcic Simon dit , que comme Bertram étoit plus 31* 
I fçavant en la Langue Hébraïque que ceux qui l*a- 
voicnt précédé, il prit beaucoup de libertez & eu 
la reformation du Texte & aux Noces qu'il y 
*ioL»ta -, que dans cet Ouvrage il s'cft réglé fur les 
Vcrfîons de Munfter & de Tremellius ; miis qu'il 
y a plus de iugcment dans les Traduirions -^ui 
avoient été faites auparavant par OUvetan & par 
Calvin » quoiqu'ils n'euflent qu'une médiocre 
CoaooUIaacc de la Langue Hcbiaïquc, Bcsttam 



2-8o ^^s Eloges 

eit aufli l'Auteur des Figures de la Bible de Genève 

& de leur Explication. 

Outre les Oeuvres dont nous venons de parler, 
& de celles dont M. de Thou fait mention , il y a 
de lui une Grammak- Hébraïque & Arabique. - 

Année 1595. 

uv'mt LEVIN TORRENTIN > de GanJ,- 
T^rrtmi' £^, avoir étudié à Louvain , acquir à 
Bologne une connoiliance exrraordinaire 
du Droit & de la belle Antiquité , &c eut 
un commerce particulier avec les plus 
fcavans hommes qui fleurillbient de Ton 
temps à Rome-, à Padoué , & dans toute- 
ritalie ,11 s'exerça fur-tout a faire des Vevsc 
Etilne fut pas plûrôx de recour à fa mai- 
fon,qu'Everard Marcian Cardinal de Liè- 
ge Rit fi charmé de fa finguliere érudition 
& defon extréaie probité , qu'il le reçue 
dans fa famille , (Se lui donna un bénéfice 
• honorable. Depuis sctant acquitté avec 
beaucoup de prudence de diverfes Ambaf- 
fades, il fut choili pour remplir la place, 
de François Sonnius, qui avoir écé le pre- 
mier Evéqi-ie d'Anvers 5 après que cette 
ville fut reprife par le Duc de Parme, ^ïi 
mourut dans cette charge âgé de plus dc^. 
fôixante dix ans. 

T^.t?!'. Lt^ïN Toî^rsntin', eu valider BcKeîv, ctoît": 
%^ZT/ ^ommé à r.^chevêche' de Mailhes lorsqu'il naooa- 



des Hommes Sçavafis, i S'i 

fut. ÎI fonda dans Louvain le Collège dcsTcfuitCî, B»^/iot6* 
auxquels il icgua fa Bibliothcqae. & divcrfcs mé- ^.i^""- 
diillcs & pièces curicufes , qu'il avoir ramalTces à ''''''■"*• 
Rome. Il etoir bien verse en route forte de Litrc-^.^ ^ 
rarure , & il croit doué d'une éloquence admira- ç^,,^^. 
ble. Il exccUoic fur-rout en la Poëfîe , & il a pa/rét/h,«^frf 
pour le premier des Poéres Lyriques après Hora '^'"•^j^"*^^. 
ce, fuivant Antoine Sandcr, François Guichardin,^^'-'^^'^*» 
*c Julie Lipfe Ses Poèmes facrez font fort clHmez.j/^^-Jy; 
par PolTcvin & lof. Scaliger alfure que Torrentin^/<(f7./i&. 
étoicun homme de fçavoir & de vertu , & qu'il ai. '-«mt» 
bien écrit fur Suétone. ^^^ ^* 

Ses autres Oeuvres imprimées font, T>e ^^^''^ cr^/f/i- 
Vlrgtnîs Librîtres ^Verfu Lyrîco.DeVita D. P^uli^^na, 
libri dtio j Verfu Heroico. De cruento Deî facrificioy 
ItbriquifJjue. De kello THrcico ■> ^ viâûrin navali 
Mpud SaHpacîum. Odarurn ad amicos libri duo. Corn» 
mojtdriui in Horutttum Comment etrlolm ad Lejem 
Juliam , (^ Paptam de matrimoniis ordinandii. Dt 
obfidione Lovanienfi , Elegia , laquelle il fit à l'âge 
de 13 ans. In Satalem ^ hrtfli Elegîa. De Chri' 
Jloin cruce pemiente , Eiegia. Votum Virgini Mm* 
tri Lauretani. Hymni. Apologia pro Joanne CorO" 
pio Becano , adverfus Jofephum Scaligerum, Il y a 
auilidc lui quelques Homclics de S. Chry^oftomc 
traduites en Latin. 



TORQUATO TASSO , fils de Bcr-^^-^^^''^- 
Bard 5 ( lequel a donné au public des Epî- 
trcs 5c des Vers Italiens ) tue un homme 
d'un cTprit admirable Se prodigieux. Car 
quoique dés Cà jcunei^e une fureur incura- 
ble fc fut emparée de Con elprit , pendant 
qu'il éroic à la Cour de Ferrare, néanmoins 
dans fcs bons intervalles il ht plufieursOu- 
^tages en Profe &: eu Vers,Avec tant de j** 



XÎ% tes Elcgei 

gement & de politcfîe, que îa compaflioîî 
qii*6 avoicde fon rriallieur fe chmgea enfin 
en admiration. En effet, la folie q-ji rend le 
gens f irouchcs ^ hébetez.rêaibloit ne fair,^ 
autre chofe en lni,q;-o d'c'piircr fon efpiirJ 
& q iede lai infpirer une invention nlus 
prompte, une difpo(irion plus jndicier.'C, 
êc des expreflioiis plus Pi^iries & plus é'e«: 
gantes. Et ce que les perfonncs les mieux 
fcnsees arracho'enc de leur cfprft dans uiî! 
grand loitir avec beaucoup de temps , de 
peine, & de travail , Torquato l'achevoit 
avec une mervei;leufe facilité' après un. 
violent accès de fon mal : de forte qu'on 
eût crû^non pas qu'il étoit hors de lui-mç- 
me & qu'il a voit perdu fa raifon , mais 
qu'un enthoufîafme divin s'étoir faifi de 
fon efprît. Ceux qui ignorent ces chofes 
qui font connues de toute l''Italie,<5<: dont 
il fe plaint quelquefois dans fes Ecrits, 
quoique fobrement , & qui viendront à 
lire fes divins Ouvrages, ne pourront 
s'emoêchcr de croire , ou que je veux par- 
ler j'un autte ho'T>me que du Taire^ou qu'- 
un autreque IcTalTe efl: l'Auteur de fes Li- 
vres incomparables. Il mourut à Rome 
n'ayant pas encore quarante cinq ans , ^ 
fut enterré dans l'Eglife de S. Onufre. 

AD31T lOlît, 
&3oi^u*il y ait de graades contcftations «à^ 



des Hommes Sçavans. i S 5 

ftalîe fur la patrie du TallV, comme il y en eut ja- loren\e 
dis cil Grcce fur celle ci' Homcic,il cil certain que Cr^/. 
If Tafle naquit à Sorrente ville diftantc de dix huit ^,J|'^^ 
milles de Naplcs. A fix mois il parloir <iiltJ"<^^-^,a«r. * 
ment , exprimant bien ce qu'il vouloit dire , & 
répondant à ce qu'on lui dcmandort. On ne le vid ^^^^^ 
jamais rire dans Con enfance , ni pleurer que fort ,^.^ ^'^* 
rarement. A l'âge de trois ans il alla à l'I-colc, j-^^,^ 
A quatre ans il commença fes études fous les le- 
fuites. A peine avoit-il fcpt ans,qu'il fit des Vers, 
& compofadcs Oraifons qu'il rcQ:a en public. A 
huit ans les lefuiccs le firent communier, &: a dou- 
2-e il eut achevé les Humanitez &j la Loj;iqjc. ^' ^artot, 
prés quoi ilfiUa à Padouc , cù il apprit l'Lloquen Btrbxtot 
ce fous Charles Sigome , & la l'hiloTophie fousr/f. di 
Picolomini & fous SperonSperone. Enfuitc > fui- ^"f't 
Vant le defir de fon pcrc , il étudia en lurifpru- 
dcncc,mais comme il avoit une forte avcrlion pout 
cette Science là,il y renonça bien-tôt. Cclt pour^ 
^uoi parlant de cette forte d'étude, il dit, j 

Jn^rati JlhiUj dal rtti pwdo opprejjjj t 

Gracquît^noto ad altrn'h gra'Ve à mefiejfd- ^ ; 

Comme il avoit un ardent amour pour la Pcc- 
fie, il s'y appliqua avec tant de fuccés , qu'à l'âge 
de dix- huit ans il compofa un excellent Poëmc in- 
titule Rmaldo , qui fut comme la première fleur 
de fon merveilleux génie , Ôi qui lui acquit régi- 
me de tous ceux qui avoicnt le goût délicat pour 
ces fortes de chofes. En cftét î fi Longin a dit 
de rOdyfiée,que c*ctoit la produdion d un vieil- 
lard , mais que ce vieillard étoic Homère , ainli 
nous pouvons dire avec l'illuftre M. Ménage , que Menag^^ 
Kinaldocd l'Ouvrage d'un jeune homme , mais^'^^/opr 
que ce jeune homme étoitTorquaro Talib U "**'^',,^Lo^,iJ, 
voit que vingt un an &: lorsqu'il comncnça fa J*- ^/^^^^^ 
rufaUm UberatM , ccz inconiparabie Poème , qui 
cft la pièce la plus achevée qui (c foit vue depuis le 
ficcle d'Au^urte félon le fentimcnt de tous les )U- 
dicieux.Cîiti^ues & fui- tout de M«dc Balzac,qui a 



^^4 Les Flores 

dit avec beaucoup d'éloquence Ôi de raîfon , que 
Oeuvres ^^^g'^^ ^ft caufeque le Talfe n'eft pas le premier 
tiiverfcr S" ^^ ^oHiQ Epique , & le TalPe , que Virgile n'cft. 
pas le feul. Cependant comme il n'y a rien de 
parfait dans le monde , on a trouvé que fa dcfcri- 
Keflex'^as^:^^^'^^'^^'^'^^^^ d'Armide & que le détail de plu- 
r»rU ^\c^i^5 chofcs agréables qu'il mêle dans Tes narra- 
^ofii^He, ^>'o"s ont ie ne fçai quoi de puerille , qui ne p.iroit 
nullement conforme à la gravite'd'un o-rand Poè- 
me, où tout doit être majeftueux. Qu'il ne foùtienc 
pas la dignité de fon caradere dans les difcours- 
tendres & galans qu'il fait tenir à qaeK ues-uns 
de fe> Héros & (ur tout à Olinde & à Sophronie j 
Que ces avantures de Bergers du fcptiéme Chant 
arrivées à Hcrminie , les chifres d: fon Amanc- 
qu'elle écrit fur Tecoice des lauriers , les plaintes 
qu'elle fait aux arbres & aux rochers, ce bruit des 
ruiHeaux, cet émail des prairies, ces chants àcs 
o;feaux , où le roëte prend lui-même tant de plaî. 
iîi.'j CCS enchantcmens de la forêt du treizième' 
Chcint , CCS chanfons d'Arinide du 14. pour infpi- 
r.r de l'amour à Renaud, les carc/Tes que lui fait 
cette Enchanterefle,la defcription de fonPalais,oi». 
1 on ne refpire que la mollefTe, & ces autres defcri- 
ptions pleines d'aftedation , n'ont rien de ce cara- 
<^erc grave qui eft propre au Poème Héroique.C'cft^ 
Ut'r àe P®^^'*^"^^ ^" ^-^ P^^^s beaux Efprits de nôtre fiécle 
^Iffr. '^ ^^ "^o^î^e de ceux qui charmez par ces faux bril- 
S^;,>/5>.l3ns préfèrent les véritables beautez aux apparen- 
tes j & le clinquant du TafTe à l'or de Viro-ile. 

Il femble même que le Taile ait été convaincu' 
de l'imperfedlion de cet Ouvrage , car il en étoit fî 
peu facisfait, qu'il le reforma ennérement , & que- 
fur le mcmcfujet il compofa Wjerufalem Conqui- 
Jtata, Et il témoigne dans une de fes Lettres La- 
tines qu'il n'approuvoit pas l'Epifode d'Olinde & 
& de Sophronie, VolftU àii-ii ^ indul^ere ^enh 

liyen a qui ontpenfé que fon Aininte écaic 



âes Hommes Sçava^f, 1 8 j 

Ton chef-d'œuvre, & l'on du que le TafTeétoic de 
Ce Iciuimenc , & qu'il mcctoit cette Comédie au* 
dcflus de toutes fcs autres Poéfics , comme il 
croyoïc que fa Tragédie intitulée Tor Ifmor cio'it 
le plus imparfait de fcs Ouvrages. Quoiqu'il en 
foie , il Q{\ certain que l'Aminte a été imitée par 
tous !cs l'o tes Italiens , fur-tout par le Cheva- 
lier Guarini &: par le Comte GuidabaldoBonacelli 
Se que le Pajtor fido , & U Filli dîScîro ne font que p'^fjjr* 
des copies de cette excellente pièce. C*cft ce qui^^.;,,. i,* 
aobligf^ Boccalini de teindre que les Poètes lta-r<f^.5f, 
liens ayant rompu les cotres du Talîe , lui volè- 
rent ce merveilleux Poëmc , lequel ilsfc partage" Lor*»*:^, 
rent entre eux , S: que pour fe mettre à couvert ^'^jjîo* 
de ce larcin ils fe refuiiiercnt dans le Palais de Pi- 
iTîitacion. . 

Le 1 alfo croit éloquent dans fes difcours , mo- ^^rlxt 
defte & humble dans fa convcrfation. Il ctoit ^ AiJ"^ 
toujours vêtu avec beaucoup de iimpiicité , & il A^'- <<* 
n'avoit jamais qu'un feul habit , qu'il donnoicà ^^«^°* 
quelque pauvre , lorfqu'il étoit ufé & qu'il ctoic 
obligé d'en mettre un autre. Quoiqu'il Fut nie- 
lancholique , il ne laillbit pas d'être fouvent en- 
joué. On rapporte plulieurs de fes bons mots, qui 
font connoicre la vivacité de fon cfprit & la folidicé 
de fon jugement. Qiiclqu'un lui ayant demandé 
ce qu'il pcnfoit d'un jeune homme qui f.iifoit de 
longs difcours fur toute forte de fujcts Le TaiTe 
lui répondit , 6)«V/ parlcrolt beaucoup moins t s*il 
svoit fait de ^rarnU progrés dans les Sciences. Il die 
à un de (c^ amis qui l'cxhortoit à fe Tanger de fes 
ennemis , & à profiter d'une occafion qui fe pré- 
fenroir de les décrier dans l'efprit duDuc de Ferrarc 
§luîL fouhaltoit de pouvoir leur oterleur malice ^mais 
non pas leur honneur. Uii grand Prince lui aynnc 
fait otïiir beaucoup d'argent , il demanda à cclnî 
qui le lui apportoit pour quelle raifon fon Maître 
lui faifoit un fi beau prefent , C' efl , lui répondit 
cet Envoyé ) pour recornpenfer vôtre vertu. A quoi 



^8^ 'Les Eloges 

le T aile répliqua, p«;7^«5 ce généreux Trlnct ti' 
mQtgne avoir bonne opimon de mot , il ne doitpfu trow 
*ver mauvais que f€ veuille être en effet ce quil croia 
^ue 'le fuis, iy quairjjije refuje ce ^u'il me veut dm* 
:^er» LeTalio ayanc lu le P/iJior fido, il fi: coii- 
iioitre que cetce Comédie lui plaifoit fans en fça« 
voir la raifon. A quoi quelqu'un ayant repondt' 
qu'elle lui plaifoir peut êcie parce qu'il y remar« 
-quoic plufivurs chofes qui avoient été prifes de it< 
Ouvrages. Il répartit , S^uon ne prenait pA>s flaifi 

fiitnaz* ^ '""^''^ '^'^ ^'^^ entre les-r/.*;nj des autres. 
u^n-'io^t. Le Tàii'e fe lignala non feuiemenr par fon efprîl 
fop--. l*\' &: par iow rçavoir>mais aufli par fa valeur: car écam 
ml-tipag^ à Icrrare il fe battit en duel avec fuccés, & il blef< 
* *• fa fou ennemi. Et ayant été attaqué par troij 
i'invi.jie fii."2:-s da Gentiih-^mrae contre lequel il s'étoil 
^d%^c, barra i! fc Jcfendit vaillammenr. 11 fe lit admireï 

non roulement en It.iiic, mai^ aulIienFrance , oi 
_ , il acconipacrna le Cardinal d'Eft en o.ualité de fol 
TJi . .^vjenn;nomnie. Quelques un? ont cent ou il s er 
Apptni reroiu'iKi en :on .pars comble d'noaneur & de bien* 
*i k>itr, faits de Charles IX. Et d'aucres ont allure que In 
yaCtr,de Tallc étant en cette Cour > avoir demandé par au- 
ji mono un écu à une Dame de ;fa connoiiiance , & 

que mêmes il avoit rapporté en Italie l'h-bille 
huruR iT^ent qu'il avoit apporté en France, après y avoL 
fcL-AJUn» f-iit un an de feiour. 

n'elU ag. Quant à la folie du f afîe , la plupart du mondi 
gîuntAal en tombe d'accord , mais on ne convient pas de h 
H.Çtoirt caafe de cette folie. 11 y en a qui difent, qu'il fu 
Giiàrp^ mis en prifon pour avoir tué un de i:s ennemis 
S^rai' & ^'^e la perte de fa liberté lui caufa une fî grandi 
hleijopr» meiancholie,qu'clle lui fit perdre fa raifon. Quel 
1'yd.mitit. ques uns ont écrit, qu'ayant une firtule au nés , i 
f^l^iéi. f^j obligé d'endurer qu'on y mit le feu , & que I; 

douleur de cette cruelle opération le fit tombe 

^n*- à^ns une efpece d'extafe & d'égarement d'efprit 

_ jç2 D'autres enfin ont prétendu , que fa folie étoit ui 

.effet de l'amour violent qu'il avoit pour la Pcincef 



des HomYTJCi Sçavanf» i%y 

f c Ileonor fœtir d'Aitbnrc Duc de Ferrarf , ej> che 
frr ffioor vernie m furere i e matto , d hmm che fi 
J*i^i'ioetaftimatopr/ma. Au icllc la plus belle de 
touîcs Icsftanccs de U Jerufetlcm liùerata félon le 
jugcmencda Taiîe aoic cclle-ci; 

Gltioto ^ latoi/jhAi ove.al fuo ffirto vlvo 

V)c!orofii prig'iûne il Cielprcfcrijfe y 

JP.alltdo > freddo ) mtit$ , e qtiaji brîvo 

pîrnovlmtnte , al m^rwo gll occhî ^jflps* 

Aljin y fgor^dijdo un U^rimol'o r'rj» 

In un lungiùdo ohlm*: froruppe , e dljfe, 

OfitffoamAto, (^ honorât tant 0. 

'Che dcrare haï le jiéiwmey (^ fiiorl tl plante. 

Mais M. Ménage trouve qu'il parait trop d'en- ^J']^^^ 
tournent dans ces derniers v^rs , O marbre bîen\^i^t.f^ 
^:mé y voue ave::, tnes flammes au dedjvis de Vûus,(jy* j i ».fJ/<*' 
fues pleurs ait dehors. Jit en cftcc et dedans-, ce ^^-'■«/•«'« ^'* 
iiors, &: ctcc- c.ppolitiondct; />«Ar&: c^zseaux ne*'*'**'*^' 
Convif niient: point à une ame accablée de drplai-*^*^ 
iîrs. C\ (l p;iurquoi M, Ménage pi'.vfeic à cette 
fiance celle-ci: 

(j'iace H cavailo al fuo Sîgmre jipprejfo > 

G'tace II cowparryio flhpQ II compa^nn eji'nito^ 

(j:ace H nemico appe H ner?Aco , e '}eJfo, 

Sulvjorto il vtv9, Uvincitor fnlvlnto. 

non vefilentio , ^ non v'ègridoefpreffot 

Ma sodi un non so che roco, éc indijiinto, 

Tre*nttî difuror , mormori d*tra, 

Cemiti di chi langue > ^ di chifpira. 

Il ajoute que cette (lance eft travaille avec pluS 
•«'art que toutes les autres de ce divin Poëme, ainfi 
que le difoit le Taffe luy-mémc. 

Ses autres Ouvrages imprimez font, LeGlornA' 
tedelMondo creato. Le Rime , & Profe. Lettere 
farrùgltAri. Trattato del Secretario. T,e Dialoghi 
cioèy 11 Aîejfaghro i H Forno ôvtro délia NobtUtê, 
llFomofecondoy overo délia Nobilita. Délia di- 
ff^ifà» Il fadredifamiglia. Dellapietà, Il £eltr4* 



I 



•%%^ Les lEloges 

■wo > oven délia ccrtefia- Il Angone , ùvero àellt^ 
fstce. Il ManZjO t cvero deW amiciz.îa. La Molzai 
e deW Amere. Il Cavalier Amante , e délia Geri' 
tildonna amata. Il Forajiiero Napolitano » over9 
délia gelofia- La Cavaletta , overo délia Poejîa 
lofcana, il Gonx^a^o , evero del placer honejio. Il 
<3onz,ago fecondo . cvero del Giuoco. Il Rcmeo ^ 
overo del Giuoco. il Malftglio , overo délia Corte» 
il Cateneo . overo degli Idvli. Il Gianluca j overd 
délie Maschere. Diaiogo deW Imfrefe. Tre Difcorfi, 
J)ei Poëma Heroico- VellaToëtica. Lefettegionaate 
del trjcndo crearo.Apclogia in difenfa délia fua Gieru* 
falemme liberata , con alcune altre opère in dîfenffi 
del Aricflo. Conclufionî amorofe. Jl Secretarîo^ 
"Délia Fortuna. Canz^one délia Ccronaz^ione del D, 
Vinrer/zo Gonzagua. Lettera nella quelle parangctia 
l'Jtalia alla Francia. Orazione fatîa neW aprîrfi 
dell' Acadernia Ferrarefe. Lczione recitara nell* 
Academîa Ferrarefe- Rifpo/ia aile Oppcfiucne faite 
alSermetto-> Sec. 

Il y a auifi de luy quatre volumes in quarto 
^'Oeuvres pofthumcs , contenant » D^/ Giuditîo 
fovra lafua Gîerufalewrne da Im medcfirKO riforma* 
^^,/«^r. 1. Voë fie varie. Rîfpcjia dlRowai à ?/«• 
tarco. Il Ficino , evero dell' Arte U Tertio , overo 
délia VirtH. il Minturno , overo delta Bellezza. il 
Cataneo > overo délie Conclufcni. Il iVIalpigliofe^ 
condo > overo del frggif moltitudlne, U C enfantin 
nOi overo délia ClerKenza. Orazioie in Iode dél- 
ia ferentjftwa Cafa de Medicis. Letiera politica, 
étl Sigmr GiulioGîordani, Letiere poëtlfhe ^fami- 
liari divife in tre lihr'i. Pîufieurs ont cru que le 
Taiîe avoit un efprit familier , qui prenoic plaifir 
de s'entretenir avec lui fur les matières de Philo- 
sophie Sl de Théologie. Sperone pretendoit que le 
Difcours du Poème Héroïque , c]ui eft un excel- 
lent Traité , tres-rempli de doctrine, imprimé 
fous le nom du TalIe , étoit un Ouvrage de Ta 

façon. 

REîNER 



des Hom?77e^ S(^nvam\ i S<^ 

REINER REINECCIUS , c!c Sicin! 
heim , qui enfeigna long- veaips les belles 
Leurres dans l'Univerfiré de Helmlbc , a 
écrit avec beaucoup de diligence & de fi - 
dclité des Coininentaires Genéaloe^iqiieç 
& Hilloriques ,& pUuîears aatrc^^ Ou- 



vrages. 



-rf D D I r / O N. 



R F. I N K R Reinfxcui«; .1 co m po fc i:n Traite 
de la Mcchodc de rHiltoire , dans lequel il y a f{fVer, 
benucoupcVcnidition , mais il n'y obfcive pas un '''«'*'^- '^* 
bon oiarc, & il n'y )ugc pas faiiunicnc du incritc ^'-' "''* 
des Hi/toiicns. Ses Commciu.iires Hiftoriqucs J^'"'," 
ont (té cdiincz par tous les Sçavans . & fur tout '^Imliit 
parVoflius. fhilol. 

Ses Oeuvres imprimées font , TamilU Rc^um ^'"i-^'f 
& Pontîficum Bofphoranorum , ex ft'type Jchemcni, 
& Tenonh Laodicenfn , &c. Fam'dU Re^um Macs- 
dontA , &c. FamiliA j^rfacldarum , &:c. Famil'n, 
Seleucîdarum , ^c. FamilU La^jdarHm , &cc. ^ 
Rerres Cyrenei FawU'iA Reguw Anncrdortim , ^ 
Yergxmenorum. FamilU Kenum Judioruw . ^.va 
Afmomorum (^ con-iitori^ Antipatri mminiius célé- 
brât a fuut. FarràlURegum MedU c< B^art^ni^Re- 
gum Sparrauorif^ , ç> \:ej[eniaccrum , &c. Sy»~ 
tAgm:i de F ami i lis quA in Motiarchiis tri h us t'rio- 
ribui rerum potitA funt , & de Fawiiils duor.um 
A-gypti rcgnmtn Battiadarum i CsrrnAorum , 
Cr Dyrktjiarum , Z<r^ww , cr PontififritM tfraë- 
litArum, Addita eft Appendix de iUtifiribus ali- 
^unt GrAcU regn'ts. Item altéra de Hijtoria gertit 
uFacdarum .à'R^gum .'Uhenicnjium Recna Gr^- 
r*ac LatinMHiftoria celebratijjiwéi , unAcumF><' 
fndus cjt^A in fmgulis fioruere. Origines fiirpis 
UraudeyurgicA Commcntarlus de Marchionum zy 

Tome U. M 



1^0 Les Eloges 

iUBerum Brandehurg. Sec,' Eurgravîorum T^cri- 
herg Sic, Familia. FamilU Jrgivcrum ^ Myceno 
ruin* Commentaîio de Saxonum originibus > hifque 
annexa de urbe ^ Dticatu Brxwfvlcenfi Exquijitio 
Jinnales Vviîtchindi. De féimllta (3" rebtt^ gejits Pa- 
Ifitincrtim SaxonU , Ô* de hiftorïa Henri ci Lesnis ex- 
^erpta edidît. Hlerofolyrnîtamim Chromcon , id efit 
de belle facto Hijloria. De Marchîonum c^ Elecfo- 
rum origine. De vit a ^ famîlla Dithamari, De ve-» 
teribu/5 Alifmâ. MarchionibK'i . De hiUingorum farni- 
lia. Hijioriadubia , (^ yntagma Hijloricum.ChrO" 
fiicaSlavorum. Oratiode HiporÎA dignitate. Metho- 
dus legendi Hijloria^. Hijîoriajulîa, Jive Syntagma 
Heroicum. Hijicria Mîfnica. le origine Germanie a 
9obiUtatit. Hijloria Orientalis ChriJliancrum.Sarra- 
cenorum y Turcarum , ^ TartarDrt4m. tîijloria 
Tarthorum, Comment, in Annales de rébus geftis Ca- 
roli Magni. Panegyricus in houerem fefiivitatis qua 
Henricus JuHhs Dux Luneburgi in pcjfejfionem Epif- 
copatus Mindenfis indiicius eji De beUo [acre in Ajia 
£eJio. FamiliA Luéeburgenfes. Com?nentaria de re- 
husT^erficis^fetifamiliaArîaxerxis, Vit a Cregorif 
Horflîj. ._ ^ 

Bîhllogr, L'Auteuu de la Bibliographie curieufe dit que 
turicfa. toutcs fcs Oeuvres font excellentes , & fut- tout 
^'"îf" celle qui eft inciculée Hijicria lulia. 

Mcbctèi. MICHEL NEANDRE , né à Sora 
''dans la Siléfie , fut célèbre par la connoif- 
fancc qu'il avoir de la Langue Hcbraiqucj 
de la Grecque , & de la Latine \ &i ayant 
enfeigné quarante ans en l'Académie d'Is- 
feld 5 qui fut depuis tranfportéc à Pfortz- 
hcim dans la Foret noire , il iriourut âgé 
defoixante^ dix-ans. 



des Hommes Sçav/tns^ uê i 

A D t> 1 T I O N. 

les Oeuvres imprimées de Michel Neandic 
font , Erotemata LinguA Gtaca. Grammatica f^c 
ér£a. TabuU GrammaticA GréLCA. Anthologîon* 
AJîrologia'Ptndarica. Gnomologia è SîttbAO confe^ia» 
SentcntiA Théologie A înfign'îore s ■> &c. CrAco Latin a» 
Theocriti Eidyllîa GrAco L/ttina , cum /îrgumemii. 
LycophronGrACo-Latinus- Apollonius GrAce ^ La' 
fine. Cnomologia Latina. SementÎA leciîJfimA , ex 
GrACts Autoribus Gentilibus* Protevangellum D. 
Jacobi minoris , ^ Dialogus Chriftinnl cum JudAO » 
ex Suida è vaco trmijlutA. Phrafeologîa ifocratit 
GrACO Latïûa. De Re Poëtica GrAcomm , five Epi" 
thetorum GrACorur» liber » Phrafes P cette a. Defcri* 
ptiones variA-,^1' ElegantiA PoëticA. ElegantÎA fecttn* 
dhm tria caufarum gênera diJîribtttA . Optts aureum 
^ fiholaflicHm- Orbis terrA partînm fuccinSiA 
Explicatio. Theologia Megalandri Lutheri. The9" 
logia Bernardi ^ Tauleri LinguA HebrAA Erotema» 
ta. Ccluihi LycopolitA Thebani ffelenA raptus. Try 
fhiodori Prêta ^gyptij de TroiA excidiô o'èma. Ma* 
fch'i (^ Bionii lâlUia , în Linguam Lattnam conver- 
fa. Apoihthegmata CrAco'Latina y cum Sot' s. Phy- 
fica^ C ompendium PhyfiCA Philip. Mclanchthonis, 
Ethica veterum l ati?jorum fapientnm. Loci com- 
munes Philofophici Latini. 'Epijlolarum far^.iUa' 
rium formulA. Argor).%titica^ Thebatca , Troïca , 
llift'i'y Poëtica CrAca Authoris ancnymi , &c. cnm 
Argument is ej* Alarginalihus Chronicon. Epiflolê 
anniverfariA^ quA die bus fefiis ac dominicls in Ecclc 
Jiaperlegtwtury HebrAA ex GrACO extu ac '^yra Pa- 
raphrafi faÛA ^ cum SchcUis , Hebraice , cr^r^ , 
Latine , (3* ^^ermanicè. Compendium do^ririA Chri- 
ftianA à Theodcpo F abri ci o 0* Jeanne Volando ex 
Germanico ^ Latino Hebraïce cf GrAce converfum^ 
Hebraicèj GrAcè y Latine,^ Cermanicè Rheto» 
rica. Sylloge locutionnm tH f^lrmularum Latino Ger- 

N i; 



1^1 Les FAojj'S 

marJcA Catechefisparva Lutherî > GrAco-Lafhia, 
Tlores faftentîA divînA > ex hvungelîis Uemimcis de- 
cerpta. Theologia Cr Ethica ScrïpturA Sar-ciâ. De 
Methodo ^rtium. labuU DialeciicA Ra?neA. 

11 y a eu un autre Michel Nf.anore natif 
cle lojchimltAl , lequel cil Autcuu d'un Livre in- 
titulé , Synopfjs menfurarum CT fonderum fecundUm 
'Romanoi , Athênier^fes , Georgos , O* Hijjpcjanos , 

!^c!dl- VALENS ACIDALICS, né à VVi- 
^**/. floKa jeune homme d'an rare rç\voir& de 
gnuide efpérance , après avoir voyngé en 
Italie , retourna à Brefluii dans la Siléiïe , 
^ de là il fut appelle à NeilV, ou il tra- 
vailla avec tant d'attachement à coniger 
les Comédies de Plaute , que Ton alTiduité 
à l'étude lui caula une m.aladie, qui l'em- 
porta n'ayant pas encore atteint la vingc- 
huitiéme année. 

A T>D iT 1 on» 

E-blieth, AciDALTUS étoit un habile Médecin &- un ex- 
f^'etus &■ cellent Critique. George Konig rapporte qu'il a lu 
Nova, ^2j^g ^,n exemplaire des Toëmesd' Acidalius les pa- 
roles fuivantes qui y avoicnt été écrite*; de la main 
de Barthius, Après qn Acld/illus dans fa jeunejje etft 
parcourûtes Acxdérr/ies d* Allemagne ^ dltalie , (jp 
• de quelques autres nations & qtéilfefitt acquis l'e- 

ftime ô* l'amour de tcut le monde , // "JiKt à Brtjlau% 
oh a\ant attendu inutilement quelque emploi pendant 
long- temps , il fe rangea dans le parti des Fapljies <& 
il fut fait Recîeur de l' Ecole de l<Ieijf. Mais après 
au il eut exercé cette charge l'efpace de quatre molsy 
en accompagnant l'hojlie^ilfut fubltemem faifi d^um 



des Hommes s çavans, "^,05 

fi granâe fureur > qu'on a^ùre qu'il fe tua /W- 
mêwe. 

Ses Oeuvres imprimées font , No/at t» Q^ Cuf 
tlur)}. InTucittim Not& Conjecianea in duodecim 
J^anegyyicosveteres,VarJ£ Leciiones ^ Cjt^fiigationes ^'*'''^« 
je Vellûjum Parcrculufn. tlautinarum divinationum -.»*"'* 
(^ mtcr frétai tcnum librt lo. Orattones. J^ptJfc'At cap. ç, 
tcë/nata. On cftinic foit ("on Conimer.tairc ku" PUcciut 
Q. Ciucc. Quelques uns ont cru qu'il ctoit Aii-'^'Sttlpt 
teurdii Livre intitulé , Mulîeres non ejfe hcminrs. '^'""** 
Mais iMaccius allure que cet Ouvrage n'a pas ccc**^** 
compofé par Acidalius. 

GUILLAUME VlTAKER , ne d'une -"^'»/^ 
famille honncte à Holme dans le Comte,7kfrMj^*' 
de Lancaftre , fut un Théoloeien d'une 
grande réputation parmi les fiens. Soit 
qu'il eût dcdèin d'imircr ïyel de Salisberi, 
ou pouflë parl'émularion qu'il avoir pour 
ce fçivant homme, il pafla fa vie à écrire» 
conrre Edmond Campian , Jean Dure, Ôc 
Thomas Stapleton j & mourut à Cam- 
brige. Quoiqu'il n'eiit guère plus de qua- 
rante fept ans, il avoit entièrement perda 
fcs forces 5i fa vigueur, de forre qu'il ren- 
dit l'arae doucement &: fans aucune con* 
vulfion. 



ji D D I T I o y^. 

Guillaume V it a k e r étant extrêmement^*'^*'' 
jeune , mit en Latin la Liturgie Anfrîoife , & la'/"'[,.' . 
Difpute d'Iv'el contre Harflinp;uc ,& traduîfit en ^^,41»,^ 
Grec le Catcchifmc compofé par Alexandre No- 
Ycllus {"on oncle. Enfuitc j>'étant ac^onné à la 

N ii; 



^4 Les Eloge f 

Tneologie , dans peu d'années il lût tous îcî Perc» 
Grecs & Latins, & il s'attacha à Tetade avec tant 
d'application , qu'il ruina entièrement fa fanté^ 
& que tout le refte de fa vie il fut fujet à de fré- 
quentes maladies. Ayant été élevé à la charge de 
#lofclTeur en Théologie dans l*Univerfîté de Cam- 
brigcil remplit cette place avec beaucoup de gloî- 
xe & d'applaudiflement. C'eftoit un homme d'un 
cfprit vif , d'une mémoire heureufe , d'une rare 
éloquence , d'an jugement folide , & d'une fi pro- 
fonde érudition , qu'il étoit confideré comme l'O- 
racle cfe l'L'niverfité de Cambrige , 8c comme 
un des plus dodles Théologiens qui fut jamais» 
B'aillcurs , il étoit éloigné de toute fcrte d'or* 
gueuil & de vanité , & il n'étoit pas moins humble 
& modefle, qu'il étoit fçavant & éclairé. Il fuppor- 
toic hs infirmitez des autres avec indulgence, il 
cenfuroit leurs vices avec douceur, & dans toute 
fa conduite il faifoit paroitre une grande modéra- 
tion , une équité incorruptible , Se une extraordi- 
naire humanité. Il étoit agréable dans la conver- 
fation , prudent dans les aft'aircs , & extrême- 
ment charitable envers les pauTrcs'&: les malheu- 
reux . 
p'§ Cri- le Père Simon dit , que Vitaier , qui eft un 
t^quedu ^^^ piemiers qui a combattu les Livres de Bcl- 
Tett. liv l3rrnin,a témoigne trop de pailion dans les Ecrits ; 
2. cbap.^^*^^ rend néanmoins que'que forte de luflice à 
35. fon Advcrfaire , en loiiant fon érudition dans les 

Livres facrez , & qu'il avoue mêmes que Bellar- 
min eft de meilleure foy dans la difpute , que les 
autres Théologiens qui l'avoient précédé , & qu'il 
pft l'Auteur de nouveaux Syftémes dans cette ma- 
tière. 

Ses Ouvrages imprimez font , Ad decemratia- 
fies Edmuttdi Campant Jefutu Refpnjto. Kefpon- 
fionis ad decem illas ratîones Defenfio, contra Confié- 
tatlonem Joamis Dur Ai Vreshyteri Je fuit a. Difpu» 
tafh de Sacra Scriptura* tr&Uiimes , In ^mbmfrfi' 



des Hommes S^avans, 2m j 

Hatur dc^rlna ^e Ecclejia centra Pomfictos.Contr»' 
Verjia de Ccncilits contra Tonttfichs. TraBatui de 
peccato origwali. Vltiwa Ccncto Vîtakerî habits 
CantabrlgiéL 9. OBobrh 15^5. Ad'verfus ThcnjA 
Stapleteni Vefenfnnept EcciefidjllcA authcrîtatîs 
Vuplicath ,pro authorltate S. ScrifturA. Vr&le^io- 
nés in controverfiam de Romano Pontifice. Refntath 
quadrdgmta, demonflratîonum l^iicolm Sandtrt , 
qt4cd Papa, non fit Antichrlfii^ & c. Fragmenta vc 
terum hArefecn ad ccnjiiruendam Ecclefu PonttficU 
^TTOi-'ertM collata. Thefis prcpojita 0* defenfa in 
Academta Cantabrigienji y cujpis fumm a ejt ^ Von- 
tifex Romanus eft illc Ainichriitus, qucm futaium 
Scriptura praedixic. 

PHILIPPE N E R 1 nâqnic à Florence. P'-^i-'/x* 
Son père s'appelloit François , & (a n-icie^"^'"'* 
Lucrèce Solde. Il vécut long-remps à Ro- 
me en réputation de fainteté. Il fonda la 
Congrégation des Pcrcs de TOratoire, 6c 
il confeillaà CcfarBaronius prêtre de cette 
Congrégation , qui depuis fut Cardinal, 
d'entreprendre l'Hiftoire Ecclcfiaftiquc 
contre les Centuriateursde Ma^^deboure. 
Comme Antoine Gallonio a écrit fa vie au 
long, ce fcroit faire tort ,Ôc à Neri , & à 
unhilluftre Ecrivain, d'ajouter quelc^ue 
autre chofe à ce qui vient d'ctie dit, 

A D B I 1 î O ^, 

Philippe Neri naquit à Florence icii. îuil-^'/:»v, 
Icc 1 5 1 s* Des fcs plus rerdies années il fit paroi- Otdo», 
trc tant d'amour pour ia pieté , & une fi forte in- f?'.*,,r' 
clination aux Lettres ^>, Que tout le temps que Ics^^^^ 

N iiij. 



*5>^ La Elcges 

gens dcfon âge cmployent d'ordinakc à la débau- 
che & aux divertiflemcns , il le donnoit à la priè- 
re & à la ledure. Après avoir achevé f es Huma- 
nisez , & fait de grands progrès dans la Vhilofo- 
phie & dans ia T heologie,\l renonça entièrement 
à l'étude , vendit fc s Livres , 6c fe confacra tout 
«ntieràToraifon. A l'âge de vingt-fix ans il fc 
Ht Prêtre, & depuis ce temps-là il n'y eut point de 
iour pendant fa vie qu'il ne dit la Meflc, ou qu'il 
ne communiât. Son aliment ordinaire étoit du 
pain , des olives > & quelquefois des herbes. Il 
palîoit fouvent trois jours & trois nuits fans man- 
ger , & quarante heures dans la prière. L'Auteur 
de l'hiftairc de fa vie allure qu'il pcnétroit le coeur 
^cs hommes , & en connoilîott les plus fecrettes 
pcnfces j qu'il prédifoit l'avenir , qu'il chnflbit les 
Démons , qu'il guerilloit les maux incurables i 
qu'il re/Tufcitoit les morts , &: que durant fa vie, 
Se même après fon deccs , il fit un nombre ia- 
cro^abic de miracles. 

^""SL, FRANÇOIS TOLET, d'une balTe con- 
dition^ natifde Cordoiie dansTAndalon-. 
fie 3 patrie des deux Senéqucs , répara par 
fon fçavoir & par fa vertu le ckfluit de fa 
naiilànce. En peu de temps il acquit tant 
de réputation à Salauianqne,que dans fon 
adolefcence il obtint la charge de Profef- 
feur en Philofophie. Après quoi,s*étant en- 
tièrement confacré à la Théologie, il en- 
tra dans la Société des ^efuitesjqui fleurir- 
foicnt alors en Efpagncôc fur- tout en cet- 
t£ ville là. Et ayant été appelle à Rome , 



ifn Tole 



àes hemmes Se avons, 297 

il y fat Préfet de leur Collège l'efpace de 
quelques années, & enfuite Prédicarcui de 
Pie V, après Benoit Palmio & Alfonfc 
Salmeroq^ Puis ayant eu ordre d'accompa» 
çncrle Cardinal François Conimandon , 
c]ui alloir en Allcanagne pour perfuadeL* 
PEmperear Maximilien II. & Si^ifmond 
Roi de Pologne d'entrer dans la Ligue 
que les Princes Chrétiens avoient faite 
contre les Turcs , il n'acquît pas moins 
d'cilirne pnr (a prudence 5 qu'il en avoic 
acquis par Ton érudinoti !5c par fa piété. 

Sous Grégoire XIU il fut employé en. 
des négociations importantes , Ôc fous. 
Sixre V. il s'occupa à revoir la Bible. En- 
En Clément Vlli lui donna le chapeau de 
Cardinal ^ & il fut le premier v\e cet Or- 
dre qui parvint à cette dignité. Trois ans- 
avant fa mort , il s'employa avec beau- 
coup de foin ,!s: de fueccs à achever la re» 
conciliarion da Roi avec le S. Siéee > &■ 
enfin il mourut dans le palais Vatican , 
ayant pTJTc fa foixante & quatorzième 
année , ^ il fut inhumé dans l'Fgliie de 
S. Marie Majeure. Il a compofé bcauco^up 
d'OiivragcSjdont les principaux font ceux 
qti'il a faits fur Ariftote > fur S. Jean , fur 
S. Luc , & fur l'Epîtrc aux Romains, 
Les Sermons qn'il prononça , & qu'il 
couchi cîifuite par écrit , n'ont pas ea»» 
core vu le jour. 



13§ hes Eloges 

ji D D I T 1 O S. 

é'Michi» François ToLET fut Difciple de Dominique 
^"!)' -/ ^°^° CoiifelTeur de l'Empereur Chailes->Qunit, le- 
>Jici. ^^^^ aiioit que Tolet etoïc un prodige de i avoir. 
Eryrh. 11 etoit également humble & fçavant, & il palla 
^iaaccth pour l'un des plus habiles Prédicateurs de fon fic- 
elé. Pendant qu'il prêchoit à Rome, l'on difoit que 
Lupus avoit le don d'émouvoir,' anigarola de plai- 
re , & Tolet d'enfeigner. Il étoit pauvre au mi- 
lieu des richefleSj&fi fobre parmi les délices & la 
bonne cherc , qu*il vivoit ordinairement de légu- 
mes & d'olives , & que le Samedi il ne mangeoit 
que du pain & ne beuvoit que de l'eau. On void 
Vetrofifa' ^^^^ IcsLcttres du Cardinal d'Oirat,quc Tolet fa* 
vorifa excrémemcnt rabfolution d'Henri IV. Et 
c'eft pour cette raifon qu'il Fut élevé à la dignité 
de Cardinal par Glement VIII, qui étoit bien aife 
que dans le facré Collège il y eut un des Cardinaux 
Espagnols qui fat favorable au Roi de France, 
Après que le Pape eut refolu l'abfolucion du Roi. 
il envoya quérir Tolet , & lui dit que la nuit i 
avoit eu quelque révélation qui l'empêchoit d'ac- 
corder au Roi ce qu'il fouhaitoit , à quoi ce Car. 
dinal répondit. Perefaint , il faut que cette tnfftra^ 
^^tterm^ /;0» vienne du l^iable , car fi elle vernit àt Dieu el 
Pr<tio| ' le aurm précédé l' abfolution,Ce\ix de tous les Com 
a fd«. c. mentaires de Tolet qu'on cftime le plas font fc 
Scadge» Commentaires fur l'Organe d'Ariftote & fur l'E 
fa»,t. vangile félon S.* Jean. Cafaubon rapporte qU' 
£pifioi. gg^^e ne pouvoit fe laflér de donner des ioiianges 
*^' cet Ouvrage. 

Ses Oeuvres imprimées font , IntrodùBio ad Lu 
gicam. Commentaria cum flûAjliombus in univet 
fam Arijlotelis LogUam.hibri aBo de ?kyjîca Aufcui 
tatione. Lihri duo de Gêner atione ^ Corruftlon* 
Lihritresde Anima, Corrimentarii cum Anmtatii 
sîifus in Joannis Evangelium* Commentât ti in i^ 



des Hommes Scavafis, 1 5 9 

CAtîta. 'Evangeli] fecundum Lucam. Comment: In 
I.pîft. Panll ad Rommoi. Sermones 15. in t^dlmum- 
31. Tra^ana duo in duo lof a E^iJicU ad Ronfwos, 
Sumrr.a cafuum confcientiâ. :>fen Injiruciio Sacerdo* 
tum.U a encore lailïc plufieuis volumes de Sermons- 
&i des Commentaires fur la Somme de S.Thomas, 
qui n'ont pas été publiez , ^ que Ton garde dans 
la Bibliothèque des ]efuitcs de Rome, 

PIERRE ANGELl . de Barge villa- p,^^,, 
ge du Duché de Tofcane , après avoir fait^^^*'*** 
dans fa jennelFe pliifieurs voyages en Gré- 
ce &c en Aficenleignalong rempsles Let- 
tres humaines au floridam Collège de Pife, 
& depuis demeura à Rome chés le Cardi- 
nal Ferdinand de Medicis, Il excella en la 
Poche,& parmi plu(ieurs autres excellens 
Ouvrnges c]u*il a donnez au public on cfti- 
me fur- tout Tes Cynégétiques, & fa Syria- 
de,& avec raifon.ll mourut âgé de foixan- 
re 5c dix-huit ans 5 & i^ VàïiW wq fille 
nommée Virginie , qui l*enteira avec la 
pcrmiffion de Jofeph Bocca>dans le fepulv 
chrc delà noble Éamille deBoccao 

jSnV ITION. 

PiERT^E Amgeli fit fes études à Pologne, opjp- 
ilfut Difciplc d'Hugues Buoncompagno , qui de-J^„^^*,^. 
puis ayant éic élevé à la première dignitédcl'E nuitO''.:^^ 
£»lifc Romaine , prit le nom .-^e Grégoire Mîl. Wie/U leai 
tut aulfi Auditeur du célèbre André Alciat,& il ap- j' ff^- 
prit les belles Lettres & la. Langue Grecque ^ous^^"' . 
Romulus Amafeus. Après ;iVO!r oiné (on cfprit 
de Ivsaucoup de tares conuoii^ançcs , il s'^ aiU à 



3^0 Les Eloges 

Vcnife , où Ton mcritc lui acquit Teftime de Guil- 
laume Paulin Evêquc de Montpellier Ambaiîadeur 
du Roi Très-Chrêcien , qui l'amena en France. 
Pendant le fejour qu'il y fit, il eut l'honneur d'ac- 
compagner plufieurs fois Henri U à la chaile , & 
ayant remarque les coutumes qu'on pratiquoic 
dans cet exercice , il forma dès ce temps-là le 
de/Tein d'écrire fon Poème intitule Cynégétiques > 
qu'il compofa étant de retour du voyage qu'il fit 
en Grèce & en plufieurs Royaumes d'Afie. U 
étoitné d'une famille pauvre , mais par fon indu- 
strie il acquit des biens confiderables. Il avoit le 
corps robuik & bien fait,&: il confcrva fes forces 
& fa fanté par la fobrieté & par l'exercice , & par 
ce moyen il parvint à une grande vieillcfle , fans 
avoir été afBigé d'aucune maladie que de celle qui 
l'ôtadu monde. Il n'étoit pas feulement recom- 
JDandable par fon fçavoir, mais aufïï par {a valeur 
dont il donna des marques gloricufes en plufieurs 
rencontres , & fur-tout lorsque Pierre Strozze af- 
iiegea la ville de Pife > où il étoit Profedeur ; car 
s'étant mis à la têrc de tous les Ecoliers, comme il 
leur avoit appris l'art de bien parler, il leur cnfei- 
gna alors l'art de bien combarre , & il défendit la 
place jufqu'à ce qitc le Duc de Tofcane y eut en- 
voyé autant de troupes qu'il en falloir pour rc- 
pouflcr les afficgeans. 

Paul Manuce dit , que Pierre Angeli étoit ua 
P» Wi»- Poète incomparable , un homme d'une érudition* 
-Mr.£p»/?»cx<juife, que pcrfonne ne le furpalloit en efprit > 



m 
iih. g. 



* ^ '^j endoélrine ,& en éloquence , & qu'il excclloic 
t^llb. 4.*^g^'^™cnt, & en l'Art Oratoire,& en la Poétique. 
tp. i8. Ses Cynégétiques ont méiitc les louanges & l'ad* 
£pifi-of, miration de Lambin &dePoiîevia, qui aflûrenc 
Lambin, q,ue c'eft un Ouvra<re inimitable , & Anceli lui- 
i'iVofôl niêmedifoit qu'il avoit travaillé ce Poëme avec 
cUyof^rn tout le foin & toute l'induftric dont il étoit capable- 
P'.rorur/i & qu'il le confidéroit comme le meilleur de fes. 
a^iéU lents. Quant à fa Syriad<: , quoiqu'il l'eut coiar- 



des hommes Sçav^-r/is. 301 

pofce dans Ta vicillcflc, on ne Jaiilc pas d'y reraar- G7». 
c|uer beaucoup de pureté dans rexpreflîon , de la » j6f. 
cadence dans les Vers , & une extrême abondan P/'Vî?»* 
ce de chofes qui font décrites avec élégance &: ?,' 
avec argreincnt. ^ ^ ^ 2yEplft^ 

Ses autres Oeuvres imprimées font -> IxeuttcAy iwrg. ad 
feu de Aucupîo liber i . Carminum libri 5. De Obe- Lambin» 
lîfco ad Sîxtum V. Oratto funebrts Cofmi Medîcîs ^•/^'^* 
Magnî EtruriA Ducis. De privafortim publlcorum- ** ^* 
^ue i.dlficîornm RomA everforîb. EpiJioU. Elegîa de 
Radagefi , ^ Getarum Câde. Htcrofolyma , hoc efl 
"Expeditîo Chrijlmnorum , quâ Gothôfredo Bulltons.0 
Duce .^ Turc arum tyrannlde Hterufrlem liherarunt. 
Votivum Carmen in D. Catharinam* Erlog& vena- 
toriA.Orax,ionefuneralerecitatain FirenLe ■> neW 
ejjequie de Francefco Medicis- Edipo Tyranno. Tra- 
gelia di Sophocle. Epithalamîum in nuptiis Fran- 
cifci Medicis ^ JoannA JuJîriacA. (-''^tio ord'me 
Scriptorum Roman a HiJîorÎA rnonumenta leg&nda 
fint- 

FRÎDERIC SYLBURGlUS , ^^^^^^l'^^ 
de VVetterau pays de HefTe près de Mar- i«,^,'^». 
ponrg , éclaircit par des Notes , par de di- 
verfes Leçons , éc par des Indices , beau- 
coup d'Ouvracres des Anciens, & fur-touc 
des Grecs qui avoienr d'.^ja cré imprimez > 
& incmes en mie au jour plufieurs qui n'a- 
voienr jamais été publiez ,& parce moyen 
il rendit un fervicecofidérable à tous ceux 
qui aiment les belles Lettres , ^ il mérite 
d'autant plus de louange, qiies'attachnnt à 
une occupation 11 honnête, il femblc avoir 
ncglifTc fa propre gloire, poui confiicrer Tes 
travaux à l'utilicc publique. Il moutut 



%^i Les Eloges 

à Heidelberg , n^étanc pas fort vieux > 
mais extrémeirent affofbli par Tes pénibles 
travaux 6c par Tes longues veilles, 6c il fut 
enfeveli dansTEglife de S. Pierre. 

AT) V I T I o N- 



^ehh, F R I D E R I c Sylburcius pa^T- les premières- 
^~Z',. années de fa vie à ^nfei^ner la jeiinelle. Pais il 
ù>/cpb. s'atcacha cnticremeni a revoir & a corriger les an- 
cicns Suceurs Grecs & Latins eue Vechel & Conv- 
mc::\\ imDiin-.oient , f-' il donna au public les Oa-- 
vragf- faivans, Hijïoria Herodotï cum Spuihgloy 
'S.tymoicg'icum ■" t^. yx. , tictls illuftrattim. Oper^ 
Jujîini Martyrii eu:?. varlU Lecîicnibi^ 5 & Conje- 
âurls. Sorracentca y five Mahomefica . Gr&cè (^ 
Lutine. Duo tomt Scriptomm Latlnoyur?^ RomariA 
Hïjhrîd..-, cum tertio tome Gr&conim. ArifloteUs-. 
7K 'ivfic-cuint , cum quibufduffi e'iufdem argn- 
mentî , Theophrafil , Atexandri > Cdjfti > tT ^^io' 
rum , cum triplici Indice , ^ Tsletis. démentis.- 
uitexandrinl Opéra ans, e:<:ftant cumv^rilsLecHcni- 
hM . ^ trihm Indiclbtii. Theodoretî Cyrenjis ^pif' 
copi Qtu4 , cul tftulus, Grascarum affedionum cu- 
ratio, cum Annotojîonibuc^ ^ tripltci ndice. T>h' 
ny/i^ Hall car-aajféii Opéra ^ Gtaco latlna ^ cum N6^ 
ti^ Etira Elegiacdque mimorum Gnor/:A 3 Gr£cè C5*^ 
Laîhi'è ^ Tytbagcrdfc. 'Phocyiidps > Theognidts^ So- 
Imis Sic. cum varUs Leciienibt^. Velleius P.nercU' 
lus ex rece?îfic7ie Fr. Sylhurpj. ^ot& hi Bîonem Caf- 
ftum. GrarKmatica Gr&ca ad poftremum KameSr- 
Crami%atic& edlttonem referma! a. Al^hahetumGréi- 
\ cuw, Gr.^mrrjatlca Hehrua. Isotd ta Taufaniam* 

Kct£ !» Clenaydum » & Antefipar.um- 'De Vetf 
rum fcrifturi^ TrAcîi^itio. Ca et le fis Ecdefiarum' 
lalatinatus ^Gnce eonverfa. ,4pcllinaris interpre' 
tafia PfAiv»6rHm pcr ?r. S'jlb. edi:a» Iflots^in Kcs» 



des Hommes Sçav^.yif. 24} 

vunt Vitnopolitanum. Index in ColumelUm. HotA 
in j4pollor)ium jilexandririum de Syntaxi. Il y a 
aufli tic lui plulicurs Tocfics Grecques. On cfliiiic 
beaucoup fcs Ouvrages & fur-toui fa Grammaire 
Grecque i & il a paHc pour un des plus f^Mvans 
hommes du (iccic piéccdcnt pour le Grec & pour 
les Humanitcz. 

JANUS DUZA , fils d'an antre Janiis, ^''^'^^ 
illallrc pat fon fçavoir &: par fou courage ^ " 
qu'il rciTioigna au (ic^j^c Ao. Leidcn , fut un 
jeune homme d'un cfpric admirable, d'une 
érudition excellente, C^c d'une douceur ex- 
traordinaire. Etat de retour d'un pays loin- 
tain, il fitnauFraîTc au port, car il mourut 
dan^ {\ patrie à l'âge de vingt quatre ans. 

^ DD7T/0 N. 

Tanus Duza avoic un génie admirable , & ca- c,^ 
pablic de réu/Iir en tout ce qu'il eut voulu entre- ^"-»* 
prendre. Jofcph Scaliger l'appelle l'ornement du ^'''•'''•*'»** 




metafpie tenentem 
§ltttti patuî t entière ft ne s , qui liminA vi^or 
jirdua , vix nUivetii OiirnnJapriorur/t, 
Cont'igit , iude inci^iiim ^ho fcuior itM 
Définit. 

C.rotius alTûrc. que fc5 pocfics font Fort an- 
dciïus de celles de Ton père, quoiqu'elles lui aycnt 
acquis tant de rcpucation dans la République des 
Lettres , & qu'il lui aida mcmc5 à comfofcx les 
Amples de HoUaudc , 



3°4 Les Eloges 

Ses Oeuvres n-r^^nmé^s <:ont . Sylva Cfirmhîum 
Brhannicorum. NotA m Catullum , TihulUm , c> 
Tropertîum. SpîcHegîum m Petronîî Arbltrî Satyrl- 
cen. Animadverfionefin PUuù Comœdlas. "l'icU- 
wath in Imdem umbrA. Rerum (œiejiium Liber. 
Tcémata varia. 

vicoîaus^ NICOLAS VIGNlER naquit à Bar 
^"i^^^^z-^ftYiir Seine l^ania^e Jj^o.d'unefamillehon-^ 
néte. Son père croie Avocat dn Roi. Mais^ 
ayant perdu Ton bien dans les guerres cx^ ' 
viles , il Fut oblige de quitter Ton p:-!ys,& 
il exerça la Médecine à la Cour de quel- 
qnes Princes d' A llernagne.Ourre qu'il ex- 
celloit en la Philorophic & en l'Art dont 
il faifoit profeflîon , il avoit une parfaire 
connoifîance de THiftoire univcrfelle & 
de la Chronologie, & avant Onufre Pan- 
vinio & Charles Sigonioil avoit éclairer 
les Antiquitez Romaines , n'étant pas. 
roiajours de leur opinion. Mais voyant 
leurs Ouvrages inyprimez , il.eut a/Fcs de: 
inodeftie pour ne pas vouloir publier celui 
qu'il avoit fait fur cette matière , & iL fe. 
contenta de mettre au jour un Commen- 
taire fur les Fartes des anciens Romains ,. 
Grecs , & Hébreux écrit en François , oui 
il n'examine que quelques années de l'An- 
tîquiré/ur lerquellesil n'étoit pas d'ac- 
cord avec ces fçavans pevfonnacres. 
^ ^Outre cela , il fît plufieurs Ecrits pour 
réclairciilèmentde l'Hiftofre: mais un èts. 
plus excellens ed l'Ouvrage Chronckow 



des Hommes Sçavans, j c y 

que qu'il donna au public à Paris,y ayant 
ctc artiié après une longue abfence par les 
gages honorables que le Roi lui offrit. Car 
dans ce Livre admirable on void les vérita- 
bles origines des peuples & des flimillcs , 
routes les révolutions &c les commencc- 
mens des Empires , phcez dans le temps 
qu'ils font arrivez , jî>^ difpofez avec une 
adred'c «Se un jugement merveilleux. Vi- 
gnicr mourut à Paris âgé de roixanrc-/îx 
ans. Apres fon deccs Nicolas & Jcni Tes 
fils firent imprimer fon Hiftoirc Ecclefiaf- 
tiquc 3 à laquelle il n'avoit pu mettre la 
^ciiiiere main. 

A B "^ I T 1 O iJ- 

Ni€OLA? Vir.NiF-R ctoir fils de Gui & d'Ed-^ 
montic de Hors , qui étoient tous deux d'une no-J:" J//'j^ 
blc &jancienne famille. Connmc des i.\ plus tcn-^^^- 
drejcuncrte il avoit embralVé la créance des Prote-|>7j>ri 
ihins, il fut obligé de quitter la France pour éviter 
les peines qu'on' faifoit alois fouft'rir à ceux de 
cette Religion. C'cft pourquoi il fc retira en A lie» 
n:'agne,où"il excusa la Mcd^rcine avec beaucoup de 
gloire & de profit. Colletet aflure . que Vignicr 
étant retourné en ïrance , r'cnrr.-» da'.s la Com- 
munion de i'Êf;life Romaine, & fut honoré de la 
charge de Malccin du Roi & i"Hiltoriof;raphc de 
France. Quoiqu'il en foie , quelques Catholiques 
l'accufcnt de n'avoir pas tout le refpccl nu'il ^^- . 
vroit pour les T.ipes , & de donner dans fcs Otu-^^J^I'^ 
vre^ de temps en temps des coups de dent à l'^'c/r «»»:;©• 
glife Romaine , comme parle Gauricr dam fj^i«. 
Chronologie. 



2^6 Les Elo(res 

CoUettt.] Aa. rcflc , on dit que Vignier ne fe trompa fa- 
mais en la pratique de {on Art > & qu'il rcufTir 
également , &: dans la dirtribution des ren-:edcs;& 
dans le prognoiiic des maladies. Ses Oeuvres lui 
on: acquis beaucoup de réputation : mais elle fe- 
ro-it encore plus grande s'il les eut toutes compo- 
Eloget if fées en Latin, comme il eut pu le faire aifément, 
S, Mtr- puifqu'ii fçavoit parfaitement les fineffes de cette 
Langue , & que mêmes il la parloit avec autant 
d éloquence que de facilité. 

Szs Outrages imprimez {ont , La Bibliothèque 
Hijîoriale > fur laquelle il lïavailla vingt-cinq ans 
entiers. Sommaire de l Hifioire de France. Les Fajîcs 
des anciens Hébreux , Grecs , (^ Rcma'ns. Dif" 
cours de la nobleff^ O' origine de la Royale Famille 
des Cadets. Hîjioire de la Mai [ha de Luxembourg» 
L'HiJîûîre Ecclejiajîique. Traité de la petite Bré/a' 
gne (^ du droit de la Couronne de France fur i celle, 
Raifcrjs de fîejféance entre la France ^ fEfpagne 
frofofécspar Augujîin Cravato Italien j avec les r é- 
pânfes à chacune d'icelles. Traité de l'Etat ^Ori» 
^'ihlio'.h, g'ine ics nnc'.ens François , traduit en Latin par An- 
de Sarel^ ^ré du Chêne , & fort eftimé par Sorel. Rerum 
^''* Burguudicarum Chrcnicon. Il a-voic suffi fait des 
Cbrcrvations far 1 origine de la Maifon de Lorrai- 
ne , dans Icfquelles il détruifoit les contes fabu- 
leux de Richard de ValTebourg Archidiacre de 
Verdun , & de François de Rofieres Archidiacre 
de Toul. Mais cet Ecrit lui fut dérobé pendant fa 
vie. 

II eut un fils nommé Nicolas Vignier , qui 
fut Miniftre à Blois , & qui a mis au jour un Livre 
intitulé , De Venetorum excommunications adverfus 
C&f. Baronium Cardinalem Di(fertatio > comme 
auiïi le Théâtre de l Antechrifl > & quelques au- 
tres Ouvrages. 

joimti Jean BODIN , d'Anjou , ain{î que 
^ii-fius, qnelques»uns i onc alTûrc , fuc Religieux 



des Hommes Sçavarjf. 1 47 

ic l'Ordre des Carmes. Mais comme il 
avoic fait fes vœux dans fa première jcu- 
ne(re>il en fat difpenfé ,& il s'adonna à 
Tccude avec beaucoup d'afïïdu'tc. Il avoic 
un efpvit d'une Ci vafte étendue , qu'après 
avoir acquis une connoilPance extraordi- 
naire des Langues il embralîatous les Arts 
ÔC toutes les Sciences. D'abord il s'attacha. 
au Barreau de Paris. Mais ennuyé de cette 
guerre de piroles & d'écrits, il s'appliqua 
tout entier à la compofîtion , & ayant 
fait fon coup d'elfai fur les Cynégéti- 
ques d'Oppian , qu'il traduifit en La- 
tin avec élégance , & qu'il expliqua pnr 
de dodtes Commentaires , il fit connoi- 
tre combien il étoic fçavant aux belles 
Lettres. 

Puis il entreprit de plus confîdérables 
Oavrages,& ayant donné au public fa mé- 
thode de l'Hiftoirc & une belle Dillerta- 
tion des Monnoyes contre Male(lroit,ilmic 
en lumière fon Livre de la Républiquc,par 
lequel fi d'un côté il témoigna qu'il avoit 
Tefprit rempli de toute forte de fciences , 
de l'autrCifelon l'avis de beaucoup de per- 
fonnes jidicicufcSjil fit pu-oirrc qu'il n'é- 
toit pas exempt de la vanité qui eft natu- 
relle à ceux de nôtre nation. Il écrivit aulîi 
la Dénionomanieen François, pour com- 
battre les opinions de lean VVier,& parce 
qu'il y expliv^ue en détail une matierequi a 



5 ^ s Les Eloges 

éié fi fonvcnt trairce par pi nfieurs autres 

on le crue ccnpablede Marrie. 

Pendant qu'il travailloit à ce Livre, Ic 
Roi Henri III , lequel aux heures de fou 
loilîr prenoit plaiiîr dans la converfation 
des Sçavans , s'entretint diverfcs fois avec 
lui en préfencede quelques hommes doc- 
tes, &: ces conférences lui acquirent beau« 
coup de gloirejcar comme il avoit l'efpric 
prêtent , 6c que^s'il faut ainfi dire, il avoit 
en argent comptant routes les richedès de 
fon efpritjil étaloit une incroyable abon- 
dance de chofes curieufes , que fon exceN 
lente mémoire lui fournifToit fur le champ. 
Depuis 5 Tcnvie de quelques uns qui 
ccoient plus puiHans à la Cour ayant attiré 
fur Bodin !.. vi'vfg'rce du Roi , il fc retira 
auprès du Duç^i^Alençon ,à qui quelque 
temps après les Hollandois défcrcrent la 
fouveraineté de leurs provinces, & il fut 
extrêmement confideré par ce Prince à 
caufc de fa raie érudition & de fes belles 
connoiirance?. Il accompagna ce Duc en 
fon voyage d'Angleterre, & après fa mort 
il fe retira à Laon , dont on lui donna la 
judicaturc , & il y rendit la juftice avec 
beaucoup d'intégrité & de probité juf- 
qu^cn l'année 1^588. En laquelle les 
guerres civiles s'étant allumées en France, 
©n crût d'abord quMl avoit embralîe la 
dodlrinedes proteftans. Enfuitc il prit \t 



des Hcjfimes Scav^ms, jop 

parti de la Ligne , &: il dit beaucoup de 
cliofcs inuiricLilcs au Roi ^ à Ton Icaiti- 
iTie luccedenr , qui forent reçues avec 
bcuicoup d'applviudillemenc par ceux de 
fa faclion , publiées de tous cô'ez. Mais 
il répara cerrefaïue par l'admirable pré- 
diction qu'il fit de l'illlic inefpérée de ces 
troubles; car quoiqu'il n'y eût point d'ap-- 
parence de paix, il publia par avance Tan- - 
nceôc le mois qu'elle dévoie ccie conclue, 
& l'événement fut conforme à ce qu'il 
avoit prédit. Enfin il mourut à Laon de 
la perte , âgé de plus de foixante & dix 
ans , après avoir mis au jour un Livre 'xW" 
Xhu\é le 7l:!eatye c^c la Nature , où il exa- 
mine les caulcs des choies , rapportant les 
efFciS à leurs principe:» 

ADD IT 10 N. 

Tean BoD.N avoit fi bien cnkivé le grnnJ ^Ty,^^^ 
yaftc génie qucla Nature lui avoit donne , c|iri]£it/ p^r, 
jcnccnciuit routes les Langues, & qu'il avoit penc-P'''». 
tré dans toutes les Sciences, comme TalTûre Nau- 
àé. Il aïoùtc , que dans fon Livre deU République 
ion void éclater beaucoup d'cfprit & de politellc , 
un )ug»îir!ent parfait, &: que ccfl un Ouvrage fî 
arcoaipli gn toutes fes parties , que ceux qui ne 
luivcnt point fes maximes ne peuvent pas man- 
quer de tomber en diverfcs erreurs. Il prétend, 
que Fabius Albcrgati , de Serre , & Augcr Ferri^r, 
qui ont écrit contre Bodin , font fcmblablcs âdcs 
jPygmécs qui ont ofé attaquer un Géant. Et pour 
iTucux birc connoîtrc l'excellence de ce Livre in- 



£50 Les Eloges 

K<t«<i. comparable , il dit qu'il a été traduk en pîufîeufS 

•^vii Lant^ues, & imprimé prefqae tous les fix ans, 

^oorrfrf/lîsla^^éne donne pas de moindres loiianges àja 

^':,r, Méthode de l^Hlfloire con^pofeée par Bodin , car il 

^ le conlidere con me un des plus éclairez & des 

plus judicieux de tous ceux qui ont entrepris de 

l^^ud prononcer fur le mérite des Hiftoriens. Enfin , fe- 

t^pol 'des Ion Naudé , Bodui étoit doué d'une Ci merveilleU' 

grand, {e vivacité d'efprit & d'un jugement fi folidc , i 

hémmes ^^q-jj. j-^^j^^ toutes les chofes divines , naturelle! 

^^' & civiles avec tant d'érudition , que l'on l'eût prÎ! 

pour une intelligence celeae , s'il n'eût laifFe de! 

marques de fon humanité dans fa Demonomame 

Llhri de laquelle , faivanc le jugement du Roi A:\a. grand'. 

Strigib, Bretagne , tnajcrUolU^a eft Jludio qtiàm [crîpU 

iudicto. . r. 1- j 1. j 

B^ogtt de Scevole de S. Marthe traite Bodm de 1 un de 
S. Mar. plus rares efprits & des plusé'.oquenspcrfonnage 
*^« de fon ficcle -, il témoigne que fr Méthode , qui fu 
la première produaion de fon efprit , lui acqui 
d'abord beaucoup de icputation ,& qu'il merit 
une plus glande gloire en publiant fes dode 
Commentaires delà République , Ouvrage , ajoù 
ce S. Marche , compofe avec tant d'érudition 
embelli de recherches (i curieufes , & orné de : 
tares exemples , que 1 on peut dire jurtement, qu 
jamais réputation ne fu mieux fondée que la fien 
ne. IlaîlûremêiT.caucBodinjouït du plus graiv 
avantaae qu'un honnête homme puiflc recuculli 
de fes ?eilles 3c de fes études , car il eut le plaifi 
de voir qu'on enfeignoit publiqiiement fes icrits 

la jeuncfle. , , , 

Ct^at Mais Cuias & Poffcvin fe font déclarez ouvei 

OhJ<,v, tement contre lui. Car Cujas l'appelle temerair. 

^'^•'^ infolenr, menteur. & il fit cet Anagramme ft 

" ^^* fon nom , Joannes Bed'inus . Andhîus fine bon 

Pour Poflevm , il a prétendu que fes Ouvrage 
. étoient rempli s d'un grand nombre d'erreurs,d ht 

refi€S, &d'impietez, comme on le peut voir dai 



I 



ff 



des Hommes s ^avam, zjr 

\z Bibliothcque de ce Fanvjux Refaite , & dans Ton 
Livre ifltinilc , Judlclum de quJKuor ^criptcribus 
&:c. Voyez l'Epitre 3^5. dcGrocius, dans laquelle 
ce f. avant homme fait un jagcmenc de Bodinqui 
tic lui c(l guère avancagcux. j^^ ,. 

Boccalinia écrie , que liodin fut condamne au Pj^I. 
feu par Apollon , à caufe que dans fcs IJvres^e/^"'^'. 1^ 
République il avoit olé foùtcnir que les princes doi-'''^^«^4« 
Venc acrordcr la liberté de confcience à leurs Su- 
jes. Mornac dans fon Livre intitulé , VerU Foren' 
fes , a fait ces quatre Vers a fa loiiange ; 

Janî Bodlni Galltcam RempublUat» 
^ut viderit > majas nthHfatebitur. 
In erud'tta luce prijci ftculi. 
Gallls hic , olim c^uod '§luiriti TulUiis. 

Cependant quoique Bodin fiic un homme d'un B^ogn it 
profond fçavoir & d'une rare éloquence, S.Marthe ^- ^^*^' 
&■ Loifel ont remarqué . qu'il n'avoit jamais pd'l^'r , 
tenir un ranir confidcrablc parmi les Avocats du £,°ili,, 
l'arlement de paris , & que voyant qu'il ne réuhf- ^vor. 
foit pas dans cette profclïion il refolut de quitter/''»^. 545.; 
entièrement le Barreau, & de s'attacher au fcrvice 
du Ducd'Aniou. 

Ses Oeuvres imprimées font, Six Livres de U 
'Rept4bHque en Frmrtfoùi ^ en Latin j4pologie pour 
fa Repuhlirjue fous le nom fuppose de René Herpln. 
Réponfe à deux Paradoxes du Seigneur de Malefrolt, 
fur le fait des Momoyes. La Dénhnomanie, La Ha- 
tangue de Charles de Cars , Eve pte de Langres ^ 
pononcée aux Ambajfadeurs de lologne , étant à 
Mets en 1 5 " 3 • tournée de Latineo François Oratîo 
de înftttuenda ta Refublica Juventuîe , ad Senatum 
populumjue Tolofatem. Vniverféi Natur& Theatrum. 
Methodiùs ad faùlem ^'iforiarum ceguiticnem. Pa- 
radoxon , quod nec vlrtm ulla lu m^aiocrltate , nec 
fumrhum homlms benum in virtutis aciione confflere 
fojitt' Oppianti4 de Venationcy Bodino iraer^retCy cum 



311 Les Eloges 

Commentants» Confdium de Principe reBe inflttuen* 
iio. Islova Difiributio Juris univerfiJn tabula adum» 
brata, HtjicrUa Sarnifto profeciïoms (jy inaugwa - 
tîonîi Albertléf ifabella Anfiriâ, Archiducum : 6' 
4orum in Belgio ad'ventus. &c. Carmina. 

Il y a aiilli de lui ua Traité de abdîttsrerumfu* 
hlimlnm arcanii , dans lequel Bodin i-'aic difputer 
cnfeivible des perConncs de diftercntes Religions. 
Et comme dans ce combat les Chrétiens font tou- 
jours battus^ & que le triomphe eft pour les Juifs, 
on prétend que cet Ouvrage eft une preuve con- 
vainquante que Bodin pcnchoit plus vers le Ju- 
daïfme , que vers la Religion Chrétienne. D'au- 
tant mieux qu'il acheva ce mechât Livre en 1588. 
étant âs,c d'environ foixante & trois ans , & qu'il 
vécut ui'qu'en 1 5 ^i^"^; (ans qu'il ait p.iru renon- 
cer aux fe^icimcns qu'il a expofez dans ce Traité. 
En eftet nous lifons dans une Lettre de laques 
2)4«j '"Gillot Confe'lL-r au Parlement de Paris , que Bo- 
c ll.l- din mourut îuiF, fans oarlcr en aucune manière de 
fe S écrite i^"^^"^ Clirift. D'autres aHurent que Bodin mou- 
à lofeph rut comme un chi^m , n'avant aucune Religion , 
ScaLger n'étant oijuif , ni Chrétien , ni Turc. Mr. Diec- 
f *^» 450 i-nan , qui vient de faire imprimer cet Ouvrage à 
Lipfic , alTûre qu'il a là ces paroles dans un Manu- 
fcrit de M. Patin. 

On void aulîl dans le Livre de M.Colomics inti- 
tulé Gallia Orient ali s \int Lettre Latine de Bodin. 
Quelques-uns ont allure que les Remarques de 
Bodin fur Oppian ont été compofées par Adrien 
?^:i..Tun,ebe. 

Vlift^lo, ^1 y ^1^^ ^ n^'i' on: trouvé , que la Méthode de 
Liiierx Bodin étoit fans méthode. D'autres prétendent 
rio ^C' que fon Livre de la République ne mérite pas moins 
9fym de^ç^ blâme que de louancre , qu'il n'y a pasobfervé 
Hblîoth un bon ordre, qu il y mêle beaucoup de choies 
Polit ^ S"^ "^ ^'^^'^^ P^^ ^^ ^°" ^^ijct, que les Hiftoires qu'il-, 
(ontra^a rapporte font trop longues , qu'il n'a pas fait men- 
tion de toutes les cfpeces des Républiques, ^ qu'il 

a faic 



des Hommes Sçavans. 51^ 

a Fait des fautes coiifiderables lors qu'il parle des 
aftaires d'Allemagne. Voyez Je jugemcnc qu'a- 
taic Lanfius de cet Ouvrage en fon Oraifon contre 
la France , &: en fon Oraifon pour l' Allemagne. 

LAMBERT DANEAU , d'Orléans ^^'tr 
Mourut à Cadres en Languedoc , y crant"'"'^' 
allé d'Orihez en ^^jÂn , où il enfeicruoic, 

^ D D 7 r / O N. 

Lambert D a n e a u naquit & fat élevé dans T^erheU 
la Communion de rFglifc Romaine. Maisavant^'* ^ff^' 
vu brûler à Paris le f:\meuxAnne du Bourg Con- ^'" ^.^' 
feiller nu Parlcp-'cnt , fous lequel il avoir ccudié /T/L* 
en Proit à Orléans, il fut fi touche de fa conflan- ^atavét. 
ce , que Comivc il avoit eu toure fa vie de l'admi- 
ration pour fon fçavoir &: pour fa vertu, il crut que 
Ce grand homn^c n'avoit pas embr.iiî-j fans rai fon 
Ja doiflrine des Protcflans.Dc forte que s'étantin- 
flinit de cette Reliaion, il s'en alla a Genève pour 
laprofclîer publiquement. Ayant donc renonce 
à rérude de la Jwrifprudcnce , il s'adonna à la 
Théologie, & il y fit des progrès fi confidirables 
qu'il apalle pour un des plus excellens Théolo- 
giensdc fa Cor^munion.ll fut premièrement Mi- 
ii'ihe Scrrofclléur en Theolo:Tic à Genève. Fnfui- 
, te li enfcigpa publiquement a tciden Sz à G.ind ^ 
puis à^Onhez & à Lc-fcar: & enfin la Chambre de 
j f dit ayant été établie à CaHires , il v fur appelle 
en i ^94. & y piècha jufqu a l'année 1 59^. en la- 
quelle il mourut prcfqacfeptu.-'^enaire. 

Ses Ouvrages imprimez font, Elenchus Hiretl^ 
corum Ethlcj, Chr'tft'iann. TraBaîasde -Imicifia 
ChrlflianU' De Ludo Aies.. Ph\fica ChrijîLin^ De 
Veneficis Dialipis, Methcdus ^^crs, Scrlpturéi Com' 
ment in EpificUm ?anli ad T^h'l tnonem. ommcn^ 
ini. EfijtoUmad Timothetim. Orationis Djminîcé 
iom. 1 1. O 



I 



514 Les Eloaes 

TE.xflîc(itto Varatltla^inV, 'Au^ujl'm tomos pr^Lcl' 
puos , hoc eji m 6. ^ 7. Comment in Ènchlridîon S. 
AugHfitni ■) ad La>urenîlum y ép in Ubrum e'mfdem 
de H/irefibus. Tn^Batus de Antahrijlo. Cc?mnen' ■ 
tar. triplex in ^etri Lombardi Ubrum prlrpum Sen» 
tentîarum Synotfis Cangnum veîerum Synedorum , 
^ Symbolorum de eodem argumento , id ejî-. de vero 
Deo , ejjentî^ uno , perfonis tr'mo. Refponjie ad ca- 
lumnias -enehrardî. Demonjlyatio Antithefis Ja- . 
eobi Aridre<&. Examen libri de duabus in Chrijio na- 
turU k Martino Kemnttlo ccnfcripti. Apolcgin ad' 
iiershs bLa^phemtas Jacobi Andrew. Ant'jiander. 
Refpenjio ad Luc& Ofiandri admonitïonem. ad Ec dé- 
fias Cailicas njf Belglcas. Ad Fratres Tubingen^es 
Refponfio , de tribus gravljjimts qu&flicmbus, &r, 
'Refponfio ad Stephanum Gertachinm Elenchus Se» 
phijrr^atum fjufdem Gerlachîi Kcfponfîo aH U.'Sel- 
nec. 1^1 Librum , qmlnfnibhur , isece^arla ^ brc 
VIS Re^eîitio &c. Aâ i<i.Selneccerum de ExegefiSa- 
xonica , Epiftola. Ad articules de Cœna Dsmni ^ 
Mtniftris Ecciefi^irum ô* Scholarnm Marchlttcarum 
propeïte?jdcs j Rt'fpcnfio. Ad Lîbelium ah anonymo 
quodam Libert'rcù edltum hoctîtulo^ De extema fett 
v'tfibïli Ecclejia = ubircyer'trï pcjjfit , Refpcnjio, Com» 
m<int,in E'va/igeliHm MatthAi- Comment, m Ea'A»- 
gelium Marci. Locî communes, Refpcrtfte ad Bellar» 
mîïii Dlfpmaticnes Tkeologicas. Harmoma > Jive 
Tabula in Salomcnis froverbia iQf EccUfiaflen-Geo" 
graphis, PceîIcA lîhri 3 .Aphorifnn Pditices Chrijîia* 
n& lih. 'j.Ve:ufiiJfimarum pr'tmî mundi antîquitatum 
Ulri ^,C07r'mentaria inducdecim Prephetas minore s. 
11 y a aulii de iui o,uc[qucs Ecrits en I mnçois , 
^^ avoir ^Vn Traité des Danfes- La Phyfique , ^, 
une Traduii-Ci? de trois livres d'HeJiode intitulez, les 
Oeuvres , ^ les Jours , '5^ quelques uns de fcs Ou- 
fjf,yf^ vrages Latins comme celui des Sorciers , & celui 
},i\i :ur,:m ^z^^zMJi àzh^zzzà, 

matoftir, HorabecK ailï'rc , que fon Livre, qui porte 

f'g' ^^ '■^oKix ùutElonchHi HAreticorum > eft un excelIciMC 

Ouvrage. 



àes Hommes Sçavans, 5 ! y 

ANUCE FOES , de Mets , après avoir 
acquis une parfliite connoiilance de 1^^^^",^*^ 
Langue Grecque 3c de la Latine, & fait Ion 
Cours en Philolophie , fut reçu Doâ:eur 
€n Médecine à Paris. Etant retourné en 
fon p.iys,il y^exerça fa profeflîon pendant 
quarante ans avec beaucoup de fçivoir Se 
de bonheur. Les Ducs de Lorraine le vou- 
luienr fouvenr attirer à'ieur fervice ; mais 
comme il aimoit extrêmement l'étude Sc 
fa liberté , il ne voulut jamais s'attacher 
auprès de ces Princes. 

À l'âge de trente ans , il fit le premier 
eîTai de fcn cipiit fur le lecond Livre 
d'Hippoctatc des maladies populaires» 
qu'il craduifit en Lntin , & qu'il expliqua 
pardeloncTS Commcntaiics, Puis il mit 
en lumière (a Paarm^copcc. Enfuite 
ayant public l'Oeconomc d'Hiopocratc, 
ou fon Nomenclator , il fut prié comme à 
i'envi , (?c par les Médecins Ftarçois , 6c 
par les Allemans, ik par les Italiens, d'en- 
treprendie la Verdon ennéredes Oeavres 
de ce fameux Autcnr. Car comme l'éji- 
tion qui en avoit été fiite par Mercurial, 
n'avoir pas répondu à l'aTtenre des Sça- 
vans,on jugeapar le travail que Focs avoit 
fait fur les ^Traitez d'Hippocrate , qu'il a- 
voit déjà mis au jour,qu'il pénécroft mer- 
veilleuie^rent bien dans fon Icns,^: qu'il 
faiisfairoit mieux le public. 

O ij 



31^ Les Eloges 

Ainfi par Çon inàuftije il empêcha qie 
la France, qui a toujours excellé en la Mé- 
decine par-delFus les aurres pays, ne leur 
cédât la gloire d'avoir achevé l'édition de 
tous les Ouvrages du prince de cette belle 
Science. Enfin ce fçavant vieillard après 
avoir mis fin à tant detravauxjoù il s'ctoic 
engagé pour le bien de la Réoubliq 'C des 
Lettres , mourut dans ia patrie âgé de loi- 
xantehuit ans. 

A D D I T 1 O s. 

De Clar, 

Iiterp. / ''^N^ICE FoES , au jugement cle M. Huct ,doic 
être mis au nombre des plus cxccllens Interpre* 
tes, Se ileftcertP'n qu'il a furpailc de bien loin 
tous ceux qui ^v,inc lui fe font mêlez de traduire 
en Latm les Oeuvras du Prince de la Médecine. 

Ses Ourrages imprimt-z font , Pjppccratîs 
pfera omma , La:!va Interpretatlone é» CoTTjrventa- 
rusUlujirata. ad^eHls ad fex fermes falUdii Scho- 
lus Gr&cU in lihrum t-h y.^. nominm anîen 
excufis p" rittncprîmum Latmt^te do7:.-îis Oece. 
nmia hipjocraîis , alphabetîferte difilncla Galenî 
mAphcr- Hipp. Corr.rr.cn frum -met, Tharrr^acopàa 
hUduarKenrorum orr.ntum .. laquelle Livanr 1' -au- 
teur de la Préface de la Pharm.:copée de 'oubert 
cft toute pnfcdes Oeuvres de Mufa Braiîavolus 5c 
de laques Sylviiis. 

1'?^ Q^INTUS SEPTMIUS FLO- 

-^^^c/.r, RENT CHIETIEN étoit d'une fa- 
{^anut. ^^^m^ j^^j^,^ j^ Bretagne. Son père nommé 

Guillaume cei.oic le prciiîier rang parmi 



Àea Hommes Sçavans. 5 1 7 

les Médecins de François ï. & croit bien 
vcrfc aux Lerries humaines, comme il pa- 
roît pnr fa Verfion d'Ocellus Lucanus. 
Fioicrit fut appelle Qj^'imus Sei'tir/iinSi^avcc 
c]u'il ctoic le cinquième enfant d'un grand 
nombre que la mère avoir engendrez au 
Icptiéme mois. 

Il avoir une fi parfaire connoi (Tance de 
la Langue Grecque &: de la Larine , &c il 
fiifoit li bien des Vers en ces deux Lan- 
gues j qu'il pouvoir erre comparé aux an- 
cicî*.s Aureurs.De plus , il avoir une nme fi 
noble & fi élevée, qu'il étoir incapable de 
rien écrire par une fcrvilecomphifance & 
contre Ton propre fenrimenrjcomme font 
plufieurs dont la plume fcmble erre véna- 
le. Qielquefois il étoir un peu ir.ordant , 
niais en relie forte qu'il ne difoit rien qui 
pût cffligcr ni choquer ceux à qui il s'en 
prenoir,& que fes railleries fcrvoient com- 
me d'aiguillon pour réveiller l'amirié 
qu'ils avoicnt pour lui , lors qu'elle fcm- 
bloit éteinte. 

En effet , Pierre Ron fard, lequel en nô- 
tre fiécle a porré la Pv)cfieau plus haut de- 
gré de perfe<flion 011 elle puiilc monrcr,6c 
Gui du Faur de Pibrac,dont j'ai fi fouvenc 
parlé avec éloge , api es avoir lelTenri les 
piqûres & les traits d'efprit de Florent , 
ont crû qu'il leur étoit extrêmement glo- 
rieux à'zn ctie louez ^ chéris. 



O 



''} 



\ 



1 1 s Les Eloges 

Il fut Précepteur au Roi Henri IV.heu- 
reufement régnant. Et comme après qu'il 
ein quitté Orléans , où il avoit donné àts 
marques de Ton courage , il fe fut retiré à 
Vendome.à la prife de cette ville-là il tom- 
ba en la puifFancc de ceux de la Ligue,d'où 
il fut délivre par fon généreux Difciple, 
qui eut la bonté de payer fa rançon aux 
Soldats qui le rctcnoient prifonnier. 

Il a fait plufîeurs Ouvrages en Latin, en 
Ciec , &en François 5 que Claude Ton fils 
«donnera fans doute au public pour le Ifien 
de la République des Lettres. Cet excel- 
lent hoi-nme 5 quim'aimojt avec beaucoup 
de tendre fTejComme le témoîenent les mo- 
numens éternels de fon efprit qu'il m*a 
tïdiefiTez , mourut âgé de cinquante- fix 
aiiS» 



^ D D / r j o û:. 

Eloi'sdi FiORîNr Chrétien écoit natif d'Orléanj, 
S. Ai-tf- Jofcph Scaligerafaic trois Vers Grecs fur le nom 
' * deF.'orcnt Chrêcicn 5 & il a lui même fait con» 

noicre, pourquoy on l'appciloit Q^Septimius, par 

ccdiftiche. 

tie quh pjîretur prAnominn no^ra , newfe qum" 
thm eji 
Erji'xa wAterfepnwoque pienft. 

'^taf*' T ^^ "^cme Scaliaer dit , .qu'il avoir appris la 

^' * ^^^^^^ Ctccc]uç d'Henri Etiertnc , qu'il écrivoit 

oicn comme fon .Maître en Grec, en Latin , & en 

rrançois, ^ qij'ii n'y avoir j»eifonne enîr^ijce 



I 



des Hommes Sçav^vs» ^19 

c]ui fît d'au (Ti beaux Vers que ceux que Florent 
Chrétien a cpmpofc en ces trois Langues. 

Florent Chrè'icn fit une belle Epigramme con- 
tre Pibrac, parce qu'il avoit dcFcndu IcMaffacrc de 
Paris dâs une Lettre dont nous avons parlé ailleurs. 
Mais depuis Florent Chrétien rendit à Pibrac toute 
force de devoirs & de cefpeds , & pour lui donner 
une marque d'clhme 6c d'aFcclion > il mit en 
Vers Crcs & Latins fcs Ouadrains moraux. II prit 
aufîi occafion d'écrire contre Ronfard,de ce que ce 
fameux Poète s'ctant retiré de la Coui: , & ayant 
accepté la Cured'Evailles.avoit pris les armes pour 
défcndie fa Paroi (fe pendant les gueires de Reli- 
gion. Ronfard s'en excufoit en di Tant, que n'ayant 
pvj défendre fcs ParoiJfiens avec la clef de S. Pier- 
re que les Proteftans ne refpcdoient ni ne crai- 
gnoient , il avoir pris l'épcc de S. Paul. Mais 
Chrétien écrivit contre lui une effroyable Satire 
fous le nom du Miniftre de la Baronnie, à laquelle 
Ronfard fit une belle Reponfc. Depuis Chrétien .^'^'' 
& Ronfard fc réconcilièrent cnfemblc , cojnme '" ^^' 
Ta écrit ailleurs M. de Thou, t 

Quoiqu'il eût compofé un irrand nombre d'ex- 
cellens Ouvrages, il ne mit prcfquc rien en lumiè- 
re pendant ^a vie , hormis quelques Tragédies & 
quelques Cpmc'dics traduites du Grec en François, 
& des Poéfics qu'il donnoit aux prières de fes amis, 
toutes les fois qu'ils le foliicitoient d'écrire. Mais 
en tout ce qu'il faifoit on voyoit éclater beaucoup 
d'efpric & de politeiTe. 

Ses Oeuvres imprimées font , La quatre Livres ^ ^^*^' 
de la vénerie d'Oppian nûs en Vers^rançois. La ' * 
Tragédie de 'jephté , compofé e en Latirh far G. B«- 
chanm. Le Ccrdelier , eu le S F r an fois du même y 
wts en François. Hymne Gevéthliaque fur la naif- 
fance du Comte de SoiJJons. Le Jugement de ^arism 
Plus un Cartel avec i^ueLjucs Stances ^ Sonnets. Vn 
P»ëme intitulé , le ,Rcffi^nôî ^ écrit en Vers François 
& Latins. Sylva , (tti iituUts 3 Veritas fu^ienSi 

O iiij 



510 Les Elcges 

€X Kemg'tl Beltaquet Gallrc'isVerfihus Latinafacf/t, 
Ccmmentaria in L. uirm&i SenecA Opéra. Art[i0' 
f'hanis Ccn^œdU . cum Latîna Verficne ^ Nom, 
Vidi Fuhri Fibractî Tetrafiicha GrXat'Verfihm ex» 
f>'(Jfa Tlcrdigium tatlnum ex Gkaco Tltrtlegîo, 
jindromHcha ^ Cyclcp Zurîpldis Traaœdg& La* 
iine , cum Neîis. 

11 a auili fait une Ode Grecque fur la mort de 
Calvin, & des Vers en la même Langue à la louan- 
ge de la Grammaire Hcbraïquc d'Antoine Ccva- 
lîer. Parmi les Lettres françoifes écrites à lofeph 
Scaligcr , il y en a une de Claude Chrétien fils de 
îlorent , qui dit que fon père outre les Oeuvres 
dont nous avons donné le Catalogne , avoir laiil'é 
Apollonius Rhodius arrc àzs Noces , Denis aIc- 
xandiin , & les Hymnes de Callimaque en Fran- 
çois > r£vangile de S. Luc & les Ades des Apôtres 
en Vers Grecs Héroïques , Théocrite rendu en 
lemblables Vers Latins que les Grecs de cet Au- 
teur, avec des Notes. La Bacché &l l'iphigenic 
«i'Furipjde. Izs Trachinies de Sophocle , & le 
Promethéc d'Efchyle. La Thfbaide de Senequa 
en Grec , avec les Bucoliques de Virgi'e.Piufieurs 
Honulies de S. Ghryfoftome en Latm , une infi- 
nité de 1 otime^ tant Grecs que latins en François, 
Dans ce même Recucuil.de Lettres il y en a quel- 
«jues unes de Florent Chrétien. 

pI^^, pierre PITHOU . né à Troye^ 

(Time famille noble , qui éroic originaire 
de la balle Normandie 3 a éré l'un des plus 
grands hommes de nôtre Héele , foit que 
Von confidére fa rare probité 6c fa /încére 
pietéjou que l'on jette les yeux fur Ton el- 
pritexcellent & fLU* Ton jugement folidc & 
rxempt de toute forte d'envic^ou enfin que 



âes H'mmes Sçavanf, j i r 

l'on ferepiercnte la parfaire & profonde 
connoiiT;ince qu'il avoir de tout ce qu'il 
avoir appris , &: qu'il avoir appris plus de 
chofes que pcrfoiine n'en a jamais fçû.Car 
comme il n'avoir p'oint d'autre ded'eiii 
que de préférer toujours le bien public à 
les propres affaires , pendant route fa vie 
il tint cerre conduite dans fesétudes^qu'il 
vifitoîr & ex.iminoît avec foin toutes les 
Bibliothèques, afin de corriger & démettre 
en lumie're les Oeuvres des Anciens , oc 
qu'il communiquoit fes découvertes à 
ceux qu'il croyoit avoir quelque talent 
pour les Lettrcsjes exhortantje^excitanty 
& leur aidant (ans ceiîè , ôc ainfi ,ouiI 
pToduifoit lui même quelque chofe , ou 
il obligcoit les autres à publier leurs pro- 
ducffcions. 

Sur la fin de fes jours , i! fit i ; îimer 
les Fragaens Hifloriqucs de S. Hilaire, & 
les Fables de Phèdre aFranchi a'Augufte. 
Er pour ne p'^^ taire lesautres louanges doc 
il a été c. mbié par Nicol^r le Févre , le 
comprgnon infcpac:(ble de fa vie & Je fes 
étudesjjamais perlonne n'n mieux eiuenda 
un feul Auteur>que Plthou e- tendoit tous 
les anciens Ecrivains Grecs & Latins. qu'il- 
avoir tous lus fans en excepter un leaUdi- 
^erez Cx conférez avec les vieux exc^n • 
plaires. Pc .une i/a jamais mieux fçû 
fes aliaircs domcftiques , qu'il fçavoic 

O V 



3 il Les Eloges 

l'Hiftoîre àt France, & celle dès étrangers, 
le? origines des peuples, h Chronologie , 
les fuccelÏÏQus des familles , les guerres , 
les alliuiiices , les trairez qne les antres 
j^euples avoient fait , ou encre eux , oa 
avec nous, les loix^lcs mœurs, les cou- 
tumes des provinces & des villes en par- 
ticulier. Car dés fcs plus tendres années il 
avoit acquis une entière connoiirance de 
toutes ces chofes , lifant avec un travail 
infatigable les Livres qui font entre les 
mains de tout le monde, fouillant dans les 
anciennes Bibliothèques , dans les Archi- 
ves du Roi , du Parlement , de la Cour 
des Comptes , de THôtel de ville , & des 
Kionaftercs , & mêmes copiant de fa pro- 
pre main une grande partie des Aéles& 
des Papiers qu'il jugeoit lui être necef- 
Xaires. 

Qiiant àlajarifprudence, il êtojt parve- 
nu \ ce faire de fçayoir en cette fcience-là, 
^uel*on pouvoit avec raifon dire de lui , 
& du fameux Cujas fon Précepteur , que 
le Mr.îire avoir ravi au Difciplc la louange 
d'être le premier de tous lesjurifconfuhes, 
& quelc Difciple privoit le Maître delà 
gloire d'être le feul jiuifconfulte. Mais 
toutes ces admirables ^ualitezjqui feules 51 
fépaiées feroient un grand hommc,£^ qui 
étant rairer.blées en la perfonne de Pithou 
l'élevoientaa comble de la perfe6lion, ne 



^es Hommes SçaVi^nr, 323 

font qu'une petite partie de cette fngeflè 
que Ton beau génie Ç-c Ton folidc jiiore- 
nent lui avoient acquis , par une ccude 
continuelle, par une lonrriie expcnencc,& 
par les reflexions qu'il avoii faites fur* les 
inventions des Anciens, qui s'éioient ren- 
dus recommandables pour leur fagellc ôc 
our leur vertu. 

Ajoutez à cela , qu'il ctoît doué d'une 
n rare prudence, que non feulement étant 
confulté fur des affiires particulières il 
Jonnoit fur le champ des rcponTes judi- 
cieafes 5c des décifions équitables , rnais 
lors qu'il s'agiiîbit des affaires d'Etat, il les 
exarainoit avec beaucoup Je figelfcil pré- 
voyoit f événement de tous les confeils Se 
de toutes les entrcprifesjô^ il 'çivoit trou- 
ver du remède aux ac*cidcns les y»lus fâ- 
cheux, àc éloioner les pédls dont on é oit 
menace. 

En effet 5 bien qu'U fur cloîen:é de tou- 
te forte d'ambicion ^ qu'il n'c it recher- 
che d aure gloire & d'autre crlat ^ que 
celui -lui rejailli Toit de ia, pTopre vertu , 
de qu'il e\*c toujours refuré les diani- 
lez Se les honneurs qu'on lui ofFioi:, 
toutefois le dciirca'il avoit d'être utile 
à fa patrie , le portoit à exciter .5^ à ex- 
horter continuellement ceux ruii étoient 
dans Ici pré aciers emplois , S^r il leur 
fuggeroit ^ ou ca qui âvoiC ré'Jlîi :nxyi 

O vj 



3^4 J-^^ Eloges 

Aneiens,ayant été employé en àt pareilles 
rencontres, que celles qui fe préfentoienr, 
ou ce que Ton jugement merveilleux lui 
perfuadoit dévoie être foir. 

Aufli les Minières n'entreprenoient-ils 
rien de confidérable fans l'avoir aupara- 
vant confulté , & ainfi quoiqu'il ne fût 
qu'un lîmple particulier, il fcmblt)it qu^il 
eût la conduite du publicrcar fans erre pa- 
ré des ornemens de la Ma^iftrature , il en 
a exercé les fon<5lions durant tour le cours 
de fa vie. 

Enfin on voyoit en lui une vertu Ci 
confiante & une probité fi reconnue , & 
dont il avoir donné tant de preuves en 
toute forte d'occafionsjqu'il avoir mérité 
la réputation nop feulement du plus dofte 
de tous les gens de robe,mais du plus pru- 
dent de tous les ]urifconfultcs,ciu meilleur 
de tous les Citoyensj& d'un homme d'une 
bonté accomplie. 

Outre une infinité d'Ecrits des Anciens 
qu'il a le premier donnez au public, ou re- 
vus ^ & mis en meilleur état , il Li'^a en 
mourant un Recneuil des Conciles Fran- 
çois , qu'il avoir r?ma(rez & rancez avec 
foin , & chargea Fraîrçojs fon frère à'tïi 
procurer Téditiom 

Il vécut cinquante- fept ans, & il mou- 
rut à S. Clou , où il s'étoit retiré pendant 
liac ii^aladiepopulaire^q^ui défoloit k ville. 



des Hommes Sçavavs, 525 

de Troyes. La mort ne crer homme incom- 
parable, avec lequel je parragcois mes foins 
& à qui je communiquons mes étudeSjmcs 
defTeins , &c les affaires de TErat , la morr, 
dis je , de cet ami qui m'étoit fi cher , ire 
fut (i fendble que je cedài enuéremenc 
l'Hiftoire que j'avois commencée^ l'eulFc 
tout- à- Fait abandonné cet Ouvrage y (\ je 
n eulTe crû que puisque ce grand perfon- 
naoe, à qui fa patrie & moi femmes fi re- 
devables, avoit juge que mon travail pou- 
voitêrre utile au public , je devois rém.oi- 
gner ce refpcdi; à fa mémoire , que d'ache- 
ver ce que j'avois entrepris par fon confeil 
& cheicher ailleurs des aides que je n*ai:« 
tcndois que de lui feuL 

Eh^es de- 
M. de Thou n'cft pas le feul qui a donné des^ i^^^f- 
louances extraordinaires à Pcirrc l'ithou. S. M^r-'^"* ^*^^' 
thc le traite de eiMnd Hiftorien,dedoâ:c Crinque; /J" ^- 
de f, ayant îurilconfulte , de fubtil & (ohdc Phi- ,7 é'^fQ* 
lofophe. Lipfc admiroit la polit c fie de fon ^{'^r.z Epift-Ub, 
& fa puofondc (kaditicn , T urncbc fon fçjvoir -f »î. 
Ojniveifel & fa fagacité à pcnctre.. dans les mylié- ^" "'^î 
les de la plus obrciire /.ntiquicé. Cafaubon ditwz." 
que t^ithou etoit la lumière de ion licclc , & prel , g. ^4- 
quc le fcul ornement de la France. Ec Cujas te ftf.l. 
moigna con.bicn il l'cfliinoit , lots qu'il le ptit ' /'• 
pour arbitre dudifteiend qu'il avoir avec François ' ^ ^' ^*' 
Hottoman to\ichant rinterotctation d'une Loi dif ,• '. ., ,"/ 
Bciie. • 

riiirrc Pichou apprit les belki Lettres fou« Pierre 



3 1 ^ Les Eloges 

J"! Mr. Galand & Tous A'irien Tiiinebe,& Uxurifpruden- 
!,„,.. ce lous jaques Cuias. Il ne tut p3S vwtot reçu 
Avocat aa Parlement de Pans c]u il détendu avec 
un heureux fucés la caufe d'un de {es amis. Après^ 
c]uoi , il renonça cnciéiement - aux exercices à\x 
Barreau.fe contentanr de travailler dans fou cabi- 
net pour ceux qui le conruhoien: & qui s'adref- 
foient à loi. Comme il avoit un fçavoir aii-d».!'- 
fus du commun , il acquit tant de eloire dans fa 
pr f.lîion , nue fouvcnt des pays étrangers on lui 
envoyoit des procès aii'i qu'il les jugeât en dernier 
reiforr. I! r^^iiiruToit (i bici*} c^ans les accommode- 
S. Mur- rncns, qu'il en mérita ie norri 'iu^iS^? jirh'itre ^ Il 
the. etoit d'ailleurs aufli modefte qu^ fçavant & il ga- 
gnoit le cocarde tout le monde p.ir une douceur 
incomparable & par une ardente pal^Son qu'il avoit 
d'obliger tpus les beaux clpiits & tous 'c"^ honnêtes 
gcnsdefon litcle. 11 étoit fi éloigné dt 'outefor- 
Jof, Ma-ic d"avarice , & fi charitable , qu'il donnoit sux 
* "' pauvres tout le profit qu'il faifoit les jours àc fête 
Se les Dimanches. Il fit profcliion de la créai^ce 
Loifely des Protcftans jurques au mafiacre de Paris, N'aiv 
f^'* e p. j^ crainte de la mort i'oblieea à renoncer alors à 
cette Kclig;on & a le ranger dans la Communion 
Siai-e ^" l'I^^.s^i^^ Romaine , comme l'alTùie "lofeph Sca- 
ran*! l'gcr. D'autres ont écriv que P. Pithou changea de 

Pvcligion trois ans avant l'année 1571. 

Coiomef. A l'âge de vint-quatre ans il coirpofa. fou Li- 

Oy^jc. vre intitulé J dverfarta .<:im illun Ouvrage cxcel- 

P"^^ ï 5 '• lenr, &: depuis il donna au public un grand nombre 

^■^ 'i^ de doâ-es E critS;Oui lui ont acouis une rcputariori 

imn ortellc. Huit ans avant fa.mort il fit liii-jnê- 

ir>c fon Elo^ie avec beaucoup d- liiK- vite &■ de ve- 

1 r 

rite , au jugement de louas Mercier. Et comme 
c'vft une pièce -xcelknce , j'ai crii que le Lc- 
fteur Qc ftroit pas rxiaiEi que je l'inferalic ici :out 
encier. 



des Hommes S cav an s. ^27 

In nomme Domlnl , Amen. 

Moribus vaUe corruptU ac pravis , fecufo ififAll" 

ctjfimo : quantum in me fuît , fiJejnferva'vî JmU 

cos ex ani/no cotm ^ am^vî'^r.îmtcDs benefucils vin* 

cere -, aut contemnere . quàm ulcifci m:ilîù. Conju- 

gerrt ut^me îpfum habul. Liheyîspatum indulfi fa- 

mull ut hominîhus ufus furn Vhi.i ficodï , ettam in 

mets î Ht virtutet m extemls vel h-ftlbus veneyatus 

Jim. yrîi)a,tA tel fervc^yidéi pot tus qu^m angends, 

ppeyam dedl. i^<od mihtfteyimiui ■, alteri vïx un- 

qumn feciy aut fieyi p^Jfus fum, :n'liijlam , aut d'tf 

ficîlem grMiam , ut venalem fpre^i Sordcs <^ av^- 

rttîam inommbus -, pyAc'ipue vero în Religîoms de 

JufiitU Sacerdotibus ^ Min'Jîrîs ' ex?craU4s funu 

Tuer , iuvems ^ vir ■> feneButi muitum de*uli. Pa^ 

tyiam unice dîiexi.OpuspetJus (juam honores aut 

Ma,gî(iratum , Amavl ■ ar prodrjfe , quàrTJ prdejfe , 

rnalu'. Privât us ultro publlco Jiudu! : el nihil pr^rw 

Il j at<jHe in commune . cmfulere potius tntiuf^ue 

fempey exi/îimavi. Statum publlcum labo>antem 

prudenter ft/jari emmdarique optavi : pervertit , 

immtit^yi , novati , aut perfurbari penlrus , nun' 

quam cup'vi. Pacem veHnjuftam qnod bct:â omnium 

boncrum Venlâ dixerim , cîvilihus difcordiis belloque 

potier errt femfey put avî. Pieîatis rel'gionis picrO'» 

fai'Bi nhmJna ambitloni atque av^iritÎA fcelerî' 

hufjue 'prdicxi ^ obtendi gravius tuli- Melioris 

anti-ptîîat'ts non indiUjcns injtrjîtor admirator , 

^ cidtcr novttates facile i}:fuLer ha'^tiî. ^i<i-JiiO' 

nesvanas difputationefque fHbr'i'^res de Us qus, ad 

î)e:t?7 pertinent ut n(éx}as cdî ac fugi. Sirrjplicliatem 

frudent'â .Hiquâ co)irî''-i.,. ^ Ceptii-7iajl:itiâ (fy cal' 

iiditats tutiorem felicioremque (Aplus expertusfum. 

"Rtâe de revus ]udicandi jiud':i''>i elcq'.ient's, Artii-is 

pntuli. Frcciil amblni » atjuc uv^tritlâ < i/midld' 

queînter amicûs ^Lures ■. ac bo/ios [,otentefjue fortu- 

7iâ non plane injimâ) foillcitius fiUj^aanto vixi,q^uÀw 



jiS Les Eloges 

fri'uafnm fcrtafisdecuh : de fuhltclstawen ly ^^«'- 
€Crumrebusrr.Agh quàm defrOfrih coghans.StiUam 
àp.xi^gra'icrem à'iem > (\ucim !^uà fuhlico , ant ami- 
lU adejfs , autprodcjl'a , daturû ffl- MaU ^rdfernla , 
qttàm metum irr.peudenîUim fcrtifts înll - extremU' 
^uefaciiîus , qukmdnhia-Recla, .frncera-. (y aqua- 
bili, atque conftanti t mr cmnes 'jujUtU ah^inijîra- 
î'tctne , et'idm fielerat'jjlmh afque aHdadJJIn'is os oc- 
cludi ymtir:Ui olllg*irt ■^ vidi , . expert us fuf^. De 
tatritnonlo yAC hcn's me h ■ qufmti.lacu'-i.jue ilU jojî 
trwrtem erunt , Ug'ibus toùus quàm r?,ihi judicium 
ternjiji fervùttcque. Vnupn offo ^ ffero , uî quem 
in m? arnr?.um charijfn.A ac prol'an'Jfry.d ccn^ugii vi- 
•vus expertes futn , eundem in coff!^inn':bus Iherîs 
educandls , tnendtSyCurandîfque gerat . Sîi héic ajud 
tofier^s teflaf'to menfls me^-,qHam ab Hlis/tc candide 
acciplvelim • ut fîfnilhiter , Ô" ingénue , ex a/jit/il 
rt,e:feuîentifi À iTtC prolata eft. 

Vcn'Vcmhie ,& rniferer^. 

Tefrui Piiioi^i^ f^'''':f KaL Scvemlr's , natatl 
qu<^rid>in} meo die , LatetU FarijiorHjr^Annc ChijH 

.<^e> Ouvrao-cs impiirr.cz font , Adverfariitum 
fuhfed'vorum lihri dnO- l^ot& in Perfium ^ E'?ie?)da- 
ticf;es inSalvi^nutn- hmendaticms in frofperi Jqiti- 
tanîci Chrcùicon. SvîéL in 'juvendlem , èr ^Wi '^e- 
terem Ccmmem. Con'ecla^^ea de ?etrot>)o Jrhitro* 
De Latlnii i . Bihliorum Irtterj^reîibus Nir^pkri r'a- 
tritirchA Camn Scri^turarurn , cum jlnajlafii Et- 
hliothecp.rii LAtlna ihterireîAÙom. hijtori»^ Centra^ 
'VerjU veîerh de froccjjione bpiritus Sai.cii Ccmes 
TheoiogiiS fiveSpcUepumex facra ffHfie Mofaï- 
Martin. (^ Rorcum^^um le^um Collaîij. In?perarcrii 
J^jùrAnni SovetU C^t^piniticnes i-E ifdem Cclleciio 
de Lontutcùhus. limer. The odoU ,vd_er:îlmam ,^ 
^:a)c/u:r:i : Anîlem'ÙScvetU Co'4itiiîicms A^à^ 



des Hommes Sçavans^ 525? 

ni homrum , ex caufa ferdueltionis. Confultath de 
fendis qult>ufdam PedemontAms. Rufi Tejiî JBnvi/^' 
rium rertim gejlarum populi Rowaai ex tietujiîs 
exemplaribus reflhutum. Bref Recueil des Evê:2'*es 
de Troyes. Les Mémoires des Ccmtes héréditaires de 
Champagne , ou de Brie. Les Libériez, de l'F.glife 
CaUicane. EcctefiA CalltcanA in Schifmate fiatus. 
Harangue faite à Agen à l ouverture rie la Cham- 
bre de Jufiice. PrAfaticnes ^ VariA Lefliof/es-^Emen- 
dationes , ^ KotA in €yuîntiUanum. Emendatio' 
nés in EpigramrnatA 'vetera. Ejijiola ad Antonium 
Oifeltum. Poëmaadjac. Aug. Thnanur?:» Chrijîo" 
fhoriThuaniTumulus , ^ aiia quàdam Carmina, 
Annot^îio)?sfiir iei Coutumes du Bailliage de Trcy es 
erA Champagne. Obfervatioiti^s. Hot A w Dialogun^ de 
caafs cormptA Blo'juentiA. 

ilaautïi conigt fui les anciens Manufcrits, ou 
éclaircj pai des Notes les Ouvrages fuivans qu'il a 
donnez au public , FA^sdii Uier ttmra Arriams: 
Vigilit hxewplar j tum emind/îtuftt . tam lé^hâius : 
Salvianus de vero judicio:HrJior':a Jt^lif^llA a PahU 
Aquilejeufi TiiacenQ prtmùm coiUcÏA ,ptfi à Lanr 
dulpho Sagacî auBa. Anaftafii BibiioeUcArii frAfa* 
tienemaddiditx ac Sicephùti Chrcmlcjiam, Hifo- 
riA CermanicA Srripîcres quiurae î-oo ar/nos t'ia:** 
rtint, JuLiani anfeccffaris Vicif.tum de Cenfiii^rlis» 
"Et Vragmexita f^apiniarJ , PauU Vif tant , Csii > 
Modeji'?îl > aliorHmtjtte. Veterun* Juris Auéforum ex 
inîegr'is i^forurù Libris A'/;te JhjUatj^ni tempera. 

htiaiDc Pâquier rcmainuc que P. Pithou étant £,, p^ 
mon à Troyes, le Maire Se les Echevins lai firent ^«;#»- 
un honneur qu'ils n'avoicnr jamais tait à aucune '^"yj'^f 
pcrfounc privée. C'eil qu'ils déc-rnercnt à {on '>^"'* 
convoi certaine quantité de torches arborées des*" 
armoiries de laviUe^ 

^nnèe 1597* 
GILBERT GENEBRARD , Re- 



\^^ LesElogeH 

CiBtYM ligieux Bénédfdin d'Auvergne , enfinne^^ 
W«r. ^?"S- ^e^^^ps ^^ Langue Hébraïque au CoU 
leT;c Royal de Paris à un grand nombre 
d'Auditeurs, & pendant les cvorbles fur 
nomir/c à l'Archévèche d'Aix par les enne- 
mis de r^uronré du Roi.C'ei^ pourquoi la 
- paix ayanc éré conclue, (Se les choies étant 
remifes en l'état qu'elles dévoient être, il 
, fut privé dé cette dignité.Dans les affaires 
publiques, & dans les divers oi-.vrages qu'il 
a mis au joun^: où il a fait paroître toute 
forte d'érLidition, il a témoigné beaucoup 
d'aigreur t< d'inJL;f:ice,& il a paHe pour un 
homme mieux réglé dans fa vie que dans 
fer. ccrits.Il mourut à Page de foixanre ans 
à Semur en Bourgogne,oti il jouiffoic d'ufî 
riche bénéfice. 

^ 2) D / X 7 O N» 

£,îogti C'eft avec beaucoup de raifon que M. de Thoa 

des, a condamné .r aigreur & rinyallicc de G. Gene- 
AUrtbe, brard: car il ell ccitain que cefç-vanthomrhe mé- 
rita autant de blâme par fes emportemens , qu'il 
2ef Sca. «'acquit de gloire par fon fçavoir. Scaliger aflûrc 
i*i.er. que Génébrard s'ell plus fait connottrc dans le 
tp'fi. ai nionde par{:i medifance ,que par fon c'rudirion. 
etéxiorf,. S.Marthe après, l'avoir appelle rornement de l'Or- 
dre tcclefiaftlquc , & l'un des plus grands efprits 
Ht[î, f>t, ^ç Cq^ fiecle , eft contraint d'avouer , qu'il eût été 
i^ue u à fouhaiter que Gencbiard eût été aulli iùdicîeux 
Teft. Uv, ^ ^^^^ avifédans la conduite de fa viejqu'il éroic 
t.chaf, puî/lant en do<£Vrine. Le Père Simon raccufeau/Tî 
*'* de s'ètie enipoicc (aiiS raifoa coaue Mwifler Se 



des Hommes Sç<^vans. 551 

contre LcondeJuda. Ec en effet jamais homme 
nefucpluj» éloigné de U douceur d'un Difciplcdc 
Jefus- ' . hrift , que Gcnebrard l'écoit jcar fcs Ecries 
font remplis de médifances & de calomnies contre 
fes advcrfaiics , & il employé plus d'injures c]ue 
de raifons à les combitre. il n'eut pns de fenti- ^y;^,"^^;^* 
mens plus juftes pour fon Prince , cjue pour les it^frafift 
ennemis de l'Egtifc Romaine : car penciânt la l.i . 
gueil foùcinr le parti des rebelles avec une chaleur 
extraordinaire & une extrême véhémence : c'cfl: 
pour cela qu'il tut déclaré criminel de Icfe-MajeHé 
par l'Arrêt qui eft rapporté dans le premier Tome 
des preuves de i'Eglife Gallicane. 

Le Père Simon allure , que Gencbrard a fait ^**. ** 
beaucoup de fautes dans la plupart de fes Ouvra- '*• 
ces, & qu'il n'étoit pas aulîi fçavant dans la Lan- _, 
gue Hébraïque qu oni a cru jufqucs îci.ll eit traite dt pUg 
de plagiaire par Orufius, qui l'accufe d'avoir pris Ji^utr/ 
beaucoup de chofes de fes t crits fans le nommer. 

La Chionolocrie de Gencbrard & celle que Pon. ^ ,, 
tac y a ajoutée font tort eltnnee non feulement ^^^ ^^ 
par les Catholiques , mais encore par plufieurs^/^y^ ^ô. 
Proteftans , quoique leurs Do<n:eurs y foicnt re- «'ï.Sfri/f. 
prcfentez avec les plus noires couleurs que la ca. *"?• *• 
lomnie ait jamais employées. 

Ses autres Oeuvres imprimées font, Vne Oraî* 
fou prononcée à Paris h il. Avril i^ll-fur le trépas 
de pierre T>ar.és. L'HiJlcire de Jofephe traduite en 
Franpois. Première partie delà I iturgie de S- Denis 
Areopa^ite. De Sanêfa Trinita:e libri très. Ad Ja- 
cobum Schegkiutn ajfertionibfisfacris de Deofe temer'^ 
immifcentetn , ac trihm ipfius de Trinitate lihrts , 
Vjodo prd Sabellianis modo pro Trinitariii mronJ}a?im 
tijjimè ohtra^antem , Refponfio. A'i Lambert uvt 
T>^n&um » Ssbellianifmo doBrlnam de S. Trinitate 
inficientem- Contra R. Jofe^hum Albcnem , R. D^- 
n)idem ^'imkiHm , ^' alium quendam Judjtum ano- 
nymtim , nonnulUs fidei ChrifllariA articuhi otu- 
^nantes. Pfalmi D^vidii Vul^ata I-Utiont , iC*- 



3 5 2. La Elevés 

UnÀArlo HehrAO •> Syro , Grico , Latim , Bymriii , 
Argumentis exornaîi. T*falmï cum fu/joribia Ccm' 
trienta.rui'- Canticum Canttcorum Vcrjibus 'jaty^bl- 
cts (^ Commenteras explicdtMm , adverfus Tro" 
chaïcan. Th. BezA Paraphrajin. Jcifl Prophète , 
£um AtsKotatimibui ^' Verjîone trlum Ra,hhuiOrum y 
Salomofiis T>^rch!i s Ahr^hanA Ahen Ez^rA , T'avi- 
dii Kir^ki , ^Chaldsm ParaphrAji- PrAfaîio c5^ No- 
tA ad libros ^uinque Clduda lEipeucit de Èfich»yrj}.'ity 
CrinTractatulum de Mijja fublîca Ô" }rivafa. Ta, 
tell a ^fumivarîa De^criptio temporum. îscî/c Chro- 
n'icA five ad Chro?7clcr}a?n ^ unlverfam. Hljioriam 
Methodiis. DeSibyllis. Opnfrula »ii-^mî t pr&fer* 
tim contre ncjîri temforh Pdhîcos, Varia Ofufcula 
t Rahbînhtranjlata. Opu feula è GrAcîs converfa* 
Orlgenls AdMmantîi Opéra, partîm cumGr&ca njerh- 
tare Bib-'icthecA régis, CdUata ^partim libris recevs 
'uerjjs aucîa ypartim frâfatione , ccUeBëneis , notîs 
illuji,ata. Jfagcge ad legenda ^ inîelllgend» He» 
hrjLCruf» éP OrientaliuTfi [me punBii fcript» , €nm 
Tubul'i arÙHm (^ fclemiarum voeabuÎA exhivemi' 
hus. De MetrisHehrajcisKahliDavid Kmii He* 
hraice ép taî'tne , cum Annoîaùonlhus, Trium 
Rab biner ufTi , Salomoms Tare hit ? AbraharrJ Ahen 
'Et.rs. ) ç^innominati cu]ufdÂVî > Cet^fir.erjtArîa in 
Cantieum Canticorum in Latinum ver/a. Syfyjlp' 
lum fîdei Juds.ûfum , Frecatlonespro defunciis Corn" 
fnemoratîo Vivorum , "RitHS nuftl^rum Ftehra'ic.'h ^ 
Latine- Seder Olam Zuta ér CMala R. Ahraham, 
ér capitaR, Moyfe de MeJJia P.ehraiee ér Latine. 
Seder Olatn Rabba "Hehraïeè eum Latina Verf^one ^ 
tiotis. Seholia ^ TraBatm quatuor in Gramma- 
ticen Uelrj.am Clenardi. Alphabetmn Hehrai:um* 
Annotât ione s , éf BebrÀifmorum Explirationes , 
%n omnes l'eterh ^ 'Sovi Teflamenti libres. Ve- 
terts Cf* No-v/ Tefamenti Vulgata Editio , eum 
f(4m<^owv7entariis ad reeentjorum omnium Bibliaf^ 
Annotât ione s abolendas. lEldad I>anifis Hehréius 
Jiijiffrictisdejtidàis claufis ietrumque in /Ethiopie 



des Hommes Scotvans, 225 

heatijftmo împerîo , Latine converfus. Orattones trcs - 
e Ler'menÇi hibllctheca,in pubiicum produ^A Mj'tde' 
lîcet unaftmebr'is S.Hilarii AreUtenjis de S. Honora- 
tio ; ahera, D. Eucherii Lugdunenfis de landibus 
^remii tertiaFauJll lieg'tenfis de injtrucilone Mena- 
chorum. Il niic aiilii aa jour un Olivimc^c intitule 
de Sacrarum ElcctionUm jure ^ necejftcafe , cjue le 
Parlement de l^rovcnce condamna à être biûîé , 
comme étant in/urieux aux dioics de l'tclife Ga!- 
Jicanc. ^ ^cd.piM 

Suivant qneIqiics-uns,Gcncbrnrd efl l'Amcur w^,^* 
<i*un Livre cxécr.ibleint:tuléG«/7/r'/;»«/ R^Jj^usde ^»o>'y. 
Uijïa Reip.Chrljiîaiu in Reges îr/^ptcs (^ turcnrcs '^'^P*&* 
mîmad'verfione , jujVjfimajuc Cathclicorum ad'^^' 
Henri fum NavarrAum CT' quemcurniHe hsireticum à 
rcgnoGallU repcllendum.-i imprime à Anvers en 
M^i.in 8. D'autres l'atcnbcicnt àGiiilIuimc Gif 
fordus, qui a compofé le Turco- Calvin! frjie s Scd.-i,,^:, 
d autres a Boucher. S'il en faut croire Théophile «r ,« a, 
Rcmaud fçavant Utuite , Gcrncbr.'îrd s'cxprimoit ^ ^"■•. 
aulli facilement en Hchr.-u qu'en François. P^i-^ ' 5- 

SUFFRIDE lE TRi , né à LeowarJen 
ville de Frifcavinr appris avec foin la'l/vJlT 

angne Greccjne a Lonvain , sV.ppliqu.i à 
traduire en Larin le> Oeuvres des Aiueurs 
Grecs. Enfuite, à la follicinrion des Etats 
de FriJe , il entreprit d cciaircir les ori- 
gines , les colonies la noble'Te, la liberté. 
Se les droits des peuples de cerre province; 
unis parce qu'en remonranc dans les Sé- 
ries éloignez il mcle beiiiconp de f.ibles à 
ion difconrs , il a encouru le b!ame de 
okifienrs pcrfonnes , cV quoiqn^il lic 
iC premier compofc l'Hiltoire de Con 
i)ays , fon travail n'a c:é de nul ufa^c à 



1? 5 4 ^^^ Eloges, 

Vbon Êvnmins , qui clt venu après lui , ^ 
qui ayant éclairci ce tn jet par fes propres 
lumières , Ta traité avec beaucoup de fidé- 
lité & de {implicite. 

Enh:i pendant les defordres des Pays- 
BiSjComme il aimoit le repos &: la tran- 
quillité, il fe retira à Cologne, où fa Fem- 
ir.e étant morte , il prit les Ordres facrez, 
ôc il mourut d'une hydropiHe , âge preC- 
que de foixanre 5c dixans.Son Eloge a été 
fait par Vibrand AusKema fon côpatriote. 

ji DDiT lOS- 

^iZ'. 'SuriRiDE Petr I "étoic Hiftorien , Poëtc , 
Bihi.' Orateur , & bien versé en la Langue Latine & en 
^■'^S' U Grecque. Il avoic une me.noire exccller.te Se un 
--^^^^ fi gran^ amour pour les Leicics , qu'il n'y avoit 
EJo^t point d'heure dans toute la journce qu'il n'em- 
' plovâcà rétude. Il cnre?gna premièrement à Er- 
ford dans la Turinge , après la mort d'Eobanus 
HeiTus , dont il remplit la place. U fut enfuite 
Bibliothécaire & Secrétaire du Cardinal Granvelle. 
Mais s'écant ennuyé de la vie de la Cour,u fe reti- 
ra à Louvain , où 'il expliqua quelque temps les 
Auteurs Grecs. Enfin il tut appelé à Cologne, 
où il fut honoié de la charge de Profefleur en Ju- 
rifpfadcnccùC de celle d'HiÛoiiographe des Eratî 
■de Frife. 11 fut aimé& eftimé non feuieir.erc pa' 
les plus fçavans hommes de Ton fiécle . mai aud 
par les Cardinaux Paleotta , Carafe , Santoiius 
&par les i^'apcs Grégoire XI II.& Sixte V.l la corn 
pote Ceize Décades ôc demi des Ecrivains de Fri.e 
dans lefquellcs pour avoir fait par oit re trop d'à 
mour p'-'ur fon pays , il s'eft montre fort auuvai 
Ciuic^ue , au jugement de Yollius, Car il y don 



Gcs Hommes Sçdvaris, 3 ^ r 

«e Li l'.dc de pluficuis A uceurs qui n'ont jamais écc 
au monde , & qu'il a forgez à plaifir. D- m^ 

i>cs Oeuvres imprî.rcesfonc > Or/iz/ow^i qurn-^^'' ^"^ 
qne de HMÎtate multlpUci LinguéL Crac^. Oratïo tre'!",' '• 
reJor^HtJcne Vmvc^firaris ErforJienfis. Oran'o' 
j ^^J-M/w !■< 0:71 Anarumpr^fl mua. Carmen Gratw 
{^i^numin eUaionem KUianî Vcgelii Emenci^nor?es 
*n D HieroKym;im , Germadium , Homrium » (^ 
yeùertum de ^criptotîbus EccUftaJiicis,(^ Mart'mi 
l'oLom Chrouicon. Comm'tatio Chrmlâ Ep':fcopor:im 
VLtra-iecienJium , ^ Com]:uruHoLUndU à Joz». de 
£e<a compojiri , ab a>m i 4r ufjue ad aunum 
I W4. Appendix ad Chmdcoh Epifccpomm Lecdien- 
fur». Ewerid^tinci in Cicerovls Ujfiàa , Catohem , 
LAimm y Paradoxa , cum Ewendatlnum raricni- 
ttti. De 4n''t,jHltate CT Origine Frifiorum iîbri 
très. ¥ro Amiquîtate (y Origine ecrundcm. In 
ï'Ufeblutn y $oz.omenutn , alicfque Hijtcriios Sou, 
i>cs VcrijonsL.cuics fonc .HermÎA Soz.on.eni iihri 
trespo/ïeriotes' Aihm^gorA 4lo[ogi*i pro Chrtjlin- 
titi cum Sfholits uberiori'uus. Varia PLutarchi Opuf- 
£Hla, Moral i a. Bl^^!ogf 

LVu'cur Je la Biblioainphie cuiicufc traite "*''-^** 
$uftncij i\tri de pcrronn.i<^c peu judicieux djns ^J^'^JJ^" 



GARRIEL PALEOTE , de Bol ocre ,^^^^''' 
rue Lin lioinmciilulti'c p.ir la l.iintere de fa 
vie , par la gravi le de (es mœurs , eS: par 
laconnoilllincc ..]aM avoic du DroJL Civil 
ai de la TlicDlogiCv Apres c] '/il eut pa(îe 
par tous les honneurs de la Conr de Ro- 
»ie avec beaucoup de rcpiuarion, Tie III. 
lui dojTha le chapeau ^e Cardinal ,ôc Sixte 
V. écant mort , il faiiTr à erre élevé a la 
pccmicrc dignité de rEglIfe. Q_;iOA|a'il 



5 5 6 Les Eloçff 

eue vécu dans une fortune fi émînentc , il 
ne lailli pas de donner au public des Ou- 
• \rage5 qui porteront la gloire de fon nom 

jufqu'a la pollerite.il mourut âgé de foi- 

xanteôc quinze ans. 

A D D I T î O K. 

Gabriel Palf.otta avoir tant de génie Se 
IknîHt d';.jpIicarion pour les Lctires qti'à l'agc de vingt- 
^ ^fu'c'<aij3-j.(. ans il fut trouvé capable de lerrplir digne- 
r-'^?-- ment une chaire de Fiofciîcur en lurifpiudence , 
tem.i. & quM çTCLca cette ch:ir^e pendant dix ans avec 
lînnpplaadilt.ir.ent liniveiiVl. Puis ayant été fait 
Chanoine de Bologne & Auditeur de Rote , il fut 
envoyé au Conci'c de Trente, où il donna des mar- 
ques iliuRres de fa fagcllc &: de fa pieté. M fut ex- 
trêmement aimé par les Papes Paul IV. & Pie iV. 
&: fur-rout par Grcgoiie XIV, lequel avoir tan: de 
couudéi-at:on pour lui , qu'il le rcgardoit comme 
une pcrfonne avec qui ilfembloit avoir partagé la 
foQverriue di2;n!tc de rEisiift.Son Livre, D? Cow 
VT j fiftorialihus Ccnrult.'itîov'ihus, elt écrir avec beau- 
Bibi. coupGc ugcmcnt , §: très- unie pour les ;vîmil- 
foUc, très des Prmces ,& prir.cipaleirient pour Icl Car» 
d'iMux. On efîime fort aufii fon Traité, de No- 
thls (^ Spurtîs, 

Ses autres Ouvrables imprimées font , Vefacris 
^ probants tmagïn'ibus. Opufculum de bono fene- 
ÛHtis. Archiépiscopale Tonmlenfe. CcKtjexio lltte^ 
ffills Pfairnorum in ojjpcio ij. MariA, Sacri. Jinào- 
nls Expiicaf'o. il a -aiTi lai lie De ci fîmes Ret£ , 
ér Acta ConcHUTrideniini , qui n'ont ^^as été pu- 
bliez. 

M.nuc. ALDEMANCCE, fils de Paul ,& 

petit- fils d'Aide , ( qui ëcrivoit fon noit 

par 



ùhi* 



(ics Hommes Sçava-ts, * 2 y 

par un feul C ) y en ajoura un anrre, pour 
faire voir qu'il tiroir fou orirrine de Flo- 
rence , Aide étant defccndu d'un père & 
d'un ayeul qui avoient été autant uriles à 
la République des Lettrcs.quc la barbarie 
des ficelés pvécédens lui avoir été préjudi- 
ciable , enfeigna lui-même les Lettres hu- 
maines à Bologne avec beaucoup d'ap- 
plaudiiïemenr , ôc a bien mériré du pu- 
blic par les monumens écernels de Ton ef- 
prit, & par ceux de Ton père qu'il a mis au 
jour.Il mourut à Rome âgé d'un peu plus 
de cinquante ans. 

ADDITION. 

Alde Manuce fat t'Icvé avec tnnt de foin par Tfifair 



'. illuîlre Paul M.inuce fon perc , qu'il n'hciira n^^i'^^om, 
^loins de fon crudîtionM de fa vertu ,que de fes ^"'"' 
^iens. Il enfeigna premièrement à VeniVe , puis»''''''* '' 



î 

lîlO 

leL ^.... f,.^...,^.^x..wiJL a venue , puis 

a Bologne , & enfuire à Pife. hnfin érant allé à 
Rome pendant le l'ontificat de Sixre V. il v vécut V/r. 
c|uclc|ues temps dans une Ci grande pauvreté', qu'il ^O'^^»*. 
fut nourri & loge par chante dans le Palais Vati-^''"**'*'* 

can:& qu'il fut oblige d'emprunter vingt ccus pour 
faire tranfporter fa Bibliothèque qui ^ctoità Vé- 
rone. Il fut même h ma! dans fcs affaires durant 
toute fa vie , qu'il ne put jamais acquitter cct^e 
dette , ainfi qu'il le témoigne lui-même dans une 
Lettre qu'il écrit à Sylvius Antonian Camericr de 
Clément VU hnfin , pour fubiiilcr il fut obi i- 
géde vendre fa belle Bibliothèque , qui avoit été 
ram.iirce arec beaucoup de foin &dc dcpcnfc par 
jon percpar fon ayeul , & par fes grands oncles. 
Ua dit qu'elle croie compofce de "quatre vingts 
7om, IL p ^ 



358 lesE^^gcs 

mille volumes <jue ceux de Tifc fc van:ent d'avoir. 
l' es OjU'il fac iiirivé à Rome il répudia i"a temme , 
afin de poiivoji" cbceiàr quclqae riche béa. fice , 
& peu de temps après il fut pourvu de la charge 
-de Profeileur en Humaniïé. ^■.a:S cacique cxtra- 
ord'.naire que tue foiî l'cuoir , il tjt allés inal- 
heureux pour ne trouver perfonne qui voal.ic 
être fon Aadi:cur ^d». il cmp'ovoïc d ordinaire 
l'heure de fa leçon à fe pr . ra.n.r devant la poric 
T^timai. de {"on Auditoire. 

ae Vlig. \\ ç[^ accuf: d'avoir pris mot pour mo: de Jean 
^'"^''* Rhellican une bonne partie de fcs Notes f.ir Ccfar. 
Les autres Oeuvres im.iMimécs d'Aide Mnnuce 
font CoPiVientarius m Cucrcats lîbros de Rhetùrî- 
CA-, de ^hilofopk'ii* ■, de Qjnclis , de 't en ceinte , de 
Amtchîd Jn Varadixa , (^ in Sëmnlum Sci^îohis* 
Ai. T*Ctcero Cc??ifner;t^r'i';s îUttjiraius anîi.jUA [ue 
lectïûnl reflïtuîus. Emendaûot.ei ^ Sctéi in Cenfcr'f 
num de die KAtalî , ^ In VelUmm PaterculumOra- 
tio de laud'ibus ti^anclfil Mtdîc&t. Sthcila in SaUu- 
Jihm. Commen: . in LibrHm HcrAtil de Arte Itëticei^ 
(^ in 1. ificdon, NctJL in Eutropinm. Oratio habiiA 
în Académie Lcnonler-fi ^ aiSixîum V. De §^&ji' 
fis per EjiJfcLim , lihriîyei Ccmfi.entariHS de OrthO' 
^ra^hia . qu'-l ccmpofan'etanr àz,^ q'^^ de qu.it^ r- 
ze ans. 1 ractatus de Kotls Veteruw , qu'il ht à l'â- 
ge de dix ncut ans. De iriterfur,gendi r^rior?^ 
Kalendaric veteri Roman». De ccnfcribcndii Eplfto- 
lis. rira di CcfvjC Sledicis ptin^o gi and Duc a di Tof- 
cana. Délie attlcr/i di Cdjhuccio Caflr^^canî. D:/- 
corfo interne ali' excelienza délie RepuLUchs. iL 
ferftîto Genrilhhomo. Difccrfi venticin-^ue Polit ici 
[cpraTito Vtxie. Lccuz.i:?ji ddl Lpijicle di Cicéro- 
ne. Lot uz.iomdi Ter ei:t.;o. Elcgûoze infietne con U 
copia délia Lingua Tofcnna, e Latina. Dell' Anti- 
ckîî a Romane lofe riz. cneEpJlole f^.ndgl'iari di Lice- 
Theatr. rené in Lingue TofiAna tradotte. Le Letterere ,o^\xi 
^ 'luom font écriccs avec beaucoup de policdlc^Ôc qui lonc 
'linr. £ort eftimées. 



cics Hcmwcs Sçazans, 339 

FRANÇOIS PATRICE éroic né aj;;*;;'^- 
Clilïèdansriftrie^villageapparrenanc àlarm.w.. 
Seigneurie de Venife , ^ iiÎLijCoiiime il le 
diloiu, d'une famille originaire de Sienne. 
Apres s'être bien inftruit dans la Langue 
Grecque & dans la Latine , il s'adonna à 
rérude de la rhilofophie.Maisparce qu'en 
inrerprctant les Ouvrages des anciens Phi- 
lofophes il s'atrachoit à des explications 
qu'il avoir lui-marc forgées , (Se qui é- 
toient cloionéesdafensde l'Auteur, fur le- 
quel il travailloiCjil en fut blâiiié de beau- 
coup de pcrfonnes. 

Eiant à Ferrare , il foûrinr les attaques 
de pluHeurs Adverlaires , qui cornbac- 
toienc fes difculFions Periparétiques , & 
la nouvelle Philofophie fur la matière 
des univeriaux i qu'il avoit donné au pu- 
blic (ix ans aupiravant. Er comme fa doc- 
trine fur cenfurée , il l.i rerraâia avant fa 
mort 5 &: il enleigua pen3ant dix-feptans 
•la dodiine de PLuon. Il fur chéri par 
Alfonfe n. i?v le Pape Clemen: VUE qui 
s'éioir autrefois fervi de Patrice > eut ranc 
d'eftimc pour lui , qu'étant parvenu au 
Pontificat il Partira à Rome,&: lui affigna 
une penfion confidcrable. Parricc n'y fut 
pas plùtôr arrivé , qu'il publia fès Parai- 
Icles Ai'd'italres , & qu'il y fit divers autres 
Traircz,qui font cachez dans les cabinets 
de fes amis. Il mourut en cette ville làj'^é 
de foixantc-lept ans. P ij 



54^ 'Les Eloges 

AT) D i T I O !<!. 

François Patrice écoit liid , mal fait , & 
Kie, ^^ petue taille, mais il avoir un grand & beau ge- 
t,rythY. nie, & il écoic le plus fçavant de cous les Italiens , 
Tinac, i.au jugement de ViClor Roiîi. Tous les Ouvrages 
qu il adonnez au public lui ont acquis beaucoup 
de gloire, & paniculiéi-ement fon Livre des Paral^ 
leles Militaires , qu; ont mérité l'eliime du grand 
lofeph Scaligcr , lequel allure que François Pacrî- 
Scl'ig. ce feul a bien expliqué toutes les difficultez qui 
£prfi. ib regardent la Milice des anciens Romains , & que 
*"*/-'^^'tous ceux qui ont traité ce fujet après lui, ne font 
que copier ce qu'il en a dit , {"ans daigner faire 
mention de lui dans leurs Ecrits , défignanr far- 
tout par là ulie Lipfe. 
Patrice fe rendit audi extrêmement célèbre par 
j/o». ai les découvertes qu'il fit dans la Philofophicicar il 
l9>^>t\. tâcha d'en établir une nouvellc,en ruinant les fon- 
Cr^^io, démens de celle d'Ariltote, & il a été l'un des pre- 
miers quia ofé attaquer ce grand homme , & qui 
a ouvert la carriéiedans laquelle GalTendi & Des 
Cartes le font depuis exercez, ii glorieufemcnt. '1 
a de plus prétendu , que la plupart des Livres qai 
portent le nom de ce Philofophe , lui font attri- 
buez fans aucune raifon , & que quand mêmes 
il en feroit l'Auteur, ils ne contiennent qu'un amas 
des doctrines qu'il avoit dérobées auxPhilofo- 
phes qui l'avoient précédé. 

il a fi bien réafTi en fes Dialogues de l'Hiftoirc, 
Ijaudé. fuivantNaude qu il allure que Bodin & Patrice 
font les plus doâ:es& les plus judicieux de tous 
les Auteurs qui ont écrit fur cette matière. 

Au relie , i-'atrice , quelque fçavant qu'il fût,&: 

^^•/^*"V^*quoique fes Ecrits lui eulîcnt mérité une réputa- 

i' ^rJnt cion immortelle, ne laiiloit pas de porter envie a 

ùd^.iS^.la gloire du Taflc ; car il critiqua avec fcveritéfa 

Jerufakm , dans un Livre intitulé. Parère del S» 

TrmcefcifatrUîin difefa deW jirhJîo.Ced pour- 



«or. 



àes hommes Sçat/ans. 341 

quoi M. Chapelain cioyoitquc le Taffc dans l'A- 
mmce avoir voulu icpicfcntcr Patrice par Mopfe , 
lequel y eft décrit comme un homme / 

Ch'a ne la lingua melate parole , 
£ ne U lahra un amiche vol ghigno, 
E la fraude nelfeno , e il rafoio 
Tien f Otto il manto. 

^ Ses Oeuvres imprimées fon»- , VlfcuffionesTe- 
flpateticA. philojophia. Délia Toëtîca , Boca IJle- 
riale. Délia Poëtica , Deçà difputata. Varallelimi^ 
Utari, Dlalogi dell. Jrte Jîorica. Retorica. Geomc 
tria. Conirr;entarius Gr&cus Philo^oni in Metaphyfi- 
fam Arijlotelis > in Lhguam Latinam converfus. 
MercHriiTrifmegifli Opéra in mum corpus colleâia, 
latmlitiH Romap;} di fol'ihio di Tito Lizio ^ dlDio- 
Ytigi Halicarnajjeo dichiarata convarie figure. Kif 
pofta à due oppofi^Lioni dd Maz^zeni. I^ijfefa dalle jy.^j.^^^ 
^fnto accufc dcl Mazz.0m.Dcs c[\i(c(i:s Difcu filons unjï. 
l'cripatu|ues parurent , comme elles contenoient G?r»»«. 
unedodrine nouvelle , elles turent reçues avec '^^Z''''» 
beaucoup a'applaudifiement , mais dans la vérité '^^7- 
elles font très peu folides.au jugement de l'Auteur ^ j/* 
de la Bibliographie curieufe. Po/;;. 

Il taut prendre garde de ne pas confondre Fran- 
co 1 s Patrice dont nous parlons , avec un au- 
tre François Patrice Sicnnois , qui lui eft 
extrêmement inférieur , & qui a fait un Traité 
de Repuhlica.de Rfgfio ■ é'^cgis Infilturione.S: avec 
François ï'atricf. né dans l'I (cLivonie ,qni eft 
l'Auteur d'un Livre indtulé , E/^pj^riw^' deliiOra" 
iolidi Leone imperatcre. 

FRANÇOIS RAPHELENGlUS.nariff-*'';f; 
cîe Lanoi ville des dépend^mces de ride/»/"''*- 
en Flandres, fur gendre de Planrin,&:s'at.^""* 
tacha long-reiiips à l'Imprimerie fous fou 
beau- perc avec beaucoup de fncccs. Depuis 

P iij 



3 4 2. Les Eloges 

ayant quitté Anvers , il fe retira \ Leiden. 
Il étoit bien verfé aux Langues Orienta- 
les, fuivant le témoianacre de Scalioer , &: 
il enleigna publiquement l'Arabe avec 
une grande réputation. 11 compofa mêmes 
avec beaucoup de diligence un Di(ftionai- 
re en cette Langucqui fut'imprimé après 
fa mort , & enfin il palla de cette vie à 
l'autre , n'étant pas avancé en âqe , car il 
n'avoit que cinquante-huit ans. 

tirade. pRANÇOlS RAPHELENGiaS , O'J RaULEN- 

ml ! Lfl GHiF.N , après avoir pns l.i première teinture des 
^^'Ch. Lettres à Gand , s'adonna aa négoce , faivant le 
dcHr de fes parens : mais comme il avoir une cx- 
rtème inclination pour les {cieoces , trouvant o€- 
cafion de continuer fes études , il le fit avec tant 
d'attachement & de faccès, qu'il acquit la réputa- 
tion d'un des plus fçavans hommes de fon temps 
dr.ns les Lans;ues Orientale^. Il apprit l'Hébreu à 
Paris fous le célèbre Jean Mercier , & il enfeigna 
quelque temps la Langue Grecque dans l'Univertl- 
té <^e Cambrige. Puis étant retourné en foh pays, 
il époufa la fille ainée de Chriftophle Plantin,& il 
vaqua à la correction de la grande Bible que fon 
beau père imprimoit , & qui porte le nom de la 
B'.ble Royale , & mêmes il y ajouta de docbes Aii- 
fiotarion^ , comme il paroit par le témoignage 
«vat:tageux qa'Arrias Montanus lui donne dans fa 
Préface. Enfin s'étant retiré à Leiden , il y fut 
honoré de la charge de Profefl'eur en la Langue 
Hcbraifque , & il y fat également utile au public , 
& par les Ouvrages qu'il imprima & par ceux qu'il 
compofa. 



des Ilorrmtes Sçavans, 455 

Ses Oeuvres iiïiprimccs font , Lexicgn Arabi 
cum. DicVioruirtum Ch.zldiZtcuin% Gran:ma.tHa ■-'e- 
bréLft. Thefaurî l Ingux HebraïCA Santis Pfign'nl Epi* 
to.ne. l'ari-i, Lecîïones ^ Emenditiiones m ^ huldaï' 
c Am Bibitorum?amphrafin \\ z ZMiXi compofé les 
Livres fui van s qui a ont pas vfi le jour , Lexîcon 
Verji cum •voc^hulcrun?% quéc-'m ?entateucho cxjlant, 
Ol^tivatimcs LinguA Hebizia 0> TabttUs in Gram" 
ma,tîcam Arabîram* Vrançois R aî- p.lengius 
eue un tils nommé comme lui François , lequel 
â donne ain public des No ces fui les Tr.igédies de . — 

Scnéque & des Eloçrcs en Vers Latins fur les Por- 
traits de cinuuamc honiircs Içôvans. 

■ HIEROME COMMELlN,JitS. hw^mu^con. 

re , François de ninon , établit premiè- 
rement Ton fejour en France , depuis à 
Heidelberg. Ses travaux furent très- utiles 
aux gens de Lettres , car il impriir>a plu- 
fieurs Ouvrages des Auieurs Grecs qui n'a« 
voient j Miiais vu le jour ^ ds. entre autres 
Saint Aihanafe, &: une grnrde pnnie des 
Ecrits de Saint ChryTcl^otre , 6v.' en vî^qw^ 
rant il lailî'a le n êire en ploi à fcs fils. 

-^ D D i r ; o N. 

• Valcrîus Andréas dit <que Hiercme. Tommelin S''Z»'-'- 
ctoic natif de Pouai , qu'il étoit le «pKis do6le dcj^^-^,^. 
tous les Imprimeurs après Hcmi 'Etienne , qu'il ^Hg.i^o, 
corrige fur les anciens Manufcii^s les Livres qu'il «^(5i?»v 
a imprimez &: qu'il y eu a mê.mcs pluficurs fur^^"^^. ^ 
lcfi.]ucU il a fait d'excellentes ^ «îoccs , comme He- y'! ^'•^^** 
liodorc & ApoUodore lofeph. Scaliger aitûre que 
Commelin ccoit iv: pour la tk Aaur uiotTdes Lettres 
& qu'elles fitcnt une perce., tonliderablc par fa 

P iitj 



344 Les Eloges. 

tafauK mort. Cafaubon eilimoir beaucoup fcs éditionjs 
£^•43' & ildit dans unede fes Lettres,qu'ilachctoit tous 

les Ouvrages qui étoicntfortis defon Imprimerie, 

^nnée 1/98. 

j^^miu BENOÎT ARRÎAS MONTANO fut 

r!«Ai^/«'"" homvne très fçavant en la Langue 
tanui^ Sainrc , & extrêmement pieux. Ayant été 
deftinc par Philippe II à procurer une plus 
belle édition de la Bible de Complnte , il 
s'attacha avec beaucoup de foin à ce tra- 
vail dans Anvers , avec les le Fevre Sieurs 
de la Boderie freres»de Falaife. Ce qui lui 
attira la haine de tant d'envieux , & fur- 
tout celle de Léon de Caftro ^ qui a écrit 
un Commentaire fur les feptanre Interprè- 
tes , qu'ayant été cité à Rome pour défen- 
^ dre vx caufe, à peine pût-il être abfous des 

accufations qu'on avoir incentées contre 
lui;5c toute la récompenfe qu'il remporta 
cle fes glorieux travaux>nefut autre chofe 
que la permiiïîon qu'il obtint de ferctirei: 
en Andaloufie fi patrie , où il fe confola 
par le tcmoignagede fi bonne confciencc 
& par la ledure & la méditation de TE- 
crirure Sainte. Il mourut en fon pays âgé 
defoixante & onze années, & fut enterré 
à Seville dans l'Eglife de S. Jaques. 

A'DDlTlOn. 
3. Arrias Montano croit natif de Frexenal 



âc îa Sierra, c*efl-à Hirc , de la Monraîrne.VoilàOr'' '*''« 
pourquoi on lui donna le nom de J\/OTr;ï?7i?. Mais ''''^'■■'* 
comme le heu delà nailîance eftdans le territoire Tv'^'''* 
de Seville , <z. cju'il y Kit éievé , on a écrit CjU'il y ^/;^^* ^;^^ 
écoit ne , & les Anreuri c]ui parlent de 'ui Tappcl- yâr CoU* 
lent hlfpaltenfis, C'ctoit un homme qui excelloit "''*<'' '« 
dans la belle Lictern'jue , dans la Poelie , dans la ^T^'^'^* 
Théologie , & qui avoit une exadc connoilVance ^f^'à 
de dix L?ingues. ^oiqu'il eut bien mérité du pu- a^-^iÇ, 
blic par beaucoup de beaux Ouvrages , & fur tout (li>. 4.?», 
par fa Verfion à^ la Bible, néanmoins il fut accufé '•'' / v* 
dedivcrfes héréhes par fes envieux , qui n'enten- ''^\^^^^^^ 
dolent pas les Langues ,& qui l'accufoient entre //J^ 
autres chofcs, de s'erre trop attaché aux interpre- M-ikem* 
rations des Rabbins. Mais il réfuta les calomnies;, joj. 
de (es ennemis par une belle Apologie , qu'il écri . 
vit en Kfpagnol , & qui fe trouve manufcrite dans 
la Bibliothèque d'Oxforr. Il fut juge diane de 
l'Epifcopat , qui lui fut offert diverfes fois, mais 
il k reFuLa condammcnt , pour n'être point expo- sixil»^ 
fé à l'envie , & il palîa (es jours dans la retraite ^.4vi.xma 
fc contentant d'un méc^iocrc bcnéiice , & s'appli- •^"•'' 
quant à l'étude avec tant d'attachement qu'il j ^-f ^;^'^* 
foit toute la journée dans fon cabinet , & qu'il (c ^at.ij'tfff 
contentoit de faire un repas le foir. 

Le P. Simon dit,qu'Arrias Montano n'a pas tra- „ n . 
duit de nouveau la Bible , & qu'il n'a fait que rc- ^.f •'" 
voir la Vei lion de Pagnin , & la reformer aux en- iur-Te- 
droits où il ne la 'croyoit pas afi'és à la lettre.)?'»^ '•2. 
Mais qu'on a eu raifon de dire en parlant de fes *"* *''• 
concâ::on$ , qsot ccrreciiones , tôt ccrrupîîor.cs. 
Car , ajoûte-t-il , bien loin d'ôtcr les fautes qui 
ctoicnten très-grand nombre dans la Verfion de 
Pagnin , il les a augmentées. Il clt pourtant vray 
que cette Verùon cït unie à ceux qui veulent ap- ^ 
prendre la Langue Hébraïque , parce qu'elle rend 
l'Hébreu mot pour mot , & fouvent le fcns Giam. 
niatical. Mais pour cela on ne doit pas lui donner 
^^^^!i\hé àcficiijfitffus jnterprcs , comme quelques 



34<^ Les Eloges 

uns ont fait. Au contraire , on lai Faira plus de 
juftice en l'appellant /«^/^/.^«2«i Interfres. Peut- 
on donner la qualité de nés exaci interprète à un 
Tradu<5Veurc]ui venverfe prefquc partout le fens 
de fon texte. Car il n'a fait c|us traduire les mots 
Hébreux fuivant leur ordinaire fi^nification, fans 
prendre garde (i elle convenoit ou non aux en» 
droits où il l'employé , en quoi il a tait paroitre 
très-peu de jugement. Fnfin il a plutôt traduit la 
Bible en Ecolier , qu'en homme judicieux, & il y 
a lieu de s'étonner , que Volton air préféré fa Ver- 
fion à toutes les autres, & qu'il Tait mife dans la 
Polyglotte d'Angleterre. Arrias Montanus a in. 
{cré dans fon Apparat fur la Bible un Traité intitu- 
lé , Jofeph -ifive de arcan'i ferments tntcrpretattone, 
où il explique quantité de mots de l'Ecriture. 
Mais le Pcre Simon prétend qu'il ne l'a pas fait 
avec allés d'exadlitudc. Il a afî:"eélé,dit ce Père, une 
certaine méthode qui ne convient guéres à ("on fu- 
jet , & il rapporte de plus une infinité de chofes 
communes ù. qui ne lont ignorées de perfonne. 

Ses autres Oeuvres imprimées font , Monurreri' 

ta hurKanAfalutis. Liber generaù-onts ç^ régénères- 

ticnli Adam -, five H'ijloria gener'is humant. Hymni , 

Cr Ss,cula. Vfalmi Davidis ô' aller um Propheta* 

rum in Latinum fermonem converji cum Argurnen' 

fis ^ Elucidatioiiibtts vario carminc. Diciatum 

Chrijîtanum. De cptimo Imptrlo yfive in librum 

JofuA Ccmmcntarius. De varia Repuh'ica , Jîve 

Comment arius in librum Judicum. In 30. prio- 

res Ffalmos Comment arius. In duodecim TrO' 

phetas minores Cemment. ^ in Efa'am Ehicidatio» 

nés in quatuor- Evangelia ^ in Acia ApOjîolorum. 

Tlucidaticnes in omnia Apcjîolirafcripta. C omrr.en» 

tfi.rn tnfeptem Efijiolas Canonicas. Comment, m 

Apt-calypjitt. Davidicum Spectaculum. Antiquita- 

tesjiidatcéi. Duo ApoUgetici. V tri ufjueTefi amen' 

ti Figura, , 'V-irio carminum génère explifatéL. Rhe- 

tenca , carminé Heroico. Foëmjata facra^ Itinera- 



tînm Benjam'mîs ex HcbréLO , ç^' JonathA f^ara^hr.^- 
fis < haldu'îcii in Ofeam Prophetam in Linguam LH' 
tjnam converfa. Comment in pfftimum ^S- (^ ^p" 
ptbratusin Bihlia regior Volume n de f&culîs. 

ABRAHAM ORTELIUS , d'Anvers, .^&.'/;* 
s^atrachi des Ton enfance â réciuie de la^'",. 
Géographie, & il n'épargna ni les foins ni 
fon argent pour l'eclaireir, &: pour y faire 
de nouvelles découvertes. Car il pafïà preC- 
que toute la vie à voyager en des pays 
éloignez. Er non fculea^cnt il donna au 
public ce bel Ouvrage inritulé Le Théâtre 
de l'VmverSiVL\2L\% encore il renouvella la 
mémoire des lieux dont il efl fait mention 
dans les Livres des anciens Auteufs,par les 
Cartes qu'il grava lui-mcmeavccbeaucoup 
d'indufhie. li mit auffiau jour_/?> Synony- 
mes y Se ayant vccu dans le célibatjil mou- 
rut enfin ayant pallé la foixantetSc dixième 
année dans le mcme têps que Monrano>a- 
vecqui il étoit joint p\r mieétroite amitié» 

ji DD ÎT 10 N> 

AER^HAM Orteluis commciica (es crudes h ^uh, 
râgc de trente ans , & fans le fccours d'aucun A/>, 
Maître il fit des piofz;rés li confidcr.ibles dans les ^'*'«^» 
Lettres Se fui: to.it dans la Géographie , c^u'il mé- 
lita'd'étie honové du titre de-Gcographc de Philip- ^•^^*'* 
pe II. Roi d'F.f'^nr^ne , d'être appelle rornemcnt g.-^^ 
du n^ondc, 6i le l^tolomée de fon licclc. il eut lei>,'^. 
p!ai{irdcvoir quede tous les endroits de la terre on £ a^. dî 
rechei choie fcs Ecrits avec cm^irelîcmenc , & que ^^"'^V 



948 Les Eloges 

^^f mêmes ils furent traduits endiveiTestangues.il 
Chonll' avoir pris pour fa devifc la figure du globe celefle, 
2,»»'. ' i^^^c ^^^ rnots , Ccntemno •> ç^ orno ,' mente , wmit, 
Mpift, Lipfc allure queyô« Théâtre ell un des plus excel- 
Çf*<ey?.//fc]ens & des plus utilesOuvrages qui ait jamais vu le . 
^.j "*' jour, k ci\.iQfc}2 Threfor eit'un véritable Thréfor, 
£^^y2 où eft enfermé tout ce qu'il y a de bon & de ca« 
f«i/f.c«*;trieux fur cette matière dans les Auteurs Grecs & 
».V»37* Latins i ? lacet -, ajoûte-t-il , wateries , cnio , în- 
dujiria. Illa utîlijfima , iJlefacîUiwus , h&c fummûi. 
Ses Oeuvres imprimées font , Theatrum orbU 
tetrarum. Synonyrna Geegraphlca. Thefaurus Geo- 
graphie us. uitirei f&CHli image , in qua Cermano" 
rum veterum vit't , fnores , religlo cum tccrïibus. Iti' 
nerarinm per nonnuUas GalLiA Belglc& partes. Deo- 
rum Dfarumque capîta ex Ortelli MupLO. Synîagwft 
herharum > enccmîafticum ■ eumm utilitatem (y di- 
^nîtatem declarans- Jnttquiiates Gallo-Belgicd. 
Julie Lipfe fit fon Epitaphe en cette manière, 
jihrahumi Ortelii , ^uet?7 urbs urhittm Arjtuerpi/t 
edidit ^ Kex Regum Piilippus Geographum hahuit > 
mcnumentum hic vides- Brevis terra eum ^apit , 
^îUipfeorbemterrarHm ceplt , Jiîlo z^ tahuUs HIh- 
firavit jfed mente contemfit ^ qus, cœlum fy alfa 
fufpexit- Conftans adverfumfpes , aut meîU4 , ami- 
ciîit, cultor > candore , fide , cjfiàis , quietis cuit or , 
fine Vite , uxore , proie , 'vitam hahuit qualem alrus 
"votum i ut nunc quoque &.terna requies ei fit , votîs- 
fave Leâor. Oblît quarto Kalendas Jul- 1 5 5 S . vixit 
mms 71. menfes x . die s 1 8 . 

JOACHIM CAMERIUS , fils d'un 

mui^ca ^^^^^ Joachim , dont nous avons fouvcnc 

*«Mn«^. parlé avec éloge , mourut â^é de foixan- 

te-quatre ans à Nuremberg , où il avoir 

tranfporré fa famille, après avoir employé 

fa vieà ramaiïèr ô: à publier les Ecrits de 



des Hommes Sça7Mfis. ^ ^9 

fon père , Se à rendre office , Se par [on 
fçavoir& par fon confcil, non feulcmenc 
aux Grands Se aux Princes , muis à fes 
amis Se à cous les hommes dccl&s Se ver- 
tueux. 



ji VD ITION. 

ToACHiM Camf.rarius nâqiiit à Niircmbcro" W?r«^» 
en 1534. Des fa jeancilc il fut élevé dnns la mai? "^^ '':''** 
fon de Philippe Melanchthon le cher ami de fon .^J,^-^" 
perc. Il étudia en Médecine picmicicment à l'a- 
douë , & puis à Bologne , où il prit le bonnet 'ie 
Médecin. Etant retourné à Nuremberc; il com- 
mença à y exercer fa profclTion eii l'année 1^64-, 
Et il y paiTa le relte de Tes jours avec beaucoup de 
douceur & de tran^uilicé. Il avoir la taille médio- 
cre , le vifage bien fait & aimable, les yeux noirs,, 
le nez acjuilin , & un air (i doux & Ci cnc-afrcant, 
qu'il gagnoit f^'abord le cœur de tous'ccux qui 
l'approchoienr. Il éroit affable, libéral, charitable, 
ennemi de toute forte d'excès, & pieux pluscu'on 
nefçnuroit le reprcfenrer. Il étoit bien vcrfedans 
les belles Lettres, & particulièrement dans la Lan- 
gue Grecque. îl cxcclloit en VJ^it dont il faifoic 
profeiïion , 3i comme il avoir acquis la réputation 
d'un des plus habiles Médecins de fon {iCcU\ pUi- 
fieurs grands Pr-nces lui offrirent des appointe- 
mcns confidérables pour l'oblic^er à s'attacher au- 
près d'eux ; mais il préfera toVijours {.\ liberté à 
tous les avantages qu'on lui faifoic efpcrer, ayant 
d*^ordinairc cette fcntcncc en la bouche. 

uilterius non fit quifuns ejfe potejl. 

11 éroit confulté par les plus fçavans Médecins 
d^Allcmagnc & d'Italie, & tous les malades-avoiéc 
une (i grande confiance en liTi , qu'ils ctoicnt pcr- 
fuadez de recouvrer leur fanté, pourvu c^u'ils vco/- 



^50 Les EUges 

lût prendre i"oin de leur guerifon. Et en efF^^t , 
outre qu'il avoïc donné plulieuis mAWUts convain- 
quantes de fa capacité & de fon fçavoir pat les cu- 
res extraordinaires & fui-prenantes qu'il avoit Fai- 
tes, il étoit li foigncux defes malades , qu'il exa- 
minoic les di-ogues qu'on leur préparoit , & que 
la plupart du temps il "çouloit goûter les remèdes 
qu'ils dévoient prendre , ce qui nuific extrême* 
ment à fa fanté , & diminua notablement fa fotce 
& fa vicTueur.ll ne charc^eoit vias fes malad^^s d'une 
grande quantité de médicamensjes guc^nlian: plu- 
tôt par la fobriete &: par l'abilincnc;: , que par les 
drogues des Apotic^ires. Il s'attacha particiilirre- 
ment à la connoiiVance des (impies , & il entrete* 
noit avec beaucoup de d.pcn'e un jardin rempli 
d'une infîniré dj plantes rares & curieufcs , donc 
il a donné la defcription Hans fon Livre intitulé , 
Hortus Medlcus & P hilofcfhiens. Pat une inclina- 
tion qui fembloit naturelle à ceux de fa f-nmillcil 
aimoi: extrém.cment les chevaux , & il en avoir 
d'ordinaire un ou deux dans fon écurie , quoiqu'il 
ne fût pas fort accommodé des biens de la fortune. 
II lai (la un fih nomme comme fan père & fon ayeul 
] o Ac K I M Camerar us , qui fut auiri-bien 
qu'eux un célèbre Médecin. Il étoit frère de Phi- 
lirpe Camerarius qui eft l'Auteur du Livre ir.titu. 
lé , Mfdîînîiones HlftoncASimaézé mis en François 
& augmenté par Simon Goularc 

Les Oeuvres im.primées de ■oach. Camerarius 
font, 'E->ihT-i yucy^yk . five OpuÇcuL^ de re 
ryfl'ica , qulbus > fnter aUa catAlogHS rez hotam» 
CùL ^ rufiicA "'crlf^rôrum veterum ^ recentiorum iw 
fertHS eji. Uortus Medlcui , (]U0 plunmaru7.fi ftîr^ 
pum brèves defcrlptiones , novs. tc or.es • non paucs, y 
cum eupcrtfih remediis , aliifc^ue ad rem hotanicam 
f*écîenîibus > ajf^runtur. ^V pluntii Epîicme Pétri 
^ndresL AîaîthhU , n(njîs iconibus (^ defcriptlonî' 
husplHrimh aAcia à Joach- Carrier arlo Symbclo* 
runt C^ i-mblema^tum QenturÏA très Synopjts cm' 



pientarlorumde pejîe , qua Dor,z.ell'n'iy ^igraffiA Ca* 
farls Liinciî , i^ pojieafui tffius eadem de lue fcri^-t^ 
in lucemprotHlit. Epî/loU MedicA. 



DOMINIQUE LAMPSON.qui mi (Tu ^'^''*'' 
cgalernenc en la Peinture & en \x Vo'éutipfomui, 
voLilint témoiener fa reconnoilï'mcc à 
Lambert Lombard excellent Peintre , qui 
avoit é'é fon Miître . écrivit fi vie avec 
foin. Cette rnarque de fa çruitnJe lai 
ayint acquis l'aiîccîiion d'Ernefl de Bi- 
viére Evcqne de Liéc^c, 6t depuis Eie- 
cVeiirde Cologne, il le retira à Lië"^e ^^\\% 
un âge avancé , 5c il v rendu ton ame à 
Dieu avec beaucoup de tranquillité. 

ADDITION' 

DoMiNiQiu Lampson éion x);i\\x àtVTu^^'i f^affr, 
II paiîa une partie dz fa vie en AngU-cerre dans la ''•(^^''• 
maifun à: Renaud Polus , & apics" la moïc de ce^V 
Cardinal, il paiîa aux Pays-Bas où il fe-vit en qua- 
lité de Secrccairc trois Evcj'-ic'"i de Lietrc. Lipfe.. ^ 
dit que Lampion ctoïc un bel cTpric , &: un des or- ^„.n ^^ 
ncmcns de la flandic. Bt g. 

Ses Ouvrages imprimez font , In ^abuUm Ce <■*/• i. 
hetls Carmen- 0/h ai Er^cji. BaV'^rum Vira- L.im *^' ** 
hertl Lemhardi. Elogia in effigies Plcfûriim celebr'mm 
Cermamd infer'torU . carminé. Pfalmi feptem pœni' 
temiales Lyrlcîs Verjibus reddiri. 

11 moLirat âgé de roixaare-fepc ans. 

HENRI ETIENN^E , Pariden , filsf/^-^^/r.^ 

de Robert ,a q li la République des Ler-^"^'''^''*' 
très elt fi icdevablc,v-ucnte de plus grandes 



nié! 




3 f 2. Les Elogei 

louanges ; car par une louable émulations 
coinnr-e ion père s'croit attaché à la Lanaue 
Latine , il s'appliqua à la Grecq'je , mie 
au jour plufieurs Auteurs qu'il corrigea a- 
vec beaucoup (i'éruditionj&rendir un fer- 
vice coniidérable à Ton fîécle Ôc à la poilé- 
ritc en donnant au public fon Tdréfor de 
la Langue Grecque, Enfin après avoir erre 
long-teivps dans rAllen-jagnc , comme il 
pouvoit pas oublier fa patrie, il fe retira 
à Lyo,3i y m.ourut prefque feptuagcnaire* 

A DT> ir ton- 

fitur» Henri Etienne naquit àtParis,& il appvîc en 

Steph. j-nèmc temps la Langue Françoife & la Latinc:cau 
F'/- *' Robert Etienne Ton perc avoir ortiinaircmcnt dans- 
lium, ^«^ mai-bn dix hommes {çavans de divcri'cs notions, 
dont qnelques uns lui {ervoienr de Corrcifteurs ; 
& comme ils ne pouvoient s'entendre les uns les 
aurcs qu'en pariant Latin , cette Lan^nie devint 
fî familière dans cette maifon , que la femme, les 
enfans , & les domet\)ques de Rob. Etienne la 
parloient avec facilité. Ainfî Henri Etienne étant 
venu au monde avec un efprit très propre pour les 
Lettres, S: avec une mémoire admirable , n'eue 
pas de ft'inc à devenir fçavant. AuiTi fe rendit il 
extrêmement célèbre dans le monde non feule- 
s'^^M m ^'^^^ P^^' ^^ belle Imprimerie, mais par fa proton^ 
^f'g^ de éruditicntcar il donna au public un grand nom- 
bre de Volumes , rapt facrez , que profanes , \ni- 
primez beaucoup plus correftcnicnc & en plus 
beaux caradlcrcs cu'ils n'avoient jamais été, & il 
£: connoîrre par plufieurs excellciircs productions 
<ie fon efprit qu'il étoit bien veifé en la langue 
îraneoife , en îa Latine , 6c en la Grecaue. Etant- 



des hemmes Sçava-fis, ^e ^ 

prcfque encore enfant il traduific en Crée le Catc- 
chifme de Calvin. Dans (a jeuncile il publia les 
Odes d'Anaci-eou , qui avoient été fi long-temps 
cachées ,& y ajouta une Veifion Latine en Vers 
de métoe mefurc que ceux de ce fameux Poète, 
Pierre Viftorius dit qu'Henri Etienne avoir trouvé 
CCS Odes en Italie fur la couverture d'un vieux Li- ^{^ ^'^^ 
vre. M. Colomics nous apprend , que Scalicrer f'*^ ^'** 
avoir un Anacreon, où il avoic marqué de fa main \y.cJioL 
qu'Henri Etienne n'étoit pas l'Auteur de la Verfion '»fs^ 
Latine des Odes de ce i'octe , mais Jean Dorât. Opufc. 
Quoiqu'il en foit,il Faut tomber d'accord qu'Hen-^**^*^'*' 
ri Etienne avoir un grand & merveilleux génie , 
& qu'il croit capable d'un ouvrage aufll beau que 
l'clit la Tradudion des Poëfies d'Anacreon. 

Dans un âge plus avancé, il compofa fon Apo Sf^^/' 
Jogie d'Herodore , qui lui attira un procès cri mi- y^"' "*^\ 
nel,& qui l'cxpofa à un grand danger. Car à Toc- PiH.ya^ 
cnfion de ce Livre on fie des pourfuices rigoureufes ''»' de 
contre lui, & il ne fc garantie du dernier fupplice, ^*'f^ 
que par une prompte hiite. Cependant on le con- ^*^'"'' 
damna à mort par défaut, & on fit brûler fon effi- 
gie dans le temps qu'il ctoit caché dans les mon* 
tagnes d'Auvergne. C'eft pourquoi il avoir ac- 
coutumé de dire , que jamais il n'avoir eu tant de 
froid j que pendant qu'on le brûloit à Paris. Fn- 
fiu , après avoir voyigè long- temps, & pendu fon 
bien & fon efprit , il mourut à Lyon dans un hô- 
pital. Il laiif'a un fils , nommé Paul Etien- 
ne , qui fut un fçavant Imprimeur aufli bien que 
fon pcre &: fon ayeul , & une fille nommée Flo- 
KENCE , qui fut mariée à l'illuftre Ifaac Cafaubon. ScaC 

11 demanda au Roi Henri IV. qu'il lui fut per- tanl^* 
mis de quitter Genève , fans perdre rhcritao;e de 
fon pcre, qui ne lui avoir été laifle qu'à condition 
qu'il fa'roit fon fejour en cette ville-là. Mais le Roi 
ne voulut pas violer les droits & les Iibertcz de 
cette Republique , ni empêcher que le Tcftjmtnc 
de Robert Etienne ne fut exécute. 



3/4 Les E^n^es 

Sfilige. Aui-c(le,H. Fciennc faifôic pni'oitrs aurii'.t Je 
tana. déucglemeiit en fcs nurars ^ CjUe J'cruJicioi d as 
{■c<; Lcrics. Il écoic arrogint chigriii , niiliquc , 
Se de (i maiivai e hume .r, qu'il .ivoic d.: raveiiioa 
& poai" fa nile Si pour l^doclc Cafauboii (oq gcn- 
drc. Ilafai: un Livre ^ dû Latinî'are LhfUnci . 
où il ne parle que d(.' la i^ueire contre les I iirc-, 
ce qui fat trouve ii .idicule .qu'on allongea pbi- 
fammenc ce titre de d.^ux mots Ds Latln'.îate i /■ 
pjiana ad'uerfiii TurcAm. 

Ses autres Oeuvres iinprirriécs font ^ P^yallbO' 
fncn^ GrammatUiirHrn GrArA LUgm hijî'tuno' 
num. Traîîntus de Galllcl SerjTJ nh rum La-ha cori' 
iienlentla. Antmadverjl ona In quafdam GranjwH' 
ticcrum GrACcrum tradUknes Ludovîcl Enochl, 
Dlahgus de bcù infiituendts G tac a L'n^UA Jfu' 
diis. D^alogus de parum ^dh Gyaca L'wguA Magî- 
ftrh'Thefmirus LînguAGrACA. SchedUfmata. Dtjjer- 
tn'.'iQ ds Cr'tîcts veteribmQrActs ^ Latims Tracîa' 
tus de ahufu LingUA Gtaca. De Latinltate falfo fiif- 
pcâa. Difpuiatîo de Lat'mltate Flmitî. Dalogus qui 
Pfeuds'Cicerolnfcr'tb'itur- ^^fZ.cdidafcalus. Annota^ 
tton?s In VicAarchuf?} de vît a Gr^^ccU. Homerî ^ 
liefiod'i Certamcn. PayedU morales. Centcnum vête» 
rum ac Parodiarum exemîla. Ccm'iccrum GrAcorum 
fentenÙA Commenîarlh illufiratA. Fragmenta veie- 
rum Poëtarum Latlnorum- Prddopœja ad Sens c a leC' 
t'tonerrt. Lextcon Cîceronianum GrACo Lat'mum, la 
M.T-Cîceronîs quam plurlmes locos Cafligatîcnes.OrA. 
tfO de cctj'fungendis cum Marte Mujîst Orat'io ad Ca- 
farem Rudolphuw Sccadverfus Lucuhratlonem Vher- 
tl FelletA de rriagnitudine i^ perpétua in hellis fœlici' 
îate Im-^erïl Turchi. Oratîo exhortatcrîa ad expedl- 
tîonem'm Tur cas fort Iter Ô* confianter perÇequeridam. 
VariA leâ'iones in Sovnm Tejiamentum. prlnclpum ■ 
monîtrîx Mu fa. Rex ^' Tyrannus carminé defrriptus 
Poëmathim > cu'ius Ver fus tntcrcaUrîs, ^ avete vobis 
Pr'ncipes, VQëJîs PhUofophlca» SeUcia Epigrammet- 
H unà cum Th. Bex^A Epigrammatibtts excufa l^we- 



dû s Hommes SçavJins, ; f f 

rîmonÎA jfrtis Typographie a. Carmen d? Senatuh 
Fœmîmirum. Dijfr'rentia Ar'ijlotellcs, Ethices , ah 
Jiîjîorica (^ Poëtica, Pfalml Davldts in ordinem 
Poëticum redacîi. Spécimen Colloquioruvi feu Dialo- 
^orum Gr&corurn. De Vh'dippo Maccdonum Kege in 
GrAc'iam variis artibus olimgrajfato , (°p de Turco- 
GtActARegein GermamA viclnaloca gmjfxnteac in 
'pfam gra^arl conante. Hypothefes LinguA GaIUca* 
T^e Martinalitîa Venaticne Epîgrammaïa. Vita Ru- 
fitca in Arrjphitheatr. Sap. Socrat, Diéîitin/irium 
GtAco Latinaw. Emendationes m Hcnierum KctA in 
TihiiUnm Cat!illt4m'Profer*inm ç^ Vetrcrdum.^ ar» 
mina fuper ohitu Pétri Vt^orii. EfifloU de fu '■ TypO' 
^raphÎA Jlati4. Epîtaphia CrAca Cr Lari^ia dccfcrum 
^H9rtindam Typographorum Trancofordienfe ErKpa- 
rium. De AtticA l ingu^ idiorrate Comfvemarius, 
EJtf Ahiifu LinguA GriCA in quihufdam vocibus quas 
Latina Llngua ufurpat. Lyrtcorum Cartnlna Latine 
reddita, Anir/jadverfiones in Erafmicas quorundam 
Adagiorum Expofitiones. Hypomncfes de Gallica 
LÎKgua. Scholia i» Horati^m. Schclla in VirgUium» 
^otAinT^l'inlum SecwidiWi.ln Xiphilinufn^picilâ' 
gium. Juris Civilis fo,ites ^ rivi Lexicon Aledi* 
fum- Comment, in Cicercr/n 'Epijlclas famili/tres* 
l^ccîes aliquot Parifin&mclihus Atticis A Gellii in- 
vigilata. NotA in Varronem de Re Rujlifa é^ de 
Li ligua Latina , cum Appendice. KotA in Euripidem^ 
Sophoclem , Hctod'ianhm , Dionyfii Teriegcfn , Pla- 
tonem > Callimachum , Theocritum , Apc>llr;:inn» 
Rhodium -, Anacreontem , Licgenem Laettium > 
Sextum Empyricum , HerodotMm > Thu'ydidem Xe- 
nophontcm , Aipi^num Alexandrinum Plutarchumj 
Tyrinm Maximum , Athenagcram , 5c placeurs 
aurrc-i. Il a .iLiili n*nduic en L.uin pliifirurs Au- 
teurs Gr. es j fij-avoir Ls Od^^^ d'^n.irron , de»; 
Fpigiammes choili s de 1 Ai:ihr)ioj;'c,uuRi cucuil 
de fcntcnccs des Poètes s des l^hilofophes Cicrs 
des fcntcnces des Poètes Coniqiu-s ftpnicmtnt 
une partie des Oraifons d.s Grccs,des cxiraiis hi^ 



3 5^ Les éloges 

ftouiques de Memnon , de Ccefias , & d'Agathar» 
cidc , quelques opufcules de luftin Martyr , & 
diveifes pièces de Denys Alexandrin le Pcriegete, 
de Dicearque, &' d'un grand nombre d" autres Au- 
teurs Grecs. Et dans ia jeunclTc il avoit traduic 
Pindare. 
X>eClar, Quelques uns trouvent fes Traducflions infids- 
Initrp, les & néelisées. Mais le do£le Mr. Huct ailure 

- I 3 1 

que H. Etienne s'eft acquis beaucoup de louange 
par cette forte de compofition , & dit qu'il rend 
les paroles de fes Auteurs avec une extrême exa- 
â:itude,& le ens avec une fidélité admirable, 
qu'il exprime heurcufcirient leur caractère, & qu'il 
en explique les penfées avec beaucoup de clarté 6c 
d'élrp^ance. 

lof. Scaliaer témoigne beaucoup d'eftime pour 

les Notes d'H. Etienn-^ fur les Auteurs, & il a paflé 

itdig, pour undcs plus habiles Critiques du fîecle paJîé. 

On eCime fur-touc fcs fix Livres intitulez "Sr^#- 

diasmata. 

Ses Oeuvres Françoifes font , Traite delà con- 
fermité du IfingageTrfinfoîi avec U Grec. Deux 
D'ialcgucs du rouveau langage Fran fois ltaltanîz>é» 
De laprécellence du langage Tr an fois. Comment 
chaquun peut acquérir de la prudence, par la leBure 
des Hîjloîres. Averîiffernent aux Princes > touchant 
lesfiateurs. Difccursfur l'opinion de T^laton,<iy Xene* 
phon , touchant la capacité del'efprît féminin. Ves 
anciens Guerriers de la Gaule. éf de leursfucccjfeurs. 
Ve la prééminence de laCourenne de France. De la 
brièveté qu admet le langage Français , non moins 
que le Grec ^ou le Latin. Traité touchant les Diale- 
Bes Franfois.Ohfervaticn de quelques fecrcts du tan- 
gage François &c. De la dijference de notre langage 
Franfois d'avec i ancien Dialogue inthulé le Ccrre- 
Beur du mauvais langage François. De t Ortho- 
graphie , ^ Cacographie Françoife. Traité des PrO' 
'verbes François. Projet du Livre intitulé. De la pré- 
f silence du langage Francis. Plufieurs Avertijf^* 



des Hommes Sçavans, ^ ^j 

mens touchant les TraduBions du Grec ou Latin 
en François. Divcifes Tradadiotts , Tjavoir , les 
pluo notables Hîjiolres entre les Grecques 0* Latines, 
Harangues des Hiftoriens. Deux Oraifons d*'focrate, 
^iatre Oralfons de Dion Chryfofiome. Trois Trait eXj 
de ^lutar^ueY^eux Oraifcns de Synefms Epïtres La-- 
con'ques de plufieurs Grecs. Les Epitresde Brutus , 
avec les Réponfes. Vne Oraifon , é* quelques Dialo- 
gues de Lucien. Plu/ieurs Pocfics , donc quelques- 
unes ont été publiées fous le nom du Sieur de Gric^ 
rc , qui eft une terre dont il étoit Seigneur. La 
Croix du Maine dit qu'H. Ecicnnc a ctc plus fidèle 
dans fes Traductions i rançoifes , que dans les La- 
tines , 

Année 1/99. 

PAUL PARUTA , Noble Vcnîticn , P'^^^[;; 
^yant éré honoré par la République de Ve/**''"*'* 
mfe de l' Ambaifade dTfpagncoù il avoic 
été envoyé pour complimcter Philippe fur 
la mort de fon perc , & pour affilier a foa 
couronnemenr,il palKi à une mei Heure vie ' 
âgé decinquanre-huitans. Céroit un hô^ 
me d'une rare éloquence, & qui déméloic 
avec beaucoup d'adrede les affaires les plus 
embarraiïées. Il donna des preuves de 'its 
excellentes qualitez en diverfes Ambalîà- 
dcs.&: (lu- tout lorfqu'il fut envoyé à Clé- 
ment VIII. étant à Ferrare , & à Margue- 
rite d'Autriche , quand on la conduHît à 
fon mari. Ces mêmes qualitez paroi fîenc 
encore dans fes Ecrits , que les Politiques 
elliment avec beaucoup de raiion. Je prens 



:; 5 8 Les Eloges 

à témoin de cette vérité fonLivredeh 
PcfcEiî n Pclhicjite , & Tes Commentaires 
Poiiâques écrits en Italien^qui furentfiu- 
vis par nn Soliloque qui infpire la pièce 
& Il véritable magnanimité , ôc par Ion 
Hiftoire de la guerre de Chypre , qui fut 
trouvée fi belle, qu'elle mérita que la Ré- 

publiq'^e de Venife le chargeât du foin 

d'écrire THiftoire de Cù patrie. 

^ r> D / T i O N. I 

lor'n\o Pà'JL Paruta fc rendit fi illudrc par fon fç.i- 
Crjjf voir ,p.ii fon éloquence , par fa pr-.;dcnce , <Scpar 
£^'^^« fa vertu, o,a'il fut clevé aux premières dignitcz de 
Thearr ^^ Rcpubli.iuc de Venife:car outre quil tut hono- 
tt'H^urn.ïéàz d-vcrfts Air.bâll.dcrS conv.ne l'a rcir.arqiié 
Leur. h\ . de Thou , il fut Gouverneur de Brefce.. & Pio- 
ï'' '• curear deS.Marc.Ses Ouvrngesfont l'ctudc b plus. 
ordinaue des Politiques^ lafourced'où ils pui- 
sent les maximes les plus équitables &. les plus u- 
^•^f^-<^'dicicufes que Ton puillc fuivrc dansMe gouverne- 
fm'' I "^^"^ des Etats. De là vient, que Tr.rnno Bocca- 
lal[\éj'.l\ni Ta rcprefcnté enenfeignant la Politique Se les 
cal. vertus Morales fur le Parnaire. 
S^rag^P' KaudcditqueParutactoit la ikur & l'ornement 
^'f ''• de la Noblelic Vuiiticnnc , & que fcs Ecrits font 
Pc/;, incomparables. ^ 

Ses Oeuvres impi'mées font , Df//^;'<?r/'!'2^î'Wé 
délia vît a PcUtica , //^r/fr^. IpriaVenez^mna, di- 



inCa m <^.He parti. Dlfccrfe VcliùcL Scd-iUquior^elqua- 
Ufa m brève ejfema di tutto il corjo àelUvltajua. 

JOSEPH ZARLlN,deChioggia,cél 
breparla connoiirance qu'il avoic de 



des Hommes Sçavans, 5 y^ 

M'WK]Lie 5 qu'il a éclaircie par de doites 
Ecdcs 5 n-ioiirur à Yeiufc , 6<. fat enreiré 
dans rEoliie de S. Laureiu. 

o 

Marin MeiTcnne loue Tosf.ph Zabl[n com->^n»/. 
me un homme ^jin avoit bit do b>;aux Ouvr.iges de ^^'j'«'». 
Mu(k]ae, fç.ivoir, InJiitHthnî liarmoniche. Ve-^;^\^^^ 
frmjlraîlorn Harmonie he. SHfjhrr^cnti y^ufcalu W^hé p/r 
y a auHi dj \a\ , Dell.^ lat/'a.za. De ver.-; annlfor- /^^. de 
tna ,five , ^c reci.i e]ui emendamne. Toutes les W^ *• 
OcuvrciO;u fce impiiinévsà Wnife en (quatre vo-'"' ^"^^ 
lûmes /«/^//o. Mais /^l^.j-j. gannus lui donne de x)/,rr.Y^ 
plus grandes louanges ; car il dit que Z.ulin ctoit Ai .yî.a. 
ieplus r^-civant de tous les Auteurs qui ont écrie d^ 
la Miilî.|uc , & tju'il a traiic ce:te nvui:re plus do- 
tttmjnt & plus heurcufemen: que tous ceux qui 
l'ont prcc'.dé. eiuant à ceux qui lent fuivi , 
ajoure Rannus je ne fçal ilh L'ont égalé rtMs du 
^^ms fuis ]3feiir ^H ils uj i ont poht jHrp.-.fjé- Aujji 
yt il certain que fcn ouvrage peut tenir lieu de tcui 
les autres , ^ ^«^ ceux qui vcu iront fe rend.re fça^ 
l'ans en Mufi.^ue ne pourront \an:aîs entendre les fcn» 
ttmens des Anciens iur cette fcience» ni en acjtierir 
une parfaire ronncljfjince , s'il ne lifent avec foin Us 
Ecrits de jLarUn. 

ALFONZE CI^.CON , Dominicain .^^^"f^* 
ne 3. Jjcn tlain i Andaloiide, f.u bien ver- 
fé aux Anticjnîrcz, & après Pierre Ciacon 
de Tolède j qui nV:^ic pas (on parenr , 
quoi qu'il portât le mcn:e nom , il pa(îa 
pour une des plus grandes lumières de TEf- 
pacrne. Ayanr donné au public pluiiears 
monumens de Ton efprir, il mouruc à Ro- 



160 Les Eloges 

ire , où il avoit fixé Ton fejour , âgé de 
cinquante neuf ans , & il fat honorable- 
ment inhumé dans TEglife de S, Sabine. 

AD B I T l O N, 

VHIk' Axîonce Ciacon , n.uif de Bacza dans l'An- 
* daloazic, cxcellou dans la connotllance des Anti- 
V^iïev quitez Ecclefiaftiques. Il a donne au public plu- 
Jpp, * (leurs Ouviages,qai lui onc acquis beaucoup de re^ 
putation. mais parce qu'il voulue défendre 1 Hi- 
ïtoire fabulcufe de Tra|an , que Ton dic avoir été 
délivré des enfers par les prières de S. Gregoire,iI 
^ encornât avecraifon lacenfurc & le blâme des ju- 
dicieux Critiques : car plulieurs f^avans hommes, 
& {ar^toutBellarmin ,& Mclchior Canas, ont ré- 
futé TEcrit qu'il publia pour foûtenir cctîe fable.Il 
cil aufli accufé d'une autre erreur , fçavoir d'à- 
Kiro». voir crû que S. Hieromc avoir été revêtu de la 
^««afc. dicrnité de Cardinal : fur quoi voyez Baronius en 

>^^^"^-fe? Annales. ^ ^, ^ . _. 

mjwf. ^^^ Oeuvres imprimées d'Alphonfe Ciacon 

font , DeCrtice Vomnica Comment^irlus , De Tra^ 

iam anlrm ^ Cregor}^ 1 . Uberat^ ■ DeS. Hteronjmi 

Curdlhfiliti^ dlgnltate. Tontificum Romamrum, 

unaque Cardimitum omnium ferles. De Jemmis. 

1)6 Martyrio ducentorum Monachorum S. fetrt a^ 

^ Cardegna , Commentar'tus. liifiorm utrîufque helU 

Dac'tci à TraianogefthexfimHUcrh , quA m colum^ 

na Tra\ana Rom a -vifuntur , colle Bu. ,, , , , . ■ 
Un des plus coniiderables Ouvrages d A iphonle 

CiacôertfonHiftoiredesPapesS: des Cardinaux.' 
Mais il mourut avant que d'y mettre la dernière 
main.C'eft pourquoi François de Morales Cabiera 
ytravailla&lapubliaeni60i.&i^oi.Maiscom. 
me il? s'y étoitgliilé de grandes fautes,c;les furent 
corrigées par Hierome Aléandre & par Andrc 
Vittorelli. Le premier étant mort, lePereVva- 
dincrede l'Ordre de S. François lui fut fiibduue 
^ Mai: 



âes Sommes S^a'vans^ ^6i 

Mais VictoL-ellicn; celui c]ui y cravaiîlaavec le pl'uy 
<l'alliduité , & il procura l'édition de 1^50 Ccfar 
Bccillus d'Lrbin prêtre de l'Orarcire de Rome, 
l'Abbé Ughei , Fioravanccs Martiiicllus, & le pere 
AuguftmOIduïni 011c continué cet Ouvrage , & 
c'eit par les foins de ce dernier qu'il a étépublié à 
Rome l'an 1676. en quatre volumes /« folio. On 
y void la fuite de tous les papes jufqu'àClrraent X.^^'*'/^' 
Il a aulli coinpofc une Bibliothèque Eccléfiartique, 1 V^^ 
laquelle le perc Mabillon aflure avoir vue en Ita- 
lie,*: qu'on n*a pas imprimée, i. parce que Ciacon 
a copié mot à mot bcaucoap de chofcs de la Bi- 
bliothéqeede Gefncr. z. parce qu'il rapporte les 
Livres des Rabbins parmi les Auteurs Eccleûafli- 
ques.Le même rerc dit qu'il a aufîi vu en Italie un 
autre Ouvrage de Ciacon fui les Anciquitez Ro- 
maines avec plufieurs figures, . 

GARCIAS LOAlSA,qiii éroir plus é-^,,,.^, 
levé en dignité qu'Ai fonFe Ciacon, (Se quiZ.«^'7-*« 
ne lai cedoir pas en içavoii^recliercha avec 
une extrême diligence U vériré de l'Hi- 
ftoire facrcc, (S<: acquic bcviiicoup de gloire 
pami ceux de (a natio pau le Recuenil des 
Conciles d'Efpagne'qii'il mit au jour. Ce 
travail fiu eau le que Philippe II. lui confia 
l'éducarion de Philippe ion fils , l'ayant 
créé Archevêque de Tolède un an aupara- 
vant. On dit qu'apr-ès avoir été comblé de 
bien fiits & d'honneur par Philippe II. ou 
lui témoigna tant d'ingratitude fous le rè- 
gne de fon fuccclleur^que cet home, qui ne 
pouvoit fouffrir aucun mauvais traitement 
en conçut une fi grande triftefle , qu'elle 
Pôtadu monde i^é defoixante <Sc cinq ans, 
Tom. IL ' (^ 



L 



3^1 Les Eloges 

A D D IT I O S. 

B'hUoth, Garcias LoAisA étoit un homme cxtréme- 
h-j}an. |-nent recommandable , non feulement par loii 
érudition mais encore par fa bonté Se par fa dou 
ceur ,qiii fut cau'e qu'on l'appella , les délices des 
hommes. Il y a de lui , Concilia WfpaniA , ô" '« 
hîs Taletana 1 7 .in unnm coUecia , Norif^ue eruditii 
illuftrata, 

uvin, ]EAN LIVÎNE]US, de Gand , fils de 
^*'* Claire iœur de Levin Torrcnrin , illuftre 
Evéque d'Anvers , marchant fur les rraces 
de fou oncle , travailla avec nn heureux 
fucccs pour lebien de la Republique des 
Lettres. Car après que lui & Guillaume 
Canrerus eurent donné leurs foins à l'édi- 
tion Grecque de la Bible de Plantin ^^il 
s'emplova à Rome au même travail , & il 
eut le bonheur de fatisfaireles Caroinaux 
GuiUaum.e Siriet bc Antoine Carafe , qui 
l'avoient chargé de cette occupation. On* 
tre cela il traduisît en Latin plufieurs Oii- 
vrases des Pères Grecs , & comme il étoic 
fur le point de donner au public toutes les 
Oeuvres de S. Grégoire de Nylfe, il mou- 
rut âgé de cinquinte ans. 

^^^* Tean LiviNEJas étoit natif de Tenremonde , 

f'^'J' & il fut élevé dés fon enfance à Gand par levin 

^' Torrentin fon oncle. U fie fes premières études à 



des Hommes Sçavans, 5 (> ^ 

Cologne avec un fucccs qui donna de la jaloufic 

. aux plus habiles de Ton fiécle. Puis il s'a^ionna i la 
Théologie , & il y fuc pouL'vù d'an riche Bénéfice 
dans la ville de LÎége. Enfin fon oncle aynnt ccé 
fait Evêque d'Anvers , il y fut honoré de la dignité 
de Chanoine & de Précentcur,& il y mourut d'u- 
ne apoplexie. 

P ^ Ses^ Oeuvres imprimées font , Emcndatlones é» 
Jsîou in i i" panegyrlcos veieres,Sc lesTradidions 
luivantes , Gregorius Nyjfenns 0> Jo. Chryfofiomus 
4e Vtrg'mltate. Theodori StudÎA Cmechefes i;f, 
eum 'Scholiîs. Andronîci Imperaforis Dlfputath 
cum Judàis* II a aulTi traduit en Lann les Tragc- ^ r 
diesd'iiuripide, & les Oeuvres d'Athcnéequi J^'^,;. 
n'ont pas été publiées. Barthius affûre que Livine- Lk ^», 
jus eft beaucoup plus judicieux que la plupart des ^* >• 
Critique*. 

Année 1600. 

FULVIO ORSINO, Romain , c'toîr ^.,,,.,,. 
trés-fçavant en Grec & en Latin. Ayant ^>";. 
recherché av-«r une grande diligence la 
pure Anriquicé,il donna au public beau- 
coup d'Ouvrages des Anciens qui n'avoieC 
jamais vu le jour , Se mit en un écar plus 
parfait ceux qui croient entre les mains de 
tout le monde. Comn.e Odavien Pantacra. 
tho , Gabriel Fab'rne , Latin Latinius , 3c 
Paul Manuce s'attachoicnt aux méir.e^ êm 
tudes que lui, la conformité de leurs occu- 
pations dz naître entre eux une forre ami- 
tié. Mais il fut joint d'un lien plus étroit 
avec Antoine Auguftin^pendantfon fejour 



I 



3^4 ^^^ Eloges 

à Roire j &: quand Auguftîn fut en Efpa- 

cne jOrfino nnt au jour pluileùi-s de Tes 

Livres 3 qu'il éclaircit avec beaucoup de 

fcavoir. 

Il vécut long' temps dans la maifon du 
Cardinal Alexandre Farncfe , cet illuftre^ 
prote6leur des Sçavans , & il mourut âge 
de foixante i5c dix ans. Son cops fut inhu- 
mé dans l'Eglife de Saint ]ean de Latran, 
dont il étoit Chanoine. 

PuxvTO Orsino , forti d'une famille illuflre , 
^''' . fut iTippiifé &; abandonné par fes païens , à cau{'e 
p7' '^' qu'il n'avoir pas été engendré d'un mariage légiti- 
'me. Mais comme des fon cnFancc il donna des 
marques d'un efprit vif , il eut le bonheur de s ac» 
cuerir la bienveillance d'un Chanoine de Rome , 
qui le reçut dans fa maifon , & l'élcta avec beau- 
coup de foin. Orfino ayant cultivé fes talcns na- 
turels par une étude continuelle , fe rendit fi ha- 
bile , qu'en peu de temps il égala la louange 
des plus fçavans hommes de fon fiécle. Lçs Li- 
vres ou'iî mit au jour lui acquirent une gloire im* 
mortelle , & fur-tout celui qui traite des famil- 
5 '»''C^'''les des Romiains ,qiie lofcph Scaliger appelle un 
^''\u. Ouvrage divin. Une publioit fes i.crits qu'après 
les avoir travaillez avec application;, & il les gar- 
doit long- temps dans fon cabinet avant que de les 
mettre en lumière, les retouchant fans celle afin 
de les porter à leui'derniére perfedion. Il faifoic 
tous fes eftbrts non feulement pour donner au pu- 
blic desCuvrages achevez, mais enco e pourrciif- 
^r en toutes les autres chofcs qu'il cncreprenoic, 
C'eft pourquoi il ne fe chargeoit chaque jour que 
d'ii^Ç feule atiaire , afin de pouvoir y donner tout 



des Hommes Sçavans, 5 ^ j 

fon attachement & tous fcs foins. Il avoit fait au 
grand amas de vieux Manufcrits, auxquels il m-jc- 
toit un prix infini. Mais un de Cf^ux qu'il eftimoic 
Je plus c'ctoic un Tcrcncc tout gâte &: en très mau- 
vais état. 

Ayanr un jour montré ce Manufcrit au Cardinal 
Tolct, il lui dit que coût l'argent du monde n'éga- 
joie pas la valeur de ce vieux Livre. A quoi le Car- 
dinal répondit , qu'il aimoit mieux un exemplai- 
re de ïerence imprime depuis peu en beaux ca- 
ractères , quoiqu'il fût nouveau , que dix anciens 
Manufcrits corrompus & pleins de fauteî,faircnc- 
ils écrits de la propre main des Sibylles. OrO'no lé- 
gua ce Livre à la Bibliothèque Vaticane , avec les 
Oeuvres de Pctraïquc , écrites par cet incompaa- 
blc Poète. 

Cafaubonrend juftice aufçavoir extraordinaire Céiruî4b. 
de Fulvius Urfinus , mais il prétend que prefque Eoifi.x't, 
toutes les corrections qu'il a faites far les Oeuvres 
des anciens Auteurs , fe trouvent dans les Livres 
deTurncbc,& des autres Critiques que Icsitaliens 
appellent Ultramoncnins. 

Ses ©euvrcs imprimées font , Scholia in Cicerâ' 
»f> Ojficta. In omHÎa Cicercnh Opéra ^ot£. Illujlra» 
tioncs in VlrgHinm. In Eutropium Sou. In foLybium 
. é* ^'^ioi ^e Légat ionlbus NoU. NatA in Terentium» 
KtV* in Dionem CaJftumScholiain CurminaGrAca 
novew lllufirium fAtninartim,Lyricornm. ép ^Hotum 
Toëtarnm Gr&cgrum Nou ad M, Catonem , M. 
VarrcnenhL.CûlumelUm de Re Ruftira,ad Kalendtt' 
fittm rtifticum Farncfianum , ©" vetcrcs infcriptiones 
ftatrum Ar-vdlum. Sot a nd Saltufiium , CÀfaremy 
Livium .Vclleium . Tncitum , Fnetonium ,Spar- 
tlanum , ^P ^^ios^ NotA in Leges ^ S C. quA in ve- 
teribus Kumifmatîbus reperiuntiir. T.mendutionei. 
in fragment a Hiftorirorum. FamU/A RomunAi^Ud re- 
feriuntiir in anti:juis -< umi frriuùb u s , !kc. lllujïrium 
tn:agincs ex antiquls numtfnatibus gemwU & war* 
morlbui exprejJA. ^-^ppcndix ad t. Ciaconinm de Tri- 

C^iij 



5^^ Les "Ehges 

elinjo, ^otA Ad Tejîum de Verhorttm Jignîjle. 7» 
JttlfttmCAfarem Nou, î^otA ad variorum Autho- 
rnm CrACortimO^ufcuU. NetA^dTacltum» 

Ur(in avoic infcrc dans fes Remarques fur les 
Hiftoriens Latins plufieurs Obfervacions de P. 
Ciacon jfans lui en attribuer la gloire. Mais de- 
puis Jean Brantius ayant reçu d'André Schot le 
Manufcrjt des Notes de Ciacon , les fepara de 
celles d'Ur fin. Voyez Thomafinus deFla^tolitte* 
rarh§. 588. 

ARTOINE RICOBON , n^ à Rho- 
'^«/«♦f/widigeyjlla^g de laScieneurie de Venifcjen- 
nus. leigna long- temps les Lettres humaines & 
la Rhétorique à Padouc , & fit plufieurs 
Ecrits fur des matières de fa profcflîon. Il 
compofa auflî avec beaucoup de foin THi- 
floire de l'Univerfité de cette ville- là^6c y 
mourut de la pierre. 

l*i'il* Antoine R i c o b on naquit à Rhodigc en 

T^ m.ii, 1 541.11 apprit les belles Lettres fous Paul Manu- 
^* ce,Charles Sigoine & Antoine Muret, & il profita 
fî bien des leçons que lui donnèrent fes illuftres 
Précepteurs , qu'étant extrêmement jeune il en- 
seigna à Rhodige avec beaucoup de gloire. A 
l'âge de vingt huit ans', il publia fes Commentai- 
res de THilto re avec les Fragmens dés anciens Hi- 
ftoriens , qu'il éclaircit par de dodes Remarques. 
Après la mort de Robortel,il fut appelle à Padouë 
pour remplir fa place, & pour enfeigner l'E'oquen- 
cedans cette fameufe Univerfité. Et ayant exercé 
"Cette charge pendant trente ans, il mourut en 1 5 9 9. 
fiiivantThf Tiafin, & non pas en 1^00, comme l'a 
€iu M. de Thou. 



des Honmes Sç^vans, 1^7 

Comme Ricobon écoic un des ennemis de Jo- 
feph Scaliger , il étoit du nombre de ceux qui Ui 
avoicnc ofé difputei- la noblelVe de fa naiflancc, & 
c]ui avoienc foui'ni à Sciopp'us des mémoiies pour 
écrire contre ce grand homme. C'eft pourquoi 
Scaliger dans Tes Oeuvres parle de lui avec beau- 
coup de mépris & le traite de porcus Rtcobonus. jj^e^M 

On loue fort fa Traduction de la Rhétorique ç/a^. Iw 
d'Ariflote On trouve que les cxpreflions en fontt'rp. 
pures & châtiées , & que s'il fe fut plus attaché à 
entendre le fens de fon Auteur , il eut pu raeritcr 
la louange d'un des plus habiles & des plus parfaits 
Interprètes. 

Scbi Ouvrages imprimez fout , Commentârît m 
CUeroms libres de înventione , in 'Partît ione s Oratt* 
rias , Topica j Orattonem ad Btutum , ^libro de 
OjfîcU's. Comment ctrius de Htfioria, cumfragmenth 
BlfioncorumveterHm à Rîcobom illujiratis. Orario 
de legnm laudibus Praxh Rhetorica. Paraphrajis 
ta Rheîoriciim jirtfiotelis. T^e ufit urth Rhetorïcé^ 
jirîj^otelia Comment Arîus , &c. ^ artis RhetoricA 
Jlrijiotelis Compendîum- Ars Comica ex ^rtfiotele» 
Fcëtlca jirljhtelis Latine conver a. Paraphrajis in 
Pceficam Ariftotelis. De Cymnafio Patavim. De' 
fenfio dequibufdam locis §lu!t2tiliiini . quibusproba^ 
tur Rhetoricam ai Heremium effe Cornificii. Judi* 
cium > quo Ciceroms Confolatîonem von ejfe eamyquA 
fubejusnominevendîTatur.oftendit. De confilatiO' 
7ie édita jub nomlne Ciceroms -, feu pro primo ejus /«• 
dicio adverfus fecundam C Stgonli ajfertionem. De 
Confclatione édita fub nomine Ciceronis , judicium 
fecundurn. Arijiotelis Ethica , interpréta Ricobeno 
cum Comment -De fenfor , fetc pro ejus opinione de 
Epiftcla horatii ad Pifones. Conciliatlo cum Nic^ 
Cûlonio. Orationtim vchw^ina-duo. 

C O N R A R D DASYPODWS ynécyrdui 
d'un pcic Suiiîe , fij: un cékbre Piofctrcur^^^/''''" 



3^^ Les Eloges 

en MathciTiatîque,& mit au jour plufîeur» 
cxcellens Auteurs en cet Arcqui n'avoient 
jamais été imprimez. Dans le temps qu'il 
tiiedîtoit de rédiger en corps entier tous les 
Ecrivains Grecs qui ont traité cette belle 
Science, & de les donner au public,il mou- 
rut âgé de foixante-huit ans à Strasbourcr* 
ou il etoit né. 

Vf i* CoNRARD Dasypodius fut Difciple <^c Cîiri- 
^•'' • uun Herlin,ran des plus fameux Machcmaticieiis 
A/Wf/;,* "^ liecle , & après fa mort il remplit fa place, 

u^.ij.m. ^ enfeigna les Mathémariques à Stra.bourg. Il 
y i. P/ji.ecoir fils de Pierre Dafypodias,qui fe fie connoîcrc 
^'i^?/;. au public par plufieurs Didionaires de fa façon , 
fçavoir par un Grec & Latin , & par deux aunes, 
dont l'un étoit Latin & Allemand , & l'aurie Alle- 
mand & Latin. 

Les Oeuvres imprimées de Conrard Dafypodias 
font, HcYolog'ù A^YBnomici ArgenùmnÇti Defcripfh» 
Brevts de Cometif Dectrina. Heren Mechanicus-.feu^ 
^e^iechanicis artihus atque difct^lhls, Oratio (U 
dtfcipUnis MAthematicls. Tria 'vclumha Alathema- 
ticti fro >chola Argenîinenfi » Lex'icon Mathcman- 
cum Sph&ruA docirinA Propojitiones , GrAcè ^ 
Latine, hîeronh Alexandrlnî Nomenclatura voca- 
hulerum Georruîricorum. Ifaaci Monachi StholU m 
"Euclidis 'Elcmentorum fex prières Ithrcs. EuclUis 
CatoptrUa errm'ta in Linguam Latmum tranflatOt, 
AftronorrAca Fr&cepta. Ffypothefes orbinv) cœlejîium 
€or:gruentes cum T^bnlts AlphcnfirAs Ô* Copemici frti 
etlam Tabulls Vriitenlcts Eudidis Propcfitlones Lie- 
nientorum i < . Optlcorum , Cutroptîccrum , Hav 
moniccrum , (^ Apparentlum- Elementerwn Ubsr 
pîmus Crâcg (^ Latine, 



des Hommes S çavarîs, 5^9 

CHAP.LES UTENHOVE , né à Gand^^^'^j^^^ 
d'une famille noblejfuc vagabond toiue fa^;J. 
vie>fnais conftanc en l'amour de la PocHe. 
A pics avoir demeuré avec Paul de Foix 
durant Ton Aœb-iiîade auprès d/Elifaberh 
Reine d' Ani^iecerre, il Te maria,& s'établir 
à Cologne. Il avoir travaille long temps 
fur les Dionyfiaques de Nonhus , mais il 
n'acheva pas cet Ouvrage , ( dont le pu- 
blic avoit conçu une haute opinion ) loic 
qu'il en fût dcgoûréjOU qu'il eût été pré- 
venu par quelque autre. Enfin il mouruc 
âgé de foixante- quatre ans. 

-4 D D r r 7 O N. 

Charles Ttinhove ctoit petit-fils de Nico- Mdch. 
l'a»; perfonnagc illuihe par fa noblefle , pau {a.A^ann 
prudence , & pnr fon érudition , &: fils de Char- ^"'^ ^^' 
les , qui avoit joint à une rare éloquence une infi* "■'' / 
gne pieté. Ils tinrent tous deux un rang confi- 
dcrabic dans Icui pays , & furent cftimezdc tou<s ^ 

les gcnsdocVes de leur fiéclc,& fur- tout d'Erafmc, 
qui a fait l'Epitaphc de Nicolas en Grec & en La- 
tin , & qui a écrit plufieurs lettres à Charles. 
Pour Charles Utenhovc .dont M. de Thou afait 
j*61oc;e/il fie fes éru'k^s à Paris avec un tel fuccès, 
que dans une oran':^e ieunclîc il mérita les louan- 
ges d'Adrien Turnébe , lcqu<"l parlant de lui,;/ y a 
peu de perfo/wes j dit- il , (jui l'égalent . ^ H ny en 
a prcfjiic point qui h furpa^cnt en l'intelligence de La 
Langue Grecque éf àeU Latine. 11 fut Précepteur^' ! j** 
des trois do.5lcs filles de 'ean Morel Gentilhomme j^^^/,;, 
d'Ambrun , appcN.ées Camille , Lucrèce y & Dia» 
ne. De Paris il palTa en /Vnqleterre , où il écrivit ^''^^d. 
beaucoup de chofes enfavcuidcU Reine hliU*'^**^' 



370 Les Eloges 

beth, qui lui donna plufieur^ marques de fa bien- 
veillance, & lui fit reffcntir les efl-ecs de fa libéra- 
lité. Enfin s'êtant retiré à Cologne , il j mourut 
d'une apoplexie dans le temps qu'il s'alloit mettre 
à table pourdiner. Outre la Langue de fon Pays, 
la Latine , & la Grecque , ilfçavoit laFrançoife , 
%lhllOih l'Angloife , l'Italienne , r Allemande , l'Hebraï- 
Beig^ 'que j & la Chaldaïque-,il a même écrie en fix Lan- 
y^ler. gués , fçavûir en Hébreu , Chaldaïque , Grec. La* 
'^."ff'!' , tin , François , Allemand , §c Flamand , l'Epita- 
deT' pbe d'Henri II. Roi de France. On allure que peit- 
^ergier ^^"^plusde trente ans il n'écrivit jamais à fes 
amis qu'en Vers. 

Ses autres Oeuvres imprimées font, "Eplgram" 

mata , EpitaphJa , V fit h al ami a GrAca ^ Latina* 

jiJlralagHs five Xeniorum liber. Anagrar itnaùf" 

ffj'i ^ Allufiones ad iilujtr'ium allquot homînum w 

mina. Eptjiolarum centHria. Mythelogla JEfopîca , 

métro Eleg'iaco. Commenîarms , five LîbeUus Ad^ 

ferîatorÎHS qud frln^ipum duorum Phtlippi //. Hif- 

fanîarum Régis ^ Mahometîs lil- THrcarumlmpe- 

ratoris vires , opes Sec. expUcantur ex Jtalico Jo. Bo- 

teri Latine reddltus* Epitaphe fe'irjcuchim du Bel^ 

lai Epijiola Penelopes ad Vlyffem carminé GrAcored* 

dit a Cail'tmachus ^ Isonni Dlonjfiaca in Llnguam 

Latinam cmverfa. 

Titrut PIERRE DU FAUR , de la même fa^ 
* ^^' mille que Pibrac , donc il a éié parlé fou- 
vent dans mon Hiftoire avec éloge, avoic 
ajouré à la noblcire de fa naillance une 
probité /îngLiliére & une parfaite eônoiifâ- 
ccdç TAntiquité & du Droit divin & hu- 
main. Marchant fur les traces de Cujas fon 
Piécepreur , il fit connoître à la poflerité 
fon érudition par les dodes Ecrits c^u'il 



des . ÎIo7nm€5 Sr^Vi ^^^, 371 

mit au jour. Il far élevé aux ^luséiDÎneii- 
tes dignirez de la robe , & ^pres avoir 
rempli pendanurroiccnila prérnicre place 
au Parieincnc deTouloufe j il maiirut âgé 
de foixaiue ans. 

jiD D iT 10 :<. 

On ne r^anroît mieuit faire connoîtrc le iTiéritc 
de ce fçavanc perfonnnge qu'en rapportant les pro- 
pres paroles dont S, Marthe s'elt fervi pour faire 
fou Eioee. 

M C'cll avec vérité ( dit-il ) que Ton peut dire E'"-?'*'^* 
>} que ce gland homme a fait merveilleufement V t^7' 
»j éclarer par la fplcndcur de fa dodrine rilluftrc,',.^^,*,/^ 
» nomd^ ciuFaur.Eneftet,quoique Cujas,Duarcin CoUeitt* 
î) Hoctoman, & quelques autres femblables , s'il 
» eft vrai qu'il s'en puillc rencontrer, fe foient ju- 
>j ftement acquis la réputation d'être les plus 
j3 grands Héros des I,oix& les plus vives lumières 
î) de la iurifpraddnce,(i eft ce qu'ilfemble que du 
ïî Faur les furpallc en quelque forte, puifqu*il n'a 
>> pas feulement rendu fcrvice aupu'Micdans le 
>) tranquille repos d'une étude particulière, mais 
}, encore puifqu'en prenant le manîment des affai- 
>) res du monde il a rendu fa Science utile à la So. 
î) ciecé des hommes. Car comme on l'eut depu- 
j) pour rAfTemblcc des Etats du Royaume, qui fc 
}i tinrent àRoiien , il y fit tellement parortre la 
>, force de fou jugement , fa prudente conduite, 
,> & fa rare fidélité, que le Roi l'ayant pris en ami«» 
,> tié , voire mêmes en admiration , )ugea qu'a- 
>» près tat de charges de la robe qu'il avoir fi digne 
,» ment foutenuës, il étoit bien capable d'exercer 
,, la fupretpc charge de premier Prélidcnt du Par- 
,, lement de TouloufG,& ce d'autant plus que c'é- 
» toit le mettre on grand honneur parmi les ficn?, 



^yi Les Eloges 

,, puisque cette fameufe ville'étoit fa ville nataîcy 
„ Mais il ne Ce palîa pas beaucoup de temps après, 
,, qu'il n'allât recueillir das le ciel le glorieux fruic 
,, de les belles a<5tions. Car étant farpiis d'une fu- 
„ nefte apoplexie, il mourut foudainement au Pa» 
„ lais dans la fonction de fa ch3rge>& en pronon- 
5, çant un Arrèc le iS.du mois de Mai l'an i6oo.Sc 
5, lefoixantiéme defon âge. Il eftbien vrai pour- 
„ tant qu'en dépit de la mort même fa réputation 
„ ne mourra jamais. En effec , tant que la Langue 
„ Latine fe conferve^ra , & tant que l'on- faira cas 
„ des bonnes LettreSjtous les fçavûus hommes au- 
,, rout toùiours en grande eftime & en grande vé- 
,, nération fes dodes Commentaires fur le Droit, 
5, dans lefv.]ucls on void briller une infinité de lu- 
„ miéres d'efprit & de jugement , avec une infini- 
„ té de traits d'une profond.; doctrine. 

On void dans une Lettre de Calvin à du Faur > 
CaJvi». c]ue ces deux perfonnages avoient quelque corn- 
^* ' ^'merce enfemble. que Calvin loue fon érudition & 
fa politelTe , fa vertu & fa piété , & que lui ayant 
mis devant les yeux le malîieur de Ton père, lequel 
charmé par les vanitez & lej plaifirs du monde 
abandonna l'Evangile, il l'exhorte de profiter de 
cet exemple , & de def.-ndre fon cœur contre les 
tentations de la chair & les délices criminelles da 
péché. 

Ses Oeuvres imprimées font , ComrftentArîus m 

Régulas Juris. Comment, ad L. de Jujiîtia O' Jure , 

îtem(jHe de Origine )urls Refponfio ndPeîri Carpen^ 

^'^['''$^^' tarit féivum de retinendls armîs ^pace repudiandfk 

[!,*' '"• * Confilîum. In lihros A. ademicos Cïceronis i^ tn Or a» 

(jerna. J ^ a • l't • 

Tiopoli tionem pro C&cmna Commentât. Semejtrtum Uort» 

i«^7. ^^t!;?/^ïVL)W i/èri 3. qui eft un excellenc Ouvrage, 

au juijemcnt de l'Auteur de la Biblio^raph'e eu- 

i\cu{c. Dodecameron. La Rhétorique O* le Froto^_ 

iQlle des. notaire Si. 



des Hommes Sçavans ^j^ 

uiiime i(jOi . 

]EAM VINCENT PlNELLT . r^i\lo, n«. 
NapJes , ëLoir dercendu d'une famille Ge- ":'"'?/ 
noue. Il Me extrêmement remarquable oar 
fon fçîvoir , par la prudence, par (on hii- 
manire , ^ par l\amour qu'il poitoic aux 
geiisde Letrres. Pour n'inlîfter pas trop 
long temps fur les lomnges que beaucoup 
d autres ne manqueront pas d eraier plus, 
au long fuivanc ion mérite dans les Li- 
vres qu'ils compoferont exprès fur cette 
matière, il me fuffira de le comparera 
Titus Pomponius. Car de même que cet 
illu(h-e Romain fut appelle Artiquc,Pinel 
aufli porta le titre de Vénitien, à caufe 
de l'extrcmc affection que la Republique 
de Vcnifeavoit pour lui. Et comme il 
etoicde la première noblellè , il vécut, 
toujours avec magnificence , bien qu'il 
menât une vie privée ^ rendanr foicrncu- 
fement toute forte d'ofiices d'humanité à 
fes amis , dk entrerenanc ua commerce de 
Letrres en France , en Allciiiagne , en Ef- 
p'ii;ne :, & aux endroits les ^lus cloiancz 
de l'Europe avec un grand nombre de 
perfonnes , dont {à. vcr:u lui avoir acquis 
PeUIme & P.imitic. Ainfi il n'étoic pas 
feulement utile à ceux qui jouillbient de 
fa converfuion ,mais aulîî à plufiears aa* 
très q^ui étcient éloignez de lui,. 



57 4 ^^^ Eloges 

Il mourat igé de foixante-hult ans dans- 
la ville de Paloaë , laquelle depuis qua- 
rante-un an il avoir choifie pour le liea de 
fon honnête repos. Après fa morx fa belle 
Bibliotéqiie, qu'il avoir ramairée avec tac 
de foin pendant il long- temps , fut expo- 
fée à divers accideiis , que l'on pourra ap- 
prendre dans l'Hiiloire de fa vie, qui a été' 
écrire avec politetVe par Paul Guaido de- 
Vincenze, &: qui nierirc d'être lue de tout 
le monde, 

ATiD ITIOK. 

Gf^î'/'i. î-e père ae lean Vincent Pinelli s'appelloir 
f'r..Knc Coî^n-iç , & ù m«re Clcinepce Ravafchcria. It 
ati^iti. nâqaic le huitième mois apuès fa conce.n-.on -, & il 
fut Tainé de fes Fr-res , qui curent toujours beau- 
coup d'amour &: de refp-ct pour lui . Dés fa jeu- 
nèfle s'écant attaché avecfoin'à Pétnde des Huma-- 
niicz & Ç7 uitedela '?hilofophîc, de la lurifprti- 
dence , <S- des Mathématiques, il y fit des progrès 
fi confîderables , qu'a la fleur de fes ans il paila 
pour un homme d une érudition extraordinaire. 
Dâs tout le reftc de la vie, il eut beaucoup d'amour 
pour les fciences , & il devmt d fçavant pat l'ap- 
plication continuelle qu'il eut pour la jk^cfcure , & 
par le commerce des* gens de: Lcttr.'S, qu'il mérita 
ies lou,^.n£;es & l'adm'iranon des Man^ces, des Si- 
goines , des Mercurials , des Vancïrolles , des 
Pithou!>,des Lipfes, des Cafaubons , des Scali- 
^ers , en un mot des plus dodes peifonnages de 
ïoa temps, vais il fut beaucoup plv.s iiluft^e paï 
fa vertu que par fon fçavok.Car on remarquoit cr 
lui tant de prudence , tant de nodcftie , tant de 
probité j de douceur , d'humanité , de candeur 



d s Hommes Sravans, ^je 

de chafleté , de libcralité , de charité , qu'on ne 
poiivoit le concoure & le voir , f,inç lui donner 
toute fon cfliime & toute Ton aftedion. Enfi-i il 
cH: conft.mt que Pmelli croit un d -s hommes les 
plus accomplis qui fut jamais- Il croir l'ornement 
de l'Italie , & l'oracle du monde fçnvanc ; & l'on 
n'.iuroit jamais fait, fi l'on vouloir rapporter tous 
les éloges qui lui onr été donnez comme à l'envi 
par tous ceux qui ont parlé de lui. 

Après fa mort , les Vénitiens ayant eu avis que 
l'on tranrportoitdc Venife à Naples ii Bibliothè- 
que , ilsuf.vrnt de ce rtrara-Tcme pour avoir les 
meilleurs Manufciits qui y fudent. C'cft qu'ils 
firent faifir cent baies de Livres, entre Icrquellcs il 
y en avoit quatoizc qui contcnoicnt les Mr.nu, 
fcrits, & deux oùctoicnt plus de trois cens Com- 
menraires fur toutes les aft'aircs d'Italie ; &: pour 
donner quelque couleur a leur procédé , ils di- 
rent que comme ils cftimoient beaucoup PineIIi,& 
qu'ils avoicnt une cnticte confiance en lui, ils lui 
avoient communiqué tous leurs Rcf^îtrcs , & 
avoicnt permis qu'il en copiât ce qu'il aVoit voulu,' 
& qu'ainfi il n'étoit pas jufle qucles extraits qu'il 
en avoit tirez vinlFent après fa mort à être divuU 
gucz & publiez. ^ ur quoi les héritiers àc Pinclli , 
qui croient puillans & autorifez , ayant r>lljcirc 
avec chaleur la rcrtitution des biles qu'on leur de. 
tcnoic , obtinrent du Sénat de Vcnifcq-. 'elles leur 
feroicnr rendues hormis deux cens de fes Com- 
mentaires , qui furent mis dans une cliambre par- 
ticulière avec cette i fcription , T^efcriftahiclm' 
fer'îo Senihtus ex Blhliotheca finelUaiu. Mais ce 
ne f -c pas Icfeul accident qui di^nnua cette b lie 
Bibliothèque : car ce qui avoit èch.ippé aux Vcni-> 

I tiens ayant été remis fur des vaitlcaux les Pirates, 
entre les mains defquels il tomba , en jet^ercnc 
plufieurs cailles dans la mer , quelques Pêcheurs 
eu déchirèrent uncpntic pour bouchei le«; fentes 

, de leurs barques ^ les trous de IcurbLnctrcs , &. 



de cette manière les hcriticrs de Pinelli perdirent 
maîheareufe ment environ onze ou douze cailles 

de Livres. 

Aurefte, quoique Pinelli fut fi remarquable par 

fon {"çavoir , il prenoit plus de pUific à lire qu'à 
^. écrire, car il n'adonné aucun Ouvrage au public -jOn 

Gutpn afîûre pourtant que dans la Bibliothèque Anibro- 
degd (icnneily aunManuûrit don: Finelli efi i'Aa. 
Scitr. teur. 

Tyho TYCHO BRAHE* d'un comtnan cott- 
$rai}é, fenrerrenc a méiité le rirre ce Frince des 
An:roncn:ies par fon fçavoir Si par les ob- 
fervations qu'il a faites à IJTanisboiirg avec 
beaucoup de dénenfe. Ayant quixcé le Dm" 
nemarc , il fe retira en Aliemagiie , 3c il 
fieurir quelque reîTsps à la Cour de l'Em- 
pereur RodolFe. Il Hir cxrrcmenient chéri 
par Guillauroe Landgrave de HeGe^qui ex-^ 
celloircn AftronomiciSc il nnouruc àr Pra- 
gue âgé de cinquante quatre ans , neuf- 
mois,^: dix-neuf jours. Après Ptolomce , 
RefTiorrionranj&: Copernic ,Tycho Brahé 
fut illaftre par Tes Ecrits qu'il publia lui- 
mêa^cmaisil le fut beaucoup plus par ceux 
qui virent le jour après f.i mort & qui fu- 
ret impriiTiez par les foins de Jaques Kjepler 
auquel il le^ua ces precieufes reliques de. 
fon efpri: /afin de les empêcher de périr.. 

ADDITION'. 

T^c^o Bra^v.e' croit fi[s d'Orho Brahé 9cî» 
eaeui de Knusilorp &C de Bca;c Bilde. 11 naquit 



des Hommes Sçavam, ^y-j 

fc j.cîe Décembre de l'an i^^6, A l'âge de qua- 
torze ans , ayant vu une Eclipfc de Soleil , & re- 
marqué qu'elle étoit arrivée au même moment 
que les Alhologues l'avoicnt prédit, il conddera 
l'Aftronomie comme «ne chofe divine , & il lui 
prit une forte envie d'apprendre cette Science. 
C'eft pourquoi, malgré les dcfcnfcs de fon Tréce- 
ptcur, lequel avoit ordre de lui cnfcigncr la Jurif- 
prudcnce , il lifoit continuellement les Auteurs 
qui pouvoicnt lui donner une claire & parfaite con- 
noiiîance de l'Aflronomie. II employoit même 
tout l'argent qu'oïl lui donnoit pour fon divertille- 
ment ,à acheter des globes, des livres, & des in- 
ftrumcns de Mathématic]ue. Et quand ie ciel étoit 
icrein , il pallbit les nuits entières à contempler 
les aftres. Mais parce qu'en Danncmarc fes amis,, 
qui ctoicnt de la première Noblcflc , trouvoient 
mauvais qu'il s'adonnât à cette occupation, qu'ils 
croyoicnt indigne d'une perfonnc de fa qualité, il 
quitta fon pays , 6c s'en alla en Allemagne, où il 
s'attacha avec tant d'applicat.on & de fuccès à cet- 
te Science relevée , qu'en peu de temps il fut cfti- 
mé le pltïs grand Aftrologue de fon liécle. Enfuitc 
jl fe recira en Dannemarc,ou il fc maria avec une 
payfaiie. Puis ayant voyage en Italie & en Alle- 
magne , il refolutde tranfporccr fafjmillc à Bàlc 
& d'y taire fon fciour. Ce qui étant venu à la con- 
noiifance de hideric II. Roi de Danncmarc, il ta. 
cha de le dilluadcr de ce delléin,& pour le retenir 
dans fon Royaume il lui donna Tiflc de Hucne , & 
lui alligna une pcnfion conhdcrablc. Ce fut dans 
cette ifle qu'il fit batir une n:aifon magnifique, & 
une tour élevée , qu'il appella Vranisbour^ , où il 
demeura vingt & un an , travailLmt avec alli- 
duité à fes Obfervations Agronomiques. Il j 
fie aufli conrtruiie plutieurs inQrumens Mathrma- 
I tiques , donc il fut rinvcntcur , & Ion alTuic que 
|le defir qu'il avoit défaire de no ivelle- découver- 
jtcs dans rAftrouomic , l'engagea eu des déocufes 



5 7 8 Les Eloges ' 

fi excefliv'es , qu'elles alloienc à plus de deux cens 
mille <rcu'= d'or. Après la mort de Irideric II Tycho 
Brahe reç c dj mauvais traitemens des Mmutres 
dr fon fu-cellcur. C et pourquoi il tac obligé de 
fe retirer en Allemagne , où il fut excrcmemenc 
carerté -,: honoré par i Empereur Rodolfc il. & où 
il mour ;r d'une rétention d'urine. Il avoic la tail- 
le m.diocre , les cheveux d'un blond ardent , le 
vifage beau,mais qui fut défiguré par un coup d*é- 
péeq li lui emporta une partie du nez. 11 eit vrai 
qu'il repara ce défaut par un nez d'or ou d'argent,_ 
qu'il accommodoit avec tant d'art , que tout le 
monde le prenoïc pour un véritable nez. Il exccl» 
la non feulement en l'Aftroaomie , mais en la 
Chymic, en laquelle il fit de fi rares découvertes, 
qu'il guérit un grand nombre de maladies qui fem- 
bloicnt incurables , diilribuant avec beaucoup de 
chance & de libéralité fes remèdes à tous ccuxqii: 
en avoienc hefoin. Il avoit beaucoup de génie & 
d'iucl nation pour la Poéfie , & il fe divcrtiflbii 
fouven: à taire des Vers , deCquels on peut dire ce 
que M irval difoic: 

Sun^hona • funt quAdam msdiocrhifunt mda plurttt 
L'on y remarque quelques fautes contre la quan- 
tité des fyllab.'s , foit parce que Tycho Prahl 
s'écant attaché toute'fa vie à des études plus corifi 
derablesôc plus relevées , eût négligé d'apprcndr 
avec ex.iditude toutes les régies de la Poéfie, oi 
que les ayant apprifes,il n'eut pas daigné s*y aflu 
jettir.ll étoit colère & attaché à fes lent imens ave< 
opiniâtreté , ne pouvant foufftir qu'on le contre 
d'.t. Il aimoit à i ailler , & n'entendoit poin 
raillerie. On dit qu'il étoit fi fuperRitieux , qui 
s'il rencontroir^ae "vieille au fortir de fa maifon 
ily recournoit,au-lieude continuer fon chemin 8 
de pafTer outre ,& de même il prenoit àmau^ai 
augure de trouver un lièvre quand il alloic en cara 
peigne. 

Ses Oeuvres imprimées font , Z.ï&fr<^fOfw^/4 



des Hommes Sçavanf, 57^ 

finje nova fella. TrdeBîones habita in Acudemia 
Hafnenfi. Oratio habita in Academia Hafnenfi.Pro- 
gymnafmatum AjlronomiA inftaurand&dîbritreSiEpi- 
ftûlarum AjlronomicarumMbri z . Liber Mechamc$' 
rum. EpijhU de confeBîone Ellxiris TabuU Kudol- 
phinA.RefponJio Afologetica adquendam Scotum Ari- 
ftotelicum Philofophum , é» Medicum Galenicum 
ôcc. Somnium , Lunarifve AJironomia. Sreilarum 
oSiaviorbis inerrantium accurata Keftitutîo. Epijîo- 
la ad G. Peucerur»' li y ii â\i(ïi de lui un Cntalogue 
de miilc étoiles fixes & divers Cahiers d'obfcrva- 
tions <^'ii n'ont pas été imprimez. 

Il eut une fœur nommée Sophie Rrahc, donton 
void une l- pitre en Vers-Latins dans le Livre întitu- 
ïé Hafmenfeilnfcriptioneii fait par loannes Rcfe- 
fiius. 

RICHARD STREINIUS, Baron libre^'l'**". 
d Auuiche, tut trcs-verle dans les Anti-^iw;. 
quitcz RoaTÛi=es,^< mcmes il les a éclair- 
cies pjrfes Ecrits. Il publia quelques Dif- 
couts pojr défendre la. liberté des Erars 
des Pays-Bas, mais il ne voulut pas en pa- 
roîrre l'Auteur , de peur de choquer les 
Princes d'Aurrichj , donc il écoic Sujet. U 
compofa au (Il quelques Traicez de Théo- 
logie, & il addrelFa un Avisa Robert BcU 
larmin , ou il mit Ton nom , & mourut 
cette année en fon pays. 

ADD IT I o S. 

PvTcHAKP Stkf.in fit imprimer en i<'-8. Ton- 
Livre intitulé ,c»>wr/Mf7J (^ familidrum Rc/ravs- 
rum S temmat a, .vi ce 'Juc l'ret.ice d-- 1-rancois t 'ot- 
toman, qu^idic c^uc Streinn'avoic que vinct ans. 



5 So Les 'EUges 

lorfqa'il compofa cet Ouvrage. Plufîeavs f^ava^s 

hommes ont tait beaucoup de cas de ce Livie. Ec 

d'auires ont prétendu qu on y remarquoit p'u- 

fîeurs chofcs contre la vciiré de l'Hliloire , & oi- 

verfes fautes contre la Chronologie. 

I« Ep*' David Chytrée loue Strein comme un homme 

/;ot..pig. d'une grande pieté, & fait voir qu'il avoit été ex- 

*7^' trêmemcnt zélé pour la Religion des Protedaas, 

laquelle il avoit r.ppuyce ôc défendue de tout fon 

pouvoir auprès de l'impereur , s'étant fervi de 

tout le pouvoir qu'il avoit fur l'rfptit de ce Prince 

pour le bien & l'avantage des Eglifcs Proteilantes 

d'Allemagne. C'cft pourquoi dans une d€ fcs Pcc- 

fics il traite Strein de 

MaxîrriHS in^erAo , doBrina maxmus Her^s. 
11 y a dans la Bibliothèque de l'Empereur plcN 
fieurs Ouvrages de Rieh. Strein qui n'ont pas été 
« imprimez. 

n'umL J£ AN HEURNIUS . natif d^'trcchr , 
d'une rres-bonnêre famille^s'éram attaché 
àbMcdecinc3& ayant appris les principes 
de. cet Art dans Ton pays', vint à PariSjOU 
il étudia avec un heureux fucccs fous Jeart 
Di-^^ret ProfelTcur Royal en cette Science , 

6 depuis il témoigna la reconnoillance 
qu'il avoit pour Ton Précepte^ir , en pu- 
bliant fcs louancres de tous côrez^^c exaU 
tant fon profond fçavoir. 

Etant allé à Padouë, & puis à Pavie, it 
fit des progrès côfidéiablesfousCappivac- 
cio & fous Mercurial , «5c étant retourné 
dans (c patrie, il fut appelle à Leiden par 
les Curateurs de l'Académie > qui y avoir 
été établie en l'année i j Si.tSc y fut hono- 



:* 



des Hommes Sçavans, 3 S i 

ré d'une charge de Profelîèiir en Médeci- 
ne, qu'il exci.'ç;i avec Rambert Dodonee de 
Malines. Il vieillit en cette ville ^s'atta- 
chaiu à l'écLideavec a(îîdLiiré,6(: donnant 
au public divers Ouvrages. Mais enfin a- 
prcs avoir joui long-tenips d'une parfaite 
ianté , il fut attaqué Je la pierre , & en 
ayant été tourmenté trois années entières, 
il mourut âgé de cinquante huit ans. 

AD D 1 T I O U. 

Hf.urnius naquit le ly. ].invicr 7^43. Son 
pcrc appelle Otho , qui étoïc un Marchand de vin, 
uVpaigna licn pout bimcr fcs noceurs ^ (on cf- 
pric. Mais Mcurnius rcpcndic li mal aux foins 
qu'on prie de fon éducation , qu'à l'âge de onze 
ans ils f^avoii à peine conno'tre les Lattes, & qu'à 
l'âge de quinze ans il n'avoit encore pu apptcndrc 
les relies de la Grammaiic.Mais depuis ce temps- 
là il s'attacha à l'ctude avec tant d'ardcur.qu'il y 
pr./loit les jours & les nuits cnticrcs,& pat un tra- 
vail afliduil acquit enfin un fi grand fond de fça- 
voir cju'il fut confidcic comne un homme égale 
ment dodc & poli, & oui avoit )oint a une cxa^re f''"'- 
conno'lîancc de laMcdccmc celle de la belle Lit- ^^/[' 
tciatute. Il avoit lû fi fouvcnt & avec tant d'appli- ^r//. 
cation les Oeuvres diiippociatc, qu'il les fcrivoit>^'^'** 
toutes par cceur. Qi-oiqu il f-u l-rofeircur en Mc-^"^' 
decine dans l'Académie de Lcidcn &- que mêmes 
il y eut cxcrcf fix foi., la chatee de Kcacut qui cfl 
cxiréniem;ét honorable, il ne la Ilot pas, de faire de 
fcs propres mains des diflcdions des corps morts, 
pour mieux cnfeigner l'Anacomie à fcs Fcolicrs. 
Il a faiL un '.ivre des maux de la tcte,qui fui rafle 
[autant les autres Livres , que U tvtc ca au-ddlus 



jSi Les Eloges 

des autres membres à\i corps , ainfi que le témoi- 
gne Iule Céfar Scaliger. - 

gwo Ubro-, dit- il , tAnto lihros fuperemtnet omnesy 

§luanto cunêijt fuper cetera membra-caput. 
Ses Oeuvres impriniées fonr , înjiitutiones Me' 
àicini, DeJittdfO Medicinâ, bene tnjlhuendo. Praxis 
MedichiA.No'VA ratio de Morbh qui infinguiis huma» 
ni capitis partibus tnfidere folent. . De MorbU ochIo' 
rum . aurium - nafi tdentîum , ^ or h. De Môrbîs 
pecioris,De Morbh ventrict^li .Sullam ejfe a-in&irmA* 
t'tonem Lamiarurr) indiciumOrAtto de MedîcîyiA oti" 
gîne , JEfcH- a pid^tm ,ac - • ti-po cratis jiirpe , Cpfcrlptts* 
De grAvljjunh morbîs rnullsrum De humcmn feitm 
clrate. De morbis novts c3^ m^randis Epijioia, De Fe* 
brîL/us. De Fejie. Ccmrre' raril în Hîppocratis libres 
dito dt homtnis tjatnra , in jus j;iTai?dnm j in libyum 
de Medico . in Le g m , /» lihrum de Artetin librum 
de ueteri 2\jed:cina , in lilmm de Elegantia , 
în Fr&ceptlcr.es iv. librum de Carràhus fve Princi' 
^iis , /?/ librum de purgatoriis remeditS: in libres ^w^- 
tuor devtcius rufione in rhorbis acutîi . in .<phûris» 
mes , inltbrostres Progmjticm. De natura ç^prA" 
Jf^gio horrevdi Ccmets. cjyi am^o » S "7' ^'fbem terra- 
.rumterruit- Préifatio infiCrttti Alchyrf'U magfalia, 
T\ TiiorHA y-quinatis jcanms de liupecJfj^ ac Rai- 
De Via. mundiLulU librum Tlioinafiius a iemaro;u.' qu'- 
fjo §.itf.H'^urnius dans fonLiyrc , de ratione Jîudii Mtdi* 
(lûA , a mis plufieurs chofcs c]u'îi a piifcs d'. ;u- 
lius Alexandrinus 'ans ic nommer, t'cft pour- 
quoi il met Heumius au nombre de-, Pljgiaircs des 
Oeuvres d'aurrui. 

Otho Heurn rus fou fils apié^ fa mort remplit 

fa place , & enfei2,na la ^udi-cme cvcc bc:.ucoup 

delouarge. il y a de lui, jfr.ti-juitates Fh'dcfo- 

phÎA l^arharicA cjf tahyhnica -. A'g;fptiaca Indi* 

ca ,t^c ■■ hiUfipMA j.rir?tord:a* 

ilogesde Quant à .O-^'S i i.B£t ilnâr.uit aux exué- 

SmMar- rniicz dw ldBcurçro2.nt , far les lim^ues de la 'ran- 

ihe, ç'j^Q. Coincé , & tut cn^fo)^ foit j - une à Paris pour 



des Hommes Sçav^ns, j S 5 

y fairefes écudes, il y arriva extrêmement pau- 
vre & ignorant, mais il y acquit dans h fuite tant 
de bien &c tant de fçavoir, qu'il fut un des plus ri- 
ches & des plus d^>tUs Médecins ilc Ton hccle 11 
fut honoré de ia charge de prcn ier Médecin de 
Charles IX. & puis d't enri lU. & ce Prince eut . 
tant d'cltinic -^ de bienveillance pour lui, que vou- ,,-^ ,r* 
jant lui en dorner une preuve convainc^nrc , non 
feulement il honora de fa piefuicc les nopces de fa 
Jille,mais encore il l'accompacna lufou'à l'E- 
glUe ou ion manage devoir être l>éni>s'tc."nt mis 
àladtoite de la nouvelle mariée , &i ayart placé 
fon père à la gauche. Le Roi voulut mène alli- 
fter au fcflin qui fe tii au retour de TKgi ife , & 
ayant prête à la tîlle de Durct toute U vaillellc d'or 
& d'argent qui fut employée dans ce repas, il lui 
en fît enfuitc préfert. Enfin ce grand homme ç. f^^^^ 
après avoir mérité par fon cruditron 1 ef>;me dc»i&/. 
fon Prince & du public , mourut en' 1596". a^^é de 
cinquâiuc-neuf ans , d'une mort qu'il avo.t lui- 
même depuis long temps prévië. Au/n conrnc 
il fentit approcher fon heure dernière, après ^iViùr 
exalte dans un ample & dodle difcours la mifcri- 
coide de Dieu , p.is congé ce fa femire.&: donné 
la béncdidion àfes enfans , li expira ai; fîi dou -re- 
laient, que s'il tût paffé dans un paifiblc & agrcablc 
fommcil II lail'i pluii^urs entons, l'un defquels 
un hab le Médet ii comme lui- Quant aux autres, 
ilsfuruK élevez aux charges de (.onfeillers,ou au 
ParlemcH. ., ou .1 la Chambre des Comptes de 
Paris. 

Les Oeuvres imprimées de L. Tuiret font , Htp^ 
poiraiîs t?.ac'i CcacA Vnnotiones inter^r<te (y enar^ 
ratcre L ^tireio Jn Hlfpccrat.'s librum tie huxori^ 
hui fu>ça)éd's y Éf^'pjiiùrrs :*-es de tli^ta acurrrHVit 
^cr/.ir4eraariiir;ferprrtatiei:e ^ enarrattcne hjiones» 
\ Jic curent <* conj:îtt'T'>07ils prirfOit, lie. i. fj'uifv.ivf 
ejufdem jiutons interpretatio. AdverfarU in JhcoH 
HoUerli librof de morbis intemîs* 



3^4 Les Eloges 

Divii II ne faut pas oabliei: DAVID CHY- 
shjfiraui^ TRE'Ejquî agarciui dcs céiicbres de l'ou- 
bli la mciTioire de tant de grands hommes, 
dont il a écrit la vie. Il naquit à BraKen- 
heini village dti Duché de Virtembcrgj & 
fîtfon apprencilîagc aux Lettres à HeideU 
bera & à Tabingue.ll enfeigna long.te;.nps 
à Roftoch , où il avoit été appelle par les 
Ducs de McKlebourg , Se y mourut ayanc 
plus de foixante &C dix ans. 

T3. Chytre'i ttoic fils de Matth. Chvtréc,Mi* 
Méich, nilhc Luthcricn. 11 apprit la Langne Larinc & U 
^dam,' Grecque foLis Joachim Camerauius à Tubingue , 
^^''' &: la Théologie fous Melancluhon à Vittembcrg. 
^*'*''* Il voyagea qa;;îque temps en Italie, & étant retour- 
né en fon pays il Fut établi Profciîeur en TAcadé- 
mie de Roftoch , à l'âge de vingt ans. Enfuite il 
fat fait Doreur en Théologie , & il enfeigna les 
{aimes Lettres en cette ville- là jnfqu'à la fin de Tes 
jours. C'etoit un homme également dode & 
pieux. Il avoit un amour incroyable pout le bien 
public & pour la concorde. Il etoit doux,patient, 
humble, m-odefle , fobrc . & bienfaifant envers 
toute forte de perfonncs. Il étoit fuiet à beaucoup 
de maladies , mais quoiqu'il ne mcprifâ: point les 
Médecins ni les medicamens,il n'cmployoit point 
d'autres remèdes pour U guerifon de Tes maux,quc 
la patience, rabrtinence ,& le re.os. ^1) avoic 
dans f m cabinet un tableau, où Icfns-Chrift étoïc 
peint attaché à la croix , avec desfentences de 
l'Ecriture écrites en gros caraétérc-s. Il a donne 
au pubhc p''ifi-urs Ouvrages , qui font connoitrc 
qu'il excciloit en la Théologie, en rHiaoire,&: en 
^ la 



drs Hommes Sçavans, 3 S y 

Ia Chronologie. On efti re fort fon Commen- 
taire fur rApocalypfcfon Livre 'mi\m\é,ReguU 
vh^ j fon Cacechifme , & la Chironologie. Va- 
riUas dans fa Préface de l'Hiftoirc des Héréfies die 
qu'on ne trouve rien à redire dans fon Hiftoirc de 
Saxe pour ce qui regarde la véiité,mais qu'il cft lî 
peu poli , que l'on s'cnnuycroic bien-tôc en la li- 
fanr,fî I« nouveriite des matières ne reveilloit les 
Ledcurs , & ne fuppléoit à ce qui manque à l'Au- 
teur du côté de l'art. Il loue far- tout la Relation 
de ce qui fe palîa à Augsbourg pendant la fameufe 
Pietiequi s'y tint en 1 530. Mr. de ScKendorf af- 
fureque cette F^iftoire eft très-bien écrite, & que 
Chytréeimitoithcureufemcnt le ftiledeMelanch- 
thon : & c'e{l€e qui lui fait douter que Varillas 
l'CLit lue. 

Lipfe affùre que Chytrée étoit un des plus grands ^/r'T/. 
hommes d'Allemagne. Ant. Martin Brafchius ^huo^hr 
fait des Vers à fa louange , dans lefquels il le rc- <"k^'«y. 
prtfcnte comme un perfonnage que le ciel ^voh^\^^-^'' 
comblé de fcs faveurs,à qui il avoir donné l'efprit ^^'^^ 
dVrchitas , la mémoire de Cyrus , la fagelTe & Mijc'ep^ 
l'éloquence de Platon. j 9.ee^f, 

». 

Otnnia qui norat , reliciuî qu'-ftngtda > folus , 
g«^ mare , qu& teilus , quA fimtil ajhateïieni, 

^i nocuît milll , potult qmbus affult nltrOy 
NhIUus trrifcr . nullius hoftîs er^tt 

Vrhes quem mdgnsi , magm cum CAfare duces , 

Do^i , atque indoîîi , quem coluere duces, &c. 

Se<: Oeuvres imprimées font, D^/rtt/mV;?/^e^r?r- 
tltudîne ChrîjVtan docîr'nAjrjr raricne difremiî The\ 
logiam. Régula vltA , hoc efl vîrtutum defcrîptîones 
tnethodîci. Catechifmus.T>e Icclione HiftorUChro- 
nolùgia Herodotl ^ Thucyàîd'a , addlils EccUfiA 
( hrtjil ne Impcril Roma?d rébus frAclpMts , ttb Initio 
mundlufque adnojlram Atatem- Rhetorica. Fnar» 
ranones brèves in Genejln , Exodnm , LevUicmn , 
Tome 1 T. R. 



3 8 ^ ^^^ Eloges 

Numéros , "Deuteronomum' jinnotat. m Evange^ 
l'îum Matth&l Brevîs Enanatîo , & prAterea Scho- 
lla in I . Epift- ad Timotheam Inanatio EpifioU ad 
CaUtas. Enarratio in Jpocalypfin. Explicutto Pro- 
phetéL Malachiéi.cum C hronclcgia Hifiori& Maccha- 
iéicrum. In Miche am & Kahum Explicatio. hi- 
floria JofuA Frde^lonihus iUuftrata. Hifcona Au- 
guflanA ConfcJJionis.DeftatH Ecclejlarum hoc tempo- 
re inGréicia , jfta.Africa, Vngarîa.Bohewia, &c. 
Et EpifioU aliquot FatriarchA Confluntinopclltam , 
e^ Mîcrum , ex Oriente [cript a &c. Ô' ciecem Epift o^ 
U de rébus Gr&cis &c. TraclutUi de vit a Aterna.^ 
gloria heatonfm in cœlîs. Onomafiîcurn TheolcgU 
€um. In Htfioriam Judicum Comment Arius. In Ht- 
fioriam JofuA , Judicum , Rut h , in T^rophetas-, à" 
Pfalrr.os aliquot (^ [ententias SyreicldA Explicationes 
Comment, in Evar^geUum ^oann>s. Difpo/iticnes 
Epiftolarum, quA diebus Dominicisé'aliis in Eccle^ 
fia ufitate propcni filent. De ftudio Thedogico reSie 
infiituendo-T^e Beiptifmê & Etichariftia. De morte 
e^ vita Atema Tabida de vira ^ icercnis. Catalogus 
Concilicrum- Explicatio Symbêli Apofiolicï colleci^ 
ex e\ufprAleBionihus. Summa dcBrinA de vera Dei 
agnitioYie. Refpo^ifio ad Antonii Pojfevini & Mylcnii 
cu\ufdam criniina-tiones Capita docirinA de patien^ 
t'ta ^ confoUtionibusin cruce. Liber de cfficiis virtw 
tnm primi prAcepti. Comment, tn Jonam. Itiners" 
riumO" Chronicon totius S cript tir a . una cum Tra' 
Batuin Jcfidam & Libello de ponderibus , monetis , 
C^ menfurii fa cris LibeUus > (^is veram in pericw 
lis omnibus fecuritatcm pclllceatur , brevi oraticne 
tamfiluta quam ligata traBatus- Pîa explicatio- 
ns vocabulorum necejfîtatis t determinationis divi- 
nA.fati, contmgentiA yVirium humanarum , libe- 
riarbitri't Locorum communium ex confinfu Patrutn 
ad certum methodum confirmatio De animarum 
immortalitate ., purgatorlo , fine mundi , refiirre» 
Hione y extrême jtidicio , & pœnis inferni. uratio- 
Ves de vwiis materiis , edit à Davide e, us fili9. 



des Hommes S çavans, ^ S j 

EptJlèU. 'PrAmium Metropolls > Jive fuccefforibut 
'Epîfcoporum in Ecclefih SaxonÏA & VaridalU veterts 
Cathedralfbus , &c. De diciis & facih Alphonfi ^ 
Kegis Arragonum > ^ aliorum Prmctpum. Dejlw 
dlo DîalecîiCA re^e infiuHendo lihellus. De ratione 
difcendî (y ordlne înfmgulîs artibtis reBe inflitHen" 
dû. Chronîcon ann. 15^3.94 ^9^- ufque ad ann. 
iS9^. Saxonii Chromcon, De utllitate Herodotî , 
Ô" 'w fingulos libros argumenta KaU ndarîum vêtus 
Romanum, Séries annorum vit& , honorum > rerum 
leflarum , ^ fcrîptorum Cîceronis, Defcriptio Re- 
^ionîs GreirhAAad^eccarum. Il y a aufîi de lui 
quelques t dits en Allemand, 6c quelques Epi- 
grammes Grecques. 

Il eut un frère nommé Nathan Chytre'e , ^"t^Jf. 
"qui fut un excellent l-ocîejReâ:eiu- de l'ACadcmic ''^ ^'*^^* 
de Brème , & qui mourut en 1 5^8. âge de cin- ^yf]}^i^ 
quante- cinq ans. lerllî^ 

b'io.h^ 

Année 1601. cunof^^ 



LAZARE SORANZO , Noble Ve- 5,^'^ 
niticn, a écrit avec beaucoup de prudence "'«'* 
& de jugement un Livre de l'ccat des affai- 
res des Turcs, 

MASSIMO MARGUNIO , Evcque ''^'''*: 
de Cengo , Grec de nation , a donne au gHnius. 
public quelques Ouvrages des Peres^ qu'il 
eut peine à fauver du naufrage qui a fait 
périr leurs autres Ecrits ,& comme il ex- 
celloit en la Pocfîe , il joignit à leurs Li- 
vres de beaux Vers de fa façon. 

^ 2) D 7 r / O X. 

11 a excellé dans la PolTic Lyrique , cocomc il 



580 Les Eloges 

paioic par fes Hymnes Anacreontiqucs , qui ont 
paru (i beaux audodle Coniard Ricerhu(îus,qu'ii 
a bien voulu les traduire en Latin. 

Les Oeuvres deMASSiMo Margunio 
font , hûVJillA GrAco l'ulg. Bymni Anacreontîci. 
Vçémafa alt^uot facra édita à Duvtde HAfchel'tc, Il 
a écrit en Grec un Livre contre les ]efaites,& un 
autre contre les Cordeliers. 11 y a aulîî de lui des 
Noies fur quelques Liturgies. 

fa^'u; PAUL MELISSE SCHEDIUS , né 
s!l«filn à Meliichftat dans la Franconie , s'exeiça 
en la Pocfie » voyagea long temps, & en- 
fin mourut en fon année cliniud:ciic]ue à 
Heidelberg, où il étoit pourvu de la char- 
ge de Bibiioihéc^uaire. 

ADDITION. 

^^ ^'j Paul Mélisse Sched-ius, fîlsdc Bal- 
yii. P/ii i2i(^^ Schédius, fit Tes premières études avec beau- 
té/, coup de fuccés fous les plus habiles Précepteurs de 
toute l'Allemagne. A l'âge de vingt cinq ans, 
il donna des marques fi illultres de {"on grand ef- 
prit , & du talenc qu'il avoit à faire des Vers,qu'il 
mérita la couronne de lauriei que les Empereurs 
avoient accoutumé de donner à ceux qui excel- 
loient en la Poéfie. Etant en Italie , il fut lait 
Comte Paiaiin j & Citoyen Romain. En Angle- 
terre , la Reine Elifabeth lui témoigna beaucoup 
Six. d'edlme & de bienveillance. Il pajTa pour undes 
Ptéj». premiers Poëres de ("on fiécle , comme il paroic 
par les éloges que lui ont donné comme à l'cnvi 
Secvoie pi^fi^urs (çavans perfonnages. Béze fe joiiant fur 

Marthe ^-^^ "°^^ ' ^^^ ^^ ^^^^ "'"^^ P'^^ P'^^ doux que 

£ptgr> ^^s Vers. Scevolc de S.Marthe l'égale aux plus f"a- 

içieux Poëies de PAntiquité. lofeph Scahger af- 



des Hommes Sçavr/is, ^ 8p 

fûre , qiie dans rcntcndcmenc célefle de McHfle il ..^ ^ j,^ 
y avoir une foiirce inépaifable dedilcours divins , ^ctUe, 
& généralement tous ceux qui ont parlé de lui le Carm. 
traitent de Pindarc Latin. 

Ses Ouvrages impriracz font , Ode ad 'HJûriher' 
^am ^ Septemviros Reip. tiiorihergenfis. Par&nejts 
illuflriffimo Prînclpz Valattno Duci BavarU dicatfit. 
Od& palatinA. Eptgratnmata. ÂieUtematam pia^ 
rum l'ibrî ^.TarsLneùcorum duo Parodiarum duo. 
Epicedia. MufA errantes. Canttones quatuor ^ 
qumque vocu*n. Parent alla in ohitum J. Cafirnirt, 
"Epigrammata In urbeslfaliéL -, ^ Odi, Pfalmi ali- 
quo carminé 'verfi. Schedïafmata Poetïea. Il a aulîî 
lait des VcLS Latins & Allcmans à la louante 
d'Hcrmaiide hoiKersheim , & a traduu en Vers 
Allemans les Pfeaumes/uivant la mefure des Vers 
François» 

MARTIN RULAND , de Freifin-i/.-^^r 
ghenjMédccin dcl'EiTipereut , fut renom-^"^*** 
nié poiir.fes Ecrits, & monriu à Prague 
du mal de Hongrie , dont il avoit fait un 
Traité depuis peu, 

>4DD /r/O N. 

11 y a eu deux fameux Médecins nommex g>,^^^fl 
Martin Ruland , que M. de Thou a confon- ^ ;,^,^' 
dus ,i'ui^étoit natif de Freifinghcn , & Profef-i//My?K. 
fcur de Médecine en l'Académie de Lawinghcn yf^r.Bib'.» 
lequel avant commencé à écrire en fa vinçrc-deu-^""'' 
xiéme année donna au public les Ouvrages fuivans. . .^^ ^, 

Hydrtatice. Jquarum Medlcarum fefllonei qua^Sfript. 
tuor. Balnearlum re(i aurai ur?). Thefaurus Rulan- SUii<^ 
fiinus , hoc ejî , Curatîones Kmpyrics. , qut antea In 
decem Ceuturîis prodieruvt. De Phlelotomia. Ve 
f.*crificatior?e j c3* ventofathne. Oratio de crtu ani' 
mÂ. ProgymnaJ'mata jiUhymU > Jîvi Problemate* 

R iij 



390 Les Eloges 

Chymica ♦ eum laftdis Philojop hicl vera conflcten^ 
rfiùones. Lexicon Alchym'iA. Aledicina praâlca. 
jiffendîx de Defibus. Aphoriftni Hippocratis GrA' 
go Latini , in Locqs communes dîgefii, Grammati* 
£0. miner GrAca. De JÂngu» GrAca , ejufqne Viale- 
His. TormuÎA cclloquiorum Sebaldi Heiden > GrAcè 
réduit A , cum latino trium Linguarum , Gtaca , 
LatlnA 5 atque Germanie a j Nomenclatore rerum» 
De emendaîA LinguA Gtaca JiruBhra. Synenyma , 
feu copia verborumGrACorttm. Catecjgifmus GrACO" 
latino Germanicus.Ciavii ScriptHrA fanBA Myfie^ 
ydnàtf fiorum , Tomi 4- 

Lud.dt L'autie iMartin RuLAND étoit fils de celui 

%>if(. dont nous venons de parler. 11 naquit à Ratis- 

Mcdiu konne , fut Médecin de l'Empeicur , & mourut 

Chrîrai. ^ pi^CTue âgé de 41. ans en 1 611. du mal de Hon- 

Mille», %^^^ 3 ^^^^' Ic^^i^el 11 avoit tait un Traite. 

ùUlttt.u Ses Oeuvres imprimées font , Ve luisVngarica 

teomarfi ép curatione TraBatus. tiova ((y inaudita 

Hijieria de aureo dente tqui nuperin SiLefia puer» 

euiàam feptemtifiiccrevijje animadverfus efi , ç^ 

e'iufdem de eodem Judicium. Prohlemata MedicO' 

Phyjïca Alexicacus Chymiatricus -, mendaciis (3* 

falumniis Joannis Obetndorferit quibus larvatus ille 

J^Udlcus Apologîamfuam Chymico Medicam pracii^ 

£am confarcinavif , oppofitus, 

a^fpar GASPAR PEUCER,natif vk Rantzeii 
*''**'"'"' dans la Luface , gendre de Philippe Me- 
lanchdion.fat plus illuftre que Raland par 
fes Ouvrages 5 par Tes avantures, & par fa 
longue viejCar il vécue foixâre & dix-huic 
ans. Ayant donné au public l'Abrégé de 
la Chronologie deCarion,&revû Ton Ou- 
vrage de la Divination, il fut enfermé par 
les ordres d'Augufte Duc de Saxe dans une 



des hornmfs Sçavans, 591 

prîfon,où il languie pendant deux ansjôC 
enfin ayant à grand'peinccté mis en liber- 
té par Chrétien fils de ce Prince>il mou- 
rut à Deiravv dans la Principauré d'An- 
halr, après avoir mis au jour THiftoire des 
mifcies qu'il foufFrit dans fa prifon. 

ADDITION, 

Gaspar Peucer eut tant d'inclination pour 
l'étude des {"es plus tendres années , que tout le 
temps que fes compagnons d'ccoîe employoienc 
au jeu & au diverciffcment , il le donnoit à la Ic- 
(f^Lire. Il fut fi coudant dans cet amour des Let- 
trcs^que pendant toute fa vie il en donna des mar- 
ques convaincantes , jufques-là mêmes qu'étanc 
en prifon il s'occupa continuellement à lire , â 
mfdirer , & à taire des Vers j & parce qu'il man- 
quoit de papier & d'ancre , il «°crivoit fes penfécs 
fur la marge de quelques vieux Livres qu'il avoit 
dans fa chambre, & il faifoit de l'ancre avec des 
croûtes de pain briilées détrempées dans du vin ou 
de la bicre. 

Il n'eut pas plutôt ceflë d'êcrc Ecolier , qu'il fat 
trouvé capable d'enfeigner publiquement les Ma- 
thématiques. Apres s'ctre acquitté de cet emploi 
avec beaucoup de louange, il fut honoré de la char- 
ge de Profr (îcur en Médecine à Vitcemberg , & il 
mérita par fon fçavoir l'cllimc du public , &: fur- 
tout celle d'Au2:uQe Elcclcur de Saxe. Mais avant 
cceaccufé d'avoir des fentiirens confoimes à la 
créance de Zaingle , & contraires à celles àz Lu- 
ther , il fut cnkrmé dans une r'ftrcufe prifon, où 
ce Prince le retint Tefpacc de dix ans , fans avoir 
égard ni à fon mérite , ni à fon innocence , ni i 
l'inccrcellion de l'Empereur Maximilien II. & des 
pluspuilfans Priii^as 4'Alkmai;ne, qui con;urc* 

Ê i)ij 



39Z Les Eloges 

rcnt tous avec beaucoup d'inftancc âe leur accor- 
cer la délivrance de cet iliuftre prifonnier. Il defef- 
peroit de pouvoir jamais fortir de cecce mifere , 
lorfque le Piince d'Achalt dôna fa fille en mariage 
a cet Eleveur, & eue dans la folemnitédes nopces 
lui ayant demandé fa grâce , il eut le bonheur de 
l'obtenir, & le fit mettre en liberté. Peuccr étant 
forii de prifon , fe retira à la Cour de fon libéra- 
teur , où il vécut encore fcize ans , & durant tout 
ce temps- là ii jouît d'une fancé ferme &: vigourcu- 
fc, & palFd fes )ours avec beaucoup de pUilir &c de 
douceur , étant chéri & confideré par ce Prince 
généreux. 
iicV.gt- Le principal de fes Ecrits cft celui de la Divina* 
'•^'-•2. tion , lequel a été ellimé par tous les gens dodes , 
iih^Cur^ Si fur-tout par le grand Scaliger. L'Auteur de la 
fcowd- g-,tjiiog,.,phie curicufe allure nue Peucer étoit un 
1^91» ^''^- gf^f^^ perfonnage , & que Ion ecudiiion pa- 
toit en tous fes Ouvrages. 

Ses autres Oeuvres imprimées font , Oratlo de 
'Symp/%fh!a o* ^ntî^athia. jippellaticnes quddrupe- 
dum înfe^ort**n ■> volncrum , pîfctHm ■ friigum y 
icgumwum j clerum > (^ fruBitum ccmmuri'mip > 
qua cum Paulo E^ero collegU. VocahuU reî num- 
warU > fcnderum , éP menfurarHm. Vractica^ 
feu Methodus curandi motbos tntemcs' TraHatus 
de febrlbus. Oratio , In qUa ccntketur expUcatio 
Bippccrath Jphcrifm! 4.1 »parth i.qu't efi de Apople- 
xla. 'Eléments do^rlns, de circuit i cœlejiibus & prt' 
mowotu- De dimenfione terr& r, ^ geometrlcl nw 
metrandîs locorum partîculartum întervallh , ex do- 
âr'matrtangulorumfphâttcorum > CP canone fuhten- 
far um j liber. Hypothefes JjîrommicA ^feu theOria 
planetarum » ex Pt»lom&i if ^Itorum Veterum do- 
0rina , ad ohfervationes Ccpermci necommodatA, 
Viuîllufirium Medicorum. TraBatus Hijhricus de 
Tb- MeUnchîhênîs fententU in conîroverfm CcenA 
Dcmini* Vefenfio jujia adverfu^ m aie di cum fin- 
' , ftum Tkeologortim mvitlorum Wittebergcrfium > fui 



fffif MommPfSçavans, ^ p 5 

fhnltim fecerunt i Rcfutationcs HiftoriclTrada- 
tus D. Peuceri de Ph. Melanch h.fcntentia in con- 
tioveifia de Cœna Domini. Feucerl & Th. BezA 
'f.piftoU dud lecin digmffim&. roSinKafidei jujîifican^ 
tis m Ecclejia v^ra omnium temporum. Teflamentum 
Lattnum in cane ère ab eo confe^um ah h&redlbuspw 
hllcatutn. Deperhulh Regh Cht'i(lia.niffiml Henri ci 
JV. idyUium patria quod repetit Hifioriam ejus regio' 
fils quAoUm diBa Provincia, Nijj^ana (^Utc&a , nunc 
HexapoUs t^ Lufatia fuperior Hiftoria carcerum , 
& liber ationtsdivinéi- Artis diuinaîricis Encornla ^ 
Logifllce AjironomiA, ReguU Arithmeticsi quam Cof- 
fim uocant, il a aulli continue la Chronique de 
Melanchthon. 

FRANÇOIS JUNIUS , natif de Bonr.r..«r;r. 
ges , mourut âgé ^ie cinquante fept ans/"'^"' 
Comme ce Fut un homme d'un efprit létrer *""'* 
&inconftant5(?c qui entreprit beaucoup 
d'Ouvrages fur de difFerens fujers, les Sci- 
vans jugeront s'il y a relifTi. U fut chafTé 
de Leiden , où il avoit eré long-temps 
Profelfeur , étant foupçonné de vouloir y 
introduire quelques nouveautez^^ s'étant 
ren're à AlrorfF, où il avoit été appelle par 
la République de Nurembergjqui lui aflî- 
gna une pcnfion confidérable t il y mou- 
rut,. 

ABDJTIO^^ 

François T u n t u s , ou Dnjon , éroit ^4^^^ 
forti d'une Famille noble. Apres qu'il eut étudié en I^.rf/ 
Droic fous Fr. Duprein, Hugues Donel , lac^ies 
Cujas , & Antoine Conte , ii renonya à la ]uri{- 

R y) 



3 94 ^^^ "Eloges 

* prudence, & s'étanc adonne à la Théologie , i! 

rue preraiercmciic Niiniftre d' 'envers. Il prêcha 
- -.^ enfuite à Gand & à Bruges , & enfin il cnfei^na 
f^of.p iif'-'^ i néologie penianc dix années a Lemen , & y 
aiiibroi mourut dc la pelle. Jean Gérard Voilius , qtii 
^e Hifior. écoit {"on gendre , aflûreque l'on void encore fort 
I^aiift, tombeau dans cette ville-!âj& qu'ainfi M.d^ Thoa 
fe trompe lorsqu'il dit que îunius ayant été cha'Tc 
«le la Holbndc fe retira à Altorft", & y finir {*es 
jours. Voiïius ajoute , que M. de Ihou n'a traité 
for. bc^au-pere d'cfprit legar &' inconftant , que 
pour fatisf aire la paflion de oleph Scaiiger fon in- 
time ami , lequel avoir conçu une haine extrême 
pour unius, & qnc fi cet illullre 5c équitable Hi- 
ftoricn eut fuivii'on inchnntion & fcs lumiéres,il 
n'eût pas manqué de lui donner de grandtfs louan** 
ges , puifqu'il en étoit pus digne que plufieurs 
autres dont il fait mennon avec éloge dans fon 
admirable Hifloirc, Et en effet, l'on n'a qu'àjetter 
les yeux fur le Livre intitulé, Scalîgerana , qur 
contient diverfes converfations fam.iiieres de îof, 
Scaliger , & Ton fera convaincu qu'il n'avoitni de 
l'aft.^ion ni de l'cfHme pour Junius. Heinlius a 
fait imprimer les Lettres de caliger , dans Icf- 
quellesce fçavant homme dit bien des chofes inju- 
rieufes a Junius. Il ell vrny qu'on en a retranché 
]e nom de Junius. Mais il cft -lifé de fçwoir que 
c'efl: de lui que Scaliger parle d.ins ces endroits- ià> 
puifqu'il blaire Ion Commentaire fur Manilius, 
fur Tertuîicn , & fes Notes fjr ks E pitres de Ci- 
ceron à Atticus , dont cha lu'un fçait que Junius 
cil l'Auteur. Scaliger difoit , que 'unius ne fca- 
voit pas THcbreu , & que mêmes il 'n'enrendoic 
pas bien le Latin. Dans les L'vres compofez par 
Iunius S«aliger avoir écrit de fa w.z-u.Simîa-.AfinuSy 
S^'Jp» Ccjon, & fcmblables injures. Scioppius étoit ur ce 
Leà/. é- fujetd'un autre fentiment que Scaliger, car iJ af- 
^f y/z/e fiire que Iunius étoit un des plus heureux ^. des 
meilleurs Çtitiques de fon temps , & il témoigne 



^•ri.i.a. 



aes Hommes Sçava^s. ^ 9 j 

tftimer fcs Commentaires fur Maiiilias & fur Tcr- 
tuUicnv Voflîiis die dans uijcdc fes Lctcres que 
Mr. de Thou a ni.ilcraicc (on b'.?.a-perc par erreur, ^^'*4« 
& que ces mocs , vir defultorii mgeiui , fe doivcnc 
rapportera Donc 1 , qui' rn^aruc à Altorf, &à 
«]ui cet illtiîhc Pi-cfidcnt en vouloit, parce qu'il 
erciinoic 'nfiaimeiu Cu:as , dont Doncl étoic en- Jn E'AO 
ncmi. Lipfe lo«e le travail que Junius a fait fur 
Curopala:cs. Mais Cafaobon & même VoiTius'* '*-^* "^ 
fon b^aa-perc étoicnt d'un autre avis à i'éc^ard de ^- ^ ^*' 
uvrage. 
Ses Oeuvres imprimées font, ?rdectîonestntrÎA 
prima capltaGenefeos Confutatio argumetitorum ^^. 
tjUA olhn a: 'îïmpiïcio ta Hiflorlam Alofis de creatione 
fuemnt propoftta. l ibti Genefeos ^yialyfts Lihri 
Mo/Is , qui Exodus Vîdgo Infcrihitttr , an.ilytica Ex' 
pLciitîo Levitlciy Sumerontm i ;jV Deuterommli 
ar,uly^îca Explicatio Methodîca ^. pfalm.Enarrath. 
Un Ar ratio "^falmi centefimi prltnl ii i. ^ 113. Etre- 
n'icum Expofitlo ^rofhau Darùelîs ^ E^ochîel. Le- 
B'tones In Jcnam. Sacrera m parallelontm libri. In 
Epifiolam JudApprbf-eves Nct&. yipocMypJis Joannts 
finalyfi (^brvvihus Nctls HlHflrMu. De Théologie 
njera. De tecfatoprimo A Umû De Po'itia Alofis, 
Ec de fia fit ri, feu de nat;ira (^ adn^ln.ljlr tiombus 
Ec cil fi A Deî lîbrî très* Toefes ThrologlcA de VMriis 
docir'ind' capitibus. Ad Th-fes Theoiog'cas Appen* 
dix. Très Defenponei CAfhdlcA doclrint de S. Tri- 
nirare Ferfonarum în unitate EjfenttU Deî , adverfus 
S^rriofarenJcos errores. Exé*weu e.iuyicîationum ^ 
Argument Aùonum Grivla) ^rofperi, CatholtCA do" 
Ûrim de natura ^ gratïa, ColUtio. Anîmad'jerfio^ 
Mes ad Rob. Bellamini Controverfiam i. de verbo 
Deîtfcrlpto , c3^ nmfripto . ad 1 de Chrlfîo cap] te 
fotÎHs F'Cclefiji , ad }. de Stiî7}mo Ponrifice , ad très 
libres de tranflutinu I mperii Romani à GrAcis ad 
Fraricos , ad ControverjiArn 4. de ConciHi(y Eccle^ 
fia militante. De EccUfiA liber fingklar.'s. Ad Con- 
troverfiam 5. de membrïi Ecclefi& militantis. Anl" 

K vj 



39^ Les Eloges 

vsadverjiones ad llbellum Controverpéi tertU opp^fp' 
tum. Ad conîroDerfiam 6. de Ecclefta , qu& efi m 
^urgatmo, Ad coraroverfiam 7- de Ecclefia trtum- 
f hante ^ ftve de glorla ^T cultu SanBerum. Spécula- 
nus , Dialo£us adverfusGenebrardum. Summa ail" 
qmt locorum communium SS. TheologU. Evangelîi 
fecundum Manhs.um analyticA Expojitîo. Evangelii 
fecundum Marcum analytica Expcjitio. Refponfum 
ad FrafresZandvvicenfes m /jnglîa de Imagine Chri- 
fil- Oratlode Lwgua Hebrâ/t. Grammuttca Hebr&A. 
LînguA . Orattones duA FrankentalU habit a ad leBîo- 
nem Veterîs Tefiamentî. ABa Apofiolorum > à* 
^pificU 'Pauli ad Cor'mthtos ex Aral; et tranjîatA, 
Apocrjphillbrl tranjîatl y cum iJot'is, In Anathema- 
tifmum Gregorii Xlll. adverfus Gebhardum Colo" 
menfem Epifcopum. Orattones quatuor ad leBlonerri' 
Veterîs Tejlawentî. Apoiogia Catholîca LatinafaBa* 
Lexîccn Hebraicum. FrAfatio in Indicem expurgatôf 
rium cenforum Belgii. Liber , cuî thulus , Acade- 
ma. Curopalates GrAce CP Latine , cum Notis , qui 
J>lacc.àt^?^^^^'^^^ le nom de Nadal Airaonius. FrAîext» 
Scrïpi, pulla In obitum frinctpîs Anhalttni. J Bodini DAmO' 
wd-nciiyrri.non anîa in Linguam Latinam converfa. Joannes 
Tiitus de Regibus (^ Regno Gallorum , ^ Epijîola 
du A Régis (^ una PleJfAi LatinAfacÎA. Oratio de vit a 
C" obitu ZachariA Vrfini- Manîlius cum Caftigatio" 
Tiibus ^ Notis. Libitina in obitum J. Cafimiri Ce- 
wttis Falatini. Oratio Ant. Arnaldi contra Jefuitas 
Latlna faBa. Emendationes ç^ Sot a in Ciceronis- 
Epijîolas ad Attieum , C ad<ol. fratrem. NttA in 
Ter'.uUîanum. VEcclefiaftiqfie en Latin f^ en Fran- 
çois. Vne Oraifon au Roi d'Efpagne pour la défen- 
de des Pays 'Sias. Avertijfement Chrétien contre 
Jean Heren. La Confejfton du Roi de France^ Le 
paijible Chrétien ou de la paix de l'EgUfe Catholi^ 
^tie. Méthode des lieux communs de l Ecriture S. 
difpofee félon l' 0) dre des chapitres que Calvin a fuivi 
fnfca 'nfiituricn. Amiable Confrontation de lajim- 
}>U vérité de Lieu cewprife es FcritHresfaiuteSiavet 



des Hommes Sçavans, ^5;/ 

les Livres ds P. Charron intitulez,-» l'un des trois ve» 
ritez. Sec. l'autre la Réplique fur la réponfe à la troi" 
fiérae vérité. 

Ilalaillc un fils qui efl un homme cxzïémc' Coto^ief- 
ment do6lc & ftudicux -, nommé François ^i't*f. 
)uNius , comme lui, M. Colomics nous apprend ;>*^.'i7' 
qu'il a connu à la Haye ce fçav.int pcrfonnnge , 
lequel à l'âge de quatre vingts anséruiioit tous 
les jours treize ou quatorze heures. Il adonne 
au public un Livre, de pleura Veterum ^ ci^'i efl 
fort ellimé par rilhiltreGronus. il a aufTi mis en 
lumière les quatre Evangiles en Langue Gothique, 
avec un Gloflairc fort travaillé. 

Jean passer AT , ne à Troyes-, ex- 1*'^»"''-» 
ccllcm Profeiraiu de la LaneueLatine,ac-,;^ • 
qnit beaucoup de louange à Paris par la 
ficiliré qu'il avoir à f^iire des Vers Latins 
& François , à écrire en Profc , & a expli- 
quer les bons Aureurs.. Comme c'éroit un 
homme d'un jugement merveilleux5&: qui 
trovivoitpcu d'Ouvrages de longoijrjil or- 
donna par Ton Teftamentque l'on ne char- 
geât pas fon tombeau de mcchans Vers. 
C'eft pourquoi peu de gens le loiierct après 
fa mort, craignant éle ne pouvoir répondre 
à fes defirs.ll mourut accablé de vieillelîè, 
ayant perdu la vû'i Se la vigueur de fon ef- 
prit,& dans un état où les plus amoureux 
de la vie celîent de la fouhaicf^r & de l'ai- 
mer. 

^DD IT I OK. V^plf, 

M f. 
Des qac Tcan Paflcrat eut parte les années de l'en- ^^%» 



59^ ^^•>' £^'<^g^^ 

fance, il prit la première tvintare des Lettres fous 
un Precepteor qui le traita Ci cracllcmlt qu'il quit- 
ta l'étude, & s* tant fauve de fon Eeole,il{"ervit un 
Maréchal , & puis quelques Religieux. Quelque 
temps après <e repentant de fa faute , il retourna à 
la maifon de fon perc -S: il continua fes études avec 
tant d\'ipplication,qu'il fut bien- tôt capr.ble d'cû- 
feigncT en public , & qu'ayant été Rcgent de la 
féconde Clafic: au CoUciic du Plelîis , il f*t choili 
par le Roi pour fuccedcr à Hamusdans la chaire de 
JB^'*.?*^ ''* Profc'iTcu; en Eloqaence. il acquit tant de rcpu- 
S. àlar j^^^Qi^ en l'exercice de cette charge, que les plus-, 
fçavans hommes defonfiecle menées les Con- 
feiilcrs des ^. ours fouvcrainc^ d>! Paris , accou- 
roienten foule àfon A. idicoirc. 11 perdit un œil 
d'un coupdv ba'e qu'il rcçiu dans un jeu '^e paume 
cependant quoique fon /ifa-^e fa: défigure par cec 
P accident , &; qu'il tiit l'air f vf*. e roiïibre.,& fa- 

^y.^/7"^ roachc , il n'y à\ o t ii< n de pl.is doux que fou ef- 
S, Ajar- prit , & rien de plus ncrrenble ôc de puis gai que fa 
fbf. converfàtion. Il .lin-soit extroardriairemcnt l'é- 
tude , & il pafîbit foavenc de s- )ourn..'cs enti 'rcs 
dans fon cabinet , fans prendre aucun repas, bon 
mérite lui acquit l'amitié d'Henri de Même^, &^ 
ayan: été reçu dans fa famille,il y demeura Tefpa- 
ce de trente & un an,. & duiMpr ce temps là il pu • 
blia divers Toe-'^es quifont également paroître& 
fon cfprît & la reconnoiiunce qu'il avoir pour 
fon eéncreux l>ierrfaitcur.»ll mourut d'une pa- 
ralysie âgé de foiix'anre S: treize ans , ayant aupa- 
rav.Tiit fouftei": de ccncinuelles douleurs pendanr 
cinq années. Il fît lui-même fonEpicaphe en ces 
termes. 

lîic Jifus în parva Janus PajfeyaÙHs urna, 

^ufonii docior regius eloqan. 
Dzjcz^ull rr.e/rores îumitlo dfiîe ferta Magifirh 

Ut "vario florHr/2 munere veruet hun^us. 

Jioc ( ul'a (jjyciô me a, moliher ojf quiefcent, 

tint modo carrmnlhHS non onerAî» f/Mh* 



des Hommes Sç<f7jarîf, 3 5) 9 

Ses Oeuvre^; imprimées font , Chant d »lUgref 
fepour ientréeâe Charles IX- en Ça vHU de Trcyes 
Complahile fur la mort d' Adrien Turnebe. Sonnets 
fur le tombeau du Sr. de la Chaire. Hymne d: la paîxm 
^luelqw^s ^onnets qui fe 'vovent p>4r)i?:i les Oeuvres 
de Philippe des Portes Recueuîl de To'éfies Vran-* 
foifes ^ Latines, ^luelqties Vers traduirs du 6 . de 
l'Enéide de Virgile, Orationes cr Prâfationes* 
Con\eciurarHm liber. T^e Utteramm in, er fe CO' 
gnatione 0' permutât 'one. Ccmment;irii in Catut» 
lum , Tihulium > Prcperîiur?^. Katendd JanuariA. 
Qiii fonc des Veis que I alierii: avoit accoutumé 
d'envoyer poui: Etrenncs au commencement de 
chaque année à fon illuftrc M-ccne Hcnii de" 
Mêmes , depuis 1 570. jufqu'en \ 597. qu'il tomba 
dans la maladie dont il mourut cinq ans après. Oiî 
y trouve quelquefois des Lpigr^mmcs attachées d 
ces Etrennes , dont la plus remarquable eft celle 
qu'il fit pour le remercier des cinquante piftolcs 
que fon généreux bienfaiteur lui avoic envoyées 
pour Ces Etrennes. *^ur quoi Mr. Baillct a remar- 
€[\ié que t a/Terat voulant nous per "uader fon defin- 
tereircmen-tcn difant dansfes Vcrsqu'il fit lepor» 
ter ce prér-nt,nous abeaticoup mieux tau voir \z 
^énéroiiré du Mécène qui la lui renvoya , pour ne 
point fe Kii/fer vaincre par fon inférieur. Qijcl- 
qucs-uns lui attribuent des Additions qui ont été 
publiées foui fon nom dans le Diél'onaire de Ca- 
lepin. Mais comme ces Additions n'ont pas été 
faites avec le ju^ :mcnt & avec le foin qui ctoit ne- 
ceilairc pour difc^rner les m^ch ms mots d^- ceux 
qui font de la bonne Latinuc, d'autres oni crû que 
Palîerat n'a jamais travailic fur ce Didionairc.Sort 
Commentaire fur Propcrce cft admiré par Sciop- 
pius dans (on Livre intitulé , Syllabus Juâcrum Lettr. 
Lin^uA Lati/iA aureA Atatis. F'^^-'f.^ 

laques Cil lot Confeiller au Parlement de Paris,' '"'*'* ^ 
non sappiend dans une de fes Lettres , que Paile /'' '^'*' 
rat lui avoit dVt , c^ae ion Livre , de ccgm^îkne lit- ^<, 



4^0 Les Eloges 

terfirttm\\i\ plalfoit (i fort , qu'il vouloic qu'on nz 
vid jamais rien de lui que cela. 

A«rfrM5 ANDRE' CES ALPIN , excellent Phi- 
VJu^^ lofophe Peripateticien , ayant enfcigné 
long- temps à Pife , & acquis une grande 
réputation par Tes Ecries a fut honoré par 
Clément Vlll.de la charge de Ton premier 
Médecin , & mourut a Rome* 

ADD IT lOK, 

Les OeiTvres imprimées d*André Ccfalpin d'A- 
rezzo font: , Catop*ron fi'^:>e Spéculum Arth MedicA 
f~'ippocraticum /fpéBandos , dignofcendcs . curan- 
àofque exhlbens morbûs t4niverf:sS<.c. De Vlanth li» 
brli'^. De MetAlLicîs llbrî fres. <3^u&fiîonnrn Me^ 
dicarum llhri duo. Praxis unlverfA Medicrn&, D^- 
tnonum InvrJî!gano?erlpaietica. ÇtU'-jîionum Perl- 
puteticarumltbri S- contre lefquels Nicolas Tau- 
rellus Mec^ccin àz Montbelliard r, écrit un Livre 
intitulé , Alpes c&Çi . hoc eji , Ar.dreA CAfalpini 
menfirof'a dogmdta difcu[fa éfexcujfa. 
M*blrgr. L'Auteur de la Bibliographie curieufc afiiire que 
J*//ç/^^_ Cefalpin doit être compté parmi les plus grands 
16^7. c^pr''t oui furent iam.nis , que toutes fes Oeuvres 
font bonnes , &: fur tout celles qui traitent de la 
théorie de fon Art. 

Quelques-uns prétendent que Cefalpin a enfei- 
gné la circulation du fang dans fes Qucflions^ 
fur la Médecine imprimées en 1^93. & qu'ainli 
Harvée iVeft pas l'Auteur de cette doârine. 

Année 1 603 . 

^eif. FRANÇOIS VTETE , natif de Fon^ 
tenai en Poitou , hit un homme d'un u 



des Hommes s çavans, 40 a 

grand gcnie & d\ine fi profonde médita- 
tion 5 qu'il découvrit les plus fccrers my- 
fléres des Sciences les plus abftrurcs,& 
qu'il vint â bout fans peine de tout ce 
qu'un homme fubtil eft capable de conce- 
voir & d'exécuter. Mais parmi fes diverfes 
occupations ôc les embarras des affajres 
dont fon vafte & infatigable eTprit ne fuc 
jamais exempt , il exerça fur tout fon in- 
duftrie aux Muhématiques , & il y excella 
d'une telle manière , que tout ce qui a été 
inventé parles Anciens en cette Science , 
&dont nousfommes privez par l'injure da 
temps qui a aboli leurs Ecrics^il l'a inventé 
lui-même de nouveau , il en a renouvelle 
l'ufage 5 & a même ajouté beaucoup de 
chofes à leurs merveillcufes découver- 
tes. 

Il méditoit avec tant d'application qu'on 
l'a vu fouvcnt demeurer trois jours entiers 
dans fon cabinet fans mander , & mcmes 
fans dormir , qu'autant qu'il le pou voit 
fiire en appuyant de temps en temps fa tête 
fur fa main , pour reparer fes forces par 
quelques momens de fommcil. 

Il a mis au jour plufieurs Ecrits , maîs- 
ils font extrêmement rares , parce que les 
ayant fait imprimer à fes dépens , il en re- 
tiroit tous les exemplaires , & comme il 
ctoit trcs-honncte^il les diftribuoit libéra- 
lement à tous ceux q^ui écoient verfez en c£& 



401 Les Eloges 

forces de connoillances. Onrre-ks Ot\i-^ 
vres qu'il mit lui-inême eh luniiére , u en 
a laide beaucoup d'autres, par lerquelles il 
a donné un grand jour à ces beaux Atzs^Sc 
il a renouvelle la iré^ioire des anciens 
Aure irs, &: comme ilavoic cidcivé l'indu- 
ftrie de Pierre Aleaume d'Orléans , duq'jel 
il fe fervoic pour l'exécution de Tes deilèiiis 
fes hériciers lui confièrent Tes Ecrits. C*eft 
de ce TKréfor , que tant Aleaume, qu'Ale- 
xandre Anderfon EcoUbis, & quelques 
autres , ont puifé beaucoup de Trairez 
qu'ils ont publiezjqui donnent de l'adnii- 
ranon à tous les aniateurs«des Mathémati- 
ques j qui fairont vivre écernellement la 
gloire <.-'e ce grand homme. 

Hadrien Romain ayant propofé à tous 
IvS M:'thématicicns de l'Europe un pro- 
blème à réfoudre» Viére en donna d'abord 
la folution , & il le renvoya à Romaia 
avec des corredtions & une augmiCntation, 
y ajoiitant Apollonius Gallus. Romain 
fut il furpris du fçavoir de Viéce , que 
d'abord il partit de Vvirtzbourg en Fran- 
conie , où il dcmeuroit depuis qu'il avoic 
quitté Louvain , 6c qu'il fe mit en che- 
min Dour venir en France , afin de le con- 
noîrre particulièrement, 6c de lui deman- 
der fon amitié. Et parce qu'étant arrivé i 
à Pari* s il n'y trouva pas Viére qui c- 
loic allé en Poitou pour rétablir fa fanté , 



des hommes Sçavans. 405 

il continua fon voyage , quoiqu'il eût 
encore cent lieu*ês à faire. Enfin ayant eu 
la fatisfadion de le voir , il lui propofa 
àloifir toutes fes difficultez y ôc il fut Ci 
rempli (l'admiration pour cet homme ex- 
traordinaire, qu*il avoua que tout ce qu'il 
avoit vu en lui étoit au-delFus de l'idée 
qu'il s'en étoit formée. 

Après qu'il eut demeuré un mois chcs 
luy , il ne piJt le quitter qu'avec un regrec 
extrême. Et Victe voulant reconnoître 
riionneur que Romain lui avoit fait en 
entreprenant un Ci long voyage pour le 
vifiter, le fit conduire à fès dépens jufqu'à 
la frontière. 

Aurefte, l'elTai de Viéte fur Apollo- 
nius fat Cl eftimé , qu'à fon imitation 
Marin Getald de Ragufe, très-excellent 
Mathématicien , fept ans après mit au 
jour un Livre intitulé, Jîpollonms reffuf^ 
cite , avec un fupplement d'Apollonius 
G^illus. 

J eus beaucoup de depliifir que Scaliger 
eut attaqué Viéte avec tant d'aigreur fur le 
fujet des Cyclométres.Maiscet homme gé- 
néreux ne cônoilîoit pas alors le mérite de 
l'A.^.verfaire qu'il combatcoirA ainfi il ne 
pût fouffrir d'en être repris,fuis témoigner 
quelque rcdentiment , n'ayant pas encore 
bien examiné s'il avoit démontré fans pnra- 
locTifme ce qu'il avoit entrepris de prouver. 



40 4 ^^^ Ekges 

C'eft pourquoi enfuiteil corrigea fa fâure> 
ôc fe retrada avec une franchile louable,^ 
depuis ce temps- là il eut toujours une fe- 
crette vénération pour lui. 

Viéte ayant reconnu peu de temps avant 
fa mort, que dans le Calendrier Lili.in il y 
avoir pluiieursdéfaïus qui avoîent érédéja 
remarquez par d'autres , il travailla avec 
foin à le mettre en telle forme qu'il pût 
être reçu dans l'Eglife Romaine , & il en 
drelfa un nouveau accommodé aux fêtes & 
aux ris de TEglife Romaine, &: Payant fait 
imprimer en l'année 1600. il le préfenta à 
Lyon au Cardinal Aldobrandin, qui avoit 
ézé envoyé en France par le Pape pour ter- 
miner les differcns qui croient entre le Roi 
êc le Duc de Savoye. Mais fon entreprife 
eut un fucccs malheureux , comme je l'ea 
avois avetti lorfqu'il me le communiqua 
avant fon départ. Car je prévoyois que 
comme ceux qui ont travaillé avec tant 
d'ardeur pour introduire cette corredion 
du Calendrier dans les Etats des Princes 
Chrétiens, où elle n'a enfin été reçue qu'à 
leurs inftantes prières , ceux-là /dis-je> 
fuivant une maxime fondamentale de leur 
Empire , ne confeifent jamais d'avoir erré, 
ou de pouvoir errer, ils ne voudroient pas 
par confequent admettre un changement 
qui fairoit voir qu'ils auroient été capables 
de faillir. 



des Hommes Sçavans, ^o r 

Lorfquc le Cardinal Aldobrandin après 
la paix faite fur de retour à Rome , & que 
Chriftophle Clavias, qui éioit dcja préoc- 
cupé pour le fentimcnt de Lilias,qu'ilavoit 
loûrenu par plufîeurs Ouvrages , rejerta la 
corredlion qui avoir été propofée à ce Car- 
dinal , Viétc envoya un EcHt à ce célèbre 
Mathématicien , où il fe pLiîgnoit forte- 
n:cnt^de Ton procédé, & il y a apparence 
que s'il ne fût pas mort bien- tôt après , la 
difputen'en auroit pas demeuié là, 6c que 
ceux qui n'onrpas ciainc de s'en prendre à 
cet ennemi redoutab/c après fa mort , ne 
i eulFent pas attaqué impunément pendant 
fa vie. 

Or Yléit y avant que cette contedation 
lui eût donné quelque rellentiment contre 
Clavius , avcit fait connoître qu'il le 
con/ideroir comme un excellent Inter- 
piére des Elemens des Mathématiques , 
& comme un homme qui expliquoit avec 
beaucoup de facilitée de netteté ce que 
l^s inventeurs de chaque partie de cette 
Science avoient traité avec obfcuriié. 
Qu'au rcfle il écrivoit comme s'il venoin 
d'apprendre ce qu'il vouloit enfeicrrer aux 
antres, qu'ils n'y ajoutoît rien de'fon in- 
vention , qu'il ne fiifoit que copier les 
Oeuvres d'autrui , taifmt le nom des Au- 
reurs où il puifoit , fms que de fon côté 
■1 y apportât d'autre induftrie , qu£ de 



40^ Les Eloges 

ramaffcr , de ranger , & d'éclaircir ce qui 
é:oit répandu en divers endroits des Li- 
vres donc il fe fervoit , qui n'y ctoit pas 
écrit avec tout Tordre & toute la clarté 
que Ton eût put fouhairer. 

Ce que je vai ajourer eft peu confidéra- 
ble , au fentimcnc même de Viéte , mais 
tout autre que lui le compteroit pour beau- 
coup. Comme les Etats des Efp :gnols 
font feparez & éloignez les uns des .lures, 
poLir garder le fecret en commupiqaanc 
leurs delTeins &: leurs confeils à routes les 
parties de ce vale corps , ils fe ferven- de 
divers caradéres inconnus , afin qu'ils ne 
viennent à être découverts : & quand ils 
font obligez d'en employer de nouveaux , 
ils ne le pVavent faire que long-temps a- 
prcs Tâvôir reiolu y parce qu'il faut qu'ils 
en avertilîent auparavant les Vicerois des 

Indes. ^ ' 

Pendant les defordres de la Ligue , leur 
cViifre écoit compofé de plus de cinq cens 
carad-iies differens , & quoique Ton eût 
fouvent intercepté plufieurs de leurs Let- 
tres extrêmement longues , où tous leun 
defTeinsétoiem expliquez, ceux qui avoiei 
charge de les déchifrer n'en pouv.ié jamaiî 
venir à bout, à caufe du nombre iufini dcî 
maro'-.es dont ils fe fervoienr.Mais ces Ler 
très par \z commâJe'ment du Roi -yrnt ét< 
envoyées à Viéte.il les expliqua fans peine 



des Hommes Sçavans. 407 

^ enfuirc tomes les autres qui lui furent 
remifcs entre les main^ice qui déconcerta 
d*une relie manière les Efpagnols pendant 
deux ans,&: leur donna un i\ grand éton- 
nement, qu'ils publièrent à Rome, ôc par 
tour aillcurs,que le Roi n'avoit découvert 
leur chifre que par le fecours de la Magic. 

ADD IT ion. 

François Viet Ejfclon le fcntiment cîe j^-f/' 
beaucoiip defçavans hommes rapportez par Vof- ^ ','^1'*'' 
fius , croit le prémicr& le p'as excellent de tous wj. 
Izs Mathématiciens de {"on fK-clc. Il prét:ndoit 
que la corredion du Calendrier c]ul n été faite par 
Chriftophle Glavius eft remplie d'erreurs, que Li- 
lius , qui l'avoic commencée , y avoir ben réiifTi , 
mais qu'après fa mort Clavi s n'cnrendanr pas fcs 
Ecrits y avoir changé pluficurs chofcs , & qu'ainfi 
il étoit la caufe des Fautes que l'on remarque dans ^c-tfjge* 
le Calendrier Grégorien. Sc.i'.ger etoit dans la '■''^^-'» 
même opinion que Viétt touchant cette correc- 
tion, & il traitoit Clav-'s d efprir pefant & d'i- 
gnorant en Mathémac.qae. 

Les Ocuvies inv^ii.nc.s de Viete font , Dff 
J^quatîonHm recognîtlone çy emendxtlne , Tracin» 
tus duo. Mgebranova. Apellonîus Gallus feu re- 
fufcttAtOr ApoUonn Perg&l ^% iTraTv» Gt^ome- 
tria. Deuumerofa. potepaturn refobitij/jc ad exege- 
fin De rébus Ma.thenjaticîs Reffonfa. In Artem 
Analytken iÇAgoge. 'Lf*et\corumiibri -lUtituor Etff 
RLfium Geomcfricartim Cano.ha Recenfio. Suiple- 
mnitsm ^^ecmeîrU yngufa 'nnv fecilonum Ar.alytî^ 
(e inm tundnn iemonj^rAtUiéibiis confirmara.Re'pm^ 
fum :i4p:oblc>o(i Adrîjint Kcn.iri Kclatio C:iU'?j(i/f 
rtl V'r} .ycg'rU?i!^dErclâJf^4j}ii0s B^dorescxhiuit» 
démenti vm. Adverfm Chripphorttm Clavmm 



4o8 Les Eloges 

Bxpojlulaito. O^erfH Mathemaùca , in qmhus trfi* 
Batur Canon Mathematicus ,feH triangnla. Item 
Canon trtangulorum iaterum ratior.aUum i unà cum 
anlverfalhim infpeàienum ad Canonem Mathemati- 
{um libro fmgulari. Canonesin Calendarîum Grego" 
rianum perpetuum. Munimen adverfus novam Cjf* 
clometricam Pfeudomefolahum. Çompendium Ma* 
themat'tcos. Il y a aufli des Lettres de ce grand 
homme dans un Recneuil de celles de J. Cafelius 
imprimées à Francfort en 1687. Il avoir aufTi faic 
un Livre inti'ralé , F. armonUon Cœlejle, qui n'a pas 
été publié. Voyez fur cet Ouvrage Voflius de Ma- 
them.p. 1^5. 

GUI COQUILLE , SieurdeRomereî, 
fuiiius, natirdeNevei'Sj après avoir trcquente le 
B.irreaa à Paris , s'en alla à Padouë pour 
recomencer Tes études en Droit fous Ma- 
rianSocin le leure , dont le nom étoic 
alors fort célèbre. Enfuite , il s'en retour- 
na en fon pays refolu d'y- palFer le refte de 
fes jours , & il y acquit la réputation d'un 
homme do6le& équitable. Il recevoir a- 
vec beaucoup de douceur 61 d'affabilité 
tousceuxquilcvenoientconfulter,^ dans 
toute fa conduite il fie paroîcre de l'avcr- 
fion pour le gain fale & deshonnêre , Sc 
de la libéralité envers les miferablcs. Ce- 
pendant le foin qu'il avoit des affaires d'au- 
trui ne le détournoir point de l'étude; car 
commeiléroit merveilleufeir.ent bien ver- 
fé en la connoillance du Droit Coutu- 
mier , il l'éclaircit avec beaucoup defça^ 
voir , en expliquant les Coutumes dii Ni- 

vernoij , 



des hommes Sçavans, 40^ 

vetnois,& outre cela,il écrivoir l'Hifloiiç, 
de Ton pays avecexadtitud.e & avec fidéli- 
té. Il av^bit anfîi ramaîlé plufieurs obier,» 
varions fur les liberrezde TEglife GallU 
cane , qui lui furent dérobées. 

Pendant qu'il vivoit dans l'obfcurîrc, il 
fut oblige de fc produire au grand jourjcar 
fes concitoyens le députèrent a T Airemblce 
générale des Etats^où il s'attira l'amirié ^ 
Teftime de tout le monde. Les Ducs de 
Nevcrs lui firent l'honneur de lui donnée 
la charge de Procureur Général de la Pro* 
vince du Niveinois , &: il mourut dans cet 
emploi 3 ayant plus de quatre- vin<7ts ans, 
(Quoiqu'il fût fort eftimé pendant fa vie > 
fcs beaux Ouvrages, qu'il avoit Cachez, £c 
qui ont été publiez après fa mort , l'onc 
lendu beaucoup plus illuftrc. 

ADDITION, 

M. de Thou n'avoit pas ctc bien informe du lie u 
<îe la nai flanc d.- Gui CoquiJIc ; car il n'éroic cas ^'•^^', 
natit dcNcvcr';^,mais de Dccizc , comme il \q vie de 
remarque lui même dans fes Commentaires fur les ro.Tà'le, 
Coutumes du Nivcrnois. 11 étudia en Droit fous ^''?'^''' 
Marian Socin. Cependant quoîquM eût appris \i^'*'!" 
Iiirirprudence fous des Docteurs Ultramonta'ns , ^Tv'V^"/ 
il ne lailloic pas de rcconnoîtrc leurs défauts, com- (htp. ij. 
me ilparoitpar le jugement qu'il en fait dans fa «ri. 18, * 
Préface fur les Coutumes du Nivernois , dont le 
lieu mérite d'crrc confideré. CcH: pourquoi Une 
confcillcpas aux François de s'arrêter à ces Do- 
<^curs , mais à d'autres c^ui avcuc plus de lumic- 
lorn. 11. ' , S 



41 o Les Eloqe's 

le , de jugement , & de probité , comme font 
Barcole , Guillaume Durant , Chailesdu Molm , 
& quelques autres qu'il nomme en cet endroit. 
Etant retourné en Irance , il s'en alla à Paris , où 
il refolut de s'exercer dans les aftaires du Palais 
chés un Procareur & ches un de fes oncles Con» 
fcillcrau Parlement de Paris , ne dcdaignnnt pas 
^e leur fervir de Clerc pendant quelques années. 
Après quoi , il étudia près de deux ans en lurif- 
prudence dans lUniverfiié d'O ileaus. Puis ayant 
trcqucnté quelque temps le Barreau aux grands 
jours de Moulins & à Paris , il fe retira à Dccize , 
&i enfin il établit fon fcjour à Nevcrs , où il fut 
confideré comme l'Oracle de (on pays. Il tut d^» 
puté aux Etats généraux d'Orléans en i ^ 60. 5c de- 
puis en 1 5-?^. a ceux de Blois , & en i<j8 8.aux fé- 
conds Etats qui furent tenus en la mcmc ville. li 
n'étoit pas plutôt d:; retour de ces Aiîemblces qui 
reprenoit les fondions de fa charge de Procureur 
Fifcal & d'Avocat des parties. Cependant , quoi- 
qu'il fût confiné dans une des Provinces du Royau- 
me , le bruit de fa réputation ne laiiîoit pas de fe 
répandre par toute la Fiance, & après qu'il eut 
quitté le Palais de Paris pour fe retirer dans le 
Nivernois , le Palais l'avoir été fouvent chercher 
«.?<rc de^^^^l'^'^ ^^^^ ?^y^ y comme l'aiTùrc Claude Joli , 
Loifel. 4^^ ^^^ S^<^ p'iufieurs lui envoyoient des procès 
fag. éiS.pOLir y faire des Ecritures & des Mémoires pour 
avoir fon avis. Il étoit fi definterellé , qu'il ren- 
doit fouvent une partie de Tarç^cnt qu'on lui don- 
no it pour fon falaire , & fi charitable qu'il era- 
ployoic eu aumônes la dixième partie de fon profit. 
Il ne fut pas moins illuftre par fa modeflie que par 
fon érudi tion. Car quoique fes Oeuvres ayent mé- 
rité i'eftime du public , il ne voulut jamais les 
mettre au jour pendant fa vie. 

Aurefi:e,fon Traité des libériez dcPEglife Gal- 
licane , dont M. de Thou parle en cet endroit , & 
qui lui avoir été dérobê;fe trouva en l'année itf 55. 



des Hommes s Çûivani. ^ 4^^ 
& acte imprimé avec fes autres Kcrits , après 
avoir écc fupiimé pcudani ioixantc ans. Car les 
Jefiiitcs de Ncvcrs , a qui fes héritiers l'avoicnc 
prêté , le remirent encre les mains de M. d'Hflra- 
pes Archevêque d'Aachs , qui ne voulut jamais le 
rendre. Et ce ne fut qu'après la mort de cet Ar- 
chevêque que cet Ouvrage tomba entre^^cs mains 
d'un Confeiller de Touloufe , lequ<il en ayant pri« 
une copie , la communiqua à un de fes amis, qui 
en prit une féconde copie, fur laquelle l'impret- 
fion en fut faite en 1666. 

Ses Oeuvres imprimées font , Pcëmata VfaU 
mi DavUls i')0 paraphraflic} trfin^ntlla Verfus Hs' 
rote os. Mémoires pour U reformation de l Etat Er- 
clefia[iique. Traité des Libériez. deiEgUfe de Fran- 
ce. Autre Traité des Libériez, de l' Eglife de France , 
qui efi celui qui avait été dérobe. Difcours des^ Droits 
Ecclefiajif.jues, é" Llbertex. de l'Ej^life^^lH^^^i^ * 
Ô'iss raifons ^ moyens d'abus contre les Bulles uecer» 
nées par le Pape Grégoire XIV- contre la France e» 
IÇ9Î. Autre Difcours du même fui et ^fré fente à l* 
Vuchejfs de Nivernois. Du Concile de Trente , 6" de 
la réception d'i celui. Dss Bénéfices del'E^Ufe. pj^lo^ 
gue ur les caufcs des miferes de U* France, Difcoun 
fur les maux du Royaume pendant la Ligue, f^ut 
les maux de la France fendant la Ligue venoient faw 
te de réformution. Mémoire pour propofer a fa Sain- 
teté les inconveniens qui peuvent avenir fi elle fe rend 
trop rigourcufe à la rcconcili^ion du <^oy . Des entre- 
prifes d s Papes , 6* du Légat qui étoit en France 
pour L-i Ligue. ?rotejlatio Cardir.alis PUcentini ad 
Card. Pellevdum publicorum Gallïi, Conventuum 
prAfiiem mifi* , ut e^m ipfis Conventibus figwficaret. 
Devis en:re un Citoyen de Severs Ô* ^^^ Citoyen de 
Paris. Hijloire de'siverncls. Traité des Pairs de 
France. Dii'cours des Etats de France O" du Droit 
que le Duché de Kivtrnois a eniceux. ^u en fait 
d'Etats les Gouveriiemcîjs , les Bailliages , ô" ^^^ ^^' 
nccliaujfées 7ie doivent être eu covjideration Q' emore 



4^-^ ^ Les Eloges 

moins Ui Sle£es 'PréfidUux, Mémoire de ce qui efl a. 
faire pour le bie?i du pays de Nlvernois- Injllîuîlcn du 
Vroit François. Annotations fur les Coutumes du 
l^ivermis. G^iie filons , Réponfes , êr Méditations 
fur les Coutumes de France. Annotations Jur les Or- 
donnances d'Henri IlUtoui haut les plaintes faites par 
les Députez, des Etats de Blûls y en i S' ^- & t S77' 
Il y a au/li de lui, Annotatlones Cf dlverfd Lecilones 
in Pfalmis» Pcëmata Sacra CT Moralîa, ( olUciio- 
msjuris Canonicicr civilis. ^oîltia Epfapatumn 
JtalU . & quelques autres Ouvrages c^uin'onc pas 
été publiez. 

Année 1604. 

b'^u-^.. JANUS D OU Z A Nordovic , iffa 
d'une noble famille de la Hollande, fit Tes 
études à Lire , pais à Delphes , à Lou- 
vain , & à Douai , & étant retourné ea 
fon pays , il ioûcint avec beaucoup de va- 
leur le /îége cela ville de Leiden, de la- 
quelle le Prince d'Orange lui avoit donné 
le Gouverneir.enc , & il fit voir par foa 
exemple.qne M irs & les Mufcs sWcordenC 
parfalrement bien. La paîx ayant été faite, 
il exhorta les Etats d'établir une Acadé- 
n-ie dans la ville qu'il venoit de défendre 
avec un lliccès fi heureux , & fon confeil 
ayant été fuivi^il fut créé Curateur de cet- 
te Académie, & il exerça cette charge 
pendant vingt- neuf ans. 

Enfin ayant été fait membre des Etat^,fl 
palTa treize années dans cet emploi & cef- 



des Hommes Sçavans, a j • 

fa de vivre âgé de cinqnanre-neuf ans. 
Comme l'exercice de la Pocfie faifoit an 
de Tes plus grands plailirs , il a donné au 
public beaucoup de Vers de différences fa- 
çons.Il a auffi compofc les Annales de fou 
pays. Son fçavoir étoir fi univerfel , & fa 
mémoiie (\ merveilleufejquc c'cH: avec rai- 
fon qu'il /ut appelle le Varron de la Hol- 
lande & l'Oracle de TAcadémie de Leidcn. 
]ofeph Scaligcr fie de beaux Vers à là 
louange de ce grand homme, comme il eu 
avoir fait à la louange de Janus Douza foa 
illuftre fils , qui décéda avant fon pete. 

^ D D / r / N'. 

Tan us Douza étoic un homme d'une *^''^*' 
mémoire piodigicufe, d'un jugement exquis, & ;/f'7 
qui avou joint à une piofondc érudition beau- r/: V^-" 
coup de candeur, de mode (Vie , & de vercu. l\ir^^Eoiji 
répondoit fur le champ à toutes les quêtions *'• "''^• 
qu'on lui pouvoir faire, foit qu'elles concernaflcnc ^* 
les Lctrcs Grecques & Latines , ou l'Hidoire an- 
cienne & nouvelle. 11 fcavoir par caur Catulle, 
Tibulie, rropercc,]uvLnal, Horacc,ic plu/ieurs^,^/;,. 
autres roefies des .mcicns Poètes , & mêmes ^cstun^: ' 
modernes , comme de Snnnazar , de Pontanus 
&deTu!cs Scaliga-. Bandius clic , qu€ Douza a 
viole la ma<cflé de THifloire par l incgaiitéde fon 2^'/?-4i 
ftJle & par (es digrcfiions inco;u!ieres , & que*^'"'^* 
îarus fon fils eut pu réparer ce défaut, fi une more 
prématurée ne l'c Cit ôré du monde. Mais l'.A uccuc milog. 
de a Bibliographie curieufe ailurc que c'eft un ex-f^'-^J"^. 
cellent Ouvrage & éciit avec beaucoup de gravite ^"^^"* 
ic ae jugement* P^"'''- 

S llj ^ 






414 Les Eloges 

Les Oeuvres imprimées de lanus Doaza lont , 
Comment arlolus in Horaîhtm. Afpendîx fuccidanea 
Md etmdem. VrAcldaneapro Catulle é^r/^«//o yqui- 
htisadditur EpfiolaadGcrardum FaL'^emhurgîum y 
ccntlneniTlbîiUlitc Tropertn p^irîlm enarr^ttones y 
fartim ccnecHuncuUn. rr&cidanea pro Satjr'tco P^- 
tronii Arbîtri- ^ot& ad lihros. Hîfloriarum Sailuftiu 
CentHYtcnatus\[ive FlatitmUrum ExpUnationum ly- 
kri 4. hpodon lïhri i. ex puris Jambis. EplgrAnr- 
mata , Satyra , -ElegrA ', ér Sylvar»m llbri 1 . EchOy 
five Halcedon'ia. Salmarum five Eftgrammatum 
Uhri <)■ llogiarumllbrl z.& Sylvarum lîher. Ato- 
nales HolUndU , carm'me Ele^laco , ildem^tie profa 
trxtlone ufque adDiederhum JL qui ont eue conti- 
nuez par1r.nasDouza Ton fils. EpijhU Apolcgetl^ 
ciduA, unade AnnalibusBntavtA .alterapro ^rA- 
tore Nortvvicem p/regrinitatis reo II avoir compo- 
fe rnctdmea m 'juvenalem, Volumma alhjuot ^t* 
jhUriim y <iai ri ont pas été imprimez. 

CHRISTOPHLE COLERUS , 

né en Franconie, qui avoit donne de gran- 
des efpërances de fon fçivoir en la belle 
Litccrarare , moiirur extrêmement jeuns 
<ians l'Autriche. 

^ P D 7 T 7 O If . 

les Oenvres imprimées deCHRisTopHii 

C OLP. RUS font , De ranone d'tfcendl Jus Civile , 
'D'atrihe. De crdinando fiudÎB poliîico -, Epiflola- In 
tallnpi bellum CatHinarium , Comment arius. NotA 
w E-iflolas z. SaUuftii ad Jul'um CAfarem de Repu- 
illeaûrdinanda. Commentarius injacitum defitu y 
tnor'ibHS , popHlifyue GermumA- Spîcilegium in Taci' 
iutn» Animadverfimes in eundem. Sfholia in Mar- 
fialew* "Erctemata ProfodiA Gvaca. Sot a in Ter en- 
tÎHÇ?» Varer^a ad varies locçs 'Pandeùiarnm. Nou 



des Hommes Sçavans 4 1 $ 

in Valerhm Maximum. Expcfitlo Pfalmcrum Va,- 
'vid'is ér Hymnorum inutrojue Tefiamento.Poëmata, 
Armot- ad Alexandrum ad Alexandro. 

JAC^UBS TYPOT , Flamand , afteétoïc Ty^oiius , 
de palier pour un homme adroic & habile 
dans le manîment des affiires, il demeura 
ioncT. temps à la Cour de Suéde , où il fut 
aime par le Duc de Sudermanie , Se par le 
Rov, qui avoir alors quelque diiievend a- 
vecSigifvTiond Roi de Pologne fonneveue 
Typoc^écvivit avec autant de candeur que 
de prudence l'Hiftoire de ce diffiicnd , &C 
l'adrella à Guillaume de S. Clément Refi- 
dent du Roi d'Efpagne auprès de l'Empe- 
reur. Il a aufli compofé quelques^ autres 
Ouvra(Tcs,qui font connoître qu'il ctoit né 
pour de plus grandes chofes. il mourut à 
Prague^n'étant pas dans un âge fore avâcc. 

A D D IT l O :^. 

Îaq^uesTypot étoit routi d'une famille ^^/^'^ 
ancienne ,& qui teiioic un rang honorable dans 5,-^/^ 
Dieftem , ville du Brabanc. Après avoir vifue les s*-'^» 
Académies les plus cclcbres de l'Europe , mêmes 
en<'cio;né la lurifprudcnce'en Italie , il alla établir 
{on fciouL- à Vvirtzbourg dans la Tranconie. Et 
comme c'écoit un homme oui avoit joint à la 
connoiflancc du Droi: Civil & Canonique celle des 
Arts libéraux & de la belle Littérature , Ican llî. 
Roi de Suéde l'appella auprès de lui , & le combl.t 
de biens & d'honneurs. Mais «on mérite , êc Ja 
bien-veillance que ce Prince lui tcmoignoit , lui 
ajaiiC a.tticé l'cavie de quelques Seigneurs de es 

S iiii 



4 ï ^ Les Eloges 

Royammc , il fut accaféde divers crimes dont iî 
ëtoit innocent , &: mis en prifon par les ordres de 
ce RoicreduU. Cependant la luftice divine fem» 
tla vouloir venger le tort qu'on faifoit à Typot , 
«ar il n'eut pas plutôt perdu fa liberté, que fes en- 
nemis perdirent la vie d'une manière (i tragique , 
que l'on voyoit manife Ile ment que le Ciel leur 
faiîoit fouffrir la peine qui leur était dië. Après 
•juc Typot eut langui quelque temps dans une af- 
heufe prifon , le Roy Jean vint à décéder , & Si- 
gifmondfon fuccefleur ayant reconnu l'innocence 
oe cet illufl-re prifonnier , le mit en liberté ; & 
l'employa en diverfes affaires de la dernière impor- 
tance. Enfin -Sigifmond ayant été elû Roi de Po- 
Jogne , Typot fe retira à la Cour de l'Empereur 
Rodolphe II. qui l'honora de la charge de fon Hi- 
florio2ra?he, 

Pendant qu'il étoit prifonnier, pour fe confo- 
Jer dans fon inforrune , il compofa les Oeuvres 
Suivantes , De Pcrruna l'ibri très. De Juflo , ftve- 
de Legihus lîbr'i 2 . DeSalute ReipublicA lihri x. De 
Tamaiibrî 2. Sacrftrum occupatknum Librî^.De. 
Monarchîfi Iwri 6, De Vîrtute lihri 3. De fummo 
hcno lîbri 3. 

Ses autres Ouvra<î,es imprimez font , Oratto 
in Augurait s ^tgifmomio 77 /. Regî Suecgrum hfcripta, 
Oratîcnes Genethliacd ad Annsm Sue ci a fy PolonU 
'Reg'mam. Orathnestres , i . ad Chrijlianos , 1. ad 
'Reges , Principes , Magiflraîus - pro Chriftianis , 3 . 
ad Rjidolphum 11. ut Chrijiiam à fe rnntuo in Ty- 
rannum Turc arum arma moveant Oratîonts Turci' 
f<i $. pojieriores^ i pro Chrljilani s contra Turcasji, 
J>ro falute omnium centra paucorum infolentiam 3. 
fpes oflentatur contra opinionem Chriftiancrum. Epi- 
JioU 1. ad Ordmes Jmperiî ? pro falute patria. Jau* 
rinum > quo oppidi tlUus , quod vulgo Raab dicitur, 
mccHpatio aufpîcits C^farls anno i J 5> 8 • defcribitur, 
43ameUon Phillppi lll. Hifpnn Régis ^ MargaretA 
^^tfimu* SjmboU divina ^ humant , Pontifia 



des hommes Srava)js, 4 1 y 

cum , Im^eratorum , Kegum. cum Jconihus. hJîflorU 
rerum in îuccla, gejlarum, de beli:s civHibits , ataue 
ex ternis. PcloniA Threnns PoloniA Anti^epo'ûthcs. 
Hiftoria Gothoriim 'EncomînmT^ei carminé Heroïco, 
'ioëwcita, varia. 

HUBERT GIFANIUS, mtif de Bue-^^;''"' 
ren au pays de GireKires , après avoir éié'"* 
inftrnit dans les belles Lecrresà Louvain, 
fit Ton coup d'edàifur Lucrèce, Car après 
que Lambin eut mis au jour un beau Com. 
inentaire fur cet Auteur, qui avoir éré au- 
paravant fort maltraite par Michel Marule 
Bifantin , Gifanius le rendit encore plus 
clair &: pins intelligible. Puis il s^idonna 
à la Jurifprudence & à la Phiiofopbie , & 
enfin il enfelgna !e Droit Civil à Serai* 
bourg avec tant d'applaudiirement, que le 
bruit de fa réputation obllc^ea l'Empereur 
à l'appel 1er auprès de fa peifonne en lui 
offrant des gages confidér b'cs. S'y e'tant 
donctranfporte.jl fir honoré du'titrc de 
Confeillcr dePl r pereur,& quoique dans- 
fa jeunefc il eûtembralîe la Dodrine des 
Protcftans , étant vieux il rentra dans la 
Religion de Tes pcres. Il mourut à Prague 
âgé de plus de foixanre 6: dix ans^aprés a- 
voir beaucoup travaillé de vive voix & par- 
écrit pour le bien de la Republique des 
Lettres, 

-4 D D 7 r / o N". 

H n B I R T G I r A NI u s ; ou a Glfcn, t'rck 



41 s Les Eloges 

^y^'er, yn homme très-fçavanc en îurifprudence , cm 
*^!'^^' Philofophie , & enîa belle Littérature. Il a doii- 
^f-f né au public plufieiirs Ecrits qui ont mérité Tefti- 
Ntf&i, me des judicieux Critiques. Ses Coinmencaiies 
t'*^l. fur Ariftotc font excellens,& de tous ceux qui onc 
folit, ^t^ f^i^s fur les inftitutes de luftinien, celui de Gi- 
fanius eft le meilleur , au fentimcnt de Scioppius» 
■Seiopp,de Quanta fes Annotations fur Lucrèce , elles font 
rat.^udii reixiplies d'un grand nombre de bonnes remar- 
ques ; mais Lambin l'accufoit de les lui avoir déro- 
Tr^fat, béesi & c'eft ce qui l'obligea de s'emporter contre 
i#wfc.»«Gifanius , de dire qu'il n'étoit remarquable que 
^*^''"' par fon impo n; ité , fon opiniâtreté , fon o^- 
guedil , fon impudence, fa brutalité, & enfin de lut 
Z)*«» reprocher l'infidélité qu'il avoit commifc contre 
f'^-^i' L. ïruter , de laquelle nous avons parlé ci-deiîus.- 
d* Fruter,^^ ^ traduit Homère avec beaucoup de fidélité , & 
il eut pu pafîer p^'ur un des plus excellcns Interpr^*- 
Jfuet. de tes s'il fe fut attaché comme il devoit à la pureté 
^^'^''" du langage 

Ses Oeuvres imprimées font , Jncfex > fiveCori'- 
jecianea în Lucretîum. SchclÎA brevia in Horrerp 
Opéra àfe emendata. Comment aria in polit ica C^ ;o. 
Eihica Arlflotelis ad 'Sico t?:achum. Commentariui 
de Imper at or e 'jujiiniano. Corr^rr.em. ad Jnftitutio^ 
pes Jnris Civilis. Index Hlji:ricus rerum Romana" 
fum^ Oeconotnia Juris. AminomiA Jtnis Civilis* 
LeciurA AltorphiariA in aiijt*ot T'itul '^igejîj (3* Co* 
dicis Explanatie dlfficUiorum ^ celehr'orum Le- 
gumCodicis. Comment, ad Tit. ff. De Regulii Juris, 
Thefcs adL. ll^. f De Verhor.fi^nl^c. DlCputatlones^ 
diffictUorum materli^rum "juris. ^ot& in Corpus Ju" 
9ÎS Civilis. TraBatus de V.enuntiat'ionîbus^ Tr(*cîa* 
tus de Jiire Feudcrum. /.ntincmi& Juris feuUlis* 
De $rdme jadii-iorum , Jive prccejfus judiciarius, 




^uia'oncpas été imprimées , comme le témoigne 



de a Tiommes ^çAvam 4 r <^ 

^o/Tcvîn, quiafliire que GiEanius c(t mort Cacho- Jo«, 
lique , quoique pluficurs ayent prétendu ic con- F«cht, 
traire. Il avoir époufé Jafille d'un ceîcbrc Théo- f;^*^^"*^ 
loaicn de Strasbourg nommé Jean MatbachiusJa- 'iK"r^ 

c? £1. ce L€ i% 

quelle mourut de la douleur que lui caufa i'apolta- 
fie de Ion mari. 

HIEROME MERCURIAL, natif de ^"'t?' 
Sorli dans l.i Romagnc , ( qui porroit le curuU'^ 
nom de Meicurial jadis Evcque de cette 
ville, & le^Saint qui en efl le Patron ) éioic 
fîTa à'\M^t famille noble & ancienne. Après 
avoir étudié à* Padouc en Philofoph'e 3i 
en Médecine avec beaucoup de fucccs , 
quoiqu'il fut excvêinement jeune , fes con- 
eiroyens ne laiirerenr pas de l'envoyer en 
Ambaffade vers le Pape Pie IV. Etant à> 
Rome, il fut connu par Alexandre Farne- 
fe 5 cet illuftrc protedleur des gens de Let- 
tres i qui le reçi^it dans fa maifon, où il de- 
meura fept ans entier*^, & où il conM^ofa le 
Livre de A te Cymnaflka , qui fut la pre- 
mière production de Ton efprir. 

De là il fut appelle pour remplir la chai- 
re de ProfelTeur en Médecine à Padouc y. 
^<: comme il avoir acquis une grande ré^ 
putation , il far mandé par l'Empereur 
Maximilien , qui éroit attaqué d'une fà- 
Ghcufe maladie , & lui ayant redonné I3 
fanté , il en reçut des préfens îionorables » 
&: en l'année 1573. il retourna à Padouc , 
où il pratiquai cufeigua la Médecine: 



4iO Le^ Eloges- 

dix fcpt ans.La ville de Bologne lui ayant 
offert une condition plus avanrageufe , il 
y demeura cinq ans.Er enfin il exerça dix- 
fept ans fa profeffion à Pife , où on lui 
nflîgna des appointen^cns plus conlldéra- 
bks , car fes gages alloient à dix &: lepc 
cens écus d*or. 

Plufieurs Pcinces elfayccnt inutilement 
de l'attirer auprès d'eux,car il préfera tou- 
jours le repos d'une vie privée à l'embams 
de la Cour.^ ur le déclin de fes jours, il ré- 
tourna en fa parrie,où la fanré vigoureufc 
dont il avoir toujours joui s*étant altérée,, 
il fut attaqué de la pierre qui le tourmenta 
un iTioisdurantj& qui finit toutes fes dou- 
leurs en Tôrant du monde. Il fut enterré 
dans une Ch.ipelle magnifique, qu'il avoic 
fait bâtir dans l'Eglile de S..Mercurial,ou 
peu de temps auparavant il avoit fait cranf» 
porter les reliques ne ce Saint. 

C'étoit un homme bien fait & de bonne 
mine. Il avoit beaucoup de douceur , une 
piété exemplaire , & un fçavoir m^crveil- 
leux, qui paroit dans un grand nombre ce 
Livres qu'il a comporés,& qu1l voulut qre 
fes DilciplesmilTenten lumiée pendant fa 
vie>afinque s'il étoit tombe dans quelques 
n^anqucmens , il pût les corriger fans per- 
<^j:e fa reoutation. U a fait quelques E<;rits 
fur Hippocrate & fur les Problcrr.es d'A- 
j-idoce qui n'ont pas été mis au jour. 



des Hommes Sçavans. 4'2r.t 

A DD ÎTI ON. 

Mergurial fut un. des ornemcns àt l'îta- ^^* ^» 
lie , & une des plus grandes lumières de Ton fié ^7' ^' 
de. Il exerça faprofelîion avec an bonheur & un * ' 
fuccés merveilleux , guéritranu toute forte de ma- 
ladies , qui pouvoient être guéries par le fecours 
humain, il enfeigna la Médecme avec autant trye^^ 
d'éloquence que d'émdition , & il mérita l'ellime c^j/o* 
& l'admiration des gens doéles , par un grand hloie^ 
nombre d'excellens Ecrits qu'il compofa. Mais il 
ne fut pas moins illuflre par fa vertu que par fon 
fçavoir, car comme il ne prenoit pas moins de 
foin à établir dans ^on ame une parfaite fanté qu*i 
rendre la gueriCon aux malades qui avoient recours 
à lui , il mena une vie pleine d'innocence §i de 
piété. Son mérite extraordinaire non feulement 
lui acquît beaucoup de réputation , mais encore, 
des richefîes immcnfes : car il laiiTa à Tes héritiers 
fix vingt mille écus d'or , après avoir vécu avec 
beaucoup d'honnêteté & d'éclat , & avoir fait des 
liberalitez confidcrables à fes amis j & de grandes 
charité z aux pauvecs. 

Quelque temps avant fa mort , il dît aux Méde- ^ ', 
cins qui le vihcoient , qu'il avoit deux pierres dans 
fes reins, & il les pria de faire ouvrir fon corps dés 
qu'il aaroit rendu TeTprit : ce qui ayant été fait , 
ainfi qu'il l'avoit fouhairé, on vid qu'il ne s'éroit Lonni^ 
pas trompé j car on trouva dans fes reins deux Cra^^^ 
grolfes pierres qui pefoient huit cens dragmcs. 
Après que fes Citoyens l'eurent enterré avec beau- 
coup de pompe , ils lui firent ériger une ftntaë, tr^rot^ 
On lui reprocha quelques paroles d'or2;ucuil &: de C '^"* 
Yanitt^ -, car en parlant de la doctrme il .ivoit ac- ^.^ ^^ 
coutume de dire , qu'on ne pou voit s'éloigner de teu^* 
fes maximes fins tomber dans de grandes erreurs. V ui. 

Parmi tous fes Ouvrages on fait un cas particU' ^'*''•■ 
lies de fon Traité , de Art e GymmJs'cA.y qui ell di. ' ' '''*" 



411 Les Elo&es 

gne d'être lu non feiilemcnc par les Médecins » 
mais parious ceux qui aiment les belles Lettres, 
Cependant Scalira;cr parle avec beaucoup de mépris 
de Cdz OuviMgc de Mcrcurial , aufîi bien que de 
fcs Viverfes Leçons \ comme on le peut voir dans» 
l'Epicre 448.de ce fameux.Cuitique. 

Ses narres Ocutlçs imprimées (om , Tracîafus 

de ccvjpejitione meciicamentorum. De Mcrhîs ocnlo- 

fum ^ Aurlum De Mothis rKu\ebrwus'^r&lEcîlo7-)es , 

De McrblspuerOru>n Alex^iidrl Tv allianî de Lumori-^ 

fis tpijïola ■. cum Verjicne Latina De Morhis cura'- 

nets , ^ omnibus corpor'is h:4mani excremeuth. De 

Decoratlone liher. De Pfjlilentiu Lccil.nes^e Macw 

lis pejiiferh (f de Hydrophobia. De Vtntn'iSt (^ Mor- 

bis venencjis. Medicir.a praciici. Cor,fultaticnes -, c3* 

Kefponfa, Mcdîchial'ia, Collegîanài raî'io la omnes^ 

Aphcrtfmcrum Hippocratis Lbros T^rAlectîones. Cenfu" 

ra (°i* Dîfpf^Jitic Opertvn Hifpocrafis. Ccndmin H'tipo- 

eratis i'rogr.ojlîca , Prorrherica , de viAHsraticnesln 

morbls acut'is ^ Eptdem'icas Hîjhrîas. 'infecundum 

llbrum Epdr.n'ivrHm HippocrAtîsFrdert'.cnei.De ra' 

thne difceridi MedîcUiAtn. ''ETnyya^-'i Traci.ztus de^ 

honànis gencratior.e , vim çy aqua j halrtehue'Pîfid^ 

nls. C'-iLeni Opéra Latine reddita (^ emendata. 

'jtrn:Li^s ARNAUD D'OSSAT nâquir en un 
chetit villag;e de Guyenne près d Aachs , 
d\iiie race (1 obfcnre qu'il ne connoiiîoit 
aucun de Tes pare n s ni Je Tes alliez ^ 6c 
qu'il n'eut point d'autres héritiers que les 
pauvres & Tes don-eftiques. Mais coiriire 
Dieu l'avoir connblé avec profufion des 
dons de l'erprit , de doâirine , de pieté', de 
probité , 6c d'une rare prudence y par le 
lecours de ceso-randes qualitez il repara fi 
heureufeiTient les défauts de fa. naillance ^ 



des Hommes S çav ans, 42:5^ 

«p'érant à Rome , c'eft- à-dire , qu'ayanc 
paru fur le Théâtre le plus élevé de Tuni- 
vers,il cgn.la tous ceux qui étoient les plus 
remarquables par leur nobleire&par les 
autres avantages de la fortune , qu'il eiT 
furpa(îa plufieurs5& que fa conduite fur fi 
irrepréhenfible durant tout le cours de fa 
vîe j qu'il mérita l'amour Si Tadiriiratioii- 
de tout le monde. 

H vécut d'une telle- manière pendant tren- 
te & un an qu'il demeura en cette Cour^ il 
y parut toujours fi éloigné de toute forte 
d'ambition ,(Sc fi modcfte dans les plusfu- 
blimes dignitez > que toutes les perfonnes 
bien fenfées ont tomibé d'accord , que ^\ le 
péché originel , comme l'on parle^ dont il 
étoit infedlé , n'eût été un obftacle à fon- 
élévation 5 il feroit monté au plushaur 
faite de grandeur où les Eccleiîaftiques 
pullfenr parvenir, il véctit foixante-fept 
ans , fix mois , &: vingt jours , 5c il fut 
enterré dans l'Eelife de S. Loliis.. 

ADTt ÎT ion. 

Arnaud d'Ossat étoit natif de CafTagnabere, J^y^^'x 
Son père faifoit la profeflton d'Operateur , ^u'^lir 
mourut fi pauvre , qu'à peine laifla-t-ii aflcs de ^^^^ ^ 
bien pour fournir à fes obfeqvies , ainfi que ce Erjthr, 
grand homme avoit accoCitumé de le dire , après 
avoir été élevé â la dignité de Cavdinal. Il y en a 
qui ont crii , qu'Oflat étoit fils naturel du Sei- 
gneur de Cafiajriaberc. 

Après qu'il eut fait {es premières études , Il en ^^ 



rj» 



414 ^^^ ^^^^ ^ ^ 

funthr. Peigna publiquement la Rhétorique SclaPhiiofo- 
-4r* 0/ phie à Paris. Puis il apprit la Jurifprudence fouS' 
£'.^fj î/eTaques Cujas , & s'appliqua quelque temps aux. 
' exercices du Bureau. Enfuice ay.inr quitte cette 

profclfion , il/ut re^u dans la famille de Paul de' 
Foix ^ &: il lui fervit de Secrétaire en Ton a mballa*» 
de de Rome. Après la mort de paul de Foix,. 
d Cilat mania (i adroitement les affaires qui lui 
furent commifes , qu'ayant achevé la rcconcilia- 
ron d'Henri IV. avec le Siège de Rome , il fuj: 
honore du chapeau de Cardinal. 
X- . Ses Lettres iont dignes de la lecture & de la me» 

i'.biinc, ditarion continuelle des Politiques, car elles lonc 
Pblité écrites d'un fty'e grave, & remplies d'une fi agréa- 
ble diverfité de récits & de reflexions judicieuTes , 
qu'elles inftru'.fent en divertillant. 

Oticre ces Lettres il y a de lui , Expofitîo m dîf- 
putatlonem Jacohl Carfe/itaril de Methodo. Une 
Addition à cq\iç. Expofition. Qi^elques Epîtres 
contre le même Charpentier. Quelques Traitez 
de Médecine j & pluficurs Lettres Italiennes. 

PO NT US DE THIARD , Sei^- 
Tf-iar. neur de Diflî, né à Mâcon d'une famille 
*^^"^- noble , des Ton enfance ayant é:é niftruic 
avec foin dans les Lettres Hébraïques ^^ 
Grecques 3 & Latines 5 pendant le règne 
d'He'iri IL qui fut fertile en Pocres,s*exer- 
ça à faire des Vers François;enfuire il s'at- 
îachi enr'é éiT;enc aux Mathématiques &: à 
la Philotophie de Platon , de enfin à la 
Théologie. Il a fait bea coup re Livres fur 
toutes ces matiéresyraii foju reir.plis d.\'-s,ç 



des Hommes Sçavans, 4 if 

fcîence profonde,& qui foncprefqnc tous 
écrits en François. 

Il pada quelques années de fa vie à la 
Cour,<5^ il fat mcmes aimé par Henri Ilf. 
qui lui donna TEvêché de Chaalons. Peu 
avant fa rnorc , fçwoir à l'âge de quatre- 
vingts ans, il publia un Livre deb droite 
impofition des noms > lequel il ajouta 
comme un fupplement aux Oeuvres de 
Philon Juif qu'il avoit interprétées & é-^ 
claircies. 

Commue il avok un grand corps^ô^ qu'il 
étoit afiidu à l'étude , il mangeoit beau- 
coup i &c quelques violens que foient les 
vins qui croiiîcnt fur les bords de la 
Saône > il ne s'enyvroit point quoiqu'il 
n'y mît jamais d'eau. Mais ce qu'il y a de 
ixerveilleuxjc'eft qu'en fé mettant au lit il 
avaloit un grand verre de vin pur , fans 
que fa fanté en fût altérée. Enfin aptes a- 
voit exercé pendant vingt ans les fonc- 
tiôs de fa charge avec beaucoup de fcavoîr 
& de piété 5 il en fit pourvoir Cyrus de 
Thiard fon neveu > & il palîa à une meil- 
leure vie en fa quatre vingts ^ quatrième 
année j ayant confervé jufqu'à cet âge là 
la vigueur de fon corps (Se de fon efpuir. 

A'D D IT l N, 

Les Oeuvrer imprim :'es tle ToNTas de Th'ard 
font j E^hemer'iiies OH,iVA fphéir.i- feu TnhtlU dia» 



4.i^ Les El c g' i 

Jinuw JiellaruminerranttHm ^ fro unlverfa GullU 
oic. le Coclejiihus Ajîcrlff>-<ù Pi ëtT^atium. Oeuvres 
Pcèttpies y ff avoir trois Livres ii:s erreurs arrourcH- 

fes un Livre ae Vers Lyrijnes. Rccueuil de nouvel" 
les Oeuvres Vc'éti]ues-> Solitaire premier (^P fécond^ 
ou~Profe des Mufes & de la fureur Pc'étique -, avec 
quelques Vers lyriques ■ Difeours du temps , de l'an 
Cf de [es parties. Mar.tice , eu Difcours de la vanité 
de div-naîionpar l'Jflrologie. Wr/tvers . ou Dif' 
cours des parties ^ de Lz rature du Ttioyide- Difcours 
Philofcphiques. De recta nomiriurn îmtofitione. Ho- 
tnc'.iesfur l'Or ai en D ominic al t\Leon Hébreu de V A^ 
7?i0ur . trad.'iît de l'Italien e:: f^rahfois. 

H afaiciaUnx-aie ion Lpicaphe de cette maJ" 

i 7f9t^dr » • * * 

Ch'iÇn j^^„ teneor lon^A duicif.^tte cupidine vit A* 

Sat vixit , cui non vlta pudenda fuit, 
l^cc farr& tllîtfrisme tangit giort^ .> for fan 

Per renium vivent fat r/jea fcrlpta fuum, 
KHjue tr.oror quo ftnt men memhru tegenda fe* 
puUhro. 
Hac propria hiredisftt pia cura met, 
Sed cupîo ut tandem mens Chrifio inntxa leVfttiP 
l'ecratiduro pondère , ad Ajira veh^r. 

lit/. 7. Vcntus de Thiard ( dit Etienne Pâquier ) rem- 
^'f^! Rftpofaen fajeuncjfe [es Erreurs amour eufe s , fe \ouant 
^hirch* j-^^ ^g ^j^f ^ erreurs à caufe de fonnom de Pontus-Et 
fous ce gage acquit tel crédit entre les Poëtes , que 
Renfardlui donna l'honneur d'avoir été le premier in- 
troduBeur des Sonnets en cette France îy mol même 
en mon Monophile l'aggregeai en tiers pied avec Ron- 
fard Cr Bellai. Toutefois depuis H quitta la Vc'éfie^& 
enfonlieu emhrajfatant la Philofophte que les Mathé- 
matiques Et fur cette opinion traduifit en notre Lan* 
gueles Dialogues de Léon Hébreu de V Amour. Livre 
^ui fous le difcours de l Amour coprend toute la Phi- 
tcfophle. Et pareillement compofa fm Sclitaire ou de 



des Hnmmef Sçavarîs. 4^7 

i VrJvers , ple'm de trh grande érudition & doB/ine- 
Continuant fes études de cette façon ,11 fut fait Eve- 
que de Chaalons fur Saône eniSl^'& ^^^^ ^ «''^f 
idonna toutfon efprlt ri nètre Théologie fur laquelle 
H fit quelques Uvres.entrelefquels eft l' Homélie très- 
belle fur U Vatenotre , employé en toutes les adirés 
du Clergé de la Province de Bourgcgne.ou fon Eve* 
ché et oit affife. Et fur -tout II me fouvlendra qu étant 
lePrémîer des Députez, de fa Province en l A^emblee 
des Etats qui fut tenue a Blols l'an iS^^dui feulje 
roldlt pour le fervlce du Roi contre le demeurant du 
Clercré, lequel en fes communies délibérations ne refpi- 
toit que rébellion & av'dl\femc7it de la majejie de nos^ 
Rois. J'en Guts parler comme celui qui Icrs le ^'oyoïs 
de deux on trois purf l'un ^c. ^ 

Da Chêne dic,queplu(kai-s acrnbncnt a Pon- J^^^-^*- 
tus de Thuird un Livre qui n pour titic ^, Ex ^,,^^.^^^\ 
trait de la Généalogie de Hugues fumommg Ca^^t écrit 
tet h des fucceffeurs dé U race de Charlemagne eni^ffifi.^ 
Fr^^^r^. On trouve un FiMgmeiic d'une Lettre de ^«Hf. 
Pontus de Thiard contre le f.nix ieûute Cnavks 
dans un Livres intitule JJiZ'/io/^fr.* Pontlfi ci a, im- 
primé en 1676. in quarto^ compoCépar lo.Adanv 
Scherzeius. 

THEODORE DE BEZE , de Vezelaîr^;^^^ 
en Boiu-fTognc , neveu d'un Confeiller au 
Parlement de Paris, eft affés connu dans 
le Hionde par renjôument de fon humeur, 
pu- la politeire de fon efpric , & par la 
loncTLieur de fa vie.ll palla foixanre années 
entia-es dans Wcude & dans les fondions 
de facharge,6: il parvint à un âge fi avan- 
ce , qu'avant que de mourir il fe vid pri- 
vé de l'ufagedes faculrcz qui peuvent ren- 
dre la vie douce .3c agréablexar famémoi- 



4i§ Les Eloges 

re étoîr fi afFoiblie , qu'il ne fc fouvcnoit 
point des chofes préfenres , quoiqu'il eût 
retenu celles qui s'écoient imprimées dans 
fonefpnc pendâr qu'il ctoiten fa vicrueui*. 
C'eCt pourquoi il recitoit des Pteaumes 
entiers en Hcbreu,& quelque chapitre des 
Epîtres de S. Paul qu'on ini propofât,d'a. 
bord il lediloit en Grec depuis le premier 
vtvfet jufqu'au dernier. 

Il ne manquoit pas de jugement pour ce 
qu'il avoit appris autrefois i mais ce qu'il 

venoit de direjilPoublioît dans le moment 
Après qu'il eut vécu deux ans en cet e'tat , 
il lui prit fubitem.ent une convulfion dans 
le tetiips qu'il fe met toit en chemin pour 
aller a > Temple,& on ne l'eut pas plutôt 
porté fur fon lir,qu'il rendit l'araç.H mou- 
rit âge de quatre-vingts & fix ans , trois 
mois&dix-neuf jonrs'.AntoinedelaFay* 
compofa une Oraifon à fa louange,6c }o- 
feph Scaliger, qui étoit joinr a Eeze d'une 
étroite & ancienne amitié , fit fiir fa mort 
des Vers tendres & élegans, dans lefquels 
la ville y où cet excellent homme finit fes 
jours , eft mcnacc'e de beaucoup de mal- 
heurs; mais ccfe prédiction n'a pas enco- 
re été confirmée par l'événement, 

Al>D IT 10 \f. 
rit Th. 

^^ton J ^î ^,o D o R E D E B E z F. étoit ifTii d'une fa- 
Fayo/ "ïiiienobie. II fut élevé avec biâucoiîp de foin 



des Hommes S^^^janu ^le^ 

p.ir Nicolas de séze Confcillei au Pai-Icmcm de 
Paris fon oncle. Depuis l'âge de cinq ans jufqu'à 
f;i douzième année, il eue pour Précepteur Mcl- 
chior Volmav , qui ne négligea rien pour Former 
les mœurs & l'eTpric de fon Difciplc. Pendant ce 
temps là , il fie de (i grands progrès en fon Ecole, 
qu'iln'y avoic point d'Auteur Gtec &: Latinqu'il 
n'encenditj& point de fcience dont il n'eut quelque 
tcmture. Mais fon précepteur s appliqua princi-i 
paiement à lui infpirer une vc-ritable pieté & i 
l'inftruire dans la Religion des Protellans. Cepen- 
dant quoique dans fon cœur séze fût entièrement 
convaincu de la vérité de cette créanccjil n'en fit 
pas d'abord une prof^iïion ouverte, foit qu'il en 
fut détourné par la Crainte qu'il avoic de déplaire à 
fcs parens, ou que les plaifirs du monde auxquels 
il s'abandonna dans fa jeunciîe occupaient li fort 
fon efprit , qu'ils rempêchallent de fatisfaire à-fa 
confciencc & à fon devoir. Mais enfin après avoir 
long temps combattu contre la chair & le monde, 
€}ui s'oppofoicnt au dcllein qu'il avoit formé de re- 
noncer à la communion de i'I glife komame , il 
rom.ùirtOLis les liens qui l'y retcno;cnt,il renonça 
aun béncficc de: fcpt cens écus d'or de rcv.ru , 
dont il étoit pourvu , & à Icfperance alTûrèe de 
pollcder d'aurvcs Bénéfices conlider^b'cs que l' Ab- 
bé de Frcmont fon ni-:cic avoit r..:fo!c; de lui r^û- 
gner, &c il quitta .'an, poqr s'aller retirer à Genè- 
ve , &: pour y faire prokHion de h Religion que 
fon illafhe [^récepteur lui avoit infpiiee. Apiès 
avoir demeuré quelque temps en cette ville-la , il 
rut appelle à Lauf innc , où il exerça pendant dix 
ans la charge de ProKlIèur en Philofophie & de- 
puis il Fut Minidie «c Prcfcileur en Théologie à 
j Genève. }\ a/lilla au Colloque de Poifli , où'^il fit 
admirer fon fçavoir 5c fon éloquence. A l'acre de 
cjuatr- vingts ans , étant allé voir Henri IV. qui 
alliegcoit le Fort S. Catherine proche de Genève, 
il eu fut rc^u avec beaucoup de marques de bien- 



43^ JLfj Eloges 

veillance ,& même ce guand Prince lui fie préfenc 
^^,7" ^- ci"^ cens écus d'or pour témoigner leftimc 
lib.ixs. qu'il ^à\(oK de ce vénérable vieillard, qu'il voulue 

bien honoier du titre de fon perc. 
r.t Bt\x Beze écoic d'une caille médiocre & ailés pleine. 
fer yint. U avoic Ic vifagc bien fait,un maintien tort agréa- 
Fajum. blc , 6c une fancé (1 bien établie qu'il difoit {ou- 
vcnc, qu'il n'avoic jamais fçù ce que c'étoic que le 
mal de tête. Dieu lui avoit donne un efprit élevé 
au dcilusdu commun , un jugement exquis , une 
mémoire merv^iilkufc , une éloqticnce iinguliérc, 
un air (i obligeant, & une affabilité (i engageante, 
qu'il (Ta^^noic lecœut de tous ceux qui le voy oient. 
hnfin^iUvaic des qualitez 11 extraordinaires , un 
fçavoir ii fublime , une piété (i exemplaire , que 
toutes ces chofes )ointes a fa longue vie ont obligé 
quelques uns de l'appcUcr le Phénix de nôtre fiécle. 
On lui a reproché les Vers qu'il fit dans fa jeanetie 
& qui tarent publiez fous le titre de JuvenHU 
Jdeodati Sehi.. Mais outre qu'il les compo- 
fa avant qu'il eût atteint Tâge de vingt ans , & 
qu'ayant bientôt après renoncé à tous ïts plaifirs 
du monde , il condamna lui-même ces Poélies,& 
fit ce qu'il put pour Icsfuprimer, perfonne n'i. 
gnore que depuis il donua un emploi plus honnête 
& plus noble à fj Mufe , & qu'il employa tout le 
reftc de fes jcurs au fervice du public &: de l'Egbfe 
& ainii il ell vifible qu'on n'a pas raifon de lui re- 
procher une faute qu'il a il glorieufemcnt reparée, 
de même que l'on nf peut point fans injuftice prit 
ver S. Augultin de la gloire que fon fçavoir «Se fa 
piété lui ont méritée . fous prétexte qu'il pafîa les 
premières années de fa vie dans le libertinage &C 
dans la débauche. 
tAf^uh ^^ refte,ce que M. de Thou a écrit de la mémoi- 
£pi/Z. ' rede Beze eft confirmé par le témoignage du do- 
4«i» cle Cafaubon.Car il dit qu'après avoir long-temps 
' entretenu cet illullre vieillard des adions &c des 
4eileins de laques Roi de la grand' Bretagne , il 



des Hommes s çavans, 411 

lui dcmandoic de temps en temps lî la nouvelle de 
la mort de \^ Reine Elifabcch étoit véiitableimais 
que lors c]u*on le mcttoit fur les difcours des Let- 
tres & des Sciences , il en paiioit aulli pertinem- 
ment qu'il eût pu le faire en la fleur de fes ans, il 
rapportoit des Hilloires entières de Plutaicjuc & 
des autres Auteurs Grecs & Latins , il recitoit 
mot pour mot des chapitres entiers de l'Ancien & Bf,i(i 
du Nouveau TcRament. Le même Cafaubon 5,, 
nous apprend que M.dj Thou avoit tant d'admira- 
tion pour le Pov-mc que Scaligcr avoir fait fur la 
mort de Beze , qu'il écoic transporté de joye lors- 
qu'il le lifoit , & que mêmes il Tavoic appris par 
cœur, quoiqu'il contienne près de lix vinors Vers. 
Béze n'a pas été feulement loué par Scalif^er & 
par un grand nombre de Proteflans , mais encore 
par plufieurs Catholiques > qui ont rendu juftice à W^" Kfp, 
fon mérite. Nicolas Rapin Grand Prévôt de^'^^'**'"* 
ïrance a fait fon Epitaphe de cette manière. 

Bezjifathvlxit .fifamam ér tcmporfi fpecîes , 

CàiteraJi'uitA mhnia ^ acerbus cbit. 
Hune ^Uexere Aomdes jHVenîitbus amis t 

Illum non etiam dejlitnere [enem. 
Huncfams. fatur (^ viu , tam cegnitus orbî 

§uamjibi .fuprernumgaudetobire diem. 
^odfiimmortalem cuîquam fore fata, dedijfent, 

Debnetat nnllo tempore Btz.ii mori. 
At fi ^uidfeclis dïgnum eft durare faturis > 
JEternum In Bez.A nomine numen erit . 

L'Auteur dun Livre intitulé , Janfenius furpe-l-^/'"''* 
Btis ,quifuivantlcs apparences eft un f^avant Je- "^'^'f "' 
fuite . allure que route la f cicnce de tous les Jan-^'^^' ^^' 
Tcnides joints enfemblc n'ell pas comparable à 
iccliede Calvin & de Bcze. Quam multis , ( dic-il 
variant aux lanfenilles ) llret ipfi vos ametU , é» 
}ri^m mulîts rébus fimiles alîU riovAtoribus fiùs^ta- 
t'^ftfi'lHQt^Het Janfemam C^ LutettA , 0* ^hcum 



Ait Les Eidpes 

Luîeùam quaquaverfum , & rehquam GalUam 

funt conferantur in unum , nec hgemo , ?tec erudi' 

tlone , nec fAHciarum litterarum fcientia , nec Va- 

îrumufu > nec fclertia dif^utandi , nec fcribendi^^ 

fi^gendi *vi ne dexterltate - ^rhis uni Joaml CalvînOt 

itechet'h.aftt Theodoro £^z.a , un'iuam fares. ttienne Fâ- 

de ?â- qu-cr me: Bcze au rang des plus cxcellcns Poètes 

^uler. i;^-ip5 François qui fu fient de fon temps. P'^ers 

*^* ^' ce tnéme temps , dit il étolt Théodore de Bez^e^hrave 

Toëfe Latin C" François. Il ccwl-efaen Vers François 

le Sacrifice d Abraham ^ fi bien retiré au vifi , que 

le itfiant il me fit autrefois tomber des larmes des yeux. 

lEtfa Tradticilon du demeurant des Ffeaur/^es de T^a- 

njid montre ce (^ti il pouvait f'^irCje n cor e ^tt'il n ait fi 

heureufement rencontré que Marot en fies cinquante, 

Bitnotf-.. Vignier alî tc que beze en FEloquence Iran- 

dtViinlr zi^\{z & LaM'^e (emble avoir eu aulfi peu de pareils 

4, ^Arxït^ ^^£ (^0 fccondî. 

fap 1 45. £i^jj.e les autres Oeuvres de Fcze on eftime fur- 
f '!fi\ t out Tes Notes fur le Nouveau Teftament, fur leN 
Conuov. quelles Scaliger a tai: ces vers. 

f'I* 57. 

Jof. Se a. ...,,. .,'ficefus fupra caput extulit omnes 
*'^l -îr nie tuorum cperum fumma , caputquc liber , 

Bexf. §luopeKetrale Hozt rejeraturFaderiS) quo 

Dificuj^A lucem nccte videre datur. 

Mais il eft îccufé par les Catholiques d'avoir 
trop aiF^clé l'éloquence dans (a Traduclioii du N. 
Teiramcnt. 

Se^aucrc-s Oeuvres imprimées font , Cow/^jpo 
Chrifiianofidei , & ejufidrm Collatio cum Vaptfiùcis 
- héirefiibus. j'Atera brevisCçnfiififiO fiJei. De H£reti- 
cis a Civili Mdgifiratu pumendis , adverfus Marti' 
ni relliifiarragînem. Brcuis Explicatio tctius Chri- 
fitanifmi. Summa do^rin^^ de re Sacramentaria, De^ 
Cœna Domim Trûâatio , in qua hach. Wefiphali 
calunnU reficlluf/tur. K(i^(fsiiyi<:fi'veCychpSi 
Dialegus de'^vera communîcatione co^poris & fian- 

gui' 



des Hommes Sçav^ns, 455 

£Ufnts Domini , adverfus THemanni Heshufii corn" 
ment a. Ahflerfio calumnUrum quibni afpgrfa ejl 
Ecclefia Genevenfis à Tllemanno Heshufio. Ad Sel/, 
Cajîellionis calumnias ^ quibus Atervam Dei prsidefti- 
natîenem e vert ère nititur > Kefponfio. Refponfio ad 
defenfiones ^ reprehenfiones S eh. Cajiellionis , ^«z* 
busfHiim N. Teftumenti Interpretationem defendere 
^dverfus Bez.am ér ^hs Verfionem vicijftm repre- 
hendere coriAtm ejl. Ad Jo. Brentii Argument <i , O* 
J. AndrcA Thefes,(]uibt4S carnîs Chrijîi omniprÂfen" 
ttam nîtmtur corîfirmare , Refponfum. Ad alteram 
Brentiani iibripartem , de afcenfu Jefu Ckri/ii, Ad 
tertiamlibri ^rentUnî partem ^ qui eji de fejfione 
Chrifti ad dexteram Dei, Ad quartam brentiani li' 
bri partem , de adoratione Cf invocatione Chrijii. Ad 
ulttraam partem ^rentiant Ubri , cui tUulns , Ap- 
pcndix publicorum tcltimonioriim ,qiiibus oflen- 
ditur CingUanos ma'a confcicntia piamde Ccena 
Domini^ fencentiam oppugnare. De hypojiatica 
duarumin Chrtjlonaturarutn anicne , adverfus Jac, 
André A ajfertîonem. De unîtate eJfentU divin a ^ 
tribus in eafubftentibuiper fonts , adverfus Arria- 
nos Thefes fi*ue Axîomat^i de Trinitate perfonarum, 
& efendA uni fat e. GluAftionum 0> Refponfionum^ 
Chrijiianarum libelius- De Pclygamia. De Repudiis 
& Divortiis, De pace Ecdeji^rum conjîituenda » 
Confilium. Defcnfio Sacramentalis ccnjunhionis coy 
poris ér f'inguinis C hrijti rum facrif fjmbclis advef 
fus M.. Flacci lllyrlci dsmonjiratîones , ^ CfuCdem 
Apolcrixm. Rtfponfo ad Franc, ^alduinî conv'cia. 
Ad Sicotatfm Sclncccerum très Refponfiones. ^d Fr, 
CUud'ium de XAintes très Apolcgi& Ad Aîîa Qon- 
venfus quindccim Theologorum TorgA habiti , Ap9- 
îogia Difce/fatio eum Jeanne Pappo de hypOjlatica 
duarnmin Chriji» naturarum unione. Pro corporît 
Ch'jîiveritate , adverfus ubîquitAtis commcntum , 
éfCuliehni Holderi convicia , Refpoufio Adputi^ 
das q:i.ifdam 'jacohi An.ireA calumnias , Reffjnfo , 
De verts ^ vifibUibus EccUftA CathoUcA Sotii , 
Tom. 11. X 



454 Les Eloges 

TraHatlo. De Cxn^i Dcmlm , adverfus^ Jcdoci 
Harchii Montenfu dogmata , Refponjio. £pîjrcUmm 
Theologïcarutn iiher mus. ^Uxjl'wnum & Refi'Onfo^ 
mm pars altéra. De frAdeftlnmonîs dvBrjna , à* 
vero uff* ^ Traciaf'io ahfoluîijfima Loca aliquot^ ex 
ttither: lihro de fervo arhltrio , adverfus DUtrlhen 
Trafrm excerpta \ ut ex ils • qulfitfi?»perque fuerît 
nojier citm eo m hoc de prAdefthiathne Deî ccnfenfuy 
cmKes Uquîdo perfpicere pojfint. Refponfio ad Acîn 
Ccllo^jHu Mompelgardienps. Paraphmfis m EccU' 
fiajîen. Varaphrafis In Job. lex Deî Mordis , C<e- 
remonidis , é' PoUtica , in Harmoniam concimata. 
Refponfio ad ^&fiiones é" Refponfiones Dan. F.of^ 
munni. ConfplcULuTn ad eundem hofmanmm. The- 
fes Théologie A difputatAftih Thfcdoro Bez^a (jr AnîO' 
nio ^ayo. 'Upologla de Jufilficatione, Tra^atns de 
îxcommunicatione , & de Chrlftiuno Vreshyterlo. 
Ad Tra^atlonem de MiuiporHm Evangclii gradt- 
hus A. S^raviA, Kefponfio. De Controverfiis înCœ- 
na Dotnim , Dijfertatio, EpijhU ai Andr. Dudt- 
thlnm de HAreticis piiniendis. Jcones , îd efi verA 
imagines njirorum doSirina illhft/mm , citm eorum 
I.logii6. Emhlemata. De peftis contagio , à' ÎH^ y 
Catû Cenfo/tus ChrîjTiamus Defenfio ad Cenehrardî 
accufatîcnem. Interpretatio Dîalogorum quinque 
Athanafl de S.Trimtate , é'iihrorum quatttor Ba-^ 
fin adi^erfus Emomlum. Item An a flapi & Cyrillî 
compendîaria fideî orthodoxA Explicatio , e3^ F^c^^- 
du liber contra Arrianos, cim Bex^A Verfwne Théo» 
dori frssbyteri Rhetenfis libellits de hy^oflatica mio' 
ne , GvAce editm ér Latmus fAciui cm ad'iuncin, efi 
Cûllatio HArefeon. Sovi Tejiamenti Inîerpreratio 
€um minorlhus Hotts , & Methodi chfervatione. Pr&' 
fatload ifagogem L. Dan&iinCPjrifllanA Theelogi& 
loros communes. Pfalmarum Uh^r varie carrrânum 
génère Latinorum expreffus. Canticum Camhorurn 
Lyricis Verfibus SyivA.Efigrammata. Elegid- Epi- 
taphia. De reBa FrancicA LhigUApronumiatione, 
De germma pronmiiatione LinguA Gyaca. Zogra 



des Hommes Sç^vans, 43 j 

phîa Joamis CochUî. La vie de Jean Calvin en. 
ïrancoîs éf* ^f^ Latin. Le petit Catechifme. Cent 
Pfeaumes de David en Vers François^ Sermons fur 
l'Hificire de latxjfwn -tfepuUure , éf refitrreciïon dc' 
notre Seigneur jefus'Chrift. Sermons fur les premiers 
chapitres du Cantique des Cantiques- Traité des 
marques delavrdye ^£Îife CathoUqtte.Répcnfe pour 
la jufiifi cation gratuite , centre mi Ecrit fans tjcm 
femé ça (^ la par un certain Antcine Lefcatlle.Le Sa- 
crifice d' Ahraham. Vlufieurs Harangues prononcées, 
au Colloque de pcljfi. Hiftoire Ecclefafilque des 
Eglifts Koformées du Royaume de Erance. HQmiliA- 
du&pro vera Chrtfti pr&fentia , adverfus Sacrame/j' 
tariorum erroremfcus le ncm de Kathanaël Nefckius, 
II a aufn publié fous le nom de Chriftianus Hef-ij^ro/., 
lîander un Traité qui a pour titre, DeCommumca- ^-h'mh» 
tione,!^ vivifica virtutc carnîs Chrijii, perpétua Cy- ^°**^' »• 
rilli fententia , ex ejufdem & ^Horum Patrum fcri- ''^^*'*^* 
pis cxplicatA. Enfin il y a de lui une tpîcrc écrite 
en ftyleMacaroniquc contre le Préfidcnt Lirct fous PUc\ de 
le nom de Beneàicius Pajfavantîus , qui efl la plus Scr/^r, 
excellence pièce qui ait lam.-^Is été tiice en ce gen- '^°^'J^* 
rclà , au jugcm-nt de Naudé. 

Ouelques-uns c oyent qu'il eft l*Auteur d'un Li- 
vre im'iiiûé 3 RecueuH des ci-ofes monOraJAcs arri^ 
véesen France fous Henri II. François ./.&c. D'au- 
tics l'ont attribué à Fian^'ois Hottomaa , &: d'au- 
tres à 3ean dc Serre. 

ROBEPvT CONSTANTIN, intime !?^t;,..v,f 
ami de Bézc , naquit à Cacn en Norman- ^ "y?-*^- 
die. Il enrendoïc parhnremcnt bien la Lan- 
gue Hébraïque > la Giccque , la Latine , 
& fuivtout CCS deax dernières. Il em- 
ploya fa longue vie à étudier & à voya- 
ger. Comme il avoir été dom.eftiqiie de 
jule Cciat Scalioer , af rès la mori de c^ 

T if 



43^ Les Eloges 

crand homme , il publia une partie de Tes 
Coi^'in-^entaiies fur Thcophralte, qui n'a* 
voient pas été mis au jour pendant fa vie, 
& ainfi il fit connoître qu'il n'avoir pas 
de^Tein de ravir à l'Auteur de cet Ouvrage 
la gloire qui lui étoit due, comme on l'en 
avoit acculé. Il vécut jufqu*à l'âge de cent 
trois ans , fans qu'une vieilleirefi extraor* 
dinaireeût diminue ni la vigueur de fou 
corps & dcfon efprit , ni fa mémoire, qui 
cftla première de toutes les facultez de 
l'ame qui commence à s'affoiblir. Et il 
mourut enfin d'une pleuréfie. 

^ D D ; r/o N. 

Ipin Robert Constantin étoit Médecin 

D d.Ro^ de proFeïïîon , & il enfeigna quelque temps les 
fô'îfirt»-'' belles Lettres dans rAcadcinie de Caen, Gefner 
^j^'^'^rt dit qu'il excelloit en la connoiflance de la Lan- 
Cr Ltiu'%^^^ Latine &: de la Grecque , de l'Hirtoiicdes 
»o.G^/«. plantesA de la Médecine, Simler le traite de pcr- 
d( Hortii {"onnagc d'une (înguliére diligence & d'une pro- 
QermA- fonde érudition. Mais Jofeph Scaliger par'e avec 
Tlioth' t>eatrcoup de mépris de Conftaatin , & de fon Di- 
SimUrU <^ionaire. 

lof Sc«' Ses Oeuvres imprimées font , Jnnotatmesfy* 

^*g'^?- Correct cnes lemmatum in Vtcfeorîdem. Annotation 

^c'f '^ n^s& QorreBîcnes in C. Cclfum , §). Serenum -, (y* 

rana^ ^^hemntum ?a,Ur//onem. Annotati'nes m Htjto" 

rias Theophraft'f Kemenclaîcr infignlum Scrîpterum 

quorum libri extant vel manufcripti t vel imprcjfi , 

hidexque tot:us Blhliofheca Gefn^ri. Thefaurmre» 

rum ^ verborum utriftfque Lin^uA- Supfletnfntum 

titriufi^tde LinguA -, aique Elegnnti& Dlciiônarium 

GrACHm* De Antl^uitatthns GrAcerum & Latine' 



des hJommes Sçavans, 4;7 

fUm y Ithrhresj AphorlfmtHiptocrtitîsVerfibusGrA'* 
cîs ^ Latinis. Juliani Imper titoris Mifopv^on y ^ 
Ej>iftoU in Ltn^uam Latwam converfA. , 

L'Aatciud,- laBjbliocTrnnlvccurieufcdîcqiie Te^ .T* 

T^'Xi." • I »— 1 c5 > 1 CUTI')! A 

t»iaioanirc de Conftamin < n t'ait avec plus de )^-Qerrix^ 
gcment que celui d'Henri Etienne. »o?o!i 

SIMON MARION , né d'une trcs- S'"^, 
honnête famille de Nevers , fe rendit illu^tT'' 
ftre dans leBarrcau de Paris pir fon fçavoir 
de par fon éloquence , comme le témoi- 
gnent les Adions Forcnfes qu'il a don- 
nces au public. Ayant été élevé à la char'* 
ge d'Avocat Général au Parlement de Pa- 
ris , il Texciça avec autant de jugenenc 
que d'éloquence , ôc il défendit avec beaa- 
coup de confiance les droits du Roi, la li- 
berté pLiblique,(?^rhonnear du Royaume. 
Il mourut âge de foixante-quatrc ans 3c 
trois mois, & il fut enterré à S. Mcderic» 

JÎDDIT loyi. 

Au jugement du Carciinal du Perton , Marion ^'rnaU. 
étoit un grand Orateui-,& avoic cette p^Ktie qu'en''** 
difcourant il pcLfuadoit foit , & n'émo avoit pas 
moins en mettant par écrit. C'ejile premier hom' 
tne du Palais qui ait bien ecrify ajoute ce Cardinil, 
érpojfible qu'Une s'en trouvera jamais un qui Le vaiL* 
Le, "je dis plus , que depuis Ciccron il n'y a pas eié 
un Avocat tel que lui. Voici i"£pitaphc que cet 
illullrc Cardinal lui a Fait, 

Sur ce tombeau , couvert en mainte forte 
J> honneur i muets ,git l' Eloquence morte ; 

T lij 



43^ Les Eloges 

Car Marton du Sénat i ornement > 
'Et du . aIaîs le mracle fupréme , 
ii'efipas le nom d un homme fimplement ■ 
Mais c'efilemm de l'Eloi^uence même. 
Ge grand homme, quoiqu'il fut d'un mérite di- 
ïlingué , & un très-ze!é dcfenfeur de la Religion 
Romaine , n'a pas la-fl'é d'ctre traité d'Heretiquc 
parTAuteurdc h Bibliothèque dcsJéfuites. 

Annie \oo6, 

SOFROI CALîGNONÎ , Chancelier 
fichêdui (Je Navarre , natif de Grenoble , étoic 
cniigno^ un homme d'un fi erand mérite ^ foie que 
l'on con/îdére Ton fçavoir, fon efpric , & 
Ton expérience dans les affaires > ou que 
l'on ait égard à la douceur & à rhonncrcré 
<ie fes rocîeurs , que peu de perfonnes peu- 
^'enr lui étic comparées. Je travaillai avec 
lui pendant trois ans à drcirer l'Edit de 
NanreS;,5j alors nousrenouvellânicsrami- 
tié qui nous avoir unis dans notre enfan- 
ce , & qui avoir commence lorfquc nous 
allions enfem>ble à l'Ecole. A peine étoir- 
i\ entré dans fa cinquante- feptiérre année 
<iu'il fut attaqué d'une maladie mortelle, 
c[ui changea fa gayeré ^ fon enjoûmenc 
.■^naturel en une profonde melancholic. 

Lorsque je le vi/irai pendant fon mal>il 
ine dit d'une voix trifte , que les gens de 
bien n'av oient pas fu/et de defirer la vie, 
Par ces paroles il fembloit préfager nbîi 
feulement le funefte événement de fa ma- i 
Jadie , mw aiiffi les malheurs de l'Etat, 



des Hommes Sç^^vms. 4 3 p 

^ D D / r / N. 



Aubigué die que C a l i g N o N etoïc un dcs^.A,,^;,. 
plus <Ti-ands efpncs de fou temps. Cafaiibon le r^ta.l . 
n-aite'dcpcifomiagcilUiftL-epai- fa doarine , par/:v.5.f&- 
fa pièce, & par les fcrvices qu'il avoic rendus A'- ^^^• 
l'Etat. M. de Thou accric ailleurs qu'il étoit très- ^^'^^j'y^^ 
fçavanr en la belle Littérature, en PhiloCophie , j-/;^^.;, 
aux Mathématiques , eu Tunfprudence , & ç[\i\\ Comm.de 
émit confommé dans les aftaircs & dans l'ufage du j-^^-» /«'». 
monde. U ctoit natif" de S. îean près de Voiron^.-5. 
dans le Dauphinc, Dans (a jcuncfle il cmbralTala ^^/.^^^. 
créance des Pio:efl;ans,&: il témoigna tant de zcle^^^ 
pour fa Religion , qu il y pciTcvera conllanv ,4Urd, 
ment , quoiqu'en y renonçant il fut allure de 
parvenir à la première dignité de la robe , carie 
Roi Hcnii IV. avoir accoutume de dire, que (i Ca- 
lignon eut ctc Catholique, il l'auroitfait r hance- 
licr de France. Ce fut par fon interccflion que 
les Proteltans de paris obtinrent du Roi que l'exer- 
cice de leur Religion fe fairoit àCharenton , au- 
lieu qu'auparavant il fe faifoit à Flond , qui eft un 
villngefur la rivière de Seine éloigné de raris d« 
quatreou cinq lieues. U fut premièrement Secré- 
taire du Roi de Navarre ,pais Confeillcc, & en- 
fuite préfidenc en la Chanbre de l'ïdit de Grcno- ,4h>t(^ê 
blc,&enHn Chancelier de Navarre. M. Chorier rfe /«w /?. 
a fait l'Eloge de Calignon en ces termes : Le ^oi^^^.^^^"*' 
HeyinlV. n étant que Roy de Savarreavch err.ployé]-^^^ ^^^ 
C^lïgmn dam les plus difficiles affaires. U^ n'en avoh 
pus alors d autres. Et étunt devenu froide France , 
ilneutpasde Mlniflre quH efil7?dt fltis, U le fit 
Chancelier de Savarre. VEdît de Hantes eft fon 
ouvrage. U y trava'dla plus que nul autre- U etolt 
ff avant en tout gerre de Lîttcramre. il a mêmes 
faît dis Vers en notre Langue. Du Verdïer enacon. 
fervé flufieurs dam fa Bitl'Mhéque. ^^^ autres fcnt 
terh. U iivoi:dans Us apures un dl [cerne ment U- 

T iiij 



44^ Les Eloges 

tnirahle. Tour emharrajfées quelles fuffent , //♦ 
troHVoh d'aborct le point qui les decîdoit. Il mourut 
i'aniio'j. âgé de cinquante fi x ans y laiffant au Roi 
ftnfenfible regret de fa perte. Celle des grands hom- 
Oiet cemrxeltii ne fereparf jamais. Uf ai/oit prùfejji on 
de la Religion P. Reformée. 

Il y a de lui une Satire en Vers dans Ja Riblio- 
theciucdedii Verdict , & l'Auteur de fa vie affCire 
^u'ilar«pondu à la Bulle de Sixte V. par laquelle 
il declaroit Henri IV. incapable de fucceder à la 
Coruronnc de îrance , & que cet Ecrie a été pu- 
blié. 

^hri. Il a aufTi compoféune Apologie du Roi de Na- 
ri' lie varre contre un Livre intitulé , Incendium Calvi- 
^^i'g'*' mJlicHmà Savarri legatis apud quofdam Imperii 

Crdinesad certam Religionis ac KcipublicA comur" 

hatîonem-procuratum. 

S"' P4^ILIPre DES PORTES , natif de 
Chartres , mena une vie douce & tran- 
qiiille,tachint de faire du bien à route for- 
te de perfonnes. Il excella en la Poefie, & 
après Ronfard , du Bellai , & Bclleau,il a 
palîc pour le premier Poète de fon temp^. 
Mais quoique la Poefie fût fon exercice 
ordinaire, il n'étoit pas incapable des plus 
importantes affaires ; car il s ecoit rendu 
maître de l'efprit du Duc de Joycufe , qui 
gouvernoit TEtat fous l'autorité du Roi 
Henri III. Apres la mort de ce Duc , il re- 
prit fcs premières études , & il compofa fa 
belle Paraphrafe des Pfeauraes qui mérite 
toute forte de louanges. 11 mourut âgé de 
foixante & un an à Bomport . dont il étoit 
i^bbc. ^ 



des Hommes Sçavans. 44 1 

^ DDITION. 

Philippe Des Portes croit foiti d'u- 
ne hmiUe honncte, mais excrémcmcnc pauvre. Il 
s'attacha dans Ca jeunefleà un Evéque de qualicé, 
(]iii le mena â Rome , où il apprit la Langue Ita- 
lienne, & fe rcgia fur la manière d'écrire des Poe- „ 
tes de cette nation. Quelque temps après icn^''''^'''' 
retour d'Italie, il accompagna Henri lU. en Polo, 17 ii/<,. 
gne ,& revint avec lui à Pans. Il fut fort aimé6^" «^^ S. 
parce Prince , qui lui donna de grands biens &'des ^^ *''^'' 
Bénéfices confidér.ibles. C'étoit un homme d'un 
excellent efpnt , d'un jugement admirable , & 
qui s'acquit beaucoup de gloire par fes belles Poé- 
sies. 11 avoir un caradérc doux , facile , pa/îîoa* 
né , & il imita (i heurcufemcnt l'incomparable 
Tibulic, qu'il remporta .ivcc beaucoup de raifon 
le titre de Prince des Poètes François dans les ma- 
tières d'amour. On allure que le' Duc de loyeufe S*'»"'' 
fa-foit tant de cas de fes Vers , qu'il recompenfa''"*' '^' 
un de fes Sonnets d'une abbaye de dix mille t'eus ^'*^^'*'* 
de rente. Ildépenfa très-liberalement le bien.mc 
fon mérite lui avoir acquis , car il en cmplov.' lîne p, 
partie à dreiler une ample & '- r.gnifique Biblio- s.^Mar- 
théque , & il n'y avoir point d'homme à la Cour «fcV 
qui vécut avec plus d'ér ar , ni qui tint une meil- 
leure table que lui, ez où les honnêtes gensfulTenc 
mieux rcçLs. Cependant fa réputation lui attira 
des envieux & des Critiques. Un Poète de fon 
temps fit un Livre intitulé , La Rencontre des Mh- 
fes^ où il prétendit faire voir que des portes avoir 
pris des poètes Italiens ce qu'il y avoit de bon dans 
fes pocTies. On dit que des portes prit cela en ga- 
lant homme , & qu'ayant vu cet «Juvra^c il dit : 
En 'Vérité ,/ij'euJfe fcû que l'Auteur de ce Livre eût 
eu dejjein d'écrire contre moi , jeluiaurois donr.é da- 
quoi le grojftr , car {ai fris beaucoup f lus de chofes 
des Italiem qu'il ne ^eufe^ Comme la plupart de« 

T Y 



44 i -^^'-^ Eloges 

^ens de Lettres , Bc fur-tout les Poëces,ont accoû- 

tarné de donner toute leur applications cultiver 

^^ . rieur efprit , ils négligent ordinairement le foin 

'^'v4// de leurs affaires , & mêmes celui de leurs corps. 

9d*rino Delà vient que le Cavalier Marin fe lai (Ta bru ici: 

de Gîtv. une jambe , pendant qu'il s'attachoit à corriger 

^'■**^* quelques Stances de l'Adonis. Ainfi des Portes 

'^ '^'^trouvoit tant de plaifir dans l'agréable exercice de 

la Poëfie jque fouvent il ne prenoit pas la peine de 

s'habiller d'une manière convenable à un homme 

<le fa façon, Etant un jour allé faire fa cour avec un 

habit mal propre.Henri III. lui demanda combien 

il luidonnoit de penfion. Et après que des Portes 

eut dit au Roi quelle fommc il recevoir toutes 

les années de fa libéralité, ce généreux Monarque 

hi\it^y\ç[\i2. '.J'augmente votre penfion de Infemmff 

de y. c. afin que vous ne vous fréÇentîex. point devant 

mot que 'VOUS ne foyez plus propre. ^ 

Etienne Pâquier a fait ce diflique à fa loiiange l 

Verfihus ut lents , comisfic morthus idem es , 

Si lego i te video , fi v'ideoque > le go. 
Ses Oeuvres imprimées font , Les Amours de- 
Tsians. Les Amours d'Hippolyte. Cleonlce , derniè- 
res y.mours. Imitations de l'A*-ioJîe. Vn Livre de 
Mèlar,ges. Vne Satire contre un Thréforier. Les- 
Pfeaumes de David mis en Vers François. Poëfies- 
^ Chrétiennes, friéres Chrétiennes, 

p^ll'i ^^ Cardinal du Perron dit que des Partes éroit 
' le meilleur Ecrivain de fon fiécle, & que fes Ecrits 
font plein s de douceurs, de fleurs >de dclicaieflcs, 
& de inignardifes. 

?.|;««// RENAUD DE BAUNE , Archevcqne 

éut^Bei'f^ç Sens 5 dans les temps les plus calamî- 

■^^^* teux, déFendic avec beaucoup de zcle 1 aiT- 

roricé du Roi ^diOint que la Religioivfe- 

roic ennérement détruire^ii la République 



Jlâs I-l€n:mes S^dvarîs,. ^45 

fte fabriftoic point , & que la Rcpnbliq-.^e 
ne pouvoît fub^fter, fi la fiiceffioii légiti- 
nie écoic renveifée. Et c'cft pour cela, 
qu'encore qu'il méritât d'être élevé aux 
pluse'minentcs dignitcz>il en fut exclus, 

. ADDITION. 

Renaut de Baune naquit à Tour? cn^ ■*'|*^* 
1517. de Guillaume de Baune Baron de SamT^lan- ^> /'^^ ' 
çai &de Bonne Cotcrena. Il fut Confeiller , puis CrViy?*;^- 
Picfidcnt au Parlement de Paris , Maître des l<e->i<n 
c]uéces,& Chancelier du Duc d'Anjou. Il Fut 
cnfuite élevé aux honneurs Eccleliafliques , & 
après avoir été quelque temps Evcque de Mendc , 
il fut fait Archevêque de Bourges. Ce fut lui qui 
donna l'abfolution à Henri IV. lorsqu'il eut abiu- 
ré la créance fies Proteflans & embralîc la Religion 
Catholique. 

Quelque Hiftoricns ont lai (Té par écrit , qu*a-25«p/^;;tf 
près que le Pape eut excommunié ce grand Mo-H'/L d* 
naraue , le Parlement de Tours avoir refolu de^'-^'^f*. 
créer un Patriarche en France , & que Renaut de 
Bauiie afpiroit à cette dignité. Qiioiqu'il en foit , 
il cif certain que fi l'on eut fait judicc àfon méri- 
te , il eût été honoré de la pourpre , & que jamais 
homme n'en fut plus digne , ("oit que l'on regarde 
fon fçavoir & fa vertu , ou que l'on conJfidere les 
fcrvices qu'il avoit rendus à PEglife Catholique 
& à l'Etat. C'étoit un homme bien fait & de bon- 
ce mine , confommé en la Langue Grecque & en~.' *• 
la Latine, & doué d'une éloquence admirable. ILjf^J'j- 
avoit un jugement folide & une mémoire cïtrnor- n^^ ^^ 
dinairemtnt hcureufe. Car étant dans un âge ^ 
avance il fc fouvenoit de tous les Vers Grecs & La-* 
tins qu'il avoit lus dans Ca jeune ffe , & il rccitoic 
des pages cRtléres d'Homeic, c^uoic^u'il y eut plus 



444 ^^-f Eloges 

de quarante ans qu'il n'avoir )etté les yeux fur les 
Oitwf^^de ce Poète. Il avoit un eftomac fi chaud 
^ quidigeroiE fi promptement les alimens , qu'il 
étoic obligé défaire fepc repas chaque jour. Car 
après avoir dormi quatre heures , il s'éveilloic, & 
Jiiangeoit quelque chofe. Il fe remcttoit enfuice 
au lit > fe levoit à quatre heures du matin , & Fai- 
foie fon premier déieuné. A huit heures il déjeu- 
noit un- féconde fois. 11 dînoit à midi, il gou- 
toit quelque temps après , & fon foupé éroitfuivi 
d'une collation qu'il faifoit avant que de fe con- 
cher. Aureftc, il ne mettoit pas moins d'urne 
heure ou de cinq quarts d'heure à fon dîné & à 
fon foupé , & cependant quoiqu'il fe nourrit avec 
tant d'abondance, il fut rarement malade, & il 
parvint à une grande vieUielle , car il étoit âgé de 
près dequatre-vingtsans losfqu' il mourut. 
-- ^^ Il afTifbaux Etats deBlois enMS8.& ily fit un 

Comm: ^^"» oC beau difcours contre le luxe,dans lequel il 
de Vit t^ a àizMnç chofe qui mérite d'être rappoi*tée en cet 
^**. i /.r endroit. Car ayant deiïein d'arrêter le cours des 
lifii. dépenfes fupsrflues qui fe faifoient dans tout le 
Royaume , il mit devant les yeux de cette A/îem- 
blée des exemples de l'ancienne frugalité , & s*ar- 
tacha fur- tour à lui repréfenrer celui de la mère de 
ïA. deThou , laquelle ayant l'honneur d'être fem- 
me du premier Préhdcnt du Parlement de Paris , 
n'alloit jamais ni en chaife ni en carrofTe,& s'étoit 
toujours contentée de fe faire porter en trouiîe à 
cheval par la ville, ainfi qu'il efl écrit dans la vie de 
M. deThou , où il eft remarqué, que du temps de 
François I. il n'y avoic à Paris que deux carro/îes, 
celui de la Reine , & celui de Diane fille naturelle 
d'Henri lî. Et que le premier des Seigneurs de la 
Cour qui en eut un , fut Jean Laval de Bois-Daa- 
phin, qui fut contraint de fe fervirdc cette voitu- 
re ne pouvant aller à cheval , à caufe de fon ex- 
cefiivc grofieur. 
Les Oeuvres imprimées de Renaut de ^aune 



des Hommes Sçavans, 44| 

font , Remonftrance pour le Clergé de fronce pre- 
noncée k Fontainebleau devant Henri ÎIl. le 17. Juil- 
let : 5 8t, Sermon funéôre prononcé aux ohfeques du 
Cardinal de Lirague. Sermon funèbre prononcé aux 
ob férues de François Duc d' Anjou * 

Nous avons enfuite à parler de JUSTE J'^^"', 
LIPSE , duquel il y a d'autant moins de 
chofcsadire , qu'il s'cft lui mcme rendu 
célèbre par Tes cxcellens EcritSsqui ont ré- 
pandu fa réputation dans tour l'uni vcrSa&r 
qui la porteront juqu'à nos defcendans. 
Etant né à Eifen, ville éloignée de trois 
lieues de Bruxelles, d'une famille honnête 
& ancienne , il fe rendit plus noble par fa 
vertu & par fon fçivoir qu'il n'étoit par fa 
nai(rancc, & il mourut à Louvain dans fa 
cinquante neuvième année. Il honora tou- 
te fa vie Jofeph Scaliger, qui eut toijjoars 
beaucoup d'amitié pour luijSc qui par fou 
exemple excita les autres à célébrer fa mé- 
moire , en forte que les amis de Lipfcjavcc 
lefqnels il vivoit^cVqiii avoienr le plus d'c- 
(lime pour lui , ne lui ont point dre'Té de 
monument plus illuftrc que celui que Sca- 
liger , Grotius , Heinfius , ôc Baudius lui . 
ont fait élever à Leiden. 

^ DD 7 r/ON. 

Tout le mon^k tombe cl'accoid que Tu ste\-,v; 
Lirst -1 ctc l'an tics plus f^ivans hommes «Se des fc>>;ér. 
plus judicieux Critic^ucs qui tut jamais. 11 com-f»"f» *► 



iocratt 



44^ Les Eloges 

mcnça prefquc à écrire en commençant à vivre : 
'^^'^- car à l'âge de neuf ans il fie quelques Pocmcs , à 
r/ '• celui de douze ilcompofa des Oraiion?. A peine 
avouMl attemc la dix-neuvieme année, qu il don- 
na au public fcsdiverfcs Leçons..& ces coups d'cf- 
fai furent faivis d'un nombre incroyable d'autres 
Ouvrages , qui lui ont acquis une reputa'ion im- 
mortelle. Il avoit une parfaite coniîoillnnce de 
^ahi. rAntiquité Romamev?c lavoir cnfcignce à leidert 
& à Louvain avec beaucoup d'applaudiilemenr. 
A Leidcn , le Prince d'Oranee Mnu:-:ce fut un de 
fes Ecoliers. A Louvain l'Archiduc Albert 8c. 
l'Infante ifabcllc fa femme eurent la curioiiré de 
l'aller ouïr Si menèrent la Cour au Coliége.Mai» 
fa réputation n'éroit pas enfermée dans fa provin- 
ce, & foncrard m:rite le fi: defirer du Roi Henri 
le Grand du Tape P.iul V.& de la Sc-in-neurie de Ve- 
nife. Il n'y eut guéres de Princes qui ne le vou- 
lu lîent avoir pour l'ornement de leurs F rats. Lui- 
même étoit un Prince parmi les doéies de fou 
temps , & Scaliger , Cafaubon ,& lui éuoicnt les. 
Triumvirs , comme on les nommoi:, de la Répu- 
blique des Lettres. 

Mais il faut avouerque fon ftile a été juftement 
cciifurc par Giotius , Henri Etienne , Scioppius , 
& par tous ceux qui ont le gôut bon , & que c'eft 
avec jullice que Balzac dit qu'il a corrompu une 
infinité de gensqui ont voulu Pimirereii flandrcs>. 
en France 5 & en Allcmacrne. Car comme tout 
le monde étoit prévenu de l'opinion du mérite de 
Lipfc , de fon fçavoir , & de fon éloquence , on 
crovoit que l'on ne pouvoit pas choiiir un meilleur 
modèle que fes Ecrits , & il y avoit mêmes plu- 
fieurspcrfonnes qui les préferoientà ceux de Ci- 
ccron. En eôttjun Préfidenr de la Cour des Aides 
étant allé voir fon fils penfionaireau Collège de 
Eoncour , & trouvant entre fes n ains un volume 
de Ciceroii doré fur la tranche 3c relié de marre- 
cum de Levant , fut tâché que Ciceion fut fi bics. 



des Hommes Sçav^i?fS . 447 

relié , & dit qu'il écoit dummagc qat ce ne fûc 
Lipfe. 

Quant à Ces moears , Balzac alTùrc qu'elles 
'étoient aufli pures U innocentes , qu'elles écoicnc 
douces & agréables , & que c'étoit un hoinmc 
très- vertueux. Dans fa jcuncfle il s'abandonna 
•aux plaifirs deladébauchc:Tnais il s'en retira bien- 
tôt par les fa^cs confeils de Charles Langius , & 
étant revenu à foi , il compofa cet excellent Ou- 
vrage de la Confiance. Après avoir vécu jufqu'à fa 
quarante- cinquième année dans la Religion des 
Proteftans , il embrafTa la Catholique , & témoi- t^ie . 
gna une dévotion extraordinaire pour la mère de -7''*'» 
nôtre Seigneur Îefus-Chrift. Car s'écanc pcifuadé 
qu'il avoir été guéri d'une dangcreufe maladie par " ' 
rinterce/Tion de la bicn-heurcufe Vierge Marie, il 
lui confacra deux Icrits comme des monumens _ . 
éternels de fa reconnoiliance & de la piete. ^^s^.^,^^^^ 
Ouvrages lui attirèrent la raillerie cch mépris des Rr^Uy^^^ 
Proteftans. Car Baudius , qui étoit fon intime ^.^. 5. 
ami , & mêmes fon admirateur ,dit dans une de 
fes Lettres parlant de ces deux Ouvrages de Lipfe, 
tne dlvarum Virg'inum ex anlmo rr/iferet > quihus ^^''^^'^î^> 
apud doBos ]udices famam interr;^ cranter decoxît. '* 
D'autrepart M. Lingelmius & George Thomfon 
écrivirent contre lui , & tâchèrent de le rendre ri- 
dicule dans deux Livrcscu'ils publièrent, l'un in- 
titulé , de Idole Hallenfi , & l'autre , de idolo ^*' ThomfoH 
chemenfi. Cette pièce de hcts , lui difoit ce dernier, ^^^.2^,;^:, 
que vous a,^ex> érhé en Vé'ejfe (^ en vierge ^efi f^'eùiatit 
aujj! feu vierge ^ Tieejfe , que vous êtes jujie quoi' 
que vous lui ayL donéie titre de VéeJjcCP de VÎerget 
comwe vous avez, ^rls le nom de "Julie. C'eji pour- 
quoi ii faut vous donner de mctne qu'à cette Idole le 

nom qui vous e(l dû éP celui qui eji dé à £ette Jdole. , ^ . 
r^ ' M /•• j j; ' •' j / • ' /"/• Sri"» 

^Ju elle jott donc fijfeUec une pièce as vois , C^ ^"^ lie Epl/i 

vous foyex, nommé Jodec us » qui efi votre véritable itb,i,ep^ 

tjom.Vom ce qui regarde fon^ change iv.cnt de Re- uo. 

iigion 3 Jof. bcaliger écrit 3 que c'etoit l'effet de 



448 Les Eloges 

l'cxtrcme ambition dcLipfe & 3c l'importunitéde 
■fa femme , qui éto;c extrnordinairemcnt fupcrfti- 
tieufe , & qu'il fut l'objet da mépris de ceuv donc 
il avoit embraffe le parti. Quoiqu'il en foit, Au- 
bère Mirens allure que Lipfc témoigna beaucoup 
<ie piété jufqu'a fon dernier foûpir, qu'étant à l'a- 
gonie il ordonna à fa femme d oft nr à la Vierrrc 
Marie la meilleure de fcs robes j fourrée de peau , 
& ou il ren^iit l'amc, cmbx-affant un crucifix , & 
invoquant rantô^lcfus Chn(\,& tantôt fa gloricu- 
fc mère. On du que fe fcntant frappe de la mala- 
die qui l'cm orra dv monde , il s'tcria ad Uciumy 
«^/^f/7W«». Voici rEp:taphc qu'il s'cioit fait lui- 
même. 

g«/i h'ic fepultus quArîs , îpfe ed:ffcram , 

Kuferloc4tus érpylo ^ liKouafiti , 

IsuncAlteyollreb'it E^o fuv^ Lljjuts , 

Cui Ittters, dart nomcn ^^ , uris favori 

Sed nomcn , ipfe ahivi , ahlbît hot quoque , 

Et nihll hiccrbîs , cpiot pcrenr.et ipçjfidct. 

ViS althre "joce me tecum lo^ui ' 

HurT>ana an.âa , fuKus , nwbra , vanitas. 

Et funA 'ima^^o . 1^ l'erbo ut abfolvam ,mhil. 

Extrerr^um le hoc alloqitor ^ 

Sternum utgandeam > tu apprecarC' 

Sa femme lui fit drelTer un beau fepulcre de 
marbre dans l'tglife des Cordclicrs de Louvain , 
où paroîr fa (latue en bronzej& le Waglfirat d'An- 
vers lui en dre«!a une aurrc de même matière dans 
fa ville avec ccrte piaphc: 

St fimplex ar.iTVÎ candor -, fi nefciafuct 
Integrltfis t fimiles nos facît ejf," Du s. 

mémo teprcpus , l'ipfi , fe Aquabît Olympo^ 
îiamte fai:didiûr , nemo nec inregrio^ 

S'il en fau: croire plufieiirs fcavans pcrfonna- 
ges , Lipfe a cfté un infignc plagiaire & a paré 
Us Ouvr^aes des px;nfées de^> outres & des décou- 
vertes qu'ils avoient fal;;;s dans les fcicnccs,faûs 



des Hommes s çavanf» 44^ 

faire connoitre tes Auteurs d'où il les civoitprifes 
1. Muret prétend que la plupart des Remarques que 
Lipfe a faites fur Tacite ont été tirées de ("es Ecries. 
1. Le Prélîdent P.Faberdit que le L'vredcs Satur- 
nales n'eft compofé que des Obierva.ionsqae l'on^ . . . 
trouve dans deux chapitres de (on Livre intitulé fiibTof^ 
Semeflria, 5. Le Chevalier deMcr.taiga afî'^lre que/». i8c, 
Lipfe a copié plusieurs endroits des Oeuvres d'O- 
nuphrius t'nnviftius. 4.11a pris tout fon Traité ,^a/^^^ 
de MUiîia Romana -, des Parall'.les Militaires dçEfi/UU^, 
François patricc 'uivant i'iiluftre Saumaifc. i.rp. ;?.j. 

La troifiéme centurie des ie:ires de Lipfe efl: ^''^^^g^ 
le plus mauvais de fes Ouviagcs , & les meilleurs'*^** 
font , fes Comincntaiies fur Tacire,fcs Eiedcs,ics 
Satarnalcs , fes Oraifons de la concorde, S>i fur la 
niort du Duc de Saic. plufieurs ont crû que le Li- 
vre de la Confiance dévoie être préféré à cous les 
autres.Il y en a qui difent que le ftilc de fes diver- 
ses Leçons efl le plus pur & le plus élegant.Quanc 
à fon Traité de la politique , quoiqu'il n'ait fait 
qu'y coudre divers textes de quantité de bons Au- 
teurs avec des filets de fon cru, & avec bien plus de 
travail que d 'indullrie)il ne Jaifle pas de le recom- 
mander dans fes Epîtres, par la mefmc pafiion 
qu'ont les mères , qui chériffent les plus infirmes ^/^^j^- 
& fouvent les plus imparfaits de leurs enfans ornais ^'y^*, 
les hommes fçavans & de bon gour, n*ont pas eflé zi\ H^m 
de fon avis,& n'ont jamais fait grand état de cette *^^l* 
compofition , comme l'a fort bien remarque la ^^'^^^ 
Mothc le Vayct. 

Au refte, Lipfe aimoit extrêmement les chiens; ^pîfîolU^ 
comme Cxlius Calcagninus les chats , & il fut ii ^'■'*ft* 
affligé de ce qu'on lui avoit dérobé une chienne J^^' ^' 
qu'il pria fes amis de faire des Vers fur la douleur ^^' ^' 
que cette perte lui avoit caufée. Etant à Louvaiu 
il avoit trois chiens , l'un nommé Mopfe , l'autre 
Mopfule , & l'autre Saphir. Il les fit mêmes pein- ^w*» 
dtedans un tableau & mit au bas de cette peinture ^^* 
de beaux Vers Latins, qu'il av oie faits à la louaa- 



4/0 Les Elogé's 

ge de ces trois animaux. Dâii? une de Tes Lettres 
ttnt I. ^^ ^"^^^ ^^^^ 4"^ l'inclination qu'il a pour ces bêtes 
ai Bf/f.^^ très-bien fondée éc très jufte , & il rapporte 
Bf, 4^. quantité de remarques & d'hiftoires cuiieuf(:s,qd 
font des preuves convainquantes de leur (idclite & 
d'un gtand nombre d'autres bonnes qualiccz donf 
la Kature les a pourvues. W avoir auili beaucoup 
de palTion pour les fleurs , Ôc il aiî.irc dans une de 
fes l.ettresà Clulius , que certaines bulbes de tu- 
lipes qu'on lui avoit données lui ctoient plus ché- 
Impiy, l'es. que fi c*eu/îent été des n^alTcs d'argent ou d'or. 
jMvp, Mais il avoit une (i forte avcrfionpour ia Mufique, 
f^JioriC' que la fymphonie , qui fait un Ats plus giands 
plaifirs de la plupart des gens , lui caiû"ott une trî- 
ft elfe extrême. Voyez le ponrait qu'il a fait de 
lui même , & la dcfenfc de fon ftilc , contre ceux 
qui attaquoient fa Latinité, dans l'Epitre ^'].Cent, 
1. de Tes Lettres aA Belgas ,&/•/. x8. cent. 3. ni 

Ses Oeuvres imprimées font , lEftflolarttm Mif* 
tellarfearum CeKturU qu'mque- Aà, BeïgAs CenturU 
t^ei,Ad Germanos è^ Oallcs Cent'pngular'n, Epifto" 
llcahiftl'HtiO. Oe re^A pronunÙAtione Lingue Lati- 
ns, , Dialcgùs. Variarum Uciior2Hm > libritres An* 
ttquarum leciîcnum » llbri qusnqtte. BpfJioUcaruf» 
qu&Jitonum , librî qu'mque. EUcf&rum ^ lîbri duo» 
In VAlerium Maximum NotA. In Veileium Patercté' 
Itim Sot A. Commentar'n in Tacitum. In Senecam 
Comment art t. Animadverft&aes in SenecA Tra^œ" 
dîas. Judiclum de Confolatîone Clceronis, Satyra 
Aîempp&a. ManuduBio ad Stouam Fhllofophiam. 
Thyfiologîa Stoicorum. De Ccnflantîa. Civilîs do" 
cirinéi libri S, Ad Uhros cîvilis dcBrins, Nota , ç^ 
de una Religiove liber. Monita ^ 'Exempta VcUtî' 
ca. Leges Regii ,^ Leges Decemvirales. Dijjerta' 
lluncula apud Principes. Ccmmentartus in Pllnii 
Panegjr'icum • De Militia 'Romana. PoUorceticcn 
lihri 5 . /idmiranda , five de Magnitudine Remaria, 
De Am^kitheatro. ï)e Amphîtheatris ^u& extra 



des Hommes Sçavam, 4 ; ' 

nomam. Saturnaliu;n Sermonum , Hhri duo. De 
Vefla, é'Veflalibus^ Syntâgma, De Cruce. VivM 
Vîrgo HdUnfis. Diva, Virgo Sichemenfu. Reje/fiun- 
cuU Sanmonis cuiufdam Batavîs fro Diva Virgine 
Hallerifi. De Bibliothecis Syntagma. Tracfatus pe- 
tutiares oBo ad ccgnofcendatn Hijioriam Romanam 
apprïme utiles, tpiflola . quâ fuaJct hélium pa- 
cem, înduciasRegi Hifpanorum cumGallo , .'nglo, 
JBatavis Oratîo deobitu DucisSaxonid. Jucfarium 
e^ FréifAtîd in Infcriptiones antinuas à Martivo Sme- 
tie colleâUs. Quc!c]ucs Ef^irres de Lipfc à Théodo- 
re Livineius publiées par Boxhornius. Di^puncilo 
Kotarum MiranduUni Codicis y qui enriinc Rcfu- 
tncion da Livre intitule , J. Lipfii in CornT^.ciîum 
T^otA , cuTV M. «. Codice Mir^ndulano collât a , m ^^^^^ ^^ 
fowpeio Lampugnano , qu= quelques uns oar crû ^^^-^f^ 
être Hippolytei Collibus Confciiler Archipalatinj A>K>.yr))^ 
& d'autres Freherus. ^mVV 

Il y <i aufli de lui quelques Ouvrages qui n'ont ^'^J^Jy 
pis été pnblicx , fçavoir , Comment, in Florum. q^^^', 
Ve lecflone 6* ttilitate HiftortA , Oratîones du£. n«poii 
J^uopanegyrlcîVirginiMariAdicti^MiracuU Div£ i6ôf, 
Virgi-nis Lov/mUn^s. De MAgijhatibus Romanis. ^* 
No^i excerpî&exere Lipfiiinlib. 17.Rhet.ad Hcren- ^^^^^ 
ftium. Note, in CAfarem de Bello Gallico. in Epijtolas ^ -^^^^ ' 
fienecA , CT in Hbrum 17. MarMis Epigramma- gd^^ 

thvu 

Quant aux Oraifons , de duplici concordta Litte- 
rarum fy Heligionis , Aubcrr Mireus Piéterd que 
tipfcncii clt pas l'Auteur , & quelles ont cté 
compofécs pat Mclchior Haimiusfeîd Gokiftar. 
5urquoi voyez Placcius </^ Scri^tis Anvnywii pag. 

119. -. r 

Vidor RotTi afiùrc que comir.c Lipfe avoïc 
beaucoup d'ertime pourl'Hiiloirc de Tacite , il la 
<"yavoit toute pir cauv , & qu'il s'obb^lieou à rcci- 
tcr mot pour mot tous IcseiuUoits de cet Ouvr.ige 
qu'on lui marqucroit , conlentam qu'on fetinc 
liuprès de lui avec au poignard à la mam & qu'on 



45 i ^ LesElogef 

l'enfonçât dans fon corps ,'en cas qu'il ne rappor- 
tât pas fidèlement les paroles de cet Auteur. 
Cafaabon dit dans une de {es Lettres que L^'pfe 
W^. ctoit un enfant dans les Lettres Grecqaes,que c'eft 
345. pour cette raifon qu'il n'a pas réafli d^ns fon Tizx- 
té de MHitU Homancti^w'û n'eflinif pas fes derniers 
Ecrits , & qu'il y en a n;ême qu'il débite , vou- 
lant fans doute parier de fes Traitez ^/? Vlrglne St' 
chemefi érH^lenfiSt lïlkaïs il le biâueden'ivoir 
pas témoigné d.uis toute Ja conc^Li-rc de fa vie la 
même confiance qu'il avoit enfcîgnée dans fes Ou- 
vrages , & il ajoute que Lipfe ayanr fait femblanc 
d'être fuperftiticux , il l'étoit devenu par ac\ juftc 
jugement de Dieu,puifqu'étant à l agonie il avo-it 
S^pbr» <^o"^^cré fa robe fourrée à la Vierge Marie. Ec 
en effet cette dernière action de Lipfe fut fort con- 
damnée par les proteftans & donna lieu à ceîte 
méchante raillerie , qu'il avoir voulu donner une 
fourrure à Nôtre Dame , parce que fes miracles 
qu'il avoic tant vantez étoient extrêmement froids. 

EUE PUTSCHIUS , d'Anvers , qui 
Bius defcendoit d'une famille forrie d'Aii^s- 
fto" t)OLirg,alla demeurer à Stade près de Ham- 
bourg , avec fon père & fa mere,& y fit fes 
études. Son père étant mort , il fut élevé 
avec beaucoup de douceur par fon beau« 
père. Et étant allé à Leiden , par le con- 
ieil de Scaliger , il entreprit l'édition des 
Grammairiens Latins , laquelle il acheva. 
Mais dans le temps qu*II fe n^ttoit en écac 
de l'augmétcr par des Notes, il en fut em- 
pêché par une maladie mortelle , qui lui 
prit à Stade , où il étoit retourné , ôc q"* 
rôtadu monde en fa vingt- fixiéme a 



ui 
au- 



des Hommes s çavans, 4yj 

nce , privanr le public de plufTcnrs beaux 
Ouvrages ^ que l'on atrendoit de Ton ex- 
traordinaire érudition. 

^ r>D /r/oN. 

Au lieu que les autres cnfans pleurent en naif- ,. 
fanr, Elic putfchiusne fat pas plutôt hors du ven- ^^ 
cre de fa mère qu'il fc prit à rire. Il avoit à peine de yn\ 
deux ans qu'il fçavoitpar coeur L'Or.iifouDomini- finio^l 
cale. Il ne CGinnien-ja à apprendre la langue La- 
tine qu'à l'âge de quatorze ans. Er dans peu de 
temps il y fie de (î grands progrès,qu'à peine avoit- 
il atteint fa dix huincme année qu'il conipofa des 
tcrits Lacins en rtofe& en Vers qui turent ju^cz 
dignes d'être donnez au public. A l'agc de vincrc ^ 
un an , il mit au )our fon Commenrauc fur Sallu- 
ftc. puis étant attaqué d'un mal d'yeux , qui le 
mcnaçoit de la perte de fa vûi?, il fut obligé par le 
confcil des Médecins de renoncer à la le«flare.Dcs 
qu'il tut guéri de cette indifpoiirion,il s'attach:? de 
nouveau à l'ctudeavec une application incroyable 
Mais il n'eut pas plutôt acheté fcs Commentaires 
fur les Grammairiens Latins , cet Ouvrage incom- 
parable qui a mérité l'eftime du grand lofeph 
Scaligcr , que la mort mit fin à fa vie &. à les 
travaux. 

Outre les Oeuvres dont nous avons fait men- 
tion , il y a de lui pUilieurs Elégies Latines , 6c 
une Epîire fous le uom d'Amamius Rafarihs. 

Fhi des Eloges des hommes ff avares. 





T A B L E 

alphabétique des hommes Icavans <îont 

les Eloges font contenus dans c et 

Ouvrage. 

Le chîfre Jignifie la pdffe , la lettre A le pre^ 
mler Tome , & la lettre D le fécond. 



^^77Vo/^, George A ^5 
-^^^-^r/^tf/** Rodolphe ^ A ^5 

Apitvfi Henri Corneille V> 6i 

Mciâthndié A 3 3 

^/c/^f François A 55 

«^>? ^/fi Alexandre A 154 

tie /iles Alexandic A 155 

'alexandrin \\i^Q^ B li^ 

Amalîhée îcromc A 4^7 

^Imalihés "^.B^i^ziilc . A 417 

Atnaféo Roniulo A I3<5" 

Atnerbachlus V\i\Xi A izi 

Amîot Jâ^ucs ^2.35 

André îa nies ^ ^2,3 

AngeVi irierre B ^5^9 

A^p'tun Philippe A ^5 

Appian Pierre A 54 

Areî'ms Bengit A 410 

Argentier ?eaa A 385 

Afch*m Roger A 315 

AfpiUueta M3rtia B m 

Atigujim Antoine B 116 

B 

Barharo Daniel A 33P 

Bftrhfiro Hermolaiis A 331 



ALPHABETIQUE 

de Barra le an 

de tieanne Renaud 

du Eeliai îean 

du BeiUi 'O.icaim 

Belleau Rcnii 

Hembo l-'icrre 

Bcneî i^Iaucc ou François 

Bcfjoh ) Bapriltc 

B'rtr.'ifn Corneille 

Beîulée Xifte 

de BexjS T h.odoie 

Bihlia:i.icr T h v o do r c 

de Bliit jacjues 

de B'ùli Jean 

Billich'iHi tvciard 

Boba W\. Antoine 

Bodenjîem Adam 

Bodin le an 

de la Boëtic Etienne 

Bonam'ico /-azaio 

Bcn;irotti Mu-hcl Ange 

Bonarotti Michel Ai cre 

Bonne foi Enaemond 

Bonfadio /"ac^ucs 

Borrée Maitia 

Bourel ean 

Brahé Sophie 

Brahé Tycho 

Brentfen lean 

Brenîfen Jeaa 

Brode ^u lean 

Bucer MaLcni 

Buchanm Ccoige 

£r/c/;o//s.tfr Abraham 

Bugenaghon ic^'^n 

BuLlinger Henri 

Bttibec Anger 



iJ 


'3 


B 


412. 


A 


176 


A 


1T6 


B 


8 


A 


B 


B 


T.6Z 


B 


ziS 


B 


17^ 


A 


83 


B 


4^7 


A 


M« 


B 


4î 


B 


47 


A 


44 


A 


450 


B 


i<r 


B 


14(^ 


A 


^^î 


A 


57 


A 


149 


A 


^54 


A 


413 


A 


^79 


A 


^37 


A 


Z4S 


B 


37^ 


B 


Î7<f 


A 


340 


A 


342. 


A 


ii3 


A 


18 


B 


^0 


B 


>8 


A 


li(? 


A 


439 


B 


^51 



V* 



Table 



Calcagnlnus A lot 

CHltgmn Soîvoi B 43I 

<Jalv'm Jean A 127 

Camer*rius Joachfîn . A 411, 

Çamerarius Toachim B 34* 

C«w^r/ir/«; -Phi lippe B 348 

C««7O//0 J. Baptiftc B 57 

Canlnlo Angelo A iiç 

Camer Guillaume A 44J 

Canter Théodore A 447 

CapHuppi Hippolytc A 17^ 

Capiluppt iulc A 179 

CapUuppl Leiio A 178 

Caracciol Gâlcas B 13 j 

Carafa Antoine B 147 

Cardtw Hierome A 45f 

CaJfanderGéoxgc A 301 
Caflalion Schàdica A iil 

Cafiellan Tule B 131 

C/tjfielveîro Louï« A jtfl 

Cavalcanti Barchelemi A tir 

Cmo//i» Friileric B i^t 

Cefalpin André B 400 

Cei;-«//V Antoine Rodolphe A 38 tf 

Chandleu Antoine B 13^ 

ChemniceMânm B 13^ 

Chemnice Ma' t'm B 139 

Chytrée David B 384 
Ckytrée Nathan - B 38c 

Ciacon Alphonfe B 3 61 

Cîacon Pierre B 55 

Cîmhto T. Baptifte A 407 

Clarté Tfidore A ^7 

de Clutignî Renaud A 4?,.j 

CochUe Jean A 44 

Colerus Chriftophle B 414 

Ce- 



ALPHABETIQ^U E 

Columna Hicromc B 135 

Commandln ï'\:idc[\c A 4^5 

Comme lin Hicrome ^34f 

Confiantïn Robcrc ^ 43S 

Conte Antoine £ 5 

CojiiiHe Gui B 4o5 

Comaro ïean A 1 3 i 

Cornaro Loiiis A 187 

Ccrraio :>wbaft5cn A 112. 

Cor-ejio Grégoire A 14 

Cortejîo i aiil ^ i ^. 

Covarruv'tcvi Antoine B 5 

Covarruvifis Dic^o B r 

Crato .ean R 1 7 j 

délia Croce Annibal B la 

Cromer Martin B i 81 

Crowir Martin B 182. 

Cm fer ;'« ; H c rm a n A 4 1 1 

Gu ds laques B 105 

de U Curée lonchim A 40(Ç 

C«r/o»* Angcie A 337 

Curione ^ ugiiftin A 3 3 7 

Curîone Cclio Secundo A 334 



_ 1 

D;ï??^é?4« Lambert 1^315 

D^nés Pierre B 5 • 

Da^ypodiui Conrard B 3 -Tt 

D^fypodius Pierre B 358 

Dodonée Rcn.bcrt jè ii3 

Dr^îe/ M ligues B 142. 

'Derat Icati B 170 

DouLa laous ^411 

Draconîte Ican A iSr» 

Drîandcr Ican ^A 199 

Duaren François A 1 5 ^ 

DtibravÎHS Ican A 73 

Ï^M*////? AndxJ B iSr 

r^;?;. n, V 



TABLE 

DapulChuàc B 170 

Dt/^ttiClcment 3 175 

Vupui Pierre B 273 

Vuret Loiiis B 381 

Duz^a Janus ^3^3 

I>«z.i»Janus B 305 



Eher Paul 
^chin Sebaftien 
T.gnaîÎH6 ). Bapcifte 
d'Epenfe Claude 
Erafme Argentmenfis 
Eraft Thomas 
"Etienne Henri 
Etienne Paul 
Etienne Roberc 



F 



Tahrice Prançois 
Fabrice frani^oij 
Fabrice George 
Fa'érno Gabriel 
Falcemhourg Gérard 
FaUonia Proba 
P/i//o/)r Gabriel 
du\(iur de Pi bras Gui 
du laur ^'icrrc 
Fernel Jean 
Ferrario Oclavien 
Ferrario Oclavien 
Février -^uger 
du Ferron Arnaud 
Férus Teati 
Fi char d ean 
Fiiéé O ronce 
FUcclm Mat' h îas 
Flmmio h Anioinc 



A 


3t<? 


B 


I ro 


A 


74 


A 


3S^ 


A 


315 


B 


78 


B 


34^ 


B 


304 


A 


it?4 


A 


40 j 


A 


40J 


A 


j^^ 


A 


zoo 


B 


^3 


A 


^^9 


A 


IIQ 


B 83 


B 


36^8 


A 


128 


B 


130 


B 


MI 


B 


1^8 


A 


117 


A 81 


B 


61 


A 


104 


A 


43 î 


A 


37 



! ALPHABETIQUE 

amrûio M. AnioiïiC A 35 

wrent chrétien B 31*' 
es Aiiuce ^JiS" 

ïoix rrançois h 16^ 

<oîx Paul B 8 1 

lengio l.Bapîiftc A 17* 

\len^io iaqiics A 171 

\lîeîii liubeuc B 58 

rfierU4 lean A m 

rjier^ Jean A 1 1 * 

^ïr/i/ïo/- f-îieiome A 7/Ç 

mchîni François A 87 

ifcklin N i cod cme 6117 

///^^ Corneille A giî" 

////w Gemma A 5»^ 

/»/^r Luc A 30 y 

ichfius Léonard A 181 

(î^^ç^r Hulric B^5 



G 



funhfirn Laurent 


B T3t. 


armer Robert 


B 115 


aurtc Luc 


A 1^8 


<ï«nV Poinpone 


A 170 


elen MsiTmond 


A Z6 


f/;V^ ]ean 


A 115 


elli I.Baprifte 


A ti8 


enehrard Gilbert 


B 319 


erb&l Nicolas 


A i^S 


ermaln Vaillant 


B 154 


efncr ^onraid 


A X58 


MmbulUrî Pierre François 


A i4i 


ianottî Donato 


A 381 


ifanhis Hubert 


B 417 


nies c'ierrc 


A lotf 


i félin Vidor 


Bi47 


Harean Henri 


A ii<f 


]oltx» Hubert 


B77 




Vij 



TABLE 

Gcmex. Alvar 

Comexj Alvar 
Corrts Jean 
Govea ait due 
Ccvea. Antoine 
Covea Antoine 
Covea Mainfroî 
Covca ^^a^tial 
Cratarde G ai li au me 
Graz'ius Henri 
Craviui Henri 
Grev'in Jaques 
Grcllter Jean 
Grwr/;i Nicolas 
Gunlter Rodolphe 
G««//fr Rodolphe 
Guickdrdm Jtançois 
Guîchurd'm Joiiis 
GuitUndin Mclchior 
Gutntier Jean 
Gulielmius ;can 
CyrMdi Lilius Grégoire 



H 



Hadrien T. Bnptiftc 

Hartung Jean 

Hed'ioQvLi^^ïà 

HereihtLch Conrari 

Jîervet Gtncien 

Heurnius le an 

Heurnîus Otho 

de l'Hôpital K'iichQl 

h ottoman Antoine 

H ottoman François 

Hottomun 'e:;n 

Hiullier laques 

iiHtten Ulrich ^ 8S 



B 41 


JB 


^3 


B 


6^ 


A 


172, 


A 


270 


A 


i73 


A 


^73 


A 


17L 


A 


311 


B 


i+9 


B 


lîO 


A 


54S 


A 


^77 


A 


38Ç 


B 


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B 


Ï41 


B 


l'9'i 


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A 


418 


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A 


J8 



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B 


30 


A 


47 


A 


4TJ 


B 


87 


B 


3S0 


B 


381 


A, 


3^3 


B 


zoo 


B 


1^8 


B 


100 


A 


208 



A L P H A B E T I Q^U E. 
I 

hach'm Ceoi'ge A 4^4 

fouhert iTaac h 6^ 
"^oubert Laaicnt B ^7 

}9ve Paul A (SI 

Fortf Paul A 6$ 
fumui François B 35J 

unim François. ^ i9S 

Unim HaUdea A 442. 

L 

'^Amhm Denis A 37^ 
lampfon Domiûiqae B 34^ 

:/ï»fl'o Bafliano A m 

..ângitu Charles A 40J 

"jingiMs lean A 157 

'.anguet Hubert B 51 

"^ngu^ Tean A S^^^ 

I.*//Ki VolFang A 89 • 

:;»jf/«5Boland B i7<j' 

\attmui Latini B i(Jj 

:4v«ffr Henri B 141 

.Avater Loiiis B 141 

■./ï«ro lean Vincent ^ 1 S 5 

VifWi Arnaud A 101 

'ff Lens Arnaud A 103 

'.eopard Paul A 3 14 

.eovItZj Cypricn A 411 

.<?/Vo/ Pierre B 1 j 

.f«»r/^x;//^ -ean B 1^4 

'tpomam Louis A 150 

.t>/^ Julie ^44^ 

.îvine\us lean B 3^1 

[.0^/7* Gardas B 3<f 1 

LcwV^r lean A 318 

lottchius Pierre * A i^f 

'.otlchiHi Secundas Pierre A 1 9 5 
|.i<i/;»o f rançois A 331 

V iij 



j^ 



T A B L E 
M 



^iacrh Charilaiis 
Macr'm Salotr.on 
Maës André 
Maggl Hierome 
Maiofagglo M. Antoine 

^fildcnut Jean 
Mazgot Jacjues 
'hUnuce A Ide 
J^^auuce Paul 
'^^rgunio Ma/Timo 
J^Iarton Simon 
-^^artyr jiglarler^fis Pierre 
Martyr Tefit^ Pierre 
Martyr TromM Pierre 
Martyr Vermilio Pierre 
Matthezj 'ean 
'^-atthîoîeV'iQUt xndri 
Maurolyco François 
MdA-fuhthon Philippe 

iit* A^euil BaptiOe 
Mercatcr Baithelenû 
Mercator Gérard 
Mercier Jean 
MercurUl Hierome 
Metkerque Adolphe 
Mïcylte Jaques 
Mlle y lie 'ule 
MlUîchÎHs Jaque» 
MÎTiaud Antoine 
Mol An Jean 
Mol'An Jean 
Molltr Henri 
9^îcl7ia Mario 



A 


iiç 


A 


113 


A 


300 


A 


355 


A 


lOI 


B 


74 


B 


7^ 


B 


ï<iS 


B 


33^ 


A 


409 


B 


387 


B 


43Î 


A io?{ 


A 


108 


A 


108 


A 


lOJ 


A 


Mî 


B 


12. 


A 


431. 


A 


185 


B 


38iJ 


A 


3îîr 


B 


^IS 


B 


^73 


A 


347 


B 


419 


.B 


M4 


A 


134 


J\ 


135 


A 


171 


B 


5.4 


B 


u r 


B 


iï3 


B 


181 


A 


i^ 


B 


^57 



ALPHAEETIQ^UE, 

\tentano Ainas B. ^^2. 
ifowr^wo J.Bnptifte '^^^^^ 

tontdoré Vknc A 352» 

\lora!es Ambroife B 13I 

(or^f^OlimpiaFulvia A 9^ 

fore/ Guillaume A 14^ 

jfore/ Jean A 2.47 

ilore/ Te an A 2.47 

,« ^UoW/w Charles A lyo 

i/«»/?ffr Scbaftien A S« 

iti[culîi4 Volf^ang A 1 1 ^ 

j/j/r^r M. Antoine B «?^ 

N 

lannlm Pierre - A lio 

'eSavarre Marguerice A 17 

b^^wif^' Michel B 2^0 

jJf^îWrtW Michel Bi^o 

i^^r» l'hi lippe B z^^ 

^lob'ili Flaminia- B 110 

l'îow/wj Pierre A 471 

[îeNores Tafoa B iitf 

i^/iwe?:, Pierre B 13 

iHunnex. Ferdinand A ^ S 

O 

D/>or?»Tean A 51^ 

3rj7wo Fulvio B 3<f3 

0rtelîu4 Abraham B 34J 

Qjîanûler Atiàïé A 48 

iDjiander André A 50 

0/ormi Hieromc B 45 

OforUM : Héroïne A 503 

iTOjf a/ Arnaud , B411, 

iO/«/»U Hi:afmc * "*" B ji 



.74/^<>/^ GabriA B 33J 

V ^^ 



TABLE 

'^ftmeUus îaques B r y y 

^^«-v/VoOniiphre A 315 

^J'^ff^g^tho Oaavien A U5 

'^^piHs André g rr 

l'^racelfe Theophrafte B i y 

P^r//MPaiil B3ÎS 

P^Jferaf Ican B 357 

'Patrice rançoîs B 377 

i'^/r/Vtf François B 3-9 

'Patrice François ^ Sl9 

^Wz/pÉ-r Guillaume a8) 

^^^Wr laques g ^^ 

^ellican Coarard ^ 5 1 
^^«^ 'ean ^ ,3^ 

P £^i(m loachim h\6x 

ie ferftgvnn Pierre Ican f\ 307 

^etri SuftViie V> \x 

P^^rrr (5afpar p 391 



^eut'ir.ger Conrard /^ y 

PhiUnder Guillaume ^ 175 

^«V<?/e«?f«; Alexandre B ig" 



P/»?//;iean Vincent 5,7, 

P/y/;e« Fran<^ois B 324 

Pithou pierre B ? ■ o 

P*W/» Chridophle JB i7(î 

Pf////(j Ang^lo yy _- 

Pcntan ovien y^ _„ 

«'^jPi^r/^; Philippe 2Î440 

Portins Simon A 8j 

Fortius Simon A 8c 

PtJy/MiEmilias g ^. 

Porrifi François ^ ^ 

Pt/)?^/ Guillaume _p . _ 

PuefchtHs El'ic ' B 4Çt 



B.Amns Pierre 



A370 



ALPHABETIQ^UE. 

Katpufio I.Bapcine A 117 

Kanconnet Aimar A 1 58 

Rapkelengius Itï ânço'is B 339 

Raphelengiu^ François B 3 80 

Rafario T. Bapcifte B i8 

'Reheccius Kcmct 8189 

Reiyjold Frafn'e A 71 

Re'mold Erafmc A 7 1 

Refend Loiiis André ^ ^ T 

Rhenmus Beatus ^ 4 

RiVo^o» Antoine h i6C 
Rivius le an • A 68 

Riv'îus Jean ^ 7^ 
Roddés François B 175 

Rohertel François A 310 

le Ri>z Loiiis ^ 3* 

Ro«</f/f/ Guillaume A 2^9 
Ro»/W pierre B 1 1 j 

Rc/^» Bernardin A 431 

R«/^«^ Martin B 38^ 

R«/^»^ Martin ^ }50 



S/i^/w George A 192, 

Sadolet laques ^ ^ 

5;»//»^ François B 130 

SalvUni Hippolyte A 38r 

Salufte du Barîns Guillaume B zc^ 

S;tmbuc fcan B 54 

Sannaz^ar laques - A 8q 

Sf/?//^^r Benoit A 140 

ScallgerCéhï A 138 

Scanner lofeph A 14 5; 

SchQTter lean ^ ^ 

Sf.^«^ Cilles ^ A J7 8 

Scrlmger Heni;i ^ç^ 

Sj^c/<ï Louile 



A 18^2, 



c,^o^.io Charles - ,7^^^^ 



V V 



TABLE 

Sifto François A 53î 

Shldanlczn A 108 

SrTjith Thomis ^ ^o 

Soramo Lazare B 387 

S;^row Speronc B i6(f 

S//i^/«i îean ?^ 3 2- 

Sr;/^i Michel A 308 

Sfre'tn Richard B 375^ 

Srr/^W;«iVidoriâ A 32-4 

StrΣeUus\iO:^ n\ A 314 

5/roi,t.i Kyriaquc c ^^^ 

S^rrrxi-/ Laurence B 1 50 

S/ww;w5 laques A 71 

S/«ri;;/«i'!ean B 178 

SturmÎHs Tcan « ^ ^^ 

S«r/M Hieromc ^4i 

^r'iHs Laurcns ^ 2. r 

SyLbHrgîus Frideric B 301 

T 

Tort Aléa Nicolas A 1 1 S 
T«/o Torquato B i8i 

deTbUrâ^onixxs B 4*4 
Ttlefio Antoine B 167 

Tdefiû Bcrnardia B i ^f 

duIiUetl^SiTi A 342. 

duTdletlcan ^ A 343 
Jtraqueau André . A M^ 
Tafef François B ip^ 

TretneUms Emmanuel B 59 

Tf^?» îean George A 24 

Tmtoeh Hadrien, A 2.^^ 
Tarfhehe H adiica A 2 7 «> 

3i»T:*ïo François. B j> i 



ALPHABETîQ^UE» 
V 

Vadlanus Toachim A 41 

VmlUnt G e rm aia B 1 5 4. 
Valdés^Q2il^ B 138 

Valeriano Pierre A 13 

Varchî Benoît A 28c 

r^jÇïr/ George A 418 

Va/eus ]can A ^l 

Vafeus îean A li 

Vatable I rançois A l 

Venîero François B ^5" 

Vergara François A i^j 

Vergara^ Jean A i 54 

Perfofa Jean A 4-t^ 

r<f/i»/^ André A 143 

VefembecMciii\-\\QM ^ ^4^ 

Veftphal 'oachini A4ii 
F/^(?r/«/ Pierre B 104 

Vida Marc Hic rome A i8^ 

V'ier 'ean B i j^ 
F/V<J Fiançoîs B 400 

Vîgand ean B 1 51 

yignîer Nicolas B 504 
F/? wiVr Nicolas B 304 

ViUîchius JodoCLiS A çç 

ViUlchîus Todocus A S7 

F/«^r Elie 5 147 

Viraker Guillaume J5 195 

F/'v/i Loiiis A 115 

F«(/f«i Gafpar A 3751. 

Fo/^«-' Hicromc ^37 
Fa/jî«5 leaa A 38r. 

Fo/j^«iîeati A 37 S. 

Ff/^«i ïean A 381 

VclmAr Melchiot A 203 

Vottm Edouard- A 97 



T A 


B L 


E 


Vienhcve Charles 




B 169 


Vtenhove^i^oUs 


X 


B36, 


Xilander Guillaume 


Y 


A 447 


Tvel Icaa 


Z 


A 16% 


Zahareîla Taqiies 




B fgç 


Zfiba^ella Taqiies 




B 187 


TabareUalnics 




B 188 


Zanchius Hierome 




B 110 


Zanchtus Hicromc 




B Z15 


Zdrlin Jofeph 




B35(f 


Zaz^ius Hulric 




B^i 


2egedtn Etienne 




A 38S 


Zîeglir laques 




A 10 


Zuînger laques 




B ï<^5 


Zuinger 'can 




B 1^4 


Zuinger Théodore 




I6i 


Zti'wger Théodore 




B 1^4 



F I N. 



TABLE 

CHRONOLOGI (^ U E 

marquant l'année de la mort des homme's 

fçavans dont M. de Thou a fiu't TE- 

logc dans fon Hift:oire> 

Année 1 547. 

F'Rançois Vatablc. 
Btatus Rhcnanus. 
Jean Schoncr. 
Conraid peutinger» 
Pierre Bcmbo. • 
Jacques Sadolec. 

Terdinand Cortefio. 
rGrégoirc Correfio, 
Paul Cortefio. 
Mario Molza. 

T 549v 
Marguerite de Navarre,- 
Jaques Zicgler. 

Jean Vafeus. 
lean Vafeus. 
picrio Valeriano. 
Jean George TrifTino. 

Martin Bucer. 

André Alciat. 

îrançois Alciat. 

M. Antoine Flaminio, 

Jean Bapntle de Monte. 

JoachimVadianus» 



chronologiq^ue. 

Evrard Billich. 

Jean Cochlée. 

G^paird Hcdion. 

André Ofiandcr. 

André Oiîandcr. 

Sebaftien Munftcr. 

Pierre Appianus Bencviciu?. 

Joffé Villich. 

lolTéViUich. 

Lazare Bonamico. 

Lilio Cregorio Giraldi. 

Paul Jove. 

Paul love. 

Ferdinand Nunncz, 

1553- 
Jean Rivius. 
JErafmc Feinold. 
Erafmc Rcinoid. 
Jaques Sturm. 
lean Dubravius. 
7can Bapcille tgnatius.. 
Hiercme Fraca/lor. 

Jean Ter. 
XifteBcrulée. 
Simon Porte. 
Simon Force. 
Guillaume Pcli/Iîer. 
Sigismond de Ghclen. 
îrançois f ranchini. 



Volfang Lafîus. 
Conraid Pellican.. 
George Agricoîa. 



MSJ. 



CHllONOLOGiq.UE.. 

Edouard VVocon. 
îfidove Clario. 
Olympia Fulvia Morata. 
M. Antoine de Majoraggio,. 
Celio Calcagnini, 
Oronce Fine, 
tierce Gille. 

Tean Sleidan. 
Jean Forfter. 
Sebâflicn Corvado. 
Jean Gclida. 
Loiiis Vives. 

îean eaptifte Ramuflo., 
îSIicolas Tartalca. 
Pierre Nannins. 
Vitas Amerbachius. 
Salomon Mncrin. 
An^elo Caninio. 

1.558. 

7ean BUgenhagen. 
Jean rernel. 
Jean Cornaro, 
Jaques Micy lie. 
îean Pena. 
Romulo Amafeo. 
Jules Céfar Scaligcr. 
JLeiiis Lipomanno* 
Andrs Tiraqaeau.. 
Jean Vetgara 
Itançoiis Vergara. 



iy,$ 



^can t)nateîi. 
Emar Ranconnet» 

loac'hiin Ter ion. 

Koba:t Etieiiac 



TABLE 

Luc Gauiic. 
3ean Baptillc "Folengio» 
laques Folcngio. 
lacjues Milichius. 

Jean du Bcllai. 

Joachim du Reliai. 

Lclio Capiluppi. 

Pioba Falcoira. 

Jaques Bonfadio. 

Loiiife Sigoia. 

Philippe Mclanchîhcn* 

George Sabin. 

Pierre Locichius Secundus, 

Nicolas Gerbcl. 

Jean Diiaudcr. 

15^1, 

Cnbriel facrno. 
Arnaud de Lins. 
Arnaud de Lens. 
Melchior VVoImar. 

I î«<i, 
Pierre Martvr Vermiiio^ 
laques HouUier. 
Gabriel Pnlloppia. , 

lalîiano Lando. 
Barthelemi Cavalcanti, 

Jean Brodeau. 
Etienne de la Boetie. 
-Arnaud du 1-erron. 
Jean Baptilte Gelli. 
Vo'igang Mufculus. 
Scballien Caftalion, 
Kcnri Glarean. 

Jean Calviû. 



CHRONOLOGIQ^UE, 

Martin Borrée. 

Théodore Bibliander. 

Pierre François Giambullari. 

André Vefale. 

GuiUaame Morel. 

Jean Bourel. 

Michel Ange Bonaroti. 

Alexandre de Aies» 
lean Mathez. 
le an Langius. 
Concard Gcfner. 
Adrien Turncbc. 
Antoine Govea- 
Guillaume Philandcr. 
Kirico Strozzi, 
Jean GroUicr, 

Jean Draconite, 
Fuchfius Léonard, 
M. Hierome Vida. 
Benoit Varchi. 
Loiiis Cornaro. 
Charles du Moulin. 
Guillaume Rondelet. 
George CafTander. 
Lucas Fruter. 
Pierre lean de Perpignan. 

Michel Stifels. 
Jean Languel. 



François Robertello. 
Odlavian Pantagato. 
Paul Léopard. 

Erâfme Evéque de Strasbourg. 
Jean Oporin, 



- ,. „ .TABLE 

OnuFrio Panvinio. 

François Luifino. 
Guillaume Graraiolc. 
Roger Afciura. 

Viaorinus Strigelius. 
Paul £ber. ^ 
Jean Loniccr. 
Daniel Barbaro. 
Trançois Siflo. 
Cclio Secundo Curionc, 
Baptidc du Mènil. 



IJ70. 



iy7^ 



lean Brcntfen. 
Jean du Ijllct. 
I^aadu'f lijer^ 
lùquîs Grevin. 
)tan ix ercitr, 
Pierre Moi doré. 

Hicrome Magt?i. 
Claude d'Efpenfe. 
Henri Sciimgcr. 
loiiis Caftclvetro. 
George Fabrice. 
JeanYvel.. 

_. I571* 

Pierre Ramus. 

Denis Lan-jbin. 
Cilles Schud 
Jean Volfius 
Donato Gianottî. 
HippolyteSalviani. 
Jean l'Argentier. 
Nicolas la Grouchc. 
A. Rodolphe le Cevalier. 
£cienne Zegedin. 
LGiûés de Sepuhcdaa 



CHRONOLOGIQ^UE. 

M73« 

Michel de l'Hôpital. 
André Macs. 
Charles Langius. 
François Fabrice, 
ïoachim de la Curée. 
l.Baptifte Cynthio. 

M74* 
Paul Manu ce. 
ïoachim Camerarius^ 
lerome Amalthée. 
lean Guintier. 
Benoit Aretius. 
ïoachim Veftphal. 
Cyprien Leovitz, 
Herman Crufevius. 
Edmond Bonnefoi. 
Renaud de CUuigai»- 
lean Verfofa. 
George Vafari. 

1575' 
M. Antoine Boba. 
Bernardin Rota. 
Irançois Maurolyco. 
ïridcric Commandin* 
Matthias Flaccius lUyiicufi. 
Henri Bullingcr. 
Hadrien lunius, 
Guillaume Ganter. 

Guillaume Xylander. 
lofias Simler. 
Conrard Hcresbach. 
George ïoachim Rheticus^ 
Hieiome Gardan. 

Î577. 
Diego Covarruvias. 



TABLE 

Antoine Conte, 

Pierre Dnnés. 
Jean de Gorris. 
Rcmi Bclleau. 
Anmbàl de. la Crocc. 
P. André Matthiolc. 
Pierre Niincx. 
îcan de Barros. 
loiiis André Rcefcnd. 
Adam Bodcnrtcin. 
Thomas Smith. 

T c • '^^^* 

Laurent Sunus. 

Gérard Valcenibourg, 

Antoine Mizaud. 

Pierre Lcfcot. 

Alexandre 1 icolomini. 

J. Bapcilte Rafario. 

M 75. 
Ican Hartinjr. 

Erafmc O uald. 
Jean Stadius. 
Lciiis le V ], 
1. Baptifte Hadrien. 

Pierome Volfîus. 
Iinmaimcl Trcmellias. 
Hierome Surica. 
Alvar Gomcz. 
Hierome Oforius. 

Taques de Billi. 
Guillaume T'ollel. 
Hubert Languec. 
André Papius. 
Pierre Ciac-^'n. 
J. Baptifte Camotio, 
Huberc Folieta. 
Luc Pecus. 
Icaa Pickard. 



chronologioue. 

Huhic Zazius. 
François Porte. 
FiaiKois Vcniero. 



laques Pelletier. 
1 aurent Jouberf. 
George Buchauan. 

Jean Maldonat. 
Hubert Gohz. 
Thomas Eraft. 



M 81. 



1585. 



1584. 



Paul de Foix. 
Gui du Faur de Pibrac. 
Gentian Hervet. 
Irançois Tarrian. 
Huidric Fugger. 
3eaa Sambuc. 
JeanGuilelraiufî. 
Abraham Bucholrzer. 

1585, 
M. Antoine Muret. 
Pierre Vettori, 
Charles Sic^onio. 
Sebaftien Èchin. 
Remberc Dodonée. 
lean Molaii» 
Ican Crato. 
Pierre Ronfard. 

Martin ArpilcuctaNavarius. 
Antoine Auguftin. 
O^lavien Fcrrario, 
}ule Caftellan- 
Laurent Gambara. 
leromc Columna. 
Galeas Caracciol. 
Martin Chemnicc. 



TABLE 

Louis Lavâter. 
HodolFe Giialcer. 
Matthieu Vefcmbcc. 

Ilie Vinet. 
Jaques SKCKius. 
lean V'gand. 
Germain Vaillanc 
laques Pauicle. 
laques Mari'Tor. 

"^ 158g. 

Tean Vier. 
Théodore Zuingcr. 
isernaidjn Tilelio. 
Spcron Spcrone. 
/.uo-er Feruicr. 
Jean Dorât. 

François Roald'-'S. 
Chriltophle l^lantin. 
Jean Sturmius. 
Henri Molkr. 
Martin Cromer. 
Melchior Guiliandin.' 
Jaques Zabarella. 
André Dudirh. 
Loiiis Guichardin. 

François Hottoman. 
Jav-jUcs Cu)as. 

Guillaume Salufte du Bartas. 
Robert Garnier. 
Jean saptide Benoit, 
Jafoji de Nores. 
Jule Alexandrin, 
Flaminio Nobili.- 
Hierome Zanchius, 
Jacques André. 
î^icodeme Frifchli • 



CHRONOLOGIQUE. 

François Salinas. 
Ambroifc Morales. 

Jaques Amior. 
Antoine de Chandieu. 
Hugues Çoncl. 
Adolphe MecKcrauc. 
ViclorGifelin. 
Antoine CaiaFc. 
Henry Giavius. 
Laurence Strozzi, 

'^iigcr Ciller de Boesbec. 
Jean Vincent Lauro. 
î^ichel de Montagne. 
Prideric Furio Cenolano. 

Latino Larini. 
}ean Lcunclavius, 

1-rançois de Foix àc Candalc. 

PJnutc Benci. 

Claude Dupui. 

Gérard Mercator. 

JRo/and Lafîus. 

Corneille BonavcntureBertram. 



Icvin Torrenrin. 
Torquato Ta/Î'o. 
Reiner Reincccius* 
^.ichcl Neapdcr. 
Valcns /^cidal'us. 
Guillaume VitaKcr. 
Philippe Ncri. 

François Tolcc; 
ficrrc Ani^eli, 



ïJ^S. 



I5?<^. 



TABLE 

Pridetic Sylburg'.us. 

]anus Du2i. 

NicoKis Vignier. 

]cau Bcdin. 

Lambjri Taneau. 

Anuce "Focs. 

Q^ Sepciinius Florent Chrétien. 

Pierre Pithou. 

1597' 

Cilbeit Gencbrard. 
Suffiidc Pétri. 
Gabiiel Pakore. 
Aide Manuce. 
Irancois Panice. 
Prançois Raphclepgius. 
Hierome Commchn. 

JSenoîr Arrias Moncano. 
Abraham Orcelius. 
Joachim Camerarius. 
Dominique Lampfon. 
Henri ttienne. 



Paul Parura. 
Jofeph Zarlin. 
AlFonfe Ciacon. 
Garcias Lo^ifa. 
Ican Liyintjus. 

Tulvio Or/îno. 
Antoine Ricobon. 
Conrard L arypodius, 
Charles Uccnhove. 
Pierre du Faur. 

Jean Vincent Pinelli. 
Tycho Brahé. 
Richard jtrcinius. 



^S99< 



16^00, 



i<roi. 



CHRONOLOGIQUE. 

Jean Hcurnius. < 

David Chytice. 

Tazare Soran/o. 
MalTimo Maigunîo. 
Paul Mcliilc Schcdiug. 
Martin Rulaiid. 
GafpaL' Peuccr. 
François ]unius. 
Ican Pallcrar. 
Andic Cefalpin. 



Tiançois Viete. 
Gui Coquille. 



i<$^03, 



1^04, 



Jnnus Douza. 
Chriftophle Colerus. 
laques T'. pot. 
Hubert Gitanias. 
Hicrome Mercunal. 
Arnaud d'Ollat. 

Ponms de Thiard. 
Théodore de Bcze. 
Robert Conitancin. 
Simon Maiion. 
Sofroi Calignon. 
Philippe des Portes. 
Renaud de Baunc. 
lulte 1 ipfc. 
tlicPucfchius. 



Tom.jj. X 



TABLE 

ALPHABETIQUE 

DES 

A U T E U R S 

citez dans les Additions. 



AD</;ï;7îMelchiûr. 
AUrd. 
^/^(•rr/Leandro. 
AlUtltis Lco. 
Alting Henri 

André îaciues. 
-^ntonlui Nicohus. 
Aîùchi . 
Auy'.gyie' 

V Auteur delà, Bibliographie curieuCe. 
l Auteur delà bibliothèque d't ta^ne, 
/' '*uteur de la bibliothèque Jéfuitti^ue, 

V Auteur de U Criti.jue générale de l'Hlflotre dt€ 

Calvînifme. 
V Auteur du Livre intitulé ^ Academia Leidrnfis. 
l' uteur du Livre intitulé , lanfcnius fufpedus, 
l'. uteur de U fréface de U Pharmacopée de LaH' 

re?a Joubert. 

V /ut"if de- la Becherehe de la vérité, 

V Au:cur de la vie de Buchanan. 
l' ur.uy de l^ Vie ae Co-^ulile. 
l*Au'eur f'^in 'V de Ftaca^ior- 

l' A%tetr ! t r>- ae Caléas ^^aracciol, 

V lutc -vidf} L-af^t . Morin* 
l*A. . de ♦** Vit dii Vlitaker, 



'ALPH ABETIQ^UE. 

l'Auteur des Converfations fur la conno'ij[(tnce dt 

la Teinture. 
V Auteur des Nouvelles de la République des Lct* 

très, 

B 

IBagUonL 

BaUlet. 

BaUus. 

Balduînus. 

Balz^ac. 

Bannus Albertus, 

Banofius. 

Barbato -ai'tholomxo, 

JBarclai, 

Bi^rgéLHS Angélus. 

Barohius 

Baudius, 

du Bella't 'oachim. 

Bellarmlnus, 

Bemhus. ^. 

Bencius, 

Bez,a. 

B'ttiet. 

Blanc anus, 

Blanchard, 

Blo'jdel. 

Bocc<dini, I 

Bodin. 

Bohours ^éfuire. 

Boileau ou Defpreau)^ 
' Borrichtus Ol.ms. 

la Boulaye le Gtux, 
\ Boxhornîus 
! Brahé Tycho. 
! Brafchius. 
! Brantôme. 
ï Brode au lu lien. 
I Brntus Michacl. 

X ij 



^ , TABLE 

iBurnet , 



Callîdius Cornélius Loo/îaru s, 
Calvin. 

Camerarius loachimus. 
CariHs Melchior. 
Capac'ius. 

Caro AnniSal. 
^^la Cafa ican. 

^^felius. 

^'fjlelvetro. 
^^'^rpentier. 
*ii Chêne Audr#, 
^ hor'ior. 

^^iorêtîen Florent, 
Chytrée David. 
Chytrée "Nathan, 
Ci^^diafius. 
'^lenurd. 

follet et. 

ColoraieS' 
Coîovlus. 
'ÇOftfiantin Robert. 

tCe^muro î-'-u'cii. 
€-ra£o Lo leuzo. 



A L P H A B E T I QU E. 

U Croix du Maine. 
Crucîus Joaunes. 
Cujas. 
Cunradus, 



"Dempfter. 

"Dîmt. 

Donius FIorentiuLis. 

Donz.ellinus, 

Draudtusm 

^relincoHrt. 

Dnza. 



Et a fine. 

ErythrAUs Nicius. 
Etienne Henri. 
^tienne Robert. 



aher Antonîus. 
'aber Pctius. 
'^abert Pibrnchis, 
^«i'erTanaquillus. 
'abricius G : j Uelmus. 
• abrot us CcLïolus AnnibaL 
vau(linu$ Auguftinus. 

ayns 'Uiconias. 
fechtiui joannes, 
l^elibien. 

•Umhio M, Antoine. 
^lorebel. 
^ocanus. 
•ontaw Charles. 

X «j 



TABLE 

yM, M, Antoine. 
Torjierns, 
Tretgitis. 
dt4 Frêne Trichet. 
Trey. 
Trifchl'm. 

TrÎLon leonardus lefuita. 
Friaon Perrus. 
Ftér'ms CerioUriHS Fridericus. 



CalUndîns Petru<;. 

Callmus Antonius. 

Calots. 

Callus Tarquinius. 

Cartel» 

Cajfendi. 

Cartier. 

Cenebrard. 

Gemilis Scipio. 

Cerard. 

Gerbelius^ 

Cefner.^ 

Chîllinî. 

Cttijlinianî Michel. 

G orné s Alvar, 

Gratianî. 

Crojlotus LîJIaus» 

Crottus. 

Gruterus* 

Cualdus. 

CuUhardk Ludovicus* 



H 



IlaUarvodlus. 
Heinfihs Daniel» 



ALPHA BETIQ^UE. 

i'îermant, 

Hermtte Souliers, 
iipcrius, 

\iofmanlo,-\. îacobiis. 
\'t' y hôpital Michel. 
■iornbec. 
iofphiianus. 
"ioîtingerus- 
dotîowan . 

\iuef. 
lîumfrcdus. 



^acoh Louï<;, 

anfonitis Theodorns. 

Aqucs Roi de la gran^ Bretagne. 

mperialislc^i-ïncs. 

ndex exiurgatortus Belgicns, 

mi Claude. 

oubert. 

,0V e Paul. 

Hnius Francifcus, 

\tintMs Hadrianus. 

K 

Cekermanui» 
lonig. 



\.alhe Tcfuîtc. 
\i Labourettr- 
lamhinui. 
'AngnetuS' 
le^ihs. 



TABLE 

Lettres Frarjfoîfes écrites à Jof. Scalher, 

Vin^elmus, 

ttp/ius, 

Uifel. 

LongoUust 

Loredano Giov. Francefco. 

Lunpcrdius. 

M 

Mahillon. 
Macr'tnus. 
MaggtHS. 

Magri. 

Malmbourg M(\x\iQ, 

Manfo, 

Manutîus Pan lu s, 

Marino Cavalier. 

Marelles Abbé de Villeldii. 

Mafcardt. 

Majjonus Papirius. 

I^îatarellus. 

Matth&us Tofcanus, 

Matthias Cliriftianus, 

MeUnchthon. 

Ménage. 

la Menardiere. 

Mercerus Jofias. 

Merfenne. 

Merula Paul, 

Metellus, ^ 

Mez^fral» 

Minos Claudius, 

Mlr&us. 

Monavius lacobns. 

Montagne. 

MmtanHs Airias. 



ALPHABETIOUE. 

Montai^u le Chcvaliei'. 



N 



Moreri. 

Morofftus. 

Mornac. 

Morus Alcxandcr. 

Muretus. 

Mufculus. 



Héarder Michacl. 



Oporlnus. 

Ofifinder lu cas. 

Ofcrius. 

d'Ojfat le Cardinal. 



^alearltis . 

^anvhiius Onufriu!^ 
^ an taie on Henri. 
api us. 

''âquter Etienne. 
'^ajuier Nicolas. 
'^AJlerAt, 
^atln Guf. 
e P. Paul Servit e. 
'elijlon. 

'e Perefixe Archevêque de Paris, 
u 'Perron Cardinal. 
^ftrejns Thco^iorus. 
'et ri Surtridus. 
^eucerus. 
ihrac. 



Placius. 

'PUîius. 

'^olus Cardinalis. 
U Popeliniére, 
Vortenart Ancrelus. 



-eodigarius. 

R 



^erefi Leodigarius. 



^a'waldm ' heophilii^ 

R**/i« -efuite. 
Kaftn Nuo a& 
Betfeffdiust 

"Reufnerus. 

Reuterus, Quirinas. 

îihcdfus. 

Riga.lt tus» 

"Rhori.'ufius Conrardus. 

Rrjettis Andréas. 

'Rcmanus ' iieronymus, 

Re^.fard. 

Hoti illard. 



Sahinus Geor^ius. 
Sacratus. 

Sadoletus Cardinalis, 
Saint Real, 



ALP HA BE TIQUE. 

^^rKwartanus Scaîvola P. **" 

Samwartanus y*cxvo\3. F. 
Samwdrtanus Liidovicus 
Sandius Chriftophorus. 
Sanleolhus ï ranci feu s. 

Sr^digfir îiilius Cxfar 
Scalîger .orcphus. 
SchitiMi Andrcas. 
Scîoppïus. 

Sec'-'endorjf. 
Ssnenfis Sixcus, 
SUva?ius Razzi. 

^leîdanus. 

Speron Spci'one. 

Sjfizellus. 

iSpomianus. 

\Stapletcn. 

S(H tus }o. Guillclmiis. 

Sihrmiiis 'oannes. 

S uvert'fHS. 

T 

le Taffg. 

Thevet. 
iii 7 L'iardj 
^honiaJiiMS, 

rirai^H^t AndiTas. 
'^oiUus 'wO:nclius, 
0^^* '^ico'as. 



fi Vair. 

'alcHs Geïaianus. 



T AULE ALPHABETIQUE. 

Val er lus ^i^-d'c:s. 

<» ^^leriaCy^ï'i'daus, 

Vaud^r Ltnden. 

VarilUs. 

Vafs. us. 

Viijari 

le Vayer la Mothe. 

du Verdler. 

Verheuien. 

à l^vez.0 Hcnricas. 

V^hëllus. 

Vtcionus. 

Vvterits, 

VlnetHS» 

Vives. 

V vin en. 

VoglcrHS, 

Vojjius Jo. Gérard us. 

Y 

T vélins. 

2 

TaKchlus. 

'Z.ubigerpts Theodorus. 

Voilà les Auteurs qui m'ont fourni prerq\ 
tout ce que j'ai a]oûté aux Eloges de M- Tho 
Je fais aulli redevable de pluficuis inflaid'ons ci 
ricuTcs , don: j'ai enrichi mes Additions, à l'illi 
fhe M.fufteî $iib[iothco,uaire du P.oi de la gran 
Breraaiie , & à M. Richelcc , qui s'eft acquis tai 
de repucarion par l'excellen: Didionaire Franco 
qu'il a donné au public. 

F I N. 



La Bibliothèque 

Université d'Ottawa 

Eckéonce 



The Lib 
University of 
Dote d