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Full text of "Les fabulistes latins"

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/ye^t^^^'^^ 





LES 



FABULISTES 



LATINS 



Depuis le siècle d'Auguste jusqu'à la fin du moyen âge. 



TOME IV. 



LES 



FABULISTES 



LATINS 



Depuis le siècle d'Auguste jusqu'à la fin du moyen &ge 



PAR 



LEOPOLD HERVIEUX. 



EUDES DE GHERITON 



ET SES DÉRIVÉS. 



PARIS 

LIBRAIRIE DE FIRMIN-DIDOT ET C"^ 

56, KUK JACOB, 36 
1896 



,1 



468589 



PRÉFACE. 



En publiant ma deuxième ^édition des fables de Phèdre et 
de celles de ses anciens imitateurs latins J'ai expliqué qu'étant 
donné le nombre relativement restreint des fables d'Eudes 
de Cheriton dont la matière avait été indirectement tirée de 
l'ouvrage du fabuliste ancien, il y avait peut-être lieu, conformé- 
ment à l'opinion d'un savant critique, de ne pas le maintenir 
au milieu des dérivés de ce dernier et de le classer parmi les 
auteurs originaux. 

Partant de cette idée, j'ai distrait de mon édition nouvelle 
non seulement les fables d'Eudes, mais encore celles des com- 
pilateurs et des imitateurs qui en avaient fait usage. 

Puis, son tour étant venu, j'ai voulu tenir l'engagement 
que j'avais pris, sinon envers le public, au moins envers moi- 
même, et je lui ai consacré le volume spécial que je fais main- 
tenant paraître. 

Ce n'est pas sans peine que j'ai accompli cette tâche; mais, 
si laborieuse qu'elle ait été, je me félicite aujouiTl'hui de 
l'avoir entreprise ; car les recherches auxquelles elle m'a 



VIII PRÉFACE. 

contraint m*ont permis de substituer une œuvre achevée h ce 
qui n'était qu'une ébauche*. 

A cette œuvre je n'ai pas la prétention de croire qu'il ne 
pourra ôtre rien ajouté. Mais ce dont je suis convaincu, c'est 
que ceux qui auront eu la patience de la lire connaîtront 
sous son vrai jour une des personnalités les plus remarquables 
du monde religieux de la première moitié du xiir siècle. 

L. HERVÏEIX. 



ÉTUDE 



SUR 



LES FABLES ET LES PARABOLES 

D'EUDES DE CHERITON, 

SUR LES 

ANCIENNES COMPILATIONS ET IMITATIONS 

QUI EN SONT ISSUES 

Et sur les Manuscrits connus et inconnus 
qui les renferment. 



1 



LIVRE PREMIER. 

EUDES DE CHERITON, 

SES FABLES ET SES PARABOLES. 



CHAPITRE PREMIER. 

EUDES DE CHERITON. 

Dans ce premier chapitre, avant d'entreprendre Tétude de Tim- 
portant recueil de fables et celle des nombreuses paraboles, aux- 
quelles ce livre va être consacré, je me propose de déterminer le 
nom de Tauteur, le lieu de sa naissance, Tépoque et les circon- 
stances de sa vie. 

S 1. — NOM DE l'auteur. 

Sur le nom de l'auteur, les manuscrits qui nous ont conservé 
ses compositions ésopiques ne sont pas en parfait accord. Ainsi le 
manuscrit de la Bibliothèque Bodléienne Douce 88, indépendani- 
ment du préambule commençant par les mots : Aperiam in para- 
bolis os meum, qui précède le recueil de fables et qui est l'œuvre 
de leur auteur, possède une sorte d'avertissement préalable qui a 
été ajouté par un copiste ancien et dans lequel il est expliqué ' 
que la collection a été composée par saint Basile pour l'éducation 
de la jeunesse. Aussi dans ce manuscrit les fables sont-elles termi- 
nées par cette souscription : Explicil tractatus de Basilio beato. Il 
en résulte bien clairement que, dans la pensée du copiste, c'est à 
saint Basile que les fables sont dues. 

Au contraire, dans le manuscrit Douce 169 de la même Biblio- 
thèque, elles sont très nettement attribuées à Hugues de Saint- 






4 ÉTUDE SUR LES FABLES 

« 

Victor par la souscription suivante : Expliciuni proverbia magisiri 
Hugonis de Sancto Victore, 

Au British Muséum, dans le manuscrit 29^ du fonds Arundel, 
qui en contient seulement une partie, elles sont intitulées : Narra- 
iiones magistri Odonis de Ciringtonia. 

Enfin, à Cambridge, le collège du Corpus Christi possède, sous 
les cotes ^41 et 481, deux manuscrits appelant Tauteur, l'un Magis- 
ter OdOy l'autre Odo de Centona. 

Les autres manuscrits des fables, quoique nombreuj, ne portent 
aucun nom d'auteur, de sorte qu'en somme on peut dire que, dans 
ces manuscrits, c'est celui d'Odo qui domine. 

Aussi, en ce qui touche le nom du fabuliste, n'a-t-il existé au- 
cune divergence d'opinion entre les bibliographes anciens. Qu'on 
veuille bien consulter Jean Leland (1), Jean Baie (2), Antoine Posse- 
vin (3), Jean Pits (4), Charles de Visch (5), César Egasse du Boulay (6), 
Casimir Oudin (7), Jean-Albert Fabricius (8), Thomas Tanner (9), 

(1) Commentarii de Scriptoribus BriianniciSy auctore Joanne Lclando Londi- 
nate. Oxonii, c Theatro Sheldoniano, MDCCIX; 2 tomes en 1 toI. in-8*. (Voyez ch. 
CLXXX, p. 213.) 

(2} Scriptorum illustrium Maioris Brytanniép, qtiam nunc Angliam et Scotiam 
vocanff calatoguSy ctc.,autore Joanne Baleo... Basile», apud Joannem Oporinum, 
1557 et 1559, 2 vol. infol. (Voyez t. I, p. 221.) 

(3) Anton. Possevini Mantuani Apparatas sacer.,. Colonise Agrippinîe, apud 
Joannem Gymnicum, anno M.DC.VIII, 2 vol. în-fol. (Voyez t. Il, p. 167.^ 

(4) Joannis Pitsei angli, S. Theologice doctoris, Liverduni in Lotliaringia 
decani, Relalionum kistoricarum de rébus anglicis tomus primus, quatuor partes 
complectens, quorum eleochum pagina sequens indicat. Parisiis, apud Rolinum 
Thierry et Sebastianum Cramoisy, via Jacobœa, M.DC.XIX, cum privilegio régis 
christianissimi, 1 vol. in-4. (Voyez dans le premier tome, seul publié, les pages 
244 et 243.) 

(5) Bibliotheca sciuptorum sacri ordinis Cisterciencis... opère et studio R. D. 
Caroli de Visch. Duaci, ex officina Joannis Serrurier. M.DCXLIX, in-4". (Voyez 
p. 207.) 

(6) lUstovia Uhiversilalis ParlsiensiSj etc. Authore Caesare Egassio Bulîeo. 
Parisiis, apud Franciscum Noël. M.DC.LXV à M.DC.LXXIIl, 6 vol. in-foL 
(Voyez t. II. p. 758.) 

(7) Casimiri Oudini Commentarius de scriptonbu3 ecclesix antiquis... Lipsise, 
sumptibus Maur. Georg. Weidraanni... MDCCXXII, 3 vol.in-fol. (Voyez t. 11, 
col. 1623 à 1625.) 

(8) Jo. Alberti Fabricii Lipsiensis... Bibliotheca latina medix et infitnx «ta- 
tis... Florcntiie, typis Thomœ Baracchi et F., MDCCCLVIII, apud J. Molini, 
3 vol. in-8*. (Voyez t. V, compris dans le deuxième vol., p. 152.) 

(9) Bibliotheca Britannico-Ilibemica : sivede Scriptoribus^ ^ui in Anglia.Scotia 
etUibernia ad sœculiXVII initium flcrueruntf lilerarum ordine juxta familiarum 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 5 

Charles du Fresne du Cisinge (i), Francis Douce (2) et Thomas 
Wrighl (3), et Ton verra qu'ils ont attribué les fables dont je m'oc- 
cupe ici à un auteur nommé Odo. Il est vrai que le catalogue imprimé 
des manuscrits de la bibliothèque de la ville d'Arras en fait honneur 
à un frère prêcheur nommé Bromiard, mais il y a là une erreur facile 
à expliquer : dans le manuscrit qui a conduit à la commettre, les 
fables sont précédées d'une collection de sermons qui, d'après le 
scribe, sont l'œuvre d'un moine de ce nom, et, étant écrites à la 
suite par la même main, elles ont ainsi porté le rédacteur du cata- 
logue à les croire l'œuvre du môme écrivain. 

Il n'y a pas eu, dans notre siècle, plus de divergence entre les 
critiques. Jacques Grimm en 1834 (4), Mone en 1835 (5), Edeles- 
tand du Méril en 1854 (6), Hermann Knust en 1865 (7), Hermann 
Oesterley en 1868 (8), et Ernest Voigt en 1878 (9), en étudiant les 

nomina disposilis commentarius : auctore viro admodum revcrendo et in patriis 
antiquitatibus versatissimo Thoma Tannero, episcopo Asaphcnsi, qui, etc. Lon- 
dini, excudit Gulielmus Bowyer, impensis Societatis ad litcras promovendas in- 
stitutse, anno domini M.DCC.XLVIII, 1 vol. in-fol. (Voyez p. 560, note v.) 

{i) Glossarium média et infimx latinitatis condituma Carolo Dufresne domino 
Du Cange, cum supplementis intcgris... D. P. Carpenterii, Adelungii, aliorum, 
suisque digessit G. A. L. Henschel. Parisiis, excudebant Firmin Didot fratres, 
Instituti Franciœ typographi, 1840 à 1850, 7 vol. in-i". (Voyez t. VII, Index auc- 
torum; p. 412.) 

(2i Iliuslrations of Shakespeare^ and of ancient manners , . , , by Francis 
Douce. London, printed for Longman, Hurst, Rces, and Orme, Paternosterrow, 
M.DCCC. VII, 2vol. in-8« (Voyez t. II, p. 343 à 317), et London, M.DCCC.XXXIX 
1 vol. in-8- (Voyez p. 524 à 526). 

(3) Uiographia Britannica UteraiHa , or Biography of literary Characters of 
Great Britain and Iretandy arranged in chronological ordsr. Anglo-norman 
period. By Thomas Wright, M. A. London : John W. Parker, 1842 et 1846, 2 vol. 
in-S». (Voyez t. II, p. 225 à 227.) 

(4) Reinarl Fuschs von Jacob Grimm. Berlin bey Reimer, 1834, 1 vol. in-8". 
(Voyei pages CCXXI et 446 à 447.) 

(5) Anzeiger fur Kunde der teuichen Vorzeit. Untcr freier mitwirkung herausg. 
von Franz Joseph Mone... 1835. Mit vier Tafeln Abbildungen. Karlsruhe, Druck 
und Verlag von Christian Theodor Groos. (Voyez col. 355 à 361.) 

(6) Poésies inédites du moyen âge, précédées d'une histoire de la fable ésopique. 
Paris, librairie Franck, 1854, 1 vol. in-8«. (Voyez p. 121, 140, 142 et 249.) 

(7) Jahrbuch fur Romanische und Englische Literatur... herausgegeben von 
d' Ludwig Lemcke. Leipzig, F. A. Brockhaus, 1865, in-8''. (Voyez t. VI, p. 1 à 
42 et 119 à 141.) 

(8) Jahrbuch fur Romanische und Englische Literatur... herausgegeben von 
d' Ludwig Lemcke, Leipzig, F. A. Brockhaus, 1868, in-8'*. (Voyez t. IX, p. 121 
à 154.) 

(9) Kleinere lateinische denkmàler der Thiersagé aus dent zwôlften bis vier- 






6 ÉTUDE SUR* LES FABLES 

mêmes fables et en les publiant partiellement, n'ont pas songé à en 
refuser à Odo la paternité. 

Il faut donc tenir pour certain que le fabuliste s'est appelé Odo, 
nom latin dont la traduction française est Eudes; et comme chez 
nous, dans les ouvrages contemporains où il est question de lui, 
il est ordinairement désigné par son nom français, c'est Eudes que 
dorénavant je le nommerai. 

§ 2. — LIEU DE NAISSANCE DE l'aUTEUR. 

Il a existé au moyen âge bien des écrivains dont le nom latin a 
été Ôdo. Se borner à dire que c'était celui du fabuliste ce serait 
donner une indication vague; ce qu'il faut, c'est dégager sa person- 
nalité de celle de ses homonymes, et, pour cela, déterminer main- 
tenant le lieu de sa naissance. 

Ce point a fait l'objet de longues discussions que je vais tâcher 
de résumer. Pour distinguer les uns des autres les divers Odo, on 
les a, en général, gratifiés de qualifications particulières emprun- 
tées le plus souvent à la localité ou à la région dans laquelle ils 
étaient nés. 

Pour ne parler que du fabuliste, il est dans les manuscrits (1) 
presque toujours appelé Magisler Odo, c'est-à-dire Maître Eudes, 

Cette qualification, qui fait de lui un savant adonné à l'enseigne- 
ment, n'est pas la seule par laquelle il est individualisé. Dans les 
Incipit ou les Explicit des ouvrages dont il est l'auteur, la phrase 
qui les lui attribue est quelquefois complétée par ces mots, qui ne 
sont jamais employés que pour lui : Ad laudem ipsius (ou ejus) gui 
est alpha et w (2). Ainsi les manuscrits, tant par le titre de maître 
qui lui est conféré que par la détermination du but qu'il a pour- 
suivi, empêchent qu'il ne soit confondu avec les autres Odo et per- 
mettent ainsi de savoir quels sont les écrits dont il doit être re- 
connu l'auteur. 

zehntenjahrhundertf hemusgcgohen von ErnstVoigt. Strassburg, Karl J. Trùb- 
ner. London, Trubner cl comp., 1878, in-8\ (Voyez p. 36 à 51 et 113 à 138.) 

(1) Voyez notamment les mss. latins 698, 2i59, 2593 et 16506 de la Bibliothèque 
nationale, 252 de la Bibliothèque de Toulouse, Arundel 275 et 292 du British 
Muséum, 441 et 481 du collège du Corpus Christi à Cambridge. 

(2) Voyez notamment les mss. latins 698 et 16506 de la Bibliothèque nationale, 
Arundel 275 du British Muscum, 441 et 481 du collège du Corpus Christi à Cam- 
bridge. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 7 

Mais ces éléments d'information, s'ils étaient les seuls, ne suffi- 
raient pas pour nous renseigner sur sa nationalité, ni sur Tépoque 
à laquelle il a vécu. Heureusement certains manuscrits sont plus 
explicites. Dans plusieurs il est distingué des autres par Tadjonc- 
tion à son nom de celui de son pays natal. 

Seulement ici les manuscrits sont loin d'être en complète har- 
monie. Il suffit, pour s'en apercevoir, de consulter ceux qui ren- 
ferment ses fables : ainsi dans le manuscrit 481 du collège du 
Corpus Ghristi de Cambridge, l'auteur est appelé Odo de Cerilona, 
et dans celui du fonds Arundel, coté 292, Odo de Ciringtonia, 

Mais ce n'est pas tout : si pour se renseigner plus complètement, 
on ne s'en tient pas aux manuscrits de ses fables, et si l'on recourt 
t ceux de ses sermons^ on y rencontre encore d'autres noms, tels 
que Odo de Ciridunia{i)y Odo de Cheritona{¥)y Odo de Syrentona (3), 
Odo de Sheritona (4). 

Ces noms latins ne pouvaient correspondre à celui d'une seule 
et même ville ; aussi ne doit-on pas s'étonner de voir, dans les ou- 
vrages imprimés, son nom affublé des dénominations actuelles 
de villes très diverses, telles que Shirton, dans le Scriptorum illus^ 
trium Maioris Brytanniœ Cataiogus de Baie, dans les Relatlones his- 
toricx de Rébus anglicis de Pits, dans VHistoria Universitatis Pa- 
risiensis de du Boulay, dans la Bibliotheca Britannico-Hibernica de 
Tanner, dans le Grand Dictionnaire historique de Moreri , dans les 
Narrationes des Odo de Ciringtonia de M. H. Oesterley, et dans le 



(1) Il est ainsi nommé dans le ms. latin de Toulouse 252. (Voyez le Catalogue 
général des mss, des départements^ édition in -4", t. VII, p. 159.) 

(2) C'est le nom que, d'après le Catalogue des mss. de la Maison de Saint- 
Pierre, public par James en 1600, il devait porter dans le ms. 102. (Voyez les 
Catalogi librerum manuscriptorum Ângliœ et Hibernix, Oxford, 1697, 1. 1, 2* partie, 
p. 150.) 

(3) Ce nom est iodiqué, comme lui étant donné dans certains mss., par Tanner 
(▼oyez l'ouvrage précité, *p. 560); par Thomas Wright, Biographia Bntannica 
literaria or Biography ofliterary Characlers of Great Britain and Ivelandy arran- 
gea in chronological order,.. London, John W. Parker, 18i6, 2 vol. in-8* (voyez 
t. I, p. 226); par M. Herm. Oesterley dans ses Narrationes des Odo de Ciring- 
tonia {Jahrbuch fur Romanische tind Englische Uteratur... herausgegeben von 
I> Ludwig Lemcke, Leipzig, F. Â. Brockhaus, in-8*; voyez a. 1868, p. 121), et 
par M. Paul Meyer dans sa. Notice dunms.de la Bibliothèque Phillipps contenant 
une ancienne version française des fables d'Eude de Cherrington ou [Cheriton] . (/?o- 
mania, année 1885, t. XIV, p. 388.) 

(4) Voyez les Narrationes des Odo de Ciringtonia, à l'endroit précité . 



8 ÉTUDE SUR LES FABLES 

Catalogue général des mçinuscnts des Bibliothèques publiques des Dé- 
partements, éd. in-4®, t. VII, p. 159; Chirton, dans le Catalogue des 
manuscrits de la Maison de Saint-Pierre de James; Schirton, dans 
VApparatus saccr de Possevin, dans la Bibliotheca scriptorum sacri 
ordinis Cisterciensis de de Wisch et dans la Bibliotheca latina de Fa- 
bricius; Ciringlon dans le Cntical Dictionainj of english literature 
and british and american authors living and dcGcased from the ear- 
liest accounts to the latter half of the nineteenth century, publié par 
Auslin Allibone à Philadelphie, en 1880, éd. in-4^ t. II, p. 1449, 
l"* col. ; Sherston, dans le Répertoire de Tabbé Chevalier; Shering- 
tori et aussi Sherrington, dans les Plus petits monuments latins de 
la légende des animaux de M. Ernst Voigt; Cherrington ou plutôt 
Cheriton en Kent, dans la Notice d'une ancienne version française des 
fables d^Eude et dans les Contes moralises de Nicole Bozon, ouvrages 
publiés par M. Paul Meyer, le premier, dans le tome XIV de la 
Romania (1), le deuxième, dans un volume in-8® imprimé à Paris 
en 1889 (2). 

Ce qui ressort de ces divers noms, c'est que Tauteur des fables 
est né en Angleterre. Mais dans quelle localité? Telle est la ques- 
tion qui jusqu'à ces derniers temps est restée indécise. 

C'est le docteur Ernst Voigt, professeur attaché au gymnase 
Friedrich de Berlin, qui le premier a cherché à la résoudre. Dans un 
opuscule qu'il a publié dans cette ville en 1878, sous le titre : Klei- 
nere lateinische denkmàler der lliiersage, il a consacré à maître 
Eiides quinze pages particulièrement remarquables par le nombre 
étonnant des erreurs qu'il y a accumulées. Pour rechercher le 
lieu de sa naissance, il est parti de cette fausse idée, qu'il n'exis- 
tait que deux villes, Sherrington près Salisbury dans le Wiltshire 
et Sherrington près Ne\\'port Pagnell dans le Buckinghamshire, 
entre lesquelles on eût à opter (3), et voici sur quelles bases il a 
appuyé son option : i! s'est rappelé la fable dans laquelle Eudes 
montre la simplicité des habitants d'un village désigné dans les 

{[] Voyez pp. 381 et suiv. 

(2) Voyez p. xii. 

(3, M. Voigt ôcrit le nom de la ville de Shcrrin<j:ton du Wiltshire avec une 
seule r et l'autre avec deux ; mais de l'important dictionnaire géographique con- 
cornant les Iles Britanniques, qui a été publié à Londres en 1868 sous le titre de 
Hationat GazetéeTf il ressort que les noms des deux villes sont identiques et 
que c'est avec deux r qu'ils doivent s'écrire. 



ET LES PARABOLES D^EUDES DE CHERITON. 9 

manuscrits par des dénominations paraissant, malgré leurs difTé- * 
rences orthographiques, se rapporter totftes au nom actuel de 
Wilby (1). Il a remarqué qu'il y avait trois conmiunes de ce nom 
en Angleterre : une dans le comté de Nortbtmpton, près de Wel- 
lingborough, une autre dans le comté de Norfolk, et une troisième 
dans le comté de SufTolk, près d'Eye; et, considérant qu'entre ces 
trois Wilby, d'une part, et les deux villes de Sherrington, d'autre 
part, la distance la phis faible est celle qui sépare Wilby, village du 
comté de Northampton, de Sherrington, ville du comté de Buckin- 
gham, il en a conclu que c'est cette dernière qui avait dû être le 
lieu de naissance d'Eudes. 

Ce raisonnement pèche par la base, car il suppose qu'il n'y a 
que les deut villes de Sherrington qui puissent se rapporter aux 
dénominations latines. Or, le Dictionnaire géographique qui, sous 
le titre de National Gazetéer, a été édité k Londres en 1868, en 
signale une douzaine qui sont dans ce cas : on y trouve trois Cher- 
rington, dont l'une, dans le comté de Gloucester, est peu éloignée 
de Northampton, une Cherington plus proche encore de cette ville 
dans le comté de Warwick, deux Sherston appelées, l'une, magna, 
l'autre, patva, dans le comté de Wilts, enfm six Cheriton dont le 
nom, s accordant parfaitement avec les formes latines Ceritona et 
Cheritona, méritait d'être pris en particulière considération. C'était 
donc entre quatorze localités que M. Voigt avait à choisir. 

Ajoutons que, quand même les deux dont il s'est uniquement 
préoccupé auraient été les seules dont il eût eu à tenir compte, ce 
n'est pas parce que Tune des deux était moins éloignée que l'autre 
du plus proche des trois villages de Wilby qu'il était autorisé à 
en faire la patrie d'Eudes. Il l'a d'ailleurs bien senti; car, pour 
être juste, -il faut dire qu'il n'est pas très affirmatif et que c'est 
une indication qu'il donne, sans prétendre avoir trouvé la solu- 
tion. 

. Il faut avouer qu'il a eu raison d'être circonspect ; car ce qui a 
beaucoup plus d'importance que la proximité plus ou moins grande 
de Wilby, c'est l'accord entre les noms anglais et les formes latines 
de ces noms. Le nom anglais de Sherrington est peut-être, avec 

(t;. Le nis. d'Arras porte Ylehey, celui du fonds Arundcl 292, WUehegê et 
Widebege, ccXm du fonds Rawlinson 288, Welbeye\ dans lenis. du fonds Arundd 
275, les habitants de ce village sont appelés Lothovingi. 



' % f 



10 ETUDE SUR LES FABLES 

celui de Sherston, celui qui répond le moins bien aux formes latines 
offertes par les manuscrits. C'est de celle de Ciringtonia qu'il 
s'écarte le moins ; mais, si peu qu'il s'en éloighe, il en est moins 
près que celui de Cherrington. 

En 1880, dans la Revue intitulée : Archiv fur das studium der 
neueren Sprachen und Literaturen/Lwv, p. i-10, un autre savant 
allemand, M. Meissner, a essayé à son tour de résoudre le problème ; 
mais, en prétendant qu'Eudes était né à Sherrington dans le comté 
de Wilts, il a soutenu une thèse encore plus inadmissible que celle 
de son devancier {i). 

En rendant compte, dans le Journal des Savants (2), de la pre- 
mière édition de mon ouvrage sur Phèdre et ses anciens imita- 
teurs, comme j'y avais introduit les fables d'Eudes, M. Gaston Paris 
a été tout naturellement amené à formuler son sentiment sur la 
question en litige, et, comme cela devait être, il n'a pas accepté 
l'hypothèse de M. E. Voigt. « Nous remarquerons, dit-il, que l'iden- 
tification de Ciringtonia, nom de la patrie d'Odon, soit, avec Shir- 
ton, soit avec im des deux Sherrington, nous parait douteuse : on 
aurait Scirtonia dans le premier cas, Scerringtonia dans le second. » 
Mais ce n'est qu'incidemment que M. G. Paris a exprimé les doutes 
légitimes que lui inspirait l'hypothèse de M. Voigt; il n'a proposé 
aucime solution. 

M. Paul Meyer s'est pius particulièrement efforcé de trouver le 
véritable lieu de naissance du fabuliste, et il y est arrivé. Ayant dé- 
couvert à Cheltenham,dans la Bibliothèque de sir Thomas Phillipps, 
une ancienne version française des fables d'Eudes, il en a fait, dans 
la Romania (3), l'objet de la Notice déjà signalée, dans laquelle il a 
dû porter son attention sur une question qui alors n'était pas en- 
core résolue. 

Il a d'abord remarqué que les noms anglais qui s'harmonisaient 
le mieux avec les formes latines étaient ceux de Cherington, Cher- 
rington et Cheriton : le premier et le second en effqt sont en con- 
cordance avec Ciringtonia, et le troisième, avec Ceritona. Mais 
nous avons vu qu'il y a trois Cherrington et six Cheriton. Il fallait 
donc faire un choix, et M. P. Meyer l'a fait; voici en quels termes : 

(1) Romania, 1881, t. X, p. 623. 

(2) Année 1883, p. 47. 

(3) Voyez année 1885, t. XIV, pages 388-390. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 11 

« J^incline pour ma part en faveur de Cherington (Warwickshire) 
ou de Cherrington (Glouceslershire). Il y a aussi plusieurs Chéri- 
ton, Tun notamment près de Folkestone, qui pourraient être pris 
en considération, si les formes latines Ceritona et Ciridunia 
étaient sufOsamment autorisées {\ ). » Ici M. P. Meyer semble hésiter 
entre Cherington (Warwickshire), Cherrington (Gloucestershire) et 
Cheriton (Kent); toutefois dans le titre de sa Notice (2) il ne main- 
tient que les deux noms de Cherrington et de Cheriton, et nous 
allons bientôt voir qu'en réalité c'est sur ce dernier nom que son 
option s'est portée. Mais il n'est arrivé à ce résultat, qui résout le 
problème, que par uii long circuit de recherches, dans lesquelles je 
vais maintenant me permettre de le suivre. 

Ce sont les travaux de M. Thomas^ Wright qui semblent l'avoir 
entraîné dans la voie dans laquelle il est entré. Dans sa Biographia 
Britannica iiteraria (3), M. T. Wright a donné une biographie du 
moine du xn® siècle, ordinairement désigné par le nom d'Odo de 
Canlia, Nous aurons bientôt à revenir sur ce personnage. Quanta 
présent, ne nous arrêtons qu'à ce qui a trait à ses écrits. Suivant 
M. T. Wright, ils semblent avoir principalement consisté dans des 
commentaires sur les Saintes-Écritures et dans des sermons. Il 
signale l'existence au British Muséum, dans le fonds Arundel, sous 
la cote 231, d'un manuscrit latin en deux volumes contenant des 
homélies de Jean d'Abbeville, de Roger de Salisbury et d'Eudes de 
Kent, terminées par ces mots : « Expliciunt morales expositiones 
magistri Johannis de Abbatisvilla, magistri etiam Odonis de Cantia 
et magistri Rogeri de Sarisbiria, in unum compactas super Evangelia 
dominicalia pertotum annum (4).» Il ajoute que malheureusement 
les sermons de ces trois écrivains ont été réunis de façon à former 
une seule série sans séparation, et que, comme, étant tous agré- 
mentés d'exemples, ils s'oflrent tous avec la même note caractéris- 
tique, il est bien difficile d'en faire la répartition entre les trois au- 
teurs. Puis il exhibe, en le prenant parmi les exemples du sermon 
pour le premier dimanche après la Trinité, celui contenant, au 

(1) Romania, 1885, t. XIV, p. 388. 

(2) Homania,1885, t. XIV, p. 381. 

(3) Voyez t. II, pp. 224-2^6. 

(4) Biographia brilannica Iiteraria^ or Biography of literary Characlers of 
Great Britain and Ireland. Londres, 1846, t. II, p. 224 et 225. 



12 ÉTUDE SUR LES FABLES 

feuillet 50 r**, l'anecdote bien connue du sage qui crache sur la 
barbe du roi. 

Pour M. T. Wright il n*y avait pas à se demander quels étaient 
les trois personnages mentionnés dans le manuscrit qui renfermait 
ce sermon. Les deux premiers n'avaient pas d'homonymes qu'on pût 
confondre avec eux, et, quant à Eudes de Kent, c'était bien, dans sa 
pensée, le moine du xii® siècle qui vient d'être indiqué. Il n'y avait 
à ses yeux qu'une difficulté à surmonter, celle de savoir quels 
étaient parmi les sermons réunis dans le même manuscrit ceux qui 
devaient être attribués à ce dernier. Du reste, dans une note mise 
en bas de page, en avertissant qu'ÏBi Oxford les sermons d'Eudes de 
Kent étaient conservés séparément dans des manuscrits spéciaux, 
il avait eu soin de fournir les moyens de sortir d'embarras. 

M. P. Meyer a-t-il fait usage de ces manuscrits? Je ne le crois 
pas. En revanche il a recouru à d'autres. Il s'est demandé si 
l'exemple du sage qui crache sur la barbe du roi n'avait pas été 
tiré des sermons de maître Eudes, magister Odo^ qui, comme le 
moine du xii® siècle auquel M. T. Wright avait attribué cet 
exemple, aurait, à raison de son origine, été appelé Odo de Cantia, 
et dont en ce cas le lieu de naissance aurait été Cheriton en 
Kent. M. P. Meyer a donc cherché à la Bibliothèque nationale les 
manuscrits des sermons de maître Eudes qu'elle pouvait posséder, 
et, sous les cotes 698, 2459, 2593 et 16506, il en a trouvé quatre 
dont le contenu ne pouvait être attribué qu'à lui ; car non seule- 
ment il y est appelé magister Odo y avec adjonction à son nom 
des mots : ad laudem ipsius qui est alpha et w, mais encore le pre- 
mier des sermons sur les évangiles des dimanches commence par 
ces mots signalés dans les ouvrages des anciens bibliographes : Cum 
appropinquasset Ihesus Iherosolimis.eic, et môme, dans les manu- 
scrits 698 et 2459, il est précédé du prologue, qui, conformément à 
kurs indications, commence ainsi : A quatuor ventis veni, Sacer Spi- 
7HtuSy et insuffla super interfectos istos, ut reviviscant, M. P. Meyer ne 
s'en est pas tenu là : les sermons de maître Eudes sur les évan- 
giles des dimanches ayant été publiés à Paris en 1520(1), il les 
a examinés dans cette édition, et, en lisant au feuillet lxxxi celui 



(1) Flores sermonum ac evangeliorum dominicalium excellentissimi Magistri 
Odonis, cancellarii Parisiensis. Paris, 1520, 1 vol. in-4". 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 13 

qui a été composé pour l'évangile du premier dimanche après la 
Trinité, il y a rencontré, formulée dans les termes suivants, l'anec- 
dote que M. T. Wright avait déjà exhibée : 

« Quidam rex pomposis (sic) in palatio suo spatiosojussit convi- 
vium magnum parari : pavimentum autem, aulœ parietes et sedilia 
coopertoriis pretiosis fecit operiri, mensam mantili, vasis aureis et 
argenteis adomatam habuit. Cum sapiens quidam inter illos esset 
in>itatus, sedens prope regem, cum necesse erat ei spuere et 
vidisset omnia adornata, conspuit in barbam régis. In quem statim 
servi régis manus injecerunt. Rex autem, non sine ratione sapien- 
tem haec fecisse advertens, irara eorum repressit, quaerens cur hoc 
fecisset. Respondit quod locum viliorem non vidit quam ejus bar- 
bam ciborum pinguedine perunctam, et ideo in illa spuebat. » 

Lorsqu'on compare cette rédaction à celle du texte relevé par 
M.T.Wright, on remarque qu'il existe entre elles de grandes diffé- 
rences. Jugeant sans importance ces différences de rédaction et 
croyant reconnaître dans les deux textes Tœuvre d'une seule et 
même personne, M. P. Meyer a été ainsi induit à penser que c'était 
l'auteur des fables, et non pas un autre du môme nom, que, dans le 
manuscrit cité par le biographe anglais, le copiste avait voulu dési- 
gner, et-que, puisqu'il était originaire du comté de Kent, la ville 
de Cheriton où il était né était celle située auprès de Folkestone. 

« Il ne serait pas impossible après tout, dit-il dans sa Notice 
sur une ancienne version française des fables d'Eudes (1), que le 
même auteur eût été désigné sous le nom d' « Odo de Cantia » et 
d' « Odo de Ceringtonia » ou « Ceritona », surtout si on le suppose 
originaire de Cheriton en Kent. » 

Lorsque M. P. Meyer écrivait ces lignes, tout en paraissant 
opter poiir Cheriton en Kent, il manifestait encore une certaine 
indécision. Mais il n'a pas tardé à sortir de son incertitude. 
Dans le numéro du journal VAthenœiim du 30 août 1890, on peut, 
sur celte question, lire, sous la signature de Miss L. Toulmin 
Smith, une note qu'il avait probablement inspirée et dont voici la 
traduction : « En ce qui touche Eude de Cheriton, les raisons de 
M. P. Meyer pour lui donner ce nom (de préférence aux autres 
formes Sherston, Cirington, etc.) et pour identifier Cheriton avec 

(1) Remania, année 1883, t. XIV, p. 389, note 4. 



• 



/ 



!4 ÉTUDE SUR LES FABLES 

le village de ce nom prés Folkestone, sont celles-ci : Une collection 
de ses sermons existe dans divers manuscrits sous le nom d'Odo 
de Ciringtonia ou Cheritona, et, au British Muséum, dans le ma- 
nuscrit Arundel 231, les mômes sermons figurent sous le nom 
d'Odo de Cantia (voyez la Biographia Britannica Literat*ia de Th. 
Wright, II, p. 225), d'où la conclusion naturelle est que les deux 
écrivains supposés n'étaient qu'un seul et même, et que cet écrivain 
unique était de Cheriton en Kent (i). » 

M. Meyer avait-il trouvé la vraie solution? C'est ce qu'il s agit 
maintenant d'examiner. 

Lorsqu'on se borne à comparer les deux rédactions de l'exemple 
dans le manuscrit du fonds Arundel et dans l'édition de 1520, on 
ne doit pas être porté à adopter sa conclusion; car, les variantes 
qu'elles offrent sont, à mon sens, assez importantes, sinon pour 
faire indubitablement apparaître deux œuvres distinctes, au moins 
pour jeter dans l'esprit une légitime incertitude. En effet, maître ' 
Eudes n'a guère puisé dans son imagination les exemples qu'il a 
fait passer dans ses sermons; il les a pris où il les a trouvés, le 
plus souvent dans les Vies des Pères et dans les Dialogues de Gré- 
goire le Grand, mais quelquefois aussi sans doute dans les œuvres 
homélitiques de ses devanciers ; de sorte qu'il n'était même pas 
nécessaire, pour attribuer à deux auteurs les deux rédactions du 
même exemple, qu'elles présentassent de bien notables variantes. 

M«iis, lorsque, au lieu de mettre la rédaction du manuscrit du 
fonds Arundel en présence de celle de l'édition de 1520, on la rap- 
proche de celle des autres manuscrits, et notamment de ceux de la 
Bibliothèque nationale, on ne rencontre plus entre Tune et l'autre 
de différences appréciables, et l'hypothèse de M. Mayer semble 
pleinement justifiée. 

Néanmoins, ayant de l'accepter, j'ai jugé prudent de pousser un 

. 1 ) Voici le texte anglais de la note de M"* Toulmin Smith : « Ast to Eudc de 
Cheriton, M. P. Mcyer's reasons for giving him this name (against the other 
fonus Sherston, Cirington, etc.), and for ideniifying Cheriton wilh the village 
of tliat name near Folkestone, are thèse. A collection of his sermons exists in 
varions manuscripts undcr the name of Odo de Ciringtonia or Cheritona, and la 
the British Muséum Ms. Arundel 231 the same sermons are found under the 
name of Odo de Cantia (see Th. Wright's Biographia Britannica Literaria, II, 
p. 225:, whencc the natural conclusion is that the supposedtwo writers were one 
and same, and that this writer was of Cheriton in Kent. » 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 15 

peu plus loin mes investigations. A cet effet, je me suis fait adres- 
ser une copie entière du sermon du manuscrit du fonds Arundel 
qui contient l'exemple du prétendu sage. Or, cinq ou six fois plus 
long que celui de maître Eudes, ce sermon, dans son commence- 
ment, en diffère complètement, et dans le surplus on retrouve 
bien les mêmes idées, exprimées çà et là par les mêmes mots, 
mais avec des développements beaucoup plus considérables : seules 
les paraboles, qui d'ailleurs sont les mêmes et dans le même ordre, 
n'ont pas été allongées et sont conçues en termes à peu près iden- 
tiques; ce sont celles qu'on peut intituler : La Corneille parée des 
plumes des autres oiseaux ; le Sage qui crache sur la barbe du Roi ; 
le bienheureux Basile et l'Ermite; le Riche et ses Chiens; l'Avocat 
qui feint de ne pouvoir parler; le Fromage, les Souris et le Chat; 
l'Ermite qui demande à Dieu le sommeil. 

Quelle déduction tirer de cet état de choses? Pour gratifier 
maître Eudes du sermon du manuscrit du fonds Arundel, on 
devrait d'abord supposer qu'il avait donné des proportions déme- 
surées à son œuvre homélitique, dont les autres manuscrits ne 
renfermeraient que des abrégés. Cela n'étant pas supposable, fal- 
lait-il attribuer le sermon à son homonyme du xn® siècle dont il 
aurait simplifié les compositions, ou au contraire était-ce son 
propre sermon qui, écrit le premier, aurait ensuite été largement 
paraphrasé ? 

Entre ces deux hypothèses l'hésitation ne me semble guère 
possible : c'est à la dernière qu'il convient de se rallier; car maître 
Eudes, dans le premier cas, aurait été un plagiaire, et l'ensemble 
de ses écrits doit faire écarter cette supposition. Remarquons aussi 
que le manuscrit du fonds Arundel est du xiv'' siècle et que, les 
autres étant pour la plupart plus anciens, son âge fournirait au 
besoin un argument en faveur de mon sentiment. 

11 y a donc un point constant, c'est que, si les sermons con- 
tenus dans le manuscrit du fonds Arundel ne sont pas l'œuvre de 
itialtre Eudes, ils en sont le développement, et dans ces conditions 
on doit croire que c'est à lui que l'amplificateur a voulu en faire 
honneur, et que, étant fixé sur sa personnalité, s'il l'a nommé Odo de 
Cantia, ce n'est pas parce qu'il l'a confondu avec un autre auteur, 
c'est parce qu'il le savait originaire de ce comté. Quant au copiste 
à qui est dû le manuscrit,, il n'y a pas à s'occuper de l'opinion qu'il 



•\- 



16 ÉTUDE SU.R LES FABLES 

a pu avoir; car il est supposable que c'est sans se préoccuper de 
rien qu'il a transcrit ce qu'il avait sous les yeux: 

Si maître Eudes était originaire du comté de Kent, il s'ensuit 
que la bourgade de Cheriton, dont les manuscrits envisagés dans 
leur ensemble foot le lieu de sa naissance, est celle qui est située 
dans le voisinage de Folkestone. Telle est la solution à laquelle 
l'examen du texte du manuscrit doit conduire. 

Pour être plus certain qu'elle était la vraie, j'ai cru devoir recou- 
rir d'abord à M. H.-D.-L. Ward, qui, au British Muséum, remplit 
depuis de longues années les fonctions de bibliothécaire, et qui, 
grâce à sa situation, avait pu faire sur la vie et les travaux de maître 
Eudes des recherches couronnées de succès, ensuite à M. J.-A. 
Herbert, qui, attaché au même établissement, devait, à l'aide des 
documents réunis par M. Ward, rédiger pour le Dictionnaire 
anglais de Biographie nationale, l'article consacré au même per- 
sonnage. 

Ils m'ont, de la meilleure grâce du monde, fourni les renseigne- 
ments que je désirais. 

M. Ward est, comme M. Meyer, parti de cette idée que c'était 
bien de l'écrivain, appelé dans les manuscrits Magister Odo, qu'il 
devait être question dans celui du fonds Arundel, et il en a finale- 
ment acquis la certitude. L'un des documents qui ont fixé son opi- 
nion est une compilation complexe, appelée le Spéculum laïcorum (1 ) 
et imputée à Jean de Hoveden (2) : il a vu que plusieurs des 



(1) Le British Muscum possède de cet ouvrage plusieurs manuscrits dont le 
plus ancien est celui du xiv* siècle, coté Add. H284. C'est un volume in-folio de 
petit format, dont le Catalogue imj|[^rimé de la Bibliothèque indique le contenu en 
ces termes : Fabularum anecdoiorumque collcctio ad usum Prxdicantium, in 
seriem alphabeticam digesta. 

(2) Jean de Hoveden, que Baie appelle aussi Hovuden, parait être né à Lon- 
dres, et, d'après le même biographe, fut chapelain de la reine Élêonore, mère 
d'Edouard I". En 1266, une église collégiale ayant été fondée à Hoveden, il en fut 
le premier chanoine. A sa mort, arrivée, suivant les uns, en 1272 et, suivant les 
autres, en 1275, il fut enterré dans le chœur, dont la construction avait été com- 
mencée à ses frais et qui, ainsi que la nef. dut son achèvement aux offrandes des 
fidèles. Baie vante sa simplicité, qui ne l'empêchait pas d'être, en même temps 
qu'un lettré versé dans les études profanes, un théologien et un poète, habile en 
cette double qualité àfaire de l'Ancien Testament et du Nouveau le thème de belles 
compositions rythmiques. Le Dictionnaire anglais de Biographie nationale le 
reconnaît auteur d'une dizaine d'ouvrages, parmi lesquels il place le Spéculum 
laycorum, Mais^ si ce dernier ouvrage est dû à Jean de Hoveden, il est cer- 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. U 

exemples contenus dans le manuscrit du fonds Arundel se retrou- 
vaient dans cet ouvrage, où ils étaient attribués à « Magister Odo de 
Seryton. »> Or, Senjton était vraisemblablement l'altération de Che- 
riton; et, puisque les deux noms Odo de Cantia et Odo de Seryton 
s'appliquaient à la même individualité, la localité cherchée était 
Gheriton en Kent. 

Un peu plus loin on verra que Touvrage de Jean de Hoveden 
n'est pas le seul document exhumé par M. Ward à Tappui de sa 
thèse; mais, quant à présent, il est inutile d'en produire d auti'es; 
car, en faisant aboutir à une solution à laquelle M. Meyer est lui- 
même arrivé par une autre voie, ce document me parait suffire pour 
qu'on soit enfin fixé sur le véritable lieu de naissance du fabuliste, 
que dorénavant j'appellerai Eudes de Gheriton. 

§ 3. — ÉPOQUE DE l'existence DE l'auTEUR. 

Un point intéressant reste à préciser; c'est celui qui concerne 
Tépoque à laquelle vécut Eu4^ de Gheriton. 

Fut-il le contemporain d'Eudes de Gantorbery, plus communé- 
ment nommé Eudes de Kent, ou appartient-il à une génération pos- 
térieure? Telle est la question qui doit être maintenant examinée. 

A l'égard d'Eudes de Kent, le rùle politique qu'il a joué à la suite 
du meurtre de l'archevêque Thomas Becket, ne laissait guère place 
au désaccord entre les biographes. Selon Baie, c'est en 1160 qu'il 
était à son apogée (1). Pits, il est vrai, fait de cette date celle de sa 
mort (:2). Mais Gave, adoptant l'assertion de Baie, suppose que 
l'année 1160 fut la principale époque de sa vie (3).0udin le montre 
devenant, en 1170, prieur de l'Ëglise métropolitaine de Gantor- 
bery, luttant, en 1172, contre les empiétements de la royauté sur 
les droits de l'Église et devenant, en 1175, abbé du monastère de 
Saint-Martin de Battle. Quant à la date de sa mort, rectifiant Pits et 



tain qu*U a étc*remanié ; car il y est fait allusion à des faits qui se sont produits 
en 1298 et en 1307, c'est-à-dire longtemps après sa mort. 

(1) Scriptorum illustnum Maioris Brytannix.., Catalogus. Baie, 1557 et 1559. 
(.Voyez t. I, p. 207.) 

(2) Relationes hUtoricx de Reôus anglicis. Paris, 1619. (Voyez t. I, p. 227.) 

(3) Scriptorum ecclesiasticorum lîistoria litteraria. Oxford, HiO et 1743,2 vol. 
in-folio. (Voyez t. I, p. 677.) 

2 



18 ÉTUDE SUR LES FABLES 

Du Gange, qui l'avaient placée en il 60, il afiirme qu'elle est posté- 
rieure à 1180 (1). Suivant Tanner, il était prieur de Cantorbery en 
1173 et abbé de Battle à la date qui vient d'étrê indiquée, et ne 
serait mort qu'au mois de mars de Tan 1200 (2). Pour adopter cette 
dernière date, Tanner s'appuie sur l'ouvrage de Wharton intitulé : 
Anglia sacra, dans le second volume duquel, à la page 30i du tome 1, 
on lit : M Anno mcc, mense Martio, obiit Odo, abbas de Bello (3). » 
Moreri ne fait vivre Odo de Kent que jusqu'en 1180 (4). Enfin Tho- 
mas Wright est d'accord avec ses devanciers pour le faire abbé de 
Battle en 1175; quant à l'année de sa mort, elle est pour lui incer- 
taine; il constate que, tandis que, d'après quelques biographes, il 
serait décédé en 1 176, d'autres qu'il croit plus autorisés prolongent 
sa vie jusqu'en 1199 et même jusqu'en 1200; mais, dans ce cas, 
dit-il, il serait mort très âgé(5). Bref, ce qui est avéré, c'est qu'Eudes 
de Kent appartient à la deuxième moitié du xii* siècle. 

C'est pendant la même période que, selon les mêmes bio- 
graphes, se serait écoulée l'existence d'Eudes de Cherilon. Leland 
sans doute n'en fait pas tout à fait le contemporain d'Eudes de 
Kent et dit seulement qu'il le suivit de près (6) ; mais Baie (7), 
Pits (8), de Visch (9), Tanner (10), et Moreri (11), se copiant tour à 

(1) Commenlarius de scriptoribus Ecclesix antiquis, Leipzig, 1722, 2 vol. in- 
foL (Voyez t. II, col. 1510-1514.) Oudin termine ainsi son article: a Carolus Dufre- 
aius Du Cange, in Indice scriptorum quom priemisit Giossario medùe et infinue 
Latinitatiit columna 134, ubi tanicn maie Ipsum anno 1160. mortuum refert^ qui 
adhuc in vivis erat anno 1180 et ultra. 

(2) Bibliolheca Bntannico-Uibf^nica, Londres, 1748. (Voyez pp. 359 et 560.. 

(3) Anglia sacra, sive CollecUo hisloriarum, partim recenler scriptarumy de 
Archiepiscopis et Episcopis Anglix^a prima fiUei Chrislianx susceplione adannum 
MDXLjnunc primum in lucem editarum. Londres, 2 toI. in-folio. Voyez dans le 
premier vol., imprimé en 1691, à la page 304, les Annales Ecclesix Winloniensis 
ab anno DCXXXUI ad annum MCCLXXVU. 

[%) Le Grand Dictionnaire historique, t. VIII, p. 30, col. 2, et p. 31, col. 1. 

(5) Biof/raphia Britannica Literaria. Londres, 1842 et 1816,2 vol. in-8'. (Voyez 
t. II, p. 22i.) 

(6) Commentarii de Scriptoribus Britannicis. Oxford, 170.'», 2 tomes en 1 vol. 
in-S". Dans le chap. clxxx, p. 213, Leland s'exprime ainsi : <« Hune (c'est-à-dire 
Eudes de Kent) pone sequitur Odo Shirodunensis, multarum ooncionum non^ 
infelix scriptor. » 

(7 Scriptorutn illuslrium Maioris Brytannix,.. Catalogus. (Voyez 1. 1, p. 221.) 
(8; Relaliones historicx de Rébus anglicis. (Voyez t. I, p. 215.' 

(9) BibUolhecn scriptorum sacri Ordinis Cisterciensis. (Voyez p. 207. 

(10) Bibliolheca Britannico-Hibernica. (Voyez p. 560.) 

(11) L'; Grand Dictionnaire historique. (Voyez t. VIII, p. 31, cul. 1.) 



ET LES PARABOLES D*EUDES DE CHERITON. 19 

tour, fixent à 1181 Tépoque à laquelle il florissait. Sans désaccord 
sensible avec eux, Possevin (i) et Fabricius (2) adoptent la date de 
1180, et Oudin, celle de 1184 (3); enfin Douce, sans risquer de date, 
place son existence au xn* siècle (4). 

Ainsi des notices des bibliographes il ressortait que, si Eudes 
de Kent et Eudes de Gheriton étaient deux individualités distinctes, 
ils avaient du moins été contemporains Tun de Tautre. 

Les quatre manuscrits précités de la Bibliothèque nationale, 
auxquels M. Meyer a recouru, en lui faisant découvrir qu'Eudes 
avait écrit une de ses principales œuvres dans la première moitié du 
xiii* siècle, lui avaient permis de montrer quelle erreur les biblio- 
graphes avaient commise. Dans sa Notice sur l'ancienne version 
française des fables d'Eudes, après avoir parlé de trois manuscrits 
contenant ses sermons, il ajoutait : « On peut encore citer le ms. 
de Balliol, Oxford/ n** 38, et les mss. B. N. lat. 698 et 16506. Les 
deux derniers contiennent un explicit fort intéressant. N« 698, fol. 
104 : « Anno incarnationis Dominice, m^.cco.xix**, hoc opus com- 
« pletum est a magistro Odone ad laudem ejus qui est alpha 
« et w. » N** 16506, fol. 218 : « Explicit liber evangeliorum domini- 
« calhitn. Gompletum est hoc opus anno ab incarnatione Domini 
a Mcc^xix'', pridie Kalendas Januarii a magistro Odes ad laudem 
« ipsius qui est alpha et o... » Cette date se rapporte certainement 
à l'achèvement de l'ouvrage et non à l'exécution des deux mss., qui 
sont l'un et l'autre postérieurs, d'un demi-siècle peut-(^tre, à l'an- 
née 1219, et qui, d'autre part, étant d'origine différente, ne peuvent 
guère avoir été copiés sur un même original. Voilà donc une date 
fixe pour la biographie de notre Eude (5). » 

11 était ainsi établi par les deux manuscrits latins de la Biblio- 
thèque nationale 698 et 16506, et jpour M. Meyer il était avéré, 
qu'Eudes n'avait terminé son sermonnaire qu'en l'année 1219. Cette 
date mettait à néant la supposition, quelquefois formulée, que les 
deux noms d'Eudes de Kent et d'Eudes de Cheriton n'avaient 

(l) Apparatus sacer, (Voyez t. II, p. 167.) 

(2j Biàliotheca Latina medix et infimx œtatis. Florence, 185B. (Voyez t. V, 
p* 152.) 

(3) Commentarius de Scriptoriàus Ecclesiœ antiguis. (Voyez t. II, col. 1623.) 

(4} Illustrations of Shakespeare and of ancient manners. Londres, 1807 (Voyez 
t. II. p. 343 à 347) et 1839 (Voyez l. unique, p. 524 à 526). 

i5) Romania, année 1885, t. XIV, pp. 389 et 390. 



20 ÉTUDE SUK LES FABLES 

toujours couvert (ju'ime seule (tersonnalilé ; car l'auleur de ce ser- 
munnaire n'niirait pu iHre assez àgif en 1170 pour i5lre prieur de 
Canlorbery, on 1173 pours'ériger en défenseur des droilsde l'Ëglise 
conlre les empiélements du pouvoir royal, et en tlïS pour élre 
nommi' abbé du monastère de Sainl-Marliu de Baille. 

On va voir que la date de 1319 ijtail en parfaite concordance 
avec les documents qufi les investigalions de H. Ward me per- 
metlenl d'y ajouter. 

En 1305, le père d'Eudes, qui s'appelait Guillaume de Cherilon, 
fui, par le roi dWngle terre, qui en avait pour cause de forfaiture 
dL^possédé un de ses vassaux nommé Geoffroy de Bosco, investi 
d'un fief situé dans le nord du comié de Kent, à Delce près Ho- 
chesler. C'est ce qui ressort d'un lexle reproduit par Thomas Ma- 
dox dans son Histoire de l'Échiquier des rois d'Angleterre (1). 

Guillaume, usant de la prérogative inhérente à la qualité, qu'on 
esl ainsi obligé de lui reconnaître, de seigneur de Cherilon, voulut 
confler à son flls la garde de l'église de celte localité. Or, Madox, 
s'appuyanl sur un texte des Pipe RoUt cil6 par lui dans le même 
ouvragotâ), nous apprend qu'à cet effet il dut fournir à son suze- 
rain « one good hautein falcon », c'est-à-dire un bon faucon de 
haut vol, el que c'est en 1313 que Guillaume remplit celle ubiij 
lion. 

Eudes, ayant perdu son pfre, recueillit sa succession, qui 
d'aprf^s M. Herbert, comprenait uu fief de chevalier à Delce, deu.x 
lief^ semblables à Cheriloa el d'autres biens ailleurs. C'est le 18 
avril 1333 qu'il paya au Bsa les droits successoraux, el dans l'acte 
qui l'en libère il est nommé n Magister Odo deCyrilon " (3]. 



I de.^^ 
i 

1 



(I I Tht llîilury tiiid Antiquititi of Ihe Eflietjiier af the Kingi of Bni/tawi, by 
Thomas Undox. •»(. Tho second édition. Lcimion, u.i>ai:.u:ix, —'T. t, 
p. *28. QOïc e, on lil : - Willplmus tla Ciriion, Vicpcomei pro eo, r c do CCI cl 
ij paJeMdis et ij Auituris. per lic quod Rci reddidii cidcm Witlclmo lotani ter- 
rain qUdG fiilt Gnlfruli de Bosco apad Dolce, sicut jos auiim ; ita Umen quod si 
idem QaMï'idus rcdierit ad aerritiuni et Ailem Régis, Idom WiUctmus aine dila- 
tions hïbcbil n^clum vorsus GolTridum dp priedicta Icrat. Ilh Hol. S. b. grnl. 
TU. Noi-aoblala. • 

(î) Th» m$lory and Anliquitiis of Echrqurr of the Kin^i of En^lamt, etc. 
Deuil^me édiliùn. i. I. p. SOS, note I, on lit ; i 'Willelmiis de CyiWon UuIiol j 
tulcanem hiilirinum liunum. ut mngisler Odo, II]iu« situs, hsbcal ciiitodi&iu Ecde- 
ii» de Cjrinlon. - Uag. Rot. 13. Joh. Rot, S. fi. Kent. 

(3) Exceipla è Rot. Fin., ta. Roliwls, I, 210. 




ET LES PARABOLES D*EUDES DE CHERITON. 21 

Au British Muséum, dans le fonds Harléien, existe une quittance 
donnée en 1235-36 par « Magister Odo de Cyretona, filius Willelmi 
de Cyretona », du loyer d'une boutique située « in foro Lon- 
d[oniensi] », dans la paroisse de Sainte-Marie-le-Bow. A cette quit- 
tance est appendu un sceau représentant, assis dans un fauteuil, un 
moine au-dessus duquel plane une étoile, et qui, d'après M. Her- 
bert, n'est autre qu'Eudes de Cluny, le saint patron du bailleur (1). 

EnGn Vlûquisitio post mortem, dans laquelle il est dit qu'Eudes 
à sa mort était en possession du manoir de Delce, et que son 
frère était son plus proche héritier, porte la date du 15 octobre 
1247(2). 

De tout cela il ressort jusqu'à Kévidence que, comme écrivain, 
c'est à la première moitié du xiii® siècle qu'Eudes appartient. 

§ 4. — BIOGRAPHIE d'eUDES DE CUERITON. 

Tout ce qui a été écrit sur la vie d'Eudes de Cheriton n'est et 
ne pouvait guère être qu'hypothétique. Ma tâche ne peut consister 
qu'à en dégager ce qui me paraîtra vraisemblable. 

M. Voigt, tout en admettant qu'Eudes était né dans le sud de 
l'Angleterre, suppose qu'il a dû de bonne heuire traverser la Manche 
et faire de la France sa patrie adoptive ; ce qui lui a inspiré cette 
hypothèse, c'est i*esprit aussi favorable à la France qu'hostile à 
l'Angleterre que resjMre la fable de l'Qiseau de Saint-Martin, dans 
la morale, de laquelle il a lu les phrases suivantes : « Adaptatur et 
quibusdam militibus Anglie : quando capbd habcnt bene ferratum 
uino uel ceruisia, dicunt se posse stare contra très Francigenas et 
debellare fortissimos; sed, quando sunt ieiuni et uident lanceasel 
gladios circa se, dicunt: sancte Martine, succurre auicule tue (3) I » 

Cette évidente prédilection pour la France, faut-il dire qu'Eudes 
la devait à ce qu'il y était venu tout jeune et y était constamment 
resté? Je crois qu'il convient de la faire découler d'une autre 
cause. Nous savons maintenant qu'il élait le flls du seigneur de 
Cheriton. Or, presque tous les nobles, qui au temps d'Eudes étaient 

(1 ) Harlcj. Char 1er, 49. B, 43. 

(2} Inquisitio post mortem^ I, 4; Archéologie Cantianaj II, 296. 
(3) Kleinere lateinische denkmnler der Thiersage aus dem zwolften bis vier- 
zehnten Jùhrhundert. Strasbourg et Londres, 1818, 1 vol. in 8°. (Voyex pp. 45 et 

46.) ; - . • 









22 ÉTUDE SUR LES FABLES 

en Angleterre possesseurs de domaines féodaux, étaient d'origine 
normande, et, comme il ne s'était encore opéré aucune fusion 
entre eux et la race anglo-saxonne, il était assez naturel que les 
seigneurs eussent plus d'affection pour le pays d'où ils étaient 
venus que pour l'Angleterre, qu'ils considéraient moins comme leur 
patrie que comme une terre conquise. Ces sentiments ne pouvaient 
toujours subsister, et la guerre de Cent ans devait largement con- 
tribuer à les faire disparaître. Mais avant qu'elle n'éclatât, il devait 
s'écouler encore plus d'un siècle. 

M. Voigt, pour compléter la justification de sa thèse, fait une 
double remarque : il dit que nulle part, dans ses fables, Eudes ne 
se sert de la langue anglaise, tandis qu'on y trouve beaucoup de 
gallicismes. 

La première de ces deux allégations prouve qu'il n'a que bien 
superficiellement jeté les yeux sur l'œuvre du fabuliste : s'il avait 
seulement lu ce que l'antiquaire Francis Douce avait écrit sur 
Eudes de Cheriton, il ne se serait pas si singulièrement four- 
voyé (1); non seulement il existe dans ses fables des mots anglais, 
mais encore il y en a plus que de français. 

Ainsi, pour ne citer que ceux que fournit le manuscrit 441 du 
coHège du Corpus Christi de Cambridge, dans la fable 2 (L'Abbé et 
les Moines), on lit : Selde cumet se belere, hoc est : Raro succedit 
melior(2); dans la fable 4 (La Buse et l'Épervier) : Ofeie hi ihe 
hrothte^ of athele hi ne mtjthte, hoc est : De ovo te eduxi, de natura 
non potui (3), et dans la fable 22 (Le Loup devenu Moine) : Thai 
thu Wlf hore hodi te preste tho thu hym sette Salmes to lei^e, evere 
beth his gères to the grove''Ward[^), 

(1) Voici ce qu'on Ut dans le livre de F. Douce intitulé : Illustrations of 
Shakespeare and of ancienl manners^ 1801, t. II, p. 3''*-347 : « The évidence 
with respect to authorship is in favour of the Engl' aian, because in some of 
the stories English sentences are found. » 

(2) Ce proverbe en anglais moderne s'écrirait ainsi ; Seldom cornes the better. 

(3) C'est ainsi que ce proverbe est écrit dans le manuscrit 441 du Coi-pus 
Christi de. Cambridge, sauf que le th anglais est remplacé par ce signe f**. En 
français 0/*= De; «>, datif de ei = œuf; hi pour /= je; Me = te; brothte^ 
pour broghle dans l'anglais ancien et pour brought dans l'anglais moderne = 
produisis, mot synonyme du mot laiiin protuli ; of athele = de la nature; wepour 
no dans l'anglais moderne = ne, et mythte, en anglais moderne might = ai pu. 
En anglais moderne le proverbe peut se traduire ainsi ; « Dut of an cgg I brought 
it to thee, by nature I could not do so. » 

(4) Voici avec l'interprétation française mot à mot dans quels termes, s'il 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 23 

Les citations françaises sont les suivantes : Fable S** (L'Escarbot 
qui bat des ailes) : Fray ben, fray ben; Fable 7 (L'Oiseau de saint 
Martin) : sein Martin, eide nostre oiselin! Fable i 4 (Le Crapaud, 
son Fils et le Lièvre) : KiCrapout eime, Lune H semble ;¥M[^ 38 (Le 
Milan et les Perdrix) : Ki tut covete, tut pert; Fdîble 53 (La Herse et le 
Crapaud) : Dieuconfunde tant de seynnurslEi c'est tout! On voit que 
ces citations sont plus brèves que celles tirées de la langue anglaise. ' 

H est vrai que M. Voigt aperçoit des gallicismes jusque dans 
certains mots latins employés par Eudes, tels que ribaldus, papel- 
lardus, morsellum, garcifer, granya {grangea, grangia), busacia, 
domicellus, trottaiius, camisia, bladum (1). Mais cela ne suffirait pas 
à démontrer que le fabuliste avait fait de la France sa seconde 
patrie. Il est aujourd'hui notoire que les conquérants normands, 
en s'établissant en Angleterre, y avaient importé leur langue, qui 
au temps d'Eudes était devenue la langue dominante, et qui, si la 
guerre de Cent ans n'avait pas interrompu les relations entre les 
deux nations, aurait sans doute définitivement prévalu. « Peu s'en 
est fallu, dit M. P. Meyer, que l'idiome porté en Angleterre par les 
Normands de Guillaume ^fe Conquérant ne soit devenu la langue 
commune du Royaume-Uni. Si l'effort, si manifeste au xin** siècle 
et dans la première moitié du xiv®, s'était poursuivi pendant une 
cinquantaine d'années, si l'effroyable guerre de Cent ans n'était pas 
venue diminuer les relations entre la France et l'Angleterre, ou, 
en tout cas, en modifier la nature, l'anglais, réduit déjà à l'état de 
patois, se serait éteint peu à peu. Les conséquences de ce fait, qui 
paraissait probable au temps où écrivait Higden, eussent été incal- 
culables, et il est à croire qu'elles eussent été profitables à l'huma- 
nité (2). » 

était correctement écrit, le proverbe devrait être formulé ; Thai (Quoique), thu 
(le), Wlf (Loup), were (était), hoded {coiffé), te {k), preste (prêtre), tho (quoique), 
thu (tu), hym (le), sette (mettes), salmes (psaumes), lo (à), 1ère (apprendre), evere 
(toujours), beth (sont), ki$ (ses), ffcres (regards), to (à), the (la), grove-V)ard 
(forét-vers). Voici maintenant comment tout cela peut se traduire littéralement en 
anglais moderne : « Though the Wolf were hooded to pricst, though thou him 
set psalms to Icam, ever are his looks to the grove-ward. » Mais, si la version 
était faite selon l'esprit de la langue anglaise, elle dcvradt être ainsi conçue : 
«Though the Wolf were hooded as a priest, though thou set him to leam psalms, 
cvcr are his looks towards the g^ove. » 

(1) Kiein'ere lateinitche denkmùler der Thiersage. (Voyez p. 46.) 

(2] Les Contes moralises de Nicole hozon^ frère mineur, publiés par Lucy 



2* 



SUR LES FABLES 



£sl-c£ à dire niainlenaat qu'Eudea de Cherilon n'a pas fréquenté 
la France? Le soutenir serait nier l'iîvîdence. Kn efTel il y a, dans la 
moralité de sa première fable, un passage où il se montre instruit 
de certaines choses qu'un s<^jour prolongé à Paris avait seul pa loi 
faire connaître. Voici ce qu'il raconte : ■< Item cum mngister 
factus {ùissel episcopus Meldensis el visitasset socios suos Pari- 
sius, dixît ; Si haberem mortalem ininiicum, et desiderarem ei 
aliquid pessimum, orarem quod Deus faceret eum episcopum, et 
hoc pro maxima tnalcdlctlone reputarem. >i Pour avoir eu connais- 
sance du langage ainsi tenu par l'év^îque rie Meaux b. des amis qu'il 
était venu visiter à Paris, il avait fallu qu'Eudes fût lui-même lié 
avec eux et. pour cela, qu'il eût, sinon alors, du moins plus tard, 
résidu dans cette ville. Cela me semble incontestable. 

M. Voijrt s'est avec raison inquiété de savoir quel (;lait cet 
évoque de Meaux(l). En effet, pour qu'Eudes eût «omm la petite 
anecdote insériîe dans sa première fable, il Tallait qu'il eût été 
contemporain de cet évoque, et trouver son nom, c'était se proca- 
rer un élément important pour la détermination de l'époque 
dant laquelle s'était écoulée la vie d'Eudes. Mais M. Voigt tv'a 
été, dans celte recherche, plus heureux qu'il ne l'avait été 
celle du lieu de naissance d'Eudes. Ce dernier, par discrétion sans 
doute, n'avait pas cru devoir faire connaître le nom du prélat. Ce 
qui est certain, c'est que la plupart des manuscrits ne le désignent 
que par la lettre H. Parmi les évéques de Meaux il n'en a découvert 
aucun dont le nom commençûl par cette lettre. Mais dans l'histoire 
de l'Université de Paris par du Boulay, il a vu qu'un Herbert, dit 
Médecins, maître & cette Université, avait, en tITS, k la recomman- 
dation du cardinal Pierre du titre de Saint-Chrysogone, été nommé 
archidiacre à Meaux (â),et il a supposé qu'Eudes avait fait allusion 

1889, I vol. iQ-S-, (VojM Inlr^diielion, 

■i p. «.) 



ruit ^^ 
.loi^l 

'«i- ^^ 

i 



Toulmin Smilli el Paul Mever. Pvi: 



(1) Kieinere laleiniiche dttikmùltr der Thitrtaqe. [Vo; 

(2) Uistoria Vnivtriilatis Paritifiuis, t. Il, p. "il. Voici lo passage sur leqne 
M. Voift appuie sa Bupposiiion : n Herbcriua, cognûincnlo Mcdecius, inter -riroi 
clarissimos et promolione dipnos commendatur a Potro, Cardinaln S. Cbrriof^oni, 
sic scribenle ad Alciand. III t /uo RotomogemU Eccleiiar Archidiaconus et Jf.ffrr- 
htrtut iledeciti» non mmnri inttr aliot credunlur probilale lucere. Fuil, opinor, 
arcbidiaconu» Moldcnsic; sic enim legilor in quadam E;>. ipud DuclicsniiiiB, 
lib. t : Confirmalionem priuîUgij de Seala cum maxima impeiralâm ctifficuUalt 
ptT M. Btrùtrlum noiium EccIriÎK SIttdtntii Archidiaconvm volât mm. ■ 




*' . - 

ET LES PARABOLES D'EUDES DE GHERITON. 25 

à cet Herbert, qui, dit-il, « dans le poste de confiance où il avait 
été placé, avait eu amplemeAt l'occasion de connaître à fond les 
difficultés des fonctions épiscopales ( 1 ) ». 

n était au moins singulier qu'Eudes lui eût faussement attribué 
la dignité épiscopale. Mais M. Voigt ne s'émeut pas pour si peu : 
a Simon I, son évoque (de H77 à 118i), fut, dit-il, obb'gé dé sollici- 
ter plusieurs fois du. pape des pouvoirs extraordinaires pour rame- 
ner Tordre dans son diocèse, où l'avidité et la discorde du clergé 
avaient produit de Acheux ravages. Herbert peut donc bien s'expri- 
mer comme il le fait. L'inexactitude peut bien être attribuée à un 
compte rendu fait à la légère ou erroné, ou à un défaut de mé- 
moire d'Ode. Le» autres circonstances concordent trop bien, 
pour que nous abandonnions cette explication pour une simple 
erreur dans un titre. Il est fort possible qu'il ne se soit pas trouvé 
dans le cercle d'amis, où Herbert a ouvert son cœur. Qu'il ait étu- 
dié à Paris tôt ou tard, peu importe, parce qu'à Paris, ville si voi- 
sine de Meaux et réunie à celle-ci par tant de liens, personne n'a 
pnlui parler d'un Herbert, évêque de Meaux, qui n'a jamais existé. 
Il est plus vraisemblable, si nous sommes d'ailleurs sur la bonne 
voie, qu'il vécut primitivement à Paris et que bien plus tard un 
compatriote revenant de Paris, auquel il aura demandé des nou- 
velles de VAlma mater, lui aura raconté cette histoire. » 

Cette longue explication repose sur des hypothèses invraisem- 
blables : d'abord, en substituant Herbert à l'évêque de Meaux et en 
se fondant pour cela sur ce qu'Eudes a été induit en erreur, ou, par 
suite d'un défaut de mémoire, a attribué à cet évéque le langage 
de Karchidiacre, M. Voigt s'est mis, sans raison plausible, en contra- 
diction avec le texte latin; ensuite il n'est pas probable qu'Eudes 
soit venu étudier à Paris, et l'ait ensuite quitté avant l'époque à 
laquelle l'évêque de Meaux a ouvert son cœur à ses amis parisiens; 
enfin c'est encore gratuitement que M. Voigt suppose que ce n'est 
qu'après son retour en Angleterre qu'un compatriote d'Eudes, qui ' 
aurait séjourné à Paris après lui, lui aurait rapporté cette conver- 
sation. 

Si^ Eudes n'avait désigné l'évêque de Meaux que par la lettre H, 
il y a eu des copistes de ses fables qui ont été moins réservés que 

(1) Kleineire lateinische denkmàler der Thiersage^ pp. 46 et 47. 



26 ÉTUDE SUR LES FABLES 

lui. Ainsi, dans le manuscrit (579 de la Bibliothèque de Berne, le 
copiste a écrit en entier le nom qu'il supposait être celui de l'évoque, 
et que, dans ma première édition, je n*ai pas manqué de signaler; 
ce nom est Hugo, en français Hugues, 

Si, à défaut de ce manuscrit dont il ignorait l'existence, il avait 
fait ce que plus tard M. Gaston Paris n*a pas négligé de faire (1), en 
un mot, s'il avait consulté le Gallia christiana, il aurait appris que, 
pour découvrir le nom caché sous la lettre H, il n'était pas néces- 
saire de faire intervenir un archidiacre. 

Hàtons-nous de dire que d'ailleurs le manuscrit de Berne n'au- 
rait pu que l'induire en erreur; car il y aurait trouvé la mention 
d'un évéque du nom de Hugo qui a occupé le siège de Meaux de 
1161 à 1162 et dont Eudes n'a pu être le contemporain. 

Les recherches, précédemment signalées, de M. P. Meyer mon- 
trent que, comme écrivain, il appartient à la première moitié du 

« 

XIII® siècle, et, ainsi que je l'ai déjà dit, celles plus récentes de 
M. Ward établissent qu'il n'est pas décédé avant 1246. 11 s'ensuit 
qu'Eudes, au temps où Herbert était archidiacre à Meaux, c'est-à- 
dire vers 1180, ne pouvait être qu'un enfant et que certainement 
en 1162 il n'était pas encore né. 

Mais alors quel était, pendant son séjour à Paris, l'évêque de 
Meaux? Si M. Voigt; qui parait avoir eu à sa disposition le manu- 
scrit de Berlin lat, 4*. 10, l'avait regardé de près, il aurait remarqué 
que l'évêque de Meaux y était appelé Guillelmus (Guillaume), et, 
s'il s'était reporté au Gallia chnsliana, il y aurait trouvé que cet 
évoque avait rempli ses fonctions épiscopales de 12U à 1221 (2), et 
cette découverte lui aurait donné le mot de l'énigme. 

A quelle époque Guillaume devint-il évéque? Deux ans après la 
Remise à Eudes de la direction de l'église de Cheriton. D'où venait-il, 
lorsqu'il est arrivé à Meaux? De l'église de Paris, où, d'après le Gal- 
lia chrisliana, il était cantor, c'est-à-dire maître du chœur. Enfin le 
Gallia chrisiiaua nous montre que ses fonctions épiscopales ne 

(1) Journal des gavants, 1885, p. 47. 

(2) D'après le Gallia Christiana, l. VIII, col. 1622 et 1623, Guillaume (Ouil- 
Ihclmus I), qui était d'une vieille famille de Nemours, fut cvèque de Meaux do 
1214 à 1221. Il fut inhumé dans 1 église de l'abbaye de Bardel auprès de l'autel, 
et sur la pierre de son tombeau fut gravée cette inscription : « Anno Incarnationis 
Dominicae 1221, sepultus est in hoc loco pi» mémorise Willelmus, Meldensis 
quondam episcopus, cujus annivcrsarium agitur xiv cal. Scptcmbcis. » 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 27 

furent pas pour lui une agréable sinécure, et, en y lisant la notice 
qui le concerne, on conçoit que, dans ses voyages à Paris, il a dû 
exposer ses doléances aux amis qu'il y avait nécessairement laissés. 

Il est très probable que c'est pendant son épiscopat qu'Eudes, 
ayant quitté l'église de Cheriton, se trouvait à Paris, et que dans 
cette ville, en relation avec les amis de l'évoque, il avait eu par 
eux connaissance de son langage attristé. 

A son retour en Angleterre, Eudes entra-t-il dans l'ordre de Ct- 
teaux? C'est uif point qui n'est pas parfaitement établi. Ses ser- 
mons ont été publiés à Paris, en 1520, sous ce titre: Mores sermo- 
num et evangeliorum dominicalium excellentissimi magistri Odonis^ 
Cancellarii Pa^isiensis, Ce titre du premier volume imprimé dans 
lequel son œuvre principale ait paru est miiet à cet égard ; mais ce 
silence est significatif; car, de même qu'il y est qualifié de Chan- 
celier de l'Université de Paris, titre qui d'ailleurs lui est formelle- 
ment contesté par Oudin (1), de même, si, à la connaissance de 
l'éditeur, il avait été un moine cistercien, le titre en eût certaine- 
ment fait mention. C'est Baie qui, le premier, sans vérification pré- 
alable, lui donna cette qualification (2), etPossevin (3), Pitts (4), de 
Visch (5), du Boulay (6), Oudin (7), Fabricius (8), Tanner (9), Moreri 
(10), Douce (il), et de nos jours M. Oesterley (12), lui ont sur ce 
point tour à tour fait confiance. 

M. Voigt a été plus loin : il a essayé de démontrer qu'Eudes était 
bien entré dans l'ordre de Citeaux : « Dans le tableau de tous les 
ordres monastiques alors existants, dit-il, ceux de Cîteaux forment 

(l) Commentarius de Scriptoribus ccclesix antiquis. (A la col. 1624 du t. II, 
Oudin s'exprime ainsi : « llli sermones impressi sub nominc Odonis Cancellarii 
Parisiensis, qui iitulus certo falsus est. ») 

(2; Scriptorwn illustrium Maioris Brytannix Calalogus. (Voyez l. I, p. 221.) 

(3) Apparatus sacer. (Voyez l. II, p. 167.) 

(4) Relatione» hUtoricje de Rébus anglicis. (Voyez t. I, p. 244.) 

(5) Bibliotkeca scriptorum sacri ordinis Cisterciensis. (Voyez p. 207.) 

(6) Historia UniversUalis Parisiensis . (Voyez t. II, p. 758.) 

(7) Commentarius de Scriptoribus ecdesise antiquis. (Voyez t. II, col. 1624.) 

(8) Bibliolheca latina mediœ et infimae œtatis. Florence, 1858. (Voyez t. V, 
p. 152.) 

(9) Bibliotkeca Britannico-Hibemica. (Voyez p. 560.) 

(10) Le Grand Dictionnaire historique. (Voyez t. VIII, p. 31, col. 1.) 

(H) Illustrations qf Shakespeare and of ancient manners. Londres ^ 1807, 2 vol* 
in-8*. (Voyez t. II, pp. 343-47.) 

(12) Jahrbuch fur Romanischeund Englische /i7era/Mr, année 1868. (Voyez p. 121.) 



28 ÉTUDE SUR LES FABLES 

Talpha et roméga », c'est-à-dire le premier et le dernier, et à cette 
raison peu probante tirée de la nomenclature des ordres religieux 
qu'offre la moralité de la fable 52 (La Brebis blanche, la Brebis 
noire, TAne et le Bouc), il ajoute : « Dans la Parabole ol» le Comte 
pillard porte et fait porter par ses gens des bonnets de cet ordre, 
comme le meilleur moyen de surprendre les négociants, qui 
croient voir venir à eux les plus pieux de tous les moines, et, 
parmi les écrivains ecclésiastiques les plus récents, il ne cite que 
saint Bernard de Clairvaux (1). » Enfin à ces rais^s il en rattache 
une dernière : « Remarquez, dit-il, Taversion non dissimulée 
d'Eudes pour le clergé séculier, aussi bien pour le haut clergé, 
parce que ignem auaritie^ superbie^ luxurie de se emittit (Parab. i), 
.que pour le bas clergé, qui sous différents noms est complètement 
exhibé (Parab. 53) {lisez : 52); au contraire, tout en blâmant vigou- 
reusement les abus de la vie monastique, il l'exalte sous les images 
de rOlivier, du Figuier et de la Vigne (Parab. I) (2) ». 

Voyons ce que valent ces déductions. 

D'abord,* est-il bien vrai qu'Eudes ait eu pour les moines de Ci- 
teaux une estime plus grande que pour Ifis autres? On peut faire 
à cette question une réponse affirmative ; mais il faut ajouter qu'ils 
ne lui ont pas non plus paru irréprochables, et il est probable que, 
si M. Voigt, au lieu de n'examiner que les fables, avait également 
jeté un coup d'œil sur les sermons du même auteur, il ne lui aurait 
pas, avec tant d'assurance, attribué une pareille prédilection; en 
effet, dans les deux exemples contenus dans les sermons sur les 
Évangiles des cinquième et quinzième dimanches après la Pente- 
côte, Eudes ne ménage pas les Cisterciens. Dans le premier il fait 
vivement invectiver un archevêque, qui est en même temps un 
moine cistercien, par une pauvre vieille qui, se plaignant des 
exactions de ses préposés, lui dit : « Vous nous dévorez tout vifs; 
Nos vivos dexioratis, » Dans le deuxième il fait tenir i)ar un roi 
le langage suivant : « Les Cisterciens ont contracté mariage avec la 
cupidité ; Cisterciences ciipiditatem sibi maritaverunt . » 

Mais s'il n'a pas, autant que M. Voigt l'affirme, placé l'ordre de 
Citeaux au-dessus de tous les autres, au moins a-t-il d'une façon 
générale reconnu au clergé régulier une réelle supériorité morale? 

(1) Kleinere lateinische denkmdler der Thiersage. (Voyez p. 48.) 

(2) Voyez même ouvrage, p. 49. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITOX. 29 

Ce serait encore se tromper que de le croire. Eudes s'attaque bien 
aux vices^ du clergé séculier, mais il ne ménage pas davantage les 
membres des ordres monastiques. Pour être fixé sur ce point, on 
pourrait s*en tenir à Texamen de la fable du Comte, détrousseur 
de passants, invoquée par M. Yoigt à l'appui de sa thèse; dans la 
moralité de celte fable, loin de faire l'éloge des moines, Eudes les 
assimile en ces termes au Comte et à ses gens : « Idem faciunt 
quidam monachi; veniunt ad divitem infirmum, et, si possunt, sub 
specie securitatis omnibus bonis ipsum spoliant. » 

On trouvera l'expressién du même sentiment dans les moralités 
des fables 15, 16, 28% 43, 51, 52, 53, 54* et 55. Mais il serait trop 
long de citer tous les passages probants. Je n'en veux extraire 
qu'un seul tiré de la fable des Obsèques du Loup. Voici le portrait 
que, dans la fable 43, il fait de la population des monastères : 
« Il arrive souvent qu'à la mort de quelque riche voleur ou usu- 
rief; l'abbé ou le prieur réunit son troupeau de bétes, je veux 
dire d'êtres vivant bestialement; car, la plupart du temps, il se 
trouve que, dans un grand couvent de moines noirs ou blancs, il 
n'y a que des bêtes,Jioii| par l'orgueil, renards par la ruse, ours 
par la voracité, boucs puants par la luxure, ânes par la paresse,- 
hérissons par l'aspérité, lièvres par la poltronnerie, tremblant sans 
motif, puisqu'ils craignent de perdre les biens temporels et ne 
redoutent pas d'abandonner les éternels qui devraient surtout les 
inquiéter, bœufS'pour les labeurs qui touchent aux riche*^ses de ce 
monde, car ils s'occupent le plus de celles de la terre. » 

Eudes avait un gi*and amour de la pureté morale. Vivant au mi- 
lieu du monde clérical, il s'intéresse particulièrement à lui, c'est 
lui surtout qu'il cherche à améliorer, et, disons-le, car c'est là 
l'éloge le plus grand et le plus vrai qu'on puisse faire de lui, sa 
nature droite et honnête ne fait pas de distinction entre les hommes 
vicieux, et, qu'ils appartiennent aux ordres monastiques ou au 
clergé -séculier, partout où il les rencontre, il les flagelle. 

M. Voigt s'est, on le voit, appuyé dans son raisonnement sur 
des prémisses qui ne sont pas très exactes; mais, le fussent-elles, 
elles ne fourniraient qu'une bien faible base à la conclusion qu'il 
en tire. Quand même Eudes aurait mis le clergé régulier au-dessus 
de l'autre et les moines cisterciens au-dessus des autres, il ne s'en- 
suivrait pas qu'il a fait partie des premiers. 



30 ÉTUDE SUR LES FABLES 

M. Ward, pour qui Baie n'est qu'une autorité peu solide, ne 
parait pas croire qu'Eudes ait été un moine cistercien, et quand on 
songe qu'en 1233, son père étant décédé, il recueillit ses biens 
et qu'il les conserva le reste de sa vie, on doit être enclin à 
voir plutôt en lui un membre du clergé séculier. Mais je ne suis 
pas assez édifié sur ce point pour me permettre de rien affirmer, 
et ce qui, à mes yeux, est seulement constant, c'est qu'il a fait par- 
tie de l'une des branches du clergé. Ses écrits, qui sont tous 
théologiques, à défaut d'autre indice, en fourniraient la preuve. 

S'il est indéniable qu'Eudes ait appartenu au clergé, on pourra 
tout au moins prétendre que, puisqu'il a été fabuliste, j'ai tort de 
ne voir en lui qu'un auteur d'œuvres religieuses. 

Voici ma réponse : sans doute il a été fabuliste, et c'est même 
uniquement à ce titre que je m'occupe de lui; mais, lorsqu'il 
a fait de ses fables une œuvre distincte de ses sermons, aussi bien 
que lorsqu'il les y a introduites, il n'a pas cessé d'être théologien. 
Dans le premier cas, il les faisait suivre de longues déductions, dont 
le but principal parait avoir été de relever, en extirpant leurs vices, 
Tautorité des hommes professionnellement appelés à être les dé- 
positaire^ et les propagateurs de la foi chrétienne; dans le second 
cas, il ne devait évidemment voir en elles qu'un moyen de rendre 
plus tangibles les arguments employés par les prédicateurs à l'ap- 
l'appui de leurs thèses. 11 a donc été avant tout un écrivain ecclé- 
siastique. 

Si l'on devait s'en rapporter aux jugements des anciens bio- 
graphes, il faudrait lui reconnaître une plus large envergure. Théo- 
logien, orateur sacré, naturaliste, philosophe, Eudes, suivant Baie, 
était en toutes choses un homme supérieur, aussi renommé pour 
sa grande expérience des affaires humaines que pour sa remar- 
quable connaissance des choses religieuses (1). 

Pits l'exalte encore davantage : « C'était, dit-il, un orateur disert, 
un philosophe ingénieux, un dialecticien subtil, un causeur élé- 
gant. 11 avait tout pénétré avec un si heureux esprit, qu'il brillait 
dans presque toutes les sciences; il était aimé de tous les savants, 
quels qu'ils fussent, et des princes dont l'esprit était le plus élevé, 
et plusieurs de ces derniers en avaient fait leur conseiller intime. 

(1) Scriplorum illuslrium Maioris Biytannix Catalogua. (Voyez t. I, p. 221^ 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 31 

Il était d'ailleurs à la hauteur d'un tel emploi par la variété de ses 
connaissances, sa longue expérience, sa singulière aptitude à tout 
diriger et son solide jugement. Auteur de nombreux proverbes et 
de nombreuses paraboles, tant sacrées que profanes, il a été en 
quelque sorte un nouveau Salomon. » 

. Ces éloges hyperboliques avaient dû être inspirés à Pits, comme 
à Baie, un peu plus par le désir de glorifier un compatriote que par 
celui de rester dans les strictes limites de la réalité. 

Dans quelle mesure étaient-ils mérités? C'est ce que l'examen 
des œuvres d'Eudes ne tardera pas à nous apprendre. 



CHAPITRE IL 



FABLES D'EUDES DE CttERITON. 



Ce deuxième chapitre, consacré aux fables d'Eudes, sera divisé 
en trois sections. Dans la première je rechercherai si Eudes a com- 
posé plusieurs recueils de fables ou un seul. Dans la deuxième 
j'essaierai, en les dégageant des éléments qui leur sont étrangers, 
d'établir le nombre exact de ses fables et de retrouver l'ordre dans 
lequel Eudes lui-même avait dû les ranger. Dans la troisième, je 
rechercherai l'époque à laquelle il les a écrites. 

SECTION I. 
Eudes a-t-il composé un ou plusieurs recueils de fables? 

Cette Question n'existerait pas, si, par leurs doubles emplois, les 
anciens bibliographes ne l'avaient pas fait naître. En examinant les 
listes qu'ils ont dressées des ouvrages d'Eudes, nous avons déjà 
vu quelles troublantes erreurs ils ont commises. En ce qui touche 
spécialement son œuvre ésopique, ils n'ont pas brillé par plus 
d'exîictitudc. 

Voici d'abord comment Baie énumôre ses ouvrages : 

I II ter caetera certe, quœ multa fecit, prouerbia illa qua; Aesopus Grae- 
cus (Jrœce corapilauerat, Latina rcddiditct commenlariis illustrauit, quod 
opus uocabat : 

IJostiariura uel Brutarium. . Lib. I. luerunt ligna, ut ungerent super 

se. 

Opus soxaginta parabolarum. Lib. l. Quoniam, ut dicit Gregorius, plus. 



FABLES ET PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 33 

Homelias de tempore. . . « Lib. T. Gum appropinquasset, etc., prœ- 

sens. 
Homelias de sancns' . . . . Lib. L Ambulans lesus iuxta mare Gali. 
Parabolarum aliod opus . . Lib. L Aperiam in parabolis' os meum, lo. 
Psenitontialequoque .... Lib. L Descend! in ortum meum, ut uide- 

rem. 

Parliura opus Lib. L 

Narrationes quasdam. . . . Lib. I (1). 

Possevin, se borna à copier cette liste ; car, s'il en retrancha 
le premier article, intitulé : « Be^tiarium vel Brutarium », il le rem- 
plaça par le suivant, qui sous une autre forme n'en était que la re- 
production :« Commentaria ad Aesopi prouerbia latine a se reddita; 
quse Commentaria prsenotauitOpus Bestiarium siue Brutarium (2).» 
La suppression et la substitution en somme n'étaient qu'apparentes. 

Peu de temps après, survint Pits, qui, d'accord avec Possevin 
pour considérer la phrase préliminaire de Baie comme s'appliquant 
au premier article, la remplaça par ce qui suit : « Multa prouerbia, 
parabolas multas tum sacras, tum profanas, quasi alter Salomon 
scripsit. Imprimis quœ Aesopus Graece exarauit, hic Latina fecit, 
et commentariis illustrauit operique titulum prœfixit : Bestiarium 
uel Brutarium. » A la liste de Baie il a seulement fait une addition 
ainsi conçue : « Summam quœ dicitur haberi Ms. Oxonia^, in Col- 
legio Nouo (3). » 

De Visch, s'en rapportant à ses devanciers, accepta l'addition faite 
par Pits; mais il supprima l'article intitulé : Homelias de sanctis (4). 

Tanner voulut à son tour établir une nouvelle listé. Comme 
Possevin, Pits et de Visch, il prit pour point de départ celle de Baie, 
qu'il augmenta des ouvrages suivants : 

Sermones in Evangelia dominicalia, 

Conciones super Evangelia, ^ 

De brutis animalibus, 

De Pœnitentiis, 

Historia S. Pauli, 

Summam quandam. 

Spéculum laïcorum. 

(1) Scriptomm illustrium maioris Bnjtanniœ Catalogus, (Voyez t. I, p. 221.) 

(2) Apparatus sacer. Cologne, 1608. (Voyez t. 11, p. i67j) 

(3) Relationes hisloricœ de Rébus anglicis, 1. 1, pp. 2 il. 

(4) Bibliotheca scriplorum sacri Ordinis Clslerciensis, édition de 1656, p. 253. 

3 



34 ÉTUDE SUR LES FABLES * 

Ces additions étaient plus fictives que réelles. Les deux pre- 
miers numéros n'étaient, sous une forme dift'érente, que la répéti- 
tion de celui que Baie avait appelé : Homelix de Tempore; le troi- 
sième se rapportait à celui intitulé : Aliud opus parabolarum; le 
quatrième était le môme que le Pœnitentiale ; les cinquième, 
sixième et septième seuls étaient nouveaux. 

Ainsi rectifiée, la liste complète semblait se réduire aux ouvrages 
suivants : 

1<» Bestiarium vel Brutarium; 

2** Opus sexaginta parabolarum; 

Z"" Homeliœ de tempore ; 

4** Homeliae de sanctis; 

5** Parabolarum aliud opus ; 

6" Pœnitentiale; 

7" Parlium opus ; 

8** Narrationes qusedam; 

9** Summa quaedam ; 
10« Historia S. Pauli; 
H** Spéculum laïcorum. 

Cette liste est-elle exacte? Nullement. Eudes n'a écrit qu'un 
seul recueil de fables, et, en le désignant par des titres variés, les 
bibliographes ont commis la faute de faire plusieurs ouvrages 
d'un seul. Ainsi, c'est bien une collection de fables que contient 
l'ouvrage appelé Bestianum ou Brutarium, puisqu'il commence, 
d'après les bibliographes, par les mots : Jverunt ligna ut ungerenl 
super se, qui constituent eux-mêmes le début de la première fable 
de la collection connue. Quant aux deux prétendus ouvrages inti- 
tulés, l'un : Opus sexaginta parabolarum, l'autre : Aliud opus para- 
holarum, les paraboles dont ils se composent ne sont que des 
fables ésopiques, et les premiers mots par lesquels chacun d'eux 
débute montrent bien que les fables qu'ils contiennent sont les 
mômes que celles de l'ouvrage intitulé Bestiarium ou Brutarium; 
les mots : Aperiam in parabolis os meum, sont ceux par lesquels 
commence le préambule ordinaire de la collection connue, et il 
est bien probable que les mots : Quoniam, ut dicit Gregonus, 
constituent le début d'un préambule moins usuel de la même col- 
lection. Enfin, dans l'ouvrage désigné par les mots : Narrationes 
quœdam, il ne me semble pas douteux qu'il faut sous un nouveau 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 35 

titre voir toujours la même collection; ce qui le démontre, c'est 
(|u'en 1869, dans le Jahrbuch fur Romanische und Englische Litera- 
fur, les fables que M. Oesterley a publiées sous le titre Narrationes 
magisfri Odonis de CiringtomOy sont les mêmes que celles désignées 
par les autres titres. Il n'existe donc qu'une seule collection qui a 
reçu a tort des dénominations diverses. 

SECTION 11. 
Nombre et classement des fables. 

« 

Ce serait, à mon sens, une grave erreur que de croire qu'Eudes 
avait écrit ses fables à l'usage des orateurs de la chaire qui désire- 
raient les introduire dans leurs sermons et rendre par des exemples 
leur enseignement à la fois plus intelligible et plus attrayant. Quand 
il a voulu donner à ses fictions cette destination, il ne les a pas lais- 
sées en dehors de ses sermons, il les y a intercalées. On ne peut 
éprouver de doute à cet égard, lorsqu'on lit ses afTabulalions.. Ainsi 
que je l'ai déjà dit, on s'aperçoit tout de suite que, tandis que ses 
sermons étaient faits pour l'instruction religieuse du peuple , ses 
fables avaient été composées pour combattre la démoralisation du 
clergé de son temps. Voilà pourquoi ses déductions morales sont 
si démesurées. Elles sont pour lui la chose principale, dont la fable 
elle-même n'est plus que l'ornement accessoire. En un mot, dans 
sa pensée, ses fables sont surtout des sermons, différant, il est 
vrai, des autres par la forme et par le personnel auquel elles sont 
destinées. 

Mais ce qu'il faut ajouter, c'est qu'elles ont été détournées de leur 
destination spéciale et, comme celles des sermons, ont été utilisées 
par les prédicateurs qui s'adressaient au public des églises, et 
qui, les recopiant pour s'en faire un recueil de matériaux, tantôt 
les ont allongées» raccourcies ou transformées, tantôt en ont aug- 
menté le nombre par d'autres, empruntées, au moins quant à 
l'idée, à des auteurs plus anciens ou puisées dans leur propre 
imagination. 

Au moins, à défaut de son texte exact, peut-on arriver à distin- 
guer les fables qui sont son œuvre plus ou moins altérée de celles 
qui, quoique mêlées aux siennes dans les manuscrits, lui sont 



36 ÉTUDE SUR LES FABLES 

I 

complètement étrangères? Telle est la question qu'après M. Voigt 
je vais maintenant tâcher de résoudre. 

M. Voigt a essayé de dresser un tableau des fables d'Eudes, 
comprenant 109 pièces, que, en réunissant souvent deux et quelque- 
fois trois d'entre elles en une seule, il a, pour se conformer aux 
groupements des manuscrits, réduites au nombre de 76 (1). Se fon- 
dant sur ce que les quinze avant-dernières fables de son tableau 
ainsi condensé ne se. trouveraient en totalité ou en partie que dans 
les trois manuscrits Munich 8356, Munich 14749 et Gude 200, et sur 
ce que la dernière n'existerait même que dans le seul manuscrit de 
Breslau, il en a conclu que l'œuvre d'Eudes devait être restreinte 
aux soixante premières. Si cette observation était matériellement 
exacte, elle ne serait pas probante, mais elle est démentie par les 
manuscrits; en effet, ce ne sont pas seulementles trois précités qui 
recèlent les quinze avant-dernières fables de son tableau : on les 
trouve encore en totalité ou en partie dans plusieurs manuscrits 
que malheureusement il n'a pas eus à sa disposition, et notam- 
ment dans les manuscrits Arundel 275 du British Muséum, 2800 de 
la Bibliothèque royale de Munich et 441 du Collège du Corpus 
Ghristi de Cambridge. 

Sous l'influence d'une erreur matérielle entraîné à soutenir une 
thèse fausse, il a cherché à la fortifier par des raisons plus ingé- 
nieuses que solides. Ne voulant pas être suspecté de les avoir affai- 
blies par une pâle analyse, je lui laisse la parole : « Les quinze fables 
supplémentaires de T M (2), dit-il, ne se retrouvent dans aucun 
autre manuscrit, excepté G (3), qui en admet sept. T M G présentent 
ainsi une rédaction unique, provenant sûrement du xiii* siècle, 
désignée par le manuscrit M, digne de foi sur tous les points 
importants, sous le nom encore inexpliqué de Hosneckel, et devant 
être considérée très vraisemblablement comme originaire du midi 
de la France. Pour son auleur, Narbonne est la place la plus forte 
et la plus ancienne; dans les adjonctions à la parabole 60 (lisez : 
41), il raconte deux tentatives de séduction : la première, rela- 

(1) Kleinere laleinische denkmûler der Thiersage... Strasbourg et Londres, 
1878, in-8». 

(2) M. E. Voigt désigne par la lettre T le ms. Ii749 de la Bibliothèque royale 
de Munich et par la lettre M le ms. 8356 de la même Bibhothèque. 

(3) La lettre se réfère au ms. Gude lat. 200 de la Bibliothèque ducale de 
Wolfenbuttel. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 37 

tive à un monachus Cluniacensis^ et le récit de la seconde com> 
mence ainsi : Sic coniigit diebus nostris de quodam prédicat ore in hys- 
pania; quedam mulier dixit quod se interficeret y nisi cum ea 7*em 
haberet (il lui fait honte, en se plaçant sur un bûcher allumé et en 
rinvitant à prendre place sur ce lit de repos); dans la para- 
bole 66 Tauteur parle d'un rex Aragonum, si généreux que succès- 
sores sui non potuerunt secum milites tenere nec inimicis resistere etc. 
Il joint aux collecteurs d'aumônes mentionnés dans la parabole 4 
{Usez 42) les frères de l'Hôpital du Saint-Esprit, qui, parlant de 
Montpellier, se répandaient au dehors. 11 est versé dans la connais- 
sance de la Bible et des Pères de l'Église et il cite des vers d'Horace 
{Ars poetica, 139), d'Ovide [Ars am., I, 99; Remed. am., 91, 92) et 
de Prudence; quant aux vers (dans la parab. 72) : 

Ve michi nascenti, uiuenti uel morienti! 

Ve michi, quod sum, ue, non uiuit filius eue! 

je ne puis en retrouver l'auteur. Dans ses morales le ton et le style 
sont plus colorés, plus éloquents que dans Odo (1). » 

J'avoue que toutes ces raisons ne me touchent pas. Ce n'est 
pas parce que L'auteur a considéré Narbonne comme une place très 
forte qu'il doit en être originaire ou voisin. Le récit des deux ten- 
tatives de séduction étant, d'après M. Voigt lui-même, compris 
dans l'une des soixante premières fables, c'est-à-dire dans l'une de 
celles qui ne sont pas en litige, ne peut lui fournir aucun argument 
à l'appui de son opinion ; mais, en supposant que le récit relatif à 
la tentative de séduction faite sur un prédicateur espagnol se trouve 
en dehors des soixante fables non contestées, il n'y aurait encore 
aucun argument à en tirer. Ne voit-on pas dans la fable XII Eudes 
raconter une autre anecdote dont un hérétique toulousain aurait été 
le héros? Et si l'on veut se reporter à ses sermons, n'y trouve- t-on 
pas racontées la tentative d'empoisonnement accomplie par une 
marâtre Lombarde sur ses beaux-fils et la conversion d'un Sarrasin 
par un évoque Sarde (2)? A plus forte raison Eudes a-t-il pu avoir con- 
naissance d'un événement plus dramatique concernant un membre 

(1) Kleinere lateinische denkmûler der Thiersage.,. Strasbourg et Londres, 
4878, in-8». (Voy«z pp. 39 et 40.) 

(2) Voyez le sermon pour le jour des Rogations et celui sur l'évangile du 
neuTicme dimanche après la Trinité. 



t 



SB KTUDK SUR LES FABLES 

du clergé espa^aol. Et, s'il en a été inforinij, il a pu encore bien ^ 
mieux (^tre inilié ù l'histoire d'un roi d'Aragon. On ne doiL pas J 
davantage s'étonner qu'il ait fait mention de la congriigalion des J 
frères de l'Hûpilal du Sainl-Espril, dont la maison principale pouvait j 
être il Montpellier, mais dont, en sa qualité de membre du clergé, il { 
ne pouvait pas ignorer l'existence. M. Voigt allègue encore que le» j 
fables contestées révèlent un auteur versé dans la Bible et dans les 
ouvrages des Pères de l'Église; mais n'est-ce pas justement la ce ( 
qui doit les faire attribuer à Eudes? On y trouve aussi des citations | 
tirées des anciens poètes latins; mais cette particularité i 
quable est également celle qui caractérise les soixante premières ^ 
fables. Enfin jiourquoi dire que dans les morales des dernières< i 
fables le ton et le style sont plus colorés que dans les premières? j 
Je n'ai analysé qu'une de celles-ci, celle des Obs'-ijwit du Loup : il 
me semble quelle ne pèche pas par la pâleur; peut-être pourrait- 
on plutôt lui reprocher d'aire trop colorée. Ainsi s'évanouissent, 
dès qu'on les envisage de près, toutes les raisons imagini^es par , 
M. Voigt. 

Il n'y avait qu'un argument qu'il eùl pu invoquer en faveupï 
de sa Ibèse, et c'est justement à celui-là qu'il parait n'avoir pas ) 
songé. Nous avons vu que les anciens bibliographes avaient, dans la j 
nomenclature des œuvres d'Eudes, indiqué ses fables sous diverq 
litres et notamment sous le suivant : Opus scia^nla parabv tartan 
Si ce titre, qui de prime abord semble trancher la question, étai 
fourni par les manuscrits qui nous sont pai-venus, il y aurait lieu j 
de s'en préoccuper. Mais alors on ne tarderait pas à comprendre j 
que ce litre ne procurerait jiaa une preuve irréfutable de la limita- 
lion à soixante du nombre des fables. En elfet un pareil litre 
n'aurait pu gui're émaner de l'auteur, et l'on pourrait avec raison 
objecter qu'il n'a pu être inventé que par ^n copiste ancien qui, ne 
trouvant dans son modèle que soixante fables, a eu l'idée de l'indi- 
quer en tète de sa copie. Mais il n'y a pas môme de réponse à i 
faire; car aucun des anciens copistes, du moins à ma connaissance^ j 
n'a eu celte idée; aucun des manuscrits qui ont passé sous mcB I 
yeux ne portait en télé ces mots que Baie a dû être un des pre- J 
miers à employer el que les bibliographes postérieurs ont succe»- ] 
sivement reproduits. 

Qu'il me soit permis d'ajouter que M. Voigt lui-même, s'il avaîy 



^^Bkie^xBii!:! 



■-^ 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 39 

pris connaissance des sermons d'Eudes, n'aurait pas pu \uï contes- 
ter la paternité des fables placées sous les numéros (51 à 75. En 
effet, dans ses sermons, Eudes avait, en notable quantité, fait usage 
des fables qu'il devait ensuite faire reparaître dans son œuvre 
ésopique ; or, parmi elles il en est qui font partie de celles com- 
prises dans ces numéros : ainsi les sermons pour le second jour et 
pour l'octave de la fête de Pâques et pour le IX^ dimanche après 
la Pentecôte possèdent les trois fables du Chat à qui on a coupé la 
queue, du Chien et des deux Hommes, et de l'Aspirant à la condi- 
tion monacale, et les trois mêmes, avec des rédactions qui, il est 
vrai, sont différentes, se retrouvent sous les numéros 67», 64 et 72 
de la collection ésopique. La démonstration est donc complète. 
Pour le méconnaître, il faudrait aller jusqu'à prétendre que les 
sermons et les fables ne sont pas l'œuvre du même auteur ; mais 
nous verrons un peu plus loin combien cette thèse serait mal fon- 
dée. Les fables rejetées par M. Voigt doivent donc être main- 
tenues. 

Maintenant, il ne faut pas s'y tromper, la question qui s'est 
posée et que je crois résolue, n'a pas été de savoir s'il fallait opter 
pour le nombre de soixante fables ou pour celui de soixante-quinze ; 
il s'est agi de décider s'il fallait considérer comme seules authen- 
tiques les fables placées sous les soixante premiers numéros-du 
tableau de M. Voigt ou accorder la môme confiance à celles mises 
sous les quinze numéros suivants, ce qui est bien différent; car, 
souvent un seul numéro ayant été attribué aux fables qui tendent 
à une même déduction morale, il s'ensuit que le nombre de celles 
comprises dans les soixante premiers nimiéros est supérieur à ce 
chiffre et qu'il en est de même de celles réunies sous les quinze 
numéros suivants. En réalité leur nombre total est de cent 
douze. 

Dans quel ordre ces cent douze fables doivent-elles être dispo- 
sées? Telle est enfin la question à trancher. Elle n'existerait pas, si 
M. Oesterley, par la publication du manuscrit Arundel 292 du Bri- 
tish Muséum, et M. Voigt, en suivant les errements de son devan- 
cier, ne l'avaient pas fait naître ; car, tous les manuscrits à peu 
près complets, à quelques légères différences près, sont d'accord 
^ntreeux; le manuscrit Arundel 292, qui ne renferma qu'un frag- 
ment, est, probablement pour ce motif, en dissidence avec eux, et 



tS KTUDE SUR LES FABLES 

par malhpwr c'est justemonl celui qup H. Oeslerley et M. Voijrf 01 
pris pour base de leur classemenL 

On est fondé â se demander pourquoi M. Oesterley, lorsque le 
mi-^me fonds du Brilish Muséum lui en ofTrait un autre presque com- 
plet, n'a pas donné la préférence à ce dernier. 11 me paraît pro-« 
bable, et il nie semble ressortir de la nomenclature donnée p^ 
lui des manuscrits des fables que, s'il n'a pas opté pour le mana- 
scpit Arnndel 275, c'est qu'il ne le connaissait pas. 

Quelle que soit la raison qui l'a déterminé, son singulier clioix 
a eu un notable inconvénient, celui d'induire en erreur M. Voigl 
sur le véritable classement des fables; ce qui ensuite moi-même, 
dans ma première édition, m'avait, quoique à regret, entraîné à 
suivre la voie tracée. Or, dans le manuscrit 992 l'ordre primitif a 
i^lé bouleversé. Voici en elfet comment le copiste du moyen âge 
avait procédé ; après avoir transcrit la première fable et ses an- 
nexes, et l'annexe de la deuxième, il était immédiatement passé 
aux dernières, de sorte que les trente et une suivantes sont celles 
qui dans les manuscrits complets en occupent ta fin ei, qui plus; 
est, dans le même ordre. Arrivé à la fin de son modèle, le copiste 
s'est reporté au commencement; il a alors entrepris la copie de? 
premières fables qu'il avait d'abord omises; malheureusement, au 
lieu de parfaire sa tâche, il n'a ainsi copié que dix fables, qui sont 
devenues les dix dernières de son manuscrit; de sorte qu'en défl- 
nilive il a négUgâ toutes celles qui sont comprises entre le no^ 
méro 10 et le numéro 39. 

Dans cette situation, la ligne de conduite que, pour dresser la 
liste des fables, j'avais à suivre, était fort simple : je n'avais qu'à 
examiner les manuscrits les plus complets et à voir fjuels étaient 
jiarmi eux les plus dignes de confiance. C'est ce que j'aifail,et mon 
parli a été vite pris : j'ai opté pour le manuscrit 4(1 du Corpus 
Ctiristi de Cambridge. C'était celui qui, locs de la publication de 
ma première édition, m'avait déjà paru le meilleur. Ce qui alors 
m'avait empêché de lui donner la préférence, c'est que la copie 
qui m'en avait été envoyée était fort défectueuse. Dans les voyages 
que depuis j'ai faits en Ang:leterre, j'en ai moi-même pris une 
seconde, qui, étant exemple des fautes de la première, me permet 
non seulement d'en suivre l'ordre, mais encore de la prendre en- 
tièrement pour base de ma nouvelle édition. 



M 








ET LES PARABOJLES D'&UDES DE CHERITON. 41 

Voici donc la nomenclature des fables, établie d'après ma nou- 
velle copie : 

#■ 

Prologue. 

1 . — Les Arbres qui élisent un roi. 
l"* — Les Fourmii qui élisent un roi. 

i^ — Les Grenouilles qui élisent un roi. 

1« — Les Poussins qui élisent un roi. 

l'* — Les Oiseaux qui élisent un roi. 

!• — L'Abbé et les Moines. 

2. — Le Faucon, les Pigeons et le Grand-Duc. 
2» — L'Escarbot qui bat des ailes. 

3. — La Corneille se plaignant à TAigle. 

4. — La Buse et l'Épervier. 

4* — Le Coucou et la Brunette. 

5. — La Tortue et l'Aigle. 

6. — Le Loup et la Cigogne. 

7. •— L*Oiseau de Saint-Mari in. 

8. — L'Homme chauve et chassieux et les Perdrix. 

9. — L'Oiseau appelé Freynos. 

10. — L'Aigle et ses Petits qu'elle habitue au soleil. 

11. — La Cigogne et le Corbeau. 

12. — L'Hérétique et la Mouche. 

13. — Le Phénix qui renaît de sa cendre. 

14. — Le Crapaud, son Fils et le Lièvre. 
14» — Le jeune Homme et la petite Vieille. 

15. — Le Chat déguisé en moine et le Rat. 
15* — L'Araignée, la Mouche et la Vent. 
15** — Les trois sortes de* Mouches. 

16. — Le Rat de ville et le Rat des champs. 

17. — L'Antilope. 

18. — L'Hydre et le Crocodile. 

19 — Le Renard dans un puits et le Loup. 

20. — Le Lion, le Loup et le Renard associés. 

21 . — Le Fromage, le Rat et le Chat. 

21* — Les Chiens, le Cadavre et les Corneilles. 
21^ — Le Rat, la Grenouille et le Milan. 

22. — Le Loup devenu moine. 

23. — Le Lion, les Brebis, le Loup et les Porcs. 

23* — Le Père de famille, les douze Brebis et le Loup. 

24. — Le Loup et l'Agneau. 

25. — Le Renard et le Coq. 

26. — Les Anes couverts de peaux de Lions. 

27. — Gautier à la recherche de l'éternelle félicité. 

27* — Les deux Compagnons, l'un véridique et l'autre menteur. 



m 
* 

I 



42 ÉTUDE SUR LES FABLES 

28. — La Guêpe et l'Araignée. 
28* — L'Escarbot et son fumier. 

29. — L'Aigle privé de la vue par le Corbeau. 

30. — Le Laïque et le Clerc. 

30* — Le Lion, le Loup et le Porc. 

31 . — Le Paysan et les Escarbots. 

32. — * Les Abeilles et les Escarbots. 

33. — L'Ane et les Porcs. 

34. — La Poule protége«int ses Poussins contre le Milan. 

35. — Le Lion, les Rats, les Souris et le Chat. 

36. — L'Oie grasse et le Corbeau. 
36* — Le Juste et le Pécheur. 
36*» — Le Fou. 

36<= — L'Enchanteur. 

36** — Le Jeu d'échecs. 

37. — Le Poussin indompté. 

38. — Le Milan et les Perdrix. 

39. — Le Renard et le Chat. 

40. — Le Corbeau, le Pigeon et son Petit. 

41 . — La Huppe et le Rossignol. 

42. — Le Riche et la Vache de la Veuve. 
42* — Les Habitants de Wilby et le Lièvre. 
42*» — Les Fourmis et les Porcs. 

43. — Les Obsèques du Loup. 

44. — Le Chien et les Joncs. 

45. — La Licorne, l'Homme et les deux Vers. 

46. — Le Renard et le Batelier. 

47. — La Guenon et la Noix. 

48. — Le Limaçon portant sa maison. 
48* — Le Limaçon et ses cornes. 

48*» — L'Araignée et la Mouche. 

49. — Le Renard qui fait le mort et le Corbeau. 
49* — Le Fromage et le Rat pris au piège. 

50. — Le Renard et les Poules. 

51 . — Le Renard déguisé et les Brebis. 
51* — Le Comte voleur de grand chemin. 

52. — La Brebis blanche, la Brebis noire, l'Ane et le Bouc. 

53. — La Herse et le Crapaud. 

54. — Le Faucon et le Milan. 

54* — L'Assemblée des Souris et le Chat. 

55. — Le Hibou condamné pai* l'assemblée des Oiseaux. 

56. — Le Rat sauvé par le Chat. 
56* — La Puce et l'Abbé. 

56** — Le Serment d'un certain Alexandre. 
56« — La Grange en feu. 

57. — Le Pélican et ses Petits. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 



43 



58. 
59. 
59* 
60. 
61. 
62. 
62* 
63. 
64. 
64* 
65. 
66. 
67. 
67» 
68. 
69. 
70. 
70* 
7i. 
72. 
73. 
73* 
73»» 
74. 
75. 



Le Loup et le Lièvre. 

Le Serpent moimint de froid. 

^e Serviteur du Roi. 

.'Odeur de la Panthère. 

.e Chien et l'Omhre. 

.a Grenouille et le Bœuf. 

.e Chevalier et son Fils. 

-e Rat qui cherche femme. 

.e Chat et sa Femelle. 

jSl Femme élégante. 
La Cigogne et le Serpent. 

.e Paon déplumé par les autres Oiseaux. 

.e Crapaud et la Grenouille. 

.e Chien et les deux Hommes. 

.e Lion qui cherche des ministres et l'Ane. 

.es Chiens et l'Ane. 

.e Corheau et le Renard. 

/Athénien qui veut passer pour philosophe. 

M. Cigogne et le Chat. 

/Aspirant à la condition monacale. 

.e Bouc et l'Ane. 
Le Fils et son vieux Père. 
Le vieux Père, le Fils et le Petit-Fils. 
Le Loup à qui le Renard conseille de pencher. 
La Mouche et la Fourmi. 



En sus des fables comprises dans ces soixante-quinze numé- 
méros, il y en a quelques autres éparses dans divers manuscrits de 
ToBuvre d'Eudes. Elles pourraient recevoir les titres suivants: 76. Le 
Coucou et TAigle; 77. Le Sagittaire et le Rossignol; 78. La Licorne, 
l'Homme et les deux Rats ; 79. Le Rat et ses Petits ; 80. L'évéque Théo- 
dose et le bloc de glace; 81. Le Renard et l'Ane se confessant au 
Loup. La première n'existe que dans le manuscrit de Breslau IV. 
Q. 126; la deuxième n'existe que dans le manuscrit d'Arras; la troi- 
sième, qui est fournie par le m^me manuscrit, est, avec une ré- 
daction différente, la m^me que la quarante-cinquième de la liste 
qui précède; la quatrième ne se rencontre que dans le manuscrit 
latin 16195 de Bibliothèque royale de Munich; seule la cinquième 
est commune à deux manuscrits, celui de la Bibliothèque Bod- 
léienne Douce 88 et celui du fonds Meermann, aujourd'hui à Ber- 
lin ; enfin la sixième, qui est spéciale au manuscrit de Breslau pré- 
cité, y est la trente-huitième du livre II, De Gressibilibus. 



44 ÉTUDE SUR LES FABLES 

Quoique ces six fables ne puissent guère être attribuées à Eudes^ 
pour qu'on en puisse juger, je les publierai à la suite des siennes. 

SECTION 111 
Date de la composition des fables. 

J'aurais fini, si je n'avais pas le devoir de rechercher à quelle 
époque Eudes a composé ses fables. 

Ëvidemmenl je n'ai pas à me préoccuper de l'opinion des an- 
ciens bibliographes, qui, se fiant les uns aux autres, ont fait de lui 
un auteur du xu® siècle et ont émis l'avis que c'est vers 1180 qu'il 
était dans la force de l'âge et dans la plénitude de son talent. Il 
serait superflu de démontrer qu'ils étaient dans l'erreur. 

Mais M. Voigt a essayé de résoudre la difficulté, et, avant de 
faire la même tentative, je dois examiner s'il n'a pas découvert la 
vraie solution. 11 ne s'était pas pourvu d'éléments d'information 
autres que le texte même des fables, et malheureusement c'était 
insuffisant. Celles auxquelles il a eu recours sont les fables 12 
(L'Hérétique et la Mouche), 36d (Le Jeu d'échecs), 42a (Les Habi- 
tants de Wilby et le Lièvre), 52 (La Brebis blanche, la Brebis noire, 
l'Ane et le Bouc), 59 (Le Serpent mourant de froid). Pour qu'on 
sache exactement par quelles déductions il a cru pouvoir détermi- 
ner la date à laquelle Eudes a écrit ses fables, le mieux que je puisse 
faire est de traduire littéralement son langage : 

« On peut aussi, dit-il, trouver dans sa collection de fables des 
indications approximatives sur l'époque à laquelle il vécut. Il décrit 
assez exactement le jeu d'échecs (Par. 36c)(/wez: 36 rf); il nomme les 
figures milites, reges, duces ypedones ; celui qui triomphe de son adver- 
saire [mattat) est appelé probus; après la fin du jeu, les figures sont 
jetées sans ordre dans la bursa, sacculus ou saccus. Il sait que les 
captifs Sarrasins tuent leurs bienfaiteurs et leurs maîtres (Par. 59). Il 
mentionne dans la Parabole 12 les hérésies des Cathares, nées dans 
le midi de la France et déjà combattues dans le concile de Lombers 
en 1165 : Dlcitur quod hereticus quidam in tholosanis partibus in loco 
exaltato prœdicauit^ quod uerus Deus non fecil mundum uisibilem, etc, ; 
cet hérétique ajoutait comme une preuve décisive : Quare faceret 
Deus benignus muscas, cum sint animalia tmmunda? 11 sait que plu- 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 45 

sieurs établissements hospitaliers font recueillir des aumônes par 
des quêteurs (Par. 42 a); il connait les quêteurs de Saint-Antoine 
(hôpital fondé en 1095 à Vienne), ceux de Haupas (nommés ainsi 
dans L (1), aniipas dans T M, autipems dans G, omis dans F (2), 
c'est-à-dire de l'hospice de passage de Saint-Jacques du Hautpas, 
situé sur le Rhône près Avignon, et créé en H77 pour servir de 
succursale àThospice de TArno près.Lucques), et les Roncevaliens, 
c'est-à-dire les chanoines réguliers de Ronceval en Espagne, dont 
l'hôpital principal avait été créé sous Alphonse II avant 1163. Mais 
il ne parle en aucun endroit des ordres mendiants. Le plus impor- 
tant des documents est le tableau dressé dans la Parabole 52 de 
presque tous les ordres monastiques ou de chevalerie, au moment 
où il compose son livre de Paraboles {fere (manquant dans T M) 
omne genus reguiarium), qu'il partage en quatre classes à l'exemple 
des quatre animaux combattant, ouis alba, ouïs nigra^ asinus et 
hitTus. Ce sont (j'y joins la date de fondation pour plus de commo- 
dité) : 1* Qui uteniur uestibus albis^ ut Cw/ercierwC5(1098, réformés 
par Bernard de Clairvaux), Premonstraienses (1120), Ordo S. Trini- 
tatis (les Trinitaires ou Mathurins, qui furent fondés en 1198 dans le 
diocèse de Meaux, et dont la propagation a été extrêmement rapide) 
et huiusmodi;^^ Utentes nigris uestibuSy ut nign monachi (les anciens 
ordres de Saint-Bernard) et canonici; 3** Qui crucem in scapuUs por^ 
tanty ut Hospitalarii, Templarii (1119, non mentionnés dans T F M) 
et huiusmodi; ^® Qui barbas habent prolixas : Grandimontenses (vers 
1073) et conuersi Cistercienses (les frères lais de cet ordre). Avec ces 
détails nous trouvons de deux côtés une époque bien déterminée : 
la mention des Trinitaires (1198), l'omission des Franciscains (1209) 
et des Dominicains (1216) (s'ils avaient été contemporains de l'au- 
teur, ces deux derniers ordres eussent été cités par lui dans sa 
liste et classés parmi les quêteurs), nous donnent la certitude que 
le livre des Paraboles a été terminé vers 1200. » 

En résumé, le raisonnement de M. Voigt est le suivant : Eudes 
dans la fable 52 mentionne les Trinitaires, qui remontent à 1198, et 
garde le silence à l'égard des Franciscains, dont l'ordre a été fondé 
en 1209; ses fables ne peuvent donc avoir été composées qu'entre 
ces deux dates. Je n'ai pas besoin d'insister beaucoup pour faire 

(1) La lettre L se réfère au ms. Arundel 292. 

(2) La lettre F désigne le ms. 8947 de la Bibliothèque royale de Munich. 



46 FABLES ET PARABOLES D'KUDES DE CHERITON. 

sentir combien ce raisonnement est faible. Certes elles n'ont pu 
être écrites avant 11P8. Mais est-ce que Tomission des Franciscains 
est nécessairement due à ce qu'à l'époque à laquelle il les écrivait, 
ils n'existaient pas encore? Il faudrait pour cela commencer par 
prouver que, dans la fable 52, Eudes a voulu donner unenomencla- 
ture complète de tous les ordres monastiques, et cette preuve est 
impossible à faire. 

^11 ne faut pas oublier qu'Kudesn'a rédigé ses sermons qu'en 1219, 
qu'à cette date, étant donnée celle de sa mort, il ne pouvait être bien 
avancé en âge, et que M. Voigt reconnaît lui-même que la matu- 
rité et l'érudition dont ses fables témoignent ne permettent pas d'y 
voir une œuvre de jeunesse. Ajoutons qu'elles avaient surtout pour 
objet de moraliser le monde clérical; qu'un jeune homme n'aurait 
pu avoir l'autorité nécessaire à une telle entreprise; qu'il est 
inadmissible qu'après la composition de ses fables il ait encore 
vécu quarante-six ans ; qu'il est plus problable qu'il ne les a écrites 
qu'après ses sermons, et qu'en déflnitive leur apparition n'a pu 
Atre antérieure à 1219. 

Mais peut-on être plus précis et la placer entre deux dates rap- 
prochées ? Je le crois. J'ai fait observer que, si Eudes n'avait désigné 
l'évoque de Meaux que par une simple lettre, c'était par discrétion, 
c'est-à-dire par égard pour un haut dignitaire ecclésiastique encore 
vivant. Or, c'est en 1221 que ce dignitaire est décédé, de sorte qu'on 
peut, sans trop de témérité, admettre que les fables ont été écrites 
entre les années 1219 et 1221. 



CHAPITRE III. 



MANUSCRITS DES FABLES D'EUDES DE CHERITON. 



Avant de procéder à l'analyse de chacun des manuscrits qui 
renferment Tœuvre ésopique d*Eudes, il n'est peut-être pas inutile 
d'en déterminer le nombre. M. Oesterley, dans la préface de son 
édition des fables contenues dans le manuscrit Arundel 292, en 
avait mentionné seize (1). Acceptant sans vérification ce chiffre 
comme exact, M. Voigt y avait ajouté les neuf manuscrits suivants, 
inconnus de son devancier : celui de la Bibliothèque Mazarine, qui, 
d'abord coté 122, porte aujourd'hui le n** 986; celui de l'Université 
deBreslau, IV. Q. 126; celui de Wolfenbuttel Gude 200; ceux de la 
Bibliothèque royale de Munich 2800, 8356, 8947, U749 et 16195; 
enfin celui du British Muséum Arundel 275. 

Ce dénombrement est fort inexact. D'une part, de ces manu- 
scrits il faut retrancher les deux du collège du Corpus Christi de 
Cambridge, qui, ainsi que je l'expliquerai plus loin, ont été comptés 
deux fois; celui de la maison de Saint-Pierre, de la même ville, qui 
parait n'avoir contenu que les sermons d'Eudes et qui d'ailleurs 
n'y existe plus; les deux, qui, au xvii® siècle, se trouvaient dans deux 
couvents, l'un à Bruges, l'autre à Gand, et qui ont également dis- 
paru; enfin un sixième, qui, renfermant une version espagnole des 
fables d'Eudes intitulée Libro de los Gatos^ ne peut évidemment 
figurer parmi les manuscrits de l'œuvre originale; de sorte que le 
nombre que M. Voigt croyait avoir élevé à vingt-cinq doit être ra- 
mené à dix-neuf. D'autre part, il faut ajouter à ces dix-neuf les six 

il) Jahrbuch fUr romanische und englische literatur. Leipzig, 1868. (Voyez 
pp. 121 à 127, Die Narrationes des Odo de Ciringtonia.) 



48 ÉTUDE SUR LES FABLES 

suivants, qui avaient échappé à la vigilance de ce dernier : le ma- 
nuscrit 47 (autrefois 44) de la Bibliothèque de Clermont-Ferrand; 
celui du fonds Meermann, qui, passé de la Bibliothèque Phillipps 
dans celle de Berlin, y a reçu le n^ 147; celui de la Bibliothèque de 
Munich, coté 16602; celui du fonds Rawlinson C. 288 de la Biblio- 
thèque Bodléienne; celui de la Bibliothèque d'ivrée; enfin celui de 
la Bibliothèque de la ville de Berne, coté 679, de sorte que, toute 
compensation faite entre les suppressions et les additions, il 
reste au total vingt-cinq manuscrits qu*i] s'agit maintenant d'exa- 
miner. 

SECTION 1 
France. 

1® Bibliothèque Mazarine. — Manuscrit 986. — Ce manuscrit, qui 
a primitivement porté la cote 1141 et qui, avant la publication du 
nouveau Catalogue, figurait parmi les manuscrits théologiques sous 
le n** 122, est un volume haut de 323 millimètres et large de 214 
et composé de 247 feuillets en parchemin, dont récriture à deux 
colonnes, avec lettres en couleurs, est tout entière de la même 
main et parait appartenir à la fin du xiv« siècle. 

11 renferme onze ouvrages, que le nouveau Catalogue relève 
dans les termes suivants : 

i. Moralitates quedam, édite a magislro Holcoth, de ordine Predica- 
torum. 

2. (f. 16). Ymagincs Fulgencii. 

'.\. (f.25 v*').Incipiunt Enigmata Aristotelis moralizata bene et pulchre. 

4. (f. 27 Y®). Incipiunt declamationes Senece. 

5. (f. 39 Y*»). Fabule Ysopi moralizate. 
(). (f. 47 yo). Liber de provectu patrum. 

7. (f. 59). Frater Gerardus de Herdedy. 

8. (f. 112). Incipit liber ludi scacorura, qui invcntus est a quodam 
philozopho [sic) nomine Xarses^. 

9. (f. 135). De modo confilendi. 

10. (f. 146 Y»). Incipit prologus in libello penitencie. 

11. (f. 165 Y°). Liber de exemplis sacre Scriptiire, compositus a fratre 
Nyciiolao de Hanapis, ordinis Predicatorum, palriarcha Jerosolimitano. 

Comme on le voit par cette nomenclature, les fables d'Eudes 
commencent au feuillet 396 et portent cette suscription initiale : 



ET LES PARABOLES D*EUOES DE CHERITON. 49 

Fabule Ysopi moralizate, mais ne sont pas accompagnées de titres 
particuliers. Précédées du préambule Aperiam in parabolis os meum, 
elles appartiennent toutes à Eudes. Leur nombre est de soixante- 
dix; ce sont celles auxquelles, dans la liste générale dressée plus 
haut, page 41, j*ai attribué les numéros suivants : 1, i% 1% 1% 2, 3, 
4% 5, 6, 7, 9, 10, il, 13, U, U% 15, 15% 16, 17, 18, 19, 20, 21, 21^ 
22, ^3, 23% 24, 25, 26, 27, 27% 28, 28% 29, 30, 30% 32, 33, 34, 36-, 
36% 36% 36^ 37, 38, 39, 40, 42, 42% 42% 43, 44, 45, 47, 48, 48% 48% 
49, 49% 50, 51, 52, 53, 54, 54% 55, 56^ 58. 

Ces soixante-dix fables se terminent au milieu de la première 
colonne du feuillet 46''. Elles sont immédiatement suivies d'une 
table, qui est annoncée par ces mots : Sequitur tabula super fabulas 
Ysopi, et qui finit au bas de la première colonne du feuillet 47*. 

Leur ordre est presque entièrement conforme à celui que, d'a- 
près le manuscrit 441 du collège du Corpus Christi de Cambridge, 
j'ai cru devoir considérer comme le vrai, et cet accord démontre 
que sur ce point je ne me suis pas trompé. 

Le manuscrit de la Bibliothèque Mazarine est, avec celui d'Arras, 
le seul qui possède la petite fable du Fou. 

Quoique M. E. du Méril Tait plusieurs fois signalé dans les notes 
courantes jointes à son Histoire de la fable ésopique (1) et qu'il en 
ait même extrait la fable du Coucou et de la Brunette qui figure 
dans l'une de ces notes, ce manuscrit est resté inconnu non seule- 
ment deM.Oesterley, qui n'en a pas même soupçonné l'existence, 
mais encore de M. Voigt, quia bien su qu'il existait, mais qui ne l'a 
pas examiné. 

2** Bibliothèque publique (TAtTas, — Manuscrit 184. — Le manu- 
scrit 184 de la Bibliothèque de la ville d'Arras a les proportions 
d'un in-folio de petit format. Les premiers feuillets manquant, il 
n'en reste plus que 227, dont quelques-uns sont en parchemin et 
le reste en papier, et dont l'écriture à deux colonnes est du xv*» siècle. 

Il renferme trois ouvrages : les sermons du frère prêcheur 
nommé Jean Bromiard, les fables d'Eudes et un opuscule théolo- 
gique. 

Les fables occupent les feuillets 181* à 190*. Comme elles ne 
sont pas précédées du nom de l'auteur et qu'elles ont été mises à la 

(!) Poésies inédit^ du moyen âge, etc. Paris, i 854, 1 vol. in-8". (Voyez p. 142, 
n" 3; p. 148, n» 3; p. 155, a» 4; p. 156, n« 4.) 

4 



•T 



50 ÉTUDE SUR LES FABLES 

suite des sermons de Bromiard parle même copiste, le rédacteur du 
Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque, imprimé à Arras en 
1860, a cru qu'elles étaient également l'œuvre de ce moine domini- 
cain. Aussi a-t-il indiqué en ces termes le contenu du manuscrit : 
« Joh. Bromiard fratris Dominicani sermones, ejusdem Fabulœ. — 
De Virtutibus et Vitiis. » 

Les fables sont précédées du préambule ordinaire et ensuite 
annoncées par ce titre initial : Hic incipiunt parabole et fabule per 
diuersa exempta de diiiersis animalibus. 

Elles ne portent pas de titres particuliers et ne sont closes par 
aucune souscription finale. 

La collection comprend celles auxquelles dans ma liste générale 
ont été attribués les numéros suivants M, 1*, iS ^% 2, 3, 4, 4", 5, 
6, 7, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 14», 15, 15«, 15^ 16, 17, 18, 19, 20, 21, 
21^ 22, 23, 23% 24, 25, 26, 27, 27% 28, 28% 29, 30, 30*, 31, 32, 33. 
34, 35, 36% 36% 36% 36% 37, 38, 39, 40, 42, 42% 42% 43, 44, 45, 46, 
47, 48,-48% 48% 49, 49% 50, 51, 51% 52, 53, 54, 54% 55, 56, 56^, 
56% 57, 58, 59, 59% 60, 77, 78; soit au total 85 fables. Mais il faut 
remarquer que la fable 78 est par son sujet identique à la fable 45, 
dont elle ne diffère que par la forme ; de sorte qu'on peut consi- 
dérer la collection comme n'embrassant au total que quatre-vingt- 
quatre fables. Leur ordre est absolument conforme à celui qu'elles 
présentent dans le manuscrit 44 1 du collège du Corpus Christi de 
Cambridge, et, comme, ainsi que je l'ai dit plus haut, cet ordre, à 
quelques différences près, est, sauf dans le manuscrit Arundel 292, 
le môme dans tous les manuscrits, il ne me semble pas douteux 
que ce soit le vrai. 

Notons, en passant, que dans la première fable le chanoine 
signale comme ayant refusé la dignité épiscopale est appelé Cano- 
nie us Taurinensis, 

Le manuscrit d'Arras a été connu de Mone, qui, en 1835, dans 
r/4/ï2etjer,t.lV,p.355 à 359, en a exhibé treize énumérées plus loin. 
Plus tard il a été étudié par M. E. du Méril, qui^ en 1854, dans son 
ouvrage sur les Poésies inédites du moyen âge, p. 121, note 2, et 
p. 249, noie 1, en a publié deux, celle du Renard déguisé en Brebis 
et celle du Renard et du Coq. Comme le texte du manuscrit est 
partout très fautif, il n'y pas k regretter qu'il n'en ait pas exhumé 
un plus grand nombre.. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 51 

3^ BibUolhêque publique de Cle7*mont'Ferrand. — Manuscrit 47 (44). 
— Ce manuscrit du rv* siècle forme un volume de 300 feuillets en 
parchemin, dont la hauteur est de 205 millimètres et la largeur 
de 145. 

11 a appartenu à un moine ; c'est ce qui ressort de cet ex-libris 
écrit sur le premier feuillet : a FralerJacobus Marchandi, » Aussi ren- 
ferme-t-il surtout des œuvres théologiques et plus particulièrement 
des sermons; ce qui n'empêche pas qu'on y rencontre quelques 
pièces profanes, telles qu'une jolie romance en cinq couplets de 
ehacun quatre vers français octosyllabiques. 

Ce qu'il possède en premier lieu, c'est une partie des fables 
d'Eudes, comprenant, avec le préambule ordinaire, celles qui, plus 
haut, page 41,portentdansla liste générale les numéros suivants M"", 
f, 2, 4, 4-, 5, 6, 7, 9, 10, 14, 14% 15, 16, 18, 19, 20, 21, 21S 23, 23*. 



SECTION II. 
Allemagne. 

1** Bibliothèque royale de Berlin. — A. Manuscrit TheoL lat, 4«, 
10. — Ce manuscrit forme un volume in-4^, dont l'écriture est du 
XV* siècle. 

11 renferme, sous huit titres moraux, les huit fables d'Eudes, 
qui, dans ma liste complète, portent les n?' l, 1% 3, 4, 7, 11, 28, 29. 

Ces fables occupent les feuillets 144 et 145; par suite d'une 
inadvertance sans doute imputable au relieur, ces feuillets ont été 
intervertis, de sorte que celui qui aurait dû recevoir le n^ 144 porte 
le n* 145, et vice versa. 

Les fables ne sont précédées d'aucun titre général, ni suivies 
d'aucune souscription. Elles offrent de nombreuses variantes ; je 
ne signalerai que les deux suivantes : dans la première fable, com- 
mençant exceptionnellement par le mot Convenerunt, le chanoine 
qui a refusé d'être évéque est appelé Cantuanensis canonicus, ce qui 
pourrait permettre de croire que le manuscrit a été écrit en Angle- 
terre, et l'évéque de Meaux, discrètement désigné dans la plupart 
des autres manuscrits par la lettre H, est au contraire ouvertement 
nommé magister Gwillhelmus. 



52 ÉTUDE SUR LES FABLES 

B. Manuscrit Meerman 147. — Le manuscrit Meerman 147 est 
un petit volume in-S** de 9 centimètres et 1/2 de hauteur sur 7 et 1/2 
de largeur. 11 se compose de 174 feuillets en papier dont l'écriture 
est du xm® siècle. ^ 

Un de ses anciens propriétaires s'est appelé Henri de Bodcham. 
11 a fait partie de la collection Meerman, dans laquelle il portait le 
n*^ 830. Cette collection est ensuite passée dans les mains du biblio- 
phile Phillipps. Enfin elle a été vendue par ses héritiers au gouverne- 
ment prussien; de sorte qu'aujourd'hui le manuscrit dont il s'agit 
ici appartient à la Bibliothèque royale de Berlin, où dans le fonds 
Meerman il a la cote 147. 

Le Catalogue récemment imprimé des manuscrits de cette 
Bibliothèque en fournit l'analyse suivante, probablement extraite 
du manuscrit lui-même : 

Crouica a captione Anglio a duce Willelmo (Willo) facta. 
Bcllum Troianum. 
. Liber Bruti abreviaius. 
De Regibus poslobilum Kadwaladri quem Beda Cedwallam vocal, usquo 
ad advenlum Normannorum in Angliam. [De] Willelmo Baslard vocale. 
Couquestus Anglie abreviatus. 
Parabole magistri Odonis de Cerinlon. 
De ymagiue et simiiitudine brevis traclatus. 
Liber Bemelhodi EpL 
Liber de miseria conditiouis humaue. 

Les fables commencent au feuillet 117", et se terminent au 
feuillet 144'. Elles sont, comme on le voit, indiquées sous leur 
dénomination habituelle de paraboles. Elles sont précédées du 
préambule Aperiam in parabolis os meum. La première est celle des 
Arbres qui élisent un roi, et la dernière est celle de l'évèque Théo- 
dose et du Bloc de glace. 

Cette collection est, avec celle du manuscrit Douce 88, la seule 
qui possède cette dernière fable. 

2° Bibliothèque de F Université royale de Breslau. — Manuscrit IV. 
Q, 126. — Ce manuscrit, anciennement coté FF*, est un volume 
in-4'' de 356 feuillets en papier, dont l'écriture, due à des mains 
diverses, est de la deuxième moitié du xv* siècle. 

Avant d'entrer dans la Bibliothèque de l'Université royale de 
Breslau, il avait dans la même ville appartenu à l'église du Saint- 
Sacrement. 



ET LES. PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 53 

Dans ses « Tout petits monuments latins de la légende des ani- 
maux, du xu^au XIV* siècle (1) », M. Voigt, à qui il avait été révélé 
par un de ses collègues de Breslau et qui a pu en prendre connais- 
sance, pense que les pièces dont il se compose ont été écrites et 
réunies à Cracovie. Voici la liste qu'il en donne : 

i. Vei-sus de nouem Musis. 

2. Deux épigrammes de Martial. 

3. Simonis historia super deuastatione ciuitatis Constanlinopolilone. 

4. Franciscus Barbarus de fide et insigni obedientia uxorum. Frag- 
ment, 

5. Fable. (Inc. : Sepe lupus quidam, etc.) 

6. Asinaiius. Cet ouvrage a été écrit comme le précédent « per Georgium 
Schleyffti' de brega (ou berga), filium carnificis in Cracouia, feria sexta 
ante palmarum anno domini 1475. » 

7. Liber Gwidrinus (Inc. fol. 29* : Secundum Aristotclis sententiam), 
Hnilus in festo marie niwis anno domini 1459. 

8. Geta, finitusanno domini 1459 in die sancti lamperti (ouvrage écrit' 
ainsi que le dernier, par une même main autre que celle de Schleyf/ir). 

9. Auianus. 

10. Fabule adolpbi de fraudibus mulierum. 

11. Cornulus (Inc. : Cespitat in faleris). 

12. Nigelli spéculum stultorum. 

13. Brunellus poêla. 

1 4. Alanus de problematibus. 

15. Summa misleriorum (Johannis de Garlandia). 

16. Summa ueritatis per Simonem de Gassia. ' 

17. Préceptes d*école envers rythmiques. (Inc. : Cupicnles hic manere). 

18. Autoritates de disciplinis clericorum. 

19. Prudenlius de regimine scolarium. 

20. Régule de slatutis clericorum. 

21. Medicina metrica de regimine sanitatis. 

22. Bernardus.de contentu mundainim rerum (ouvrage pourvu de nom- 
breuses gloses en langue polonaise). 

23. Régule diriuacionum ac diccionum. 

24. Tractatus de diccionibus numeralibus. 

25. Fables latines d'Odo, sans titre, dont l'écriture est parfaite. 

26. Inlroduccio pro sermone faciendo in Carnispriuio. 

27. Sompnia Danielis (copie incomplète). 

Parmi les fables d'Eudes qui forment le vingt-cinquième des 
ouvrages compris dans cette nomenclature, il s'en trouve deux qui 

[i) Kleinere lateinische denkmâler der Thiersage, etc. Strasbourg et Londres. 
1878, in-8. (Voyez p. 7.) 



54 "ÉTUDE SUR LES FABLES 

n'existent pas dans les autres manuscrits, celle qui, sous le n^ 5 c|u 
recueil, commence par les mots : Volucres invenerunt nidum, et celle 
qui, sous le n® 57, débute par ceux-ci : Semel Lupus audivit animalium 
confessionem. La collection n'en est pas moins incomplète ; car elle ne 
possède que les soixante et une fables qui, dans ma liste générale, 
p. 41, ont reçu les n"* suivants : 1, i^ 1% 1% 2, 3, 4, 4*, 5, 6, 7, 8, 
9,10, il, 12, 13, 14, 15, 15-, 16, 17,18, 19, 20, 21, 21^ 22, 23, 23% 
.24, 25, 26, 27, 27% 28, 28% 29, 30, 30*, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 36^ 
38, 39, 40, 41, 42^ 43, 45, 47, 48^ 54, 55, 57, 76 et 81. 

Les fables sont accompagnées de gloses qui révèlent Torigine 
bohémienne du manuscrit et dans lesquelles notamment on lit : 
Scrabo^ i. e, hownijwal^ et : super lignum, i. e. nahizadige ubi galline 
soient sedere (1). 

3** Bibliothèque ducale de Wolfenbûttel. — Manuscrit Gude lat, 
200. — Ce manuscrit, qui est du fbrmat in-4, se compose de 231 
feuillets en parchemin, dont les 194 premiers ont été écrits à Bo- 
logne en 1326 et dont les autres portent une écriture du xv® siècle, 
le tout à deux colonnes. 11 renferme un ouvrage, qui appartient à 
la catégorie des Libri de proprietatibus rerum et dont l'analyse sui- 
vante, écrite sur la face interne du premier des plats, fait con- 
naître très explicitement la nature : 

McLTiFARiuM. LiBER collectus et extractus c diversis Bononia), anuo 
1326, divisas in decem libros,sive trac ta tus diverses, quorum primas agit 
de duodecim signis cœli et planelis, item de stellis fixis, pag. 6^, ut et de 
aère et ventis, fol. ii*, de mensibus cum^duabus tabellis de die Paschali 
et de Indiclionibus ab anno 1328 usque ad 1392, p. 16. Insertus est trac- 
tatus de Ovis,* fol. 9. 

SbguiNdus de proprietatibus hominis eiusque partib. a fol. 18. 

Tertius de inflrmitatibus bominis, f. 27. 

QuARTus de animalibus volaiilibus, fol. 36. 

QuiNTL's de animalibus Ica-restribus secundum ordinem Alphabeti, 
fol. 40^ 

Sextus de proprietatibus herbarum et plantarum et arbonim, etc., 
secundum Alphabetum, fol. 48. Post hune librum sequuntur moralitates 
ex iis quœ in illis libris tractantur deductœ, fol. 71. Adduntur deinde 
quœdam alia de variis unguealis alque unum lingua Germanica descri- 
ptum ungucnlum, f. 86. 

Excerpta de diversis libris Alberti Magni, fol. 88. 

(1) Kleinere lateinische denkmâler der Thiersage, etc. Strasbourg et Londres, 
1878, in-8. (Voyez pp. 31 et 38.) • 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 55 

FallaciaB B. Thomo) Aquinatis, foL 97. 

Traclatus de medicina, cui tilulus: Thésaurus Paupenim, fol. 106. Est 
autem summa Medicinalis magistri Pétri Hispani, ut in fiae huius tracta- 
tus apparet, folio 131. 

Septimus libellus MuLTiFARii de lapidibus, fol. 131. Additur ibi de vir- 
tutibus mirabilibus Herbarum quarundam, fol. 132**, ut et animalium 
quorundam, fol. 134. 

Tractatus de virtutibus Aquaî ardentis, fol. 136, ubi sequitur de va- 
riorum medicamentor. compositionibus et variis secretis remediis usque 
ad pag. 14o. 

Galteri contenta. Vrinœ, fol. 145. 

Galteri synonima Herbarum Latine et Germanice, fol. 147. Sequuntur 
aiia de urinis, item composita quœdam Medicaraenta et Germanica 
admonitio de vensB sectione, 151. 

OcTAVus UBER MuLTiFARU de itsopeis diversis fabulis no vis, foL 187. 
'Ribliopegi incuria traiectus ad finem, et sic liber contra vo]unt[atem] 
auc[toris]. 

NoNus de vita et dictis Philosophorum, fol. 152. 

Degimus de diversis Historiis Romanorum et quibusdam aliis, fol. 176. 

Liber de arte Chymica, fol. 195 usque ad finem voluminis. 

Celte analyse, dont récriture est ancienne, a été complétée par 
M. de Heinemann, qui y a ajouté le renseignement suivant : 

Fol. 86*, column. 2. Séries epp. Arosiensium. 

La collection de fables contenue dans le manuscrit occupe les 
feuillets 187' à 194*», et commence par les mots : Incipit tractatus 
de diversis fabulis. Elle semble à première vue» comprendre 67 fa- 
bles ; mais en réalité elle en renferme 66 seulement, qui ont été pui- 
sées à des sources différentes par un compilateur anonyme et dans 
lesquelles celles d-Eudes ne figurent que pour un peu plus de la 
moitié. Chacune de ces fables est surmontée d'un titre moral écrit 
à Tencre rouge. . 

A Eudes appartiennent les fables 2 à 36, 54, 55 et 60 du manu- 
scrit; ce qui semble donner un total de 38. Mais les cinquante- 
quatrième et soixantième étant là répétition des dix-septième et 
vingt-deuxième, et la cinquante-cinquième pouvant se décomposer 
en deux, le nombre total doit être ramené à trente-sept. Ces trente- 
sept fables sont celles qui, dans la- liste complète, portent les 
numéros 1% 2, 3, 4«, 5, 6, 8, H, 15, 16, 20, 22, 23, 29, 30, 30% 
34, 36'», 39, 40, 41, 42% 43, 46, 50, 54, 54% 55, 56, 57, 61, 66, 69, 
72, 73, 73% 74. 



56 KTUDE SUR LES FABLES 

On remarquera que, dans le manuscrit de Gude, quoique 
n'étant mi^lées qu'à l'état d'extrait à une collection mixte, les fables 
d'Eudes sont rangées presque entièremenl dans le mi^me ordre 
que dans le manuscrit 4il du Corpus Christi de Cambridge. 

4" Biblialfiéque rotjnle de Munich. — A. Mamiscrîl 3800. — Le 
manuscrit 2800 forme un volume in-fol. de 281 feuillets, Ocrit sur 
deux colonnes en 1468 par Joli, Wildenmaaner den Ekgenfelden. 
]| comprend divers ouvrages, dont le Catalogue imprimé de la Biblio- 
thèque donne la liste en ces termes : 

Fol. 1. l'assio Christi, auilore mag. Eiiye/seoico. 
Fol. S'o. Hicolai de Dinketsbitld tract, de oiationo Uoininica. 
Fol. 121. Eiusdem Iratt. de tribus parlibuspenilenliae. 
Fol. 160. JoAannts de TuiTc'CrmKita truct. (le saoramenlo Eucharisliae. 
Fol. 181. Nicolai de Dinkelbùhl tract, de vri donis spirilu» Sti. 
Fol. lO'J. De induigeDliis. 

Fol. 2H. Eiusdem Uact. de adorationeimaginum. 
Fol. 220. Avgmtini de Roma introducliones qtiadrugfsimaks. 
Fol. 240. Formulu de creatione Adae et Evae et corum lapsu *■ t p* 
(Cf. Clm.2778). 

Fol. 231. Exposilio in Psalmum .. Misei-ere mei dous ». 

Fol. 264. Compeudium mnemonicum bibliae. 

Fol. 2'7f>-28f. FuLulae xLVii moralikT a|iplicalae[Cf. Cl ni. 8947 



Il résulte de la liste qui précède que le dernier ouvrage contenu' 
dons le manuscrit consiste dans une collection de fables ésopiques 
qui s'étend de la première colonne du feuillet 27iin à la deuxième 
colonne du feuillet 281''. Cette collection se compose du préambule 
particulier à celles qui ne renferment que l'œuvre d'Eudes et des 
quarante-sept fables, qui, dans la liste complète précédemment 
dressée, ont reçu les numéros suivants : 1% 2, 3, 4, 4', 5, 6, 8, 9, 
il, 14, 14-, 15, 16, 19, 20, 22, 23, 23-, 24, 25, 26, 2T', 29, 33, 3«, 
39, 45, 46, 48, 50, 52, 53, 56, 57, -Sy, 61, 62, 64. 65, 66, 68, 69. 70. 
73, 74, 75. On voit, par les numéros que portent les onze dernières, 
qu'elles sont de la catégorie de celles que M. Voigt refuse à Eudes; 
mais le préambule de ce fabuliste, qui domine indistinctement 
tous les éléments de la collection, montre une fois de plus com- 
bien est erronée l'opinion du critique allemand. 

B. Manuscrit 8356. — Le manuscrit 8356, originaire du couvent 
des Augustins de Munich, où il portait le n" 56, forme un volume 



1 




d 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 57 

in-fol. composé de 234 feuillets en papier, dont l'écriture à deux 
colonnes est du xv® siècle. Il contient divers ouvrages indiqués au 
Catalogue imprimé de la Bibliothèque dans les termes suivants : 

Fol. 1. Matthaei de Saxonia ord. eremitaiiim S. August. Postillae super 
Evangelia per quadragesimam. 

Fol. 193. Sermo super texluin : « Quis mihi det fratrem sugentem 
ubera matris meae? » Scripsil H. Clett. 

Fol. 217. Fabulae cura applicationibus. Prima sic inscripta est : « Ra- 
nae elegerunt sibi lignum in regem. » 

« 

Les fables d'Eudes occupent les feuillets 217% l** colonne, à 
234', 1'® colonne, et commencent sans suscription par la fable 1 f: 
Quidam abbas dédit monachis suis tria fercula, eic. Car, d'après 
M. Voigt, il ne faut pas considérer comme la première du recueil 
la fable des Grenouilles, qui, paraît-il, a été, avec celle des Pous- 
sins qui élisent un roi, introduite après coup dans le manuscrit en 
tête des autres. 

« La collection tout entière, dit-il, a été écrite par une seule et 
même main; elle est très égale et très lisible, corrigée, rubriquée 
et pourvue de suscriptions; les derniers mots sont ainsi conçus : 
Explicit hosneckelperfnanus\heinrici cletten anno domini M^\ cccc'^xj 
in die saneie iuliane uiv\ginis in ebdomada hxf feria 2*. » 

Voici les fables qu'if possède, désignées par les numéros 
qu'elles ont reçus dans la liste complète : 1*», 1*, 2, 3, 4, 4*, 5, 6, 
7, 8, 10, ii, 12, 13, 14, 14% 15, 15% 16, 17, 18, 19, 20, 21, 21-, 
21^ 22, 23, 23% 24, 25, 26, 27% 28, 28% 29, 30, 30% 31, 32, 33, 34, 
35, 36, 36% 36% 37, 38, 39, 40, 41, 42% 42% 43, 44, 45, 46, 47, 48, 
48% 48^ 49, 49% 50, 51, 51% 52, 53, 54, 54% 55, 56, 56% 56% 56% 
57, 58, 59, 59% 60, 61, 62, 62% 63, 64, 64% 65, 66, 67, 67% 68, 69, 
70, 70*, 71, 72, 73, 73% 73% 74, 75. 

C. Manuscrit 8947. — Le manuscrit 8947, originafre du couvent 
des Franciscains de Munich, où il portait le numéro 247, forme un 
volume in-4® composé de 300 feuillets en papier, dont l'écriture 
est du xv« siècle. 

Il contient divers ouvrages indiqués au Catalogue imprimé dans 
les termes suivants : 

Fol. 1. Matthaeus de Aqitasparta super libros Senlenliarum. 
Fol. 30. Capitula et tabulae S. Scripturae. 



58 ÉTUDE SUR LES FABLES 

Fol. 87. Senlentiae Prosperi ex Augustin! operibus excerplae. 

Fol. i09. Fabulae 52 ex Graeco in Latinum translatae « Accipiler assi- 
dua praeda consuelus. » 

. Foi. 113. Tractalus parabolicus. « Aperiam in parabolis os meum. » 

Foi. 127. Johannis Gobii scala celi. 

Fol. 206. Imagines Fulgentii moralizatae per Rohertum Holkot, 

Fol. 210. Dicta pbilosopborum. « Gastigationes Hermetis philosophi. » 
. Fol. 218. Kxempla ex antiquis et ex medii aeui scriptoribus excerpta 
et moral izata. 

Fol. 230. Seneca de uirtutibus cardinalibus. 

Fol. 243. Auctoritates ex libris Aristotelis et, Fol. 280, Senecae. 

Fol. 281. Senecae liber de moribus. 

Fol. 288. Auctoritates ex libris Aristotelis. 

Fol. 291. Textus Sententiarum metrice. «< Res et signa sunt doctrinae 
duo mcmbra. » 

Les fables d'Eudes, visées dans cette liste, ont été écrites par 
une seule main dépourvue d'élégance et trop économe de Tespace. 
Elles sont précédées du préambule Aperiam in parabolis os meum. 

Moins complète que la précédente, la collection ne possède pas 
les fables dont M. Voigt conteste Tauthenticité. Voici les quatre- 
vingt-une qu'elle comprend, indiquées par les numéros qui leur ont 
été assignés dans ma liste générale : 1, 1% 1**, 2, 2% 3, 4, 4% 5, 6, 7, 
9, 10, H, 12, 13, 14, 14% 15, 15», 15^ 16, 17, 18, 19, ^0, 21, 21^ 
22, 23, 23% 24, 25, 26, 27, 27*, 28, 28% 29, 30, 30% 31, 32, 33, 34, 
35, 36% 36% 36% 37, 38, 39, 40, 42, 42% 42% 43, 44, 45, 46, 47, 48, 
48% 48% 49, 49% 50, 51, 51% 52, 53, 54, 55, 56, 56% 56% 57, 58, 59, 
59% 60. 

D. Manuscrit 14749. — Le manuscrit 14749, anciennement coté 
T. 19, forme un volume in-S**, composé de 248 feuillets en parchemin, 
dont l'écriture à deux, colonnes, due à trois mains différentes, 
appartient aux xiii* et xiv® siècles. D'après le Catalogue imprimé, 
il contient les ouvrages suivants : 

Fol. 1. Tractalus de uirtutibus. « Omnis, ut Boetius ait. » 

Fol. 76. Tract, do uitiis (priraum de gula, deinde de accidia, adulte- 

rio, etc.) secundum ordinem literarum. 

Fol. 190. Magistri Ottonis parobolae.« Aperiam in parabolis os meum.» 
Fol. 213. Tract, de fidoi articulis. « Occurrit discutere utrum necesse 

si t. » 

L'écriture des feuillets 1 à 73 est de la première main, celle des 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 59 

feuillets li à âl2 est de la deuxième, et celle des feuillets 213 à 
248 est de la troisième, 

Les fables d*Eudes sont dues à récriture de la seconde main, à 
laquelle, d'après M. Voigt, ont ajouté 'successivement leurs écri- 
tures : « a le correcteur, qui a défiguré le texte par d'assez nom- 
breux changements faits de sa propre autorité sans faire attention 
au sujet; ^ le titulateur, qui a mis les inscriptions marginales, tous 
deux du XIV* siècle. » 

m 

La collectipn, presque identique à celle du manuscrit 8356, pos- 
sède, comme elle, les fables dont M. Voigt refuse à Eudes la pater- 
nité. Voici toutes celles qu'elle comprend, indiquées par les numé- 
ros de ma liste générale : i, 1^ 1% 1% 2, 3, 4, 4% 5, 6, 7, 8, 9, 10, 
li, 12, 13, 14, 14% 15, 15% 15% 16, 17, 18, 19, 20, 21, 2f, 21% 22, 
23, 23% 24, 25, 26, 27% 28, 28% 29, 30, 30% 31, 32, 33, 34, 35, 36, 
36% 37, 38, 39, 40, 41, 42% 42% 43, 44, 45, 46, 47, 48, 48% 48% 49, 
49% 50, 51, 51% 52, 53, 54, 54% 55, 56, 56% 56% 56% 57, 58, 59, 59% 
60, 61, 62, 63, 64, 64% 65, 66, 67, 67% 68, 69, 70, 70% 71, 72, 73, 
73f, 73% 74, 75; soit au total 103 fables précédées du préambule 
Aperiam inparabolis os meum^ qui manque danale manuscrit 8356. 

Dans la première fable, le chanoine qui a refusé l'épiscopat est 
appelé Tauronensis canonicus. 

E. Manuscrit 16195. — Le manuscrit 16195, dont la cote primi- 
tive était S. Nie. 195, forme un volume in-fol., composé de 240 
feuillets, dont l'écriture à deux colonnes sur papier est du 
xv« siècle. D'après le Catalogue imprimé, il contient les ouvrages 
suivants : 

Fol. 1. Sermones de lempore. 

Fol. 24. Bemardi de Parentinis, ord. praed. provinciae theolosanae (= 
tolosanae) et conventus Orthesii, tractalusde missa; inde corrigas errorem 
in Cim. 8824. 

Fol. 119. De negligenliis in missa; scripsit Procopius de Colaria de 
Colonia. 

Fol. 123. Libellas de vii horis canonicis. 

Fol. 127. Johatmis de Deo summa penitcnliae. 

Fol. 128. De absolutionibus, excommunicationibus, pocnis niun- 
gendis. 

Fol. 131. Remigius, episc. Tuscul., do penilenlia. 

Fol. 136. Johannes de Deo de dispensatione. 

Fol. 140. De confessione (pro confessoribus). 

FoL 144. Sermones de communi SS. 



60 ÉTUDE SUR LES FABLES 

FoL 195. Expositio super « Pater noster » et, FoL 199, « Credo. » 

FoL 204. Quaesliones et dubia varia. 

FoL 237? Parabolarum liber (Odonis de Cinngtonia), 

Ce dernier ouvrage, qui consiste dans les fables d*Eudes, n'en 
contient que dix-sept, dépourvues de titres, mais précédées, il est 
vrai, du préambule Aperiam in parabolis os meum. Ce sont celles 
qui dans la liste complète portent les numéros 1^ 3, 4, 4*, 5, 6, 7, 
8, H, 14, 14% 16, 19, 20, 55, 57, 79. Si incomplète qu'elle soit, cette 
collection offre un certain intérêt ; c'est en effet la seule possédant 
la fable du Rat et de ses petits. 

Elle s'étend de la deuxième colonne du feuillet 237*» à la pre- 
mière du feuillet 240*. 

F. Manuscrit 16602. — Le manuscrit 16602 est un in-folio de 
grand format, composé de 269 feuillets dont l'écriture est du 
xv*' siècle. Il porte en effet la date de 1467. Ne le connaissant pas, 
je n'en puis indiquer le contenu qu'en transcrivant ici l'analyse qui 
en est donnée dans les termes suivants par le Catalogue imprimé : 

Fol. 1. Henricusde Oyta de contractibus. « 

Fol. 38. De Purgatorio et de suffragiis Sanctorum : « Purgatoriura 
dicitur locus. » 

FoL 88. De poenitentia : « Poenitenliam agite. » 

FoL 115. De sacramentis. 

Fol. 119. Sermones. 

Fol. 136. Fabulae ex parabolis magistri Ottonis (de Ciringtonia); Cf. 
Clm. 14749, fol. 190. 

A en juger par le nombre des feuillets qu'elles remplissent les 
fables d'Eudes doivent, dans ce manuscrit, se trouver, sinon au 
complet, au moins en très grand nombre. 

SECTION III. 
Angleterre. 

1^ Bibliothèque du British Muséum, — A. Manuscrit Arundel 
275. — En signalant pour la première fois le manuscrit Arundel 
275, M. Voigt s'est borné à dire que c'était un volume in-4«, ^ui 
provenait du couvent des Chartreux voisin de Mayence, dont l'écri- 
ture sur parchemin était du xiv« siècle et dans lequel les fables 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 61 

d'Eudes occupaient les feuillets 66*» à 81**. Ce sont là les seuls ren- 
seignements qu'il ait donnés sur le manuscrit, que, pour s'excuser 
sans doute de son laconisme, il déclarait inaccessible (1). 

Je regrette de contredire ici M. Voigt, qui a trop facilement cru 
applicable aux bibliothèques publiques de l'Angleterre un reproche, 
d'ailleurs fort injuste, fait par M. Oesterley aux bibliothèques des 
collèges de ce pays(2). Mais, pour rendre hommage à la vérité, je 
suis obligé de déclarer que le manuscrit Arundel 275 n'est nulle- 
ment inaccessible. Au British Muséum, comme dans n'importe 
quelle bibliothèque publique, il n'y a pas de manuscrit inacces- 
sible; on peut toujours ou en prendre copie, ce qui est une ques- 
tion de temps, ou en faire prendre copie, ce qui est une question 
d'argent. 

Quant à moi, ayant pu, comme tout le monde le peut, avoir 
communication du manuscrit Arundel S75, il va m'étre aisé de 
compléter les indications trop sommaires fournies par M. Voigt en 
ce qui le concerne. 

Mais qu'on me permette d'abord de transcrire l'analyse qu'en 
donne en ces termes le Catalogue imprimé : 

i . Sermones in varios Veteris et Novi Toslamenti locos, quorum unus 
est « factiis a fralre Gerardo de Pnivino, lectore fralrum Minorum Trecen- 
sium. » Fol. t. 

2. Narratiomim sive fabularum moralizalarum colloclio. Fol. 66*>. 
Incip. prologus, « Aperiam in parabolis os meum, loquar proposi- 

tiones ah initio. Legitur in libro Rulh : Projicilo de manipulis véstris. » 
Ad calcem : « Expliciunt parabole magislri 0. ad laudem ipsius qui est 
Alpha et 0. » 

3. « Ars predicandi. » Fol. Si^. 

Incip. : « In praedicatione debent esse vila, sapienlia vel scientia et 
f'ioquenlia. » 

4. w Exercilalio in collationibus. » Fol. 86. 

Incip. : « Si quis vull exercilari in collationihus per ocio sequentia 
liiligenter. » 

5. Vocahula quaedam Latina ordine alphabelico cum interprelalione 
«;erinanica. Fol. 90. 

Incip. : *< Adoplivus, ein logenoraen soen oft vlucorn. » 

(!) KUinere laleinische denkmàler dei' Thiersage aus de/n zu^ôlften bis vierzehn- 
ten Jaruhndert. Strasbourg et Londres. 1878, 1 vol. in-8. (Voyez p. 38.) 

(2) Jahràuch fur Romanische und Englische Literatur. Leipzig, 1868. (Voyez 
pp. 123 et 124.) 



62 KTUDE SUR LES FABLES 

La collection des fables d'Eudes, qui est le deuxième des ouvrages 
contenus dans le manuscrit, commence sans titre général en tête 
de la première colonne du feuillet 66^ et quelques fables seule- 
ment y portent leurs titres particuliers placés en marge par une 
main du xv* siècle ; mais, presque complète, elle se compose des 
97 fables qui ont' dans ma liste générale reçu les numéros sui- 
vants : 1, !•, 1% 1% 2, 3, 4, 4% 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, li, 14% 
15, 15% 16, 17, 18, 19, 20, 21, 21% 22, 23, 23% 24, 25, 26, 27, 27% 
28, 28% 29, 30, 30% 31, 32, 33, 34, 35, 36, 36% 36% 37, 38, 39, 40, 
41, 42% 42% 43, 44, 45, 46, 47, 48, 48% 48% 49, 50, 51, 51% 52, 53, 
54, 54% 55, 56, 56% 56% 57, 58, 59, 59% 61, 62, 63, 64, 64% 65, 66, 
67, 68, 69, 70, 70% 71, 72, 73, 74, 75. 

Cette collection a une analogie frappante avec celle du manu- 
scrit 441 du collège du Corpus Christi de Cambridge. Comme dans 
celle-ci, les fables y sont précédées du préambule. ApaHamin para- 
bolis os meum, ne comprennent pas celles qui dans la liste générale 
portent les numéros i*», 1'', 36*', 36% 42 et 45% et se terminent par 
cette souscription : iFxp/iciun/ parabole magistn 0,ad laudem ipsiwt 
gui est alpha et 0^ La similitude entre les deux collections serait 
absolue, si le nombre des fables et leur classement ne présen- 
taient quelques légères difTérences : ainsi quelques-unes de celles 
du manuscrit du Corpus Christi ont été omises dans le manuscrit 
Arundel, et les trois, qui dans le premier portent les numéros 54, 
55 et 57, figurent parmi les premières dans le second. En somme, 
le second parait être la copie directe ou indirecte du premier. 

B. Manuscrit Arundel '29Î. — Le manuscrit Arundel 292, qui est 
,entré au British Muséum en 1831, est, on le sait, celui qui a servi de 
base à la première édition des fables d'Eudes. C'est un volume in-4" 
de 116 feuillets dont l'écriture sur parchemin est du xiii« siècle. 

L'analyse qui en a été insérée dans le catalogue imprimé étant 
un peu longue et pouvant sans inconvénient être omise, je m'abs- 
tiens de la transcrire et je me contente de dire que le manuscrit 
renferme dix-huit ouvrages, dont le quatrième, occupant les feuil- 
lets 12% à 24^, n'est autre que la collection des fables d'Eudes, 
intitulée : Narraciones magistri Odonis de Ciringtonia. Malheureu- 
sement elle est très incomplète, ne possède pas le préambule : 
Aperiam in parabolis os mcum, et ne se compose que des 46 fables 
qui, dans ma liste totale, ont reçu les numéros suivants : 1, I*. 1% 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 63 

i«, 2, 3, 4, 4*, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 28% 39, 40, 42, 42\ 4-2N 43, 44, 45, 
46, 47, 48, 48*, 48N 49, 49% 50, 51, 51% 52, 53, 54, 54% 55, 56, 56^ 
56% 57, 58, 59, 59% 60. 

Dans la morale de la fable des Arbres qui élisent un roi, le cha- 
noine qui refuse d'être évéque est appelé Taurinensis Canomcus, 
et dans la fable de TAbbé et des Moines^ le proverbe anglais qui la 
termine a été écrit en marge de la dernière ligne sous cette forme : 
Seldum cum tho ye beiter. 

C. Manuscrit Barleij 219. — Le manuscrit Harley 219 est un 
petit in-folio composé de 154 feuillets en parchemin, dont l'écri- 
ture, due à des mains diverses, est de la lin du xiii® siècle et du 
commencement du xiv*. Il renferme plusieurs ouvrages latins et 
français, dont le Catalogue imprimé du fonds Harley, t. I,p. 70, col. 1 
et 2, donne la nomenclature en ces termes : 

1. Traclatus oui Titulus, Fabule diverse et eorum Ueducciones : sive, 
uli scripsit nonnemo, Fabula; quapdam ad modum /Ksopicarum, cum pia 
et mystica, sive morali, earum Inlerpretatione, per Anonymum quen- 
dam i 

2. Gesta Romanoiniin et eorum Ueducciones 37 

3. Ejusdem Tractatus pars secunda 72 

4. Tractatus Gallicè scriptus (sicutetcœteri qui sequunlur) cujus deest 
Titulus : hune autem, ejus Loco, Scripsit Neoteiicus ([iiidam, '«~ Le Secret 
« des Secrets, Livre dii Gouvernement des Hoys et dos Princes compose 
«< (come se dit) d'Aristote en sa Veillesse pour Alexandre ; translate par 
« un certain Philippe de Grec en Calde, et encore en langage Arabique, 
« mais qui Ta mis en François, il ne se dit pas. >> 

5. Epistre d'Othea Deessede Prudence a Hector, oxhoi tant a les choses 
nécessaires à Vaillance; et contraires à Toposite de Prouesse. Mis en 
vers François et dediè a Charles V. Roy de France, par Chrisline fille de 
Tliomtis de Pizan de Buloin le Grasse-, et Conseiller dt» mesnie Hoys iivec 
Commentaires amples la dessus 106 

Sequuntur manu recentiore, 

6. Explication de quelques mots françois part eu Laline, part in 
Anglois 147*> 

7. Verba Equivoca Gallica Latine explacala (sic) 149*» 

8. Nomina Membrorum Humani Corporis Gallica; paiiim Laline, par- 
tira Anglice explicata 1!>0 

9. Interioria (sic) Corporis, Gallicè et Latine loO*^ 

10. Nomina Veslium, Gallicè Ibid. 

11. Nomina quorundam Utensiliuni, Besliarum, Insectorum, Avium, 
[A]rmorum, Occupalionum, Cognationis, PlanUnmi, Arborum, una cum 
phrasibus nonnullis, Gallicè et Anglicè \ Ibid. 



64 ÉTUDE SUR LES FABLES 

12. Les Offices accustumcz destre donez per le Tresorer d'Engleterre, 
pur le temps esleant 152'» 

13. Two sliorl Prayers to Jesus-Clirist, in later Hand 153*» 

14. Medicina pro conservacione Oculorum . 154 

Le premier des quatorze ouvrages ainsi énumérés est une col- 
lection complexe de fables latines, qui commence au feuillet 1* et 
finit au haut du feuillet 37*. Sous 107 chapitres elle comprend 117 
fables. Le compilateur à qui elle est due paraît Tavoir formée 
d'emprunts faits à divers auteurs, parmi lesquels Eudes est celui 
qui occupe la plus grande place. 

Les fables 1 à 34 et 60 à 88 sont celles qui lui appartiennent. 
Sous 63 chapitres elles sont au nombre de 67 ; ce sont celles qui 
dans ma liste complète figurent sous les numéros : 1*», i**, 2, 3, i, 
4% 5, 6, 7, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 14% 15, 15% 15^ 16, 17, 18, 19, 
il, 22, 23, 23% 26, 27, 27% 28, 28% 29, 30, 30*, 31, 32, 33, 34, 35, 
36-, 39. 40, 42, 42^ 43, 44, 45, 46, 47, 48, 48% 48^, 49, 49*, 50, 51, 
51», 52, 54, 54*, 55, 56, 57, 58, 59, 60. 

Sauf la première, toutes ces fables sont pourvues de titres. Elles 
présentent de nombreuses variantes, principalement dans les épi- 
mythions que le compilateur a quelquefgis abrégés. Gommé je les 
ai toutes exhibées dans ma première édition, il sera facile d'appré- 
cier l'importance de leurs variantes par la comparaison du manu- 
scrit Harléien avec celui du Corpus Christi de Cambridge que je 
publie dans le prosent volume. 

D. Manuscrit Add, 11579. — Parmi les manuscrits du British 
Muséum signalés par M. Oesterley comme contenant les fables 
d'Eudes figure celui qui porte la cote Add, 11579. 

C'est un petit in-4<* dont les feuillets sont en parchemin et dont 
l'écriture très nette et très aisée à lire est du xiv* siècle. 

De son contenu, formé d'éléments hétérogènes, le Catalogue 
imprimé ne fournit que cette brève indication : 

Miscellanoa llioologica, narraliones, fabulae, etc., partim Latine, par- 
tiin Anglico, parlim (iallicc. 

Comme j'aurai plus loin l'occasion d'être plus explicite, quant à 
présent je ne m'occupe que des fables d'Eudes. Conservées en partie 
dans ce manuscrit, elles y sont précédées du préambule Aperiam 
in pnvabolis os meuniy qui commence au feuillet 95* et finit au feuil- 



"t^-^ 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 65 

let 96*; ce sont les quarante-quatre auxquelles dans la liste géné- 
rale précédemment établie appartiennent les numéros suivants : i, 
1%2, 3, 7, 13, 14, 14% 17, 18, 19, 20, 21, 21\22, 23,24, 26,27, 27», 
28, 28*, 29, 30», 32, 33, 34, 35, 36% 38, 39, 40, 42, 43, 44, 45, 48% 
49, 52, 54, 56, 57, 58, 59. Ces fables sont dépourvues de titres par- 
ticuliers et se terminent au feuillet 116^. Le chanoine dont il est 
question dans la première est appelé Taurinensis Canonicus. 

2* Bibliothèque Bodléienne. — A. Manuscrit Douce 88. — Le ma- 
nuscrit Douce 88 est un volume in-4", composé de 154 feuillets 
en parchemin, qui, sauf ceux chiffrés 34 à 49, portent une écriture 
à longues lignes. 

Il contient un grand nombre d'opuscules, dont la liste, compre- 
nant 41 articles, a été dressée par une main moderne sur deux 
feuillets en papier placés par le relieur en tète du volume. 

Des articles 8 à 15, qui sont relatifs aux fables d'Eudes, le pre- 
mier est formulé ainsi : 

Fables and parables, improperly ascribed al the end to S. Basil, as 
they rather belong lo Eudes de Cerilon, or, according to some aulhorily, 
to Hugo de S. Victor. 

Les fables d'Eudes occupent les feuillets 34» à 48*. 

Ce qui distingue le manuscrit Douce 88 en ce qui les touche, 
c'est que non seulement elles y sont précédées du préambule ordi- 
naire, mais que ce préambule est lui-même surchargé d'un autre 
commençant ainsi : Beatus Basilius conggei^ans juvenes docebat eos. 
Ce préambule, qui est une sorte d'avertissement mis en tête du 
véritable, est l'œuvre d'un copiste, qui, croyant saint Basile auteur 
des fables, avait jugé bon de rappeler que ce saint s'était surtout 
appliqué à former le cœur et l'esprit de la jeunesse. 

La collection ne porte pas de titre initial ; mais les fables y ont 
été pourvues de titres particuliers, écrits tantôt à l'encre rouge, 
tantôt à l'encre noire, les uns par la main du copiste, les autres par 
une main plus récente. 

Elles sont au nombre de soixante-seize; ce sont celles qui, dans 
ma liste complète, sont accompagnées des numéros : 1, 1"", 1% 1% 
2^ 3, 4, 4*, 5, 6, 7, 9, 10, 14, 14% 15, 15% 16, 18, 19, 20, 21, 21^ 
22, 23, 23», 24, 25, 26, 27, 27», 28, 28% 29, 30, 30% 31, 32, 33, 34, 
35, 36% 36% 36% 37, 38, 39, 40, 42, 42% 42% 43, 44, 45, 46, 47, 48, 
48% 49, 50, 51, 51% 52, 53, 54, 54% 55, 56, 56% 56% 57, 58, 69, 



66 ETUDE SUR LES FABLES 

59% 60, 80. Sauf les fables 20, 24 et 58, toutes ont dans le ma- 
nuscrit le même classement que dans ma liste générale. 

Le chanoine dont il est question dans la première est appelé 
Caunnensis Canonicus, Plusieurs renferment des vieux proverbes 
tant français qu'anglais, qu'il n*est peut-être pas sans intérêt de 
transcrire icïiFsibA^iSeildecomedse àetere;¥Qh.l: Ofeyeic yebroc 
te ofeçhele icfine micte; Fab. 7 : seyn martin, eydet nostre oyselym; 
Fab.l4 :Ky crapoud ey me, nule {Usez: luné) hi resemble {i)\ Fab. 53 : 
Dieu confunde tant de seynnurs! 

Enfîn, ainsi que je l'ai dit plus haut, cette collection est, avec 
celle du manuscrit Meerman, la seule qui possède la légende de 
l'évoque de Sion. Elle est terminée par cette souscription : Amen, 
Explicit Tractatus de Beato Basilio, 

B. Manuscrit Douce 101. — Le manuscrit Douce 101 est un petit 
in-4*» dont les feuillets, au nombre de 89, sont en papier, et dont 
récriture à longues lignes est du xv<^ siècle. 

Il renferme plusieurs ouvrages. 

Le premier, intitulé Gesta Romanorum, occupe les 80 premiers 
feuillets. 

Le feuillet 81 est blanc. Puis viennent les fables d'Eudes, qui 
remplissent les feuillets 82* à 89*». Ce sont celles qui dans ma liste 
générale sont ainsi numérotées : 1% 1', 2, 3, 4, 4% 6, 7, 9, 10, 13, 
17, 18, 19, 20, 21, 21% 30, 30% 33, 36% 37. 

On trouve dans ces fables des proverbes anglais. Ainsi on lit 
dans la fable 1 : Sylden ys the latur prophète the bettur, et dans la 
fable i : Ofon egge y the bronzght bytt of thy kijnde y maye nouzht. 

Sur un double feuillet mis par le relieur en tète du volume la 
provenance en est indiquée en ces termes : There is reason for sup- 
posing thaï this ms, of part of the Gesta Romanokum belonged to sir 
Henry Spehnan. 

C. Manuscrit Douce 169. — Le manuscrit Douce 169 est un in-4* 
de grand format, composé de 47 feuillets en papier dont récriture 
à deux colonnes est du xv siècle. 

(1) Ce proverbe est la traduction de cet hexamètre léonin : 
Si quis amat ranam, ranam patat essfi Dianam, 

qui rappelle cet autre : 

Si «|uis amat ccrvam, corvam putat esse Minervam. 



ET LES PARA^BOLES D'EUDES DE CHERITON. «7 

C'est de ceux du fonds Douce celui où les fables d'Eudes sont 
le plus nombreuses. Il y en a quatre-vingt-treize, qui, avec le pré- 
ambule Aperiam in parcUfolis os meum, placé en tête, occupent les 
leuillels 22' à 24^ et reprennent au feuillet 35' pour finir au feuil- 
let 47. L'interruption provient de ce qu'un cahier étranger aux 
fables a été intercalé entre le feuillet 24 et le feuillet 35. 

Le copiste a cru qu'il copiait une œuvre d'Hugues de S. Victor; 
c'est ce qui ressort des mots : Hugo de Sancto Victore, qui en guise 
de titre figurent en tôte du feuillet 22*, et de la souscription sui- 
vante, qui clôt la collection : Expliciunt proverbia Hugonis de Sancto 
Victore. 

Il est possible qu'une partie des 93 fables soit l'œuvre d'Hugues 
lie S. Victor; mais les 25 dernières sont les seules qui puissent lui 
^tre attribuées. Quant aux 68 premières, elles sont incontestable- 
ment l'œuvre d'Eudes. Ce sont celles auxquelles j'ai dans ma liste 
totale donné les numéros suivants : 4, l*», 1*, 2, 2*, 3, 4, 4% 5, 6, 
7, 9, iO, il, 12, 13, 14, 15. 15% 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22. 23, 23\ 
24, 25, 26, 27-, 28, 28% 29, 30, 30% 31, 32, 33, 34, 35, 39, 40, 42, 
42% 43, 44, 45, 46, 47, 48, 48% 48^ 49, 49% 50, 51, 51% 52, 54, 
54% 55, 56, 57, 58, 59, 60. 

Ces soixante-huit fables et les vingt-cinq qui les suivent ont dû 
être copiées sur le même modèle que celles du manuscrit Harley 
219. Il est vrai que d'une part ce manuscrit possède les fables 14'^, 
15**, 27, 36% qui n'existent pas dans le manuscrit Douce, et que 
d'autre part il n'a pas les fables i, 2% 20, 24 et 25 que le manuscrit 
Douce renferme ; mais dans l'un et dans l'autre l'ordre des fables 
et leurs variantes sont les mêmes, et l'œuvre d'Eudes yest suivie 
de la môme collection de vingt-cinq fables. 

Néanmoins le manuscrit Harléien est le plus précieux, d'abord 
parce qu'il est de deux siècles plus ancien que l'autre, ensuite parce 
que, indépendamment de la collection de 25 fables, il en offre une 
de 24, qui a été intercalée au milieu de celles d'Eudes. 

Terminons cette analyse en faisant remarquer que le manuscrit 
Douce 169, les fables y élant rangées comme elles le sont dans 
le manuscrit Harléien, montre une fois de plus que l'ordre auquel 
je me suis rallié est le véritable et qu'il faut renoncer à celui que 
M. Voigt avait adopté et auquel, pour ne rien compliquer, j'avais 
eu, dans ma première édition, le tort de me soumettre. 



68 ÉTUDE SUR LES FABLES 

D. Manuscrit Rawlinson C. 288. — Ce manuscrit est un volume 
in-i" composé de 114 feuillets, qui, sauf ceux chiffrés 103 à 110, 
sont en parchemin, et dont 4es écritures, ducs à des mains diverses, 
sont des xiv® et xv® siècles. 

Les 102 premiers feuillets sont remplis par sept ouvrages, dont, 
pour abréger, je ne donne pas la liste. 

Les feuillets en papier 103 à 108 ont été affectés à quelques- 
unes des fables d'Eudes,. qui ne sont pourvues ni de titre initial, ni 
de titres particuliers. Ce sont celles auxquelles ma liste générale a 
appliqué les numéros i, 4% 6, 7, 8, 10, 28% 39, 40, 42, 42*, 45, 46, 
49, 54, 56, 57, 58, 60. Il reste même un lambeau d'une vingtième 
et dernière fable; mais une partie du feuillet 106 sur lequel elle 
a été écrite étant déchirée, je n'y ai pas assez arrêté mon attention 
pour la reconnaître. 

A la suite, commençant à la neuvième ligne du feuillet 107* et 
se terminant au milieu du feuillet 108% viennent quatre légendes 
qui ne sont pas de vraies fables et qui ne font pas partie de Tœuvre 
d'Eudes. 

Immédiatement après ont été transcrites deux fables de Ro- 
mulus, celle du Loup et de l* Agneau, et celle du Rat et de la Gre- 
nouille, qui remplissent la seconde moitié de la page. Les voici : 

{. A(n)gnus et Lupus sicientes ad riuulum, venientes e dinerso, vene- 
runt. Sursum bibebal Lupus longeque inferior A(n)gnus. Lupus, vt 
A(n)gnum vidit, ait ei ; Quare mihi turbas aquam bibenti? A(n)gnus vero 
paciensdixit : Quomodo libi lurbarem aquam que de le ad mecurrit? Cui 
Lupus ; Et maledicis mihi. Et A(n)gnus : Non. Et Lupus ; Adhuc mihi lo- 
queris; statimque ci vilam eiupit et eripuit. 

2. Mus, ut flumen transiret, auxilium peciit a Rana. Illa vero, lingens 
3e subueniie, ligauit sibi pedes mulifo grosso iilo, et incipiens uatare 
traxit Murem postse. Cum autem ad médium fluminis venisset, cepit Rana 
submergere, vt Murera pari 1er submergeret. Quod videns, Miluus super 
volitans vlramque rapuit. 

Le verso du feuillet 108 porte des écritures d'une autre main. 

3" Bibliothèque du collège du Corpus Christi à Cambridge, — Les 
deux manuscrits de ce collège ont fourni à M. Oesterley l'occasion 
de commettre une bien singulière bévue. Dans la préface de son 
édition du manuscrit Arundel 292 il s'exprime ainsi : « Selon les 
indications de Tanner, il se trouve à Cambridge deux manuscrits 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 69 

numérotés K. 17, 479 et Mise. L. 457. Ils dépendent de la bibliothèque 
du Corpus Christi collège^ y portent les n***44i et 481 et proviennent 
de la collection Mathew Parker de Cantorbery. Dans les deux le 
nom d'Odo est mentionné. L'un d'eux a pour titre : De bruits ani- 
maliàus et volatilibus^ l'autre : Parabolx, Le Catalogue préparé par 
Edouard Nasmith sur les manuscrits de la collection Parker a paru 
en 1777. Encore deux manuscrits également à Cambridge, mais 
conservés dans le collège Saint-Benoit, se trouvent désignés sous 
lesn*»* 1660, 18 et 1399, 23, dans les Catal.Cod.Mss. Angl. etHibern., 
Oxford, 1697. Ils portent aussi le nom d'Odo, et l'un d'eux est inti- 
tulé : De brutis animalibus, et l'autre : Parabolx ad laudem ipsius 
^ui est alpha. Les deux paires de manuscrits sont-elles identiques? 
Malheureusement je ne puis résoudre ce point, à cause de l'inac- 
cessibilité presque absolue pour les étrangers de la plupart des 
manuscrits qui appartiennent aux collections en la possession des 
bibliothèques anglaises. En tout cas, dans chaque paire le premier 
doit contenir lu collection, qui est ordinairement appelée, dans 
les ouvrages sur l'histoire littéraire, Bestiarium vel Brutarium, et le 
commencement Iverunt ligna démontre, sans aller plus loin, qu'il 
loi appartient, tandis que le second pourrait bien être un ouvrage 
théologique, et dans ce cas serait en dehors du cercle de nos recher- 
ches actuelles (1). » 

Je commence, pour n'avoir pas à revenir sur ce point, par pro- 
tester énergiquement contre l'allégation téméraire du docteur Oes- 
terley, qui, au lieu d'avouer franchement qu'il n'a pas voulu se 
donner la peine d'aller à Cambridge, trouve commode de déclarer 
inaccessibles les manuscrits des bibliothèques anglaises. Dans le 
cas spécial dans lequel il la formule, son accusation, à mes yeux, a 
le tort grave d'atteindre la mémoire du bibliothécaire du Corpus 
Christi collège, M. S. S. Lewis, que j'ai particulièrement connu et 
de qui je puis dire que personne n'a jamais en vain recouru à son 
inépuisable complaisance. 

Mais ne nous occupons que des manuscrits. M. H. Oesterley a 
vu dans le catalogue de Nasmith (2), dont je dois un exemplaire à 
la généreuse amitié du bibliothécaire incriminé, que le Corpus 

(1) Jdhrbuch fur Romanische und Englische Liieraiur, Leipzig, 1868, in-8. 
(Voyez pp. 123 et 124.) 

(2) Catalogus librorum manuscriptorum quos collegio Corporis Christi et B, 



70 ÉTUDE SUR LES FABLES 

Christi collège possédait sous les cotes 441 et 481 deux manuscrits, 
qui entre autres contenaient, le premier, un ouvrage indiqué par 
ce titre : Parabohe Mag, Odonis[de Ceritona] in iaudem ipsius qui est 
A et Û, le second, un ouvrage indiqué par ce titre : Odo de Ceritona 
de brutis animaiibus et volatilibus^ [sive parabolx]. Consultant ensuite 
les Catalogi Hbrorum manuscriptorum Angliœ et Hibernix publiés 
en 1697, il y a vu que la bibliothèque du collège Saint-Benoit pos- 
sédait, non pas sous les cotes 1399 et 1660, mais sous les cotes 
122 et 393, deux manuscrits qui entre autres contenaient, le pre- 
mier, un ouvrage indiqué par ce titre : Parabolœ Magistri Odonis 
ad Iaudem ipsius qui est alpha, et, le second, un ouvrage indiqué 
par ce titre : Magister Odo de Brutis animaiibus (1). Au premier 
abord, M. H. Oesterley aurait pu trouver singulier que le collège 
Saint-Benoît possédât deux manuscrits dont les titres, différant 
entre eux, étaient en même temps identiques aux titres des deux 
manuscrits d'Eudes possédés par le Corpus Chrisii collège, Y regar- 
dant de plus prés, il aurait pu voir que la longue liste des ouvrages 
contenus dans le manuscrit 122 du collège Saint-Benoît était iden- 
tique à celle des ouvrages conservés dans le manuscrit 441 du Cor- 
pus Christi collège, et que la non moins longue liste des ouvrages 
contenus dans le manuscrit 393 du premier collège était identique 
à celle du manuscrit 481 du second. 11 aurait pu ainsi, sans aller à 
Cambridge, s'apercevoir aisément que les deux manuscrits d'un 
collège n'étaient autres que les deux de Tautre et qu'en somme 
deux noms différents avaient été attribués au même collège. 11 ne 
lui serait resté sur ce point aucun doute, si enfin il avait, dans les 
Catalogi iibrorum manuscriptorum Angliœ et Hibernix, cherché, 
parmi les collèges de Cambridge, celui du Corpus Christi : ne le 
trouvant pas indiqué sous ce nom, il aurait compris que c'était 
celui de Saint-Benoit qui lui avait été donné. Quiconque connaît un 
peu Cambridge sait qu'il y a dans cette ville une petite église très 
ancienne, qui a été placée sous l'invocation de ce saint, et qui est 
en partie enclavée dans l'enceinte du Corpus Christi collège, et que 

Mar'je Virginis in Acad*?mia Cantabrigiensi tegavit Reverendissimus in Chrisio 
Matthœus Parker, archiepiscopus Cantuariensis.KdïdïiJ 'Acohus Nasmith.Â.M. S. 
A. S. ejusdem coUegii nuper socius. Cantabrigise, etc. mdcclxxvii, 1 ▼ol. in-4*. 
(Voyez p. 404 et s. et 425 et s ) 

(1) Voyez Calât, lib.mnnusc. Angl. et Hiàern.y t. I,pars altéra, pp. 136 et 145. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 71 

c'est à cette circonstance qu'est due la seconde dénomination par 
laquelle il a été quelquefois désigné. 

On avait pu déjà, par les autres erreurs de M. H. Oesterley que 
j'avais relevées, apprécier la valeur de ses travaux ; cette dernière 
est le digne couronnement des précédentes. 

Et cependant il ne s'en tient pas là : poussant plus loin ses lumi- 
neuses investigations, il cherche quel est le contenu de ces quatre 
manuscrits dont deux n'existaient pas. Il suppose que les deux, qui, 
l'un en réalité et l'autre dans son imagination, portent pour titre 
De Brutis animalibus, sont identiques et renferment l'œuvre d'Eudes, 
et que les deux, l'un réel et l'autre imaginaire, qui sont par lui 
intitulés Parabolx, sont bien identiques aussi, mais ne contiennent 
vraisemblablement qu'un ouvrage purement théologique. 

On comprend, sans que j'aie besoin de l'expliquer, quel cas il 
faut faire de ces hypothèses. Je ne m'y arrête pas, et, ayant en 
somme établi qu'il n'y a sous deux noms différents qu'un seul col- 
lège et que par suite, au lieu de quatre manuscrits, il n'en existe 
que deux, je me hâte de passer à leur examen. 

A. Manuscrit 441. — Ce manuscrit forme un volume in-8®, dont 
les feuillets sont en parchemin et dont l'écriture est du xiv« siècle. 
Nasmith donne dans les termes suivants la nomenclature des ou- 
vrages qu'il contient : 

1. Traclatus fratris Ricardi deThetford de modo piodicandi, p. 43. 

2. Rabanus de agno paschali, p, 30. 

3. Item de pascha, p.. 33. 

4. De proprietatibus feslivitalum, p. 35. 

5. Liber penitenlialis Mag. R. do Flamesburch Kmi. S. Victoris Par. 
et p\ [penitentiarii], p. 37. 

6. Gompilatio brevis qiialiter confessio saltem somel in anno sit 
facienda : secundum quod inveneris de infra nolatis in quibus te 
deliquisse credas illa conlitearis, alia sub dissimulalione pertranseas, 
p. 434. 

7. De quatuor démentis, quatuor anni parlibus, et quatuor humo- 
ribus, p. 448. 

8. Tractatus de vitiis et virtutibus ex Gregorio et Augustino, p. 149. 

9. Tractatus de corpore Domini ex diversis auloribus, p. 487. 
40. Traclatus de septem sacramentis et eorum efTeclibus, p. 200. 

4"4. Testamentum patriarcharum secundum Mag. Robortum Grosseteste 
episc. Lincoln, de Graîco in Latinum translatum, p. 205. 

42. Epistola Nigelli '^Wireker] monachi ecclesire Christi Cantuar. ad 



if 

■4 



72 ETUDE SUR LES FABLES 



Willelmum [de Longo-Campo] Elyeus. episcoptim de erudilione prela- 
lorum, p. 253. 

13. Libellus Senecœ de institutione morum, p. 311. 

1 4. Tractalus beali Bernardi abbatis Clarœvalensis de interiori homme 
quomodo invenial dominum, p. 315. 

15. Libellus Marlini episcopi [Bracarensis] ad Mironem regem [Sue- 
vorum] de quatuor virtutibus principalibus, p. 352. 

16. Inslilulio novitiorum juxta consuetudinem ecclesiœ Canluariensis. 

17. De passione et resurreclione Domini ex Gregorio Tyronensi de 
geslibus Francorum, p. 392. 

18. De resurreclione exsermonibusAugustini de sabbato pascha?,p. 392. 

19. Gesta Salvatoris noslri, Domini nostri lesu Chrisli qua; invenit 
Theodosius magnus imperalor in lerusalem in pretorio Pontii Pilati in 
codicibus publicis, p. 393. 

20. Libellus de infantia Salvatoris, p. 415. 

21. Hisloria sauctœ Mario) de Sardanay, p. 439. 

22. Tractalus a Ricardo Premonstrensi edilus de canone misFœ et de 
difFerontiis in crucibus faciendis et pluribus aliis faciendis necossariis, 
qUcT sil causa missœ, quœ differentia, quao virtus, quis finis, quo* ratio, 
quœ ulilitas, p. 442. 

23. Hem questiones de sacramento allaris scilicet de corpore Christi, 
p. 455. 

24. Dominica oralio glossata, p. 460. 

25. Symbolum aposlolorum glossatum, p. 462. 

26. De decalogo et decem ejus preceptis, p. 468. 
. 27. De iVnti-chrislo secundum anliquos, p. 473. 

28. De pénis inferni, p. 477. 

29. Quindecim signa [ullimi judicii], t6irf. 

30. Parabolœ Mag. Odonis [de Cerilona] in laudem ipsius qui est A et 
Û, p. 479. 

31. Parabolœ Sancli Bernardi, p. 521. 

32. Quœdam de tempeslatibus et humoribus, etc., p. 529. 

33. Conllictus inler ducem et philosophum de nalura hominis humana 
et proprietabus ejus, p. 531. 

34. Fabulosa hisloria de tribus fratribus, p. 578. 

Les fables d'Eudes qui forment le trentième ouvrage s'étendent 
de la page 479 à la page 520 ; elles sont annoncées par cette sus- 
cription : Incipit prologus in parabolis magisiri Odonis ad laudem 
ipsius qui est alpha et oméga^ et précédées du préambule Aperiam 
in parabolis os meutn. Cette collection des fables d'Eudes est presque 
complète : il n'y manque que les cinq qui dans ma liste portent les 
jjus |b^ |d^ 3gb^ 3ec Qi 42. Elle en possède onze de plus que le ma- 
nuscrit Arundel 275, cinq de plus que le manuscrit de Munich SSotf 



KT LES PARABOLES D*EUDES DE CHERITON. 73 

et quatre de plus que le manuscrit de Munich 14749, et, comme 
son texte est pour le moins aussi pur, on peut la considérer comme 
la plus importante de celles actuellement connue^. Aussi est-ce 
celle que je publie dans cette nouvelle édition des fables d*Eudes. 

Les fables ne portent pas de titres. A la page 486 du manuscrit 
on aperçoit seulement la trace d'une division en deux parties, qui 
résulte de Tindication de la fin de la première intitulée De Volatili- 
bus et du commencement de la seconde intitulée De Gvembilibus. 
Le tout est terminé par cette souscription : Expliciuni parabole 
magistri, 0, ad laudem ipsius qui est alpha et Q, 

B. Manusait 481 . — Ce manuscrit est un très gros volume de petit 
formai, dont les feuillets sont en parchemin et dont l'écriture est 
du XIII* siècle. Nasmith donne dans les termes suivants la nomen- 
clature des ouvrages qu'il renferme : 

i. Hugo de Soiicto Victore de edificaiione clauslri materialis, p. 1. 

2. Idem de duodecim abusionibus clauslri, p. 16. 

3. Idom de claustro anima} spiritualis, p. 85. 

4. Idem ad iiiterrogationem amici, p, 129. 

5. Alcuinus levita [de utilitate animnc ad Widonem comiteml, p. 136. 

6. Trac talus de exhorlalionibus sanctorum palrum, p. 216. 

7. Excerpla ex libro Ecclesiaslici,p. 253. 

8. Meditationes beati Bernardi Clarœvallensis abbalis, p. 312. 

9. Epistola Arislolelis ad Alexandrum regem de sanitale corporis con- 
servanda, p. 371. — Versus,p. 381. 

10. Physiognomia Arislolelis, p. 385. 

11. De inlerprelalione somniorum, p. 404. 

12. Versus de xii abusionibus seculi et clauslri, p. 419. 

13. Versus de decem preceptis el seplem sacramenlis, p. 420. 

14. Versus de seplem œlalibus, p. 421. 

15. Exhortalio Ricardi [Welhersled] archiepiscopi Canluar. ad sacer- 
dotes, p. 426. 

16. Predicalio Goliœ [aulorc Guallero Mapeo], p. 428. 

17. Apocalypsis Goliœ [codera aulore],p. 432. 

18. Odo de Cerilonade brûlis animalibus el volalilibus, [sive parabola»]. 

19. Regida beali Auguslini episcopi, p. 538. 

20. De tribus ex quibus homo constat, sive de spiritu el anima, p. 554 

21. De confessione, sermo Joannis episcopi, p. 561. 

22. Carmen de redemplione humana, p. 566. 

23. Epigrammala, p. 571. 

24. Rosarium de carilale, p. 573. 

25. Signa roundanœ consummalionis, p. 577. 

26. Quid sil homo, quidve omnis caro, p. 579. 



74 ÉTUDE SUR LES FABLES 

27. De obitu hominis, p. 580. 

28. De argutia mulierum, p. 583. 

29. Signa ultimi cliei,p. 585. 

30. Quibus modis revelatur confessio, p. 587. 

31. Miscellaiiea quœdam ex Gregorio, etc., p. 588. 

32. Gregorii tractatus, p. 595. 

33. Exhortatio ducum et ulutatus exercituum, p. 636. 

34. De principalibus vitiis, p. 643. 

35. De levibus peccatis, p. 646. 

36. De peccatis criminalibus. > 

37. Expositio super dominicain orationem, p. 657. 

38. Expositio super symbolum apostolicum, p. 662. 

39. De ponderibus, p. 668. 

40. De etate cognatione et conceplione Salvatoris^ p. 674. 

41 . Tractatus de consanguinitate, p. 676. 

42. Tractatus de numeris, p. 693. 

Les fables d'Eudes, qui forment le dix-huitième des ouvrages 
contenus dans le manuscrit, y occupent les pages 457 à 537. Elles 
sont annoncées par cette suscription : Jncipit prologus in librum 
magistri Odonis de Ciretona de brutis animalibus^ et débutent par le 
préambule Aperiam in parabolis os meun. 

Les fables sont pourvues de titres, mais sont moins nombreuses 
que celles du manuscrit 441 ; elles se composent de celles qui dans 
ma liste générale ont reçu les numéros suivants :!,!**, i*, 1", 2, 2*, 
3, 4, 4*, 5, 6, 7, 9, 10, il, 12, 13, 14, 15, 15*, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 
22, 23, 23», 24, 25, 26, 27, 27% 28, 28% 29, 30, 30% 31, 32, 33, 34, 35, 
36% 39, 40, 42, 42% 43, 44, 45, 46, 47, 48, 48% 49, 50, 51, 51% 52, 54, 
54% 55, 56, 56% 67, 58, 59, 60. 

Le manuscrit ne possède aucune des fables qui dans mon 
tableau (p. 41) dépassent le numéro 60; de sorte que non seule- 
ment il ne renferme que l'œuvre d'Eudes, mais qu'il est encore 
loin de la contenir tout entière. 

4" Bibliothèque de la maison de Saint-Pierre à Cambridge, — Dans 
la préface de son édition des fables d'Eudes contenues dans le ma- 
nuscrit Arundel 292, M. Oesterley a écrit une phrase dont voici la 
traduction : « Un autre manuscrit doit être conservé dans le collège 
de Saint-Pierre à Cambridge, commencer par les mots Iverunl Hgna 
et contenir soixante numéros (1). » 

(1) Jahrbuch fur Romanische und Englische Lileratur. Leipzig, 1868, in-8*. 
(Voyez p. 124.) 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 75 

Cette phrase de M. Oesterley m'avait laissé sceptique, et dans ma 
première édition j'avais exprimé, relativement à l'existence du 
manuscrit, des doutes qui ne manquaient pas de fondement. En 
effet, les Calalogi librorum manuscriptorum Angliœ et Hibemix (t) 
ne signalent comme appartenant à la Maison de Saint-Pierre qu'un 
seul manuscrit concernant Eudes, et l'analyse de ce manuscrit, qui 
porte la cote 103, ne fournit que cette indication : Odonis Chirton 
sive de Cheritona homiliœ de Tempore, 

11 semble ressortir de ces mots que le manuscrit ne renfermait 
que les sermons d'Eudes sur les Ëvangiles des dimanches. S'il avait 
en même temps contenu ses fables, leur importance permet de 
supposer qu'elles n'auraient pas été passées sous silence. 

J'ai voulu en avoir le cœur net, et pour cela je me suis adressé par 
lettre au bibliothécaire de la Maison de Saint-Pierrç, qui m'a fait la 
réponse suivante : « Peterhouse, Cambridge, oct. 4, 1893. Dear Sir, 
I regret to be obliged to inform you that the Ms., about which you 
«nquire, has been missing for some years for our Library. I should 
liave been very glad to answer your questions, if it had been in my 
power. Believe me yours truly, W. E. Barnes (librarian of Peter- 
liouse). » 

Cette lettre ne résout pas la question relativement au contenu 
du manuscrit; mais, comme il en ressort qu'il n'existe plus, ou 
4\ue, s'il existe encore, la Bibliothèque de la maison de Saint-Pierre 
ne le possède plus, il est clair qu'il faut le rayer de la liste des ma- 
nuscrits des fables d'Eudes. 

SECTION IV. 
Bels^qne. 

Je poursuis la bibliographie des manuscrits des fables d'Eudes, 
en en mentionnant deux qui ont existé en Belgique. 

Suivant Oudin (2), la Bibliothèque de VÀbbada Dunensisk Bruges 
possédait de son temps un manuscrit des fables d'Eudes, qui était 
intitulé : Opus texaginta parabolarum, et dont le préambule, diffé- 

(1) T. I, 2» partie, p. 130. 

(2) CommetUarius de smptoribwi ecclesiM antiquis,.. Lipsiœ. M.DCCXXU. 
2to1. in-fol. (Voyez t. II, col. 1624.) 



76 ÉTUDE SUR LES FABLES 

rant, au moins dans son début, du préambule ordinaire, commen- 
çait par ces mots : Quoniam, ut dicit Gregorius. . 

Suivant de Yisch (1), la Bibliothèque des Carthusiens et Carmé- 
lites de Gand au XVII® siècle possédait également un autre manuscrit 
des fables d^Eudes qui commençait par le préambule Aperiam in 
parabolis os meum. De sa nomenclature il ressort qu'il considère les 
fables contenues dans ce manuscrit comme distinctes de la collec- 
tion dite : Opus sexaginta parabolarum. Mais, ainsi que je Tai expli- 
qué, si variées que soient les dénominations employées par les 
bibliographes, elles ne peuvent se rapporter qu'à une seule et 
môme œuvre. 

Quant aux deux manuscrits, ont-ils survécu à la tourmente révo- 
lutionnaire? C'est peu probable. S'ils existent encore, comme il 
n'est pas possible de savoir où ils sont, ils ne doivent pas entrer en 
ligne de compte. 

SECTION V. 
ItaUe. 

Bibliothèque d'Ivrée. — Manuscrit 15. — Je n'ai pas vu ce ma- 
nuscrit, et je n'en connais l'existence que par la mention que M. E. 
du Méril en a faite dans une des notes ajoutées par lui à son His- 
toire de la fable ésopique (2). C'est un volume in-fol. dont l'écriture 
est du XIV® siècle. Les fables d'Eudes qu'il renferme y sont intitu- 
lées : Magistri Odonis Theologi parabolae, 

SECTION VI. 
Snisse. 

Bibliothèque publique de Betme. — Manuscrit 679. — Ce manu- 
scrit, du format in-12, se compose de 96 feuillets en parchemin, 
dont l'écriture à deux colonnes est du xiii® siècle. Le Catalogue im- 
primé de la bibliothèque donne de son contenu l'analyse suivante : 

I. F. i* — f. 77*. Liber exemplorum (historiœ monachalcs, etc.) ab 

(1) Bibliolheca scriptorum sacri Ordinis Cisterciensis. Cologne, 1656, 1 toI. 
m-4, imprime à deux col. (Voyez p. 253, col. 1.) 

(2) Poésies inôdites du moyen âge. Paris, 1854, 1vol. in-8». (Voyez p. 155, note 3.) 



JET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 77 

inilio inullil. '.videront exuiyCt sic non potuit inveniri 7111 testimonium fetrcl 
et evasitf etc. 

2. F. 77» — f. 80». Sermo. Multipharie muîtisque modis karhsimi loque- 
batur deus per prophetas, etc. 

3. F. 80* — f. 96K Fabulœ .£sopi (Ysopi). Lupus etagnus venerunt Libère 
ad fontem, etc. 

La collection de fables contenue dans le manuscrit porte cette 
suscription i/ncipiunt fabule Ysopi, Mais les fables elles-ni«^mes ne 
sont pas pourvues detitres. Elles sont au nombre de 95 et peuvent 
se diviser en deux groupes, comprenant, le premier, sous Al cha- 
pitres, les 48 premières, et le second, sous 42 chapitres, les 47 der- 
nières. 

Dans la deuxième édition de mon ouvrage sur Phèdre et ses 
imitateurs, aux pages 468 etss.du tome I, j'ai analysé celles du pre- 
mier groupe, et aux pages 302 et ss. du tome II j'en ai publié le texte. 
Je n'ai plus à m'en occuper, et il ne me reste ici qu'à faire connaître 
les fables du second groupe. Elles appartiennent toutes à Eudes. Ce 
sont celles auxquelles, dans ma liste générale, ont été dévolus les 
quarante-sept numéros suivants : 1, i«*, i , 2, 3, 4, 4*, 5, 6, 7, 11, 12, 
14, 14% 15, 15% 15*, 16, 19, 20, 21, 23, 23*, 27, 28, 28*, 29, 30, 30*, 
32, 33, 36*, 39, 40, 43, 48*, 49, 49*, 50, 51, 52, 54*, 55, 56, 57, 58, 59. 

Ces quarante-sept fables, quoique assez peu différentes de celles 
des autres manuscrits pour pouvoir être considérées comme une 
copie de l'œuvre d'Eudes, offrent cependant de très nombreuses 
variantes/ Je ne veux signaler que les deux suivantes, fournies par 
ia fable des Arbres qui élisent un roi, où il est question d'un cha- 
noine qui a refusé l'épiscopat et d'un évèque de Meaux. Le premier 
est appelé : Carvientis canonicus, et le second : Hugo, en français 
Hugues. 

Les fables se terminent par cette souscription : Expliciunt 
fabule Ysopi, 



CHAPITRE IV. 



ÉDITIONS DU TEXTE DES FABLES D'EUDES. 



Malgré le nombre respectable des manuscrits qui nous ont con- 
servé les fables d'Eudes, c'est à peine s'il y a cinquante ans que 
les critiques ont commencé à penser à lui, et jusqu'à mon édition de 
1884 il n'avait été publié que des fragments de son œuvre ésopique. 

L'un des premiers, J. Grimm l'a révélée (i) : en 183i, dans son 
édition de Reinhart Fuchs, publiée à Berlin, il a inséré les deux 
fables du Loup devenu moine et des Obsèques du Loup, qu'il avait 
extraites du manuscrit Harley 219 (2). 

En 1835, F. J. Mone, dans VAnzeiger fur kunde der ieuschen Vor- 
zeî7, publia vingt fables latines (3), dont les treize premières étaient 
tirées du manuscrit d'Arras découvert par lui. Ce sont celles aux- 
quelles j'ai précédemment (page il) donné les titres suivants : 

MS. D'aRRAS. 

{ . Le Renard dans un puits et le Loup 21 , 

2. Le Lion, le Loup et le Renard associés 22. 

3. Le Loup devenu moine 25. 

4. Le Lion, les Brebis, le Loup et les Porcs 26. 

5. Le Père de famille, les douze Brebis et le Loup 27. 

0. Le Renard et le Coq 29. 

7, Le Renard et le Chat 47. 

8. Les Habitanls de Wilbey ot le Lièvn» 50. 

*.». Les Obsèques du Loup 52. 

10. La Licorne, l'Homme et les cUmix Vt»is 5i. 

(1) Reinhart Fuchx. Berlin, bci Rcimer, 1834, \ vol. in-8**. (Voyez p. coxxr). 
1^2) Voyez même édition, p. 446 et 447. 

(3) Anzeiger fur kunde der teuschen Vorzeil, Unter fréter Mitwirkung^ etc. 
Vicrter Jahrgang. 1835, Karlsriihc, in-4". 'Voyez col. 355 à 361.) 



FABLES ET PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 19 

MS. d'aRRAS. 

H. Le Renard et le Batelier 55. 

12. Le Renard et les Poules 61. 

13. Le Renard déguisé et les Brebis 62. 

Ces treize fables comprenant les deux déjà publiées par J. Grimm, 
c "étaient en 1835 et ce furent jusqu'en 1842 les seules connues. 

En 1842, à Londres, dans un volume édité par la Percy Socie- 
*>' 0)> M. Thomas Wright, parmi beaucoup d'autres en prose latine, 
fil: paraître dix-sept fables qui étaient tirées d'un des manuscrits 
(t "Hudes et dont voici les titres français : 

N** DB LA LISTK 
COMPLÈTE. 

1. Gautier à la recherche de réternelle félicité 27. 

' 2. L'Abbé et les Moines 1«. 

3. Le Faucon, les Pigeons et le Grand-Duc 2. 

4. La Corneille se plaignant à l'Aigle 3. 

5. La Buse et l'Epervier 4. 

6. L'Oiseau de Saint-Martin 7. 

7. Le Crapaud, sou fils et le Lièvre 14. 

8. Le Renard dans un puits et le Loup 19. 

9. Le Lion, le Loup et le Renard associés 20. 

10. Le Loup devenu Moine 22. 

H. Les deux Compagnons, l'un véridique et l'autre menteur. 27*. 

12. Le Lion, le Loup et le Porc 30*. 

13. Le Renard et le Chat 39. 

14. I^s Obsèques du Loup 43. 

15. J-e Chien et les Joncs 44. 

16. L'Assemblée des Souris et le Chat 54*. 

17. Les Habitants de Wilby et le Lièvre 42*. 

Ces dix-sept fables, exhumées par M. Thomas Wright, n'avaient 
^s augmenté d'autant le nombre de celles qui lavaient été aupa- 
vant; car Mone avait déjà publié les fables 8, 9, 10, 13, 14, 17, de 
^^^rte que les onze autres seules paraissaient pour la première fois, 
^t que le nombre total était élevé seulement à vingt-quatre. 

Douze ans se passèrent. Puis en 1854, dans les notes placées au 
^as des pages consacrées à son Histoire de la fable ésopique et à 
^'Alter i£sopus de Baldo (2), M. E. du Méril exhiba quatre fables, 

(1) A Sélection of latin stories, formanuscripts ofthe thirteenth and fourteenth 
centuries; a Contribution to the history of fiction during the midle âges, Editcd 
by Thomas Wright, Esq.M.A.F.S.A. etc. London. Printcd for the Pcrcy Society. 

M.DCCC.XLII. 

(2) Poésies inédites du moyen âge, précédées d'une Histoire de la fable ésopique. 
Paris, I85i; ! vol. in-8«. (Voyez p. 121, 140, 142 et 249.) 



8e ÉTUDE SUR LES FABLES 

savoir : 1° Le Renard d<'»guisé et les Brebis; 2° Le Renard et le Coq; 
3° Les Anes vêtus de peaux de Lion ; 4° Le Coucou et la Brunette. 
De ces quatre fables tirées, les trois premières, du manuscrit d'Ar- 
ras, la quatrième, de celui de la Bibliothèque Mazarine, les deux 
dernières seules n'étaient pas comprises dans les vingt-quatre 
précédemment mises au jour, de sorte qu'il n'y en avait encore 
que vingt-six portées. à la connaissance du public. 

M. H. Oesterley survint, et, en 1868, dans le Jahrbuch fur Ro- 
manische und Englische Literatur {\)y publia entièrement la collec- 
tion malheureusement incomplète du manuscrit 292 du fonds 
Arundel. D'après la manière de compter de M. Oesterley, elle ne 
se compose que de quarante-cinq fables; mais, si l'on suit celle 
que j'ai adoptée, elle en comprend quarante-six. Comme, parmi 
elles il s'en trouvait seize déjà connues, le nombre de celles précé- 
demment parues n'était augmenté que de trente, qui étaient les 
suivantes : 

N** DK.LA LISTB 
COMPUETB. 

i. Les Arbres qui élisont un roi . 1. 

V. Les Fourmis qui élisent un roi i*. 

3. Les Poussins qui élisent un roi i«. 

4. La Tortue et l'Aigle 5. 

5. Le Loup et la Cigogne 6. 

6. L'Homme chauve et chassieux et les Perdrix 8. 

7. L'Oiseau appelé Freynos 9. 

8. L'Aigle et SCS Petits qu'elle habitue au Soleil <0. 

9. L'Escarbot et son fumier 28*. 

iO. Le Corbeau, le Pigeon et sou Piîtit 40. 

i\. Le Riche et la Vache de la Veuve 42. 

i2. Les Fourmis et les Porcs 42'». 

i3. La Guenon et la Noix 47. 

14. Le Limaçon portant sa maison 48. 

15. Le Limaçon et ses cornes 48». 

16. L'Araignée et la Mouche 48'*. 

17. Le Ilenard qui fait le mort et le Corbeau , . 49. 

18. Le Fromage et le Rat pris au piège 49*. 

19. Le Comte voleur (le grand chemin 51*. 

20. La Brebis blanche, la Brebis noire, l'Ane et le Bouc. . . 52. 

21. La Herse et le Crapaud 53. 

22. Le Faucon et le Milan .- 54. 

23. Le Hibou condamné par TAssemblée des Oiseaux .... 55. 

24. Le Rat sauvé par le Chat 56. 

(1) Voyez p. 127 à 154. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 81 

M** DB L4 LISTB 
COMPÙTB, 

25. Le Serment d'un certain Alexandre 56^. 

26. La Grange en feu 56^ 

27. Le Pélican et ses Petits 57. 

28. Le Loup et le Lièvre 58. 

29. Le Serpent mourant de froid 59. 

30. L'Odeur de la Panthère 60. 

• 

Ces trente fables, ajoutées à celles déjà mises en lumière, ne 
donnaient qu'un total de cinquante-six. 11 y avait donc encore une 
grande lacune à combler. 

En 187i, M. Oesterley s'y appliqua, en publiant dans la même 
revue que les précédentes (i) la plus grande partie des fables con- 
tenues dans le manuscrit de Wolfenbûttel Gude 200. Parmi ces 
fables, celles qui étaient ainsi soumises pour la première fois à 
l'attention du public, étaient celles auxquelles j'ai donné les titres 
suivants : 

K*' DB LA L18TB 
OOMPLBTB. 

i . La Poule qui protège ses Poussins contre le Milan .... 34. 

2. La Cigogne et le Corbeau ii. 

3. Le Chat déguisé en Moine et le Rat i5. 

4. Le Hat de ville et le Rat des champs i6. 

5. L'Aigle privé de la vue par le Corbeau 29. 

6. Le Jeu d'Échecs 36**. 

7. La Huppe et le Rossignol 41. 

8. Le Chien et l'Ombre 61. 

9. Le Paon déplumé par les autres Oiseaux 66. 

10. Les Chiens et l'Ane , . . 69. 

11. L'Aspirant à la condition monacale 72. 

12. Le Bouc et l'Ane 73. 

i3. Le Vieux Père, le Fils et le Petit Firs 73»». 

14. Le Loup à qui le Renard conseille de pocher 74. 

15. Le Laïque et le Clerc 30. 

Grâce à cette publication, le nombre des fables parues, sensible- 
ment augmenté, était de soixante et onze. 

M. Voigt, en 1878, continua, sans l'achever, Tœuvre de vul- 
garisation commencée par ses devanciers. Sous ce titre : Magistri 

{{) Jahrhuch fUr Romanische und Englische Literalur, etc. (Voyez t. XII, 
p. 129 et SUIT.) 

6 



82 . ÉTUDE SUR LES FABLES 

Odonisde Cxringtonia liber parabolarum{\)/\\ publia les vingt fables 
auxquelles j'ai donné les titres français qui suivent : 

N»» DR LA USTK 
COMPLBTK. 

i. Le Loup etla Cigogue 6. 

2. Le Crapaud, son fils et le Lièvre 14. 

3. Le Chat d(^guisé en moine et le Rat !.. io. 

4. Le Renard dans un puits et le Loup 19. 

5. Le Lion, le Loup et le Renard associés 20. 

6. Le Loup devenu Moine 22. 

7. Le Lion, les Brebis, le Loup et les Porcs 23. 

8. Le Père de famille, les douze Brebis et le Loup 23». 

9. Le Renard et le Coq 25. 

iO. Les deux Compagnons, Tun véridique et Taulre menteur. 27*. 

H. Le Lion, le Loup et le Porc. .. ..." 30». 

i2. L*Anc et les Porcs 33. 

\2, Le Renard et le Chat. 39. 

14. Les Habitants de Wilby et le Lièvre 42». 

i5. Les Obsèques du Loup 43. 

46. Le Renard et le Batelier 46. 

17. Le Renard qui fait le mort et le Corbeau. . 49. 

i8. Le Renard et les Poules îjO. 

19. Le Renard déguisé et les Brebis 51. 

20. Le Loup et le Lièvre H8. 

De ces vingt fables dix-neuf avaient déjà été éditées tant par 
M. H. Oeslerley que par ses devanciers, de sorte qu'une seule, 
celle de l'Ane et des Porcs étant révélée pour la première fois, le 
nombre total était limité à soixante-douze. 

11 faut immédiatement dire qu'à la suite des vingt fables par lui 
intitulées Liber parabolarum, M. Voigt en avait ajouté, sous le 
titre d'Ofloniann, dix autres (2), dont il refusait la paternité à Eudes, 
et dont, soit par la forme, soit par le fond, plusieurs lui appar- 
tiennent. Ce sont les suivantes : 

N" DB LA I.I8TK 
COMPLBTB. 

1. Le Rat qui cherche femme 63. 

2. Le Lion qui cherche des ministres et l'Ane 68. 

3. Les Chiens et l'Ane 69. 

4. Le Loup à cpii le Renard conseille de pécher 74. 

(1) Kleinere UUeinische denkmaler der Thiersage aus dent zwdlflen bis vier- 
zehnten Jahrhundert. Sirashouv*^ et Londres, 1818, in-S*. (Voyez p. 113 à 132. 

(2) Voyez inôiiie ouvrage, p. 133 à 138. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 83 

5. Le Lion, le Loup et le Renard associés 20. 

6. Le Chevalier, sa Femme, le Prêtre et le Loup. 

7. Le Loup devenu moine 22. 

8. Le Renard et le Loup engraissé. 

9. Le Lion, TAne et le Coq. 

-i 0. Le Loup confesseur, le Renard et l'Ane. 

If. Voigt indique les sources auxquelles il a puisé ces dix 
fables (1); il déclare avoir enaprunté les deux premières des 
msinuscrits de Munich 8356 et 14749, les fables m et iv, des mêmes 
et du manuscrit Gude 200, les fables v et vi, du Livre d'exemples qui 
forxne la première partie du manuscrit de Munich 14749 (fol. 78^ 
à "^Ok), les fables vu, viii, et ix, des fables xxxvii, xl et l du manu- 
sorit Gude 200, en suivant toutefois pour la fable viii les leçons 
^^i manuscrit de Munich 2631 (fol. 124**), et la fable x du manu- 
sorit de Breslau iv. Q. 126 (fol. 344*). 

De ces dix fables les quatre premières, aussi bien par la forme 

par le fond, sont Toeuvre d'Eudes. Là cinquième et même la 

ième par les sujets sont bien semblables à celles qui portent 

s la liste générale les numéros 20 et 22; mais, comme elles en 

très différentes par la ftiise en œuvre, il ne faut pas les faire 

T dans le compte que j'établis. A plus forte raison faut-il né- 

îr les quatre autres. 

ï^our arriver à la récapitulation complète de toutes les fables 

^ Ki:tdes parues avant ma première édition, il faut ajouter seulement 

^^ c^uatre premières des dix qui précèdent aux soixante-douze déjù 

statées; mais, comme deux d'entre elles font déjà partie de ces 

ières, elles n'en élèvent le total défmitif qu'à soixante-quatorze, 

le nombre des fables authentiques d'Eudes étant de cent douze, 

ties ces publications successives, éparses dans divers ouvrages, 

i «nt omis les trente-huit fables suivantes : 

>••• DK LA LISTK 
COMPLBTK. 

1. Les Grenouilles qui élisent un roi !•». 

2. Les Oiseaux qui élisent un roi H. 

3. L'Escarbot qui bat des ailes 2*. 

4. L'Hérétique et la Mouche 12. 

5. Le Phénix qui renaît de sa cendre 13. 

6. Le Jeune Homme et la Petite Vieille i4*. 

7. L'Araignée, la Mouche et le Vent iî5». 



et 



\ 



84 FABLES ET PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 

8. Les trois sortes de Mouches 15*'. 

9. L'Antilope 17. 

iO. L'Hydre et le Crocodile i8. 

il. Le Fromage, le Rat et le Chat 21. 

i2. Les Chiens, le Cadavre et les Corneilles 2lV 

13. Le Rat, la Grenouille et le Milan 21^. 

14. Le Loup et l'Agneau 24. 

15. La Guêpe et l'Araignée 28. 

16. Le Paysan et les Escarbols 31. 

17. Les Abeilles et les Escarbots 32. 

18. Le Lion, les Rats, les Souris et le Chat 35. 

19. L'Oie grasse et le Corbeau 36. 

20. Le Juste et le Pécheur 36». 

21. Le Fou 36»». 

22. L'Enchanteur 36*. 

23. Le Poussin indompté 37. 

24. Le Milan et les Perdrix 38. 

25. La Puce et l'Abbé 56*. 

26. Le Serviteur du Roi 59*. 

27. La Grenouille et le Bœuf 62. 

28. Le Chevalier et son Fils 62*. 

29. Le Chat et sa Femelle 64. 

30. La Femme élégante , 64». 

31. La Cigogne et le Serpent 65. 

32. Le Crapaud et la Grenouille 67. 

33. Le Chien et les deux Hommes 67*. 

34. Le Corbeau et le Renard 70. 

35. L'Athénien qui veut passer pour philosophe 70*. 

36. La Cigogne et le Chat 71. 

37. Le Fils et son vieux Père 73*. 

38. La Mouche et la Fourmi 75. 

En somme, on peut dire que, lorsque dans ma première édition 
des fables de Phèdre et de ses anciens imitateurs j'ai entrepris la 
publication de celles d^Eudes, elle n'avait pas encore ètè faite. 



CHAPITRE V. 



TRADUCTIONS DES FABLES D'EUDES. 



On ne connaît que trois traductions des fables d^Eudes, deux 
françaises et une espagnole, et, quoique toutes les trois ne puisent 
guère que dans leur ancienneté Tintérét qu'elles présentent, je ne 
crois pas devoir les passer sous silence. 

SECTION I. 
Traductions françaises. 

§ i. — TRADUCTION ANONYME. 

Ici ma tâche est considérablement facilitée par les travaux de 
M. Paul Meyer, qui, dans sa Notice insérée en 1885 dans la Roma- 
nia (i), a donné sur la version française des fables d'Eudes, due à 
un anonyme, les renseignements à la fois les plus complets et les 
plus précis. C'est en grande partie de cette Notice que j'extrairai 
ceux que moi-même je vais maintenant fournir. 

On n'a trouvé jusqu'à ce jour qu'un seul manuscrit de la version 
française anonyme. 11 est actuellement à Cheltenham, dans la 
Bibliothèque Phillipps, dans laquelle il porte la cote 16230. C'est un 
volume composé de 188 feuillets en parchemin, ayant en moyenne, 
sauf ceux chiffrés de 99 à 102 qui sont de dimension moindre, 
20 centimètres de hauteur sur 12 et demi de largeur. L'écriture 
des divers cahiers, dont la réunion a formé le volume, est à deux 

\t) Voyez Romania^ année 1885, t. XIV, pp. 388 à 397. 



86 ÉTUDE SUR LES FABLES 

colonnes du feuillet 7* au feuillet 148; elle est due à divers copistes 
de la fin du xiii*^ siècle. 

M. P. Meyer croit que c'est dans le département de TEure que 
les copistes ont couvert les cahiers de leurs écritures, et il base 
son opinion sur ce que dans Tun de ces cahiers, le Liber ύuivo- 
corum ou Traité des homonymes, qui le remplit, se termine par 
cette souscription : Explicit liber œquivocorum frairis G. de Bar- 
queto (1). Quoique la forme donnée à cette phrase finale permet- 
trait tout d'abord de le supposer, le frère G. de Barquet ne doit 
pas être considéré comme Tauteur du traité. 11 a voulu ou s'en 
dire le copiste, ou s'en dire le propriétaire, et, comme Barquet est 
un village du canton de Beaumont-le-Roger, il est supposable que 
le manuscrit a été constitué et est resté longtemps dans cette 
région du département de l'Eure. 

Ce qui est à peu près certain, c'est qu'au commencement du 
siècle il était encore dans ce département. M. P. Meyer n'est pas 
éloigné de penser qu'il appartenait alors à la Bibliothèque d'Évreux, 
d'où il serait sorti pour passer dans les mains de M. Masson de 
Saint-Amand, qui, préfet de l'Eure sous le premier Empire, aurait 
dû à sa position officielle la possibilité de l'acquérir. 

Devenu propriétaire du manuscrit, M. Masson de Saint-Amand 
avait écrit au bas du premier feuillet Vex-libris suivant : « Biblio- 
thèque de M. Masson de Saint-Amand, conseiller du Roy en tous 
ses conseils, maître des requestes jusqu'en 1790, époque de leur 
suppression, préfet du département de l'Eure à l'organisation des 
préfectures en l'an viir, membre de la Légion d'honneur en 
l'an xm. Ceci est écrit en l'an xiii, février 1805, première année 
du règne de Napoléon I*"*, empereur (2). » 

Après avoir appartenu au préfet impérial, en quelles mains 
passa le manuscrit? Il serait difficile de le dire. Ce qu'on sait seule- 
ment, c'est que, acquis par M. E.-F. Corpet, érudit connu surtout 
pour sa collaboration à la traduction des classiques latins publiée 
par M. C.-L. Panckoucke, il fut après sa mort compris dans la vente 
de ses livres qui eut lieu au mois d'avril 1858. 

A cette vente il fut adjugé au trop fameux bibliophile Libri, et— 

(\) Voyez Romania, année 1885, t. XIV, pp. 385 et 386. 
(2) Voyez Homania, mêmes année et tome, pp. 381 et 382. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 87 

Tannée suivante il fut joint aux livrés manuscrits et imprimés que 
ce dernier fit vendre à Londres, où sir Phillipps s'en rendit acqué- 
reur moyennant la somme de seize livres sterling (i). 

Transporté à Midle-Hill, il est maintenant à Cheltenham, dans 
on palais de style grec appelé Thirlestane house, entre les mains 
des héritiers Phillipps. C'est là que M. P. Meyer l'a étudié et que 
j'en ai moi-même pris connaissance. 

Son contenu, sur une fiche imprimée qui a été collée contre la 
face interne de lun des plats^ a été sommairement indiqué dans 
les termes suivants : 

Brevis traclaius de philosophia. 

Plures apologi. 

De cohabilalione mulierum cum sacerdotibus. 

De disciplina scolaslica Boetii cum commentariis. 

Glossarium. 

Liber equivocorum Johannis de Garlandia. 

Opus synonjraorum Galfridi de vino salvo. 

Cette analyse était trop brève pour être bien édifiante. Aussi 
M. P. Meyer ne s'est-il pas contenté de la transcrire; il en a, dans 
sa Notice, introduit une autre très détaillée, dont je vais donner la 
reproduction abrégée : 

Fol. 1-8 : Suite de morceaux théologiques commençant ainsi : 
** Sicut phisica operatio circa morbum versatur, ita et theologica 
considéra tio circa peccatum. » 

Fol. 9-23 : Fables d'Eudes, à deux colonnes. 

Fol. 23-31 : Divers morceaux théologiques. 

Fol. 31 et ss. : Sermon sur les sacrements. 

Fol. 36-67 : Traité De scolarium disciplina, accompagné d'un 
long commentaire commençant ainsi : « Iste liber quem.pre mani- 
bus habemus, minimus in quantitate, est tamen maximus utilitate, 
unde videndum est que sit materia, que intentio, que utilitas, que 
suscepti operis causa. » Ce début rappelle celui des commentaires 
qui, dans les manuscrits du même temps, ont été ajoutés aux fables 
êsopiques et particulièrement à celles de Walther l'Anglais. 

Fol. 6i)-86 : Glossaire latin de la Bible, débutant ainsi : « Adam 
interpretatur homo sive terrenus vel terra rubra. » A la suite vien- 

l) Voyez Romania, l. et p. précités. 



88 ÉTUDE SUR LES FABLES 

nent on autre glossaire très bref et quelques morceaux tbéolo- 
giques. 

Fol. 90-148 : Commentaire de Pierre Hélie sur Priscien, dont 
voici les premiers mots : « Ad majorem ariis grammatice cognitio- 
nem, primo videndum est quid sit grammatica. » 

Fol. 149-162 : Liber equivocorum, traité des homonymes, qui 
commence par ce vers léonin : 

Auguêlus, tif to. César vel mensis habeto. 

Le texte est expliqué par des gloses interlinéaires et par un 
commentaire prolixe, débutant ainsi : « Augiutus, etc. In principio 
hujus libri assignatur auctor dififerentiam inter banc dictionem Au- 
gustvs, que est nomen substantiMim cujusdam mensis et est pro- 
prium nomen imperatoris Romani. » Ce traité des homon^-mes est 
terminé par cette souscription précédemment transcrite et expli- 
quée : « Explicit liber equivocorum fratris G. de Barqueto. » 

Fol. 163-177. Traité des sjTionjmes commençant ainsi : 

Ad mare ne videar latices déferre, camino 
Igniculum... 

11 est chargé de gloses interlinéaires et d'un long commentaire, 
qui, comme celui du traité précédent, ressemble, à son début, aux 
commentaires des fables ésopiques, et commence en ces termes: 
« A titulo inchoandum est in hoc libro. Titulus talis est : i* Incipit 
Encheridion magistri Galfridi de Vinosalvo, et dicitur Encheriiion 
ab en quod est in, et cyros quod est manus, quia quilibet volens 
habere noticiam vocabulorum unam eamdem rem circumloquen- 
tium istum libellum quasi in manu débet comportare. Cujus libelli 
innuenda est materia, intentio et utilitas^ quis auctor et quis titu- 
lus. » M. P. Meyer a ajouté à son analyse l'indication de divers ma- 
nuscrits qui renferment ce traité. J'ai eu moi-même, en analysant 
ceux des fables de Walther l'Anglais et du Romulus de Vienne, 
l'occasion d'en citer un du xiv® siècle qui le contient (1). Ce traité 
est attribué à Jean de Garlande. 

Fol. 178-183 : Traité grammatical dont voici la première phrase: 
« Barbai ismus est una pars orationis viciosa in communi ser- 
mone. » 

(1) Voyez Fabulistes latins, 2» édition, t. I, p. 689. 



ET LES PARABOLES D*EUDES DE CHERITON. 89 

FoL 183 : Fragment grammatical qui débute par ce vers : 
Est barbarismus verbi conceptio {sic) vilis. 

Fol. 184-188 : Traité grammatical dont les premiers mots sont 
les suivants : « Littera est nota elementi quo çum scribitur et in 
voce dissonat minime. » 

Telles sont les pièces que renferme le volume. Selon M. P. 
Meyer, elles ont été réunies dès la fin du xm* siècle, et, pour l'éta- 
blir, il se fonde sur les deux qu'on trouve, Tune au feuillet 67, 
l'autre au feuillet 188, et qu'une même main a, d'une écriture aussi 
ancienne que le reste, transcrites pour utiliser les blancs. 

Sans nous attarder davantage à l'analyse du manuscrit, passons, 
maintenant à la traduction des fables d'Eudes. 

Elles commencent à la première colonne du feuillet 9*, au haut 
de laquelle on lit ce titre à l'encre rouge : Les Payables maystre Oe 
deCyrintime. Puis viennent le préambule et les fables au nombre 
de soixante-cinq. 

Le texte du préambule a été publié par M. P. Meyer(l); je m'abs- 
tiens de le transcrire. 

Quant aux fables, je vais en donner la nomenclature, en les in- 
diquant par leurs titres français et en plaçant en regard les numé- 
ros attribués dans ma liste complète aux fables latines dont elles 
sont la traduction : 

N** DB I.A LISTK 
COMPLÈTE. 

i. De la ediction (sic) des fuz e la moralité i. 

2. De Tesprevier e del columb 2. 

3. De la corneille e de Tegle 3. 

4. De Tostour e de busard 4. 

5. Du cucuel 4*. 

6. Du lou e de la cygoiunc 6. 

7. De Toisel saint Martin . 7, 

8. De l'oesel qui est apelé mâchefer 9. 

9. Du huan 14. 

10. Du chat et du rat 15. 

11. De la souriz champestre e de la souriz damesche. ... 16. 

12. De la beste qui est apelee Ydre 18. 

13. Du goupil e du lou 19. 

14. Du formage e du rat 21. 

(!) Voyez Romania, année 1885, t. XIV, pp. 391 et 392. 



90 KTUDE SUR LES FABLES 



M** DB LA LUT! 
COMPLÎm. 



15. De la souriz e de la reine 21'». 

16. Du lion, del»lou e du goupil 20. 

il. Du lou cornent vont estre moygue 22. 

18. Des berbiz e du lion e du lou 23. 

19. Du lou e des berbiz. 23». 

20. Du goupil et du coc 25. 

^1. Des asnes e lors segnors 26. 

22. De Gautier e de ses aventures 27. 

23. Du lou e du liovre 58. 

24. Du... (Titre illisible de la fable des Deux bommes,run vé- 

ridique et Tautre menteur) 27*. 

25. Du guibet e de l'yraygne 28. 

26. De l'escharbot 28«. 

27. De l'egle et du corf. 29. 

• 28. De hom lay e un hom lectié 30. 

29. De Tome e de l'escharbot 31. 

30. Des eys e de escharbot 32. 

31. De l'asne e du porc 33. 

32. De la geline e de l'escufle. 34. 

33. Du lion e du chat e de lor gestes 35. 

34. Du prodom e du pecheor 36*. 

35. Del enchanteor 36*. 

36. Du frain ou polain 37. 

37. De le escoulle 38. 

38. Du goupil e du chat 39. 

39. Du corf e du colunb 40. 

40. Du riche hom e d'une vedve 42. 

41. De Wilibemings (1) e du lièvre 42*. 

42. Des formieux e tlu porc 42*». 

43. De la -sépulture du lou 43. 

44. Du chien e du jonc 44. 

45. De unicorne 45. 

40. Du goupil e du passagier 46. 

47. Du singe o de grosse noiz walesche 47. 

48. Du limaçon qui porte sa meson 48. 

49. De Tyreigne e de la guêpe e du guibet 48''. 

50. Du goupil e de l'escoufle 49. 

51. Du goupil e des gelines 50. 

52. Du goupil des berbiz 51. 

53. Du conte robant e des marcheans 51*. 

54. Des borbiz, des asnes e des chevreux 52. 

(1) Dans la fable elle-même, les gens de Wilby sont appelés : Les simples 
Wiliàenlings. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 91 

^<*' DE LA LI8TB 
COMPLETE. 

55. De la herce e du crapoud 53. 

56. Du faucun e de Tescoulle 54. 

57. De la souriz e du chat . 54». 

58. De la primerole e du liuan 55. 

59. De la souriz e du chat.- 56. 

60. Du pellican e ses pigons 57. 

61. Du serpent e del home 59. 

62. Del home e du serjant le Uoy 59*. 

63. Del pantere 60. 

64. Du lou e de l'aignel 24. 

65. Del evesque Theodosie 80. 

Je n'ajoute à celte nomenclature aucun commentaire, et je me 

oontente de faire observer que la version française a dû être faite 

sur un texte identique à celui du manuscrit Douce 88; en effet, 

cl ^une part, ce manuscrit est, avec celui de la collection Meerman, 

l^seul qui possède la fable apocryphe de l'évêque Théodose, et 

1 *on voit que cette fable figure dans la version française; d'autre 

art, dans la fable De la herce et du crapoud du manuscrit Douce 88, 

Il lit ce vieux proverbe : Dieu confunde tant de seynnurs^ et dans 

^ ^i version française on en retrouve cette copie littérale : Dex 

^^^infonde tant seignors. 

M. P. Meyer a donné le texte français de la fable de l'évoque 
héodose. Je ne juge pas utile de le reproduire; ce qui me semble 
3i plus intéressant et que je me permets d'emprunter du travail de 
e savant critique, c'est le jugement suivant, par lequel il termine 
^ Notice (1): 

« Comme texte de langue, la version du ms. Phillipps n'offre 

as un intérêt bien considérable. Cependant on y peut relever cer- 

ines particularités locales, qui méritent d'autant plus d'être notées 

ue les textes en langue vulgaire de l'Eure sont moins communs. 

ns doute, ici comme en tant de textes provinciaux du môme 

k-emps, l'influence si puissante de l'idiome de l'Ile-de-France a dû 

5s 'exercer, et de là bien des inconséquences dans la graphie ; on 

Remarquera toutefois de nombreux cas d'ei pour le latin é ou i to- 

tiiques, et l'emploi assez fréquent de é i>o\xt ié {refetés, refetée, 

avancé, etc.). Je n'oserais pas néanmoins présenter cette version 

(i) Romania, année 1885, t. XIV, p. 397. 



92 ÉTUDE SUR LES FABLES 

des fables d'Eude de Cherrington comme un spécimen assuré du 
français parlé dans la Normandie orientale au xiii* siècle, parce 
que, s'il parait certain qu'elle y a été copiée, il est moins sûr qu'elle 
y ait été composée. » 

§ 2. — CONTES MORALISES DE NICOLE BOZON. 

J'ai cru pouvoir, dans une certaine mesure, regarder comme un 
second traducteur des fables d'Eudes, et, à ce titre, introduire ici 
un écrivain anglais nommé Nicole Bozon, frère mineur, dont les ou- 
vrages en langue française, naguère encore inconnus, ont été dé- 
couverts par M. P. Meyer et révélés par lui au public lettré. 

En 1889, en collaboration avec Miss Toulmin Smith, il en a 
publié un, auquel il a donné le titre de Contes moralises et qui ren- 
ferme la traduction de diverses fables et notamment d'une partie 
de celles d'Eudes. 

Il avait trouvé ces Contes dans deux manuscrits, l'un à Londres, 
l'autre à Cheltenham. Puis, en continuant ses recherches, il s'était 
aperçu qu'au British Muséum, parmi ceux du fonds Harley, il en 
existait un autre qui, entre autres choses, renfermait la traduction 
en prose latine de l'œuvre ésopique de Bozon. 

M. Paul Meyer a réuni aux Contes la traduction latine; en outre 
il a fait précéder les textes d'une savante introduction et les a fait 
suivre de notes, dans lesquelles il a, avec une patience véritablement 
digne d'éloges, recherché les origines probables de chaque conte, 
et d'un vocabulaire pour la confection duquel il a heureusement 
mis à profit ses connaissances spéciales de professeur de langue 
romane. 

Dans ces conditions, c'est son livre qui va presque uniquement 
me fournir la matière de ce paragraphe consacré à Bozon. 

. 1** Personnalité de r auteur. — Ayant à mettre en lumière un écri- 
vain dont avant lui personne ne s'était occupé, M. P. Meyer a dû 
d'abord rechercher son vrai nom. D'une part, le manuscrit de Chel- 
tenham le désignait de ces deux façons différentes : Botoun et J9o— 
souny et une ancienne table des matières placée en tête l'appelait 
Boson; d'autre part, r^'ar/^/Zci^ du manuscrit de Londres portait Bo- 
zon. C'est pour cette forme que M. P. Meyer a opté. Acceptons-la. 

Quant à la qualité de frère mineur donnée à l'auteur, comme à 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 93 

cet égard les deux manuscrits sont d^accord, il n'y avait pas d'in- 
certitude possible. 

Restaient à déterminer sa nationalité et l'époque à laquelle il a 
écrit ses Contes. 

Pour résoudre la première question, M. P. Meyer s'est appuyé 
sur deux indices : remarquant que dans un de ses Contes Bozon 
parle de moutons venus d'Ecosse, et dans un autre, des deux ri- 
vières appelées le Trent et le Der^'ent, il le suppose originaire du 
nord de l'Angleterre. 

Quant à l'époque à assigner à ses Contes, les manuscrits lui ont 
fourni les moyens de la circonscrire dans d'étroites limites : en effet, 
d'une part, ils ne sont pas plus récents et sont peut-être un peu 
plus anciens que le milieu du xiv* siècle, et, d'autre part, il y est 
question, dans des termes qui font supposer qu'il n'existait déjà 
plus, de l'évêque de Lincoln, John d'Alderby, qui mourut en 1320; 
c'est donc entre cette date et celle de 1350 qu'il faut placer la com- 
()osition des Contes. 

2" Contes moralises. — Passons aux écrits de Bozon et disons 
tout de suite que la langue employée par lui était le roman, que les 
î^ormands avaient importé en Angleterre. Et Ton ne doit pas s'en 
■Honner, puisqu'il écrivait dans la première moitié du xiv*' siècle, 
^'est-à-dire à une époque où cette langue était depuis longtemps 
préférée, même par les écrivains d'origine anglaise, à la langue 
iinglo-saxonne, mais où, en se propageant jusque dans les rangs 
inférieurs de la société, elle avait perdu sa pureté première. 

Dans cette langue dégénérée, Bozon a été à la fois poète et pro- 
sateur. 

Je n'ai pas ici à me préoccuper de 'ses œuvres poétiques. 
M. P. Meyer les a amplement fait connaître', d'abord par la minu- 
tieuse analyse, qu'il a fait paraître dans la Romnnia, du manuscrit 
«336 de la Bibliothèque Phillipps (1), ensuite par le dénombre- 
ment qu'il a fait des poèmes de Bozon dans l'introduction à son 
édition des Contes (2). Voici, indiquées seulement par les titres 
qu'il leur a attribués et classées par ordre d'importance, les pièces 
dont l'authenticité ne lui parait pas douteuse : 1" Le Char d'or- 
gueil ; 2** De la bonté des femmes ; 3** La femme comparée à la pie ; 

(1) Année 1884, t. XIII, pp. 497 à 54i. 
2) Voyez pp. xxix à li. 



94 ÉTUDE SUR LES FABLES 

A"^ Poème allégorique sur la Passion ; 5*» Traité de « Dénaluresce » ; 
6»» Sermons en vers; 7® Poème sur l'Annonciation; 8® Prière à la 
Vierge; 9® Paraphrase de TAve Maria. 

Le manuscrit de la Bibliothèque Phillipps dans lequel ces pièces 
existent, en renferme beaucoup d'autres, dont quelques-unes, quoi- 
que non placées sous le nom de Bozon, ont paru à M. P. Meyer être 
du même auteur. En outre, d'après lui, Bozon a composé, toujours 
en vers, un traité de morale intitulé : Proverbes de bon enseignement, 
qui existe dans plusieurs manuscrits, et les vies de neuf saintes 
contenues dans un manuscrit du British Muséum, qui, dans le fonds 
Cottonien, porte la cote Domitien XI. 

Mais, ainsi que je l'ai dit, ce n'est pas des poésies de Bozon que 
j'ai à m'occuper ici, c'est de ses Contes moralises en prose; j'y ar- 
rive. 

Je rappelle que c'est M. P. Meyer qui leur a donné ce titre. Bozon, 
ou plutôt le copiste à qui est dû le manuscrit de Londres, les avait 
appelés Metaphorœ; c'est ce qui ressort de cette phrase placée dans 
le manuscrit de Londres à la fin de la table des matières : Explicit 
tabula metaphorarum secundum fratrem Nicholaum Bozon, de ordine 
Minorum (1). Le mot métaphore n'ayant pas aujourd'hui la signifi- 
cation que l'expression latine metaphora avait au moyen âge, M. P. 
Meyer ne l'a pas employé; mais il a fait remarquer que le titre 
choisi par Bozon, étant donné le sens qu'on y attachait de son 
temps, rendait bien l'esprit de son œuvre, dans laquelle il faisait 
servir des faits réels ou imaginaires, puisés dans l'histoire natu- 
relle, à un enseignement purement moral confirmé accessoirement 
par des exemples, c'est-à-dire par des anecdotes historiques ou 
légendaires et par des fables ésopiques. 

Comment Bozon a-t-il exécuté l'ouvrage qu'il avait ainsi conçu? 
On le devine aisément : Tordre adopté par lui devait être et est en 
effet différent de celui des recueils, où les fables sont la chose prin- 
cipale; c'est la thèse philosophique qui occupe le premier rang, et 
l'exemple, au lieu de la précéder, vient à la suite. 

Bozon, ainsi que le constate M. P. Meyer (2), ne se distinguait 
pas par un esprit original : pour accomplir la tâche qu'il s'était 



(1) Voyez l'Introduction, p. m. 

(2) Voyez l'Introduction, p. xxviii. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. % 



> 



ainsi imposée, il n'a, pour ainsi dire, rien tiré de son propre fonds. 
C'est du traité De Proprietatibus rerum du frère mineur Barthelemi, 
dit Barthelemi l'Anglais, et probablement d'autres compilations 
analogrues, qu'il a emprunté les faits d'histoire naturelle desquels il 
a déduit des leçons morales, et pour ses exemples il ne s'est pas 
montré plus inventif; il les a pris à des sources très diverses. 

Ses Contes sont répartis entre cent quarante-cinq chapitres, 
divisés ordinairement en deux parties. Mais, quoique la seconde 
soit toujours réservée à l'exemple, Bozon ne s'interdit pas de citer 
quelquefois, dans la première, des fables que dans ce cas il résume 
en peu de mots. Dans le manuscrit de Londres les chapitres ont 
été pourvus chacun d'un titre moral en latin. 

M. P. Meyer suppose que les titres et la division en cent qua- 
rante-cinq chapitres elle-même ne sont pas dus à Bozon et que 
c'est l'œuvre d'un ancien copiste. C'est probable. 

Quoi qu'il en soit, désirant ne pas sortir des limites que l'objet 
de mon étude m'impose, je crois devoir m'abstenir de transcrire 
ici la longue nomenclature des chapitres, et, après avoir recherché 
quelles sont, parmi les fables françaises qui s'y trouvent tout en- 
tières ou simplement citées, celles dont le texte latin figure dans 
le présent volume et dans les trois précédents, je vais me borner 
à en établir la liste. 

La voici, accompagnée de l'indication des numéros des fables 
qui dans l'œuvre purement ésopique d'Eudes correspondent ii 
celles de Bozon : 

KuDKs. Bozon. 

\. Le Lion, le Loup, le Renard et l'Ane i. 

2. Le Corbeau et le Renard 70. 8. 

3. Le Mauvis et rÉtourneau. {{. 15. 

4. Le Chat-huant et rAutour 4. 17. 

5. Le Paon et la Destinée 18. 

6. Le Loup et le Lièvre 58. 21. 

7. Le Lion régnant 2:t. 

8. Le Coq et TAnneau 2(». 

9. 1^ Licorne et THomme 45. 20. 

10. Le Renard et le Paysan 30. 

H. L'Ermite murmurant contre la Justice divine ... 31. 

12. La Brebis et la Corneille 34etl21. 

n. La Guenon et ses de u.\ Petits 42. 

14. Le Loup et le Hérisson 42. 



96 ÉTUDE SUR LES FABLES 

EUDBS. BOZON. 

15. Le Roi de Grèce et son Frère 43. 

16. L* Aigle et ses Petits qu elle habitue au Soleil. ... 10. 4*. 

17. Le Médecin malgré lui 44. 

18. Le Loup, le Renard et le reflet de la Lune 74. 40. 

19. Le Singe et son Petit dévoré par l'Ours 47. 

20. Le Loup et l'Agneau 24. 49. 

21. Le Pélican et ses Petits 57. 51. 

22. L'Antilope 17. 53. 

23. Le Chat qui déserte le logis 64. 53. 

24. La Brebis plaidant contre le Loup par devant le 

Lion 55. 

25. Le Renard et le Pigeon haut perché 61. 

26. Le Loup et la Grue 6. 72. 

27. L'Éléphant et les Chasseurs 73. 

28. 1,0. Singe et le Renard 74. 

29. Le Rat qui cherche femme 03. 75. 

30. Le Pape, la Veuve et le Diable 86. 

31. Le Moine et l'Oiseau 90. 

32. Le Soleil qui se marie 91. 

33. Le Salut du Diable à l'Archevêque 93. 

34. Le Bûcheron et la Forêt. 94. 

35. L'Ermite qui se brûle les doigts 97. 

36. Le Convoiteux et l'Envieux 112. 

37. L'Arbre appelé IhpiÔiÇtov. 116. 

38. Le Renard et le Pigeon 39. 116. 

39. L'Ane et le Porc 33. 120. 

40. Le Limaçon et ses Cornes 48\ 121. 

41. L'Assemblée des Souris et le Chai 54^. 121. 

42. L'Araignée et le Vent 48»». 124. 

43. Le Mouton et le Renard 19. 128. 

44. Le Lion et le Rat 129. 

45. Les Bœufs et leur Maître 130. 

40. Le Lion et ses Compagnons 20. 131. 

47. Le Lion, le Renard et l'Ane sans cœur 142. 

48. Le Renard engraissé et Chat 145* 

Les quarante-huit fables dont se compose cette liste sont loin 

d'élre les seules que renferment les Contes de Bozon. Mais, comme 
aucune des autres, quoique probablement elles ne soient pas ori- 
ginales, n'a été tirée de celles publiées dans ce volume et dans les 
trois précédents, je les néglige pour ne m occuper que des quarante- 
huit qui viennent d'être énumérées. 

Par cette liste on voit que sur les quarante huit fables il y en a 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 97 

vingt dont la rédaction latine existait déjà dans le recueil d'Eudes, 
et bientôt on pourra remarquer que cinq de ces vingt et trois des 
autres se trouvent dans les additions faites par les compilateurs à 
son œuvre. Ce sont celles que j*ai intitulées : L'Ermite murmurant 
contre la Justice divine; La Guenon et ses deux Petits; Le Pélican 
et ses Petits: Le Chat qui déserte le logis; Le Rat qui cherche 
femme: Le Pape, la Veuve et le Diable; L'Arbre appelé nspiôéÇtov; 
Le Renard engraissé et le Chat. 11 s'ensuit que c'est de compila- 
tions comprenant les fables d'Eudes réunies à d'autres que Bozon a 
sortout fait usage. 11 est vrai que sa traduction montre qu'il a recouru 
quelquefois à des matériaux autres que ces compilations. Mais ce 
qu'il faut immédiatement rappeler, c'est que, de toutes les œuvres 
qu'il a mises à contribution, c'est celle d'Eudes qui a eu le plus à 
subir ses emprunts, et que, par suite, quoiqu'il se soit également 
seni de collections qui figurent dans mes précédents volumes, 
c'est bien dans celui consacré à Eudes qu'est sa véritable place. 

Il ne faudrait pourtant pas croire que Bozon a puisé dans les 
fables d'Eudes la matière de toutes celles dont les sujets leur sont 
communs. Par la liste qui précède on voit bien que ces fables sont 
au nombre de vingt. Mais sur ces vingt il y en a neuf dont on 
retrouve la forme latine dans les recueils que renferment mes 
trois premiers volumes : ce sont celles qui portent les n*** 70, 74, 
24, 6, 63, 39, 54*, 19 et 20. Bozon a pu s'inspirer des rédactions 
qu'ils lui offraient. Quant aux onze autres fables d'Eudes, elles 
ne sont qu'en partie originales, et Bozon pour sa traduction a pu 
aussi ne pas faire uniquement usage de leur texte. 

Pour se rendre compte, autant que possible, de la mesure 
dans laquelle Bozon a composé ses fables d'après celles d'Eudes, 
M. P. Meyer a eu la patience, dans les notes qu'il a, dans son édi- 
tion, placées à la suite des Contes, de comparer, pour ainsi dire 
une à une, chaque fable française à la rédaction latine correspon- 
dante. Malheureusement cet exameh comparatif ne lui a fait obtenir 
que peu de résultats positifs. Le texte latin d'Eudes ne lui a paru 
«Ire incontestablement la base directe de la version française que 
dans les fables que j'ai intitulées : le Chat-huant et l'Autour, le Loup 
6t le Lièvre, le Chat qui déserte le logis, l'Ane et le Porc. A ces 
Quatre fables on peut, je crois, ajouter une cinquième : le Lima- 
çon et ses cornes. Quant à celles d'Eudes qui seraient au moins la 

7 



98 ÉTUDE SUR LES FABLES 

base indirecte de la version française, M. P. Meyer en indique 
deux, TAssemblée des Souris et le Chat et le Rat qui cherche 
femme. 11 a au contraire considéré comme tirant leur origine de 
Marie de France les fables dont voici les titres : Le Singe et son 
Petit dévoré par TOurs, Le Renard et le Pigeon haut perché, Le 
Soleil qui se marie, Le Bûcheron et la Forêt, Les Bœufs et leur 
Maître, Le Lion malade, le Renard et TAne sans cœur. On remar- 
quera que le sujet d'aucune dç ces fables n'a été traité par Eudes: 
mais il ne s'ensuit pas qu'on puisse, sans hésitation, affirmer (jue 
ce sont celles de Marie que Bozon a traduites, et l'on peut se deman- 
der si elles ne sont pas plutôt dérivées du Romulus anglo-latin 
dont Marie a été indirectement la poétique interprète. 

L'examen auquel M. P. Meyer a procédé n'a en somme fait 
acquérir une certitude complète que pour bien peu de fables. 
D'une part la multiplicité des rédactions latines de la même fable, 
d'autre part la forme donnée par Bozon à ses traductions, qui, sui- 
vant l'usage de son temps, n'ont jamais été littérales, ne permet- 
taient que rarement d'indiquer, sans crainte d'erreur, quel était 
parmi les textes celui sur lequel il avait fait son travail. Mais, quoi- 
que la démonstration matérielle ait été rarement possible, en fait 
on peut être convaincu que Bozon a réellement traduit le texte 
d'Eudes dans d'autres cas que ceux que M. P. Mcyor a pu con- 
stater, et qu'en définitive c'est surtout de ce fabuliste qu'il a été 
le traducteur ou tout au moins le paraphraste. 

3® Manuscrits, — Les deux manuscrits de Londres et de Chel- 
tenham qui nous ont gardé les Contes de Bozon dépendent, l'un, de 
la Bibliothèque de la Société de Gray's Inn, où il porte le n*» i^. 
l'autre, de la Bibliothèque de sir Thomas Phillipps, où le n^ 836t) lui 
a été dévolu. 

A. Manuscrit 12 de Gray's Inn. — Ce manuscrit esl un petit in-r* 
de 286 feuillets en parchemin dont l'écriture parait être du mi- 
lieu du xvi« siècle. Voici, d'après M. P. Meyer (i), l'analyse de son 
contenu : 

i. Deux sermons latins (ff. 1 à 8). 

2. Ars prxdicandi (ff. 8 à 12). 

3. Sermon latin (ff. 12 à 13). 

(1) Voyez, en lête des Contes mo7'atisrs de liozon, rinlrodiiction. p. lxvi:. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 99 

i. Les Contes de Bozon (if. 15 à 49). 

5. La règle de Saint- Aup^ustin, avec le commentaire de Hugues 
de Saint-Victor (ff. 51 à 68). 

6. Traité de saint Bonaventure : De vita béate Virginis(îï. 69 à 78). 

7. Sunima de viciis, commençant ainsi : aTractatus iste continet 
novem partes... » (ff. 79 à 260). 

8. Traité des quatre vertus cardinales, imparfait à la fin, le ma- 
nuscrit ayant perdu ses derniers feuillets, et débutant par ces mots : 
« Postquam dictum est de morbis anime... » 

N'ayant pas eu Toccasion de prendre connaissance du manu- 
scrit, je n'en puis donner une description plus complète. Le seul 
renseignement que je puisse ajouter, c'est qu'il a été analysé par 
M. A. J. Horwood dans le Catalogue des manuscrits de la Biblio- 
thèque de la Société de Gray's Inn publié par ses soins à Londres, 
en 1890, dans le format in-8®, sous le titre : A Catalogue of the 
€tncient manuscripts belonging to the honourable Society of Gray's Inn, 
B. Manuicrit 8366 de la Bibliothèque Phillipps. — J'ai eu Tocca- 
s^ion de dire que ce manuscrit avait été très amplement analysé par 
Bil. P. Meyer dans le xiii* volume de la /iomania, aux pages 497 à 
S41. C'est de lui que j'emprunte les renseignements sommaires qui 
suivent. 

^ Le manuscrit Phillipps était, à la fin du xvii*' siècle, conservé 
ans une Bibliothèque privée du comté d'Oxford, dont le proprié- 
ire était Henri Farmer de Tusmor. Il est analysé, sous le n^ 9, 
ans le Catalogue de cette Bibliothèque, qui a été lui-même publié, 
ux pages 358 et 359, dans le tome II des Catalogi Ubrorum manu- 
4:riptot*um Anglix et Hibemiœ imprimés à Oxford en 1697. 

Devenu la propriété de Richard Heber, il a figuré, sous le n^ 1 470, 

ans le catalogue dressé pour la vente de sa bibliothèque, et c'est 

cette vente qu'il a été acquis par sir Thomas Phillipps. 

11 se compose de quatorze cahiers, dont les écritures, quoique 

^e mains diverses, sont à peu près du même temps, et qui ont été, 

^ la fin du xiv« siècle, réunis en un volume de 0'°,230 de hauteur 

ïsur 0",170 de largeur. C'est alors qu'a dû être rédigée la table 

Succincte qui se trouve au verso du premier feuillet. 

Les quatorze cahiers comprennent cent cinquante-quatre feuil- 
lets, fournis par chacun d'eux dans les proportions suivantes : C. i, 
ff. 1 àl3;C. II, ff. 14 à 25; C. m, ff. 26 à 37; C. iv, ff. 38 à49;C. v, 



iOO ÉTUDE SUR LES FABLES 

ff. 50 à 61 ; C. VI, ff. 62 à 73; C. vu, ff. 74 à 85; C. viii, ff. 86 à 95; 
C. IX, ff. 96 à 106; C. x, ff. 107 à 119; C. xi, ff. 120 à 129; C. xii, 
ff. 130 à 139; C. xiii, ff. 140 à 151 ; C. xiv, ff. 152 à 154. A ia suite 
viennent encore cinquante-sept feuillets renfermant des pièces la- 
tines et anglaises dues à plusieurs mains. 

Voici, d'après M. P. Meyer, le contenu du manuscrit : 

1. Traité de Gautier de Biblesworth pour apprendre le français (fol. 2 
à 14 v«). 

2. Le Chastel d^ leal amour (fol 15 à 15 v»). 

3. LWrt de vénerie, par Guillaume Twici ou Twety (fol. 15 v« à 36). 

4. Recettes culinaires en anglais (fol. 19 à 24 v*»). 

5. Suite do l'art de vénerie (fol. 24 v® à 36 v«). 

6. Poème sur la Passion en quatrains, par Nicole Bozon (fol. 38 à 
40 v<»). Dans le dernier quatrain on lit ces deux premiers vers : 

Jo pry Deu ke Boioun veynne bon atyrë 
En route ceste dame dount ay cy parlé. 

7. La Plainte d'amour. 

8. Traité de naturesae par N. Bozon (fol. 49 v») : « Geo tretis de natu- 
resse fist frero Nicli. Boioun, frère menour. » 

9. L'.4rc Maria, paraphrase par N. Bozon (fol. 50) : « Gest trelys fisl 
frère Nicliol. Bosouii del ordre frères meneurs. » 

10. Prière à la Vierge par N. Bozon (fol. 50 v«) : « Le trelys (ist frère 
NiCH. BoiouN del ordre de frères menours. » 

11. Saillis a la Vierge (fol. 52 v« à 56). 

12. La Plcure-Chante (fol. 56 à 57 v°). 

13. Les neuf Joies Notre-Dame (fol. 57 v« à 59). « Gest trelys tist fiere 
Nich. Boioum frère menour. » 

14. Débat entre une lille et sa mère (fol. 59 à 59 v*). 

15. Prière à la Vierge. 

16. Traité ascétique en prose française (fol. 62 ù 65 v«). 

17. Le Ghar d'Orgueil (fol. 66 à 74) : u Gest trelys Hst frère Nioh. 
Boioun, del ordre de frères menours. » 

18. Paroles il«' Jésus-Ghrist sur la croix (fol. 74). 

19. Ghanson (fol. 74 à 74 v»). 

20. Femme comparée à la pie par N. Bozon (fol. 75) : « Gest Iretys lis J 
frère Nich. Boioun del ordre de frères menours. » 

21. Poésie sur l'Annonciation par N. Bozon (fol. 75 v*») : « Gest Irelv5 
list frère Nich. Boioun del ordre de frères menours. » 

22. Débat du Gorps et de l'Ame (fol. 76 à 77 y**). 

23. La plainle Notre-Dame (fol. 77 v<» ù 78). 

24. Le débat de la Vierge et de la Groix (fol. 78 à 79 v°), rommenraul 

par ces deux vei s : 

Comment NostreDamo e la Croix 
Dosputcrent sanz nulo voix, 



ET LES PARABOLES D^EUDES DE CHERITON. iOJ 

2o à 31. Morceaux formant les diverses parties d'une sorte d'exhor- 
tation morale (fol. 80 à 84). A la fin on lit : 

Pryez Deu pur Bosoun 
Ke vous fet coo sermoun. 

32 à 33. Deux petites pièces (fol. 84 à 85). 

34. Prière à la Vierge (fol. 85 v<»). Cette pièce et les deux précédentes 
ont paru à M.- P. Meyer être de Bozon. 

35. VAve Maria en couplets coués (fol. 85 v*»). 

36. Invocation à la Croix, en dix vers (fol. 85 v« à 86). 

37. La Prière de Notre-Dame par Thibaut d'Amiens (fol. 86 à 86 v*). 

38. Notes en latin avec gloses françaises sur les diverses sortes de 
faucons, sur l'armement du chevalier tant pour le louuioi que pour la 
guerre (fol. 86 v« à 87). 

39. L'ordre de chevalerie de Hue de Tabarie (fol 87 ù 90). 

•40. Poème allégorique en quatrains, où Jésus est représenté sous 
l'apparence d'un chevalier (fol. 90 v® à 91 v**). 

41. Pièce en couplets coués sur l'amour de la Vierge (fol. 91 \^). 
42 à 43. Chansons de Gautier de Biblesworth (fol. 92 à 95 v«). 

44. Recueil de proverbes rangés par ordre alphabétique (fol. 96 à 
106 vo). 

45. Le Roman de Fortune par Simon de Freine (fol. 107 ù 116). 

46. Lettre du prince des envieux (fol. 116 à 146*). 

47. Paiaphrase du Pater (fol. 116* ù 117). 

48. Salut à la Vierge en quatrains (fol. 118» à 119*>). 

49. Les Contes moralises de Bozon, sans nom d'auteur (fol. 120 à 
153 v«). 

50. Lettre ou formule de lettre où sont énumérées toutes les qualités 
d'un épervier idéal et qui est suivie d*un court extrait du livre de Sydrac 
(fol. 154). 

51. Enfin viennent une suite de sermons prêches à Oxford par frère 
William Herebert, quelques autres morceaux et des traductions anglaises 
de plusieurs hymnes. 

C. Examen comparatif des deux manuscrits, — Lorsque M. P. Meyer 
a publié les Contes moralises de Bozon, il a dû nécessairement, 
avant d'opter pour l'un d«s deux manuscrits qui les contenaient, 
procéder à leur examen comparatif. 

De son examen il est ressorti que l'ordre des morceaux n'était 
pas le même dans les deux, que celui du manuscrit Phillipps, étant 
le plus rationnel, était probablement le vrai, et que c'était aussi le 
plus correct. 

11 n'en a pas moins pris l'autre pour base de son édition. Les 
raisons qui ont déterminé son choix sont les deux suivantes : la 



102 ÉTUDE SUR LES FABLES 

première est renlèvement du feuillet 143, qui a fait disparaître 
Texemple du chapitre 4i et les chapitres 45 et 46 tout entiers, 
Tomission par le copiste des chapitres 87 à 96 et l'absence des 
chapitres 144 et 145 par lesquels le manuscrit de>Tait se terminer. 
La seconde raison, c'est que le manuscrit de Gray's Inn a une qua- 
lité qui fait défaut à celui de Cheltenham, à savoir : la division en 
chapitres, pourvus de titres qui font connaître l'objet de chacun 
d'eux, et généralement subdivisés en deux parties consacrées, 
l'une à l'enseignement moral, l'autre à l'exemple à l'appui. 

En outre, il a<5onsidéré que, si le texte du manuscrit de Chelten- 
ham est le plus correct des deux, il n'est pas non plus irrépro- 
chable, et que d'ailleurs, dans les endroits où ses leçons étaient 
préférables, il lui serait facile de s'en servir pour rectifier l'autre. 

Je n'ai pas à justifier le choix fait par M. P. Meyer. En résumant 
ses observations, mon seul but a été de montrer en quoi les deux 
manuscrits difTèrent l'un de l'autre, et ce point me semble mainte- 
nant assez élucidé pour qu'il soit inutile de s'y arrêter davantage. 

4® Version latine des Contes de Bozon. — Sans avoir eu la vogue 
des fables d'Eudes, les Contes de Bozon ne furent pas non plus dé- 
daignés. C'est ce qu'atteste la version latine en prose qui peu de 
temps après leur apparition en a été faite. Ainsi que je l'ai dit plus 
haut, M. F. Meyer a publié cette version à la suite du texte français 
de Bozon. 11 l'a extraite d'un manuscrit in-4<* de la fin du xiv* siècle 
qui au British Muséum porte dans le fonds Ilarley la cote 1288. Elle 
y est jointe à beaucoup d'autres pièces d'origines diyerses, dont la 
description, fournie par le Catalogue imprimé, me semble assez 
intéressante pour que, malgré sa longueur, on ne me blâme pas 
de la transcrire. La voici : 

. Traité intitulé Spéculum Christiani. Incomplet 9. 

InA^ercalés dans le texte, il y a ici beaucoup de vers en vieil 
anglais et aussi de la prose anglaise, que suit une collection de 
légendes en latin, avec ces titres : 

2. De Confessione et Penilentia, 48. 

3. Narracio de homine qui duxit annos suos iu Luxuria. . . iWd. 

4. Narracio Bona de Contricione Gordis 48*». 

5. Narracio Bona de Lalrone pœnitenle Ibid, 

6. Narracio de eadem Confessione 49. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 103 

7. De homine salvato per Gontricionem Ibid, 

8. Nairacio bona de Adultéra dampnata 49*». 

9. De qiiodam peccatore, et de Virtute Confessionis 50. 

10. De Armigero Adultero et per Goufessionem liberato. . . 50*». 

H. De Filia cujusdam Divitis, qui distulit Confessionem. . . Ibid. 

12. De Misse celebratione pro Defunctis . Ibid, 

13. De Sacerdote célébrante pro anima Matris sue 51''. 

14. De lucliisa vigilante juxta Ecclesiam, et audiente De- 
mones Ibid. 

15. Narracio Bona de Salvacione Animarum 52*». 

16. De religioso Viro in extremis clamante Maledicta Hora. . Ibid. 

17. De Muliere vivente in Luxuria tota vita sua 53. 

18. Narracio de Juvene habente Goncubinara 53*». 

19. De virtute Gonfessionis et Sanguinis Ghristi 54. 

20. Narracio contra ipsos qpii indigne sumunt corpus Gristi . . 54. 

21. Narracio Bona et Utilis de Vindicta Dei 54*». 

22. De Demoniaco qui dixitHominibus omnia que fecerint. . . Ibid. 

23. Narracio Bona et Utilis, de duabus mulieribus Parisien- 

sibus 55»». 

24. Narracio Mirabilis de sentencia Excommunicacionis Beati 
Augustini Anglorum Apostoli, et qpialiter resuscitavit duos mor- 
taos. Cela commence ainsi: « Est viens in Pago Oxenfordensi, 
sex Militarijs distans a loco qui dicitur Wodestokc, Gometoua 
Nomine. etc. » 

25. Narracio de virtute Aquœ Benedicta» 58. 

26. Gharta, ut nonnulli dicunt D. N. J. G 58»». 

27. Narracio Bona de proprie tate Asini Ibid. 

28. Narracio Bona de Sancto qui expulit I)u;monem Ibid. 

29. Narracio in Gestis Romanorum, de Rege accidioso. ... 59. 

30. Narracio Bona de duobus Viris invicem liligantibus. . . . Ibid. 

31. De tribus Judeis a Monte Galverie revertentibus 60. 

32. Narracio de Judeo veniente ad Ecclesiam Grislianorum. . 60»». 

33. Narracio de alio Judeo veniente ad Ecclesiam Grislianorum. . 61. 

34. Optima Narracio de Rege Griso Ibid, 

35. Narracio Bona de Religioso jacente in Dormitorio. . . . Ibid. 

36. Narracio Bona de tribus filijs Militis demorlui 61*». 

37. De Letania Majore et Minore 62*». 

38. De Jejunijs Quatuor Temporum 63. 

39. Narracio Bona et Utilis, in die Pasche 63*». 

40. Narracio Bona in die Pasche. , 64. 

41. In die Pasche narranda est illa Narracio 64»». 

42. Narracio quare Mulier facta est de latere Viri 65. 

43. Temptacio Serpentis Ibid. 

44. E Bernardo de Passione Domini 65*». 

45. De Gonfessione Hominis 66*». 

46. In Festo Philippi et Jacobi 67»». 



104 ÉTUDE SUR LES FABLES 

47. De Josepho Arimathea, a Tito Yespasiano Jerosolymas in- 
Irante, invento iotra muros incluso ... * 61*». 

48. Narracio Bona et Ulilis, de Amore Jhesu Crisli 68. 

49. Narracio in die Parasscues (sic) 68*^. 

50. Narracio de Rege habenle filiam mullum dilectam. . . . Ibid. 

51. Narracio de duobus Demonibus fabulanlibus 69i>. 

52. Narracio de Bona mundana maie adquisita Ibid. 

53. De Homine existente in Desperacione 70. 

54. De Delractione Ibid. 

55. Narracione (sic) de Anima existente in G lacie 71»>. 

56. In die Dedicacionis Ecclesie, Narracio Bona Jbid. 

57. Gontricio perfecta libérât aliquando a Gonfusione tempo- 

rali. (Incomplet] Ibid. 

58. Oblacio non débet fieri nisi de Bono 72. 

59. Cineres Sacre, dévote sunt accipiende Jbid. 

60. Maria devolos sibi amore libérât ex Miraculis ejus 72*». 

61. Ave Maiia, dict. dévote, libérât Homines a potestate Dia- 
boli. Ex Lcgenda Lombardica Ibid. 

62. EucUarislia, sumpta ab InHdeli, a Gombustione eum pro- 
texit 73. 

63. Exemplum valde Bonum . . . . ♦ 73'». 

64. Exemplum valde Bonum et Utile Hominibus Ibid. 

65. Nota de Nativitate Gristi 74. 

66. Questio Ibid. 

67. De Confessione et Penitencia, Narracio Bona 74'». 

68. An imperfect Treatise toucbing the 7 deadly Sins (in 
some Books ascribed to John Wycliffe, and intire in the MS. 

67. A. t) 81. 

69. A Form of Gonfession of Sins; prolix enough. (Incom- 
plet) 95. 

70. IIow that Patiens is a gênerai Remedy agayn ail Trawey- 

lys and Temptaciouns 100*». 

71. Of spécial Remedise ageyns diverse Passiouns and Tra- 

vels, Ihat comes out of the 7 principalle Vices. 101*». 

72. De Natura Pollucionis; valde salubris 105*». 

73. De Solempnitate Sancti Nominis Jesu 108*». 

74. Narracio bona de Judice jurante 109. 

75. Narracio valde Bona; de Sanclificacione diei Dominicœ.. . 109**. 

76. Narracio de Muliere S. Eucharistiam deridente 110. 

77. Narracio Bona, de Sacerdote ab Offîcio suspenso 110*». 

78. Narracio de Armigero Bona, i. e. de Executore Testamenti 
injuslo Ibid. 

79. Denique sequitur Tractatus (in fine mancus) aliéna manu, partim 
super membranas, alque partim super chartas exaratus; qui ab his verbis 
incipit : « In isto parvo Libello sive Opusculo potcst quis invenire multi- 
plex Exemplum pro materijs diversis, unde possit addisci ad reproban- 



ET LES PARABOLES D^EUDES DE CHERITON. i05 

dum Malum, scilicet Peccatum; et ad eligcndum sivo amplexandum 
Boiiuin, scilicet Yirtutes et Opéra bona. » 

C est à la version latine des fables de Bozon que se réfère le 
n* 79 et dernier de cette nomenclature. Ainsi indiquée, elle aurait 
très probablement échappé à l'attention de M. P. Me ver, si M. Ward 
ne la lui avait pas signalée. 

L'ordre des matières, qui dans cette version est le même que dans 
le texte français du manuscrit de Cheltenham, fournit un argument 
à ajouter à ceux par lesquels M. P. Meyer a démontré que celui de 
ce manuscrit était le vrai. 

Mais si les contes latins sont bien rangés, ils ne sont pas au 
complet. La majeure partie des chapitres a disparu. 11 ne reste 
que ceux correspondant aux trente-sept qui dans le manuscrit de 
Londres portent lès numéros 1 h 20, 142, 143, 121 à 133, 21 et 22. 

Ces trente-sept chapitres ne renferment que quatorze fables 
ésopiques se rapportant à celles qu'on trouvera tant dans le pré- 
sent volume que dans les trois précédents. En voici la liste : 

BOZON. KUDBS. 

i. Le Lion, le Loup, le Renard et TAne 4. 

2. Le Renard et le Corbeau 8. 70. 

3. I^ Buse qui a tué une Colombe 15. H. 

4. Le Chat-Huant et TAutour. / 17. 4. 

r>. Le Paon se plaignant à la Destinée 18. 

6. Le Lion, le Renai'd et l'Ane sans cœur 142. 

7. Le Limaçon et ses cornes 121. 48*. 

8. L'Assemblée des Souris et le Chat 121. 54». 

9. L'Araignée et le Vent . 124. 48^. 

10. Le Mouton et le Renard 128. 10. 

H. Le Lion et le Rat . 129. 

12. Les Boeufs et leur Maître 130. 

13. Le Lion, le Poulain et la Chèvre 131. 20. 

14. Le Loup et le Lièvre. 21. 58. 

Indépendamment de ces fables, il y en a encore dans le texte 
lalin trois autres, dont voici les titres accompagnés dos numé- 
ros appartenant à la rédaction française dans le manuscrit de 
^ndres : 

10. Le Corbeau et les Mouches; 
14. L'Escoufle et le Corbeau ; 

132. L'Homme, son Fils et TAne. 



106 ÉTUDE SUR LES FABLES 

Les quatorze fables précédemment énumérées étant, au moins 
indirectement, dérivées de certaines de celles que je publie actuel- 
lement ou que j'ai antérieurement publiées, j'en ai tiré le texte, 
pour Texhiber dans le présent volume, de l'édition que, d'après 
le manuscrit du British Muséum, M. P. Meyer en a lui-même 
donnée. 

Quant aux trois autres fables que je viens de signaler, comme 
elles n'ont aucune relation avec celles que j'ai jusqu'à présent fait 
paraître, et comme on peut d'ailleurs les lire dans le livre de 
M. P. Meyer, il ne me parait pas intéressant de leur donner asile, et 
je les néglige. 

SECTION IL 
Traduction espagnole. 

Comme je l'ai dit plus haut, les fables d'Eudes, au moyen âge, 
ont été traduites non seulement en langue française, mais encore 
en langue espagnole. 

La version espagnole est intitulée : Libro de los Gato$, Le Livre 
des Chats. Elle ne comprend en apparence que cinquante-huit 
fables; mais, comme on le verra un peu plus loin, leur véritable 
nombre est de soixante-quatre. Les voici, désignées par leurs titres 
et accompagnées des numéros que j'ai donnés aux fables latines 
d'Eudes dans la liste complète : 

M** DB Uk um 

COMPLBTB. 

1 . Enxemplo de lo que acaesciô entre el galàpago é el aguila. 5. 

2. Euxemplo del lobo con la cigûena 6. 

3. Enxemplo dol ave de san Martin 7. 

4. Enxemplo del cazador con las perdices 8. 

5. Enxemplo del ave que quebranta huesos 9. 

6. Enxemplo del hereje con la mosca 12. 

7. Enxemplo del bufo con la liebre 14. 

8. Enxemplo del mancebo que amaba la vieja 14». 

9. Enxemplo del gato con el mur i5. 

9*. (V Araignée, la Mouche et le Vent) 15*. 

10. Enxemplo de las propriedades de las moscas 15**. 

li. Enxemplo de los mures 16. 

12. Enxemplo de la bestia allilobi 17. 

13. Enxemplo del gusano hidrus 18. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 107 



N** DB LK LI8TB 
COMPLBTI. 



14. Enxemplo do lo que acaescié enire la gulpeja é el lobo . . i9. 

15. Enxemplo del leon, del lobo é de la gulpeja 20. 

16. Enxemplo del mur que comiô el queso 21. 

17. Enxemplo de los canes é los cuervos 21\ 

18. Enxemplo del mur é la rana con el milano 21^*. 

19. Enxemplo del lobo con los monjes 22. 

20. Enxemplo de las ovejas con el lobo • . . . 23. 

21. Enxemplo del homme bueno con el lobo 23*. 

22. Enxemplo de lo que acaescié à los hommes con los asnos. . 26. 

23. Enxemplo de lo que acaescié à Galler con una mujer. . . 27. 

24. Enxemplo de la gulpeja con las gallinas 50. 

25. Enxemplo de lo que acaescié à la gulpeja con las ovejas . 51 . 

26. Enxemplo del Gonde con los mercaderes 51*. 

27. Enxemplo de una oveja blanca é de asno é un cabron . . 52. 
27*. {Gautier à la recherche de Vétemelle félicité) 27. 

28. Enxemplo de los dos compafieros 27*. 

±9. Enxemplo del abispa con la arana 38. 

30. Enxemplo de la mariposa 28*. 

31. Enxemplo del âguila con el cuervo 29. 

32. Enxemplo del caballero con el homme bueno 30. 

3î*. (Le Lion, le Loup et le Porc) 30*. 

33. Enxemplo del homme que araba con los escaravacos. . . 31 . 

34. Enxemplo de las abejas con los escaravacos 32. 

35. Enxemplo del asno con el homme bueno 33. 

36. Enxemplo de la gallina con el milano 3i. 

37. Enxemplo del leon cou el gato 35. 

38. Enxemplo del ansar con el cuervo 36. 

38*. {Le Juste elle Pécheur) 36*. 

38»». (U Jeu (Téchecs) 36**. 

39. Enxemplo del milano cou las perdiccs 38. 

40. Enxemplo de la gulpeja con el galo 39. 

41. Enxemplo del cuervo con la paloma 40. 

42. Enxemplo de la abobiila con el ruisenor 42. 

43. Enxemplo del fraire 42. 

44. Enxemplo de los aldeanos 42*. 

45. Enxemplo de lo que acaescié à la formiga con los puercos. 42^*. 

46. Enxemplo de la muerte del lobo 43. 

47. Enxemplo del perro con el junco 44. 

48. Enxemplo del unicornio 45. 

49. Enxemplo de la gulpeja con el marinero 46. 

50. Enxemplo del ximio 47. 

51. Enxemplo del caracol 48. 

51*. (Le Limaçon et ses cornes) 48*. 

52. Enxemplo del arana con la mosca 48^. 



108 ETUDE SUR LES FABLES 



a 



a 



N*' DR LA LI8TB 
COMPLÈTB. 

53. Eiixemplo de la gulpeja 49. 

53». {Le Fromage et le Rat pris au piège) . . 49». 

53*». (La Brebis blanche, la Brebis noire, l'Ane et le Bouc)., . 52. 

54. Enxemplo del galàpago con el bufo 53. 

55. Enxemplo de los mures con el gato 54 

56. Enxemplo del mur que cayô eu la cuba 56. 

56*. (La Puce et l'Abbé) 56 

57. Enxemplo del homme que se le quemo la casa 56'. 

58. Enxemplo del lobo con la liebre 58. 

Cette liste, en répartissant ainsi les fables entre cinquante-huit 
chapitres, ne donne pas exactement leur vrai nombre. Pour l'obte- 
nir, il faut d'une part supprimer le numéro 43, qui ne contient que 
la moralité de la fable placée sous le numéro 42 ; ce qui réduit les 
chapitres à cinquante-sept; d'autre part, il faut, pour créer autant 
de numéros que de fables, majorer ce chiffre des sei)t numéros 
suivants : 9% 32% 38% 38% 51% 53% 56»; ce qui donne un total réel 
de soixante-quatre fables. Je néglige dans ce calcul les fables 27' 
et 53% qui, faisant double emploi avec les fables 23 et 27, ne doivent 
pas être comptées. 

Ces soixante-quatre fables ont d'abord été publiées par M. i^as- 
cual de Gayangos, en 1860, dans le tome LI de la Biblioleca de au- 
tores espaholes (1). Puis, en 1865, M. Hermann Knust, dans l'An- 
nuaire de Lemcke(2), en a fait paraître une interprétation allemande, 
suivie d'une étude philologique dans laquelle il fait voir qu'il ne 
lui avait pas échappé que l'auteur espagnol avait traduit les fables 
d'Eudes. 

Ce point ne pouvait é<re pour personne l'objet du moindre 
doute. Aussi, dans la suite, a-t-il été tenu pour constant aussi bien 
par M. Oesterley (3) que par M. Voigt (4). 

(\ ) Biàliotheca de aulores espaiioles desde la formacion del lenguaje hasta 
nuestros dias... Madrid, M. Rivadcncyra impresor-editor, calle de la Madcra, 8. 
(Voyez année 1860, t. LI, pp. 543-560.) 

(2) Jahrbucii fur romanische und englische Literatur unter besondercr mitwir- 
kung von Ferdinand Wolf and Adolf Ebert. Herausgcgeben von D' Ludwig 
Lemcke, profcssor an dcr universitat Marburg. Sechster band. Leipzig : F. A. 
Brockhaus, 1865 (Voyez pp. i à 42 et 119 à 141). 

(3) Voyez même ouvrage, 1868, t. IX, p. 126. 

(4) Kleinere lateinische denkmiiler der Thiersage aus dem zwolften bis vierzehn- 
ten jahrhundert. Strassburg, Karl J. Triibner. London, Trlibner et comp. 1878. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 109 

Seulement M. Oesterley a été dupe d^une illusion, lorsqu'il a 
cru et affirmé que la version espagnole avait été faite sur le manu- 
scrit Douce 88. 11 s'est fondé sur ce que, tandis que, pour Tordre 
«les fables, elle s'éloigne du manuscrit Arundel, elle est avec l'autre 
en conformité presque parfaite. Si M. Oesterley avait, d'aussi près 
que le manuscrit Douce 88, examiné les autres manuscrits qu'il 
a cités, il aurait su que, pour l'ordre des fables, la version était 
avec eux dans le même accord et que dés lors, à défaut d'indices 
lout spéciaux, il était impossible de dire sur quel texte elle avait 
été faite. 



CHAPITRE VI. 



PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 



SECTION I. 
Examen de rœuvre. 

§ 1. — OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES. 

Lorsque pour la première fois j'ai porté mon attention sur 
Eudes de Cheriton, l'ayant mis au nombre des imitateurs indirects 
de Phèdre, je n'ai eu à examiner que l'œuvre qui pouvait me per- 
mettre de le classer parmi eux et qui n'était autre que son recueil 
de fables ésopiques. 

Aujourd'hui, le considérant isolément et ne le rattachant à 
aucun de ses devanciers, je dois chercher à dégager de ses autres 
écrits ce qui fait également de lui un fabuliste et, dans ce but, di- 
riger mes investigations sur ses sermons. En effet, à l'époque où 
il écrivait, les auteurs de sermonnaires avaient l'habitude, sans 
doute pour rendre leurs homélies plus attrayantes, de les parsemer 
d'anecdotes, auxquelles on donnait le nom de paraboles et qui 
étaient de véritables fables. 

Eudes, qui sur ce point s'est largement conformé à l'usage de 
son temps, ne s'est pas contenté de recourir sans cesse à la para- 
bole : dans le sermon qu'il a composé pour le dimanche de la Sexa- 
gésime, il a pris la peine d'en donner en ces termes l'étymologie 
et la définition : « Parabola dicitur a para, quod est juxta, et bole, 
quod est sententia, quasi juxta sententiam. Parabola enim est simi- 
litudo quœ ponitur ad sentenliam rei comprobandam. » 



FABLES ET PARABOLES D*EUDES DE CHERITON. 111 

Ce qui ressort de cette façon d'envisager la parabole, c'est 
qu'elle a tout à la fois la même forme et le même objet que la fable. 
Comme elle, elle consiste dans une fiction dans laquelle figurent 
des personnages pris tantôt dans l'espèce humaine, tantôt en 
dehors, et qui doit servir à la justification d'une thèse déterminée. 
En un mot, c'est une fable, à laquelle, lorsqu'elle est employée 
dans l'enseignement religieux, on est tacitement convenu de don- 
ner une dénomination spéciale. 

Ce ne sont donc pas seulement ses écrits purement ésopiques, 
ce sont encore ses compositions homélitiques qui ont fait d'Eudes 
un fabuliste. C'est ainsi d'ailleurs que l'a, à bon droit, entendu le 
moine prémontré Mathieu Makerel, qui, juste trois siècles après 
leur apparition, a entrepris la publication de ses sermons sur les 
Évangiles des dimanches. En tête de l'édition il a placé une 
épître dédicatoire adressée par lui à Jean Fischer, évêque de 
Rochester et chancelier de l'Académie de Cambridge, et l'une des 
phrases qui la terminent est ainsi conçue : « Invenies in eis lepidos 
apologoSy festivos sales, exempla apposita, licet interdum mythica, 
et ubique bonse eruditionis ingentem farraginem. » 

On peut remarquer que l'auteur de la dédicace se sert des deux 
expressions apologos et exempla, qui, dans sa pensée, devaient 
vraisemblablement correspondre à deux idées distinctes. En effet, 
il ne faut pas dans les sermons d'Eudes confondre les apologues 
ou paraboles avec les exemples; ou, si l'on veut qualifier d'exem- 
ples les paraboles, il faut admettre deux sortes d'exemples : ceux 
qui, contenant le récit d'un fait imaginaire, offrent les caractères 
de la fable et sont appelés paraboles, et ceux qui se bornent, sans 
application à aucun cas spécial, à faire mention des habitudes 
d'une catégorie d'êtres quelconques. Dans les sermons d'Eudes, 
ces derniers sont de beaucoup les plus fréquents. Je les négligerai 
complètement, ou du moins je ne reproduirai, pour qu'on puisse 
comparer les deux rédactions, que ceux qu'Eudes a cru devoir 
transporter dans son recueil de fables. Autrement je sortirais du 
cadre de mon étude, et telle n'est pas mon intention. On ne trou- 
vera donc dans ce volume, à quelques exceptions près, que ce qui 
dans les homélies d'Eudes peut être considéré comme ayant le 
caractère de paraboles. 

Ma tâche ainsi précisée, j'ai dû, pour l'accomplir, essayer tout 



■ 



112 ÉTCDE SUR LES FABLES 

d'abord de dislinfruer ce ijui aux yeux d'Eudes cilail une ficti 
ce qui était une réalité. Mais je n'ai pas lardé h m'aiiercevoir que 
j'y devais renuncrr. Lorsque dans ses récits il attribue un rôle à 
des personnages connus, peu importe que le surnaturel et le mer- 
veilleux y débordent ; il est manirestement convaincu que ce qu'il 
raconte est bien arrivé. En est-il autrement, lorsque, dans les faits 
qu'il relaie h litre d'exemples, ne fijrure aucune personnalité histo= J 
rique? Il sernit bien téméraire de l'affirmer. Comme il ne [luise pa^l 
ces faits dans son imagination, et qu'il les tire tantôt de la Bible» , 
tantôt des écrits des Pères de l'Ëglise, et notamment de saint 
lirégoire, tantét de l'ouvrage qu'il appelle Vif» i'ulntm, très sou- 
vent enfin de la tradition, sa foi ardente devait le plus souvent le 
porter à les regarder comme s'élant accomplis. Dans ses sermons 
sur les Évangiles des dimanches, je n'ai remarqué que deux 
exemples dont, en les citant, il ait déclaré ne pas garantir l'authen- 
ticilé: on pourra les lire dans ce volume : c'est d'abord celui où, 
après avoir parlé des débauchés qui partout seraient morts le jour 
de la naissance du Christ, il ajoute : <' Sed non est authenlicum » : 
c'est ensuite celui nii il s'agit d'un enfant qui ne cessait de pleurer 
et ft qui, au moyen d'un bain pris dans une eau déjù employée [wur 
l'Enfant Jésus, la gatté fut inslantnnément rendue. Cet exemple 
commence ainsi : « Dicitur, licet aulhenticum non sit. » Il ne fau- 
drait pas cependant déduire du soin que, dans ces deux cas, il a pris 
d'exprimer un doute que, dans les autres, il n'en a éprouvé aucun; 
ce serait aller Iroploin.Cequ'onpeulseulement affirmer, c'est que, 
si l'on envisageait les tdioses connne lui. on ne devrait voir dans 
les exemples dont il se sert qu'un nombre restreint de paraboles. 
Lorsqu'on vent de ces paraboles fain^ une culleclion un peu 
complète, il me parait en somme que c'esl perdre son temps que 
de se demander quelle a été il l'égiird de cliaque exemple sa con- 
viction intime. Ce qu'fi mon sens il faut uuiquenient envisager, 
c'est le caractère qo'il présente. Or, comme ses exenigiles iwnl 
presque coastamment dénués de toute vraisemblance et qu'ils cod- 
.sistent principalement dans des contes, dans lesquels le diable est 
montré prenant des formes diverses, et notamment celles de la 
femme, pour séduire plus aisément ceux qu'il veut perdre, ce qui 
est le plus sur, l'esl de les considérer tous comme de véritables_ 
|)araboles et de les exhiber tous. 




.KT LES PARABOLES D*BUDE5 DE CHERITON. 113 

Si à celle façon de procéder une exception doit être faite, elle 
doit ôire resireinle aux exemples lires des livres saints. Quelle 
qu'en soil la nalure, il esl bon, pour ne blesser aucune croyance, 
de les exclure comme apparlenanl au domaine de l'histoire. 

Ainsi comprise, la publicalion que je vais faire offrira un réel 
intérél; car, en même lemps qu'elle fournira un spécimen de la 
liUéralure religieuse du xiii* siècle, elle permettra de se rendre 
compte de ce qu'élail dans le môme temps l'étal moral des popu- 
lations. Eudes, présentant ses paraboles moins comme des fictions 
que comme des traditions véridiques, ne devait nécessairement y 
mettre que ce qui pouvait être accepté, et, lorsqu'on verra quelle 
place incroyablement large était par lui faite aux miracles, on 
comprendra à quelle naïveté puérile et à quelle foi aveugle l'esprit 
humain était alors asservi. 

Cette observation faite, nous avons maintenant à rechercher 
quels sont, parmi les nombreux sermonnaires que les manuscrits 
du moyen âge nous ont conservés, ceux qui peuvent être indubi- 
tablement attribués à Eudes. Cette recherche va faire l'objet du 
paragraphe suivant. 

§ â. — SERMONNAIRES A ATTRIBUER A EUDES. 

Si, pour savoir de quels sermonnaires Eudes a été l'auteur, on se 
contente de recourir aux listes des anciens bibliographes, on reste 
bien perplexe ; car les renseignements qu'elles donnent ne sont 
guère précis. On y trouve des mentions qui semblent les titres 
d'œu\Tes distinctes et dont en réalité plusieurs ne se rapportent 
qu'à une seule. 

En m'occupant des fables à attribuer à Eudes, j'ai transcrit la 
liste de ses ouvrages dressée par Baie. 

De cette liste il ressort bien qu'Eudes aurait composé deux 
séries de- sermons, des Homelias de tempore, dont les premiers 
mots seraient : Cum appropinquasset, et des Homelias de sanctis, 
débutant en ces termes : Ambulans Jhesus iuxta mare Galileae, 
Mais dans la même liste se lit le mol Pœnitenliale, qui serait le 
titre d'un ouvrage commençant ainsi : Descendi in ottnm moum, ut 
viderem, et Baie laisse ignorer si c'est un traité théologique ou un 
sermonnaire. 

8 



Enlin, comme pour rendre son ênumératiun encore plus vapie, 
il déclare qu'elle n'est pas complète et que personnellement il a vu 
dons plusieurs bibliothèques anglaises d'autres écrits du même 
auteur. 

Lorsque de Baie on passe h Pits (I ], on n'est pas mieux édiflO ; 
car, tout au moins à l'égard des sermons d'Eudes, le second s'est 
borné à Iranscrire la nomenclature établie par le premier. 

S'abstenant de loule recherche personnelle, de Visch (S) s'est 
contenté de consulter les listes de Baie et de Pits et, croyant y 
voir un double emploi, en a retranché les Homelim de satictit. 

Oudin (3), plus consciencieux, ne s'en est pas rapporté h ses 
devanciers ; il a recouru aux manuscrits de la Bibliothèque du Roi : 
il en a consulté deux, l'un qui, alors coté il33.i, est devenu le 
manuscrit latin i593, l'autre qui. après avoir eu dans la Biblio- 
thèque de Colbert la cote 51fi7 et dans celle du Roi la cole Jt33.5, 
est devenu le manuscrit latin 2î5S. Or. dans ce dernier on peut 
lire : 1° en tète du feuillet 2", col. 1 : Ineipiuiit seitnonct magitti-i 
Odonisde Peuileiitia; 2° en léte du feuillet 27', col. 1 : Jiicipiuni 
seifnonei magistri Odonîs; 3° en télé du feuillet 151'*, col, 2 : Incipit 
proœmium in Sancloium festivilaliéus. En conséquence Oudin, dans 
sa notice sur Eudes, lui altribue trois ouvrages qu'il désigne de 
la manière suivante : l' Summa de Pœnitentia: 2° HomeVuv de Do- 
minicis per aiintim ou ffomelix de tempore; 3° Homelix demnctit. On 
voit par ces titres que c'est seulemenl les deux derniers qu'il con- 
sidère comme étant des sermonnaires. C'est le nom latin de Sum- 
ma qu'il donne au premier; c'est qu'en efTel cet ouvrage, qui est 
évidemment le Panitentiale des nomenclatures des précédents 
bibliographes, est plutôt un traité de pure théologie qu'un recueil 
d'homélies- J'ajoule que des termes par lesquels il le désigne il 
paraît implicitement ressortir que pour lui les mots Pœmtenl'nde 
et Summa quadam, employés par ses prédécesseurs, devaient être 
deux dénominations différentes de la même œuvre. D'où il suit 
qu'il n'a reconnu à Eudes que deux sermonnaires. 

Comme Oudin, Tanner (t) a appelé les manuscrits à son aide. 

(1) Helattonfr hUlorieit de rebui anglîeit. iVoya l. I, p. 24*.) 

(îj Bibliolhrra Seiiploium lacriordinii CùlereieneU. [Voyctji. 207.) 

cTiptarihus Eeelttir anliquii. (Voj'm t. II. col. lG2i.; 

eo-llihfrnica. (Vojei p. 660.) 



« 



VMiolhfca Ih-i 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 115 

m 

mais sans jeter sur la question une plus vive clarté. Dans sa 
nomenclature on relève d'abord les titres suivants : Sermoncs in 
Evangelia dominicalia^ Conciones super Evangelia^ et Homelias de 
îempore. Comme, d'après lui, les Sermones et les Homeliœ com- 
mencent par les mots Cum appropinquasset, il est visible qu'il a 
baptisé le même ouvrage de deux noms différents, et le sens du 
mot Conciones, qui est synonyme de Sermonesei de Homelix,ïne fait 
croire que c'est un troisième titre du môme. 

Mais ce n'est pas tout : lorsqu'on poursuit la lecture de sa liste, 
on y aperçoit ces autres titres : 

Homelias de sanctis, avec l'indication de ce début : « Ambulans 
ioxta mare ; » 

Pœnitentiale, commençant ainsi : « Descendam in hoi'tum meuni, 
ut videam; »> 

De Pœnilendis; 

Summam quamdam, dont les premiers mots seraient : « Pœni- 
tentiam agite ; » 

Summam meufislri Odonis de Selithon, 

C'est bien à une seconde collection de sermons que se rapporte 
le premier de ces titres. Quant aux quatre autres, je n'hésite pas à 
v reconnaître encore des dénominations diverses de la ménie 
œuvre. Les mots Pœniteniiale et De Pœniientiis sont trop sem- 
blables pour qu'il soit nécessaire de démontrer leur double emploi. 
Le titre Summam quamdam étant suivi d'un début différent semble 
bien au premier abord s'appliquer à autre chose que les deux pre- 
miers; mais il n'en est rien. On a vu qu'Oudin avait donné au Pœnt- 
tentialela qualification de Summa, et c'était avec raison: car il n'y 
a encore ici qu'une différence de titres; les mois Pœniientiam 
agite, qui semblent contredire mon affirmation, en sont au con- 
traire la justification. En effet, si l'on ouvre le manuscrit 2593, on y 
voit que, par suite de l'omission d'une notable partie du conimen- 
cemenl, c'est par ces mots que débute le Pœniteniiale, et qu'en 
somme le texte est le môme. 11 est probable que c'est un manuscrit 
semblable qui a porté Tanner, ou les auteurs qu'il a lui-môme 
copiés, à croire à tort à l'existence des deux œuvres distinctes. 
Enfin, en ce qui touche les mots Summam magislri Odonis de Seli- 
/Aon, il est trop clair qu'ils ne sont que la répétition des mots Sum- 
mam quamdam, pour que la démonstration de ce point soit bien utile. 



116 ÉTUDE SUR LES FABLES 

Bref, les huit titres qui précèdent ne concernent que trois re- 
cueils, dont deux seulement consistent dans de véritables collec- 
tions de sermons. 

Ces trois recueils ne sont pas, avec ses fables, les seuls qu'Eudes 
ait composés : les manuscrits de ses sermons analysés plus loin 
vont bientôt nous apprendre qu'on lui doit encore un traité de la 
Passion de J.-C, et par le manuscrit 252 de la Bibliothèque de la 
Ville de Toulouse, écrit au xm* siècle, nous savons qu'il est égale- 
ment l'auteur d'un commentaire sur les Épitres dominicales, dont 
la paternité ne peut lui être contestée; car ce commentaire est 
précédé d'un prologue dont le titre est ainsi conçu : Incipit pro- 
logus in Eputolas dominicales secundum Afagistrum 0, nd lau- 
dem ipsius qui est. alpha et oméga. Tandis que le traité de la Pas- 
sion n'est qu'un opuscule, le commentaire est une composition 
importante, dans laquelle Eudes, selon son habitude, ne s'est pas 
abstenu d'introduire des exemples. Mais, comme mon plan ne les 
englobe ni l'un ni l'autre, je me borne, sans les analyser, à en signa- 
ler l'existence. 



§ 3. — nomenclature: des sermons contenus 
dans les deux sermonnaihes. 

Maintenant que nous savons qu'Eudes n'a écrit que deux sermon- 
naires, il est naturel de recHercher quels sont les sermons dont 
chacun d'eux se compose. 

Je commence par m'occuper du plus important, c'est-à-dire de 
celui qui renferme les sermons sur les Évangiles des dimanches. 
La nomenclature n'en est pas, autant qu'on pourrait le croire, fa- 
cile à bien établir; car à cet égard les manuscrits, et spécialement 
ceux de la Bibliothèque nationale 698, 2459, 2593, 12418 et 16506, 
sont loin d'être en parfait accord. 

Ainsi, dans le manuscrit 2459, à la suite du traité De Pœnitentia, 
se placent, du feuillet 18*, col. i au feuillet 26», col. 2, quatre ser- 
mons qui, à en juger par leur position dans le manuscrit, ne de- 
vraient appartenir ni à ceux sur les Évangiles des dimanches, ni à 
ceux sur les Fêtes des saints : ce sont ceux sur l'Annonciation, la 
Nativité de la Vierge, la fête de sainte Madeleine et la Transfigura- 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 117 

tion. Dans les manuscrits 2593, 12418 et 16506, ils font au con- 
traire partie des sermons sur les Fêtes des saints, et c'est, je crois, 
la place qui leur convient. 

D'autre part, ces trois manuscrits, auxquels il faut ajouter le 
manuscrit 698, renferment, parmi ceux sur les Évangiles des di- 
manches, les quatre sermons sur les fêtes de saint Etienne, de 
saint Jean TÉ vangéliste, desSS. Innocents et de TËpiphanie. Or, dans 
le ms. 2 459, ces quatre sermons sont mis au nombre de ceux sur 
les Fêles des saints. Si d'une part on observe que le manuscrit 2459, 
qui est du xm^ siècle, est plus ancien que les autres du même siècle, 
et que les quatre sermons dont il s*agit se rapportent à des fêtes de 
saints, on pourra être enclin à préférer son classement. Mais je ne 
céderai pas à cette première impression; car je remarque, en même 
temps, que les autres manuscrits sont unanimes à admettre ces 
quatre sermons parmi ceux qui concernent les Évangiles des di- 
manches. Quand on songe, en outre, que les trois premiers se rap- 
portent aux trois jours qui suivent la fête de Noël et que par sa na- 
ture le quatrième a trait à la vie de Jésus-Christ, il me semble qu'on 
doit être porté à les accepter tous les quatre. 

En sens inverse, tandis que, dans le manuscrit 2459, figurent, 
parmi ceux sur les Évangiles des dimanches, les sept serinons sur 
les fêtes des saints Pierre et Paul, des SS. Confesseurs, des Évangé- 
listes, de tous les Saints, de saint Michel, sur la Dédicace de réglise' 
et sur l'Exaltation de la sainte Croix, les autres manuscrits ne leur 
donnent pas place dans la même collection. C'est ainsi que dans le 
manuscrit 2593 on les rencontre aux feuillets ISo**, col. 2, 146^, 
col. 2, 138^ col. 1, 127% col. 1, 151% col. 1, 122% col. 2 et 143% 
col. 1, comme faisant partie des sermons sur les Fêtes des saints, 
et les sujets traités montrent que cette fois encore c'est dans les 
manuscrits les moins anciens qu'est le bon classement. 

11 faut également remarquer que le sermon qui, dans le manu- 
scrit 2459, au feuillet 51*, col. 1, est intitulé : Sermo de iniseria * 
hominis n'existe nulle part dans les autres manuscrits. 11 est très 
probable que, dans le manuscrit 2459, il a été, à cause de ses propor- 
tions restreintes, ajouté, à la fin d'un cahier, à ceux qui le précé- 
daient, pour utiliser l'espace blanc qui restait. Comme il ne parait 
nullement être l'œuvre d'Eudes, il convient non de le déplacer, 
mais de le supprimer. 



H8 ETUDE SUR LES FABLES 

Dans le même manuscrit 2459, fol. 59*, col. 1, commence, parmi 
ceux sur les Evangiles des dimanches, un sermon qui, d'après le 
titre, se rapporterait aux fêtes de saint Laurent et de saint Vincent, 
mais qui n'est autre que le Sermo univs confessons des manuscrits 
2593, 12418 et 16506, et qui, étant donné son objet, doit être attri- 
bué à la collection concernant les Fêtes des saints. ^ 

Je n'exprimerai pas le même sentiment à l'égard des deux ser- 
mons Jn Cœna Domini et In Parasceven, qui ont, dans le manu- 
scrit 2459, été joints à ceux sur les Évangiles des dimanches, et 
qui, n'existant pas dans les autres manuscrits, ne me paraissent pas 
devoir être nécessairement transférés dans l'autre collection. 

Pour le surplus les cinq manuscrits parisiens étant d'accord, 
voici comment doit être établie la liste des sermons sur les Évan- 
giles des dimanches : 

Sermo in dominica I adventus domini et in ramis palmarum, — Cum 
appropinquassel Jhesus Jherosolimam etvenisset, etc. 

Sermo in dominica II advçntus Domini. — Erunt signa iu sole et luiia et 
stellis. 

Sermo in dominica lll adventus Domini. — Cum audisset Johannes in 
vinculis opéra Christi. 

Sermo in dominica IIII adventus Domini. — Miseront Judœi ab Jheroso- 
limis sacerdotes. 

Sermo in die nativitatis Domini, in prima missa. — Exiit ediclum a 
CiTsare Auguslo. 

Sermo in missa de luce. — Paslores loquebanlur ad invic^m, dicentes* 

Sermo in missa majori. — In principio erat verbum et verbum erat. 

Setvnno in die sancti Stephani proto-martyris. — Dicebat Jhesus turbis 
JudiPonim et principibus sacerdotum. 

Sermo in die sancti Johannis evangelistœ. — Jbesus dixit Petro : Se- 
quere me. 

Sermo in natali Sanctorùm Innocentum. — Angélus Domini appaixiit 
Joseph in sompnis, dicens. 

Sermo in Circumcisione Domini. — Poslquam consummali sunt dies 
octo, ut circumcideretur puer. 

Sermo in die Sanctx Epiphanise. — Cum natus esset Jhesus in Bethléem 
Judœ in diebus Herodis régis. 

Sermo in dominica intra octabam Epiphaniœ. — Cum factus esset Jhesus 
annorum %Uf ascendenlibus illis Jheresolimam. 

Sermo in dominica I post octabam Epiphaniœ. — Nuplio) factœ sunt in 
Cana Galileœ. 

Sermo in dominica II post octabam Epiphanix. — Cum descendisset 
Jhesus de monte, seculœ sunt eum multœ turbœ. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 119 

Seituo in daminica III post octabam Epiphanise, — Ascendente Jtiesu in 
naviculam. 

Sermo in dominica Septuagesimœ. — Simile est reguum cœlorum ho- 
mini patri-familias. 

Sermo in purificatione sanctx Mariœ. — Postquam impleti sunt «lies 
purgationis Maria; secundum legem Hoysis. 

SetTno in dominica Sexagesimœ, — Cum turba plurima conveuiret ad 
Jhesum. 

Sermo in dominica Quinquagesimae, — Assumpsit Jhesus xn discipulos* 

Sermo in feria Ull in die cineris, — Cum jejunatis, nolile fieri sicut 
hypocritus. 

Sermo in dominica Quadragesimœ, — Ductus est Jhesus in deserlum a 
^^pintu, ut templaretur a diabolo. 

Sermo in dominica II Quadragesimœ,' — Egressus Jhesus a Jherosolimis, 
secessit in parles Tyri. 

Sermo in dominica lll Qimdragesimae, — Erat Jhesus ejiciens da?monium, 
et illud erat mutuum. 

Sermo in dominica IIH Quadragesimw. — Abiit Jhesus Irans mare Ga- 
iles. 

Sermo inpassione Domini. — Quis ex vobis arguet me peccato? 

Sermo in ccnia Domini, — Exemplum dedi vobis. 

Sermo in Parasceven. — Erat an te nostrum redemptorem. 

Sermo in die Sanctœ Paschœ. — Cum transisse t sabbatum^ Maria Mag- 
dalena et Maria Jacobi et Salome. 

Sermo in feria llPasckas. — Duo ex~discipulis Jhesu ibant in caslellum, 
quod erat in spatium stadiorum Ix. 

Sermo in octabam Paschœ. — Cum essetserodie illa,una^abbatorum,et 
fores essent clausœ ubi erant discipuli. 

Sermo in dominicd U post Pascham, — Ego sum pastor bonus, et subjun- 
git causam quare bonus pastor. 

Sermo in dominica III post Pascham. — Modicum et non videbitis me, et 
iterum modicum et me videbitis. 

Sermo in dominica Ull post Pascham. — Vado ad eum qui misil me, et 
nemo ex vobis interrogat me quo vadis? 

Sermo in dominica V post Pascham. — Amen, amen, dico vobis : si 
quid petieritis pâtre in nomine. 

Sermo in letania. — Quis vestrum habebit amicum et ibit ad illum 
média nocte? 

Sermo in vigilia Ascensionis domini vel etiam in die festo. — Elevala est 
nubes de tabernaculo foederis et requievit in solitudine. 

Sermo in Ascensione domini. — Recumbentibus xi discipulis, apparuit 
eis Jhesu. 

Sermo in dominica post Ascensionem domini. — Cum venerit Paraclitus 
quem ego mittam vobis. 

Sermo de missione Paracliti. — Spiritus domini replevit orbem ter- 
r&min. 



120 ÉTUDE SUR LES FABLES 

Scrmo in die Sanctœ Pentecostes. — Si quis diligit me, sermonem meum 
servabil. 

Senno in dominica l post Pentecosten. — Erat homo ex Pharisaeis 
nom i ne Nichodomus. 

Sermo in dominica 11 post Pentecosten, — Homo quidam erat dives qui 
induebatur purpura. 

Sermo in dominica III post Pentecosten, — Homo quidam fecit cœnam 
magnam el vocavit mullos. 

Sermo in dominica IIH post Pentecosten. — Erant appropinqtiautes ad. 
Jhesum publîcani. 

Sei'mo in dominica V post Pentecosten, — Estote miséricordes, sicut 
pater vesler misericors est. 

Seimo in dominica VI post Pentecosten, — Cum lurba) irruer^i ad 
Jhesum et audirent verbum Domini. 

Sermo in dominica VU post Pentecosten. — Nisi abundavcril justitia 
mca plus quam scribarum et pharisteorum. 

Sermo in dominica VIII post Pentecosten, — Cum turba multa esset cum 
Jbesu nec baberint quid manducarent. 

Sermo in dominica IX post Pentecosten, — Àttendite a falsis prophetis 
qui veniunt ad vos. 

Sermo in dominica X post Pentecosten, — Homo quidam erat dives qui 
habebat villicum. 

Sermo in dominica XI post Pentecosten. — Cum appropinquasset Jhesus 
Jherosolimam, videns civitatem. 

, Sermo in dominica XII post Pentecosten. — Dixit Jhesus ad quosdain qui 
in se confidebant. 

Scrmo in dominica XIII post Pentecosten, — Exiens Jhesus de fmibus 
Tyri, venit per Sidonem ad mare Galileœ. 

Sermo in dominica XlIIIpost Pentecosten. — Beati oculi qui vident qua? 
vos videtis. 

Sei-mo in dominica XV post Pentecosten. — Factum est autem, dum irel 
Jhesus ad Jherosolimam. 

Sermo in dominica XVI post Pentecosten. — Nemo potest duobus domi- 
nis servirc. 

Sermo in dominica XVII post Pentecosten. — Factum est quod Jhesus 
ibat ad civitalem quœ vocaturNaym. 

Sermo in dominica XVIII post Pentecosten. — Factum est, cum Jhesus 
intraret in domum cuiusdam principis PhaiMsœorum. 

Sermo in dominica XIX post Pentecosten. — Ascendens Jhesus in navi- 
culam, transfrolavit et venit in civitatem suam. 

Sermo in dominica XX post Pentecosten. — Accesserunt ad Jhesum Pha- 
risœi et interrogavit unus ex eis. 

Sermo in dominica XXI post Pentecosten. — Simile est regnum cœlorumi 
honiini rcgi qui fecit nuplias filio suo. 

Sermo in dominica XXII post Pentecosten, — Erat quidam Regulus, 
cujus filius infirmabatur. 



I 

I 



ET LBS PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 421 

Senno m dominica XXIU post PentcTOsten. — Simile est rcgnum cœlo- 
rum homiiii régi, qui voluil ipsum. 

Sermô in dominica XXllII post Pentecosten, — Abeunles PharisiPi conci- 
litim înienuit, ut caporent ihesum in sermone. 

Sermo in dominica XXV post Fenteeoslen. — Loquente Jhesu ud turbas, 
«cce princeps uiius accessit et adorabat eum, dicens. 

Cette Kste étant ainsi dressée, celle des sermons sur les Fêtes 
des saints devient facile à constituer; car elle doit nécessairement 
se composer de tout ce qui reste de ceux que, d après les manu* 
scrits, on peut attribuer à Eudes, et dont voici, comme précédem- 
ment, les titres et les premiers mots : 

Sermo m transflguratione Domini, — Assumpsit Jliesus Petrum et Jaco- 
1mm et Johannem. 

Sermo in nativitate Domini. — Liber generalionis Jhesu Christ i, tllii 
David, fîlii Abraham. 

Sermo in nativitate beatœ Marias. — Liber generalionis Jhesu Chrisli, etc. 

Sermo in anmtntiatione dominica, — Hissus est Gabriel angfhis a Deo 
in civitatem Galilea*. 

Sermo in assumptione beatœ Marix, — Intravit Jhesus in quotldam cas- 
lelkira, el mulier quœdam. 

Sermo in festo sanctœ Crucis vel de adventu Domini in jitdicio. — Sicut 
fulgiir exit ab oriente et paret usque ad occident eni. 

Sermo in festo Marix Magdalenx. — Uogabat Jhosum quidam Pharis.Tus, 
ut cum illo. 

Sermo in dedicatione Ecclesix. — Egressus Jhesus perambuhibai Jliori- 
cho. Ecco vir nominc Zachœus. 

Sermo in festo mortuorum, — DixitMartha ad Jhosum : Domino, si fuissos 
hic. fraler meus non fuisset mortuus. 

Sermo in exeqiiiis mortuorum. — In illo tempore dixit Jhesus disoi|)ulis 
"^uis : Ego sum panis vivus qui de cœlo descendi. 

Sermo in festivitale omnium sanctorum. — Videus Jhesus turbas, asceu- 
dit in montem. 

Sermo in festo omnium sanctonimvel singidariler singuJorum . — Gaudea- 
mus omnes in domino, diem festum célébrantes in honore. 

Sermo in nativitate Johannis Baptistx. — Elisabeth im|dt»lum est tem- 
pus parturiendi, et peperit fllium. 

Sermo innatali Apostolorum. — Hoc est pm?roptum nieum, ut diligatis 
invicem. 

Sermo in festo beati Pétri, vel Paulin vel alius apostoli. — Dixit Symon 
Pelrus ad Jhesum : Ecce nos relinquimus omnia. 

Sermo in natali Evangelistarum. — Designavit dominus discipulos et 
misit illos binos. 



122 ÉTUDE SUR LES FABLES 

Set^mo in natali unius martyris. — Nisi graiium frumenli cadens in 
terram mortuum fuerit. 

Sermo in natali martyrum. — Dixil Jhesus discipulis suis : Si quis 
vull posl me venire. 

Sermo in exaltatione sancts Crucis, — Gum exallatus fuero a terra, 
omnia traham ad me ipsum. 

Sermo in natali unius confessoris, — Sint lumbi vestri prœcincti et 
lucernœ ardentes in manibus vestris. 

Sermo in natali confessorum. — Homo quidam, percgre proficiscens, 
vocavil servos suos et tradidit eis bona sua. 

Sei*mo in natali virginum. -^ Simile est regnum cœlorum thesauro 
abscondito in agro. 

Sermo de virginibus, — Aspostolus : Despondi enim vos uni vire jungi. 

Sermo de x virginibus. — Simile est regnum cœlorum x virginibus, qn» 
accipientes lampades suas. 

Sermo in festo sancti Michaelis. — Accessere discipuli ad Jhesum 
dicentes : Quis, putas, major est in regno cœli et advocaliœ? 

Sermo in festo sancti, — Venit Jhesus in partes Cesarea? et Pliilippi, et 
interrogabat discipulos suos, dicens. 

Telles sont les deux collections de sermons, dont Eudes doit 
être réputé l'auteur. La première en renferme soixante-six, et la 
seconde n'en comprend que vingt-six. 

Après avoir ainsi déterminé le contenu de chacune d'elles, j'ai 
eu à me demander si je devais les publier l'une et l'autre. 

J'ai dit que ce qui, dans l'œuvre d'Eudes, devait être considéré 
comme appartenant au domaine de la fable, ce n'étaient pas seu- 
lement les compositions de son recueil ésopique, et que c'étaient 
aussi les paraboles répandues à profusion dans ses sermons. Ayant 
entrepris de faire connaître, sinon toute son œuvre, au moins 
tout ce qui dans son œuvre fait de lui un fabuliste, je devrais logi- 
quement les exhiber toutes. Mais, comme je donnerais ainsi à ce 
volume des proportions qui dépasseraient très sensiblement les 
limites que je me suis assignées, adoptant un moyen terme, j'ai 
pris le parti de publier seulement les paraboles contenues dans 
les sermons sur les Évangiles des dimanches. 

8 4. — PREUVES DE l'identité D*0RIGINE DES FABLES 

ET DES SERMONS. 

Quoique dès à présent il me semble acquis qu'il faut attribuer 
les sermons au même auteur que les fables, il n'est peut-être pas 



ET LES PARABOLES P*EUDES DE CHERITON. iâ:i 

sans intérêt de montrer maintenant quelle indéniable affinité elles 
ont avec eux. 

Lorsqu'on a pris connaissance de ses sermons, ce qu'on a iné- 
vitablement aperçu, c'est qu'Eudes y a introduit et qu'il en a tiré 
souvent, pour les transporter dans les moralités de ses fables, des 
extraits des textes de l'Ancien Testament et du Nouveau et des 
ouvrages tbéologiques qui étaient en usage dans son temps. 

On trouve aussi dans ses fables des proverbes qui avaient déjà 
pris place dans ses sermons; tel est le suivant : « Ut dieiUir, très 
sont qui maie rémunérant hospites suos : mus in pera, ignis in gre- 
niio, serpens in sinu. » Après avoir été employé par lui sous cette 
forme dans le sermon pour le second jour de la fête de Pâques, ce 
proverbe reparaît en termes à peu près identiques dans la fable iix, 
où il s'agit de l'homme qui a réchauffé un serpent dans son sein. 

Souvent aussi Eudes orne les moralités de ses fables d'emprunts 
qu'il fait tant des poètes latins anciens que de ceux du moyen âge 
et dont quelques-uns avaient auparavant figuré dans ses homélies. 
Plus loin sont réunies en deux groupes distincts ses citations poé- 
tiques : en les rapprochant l'un de l'autre, on trouvera dans les 
deux plus d'un vers qui leur est commun. C'est ainsi qu'on lira 
dans la fable xvi cet hexamètre de Walther l'Anglais, déjà rappelé 
dans le sermon sur l'Assomption de la sainte Vierge : 

Rodere malo fabam quam cura perpele rodi ; 

dans la fable ui, ce distique léonin déjà exhibé dans le sermon 
pour le premier dimanche après l'Epiphanie : 

Si quem barbalum faceret sua barba beatum. 
In mundi circo non esset saiiclior hirco ; 

dans la fable un, cette phrase : « Et ait Bufo : Deus confundat tôt 
dominos! » évidemment inspirée par ce vers rappelé dans le ser- 
mon pour le deuxième dimanche après l'octave de TÉpiphanie : 

Bufo Trahœ dixit : Maledictio toi dominis sil! 

dans la fable lvh, ce distique léonin déjà apparu sous une forme 
un peu différente dans le sermon pour la fête de saint Etienne : 

Ut Pellicanus fit matris sanguine sanus. 

Sic genus humanum iit Clu isti sanguine sanum ; 



124 ÉTUDE SUR LES FABLES 

dans la fable lxiii, cet autre distique, qui avait déjà trouvé place 
dans le sermon pour le quinzième dimanche après la Pentecôte : 

Alta cadunt, inflata crêpant, tumefacta premuatur ; 
Hoc rétine verbum : Frangit Deus omne superbum ; 

enfin dans la fable lxiv, cet hexamètre d'Ovide, introduit auparavant 
dans le sermon pour le septième dimanche après la Pentecôte : 

* 

Spectatum veniunl, veniunl speclentur ut ipsœ. 

Mais ce qui est surtout significatif, c'est le nombre des fables 
qui existent à la fois dans les deux recueils de sermons et dans la 
collection ésopique. Pour qu'on en puisse juger, voici la liste de 
celles qui sont communes à cette collection et aux seuls sermons 
sur les Évangiles des dimanches : 



N** DR 8 FABLES 
DANS LA 
COLLECTION ÉSOPIQUE. 



i. — Les Arbres qui élisent un roi (1) t. 

2. — Les Fourmis qui élisent un roi (2) 1*. 

3. — La Tortueet rAigle(3). . . 5. 

4. — L'Oiseau appelé Fran^ens o« (4) 9. 

5. — Les trois sortes de Mouches (5) 15*». 

6. — L'Antilope (6) 17. 

7. — Le Fromage, le Rat et le t:hat (7) 21. 

8. — Les Chiens, le Cadavre et les Corneilles (8) 21*. 

9. - Le Rat, la Grenouille et le Milan (9) 2I»>. 

\0. — La Licorne, THomme et les deux Vers {\0) 45. 

11. — Le Renard qui fait le mort et le Corbeau (11) .... 49. 

12. — Le Fromage et le Rat pris au piège (12). . T . . . . 49*. 

n. — Le Pélican et ses Petits (13) 57. 

14. — Le Serpent mourant de froid (14) 59. 

\T). — Le Chat dont la queue a été coupée (! 5) 64. 

16. — Le Chien et les deux Hommes (16) •. . . . 67*. 

17. — L'Aspirant à la condition monacale (17) 72. 

(1) Sermons pour les xii* et xxii» dimanches après la Pentecôte. — (2) Sermon 
pour le xxn* dimanche après la Pentecôte. — (3) Sermon pour le jour de la Sainte- 
Trinité. — (4) Même sermon.— (5) Sermon pour le xvi* dimanche après la Pente- 
côte. — (6) Même sermon. — (7) Sermons pour les ii* et xvii* dimanches après 
la Pentecôte.— (8) Sermon pour le v- dimanche après la Pentecôte. — (9) Ser- 
mon pour le X' dimanche après la Pentecôte. — (10) Sermon pour le xi* dimanche 
après la Pentecôte.— ;il) Sermon pour le jour de la Sainte-Trinité.— (12) Sermon 
pour le xvir dimanche après la Pentecôte. — (13) Sermon pour la fête de saint 
Etienne. — (14) Sermon pour le second jour de la fête de Pâques. — (15) Ser- 
mon pour l'octave de la fête de Pâques. — (16) Sermon pour le second jour de 
la fête de Pâques. — (17) Sermon pour le ix* dimanche après la Pentecôte. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON.- 125 

Ces fables ne sont pas les seules qui aient été puisées par Eudes 
dans ses sermons sur les Évangiles des dimanches. 11 y en a 
d autres qui, si elles n'y figuraient pas textuellement, s'y trou- 
vaient au moins en germe. En voici la liste : 

N«* DBS FABI.K8 

DANS LA 

COLLECTION éSOPIQUB. 

1. — La Corneille se plaignant à l'Aigle ( 1 ) . 3. 

2. — L'Oiseau de S. Martin (2) 7. 

3. — L'Araignée, la Mouche et le Vent (3) 15». 

4. — Le Loup devenu Moine (4) 22. 

5. — L'Escarbol et son fumier (5) 28*. 

6. — La Poule qui protège ses Poussins contre le Milan (6). 3i. 

7. — La Huppe et le Rossignol (7) 4L 

8. — Les Obsèques du Loup (8) . 43. 

9. — Le Serment d'un certain Alexandre (9) 56*». * 

La comparaison entre l'œuvre ésopique et l'œuvre homélitique 
étant ainsi faite, il doit paraître évident qu'elles ont une seule e¥ 
même origine, et l'on doit avoir la certitude absolue que c'est à 
juste titre que dans leurs explicit les copistes du moyen âge les 
ont attribuées à un seul et même auteur. 



§ 5. — MÉRITES DE L'ÉCRIVAIN. 

En terminant la biographie d'Eudes, j ai dit que l'examen de 
son œuvre ne tarderait pas à nous fixer sur la mesure dans laquelle 
c'étaient mérités par lui les éloges extraordinaires formulés par ses 
biographe3. Quant à moi, je me crois édifié sur ce point. Eudes n'a 
pas été un génie aussi universel qu'il leur a plu de le prétendre; 
mais, si, ainsi que je l'ai affirmé, il n'a été qu'un écrivain ecclé- 
siastique, il a, dans cette sphère, été un écrivain de premier 
ordre. 

Ses fables et ses sermons prouvent qu'il avait une connaissance 

(1) Sermon pour le u* dimanche après la Pentecôte. — (2) Sermon pour 
l'octaTe de la fétc de Pâques. — (3) Sermon pour le xyi* dimanche après la 
Peutecôte. — (4) Sermon pour la fête de la Circoncision. — (5) Sermon pour le 
xw* dimanche après la Pentecôte. — (6) Sermon pour la fête de saint Etienne. 
— (7) Sermon pour le m* dimanche après l'octaye de Pâques. — (8) Sermon 
pour le XI* dimanche après la Pentecôte. — (9) Sermon pour le xv* dimanche 
après la Pentecôte. 



126 ETUDE SUR LES FABLES 

très étendue non seulement des textes bibliques et des écrits des 
Pères de l'Église, mais encore des œuvres littéraires des auteurs 
profanes. 

Tout naturellement ses citations les plus nombreuses sont celles 
tirées de l'Ancien Testament et du Nouveau et de la littérature pa- 
trologique. Mais son érudition était assez variée pour que celles, 
puisées à d'autres sources ne fussent pas mêlées parPui à ses écrits 
dans une proportion négligeable. 

S'il n a pas des anciens auteurs grecs et de leur langue une no- 
tion bien approfondie, il est réellement très versé dans la bonne lati- 
nité. Les anciens prosateurs latins lui sont très familiers et il les 
cite. Il aime à répéter les maximes de Sénèque; il lui emprunte 
notamment celle-ci dans le sermon pour le dimanche de l'octave 
de Pâques : « Contumeliosorum vitia'aequo animo toleranda » ; cette 
autre dans le sermon sur l'Évangile du quinzième dimanche après 
la Trinité : «Tumultuosam vitam sapiens ferre non eligit», et, dans 
le sermon sur celui du vingtième dimanche, cette réflexion : «Quo- 
tiens inter homines fui, minus homo recessi. » Il montre qu'il 
connaît aussi Boëce, qui, dans le sermon sur l'Évangile du vingt- 
quatrième dimanche après la Trinité, lui fournit également cette 
phrase : «Quiddicam de voluptatibus, quarum appetitus plenus est 
anxietate, satietas plena pœnitentia? » 

Mais c'est surtout des poètes qu'il aime à se rappeler les vers. 
Il met à contribution Ovide, pour qui il a une visible prédilection, 
Virgile, Horace, Juvénal, Glaudien et Boëce, de qui il ne dédaigne 
pas plus les mètres que la prose. 

On devine que, s'il a une si parfaite connaissance des anciens 
poètes latins, ceux du moyen âge à plus forte raison ne doivent 
pas lui être étrangers. Comme leurs poèmes, le plus souvent consa- 
crés à des sujets religieux, se rapportent mieux aux thèses qu'il dis- 
cute, c'est chez eux surtout qu'il puise les vers dont il émaille ses 
sermons. Malheureusement il s'abstient d'en indiquer la prove- 
nance. Toutefois, comme en grande partie ils sont rythmiques ou 
léonins, et quelquefois môme parés du double ornement de la rime 
ordinaire et de la rime léonine, en un mot construits dans les condi- 
tions i)articulièrement chères aux poètes du xii'' siècle, on peut sup- 
poser que ses citations sont le plus souvent extraites de poètes 
latins dont il était presque le contemporain. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 127 

Quant aux vers composés dans les formes normales, qu'il ne 
s'abstient pas non plus de glaner et dont il n'indique pas davantage 
l'origine, il est probable 'que pour la plupart ils ne sont pas plus 
anciens que les autres. 

Dans le recueil de sermons dont je publie les paraboles, j'ai 
rencontré beaucoup de vers appartenant aux divers systèmes de 
versification que je viens de mentionner. Je pourrais les intercaler 
ici; mais ils sont trop nombreux pour que je m'y décide. Afin de 
contenter ceux qui pourraient regretter leur omission, je leur ai 
ménagé une place spéciale à la suite des œuvres d'Eudes. 

SECTION 11. 
Manuscrits. 

§ 1. — France. 

i® Bibliothèque nationale. — A. Manuscrit 698. — Le manuscrit 698 
est un volume, auquel le Catalogue imprimé de 1744 attribue le for- 
mat in-4*, et dont l'écriture à deux colonnes est due à deux mains 
différentes du xiii® siècle. D'après le même Catalogue, il porterait 
la date de 1219 ; mais c'est une erreur : on sait déjà, par ce qui a été 
dit dans la biographie d'Eudes, que cette date n'est pas celle à 
laquelle le manuscrit a été exécuté. 

11 se compose de 108 feuillets en parchemin, précédés de 4 feuil- 
lets de garde en papier, sur le premier desquels, au recto, une 
double mention fait connaître qu'il a porté dans la Bibliothèque 
Bigot le n« 245 et dans celle du Roi la cote R. 4405.2. 

11 ne renferme que les sermons d'Eudes sur les Évangiles des 
dimanches, qui commencent au feuillet 1* par le préambule A qua- 
tuor ventis. 11 ne possède pas ceux sur la sainte Cène et sur le Ven- 
dredi saint. C'est la seule différence par laquelle le contenu du 
manuscrit diffère de ma liste. 

Les sermons n'y sont pas pourvus de titres; le texte de l'Évan- 
gile a sans doute paru au copiste indiquer suffîsainment le dimanche 
auquel chaque sermon se rapporte. 

Celui pour le vingt-quatrième dimanche après la Pentecôte se 
termine au feuillet 104*, col. 2, par le mot Explicita suivi de ce ren- 



i28 ÉTUDE SUÉ LES FABLES 

«• 
seignement : Doniinica. xxv. legitur euangelium in die. xL Après ce 

renseignement vient immédiatement, à l'encre rouge, l'indication 

que j'ai eu déjà l'occasion delranscrire et qui est relative au nom 

de l'auteur et à la date de la composition de son œuvre. 

A la suite, sans interruption, sur le même feuillet, commence 

la table, qui est annoncée en ces termes : Incipiunt tituli super expo- 

sitiones euangeliorum, et qui se termine au bas du feuillet 106**. 

col. i. 

Au haut de la col. 2 commence un sermon, qui, s'il n'est pas 
étranger à Eudes, ne fait du moins partie d'aucun de ses deux re- 
cueils; il est intitulé : Dominica infra aciabam paschalis domini, et 
commence par ces mots : « Erant Joseph et Maria, mater Jhesu, 
mirantes. » Il se termine au bas de la col. i du feuillet 108^. 

Les 108 feuillets en parchemin sont suivis de quatre autres en 
papier, sur le premier desquels se lit cet ex-libris : « Iste liber est 
de abbatia de Conchis. » 

B. Manuscrit 2459. — Le manuscrit 2459, qui a porté la cot€ 
4133' dans la Bibliothèque du Roi et plus anciennement le u? 5167 
dans celle de Colbert, forme un petit in-folio de 190 feuillets en 
parchemin. C'est un palimpseste, dont l'écriture actuelle, substi- 
tuée à la première, est à deux colonnes. D'après le Catalogue in-fol. 
dé 1744, il serait du xiv* siècle, mais il parait plutôt appartenir 
au xiu*'. 

Fol. 1. — Feuillet blanc. 

Fol. 2*. — 'Incipiunt sennones magistri Odonis de pœnitentia. Ce 
titre, qui semble annoncer un recueil de sermons, est en réalité 
celui du traité d'Eudeâ sur la Pénitence et la Confession, précédé 
d'un prologue qui commence par ces mots : « Descendi in [h]ortum 
meum. » 

Fol. 17*, col. 2. — Fin du traité De Pœnitentia, 

Fol. 17**. — Page blanche. 

Fol. 18* à 26**. — Quatre sermons. 

Fol. 18", col. 1. — Sermo in annunciatione sancte Mane^ secun- 
dum Lucham, 

Fol. lO**, col. 2. — Senno in nativitate sancte Marie, secundum 
Matheum. 

Fol. 21«, col. 1. — Sermon pour la fête de Marie-Madeleine. Du 
titre qui a été effacé il ne reste que les mots : secundum Lucham. 



»» 



ET LES PARABOLES mEUDES DE CHERITON. 129 

Fol. 23*, col. 2. — In tramfiguralione domini. 
Fol. 26», col. 2. — Dissertation théologique étrangère aux ser- 
mons, par laquelle le copiste a utilisé le reste du feuillet: 

Fol. 27», col. 1. — IncipiuNt sermones magistri Odonis. A la suite 
de ce titre vient le prologue des sermons sur lés Évangiles des 
dimanches qui débute par ces mots : « A quatuor ventis veni, Spi- 
ritus, et insuffla super interfectos istos ut reviviscant. » 

Fol. 27**, col. i. — Sermons sur les Évangiles des dimanches, au 
nombre de soixante-douze. Mais, ainsi que l'explication en a été 
précédemment donnée, il y en a neuf qui ne sont pas à leur place 
naturelle. Ce sont ceux qui, dans le manuscrit, portent les titres 
suivants : 

Fol. 40**, col. 2. -^Sermo sancti Pauli, secundum ifatheum. 
Fol. 43», coL 2. — Sermo in feslivitatibiis sanclorum^ secundum 
Matheum. 

Fol. 45», col. i. — Sermo evangelislarumj secundum Lucham, 
Fol. 59», coL 1. — Sermo sancti Laurentii et sancti Vincentii, 
secundum Johannem, 
• Fol. 71**, col. 1. — Sermo in festo omnium sanctorum, secundum 

Johannem, 

Fol. 75», col. 1. — Sermo confessorum, secundum Lucham. 
Fol. 77*», col. i. — Senno in festo sancti Michaelis, secundum Ma- 
theum. 

« 

Fol. 79», col. 1. — Sermo in dedicatione ecclesie. 
Fol. 80**, col. 2. — Sermo in exaltatione sancte crucis. 

m 

Il y a un dixième sermon, qui, pour les raisons déjà données, est 
à supprimer. C'est celui qui, fol. 51», col. i, est intitulé : Sermo de 
miseria hominum. 

Si on élimine ces dix sermons, il n'en reste que soixante-deux 
dans la collection de ceux sur les Evangiles des dimanches; mais 
ils doivent être complétés par quatre autres, qui, nous le verrons 
tout à l'heure, figurent à tort parmi ceux sur les Fêtes des saints. 

Fol. 154**, col. 1. — Fin du dernier de ces sermons, qui se termine 
- par ces mots : « Dignetur in nos dominus spiraculum vite immit- 
lere, quod a morte anime resuscitati ad vite gloriam pervenire va- 
leamus per eum qui vivit et régnât. Amen. » 

Fol. 154**, col. 2. — Après les sermons sur les Évangiles des di- 
manches vient un autre recueil de sermons, celui pour les Fêtes des 

9 



<30 ÉTUDE SUR LES FABLES 

saints, précédé d'un prologue, qui est annoncé en ces termes : Inq- 
piT PROEMiuM IX SANCTORUM FESTiviTATiBus, et qui conimencc ainsi : 
« Apparuit dominus de monte Pharan. » 

Ces sermons, qui occupent les feuillets 156*, col. 1 à 188*, sont 
seulement au nombre de quinze, dont il faut encore retrancher, 
comme appartenant au recueil de ceux sur les Ëvangiles des di- 
manches, ceux sur les fêtes de saint Etienne, de saint Jean TÉvan- 
géliste, des Saints Innocents et de TËpiphanie. Mais il faut y ajouter 
les quatre sermons qui occupent les feuillets 18*, col. i à 26*, coL 2, 
et les neuf dont la nomenclature précède ; ce qui en élève le total 
à vingt-quatre. 

Fol. 175'', col. 2. — In assumplione sancte Marie. — Ce sermon, 
qui est un des quinze ci-dessus indiqués, est incomplet. Il s arrête 
au bas du feuillet 177*», col. 2. Le feuillet qm devait en contenir la 
fm a disparu. 

Fol. 178*, col. 1. — Ici s'interpose un petit traité théologique divisé 
en trois parties, dont les titres à l'encre rouge sont ainsi formulés : 
De discrecione dande sententie; — Differenlia dande et date sententie; 
— Aliud est inferdictum, aliud excommunicacio. 

Fol. 178**, col. 2. — Reprise des sermons. 

Fol. 188% col. 1 in medio. — Fin du quinzième et dernier ser- 
mon, clos par ce vers usuel : 

Explicit isle libor; scriplor sil crimine liber ! 

Fol. 188»». — Le verso du feuillet 188 et les feuillets 189 et 190 
portent diverses écritures dénuées d'intérêt. 

C. Manuscrit 2593. — Le manuscrit 2593, qui précédemment 
portait dans la Bibliothèque du Roi la cote 4133.1, est un petit 
in-fol. de 16H feuillets en parchemin, dont l'écriture à deux colonnes 
est du xiv'' siècle. 

Fol. 1*, col. 1 à 1P, col. 2. — Comme dans le manuscrit 2459, le 
premier ouvrage est le traité de la Pénitence, intitulé : Summa de 
poENiTENTiA. » Malheureusement le commencement et la fin font dé- 
faut. Ainsi déca[)ité, le traité débute par les mots « Pœnitentiam 
agite », qui sont eux-mêmes les premiers d'un des chapitres. Il 
s'arrête au chapitre qui dans le manuscrit 2450 porte pour titre : 
De excomniunicationr . 

Fol. 12^, col 1. — Incipit proemium magistri Odonis ad sermones 



ET L£S PARABOLES D*EUDES DE CHERITON. 131 

EUANGBUORUM PER ciRCULUM ANNi. Ce titre cst suivi du prologue com- 
mençant ainsi : « A quatuor ventis veni, sancte Spiritus, et insuffla 
super interfectos istos. » 

Fol. 13'', col. 1. — InCIPIUNT SBRMONES EUANGELIORUM PER CIRCULUM 

ANSfi. Au-dessus de ce titre du recueil, faute de place au-dessous, a 
été écrtt à l'encre rouge ce titre du premier sermon : Sermo in 
prima dominica adventus domini et in ramis palmarum, secundUm 
Matheum, Voici les premiers mots du sermon : « Cum appropin- 
qoasset Jhesus Jherosolimis et venisset Betphage ad montem Oli- 
veti, misit duos de discipulis suis. » 

Les sermons qui, dans le manuscrit, figurent comme apparte- 
nant au recueil de ceux sur les Ëvangiles des dimanches, sont au 
nombre de soixante-quatre; ce qui en rend le nombre inférieur de 
deux à ceux que possède le manuscrit 2459. Ces deux sont les sui- 
vants : Sermo in cœna domini^ et Sermo in parasceven. 

Non seulement le manuscrit 2593 ne possède pas ces deux ser- 
nions, mais encore il présente une double lacune qu'il est bon de 
noter : les deux feuillets qui devraient se trouver, l'un entre le 
soixante-deuxième et le soixante-troisième, l'autre entre le soixante- 
^ptième et le soixante-huitième, ont disparu à une époque an- 
cienne et en tout cas antérieure à la reliure du volume. 11 s'ensuit 
?u'il ne possède ni la fin du sermon pour le jour de l'Ascension, 
^mmençant par les mots : « Recumbentibus .xi. discipulis » et du 
^rinon pour l'octave de la Pentecôte, débutant ainsi : « Erathomoex 
'^harisœis», ni le commencement de celui pour le dimanche après 
' A^scension, dont les premiers mots sont : « Cum venerit paracli- 
^'^s », et de celui pour le premier dimanche après l'octave de la 
'^^utecôte, qui commence en ces termes : « Homo quidam erat 

Fol. HO*», col. 1 in medio. — Fin des sermons sur les Évangiles 
*^s dimanches, qui se terminent ainsi : « Dignetur dominus spira- 
^^lumuite in nos transmittere, ut nos, a morte anime resuscitati, 
*^ïicta in uia viuere ualeamus et ad uite gloriam peruenîamus pre- 
*^nte domino nostro Jhesu Christo, etc. » 

Au haut du feuillet 111*, col. 1, commencent les sermons sur 
^s Fêtes des saints. Ils sont au nombre de vingt-cinq, du moins en 
*^Pparence; car, au feuillet 11 5**, col. 1, ce titre : Sa^mo in assump- 
^^one béate Marie, commande, non pas un sermon, mais la fin de 



132 ÉTUDE SUR LES FABLES 

celui qui, au feuillet lU*», col. 2, est intitulé : In annunliatione Jo- 
minica, 11 s'ensuit que le nombre réel n'est que de vingt-quatre. 

Si Ton compare ces vingt-quatre sermons aux vingt-quatre qui, 
dîins le manuscrit 2459, doivent être attribués au même recueil, 
on remarquera que chacun d'eux en renferme un qui ne se ren- 
contre pas dans l'autre. Celui qui est particulier au manuscrit 2459 
est le suivant : In festo sancti Pelri. « Venit Jhesus in partes Ce- 
sarese. » Voici le titre et les premiers mots de celui qui n'appartient 
qu'au manuscrit 2593 : In nativitate domini, secundum Atatheum. 
« Liber generationis Jhesus Ghristi, filii David, fîlii Abraham. » 
Fol. 154*, col. 1. — Fin du dernier sermon. 
Fol. 154»», col. 1 à i66^ col. 2. — Table des matières, que la 
perte des derniers feuillets du manuscrit a rendue incomplète. Le 
dernier titre de sermon qu'elle renferme est celui In festo virgi- 
nuniy qui commence ainsi : « Deapondi enim uos uni uiro iungi. » 
D. Manuscrit 12418. — Le manuscrit 12418, que l'inventaire 
imprimé de 1868 classe parmi les volumes de moyen format, se 
compose de 124 feuillets en parchemin, dont l'écriture à deux co- 
lonnes, due à des mains diverses, est du xiir siècle. Seul le der- 
nier feuillet est à longues lignes. 

Parmi les recueils de sermons qu'il renferme se trouvent les 
deux d'Eudes. 

Les sermons de ce dernier sur les Ëvangiles des dimanches oc- 
cupent les feuillets 8*, col. 1 initio à 51", col. 1 in fine. Ils ne sont 
pas précédés du préambule connu, et le copiste, comptant pour 
révéler le commencement de chacun d'eux sur la grande lettre 
initiale, ne les avait pourvus d'aucun titre; ceux qu'ils possèdent 
leur ont été, après coup, donnés en marge par une autre main. 

Ils sont au nombre de 55, parmi lesquels se trouvent celui pour 
la Dédicace de l'église, que j'ai considéré comme appartenant au 
recueil relatif aux Fêtes des saints, ce qui réduit à 54 les sermons 
concernant les Évangiles des dimanches. La collection complète 
devant en comprendre 66, il s'ensuit qu'il en manque douze, quf 
sont ceux pour la sainte Cène et pour le Vendredi saint, pour la 
veille et le jour de l'Ascension, pour l'envoi du Saint-Esprit et pour 
les sept derniers des vingt-cinq dimanches a[)rès la Pentecôte. 

Les sermons pour les Fêtes des saints occupent dans le manu> 
scrit les feuillets 68*, col. 1 initio à 105'', col. 1 in medio, dont l'écri- 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 133 

tare, quoique moins fine, paraît être de la même main. Ils sont au 
nombre de vingt-deux, auxquels il faut ajouter celui pour la Dé- 
dicace de l^Ëglise qui figure parmi ceux sur les Evangiles des 
dimanches; ce qui en élève le nombre total à vingt-trois. Comme 
la collection complète en comprend vingt-six, il en [résulte qu'il 
en manque trois, qui sont celui sur TExaltation de la sainte Croix, 
commençant en ces termes : « Cum exaltatus fuero a terra f> ; celui 
sur les Vierges, dont les premiers mots sont : « Despondi enim vos 
oni viro jungi », et celui pour la fête de saint Pierre, qui débute 
ainsi : « Venit Jhesus in partes Cœsareœ. » 

Sans intervalle, à la suite du dernier des sermons pour les Fêtes 
des saints, vient le traité de la Pénitence, qui occupe les feuil- 
lets 96*», col. 1 à lOS*», col. i in medio. Comme dans le manuscrit 
2593, il commence par les mots : Pœnilentiam agile, 

E. Manuscrit 16506. — Le manuscrit 16506 est un volume in-i**, 
dont les feuillets. seraient, d'après le chiffrage, au nombre de 291, 
mais qui, par suite de la répétition du n® â91 sur l'un d'eux, en 
possède en réalité 292. 

L'écriture est du xui* siècle. Celle des trois premiers feuillets, 
à longues lignes, est très mauvaise et presque indéchiffrable; 
celle de tous les autres, à deux colonnes, est au contraire très 
belle et très nette, et, malgré son extrême finesse, parfaitement li- 
sible. 

Fol. 4* à 31**. — Traité de la Confession et de la Pénitence. 

Fol. 32* à 80*, col. 1 in fine. — Sermons étrangers à Eudes, 
suivis d'une table des matières. 

Fol. 81% col. 1 initio à 122**. — Sermons étrangers à Eudes. 

Fol. 123», col. i initio à 218% col. 2. — Sermons d'Eudes sur 
les Evangiles des dimanches. 

Ils ne sont pas précédés du préambule A quatuor vends. 

Comme dans le manuscrit 2593, ils sont au nombre de soixante- 
quatre, et dans le même ordre. — Ils portent sur les mêmes sujets; 
c'est ainsi qu'on y trouve les quatre sermons pour les fêtes de 
saint Etienne, de saint Jean l'Êvangéliste, des Saints Innocents et 
de l'Epiphanie. Pour être au complet, ils devraient être deux de 
plus; comme dans le manuscrit 2593, les deux qui manquent sont 
ceux pour la sainte Cène et pour le Vendredi saint. * 

Le premier sermon est celui pour le premier dimanche de 



134 ÉTUDE SUR LES FABLES 

TAvent, et le dernier, celui pour le vingt-quatrième dimanche après 
l'octave de la Pentecôte. 

Fol. 218', col. 2. — A l'encre rouge : « Explicit liber euangelxo- 
rum dominicalium, Completum est hoc opus anno ab incarnatione 
domini. m**. cci<* xix®, pridie kalendas Januarii. A magistro Odes ad 
laudem ipsius qui est alpha et o ». 

Immédiatement après cet explicit vient la phrase suivante, qui 
a pour objet de faire connaître sur quel Évangile doit porter le ser- 
mon pour le vingt-cinquième dimanche après l'octave de la Pente- 
côte : « Dominica .xxv. legitur euangelium in média quadrage- 
sima. » 

Fol. 218*», col. 1 et 2. — Pièce étrangère à Eudes, ajoutée sans 
doute par le copiste pour utiliser la dernière page de son cahier. 
Elle commence, sans titre, par ces mots : « Item talia hic attendas; 
Dominus subito ueniet. » 

Fol. 219", col. 1 à 220^ col. 2. — Table des matières incomplète, 
qui s'arrête au dix-septième dimanche après l'octave de la Pentecôte. 

Fol 221«, col. 1 à 226»», col. 1. — Sermons d'Eudes pour les fêtes 
des saints, sans titre général, ni préambule. Us sont au nombre de 
vingt-six; d'où il résulte que, dans le manuscrit 16506, les sermons 
pour les Fêtes des saints sont au complet. On y trouve notamment 
un sermon qui n'existe ni dans le manuscrit 2459, ni dans le ma- 
nuscrit 2593 ; c'est celui qui, au feuillet 246% col. 1, commence en 
ces termes : « Dixit Jhesus discipulis suis : Si quis vult post me 
venire. » 

Fol. 266^, col. 1. — Expliciunt euangelia sanctorum secundum 
magistrum, 0. ad laudem ipsius qui est alpha, etc. Cette souscrip- 
tion démontre qu'aussi bien que les sermons sur les Évangiles des 
dimanches, ceux sur les Fêtes des saints sont bien l'œuvre d'Eudes 
de Chéri ton. 

Fol. 266^ col. 2 à 272*, col. 2. — Collection de sermons dont 
l'auteur n'est pas indiqué. 

Fol. 272\ col. 1, à 285", col. 2. — Traité de la Passion de J.-C, 
précédé d'un prologue commençant ainsi : « Vexilla régis pro- 
deunt. » Le prologue, au bas du feuillet 273*, col. 1, est clos par ces 
deux mots : « Explicit proemium, » Vient ensuite le traité lui-même, 
dont voici le début : « Appropinquabat autem dies festus azimo- 
rum qui dicitur Pascha, et querebant principes sacerdotum, etc. » 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 135 

Il se termine vers le bas du feuillet 285*, col. 2, par cette phrase 
finale : « Explicii passio domini nostri ihesu christi secundum magis- 
ti-um Odonem ad laudem ipsius qui est alpha et u )>, et par la sous- 
cription suivante que le copiste y a ajoutée : 

Açenarius scripsit librum isium, et deus bencdicat eum I 

Amen. Am. Am. 

De V explicii qui précède il ressort que le traité de la Passion 
doit être attribué à Eudes et qu'ainsi le manuscrit 16506 renferme 
trois de ses œuvres. 

Fol.285^col.i à 288*', col. 2. — Trois sermons sur la vierge Marie* 

Fol. 289*. — Table écrite par une autre main et laissée incom- 
plète. 

Fol. 289**. — Ex libris duquel il résulte que le manuscrit a ap- 
partenu à Jean de Gonesse, Tun des maîtres de la maison de Sor- 
bonne, à laquelle il Ta légué. En voici les termes : « Iste liber ser- 
monum est pauperum magistrorum domus de Sorbonio, ex legato 
magistri Johannis de Gonessia, quondam socii domus. » 

2® Bibliothèque de Bordeaux. — Manuscrit 284. — L'e manuscrit 
284, qui est un petit in-i° de 235 sur 145 millimètres, se compose 
de 201 feuillets en parchemin, dont récriture k deux colonnes est 
du xm* siècle. Il ne renferme que les deux sermonnaires d'Eudes. 

Fol. !■. — Prologue des sermons sur les Évangiles des diman- 
ches, commençant par les mots : « A quatuor ventis veni, Spiritus. » 

Fol. 1**. — Dominica prima in adventu Domini, secundum Matheum, 
in Ramis palmarum. — « Cum appropinquasset Jliesus Jerosoli- 
mis et venisset Betphage. » 

Fol. 114**. — Fin des sermons sur les Évangiles des dimanches, 
dont le dernier, c'est-à-dire celui pour le vingt-cinquième dimanche 
après la Pentecôte, se termine par ces mots : « ... ut ad vitam glorie 
perveniamus propitiante Domino nostro Jhesu Christo. Amen », 
suivis eux-mêmes de cette souscription : Explicit liber euangelio- 
rum dominicalium. 

Fol. ii5*. — Prologue des sermons pour les Fêtes des saints, 
qui est annoncé en ces termes : Hic incipit introitus sanctorum, 
et qui débute ainsi : « Apparuit Dominus de monte Pharam et cum 
eo sanctorum inilia. » A la fin on lit : Explicit proemium in euange- 
lia sanctorum. Puis viennent deux exempta. 



136 ÉTUDE SUR LES FABLES 

FoL 116*». — Premier sermon, intitulé : In natale heati Stephani 
prothomartiris, Matheus, XX^ capitulo. 

Fol. 199*». — Dernier sermon qui, dans le manuscrit, est celui 
débutant ainsi : « In illo empore dixit Dominus Jhesus discipulis 
suis : Ego sum panis viuus qui de celo descendi... » 

Fol. 201^ — Derniers mots de ce dernier sermon, dont la fin 
manque : « ... digneris nos, in hoc exilio, in horribili deserto con- 
stitutos... » 

Sur le verso du premier feuillet une main du xvi*» siècle a écrit 
le mot : Alani, 

§ t2. — ALLEMAGNE 

Bibliothèque royale de Munich. — Manuscrit 2637. — Ce ma- 
nuscrit est un volume in-4** de 153 feuillets en parchemin, dont 
récriture est de la fin du xm® siècle. 

Il ne renferme que les sermons d'Eudes. 

Le préambule qui devrait précéder le sermon pour le premier 
dimanche de l'Avent, faisant défaut, c'est par ce sermon que débute 
le recueil. Il commence au haut du recto du premier feuillet du 
manuscrit. En voici le titre et les premiers mots : Dominica ptima 
in aduentu. « Cum appropinquaret Jésus Jerosolimam, etc. Presens 
euangelium bis in anno legitur : in aduentu domini et in ramis 
pahnarum. » 

Voici maintenant comment au verso du feuillet 1*53 se termine 
le dernier sermon : « Inuocet per uoces kataractarum tuarum, ut 
ad iocundam curiam dei ualeamus peruenire et inter predicta lilia 
ante deum perpetuo llorere. » 

La fin des sermons est indiquée par ces trois mots : Expli^ 
ciunt sermones Odonis, suivis eux-mêmes de ce vers léonin par 
lequel le copiste fait connaître son nom : 

Qui me scribebaî Purchardus nomen habcbat. 

§ 3. — ANGLETERRE 

1" Bibliothèque du Bntish Muséum. — Manuscrit Arundel 231. 
— Le manuscrit 231 du fonds Arundel, qui provient de l'abbaye de 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 13T 

Fountain in Yorkshire, est divisé en deux volumes in-fol. de petit 
format, qui se composent, le premier, de 2i2 feuillets, le second 
de 229, tous en parchemin, et dont récriture est du xiY" siècle. 

Il renferme un seul ouvrage, consistant dans une série complète 
de sermons sur les Évangiles des dimanches, qui, commençant au 
premier dimanche de l'Avent, embrassent l'année entière. 

Us sont précédés d'une table qui occupe les douze premiers 
feuillets du premier volume et qui est close par cette souscription : 
ce Explicit tabula omeliarum magistri Johannis de Abbatis villa, ma- 
gistrî etiam Odonis de Cancia et magistri Rogeri de Sarisbiria. » 

Suivent les sermons eux-mêmes, qui, d'après cet Explicit, 
seraient tirés des œuvres de trois auteurs différents, mais dont 
rien n'indique la part revenant à chacun d'eux. 

Plus haut je me suis demandé à qui le copiste avait songé, lors- 
qu'il avait donné à l'un de ces trois auteurs le nom de Odo de 
Cancia, et j'ai constaté que, quelle qu'ait été sa pensée, c'était 
sinon le texte exact des sermons d'Eudes de Chéri ton, au moins 
la paraphrase de ce texte, que renfermait le manuscrit du fonds 
Arundel. 

Ce qui reste à découvrir, c'est si en réalité ces sermons ont été 
joints à ceux de deux autres écrivains. J'incline à penser que, 
sauf les cinquième et soixante-neuvième, tous sont l'œuvre allongée 
d'Eudes de Cheriton; et ce qui me le fait supposer, c'est que ces 
deux sermons sont les seuls que je n^aie pas rencontrés dans les 
manuscrits authentiques de cet auteur : ce sont ceux pour la veille 
de Noël et pour le vingt-cinquième dimanche après la fête de la 
Trinité ; ils commencent dans le manuscrit par ces mots : « Cum 
esset desponsata mater Jhesu Maria, Joseph, etc. » et « Cum suble- 
vasset oculos Jhesus et videret quia multitudo venit ad eum, etc. » 

Le nombre des sermons d'Eudes sur les Évangiles des diman- 
ches ayant été arrêté par moi-même à soixante-six, et le manu- 
scrit d 'Arundel en possédant soixante-neuf, si l'on n'en retranchait 
que deux, il semble qu'il en resterait au moins un qui ne pourrait 
appartenir à Eudes. Mais, en analysant le manuscrit 698 de la Bi- 
bliothèque nationale, j'ai signalé un sermon d'Eudes, qui, quoique 
étant vraisemblablement son œuvre, était, comme étranger au 
recueil des sermons sur les Évangiles des dimanches, relégué à la 
fin du volume ; or, dans le manuscrit du fonds Arundel, il est placé 



138 ÉTUDE SUR LES FABLES 

parmi ceux sur les Évangiles des dimanches, dont il est le douzième; 
de sorte qu'en définitive les soixante-sept serinons pourraient être 
Tœuvre d'Eudes. Mais alors, dira-t-on, où sont dans le manuscrit 
les sermons de Jean d'Abbeville et de Roger de Salisbury? Je ré- 
ponds qu'il est supposablc que le compilateur, à qui est dû le con- 
tenu du manuscrit, les a fondus dans ceux d'Eudes, qui doivent 
probablement à cette façon de procéder une partie de leur extraor- 
dinaire dévelopi)ement. 

Néanmoins, n'ayant pas tous les éléments nécessaires pour 
trancher la question, je m'en abstiens. Ce que je crois seulement 
pouvoir affirmer, c'est que le manuscrit du fonds Arundel possède 
au moins vingt-huit sermons d'Eudes. En effet, M. Ward en a re- 
marqué quinze renfermant des fables qui appartiennent à sa collec- 
tion ésopique. En outre, en examinant au British Muséum, qui en 
possède six exemplaires, le Spéculum Latcorum de Jean de Hove- 
den, M. Ward y a retrouvé, attribués à Magister Odo de Seriton^ 
c'est-à-dire à notre Eudes, au moins une dizaine d'exemples, qui 
existent en même temps dans les sermons 8, iO, i6, 29, 48, 49 et 
68 du manuscrit du fonds Arundel. Le sermon 48 figurant déjà 
dans les quinze précédents, c'est de six seulement que ce premier 
nombre doit être augmenté ; ce qui le porte à vingt et un. Enfin les 
extraits du manuscrit, qui m'ont été envoyés de Londres par 
M. Herbert, m'ont permis de voir que, indépendamment des vingt 
et un sermons dont M. Ward fait honneur à Eudes de Cheriton, il 
y en a encore sept qui, dans le même manuscrit, .commencent 
exactement dans les mômes termes que dans les véritables* manu- 
scrits de son œuvre homélitique. J'arrive ainsi à un total de vingt- 
huit sermons, indubitablement inférieur au nombre réel. 
Ce sont ceux sur les Évangiles pour : 

1*» Le deuxième dimanche de l'Avent; 

2° La grand'messe de Noël ; 

3*» La fête de saint Etienne, premier martyr; 

4° La fête de saint Jean l'Évangéliste; 

5® La fête des Saints Innocents ; 

6° Le premier dimanche après Noël ; 

7*» La fête de la Circoncision ; 

.8^ La fête de l'Epiphanie; 

9« Le dimanche après l'octave de l'Epiphanie; 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 139 

iO® Le quatrième dimanche de la Qùadragésime ; 

il® Le dimanche de la Passion; 

i2*» Le dimanche de Foctave de Pâques; 

i3®^Le deuxième dimanche après Toctave de Pâques; 

ii<* Le jour des Rogations; 

15*» La fête de l'Ascension; 

16*» Le dimanche de la Pentecôte; 

17<» Le dimanche de la Trinité; 

18*» Le premier dimanche après la Trinité; 

19*» Le quatrième dimanche après la Trinité; 

^'» Le cinquième dimanche après la Trinité ; 

il*» Le huitième dimanche après la Trinité; 

!22*» Le neuvième dimanche après la Trinité ; 

23*» Le quatorzième dimanche après la Trinité ; 

il*» Le quinzième dimanche après la Trinité ; 

45*» Le seizième dimanche après la Trinité ; 

26*» Le vingt-et-unième dimanche après la Trinité ; 

27*» Le vingt- troisième dimanche après la Trinité ; 

28*» Le vingt-quatrième dimanche après la Trinité. 

Au feuillet 229^ du second volume, le soixante-neuvième et der- 
nier sermon se termine par ces mots : «... in tribulacionibus Deum 
laudamus, qui est super omnia benedictus in secula. Amen! » 

Puis vient cette souscription : Expliciuni morales exposiciones 
magistri Johannis de Abbatis villa, Magistri eciam Odonis de Cancia 
et Magistri Rogeri de Sarisbiria in vnum compacte super euan- 
gelia dominicalia per tolum annum. 

Enfin à cette phrase le copiste, désirant se faire connaître, 
a ajouté la déclaration suivante : « Johannes de Munkegate de Ebo- 
raco clericus, procurator religiosorum virorum dominorum Abbatis 
et Conuentus Monasterii de Fontibus, scripsit hune libruni. » 

2*» Bibliothèque du Collège de Baillai à Oxford, — Manuscrit 38. 
— Le manuscrit 38 est un volume in-4*», composé de 217 feuillets 
en parchemin, dont récriture à deux colonnes est du xiii® siècle. 

D'après le Catalogue de Coxe, il fut donné par M. Will. Lambard 
au collège de Baillol, dont il était le chef; puis, sorti de ce collège, 
le manuscrit, racheté par maître Robert Roke, y fut réintégré. 

Il renferme dans ses 82 premiers feuillets 79 sermons sur les 
Ëvangiles des dimanches, qui se rapportent principalement à la vie 



UO ÉTUDE SUR LES FABLES 

de Jésus-Christ. Le Catalogue les attribue à Eudes de Kent. Les 
premiers mots qu'il en donne montrent qu'ils ne doivent pas être 
confondus avec ceux d'Eudes de Cheriton. 

Avec le feuillet 83 commencent 29 sermons, qui, au contraire, 
sont bien l'œuvre de ce dernier. Ils font partie de ceux sur les 
Évangiles des dimanches, commencent par ces mots : « Cum appro- 
pinquasset dominus, etc. », et se terminant par ceux-ci : « Dimi- 
dium miliare complent. » 

Au feuillet 94 vient le traité de la Passion de J.«-C., que nous 
avons déjà rencontré dans le manuscrit 16506 de la Bibliothèque 
nationale et que, comme ce dernier, le manuscrit du collège de 
Baillol attribue à Eudes. Le traité est précédé du préambule débu- 
tant ainsi : « Vexilla régis prodeunt », commence lui-même par 
ces mots : « Appropinquauit autem dies festus », et finit en ces 
termes : « ...et conlitemur dominus noster qui cum Pâtre, Spiritii 
sancto, etc. » 

Le quatrième et dernier ouvrage que possède le manuscrit 
consiste dans les sermons d'Eudes de Cheriton pour les Fêtes des 
saints. Ils sont au nombre de vingt-sept, dont le premier, sur la 
Transfiguration, débute au feuillet 122 par ce texte : « Assumpsit 
Jhesus Petrum, etc. », et dont le dernier se termine par ces mots : 
«... quiescere ualeamus, Saluator mundi qui cum Pâtre, etc. » 

A la fin de ce dernier sermon on lit : Expliciunt euangelia sanc- 
torum secundum niagistrum 0, ad laudem Istius qui est alpha et o>. 

Suit une table des sermons contenus dans la première partie 
du volume. 

S ^. — AUTRICHE. 

Bibliothèque impériale de Vienne, — A. Manuscrit 1579. — Ce 
manuscrit est un volume in-i% composé de 192 feuillets en par- 
chemin dont l'écriture est du xm*^ siècle. 

Il ne renferme que les sermons d'Eudes sur les Ëvangiles 
des dimanches, que la perte des derniers feuillets a même rendus 
incomplets. 

B. Manuscrit 2164. — Ce manuscrit est un volume in-folio, 
composé de 198 feuillets en parchemin dont l'écriture est du 
xm® siècle. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 141 

11 contient trois ouvrages, que le nouveau Catalogue imprimé 
mentionne dans les termes suivants : 

1® l*-3o**. Sermones de iempore. Incip. : Sol orlus est... Expl. : oculi 
raei sanclum tuutn qui vivis, etc. 

2* 35*>-4d*>. Collecta?. Incip. : Adorua thalamum... Expl. : accipcre sibi 
regnum. 

3*46*-l98*». OdOf sermones per circulum anni. Incipit. : Gum appro- 
pinquasset... Expl. : horœ diei sunl muta... Cetera desunt. 

S 5. — MANUSCRIT PRIS POUR BASE DE LA PUBLICATION 

DES SERMONS. 

On a vu plus haut que j'avais décidé de publier seulement les 
paraboles contenues dans les sermons d'Eudes sur les Évangiles 
des dimanches. Ayant analysé les manuscrits qui les renferment, j *ai 
maintenant à indiquer celui dont j'ai cru devoir les extraire. 

Ici plus qu'ailleurs je devais observer la règle, que je me suis 
prudemment imposée, de ne tenter aucune restitution, de me 
borner à choisir parmi les manuscrits d'un auteur celui qui me 
semblerait le moins défectueux et d'en donner une copie littérale. 

En ce qui touche les sermons d'Eudes, n'ayant à ma disposition, 
parmi les manuscrits que je viens d'analyser, que les cinq de la 
Bibliothèque nationale, c'est pour l'un d'eux que j'ai dû opter, et 
c'est seulement entre les deux cotés !2o93 et 16506 que j'ai eu un 
peu d'hésitation. 

Ce dernier a de graves défauts. D'abord il a été exécuté par un 
copiste qui n'avait du latin qu'une notion bien imparfaite et qui a 
souvent mal lu et par suite mal transcrit bon nombre de mots. 
Ensuite il est probable que le mamiscrit qu'il avait sous les yeux 
était ^oeuvre d'un prédicateur qui s'était moins préoccupé de faire 
du texte d'Eudes une copie entièrement fidèle que de réunir des 
matériaux susceptibles d'entrer dans la composition de ses propres 
homélies. Il en est résulté qu'il s'est permis de donner à certaines 
(dirases de l'original une forme plus succincte et quelquefois même 
de les supprimer, et que notamment il a négligé quelques exemples 
qui, sans doute avec raison, lui ont paru trop ineptes pour pouvoir 
être utilisés par lui. 

C'est néanmoins au manuscrit 16506 que j'ai donné la préfé- 
rence, et ce n'est pas sans motif. C'est bien le véritable texte 



142 ÉTUDE SUR LES FABLES 

d'Eudes qui a été suivi dans le manuscrit 2593. Mais d abord le 
copiste à qui il est dû n'était pas plus que l'autre versé dans la 
connaissance de la langue latine. Ensuite, soit parce qu'il n'a 
apporté à son travail qu'une attention insuffisante, soit parce que 
son modèle n'était pas lui-môme exempt d'omissions, sa copie pré- 
sente de graves lacunes. 11 est vrai qu'une seconde main a essayé 
de corriger les fautes du copiste et de rétablir ce qu'il avait omis; 
mais elle n'a pas fait disparaître entièrement les défauts de la 
copie. Enfin ce qui m'a surtout empêché d'opter pour ce manu- 
scrit, c'est que j'y ai constaté la disparition de quelques feuillets. 
Je n'ai pas cependant d'une façon absolue renoncé à m'en servir, 
et c'est de son texte que j'ai extrait les paraboles qui manquaient 
dans l'autre. 

SECTION III. 
fidition. 

Jusqu'à ce jour il n'a pas été publié d'autre édition des sermons 
d'Eudes que celle de 1520. 

C'est un petit in-4** dont les feuillets chiffrés sont au nombre 
de 154, précédés de huit autres signés seulement de la lettre A. 

Sur le recto du premier de ces huit feuillets le titre est ainsi 
conçu : Flores sermon û ac Euâ||geliorum Dominicauû excelléiiss. 
Magistn Odonis \\ Cancellarii Parrhisien, Omni sale, lepore ac eru- 
diti||one refertissimi ; cum eorûdem indice. 

Appelons immédiatement l'attention sur la qualité de Chance- 
lier de VUnivcrsité de Paris octroyée à Eudes de Cheriton. Ce que 
maintenant nous savons de lui ne permet guère de comprendre 
comment une pareille erreur a pu être commise. Pour l'expli- 
quer, M. Herbert suppose que l'éditeur n'avait à sa disposition 
qu'un manuscrit, qui, à la suite du nom d'Eudes, portait l'indication 
de son pays d'origine sous cette forme : Cane, abréviation du mot 
CancianuSy prise par lui pour Cancellariiis. 11 est possible que la 
chose ne se soit point passée ainsi; mais Texplication est trop ingé- 
nieuse pour «^tre dédaignée. 

Au-dessous du titre est la marque de l'imprimeur, représentant 
son atelier meublé d'une presse, dont la barre transversale porte 
les mots : Prelû Ascensianû. 



BT LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 143 

Au bas de la page on lit : « Venûdaniur ab lodoco Badio Ascen- 
sio. Cù grapia et priuilcgio, ne quis triennio proximo, nisi e re || 
eiusdem Badii, rursus imprimat. » 

Le deuxième feuillet est occupé par une dédicace de F. Mathieu 
Makerel, professeur de théologie sacrée à Tlnstilut des Prémontrés, 
adressée à Jean Fischer, évéque de Rochester et chancelier de 
l'Académie de Cambridge. 

Les six autres feuillets sont remplis par une table intitulée : 
Index sequeniium Sermonum secundum numerum foliorum. 

Avec la signature B i et le chiffre 1, commencent, privés de leur 
prologue, les sermons, dont le titre est ainsi formulé : Incipivnt 
FLOBES EuANGELiORUM DOMINICALIUM mùgistri Odonis Câcellarij Pari' 
siensis : et sunt sermones dominicales per totum annum. 

Les sermons sont au nombre de soixante-cinq. Mais l'éditeur 
n'a pas cru devoir donner le texte entier de chacun d eux. Le mot 
Flores indique qu'il n'en a publié que les passages qui lui ont paru 
les plus remarquables, et c'est en réalité ce qu'il a fait; mais il ne 
s'est pas contenté d'agir ainsi : il a souvent aussi donné une forme 
plus brève à ce qu'il n'a pas supprimé. 

S'il a ainsi considérablement écourté les sermons qu'il avait 
entrepris de publier, en revanche il en a augmenté le nombre par 
l'addition d'un dernier destiné éventuellement au vingt-cinquième 
dimanche après la fête de la Trinité. Pour cela il ne s'est pas mis 
en frais d'imagination : il a pris les deux sur la Transfiguration de 
Jésus-Christ et sur l'Assomption de la sainte Vierge, qui, apparte- 
nant à la collection de ceux d'Eudes sur les tVtes des Saints, 
venaient probablement, dans son manuscrit, sans séparation appa- 
rente, à la suite de ceux sur les Évangiles des dimanches, et il les 
a abrégés, dénaturés et réunis en un seul. 11 serait presque impos- 
sible de les reconnaître, si l'éditeur n'avait eu soin d'en conserver 
les exemples, que je vais exhiber ici conformément au texte qu'il 
en a lui-môme donné : 

1** PARABOLES TIRÉES DU SERMON 
SUR LA TRANSFIGURATION DE JÉSUS-GURIST. 

Fol. CL*. — Dicitur quod quçdammulior nomiiie Veroiiira,qua% secun- 
dum quosdam, ex taclu fimbriç Christi saiiata est, visa facie (Unisli sic fuit 
accensa quod presenlia eius vix potuit carore. Vnde rogauil quod imagi- 



144 ÉTUDE SUR LES FABLES 

nem suœ faciei sibi rclinqucret. Dominus autem pannum lineum super 
faciem suam impressit, et Veronico} pannum exhibuit : sed verius credo 
quod ad simililudinem lesu adhuc viuentis prœdicta mulier faciem eius 
in telam depinxit. Vndc Tyberius Augustus banc imaginem aspiciens ceci- 
dit in terram et cum tremore et lacbrymis adorauit eam, et statim sana- 
tus est a langore et vulnere quod intrinsecus passus est. 

Sic tu in tuteia castitatis eam in corde depingas, et animi passiones 
fugabit. 

Fol. CL'». — Quidam domicellus beatam virginem deuotissime dilexit 
et singulis diebus horas eius psallebat. Parentes eius ipsum vxorem ducere 
compulerunt, cum vitam castam potius elegisset. Prandio nuptiarum iam 
parato, cum sponsus manus suas deberet abluere, recordatus est quod 
horas beatœ virginis non compleuerit et dixit se oportere ad ecclesiam 
pergere, vt debitum bealç virgini solueret. Amici eius inuitati dixerunt 
imiusmodi verba- : Non esse nubentium horas dicere ; tamen ipsis uolen- 
tibus ad ecclesiam perrexit solus; quam cum intrasset, iuxta altare vidit 
dominam pulcherrimam ornamentis preciosissimis et odoriferis décora- 
tam. Domicellus vero exterritus obmutuit; cui ait domina: Amice, ros- 
pice si unquam tam pulchram, tam decentem vidisti; qui[a], si mihi simi- 
lem vidisti, nihil moror quin aliam eligas. Respondit puer : Nunquam 
vidi tibi consimilem in pulchritudine; et ait domina : Quare igitur me 
dimisisti et aliam sponsam duxisti ? Et quœsiuit puer : Domina, quœ es tu? 
Respondit : Ego sum mater (îlii dei. Et ait Domicellus : Nunquam te dere- 
linquam nec aliam super te inducam. Et puer domum reuersus spon- 
sam dimisit, et beato; virgini in castitate et sancta dilectione deuotissime 
militauit. 

!2*' rARABOLES TIRÉES DU SERMON 

SUR l'assomption de la sainte vierge. 

Fol. CLIl*. — Quidam senex vidit fratrem meditanlem in cella, et 
dçmon foris stans non polerat intrare ; sed, cum meditari cessauit, ingres- 
sus est d(emon in cellam. 

Fol. CLll*. — Quidam frater venit ad Abbatem Siluanum, et videns 
fralres opérantes, ait : Nolile operari cibum quod périt. Maria optimam 
partem elcgit. Et dixit senox cuidam fralri : Duc istum in cellam vbi 
nihil est, trad(»ns ei codicom. Kl cum osset liora cibandi, altondebat si 
vocarent oum ad piandium ; et non est vocatus. Qui surgens venit ad eos, 
dicens : Comedislis hodie? Respondit senex : Etiam. Cui ille : El quare me 
non vocastis? Kl ait senex : Tu spirilualis es, et non eges cibo isto. Nos 
vero carnales indigemus, et ideo operamur. Tu vero optimam partem ele- 
gisti, legens lola die; vnde sumere cibum carnalem non oporlet te. Quod 
cum audisset prosl ralus dixil : Pater, ignosce mihi, quia peccaui. Cui abbas : 
Indigol Maria Isine] Martha. Per Martham enim Maria alilur. Martha ergo 
bonam partoni clogil, si ad hoc laborat vt Chrislum in membris rcficiat. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 145 

Fol. CLIII». — Cum quidam Cislertiensis ad supernam curiani raptus 
esset, et multa gênera hominum in gloria vidisset, trislatus est, quia nul. 
lum vidit Cistertiensem ; et quœrebat si omnes damnati esseut. Et beata 
virgo, expandenspallium suum, multitiidinem Cislertiensium ipsi démons- 
trauit. Vude gauisus tam quod prope decessit. 

Fol. CLIIII*. — Legitur de quodam paruulo iudœo qui cum Chrisliano 
litteras didicit et die paschœ cum eo ad monasterium iuit : coram imagine 
virginis^ quam libenter est intuitus, genua flexit; tandem cum illo puero 
communicauit. Et domum veniens requisilus est a paire vbi fuisset. Veri- 
tatem confessus est. Pater vbi audiuit eum virginem adorasse et commu- 
nicasse posuit eum in clibanum succensum et clausum duobus diebus. 
Quem mater biduo quçsiil; a qua cum populo accurrente inuentus est 
ludens cum igné. Requisitus puer quis conseruasset eum ab igné, dicit 
quod illa domina quam in monasterio adorauit. 

Hçc mitigat ignem irç dei, cum exarserit in peccatores. 

Le sermon qui renferme'les exemples ainsi reproduits, étant le 
dernier de l'édition de 1520, est, au recto du feuillet 154 où il se 
termine, suivi de cette souscription : Cum grulia et privilegio^ ne 
quis inlra Triennium proximum imprimai prœter assensum lodoci 
Badii Ascemii; cuius castigatlone et impensis absoluti sunt hi sermones 
ad Idu$ Januarias, Anno domini ad calcutum Romanum MDXX, 
Deo grades . 



iO 



/ 



LIVRE IL 



COMPILATIONS ET IMITATIONS. 



CHAPITRE PREMIER. 

FABLES JOINTES A CELLES D EUDES 
PAR SES COMPILATEURS. 

Les fables d'Eudes, dans sa pensée, ne devaient pas être une 
œuvre purement littéraire composée par lui sans autre but que d'em- 
ployer agréablement ses loisirs de lettré. Elles avaient un objet bien 
déterminé que j*ai précédemment indiqué. Si elles ne Tout pas 
atteint, en revanche elles ont eu une autre utilité, qui a été de venir 
en aide aux prédicateurs, en leur permettant de citer dans leurs 
sermons, sous la forme de paraboles, des exemples à l'appui de 
leurs thèses théologiques. Aussi furent-elles souvent copiées par 
ceux qui en devaient faire usage. Ceux qui les copiaient ne se 
contentaient pas toujours de les transcrire; quelquefois ils les 
allongeaient, plus souvent ils les abrégeaient; en un mot, ils les 
modidaient suivant leur goût, et, comme elles n'étaient pas le seul 
arsenal qui leur fût accessible, ils puisaient ailleurs tantôt d'autres 
fables ésopiques, tantôt des légendes religieuses qu'ils y ajou- 
taient, afin d'avoir sous la main pour leurs homélies un plus grand 
choix de matériaux à employer. 

On peut ainsi s'expliquer aisément pourquoi les manuscrits qui 
nous sont restés des fables d'Eudes sont si nombreux, pourquoi 
les fables elles-nn^mes y sont intitulées tantôt narrations, tantôt 
exemples, tantôt paraboles, pourquoi elles s'y présentent avec tant 
de variantes et d'altérations, et enfin pourquoi elles y sont mêlées 
à des collections complexes dues à d'autres auteurs. 



FABLES ET PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 147 

C'est rexamen de quelques-unes de ces collections qui va faire 
l'objet de ce premier chapitre. Passons-les d'abord en revue. 

Les manuscrits Harley 219 et Douce 169, précédemment analy- 
sés, renferment à la suite de Tœuvre ésopique d'Eudes une collec- 
tion de vingt-cinq paraboles réunies par un autre écrivain monas- 
tique. 

Dans le manuscrit Harley 219 il y a même, interposées au milieu 
des fables d'Eudes, vingt-cinq autres paraboles, que le compilateur 
a en partie extraites de ses sermons. 

Nous avons vu que le même amalgame se rencontre dans le ma- 
nuscrit de Wolfenbûttel Gude latin 200, dans lequel les fables 
d'Eudes, plus ou moins altérées, sont mêlées à une collection de 
vingt-neuf autres. 

C'est encore ce qu'on aperçoit dans le manuscrit 679 de la Biblio- 
thèque de Berne, où, comme on l'a vu, sans qu'aucune démarca- 
tion les sépare, quarante-huit fables ésopiques étrangères à Eudes 
précèdent les quarante-sept qui lui appartiennent. 

Rappelons-nous enfin le manuscrit du British Muséum Add, 
11579, où les fables de notre auteur sont, pour ainsi dire, noyées 
dans un déluge de contes moraux à l'usage des orateurs de la 
chaire. Du feuillet ^'•au feuillet 29*» j'en ai compté soixante-dix; les 
feuillets 30* à 86*» sont remplis par des traités théologiques et des 
sermons intitulés : Mediiationes de dulci passione Christi, — Sermo 
in die parasceve, — Sermo de Magdalena, — Sermo in die ascencio- 
îîis, — Tractaius de penitencia, — Seinnones de sancta Maria; puis 
du feuillet 87* au feuillet 94*» reparaissent les légendes religieuses, 
auxquelles, du feuillet 95* au feuillet 116*», s'adjoignent sans inter- 
ruption quarante-quatre fables d'Eudes, suivies à leur tour, du 
feuillet 117* au feuillet 121*», de treize récits de la même nature que 
les soixante-dix premiers; ensuite les feuillets 122* à 140* sont 
consacrés à des dissertations dogmatiques sur les sept péchés mor- 
tels; enfin ce sont encore des contes moraux que conservent les 
feuillets 140»» à 147. 

Mais si les paraboles et les fables, que les compilateurs ecclé- 
siastiques ont réunies à l'œuvre ésopique d'Eudes, lui sont pour la 
plupart étrangères, il y en a cependant parmi elles quelques-unes 
qui en sont dérivées, quelques-unes aussi qui peuvent avoir été 
prises ailleurs, mais qui, différentes par l'origine et la forme, sont 



148 ÉTUDE SUR LES FABLES 

par le fond semblables, plusieurs enfin qui sont ou la copie presque 
littérale ou l'imitation visible de certains exemples de ses sermons* 
Je ne serais pas conséquent, si, après les avoir exhibées dans une 
première édition consacrée à Phèdre et accessoirement à ses an- 
ciens imitateurs, je ne leur accordais pas la même faveur dans 
rédition actuelle, dans laquelle il occupe la principale place et où 
tout ce qui, même de très loin, se rapporte à lui doit paraître 
moins déplacé. 

Je vais en conséquence m'occuper successivement de la collec- 
tion spéciale au manuscrit Harlexj 2i9, puis de celle offerte à la fois 
par ce manuscrit et par le manuscrit Douce 169, enfin de celle du 
manuscrit de Wolfenbuttel Gude 200. 

Quant aux fables du manuscrit 679 de Berne, comme elles sont 
pour la plupart une imitation de celles du Romulus ordinaire et 
que je leur ai octroyé ailleurs leur place naturelle, je n'ai plus à en 
parler ici. 

Enfin, en ce qui touche les légendes religieuses et autres pièces 
du manuscrit du British Muséum Add. 11579, quoique beaucoup 
d'entre elles offrent les caractères de la parabole, suivant à leur 
égard les mêmes errements que dans ma première édition, je ne 
donnerai asile à aucune d'elles. 

SECTION I. 
Fables et paraboles spéciales au maniiscrit Harley 219. 

Dans ma première édition du contenu du manuscrit latin Harley 
219, j'avais supposé que les paraboles jointes aux fables d'Eudes 
avaient une seule et même origine. Après nouvel examen, je suis 
aujourd'hui enclin à croire qu'elles se rapportent à deux collec- 
tions distinctes. 

C'est ce qui me parait de prime abord ressortir d'indices exté- 
rieurs, qui, à mon sens, sont très significatifs. Ainsi, dans le manu- 
scrit Harley 2i9, il y a deux séries de paraboles, séparées l'une de 
l'autre par une partie des fables d'Eudes-: la première en com- 
prend vingt-cinq, auxquelles leur position doit faire attribuer les 
numéros 35 à 59, et la deuxième, également vingt-cinq, qui doivent 
recevoir les numéros 89 à 107'. En outre, si l'on se réfère au ma- 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. !49 

nuscrit Douce 169, .on n*y reacontre aucune de celles de la pre- 
mière série, et Ton y trouve au contraire celles de la deuxième, 
groupées, à une seule exception près, dans un ordre identique. Il 
est probable que lauteur de la compilation contenue dans le manu- 
scrit Douce 169 a eu à sa disposition un manuscrit de la deuxième 
série, qui ne renfermait rien de la première et dans lequel l'ab- 
sence de celle-ci était due à Torigine différente de Tune et de 
l'autre. 

Mais si les deux séries appartiennent à deux collections dis- 
tinctes, elles n'en ont pas moins une connexité certaine avec les 
fables et les sermons d'Eudes. 

Cette connexité n'est pas uniquement ce qu'elles ont de com- 
mun; c'est encore le pays dans lequel elles ont pris naissance. A 
ma connaissance, la première se trouve seulement dans le manu- 
scrit Harley 219, et la deuxième, à la fois dans ce manuscrit et dans 
le manuscrit Douce 169, qui Kun et l'autre sont l'œuvre de copistes 
anglais et qui permettent de supposer qu'elles ont été toutes les 
deux composées en Angleterre. 

La distinction ainsi établie, voici la liste des paraboles de la 
première compilation avec les titres qui dans une traduction fran- 
çaise pourraient leur être attribués : 

Ms. 
Harlbt 219. 

1. Le Loup et la Brebis 35 

2. Les deux Voisins 36 

3. Les deux Soldais libérés 37 

4. Le Père de famille et l'Aspic avec ses Petits 38 

5. Le bienheureux Grégoire et son Ours 39 

6. Pensée- d'Anselme sur le cœur humain 40 

7. L'Ane, le Renard et le Loup 41 

8. Le Hoi malade et le Prophète Élie 42 

9. L'Ermite qui se brûle les doigts 43 

10. Le Clerc luxurieux et la Vierge Marie 44 

11. Les deux Écoliers au tombeau d'Ovide 45 

12. Le Chef de voleurs converti 46 

13. Le Jardinier impotent 47 

14. La Matrone vertueuse 48 

1d. Le Songe du Prêtre 49 

16. Le Prêtre, fils d'une Femme adultère 50 

17. Le Riche peu charitable 51 

18. Le Riche avide et ses deux Fils 52 



!5Û ETUDE SUR LES FABLES 

Harlby 219. 

19. Le Soldat mort et l'Exécuteur de ses volontés 53 

20. L'Extatique, le Diable et l'Ange 54 

21. Le Chanoine séculier et la Juive 55 

22. L'Ermite murmurant contre la justice divine ...... 56 

23. La Dispute de l'Aigle et du Rat 57 

24. Les deux Serpents et le Chevalier 58 

25. Le Rat qui veut marier sa Fille 59 

Quoique j'aie donné la dénomination de paraboles à toutes les 
pièces de cette liste, il y en a, en réalité, quelques-unes qui ont tous 
les caractères de la fable ésopique ordinaire et dont il convient dès 
lors de s'occuper plus spécialement dans cet ouvrage : ce sont 
celles qui portent les numéros 1, 4, 7, 23, 24 et 25. 

Les fables 1, 4, 23 et 24 sont probablement originales; du moins 
je n'en connais pas dont elles soient l'imitation. 

Il en est autrement de la fable 7 : le Lion convoque les animaux 
en assemblée générale. A la réunion il demande s'il n'y a pas d'ab- 
sents. On lui signale l'Ane. Immédiatement il charge le Loup et le 
Renard d'aller le chercher et de l'amener de gré ou de force. Les 
envoyés font part à l'Ane de leur mission. Il leur objecte que par 
privilège spécial il a été exempté de tous les appels. Ils lui deman- 
dent alors de produire la pièce justificative, et l'Ane consent. Après 
discussion entre le Loup et le Renard, le sort, auquel ils fmissent 
par s'en remettre, désigne ce dernier pour en prendre connais- 
sance. L'Ane lui dit qu'il peut lire sa dispense écrite sous son pied 
droit; le Renard s'approche et est renversé par une ruade qu'il 
reçoit en plein museau. Ce que voyant, le Loup se moque de lui. 
Quoique ici les personnages soient plus nombreux et l'action plus 
alambiquée, il est impossible de n'y pas voir une réminiscence de 
la fable de Romulus, dans laquelle la ruade est envoyée par le 
Cheval au Lion. 

Quant à la fable 25, le sujet en a été traité tout à la fois dans le 
Dérivé complet du Romulus anglo-latin et dans la collection d'Eudes. 
Est-ce de l'une de ces deux sources qu'elle a été tirée? 11 est difli- 
cile de résoudre cette question. D'une part, dans la fable 25, comme 
dans celle qui dans la collection d'Eudes porte le numéro 63, c'est 
une Souris qui joue le rôle principal ; seulement dans la première la 
Souris cherche un mari pour sa lille, tandis que, dans la seconde, 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 151 

c'est pour elle-même, et pour cela dans la première elle s'adresse 
successivement à la Lune, au Soleil, au Nuage, au Vent et au Châ- 
teau fort, tandis que dans la seconde elle ne présente sa demande 
qtf'au Vent et au Mur de Narbonne. D'autre part, si Ton compare 
la fable 35 à la fable 116 du Dérivé complet du Romulus anglo-latin, 
on voit que le rôle principal imparti à la Souris dans la première 
est dévolu dans la seconde au Mulot, qui cherche femme pour lui- 
même, et qui néglige la Lune; seulement dans l'une comme dans 
l'autre apparaissent le Soleil et le Nuage. Ce qui semble ressortir 
de tout cela, c'est que la fable 25 n'est dérivée d'aucune des deux 
autres et que toutes les trois ont seulement une même origine. 

Ce qu'il faut remarquer maintenant, c'est que la t^ollection a 
un lien plus étroit avec les paraboles d'Eudes, et que sous les n^ 9 
et 22 elle en renferme deux, qui sous une forme différente avaient 
été insérées par lui dans ses sermons sur les Évangiles du deuxième 
dimanche après l'octave de Pâques et du cinquième dimanche après 
la Pentecôte. 

Dans la fable 9 il est question d'un ermite qui, après avoir la 
nuit accueilli chez lui par humanité une fille de mauvaise vie en 
apparence affolée par la frayeur, est envahi par une violente tenta- 
tion, se brûle les doigts pour y résister, la surmonte, et rend la vie 
pan ses prières à la tentatrice frappée de mort. Dans l'exemple 
d'Eudes le récit est au fond le même, mais la forme est plus 
abrégée. 

La fable 22 nous montre un ermite conduit par un ange, qui, 
après avoir accompli sous ses yeux des actes en apparence cri- 
minels, lui explique qu'il n'a été que l'exécuteur des décisions né- 
cessaires de la justice divine. Ici encore les deux rédactions diffè- 
rent, mais elles ont des points de ressemblance assez notables 
pour qu'on puisse croire que la fable est directement dérivée de 
l'exemple du sermon. 

SECTION II. 

Fables et paraboles communes aux manuscrits Harley 219 

et Douce 169. 

Après l'examen que, dans la première section de ce chapitre, 
j'ai dû faire de la collection de paraboles commune aux manuscrits 



132 . ÉTUDE SUR LES FABLES 

Harley 219 et Douce 169, je n'aurais guère à m'y arrêter, si dans 
ce dernier manuscrit elle ne se "terminait pas par cette phrase : 
Expliciunt proverbia magistri Hugonis de Sancto Victore. 

. Dans ma première édition, ne prenant pas au sérieux une men- 
tion finale où le nom d'Hugues de Saint-Victor me semblait avoir 
été, par la fantaisie d'un copiste, introduit sans apparence de rai- 
son, c'était sans y attacher d'importance que j'avais appelé l'atten- 
tion sur ce point. Mais aujourd'hui je considère que d'autres que 
ipoi sans doute s'en préoccuperont, et devant cette perspective il 
me semble que mon devoir est de motiver dès à présent mon opi- 
nion sur une question qui pourra tôt ou tard être posée. 

Faut-il admettre que Hugues de Saint-Victor soit l'auteur, sinon 
des fables qui sont avec raison attribuées à Eudes, au moins des 
vingt-cinq pièces, qui, sans interruption, dans les deux manuscrits, 
leur font suite? Voici ma réponse : Dans ses œuvres complètes, 
publiées en trois volumes in-folio, à Rouen, en 16i8, les éditeurs 
n'ont fait entrer aucune des vingt-cinq pièces. On peut objecter 
que cette raison n'est pas probante, et que, de même qu'ils y ont 
donné place à des ouvrages, qui, au dire de M. Hauréau (1), n'étaient 
pas son œuvre, de même ils ont pu en omettre quelques-uns qu'il 
avait réellement composés. C'est vrai; mais, selon moi, il y a quel- 
que chose qui ôte toute valeur à la phrase terminale, c'est que, 
dans là pensée évidente de celui qui l'a écrite, elle ne se rapportait 
pas uniquement aux vingt-cinq derniers récits du recueil, et 
s'appliquait avant tout aux fables d'Eudes. Et ce qui le prouve, 
c'est le mot proverbia^ par lequel elles sont souvent désignées 
tant dans les. manuscrits que dans les ouvrages bibliographiques, et 
qui, n'étant guère approprié aux derniers récits, a dû être surtout 
employé à cause d'elles. Or, si l'auteur de la phrase finale, quand 
il s'est agi des fables d'Eudes, s'est grossièrement trompé, doit-on 
davantage, pour la collection qui les suit, ajouter foi à sa déclara- 

(1) Dans la Nouvelle Biogmphie généinle, où ce consciencieux crudit a écrit 
l'article sur Hugues de Saint-Victor, il s'exprime ainsi : « Ses œuvres ont été 
publiées à Rouen, en 1648, en trois volumes in-fol. par quelques-uns de ses 
confrères en rclijîion. Mais, que l'on en soit averti, il ne faut pas ouvrir au hasard 
cet ample recueil et juger l'auteur sur le premier opuscule qu'on y pourra ren- 
contrer. Il a été, en effet, reconnu que les éditeurs, gens d'un faible discerne- 
ment, ont entassé pèle-méle dans ce recueil, sous le nom de Hugues de Saint- 
Victor, les écrits authentiques de leur confrère et ceux de Hugues de Fouillof. » 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 153 

m 

lion? On ne peut à cette question répondre que négativement. Ce qui 
en résulte, c'est qu'il est impossible de fixer à l'apparition de cette 
collection une date approximative. Si elle était Tœuvre de Hugues 
de Saint-Victor, il faudrait la faire remonter au milieu de la pre- 
mière moitié du xii® siècle. Comme op ne peut la lui attribuer, tout 
ce qu'on peut dire, c'est que l'âge du plus ancien des manuscrits 
qui la renferment ne permet pas de la supposer plus récente que 
le commencement du xrv* siècle. 

Cette question traitée, il ne me reste plus qu'à donner la liste 
des vingt-cinq pièces. C'est ce que je \^\s faire, en les désignant 
par des titres français, et en plaçant en regard les numéros des 
places qu'elles occupent dans les deux manuscrits. 

Ms. Ms. 

DoucB 169. Harlby 219. 

i. Le Riche et son Fils qui se cloître. .:.... 65. 89. 

2. L'Arbre appelé IlepiôiÇiov 66. 90. 

3. Le Paysan invité par son Maître à dîner. . . 67. 91. 

4. La Femme qui ne se trouve pas assez belle. . 68. 92. 

5. Le Chat à qui son Maître a coupé la queue. . 68*. 92*. 

6. L'abbé Al hanase et la Femme perdue. . . . 68**; 92*». 

7. L'abbé Arsène et la Matrone 68*. 92«. 

8. S. Hilàire et FEnfant ressuscité 68''. 92**. 

9. Le bienheureux abbé Macaire et le Diable. . 69. 93. 

10. Julien l'Apostat et le Diable 70. 9;^». 

M. La Matrone paresseuse 71. 94. 

12. Le Père qui apprend à son Fils à se créer des 

amis 72. 95. 

13. Les quatre Catégories d'arbres 73. 96. 

14. La jeune Reine reconnaissante 74. 97. 

15. Le Solitaire repentant et le Diable 85. 98. 

16. La Femme qui confesse tous ses péchés. . . 75. 99. 

17. Le Pape, la Veuve et le Diable 76. 100. 

18. La Fille du Juif et l'Amoureux chrétien. . . 77. 10t. 

19. Le Fou en prison 78. 102. 

20. Le nouveau Converti.- 70. 103. 

21. L'Animal appelé Harpie 80. 104. 

22. L'Homme qui a perdu ses trois enfants. . . 81. 105. 

23. Le Scorpion 82. 106. 

24. Les deux Jumeaux malades 83. 107. 

25. Les Époux empoisonnés 84. 107*. 

Comme je l'ai déjà dit et comme on en peut juger par leurs 
titres, ces vingt-cinq pièces ne ^ont qu'une pure collection de para- 



154 ÉTUDE SUR LES FABLES 



t* 



boles puisées par un compilateur dans divers sermonnaires, et no- 
tamment dans celui d*Eudes sur les Évangiles des dimanches. En 
effet, des pièces 3 à 10 la première est la copie presque littérale de 
la même parabole insérée dans son sermon pour le deuxième 
dimanche de l'Avent; les six suivantes ne sont également que la 
reproduction servile des paraboles contenues dans le sermon pour 
Toctave de Pâques, et la huitième, celle de la même parabole con- 
signée dans le sermon pour les Rogations. Ajoutons que les pièces 
15 et î20, quoique tirées sans doute d'un autre sermonnaire, se 
retrouvent, sous une forme différente, la première dans une des 
paraboles du sermon d'Eudes pour le vingt-quatrième dimanche 
après la Pentecôte, et la deuxième dans une de celles de son ser- 
mon pour le huitième. 

On voit que, si cette deuxième compilation ne présente pas de 
vraies fables ésopiques, j'avais, à raison de son affinité avec les 
sermons d*Eudes, de justes motifs de ne pas la négliger. 

SECTION IH. 
Fables spéciales an manuscrit Onde 200, 

Lorsque précédemment j'ai eu à analyser le manuscrit Gude 
200 de la Bibliothèque de Wolfenbiittel, j'ai expliqué que, sur les 
soixante-six fables qu'il renferme, trente-sept seulement appar- 
tenaient à Eudes et que les vingt-neuf autres lui étaient étrangères. 
Ces dernières sont, dans le manuscrit, les fables 1, 37 à 53, 56 à 59 
et 61 à 67. Le moment est venu de les examiner. 

Pour déterminer l'époque à laquelle ont été composées les 
fables dont il a été question dans les deux sections précédentes, on 
n'a pas, comme nous l'avons vu, d'autre guide que l'âge des manu- 
scrits. 11 n'en est pas de même pour celles qui sont spéciales au 
manuscrit de Wolfenbùltel. Non seulement l'âge de ce manuscrit, 
qui à la fin de la partie comprenant les fables porte la date de 1326, 
montre quelle est l'époque la moins ancienne qu'on puisse leur 
assigner, mais encore il existe un autre élément sûr qui permet 
de fixer le temps le plus reculé auquel on puisse les faire remonter. 
Il est fourni par ces mots, qui sont les premiers de la première 
fable : Libro de Proprietatibus rernm. 



ET LES PARABOLES D*EUDES DE CHERITON. 155 

Il a été, au moyen âge, composé plus d'un livre auquel pouvait 
convenir ce titre, communément appliqué aux traités, sinon ency- 
clopédiques, au moins très complexes. C'est même, nous l'avons 
vu, dans un de ces traités, intitulé exceptionnellement Mufti/hrium, 
que se trouvent les fables auxquelles cette section est consacrée. 
Mais tous les traités De Propi-ietatibus rerum n'ont pas eu une égale 
vogue; il en est un qui a été plus renommé que les autres : c'est 
celui qui a été composé par un moine, nommé à tort tantôt Bar- 
ihelemi r Anglais, tantôt Barthelemi de Glanville (1). Or il n*est pas 
douteux qu^ c'est à son œuvre qu'il est fait allusion dans la pre- 
:niière fable du Multifarium. En effet, on y rencontre des phrases 
dont le fond et la forme ont été visiblement inspirés par celles 
^ue le moine Barthelemi a écrites sur les mœurs du pélican. Ainsi, 
;()arlant de cet oiseau, qui se déchire la poitrine pour nourrir ses 
X>6tits de son sang, il dit : « Ex sanguine vero copiosius sic effuso 
^ebilitatur mater; unde et puUi cogantur exire pro cibo, quorum 
quidam naturali effectu matrem debilitatam pascunt. Quidam vero 
egeneres sunt, et de matre nullam penitus curam gerunt (2). » 
F, dans la première fable on lit : « Pellicanus nimio affectu diligit 
:|)ullos suos, eviscerat se ipsum pro illis nutriendis, sanguinem 
^uum eis adsugandum [sic) ministrat; qui ex hoc tantum debili- 
tatur, quod non potest nidum exire nec necessaria procurare, sed 
Tespicit pullos suos quasi eis insinuans voluntatem suam debilita- 
tam nutibus et gemitibus. Tune pulli, qui non dégénérant natura- 
liter a parente, cibum ei procurant. » L'imitation est palpable, et 
la conséquence, c'est que les fables ne peuvent remonter à une 
époque antérieure à celle à laquelle fut écrit l'ouvrage du moine 
Barthelemi. 

Reste à savoir quel était ce moine et quelle était cette époque. 
Si Ton s'en rapporte aux anciens bibliographes et notamment à 
Baie, le moine Barthelemi aurait été à son apogée en Angleterre 

[\) Voyei, dans le tome XXX ùtVHUtoire littéraire de la France, pp. 353 et 
saiv., Tapt. de M. Léopold Delisle intitulé : Traités divers sur les propriétés des 
choses. 

(2) Voyez le feuillet 113 p« de l'édition incunable de 1482, terminée par cette 
souscription : « Explicit Tractatus de proprietatibus rerum, editus a fratre Bar- 
tholomeo anglico ordinis fratrum minorum. Impressus pcr Petrum vngarum. Sub 
anno domini MiUesimo quadringentesimo octuagesimo secundo, die vero nouem- 
bris xxi. » 



156 ÉTUDE SUR LES FABLES 

SOUS le règne d'Edouard III, vers 1360 (1), et il faudrait dès lors 
admettre que son traité De ProprielaU'bus rerum ne peut guère avoir 
vu le jour à une date antérieure. Mais, eh faisant de Barthélemi un 
écrivain du xiv* siècle. Baie et tous ceux qui Tont copié se sont 
doublement trompés, et dans ma première édition des fables de 
Woifenbùttel j'ai eu le tort de partager leur double erreur. Par sa 
dissertation intitulée : Traités, divers sur les propriétés des choses^ 
M. Léopold Delisie, dans le volume xxx de VHistoire littéraire de 
la France (2), a établi que Barthélemi était un moine français qui 
avait vécu et écrit dans la première moitié du xiii" siècle. 

« Nous n'avons, dit-il, remarqué dans le De Proprietatihus rerum 
rien qui trahisse une origine anglaise ; plusieurs passages que nous 
signalerons bientôt semblent plutôt indiquer que Tauteur était 
Français, ou du moins qu'il habitait la France et qu'il en connais- 
sait parfaitement les usages. De plus, Barthélemi de Pise, qui \ivait 
dans la seconde moitié du xiv° siècle, dit formellement que l'au- 
teur du De Proprietatihus rerum appartenait à la province de France : 
Bartholomœus qui librum edidit de proprietatihus rerum, de provincia 
Franciœ fuit. Frère Salimbene, ayant à caractériser l'auteur du De 
proprietatihus rerum j dît simplement : « Frère Barthélemi l'Anglais, 
« de l'ordre des Mineurs, fut un grand* clerc, qui expliqua toute la 
u Bible dans un cours professé à Paris : « Magnus clericus fuit, et 
« totam Bibliam cursorie Parisius legit. » 

Le renseignement le plus précis qui nous soit parvenu sur la 
vie de Barthélemi se trouve dans une lettre adressée en 1230 par 
le général des frères Mineurs au provincial de France, lettre dont 
la substance est passée dans le récit de Wadding. Il s'agissait d'or- 
ganiser la province de Saxe, récemment instituée par suite du 
dédoublement de la province d'Allemagne, que le chapitre général 
venait de partager en deux. Le général deniandait au provincial de 
France l'envoi de deux religieux qui devaient diriger l'administra- 
tion et les études de l'ordre dans la nouvelle province, et c'était 
frère Barthélemi l'Anglais qui était désigné pour le second poste : 
f rat rem Bartholomœum Anglicum lecturœ prœficiendum. 

(1) Scriptorum iltustrium maioris Bry tannin quam nunc Angliam et Scotiam 
uocant Catalogua... Auctorc loanne Baleo. Basile», apud loannem Oporinum, 
1357-1559, 2 vol. \Ti-{\ (Voyez t. I, p. 464.) 

(2) Voyez pp. 353 et suiv. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITOX. 157 

« Tout se réunit donc pour nous autoriser à inscrire le nom de 
Barthélemi sur la liste des théologiens français et pour le placer 
parmi les auteurs de la première moitié du règne de saint Louis. 
C'est d'ailleurs la date que nous aurions été amenés à lui assigner 
par Texamen des manuscrits que nous possédons du De Proprieta- 
libus rerum, et dont plusieurs offrent tous les caractères de copies 
du xm* siècle. Amable Jourdain était déjà arrivé à peu près au 
même résultat, en constatant que, dans le De Proprieiatibus rerum, 
plusieurs traités d'Aristote sont toujours cités d'après une traduc- 
tion faite sur la version arabe, traduction qui tomba en désuétude 
vers Tannée 1260. Il est donc assez étonnant que presque tous les 
bibliographes modernes, soigneusement énumérés par l'abbé Che- 
valier, aient fait vivre Barthélemi au milieu du siècle suivant. L'ori- 
gine de cette erreur, qui est même passée dans le Discours sur 
l'État des lettres en France au xiv* siècle, doit être cherchée dans le 
traité de Jean de Trittenheim, où la notice consacrée à Barthélemi 
TAnglaisest placée après l'article de Pierre Thomas, rapporté à l'an- 
née 1350, et avant celui de Pierre Bouhier, rapporté àl'année 1360. » 

Ce qui peut maintenant se déduire de cette citation trop in- 
structive pour qu'on en regrette la longueur, c'est que la collection 
de vingt-huit fables, qui, ainsi que le démontre le manuscrit de 
Wolfenbiittel, n'a pas pu être composée après l'année 1326, ne 
saurait être de plus d'un siècle antérieure à cette date ; d'où il 
résulte qu'elle peut, sans avoir précédé l'œuvre d'Eudes, l'avoir du 
moins suivie de très près. 

Quant à la personnalité de lautëur, rien dans le manuscrit ne 
permet de la soupçonner. Ce qu'on peut seulement affirmer, c est 
qu'il ne s'agit plus ici d'une compilation faite par un prédicateur 
pour son usage ou pour celui de ses confrères. L'analyse qui, dans 
ce volume (1), a été faite du* manuscrit de Wolfenbiittel, montre 
que le compilateur était un encyclopédiste, qui, comme Vincent de 
Beauvais, s'était un peu cru obligé de faire entrer des fables dans 
la partie historique de son ouvrage. 

Il en avait ainsi réuni soixante-six. Sur ce nombre nous avons 
vu que l'œmTe ésopique d'Eudes lui en avait fourni trente-sept. 
Nous n'avons à nous occuper ici que des vingt-neuf autres; en 

(t) Voyez plus haut, pp. 54 et suit. 



158 ÉTUDE SUR LES FABLES 

voici la liste avec les titres français qui peuvent leur être donnés : 

MS. OfJDB LAT. SOOU 

1. Le Pélican et ses Petits . 1. 

2. Le Loup qui se conCesse 37. 

3. La Salamandre et la Mouche 38. 

4. Le Rat et la Grenouille 39. 

5. Le Renard et le Loup engraissé H), 

6. Le Chevalier malade et le Religieux 41. 

7. Le Chasseur et le bienheureux Antoine 42. 

8. Le Maître et le Serviteur désobéissant 43. 

9. Le jeune Ermite à la Ville 4V. 

10. Le Retour du Seigneur 45. 

11. Les trois degrés de l'Orgueil 46. 

12. L'Ane vôlu de la peau du Lion 47. 

13. Le Singe de TApothicaire 48. 

i4. I^ ClUenon et ses Petits 49. 

15. Le Lion, l'Ane et le Coq 50. 

16. Le Cerf à la Fontaine 51. 

17. L'Onagre et l'Ane 52. 

18. Le Lion dans son antre et le Renard au dehors 53. 

19. I/Ane chargé d'abord de sel, puis d'épongés 56. 

20. Le Jardinier et son Ane 57. 

21 . Les Aigles, les I jevres et le Renard 58. 

22. L*Aigle et la (Colombe en dispute 59. 

23. L'Ane et le Merle 61. 

24. L*Ane dans un bourbier et les Crabes 62. 

25. La Truie et la Lionne 63. 

26. Le Loup et le Bouc 64. 

27. U Vieille et le Médecin 65. 

28. La Guêpe et le Serpent 66. 

29. Le Lion, le Renard et l'Ours 67. 

Quelles sont les sources de ces vingt-neuf fables? Disons tout 
(le suite qu*aucunc d'elles ne peut être attribuée à Tauteur du Mul- 
tifarium, et ajoutons que les cinq placées sous les numéros 3, i, 5, 
6 et 7 sont la copie presque littérale des exemples qu*Eudes avait 
semés dans ses sermons sur les Évangiles des dimanches, savoir : 
la Salamandre et la Mouche, dans le sermon pour le jour de la 
Sainte Trinité : le Rat et la Grenouille, dans celui poUr le x* dimanche 
après la Pentecôte; le Renard et le Loup engraissé, dans celui pour 
le XV® (I); le Chovalier malade et le Religieux, et le Chasseur et le 

(1) C<'t exemple a été publié par Docen dans sa Dissertation intitulée : Ueàer 
die Aesopischen Fafjeln des AnonymuM des Névelet, uhd einem andem bisher unbt- 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 159 

Bienheureux Antoine, dans celui pour le xvii®. On voit que le com- 
pilateur avait conservé à ces exemples Tordre qu'Eudes leur avait 
assigné. 

Les autres piùces paraissent avoir une origine étrangère à Eudes ; 
aussi n'en dirai-je que quelques mots. On sait déjà d'où est issue 
celle du Pélican et de ses Petits; je n'ai donc plus à m'occuper que 
de celles portant les numéros 2 et 8 à 29. 

Sans procéder de l'œuvre d'Eudes, le n** 2 (le Loup qui se con- 
fesse), le n" 9 (le Jeune Ermite à la ville), le n" 10 (le Retour du 
Seigneur), le n*» 12 (l'Ane vêtu de la peau du Lion) traitent des 
sujets semblables à ceux exploités par lui dans sa fable xxii, dans 
son sermon pour le lendemain de la fôte de Pâques, dans celui pour 
le septième dimanche après la Pentecôte et dans sa fable xxvi. 
Mais, si ce n'est pas Eudes qui a fourni la matière de ces numéros, 
l'affabulation du dernier, par ses proportions et sa nature, permet 
de croire que c'est dans un sermonnaire qu'ils ont été pris. 

Le n*' H (la Guenon et ses Petits) a sa première origine latine 
dans la fable xxxv d'Avianus, mais n'en parait pas être directement 
dérivée. 

Le n'* 16 (le Cerf à la Fontaine) est une imitation indirecte de 
la fable xn du premier livre de Phèdre; la rédaction avec laquelle 
elle a le plus de ressemblance est celle de la fable xxvni du Dé- 
rivé complet du Romulus anglo-latin. 

Le n** 18 (le Lion dans son antre et le Renard au dehors) est 
celui d'une fable bien connue. C'est Horace qui, dans la première 
de sesépîtres, a donné à cette fable sa première forme latine. Parmi 
les nombreuses imitations qui en ont été faites, c'est de celle du 
Romulus de Nilant que la fable du Multifarium se rapproche le plus. 
Il ressort d'ailleurs de son affabulation que, comme la plupart des 
précédentes, elle n'est qu'un exemple de sermonnaire. 

Le n<* 19 (l'Ane chargé d'abord de sel, puis d'épongés) est celui 
d'une fable aussi populaire que celle du n^ 18. Elle existe dans 
Esope (1), et c'est aussi la cent-onzième de Babrius. Dans les deux 

kannten Faheldichter des Mittelallers, (Voyez Beytriige zur Geschichte und Lite- 
ratur,.., hcrausge^ebcn Ton Johann Christoph Freybern von Aretin. Neuntcr 
Band. Munchcn, 1807, p. 1241. 

(1) Dans l'édition du docteur Coral, où elle se trouve aux pages 166 et 167, 
c'est la fable 234. 



160 FABLES ET PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 

fables grecques ne figure qu'un seul animal. Faerne au contraire 
a mis deux en scène, et La Fontaine, qui a traité le même sujei 
suivi son exemple (1). Quoique dans la fabl€ du Multifarii 
comme dans celles d'Ésope et de Babrius, il n'y ait qu'un ï 
chargé successivement de deux fardeaux différents, il n'est 
supposable que le compilateur latin ait eu recours aux textes gre 
il est plus probable que c'est de quelque sermonnaire que, com 
quelques-unes des précédentes, il a tiré sa fable. 

Quant aux autres de la même collection, il est vraisembable i 
c'est également dans des recueils de sermons qu'il les a en pai 
trouvées et prises. 

(l) Voyez livre II, fable 10. 



CHAPITRE IL 



FABLES ABRÉGÉES DE JEAN DE SHEPPEY. 



Dans le précédent chapitre, je ne me suis occupé que des 
compilations, dans lesquelles, soit textuellement, soit altérées, les 
fables et les paraboles d'Eudes ont été englobées. Ont-elles seule- 
ment servi à ces compilations, ou n'ont-elles pas été également la 
base d'imitations purement littéraires? Telle est la question qu'on 
est tout naturellement porté à se poser. Je ne crois pas qu'aucun 
imitateur ait jamais songé à composer un recueil de paraboles 
issues de celles d'Eudes; mais, à l'égard des fables ésopiques de ce 
dernier, il en a été autrement : il en a été rédigé un abrégé qui 
n'est pas sans valeur et que j'ai maintenant à examiner. 

Eudes avait eu le tort de donner aux morales de ses fables des 
proportions démesurées, qui en rendaient la lecture fastidieuse. 
Ce défaut était trop sensible pour que l'idée dy remédier ne vînt 
pas à quelque écrivain du moyen âge. C'est là, j'en ai la conviction, 
ce qui a donné naissance à l'abrégé contenu dans le manuscrit 2 48 
du collège Merton, à Oxford. 

§ 1". — NOTICE SUR l'auteur. 

En l'absence de tout renseignement, en songeant qu'Eudes était 
Anglais, qu'il écrivit ses paraboles en Angleterre et que l'unique 
manuscrit qui contient la collection de son abréviateur est conservé 
à Oxford, on serait porté à l'attribuer à un Anglais. Une mention 
inscrite en tête du manuscrit permet d'aller plus loin et de connaître 
le nom de l'auteur. En efTet, d'après cette mention que rien n'au- 

il 



162 ÉTUDE SUR LES FABLES 

torise à suspecter, le manuscrit doit cMrc de la main de 1 evéque de 
Rochester, Jean de Sheppey. 

Pits (i) et, en le copiant, Moreri (2) nous ont fourni quelques 
renseignements sur ce personnage. 11 prit ITiabit religieux dans le 
couvent de Rochester et fut reçu docteur à TUniversité d'Oxford. 
Il s'adonna surtout à la prédication, vint en France, rentra en Angle- 
terre, fut, en 1352, élevé à la dignité d'évéque, et mourut en 1360. 

Il avait réuni ses sermons, dont il avait formé trois volumes. 
C'est du troisième qu'il s'agit ici. Comme il résulte de la mention 
dont il vient d'être parlé, que les sermons qu'il renferme ont été 
composés ou tout au moins arrangés par lui-même, il est vraisem- 
blable que l'abrégé des fables ésopiques d'Eudes qu'il y a joint est 
également son œuvre. 

Après sa mort, ce volume a été vendu par ses exécuteurs testa- 
mentaires, et, à l'aide des libéralités qu'il tenait de Nicolas de 
Sandwich, son supérieur hiérarchique, acheté par William Re^d, 
alors archidiacre de Rochester et ensuite évoque de Chichester, 
qui à son tour en fit don au collège Merton. 

§ 2. — EXAMEN DES FABLES. 

Ce qui, ainsi que je l'ai dit, caractérise les fables de Jean de 
Sheppey, c'est leur concision : l'auteur a non seulement supprimé 
presque complètement les affabulations, mais encore notablement 
diminué la longueur des apologues eux-mêmes, qui ont été réduits 
aux développements strictement nécessaires. 11 convient toutefois 
de dire que dans son œuvre ainsi écourtée on n'en sent pas moins 
la même rigidité et la même indépendance que dans celle d'Eudes. 
C'est ainsi que, quoique évêque, il ne s'abstient pas de révéler et 
de stigmatiser les agissements des prélats, que, dans sa fable xix, 
il montre durs et audacieux à l'égard des pauvres, et craintifs et 
patients devant les puissants, et à qui, dans sa fable lxxi, il reproche 
de déserter leurs diocèses et de laisser à des prêtres ignorants ou 
malintentionnés le salut des âmes confiées à leur garde. 

(Ij Joannis Pitsei Angli, S. Theologiœ doctoris, Relationum de rébus Anglicis 
Tomi primi pars tertia continens Appendicem illusMum Scriplorum trecentorum 
octoginla cirviler, ordine alphabetico per Centurias; Paris, 1619. (Voyez p. 881.) 

(2) Le Grand Dictionnaire historique, par Louis Moreri, prêtre, docteur en 
thôologio, t. IX, p. 400. 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 163 

Ces fables sont au nombre de soixante-treize; en voici la liste, 
avec rindication de celles du Romulus ordinaire et de celles d'Eudes 
auxquelles elles se rapportent : 

ROMITLUS BUDB8. 

ORDINAIRE. 

1. Le Loup et TAgneau i, 2. 24. 

2. Le Rat, la Gronouille et le Milan i, 3. 21''. 

3. Le Chien et l'Ombre i, 5. fil. 

4. 1^ Vache, la Chèvre, la Brebis et le Lion . . i, 6. 

5. Le Lion, le Loup et le Renard associés. ... 20. 

6. Le Loup et la Crue r, 8. 6. 

7. Le Corbeau et le Renard. . . ., i, 14. 70. 

8. La Corneille se plaignant ù TAigle 3. 

9. Le Ceai vaniteux ir, 16. 

10. La Mouche et la Fourmi ii, 18. 75. 

il. I^ Crenouille qui s'enfle ii, 21. 02. 

12. Le Cheval et l'Ane ni, 3. 

13. Le Cerf ù la fontaine . ni, 7. 

14. L'Ane et le Lion iv, tO. 

L*i. La Tortue et l'Aigle 5. 

16. L'Araignée, la Mouche et le VenI 15». 

17. Les Arbres tjui élisent un roi 1. 

18. Les Oiseaux (jui élisent un roi 1''. 

19. L'Araignée et la Mouche 48»'. 

20. Le R(*nard et les Poules .*»0. 

21. Le Renard déguisé et les Brebis 51. 

22. La Brebis blanche, la Brebis noire, l'.Vne el le 

Bouc 52. 

23. Le Rat sauvé par le Chat 56. 

24. Le Faucon, les Pigeons et le (irand-Duc. ... 2. 
2o. Le Corb;îau, 1> Pigeon et son Pelit m, 5. 40. 

26. La Herse et le Crapaud. 53. 

27. Le Riche el la Vache de la Veuve 42. 

28. Le Milan el le Nid de Perdreaux 38. 

29. l-es Fourmis et les Porcs 42*'. 

30. Les deux (Compagnons, l'un véridique et l'autre 

menteur iv, 8. 27*. 

31. L'.Vne qui caresse son maître i, 16. 69. 

32. Le Singe et le Renard mî, 17. 

33. L'Ane el le Porc 33. 

34. Le Coucou et la Brunette 4». 

35. Le Renard et le Batelier 46. 

36. Le Seq>ent mourant de froid i, 10. 59. 

37. Le Lion malade, h» Loup écorché, le Renard. . 
.38. Les Lévriers, les Mâtins et les Loups 



164 ÉTUDE SUR LES FABLES 



ROXULUS EUDM. 
OROIffAIRK. 



39. L'Aigle privé de la vue par le Corbeau 29. 

40. Le Lion vieilli, le Sanglier, le Taureau et l'Ane. i, 15. 

41. Les Quadrupèdes et les Oiseaux m, 4. 

42. La Guenon et la Noix 47. 

43. Les Lièvres et les Grenouilles ii, 9. 

44. La Montagne en mal d'enfant ii, 5. 

45. Le Limaçon et ses cornes 48*. 

46. La Cigale et la Fourmi iv, J9. 

47. Le Faucon et le Milan. 54. 

48. Le Rat de Ville et le Rat des Champs i, 12. 16. 

49. Le Loup et le Chien m, 15. 

50. Le Renard et le Loup 

51. La Buse et rÉpervier 4. 

52. Le Héron et l'Aigle 

53. Le Hibou, son Fils et le Lièvre 14. 

54. Le Lion, le Loup et le Porc 30*. 

55. L'Escarbot et son fumier 28*. 

56. L'Hydre et le Crocodile 18. 

57. ï^ Guêpe et l'Araignée 28. 

58. Le Renard et le Chat 39. 

59. Le Renard dans un puits et le Loup 19. 

60. L'Enchanteur 36«. 

61. Le Fou 36«». 

62. Le Jeu d'échecs 36*. 

63. La Tortue portant sa maison 48. 

64. La Guenon et ses deux Jumeaux 

65. Le Lion et la Licorne 

66. La Hache et les Arbres •. m, 14. 

67. Le Renard et le Coq 25. 

68. Les Loups et les Brebis m, 13. 

69. Le Loup, la Truie et ses Petits 

70. Le Loup et le Lit»vre 58. 

71. L'Ours et les Brebis confiées au Loup 23*. 

72. Le Fromage, le Rat et le Chat 21. 

73. L'Aigle et ses Petits qu'elle habitue au soleil. 10. 

Il ressort de ce tableau que, sur les soixante-treize fables qu'il 
présente, il y en a cinquante-deux dont les sujets avaient déjà été 
traités par Eudes. Il ne faudrait pas cependant en induire que ces 
cinquante-deux fables sont toutes l'imitation des siennes. 

Eudes est loin d'avoir toujours puisé dans son imagination la 
matière qu'il a façonnée. Les imitateurs de Phèdre la lui ont plu.s- 



ET LES PARABOLES D'EUDES DE CHERITON. 165 

d'une fois fournie, et, ainsi que je l'ai expliqué ailleurs, ce n'est 
pas tout à fait sans motif que je l'avais, dans ma première édition, 
considéré comme dérivant indirectement du fabuliste romain. Jean 
de Sheppey, en imitant les fables d'Eudes, a donc eu à en transfor- 
mer plus d'une, dont l'origine était ancienne. Il en est résulté qu'il a 
eu pour un certain nombre d'entre elles à se demander si c'était 
l'œuvre d'Eudes ou celle qu'Eudes avait lui-même imitée qu'il devait 
prendre pour base de son travail, et qu'il a, quand il pouvait choisir, 
opté le plus souvent pour le texte du Romulus ordinaire dont Eudes 
s'était lui-même servi. 

Je vais prendre pour exemple une courte fable, celle du Chien 
qui lâche la proie pour l'ombre, et montrer ses trois rédactions dif- 
férentes dans le Romulus ordinaire, dans le recueil d'Eudes et dans 
celui de Jean de Sheppey : 

ROMCLUS ORDINAIRE, L. I, f. 5. 

« Canis, flumen transiens, partem carnis ore tenebat. Gujus 
^ixnbram cum vidisset in aqua, patefecit os suum, ut illam'baperet. 
lim eam quam prius tenebat fluvius tulit, et illam quam sub 
cqua putabat obtinere non potuit. » 

Eudes, f. 61. 

« Canis, semel frustum carnis tenens ia ore, flumen transivit. 
mbram frusti videns, quae major frusto apparuit, frustum dimisit, 
1 umbram caperet. Et umbra tam cito evanuit. Sic frustum pro 
mbra perdidit. » 

Jean de Sheppey, f. 3. 

« Canis, flumen transiens, partem carnis tenebat in ore, et, cum 
^'"idisset carnis umbram in aqua, aperuit os, et sic amisit quod 
^cnebat. » 

On voit aisément que c'est de la première de ces fables que la 
t.roisiéme se rapproche le plus. 

On objectera peut-être que, s'il en est ainsi, c'est peut-être parce 
que la deuxième fable n'est pas d'Eudes, et que ce qui permet de le 
supposer, c'est qu'elle appartient à celles qui sont comprises dans 
les quinze derniers numéros de sa collection et dont l'authenticité 
a été contestée par M. Voigt. 



166 ÉTUDE SUR LES FABLES 

Pour que cette supposition fût admissible, il faudrait d'une 
part que toutes les fables de Jean de Sheppey , dont les sujets avaient 
été primitivement traités dans le Romulus ordinaire, fussent imi- 
tées de ce Romulus, quand les semblables figurent dans les quinze 
derniers numéros d'Eudes, et d'Eudes lui-même, quand les sem- 
blables appartiennent à ses soixante premiers numéros. 

Si les choses se présentaient ainsi, elles donneraient un sérieux 
point d'appui à l'opinion de M. Voigt; mais on va voir qu'il n'en 
est rien. 

Prenons d'abord, pour vérifier le premier point, une fable de 
Jean de Sheppey dont le sujet existe à la fois dans le Romulus ordi- 
naire et dans celles comprises dans les soixante premiers numéros 
^i'Eudes. Pour donner raison à M. Voigt, il faudra qu'elle ait été 
imitée de celle d'Eudes. A raison de sa brièveté, je me ^ors de la 
fable du Rat et de la Grenouille. En voici les termes dans le Romu- 
lus ordinaire : 

L. I, f. 3 : « Mus, cum transire vellet flumen, a Rana petiit auxi- 
lium. Illa grossum petiit linum, Murem sibi ad pedem ligavit, et 
natare cœpit. In medio vero flumine Rana se in deorsum mersit, ut 
miserrimo vitam eriperet. lUe validus dum teneret vires, Milvus e 
contra volans Murem cum unguibus rapuit et Ranam pendentem 
sustulit. » 

La rédaction d'Eudes est ainsi conçue : 

F. 21*» : « Mus semel voluit transire aquam et rogavit Ranam quod 
eam transmearet. Ait Rana : Liga te ad tibiam; sic ducam te ultra. 
Qui sic fecit. Et venit Milvus et asportavit utrumque. »> 

Voici maintenant la fable de Jean de Sheppey : 

F. 2 : « Mus, ut flumen transiret, auxilium petiit a Rana. Illa vero, 
fingens ei velle subvenire, ligavit sibi mutuo pedes grosso filo, et, 
incipiens natare, traxit Murem post se. Cum autem ad médium flu- 
minis venisset, cœpit mergere, ut Murem pariter mergeret. Quod 
videns, Mus tenuit se fortiter super aquam. Quod videns, Mihiis 
supra volitans rapuit utrumque. » 

Il est visible que, dans cette dernière fable, c'est le texte du 
Romulus ordinaire qui a été imité. Ainsi la première condition 
requise fait défaut. 

Si maintenant, en mettant en présence d'une fable de Jean de 
Sheppey les deux textes différents de la même fable, puisés l'un 



ET LES PARABOLES D'EUDB|S DE CHERITON. 167 

dans le Romulus ordinaire, Tautre dans Tun des quinze derniers 
numéros des fables d*Ëudes, je pouvais faire voir que c'est ce der- 
nier qui a été imité, la réfutation de la thèse de M. Voigt serait 
plus complète. 

Je dois avouer que je ne le puis et que c'est bien du Romulus 
ordinaire que Jean de Sheppey a tiré les cinq fables suivantes qui 
sous une autre forme figurent également dans les quinze derniers 
numéros d'Eudes : le Chien et l'Ombre, la Grenouille qui s enfle, 
l'Ane qui caresse son maître, le Corbeau et le Renard, la Mouche 
et la Fourmi. Mais je crois aussi que, pour les maintenir à Eudes, il 
me suffit d'avoir montré que Jean de Sheppey, sinon toujours, au 
moins le plus souvent, a préféré le texte du Romulus ordinaire à 
celui que pour les mêmes sujets celui d'Eudes aurait pu également 
lui fournir. 

Jean de Sheppey ne s'est pas contenté de recourir tantôt à Eudes, 
tantôt au Romulus ordinaire. Quelques-unes de ses fables auto- 
risent à penser qu'il s'est quelquefois inspiré simultanément de 
l'un et de l'autre. C'est encore par un exemple que je vais tâcher 
de justifier ce fait. Je vais me servir de la fable du Loup et de la 
Grue. On va voir que dans certains endroits c'est du texte du 
Romulus ordinaire que Jean de Sheppey s'est servi, et que dans 
d'autres c'est de celui d'Eudes : 

Rom. ord., L^ 1, f. 8 : a Ossa lupus cum devoraret, unum ex illis 
hsesit. » 

Eudes, f . 6 : « Semel lupus strangulabatur ex uno osse. » 

J. de Sheppey, f . 6 : « Lupus dum carnes voraret, os unum in- 
travit. » 

11 me parait clair que c'est le Romulus ordinaire que, dans ce 
début, Jean de Sheppey a imité. 

Voyons la phrase suivante : 

Rom. ord. : « Invitavit Lupus magno pretio qui extraheret ma- 
lum. » 

Eudes : « Quœsitus fuit medicus. » 

J. de Sheppey : « Quaerebatur medicus. » 

Ici c'est incontestablement Eudes que Jean de Sheppey a imité. 
Je pourrais prolonger cet examen comparatif; mais ce serait su- 
perflu. 

Ce qu'il m'importe au contraire d'ajouter, c'est que Jean de 



■- f 



4- 



168 *;^ÊTUDE SUR LJBS ]5;APLES 

Sheppey n'a pas puisé la matière de ses fables seulement dans 
Eudes et dans le Romulus ordiiiaire, et qu'il a eu recours directe- 
ment ou plutôt indirectement au Romains anglo-latin ou à son Dérivé 
complet, auquel il a pris le sujet de la fable du Lion, du Loup 
écorché et du Renard. Je crois même pouvoir dire qu'il a fait 
usage des -matériaux que lui fournissaient, dans les compilations 
de son temps, les fables jointes à celles d'Eudes. Peut-être est-ce 
d'un Afultifarium pareil à celui de Wolfenbûttel qu'il a tiré sa fable 
du Renard et du Loup devenu trop gros pour sortir par le trou par 
lequel il était entré, et celle de la Guenon et de ses deux Petits que 
plusieurs siècles auparavant Avianus avait déjà mise en vers élé- 
giaques. Aussi, quoique j'ignore quelle est l'origine des quatre 
fables de Jean de Sheppey 38, 52, 65 et 69 intitulées dans mon 
tableau : les Lévriers, les Mâtins et les Loups, le Héron et l'Aigle, 
le Lion et la Licorne, le Loup, la Truie et ses Petits, je suis porté 
à croire qu'il n'en a créé aucune. 

Mais, à quelques sources variées qu'il ait puisé, il reste constant 
que de toutes c'est la collection d'Eudes qu'il a le plus largement 
mise à contribution et que dès lors je l'ai à bon droit considéré 
comme en étant l'imitateur, ou, pour mieux dire, l'abréviateur 
éclairé. 

§ 3. — DESCRIPTION DU MANUSCRIT. 

Le manuscrit du collège Merton, contenant la collection que je 
viens d'examiner, porte la cote 248, et non la cote 258, que par 
erreur M. H. Oesterley lui attribue (1), et forme un volume in-fol. 
composé de 223 feuillets en parchemin, dont l'écriture est du milieu 
du xiv* siècle. On y trouve les phrases suivantes, qui plus haut 
m'ont permis d'expliquer comment il était entré dans la Biblio- 
thèque du collège Merton : 

«Liber Will. Reed, archidiac. Roffensis, quem émit ab.execu- 
toribus Yen. patris D. Johannis de Shepeya, ep. Roff. de bonis sibi 
datis per rev. dom. suum M. Nicholaum deSandwyco; oretis igitur 
pro singulis supradictis. 

« Tertium volumen sermonum per D. Jo. de Schepeya S. T. D. 

(1) Rotfiulus die paràphrasen des Phxdnis^ etc. Berlin, 1870, in-8.. (Voyci 
Einleitung^ p. xziii.) 



-^4 



ET LES PARABOLES D^EUDES DE O|[!l6RIT0N. 169 

monachum Roflensem et postea ibidem episcopum pro suo tem- 
pore in Universitate Oxon. collectôruiQ. 

« Liber domus scolarium de Merton. in Oxon. in communi 
libraria, etc., cathenandus ex dono Yen. patris D. WiU. tertii epi- 
scopi Cicestrie, etc. Walterus Roberti. » 

Le manuscrit renferme de nombreux ouvrages, dont le cata- 
logue imprimé des manuscrits des collèges d'Oxford (1) donne la 
nomenclature dans les termes suivants : 

1. Adversaria de regimine principum, etc., ex Auguslino, A. Gellio, 
Wynkelay, [an Jo. Winchelsea,] aliisque collecta, fol. \, 

2. Locorum tabula communium, sive sentenliarum de diversis, 
fol. 17. 

3. Quomodo abbas vel prior S. Augustiiii débet se gerere. fol. 19. 

4. Tabula fabularum Romulearum. fol. 20. 

5. Tabula super tlores moralium antiquorum, fol. 20. 

G. Ex fabulis Esopi sapientis viri moralis, quas transtuHt Romulus 
quidam in Latinum. fol. 25 b. 

7. Flores moralium antiquorum ex dictis Pythagora?, Empedoclis, 
Socratis, Aristolelis, etc. fol. 30. 

8. Sermonum abbreviationes vel formula?, fol. 43. 

9. Adversaria, siv^ anecdota, de diversis. fol. 57. 

10. Seneca de remediis forluitorum. fol. 62 b. 

H. Sermones brèves, vel notata, ex scriptoribus diversis collecti, 
rhylhmis Anglicis hic illic inlerspersis. fol. 64. 

12. Carmen de Christo; Anglice. fol. 166. 

13. Versus alii de falsilate, de pœnis iuferni, etc. fol. 166 6. 

14. Versus alii in verba Christi, « Caro mea vere est cibus, » etc. B. V. 
Mariam, etc. fol. 167. 

15. Sermo de pace,auctore secundum catal. Vet. Ricardo de Uskaley. 
fol. 168. 

16. Sermones alii de diversis. fol. 170. , 

17. Loci communes theologici ex scriptis sancti Augustini, etc. 
fol. 182. 

18. De sacris locis, temporibus, rébus et personis tractatus, in quo 
de inlroilu missœ, de diebus festis, etc. fol. 194. 

19. Petri Blessensis compeudium super Job prœvia ad Henricum 11 
epistola. fol. 206 b. 

20. Anonymi exposilio summaria juris civilis. fol. 210. 

(1) Catalogms codicum mss, qui in collegiis aulisque Oxonienaibus hodie adser- 
vantur, Confccit Henricus 0. Coxe bibliothecae Bodleianse hypo-bibliothecarius. 
Oxonii, e typographeo Acadcraico, hdccclii. (Voyez Pars I, Catalogus codicum 
mss. Collegti MertonensiSf pp. 96 et 97.) 



no FABLES ET PARABOLES D'EUDES DE C^IERITON. 

Les fables de Jean de Sheppey, formant le sixième des ouvrages 
énumérés dans cette nomenclature où elles sont mentionnées par 
la suscription même qu'elles portent dans le manuscrit, sont, toutes 
sauf deux, pourvues de titres particuliers, et sont terminées par 
la souscription suivante : Explicii Tractatus fabularum Moralium 
Esopi. 



ODONIS DE CERITONA 



FABULA ET parabole:. 



ODONIS DE CERITONAC) 

FABULiE, 

EX CORPORIS CURISTI COLLEGII C ANTABRIGIENSIS 
CODICE MS. LATINO 441 EXTRACTfi(2). 



(P. 479, col. 1.) 
INCIPIT PROLOGUS. 

IN PARABOLAS MAGISTRI ODONIS AD LAUDEM IPSIUS 

QUI EST ALPHA ET (d(3). 

Aperiam in parabolis os meum, loquar propositiones ab 
initio. Legitur in libro Ruth (4) : Proicite de manipulis uestris 

(1) Tels sont les nom et surnom donnés au fabuliste dans le ms. 481 du 
collège du Corpus Christi de Cambridge. 

(2) Dans les notes placées au bas des pages, pour désigner les manu- 
scrits plus brièvement, j'emploierai les lettres suivantes : P. pour Biblio- 
thèque Mazarine ms, 122; AS. pour Arras ms. 184; CL. pour Clermont-Fer- 
rand ms. 47; BN. pourJîer/fn ms. Theol. lat, 4®, 10; V. pour Breslau ms. IV. 
Q. 126; G. pour ms. Gude lat. 200; MA. pour Munich ms. lat. 2800; MB. 
pour Jft/nicA ms. lat. 8356; MC. pour Munich ms. lat. 8947; MD. pour 
Munich ms. lat. 14749; ME. pour Munich ms. lat. 16i9o; AA. pour ms. 
Arundel 292; AB. pour ms. Arundel 275; H. pour ms. Harley 219; AD. 
pour ms. Addit. 11579; DA. pour ms. Douce 88; DB. pour ms. Douce 101 ; 
DC. pour ms. Douce 169; RA. pour ms. Rawlinson C 288; CA. pour Cam- 
bridge Corpus Christi ms. 441 ; CB. pour Cambridge Corpus Christi ms. 
481 ; AR. pour Berne ms. 679. 

(3) P., AS., MA., MC, MD., ME., DA., DC.,CA., CB. 

(4) Chap. II, V. 16. 



174 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

ex industria et reihanere permittite, ut colligat Ruth absque 
uerecundia. Ita dixit Booz messoribus. Booz dicitur in quo 
robur, et significat Christum in quo robur deitatis, robur 
omnipotentie, qui ligauit fortem, scilicet Diabolum, et uni- 
uersa arma eius abstulit, et spolia distribuit, ut legitur in 
Lucha [C] XI, [v. 22]. Iste est, ut legitur in Isaia, [C] LXIII, 
[v. 1], formosus in stola sua, gradiens in multitudine fortitu- 
dinis'sue, quoniam stola corporis iam fuit pulcrior Luna, cla- 
rior Sole. Gradiebatur de celo in terram, carnem assumendo, 
de terra in infernum, humanum genus liberando, de inferno 
in terram, carnem recuperando, de terra in celum, ad dextram 
Patris sedendo. Iste Booz habet messores suos, scilicet apos- 
tolos, discipulos, prelatos, quibus anîmarum cura commissa 
est. Hii debent metere spicas animarum, id est auctorites et 
exempla Scripturarum, quibus anime reficiuntur et susten- 
tantur. Postea debent ipsas animas metere et Deoofferre; de 
quibus in Luca, [C] X, [v. 2] : Messis quidem multa, operarii 
autem pauci. Rogate ergo Dominum (p. 479, c. 2) messis, ut 
mittat operarios in messem suam. Nullum sacrificium tantum 
placet Deo quantum zelus animarum. Si unicam animam ofie- 
ras Deo, dicet tibi : Euge, serue bone, et cetera; quoniam Deus 
plus appreciatur unam animam quam totum mundum. Sed 
plerique spicas [corporeas, scilicet] décimas et oblationes, 
diligentissime metunt, animas Diabolo per prauam uitam uel 
negligentiam offerunt. De quibus in libro Sapientie [C] VI, 
[v. G-9] : ludicium durissimum in hiis, quoniam presunt, 
fiet; potentes potenter tormenta pacientur; fortioribus for- 
cior instat cruciatio. Verbum quasi diceret : Durum iudicium 
fiet ludeis et Saracenis; durius hereticis; sed iudicium du- 
rissimum falsis prelatis, licet modo in multitudine diuici- 
arum,in equis plialeratis, in cibariis delicatis glorientur. Ruth 
interpretatur deticiens et significat laïcos qui in se defi- 
ciunt, nisi a prelatis rcficiantur, quoniam [si] qui[s] dimi- 
serit eos ieiunos, déficient in uia. Marcus, [C] VIII, [v. 3]. 
Igitur, rectores animarum, proicite de manipulis vestrîs ex 



ODONIS DE CERITONA FABUL.E. 175 

industria, ut coUigat Ruth absquc uerecundia, nec tantum in 
ecclesia, sed in aula, in chamera, in prandio, in cena, in nia 
ubicumque fuerit. Palerfamilias débet proferre de thesauro 
suo noua et uetera uerba et exem (p. 480, c. l)-pla, quibus 
reficiatur fidelis anima. In Ecclesiastico, [C] IX, [v. 13] : 
Omnis enarratio tua in preceptis Altissimi. Et erit maior ele- 
mosina quam si repleantur corpora. Vnde Gregorius : Plus est 
uerbi pabulo uicturam in perpetuum mentem refieere qiiam 
uentrem carnis moriture pane terreno saciare(l). Et quoniam, 
ut dicit Gregorius, plus quandoque compungunt exemplaquam 
uerba (2), aperiam in parabolis os meum, et similitudiibes et 
exempla que libencius audiuntur, memorie firmius quam 
uerba commendantur, proponam, quibus intellectis sapiens 
sapiencior eut. Qui habet aures audiendi audiat, qui oculos, 
scripta respiciat, qui spiritum, iidelibus annunciet, ut totis {sic) 
cedat ad instructionem morum et com[m]odum animamm. Et 
quoniam' tractatus est parabolicus, a parabola libri ludicum 
exordium sumamus. 



I. — QUALITEU ELEGERUNT SIBI REGEM LIGNA (3). ' 

luerunt ligna, ut ungerent super se regem.DixeruntOliue : 
Impera nobis. Que respondit : Numquid possum relinquere 

(1) « Electos suos Dominus et in famé a morte eripit, et in bello a gla- 
dio abscondit, quia eorum mentes, dum verbi sui pabulo reflcit, contra 
tentationes corporis fortes reddit. » Sancti Gregorii Magni Moralium Ub. 
VI in cap. V B. Job. (Voyez Migne, Palrologiœ Cursus completus, t. LXXV, 
col . 753.) 

(2) « Plus enira plerumque exempla quam ratiocinationis verba com- 
pungunt. » Sancti Gregorii Magni Homiliarum in Ezechielem Ub, II, 
Homil. VIL (Voyez Migne, Patrologix Cursus completus, t. LXXVI, col. 1014.) 

(3) P. I, AS. 4, BN. 1, V. I, MC. 4, MI), 1, AA. t, AB. 1, DA. 1, DC. 4, 
CA. 4, CB. 4, AR. 48. Le titre de cette fable a été tiré de DA. Dans le ras. 
444 du Corpus Cliristi de Cambridge les fables étant dépourvues de titres, 
ceux qui figurent dans cette édition ont été empruntés du ras. MB, et 
lorsque, manquant également dans ce ms., ils ont été tirés d'un autre, celui 
auquel il a été recouru a été indiqué en note. 



176 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

pinguedinem meam, qua Dii utuntur et homines, ut intcr 
Ligna promouear?Vencrunt ad arborem Ficus {sicpro Ficum), 
et dixerunt : Super nos [regnum] accipe. Respondit : Numquid 
possuni-deserere dulcedinem meam fructusque suauissimos, 
ut inter Ligna promouear? Venerunt (p. 480, c. 2) ad Vitem, 
ut imperaret eis. Que respondit : Nunquid possum deserere 
uinum quod letificat Deum et homines? Et noluit promoueri. 
Dixeruntque Ligna ad Rampnum : Impera nobis. Respondit 
Rampnus : Si uere me regem constituitis, uenite,etsub umbra 
mea quiescite; si non uultis, egrediatur ignis de Rampno, et 
deuoret cedros Libani (1). 

Mistice. — Ligna signiiicant homines siluestres, monachos, 
congregationem sine pastore. Veniunt ut eligant Oliuam, ali- 
auem iustum, qui respuens dicit quod non uult relinquere 
pinguedinem caritatis et ad dignitatem promoueri. 

Arbor Ficus significat iustum qui, contemplando fréquen- 
ter, dégustât quam suauis, quam dulcis est Dominus, et facit 
dulces fructus bone operationis, et [quia] in dignitatibus 
multe sunt aniaritudines, multe turbationes, non uult dulce- 
dinem suam pro dignitatibus commutare. 

Vinea est uir iustus, qui gaudet spirituali hylaritate; qui 
dicit : Gaudium nostrum est testimonium conscientie nostre. 
Quoniam multe sunt amaritudines, multe turbationes in fas- 
tidio (2) dignitatis, ideo nolunt promoueri. 

Vnde Taurinensis Canonicus, cum respueret electionem, 
cito transiuit, et socio suo [se] aperuit (3). Quesitus (p. 481, 
col. \) quare non recepit episcopatum, respondit : Si fuissem 
de numéro episcoporum, fuissem de numéro dampnandorum. 

Item, cum magister H. (4) factus fuisset episcopus Melden- 
sis, et uisitasset socîos suos Parisius, dixit : Si haberem mor- 
talem inimicum et desiderarem ei aliquid pessimum, orarem 

(i) Voyez cette fable dans le livre des Juges, chap. IX, v. 8-15. 

(2) Lisez : fastigio, 

(3) AS., AB. et I)A. : Socio suo apptiruit, 
(i) GwilUielmus dans BN., Uiifjo dans AR. 



» 



ODONIS DE CERITONA FABUL.*:. 177 

quod Deus faceret eum episcopum, et hoc pro maxima maie- 
dictione reputarem. 

Tamen, cum sint columpne celi et cardines templi, Eccle- 
siam Dei gubernant, et sustentant, et qui iusti sunt nobilem 
fructum animarum faciunt in uitam eternam. 

Rampnus inutilis libenter episcopatum recipit. Rampnus 
est frutex spinosus, carens umbra, et quandoque de se ignem 
ex nimia siccitate emittit. Sic impius qui nullam habet um- 
bram refrigerii uel consolationis, dicit : Requiescite sub um- 
bra mea. Multa enim bona promittit. Sed ignem auaricie, su- 
perbie, luxurie de se emittit, et sic ligna, id est subditos, per 
prauum exemplum comburit. 

Ita Sichimite elegerunt Abimelech qui eos combussit. 

« 

K — DE FORMICIS (1). 

Simile Formice elegerunt sibi Lignum in regem, et mi[n]- 
xerunt super illud, et elegerunt Serpentera, etdeuorauit illas. 

K _ QLALITER PULLI ELEGERUNT SIBI REGEM (2). 

[Galline semel elegerunt Serpentera in regem qui deuorauit 
eas] (3). Pulli celebrauerunt (p. 481, c. 2) capitulura, utelige- 
rent sibi ^alium] (4) regera. Dixit unus sapiencior aliis : Eliga- 
mus Colurabara, animal siraplex, que nec laniat, nec ledit, nec 
deuorat. Feceruntsic.Coluraba siraplex inter PuUos conuerse- 

(1) P. 1% AS. !•, AA. 4*, AB. !•, DA. 1«, CA. i\ — Le titre a été tiré 
de AA. 

(2) P. l^ AS. l^ CL. 4, BN. !•, V. 2*, G. 2, MA. 4, MC. 2, MD. 2, AA. 
Ib, AB. 4^ AD. 4, DA. 4»», DB. 4, CA. 4»>. — Le titre a été tiré de DA. 

(3) C*est par cette phrase que cette fable commence dans le manuscrit 
de Berlin Theol. lat. 4<^ 40. Comme elle en est le préambule naturel, j'ai 
cru devoir la rétablir ici. 

(4) L'introduction ici de ce mot, qui figure à la même place dans le 
manuscrit de Berlin précité, est la conséquence du rétablissement de la 
première phrase de la fable. 

42 



178 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

batur(l). DixeruntPulli : Rexnoster nichilualet, quoniam non 
percutit, non laniat. Dixerunt al(l)ii : Deponamus eum. Qiiem 
igitur eligemus? Dixerunt ad Inuicem : Eligamus Miliium. 
Factum est ita. Miluus, rex constitutus, uno die cuni rostro 
et unguibus laniauit unum Pullum et deuoravit, postea alium 
et tercium, et sic per prauum regem afflictiis est populus. 

Sic plerique non sunt contenti benigno rége, simplice epi- 
scopo, innocenti abbate. Eligunt peruersum qui omnes des- 
truit. Ideo necessarium est quandoque p(er)icare subditos et 
percutere, quandoque pung(g)ere, quandoque ungere, ne su- 
perbiant, nec ex nimia afflictione triste ntur. 

K — DE ABBATE, CIBO ET MONACHIS. 

Et applicatur malis presidentibus et successoribus 

peioribns (2). 

Quidam Abbas dédit Monachis suis tria fercula. Dixerunt 
Monachi : Iste parum dat nobis. Rogemus Deum quod cito 
moriatur, et siue ex bac causa, [siue] ex alia, cito mortuus 
est. Substitutus est alius qui tantum dédit duo fercula. Irali 
Monachi et contristati dixerunt: Nunc magis orandum esl, 
quia unum ferculum subtractum est, Deus subf rabat ei 
(p. 482, c. 1) uitam suam. Tandem mortuus est. Substitutus 
est tertiiis, qui duo subtraxit. Irati Monachi dixerunt : Iste 
pessimus est intcr omnes, quia famé nos intcrficit. Rogemus 
Deum quod cito moriatur. Dixit unus Monachus : Rogo Dcuni 
quod det ei longam uitam et manu tcneat eum nobi^. Alii 
admirati querebant quare hoc diceret. Qui ait : Video quod 
primus fuit malus, secundus peior, iste pessimus. Timeo, eum 
mortuus fucrit, alius peior succedct qui penitus famé nos 
périme! . 

(\) Ainsi pour conversabatuv. 

(2) P. 2, AS. 2, CL. 2, V. 3, MB. 2, MC. 3, MD. 3, AA. 2, AB. 2, l)A. 2. 
DB. 2, CA. \\ CB. 8, AH. l\0. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 179 

Vnde solet dici : Selde ciimet se betere (1), hoc est : Raro 
succedit melior. 



II. — DE NISO ET COLUMBA ET DUCE. 

Applicatur minantibns solum et non facientibus 

iusticiam (2). 

Nisus semel rapuit unam Columbam et deuorauit. Alie Co- 
lumbe acceperunt consilium cui conquererentur. Et dixerunt : 
Duci. Est autem auis Dux cum magno capite et maior Aquila, 
et ideo Columbe conqueste sunt ei de Niso, qiiod faceret iusti- 
ciam, quoniam sociam suam interfecit. Audita querela, respon- 
dit Dux cum magna ingurgitatione : Cloc! Quo audito, dixe- 
runt Columbe : Quam bene intonuit! Certe faciet sibi de Niso 
unum morselhim. Iterum uenit Nisus, et aliam Co- (p. 482, c. 2) 
lumbam rapuit. Accesserunt Columbe ad Ducem, postulantes 
quod faceret iusticiam. Et respondit : Cloc ! Dixerunt Columbe : 
Ecce quam strenue com[m]inatur; optime faciet iusticiam. 
Nisus terciam Columbam accepit. Columbe tercio uenerunt 
ad Ducem, ut uindictam acciperet. Et ipse respondit : Cloc ! 
Audientes dixerunt : Quid est quod semper dicit Cloc, et 
nunquam iusticiam facit? Recedamus a regno suo, et infes- 
temus eum sicut falsum et stultum. Hinc est quod Co- 

[\) Sous cette forme ce proverbe anglais est correctemei^t (''crit. Il n'en 
est pas de même dans le ms. d'Arras, dans lequel on lit : Seldoim cornes re 
fueste belter. Il est probable que le copiste ne savait pas l'anglais et qu'il 
avait sous les yeuX cette phrase qui altérait le sens du proverbe et qu'il a 
mal lue : Seldom cornes se furste hzUer, Ainsi modifié, le proverbe pourrait 
se traduire par ces mots : Raro venit primus melior. En effet, dans l'an- 
cien anglais raro = Seldom ou selde; venit = cornes, cumeth, cumet; primus 
= 5€ furste, st p'sie; melior = 6e^/er, betere, heter. Dans le ms. Douce 88, 
le môme proverbe est ainsi conçu : Seilde comed se betere. En voici la 
formule dans le ms. Douce iQI : Sylden ys the latur prophète the bettur. 
Enfin dans le ms. Arundel 275 on lit : Seldum cum tho ye better. 

(2) P. 3, AS. 3, CL. 3, V. 4, G. 4, MA. 2, MB. 3, MC. 4, MD. 4, AA. 30, 
AB. 3, H. 5, AD. 2, DA. 3, DB. 3, DC. 9, CA. 2, CB. 9, AR. 51. 



180 ODONIS DB CERITONA FABVLJE, 

lumbe et cetere Aues, quando Ducem uident, eum infestant. 
Sic plerique, quando pauperes clamant quod reges et 
maiores faciant iusticiam de iniuriantibus, dicunt : Faciemus, 
faciemus, et sic dicunt unum cloc. Nunquam tamen faciunt. 
Hoc et ad falsos promissores refertur qui dicunt : Cloc, cloc, 
dabo, dabo; et nichil aliud habetur a talibus nisi unum cloc. 

II». — DE SCRABONE(l). 

Simile Scrabo cum alis facit tumultum , quasi diceret : 
Frai bien, frai bien, et tandem dat se in oculum tuum. 

Ita dicunt quidam : Frai bien, frai bien. Promittunt un- 
guentum et dant stimulum ; promittunt rosas et dant urticas. 

III. — DE CORNICE. 

Contra illos qui iactant se habere qaod non habent (S). 

(P. 483, c. 1) Comix semel, uidens se turpem et nigram, 
conquesta est Aquilc. Aquila dixit ei quod mutuo reciperet 
plumas de diucrsis auibus. Fecit sic. Accepit de cauda Pauo- 
nis, de alis Golumbe, et, sicut sibi placuit, de ceteris auibus. 
Cornix, uidens se ornatam, cepit derîdere et inclamare contra 
alias aues. V^nerunt igitur aues, et conquercbantur Aquile 
de superbia Cornicis. Respondit Aquila : Accipiat quelibet 
auis suam pcnnam, et sic humiliabitur. Quo facto, Cornix 
relicta est turpis et nuda. 

Sic miser homo de ornatu suo superbit. Set accipiat Ouis 
lanam suam, Terra linum (3), Boues et Capri corium suum, 
Cirogrilli et Agni suas pelles, et remanebit miser homo nudus 
et turpis; et ita fiet saitem in die mortis, quando nihil secum 
aflFeret de omnibus bonis suis. 

(1) MC. 4», DA. 3\ DC. 2, CA. 2% CB. 2. 

(2) P. 4, AS. 4, BN. 2, V. 6, G. 8, MA. 4, MB. 8, MC. o, MD. 8, ME. 4, 
AA. 31, AB. 7, n. 6, AD. 3, DA. 4, DB. 4, DC. \0, CA. 3, CB. 10, AU. 52. 

(3) I^izez : limum. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 181 

Item hoc cxemplum ualet contra diuites qui pro multitu- 
dine diuitiarum gloriantur; sed Dominus quandoque omnki 
aufert, et sic humiliantur. 

IV. — DE BUSARDO ET DE NIDO ANCIPITRIS (1). 

Busardus in nido Accipitris proiecit unum ouum, et inde 
creatus est pullus. Aiii puUi nobiles fimum fecerunt extra 
nidum. Sed pullus Busardi semper maculàuit nidum suum 
(p. 483, c. 2). Quod a[d]uertens Accipiter ait : Quis est qui 
nidum maculât? Tandem dixerunt ci puUi de pullo Busardi. 
Quod attendens Accipiter cepit filium Busardi, et extra nidum 
proiecit, diceus : 0/[eie] ht the brothteofathele hine mythte (2) ; 
hoc est : De ouo te eduxi ; de natura non potui ; et confractus 
est totus. 

Sic Dominus habet suos pullos in nido Ecclesie, qui Eccle- 
siam non maculant, sed honorant. Sed Busardus, id est Dia- 
bolus, habet suos pullos inter alios, et isti diuersis uiciis 
Ecçlesiam maculant; et idco Dominus extra nidum proîciet 
eos in puteum inferni, ubi pessime confringentur. 

Hoc exemplum ualet contra curiales, qui sociis inuident 
et accusant, quod taies quandoque totam curiam maculant. 

IV. — DE CUGULA ET BURNETA. 

Contra illos qui insurgnuit in suos beneflcos (3). 

Gueula quandoque ponit ouum in nido Burnete. Burneta 
uero puUum Gueule nutrit. Gum magnus fuerit et uenit Bur- 

(1) AS. 5, CL. 4, BN. 3, V. 7, MA. 6, MB. 9, MC. 6, MD. 9, ME. 5, AA. 
32, AB. 8, H. 7, DA. 5, DB. 5, DC. 11, RA, 9, CA. 4, CB. 11, AR. 53. 

(•2) Ce proverbe anglais dans le manuscrit d'Arras est ainsi formulé : 
Of a ey hi ye brohte of kyndî i ne myche. Dans le ms. Douce 88 on lit : 
Of eye ic ye brocte of echele ichne micte. Enfin c'est dans les termes suivants 
qu'il figure dans le ms. Douce 101 : Of on egge y the brouzght bytt of (hy 
kynde y maye nouzght, 

(3) P. 5, AS. 5% CL. 4», V. 8, G. 9, MA. 6*, MB. 9*, MC. 6*, MD. 10, 



182 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

neta ut cibum offerat, os suum aperit, et Buruetam transglutit 
et deuorat. 

Sic plerique, cum nutriti fuerunt et promoti per aliquos, 
contra illos insurgunt et diuersimode molestant. Sicut clcrici 
promoti in canonicos et archi(e)diaconos maiores suos infes- 
tant. Enim [t]ales simt filii Gueule, et filii parentes, frater fra- 
trem, si posse[n]t, (p. 484, c. 1) deuorare(n)t, ut hereditatem 
possidere[n]t. Taies dicuntur filii Neronis, quimatrem et magis- 
trum suum Senecam interfecit. Maledicta talis nutritura. 
Ysa.,I : Filios enutriui et exaltaui ; ipsi autem spreuerunt me. 

V. — DE TORTUCA ET AQUILA. 

Contra curiosos (1). 

Tortuca, manens in locis hu[mi]dis et profundis, rogauit 
Aquilam, quod portaret eam in altum. Desiderauit enim ui- 
dere -campos, colles et montes et nemora. Aquila adquieuit, 
Tortucam in altum portauit, et dixît Tortuce : Vides iam que 
nunquam uidisti, montes et ualles et nemora. Dixit Tortuca : 
Bene uidco ; mallem tamen esse in foramine meo. Et ait Aquila ; 
Sufficit hec omnia tibi uidisse. Dimisit eam cadere, et tota 
confracta est. 

Misiice, Aliquis uiuit in paupcre tecto; desiderat ascendere 
et super ponnas uentorum uolare; rogat Aquilaifi, id est Dia- 
bolum, quod aliquo modo ipsum exaltet; quandoque per fas 
et nephas {sic)^ per falsitates ascendit, et sic Diabolus ipsum 
portât; quandoque intelligit statum suum periculosum et mal- 
let esse in paupere tecto. Tum Diabolus in mortem facit cum 
cadere, in puteum géhenne, ubi totus confringitur. 

Sic [est] qui [stuUus] scandit pernicibus alis ; 
Incidit a scalis in loca plena malis. 

ME. 6, AA. 33, AB. 8*, H. 8, DA. 5\ DB. 5% DC. 12, UA. 10, CA. 4% CB. 
11% AU. 54. 

(i) P. 6, AS. 6, CL. 5, V. 9, (;, H, MA. 8, MB. 13, MC. 7, MD. U, ME. 8, 
AA. 34, AB. 12,H. 9, DA. 6, DC. 13, CA. 5, CB. 12, AR. 55. 



ODONIS DE CERITONA FABULifi. 183 

VI. — DE CICONIA ET LUPO. 

Contra crudeles dominos maie rémunérantes ( 1 ) . 

(P. 484, c. 2). Semel Lupus fere ex uno osse strangula- 
batur. Quesitus fuit medicus. Dixerunt seruientes : Ciconia 
habet longum rostrum et poterit os a gutture extrahere. Que- 
sita est Ciconia; merces magna est promissa. Venit et os a 
gulture extraxit. Mercedem quesiuit. Lupus nichil dare uoluit, 
dicens : Nonne, quando caput tuum fuit in.ore meo, potui te 
interficere? Nonne sufficit tibi quod permisi te uiuere? 

Sic rustici et pauperes, quando seruiunt, nullam merce- 
dem habere possunt. Dici[t] enim dominus : Homo meus es ; 
nonne magnum est, si te non excorio, si te uiuere permitto. 

VII. — DE QUADAM AVE SANGTI MARTINI. 

Contra aadaces aerbo et non opère (2). 

Quedam auis dicitur sancti Martini in Hispania, paruula 
admodum reguli. Hec graciles habet tibias ad modum iunc(t)i 
et longas. Contigit quod, sole calende (3), circa festum sancti 
Martini, proiecit se iuxta arborera ad solem, et erexit tibias 
suas, dicens : Eia! si celum iam caderet, ipsum sustinerem 
super tibias meas. Et cêcidit folium unum iuxta, et auis exter- 
rita euolat, dicens : sancte Martine, cur non succu[r]ris 
avicule tue? 

Taies sunt multi qui ad tempus credunt et [in] tempore 
temptacionis recedunt. Talis fuit Petrus, qui paratus fuit in 
mortem et in carcerem pro Christo ire. Sed cum uidit Domi- 
num suum (p. 485, c. 1) maie tractari, ad uocem ancille ait : 

(1) P. 7, AS. 7, CL. 6, V. 10, G. 12, MA. 9, MB. 14, MC. 8, MD. 15, ME. 9, 
AA.35, AB. 13, H. 10, DA. 7, DB. 6, DC. 14, RA. 12, CA.6, CB. 13, AR. 56. 

(2) P. 8, AS. 8, CL. 7, BN. 4, V. 11, MB. 15, MC. 9, MD. 16, ME. 10, 
AA. 36,AB.14,H.il,AD.4,DA.8,DB.7, DC.15,RA.11,CA. 7,CB. 14,AR.57. 

(3) Lisez : Calente, 



184 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

Mulier, nescio quid dicis; non noui illum. Filii Effrem (sic), 
intendentes et mittentes arcum, conuersi sunt in die belli. 
Adaptatur quibusdam militibus : quando caput [est] bene frica- 
tum uino uel ceruisia, dicunt se posse stare contra très franci- 
genas et debellare fortissimos. Sed, quando sunt ieiuni et uident 
lanceas et gladios circa se, dicunt : sancte Martine, succurre 
tue auicule; O sein Martin y eide nostre oiselin. 

VIII. — DE OCULIS CALVI LACRIMANTIBUS 

ET PERDICIBUS. 

Contra flctos iastos principantes (1). 

Quidam Caluus, babens oculos lacrimantes, interficiebat 
Perdices. Et ait vna : Ecce quam bonus homo [et] sanctus ! Et 
ait alia : Quare dicis eum bonum? Et respondit : Non[ne] uides 
qualiter lacrimatur? Et respondit altéra : Nonne uides qualiter 
nos interficiet? Maledicte sint lacrime ipsius, quia lacrimando 
nos perimit! 

Sic plerique episcopi, prelati, magnâtes, ut uidetur, bene 
orant, ele[e]mosinas dant, lacrimantur; sed simplices et sub- 
ditos ex[c]oriant et perimunt. Maledicte sint orationes et 
lacrime talium! 

IX. — DE AVE QUI [sic) DICITUR FRAN€ENS [OS], FRE[ljN0S(2) 

De pericalo presidendi. 

Quedam auis dicitur frangens os, freinos, quod cum rostre 
ossa frangit, pinguedinem et meduUam comedit. Quando pro 
duricia os non potest confringere, portât eum {sic) in altum 
et super rupcm permittit cadere; et sic os confringitur. 

Ita facit Diabolus : (p. 485, c. 2) quando non potest uirum 

(1) V. 12, G. 13, MA. 11. MB. 16, MD. 17, ME. H, AA. 37, AB. 15, 
RA. 7, CA. 8. 

(2) P. 9, AS. 9, CL. 8, V. 13, MA. iO, MC. 10, MD. 18, AA. 38, AB. 16, 
H. 12, DA. 9, DB. 8, DC. 16, CA. 9, CB. 15. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 185 

coDstantem confringere, eleuat ipsum in altitudînem dignita- 
tis et tune permittit cadere, quod totus eonfringitur; et quanto 
gradus alcior, tanto casus grauiorj(l).Profundiuscadit lapis ab 
i^lto quam ab imo. Sic peruersi reges, peruersi episcopietdiui- 
tes profundius cadunt ab alto in inferno (sic) quam pauperes. 

X. — DE AQUILA. 

Pro contemplationibas celestia. Amen (2). 

Aquila, quando habet pullos, erigit capita sua ad solem. 
Pullumqui irreuerberatis radiis intuetur solem conseruatet nu- 
trit ; illum qui solem non potest respicere, extra nidum proicit. 

Sic Dominus habet puUos in Ecclesia : illos qui sciunt 
Deum et ea que Dei sunt contemplari, nutrit et conseruat; 
illos qui nesciunt conspicere nisi terrena, proicit in tenebras 
exteriores (3). 

XI. — DE CICONIA ET UXORE. 

Per quod exemplom dicitur qnod matatio loci non sit 

sanctum (4). 

Siconia (sic) semel rixata est cum uxore sua et cum rostro 
oculum extraxit. Verecundata Ciconia, quod talem iniuriam 

(1) Claudien avait dit : Tolluntur in altum ut lapsu graviore ruant. 

(2) P. 10, AS. 10, CF.. 9, V. 14. MB. 10, MC. 11, MD. 11, AA. 39, AB. 9, 
H. U,DA. 10, DB. 9,DC. 18, RA. 8, CA. 10, CB. 17. 

(3) Dans Tun de ses sermons sur les fêtes des saints, Eudes, avec une 
rédaction un peu différente, a introduit cette fable, que, dans ses notes 
mises à la suite des Contes moralises de Bozon, p. 247, M. P. Meyer a 
publiée d'après le ms. lat. 16506 de la Bibliothèque nationale et que 
j'extrais moi-même de son livre : « Item Aquila capita puUorum dirigit 
contra solem, et illuin qui solem non potest intueri, tanquam non suum, 
extra nidum prohicit. Sic debent prelati illos qui nesciunt celestia intueri 
nec doctrinam Ghristi intelligere extra nidum Ecclesie, tanquam fîlium 
non naturale[m], expellere. >» Ainsi que M. P. Meyer l'a fait observer, le 
sujet de cette fable a été tiré de Pline, X, m. 

(4) P. 11, AS. il, BN. 5, V. 15. G. 10, MA. 7, MB. il, MC. 12, MD 12, 
ME. 7, AB. 10, H. 15,DC. 19, CA. 11, CB. 18, AR. 58. 



186 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

intulerit, in aliam regionem uolare cepit. Ot^uiauit ei Coruus 
et quesiuit causam itineris. Ciconia dixit quod cum rostro 
oculum uxoris extraxit. Respondit Coruus : Nonne adhux; 
habes idem roslrum? Dixit Ciconia quod sic. Quare igituT 
fugis, quoniam, ubicunque fueris, semper rostrum tuum 
tecum portas? 

(P. 486, c, 1 ) Sic quidam fecerunt multa peccata, et in aliam 
regionem uel in claustrum fugiunt. Tamen semper rostrum 
suum, maliciam suam, materiam peccandi, Diabolum indu- 
sum secum portant. 

Gelum, non animum, mutant (1), 

et, cum peruersi fuerunt in seculo, peruersi uel magis peiores 
sunt in claustro. Matitjhaeus, [C] XXIII, v. 11 (2) : Ve, Scribe 
et Pharisei ypocrite, qui circuitis mare et aridam ut faciatis 
unum proselitum, et, cum fuerit factus, facitis eum filium 
géhenne duplo quam nos. 

XII. — DE HERETICO ET MUSCA(3). 

Dicitur quod quidam Hereticus in Colosanis (4) partibus 
in loco exaltato predicauit quod uerus Deus non fecit mundum 
uisibilem, nec animalia, nec corpora, dicendo : Quare faceret 
Deus benignus Muscas, cum sit animal inmundum? Et uenit 
una Musca, et in facie Hereticum«timulauit. Ille Muscam cum 
manu fugauit. lUa ex altéra parte in facie sedit, et ille iterum 
fugauit. Tociens hinc inde in faciem Heretici insiluit, quod, 
ex inprouiso uexatus, in precipitium se dédit, et confractus 
est. Ecce qualiter Musca probauit quod Deus eam fecit et iniu- 
riam creatoris sui uindicauit. 

({) Voyez Horace, ÊpitreSyl, xi, 27. 

(2) Lisez : v. Vô. 

(3) AS. 12, V. 16, MB. 17, MC. 13, MD. 19, AB. 17, H. 16, DC. 20, CA. 
12, CB. 19, AH. 59. 

(4) Lisez : Tolosanis. 



ODONIS DE CERITONA FABULiE. 187 

XIIL -- DE FENICE (sic). 

Et quod appropinquante morte bona 
debent multiplicare (1) 

Consuetudo est quod Fenix {sic), que est unica auis in 
terra, quando im[m]inet tempus mortis sue, coUigit (p. 486, 
c. 2) fru(c)tîces et ramos aromaticos et facit inde nidum 
suum; et accenditurnidus et comburitur Fenix, et ex illa com- 
bu[s]tione oritur al(l)ius Fenix. 

Similiter uir iustus precipue, im[m]inente morte, débet 
multiplicare bona et in illis débet vitam mortalem fmire, et 
ita orietur inde alia uita beata et inmortalis. 

Deinde est de aolatilibus ; sequitur de gressibilibus. 

XIV. — DE FILIO BUFONIS ET SOTULARIBUS. 

Ck>ntra fblsam iudiciom rationis ex afféctione (2). 

Conti(n)git quod animalia celebrauerunt concilium. Bufo 
misit illuc filium suum. Sed oblitus sotulares suosnouos, que- 
siuit Bufo aliquod animal uelox, qui {sic) posset ad concilium 
accele(b)rare ; uidebatur sibi quod Lepus bene curreret. Voca- 
uit eum et, mercede constituta, dixit ei quod deferret sotulares 
nouos filio suo. Respondit Lepus : Quomodo potero discernere 
filium tuum in tali concilio? Dixit Bufo : lUe qui pulcher- 
rimus est inter omnia animalia est filius meus. Dixit Lupus 
{sic) : Numquid Columba uel Pauo est filius tuus? Respondit : 
Nequaquam, quoniam Columba habet nigras carnes, Pauo tur- 
pes pedes. Dixit Lepus : Qualis est igitur filius tuus? Et dixit 
Bufo : Qui taie habet caput quale est meum, talem uentrem, 
taies tibias, talespedes, ille pulcher filius meus. lUi déferas 
sotulares. Venit (p. 487, c. 1) Lepus cum sotularibus et narrauit 

(1) P. 12, AS. 13, V. 17, MB. 12, MC. 14, MD. 13, AB. 11, H. 17, AD. 5, 
DB. 10, DC. 21, CA. 13, CB. 20. 

(2) P. 13, AS. 14, CL. 10, V. 31, MA. 12, MB. 18, MC. 15, MD. 20, ME. 
12, AB. 18, H. 13, AD. 6, DA. Il, DC. 17, CA. 14, CB. 16, AU. 60. 



188 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

Leoni et ceteris bestiis qualiter Bufo pre ceteris filium suum 
commendauit. Et ail Léo : Ki Crapoui eime, Lune li semble. 

Si quis amat Ranam, Ranam putat esse Dianam. 
XIV\ — DE JUVENE ET VETULA (i). 

Vidi quendam luuenem amantem quandam Vetulam tur- 
pem. Querebat coHsilium qualiter possit ab amore ipsius sepa- 
rari. Et dixi[t quidam] : Quare hanc diligis, quod non est 
multum pulcra? Respondit quod sibi esset nimium pulcra. 

Similiter contingit quod aliqua habet pulchrum maritum; 
tamen aliquem turpem ribaldum diligit plus quam maritum. 

Similiter anima peccatoris que est sponsa Christi quando- 
que plus diligit unum Bufonem quam speciosum forma pre 
filiis hominum. Quicunque enim fomicacionem, adulterium, 
furtum perpétrât, pulcrum sponsum relinquit et Bufonem 
diligit; Diabolum amplectitur, Bufoni adheret. Pulcrior sibi 
uidetur Bufo quam sol uel luna, quam ipse Deus. Heu! 
qualis eum(2)! Quanta cecilas! Quanta decepcio! Illumina, 
Domine, oculos nostros, ut te pulcherrimum intelligamus, 
intellectum super omnia diligamus. Augustinus: Tu, Domine, 
fecisti omnia; qui[a] pulcher es, pulcra sunt; qui[a] bonus es, 
bona sunt; qui[a] es, sunt, nec improbate sunt, uerum ita bona 
sunt, uerum ita sunt sicut tu, conditor eorum; quocom- (p. 487, 
c. 2) parato, nec pulcra sunt, nec bona sunt, nec sunt. 

XV. — DE CATO QUI SE FECIT MONACHUM. 

Contra ambientes honores et bénéficia et dignitate8,etc.(3). 

In quodam refectorio fuit quidam Murilegus, qui omnes 
Mures, excepto uno magno Rato, cepit et interfecit. Cogitauit 

(1) P. «3% AS. 14% CL. 10*, MA. \2\ MB. 18% MC. 16, MD. 21, ME. 13, 
AB. 18% H. 13% AD. 6% DA. 1!% CA. 14% AR. ,60\ 

(2) Au Heu de eum lisez : error. 

(3) P. 14, AS. 15, CL. 11, V. ,32, G. 14, MA. 13, MB. 19, MC. 17, MD. 
22, AB. 19, H. 2, DA. 12, DC. 6, CA. 15, CB. 6, AR. 61. 



ODONIS DE CERITONA FABUL/E. 189 

Gatus qualiter Murem illum magnum deciperet et deuoraret. 
Tandem fecit sibi rari (1) coronam, induit cucullam et fecit se 
monachum, inter alios monachos sedit et co(m)medit. Videns 
hoc, Ratus gauisus est, credens quod nollet ci nocere. Saltauit 
igitur Ratus hue et illuc, et Gatus dissimulans oculos suos a 
uanitate auertit. Tandem secure Ratus a[p]propinquauit ad 
Gatum. Gatus uero cum uùguibus uiriliter Ratum cepit et fir- 
miter tenuit. Dixit Ratus : Quare talem crudelitatem facis? 
Quare me non dimittis? Nonne monachus factus es? Dixit Gat- 
tus : Nunquam ita bene predicabis quod te dimittam, frater : 
quando volo, sum monachus; quando uolo, sum canonic(h)us. 
Et deuorauit Ratum. 

Sic plerique, quando non po$sunt optinere diuicias et aliud 
quod diligunt, ieiunant, fingunt se bonos et sanctos, cum 
sint papalardi et demones transfigurantes se in angelum lucis, 
et alii faciunt se monachos, ut sint cellerarii, priores, abbates, 
episcopi, et sic faciunt se radi, ut capiant unum Ratum. Pre- 
terea, quando (p. 488, c. 1) illicite habent quod desiderant, 
nunquam tantum predicabis quod Ratum suum dimittant. 

XV*. — DE ARANEA (2). 

Sic Aranea filum extrahit, telam orditur, totam se euisce- 
rat, ut unicam Muscam capiat. Tandem uenit uentus, et totam 
telam cum Aranea et Musca dissipât et asportat. 

Sic clerici, curiales, scolares in frigore et caumale, per 
uentos et pluuias, per montes et ualles laborant, totos se euis- 
cerant, ut unicum beneficium, unicam ecclesiam^ hoc est uni- 
cam Muscam capiant. B. (3) : Circuit sedulusexploralor, sequi- 

(1) Au lieu de rari il faut lire : radi. 

(2) P. 13, AS. lo*, V. 32*, MB. 19% MC. 18, MD. 22% AB. 20, H. 18, DA. 
13, DC. 22, CA. 15% CB. 21, AR, 61*. — Le titre de cette fable a été tiré 
du ms. Hafley 219. 

(3) Le ms. de Munich 8356, au lieu d'une simple initiale, porte Ber- 
nardus. 



190 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

tur, obsequitur, manibus ac pedibus répit, si quo modo in 
patrimonium se ingérât crucifixi. 



XV»». — DE MUSCA (1). 

Musca autem [est] multiplex, aut stimulans, aut maculans, 
aut tumultuans. Quando quis habet ecclesiam, et cupide et 
avare ei incumbit, sollicitusqualiter bonatemporaliaconseruet 
et multiplicety tune habet Muscam stimulantem. Quando (non) 
uiuit luxuriose, gulose, ex beneficio, sic habet Muscam macu- 
lantem. Quando (non) habet magnam societatem, multas equi- 
taturas, magnam pompam ex beneficio, tune habet Muscam 
tumultuantem. Tandem uenit uentus buf[f]ans [et] totum as- 
portat. 

Impetus uenti est mors uel ignis, a[d]uersitas, que totum 
statum, totam fortunam hominis destruit : (p. 488, c. 2) 

Fallax fortuna, quam sillaba destruit una! 
Hec syllaba mors totam felicitatem hominis destruit. 

XVI. — DE MURE DOMESTICA ET SILVESTRI 

VEL CAMPESTRI. 

Contra symaniacos (sic) etasurarios (:2). 

Quedam Mus domestica querebat a campestri Mure quid 
co(m)mederet. Que respondit : Duras fabas, quandoque sicca 
grana tritici uel [h]ordei. Et ait Mus domestica : Arida sunt 
cibaria tua. Mirum est quod famé non péris. Quesiuit situes- 
tris : Et quid comedis tu? Certe comedo pingues morsellos, 
quandoque album panem. Ilerum adiecit : Venias ad prandium 

(1) AS. 15^ MC. 18», MD. 22»», H. 49, CA. lo^ AR. 61»». — Le titre de 
cette fable a été emprunté du ms Harley 219. 

(2) P. 16, AS. 16, CL. 12, V. 33, G. lo, MA. 14, MB. 20, MC. 19, MD. 23, 
ME. 15, AB. 2i, H. 20, DA. 14, DC. 23, CA, 16, CB. 22, AR. 62. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 191 

meum et optime comedes. Placuit campestri et iuit ad domum 
alterius Mûris. Homines sedentes ad prandium micas et mor- 
sellos proiecerunt. Mus domestica dixit siluestri : Exeas de 
foramine; ecce quot bona proiciunlur. Exivit campeslris et 
cepit unum morsellum, et saltauit Catus post Murem^ et vix 
euasit in foramen. Ait Mus domesticus : Ecce, fraler, quam 
bonos morsellos fréquenter comedo ; maneas mecum per ali- 
quot dies. Respondit Mus siluestris : Boni sunt morselli ; sed 
habes singulis diebus talem socium? Et quesiuit domestica 
qualem. Et ait siluestris : Vnum magnum Murilegum qui fere 
me totum deuorauit. Respondit Mus domestica : Certe ita est, 
quoniam patrem meum et inatrem interfecit, et ego multociens 
uix euasi. Et ait campestris : Certe noUem habere (p. 489, cl) 
totum mundum cum tali periculo; remaneas cum morsellis 
tuis. Melius uolo uiuere cum pane et aqua in securitate quam 
babere omnes delicias cum tali socio : 

Rodere malo fabam quam cura perpete rodi. 

Sic plerique, si intelligerent redores ecciesiarum qui sunl 
indigni et symoniaci et usurarii cum quanio periculo come- 
dunt, quoniam super morsellum iniuste adquisitum sedet 
Diabolus, sedet Catus qui animas deuorat, mallent comedere 
panem [hjordeaceum cum bona consciencia quam omnes deli- 
cias cum tali socio. 



XVÏI. — DE QUODAM ANIMALI QUOD VOCATl-U 

ANTIPLOS (sic) (1). 

Quoddam animal uocatur Ântilops; ludit cum uirgullis 
cum cornibus suis. Tandem cornua inplicantur cum uirgultis, 
quodnon potest caput extrahere. Incipitclamare. Quo audito, 
ueniunt uenatores et interficiunt eum. 

Sic plerique ludunt cum negociis istius mundi et eun- 

(1) P. 17, AS. 17, V. 34, MB. 21, MC. 20, MD. 24, AB. 22, H. 2i, AD. 7. 
DB. 11,DC. 24,CA. n, CB. 23. 



192 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

dem (1) inplicantur, tôt ncgociis dctiiientur, quod euelli non 
possunt et a demonibus perimunt. 

XVIII. — DE YDRO ET COCODRILLO EXEMPLUM (2). 

Quoddam animal dicitur Ydrus, et inuoluit se luto, ut me- 
lius possit labi, et tandem intrat in os Cocodrilli, qaando 
dormit, et intrat [in] uentrem et mordet cor. Et sic perimit 
Cocodrillum. 

Ydrus significat filium Dei qui assumpsit lutum nostre 
Garnis, ut facilius laberetur in os Diaboli, et sic intrauit et cor 
Diaboli mordens ip- (p. 489, c. i) sum interfecit. 

XIX. — DE VULPE ET LUPO ET SITULA PUTEI (3). 

Vulpes casu cecidit per unam situlam in puteum. Venit 
Lupus et quercbat quid faceret ibi. Que ait : Bone compater, 
hic babeo multos pisces et magnos; utinam mecum partem 
haberes ! Et ait Ysemgrimus : Quomodo possem illuc descen- 
dere? Ait Vulpecula : 3upra est una situla; pone te intus, et 
venies dcorsum. Et erant ibi due situle; quando una ascendit, 
alia descendit. Lupus posuit se in situlam, que erat supra et 
descendit insum ; Vulpecula in alia sicula {sic) ascendit su[r]- 
sum. Et quando obviaverunt sibi, ait Lupus : Bone compater, 
quo uadis? Et ait Vulpes : Satis comedi et ascendo. Tu, des- 
cende(ns) et inuenies mirabilia. Descendit miser Lupus nec 
inuenit aliquid nisi aquam. Venerunt mane rustici et extraxe- 
runt Lupum, et usque ad mortem uerberauerunt. 

Vulpecula significat Diabolum qui dicit homini : Descende 
ad me in puteum peccati et [in]uenie(n)s delicias et multa 
bona. Stullus adquiescit et descendit in puteum culpe,.et ibi 

(1) Ainsi pour tandem. 

(2) P. 18, AS. 18, CL. 13, V. 35, MB. 22, MC. 21, MD.25, AB. 23, H. 22, 
AD. 8, DA. lo, DB. 12, DC. 25, CA. 18, CB. 24. 

(3) P. 19, AS. 19, CL. 14, V. 36, MA. 20, MB. 23, MC. 22, MD. 26, ME. 
16, AB. 24, H. 23, AD. 9, DA. 16, DB. 13, DC, 26. CA. 19, CB. 25, AR. 64. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 193 

nullam inucnit refeccionem. Tandem ueniunt inimici et extra- 
huDt impium, percuciunt et perimunt. Diabolus multa bona 
Ade promisit; sed multa mala persoluit. 

XX. — DE LEONE ET LUPO ET VOLPE 
ET VENATORIBUS (1). 

Léo, Lupus et Vulpes condixerunt (p. 490, c. 1) sibi ad in- 
uicem quod uenarentur. Vulpes cepit anserem, Lupus arietem 
pinguem, Léo bouem macilentum. Debuerunt prandere. Dixit 
Léo Lupoquod predam partiretur. Dixit Lupus : Vnusquisque 
habeat quod cepit, Léo suum bouem, ego arietem, Vulpes 
anserem. Léo iratus erexit palmam, et cum unguibus exlraxit 
tolum corium de capite Lupi. Et dixit Léo Vulpi quod diuide- 
ret. Et ait Vulpes : Domine, nos comedatis de pingui ariete, 
quantum uol[u]eritis, que teneras habet carnes, et postea de 
ansere, quantum uolueritis, tandem de boue temperate que 
duras habet carnes, et quod remanserit detis nobis qui homi- 
nes uestri sumus. Ait Leon Certe bene dicis. Quis te docuit 
ita bene partiriî^Et ait Vulpes : Domine, illerubens capell[an]us 
socii mei^ demonstrato capite excoriato. 

Sic Dominus percussit primum parentem pro peccato ino- 
bedientie, scilicet multis infirmitatibus, famé, siti, nuditateet 
tandem morte; quodrubens capell[an]usAde deberetnos casti- 
gare, quod nunquam Deum offendere debe[re]mus. In Para- 
bolis (2) : Castigato pestilente stultus sapientior erit. Quando- 
que uerberatur catulus coram leone, ut timeat (p. 490, c. 2) 
et mansuescat. Sic Dominus ergo uerberauit triplicem leonem, 
ut nos, catuli misefi, timeamus et a peccato abstineamus. 
Verberauit, inquam, Sathan, uerberauit primum Adam, uer- 
berauit secundum Adam, id est Christum. Vnde vox Christi 

(1) P. 20, AS. 20, CL. 17, V. 37, G. 16, MA. 2i, MB. 24, MC. 23, MD. 
27, ME. 17, AB. 25, AD. 10, DA. 19, DB. 14, DC. 27, CA. 20, CB. 26, 
AR. 65. 

(2) Voyez les ProverbeSyC. xix, v. 25. 

13 



194 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

ad patrem : In me transierunt ire tue (1); quoniam flagellis, 
cruci et clauis ipsum exposuit et proprio filio non pepcrcit. 
Adhuc nos miseri non timemus. Potest Dominus dicere : 

Micius inueni quam te gen[u]s omne ferarum. 

Maledictus talis catulus qui, lam magnis leonibus uerberatis, 
non timet [et] renuit castigari. 



XXI. — DE CASEO ET RATO ET CATO. 

Contra prelatos aggraaantes inferiores (2). 

Quidam habuit Caseum in archa, et uenit Rata. Incepit 
eum rodere. Cogitauit paterfamilias quid faccret. Tandem 
habito consilio, posuit infus Murilegum, et ille deuorauit 
Ratum et Caseum. 

Sic plerique episcopi ponunt aliquam parochiam in cus- 
todia capellani qui deuorat parochiam. Tandem ponit archi- 
dia[co]num qui deuorat parochiam et capellanum, hoc est 
caseum et ratum. 

XXK — DE CANIBUS ET CORiMCIBUS (3). 

Ita quando Canes deuorant cada^er, Comices super arbo- 
res expectant doncc Canes satiati recesseriut. Tune uenUmt 
Cornices et ea que circa ossa rémanent deuorant. 

Certe ita quandoque contingit quod cardinales, legati, 
episcopi, archidiaconi deuorant capellanos et pauperes cleri- 
COS. Postera ueniunt garciferi et nuncii, et deuorant si aliquîd 
circa ossa sacer- (p. 491, cl) dotum remanet. 

(1) Livre des Psaumes, c. lxxxyii, v. 17. 

(2) P. 21, AS. 21, CL. 15, V. 38, MB. 25, MC. 24, MD. 28, AB. 26, 
II. 24, AD. il, DA. n, DB. 15, DG. 28, CA.2I, CB. 27, AK.63. 

(3) MB. 25\ MD. 28\ CA. 2l\ 



ODONIS DE CERITONA FABULA. i95 

XXR — DE MURE, RANA ET MILVO. 

Contra stultos rectores (1). 

Mus semel uoluit transirc aquam et rogauit Ranam quod 
eam transmearet. Ait Rana : Liga te ad tibiam ; sic dicam (2) 
te ultra. Qui sic fecit. Et uenit Miluus et asportauit utrumque. 

Hoc est quando parochia data est alicui stulto et insufiî- 
cienti; uenit Diabolus et asportat utrumque capellanum et 
paroch[i]am. 

XXII. — DE LUPO QUI VOLUIT ESSE MONACHUS. 

Contra malam consuetudinem (3). 

Ysemgrinus {sic) semel uoluit esse monachus.Magnis pre- 
cibus optinuit quod Capitulum consensit; coronam, cucullam 
et cetera monachalia suscepit. Tandem posuerunt eum ad 
litteras; debuit addiscere Pater noster, et semper respondit 
Agnus uel Aries, Docuerunt eum ut respiceret ad Crucifixum, 
ad sacrificium, et ille semper direxit oculos ad arietes. 

Sic plerique fiunt monachi. Semper tamen dicunt Aries, 
semper clamant bonum uinum, semper habent oculum ad 
pingue frust(r)um, ad scutellatt suam. Vnde solet dici : Thai 
thu W[o]lf hore hodi te preste tho thu hym sette Salmes to 1ère y 
emre beih his gères to the groue-ward (4). Similitcr, si senem 
fatttum etinsensatum uelis instruere, nunquam relinquid [sic) 

(1) P. 22, AS. 22, CL, 16, V. 38*, MB. 26, MG. 25, MD. 29, AB. 27, AD. 
12, DA. 18, DB. 16, CA.21h. 

(2) Lisez : ducam. 

(3) P. 23, AS. 23, V. 39, G. 17 et U4, MA. 22, MB. 27, MC. 26, MD. 30, 
AB. 28, il. 25, AD. 13, DA. 20, DC. 29, CA. 22, CB. 28. 

(4) Voici coinment ce proverbe est formulé dans le ms. Harl. 219 : If al 
thai the Wolf vn to a preest worthe and be set vn to book^ psalmes to leere, 
yit his eye evere to the wodeward. On voit que c'est surtout par l'ortho- 
graphe moins ancienne des mots que cette formule diffhre de celle du 
ms. du Corpus Christi. Le ms. d'Arras en pn^sente une autre très incor- 



196 ODONIS DE CERITONA FABUL^fi. 

antiquum morem. Velus relorta frangi potest, plicari non 
polest; uetus runcinus nunquam addiscit ambulare. Item qui- 
dam sunt ita asinine nature, quod nunquam (p. 491 , c. 2) uolunt 
antiquam consueludinem dimittere. Vnde : Pectina asinum, 
ablue asinum, rade asinum, nunquam perduces asinum ad 
bonum equum. Jeremias(l) : Si potest pardus mutare uarieta- 
tem suam, et ethiops pellem suam, et uos poteritis bona agere, 
cum didiceritis maie; quoniam equ[u]s retinet in nalura quod 
didicit in domitura. Difficile est consueta relinquere : 

Sordibus imbuti nequeunt dimittere sordes. 

XXIII. — QUOD OVES SUNT CONQUESTE LEOM 

DB LUPO. 

Contra diuites depredatores et exactores (2). 

Oues conqueste sunt Leoni de Lupo, eo quod furliue et 
aperte socias suas deuorauit. Léo congregauit concilium; 
quesiuit a Porcis et animalibus qualiter conuersaretur inter 
illos. Dixcrunt Porci : Domine, Lupus curialis est, liberalis 
est et largus. Hoc dixerunt, quod Lupus fréquenter inuitauit 
Porcos ad Agnos et Arietes quos rapuit. Dixit Léo : Hoc non 
dicunt Oues; audiamus illas. Et ait una Ouis : Domine rex. 
Lupus rapuit mihi ambos parentes meos, deuorauit filium; uix 
ogo euasi. Sic clamauerunt alie Oues (alie). [Ait] Léo : ludi- 
cium detur : suspendatur, et Porci similiterqui de tali preda 
scienter comcdorunt. Et factum est ita. 

Lupi sunt diuites istius mundi qui rapiunl et excoriant 
oues Christi, id est pauperes, et dant porcis, id est aliter diui- 
tibus ad induendum et come-(p. 492, c. 1) dendum pro fauore 

recte due à un copiste, qui, sans savoir l'anglais, avait eu sous les yeux 
un modèle diflicilo à drcliilTrer. Dans ce manuscrit on lit : Lut ye deulf 
hore hodi to preste, seccc to boke an psalmcs (o leren, evez lokys hus gères io 
ye wodewar. 

(1) C. xni, V. 23. 

(2) P. 24, AS. 24, CL. 18, V. 40, G. 18, MA. 23, MB. 28, MG. 27, MD. 
.H, AB. 29, H. 20, AD. 14, DA. 21, DC. 30, CA. 23, CB. 29, AR. 66. 



ODONIS DE CERITONA FABUL-E. 197 

humano. Veniet Dominus ad iudicium ; oues de talibus lupis 
conquerentur; porci forsitan talem lupum laudabunt, sed in 
uanuni; etfaciet Dominus suspendilupos et porcos in inferno. 

XXIIK — QUIDAM COMMENDAVIT XII OVES COMPATRI 

SUO LUPO. 

Contra malos rectores et cetera (i). 

Contigit quod quidam Paterfamilias habuit xii Oues. 
Voluit peregrinari et commendauit Oues suas s. Ysemgrino, 
id est Lupo, compatri suo. Et compater iurauit quod beno 
conseruaret eas. Profectus est statim. Ysemgrinus intérim 
cogitauit de Ouibus et uno die comédit de una, altéra die de 
alia, i ta quod uix très inuenit Paterfamilias, quando reuersus 
est. Querebat a compatre quid factum fuerit de aliis Ouibus. 
Respondit Ysemgrimus {sic) quod mors ex temperalitate uenit 
super eas. Et dixit Paterfamilias : Da mihi pelles; et inuenta 
sunt uestigia dencium Lupi. Et ait Paterfamilias : Reus es 
mortis; et fecit Lupum suspendi. 

Ita Cbristus commisit oues suas sacerdotibus ad custo- 
diam. Sed plerique prauo exemplo uel per nogligcnciam oues 
Christi perimunt; quoniam [peruersus prelatusj iot mortibus 
est dignus quot prauitatis exempla ad subditos transmittit, 
quando ueniet paterfamilias, huius modi personas, immo li^pos 
faciet in inferno suspendi. 

XXIV. — DE LUPO ET AGNO BIBENTIBUS. 

Contra opprimentes pauperes (2). 

Lupus et Agnus biberunt de eodem riuulo, et ait Lupus : 
Quare turbas aquam (p. 492, c. 2 ) meam? Et ait Agnus : Non 
turbo, quia nos bibilis superius, et aqua Huit de uobis ad me. 

(i) P. 24% AS. 24% CL. 19, V. 41, MA. 23% MB. 28% MC. 28, MD. 32, 
AB. 29% H. 27^ DA. 21% DG. 31, CA. 23% CB. 29% AR. 67. 

(2) P. 23, AS. 25, V. 42, MA. 24, MB. 29, MC. 29, MD. 33, AB. 30, AD. 
15, DA. 64, DC. 3, CA. 24, CB. 3. 



. -v 



i98 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

El ait Lupus : Maledicte^ contradicis mihi, et es ita audax? Et 
statim deuorauit Agnum. 

Ita diuites pro nul! a causa, qualitercumque respondeant 
pauperes, ipsos deuorant. 

XXV. — DE VOLPE QUI (sic) CONFITEBATUU PECCATA 

SUA GALLO. 

Contra gulosos (i). 

Vulpes semcl fuit in gallinario. Superueneruni homines 
cum baculis et mi[se]rabiliter fustigauerunt Vulpem, quod uix 
per foramen euasit. Recessit ut potuit, et super cumulum feni 
se proiecit et gemere incepit. Petiit Capellanum quod ad eum 
ueniret et peccata sua audiret. Venit igitur Chantecler, scilicet 
Gallus, qui est capellanus bestiarum. Aliquantulum timens 
mores Reinardi, a longe sedit. Reinardus peccata sua confite- 
batur, et inter cetera rostrum suum apposuit uersus capella- 
num. Et ait capellanus : Quare appropinquas mihi? Et ait 
Reinardus : Infirmitas magna me compellit hoc facere; par- 
cafis mihi. Iterum dixit alia peccata, et, ore aperto, posuit caput 
uersus Gallum et cepit eum et deuorauit. 

Taies sunt plerique monachi subditi, layci, qui fingunt se 
infirmos et débiles ; semper tamen habent mentem ut capel- 
lanos et maiores suos deuorent. 

XXVI. — DE ASINIS INDUTIS PELLIBUS LEONINIS. 

Contra pigros {î). 

Asini uiderunt quod homines maie et dure tractauerunt 
eos, stimulando, (h)oncra im-(p. 493, c. l)ponendo. Viderunt 
etiam quod timuerunt Leones. Condixerunl ad inuicem quod 
acciperent pelles leoninas, et sic homines timerent illos. 

(1) P. 26, AS. 26, V. 43, >iA. 25, MB. 30, MG. 30, MD. 34, AB. 31, DA. 
22, DG. 4, GA. 25, GB. 4. 

(2) P. 27, AS. 27, V. U, MA. 26, MB. 31, MG. 31, MD. 35, AB. 32, H. 1, 
AD. 16, DA. 23, DG. 5, GA. 26, GB. H. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 199 

Fecerunt sic. Asini igitur, induti pellibus leoninis, saltabant, 
discurrebant. Homines fugerunt credentes esse Leones. Tan- 
dem Asini inceperunt recanare. Homines diligenter auscul- 
lauerunt et dixerunt : Vox ista uox Asinorum est; accedamus 
proprius. Accesserunt tandem ; videnint caudas illorum et 
pedes et dixerunt : Certc isti sunt Asini, non Leones, et cepe- 
runl Asinos et multum bene uerberauerunt. 

Isti asini sunt homines falsi, pigri ad omne bonum. Pos- 
tea, ut reuerentia eis tribuatur, assumunt habitum Bene- 
dicti; sed multociens emittunt uoces asininas, quando scilicet 
de luxuria, de pecunia loquuntur. Et tune possumus dicere : 
Lingua tua manifestum te facit (1). Tune possumus dicere 
quod taies sunt pocius asini Diaboli quam monachi Benedicti. 

XXVII. — DE GAUTERO QUERENTE LOGUM UBI 

SEMPER GAUDERET (2). 

Quidam uocabatur Gauterus. Quesiuit locum et statum ubi 
semper gauderet et nullam molestiam, nec in carne, nec in 
corde sustineret. Profectus est et inuenit quandam Dominam 
pulcherrimam, cuius maritus iam obiit. Et uenit ad eam Gau- 
leras. Salutatione facta, interrogauit Domina quid quer(r)eret. 
(P. 493, c. 2) Respondit Gauterus : Duo quero, scilicet locum 
ubi semper gaudeam, nec in carne, nec in corde doleam. Ait 
Domina : Esto maritus meus, et mecum maneas, et habebis 
omnia necessaria, domos, terras, uineas et cetera. Monstrauit 
aulam et cameram, et placuerunt ista Gautero. Et querebat 
ubi de nocte quiesceret. Domina ostendit ei lectum. Circa lec- 
tum fuerunt ursus ex una parte, lupus ex alia, vermes ex 
tercia, serpentes in quarta. Et ait Gauterus : Quamdiu ero 
tecuni? Numquid semper habebo taies delicias? Ait Domina : 
Nequaquam, quoniam maritus meus mortuus est, et te tan- 
dem oportet mori. Vides hune lectum? ait Domina. Qui res- 

(1) Evang. selon saint Mathieu, c. xxvi, v. 73. 

(2) P. 61, AS. 28, V. 45, MG. 32, AB. 33, H. 28, AD. 17, DA. 24, ÇA. 27, 
CB. 30, AR. 68. Le titre de cette fable a été tiré du ms. Harley 219. 



200 ODONIS DE CERITONA FABUL^E. 

pondit : Video. Vrsus te interficiet, sed nescio utrum prima 
nocte, uel post annum, uei decennium, uel amplius. Lupi, 
uermes et serpentes te deuorabunt. Ait Gauterus : Omnia alia 
bona sunt; sed iectus iste me exterret, nec pro te, nec pro tolo 
mundo uellem fréquenter in tali lecto iacere. Recessit Gau- 
terus; uenit ad quoddam regnum ubi rex iam decessit. Dize- 
runt homines regni : Gautere, bene ueneris; quid queris? Et 
ait Gauterus : Locum quero ubi semper sim letus et nunquam 
doleam. Dixerunt homines ; Esto rex noster et'habebis omnia 
bona : ecce palacium, ecce charaere; et inter cetera demons- 
trauerunt ei con-(p. 494, c. l)similem lectum circumuallatum 
predictis bestiis. Et ait Gauterus : Oporlet me iacere in tali 
lecto? Dixerunt utique. Iteinim ait : Numquid nocebùnt mihi 
bestie? Responderunt : Vrsa te interficiet, et bestie te et tua 
deuorabunt. Sic factum est de aliis regibus; sed nescimus 
quando. Respondit Gauterus : Periculosum est taie regnum; 
lectum abhor[r]eo, et ideo recedo. Iterum profectus, uenit ad 
quendam locum ubi erant pulcra palacia, auree columpne, 
auree trabes. Homines receperunt Gauterum, et ipsum domi- 
num'tocius auri constituere uoluerunt, sed lectum predictum 
monstrauerunt. Gallerus de lecto conterritus recessit. Tandem 
uenit ad quendam [lo]cum, ubi inuenit senem sedentem ad 
pedem scale, que innixa fuit cuidam muro et habuit tria sca- 
iaria. Quesiuit senex a Gautero quid quereret. Et dixit Gau- 
terus : Vt semper gaudeam et nuUam molestiam sustineam. 
Et ait senex : Si ascenderis murum per istam scalam, inue- 
nies ibi quod que(re)ris. Ascendit igitur et inuenit. 

Mistice, — Quilibet mundanus hec tria uel aliquem (1) 
istorum querit, uel pulcram mulierem per luxuriam, uel di- 
gnitatem per uanam gloriam, uel aur(e)um et argentujn per 
auariciarm. Sed, si diligenter attenderet in quo lecto iacere 
opor-(p. 494, c' 2)teret, summo studio talia fugerct, quoniam 
in capite lecti stat ursa, id est mors que nemini pareil; de 

(1) Ainsi pour aliquod. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 201 

qua dicitur in Osée (1) : Occurram eis quasi ursa raptis caiiilis 
et disrumpam interiora iecoris eorum. Sicutiirsa, raptis catii- 
lis, ex magna ira nulii pareil, ita nec mors. Item lupi sunt con- 
sanguinei etministri regum, qui omnia bonamortui deuorant; 
uode mortuus saluetur uel dampnetur niehil eurant. Ver- 
nies, autem cor[r]odunt corpus et deuorabunt. Serpentes sunt 
demones, qui animam impii asportant et deuorant et diuersis 
tormentis afficiunt. Quicquid sit de aliis, a serpentibus dcfen- 
dat nos Deus! De hiis tribus in Ecclesiastico [C] X, [v. 13] : 
Cum moritur impius, hereditabit serpentes, bestias et uermes. 
Impius enim diuiditur in très partes : serpentes, id est de- 
mones, asportabunt animam; bestie, id est homines bestialiter 
uiuenles, scilicet lupi, asportabunt bona sua; uermes cadauer 
recipiunt. 

Vnde quidam magnus obuiauit monachis asportantibus 
mortuum usurarium et denarios suos. Querebat quid porta- 
rent. Et dixerunt : Corpus istius hominis et denarios quos 
dédit nobis. Et ait : Non sic, quod homo meus fuit; sed nos 
et vermes habebitis cadauer; ego habebo pecuniam, et de- 
mones asportabunt animam (p. 495, cl). Facite ergo^ sicut 
fecit Gauterus : ascendatis auream scalam lacob, cuius pri- 
mus gradus est cordis contrit[i]o, secundus uera confessio, 
tercius plena satisfactio. Si islos gradus ascenderis, ad gloriam 
uite eterne saltabis, ubi sine fine gaudebis et nullam moles- 
tiam sustinebis, ad quam' gloriam perducat nos Dominus 
noster Ihesus Christus ! 

XXVII». — DE DUOBUS SOCIÏS, UNO VERAGE, 

ALÏO MENDAGE. 

. Contra adulatores (2). 

Duo socii semel debuerunt per desertum transire, et dixit 
alter : Firmabo tecum quod plus lucrabor per falsitatem quam 

(\) C. iiii, V. 8. 

(2) P. 28, AS. 29, V. 46, MA. 27, MB. 32, MC. 33, MD. 36, AB. 34, H. 29, 
AD. 18, DA. 26, DC. 32, CA. 27», CB. 31. 



202 ODONIS DE CERITONA FABUL^E. 

tu per ueritalem. Respondit alius : Et ego firmabo. Statuta 
firmacione, incidit mendax in quandam congregacionem 
Simiarum. Et dixerunt Simie : Quid tibi uidetur de nobis? 
Dixit mendax : Vos estis pulcherrima inter omnia animancia 
super terram, et homines assimulantur uobis ; nunquam uidi 
tam pulcrâm congregacionem. Et multum commendauit eas. 
Simie aulem propler talia uerba multum ipsum honorabant ; 
aurum et argentum dederunt. Venit alius ueridicus, et que- 
rebant Simie quid ei uideretur de illa congregacione. Qui res- 
pondit dicens : Nun[c]quam uidi tam turpem, tam fedam 
congregacionem. Et irate Simie uerberauerunt eum egregie, 
quod uix euasit. 

Et quandoque nocet omnia uera loqui. 

Similiter qui adulatur prelatis et dicit quod omnia benc 
agunt. Si nepotibus (p. 49S, c. 2) suis paruulis mille animas 
strangulandas tradiderint et dixerint adulalores quod bene 
faciunt, taies in curiis laudantur, ditantur et ad consilia 
uocantur. Veniat Christus, ueniat lohannes Baptista, ue^iat 
Petrus et dicat ueritalem; illum eicient, ab omni bono repel- 
lent : grauis est eis ad uiuendum. Sic plerique (1) plus lucra- 
tur cornus crocitando quam philomena dulciter modulando. 

XXVIII. — DE CONTENTIONE VESPE ET ARANEE. 

Qualiter decepit prosperitas humana et cetera (2). 

Dixit Vespa ad Araneam : Nichiluales. Semper habitas in 
foramine; plus uolarem per unum diem quam posses ire 
per decem. Et ait Aranea : Et ego firmabo. Quid firmabis? 
— Galonem uini. — Qui [sic) respondit : Bibamus primo, et 
qui defecerit uinum persoluet. Dixit Vespa : Bibamus in hac 

(1) Lisez iplcrumque. 

(2) P. 29, AS. 30, BX. 6, V. 21, MB. 33, MC. 34, MD. 37, AB. 35, H. 30, 
AD. 19, DA. 27, DC. 33, CA. 28, CB. 32, AR. 69. . 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 203 

arbore. Et dixit Aranea : Nequaquam; sed preparaui ad opus 
tui unam cortinam albam et pulcram. Hic ambo sedeamus et 
bibamus. Vnde tele Aranearum cortine Lumbardice dicuntur. 
Vespa descendit super cortinam, id est telam Aranee. Et sta- 
tim inuoluti sunt pedes eius et caput, et cepit cum alis se 
excutere et non potuit; et ait : Maledicta sit talis cortina, 
quia exire non possum ! Certe, dixit Aranea, nunquam uiua 
cuades. Et accessit et Vespam deuorauit. 

Hcc cortina est pulcra mulier, mundi amenitas (p. 498, 
c. 1), diuiciarum curiositas : qui {sic) dicuntur cortine Diaboli. 
Qui se inmittunt, a Diabolo deuorantur. Job [C] xvii[i, v.8] : 
Misit in rete pedes meos (1), et in maculis eius ambulat. 

XXVIIF». — DE SC{A)RABONE. 

Contra eos qui plus terrena sapiont quam spiritoalia 

et cetera (2). 

Scrabo semel uolauit per amigdalinas arbores florentes, per 
pomeria, perrosas,per lilia et alios flores. Tandem proiecit se 
in sterquilinium ubi erant stercora equorum et boum, et 
inuenit ibi uxorem suam que quesiuit unde ueniret. Et ait 
Scrabo : Circuiui terram, transuolaui eam, uidi flores amig- 
dalarum, rosarum et liliorum; set nunquam uidi ita amenum 
locum et delectabilem, sicut est iste, demonstrato sterquilinio. 

Sic plerique clerici, monachi, layci audiunt uitas sancto- 
rum, transeunt per lilia conuallium, per rosas martyrum, 
per uiolas confessorum ; sed nunquam uidetur eis ita placi- 
dum, ila amenum, sicut meretrix, sicut taberna, sicut exer- 
cicium causarum, quod totum est sterquilinium fetidum et 
congregacio peccatorum. Ideo dicitur in Ecclesiastico [C] IX, 
[v. 10] : Omnis mulier que est fornicaria, quasi stercus in 

(i) Il faut lire : suos, 

(2) P. 30, AS. 31, V. 22, MB. 34, MG. 35, MD. 38, AA. 3, AB. 36, H. 31, 
AD. 20, DA. 28, DC. 34, RA. 1, CA. 28*, CB, 33, AR. 70. 



204 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

uia, conculcabitur. Maledicius et iùnaturalis talis scrabo^talis 
impius, cui plus sapil stercus peccati quam Christus, loca 
Diaboli, stercora [h]yrundinum qui excecant, quam uita et 
exempla sanctorum. Vt dicit Augustinus : Huius habent cor- 
ru(m)ptum palatum cordis ex febre (p. 496, c. 2) iniquitatis. 

XXIX. — DE AQUILA ET CORVO MEDICO. 

*Gontra prelatos ifirnorantes (1). 

Aquila semel oculos doluit et uocauit Coruum, qui dicitur 
phisicus auium. Consuluit quid contra dolorem oculorum 
facerct. Et ait Coruus : Afferam optimam herbam que oculos 
sanabit. Et ait Aquila : Si hoc feceris, optimam dabo mercc- 
dem. Coruus accepit cèpe et spurgiam et simul distemperauit 
et posuit in oculis Aquile ; et excecata est. Venit Coruus, et 
pullos Aquile deuorauit et ipsam Aquilam multis percussio- 
nibus infestauit. Et dixit Aquila : Maledicta sit tua medicîna. 
quod iam nichil uideo, insuper pullos meos deuorasti. Et ait 
Coruus : Quamdiu uidisti, [njullatenus de puUis luis potui 
gustare et tamen hoc multis (2) affectaui ; et ideo desiderium 
meum est completum. 

Mislice, — Aquila est prelatus qui habet oculos apertos, 
ut pullos suos, gregem sibi commissum, custodiat. Diabolus 
autem gregem Domini desiderat interficere et deuorare, et 
ideo, quamdiu prelatus habet oculos, dcsiderio suo frust[r]a- 
tur. Diabolus autem facit emplaslrum decongerie rerum lem- 
poralium et proicit in oculos prelatorum, quod celestia con- 
templari non possunt; totum studium illorum estcirca gran- 
gias, oues et boues et redditus, et ita oculi spirituales sunt 
extincti. Et sic Diabolus pullos eorum (p. 497, c. 1) rapit et 
deuorat, et ipsam aquilam hinc inde percuciendo infestât. 

(1) P. 31, AS. 32, BN. 7, V. 23, G. 19, MA. 28, MB. 35, MC. 36, MD. 39, 
AB. 37, H. 32, AD. 21, DA. 29, DC. 35, CA. 29, CB. 34, AR. 71. 

(2) Lisez : mulinm. 



ODONIS DE CKUITONA FABULA. 205 

Hoc pactum uoluit inire Naas Ammonites cum uiris Jabes 
Galaaih, ut erueret oculos suos (1) dextros et sic dimitteret 
eos in pace. [Lib.]I Rogum, [C] X[I, v. 1-2]. Naasdicitur ser- 
pens; ad hoc nititur serpens antiqu[u]s, ut oculos spirituales 
a prelatis et clericis eruat, ne celestia, sed terrena que a sinis- 
tris sunt uaieant contemplari ; et mulli adquiescunt, multi 
sunt monachi (2). « 

XXX. — DE MILITE VEXATORE (3). 
XXX*. — DE LEONE QUI INVITAVIT BESTIAS. 

Contra camaliter sapientes (4). 

Quidam Miles dixit cuidam Literato : Quale gaudium erit 
in Paradyso? Et ait Literatus : Taie gaudium quod nec oculus 
uidit, nec auris audiuit, nec in cor hominis ascendit; que pre- 
parauit Deus diligentibus se, [Ep.] I [ad] Cor., [Cap.] ii, [v. 9]. 
Et ait laycus qui multum dumexit (5) cum canibus et auibus 
ucnari : Numquid erunt ibi canes et auesîQui ait : Absitquod 
canes intrent in locum tam amenum! Et ait laycus : Certe, si 
ibi essent canes et aues, plus desiderarem illuc ueniro. Res- 
pondit clericus : 

Léo cumaliisbestiis semel celebrauit magnum conuiuium. 
Et uocauit quamplurimas bestias et dédit eis carnium diuersa 
gênera et multas delicias. Festo celebrato, reuerse sunt bestie 
ad propria. Lupus inuenit in uia Porcam com(m)edentem 
drascam. Et ait Porca : Vnde uenis, Ysemgrine? Qui ait : 
Venio de nobili conuiuio Leonis. Et tu, ut (6) fiiisti ibi? Et ait 

(1) Au lieu (le suos, il faudrait eorum. 

(2) Au lieu de monachi, lisez : monocuU. 

(3) P. 32, AS. 33, V. 47, (;. 55, MB. 36, MC. 37, MD. 40, AB. 38, H. 33, 
DA. 30, DB. 17, DC. 36, GA. 30, GB. 35, AU. 72. 

(4) P. 32% AS. 33\ V. 47*, G. 55*, MB. 36*, MG. 37*, MD. 41, AB. 38*, 
II. 33*, AD. 22, DA. 30*, DB. 17*, DG. 36*, GA. 30*, GB. 35*, AU. 72*. 

(5) Ainsi pour d'dexit. 

(6) Au lieu de ut, il faut lire : non. 



206 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

Porca : Num (p. 497, c. 2) fuerunt ibi pulchra ferculaet multe 
delicie? Ait Lupus : Fuerunt u tique multa et pulcra et bene 
preparata. Et ait Porca : Fuit-ne ibi drasca uel coticinum (sic)? 
Et ait Lupus : Maledicta, quid queris? Absit quod in tali con- 
uiuio tam uilis ci bus apponeretur! 

Ita sunt pleri(c)que qui nihil reputant nisi drascam, nisi 
luxuriam suam, uel bonum uinum, uel delicias carnis. De 
hiis Osée [C] 111, [v. i] : Diligit Dominus filios Israël, et ipsi 
respectant addeos alienos et diligunt uinacia uuarum; hoc 
est diligunt drascam. Idem est drasca in ceruisia quod uina- 
cium in uino. Diligunt uilia, diligunt peccata. 

XXXI. — DE SGRABONIBUS ET RUSTICO (I). 

Quidam accepit Scrabones et ligauit ad aratrum cum 
bobus. Et ait quidam : Quare huiusmodi animalia ad aratrum 
ligasti? Et ait Rusticus : Quoniam totum iuuat quicquid non 
rétro trahit. Stimulauit Scrabones fréquenter; sed quando 
uenerunt ad busacias uaccarum, semper ibi moram fecerunt, 
nec Rustico aliquo modo obedierunt. 

Taies sunt plerique quos Deus stimulât, flagellât; nunquam 
tamen a sordibus peccatorum se retrahunt. De quibus Amos. 
[C] IIIl, [v. 10] : Misi in uos mortem in uia Egypti, percussi 
in gladio iuuenes uestros, ascendere feci putredinem Castro- 
rum uestrorum in nares uestras, et non rediistis ad me, dicit 
Dominus. 

XXXII. — DE APE ET SCRABONE. 

Contra carnaliter sapientes (2). 

(P. 498, c. 1.) Apes semel inuitauerunt Scrabones adpran- 
dium. Vencrunt Scrabones, etmensa posita apposuerunt Apes 

(1) AS. 34, V. 24, MB. 37, MC. 38, MD. 42, AB. 39, H. 60, DA. 31, DC. 
37, CA. 31, GB, 36. 

(2) P. 33, AS. 35, V. 25, MB. 38, MG. 39, MD. 43, AB. 40, H. 61, AD. 
23, DA. 32, DC. 38, GA. 32, CB. 37, AB. 73. 



ODONIS DE CERITONA FABUL.*:. 207 

mel et fauum. Scrabones parum comederunt et auolauerunt. 
Iterum Scrabones inuitauerunt Apes; mensa posita apposue- 
runt Apibus fimum boum. Apes noluerunt gustare et reces- 
serunt. 

Apes sunt doctores ecclesie, uiri contemplatiui, qui inui- 
tant impios et apponunt fauum mellis, id est preçcpta domini 
et legem ipsius, que sunt dulciora super mel et fauum. Sed 
impii parum uelnichil gustant, et, si aliquem inuitant impii, 
stercora boum, id est uerba in munda uel opéra, ebrietates, gu- 
lositates apponunt, ita qu od iusti quandoque corrumpuntur, 
quoniam corrumpunt bonos mores colloquia praua (1). Et 
plerosque in hoc mund[o] oportet uel inebriari, uel ingurgi- 
tari, uel aliquod peruersum facere, ne [aliquis] auarius 
habeatur, ut similis aliis efficiatur. Vnde Augustinus : Ego, 
ne uituperarer, uiciosior fiebam*. Seneca : Cum hiis conuer- 
sare qui te meliorem facturi sunt; illos admitte quos tu potes 
facere meliores. 

XXXIII. — DE ASINO ET PORGO. 

Contra pigros et camem fouentes ('2). 

Asinus fréquenter uidit quod Porco in domo dabatur 
panis et pulmentum, drasca et huiusmodi, et nichil labo- 
rabat nisi, (p. 498, c. 2) quando bene com(m)ederat, iuuit (3) 
dormitum. Cogitauit Asinus : Porcus iste bene se habet, bene 
com(m)edit et bibit, et nichil laborat; ego tota die laboro et 
parum com(m)edo; iingam me infirmum. Fecit sic : in pace 
iacuit. Stimulauit eum Dominus eius; surgere noluii, sed 
ingemuit. Ait Dominus uxori sue : Asinus noster infirmatur. 
Dixit Domina : Ex quo ita est, demus ei panem, farinam, 
et portemus ei aquam. Fecerunt sic. Asinus parum comedit 

(1) Voyez Saint Paul, Ép. ï aux Corinthiens, c. xv, v. 33. 

(2) P. 34, AS. 36, V. 48, MA. 29, MB. 39, MG. 40, MD. 4'f, AB. 41, 
H. 62, AD. 24, DA. 33. DB. 18, DC. 39, CA. 33, CB. 38, AR. 74. 

(3) Mieux : ivit. 



208 ODOXIS DE CERITONA FABUL^E. 

in principio, postea salis, et inpinguatus est. Et dixit Asinus 
pcnes se : Modo habeo bonum seculum. Item, quando Porcus 
fuit inpinguatus, fccit Dominus domus uenire carnificem cum 
securi et cultello, ut Porcum interficiet (sic). Carnifex cum se- 
curi percussit Porcum in capite quod cecidit, cum cultello ei- 
traxit sanguinem de gutture. Quod uidens Asinus exterritus 
est, timensne ipsum interficerent, cum inpinguatus esset; et 
ait pênes se : Cerle malo laborare et uitam* pristinam ducere 
quam sic interfici. Exiuit stabulum et saltauit ante Dominum 
suum. Quod uidens Dominus restituit eum pristino officie et 
bona morte mortuus est. 

Porcus significat diuites qui bene se induunt et bene co- 
medunt etnichillaborant. Hii sunt clerici,usurariî,porci Dia- 
boli, in quos intrauit spiritus inmundus et misit eos in mare, 
id est in amaritudinem culpe et tandem (p. 499, c. 1) in 
amaritudinem géhenne. Asinus, quem equitat Christus, est 
uir iustus, siue in studio, siue inclaustro, siuein campo labori 
deditus, et nielius est quod in labore portemus Christumin 
supernam lerusalem quam, sicut porci Diaboli, precipitemur 
in gehennani, quam securim dampnationis super caput reci- 
pere. Huiusmodi in labore hominum non sunt; ideo cum 
hominibus non flagellabuntur (1), sed cum demonibus. 
Isa[ias] (2) : Propter hoc mittet Dominus, Deus exercituum, in 
pinguibus eius tenuitatcm. 

XXXIV. — DK PULLO GALLINE ET MILVO. 

Applicatur hiis qui non audlunt Deum uocantem (3). 

Gallina froqaonter coUigit pullos sub ala sua, precipue 
contra Miluum. Venit semel Miluus uolilans super pullos 
suos, et illa uocauil eos. Venerunt sub alas, excepto une qui 

(i) Voyez \o. Liv. des Psaumes, c. lxxii, v. 5. 

(2) C. X, V. iO. 

(3) I». 3:j, as. 37, V. 2G, G. 3, MB. 40, MG. 41, MD. 45, AB. 42, H. 63, 
AI). 2:>, DA. 34, DC. 40, GA. 34, GB. 39. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 209 

inuenit uermiculum et picauit super ipsum ut comederet. 
Intérim uenit Miluus, et illum puUum rapuit. 

Sic Dominus uocat nos, ut fugiendo peccata ad alas sue 
protectionis fugiamus. Set plerique,uolante Diabolo, ad Chris- 
tum non fugiunt, sed ueriniculo peccati adhèrent, uel mere- 
treci, uel ebrietati, uel cupiditati. Et uenit miluus, id est 
Diabolus, et rapit talem pullum stultum.De quo lob, [C. xxiv, 
V. 20] : Dulcedo eius uermis, quod impio nichil tantum sapit 
quantum ver(i)mis peccati. Sed fugiamus ad alas crucifixi, de 
ipso cogitando, ipsi compaciendo, ipsum imitando et salui 
(p. 499, c. 2) erimus; quod nobis prestare et cetera. 

XXXV. — DE CONVIVIO LEOMS ET CATTf ET ALI[OR]UM. 

Contra uiuentes immunde (1). 

Contigit quod animalia inuitata sunt a Leone ad magnum 
prandium. Fuit inuitatus Murilegus. Querebat Léo quid liben- 
cius com(m)ederet, uolens singulis satisfacere. Et ait : Rattos 
et mures. Cogitauit Léo [ut], nisi omnes haberent de hoc fer- 
culo, esset uilania. Tandem facit uenire ferculum générale 
de ratis, et Catus optime com(m)edit. Alii murmurauerunt, 
dicentes : Fi, fi! quid apponitur nobis? Et totum prandium 
propter hoc maculatum est. 

Sic plerique faciunt magnum conuiuium. Tandem sunt 
ibi quidam catti ; nichil placet eis nisi habcant inmundicias 
ebrietatis, et gratia illorum conuiuatorum omnes tam uo- 
lentes quam nolentes retinet usque ad noctem, ut omnes pos- 
sit inebriare, uentrem implere potu et animam Diabulo {sic). 

XXXVI. — DE AUCA ET CORVO. 

Ck>ntra nimis oneratos peccatis (^). 

Âuca pingnis et ponderosa rogauit Coruum quod iuuaret 
eam ut in altum posset uolare et cacumina moncium et arbo- 

(1) AS. 38, Y. 49, MB. 41, MG. 42, MD. 46, AB. 43, H. 64, AD. 26, DA. 
35, DG. 4i, CA. 35, GB. 40. 

(2) V. 50, MA. 15, MB. 42, MD. 47, AB. 44, GA. 36. 

14 



210 ODONIS DE CERITONA FABULiE. 

rum rcspicere. Annuit Coruus et pedes apposait ut Aucam 
sursum erigeret, et Auca in tantum ponderauit quod Cornus 
nichil potuit. Et ait Auca : Quare me non eleuas? Ait Coruus : 
Quantum nitor ut te erigam, tantum pondéras, ut (p. 500, c. 1) 
érige re non ualeam. 

XXXVK — DE QUODAM JUSTO ROGANTE DOMINUM 
PRO QUODAM PECCATORE («). 

Similiter quidam lustus orauit pro quodam Peccatore, 
quia rogaucrat eum. Reuersus est Peccator, dicens : Domine, 
non sentio quod orationes uestre mihi ualeant, quia ita pecco, 
ita lapsum pacior ut prius. Etait lustus: Veni mecum. lue- 
runt simul, et saccus in quodam loco cecidit de equo. Et dixit 
lustus ad Peccatorem : Subleuemus saccum. Fiat, dixit Pec- 
cator. Ambo apposuerunt manus. Peccator nisus est erigere 
saccum; lustus semper traxit aliud capud ad terram. Etait 
Peccatori : Quare non erigis? Et ait Peccator : Nequeo, quia 
tu semper trahis ad terram. Et ait lustus : Ita facis tu mihi : 
ego pcr orationes uellem te erigere; sed tu semper trahis in 
terram, quia semper peccas. Sed, si uelles mecum nili, te 
ipsum ambo erigere possemus. 

XXXVI^ — DE SCACIS. 
Contra gloriantes de firenere nobilitatis (2). 

Simile est de hiis diuitibus, quod sic in ludo Scatoruni, 
quum ponuntur extra sacculum ; quidam dicuntur reges, qui- 
dam milites, quidam duces, quidam pedpnes. Et ludunt [honii- 
nes] de talibus; qui alium poterit uincere, probus dicitur. 
Item in bursa sine ordine collocantur. 

(1) P. 36, AS. 39, MB. 42% MC. 43, AB. 44*, H. 65, AD. 27, DA. 36, 
DB. 19, CA. 36\ CB. 41, AR. 7:>. — Le litre de cette fable a été emprunté 
du ms. Harley 219. 

(2) P. 37h, AS. 41% V. 51, G. 20, MB. 42^, MC. 45, MD. 47% AB. 44^ 
DA. 37», CA. 36''. — Le titre de cetle fable a été pris dans le ms. GudeâOO. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 211 

Sic omnes hominum ueniunt de uno sacco, de utero ma- 
tris. Postea ludit unus cum alio; unusaufert alii unum ludum, 
tandem matât. In fine coUiguntur (p. 500, c. 2) et iterum sine 
ordine in sacco ponuntur. 

Sic in hoc mundo ludit unus cum alio; unus amittit, alius 
lucratur, alius matatur. Qui alium potest uincere, probus et 
inclitus dicitur. Sed tandem proiciuntur in eundum sacculum, 
scilicet corpora in terram, anime in gehennam, ubi nullus 
ordo, sed sempiternus horror inhabitat. 

XXXVII. — DE PULLO IXDOMITO flj. 

PuUus indomitus se ipsum précipitât in aquam uel foueani, 
nisi frenum habeat. 

Certe sic caro tua per ebrietates, fornicaciones proiciet te 
in puteum culpe et géhenne, nisi frenum apponas; sic fre- 
num de clauis Christi. Si ad presepe, id est ad com(m)estio- 
nem, aufers frenum, (etenim) non obliuiscaris eum in prese- 
pio, ne equ[u]8 tuus te precipitet. Constancia est necessaria, 
ne sis miles qui corruit de curru ad inpulsionem uenti. Ven- 
tus est uerbum detractorium, uel adulatorium, uel ad iram 
prouocatorium; quod qui audit, si stultus est, cadit in iram, 
uel odium, uel tristiciam. Talis non est constans; igitur csto 
constans et firmus, ne corruas ac curuas (2) a curru caritatis. 
Non conslitabit (3) iustum, quicquid ei acciderit (4). 

XXXVIII. — DE MILVO ET PEUDICIBUS (5). 

Miluus semel considerauit alas suas et pedes et ungues et 
ait : Nonne ita bene sum armatus, sicut Nisus uel Accipiter? 
Taies alas, pedes et ungues habeo. Quare Perdices non capio? 

(1) P. 38, AS. 42, MB. 43, MC. 46, MD. 48, AB. 45, DA. 38, DB. 20, 
CA. 37. 

(2) Ainsi pour cjirrcs ou cwrra$, 

(3) Lisez : tonirvilahii. 

(4) LitTe ée% Proverbes^ C. xii, v. 21. 

(5) P. 30, AS. 43, V. 28, MB. 44, MC. 47, MD. 49, AB. 46, AD. 28, 



212 ODONIS DE CERITONA FABUL-«. 

Et sciuit locum ubi (p. SOI, c. 1) multe Perdices ambulabant 
et impetum fecit super eas, ita quod cum rostro accepit unam, 
cum aiis duas, cum duobus pedibus duas, et quod omnes reti- 
nere non potuit, omnes amisit. Quoniam, ut dicitur, qui totum 
capit, totum perdit. De cetero nunquam laborauit ut aues sil- 
uestres caperet. 

XXXIX. — DE FRALDIBLS VULPIS ET CATTI. 

Contra aduocatos (1). 

Vulpes siue Reinardus obuiauit Tebergo, id est Cato, et 
dixit Reinardus : Quot fraudes uel artificia nouisti? Et ait 
Catus : Ccrte nescio nisi unum. Et ait Reinardus : Quod est 
illud? Rcspondit : Quando canes me insequuntur, scio repère 
super arbores et euadere. Et quesiuit Catus : Et tu, quot scis? 
Et respondit Reinardus : Scio xvii, et ab hoc (2) habeo sac- 
cum plénum. Veni mecum, et docebo te artilicia mea, quod 
canes te non capient. Annuit Catus; ambo simul iuerunt. W 
natores et canes insequebantur eos, et ait Catus : Audio canes; 
iam timeo. Et ait Reinardus : Noli timere; bene te instruam 
qualiter euades. Appropinquauerunt canes et uenatores. Certe, 
dixit Catus, amplius non uado tecum; uolo uti artiiicio meo. 
Et saltauit super arborem. Canes ipsum dimiserunt et Rei- 
nardum insecuti sunt et tandem ceperunt, quidam per tibias, 
quidam per uentrcm, quidam per dorsum, quidam per capud. 
Et Catus in alto sedens clamauit : Reinarde, Reinarde, aperi 
sacculum tuum; certe omnes fraudes tue (p. 501, c. 2) nonua- 
lent tibi [ouumj. 

PerCatum intelligimus simplicesqui nesciuntnisi unicum 
artificium, scilicet salirein celum. PerReinardum intelligimus 
aduocatos, causidicos, fraudulentos, qui habent xvu fraudes, 

DA. 39, CA. 38. — I.e litre de celle fable a étt* pris dans le ms. de Munich 
8356. 

(1) P. 40, AS. 44, V. Îi2, G. 21, MA. i6, MB. 45, MC. 48, MD. 50, AA. 16, 
AB. 47, II. 60, AI). 29, DA. 40, DC. 42, HA. 13, CA. 39, CB. 42, AH. 76. 

(2) Au lieu ab hoc lisez : adhuc. 



ODONIS DE CERITONA FABUL-E. 213 

• 

insuper sacculum plénum. Veniunt ucnatores et canes inferna- 
les et uenantur homines; sed iusti in celum saliunt; impii,frau- 
dulenli a demonibus capiuntur, et tune potest iustus dicere : 
Reinarde, Reinarde, aperi sacculum tuum; omnes fraudes tue 
non poterunt te liberare a dentibus et manibus demoniorum. 

XL. — DE CORVO ET PULLO COLUMBE. 

Contra baiulos uel dominos (I). 

Coruus semel rapuit pullum Columbe, et uenit Columbaad 
nidum Corui, supplicans quod redderel sibi pullum suum. El 
ait Coruus : Scisne cantare? El ait Columba : Scio, sed minus 
bene. Et ait Coruus : Canta igitur. Cantauit igitur Columba 
ut sciuit. Et ait Coruus : Canta melius, uel puUam {sic) non 
habebis. Et ait Columba : Nec possum nec noui melius can- 
tare. Respondit Coruus : Pullum igitur non habebis. Et Cor- 
uus cum uxore sua pullum Columbe deuorauerunt. 

Sic diuites et ba(i)lliui capiunt bouem uel oues alicuius 
simplicis, et imponunt ei delictum uel calumpniam. Venit 
simplex, petit pignus, (p. 502, c. 1) uel quod liberelur, promit- 
titv solidos, uel plus, uel minus, secundum suam facultatem. 
Dicit ei baiulus : Frater, nescis melius cantare? Ni melius 
cantaueris, pignus non habebis. Dicit simplex : Certe non 
noui, nec possum melius cantare, quia egenus sum et pauper, 
et plus non possum dare. Tune diues uel pignus retinet uel 
aliter affligil, et sic pauperem deuorat. 

XLI. — DE UP(P)UPA ET PHILOMENA. 

Contra Inxoriosos et de religiosis qui eos fùgiunt (2). 

Vpupa pulcra, uarietate colorum distincta et eximie cris- 
tata, dixit Philomene : Tota nocte cantas, super ramos duros 
saltas. Venî et quiescas in nido meo. Que adquieuit et in nidum 
Vpupe descendit; sed stercora fetencia inuenit, quod ibi mo- 

(1) P. 4i, AS. 45, V. 27, G. 22 et 60, MB. 46, MC. 49, MD. 5i, AA. 4, 
AB. 48, H. 67, AD. 30, DA. 41, DC. 43, RA. 2, CA. 40, CB. 43, AR. 77. 

(2) V. 29, G. 23, MB. 47, MD. 52, AB. 49, CA, 4i. 



214 ODONIS DE CERITONA FABUL^E. 

rari non potuit, et auolauit dicens : Magis uolo super duros 
ramos saltare quam in tali fetore quiesccre. 

Vpupa que in stercoribus nidificat (et) signiiicat mulierem 
fomicariam,' domicellum luxuriosum, qui quandocumque 
habent leclos ornatos et suaues cum stercore culpe fetidissi- 
mos. Philomela signiiicat religiosos super duros ramos, id est 
austeritates religionis habitantes et Deum in choris noctumis 
laudantes. Hii magis eligunt super taies ramos salire et exul- 
tare quam in fetore luxurie computrescere, sicut de monacho 
Cluniacensi contigit (p. 502, c.2). Et[enim] hospita uenit de 
nocte ad ipsum, rogans quod rem secum haberet. Qui ait : 
Venias igitur ad hune locum. Et posuit se super carbones 
uiuos; et illa ucrbis nisa est ipsum extrahere. Sed iile noluit 
exire dicens : Hic faciamus quod desideras. Abbas, banc con- 
tencionem uidens^ incepit xvPsalmos i4rfZ)ommwm(l ). Abbas 
autem, cum laboraret in extremis et quereretur ab eo de quo 
consuleret quod fieret abbas post illum, respondit : Qui fuit in 
igné et non comburebatur. Que verba audientes quasi delirum 
reputabant. Tandem exposuit eis de monacho predicto. Sic 
contigit in diebus nostris de quodam fratre predicatore in His- 
pania : quedam mulier dixit quod se interficiet, nisi cum ea rem 
haberet, et iile locum assignauitet magnum regem acclamauii 
(2) et intus se posuit, et mulieri dixit quod ignem intraret, si 
uellet secum delicias implere. Et sic mulier confusa recessit. 

XLIÏ\ — DE SIMPLÏCITATE SOLVENTIUM CEXSUM (3). 

Quidam simplices, ut dicitur, Willebei fuerunt ad ter- 
mi num quo debuerunt soluere redditus domino, et non ha- 
buerunt nuncium qui ita cito posset negocium peragere. 
Dixeruntad inuicem : Quid faciemus, quod terminus adest? 

(i) Les quinze Psaumes dont il s'agit ici, sont ceux qui, comprenant les 
chapitres cxix à cxxxiii, composent le Canticiim gmduum. 

(2) Au lieu de ces deux mots il faudrait, comme dans MB : rogum accendit. 

(3) P. 43, AS. 47, G. 24, MB. 48, MC. 51, MD. 53, AA. 6, AB. 50, DA. 43, 
RA. 3, CA. 42. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 215 

Dixerunt quidam : Scutardus est animal scilicet uelox (i) ; sus- 
pendamus in collo cius bursam cum censu et iniungamus ei 
quod cito déférât ad curiam (p. 503, cl) domini nostri. Sic 
feceruntj et Lepus cum bursa et censu cucurrit ad nemus 
quantum potuit, quod homines nesciebant quo deuenerit. 

Sic faciunt plerique : cum ueniunt questores de Haut(e)- 
pas, uel Sancti Antonii, uel Runciuallenses, multa promit- 
tunt, multa mendicia {sic) pro pecunia multiplicant, et homi- 
nes illis credentes multas oblationes eis faciunt. At illi cum 
oblatis equos ascendunt, et, sicut Lepus, uelociter aufugiunt, 
ita quod datores nesciunt quo deueniunt. Forsitan eadem 
nocte in crassis puteis oblationes expendent. Ideo dixit Augus- 
tinus: Tene certum, dimitte incertum. Ele[e]mosinas da certis 
personis, uicinis tuis, pauperibus uerecundis quos nouisti in- 
digere et maxime domisticis {sic) fidci. 

Similiter sunt quidam principes, dum ruine proprie gentis 
imminent, extraneis largissime subueniunt. Et illi cum donis 
aufugiunt, sicut Oliuerius currunt, et nescitur quo deueniunt, 
in hoc quod proprios homines aufugiunt (2). Similes sunt 
Lanie (3), qui {sic) proprios filios laniat, in hoc quod nutriunt 
alienos. Similes sunt Galline, que puUos Anatis educat, et Dur- 
nete, que filium Gueule ad malum suum nutrit. 

XLIIb. — DE INDUSTRIA FORMICE. 

Contra cong^egantes inutiliter (4). 

Fornice {sic) colligunt cumulum frumenti, ut inde (p. 803, 
c. 2) uiuant in hyeme, et ueniunt quandoque Porci et totum 
dissipant et com(m)edunt. 

(\) Ici les manuscrits présentent des leçons différentes. On lit dans AS. : 
Riccardus est animal velox; dans G. et AA. : Lqpus est animal velox; dans 
MB. : Scrutandus est aliquis velox. 

(2) Il faut lire : affligunt. 

(3) Ainsi pour Lamiœ. 

(4) P. 44, AS. 48, V. 53, MB. 49, MC. 51», MD. 54, AA. 7, AB. 51, H. 69, 
DA. 44, DC. 45, CA. 42*, CB. 45. 



216 ODONIS DE CERITONA FABULiE. 

Sic multocicns multi multa congregant, et ueniunt latro- 
neSy uel baiuli principis, uel consanguinei, et totum cousu- 
muni, quoniam rclinquent alienis diuicias suas (1). 

XLIII. — DE LUPO SEPDLTO. 

Contra appetentes magnorom exeqolas (2). 

Contigit quod Lupus defunclus est. Léo bestias congrega- 
uit et exequias fecit celebrari. Lcpus aquam benedictam por- 
tauit, Hericii cereos portauerunt, Hyrci campanas pulsauenint, 
Melotes (3) foueam fecerunt, Vulpes mortuuni in pheretro (4) 
portauerunt, Berengarius, scilicet Vrsus, missam celebrauit, 
Bos cuangelium, Asinus epistolam legit. Missa celebrata et 
Ysemgrino sepulto, de bonis ipsius animalia splendide corne- 
derunt et consimile funus desiderauerunt. 

Certe sic contigit fréquenter quod, aliquo diuite raplore 
uel usurario mortuo, abbas uel prior conuentum bestiarum, 
id est bestialiter uiuentium, facit congregari. Plenimque 
enim contigit quod in inagno conuentu nigrorum uel albo- 
rum non sunt nisi bestie, leones per superbiam, uulpes per 
fraudulencium, ursi per uoracitatem, hyrci fetentes per luxu- 
ria[m], asini per segniciem, herici per asperitatem, Icpores 
per metum, (p. 504, c. 1) quod trepidauerunt ubi non erat 
timor (5), quoniam timent amittcre temporalia ubi non est 
timendum, non time[n]t amittere eterna ubi precipue timen- 
dum est, boues per terrarum laborem, quoniam plus laborant 
in terrenis quam celestibus. Hii non [sunt] boues Abrahe, sed 
quos émit qui ad cenam glorie uenire recusauit (6). Michœas, 

(1) \oycz\e Livre des PsaitmeSf C. xlvi», v. ii. 

(2) P. 45, AS. 49, V. 54, G. 25, MB. 50, MC. 52, MD. 55, AA. 8, AB. 52, 
H. 70, AD. 32, DA. 45, DC. 46, CA. 43, CB. 46, AH. 78. 

(3) Ainsi dans AS. et AA. ; mais dans MB : Meletes. 

(4) Mieux dans MB., AA., H., AR. : feretro. 

(5) Voyez le Livre des Psaumes^ C. xiii, v. 5, et C. lit, v. 6. 

(6) Ce passage, visiblement altéré, semble avoir été mieux conservé 
dans AS, qui porte : Hii non sunt boues Abrahe quos émit Deus, sed ursi Dia- 
boli qui ad cenam rjlorie uenire récusant. Voyez la Genèse, C. xxi, v. 27. 



ODa«IS DE CERITONA FABULA. 217 

C. VII, [v. 4] : Qui optimus est in eis quasi paliurus et qui 
reclus quasi spina de «epe. ^ contingit quandoque, et ubi 
fuerit magna congregatio, uix unus iustus inuenietur et qui 
optimus [est] inter eos stimulât et pugnat ad modum paliuri, 
id est cardui et spine. 

XLIV. — DE CANE STERCORANTE. 

Contra malos socios et cetera (1). 

Conti(n)git quod Canis uoluit facere rusticitatem suam su- 
per congregacionem Cirporum, et unus luncus bene stimulauit 
posteriora ipsius. Et Canis recessit longius et super luncos 
latrauit. Dixit luncus : Melius uolo quod latres me a longe 
quam coinquines me de prope. 

Sic melius est expellere stultos et pcruersos a societate, 
licet latrent per detractionem, quam coinquinari per eorum 
socictatem. [In] Ecclesiastico, [C] xiii, [v. 4] : Qui tangit 
picem, coinquinatur ab ea. ^ 

« 

XLV. — DE L'NICORNE ET QUODAM HOMINE. 

Contra uiuentes in deliciis (2). 

Quidam Vnicornis sequ[u]tus est quemdam Hominem, qui, 
cum fugeret, inuenit arborem in qua erant poma pulcra. Sub- 
tus erat fouea serpentibus, bu-(p. 504, c. 2)fonibus et repti- 
libus plena. Hanc arborem rodebant duo uermes, unus albus 
et alius niger. Homo asccndit arborem et pomis uescitur, 
frondibus delectatur, et non attendit quod duo uermes ar- 
borem rodunt. Que cecidit, et miser in puteum corruit. 

Mistice. Vnicornis est mors, cui nemo potes t resistere ; arbor 
est mundus cuius poma sunt diuersa delectabilia, cibi, potus, 

(1) P. 46, AS. 50, MB. 51, MC. 53, MD. 56, AA.9, AB. 53, H. 7i,AD. 33, 
DA. 46, DC. 47, CA. 44, CB. 47. 

(2) P. 47, AS. 51, V. 55, MA. 17, MB. 52, MC. 54, MD. 57, AA. 10, 
AB, 54, H. 72, AD. 34, DA. 47, DC. 48, RA. 16, CA. 45, CB. 48. 



218 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

pulcre mulieres et huiusmodi ; frondes, pulcra uerba; duo 
uermes, arborera rodentes, sunt dies et nox que omnia consu- 
munt. Miser homo improuidus delectatur in hiis pomis, et non 
attendit, donec corruat in puteum inferni, ubi sunt diuersa 
gênera reptilium miserum hominem semper torquencium. 

Stat maie securus qui protinus est ruiturus. 
XLVI. — DE VULPE. 

Et applicatur maie rémunérant! (1). 

Vulpes semel uoluit aquam transire per nauem ; promisit 
Nauclero mercedem. Nauclerus Vulpem in naui ultra flumen 
portauit; mercedem postulauit. Ait Vulpes : Bene dabo. Et 
minxit in cauda sua, et aspersit in oculos Naucleri, qui ait : 
Pessimam mercedem mihi tribuis. 

Inde dicitur : Qui malo seruit seruicium suum perdit. 

Tuppe canis latus pro munere reddet [hjyatus. 
XLVII. — DE SYMIA. 

Applicatur nolenti sustinere aduersa (2). 

Simia libenter comedit nucleum, quia dulcis est; sed, 
quando gustat de cortice amaritudinem, nucleum in interius 
relinquit et nucem proicit. 

Sic (p. 505, c. 1) est de stolidis hominibus, quia sub ama- 
ritudine pêne presentis latet gaudium uite celestis. Sed stul- 
tus propter banc amaritudinem, quia non uult ieiunare, uigi- 
lare nec aliquam amaritudinem sustinere, dimittit et amittit 
dulcedinem uite eterne.G[regorius] : Stultus mauultin perpe- 
tuum puniri quam ad tempus aliquid aduersitatis perpeti. 

(1) AS. 52, G. 26, MA.i8,MB. 53,MC.72,MD. 58, AA. H, AB. 55, H. 73, 
DA. 48, I)C. 49, RA. 17, CA. 46, CB. 49. 

(2) P. 48, AS. 53, V. 56, MB. 54, MC. 55, MD. 59, AA. 12, AB. 56, H. 74, 
DA. 49, DC. 50, GA. 47, GB. 50. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 219 

XLVIII. — DE TESTLDINE. 

Contra g^auamen diuiciarum (1). 

Testudo portât domum suam super dorsum suum. Vnde 
parum incedit et paruam dietam facit. 

Hii sunt diuites et episcopi, qui cum quadrigis, utensilibus, 
uasis argenteis, tota domo incedunt. Et ideo tarde ueniunt ad 
Paradisum. Veruntamen{5îc), diuicie si affluunt, nolite cor ap- 
ponere (2). Ideo dicit Sanctus : Non sunt uituperande diuicie 
quibus mereamur regnum celorum. Item ad Thimotheum (3) : 
Qui uolunt diuites fieri, incidunt in uarias temptaciones et in 
laqueos Diaboii. 

Glosa. Non abhorret Apostolus diuicias, sed morbum diui- 
ciarum qui est superbia. Quoniam uidet diues se magna fami- 
lia stipatum, pulcra uasa, equos pingues habentem et huius- 
modi, superbit, et hic est morbus et uermis deliciarum. Sicut 
uermis rodit arborem proceram quod corruit, ita uermis supe- 
bie altos homines et superbos rodit quod corruunt in puteum 
infemi. Plerique tamen sunt qui possident diuicias, sed non 
amant nec cor (p. 505, c. 2) apponunt, nisi ut pauperibus dis- 
tribuant. 

XLVIIK — [ITEM DE TESTUDINE] (4). 

Item Testudo duo cornua erigit; sed cum palea uel spina 
languntur, cornua retrahit et infra testam se includit. 

. Ita est de episcopis cornutis : quando leui tribulatione uel 
aduersitate tanguntur, cornua sua retrahunt, et quandoque 

{{) P. 49, AS. 54, MA. 19, MB. 5o, MC. 56, MD. 60, AA. 13, AB. 57, H. 75, 
DA. 50, DC. 51. CA. 48, CB. 51. 

(2) Livre des Psaumes y C. lxi, v. H. 

(.3) Première Èpiire de saint Paul à Timothée, C. vi, v. 9. 

(4) P. 49*, AS. 54% MB. 55*, MC. 56% MD. 60*, AA. I3«, AB. S'î*, H. 75*, 
DC. 51*, CA. 48*. 



â2^ ODONIS DE CERITONA FABULA. 

fugiunt, quandoque in cameris se includunt et non oppo- 
nunt se muros pro domo Domini. 

XLVIIIb. — DE ARANEA ET MLSCA ET BURDONE. 

Contra diaite[s] afOigentes pauperes et cetera (1). 

Aranea, quando uenit Musca în telam suam, fortiter exit 
et Muscam capit et interficit. Quando uenit Burdo uel Vespa 
sonitum faciens, Aranea in foramen suum fugit. 

Sic est de episcopis quibusdam et prelatis : quando pauper 
et modicus incidit in rete episcoporum per delictum uel fal- 
sam accusationem, illum arripiunt ardenter et comedunt. Sed 
cum uenit diues et minatur, tune abscondit se episcopus uel 
prelatus. Vnde Osée, [C] xiii, [v. 4] : Loquente Effraïm («ir), 
horror inuasit Israël; hoc est, comminante diuite, hor[r]or 
inuasit prelatum meticulosum. 

XLÏX. — DE VULPE (2). 

Vulpes, quando esurit, fingit se mortuam, et iacet in piano 
et linguam eicit. Venit Cornus uel Miluus credens predam in- 
uenire; uenit ut capiat linguam, et capitur a Vulpe et deuo- 
ratur. 

Sic Diabolus fingit se mortuum, quod nec auditur nec ui- 
detur, et eicit linguam suam, hoc est omne illicitum delecta- 
bile et concupiscibile, scilicet pulcra mulier, cibus delicatus» 
(p. 506, c. 1) uinum sapidum et huiusmodi; que cum illicite 
capit homo, capitur a Diabolo. 

(1) P. 50, AS.o5, V. 30, MB. 56, MG. 57, MD. 61, AA. 14, AB. 58, H. 76, 
AD. 35, DA. 51, DG. 52, GA. 48^ GB. 51*, AR. 79. 

(2) P. 51, AS. 56, MB. 57, MG. 58, MD. 62, AA. 15, AB. 59, H. 77, 
AD. 36, DA. 52, DG. 53, RA. 4, CA, 49, GB. 52, AR. 80. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 22i 

XLIX». — [ALÏUD EXEMPLUM] (1). 

Simililer assatur caseus et ponilur in muscipula. Quem 
cum sentit Ratus, intrat in muscipulam, capit caseum et 
capitur a muscipula. 

Sic est de omni illicite. Caseus as[s]atur, quando mulier 
paratur, ornatur, ut stultos rat(t)os alliciat et capiat : capis mu- 
lîerem fornicando, caperis a Diabolo. Vnde glosa in Psalmis : 
Predam quam cupis in muscipula est; capis alienum et caperis 
a Diabolo. 

L. — DE VLLPE ET GALLINIS (2). 

Vulpes esuriens et algens uenit ad Gallinar[i]um, et roga- 
uit Gallinas quod aperirent ei. Et*dixcrunt : Nolumus aperire, 
quia es inimicus noster et semper nobis nocuisti. Et ait: Ni- 
chil mali uobis faciam, et hoc per omnes sanctos iuro uobis. 
Dixerunt Galline : Non credimus tibi. Dixit Vulpes : Bene 
[potestis] credere, quod iam famé et frigore confecta debeo ui- 
tam terminare, et, si mprtua fuero, imputabit uobis Deus. 
Gallus et Galline pietale ducti (h)ostium aperuerunt. Vulpes 
intimuit (3) et parum quieuit, et calefacta tandem, promis- 
sione oblita, cepit unam Gallinam, interfecit, com(m)edit, 
postea aliam, et omnes turbauit. 

Vulpes est aliquis pauper et fraudulentus, qui, ut bene 
comed(er)at, petit ut (h)ostium in claustro aperiatur (p. 806, 
c. 2), ut possit inter simplices monachos simpliciter uiuere, 
alioquin, si in seculo remanserit (4), pereat. Dicit quod Deus 
a monachis animam suam requiret. Religiosi autem, mise- 
ricordia moti, illum intromittunt, in tempore probationis 

(1) P. 5<», AS. 56», MB. 57*, MG. 59, MD. 62% A A. 15», H. 77% DA. 52% 
DC. 53», CA. 49«, AR. 80». — Le litre de cette fable est tiré de H. 

(2) P. 52, AS. 57, G. 28, MA. 30, MB. 58, MC. 60, MD. 63, A.\. il, 
AB. 60, H. 78, DA. 53, DC. 54, CA. 50, CB. 53, AR. 81. 

(3) Dans AS., G., MB., H., à bon droit on lit : intravit, 

(4) Ce mot a été ajouté en interligne par une main plus récente. 



222 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

quiescit; cum professionem fecerit, omncs socios turbabit, 
plura cibaria^ plures uestes exigendo, aliis inuidendo, aliis (1) 
detrahendo, aliossupplicando^alios adpeccanduinal[l]iciendo, 
alios accusando. 

LI. — DE FRAUDE VULPIS. 

Contra [hjypocrisin et dolum et cetera (2). 

Vulpes ita crat nota quod Oucs optime se custodiebant, 
ita quod non cxicrunt terminos suos nec a[b] aspcclu Canum 
qui eas custodiebant. Cogilauit Vulpes : Scio quid facîaoi; 
pellem ouinam induam et inter alias Oucs me mittam, et tune 
potero, cum tcmpus habuero, Agnos et Oucs comedere. Et sic 
focit. 

Similiter de plerisque religiosis qui habent alba uestî- 
menta quod sint oues Christi. Hii sunt falsi prophète qui 
ueniunt in uestimentis ouium, intrinsecus autem sunt lupi 
rapaces (3) et uulpes fraudulent[i]e. Hii sunt falsi monachi, 
falsi predicatores, falsi religiosi, qui nichil aliud querunt a 
diuitibus nisi terras, uineas, denarios, et uicinos suos super 
alios homines infestant. Vnde mallem habere uicinum paga- 
num uel iudeum quam talcm religiosum. Si crederem quod 
albe vestes me sanctificarent, (h)onerarem collum moum, 
quantum possem portare. 

U\ — DE FRAL'DE COMITIS. 

Contra dolum et [hjipocrislm (4). 

Quidam (p. 507, c. 4) solebatComes stratam publicam spo- 
liare. Ilomines iam erant premuniti, et, quando a remotis 

(0 Ainsi dans AS. et (i.; mais mieux dans H. : alios. 

(2) P. 53, AS. 58, MB. 59, MC. 61, MD. 64, AA. i8, AB. 61, H. 79, 
DA. 54, DC. 55, C\. 51, CB. 54, AR. 82. 

(3) Evantî. solon S. Mathieu, C. vu, v. 15. 

(4) AS. 58% MB. 59% MC. 62, MD. 65, AA. 18% AB. 61% H. 80, DA. 54% 
DC. 56, CA. 51% CB. 54\ 



ODONIS DE CERITONA FABUL/fi. 223 

ipsum uidcFunt, fugerunt, uel, quando potuerunt, se arma- 
uerunt et defenderunt. At Cornes predictus induit se et suos 
capis monachorum Cisterciencium et uenit post consorcium 
mercalorum, qui respicienles uiderunt illos indutos uesli- 
mentis ouium et dixerunt : Hic ueniunt boni homines, secure 
possumus iucedere. Et paulatim incedebant. Cornes cum suis 
consecutus est eos, et capas festinanter deposuerunt, in merca- 
tores irruerunt et penitus spoliauerunt. 

Hoc idem faciunt quidam monachi, ueniunt ad diuitem in- 
iirmum, et, si possunt, sub specie securitatis omnibus bonis 
ipsum spoliant (1). 

LU. — DE CONTENTIONE OVIS ALBE ET OVIS MGRE, 

ASINI ET HIRCI (2). 

Ouis alba, Ouis nigra, Asinus et Hyrcus semel de reli- 
gione contendebant. Ait alba : Ecce quoniam (3) albam pel- 
lem porto; hoc significat mundiciam et innocenciam quam 
interius habeo; plus omnibus ualeo. Dixit nigra : Im(m)o sum 
nigra exterius, sed interius formosa, quia mundo sum nigra, . 
turpis et despicabilis ; et ego similiter mundum turpem re- 
puto et despicio. Ait Asinus : Im(m)o ego sum sanctior, quia 
crucem in humeris porto, quia imitor Crucifixum et alçius 
aliis clamo. Ait Hyrcus : Sed ego, sanctior omnibus, utorcili- 
cio quod sit de pellis (4) caprarum, habeo barbam prolixam 
quam nun-(p. 807, c. 2) quam radi facio, ne ap[p]aream pul- 
cher in mundo. 

Mislice, Istis quatuor animalibus fcre omnc genus regu- 
larum designatur : per ouem albam omnes qui utuntur uesti- 
bus albis,ut Cistercienses, Premonstracenses [sic), ordo Sanctc 

(1) Ces trois derniers mots sur le manuscrit ont été écrits en marge. 

(2) P. 54, AS. 59, MA. 31, MB. 60, MC. 63, MD. 66, AA. 19, AB. 62, H. 81. 
.U). 37, DA. 55, DC. 57, CA. 52, CB. 55, AR. 83. 

(3) Dans AS. et MB, au lieu de quoniam, il y a quam. 

(4) Au mot pcUis le mot pi/is, comme dans AS., MB. et H., doit être 
substitué. 



224 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

Trinitalis et huiusmodi ; per nigram ouem, omnes utcntes 
nigris, ut nigri monachi ^l canonici; pcr asinum qui crucem 
in spalulis (1) baiulat^ omnes qui crucem pretendunt, ut Hos- 
pitalarii, Tcmplarii et huiusmodi ; per hyrcum barbatum, Gran- 
dimontenscs et conuersi Cistercienses qui barbas haben- 
prolixas et radi non permittunt. Isti quandoque inter se cont 
tendunt quis ordo melior [sit]. Sed oues albe et nîgre, ni 
aliam habeant sanctitatem quam uestes albas et nigras, sunt 
de numéro iilorum (sic) ouium de quibus Psii1mista(2) : Sicut 
oues in inferno positi sunt; mors depasceteos. Similiter Tem- 
plarius et Hospitalarius, ni aliam in corde et carne habeant 
crucem, scilicet ut crucient carnem a uiciis luxurie et guie et 
meniem a concupiscenciis auaricie et superbie; aliter sunt 
asini Diaboli, asini inferni, qualemcumque crucem baiulent, 
quantumeumque alcius clament. Similiter barbati, qualem- 
cumque barbam habeant, nunquam intrabunt ingloriam, nisi 
in corde habeant gratiam et coram Deo et hominibus bonam 
uitam. Versus (p. 508, cl): 

Si quem barbatum faciat sua barba bcatum, 
In mundi circo non esset sanctior hyrco. 
Sauctum nulla facit nigra, candida uestis ouina(rum), 
Nec quemquam iustum facit unquam crux asinina. 

LUI. — DE TRAHA ET BUFONE (3). 

Traha semel transiuit super Bufonem, et unus dens per- 
cussit eam in capite, alius in corde, alius in renibus. Et ait 
Bufo : Deus confundat tôt dominos ! 

Ita potest diccre Capellanus. Archidiaconus petit procu- 
rationem, Officialis, fauellos (4), Scutarii, sotulares, Trotarii, 
camisiam uel pccuniam. Similiter balliui, subballiui, seruien- 

(1) Mioux dans AS. ot II. : scapulis, 

(2) Livre rfes PsaumeSy C. xlviii, v. 15. 

(3) P. 55, AS. 00, MB. 61, MG. 04, MD. 07, AA. 20, AB. 63, DA. 56. 
CA'. 53. 

(4) Sic AS. porte struellos, et MB., xstivales. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 225 

tes, portarii régis uel uice-comitis petunt a paupere, et tune 
potest dicere : Deus confundat tôt dominos ! 



LIV. - DE FALCONE ET MILVO. 

Applicatnr contra robustos corpore et audaces (i). 

Falco semel cepitMilaum et firmiter cum uno pede teauit. 
Et ait Faleo : Miser, nonne habes tam grande corpu3, caput et 
rostrum ut ego, pedes et ungues ita fortes? Quare permittis 
quod ita te teneo et cito interficiam? Respondit Miluus : Bene 
scio quod ita sum fortis et membra habeo ita robusta, sed cor 
mihi déficit. 

Sic plerique ita sunt robusti ut alii, ita potentes, ita diui- 
tes ad expensas faciendas ; sed non habent cor. Item plerique 
ita possunt ieiunare, asperitates ordinis tenere sicut alii; sed 
non habent cor. 

LIV*. — DE MURIBLS ET CATTO ET CETERA (2). 

(P. 508, c. 2.) Mures habuerunt semel consilium qualiter 
se a Gato possent premunire. Et ait quidam Mus sapiens : Li- 
getur campanella in collo Cati, et tune potcrimus ipsum quo- 
cumque perrex[er]it audire et insidias eius precauere. Placuit 
omnibus hoc consilium.' Et ait Mus unus : Quis ligabit campa- 
nellam in collo Cati? Respondit Mus unus : Cerle non ego. 
Respondit alius : Nec ego pro toto mundo ei uellem tantum 
appropinquare. 

Sic plerumque contingit quod clerici, monachi insurgunt 
contra episcopum, priorem, uel abbatem, dicentes : Vtinai?i 
esset talis amotus, et alium episcopum uel abbatem habere- 

(1) P. 56, AS. 61, V. 18, G. 5, MB. 4, MC. 65, MD. 5, AA. 21, AB. 4, 
H. 34, AD. 38, DA. 57, DC. 58, RA. 18, CA. 54, GB. 56. 

(2) P. 57, AS. 62, G. 27, MB. 62, MD. 68, AA. 22, AB. 64, H. 82, DA. 58, 
DC. 50, CA. 54*, CB. 57, AR. 84. 

15 



226 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

mus ! Et [hoc] placeret omnibus. Tandem dicunt : Quis oppo- 
nit se contra episcopum? Quis accusabit eum? Alii sibi timen- 
tes dicunt : Non ego, nec ego. Et sic minores permittunt 
maiores uiuere et preesse. 

LV. — DE ROSA ET VOLATILIBUS. 

Et applicatur illis qui ambiant dignitates. 

ITEM QUARE BLBO NON VOLAT DE DIE (1). 

Volatilia semel congregata inuenerunt rosam primulam et 
pulcherrimam, et contendebant de illa cui daretur. Et dixe- 
runt quod aui pulcherrime. Contenderunt que esset pulcher- 
rima. Quedam dixerunt quod Sitacus (2) ; alie dixerunt quod 
Columba, alie quod Pauo. Venit Bubo et dixit se esse pulcher- 
rimam et quod debuit habere rosam. Omnes mote sunt in ri- 
sum, dicentes : Tu es auis pulcherrima per antifrasim, (p. 809, 
c. 1) quoniam turpissima. Expectauerunt de sentencia dif- 
fmitiua usque mane. In nocte clare uidet Bubo, et aliis aui- 
bus dormientibus, rosam furata est. Quo comperto, mane dede 
runt Aues sentenciam quod Bubo nunquam uolaret de die nec 
inter alias aues habitaret et in tenebris clarius uideret, et, si 
die appareret, omnes Aues ipsum clamore et lesione infesta- 
rent. 

Rosa est ista bcneficium ecclesiasticum, cura animarum, 
quam Dominus super omnia appreciatur. Sicut rosa estflos ilo- 
rum, item homo uel anima est dignissima creaturarum. Cui 
igitur debetur hec rosa, hec cura? Certe pulcherrime auium. 
que picturam uirtutum [habct] interius, pulcritudinem bono- 
rum operum exterius. Venit autem Bubo, auis turpissima, id 
est impius uiciis et peruersis operibus deturpatus. Dicit quod 

(1) P. 58, AS. 63, V. 19, (;. 0, MA. 3, MR. .i, MC. 66, MD. 6, MK. 2. 
AA. 23, AH. o, H. 83, DA. 59, DC. 60, CA. 55, CB. 58, AH. 85. 

(2) Ainsi i)Our Psittacus. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 227 

hec rosa débet esse suam. Viri iusti rident et dérident, et 
abiudicant ei omne beneficium. Sed, iustis dormientibus, uenit 
Bubo, filius lenebrarum, qui uidet clarius de nocte, id est négo- 
cia tenebrarum scit melius tractare, rusticos excoriare, uillas, 
terras, denarios melius adquirere et conseniare, episcopis 
adulari ; et ita laborant quod ab episcopis bénéficia optinent, 
et non intrant per (h)ostiumy id est amore[m] Ihesu Ohristi, 
sed aliunde, et ideo fures sunt et latroncs. 

SimiLiter monachus qui melius nouerit secularia tractare, 
mendacia (p. 509, c. 2) multiplicare, obediencias et dignitates 
in claustro adquirit. Non hune, scilicet Christum, eligunt, sed 
Barrabam. Erat autem Barrabas latro, et sic pessimi latrones a 
regibus et romanis et a quibusdam bénéficia impétrant; set quid 
erit in die iudicii? Certe omnes angeli, boni et mali, et omnes 
iusti talem Bubonem clamoribus et tormentis infestabunt, 
quoniam iudicium durissimum in hiis que {sic) presunt fiet : 
potentes potenter tormenta pacientur, fortioribus forlior in- 
stat cruciat[i]o. Tune dabitur sententia quod nunquam hu- 
iusmodi bubones inter aues celi uolabunt, sed in tenebris 
exterioribus, ubi erit fletus et stridor dencium, perpetuo ha- 
bitabunt. 

LVl. — DÉ MURE ET CATTO. 

Contra non implentes uotum (1). 

Mus semel cccidit in spumam uini uel ceruisie, quando 
bul[l]iuit. Catus transiens audiuit Murem pipantem eo quod 
exire non potuit. Et ait Catus : Quare clamas? Respondit : 
Quia exire non ualeo. Ait Catus : Quid dabis mihi, si te 
extraxero? Ait Mus : Quicquid postulaueris? Et ait Catus : Si 
te bac uice liberauero, uenies ad me cum te uocauero? Et ait 
Mus : Firmiler hoc promitto. Ait Catus : lura mihi. Et Mus 
iurauit. Catus Murem extraxit et ire permisit. Semel Catus 

(1) AS. 64, G. 29, MA. 32, MB. 63, MC. 67, MD. 69, AA. 24, AB. 65, 
H. 8i, AD. 39, DA. 60, DC. 61, RA. o, GA. 56, CB. 59, AB. 86. 



228 ODONIS DE CERITONA FABUL^E. 

esuriuit et uenit ad foramen Mûris, et dixit ei quod ad ipsum 
exiret. Dixit Mus : Non faciam. Ait Catus : Nonne iurasti 
mihi? Dixit : Frater, (p. 810, c. 1) ebria fui, quando iuraui. 

Sic plerique, quando infirmi uel in carcere uel in peri- 
culo, proponunt et promittunt uitam emendare, ieiunare uel 
huiusmodi. Sed cum periculum euaserunt, uotum implere 
non curant, dicentes : In periculo fui et ideo non teneor. 

LVK — DE PULICE (1). . 

Sic dicitur de Pulice, quem cepit Âbbas dicens : Nunc te 
teneo; sepe me punxisti, a sompno excitasti; nunquam te 
dimittam, sed statim interficiam. Dixit Pulex : Pater sancte, 
ex quo me interficere proponis, pone me in palma tua, ut 
libère ualeam peccata me confiteri. Cum confessus fuero, pote- 
ris me interficere. Abbas, pietate motus, posuit Puliccm in 
medio palme. Pulex statim exili(u)it et per saltum euasit. 
Abbas Pulicem fortiter uocauit, sed redire noluit. 

Sic plerique, in ar[c]to positi, interea promittunt; sed, cum 
euaserunt, nihil persoluunt. 

LVI\ — DE QUODAM ALEXANDRO IN. PERICULO 

POSITO (2). 

Dicitur de quodam Alexandro, quod in mari constitutus, 
promisit Dco, si ad portum ipsum duceret,quod semper bonus 
lieret, quod nunquam Dcum offenderet. Quando fuit ad por- 
tum, ad locum securum super ripam, ait : Ihesu, Ihesu, certc 
dcccpi te; adhuc nolo bonus esse. 

(1) xMB. 0:3\ MD. 09*. AH. Oo», GA. 56«. — Le litre de cette fable a et»'» 
tiré du ms. Arundel 292. 

(2) P. 59, AS. 04% MB. 03»», MC. 67% MD. 69'», AA. 24% DA. 00», CA. b6\ 
— Le lilre de relte fable a été emprunté de A.\. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 229 

^VK — DE GRANGIA (\). 

Dicitur quod grangia plena blado accensa fuit, quod debuit 
iota comburi. Quod uidens persona cuius erat grangia ait : 
Domine Deus, ignem extinguas et bladum amore tui paupe- 
ribus distribuam. Et statim extinctus est ignis, et bladum libe- 
ratum; sed tamen, (p. 810, c. 2) ut promisit, pauperibus non 
distribuit. 

Quoniam ad tempus credunt et [in] tempore temptationis 
recedunt. 

LVII. — DE PELLICANO. 
Et applicatnr passion! C[h]risti (2). 

Pellicanus, quando.pulli sui erigunt rostrum et picant 
contra ipsum, interficit eos. Postea, cum uidet puUos suos 
mortuos, pietate motus, extra[h]it sanguinem de latere et 
super filios suos respergit, et reuiuiscunt. 

Sic Adam et Eua contra Dominum picauerunt, quando, 
transgrediendo preceptum ipsius, pomum uetitum comede- 
runt. Et ipse iratus picauit contra ipsos et interfecit, quia 
mortui sunt in anima, mortales in corpore. Dominus miseri- 
cordia motus permisit sanguinem et aquam extrahi de latere 
suo, respersit super pullos suos, scilicet humanam {sic) genus, 
et sic reuixerunt. Âquam respergit, cum baptizantur, sangui- 
nem, quando, in fide sanguinis, in fide passionis Christi sal- 
uantur, et quando sanguis ipsius in sacramento sumitur. 
Versus : 

Vt Pellicanus fit Patris sanguine sanus, 

Sic ^enus humanum fit Christi sanguine sanum. 

Vnde uox Christi : Similis factus sum Pellicano solitu- 
dinis (3). 

(1) AS. 64S MB. 63% MC. 68, MD. 69% AA. 24»», AB. 65»», DC. 60»», CA. 56% 
CB. 59*. — Le litre de cette fable a été pris dans AA. 

(2) AS. 65, V. 20, G. 7, MA. 5, MB. 6, MC. 69, MD. 7, ME. 3, AA. 25, 
AB. 6, H. 85, AD. 40, DA. 61, DC. 62, RA. 6, CA. 57, CB. 60, AR. 87. 

(3) Voyez le Livre des Psaumes, C. ci, v. 7. 



230 ODONIS DE CERITONA FABUL-«. 

LVlll. — DE.CONTENTIONE LUPI ET LEPORIS. 

Quod fag[i]enda est Venus et mundus (1). 

Lupus et Lepus sibi obuiauerunt, et ait Lupus : Super 
omnia es animal meticulosum. Auderes[ne] contendere cum 
aliquo animali? Certe, ait Lepus; ita tecum, licet grande cor- 
pus habeas et ego modicum. Lupus indignatus ait : Certe fir- 
mabo .X. aureos contra unum quod te uincam (p. 511, c. 1). 
Certe placet, ait Lepus, dum modo sim securus de ista firma- 
cione. Ambo dederunt fideiussores. Quo facto, Lupus et Lepus 
constituti sunt in campo ad pugnandum. Lupus currebat uer- 
sus Leporem ad capiendum et deuorandum. Lepus fugam 
arripuit, et Lupus, ut ualuit, insequebatur. Sed Lepus uelo- 
cius currebat. Lupus iam fatigatus gressum sistebat et super 
terram se proiecit. Amplius currere non poterat. Et ait Lepus : 
Iam uictus es et ad terram prostratus. Quomodo, ait Lupus, 
non uis me expectare? Certe uerum est, ait Lepus. Que pugna 
esset, cum sis in triplo maior me? Ore aperto, posses totum 
caput occupare. Ego non pugno, nisi cum pedibus, nisi fugi- 
endo. Sic sepe cum canibus pugnaui et uici; et tu uictus 
redde quod debes. Orta est bec contentio, et a Leone diflini- 
tum est quod Lupus fuit uictus. 

Similiter qui uult pugnare cum Venere, cum mundo, secu- 
rius pugnat et cercius uincit, cum fugit. Vnde [in Epistola] I 
ad Corinthios [C] vi, [v. 18] : Fugite fornicationem. Ibi dicit 
Augustinus : Cum aliis nempe uiciis potest ex[s]pectari af- 
flictus; set banc fugite, ne approximelis. Vnde quidam : In 
hoc enim prclio fugiendo forcius et melius pugnatur. Sicque 
Venu$ uincitur; cum fugitur, fugatur. Dauid, si remotus esset 
a Betsabec, quod ipsam non uideret (p. 511, c. 2), uictus non 
fuisset. Similiter Sam(p)son non pcccasset, oculos non ami- 
sisset, si Dalîdam {sic) fugisset. .Si appropinquas pulcrc mu- 

(1) P. 60, AS. 66, MB. 64, MC. 70, MD. 70, AA. 26, AB. 66, H. 86, 
AD. 41, DA. 25, DC. 63, RA. 19, CA. 58, CB. 61, AR. 88. 



ODONIS DE CERITONA FABULiE. 231 

.ieri, quasi Lupus te dcuorabit; in solo tactu, uisu, uel risu 
intrat Diabolus. 



LIX. — DE HOMINE QUI POSUIT SERPENTEM 

IN SINU SUC. 

Quod non est confldendum de hoste suc (1). 

Serpens semel iacebat super terram gelatam et multum 
algebat. Homo quidam hoc uidens, pietate motus, accepit 
Serpentem et posuit in sinum suum ad calefaciendum. Ser- 
pens calefactus Hominem fortiter pungebat. Et ait : Quare ita 
maie me punxisti? quia sinu meo pro bono tuo te coUocaui? 
Respondit : Nonne sois quod semper sunt inimicie inter génies 
meum et hominem, et naturaliter ipsum odio (8)? Nonne sois 
quod Serpens in sinu, Mus in pera, Ignis in grenio {sic) maie 
rémunérant hospites suos? 

Saraceni captiui, quando possunt, dominos suos perimunt 
et euadunt. Similiter peruersus, licet beneficium ab eo, quem 
habet odio, recipiat, semper, cum poterit, ei nocebit. Vnde 
quidam : 

Odero, cum potero; si non, inuitus amabo. 

Similiter qui malam habet naturam., semper, cum potest, 
naturam suam exercet. Ideo hominem naturaliter peruersum 
nunquam tibi associes, nunquam te ipsum ei credas. 

■ 

LIX». — DE HOMINE INGRATO ET SOCIO MALE 

REMUNERANTE (3). 

Quidam magnum honorem Seruienti régis impendit. Ille 
(p. 812, cl) Seruiens illum solum accusauit. Vocatus est ad 
curiam et inculpatus;et nouit quis hoc procurauit, et uocauit 

(f) AS. 67, MA. 33, MB. 65, MC. 71, MD. 7i, AA. 27, AB. 67, H. 87, 
AD. 42, DA. 62, DC. 64, CA. 59, CB. 62, AR. 89. 

(2) Genèse, Cm, v. 15. 

(3) AS. 67», MB. 66, MC. 73, MD. 72, AA. 28. AB. 67% DA. 62% CA. 59\ 



232 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

eum in partcm et dixit : Nonne seruiui tibi, ut potui? Nun- 
quam feci tuum displicere. Quare laboras ad dampnum meum? 
Alius respondit : Bene scio quod honorasti me, et nunquam 
malum mihi intulisti. Sed hec est natura nostra in terra ista, 
quod semper malum rependimus illis qui bona nobis contule- 
runt. 

Hec est natura Diaboli, qui semper malefacit amicis suis et 
non aliis ; pessime rémunérât illos qui ei seruiunt. 

LX. — DE PANTHARA («te). 

^Applioatur dulci 8ennon[i] et bone famé (1). 

Panthera est quoddam animal, quod de se bonum mittit 
odorem, ita quod animalia crudelia, ut Lupus et Leopardus 
et huiusmodiy que deberent ei nocere, eam pro bono odorc 
sequ[u]ntur et non infestant. 

Ita sunt quidam ita benigni in sermone et opère, quod 
etiam inimici ipsius (3), qui ipsum (3) audiunt et uident, ex 
dulci colloquio iram et odium suum auferunt, sequ[u]ntur e^ 
diligunt. In Parabolis (4) : Responsio mollis frangit iram, 
sermo durus suscitât furorem. 

LXI. — DE CANE ET FRUSTO CARNIUM. 

Contra diligentes uana et derelinquentes uera et cetera (5). 

Canis semel, frust(r)um carnis tenens in ore, ilumen tran- 
siuit. Vmbram friisli uidens que maior frusto appaniit, frus- 
t(r)um dimisit, ut umbram caperet, et umbra tam cito eua- 
nuit. Sic frustum pro umbm (p. 512, c. 2) perdidit. 

Sic plerique habcnt soliditatem gracie, firmitatem uirtu- 

(1) AS. 68, MB. 67, MC. 74, MD. 73, AA. 29, H. 88, DA. 03, DC. 65, 
RA. 15, CA. 60, CB. 63. 

(2) On lit dans AS. et H. : eontm^ au lieu de : ipsius. 

(3) On lit dans H : illos, au lieu de : ipsum, 

(4) Voyez le Livre des Proverbes, C. xv, v. 1. 

(5) G. 30, MA. 34, MB. 68, MD. 74, AB. 68, CA. 61. 






ÔDONIS DE CERITONA FABULA.- 233 

tum, ipsum Deum, et uidentes umbram istius mundi, scilicct 
diuicias, pulcra cibaria^muliercs, dignitates, illis adhèrent. De 
quibus Sapientie [liber, C] v, [v. 9 et ss.] : Transierunt omnia 
illa tanquani umbra et tanquam nuncius [praecurrens] , et tan- 
quam nauis, que pertransit fluctuantem [aquam], aut tanquam 
auis que transuolat in aère, et post hoc nuUum inuenitur 
argumentum itineris illius, aut tanquam sagitta emissa in 
locum destinatum ; diuisus aer continuo in se recursus (1) est. 
Talia dixerunt in inferno hii qui pcccauerunt, quoniam spes 
impii quasi lanugo [est], que a uento tollitur, aut tanquam 
spuma gracilis que a procelia dispergitur, et tanquam flu- 
uius (2j qui a uento diffusus est, et tanquam memoria hospitis 
unius diei pretereuntis. Ecce quod bonum est, solidum et in- 
co[m]mutabile pro bac umbra perdunt et utroque priuantur. 
leremias [C] ii, [v. 13] : Me dereliquerunt fontem aque uiue, 
et foderunt sibi cisternas, que non ualent continere aquas. 
Hoc est, laborauerunt ut haberent bec transitoria, in quibus 
nuUa refectio uera. Hii dimittunt rosam pro urtica, granum 
pro palea, solem pro luna, uinum pro fête (3), olcum pro 
amurca, pro morte uitam, martinum {sic) pro salice. Talis 
dicitur adulter. Augustinus : Si deseris eum qui te fecit et 
amas illa que fecit, deserto (p. 813, c. 1) illo, adulter es. Talis 
dicitur idolâtra. [Epistola S. Pauli] ad Romanos [C] i, [v. 25] : 
Qui commu(n)tauerunt ueritatem Dei in mendacium, et co- 
luerunt et seruierunt créature pocius quam Creatori, qui est 
benedictus in secula. 

LXII. — DE RANA INFLATA. 

Contra magna appetentes ex inuidia (4). 

Rana uidit Rouem in prato incedentem. Cogitauit si pos- 
set esse ita magnus [sic] ut Bos ille, et uocauit filios dicens : 

(i) Mieux est dans MB reclmits. 

(2) Ainsi; mais, comme dans MB. et dans G., il faul lire fumits. 

(3) Lisez : fece. 

(4) MA. 35, MB. 69, MD. 75, AB. 69, CA. 62. 



234 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

Eccc quanta dcccncia et magnificentia, si posscm ad magnitu- 
dincm Bouis pcruenire! Et intumuit et inflatus (^le?) est quan- 
tum potuit. Et ait filiis suis : Adhuc ita magnus sum ut ille 
Bos? Dixerunt filii : Nondum magnus es ut caput Bouis. Est 
ita, dixit Rana; adhuc inilabor. Et in tantum intumuit quod 
médius {sic) crepuit. 

Sic sunt plerique qui uident episcopos, abbates, archidia- 
conos, quasi boues cum magna pompa incedentes. Cogitant 
qualiter possent ita magni fieri, et in tantum conanturquod in 
anima uel corpore moriuntur. 

LXII*. — [DE FILIO MILITIS] (1). 

Vidi quendam qui habuit patrem optimum militem et 
uoluit ei assimulari {sic); oui ui[m] natura negauit, et in tan- 
tum tornatus est in torneamento, quod mortuus est. 

Similiter layci uident aiios laycos bene indutos, splendide 
comedere, magnos equos equitare, familiaritatem cum princi-» 
pibus habcre ; in tantum conantur eise quiparari quod moriun- 
tur. Frater, si factus es talis bos magnus, lauda Dominum ; si 
rana efficeris, id est pauper et modicus, esto contentus. Noli 
quererc (p. 513, c. 2) bos fieri. Disponat Dominus de sua re- 
publica secundum quod uoluerit : hune humiliât et hune 
exaltât. Ideo dicitur in Ecclesiastico [C] v[i], [v. 2] : Non te 
extoUas in cogitationc anime tue, ne forte elidatur uirtus tua 
per stulticiam. 

LXIII. — DE MURE QUI VOLUIT MATRIMONIUM 

CONTRAHERE. 

Contra illos qui superbe agunt, alta cogitantes 

et sapientes et cetera (S). 

Mus semel uoluit matrimonium contrahere et cogitauit 
quod maritum acciperet fortissimum; et cogitauit pênes se 

(1) MB. 69\ CA. 62*. 

(2) MB. 70, MD. 76, AB. 70, CA. 63. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 235 

quid esset strenuissimum. Tandem uidebatur sibi quod Ven- 
tus, quia proslernit cedros, turres, domos, Misit nuncios 
Vento quod esset maritus eius. Dixit Ventus : Quare uult me- 
cum conirahere? Dixerunt nuncii : Quia in ter omnes creatu- 
ras es fortissima. Respondit Ventus : I(m)mo castrum Narbo- 
nense forcius est me^ quia iam plus quam per mille annos 
stetit aduersum me et [sjcindit et confringit uires meas, et 
nunquam potui eum [sic) prosternere. Reuersi sunt nuncii et 
retulerunt responsumj-et dixit Mus : Ex quo forcior est Tur- 
ris, uolo quod sit maritus meus. Significabat hoc Turri, et ait 
Turris : Quare uult mecum contrahere? Et responsum : Quia 
res es fortissima et forcior Vento. Et ait Turris : Certe Mures 
sunt forciores me, quia tota die me perforant et frangunt, et 
faciunt uiam per me. Et ita, habito consilio, oportebat quod 
Mus Murem sibi associaret. 

Sic plerique ardua excogitant et mirabilia facere propo- 
(p. 814, cl) nunt, et : 

Parturiunt montes, et exit (1) ridiculus Mus. 

• 

[Libro] IV Regum, [C] xiv, [v. 9 et ss.], dixit rex Israël 
ad Amasiam regem luda : Garduus Libani misit ad Cedrum 
que est in Libano, dicens : Da filiam tuam filio meo uxorem. 
Transieruntque bestie saltus, que sunt in Libano, et conculca- 
uerunt Carduum. Percuciens inualuisti super Edom, et suble- 
uauit te cor tuum. Contentus esto gloria, et sede in domo 
tua. Quare prouocas malum, ut cadas tu et ludas tecum? 
Noluit adquiescere et factum est prelium, et cesus est popu- 
lus luda. Amasiam uero regem luda cepit loas rex Israël et 
multa mala^ntulit. 

Si[c] plerique alla aggrediuntur et uilissime corruunt. Ic- 
ronimus (2) : Rectius fuisset homini subiisse coniug[i]um et 

(1) Par suite d'un défaut de mémoire, Eudes au mot nascelur a sub- 
stitué les mots et exit, qui rendent boiteux ce vers d'Horace. (Voyez Art 
poét., V. 139.) 

(2) Migne, Patrologiœ Cursus completus, t. XXX, col. 949. 



236 ODONIS DE CKRITONA FABUL^E. 

ambulasse per plana quam ad altiora tcndere et in profundum 
inferni cadere. Eciam in bonis opcribus et in uirtutibus peri- 
culosum est gloriari. [Lib.] I Machabeorum, [C] vi, [v. 43 
et ss.], Eieazar uolens facere sibi nomen in etemum supposait 
se elefanti {sic) et occidit eum ; et cecidit bestia super ipsum 
et mortuus est. G[regorius] : Quasi sub hoste(m) quem p^oste^ 
nit moritur, qui de culpa quam superat non eleuatur. G[rego- 
rius] : Âuctoris sui graciam negare conuincitur quisquis sibi 
tribuit quod operatur; ex quo igitur non in uirtutibus nec in 
bonis operibus giorianduni, qii[oni]am periculosum est in 
ma-(p. S14, c. 2) licia gloriari. 

Alla cadunt, inflala crêpant, tumentia (1) premuntur, 
[Hoc rétine uerbum] : Frangit Deus omne(m) superbum. 

LXIV. — DE PULCHRA UXORE CATTI. 

Contra torneamenta (S). 

• 

Quidam Catus habebat pulchram sponsam, et illa, con- 
tempnens maritum suum, uagabatur extra ad alios Cattos. 
Gonquerebatur Gattus amicis suis de sppnsa. Ait quidam ami- 
tus (3) : Gombure pellem illius in diuersis locis, et domi rema- 
nebit. Quo facto, remansit Gatta in domo nec ultra uagaba- 
tur extra. 

Sic plerique habcnt pulchras uxores, sorores, filias, et 
quando habent pulcros capillos, pulcra uestimenta, domos 
exeunt, uicinos/uicinas uisitant, perplateas uagantur. 

Spectantes (i) ueniunt, [ueniunt] spectenturut ipse. 
Egressa est Dina, ut uideret muliercs regionis illius (5), ot 

{\) Ce mot et dans MB. le mol tiimescentia rendonl le vers faux : il 
faut lire : tumefacta. 

(2) MA. 36, MB. 71, MD. 11, AB. 71, GA. 64. 

(3) Ainsi pour : amicus, 

(4) Mieux est dans MB. Spcctatiim. 

(5) Genèse, G. xxxiv, v. 1. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 237 

corrupta est. Tune débet paterfamilias usclare (1) et combu- 
rere capillos earum et induere illas non pannis preciosis, sed 
pelHbus; et sic domi remanebunt. 

LXIV». — [DE QUADAM DOMINA] (2). 

Querebatur a quadam Domina quare ita uteretur uestibus 
tam preciosis, et respondit : Non ut mundo placeam, sed 
marito. Etait : Falsum est, Domina; imo, quando es in mul- 
titudine, [uteris] preciosis; quando es in domo coram marito, 
induis uilia, super perticam ponis preciosa. 

LXV. — DE CICONIA ET SERPENTE. 

Quod priHCipiis est obstandum et cetera (3). 

Ciconia uenit ad foramen Serpentis, et uocauit eum ut 
exiret. Respondit Serpens : Quis es tu, qui ausus es me infes- 
tare? Et ait : Ego sum Ciconia, et libenter tecum contende- 
rem. Etait (p. 515, c. 1) Serpens : Misera, cum graciles habeas 
tibias et fragiles, collum gracile et longum, quomodo mecum 
pugnares, quoniam uici strenuissimum animal, scilicet Adam, 
primum hominem a Deo plasmatum, et uxorem eius, et mul- 
tos homines in deserto peremi? Centum taies Ciconie non 
possent unicum hominem expugnare. Quomodo presumis 
mecum contendere? Et ait Ciconia : Tantum exeas foramen et 
uidebis. Serpens iratus, sibilando et os aperiando {sic) y fora- 
men exiuit, quasi uellet Ciconiam totam dcuorare. Ciconia 
statim dédit ei cum rostro super capud, et Serpens statim 
occubuit, dicens : Ecce iam me peremisti. Ait Ciconia : Certe, 
si Adam et ceteri homines scirent ubi est uita tua et fortu- 
tido, et hoc artificio usi essent, te in capite percussisscnt, 
nunquam a te uicti fuissent. Tali igitur arle utendum est. 

Principiis obsta; sero medicina paratur, 
Cum mala per longas conualuere moras. 

(1) Au mot du ms. usclare il faut peut-être subsliluer nodare, 

(2) MB. 71% MD. 77», AB. 71*, CA. 64». 

(3) MA. 37, MB. 72, MD. 78, AB. 72, CA. 65. 



• 238 ODONIS DE CERITONA FABUL-«. 

Cum sentis primos motus luxurie uel ire, statim résiste, 
statim allide paruulos ad petram; petra autem est Christus; 
hoc est, amore Christi primos motus interfice. Si permittes 
crescere donec tofum corpus per ignem luxurie accendatur, 
non habebis uires extinguendi, quia tune paruuli creuerunt 
[in tantum] quod efficia[n]tur pugiles magni. Primo quasi 
stupe de facili soluuntur, et, si creuerint, efficientur uincula 
plaustri que rumpi non poterunt. Vnde Dominus antiquo 
(p. 515, c. 2) Serpenti : Ponam inimici[ci]as inter te et mulic- 
rem : ipsa conteret capud tuum (1). Mulier est beata Virgo, 
sancta ecclesia, que[lib]et fidelis anima, que caput Serpentis, 
quasi inicium suggestionis, débet conterere. Sic uincitur Ser- 
pcns antiqu[u]s. 

LXVI. — DE PAVONE DEPLUMATO. 

Contra uanam gloriam et cetera (2). 

Pauo, intcr ceteras aues plumis ornatus et diuersis colori- 
bus distinctus, mansuetuset curialis, uenitad congregationem 
auium. Venil Cornus et rogauit quod daret ei pennas duas« 
Ait Pauo : Quid faciès pro me? Et ait Cornus : Alta noce in 
curiis coram auibus te laudabo. Pauo pennas suas ei conces- 
sit. Similiter Cornix peciit et impetrauit; sic Cucula et multo 
alie aues, quod Pauo totus deplumalus remansit. Debuit pul- 
j • los suos cum ali(i)s (nutrire et) protcgere; non potuit, quia 

j pennas non habuit. Supcrucnit frigus, et periit. Pulli ab eo 

recesserunt, et prout pot[u]erunt uixerunt. 

Sic quandoque rcx, uel cornes, uel miles, uel episcopus ha- 
bent multas uillas, castra, campos etuineas, et est quasi Pauc 
multis uariis pennis bene ornatus. Veniunt et adulatores, 
Hospitalarii, Templarii, monachi, canonici ad talem Pauo- 
ncm, petunt terras, uineas, castra, donaria; promittunt lau- 
des, missas, orationes. Slultus Pauo quando adquiescit, et pos 



\ (i) Genèse, C. m, v. 15. 

i (2) G. 31, MA. 38, MB. 73, MD, 79, AH. 73, CA. 6G. 



ODONIS DE CERITONA FABULA.. 239 

sessiones, unde ipse et sui deberent uiuere, aliis(p. 516, c. 1) 
distribuit. 

Sic fecit quidam rex Aragonum ; vnde successores sui non 
pot[u]erunt, ut decuit, milites tenere, nec inimicis resistere, 
nec regnum suum defendere. 

Sic quandoque de militibus uidemus quod tantum dant 
religiosis, quod to tique rémanent deplumati et heredes exhe- 
rcdati. 

LXVII. — DE BUFONE ET RANA. 

Contra auaros et laycos tenaces (1). 

Bufo, qui habitat in terra, rogauit Ranam, que habitat in 
flumîne, quod daret ei de aqua ad potandum. Ait Rana : Pla- 
cet; et dédit ei quantum uolebat. Rana esuriens rogauit quod 
daret ei de terra. Respondit Bufo : Certe nichii dabo, quia 
ego ipse, timens ne deficiat, [non] comedo ad suffi(i)cienciam. 

Sic sunt plerique in tantum tenaces, quod ex[s]pectant 
quod panes sint muscidi, bacones rancidi, pastilli sintputridi ; 
nec possunt manducare nec pro Deo dare ; timent quod terra 
eis deficiat. Hii sunt bufones Piaboli. [Hjabacuc, [C] ii, [v. 6] : 
Ve ei qui multiplicat non sua! Benedicit non sua; quia non 
audeat ea(s) expendere, inuitus aliis relinquet, T[h]esaurizat, 
et ignorât cui congregabit ea (2). 

LXVIK — [DE CANE ET DUOBUS HOMIMBUS] (3). 

• 

Item Canis comitatur duos homines. Nescitur cuius sit. 
Sed, cum ab inuicem recedunt, Canis Dominum suum sc- 
quitur. 

Sic diuicie sunt cum possessore et mundo. Sed cum pos- 
sessor [m]oritur, diuicie cum mundo rémanente moranlur. 

(1) MB. 74, MD. 80, AD. 74, CA. 67. 

(2) Livre des PsaumeSy C. xxxviii, v. 7. 

(3) MB. 74*, MD. 80S CA. 67*. 



240 ODONIS DE CERITONA FABULiE. 

MaQifc-(p.516,c. 2)stum est igitur quod diuicie sunt mundi 
sequa[ce]s. In [Hjabacuc (1) : Vsquequo aggrauat contra se 
dcnsum lutum? Quicumque enim diuicias auare congregat, 
murum luteum facit intcr se et Deum, inter se et celum, 
quod intrare non poterit. Si scirent cupidi uel crederent que 
sunt eis uentura, plorarent et ulularent. Jacobus, [C] v, [v. l]: 
Agite nunc, diuites, plorate ululantes in miseriis que adue- 
nicnt uobis. Diuicie uestre putrefacte sunt et uestimcnta uestra 
atineis sunt com(m)esta; aurum et argentum uestrum enigi- 
nauit, et erugo eorum erit uobis in testimonium et mandu- 
cabit carnes uestras sicut ignis. 

LXVIII. — DE AShXO ET LEONE. 

Contra eos qui appetunt esse in curlis magnatonun 

et cetera (!2]. 

Léo, rex animalium, semel quesiuit sibi [ministros], ut 
seruirent ei in diuersis officiis. Ingessit se Asinus, dicens 
quodoptime sciret cantarc ctuiellare(6tc). Dixit [Léo] : Audia- 
mus. Et Asinus apcruit ossuum et horribiliter recanauit. Et 
ait Loo : Miser, quare mcntitus es, cum sonus tuus horribilis 
sit? Pocius me a sompno excitaret quam dormire faceret. 
Exeas cito de curia mea. 

Sic pleriquc uollent se in curias regum et princip(i)um 
ingerere ; sed, quia sunt inhabiles, a curiis repelluntur. Ple- 
rique cupiunt saturarc uentrem suum de siliquis porcorum, 
et nemo illis da(ba)t. Silique porcorum sunt preciosa cibaria 
diuitum (p. 517, c. 1) et gulosorum qui sunt porci Diaboli; 
multi monachi, scolares, clerici, layci, cupiunt saturare uen- 
trem de huiusmodo, et nemo illis da(ba)t. Sic cor ad munduni 
recurrit, et cor mundus repellit ; desiderant mundum et amant: 
mundus tamen de hiis non curât. Reuertantur igitur ad 
Patrem suum, uoniant ad Christum, et ipse recipiet eos, 

(1) Voyt'7. (]. Il, V. 0. 

{•2) MA. 3'>, MH. 7:i, MO. 81, AB. 75, CA. 68. 



* ODONIS DE CERITONA FABULA. 241 

amplcctctur ipsos, et faciet magnum festum ; interficiet uitu- 

lum et instruet conuiuium, quoniam maius gaudium est in 

• 

regno celorum super uno peccatore penitenciam agente quam 
super xc[i]x iustis qui non indigent penitencia (1). Si asi- 
nus fueris, scilicet simplex et inhabilis, esto contentus, noii 
querere fieri curialis. Petrus per unam noetem fuit in curia 
Gaife {sic) et Christum negauit. Quando fuit in curia Christi, 
iustus et sanctus perseuerauit. In curiis enim sedet Diabolus 
cum diuitibus in o[c]cultis, ut interiiciat innocentem. Heu! 
quotquot magis desiderant esse de curia Herodis et Chaife (sic) 
quam de curia Ihesu Christi, quoniam, ut dicit Veritas [in] 
Luc, [C] XXII, [v. 28] : Reges gentium dominantur eorum, 
et qui potestatem habent super eos, benefici uocantur. Vos 
autem noti sic; sed qui maior [est] inter nos, fiât sicut iunior, 
et qui precessor est, sicut ministrator. Vtinam simus boues 
Abrahe uel asini qui pascuntur iuxta boues! Job (2). 

LXIX. — DE CANE ET ASINO ET DOMINO SLO. 

Contra ingratum seruitium (3). 

Quidam Paterfamilias habuit Canes, qui, quando domum 
de negociis ueniebat/(p. 517, c. 2) ap[p]laudebant ei, de pedi- 
bus et rostro ipsum tangentes. Asinus hoc uidens pênes se 
cogitauit : Ita debere[m] domino meo applaudere. Semei 
rediit dominus de negotio; occurrit ei Asinus; uoiens ei ap- 
plaudere, pedes anteriores erexit et dominum suum dure in 
facie, pectore, percussit, et dominus iratus fecit Asinum fere 
usque ad mortem fustigare et in stabulum detrudi. 

Sic plerique uolunt assumere officium quod nesciunt trac- 
tare. Sicut quidam uolunt esse sacerdotes, archidiaconi, epi- 
scopi, et tamen sunt asini ad liram (4), asini ad officium, 

(1) Évang. selon S. Luc, C. xv, v. 7. 

(2) Chap. ï, V. 14. 

(3) G. 32, MA. 40, MB. 76, MD. 82, AB. 76, CA. 69. 

(4) Un point à noter ressort de ces mots, c'est qu'ils sont le sujet d'une 

16 



242 ODONIS DE CERITONA FABUL-*:. 

quia ncsciunt cantare, légère, predicare; im(m)o Dominum, 
quantum in ipsis est, in facie peruersis operibus percuciunt. 
Sed Dominus iratus faciet taies âsinos fustigari, in carcere[m] 
géhenne perpetuo detrudi. 

LXX. — DE CASEO ET CORVO. 

Contra nanam gloriam (1). 

Sicut narrât Ysopus, 

Caseus in rostro Gorui pendebat ab alto, 

et Vulpes, cupiens caseum comedere, dixit Coruo : Quam 
bcne cantabat pater tuus ! Vellem audire uocem tuam. Cornus 
aperuit os suum et cantauit, et sic caseu« cecidit, et Vulpes 
eum com(m)edit. 

Sic plerique portant caseum, hoc est nutrimentum, unde 
anima débet uiuere, scilicet pacienciam, graciam, caritatem. 
Sed uenit Diabolus et excitât illos ad opus uane glorie, ut 
cantent, se ipsos commendent, Cmbrias suas magnificent; et 
sic, quia gloriam mundi, non gloriam que_ Dei est, queruni, 
pacienciam et omnes uirtutes amittunt. (P. 5i8, c. 1) Sic 
Dauid, quia populum suum ad uanam gloriam munerauii, 
in magna parte amisit. 

LXX\ — [DE (il'ODAM ATHEMENSI] (2). 

Mos erat apud Athenas, quod qui uoluit haberi prq [p]hi- 
losopho, bone ucrberaretur, et, si pacienter se haberet, pro 
philosopho haberetur. Quidam autem bene uerberabatur, 
et, antequam iudicatum esset quod philosophus haberetur, 
statim post uerbera exclamauit diccns : Bene sum dignus 

«les fal)les dr Plièdre docouverlos à Nai)les et que par cons«Miuent Oilo 
connaissait dans leur intégralité les œuvres du fa1)uliste ancien. 

(1 MA. 41, MB. 77, MD. 83, AB. 77, CA. 70. 

(2 MB. 77\ MI). 83% AB. 78, CA. 70*. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 243 

uocari philosophus; et respondit ei quidam : Frater, si ta- 
cuisscs, philosophus esses. 

LXXI. — DE CICONIA ET GATTO. 

Qnod per qnod uocatur, nec landlbus, nec uituperiis 

mouetnr aliqnis (1). 

Melius est assimulari Ciconie, que anguillam sibi et pullis 
suis ad ueseendum portauit. Quod uidens Catus qui libenter 
com(m)editpisces, licet non uelit humectarepedes,ait:0 auis 
pulcher[r]ima, rostrum habes rubeum et plumas albissimas; 
nunquid rostrum tuum ita rubeum est interius ut exterius. 
Ciconia noluit aliquid respondere, nec rostrum aperire, quia 
noluit anguîllam dimittere. Iratus Murilegus uituperabat 
Ciconiam : Vel es surda uel muta. Non poteris respondere, 
miser[r]ima? Nonne quandoque comedis serpentes que sunt 
animalia uenenosa et inmundissima? Quodlibet animal mun- 
dum munda diligit, et tu, turpia et inmunda. Igitur es inter 
ceteras aues inmundissima. Ciconia, nichil respondens, cum 
anguilla(m) tenuit uiam suam. 

Sic uir iustus nec in laudibus extoUitur, nec (p. 518, c. 2) 
(nec) in uituperiis deicitur. Dicant homines quod uoluerint; 
anguillam non dimittas; caritatem, pacienciam teneas, cum 
silentio procédas, et saluus eris. 

LXXII. — DE CLAUSTUALI AD [DEM (2). 

Quidam uoluit claustralem uitam ducere. Dixit Abbas : 
Laudes hec ossa et benedicas, demonstrato aceruo ossium 
mortuorum. Laudauit igitur et benedixit. Quo facto, quesiuit 
Abbas : Benedixisti ossibus? Respondit : Bencdixi. Querebat 
Abbas : Quid responderunt? Dixit luuenis : Nichil. Itenim 
Abbas : Maledicas et uituperes. Qui sic fccit quantum potuit. 

(1) MB. 78, MD. 84, AB. 79, CA. 7i. 

(2) G. 33, MB. 79, MD. 85, AB. 80, CA. 72. 



244 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

Et ait Abbas : Maledixisti? Et ait luuenis : Maledixi. Et que- 
siuit Abbas : Quid responderunt? Et ait luuenis : Nichil. Ail 
Abbas : Frater, talem te oportet esse ut, si uerus monachus 
uis iieri, ita (quod) benedictionibus et maledictionibus nichil 
respondeas, quoniam enim dicit Isaias, [C] xxx, [v. 15] : In 
silentio et spe erit fortitudo uestra. 

Amos, [C] V, [v. 13] : Ideo prudens in tempore illo lace- 
bit, quia tempus jnalum est; quoniam tempus uile noslre 
malum est. Vnde quidam : 

Ve mihi nascenti! Ve nato! Ve morienti! 

Ve mihi, quod sum! Vel Non uiuit filius, eue! 

Boetius (1) : Quis ita est [enim tam] composite felicilalis, ut 
non ex aliqua parte cum status sui qualitate rixelur? Quan- 
tum est in me, singulis diebus uideo, audio que mihi displi- 
cent. 

LXXIU. — DE HIRCO EQUITANTE. 
Contra irreuerentes dominos suos (2). 

Hyrcus semel factus est seruus Asini, et uidit eum sim- 
plicem et humilem. Ascendit Asinum et uoluil equilare. Asi- 
nus iratus erexit pedes (p. 519, c. 1) anteriores et cecidil relro 
super dorsum suum, et Hyrcum opprcssit et interfecil, dicens: 
Si Asinus est dominus tuus, ne equiles ipsum. 

Sic plerique uidenl dominos suos simplices, uel senes, uel 
cecos, uel inhabiles; contempnunl eos et dérident. 

LXXIIK — [DE PATRE SENE ET FILÏO SUO ET REGE] (3). 

Sic quidam, habens patrem senem, fecit illum custodem 
ouium, cum miles essel. Audiens rcx quod ita maie Iractaret 
patrem suum, misit filium in carcerem. 

(1) Lib H, Prosa 4. 

(2) G. 34, MA. 42. MB. 80, MD. 86, AB. 81, CA. 73. 

(3) MB. 80', MD. 86», CA. 73*. 



ODONIS DE CERITONA FABUL^E. 245 

LXXÏII»». — DE PATRE SENE ET FILIO SUO. 

Contra non reuerentes patres suos (1). 

Alius, habens patrem senem et tussicntcm, ait : Rusticus 
iste, cum tussi et excreationibus suis, tedium nobis infert. 
Proiciatis eum longius et ueterem pellem ouium ipsum indu< 
alis. Et pater, quia niehil aliud habuit ad induendum,fere (2) 
mortuus est. Filius paruulus illius iilii accepit pellem uete- 
rem et suspendit in parieti. Quesiuit pater eius quid uellet 
facere de pelle. Respondit : Ad opus tui, cum senueris, re- 
seruo, quia ita facis patri tuo, et a te addisco qiialiter debeam 
me habere erga senectutem tuam. 

[In] Ecclesiastico, [C] vur, [v. 7] : Ne spernas hominem 
in senectute sua; etenim ex nobis senescunt. 

LXXiV. — DE LUPO ET VULPE. 

Et applicatnr auaris qnos [quisque] decipit et eis qui 

nimis [se] tradunt deliciis (3). 

Lupus obuians Vulpi ait : Compater, unde uenis? Et ait 
Vulpes : De quodam uiuario, ubi pisces optimos cepi et suffi- 
cienter com(m)edi. Quesiuit Lupus : Quomodo cepisti? Ait 
Vulpes : Gaudam in aquam posui, et diu tcnui, et pisces 
credentes quod esset aliquid com(m)estibile, uel quod essem 
mortua, caude adheserunt, et traxi eos ad (p. 519, c. 2) ter- 
ram et comedi. Et ait Lupus : Numquid sic ego pisces capere 
possum? Ait Vulpes : Optime poteris, cum sis forcior quam 
ego. Perrexit ergo Lupus festinanter ad uiuarium, et caudam 
in aquam posuit et diu tenuit, donec esset congelata; gelu 
enim faciebat. Post longam moram uoluit caudam extrahere, 
credens quod multitudo piscium ei adhereret; sed non potuit 

(1) G. 35, MB. 80^ MD. 87, CA. 73^. 

(2) Au lieu de : /ère, il faudrait frigore. 

(3) G. 36, MA. 43, MB. 81, MD. 88, AB. 82, CA. 74. 



246 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

propter gclicidium quod caudam tenuit. Dctcntus est ibi 
usque mane. Et ucncrunt homines et Lupuni fere usque ad 
mortem fustigauerunt. Et cum uix euasissct (1), maledixit 
compatri suo, qui pisces sibi promisit et uerb[er]a et uulnen 
et fere mortem persoluit. 

Sic plerique promittunt amicis et filiis diuicias, et faciunt 
eos usurarios, simoniacos, latrones, et persoluunt (2) sup- 
plicia eterna. De talibus dicitur : Immolauerunt filios suos et 
filias suas demoniis (3). Item adaptatur illis qui ponunt sein 
aquis deliciarum, et tamdiu in deliciis morantur quod in eî$ 
congelantur [et] detinentur quod exire nequeûnt; quoniam 
infixe sunt gentes in interitu, quem fecerunt. In laqueo isto 
quem ab[sconderunt], com[prehensus] est pes eorum (4). Au- 
gustinus : Delectacio alligat eos, vt inde abrumpcre amorem 
et ad utilia uertere non audeant. Si enim conentur, dolor 
est deserere que délectant, et ille do-(p. 520, c. l)lor non sinif 
abscedere. 

LXXV. — DE MUSCA ET FORMICA. 

Contra eos qui, postqu&in sumpserunt corpus dominicimii 

dant et exponunt se peocatis (5). 

Musca scniel contendebat cum Formica, dicens se esse 
nobiliorem et mundiorcm : Quia uescor fréquenter de scutel- 
lis opiscoporum et regum et aliorum diuitum, bibo de ciphis 
illorum, im(m)o in faciem régis quandoque insilio. Tu autem 
habitas in terra et grana recondis, donec sint putrida. Res- 
pondit Formica : Nobilior et mundior sum quam tu, quoniam 
pro tua innuindicia omnes habent te odio, infestant et fugant. 
Quoniam licet quandoque de scutellis diuitum comedas, quan- 
doque tamcn de uilissimo sputo, diuersis putrefactionibus, 

(1) Dans (i ai»n>s ce mot, viennent les suivants : et caudam amisissft. 

(2) Dans MB. on lit : pcrsolvwit eis, 

(3) Voyez le Livre des Psaumes^ C. cv, v. 37. 

(4) Voyez le Livre des Psaumes, C, ix, v. 16. 

(5) MA. 44, MB. 82, MD. 89, AB. 83, CA. 7o. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 247 

de stercoribils boum et aliorum animalium te sacias. Ego- 
autem tantum uescor de grano purissimo. Igitiir manifestum 
est te esse sordidiorum (1), im(m)o inter omnia uolatilia sor- 
didissima. Data est sententia pro Formica. 

Per muscam, quandoque que mundis quandoquc sordidis 
ulitur, intelliguntur quidam sacerdotes, qui ad [exemplum] 
apostolorum qui dicuntur reges terre et aliorum sanctorum 
preciosa cibaria, scilicet Eucaristiam et sanguinem Chrisii, se 
collocanty et postea uilissimus (2) stercoribus luxurie et gule 
et aliorum uieiorum se mortifère reficiunt. Ascendunt in cc- 
lum, descendunt usque ad abissum. Ezechiel (3) : PoUuerunt 
sanctuaria mea ; inter sanctum et prophanum [sic] non habue- 
runt distanciam [et] inter poUutum et mundum non intellexe- 
runt, et coinquinabar in medio illoinim. Ecce quod ipse Deus, 
qui inquinari non potest, dicit se coinquinari ab(p. 520, c. 2) 
illis, quia, quantum in ipsis est, ipsum coinquinant» 

Similiter layci in Pasca et Pentecoste Eucharistiam su- 
munt, fréquenter diuina audiunt, postea ad luxuriam, ad 
gulam, ad alias delicias sordidas se transferunt; de ecclesia 
ad prostibulum, de mundissimo ad inmundissimum, de Déo 
ad Diabolum transeunt. Iste sunt musce Diaboli, quas aranee 
infernales deuorabunt. Assimilare (4) igitur formice, puris- 
sima grana collige, in armario celi reconde, ut possis uiuere 
in hyeme de quibus coUegisti in estate. Parabole, [C] vi, 
[v. 6 à 8] : Vade ad formicam, o piger, considéra uias eius et 
disce sapienciam; que, cum non habeat ducem ac precepto- 
rem et principem, parât [in] estate cibum sibi et congregat in 
messe quod com(m)edat. Golligamus igitur grana, id est bona 
opéra mundata a sordibus luxurie et gule, a uermibus sollici- 
tudinis et auaricie, a pal(l)ea superbie et uane glorie. Hec 
grana celis reponuntur, quando bona opéra desiderio summi 

(1) Ainsi pour sordûftorem. 

(2) Ainsi pour vi/ûstmis. 

(3) C. XXII, V. 26. 

(4) Il y a dans MB. : A%nmxlaTi\ il faut ]ire : kmmxla te. 



:% 



248 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

boni adimplentur. Dominas concedit quod talia grana ad 
celestem patriam mittamus, ut ibidem ueram, dulcem et inde- 
fiçientem refectionem inueniamus, prestante domino nostro 
Ihesu C[h]risto. 

EXPLICIUNT PARABOLE MAGISTRI 0. AD LAUDEM IPSIUS. 

QUI EST ALPHA ET û. 



ODONIS DE CERITONA 

FABULiE QUiEDAM 

IN MSS. CODICIBUS DISPERSA (!)• 

I»». — QUALITER RANE ELEGERUNT SIBI REGEM. (1). 

Similîtcr Ranc coi\siIium inierunt, vt regem sibi facerent. 
Elcgerunt sibi quoddam lignum et crexerunt in regem. Tan- 
dem aseendentes super illud, conculcauerunt dicentes : Quia 
rex noster nullius est valoris, deponamus eum. Quem igitur 
eligemus? Et communi consilio elegerunt serpentem, qui eos 
laniando deuorauit. 

R — QUALITER VOLUCRES ELEGERUNT REGEM (3). 

Volucres cclebrauerunt consilium, vteligerent sibi regem. 
Dixitque vna : Eligamus Columbam que animal symplex est, 
quia nec picat, nec laniat, nec deuorat. Fecerunt autem sic. 
Columba vero simpliciter inter pullos suos conuersabatur. 
Dixerunt Volucres : Rex noster nichil valet, quia nec percutit, 
nec laniat. Deponamus eum et eligamus Miluum. Etfactumest 
ita. Miluus vero, constitutus rex, vno die eum rostro suo et 

{{) Ces fables ont été extraites, savoir : les deux premières et la cin- 
quième, du ms. du Brilisli Muséum Harley 219, et les deux autres du 
ms. 980 de la Bibliothèque Mazarine. 

(2) V. 2, MB. l, MD. 1% H. 3, DG. 7, CB. 7. 

(3) ME. 1, H. 4, DG. 8, CB. 7». 



K V 



ODONIS DE CERITONA FABULk^. 249 

vDgibus laniauit vnum pullum et deuorauii, postea alium et 
tertium, etc. 

Mistice. Sic eciam plurimi non sunt contenti benigno rege. 
aut simplici episcopo aut innocent! abbate ; set eligunt peruer- 
sum qui subditos destruit. 

* 

XXXVIb. — [DE QUODAM STULTO] (1). 

Quidam transiuit per papam, per imperatorem, per reges 
et principes. Venit tandem* ad quemdam pauperem. Pauper 
rogauiteum quodcumeo remaneret.Et ait ille : Quomodo te- 
cum remanerem, ex quo tôt nobiles dimisi? Pro stulto te habeo. 

Sic suntdiuicie que aliquatenus uoluntmorari cum diui- 
tibus, et, si(c} ad tempus secum sint, nunquam credam quod 
semper uelint morari. 

XXXVK - [DE QUODAM ÏNCANTATORE] (2). 

Quidam Incantator transiit per reges et principes et omnes 
excecauit. 

Nunquam, talis si(bi) uellet intrare in domum, recipercs 
eum, et, quoniam uellet tibi oculum a[u]f(f)erre, certe ymmo 
[sic) intrare non permitteres, sed ipsum fugares. Item scr- 
uiens iste dicit[ur] Robertus diues. Iste sunt diuicie que exce- 
cant oculos diuitum. Quoniam reges pro terris et diuiciis 
pugnant et homicidia perpétrant propter diuicias et amorem 
diuiciarum, non recipias. 

XLII. — DE QUODAM DIVITE MULTAS 
HABENTE VACCAS (3). 

Quidam Diues multas habuit vaccas, et erat quedam Vidua 
eidem proxima, vnam tantummodo habens vaccam pinguem ; 

(1) P. 37, AS. 40. 

(2) P. 37% AS. 41. MC. 44, D. 37. 

(3) P. 42, AS. 46, MC. 50, AA. 5, H. 68, AD. 31, DA. 42, DG. 44, RA. U, 

ce. 44. 



258 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

quam Diues ille concupiscens ait seruo suo : Ecce Vidua illa 
pinguissimam habet vaccam, vadc et adduc mihi illam. Qui, 
prcccptum domini sui facicns, domino suo illam adduxit ; qui 
iussit eam interfici, quiapinguis crat, fecitque partem decoqui, 
partemque assari, et ad prandium suum deferri. Set, primo 
morsello inde assumpto suffocatus, ille Diues interijt. 

Vnde Ysaias dicit [C.xxxiii, v. 1] : Ve, qui predaris! Nomie 
ipse predaberis? Iste diues predatus estyaccam, et Diabolus 
eius animam. 



FABULiE QUIDAM 

INTER ODOMANAS IN MSS. CODICIBUS DISPERSA. 

PROLOGUS, 

IN BIBL[0TUEC£ B0DLEIAN£ CODICE DOUCE 88, 
AUTHENTICO PROLOGO PR-EPOSITCS* 

(Fol. 34 a.) Beatus Basilius, coaggerans iuuenes, docebat 
eos anime inunditia[m] et impassibilitatem corporis, gressum 
mitem, uocem mensuratam, uerbum benc ordinatum, cscam 
et potum intumultuosum, ad seniores taciturnitatem, ad 
sapientiores auditionem, ad sublimes subditionem, ad equa- 
les et minores caritatem non fictam, pauca dicere, plurima 
autem intelligere, non temerarios uerbo, non superabundare 
sermonibus, non faciles ad risum esse, uerecundia omari, 
cum mulieribus irreuerentibus non disputare, deorsum uisum, 
sursum habere animum, fugere contradictiones, non magistra- 
lem usurparc dignitatem, nihil existimare omnes seculi hono- 
res. Si autem quis potest aliis proficere, apud Deunt ex[s]pectet 
bonorum operum retributionem, in Ghristo lesu Domino 
nostro. 



ODONIS DE CERITONA FABUL.E. 231 

LXXVI. — [DE AQUILA ET CUCULA] (1). 

(Fol. 312*.) Volucres quondam inuenerunt nidum ex rosis 
contextum et floribus aromatum. Et dixit Aqui(l)la quod nidus 
ille daretur albi {sic pro aui) nobilissime. Et facit conuocare 
volucres celi. Et quaerebat ab cis omnibus audientibus que 
esset auis nobilissima. Et respondit Cuculus : Kuk, kuk. Item 
quaerebat Aquila que esset auis uelocissima. Et respondit Cu- 
culus : Kuk, kuk. Item quaerebat que auis esset formosissima. 
Respondit Cuculus : Kuk, kuk. Et quaerebat que esset auis 
melius cantans. Et respondit Cuculus : Kuk, kuk. Cui Aquila 
indignata ait : Cucula infelix, te ipsam semper laudas, et ideo 
summamcondempnacionis contra te promitto,quodnecistum, 
nec allum nidum unquam habebis. Vnde Cucula semper ponit 
oua sua in nido alterius auis. 

Sic plerique semper se ipsos commendant, et opus suum 
exaltant. Nam [si] queras a religiosis quis ordo sit melior, 
dicunt : Fratres minores ; Cistercienses monachi : Noster melior ; 
Praedicatores eciam; et sic de alijs, qui omnes dicunt : Kuk, 
kuk, se ipsos laudantes. Sic eciam plures magistri dicunt suas 
sententias et suos tractatus esse meliores. Et sic milites et 
aliud quodcunque genus hominum semper cantant : Kuk, 
kuk. Sed iusti et humiles semper se ipsos uilipendunt. Vnde 
Gregorius : Opéra nostra per meritum crescunt, cum aput 
nosmet ipsos per humilitatem decrescunt. Ita, dum nostram 
gloriam quaerimus, (fol. 312 b) placerc ei, qui nos de celo 
conspicit, non curamus. Job, [C] xxxi, [v. 27 et 28] : Osculatus 
sum manum meam in ore meo; que e[s]t iniquitas maxima. 
Manum suam osculatur qui laudat quod operatur, et bec est 
iniquitas maxima. Vnde Augustinus : Qui laudari ab homini- 
bus uult, is uituperante te non def(f)endetnr, ab hominibus iu- 
dicante te non eripietur, dampnante te non liberabitur. Item 
Augustinus : Quisquis enumerat mérita sua. Gregorius : Isti 

(1) X. 5. 



2o2 ODONIS DE CER|ITONA FABULA. 

mérita sua non uident que alijs uidenda praebent. Idem : Inde 
mens dignior eflicitur, vnde sibi indigna uidetur. Vnde eciam 
Verilas nos instruit, dicens, [C] xvii Luce, [v. 10] : Cum fece- 
ritis omnia que praecepta sunt uobis, (e)dicite : Serui inutiles 
sumus : quod debuimus facere, (non) fecimus. 

LXXVII. — [DE PHILOMELA ET SAGITTARIO] (1). 

Sagittarius quidam, auiculam paruam nomine Philome^ 
lam capiens, cum velleteam occidere, vox data est Philomele, 
et ait : Quid tibi proderit, si me occideris? Ne[qua]quam 
[tuu]m ventreni implere valebis; sed, si me dimittere velles, 
tria tibi mandata darem, que, si diligencius conseruares, ma- 
gnam inde utilitatem consequi valeres. Ille vero, ad eius loque- 
lam stupefactus, promisit quod eam dimitteret, si hec sibi 
mandata proferret. Et illa ait : Nunquam rem, que apprehendi 
non potest, apprehendere studeas; de re perdita et irrecupe- 
rabili nunquam doleas; verbum incredibile nunquam credas. 
Hec ita custodi, et bene tibi erit. Ille, ut promiserat, eam dimi- 
sit : Philomela igitur, per a(y)era volitans, dixit : Ve ! tibi, o 
homo; quam malum consilium habuisti et quam magnum 
t[h]esauruni hodie perdidisti ! Est enim in viscéribus meis 
margarita, que structionis ouum suavincitmagnitudine. Quod 
ille audiens valde contristatus est quod eam dimiserit, et eam 
apprehendere conebatur dicens : Veni in domum meam et 
omnem humanitatem ex[h]ibebo et honorifice te dimittam. 
Gui Philomela : Nunc pro certo cognoui te fatuum esse. Nam 
ex istis que tibi dixi, nullum fructum habuisti, quia et de me 
perdita et irrecuperabili doles, et me temptasti capere, cum 
me nequias apprehendere, et insuper margaritam tam gran- 
dcm in viscéribus meis esse crcdidisti, cum ego tota ad ma- 
gnitudinem oui structionis non valcam pertingere. 

Sic igitur stiilti sunt, qui confidunt in ydolis, quia plasma- 
tos a se adorant et custoditos a se custodire se putant. 

(i) AS. 69. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 253 

LXXVIII. — [DE QUODAM HOMLNE ET UMCORM] (1). 

Qui corporales dclectationcs desiderant et animas suas 
ame mori permittunt; similes sunt cuidam homini, qui, dumf 
a facie Vnicornis, ne ab eo deuoraretur, velocius fugeret, in 
quoddam magnum baratrum cecidit. Dum autem caderet, ma- 
nibus arbusculam quamdam apprehendit, et in vase quadam 
lubrica et instabili pedes fixit. Respiciens vero, vidit duos 
Mures, unum album et alium nigrum, incessanter radieem 
arboris quam appréhenderai corrodentes, et iam prope erant 
ut ipsam absciderent. In fundo autem baratri vidit Draconem 
terribilem, ignem spirantem et aperto ore ipsum deuorare 
cupientes (2). Super vasim ubi pedes tenebat, vidit x Aspidum 
capita inde prodeuneia. Eleuans autem oculos, vidit exiguum 
mellis de ramis illius arbuscule, obiitusque periculi in quo 
undique positus erat, se ipsum dulcedini melIis iilius totum 
dédit. 

Moralitas. Vnicornis mortis tenet figuram, que hominem 
semper prosequitur et apprehendere cupit; baratrum vero 
mundus est omnibus malis plenus ; arbuscula uniuscuiusque 
vita est, que per horas diei et noctis, scilicet per Murem album 
et ni[grum], incessanter consumitur, et incisioni [sic) appro- 
pinquant vases; x Aspidum est corpus x démentis composi- 
tum, quibus inordinata corporis compago dissoluitur; Draco 
terribilis, os inferni omnes deuorare cupiens; dulcedo rami- 
culî, delectacio fallax mundi, per quam homo' seducitur, ut 
periculum suum minime intueatur. 

LXXIX. — [DE MURE ET FILIIS SUIS] (3). 

(Fol. 240*, cok 1). Qvidam Mus domesticus habuit filios 
proteruos. Cum exiebat ad pascua, cxterius cucurrerunt, altcr 

(1) AS. 70. 

(2) Lisez : cupientem. 

(3) ME. 14. 



254 ODONIS DE CERITONA FABULA. 

Icdens alterum. Cum vero Mus erat reuersus, omnes fugam 
inierunt. Vno uero tempore, Mure exeunte ad pascua, venil 
Murîlegus querens exitum filiorum a fouea, et vnum cepit, 
post alium, et omnes deuorauit. 

Sic plerique homines sunt, nolentes obedi(e)re matri Ec- 
clesie^siue parentibuSySiue magistris; sed proterue insultant. 
Contra eos venit ergo Murilegus, id est Dyabolus, temptans 
eos, et omnes deuoret {sic) et in jehennam proici(e)t. 

LXXX. — DE DOMINO THEODOSIO, SEDIENSI 

• EPISCOPO (1). 

(Fol. 48). Dominus Theodosius, Sediensis episcopus, semel 
super ripam R[h]odani descendit, ut suos videret piscatores. 
Tandem, cum ret(h)etraherent,videbatureisquod magnum pis- 
cem prendidissent ; sed magnam glaciempropisceinuenerunt. 
Fuit autem in autumno et magis gauisi sunt pro glacie quam 
pro pisce, quia episcopus calore pedum laborauit; unde gla- 
ciem sub pedibus eius supposuerunt, et hec maxime prestabat 
ref[r]igerium. Contigit autem, cum semel staret desuper, quod 
vocem hominis in glacie audiret. Episcopus vero adiurauit 
utcuiusvoxesset fate[re]tur. Respondit: Sum quedam anima, 
que in hoc gelu dicto pro pcccatis meis affligor, et liberari 
possem, si triginta diebus continuis pro me cantares. Episco- 
pus vero, pietate ductus, tricenarium incepit, et, cum circa 
medietatem peregîsset, diabolica suggestione contigit quod 
fere omnes ciues ciuitatis illius inter se bella committerent. 
Vnde ad discordiam sedendam episcopus vocatus sacra indu- 
menta exiuit, tricennarium interrupit, et postea a capite in- 
cepit. Et cum circa duas partes compleuisset, exercitus grandis 
ciuitatem obsedit. Vnde compulsus ofPicium misse intermisit 
et iterum a capite tricennarium incepit, et bene continuauit 
usque ad missam tricesimam; quam cum vellet celebrare, 
Iota villa videbatur inccnsa et domus episcopi, et dixerunt ei 

(1) l)A. 65. 



ODONIS DE CERITONA FABULA. 255 

ministn quod missam dimitteret et fugeret. Et respondit epi- 
scopus, quod, si tota villa deberet cremari, non dimitteret. 
Gelebrauit autem, et in fine misse glacies in aquam remissa 
est et anima liberata, et ignis, quem se vidisse crediderunt, 
tanquam fantasma recessit et damnum nullum intulit. Amen. 

LXXXI. — DE LUPO, VULPE ET ASINO (1). 

(Fol. 344). Semel Lupus audiuit animalium confessionem, 
et cum multa ex eis fuissent sibi magna peccata confessa, tan- 
dem Yulpesdixit, quod multas gallinas rapuit etcomedit non 
benedicendo, et sic de aliis. Postremo uenitÂsinus, qui con- 
fessus est et dixit : Ego subtraxi unum paruum gelima feni, 
quod ceciderat cuidam de curru, et hoc feci propter famem, 
quampatiebar. Dixit Lupus ad Vulpem : Tu non peccasti, quia 
est tibi innatum et naturale, ut rapias gallinas; sed maledictus 
sit Âsinus, qui alienum subtraxit! Et sic mandauit Âsinum 
percutere et sententiauit eum fore suspendio dignuni; sed 
Vulpem dimisit illesam. 

(1) V. 57. 



t-- 



NIGOLAI BOZON 



EXEMPLA QU.EDAM, 

E GALLICA LINGUA IN LATINAM TRANSLATA (1). 



I. — [LEO, LCPUS, VULPIS ET ASIXUS]. 

(Fol. 112**). --Lupus et Asinus et Vulpis semel eranl citati 
ad curiam Leonis, qui dixit Lupo quid faceret ibi? Et respon- 
dit : Domine, inquit, quia osculatus sum quamdam ovem ve- 
nientem de longinqua peregrinacione. Et dixit Léo : Bene! 
statim redeas domi ! Bene sciunt omnes homines quod natura 
tua est osculari oves errantes et custodire que non habent pas- 
torem. Deinde dixit Vulpi : Et tu, Beginalde, prudens in con- 
ciliis, quare es tu in tantum vexatus? — Domine, dixit ille, 
auca super me conquesta(fol.ll3*)est quod,post confescionem 
suam michi factam, nimiam sibi dedi peniteneiam, et citatus 
sum ad veniendum hue ad respondendum de delicto. — Vere, 
dixit Léo, modicum habuerunt facere. Redeas domi, quia ofB- 
cium tuum est dare peniteneiam post confescionem. Post hec 
quesivitab Asino, dicens : Domine Baldewine, quid fecisti lu, 
et quare hue venisti? Respondit ille : Domine, miserere mei 

(i) Les exemples réunis sous ce litre ont été extraits de rédition 
publiée par M"« Lucy Toulmin Smith et par M. Paul Meyer, qui eux- 
mêmes les avaient tirés du ms. Harley 1286 de la Bibliothèque du British 
Muséum. 



^ NICOLAI BOZON EXEMPLA QUv/EDAM. . 257 

pro amore Dei! Transiens per sata, sumpsi buccellam de avc- 
nis unius hominis, et pro tanto sum oonstrictus ad curiam 
vestram comparare. Respondit Léo : Malo tempore velles tu 
destruere probum hominem! Et dixit clientibus et scutiferis 
suis : Primo fortiter verberetur Âsinus et postea flagellis 
consci[n]detur! 

Ita enim est modo in mundo et in Ecclesia de prelatis et 
baillivis, parcentibus illis qui sunt magni et potentes, et op- 
primunt simplices et asininos homines pluries sine ratione. 

II. - [VULPIS ET CORVUS] (1). 

(Fol. 114**.) — Hic dici potest fabula quomodo Corvus 
volavit cum caseo in ore ; quod cernens Vulpis dixit sibi : A ! 
Domine Deus, quod tu es pulcra avis, et multum fores com- 
mendabilis, si cantares ita bene sicut pater tuus fecit! Âlius 
appeciit laudes, et aperiens os ad cantandum, statim amisit 
caseum. Vade, dixit Vulpis, satis habeo de cantu tuo. 

III. — [MILVUS ET LAMPREDA] (2). 

(Fol. 116*.) — Fabula de hoc per avem que vocatur anglice 
a puttocke, et de Lampreda. Dixit ala[ta] : Ubi, ubi? — Ultra 
mare, respondit illa; et dixit Lampreda : Pro qua causa ?^ — 
Respondit : Occidi unam columbam pro qua omnes columba; 
offenduntur et comminantur michi. — Cum quibus armis et 
quo instrumento fecisti banc rem maliciosam? dixit Lam- 
preda. — Vide rostrum meum adhuc sanguinolentum. Dixit 
illa : Revertere sine mora : melius est quod confundas solam 
patriam quam totum mundum. Sicut dicilur : Melior est qui 
abscondit stulticiam suan». Prov. (3). 

(i) Comparez Eudes, f. lxx. De Caseo et Corvo. 

(2) Comparez Eudes, f. xi, De Ciconia et Uxore. 

(3) Non pas Liber Proverbionm, mais EcclesiasticuSf C. xli, v. 18. 

n 



258 NICOLAI BOZON EXEMPLA QUIDAM. 

IV. — [BUBO, PULLUS SLUS ET ACCIPITER] (I). 

(Fol. 116**.) — Bubo (anglice an howle) rogavit Âccipitrem 
ut pullum suiim nutriret et in bonis moribus educaret, quod 
sibi concedens jussit illum adducere et nido suo inter pullos 
suos ponere. Cui dixit Accipiter quod in omnibus pullis suis 
conformaret et illorum educacionem adiseeret diligenter. Qui 
respondit se paratum in omnibus suis parère mandatis. Tan- 
dem Accipiter, pro (fol. 117*) cibo querendo, patriam intravit, 
et rediens nocte nidum suum turpiter invenit [fedatum]. Que- 
renti sibi quis sic nidum maculavit, responsum est quod 
pullus Bubonis illum fedavit. A! dixit Accipiter : Hyt ys a 
fowle brydde that fylyzih hys owne neste, 

Ita est de pluribus natura ignobilibus : scilicet (rota for- 
tune) dignitati sublimatis vel in religione existentibus, quod 
fréquenter ostendunt factis unde processerunt, quia ad educa- 
cionem primariam sepe revertuntur. 

■ 

V. — [PAVO ET PREDESTINACIO]. 

(Fol. 117*.) — Pavo semel conquestus est Predestinacioni 
quod multum gravabatur, quia nescivit cantare sicut Philo- 
menus. Cui respondit Predestinacio : (Fol. 117**) Tu habes 
coUum longum et generosum, caudam longam ad terram, 
pennas diversimode et pulcher[r]ime coloratas; quare ergo 
turbaris et non potius de graciis tuis contentaris, cum tibi 
plurie quam sibi consecuntur? 

Ideo dicit Apostolus : Digne ambuletis vocacione, etc. (2). 

VI. — [LEO, VULPES ET ASINLS CORDE CARENS]. 

(Fol. 118**.) — Ultima condicio asini est quod^ cum senue- 
rit, fit obliviosus, que ostendit aperte vitam m^lorum esse 
periculosam, quia asinus cito obliviscitur loci in que prius 

(1) Comparez Eudes, f. iv, De Busardo et de nido Ancipilris. 

(2) Epistola S. PauU ai Ephesios, C. iv, v. 1. 



NICOLAI BOZON EXEMPLA QUIDAM. 259 

fuerat in periculo, nec propterea curât [non] iterum illuc ire. 
Eccli. 8 : Et si malus cencies ad peccatum suum revertitur, 
eo quod nullam habet resistenciam, si bonum evenerit, hoc 
Dei gracie est ascribendum (1). 

Fabula ad hoc quomodo Léo jacuit infirmus, etc. Ani- 
malia venerunt eum visilare, et Vulpex {ainsi pour Vulpes), 
respiciens urinam, dixit quod, si haberet cor Asini, convales- 
ceret. Statim vocato [Asino], precepit Léo ut interficeretur. 
Tune rogavit Asinus Leonem ut domum suam posset adiré et 
testamentum suum facere, et, testamento facto, juravit se illuc 
reversurum. Videns autem vulpex non satis tempestivum 
asinum revertentem, illum adivit et cautelis suis eum Leoni 
adduxit, qui statim occisus est. Quo mortuo et aperto, statim 
cor ejus Vulpes furatus est, illud secrète com(m)edens. Intérim 
famuli Leonis cor Asini querentes et non invenientes, Vulpem 
Leoni accusaverunt, qui respondit Asinum nullum cor ha- 
buisse, et hoc ostendit per racionem talem : (Fol. il9*) Quia 
memoria procedit ex corde, sed Asinus alias fuit in periculo 
et hoc non obstante hue gratis revenit, per quod patet ipsum 
non habuisse memoriam, nec per consequens habuit cor, eum 
non fuit memor precedentis periculi; cujus ralionem com- 
mendavit Léo et dimi[sijt Vulpem immunem. 

Sic homines mali obliviscuntur sui periculi quousque ad 
finem perducantur ; de quibus loquitur Apostolus, [Epist. 11 ad] 
Thi., [C. m, V. 13] : Mali homines proficiunt in pejus, errantes 
et in errorem mittentes. 

VII. — [TESTUDO] (2). 

(Fol. H9**.) — Natura Testudinis est quod, quando est in 
quiète, non audiens sonitum nec senciens resistenciam, cornua 
prodiicity ut satis audax, sed quam cito senserit flatum, ven- 
tum aut gattam pluvie aut resistenciam aliquam, cornua 
retrahit et infra capud inclusa tenet, (ut vecors). 

(1) Citation altérée de VEcclésiaste, C. vin, v. 12. 

(2) Comparez Eudes, f. xlviii^, Item de Testudine, 



260 NICOLAI BOZON EXEMPLA QU-«:DAM. 

Ita faciunt plures prelati, etc. Ideo dicit prophète Osée (1) : 
Loqucnte Effraym horror invasit Israël. 

VIII. — [MURES ET CATLS] (2). 

(Fol. 119**.) — Taies faciunt, sicut Mures semel fecerunt, 
tenentes (fol. 120") parliamentum suum, in ^uo conquestum 
erat de Cato Mures destruente et illis die ac nocte insidiante. 

Fabula de Calo, quod Mures conquerenies de eo quia pro^e- 
nitores suos destruxisset, et illis die ac nocte insidians sepe a 
suis solaciis impedivit. Tandem unus illorum dédit concilium 
{sic) ut campanella circa collum Cati penderetur, vel ponere- 
tur, et sic premunirentur de adventu Cati, et fugerent. Placuit 
omnibus istud consilium, tanquam bonum et sanum, sed 
querentibus inter se quis hujusmodi consilii fuerit executor, 
non est inventus qui campanellam circa collum Cati ponere 
auderet, vel attemptaret; unde Catus, sicut prius, prevaluit 
contra eos. 

Sic plures, etc.; sed cum vidèrent presenciam illorum quos 
deberent corrigere, non est plus quam : Clym! Clam! the Catte 
lepe over the damme. 

IX. — [ARANEA ET VENTUS] (3). 

(Fol. 120**.) — Aranea per doctrinam suorum parentum 
incipit texere telam ad muscas capiendas, et circa hoc mul- 
tum so[l]licitatur in continuas labocibus, die et nocte, sed mo- 
dico vento perdit laborem. 

Ita est in islo novo seculo. Quam cito sciunt pueri equi- 
tare, mittuntur (adcurias, vel ad mercaciones, vel) ad addiscen- 
dum cautelas, ad capiendumdenarios; de quibus ait Propheta 
Ysay, [C. lix, v.] 5 : Telas aranee tex[u]erunL nec erunt cis in 

(1) C. XIII, V. 1. 

(2) Comparez Eudes, f. liv». De Muribus et Catto, 

(3) Comparez Eudes, f. xv. De Aranea, 



NICOLAI BOZON EXEMPLA QU.ÊDAM. 261 

vestimentam, quia opus iniquitatis in manibus eorum. Pedes 
[eorum] ad malum (fol. 121*) currunt, viam pacis nescierunt. 

X. — [VULPES ET OVIS IN PUTEO] (I). 

(Fol. 121^) — Dicit Spiritus sanctus, Prov. 8 (2) : Si admit- 
tas alienigenam, pervertet te et alienabit te à viis propriis. Sicut 
Vulpes fecit Ovi, querens numquid diligeret casenm. — Non, 
dixit Ovis, quia non convenit nature mee. — A! dixit Vulpes, 
venias mecum, et docebo te amare quod nunquam amasti. — 
Ubi invenire caseum poteris? dixit Ovis. Ait ille : Vidi homi- 
nem portare caseum juxta fontem, et homo sospilavit pede, 
et cecidit caseus in fontem de manu sua. At Ovis querebat 
quoint^do de béret ad caseum venire. Ad quam Vulpes ait : 
Ecce ego prius descendam in una situla, et nunciabo tibi 
nimores. Et descendit et moram traxit. Querente autem Ove 
cur tantum tardaret, respondit caseum ita magnum esse quod 
solus {sic) non potuit portare nec elevare. Descende ergo tu per 
aliam situlam, et statim eHmus expediti. Et sic fecit, sed ipso 
descendente alius ascendit et ad terram saltavit. Et quando 
Ovis erat in profundo, dixit Vulpes ridendo : Est-ne caseus 
bonus et saporosus? Ad quem Ovis voce lamentabili : Male- 
dicaris a Deo! 

For was hyt never myn kynd 
Chese in welle to fynd. 

Prov., [C.]1, [v. 10] : Si te lactaverint peccatores, ne adqui- 
escas eis; si dixerint : Veni nobiscum, etc. 

XI. — [LEO ET MUS]. 

(Fol. 121*».) — Et capias exemplum de uno Leone qui vo- 
luit quiescendo dormire, et Mus veniens excitavit eum; cui 

(i) Comparez Eudes, f. xix, De Vulpe et Lupe et Situla ptUei. 

(2) Non pas Lib. Proverbiorum, C. vin, mais Ecclesiasticiis, C. xi, v. 36. 



262 NICOLAI BOZON EXEMPLA QUIDAM. 

Léo : Vix (fol. 122*) évades quin le occidam! Cui ille : Do- 
mine, hoc non esset difficile potestati tue. Cui Léo : Verum 
dicis, sed misericorditer agam tecum. Vade viam tuam in 
pace. Crastina die accidit quod Léo, in quadam fossa, captus 
erat in retibus venatorum.Tunc veniens Musinvenit Leonem 
lamentabiliter plorantem et dolentem. Cui Mus ail : Quia 
misericorditer egisti mecum, modo vices rependam. Ego 
liberabo te, salvans vitam tuani. Et congregans parentes 
suos, corroderunt cordam, cum qua ligatus fuerat Léo, et 
liberatum abire fecerunt. 

lia est de magnalibus, prelatis et ballivis qui potestalein 
exercen-t in terris. Si misericorditer agant cum subdilis e\ 
pauperibus, dummodo durai eorum poteslas, erunt per koc 
liberati a malis, cum indiguerunt, juxla verbum Salvaton.^» 
Matt., [C] V, [v. 7] : Beati miséricordes, quoniam ipsi, etc. 

XII. — [BOVES ET EORUM DOMINUS.] 

• 

(Fol. 122*.) — Isle est modus malorum servorum, quia, si 
[servus] non facial quod deberet et inculpelur pix)pler hocr^ » 
magislro suo, stalim accusai magislrum suum, dicens ipsi:»-^^ 
iesse crudelem et durum, sicut olim conligil de Bobus et ^i^o* 
rum Domino qui fecil Boves trahere fimum de boveria (angl î ^^ 
fro the chepyn), quod fimum graviter ferentes, Boves cc^^" 
questi sunt do Domino, dicenles quod maie eos traclarel, im^D 
considerans laborem eorum continuum circa viclum illius, <*' 
tandem lamen istum laborem nobis superaddil. Quibus rcs- 
pondit Dominus, dicens : Amici, por quos fuit domus reple^^ 
fimo? Responderunt : Per nos; non possumus contradicer<*- 
Quibus Dominus : Juslum est ergo ut per vos extrahatur, et 
domus mundetur. 

Quare nullus verecundclur servire, juxta sontenciam Apos- 
toli (1) : Servus es? Non sit tibi cure, sed et si liber potes fieri. 

(i) Epistola Paul i ad Corinthios, I, C. vn, v. 21. 



NICOLAI BOZON EXEMPLA QUIDAM. 263 

magis utere scilicet servitute, secundum glosam, quia, secun- 
dum eumdem, qui vocatus est servus libertus est Dom^ni. 

XIII. ~ [LEO, PULLUS ET CAPRA] (1). 

(Fol. 122^.) Narratur quod Léo, Pullus et Capra predam 
deberent dividere, scilicet unum vitulum quem ceperat Léo, 
et dixit Léo : Ad me pertinet pars tercia prede racione domi- 
nii et altéra pars tercia michi pertinet, quia predam cepi, et 
pro alia tercia parte oportet me pugnare. — Non, non, dixe- 
runt alii : vestrum (fol. 123*) sit totum, sine divisione, (quia 
nec scimus, nec audemus contra te pu(n)gnare). 

Ita est de pluribus heredibus : quando sunt ordinati exe- 
cutores, habentes simplices aliquos secum de patria, dicunt in 
divisione bonorum : Ad nos pertinet tercia pars secundum 
jura regni, altéra pars debetur filiis nostris, et pro parte de- 
functi oportet pugnare, id est ptacitare vel contendere. Tune 
dicunt simplices illi : Vestrum sit integrum, quia vobiscum 
contendere non est sanum. Et sic patet miseri hominis stul- 
ticia manifesta. 

XIV. — [LEPUS ET LUPUS] (2). 

(Fol. 124*.) Lepus, cum canes latrare audierit et venatorem 
cornu sonare, fugam capit, cum aliud refugium non habeat 
Bisi velocitatem pedum suorum, quia nec propter donaria vel 
promissa parcerent sibi canes, si illos expectarel, etc. Faciant 
sic iuvenes nostri : cum mulierculas duccntes coreas viderinl 
et audierint venatorem cornu sonantem, id est ministrallum 
fistula canentem, (fol. 124**) vel aliud genus mélodie facientem, 
statim fugiant ne capiantur et morti tradantur, juxta consi- 
lium Apostoli dicentis (3) : Fugite fornicacionem, et non solum 
factis, sed omnem occasionem. Ab omni specie mala absti- 

(i) Comparez Eudes, f. xx, De Leone et Lupo et Volpe {et) Venatoribus, 

(2) Comparez Eudes, f. iaiii, De contentione Lui>i et Leporis. 

(3) Epi$t. ladCorinthios, C. vi, v. 18. 



• » 



264 NICOLAI BOZON EXJCMPLA QUIDAM. 

nete vos. Non dicil : Pugna, scd : Fuge, sciens quod difficile 
est de manibus eorum fugere scu evadere, nisi quis fugam 
voluerit capere; sicut dicit Salomon (1) : Vincula manus ejus, 
id est mulieris. 

Fabula ad hoc de Lupo qui, obvians Lepori, dixit : Quid 
facis tu? Ubi moraris? Unde servis? Quare inter alia animalia 
non vivis? Tu semper latitas, quasi miser et vecors corde. 
— Non, dixit alius. Tecum pugnare volo, et in hoc ostendam 
audaciam meam. — A! dixit Lupus, magnam mercedem tibi 
dabo, si quod promiseris implere volueris. Ad quem Lepus : 
Videas me hic paratum. Et cum hoc cepit fugere. — A! quid 
est hoc? dixit Lupus; pugnas tu fugiendo? — Ita, dixit ah'us. 
Tali modo multos leporarios vici et victoriam optinui. 

Ideo unusquisque, volens contra peccatum victoriam opti- 
nere, fugiat consorcia feminarum, etc. 

(i) Ecclesiastes, C. vu, v. 27. 



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ODON.IS DE CERITONA 

PARABOLiE, 

EX SERMOMBUS SUPER EVANGELIIS DOMIMCALIBCS 

extractj: (1). 



I. — DE QUODAM MILITE PROCESSIONES IMPLENTE (2) 

• 

Processiones impleuit quidam miles qui primo uisitauit 
Bethléem ubi Christus natus est, postea alia loca ubi Christus 
conuersatus est, postea Iherusalem ubi Christus a pueris 
receptus est, et, in singulis locis, calidis lacrimis faciem 
riguit, postea montera Oliueti ubi Christus in celum assump- 
tus est, et cum illic peruenisset, flexis genibus, lacrimando 
ait : Domine, secutus sum te usque ad tocum hune; si pos- 
sem amplius, sequerer te in celum; hoc affecto, hoc desidero. 
Et cum sic dixisset, anima eius in celum assumpta est. 

Sic ergo faciat nos Dominus cum luminecaritatisincipere, 
cum ramis et floribus bonorum operum perficere, ut cum uicto- 
ria ettriumpholaudisadcelestem curiam possimus peruenire. 

II. — DE REGE QUODAM MiTTENTE BACONES 

CUIDAM MILITI (3). 

Rex quidam misit cuidam militi bacones, ut ipsos uenderet 
et uestes [propter] festum Sancti nobile compararet. Stultus 

(4) Les paraboles publiées ici, et, dans les notes, les titres des sermons 
ont été littéralement extraits du ms.lat. 16506 de la Bibliothèque nationale. 

(2) Dominica. i'^, in aduentum domini, MattheuSy .xxi, et in ramis palma- 
rum. — Cum appropinquasset Ihesus Iherosolimis et uenisset Belphage. 

(3) Dominica .û". in aduentum, secundum Lucham, ,xxi. ^ Enmt signa 
in sole et luna et stellis. 



âS6 ODONIS DE CfiRITONA PARABOLiG. 

miles in festo bacones a dextris et a sinistris circa se sus- 
pendit, et cum alii milites egre^ie induti apparerent, ille cum 
baconibus apparuit uestitus. Qui, cum requireretur cur hoc 
fecisset, dixit quod talem robam induit qualem rex sibi misit 
nec illa^^m] commutare uoluit. 

Sic [rex] omnium precepit quod prauam uitam commu- 
temus pro uestimentis uirtutum; qui uero noiuerunt, iu so- 
lempnitate diei iudicij ridiculose baconibus diuersorum pec- 
catorum uestientur, et Dominus qui in celis est irridebit eiS' 

111. — DE RLSTICO ET EJUS DOMINO (i). 

Similes sumus rustico qui inuitatus a domino suo aif 
nobile conuiuium, quando perucnit ad portas domus domini, 
uidit aquam putridam in fouea(m), et, quia aliquantulum 
sitit, de aqua putrida uentrem suum auide adimplet. licet 
socius dicat : Frater, prandium et uinum optimum parauit 
tibi dominus: ab ista putredine abstincas. Cum peruentum 
est ad prandium, de optimis cibariis nichil sumere potest ; sed 
coram (h)omnibus aquam putridam euomit super mensam. 

Ita in presenti quidam utuntur deliciis fetentibus, et, cum 
peruentum fuerit ad cenam domini, miseri peccatores de illa 
gustare nequibunt; sed pocius turpitudinem, quam turpiter 
bibunt, turpissime coram omnibus eicient, nisi per medici- 
nam pcnitencie in presenti fuerint purgati. 

IV. — DE QUODAM RELIGIOSO ET SECULARI El 

MlXISTRAiNTE (-2). 

In eremo erat uir religiosus cui ministrabat quidam secu- 
laris, sed fidelis. Id ciuitate uero erat quidam diues et impius 
qui, mortuus, e(s)t ductus ab episcopo et omni populo ciuitatis 
cum lampadibus defferebatur, ad sepulturam. Quod uidit ille 

(1) Voir le sermon prrcilc'. 

(2) Dominica ,in'^., secundum MaUheuniy ,xi°. — Cum audisset loliannes 
in uinculis opéra Christi. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 267 

qui niinistrabat religioso, cum redirel a ciuitate, deferens ei 
panem, sicul consueuerat. Sed intrans cellam, inucnit quod 
comederat eum bestia, et cadens in faciem ait : Domine, non 
surgam donec monstres mihi quomodo ille impius tam hono- 
rifice sepultus et iste sanctus hec passus sit. Et ecce angélus 
ait illi : Ille impius in seculo recepit gaudium, ut in alio non 
haberet requiem. Iste sanctus habebat aliquid culpe, quia 
delectum est (1) in hoc quod a bestia iaterfectus est, ut re- 
quiem eternam inueniat. Et (in)consolatus qui audierat refe- 
rebat gratias domino. 

V. — DE QLADAM MONIALI VALDE LITIGIOSA (2). 

Quedam monialis, ualde litig[i]osa dum uixerat, post 
mortem in ecclesia sepulta est. In noete sequenti custos 
ecclesie per reuelationem uidit eam ante altare per médium 
siccari (3). Media pars igné cremabatur, altéra pars intacta 
remanebat. Cum custos ecclesie narraret hec altéra die et 
ostenderet locum ipsius flamme, combusto (4) apparuit (h)ac 
si fuisset igné materiali cremata. 

VI. — DE QUODAM EPISCOPO ET EJUS MEDICO ET 

CAUSIDICO (5). 

Vnde quidam episcopus, secum habens medicum ad conser- 
uationem corporis et unum legistam ad conseruationem tem- 
poralium, (et) in exactionibus adqùieuit légiste, in delicatis 
cibariis adqùieuit medico. Tandem medicus dédit ei medici- 
nam et ventris humorem, id est animam purgauit. Vnde epi- 
scopus laborans in extremis ait : Duos pessimos mihi associaui, 
unus,scilicetlegista,abstulit mihi animam, alius uero, corpus. 

(1) Lisez : quod delelum est. 

(2) Voyez le même sermon. 

(3) Lisez : secari. 

(4) Lisez : combmta. 

(5) Dominica quarta in aduentum, secundum lohannem, .i*. — Miserunt 
ludei ab Iherosolimis sacerdotes el leuilas. 



268 ODONIS DE CERITONA PARABOLi£. 

Si illc miser habuisset aliquem qui lucema domini uias eius 
illuminaret, non incidcret (1) in tenebras exteriores. 

VII. — DE QUODAM NOBILI POMPAM MLNDl 

DESERENTE (2). 

Quidam nobilissimus, (qui) pompam mundi deserens, albi 
monachi habitum suscipiens (3), suis ipsum extrahere uolen- 
tibus et quercntibus cur tam uilem habitum suscepisset res- 
pondit, dicens : Melius in uilibus pannis salutem iucrari 
îirbitror quam perdi in sirieis (4). 

VIII. — DE QUODAM MAGISTRO PARISIENSl, LT 

LOQUERETLR ROGATO (5). 

Quidam magister Parisiensis, coram rege et pluribus epi- 
scopis ut loquereturrogatus, sic incepit : Stulti fuerunt Petrus 
et Pauliis. Quod cum bis uel ter repeteret, quesitus ab epi- 
scopis cur talia uerba profcrret, ille eadem uerba repetens, 
rationem assignauit, dicens : Episcopi cum equis faleratis, 
cibariis delicatis, uostibus preciosis, cum uitiis et deliciis 
credunt coliim ascenderc. Ergo Petrus et Paulus stultissimi 
f fuerunt], qui paupertatem, tribulationes, famem et frigus 
sustinueruut, si gloriam Doi, ila de facili ut nostri prelati, 
po[tuiJssent obtincre. 

IX. — DK (iALLLNA ET PULLIS SUIS (6). 

NoUindum ergo quod Dominus comparât se galline (7), pel- 
licano, aquile et matri, propter pium affectum quod erga pul- 

(i) Mieux : illutninassetynon incidisset. 

(2) In natale domini ad terciam missam, secundum lohannem, .i°. -r In 
lirincipio erat uerbum. 

(3) Mieux : smcepcrat. 

(4) Lisez : scricis. 
([}) Sermou précité. 

(6) In die sancti Stephani protomartiri^, Mattheus, .xxiii°, — Dicebal Ihe- 
sus lurbis Iud«ioruin et prinripibus sacerdotum : Ecce ego mitlo ad uos 
pi'ophetas. 

(7) Évang. selon S. Mathieu, C. xxiii, v. 37. 



ODONIS DE CERITONA PARABOL^E. 269 

los suos haberedi[g]noscitur. At[t]enuatur enimgallinaamorc 
puUorum, et habens pennas yrsutas et raucam uocem, et con- 
grcgat pullos suos sub alas, cum uidet miluum uenientem. 
Ita dominus exinaniuit se, formam serui accipiens, cum 
prius esset fortis, et inpassibililer, amore pullorum quos fecit, 
reddidit se debilem et palpabilem. 

X. - DE PELICANO ET FILIIS SUIS (1). 

Pellicanus proprios filios occidit, quia rostra sua contra 
ipsiim erigit et percuciantur (2) ; sed uidens ipsos mortuos san- 
guinem de latere extra[hit], perfundit ipsos et uiuificat. 

Si[c] Eua et Adam, quia rostrum suum per inobedientiam 
contra Deum erexerunt, interfecti sunt. Sed Dominus misertus 
de proprio latere sanguinem ad potandum dédit, et sic ad 
uitam reuocauit. Vnde quidam : 

Yt Pellicanus sit matris sanguine sanus, etc. 

XL — DE MONACHO ET SANGUINE GHRISTI (3). 

Dicitur quod cuidam monacho cuncta cibaria ita aspera 

^idebantur et dura, quod uix ad sustentationem poterat ipsa 

sumere. Quadam nocte in sompnis apparuit ei beata uirgo 

^îcens:Panis tui buccellas intinge(re) in uulncribus filii mci. 

£t duxit monachum ad quandam ymaginem saluatoris in 

cruce pendentis, et monachus buccellas intinxit in uulneribus 

et uidebantur ei optimo condimento condite. Vnde potuit 

dicere quod ait lob, [C. vi, v. 7] : Que prius nolebat tangerc 

anima mea, nunc pre angustia cibi mei sunt, quia pro angustia 

quam filius Dei sustinuit, et amara et aspera, tanquam cibus 

optimus, me reficiunt. 

(1) Même sermon. 

(2) Lisez : erexerunt et percusserunt, 

(3) In solempnitate beati lohannis euangeliste, secundum lohannem, c. 
ultimo. — Dixit Ihesus Pelro : Sequere me. 



270 ODONIS DE CERITONA PARABOL.«. 

XII. — DE UXORE PULCHERRIMA ET PUTRIDA 

ANCILLA (1). 

Quidam habuit uxorem pulcherrimam ; illam spreuit et frer 
quenter afflixit. Quandam ue(n)tulam putridam ancillam sibi 
copulans osculatus est, nutriuit et cum ipsa(s) delicias duxit. 

Vxor anima est, pulcherrima ymago Dei. Ve(n)tula putrida 
est caro quam optime nutrimus, [dum] pulcherrimam prauis 
operibus affligimus. 

XIII. — DE LUPO FACTO MONACHO (2). 

Dicitur : lupus ut possit carnibus (carnibus) agninis saturarî, 
fecit se tonderi, et monachus factus est ; deficientibus carnibus, 
cucullam reliquit et ad siluam reuersus est. 

Verumtamen, qui artam subeunt religionem, presumatur 
quod, ut [pro] Domino in angustiis, non in deliciis, militent, 
se circumcidunt. 

XIV. — DE DIABOLO ET ABBATE (3). 

Diabolus dixit cuidam abbati qui bénigne secunduni euan- 
gelicam legem monachos suos gubernauit, quod precepta 
super adderet. Hoc fecit diabolus ut plures sibi illaquearet. 
Huius enim precepta sunt laquei et offendicula inter nos et 
Deum. 

XV. — DE CLAUSTRALI ET FRATRE CARNALÏ i4;. 

Claustralis illc ucre mundo mortuus fuit, ad quem uenit 
frater carnalis, indigens et postulans quod sibi in aliqua 

(1) In natale innocentum, Mattheus, secundo (lisez : primo). — Angclus 
domini apparuit loseph in sompnis. 

(2) In circumcisionc domini^ Lucha{s)y .ij^. — Postquamconsummutisunt 
(lies octo ut circumcideretur puer. 

(3) Dominica. i*. post circumcisionem dominiy Lucha{s\y .ij**. — Cuni fados 
esset Ihesus xii annoruni. 

(4) Môme sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOL^E. 271 

(h)ele[e]mosina subuenirei, et dixit claustralis : Vade ad fra- 
trem nostrum; forsitan aliquii dabit tibi. Et respondit alius : 
Frater noster mortuus est, nec, ait, mihi dare poterit. Et res- 
pondit claustralis : Sic ego similiter mortuus sum, in claustro 
sepultus; vnde tibi in aliquo non possum subuenire. 

XVI. — DE JULIANO APOSTATA LETALITER 

VULNERATO (\). 

Iulianus apostata, qui cum in uita sua Dominum in mem- 
bris [ecclesie] persequi non cessaret, [et] cum a milite, <juem 
beata uirgo resuscitauit ut ipsum interficeret, lethaliter esset 
uulneratus, iacens in terra(m) sanguinem proprium cum manu 
contra Deum in altum pfoiecit, dicens : Ihesu, uicisti; Ihesu, 
uicisti. 

Huiusmodi non sunt animalia domestica habentes(5{c) pasto- 
rem, cum uocem eius nonaudiunt, sed lupi silnestres, leonem, 
id est diabolum, regem habentes, qui eos non pascet, sed 
deuorabit. 

Xvil. — DE EREMITA ET FURIBUS \^), 

Quidam heremita [semel] pecuniam sibi datam ad capud 
[lecti] reposuit. Quadam nocte uenerunt fures ut pecuniam 
sibi auferrent; quo cognito accepit [pecuniam] heremita et 
proiecit latronibus dicens : Accipite tremorem capitis mei. 

XVIII. — DE SOCRATE ET PONDERE ALRI (3). 

Socrates philosophus ueniens ad At[h]enas, secum ferens 
pondus auri, proiecit in mare, dicens : Submerga[m] te, ne 
submergar a te. Non putauitse posse diuitias simul et uirtutes 
possidere. 

(1) Même sermon. 

(2) In Epiphania domini, MattkeuSy ,ij°. — Cum natus esset Ihesus in 
Bethléem Iiide in diebus Herodis. 

(3) Même sermon. 



272 ODONIS DE CERITONA PAJIABOL^. 

XIX. — DE HORTULANO, SATHANA ET MEDICO (I). 

QvLdam ortulanus omnia sua expendebat propter uictum 
suum. Sathan misit in c(h)or cius quod timoré egritudinis 
aliquit coUigeret, ut expenderot, si forte egrotaset.' GoUegit 
plenam lagcnam denariis. Contigit quod putrefiebat pes eius. 
Quicquid collegerat in medicis iam expendebat, et nichil pro- 
fuit. Tandem medicus dixit quia totum corpus conputresceret, 
nisi pes abscinderetur. Statuta die ut pes amputaretur, in 
nocte précédente cepit flere dicens : Domine, memor eslo 
operum priorum. Et uenit angélus et quesiuit : Quare pecu- 
niam congregasti? Respondit ortulanus : Domine, peccaui, 
ignosce. Et restituit ei pedem. Et cum in crastino uenit medi- 
cus, dixit familia quod in agrum iuit laborare, et medicus Deo 
gratias rcferens recessit. 

Ne turbetur igitur iustus pro [ajmissione terrenorum, ne 
cum Herode collocetur in loco tormentorum. Solum timeat ne 
Deum offendat; timeat ne regnum celorum a(m)mittat. 

XX. — DE QUODAM EBRIO IN TORMENTIS (2). 

Quidam monachus in Anglia ductus est in spiritu, ubi plu- 
res uidit in tormentis. Quemdam interrogauit, [querens] causam 
sue pêne. Qui ait : Fere singulis diebus me inebriaui. Tamen 
singulis uesperis lampadem coram al tari sancti Nicolaj [pro- 
pter ebrietatem] accendi. Tamen quadam nocte cum (h)ebrius 
iacerem in lecto/uidebatur mihi quod bufo per os meum et 
guttur intrauit et cor momordit, et mortuus sum, et demones 
animam in ista tormenta portaucrunt. Requisitus si unquam 
saluaretur, respondit : Ncscio; tamen fiduciam habeo in bono 
Nicholao [quod liberct me]. 

(1) Même sermon. 

(2) Dominicu iii'^ post natale]^ secundum lohannemy .«<>. — Nupcio fade 
sunt in Cana Galilée. 



*?>. 



ODONIS DE CERITONA PARABÔL-^. 273 

XXI. — DE REGE QUODAM POTENTISSIMO 
JUVENIQUE QUODAM PULCHERRIMO ET EJUS UXORE (1), 

Rex quidam potentissimus ortum deliciarum semel fecit, 
lignis pomiferis, herbis et iluminibus decenter ornauit. Cuidam 
iuueni pulc&errimo et uxori eius ortum commendauit et pro- 
hibuit quod si leprosus ortum intraret, osculum ei non darent 
nec persuasioni eius acquiescèrent. Quod si faceVent, leprosi 
cum leproso efficerentur. Contigit paulo post quod leprosus 
intrauit et quedam custodibus persuasit; osculum porrexit. 
Custodes ei acquiescentes facti sunt leprosi. Veniens autem 
predictus rex, increpans custodes eo quod ex culpa sua iam 
facti sunt (2) leprosi, eiecit eos de orto deliciarum. At illi 
genuerunt filios et filias leprosos. 

' Rex est omnipotens t[ui paradisum creauit et decenter or- 
nauit. Adam et Euam in pulcritudinem innocencie plasmauit 
et paradisi custodes constituit, prohibens ne de liguo sciencie 
boni etmali comederent. Postea diabolus, lepra peccati plenus, 
lignum uetitum in speciem serpentis ascendit, et ut de fructu 
ligni comederet Eue persuasit. 

XXII. — DE DUOBUS FRATRIBUS RELINQUENTIBUS 

EREMUM (3). 

Vnde in uitas Patrum : Duo fratres relinquentes heremum 
duxerunt uxores. Postea pénitentes dixerunt : Quare dimisi- 
mus angelicam uitam? Reuersi sunt, et, peccata sua quibusdam 
senibus conRtentes, clausi sunt anno integro, et datus est eîs 
panis ad pensum cum aqua. Post penitentiam eiecti sunt 
foras, et uiderunt unum nimis tristem et alium ylarem ; et 
querebatur quare unus tristis et alter ylaris. Altcr respondit : 
Ego semper fleui pro peccato meo. Alter dixit : Ego semper 

(1) Dominica. iUj^., secunduin Mattheum, .viii'*. — Cum descendisset Ihe 
sus de monte. 

(2) Lisez : sint. 

(3) Même sermon. 

18 



il4 ODONIS DE CERITONÀ PARABOLiC. 

gratulatus sum, quia Dominus subtraxit me a peccato. Quo 
amlito, (lixerunt senes : Equalis est eorum penitentia. 



XXIII. — DE QUODAM SENE RECUSANTE VIMM ,1 . 

Non inanducans manducantcm non spernat. 

Vnilo quidam senex uenit ad quandam festiuitatem. Cui 
runi uinum porrigeretur, ait : Tollite a me mortem istam. 
Quod uidorunt alii; adhuc alia uice oblatum est ei, et noluit 
aocipero. Sod cum uideret alium recipere, contempsit eum et 
fugit in (Tiptam que cecidit super eum. Et cum audirent soni- 
tum, occurrerunt et inuenerunt semiuiuum, et obiurgando di- 
xorunt : Feoit Deus uindictam inteprouanagloria.Abbasuero 
dixit : Benelocit Dous, quia per istuni multi corrigentur; et 
iiissit quod non rehedificaretur cripta, vt sciant homines quod 
propter culicom uini cecidit. 

Ecce quod singularitas reprobatur. 

XXIV. — DE QlîODAM RESUSCITATO PROPTER 
L.VCRIMAS SACERDOTFS (2). 

(Juidain sacordos, laborans in uinea, uocatus est ad quen- 
dani egrotum, ut penitentiam eius reciperet. Qui ait nuncio 
quod statiin ueiiiret, quia modicum opus restabat ad perfi- 
ciondum. Xuncius rediens inuenit iam morientem et paulo 
post uenit sacerdos, et nuncius uenit obuius, dicens quod non 
oporteret ipsum laboraro, quoniam ogrotus expirauit. Sacer- 
dos, supra modiim dolens, totum se in lacrimas dédit, eo quod 
pro ciilpa sua animani periculum sustinore credidit. Anima 
uero oorpori redditur, et quesitus quomodo reuixit, ait quod 
spiritus nigri animam [dejduxerunt. Et uenerunt angeli pul- 
clierrimi, et dixerunt nigris quod animam corpori restituèrent, 
quoniam Dominus gomitus et lacrimas sacerdotis prospexit. 

(1) MtMne sermon. 

(2) Mt^nn; serinon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOL.t. 275 

Sic, si nostri sacerdotes uirtutibus uallati essent, multas 
animas a uia inferni liberarent. 



XXV. — DE ELYSEO ET FERRO SECURIS (1). 

Cum filii prophetaruno cédèrent ligna, accidit uni quod 
ferrum securis cecidii in aquam, exclamauitque ad Helyseum : 
Heu, heu,» heu, domine mi, et hoc ipso mutuo acceperam. 
Heliseus autem precidit lignum et misit illuc; natauitque 
ferrum, et ait : Toile. Qui extendit manum et tulit illud. 

XXVI. — DE QUODAM EREMITA ET CADAVERE 

F ET EN TE (2). 

Semel dixit angélus cuidam heremile, quia quendam qua- 
triduanum traderet sépulture. Veniens ergo heremita ad 
cadauer fortiter propter fetorem nasum tenuit. Cum autem 
ueni[sset] quidam pulcher domicellus, angélus nasum suum 
tenuit. Et requisiuit heremita quare hoc faceret, et dixit an- 
gélus : Quia iste pulcher domicellus, propter peccatorum 
fetorem, plus feteret in conspectu Domini et angelorum quam 
cadauer iliius cuius fetorem abhorres. 

XXVrr. — DE REGE POTENTE MARI JUBENTE 

NE ASCENDERET (3). 

Quidam rex potens, quem hominos quasi pro deo habue- 
runt, pedem posuit in limbo maris, et iussit aquis ne ascen- 
derent minime. Tamen [non] obedientes pedes eius transcen- 
dcrunt. Et ait rex : Ille uere est rex et dominus qui aquas, 
prout uult, ascendere facit. 

Ihesu bone, quoniam in naui nobiscum [te] esse credimus, 

(1) Dommica. V^.post natale, secitndum Mattheum, ,viii'*, — Ascendente 
Ihesu in nauiculam. 

(2) Même sermon. 

(3) Même sermon. 



276 ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 

uentis et mari imperando, in presenti nobis iribuas tranquil- 
iitaiem, ut tandem perducas nos ad pacem eternitatis. 

XXVIII. — DE BEATO BERNARDO ET EJUS 
PARVULO FRATRE (I). 

Nolite possidcre aurum, nec argentum, nec pecuniam in 
/onis. 

Beatus Bernardus, cum fratres suos prêter minimum [ad 
(»rdinem] traxisset, semel equitauit per uicum ubi fratrem 
suum minimum aspexit ludentem, [et] ait : Frater, habes 
nostrum patrimonium, et nos habebimus paradisum. Respon- 
dit paruulus : Frater, hec non est bona particio; ymmo par- 
lera meam in paradiso tecum rcquiro. Et reliquit patrimo- 
nium terrenum et factus est monachus. 

Sed malunt homines esse successores hcredis quam Ghristi. 

XXIX. — DE BEATO BENEDICTO ET MERULA (2). 

Legitur de [beato] Benedicto, quod, dum esset in orto, 
quedam merula uoluptabatur ante faciem eius, ita quod tanta 
uesligia uoluptatis reliquit in eum ut claustrum [suum] pro- 
poneret exire, matrimonium contrahere et in deliciis uitam 
ducere. Sed gratia Dei succurrente statim rediens ad se, uidit 
urticas et uepres in quibus nudus se proiecit, et sic ardorcm 
uoluptatis extincxit. 

Clauus enim clauo retruditur; liuor liuore sanatur. 

XXX. — DE ABBATE PAULO SCINDENTE SERPENTES 

ET SCORPIONES (3). 

Abbas Paulus tenebat in manibus cornutos serpentes et 
seorpiones et scindebat per médium; quod uidentes fratres in- 

(<) In purificatione béate Marie, secundumyLuchamy Ai"^, — Postquani 
impleti sunt dies purgacionis Marie. 

(2) Même sermon. 

(3) Dominica in sepluagesima, secundum Matheum, .xx^. — Similc est 
regnum celorum homini pali i familias qui exiit primo mane. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 277 

terrogauerunt quomodo hoc faceret. Quîbus ait : Si quis erit 
purus, sicut Adam fuit in paradiso ante peccatum, omnia subi- 
cientur ei. 

XXXr. — DE QUODAM MONACHO ET BASILISCO (1), 

Quidam monachus, ut dicitur, basiliscum ntitriuit, et tan- 
dem ipsum monachum interfecit. 

Ita, qui uermem peccati per gulam uel luxuriam in carne 
sua nutrity ab ipso peribit. 

XXXII. — QUOMODO QUIDAM FACTUS 
EST MONACHUS (2). 

In uilas Patrum : Dicebat quidam quod, cum esset puer, 
[et] fréquenter uidisset intrare patrem suum in templum ido- 
lorum (sic) quorum erât sacerdos, (sed) cumque occulte intra- 
uerat, uidit Sathan sedentem et omnem maliciam (3) astan- 
tem illi, et ecce unus de principibus ueniens adorauit eum 
dicens : In illa prouincia co[m]moui bella, et eiTusus est mul- 
tus sanguis, et ueni nunciare tibi. Cui Sathan : In quanto 
tempore? — In uiginti diebus. Qui iussus est flagellari propter 
moram : Tanto tempore hoc fecisti. Et ecce alius uenit et ait : 
In mari feci tempestates et submersi multos. — In quanto 
tempore? — In uiginti diebus. Qui eum fecit flagellari propter 
moram. Et tertius adorauit et dixit : In illa ciuitate erant 
nupcie et in decem diebus excitaui lites et feci occidi spor- 
sum cum multa effusione sanguinis, et ueni nunciare tibi. 
Quem etiam fecit uerberari. Alter ait : In eremo fui per qua- 
draginta annos,et uix feci fornicari in hac (in) nocte quendam 
monachum. Quo dicto dominus ille surrexit et osculatus est 
eum, et imposuit coronam suam super caput eum (4), et fecit 

(1) Dominica in sexagesima, sccundum Lucham, .vm°. — Cum turba plu- 
rima conuenirent ad Jhesum. 

(2) Même sermon. 

(3) Ainsi pour militiam. ■ 

(4) Lisez : ejtis. 



278 ODONIS DE CERITONA PARABOLyE. 

cum secum scdere, dicens : Magna fecisli. Hoc cum audissem, 
dixi monachum magnum esse, et ita sum factus monachus. 

Vnde in Mattheo, fC. xiii, v. 25] : Dum dormirent homines, 
uenit inimicus homo et super seminauit zizania et appetitum 
uane glorie et pecunie. 

XXXIII. — DE QLODAM SIMPLICE OCULOS 

DOLENTE (1). 

Quidam simplex doluit oculos et consuluit compatrem 
qualiter posset dolorem mitigare. Dicit ei compater: Erue tibi 
oc(c)ulos de capite et pone eos in bursam, et de cetcro dolo- 
rem in oculis non sencies. Iste stultus, si consilio ad quies- 
cerct, nonne oculos amitteret? 

Ha crudelis dicet inimicus : Erue tibi oculos et pones 
eos per auariciam in bursam, uel in pulcram mulierem per 
luxuriam ; cuius admonicioni multi adquiescunt. 

XXXIV. — DE Ql ODAM RI STICO MALUM HABENTE 
IN OCULO ET DE VICINO EJUS (2). 

Vnde quidam rusticus, malum habens in oculo, quesiuit B' 
uicin(i)o qualiter curaretur. Qui ait quod cèpe calidum semel 
apposuit ad consimilem morbum in pede et consecutus estsa- 
nitatem. Vnde consuluit quod cèpe calidum in oculo suo appo- 
nerel. Et hoc facto in crastino oculum suum inuenit penitus 
extinctum. 

Non enim quod sanat calcaneum sanat oculum, quia uni- 
cuique morbo propria medicina adhibenda est. 

XXXV. — DE REGE NINIV.t: (3). 

Rex Niniue fecit homines et bestias ad predicationem lone 
ieiunare. 

(1) Dominica in quinquagesima, sccundum Lucham, .arviy*. — Assumpsit 
Ihesus .XII. discipulos suos secreto, et ait illis. 

(2) In capite ieiiiniiy secundum Mattheum, .vi^, — Cum ieiunatis, nolile 
fieri sicut ypocrite. 

(3) Même sermon. 



ODONIS PE CERITONA PARABOL.*:. 270 

Et taies more bcstiarum ieiunant, qui, in aliis uiciis bes- 
tialiter uiuentes, a cibis abstinent. Plus ualet a uiciis iciunare 
quam a cibis. 

XXXVI. — DE DIABOLO SUADENTE CLIDAM MONACHO 

QUOD JEJUNARET (1). 

Diabolus in specie angeli dixit cuidam monacho quod per 
viij uel viiij dies ieiunarct, quia cite mori debuit et mundior 
ad celestem curiam transiret. Monachus uero forsitan per taie 
ieiunium tam animamquam corpus interfecisset, (et) nisi abbas 
eius fatuum propositum reuocasset. Vndc per aliquot annos 
contra mendacium diaboli, postea uixit. 

XXXVII. — DE QUODAM MONACHO SE JEJUNARE 

PRiETENDENTE (2). 

Amen dico uobis : Reccperunt mercedem suam (3), id est 
laudem quam querunt; insuper penam eternam récipient. 

Vnde monachus quidam, qui coram fratribus se ieiunare 

pretenderat sepius, laborans in exlremis, fratribus, qui aliquid 

dignum memoria audire sperabant, ait : Quando me uobiscum 

ieiunare credebatis, occulte comedebam, et nunc ecce ad deuo- 

B^andum drachoni tradilus sum. Qui cauda sua genua mea pe- 

Masque colligauit. Capud suum intra os meum mittens, spiritum 

:meum ebibens abstraxit. Quibus dictis, statim defunctus est. 

Tu autem, cum ieiunas, unge capud tuum [interius], id est 

:K~nentem spirituali letitia, ne uidearis hominibus ieiunus, sed 

atri tuo uide.aris.qui est in abscondito, id est corde per fidem. 

XXXVIII. — DE QUODAM AVARO AD EXTREMAM 
HORAM VITiE SU.t: VENIENTE (4). 

Audi fetorem Gregorii in Dialogo : Quidam, in adqui- 
endis diuitiis auaricie fascibus accensus, ad extremum ue- 

(1) Même sermon. 

(2) Même sermon. 

(3) Ëvang. selon S. Mathieu, C. v, v. 2, 5 et 16. 

(4) Même sermon. 



280 ODONIS DE CERITONA P^RABOL^. 

nions, cadem hora qua de corpore erat exiturus, apertis ocu- 
lis uidit nigerrimos spiritus coram se assistere, ut ipsum ad 
inforni claustra râpèrent. Cepit tremere, pallescere, sudare, 
maximis uocibus inducias petere. Filium suum maximum 
uocauit et ait : Filî maxime, nunquam aliquid mali tibi feci; 
in fide tua me suscipe. AiTuit familia cum maximo. Per eius 
confessionem demones affuisse intellexerunt. Pauore autem 
demonum hue illuc in lectulo uertebatur. Quocumque se uer- 
tebat, tctri spiritus aderant. Pre angustia autem cepit magnis 
uocibus clamare : Inducias usque mane ; inducias usque mane! 
lam ita delicie et diuitie fetebant, quod totum mundum pro 
induciis unius diei uel unius noctis dedisset, ut a fetore uitio- 
rum et diuitiarum se posset liberare; sed, cum ciamarct, a 
demonibus de camis habitaculo euuisus est. 

XXXIX. — 1)K BEATO ANTONIO ET VAS! AUREO {i\ 

Boatus Antonius, cum iret per desertum et uas aureuio 
cpiod (l(»niones in uia ni; proiecerant inuenisset, tangero 
noluit. 

SimilitcM* Sancti a diuiciis abstinuerunt, ne manus lutosa^ 
coram Domino portarent. 

XI.. — DE QUODAM STULTO CLM DOMO 
SUA COMBISTO (2). 

Quidam stultus, cum domus sua accenderetur, paleam et 
ligna apposuit, ita quod domus cum ipso combusta est. 

Taies sunt cupidi, qui multiplicando diuicias credunt ignem 
auaricie extinguere; sed quando talia ligna, scilicet temporalia, 
congregantur, tanto magis ignis auaricie accenditur. 

(1) Mémo sermon. 

(2) Dominica in quadragcsima, secundum Matihcumy Àiij^. — Duc! us est 
Iliesus in deserlum a Sjûrilu sniclo. 



f 



ODONIS DE CERITONA PARABOL-^. 281 

r 

XLL — DE BEATO ANTONIO LAQUEOS 
MUNDF TIMENTE (1). 

Vnde beatus Antonius, cum mundum laqueis uidisset reple- 
tum, quesiuit quis posset illos laqueos euitare. Cui rcsponsum 
est quod solus humilis. 

XLII. — DE QUODAM VISPILIONE iEGROTANTE (2). 

* 

Vere coherebant labia cuiusdam uispilionis in Viuariensi 
diocesi, qui incidit in egritudinem. Episcopus et sacerdos affue- 
runt; ipsum ut peccata confiteretur, et, sicut uir catholicus 
communicaret, per penas et premia inducere nitebantur. At 
ille, mutus ad bona [sacramenta] , penas et premia quia friuola 
reputans, dixit se de talibus non curare. Instanter tamen 
aquampostulauit, ut biberet. Sacerdos autem, ipso nesciente, 
aquam benedictam egroto porrexit. Egrotus auide bibit; de qua 
cum biberet, statim auxilium Dei proclamauit; sacerdolem, 
cui peccata confiteretur, affectuose postulauit. Quo expleto, 
sicut uir iidelis uitam finiuit. 

Ecce quod labia, que, per aquas maledictionis clausa, per 
aquas benedictionis, gratîa Dei adiuuante, aperta sunt. 

XLIII. — DE CIPRIANO HABENTE DEMONES 

IN ARCHA (3). 

Ciprianus quidam, Cart[h]aginiensis magus, in pixide re- 
trusos habuit demones in archa, [et, quando uolebat, mittebat 
eos ad négocia sua peragenda. Quadam die precepit eis ut ad- 
ducerent ei sanctam lustinam, virginem quam diiigebat, et non 
potuerunt, quoniam signaculo crucis se signauit; ob quam 
causam factus christianus passus est pro Domino, et uirgo]. 

(1) Même sermon. 

(2) Dominica .iy*. quadragesime, secundum Lucham, .xi, — Erat Dominus 
Ihesus eiciens demonium. 

(3) Même sermon. 



282 ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 

XLIV. - DE QUODAM FURE VESTIMENTA 
ALTAHIS TOLLENTE (1). 

Quidam pectus, quasi ueniam postulando, una manu per- 
cuciebat, alia uero uestimenta aliaris furtim tollebat. 

Quidam sacerdoti ore confitebatur, etcultellum eius occulte 
furabaCur. 

XLV. — DE IQUODAM PREDICATORE ET EJUS ASINO (2). 

Item predicator quidam soluit asinum quem solebat equi- 
tare, et dimisit extra, et intrans ecclesiam orauit. Verumpta- 
men in oratione qualiter asinum suum. dimiserat sine cus- 
todia cogitauit, et, reuersus ad asinum, ait : Tu glosasti meum 
Pater nosteVy et de ipso plus quam ego habuisti, nunquam de 
cetero glosabis. Et dédit eum pauperibus, ne oratio sua per 
asinum impediretur, quando (3) mens diuisa non impetrat. 

XLVI. — DE QUODAM THEOLOGO BREVITER 

LOQUEME (4). 

Quidam theologus rogatus a quibusdam canonicis ut bre- 
uiter in capitulo loqueret\ir, bec uerba tantum protulit : Qui 
est ex Deo, uerba Dei audit et cetera. Propterea uos non auditis, 
quia ex Deo non estis. Interrogatus quare plus non dixerit, 
respondit : Quia rogauerunt eum priûs quod breuitur loque- 
retur. 

Amenum est multis cantilenas et pastorellas incendiis uiti- 
orum plenas audire; cantilena Ihesu Christi, uerba salutifera 
fastidiunt. 

(1) Mt>me sermon. 

(2) Mt^me sermon. 

(3) Ms. 2593 : quoniam. 

(i) Dominica in passione, aecundwn Johannerrif .viij, — Quis ex uobis 
arguet me de peccatis? 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 283 

XLVII. — DE RUSTICO NUTRITO IN FIMO STABULI (1). 

Rusiicus, in fimo stabuli nutritus, cum semel transisset 
apud montem Pessulanum per uicum, ubi diuerse species aro- 
matice terebantur, quasi mortuiis in extasim cecidit, et, cum 
nuUo artiiicio medicorum posset pristine sanitati restitui, qui- 
dam, pristinam conuersationem eius cauie inquirens, fimum 
bonis naribus eius apposuit, et statim specie eius reuixit. 

Similiter filii Israël manna quemlibet saporem continens (2) 
in deserto fastidiebant. Sepe porros et allia, quibus in Egipto 
uesci solebant, desiderauerunt. Et si(c) talia cum acerbitate 
sumuntur, inflationem générant, lacrimas prouocant. 

XLVrri. — DE FRATRE CISTERCIENSI GERALDO 

ANGELOS VIDENTE (3). 

Quidam nomine Geraldus, ordinis Gisterciensis monachus, 
taie donum diuinitus recepit, quod super hominemiustum an- 
^elum uidit [in specie stelle lucentis, insuper iniustum, ange- 
lum] malum in specie stelle nigre ; in pessimis uero, scilicet 
liomicidiis et consimilibus et in illis qui non erant conuer- 
lendi nichil uidit, quia, ut dicitur in Euangelio, uulpes foueas 
liabent, id est dcmones, in pessimis [ubi] quidem uideri ne- 
^ueunt. Volucres celi [habent] nidund (4), id est demones, super 
mediocriter malos ita quod a sanctis quandoque uidentur. 
Ynde cum quidam frater Gisterciensis egrotaret, sacerdos con- 
ifessionem eius audiuit et postea predictum Geraldum adduxit 
«d egrotum, ut contemplarelur si angelum bonum haberet. Et 
dixit frater Geraldus quod, si in tali statu raoreretur, dampna- 
retur. Iterum accessit sacerdos ad egrotum, et efficaciter com- 
monuitquod sibi singula peccata manifestaret. Etdixit egrotus 
quod omnia quorum memoriam habuit sibi manifestauit. Ile- 

(i) Même sermon. 

(2) Ainsi ponr continente. 

(3) Même sermon. 

(4) Ëvang. selon S. Luc, C. ix, v. 58. 



284 ODONIS DE CERITONA PARABOL-*. 

rum adductus est sibi frater Geraldus, ut diligenter egrotum 
conte^mplaretur, et dixit frater Geraldus quia nondum eratin 
bono statu. Accessit tercio ad eum sacerdos, scilicet egroto(i), 
et cum singulari diligentia inquireret, inter cetera quesiuil 
utrum proprium haberet. Qui respondit quod circiter .vij. 11- 
bras Viennensium sibi reseruauit. Gui dixit sacerdos : Ex quo 
semel proprium renunciasti, nichil tibi de cetero appropriare 
potuisti ; proprium reddas et de peccato peniteas. Quod cum 
gratis fecisset egrotus, iterum adductus est frater Geraldus. 
Vidit angelum bonum, qui propter peccatum recesserat, prop- 
ter penitentiam ad egrotum reuersum et super eum seden- 
tem. Vnde fraler Geraldus dixit sacerdoli quod secure poleral 
egrotus uitam linire. 

Quando peccalor recessit a custodia pastoris, incidit in 
custodia[m] diaboli. 

XLIX. — DE QLODAM MONACHO SANCTI LAURENTII (2). 

Cuidam monacho sancti Laurencii extra muros Rome, 
anno ab incarnatione domini m® c® ix®, miranti de cingulo 
suo quo cinctus erat non soluto et proiecto ante eum, uox in 
aerc fada est : 

Sic potuit cladso [Christus] prodire sepulcro. 

L. — DE DUOBUS FRATRIBLS DISCORDFBUS (3). 

Quidam uoluit alii nocere, sed non potuit propter fratrem 
suum (4). Contigit quod inter fratres fuit discordia. Cogila- 
uit extraneus quod tune potuit ei nocere, et prouocando ipsum 
conuicia intulit. Venit frater; [cuminuenireljextraneumrixan- 

(1) Lisez : ad xgrotum, 

(2) In die sancto Pasche, secundum Marchuniy vltimo. — Cum transisset 
sabbalum, Maria Magdalene el Maria Jacobi et Salorae emerunt aromala. 

(3) In crastino Paschey secundum Luchamy vltimo, — Duo ex discipulis 
Ihcsu ibant ad caslellum. 

(4) Ainsi pour ejus. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 283 

tem cum fratre,euiii pila (1) percussit, quia natura non fallit. 
Sic Dominus, licet uideatur nobiscum irasci, tamen, quia 
frater noster est, in maxima nobis necessitatc succurrit. 

LI. — DE CANE DUOS HOMLNES COMITAXTE (2). 

Si canis duos homines comitaretur, nescires cuius esset; 
sed cum predicti duo ad inuicem recedunt, cognosces cuius 
sity quoniam dominum suum sequitur. 

Ita, cum peregrini a mundo separantur per mortem, pote- 
ris cognoscere cuius sint diuicic, quia mortuos relinquunt, [etj 
dominos suos, scilicet mundum, sequuntur. 

LU. — DE DUOBUS EREMITIS ET MULIERE ORNATA (3). 

Vnde cum duo heremite sederent semel, extra fenestram 
conspicientes, transiuit quedam mulier strenue ornata coram 
eis, et ille qui nunquam uiderat mulierem, quesiuit quod ani- 
mal esset. Respondit alius quod erat capra. Alii dicunt quod 
eam uocauit oculum diaboli. Alius uero, accensus amore illius, 
[h]ora cène cum socio suo cibum non sumpsit, et quesitus 
quare non comederet, respondit quia tanta pietate erga capram 
illam ducebatur, quod comedere non potuit. 

Si fenestras oculorum clausisset, morssub tectum eius non 
intrasset. Quilibet ergo débet esse templum Dei habens fenes- 
tras uitreaSy ut pluuiam luxurie, auram uane glorie et alias 
immissiones per angelos malos expellat, solis radios, id est gra- 
tiarum dona et sonum salutifere predicationis, admittat. 

LUI. — DE QUODAM PONENTE SERPENTEM IN SINU (4). 

Quidam, ut dicitur, serpentem inuenit ligatum et quasi 
frigore pereuntem, et dixit serpens ut solueret eum et in 

(1) Au lieu de pila le ms. 2593 porte pislillo. 

(2) Slême sermon. 

(3) Même sermon. 

(4) Même sermon. 



286 ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 

sinum suum ad calefaciendum poneret. Qui respondit : Pro- 
mitte quod mihi non nocebis. Promissione facta, posuit ser- 
pentem in sinum suum.Serpensuero calefactus ipsum monkor- 
dit et intoxicauit. Et ait scrpenti : Quare contra fedus noctt£sti 
mihi? Et respondit serpens : Naturam meam semper opoM-iei 
me complere, quoniam humanum gcnus semper, cum potc^xo, 
infesto. 

Ecce natura diaboli, oui nunquam iides est adhibenda, 
quia, cum poterit, semper homines (interficit) ueneno i^fm<^U 
et animam interficit. 

LIV. — DE JUSTI INJUSTIQUE ANIMIS CORAM EREMIT >%^ 

EX CORPORE EXEUiNTIBUS {\). 

Quidam heremita desidcrauit uidere finem iniusti, quali C-^r 
exiret anima, et finem iusti. Qui, cum duceretur in quandsi-in 
ciuitatem, et uenisset ad domum cuiusdam ditissimi egwro- 
tantis, uidit quod diuiti in extremis laboranti diabolus t^'- 
dente[m] usque ad cordis intima infixit, et per multas hor^s 
torquens animam miserabiliter abstraxit, et in infemum 
deportauit. Quo uiso, heremita a loco recessit et, per uicos îï^* 
cedens, peregrinum sine domicilio iacentem in uico inuenît. 
Cui heremita per triduum ministrauit, et, cum laboraret ^^ 
extremis, ad eum missi sunt angeli Mich[a]el et Gabriel. Et d i^^* 
alter : Animam peregrini oportet nos educere. Respondit r<?l^" 
giosus quod corpus istud fieri sine angustia non permittit- "^^ 
respondit uox in aerc : Mittam uobis eucharistiam et ang^^^* 
in musicis et instrunicntis canentes, ut anima peregrini ^^ 
suauitate sonorum sine angustia corporis ualeat exire; (j^^^ 
factum est. 

Sic, si ueri peregrini fuerimus, ut predictum est, pere'^^^^ 



nationc facla, angelos doi inuoniemus paratos, qui ani 
nostras in colestis curie paiatium deportabunt. 

(1) Moine sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 281 

LV. — DE MULIERE QU^ PULCHRIOREM 
ESSE DESIDERAT (1). 

Quoniam mulier delicata non est contenta pulcritudine 
quam sibi contulit [plasmator], plus uult facere quam Deus 
fecerit, pulcriorem esse desiderat quam Deus fecerit, quasi 
dicat : Domine, quam non bene me formasti nec pellem in 
facie sufficienter decorasti ! leronimus : Mulier ad spéculum 
depingitur et in contumeliam artificis conatur pulcrior esse 
<{uam nal[ur]a est. Item dicit : Plus faciam, Domine, quam 
tu fecisti; et tune punctis et plicaturis uestem distinguit, sci- 
licet unguento lucido faciem ungit, et subtilia uaricdirigit; in 
speculo se ipsam utrum pulcrior appareat, ridendo uel aliter se 
Jhabendo, diligenter attendit. Et sic domina punctata, domina 
^anellata, domina impincta, domina diabolo com[m]endata, 
^Asiarte(n),deeSydoniorum, sacrificat. Contra taies Dominus in 
Osée, [C. u, v. 2] : Aufer fornicationes tuas a facie tua. Facie 
^nim ornata, mulier facit adulterium, quando plurimi pcr eius 
<^orrumpuntur aspectum. Vnde Paulus ad Chorintios {sic) in 
1> V (2) : Mulier uelamen débet habere super caput propter 
^ngelos. Quoniam angélus, deputatus ad custodiam alicuius, 
^um uidet animam quam débet custodirc per ornatum mulie- 
ïris corrumpi, conqueritur Domino de illa suum officium per- 
turbante et quasi meritum suum et thesaurum auf(f)erente. Et 
^um semper uidet faciem Dei, quasi seniper conqueritur. Vnde 
Yeritas de talibus dicit : Ve illi per quem scandalum uenit (3) ! 

LVI. — DE MURILEGO CUJUS CAUDA ABSCISSA EST (4). 

Mulieres, si maie essent ornate, per pluteas non incede- 
:rent, ut animas caperent. 

(1) Daminica in octabam Pasche, secundum Johannem, [c, pêne] ultimo, 
— Cura esset sero die illa sabbatorum et fores essent clause. 

(2) Référence inexacte, à laquelle il faut substituer : Ép. I, C. xi, v. 10. 

(3) Évaog. selon S. Mathieu, C. xvm, v. 7, 

(4) Même serraon. • 



288 ODONIS DE CÈRITONA PARABOL^G. 

Vnde quidam habuit [pulchrum] murilegum et pinguem, 
et dixit ei uicinus : Murilegus tuus pro pulcritudine fugiet et 
ipsum amittes. Vnde consilio eius caudam abscidit, pelleni 
combussit, et sic murilegus domi remansit. 

Sic caude mulierum essent abscindende, capilii tondendi 
uelcomburendi, et sic remanens in domo extra non uagaretur. 

LVII. — DE ABBATE ATHANASIO 
ET MULIERE TEXTRICE (1). 

Abbas At(t)hanasius uidit quadam die in Alexandria mu- 
lierem testrictem (2) ornatam et fleuit; discens hiis qui inler- 
rogabant eum quare fleret, dicebat : Domini, due sunt cause 
fletus : una^ quia bec est perdita, alia, quia non habeo taie 
studium placendi Deo quale habet ista placendi hominibus. 

LVIII. — DE QUODAM MATRONA 
ET ABBATE ARSENIO (3). 

Quedam matrona rogauit abbatem Arsen(n)ium quod ora- 
ret pro ipsa. Qui respondit : Auf(f)erat te Deus a corde meo ! 
Illa uero scandalizata et tristis requisiuit a quodam cur sic 
dixisset. Qui respondit quod hoc dixit de temptatione auf(f)e- 
renda, sed tamen orat pro se. 

Verumtamen, licet mulieres sint uitande, non tamen sunt 
abhorrende. 

LIX. — DE SANCTO HILARIO ET QLADAM MULIERE (4». 

Vnde quedam mulier cucurrit post sanctum Ylarcni {sic\, 
orans ut iilium suum resuscitaret, et ille semper fugerat. lUa 
ait : Mémento quod talis sexus genuit Christum. Que audito, 
statim reuersus est et fiiium suum resuscilauit. 

(1) Môme sermon. 

(2) Ainsi pour textricem, 

(3) Môme sermon. 

(4) Même sermon. 



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ODONIS DE CERITONA PARAB0L-4S. 289 

LX. — DE AVE QUif; DICITIIR FRANGENS OS (1). 

Diabolus quos non potest per luxuriam uel alio modo cdu- 
cere, per supcrbiam uincere machinatur, sicut auis que dici- 
tur frangens os, que ossa deuorat. Quando suo rostro non 
potest os frangere, in altum os portât et super rupem cadere 
permittity ut sic frangatur. 

LXL — DE AVE SANCTI MARTINI (2). 

Item [auis sancti Martini], quando non potest pisciculum 
mfra testas inciusum habere,in altum eleuat, et super lapidem 
caderè permittens testas frangit et piseem deuorat. 

Similiter de tortuca '(sic) et de testudine. 

Sic per diuersas dignitates quidam prauo artificio diaboli 
eleu'antur; sed faciet eos ruere super talem lapidem in inferno 
quod dissipabunt[ur] omnia ossa eorum. 

LXII. — DE MACHARIO ET DIABOLO (3). 

Rediens ad cellam quadam die Macharius, occurrit ei dia- 
bolus cum falce uolens eum interlicere, et percutere (et) non 
potuit eum. Qui ait : Multam uiolenciam pacior a te, quia tibi 
non possum preualere. Tu ieiunas et ego, tu uigilas et ego 
non dormio. In uno solo me superas, in humilitate, propter 
quod non possum aliquid aduersum te. 

LXIII. — DE QUODAM ABCHIEPISCOPO 

ET DIABOLO (4). 

Diabolus in specie hominis per quendam laycum misit cui- 
dam archiepiscopo taies saintes : Princeps tenebrarum prin- 

(1) Même sermon. 

(2) Même sermon. 

(3) Même sermon. 

(4) Dominica .i». post octabam PaschCf scctmdum lohannem, .ar^. — Ego 
sum pastor bonus. 

10 



290 ODONIS DE CERITONA PARABOL^E. 

cipibus ecclesiarum saluiem : Quia quoi uobis [suntj com- 
missi, tôt nobis [sunt] missi. Vnde in signum ueritatis percus- 
sit diaboius laycum in facie, ita quod uestigie (1) manus non 
recessemnt, nisi per aquam bcnedictam quam archiepiscopus 
super faciem aspersit. 

LXIV. — DE PONTIFICIS THOM^E MARTYRIO (2). 

Sicut gloriosus pontifex Thomas, qui [nec per tribulationes 
quas in exilio passus est, nec per minas régis, nec per uul- 
nera flecti potuit, sed murum carnis sue luteum confringi per- 
niisit; quare] pro ecclesia giadiis ympiorum occubuit. Quidam 
archidiaconus in transmarinis partibus tercio die a paèsiono 
beati Thome apparuit socio suo, sicut pepigerat ei, dum uiue- 
bat, et dixit quod, cum in die quo decessit multi centcni mo- 
rerentur, tantum ipse cum duobus aliis fuit saluatus; sed, 
multis temporibus preteritis, non fiebat taie gaudium in celo, 
sicut in aduentu unius illorum qui eodem die martirium subiii, 
ot dixit quod ille fuit beatus Thomas Cantuariensis. Ei ita 
rumorcs de eius martirio tertia die in partibus transmarinis 
innotuerunt. 

LXV. — DE QUODAM MAGNO STUPAM ACCENDENTE (3). 

Quidam magnus singulis annis stupam accendit. dicens : 
Sic transit gloria mundi. 

LXVI. — DE BEATO ANTONIO TEMPTATO (4). 

Beatus Antonius, cum camali desiderio temptaretur, po- 
suit pedem suum in igné dicens : Si pes meus ignem istum 

(1) Fjscz : vestigia. 

(2) Môme sermon. 

(3) Dominica ,y*. post octabam PaschejSecundum lohannem, .xvj**. Mo- 

(licum et non uidehitis me, el iterum modicum et uidebitis. 

(4) Même sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 291 

non poterit sustinere, multo minus polerit ignem perpetuum 
apud inferos tolerare. 

LXVII. — DE ABBATE ZENONE TEMPTATO (1). 

Abbas Zeno lassus in nia sedil iuxla cucumerarium, et tem- 
ptauit illum diabolus, ut tolleret unum cucumerem et comc- 
deret. Hic sibi respondens ait : Fures pro fur[t]is torquentur. 
F^roba si poteris sustinere tormenta. Qui surgens stetit in eau- 
mate, id est in feruore, solum .v. diebus, et deficiens ait sibi : 
Non possum ferre tormenta, non e[r]go debeo furtum facere. 

LXVIII. — DE QUADAM PECCATRICE 
ET QUODAM SENE (2). 

Item quedam peccatrix promisit quod deciperet quendam 
senem magne honestatis et intègre famé. Que ueniens ad cel- 
lam eius flendo clamauit quod fere ipsam deuorarent, si extra 
maneret. Ipse, iudicium Domini timens, ipsam introduxit. Dia- 
bolus cepit agratare (sic) cor eius. Qui cum intellexisset esse 
stimulos diaboli, dicebat : Vie diaboli ténèbre sunt, sicut filius 
Dei lux est; et aceendit lucernam, et, cum temptaretur, ait : 
Qui talia agunt, in infernum ibunt; proba ergo si poteris sus- 
tinere iguem eternum. Et mittebat digitum suum in ignem, 
et non sensit pro nimia magnitudine temptationis, et sic fa- 
ciens omnes digitos suos usque mane inccndit. llla autem [hec] 
uidens lapidea facta est. Mane uenientes iuuenes querebant si 
sero uenisset illuc mulier. Qui respondit quod dormiret. et 
iuuenes inuenerunt eam mortuam, et pro ipsa preces here- 
mite fuderunt. Ait abbas : Videte quid fecit mihi hec filia 
diaboli. Et narrauit quod factum erat. llle uero, non reddens 
malum pro malo, ipsam resuscitauit. Que postmodum peni- 
tentiam egit. 

(i) Même sermon. 
(2) Même sermon. 



292 ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 

LXIX. — DE RUSTICO ET LUPIS {!). 

« 

Rusticus arietem excoriaium portauit ad forum, quem 
lupi consequebantur. Quibus rusticus : Quamdiu me sequi 
proponitis? Cui lupi : Quamdiu? Quamdiu arietem portabis. 
Et ait rusticus : Malo arietem dimittere quam taies comités 
habere. Et statim arietem proicit. 

LXX. — DE QUODAM, QUEM LATRONES 

SEQUEBANTUR (2). 

Quidam portauit bursam denariis plenam, quem latrones 
sequebantur. Quibus ait : Quare sequiroini me? Qui dixerunl: 
Propter bursam. At ille, ut liberaretur a latronibus, bwrsam 
proiecit. 

Lupi sunt demones qui, quamdiu peccatum portas, te ad 
deuorandum sequuutur. Latrones sunt carnales amici, fiUi? 
nepotes, praui seruientes, adulatores, qui diuitibusapplaudunt. 

LXXI. — DE QUODAM FRATRE CONCUPISCENTE 
FILIAM SACERDOTIS IDOLORUM (3). 

Quidam f rater uidit iiliam sacerdotis ydolorum et concu- 
piuit, et dixit patri eius : Da mihi filiam tuam uxorem. Qui 
ait : Interrogabo dominum meum. Et cum interrogauerat, 
respondit démon : Si negauit baptismum et dominum suum, 
da illi. Et monachus concessit. Et statim uidit colunibam ex 
ore [suo] ascendcre in celum. Red(d)iens saceixlos ad diabo- 
lum ait : lam omnia fecit. Et respondit démon : Non dabis, 
quia adhuc est Deus cum eo. Qui red(d)iens ait : Non dabo, quia 
deus tuus adiuuat te. Hoc audiens monachus ait : Si adiuuat 

(1) Dominica ii;* pont octabam Pasche, secundum lohannem, .vij^. — Vado 
ad eum qui me misil el nemo ex uobis interrogat me : Quo uadis? 

(2) Même sermon. 

(3) Même sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOL-^. 293 

me Deus, cum eum negauerim, cur recedam ab eo? Et con- 
punctus rediit in heremum, et cuidam seni quod accidcrat 
narrauit. Gui senex : Sede in speluncam, et ieiuna per très 
hebdomadas; et rogauit pro ipso : Domine, da mihi hanc ani- 
mam et suscipe penitentiam suam. Post primam [hjebdôma- 
dam uenit ad eum dicens : Vidisti aliquid? Qui ait : Vidi 
oolumbam super caput meum uolantem. Post secundam 
f hjebdomadam uidit iuxta caput. Gui senex : Sobrius esto et 
ora. Post très [hjebdomadas uenit senex, dicens : Vidisti ali- 
quid? Qui ait : Vidi columbam et uolui eam capere, et intra- 
tiiit per os meum. Senex gratias agons dixit : Deus peniten- 
tiam tuam suscepit. 

LXXIU — DEMUSCA ET ARANEA (i). 

Cedrus profunde radicatur ila quod uentis concussa non 

euellitur. Ita diabolus stringit caudam {sic), muitiplici iaqueo 

consolidât, ut, si peccator exire uelit, non ualeat. Sic(ut) aranea 

muscam, ne uolare ualeat, filo subtilissimo inuoluit et tam- 

dem {sic) interficit. 

LXXIII. — DE QUODAM PICTORE ET DIABOLO (2). 

Quidam pictor diabolum cum cornibus et acutis dentibus, 
ita turpem et [hjorribilem ut potuit, depincxit. Idem uero uir- 
ginis ymaginem, ita decentem et pulcram ut potuit, désigna- 
uit. Diabolus uero iratus, accedens ad pictorem, quesiuit ad 
pictorem cur ipsum turpiter et beatam uirginem tara pulcram 
depinxisset. Qui respondit quod ita fuit in ueritate, sicut 
ostendit pictura, quod [erant] diabolus turpissimus, beata uirgo 
pulcherrima. Satan uero iratus pictorem ab alto, ubi depincxit 
yconiam béate uirginis, uoluit precipitare. Sed ymaginem 
béate uirginis porrexit manum, et pictorem, ne caderet, fir- 
miter tenuit. 

(\) Même sermon. 
(2) Même sermon. 



294 ODONIS DE CERITONA PARASOL.^. 

LXXIV. — DE FATUO SALSAS CARNES GOMEDENTE (1). 

Similes sumus fatuo qui, cum uideret se et socios saos per 
tcmpestatem debere submergi, incepit fortiter cames salsas 
comedere. Qui, cum requîreretur a sociis quare in tali arU- 
culo comederety respondit : Video quod in breui ultra moduts^ 
bibituri sumus, et ut forcius possim bibere, cames salsa^ 
comedo. 

LXXV. — DE REGE GR.flGLE ET FRATRE SUO (2). 

Quidam rex Grecie, gaudium temporale uacuum et inane 
reputans, uultum grauem semper prétendit. Qui cum quadam 
die plures inuitasset ad conuiuium et more solito se grauem 
in uuitu exhiberet, quesiuit frater eius quare sic se haberet 
et maxime coram amicis inuitatis. Gui rex : Ad presens tibi non 
respondeo. Erat autem mes patrie ut ille, coram [quo uel] 
cuius domo tube régis sonarent, morti se sciret addictum. 
Precopit rex igitur ministris ut quadam die coram ostio fra- 
tris sui clangcrent; quod factum est. Audito hoc expauit fra- 
ter régis putans mori. Spiculatores uero ex precepto régis 
ipsum ligatum adduxerunt coram rege. Gircumsteterunt qua- 
tuor seruientes rcgis ex quatuor partibus cum quatuor gladiis 
super caput cuaginatis. Gumque uidisset circumquaque citha- 
ras, niellas et alia instrumenta delectabiiia, non est delectatus 
in eis. Tune rex interrogauit eum quare non delectaretur, 
ncc ylarem uultum ad sonum instrumentorum pretenderet. 
Gui ille : Domine, miserere mei. Quomodo gauderem ex quo 
quatuor gladii mihi mortem minantur? Gui rex : Modo res- 
pondebo questioni quam fecisti mihi. Hec est causa quare 
grauiter et sine ilaritate me habeo. Quatuor sunt que me sti- 

(1) Dominica .iii/*. post octabam pasche^ secundum lohannem, ,xvj^. — 
Ainon,aiiieiidico uobis, si quid pecieritis patrem in nomine meo.dab^tur 
uobis. 

(2) Môme sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 295 

mulant, quando ea recolo, scilicet : timor peccatorum que 
commisi, timor mortis, timor iudicii, timor penarum géhenne. 
Hii sunt quatuor enses retrahentes me a gaudio mundi. Hiîs 
dictis, fecit fratrem suum solui. 

LXXVI. — DE QUODAM SENE .EGROTANTE (1). 

Senex quidam fréquenter egrotabat. Contigit autem uno 
anno eum non egrotare. Vnde cepit flere dicens : Dereliquit 
me Deus, quia nullam aduersitatem iniirmitatis sustineo. 

LXXVII. — DE QUATUOR SOCUS IN EODEM HOSPITIO (2). 

Quatuor socii erant Parisius in eodem hospicio, et contigit 
très illorum sub diuersis temporibus egrotare, et quartus qui 
ministrauerat eis, sedens super lectum cepit flere. Querebatur 
a sociis cur fleret. Respondit quia Dominus uisitauit omnes 
socios suos, sed peccatis suis exigentibus ipsum noluit uisi- 
tare. Hoc ait, quia non fuit infirmus cum aliis. 

Gaudeamus etiam in spe eternorum. 

LXXVIIl. — DE QUODAM FRATRE ET AVE GANTANTE. 

Fratri cuidam miranti quomodo posset esse gaudiura sine 
tedio, destinata est ei auis decantans melodias quasdam para- 
dîsi. Quam sequens fratrem (3) extra abbatiam, quasi in 
extasi manebat in memore (4) per ducentos annos. Qui, aue 
[ajuolante, rediit ad abbatiam. Sicut ignotus uix receptus est. 
Si ille ad modicum cantum auis manebat tanto tempore, etiam 
in mortali corpore, quid fiet ad ipsius Jhesu(m) et bonorum 
agminum uisionem? Nonne mille anni [fuissent] ante oculos 
eius, tanquam dies esterna que preteriit (5)? 

(1) Même sermon. 

(2) Même sermon. 

(3) Lisez : frater. 

(4) Ainsi pour nemore, 

(5) Psaume lxxxix, v. 4. 



296 ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 

LXXIX. -^ DE MURILEGO CANDELAM ACCENSAM 

PORTANTE (1). 

Quoniani operarii per totam septimanam in officio sunt 
ligati, in diebus festis per luxuriam et ebrietatem et alia uicia 
resoluuntur. Multi ctiam a quadragesima a uiciis et deliciis 
abstinuerunt [et] in tempore paschali, uisis carnibus et ornatis 
mulieribus^ recidiuant. Taies similes sunt murilego qui didi- 
cit candelam accousam portare. Sed, cum uidet murem, lu- 
men relinquit et murem sequitur. 

De talibus dicit Gregorius : Melius est in diebus festiuis 
fodere uel arare quam coreas ducere. 

LXXX. — DE DIABOLO TERRIFICATO A QUODAM 

EREMITA (2). 

Dicitur quod diabolus apparuit cuidam heremite. Gui dixit 
heremita quod recederet. At ille : Non recedam pro te. Dixit 
heremita : Faciam tibi timorem; et excussit anteriorem par- 
tem pellicie que sub mento lacrimis fréquenter erat irrigata 
et exsiccata. Et audito sono, quasi puer exterritus, fugit. 

LXXXF. — DE JULIANO APOSTATA ET DIABOLO (3). 

Iulianus apostata, cum uellet descendere inPersidam {sic), 
misit demonem ut iret in occidentem et afferret responsum 
quid facturus essel. Guni autem uenisset in quendam locum 
ubi erat quidam religiosus, stetit ibi per deeem dies immobi- 
lis, nec poterat Iransire, quia ille sanctus non cessabat nocte 
et die orare. Quare reuersus démon rediit sine effectu. Gui 
Iulianus : Quare lardas ti? Qui ait : Quia nichil feci. Inueni 
enim quendam monachum oranlcm nocte et die, et ideo trans- 

(1) In lethania, secundum Lucham, ,xj^, — Quis ueslrum habebit amicum 
et ibit ad illiiin mcdia nocl(*? 

(2) M^^ine sermon. 
(3j Menu; sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 297 

ire non potui. Tune Iulianus iratus ait : Cum rediero, puniani 
eum. Et post paucos dies a milite, quem beata uirgo resusci- 
tauit, interfectus est. Qiiod uidens, quidam, qui cum eo erat, 
factus est monachus. 

LXXXII. — DE QUODAM MONACHO ET DRACONE (1). 

In libro Dialogorum iegitur quod quidam monachus labo- 
rabat in extremis; fratribus suis assistentibus ait : Recedite; 
ecce ad deuorandum sum datus drachoni, qui propter ues- 
tram presentiam me deuorare non potest; capud meum in 
ore suo iam absorbuit; date ei locum ut me amplius non 
cruciet, sed faciat quod facturus est. Tune fratres ceperunt 
ei dicere : Signum tibi sancte erucis imprime. Respondebat 
iile cum magnis clamoribus, dieens : Volo me signare; sed 
non possum, quia scamis (2) eius drachonis premor. Cum hoc 
fratres audirent, prostrati in terram ceperunt pro liberatione 
ipsius uehemencius orare. Et ecce subito cepit egrotus magnis 
uocibus clamare dieens : Gratias Deo ago; ecce dracho qui 
me ad deuorandum acceperat, fugit oj*ationibus uestris ex- 
pulsus. 

Dicitur ergo : Petite et accipietis; querite et inuenietis; 
pulsate et aperietur uobis. Petite per orationem; querite per 
operationem; pulsate per instanciam utriusque. 

LXXXIII. — DE NOVERCA ET PRIVIGNIS SUIS (3). 

Quedam nouerea in Lombardia priuignis suis, ne heredi- 
iatem consequerentur, capita serpentum cum suis uenenis 
miscuit et ad comedendum exhibuit. Qui, cum comederent, 
facti sunt uagi et profugi super terram. 

Similiter multi pastores, in proprios filios nouereantes, 

(1) Même sermon. 

(2) Lisez : sqtiamU. 

(3) Même sermon. 



298 ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 

cibaria uencnosa per praua exempla subditis exibent, ctiam, 
sicut Caym fugientes a facie Domini^ efiiciiuitur uagi et pro- 
fugi super terrain. 

LXXXIV. — DE QUADAM PLELLA ET QUODAM 

LECCATORE (1). 

Peior est latro uel raptor famé quam pecunie. 

Vnde quedam puella, quia quidam lechator {sic) infamiam 
sibi imposuerat^ cum prius posset nubere cum melioribus 
uille, ita uilipendebatur propter infamiam quod etiam tibaldi 
ipsam contempnebant. 

Hii sunt scrabones qui semper tenent rostrum in fimo, id 
est, os suum semper in turpitudine et culpa alterius infigunt. 

LXXXV. — DE MILITE QUODAM REGIS LUDOVICI (2). 

Miles quidam régis Ludouici transiens super pontem Pari- 
sius descendit de equo et quendam famosum burgensem, quia 
enormiter de Deo iurauit, fortiter cum pugno percussit. Qui, 
cum tanquam reus coram rege duceretur, dicit : Domine mi 
rex, si inucnirem aliquem nomen tuum blasphemantem, ego 
usque ad sanguinero famam tuam dcf(f)enderem. Similiter, 
ex quo de rege regum talia uerbaaudio, beno debeo uindicare. 
Rex bonus propter hoc dédit ei per totum regnum Francie 
potestatem, ut in reos pariurii manum suam mitteret. 

LXXXVI. — DE QUODAM SANCTO ET FRATRIBUS 

SUIS LOQUENTIBUS (3). 

Quidam sanctus, quando fratres sui loquebantur de tem- 
poralibusy porcos nigros in uolutabro uolutantes uidit, in hoc 
intelligens quod in turpiloquio et uanis sermonibus semper se 

(1) In die Ascensionis, secundvm Marchum,c, uUimo. — Recumbeutibus 
.XI. discipuliSy appaniit illis dominas Ihcsus. 

(2) Même sermon. 

(3) Même sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOL^E. 299 

diabolus inmiscet. Cum uero itenim loquebantur de rehedi- 
ficatione animarum, rcdibant (1) angeli gaudentes. 

LXXXVIL — DE SANCTO PAULO ET VIPERA (2). 

Paulus post naufragium a uipera percussus est; nichil ei 
nocuit. 

Mortaliter uenenum mortiferum ad potandum otTertur 
quotiens alicui, ut doleat uel irascatur, detractio uel aliud 
in continuum presentatur. Sed, cum uir iustus in talibus equa- 
nimiter se habet, minime sibi noeet. 

LXXXVJII. — DE DIABOLO ET DE EREMITA ET EJUS 

PATRE INTERFECTO (3). 

Diabolus semel in specie hominis cuidam heremite dixit : 
lam diabolus in specie patris tui cum securi ad te ueniet ; sed 
arripias securim et uiriliter interficias diabolum, ne tibi no- 
ceat. Gui heremita credens, quando pater ad ipsum uisitandum 
uenerat, (heremita) securim quam pater baiulabat arripuit et 
patrem proprium interfecit. Quo facto, statim a diabolo ac- 
ceptus est. 

Ita si credis ei, cum peccatum suggerit, te interiiciet, eti- 
amsi angélus tibi appareat. 

* 

LXXXIX. — DE QUODAM SAPIENTE ET DE NEPOTIS SUI 

MAGISTRO (4). 

Quidam sapiens quesiuit de uita nepotis sui. Gui dixit 
magister eius : Nepos uester luxuriosus est, gulosus, lusor 
talorum. Quod cum audisset sapiens, ait : Et bec de facili 
omnia correctionem recipiunt. Tandem quesiuit si libenter 

(1) L'édition de 1520 porte : ridebant, 

(2) Même sermon. 

(3) Dominica post Ascensionemy secundum tohannem, ,xv^. — Cum uenerit 
Paraclitus quem ego mitlam uobis. 

(4) Même sermon. 



300 ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 

mentir! consueuerat, et dixit magister qu(oni)am mendacissi- 
mus erat. Dixit sapiens : lam de ipso despero, quia hoc uicium, 
cum sit pessimum, de facili curari non poterit. 

Cantor parisiensis dixit seraient! suo quod mallet eum 
esse luxuriosum, adulterum, etc., quam mendacem. 

XC. — DE SANCTO QUODAM SE FATUUM SIMULANTE (1). 

Si ambiciosus es, respice uitam sancti iliius, qui pro 
magno coram populo habebatur; sed, ut fatuus reputaretur, 
se nudum expoliauit, et coram populo uestimcnta sua lauit. 
Ille verOy qui adduxerat homines ut ei obviam ucnirent, 
dixit : Reucrtimini ; senex iste mcntem excessit. Veniensque 
ad senem dixit : Quare hoc fecisti? Homines dixerunt quia 
demonium habes. Qui respôndit : Et ego uolui hoc audire. 

XCI. — DE QUODAM JUDICE ET ABBATE MOYSE (2). 

Quidam index uenit uidere Moysen, cui clerici précédentes 
dixerunt : Abba, prépara te, quia index uenit uidere te, ut be- 
nedicatur a te. Qui statim induit se sacco, et tenens in manu 
panem etcaseum sedit ante (h)ostium, comedens. Quod uidens 
index spreuil eum. Hoc ideo fecit, ne uana gloria inflaretur. 

XCII. — DE MULIERE SERPENTEM PARIENTE (3). 

Require : taies assimilantur mulieri, que, a quodam incube 
cognita, serpenlem concepit et tandem peperit. Serpens sta- 
tim matrem suam interfecit. 

Serpens iste est tortuositas quam anima concipit, quando 
diabolus consentit. Parit, cum peccatum perpétrât, ettuncani- 

(1) Même sermon. 

(2) Même serraou. 

(3) Sermo de missione Paraditi. Introitus ad sermonem. — Spiritus d<i 
mini repleuit orbem terrarum. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 301 

ma interficitur in presenti per culpam que dicitur mors anime 
et tamdem {sic) in future per penam eternam. 

XCIII. — DE QUODAM EPISCOPO ET QUADAM VETULA (\). 

Mors fuit in oUa illius episcopi, qui quandam uetulam, 
sibi exiberi iusticiam instanter postulantem, noluit audire. 
Tandem socius episcopi, eius consuetudinem cognoscens, dixii 
uetule : Non te exaudiet dominus episcopus, nisi prius unxe- 
ris manus eius. Vetula enim (2) hoc simpliciter intellexit : 
comparauit sibi très oblatas butiri; ueniens ad episcopum 
postulauit quod manum sibi porrexit. Mulier, manu accepta, 
ipsam butiro per optime perungit. 

Vtinam taie obsequium omnibus cupidis exhiberet[urj ! 

XCIV. — DE QUADAM MERETRICE ET EJUS FILIA (3). 

Quedam meretrix, quia fuit inueterata, (et) amplius lucrari 
non potuit. Habuit tamen pulcrahi filiam et dixit clamatrici :- 
Homines non curant de uino meo, quoniam uetus est; clamo 
uinum de altero dolio, scilicet de filia mea, ut precio dato 
sufficienter bibant. 

Similes sunt quibusdam hospitibus, qui peregrinos inuitant 
ad optimum uinum et uendunt corruptum et mortiferum, quo- 
niam, cum delectaris in uino fornicationis, bibis uinum per- 
ditionis, scilicet mortem anime. 

XCV. — DE BEATO BERNARDO CLARAVALLENSF 

MORIENTE (4). 

Beato Bernardo Clarauallensi in extremo laboranti quesi- 
tum est qualiter se haberet. Qui ait quod maximo gaudio affi- 
ciebatur, eo quod in specie sibi consimili, scilicet humana, 
ipsum Deum in proximo uisurus erat. 

(i) Même sermon. 

(2) Ainsi pour autem. 

(3) In die sancte Pentechostei, secundum lohannan ,xuij^. — Si qui s d il i- 
git me, sermonem meum seruabit. 

4) Même sermon. 



302 ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 



XCYI. — DE TORTUCA ET AQUILA (1). 



Introducitur aquila loquens ad tortucam, dicens : Quare 
semper in ymis latitas? Cur in altum ferri non permittis, ut 
montes et arbores ab alto conspicias? Respondit tortaea : 
Istud diucius affectaui, et supplico ut me in altum ejctollas. 
Aquila tortucam assumpsit, ultra omnes montes in altum 
erexity et ait : Sufficit tibi bec omnia uidisse; et dimisit'eam 
cadere super rupem, et penitus confracta est. 

Et sic diabolus paulatim hominem per superbiam extoUit; 
sed ipsum ab alto ad infemum nouissime ruere permittit. 

XCVII. — DE SALAMANDRA ET MUSCA (2). 

Salamandra, animal uenenosum, cum semel esset in igné 
ubi aurum excoquebatur, introducitur, loquens ad muscam, 
dicens : Cur angustia et periculo uictum tuum adquiris? Vé- 
nias ad me, dabo tibi aurum in habundancia ut uictum ha- 
béas sine labore. Musca uero adquiescens in médias flammas 
propter aurum se iniecit, et conbusta est. 

Salamandra, uiuens in igné, est spiritus malignus, quia 
in malo igné positus est et nutritus. Qui dicit peccatori : Cum 
magno labore adquiris uictualia. Venias ad me, in ignem eu- 
piditatis te proice; rapinam, usuram, periuriam {sic) exerce; 
dabo tibi aurum et argentum ut uiuas sine labore. Cui ad- 
quiescens peccator in ignem cupiditatis se proicit, et cum 
maligno spiritu igné comburitur. 

XCVIII. — DE QUODAM STIJLTO AD SUSPENDENDUM 

CONDEMNATO (3). 

Quidam stullus, condempnatus ad suspendendum, impe- 
trauit quod arborem eligeret ubi suspenderetur. Ductus per 

{{) In octabam Pentecostes, sccundum lohannem, .iij^, — Eral homo ex 
pliarisois nomiiic Niohodeinus. 

(2) MOme sermon. 

(3) Môme sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 303 

emora, nusquam inuenit arborem in qua suspendi placerct, 
t sic liberatus est. 

Sic diabolus non potest te interficere; sed tantum lignum 
etitum, scilicet pulcram mulierem, sibi (1) ostendii, ut te 
» uspendas et intereas. 

XCIX. — DE V.ULPE SE MORTUAM FINGENTE (2). 

Diabolus est similis uulpi, que finxit se mortuum {sic) et 
^icit linguam. Descendens (3) auis, credens capere linguam, et 
(^apitur a uulpe. 

Sic diabolus, quasi fingens se mortuum, quia fraudes eius 
non uiderimus, pulcram mulierem, uel aliud illicitum nobis 
(h)ostendit; quam qui illicite capit et a diabolo capitur. 

C. — DE QUADAM MULIERE LACTUCAM 

COMEDENTE (4). 

Attendat usurarius quod diabolus intrauit in corpus cuius- 
dam mulieris cum lactuca, que, antequam comederet, ipsam 
signaculo crucis non signauit. 

CF. — DE CORNFCE ALIENIS PLUMIS OHNATA (5). 

Cum questio fieret inter auiculas que esset pulcrior, cor- 
nix, artificiale decus^assumendo, de qualibet aue plumam mu- 
tuata est. Que cumalienis plu(m)misadomata superbiret, pre- 
cepit rex auium ut quelibet auis plumam suam reciperet. Quo 
facto, cornix nigerrima et nuda remânsit. 

Similiter est de hiis qui uestibus superbiunt, quum re- 
su(m)mat ouis lanam suam, bos uel capra cornu suum, terra 
linum ; et remanebit homo denudatus, uerecundia et frigore 
afflictus. 

(j) Lisez : ^i6i. 

(2) Même^ sermon. 

(3) Lisez : Descendit. 

(4) Même sermon. 

(5) Dominica .t*. post octabam Pentechostes^ sccundum Lucham, .xvi^. — 
Homo quidam erat diues et induebatur purpura. 



304 ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 

Cil. — DE PHILOSOPHO QUODAM SPUENTE IN 

BARBAM REGIS (1). 

Quidam rex, gloriam miindî diligcns, fecit pauimentum 
aule sue, scdilia et parietes cortinis preciosis fecit co(h)ope- 
riri, mensam mappa et aureis uasis et argenteis fecit ornari. 
Et cum sapiens quidam inter conuiuas esset inuitatus, sedens 
ad mensam régis, circumspexit undique ubi posset spuere, et, 
cum uidisset omnia loca omamentis co(b)operta, conspuit in 
barbam régis. In quem statim seruientes manus iniecenmt. . 
Uex auteni, non sine ratione sapienlem boc fecisse autumans, 
seuiciam seruiencium repressit, et quesiuit cur pbilosophus 
sic fecisset. Qui respondit quod, cortinas et uasa prceiosa in- 
tuens, non uidi[tj locum uiliorem quam barbam pinguedine 
ciborum perunctam; et ideo in illam conspuebaL 

Sic ergo corpus tuum studiose adornaueris. Cum spolialus 
fueris, demones fetido sputo et calido in faciem luam con- 
spuent in inferno (2). 

cm. — DE SANCTO BASILIO ET QUODAM EREMITA (3». 

Notandum est tanien quod usus uestium preciosarum in 
quibusdani [personis] non est culpa, scd gloriatio. 

Vnde, cum sanctus Basilius Constantinopolitanus, decuius 
ore et predicationo quandoque flamnia exiuit, ornamentis pre- 
ciosissimisinofficioecclesiastico esset indutus, quidam (h)ere- 
inita, ipsum sic ornatum aspiciens, despexit, admirans quod 
uir tanti nominis talibus ute.retur, et si quis taliter uestitus 
possit celum intrare. Et dixit ei angélus : Frater, plus appre- 
ciaris caudam tui murilegi quam Basilius ornatum totius 
seculi. 

(1) Môme sermon. 

(2) A celle rédadion comparez i»lus haul,|). 13, celle de la même fable 
dausl'édilionde 1520. 

(3) MOmc sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. . 305 

CIV. — DE DIVITE ET CANIBUS SUIS (i). 

Dicitur quod diues, tedio afFcctus ex clamore paupcris, 
ipsum canibus fugare satageba(n)t; ueniebant, set canes ulcéra 
eius lingebant. 

CV. — DE LEGISTA SIMULANTE SE NON POSSE 

LOQUI (2). 

Quidam legista (3), conductus a quodam ne (4) in causa sua 
patricinium(5)ex[h]iberet, abaduersarioeiusdem munus rece- 
pit ut animo (6) taceret. Gum peruentumeratad dicm in quo 
primo debuit palrocinari, ligauit stupas sub mento, et rauce 
loquensdixit se pati squinanciam, [itaquod in causa illa aduo- 
care non possit; sed secundus, c^ui os eius per munera ob- 
struxerat (7), ait : Non squinanciam] , sed argcnciam paleris, 
quoniam argentum uocem tuam obturauit. 

CVI. — DE CASEO. MURIBUS ET MURILEGO (8). 

Quidam stultus, uolens caseum seruare a muribus, muri- 
legum in archa conclusit cum caseo; qui mures et caseum 
deuorauit. 

I(s)ta stulti episcopi taies presbiteros laycis preficiunt, qui, 
tamquam mures caseum, domos uiduarum, sub specie reli- 
gionis, deuorant; postea archidiaconos ipsis sacerdotibus, qui, 
quasi muriiegi mures et caseum, ipsos sacerdotes et laycos 
deuorant. 

(i) Même sermon. 

(2) Même sermon. 

(3) Dans l'édition de 1520, c'est à Démosthène qu'est attribuée la tra- 
hison commise ici par un avocat innomé. 

(4) Au lieu de ne, lisez : ut, 

(5) Lisez : patrocintum, 

(6) Ainsi pour omnino, 

(7) Plus rationnelle est la leçon suivante de l'édition de 1520 : Sed 
quidam qui os ejusper munera obstruclum novit. 

(8) Même sermon. 

20 



306 ODONIS DE CERITONA PARABOLifi. 

CVII. - DE QUODAM EREMITA SOMNCM IMPETRANTE (i). 

Quiduni hercmita a Domino impetrauit, quociens seculari^ 
corani ipso recitabantur, quod dormiret, ne uanis et nug'^^ 
auditum expcnderet. 

<:viii. — de quodam h.^rede ab usurariis jud£1s 

exh.«:redato (2). 

Siniilcs sumus cuidam fatuo, qui patri suo in hereditat^^ 
successit ; pec(c)unia indiguit ; christiani nil sibi mutuo conces— -^ 
serunt. Accessit ad iudeos, quibus hereditatem suam sub usu^ 
ris obli^auii. Al) cis mutuo pec(c)uniam recepit; [christiano» 
fortitor uituperauit ; iudeos uero commendauit. Item maiorem 
pecuniam ab eis recepit]. Gratissimum habuit ille stultus, 
quia iudei, diu expectantes, nichil postulauerunt. Tandem 
usuris augmentatis, iudei auctoritate cartule ipsum in causam 
pro debito traxerunt, et quia non habuit unde solueret, ipsum 
ponitus exhereditauerunt. 

Ita (lemono^ per usuras peccatorum patriam paradisi 
multis aufcu'unl. 

CIX. - DE DOMO RELIGIOSOnUM DEPAUPERATA {:i;. 

Quedam domus religiosorum fuit depauperata, et cum 
monachi siniul iiiter se conqiiererent de paupertate, respondit 
quidam monachus : Duos garciones fugauimus; quamdiu 
fuerunl nobiscum, omnia bona in domo nostra habundauc- 
runt. Ex quo reccsserunt, bona nostra defecerunt. Sed [sij 
qui[s! alterum ucllet reuocare, ambo redirent. Dixit abbas : 

(1) Mî^iiie sermon. 

(2) Dominicn .i«\ post octabam PentechosteSySecundum Lucham, .xiiij'*. — 
Homo quidam fccit cniam magnam. 

(3) Dominicn Aiij'^.post octabam PentechostcSy secundumLucham, .rji*«. — 
Estote misoriconh's, siciit paler uester miscricors est. — Cette parabol<*, 
dans le ms. 2ii0i< de la Bibliothèque nationale, se trouve à la fin du ser- 
mon i>réc«*d«'nl : Eraiit appropinqiiantes, etc. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLiE. 307 

Qui sunt [illi]? et reuocemus illos. Respondit monachus : 
Vnus uocatur Date, et alter Dabitur, Ex quo fugauimus Date, 
recessit Dabitur. Si reuocemus Date, et Dabitur [ueniet] nobis 
et habundabimus. 

ex. — DE QUODAM FRATRE SEMPER ORANTE (1). 

Vnde in uitas Patrum. Quidam frater quesiuit ab alio quid 
oraret pro eo cum dormiret, et respondit : Nichil. Et dixit ite- 
rum : Quando uigilo, laboro; de labore meo eleemosinas 
presto, que, cum dormio, pro me orant. 

CXI. — DE CLERFGO PAUPERE ET QUODAM 

MAGISTRO (2). 

Clericus pauper eleemosinam postulauit a quodam magis- 
tro ; qui dixit : Frater, die preteritum de conquinisco, conqui- 
niscis, Pauper nesciuit. Et dixit magister : Conquexi. Ecce 
eleemosina; uade cum Deo. 

CXn. —DE QUODAM PAUPERE ET QUODAM DIVITE (3). 

Sicut quidam habens bursam denariis plenam, cum quo 
dam pro famé (flente) lacrimanle lacrimas fudit. Verumpla- 
men de pecunia minime ei subvenit. Constat quod caritas in 
eo non fuit. 

CXIII. — DE QUADAM VETULA ET QUODAM 

ARCHIEPISCOPO (4). 

Vnde quedam uetula cuidam archiepiscopo monacho Cis- 
ierciensi ait : Domine, non comoditis carnes bouinas, ucl gal- 
linacias. Verumptamen uiuos nos douoratis. Hec ait propter 

(1) Même sermon. 

(2) Même sermon. 
(.3) Même sermon. 
(4; Même sermon. 



08 ODONIS DE CERITONA PARABOLES. 

nimias exactiones quas bauili eius exercuerunt; non tanlum 
milites in nisticos,sedepiscopi insubditosgrauissime seuiunt. 

CXIV. — DE CADAVERE, GAMBUS ET GORBELLIS («). 

Habent ergo episcopi arcbidiaconos suos, quasi magnos 
canes, qui, inuenientes cadauer, usque ad meduUam deuo- 
rant. Corbelli autem, cumuident canes ci rca cadauer, ex[s]pec- 
tant, donec saturati fuerint. Sciunt enim quod aliquid eis 
saltem circa ossa remanebit. 

Hii sunt bàuiles (51c), minores clerici, scutarii maiorum, 
qui, post deuoracionem dominorum, quod residuum fuerit 
deuorare nituntur. 

CXV. — DE SENE GUI ANGELUS JUDIGIA 

DEI OSTENDIT (2). 

Quidam senex rogauit Deum ut ostenderet de suis iudiciis. 
Gui quadam die astitit angélus in similitudinem cuiusdam 
senis, dicens : Veni, uisitemus sanctos patres, et (3) benedi- 
camur ab eis. Et abeuntes uenerunt in quamdam speluncam, 
et cum pulsarent, uenit ad eos quidam senex sanctus et sus- 
cepit eos cum gaudio,' et post orationem lauit pedes eorum, et, 
posita mensa, refecit eos, et postea pausauerunt; et mane 
cum gaudio dimisit eos; sed angélus absconse tulit catinum 
in quo comederat. Videns ille frater quid fecerat, dixit intra 
se : Quid fecit illi sancto uiro qui cum gaudio suscepit nos? 
Quare abstulit catinum? Et dum îrent, misit post eos [senex] 
filiumsuum, dicens (sic) : Reddite catinum. Gui angélus: Ante 
nos est frater cui tradidi ; ueni et suscipe. Qui cum iret cum 
eis, impuliteum angélus perprecipicium, et mortuus est. Quod 
uidens, frater ille contrislatus tiniuit, dicens : Ve, quid fecit! 
Non sufficiebat sustulisse catinum, nisi interficeret eius (ilium! 

(\) Môme sermon. 

(2) Môme sermon. 

(3) Au lieu de et lisez : ut. 



ODONIS DE CEHITONA PARABOLiE. 309 

Post duos dies ucnerunt ad cellam ubi erat [abbas] cum duobus 
discipulis, et cum pulsarent, misit unum discipulum, diccns : 
Qui estis? Quid queritis? Responderunt : Venimus de labore 
et volumus benedici. Quibus mandauit : Non licet. Discitc 
ergOy suscipite nos bac nocte, ut pausemus. Quibus mandauit 
recedere : Quare ambulatis uagi? At illi ccperunt supplicare 
noxie : Et suscipe nos bac nocte, ne a feris occidamur. Et 
vix suscepit eos. Qui rogauerunt ut daret eis parum luminis, 
et non dédit. Demum rogauerunt ut daretur eis parum aque. 
Tune unus ex discipulis dédit eis parum annone, et aquam in 
absconditOy et rogauit ne abbas sciret. Mane facto dicit angélus 
uni ex discipulis : Rogate abbatem ut dicat sermonem, quia 
habemus quid offeramus. Quod audiens, abbas cito uenit. Gui 
angélus obtulit catinum. Quod uidens, sanctus, qui erat cum 
eo iratus, ait : Recède a me, non ibo amplius tecum, quia 
sancto homini catinum abstulisti, et filium interfecisti. Huic 
uero pessimo qui Deum non timet, nec hominis miserelur, 
catinum dedisti. Gui angélus : Nonne tu Deum rogasti ut 
monstraret tibi sua iudicia? Et missus sum monstrare tibi. 
Catinus quem uiro abstuli non erat de bono, nec decebat 
ut uir sanctus aliquid haberet in cella quod de bono non 
esset. Filium eius ideo interfici (1), quia ipse erat occisu- 
rus patrem suum in sequenti nocte. Catinus autem qui erat 
de malo additus est huic malo ad ruinam eius. Quo dicto dis- 
paruit. At ille cognouit quod iusta sunt iudicia Dei, quamuis 
quibusdam uideantur multa iniusta. 

CXVI. — DE ABBATE QUI UNUM OCULUM AMISIT (2). 

Vnde quidam abbas fratribus suis, [quia] unum oc(c)ulum 
amisit, dolentibus ait: Numpquit(3) doletis prooc(c)ulo que (4) 

(1) Ainsi pour interfm, 
(%) Même sermon. 

(3) Ainsi pour Numquid. 

(4) Lisez : qui. 



310 ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 

rcmansit? ne doleatis pro oc(c)ulo amisso, quoniam a quodam 
inimico mortalissimo sum liberatus. 

CXVII.— DE QUODAM CONDEMNATO UT OCULOS 

AMITTERET («). 

Quidam condempnatus fuit ut oculos amittcret; sed sup- 
plicauit quod eligeret sibi clauum quo oc(c)uli extra[h]ercn- 
tur. Cum plures uero claui cxponerentur, nullus sibi plaçait 
ut o(c)culos extraheret. 

CXVIII. — DE CiECIS ET PORCO (2). 

Vndc quidam porcum unum multis cecis interficiendum 
exibuit. Qui [cum] hue et illuc discurreret, ceci, ipsum uolentes 
interficere, se ipsos inordinate percusserunt. 

Sic peccatores huiusmodi, cum porcum, id est peccatum, 
deberent interficere, se ipsos uerbis et uulneribus ad inuicem 
afficiunt. 

CXIX. - DE QUODAM FENERATORE ET SANCTO 

LAUDOMARO (3) 

Quidam fenorator egrotus transmisit sancto Laudomaro 
abbati Blesensi .xl. solidos, ut oraret pro eo. Quam pecuniam 
in primo recusans, latore pérorante, recepit; ingressusque 
oratorium pecuniam deposuit super altare, et orans pro eo 
cognouit in spiritu quod unicus solidus non fuit ex rapina; 
quem sibi retinuit. Reliquos tradiditnuncio(s), dicens : Pecunia 
iniqua est, nec diuinam sentenciam potest mutare, nec uite 
:pacium ampliare, nec peccatorum remissionem facore. Scrip- 
tum est : Victime iniquorum abhominabiles sunt Domino; 
uota iustorum placabilia (4). 

(1) MAme sermon. 

(2) Même sermon. 

(3) Dominica .v*. post cctabam Penthecostes, secundum Lnchanij .i;«. — 
Cum turbe irruerent ad Ihesum, ut audirent uerbum Dci. 

(4) Liber proverbioritniy C. xv, v. 8.* 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 311 

Vsurarius peius (1) est quam latro, quia usurariiis furari 
nocte dieque non cessât. 

CXX. — DE PUELLA DE FONTE EBRALDI 
ET DE REGE ANGLIiE (2). 

Si circulum aureum sus haberet in naribus, luto submer- 
geret. Ita mulier fatua pulcritudinem suam fetori luxurie in- 
mergit. Sed puella quedam de Fonte Embrandi {sic) quam rex 
Anglie pro pulcritudine oc(c)ulorum concupiuit, non Deum, 
sed [hjostem oc(c)ulis impugnauit^ quando ipsos perforauil et 
régi proiecit, dicens : Oc(c)ulos concupisti, oc(c)ulos accipe. 

CXXr. — DE QUADAM PUELLA ADVOCATA 
A BEATA VIRGINE (3). 

Vnde cuidam puelle apparuit beata uirgo, pulcherrima- 
rum uirginum ducens choream, et ait puelle : Desiderasne 
esse de consortio isto, et respondit puella : Domina, affectuo- 
s[is]sime desidero. Post dixit beata uirgo : Abstineas a choreis 
et a uanitatibus huius mundi, nichil leue uel puellare exer- 
ceas, et die .xxx<». ad me uenies. Quibus uisis, magne graui- 
tatis manu uite leuitatem (4) puella detersit. Et parentibus re- 
quirentibus causam uite mu(t)tate indicauit. Postmodum .xxv^. 
die febre correpta est, et diem .xxx*™., cum hora exitus eius 
appropinquasset, beatam uirginem cum puellis ad se uenire 
conspexit, et uocauit eam ut ad se ueniret. Aperta uoee clama- 
uit : Ecce, domina, uenio. Et sic uisionem pacis cum sanctis 
uirginibus adepta est. 

( 1 ) Lisez : peior. 

(2) Dominica .vi^ . post octabam Pentecostes, secundum Mattheum, .v^ 
— Nisi habundauerit iusticia uestra plus quam scribarum et phariseo- 
rum, non intrabitis in regnum celorum. 

(3) Même sermon. 

(4) L'édition de 1520 porte :magnitudine gravitatis inanùs vitœ levitatem. 



312 ODONIS DE CER1T0NA PARABOLE. 

CXXII. — DE BEATO BERNARDO A QUADAM DOMINA 

HOSPITATO (\). 

Ynde cum beatus Beniardus semel in domo cuiusdam do- 
mine hospitaretur, ipsa uidens eum pulcberrimum, circa me- 
diam noctem lectum eius adiit. Quam cum causa libidinis 
[uenisse] inteilexisset, clamauit : Latrones! Latrones! Et sur- 
gentibus illis qui audierant, illa recessit. Verumtamen ite- 
rum et tercio reuersa est, et itcnim semper clamauitynol(l)ens 
eam detegere, sed fugare. In crastino requisitus a suo mona- 
cho quare tota nocte latrones clamauit, respondit quod qui- 
dam fur uenit ad lectum suum uolens asportare thesaurum 
quem congregauerat in tota uita sua, scilicet ieiunia, oracio- 
nes et bona opéra que gratia Dei fuerunt deaurata. 

CXXIII. — DE ARGHITA OFFENSO A SERVIENTE (2). 

Ynde Archita T(b)arentinus ofiensus seruienti ait : Quan- 
tum te afOictarem, nisi iratus essem! 

CXXIV. — DE CERVA ET FŒTIBUS SUIS 

DERELIGTIS (3). 

Cerua in agro peperit, et reliquid {sic) fétus suos, quia 
non crat herba. 

Cerua dicitur iidelis anima, que parit bona opéra, sed fré- 
quenter non perseuerat, quoniam herba uerbi Dei non susten- 
tatur. 

CXXV. — DE MUSTELA ET BASÏLISGO (4). 

Mustela pugnans cum basilisco, quando uenenoso morsu 
uulneratur, recurrit ad plantaginem que ex industria iuxta 

(1) Même sermon. 

(2) Même sermon. 

(3) Dominica .vy*. post octabam Pentecostes, secundum Marchunit .ru)». 
— Cum turba plurima esset cum Ihesu,nec haberent quid manducarent. 

(4) Même sermon. 



ODONÏS DE CERITONA PARABOLE. 313 

coUocatur, et, cum inde comederit, a ueneno liberatur, et ad 
pugnam recens reucrtitur. 

Sic iustus in pugna contra diabolum uulneratur; fréquen- 
ter ad mensam scripture recurrat, ubi herbas salutiferas, quas 
Christus de celo portauit, inueniet. Quas si uoluerit gustare, 
liberabitur et forcior contra hostem efficietur. 

CXXVI. — DE QUODAM CISTERCIENSI 
ET SALVATORE (1). 

Vnde quidam propter asperitatem cibariorum exiuit ordi- 
nem Gisterciensem. Gui quidam uenit obuius querere quare 
ab ordine exiret. Qui respondens {sic) quod asperitatem cibi 
tolerare non posset. Et dixit ei alius : Gomede; et porrexit 
ei panem asperrimum. Qui respondit : Gomedere non possum. 
Et dixit alius : Inting(u)am eum in optimo salsamento ; et mon- 
strauit sibi .v*. uulnera, et in uno uulnere panem intinxit. 
Monachus uero, uidens quod esset saluator, ad claustrum 
deuotissime reuersus est. 

CXXVII. — DE CORVO ET ELIA (2). 

Item cornus pauit Heliam, mane et uespere panes et carnes 
afferendo. 

Per Heliam intelliguntur claustrales, per coruum, pecca- 
tores, qui pascunt religiosos. Sed si cornus Helie cames putri- 
das tulisset, illas non recepisset. 

CXXVIII. — DE ABBATE ET JUVENE AD RELIGIONEM 

TRANSEUNTE (3). 

Quidam abbas precepit cuidam uolenti ad religionem trans- 
ire ut ossibus mortuorum in quodam aceruo collocatis male- 

(1) Même sermon. 

(2) Dominica oetaua posl octabam Pentecostes, secundum Mattheum, ,vij^. 
— Attendite a falsis prophetis qui ueniunt ad uos in ueslimentis ouium^ 

(3) Même sermon. 




•ii*^?r^t '*t bea**ili«!»*r»»c. tjatjti ^um 6H:i>âet. in fine diei uenil bJ^ 
abbattMn- «^t xit : P*£r*r. i^i quod precepîsti. Al ille : Qui^^i 
n*sç«>a«I*?nint tibi ossi.' — Xil. AJ htee paler : Si uis int ^^ 
a-jï* aia**n*. «j^p^ctet ti^ >iinîl«»iii «»î«e «.v^çibiis illîs. ut et laud -*s 
>^C nitaperii. •{ua^i ;&iiri^ ^onia. p<^ftruiseas. et in hac cra^^^^ 
^•endebU. doQ-h: fni<:tuni •iolcis^mam oite eteme appi 

t:xxi\. — DE aBBATC PACLI SIMPLICIS I . 

Vade abbo^ ^juli ^implicis precepit eî snere et itenim di: 
T^uere. et iterum réparant, quo*! totam bénigne explenit. 

CXXX. — DE BEATO NAOHARIO ET DIABOLO 
PIXIDES DEFERENTE i. 



Vnde beatusMachariusoidit diabolum def f erentem plores 
pixides. et que<iuit Mac o harius qnid faceret eum pixidibus. 
Coi diabolus : lllas monachîs tais offeram. ut qui noiuerint de 
una âiistent de altéra. Macharius expectabat donec red d iret, 
et dixit : Ûuomt^do fecisti? Et ait : >lale, quoniam omnc^s $ancti 
sont et nuUus curauit de pixidibus. nisi unus solus. Sed ille 
est uentunis in aiiuentu me«>. Maoharius ait : Quomodo uoca- 
tur ille? Resp«>ndit : The«>tistus. Et reuersus abbas uocauit 
Theutistum : monuit ut ieiunaret et haberet sacram soripturam 
in memoriam. ut Deus ipsum adinuaret. Itenim uenit diabolos 
ad Tbeotistum qui respuit e lectuarium diaboli. Vnde cum re- 
cesserat. dixit ei abbas : Huid fecisti?Diab«>lus respondit : Nic- 
bil.quia omneserantsancti.et qui solebatgustare. modo renuit. 
Vnde iuraui me non rediturum usque ad longum tempus. 

Diabolus igitur diasatirion <ic luxurie. calidum electua- 
rium auaricie. inflatiuum superbie cuilibet offert. In odore un- 
guentorum istorum currunt mercatores de loco in locum. ut 
diuites fiant, quoniam odor lueri bonus est. 

t. M^mc *'rrmon. 
2 M»:me •♦.-rmon. 



ODONIS DE CEKITONA PARABOL^E. 315 

CXXXI. — DE QUODAM SACERDOTE ET PUELLA 
DEFUNCTA ET DAMNATA (i). 

Honora patrem tuum etmatrem tuam, ut sis longeuus super 
terram uiuencium. Hoc est primum mandatum in secunda 
tabula. 

Quidam sacerdos, in ecclesia iacens, et tumultus et clamores, 
tanquam anima(ai) a demonibus extra ecclesiam torqueretur, 
audiuit; (h)ostium ecclesie, quod prius erat firnia(men)tun), 
apertum est. Puella, quam nouit esse defunctam, intrans eccle- 
siam, eiulans et damans, an te crucem stetit, et ait : Ve mihi, 
ve mihi! quod unquam fui nata; tam corpus quam anima 
utraque sunt dampnata. Et cum hoc dixisset, demonibus ipsam 
stumulantibus {sic), ecclesiam egressa est. Sacerdos uero qui 
in confessione peccata eiusdem inquisierat, aliud peccatum de 
ipsa non nouit, nisi quod matrem suam conuiciis sepius 
uexauit. 

CXXXII. — DE QUODAM ET FILIO SUO 
BLASPHEMANTE (2). 

Item quidam, nimis carnaliter diligens iilium suum, remisse 
nutriebat. Idem paruulus, moxut ei(us) aliquid obstitisset, ma- 
iestatemDei blasphemare consueuerat. Quadam die, cum pater 
suus ipsum in sinu teneret, sicut testantur qui présentes ade- 
rant, malignos spîritus ad se uenisse trementibus oculis puer 
aspiciens cepit clamare : Obsta, pater! Qui damans declinabat 
faciem suam, ut se abeisinsinupatrisabsconderet. Quod cum 
pater requireret quid uideret, puer respondit : Mauri homines 
uenenint qui me tollere uolunt. Qui cum hoc dixisset, [diuine] 
maiestatis nomen protinus blasphemauit et animam reddidit. 

Sic factum est ut qui diu per diuinitatis pacienciam blas- 
phemijs uixerit, quandoque per diuinitatis iudicium blasphe- 

(1) Dominica .viiij^, post octamis Penthecostes, secundum Lmham^ ,xvi°. 
— Homo quidam erat diues qui habebat uillicum. 

(2) Même sermon. 



316 ODONIS DE CERITONA PARABOLiE. 

maret et moreretur. Et sic patcr ignibus géhenne filium nutri- 
uit, quem carnaliter dilexit et corrigere neglexit. 

CXXXIII. — DE QUODAM ET FILIO [SUO FURANTE (1). 

Item quidam filium suum, cum paruulus erat, furari et alia 
illicita sine.correctione exerce re permisit. Tamdem {sic) y cum 
ad uirilem etatem peruenisset, in furtiuo comprehensus est, 
et, cum deberet suspendi, rogauit patrem suum ut daret ei 
osculum. Cum uero pater ei oscukim porrigeret, filius eius ^^^^^ 
cum dentibus frustum carnis de facie patris rapuit. Cum ueroorv^^i., 
inquireretur cur taie énorme com[m]isisset, respondit se me — r^ ^^^ 
rito hoc fecisse, quia pater eius,eo quod prius ipsum corriger^-m -^.^ 
contempserat, ad suspendendum perduxit. 

Gaueant ergo parentes ne in fornicationibus uel maleficiis 5k/^ 
filios suos nutriant, ne ipsos quos genuerunt filios gehenn» ^ e 
faciant. Sicut sacerdos tenetur respondere pro parrochiani: 
suis, ita uos de filiis uestris. 

CXXXIV. — DE RANULA ET MURE (2). 

Item similis est mundus ranu(nc)ule, que blandiendo mûri 
promisit quod ultra aquam ad portum duceret, si ad pcdem 
eius se ligari permitteret. Quo factOi ranu(nc)ula cum mure 
aquam intrauit, [et] in mediis fluctibus murem submersit. 



CXXXV. — DE VENATORIBUS ET ELEPHANTE (3). 

Item similis est mundus arbori,cui elephas, cum dormit, de 
nocte se appodiat. Sed uenatores, cum aliter non possunt corn- 
prehendere eum, arborem, ut uix stare possit, scindant. Ele- 
phas,more consuetosuper illam appodians,simulcum illa cadit, 
et, cum surgere non possit, a uenatoribus comprehenditur. 

(i) Même sermon, 

(2) Même sermon. 

(3) Même sermon. 



> 
\ 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 317 

Sic qui in mundo confidit, cum mundo ruit et a demonibus 
înterficitur. 

CXXXVI. — DE QUODAM EPISGOPO SARDINIiE 
ET QUODAM SARACENO (1). 

Vnde quidam episcopus Sardinie in predicatione interse- 

xuil : Qui reliquerit domum, aut agros, aut uineas propter me, 

centuplum accipiet, ete. Quod cum audisset quidam Sar(r)a- 

cenuSy post sermonem adiuit episcopum, dicens : Si super ser- 

inone(m) predicto feceris mihi securitatem, diuicias meas 

pauperibus distribuam et in uita etema centuplum recipiam. 

Episcopus uero fidelussorem se dédit. Sar(r)acenus uero bapti- 

zatas est, et bona sua pauperibus distribuit, tandem uiam uni- 

uerse carnis ingressus est. Verumtamen ante mortem dixit 

episcopo : Recordare federis quod mecum pepegisti {sic) : si 

mihi pcccunia non centupletur post mortem, equiualentem 

filiis meis restituas. Quod concessit episcopus. Post mortem 

uero eius uenenint filii eius ad episcopum, et pecuniam patris 

instanter postulauerunt. Episcopus uero, ignorans quid âge- 

ret, ad orationes confugit. Tandem, consilio diuinitus im- 

petrato, episcopus duxit filios ad sepulcrum patris, promit- 

tens quod eis ibi satisfaceret. Cun^que illuc peruenissent, 

aperto sarcofago, in dextra manu mortui cartulam inuene- 

runt, quam cum uellent filii rocipere, nulli nisi soli antistiti 

mortuus dimisit. In bac cartula scriptum erat quod centuplum 

iam mortuus receperat, sicut in sermone episcopus predixit, 

et gratiarum actiones populus Deo reddidit, et episcopus libe- 

ratus est. 

CXXXVII. — DE QUODAM AD SUSPENDIUM DUCTO 

ET LIBERATO AB AMICO (2). 

Vnde quidam rex quendam pauperem et humilem ad digni- 
tatem tantam sublimauii, quod curam cuiusdam regni ei 
commisit. Qui factus potens inimicos domini sui contra eius 

(1) Même sermon. 

(2) Même sermon. 



\ 



318 ODONIS DE CERITONA PARABOL.r& 

prohibitionem in domum suam introduxit; quod sciens, rex 
precepit eum suspendi. Gumque duceretur ad suspendium, 
obuiauit cuidam amîco suo, cui multum seniierat, et ait : 
Amice, recole quantum te dilexerim; ecce ducor ad saspen- 
dium, succurre mihi. Qui respondit : Prater, antequam uiue- 
res, plures habuî amicos, et post mortem tuam nouos mihi 
muUiplicabo. Verumtamen misertus tui dabo tibi duas ulnas 
tele, quibus mortuus inuoluaris. Postea obuiauit alteri amîco, 
cui multum seruierat, et ait : Amice, ecce ducor ad suspen- 
dium, succurre mihi. Qui ait : Misereor tui ; uerumtamen usque 
ad furcas tantum te conducam. Tandem cum perueniret prope 
furcas, occurrit ei quidam amicus qui multa ei conlulerat; 
sed propter diuicias et delicias ipsum obliuioni tradiderat. 
Verumtamen, de eius benignitate et misericordia confidens, 
ait : Amice piisslme, ecce omncs amici mei dereliqucrunt me; 
succurre mihi. Cui amicus : Nullo iure deberem tibi succurrere. 
Verumtamen, si puro corde misericordiam postulaueris, quia 
uideo te ab omnibus amicis desti[tu]tum, te a suspendio libe- 
rabo, et pro te suspendium sustinebo. 

Rex iste est Deus, pauper, unusquisque nostrum; bona sua 
temporalia, uirtutes et sacramenta contulit; domus Dei, cor- 
pus nostrum uel anima; inimici, demones, quibus, quia cas- 
trum domini sui tradidit, homo in infernum debuit suspendi. 
Primus amicus fuit mundus et diuicie, que ad sepeliendum 
exibcnt parum tele. Secundus amicus sunt camales, qui cor- 
pus suum usque ad foueam ducunt. Tercius est filius Dei, qui, 
nullis meritisexigentibus,pronobiscrucis suspendium subiuit. 

CXXXVIIÏ. — DE QUODAM UMCORNI 
ET QUODAM HOMINE (1). 

Narrât Bernardus quod quidam unicornis quadam die 
quendam hominem secutus est ut eum interficeret, cui nichil 

({) Dominica .x». post octabam Pentecosles, secundum Lucham, .xix^, 
— Cum appropinquasset Ihesus Iherosolimani, uidens ciuitatem, fleuit 
super illam. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 319 

mortale resistere potest. Qui cum ab eo fugaretur, cecidit in 
quaudam foucam profundam etlatam, in cuius fundo fuerunt 
serpentes, bufones et reptilia crudclissima. Gumque esset 
quasi in média uia uersus fundum, adhesit cuidam arbori quam 
ascendit, et ibi se tenuit. Sub arbore erant due bestie, una alba 
et alia nigra, corrodentes radicem arboris. Preterea ibi erat 
quidam dracho [h]orribilis,paratusad portandum illum homi- 
nem in locum reptilium. Ecce quadruplex periculum : uni- 
cornis expectans supra foueam, due bestie arborem corroden- 
tes, drachonis timor ne eum absorberet, et uermes et reptilia 
sub arbore. lUe uero miser, uidens quoddam pomum in arbore 
uel parummeIlis,propter eius dulcedinem omnium periculorum 
oblitus est. Tamdem [sic), cadente arbore, cecidit inter uermes. 
Homo iste est qui (in) mundum diligit; vnicornis, mors; 
uallis profunda, infemum; arbor, uita ista misera; due bestie, 
scilicet alba et nigra, dies et nox qui uitam hominum consu- 
munt; dracho, diabolus; pomum uel mel sunt temporalia ista, 
quorum delectatio facit miserum hominem predictorum obli- 
uisci et in infemum cadere. 

CXXXIX. — DE DIVITIS MORTUI FUNERE (1). 

Cum diues moritur, tune processio bestiarum, que in paric- 
tibus depingitur figuraliter, adimpletur : porcus et lupus et 
cetera animalia crucem et cereos portabunt; dominus Beren- 
garius, id est ursus, missam celebrabit; leo cum ceteris 
obtime {.sic) reficietur. Num(p)quid pro clamore talium anima 
usurarii uel militis rapacis defertur in celum? Ymo quanto 
magîs celebrabunt, tanto magis demonesanimam torquebunt. 

CXL. — DE LIGNIS QU.ERENTIBUS REi.EM (2). 

Ligna siluarum conuenerunt ut ung(u)erent sibi regem, 
et dixerunt ad oliuam : Impera nobis. Que respondit : Non 

(i) Même sermon. 

(2) Dominica .»/•. po$t octabam Penthecosta, secundum Lucham, .xvi'j°. 
— Dixit Ihesus ad quosdam qui in se confidebant paraholam hanc. 



320 ODONIS DE CERITONA PARABOLiE. 

relinquam pinguedinem meam qua dii utantur et homines. 
luerunt ad ficum que noluit relinquere dulces fructus suos. 
luerunt ad uitem que noluit relinquere uinum quod letificat 
Deum et homines. Sic multi nolunt relinquere pinguedinem 
gracie, nec dulces fructus bonorum operum, nec uinum spiri- 
tualis leticie, quo inebriantur contemplatiui, ut preficiantur 
lignis siluarum, id est hominibus incultis. Postea uenemnt 
ad rampnum, et eum sibi regem constituerunt. Que ait : 
Venite, requiescitc sub umbra mea. Tamen caret umbra. 

Sic multi ambiciosi promittunt se bonos et alios obum- 
brare, cum omni careant consolatione. Vnde ignis exiuit de 
rampno, et ligna combussit. Dicitur enim ad litteram quod 
de rampno flamma procedit(l). 

CXLI. — DE MONACHIS VISIONES SUAS 
NARRANTIBUS (2). 

Vndc quidam monachi cum uisiones suas ad inuicem nar- 
rarent, quidam rcspondit se nichil, nisi peccata sua, nouisse. 

Notandum quod per superbiam quis (de) peccat in Deum, 
pcr auariciam in proximum, per luxuriam in seipsum. 

CXLII. — DE BEATO ANTOiNIO ET LAQUEIS MUiNDI (3). 

Vnde, cum beatus Antonius mundum plénum laqueis uide- 
ret, quesiuit quis posset hoslaqueos fugere. Responsum [est] : 
Sola humilitas. 

Hec spiritum Domini facit super fidelem quiescere. 

CXLIII. — DE CONSTANTIO ET QUODAM EUM 

DESPICIENTE (4). 

In Dialogo. Cum opinio de sanctitate cuiusdam uiri excres- 
ceret, quidam uisitauit eum, ut de statu illius admiraretur. 

{{) Voyez plus loin, p. 33i), une autre nnlaction de la même parabole. 

(2) Môme sermon. 

(3) Même sermon. 

(4) Môme sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 321 

Quem cum uideret pusillum ualdc et despectum, ait : Ego 
grandem hominem credidi uidere; iste autem de homine 
nichil habet. Quod ut uir Dei Constancius audiuit, lampades 
quas reficiebat reliquit, atque in conuitiantis ruit amplexum 
eumque ex amore constringere brachiis cepit; osculum dédit 
cum gratiarum actione, dicens : Tu solus es qui in me oc(c)u- 
los habuisti apertos. 

Ex quo pensandum est cuius apud se humilitatis fuit qui 
despicientem se rusticum' amauit. 

CXLIV. — DE QUODAM CLAUSTRALI ET DE ABBATE 

ET SOCIIS SUIS (1). 

Quidam claustralis, qui ab abbate et sociis suis in uita 
sua uilipendebatur, cum anima exisset de corpore, Ihesu 
occurrenti ait : Domine, non habui consolationem in terra. 
Et respondit ei Dominus : Veni, ego cro consolatio tua. Quod 
cum abbas per uisionem cognouisset, fratribus suis penitendo 
confessus est quaiiter predicta anima Domino de se conque- 
retur. 

CXLV. — DE VIRO ET UXORE SE IPSOS SUSPENDERE 

STATUENTIBUS (2). 

In maiori Britanniauir et uxor, spiritu tristicie instigante, 
proposuerunt se ipsos suspendere, et, cum se in quadam domo 
clausissent et laqueum sibi inponere parati essent, dixerunt 
ad inuicem : In domo nostra fréquenter cantauimus antipho- 
nam beati Edmundi [régis]; semel dicamus eam, antequam 
moriamur, quoniam, secundum morem illius patrie, ipsi layci 
ipsam antiphonam, qui încipit : Aue, rex gentis angelorum, 
circa ignem loco Bencdic[i]te fréquentant. Cum autem canti- 
lenam terminassent, adinuicem erubuerunt, admirantes 
quaiiter tam énorme propositum in cor corum ascenderet. 

(i) Dominica .xij^, post octabam Penthecostes, secundum Marcum, .vij^. 
— Exiens Ihesus de fînibus Tyri, venit per Sydonem ad mare Galilée. 
(2) Même sermon. 

21 



322 ODONIS DE CERITONA PARABOL^E. 

Et sic per cantilenam gloriosi martiris ab horribili morte libé- 
rât! sunt . 

CXLVI. — DE ELIA ET JUNIPERO (1). 

In libro Regum. Helias qui mortuos suscitabat, futurum 
preuidebat, queque preclare faciebat, timoré mulieris percus- 
sus, incidit in hoc peccatum, et sedit subter unam iuniperum 
et peciit anime sue ut moreretur. 

Per iuniperum religio intelligitur, quia sub cinere iuni- 
peri ignis per annum conseruatur et sub memoria mortis 
feruor religionis nutritur. Sub iunipero sedere est religioni 
adherere. Anime sue peciit ut moriatur, cum obsequium spi- 
rituale in accidiam uerlitur, et quia de gaudio spiriluali non 
sentit, per tristiciam et torporem quasi mori affectât. Et ecce 
angélus magni consilii claustralem tangit, per gratiam excitât 
ut a torpore fastidii resurgat, monet ut comedat, id est cibo 
spirituali se reficiat. Et respexit Helias, et ecce ad capud suum 
subcinericius panis et uas aque; comcdit et bibit et rursum 
obdormiuit. Reuersusque angélus secundo tetigiteum, dicens: 
Bibe et comede; grandis enim tibi restât nia. Comedit et bibit, 
et ambulauit in fortitudine cibi illius quadraginta diebus et 
quadraginta noctibus usque ad montem Dei Oreb. 

CXLVII. — DE DUOBUS MONACHIS TENTATIS ET 

ABBATE APOLLINE (2). 

Quidam (sencx) ualde temptabatur a fornicalione. Quod 
cum narrasse! cuidam seni, ait senex [qui nunquam tempta- 
tus fuerat in hac temptacione] : Miser es, et non es dignus ut 
sis monachus, qui taies recipis temptationes. Quod audiens, 
desperatus cepit ire ad seculum. Cui obuians abbas ApoUo ait 
illi : Frater, quare tristises? Cui ille : Quia fornicatio inquie- 

({) Mùme sermon. 

(2) Dominica, xiij^. post octabam PentecosteSf secundumLucham, .a?°. — 
Beati oculi gui uident quod uos uidetis. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 323 

tat me, quod confessus sum cuidam seni qui desperauit me. 
Et ideo ad seculum re(d)deo. Quod audiens Apollo ait illi : 
Fili, ne mireris; nam ego, qui senex sum, semper inquieior 
ab hac cog(n)itatione. Ne ergo desperes; nam hec temptatio 
(est) Dei miseratione curatur. Fili, rogo, reuertere ad cellam 
tuam. Quod factum est; sed abbas Apollo [abiit] ad cellam 
senis illius qui desperationem fecerat, et rogauit Dominum 
cum lacrimis, ut conuerteret temptationem fratris in senem 
illum, ut per experimentum discat quod longo tempore non 
senciit, ut sciât compati his qui huius modi temptationibus 
turbantur. Sed, cum orationem finisset, uidit ethiopem iuxta 
illius cellam dirigentem sagittas contra illum senem, quibus 
perforatus senex quasi ebrius ferebatur; nec potens tole- 
rare cepit ire ad seculum. Quod intelligens, abbas Apollo 
cucurrit, dicens : Quo uadis? Quare turbaris? Ille autem pro 
uerecundia noluit dicere. Gui Apollo : Reuertere et nosce 
iniirmitatem tuam a modo, et scias quod ignoratus a diabolo 
usque nunc fuisti aut sumptus (1) propter quod non meruisti 
habere uires contra diabolum, quia una hora non potuisti 
sustinere temptacionem eius. Hoc ideo tibi contingit, quia 
iuuenem illum quem debuisti consolari in desperationem 
misisti, nesciens illud : Arundinem quassatam non conteret 
et lignum fumigansnon exting[u]et(2).Nemoenimpotest sus- 
tinere insidias diaboli, nisi gratia Dei seruauit illum. Sed 
rogemus eum ut a te et ab illo banc temptationem auferat; 
quod factum est, sicut dixit. 

CXLVIII. — DE DIABOLO MITTEiNTE SAGITTAM IN 

QUEMDAM MOXACHUM (3). 

[Vnde in uisione cuidam apparuit diabolus transmittens 
sagittam in quemdam senem; unde uulneratus hue et il lue 

(1) Peut-être faut-il lire : spretus, 

(2) Évang. selon S. Mathieu, G. xii, v. 20. 

(3) Même sermon. 



324 ODONIS DE CERITONA PARABOL-*). 

in cellula sua discurrit [et] exire proposuit. Admiratus [est] 
huiusmodi; nunquamenimtaliter erat uexatus. Verumptamen 
cum diuina miseratione pessimus balistarius cohibe[ba]tur, 
[et] incella monachus remansit(l)]. 

CXLIX. — DE CORPORE CHRISTI ET QUADAM 

MULIERE (2). 

De corpore Christi, ut aliis sacramentis, quedam inaudita 
consurgunt. Consulunt quod mulier, incluso in ore corpore 
Christi, illum a que diligi desiderat osculetur. Vnde in detes- 
[ta]tionem ipsius criminis semel corpus Christi in ore cuius- 
dam maleficium lacère intendentis in carnem uisibilem, que 
dentibus adhesit, conuersum est. 

« 

CL. — DE RENALDO ET ISINGRINO INFLATO (3). 

Diabolus quasi Renaldus duxit feneratorem Ysingrinum, 
[cuius taie] proprium nomen est, ad locum multarum carnium. 
Qui cum tenuis per foramen artum intrauerat, inflatus exire 
non potuit. Vigiles uero excitati per clamorem Renaldi, Ysin- 
grinum usque ad euacuationem fustigauerunt et peliem reti- 
nuerunt. 

Sic demones usurarium, cum per congregationes usurarum 
tandem fuerit inflatus, a pelle carnis exutum in inferno fusti- 
gabunt. Oratius : 

Macra cauum répètes arctum que[m] macra subisti. 

(1) Celte parabole ayant été omise dans le ms. 16506 de la Biblio- 
thèque nationale, c'est d'après le ras. 2593 de la même Bibliothèque 
qu'elle a été introduite ici. 

(2) Même sermon. 

(3) Dominica .xiiij^. post octabam PenthecosleSy secundum Lucham, ,xvij^, 
— Factura est autcra, dura iret Ihcsus in Iherusalero, transibat per 
mediam Galileara. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 325 

CLI. — DE QUODAM BARBATORE ET DE 

FENERATORE (1). 

Quidam barbator dimidium barbe abrasit fencratori ut 
inter àlioâ cognosceretur. 

Ita in die iudicii spéciale signum sue dampnationis, nisi se- 
cundum usuras posse(2) restituant, coram omnibus portabunt. 

CLII. — DE^QUODAM MILITE ET BAVILO SUO (3). 

Vnde quidam miles in prouincia semper fecit bauilum 
suum sibi restituere quicquid tempestate [in] terra sua con- 
sumebatur, et assignauit causam, dicens : [P]recepi bauilo 
quod fidelissime de bonis meis décimas Deo solueret. Quod si 
fecisset, certus sum quod Dominus tempestatem super terram 
meam non misisset. Vnde, cum loca uicina tempestate dépé- 
rirent, merito bone lidei terra eius sepius remansit illesa. 

CLIII. — DE REGIS ET RELIGIOSI COLLOQUIO (4). 

Quidam religiosus inposuit cuidam régi quod erat cupidus, 

superbus, luxuriosus. Qui respondit : Fratcr, pessimas filias 

mihi maritasti. Ymo aliter sunt maritate, quoniam cister- 

<îienses cupiditatem, templarii superbiam, nigri monachi lu- 

^iiriam, sibi maritauerunt. 

Quicumque enim aliter (5) istarum sibi per consensum 
^opulauerit, statim lepra peccati percutitur. 

CLIV. — DE MULIERE PULCHRA, SPONSO SUO ET 

QUODAM LEPROSO (6). 

Item quedam mulier pulchra, sponso suo pulcherrimo 
^Vniecto, cuidam leproso turpissimo adhesil, et ipsum coram 

(i) Même sermon. 

(2) Lisez : nisi, secundum po:ise, muras. 

(3) Même sermon. 

(4) Même sermon. 

(5} Ainsi pour aliquam. 
(6) Même sermon. 



326 ^ ODONIS DE CERITONA PARABOL-*). 

marito suo osculabatur. Dixit ei mari tus : Arnica mea, quare 
leprosum oscularis, et cumleproso,me présente, deliciasducis? 
Maritus estChristus^sponsa [in] fidelis, anima; leprosus est 
Diabolus, mundus, uel peccatum. 

CLV. — DE QUODAM MARE TRANSITURO (1). 

Item quidam, cum deberet mare transire, promisit Deo 
quod ipsum nunquam offenderet, Sed cum*periculum maris 
euaserat, in litore celum aspiciens, ait : Certe, Ihesu, decepi 
te, quia promissum non seruabo. 

Huiusmodi non intelligunt ubique Dominum esse omni- 
potentem ; non credunt quod ubique tenet malleum mortis, ut 
quem uult mortificet et quem uult uiuificet. 

CLVI. — DE ARANEA, TELA SUA ET VENTO (2). 

Confundantur qui operantur linum, plectentes et texentes 
subtilia! Homines cnim,ut lucrum temporale venentur, uelut 
aranea, telam faciunt, seipsos euiscerantes et uirtulibus eua- 
cuantes in quibus est sedes uite, quatenus faciant recîaculam 
ad capiendum aliquid commodum. Sed fréquenter tela eorum, 
sicut tela aranee, rapitur a uento. 

CLVIÏ. — DE MUSCA (3). 

Musca dicitur stimulans, uel maculans, uel tumultuans, 
stimulans per curam et sollicitudinem, maculans per gulam 
et luxuriam, tumultuans per uanitatem et superbiam. 

(1) Même sermon. 

(2) Dominica .xv*. post octabam Penlecostes, secundum Matthevm, .tj». 
— Nemo potest duobus dominis seruire. 

(3) Même sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOL.E. 327 

CLVIII. — DE ANTILOPE ET VENATOHIBLS (1). 

Antilops, cum de facili capi non possit, ludit in uirgultis, 
quibus ligatur cum cornibus; clamât, et audientes ueiialores 
ipsum capiunt. 

Sic uir iustus, cum aliter non decipilur, per curas tempo- 
rales comprehenditur. 

CLIX. — DE SCRABONIBUS ET STERQUILIMO (2). 

Huiusmodi clerici dicuntur scrabones, qui tota die uolant, 
flores sanctorum et arbores aromaticas contempnunt, et tan- 
dem in sterquilinium se inmergunt, quando aliquod benefi- 
cium temporale acquirunt. 

CLX. — DE FRATRIS FRANCISCI PARABOLA (3). 

Frater Franciscus, requisitus quis pasceret fratres suos, 
quia indifTerenter omnes recepit, respondit : Quidam rex in- 
pregnauit quandam in nemore; que peperit. Quem cum per 
aliquod tempus nutrierat, uenit ad portam régis, ut filium suum 
de cetero pasceret. Quod cum nunciatum esset régi, respondit : 
Tôt praui et inutiles in curia mea comedunt cibum; iustum 
est ut filius meus inter eos sustentetur. Quod exponens dixit 
se esse mulierem quam Dominus uerbo suo inpregnauit, qui 
lîlios spirituales genuit; ex quo Dominus tôt iniustos pascit, 
non est mirandum, si filios proprios inter alios suslentet. 

CLXI. — DE CASEO, MUSCIPULA ET MURIBUS (4). 

Sicut enim assatur caseus et in muscipula ponitur, ut 
mures accipiat, sic diabolus quodlibet uentum quasi odorife- 
rum ponit, ut incautos decipiat. 

(i) Même sermon. 

(2) Même sermon. 

(3) Même sermon. 

(4) Dominica . arr;*. poFt octabam Penthecostes, secundum Lucham^ ,vij^, 
— Factum est aulem, cum Jhesus ibat in ciuitalem que uocatur Naym. 



328 ODONIS DE CERITONA PARABOL^E. 

Mulicrpulchra, cibus delicatus, possessio aliéna, est caseus 
in muscipula. Mulier adornatur, cibus délicate preparatur, 
possessio quam (1) pro commodo desideratur. Hoc est caseus 
assatus. 

CLXII. — DE QUODAM EPISCOPO ET NEPOTULO SUO (2). 

Vnde quidam episcopus, ut dicitur, plus quam centum 
animas cuidam nepotuio suo conmisit. Verumtamen quandam 
pirum honeratam pi ris eidem com[m]ittere noiuit. Et dixit ei 
clericus eius : Domine, nonne piures animas nepotuio com- 
misisti? Quomodoei pira com[m]ittere non presumis? Plus 
ergo pira quam animas dilexit. 

CLXIII. — DE QUODAM EREMITA CRASSO ET 

AiNGELO SUO (3). 

Vnde quidam heremita aquam remotam a domo habuit, 
et, quia fréquenter fatigabatur, ait : Non paciar hune laborem. 
Faciam cellulam mcam iuxta aquam. Et, cum iret prope 
aquam, uidit quendam sequcntem se et numerantem passus. 
Gui ait : Quid facis? Qui ait : Angélus [tuus] sum, et numéro 
pawus, pro quibus habebis mercedem. Quo audito, gauisus 
pos(s)uit cellulam suam longius ab aqua. 

Ecce [quod] pro quolibet passu fiet remuneratio; ymo 
capilli capitis uestri, id est bone cogitationes, apud Deum nu- 
merate sunt. 

CLXIV. — DE RUSTICO ET ASINO IN FIMUM CASO (4). 

Piger est quasi murilegus, qui piscem desiderat, sed pedes 
humectare non curât. 

(1) Ainsi sans doute pour quasi. 

(2) Dominica ,xvij*. post octabam PentecosteSjSecundum Lucham,,xuij°. — 
Factura estautem,cum intraret Dorainus in domum cuiusdam principis. 

(3) Dominica, Obviij^, post octabam Pentecostes^secundum Matthcum, ,xxij^. 
— Accesserunt ad Ihesura pharisœi, etc. 

(4) Même sermon. 



. « 



ODONIS DE CETRITONA PARABOL.IiL 329 

Asinus cuiusdam rustici in fimum cecidit. Rusticus supra 
herbam discubaît, damans : Petre, succurre asino mco. Pctrus 
percuciens roiticiim ait: Surge, piger, «k. asino tuo primo 
appone manum, et coadiuuabo te. 

CLXV. — DE QUODAM EREMITA ET TRIBUS 

FRATRIBUS (1). 

Quidam heremita uidit in uisione très fratres stantes super 
aqnam^et facta est uox ad illos ex altéra parte littoris, dicens : 
Accipite alas igneas, et uenite ad me. Duo accepcrunt alas et 
uolauerunt ultra. Tercius remansit flens et clamans [ad] Do- 
minum et date [sunt] ei aie non ignée, sed infirme; ita quod, 
cum magno labore mergendo,non surgendo,.afflictus ueniref 
ultra. 

Sic transeunt qui in amore Christi ardent. 

CLXVI. — DE QUODAM MONACHO BENEFICO (2). 

Quidam monachus sîbi detrahenti, si erat uicinus, per scip- 
sum dabat ei [munuscula]. Si longius manebat, munuscula 
transmisit. 

Similiter, ut dicitur in Parabolis (3) : Si esurierit inimicus 
tuus, ciba illum ; si sicierit, potum da illi. 

CLXVII. — DE QUODAM MONACHO ET PATRE EJUS (4). 

Vnde quidam monachus, cum inpugnaretur a fornicatione, 
dicebat patri suo, qui ipsum in heremo diutius nutrierat : 
Vado ad seculum, quia non possum sustinere temptaciones. 
Quem pater suus fréquenter corrigebat. Cumque puer non 
posset sustinere, ait illi pater : Fili, audi me adhuc semel ; 

(1) Même sermon. 

(2) Même sermon. 

(3) Liber proverbiorum^ C. xxv, v. 21. 

(4) Dominica ,xa^.post octabam Penthecosles, secundum MattheuiHy ,xxij**, 
— Simile est regnum celorum homini régi qui fecit nupcias fllio suo. 



330 ODONIS DE CERITONA PARABOL^K. 

Toile tecum .xl*. panes, et uade in heremum, et labora ibî 
per .xl*. dies, et fiât uoluntas Dei. Qui obediens patri, [cum] 
per .XX*'. dies laborasset et siccum panem et aquam comedis- 
set, apparuit ei diabolus quasi mulier ethiopissa turpis et 
fetida nimis, ita quod aspectum eius ferre non posset et abi- 
ciebat eam a se. Cui illa : Ego sum qui {sic) animis hominum 
dulcis appareo; sed per obedienciam tuam et laborem Deus 
non permittit me tibi nocere ; sed facturam meam tibi innotui. 
Ecce quod diabolus [se ipsum] exenterauit. Puer rediens ad 
patrem ait : Pater, iamiam non red(d)eo ad seculum, nec 
temp(ta)tor. Narrauitque omnia que uiderat. Cui Pater : Fili, 
gratias Deoagamus; sed, si per .xl. dies remansisses, maiora 
hiis uidisses. 

CLXVIII. — DE BEATA VIRGINE ET MATRONifi 

PUERO FLENTE (1). 

Dicitur, licet non sitautenticum,quod beatauirgo, quando 
paruulum suum portauit, (quod) hospitata fuit in domo cuius- 
dam mulieris, que habuit filium, que {sic) semper fleuit. Cui 
m aler Domini ait : Si filius tuus balnearetur in aqua in qua 
fil ius meus fuisset balneatus, a lletu curaretur. Matrona primo 
indignans quod filius eius deberet post filium paupercule mu- 
lieris balneari, tamdem consensit, et, cum puer matrone impo- 
situs esset in balneo in quo filius uirginis fuit balneatus, 
statim cepit ridere. 

Sic quilibet in balneo tribulationis rideat, quoniam (cum) 
a calidis balneis géhenne taliter liberatur. 

CLXIX. — DE QUADAM SANCTA RELIGIOSA (2). 

Quedam religiosa, cum quererctur a sene quomodo sancta 
esset religiosa, ait : Mihi, cum essem paruula, fuitpater mul- 
tum mansuetus. Vix a domo sua uidebatur exire. Quando ali- 

(i) Même sermon. 
(2) Même sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 331 

quando sanus fuit, laborauit, et de fructibus [nobis] detulit. 
Tante taciturnitatis erat, quod lîix crederetur posse loqui; 
mater mea econtra, garrula, proterua, potatrix, luxuriosa,sepe 
lites commouens. Gui numquam egritudo nocuit. Gontigit ut 
pater moreretur; continuo aer conmotus [est]; fulgura, toni- 
trua, tempestates patrem meum super lectum sine sepultura 
esse fecerunt, ut homines, mouentes capita, existimarent inlî- 
nita peccata eius hoo promereri, ut Deus non permitteret eum 
sepeliri. Tune post tri<iuum uix ipsum sepelire potuimus. 
Mater mea post hec flagiciosus (1) uitam exegit, omnem super- 
biam in luxuriam (2) consumpsit. In morte eius tanta pros- 
peritas (3) contigit ut aer ei obsequium uiderelur prestare. 
Ego autem post obitum eius cepi cog(n)itare cuius uitam eli- 
gerem, aut matris cui nunquam molestum (4) contigit, aut 
patris qui tanto dolore uixit et tanta turpitudine uitam fmi- 
uit, dicens : Si uita patris bona fuisset, aliquid boni sibi con- 
tigisset; si mala, aliquid mali ei euenisset. Et sic placuit mihi 
secundum uitam matris uitam ducere. Postea astitit mihi per 
somnum in nocte quidam grandis corpore, terribilis aspectu, 
qui dicebat : Quid cog(n)itasti? Gui pre timoré dixi : Nîchil. 
Set ille mihi : Hec et hec cogitasti. Et dixit mihi : Veni mecum 
et monstrabo patrem et matrem, ut scias cuius uitam eligas. 
Et duxit me in campum pulcrum, redolentem miris odoribus, 
cuius magnitudo [et] pulcritudo inestimabilis erat. Et occurrit 
[mihi] pater, me amplexans. Gui ego : Manebo hic tecum. Ille 
ait : Non potes modo. Si uero sequeris uestigia mea, postea 
manebis. Sed trahens me ille qui duxerat, ducit me in domum 
obscuram stridore et dolore plenam. Et ostendit fornacem 
ardentem et matrem in fornace usque ad coUum, dentibus 
stridentem, et uermes eam corroderunt. Que, uidens me, cla- 
mauit : Heu! filia, hec pacior propter opéra mea, adiuua me, 

(i) X'msi pour flagitiosam, 

(2) Lisez : substantiam in luxuria, 

(3) Ainsi pour serenitas, 

(4) Ainsi sans doulc poui^ me/esfm ou aliquod molestum. 



332 ODONIS DE CERITONA PARABOL.fi. 

noli dcspicere fletum mairis tue ; mémento doloris mei partu- 
rientis te. Tune, commota uoce et lacrimis, cepi ingemiscere 
et clamare. Sed propter illum qui duxit me adiuuare non potai. 
Vnde post hanc uisionem iuraui uitam patris mei sequi. Ideo 
oportet me laborare, ut cum pâtre quiescam. 

CLXX. — DE PETRO ABELARDO ET RELIGIOSIS (1). 

Vt dicitur, magister Petrus Abalardus (sic), semel uilibus 
indutus, uolens intra[re] domum quonimdam religiosorum. 
uiliter expulsus est. Postea bene indutus cum equis suis pom- 
patice ingrcdiens, quia magni nominis erat, honorifice recep- 
tus est, et, sedens ad prandium, uestimentum suum sepius os- 
culabatur. Qui, cum requireretur a fratribus cur hoc facerel, 
respondit : Merito uestes honoro, quoniam honorauerunl me : 
quando uilibus induebar, expulistis me; set propter uesles 
honora(s)tis me. 

Benignum minoribus, humilem maioribus te exibeas. 

CLXXI. — DE MILITE .EGROTANTE 
ET QUODAM RELIGIOSO (2). 

Vnde quidam miles morbo afflictus rogauit quendam reli- 
giosum, ut eo orante (ad) Dominum a morbo suo liberarelur. 
Cui religiosus ait : Die mihi, frater, in quo statu dirîgis inten- 
cionem tuam ad Dominum? Cui ille : Dum me molestât mor- 
bus, totus animus meus suspirat ad Deum; cum sencio me 
totum sanum, in hiis temporalibus aspiro. Et ego, dixit uir 
iustus, oro ut Doniinus te conseruet in statu egritudinis in quo 
plus timens Deum humiliaris : 

Cum fero langorem, fero religionis amorem; 
Expers langoris, non sum memor huius anioris. 

(1) Dominica .a:.r/*. post octabam Penthecostefi, secundum lohannem, .«*/*. 
— Erat quidam Hegulus, cuius lilius iiifirmabatur. 

(2) Même sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOL^E. 333 

CLXXII. — DE DAVIDE ET SERVO .€GYPTIO (1). 

Vnde serui Dauid inuenerunt uiuum egyptum (2) in agro, 
et adduxerunt eum ad Dauid. Et ait illi Dauid : Cuius es tu, 
iicl unde aut quo pergis? Qui ait : Puer egipcius ego sum, ser- 
uus uiri (diaboli) Amalechite; dereliquid me dominus meus, 
quia egroiare cepi nudius tercius. 

Amalechita est diabolus, qui per delicias mundi peccatorem 
ducit ad perditionem ; sed, cum peccator infirmatur, tam mun- 
dus quam diabolus, tedio afîecius, nisi peccator quasi lotus 
cum Domino suo ambulet, ipsum relinquit. 

CLXXIII. — DE QUODAM FRATRE VÏTAM ANGELICAM 

DUCERE VOLENTE (3). 

[Quidam frater dixit se nolle intromittere de temporalibus, 
sed uitam angelicam ducere. Dixerunt ergo fratres : Exi ergo 
et uade in montem; ibi uitam ducas angelicam. Qui, egressus, 
post trîduum famelicus est reuersus, dicens : Peccaui, date 
mihi ad comedendum. Et responsum est ei : Frater, parum 
ualet Maria sine Martha.] 

CLXXIV. — DE ABBATE ANTONIO 
ET QUODAM VENATORE (4). 

Quidam uenator, ueniens per siluam, [uidil] abbatem An- 
tonium cum suis monachis; [hoc] displicuit ei. Quod senex 
intelligens, ait: Ponas sagittam in archu, et trahe. Et fecit 
et iterum fecit. Et ait : Trahe adhuc. Dicit ei uenator : Si 
ultra modum traxero, archus frangetur. Dixit ci abbas : Ita 
in opère Dei. Si, supra quam mensura est, laborauerimus, 

(i) Même sermon. 

(2) Lisez : virum œgyptium, 

(3) Même sermon. Cet exemple manquant dans le ms. 16506, c'est le 
ms. 2593 qui en a ici fourni le texte. 

(4) Même sermon. 



334 ODONIS DE CERITONA PARÂBOL/E. 

deficicmus. Expedit aliquantulum relaxari. Oac responsione 
uenator contemptus (1) recessit. Vndeuersus: 

Interpone tuis interdum gaudia curis. 

CLXXV. — DE JOHANNE EVANGELISTA 

ET PERDICE (2). 

Dicitur quod lohannes euangelista semel ludebat cum per- 
dice, et cuidam super hoc admirandi (3) respondit : Delectasti 
me. Domine, in factura tua (4). 

CLXXVI. — DE MAGISTRO ADAMO VERBERATO (5). 

Et magister Adam semel in capitulo uerberatus [est], quia 
fecit hos uersus, quando in orto rosam tenuit : 

Dum teneo florem, dum sencio floris odoreni, 
Preteriti nioris ueterisque recordor amoris. 

Sed in refectorio, de pitancia oblitus, ait : 

Sub breuitatc stili suus {sic) Adam mandat a labe (6) : 
Verbera patris habes, verbera matris habe. 

Melius est enim rationem reddere de misericordia quam de 
iusticia. 

CLXXMI. — DE FORMICIS ET EARUM REGE (7). 

Item quidam, cum prelatum mansuetum habent, contemp- 
nunt, sicut Formice, quibus lignum datum est in regem : in- 
tinxerunt (8) super illud, et postea datus est serpens qui deuo- 
rauit eas. 

(1) Lisez: contentas. 

(2) Même sermon. 

(3) Ainsi pour admiranli. 

(4) Liber psdlmorum, C. \'\, v. li. 

(5) Même sermon. 

(6) Vers aussi faulif (jue ilénur de sens. 

(7) Même sermon. 

(8) Ainsi pour minxenmt. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 335 

CLXXVIIÏ. - DE LIGNIS REGEM QU.4i:RENTIBUS (1). 

Super (2) ligna siluarum iuerunt ad oliuam et dixerunt : 
Veni et ympera nobis. Que respondit : Numpquid possum dese- 
rere pinguedinem meam, qua utuntur dii et homines, ut inter 
ligna promouear? Dixerunt que [idem] ad arborem ficum. 
Que respondit : Numquid possum deserere dulcedinem meam 
fructusque suauissimos, scilicet ut inter ligna promouear? 
Dixerunt que idem uiti. Que respondit : Numpquid possum 
deserere uinum meum, quod letificat Deum et homines? Sic 
plerique, dulcedinem contemplacionis et pinguedinem bone 
operationis et uinum leticie spiritualis ne per seculi curas 
am(m)ittant, prelationes fugiunt; sed postea ligna siluarum 
prefecerunt rampnum, id est aliquem crudelem, de quo egre- 
ditur ignis iracundie, et [qui] subditos deuastat. 

CLXXÏX. — DE SOLITAHII VISÏONE (3). 

Vnde quidam solitarius uidit in uisione lohannem papam 
et Sim[mjachum patricium prohicere (4) regem Theodoricum 
uinctum manibus et discalciatum {sic) in ignem uulcani, qui 
dicitur infernalis, quia prius ambos occiderat. 

CLXXX. — DE MILITE ET SERVIENTE SUO (5'. 

Sicut quidam miles, si seruientem cum brachiis dimissis 
uideret, ait : Numpquit os latro suspensus? Si brachiis simul 
coniunctis, dicebat : Numpquid es latro ligatus? Si os habe- 

(i) M«^ine sermon. Voyez plus haut, p. 319, une première rédaction 
de la même parabole. 

(2) Ainsi pour Similiter, 

(3) Dominica .xxij^. post octabam Penthecostes, secundum Mattheum, 
.xviij*. — Simile est regnum celorum homiui régi qui uoluit rationem 
ponere. 

(4) Ainsi pour projicere. 
(.H) Même sermon. 



3M ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 

rct apertum, diceret (1) : Numquid uis me mordere? Si clau- 
sum : Numpquid me uis osculari? 

CLXXXI. — DE MAGISTRO PARISIENSI THOMA 
ET EJUS EXECUTORE (2). 

Vnde, cum quidam magister Parisiensis nomine Thomas 
cum infirmitate, qua postea obiit, Parisius egrederetur, quen- 
dam magistrum rogauit ut a diuitibus adquireret unde débita 
sua persolueret. Cum uero executor non soluendo negligenter 
egisset, semel et iterum apparuit ei mortuus. Viuus ergo que- 
rebat ab eo qualiter se haberet. Respondit mortuus quod bene, 
si eum a uinculis solueret, et sic disparuit. Viuus uero, quia 
nondum certus erat de quibus uinculis hoc intelligeret, tamen 
suspicatus est quod de uinculis debitorum [loqueretur; sed] 
débita non soluit. Tercio apparuit mortuus, flexis genibus et 
uinctis manibus, [et] quod ipsum uinculis solueret suppli- 
cauit. Qui cum quereretur a quibus, respondit mortuus : A 
dcbitis quibus sum obligatus, et statim recessit. Viuus statim 
débita soluit. Vnde mortuus postea ei non apparuit. 

CLXXXII. — DE QUODAM CLERÏCO FLENTB 
ET ABBATE BERNARDO (3). 

Quidam clcricus qui in multis deliquerat, abbatom Bernar- 
dum, ut dicitur, adiuit, ut pcccata ei confiteretur ; sed in tan- 
lum fleuitquod uerbum proferre non potuit. Abbas, intelligens 
quod confiteri uoluit, precepit quod domum reuerteretur, et 
peccata sua scriberet et cartam sibi portaret. Quo facto, clc- 
ricus cartam in qua peccata scripserat abbati tradidit. Abbas 
légère uolens omnia deleta inuenit. Abbas quesivit si peccata 
in ca carta scripsit. Qui ait quod sic. Abbas, intelligens quod 

(1) Ainsi pour : dicebat, 

(2) Udme sermon. 

(3) Dominica ,xxiij^. post octabam Pcnthecostes, secundum Matthcum, 
^.xxij^. — Abcunles pharisei consilium inicrunt, ut caperent Ihesum in 
sermoue. 



ODOHIS DE CERITONA PAtlABOLiE. 337 

peccftta^^nt ei dimissa et per misericordiam Dei a cartula 
deleta, nuUain iniungens penitentiam, ail : Yade et amplius 
non pecces, quia dimissa sunt tibi peccata tua. 

Similiter cartulam cordis per confessionem sacerdoti expo- 
nas, et Dominus litteras mortis delebit. 

CLXXXIII. — DE HIERONIMO C.*:SO ET DÏMISSO (1). 

Attendant [curiosi] quod Iheronimus^quia in libros aspexit 
CiceroniSy ante tribunal Dei raptus est, et interrogatus cuius 
esset conditionis, Ghristianum se esse respondit; et ille qui 
presidebat, ait : Mentiris, Ciccronianus es tu, non Christianus. 
Vbi enim est thésaurus luus, ibi est et cor luum, et çedi eum 
iussit. leronimus uero, cum cedebafur, illum uersiculum se- 
cum cog(n}itauit : In inferno autem quis confilebilur tibi (2)? 
Tandem cum clamasset : Miserere mei, miserere mei, cepit 
deierare, et nomen Dei obstentans (3) dixit : Domine, si 
umquam [sic) habuero codices seculares et ipsos legero, le 
negaui. Et sic dimissus est. 

Sic qui deberent esse scolares quia litteras relinquunt 
quibus prescribiiur : Hoc dicit Dominus, libros addiscunt qui- 
bus prescribitur : Hoc dicit Galienus uel lustinianus; expec- 
tant donec flagellis perpetuis torqu[e]antur. 

CLXXXIV. — DE SANCTO MARTYRE ET TYHANNO (4). 

Quidam sanctus, cum iret ad martirium, requisitus atiran- 
no quare christiani cum hylaritate accédant (5) ad tormenta, 
respondit quod signaculum crucis in cordibus eorum est im- 
pressum. Idoo non est mîrum si crucifixum cum gaudîo imi- 
tentur. Respondit tirannus : Quod ore refers perinspectioneni 
probabo; et fecit sanctum secari et cor cius scindi; in quo, 

(1) Même sermon. 

(2) PscUmorum liber, P. Vf, v. G. 

(3) Ainsi pour obtestans. 

(4) Même sermon. 

(5) Ainsi pour accédèrent. 

22 



J38 ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 

ut sanctus predixerat, impressionem crucis inuenit, et uiso 
miraculo tirannus factus est christianus. 



CLXXXV. — DE QDODAM THEOLOGO 
CONSTITUTO JUDICE (1). 

Quidam theologus fuit constitutus iudex ut audiret clamo- 
res contra feneratores ad usuras restituendas, et in sompnis 
uidebatur ei quod proiectus esset in sterquilinium, ut miluos 
et aues rapaces caperet. Quid est enim locus causarum, nisi 
sterquilinium, ubi turpia, scilicet mendacia, periuria per os 
egeruntur? Sed postea hoc officium dimisit. ' 

CLXXXVI. — DE OPERIBLS HOMINUM (2). 

Vnde in uitas Patrum. Quedamuox ait cuidam religioso : 
Veni et ostendam tibi opéra hominum ; et, ad quendam locum 
ducens eum, ostendit ethiopem scindentem ligna et facientcm 
magnam sarcinam. Et cum frequencius temptando non posset 
eam leuare, plura ligna apposuit. Et dicens (3) eum paululum 
ostendit hominem stantem super lacumeteffundentem aquam 
in cistemam pertusam, que efTundebat aquam in lacum. Et 
iterum duxit eum in templum, et ostendit duos uiros in equis 
sedentes et portantes lignum transuersum, volentesque intrare 
per ianuam propter lignum transuersum non poterant et 
remanserunt foras. Cumque quereret quid hoc esset, ait : Hii 
sunt qui portant iusticiam cum iugosuperbie, nec correpti(4) 
humiliantur ut eant in uiam Christi, et ideo rémanent extra 
regnum Dei. Qui autem ligna incidebat, homo est in peccatis 
multis; qui, cum [eorum pondus] subtrahere debeat, augmen- 
tât. Qui uero aquam infundit, ille est qui facit opéra bona; sed 

H) Dominica .xxiiij'^. post octabam PenthecosteSf secundum MaUheum, 
.viUj\ — Loquente Ihesu ad lurbas, ecce princeps unus acï^essit. 

(2) Même sermon. 

(3) Ainsi pour ducens, 

(4) Dans l'édition de 1520 on lit : cwrecti. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 339 

quia in cis permixta mala agit, bona opéra perdit, quoniam 
modiciim fermenti [sic) totam massam corrumpit. 

CLXXXVII. — DE ARISTOTELE CUIDAM SECULARÏ 
POST MORTEM APPARENTE (I). 

Dicitur quod Aristoteles apparuit post mortem cuidam 
seculari, et quesiuit ab eo quid genus,quid species. Aristoteles 
respondit : Frater, non apud nos quid genus, quid species, 
scilicet quid pena, quid non, quia peribit consilium a sapien- 
tibus. 

CLXXXVIII. — DE QUODAM LEGISTA 
IN EXTREMIS LABORANTE (2). 

Quidam legista, cum in extremis laboranti offeretur corpus 
Christi et ut communicaret a[d]moneretur consuetis uerbis, 
respondit quod communicaret si ius et amici [hoc] sibi dicta- 
rent. Et dixerunt astantes : lus et amici hoc tibi dictant. Et res- 
pondit : Appello. Et statim suffocatus, ut dicitur, iter arripuit 
ad inferos, ubi miserabiliter appellationem persecutus est. 

CLXXXIX. — DE DUOBUS EPHESIIS 
ET JOHANNE APOSTOLO (3). 

Duo honorati uiri ciuitatis Ephesiorum, ucndenles omnia 
que habere poterant, dantes pauperibus, secuti sunt beatum 
lohannem apostolum. Contigit aulem ut intrantes urbem Per- 
gamum uiderunt seruos suos siricis (4) uestibus procedentes 
et in gloria seculari fulgentes. Vnde sagitta diaboli percussi, 
tristes efficiebantur, eo quod se uno pallio uiderunt egentes. 
Quod intelligens, apostollis ait : Video nos et animos uestros 

(1) Même sermon. 

(2) Même sermon. 

(3) Même sermon. 

(4) Lisez : sericis. 



340 ODOMS DE CERITONA PARABOLiE. 

esse mulatos, quia doctrinam Christi nudi secuti estis. Afferte 
mihi uirgas rectas in singulis fascibus. Similiter iussit quod 
lapides minutos a littore maris def^f)errenl. Quod cum fecis- 
sent, inuocaio nomine Domini uirge conuerse sunt in aunim 
et lapides in gemmas. EC iussit quod per officinas aurificum 
et gemmariorum probarent aurum et gemmas. Et dixenint 
quod optimum fuit aurum et gemme preciosissime. Tuncdixit 
eis : Ite, redimite terras quas uendidistis^ quia celorum premia 
perdidislis. Emite uobis sericas uestes, ut fulgeatis sicut rosa, 
que, dum est, odorem et ruborem ostendit, et repente marces- 
sit. Et narrauit qualiter diues in inferno sepultus est, Lazarus 
mendicus in sinu Abrahe requieuit. Hec dicente apostolo. 
efferebatur (i) ei iuuenis mortuus filius uidue, et ad preco> 
multorum resuscitauit eum apostolus, dicens : Ex[s]urgas a 
mortuis uinculo resolutus. Hiis duobus Attico et Eugénie an* 
nuncies quantam gloriam amiserunt et quantam penam in- 
currerunt. Tune ex[s]urgens mortuus adorauit apostolum, et 
increpauit discipulos eius, dicens : Vidi angelos uestros flenles 
et angelos Sathane in deieclione uestra gratulantes. lani re- 
gnum Dei uobis paratum et ex coruscantibus gemmis zelas 
instruclas, plenas gaudtis, epulis etdeliciis, floribus et orça- 
norum uocibus amisistis. Loca tenebrarum plena drachonibus 
et stridentibus llammis et pénis incomparabilibus, in quo 2 
noncessa n t gemitus et ululatus uobis acquisiuistis. Uogelis 
ergo apostolum ut, sicut me resuscitauit ad uitam, ita animas 
uestras resuscitet ad sulutem. Tune suscitatus, prosternons se 
cum omni populo et illis duobus, exoraba(n)t apostolum ut 
intercederet pro eis ad Dominum. Tune predicti duo, ad pre- 
cepluin apostoli per triginta dies penitentiam agentos, precali 
sunt Dominum quod predicle uii^e et lapides ad pristinam 
naturam conuerlerentur. Quo facto, dixit eis quod Dominns 
accepil penitentiam eorum et precepit quod uirge et lapides 
ad prisiina loca def(rerenlur. 

1; Ainsi \)om' o/fcrebatur, 
2 Ainsi |)()iir quihus. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 341 

Hoc exemplum ualet contra eos, qui, sicut canes reucv- 
tentes ad uomitum, respicientes rétro cum uxore Loth, péni- 
tent eos Sodomam exiuisse, diuicias et mundi gloriam reli- 
quisse. 

CXC. — DE MAGISTRO SERLONE ET SOCIO SUO 
POST MORTEM El APPARENTE (1). 

Vnde magister Serlo cuidam socio suo egroto pepigit quod 
post mortem statum suum sibi nunciaret. Vnde cum aliquod 
(sic) diebus post mortem apparuit ei cum capa de parga- 
meno (2) intus et extra sophismatibus descripta. Qui requisitus 
a magistro qui esset, ait : Suni ille qui promisi ut uenirem. 
Requisitus uero qualiter se haberet, dixit se capam portare 
pro gloria quam in dtsputatione sophismatum habuit, que 
turre plus pondera[re]t, et igné grauiter purgatorio torqueri. 
Magister uero, penam paruipendens, illum ignem facileni 
iudicauit. Et dixit ei mortuus quod manum extenderet ut 
facile(m) penam sentiret. Et mortuus unicam guttam dimisit 
qui {sic) manum magistri perforauit. Et ait discipulus : Talis 
sum totus. Magister uero perterritus statim scculum dimisit, 
et intrans claustrum hos uersus composuit : 

Linquo coax ranis, cra[s] coruis uanaque uanis ; 
Ad logicam pergo que mortis non limet ergo. 

CXCI. — DE CUJUSDAM SENIS VISIONïBUS (3). 

Quidam senex narrauit se uidisse angelos leuaates manus 
et gaudentes, quando loquebantur de hedificatione animarum; 
quando uero loquebantur de rébus secularibus, uidebat porcos 
sordidos uolitantes et sordidantes eos qui de hiis rébus loque- 
bantur. Cum uero iterum de hedificatione, redibant [angeli| 
gaudentes. 

(1) Même sermon. 

(2) Lisez : pergameno. 

(3) M^me sermon. 



<.)•■)♦ 



342 ODONIS DE CERITONA PARABOL^E. 

CXCÏJ. — DE QUODAM ABBATE ROGITANTE DEUM (1). 

Quidam abbas rbgitauit Deum ut donaret ei ne dormirel, 
quando sermo fieret; sed, si uerba detractionis fièrent et ocij, 
statim in sompno corrueret, ne audiret. Nam dicebat quod 
diabolus semper impediret (2) uerbum [Dei]. Vnde dicebat 
taie exemplum : Aliquando, cum loquerer de Deo quibusdam 
fratribus, occupati adeo [sunt] sompno, ut nec palpebras 
mouere possunt {sic), et ideo cepi dicere oeiosa uerba, et isti 
statim a sompno relicti sunt. 

CXCIII. — DE TBIBUS VIRIS (3). 

Vnde in uitas Patruûi. Très uiri fuerunt quorum unus 
elegit discordantes pacilicare, alter infirmos uisitare, tercius 
abiit in heremum, uitam eligens solitariam. Tamen duo uisi- 
tauerunt illum qui in solitudine manebat, et narrauerunt ei 
tribulationes suas, eo quod de discordantibus et de egrotis, 
prout uolebant, adimplere non ualuerunt, et querebant quo- 
modo solitarius se haberet. Qui reticens misit aquam in ci- 
phum, dicens : Respicite in aquam, que erat turbulenta, scd 
paulo post facta est clara. In quam cum aspicerent, uîderunt 
uultus suos. Quibus ait : Sic est qui in medio hominum habi- 
tat; inter eos turbatus est ; cum autem quieuerit et maxime 
in solitudine, tune delicta sua conspicit. 

CXCIV. — DE CUJUSDAM SENIS VERBO ('h. 

Dixitquidam senex : Quando Moy[sJes intrabatin nube[m\ 
cum Deo loquebalur ; quando Moy[s]es exibat, loquebatur cum 
populo. 

Sic monachùs, quando in cella est, loquitur cum Deo: 

(1) Même sermon. 

(2) Dans l'édition de 1520 on lit : nititur hnpedire. 

(3) Même sermon. 

(4) Même sermon. 



ODONIS DE CERITONA PARABOLE. 343 

quando egreditur, loquitur cum demonibus. Vnde quidam : 
Nunquam minus solus, quam cum solus. Seneca : Quotiens 
in ter homines fui, minus homo recessi. 

CXCV. — DE QUODAM EREMITA, CADAVERE ET 

DUOBUS ANGELIS (I). 

Vnde cum quidam heremita nares suas prope cadauer 
co(h)operuisset, et duo angeli comités eius similiter, quibus 
[quesiuit] senex : Et uos odoratis hec? Qui dixerunt : Non, sed 
amore tui hoc facimus* Non immundicias corporis, sed ani- 
mas peccatrices sentimus. 

(1) Même sermon. 



VERS GITES PAR EUDES 



DANS SES FABLES. 



§ ^•^ — ANTIQUITÉ. 

OVIDE. 
Odero, si potero; si non, invîtus amabo. 

Amor,, I. III, XI, 35. 

Principiis obsta : scro mcdicina paratur, 
Ciim mala per longas convaluere moras. 

Remédia amoris^ v. 9i el 92. 

Spcctaium veniunt, veniunt speclentur ut ipsaî. 

Art. amatoriXj 1. I, v. 99. 

HORACE. 
Cœlum, non animiim mutant qui trans mare currunt. 

Ep. I, XI, 27. 

Quod semcl est imbuta recens servabit odorem 

Tesla (liu. 

Ep. ï, II, 69 el :o. 

Parturiunt montes et exit {sic) ridiculus mus. 

Ars poetica, v. 139. 

5^ 2. — MOYEN AGE. 

!<» VERS LÉONINS. 

Si quis amat ranam, ranam putat esse Dianam. 
Fallax fortuna, quam sillaba destruit una! 



VERS CITÉS PAR EUDES DANS SES FABLES. 345 

Stat maie securus, qui protinus est ruiturus. 

Littus aro, lateremque cavo, dum servio pravo; 
Puppe canis Jatus pro munere reddit hiatus. 

Si quem barbatum faciat sua barba beatum, 
In mundi circo non esset sanctior hyrco. 

Bufo Traha» dixit : Maledictio tôt dominis sit! 

Ut Pellicanus fit patris sanguine sanus, 

Sic genus humunum fit Christi sanguine sanum. 

Caseus in rostro Corvi pendebat ab alto. 

Vae mihi nascenti! Vae nato! Vœ morienti! 
Vae mihi quod sum ! Vae ! Non vivit filius, eue ! 

20 VERS RYTHMIQUES. 

Pessiraus est hostis, qui, cum benefeceris illi, 
Fortius insurgit bella movenda tibi. 

Tutius est certe modico gaudere salubri, 
Quam magnis tristi conditione frui. 

Sanctum nuUa facit nigra, candida, vestis ovina, 
Nec quemquam justum facit unquam crux asinina. 

Ampla corona nimis, vestis nigra, bota rotunda 
Non faciunt monachum, sed mens a crimine munda. 

30 VEKS LÉONINS ET RYTHMIQUES. 

Sic est qui stultus scandit pernicibus alis : 
Incidit a scalis in loca plena malis. 



:m VERS CITÉS PAR BUDES DANS SES FABLES. 



40 VERS ORDINAIRES. 

Rodcro malo fabam quam cura perpete rodi. 

Mitius inveni quam te genus omnc ferarum. 

Sordibus imbuti nequeunt dimittere sordes. 

Et quandoquc nocetomnia vera loqui. 

Fragrantes vicino rosas (1) urtica perurit. 
Sic multos sempcr turbat iniquus homo (2). 

Al ta cadunt, inflata crêpant, tumefacta prcmuntur. 
Hoc rétine verbum : Frangit Deus omne superbum. 

(1) La mesure exigerait : rosas vicino, 

(2) Ce distique, qui se rapporte à la fable xliv De Cane stercorante, se 
rencontre dans le ms. Harley 219 du British Muséum. 



VERS CITES PAR EUDES 

DANS SES SERMOxNS SUR LES ÉVANGILES DES DIMANCHES. 



S 1". — ANTIQUITE. 

OVIDE. 
Da vacuae menti, quo teneatur, opus. 

Remédia amoriSy v. \oO. 

Vulneris auxilium Pclias hasta tulit. 

Remédia amons, v. 48. 

iAim fueris felix, miiltos numerabis amicos;* 
Tempora si fuerint nubila, solus eris. 

Trist,, 1. 1, Eleg. ix, v. 5 et 6. 

Qiiaeritur .^gisthus quare sit factus adulter? 
In promptu causa est : desidiosus erat. 

Otia si toiias, periere cupidinis artes {sic). 

Remédia amorls, v. 1(>1 et 162, 139. 

Turpius ejicilur quam non admittitur hospes. 

Trist,, I. V, VI, 13. 

Spectatum veniunt, veniunt spectentur ut ipsae. 

Art, amatorisCj 1. I, v. 99. 

Fratrum quoque gratia rara est. 

MetamorphoseoriyA, I, v. 145. 

Vixque tenet lacrymas quod nil lacrymabile cernit. 

Metamorphoseon, 1. II, v. 796. 



34K VERS CITES PAR ECDES DANS SES SERMONS. 

Risus aibest. nisi qaeai ^isi fec«re [sic) dolores. 

Metamorph^iseon^ L II, v. 77K. 

Summa petit li%'or : proflaot [sic) altissima venti. 

Remédia amoris, ▼. 369. 

C^ homini sublime dédit ccelumque videre (j^ic) 

Jussit. 

Met&morphoteon, 1. 1, t. 85 et 86. 

HORACE. 

Macra cavum répètes, arctum quem macra subisti, 

£pi7., 1. 1, VII, Y. 31). 

Que teneain nodo mutant em Protea vultus (1)? 

Èpit., 1. 1, 1, ¥. 00. 

Diruit. aedificat, mutât quadrata rotundis. 

Éjm7., L I, I, V. 100. 

Speme voluptatem \sic)\ nocet empta dolore voiuptas. 

Épit,, 1. I, 11, ¥. 55. 
VlR(;il.E. 

Et fupit ad salices, sed (.^ic) se cupît ante videri. 

EgL III, T. 65. 

JL VÉNAL. 

Onine animi vitium tanti conspcctius in se 
Oimen habet, quanto qui peccat maior habetur. 

Saf. Vm, V. 140 et 141. 

CLAUDÏEN. 

Tolluntur in altum. 
Il lapsu gravioro ruant. 

In Rufinwn, !. I, v. 22 et t:\. 



x\] Les mots nodo et vultus ont ^lé intervertis. 



VERS CITÉS PAR EUDES DANS SES SERMONS. 3i9 

BOÈCE. 

Gaudia pelle, 
Pelle timorem, 
Spemque fugato, 
Nec dolor absit. 
Nubila mens est, 
Haec ubi régnant. 

De Consolatione philvsophiœ, 1. I, metruin septimiim. 

Qiiid digniim stolidis mentibus imprecer? 

Ibidem, 1. III, metrum oclavum. 



§ 2. — MOYEN AGE, 

10 VERS LÉONINS. 

Vestio, poto, cibo, tectum do, visito, solvo 
Et sepelirc paro. 

Ex quo quis moritur vermibus esca datiir. 

Ut Pellicanus fit matris sanguine sanus. 

Sic geniis humanum fit Christi sanguine sanum. 

In claustro Christi sunt semper quattuor isti : 
Cum Giesu Judas, cum Petro fur Ananias. 

Sunt tria qua» signes : vas, thus quid signet et ignés ; 
Vas homo, thus psalmus, ignis sit spiritus almus. 

Si quem barbatum faceret sua barba beatum, 
In niundi circo non esset sanctior hirco. 



350 VERS CIT^S PAR EUDES DANS SES SERMONS. 

Dixit Bufo Crati (1) : Maledicti sint tôt dominati! 

Si tibi flere datur, flatas malus inde fugatur. 

Hanc in honore piae candelam porto Mari», 
Lumen de cera, Christus de virgine vera. 
Accipe per ceram camem de vii^ne veram. 
Per lumen numen majestatisque cacumen. 

Sunt comités : ludi, mendacia, jurgia, nudi, 
Parva fides, furta, macies, substantia curta. 

Jejuna[njt medicus, justus, simulator, avarus^ 
Spiritui, cami, laudi, studio retinendi (2). 

Colloquium, visus, contactus et oscula, risus 
Crimina circumstant, quorum populi mala gustant. 

Est iter angustum quod ducit ad aethera justum. 

Sic potuit clauso Christus prodire sepulchro. 

Qui capit indigne, digne cruciabitur igné. 

Scnsus evangelii in duobns versibus continelur : 

Jugiter ignorant, docet; ardent, pneterit; orant 
Ut maneat, restât; discunibit, se manifestât. 

Cum bene pugnabis, cum cuncta subacta probabis, 
Quod magis infestât, vincenda superbia restât. 

Ante[a] siccari posset mare, vel numerari 

Omnis arena maris, quam census abundet avaris. 

{{) L'tt de Craii étant long, la régulaiité du vers exigerait : Bufo ht- 
quit Crati. 

(2) Ce distique se réfère aux quatre espèces do jeûnes. 



VERS CITÉS PAR EUDES DANS SES SERMONS. :iol 

Fallit jurantem juratio facta per artém. 

QusR mîhi cuncta dabit, promissio cuncta negabit. 

Nam dicunt e vcl a quotquot nascuntur ab Eva. 

Attrahe per primum, medio rege, punge per imum; 
Collige, sustenta, stimula vaga, morbida, lenta. 

Ploratur lacrymis amissa pecunia veris. 

Gustus et olfactus, auditus, visio, tactus, 
Hi maie regnando nos superare volunt. 

Tempore, mente, loco, conditione, modo (1). 

Mella sub ore tenent, corde venena fovent. 

De sacerdote : i 

Sobrîus et prudens voto, sine crimine vivens, 
Doctus et omatus, verbo manibusque modestus, 
Hospes non cupidus sit presbyter atque pudicus; 
Talis apostolica qui prœsit régula jussit. 

* 
Sponsae, Tobias dormitant, Petrus, Helias; 
Ha; mora et hic lassus, hic tristis et hic tribulatus. 

Vulnera quinque Dei sunt medicina mei; 
Vulneribus quinis nos crue, Christe, ruinis. 

Egerit, irretit, tabet, suspenditur, aret, 

Se levât, inflatur, surgit, moritur, tenuatur (2). 

(1) Par les cinq mots dont il est formé ce vers indique cinq j^eurt's 
«l'abus commis, d'après Eudes, par les maris. 

(2) C'est à la mouche que ce distique est consacré. 



352 VERS CITES PAR EUDES DANS SES SERMONS. 

Elevor in primis, regno, ruo, vertor in imis; 
Glorior eiatus, descendo mortificatus ; 
Regnabo, regno, regnavi, sum sine regno. 

Scire potes mores per motus exteriores. 

Colligo, poto, cibo, solvo, tego, visito, condo (1). 

Semper inardescit, non cessât, nec requîescit. 

Sic codit, sic compta fuit, sic flamina nevit. 

. Si vis felicem te fore, redde vicem. 

Dum fero langorem, fero religionisaniorem; 
Expors langoris, non sum mcmor hujus amoris. 

Interpone tuis interdum gaudia curis. 

Linquo coax ranis, cras corvis, vanaque vanis : 
Ad iogicam pergo quae mortis non timet ergo. 

Quumque flagellamur modulis, ut corripiamur. 
Ut de germana Moysi legitur maie sana. 
Est qui torquetur, Deus ut sic glorificetur. 
Ut caicus natus, nullius labe reatus, 
Ne fastus surgat, plures afllictio purgat; 
Angélus, ut Sathana», Paulo datas est, nec inane 
Sunt qui torquentur, ut purius examinentur, 
Ut recitant vates, Job agente per omnia grates. 
Est qui torquetur, ut perpetuo crucietur. 
Cladibus Ilerodis lectis, tibi talia prodis, 

Dum toneo florem, dum sentio lloris odorem. 
Pra*teriti moris veterisque recordor anioris. 

(1) Il s'agil «lans co. vers dos sept œuvres de la charitr. 



VERS CITÉS PAR EUDES DANS SES SERMONS. 35:i 

20 VERS RYTHMIQUES. 

(Inm sexagcsimum friictum capiant viduati, 
Tricesimum[que} ferant uxoribus associeti, 
Virginea» dabitur centesimus integritati. 

Vinca culta fuit; cultores prœmia qua^runt; 
Non labor xqualis, sed cqualia dona fuerunt : 
(Jui venil extremis, dispensatore vocantc, 
Tantiimdem rocipit quantum qui venerat an te. 
Sic Deus ostendit quod, quandocumquc velimus, 
Aggrediamur opus, cerli de munere simus. 

Vivit inops, moritur miser et jejunus honorum, 
Qui decios sequitur femineumquc forum. 

Angelç, qui meus es custos pielate superna. 
Me tibi commissum salva, défende, guberna, 
Terge meam mciitem vitiis et labe veterna, 
Assiduusque, precor, mihi sis vita^[que] iucerna. 

Quattuor ista : timor, odium, dilectio, census 
Saepe soient hominum. rectos pervertere sensus. 

Uxor, villa, boves cœnam clausere vocalis; 
Mundus, cura, caro cœlum clausere renatis. 

Cui satis est quod habet, satis illum constat liabere: 
Cui nihil est quod habet, satis illum constat egere. 
Ergo facit virtus, non copia, sufficienteni, 
VA non paupertas, sed mentis hiatus, egentem. 

a*» VERS LÉONINS ET RYTHMIQUES. 

Sputa, flagella, mina?;, crux, clavi, lancea, spina^ 
Pelici fine sunt nostra' meta ruinai. 

2i 



334 VERS CITES PAR EUDES DANS SES SERMONS. 

Est caro iiosira lutum, patris sapieniia sputuni; 
Fit genus humanum tali medicamine sanum. 

Mundat, fooundal, servat dantemquc decorat, 
Piignat et expugaat, sociat, corrobo a , orat; 
Extinguit, redimit, illuminât, ampliat, ungit(l). 

Cuni fox, ciim iimus, cum rcs vilissima simus, 
Undo superbimus? Ad terrain terra redimus. 

Surgas bac hora qua surrexit Deus hora; 

Est danipnosa mora; vigila, cor contere, plora. 

40 VERS ORDINAIRES. 

Si sit spinosa via, lubrica vel tenebrosa, 
Calcous et baculus lumenqiie tibi socientur. 

Nobilitas generis, praelatio divitia^que, 
Corporis ac animai dotes dant esse superbum. 

Nil mihi rescribas, attamen ipse veni. 
Canlabit vacuus coram latrone viator. 

Sunt evangelica tria cantica stando canenda ; 
Qua» sunt : Magnificat, Nunc dimittis, Benedietus. 

Fossa dabit toUus, optato tempore, fructus; 
Fossa caro Christi cœlica régna dabit. 

Pra»propere, laute, nimis ardenter, studiose 2), 
Israël et Xonathas, Esaii, Sodomita, sacerdos. 

(1) Ces trois vers énumèrcnt les ofTttts de laumône. 

(2) Dans ce vers sont visées les quatie façons de pt^cherconlre lo jeune. 



VERS CITÉS PAR EUDES DANS SES SERMONS. 335 

Spernere mundum, 
Spernere nullum, 
Spemere sese, 
Spernere sperni. 

Anna tribus nupsit, Joachim, Cleophae Salomceque; 
Très parit, bas ducit Joseph, Alpheus, Zebedeus; 
Christum prima, Joseph, Jacobum, cum Simone Judam; 
Altéra quse sequitur Jacobum parit atque Joannem. 

Crede Deo, vei crede Deum; plus credo valere, 
Si credas in eum, quam vel ei vel eum. 

Forma, favor populi, fervor juvenilis opesque 
Subripuere tibi noscere quid sit homo. 

Fistiila dulce canit, volucres dum decipit auceps. 

Non vox, sed votum, non musica chordula, sed cor; 
Non damans, sed amans (1) cantat in ore Dei. 

De fama. In mensa beati Aiigusiini scriptum erat : 

E minimo crescit, sed non cito fama quiescit. 

Quamvis mendacium crescit cundo, tamen, 
Si quis amat dictis alienam carpere vitam, 

Hanc mensam indignam noverit esse sibi. 

Vana salus hominis, vanus décor, omnia vana; 
Inter vana nihil vanius est homine. 

Spirilus est SatanaB caro, vermis, mammona mundi; 
Unica plus duplici pars sua cuique placet. 

Instabilis mundus, qui puncto nobiliores 
Permutât dominos et cedit in altéra jura. 

(i) Dans quelques manuscrits il y a : Non clamor, sed amor. 



336 VERS CITÉS PAR EUDES DANS SES SERMONS. 

Tinctio, chrisma, caro, dolor, unctio, lectus -et ordo 
Intrant, firmantur, pcrgunt, redeunt abeuntque, 
Scandunt, servantur per septem sacra fidèles. 

Frigidus, o pueri, fugite, hic latet anguis in herba. 

Parcite paucorum transfundere crimen in omnes (1). 

Ex se pro merito falso plus omnibus inflat. 

Âlta cadunt, inflata crêpant, tumefacta premuntur. 
Hoc rétine verbum : Frangit Deus omne superbum. 

Vas fœdum corrumpit aquas et sordida fundit ; 
Puruni puradabit, mens quoque novit idem. 
Exprimit os mentem, docet os quod concipit illa ; 
Turpia dum loqueris, mensne pudica manet? 

Sperne deos, fugito perjuria, sabbata serva; 

Sit tibi patris honor, sit tibi matris amor. 
Non sis occisor, mœchus, fur, testis iniquus, 

Vicinique thoruni resque caveto suas. 

Xunquam belia bonis, nunquam discrimina desunt. 

Mens mala, mors intus, malus actus, mors foris, iisiis, 
Tumba, puella, puer, Lazarus ista notant. 

Crescit amor nummi quantum ipsa pecunia crescit. 

Non propriuni quicquam est, pacto quod mobilioro, 
Nunc proce, nunc pretio, nunc vi, nunc morte suprema. 
Permutât dominos et cedit in altéra jura. 

\ I) Vers appliqué par Eudes aux moines. 



VERS CITÉS PAR EUDES DANS SES SERMONS. 337 

Styx odium, Flegeton {sic) ardens, oblivio Lethe(s), 
Cochitus {sic) luctus, triste sonans Acheron... 

Hune probat, hune munit, reddit, manifestât et addit. 

Mors in me teritur, nomen et inde traho. 

Quod decuit reges cur mihi turpe putem? 
Adjuvat in bello pacatœ ramus olivœ. 

Verbera patris habes, verbera matris habe 
Rodere malo fabam quam eura pcrpete rodi. 



EX ODONE DE CERITONA 
TAM GOMPILATiE QUAM IMITATiE 

FABULiE. 



fli 



V • 



ODONIS DE CERITONA FABULIS ADDITA, 

COLLEGTIO PRIMA ^'\ 



I (XXXV). — (Fol. 9) QUALITER REX ANIMALIUM 

CONGREGALIT OMNÏA ANIMALIA CORAM EO. ET PRECEPIT 

EIS VT OMNIA OSCULARENTUR ADINUICEM. 

Rex animalium conuocauit omnia animalia bruta, ei 
constituit vl oscularentur adinuiceni, vbicunque obuiarent, in 
signum federis, pacis et amoris. Postea quidam Lupus obui- 
auitcuidam Oui, que se longe retraxit ab illo, maliciam suam 
per[h]orrescens. Cui Lupus : Accède, carissima, vt ediclo régis 
nuper edito pareamus, multîs aiïatibus blandis interpositis. 
Respondens Ouis, in proniissis suis non confidens, eo quod toi 
mala in animalia sui generis sepius molestus est. Vnde Lupus 
conuenit cum ea, quod resupinus clausis oculis iaceret et sic 
oscularetur eam, ne incideret in edictum. Cui Ouis inprouida 
adquieuit, et subito accessit ad eum, et osculans uix euasit a 
faucibus eius iniquis, dicens : Quamuis dulciter loquaris colo- 
ralum amorem prctendendo, maliciam tamen tuam consuetam 
in opère non poteris simulare. 

Mistice. Sic est de falsis amatoribus et nocere assuetis. 

II (XXXVI). — DE DUOBUS VICINIS TERRAS 
CONFINES HABENTIBUS. 

Duo erant uicini terras confines habentes et sibi inuicem 
inuidentes, vt de talibus sepe contingit. Postea contigit quod 

(i) Ce recueil de fables a été littéralement tiré du ms. Harley 2i9 de 
la Bibliothèque du British Muséum. Chaque fable porte deux numéros. 
Le premier indique le rang de chaque fable dans cette édition et le second 
celui qu'elle occupe dans le ms. 



362 ODONIS FABULIS ADDITA, 

ambo in infîrmitale detenebantur; quorum aller moriebatur. 
Quod audiens alius pre letitia prosiluit a cubiculo, et sanum 
se esse dicens, precepil cibum sibi dari ; qui vescendo sfaiim 
suiïocatus est. Etcum aller eorum quemdam religiosum habuit 
sibi multo amore obligatum propter bénéficia que sibi veniens 
conferebat, contigit quod religiosus ille, timens pro pena et 
dampnacione amici sui, eo quod inuidia tentus decessit, sepius 
Deum deprecatus est, vt sciret statum eius, si quidem oracio 
vcl quid aliud sibi posset subuenire. Tandem, quasi dormicns, 
ductus est a quodam angelo ad quemdam locum fumosum et 
valde fetentem, vbi in quodam igné fetorem intol(l)erabilem 
emiltente viditduos homines se securibus percucîentes, vsque 
in pecias minutas se lanientes, quas decidentes flamma con- 
8u(m)mabat; etdidicit ab angelo, duce suo, quod illi erant 
vicini, de quorum statu peciit certificari, et audiuit ab angelo 
quod oracio quorumcumque illis numquam esset valilura, 
nec vlla opéra caritatis qua viuentes penitus cai-uere. 

Conclmio, Discamus ergo Deum diligere, quoniam prior 
dilexit nos, deinde proximum sicut nosmetipsos, etc. 

III (XXXVII). — DE DUOBUS SOLUTIS MILITIBUS 
IN EADEM VILLA HABITANTIBUS 

Duo erant milites soluti in eadem villa habitantes, quorum 
altcr uxorem traduxit formosam in nuptijs discumbentem. Al- 
ler miles pro sua pulcriludine concupiuit, et captata oportuni- 
late, mullis blandicijs et variis promissis inlerpositis, de amore 
interpellauit eandem. Ipsa tamen nec prece nec precio potuit 
emolliri. (juodcum vidisset, miles precatus, non paucis minis 
interserlis, dicebat quod parles Iransmarinas adiret et nigro- 
manciam addisceret, vt voti compos fieret inchoati. Ipsa au- 
lem, crucis signaculo insignila et in Christi virtute confisa. 
(lixit quod nec ipsum, nec artem suam presentem vel futuram 
cxpauit. Itinerc autem ar[r]epto, in secunda dieta ad niissam 
audiuit pulsarc, et ab equo descendenscapellam intrauit. Missa 



COLLECTIO PRIMA. 363 

vcro Gelebrata, sacerdoli confessus est, et causa sui itineris 

expressa, videlicet pulcritudinem predicte matrone, sacerdos 

quesiuit ab illo si ab incepto vellet desistere pro amore cuius- 

dam domine multo pulcrioris, que illi nuberet, si placerel. 

Milite quidem annuente, sacerdos ^iniunxit ei vt singulis die- 

bus illius anni psalterium Marie Virginis diceret gloriose, et in 

fine anni dominam sibi pïromisit .centies pulcriorem. Miles 

ipse, domum rediens, sibi iniunctum fideliter adimpleuit, et 

in vltimo die anni illius promissioncm sacerdotis expectans, 

quamdam (fol. 10)capellam intrauil, et, coram ymagine béate 

Virginis psalterio perorato, vidit quamdam dominam incom- 

parabilem ad se venientem que dicebat : Quia sacerdos meus 

tibi me promisit fore copulandam, veni vt tibi nuberem. Et 

insignum amorisetmemorie an[n]ulum aureum digito militis 

apponebat; etdixit, quandocumquean[n]uIus ille euanesceret, 

statim ad sponsam suam esset pacifice migraturus. Perpro- 

cessum autem temporis miles» ille, diues mirum in modum 

factus, magnum conuiuium faciebat. Finito autem prandio, 

in tempore loture miles intcr conuiuantes pro nimia cogita- 

cione immobiliter, quasi extra se positus, erectus astabat. 

Omnibus autem admirantibus et pro stupore silentibus, voce 

clarissima loquebatur, petens a domino vt quilibet quod 

magis diligeret possideret,et,rcspiciens ad digitum,an[n]ulum 

non videbat; vnde decessum suum imFmjinere cognoscens, co- 

wam conuiuentibus rei geste seriem rcuelauif, et ipsis presen- 

tibus ab hac luce migra ui t. 



IV (XXXVIH). — DE QUODAM PATREFAMIIJAS QUEMDAM {sic) 

ASPIDEM HABExNTE DOMESTICL M {sic). 

Quidam paterfamilias quemdam Aspidemadeo domesticum 

ïecerat, vt singulis diebus, a camerd prodiens, ad mensam 

eius, quasi victum petiturus, mansuetus accessit, nemini infe- 

Tens lesionem. Deinde per processum temporis duos catulos 

quos pepererat secum adduxit, quorum alter nondum (fomes- 



364 ODONIS FABULIS ADDITA, 

ticus iilium patrisfamilias toxico infecit. Quem quidem catu- 
lum ob tantam ingratitudinem in presencia circumsedencium 
mater crudeliter interfecit, et, quasi nibore et pudore confusa, 
in cameram rediit nec vitro comparait. 

Conclusio. Ex quo in tali bestia tan ta (sic) pudor extitit, 
quod ingratitudine confusa nunquam comparait, multo magis 
nobis racionabilibus, tam versus Deum, a quo omniahabemus, 
quam versus nobis benefacientes, ingratitudo imponenda est. 
et erubescere tenemur, quando debitum nostrum benefaciendo 
non persoluimus. 

V (XXXIX). — DE BEATO GREGORIO SOLITARIAM VITAM 
PERAGENTE, HABENTE VRSUM MANSUETUM. 

Beatus Gregorius, solitariam vitam peragens velud here- 
mita; fudit preces ad Dominum vt sibi daretur quicquam in 
soIacium,et, egrediens oraculum, Vrsum reperit mansuetum, 
cui curam ouium suarum, paucarum licet, commisit, sibi iniun- 
gens vt singulîs diebus, hora prandij domum rediens, secum 
vesccretur; quod factum est. Et cum sanctus memorans super 
hoc casu non modicum iocundabatur, vicini quidem languore 
et liuore marcescentes, occiderunt Vrsum. Ceterum, cum hora 
consueta Vrsus non rediret, sanctus stupefactus tetendit ad 
pascua; et, Vrsum interfeclum aduertens, condolebat non 
solum super intcrfcctione bcstie, verum etiam super peccatis 
intcrficientiuni, et, cum a quodani hil(I)areretur et consoia- 
retur, respondit se pro casu interficientium proximo futuro 
vitra modum perter[r]eri. Quo iinito, lepra percussi sunt 
ignominiosa. 

VI (XL). — EXEMPLUM ANSELMI SUPER EODEM. 

Anselmus cor humanum molendino semper molire consti- 
tuto comparât signanter, quod dominus seruo suo commisit, 
vt suam annonam tantum molat; quod, cum vacuum fuerit, 



COLLECTIO PRIMA. 365 

aduersarius domini superueniens nititur occupare, arenas et 
calcules iniciens vt elidet, sordes et palias, vt occupando 
suffocet, cenum et picem, vt conglutinet quecumque nouerit 
nociua. 

Constructio, Sic cor nostrum,ChristiconcIavc(m) et molen- 
dinum, vt que Dei sunt solum contempletur et molat imper- 
petuum consecratum, si noster aduersarius, vt leo, rugiens et 
querens quem deuoret,vacuum inueniat, annonam suam ini- 
cere conatur. Et scitote quod humani generis seductor morem 
castrum obsidentium imitatur, qui debiliorem partem muro- 
ruiu diligenter explorant, ad quam iaculasui bellica, et maxime 
per que sepius soient expedire, proiectant; sic in proposito; 
cor enim hominis castrum est, cum quinque sensibus et sep- 
tem donis Spiritus sancti circumuallatum; custodias ergo dili- 
genter, etc. 

Vil (XLI). — DE ASINO NOLENTE VENIRE AD 
PARLIAMENTUM LEONIS. 

(Fol. 11) Leo edixit vt omnia animalia coram eo comparè- 
rent, et, illiscongregatis, peciit si quod animal abesset. Cui rcs- 
ponsum erat quod quidam Asinus aberat, in quodam prato viridi 
et delectabili nimis se depascens délicate. Pro quo producendo, 
Lupum tanquam fortem et Vulpem tamquam prudentem, 
suorum poscente consilio, transmittebat. Qui accedentes ad 
Asinum memoratum, sibi nunciarunt vt more aliorum coram 
domino suo compareret, illius edictum humiliter auditurus. 
Qui respondens dixit se tali prcuilegio tutum, quod ab omni- 
bus bannis et edictis qualitercumque cmcrgentibus fuerat 
exemptus. Nuncij iam dicti, vt eius priuiiegium legerent, 
pecierunt; quod Asinus concedcbat. Altercacione quidem 
exorta inter Lupum et Vulpem quis eorum legeret, sors ceci- 
dit super Vulpem, que peciit preuilegium sibi demonstrari. 
Cui Asinus dixit : Sub pede dexlro leuato lege confidenter. Et 
Vulpis accedentis oculos percutiendo auulsit. Vnde Lupus 



mé t3'î>-j5Li' rJLl:n:iLG> aooita, 

f€H^jBB>i!tÊ^ «fiiitt : MQm «fÛMrki p*roAaiitQr periciores, non suni 

Mitslk^. IVr Ij^:«»mb nio^alïti^r ïntelligo racîonem que de 
««uûlMit^ «fnc k^ttamH ^^Hm»^ «lUbftûoîL per Lopnoi foiiitudinem, 
per Volfipfli f€mAt9pcwm^ f^v Xsinuuk cameoi pondorosum [sic) 
H «Aflicifts' apfifliemli^iiB. «fote* racioni conteoipnît obedire et pni- 
denciafli MiHi5 apfTff^*)^»^!!.»!!!!^!» exeecat el confundit, etc. 

VIII IlLII- — I»E ôrôDJkM REGE I5F1RM0 CLPIENTE 
SCIRE >I SIPER HOC MORERETUR. 



In libro Re^^vm 1 ^cribitur : ijuidaoi rex egrotauit, et 

inssit caidam clieDtiil*> <iio tI. per^ns ad quenidam deum 

50um. qneren^t ab eo >i in illa infirmitate esset moriturus 

Becoe. Cuî nimeîo. <i>biter a domino missus, Elias propheta 

dixil : Dk>minu> Inns morielnr. quia faisum deum consulere 

Tolebal. Nuncius ivuersus domino suo retulit que viderai. Cui 

rex : Que slalura. que indumenta lalia tibi nunciantis? Que 

cum a nuncîo audierat. dixJl : Elias pnopbela est : et iussit cui- 

dam milili suorum. qui sub se .l. homines babebat, vt Elîam 

quereret et inuentum adduceret. Qui pergens inuenit eum in 

monte orantem.etdixit : Homo Dei, descende, vl cum domino 

meo loquaris. Qui dixit : Si homo Dei sum, deprecor vl ignis, 

de celo descendens, te el luos consumai. Et ita facluni est. 

(>>nsequenter rex alium militem cum totidem niisit ad euu- 

dem. el homo idem euenit quod de priore. lam palet quod 

nullam molestiam intulerunl prophète, el tamen consumpli 

erant propler voluntatem. quam habuenint, in ipsum delin- 

quendi, si adduxisse poluissent, etc. 

Conclwsio, Ergo ammoueamus et euitemus tam malas co- 
gitaciones quam opéra iniqua, quia ex cogitacione sequitui 
opus, olc. 

I, IJv. IV, C. I, V. 2à «2. 



COLLECTIO PRIMA. 367 



I\ (XLIII). — DE QUODAM SANCTO HEREMITA 

VRENTE DIGITOS SUOS 
OB CAUSAI! FORNICACIONIS EUITANDE. 

Quidam erat hcrcmita, cuius habitacio a quadam ciuiiaio 
non multum distabat. Quam sepe ingredicns, verbum Dei 
populo predicabat precipue contra vicium luxurie, a qua, me- 
dianie Dei gracia, multos rcuocauit. Cui quidam lenoncs inui- 
debant et famé sue splendorem obfuscare proponebant, etcon- 
silium inierunt vt quamdam iuuenculam, quasi média hora 
noctis, ad portas eius sederc facerent et clamare, vt in domum 
suam reciperetur. Quod ila factum est. Heremila, vocem mu- 
lieris audiens et pietate commotus, ipsam iogredi iubebat et in 
domo sua recipiebat. Que cum ibi esset et vir sanctus in suo 
thalamo, exclamabat, dicens se timoré perter[r]iri non mo- 
dico. Quam vir misericors in cameram suam recepit, et statim 
incendio luxurie excitabalur, et sibi ipsi quod sequitur dixit: 
O miser et miserrime, contra spurciciam luxurie sempcr pre- 
<licastiy dicens quod lenones ignc gehennali esscnt imperpe- 
tuum comburendi; videas primo si igné seculari, qui multo 
:frigidior est, comburi pati poteris. Et ad candelam pollicem 
sinistre manus cum digitis colateralibus porrigens, omnes 
fere ilamma consumpsit pre libidinis feruore (fol. 12) quasi 
:non sencîens. Quo facto fabricatores sceleres {sic) hostiis frac- 
^is introibant, virum diu acriter reprehondentes. Quibus ma- 
gnum combustam ostendebat, et hoc videntes, ad terram pro- 
^tratijVeniam ilagitabant, enarrantes rem et rcicausam; et, ad 
Suuenculam venientes, eam exanimem inuenerunt, et dolore 
j)ercussi pro se et pro anima puelle, virum Dei lacrimabiliter 
Clagitabant, vt illis remittens tantam iniquitatem pro puelle 
vesuscitacione Christum deprecaretur. Et vir Dei, precibus 
oorum obtemporans {sic)y orabal;et, resuscitatam puellam vi- 
dentes, resipiscebant et conuertebantur ad Dominum, etc. 



368 ODONIS FABULIS ADDITA, 

X (XLIV). — DE CLERICO LUXURIOSO, DIMITTENTE 

FORNICARI IN QUADAM VIGILIA 

BEATE MARIE PROPTER AMOREM EIUSDEM. 

Quidam cicricus diues multarum et variarum mulierum 
pocîebalur amplexibus, et habebat quemdam famulum, qui ex 
officiosuo singulis noctibus puellassibi adduceretpolluendas; 
et quadam vigilia béate Virginis mulierculam quam proui- 
derat optulit domino suo, qui, comperiens vigiliam béate 
Virginis esse, dixit se ad honorem Marie, .matris et virginis, 
nocte illa a peccato suo velle abstinere. Consequenter eadera 
nocte Virgo dulcissima sibi apparuit sompnienti, propter vite 
immundiciam vehementer ipsum reprehendens. Verumtamen 
dixit se a filio suo ad com[m]odum sui litteram impetrasse 
quam sibi tradidit, et euanuit. Qui expergefactus inuenit litte- 
ram in pugillo suo, in quo versus iste scribebatur : 

Cessa, condono; pugna, iuuo: vince, corono. 

Ideo, si quis velit abstinere ab illicitis, patebit et processus 
optimus. 

XI (XLV). — UE DUOBUS SCOLARIBUS. SEPULCRUM 
OUIDII ADELNTIBUS PROPTER ERUDlCtONEM. 

Duo erant scolares, qui adierunt sepulchrum Oiiidij. vt ab 
co quicquam addiscerent, eo quod sapiens fuerat. Quo per- 
uento, vnus peciit vt sibi versus efficacior quem Ouideus [sic] 
composuorat, sibi ostenderetur. Cui vox intonuit dicens : 

Yirtus est licitis abstinuisse bonis. 

Aiius sociorum quesiuit peiorem versum quem Ouidius com- 
posuerat, et sibi dictum est : 

Omnc iuuans statuit Jubiler (sic) esse bonum. 

Hiis auditis, consilium inierunt vt pro anima Ouidij Chris- 
lum exorarentper Pater noster et.4w^, et quiamalum iudicium 



COLLECTIO PRIMA. 369 

sibi preelegcrat et oralionem sibi dampnato proficere non 
nouerai, dixil : 

Nolo Pater noster; carpe, vialor, iter. 

Augustinus : Si diues es, laiida fortunam; si generosus, 
lauda parentes; si pulcher, expecta parumper, et non eris. 



XII (XLVI). — DE QUODAM MILITE LATRONE, CONUEnSO 
PER QUEMDAM SANCTUM EPISCOPUM. 

Quidam erat miles, qui dux et magister erat latronum 
multorum, multisque annis iniurians transeuntibus, paucos 
reliquit inspoliatos. Qui quadam vice, in armilustrio a ma- 
nerio suo non multum distante, cum suis complicibus causa 
marli perpetrandi existens, iussit quemdam episcopum cum 
suis transeuntem sibi adduci, adductumque spoliauit, spo- 
iiato iniungens vt, ad manerium suum tendens cum sua fami- 
lia, secumiantaretur(^ïc).Quiquidemepiscopus,militis habita- 
culum ingressus, quesiuit ab eo vt de solempnitate diei more 
consueto verbum Dei predicare licenciaretur, optentaque 
licencia quesiuit si omnes de curia militis essent présentes, et 
circumspiciens miles dixit pincernam abesse, quem queri 
precepit el produci. Qui, quesitus et latenter inter cistam et 
parietem horribiliter ingemescens inuentus, productus est ita 
deformis apparens, quod omnibus videntibus incussit pauo- 
rem. Qui, cum ab episcopo in virtute Ihesu Christi requisitus 
quis esset et quare se talem gessit, dixit se quemdam diabo- 
lum esse et illi militi xini annis insidiatum fuisse, vt, inspecta 
oportunitate, ipsum de medio causante sua nequicia eriperet; 
set se non valentem ostendebat, eo quod singulisdiebus quin- 
quies orationem dominicam cum salutacione béate Virginis 
tociens exorata dicebat; et ab episcopo iussus est vt in propria 
figura reuolaret ad infernum; recessit, timorem quasi into(i)- 
lerabilem (fol. 13) videntibus incuciens. Et hiis visis et audi- 
lis, miles cum suis complicibus, omissa pristina prauitate, 

24 



370 ODONIS FABULIS ADDITA, 

penitcntia ducti, ab episcopo absolut! sunt, et episcopus cum 
suis recessil indempnis. 

Augustinus : Quanto moderamine ab illicebris {sic) [et] 
aspectibus mortalibus est abstinendum, ex quo per visuni in 
mortem corruit mater viuencium, id est Eua. Sepe régula 
increpat quod oculus commendat. 

XIII (XLVII). — DE QUODAM, OPERE MANUALI VELU!) 

ORTHALANUS (sic) VIUExME. 

Quidam erat opère manuali velut orlhalanus viuens; qui 
mediocriter cotidiano deducto residuum Christi pauperibus 
erogauit optimamque salutem corporakm possidebat. Cui ad- 
uersarius generis humani inuidens in forma hominis sugges- 
sit vt sibi ex labore suo pro etate senili prouideret; et ortha- 
lanuS; sue suggestion! obtempérons, per processum temporis 
lagenam plenam denariorum in occulto deponebat, et statim 
infirmitate incurabili pedem habuit detentum. Quem multis 
medicis ostcndebat, et ex predictis denarijs congregatis nichil 
proficiebat. Et ultimoquidem {sic) superueniens dixit se curari 
non posse, nisi pes amputaretur, et statuebant inter se vt in 
crastino abscideretur. Xocteque sequente reclinans in grabato 
dixit : Deus, pater misericordiarum, confileor me in immen- 
sum deliquisse, nec imperpetuum rerum cumilacioni {sic) insis- 
tam, vt me in présent! adiuues.Cu! Christus inmisit angelum 
suum qui dixit : Miser, iam sensisti quid rerum pi*odest accii- 
mulacio ele[e]mosineque retractio. Et pedem infirmum manu 
sua tangcns, plenc curauit. Et mane facto, more solito, in orto 
suo valide fodiebat, et medicus, veniens et per relatum ope- 
rantis qualitcr sanatus est cognosccns, Christum magnifiée 
coUaudabat. 

XIV (XLVIII). — DE QUADAM MATRONA, QUE AB 
OMNIBUS SANCTA PREDICABATUR. 

Quedani erat Matrona, que, liminabasilice crebro ter(r)ens 
et oracionibus ibidem insistens, ab omnibus sancta predica- 



CdlLECTIO PRIMA. 371 

batur. Que grauiler infirmata iussit presbiterum sibi adduci, 
et, vitam suam sibi confitens, ab eo com[m]unicabatur.Et, cum 
sacerdos ille domum venisset, roquisitus est vt ad quemdam 
pauperem egrotantcm properanter veniret, et hac eadem hora, 
vt ad dietam matronam rediret, rogatus est. Et cum sacerdos 
ipsam omnino mundam speraret, ea relicta, ad pauperem ten- 
debat. Qui intérim mortuus est. Vnde presbiter ingemens dc- 
precatus est Christum vt ad corpus anima rediret, ne periculum 
incurreret, et ita factum est; mortuusque resuscitatus, quasi 
fetorem sentiens innumerabilem, hinc inde expuebal; et, cum 
a presbitero rogatus esset causam talis gestus exprimere, dixit 
quod angeli demonum animam dicte matrone cum tanto fetore 
ad infernum deportabant, quod totus mundus vix sustineret. 
Quod cum dicto presbitero videretur incredibile, quesiuit 
causam talis dampnacionis. Responditque resuscitatus ipsam 
bonam in omnibus extilisse, excepto quod in eam delinquen- 
tibusnonnouit romittere, hocque causam perdicionisextitisse. 

XV (XLIX). — DE QUODAM SACERDOTE. SOMPNIENTE 

QUOD PUTEUS PROFUNDISSIMUS 

ERAT AD PEDES EIUS CILICIO COOPERTUS. 

Quidam erat sacerdos, cui sompnienti in lecto suo appa- 
ruit quod ad pedes lecti erat puteus fedus et profundissimus, 
cilicio coopertus, et angélus accedens optulit ei patenam calicis 
plenam oblatis, quas iussit vt com(m)edoret. Presbiter autem 
perter[r]itus misericordiam expostulauit, quid talia signarent 
diligenler inquirens. Cui angélus, in misericordia Christi 
iurans, dixit quod, oblatis illis com(m)estis, per puteum ibi 
parentem in infernum statim esset descensurus, nisi obstaret 
et iuuaret hesterna confessio quam sacerdos emiserat : Confi- 
temini. Ergo huius relatus terri tus pauore, et vt cognosceret 
quales essent ille oblale, iussit ei vt manum extenderet; et 
quamdam oblatam superposuit, que manum incontinenti 
penetrauil. Hiis visis et auditis, presbiter penituit. 



372 ODONIS FABULIS ADDITA, 

Omnia igitur sanat vera confessio cum contricione et satis- 
factione condignis, etc. 

XVI (L). — (Fol. 14) DE MULIERE ADULTERINA MORTUA, 
FILIO SUO SACERDOTI APPARENTI. 

Mulier quedam coniugata iilium habuit legiiimum ex 
viro suo; qui, ad sacerdocium promotus, religiose viuebat. 
Alios vero duos in adulterio concepil. Qua dcfuncta, legitî- 
mus eius filius sacerdos, sol[l]icitus de salute anime mains 
sue, multas pro ipsa missas eelebrauit, orans Deum ins- 
lanter ut eius statum scire mereretur. Quodam igitur die, 
oranti apparuit forma cuiusdam mulicris, de cuius capite 
flamma obscura exire vidcbatur; labia quoque eius et linguam 
bupho horribilis rodere non cessabat; ab vberibus autem eius 
duo serpentes dependebant sugentes eam, cutis vero corporis 
reuersa et quasi ignita in terra dcpendebat. Ego, inquid, fui 
mater tua, et ecce quibus suppliciis pro peccatis meis eter- 
naliter deputata sum. Et requisita de singulis, respondit : In 
capite crucior, ut vides, pro ornatu meretricio capillorum; in 
lingua et labiis, pro locucionibus malis et vanis et osculis 
adulterinis; in mamillis, quia hiis lactaui filios spurios; in 
cute, pro ornatu vestium, quas post me fluentes in terra[m] 
trahere consueui. Et hiis dictis disparuit. 

XVII (LI). — DE QLODAM DIUITE. PAUCA CUM PAUPERIBUS 

COMMUMCANTE ET 08 HOC 
BONORLM SUORUM DETRIMENTLM PATIENTE. 

Quidam diues, cum pauperibus pauca communicans, bono- 
rum suorum sentiebat detrimontum, et ad se conuersus cotidie 
quinque denarios er(r)ogari pauperibus instituit, et instinctu 
diaboli bonis inuidentis ab illa cle[e]mosina manum retrahebat, 
et maiorem rerum sentiens diminucionem, iussit suo serui- 
enti vt singulis diebus, ipso nesciente, quinque denarios pau- 
peribus erogaret, quia, tanta auaricia detentus, personaliter non 



COLLECTIO PRIMA. 3^3 

potuit. Scruiente enim iussum domini sui perimplente lar- 
giusque mendicis erogante, mirum in modum adaucte sunl 
domini facultates. Quod dominas comperiens famulum aduo- 
caium rogabat si quod iussit perimplesset. Qui se in omnibus 
mandaio suo affirmabai obtempérasse et vitra fines mandati 
egentibus crogasse, et cum dominas ilie virtutem ele[e]mo- 
sîne tantam animaduertebat, largius pauperibus distribuebat, 
Christi per omnia obediens mandatis. 

XVIH (MI). — DE QUODAM PATRE DLOUUM FILIORUM 

DIUITE ET VA'LDE CUPIDO. 

Erat quidam paterduorumfîliorum, diues et valde cupidus, 
multarumque rerum iniustus congregator. lunior filius mo- 
nasterium ingressus est. Pater decessit, heresque patris dete- 
rior de medio sublatus est. Religiosus ille superstes, de statu 
patris et fratris sui certificari desiderans,optinuit peticionem, 
ductusque est a quodam se deducente in infernum, et ibidem 
patrem et fratrem innumerabili pena prospexit afflictos, audi- 
uitque patrem filio suo dicentem : Maledicaris imperpetuum, 
quoniam amore tui, vt tibi prouiderem, talia patior! Cui filius 
et hères : Verum ociam tu maledicaris in euum, quoniam 
pretextu tue false accumulaeionis bas penas intoI(I)erabiles 
sustines ! Ecce quale solacium a falsa cumilacione {sic) procedit. 

XIX (LUI). — DE QUODAM MILITE INFIRMITATE DETENTo, 

OUI SUUM ARMIGERUM 
EXECUTOREM SUUM CONSTITUIT, ETC. 

Miles erat quidam, qui, cum armigero suo et suo nepote 
sub rege Carolo expedicionem ingressus, infirmitate detine- 
batur, et armigero suo, executori suo conslituto, iniunxit vt 
equ[u]m suum bellicosum venderet, et precium eius pro sua 
anima erogaret. Quo defunclo, armiger ille equ[u]m sibi ipsi 
reseruauit, domini mandato omnino pretermisso.Cui dominus 
apparens soli vaganti dixit : Ecce iam septennio penas passus 



374 ODONIS FABULIS ADDITA, 

sum in purgatorio, a quibus, si fideliter peregisses, me tota- 
liler eripuisses. Vnde tibi nuncioquod haceadem die morieris, 
in infernum ob hanc causam deportandus, ibidem imperpe- 
tuum moraturus. 

XX (LIV). — DE QUODAM CONTEMPLATIONI DEDITO, DESI- 

DERANTE SUPER OMNIA SCIRE QLID 
ESSET DEO ACCEPTABILIUS, CUl SATHAN APPARET. 

Vir quidam, contemplacioni dcditus, super omnia scire 
desiderabat quid esset Deo acceptabilius. Cui Sathan, in forma 
hominis apparens, dixit : (Fol. 15) Medietas lune, rotunditas 
solis et quarta pars rote. Cui talia ignoranti et vehemencius 
studenti angélus Christi apparuit, tante sol[l]icitudinis causam 
perquirens. Cumque vir ille causam reuelasset, angélus dixit : 
Talia tibi nuncians verum dixit, dolose tamen; sicque para- 
bolam angélus edisserebat : Medietas lune hanc literam C de- 
monstrat, cuius figuram luna semiplena représentât; soli» 
autem rotunditas figurât, et quarta pars rote R significal. 
Quibus tribus litteris copulatis, hec dictio cor efficitur, volens- 
denotare quod aliud quam cor hominis Deus non desiderat. 

XXI (LV). — DE. QUODAM CANONICO SECULARI ET FILIA. 

CUIUSDAM lUDEI LUXURIOSE ADAMANTIBUS. 

Quidam canonicus secularis et christianus filiam cuius— 
dam ludei luxuriosc adamauit; set per longa dierum spati<9. 
ad eam nullo modo attingere potcrat, vt eam carnaliter cognos— 
ccrct, licct illa sibi consensisset, quia circa eam custodiendanm 
magnam diligenciam pater adhibebat. Vnde accidit vl dict^ 
mulier, quodam tcmpore quadra^esimali, canonico sibi subito^ 
obuianti talibus verbis alloquitur : Enim, inquid, scio quo(9- 
per longum tempus me dilexisti, et te michi dilectissimun:^- 
super omnes recognosco, et quia tempus oportunum ad nos — 
trum propositum perficiendum adhuc nequaquam acciderit^^^p 
te ad prescns premunio, vt, si propositum tuum compb 



COLLECTIO PRIMA. 315 

desidcres, in nocte Parasceues iam proxima instante, ad me 
secure venias, quia pater meus et plures alij de gente nostra 
diuersis angustiis et infirmitatibus illodie sunt fatigati etmul- 
tipliciter ilagellati, ita quod illa nocte nullus de nobis aliquod 
malum suspicere presumet. Suis diclis canonicus adquiescens, 
licet hoc cuilibet christiano scire esset nephandissimum (sic), 
illa nocte sacra Parasceues cum illa concubuit. Vnde contigit 
quod pater puelle summo mane ad lectum filie veniens, ip'sum 
canonicum cum illa inuenit, et cupiens illum interficere non 
audebat, quia dictus canonicus nepos erat episcopi illius ciui- 
tatis, et sic illum abire permisit. Vnde, cum ille canonicus 
in illo sancto sabbato Pasche episcopo missam celebranti mi- 
nistrari oporteret, conscius sibi de peccato suo, vehementei 
ingemuit. Set confidens de Dei misericordia ad ministerium 
suum trepidus accessit, et circumspiciens vidit patrem puelle 
cum multis ludeis ecclesiam cum magno impetu intrantem, 
vt ipsum coram episcopo et omni populo publiée delestaret[ur], 
et vt peccatum suum coram omnibus manifestaret et sic peni- 
tus eum confunderet. Set ille canonicus, vt vidit, corde con- 
tritus, oculos ad celum erexit, et cum gemitu a Christo veniam 
postulauit,promitlensse de celero,dum in hoc seculo viueret, 
mediante Dei gratia, soli ipsi esse seruiturum. Mira res, omnes 
illi ludei episcopo accurrunt, et quilibet eorum ore aperto 
coram episcopo inhiabat; set Dei prouidencia nullus eorum 
aliquod verbum emitlere vel pronunciare valebat, set omnes 
quasi elingues in conspectu populi stabant. Vnde episcopus, 
estimans ipsos in opprobrium fidei christiane aduenisse, et vt 
diuina obsequia impedirenl, commonuit omnem populum 
christianum dictos temerarios ludeos extra ecclesiam effugare ; 
quod et factum est. Quod miraculum videns, canonicus Deo 
gratias reddidit et omnia lacrimanti episcopo per ordinem 
narrauit. Qui perfectam vitam duxit postea et honestam ac 
dictam puellam ad fidem Christi conuertit et baptizatam sanc- 
timonialem fecit; cuius vita extitit laudabilis vtrisque animis 
in fine Deo commendatis. 



376 ODONIS FABULIS ADDITA, 

XXII (LVI . — DE QUODAM HEREMITA CONTUA DOMIMM. 

MURMURANTE, QUIA VITAM IMQUORUM IN HOC 

SECULO ESSE PROSPERAM ET VITAM 

BONORUM ADVERSAM COMMUNITER ASPICIT. 

Hcreniita quidam Deo deuotus, vidcns quamplures homi- 
nés flagitiosos et peceatoros in onini mundana prosperitate 
gaudere, omnes vero iustc et sancte viuentes muitas et varias 
tribu laciones et iniirmitates paupertatisque opprobria coni- 
muniter sustinere, contra Dominum sepius murmurauil. Vo- 
iens vero (fol. 16) Deus causam tanti dubii euentus senio suo 
manifestare, misit sibi angelum, qui, ad eum veniens, secum 
ire precepit. Qui, simul proficiscentes, veneruut prima nocte 
ad hospicium cuiusdam patrisfamiiias, qui Deum multum dili- 
gebat, et deuote ae recte viuebat;qui eos, hospitalitatis gratia. 
curiose suscepit et bénigne cunctaque cis necessaria libenter 
niinistrabat, et de quodam cipho sibi vaide caro, quem super 
omnia mundana diligebat, potum eis ministrabat. Set an- 
gélus et heremita mane surgentes abinde recesserunt. Angé- 
lus vero ciphuni prenotatum secum asportauit, heremita solo 
vidente, omnibus aliis ignorantibus. Et sic recedentes ad hos- 
picium cuiusdam viri ilagitiosi et pessimi nocte altéra vem^ 
runt, apud quem, licet corde maliuolo recepti, hospitati sunt. 
Cui angélus illum ciphum tribuit, et, sic ab illo mane de(s ce- 
dentes, ad palatium cuiusdam viri potentis tertia nocte sunt 
recepti. Krat autem ibi quidam senescallus, ad cuius nutum 
omnia pendebant, que ad dominum dicti palatij quouisniodo 
pertinebant. Mane autem facto, angélus et heremita oxeuntes 
inuencrunt dictum senescallum stantem super pontem cuius- 
dam magni iluminis, quem angélus, in vertice capitis acri- 
piens, in profundum proiecit, vbi protinus expirauit. I^roli- 
ciscentes autem veneruut quarta nocte ad domuni cuiusdam 
viri coniugati, qui de uxore sua tantum vnum infantem noui- 
ter natum iam in cunabilis uagientem habebat: de quo mul- 
tum gaudehat. Quos ille, ciim gaudio suscipiens, omnia illis 



COLLECTIO PRIMA. 377 

op[p]orluna fecit beniuole mînistrari. Die autem lucente, an- 
gélus infantem in cunis iacentom strangulauit et mortuum 
reliquid (sic). Et sic iter arripientcs abierunt. Heremita vero, 
de eius operibus timens et stupefactus, ita eum alloquitur : 
Certe, inquid, non bonum angelum, set demonem te reputo, 
quia sic aperte opéra tua testantur. Cui anfçelus : Frater, 
crede michi quod uere Dei angélus sum ego, et ab ipso ad te 
missus, vt per opéra, que iam te vidente peregi, intelligas et 
addiscas vt vlterius de operibus Dei iudicare non présumas, 
nec contra eum audeas murmurare, quia temerarium est et a 
Deo prohibitum. Vnde propter hoc veni, vt tibi desiderium 
suum manifestarem. Expositio. Vnde primo, vbi apud patrem 
familias fuimus hospitati, eius ciphum abstuli bac de causa, 
quia sanctus erat ille et Deo deuotus ; set quia illum ciphum 
multum habuit cordi, ita per talem amorem ab amore Dei ali- 
quantulum declinaret et sic decrescendo premium amitteret; 
et illum ciphum pessimo homini nocte sequente tradidi, vt 
pro opère nobis per ipsum collato remuneraretur, quia bonis 
eterais est priuatus. Senescallus autem, qui in flumine erat 
precipitatus, iniqu[u]s et maliciosus erat, àc etiam, si viuere 
potuisset, nunquam se emendare curasset et quanto diucius in 
culpa permaneret, tanto acriori pena in inferno torqueretur, 
et ideo exlinctus est, vt mors vicijs finem imponat, et illi mi- 
sero pena leuior inferatur. De puero autem, quem in cuna- 
bilis strangulaui, sil tibi notum quod pater et mater eius- 
dem ante ortum dicti pueri de bonis suis sibi a Deo coUatis 
cle[e]mosinas et alia opéra caritatis largiflue fecerunt; set, ex 
quo natus est puer, talibus non intenderunt, set auare ad 
heredem nouiter natum collegerunt, vt et ipse diues fieret, 
tenaciter detenuerunt [sic) y et idcirco, nisi puer suffocatus 
fuisset, pre amore illius et eorum auaricia dampnarentur. Et 
sic accidit de mirabilibus operibus Dei. Et hiis dictis euanuit, 
et heremita, ex premissis bene eruditus, ad propria remeauit, 
et motiones huiusmodi a mente sua penitus expellebat, Deo 
gratias in omnibus exhibendo. 



378 ODONIS FABULIS ADDITA, 

XXIII îLVII). — DE QrADAM CONTENCIONE INTER 

AQUILAM ET RATUM. 

Faeta fuit contencio inter Aquilam et Ratum quis corum- 
clarius viderc poterit. (Fol. 17) Dicenle Rato quod cicius pre- 
dam suam locls tenebrosis capere sciuit et verius viderc quam 
in luce, licet fuerit parua mica panis, et ab Aquila querente si 
predani suam in tenebrosis videre sic poterit : Non, inquid 
Aquila ; hoc non habeo ex natura. Ergo, ait Katus, clarius te 
video. Certe, inquid Aquila, videtur michi quod deformis est 
talis natura, qui tantum gaudet et operaiur in tenebris; cum 
omnis naturalis bestia delectatur in luce, quia qui maie agit 
odit iucem, sicut tu, bubones,-buphones, nicticorates et cetera 
de spui'co génère aninialia progenita, que, velud latrones seu 
fures, viuunt de rapina; set pocius probabo claritatem visio- 
nis niee, ex hoc quod rex sum omnium valatilium {sic), et 
inter alias virtutes meas innumerabilcs loca aeria alis pêne- 
trabo, alcius omni volatili volando, et quantumque superius 
in aore eleuatus fuero a terra, ex prelucida tantum et preclara 
visione oculorummcorum in profundis vallibus predam meam, 
quanicunique exiguam, a longe prospicio, et aliquando video, 
tani vallibus, montibus, planis, quam sep[t]is, siluis, fossis 
pluribus et diuersis vicibus, uno ictu oculi; ubique desidero, 
habore potero, eligendo et descendendo, quod volo pro iibito 
capio. Hecsunt verba, dixit Ratus; set probemus in facto quis 
nostrum clarius viderc poterit. Etquomodo probare poterimus 
huius rei veritateni, dixit Aquila, nisi mecum per aéra voiare 
poteris? Cui Rato : Si vis, ascendam humeros tuos, et me sup- 
portabis in altum, et sic apparebit quod verum est. lllis taliter 
concordatis, ascendentc Rato super scapulas Aquile, suppor- 
tauit eum in tantam altitudinem aeris, quod Ratus nichil vi- 
debat de terra. Tune ait Aquila : lam video terram, montes 
et valles, et in fossis, foueis, sept[t]is diuersis, cadauera iacen- 
tia, ad predam meam paratura. Et dixit Rato : Nonne ista 
vides? Qui respondit : Nichil terrenum video. Tune ait Aquila: 



COLLECTIO PRIMA. , 379 

EIrgo clarius te video. Tune Ratus perter[r]itus, quia videre 
non poterat, ait : Descende ergo vt predam accipias, vt appa- 
reat venim quod asseris. Descendente ergo Âquila, Rato in 
humeris suis tabescente, cum nimio impetu, Ratus aperuit 
oculos propinquius terra(m), et vidit quemdam aucipem {sic), 
sub dumo latentem, qui super quoddam cadauer recia et 
laqueos (te)tendebat, protinusque ab humeris Aquile a longe 
saitauit et laqueos deceptorios prudenter euasit. Aquila vero, 
super cadauer de periculo inprouiso descendens, incidit in 
laqueos, et ab aucupe captus est et sic miserabiliter captiua- 
tus. Cui Ratus prope stans exprobauit Aquila[m], dicens : 
Heu pro{t)h pudor! vt qui lam a longe pre omnibus te clàrius 
prospexisse iactasses, propinquos tibi laqueos non vidisti. Ego 
autem, yidens periculum, euasi prouidus. Ex quo patet verior 
mea conclusio, quia iam tibi superest ineuitabilis confusio 
propter tui visus defectum, euidenter vt apparet. 

Exposilio, Aquila ista est prelatus, vel doctor sciencie tem- 
poralis vel spiritualis, qui, dignitate, potestate aut sciencia 
prediti, super omnes sibi inferiores per aéra volant, scrutantes 
et a longe videntes, id est intime studentes, id est cupienteâ 
bona temporalia, et ea extorquentes, pauperum possessiones 
sibi vsurpantcs; quia sunt quamplures, quamuis villas, cas- 
tilla, reditus quasi infmitos habeant, nichilominus ad mesna- 
gium vel placeam, licet paruam, proximi prope adiacentes vel 
pauperis, oculos dirigunt^ vt per vim sibi rapianl. Vt Regum 
tertio [iibro] (i), qualiter rex Achab concupiuit vineam Nabothi 
per consilium uxoris sue lesabelle, et inique amouebat eam, 
etc., sic cimulantes [sic) sibi thesauros, vt diuicijs habundent 
ad superbiam et inanem gloriam, quibus loquitur propheta : 
Ve qui predaris, nonne [et ipse] predaberis (2) ! Dicunt enim 
taies, quod quamplures regiones peragrati sunt debellantes, et 
multa mira se fecisse affirmantes, et de suis actibus, ad reci- 
tandum quasi nulla, pompose seipsos gloriantes, thesauros et 

(1) Voyez C. xxi, v. \ et s. 

(2) Voyez Proph«^tie d'Isaïe, C. xxxiu, v. 1. 



380 ODONIS PABULIS ADDITA, 

patrimonia sua pro patrie defensione se expendisse ficte pro- 
testantes, vt ex huius colore de suis pauperibus tenentibus et 
aliis valeant aliqua extorquere. (Foi. 18) Similiter prelati in 
correctioDÎbus suis a longe vident et subditos suos pro mini- 
mis culpis infestant et pecunijs exFsJpoliant non zelo iustieio. 
immo amore Domini mone[n]te, se[d] verc propinquius se non 
vident, et faciunt vt metrice scribitur : 

Prelati teniere credunt sibi euncta licere ; 
Crédit enim Cayphas omne nephas {sic) sibi fas. 

Seipsos maie dispositos non vident nec com[m]ensales sibi 
propinquiores et caros, moribus omnibus inhonestos, superbos,. 
luxuriosos. auaros. gulosos, detractores, accidiosos et in omni 
gestu spirituali indispositos, non corripientes, set potius fa- 
uentes et nutrientes. talitor bona ecclesiastica inique deuo- 
rantes: sic supplicium eternuni sibi adquirunt, quia non sa- 
piunt que Dei sunt. set lalia terrena, secundum apostolum 
Paulum. quasi canes auidi omnia deuorantes. Taies vero tam 
domini spirituales quam temporales, licet ocuiis corporels por 
scienciam et potestatem clare dicuntur videre, nichilominus 
spiritualilor oouii eorum tenebrescunt, nec vident spiritualem 
inimieuni diabolum latentem et inuisibilem, qui super talia 
Iransitoria mille laquées ponil doceplorios, quibus inuoluit 
quamplures niiseros et secum ducit ad inferos. Que quidero 
pericula Rahis euasil, hoc est : homines simpliciter et recte 
viuentes, Deum timentes, proximo non iniuriantes, diem mor- 
tis semper pre ocuiis habeutes, de minimissibi a Deo dalis ipsi 
intime gralias agenles, ek\ejmosinas et penitenciam agenles, 
bonis operibus semper insistentes, perfecta caritale Deo pla- 
centos, in eo firmiter credontes, bona vol mala, tribulaciones 
aul infirmitates patienter sustinentes, misericordiam consé- 
quentes, omnia pericula bene euadent; sic laqueos diaboli 
preuidentes et se prudenter ab eis custodientes, et salui et 
liberi, ad vitani peruenient sempiternam, ad quam perducat 
Deus ipso. Amen. 



COLLECTIO PRIMA. 381 

XXIV (LVIII). — DE DLOBUS SERPENTIBUS DEBELLANTIBUS 
ET QUÔDAM MILITE VNI EORUM ADIUUANTE. 

Accidit quod quidam miles, pcr siluam equitans, vidit duos 
serpentes adinuicem debellantes, quorum vnus, ab altero fere 
superatus, clamauit ad militem dieens: miles in armis stre- 
nuus, qui me in bello isto vides in articulo mortis positum et 
me iuuare non curas, descende ergo vt salues me, et tibi exinde 
reddam mercedem. Descendensque miles lanceam suam infixit 
inter Serpentes, eos sic separando, potenliorem effugando et 
inpotentem def(fjendendo. Quo facto, Serpens ille, quem a pe- 
riculo mortis liberauerat, per lanceam militis scandens impc- 
tuose vsque ad scapulos, militis circa collum se circumuol- 
uens, violenter infestare lemptauit, firmiter astringendo. Cui 
miles : cruenta bestia, cur taliter pro meo beneficio me ni- 
teris strangulare? Et Serpens : Certe reddam tibi mercedem 
per me promissam. Tune miles : Peruersa est huiusmodi mer- 
ces : ego te a morte liberaui, et tu econtra michi mortem inten- 
tas; set rogo te vt discedas a me, et aliud non quero a te meri- 
tum.Nondiscedama te, inquid Serpens; set, secundumnaturam 
meam, reddam tibi pro bono malum, quia talis est iam cursus 
huius.mundi; super quibus habeamus indices, si velis, videli- 
cet très bestias, quibus primo obuiabimus, singillatim causam 
istam inter nos iudicaturas, et corum iudicio final i pareamus. 
Quo pacto inito, obuiauerunt primo cuidam Equo, staloni seni, 
cui miles salirtando dixit : Rogo te, iudica inter nos, narrans 
per ordinem qualiter factum fuerat. Et, auditis ex vtraque 
parte propositis, dixit slalonus : Vero experimento didici in 
hac causa iudicium dare. Eram enim in curia regia a iuuen- 
tute nutritus et pre pulcritudine, fortitudine, velocitate et 
ceteris virtutibus meis domino régi precipuus fui, frenis, 
sellis aureis et vestibus nobilibus omatus, optime pasius, 
lotus, comptus et stramentis mollibus omni die renouatus. 
Per me autem dominus meus multa bella peregit et plures 
honores adquisiuit; set, quia iam senui et vires deficiunt. 



382 ODONIS FABULIS ADDITA. 

omnibus beneficiis mei fj)s oblitis, expuisus sum a curia, vagus 
et profugus, (fol.l9)debins, famé, nuditatect frigore oppressas 
hic et prostratus. Ecce quale meritum cursus mundi reddit 
propter acceptum beneficium, et sic de vobis simile est iudi- 
cium. Quo dictOy miles doiens et ulterius proficiscens obuiauit 
cuidam Boui senio confracto; cui, causam predictam seriatim 
exprimens, petit iustum iudicium inter ipsum et Serpentem 
discerni. Certe, inquit Bos, sicut ego pro bénéficie meo iudi- 
catus sum, ita a simili vos iudicabo. Per multos enim annos 
seruiui domino meo, trahens in plaustro et caruca arans ter- 
ras suas, omni tempore subdendo coUum meum iugo suo, «t 
semper paratus ad omnia pi*o com[m]odo et libitis suis michi 
imposita, et nunc, quia déficit virtus operandi, extractus sum, 
vt senex, a sociis meis in istam pasturam, non pro meo corn- 
modo, sel vt, cum pinguis fuero, meoccidantet com(m)edant. 
Ecce ego pro labore corporis mei omnibus diebus meis qualo 
beneficium in fine habebo. Hic est cursus seculi, et aliter de 
vobis nescio*iudicare. Audisne, inquit Serpens, o miles, iudi- 
cium islorum duorum sapientum. Queramus ergo tertium, vt ex 
ore eorum trium scias te verum habere iudicium. Procedentes 
vero vidcrunt Vulpem coram eis ambulantem, vocauitque eum 
miles, dicens : Attende, prudenlissima bestia, et iudica equi- 
talem inter me et istum Serpentem. Quo attendente et querelas 
cause ex vlraque parte audiente, dixit Vulpes : Et si me iudi- 
cem inter vos constituitis, oportet me sedendo iudicare. Videns 
que ibi lumuluni terre sedebat vt judex, ipsis milite et Ser- 
pente in Vulpem iudicem consentientibus. Tune ait Vulpes : 
Die mihi, Serpens, vbi fuisti, quando, tu et miles, primo ad 
inuicem loculi fuistis. Certe, inquit Serpens, super terram. Et 
Vulpes ad eum : Descende ergo ad terram, quia omnino opor- 
tet vos separari, vt singillatim et separatîm vestram causam 
potoro examinare; aliter iiequeo verum iudicare. Serpens vero. 
ad precoptum iudicis desceiidens per lanceara, pausauit super 
terram, sentenciam auditurus. Tune Vulpes ad militem : Et tu, 
miles, quomodo vidisti primo Serpentem? Miles inquit : Equi- 



COLLECTIO PRIMA. 383 

tans super cquum meum, et lanccam habui in manu mea erec- 
tam. Tune Vulpes : Ascendas igitur palefridum tuum cum lan- 
cea modo quo prius. Quo ascenso, dixit Vulpes : Nuncestis vt 
primo fuistis; ideo nune instat tempus iudieandi. Etaddidit : 
Vale, miles, et vale liber, quocumque volueris, et amodo cum 
prauis non te inmisceas, quia nunquam nisi malum a talibus 
optinebis née reportabis; ideo caueas de celero. Et tu, Ser- 
pens, reuertere ad naturam tuam ; super pectus tuum gradieris, 
terram comedes inter vêpres, tribulos, spinas et rampnos, ha- 
bitabis etiam in cauemis terre, et ibi miserabiliter peribis (i). 
Expositio. Sic multociens contigit, quod, licet boni chris- 
tiani iniquos et peruersos bonis suis sustentant et supportant 
et a morte libérant, nichilominus, quasi serpentes, illos, per 
detractiones et inuidiam ex eorum malicia procedentes, in 
quantum possunt, grauant et mortifîcant ; de quibus vulgariter 
dicitur : Erue furem a furcis et te non desinet abinde infes- 
tare, quod valde serpentinum et diabolicum est, malum pro 
bono reddere; set quid dicant Equ[u]s et Boset (léssimi homi- 
nes dierum malorum inueterati,qui secundum cursum mundi 
iudicant? Erît eis secundum quod dicitur per prophetam (2) : 
Ve, qui dicitis malum bonum et bonum malum, ponentes 
tenebras lucem et lucem tenebras! E contrario quid dicit pru- 
dens Vulpes, id est Christus, per David? Cum accepcro tem- 
pus, ego iustitias iudicabo. Iste Vulpeà in rubea pelle, per 
stigmata passionis sue, in die iudicij separabit oues ab [h]edis, 
serpentes a militibus, id est taies fîlios diaboli a suis fidelibus, 
facietque militem ascendere super palefridum, hoc est, rein- 
tegrabit corpus cuiusque fidelis cum anima supersedente, et 
ibunt liberi in vitam eternam. Serpentes vero, id est filii 
huius lucis, inter vêpres et rampnos, id est inter penas infer- 
nales, comedent terram, hoc est, ibi luent (fol. 20) delectatio- 
nes terrenas illicitas eternaliter quas hic habent, et peribunt 
de terra viuencium, quam Dominus promisit fidelibus suis et 

(1) <ient'se, C. iir, v. 14 el ss. 

(2) Voyez la Prophétie d'Isaïe, C. v. v, 20. 



384 ODONIS FABULIS ADDITA, 

diligentibus se, cuius terre participes atque nos Christus faciat 
coheredes! Amen. 

XXV (LIX). — DE MURE VOLENTE FILIAM SUAM 

DESPONSARE. 

Mus quedam habens iiliam, tenens eam puicher[r]imain 
omnium creaturarum, cogitauit in se oui eam poterat gradus 
et status pari débite desponsare, et videns Lunam noctantor 
claram et fulgidam, salutando eam, dixit : Salue, Luna. Cui 
Luna : Bene tibi sit, domina Mus. Ad quam Mus : Quia pre- 
potens, pulcherrima, viribus et virtutibus es potentissima, 
volo quod habeas iiliam meam in vxorem, quia alteri quam 
domino prepotentissimo, prout te reputo, eam nubere cum 
honore non potero, nec intendo. Certe, inquit Luna, non sum 
talis, nec tante potestatis quante me asseris, quia nichil pro- 
prium habeo splendoris, set solomodo a domino meo Sole, qui 
me suiïraganeum suum in absencia sua ad ministrandam lu- 
cem conslitifit, dum ipse quiescit. Ideo, si [nulli] nisi domino 
summo iiliam tuam in matrimonium dare intendis, dominum 
meum Solem inquiras, qui virtute et potestate dominata [sic 
pro dominatur) in toto mundo. Et ait Mus : Vbi est ille donii- 
nus tuus Sol? Certe, domina, inquit Luna, cras summo mane 
inuenies eum in loco presenti. Tune Mus, valedicens Lune, 
cum iilia sua récessif. Veniensque mane ad Solem, sahitauit 
eum, dicens : Venio ad te, domine Sol, cum generosissima 
iilia mea, vt eam habeas in vxorem, quia bene decet talem 
dominum prepotentissimum eam in coniugem suam optinere. 
Tu enim, domine, radijs splendoris munduni illuniinans, 
expellis tenebras, crescere facis et virescere omnes herbas et 
arbores, scilicet in mira pulcritudine excellis omnes crea- 
turas. Ad bec Sol : Si filiam tuam michi quasi potentissimo, 
vt dicis, velis marilare, scias pro certo potentiorem me osse, 
qui sepius splondorem, calorem et ceteras vires meas impedit 
et perturbât. Et quis est ille, ait Mus, qui te superare poterit 
quouismodo? Certe, inquit Sol, dominus Nubes, qui quo- 



COLLECTIO PRIMA. 385 

liens voluerit, obumbrat splendorem lucis mce, et quicquid 
per calorem aridum feci ipse per ymbres et rores madiPicat. 
Quo audito, processit ad Nubem, dicens salutando : Validis- 
sime domine, ex quo precellis omnes alios dominio et potes- 
tate, volo quod habeas filiam meam in uxorem. Gui ille : Yera 
domina Mus, non obstante aliqua potestate mea, est quidam 
dominus prepotens et pomposus, qui me semper insequilur, 
et violenter percutit et dispergit, et me de loco ad locum agi- 
tare non cessât, pre cuius timoré per omnia fugitiuus incedo, 
et si me arripere poterit, ad terram et mare prosternit et 
demergit. Et quod est nomen eius? inquit Mus. Qui respondit : 
Ventus, qui per quatuor partes mundi dominatur. Recedens 
Mus venit ad Ventum, et, facta salutacione, dixit Mus : Me- 
tuende domine, pre omnibus domin(ar)is quem omnia tremes- 
cunt, eece filiam meam adduco et tibi principi fortissimo eam 
matrimonio trado copulandam, ex quo potestati tue nichil 
potest resistere. Gui Ventus : Licet fortis viribus existam, 
quod domos, arbores et cetera magna prosternere pluraque 
mirabilia facere potero, nichilominus est hic in proximo quod- 
dam Gastellum super rupem petrinam firmissime fundatum, 
quod per ccc annos omnibus viribus meis subruere et preci- 
pitare non potui; vnde fateor illud forcius me. Quibus dictis, 
Mus cum filia Gastellum adiit; cui et dixit : Inuictissime do- 
mine, tibi quem nullus potest vincere duco filiam mea^, vt 
eam habeas in uxorem. Gui respondit Gastellum : Licet forte 
sim, et quasi insuperabile, est tamen quedam parua bestia 
que me multum infestât, murosque meos sufTodit, et, me in- 
uito, per cauemas ingreditur et égreditur ; cibaria mea comedît 
et consumit, et, quod pessimum est, me sub pedibus suis con- 
culcat et super capud meum stercora sua (fol. 21) dimittit; cui 
nulla ianua, (h)ostia, fenestre, seu aliqua firma clausura pos- 
sunt resistere aut excludere, et sic supra me presumit habere 
dominium ineuitabile. Gerte, dixit Mus, potentissimus est ille, 
et quod est nomen eius? Respondit Gastellum : Domina, Mus 
uocatur. Eya crgo, dixit Mus ad filiam suam, ecce nunc exper- 

25 



386 ODONIS FABULÏS ADDITA, COLLECTIO PRIMA. 

tum est quod non est equiualens generi nostro ; propter quod 
redeamus et celebremus nuptias tuas in génère proprio. Cele- 
brantibus illis conuiuium nuptiarum cum omnibus de génère 
suc, subito de quodam angulo venit niger Gatus saitans; spon- 
sum et sponsam arripiens vngulis suis, deuorauit, pmnesque 
conuiuantes efifugauit. Et sic nuptie conuerse sunt in luctum 
et lamentum. 

Exposicio. Ita sunt quamplures de seipsis temerarie presu- 
mentes, omnem intencionem suam curis secularibus impo- 
nentes; de nullo gradu sunt contenti, set per terrenas digni- 
tates de gradu in gradum in altum tendentes, cadunt ab alto, 
vt pote fiiius pauperis. Cum sit aliqualiter literatus, contrahit 
cum Luna que interpretatur defectus, id est, in iiio gradu 
habet defectum rerum temporalium. Deinde venit ad Solem, 
id est ad beneficium ecclesiasticum. Set quia beneficiati per 
extorciones dominorum temporalium suntoppressi, ascendunt 
ad Nubem, id est ad dominos temporales, vt sint officiarii in 
tenebris obumbrantes Solem, id est iusticiam, curam anima- 
rum perinpendentes. Deinde ad dignitatem vel temporale domi- 
nium, id est ad Ventum translati sunt; in quo statu Yen tus 
dominatur, id est vana gloria et adulacio ribaldorum. Postea 
Castellum adeunt, id est, affectant episcopatus vel cardinalis 
aut pape dignitatem, seu fastigium impériale vel regale. Qui 
dcbcrent esse mûri et turres huius Castelli, id est ecclesie, ad 
debellandos omnes tirannos et ecclesie sancte inimicos: set 
subintrant in hoc Castellum per cauernas et sécréta foramina 
Mures parui, id est ypocrite fîngentes se simplices, id est sanc- 
titate[m] simulantes per adulàciones, per preces, cantantes Si 
dedero{{) y et in fine contrahuntmatrimonium in sua natura,id 
est in carnalibus desiderijs. Quos niger Catus, id est mors vel 
diabolus (qui) taies deuorabit, et estrangulabit tam sponsum 
quam sponsam, id est tam corpus quam animam. Tune fugienL 
omnes amici conuiuantes, parumper eo pauperibus er(r)o- 
ficantes, etc. 

(I) Liber psalmoninit C. xxxi, v. 4. 



ODONIS FABULIS ADDITA, 

GOLLEGTIO SEGUNDA". 



I (LXXXIX). — (Fol. 29) DE QUODAM FILIO DIUITIS 

CLAUSTRUM INTRANTE. 

Quidam fiiius diuitis, considcrans se iu breui moriturum, 
claustrum intrauit. Pater ipsius claustrum destruere voluit. 
Set filius eî obuiam venit et ait : Domine, qiiare istud ceno- 
bium destruere proponis? Qui respondens ait: Fili mi, tolum 
destruam, nisi ad seculum mecum reuertaris. Respondit 
filius : Libenter ad seculum reuertar, si quandam consuetu- 
dinem a terra tua amoueas. Respondit pater quod libenter 
faceret, et dixit iuuenis : Fn terra tua ita cito iuuenes vt senes 
moriuntur. Hec audiens, pater ad verbum filii sui mundum 
reliquid [sic) et claustrum intrauit. 

Attende igiturquod mors est claua imperatoris que nemini 
parcit, hic est mallius (2) ipsius qui celum et terram fabri- 
cauit, cui nemo resistere potest. 

II (XC). — DE QUODAM [sic] ARBORE IN PARTIBLS 
INDEE (3), QUE GRECE DICITUR PEREDIXON (4>. 

Arbor quedam est in partibus Indee, que grece dicilur 
I^eredixon, latine uero Circa-dexteram, cuius fructus dulcis 
est nimis et valde suauis. Columbe autem satis delectanlur in 

(1) Celle colleclioii, comme* la précédenle, es! lilléralemeiit exlrailo 
«Iii manuscrit Harloy 219. 

(2) Ainsi pour maHeus, 

(3) Le manuscril Douce 109 de la Bibliothèque Bodléienne, au lieu de 
Indee, porte ludee. 

(4) Ainsi pour Pcridexion. 



38S ODONIS FABULIS ADDITA, 

istius arboris dulcedine, quoniam de fructu eius reficiuntur el 
sub vmbra eius requiescunt et ramis eius proteguntur. Est 
autem Draco crudelis inimicus Columbarum, et quantum 
Columbe timent Draconem, fugiunt ab eô, tantum Draco cuitat 
et pertimescit illam arborem, ita vt vmbrc iliius appropin- 
quare non sit ausus. Set, dum ille Draco insidiatur Columbis, 
vt aliquem (sic) illarum rapiat, considérât illam arborem de 
longe. Si vmbra iliius fuerit in dextera parte, (et) se facit ille in 
sinistra parte. Si autem fuerit umbra iliius in parte sinistra, 
ille se fugit et se facit in dextera. Columbe autem scientes 
inimicum suum Draconem timere illam arborem et vmbram 
iliius et non leuiter eis posse appropinquare, ideo ad illam 
arborem confugiunt, et ibi. se commendant vt salui {sic) esse 
possint ab incidiis {sic) Draconis. Dum ergo in illa arbore fue- 
rint et in ipsa continuerint, nuUo modo potest eas capere 
Draco. Si autem inuenerit aliquam ex eis segregatam ab ar- 
bore vel extra vmbram iliius, statim eum {sic) rapit et deuorat. 
Mistice. Nos ergo, Ghristiani, scientes arborem que est 
Peredixon, circa quam omnia dextera sunt, nichilque in ea 
sinistrum; dextera autem eius est Ynigenitus Dei, sicut ipse 
Dominus ait; de fructu enim arbor cognoscitur (1). Vmbra vero 
arboris est Spiritus sanctus. Vt dicit angélus béate Marie (2), 
Spiritus sanctus superueniet in te, etc. Columbe sunt omnes 
fidèles, sicut testatur in Euangelio (3). Estote ergo prudentes 
sicut serpentes et simplices (fol. 30) sicut columbe ; astuti sicut 
serpentes, ne alienis insidijs supplantemini, et estote vt co- 
lumbe simplices, ne cuiquam machinamini in dolos. Attende 
ergo scmper tibi, homo Dei, et permane in fide apostolica, et 
ibi te continc, ibi commorare, ibi habita, ibi perseuera in vna 
fide Patris et Filii et Spiritus sancti, et in ecclesia catholica, 
sicut dicit sacra scriptura(i) : Ecce quam bonum et quam iocun- 

{{) Évangile selon S. Luc, C. vi, v. 44. 

(2) Ëvang. selon S. Luc, C. i, v. 35. 

(3) Évang. selon S. Mathieu, C. x, v. 16. 

(4) Psalm, liber, C. cxxxii, v. 1. 



COLLECTIO SECUNDA. 389 

dum {sic)y etc. Et alibi dicitur : Qui habitare facit vnanimes {sic) 
in domo (1). Caue ergo, quantum potes, ne extra hanc domum 
inueniaris et comprehendat te Draco, ille serpens antiqu[u]s, 
et deuoret te, sicut ludam, qui, mox vt exiuit a Domino et fra- 
tribus eius apostolis, statim a diabolo deuoratus est et periit. 

III (XCI). — QUALITER RUSTICUS INUITATUS FUIT A 

DOMINO SUO AD CONUIUIUM. 

Quidam rusticus inuitatus fuit a domino suo ad conui- 
uium nobile, et quando venit ad portas domus domini, vidit 
aquam putridam in fouea ; et, quia aliquantulum sitit, de illa 
aqua putrida ventrum [Sic) suum impleuit vnde, licet socius 
eius diceret sibi : Frater, prandium et vinum optimum parauit 
tibi dominus; ideo ab ista putredine te abstineas. Set noiuit 
dimittere. Cum peruentum fuerit ad prandium, de optimis 
cibariis sumere non potuit, set coram omnibus aquam putri- 
dam euomuit. 

Mistice, Ita in presenti quidam vtuntur deliciis fetentibus, 
vt, cum peruentum fuerint ad cenam Domini, miseri pecca- 
tores de illa gustare nequeunt, set potius turpitudinem quam 
turpiter biberunt, turpissime coram omnibus eicient, nisi per 
medicinam penitencie in presenti fuerint purgati. Vnde Do- 
minus per leromiam [sic) (2) : Quid tibi vis in via Egipti vt 
bibas aquam putridam, aut in via Assiriorum vl bibas aquam 
fluminis? Id est in via mundi et demonum aut in via vitiorum 
et voluptatum, que sunt aque putride delectarie. Potius ab 
illicitis abstineamus, vt cibo angelorum variis deliciis condito 
refici valeamus. 

IV (XCII). — DE MULIERE NON CONTENTA 

PULCRITUDINE SUA. 

Quando mulier delicata non est contenta pulcritudine 
quam sibi Deus contulit, plus vult facere quam Deus fecerit, 

(1) Psalmorum liber , C. cxii, v. 9. 

(2) Voyez la Prophétie de Jérémie, C. n, v. 18. 



390 ODONIS FABULIS ADDITA, 

quia pulcrior esse desiderai quam Deus eam fecerit; quasi 
diceret : Domine, non bene me formasii, nec pellem meam 
in facie mea sufficienter decorasti. 

Vnde leronimus : Mulier ad spéculum depungitur {ainsi 
pour depingitur) et in contumeliam ariificis conatur pulcrior 
esse quam nata sit. Et inde infantes garriunt, familia per- 
strepit, computantur sumptus, stipendia preparantur. Hinc 
accincta manus cocorum carnes terit, hinc textricum turba 
commurmurat. Responde, queso, inter ista vbi sîl Deî cogi- 
tatio? Item dicit : Plus faciam quam tu. Et tune permittis, et 
plicaturis vestem disting[u]it, vnguento lucido facîem vngil, 
in speculo seipsam, vtrum pulcrior appareat ridendo vel 
aliter se habendo, diligenter (se) attendit. Contra taies dicit 
Dominus in Oseo (1) : Aufer fornicaciones tuas a facie tua. In 
facie enim ornata, mulier facit adulterium, quando plurimi 
per eius cor[r]umpuntur aspectum. Vnde Paulus ad Corin- 
thios (2) : Mulier débet habere velamen super capud propter 
angelos ; quoniam angélus deputatus ad custodiam an^marum, 
cum videt animam, quam débet custodire, per omatum mulie- 
ris corrumpi, conqueritur Domino de îlla officium suum per- 
turbante et quasi thesaurum suum auferenle, et cum scmper 
videt faciem Dei, quasi semper conqueritur. Vnde Veritas de 
lalibus dicit : Ve illi, per quem scandalum venit (3)! 

Mulieres vero, si essent maie ornate, per plateas non 
incederent, vt animas caperent. 

V (XCII*). — IDE MURILEGO PULCHRO ET PINGUI.: 

Exemplum. 

Vnde quidam habuit pulcrum Murelegum et pingueni, 
et dixit ei vicinus : Murelegus tuus pro pulcritudine sua 
fugiel et ipsum amiltes. Vnde consilio eius caudam abscidit 

(0 Voyoz C. II, V. 5. 

(2) Épître I, C. xi, v. 10. 

(3) Evang. selon S. Mathieu, C. xviii, v. 7. 



COLLECTIO SECUNDA. 391 

et partem pellis combussit, et sic Murelegus domi remansit. 
Similiier si caude mulierum essent absci8[s]e et capilli 
ablati vel combusti, certe domi remanerent. Vnde Apostolus 
ad Corinthios (1) : (Fol. 31) Si turpe est mulieri tonderi, aut 
decaluari^ velet capud suum. Ornamentum autem permittitur 
uxoribus, vt iantum placeant viris suis. 

VI (XCIl»»). — [DE ABBATE ATHANASIO ET MULIERE.] 

Exemplum. 

Item abbas Athanasius vidit quadam die in Alexandria 
mulierem textricem ornatam, et fleuit, dicens hiis qui interro- 
gabant eum cur fleret : Due sunt cause fletus, vna, quia hec 
[est] perdita, alia, quia non habeo taie studium piacendi Deo, 
quale ista habet piacendi hominibus. 

VII (XCII«). — [DE ABBATE ARSENIO ET MATRONAj.* 

Exemplum. 

Item matrona quedam rogauit abbatem Arsenium vt oraret 
pro ea. Qui respondit : Auferat te Dominus a corde meo ! Illa 
vero tristis quesiuit a quodam cur hoc dixit. Qui dixit quod 
hoc dixit de temptacione auferenda ; set orat pro te (2). 

VIII (XCII«ï). — [DE SANCTO HILARIO 
ET QUADAM MULIERE]. 

Verumtamen, licetmulieres sunt vitande, sunt tamenhono- 
rande. 

Vnde quedam mulier currebat post sanetum Hil(l)arium, 
orans vt filium resuscitaret, et ille fugiebat. At illa ait : Mé- 
mento quod talis sexus genuit Ghristum. Quo audito, statim 
reuersus est et filium eius resuscitauit. 

(1) Voyez Épître I, C. xi, v. 6. 

(2) Au lieu de te lisez : ipsa. 



392 ODONIS FABULIS ADDITA, 



IX (XCIII). —DE BEATO MACHARIO ABBATE IN CELLA 

SUA RESIDENTE. 

Residens in cella sua [erat] quadam die beatus Macharias 
abbas. Occurrit ei Diabolus cum falce, volens eum interficere. 
Set non potuit eum percutere, et ait : Multam violenciam patior 
a te, quia tibi preualere non possum : tu ieiunas et ego non 
comedoy tu vigilas et ego non dormio, et in vno solo me supe- 
ras, scilicet in humilitate ; propter quod non possum aliquid 
aduersum te. 

X (XCIII*). — [DE JULIANO APOSTATA.] 

Exemplum. 

Iulianus apostata^ cum vellet descendcre in Persidam, mi- 
sit demonem in occidentem vt afferret inde responsum quid 
facturus esset. Cum autem venisset démon ad quendam locum 
vbi erat quidam religiosus orans, stetit ibi per decem dies 
immobilisy nec poterat transirc, quia ille sanctus non cessa- 
bat orare die ac nocte, et reuersus rediit sine effectu. Cui Iu- 
lianus ait : Quare tardasti? Qui ait : Quia nichil feci; înueni 
enim quendam monachum orantem nocte et die et non potui 
transire. Tune iratus Iulianus ait : Cum rediero, puniam eum. 
Sed post paucos dies a milite quem beata Virgo suscitauit 
inlerfcc.tus est. Quod videns quidam, qui cum eo erat, factus 
est monachus. 

XI (XCIV). — [DE MULIERE DELICATA ET PIGRA.] 

Exemplum contra accidiosos. 

Multi sunt sicut mulier delicala et pigra. Talis cnimmulier, 
dum iacot mano in locto et audit pulsare ad missam, cogitât 
secum quod vadat ad missam. Set, cum caro, que pigra est, 
timet frigus, rcspondit, et dicit : Quare ires ila mane? Nonne 



COLLECTIO SECUNDA. 393 

scis quod clerici puisant campanas propter oblaciones? Dormi 
adhuc. Et sic transit aliqua pars diei. Postea iterum conscien- 
cia pungit eam quod vadat ad missam. Set caro respondit, et 
dicit : Quare ires tu ita cito ad ecclesiam? Certe tu destrueres 
corpus tuum, si ita manc surrexeris, et hoc Deus non vult vt 
homo destruat seipsum ; quiesce et dormi. Et sic transit alia 
pars diei. Iterum conscientia pungit eam quod vadat ad mis- 
sam; set caro dicit : Vtquid ires tam cito? Ego bene scio quod 
talis vicina tua nondum vadit ad ecclesiam; dormi parum 
adhuc. Et sic transit alia pars diei. Postea iterum pungit eam 
conscientia; set caro dicit : Non oportet quod adhuc vadas» 
quia sacerdos est ita curialis, quod bene expectabit te ; attende 
et dormi. Et sic dormiendo transit tempus. Et cum, ad ulti- 
mum verecundia coacta, surgit et vadit ad ecclesiam, (et) inue- 
nit portas clausas. 

Mistice. Ita similiter multi, qui in mane puericie sue, 
quando audiunt pulsare campanas, id est, quando audiunt pre- 
dicationes, cogitant secuiti quando faciunt penitenciam; set 
tamen caro, que pigra est, dicit quod adhuc tempus non est : 
Adhuc potes expectare. Et sic transit tempus pueritie. Postea 
conscientia pungit quod homo faciat penitenciam; set dicit 
caro : Si tu ita cito inciperes facere penitenciam, tu destrue- 
res corpus tuum, et hoc est contra Dei preceptum; vnde bene 
potes expectare. Et sic transit tempus adolescentie. Postea 
conscientia pungit quod faciat penitenciam; set respondit 
caro, (fol. 32) et dicit : Talis homo plura peccata et maiora 
fcicit quam tu, et tamen adhuc non facit penitenciam; certe 
bene potes differre tantum [quantum] ipse. Et sic transit tem- 
pus iuuentutis. Postea pungit conscientia; set caro dicit quod 
Deus est ita curialis, quod bene expectabit te ad peniten- 
ciam. Et sic transit tempus senectutis. Postea, quando venit in 
fine, et pepcatores vident quod tempus transiuerit et quod 
mors appropinquat et nichil fecerunt, coacti verecundia mundi 
et timoré pêne infernalis, non amore vel timoré Dei, faciunt 
vocari sacerdotes et confitentur superficialiter et sine contri- 



. • 



394 ODONIS FABULIS ADDITA, 

tione, et faciunt aliquas ele[eiinosinas. Et sic moriuntur, et 
inueniunt portam glorie clausam, quia nimis tardauerunt. 



XII (XCV). — HOMO QUIDAM MONUIT FILIUM SUDM 

VT FACERET SIBI AMICOS. 

Homo quidam monuit filium suum vt faceret sibi amicos. 
Qui, videns très vicinos sibi esse neccssarios, quesîuit ab vno 
qualiter posset eius amiciliam comparare. Qui dixit : Satis 
sum diues; set indigeo operariis; si vis obligare te ad opéra 
mea, volo tibi esse amicus. Quod fecit, et multo tempore pro 
eo grauiter laborauit. Postea ab alio idem quesiuit. Qui dixit 
se pauperem esse, et, si multa ei daret, amicus eius fiereU 
Quod fecit, quia sepe eum pauit et munera larga dédit. Item 
querente eo a tertio simile, respondit tertius se nec pecuniis 
nec operariis indigere; set, si caderet ad pedeseius et faceret 
ei homagium, sicut seruus domino faceret, amicus eius esset. 
Quod et fecit. Hiis factis, cum dicei*et patri suo se habere très 
amicos, monuit eum pater vt se fingeret proclamatum a rege 
de crimine lèse, maiestatis et probaret amicos suos de auxilio. 
Veniens igitur filius ad primum amicum, auxilium quesiuit, 
et ille, audito quod contra regem crimen commiserat : Hoc, 
inquid, tibi faciam : proditorem régis de domo mea eiciam, 
et de bonis eius, quicquid potero, rapiam. Secundus vero dixit: 
Proditorem régis ducam ad carcerem et incarcerabo. Tertius 
ait : Proditorem régis ducam ad patibulum et illum suspen- 
dam. Cum igitur filius totum hoc patri narrasset, dixit pater : 
Nullum habes amicum, fili; set primus amicus est nominalis. 
secundus mensalis, et tertius inimicalis. Set vade, inquit, ad 
meum amicum, solum quem habeo, et die ei casum tuum. 
Quo facto, respondit ille : Si furtum habes, porta ad me; si 
perditio sit, impone michi, et ego moriar pro te. Etiudicatuni 
est hune solum inter alios esse amicum. 

Mistice. Primus amicus est mundus, vel pecunia pro qua 
homo se totum consumit nocte et die, laborando et solicitando. 



COLLECTIO SECUNDA. 395 

Eccles. (1) : Cuncti dies eius lab., etc., nec per noctem sinit 
dormire; set în morte, quando magnus rex vocat ad curiam 
suam vt respondeat vnusquisque pro transgressionibus suis, 
nichil sibi dimittit, set aliis que habet tribuens, mundus eum 
eîcit, vtdicat talis illud, Jeremias, xx(2) : Gomedit me et deuo- 
rauit me rex Nabugodonosor; repleuit me temeritudine (3) mea 
et eiciet me. Item Prouerbiorum quinto (4) : Ne des alienis 
robur vel honorem tuum et amicos (5) tuos crudeli. Secun- 
dus est caro et amici èarnales, qui pastum et procuracionem 
large recipiunt, set vsque ad carcerem, id est sepulcrum, dc- 
ducunt et in profundum proiciunt. Tertius est diabolus, qui 
vsque ad vltimum iudicium deducit et ibi federatum sibi sus- 
pendit. Set quartus est Christus solus, qui pro amicis suis mor- 
tem sustinuit, et solus verus amicus fuit. Tullius de Amici- 
tia (6) : Qui in prosperis et aduersis constantem stabilemque 
se in amicitia prostiterit, hune maxime ex i*aro hominum 
génère iudicare debemus amicum, et generi diuino compara- 
bitur. 

Xin (XCVI). - DE QUATUOR CENERIBUS ARBORUM. 

Quatuor gênera arborum sunt. Estenim vna, que non viret, 
nec floret, nec fructificat, vt vêtus arbor de qua potest dici : 
Succide (fol. 33) illam(7), vt quid lerram occupât, ad nichilum 
valet nisi vt ardeat. Hic est malus homo, qui inueleralus est 
pcccato, et nichil boni prouenit ab eo. Talis homo occidetur 
et morietur et in ignem mitletur eternum. Secunda enim arbor 
est, que germinat et viret et folia habet et flores, set non fruc- 
tificat; talis erat Ficus, in qua Dominus folia tantum inuc- 
nit et maledixit ei et statim aruit. Hic est ypocrita, qui habet 

(i) Eeclesidstes, G. ii, v. 23. 

(2) Non pas C. xx, mais G. li, v. 31. 

(3) Ainsi pour teneritudine, 

(4) Voyez liv. V, v. 9. 

(5) Au lieu de amicos lisez : annos. 

(6) Voyez § xvii in fine. 

(7) Évangile selon S. Luc, C. xiii, v. 7. 



396 ODONIS FABULIS ADDITA, 

folia et bona verba tantum, et viret et floret exterius, quia ieiu- 
nat, orat et sicut alius ele[e]mosinam dat, set non fructificat, 
quia bona que facit, propler vanam gloriam facit, et vt videan- 
tur ab hominibus. De talibus dicitur (1) : Recepenint merce- 
dem suam. Tertia arbor est, que facit fructum malum, dequa 
dicitur Mattheo, III (2) : Omnis arbor que non facit fructum 
bonum excidetur et in ignem mittetur. Hic est qui aperte facit 
mala opéra et dat malum exemplum : quasi malum fructum, 
hic homo mittetur in ignem etemum. Quarta arbor est, que 
facit fructum bonum et durabilem. Hic est homo qui bonum 
inchoat et perseuerat, id est, bene operatur vsque in finem 
vite ; de quo dicitur (3) : Qui perseuerauerit vsque in finem, 
hic saluus erit. Et alibi : Inchoantibus regnum Dei permitti- 
tur (4) set perseuerantibus datur. 

XIV (XCVII). — DE QUADAM PUELLA POTENTE ET 
DITISSIMA QUE REGNUM POSSEDIT, ETC. 

Quedam erat puella potens et ditissima que regnum pos- 
sedit, cunctis bonis et amenitatibus dotata; quod videns 
quidam rex inuidus et dolosus cogitabat eam de regno suo 
expcllero, sciens tamen quod per potentiam eam superare 
vel per dona eam excecare non valebat. Dolo igitur insistens, 
ad eam ficta amicitia accessit, et sic eam latenter contriuit et 
a regno proprio iniuste deicit et fraude vicit. Puella igitur, 
in paupertatc et miseria diu viuens, virtiite et diuitiis carens, 
ad hereditatem suam remeare non valebat. Filius cuiusdam 
régis potentissimi puellam adamauerat, et, pietale motus, ean- 
dem quam diu amauerat desponsauit, [ut] per victoriam belli 
puellam ad hereditatem suam, quam iniuste perdiderat, intro- 
duceret. In bello igitur contra tirannum letaliter fuit vulne- 



(1) Evang. selon S. Mathieu, C. vi, v. 2, 5, 16. 

(2) Voyez C. iir, v. 10. 

(3) Évang. selon S. Mathieu, C. x, v. 22. 

(4) Ms. Douce 169 : promittitur. 



COLLECTIO SECUNDA. 397 

ratus, egregius iamen victor cxistens; set hoc dixit sponse 
quod in bello eum mori oporteret et sic victoriam optinere. 
Puella igitur, surgens de stratu miserie, regnum possidebat; 
arma sponsi accipiens sanguine rcspersa in caméra sua secre- 
tissixna appendebat, vt eius semper aspectui obicerentur. Per 
processumverotemporisveneruntadeam muiti nobilesvt eam 
desponsarent. Respondit quod sponsus suus tan ta signa amoris 
sibi ostenderat vt imperpetuum alium in sponsum non admit- 
teret. Si autem quandoque propter fragilitatem mens sua ex 
delectacione flccti inciperet, statim surgens, cameramintrauit, 
arma sponsi sanguine respersa intuens, et mortem sponsi pro 
nimioamore defleuit; et sic omnis voluntas cessauit nubendi. 
Misiice. Quid per puellam regnum amenum possidentem, 
nisinaturàm humanam inparadisoexistentem, inteIliges?Fuit 
enim natura humana, in statu innocencie, potentia resistendi 
aduersariis et diuiciis spiritualibus a Deo data. Vnde Augus- 
tinils in quadam [h]omelia : Princeps vitiorum, dum vicit 
Adam, de limo terre ad imaginemDeifactum/pudicitia arma- 
tum, temperancia compositum, caritate splendidum, primos 
parentes illius donis ac bonis tantis spoliauit pariterque père- 
mit. Postquam autem natura humana de paradiso eiecta fuerat, 
diu in paupertate et miseria fuit. Adamauit eam tamen filius 
altissimiy scilicet Dei; sicut dicitur : Caritate perfecta dilexi 
te; ideo attraxi te miserans (1). Quam, scilicet filiam, incar- 
natione desponsauit. Filius autem Dei in tantum humanam 
naturam sibi vniuit vsque ad mortem, et si anima a corpore 
fuerit separata, anima tamen et corpus in triduo deitati fuerunt 
vnita. Pugnans Dei filius, Chrislus, deus et homo, cum dia- 
bolo, in prelio occisus est, et ex Victoria eius (fol. 3i) natura 
humana in regnum céleste est introducta. Arma igitur sponsi 
nostri Christi, qui tôt et tanta signa dilectionis nobis ostendit, 
in cameranostra secretissima, scilicet in corde, mémo ria nostra, 
sîfn]t appensa, cotidie oculis nostre mentis obicienda, secun- 
dum illud : Mors dilecti mei, quam pro sainte mea sustinuit, 

(I) Prophétie de Jérémie, C. xxxi, v. 3. 



398 ODONIS FABULIS ADDITA, 

semper in memoria mca versabitur. Set eciam inimici nosiri, 
ad delcctabilc allicienteSy nosdesponsarevolunt. Conuertamus 
oculos mentis ad arma sponsi nostri sanguine respersa; ces- 
sabit omnis consensus et delectatio ad peccandum. 

XV (XCVIII). — DE QUODAM SOLITARIO PER VIAM 

TRANSIENTE [sic) ETC. 

Quidam soliiarius, per viam transiens, vnum peccatum 
se facturum in corde reuoluebat, et veniens iuxta quoddam 
nemus in tali cogitacione perseuerabat, et rîdit diabolum sub 
quadam arbore scribentem. Cui accessit et quid scriberet în- 
quesiuit. Qui respondit : Peccata tua scribo, et cogitaciones 
turpissimas quas dudum cogitasti. At ille, contritus, panim 
ab illo se diuertit et pro peccatis suis lacrimas fudit, et ad 
ipsum se conuertens, interrogauit iterum quid de ipso sen- 
tiret. Qui dixit : Heu michi! quia parua aqua calida rotulum 
meum lauit et omnia que de te scripsi omnino deleuit. Et 
contristatus statim euanuit. 

XVÏ (XCIX). — DE QUADAM MULIERE TOTAM VITAM 
SUAM APERIENTE SUO CONFESSORI. 

Quedam mulier totam vitam suam aperuit suo confessori, 
excepto vno solo peccato quod commiserat in iuuentute, quod 
pro verecundia confiteri non audebat necvolebat. Tamen mul- 
tas pcregrinaciones et graues pcnitentias fecit. Tandem nocte 
quadam sompniens videbatur sibi Ihesum aduenire, ipsam 
alloquens, vulnera ostcndens, et dixit ei : Mitte manum tuam 
in latus meum et vide quantum pro te sustinui, et tamen 
nichil prodest nec proderit, nisi tu illud peccatum occultum 
reuelaueris. Qua expergefacta et stupente, reperit manum 
suam sanguinolentam, quam nec aqua nec alio liquore mun- 
dure potuit a sanguine. Quo viso, cuidam discreto adiit et 
rem gestam et peccatum tamdiu occultum ostendit. Quo facto, 
manus sua fuit a sanguine munda. 



COLLECTIO SECUNDA. 399 

XV!I (C). — DE VIRTUTE CONFESSÏONIS, QUALITER 

YICIT DIABOLUM. 

Narrai Gregorius IibroDialogorum,quodcum papa quidam 
Rome infirmitate grauissima langueret, diabolus, in specie 
medici intrans ad cum et pixides et medicamina deferens, 
reqaisiuit ab eo si curari vellet. Cui papa respondit se plus 
confidere in oracionibus cuiusdam vidue in ciuitate quam in 
omnibus suis medicaminibus. Cui démon : Hec fatua pre- 
sumpcio est. Nam illa vidua pessima mulier est et incesiuosa, 
que de proprio filio suo filium concepit, quem natum manibus 
suis necauit. Et hoc dixit se velle probare. Ad hec papa stu- 
pefactus iussit illam viduam vocari. Qua vocata, diabolus 
constanter eam accusauit de peccato commisso. Illa vero 
negauit. Quam culpam cum diceret se velle probare, iussit 
papa vtrumque die terlia coram eo venire. Mulier vero, se 
in ar[c]to positam cernens, peccatum suo sacerdoti confessa 
est, simul et béate Marie patrocinium implorans. Die tertia 
simul coram papa reuertuntur. Tune dixit papa demoni : 
Quid habes tu aduersus hanc mulierem quam nuper accu- 
sasti? Respondit démon : Contra eam nichil habeo nec ipsam 
cognosco; set,sicut sol, clara refulget insuper, et super hume- 
rum eius altéra mulier manum apponit, que pre nimia clari- 
tate non potest intueri. Et hiis dictis, cum tanto tumultu 
disparuit, quod ipsum esse demonem cun[c]tis apparebat. 

Misiice. Sic qui de vilitate peccati sibi timet, lacrimose 
confitcndo abscondat, quia ipsum peccatum post veram con- 
fessionem diabolus ignorât, et hoc est quod ab eo absconditur. 

XVIII (CI). — DE FILIA CUIUSDAM ILDEI, QUE A QUODAM 
CHRISTIANO AMORE FATUO AMABATUR. 

Erat filia cuiusdam ludei, que a quodam christiano ama- 
balur amore fatuo, et inpregnala fuit. Vnde, cum pater ab ea 
quereret quis eam impregnasset nec ipsa eum prodere vellet, 



4M ODOKiS FABULIS ADDITA, 

quesiuit ab ydolo suo, qui respondit quod chrisUanus essct. 
Et quofci)tiens filiam suam cognouit, fontem (fol. 35) quesiuit 
et ibi se lauit. Vnde penitus noticiam eius amisii. Tune ludeus 
culpam filie remisit, vt abamasio inquireret quis fous isie esset 
inquoselauaret.Queinquirens,dixit christianus fontem illum 
esseconfessionem. Cuius fontisamore ludeus se baptizari fecit, 
et eum, quotiens indiguit, quesiuit et inuenit et sanatus est. 

XIX iCII). — DE QUODAM FATLO CARCERI MANCIPATO. 

Erat quidam fatuus carceri mancipatus, oui pater compa- 
tiens pretium sufiiciens carceratori offerebat, pater autem 
volens filium attrahere. Respondit filius : Non possum hinc 
recedere, quia infinito amore deteneor incarceratoris filie. 
Ideo hic cum illa commorabor et tecum non exibo. 

Mistice. Per istum fatuum incarceratum peccatorem obs- 
tinatum intelligimus, per carcerem infernum, per incarcéra- 
torem diabolum, per filiam vero diuicias temporales, per pa- 
trem Christum, creatorem omnium, qui precium ad peccato- 
rem educendum obtulit, scilicet sanguinem suum preciosum. 
Set quid sequitur? Certe sue redempcionis precium obli- 
tus, maluit cum creatura dampnari quam a creatore saluari. 

XX iCIII). — DE QUODAM NOUITER COMJERSO. 

Contigilquod quidam nouiter conuersus, in nouiciatu exis- 
tens, quadam die multum esuriuit et hoc suo magistro indi- 
cauit. Gui dixit magister : Si buccella tua modica fuerit et dura 
ad comedendum, ipsam madesce sanguine Christi. Qui hoc in- 
telligens, vidcns in cella sua ymaginem crucifixi depictam et 
habens in manu sua buccellam panis artam ad comedondum 
et duram, cogitans de doctrina magistri, adiit ad ymaginem 
crucifixi, et illam buccellam posuit in vulnere lateris, et super 
panem emanauit gutta sanguinis, etgratias reddiditbeneficiis 
diuinis. 



COLLECTIO SECUNDA. 401 

Mislice. Sic vere pcnitens de penilontia-sua non débet 
conqueri, licet sit aspera hic in vita, quia animam sustentabit 
et saluabit in palria, et si cui penitenlia videalur amara, dul- 
corabitur Christi passionis memoria, cuius tota vita fuit peni- 
tentia. Vnde Bernardus : Reuolue totam vitam Saluatoris ab 
vtero vsque ad patibulum crucis, et non inuenies in eo nisi 
stigmata paupertatis et penitentie. Vnde, sicut bonus miles 
• vulnera sua non sentit, cumdominumsuum videt vulneratum, 
sic quisque fidelis pro nichilo reputat suam penitentiam, cum 
in cruce aspiciat dominicam passionem. 

XXI (CIV). — DE QUADAM BESt lA QUE VOCATUR HARPIA. 

Legitur in Nataris rerum de quadam bestia, que vocatur 
Harpia, et habet in facie similitudinem hominis, set non in 
operatione. Hec bestia, vbi hominem in deserto inuenerit, eum 
laniat et occidit. Sed cum ad aquam venerit et cum prospexerit 
quod sibisimilem interemit, vsque ad mortemplangetetdolet. 

Misiice. Ista bestia significat peccatorem, qui, licet habeat 
similitudinem Dei in facie vel in ymagine, nequaquam tamen 
in operacione. Talis homo hominem interiorem, qui secundum 
Deum creatus est, occidit per peccatum. Set cum venerit ad 
aquam gralie, videlicet contritionis interne, et ibi in verbo 
Dei, tanquam in speculo, viderit se malefecisse, débet multum 
dolere,nec débet modum dolori ponere, set dolere iuxta con- 
silium leremie, capilulo vi° (1) : Luctum Vnigeniti fac libi. 

XXII (CV). - PHILOSOPHUS NARRAT QUOD QUIDAM, 
AMISSIS TRIBUS LIBERIS, ETC. 

Philosophus narrât quod quidam, amissis tribus liberis, 
nullum aliud solacium habuit, quam cotidie ad eorum sepulcra 
sedere, plangere et plorare. Sed contigit tune quod quidam 
îuucnis dissolutus conuiuium celebrarel; qui dolentem rapuit 

{\) Prophétie de Jérémie, C. vi, v. 26. 

26 



402 ODONIS FABULIS ADDITA, 

et conuiuio interesse coegit. Finito conuiuio, a[g]il contra 
eum de iniuria, vnde indices iudicabunt (sic) quod, quamdiu co- 
egit eum interesse conuiuio, tamdiu secum assideret sépulcre. 
Mistice. Per istos liberos intelligi possunt opéra nostra 
meritoria, et hoc pro tali conueniencia. Nam, sicutliberi primo 
in vtero concipiuntur, sic opéra meritoria, quando Deus, qui 
est pater, inmittit in animam, que est mater, aliquam sanctam 
cogitacionem, post nutriuntur per delectacionem et tandem pa- 
riuntur per operacionem. Et bene isti liberi dicuntur esse très, 
quia omnia opéra nostra debemus diuidere in tribus, primo vt 
sint ad honorem Dei, secundo (fol. 36) ad salutem propriam, et 
tertio ad vtilitatem et edificationem proximi. Omnia autom 
ista morlificantur per peccatum. Quid est ergo peccatori facien- 
dum? Débet vtique assidere sepulcro, videlicet propriam con- 
scienciam que tune fetet, vt sepulcrum, et istos lugere. Sot 
tune iuuenis eum rapit et conuiuio interesse cogit, quando 
caro, que semper vellet habere conuiuia, rationem a considc- 
ratione periculi, in quod cecidit, per peccatum trahit; set 
aliquando per tribulacionem vel per ecclesie ordinacionem 
finiuntur conuiuia, sicut in Quadragesima et aliis ieiuniis. 
Agit tune ratio contra carnem et hoc coram iudicibus, id est 
ecclesie prelatis; et quid iudicabunt ipsi? Certe quod, sicut 
caro leta traxit ad culpam, ita afflicta reducatur ad veniani, 
sicud dicit beatus Grogorius. Huius figuram habemus in Ysaia 
de rege Ezcchia, vbi dixit Dominas (1) : Vidi lacrimam tuam 
et sanatus es. I^crima tria habet : humida est, et in hoc calo- 
rem géhenne ignis oxtinguit; amara est, et sic rubigineni 
peccati consumit; calida est, et sic in amore Dei caiefacit, et 
ista calefactio est necessaria ad peccatum delendum. 

XXIH (GVI). — DE SCORPIONE. 

Scorpio est quedam vermis admodum venenosus. Cum 
enim iste serpens leserit hominem, non nielius curatur quani 

(I) Voyez ('. xxxviii, v. 5. 



COLLECTIO SECUNDA. 403 

aspersionc pulueris eiusdcm speciei. Vnde in prouincia Pro- 
uincie, vbi taies habundant, habeni sempcr in ampullis pul- 
uerum talium, vt eum proiciant super lesum. 

Mislice. Sic spiritualiter homo curari poterat, si memoria 
pulueris, in quem reuertetur, fuerit fréquenter aspersus; vt 
ergo istam memoriam habeat homo recentem, facial iuxta 
consilium Apostoli ad Colocenses [sic). Mortificate, inquit, 
membra vestra, que sunt super tcrram (i). Membra vocat 
opéra carnis et carnales delectaciones. 

XXIV (CVII). — DE DUOBUS GEMELLIS EfiROTANTIBL S. 

Narrai philosophus de duobus gemellis quod egrotare 
ceperunt; consulti medici dixerunt eandeni esse infirmitateïii. 
Desperantibus reliquisy promittit se vnus ad alterum sanatur 
rum, si alterîus vitalia inspexisset. Permittitur a paire, accu- 
satur a maire maie tractacionis. Dicit pater : Vt vnus sanaretur, 
alius interiet. Respondit Mater : Vt unus sanabatur, ita alius 
sanari potuit. Tandem Pater : Considéra vtrumque periturum 
et gaudebis vnum esse retentum. 

Mistice. Gemelli, corpus et anima, tune egrotant, quando 
peccare incipiunt, quia, sicut egrotans duo amittit, scilicel 
fortitudinem et déco rem, ita peccator fortitudinem resistendi 
et meritorum operandi ; hanc fortitudinem deplangit leremias 
in T[h]renis, dicens (2) : Abierunl, inquid, absque fortitudine 
ante faciem subsequentis. Item amittil colorem et decorem 
gracie. Quem etiam deplangit, dicens (3) : Egressa est a filia 
Sion omnis décor eius. Medici sunt prelati ecclesie et confes- 
sores recepti; et quid dicunt omnes ipsi? Reuera quod, si 
anima debeat reuiuiscere et fortitudinem et decorem recupe- 
rare, oportet quod alter gemellus occidatur. Pater est ratio 
qui (sic) consentit; mater vero sensualitàs que fortiter contra- 
dicit. Tandem sic pater concludit : Considéra vtrumque peri- 

(1) Ëpitre de S. Paul aux Colossiens, C. m, v. 5. 

(2) Voyez C. i, v. 6. 

(3) Voyez mêmes chap. et v. 



404 ODONIS FABULIS ADDITA, COLLECTIO SECUXDA. 

turum, etc. Vnde Paulus ad Corinthios : Si secundum camem 
vixeritis, moriemini; si spiritu facta carnis mortificaueritis, 
viuctis (1). 

XXV (CVH*). — [DE VIRO ET VXORE.] 

Exemplom. 

Sencca dicit quod, cum quidam dcsponsarct quamdam 
mulierom, que pulcram habuit hereditatem, commisit quod- 
dam scelus, pro quo proscribi debuisset ad cautelam. Vxor 
nimioamore viri in exilio secuta est, et, cum quodam tempo rc 
vir poculum teneret et vxor ab ipso quereret quid hoc essel, 
respondit vir venenum esse et mori se velle. Rogauit vxor vt 
partem sibi daret et dixit se nolle sine ipso viuere. Partem pri- 
mam bibit ipse, partem secundam dédit vxori. Periil tune ipsa 
sola; virautem euasit; setarguilur et reus iudicatur veneficii. 

Mistice, Vir iste caro est, cui anima copulatur tanquani 
vxor. Set isla vxor habet pulcram hereditatem, videlicet in 
ymagine sua Dei fiiium^ et in hoc débet haberc magnam delec- 
tationem, quam caro sibi vsurpare desiderat, et ideo committit 
se deiectationibus pro quibus proscribi débet a delectationibus 
paradisi, videlicet a cofltemplacione Dei, in qua consislil 
suninia contemplacio et felix beatitudo. Set vxor sequitur, 
(fol. 37) scilicet anima, per delectationem ad consensum 
pcccati inclinatur, et qualiter decipitur certe per venenum 
peccati. 

Exemplum. I{i)lli vere qui venenum daturi sunt, illud mis- 
cent cum aliquo deleclabili. Sic est de peccato, quia in peccato 
sunt duo, scilicet delectatio et culpa. Set caro bibit primani 
partem, anima autem secundam, et ideo statim nioritur: set 
caro veneiicii arguitur. quia sibi occasionabiliter culpa impu- 
tatur. 

(i) C(;t(e ciliition est tin'c non pas d'uno des Epllres aux Corinthiens 
niais'de l'Epilro aux Romains, C. viii, v. 13. 



ODONIS FABULIS ADDITA, 



COLLECTIO TERTIA 



(1) 



(Fol. 187-191). 
INCIPIT TRACTATUS DE DIVERSIS FABULIS (2). 

I (I). — PRIMO DE PELLICANO. 

Libro de Proprietatibus rerum (3) legilur qiiod Pellicaniis 
nimio aiïcctu diligit pullos suos, cvisccrat se ipsum pro illis 
liulriendis, sanguincm suum ois adsugandum (4) ministrat; 
qui ex hoc tantum debilitatur, quod non potest nidum exire 
nec necessaria procurare, sed rospicit pullos suos quasi eis in- 
sinuans voluntatem suam debilitaiem (5) nutibus etgemiiibus. 
Tune pulli, qui non dégénérant naturaliter a parente, cibum 
ei procurant. 

Sic est de homine et proie; quoad ipsum pater et mater 
dant pueris sanguinem proprium, quasi se eviscerant labo- 
rando. Quando autem sunt in Purgatorio, non possunt se 
iuvare, sed clamant ad pueros, quos tenere dilexenint, dicen- 
tes id primo Machabeorum, xxi (6) : Miserere, fili mi, qui 
te genui. 

(!) Ce recueil de fables est ici la reproduction littérale du texte du 
ms. Gude 200 de la Bibliothèque ducale de Wolfenbuttel. 

(2) Le premier numéro indii]ue le rang de chaque fable dans cette 
édition, et le second, celui qu elle occupe dans le ros. 

(3) Voyez L. XII, C. xxix. 

(4) Lisez : adsugendum. 
(5} Ainsi pour debilitatam, 

iG) Non pas : L. I, C. xxi, mais : L. IL C. vu, v. 27. 



406 ODONIS FABULIS ADDITA, 

II (XXXVIlL — [DE LUPO ET SACERDOTE.] 

Qui non proponnnt abstinere a peccato. 

Lupus venit semel ad penitentiam et uno oculo respiciebai 
Sacerdotem et cum alio oves super montem illum. Et dixit 
Sacerdoti : Date michi cito penitentiam, quiahabeo negocium; 
video enim oves super montem ilium et iam incipiunt descen- 
dere. Hoc fuit cum ultima die, quando voluit recedere de 
terra illa ad aliam. 

Sic plerique faciunt, qui noiuntvenire ad penitentiam nisi 
usque ad ultimum diem quadragesime. Et cum stant coram 
sacerdote, respiciunt eum uno oculo et altero mulieres vel 
alia inconvenientia, et noiunt(l) exire terram penitentic et 
intrare terram peccati et inmun[ditie]. 

III (XXXVni). — [DE SALAMANDRA.] 

Salamandra, animal venenosum, cum semel essct in igné, 
ubi aurum excoquebatur, scilicet videns Muscam, dixit : Cum 
magna augustia et periculo \'ictum tuum queris et exquiris. 
Veni ad me et dabo tibi aurum in copia, ut victum habcas sine ^ 
labore. Musca acquiescens super aurum et médias flammas se 
proiccit et conbusta est. 

Salamandra vivens in igné est malignus spiritus, qui in 
maligno igné positus est. Qui dicit peccatori : Cum magno 
labore acquiris victualia; veni ad me, proicias te in ignem 
cupidiiatis, rapinam et usuram exerce; dabo tibi aurum et 
argentum, ut sine labore vivere valeas. 

IV (XXXIX). — [DE MURE ET RANA.] 

Mundus similis est Rane, que blandiendo Mûri promisit, 
quod eam ultra [llumen] duceret, si ad pedem suum se liga- 

(1) Lisez : voluni. 



COLLECTIO TERTIA. 407 

> 

rot, Quo facto, Rana cum Mure aquam intravit et in medio 
tliimine Murem submersit. 

Sic facit mundus amatoribus suis. 

Vel similis est mundus arbori, cui Elephas, cum dormit, 
se appodiat. Sedvenatores, eum non possint eum aliter con- 
prehendere,arborem succidunt sic,ut Elephas, more consueto 
super illam appodians, simul cum illa cadit. Qui cum surgere 
non possit a venatoribus conprehenditur. Sic qui in mundo 
conPidit, cum mundo ruit et a demonibus interficitur. 

V (XL). — [DE REYNARDO ET LUPO.] 

Quomodo dyabolus decipit usurarios. 

Reynardus semel duxit Lupum ad locum multarum car- 
nium. Qui cum tenuis per foramen ar[c]t(i)um intrasset, infla- 
lus nimia com(m)estione exire non potuit. Vigiles vero, exci- 
lati per clamorem Reynardi, Lupum usque ad evacuationem 
fustigaverunt. 

Sic démon usurarium, cum per congregationem usura- 
rum tantum fuerit inflatus a pelle carnis, ipsum in inferno 
fustigabil. 

VI (XLl). — [DE QUODAM MILITE ET QUODAM RELIGIOSO.] 

Quomodo infirmitates prosunt. 

Quidam Miles, morbo afflictus, rogavît quendam Religio- 
sum, ut eo orante ad Deum a morbo suo liberarelur. Cui Reli- 
giosus ait : Die michi, frater, in quo statu magis dirigis ad 
Deum intentionem tuam, dum sanus es aut dum morbo afflic- 
tus? Cui ille : Dum me molestât morbus, totus animo suspiro 
ad Deum; cum sencio me sanum, totus rébus temporalibus 
aspiro. Et dixit vir iustus : Oro ut Deus te conservet in statu 
egritudinis, in quo plus times Deum. 

Unde verbum : 

Cum fero languorem, fero religionis amorem ; 
Expers languoris, non sum memor huius amoris. 



V 



• 



408 ODONIS FABULIS ADDITA, 

VII (XLII). — [DE VENATORE ET BEATO ANTONIO., 

Non est laborem ultra posse impendere. 

Quidam Venalor, veniens per silvam, videns (1) beaium 
Antonium cum suis monachis gaudentem, [et hoc] displicuit 
ei. Quod senex iniclligens ait : Pone sagittam in arcu et trahe. 
El fecil. Iterum dixit : Trahe, et ilerum trahe. Dixit Venator : 
Si ultra modum traxero, arcus frangetur. Dixit ei abbas : Ita 
est in opère Dei : si supra mensuram nos laboraverimus, defi- 
ciemus; expedit enim aliquando relaxari. Ilac responsione 
facta Venator contentus est. 

Undc verbum : 

Interpone luis intcrdum gaudia curis. 

Dicitur etiam, quod Johannes evangelista semel lusit cum 
Perdice, et cuidani super hoc admiranti respondit : Delectasti 
me, Domine, in factura manuum tuarum. 

VIII (XLill). — [DE MAGISTRO ET SERVIENTE]. 
Contra [eos] qui faciunt quod prohibitnm eis. 

Quidam Magister, cum inpeteretur a suo Serviente, nec 
vellet cessare, quare Adam stulte com{m)edit pomum feti- 
tum (2), et Magister ipsum excusasset quod propter pronitatem 
peccandi, et tamen pacem non haberet, semel inclusit avicu- 
lam inter duas scutellas; et, recédons a domo, prohibuit ne 
aliquo modo inspiceret intus, sed de aliis dédit potestatcm. 
Cum Magister recessisset de domo, cogitavit quare inspectio- 
nem prohibuisset. Quid plura? Scutellam ap(p)eruit, et statim 
avis avolavit. Servions confusus intra se ait : Quomodo dya- 
boliis me decepit? Reversus Magister Servientem tristem inve- 
nit. Qui se niiserum confessus est. Magister quesivit : Vestra 

(1) Ainsi pour vidit, 

(2) Lisez : vctitum. 



■^ 



COLLECTIO TERTIA. 409 

avis advolavit? Et sic inpositum est ei silcncium, quod nun- 
quam post ea Adam vituperavit, quoniam nitimur in fetitiini. 

IX (XLIV). — DE HEREMITA lUVENI. 

Quidam iuvcnis Heremita cum Abbate suo ad unam civi- 
tatem ivit, ubi mulieres in corea conspexit. Et cuiusmodi rcs 
essel ab Abbate sollicite quesivit. Cui Abbas, assercns esse 
anseres, respondit. Reversas puer in claustrum flere cepit. 
Cui Abbas : Quid vis, fili mi? Et ille : Volo de illis anscribus, 
quos vidi in civitate. Tune Abbas, convocatis fratribus, dixit : 
Fratres, considerate montem (1) sollicite, quam pericul[os]a 
sunt mulierum spectacula. Nam hic puer innocens, qui prius 
mulierem non viderat, in her[e]mo nutritus, solo visu sic est 
temptatus, sic est igné concupiscentie succensus. 

X (XLV). — [DE DOMINO ET FAMULIS.J 

De ira vel iudicio. 

Quidam nobilis absentavit se ex causa a bonis suis et 
reversus invenit agros incultos et vineas, quia seiTi nichil 
laboraverant. Ex quo valde provocatus, dixit uni familiorum 
{sic) : Si non essem iratus, ego ostenderem tibi quantum in 
îsta negligentia me ofTendistis. 

In quo docentur indices et prelati, quod non debent iudi- 
care nec corrigere, quamdiu sunt provocati. Ratio est, quia, 
sicut aqua turbida et mota ostendit faciem inspicientis tortuo- 
sam, sic homo motus et iratus habet faciem et rationem deor- 
dinatam et, per consequens, iudicium rationis. 

XI (XLVI). — DE VANA GLORIA, ARROGANTIA 

ET SUPERBIA. 

Arrogantia habet tresgradus. Primum [sic) est quod volunt 
videri esse quod non sunt, vel videri habere quod non habent. 

(I) Ainsi peut-être pour mente. 



410 ODONIS FABULIS ADDITA, 

Secundus est quia hoc quod sunt vel habent videri voliint. 
Tertius est quod volunt videri super alios. Vana gloria similis 
videtur vestice (1) inflate, que, quando ventum dimittat in- 
clusum, nichil reiinet nisi mundum corium. 

XII (XLVIl). — [DE ASINO PELLE LEONIS INDUTO.j 

Quidam, habens Asinum, omni hora cogitabat quomodo 
bene percuteret eum, quia tardus erat. Et Asinus eius omni 
hora cogitabat qualiter eius verbera evaderet. Semel vadens 
in grege, invenit pellem Leonis et circumposuit corpori suc, 
cogitans quod sic alia animaiia, putantes (sic) eum Leonem, 
timerent ipsum et etiam Dominus suus. Procendente autem 
tempore, Dominus querens Asinum in grege non invenit, sed 
rospiciens in montem audivit vocem Asini et vidit eum aures 
extendentem. Et statim cepit eum et vehementer percussit. 
non obstante quod alia animalia eum tamquam Leonem ha- 
buissent et iimuissent. 

Sic multi, qui se extollunt ultra id quod sunt, licet ab 
hominibus aliqualiter timeantur, Deus tamen percutit eos in 
fine eterna pena, ducens de monte superbie et mittens in val- 
lem exterioris miserie. Per Asinum bene peccator designatur, 
quia, sicut Asinus multum portât in parte posteriori et non 
in anteriori, sic. peccator multum cogitât de sainte corporis 
et parum de anima, que est anlerior. 

XIII (XLVIII). — NOTA DE SYMEA [ET MEHCATORE;. 

Legitur de quodam habente unam Symeam in apothcca 
sua, que erat ita sagax, quod nullus aliquid in ea furari pote- 
rat, predicta Symea quin videret. Quadam vice contigit, quod 
unus Mercator venions dixit domino apothece, quod vellet ali- 
quid furtive subtrahcre de apotheca, non obstante quamcum- ■ 
que Symea custodiret. lUe pactum faciens eum alio et alius 

(1) Ainsi pour vcsirœ. 



COLLECTIO TERTIA. 411 

cum illo pro ccrta pccunia; predictus Mercator apothccam 
inirans, signa et modos diverses coram Symca faciens, modo 
os aperiendo, modo nasum recurvando, modo ocuïos çum 
duobus digitis claudendo. Predicta autcm Symea, sic ctiam 
(sic etiam) volens facere, oculos cum duobus digitis claude- 
bat, et medio tempore dictus Mercator (et) pecuniam aufercbat. 
Dominus vero apothece, videns quod Symea sic decepta erat, 
eum [sic) percutiens, ostendcns quod per Mercatorem fucrat 
sic decepta. Altéra vero die iterum in apothecam intrans, 
volens cam eodem modo decipere oculos cum duobus digitis 
claudendo; hoc videns Symea ipsa, econtra oculos cum duobus 
digitis fortissime apariens {sic)^ (et) quod secundario non pos- 
set decipi Mercatori indicabat. 
Moraliza^ sicutvis. 

XIV (XLIX). — ITEM DE SYMEA [ET PULLIS]. 

Item de Symea legitur, quod, quando procreavit puUos 
suoSy iuter quos semper unum plus diligit alio, venator autem 
veniens, volens carpere Symeam cum pullis, mater, hoc 
videns, recipit pullos, et illum, quem plus diligit, in dextro 
brachio portans, quem vero minus, in dorsum ponens, cyr- 
rens ad arborem, volens venatoris periculum evitare. Cum 
autem arborem querit ascendere, puUum cariorem, quem 
brachio dextro tenuit, dimittere cogitur, quia tune ascendere 
poterit, ut se ipsam eripere possit. Quem vero in dorso tenuit 
et minus dilexerat, a periculo libérât et défendit. 

Moraliza, sicut placet. 

XV (L). — DE LEONE ET ASINO. 

Léo intempesta nocte venit ad domum, in qua erat Asinus. 
Ut autem intravit Léo, Gallus excussisalis more solito cecinit 
Léo nesciens quis esset timuit et recessit. Asinus vero, coii- 
fisus sua fortitudine, cum rugitu magno insecutus est Leonem. 
At ubi vidit eum Léo, sine mora occidit. 



412 ODONIS FABULIS ADDITA, 

Exemplum hoc docet, ut inimicum fortiorem nobis fiigia- 
miis. 

XVI (LIV — DE CERVO [AD FONTEM.] 

Cervus venit ad fontem ut biberet, et aspiciens vidit um- 
bram suam in aqua. Considcrans autem se habere cornua 
grandia et fortia, gavisus est valde. Item videns se habere 
crura gracilia, diccbat intra se : Crura sic graciiia quomodo 
' possunt sustinere tam grandia et tam magna cornua et tante 
fortitudinis? Et insequentibus a tergo venatoribus cogitavit 
intra se et dixit : Crura ista velocia sunt< et per ea forsitan 
potero evadere. Dum autem nemus sibi intravit vicinum, here- 
bat cornibus inter vepr.es et captus est. Tune dixit : Spes mea 
decepit me; credebam enim in cornibus meis totam meam 
inesse fortitudinem. 

Exemplum illorum, qui per ea, in quibus confidunt, facile 
decipiuntur. 

XVII (LU). — DE ONAGUO ET ASINO. 

Onager, videns Asinum procurari et pasci, dixit intra se : 
Pujcrior sum isto Asino, et tamen non ita bene procuratus 
sum, nec ita diligenter enutrior sicut Asinus iste, et hoc in- 
iustum est. Sequentidie vidit Onager Asinum gravem, sarcina 
onustum, incedero, et dixit : Justum est Asinum pro vellc 
com(m)edere, cum multum laboret, et ego tota die permatfeam 
otiosus. 

Exemplum illius, qui bonis invidet alienis et postea co- 
gnoscit multos habundare diviciis nec carere gravi pondère 
sollicitudinis. 

XVIII (LUI). — DE LEONE ET VULPE. 

Lco, plus solito vigilans, debilitatus est, recumbens in spe- 
lunca sua. Ad qucm veniebant ceterc besiie, ut visitarent et 
consolarentur eum. Et dum appropinquarent, com(m)edebat 



COLLECTIO TERTIA. 413 

cas. Venit etiam Vulpcs ad visitandum oiini, stans de foris 
ante porlam. Cui dixit Léo : Veni hue, soror mea, ut grata 
lecum possim miscere colloquia. Respondit Vulpes : Nequa- 
quam, domine. Quare? inquit Léo. Cui Vulpes : Video qui- 
dem intrantium vesligia, sed redeuntium nulla possum in- 
tueri. 

Exemplum sapientis, qui bene sua seil disponere négocia. 
Ita etiam, qui intrat infernum numquam exibit. 

XIX (LVI). — DE ASINO [ONUSTO SALE ET POSTEA 

SPONGIA]. 

Asinus sale onustus incedebat, et, transiens per aquam, 
ofFenso pede corruit, et liquidum factum est sai. Asinus, sen- 
tiens se exoneratum, gavisus est valde, et ibat viam suam. 
Non multo post honustus est spongia, et, dum transiret per 
aquam, cecidit, ofTenso pede. El, dum spongia aquam multam 
sorbuisset, Asinus ita honustus est, ut vix posset incedere. 

Exemplum illorum, qui letantur in prosperis, in adversis 
vero patientiam necessariam non habent. 

XX (LVII). — DE ASINO [ET HOUTULANO]. 

Cuiusdum Ortulani Asinus conquerebatur pro assiduo 
labore, dicens sibi iniurianti. Quod audiens Ortolanus {sic) 
vendidit eum molendinario. Et nocte ac die laborabat, et 
facta sunt Asini [fata] peiora priorîbus. 

Exemplum illius, qui conqueritur de servicio domini sui 
et forsîtan incidet in gravius. 

XXI (LVIII). — DE LEPOHIBIJS ET AQUILIS. 

Aquîlis et Leporibus ad invieem pugnantibus, Lepores 
perrexerunt ad Vulpes, querentes succursum. Vulpes dicen- 
tes : Libenter vobis succurremus, si vestram prius cognosce- 
remus audaciam. 



414 ODONIS FABULIS ADDITA, 

XXII (LIX). — DE AQUILA ET COLl MBA. 

Aquila et Columba Ktigabant ad inviccm. Dixil autem 
Columba : Fcre per singulos menses genero pullos et gi*ata 
sum hominibus pro collata michi celitus fecunditate. Ciii 
Aquila : Et indc tibi dolor et frequens tristitia, quia, quanto 
plus paris, tanto plures de pullis tuis ad homtnum delicatas 
epulas moriuntur. 

XXIII (KXI). — DE ASINO [ET MÈUULA]. 

Asinus, audiens Merulam modulatis canere vocibus, quc- 
sivit ab ea, quo cibo uteretur pro eo quod sic optime caneret. 
Gui Merula : Aerem serenum et rorem coli pro cibo habco. 
Tune Asinus, emulus voce eius, aperto ore yans, attrahebat 
aerem, expectans rorem celi, donec, debilitatus famé, raor- 
tuus est. 

Exemplum stulti, qui appétit que non pertinent ad eum. 

XXIV (LXII). — DE ASINO [ET CANCRIS]. 

Asinus, cadens in lutum, cepit eiulans clamare pro eo 
quod non potorat ogredi. Gui Gancri dixerunt : Quare plangis, 
cum nos, qui longe ante cedimus in lutum, minime plan- 
gamus? 

Exemplum delicatorum, qui nichil volunt pati adversi- 
talis. 

XXV (LXIII). — DE SUE ET LEENA. 

Sus et Leena litigabant ad invicem. Sus autem dixil 
Locnc : Et tu, in quo to iactas, pro qua re tantam elevaris in 
superbiam? Labor tuus inanis est, et cum per annum unum 
labores, non potes habere nisi catulum unum. Ego fecunda cl 
grata sum liominibus, cl per duos quosque menses porto xnii 



COLLECTIO TERTIA. 415 

porcellos. Respondit : Venim est; sed lu paris porcellos, ego 
Iconem. 

Excmplum verbosi, qui multa ioquitur inutilia. Sapiens 
autem paucis contentus est verbis. 

XXVI (LXIV). — DE LUPO ET EDO. 

Lupus accepit Edum de Gapris iuxta vicuiu unum. Gui 
dixit Edus : Letare et gaude ; postea com(m)edes me totum 
cum gaudio. Precor autem ut cantes, et, dum cantaveris^ ego 
saltabo, et sic epulaberis canendo, me coriante (1) sal tante. Ad 
hoc cepit^Lupus canere et Edus saltare. Audientes hoc canes 
illius vici impetum fecerunt in Lupum, quem insecutî ad hoc 
conpulerunt ut Edum relinqueret, et liberatus est Edus. 

Exemplum, quod aliquis utitur bonis suis in pace et si- 
lencio. 

XXVir (LXV). — DE [ANU ET] MEDICO. 

Anus quedam patiebatur in oculis. Facta autem conven- 
tione, spo(s)pondit Medicus eam curaturam. In domo autem 
vetule plurima erant utensilia. Cot(t)idie Medicus apponebat 
medicinam oculis eius et cot(t)idie paulatim furabatur vascuhi 
eius, donec tota domos {sic) evacueretur. Tandem convaluit 
Anus illa, que, ut vidit domum suam spoliatam, contristata 
est, et nolebat Medico suam reddere mercedem. Medicus con- 
venit eam coram iudice. Que ait : Nondum convalui ab inlir- 
mitate. Cum enim oculus meus sanus esset, plurima videbam 
in domo mea, que modo non video. 

Exemplum sapientis, qui fraude fraudem a se ponit re- 
pellere. 

XXVIII (LXVI). — DE VESPA ET SERPENTE. 

Vespa pungebat aculeo suo caput Serpentis, et Serpens 
angustabat. Nitebatur se amovere ab ea, nec poterat. Ut au- 

(!) Lisez : coram te. 



416 ODOXIS FABULIS ADDITA, COLLECTIO TERTIA. 

tem vidit Serpons se non possc îuvare (videns), supposiiit 
caput quadrige preterounti, et ambo mortui sunt. 

Exemplum quod in tantum potes inimicum infestaro, 
quod te et ipsum occidet . 

XXIX (LXVII). — DE LEONE, YULPE ET URSO. 

Léo. Vulpes et Ursus perrexerunt venatum. Ceperunt 
autèm arietem unum, ovem unum {sic) et agnum unum. Dixit 
autem Léo : Quis ex nobis partietur predam istam? Ursus res- 
pondit : Ego, domine. Léo dixit : Partire. Ursus dixit : Tu, 
domine, habebis arietem, ego, ovem...(l). 

(I) Le resie manque. 






É 
\ 



JOHANNIS DE SGHEPEYA 

FÀBULiE, 

SECUNDUM COLLEGII MERTONENSIS CODICEH MS. LATINDM 

CCXLVIII EDIT£. 



(Fol. 25\) 

EX FABULIS ESOPI SAPIENTIS, YIRI MORALIS. 
QUAS TRANSTULIT ROMULUS QUIDAM 

IN LATINUM. 

1. — [LUPUS ET AGNUS.] 

Contra calampniosos causam nocendi querentes; 
eiusmodi sunt potentes contra pauperes. 

Agnus et Lupus sitientes ad riuulum et diuerso venerunt. 
Sursum bibebat Lupus, longeque infcrior Agnus. Lupus, vt 
Agnum vidit, sic ait : Turbas mihi aquam bibenti. Agnus vero 
pacienter dixit : Quomodo eam turbarem tibi, que de te ad 
me currit? Cui Lupus : Et maledicis mihi. Et Agnus : Non. Et 
Lupus : Adhuc mihi loqueris. Statimque ei vitam eripuit. 

II. — [MUS ET HANA.] 

Contra insidiosos et fraudulentos. 

Mus, vt flumen transirct, auxilium peciita Rana. Ula vero, 
fingens ei velie subuenire, ligauit sibi mutuo pedes grosso lilo, 
et, incipiens natarc, traxit Murem post se. Cum autem ad 
médium fluminis venisset, cepit mergere, ut Murem pariter 

27 



418 JOHANNIS DE SCHEPEYA 

mergeret. Quod videns, Mus tenuit se fortiter super aquam. 
Quod videns, Miluus supra volitans rapuii vlrumque. 

IN. — [CANIS PER FLUMEN^CARNEM FERENS.] 

Contra cupidos. 

Ganis, flumen transiens, pariem carnis tcnebat in orc et, 
cum vidisset carnis vmbram in aqua, aperuit os vt vmbram 
caperet, et sic amisit quod tenebat. 

IV. — [VACCA, CAPRA, OVIS ET LEO.] 

De societate potentioram. 

Vacca, Capra et Ouis com(m)itabantur cum Leone, et, cum 
venatu cepisse[n]t ceruum, factis partibus, ait Léo : Ego tollo 
primus, quia Léo; secunda pars mea est, quia forcior vobis 
sum; terciam merui, quia plus cucurri; quartam vero qui exi- 
gent, inimicum me habebit. Et sic totam predam Leonis im- 
probitas aspertauit {sic), 

V. — 'LEO, LUPUS ET VULPES.] 

Alla de eodem. 

Léo, Lupus et Vulpes venantes ceperunt vaccam, ouem et 
aucam. Quibus captis, dixit Léo Lupo : Lupe, partiro predam 
nostram. Cui Lupus : Domine, libenter. Domine, quia tu es 
rex noster, habebis vaccam; ego, minor te et maior Vulpe, 
habebo ouem; Vulpes autem, minima nostrum, habebit au- 
cam. Quo audito, Léo iratus, extento brachio, vnguibus 
extraxit totam pellem de capite Lupi. Et dixit Vulpi : Vulpes, 
partire, tu. Cui Vulpes : Domine, quia tu es dominus noster 
et rex, habebis vaccam; domina mea, vxor tua, habebit ouem, 
et parui tui habebunt aucam, quia tenera est et pinguis. Âd 
qucm Léo : Vulpis, quis te docuit ita sapienter partiri? Et 



FABUL.E. 419 

Vulpes : Domine, isle cum rubeo capile, ostenso Lupo sangiii- 
nolento. 

VI. — [LUPUS ET GRUS.] 
Ciontra ingratos. 

Lupus (lum carnes voraret, os vnum intrauit in guttur 
cius, el maie vexauit eum. Quercbatur medicus, et magnum 
salarium promittebatur. Tandem conducta est Gru(e)s, vt 
longo coUo suo et rostro os extraheret; quod el fecit. Et hoc 
facto, salarium suum peciit. Quo audito, Lupus dixit : Ingrata 
es mihi, que (1) capud tuum ab ore mco sanum extrahi per- 
misi, et tu salarium petis! 

VII. — [VULPES ET CORVUS.] 

De vana gloria. 

Cum de fenestra Cornus caseum rapuisset, altam ascendit 
arborem cum eo, Vulpes, cum hoc vidisset, aspiciens ad eum 
dixit : Corue, quis tibi similis est, et pennarum tuarum 
quantus est nitor! Quantus décor esset, si vocem claram ha- 
buisses! Nulla auis te prior fuisset. At ille, dum placere voluit 
et vocem suam alcius ostendere, ore patefacto, cepit clamare 
et, per consequens, caseum amittere et Vulpi cum penitentia 
dimittere. 

vin. — [GORNICULA SUPERRA.] 

Alla de eodem. 

Cornicula, vocala ad consilium Âuium, vidit se esse om- 
nium turpissimam; propter quod mutuauit de ceteris Auibus 
singulas pennas, vt sibi facere[t] pallium ad tegendum turpi- 
tudinem suam. Quo facto, venit futuro anno ad consilium ipso 

(i} Ainsi pour quU 



420 JOHANNIS DE SCHEPEYA 

pallio inuolulo supcrba, presumptuosa, ceteras Aues vnguibus 
et rostro violenter impetendo. Quo viso, dixerunt Aues : Que 
est ista, que sic superbe et insolenter se gerit? Et dixit Mia 
earum : Hec est Cornix illa, que, anno preterito, mendicauit 
a nobis pennas nostras vt suam ex eis turpitudinem operiret. 
Deponamus de ea querelam principi nostro Aquile. Audita 
itaque qucrela, Aquila decreuit vt quelibet arriperet pennam 
suam ab ea. Quo facto, apparuit misera illa in sua prima tur- 
pitudine, recedens a consilio, confusa et multipliciter illusa. 

IX. — [GRACULUS ET PAVO.J 

Alla de eodem. 

Graculus vna die pennas Pauonis casu inuenit, indeque 
sibi indumentum faciens, ornauit se, sociosque pares relin- 
quens, Pauonibus se iunxit; qui, recognoscentes eura, pennas 
suas ab eo dir(r)ipiunt, maleque rostris et pedibus infestantes 
vix semiuiuum dimittunt. Qui, reuertens ad genus proprium, 
audiuit sibi dici : Si vestes tuas quas tibi natura dédit, 
amasses, tibi suffecissent et hec mala que recepisti non récé- 
pissés. 

X. — [FORxMICA ET MUSCA.] 

Alla de eodem. 

Orta est contencio inter Muscam et Formicam, que earum 
foret dignior. Musca quidem dixit : Tu nostris laudibus com- 
parari non poteris : in capite régis sedeo; de immolatis diis 
prima gusto; matronis nobilibus oscula prebeo, quoque libet 
libéra volito. Tu vero in limo et puluere semper habitas, et 
pro tuo victu misero dire laboras. Gui Formica : Improba 
pcstis, contra te ipsam hec dixisti. Nunquam optata veneris, 
quocunque veneris, vt odiosa fugaris, flabello abigeris, et op- 
tanter occideris. Ego vero, estate scdula laboro, in yeme de 
meo labore lideliter viuo et secura quiesco. 



'' FABUL.î:. 421 

XL - [RANA RUPTA ET BOS.] 

Alla de eodem. 

Rana vidit Bouem pascentem, et credebal se sic grossam 
fieri, et [vt] pellem rugosam inflaret et impleret vento, sufflauit 
igitur, et suis natis dixit : Sumne quanta Bos est? Responde- 
runt : Non. Inflauit iterum et quesiuit. Et responsum est : 
Nihil ei simile» Tertio sic inflauit se quod rupta pelle cre- 
puit et mortua est. 

Ideo vulgariter dicitur : Noli te tantum inflare vt crêpes. 

XII. — [EQUUS ET ASINUS.] 

Alla de eodem. 

Equus, ornatus cella (sic) décora frenoque aureo ornatus, 
occurrit Asinoonusto, qui einoncessit^ quia oneratus etlassus 
crat; et dixit Equus : Nisi me contincrem, te calcibus rumpe- 
rem, quia mihi occurrenti non cessisti vel saltem in genua 
non cecidisti. Territusque Asinus pre eius superbia, tacens et 
gemens, transiit..Et non multum post Equus, ruptus ac maci- 
lentus eflfectus, ad villam ductus est, vt in agros portaret 
stercora. Acceptis itaque rusticis instrumentis, per viam ibat 
stercoribus oneratus. Quem tam infelicem Asinus ipse, in prato 
pascens, recognouit, et dixit : Vbi sunt nunc illa dmamenta 
preciosa, in quibus pridem superbisti? Vtere nunc, miser, 
nobiscumque rusticorum oneribus et ornamentis. 

XIII. — [CERVLS AD FONTEM.] 

Alla de eodem. 

Ceruus, bibens de fonte, cornua sua in eo magna vidit et 
insignia, et multum in eis gratulabatur. Et, dum biberet, audi- 
uittumultum venatorum et canum propium, quantum et fugit 



422 JOHANNIS DE SCHEPEYA 

in densiorem siluam, vbî a vepribus et arborum ramiculis per 
comua detentus est, ne transire posset; et dixit : Heu! mihi, 
quia decor cornuum meorum, in quo tantum superbiui, me 
cogit morî. 

XIV. — [ASINUS ET LEO.] 

Alla de eodem. 

Asinus, occurrens Leoni, ait ei : Àscendamus in montis 
cacumen^ et ostendam tibi quod multi me timent. Àt Léo subri- 
dens ait : Eamus. Cumque venissent ad locum, stans Asinus in 
edito, emissa voce, clamauit sue (1) more. Quem audientes, 
Vulpes et Lepores et alia minuta animalia currere ceperunt 
et fugere pre vocis terrore. Cui Léo ait : Poluit me terruisse 
vox tua terribilis, ne (2) te nouisse[m]. 

XV. — [TORTUCA ET AQUILA.] 

De ambicione dignitatis et honomm. 

Tortuca, manens in locis imis, conuenit cum Aquila vt 
portaret eam in superiora. Constituta itaque mercede, Aquila, 
sumens eam, portanit in altum, et dixit : Ecce nunc es vbi 
esse voluisti. Nunc videre potes que nunquam vidisti. Cui 
Tortuca : Multa quidem video, et in superioribus consisto; sed 
mallem esse in foramine meo. Quo audito, Aquila permisit 
eam cadere et omnino perire. 

XVI. — [ARANEA, MUSCA ET VENTLS.] 

Alla de eodem. 

Aranca ex se fila trahit et telam orditur, et totam se euis- 
corat vt vnam Muscam capiat; quam cum cepit, venit ventus 
validus, et, tclam dissipans, Araneam cum Musca disperdit. 

(1) Ainsi pour si/o. 

(2) Usez : ni. 



FABULA. 423 

XVII. — [LIGNA REGEM ELIGEMIA.] 

Alla de eodem. 

Conuonerunt Ligna vl digèrent super se regem,et dixerunt 
Oliue : Impera nobis. Que respondit : Non possum relinquere 
pinguedinem meam, vt inter Ligna promouear. Dixerunt îgiiur 
Ligna ad Ficulneam : Impera nobis. Que respondit : Non 
possum relinquere dulcedinem meam, ut promouear. Dixerunt 
ad Vitem : Esto rex noster. Que respondit : Non possum dese- 
rere vinum meum, quod letificat Deum et homines, ut presim 
vobis. Dixerunt denique ad Rampnum : Veni et impera nobis. 
Respondit Rampnus : Si vero me regem constituistis, venite 
et sub umbra mea requiescite. Si vero nolueritis, egredialur 
ignis de Rampno et deuoret Cedros Libani. Ecce Lignum mi- 
nus validum regnare concessit, et, nisi regnet, comminatur. Me- 
liora vero et validiora regnare renuunt et suo statu contenta 
sunt. 

XVIII. — [AVES REGEM ELTGENTES.] 

De Prelatis ecclesiamm et eomm offlcio débite. 

Aues, tenentes suum générale capitulum, voluerunt sibi 
eligere regem. Dixit igitur vna ceteris, tanquam aliis sapien- 
cior : Eligamus Columbas (1), quia nec picat, nec laniat. Et 
elecla est et prefecta. Conuersabalur tamen, licet csset rex, 
inter alias innocenter, solitam simplicitatem conseruans. 
Dixerunt igitur Aues : Rex noster nihil valet, nihil facit, quia 
non percutit, non laniat ; eligamus alium. Dixitque vna earum : 
Quam eligemus? Et responsum est : Eligamus nobis Miluum ; 
îpse picat, ipse percutit, ipse laniat. Miluus igitur rex consti- 
tutus primo die deuorauit vnum puUum, secundo secundum, 
torcio tercium. 

Ideo necessarium est vt prelatus sciât pascere, sciât picarc 

(I) Lisez : Columbam. 



•^v. 



■ 

I 



424 JOHÂNNIS DE SCHEPEYA 

et quandoque percuterc subiectos, ne lasciuiant, et teneat 
médium inter nimiam simplicitatem et aimiam seueritatem. 

XIX. — [ARANEA, MUSCA ET BURDO.] 

Alla de eodem. 

Aranea, quando venit Musca in tclam suam, fortitcr se 
ex(i)erit, Muscam capit et interficit. Quando vero Vcspa, vel 
Burdo, magnum faciens [sonitum], venerit, Aranea cum festi- 
nacione ad foramen redit. 

Sic prelati in pajiperes sunt seueri et audaces, in potentes 
vero meticulosi et pacientes. 

XX. — [VULPES ESURIENS ET GALLINiE.] 

De peccatis ypocrisis. 

Vulpes, vna nocte esuriens et algens, venit ad gallinarium, 
petens vt sibi aperirelur. Et dixerunt Galline : Non aperiemus 
tibi, quiainimica semper fuisti nobis. Respondit Vulpes : luro 
vobis, non vobis nocebo. Gallus et Galline aperiunt. Ingres- 
susque quieuit cl calefacta est; oblitaquc iuramenti et pro- 
missionis sue, occidit vnam Gallinam, post modum aliam, et 
sic omnes alias turbauit. 

Talcs sunt quidam pauperes, qui veniunt ad claustrum, 
non vt Deo seruiant, set vt bene veslianlur et pascantur, et 
alios perturbent. 

XXI. — [VULPES ET OVES.] 
Alla de eodem. 

Vulpes cognouit quod grex Ouium ita bene se custodiuit 
infra limites suos et in canum custodia, quod nullam potuit 
contingere ex eis, et dixit ad seipsum : Induam me pelle ouina^ 



FABULA. 425 

et sic inter alias Oues, vt Ouis, ibo, et ita potero, cum voluero, 
Oues et Agnos deuorare. Et sic fecit. 

Taies sunt falsi religiosi, qui sub veste ouina sunt lupi 
rapaces, et certe melius esset habere vicinum vnum ludcum 
vel paganum qiiam talem religiosum. 

XXII. — [OVIS ALBA, OVIS MGRA, ASINUS ET HIRCl S.] 

Alla de eodem. 

Ouis alba, Ouis nigra, Hircus et Asinus contendebant de 
prerogatiua religionis. Alba dixit : Albedo mea signât inno- 
cenciam et sanctitatem, et ideo precello. Nigra dixit : Nigra 
ëum exterius, sed interius formosa. Asinus dixit : Immo ego 
sanctior sum, quia crucem in humeris porto et imitor cruci- 
fixum. Hircus vero dixit : Ego sanctior sum omnibus vobis, 
quia vtor cilicio, barbani habeo prolixam, ne pulcher appa- 
ream in mundo. 

Per hecanimalia omne genus regularium potest designari. 
Sed ve signis sine signato ! 

Sanctum nulla facit nigra, candida(ue) vestis ouina, 
Nec quemquam iustum facit vmquam crux asinina. 
Si quem barbatum faciat sua barba beatum. 
In mundi circo non esset sanctior birco. 

XXIII. — [MUS ET CATUS.J 

Alla de eodcm. 

Mus cecidit in fèces seruisie {sic), ita quod exire non potuit. 
Catus vero transiens audiuit cam pipantem, et dixit ei : Quid 
clamas? ftespondit Mus : Hic cecidi et exire non possum. Et 
Catus : Quid dabis mihi, si te extraxero? Veniesne ad me, 
cum te vocauero? Cui Mus : Firmiter promitto. Catus itaque 
eam extrahit et abire permisit. Altéra die, Catus esuriens venit 
ad foramen Mûris, vocans eam vt ad se veniret; et respondit : 



426 JOHANNIS DE SCHEPEYA 

Nolo. Gui Catus : Fidentcr promisisti mihi. Et Mus : Sic, sed 
in ebrietate fui\^t). 

Sic plures, cum infirmantur vel alico (sic) modo tribulantur, 
promittiinty vouent ieiunare, peregrinari etvitam emendare; 
s(>d, cessante causa,, cessât effectus promissonim et votorum. 

XXIV. — [COLUMBiE ET AQUILA.] 

ne iudicibus et eomm ofAcio. 

Columbe conqueste sunt Aquile, régi suo, de Accipitre, 
quod fréquenter raperet socias earum et comederet. Aquila, 
audita querela, quasi multum irata, leuato rostro dixit alta 
voce : Clac. Quo audito, Columbe grauise sunt, dicentes : Ecce 
qualiter terribiliter insonuit; certe bonam faciet nobis iusti- 
ciam. Altéra die rapuit Accipiter Columbam et comedit, et 
iterum conquerebantur Aquile, et audierunt iterum : Clac. Et 
sic tercio, et nihil alias receperunt emende {sic). 

Sic est de iudicibus modernis, qui semper dicunt conque- 
rcntibus optimas causas nec unquam reddunt iudicia, donec 
parcium exhauriant marsupia. 

XXV. — {CORVUS ET COLUMBA.l 

De impietate dominorum et balliuorum. 

Cornus rapuit puUum Columbe. Quo audito, venit Columba 
ad nidum Corui, supplicans vt sibi redderetur pullus suus; et 
ait Cornus : Scisnc cantare? Cui Columba : Scio. Et Cornus : 
Canta igitur, si vis habere pullum tuum. Columba, ex hoc 
il(l)arata, cantauit. Cui Cornus : Non placet mihi cantus iste; 
canta melius. Columba iterum alciori voce cantauit prout alcius 
potuit, et dixil Coruus : Certe nec adhuc placet mihi cantus 
tuus. Et Columba : Certe melius cantare nec noui nec possum. 
Et Coruus : Nec habere poteris pullum tuum. Et sic deuorauil 
eum cum impia coniuge sua. 



FABULA. 427 

Sic est de impiis dominis et eorum balliuo, qui capiunt 
paupcnim tenencium pignora^ nec libérant, donec redimantur 
ad eorum voluntateni. 

XXVI. — [TRAHA ET BUFO.] 

Alla de eodem. 

Thraa semel transiuit super Bufonem ; vnus dens fregit 
sibi capud, alius dorsum, tercius tibiam, ita quod miser totus 
confringeretur, et ait : Maledicti tôt domini ! 

Ita possunt dicere pauperes tenentes, qui habent super se 
malos dominos, peiores senescallos et pessimos eorum minis- 
tres, qui nihil intactum relinqunt, quia quod vnus dimittit, 
alius non omittit. 

XXVII. — [DIVES ET VIDUi€: VACCA.] 

Alla de eodem. 

Diues quidam, habens plures vaccas, vidit quamdam Vi- 
duam, tenentem suam, habere vnam pinguem, quam ipsa 
cotidie pastebat manu sua, et dixit Diues ministro suo : Quere 
vaccam Vidue illius, quia pinguis est. Qui sic fecit. Et dixit 
Vidua cum lacrimis : Quare aufert mihi dominus meus vac- 
cam meam vnicam, que mihi sustentât vitam, cum ipse plures 
habeat? Et dixit minister : Nescio causam; sed oportet me 
perficere preceptum domini mei. Adduxit itaque minister vac- 
cam ad dominum, quam ipse statim occidit, et partem eius 
ad coquinam coquende transmisit. Et cum sederet ad men- 
sam, paruo morsello, quem de ipsa vacca gustauit, strangu- 
latus est. 

Sicque timeant taies domini et eorum ministri quod dicit 
Ysidorus, libro de summo bono III, c. lxi : Audiant qui pre- 
sunt populis, quod pro temporalibus molestiis, quas illis 
ingerunt, eternis incendiis cremabuntur. 



428 JOHANNIS DE SCHEPEYA 

XXVIII. — [MILVUS ET PERDICUM CUNEUS.] 

De avaritia. 

Miluus vidit cuneum Perdicum per iter quiescentem, et 
volens eum capcre iecit se super eum toto corpore : quosdam 
occupauit vnguibus, quosdam alis, et, eum omnes occupare 
niteretur, superuenit Sagittarius, et videns Miluum sic occu- 
patum, sagittauit eum; et pre sua cupiditate perdidit seipsum 
et predam, iuxta illud vulgare : Qui totum cupit, totum perdit. 

XXIX. — [FORMICiE ET SUS.] 

Alla de eodem. 

Formice per totam estatem et autumpnum sol[l]icitc labo- 
rant, et colligunt in aceruum suum grana et alia, vnde viuere 
possint in yeme, et, eum totum compleuerint, venit Sus eum 
porecUis suis, et, aceruum aperiens, quicquid congregatum 
est dissipât et consumit. 

Sic est de auaris, quod, eum omnia congregauerînt, supei^ 
uenit yemps, mors, et post mortem archidiaconus eum ofB- 
ciali et ministris suis, vel dominus terreus eum balliuis suis, 
et ommia dissipant et consumunt, iuxta illud Euangelii : Miser^ 
que congregasti, cuius erunt, quando [sint] non tua, sed ali- 
orum? 

XXX. — [DLO SOCII, FALLAX, VERAX, ET SIMI^.] 

De Adulacione. 

Duo Socii ibant per viam. et dixit alter alteri : Firmabo 
tecum, quam plus lucrabor per mendacium quam tu per veri- 
tatem. Respondit : Et ego econtra. Constituta itaque firma- 
cionis certitudine, progredientes veneinint in quemdam cu- 
neum Symiarum, que dixerunt viatoribus : Quiduobis videtur 
de comitantia ista? Et dixit mendax : Vos estis pulcherrima 
inter omnia animancia post hominem,quia hominibus specia- 



FABUL.*:. 429 

litor assimilamini et in vultu et in spiritu. Et vlterius multum ' 
commendauit eas. Que verba Simie multum grata habuerunt 
et multa mendaci dederunt. Querebant iterum de alio quid ei . 
de ipsis videretur. Qui respondit : Vos estis misère et turpes 
Simie, nec habetis de vestro unde vestrum posterius possitis 
velare. Simie, ex hoo in iram concitate, lacerauerunt eum 
dentibus et vnguibus, et vix semiuiuum dimiserunt. 

Sic est diebus modernis, quia mendacium diligitur et ve- 
l'ilas oditur, et sic adimpletur illud : , 

Et quandoque nocet cannia vera loqui. 

XXXI. — [ASINUS DOMINO BLANDIENS.] 

De Inuidia. 

Asinus videbat cotidie Dominum suum Cani domus blan- 
diri et de mensa plura largiri, et e contrario Canem Domino 
blandiri et in eum pedibus saltare vsque ad pectus suum, et 
dixit apud se : Si Dominus meus animal sic immundum diligit 
et ociosum, quanto magis diliget me, qui ei in multis vtilibus 
seruio, si ei blanditus fuero! Occurrens itaque Domino suo 
ve.locius, profuerint (1) suo more cantans, et leuans pedes 
suos anteriores posuit super humeros eius, et faciem eius lin- 
gua lingebat, non tam faciem quam vestes eius deturpando 
et Dominum suo pondère grauiter onerando. Dominus autem, 
stupefactus et credens Asinum vesanum, clamore suo fami- 
liam excitât; que, fustes arripiens, Asinum egregie verberat 
et vix semiuiuum abire permittit. 

XXXII. — [SIMIA ET VULPES.] 

Alla de eodem. 

Simia videns Vulpem habcre longam caudam, rogauit eam 
vt sibi daret aliquam partem, vt suum posterius tegeret, asse- 
rens eam totam sibi esse oneri et non vtilitati. Cui Vulpes 

(1) Lisez : prosiluU. 



4» JOHANXIS DE SCHEPEYA 

respondit : Loogior fiai et maior, iia (vt) eam per terram, pc- 
tras et spinas traham. ne tu meo tegmine pulchrior fias! Cui 
Symia : Maltam aoaros es. qui de eo quod tibi superest, indi- 
genti non largeris • 1 ). 

XXXIII. — ASIMS ET PORCLS.] 

AUa de eodem, 

Asinus Tidens quod Porco dabatur in domo panis, pul- 
mentum et alia quedam^ grossusque et [pinguis] fiebat, cl 
quod in nullo laborabat nisi in comedendo et dormiéndo, 
loquebatur secum, dicens : Ego cotidie grauiter laboro, pun- 
gor et verberor. et parum mihi datur ad vescendum. Certe 
fingam me infirmam {sic); et fecit sic. Et veniens mane Domi- 
nus domus ad stabuium et inueniens Asinum contra moreni 
iacentem, stimulauit eam dicens : Surge. Et Asinus, eleuans 
modicum caput, reclinauit et iacuit suspirans. Et ait Dominus 
Domine domus : Asinus noster infirmatur ; habe curam iilius. 
Domina itaque fecit cum portari in domum et poni iuxta Por- 
cum, et ministrauit ei panem et farinam et aquam. Asinus in 
principio, vt suam fictionem tegeret, parum comedit, et post- 
modum magis et magis, et cepit bene impinguari; et dixit 
intra se : Modo habeo bonum. Cum autem Porcus socius suus 
fuisset ad plénum impinguatus, vocatus est carnifex, qui ve- 
niens percussit Porcum socuri in capite et occidit euni. Quod 
videns Asinus, tremefactus multum, ail intra se : Est ne hic 
finis impingiiacionis et quietis? Certe malo laborare et more 
prislino pasci. Et statim exiuit in curiam, saltans et rudcns 
coram Domino suo. Et sic restitutus est suo officio. 

XXXIV. — [OUCLLA ET BIRNETA] 

De ingratitudine. 

Cuciila posuit ouuni suum in nido Burnetc. Burneta ex 
ouo illo cubando produxit piîllum, et nutriuit tanquam suum. 

(1) Lisoz : largiris. 



FABULA. 431 

Cum aulem magnus factus fuissct pullus^ ille deuorauil Bur- 
netam, nutricem suam. 

Malcdicta sit talis nutritura ! 

XXXV. — [VULPES ET NAUTA.] 

Alla de eodem. 

Vulpes, volens mare transîre, rogauit Nautam vt se trans 
ferret; quod, naulo constitulo, Nauta fecit. Cum autem iam 
ad aliud litus ventum fuisset, Nauta peciit naulum. At Vulpes 
minxit super caudam, et aspersit oculos Naute et quasi exce- 
cauit eum, et saltauit ad terram extra nauem. Et dixit Nauta : 
Malum salarium reddidisti mihi. Cui Vulpes : Aliter fieri non 
potuit, iuxta illud quod scriptum est : 

Seruicium, dico, perdit qui seruit inique. 
XXXVI. — [SERPENS ET HOMO.] 

Alla de eodem. 

SC|.pens iacebat super terram congelatam et multum alge- 
bat. Quidam transiens hoc vidit, et, pietate motus, posuit euni 
in sinum suum, ut calefieret. Qui, cum calefactus fuisset, pu- 
pugit hominem grauiter. Cui homo : Quare me pungis, qui 
te posui in sinu meo pro bono tuo? Et Serpens : Nescis, stulle, 
quod semper fuit et erit inimicicia intcr hominem et serpen- 
tem, et nescis quia scriptum est : Serpens in sinu, mus in 
pera et ignis in gremio maie rémunérant hospites suos? Et 
ideo quod feci tibi, natura me facere coegit. 

XXXVII. — [LEO, VULPES ET LUPUS EXCORIATUS.] 

De odio inueterato. 

Léo quodani die, grauiter iniirmatus, mandauit pro Vulpe, 
vt consilium sibi daret sanitatis. Vulpes vcnit, vrinam inspi- 



432 JOHANNIS DE SCHEPEYA 

cit, pulsum et timpera ^1) Ungit, et dirit : Domine, grauiter 
infirmaris et causa tue infirmitatis est summe frigida, et ideo 
r»[>ortet quod \iaris calidis. Et dirit Léo : Magister, die mihi 
quibus. Et Vulpes, vindicari volens de Lupo quem odit natu- 
raliter. dixit Leoni : Domine, consulo quod prouideas tibi de 
pellicio de pelle Lupi, quia optimum erit tibi et seruabit te 
ab omni frigore. Léo credi[di]t consilio medici, et, mandans 
pro Lupo, fecit eum viuum excoriari et tune dimitti. 

Et hoc est quod \iilgariter dicitur : Qui parum me diligit, 
paru m bonum de me dicit. 

XXXVIII. — [LEPORARII, MASTIVI ET LUPI] 

Orta inter Leporarios et Mastiuos graui discordia, con- 
stitutus est inler eos dies belli. Quod audientes. Lupi, utro- 
nimque inimici, venerunt vt vidèrent pugnam. Pugnantibus 
itaque inter se canibus, mulli eorum niortui sunt, multi debi- 
Htati. Videnles autem hoc, Lupi, et tempus iamdiu optate vl- 
cionis in canes adepli, irnierunt vnanimiter in eos, et omnes 
occidentes, regionem eorum cum suis omnibus occupaue- 
runt. iuxta illud Lucce, xi {i) : Omne regnum in se diuisum 
dosolabitur, et plebis oninis virtus vnita maior est se dispersa. 

XXXIX. — [AQLILA EXCECATA ET CORVL'S.J 

Alla de eodem. 

Aquila qiiadam vice grauabatur in oculis, et mandauit pro 
Conio, qui est meclicus auium. Cornus venit, et inspectis 
oculis Aquile dixit : Bcne noui causas tue infirmitatis; faciani 
til)i l)<)nuni emplastnim, quod sanabit te festinanter. Volens 
iffitur rani oxcecare, quia oam odio habuit pro eo quod pultos 
suos rapuisset, temperauit pariter spurgeam, tepo (3) et allia» 
cl apposait oculis eius. Et excecata est. Quod videns, Coruns 

(I Ainsi \ionr teinporn. 

(2 Kvaiif,'il<' spIoii S. \au\ C. xi, v. 17. 

!'.\ Lisez : rxpc. 



FABULiE. 433 

rapuit puUos Aqiiilc et deuorauit. Insiiper ipsam Aquilam 
multipliciter infestauit... (i). Respondit Coruus : Quamdiu vi- 
disti, non potui me de te vindicare nec etiam pullos tuos deuo- 
rare. Nune autem in omnibus compleui votum meum. 

Hoc bene verificat(ur) illud Menece (2) : Maie secum agit 
eger, qui medicum sibi accipit suum hostem. 

XL. — [LEO SENEX, APER, TAURUS ET ASINUS.] 

Alla de eodem. 

Léo, grauatus etate et febribus, iacebat spiritum trahens 
extremum. Supenienit Aper spumans dentibus, veterem iram 
c[ff]undens. Taurus cornibus cor[p]us eius vndique confodit. 
Asinus pedibus suis eum attriuit. Et dixit vix spirans cum 
gemitu : Heu! cum esset virtus, erat honor; fuit et timor, 
immo et opinio mea terruit plures. Deiicientibus autem viri- 
bus, déficit honor. 

Hic verificatur illud Boecii, libro de Consolatione philoso- 
phie lu, [prosa 8] : Quem félicitas amicum facit, infortunium 
facit înimicum. 

XLf. — [AVES, QUADRUPEDES ET VESPERTILIO.] 

De infldelitate et inconstantia. 

Quadrupèdes gesserunt bellum cum Auibus. Vcspertilio, 
dubios et graues euentus attendens et aciem Quadrupedum 
maiorem videns, contulit se ad illos quasi ad vincentes, et, 
subite [sic) vincentibus Auibus, iunxit se illis. Tandem paci- 
ficatum est inter partes. Vespertilio igitur Auium sententia 
condempnatus est pro eo quod suqs reliquisset et plenius 
ex[s]polialus, vt,.lucem fugiens, noctibus mediis volaret. 

Sic quoque qui duabus partibus se obnoxium commiseril^ 
hinc indc ingratus et odiosus viuit. 



(1) Ici le copiste a omis les reproches de l'Aigle. 

(2) Ainsi peut-êlre pour Senccw* 



28 



434 JOHANNIS DE SCHEPEYA 

XLII. — [SIMIA ET NUCES.] 

Alla de eodem. 

Symca libcntcr comedit nuclcos nucum. Sed, quando gustat 
de corticc et inuenerit cum amarum, abicit totam nucem. 

Taies sunt qui ad tempus credunt, et in tempore lempta- 
cionis i^ecedunt. 

XLIII. — [LEPORES ET RANiE.] 

Contra meticulosos. 

Lepores, cum audirent strepiium venatorum et canum post 
se, valde limuerunt, et consilium inierunt vt se precipitarent 
propter assiduos metus qui eis euenerunt. Et cum venissent 
ad (h)oram fluminis cum magno impetu, Rane, que ibi erant, 
tremefacte niiserunt se in flumen. Lepores vero, cum id vidis 
sent, dixerunt : Sunt et alii timidi sicud et nos ; sequamur eos 

Quicumque igitur malum tol(l)erare non potest, mala con- 
sideret alîorum. 

XLIV. — [MONS PARTURïEXS.l 

Alla de eodem. 

Mous quidam parturicns edidit gemitus horribiles, ita 
qu4)d omnes audientes extra se fièrent pre timoré. Tandem 
parturiit mureni. Cuius facti fama statim volât per provin- 
oiam, et omneni priorem amouit timorem. 

XLV. — [TESTUDO ET CORNUA SUA.] 

Alla de eodem. 

Testudo, duni in moilibus est, exerit se a testa, et cornua 
L'vh/{[ superbe. Si autem impingat in paleam vel in spinam. 
slaliiu cornua retrahit, et se totam infra testam recludit. 



FABULvE. 435 

Taies sunt episcopi et prelati meticulosi, qui pro aliquo 
lemporali incommodo abscondunt se nec se opponunt munim 
pro domo Domini. 

XLVI. — [FORMICA ET CICADA.] 

Contra pigros et desidiosos. 

Formica frumentum, quod in estate collegerat, extrahebat 
in yeme, vt siccaret contra solem. Superuenit Cicada fame- 
lica et macilenta, rogans vt mutuaret vel daret ei de cibo, vt 
viuere posset. Gui Formica dixit quid faciebat in estate. Gui 
illa : Per siluas, sepes et prata ibam, cantans et exultans. 
Formica respondit : Si in estate cantasti, in yeme salta. 

Quia scriptum est : Qui non laborat, nonmanducet (1), et, 
si mercede dignus est operarius (2), non operantem nulla 
merces contingat. 

XLVII. — [ACCIPITEU ET MILVIS. 

Alla de eodem. 

Accipiter una die obuiauit Miluo in aère, et agressus eum 
acriter prostrauit ad terram et tenuit sub se, et dixit ei : Miser, 
nonne tam grossum cor[p]us habes tu, sicut ego ? Respondit 
Miluus : Immo grossius. Nonne pedes et vngues ita fortes? 
Respondit : Immo forciores. Nonne rostrum ita durum et acu- 
tum, sicud ego? Respondit : Immo. Et addidit Accipiter : Et 
quare igitur permittis me minorem te et debiliorem te sic 
tenere sub pedibus? Respondit Miluus : Gerte cor mihi déficit, 
et ideo vires mihi non sunt. 

XLVIII. — [MUS DOMESTICA ET CAMPESTRIS.; 

Contra gralososos et délicates. 

Mus domestica querebat a campestri que comederet, et 
qualiter viueret. Que respondit : Quandoque duras fabas et 

({) Ëpitre II de S. Paul aux Thessaloniciens, C. m, v. 10. 
(2) Évang. selon S. Luc, C. x, v. 7. 



436 JOHANNIS DE SCHEPEYA 

quandoque sicca grana. Dixitque domestica : Minim est famc 
non mor[i]eris. Quesiuit e diuerso siluestris a domestica : Et 
qui comèdis tu, bona soror?Que respondit: Pingues cames, 
album panem, cascum et butirum. Veni igitur, ul prandeas 
mecum et videas modum vite mee. Et sic factum est. Sedentes 
igitur homines ad mensam proiecerunt in aream morsellos et 
micas. Et domestica ad campestrem : Exi de foramine; ecce 
quanta bona proiciunt. Exiit itaque et cepit vnum morsellum. 
Et saltauit Catus post eam, et vix euasit ad foramen; dixitque 
domestice : Habesne cotidie talem exploratorem. intentum te 
deuorare? Cui illa : Certe sic; nam parentes meos et fratres et 
sorores ipse deuorauit. Et ait campestris : NoIIem habere 
totum mundum cum tanto periculo; redire volo ad habitacu- 
lum meum et viuere more consueto. 

Quia scriptum est : Melior est buccella sicca cum gaudio 
quam plena domus victimis cum iurgiis (i). 

XLIX. — [CANIS ET LUPUS.] 

Alla de eodem. 

Lupus quadam die obuiauit Cani bene pasto et pingui, et 
quesiuit ab eo : Die mihi, frater, vnde es ita pinguis? Cui ille : 
Dominus meus et tota familia diligunt me etdant mihi panem 
et carnes et alia bona sufficientia, quibus bene pascor et pinguis 
sum; et, si velis mecum venire et mecum morari, pasceris 
sicud ego. Cui Lupus : Bonum esset mihi, quia in magna 
parcitate viuo et modicum cibum meum cum magno labore cl 
timoré perquiro. Sed die mihi, bone frater, vnde est quod col- 
lum tuum ita est depilatum. Cui ille : Ex cathena quam ges- 
tare aliquosciens soleo. Et es tu quandoque cathenatus? Cui 
Canis : Sic, saltom in die; nocte vero soluor. Cui Lupus : Pro 
nullis deliciis mundi talem paterer seruitutem; malo enim 
liber famescere quam sub iugo seruitutis magis habundare. 

(I) Liber proverbionirriy C. xvii, v. I. 



FABULA. 437 

Vnde TuUius libro de Paradoxis : Libertas est potestas 
viuendi vt libet. 

L. — [LUPUS ET VULPES IN LARDARIO.l 

Alla de eodem. 

Lupus obuiauit Vulpi, dicens ei : Magnam famem habeo, 
nec scio vbi quicquam prcdari polero. Cui Vulpes : Si vis 
me sequi, satis habunde reficiemur. Respondit Lupus : Li- 
benter sequar. Eamus cicius, quia famés me crucial. Duxit 
igitur eum Vulpes ad lardarium cuiusdam diuitis^ et intrat 
prius ipsa per quoddam foramen, et Lupus post eam, sed cum 
magna angustia, quia foramen sibi valde strictum. Inuenerunt 
magnam copiam carnium et piscium. Vulpes vero, memor 
stricti foraminis, per quod oportebat eam reuerti, moderate 
sumpsit. Lupus quidem, satisfaciens gule sue, ingrossauit se 
ad plénum. Auditur intérim eorum tumultus a familia, et 
veniunt famuli cum canibus et fustibus; intrant lardarium. 
Vulpes autem hoc audiens fugit ad foramen et exiuit. Lupus 
vero, volens exire nec ualens pre ventris grossitudine, capi- 
tur, fustigatur, canum dentibus discerpitur. 

Vnde, vt videtur, Vulpes bene habuit in memoria, illud 

Oratii (1) : 

Sic vis effugere istinc, 

Macra cauum répètes arc[t]um quem macra subisti ; 

Paruum parua décent. 

Lupus vero non audiuit tantum in scolis, vel, si audiuit, 
tradidit ipse gulam obliuiôni, que, vt dicit Augustinus, aufert 
memoriam, discipat {sic) sensum, et confundit intelligenciam. 

LI. — [BUSARDUS ET ACCIPITER.] 

De mala societate vitanda. 

Busardus proiecit in nidum Accipitris ouum suum. Acci- 
piter autem, credens ouum suum esse, cubauit super illud una 

0) Épit., I, VII, 33. 



r . 



438 JOHANNIS DE SCHEPEYA 

cum ouis suis, et creatus [est] inde pullus quem nutriuit Acci- 
piter tanquam suum. Pulli vero Accipitris proiecerunt fimum 
suum extra nidum; pullus maculauit nidum. Quod aduertens, 
Accipiter ait : Quis vestrum est qui sic maculât nidum suum? 
Et omnes dixerunt : Non ego, domine. Tandem facta pleniori 
inquisicione, oporlebat eos pro sui liberacione prodere veri- 
tatem, et dixerunt : Domine, iste est cum magno capite, os- 
tenso filio Busardi. Quem Accipiter, cum magna indignacione, 
per capud arripiens, proiecit extra nidum, diccns : De ouo te 
produxi; extra naturam non potui. 
Quia, vt dicit Oratius (1) : 

Naturam expellas furta (sic) ; tamen vsque recurret. 
LU. — [ARDEA ET AQLILA.] 

Alla de eodem. 

Ardea rogauit Aquilam, vt dimitteret eam in societatem 
suam et perduceret ad extraneas regiones. Gui Aqtiila : Li« 
benter hoc facerem ; sed timeo ne portes tecum tuum poste- 
rius. Consuetudo enim Ardee est vt iniiciat omnem focum in 
quo sederit. 

Hinc est quod dicit Oratius : 

Celum, non animum mutant, qui trans mare currunt (î). 

LUI. — [BUBO ET LEPUS.: 

De stulto amore. 

Aues una vice tenuerunt consilium suum. Inter quas fuit 
lilius Bubonis. Mater vero eius, Bubo, volens ei mittere ali- 
qua victualia, quesiuit aliquod animal expedicioris itineris. 
oi venit sibi in mentem quod Lepus essct expeditc currens, 

(1) Ép., I, X, 24. 

(2) Kp., I, XI, 27. 



FABUL-«. 439 

vocauitque eum, diccns : Visne pro salario competenti ire 
ad filium in auium consilio consistentcm et déferre sibi 
aliqua per me transmitenda? Cui Lepus : Libcnter ibo; sed 
filium tuum non agnosco. Die mihi quibus indiciis in tanta 
multitudine reperiam eum et cognoscere queam. Cui Bubo : 
Filius meus est candidus et rubicundus, electus ex milibus. 
Ad bec Lepus : Adhue die mihi expressius qualis est filius 
tuus. Et Bubo : Respice in me et considéra diligenter omnia 
mei corporis lineamenta; talis est filius meus. Et dixit Lepus : 
Certe, si talis est filius tuus, nihil habet in se pulcritudinis 
nec dignum dilectionis. 
Hinc est quod dicitur : 

Si quis amat Ranam, Ranam putat esse Dyaiiam. 
LIV. — [LEO, LUPUS ET SUS.] 

Alla de eodem. 

Léo vna die fecit ccteris animalibus solempne conuiuium, 
et dédit varia et delicata cibaria. Completo igitur conuiuio, 
Lupus, rediens versus domum suam, reperit Suem horridam 
eum porcellis suis, et, ea salutata, dixit : Die, bona comater 
mea, non fuisti ad istud nobile festum Leonis? Respondit : 
Non; sed die mihi, compater, fuitne nobile, vt dicis? Cui 
Lupus : Ita certe, nobile et fertilissimum variis et delicatis 
cibariis refertum. Et dixit Sus : Fuitne inter illa cibaria drasea? 
Cui Lupus : Fy, absit illa ! Totum festum violasset, si affuis- 
set. Et Sus : Certe et ego magis apprecior et commendo quam 
alia fercula generis cuiuscumque. 

luxta illud vulgare, quod quis magis amat, magis laudat. 

LV. — [SCRABO ET EJUS UXOR.] 

Alla de eodem.' 

Scrabo quadam die volauit per amigbolas (1) et pornos flo- 
rentes, per rosas et lilia, per crocum et violas, et nihil sibi 

(I) Ainsi pour amygdalas. 



ilO JOHANNIS DE SCHEPEYA 

placabile repcrit, io quo quicsccndo residerct. Tandem rediil 
ad stercora boum et porcoriira, vbi înucnit vKorcm suam cl 
filios, Quesiuit igitur vxor eius vndo venirot rt vbi lani diii 
tardassct. Qui respondît : Circuiui arbores et flores, prala i>t 
nemora; seJ nusqiiaai îitueni tam amentim el tant odoriferuat 
locum, sicud istum. Hic requies mea, quoniam elogi cani. 
luxta illud : 



Sordihns îmbuti doIuoI dimittere sordes. 

1,V1. — [YDRUS ET COCODRILLtIS.; 
De mallcla et fraude dyaboli et hominis. 



Yili'us, animal (jocodrillo inimicum, inuoluit se in ai'ona, 
in qua Gocodrilius quiescere solet, et, illo dormiente, intral 
lalentcr in ventrem eius et occiditeum. 

luxta illud Job, xli (1) : Abscondita est in terra pedira 
eius et decipula eius super semitani. 



I 



LVM, — ;VESPA ET AHANEA.] 
Alla de eodem. 

Vespa dixit [ad] Anineam : Nîhîl vales, quia sem|)er iiiiine» 
in foramino luo. Plus volarem in rna die quam tu ambulares 
per ceiitum. Respondit Aranea ; Voni in domum nieani; vido- 
bis quantum valoo et qualem apparatum babeo. Habeo etiim 
cortinam mîri operis ; voiii vidore oam, vt com(m}edas et bîbaï> 
in ca. Aiinuit Yespa, et vcniens in telam Aranee ita irretila 
est, quod cuadcre non potuil. Quod vidons, Aranea exiit de 
foramine suo et occiditcam. 

VI dicero possit illud Threnus, i (2): Expandit rel(h)e pedi- 
bus mcis et cetera, Ilec corlina est pulchra mulier, diuicie el 
honores seculi et consimilia. 

(1) Ce cltifTre est inexact; c'est du clmp. xiitl, v, 10, que la citaliolfl 
i\ê Urée. 

(2) LaniL-n talions ik' Ji'n'niit, ('. i, v. t3. 





«f- 



• • • 



,. FABULA. 441 

LVHI. — [VULPES ET CATUS.] 

Alla de eodem. 

Vulpes vna die obuiauit Cato et dixit ei : Quo vadis? Res- 
pondit : Venari quicquam comedendum. Gui Vulpes : Quot 
habes cautelas venandi vel eciam pericula euadendi. Respon- 
dit Gatus : Vnam tantum. Gui Vulpes : Et que est illa? Res- 
pondit Gatus : Saltus; saliendo enim predam capio; saliendo 
canes insequentes euado. Et Vulpes : Gerte ego scio viginti, 
et adhue plénum saccum habeo. Veni igitur mecum, çt docebo 
te cautelas meas» Et annuit Gatus. luenint itaque pariter. Et 
veniunt venatores cum canibus et cornibus viriliter insequen- 
tes eos. Et ait Gatus : Audio sonos cornium et canum; volo 
vti cautela mea. Gui Vulpes : Nimis est timidus ; veni audacter. 
Appropinquantibus itaque canibus dixit itcrum Gatus : Nolo 
plus exspectare, quia periculum mihi video non modicum im- 
minere. Et saltauit in arborem, ascendens in cacumen eius. 
Ganes vero, Gatum pertranseunles, apprehenderunt Vulpem, 
et maie tractauerunt. Quod videns, Gatus sedens in arbore 
exclamauit, dicens : Vulpe, Vulpe, aperi saccum tuum, quia 
nunc opus habes. 

Taies sunt fraudis amatores^ de quibus dicitur Luca, xvi : 
Filii huius seculi prudenciores sunt filiis lucis (1). De hac 
prudencia dicitur aliud : Perdam sapientes de Ydumea et pru- 
dentes de Esau (2). Quod fuit in hac misera Vulpe. 

LIX. — [VULPES ET LUPUS IN PUTEO.] 

Alla de eodem. 

Vulpes venit ad puteum habentem duas situlas, misitque 
se in vnam illarum, et descendit in profundum pùtei, sperans 
inuenire pisces in eo, et nihil inuenit nisi aquam. Et sic ibi 

(\) Évang. selon S. Luc, C. xvi, v. 8. 
(2) Voyez la prophétie d'Abdias, v. 8. 



442 JOHÂNNIS DE SCHEPEYA 

dum esset et non posset pcr se ascendere^ superuenit Lupus a 
casu ad puteum, et, audiens Vulpem esse in eo, quesiuit quid 
illuc faceret. Bene venisti, bone compaier; descende ad me, 
quia hic sunt pisces boni, vt sacieris exeis, quia ego saciatus 
sum ; vtinam mecuni esses ! Et dixit Lupus : Quomodo potero 
ad te venirc? Respondit Vulpes : Superius iuxta te est vna si- 
tula; ponc te in eam, et descende. Et Lupus sic fecit. Et, des- 
cendente situla cum Lupo, aseendit alia cum Vulpe, et» cum 
venissent in médium putei, obuiauerunt sibi, et dixit Vulpi 
Lupus : Compater, quo vadis? Qui respondit : lam saciatus 
sum, et locus inferius arc[t]us est, et non bene caperet nos 
ambos. lam ascendo, vt, cum saciatus fueris, te ascendere 
faciam saciatum. Cui Lupus : Bene dixisti, vade in pace. \ul- 
pes itaque aseendit et in magna iame cucurrit ad siluam. 
Lupus vero, descendens, venit in puteum, et tanto profundius 
quanto ponderosior erat, et nihil inuenit in eo nisi aquam et 
lutum, in que miserrime mergebatur vsque ad coUum, ibique 
per totam noctem in frigore et famé diem expectabat. Et ecce, 
orto iam sole, venerunt rustici loci illius ad puteum, vt hau- 
rirent aquam, et, dimittentes situlam vacuam, extraxerunt 
aliam cum Lupo matido (1) et maie habente. Quem vt viderunt. 
multum gauisi sunt, tenentes eum et egregie fustigantes. 

Ecce quam maliciose vna maliciosa bestia fraudauit aliam; 
vndc conuenienter dicitur Proverbiis, xxvi : Qui operit frau- 
dulenter odium, reuelabitur malicia sua (2). 

LX. — [INCANTATOR.] 

De vanitate mundane felicitatis. 

Quidam incantator transiuit coram regibus et principibus 
et eorum familiis, et omnes sua incantacione excecauit. 

Talis est diuiciarum habundancia, que quidem excecat 

(1) Lisez ; madido. 

(2) Liber Proverbiorwn, C. xxvï,v. 26. 



FABULA. 443 

omnes ad quos peruenit. Tollit enini ab eis proprie fragilitatis 
noticiam et diuine seueritatis memoriam. Ynde bene [dicit] 
Genesis xx (1), quod Abimelec dédit mare (2) mille argenteos 
in velamen oculorum. 

LXI. — [PHILIPPUS FATLLS.] 

Alla de eodem. 

Quidam nobilis habuit quendam fatuum nomine Philip- 
pum, oui dédit vna die nouam tunicam. Fatuus vero indutus 
illa tunica, oblitus sui ipsius, discurrit de aula in cameram, 
de caméra ad coquinam/ et sic in alias officinas, damans et 
querens a familia : Vbi est Philippus fatuus^ non cognoscens 
seipsum propter nouam tunicam. 

Vnde Psalmus (3) : Homo, cum in honore esset, non intel- 
lexit; comparatus est iumentis insipientibus, etc. 

LXII. — [LUDUS SCACCORUM.] 

Alla de eodem. 

Lusor Scaccorum primo educit omnes scaccos de vno sacco 
et post modum ordinat status eorum^ àliquos ponens loco 
regum, alios loco reginarum, alios loco militum, aJios loco 
pauperum qui sunt pusilli^ et sic de aliis; et deinde luditur 
cum illis et quibusque capitalium, donec venerit admat(h)am. 
Quod cum venerit, omnes recluduntur in eumdem saccum 
sine acccpcione et differentia. Et fit plerumque vt qui ex eis 
maioris fuit nominis profundius descendat. 

Sic est de presenti mundo qui omnes homines producit de 
vno ventre terre, et post modum ordinat status eorum, alios 
faciens reges et reginas, alios duces et milites, alios médiocres 

(1) Genèse, C. xx, v. 16. 

(2) Ainsi pour Sarœ, 

(3) Voyez psaume xlviii, v. 2\, 



441 JOHANXIS DE SCHEPEYA 

et paupercs; alii capiunt et rapiunt alios et capiuntur ab 
aliis. Et sic iuditur de eis, donec veniat mors; qua veniente, 
omnes reducuntur in vterum prime matris terrœ^ sine ordine, 
différencia et personarum accepcione. Vnde Genesis, m : Terra 
es et in terram reuerteris(l), et puluis simul in vnum diues et 
pauper. Vnde Boetius, libro II de Consolacione philosophie : 
Mors inuoluit capud humile pariter et exceisum ; equat sum- 
mis infima. 

LXIII. — [TESTLDO ET DOMUS SUA.] 

Alla de eodem. 

Testudoy pigerrimum animal, portât suam domum supra 
se, et ideo non facit nisi paruam dietam. 

Sic est de diuitibus seculi, quod portant sua bona supra se 
tanquam serui bonorum, ideo sub se tanquam domini ipso- 
rum ; et ideo contingit quod non faciunt nisi paruam dietam 
versus paradisum. Nemo enim grauiter oneratus potest cele- 
riter ambulare. Vnde bene dicit Veritas super illud : Domine^ 
eece reli(n)quimus omnia ef secuti sumus te (2). Sic bene qui- 
dem fecisti, Petre; non enim sequi bene poteras oneratus. 

LXIV. — [SIMIA ET BIM FŒTUS.] 

Alla de eodem. 

Symia, cum parit, binos solet edere fœtus; unum tamen 
corum magis diligit alio; nutrit tamen vtrosque cum magna 
affeccione, et, cum venator pei*sequitur eos, (magis) dileccio- 
rem sumit inter brachia, minus dilectum proicit super dorsum 
suuni, et sic fugit cum eis. Sed cum venator, viriliter perse- 
quendo, approximat, eum quem tenet in brachiis proicit a se, 
vt euadat. Capitur tuni cum reliquo fétu miserrime onerata, 
quia dorso lirmiter adherens proici non vult. 

(l) Genèse, Cm, v. 19. 

(2; Voyez TÉvangile selon S. Mathieu, C. xix, v. 27. 



FABULA. 445 

Sic est de diuitibus, qui duos fétus nutriunt, diuicias scili- 
cet et peccata, vtrosque niultum diligentes, diuicias tamen 
magis; peccata tanquam oblita post tergum suum proiciunt, 
diuicias in manibus meliores semper pre oculis habentes. Sed 
cum venit mortis venacio, dilecciorem existentem in manibus, 
id est diuiciasy velint, nolint, reiciunt. luxta illud Psalmus (1) : 
Relinquunt alienis diuicias suas. Cum minus vero dilecto, id 
est cum peccatis que firmiter anime adhèrent, capiuntur. 
luxta illud Apocalypsis, xiv (2) : Opéra enim illorum sequun- 
tur illos. 

LXV. — [LEO ET UMCORMS.] 

De hoste non armando. 

Léo, quadam die, fingens se infirmum, obuiauit claudicans 
Ynicomi, aduersario suo capitali, et salutàto eo dixit : Quali- 
tercumque actum fuerit intcr nos hactenus, remittatur hinc 
inde, quod ego vlterius nulli nocere potero, prout vides, senio 
et variis incommodis debilitatus. Sed multum aiïectarem 
semel loqui cum coniuge mea, que est in deserto, ante meam 
mortem, et peterem a te, si dicere fas est, vt ac[c]om[m]odarc 
mihi velis cornu tuum.pro podio habendo in itinere, quia 
satis longum et forte est, et tibi remittam illud, quam cito ad 
coniugem peruenero, et ad hoc tibi do fidem meam. Vnicor- 
nis vero, dictis eius omnibus credens et ipsius conficte misc- 
fiecompaciens,commodauit cornu suum, et sic remansit iner- 
mis. Léo vero modicum progrediens fecit insultum in Vnicor- 
nem, et, proprio cornu grauiter vulnerans, deuicit eum. Cui 
Vnicornis : Non tam crudelitatis quam infidelitatis reus es, 
qui mihi malum pro bono reddidisti ; sed et fidem prestitaiti 
perdidisti. Cui Léo : Nescis, fatue, scriptum esse : 

Vitam qui prorogat hosti 
Derogat ipse sue ; in bello clemencia non est 
Hostibus esse pium. 

(1) Voyez le Psaume xlvhi, v. il. 

(2) Apocalypsis Joannis apostoliy C. xiv, v. 13. 



446 JOHANNIS DE SCHEPEYA 

Gui Vnicornis : Et ignoras, o false, quod scriptus {sic) est in 
eodcm libro : 

Victoria qnani nos 
Mol(l)iniur gladiis, aut nuUa sit aut sit honesta. 

Non me vicisse dolose 
Posteritas légat, et minuat versucia palmam. 

Vnde, cum dicitur Ecciesiastico , xn (1) : Non credas 
inimico in etornum. Semper, etsi humiliatus vadat et curuus, 
custodi te ab illo; quod satis hic patct. 

LXVI. — [HOMO ET ARBORES.] 

Alla de eodem. 

Homo iieri fecit sibi securim; que, cum facta fuisset, 
nihil operari potuit sine manubrio. Venit Homo [ad] arbores, 
petens vt ei manubrium darent pro securi sua. Que sibi cor- 
dialiter dederunt. Accepto manubrio, aptauit illud securi, et 
cepit inde prosternere arbores modicas et magnas, dixitque 
Quercus ad Fractinum (2) : Merito bec patimur,quia ei pres- 
titimus vnde violcnciam tol(l)eramus. 

luxta illud : 

Quod tua culpa facit, sine murmure tu paciaris, 
Nec reputes alii mala que iuste meruisti. 

i.xvn. — lVUlpes et gallus.] 

De hosti non credendo. 

Vulpcs esuriens veniebat ad gallinariam ; fingebat se gi"a- 
uiter infirmatam et velle confiteri, rogans vt Gallus, capellanus 
suus, exiret et audiret confessionem suam. Et dixit Gallus : 
Expecta vsque cras, et veniam ad te, et faciam quod petis. Cui 
Vulpes : Non habotis cortum terminum vite mee, et, si sine 
confessione nioriar, in periculum vestrum erit. Et Gallus : 

(1) Voyt'7. rEcclt'siaslique, C. xn, v. {{). 

(2) Ainsi pour Fraxinwn, 



FABULiE. 447 

Fama edenlc quod fraudulcnta es et maliciosa et precipuc 
pênes genus nostrum, et ideo timidus suni tibi aperire vel 
ad te venire. Et Vulpes : Heu! vbi est caritas^ cum deficiat 
in sacerdote? Veni, si velis, quia morior, et requirat Deus ani- 
mant meam de manibus tuis! Quo audito, Galius intremuit et 
dixit Galline vxori sue : Oportet omnino quod exeam ad eum. 
Gui illa : Domine, nullo modu ; multum deceptuosa est, etnes- 
citur ad quem finem tendit. Et Galius : Tanquam vna de stultis 
mulieribus locuta es? Nonne mihi cura anime sue tradita est? 
Nonne respondebo pro ea? Certe, quicquid euenerit, ego faciam 
quod incumbit. Et surgens induxit eam in domum ad locum 
«ccretum, vt audiret eius confessionem. Videns enim Vulpes 
sibi competere tempus et locum, Gallum sumens per coUum, 
strangulauit eum et asportauit ad siluam. 

Ideo competenter dicitur Ecclesiastic, xi (1) : Non om- 
nem hominem inducas in domum tuam; multe enim sunt in- 
sidie dolosi. 

LXVIII. — [OVES ET LLPI.] 

Alla de eodem. 

Lupi cum Pastoribus statuerunt hac condicione concor- 
diam, vt Canes suos, qui fuerant causa iurgiorum, eis redde- 
rent et firma foret amicicia. Annuenmt Pastores tradendo Lu- 
pis Canes, Ouium suonim {sic) custodes. Quos vt Lupi recepe- 
runt, statim in patibulis suspenderunt, et sic cum deposita 
formidine totum gregem pro sua voluntate deuorauerunt. 

Et ideo dicitur Ecclesiastic, xxx (2) : Qui cito crédit, 
leuis est corde et minorabitur; quod hic patet. 

LXIX. — [LUPUS, SUS ET PORCELLI.] 

Alla de eodem. 

Lupus esuriens iuit per siluam, querens predam suam, et 
inuenit casu Suem cum porcellis suis, et dixit : Bona domina, 

(1) C. XI, V. 31. 

(2) Non pas C. xxx, mais C. xix, v. 4. 



448, JOHANNIS DE SCHEPEYA 

multum esurio, da mihi vnum de porccllis tuis ad gcntaculum. 
Cui Sus : Amice, concedo quod petis; sed non est adhuc tem- 
pus edendi. Audistine hodie missam? Cui ille : Non. Et Sus : 
Consulo qupd facias. Prouecte enim etatis es et debes ialiquid 
audire de Deo, priusquam comedas. Vocabo enim sacerdotes 
et clericos, et audies officium, et intérim parabitur genta- 
culum tijium..Et Lupus : Annuo. Sus igitur, ingrediens siluam, 
incepit clamare more suo, et statim venerunt omnes apri, sues, 
porci et porcelli ad clamorem eius, qui fuerunt in silua, et 
inuenientes Lupum, suis morsibus miserrime dilaniauerunt, 
ita quod, vix viuus euadens, dixit : Non fuit bec missa, sed 
miseria. Maledicti sint omnes et clerici et sacerdotes istius 
congregacionis ! 

Inde est quod dicitur Ecclesiastic, xii (1) : Non credas ini- 
mico tuo in eternum. Et Joannes, iv (2) : Nolite omni spi- 
ritui credere ; sed probate spiritus, etc. 

L\X. — [LUPUS ET LEPUS.] 

De faga pecoati. 

Lupus, obuians vna die Lepori, (et) dixit ei : Tu es animai 
modici valoris; es timidum et malencolia plénum. Cui Lepus : 
Et tu es animal gulosum, rapax et maliciosum. Cui Lupus : 
Miser, multum es presumptuosus, qui sic maiori et forciori te 
maledicis. Et Lepus : Certe, quantumcumque fueris me maior 
et forcior, audeo tecum cerlare, et vadiabo quod vindicam te. 
Lupus, hoc audiens, indignalus respondit : Ego annuo. Assi- 
gnatis igitur die et loco certaminis, conueniunt pugnaturi. 
Lupus, stridens dentibus, insilitin Leporem; Lepus salit ultra 
eum, et semper, cum Lupus crederet eum capere, Lepus fuit 
ad caudam Lupi vel a latere, et, cum sic diucius fuisset dimi- 
catum, Lepus, volens Lupum totaliter confundere, arripuit 
directum cursum per planum, et Lupus eum insequitur, do- 

(1) C. XII, V. 10. 

(2) Epistola I Joannis apostoUf G. iv, v. I. 



nec, fatigatns et vlterius proçredi non vait?iMr. cecidit lu ter- 
rain, quasi moitous^ rix auelitimi suum tralien^. Le}>u«» vero^ 
retrospiciens et videns prostratum terre, reuertitur, dicen« ei : 
Redde, miser^ quod vadiaslL quoniani d«'iiid te. Cui ilie : 
Certe mentiris; quomodo vici&5€f§ qui uuitquaiu certameii ex- 
pectasti, sed semper fnisti in fBjdendo ? Et I>*pu^ : Mea fuga 
Victoria reputanda est. que te sic fati|g:auft et ad terrain pro- 
[sjtrauit; quin etiam. qui te non potui dentîbu^, deuici saltem 
pedibus. 

Sic fngit et vicit Joseph, Genesi. 39 ! - Vude Ojr. v ^2) : 
Fugite fomicaeionem, etc. Et Au^stinut» super sentenciam 
Prosperi ocxxxv : Meliores suut qui fujdiuit diabolum per- 
sequentem, quam qui sequ u ntur. cum melius sit eum lia- 
bere hostem quam principem. 

LXÏI. — IKSIS ET LLPLS. 

De prelaioruB negliceBeiJU 

Vrsus, iter arripiens ad ierram sanctaiu^ dimisit pauculas 
oues suas Lupo vicino suo custodiendas, donec n^uerteretur, 
Lupus recipiens sub iuramento quod bonam curam eis adhi- 
béret. Cum autem progressus fuisset Vrsus per très dietas vel 
quatuor, Lupus, certu«» et securus de Vrsi absencia, vna die 
comedit ouem vnam, secunda aliara, et sic deinceps. Itaque 
Yrsus in reditu suo non inuenit nisi duas %'el très intactas. 

Ita est de episcopis absentantibus a suis dyocesibus, quod 
tradent animas subditorum etiam sub iuramento presbiteris 
custodiendas, qui per ignoranciam vel excogitatam maliciam 
omnes perdunt vel perire permittunL De episcopo non rési- 
dente dicitur (3/ : Responde, quare dcreliquisti pauculas oues 
in deserto, etc.? De presbiteris ignaris Ysaias, 56 (4) : Ipsi 

(1) Genèse, C. xxiix, v. 12. 

(2) Voyez TÉpitre I aux GoiinUiiens, non pas C. v, mais C. vi, v. 18. 

(3) Voyez les Rois, Liv. I, C. xvii, v. 28. 

(4) Prophétie d'Isaïe, C. lvi, v. 11. 

29 



450 JOHANNIS DE SCHEPEYA .FABUL.«. 

pastores ignorauerunt intelligcnciam, etc. De malitiosis lere- 
mias, 33 (1) : Vc pastoribus qui dilacerauerunt gregem, etc. 

LXXII. — [CASEUS, MUS ET CATUS.' 

Alla de eodem. 

Quidam, babens caseum, posuit eum in cista saluandum. 
Venit Mus in cistam et corrodit caseum. lUe vero, voiens vin- 
dicari de Mure, émit Catum et posuit in cista. Catus vero do- 
uorauit et Murem et caseum. 

Sic episcopi ponunt capellanos super parochias, archidia- 
conos et officiâtes super capellanos. Gapellani deuorant paro- 
chianos, archidiaconi et officiâtes, parochianos et capellanos. 
De quibus dicitur leremia, xu (2) : Pastores demoliti sunt 
vineam meam. 

LXXIH. — [AQLILA ET PULLI SLI.] 

Alla de eodem. 

Aquila, tiabens puttos, erigit capita eorum contra soleiu, 
et quos videt irreucrberatis oculis intueri solem, eos diligitot 
nutrit. Quos autem solem intueri non posse conspexerit, eos 
proicit extra nidum. 

Sic debent episcopi eos, qui oculos scmper habent ad 
Deum, diligere et promouere, eos vero, qui oculos statuunl 
dectinare in terram, deicere et ab omni promocione façon» 
alienos. 

EXPLICIT TKACTATUS FABULARUM MORALIL'M ESOPI. 



(1) Prophétie de Jéréraie, non pas C. xxxiii, mais C. xxiii, v. 1. 

(2) Prophétie de Jérémie, C. xir, v. 10. 



LISTE ALPHABÉTIQUE 

DES FABLES ET PARABOLES LATINES 
CONTENUES DANS CE VOLUME. 



Abbé qui réclame le sommeil (F), page 342 (voir p. 30()). 

Abbé (r) el les Moines, p. 178. 

Abbé borgne (1*) et les Religieux, p. 309. 

Abeilles (les) et les Escarbots, p. 206. 

Abélard (Pierre) et la Maison religieuse, p. 332. 

Adam fouetté (maître), p. 334. 

Aigle (V) et la Colomi^e en dispute, p. 411. 

Aigle privé de la vue par le Corbeau (F), p. 204, 432. 

Aigle (r) et ses Petits qu'elle habitue au soleil, p. 185, 450. 

Aigle (r), le Rat et roiseleur, p. 378 (voir p. 182, 302 et 422). 

Aigle (r) et la Tortue, p. 182, 302, 422 (voir p. 378). 

Aigles (les), les Lièvres et les Renards, p. 413. 

Amoureux en prison (F), p. 400. 

Ane chargé d'abord de sel, puis d'épongés (l'), p. 413. 

Ane vêtu de la peau du Lion (l'), p. 410 (voir p. 198). 

Ane qui caresse son Maître (1'), p. 241, 429. 

Ane embourbé {V) et les Crabes, p. 414. 

Ane (r) et le Merle, p. 414. 

Ane 11') et le Porc, p. 207, 430. 

Ane réfractaire (l'), le Renard et le Loup, p. 3()5. 

Anes couverts de peaux de Lion (les), p. 198 (voir p. 410). 

Animal appelé Harpie (l), p. 401. 

Antilope (1'), p. 191, 327. 

Antoine (saint) et les Pièges du monde, p. 28! , 320. 

Antoine (saint) et le Vase d'or, p. 280. 

Araignée (l') et la Mouche prise et tuée, p. 293. 

Araignée (l), la Mouche et le Bourdon, p. 220, 424. 



452 LISTE ALPHABÉTIQUE DES FABLES 

Araignée (r), sa toile et le vent, p. 189, 260, 326, 422. 

Arbre appelé ïleptSéÇtov (F), p. 387. 

Arbres qui élisent un roi (les), p. 175, 319, 335, 423. 

Architas et son Serviteur, p. 312 (voir p. 409). 

Aristote apparaissant à un Laïque, p. 339. 

Aspirant à la condition monacale (1*), p. 243, 313 (voir p. 314). 

Assemblée des Souris {V) et le Chat, p. 225, 260. 

Athénien qui veut passer pour philosophe (F), p. 242. 

Avare moribond (F), p. 279. 

Avocat qui feint d'être enrhumé (l'), p. 305. 

Avocat mourant qui refuse de communier (l'), p. 339. 

B 

Barbier (le) et TUsurier, p. 325. 

Basile (saint), TErmite et l'Ange, p. 304. 

Belette (la) et le Basilic, p. 312. 

Benoit (saint) et le Merle, p. 276. 

Bernard (l'abbé) et le Clerc qui se confesse à lui, p. 336 (voir p. 398). 

Bernard mourant (saint), p. 301. 

Bernard (saint) et son plus jeune Frère, p. 276. 

Biche (la) et ses Faons abandonnés par elle, p. 312. 

Bœufs (les) et leur Maître, p. 262. 

Bouc (le) et l'Ane, p. 244. 

Brebis blanche (la), la Brebis noire, l'Ane et lé Bouc, p. 223, 425. 

Buse qui a tué une Colombe (la), p. 257 (voir p. 185). 

Buse (la), son Petit et l'Épervier, p. 181, 258, 437. 



c 



Catégories d'Arbres (les quatre), p. 395. 

Cerf à la Fontaine (le), p. 412, 421. 

Chanoine séculier (le) et la Juive, p. 374. 

Chasseur (le) et l'abbé Antoine en gaîté, p. 333, 408. 

Chat dont son Maître a coupé la queue (le), p. 287, 390 (voir p. 236;. 

Chat porte-chandelle (le), p. 296. 

Chat (le) et sa jolie Femelle, p. 236 (voir p. 287, 390). 



ET PARABOLES LATINES. 453 

Chat déguisé en Moine (le) et le Rat, p. 188. 

Chef de voleurs converti par TÉvéque (le), p. 369 (voir p. 222). 

Cheval orgueilleux (le) et l'Ane, p. 421. 

Chevalier en Palestine (le), p. 265. 

Chevalier mort (le) et TExécuteur de ses volontés, p. 373. 

Chevalier (le) et son Fils, p. 234. 

Chevalier (le) et son Régisseur, p. 325. 

Chevalier malade (le) elle Religieux, p. 332, 407. 

Chevalier qui gourmande son Serviteur (le), p. 335. 

Chien (le) et les deux Hommes, p. 239, 285. 

Chien (le) et les Joncs, p. 217. 

Chien (le) et l'Ombre, p. 232, 418. 

Chiens (les), le Cadavre et les Corneilles, p. 194, 308. 

Cigale (la) et la Fourmi, p. 435. 

Cigogne (la) et le Chai, p. 243. 

Cigogne (la) et le Corbeau, p. 185 (voir p. 257). 

Cigogne (la) et le Serpent, p. 237. 

Ciprien deCarthage et ses Démons, p. 281. 

Citoyens d'Éphèse (les deux) et lapùtre saint Jean, p. 339. 

Clerc luxurieux (le) et la Vierge Marie, p. 368. 

Clerc pauvre (le) et le Savant, p. 307. 

Colloque entre Moines (un), p. 320. 

Compagnons (les deux), l'un véridique et l'autre menteur, p. 201,428. 

Compagnons à Paris (les quatre), p. 295. 

Comte voleur de grand chemin (le), p. 222 (voir p. 369). 

Condamné à mort sauvé par un Ami (le), p. 317. 

Conseil du Diable à l'Abbé (le), p. 270. . 

Constance méprisé (saint), p. 320 (voir p. 300). 

Convers(le nouveau) et le Sang du Christ, p. 400 (voir p. 269 et 313). 

Corbeau (le), la Colombe et son Petit, p. 213, 426. 

Corbeau (le) et le Renard, p. 242, 257, 419. 

Corneille parée des plumes des autres Oiseaux (la), p. 180, 303, 419 

(voir p. 420). 
Coucou (le) et TAigle, p. 251. 
Coucou (le) et la Brunette, p. 181, 430. 
Courtisane (la) et sa Fille, p. 301. 
Crapaud (le), son Fils et le Lièvre, p. 187 (voir p. 438). 
Crapaud (le) et la Grenouille, p. 239. 



454 LISTE ALPHABÉTIQUE DES FABLES 



D 



David et le jeune Esclave ég>'plien, p. 333. 

Degrés de TOrgueil (les trois), p. 409. 

Diable qui engage le Moine à jeûner (le), p. 279. 



E 



Écoliers au tombeau d'Ovide (les deux), p. 368. 

Éléphant (V) et les Chasseurs, p. 316, i07. 

Élie et le Corbeau, p. 313. 

Élie et le Genévrier, p. 322. 

Elysée et le Fer de la hache, p. 275. 

Enchanteur (r), p. 249, 442. 

Enfant (V) du Prêtre païen, p. 277. 

Époux empoisonnés (les), p. 404. 

Époux anglais détournés du suicide (les), p. 321. 

Ermite qui se brûle les doigts (1*), p. 291, 367 (voir p. 213). 

Ermite qui fait fuir le Diable (V), p. 296. 

Ermite meurtrier de son Père (1*), p. 299. 

Ermite murmurant contre la Justice divine (K), p. 376 (voir p. 308 . 

Ermite qui a demandé le sommeil (V), p. 306 (voir p. 342). 

Ermite à la ville (le jeune), p. 409 (voir p. 285). 

Ermite (l'), le Cadavre et TAnge, p. 275 (voir p. 343). 

Ermite (!'), le Cadavre et les deux Anges, p. 343 (voir p. ^75). 

Ermite paresseux (l') et l'Eau lointaine, p. 328. 

Ermite (l') et les trois Frères, p. 329. 

Ermite (1'), la mort du Riche et celle du Pauvre, p. 286. 

Ermite (F) et les Voleurs, p. 271 (voir m^Mne p., et deux autres 

fables, p. 292). 
Ermites qui se marient (les deux), p. 273. 
Ermites et la Femme élégante (les deux), p. 285 (voir p. 409). 
Escarbot qui bat des ailes (l), p. 180. 
Escarbot (1) et son fumier, p. 203, 439 (voir p. 283 et 327). 
Escarbols (les) et leur fumier, p. 327 (voir p. 203, 283 et 439). 
Évoque (T), son Médecin et son Avocat, p. 267. 



ET PARABOLES LATINES. . 455 



Évèque {V) et son Petit-Fils, p. 328. 

Évéque sarde (V) et le Sarrasin converti, p. 317 

Extatique (1'), le Diable et l'Ange, p. 374. 



Faucon (le) et le Milan, p. 225, 435. 

Faucon (le), les Pigeons et le Grand-Duc, p. 179 (voir p. 426). 

Femme qui ne se trouve pas assez belle (la), p. 287, 389 (voir p. 237). 

Femme qui confesse tous ses péchés (la), p. 398. 

Femme négligée pour son mari et élégante pour les autres 

hommes (la), p. 237 (voir p. 287 et 389). 
Femme (la), la Laitue et le Diable, p. 303. 
Femme tuée par le Serpent qu'elle a enfanté (la), p. 300. 
Femme perverse (la) et THostie, p. 324. 

Femme infidèle (la), son beau Mari et son lépreux Amant, p. 325« 
Fille morte et condamnée (la mauvaise), p. 315* 
Fille du Juif (la) et TAmoureux chrétien, p. 399. 
Fils (le), son vieux Père et le Roi, p. 244. 
Fou (le), p. 249. 

Fou dont la maison brûle (le), p. 280. 
Fou condamné à être pendu (le), p. 302. 
Fou (le) et la Tempête, p. 294. 
Fourmis qui demandent un roi (les), p. 177, 334. 
Fourmis (les) et les Porcs, p. 215, 428. 
Frère rêvant la vie des Anges (le), p. 333. 
Frères brouillés (les deux), p. 284. 
Fromage (le), le Piège et les Rats, p. 327 (voir p. 221). 
Fromage (le) et le Rat pris au piège, p. 221 (voir p. 327). 
Fromage (le), le Rat et le Chat, p. 194, 305, 450. 



G 



Gautier à la recherche de Téternelle félicité, p. 199. 
Geai vaniteux (le), p. 420 (voir p. 180, 303 et 419). 
Grange en feu (la), p. 229. 
Grégoire (saint) et son Ours, p. 364. 



t« 



456 LISTE ALPHABÉTIQUE DES FABLES 

Grenouille qui s'enfle (la), p. 233, 421. 
Grenouilles qui élisent un roi (les), p. 248. 
Guenon (la) et ses deux Jumeaux, p. 4il, 444. 
Guenon (la) et la Noix, p. 218, 434. 
Guôpe (la) et l'Araignée, p. 202, 440. 
Gu^pe (la) et le Serpent, p. 415. 

H 

■ 

Habitants de Wilby (les) et le Lièvre, p. 214. 

Hache et les Arbres (la), p. 446. 

Hérétique (!') et la Mouche, p. 186. 

Héritier ruiné par les Usuriers juifs (!'), p. 306. 

Héron (le) et l'Aigle, p. 438. 

Herse (la) et le Crapaud, p. 224, 427. 

Hibou condamné par l'assemblée des Oiseaux (le), p. 226. 

Hibou (le), son Fils et le Lièvre, p. 438 (voir p. 187). 

Hilaire (saint) et TEnfant ressuscité, p. 288, 391. 

Homme qui a perdu ses trois enfants (!'), p. 401. 

Homme qui a passé la mer (1'), p. 326 (voir p. 228). 

Homme suivi par des voleurs (!'), p. 292 (voir même p., et deux 

autres fables, p. 271;. 
Homme simple qui a mal aux yeux(r), p. 278 (voir môme page). 
Homme condamné h perdre les yeux (1'), p. 310. 
Homme chauve et chassieux (!') et les Perdrix, p. 18i. 
Hommes (les trois) et l'Eau troublée, p. 342. 
Huppe (la) ot le Rossignol, p. 213 (voir 291 et 367). 
Hydre (1') et le Crocodile, p. 192, 440. 

I 

Ivrogne en enfer (1), p. 272. 



Jardinier (le) et son Ane, p. 413. 
Jardinier (le), le Diable et le Médecin, p. 272, 370. 
Jean l'Évangéliste (saint) et la Perdrix, p. 334, 408. 
Jérôme fouetté (saint), p. 337. 



ET PARABOLES LATINES. 457 



Jeu (1 échecs (le), p. !210, 448. 

Jeune fille calomniée (la), p. 298. 

Jeune fille (la) el la sainte Vierge, p. 311. 

Jeune homme (le) et la petite Vieille, p. 188. 

Juge (le) et labbéMoyse, p. 300. 

Julien l'Apostat mortellement blessé, p. 271. 

Julien l'Apostat et le Diable, p. 296, 392. 

Jumeaux malades (les deux), p. 403. 

Juste (le) et le Pécheur, p. 210. 



Laïque (le) et le Clerc, p. 205. 

Lévriers (les), les Mâtins el les Loups, p. 432. 

Licorne (la), l'Homme et les deux Rats, p. 253 (voir p. 217 et 
318). 

Licorne (la), l'Homme et les deux Vers, p. 217, 318 (voir p. 253). 

Lièvres (les) et les Grenouilles, p. 434. 

Limaçon (le) et ses Cornes, p. 219, 259, 434. 

Lion (le) et l'Ane qui brait, p. 422. 

Lion qui cherche des ministres (le) et l'Ane, p. 240. 

Lion (le), l'Ane et le Coq, p. 411. 

Lion (le), les Brebis, le Loup et les Porcs, p. 196. 

Lion (le) et la Licorne, p. 445. 

Lion (le), le Loup et le Porc, p. 205, 439. 

Lion (le), le Loup, le Renard et l'Ane, p. 256 (voir p. 255). 

Lion malade (le), le Loup écorché et le Renard, p. 431. 

Lion le), le Loup et le Renard associés, p. 193, 418 (voir p. 263, 
416 et 418). 

Lion (le), le Poulain et la Chèvre, p. 263 (voir p. 193, 416, et deux 
autres fables, p. 418). 

Lion (le) et le Rat, p. 261. 

Lion (le), les Rats, les Souris et le Chat, p. 209, 

Lion dans son antre (le) el le Renard au dehors, p. 412. 

Lion (\e)y le Renard et l'Ane sans cœur, p. 258. 

Lion 'le), le Renard et l'Ours, p. 416 (voir p. 193, 263, et deux au- 
tres labiés, p. 418.) 

Lion vieilli (le), le Sanglier, le Taureau et l'Ane, p. 433. 



458 LISTE ALPHABÉTIQUE DES FABLES 

Louis (le roi) et le Chevalier, p. 298. 

Loup qui se confesse au Prêtre (le), p. 406 (voir p. 195 et 270). 
Loup devenu Moine qui apprend à lire (le), p. 195 (voir p. 270 et 406). 
Loup devenu Moine qui retourne à la forêt (le), p. 27^ (voir p. 195 

et 406). 
Loup à qui le Renard conseille de pêcher (le), p. 245. 
Loup (le) et TAgneau, p. 197, 417. 
Loup (le) et le Bouc, p. 415. 

Loup (le) et la Brebis, qu'il invite à Tembrasser, p. 361. 
Loup (le) et le Chien gras, p. 436. 
Loup (le) et la Cigogne, p. 183 (voir p. 419). 
Loup (le) et la Grue, p. 419 (voir p. 183). 
Loup (le) et le Lièvre, p. 230, 263, 448. 
Loup engraissé (le) et le Renard, p. 324, 407, 437. 
Loup (le), le Renard et l'Ane, p. 255 (voir p. 256). 
Loup (le), la Truie et ses Petits, p. 447. 
Loups (les) et les Brebis, p. 447. 



M 



Macaire (l'abbù) et le Diable armé de sa faux, p. 289, 392. 

Macaire (saint), le moine Théotiste et le Diable, p. 314. 

Maison religieuse dans la misère (la), p. 306. 

Maître (le) et le Serviteur désobéissant, p. 408. 

Maître parisien blâmant saint Pierre et saint Paul (le), p. 268. 

Malade altéré (le) et l'Eau bénite, p. 281. 

Marâtre empoisonneuse (la), p. 297. 

Mari (le), sa splendide Femme et sa malpropre Servante, p. 270. 

Martyr (le saint) et le Tyran, p. 337. 

Martyre de saint Thomas de Cantorbery (le), p. 290. 

Matrone paresseuse (la), p. 392. 

Matrone réputée vertueuse (la), p. 370. 

Mendiant (le) et le Riche avare pleurant ensemble, p. 307. 

Milan (le) et le Nid de Perdreaux, p. 211, 428. 

Moine de Saint-Laurenl-hors-les-Murs (le), p. 284. 

Moine amoureux de la fille d'un prc^trc payen (le), p. 292. 

Moine bienfaisant (le), p. 329. 



ET PARABOLES LATINES. 459 

Moine délivré du Dragon (le), p. 297. 

Moine qui feint de jeûner (le), p. 279. 

Moine flagellé par le Diable (le vieux), p. 323. 

Moine cloîtré persécuté par son Abbé et par ses Confrères (le), 

p. 321. 
Moine envoyé par son Père au désert (le jeune), p. 329. 
Moine qui ne cesse de prier (le), p. 307. 
Moine (le) et le Basilic, p. 277. 
Moine (le saint) et ses Confrères, p. 298. 
Moine cloîtré (le) et le Mendiant, p. 270. 
Moine (le) et TOiseau, p. 295. 
Moine (le), la sainte Vierge et le Sang du Christ, p. 269 (voir p. 313 

et 400.) 
Moine Cistercien (le) et le Sang du Christ, p. 313 (voir p. 269 et 

400). 
Moines tentés (les deux) et Tabbé Apollon, p. 322. 
Montagne en mal d*enfant (la), p. 434. 
Mort ressuscité par les larmes du Prêtre (le), p. 274. 
Mouche (la) et la Fourmi, p. 246, 420. 



N 



Noble qui se fait moine (le), p. 268. 







Obsèques du Loup (les), p. 216 (voir p. 319). 

Obsèques du Riche (les), p. 319 (voir p. 216). 

Odeur de la Panthère (1'), p. 232. 

Œuvres des Hommes (les), p. 338. 

Oie grasse (!') et le Corbeau, p. 209. 

Oiseau appelé Freyn-os (l'), p. 184, 289. 

Oiseau de Saint-Martin (1), p. 183, 289. 

Oiseaux qui élisent un roi (les), p. 248, 423. 

Onagre (!') et l'Ane, p. 412. 

Ours (!'), les Brebis et le Loup, p. 449 (voir p. 197). 



460 LISTE ALPHABÉTIQUE DES FABLES 



Paon déplumé par les autres Oiseaux (le), p. 238. 

Paon se plaignant à la Destinée (le), p. 258. 

Pape (le), la Veuve et le Diable, p. 399. 

Parabole du frère François, p. 327. 

Paul coupant en deux des serpents et des scorpions (Fabbé), p. 276. 

Paul le simple et son Abbé, p. 314 (voir p. 243 et 313). 

Paul (saint) et la Vipère, p. 299. 

Paysan invité par son Maître à dîner (le), p. 266, 389. 

Paysan (le) et TAne embourbé, p. 328. 

Paysan (le) et les Escarbots, p. 206. 

Paysan (le) et le Fumier, p. 283 (voir p. 203, 327 et 439). 

Paysan (le) et les Loups, p. 292 (voir même p. et deux autres 

fables, p. 271). 
Paysan (le) malade des yeux et son Voisin, p. 278 (voir même 

page). 
Peintre (le) et Satan en colère, p. 293. 
Pélican alimenté par ses Petits (le), p. 405. 
Pélican (le) et ses Petits tués, puis rappelés à la vie, p. 229, 269. 
Pensée d'Anselme sur le cœur humain, p. 364. 
Pensée d'un Vieillard sur Moyse, p. 342. 
Père qui apprend à son Fils à se créer des amis (le), p. 394. 
Père (le) et l'Enfant blasphémateur, p. 315 (voir p. 316). 
Père (le) et l'Enfant voleur, p. 316 (voir p. 315). 
Père de famille (le) et l'Aspic avec ses Petits, p. 363. 
Père de famille (le), les douze Brebis et le Loup, p. 197 (voir 

p. 449). 
Père (le vieux), le Fils et le Petit-Fils, p. 245. 
Personnage (le grand) et l'Éloupe, p. 290. 
Phénix qui renaît de sa cendre (le), p. 187. 
Philippe le fou, p. 443. 

Pigeons (les), l'Aigle et l'Épervier, p. 426 (voir p. 179). 
Porc (le) et les Aveugles chargés de le tuer, p. 310. 
Poule protégeant ses Poussins contre le Milan (la), p. 208, 268. 
Poussin indompté (le), p. 211. 



ET PARABOLES LATINES. 461 

Poussins qui élisent un roi (les), p. 177. 
Pouvoir du moine Gérald (le), p. 283. 
Prédicateur (le) et son Ane, p. 282. 
Prêtre, fils de la Femme adultère (le), p. 372. 
Puce (la) et l'Abbé, p. 228. 

• 

Q 

Quadrupèdes (les) et les Oiseaux, p. 433. 

R 

Rat sauvé par le Chat (le), p. 227, 425. 

Rat (le) et la Grenouille noyée, p. 316, 406 (voir p. 195 et 417). 

Rat (le), la Grenouille et le Milan, p. 195, 147 (voir p. 316 et 406). 

Rat (le) et ses Petits, p. 253. 

Rat de ville (le) et le Rat des champs, p. 190, 435. 

Reine reconnaissante (la jeune), p. 396. 

Religieuse enterrée dans Téglise (la), p. 267. 

Religieuse (la sainte), p. 330. 

Religieux (le) et le Roi, p. 325. 

Religieux (le saint) et son fidèle Serviteur, p. 266. 

Renard (le) et TAne se confessant au Loup, p. 255 (voir p. 256). 

Renard (le) et le Batelier, p. 2! 8, 431. 

Renard dans un puits (le) et la Brebis, p. 261 ivoir p. 192 et 441). 

Renard déguisé (le) et les Brebis, p. 222, 424. 

Renard (le) et le Chat, p. 212, 441. 

Renard (le) et le Coq, p. 198, 446. 

Renard qui fait le mort (le), p. 220, 303. 

Renard dans un puits (le) et le Loup, p. 192, 441 (voir p. 261). 

Renard affamé (le) et les Poules, p. 221, 424. 

Retour du Maître (le), p. 409 (voir p. 312). 

Riche peu charitable (le) et son Serviteur, p. 372. 

Riche (le), ses Chiens et le Pauvre, p. 305. 

Riche (le) et son Fils qui se cloître, p. 387. 

Riche avide (le) et ses deux Fils, p. 373. 

Riche (le) -et la Vache de la Veuve, p. 249, 427. 

Roi de Ninive (le), p. 278. 



462 LISTE ALPHABÉTIQUE DES FABLES 

Roi (le) et le sot Chevalier, p. 265. 

Roi malade (le) et le prophète Élie, p. 366. 

Roi (le) et les jeunes Époux gardiens de son jardin, p. 273. 

Roi (le puissant) et le Flux de la mer, p. 275. 

Roi de Grèce (le) et son Frère, p. 294. 



Sage qui crache sur la barbe du Roi (le), p. 13, 301. 

Sage (le) et l'Instituteur de son Petit-flls, p. 299. 

Sagittaire (le) et le Rossignol, p. 252. 

Saint qui simule la folie (le), p. 300 (voir p. 320). 

Salamandre (la) et la Mouche, p. 302, 406. 

Salut du Diable à TArcheviViue (le), p. 289. 

Scorpion (le), p. 402. 

Serlon (maître) et son Compagnon mort, p. 341 . 

Serment d'un certain Alexandre (le), p. 228 (voir p. 326). 

Serpent mourant de froid (le), p. 231, 285, 431. 

Serpents (les deux) et le Chevalier, p. 38i. 

Serviteur du Roi accusant son Bienfaiteur (le), p. 231. 

Singe de T Apothicaire (le), p. 410. 

Singe (le) et le Renard, p. 429. 

Socrale jetant son argent à la mer, p. 271 (voir môme p. et deux 

autres fables, p. 292). 
Soldats libérés (les deux), p. 362. 
Solitaire repentant (le) et le Diable, p. 398 (voir p. 336). 
Sonfre du PriMre (le), p. 371. 
Sortes de Mouches (les trois), p. 190, 326. 
Souris qui cherche un mari pour elle-même ila), p. 234 (voir 

p. 384). 
Souris qui cherche un mari pour sa fille (la), p. 384 (voir p. 234). 



Tentation iW saint Antoine (la), p. 290. 
Tentation de l'abbé Arsène (la), p. 288, 391. 
Tentaticai de l'abbé Athanase (la), p. 288, 391 
Tentation de saint Bernard (la), p. 312. 



ET PARAB0LE3 LATINES. 463 

Tentation de Tabbé Zenon (la), p. 291. 

Théodose (révêque) et le Bloc de glace, p. 254. 

Théologien constitué juge (le), p. 338. 

Théologien laconique (le), p. 282. 

Thomas (le maître parisien) et son Exécuteur testamentaire, p. 336. 

Tortue portant sa maison (la), p. 219, 441. 

Truie (la) et la Lionne, p. 414. 



u 



Usurier malade (1) et saint Laudomar, p. 310. 



Vache (la), la Chèvre, la Brebis et le Lion, p. 418 (voir p. 193, 263, 

416 et 418). 
Vertu de Teau du bain de l'Enfant Jésus (la), p. 330. 
Vieillard éclairé sur la Justice divine (le), p. 308 (voir p. 376). 
Vieillard ennemi du vin (le), p. 274. 
Vieillard souvent malade (le), 295. 
Vieille (la) et rArchevôque, p. 307. 

Vieille qui enduit de beurre les mains de TÉvi^quc (la), p. 301. 
Vieille (la) et le Médecin, p. 415. 

Vierge de Fontevraut (la) et le Roi d'Angleterre, p. 311. 
Vision d'un Solitaire (la), p. 335. 
Visions d'un Vieillard (les), p. 341. 
Voisins (les deux), p. 361. 
Voleur devant l'autel (le), p. 282. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Pages. 

PRéFACE VII 



KTLDE 

SUR LES FABLES ET LES PARABOLES 
D'EUDES DE CHERITON, 

Sur les anciennes compilations et imitations qui en sont issues 

et sur les manuscrits 
connus et inconnus qui les renferment. 

LIVRE l. 

EUDES DE CHERITON, SES FABLES ET SES PARABOLES. 

Cii.vpiTRE L — Eudes de Cheriton 3 

§ 1. — Nom de l'auteur 3 

S 2. — Lieu de naissance de l'auteur 6 

§ 3. — Époque de l'existence de l'auteur 17 

§ 4. — Biographie d'Eudes de Cheriton 2J 

Ch.vpitre h. — Fables d'Eudes de Cheriton 32 

Section L — Eudes a-t-il composé un ou plusieurs recueils de 
fables? 32 

Section IL — Nombre et classement des fables 35 

Section IIÏ, — Date de la composition des fables 44 

Chapitre III. — Manuscrits des fables d'Eudes de Cheriton. ... 47 
Section ï, — France 48 

1<» Bibliothèque Mazarine 48 

Manuscrit 986 48 

30 



466 TABLE DES MATIERES. 

2» Bibliothèque publique d'Arras. . 40 

Manuscrit 184 49 

3« Bibliothèque publique de Cb»rmont-Ferrand 51 

Manuscrit 47 (44) 51 

Section IL — Allemagne 51 

i« Bibliothèque royale de Berlin 51 

A. — Manuscrit Théol. lai. 4», iO 31 

B. — Manuscrit Meerman i 47 'M 

2° Bibliothèque de TL-niversité royale de Breslau 52 

Manuscrit IV. Q. 126 5î 

3* Bibliothèque ducale de Wolfenbûttel 5i 

Manuscrit Gude lat. 200 54 

4® Bibliothèque royale de Munich 56 

A. — Manuscrit 2800 56 

B. — Manuscrit 8356 5ii 

C. — Manuscrit 8947 57 

D. — Manuscrit 14749 58 

E. — Manuscrit 10195 . . ; 59 

F. — Manuscrit 16602 60 

Section IIL — Angleterre (H) 

1® Bibliothèque du British Muséum 60 

A. — Manuscrit Arundel 275 60 

B. — Manuscrit Arundel 292 62 

C. — Manuscrit Harley 219 6:» 

1). — Manuscrit Add. 11579 64 

2*» Bibliothèque Bodléienne 65 

A. — Manuscrit Douce 88 65 

B. — Manuscrit Douce 101 66 

C. — Manuscrit Douce 160 ùi\ 

D. — Manuscrit Bawlinson C 288 tiK 

3» Bibliodièque du collège du ('orpus Christ i à Cambridge. . 6k 

A. — Manuscrit 441 71 

B. — Manuscrit 481 75 

4* Bibliothèque de la Maison de Saint-Pirrre à Cambridge. 74 

Section IV. — Belgique 75 

Section V. — Italie 7»> 

Bibliothèque d'Ivrre 76 

Manuscrit 13 '.ù 

Section Vï. — Suisse 7<» 

bibliothèque publique de Bern'* 76 

Manuscrit 679 7'*i 



TABLE DES MATIÈRES. 461 

Pagei, 

CiiAPiTRK IV. — Éditions du texte des fables d*Eudes 78 

Chapitre V. — Traductions des fables d'Eudes 85 

Section L — Traductions françaises 85 

\ . — Traduction anonyme 85 

§ 2. — Contes moralises de Nicole Bozon 92 

10 — Personnalité de l'auteur 92 

2® — Contes moralises 93 

3® — Manuscrits 98 

A. — Manuscrit 12 de Gray's Inn 98 

B. — Manuscrit 8366 de la Bibliothèque Phil- 

lipps 99 

C. — Examen comparatif des deux manuscrits. 101 
40 __ Version latine des contes de Bozon 102 

Section IL — Traduction espagnole 106 

Chapitre VI. — Paraboles d*Eudes de Cheriton 110 

Section L — Examen de l'œuvre 110 

m 

§ 1. — Observations préliminaires 110 

§ 2. — Sermonnaires à attribuer à Eudes 113 

§ 3. — Nomenclature des sermons contenus dans les deux 

sermonnaires. . . . , 116 

§ 4. — Preuves de l'identité d'origine des fables et des ser- 
mons 122 

§ 5. — Mérites de l'écrivain 125 

Section IL — Manuscrits 127 

S 1. — France 127 

!• — Bibliothèque nationale 127 

A. — Manuscrit 698 127 

B. — Manuscrit 2io9 128 

C. — Manuscrit 2593 130 

D. — Manuscrit 12418 132 

E. — Manuscrit 16506 133 

20 — Bibliothèque de Bordeaux 135 

Manuscrit 284 135 

§ 2. — Allemagne 136 

Bibliothèque royale de Munich 136 

Manuscrit 2637 136 

ïi 3. — Angleterre 136 

1« — Bibliothèque du British Muséum 136 

Manuscrit Arundel 231 136 

2» — Bibliothèque du Collège de Baillol a Oxford. ... 139 

Manuscrit 38 139 



468 TABLE DES MATIÈRES. 

8 4. — Autriche * 140 

Bibliothèque impériale de Vienne i40 

A. — Manuscrit i579 i40 

B. — Manuscrit 2164 140 

§1). — Manuscrit pris pour base de la publication des ser- 
mons 141 

Section UI. — Édition 142 



LIVRE II. 



COMPILATIONS ET IMITATIONS. 



Chapitre I. — Fables jointes à celles d'Eudes par ses compilateurs. 146 

Section L — Fables et paraboles spéciales au manuscrit Harley 

219 148 

Section IL — Fables et paraboles communes aux manuscrits 

Harley 219 et Douce 169 151 

Section ïïl. — Fables spéciales au manuscrit Gude 200 154 

Chapitre II. — Fables abrégées de Jean de Sheppey 161 

8 1. — Notice sur l'auteur 161 

§ 2. — Examen des fables 162 

S 3. — Description du manuscrit 168 



ODONIS DE CERITONA FABUL^E ET PARABOLiE. 

ODONIS DE CERITONA FABULJ:, 

EX CORPORIS CHRISTI COLLEGII CA NTABRI G lENSIS CODICE 

MS. LATINO 441 EXTRACTiE. 

I.NCiPiT Prologus in parabolas magistri Odonis, etc 173 

I. — Qualiter olegerunt sibi regem ligna 175 

I". — De Formicis 177 

I*. — Qualiter Pulli elegerunt sibi regem 177 

1*. — De Abbate, cibo et Monachis 178 

II. — De Niso et Columba et Duce 179 



TABLE DES MATIÈRES. 469 

Paget. 

II*. — De Scrabone i80 

III. — De Comice 180 

IV. — De Busardo et de nido Ancipîlris 181 

IV*. — De Cucula et Burneta iSl 

V. — DeTortuca et Aquila 182 

VI. — De Ciconia et Lupo 183 

VII. — De quadam ave Sancti Martini 183 

VIII. — De oculis Calvi lacrimantibus et Perdicibus. ... 184 

IX. — De aue qui (sic) dicitur frangens os frcn os 184 

X. — De Aquila 185 

XI. — De Ciconia et Uxore 185 

XII. — De Heretico et Musca 186 

XIII. — De Fenice (sic) 187 

XIV. — De Filio Bufonis et sotularibus 187 

XIV\ — De Juvene et Vetula 188 

XV. — De Cato qui se fecit monachum 188 

XV*. — De Aranea 189 

XVb. — De Musca 190 

XVI. — De Mure domestica et silvestri vel campestri. . . . 190 

XVII. — De quodam animali quodvocatur Antiplos (sic). . . 191 

XVin. — De Ydio et Cocodrillo exemplum <92 

XIX. — De Vulpe et Lupo et situla pulei <92 

XX. — De Leone et Lupo et Volpe et Venatoribus 193 

XXI. — De Caseo et Rato et Cato 194 

XXI*. — De Canibus et Cornicibus 194 

XXI»». — De Mure, Rana et Milvo 195 

XXII. — De Lupoqui voluit esse monachus 195 

XXIII. — Quod Oves sunt conqueste Leoni de Lupo 196 

XXIII*. — Quidam commendavit xii Oves compatri suo Lupo. 197 

XXIV. — De Lupo et Agno bibentibus 197 

XXV. — De Volpe qui (sic) confitebatur peccata sua Gallo. . 198 

XXVI. — De Asinis indutis pellibus leoninis 198 

XXVII. — De Gautero querenle locum ubi semper gauderet. , 199 
XXVII*. — De duobus Sociis, uno verace, alio mendace. . . . 201 
XXVIII. — De contentione Vespe et Aranee 202 

XXVIII*. — De Sc(a)rabone 203 

XXIX. — De Aquila et Corvo medico 204 

XXX. — De Milite venatore 205 

XXX*. — De Leone qui invitavit bestias 205 

XXXI. — De Scrabonibus et Ruslico 206 

XXXII. — DeApe et Scrabone 206 

XXXIII. — De AsinoetPorco. 207 

XXXIV. — De Pullo Galline et Milvo 208 

XXXV. — De Convivio Leonis etCatti et ali[or]um. 209 

XXXVL ^ De Auca et Corvo 209 



470 TABLE DES MATIERES. 

XXXVI». — De quodam Justo rogante Dominum pro quodam 

Peccatore . .' 210 

XXXVIJ. — De Scacis. 210 

XXXVII. — De Pullo indomito 211 

XXXVIII. — De Milvo et Perdicibus 211 

XXXIX. — Defraudibus Vulpis et Catti 212 

XL. — De Corvo et Pullo Columbe 213 

XLl. — De Up(p)upa et Philomena 213 

• XLII». — De simplicitate solventium censum 214 

XLll*». — De industria Formice 215 

XLIII. — De Lupo sepulto 216 

XLIV. — De Cane stercorante 217 

XLV. — De Unicorne et quodam Homine 217 

XLVI. — De Vulpe 218 

XLVn. — De Syraia 218 

XLVIII. — De Testudine 219 

XLVIII*. — Item de Testudine 219 

XLVIIP». — De Aranea et Musca et Burdone 220 

XLIX. — De Vulpe 220 

XLIX'. — Aliud exemplum 221 

L. — De Vulpe et Gallinis 221 

LI. — De fraude Vulpis 222 

LI». — De fraude Comitis 222 

LU. — De contentione Ovis albe et Ovis nigre, Asini et 

Hirci 223 

LUI. — De Traha et Bufone 224 

LIV. — De Falcone et Milvo 2î5 

LIV». — De Muribus et Catto et cetera 225 

LV. — De Rosa et Volatilibus 226 

LVI. — De Mure et Catto 227 

LVI*. — De Pulice 228 

LVP. — De quodam Alexandro in periculo posito 228 

LVI«. — De Grangia. . 229 

LVII. — De Pellicano 229 

LVIII. — De contentione Lupi et Leporis 230 

LIX. — De Homine qui posuit Serpentem in sinu suo. . . 231 

LIX*. — De Homine ingrato et Socio maie rémunérante. . 231 

LX. — De Panthara {sic) 232 

LXL — De Cane et frusto carnium 232 

LXII. — De Rana inflaUa 233 

LXIh. — De Filio Militis 234 

LXIII. — De Mure qui voluit matrimonium contraherc. . . 234 

LXIV. — De pulchra Uxore Catti 236 

LXIV*. — De quadam Domina 237 

LXV. — De Ciconia et Serpente 237 



TABLE DES MATIERES. 471 

LXVI. — De Pavone depluniato 238 

LXVII. — De Bufone et Rana 239 

LXVIK — De Cane et duobus Hominibus 239 

LXVIII. — De Asino et Leone 240 

LXIX. — De Cane et Asino et Domino suo 24! 

LXXT — De Caseo et Cono 242 

LXX*. — De quodam Atheniensi 242 

LXXL — De Ciconia et Calto 243 

LXXIL — De Claustrali ad idem 243 

LXXIIL — De Hirco equitante 244 

LXXIII*. — De Pâtre sene et Filio suo et Rege ......... 244 

LXXIIR — De Pâtre sene et Filio suo 245 

LXXIV. — De Lupo et Vulpe 245 

LiXV. — De Musca et Formica 246 

ODONIS DE CERITOXA FABUL/E QU.€DAM 

IN VARIIS XSS. CODICIBUS DISPERS^li:. 

iK — Quai i ter R^ne elegerunt sibi regem 248 

i''. — Quali 1er Volucres elegerunt regem 248 

XXXV1^ — De quodam Slullo 249 

XXXVI». — De quodam Incantalore 249 

XLIl. — De quodam Divile multas habente vaccas 249 

FABUL.E QUiEDAM 
inter odonia.nas in variis mss. codicibus dlspers.f:. 

Prologus 250 

LXXVI. — De Aquila et Cucula 251 

LXXVII. — De Philomela et Sagittario 252 

LXXVIIL — De quodam Homine et Unicorni 253 

LXXIX. — De Mure et Filiis suis 253 

LXXX. — De domino Theodosio, Sediensi episcopo 254 

LXXXI. — De Lupo, Vulpe et Asino 255 

NICOLAI BOZON EXEMPLA QU/EDAM 

B GALLICA LINGUA IN LATINAM TRANSLATA. 

I. — Léo, Lupus, Vulpis et Asinus 256 

- IL — Vulpis et Corvus 257 

III. — Milvus et Lampreda 257 

IV. — Rubo, Pullus suus et Accipiter 258 



472 TABLE DES MATIÈRES. 

V, — Pavo et Predestinacio 258 

VI. — Léo, Vulpes et Asinus corde carens 258 

VII. — Testudo ; 239 

VIII. — Mures et Catus 260 

IX. — Aranea et Ventus . . . .' 260 

X. — Vulpes et Ovis in puleo 261 

XI. — Léo et Mus 26! 

XÏI. — Boves et eorum Dominus 262 

XIII. — Léo, Pullus et Capra 263 

XIV. — Lepus et Lupus . . . -. 263 

ODONIS DE CERITONA PAHABOLiE, 

EX SERMONIBUS SUPER EVANGEL1IS DOMIMGALIBUS EXTRAGTf. 

L — De quodam Milite processiones implente 265 

II. — De Rege quodam mittente bacones cuidam Militi . . 265 

m. — De Rustico et ejus Domino. 266 

IV. — De quodam Religioso et Seculari ci ministrante . . 266 

V. — De quadam Moniali valde litigiosa 267 

VI. — De quodam Episcopo et ejus Medico.et Causidico. . 267 

VII. — De quodam Nobili pompam mundi deserente. . . . 268 
VIII. — De quodam Magistro Parisiensi, ut loqueretur 

rogato 268 

IX. — De Gallina et Pullis suis 268 

X. — De Pelicano et Filiis suis 269 

XI. — De Monacho et sanguine Christi 269 

XIL — De Uxore pulcherrima et putrida Ancilla 270 

XIII. — De Lupo facto monacho 270 

XIV. — De Diabolo et Abbate 270 

XV. — De Claustrali et Fratre camali 270 

XVI. — De Juliano apostata letaliter >iilnerato 271 

XVII. — De Eremila et Furibus 271 

XVIII. — De Socrale et pondère auri . 271 

XIX. — De Hortulano, Sathana et Medico.. . 272 

XX. — De quodam Ebrio in tormentis 272 

XXI. — De Rege quodam potentissimo, Juvenique quodam 

pulcherrimo et ejus Uxore 273 

XXII. — De duobus Fralribus relinquenlibus eremum. ... 273 

XXIII. — De quodam Sene récusante vinum 274 

XXIV. — De quodam resuscitato propler lacrimas Sacerdotis. 274 
XXV. — De Elysoo et feno securis 275 

XXVI. — Do quodam Eremila et Cadaverc fetente 275 

XXVII. — De Rege potcnte, mari jubenle ne ascenderet . . . 27.*» 

XXVIII. — De beato Bernardo et ejus parvulo Fratre 276 



TABL^ DES MATIERES. 473 

XXIX. — De beato Benedicto et Merula. 276 

XXX. — De abbale Paulo scindente Serpentes et Scorpionos. 276 

XXXI. — De quodam Monacho et Basilisco 277 

XXXÏI. — Quomodo quidam factus est Monachus 277 

XXXIII. — De quodam Simplice oculos dolente 278 

XXXIV. — De quodam Rustico malum habente in oculo et de 

Vicino ejus 278 

XXXV. — De Rege Ninivic 278 

XXXVI. — De Diabolo suadente cuidam Monacho quod jeju- 

naret 279 

XXX VÏI. — De quodam Monacho se jejunare pra?tendenle. . . 279 
XXXVIII. — De quodam Avaro ad extremam horam vitaî suœ ve- 

nieiite 279 

XXXIX. — De beato Antonio et vasi aureo 280 

XL. — De quodam Stulto cum domo sua combusto. . . . 280 

XLI. — De beato Antonio laqueos mundi timente â81 

XLII. — De quodam Vispilione a^grotante 281 

XLIII. — De Ci priano habente dœmones in archa 281 

XMV. — Do quodam Fure veslimenta altaris toUenle .... 282 

XLV. — De quodam Predicatore et ejus Asino 282 

XLVl. — . De quodam Thcologo breviler loquente 282 

XLVII. — De Rustico nutrito in fimo stabuli 283 

XLVIII. — De fratre Gisterciensi Geraldo angelos vidente . . . 283 

XLIX. — De quodam Monacho Sancti Laurentii 284 

L. — De duobus Frai ri bus discordibus 284- 

LI. — De Cane duos Homines comilante 285 

LU. — De duobus Eremilis et Muliere ornata 285 

LUI. — De quodam ponente Serpentem in sinu 285 

LIV. — De Justi Injustique animis coram Eremita ex cor- 
pore exeuntibus 280 

LV. — De Muliere quœ pulchriorem esse desiderat. . . . 287 

LVI. — De Murilego cujus cauda abscissa est 287 

LVII. — De abbate Alhanasio et Muliere textrice 288 

LVIII. — De quadam Matrona et abbate Arsenio 288 

LIX. — De sancto Hilario et quadam Muliere ^88 

LX. — De Ave quœ dicilur Frrt>i(/flns os 289 

LXI. — De Ave sancti Martini 289 

LXII. — De Machario et Diabolo 289 

LXIII. — De quodam Archiepiscopo et Diabolo 289 

LXIV. — De pontificis Thomœ martyrio 290 

L.XV. — De quodam Magno stupam accendente 290 

LXVI. — De beato Antonio temptato 290 

LXVII. — De abbate Zenone temptato 291 

LXVIIÏ. — De quadam Peccalrice et quodam Sene 291 

LXIX. — De Rustico et Lupis 292 



474 TABLE DES MATIÈRES. 

Page*. 

LXX. — De quodam qucm Lalrones sequebanlur 292 

LXXL — De quodam Fratie concupiscente Filiam Sacerdotis 

idolorum 292 

LXXIÏ. — De Musca et Araiiea 293 

LXXIII. — De quodam Pictore et Diabolo 293 

LXXIV. — De Fatuo salsas carnes coraedente 294 

LXXV. — De Rege Grœciœ et Fratre suo 294 

LXXVI. — De quodam Sene œgrotante 295 

LXXVIL — De quatuor Sociis in eodem hospitio ....... 295 

LXXVIII. — De quodam Fratre et Ave cantante 293 

LXXIX. — De Murilego candelam accensam portante 296 

LXXX. — De Diabolo terrificato a quodam Eremita 296 

LXXXI. — De Juliano apostata et Diabolo 2% 

LXXXn. — De quodam Monacho et Dracone 297 

LXXXIII. — De Noverca et Privignis suis . 297 

LXXXIV. — De quadam Puella et quodam Leccatore 298 

LXXXV. — De Milite quodam régis Ludovici 298 

LXXXVI. — De quodam Sancto et Fratribus suis loquentibus. . 298 

LXXXVII. — De Sancto Paulo et Vipera 299 

LXXXVin. — De Diabolo et de Eremita et ejus Paire interfecto . 299 

LXXX IX. — De quodam Sapiente et de Nepotis sui Magistro . . 299 

XG. — De Sancto quodam se fatuum simulante. ..... 300 

XCL — De quodam Judice et abbate Moyse 300 

XGIl. — De Muliere Serpentem pariente 300 

XGIII. — De quodam Episcopo et quadam Vetula 301 

XGIV. — De quadam Meretrice et ejus Filia 301 

XCV. — De beato Bernardo Glaravallensi moriente 301 

XGVI. — De Tortuca et Aquila 302 

XCVII. — De Salamandra et Musca 302 

XGVIII. — De quodam Slullo ad suspendendum condemnato. . 302 

XCIX. — De Vulpe se mortuam fmgenle 303 

G. — De quadam Muliere lactucara comedenlc 303 

GI. — De Gornice alienis plumis ornala 303 

- GlI. — De Philosopho quodam spuente in barbani Régis. . 304 

GUI. — De Sancto Basilio et quodam Eremita 304 

GIV. — De Divite et Ganibus suis 305 

GV. — De Legisla simulante se non posso loqui 30o 

GVI. — De Gaseo, Muribus et Murilego 30o 

GVIÏ. — De quodam Eremita somnum impétrante 306 

G VIII. — De quodam Ha?rede ab Usurariis Judœis exhœre- 

dalo 306 

GIX. — De donio Rt»ligJosorum depauperata 306 

GX. — De quodam Fratre semper orante 307 

GXI. — De Glerico paupere et quodam Magistro 307 

GXII. — De quodam Paupere et quodam Divite 307 



TABLE DES MATIÈRES. 475 

Pftget. 

CXIII. — De quadam Vetula et quodam Archiepiscopo . . . . 307 

CXIV. — De Cadavere, Canibus et Corbellis 308 

CXV. — De Seiie, cui Angélus judicia Dei ostendit 308 

CXVL — De Abbate qui unum oculura amisit 309 

CXVII. — De quodam condemnato ut oculos amitteret. ... 3iO 

CXVIII. — De Cœcis et Porto 3i0 

CXIX. — De quodam Feneratore et Sanclo Laudomaro • . . 310 

CXX. — De Puella de Fonte Ebraldi et de Rege Angliœ. . . 3i1 

CXXI. — De quadam Puella advocata a beata Virgine. ... 311 

CXXII. — De beato Bernardo a quadam Domina hospitato . . 312 

CXXIII. — De Archita ofTenso a Serviente 312 

CXXIV. — De Cerva et Fœtibus suis derelictis 312 

CXXV. — De Mustela et Basilisco 312 

CXXVI. — De quodam Cisterciensi et Salvatore 313 

CXXVII. — De Corvo et Elia 313 

CXXVIII. — De Abbate et Juvene ad religionem transeunte. . . . 313 

CXXIX. — De Abbate Pauli simplicis 314 

CXXX. — De beato Machario et Diabolo pixides déférente . . 314 
CXXXI. — De quodam Sacerdote et Puella defuncta et dam- 

nata 315 

CXXXII. — De quodam et Filio suo blasphémante 315 

CXXXUI. — De quodam et Filio suo furante 316 

CXXXIV. — De Ranula et Mure 316 

CXXXV. — De Venatoribus et Elephante.. 316 

CXXXVI. — De quodam Episcopo Sardiniîo et quodam Saraceno. 317 
CXXXVII. — De quodam ad suspendium ducto et liberato ab 

Amico 317 

CXXXVIII. — De quodam Unicorni et quodam Homine 318 

CXXXIX. — DeDivilis mortui funere.. 319 

CXL. — De Lignis qua»rentibus regem 319 

CXLI. — De Monachis visiones suas narrantibus 320 

CXLII. — De beato Antonio et laqueis mundi 320 

GXLIII. — De Constantio et quodam eum despiciente 320 

CXLIV. — De quodam Claustrali et de Abbate et Sociis suis. . 321 

CXLV. — De Viro et Txore se ipsos suspendere statuentibus . 321 

CXLVI. — De Elia et Junipero 322 

CXLVII. — De duobus Monachis tentatis et abbate Apolline . . 322 
CXLVni. — De Diabolo mittente sagittam in quemdam Mona- 

chum 323 

CXLIX. — De Corpore Christi et quadam Muliere 324 

CL. — De Renaldo et Isingrino inflato 324 

CLL — De quodam Barbât ore et de Feneratore 325 

CLIL — De quodam Milite et Bavilo suo 325 

CLIIL — De Régis et Religiosi colloquio 325 

CLIV. — De Muliere pulchra, Sponso suo et quodam Leproso. 325 



416 * TABLE DES MATIÈRES. 

CLV. — De quodam mare transi turo. 326 

CLVI. — De Aranea, lela sua et vento 326 

CLVII. — De Musca 326 

CLVUI. — De Antilope et Venatoribns 327 

CLIX. — De Scrabonibus et Sterqailinio 327 

CLX. — : De fratris Francisci parabola 327 

CLXI. — De Caseo, muscipula et Muribus 327 

CLXII. — De quodam Episcopo et Nepolulo suc 328 

CLXI IL — De quodam Eremita crasso et Angelo suc 328 

CLXIV. — De Rustico et Asino in fimum caso. 328 

CLXV. — De quodam Eremita et tribus Fratribus 329 

CLXVL — De quodam Monacho benefîco 329 

CLXVII. — De quodam Monacho et Pâtre ejus 329 

CLXVIÏl. — De beata Vilaine et Matronae Puero flente 330 

CLX IX. — De quadam saucta Religiosa 330 

CLXX. — De Petro Abelaido et Religiosis 332 

CLXXI. — De Milite aegrotante et quodam Religioso 332 

CLXXIL — De Davide et Servo .«g>ptio 333 

CLXXIII. — De quodam Fratre vitam angelicam ducere volente. 333 

CLXXIV. — De abbate Antonio et quodam Venatore 333 

CLXXV. — De Johanne Evangelista et Perdice 334 

CLXXVL — De magistro Adamo verberato . , 334 

CLXXVIL — De Formicis et eainim Rcge 334 

CLXX VI II. — De Lignis regem quœrenlibus 335 

CLXXIX. — De Solitarii visione 335 

CLXXX. — De Milite et Serviente suo 335 

CLXXXI. — De magistro Parisiensi Thoma et ejus Executore. . 336 

CLXXXII. — De quodam Clerico ileute et abbate Bernardo . . . 336 

CLXXXIIL — De Ilierbnimo cœso et dimisso 337 

CLXXXIV. — De sanclo Martyre et Tyranno 337 

CLXXXV. — De quodam Theologo constituto jucfice 338 

CLXXXVI. — Do Operibus hominum •. 338 

CLXXXVIl. — Do Aristotele cuidam Seculari post mortom appa- 
rente ... 330 

CLXXXVHI. — De quodam Legisla in extremis laborante 339 

CLXXXIX. — De duobus Ephesiis et Joanne apostolo 339 

CXC. — De magistro Serlone et Socio suo post mortem ei 

apparente 341 

CXCI. — De cujusdam Senis visionibus 341 

CXCII. — De quodam Abbate rogitante Deum 342 

CXCÏII. — De tribus Viris .342 

CXCIV. — Do cujusdam Senis vorbo 342 

CXCV. — Do quodam Eremita, Cadavere ot duobus Angelis. . 343 



TABLE DES MATIÈRES. 477 
VERS CITÉS PAR EUDES 

DANS SES FABLES. 

Paget. 

§ I. — Antiquité 344 

§ 2. — Moyen âge 344 

P Vers léonins 344 

2° Vers rythmiques 345 

3® Vers léonins et ryHimiques 34o 

4<» Vers ordinaires 346 

VERS CITÉS PAR EUDES 

DANS SES SERMONS SUR LES EVANGILES DES DIMANCHES 



« 



§ 1. — Antiquité 347 

ji 2. — Moyen âge 340 

!«• Vers léonins 349 

2® Vers ryttimitiues 3o3 

3° Vers léonins et rylhmi(jues 353 

4*» Vers ordinaires 334 



EX ODOxNE DE CERITONA 

TAM COMPILAT.*: QUAM IMITATifi FABUL.+:. 

ODONIS DE CERITONA FABULIS ADDITA 

COLLECTIO PRIMA. 

I (XXXV). — Qualiter Rex animalium congregavit omnia ani- 

malia coram eo et prœcepit eis ut omnia 

oscularentur ad invicera 361 

II (XXXVI). — De duobus Vicinis terras confines habentibus. 361 
m (XXXVIl). — De duobus solutis Militibusin eadem villa habi- 

tantibus 362 

IV (XXXVIII). — Do quodam Patrefamilias quemdam (sic) Aspi- 

dem liabente domesticum 363 

V (XXXÏX). — De beato Gregorio solitariam vitam peragente, 

liabente Ursum mansuetum 364 

VI (XL). — Exemplum Anselmi super eodem 364 

Vn (XLÏ). — DeAsinonolentevenireadparliaraenlumLeonis. 365 
VIII (XLII). — De quodam Rege infîrmo, cupiente scire si su- 
per hoc moreretur 366 

IX (XLlIli. — De quodam sancto Heremitaurente digitos suos 

ob causam fornicationis evitando? 367 



418 TABLE DES MATIÈRES. 

X (XLIV). — De Clerico luxurioso dimiltente fornicari in 

(|uadam vigilia beatie Mariœ propter amo- 
rem ejusdem 368 

XI (XLV). — De duobus Scolaribus sepulchrum Ovidii adeun- . 

tibus propter eruditionem 308 

XII (XLVI). — De quodam Milite latrone, converso per quem- 

dam sanctum Ëpiscopum 369 

XIII (XLVII). — De quodam, opère manuali velud Orthala- 

ims {sic) vivenle 370 

XIV (XLVIH). — De quadam Matrona, quœ ab -omnibus sancta 

prwdicabatur 370 

XV (XLIX). — De quodam Sacerdote, sompnicntequod puteus 

profundissimus erat ad pedes ejus cilicio 

coopertus 371 

XVI (L). — De Muliere adulterina mortua, filio Sacerdoti 

apparenli 372 

XVII (Ll). — De quodam Divite, pauca cum pauperibus com- 
municante et ob hoc bonorumsuonim detri- 

mentum patiente 372 

XVIII (LU). — De quodam Pâtre duoram (ilionim, divite et 

valde cupido 373 

XIX (LUI). — De quodam Milite inllrmitate detento, qui suum 

Armigerum executorem suum constituit, etc. 373 

XX (LIV). — De quodam contemplationi dedito, desiderante 

super omnia scire quid esset Deo accepta- 
bilius, cui Sathan apparet 374 

XXI (LV). — De quodam Ganonico seculari et Filia cujusdam 

Judœi luxuriose adamantibus 374 

XXII (LVI). — De quodam Heremita contra Dominum murmu- 
rante, quia vilam iniquorum in hoc seculo 
fsse prosperam et vitam bonorum adversam 

rommuniter aspicit 376 

XXIII (LVIIj. — De quadam contentione inter Aquilam et Ra- 

lum 378 

XXIV (LVIU). — D.î duobus Serp^nlibus debellantibus et quo- 
dam Milite uni eorum adjuvante 381 

XXV (LIX). — Do Mure volente filiam suam dosponsare. . . 384 



ODONIS FABILIS ADDITA 

COLLECTIO SECLNDA. 

1 (LXXXIX). — D(M]uodam Filio Divitis olauslrum intrante. . 387 
II (XC). — De quodam {sic) arbore in parti bus Indeo», quœ 

m.'pce dicitur Peredixon 387 



TABLE DES MATIÈRES. 479 

Pages. 

III (XCI). — Qualiter Rusticusinvi talus fuit a Domino suo ad 

convivium 389 

IV (XCIÏ). — De Muliere non contenta pulchritudine sua. . 389 

V (XCII*). — De Murilego pulchro et pingui 390 

VI (XC11»>). — De abbate Athanasio et Muliere 391 

VII (XCII»). — De abbate Arsenio et Matrona 391 

VIII (XCI1«*). — De sancto Hilario et quadam Muliere 391 

IX (XCIII). — De bealo Machario abbate in cella sua résidente. 392 

X (XCIII»). — De Juliano Apostata 392 

XI (XCIV). — De Muliere delicala et pigra 392 

XÏI (XCV). — Homo quidam monuit filium suum ut faceret 

sibi amicos 394 

XIII (XCVI). — De quatuor Generibus arborum 395 

XIV (XCVII). — De quadam Puella potente et ditissima qua? 

regnum possedit, etc 39(» 

XV (XCVIII). — Dequodam Solitarioperviamtransiente(s(c)etc. 398 
XVÏ (XCIX). — De quadam Muliere totam vilam suam aperiente 

suo Confessori 39B 

XVII (C). — De virtute confessionis; qualiter vicitDiabolum. 399 
XVIII (CI). — De Filia cujusdam Judaci, qua» a quodam Chris- 

tiano amore fatuo amabatur 399 

XIX (Cil). — De quodam Fatuo carcori mancipato ..... 400 

XX (CIII). — De quodam noviter Con verso 400 

XXI (CIV). — De quadam bestia qua^ vocatur llarpia. ... 401 

XXII (CV). — Philosophus narrât quod quidam amissis tribus 

liberis, etc 401 

XXIII (CVI). — De Scorpione , 402 

XXIV (CVII). — De duobus Gemellis a^grotantibus 403 

XXV (CVII*). — De Viro et Uxore 404 

ODOMS FA BU LIS ADDITA, 

COLLECTIO TERTIA. 

I.NCIPIT TRACTATUS DE DIVERSIS FABULIS 403 

I (I). — Primo de Pellicano 405 

II (XXXVII). — De Lupo et Sacerdotc 406 

III (XXXVIII). — De Salamandra 406 

IV (XXXIX). — De Mure et Rana 406 

V (XL). — De'Reynardo et Lupo. 407 

VI (XLI. — De quodam Milite et quodam Roligioso. . . . 407 

VU (XLII). — De Venatore.et beato Antonio 40S 

VIII (XLIH). — De Magislro et Serviente 408 

IX (XLIV). — De Heremila juveni 409 

X (XLV). — De Domino et Famulis 409 



480 TABLE DES MATIÈRES. 

XI (XLVI). — De vaiia gloria, arrogantia et superbia 409 

XÏI. (XLVlï . — De Asino pelle Leonis iiiduto 410 

XIII (XLVIII). — Nota de Symea [et Mercatore] 410 

XIV [\\A\), — Item de Symea et Pullis 411 

XV [L\ — Do Leone etAsino 411 

XVI [Uk — De Cervo ad fontem 412 

XVll (LU . — DeOnagro et Asino 412 

XVllI (Llin. — De Leone et Vulpe 412 

XIX iLVl . — De Asino [onusto sale et postea spongia.. . . 413 

XX (LVll). — De Asino [et Hortulano] 413 

XXI (LVÏIl). — De Leporilms et A(juilis 413 

XXII (LIX). — De Aquila et Columba 414 

XXIII (LXn. — De Asino [et Merula] 414 

XXIV (LXin. — De Asino [et Cancris] 414 

XXV (LXIIIV — De Sue et Leœna 414 

XXVI iLXIV. — Do Lupo et Edo 415 

XXVII (LXV). — De;Anuef', Medico 413 

XXVIII (LXVP. — Do Vospa et Serpente 415 

XXLX (LXVII). — Do Leone, Vulpe et Ltso 416 

JOHANMS DE SCHEPEYA FABULit), ETC. 

Ex lAlU'LIS ESOIM SAPIENTIS, MllI MORALIS, QUAS TRANSTCLIT ROML'LUS 

yl'IDAM IN LATIMM. 417 

1. — Lupus ot Agnus 417 

IL — Mus ot Hana 417 

III. — Qiuis per llumen oarnom ferons 418 

IV. -- Vaoca, Capra, Ovis ot Loo 418 

V. — L«M>, Lupus ot Vulpos 418 

VI. - Lupus ot (irus 410 

VIL — Vulpos ot Corvus 419 

VIII. — Cornicula suporha ; 419 

L\. — (iraoulus et Pavo 420 

X. — iMïnuioa ot Musca 420 

XL — Hana rupta ot Bos 421 

XII. — Kquus ot Asinus 421 

XIIL — ('.«Tvus ad fontem 421 

XIV. — Asinus ot Loo 422 

XV. — Tortuoa et Aquila 422 

XVI. — .Vranoa, Musca ot ventus 422 

XVII. — Litîua roj:oni oligonlia 42»i 

XVIII. — .\vos roj^'om oligentos 423 

XI \. — Aranoa, Musca ot Burdo 424 

XX. — Vulpos esurious ot Tiallinn' 424 



\ 



TABLE DES MATIERES. 481 

XXI. — Vulpes ot Ovt's 4*24 

XXII. — Ovis alha, Ovis nigra, Asiiius et Hircus 42.*» 

XXIII. — Mus et Catus . v.42d 

XXIV. — ColumlKi» of Aquila * . 42ft 

XXV. — Corviis ef Columha 420 

XXVI. — Tralia et Hufo 427 

XXVII. — Dives e! Vitliia» Va«-ca 427 

XXVIII. — Milvus et Perdioiini tuiieus 428 

XXIX. — Foiiiiicîv el Sus 428 

XXX. — Duo Socii, fallax, verax, et Simi.e 428 

XXXI. — Asiiius Domino Mandiens 429 

XXXII. — Simia et Vulpes 42» 

XXXIII. — Asinus et Porcus 430 

XXXIV. — Gueula et Burnela 430 

XXXV. — Vulpes et Nauta 431 

XXXVI. — Serpens et Homo 431 

XXXVII. — Léo, Vulpes et Lupu< excoriatU'* 431 

XXXVIII. — Lfporarii, Masiivi f't Lupi 432 

XXXIX. — Atiuila extM»cala et Corvus 432 

XL. — Léo senex, Aper, Taurus et Asimis • 433 

XLl. — Aves, Quadrupèdes et Vespertilio 433 

XLII. — Simia et Nuces 434 

XLIIl. — Lepores el Hanje 434 

XLIV. — Mous parlurien** 434 

XLV. — Testudo et Cornua sua 434 

XLVL — Formica el Cieada 4.3H 

XLVII. — Arri|>iter et Milvus 435 

XLVIII. — Mus domestica et rampesiris 435 

XLIX. — Canis et Lupus 436 

L. — Lu|His et Vulpt'S in lardario j, 437 

LI. — Busanlus et Aceipiler 437 

LU. — Ardea et Aipiila 438 

LUI. — Buhort L.'pus ^ 438 

LIV. — Léo, Lupus et Sus 43fl 

LV. - - Serabo et ejus l'xor 439 

. LVl. — Ydius et Cooodrillus 440 

LVIL — Vespa et Aranea .- 440 

LVIIL — Vulpes et Catus 441 

LIX. — Vulpes et Lupus in puleo 441 

LX. — Inranlator 442 

LXI. — Philippus fatuns 4W 

LXIL — Ludus Sraceorum 443 

LXIII. — Testudo el Domus sua 444 

LXIV. — Simia et bini Fu'tus 444 

LXV. — L«H) et Inicornis 445 

31 



4S2 TABLE DES MATIKRES. 

LXVI. — Homo et Arbores 446 

lAVII. — Vulpes et Gallus 446 

LXVIU. — Oves et Lupi 447 

LXIX. — Lupus, Sus et Pnrc(;lli 447 

LXX. — Lupus et Lepus 448 

LXXL — Itsus et Lupus 4*0 

LXXIL — Cfistîus, Mus et Catus 450 

LXXIIL — Aquila et Pulli sui 430 

Liste alp uauktiqce des fables et parabolks frôl 



IMPRIMÉ 



PAR 



FIUMIN-DIDOT ET C'^' 



56, rue Jacoh, 56 



PAHIS 





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