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Full text of "Les littératures populaires de toutes les nations; traditions, légendes, contes, chansons, proverbes, devinettes, superstitions"

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LITTERATURES POPULAIRES 



TOME XIV 



■y- PVMr 



LES 



LITTÉRATURES 



POPULAIRES 



TOUTES LES NATIONS 



TRADITIONS, LEGENDES 

CONTES, CHANSONS, PROVERBES, DEVINETTES 

SUPERSTITIONS 

TOME XIV 






PARIS H 



MAISONNEUVE ET C' 

25, QUAI VOLTAI 
1885 

Tous droits réservés 




RIMES 



JEUX DE L'ENFANCE 



RIMES 



JEUX DE L'ENFANCE 



E. ROLLAND 




PARIS 
MAISONNEUVE ET C'% ÉDITEURS 

25, QUAI VOLTAIRE, 25 
1883 



Tous droits réservés 



AVANT-PROPOS 



) N peut dire de la Littérature populaire qu'elle 
est vaste et mystérieuse comme la lande dont 
parle la chanson : 

C'est la lande dont le tour, 

Pour être fait, veut tout un jour : 

C'est la lande où sont mes amours. 



Elle est, en effet, immense, et les nombreux travaux 
qu'on a publiés jusqu'à ce jour sur ce sujet ne sont 
rien auprès de ceux qu'une enquête plus minutieuse et 
généralisé'^ aiï monde entier nous réserve pour l'avenir. 



AVAKT-PROPOS 



Les problèmes que cette science nouvelle soulève sont 
d'une telle complexité, que les plus savants en ces 
matières se sont généralement abstenus d'en proposer 
la solution. 

De toutes les parties du Folklore, celle dont on 
débrouillera le plus difficilement les origines est la 
Littérature des Rimes et Jeux que les enfants se 
transmettent depuis les temps les plus reculés, qui est 
la seule qui les amuse, la seule qui convienne à leur 
développement mental, et qui diffère si complètement 
de ce que nos pédagogues utilitaires veulent à toute 
force leur enseigner. 

On ne se rendra compte de la genèse de la tradition 
enfantine que quand chaque peuple aura recueilli et 
classé la sienne. La France a, jusqu'à présent, ap- 
porté peu de matériaux à cet édifice de V avenir ; en 
publiant ce volume bien incomplet, nous avons voulu 
simplement attirer l'attention che::^ nous sur ce genre 
de recherches, et les faciliter en présentant un essai de 
classification. 

Notre livre sera sans doute bien accueilli des 
savants qui étudient la démopsychologie, mais nous 
croyons pouvoir arriver aussi à un public beaucoup 
plus nombreux; nous voulons parler de foutes les 
personnes cultivées qui se souviennent d'avoir été 
jeunes, et qui ne retrouveront pas sans émotion les 
phrases au balancement sonore et cadencé, au sens 
vague et inachevé, qui les ont charmées au temps 



AVANT-PROPOS 



m 



lointain de leur enfance, car, comme l'a dit un 
poète messin, proche parent du collectionneur de ces 
rimettes : 

Est-il une rive 
Où jamais n'arrive 
La rumeur plaintive 
Des jours écoulés ? (i) 



Eus;. Rolland. 



Avril (gentil) 18S3. 



(i) Adolphe Rolland, Souvenirs. Meti, iSj6. 



BERCEUSES 



■'■^w- 







BERCEUSES 



a) Dodo, l'enfant do, 
Dodo, l'enfant do, 

L'enfant dormira bientôt (var. : tantôt) (i). 

b) Dodo, l'enfant do, 
L'enfant dormira, ma mère ; 
Dodo, l'enfant do. 
L'enfant dormira tantôt. 

MeurlJie-et-Moselle. Comni. par M. Gérard. 

— L'enfant dodo, 
Dodine, dodo. 



(i) L'air et les paroles de cette berceuse sont bisii connus 
dans toutes les provinces du Nord de la France. 

Voir sur les berceuses en général, et les berceuses du Lan- 
guedoc en particulier, la remarquable ctude de MM. Montel et 
Lambert, Chants populaires du Languedoc, iSSo, pp. 17 et suiv. 



RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Dodinon, dodinette. 

Pou' le pitiot {ou pour la petite) 

Qui fait son dodo. 

Cole-d'Or. Comm. par M. H. Marlot. 

. — Dodo minette, 

Où sont nos fillettes ? 

Elles sont à la messe. 

Quand reviendrout-elles î 

Lundi, mardi, mercredi, c'est fête; 

Elles reviendront peut-être. 

Pays messin. 

\. — Dodo poupette, 

Là vau (où) sont nos petites fillettes ? 

A la violette. 

Fâtes vo dodo. 

Dodo, tire lire lire, 

Dodo, l'enfant do. 

L'enfant do et l'enfant voille (veille). 

L'enfant feré (fera) son dodo. 

Dodo, tire lire lire. 

Dodo, l'enfant do. 

Ma iilôchc (Hcucte-Saône) . 

— a) Dodo minette. 

L'enfant Perette ; 
Maman al' est allée à cli'bou', 
Al' rapportra ein t'chou fagou 
Pour caufer les pieds d'nou t'chou. 

Picardie. Corbkt, Glossaire du patois picard. 



BERCEUSES 



h) Doudou ninette, 
Tiou l'enrant Pcrette; 
Maman al' est allée à ch'bos, 
Pour leu3'ei' ein tiot fagot 
Pour caufer el cul de ch'tiot. 

Pi'cnrclie. Corblet, Glossaire du patois picard . 

c) Dodo nineite, 
Raccachez Babéte. 
Babéte n'est point ichi. 
Al est d'allé à no courîi 
Ramasser des puns pourris 
Et des poires blétes. 

Pour tiéce ? 
Ch'est pour l'enfant qui dort ichi. 

Valt:,cie::nes. Hécart, Dicl. rouchi, 

6. — Do do, l'enfant do, 

L'enfant dormira tantôt. 
Une poule blanche 
Est là dans la grange, 
Qui va faire un petit coco 
Pour l'euiant qui va faire dodo. 
Do do, dormez poulette, 
Do do, dormez poulot. 

Berry et Limousin. 

7. — J'ai z'une poule dans ma chambre 

Qui pond et qui chante, 
Qui fera des p'tits cocos 
Aux enfants qui feront dodo. 



6 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



Dodo ma petite poulette, 
Dodo mon petit poulot. 

Environs de Lorient. 



■è. — o.) 



Fais do-do, Co - lin mon p'tit frè - re ; Fais do - do, t'au- 



ras du lo - lo. Pa - pa est en haut qui prend sou re- 



pos. 



Ma - ruan est en bas qui prend sou re - pas. 



Fais dodo, 

Colin nion petit frère ; 
Fais dodo, 
T'auras du lolo. 
Papa est en haut 
Qui prend son repos. 
Maman est en bas 
Qui prend son repas. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

l) Fais dodo 

Colin mon p'tit frère ; 
Fais dodo. 
T'auras du lolo : 



BERCEUSES 



Du lolo 

De la laitière, 

Du lolo de son grand pot. 

Papa est en haut 

Qui fait le lolo, 

Maman est en bas 

Qui fait le colat. 

Bouilly (Loiret). Comm. par M. J. Poquet. 

c) Fais dôdô, 

Colin mon p'tit frère ; 
Fais dôdô. 
Tu auras du lolo. 
Papa est en bas, 
Maman est en haut 
Qui fait de la bouillie 
Pour l'enfant qui crie. 

Seine-ct-Oisc. 

d) Fais ton dodo. 

Colin mon p'tit frère ; 
Fais ton dodo. 
Maman est là-haut 
Qui fait la bouillie 
Pour l'enfant qui crie ; 
Tant qu'il criera 
Il n'en aura guère. 
Tant qu'il criera 
Il n'en aura pas. 

Saôm-et-Loire . 



RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



e) Fais dodo 

Mon p'tiv poulot 

Fais dodo 

l'auras du lolo. 

Maman est en haut 

Qu'ai' fait du lolo ; 

Papa est en bas 

Qui casse tous les plats. 

Boulogne-sur-Mer . Coram. par M. E. Deseille. 

f) Fais dodo 

Nicolas miu p'tit frère, 
Fais dodo 
T'auras du lolo ; 
Papa est parti au bos 
Et maman au moulin, 
Chercher del farine 
Pour faire du painpain 
A ch' petit colin. 

Boiiloit'uus. Comm. par M. Deseille. 



Dors, niein p'tit quiuquin, 
Mein p'tit pouchin, 
Mein gros rougin ; 
Si tu n'dors jusqu'à demain 
Tu m'feras du chagrin. 



Lille. M""= Froment, Marthe Blonde!. 



Tête à tête. 
Tête-bêche, 



BERCEUSES 



Au berceau, 

Dodo, dodo, mon poulot. 

Où es-tu né ? 

Dans un fossé. 

Qui t'y plaça ? 

Un vieux chevâ. 

Qui t'en sortit ? 

Une brebis qui crie : 

Ma mère, béée I 

Apportez-moi du lolo 

Pour la soupe à mon poulot, 

Là-bas dans un petit pot. 

Etc. 

P. Bknchemain, La Fricassée 
cro!estillc:inée (notes). 

II. — a) Somm' somm' somm' ne veut pas venir 

Endormir le petit fils ; 
Somm' somm' somm' ne veut pas venir 

Endormir le petit fils. 
Somm' somm' soniui', oh ! venez donc 

Endormir le petit garçon. 

Enrirotis de Loiieni. 

h) Dodo soun soun. 

Le petit vôut tant durmir, 
Soun, petit soun ne po pas venî. 
Soun soun, vène vtne, 
Soun soun, vène doun. 



Creuse. Comra. p.ir M. F. Vincent. 



RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



— a) Dôdô poulette, 

Saint' Catherinette, 
Endormez mon p'tit enfant 
Jusqu'à l'âge de quinze ans. 
Quand il aura quinze ans passés 
Il sera bon à marier. 

Seine-et-Oise. 

b) Dodo Liline, 
Sainte Catherine, 
Endormez nos petits enfants 
Jusqu'à l'âge de quinze ans. 
Quand quinze ans seront arrivés 
Il faudra les marier. 

Gâtinais. Comm. par M. J. Poquet. 

c) Sainte Marguerite, 

Qui êtes vierge et petite, 
Endormez-moi cet enfant 
Jusqu'à l'âge de quinze ans, 
Qu'il dira papa, maman. 

Meurthe-et-Moselle. Comm. par M. II. Gérard. 

13. — Les p'tites filles du bas du pont 
Portent la laine, portent la laine ; 
Les p'tites filles du bas du pont 
Portent la laine à leurs jupons. 

Si elles portent, je 1' ferai aussi, 
Tout autour, tout autour; 



BERCEUSES 



II 



Si elles portent, je 1' ferai aussi 
Tout autour d' mou habit gris. 



14. 



Environs de Lorient. 



Bon - soir, ma - dain' la Lu - ne. Que 



fai - tes vous donc là ? J' fais mû - rlr des 



pni 



Pour tous ces 



fants - là 



Bonsoir, madame la Lune, 
Que faites-vous donc là? 
J' fais mûrir des prunes 
Pour tous ces enfants-là. 

Bonjour, monsieur le Soleil, 
Que faites-vous donc là ? 
J' fais mûrir des groseilles 
Pour tous ces enfants-là. 

Seiiie-el-Oise. 



Bin bau bon, 
Bouni bouniclion. 



RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



Ç'ost demain la féîe à Resson 
Pou lai feaiuie de le Jean- Galon 
Qia'é tros petits afanons. 
L'un crie, 
L'autre brâcbe ; 
L'aute demande de la soupe à là ; 
L'aute dit qu' ce ne seré jemâ fâ. 
Bin ban bon, 
Bouni bounichon. 

Menu. Cordier, Coumédies en 
patois meusien. 

i6. — Ma Ion la 

Les enfants sont là ; 
La vache est rentrée à l'étable. 
Ma Ion la, 
Ave Maria 
L'AtigeUis les endormira. 

Bretagne. P. Féval, Annettt Lais. 




II 



JEUX ET FORMULETTES 

POUR AMUSER LES TOUT PETITS ENFANTS 




II 

JEUX ET FORMULETTES 

POUR AMUSER LES TOUT PETITS ENFANTS 



I. — LES >URI0NNETTE6 

a) Minine (i) à papa, 
Minine à maman, 
Minine à l'enfant. 

Oh ! la belle minine à l'enfant, 
Oh I la belle minine ! 

Seine-ci-Oise. 

b) Menette à papa, 
Menette à maman. 



(i) ^lim'ne, petite main, menotte. — La p£r£o;ine qui chante 
cette formulette pour amuser un petit enfant lève les deux mains 
en l'air et en fait voir le dessus et la paume alternativement, par 
un mouvement assez rapide. 



j6 rimes et jeux de l'enfance 

Menetîe à tout le monde. 
Ah 1 la belle menette que j'ai, 
Ah ! la belle menette 1 

Bresl. Coram. par M. L. F. Sauvé. 

c) Ah 1 les belles menottes que j'ai I 
Menotte à papa, 

Menotte à maman. 

Menotte à l'enfant. 

Ah 1 les belles menottes que j'ai, 

Ah 1 les belles menottes ! 

Boulonnais. Coram. par E. Deseille. 

d) Jésus pour papa, 
Jésus pour maman, 
Jésus pour mon petit frère, 
Jésus pour ma petite sœur, 
Jésus pour tout le monde. 
Bonsoir, petit Jésus ! 

Boulonnais. Comm. par M. E. Deseille. 



Dan-sez, dau-sez, bel-l' main, Vous au - rez du 



gâ-teau de - main. Ah ! la bell' main, la me- 



iiet - te, Ah ! la bell' main que j'ai ! 



JEUX ET FORMULETTES I7 



Dansez, dansez, bcU' main, 
Vous aurez du gâteau demain. 
Dansez, dansez, bell' main. 
Vous aurez du gâteau demain. 
Ah ! la beir main, la menette, 
Ah ! la beir main que j'ai ! 

Environs de Lorlenl. 

f) Ainsi font font font 

Les petites marionnettes ; 
Ainsi font font font 
Un petit tour (i) 
Et puis s'en vont. 

2. ■ — FORML'LETTriS DU VISAGE 

a) — Pan ! pan ! (On met un doigt sur le front de 

[l'enfant.) 

— Qui est là ? (On met un doigt sur le menton.) 

— C'est moi. (On met un doigt sur nne joue.) 

— Entrez. (On met un doigt sur l'autre joue.) 

— Par où ? {On met un doigt sur le ne^.) 

— Par là. (On met un doigt dans la bouche.) 

Paris. 

b) Menton de buis, 
Bouche d'argent. 
Nez de kankan. 
Joue frillée, 



(i) Variante : Trois petits tours, — Formu'ette connue par- 
tout. 



RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



Joue brûlée, 
P'tiot luyot, 
Gros luyot, 

Toque sur le mayot. {On frappe sur la tête.') 
Saôiie-et-Loin. 

c) Menton rond. 
Bouche d'argent, 
Nez de cancan. 
Joue rôtie. 
Petit œillot. 
Gros œillot. 
Toc meillot. 

Mantoche (Hautc-Saôm). 

d) Nez cancan. 
Bouche d'argent. 
Menton de buis, 
Joue brûlée. 
Joue rôtie. 
Petit euyet. 
Grand euyet, 
Toc, toc, maillet. 

Etire-et-Loir. 

e) Menton fourchu. 
Bouche d'argent. 
Nez de clinquant. 
Petite joue. 
Grosse joue. 
Petit œillet. 



JEUX ET FORMULETTES I9 

Gros œillet, 

Croque, croque millet. 

Qucrcy. Coinm. par M. J. Dajinard. 

/) Menton fourchu, 
Bouche d'argent, 
Nez cancan. 
Joue bouillie. 
Joue rôtie. 
Œil de Picard, 
Œil de saint Martin, 
Tape, tape, tape sur le robin. 

Finistère. Comm. par M. L. F. Sauvé. 

g) Poitrine de mouton. 
Gorge pourrie, 
Menton de buis. 
Gueule d'argent. 
Nez de clinclin. 
Petit œillet, 
Gros œillet, 
Toque maillet. 

Bouilly (Loiret). Comm. par M. J. Poquet. 

h) Coco trie (le front), 
Mon père cuit (le nei), 
Maman tourne (le menton), 
Moi j'enfourne (la bouche). 

Bouilly (Loirel). Comm. par M. J. Poquet. 



RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

t) Au nom du père (le front). 
Et de la mère (le ne:^. 
Et de l'enfant (l'œil gauche), 
Tout ce qui est bon (l'œil droit) 
S'fourr' là-dedans {la bouche). 

Eure-et-Loir. Conim. par M. J. Poquet. 

j) Au nom du père (le front), 
La salière (le ne^), 
Des pommes de terije (l'oreille gauche), 

Des haricots (l'oreille droite). 
Pour mettre dans le pot (la bouche). 

Bouilly (Loiret). Comm. par M. J. Poquet. 

k) Au nom du père, 
Et de la mère. 
Et de saint Jean, 
D'saint Christophe, 
Fourre dans le cofFre. 

Meurthe-et-Moselle. Comm. par M. H. Gérard. 

/) Au nom du père, 
Des pommes de terre, 
Des haricots. 
Je les apluche. 
Je les fourre dans le pot. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

m) Au nom du pcre (lef '■ont), 
Pistolet (la poitrine), 



JEUX ET FORMULETTES 



Au cabaret (l'épaule gauche) 
Allons boire (l'épaule droite). 

Bouilly (Loiret). Comm. par M. J. Poquct. 

3. FORMULETTES DES DOIGTS 

a) La poule a fait l'œuf. 
Celui-là l'a mis au feu. 
Celui-là l'a tiré, 
Celui-là l'a mangé, 
Et le petit glinglin 
N'en a pas tâté. 

Saônc-et-Loire. 

h) Celui-ci a vu le lièvre, 
Celui-ci Fa couru. 
Celui-ci l'a tenu. 
Celui-ci l'a mangé, 
Celui-là n'a rien eu. 
Il a dit à sa mère : 
J'n'ai pas eu, j'nai pas eu ! 

Lorienl. 

c) Aquest a \i lo lebro, 
Aquel l'o tuado, 
Aquel l'o echcourzado, 
Aquel l'o mindzado. 

Et lou paouré petit que n'en voulio tant (i) ! 
Brive. Comm. par M. G. de Lépinay. 

(i) A ces dernières paroles, on chatouille le creux de la main 
de l'enfant. 



22 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



d) Côuqui o vu lo Ihibro, 
Côuqui l'o attrapado, 
Côuqui l'o eicorchado, 
Côuqui l'o faito queùre, 

Et cou petit chèiti l'o minjado. 

Creuse. Comra. par M. F. Vincent. 

e) Per aquello carreiretto 

Es passado la lehretto (i). 
Aquel que la véset, 
Aquel qui; la tuet, 
Aquel que l'espelet, 
Aquel que l'enastet, 

Et lou pichou-pichou que menavo l'asto, 
Coui ! coui 1 [cridavo : 

Un bouci per mouu payri (2) ! 

Traduction : « Par ce sentier est passé le le- 
vreau; celui-ci l'a visé, celui-ci l'a tué, celui-ci 
l'a écorché, celui-ci l'a embroché, et le petit qui 
tournait la broche criait : Coui ! coui 1 un petit 
morceau pour mon parrain ! » 

Formulette languedocienne citée dans Jônain, 
Dicl. du patois iaititongeais. 

/) Celui-ci a été à la chasse, 
Celui-là a attrapé un lièvre, 



(i) En prononçant ces paroles, la mère promène un doigt dans 
le creux de la main de l'enfant. 

(2) En ce moment, l'on feint de manger le petit doigt. 



JEUX ET FORMULETTES 23 



Celui-là l'a mis dans la marmite. 
Celui-là l'a fait cuire, 
Celui-là l'a mangé. 
Ki ki ki pour le petit garçon. 

Seine-et-Oise. 

g) Celui-ci a été à la pêche, 

Celui-là a attrapé un gros poisson, 

Celui-là l'a mis dans la casserole, 

Celui-là l'a fait cuire, 

Celui-là l'a mangé. 

Ki ki ki pour le petit garçon (i). 

Sehie-et-Oise. 

h) Une petit' souris vert' passait par là, 
Et sa queue traînait par ci (2). 
Celui-là l'attrape. 
Celui-là la plume, 
Celui-là la fait cuire, 
Celui-là mange tout, 
Le p'tit n'a rien du tout ; 
Liche le plat, mon p'tit, liche le plat. 

Environs de Paris. 

i) Lé rétatte é pessé pa tolé, 
L'otet l'é étrapé, 

(i) En disant ces mots, on cliatouille le creux de k main de 
l'enfant. „. , j j , 

(2) En disant ces paroles, on trace avec l'index un rond dans 
le creux de la main de l'enfant, puis on y ramène ses doigts 1 un 
après l'autre. 



24 KI.MES ET JEUX DE L ENFANCE 

L'otet ré pi eu m é, 
L'otet l'é fait tieur, 
L'otet l'é minji, 

Piou, piou, piou, piou (on pince le petit doigt). 
Meurthe-ei-Mosclle . Comm. par M. H. Gérard. 

/) Eu voilà uu qui coupe la soupe. 
En voilà un qui la goûte, 
En voilà un qui la trempe, 
En voilà un qui la mange. 
Voilà le petit glinglin 
Qui arrive trop tard et n'trouve plus rien 
Et fait couin ! 

Mantôche (Haute-Saôtie). 

k) On répète plusieurs fois aux petits enfants, 
en leur passant doucement l'index sur la paume 
de la main en dessinant un cercle : 

La petite fontaine (bis) 
Où les oiseaux vont boire. 

Puis, saisissant successivement chaque doigt, en 
commençant par le pouce, on ajoute : 

Celui -ci l'a pris (le pouce), 
Celui-ci l'a plumé (l'index), 
Celui-ci l'a fait rôtir (le médius). 
Celui-ci l'a mangé (l'annulaire). 
Et le petit n'a rien eu, rien eu (l'auriculaire). 
Poitou. L. Desaivre, Formuleties. 



JEUX ET FORMULETTES 



l) C'ti-lâ bat, 
C'ti-là vanne, 
C'ti-là va au moulin, 
C'ti-là fait l'pain, 
C'îi-là mange tout. 
Mange tout. 

Botilcmnais. Comm. par M. E. Deseille. 

m) V'ià le papa, 
V'ià la maman, 
V'ià le p'tit frère, 
V'ià la p'tit' sœur, 
V'ià le p'tit riquiqui. 
Qui fait de la bouillie 
Dans la ruelle de son lit. 

Scine-et-Oise. 

Il) Voici le père (le pouce), 
Voici la mère (l'index), 

Voici la demoiselle (ou la petite fille) (le 
Voici le fils (l'annulaire), [majeur). 

Et voici le petit rincouincouin (le petit doigt). 

Sahit-Moret (Yonne). 

o) Voilà le petit, 

Voilà le doigt du moineau, 
Voilà le doigt de la bague. 
Voilà le doigt de la bouillie. 
Et voilà le petit marteau des poux. 

Traduit du breton de Lorienl. 



26 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCH 



p) Gros det {le poncé), 
Arridet (l'index), 

Longuedon (pu mousqueton) (le doigt du 
Jean des sceâs (i) (l'annulaire), [milieu). 

Coutelas (ou courtelas) (le petit doigt). 

Guernesey. Métivier, Dict. franco-normand . 

q) Petit poucet, 
Laridet, 

Longues jambes, 
Jean des sceaux, 
P'tit courtaud. 

Boulonnais. Comm. par M. E. Deseille. 

r) Pouzerit (le pouce), 
Dalidet (l'index), 
La casaque (le majeur), 
Jean Moussaoù (l'annulaire), 
P'tit courtaoû (l'auriculaire). 

Deux-Sèvres. B. Souche, Formulettes, 1882. 

s) Poucet, 
Aridet, 

Jean Deschaux, 
Petit courtaud, 
Le riquiqui 
Mange le rôti. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

(i) Celui qui porte le sceau. 



JEUX ET FORMULETTES 2^ 



t) Petit poucet, 
La riquette, 
Jacques fit, 
Jacques sau, 
Petit gourdaud. 

Rouvray-Sniat-Detns (Eure-et-Loir). 
Comra. par M. J. Poquet. 

ji) Petit det, 
Marraelet, 
Frai de tous, 
Lecho poûs, 
Coquo péus. 

Creuse. Cornm. par M. F. Vincent. 

■v) Pichot nanet, 
Anèu espous. 
Pu long que tous, 
Lico-mourtié, 
Cacho-pesou. 

Aniiana prouvsvçau pour 1874. 



à) Quande madame va en campagne, 
Elle va au pas, au pas, au pas ; 
Quande le fils va en campagne, 
Il va au trot, au trot, au trot ; 
Quande le monsieur va en campagne, 
Il va an galop, au galop, au galop. 

Seine-et-Oise. 



28 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



b) A dada (wr. : à cheval) sur mon bidet, 
Quand il trotte, il fait un pet, 
Proutt, proutt, proutt, cadet. 

Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Loiret. 

c) Hue I dada, mon chevalier. 
Quand il va, il fait un pet, 
Proutt ! proutt I proutt ! proutt 1 

Boulogne-sur-Mer . Comm. par M. E. Deseille. 

d) Hue, hue, hue, baudet, 
Comme il trotte il fait des pets, 
Proutt ! proutt ! proutt ! proutt ! 

Boulogne-sur-Mer. Comm. par M. E. Deseille. 

é) Heuye 1 heuye ! à Paris 
Sur le petit cheval gris ; 
Heuye ! heuye 1 à Rouen 
Sur le petit cheval blanc ; 
A Quimper, à Quimper 
Sur un petit cheval vert, 
Bodadoou ! bodadoou ! bodadoou I 

Environs de Lorient. 

f) A Paris, à Paris 

Sur mon petit cheval gris; 
A Melun, à Melun 
Sur mon petit cheval brun ; 
A Montrouge, à Montrouge 
Sur mon petit cheval rouge. 

Environs de Paris. 



JEUX ET FORMULETTES 29 



g) A Paris 

Sur mon p'tit cheval gris ; 

A Versailles 
Sur mon p'tit cheval caille ; 

A Orléans 
Sur mon p'tit cheval blanc. 

Eure-et-Loir. Comm. par M. J. Poquet. 

}y) A Paris, à Paris 
Sur un cheval gris ; 

A Versailles 
Sur un cheval de paille, 
Au pas, au pas, au trot, au trot, au galop. 

Limousin. 

i) Hue, haye, mon âne ! 

A Paris 
Sur mon petit cheval gris ; 

A Orléans 
Sur mon petit cheval blanc; 

A Versailles 
Sur mon petit cheval caille ; 

A Houdan, 
Mon petit cochon ; 

A Chartres, 
Ma petite vache. 
Hup ! hup ! hup ! 

Chartres. 

1) Mon chivàu, 
A la sàu ; 



30 RIMES ET JEUX DE L EXFANCE 



Moun pouli, 

Ou mouli ; 

Mo jument, 

A Benovent; 

Moun petit âne, 

Vài tout quare; 

Moun mulet, 

A Guéret. 

Creuse. Conim. p.ir M. F. Vincent. 

k) A cheval, à cheval 

Sur la queue d'un orignal ; 

A Rouen, à Rouen 

Sur la queue d'un p'tit ch'val blanc; 

A Paris, à Paris 

Sur la queue d'une p'tite souris; 

A Versailles, à Versailles 

Sur la queue d'une grand' vache caille ; 

A Québec, à Québec 

Sur la queue d'une belette 1 

Catiada. Gagnon, Chansons poptilatres 
du Canada, 

l) A Paris, Parin, Parc 

Dans u.n grand petit bateau ; 
De Paris à la Rochelle 
Dans une grand' petite nacelle ; 
Mon cheval n'a point de selle, 
Et mon âne n'a point de bât, 
Et vous voyez comme il va. 
Et vous voyez comme il va. 

Neuchâlrl (Suisse). A. Godet, Les Chansons de 
nos grand'méres. Neuchâtel, 1879, p. 10. 



JEUX ET FORMULETTES 3I 



m) A cheval, mon bidal, 
Sur des pommes, 
Sur des poires. 
Sur des raisins doux, 
Pique le loup I 

Mantôche (Haute-Saône), 

h) a cheval, gringole, 
Mon petit bourguignon, 
Allons en campagne, 
Les Droyons y sont. 
Saute, papon. 

Auxois. Comm. par M. H. Marlot. 

0) A cheval, gendarme, 
A pied, bourguignon. 
Allons à la guerre 
Comme les autres y vont. 
Saute, mon petit poupon. 

Aiixcis. Comm. par M. H. Marlot. 

p) A cheval, ^endarme, 
A pied, bourguignon ; 
Allons à la guerre 
Tous les aut' y vont. 
Prout', prout', prout', cadet. 

Seine-et-Marne. Comm. par M. Ch. Leclerc. 

q) A cheval, gendarme. 
Du pied, bourguignon ; 



32 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Allons en campagne ; 
Les gendarmes y sont. 

Manicche (Haute-Saône). 

r) A cheval, mon maître, 

Des pommes et des calots {noix). 
Au trot, au trot ! 
Au galop, au galop ! 

Enaenville (Loiret). Coram. par M. L. Beauvillard. 

S) A cheval, mon maître, 
Les autres nous appellent, 
Courons vite pour les rattraper. 

Au galop 1 au galop ! au galop 1 

Paris. 

t) A cheval, gens d'armes. 
Partons pour Dijon, 
Allons en campagne, 
Les dragons y sont. 

Loiret. Comni. par M. J. Poquet. 

«) Arri 1 arri ! poutoutou ! 
Vai-t'en querre del sablou. 
Arri I arri ! mon chaval ! 
Vai-t-en querre de la sal. 

Limousin. Annaiia du Ixngadô, 1S77. 

v) Ferre, ferre men poulain 
Pour allaïr à Saint-Germain ! 



JEUX ET FORMULETTES 33 



Ferre, ferre ma pouliche 

Pour allaïr cîs ma nourriclic (r) ! 

Gueniesey. Métivier. 

w) Quand je ferre mon cheval 
Al, 
Je lui donne trois coups 
Ou (2). 

Quercy. Coram. par M. J. Daymard. 

x) Ferre mon cheval nouvel 
Pour demain aller au sel, 
Ferre, ferre mon poulain 
Pour demain aller au vin. 
Au pas, au trot (bis), 
Au galop ! 

Franche-Comté. La Chanson illustrée, lé mai 1869. 

y) Ferre, ferre mon cheval. 

Nous irons t' à l'heure au bal. 

Boulonnais. Comm. par M. E. Deseille. 

:() Drogue, drogue, mon chevau, 
Pour aller à Saint-Fargeau. 
Drogue, drogue, ma jument, 



(i) Selon Métivier, les nourrices, en chantant cette forraulette, 
donnent des claques sous les pieds des enfants. 

(2) Se dit également en frappant la plante des pieds d'un 
enfant. 

3 



34 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



Pour aller à Saint-Amand. 
Drogue, drogue, mon poulain, 
Pour aller à Saint-Martin. 
Drogue, drogue, mou mulet, 
Pour aller à Champcevrais. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

5. — Tourne, tourne, mon moulin. 

Clac, clac, clac, les petits mains. 

Pour amuser un petit enfant, on fait tourner 
devant lui les deux mains autour l'une de l'autre 
en chantant le premier vers; on les fait claquer 
l'une contre l'autre au second. 

Environi. de Lorient. 

6. — MAIN MORTE 

a) On prend la main de l'enfant; on la secoue 
trois fois en disant : 

Main morte ! 

et après la troisième on lui donne une claque sur 
la figure avec sa propre main en disant : 
Pouf! 

b) Main morte, main morte... 
... Dieu l'emporte. 

Saintonge. Jônain, DUt. du patois saintongeais. 



JEUX ET FORMULETTES 35 



c) Main morte, main moite. 
Toc mailloche. 

Seine-et-Marne. Comm. par M. Lcckrc. 

d) Main morte. 

Frappe à la porte. 

Un petit coup pour aller. 

Un petit coup pour venir 

Et un grand coup pour s'en souvenir. 

Finistcre. Comm. par L. F. Sauvé. 

e) Manote, manote, manote, 
Baf, baf, baf. 

Valenciennes. Héc.irt, Dicl. rctichi. 

f) Patte-poulét, patte-poulét, 
Main cont' el nez. 

Valenciennes. Hécart, Dict. rouchî. 

7. — On dit en tapant à plusieurs reprises 
dans la main de l'enfant : 

a) Pinte, chopine, demi-setier, 
P'tit bonhomme, va te coucher, 

Sans souper 
Dans le lit d' monsieur le curé. 
Riquiqui. 

A ces derniers mots, on lui chatouille le creux 
de la main. 

Environs de Paris. 



36 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

h) Cent écus 

Ma vache est vendue ; 
Si tu n'ia prends pas. 
Tu iras en prison, 
Mignon, mignon, mignon. 

Rennes. Comra. par M. A. Oraia. 

c) Cinq sos 
Dins la bourso 
Del counipagnou, 
Minou, minou, minou. 

Bas-Quercy. Comm. par M. J. Daymard. 

d) Tribouillette 
Mon âne qui pette, 
Sa queue qui dresse 
Ton nez au trou. 

Seine-et-Oise. Comm. par M. Ch. Leclerc. 

8. — On promène les doigts sur le corps de 
l'enfant de bas en haut en disant : 

Bète, bête; 
arrivé au cou, on le chatouille en disant : 

Une aiguille 

Je tç pique ; 

Une épingle 

Je te pince ; 

Une agrafe 

Et )' t'attrape. 

Boulonnais. Comm. par M. E. DeseiUe. 



JEUX ET FORMULETTES 37 

9. — a) On caresse avec la main le visage de 
l'enfant du haut en bas en disant : 

Voilà le plaisir I 

Puis on la repasse précipitamment de bas en 
haut, et on dit alors : 

Voilà le déplaisir ! 

F) — Voilà le lièvre qui descend la côte. 
— Voilà le lièvre qui remonte la côte. 

Même jeu. Pays messin. 

10. — On demande à un enfiint en lui mettant 
la main sur le genou : 

— Y a-t-il des clous là? 

— Non, répond l'enfant. 

— Il faut en mettre. 

(Série de coups de poing comme pour enfoncer 
des clous.) On recommence; cette fois l'enfant 
répond : 

— Il y en a. 

— Il faut les tirer. 

(Nouvelle série de coups de poing comme pour 
les retirer.) Si l'enfant questionné répond : « Il y 
a ce qu'il faut, » on n'a pas îe droit de lui donner 
les coups de poing. 



38 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



II. — FORMULETTES POUR FAIRE RIRE UN PETIT ENFANT 
aui PLEURE 

a) Pleure, pleure, 
Ramoneur; 
Ris, ris. 
Petite souris ; 
Ri ras- tu. 

Petit bossu (1)? 

Sehie-et-Oise. 

b) Ris, ris. 
Cote souris ; 

Des carotes et des radis. 
Un p'tit morciau d'char 
Pour apaiser no p'tiot sodar. 

Falenciennes. Hécart, Dici. rouchi. 

c) Jean qui pleure 
Aura du beurre ; 
Jean qui rit 
Aura du riz. 

Finistère. Comm. par M. L. F. Sauve. 

(}) Pleure, pleure. 

Tu auras du beurre ; 

Ris, ris. 

Tu auras d' la bouillie. 

Environs de Lorient. 
(i) A ces derniers mots, on chatouille l'enfant. 



JEUX ET FORMULETTES 



e) Ne brais poent, t'aras du brin d'agache (r). 
Picardie. Corblet, Glossaire picard. 

12. FORMULETTE DU BOBO 

On dit à l'enfant en mettant un peu de salive 
sur son bobo : 

Bourbelin, bourbelète, 
Quand not' cat aura tié d'sus 
I n'y ara pus rien. 

On lui dit aussi : «. T'n âme n'passera point 
par là. » 

VaUnciennes . Hécart, Dict. rouchi. 

13. — PORMULETTES DE l'eMBROUILLEMENT DES PIEDS 

a) Petite poulotte a voulu mettre 
Ses petits pieds avec les miens; 
Mais quand il a fallu les reconnaître, 
Elle a pris les miens pour les siens. 
Petite poulotte, arrangez-vous, 
ReconnaissL^ vos petits genoux. 

Marj' Osborn, Légendes d'Elreiat. 

V) La Guillemette voudrait mettre 
Ses p'tits pénuts avec les miens. 
Ah ! qu'elle les mettra bien, 
La Guillemette, la Guillemette ! 

(i) Brin d'agache, gomme des arbres fruitiers. 



40 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Ah 1 qu'elle les mettra bien, 
Ses p'tits pénuts avec les miens! 

Saintonge. Jônain, Dict. du patois saintongeais . 

c) Louise Guillemette 
A voulu mettre 

Ses petits petons parmi les miens ; 
Quand elle a voulu les reconnaître. 
Elle a pris les miens pour les siens. 

Environs Je Lorient. 

14. — FORMULETTES DU PRÉDICATEUR 

a) Prèclii, prêcha, 

Ma chemise entre mes bras, 
Mon chapeau sur mes cheveux. 
En disant : Bonsoir, messieurs. 

b) Sermoni, sermona. 

Ma chemise entre mes bras, 
Mon chapeau sur mes cheveux, 
SerN'iteur, monsieur. 

c) Prêche, maniquette. 
Mon bonnet sur ma tête. 
Ma chemise entre mes bras. 
Prêchi, prêcha, 

Prêche qui voudra, 
Pour moi je m'en vas. 
Franche-Comlc. Firmin Maillard, Quand j'étais pelit. 



JEUX ET FORMULETTES . 41 



I). — AUTRE FORMVLETTE DU PRÉDICATEUR 

Habete fuies; que la foi habite en vous. Mes 
frères, ces paroles sont de saint Paul. Voilà mon 
premier poing (l'enfant montre sa main fermée) ; 
voici mon ^\.\\rQ poing (il montre Vautre main), et 
si vous voulez savoir le troisième, mettez-moi 
des noisettes dans ma petite pochette. 

Mcurlhe-et-Moselle. Comm. par M. Gérard. 

16. — Les mères, asseyant sur leurs genoux 
les tout petits enfants, et les retirant et les 
repoussant de leur sein comme un tisserand fait 
de sa navette, chantent : 

Saint Michel 
Q.ui fait de la toile. 
Saint Nicolas 
Qui fait des draps ; 
Au prix qu'il tire, 
Son fil déchire, 
Crac, crac. 

A ce dernier mot, elles les font pencher en bas, 
comme pour les faire tomber, imitant ainsi la 
rupture du lien qui les retenait. 

Loirel. Comm. par M. J. Poquef 

17. — Pour faire tenir un petit enfant tran- 
quille, on lui dit en élevant progressivement la 
voix : 



42 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Si tu bouges, tu remues ; 
Si tu remues, tu grouilles ; 
Si tu grouilles, t'es mort 1 

Environs de Paris. 

i8. — On dit à un enfant qui a sommeil 
qu'il n'ira se coucher que s'il peut dire neuf fois 
de suite, sans se tromper, la formulette suivante : 
Allons nous coucou, 
Allons nous coucher ; 
Allons nous coucou. 
Allons nous coucher. 

Environs de Lorienl. 

19. — On dit à un petit enfant qui a peur 
sans en avoir sujet : 

Tu as peur de la bête qui est dans ta chemise. 

20. — Si la poupoiite ou le iiMian sont trop 
chauds, la mère souffle dessus en disant : 

Cuis, cuis, nanan. 

Gourmand {vcir. : friand) t'attend. 

Environs di Paris. 

21. — On pince le genou d'un enfant pour le 
faire tressaillir, et on lui dit en même temps : 

Tiens, c'est là que les Allemands n'ont pas d'os. 

Franche-Comté. Tissot, Les Fourgs. 

22. — Je te barai du bure ed berker. 

Donner du beurre de berger, c'est prendre la tête 



JEUX ET FORMULETTES 43 

d'un enfant et la lui presser fortement avec les 

pouces. Picardie. Corbict. 

23. — a) Vcux-tu voir ton grand-père? 

Si l'enfant répond oui, on le suspend en l'air 
en lui pressant la tête, les mains serrées contre 
les oreilles. 

h) Veux-tu voir ta grand'mère ? 
Si l'enfant répond oui, on lui met le pouce sur 
le nez en appuyant fortement. 

24. — Donner des manchettes à un enfant, 
c'est lui presser fortement les poignets entre deux 
doigts. 

25. — a) Q_ue m'as-tu apporté? 

— Un petit rien du tout dans une boîte percée. 

Seine-et-Oiie. 

h) Maman, que té m'as apporté? 

— Ren du tout dins min pénier. 

Boulonnais. Comm. par M. E. Deseillc. 

c) Que m'as-tu rapporté ? 

— Un petit rien tout neuf bordé de jaune. 
{Var. : Un fusil de paille chargé de lait de beurre.) 

Laas (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard. 

d) Que m'apporteras-tu de la foire, papa? 

— In re Qien) tout neu dans eine poche creusée. 

Saivtonge. Jônain, Dict. du patois saintongeais. 



44 RIMES ET. JEUX DE l'eNFANCE 



e) Qii'est-ce qu'il m'a apporté ? 

— Un petit rien entre deux plats. 

Henri Monnier, Scènes populaires. Paris, 1846, 
t. I, p. 319. 

/) Pourquoi ne m'apportes-tu rien? 

— Je n'ai rien pu acheter; les marchands se 
sont battus. 

Environs de Paris. 

g) Que me rapporteras-tu ? 

— Des andaches. 

Valenciennes. Hécart, Dict. rouchl. 

26. — fl) A un petit enfant qui demande ce 
qu'il y a dans la marmite : 

— C'est un loup qu'on a mis dedans. 

Morbihan. 

h) Il n'y a rien dedans ; quand ce sera cuit, tu 
en auras, mais pas avant. 

Morhihan. 

27. — Maman, qu'est-ce que je mangerai avec 
mon pain? 

— Du beurre de bique. 

Roffey (Yonne). Comm. par M. J. Poquet. 

28. MONTEZ l'ÉCHELETTE 

d) On ferme la main, que l'on pose ensuite 
sur son o-enou ou sur une table. 



JEUX ET FORMULETTES 45 

Bébé, qui sait ce que cela veut dire, vient 
mettre son petit doigt entre chacun de ceux de la 
main fermée, en commençant par le bas, et dit : 

— La petite souris est-elle passée par là ? 
On lui répond : 

— Montez ch'htte, montez-la (montez l'éche- 
lette, montez-la). 

— La petite souris est-elle passée par là? 

— Montez ch'htte, montez-la. 

Et ainsi de suite jusqu'au sommet du poing, 
où le dialogue suivant s'engage : 

— La petite souris est-elle passée par là ? 

— Oui. 

— Où est-elle? 

— Dans le pailler. 

— Où est le pailler? 

— Le feu l'a brûlé. 

— Où est le feu ? 

— L'eau l'a éteint. 

— Où est l'eau ? 

— Les vaches à Maurice l'ont bue. 

— Où est Maurice? 

— Il est à couper des bâtons pour battre sa 
femme. 

— Défendons-la ! défendons-la 1 

En prononçant ces derniers mots et en frappant 
des mains, Bébé rit à gorge déployée. 

Ille-et-Vilaine. Comm. par M. A, Orain. 



40 RIMES ET JEUX DE l'eMFANCE 

7') Je monte ma petite échelette, je n'en peux 
plus. 

— Qu'est-ce qu'il y a là -dessous? 

— Un petit grelot d'argent. 

— Qui est-ce qui l'y a rais ? 

— Ce sont les pèlerins. 

— Qui est-ce qui l'a ôté? 

— Ce sont les Sarrasins. 

— Où l'ont-ils mis ? 

— Sous la pierre du moulin. 

— Oij est la pierre du moulin ? 

— Elle est dans l'eau. 

— Où est l'eau ? 

— Les bœufs l'ont bue. 

— Où sont les bœufs ? 

— A la charrue. 

— Où est la charrue ? 

— Elle est dans la raie (du champ). 

— Où est la raie ? 

— Les chèvres l'ont broutée. 

— Où sont les chèvres? 

— Au dessus du toit. 

— Qui est-ce qui les garde ? 

— Le petit garçon. 

— Comment s'appelle-t-il ? 

— Tripla, Tripleu. 

Bourgogne. Clément Janin (dans un article publié dans 
le journi'. Le Progrès de la Céte-d'Or, ii juin 1882). 



JEUX ET FORMULETTES 47 

29. — On châtie un enfant qui a laissé du 
bouillon tomber de sa cuiller sur ses vêtements 
en lui disant : 

Vois-tu ta soupe d'ensoir? 

Alors l'enfant regarde, et on lui retrousse le nez 
en relevant son doigt et en ajoutant : 
Quasi-Maillard. 

Eure-et-Loir. Comm. par M. J. Poquet. 

30. — On dit à un petit enfant qui vient 
d'être fouetté et qui boude : 

Cul fouetté 

En quatre paniers. 

Non, ma mère. 

J'en ai assez ; 

Tu en auras bien d'autres. 

31. — Dans les environs de Paris, on dit aux 
enfants qui vont à la capitale pour la première 
fois qu'ils auront à embrasser le cul du pauvre 
homme à la harrièn, ce qui leur cause une grande 
frayeur, 

32. — On dit aux enfants qui demandent à 
aller à Paris : 

Oui, t'iras à Paris 

Sur la queue d'une souris. 

BouloKuais. Comm. par M. E. Deseille. 



48 RIMES ET JEUX DE l'eXFANCE 



33. — o) Si tu es sage. 

Tu auras une image. 

h) Si t'es sache, 

T'auras eune imache 
A Pauques d'Saint-Jean, 
Gris papier. 

Vahnciennes. Hécart, Dlct. rouchi. 

c) Si tu es sage, 

Tu auras des souliers neufs à Pâques. 

Vahnciennes. Hécart, Dici. rouchi. 

34. — Teu dce, babio, 

Teu cheuyoye à feuj-e, 
Teu bieuj'e to gogna, 
Teu fyé doté mi. 

{Traduction : Tu dors, babillard ; tu tomberas 
dans le feu, tu brûleras ton nez ; tu me feras 
peur.) 

Lunéville. Oberlin, Essai sur le patois 
lorrain, p. 205. 




III 

PRIÈRES ENFANTINES 



III 



PRIÈRES ENFANTINES 



En entrant dans mon lit, 
Mon Dieu, je vous recommande mon esprit : 

Si je m'endors, 
Je vous recommande mon corps ; 

Si je trépasse, 
Je vous recommande mon âme. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 



— Sainte Marie-Madeleine passant, 
Par la pluie, par le vent, 
Rencontrant saint Jean : 

— Saint Jean, d'où venez-vous ? 

— Je viens de mon salut. 

— Vous n'avez pas rencontré 
Mon petit fils Jésus? 

— Si, moi je l'ai vu 
A l'arbre de la croix, 



52 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Les pieds en croix, les mains jointes, 
Une petite couronne d'épine blanche 

Sur la tête. 
Ceux qui sauront cette oraison 
Et la diront trois fois le matin. 
Trois fois le soir, 
Jamais ne verront 
La flamme de l'enfer. 

Eure-et-Loir. Coram. par M. J. Poquet. 

^. — n) Petit Jésus de Bethléem, 

Je vous adore et je vous aime. 
Petit Jésus, petit agneau, 
Faites de mon cœur votre berceau. 
Petit Jésus, petit enfant, 
Rendez mon cœur obéissant. 

RosporJen (Finistère). Comm. par M. L. F. Sauvé. 

h) Petit Jésus, petit agneau, 

Prenez mon cœur pour vot' berceau. 
Dormez, Jésus, dormez, Sauveur, 
Dans le plus profond de mon cœur. 
Rosporden (Finistère). Comm. par M. L. F. Sauve. 

4. — Où est le petit Jésus? 

— Dans mon cœur. 

— Qui l'a mis ? 

— C'est la grâce. 

— Qui l'a ôté ? 

— C'est le péché. 
Ah I maudit péché, 



PRIÈRES ENFANTINES 53 



Qui a ôté 

Le petit Jésus 

De dedans mon cœur ! 

Revenez, revenez, petit Jésus, 

Dedans mon cœur; 

Je ne pécherai plus. 

Laas (Loiret). Coram, par M. L. Beauvillard. 

5. — Sainte Catherine, aux fleurs de lys, 
Prêtez-moi vos p'tits souliers gris 
Pour aller dans le paradis. 
On dit que le paradis est si beau. 
Qu'on voit trois anges et trois agneaux. 
Trois pucelettes 
Cueillant de la violette 
Dans le jardin de Notre-Seigneur. 
Notre-Seigneur passant par là 
Dit à Catherine : Qiie fais-tu là ? 
Je tremble de fièvre et de frisson. 
Ceux qui sauront cette oraison 
En s'ront exempts dans la saison (i). 

Bûuilly (Loiret). Comm. par M. J. Poquet. 

(i) Cette prière semble devoir être récitée pour se préser\'er 
de la fièvre. — Une formulette analogue sert pour l'élimination 
au jeu (voir ci-après Fcrmulelies d'élimination). 




IV 
RONDES 



IV 
RONDES 



I. — <j) Ronda, 

Cu mèya, 
Mé grand'mére eu fa i pat 
Ausseu gros que nat' beuchat. 
Chou rigaga ! (i) 

Rèmilly (Pays mtssin). 

h) Au ronda, 
Cu n Sa., 
Mè mammin eu fa i pat 
Ausseu grous que nat' beuchat. 
Fi ! ]è ouette manmin ! 

Remilly (Pays mesnn), 

(i) Au dernier vers, les enfants qui forment la ronde s'accrou- 
pissent sur leurs talons. — Cette formulette sert aussi de ber- 
ceuse. 



58 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



c) Roiida, 
Cu mèya, 
Mè grand'mère è fait in pa 
Aussi gros qu'un cu de chala. 
Oh ! le ouette grand'mère I 

Rémilly (Pays messin). 

d) Rondia, 
Cu pota, 
Le mâmiche è fait in pa 
Assi gros que not jala, 
Fiye ! lé ouette mâmiche I 

Chàteau-Salins (Lorraine). 

e) Rondot, 
Cu mèyot, 
Mè grand'mère é fa i pot 
Aussi gros qu'un cu de cholot ; 
Mon grand-père en è fa doûs 
Aussi gros que le Pont des Mous (i). 

Woippy (Pays messin). 

f) Rondignot des montignots, 
Tros baisselles et tros gachnots, 
Mé grand mère è fat ing pà 
Assi gros que not gealat. 
Fi lé ouète grand'mère! 

Lorraine (dans le Bull, de la Soc. arch. 
de la Lorraine, t. IV) . 

(i) Le Pont-des-Morts, pont de la ville de Metz, sur la Moselle. 



RONDES 59 



g) Rondigna des Fondignas (i), 
Ma grand'mère a fait un pa 
Aussi gros que not' jala. 
Fi ! ma grand'mère ! 

ifeurlhe-el-MoselU. 

a) Rondin, picotin, 

La Marie a fait son pain 
Pas plus gros que son levain ; 
Son levain n'a pas levé, 
Son four n'a pas chauffé. 
Piiiil (2) 

Saâne-el-Loire, 

b) Rondin, 
Picotin, 

La Marie (var. : la mariée) a fait son pain 
Pas plus gros que son levain. 
Pi-i-i-iou ! (far. : you 1) 

Différentes provinces. 

c) Rondin, picotin, 
la Marie a fait un pain 
Aussi gros que son jardin. 

Pi ! pi 1 

Creuse, Comra. par M. Guillot. 

d) Ron, ron. 
Petit patapon. 



(i) Var. : des frontignas. 

(2) En chantant piiii ! d'une voix prolongée ou s'accroupit. 



60 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

La mariée a fait son pain 
Pas plus gros que son levain. 

Pi, pi, 

A cul plat. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 



Dan-sons la ca - pu - ci - ne, N'y a point de 



chez nous. V en 



chez 



voi - SI - ne. 



Mais ça n'est pas pour nous. You ! 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

J") Dansons la capucine. 

Il n'y a pas de pain chez nous; 
Y en a chez la voisine. 
Mais ce n'est pas pour nous 
You ! (i) 



(i) Ce premier couplet est connu des enfants dans toute la 
France, de même que l'air sur lequel on le chante. Cet air est 
différent de celui noté par M. L. Beauvillard. 



6i 



g) Dansons la carmagnole, 

Y a pas de croquignole ; 

Y en a chez la mariole (i), 

Mais ce n'est pas pour nous. 

Youl 

Paris. 

h) Chantons la capucine, 
Nous n'avons pas de pain, 
Mais il y a de la farine, 
Et nous en ferons demain. 



Parif. 



i) Dansons la popotine. 

Chez nous n'y a plus de pain; 
J'avons de la farine. 
Nous en ferons demain. 

Oucsl de la France. 

3. — Saint Pierre, saint Simou, 
Gardez bien notre maison ; 
S'il y vient un pauvre, 
Baillez-li l'aumône ; 
S'il y vient un pèlerin, 
Baillez-li de notre vin ; 
Mais s'il y vient un larron, 
Baillez-li du lourd bâton. 
Pipi iiiie ! (2) 

Normandie. 

(i) Var. : chez la patronne; autre var. : à BatignoUes. 

(2) A ces mots les enfants s'accroupissent. — Des formulettes 
analogues sei"vent de paroles d'élimination au jeu (voir ci-après 
les Formulettes d'eliminatiotî). 



62 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



4. — a) Et ron, ron, petit patapon. 

Les gendarmes qui sont sur le pont, 
Qui pèchent des gros poissons 
Pour madame de Giraumont ; 
Ils font ci, ils font ça. 
Youp là. 

Seine-et-Oise. 

b) Ron, ron, ron, 
Petit patapon, 

Les gendarmes sont sur le pont 
Qui pèchent de gros poissons 
Pour madame de Salomon. 
Salomi, Saloma , 
A cul plat. 

Seauce et Gâtinais. Coram. par M. J. Poquet, 

J. — Sous le pont 
D'Avignon, 
Tout le monde passe, 
Tout le monde passe, 
Les monsieurs, les d'moiselles , 
Les ramonas, 
A cul plat. 

Laas (Loiret). Comm. par M. L. Beauvill.ird. 

6. — a) Bonjour, belle Augustine, (i) 
Comment vous portez-vous? 

(i) Var. : mam'zelle Justine. 



RONDES 6$ 



Vous me faites la mine, 
Dites-moi qu'avez- vous ? 

— C'est mon amant qu'est parti ce matin, 
C'est celui-là qui me fait de la peine ; 
C'est mon amant qu'est parti ce matin, 
C'est celui-là qui me fait du chagrin. 

b) Bonjour, mademoiselle. 
Comment vous portez-vous? 
Vous n'êtes pas si belle, 
Dites-moi qu'avez-vous ? 

— J' n'ai pas vu mon amant ce matin, 
Ce qui me cause la migraine ; 

J' n'ai pas vu mon amant ce matin, 
Ce qui me cause du chagrin. 

— Sarrasin, sarrasin. 

Nous venons nous plaindre. 
Que ton fils, sarrasin. 
Nous prend toutes nos filles. 
Jusqu'aux draps de nos lits 
Il nous les retire. 
Coupez-lui les deux poings, 
Afin qu'il ne fasse rien ; 
Crevez-lui les deux yeux. 
Afin qu'il ne voie rien ; 
Jetez-le bien loin. 
Afin que je n'entende rien. 



Paris. 



8. — Bonjour, ma cousine {bis) ; 
On dit que vous m'aimez. 



64 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



Partant sur les verr', sur les églises. 
Je ne m'en soucie guère (his). 
Passez par ici et moi par là. 
Adieu, ma cousine (his). 

Bouilly (Loiret). Comrn. par M. J. Poquet, 

9. — Ma commère, quand je danse, 
Mon cotillon va-t-il bien ? 
Il va par ci, il va par là, 
Comme la queue de notre chat. 

10. — C'est l'amour, l'amour, l'amour, 
Qui fait le monde 

A la ronde. 
C'est l'amour, l'amour, l'amour 
Qui fait le monde 

A son tour. 

II. — l'avocat de paille 

On se met en rond, en nombre impair (il 
n'importe qu'il y ait un monsieur ou une dame 
de plus). Cette disposition fait tout le jeu; au 
refrain, chacun rompt la chaîne, tend les deux 
mains à son voisin, et tourne plusieurs fois avec 
lui : le danseur le moins agile se trouve sans 
partenaire et donne un gage. C'est lui qui est 
Y avocat de paille. On chante : 

Dans notre pays, il y a un avocat ; 
Trois dames sont allées chez lui, 



RONDES 65 



Pour vider leur diibat ; 
Le pauvre avocat 
Se trouva bicu surpris 
D'avoir tant étudié 
Et n'avoir rien appris : 
Saute, l'avocat de paille, 
Saute, l'avocat. 

M°" Celaart, Manuel des jeux. 

a) Quand donc serons-nous sages ? 
Jamais, jamais, jamais. 
La terre nourrit tout, 
La terre nourrit tout, 
Les fous avec les folles ; 
La terre nourrit tout, 
La terre nourrit tout, 
Les folles avec les fous. 

Scinc-el-Oise. 

h) Quand serons-nous sages ? 
Jamais, jamais, jamais. 
Quand serrns-nous diables? 
Toujours, toujours, toujours. 
La terre nourrit tout (bis), 
Les sages aussi les fous ; 
La terre nourrit tout (bis), 
Les sages aussi les fous ; 
La terre nourrit tout (his), 
Les sages comme les fous. 

Gicti. Comm. par M. J. Poquet. 

5 



^^6 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



— Mes petits tétons viendront, 
Et les vôtres, ma grand'mère, 
Mes petits tétons viendront, 
Et les vôtres s'en iront. 

Sei>ic-cl-Oise. 



14. — LA MEVNIEKB 

a) Deux enfants se placent en face l'un de l'autre 
et se tiennent fortement la main ; un ou plusieurs 
couples se mettent de la même manière à quelque 
distance, et le reste de la jeune société se range à 
l'écart, pour les examiner et pour leur succéder 
bientôt : alors chaque couple se met à sauter ea 
chantant sur l'air de la Meunière : 

La meunière est bien malade ; 
Son moulin ne vire pas. 

Après ces deux vers, on se tient les mains le 
plus fortement que l'on peut; on se rapproche 
les pieds de telle sorte que leur pointe se touche; 
on étend les bras, on se jette en arrière, et dans 
cette position on tourne avec la plus grande 
rapidité, en commençant à dire: 

Vire, vire, vire, vire, vire, vire, 
Vire-là ! 

Mais l'on n'a pas le loisir de le prononcer, et les 
spectateurs le répètent pour vous jusqu'à ce que 



RONDES 



67 



la fatigue vous ait contraint de cesser ; on re- 
prend, aprùs: vire UI « la meunière du moulin 
bas. » 

Mme Ceinart, Manuel des jeux. 



La meu - niè-re est bien ma - 



la - de ; Son mou - lin ne tour-ne pas. Vi - re, 



vi-re, vi-re, vi - re, Vi-re, mais ne tour-ne pas. 

La meunière est bien malade ; 
Son moulin ne tourne pas. 
Vire, vire, vire, vire. 
Vire, mais 'le tourne pas. 

Les Jeux de tous les âges au château de Rclerl 
vion Oncle. Paris, in- 18. 



15. — Foulons, foulons, foulons l'herbe. 
Foulons l'herbe, elle reviendra. 
Passez par ici, et moi par là. 
Foulons, foulons, foulons l'herbe, 
Foulons l'herbe, elle reviendra. 



68 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

On chante les deux premiers vers en tournant 
et sautant en rond; au troisième, le maître, s'arrê- 
tant un moment, tend la main gauche à la dame 
qui est à sa droite et la fait passer devant lui; en 
même temps il tend la main droite à la dame qui 
suit; tous les messieurs imitent ce mouvement, 
de telle sorte que les dames, qui tendent aussi 
alternativement la main droite et la main gauche, 
circulent en dedans du rond, de droite à gauche, 
tandis que les messieurs circulent en dehors, de 
gauche à droite. Il est essentiel d'observer de 
tendre toujours la main gauche à la droite qu'on 
vous présente, et la droite à la gauche. On fait 
ainsi deux tours, en répétant les trois derniers 
vers et en les redoublant, jusqu'à ce que chacun 
soit revenu à sa place. Alors le rond se reforme, 
et l'on saute, et l'on tourne en reprenant : 

Foulons, foulons, foulons l'herbe, 
Foulons l'herbe, elle reviendra. 

Pendant que l'on commence à reformer le rond, 
le maître fait passer à sa gauche la dame et le 
monsieur qui se trouvent à sa droite ; cette pré- 
caution est nécessaire pour prévenir la confusion. 
On recommence le couplet pour un nouveau 
couple, qui passera ensuite à la gauche, et ainsi 
de suite jusqu'à la fin. Mais tout cela n'est que la 
moitié de la ronde ; quand on a chanté pour 



RQNDHS 



69 



toutes les dames, il faut chanter pour les messieurs. 
Alors une maîtresse agit en place du maître ; elle 
fait circuler les danseurs à leur tour, de droite à 
gauche, au dedans du rond, et les danseuses de 
gauche à droite, en dehors. On voit que c'est 
absolument l'oppo.cé de la première partie de la 
ronde, mais c'est toujours par le même procédé. 

\jme Celnart, Manuel des jeux. 



Oh ! gros Guil- lau-me, As - tu bien dé-jeu - né 



Ah ! oui, ma - da - me, J'ai 



;é du pâ - té. 



Du pâ - té, Guil-lau - me, Guil-lau - me, Guil - lau - me. 



Clia - cun s'era - brass'-ra, Guil - laum' res - te - ra. 



Oh! gros (i) Guillaume, 
As-tu bien déjeuné ? 



(l) Var. : graud ou bon. 



70 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



— Ah ! oui, madame (i), 
J'ai mangé du pâté. 

— Du pâte, Guillaume, 
Guillaume, Guillaume (2). 
Chacun s'embrass'ra (5), 
Guillaum' restera. 

Dans cette ronde, les enfants sont en nombre 
impair, et lorsqu'ils s'embrassent deux à deux, 
Guillaume reste seul. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvilbrd, 

17. — Bonjour, madame la Marceline; 

Avez-vons des filles à me donner ? 

— J'en ai une qui est si belle, 
Qui porte de la dentelle, 

A qui faudra-t-il la donner ? 

— Au couvent des orphelines ; 
On les tient très-sévèrement. 

— Non, tu n'auras pas ma fille. 
Ni pour l'or, ni pour l'argent. 
Ni pour la grille du couvent. 

Je partirai tout en colère, 

Je mettrai le pied sur la colère. 

J'en aurai une à chaque instant. 

Paris. 



(i) Var. : mesdames. 

(2) Var. : Guillaume, Guillaumette. 

(3) Var. : s'assemblera. 



7ï 



i8. — Il se fit une querelle 

Parmi les oiseaux des champs. 
La plus jeune tourterelle 
N'avait pas encore quinze ans. 
Elles firent la paix enseinble 
Par un baiser d'amitié. 
Embrassez celle qui vous ressemble, 
Pourvu que j'en aie la moitié. 

Paris. 

19. — Jolie pastourelle, 

Entrez dans ce rond 

Tout rond, 
Et voyez pour laquelle 
Votre cœur est bon . 

Pûrii. 

20. — a) A la main droite j'ai un rosier 
Qui fleurira 
Au mois de mai. 
Au mois de mai 
Qui fleurira. 

Entrez, entrez, charmante rose ; 
Embrassez celle que vous voudrez, 

La rose 
Ou bien le rosier. 

P.,rii. 

b) A ma main droite. 
J'ai un rosier, 



72 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



A ma main droite 

J'ai un rosier. 

Il fleurira 

Au mois de mai. 

Il fleurira 

Au mois de mai. 

Entrez-}' doue, charmante fleur. 
Et choisissez qui vous voudrez, 
La rose ou bien le rosier. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

c) A ma main droite y a-t-un rosier {bis) 

Qui fleurira. 

Ma lan la la, 
Qiii fleurir.i-t-au mois de mai. 
Entrez en danse, charmant rosier (Ins) ; 
Vous embrasserez, ma lan la la, 
La demoiselle qui vous plaira. 

Poilou. Caillet, Mkhclle (roman), p. 17. 

21. — Pour amuser tout le monde, 

Il nous faut danser une ronde : 
Allons, monsieur (ou madame), faites votre 
Et surtout revenez à moi, [choix, 

A moi ! à moi ! 

La personne entrée daiis le rond, dès qu'on 
l'apostrophe, y fait quelques tours, semble hésiter; 
chacun s'avance vers elle en répétant : à moi! à 



75 



moi! Quand elle a choisi, on reprend, tandis 
qu'elle prend sa place à gauche : 

Pour amuser tout le monde, 
Il nous faut danser une ronde. 

Il est inutile d'ajouter que l'on continue ainsi 
jusqu'à ce que tout le monde ait passé. 

M™= Celnart, Manuel complet des jeux de 
société, 1827. 

22. — La plus aimable à mon gré, 
Je vais vous la présenter ; 
Nous lui ferons passer barrière : 
Ramène tes moutons, bergère, 
Ramène, ramène, ramène donc 
Tes moutons à la maison. 
Ramène, ramène, etc. 

Dans cette ronde, la personne qui se trouve à 
la gauche du maître ou de la maîtresse est celle 
à qui l'on adresse le premier vers ; elle est dite la 
plus aimalh. Pendant ce vers et le suivant, l'on 
danse en rond, mais au troisième le maître lui 
lâche la main, et, formant une arcade, il s'avance 
un peu vers elle, ainsi que la personne qui lui 
aide à faire l'arcade ou barrière. Alors la plus 
aimable passe sous cette barrière, en se courbant 
un peu, et toute la chaîne des danseurs la suit, 
en tournant pour rejoindre le maître. Ce mouve- 
ment rapide, que l'on exécute en chantant le 



74 RIMES ET JEUX DE l'eXFANCE 



refrain, est du plus agréable effet. La plus ahnahle 
passe à droite du maître; on se remet en rond, et 
l'on tourne et saute en recommençant le refrain. 

M™' Celuart, Manuel complet des jeux de 
société, 1827. 

23. — LES COUSINS 

Ne sommes-nous pas cousins, cousines, 
Ne sommes-nous pas cousins trétous ? 
Embrassez-en une pour le tout. 
Ne sommes-nous pas cousins, cousines. 
Ne sommes-nous pas cousins trétous? 

Quelques variations se mêlent à cet unique 
couplet et l'empêchent d'être monotone : ainsi 
on a la liberté de dire à une dame : Embrassez-en 
trois, quatre, six, ou même huit pour le tout ; 
on porte même la licence jusqu'à dire : Mademoi- 
selle, embrassez le tout ; et la pauvre cousine est 
obligée d'embrasser tous les cousins, c'est-à-dire 
tous les messieurs de la ronde. Mais elle a le 
moyen de se venger : quand elle ordonne ensuite 
(car il n'y a point de maître), elle peut dire à un 
monsieur : Vous n'en enibrassere^ point du. tout. 

Mme Celnart, Manuel complet des jeux de 
société, 1827. 

24. — Celui que j'aime n'est pas ici ; 
Il aime la danse et moi aussi. 



RONDES 75 



Pour faire changer la mode. 

Cela n'est pas commode ; 

Il me quitte la main, il me dit adieu, 

Il en embrasse une ou bien deux, 

Ou bien tout s'il veut. 

En disant il me quitte la main, on tape dans les 
mains une fois, puis deux fois, puis chacun em- 
brasse son voisin ou sa voisine avant de reformer 
la ronde. 

Eure-el-Loir. 

25. — Au vert bocage, 

Mon doux feuillage, 

Viens reverdir au milieu de nous. 

Celle que j'aime 

N'est pas ici. 

Ah 1 la voici, la voici, la voilà, 

Celle que mon cœur aime. 

Ah ! la voici, la voici, la voilà. 

Celle que mon cœur aimera. 

Saône-ct-Loire . 
26. — LE MÉDECIN 

Le maître ou la maîtresse de cette ronde se 
nomme médecin. Ce docteur prend le bras de la 
personne placée à sa droite, la regarde d'un œil 
de compassion, lui tâte le pouls et donne ainsi 
son ordonnance, que tout le monde répète en 
chantant : 



76 RIMES ET JEUX DE h ENFANCE 

Donne-moi ton bras, que je te guérisse. 
Car. tu m'as l'air malade! 
Car tu m'as l'air malade ! 

Lonla, 
Car tu m'as l'air malade ! 

(En lui désignent de l'œil wic personne d'un autre sexe) : 

Embrasse monsieur (ou madame) pour te 
C'est un fort bou remède, [guérir. 

C'est un fort bon remède, 

Lonla, 
C'est uu fort bon remède. 

Toutes les personnes de la ronde sont soumises 
à ce traitement, que le médecin sait rendre 
piquant par le choix de la panacée à laquelle il 
envoie son malade; quand tout le monde est 
guéri, le docteur passe sa science et sa dignité à 
la dernière personne qui a éprouvé l'efficacité de 
sa prescription, et devient malade à son tour pour 
tâter du doux remède. 

M"' Celnart, Manuel complet des jeux de 
société, 1827. 

27. — à) J'ai trente-deux filles à marier ! 
J'en ai rempli tout mon grenier : 
Grand Dieu ! je ne sais comment 
Marier tous ces enfants. 

Ma fille ! ma fille ! je parle à vous. 

— Ma mère ! ma mère ! que dites-vous ? 



RONDES 77 



— Je dis que si vous êtes sage, 
Vous ferez un beau mariage. 

Je dis que, si vous êtes sage. 
Vous ferez un beau mariage, 
Que vous aurez de beaux atours; 
Mais du rond faites le tour. 

Puis parcourant toute la danse. 
Faites trois sauts, la révérence ; 
Et enfin vous embrasserez 
Celui que vous aimerez. 

h) J'ai tant d'enfants à marier ! 
Grand Dieu ! je ne sais comment 
J'en pourrai marier tant. 
Ma fille ! ma fille ! je parle à vous. 

— Mon père ! mon père I que m'voulez-TOut ? 

— On dit que vous brûlez d'amour. 
Et si d'amour vous brûlez, 

Dans la danse vous entrerez. 

Faites-y trois révérences. 
Un petit saiit en ma présence. 
Et puis vous embrasserez 
Celui que vous aimerez. 

Meurthe-et-Moselle. Comm. par M. H. Gcrar . 

c) J'.ii trente enfants à marier, 
Point de pain à leur donner. 
Hélas I je n'sais comment 

N'marierai pas, n'marierai pas, 



78 RliMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



Hélas 1 je n'sais comment 
N'marierai pas tous mes enfants. 
Belle, entrez dedans la danse, 
Regardez comme l'on danse. 

Dansez, chantez, 
Embrassez votr' bien-aimé. 
Le Charme (Loirel). Conim. par M. L. Beauvillard. 



2i). RONDE DU MARIAGE 

a) Mettez-vous à genoux {bis), 
Mettez-vous-y encore un coup. 
Afin que l'on vous aime, 

— Ah ! j'aimerai, j'aimerai, j'aimerai. 
Ah 1 j'aimerai qui m'aime ! 

Mam'selle, entrez chez nous {his), 
Mam'selle, entrez encore un coup. 
Afin que l'on vous aime ; 

— Ah! j'aimerai, j'aimerai, j'aimerai, 
Ah ! j'aimerai qui m'aime. 

Une ami' choisissez-vous ibis). 
Choisissez-la encore un coup, 
Afin que l'on vous aime ; 

— Ah ! j'aimerai, j'aimerai, j'aimerai, 
Ah ! j'aimerai qui m'aime. 

Mettez-vous à genoux (his), 
Mettez-vous-y encore un coup. 
Afin que l'on vous aime ; 

— Ah! j'aimerai, j'aimerai, j'aimerai, 
Ali 1 j'aimerai qui m'aime. 



■ RONDES 79 

Faites-nous les yeux doux {bis), 
Faites-nous-les encore un coup, 
Afin que l'on vous aime ; 

— Ah! j'aimerai, j'aimerai, j'aimerai. 
Ah! j'aimerai qui m'aime. 

Et puis embrassez-nous (bis). 
Embrassez-nous encore un coup, 
Afin que l'on vous aime ; 

— Ah I j'aimerai, j'aimerai, j'aimerai. 
Ah! j'aimerai qui m'aime. 

Revenez parmi nous (bis), 
Revenez-y encore un coup. 
Afin que l'on vous aime 1 

— Ah ! j'aimerai, j'aimerai, j'aimerai, 
Ah I j'aimerai qui m'aime. 

Une jeune fille, placée au milieu du cercle, 
fait ce que lui indiquent les paroles de la ronde. 

M""= de Chabreul, Jeux et exercices de jeunes filles . 

b) Ah ! qui marierons uous ? {bis) 
Mademoiselle ce sera vous. 
Afin que l'on vous aime. 

— Ah ! j'aimerai, j'aimerai. 
Ah 1 j'aimerai qui m'aime. 

Mettez-vous à genoux {bis), 
Mettez-vous-y encore un coup, 
Afin que l'on vous aime. 

— Ah ! j'aimerai, j'aimerai. 
Ah ! j'aimerai qui m'aime. 



80 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



Mettez la chaîne au cou (bis). 
Mettez-la encore un coup. 
Afin que l'on vous aime. 

— Ah ! j'aimerai, j'aimerai, 
Ah 1 j'aimerai qui m'aime. 
Mettez la bague au doigt (bis). 
Mettez-la encore un coup, 
Afin que l'on vous aime. 

— Ah 1 j'aimerai, j'aimerai, 
Ah 1 j'aimerai qui m'aime. 
Maint'nant disputez-vous {bis), 
Disputez-vous encore un coup. 
Afin que l'on vous aime. 

— Ah 1 j'aimerai, j'aimerai. 
Ah! j'aimerai qui m'aime. 
Maint'nant embrassez-vous (bis). 
Embrassez-vous encore un coup, 
Afin que Ton vous aime. 

— Ah 1 j'aimerai, j'aimerai. 
Ah 1 j'aimerai qui m'aime. 

Maint'nant allez chez vous (bis), 
Allez-y encore un coup. 
Afin que l'on vous aime. 

— Ah ! j'aimerai, j'aimerai. 

Ah! j'aimerai qui m'aime. 

Paris. 

29. — Bonjour, madame la blanchisseuse, 
A la feuille, feuille ; 
Bonjour, madame la blanchisseuse, 
A la feuille d'olivier. 



8i 



Je^viens chercher mou enfant, 

A la feuille, feuille ; 
Je viens chercher mou eufaut, 

A la feuille d'olivier. 

Tenez, voilà votre enfant, 

A la feuille, feuille ; 
Tenez, voilà votre enfant, 

A la feuille d'olivier. 

Mon enfant avait deux yeux, 

A la feuille, feuille. 
Mon enfant avait deux 5'eux, 

A la feuille d'olivier. 

Tenez, voilà votre enfant, 

A la feuille, feuille ; 
Tenez, voilà votre enfant, 

A la feuille d'olivier. 

Mon enfant avait deux bras, 

A la feuille, feuille ; 
Mon enfant avait deux bras, 

A la feuille d'olivier. 

Tenez, voilà "otre enfant, 

A la feuille, feuille; 
Tenez, voilà votre enfant, 

A la feuille d'olivier. 

Mon enfant avait deux pieJs, 

A la feuille, feuille ; 
Mon enfant avait deux pieds, 

A la feuille d'olivier. 

Palis. 



82 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



30. LA BOITEUSB 



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Mon eu - fant 



— Où vas-tu, belle boiteuse, 
Mon enfant, mon enfant î 
Où vas-tu, belle boiteuse, 
Mon enfant charmant ? 

— Je m'en vas au bois seulette, 
Mon enfant, etc. 

— Pour quoi faire au bois seulette^ 
Mon enfant, etc. 

— Pour cueillir la violette. 
Mon enfant, etc. 

— Pour quoi fair' cett' violette. 
Mon enfant, etc. 

— Pour la mettre à. ma bavette. 
Mon enfant, etc. 

— Pour quoi faire à ta bavette. 

Mon enfant, etc. 



83 



— Pour sentir bon mon cœur, 
Mon enfant, etc. 

— Si tu rencontres la reine, 
Mon enfant, etc. 

— Je lui frai trois révérences, 
Mon enfant, etc. 

— Si tu rencontres le roi. 
Mon enfant, etc. 

— Je lui payerai bouteille, 
Mon enfant, etc. 

— Si tu rencontres le diable, 
Mon enfant, etc. 

— Je lui montrerai les cornes. 
Mon enfant, mon enfant, 

Je lui montrerai les cornes. 

Mon enfant charmant. 

Le Charme (Loiret). Comm. par M. L. BeauvilUrd, 

J) — Où allez-vous, pauvre boiteuse ? 
Dit l'enfant {bis). 
Où allez-vous pauvre boiteuse ? 
Dit l'enfant 
Charmant. 

— Je vais au bois seulette, 
Bel enfant (bis) ; 

Je vais au bois seulette. 
Bel enfant 
Charmant. 



84 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

— Quoi faire au bois seulette ? 
Dit l'enfant (his); 

Quoi faire au bois seulette ? 
Dit l'enfant 
Charmant. 

— Cueillir la violette. 
Bel enfant {bis) ; 

Cueillir la violette, 
Bel enfant 
Charmant. 

— Si tu rencontres le garde, 
Dit l'enfant {bis) ; 

Si tu rencontres le garde, 
Dit l'enfant 
Charmant. 

— Je lui paierai bouteille. 
Bel enfant {bis) ; 

Je lui paierai bouteille. 
Bel enfant 
Charmant. 

— Si tu rencontres la reine. 
Dit l'enfant {bis) ; 

Si tu rencontres la reine. 
Dit l'enfant 
Charmant. 

— Je lui ferai révérence. 

Bel enfant {bis) ; 



Je lui ferai révérence, 
Bel enfant 
Charmant. 

— Si tu rencontres le diable, 
Dit l'enfant (bis) ; 

Si tu rencontres le diable. 
Dit l'enfant 
Charmant. 

— Je lui ferai de mes cornes, 

Bel enfant (Wi) ; 

Je lui ferai de mes cornes. 

Bel enûmt 

Charmant. 

Loi-rel. Comm. par M. Poquet. 

3J. TOUT EN m"t promenant 



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long de la ri - vière, Que dis, qile don, Que di-rais-je 



Jonc, Le 



long 



de ]» 



Tout en m'y promenant 
Le long de la rivière, 



86 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

Que dis, que don, 
Que dirai-je donc, 
Le long de la ri\-ière. 

Je rencontrai un rond 
De jolies demoiselles, 
Que dis, que don. 
Que dirai-je donc, 
De jolies demoiselles. 

J'entrai dedans ce rond. 
Je choisis la plus belle. 
Que dis, que don. 
Que dirai-je donc, 
Je choisis la plus belle. 

— C'est vous, mademoiselle. 
Qui êtes la plus belle. 

Que dis, que don. 
Que dirai-je donc, 
Qui êtes la plus belle. 

— A quoi connaissez-vous 
Que je suis la plus belle? 
Que dis, que don, 

Que dirai-je donc. 

Que je suis la plus plus belle? 

— A vos beaux yeux brillants, 
A votre bouch' vermeille, 
Que dis, que don. 

Que dirai-je donc, 
A votre bouch' vermeille. 
Le Charme (Loiret). Comm. par M. L. Beauviilard. 



«7 



b) Tout en m'y proinenant (bis) 
Sur le bord d'un' rivitre, 
Que di, que don, 

Que dit-elle donc, 

Sur le bord d'un' rivière. 

Je rencontrai un rond (bis) 
De jolies demoiselles. 

Si j'entre dans ce rond (bis). 
Je choisis la plus belle. 

— C'est vous, mademoiselle (bis), 
Qui êtes la plus belle. 

— A quoi reconnais-tu (bis) 
Q.ue je suis la plus belle. 

— A tes beaux yeux brillants {bis) 
Et ta bouche vermeille. 

Vive le roi est mort ! (bis) 

— Non, je ne suis pas mort. 

Vive la reine est morte ! {bis) 

— Non, je ne suis pas morte. 

Si je prends mon poignard {bis), 
Et moi ma baïonnette. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

c) Tout en m'y promenant 
Le long de la rivière, 
Gue dique don. 

Le long de la riNière. 



RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



J'ai rencontré z'un rond 
De jeunes demoiselles, 
Gue digue don, 
De jeunes demoiselles. 

Si j'entre dans ce rond 
Pour choisir la plus belle, 
Gue digue don, 
Pour choisir la plus belle. 

— A quoi reconnais-tu 
Que je suis la plus belle, 
Gue digue don, 

Que je suis la plus belle ? 

— A ta bouche merveille {sic), 
A tes beaux yeux brillants, 
Gue digue don, 

A tes beaux yeux brillants. 

— Si je prends mon poignard 
Et moi ma baïonnette^ 

Gue digue don. 

Et moi ma baïonnettô. 

Je t'y ferai bien voir 
Si je suis la plus belle, 
Gue digue don. 
Si je suis la plus belle. 

Notre bon roi est mort. 
Chantons les libéras, 
Gue digue don, 
Chafitons les libéras. 



— Mais non, je n'suis pas mort, 
Puisque je vis encore, 
Gue digue don, 
Puisque je vis encore. 

Yonnt. 



i) Dedans Paris, 

Y a-t-une jolie fontaine. 
Digue, digue don. 
Capitaine don, 
Dedans Paris, 

Y a-t-une jolie fontaine. 

Pour aller se baigner, 
Trois jolies demoiselles, 
Digue, etc. 

Un jour vint à passer 
Le p'tit roi d'Angleterre, 
Digue, etc. 

Il en salua deux 

Et laissa k plus belle. 

Digue, etc. 

— Pourquoi ne me salues-tu pas, 
Moi qui ssis la plus belle ? 
Dio;ue, etc. 



— Je n'te salue pas, 
Parce que t'es infidèle 
Digue, etc. 



90 RIMES ET JEUX DE I, ENFANCE 

— Prends ton épée en main 
Et moi ma baïonnette, 
Digue, etc. 

Au premier coup d'épée, 

La belle tomba par terre, 

Digue, etc. 

Où l'enterrerons-nous. 

Cette jolie princesse ? 

Digue, etc. 

Dans le jardin de son père, 

A côté de sa mère, 

Digue, etc. 

Le premier qui passera 
Cueillera la plus belle. 
Digue, etc. 

Le deuxième qui passera 
Cueillera la plus vilaine. 
Digue, etc. 



e) Tout en me promenant 
Le long de la rivière, 
Que dit que non. 
Que dit-elle, non non. 
Le long de la rivière. 

Ici j'ai rencontré 
Trois jeunes demoiselles 
Que dit, etc. 



91 



J'en ai salué deux. 
J'ai salué la plus belle, 
Que dit, etc. 

Pourquoi me laisses-tu 
O beau roi d'Aquitaine? 
Que dit, etc. 

Parce que je te connais 
A ta bouche vermeille. 
Que dit, etc. 

Oh 1 viens dans mon palais, 
Oh 1 viens, ma toute belle, 
Que dit, etc. 

Puis je te saluerai 
Et tu seras ma reiue. 
Que dit, etc. 

Deux groupes de trois enfants se placent en 
face l'un de l'autre. Le premier s'avance vers 
l'autre en chantant un couplet, puis il se retire et 
l'autre en fait autant à son tour. 

Brioude (Haule-Lolre). Comm. 
par M. Paul Le Blanc. 

/) Dans le pré dansaient 
Quatre vingt fillettes. 
Que dit? que donc 
Que dis-tu? que dit-on, 
Que dit-elle donc ? 
Dans le pré dansaient 
Quatre-vingt fillettes. 



92 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



Quand passe par là 
Le roi d'Angleterre. 

Toutes salua, 
Hormis la plus belle. 

Tu n'mc salues pas, 
P'tit roi d'Angleterre. 

Mets l'épée au poing 
Et moi ma quenouillette. 

Et nous nous battrons 
En duel sur l'herbette. 

Pouf! du premier coup 
EU' le couche par t^rre. 

Une fiir a battu 
Le roi d'Angleterre. 

Tout est regagné 
Par une bergère. 

Nous pouvons danser. 

Nous n'aurons plus de guerre (i). 

Ch. Marelle, Contes et chants populaires français . 



(i) M. Ch. Marelle voit dans cette ronde une allusion à Jeanne- 
d'Arc. C'est peu vraisemblable, les événements historiques ne 
laissant ordinairement aucune trace dans les chants populaires. 



93 



32. AU BOIS DE TOULOUSE 

Au bois de Toulouse il y a des voleurs, 
Il y a des voleurs, laïlette ta ta, laïlette; 
Il y a des voleurs, laïlette ta ta. 

Il y en a cinquante au bord d'un ruisseau. 
Au bord d'un ruisseau, laïlette ta ta, laïlette; 
Au bord d'un ruisseau, laïlette ta ta. 

Qui se disent l'un à l'autre : Vois-tu rien venir? 
Vois-tu rien venir? laïlette ta ta, laïlette 
Vois-tu rien venir? laïlette ta ta. 

— J'aperçois un homme à cheval monté, 
A cheval monté, laïlette ta ta, laïlette; 
A cheval monté, laïlette ta ta. 

[gent? 

— Eh bien ! mon brave homme, as-tu de l'ar- 
As-tu de l'argent ? laïlette ta ta, laïlette ; 
As-tu de l'argent ? laïlette ta ta. 

[gants, 

— J'en ai plein mes poches, aussi plein mes 
Aussi pkn mes gants, laïlette ta ta, laïlette; 
Aussi plein mes gants, lailette ta ta. 

[rir, 

— Eh bien ! mon brave homme, il te faut mou- 
II te faut mourir, laïlette ta ta, laïlette; 

Il te faut mourir, laïlette ta ta. 

[chien, 

— Laissez-moi cinq minutes pour app'ler mon 
Pour app'ler mou chien, laïlette ta ta, laïlette ; 
Pour app'ler mon chien, laïlette ta ta. 



94 RIMES ET JEUX DE L'eXFANCE 



Au bout de cinq minutes', le cliien reparut. 
Le chien reparut, laïlette ta ta, laïlette ; 
Le chien reparut, laïlette ta ta. 

Le chien en tua quarante et le maître dix. 
Et le maître dix, laïlette ta ta, laïlette; 
Et le maître dix, laïlette ta ta. 

Engeiivillc (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard, 



33. COMBIEN VENDEZ VOS OIGNONS? 



Cora - bien ven - dez vos oi - gnons, La 



mère à Ma - de - ici - ne ? Com - bien ven-dez 



vos oi - gnons, La mère à ':A.\ - de - Ion? 



— Combien vendez vos oignons, 
La mère à Madeleine ? 
Combien vendez vos oignons, 
La mère à Madelon ? 



9> 



— Nous les vendons six sous, six blancs, 
La mère à Madeleine, etc. 

— Six sous, six blancs, ce n'est guèr' cher, 
La mère à Madeleine, etc. 

— Choisissez dans la quantité, 
La mère à Madeleine, etc. 

— Mademoiselle est à mon gré, 

La mère à Madeleine, etc. 

— Quand elle sera malade, où la mettrez-vous, 
La mère à Madeleine, etc. 



— Nous la mettrons (i) 

La mère à Madeleine, etc. 

— Quand elle sera morte, où la mettrez-vous, 
La mère à Madeleine, etc. 



— Nous la mettrons (2) 

La mère à Madeleine, etc. 

Le Charme (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard. 



(i) Cette strophe varie suivant rimagination des chanteurs, et 
les endroits plus ou moins à propos qui sont désignés excitent la 
gaîté des enfants. 

(2) Même observation que ci-dessus. 



96 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

34. I.i RONDE DKS FLEURS (l) 



C'est moi qui suis la ro-se, Mon nom est ma cou- 

-I V- 



leur; Au doux prin-temps é - clo - se, Je suis rei - ne des 



fleurs. 
1 — Ir" 




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Ve-ncz, ve • 
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t; 


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-f •> i 

■ te. 

a »! 1 


^^'=r^> r Ml i ' 1'- n r r. .i; .1 



A nos jeux mè-lez - vous. Ve-nez, fleur o - do ■ 



ran — te, Et jou-ez a - vec nous. 



Dan-sons, chan-tons en chœur, Pà - que - ret-tes, vi-o- 



et — tes; Dsn - sons^ ch.in-tons en chœur, 



Chan-:ons la chanson des fleurs. Et ré-pé-tons : Vivent les fleurs. 

(i) Les paroles de cette ro.ide appartiennent à la littérature 
semi populaire. 



RONDES 97 

Une bande de petites filles se partage en deux ; 
les unes doivent former une ronde; les autres, 
auxquelles on a distribué d'avance certains noms 
de fleurs, se tiennent à distance et se présentent 
successivement pour demander à entrer dans la 
danse. 

La première fleur se présentant : 

La rose. — C'est moi qui suis la rose ; 
Mon nom est ma couleur ; 
Au doux printemps éclose. 
Je suis reine des fleurs. 

Les petites filles de la ronde, en chœur : 

Venez, venez, charmante ; 
A nos jeux mêlez-vous. 
Venez, fleur odorante, 
Et jouez avec nous. 

La rose prend sa place dans la ronde, puis le 
chœur reprend : 

Dansons, cbantons en chœur. 
Pâquerettes^ violettes ; 
Dansons, chantons en chœur, 
Chantons la chanson des fleurs, 
Et répétons : Vivent les fleurs! 

La marguerite. — Je suis la marguerite. 
Qui pousse dans les champs ; 
Ma fleur blanche et petite 
Annonce le printemps. 



98 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



— Venez, venez, charmante; 
A nos jeux mèlez-vous. 
Venez, fleur odorante, 

Et jouez avec nous. 
Dansons, etc. 

La ciguë. — Je ressemble au cerfeuille ; 
La ciguë est mon nom. 
Malheur à qui me cueille ! 
îtîon suc est un poison. 

— Fuyez, mauvaise plante ; 
Allons, éloignez-vous ; 
Vous êtes trop méchante 
Pour jouer avec nous. 
Dansons, etc. 

Le lys. — Je suis le lys qui penche 
Son calice si beau ; 
Ma corne toute blanche 
Se mire dans les eaux. 

— Venez, venez, charmante ; 
A nos jeux mêlez-vous ; 
Venez, fleur odorante. 

Et jouez avec nous. 
Dansons, etc. 

L'ortie. — C'est moi qui suis l'ortie. 
Qui croit dans les chemins ; 
Je pique l'étourdie 
Qui me donne sa main. 



99 



— Fuyez, mauvaise plante ; 
Allons, éloignez-vous ; 
Vous êtes trop méchante 
Pour jouer avec nous. 
Dansons, etc. 



35. — RONDE DB l'aVOINB (i) 




si, Puis se re - po - soit un p'tit, Ta - poit des pieds, Ba; 




voine, a-voine, a - voi - ne. Le beau temps te ra-mè-n;. 



(i) Il faut, à cette chanson, exprimer ce que Ton ch.nr.e par 
des figures : par exemple, dans le premier couplet, contrefaire 
avec le bras un homme qui sème, ensuite se reposer, taper des 
pieds contre terre, battre des mains l'une contre l'autre et faire 
une pirouette à mesure que la chanson le dit, puis se reprenàre 
les mains aux mots : Avoine, avoine, frur finir en dansant. 

(Ballard.) 



RIMES ET JEUX DE L EXFAXCE 



Qin veut ouïr, qui veut sçavoir 

Comme on sème l'avoine? (Jci on imite le se- 

Mon pèr' la semoit ainsi, [iiiciir) 

Puis se reposoit un p'tit, 

Tapoit des pieds, battoit des mains 

Et faisoit le tour du vilain. 

Avoine, avoine, avoine. 

Le beau temps te ramène. 

Qui veut ouïr, qui veut sç.ivoir 
Comme on fauche l'avoine ? (on imite le fau- 
Mon pèr' la fauchoit ainsi, [chenr) 

Puis, etc. 

Qui veut ouïr, qui veut sçavoir 
Comme on lie l'avoine ? {on iviife h lietir de 
Mon pèr' la lioit ainsi, \gerhes) 

Puis, etc. 

Qui veut ouïr, qui veut sçavoir 

Comme on tasse l'avoine? {on imite le tasseur) 

Mon pèr' la tassoit ainsi. 

Puis, etc. 

Qui veut ouïr, qui veut sçavoir 

Comme on vanne l'avoine? {on imite le vanneur) 

Mon pèr' la vannoit ainsi. 

Puis, etc. 

Qui veut ouïr, qui veut sçavoir 
Comme l'on bat l'avoine? 
Mon pèr' la battoit... 

Au lieu d'achever la chanson en ce; endroit, 



RONDES 



on court l'un après l'autre en se donnant des 
coups de poing sur le dos. 

Ballard, Les ronctes, chansons à Janscr, 
t. II. Paris, 1721, p. 99. 

Vtiriante de cette chanson (fragment) 

Il était un p'tit moine 

Qui labourait son avoine ; 

Il faisait comm' ci, 

Il faisait comm' ça. 

Avoine, avoine, 

Que le bon temps te ramène 1 

Eugène Noël, La Campagne. 

36. — n'y allez pas 



Où al - lez — vous, mon cher en- 



fant? Où al - lez - vous, mon cher en - fant ? 



Je m'en vais à Je - ru - sa - lera. Je — 



Sain - te Ma -rie, rac - re de Dieu, Je - 



102 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



Où allez-vous, mou cher enfant (bis) ? 
Je m'en vais à Jérusalem, Jésus, 
Sainte Marie, mère de Dieu, Jésus. 

N'y allez pas, mon cher enfant (bis), 
Car tous les juifs vous trahiront, Jésus, 
Sainte Marie, mère de Dieu, Jésus. 

Car tous les juifs vous trahiront (his). 
Les pieds, les mains vous cloueront, Jésus, 
Sainte Marie, mère de Dieu, Jésus. 

Les pieds, les mains vous cloueront (bis). 
Couronne d'épine vous mettront, Jésus, 
Sainte Marie, mère de Dieu, Jésus. 

Couronne d'épine vous mettront (bis), 
Le côté droit vous perceront, Jésus, 
Sainte Marie, mère de Dieu, Jésus. 

Le côté droit vous perceront (bis), 
Dans un tombeau vous mettront, Jésus, 
Sainte Marie, mère de Dieu, Jésus. 

Dans un tombeau vous mettront(t(î). 
Trois jours après ressuscit'rez, Jésus, 
Sainte Marie, mère de Dieu, Jésus. 

Ronde des filles de Chooz, canton de Givet, 
recueillie par M. Nozot (^Poésies pop. de la 
France, ms. 3343, feuillet 50). 




CHANSONNETTES 



CHANSONNETTES 



Les pe-tits pois-sons dans l'eau, 



Na - gent, na - gent, na - gent, na - gent, na - gent ; 



Les pe - tits pois-sons dans l'eau, Nag' ans - si bien 



que les gros. 



Les gros, les pe - ttis, 
Xa - gent bien aus - si ; 
Les pe — lits, les gros, 
Na - gent comm' il faut. 



Les petits poissons dans l'eau. 

Nagent, nagent, nagent, nagent, nagent; 



I06 RIMES ET JEUX DE l'eNFAXCE 



Les petits poissons dans l'eau 
Nagent, nagent comme il faut. 
Les grands, les petits 
Nagent bien aussi. 
Les petits poissons dans l'eau 
Nagent aussi bien que les gros. 



2. — <i) 



Pe - tit frèr', haus 



se - moi. 



k-^^ i i ^ J II , r- ^-^ 

Que je voi' la fu - se' vo - lan - te. Pe-tit 



frèr', haus-se-moi, Que je voi' la fu - se' vo- 



ler. Pe-tit frir' m'a haus-sé, Et j'ai vu la fu -se' vo- 



lan — te. Pe - tit frèr' m'a haus - se. 



I ai vu la 



fu - se' vo - 1er. 



CHANSONNETTES IO7 

Petit frèr', hausse-moi, 
Que je voi' la fusé' volante. 
Petit frèr', hausse-moi, 
Qiie je voi' la fusé' voler. 

Petit frèr' m'a haussé. 
Et j'ai vu la fusé' volante. 
Petit frèr' m'a haussé, 
Et j'ai vu la fusé' voler. 

Normandie, Picardie. 

b) Mou petit frère, hausse-moi, 

Pour voir les bateaux qui passent ; 
Mon petit frère, hausse-moi, 
Pour voir les bateaux du roi ! 

Mon petit frère m'a haussée; 
J'ai vu les bateaux qui passent; 
Mon petit frère m'a haussée ; 
J'ai vu les bateaux passer ! 

Étrelat. 

a) Ah ! j'ai vu, j'ai vu. 

— Compèr> , qu'as-tu vu ? 

— J'ai vu une vache 
Danser sur la glace 
En plein cœur d'été. 

— Compère, vous mentez. 

Ah 1 j'ai vu, j'ai vu. 

— Compère, qu'as-tu vu ? 

— J'ai vu une mouche 
Oui était en couches 



108 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

7 ■ 

Au fond d'une allée. 

— Compère, vous mentez. 

Ah ! j'ai vu, j'ai vu. 

— Compère, qu'as-tu vu ? 

— J'ai vu une perdrix 
Qui portait Paris 

Au fond d'un panier. 

— Compère, vous mentez. 

Seine-el-Oise. 

h) Ah! j'ai vu, j'ai vu. 

— Compère, qu'as-tu vu ? 

— J'ai vu une grenouille 
Qui filait sa quenouille 
Au bord d'un fossé. 

— Compère, vous mentez. 

Ah ! j'ai vu, j'ai vu. 

— Compère, qu'as-tu vu ? 

— J'ai vu une mouche 
Qui se rinçait la bouche 
Avec un pavé. 

— Compère, vous mentez. 

Ah ! j'ai vu, j'ai vu. 

— Compère, qu'as-tu vu? 

— J'ai vu une carpe 
Qui pinçait de la harpe 
Au haut d'un clocher. 

— Compère, vous mentez. 

Chanson des Bateliers de la Meuse, dans Oct. Delepierre, 
Macarovéava. Paris, iS;2, p. 24. 



CHAXSOKNETTES IO9 

f) J'ai bien vu trois ânes 
Qiii jouaient à la barre 
Su l'fait' d'un clocher. 

— Compère, vous mentez ! 

J'ai vu une cornille 
Qui pouillait sa fille 
Au fait' d'un noyer. 

— Compère, vous mentez ! 

J'ai vu une ziasse {pie) 
Qui tirait sa vache 
Dans un pot cassé. 

— Compère, vous mentez ! 

J'ai bien vu un loup 
Qui plantait des choux 
Dans l'mitan d'un pré. 

— Compère, vous mentez 1 

J'ai bien vu un ieuve (lièvre) 
Qui tremblait la fleuve {fièvre) 
Sur la l'vée d'un foussé. 

— Compère, vous mentez ! 

J'ai vu un renard 

Qui tirait un luizard {lézard) 

Dans l'mitan d'un blé. 

— Compère, vous mentez ! 

J'ai vu sur un tremble 
Un hareng qui chantait 
Comme un perroquet. 

— Ccmpcre, vous raento: ! 

Le Charme (Loiret). Comm. p.u- M. L. BeauvillarJ. 



IIO RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



cT) J'ai vu la frontière 
Dans une rivière, 
Sur un réverbère, 
Jouer du violon. 

J'ai vu des grenouilles 
Qui faisaient patrouille 
Dans une citrouille 
Avec des canons. 

Gustave Vaez, Le Co^re-fort, comédie 
jcuée au Vaudeville en 1839. 



Ce qui doit bien vous surprendre. 
C'est que j'ai vu trois colimaçons 
Manger vingt-quatre livres de viande 
Et presque autant de bottes d'oignon. 



Il était un petit homme 
A cheval sur un bâton ; 
Il allait à la chasse, 
A la chasse aux hannetons. 
Tonton, tontaine toiitaine. 
Tonton, tontaine, tonton. 

Il allait à la chasse, 
A la chasse aux hannetons ; 
11 était sur la montagne 
Quand il entendit le canon. 
Ta'cn, etc. 



CHANSONNETTES 



Il était sur la montagne 
Quand il entendit le canon ; 
Il eut une si grande peur 
Qu'il fit dans son pantalon. 
Tonton, etc. 

Il eut une si grande peur 
Qu'il fit dans son pantalon ; 
Toutes les dames de la ville 
Lui apportèrent leurs jupons. 
Tonton j etc. 

Toutes les dames de la ville 
Lui apportèrent leurs jupons. 
Quand vous viendrez à la ville, 
N'oubliez pas ma maison. 
Tonton, etc. 

Seinc-et-Oise. 

6. — Ran tan plan, tire-lire, 

Ma culotte qui se déchire. 
Ah I qui 1. raccommodera? 



VI 

RANDONNÉES 



VI 
RANDONNÉES 



I . — LE BUCHERON dUl NE VOULAIT PAS S EN VENIR 

Il y avait une fois un bûcheron qui s'appe- 
lait Pété; — il était allé au bois pour faire des 
fagots. — A l'heure du dîner, sa femme vint le 
trouver et lui dit : Pété, viens donc manger la 
soupe. — Je n'm'en viens point aujourd'hui. — 
Tu n't'en viens point aujourd'hui? — Je vas donc 
dire au loup de venir te manger. — Loup, viens 
donc manger Pété — qui est dans le bois et qui 
ne veut pas s'en venir. — Je ne mange point 
aujourd'hui. — Tu ne manges point aujour- 
d'hui? — Je vas donc dire au chien de venir 
t'aboyer. — Chien, viens donc aboyer le loup ; 



H6 RIMES ET JEUX DE l'eNFAXCE 

— le loup ne veut pas manger Pété — qui est 
dans le bois et qui ne veut pas s'en venir. — Je 
n'aboie point aujourd'hui. — Tu n'aboies point 
aujourd'hui? — Je vas donc dire au bâton de 
venir te fesser. — Bâton, viens donc fesser le 
chien ; — le chien ne veut pas aboyer le loup ; — 
le loup ne veut pas manger Pété — qui est dans 
le bois et qui ne veut pas s'en venir. — Je ne 
fesse point aujourd'hui. — Tu ne fesses point 
aujourd'hui ? — Je vas donc dire au feu de venir 
te brûler. — Feu, viens donc brûler le bâton ; — 
le bâton ne veut pas fesser le chien ; — le chien 
ne veut pas aboyer le loup ; — le loup ne veut 
pas manger Pété — qui est dans le bois et qui 
ne veut pas s'en venir. — Je ne brûle point 
aujourd'hui. — Tu ne brûles point aujourd'hui ? 

— Je vas donc dire à la rivière de venir t'éteindre. 

— Rivière, viens donc éteindre le feu ; — le feu 
ne veut pas brûler le bâton ; — le bâton ne veut 
pis fesser le chien ; — le chien ne veut pas aboyer 
le loup ; — le loup ne veut pas manger Pété — 
qui est dans le bois et qui ne veut pas s'en venir. 

— Je n'éteins point aujourd'hui. — Tu n'éteins 
point aujourd'hui? — Je vas donc dire au bœuf 
de venir te boire. — Bœuf, viens donc boire la 
rivière ; — la rivière ne veut pas éteindre le feu ; 

— le feu ne veut pas brûler le bâton ; — le bâton 
ne veut pas fesser le chien ; — le chien ne veut 



RANDONNÉES II7 



pas aboyer le loup ; — le loup ne veut pas 
manger Pété — qui est dans le bois et qui ne 
veut pas s'en venir. — Je ne bois point aujour- 
d'hui. — Tu ne bois point aujourd'hui ? — Je 
vas donc dire à la courroie de venir te lier. — 
Courroie, viens donc lier le bœuf; — le bœuf ne 
veut pas boire la rivière; — la rivière ne veut pas 
éteindre le feu ; — le feu ne veut pas brûler le 
bâton ; — le bâton ne veut pas fesser le chien ; 

— le chien ne veut pas aboyer le loup ; — le 
loup ne veut pas manger Pété — qui est dans le 
bois et qui ne veut pas s'en venir. — Je ne lie 
point aujourd'hui. — Tu ne lies point aujour- 
d'hui? — Je vas donc dire à la souris de venir te 
ronger. — Souris, viens donc ronger la courroie; 

— la courroie ne veut pas lier le bœuf; — • le 
bœuf ne veut pas boire la rivière, etc., etc. 

— Je ne ronge point aujourd'hui. — Tu ne 
ronges point aujourd'hui ? — Je vas donc dire au 
chat de venir te prendre. — Chat, viens donc 
prendre la souris; — la souris ne veut pas ronger 
la courroie; — la courroie, etc., etc. 

— Je ne prends point aujourd'hui. — Tu ne 
prends point aujourd'hui? — Je vas donc dire au 
maître de venir t'enfermer. — Maître, viens donc 
enfermer le chat ; — le chat ne veut pas prendre 
la souris ; — la souris, etc., etc. 

— Je n'enferme point aujourd'hui. — Tu n'en- 



Il8 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

fermes point aujourd'hui ? — Je vas donc dire A 
la fièvre de venir te tourmenter. — Fièvre, viens 
donc tourmenter le maître ; — le maître, etc. 

— Je ne tourmente point aujourd'hui. — Tu ne 
tourmentes point aujourd'hui ? — Je vas donc 
dire au médecin de venir te chasser. — • Médecin, 
viens donc chasser la fièvre ; — la fièvre ne veut 
pas tourmenter le maître, etc., etc. 

— Le médecin a chassé la fièvre ; — la fièvre 
a tourmenté le maître; — le maître a enfermé le 
chat ; — le chat a pris la souris ; — la souris a 
rongé la courroie; — la courroie a lié le bœuf; 
— le bœuf a bu la rivière ; — la rivière a éteint 
le feu ; — le feu a brûlé le bâton ; — le bâton a 
fessé le chien ; — le chien a aboyé le loup ; — le 
loup a mangé Pété — qui était dans le bois et 
qui ne voulait pas s'en venir. 

Maine. — Poésies populaires de la France, mss. 
de la Bibl. nationale, t. Il, feuillet 17. 



a) Rouli roulant, tout aval les champs, — j'ai 
rencontré Minette qui m'a pris ma roulette. — 
Je lui ai dit : Minette, rends-moi ma roulette. — 
Elle me dit : Je ne te rendrai pas roulette — que 
tu ne me donnes côtelette.* — Je m'en fus à mon 
père, lui demandis côtelette. — Mon père me dit 



RANDONNÉES II9 



qu'il ne me donnerait pas côtelette — que je ne 
lui donne clé. — Je m'en fus à ma mère, lui 
demandis clé. — Elle me dit qu'elle ne me 
donnerait pas clé — que je ne lui donne hure. 

— Je fus au loup, lui demandis hure. — Le loup 
me dit qu'il ne me donnerait pas hure que je 
ne lui donne côte. — Je m'en fus au veau, lui 
demandis côte. — Le veau me dit qu'il ne me 
domierait pas côte — que je ne lui donne lait. 

— Je m'en fus à la vache, lui demandis lait. — 
La vache me dit qu'elle ne me donnerait pas lait 
que je ne lui donne herbe. — Je m'en fus au pré, 
lui demandis herbe. — Le pré me dit qu'il ne 
m'donnerait pas herbe — que je ne lui donne 
graisse (de l'engrais). — Je m'en fus au porc, lui 
demandis graisse. — Le porc me dit qu'il ne me 
donnerait pas graisse — que je ne lui donne 
gland. — Je m'en fus au chêne, lui demandis 
gland. — Le chêne me dit qu'il ne me donnerait 
pas gland — que je ne lui donne vent. — Je 
m'en fus à la mei, lui demandis vent. 

— La mer m'envente, — j'envente le chêne, 

— le chêne m'englaute, — j'englante le porc, 

— le porc m'engraisse, — j'engraisse le pré, 

— le pré m'enherbe, — j'enherbe la vache, 

— la vache m'enlaite, — j'enlaite le veau, — 
le veau m'encôte, — j'encôte le loup, — le loup 
m'enhure, — j'enhure ma mère, — ma mère 



I20 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

m'endette, — j'endette mon père, — mon père 
m'encôtelette, — j'encôtelettc Minette — qui 
m'a rendu ma roulette. 

Lisleux (Cahados). — Poésies pop. de la France, 
rass. de la Bibl. nat., t. II, feuillet 31. 

V) J'ai été voir Minette — pour qu'elle me 
donne sa charrette, — Minette me dit qu'elle ne 
me donnerait point sa diarrette, — à moins que 
je ne lui donne une paire d'édettes (i). — J'ai 
été voir ma mère pour qu'elle me donne une 
paire d'édettes. — Ma mère m'a dit qu'elle ne 
me donnerait point une paire d'édettes, — à 
moins que je lui donne une cuisse de porc. — 
J'ai été voir le porc pour qu'il me donne sa 
cuisse. — Le porc m'a dit qu'il ne me donnerait 
point sa cuisse, — à moins que je lui donne du 
gland. — J'ai été voir le chêne pour qu'il me 
donne du gland. — Le chêne m'a dit qu'il ne me 
donnerait pas de gland, — à moins que je lui 
donne du vent. — J'ai été voir la mer pour 
qu'elle me donne du vent. 

— La mer m'envente, — j'envente le chêne, 
— le chêne m'englane, — j'englane le porc, — 



(1) Éckttes, petites branches de bois, au nombre de quatre, 
qu'on pose sur le pot pour y placer le couloir (instrument pour 
couler le lait). 



RANDONNÉES 



le porc m'encuisse, — j'encuisse ma mère, — 
ma mère m'éclette, — j'éclette Minette, — 
Minette m'a donné sa charrette. 



Seine-Itiférieiire. — Poésies pop. de la France, 
mss. de la Bibl. nat., t. II, feuillet 33. 



c) J'allais tout le long d'une ruette, — tout en 
roulant ma boulette. — Je rencontris Minette — 
qui m'prit ma p'tite boulette. — Ah ! mais, 
Minette, — rends-moi ma p'tite boulette. — Elle 
me dit qu'il li fallait une petite croûtette. — 
J'allis trouver ma mère pour qu'elle me donnît 
une petite croûtette. — Elle me dit qu'elle 
n'avait point la clé. — J'allis trouver mon père 
pour qu'il me donnît la clé. — Mon père m'dit 
qu'il li fallait du lait. — J'allis trouver notre 
vaque pour qu'elle me donnît du lait. — Elle me 
dit qu'il li fallait de l'herbe. — J'allis trouver 
notre terre pour qu'elle m'donnît de l'herbe. — 
Elle me dit qu'il li fallait de l'engrais. — J'allis 
trouver ' notre cochon pour qu'il m'donnît de 
l'engrais. — Il m'dit qu'il li fallait du gland. — 
J'allis trouver notre quêne pour qu'i m'donn' du 
gland. — L' quêne m'dit qu'il li fallait du vent. 
— J'allis trouver la mer pour qu'elle m'donnît 
du vent. 

— La mer m'enventit, — j'enventis mon 
quêne, — mon quêne m'englanetit, — j'en- 



122 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

glanetis mon cochon, — mon cochon m'engrais- 
sit, — j'engraissis ma terre, — ma terre m'en- 
herbit, — j'enherbis ma vaque, — ma vaque 
m'enlaitit, — j'enlaitis mon père, — mon père 
m'enclait, — j'enclai ma mère, — ma mère 
m'encroûtit, — j'encroûtis Minette, — et Minette 
m'a rendu ma petite boulette. 

Seine-Inférieure. — Poésies pop. Je la France, mss. 
de la Bibl. nat., t. II, feuillet 34. 



3. MAROTTE 

— Marotte, ramasse ma pelote. 

— Je ne ramasse pas ta pelote que tu ne m'aies 
donné du pain. 

Je m'en fus à ma mère : Mère, donne-moi du 
pain. 

— Je ne te donnerai pas de pain que tu ne 
m'aies donné la clé. 

Je m'en fus à mon père : Mon père, donne-moi 
la clé. 

— Je ne te donnerai pas la clé que tu ne 
m'aies donné des gants. 

Je m'en fus au gantier: Gantier, donne-moi 
des gants. 

— Je ne te donnerai pas de gants que tu ne 
m'aies donné de la peau. 



RANDONNÉES 123 



Je m'en fus au veau : Veau, donne-moi de la 
peau. 

— Je ne te donnerai pas de peau que tu ne 
m'aies donné du lait. 

Je m'en fus à la vache : Vache, donne -moi du 
lait. 

— Je ne te donnerai pas de lait que tu ne 
m'aies donné du foin. 

Je m'en fus au faucheur: Faucheur, donne-moi 
du foin. 

— Je ne te donnerai pas de foin que tu ne 
m'aies donné de l'eau. 

Je m'en fus au nuage : Nuage, donne-moi de 
l'eau. 

— Je ne te donnerai pas d'eau que tu ne m'aies 
donné du vent. 

Je m'en fus à la mer : Mer, donne-moi du 
vent. 

La mer m'a donné du vent ; j'ai donné du vent 
au nuage; le nuage m'a donné de l'eau; j'ai 
donné de l'eau au faucheur; le faucheur m'a 
donné du foin ; j'ai donné du foin à la vache ; la 
vache m'a donné du lait; j'ai donné le lait au 
veau; le veau m'a donné de la peau; j'ai donné 
de la peau au gantier ; le gantier m'a donné des 
gants ; j'ai donné des gants à mon père ; mon 
père m'a donné la clé; j'ai donné la clé à ma 
mère; manière m'a donné du pain; j'ai donné 



124 RIMES ET ÎEUX DE l'eNFANCE 

j 

du pain à Marotte; Marotte a ramassé ma pe- 
lote. 

Deiix-Sh'res. 

4. — JE TE VENDS LE PETIT BONHOMME 

— Je te vends le petit bonhomme. 

— Je te vends la maison du petit bonhomme. 

— Je te vends la porte de la maison du petit 
bonhomme. 

— Je te vends la serrure de la porte, etc. 

— Je te vends la clé de la serrure de la 
porte, etc. 

— Je te vends la corde qui pend la clé de la 
serrure, etc. 

■ — Je te vends la souris qui a mangé la 
corde, etc. 

— Je te vends le rat qui a mangé la souris, etc. 

— Je te vends le chat qui a mangé le rat, etc. 

— Je te vends le chien qui a tué le chat, etc. 

— Je te vends le bâton qui a battu le chien, etc. 

— Je te vends le feu qui a brûlé le bâton 
qui, etc. 

— Je te vends l'eau qui a éteint le feu, etc. 

— Je te vends le bœuf qui a bu l'eau, etc. 

— Je te vends la masse qui a tué le bœuf, etc. 

— Je te vends le boucher qui a pris la masse 
pour tuer le bœuf, etc. 

— Je te vends la mort qui a pris le bouclier 



RANDONNÉES 125 



qui a pris la masse pour tuer le bœuf qui a bu 
l'eau qui a éteint le feu qui a brûlé le bâton qui a 
tué le chien qui a tué le chat qui a mangé le rat 
qui a mangé la souris qui a mangé la corde qui 
pendait la clé de la serrure de la porte de la 
maison du petit bonhomme. 

Randonnade du Loiret. Coram. par M. J. Poquet. 

5. LA VILLE DE PARIS RENVERSÉE 

— Dans Paris il y a une rue; — dans cette 
rue il y a une maison; — dans cette maison il y 
a un escalier; — dans cet escalier il y a une 
chambre; — dans cette chambre il y a une table; 

— sur cette table il y a un tapis ; — sur ce tapis 
il y a une cage ; — dans cette cage il y a un nid ; 

— dans ce nid il y a un œuf; — dans cet œuf il 
y a un oiseau. 

— L'oiseau renversa l'œuf; — l'œuf renversa 
le nid ; — le nid renversa la cage ; — la cage 
renversa le tapis ; — le tapis renversa la table ; — 
la table renversa la chambre ; — la chambre ren- 
versa l'escalier; — l'escalier renversa la maison; 

— la maison renversa la rue ; — la rue renversa 
la ville de Paris. 

Diux-Sèires . Comm, par M. L. Desaivre. 



VII 



JEUX ET FORMULETTES 
DE JEUX 



VII 

JEUX ET FORMULETTES 
DE JEUX 



I. — LE BATELIER 

Deux enfants assis en face l'un de l'autre se 
tiennent par les deux mains ; ils se renversent en 
arrière tour à tour en chantant : 
Bateau 
Bacelier, 
Mon bateau est défoncé. 

Seint-et-Oise. 



2. — LE PINCE-SANS-RIRE 



Deux enfants se tiennent réciproquement par 
le menton ^en chantant la formulette qui suit. Le 
premierjqui rit reçoit de l'autre une claque. 



IJO RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



a) Je te tiens, 
Tu me tiens 
Par la margoulette (i) ; 
Le premier qui rira (2) 
Aura la claquette (3). 

Différents déparlenunis. 

V) Par la barbe je te tiens; 
Si tu me tiens, je te tiens. 
Le premier d'nous qui rira, 
Une claque il aura. 

Brest. Coram. par M. L. F. Sanvé. 

c) Je te tiens par le menton, 
Barbichon ; 
Et moi aussi, 
Barbiche ; 
Premier d'nous deux qui rira, 
Un bon soufflet aura. 
L'oreille tirée, 
La cuisse pincée. 

Saône-ei-Loirt. 

3. — a) Deux enfants en face l'un de l'autre 
se tiennent par les mains de façon à ce que leurs 



(1) Var. : Par la barbichette ou par la barbette. — Dans la 
Creuse, ou dit : Par la barbiguette (F. Vincent). 

(2) Var. : Celui de nous deux qui rira ou Le premier de& 
deux qui rira, 

(3) Far. : tapette. — Var. de la Creuse : la'clafette (F. V.). 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX I3I 

avant-bras soient l'un sur l'autre; puis, tirant à 
tour de rôle chaque bras, ils imitent le mouve- 
ment d'une scie en chantant : 

Scions, scions du bois 
Pour la mère Thomas. 

Eure-et-Loir. Comm. parM. J. Poquet. 

h) Scions donc 
Du jambon 
A six yards la livre, 
Scions donc 
Du jambon 
A six sous l'quart'ron. 

Boulonnais. Comm. par M. E. Deseille. 



FORMULETTE OUI SB RÉCITE TANS Vn JEU ANAIOGDB 

AU PIED-DE-BŒUF (l) 

Migue, migne, miguemeu, 
Madame est auprès du feu, 
Qui n'a rien à son souper 
Qu'un petit crapaud grillé. 
Grissaussisse, grissaussisson, 
Attrapons ! 

Environs de Lorient. 



(i) Dans le jeu breton, on met le^ ùoigts l'un snr l'antre et 
non les mains. 



132 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



5. — AUTRE FORMULETTE POUR Ll MÊME JEU 

Le fils du roi de Vannes 
Avec la troupe de soldats, 
Jeanne et Jeanne, 
Tête d'ognon, 
Ote ton doigt 
Des compagnons. 

Environs de Lorienl. 

6. — fl) Deux enfants en face l'un de l'autre 
frappent leurs deux mains les unes contre les 
autres, tantôt deux contre deux, tantôt une 
main gauche contre une main droite, et ainsi de 
suite en chantant : 

Mon père — m'a donné 
Des rubans, — des dentelles ; 
Mon père — m'a donné 
Des rubans — satinés. 
Pour faire — des jarretières 
A ma vieille — grand'mère (i). 
Mon père — m'a donné. 
Etc., etc. 

Seine-el-Oise. 

b) Autres paroles pour le même jeu : 

Jean, Jean, Jean, 

Ta femme est-elle belle ? 

(l) l'ariiinle d'Eure-el-Loir : A mon petit frère. 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX I33 



— Oui, oui, oui, elle est demoiselle. 

— Que fait-elle? 

— Elle fait des rubans 

Pour mettre à la culotte ;i Jean. 

Seiitc-et-Oise. 

7. — LE JEU DE LA CLOCHE 

Au jeu de la cloche, les enfants rendent en 
chantant : 

Aux oignons à bon marché 1 
duatre et quatre sont les derniers ; 
Aux aulx ! aux aulx ! 
Mademoiselle, tournez le dos! 

Ici la danse cesse et commence ce dialogue : 
La table est-elle mise? — Oui. 
Les assiettes sont-elles mises? — Oui. 
Les cuillères sont-elles mises? — Oui. 
Les fourchettes sont-elles mises? — Oui. 
Les couteaux sont-ils mis? — Oui. 

Ces demandes s^ multiplient à volonté. A la 
dernière : 

La cloche est-elle sonnée ? 
tous ensemble répondent « Non! « rompent 
le cercle et, se plaçant dos à dos, commencent un 
exercice gymnastique plus ou moins analogue au 
mouvement d'une cloche sonnant à toute volée. 

Bkvignac, L'Empro génevoù. 



134 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



rORMULETTB DES ENFANTS OUI JOUENT A MARCHER 
k RECULONS 

Li, H, caroli, 
Est-il long assiz ? 
Non, non, carolon. 
Un p'tit pas plus long. 

Lille. M">'= Froment, Marthe Blonilel. 



— FORMULETTE POUR SAUTER A LA CORDE 

Il était une fois 
Une gentille petite fillette 
Qui portait un joli nom. 
Car elle s'appelait Fleurette. 
Son père était papillon. 
Son père était papillon. 

Paris. 



lO. — LES POTS DB FLEURS 

Plusieurs petites filles en ligne s'accroupissent 
et rejoignent leurs mains sous leurs jambes, de 
façon à ce que leurs bras figurent des anses de 
pots de fleurs. En face d'elles trois autres petites 
filles debout représentent le bon Dieu, la Sainte- 
Vierge et le diable. Une quatrième représente le 
marchand de feufs; une cinquième lui sert d'aide. 

On donne à chaque pot de fleurs, c'est-à-dire à 



JEUX ET FORMULETTHS DE JEUX I55 

chaque enfant accroupi, un nom de plante, et le 
dialogue suivant s'établit : 

Le bon Dieu : Pan ! pan ! 

Le marchand: Q.ui est-ce cpii est là? 

Le bon Dieu : C'est le bon Dieu qui vient 
acheter un pot de fleurs. 

Le marchand: Laquelle voulez-vous? 

Le bon Dieu : Telle ou telle (ici le nom d'une 
plante). 

Le marchand et l'aide prennent la fleur dé- 
signée par les anses (c'est-à-dire par les bras) et 
la portent auprès du bon Dieu qui l'a achetée. 
Même jeu avec la Sainte-Vierge et puis avec le 
diable. 

Quand le marché de fleurs est épuisé, toutes 
les petites filles qui se trouvent être avec le bon 
Dieu ou avec la Sainte-Vierge font les cornes à 
celles qui sont échues au diable. 

Paris. 

■\ 

II. — LA SAINTE-VIERGE, LE DUBLE ET LES RUBANS 

Trois petites filles figurent la Sainte-Vierge, le 
diable et une marchande de rubans. Les autres sont 
les rubans. 

La Sainte-Vierge avec une petite voix : Toc, toc. 
La marchande: Qui est là? 



136 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

La Sainte-Vierge : C'est la Sainte- Vierge avec 
son enfant. 

La marchande: Qu'est-ce qu'elle veut? 

La Sainte-Vierge : Un ruban. 

La marchande : Pour quoi faire? 

La Sainte-Vierge : Pour mettre à son enfant. 

La marchande : Quelle couleur ? 

La Sainte-Vierge : Telle ou telle. 

Le ruban nommé va se mettre joyeusement du 
côté de la Sainte-Vierge. 

Le diable : Toc, toc. 

La fnarchande : Qui est là ? 

Le diable : C'est le diable avec sa fourche. 

La marchande : Qu'est-ce qu'il veut? 

Le diable: Un ruban. 

La 7narchande : Pour quoi faire ? 

Le diable : Pour mettre au haut de sa fourche. 

La marchande : Quelle couleur ? 

Le diable : Telle ou telle. 

Le ruban nommé se sauve tant qu'il peut, et le 
diable est obligé de courir après. 

Meurthe-et-Moselle. Coram. par M. H. Gérard. 

12. LES RUBANS 

Les petites filles d'une pension se divisent en 
huit ou dix bandes qui se tiennent à la queue 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX I37 

leu leu, et se mettent à la place qui leur est 
désignée. On leur a donné préalablement le nom 
d'une couleur de ruban qui n'est connu que du 
chef de file, ainsi qu'un numéro d'ordre. Deux 
des plus grandes, qui ne font partie d'aucun 
groupe, font avec les mains croisées et levées en 
l'air un arceau sous lequel les bandes devront 
passer. Le jeu commence ainsi. 
Les deux grandes chantent : 

C'est nous qui somm' les sa - voy - ards, les 



sa - vo - yards ; Nous de - man - dons pour cora - pa- 



gni 



les ru - bans, blancs, les ru - bans blancs. 



C'est nous qui somm' les savoyards, les savoj'ards; 
Nous demandons pour compagni' les rubans blancs (i). 

La bande des rubans blancs s'avance en mar- 
quant le pas et chantant : 



(i) Les deux grandes ouvrent le jeu en demandant cette cou- 
leur-li ou une autre, à leur choix. 



138 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



C'est nous qui soinnit.s les rubans blancs, les rubans 

[blancs, 

et passe sous l'arceau. La dernière de la bande, 
arrêtée par les deux grandes, doit demander à son 
tour une couleur à son choix ; elle chante : 

C'est nous qui sommes les rubans blancs, les rubans 

[blancs. 

Nous demandons pour compagnie les rubans roses (i) 

[{ou une autre couleur) . 

Les rubans roses s'avancent, et le jeu se con- 
tinue ainsi. Quand c'est le tour de la dernière 
bande, celle qui tient la queue chante : 

Nous demandons pour compagnie toute la boutique, 

[toute la boutique. 

Et toutes les bandes réunies, se tenant à la queue 
leu leu, repassent sous l'arceau en chantant à tue- 
tête : 

Toute la boutique, toute la boutique. 

Puis on paie les gages. 

Environs de Paris. 



13. — LE PAUVRE ET LES RZCHES 

Un enfant est en face d'une douzaine d'autres 
qui se tiennent par la main. Il représente le 

(i) Si ce u'est pas le tour des rubans roses à passer, elle doit 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX I39 

pauvre ; les autres sont les riches. Chaque fois que 
le pauvre chante son couplet, il prend avec lui 
quelqu'un parmi les riches, jusqu'à ce qu'il n'en 
reste plus qu'un dont c'est alors le tour d'être 
pauvre. 



Ri - che, ri - che que je suis, Qui 



vas, qui viens dans ce pa - j-s. Se - rai - je tou-jours 



ri - che ? Je ma - rie - rai mes fil — les A- 



vec - que cinq cents li - vres, Et mes vi - lains gar- 



çons A - vec cent coups d'bà - ton. 



Les riches, s' avançant tous ensemlle vers le pauvre : 

Riche, riche que je suis, 

Qui vas, qui viens dans ce pays, 



I40 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

Serai-je toujours riche ? 
Je marierai mes filles 
Avecque cinq cent livres, 
Et mes vilains garçons 
Avec cent coups de bâton. 

Le pauvre, ^'avançant à son tour: 

Pauvre, pauvre que je suis, 
Qui vas, qui viens dans ce pays, 
Serai-je toujours pauvre? 
Mam:^ellc sera des nôtres. 
Je marierai mes filles 
Avecque des guenilles, 
Et mes vilains garçons 
Avec cent coups de bâton. 

Environs de Paris. 

14. LA PORTE SAINT-KICOLAS 

a) Les joueurs se donnant la main forment une 
longue chaîne dont chaque anneau est représenté 
ahcrnativement par une dame et un cavalier; les 
deux meneurs qui se trouvent en tête élèvent 
leurs mains jointes, de manière à former une 
sorte d'arceau. — La porte Sains-Nicolas est-elle 
ouverte ? crie en chœur le reste de la bande, 
et, sur une réponse afîirmative, toute la file passe 
rapidement sous cette arche improvisée, en chan- 
tant des airs de ronde. Les jeunes gens de l'extré- 
mité se retrouvent en tête, forment une arche à 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX 14I 

leur tour, et la longue guirlande se dénoue et se 
renoue ainsi tant qu'elle a de l'espace devant 
elle. 

Lorraine. André Theuriet, Le mariage de Gérard. 

V) Les petites filles forment une bande en se 
tenant par la main ; elles passent en commençant 
par la dernière sous les bras des deux premières 
en chantant : 

— La porte saint Nicolas est elle ouverte r 

— Non, elle est tombée dans les lieux. 

— Lon Ion là, laissez-les passer. 
Les Français dans la Lorraine; 
Lon lon là, laissez-les passer. 
Car ils ont du mal assez. 

Meurihe-et-Moseîle. 

c) Bon, bon, bon, laissez- les passer, 
Les Français par la Lorraine ; 
Bon, bon, bon, laissez-les passer, 
Car ils ont souffert assez (i). 

Meurthe-et-Moselle. Comm. par M. H. Gérard. 

15. — LA PORTE DU GLORIA 

Deux jeunes filles représentent, l'une h soleil, 
l'autre la lune. Elles se placent en face l'une de 

(i) Variante : Ils ont fait du mal assez. 



142 RIMES ET JEUX DE L'eNFANCE 

l'autre en se tenant par les mains, qu'elles élèvent 
de manière à former un arc. 

Les autres jeunes filles se tiennent à la queue 
leu leu et passent 5ous l'arc en chantant : 

Passez trois fois, 
La dernière, la dernière, la dernière, 

Passez trois fois, 
La dernière, la dernière restera. 

A la troisième fois, les deux jeunes filles qui 
se tiennent par la main abaissent les bras et 
retiennent prisonnière la dernière de la file. 

Puis vient le dialogue suivant. 

— Ah 1 reudez-moi ma fille. 

Les zig, les zag, les marionnettes; 
Ah I rendez-moi ma fille, 
A moins de six cents francs. 

— Vous n'aurez pas vot' fille, 
Les zig, les zag, les marionnettes; 
Vous n'aurez pas vot' fille, 

A moins de six cents francs. 

— J'aimerais mieux la voir pendre. 
Les zig, les zag, les marionnettes ; 
J'aimerais mieux la voir pendre, 
Au long du chardonneret. 

— La voyez-vous pendue. 

Les zig, les zag, les marionnettes ; 
La voyez-vous pendue. 
Au long du chardonneret? 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX 145 

Au chant de ce couplet, les deux enfants qui 
se tiennent par les mains élèvent les bras en les 
passant sous ceux de la prisonnière, et celle-ci se 
laisse suspendre; puis elle choisit, soit le soleil, 
soit la lune, et va se placer derrière l'astre qu'elle 
a préféré. 

Le jeu continue de la sorte. Quand toutes les 
jeunes filles ont été prises, on révèle alors que le 
soleil représente le paradis et la lune l'enfer, ou 
réciproquement, ce qui avait été établi d'abord en 
secret par les deux premières, et les habitants du 
paradis courent sus aux damnés en les poursui- 
vant à coups de mouchoirs. 

Le Charnu (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard. 
16. — l'avocat de la foire 

à) Des enfants sur une seule ligne répètent 
chaque couplet d'une chanson que chante un 
autre enfant qui est en face a'eux et imitent ses 
gestes. 

Il était un avocat, 
Lon la lirette, 
Lon la lira. 
Il portait un grand rabat (i), 
Lon la lirette, 
Lon la lira. 

(i) L'enfant simule un rabat avec sa main ; les autres l'imitent. 



144 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



Des manches longues comme cela (i), 
Lon la lirette, 
Lon la lira. 

Des lunettes en poil de chat (2), 
Lon la lirette, 
Lon la lira. 

A la foire il s'en alla (3), 
Lon la lirette, 
Lon la lira. 

Dans une auberge il entra (4), 
Lon la lirette, 
Lon la lira. 

L'hôtesse il la salua (5), 
Lon la lirette, 
Lon la lira. 

Des navets il demanda (6), 
Lon la lirette, 
Lon la lira. 

Des navets on lui serva (7), 
Lon la lirette, 
Lon la lira. 



(i)* Il simule de longues manches pendantes. 

(2) Il porte ses doigis en rond au dessus de ses yeux. 

(}) Il va à droite, les autres enfants à gauche. 

(4) Il fait le geste d'ouvrir la porte. 

(5) 11 fait le geste de saluer. 

(é) Il fait le geste de pelurer des uavets. 
(7) Il fait le geste d'apporter un plat. 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX I45 



Goulûment il les mangea (i), 
Lon la lirette, 
Lon la lira. 

Sans payer il s'en alla (2), 
Lon la lirette, 
Lon la lira. 

V'ià ce que c'est que les avocats, 
Lon la lirette, 
Lon la lira. 
Meurthe-et-Moselle. Comm. par M. H. Gérard. 

h) C'était un p'tit avocat {his), 
En campagne il s'en alla. 
Tourne, tourne, ma roulette. 
En campagne il s'en alla, 
Tourne, via roulette, 
Girofla. 

En campagne il s'en alla {his). 
Son petit chapeau sous son bras. 

Son petit cha^^eau sous son bras (his), 
Dans une auberge il entra. 

Dans une auberge il entra {Us), 
Puis à boire il demanda. 

Puis à boire il demanda {his), 
Du vinaigre on lui donna. 



(i) Il fait raine de manger. 

{2) L'enfant se sauve; les autres courent après lui. 



146 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



Du vinaigre on lui donna (lis), 
Mais monsieur le refusa. 

Mais monsieur le refusa {bis), 
A la porte on le mena. 

A la porte on le mena (bis), 
Par la fenêtre il rentra. 

Par la fenêtre il rentra (bis), 
A manger il demanda. 

A manger il demanda (bis). 
Des oignons on fricassa. 

Des oignons on fricassa (bis), 
Mais monsieur les refusa. 

Mais monsieur les refusa (bis), 
A la porte on le mena. 

A la porte on le mena (bis). 
Et la fenêtre on ferma. 

Et la fenêtre on ferma (bis), 
Et r monsieur s'en retourna. 

Câlinais. Comm. par M. J. Poquet. 



17. LES ÉVENTAILS 

Plusieurs petites filles forment un rond assises 
sur des chaises ; une autre se tient debout au 
milieu d'elles, et le dialogue suivant s'engage : 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX 147 



— Je viens du marché. 

— Qu'avez-vous acheté ? 

— Un éventail (à ce viot, les enfants agitent 

[leur main droite en guise d'éventail). 

— Je viens du marché. 

— Qu'avez-vous acheté ? 

— Deux éventails (// remuent les deux mains 

\en même temps). 

On remue successivement les deux mains et 
un pied, les deux mains et les deux pieds, les 
deux mains, les deux pieds et la tête, les deux 
mains, les deux pieds, la tête et la langue, en 
disant : trois, quatre, cinq, six éventails. Tout cela 
doit se débiter très-sérieusement, sous peine de 
gages. 

Seme-ei-Oist. 

iS. — MADAME ANGOT 

La société se forme en cercle. Celui qui dirige 
le jeu annonce qu'il Vc* faire le récit lamentable 
de différents accidents que la pauvre madame 
Angot a essuyés. Puis il entre en matière. Il 
brode le mieux qu'il peut son histoire; et, à 
chaque aventure, il suppose qu'il est survenu une 
infirmité à son héroïne, et que toutes ces infir- 
mités lui ont mis successivement en mouvement 
quelque partie du corps : d'abord, c'est un bran- 
lement de tête, puis un clignement d'yeux, puis 



140 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

un tournement de bouche, puis un remuement 
du bras droit, ainsi de suite jusqu'au remuement 
des pieds. A chaque infirmité qu'annonce le 
directeur du jeu, il imite le mouvement qu'elle a 
produit chez son héroïne, et chaque personne 
est obligée de faire comme lui, sous peine de 
donner un gage. Ces têtes, ces bras, ces jambes 
qui s'agitent par gradation, ces bouches de tra- 
vers, ces yeux clignotants, tout cela produit un 
effet très-comique. Enfin la pauvre madame 
Angot ne saurait résister à tant de maux ; son 
historien la fait mourir, et il invite la société à 
lui faire des obsèques dignes de sa célébrité. Les 
mouvements cessent; on fait un demi-tour à 
droite; le directeur du jeu donne le signal du 
départ ; et chacun tenant son siège à deux mains, 
le traîne autour de la chambre en suivant son 
voisin, jusqu'à ce que tout le monde se retrouve 
à sa place. On conçoit que si ces funérailles n'ont 
pas beaucoup de pompe, elles sont au moins très- 
bruj'antes. 

Manuel des sorciers, suivi des Petits jeux 
de société. Paris, 1820, in-ia. 

19. — LES CHEAUX CROISÉS 

On passe de mains eu mains une paire de 
ciseaux, en disant : 
Je vous vends mes ciseaux croisés ou non croisés. 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX 149 

Dans le premier cas, il faut croiser les bras ou 
les jambes, en prononçant cette formule; dans le 
second, avoir soin de les tenir écartés. On paie 
un gage si l'on manque à l'une ou l'autre de ces 
formalités. 

Les Amusements au bel âge, 181 6. 

20. LA TAUPE 

Voici les questions que les joueurs se font réci- 
proquement : 

Demande. As-tu vu ma taupe? 

Réponse. Oui, j'ai vu ta taupe. 

D. Sais-tu ce que fait ma taupe ? 

R. Oui, je sais ce que fait ta taupe. 

D. Sais -tu faire comme elle? 

R. Oui. 

Le fin du jeu consiste à fermer les yeux toutes 
les fois qu'on répond. Quand on ne le fait pas, 
on donne un gage. 

Les Amusements du bel âge, 1816. 

2t. LES MÉTIERS 

Pour jouer au mélier, plusieurs enfants réunis se 
partagent en deux bandes dont l'une se retire à 
quelque distance pour convenir du métier dont 
on fera le simulacre. Ce point arrêté, elle revient 
vers l'autre bande en disant : Caristo carista. 



ISO RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

L'autre demande : Queu métier ? La première 
répond: Fous l'sare\ quand i s'rafét. Lorsque la 
pantomime du métier est finie, si la bande sta- 
tionnaire l'a devinée, c'est son tour de faire le 
jeu. De là est venue la façon de parler prover- 
biale : Ch'est un métier, vous l'sare^ quand i s'ra 
fét, pour dire que l'on connaîtra le résultat d'un 
événement quand il sera arrivé. 

Vjiknciennes. Hécart, Dict. rouchi. 

22. — LA. MER AGITÉE 

On se sert d'autant de sièges qu'il y a de 
joueurs, moins un. Chaque joueur prend un 
nom de poisson et reste assis. Seul le directeur 
du jeu reste debout au milieu de la société. Il 
appelle l'un après l'autre, aussi vite qu'il le peut, 
en bredouillant quelquefois, les poissons, qui se 
lèvent aussitôt que leur nom est prononcé. A un 
certain moment qu'il choisit, le directeur dit : La 
mer est agitée. Aussitôt tout le monde cherche à 
s'asseoir ; mais comme il manque un siège, celui 
qui reste debout paie un gage. 

25. — BOURSE A VENDRE 

C'est un jeu-ronde fort en usage dans le Bour- 
bonnais pour les enfants ; on se tient les mains 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX 151. 



en rond, pour former le cercle ordinaire des 
rondes, puis on chante ce refrain : 

— J'ai des bourses à vendre. 

— Quelle couleur ont-elles? 

— Elles sont vertes et grises. 

— Tourne le dos, ma mie. 

Un des danseurs se rend à l'invitation et 
tourne le dos ; on recommence ensuite le couplet 
jusqu'à ce que tout le monde en ait fait autant. 
Alors on ne se tient plus par la main ; on se 
donne mutuellement le bras en le relevant jus- 
qu'au coude, et en se rapprochant et serrant 
autant que possible ; dans cette position, où tous 
les dos sont voisins, on se heurte mutuellement 
en disant : Pilons, pilous le poivre. 

M"<^ Celnart, Manuel des jeux de 
société. Paris, 1827. 



24. — LE JEU DE BARRES 

Au jeu de barres (jeu connu, qu'il est inutile 
de décrire), celui qui va provoquer l'adversaire 
engage avec lui le dialogue suivant : 

— Barre de fer. 

— Barre de plomb. 

— Barre de fer. 

— Barre de plomb. 



152 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

Et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il dise tout d'un 
coup : 

Pour tout de bon. 

A ces derniers mots, il s'enfuit à toutes jambes 
vers son camp. 

Pays messin. 

25. — a) Autrefois, au jeu de cache-cache, on 
disait pour ouvrir le jeu : 

C'est fait, 

Minon minet. 

(Voyez Tliéalre des boulevards ^ 
1756, t. III, p. 113.) 

h) C'est-i-fait, 
Minon, minette. 

Les amours de Basiien et Basiientie, comédie. 
Paris, 1753. 

Z6. JUER AL aUEUE d'sORIS 

Six ou huit garçons se divisent en deux bandes 
égales ; les uns se cachent, et les autres les cherchent. 
Si ces derniers en découvrent un, ils crient trico, 
trica sur un tel, qui est obligé de se décacher; il 
est poursuivi par les chercheurs, et s'il est attrapé 
avant d'être revenu au poste qu'on nomme haie, 
il est obligé de porter à dos celui qui l'a pris 
jusqu'aux baies, et c'est aux autres à se cacher à 
leur tour. 

Valencienncs. Hécart, Dict. rouchi. 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX I5J 



27. — LE CATIAU-MADAME 

Le catiau-madame est un jeu de filles auxquelles 
se joignent quelquefois de petits garçons. Un 
nombre indéterminé d'enfants se réunissent. L'un 
se tient sur une motte ou butte un peu élevée 
placée contre une muraille ; les autres se tiennent 
par la main et s'avancent en sautant et criant : 
J'suis dans vof château, madame, madame la reine, 
j'suis dans vof château, dondê. Cela se dit en 
grimpant sur la butte; en cet instant ils aban- 
donnent la main l'un de l'autre et descendent 
rapidement en s'enfuyant chacun de leur côté, 
tandis que la reine court pour en attraper un qui 
la remplace, s'il est pris avant d'être revenu au 
point de départ. 

Vahnciennei. Hécart, Dict. roiichi. 
28. — PRÉLUDE AU JEU DE COLIN-MAILLARD (l) 

a) — Qu'as-tu perdu? 

— Ma femme. 

— De jour ou de nuit? 

— De jour. 

— Eh bien ! cherche-la de nuit. 



(i) Le jeu de colin-maillard est trop connu pour que nous en 
donnions la description. 



154 RIMES ET JEUX DE l'eNFAN'CE 

En prononçant ces mots, on fait tourner sur 
lui-même celui qui a les yeux bandés. 

Environs de Guéret (Creuse). Comm. 
par M. Guillot. 

b) — Brebis beaunotte (i), d'où tu viens? 

— Je deviens des bois de Saulieu. 

— Qu'est-ce que tu as rencontré? 

— J'ai rencontré une femme morte. 

— Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? 

— Elle m'a dit que tous les enfants que je 
rencontrerais, je les m.angerais. 

Cole-d'Or. Comm. par M. H. Marlot. 

c) Le colin-maillard (2) fait un petit feu avec 
des branches sèches ; les autres joueurs l'entou- 
rent et entament avec lui le dialogue suivant : 

Les joueurs. — Que fais-tu là, petit cordonnier? 
Colin-maillard. — Je ramasse des bûchettes. 
Les joueurs. — Pour quoi faire ces bûchettes ? 
Colin-mailla.d. — Pour allumer mon feu. 
Les joueurs. — Pour quoi uiire ce feu? 
Colin-maillard. — Pour faire chauffer mon eau. 
Les joueurs. — Pour quoi faire cette eau ? 



(1) Le jeu de colin-maillard est appelé, dans l'Auxois, jeu de 
la brebis beaitnotte. 

(2) Celui que le sort a désigné pour avoir les yeux bandés. 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX I55 

Colln-maiïlard. — Pour affiler mon petit cou- 
tiau. 

Les joueurs. — Pour quoi faire ce petit coutiau ? 

Colin-maillard. — Pour couper la langue à 
mon petit berlusiau (i). 

Les joueurs. — Quoi qu'il a fait, ton petit ber- 
lusiau ? 

Colin-maillard. — Il a mangé toutes les fleurs 
de mon jardin. 

Les joueurs. — Comment étaient les fleurs de 
ton jardin? 

Colin-maillard. — Elles étaient rouges, bleues, 
vertes, jaunes, de toutes les couleurs. Mais où 
allez-vous, mes petits enfants? 

Les joueurs. — Nous allons nous promener. 

Colin-maillard. — Vous allez user vos petits 
souliers. Qu'est-ce qui les raccommodera ? 

Les joueurs. — Celui qui nous attrapera à 
l'aveuglette. 

Le jeu continue ■:"nsuite. 

Laas (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard, 

29. — Il existe une variante de ce prélude qui 

s'applique nu jeu de la queue du loup (jeu connu). 

Le loup prépare son feu. La mère vient, suivie 

(i) Berlusiau, loriot. 



156 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

de ses agneaux, qui se tiennent tous à la queue. 
Le dialogue suivant s'engage : 

La mère. — Que fais-tu là? 

Le loup. — Je ramasse des bûchettes. 

La mère. — Pour quoi faire ces bûchettes ? 

Le loup. — Pour allumer mon feu. 

La mère. — Pour quoi faire ce feu? 

Le loup. — Pour faire chauffer mon eau. 

La mère. — Pour quoi faire cette eau ? 

Le loup. — Pour affiler mon petit coutiau. 

La mère. — Pour quoi faire ce petit coutiau ? 

Le loup. — Pour couper la langue à tes petits 
agneaux. 

La mère. — Quoi qu'ils ont fait, mes petits 
agneaux ? 

Le loup. — Ils ont mangé les fleurs de mon 
jardin. 

La mère. — Comment étaient les fleurs de ton 
jardin ? 

Le loup. — Elles étaient rouges, bleues, vertes, 
jaunes, de toutes les couleurs. 

Le loup se jette alors sur les agneaux et 
cherche à les saisir. 

Laas (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard. 

30. COLIN-MAILLARD A LA BAGUETTE 

Le colin-maillard, sur les yeux duquel on a 
eu soin d'appliquer un mouchoir ou un bandeau, 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX 157 

se place debout au milieu de l'endroit qu'on a 
choisi pour se divertir, ayant à la main une 
baguette aussi longue qu'on puisse la trouver. 
Tous les joueurs, se tenant par la main, font 
cercle autour de lui et chantent, en dansant, un 
refrain de ronde. Quand le refrain est fini, on 
s'arrête, et le colin-tnailîard, étendant sa baguette, 
la dirige au hasard vers une des personnes de la 
société ; celle-ci est forcée de la prendre par le 
bout qu'on lui présente. Le coliii-maiUard fait 
alors trois cris que cette personne est obligée de 
répéter sur le même ton. Si elle n'a pas le talent 
de bien contrefaire sa voix, elle est facilement 
devinée, donne un gage et prend la place du 
colin-maillard : sinon le jeu continue par un 
autre tour de ronde, et ainsi de suite. 

Les Amusetnenis au bel âge. Paris, i8i6, 

31. — COLlN-MAILLARD A LA SILHOUETTE 

Le colin-maillard, qui, à ce jeu, n'a pas les 
yeux bandés, est placé sur un tabouret assez bas 
pour que son ombre même ne porte point 
d'obstacle au mouvement des ombres qui vont se 
dessiner sur le drap étendu devant ses yeux. A 
quelque distance derrière lui, on place une table 
avec une seule bougie allumée ; toutes les autres 
lumières sont éteintes. Lorsque cet appareil est 



158 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

terminé, les personnes de la société forment une 
espèce de procession et passent à la file les unes 
des autres entre le colin- maillard, à qui il est 
défendu de tourner la tête, et la table sur laquelle 
la bougie est posée. La lumière de la bougie, 
interceptée par chacune des personnes qui passe 
devant elle, porte naturellement sur le linge 
blanc une suite d'ombres chinoises très-bien 
dessinées, et à mesure que ces ombres se présen- 
tent, le colin-maillard est tenu de nommer à 
haute voix la personne à laquelle il imagine que 
ce portrait à la silliouette appartient; et comme 
il est permis aux personnes de prendre les atti- 
tudes et les figures les plus bizarres, le colin- 
maillard tombe souvent dans les plus divertis- 
santes méprises. Ce n'est qu'après avoir deviné 
juste qu'il est enfin libre, et la personne devinée 
occupe le tabouret à son tour. 

32. COLIN-MAILLARD CANADIEN 

Une dame, assise dans un fauteuil, com- 
mence par choisir une personne pour sa fille; 
on lui met ensuite un bandeau sur les yeux, 
et il lui faut alors, à l'examen du visage et de la 
tête seulement, deviner laquelle est sa fille dans 
toutes les personnes qui s'agenouillent devant 
elle, la tête enveloppée d'un châle ou d'un tapis ; 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX I59 

chaque fois qu'elle se trompe, elle doit payer un 
gage. C'est souvent un jeune homme, un 
vieillard, une vieille femme qui s'agenouille, la 
tête ainsi couverte ; de là le résultat de nombreux 
quiproquos. Quand le jeu commence, tout le 
monde chante en chœur à chaque personne qui 
s'agenouille aux pieds de la dame aux yeux 
bandés : 

Madame, est-ce là votre fille (bis), 
En boutons d'or, en boucles d'argent? 
Les mariniers sont sur leur banc. 

La dame voilée doit répondre : 
Oui, c'est là ma fille (bis). 

Ou bien : 

Ce n'est pas ma fille (bis), 

En boutons d'or, en boucles d'argent. 

Les mariniers sont sur leur banc. 

Ph. A. de Gasté, Les anciens Canadiens. 
Québec, 1S77, *• IIj P- 9I- 

33. JEU DE BERLUKETTE 

Ce jeu est une espèce de colin-uiaillard ; mais 
on ne met point de mouchoir. Quelqu'un vous 
couvre les yeux avec ses deux mains. Les autres 
joueurs viennent vous frapper sur le bout du 
nez ; celui qui vous ferme les yeux se met de la 



l60 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

partie. Il vous empêche de voir, avec l'index et 
le doigt du milieu d'une main, et vous frappe 
avec l'autre. Ainsi c'est un jeu d'attrape. 

A- Y, Dicl. des jeux de l'enfance, 1807. 

34. — LA POUSSETTE OV POUSSE AUX ÉPINGLES (l) 

Deux petites filles mettent sur table chacune 
une épingle couchée, qu'elles poussent chacune à 
son tour avec une épingle tenue droite ; celle qui 
passe la première son épingle en croix sur celle 
de sa compagne gagne une épingle, et par con- 
séquent elle ôte une épingle du jeu, d'où vient 
le proverbe tirer son épingle du jeu. Celle qui a 
perdu remet une nouvelle épingle et s'efforce de 
la placer en croix sur l'épingle restée ; lorsqu'on 
manque son coup, on laisse pousser son adver- 
saire. 

M"= Celnart, Manuel complet des jeux 
de société. 1827. 

Au jeu de pousse-pousse, deux joueurs ont 
chacun une épingle qu'ils poussent l'une contre 
l'autre jusqu'à ce que l'une des deux reste sur 
l'autre; alors celle du dessous devient la propriété 
du gagnant. 

Pays de Bray. Decorde, Dicl. du patois 
du pays de Bray. 

(i) Ce jeu est appelé huxel ou pounxil pcrlo à Castres. 
Couzinié, Dicl. du patois castrais. 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX l6l 



35. — QPB PORTEZ-VOUS SUR LE DOS? 

L'on met sur le dos de celui qui tient le jeu 
un oreiller ou une cscabelle, ou quelque autre 
chose semblable, et l'on ne cesse de lui charger 
les épaules de choses diverses, jusqu'à ce qu'il 
ait deviné ce qu'il porte sur le dos, ayant les 
yeux fermés et bandés. 

Guill. Paradin, Chro'tigue de Savoye, citie par 
].0\i\i£r. Le Canton de Vau.i, 1S57, *• I^> P- ^'7- 

36. — aui BAISERA ÇA ? 

Un des joueurs pose sa tête sur les genoux 
d'une dame, qui la lui enveloppe de manière 
qu'il ne puisse pas voir ce qui se passe autour de 
lui. Un autre, touchant du doigt ou indiquant 
d'une manière apparente un objet quelconque, 
lui demande : Qui baisera ça ? S'il présume que 
l'objet n'est pas agréable à baiser, il nomme 
quelqu'un de la société, et celui-ci doit remplir la 
commission ; s'il pense le contraire, il répond : 
Moi\ mais il arrive souvent que, par une fausse 
inspiration, il abandonne à d'autres de bonnes 
aubaines, pour se voir réduit ensuite à baiser une 
savate ou le parquet. Lorsqu'il s'est décidé à 
baiser telle ou telle chose, un autre prend sa 
place et court les mêmes chances. 

Manuel des sorciers, suivi des Petits jeux 
de société. Paris, 1820, ia-i2. 



l62 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



37. — LA PINCETTB 

On cache, à l'insu d'une personne désignée par 
le sort, une épingle ou quelque autre objet. On 
lui dit ensuite de la chercher. Si elle va du côté 
où l'objet n'est pas, on se tait ; si elle s'en 
approche, on crie : Elle brûle; si elle s'en approche 
davantage, on crie encore plus fort : Elle brûle. 
On peut aussi l'avertir en frappant plus ou moins 
fort sur une pinceite avec une clé. Si la personne 
renonce à sa recherche, elle donne un gage. 

Raisson, Nouveau manuel des Jeux, 1838, 

38. LE PAPILLON 

Même jeu que le précédent. Lorsque le clier- 

cheur s'éloigne de l'objet caché, on lui chante : 

Cherche, cherche, papillon. 
Tu es bien loin de ta maison. 

Pays messin. 



La personne qui commence le jeu dit à son 
voisin à droite : « Je te jette mon gant. » Celui- 
ci réplique : « Pourquoi me jettes-tu ton gant ? » 
La réponse à cette question doit toujours 
sonner en ant, et surtout ne point se faire 
attendre, sans quoi l'on donnerait un gage. 

Manuel des sorciers, suivi des Petits jeux 
de société. Paris, 1820. 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX l6? 



40. — ÔTE-TOI DE LA 

Un seul des joueurs est debout. Il s'adresse à 
la personne qu'il veut déplacer et lui dit : Ôle-toi 
de là. Elle lui répond : Pourquoi cela ? — Parce 
que tu as, réplique-t-il, tin chapeau (ou toute autre 
chose) et que je n'en ai pas. On doit alors céder sa 
place, si celui qui la demande n'a pas lui-même 
un objet semblable à celui qu'il vient de nommer. 
Mais s'il disait par exemple : Parce que tu as une 
hague, et qu'il en eût une aussi, il donnerait un 
gage et resterait debout. 11 en serait de mène 
s'il indiquait un objet déjà nommé par un autre. 

Manuel des sorciers, suivi des Pelils jeux 
dt société. Paris, 1820. 

41. — LA SELLETTE 

La société se range en demi-cercle d'un côté 
du salon, à peu près comme des juges assis sur 
leur tribunal. A l'autre bout du salon est Vami 
coupable, assis sur un tabouret ou sur une chaise ; 
Vauii coupable se choisit au sort, s'il ne se trouve 
personne d'assez complaisant pour vouloir être de 
bonne volonté sur la sellette. 

Une personne, faisant les fonctions d'accusateur, 
interroge toute la société en disant : 

« Respectables juges, savez-vous pourquoi 
l'ami un tel est sur la sellette ? » 



l64 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

Alors il se fait un grand silence, et chaque 
juge dit tout bas à Vacciimfeur la raison pour 
laquelle il présume que Vaini coupable est sur la 
sellette. 

V accusateur, après avoir recueilli les voix, 
expose à Vami coupable les unes et les autres. 

A chaque accusation, Vami coupable nomme un 
des juges, et s'il devine juste, chaque juge deviné 
donne un gage, et celui qui a été deviné le 
premier se met sur la sellette. Si personne n'est 
deviné, Vami coupable donne un gage, et l'on fait 
un autre tour. 

Les Amusements du bel dge. Paris, 1816. 

42. — LE JEU DES SOUPIRS 

Le maître du jeu dit à toutes les personnes de 
la société : 

« Messieurs et mesdames, il est temps de ne 
plus cacher votre tristesse, qui deviendrait plus 
violente par la contrainte; il vous est permis de 
soupirer. » 

Chacun soupire donc à plusieurs reprises et en 
divers tons, et c'est dans cette occasion que l'on 
joint plutôt le rire aux soupirs que les larmes. 

Le maître du jeu commence à demander pour- 
quoi il a soupiré. Chaque joueur repond selon sa 
fantaisie : 

L'un dit parce qu'il a perdu un procès ; 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX 165 

L'autre, parce qu'il a perdu sa femme; 
Celui-ci, parce qu'il a perdu son chat; 
Celui-là, parce qu'il a perdu sa pantoufle, etc. 

Chacun ayant ainsi déclaré le sujet de ses 
soupirs, l'un des joueurs recommence à soupirer 
et dit pourquoi il soupire, mais en y joignant la 
cause des soupirs d'un autre. Ce dernier doit les 
reprendre aussitôt et ajouter encore la cause des 
soupirs d'un autre, et ainsi de suite, etc. 

Les Amusements du bel âge. Paris, 181 6. 

43. — JEU nu BATONCUAU 

Dans ce jeu, quatre garçons, dont deux armés 
chacun d'une palette de bois, se placent à une 
certaine distance et font de leur côté une petite 
fosse dans la terre, en ligne directe. Les deux 
autres ont un petit bâton d'environ huit centi- 
mètres, aminci par ^es deux bouts ; ils le jettent 
aux deux autres, qui doivent le renvoyer avec 
leurs palettes. S'ils ne l'atteignent pas, il doivent 
toucher leurs palettes dans la fosse. Tandis que 
les autres courent après la bille, ceux qui l'ont 
chassée courent à la fosse l'un de l'autre, avant 
que les deux porteurs de bille aient pu y revenir 
avec leur hitonchau, pour le mettre dans la fosse. 
Lorsqu'ils ont fait ce jeu deux ou trois fois, 



l66 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

tandis que les autres courent de nouveau après le 
hatonchau, ils mettent leurs palettes en croix au 
milieu du jeu, courent à la fosse l'un de l'autre 
et vont ensuite bien vite chercher leurs palettes 
et retournent à leur place. Après cela, ils recom- 
mencent à chasser et à renvoyer le batonchau; 
cette fois, si l'autre l'a ramassé et l'a placé dans 
le trou avant que les porteurs de palette soient 
revenus à leur place, c'est à eux à prendre les 
palettes; sinon, après les palettes croisées, les 
billes sont chassées de nouveau, et les autres sont 
obligés d'aller les ramasser et de les jeter avec la 
main contre la palette de leur adversaire, qui est 
placée sur la fosse en présentant le côté large; s'il 
ne l'atteint pas, la bille est renvoyée une seconde 
fois, et on continue le même exercice. La bille, à 
cette seconde fois, doit être jetée contre la palette 
qui ne présente plus que son champ; s'il n'est 
pas assez adroit pour l'atteindre, il perd la partie. 
Alors on cache le h.itonohau\ le perdant est obligé 
de le chercher et de le trouver. Pendant cette 
recherche, il est suivi pat les gagnants et par une 
,pfrtie des spectateurs, qui le frappent avec leurs 
mouclioirs noués, ce qui s'appelle sabJuUr, jus- 
qu'à ce qu'il l'ait trouvé. Les poursuivants ont 
l'attention de dire grand feu ou pct^''^ r^^^ lorsque 
le cherchant s'approche ou s'él^^^ ^ ^^ l'endroit 
^ù le batonchau est caché. ^^^ ^^^^.^ ^,^^.^^ ^^, 



JEUX UT FORMULETTES DE JEUX 167 



des redoublements de coups de mouchoirs, lorsque 
celui qui cherche est près de la cachette. — A ce 
jeu a succédé le jeu de la gniche, qui est moins 
compliqué. 

Hécart, Dict. rouchi-français, 183}. 
44. — L\ CAGE A POULETS 

La ca^e à poulets est un exercice que les petites 
filles font très-fréquemment, en jouant à d'autres 
jeux, en se promenant ou autres temps de récréa- 
tion; aussi cet exercice, arrangé en jeux, est un 
de ceux qui leur plaisent le plus. Voyons d'abord 
comment on s'y prend pour faire la cage à 
poulets (i). 

Rien n'est plus simplej on pirouette à droite 
pendant quatre à cinq minutes avec beaucoup de 
rapidité ; ce mouvement de rotation fait gonfler 
la robe : alors on s'arrête subitement, on plie un 
peu les jambes en écartant les bras pour se main- 
tenir en équilibre, et l'on reste immobile. La 
robe, qui demeure gonflée, ressemble effective- 
ment à une cage à poulets. On n'attend pas que 
le repos lui ait rendu sa souplesse ordinaire ; au 
bout de quelques instants, on se redresse, on 
pirouette à gauche, et l'on produit le même effet. 
Voilà l'exercice; voyons maintenant le jeu. 

(i) C'est ce qu'on appelle aussi faire un fromage. 



l68 RIMES ET JEUX DE LENFANCE 

Les jeunes filles se partagent en deux groupes : 
l'un est celui des poules, l'autre celui des cages à 
poulets. Le premier est spectateur et juge des 
mouvements du second. Une des poules donne 
le signal en gloussant ou en frappant trois fois 
des mains; aussitôt les jeunes filles se mettent à 
faire simultanément l'exercice que nous venons 
de décrire; toutes ensemble pirouettent à droite, 
s'arrêtent et pirouettent de nouveau à gauche. 
Quand elles s'accordent bien ensemble, ce jeu 
forme une sorte de danse agréable à voir. Les 
cages à poulets qui ne gonflent pas ou qui se 
montrent après les autres donnent des gages. Le 
groupe des poules en décide, puis devient à son 
tour cages, tandis que celui des cages le juge. Le 
jeu continue ainsi. 

Manuel Roret Jes jeux de société. 
Paris, 1827. 

45. — JEU DES FAGOTS 

à) Ce jeu consiste à se placer en rond, deux à 
deux, en sorte que chaque jeune fille en tient 
une autre devant elle, ce qui forme, pour ainsi 
dire, un fagot. Il faut que les joueuses soient en 
nombre pair, car les fagots étant une fois formés, 
on choisit deux personnes qui doivent courir 
l'une après l'autre. Celle qui court devant a le 
droit de traverser en tous sens les fagots, qui 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX 169 

doivent être assez éloignés les uns des autres 
pour qu'on puisse facilement circuler au milieu 
d'eux. Celle qui court ne peut que tourner autour 
du cercle. Lorsque la personne qui court la pre- 
mière, et qui doit éviter d'être attrapée pour ne 
pas prendre la place de celle qui la poursuit, veut 
se reposer, elle se place devant l'un des fagots, en 
dedans du cercle, et à son choix. Alors il existe 
un fagot composé de trois joueuses, ce qui ne 
peut pas être ; il faut que celle qui se trouve en 
dehors du cercle s'échappe à l'instant, pour 
éviter d'être prise; si elle est prise, elle est 
obligée de se mettre à la place de la coureuse, 
qui la laisse courir après elle, ou, si elle aime 
mieux, qui entre de suite dans le cercle et s'y 
place devant l'un des fagots, ce qui donne à l'ins- 
tant une nouvelle surnuméraire, obligée de 
s'enfuir comme la première. On voit, d'après ces 
détails, que le nombre trois est banni de ce jeu; 
celle que l'on contraint à former ce nombre mal- 
heureux, en se mettant devant son fagot, est 
forcée de quitter sa place. Il est vrai qu'elle peut, 
à l'instant, forcer une autre à lui céder la sienne 
en se plaçant à son tour devant un fagot, et c'est 
ce qui fait la variété et le plaisir de ce jeu. 

Journal des jeunes filles, 1846. 



170 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

b) (i). C'est un jeu d'action qui ne peut 
s'exécuter dans une chambre ; mais il peut pro- 
curer aux champs ou dans un jardin un exercice 
assez divertissant. Les personnes de la société se 
réunissent en fagots, c'est-à-dire deux à deux, et 
les divers couples se distribuent circulaire ment de 
loin à loin, en laissant devant eux une vaste en- 
ceinte. Chaque cavalier place sa dame devant lui, 
lorsque le nombre des joueurs des deux sexes est 
égal; dans le cas contraire, deux personnes du 
même sexe se placent l'une derrière l'autre. 
Tout le monde ainsi disposé, les deux plus jeunes 
personnes de la compagnie sont indiquées pour 
courir l'une après l'autre. Celle qui court devant 
a le droit de sortir du cercle, et de tourner en 
tous sens autour des fagots ; celle qui la poursuit 
ne peut que courir autour du cercle, sans s'écarter 
à droite ni à gauche. Si la personne poursuivie se 
laissait attraper, elle prendrait la place de celle 
qui la poursuit. Lorsque la première est lasse de 
courir ou qu'elle craint d'être prise, elle se place 
en dedans du cercle devant un des fagots. Comme 
un fagot ne peut être essentiellement composé que 
de deux personnes, il faut alors que celui des 
trois qui est en dehors du cercle s'échappe leste- 



(i) b) n'est pas une variante du jeu des fagots, mais u.ie autre 
description de ce jeu. 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX I71 

ment et fasse à son tour courir après lui, ou 
bien aille se placer devant un autre fagot, où l'un 
des joueurs est tenu de même d'abandonner son 
chef de file. Ces mutations de places continuent 
jusqu'à ce que les joueurs soient fatigués ou 
jugent à propos de passer à une autre récréation. 

Riisson, Nouveau manuel des jeux. 1838. 
46. — SAUVE dUI PEUT 

Le premier dit à son voisin : Voilà une feuille 
de mon jardin. Cette phrase fait le tour. 

Le premier. Dans mon jardin, dont voilà une 
feuille, il y a un arbre. On répète. 

Le premier. Dans mon jardin, dont voilà une 
feuille, il y a un arbre, et sur cet arbre il y a 
une branche. On répète. 

Le premier. Dans mon jardin, dont voilà une 
feuille, il y a un arbre, et sur cet arbre il y a 
une branche, et sur cette branche il y a un nid 
d'oiseaux. On répète. 

Le premier. Dans mon jardin, dont voilà une 
feuille, il y a, etc., ce qui a déjà été dit, qu'il 
répète toujours, en ajoutant au dernier : Et dans 
ce nid d'oiseaux il y a quatre petits. On répète. 

Le premier, après avoir tout récapitulé : Et 
dans ce nid il y a quatre petits. Je les ai élevés 
fit leur ai appris à parler. On répète. 



lya RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Le p-emicr. Etc., etc. Et je leur ai appris à 
parler. Le premier dit : Petits fils. On répèle. 

Le premier. Le premier dit: Petits fils; le 
second dit : Bonjour, mignon. On répète. 

Le premier. Le second dit : Bonjour, mignon ; 
le troisième chante : Mi mi mi fa ré mi, chantez, 
mon petit ; mi mi fa ré sol, chantez, rossignol. 
On répèle. 

Le premier. Mi mi fa ré sol, chantez, rossi- 
gnol ; et le quatrième dit : Sauve qui peut. 

Là-dessus tout le monde se lève; tous ceux 
qui ne sont pas au fait du jeu, et qui ne s'atten- 
dent pas au dénoûment, restent sur leurs chaises 
et donnent un gage. 

Le nouveau savant de société. Paris, 1825. 

47. — UN, DEUX, TROIS, COQ.UELETTE 

On tire au sort pour savoir celui des joueurs 
qui sera coqttclette. Ce dernier, dès qu'il est 
désigné, appuie ses bras sur une chaise, un bloc 
de bois, un banc ou une grosse pierre ; il baisse 
la tête et présente son dos arrondi : c'est préci- 
sément ce qu'on appelle être coquelette. Tous les 
autres joueurs se placent à la file les uns des 
autres, à quelque distance en arrière de coquelette; 
le premier en tête de la file se détache en courant 
et saute à caHfourchon sur coquelette en battant 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX 173 

des mains et en criant : un, deux, trois, coquehtte. 
Cet écuyer d'un nouveau genre doit s'y prendre 
de façon à prononcer le dernier mot en arrivant 
sur le patient, faute de quoi il devient coquelette 
à sa place. Mais s'il a crié dans le moment 
voulu, il va reprendre sa place à la fin de la file, 
et le joueur qui se trouve alors à la tète enfourche 
coquelette à son tour, et ainsi de suite. 

Bescherelle, Les jeux. 

48. — RASSAaUEZ MES DEUX SÉIAUX 

Jeu dans lequel trois enfants se tiennent par la 
main ; le plus fort est au milieu. Celui-ci prend 
sa course en tirant les deux autres après soi et en 
criant : ra, ra, ra, rassaquex_ mes deux séiaux ; en 
même temps il ramène les deux petits vis-à-vis 
de lui. 

Valeyiciennes. Hécart, Dict. rouchi, 1833. 
49. — l"cane d'aloéte 

Des enfants en nombre indéterminé se rassem- 
blent; le plus fort se met à la tète et prend la 
main de celui qui le suit, et ainsi jusqu'au dernier, 
formant une longue file. Le premier prend sa 
course en criant : cane, cane, cane d'aloéte, ce qui 
se répète par toute la bande. Cette course est si 



174 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



rapide que si la chaîne se rompt, ce qui arrive 
quelquefois, ceux qui se trouvent séparés tombent 
rudement ou vont se heurter avec force contre 
une muraille. 

Valenciennes. Hécart, Dict. rouchi^ 



50. — A GRAN DE CIEL 

Sorte de jeu dans lequel deux enfants s'entre- 
lacent les doigts de manière à former avec les 
mains un siège sur lequel se place un troisième 
plus jeune qu'ils promènent en chantant : 

A gran' dé ciel, 
A cul païéle. 

A Rennes, on exprime cette action ^gzr porter à la 
gredindeîlc (i). 

VakiicUnnes. Hécart, Dict. rouchi^ 



51. — A LINGENT 

Ce jeu consiste à deviner le nombre de noyaux, 
de billes, noisettes, etc., qu'on a dans la main. 
Celui qui devine donne la différence du nombre 
indiqué au nombre réel en plus ou en moins, et 
gagne tout s'il a rencontré juste. 

(l) A Lille on dit : Porter à grain-de-sd . 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX 175. 

Le maître de l'enjeu dit. — A l'ingent. 
Le dcviiieur. — Je m'y mets. 
Le tnailre de l'enjeu. — Jusqu'à quand? 
Le devineur. — Jusqu'à 1,2, 3, etc. 

Lyon, 

52. — BERLINGUE ET CHiaUETTE (l) 

Dans cette variante du jeu àe pigeon vole/\\Ï2.\yX 
lever le doigt quand on prononce berlingue et 
rester fixe quand on dit chiqiiette. 

Le nouvau savant de société. Paris, 
182;, t. I, p. 16. 

53. — TIREZ-LÂCHEZ 

Chaque personne prend un ruban et en tient 
un bout. Les autres bouts sont tous réunis dans 
la main de celui q-'i mène le jeu, et qui se trouve 
par conséquent au centre du cercle. 

Quand on lui entend dire : Tire^, il faut lâcher ; 
et quand il dit : Làihej^, il faut tirer. 

Il est étonnant combien ce jeu si simple fait 
donner de gages. 

Les jeux imwcenls de scciélé, in- 18, s. 
(1) Ce jeu est appelé lerlin-choquclte en Lorraine. 



176 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

54. — LE SIFFLET 
Jeu d'attrape 

Ce jeu, qui donne ample matière aux bruyants 
éclats de rire, s'exécute comme il suit : on 
attache, sans qu'il s'en doute, une clé forée ou 
un sifflet à l'habit d'un cavalier. Ensuite on lui 
dit de chercher à le surprendre entre les mains 
de la personne qu'il entendra siffler; mais tous 
ses efforts sont vains, car, au moment où il se 
retourne, croyant saisir la clé forée ou le sifflet, 
il l'entraîne avec lui et la présente à une autre 
personne qui siffle de nouveau, ce qui le tour- 
mente beaucoup et prête davantage aux plaisirs 
de la société. 

Les Amusements du Ici âge. Paris, 1816. 

55. — LE CAPUCIN MORT 

Jeu d'attrape 

Un des joueurs s'étend par terre tout de son 
long, en contrefaisant le mort. Toutes les dames 
tournent autour de lui en disant tout haut : 
Frère Pancrace, étes-vous mort ? Le mort ne répond 
rien et ne fait aucun mouvement. Alors les 
cavaliers, l'un après l'autre, viennent en proces- 
sion se coucher sur lui, tnettre leurs mains 
derrière son dos et lui parler à l'oreille, sem- 



JEUX ET FORMULETTES DE JEUX I77 

blable au prophète qui ressuscite un mort. Vient 
enfin le tour de celui qu'on cherche à attraper ; 
mais à peine est-il étendu sur le capucin mort 
que celui-ci, se réveillant, lui serre les bras et les 
jambes, et tandis qu'il le tient bien ferme dans 
cette posture, tout le monde fond sur lui et lui 
donne une correction amicale. 

Les amusements du tel âge. Paris, 1816. 

56. — JUER AU LIÉFE A r'tROUVER s'trOU 

Jeu d'attrape 

Sorte de jeu dans lequel les enfants portent 
tout ce qu'ils ont de plus précieux dans une fosse, 
et font croire au plus simple d'entre eux que s'il 
peut trouver cette fosse les yeux bandés, il aura 
tout ce qu'elle renferme. Alors ce petit crédule se 
laisse bander les yeux ; les autres se hâtent d'en- 
lever de la fosse ce qu'ils y ont mis, la remplis- 
sent d'ordure et conduisent par la main le pauvre 
enfant en criant : grand feu, petit feu, à mesure 
qu'il s'approche ou qu'il s'éloigne, et lui font 
enfin trouver ce qu'il ne cherchait pas. 

Vakncierines. Hécart, Dict. rouchi . 

57. — LA TRÊVE 

Quand un enfant veut demander une suspen- 
sion ou cesser brusquement de prendre part à un 

12 



178 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



jeu, il se sert de certains signes ou de certains 
mots de convention. 

a) En Lorraine, on dit : Fourchette ! 

b") Dans le département de Seine-et-Oise, on 
lève l'index et le médius en les écartant de 
manière à figurer une fourche. 

c) Dans les environs de Paris, on dit : PoucCy 
en montrant le pouce. 

d) A Bayonne (selon Lagravère, Poésies en 
gascon, Bayonne, 1865), on dit : Fendits. 



58. — LA TRICHERIE 

Quand un de nos camarades avait triché et 
qu'il en avait la honte, nous lui disions : Eh bien, 
crache barat 1 et il crachait par terre pour abjurer 
sa tromperie et y renoncer dans l'avenir. 

Sainiongt. Jônain, Dict. du patois 
snititoiigeais, p. 62. 




VIII 

GAGES ET PÉNITENCES 
DE JEUX 



VIII 

GAGES ET PÉNITENCES 
DE JEUX 



I. LE BAISER & LA CAPUCIKE 

Le cavalier et la dame à qui cette douce péni- 
tence est ordonnée se placent à genoux, et dos à 
dos, au milieu d'un cercle qui s'amuse de leur 
embarras. Il faut que la tête du cavalier se tourne 
jusque sur l'épaule gauche, pour joindre presque 
sa bouche à la bouche de la dame, dont la tête 
s'est tournée à droite. Le cavalier doit avoir 
l'adresse, lorsque ce mouvement s'opère, de dé- 
gager son bras gauche et de le passer doucement 
autour de la taille de la dame. 

Les amusements du bel âge, 1816. 



l82 RIMES ET JEUX DE l'eXFANCE 



2. — LE BAiSEK k LA StELIGIBUSE 

Faute de grilles d'un parloir de religieuses, 
c'est au travers des barreaux souvent trop serrés 
du dos d'une chaise que le cavalier doit chercher 
à embrasser une dame. Cette pénitence, qui est 
agréable quand les barreaux de la chaise sont 
écartés, devient très- désagréable lorsque ces 
mêmes barreaux sont trop rapprochés les uns des 
autres. 

Les amusement! du bel âge, 1816. 

}. — LE BAISER DU LIÈVRE 

Il consiste à prendre chacun par l'un des bouts 
une aiguillée de fil, et à la mâcher en la retirant 
jusqu'à ce que les deux bouches se joignent. Ce 
baiser alarme un peu la pudeur des mamans, qui 
le proscrivent. 

Le nouveau savant de sœUié, Paris, I&25. 

4. — EmtASSEK Lk fEUSOKXS Qjm l'on UiU SAKS OPE 

CELA P*JtàISSE 

Cette pénitence s'exécute en les embrassant 
toutes. 

{. — LE BAISER SB HASARD 

Le pénitent, après avoir pris les quatre rois et 
les quatre dames d'un jeu de cartes, les mêle et 



GAGES ET PÉNITENCES DE JEUX 183 

les distribue, sans les regarder, à quatre dames 
de la compagnie. Celui qui se trouve avoir en 
main le roi de cœur embrasse celle qui tient la 
dame de cœur, et ainsi des autres. 

Les amusements du bel âge. Paris, 1816. 

6. — LE BAISER TROMPEUR 

Une dame s'avance vers le pénitent comme 
pour l'embrasser; mais elle se détourne et laisse 
prendre le baiser par son plus proche voisin. 

Les amusements du bel âge, Paris, 1816. 

7. — LE BERCEAU d'aMCUR 

La personne à qui cette pénitence est ordonnée 
en choisit une autre d'un sexe différent, et elles se 
placent ensemble au milieu du salon, en se tenant 
les deux mains et en élevant les bras en forme 
de berceau. En cet état, la dame désigne un 
cavalier et le cavjlier une dame. Ce nouveau 
couple ainsi désigné vient demander passage 
sous le berceau ; mais au moment où il se trouve 
sous la voûte, les bras dont elle est formée 
s'abaissent tout à coup et l'entourent d'une 
espèce de chaîne. Le couple, ainsi emprisonné, ne 
recouvre sa liberté qu'en payant un tribut qui 
consiste en deux baisers. 

Lorsqu'il est sorti, il acquiert lui-même le 



184 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

droit de créer un nouveau couple d'amants, obligé 
maintenant de passer sous deux berceaux et d'y 
payer deux fois le tribut amoureux. 

Bientôt, quand la société est nombreuse, cinq 
ou six couples se succèdent et se rangent les uns 
à la suite des autres, et de leurs bras entrelacés 
forment une voûte. 

Les amusements du bel âge, 1816. 
8. — LES AUNES d'amour 

Elles se font en prenant les deux mains d'une 
demoiselle que l'on réunit sur sa poitrine, et que 
l'on écarte ensuite comme si l'on voulait prendre 
une mesure ; à chaque fois qu'on étend ainsi les 
deux bras, on l'embrasse, et cela s'appelle une 
aune d'amour. 

Le nouveau savant de société. Paris, 1825. 

9. — LA PLANCHE DE CHÊNE 

La personne condamnée à exécuter cette péni- 
tence se place debout, le dos contre la porte ; en 
cet état elle appelle une personne d'un sexe 
différent, qui se place en face d'elle, et celle-ci 
en appelle une autre, qui se place dos à dos. 
Alors chacun se retourne et embrasse ce qu'il a 
devant soi. Il résulte de ce mouvement que la 
personne placée le dos contre la porte se trouve 
naturellement vis-à-vis d'une planche de chêne à 



GAGES ET PÉNITENCES DE JEUX 185 

laquelle elle peut donner un baiser aussi tendre 
qu'elle veut. 

Li nouveau savant de société, 1825. 

10. — EMBRASSER LE DESSOUS DU CHANDELIER 

C'est embrasser une personne sur la tête de 
laquelle on a pris le soin de placer le flambeau. 

U. — EMBRASSER LE CHANDELIER 

C'est donner un baiser à une personne que 
l'on a priée de tenir en main une bougie allumée. 

12. — LE CHEVALIER DE LA TRISTE FIGURE 

On fait asseoir un cavalier sur un fauteuil, et 
une dame vient se placer sur ses genoux ; un 
autre cavalier appelé par la dame s'approche, lui 
donne un baiser, et va avec un mouchoir essuyer 
le visage du premier, qui fait alors le rôle du 
chevalier de la triste figure. 

Les amusements du lel âge, 1816. 

13. — LE PONT d'amour 

Le condamné, placé comme l'on dit, à quatre 
pattes, reçoit sur son dos un cavalier et une dame 
qui s'y reposent et s'y embrassent. 

Les amusements du bel âge, :8i6. 



l86 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



14. LB CHEVAL d'aRISTOTE 

Le cavalier condamné à accomplir cette péni- 
tence se met à quatre pattes par terre, et pro- 
mène autour du cercle une dame à son choix, 
assise sur son dos et qui est embrassée par tous 
les cavaliers devant lesquels elles passe. 

15. — LE MENUET A TROIS 

Une dame se met au milieu de deux cavaliers, 
qui tiennent chacun un flambeau. Elle les prend 
par la main, fait la révérence du menuet, puis, 
prenant le flambeau de l'un des cavaliers, elle en 
charge celui qu'on attrape, et qui tient la chan- 
delle pendant qu'elle embrasse l'autre (i). 

La amusements du bel âge, 1816. 

16. — LES TROIS B 

Le cavalier à qui on impose cette pénitence 
doit devenir en apparence borgne^ boiteux et bossu. 
A cet efTet, il ferme un œil, courbe le dos, et, 
s'appuyant sur un bâton, il se tient sur un seul 
pied. Dans cette attitude, il va à cloche-pied se 
présenter alternativement à chaque dame de la 
société en disant : 

(i) Il y a une locution qui pourrait bien venir de là. 



GAGES ET PÉNITENCES DE JEUX 187 



Un petit baiser, madame, par pitié, 

A ce pauvre homme marqué aux trois B. 

Libre aux dames de lui faire ou de ne lui pas 
faire raumône ; celles qui refusent lui répendent : 
Dieu vous assiste, et il doit passer outre sans user 
de contrainte, sous peine de ne point retirer son 
gage. 

Raisson, Nouveau manuel des jeux. 



17. — LA OUEUE DE LAPIN 

On tortille un morceau de papier de huit à 
neuf pouces de longueur, un des joueurs, 
désigné pour être le lapin, quitte son habit, et on 
lui attache avec une épingle ce papier par der- 
rière à la ceinture de la culotte. On rabaisse 
ensuite le papier de manière qu'il reste dans une 
position horizontale ; mais il doit avoir assez 
d'élasticité pour ballotter en tous sens, sans 
s'abaisser par son propre poids. Cela fait, le lapin 
se met à e-xécuter une danse quelconque, dont 
les mouvements soient vifs et accélérés, ou, s'il 
ne sait pas danser, il tourne autour de la salle en 
faisant de petits sauts à droite, à gauche, en 
avant et en trépignant, de façon à imprimer à 
tout son corps une agitation continuelle à la- 
quelle participe le papier qu'il porte. Pendant ce 
temps, la personne à qui l'on a donné la péni- 



l88 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

tence doit, munie d'une bougie allumée, suivre 
par derrière le danseur et essayer de mettre le 
feu au papier. Si elle n'y réussit pas dans un 
espace de temps fixé, son gage ne lui est point 
rendu ; on en tire un autre, et le joueur à qui il 
appartient fait à son tour les mêmes tentatives. 
L'épreuve recommence jusqu'à l'épuisement des 
gages, si personne ne parvient jusque-là à mettre 
le feu au mobile papier. Celui entre les mains 
duquel la bougie, frappée par le papier, viendrait 
à s'éteindre, cède la place à un autre et donne 
un nouveau gage. Un lapin leste, et qui entend 
bien le jeu, doit conserver sa queue saine et 
sauve. 

Manuel des sorciers, ou Cours de récréations physiques, etc., 
suivi des Petits jeux de société. Paris, 1820, in-8°. 

18. — BAISER LES Q.UATRE COINS DE LA CHAMBRE 

On demande à quatre dames la permission de 
les conduire aux quatre coins de l'appartement, 
et on les embrasse successivement ; après cela, on 
les reconduit à la place qu'elles occupaient. Ceux 
qui ne connaissent pas comment s'exécute cette 
pénitence se bornent à embrasser les quatre coins 
de la chambre, ce qui divertit beaucoup les 
spectateurs. 

-, Le nouveau savant de société. Paris, 1825. 



GAGES ET PÉNITENCES DE JEUX 189 

19. — JEAN SOUFFLE LA CHANDELLE 

Prenez une bougie, et commandez à un cava- 
lier de la souffler, en la passant rapidement 
devant son visage, jusqu'à ce qu'il ait réussi. 
Cette pénitence est . extrêmement difficile à 
exécuter. 

Jjc nouveau savant de société. Paris, 182;. 

20. — LA CHANDELLE DE KOEL 

On bande les yeux à celui qui doit exécuter 
cette pénitence; on lui remet un petit bout de 
bougie de trois ou quatre lignes de longueur; on 
le fait mettre à genoux, et l'on place par terre 
devant lui une chandelle. Il doit y allumer à 
tâtons le petit morceau de bougie qu'il tient, 
sans s'aider de la main gauche, ce qui n'est pas 
très-aisé, si l'on veille à ce qu'il n'y voie pas 
clair. 

Manuel des sorciers, suivi des Petits jeux^ 1820. 
21. — LE TRACAS DE POLICHINELLE 

C'est une pénitence de dame. Celle qui reçoit 
l'ordre de l'exécuter choisit une bonne amie, se 
présente ensuite devant un cavalier, l'embrasse 
et va rendre le baiser à sa compagne. Cette plai- 
santerie se répète autant de fois qu'il se trouve de 
cavaliers dans la société. 

Les amusements du bel dge, iSié. 



190 RIMES ET JEUX DE L'eNFANCE 



22. LE ROI DE MAROC EST MORT 

a) Deux personnes tenant une bougie à la 
main vont d'un bout de la chambre à l'autre en 
se croisant à plusieurs reprises. Le dialogue sui- 
vant s'établit entre elles : 

Première persontie. — Hélas! hélas! 

Deuxième personne. — Hélas ! 

Première personne, — Le roi de Maroc est mort. 

Deuxième personne. — Hélas! 

Première personne. — Hélas ! hélas ! 

Deuxième personne. -^ De quoi donc est-il 
mort ? 

Première personne. — D'une colique venteuse. 

Deuxième personne. — S'il eût pété, il ne serait 
pas mort. 

Cette scène est exécutée par suite d'une péni- 
tence de jeu imposée à deux personnes; il leur 
est défendu de rire pendant ce temps, sous peine 
d'en avoir une nouvelle. 

Setne-ei-Oise. 

h) Voici ce que M™e de Chabreul {Jeux et exer- 
cices de jeunes filles, Paris, 1860) dit à ce sujet: 
<f La pénitence pour les deux personnes est de se 
rencontrer en faisant semblant de pleurer et de se 
dire : « Le roi de Maroc est mort >■>. On se sé- 
pare, et l'on se rencontre de nouveau en disant 



GAGES ET PÉNITENCES DE JEUX I9I 

« Hélas ! hélas ! » On se sépare et on se ren- 
contre encore en disant : « Il m'aimait beaucoup, 
parce que je suis gai, très-gai, excessivement 
gai ! )) tout cela avec la figure la plus triste. 

c) Selon Raisson, Nouveau Manuel des Jeux, 
1838, le dialogue est ainsi qu'il suit : 

Première rencontre. — Ah! quelle nouvelle! 

Hélas! 
Deuxième rencontre. — Le roi de Maroc est mort- 

Hélas ! 
Troisième rencontre. — Il est enterré ! 

Hélas! 

Quatrième rencontre. — Il s'est coupé le cou d'un coup 

[de coutelas. 

Hélas! hélas! hélas! 
Et quatre fois hélas ! 

23. — Allez dans le petit coin et dites trois 
fois : 

Trois p'tits pâtés, ma chemise brûle ; 
Tout ce qu'il y a dedans ne vaut rien. 

Environs de Paris. 



W» 

^¥^ 

^ 



IX 

DEVINETTES 



13 



IX 
DEVINETTES (i) 



1 . — Combien y a-t-il de temps ? 

— Un seul, caj- h passe n'est plus, l'avenir n'est 
pas encore; il n'y a donc que le temps présent. 

Ph.J. Leroux, Dictionnaire comique, 1787. 

2. — a) Ma sœur a une pomme 

Qu'elle ne peut couper ; 
Ma mère a un foulard 
Qu'elle ne peut ployer; 



(1) Ce chapitre peut être considère comme un suppUmtnt 1 
mon Recueil d'énigmes populaires, publié en 1877. 



196 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

Mon père a des écus 
Qu'il ne peut compter. 

— Soleil, ciel, étoiles. 

Paris. 

b) Ma grand' mère a un voile 
Qu'elle ne peut plier ; 

Ma mère a une pomme 
Qu'elle ne peut couper; 
Mon frère a des billes 
Et ne peut jouer avec, 

— Ciel, soleil, étoiles. 

Paris. 

c) Mon frère a des diamants 
Qui ne peuvent servir ; 
Ma mère a un médaillon 
Qu'elle ne peut mettre; 
Ma sœur a une pomme 
Qu'elle ne peut manger ; 
Ma grand' mère a un voile 
Plus grand qu'elle. 

— Étoiles, soleil, lune, ciel. 



Paris. 



d) Ma mère a un drap 
Qu'elle ne peut plier ; 
Mon père a une boule 
Qu'il ne peut rouler; 



DEVINETTES 197 



Ma sœur a une pomme 
Qu'elle ne peut manger; 
Mon frère a des billes 
Qu'il ne peut rouler. 
Cid, soleil, lune, étoiles. 



Paris. 



j. _ Qu'est-ce qui passe dans le bois 
Sans déchirer sa robe de soie? 

— Le soleil. 

Yonne. 

4. — J'ai ma tante qui demeure 
De l'autre côté de l'eau; 
Elle m'envoie un manteau 
Qui couvre tout excepté l'eau. 

— La nei^e. ^ , 

" Paris. 

5. _ Qu'est-c^ qui ne peut se réchauffer au 
feu? 

Ta glace. 

Loirel. Comra. par M. L. Beauvillard. 

6. — Moi j'en ai, toi t'en as ; 

La plus petite herbe des prés en a. 

— L'ombre. „ „ , 

Lci-(t. Comm. par M. L. BeauviUard. 



198 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

7. — Qu'est-ce qui se fourre sous le lit en 
entrant? (c'est-à-dire : quand on entre). 

— L'ombre. 

Loiret. Comm. par M. L. BeauvUlard. 

8. — Qu'est-ce qui est gros comme une 

Et ne pèse pas une cerise? [église 

— L'ombre. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

9. — Qu'est-ce qui va à Paris sans s'arrêter? 

— La route. 

Pays messin. 

10. — Quatre coureurs noirs ou blancs, 

Un balai et un banc. 

— Un cheval. 

Bretagne. 

11. — Quatre marchent sur le pavé, 

Quatre portent la soupe, 
Quatre regardent les étoiles. 

— Les quatre pieds, les quatre pis et les deux yeux 
de la vache. 

Paris. 

12. — Marveille sur marveille, 

Six pattes et quatre oreilles. 

— Un cavalier et sa monture. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 



DEVINETTES 199 



15. — Qui est-ce qui fait caracaca 
A la corne d'un bois (i)? 

— La pie. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

14. — Boule, boule su l'keyere 
Boule, boule par terre 
Y n'a nuz homme ein Angleterre 
Pou l'erfaire. 

— L'œuf. 

Moits (2). Sigart, Glossaire étymologique 
montais, 1S66. 

15. — Quel est l'animal qui tombe du haut 
du ciel sans se tuer (3 )? 

— C'est l'alouelte, qui s'élève en faisant son 
ramage; elle est à perte de vue et tombe comme une 
pierre sans se tuer. 

Théâtre des boulevards, 1756, t. III, p. loi. 

16. — Quels sont les animaux qui vont dans 
la rivière jusqu'au fond sans se noyer (4)? 

— Les poissons. 

TImire des l'oukvards, 1756, t. III, p. lOl. 

(i) La personne qui pose C5:te énigme si oimple a pour but 
■d'amener vne facétie gro.sière. Au naïf qui, triomphalement, 
donne la solution : la pie, elle répond : « Fourre ton nez par où 
ellech...! » (J. P.) 

(2) A Mons les devinettes sont appelées advineltes. 

(3) Je rétablis la quest'oa qui manque dans l'ouvrage cité. 
L'alouette aime en elfe: à faire ce manège. 

(4) Je rétablis la question comme dans Ténigme précédente. 



200 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

17. — Combien faut -il de pattes de gre- 
nouilles pour atteindre à la lune? 

— n n'en faut qu'une seule, mais asse\ longue. 

Alnianach sarthoit pour lS6^, 

18. — Quand est-ce que les petits poissons 
sont les meilleurs ? 

— Quand on n'en a pas de gros. 

Alnianach sanhols pour 1869. 

19. — Qui est-ce qui monte haut 

Et ne peut sauter un petit ruisseau? 

— Une fourmi. 

Paris. 

20. — Qui est-ce qui laisse tomber son mou- 
choir et ne peut le ramasser ? 

— C'est l'arbre qui laisse tomber ses feuilles. 

Paris. 

[pied 

21. — Qui est-ce qui n'a qu'un œil et qu'un 

Et qui passe la rivière sans se noyer? 

— Une pomme. 

Bretagne. 

22. — Mon père a cent ans. 

Ma mère est plus vieille qu'Adam, 



DEVINETTES 201 



Et moi qui n'ai qu'un an 
Je suis accablée de vieillesse. 
— La poire, qui a la terre pour mère et le poirier 
pour père. 



Loire!. Comni. par M. L. BeauvilUrd. 



23. — Haut monté, 
Court habillé, 
Jambe de paille, 
Cul percé. 

— Le hU. 



Paris. 



24. — Qu'est-ce qu'une pannerée d'eau sèche? 

— Du sel. 

Loire:. Comm. par M. L. Beauvillard. 

25. — Qu'est-ce qu'un bouquet de toutes 
fleurs ? 

— La cire. 

Lcire!. Comtn. par M. L. Beauvillard. 

26. — Je rentre dans un couvent, 

Je vois la directrice habillée de rouge. 

Je vois des soeurs habillées de blanc; 

Je monte au premier, 

Je vois deux petites cheminées ; 

Je monte au deuxième, 

Je vois deux petites fenêtres; 



202 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Je monte au iroisième, 

Je vois une montagne de ga?on. 

— Bouche, langue, dents, ne^, yeux, cheveux. 

Paris. 

27. — Une vache rouge entourée de veaux 
blancs. 

— Langue, dents. 

Paris. 

28. — Qu'est-ce qu'une ceinture à dix bouts? 

— Les Iras. 

Loiret. Comra. par M. L. Beauvillard. 

29. — Qu'est-ce qu'un vivant dans un mort ? 

— Le doigt dans un dé. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

50. — Cinq petits vivants dans une gueule 
morte? 

— Les orteils dans les souliers, 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

31. — Je conliens celui qui porLe 
Celle qui coudent celui 
Dont la structure peu forte 
Porte pouruint dès aujourd'hui 
Celle qui coniient celui 



DEVINETTES 20J 



Qui portera plus loin 
Qu'aucun mousquet ne porte. 

— Li soulier d'une femme grosse porte h pied de 
la femme qui porte l'enfant, lequel parie ur.e tète où 
est l'œil (i). 

Nouveau recueil d'énig.iies. Paris, 1741, in-8, p. 209. 

32. — Qu'es'-ce qu'on jette bien loin, aussi 
loin qu'il est possible, et qui est loujou'-s près ? 

— Ls regard. 

Paris. 

33. — Qu'est-ce qui va à la messe la tête en 
bas ? 

— Un clou. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

34. — Qu'est-ce qui est bête et pas bête, 

Qui porte la peau de bête, 
Qui n' :st pas dragon 
Et qui porte un canon? 

— Un soufflet. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

35. — Qu'est-ce qui a utie tête, point de 



(i) J'insère ici cette énigme dont la forme est litliraire, parce 
qu'elle me semble êfe populaire d'origlue. 



204 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

cheveux, des dents, point de gueule, une queue,, 
point de cul? 

— Un râteau. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard- 

36. — Qu'est-ce qui entre le cul le premier ? 

— Le chapeau. 

37. — Qu'est-ce qui a le nombril au cul? 

— Le boisseau. 

Eure-et-Loir. Comm. par M. J. Poquet, 

38. — Qui a la tête au milieu? 

— Un lien. 

Eure-et-Loir. Comm. par M. J. Poquet, 

39. — Qui a le nombril sur le dos? 

— Un tonneau. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

40. — Qu'est-ce qui a les côtes par dessus le 
dos î 

— Le tonneau. 

Paris, 

41. — Qu'est-ce qui a les cornes au cul? 

— Un sac. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard, 



DEVINETTES 205 



42. — a) Qu'est-ce qui tend le bec en entrant? 

— La chopine. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

h) Qu'est-ce qui tend la queue en entrant à 
la maison ? 

— La chopine. 

Eure-et-Loir. Comm. par M. J. Poquet. 

43. — Qui est-ce qui a peur quand nous re- 
venons de l'école ? 

— Le pain. 

Paris. 

44. — Qui est-ce qui a tant de petits yeux, 
tant de petits yeux qu'il n'en voit pas clair. 

— Un crible. 

Eure-et-Loir. Comm. par M. J. Poquet. 

45. — Qu'es'^-ce qui a cent côtes 

Et cent cotillons 

Et qui n'a pas de chair 

Gros comme un mouchillon ? 

— Un van. 

Bresse cMlontiaise (i). Guillemin, Dici. du 
patois de la Bresse chàlonnaise. 



(i) Daus la Bresse chàlonnaise, les devinettes sont appelées 
devivtures. 



206 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

46. — Qui pousse dans le bois sans racines? 

— Le levain dans une écuelle de bois. 

Eure-e!-Loir et Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

47. — Qui est-ce qui jette ses tripes en par- 
tant? 

— Un fusil. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

48. — En entrant à la maison, je vois une 
grande dame blanche? 

— Un sac de farine. 

Paris. 

49. — Qu'est-ce qui fait le tour de la maison 
sans entrer dedans ? 

— 'J^es murs. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvilkrd» 

50. — Qu'est-ce qui est toujours labouré sans 
le secours d'une charrue? 

— Un toit. 

Pays messin. 

51. — Qu'est-ce que c'est que cela, un oiseau 
qui chante quand on met le doigt dessus? 

— Un piano. 

Paris. 



DEVINETTES 20J 



52. — Qu'est-ce qui n'est pas plus gros 

Qu'une patte de fourmi, 

Et qui rend tout le monde joli? 

— Une aiguille. 

Paris. 

53. — Qui va de vallée en vallée, 

La queue levée? 

— La charrue. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

54. — Viande devant, viande derrière et 
viande au milieu. 

— La charrue et celui qui la tient; le cheval et 
celui qui le mène. 

Pays messin. 

S5- — Qui est-ce qui lève la gueule pour dire 
la vérité. 

— La hascule. 



56. — a) Haute montée, 
Courte habillée, 
Noire chaussée, 
Chausse percée. 

— La cheminée. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet 



208 RIMES ET JEUX DE l'enFANCE 

h) Haute montée, 
Courte habillée, 
Chausse noire et cul percé. 

— La cheminée. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

57. — Haut monté, 

Court habillé, 
Jambe de filasse 
Et cul percé. 

— Une cloche. 

llle-et-Vilaîne. Comm. par M. A. Orain. 

58. — Qu'est-ce qui se remplit par le bas et 
se vide par le haut? 

— Un puits. 

Paris. 

59. — d) Q.u'est-ce qui a une tête de fer, un 
ventre en pierre, des boyaux en corde, des 
jambes en eau ? 

— Un puits. 

Paris. 

V) Tête de fer, corps de pierre, et pieds d'eau . 

— Un puits. 

Loiret. Comm. par M. L. BeauviUard. 



DEVINETTES 2O9 



60. — Qui est-ce qui mange ses tripes et boit 
son sang? 

— La chandelle. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

61. — Noiret dit à Rouget : 

Si mon cul défonçait, 
Je te tuerais tout net. 

— Le chaudron parlant au feu. 

Loiret. Conira. par M. J. Poquet. 

62. — Dans un four il y a plein de bœufs 

[rouges ; 

Entre un noir qui les met sous à la 

[porte. 

— Le boulanger quand il nettoie son four. 

Paris. 

63. — Une rue sans pierre, une voiture sans 
roue, un arbre sans feuille. 

— Rivière, bateau, mât. 

Paris. 

64. — Qu'est-ce qui a une tète sans cervelle, 
un corps sans ventre ni boyaux, sans queue ni 
plumes ? 

— Le coq du clocher. 

Paris. 

14 



2IO RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

65. — Qui est-ce qui voudrait voir son père 
pendu ? 

— Un aveugle. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

66. — Devant quelle personne le roi se dé-, 
cduvre-t-il ? 

— Devant le coiffeur. 



^*6']. — Où sera tout le monde dimanche à 
midi ? 

— EntrËlt àeux semaines. 

Bretagne. 

68. — Quel est le pliR gourmand de celui 
qui en mangeant se brûle ou de celui qui souffle 
sur son manger? * ' 

— C'est celui qui souffle; il voudrait que le 
manger soit dedans, taudis que celui qui se brûle 
voudrait qu'il soit dehors. 



Environs de Lorit 



w 



69. — Comment dit-on Laurent de l'oreille 
— C'est impossible; on ne parle pas avec l'oreille. 

Sainlonge. Jônain, Dict. du patois saintongeais . 



DEVINETTES 



70. — Qu'aimez-vous mieux, le saute-rivière 
ou le irace-giiéret ? 

— J'aime mieux le saule-rivière {le lièvre) que le 
trace-guéret (le serpent). 

Loiret. Comm. par M. L. Beanvillard. 

71. — a) Aimes-tu mieux le rouge dans le bois 
ou le rouge dans le fossé} 

— J'aime mieux le rouge dans le bois (lajraise) 
que le rouge dans le fossé (la vipère). 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

h) Qu'aimez -vous mieux manger, grise sous 
le pont ou rouge dans l'(h)allier ? 

— J'aime mieux rouge dans r(h)allier (la 
fraise) que grise sous le pont (le serpent). 

Loiret. Comni. par M. L. Bsauvillard. 

c) Aimes-tu mieux le saute-fossé que le rouge 
dans le buisson} 

— J'aime mieux le rouge dans le buisson (la 
fraise qui est assurée) que le saute-fossé (le lièvre qui 
est incettain). 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

72. — Si vous mettez la veille de la Saint- 



212 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Jean, dans un coffre, un chat avec du mou, vous 
ne le trouverez pas le lendemain. 

— C'est le mou qui aura disparu (i). 

Polissoniana. Amsteidam, 1725, in-12. 

73. — On demande à un berger combien il a 
de moutons; il répond qu'il en ignore le nombre; 
mais il sait que s'il les compte deux à deux, il en 
reste un; trois à trois il en reste un; quatre à 
quatre, il en reste un; cinq à cinq, il en reste un; 
six à six, il en reste un, et qu'en les comptant 
sept à sept, il n'en reste point. Quel en est le 
nombre ? 

— Trois cent un. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

74. — Pourquoi le soleil se couche-t-il ? 

— Parce qu'il a sommeil. 



75. — Quoi de plus fort que le fer? 

— Le feu. 

Quoi de plus fort que le feu? 

— L'eau. 



(l) Quand l'énigme est posée, on ne pense qu'à la disparition 
du chat. 



DEVINETTES 2T3 



Quoi de plus fort que l'eau? 

— Le soleil. 

Quoi de plus fort que le soleil? 

— Les nuages. 

Quoi de plus fort que les nuages ? 

— La montagne. 

Quoi de plus fort que la montagne ? 

— L'homme. 

Quoi ai plus fort que l'homme ? 

— La femme. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

76. — Un coq chante pendant deux jours; le 
troisième il ne chante pas ; pourquoi ? 

— Parce qu'il a avalé sa langue. 

Paris. 

77. — Pourquo' les grenouilles n'ont-elles pas 
de queue ? 

— Elles seraient gênées pour s'asseoir. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

78. — Pourquoi les oiseaux ne peuvent-ils 
pas écrire ? 

— Parce qu'ils ont trop de plumes, ils ne savent 
laquelle prendre. 

Paris. 



214 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

79. — Pourquoi est-ce qu'on met plutôt un 
coq sur le clocher qu'une poule ? 

— Parce que si c'était une poule, il faudrait aller 
voir si elle a pondu. 

Paris. 

80. — Qu'est-ce que fait un chien quand il 
est sur trois pattes ? 

— // lève la quatrième. 

Paris. 

81. — Qu'est-ce que le pape fait actuelle- 
ment à Rome ? 

— // respire. 

Paris. 

82. — Qu'est-ce qu'il y a de meilleur dans 
la salade ? 

— C'est qu'elle plie dans la houche; sans cela, on 
aurait trop de peine à la manger. 

Raisson, Nouveau mavuel des jeux, 1838. 

83. — Qu'est-ce qui rend les femmes égale- 
ment jolies ? 

— L'obscurité. 

Almanach sarthois pour jS6o. 

84. — Qu'est-ce qui porterait bien cent bottes 
de foin et qui ne porterait pas un grain de sable? 

— Une rivière. 

Almanach sarthois pour iS6(). 



DEVINETTES 215 



85. — Un capitaine fut décapité et deux autres 
eurent la tête tranchée. Combien cela fait-il de 
morts ? •■ 

— Un seul, le premier dont la tête échut aux deux 
autres. 

Paris. 

86. — Si tu devines combien j'ai de fromages 
dans ma hotte, je te les donne tous les sept. 

— Tu en as sept. 

— Ah ! tu l'as bien deviné, ou bien c'est le 
diable qui te l'a dit. 

Loiret. Coram. par M. L. Beauvillard. 

87. — Ppppppppp. Qjj'est-ce que cela 
veut dire ? 

— Pauvre pêchour, prene\ patience pour prendre 
pauvre petit poisson. 

88. — Un écolier écrit P P sur une feuille de 
papier. Un autre écolier intrigué lui demande ce 
que cela veut dire. 

— Cela veut dire pif! paf! Et l'interrogé joint 
l'action à la parole. 

Boulognt-sur-Mer. Comm. par M. E. Deseille. 



2l6 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



PHRASES A RÉPÉTER AVEC VOLUBILITÉ 
SANS SE TROMPER 

8y. — Si je tenais la puce qui me pique. 

Qui me point 
Dans mon pourpoint, 
Je la piquerais d'un si bon point 
Qu'elle se souviendrait du pique, 

Du point 
Qu'elle m'a piqué dans mon pourpoint. 

Meui-:he-et-Mo:elh. Comra. par M. H. Gérard. 

90. — Félix son porc tua, 

Sel n'y mit, 
Ver s'y mit, 
Son porc gâta. 

91. — Haut nid pie a. 

Bas nid caille a, 
En mare cane est. 




:>3:.^C? 



;^) 



THÉÂTRE ENFANTIN 



THEATRE ENFANTIN 



LE PONT CASSÉ (i) 
A. — Jean et h Gascon 

JEAN. — (// arrive sur h pont portant une 
pioche sur l'épaule.) Ah ! ah ! la matinée est 
fraîche ce matin ; j'vas en profiter pour me mettre 
à travailler à ce pont en chantant ma petite chan- 
sonnette. // travaille en fredonnant : 



(i) Dans un ouvrage paru en 1875, Feu Séraphin (histoire de 
ce spectacle depuis son origine), Lyon, Schejring, in-8, p. 33, 
se trouve une variante du pont casse (tirée des Chansons ambiguës. 
publiées par la veuve Oudot, en 17 18), sous le titre de : Dia- 
logue du prince et d:t berger. — Feu Séraphin donne en outre une 
variante moderne peu différente de celles que nous rapportons 
ici. Les personnages sont le petit gas et le voyageur (on prête à 
dernier l'accent gascon). 



220 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



Tr:i la la la la laire, 
Liro lire lire, laire laire laire, 
Tra la la la la la laire. 
Lire lou fa. 

LE GASCON. — (Arrivant au pont). On m'a dit 
que quand je serais près du pont, je ne serais pas 
loin de la rivière. (// avance et s'arrête tout à coup 
devant l'arche du pont brisée.) Tiens ! comment se 
fait-il donc que ce pont soit cassé ? Eh ! justement 
j'aperçois là-bas un petit bonhomme qui pourra 
peut-être m'enseigner le chemin qui conduit à la 
ville. (Appelant) Eh ! l'ami, quel est le chemin 
qui conduit à la ville? 

JEAN. — C'est facile, monsieur. 

Tous les chemins vont à la ville (i), 

Lire lire lire, 

Laire laire laire, 

Est-ce que vous ne le savez pas. 

Lire Ion fa ? 

LE GASCON. — Parbleu ! je sais bien que tout 
chemin conduit à la ville ; mais c'est le plus 
court que je te demandais... Eli! Tami, ne 
pourrais-je pas passer la rivière ? 



(i) Dans le Dialogue du prince et du bercer (1718), à la ques- 
tion : Où va le chemin î le berger répond : 
// tie va ni il ne bouge, 
O lirotifa, etc. 



THÉÂTRE ENFANTIN 



JEAN. — La rivière? 

Les canards l'ont bien passée, 

Lire lire lire, 

Laire laiie laire, 

Pourquoi n'passeriez-vous pas. 

Lire Ion fa ? 

LE GASCON. — Dis donc, petit drôle, est-ce 
que par hasard tu me prendrais pour un ca- 
nard?... Cependant, comme je suis pressé, je 
pourrais peut-être la traverser... Eh ! l'ami, la 
rivière est-elle profonde ? 

JEAN. — Comme partout ailleurs; 

Les cailloux touchent la terre, 

Lire lire lire, 

Laire laire laire. 

Ne pouvant aller plus bas, 

Lire Ion fa. 

LE GASCON. — Il est malin, ce petit bon- 
homme... Mais j'aperçois une maison là-bas; je 
crois que c'est une auberge ; il faut que je m'en 
informe... Eh! l'ami, à qui appartient cette belle 
maison ? 

JEAN. — Elle appartient à son maître, 
Lire lire lire, 
Laire laire laire ; 
C'est toujours comme cela. 
Lire Ion fa. 



222 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

LE GASCON. — Eh ! sandis, cadédis ! je sais 
bien qu'une maison appartient à son maître! 
Mais dis donc, vend-on du vin dans cette 
maison ? 

JEAN. — On en vend plus qu'on n'en donne. 
Lire lire lire, 
Laire laire laire; 

Les marchands sont tous comme ça. 
Lire Ion fa (i). 

LE GASCON. — Ce petit drôle se moque de 
moi ; il faut que je sache son nom, afin de le 
corriger. Dis donc, comment t'appelles-tu? 

JEAN. — Je m'appelle comme mon père, 
Lire lire lire, 
Laire laire laire ; 
C'est un beau nom que celui-là, 
Lire Ion fa. 

La scène se termine ainsi : Le Gascon traverse la 
rivière grâce à un batelier qui vient le chercher et punit 
Jean à coups de canne, au grand plaisir des spectateurs. 

Séraphin el son théâtre, article publié dans le 
Magasin pittoresque de 1867. 



(i) Dans le Pont ca'.si de Fiu Séraphin, le voyageur ajoute 
cette question : Le vin est-il bon ? et le pait gas répond : 

5« bon qu'il se laisse boire. 
Lire, lire, laire, etc. 

Dans le Dialogue du prince et du berger, il y a une question 
lelative à l'héleste trop scabreuse pour être "-apportée ici. 



THÉÂTRE ENFANTIN 22^ 



B. — Pierre et Je Gascon 

LE GASCON. — Sandis, cadédis! zé croyais 
continuer mon semin, et zé rencontre un obstacle 
insourmontable. Dis donc, l'ami de l'auchtre 
coustia de la rivière, où est donc le pont? 

PIERRE (le piocheur). — 

11 est chu dans la rivière, 
Tire lirre, lirre, lirre, lirre, lirre ; 
Il est chu dans la rivière, 
Fa, fa, liron fa. 

LE GASCON. — Il est chu dans la rivière; zé 
une réponse qui ne signifiait pas grand sose. Zé 
voudrais savoir si l'on peut passer l'eau ? 

PIERRE. — Les canards Font bien passée, 
Tirejirre, lirre, lirre, lirre, lirre; 
Les canards l'ont bien passée, 
Fa, fa, liron fa. 

LE GASCON. — Cadédis, les canards la passent 
à la nage; tu ne m'apprends jien de nouveau; 
zé té demande si la rivière est bien profonde ? 

PIERRE. — Les cailloux touchent la terre, 
Tire lirre, lirre, lirre, lirre, lirre ; 
'Les cailloux touchent la terre 
Fa, fa, liron fa. 

LE GASCON. — Ce maudit maraud est la stou- 



224 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

pidité même; on né peut rien tirer dé lui. Dis- 
moi donc, l'ami, zé voudrais bien savoir ce que 
c'est que l'enseigne de cette auberge ? 

PIERRE. — C'est le portrait de la lune, 

Tire lirre, lirre, lirre, lirre, lirre; 
C'est le portrait de la lune, 
Fa, fa, liron fa. 

LE GASCON. — Impudent que tu es de me 
répondre ainsi! je vois bien que c'est la loune; 
apprends que je souis d'une des bonnes familles 
de la Gascogne, car du castel dé mon père l'on 
puise dans la Garonne du vin aussi doux que le 
miel, et si z'étais de l'auchtre coustia de la 
rivière, zé te donnerais cent coups d'étrivière. 

PIERRE. — • J'en rends grâce à la rivière, 

Tire lirre, lirre, lirre, lirre, lirre ; 
J'en rends grâce à la rivière, 
Fa, fa, liron fa. 

LE GASCON. — Dis-moi, vend-on beaucoup de 
bon vin dans cette auberge ? 

PIERRE. — On en vend plus qu'on n'en donne, 
Tire lirre, lirre, lirre, lirre, lirre ; 
On en vend plus qu'on n'en donne, 
Fa, fa, liron fa. 

LE GASCON. — L'ami, vous devez avoir oune 
femme ? Avec qui êtes-vous marié ? 



THÉÂTRE ENFANTIN 22$ 



PIERRE. — ■ Avec Margot la grenouillère, 
Tire lirre, lirre, lirre, lirrc, lirre; 
Avec Margot la grenouillère, 
Fa, fa, liron fa. 

LE GASCON. — Quelle houre est-il mainte- 
nant ? 

PIERRE {se retournant et lui montrant son derrière). 
Voilà le cadran solaire, 
Tire lirre, lirre, lirre, lirre, lirre ; 
Voilà le cadran solaire. 
Fa, fa, liron fa. 

La scène se termine ainsi : le Gascon appelle un 
batelier, et lorsqu'ils passent tous deux près de l'endroit 
du pont où travaille Pierre, celui-ci fait tomber sur eux 
une grêle de moellons. Arrivé de l'autre côté, le Gascon 
se venge en faisant tomber brusquement .Pierre dans la 
rivière, et le batelier va le repêcher. 

i« Séraphin Je l' enfance, recueil de pièces d'ombres 
chinoises. Metz, Gangel et Didion, in-i8, s. d. 



c. — Lajoie et le passant 

LE PASSANT. — Eh ! mon Dieu, que je suis 
bête de courir comme cela 1 j'ai manqué de boire 
un coup à la grande tasse, moi qui ne sais pas 
nager. Ah! ça, comment se fait-il donc que ce 
pont soit cassé? Ah ! ah ! voici justement là-bas 
un petit bonhomme qui pourra peut-être me 



226 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

l'apprendre. Eh ! l'ami !... ce pont est donc cassé 
depuis peu ? 

LAjoiE. — Ehl mon Dieu, il s'est cassé le jour 
même que l'arche a été emportée par les grandes 
eaux. 

LE PASSANT. — Ah ! que c'est malin, cela 1 
Eh! l'ami !... je ne pourrai donc pas passer la 

rivière? 

LAJOIE. — Pourquoi pas? 

Les canards l'ont bien passée, 
Lire lire lire {bis), 
Les canards l'ont bien passée, 
Tire Ion fa. 

LE PASSANT (à pari). Est-ce qu'il me prend 
pour un canard, ce petit drôle-là ? Cependant, 
comme je suis pressé d'aller voir ma commère, 
si la rivière n'était pas profonde, je pourrais peut- 
être la traverser en relevant mon pantalon. Il 
faut que je lui demande... Eh ! l'ami... la rivière 
est-elle profonde? 

LAJOIE. — Les cailloux touchent la terre, 
Lire lire lire {bis), 
Les cailloux touchent la terre, 
Tire Ion fa. 

LE PASSANT. — Ce petit drôle a l'air de se 



THÉÂTRE ENFANTIN 227 



moquer de moi. Il fiiut que je sache son nom, 
afin de le corriger... Eh! l'ami !... comment 
t'appelles-tu ? 

LAJOIE. — Je m'appelle comme mon père, 
Lire lire lire (bis), 
Je m'appelle comme mon père. 
Tire Ion fa. 

LE PASSANT (à part). Ah ! je crois que je le 
tiens à présent {haut). Comment s'appelle ton 
père ? 

LAJOIE. — C'est le secret de ma mère, 
Lire lire lire (bis), 
C'est le secret de ma mère, 
Tire Ion fa. 

LE PASSANT. — Mauvais plaisant !.. Eh ! l'ami... 
vend-on du vin dans cette maison là-bas ? 

LAJOIE. — On en vend plus qu'on n'eu donne. 
Lire lire lire (bis), 

On en vend plus qu'on n'en donne, 
Tire Ion fa. 

LE PASSANT. — Je le crois bien... Il faut que je 
lui demande l'heure qu'il est. Eh! l'ami... 
pourrais-tu me dire l'heure qu'il est ? 

LAJOIE. — Très-volontiers, car j'ai une très- 



228 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

belle montre à répétition (il se tourne). Tenez, 
regardez : 

Voici le cadran solaire, 
Tire lire lire {his), 
Voici le cadran solaire, 
Tire Ion fa. 

LE PASSANT. — Petit insolent !... Dis donc, si 
je t'offrais de te payer bouteille, tu trouverais 
bien moyen de me faire passer l'eau? 

Lajoie va chercher un batelier. Quand le bateau 
retraverse l'eau près de Lajoie, celui-ci jette des pierres 
aux passagers en leur criant : Gare l'eau! Arrivé de l'autre 
côté, le passant donne une bonne correction au mauvais 
plaisant. 

Répertoire du théâtre transparent à l'instar des 
ombres chinoises. A Paris, chez les mar- 
chands de nouveautés, in-i8, sans date. 



Dans une variante, peu intéressante d'ailleurs, qui se trouve 
dans Sccnes mêlées de couplets faites pour le cartahiorama ou Nouveau 
théâtre transparent mécanique. Paris, Rabiot, 1827, in-i8; le pas- 
sant demande au tailleur de pierres qui travaille sur le pont 
cassé comment il se nomme. L'interpellé répond : Comme vous. 
— Comment, dit le passant, tu te nommes Pierre l'enrhumé ?... 

Finalement le tailleur de pierres va chercher un batelier. Le 
passant traverse l'eau et paye à boire. 



XI 

FORMULETTES D'ÉLIMINATION 

AU JEU 



XI 

FORMULETTES D'ÉLIMINATION 
AU JEU 



I. — Sur les landes de Lohéac, dans ITUe-et- 
Vilaine, j'ai vu un groupe de petits pâtres qui, 
pour désigner celui qui poursuivrait les autres, 
c'est-à-dire le chat, disaient un oranhas (heure en 
bas), ce que les petites filles appellent dans les 
pensions un ter : 

Du bibi, 
Du bobo, 
Carafi, 
Carafo, 
Du triage. 
Du coco. 



252 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



Celui sur lequel le mot coco venait à tomber 
était pris, alors il disait : 

« L'alouette pihuit à mon collet ; les derniers 
pris la diront-i? » 

Les autres répondaient en se sauvant : « Oui ». 

Le chat courait après eux, et le dialogue sui- 
vant s'engageait entre lui et le premier qu'il 
arrêtait : 

— D'où es-tu? 

— De Nantes. 

— Où sont-i tes frères? 

— En champ. 

— Ide (aide) ma à les prendre. 

Et tous les deux couraient après les autres, et 
ainsi de suite jusqu'au dernier qui, à son tour, 
recommençait Voi-anbas : « Du bibi, du bobo, etc. » 

Comm. par M. A. Orain. 



2. — a) Un i — un 1 — ma tante Michel, — 
des raves — des choux — des raisins doux. — 
Ne passez pas dans mon jardin; — ne cueillez 
pas — mon romarin — ni ma violette, — mis- 
touflette. — Mistouflette — à vêpres — qui 
chante comme les prêtres, — pimpon d'or — 
chapeau d'épinette, — la plus belle — ira 
dehors. 

Stine-ei-Oist. 



FORMULETTES D'ÉLIMINATION 2}^ 

b) Un i — un 1 — ma tante Michel — des 
pois cornus. — C'est à Pâques, Noël, — à la 
Saint-Jean d'été — un p'tit prêtre dans sa cha- 
pelle — allume son petit feu — pour chauffer — 
les pieds de — Dieu. 

Paris. 

c) Un i — un 1 — ma tante Michel, — des 
pois cornus, — des fèves nouvelles, — des rai- 
sins doux — monsieur Patou. — Où sont tes 
oies? — A la corne d'un bois. — Si j'y vas — 
j'en tuerai trois — avec mon grand vrillon, — 
vrillelle de bois. 

Loiret; Eure-et-Loir. 

d) Un i — un 1 — ma tante Michel, — des 
pois cornus, — des fèves nouvelles, — des rai- 
sins doux — pour nous tortous — à la mi-août. 

Eure-et-Loir. 

é) Un i, un 1 — ma tante Michel — des pois 
cornus — des fèves nouvelles — du raisin doux 
— dans le bachou — pour nous tertous. 

Seine-el-Oisc. Comm. par M. Leclerc, 

/) Un i — un 1 — ma tante Michel — des 
raves — des choux — des raisins doux — pour 
y goûter (var. : pour agoûter) — Marie Pérou — 
chou I (yar. : hors chou.) 



234 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

g) Un i — un in — gazin, gazelle, — du 
pied, du jonc, — caqui bourdon. 

Franche-Comli. 

h) Un i — on 1 — cazi, cazelle, — du pied, 
du jonc — coquille — bourdon. — Un jour, un 
loup — sortant d'un bois, — tout habillé de 
gris, — de vert, — leva la queue en l'air, — fit 
un gros pet — pour qui ? — Pour toi. — Retire- 
toi, — chandelle de bois. 

Saotte-el-Loiri. 

i) Un i — un 1 — gazin, gazelle. — Un jour 
un loup — passant par un désert, — leva la 
queue en l'air, — fit un gros pet — pour qui? 
— Pour toi. — Retire-toi — dans ta cabane de 
bois. 

Lyon. 

;■) Un loup — passant par un désert, — la 
queue levée, — les jambes en l'air, — la cari- 
boti, — la caribota — sera pour toi. 

-» Finistère. 

k) Un loup — passât — sur un — luzer — la 
cuio — lébado — lou tioul — duber — zigo — 
zago — quitto — ta plaço. 

Bas-Querc\. Comm. par M. J. Daymard. 



FORMULETTES D'ÉLIMINATION 2j5 

/) Un i — un 1 — beribon — bcribelle — six 
candis — six candelles — six boyards — trou. 

Fratiche-Comie. 

m) Un î — un 1 — perroni — perronelle -^ 
Jean des bœufs — décambeu — simouna — ré- 
veilla — troumpa. 

Céte-d'Or. 

m) Un i — un o — de pique et de beau — 
cinq sabots — de carabots — de pin en pin — 
pique le marin. 

Franche-Comté. 

o) Un — deux — trois — pique de bois — 
au caraba — de saint Sablât, — de pique en 
pique — pique la bourrique. 

Saom-el-Loire. 

p) Uni — unô — carin — carô — dépie — dépô 

— e sens sabô — dé figo nouvelo — dé resea 
doux — egou — tan — tin — fé3'0 — méyo — 
tan — tin — clou. 

Dauphiné. La Tribune de Gcn've, 21 juin 1882 
(article d'E. Ritter). 

q) Uni — uno — dé piquo — dé po — dé san 

— sabo — à la guerro — m'en baou — serbi — 



236 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCH 



moLin pèro. — Moun pcro — m'a dit — pigeon 

— volez. 

Bas-Quercy. Comm. par J. Daymard. 

r) Un clou — girou — carin — carou — dé pes 

— sima — caca — rica — feillo — meillo — 
tante — clou. 

Bas-Quercy. Comm. par M. J. Daymard. 

5) Un pomizo — cazin cazo — de Piarre — 
Simoun — cagaire — greifFoun. 

Marseille. Régis de la Colombière. Les 
cris pop. de Marseille. 

t) Emprô — Girod — carin — careau — Du- 
pied — Bordeau — Simon — Joseph — des 
carquois — des ognons — fi — tan — don. 

Suisse romanJe. La Tribune île Genèt'e, 21 juin 1882 
(article d'E. Ritter). 

u) Un i — un a — cari — cara — soupière 

— bourdon — Joseph — Simon — cric — crac 

— sors de ta place. 

Loiret. 

f) Un i — une ette — catéchime — boulette 

— prout. 

Loiret. 

x) Un i — un o — casi — caso — roco. 

Loiret. 



FORMULETTES D'ÉLIMINATION 237 

y) Une pomme — de Rome — six pieds — 
portant — l'anglais — tu l'es (i). 

Seine-et-Marne. Comm. par M. Lederc. 

\) Une pomme — de Rome — carin — cari 

— six pieds — noreau — boreau — cocu — du 
son — son dix. 

Loiret. 

aa) Pomme — poire — lidou — lidoir — 
coquin — la ronde — cornichon. 

BouIogne-sur-Mer, 

ah) Un plomb — lideron — formin — latin — 
gojort — la mort — blsson — Simon — Laurent 

— va-t'en. 

Lclret. 

ac) Un plomb — bordon — Joseph — Simon 

— qui file la 'aine — le fin coton — pour en 
sortir — compère Buisson. 

Creuse. 

ad) Un i — un 1 — ma tante Michel — qui file 
de la laine — du fin coton — tirez-vous donc. 

Creuse. 



(i) Pommer, c'est réciter cette formulette pour savoir qui y 
sera au jeu du chat. 



238 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



ae) La pero gardano — que batte la lano — lou 
fiou — tortiou — la din — la dan — va-t-en. 

Marseille. Régis de la Colombière. Lei 
cris populaires de Maiseille. 

af) Une pomme — dix graines — qui filent de 
la laine — en fin coton — mademoiselle — 
retirez-vous donc. 

Loiril. 

ag) Une pomme — des graines — qui filent — 
de la laine — de fin coton — mon oncle Buisson 
— ma tante — la Bobine — alignez alignez — 
bourdonnez — clin clin — saucez — brutez — 
va-t-en — te cacher. 

Loiret. 

ah) Une p'iotte de laine — pour ma tante Go- 
baine — défunt coton — mon père Bisson — ma 
tante Cath'rine — Gobine. 

Loiret. 

3. — a) Marguerite de Paris, 

Prétez-moi vos souliers gris 
Pour aller au paradis ; 
Le paradis qu'on dit si beau. 
Qu'on y voit de petits oiseaux 
Qui cueillont la violette 
Pour porter à Jésus-Christ 



FORMULETTES D ÉLIMINATION 239 



Q.ui est dans la chapelle 

Qui allume ses quatre chandelles. 

Pipotin, pipoteau, 

Saute dehô. 

Saone-et-I^ire. 



b) Sainte Cath'rin' en fleurs de lys, 
Prêtez-moi vos souyers gris 
Pour aller en paradis, 
Paradis qu'i fait si beau. 
Pour manger du pigeouneau, 
Pigeouneau et pigeounette. 
Dans l'jardin de la violette. 
Saint' Cath'rin' quoique tu fais? 

— Je ses au bord d'un fossé. 

— Saint* Cath'rin' va te cacher. 

Bourges (Cher). Formulette recueillie en 1857 P*"" ^- ^'^ 
Laugardière, dans Poesiis pop. de la France, mss. de 
la Bibl. nat., t. II, feuillet 268. 



c) Un, dtjx, trois, quatre, 
Les enfants du père Agathe, 
Font des boules de papier gris 
Pour aller dans le paradis. 
Dans le paradis il fait bon 
Pour manger des pigeolons ; 
Pigeolons, pigeolettes 
Dans la rue des violettes. 
Notre Seigneur passant par là, 
A dit : que faites-vous là ? 



240 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



— Je garde mes petits moutons 

Qui me disent la raison. 

A, b, c, d, 

N... allez- vous cacher. 

Poitou. Comm. par M. L. Desaivre. 

d) Une, deux, trois 
Du bois; 
Quatre, cinq, six 
Du buis ; 
Sept, huit, neuf 
Du bœuf; 

La reine vous demande 
Pour aller en France, 
Porter le pain bénit, 
A la messe de minuit ; 
Prêtez-moi vos souliers gris 
Pour aller dans le paradis ; 
Le paradis est si joli, 
Qu'on y voit des pigeons d'or 
Habillés comme une princesse; 
Cesse, cesse. 

Loiret. 

4. — a) S'il vient un prêtre, 

Donnez-lui une chaise; 

S'il vient un enfant de chœur, 

Donnez-lui du pain, du beurre; [démon), 

S'il vient un gros larron (var. : un gros 

Donnez-lui cent coups de bâton. 



FORMULETTES D'ÉLIMINATION ."41 



La .■uilltr se casse, 
L'enfant se trépasse. 



Sàne-ct-Oise. 



h) Une pomme rouge 
Qui vient de Toulouse. 
Saint Pierre, saint Paul, 
Gardez bien notre maison. 
S'il vient un pauvre. 
Faites-lui l'aumône ; 
S'il vient un capucin. 
Donnez-lui un verre de vin. 
S'il vient la p'tite Jeannette, 
Donnez-lui un coup de baguette; 
S'il vient le p'tit bossu, 
Flanquez-lui vot' pied au cul. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

c) Un petit chien pendu, 
Tirez-lui la queue. 
Il vous mordra. 
Son grand-père est à la chasse 
Avec son bonnet de coton ; 
S'il vient un beau monsieur. 
Donnez-lui un chapeau bleu ; 
S'il vient un enfant de chœur. 
Donnez-lui du pain, du beurre ; 
S'il vient un marmouset. 
Trempez-lui la tête dans le lait. 

Boulogy.e-sur-Mer. Comm. par II. E. Daseille. 

16 



242 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Une formulette analogue aux précédentes ser- 
vait au commencement de ce siècle en Sologne, 
d'incantation : (i) « Le dimanche des brandons, 
les Solognots vont le soir, armés de brandons de 
paille enflammée, tout à l'entour de leurs blés, 
criant : 

Branlons, brûlez, 

Par les vignes et par les prés. 

Sortez, petits mulots, des blés ; 

Allez-vous-en dans les bois, fouiller ; 

S'il vient un prêtre, 

Donnez-lui ses guêtres. 

S'il vient un capucin. 

Donnez-lui un quart de pain ; 

S'il vient un grand larron. 

Donnez-lui cent coups de bâton. 
Branlons, brûlez, etc. 

Legier, Traditions fl usages de la Sologne (dans les 
Mémoires de l'Académie celtique, t. II, p. 210). 

c. — a) Ah ! la belle pomme rouge 
Qiie Dieu nous envoie 
Sur un petit plat d'argent ! 
Saint Pierre, saint Simon, 
Gardez bien notre maison. 
Car nous allons à la campagne 
Prier Dieu pour cette femme 



(i) Je crois que beaucoup de formulettes enfantines sont 
d'anciennes incant.uions. 



FORMULETTES D'ÉLIMINATION 24} 



Qui a eu un petit fils 
Qui s'appelle Jésus-Christ. 
La cuiller qui casse, 
L'enfant qui trépasse ; 
Taisez-vous, madame. 
Vous en aurez un autre 
A la Pentecôte. 
Les souliers de maroquin 
Serviront à Jacobin, 
Jacobin qui file, 
La grosse aiguille 
Qui peigne sa fille 
Au coin d'un rocher. 
Compère, vous mentez. 

Fitiisicre. Comm. par M. L. F. Sauvé. 

b) Ban han 1 — qui est mort à Landévan ? 
C'est la femme à l'intendant 
Qui s'est accouchée d'un bel enfant. 
On l'a porté baptiser 
Sur le dos de l'écuyer ; 
L'écuj'er se lasse, 
L'enfant se trépasse. 
Madame se met à crier, 
Monsieur veut la consoler : 
Consolez-vous, Madame, 
Vous en aurez un autre 
A la Pentecôte 
Qui s'appellera Jacobin, 
Aura des souliers de maroquin. — Ban ban ! 

Mcrlnhan. 



244 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

6. — a) Une poule sur un mur — qui picotait 
du pain dur — picoti — picota — lève la queue 
(fflr. : vire la queue) — et puis t'en vas (i) 
(var. : va-t'en de là. Autre var. : alouette, va-t'en 
là- bas). 

Seine. 

b) Une poule sur un mur — qui picotait du 
pain dur — picoti — picota, — lève ta cotte et 
puis t'en vas — par ce petit chemin là — et non 
par celui-là. 

Différents départements. 

c) Un p'tit coq sur un mur — qui picote du 
pain dur, — picotin, — marjolain, — prends ta 
femme — et va-t-au vin. 

Ge::ève et Haute-Savoie. U" Intermédiaire du 
I) février 1866. 

d) C'est une aiguille, — piquette, — qui pi- 
quait du pain blanc — piquant — lève la queue 
— puis elle s'en va. 



7. — Belle pomme d'or — à la rivière (var. : 
à la république) — • il n'y a qu'un Dieu — qui 



(i) Dans le Finistère on ajoute : Par la porte de Saint-Denis 
— que voici et que voilà. A Lille la formulette se termine ainsi : 
Prends ta patte et puis t'en vas. 



FORMULF.TTES D'ÉLIMINATION 245 



gouverne (var. : qui existe ou qui reste) — en 
France — pour Dieu (var. : adieu) — mes amis 

— la guerre est finie — belle pomme d'or — 
sortira dehors (i). 

Différents {lepii terne» Is. 

8. — Au clair de la lune — trois petits lapins 

— qui mangeaient des prunes — comme trois 
petits coquins, — la pipe à la bouche, — le verre 
à la main, — en disant : Mesdames, — versez- 
moi du vin — tout plein. 

Paris. 

9. — Ron, ron, ron, — la fricassée au 
mouton, — pour un, — pour deux, pour 
trois... etc. — pour douze. — Ma blouse est 
déchirée, — je vais la raccommoder — avec une 
aiguille percée — et du beau petit fil bleu. 

Paris. 

10. — Ran plau plan, — j'ai perdu mes gants, 

— ma baguette d'or, — mon flacon d'argent. — 
Saint Antoine — demandait à boire ; — son 
petit cochon — demande du son ; — sa petite 
fille — joue de la béquille ; — son petit garçon 

— joue du violon. 

Boutogve-sur-Mer. Comra. par M. E. Deseille. 

(i) Fin de la formulette dans le Loiret : Sortira au deliors — 
avec son p'tit cheval d'or; — au dedans — avec son p'tit cheval 
li'argent. 



246 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

11. — Trois petits prêtres (rar. : princes) sor- 
tant du paradis, — la bouche (var. : bouteille) 
pleine — jusqu'à demain midi, — clarinette, — 
clarinette, — mes souliers sont des lunettes, — 
poire, — pomme, — pêche, — abricot, — il y en 
a une de trop (var. : j'en ai de trop). 

Paris. 

12. — Une, deu.s^, trois, quatre, — les mou- 
lins s'ont voulu battre ; — ils ont dit : — Si j'te 
rattrape, — j'te mènerai à Saint-Val'ry — pour 
attraper des p'tites souris. 

Boulogne-sur-Mer. Comm. par M. E. Deseille. 

13. — Un, — demi-deux, — demi-trois, — 
demi-quatre, — coup Je canif m'a voulu battre ; 
— je l'ai voulu battre aussi ; — coup d'canif 
s'en est enfui — par la porte de Saint-Denis (var. : 
par la porte que voici. Autre var. : par la porte 
du petit bossu). 

Paris cl environs. 

14. — Une — deux — trois — quatre — 
Jacobé voulait me battre; — il m'a battu, — il 
m'a rossé, — il m'a jeté dans un fossé, — les 
grenouilles m'ont mangé — les crapauds m'ont 
achevé. 

Bricude (HauU-Loire). Comm. par 
M. P. Le Blauc. 



FORMULETTES D'ÉLIMINATION 247 

15. — Un, — deux, — trois, — quatre, — 
cinq, — six, — sept, • — huit, — neuf, — dix, 

— petit Félix. 

Paris. 

16. — Un, — deux, — trois, — quatre, — 
vive Henri IV — sur le pont Neuf, — la moelle 
de bœuf. 

Boulogite-!ur-Mer. 

17. — a) Une horloge — passant par Paris 

— sonna une heure, — deux heures, — trois 
heures... etc., — midi. 

Hatite-Saônt, 

b) Une heure, — deux heures, — trois heures, 

— quatre heures... etc., ^ midi, — t'es pris. 

c) Petits ciseaux d'or et d'argent, — ta mère 
t'attend au bout des champs (yar. : au bout du 
pré) (1) — pour y manger du lait caillé (yar. : du 
lait truite) — que la souris (^var. : la vachette) a 
barbotté (va?-. : que les souris ont ribotté) — pen- 
dant une heure, — deux heures, — trois heures... 
etc., — de temps, — va-t-en (2). 

Différents départements. 

(i) Antre var. : Mon père t'appelle au bas des prés, 
(2) Autre var. : Que ta sœur a fait — peuJant six heures de 
temps — va-t-en. 



248 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

d) Petit — ciseau — d'or et — d'argent, — 
ta mèr' — t'attend — au fond — du bois — 
pour — y manger — du lait — caillé — que les 
oiseaux — ont bar — botté — tambour — bat- 
tant — quatre heures — de temps. 

Bas-Quercy. Coram. par M. J. Dayraard. 

18. — a) Une souris verte — qui courait dans 
l'herbe, — je la prends — par la queue ; — je la 
montre à ces messieurs, — pimpon d'or (i), — 
pimpon d'or, — la plus belle,- — la plus belle — 
sortira de — hors (2). 

Environs de Paris. 

V) Une souris verte — qui court dans l'herbe, 
— je l'attrape — par la queue, — je la montre 
à ces messieurs. — Caroline, — sauve-toi, — si 
je t'attrape, — tant pis — pour toi. 

Saône-et-Loire. 

c) Une petite souris verte — qui courait dans 
l'herbe, — je la prends par la queue, — je la 
montre à ces messieurs. — Un, — deux, — 



(i) Var. : Pain, pomme d'or. 

(2) Variante de la fin de la formuhtie : La belle — sortira — 
dehors — > avec — son petit chien d'or. A Paris on ajoute quel- 
quefois : Avec son petit cheval d'or — qui lui passera sur le corps 
— en lui faisant — des petites crottes d'or. 



FORMULETTES D'ÉLIMINATION û^g 



trois, — Caroline, — Caroline, — un, — deux, 

— trois, Caroline s'en va (var. : tu t'en vas). 

Finistère et Morbihan. 

19. — a) Je mangerais bien la queue d'une 
poire, — mais par conséquent la poire tout en- 
tière; — prends tes seaux, belle jardinière, — 
prends tes seaux et va-t'en à l'eau. 

Paris. 

h) Prends ton seau, — ma jolie babillonette, 

— prends ton seau, — va-t-en vite à l'eau. 

Franchc-Comié. 

20. — a) Une ipelle — qui a perdu sa canelle 

— au moulin — Jean Bredin, — cul de raisin. 

Haute-Saône. 

b) Une ipette, — pertunette — qui a perdu sa 
canette — au moulin — Jean Berlin, — cul de 

raisin. 

Fra'ichi-Coiiitè. 

21. — Alongné, — bourdongné — qui fait 
moudre sa fournée — dans le moulin — de la 
vallée, — clin clin, — mur mur, — sassé, — 
bluté, — va te cacher. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 



350 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



22. — Ligne, — logne, — couronne, — 
savate. 

Eure. 

23. — Pek, — sam, — tram, — bour — et 
bour — era — cacam, — nostram. 

Selne-ei-Oise. 

24. — Roue, — une pomme, — deux pom- 
mes, — trois pommes, — mange. 

Paris. 

25. — a) Un — et deux — zéros — capulaire 
into, — musculaire, — conventaire, — du bon 
vin tinto — chez la mère Pinsot, — dans la rue 
des Trois-Corbeaux, — numéro trente-six. — 
Sors du jeu bien vite. 

Hauie-Saône. 

V) Une, — deux, — zéro, — capuleristo, — 
fichetulaire, — convainquaire, — du bon via 
tito — chez la mère Sancto, — rue des Quatre- 
Corbeaux, — numéro zéro. 

Saône-ct-Loire, 

c) Une et deux, — zéro, — capilleresto, — 
fichetelaire, — convainquaire, — du bon vin 
tinto . 

Meuse. 



FORMULETTES D ÉLIMINATION 2^1 



26. — a) Un, — demi-cli, — demi-clou, — 
demi-cla, — lire tonton, — miton, — gibon, — 
en midi, — égale citron, — pion. 

Eure-el-Lo!r. 

b) Un demi-cli, — demi-clé, — demi-cla, 

— tire bobi, — je je foula, — sancta peca. 

Eure-et-Loir. 

c) Un demi-deux, — demi-trois, — ni clos, 

— Jeanne tata, — ■ marita, marito, — ka — ni 

— fi — flot — trot. 

ve-sur-Mer. Comm. par M. E. Deseille. 



27. — a) Une, — deux, — trois, — carolez 
miroi, — carolettes — seront faites — jusques à 
vingt-trois. — Un petit chien blanc — qui me 
vient devant, — mon compère, ma commère, — 
mon amant, — \ a-t-en. 

Vaucluie. Barjavel, Dictons et sobriquets 
du département de Vaucluse. 

V) Une — et deux — et trois, — caloré miroi 
— qui sont faites, — calorettes — jusqu'à vingte- 
trois. — Un petit chat blanc — monta sur un 
banc, — puis il dit : Bonjour, ma mère, — je 
m'en vais partir — pour la ville de — Pa — ris, 

Corrèie. Comm. par M. G. de Lépinay, 



252 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

28. — à) Un, deux, trois — du bois — quatre, 
cinq, six, — du bouis, — le roi te demande — 
pour aller en France — manger du pain bénit — 
en l'honneur de Jésus-Christ, — pain bis, — pain 
blanc, — chandelle d'argent, — ton corps est 
mort, — - ta fosse est faite, — c'est pour t'y 
mettre. 

Engeuville (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard. 

b') Un, deux, trois, — du bois, — quatre, 
cinq, six, — du bouis, — le roi nous commande 

— d'aller en France — pour manger du pain 
bénit — dans la main de Jésus-Christ. — Pain 
bis, — pain d'or, — tout le monde — est 
dehors. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

c) Pinpin Nicaille {var. : Papa Nitar), — le roi 
des papillons — se faisant la barbe, — se coupa 
le menton. — Un, deux, trois, — du bois, — 
quatre, cinq, six, • — du buis, — sept, huit, neuf 

— du bœuf, — dix, onze, douze, — va-t-en à 
Toulouse. 

Différents départements. 

29. — Une, deux, trois, — j'irai dans les bois; 

— quatre, cinq, six, — cueillir des cerises; — 
sept, huit, neuf, — dans un panier neuf; — dix, 
onze, douze, — elles seront toutes rouges. 

Différents départemints. 



FORMULETTES D ÉLIMINATION 253 

30. — Spine, — valéri, — vado, — suspin- 
dine, — suspindo, — spine, — valéri, — vado, 

— suspindine, — valéri. 

Franche-Comté . 

31. — A — b — c — d — capitaine — de la 
Lorraine — mes petits moutons — sont allés — 
à l'avoine — mon petit chien — les ramène — 
avec une poignée — d'avoine. 

Loiret . 

32. — Un — verr' — cas — se — ne — peut 

— ser — vir — pour — hoir' ; — mais — on — 
en — fait — ■ un' — sa ^ lier' — sur — la — 
tabl' — d'un — mi — li — tair' 1 

Eurc-el-Loir. 




XII 

FORMULETTES SATYRICIUES 
ET FACETIEUSES 



XII 

FORMULETTES SATYRIQUES 
ET FACÉTIEUSES 



I. — Formnlcttc de la faim 

— J'ai faim. 

— Mange ta main (var. : ton poing). 
Garde l'autre pour demain, 

Et si tu n'as pas assez, 

Mange un de tes pieds. 

Et garde l'autre pour danser. 



2. — Fonnulette du faux-malade 

a) Il a la fièvre de mouton ; 

Ce qu'il mange il le trouve bon. 

Poitou. L. Desaivre, Croyances, etc. 
17 



258 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



/') Il a la maladie de poulette ; 
Il ne lui reste rien dans le bec. 

Mctiithe-el-Mosel/e. Comm. par M. H. Gérard. 

c) Il a la maladie de saint Loup ; 
Rien n'y arrête dans le cou. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvilkrd. 

(/) L'o l'mau de saint Beuillebau ; 
I ba bin et n'moudge pai mau. 

Doubs. Tissot, Les Foiirgs, mœurs, etc. 

(■) Il a l'maladie d'saint Gobau; 

I minche ben, i n'quie point mau. 

Valciicicnnes. Hécart, Dict. rouchi. 

/) Il a la maladie du renard ; [poule). 

II mangerait bien un canard (var. : une 

Différenls départements. 

v) Il a la fièvre quasi et la maladie pent-élre, 

Boiilog;ie-siir-Mer. Comm. par M. E. Dcscillc. 

/') Il est malade, [che). 

Au cul de la chatte (var. : au cul de la va- 

Lci,-ct. Con-.r.!. par 2>I. L. Eeauvillard. 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 2)9 



t) Il a une descente de gosier, i;nc fièvre de 
veau, un tremblement de mâchoire. 

Paris. 

j) Il a la pire (l'estomac) en torse et le jabot de 
côté. 

Atniis. L. E. Meyer, Glossaire de l'Atitiis. 

k) Il a la tête plus grosse que le poing, et ce- 
pendant elle n'est pas enflée. 

Paris. 

3. — Formtilettc du gros rhume 

a) Il a un rhume d'agneau, 

Qui n's'en ira qu'avec la peau. 

Fraticlie-Cor.itc . Perron, Frûvcrbes. 

h) Il a une tousse de renard, çà le conduira au 
terrier. 

Loiret. Comm. p.-ir M. T.. r ? v'.vill.irJ. 

4. — Fonnulettc du mal de té.'c 

a) — • J'ai mal à la tête. 

— C'est un mal de grand seiî'neur; il ne 
peut monter plus haut. 



b) — J'ai mal à la tête. 

— C'est le plus haut de la bCt 



200 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



5. — Fonnult'ttc du mal de ventre 

— J'ai mal au ventre. 

— C'est la foire qui se détrempe. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 
6. — FonnnJctIe des yeux 

a) Les yeux noiis 
Iront en purgatoire, 
Les yeux bleus 
Iront dans les deux, 
Les yeux gris 
Iront en paradis. 
Les yeux verts 
Iront en enfer. 

Paris. 

h) Gris, la couronne du paradis. 
Bleus, la couronne du bon Dieu. 
Noirs, la couronne du purgatoire. 
Blancs, la couronne du sacrement. 
Verts, la couronne c'e l'enfer. 
Violets, la couronne du chapelet. 

Morbihan. 

7. — Fovmulcttc du louche 

Maquaveule à quatre oreilles. 

Qui saque le bon Dieu par les pieds. 

Valencien-iits. Hécart, Dict. rouchi. 



FORMULETTES SATYRIQ.UHS 201 



8. — Fonmilette du sourd 

a) — Bonjour, Claude. 

— Oui, m'sieu, j'fauche. 

— Pour qui fauch's tu ? 

— J'gagne un écu. 

— Ah ! le diable de Qaude, 
Quand on lui pari' d'un sens 
Il vous répond d'I'autre. 

— Ben! si j'fauche pas pour vous, 
J'faucherai pour un autre. 

Pacy-sur-Eure. Comm. par M. Ed. Isambard. 

h) — Bonjour, la femme. 

— J'vends d's œufs, madame. 

— Comment s'port' vot' mari ? 

— Y sont pondus de c'te nuit. 

— Combien avez-vous de p'tits enfants ? 

— J'ies veiids six blancs. 

■ — Vous êtes folle, la femme. 
■ — Mais tout autant, madame. 

Pacy-sur-Eure. Comm. par M. Ed. Isambard. 

9. — Formulette du rcniflcur 

Tu renifles, ma nièce?... 
— Nenni, ma tante... 



202 RIMES ET JEUX DE l'eXFANCE 



Les bonnes gens... 
Du bon Dieu... 
M'en ont fait perdre... 
L'accoutumance. . . 
Ma tante !... 

A la suite de chaque phrase, celui qui récite la 
formulette, pour se moquer du renifleur, fait en- 
tendre un reniflement sonore. 

Mantôche (Haute-Saône). 



lO. — Formulette du morveux 
Renifle, Quentin, il y a du beurre au pot. 

Loiret. Comni. par M. }. Poquet. 

II. — FormuUtte du bossu 

a) Bossu, bossu. 
Forcé d'être bossu. 

b) Tortu, bossu, 
D'où viens-tu ? 

— Je viens de la noce ; 

Je viens de crever ma bosse. 

Envircyns de Lorieni. 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 263 

c) Il est bossu, 
II est tortu, 
Encore il a peur d'être battu. 

Environs de Lorient. 

12. — Foyinuhtle du hancroche 

P'tit crochu, 

Tu n' m'attrap'ras pus, 

T'as vindu tes croches 

Pour aller in caroche ; 

P'tit crochu, 

Tu n' m'attrap'ras pus 

Tes croches sont veiudues. 

Lille. L. Vermesse, Dict. du patois de 
la Flandre française. 

13. — Fonniilette du boiteux 

— Boiteux des deux côtés, où vas-tu ? 

— Derrière cassé, ça n'te regarde pas. 

Environs de Lorient. 

14. — Formulette de la boiteuse 

Gouyoun, gouyetto, 

Quant vendez vouestreis poulettos? 



264 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



{Traduction : Gouyon, gouyette, — combien 
vendez-vous vos poulettes ?) 

Marseille. Régis de la Colombière, Les 
cris pop. de Marseille. 



1). — Formidctlc de l'enfant de petite taille 

lou siou Jeannet 

Que planti de cougourdos, 

lou siou Jeannet, 

Que planti de caulets, 

Aimariou mies planta de bourtoulaigo 

Que de caulets. 

{Traduction : Moi, je suis Jeannet — qui plante 
des courges; — moi, je suis Jeannet — qui 
plante des choux. — J'aimerais mieux planter 
du pourpier — que des choux.) 

Marseille. Régis de la Colombière, Lei 
cris pop. lie Marseille. 

16. — Formnlette de l'enfant niinec et fluet 

Es long et prim, 

Coumo la quoue doou chin. 

{Traduction : Il est long et mince — comme la 
queue du chien). 

Marseille. Régis de la Colombière, Les 
cris pop. de Marseille. 



FORMULETTES SATYRIQ.UES .''6< 



17. — Formulette de l'cnfanl aux joues bouffies 

L'angi bouffareou 

Que bouffo leis gavéous. 

{Traduction : L'ange bouffi • — qui souffle ics 
sarments, c'est-à-dire qui attise le feu). 

Marseille. Régis de la Colombiire, f.es 
cris pop. lie Marseille. 



18. — Formulette du pisseur au Ut 

a) Pissenlit bataille, 
Q.ui pourrit la paille, 

La verge est au pied du lit 
Pour fouetter le pissenlit. 

Haute-Srôtie. 

b) Pisse en lit, pisse en paille, 
C'est demain la bataille ; 
La verge au pied du lit 
Pour fouetter le pisse en lit. 

Bourgogne. Clément Janin, dans un article d'.i 
Progrès de la Côie-d'Or, du 30 juillet iSio. 

c) Pisse au lit, cocagne, 
Va-t-en faire batagne ; 



266 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

Un balai au bout du lit 
Pour fouetter le pisse au lit. 

Roffey (Yonne). Comni. par M. J. Poquet. 

d) Pissenlit sans paille, 
Va-t-en voir bataille ; 

A quelle heure ? A midi, 
Dans la cour des pissenlits. 

Environs de Paris (i). 

e) Lou... pisse al let 
Cago al let 

Fa la buyado cado net. 

(Traduction : Un tel... pisse au lit, ch... au lit, 
fait la lessive chaque nuit.) 

Quercy. Comm. par M. ]. Daj'mard. 

19. — Fonnulctte du tondu 

d) Tondu Barreau, 

- Les chens te mangeront pre Nau ; 

Tondu racque, [ques (2). 

Les chens te mangeront pre Pâ- 

Dci'X-Scvres. L. Desaivres, Formu/elks. 



(i) Dans les environs de Paris, les enfanf; attachent au der- 
rière du pissenlit une vieille savate au moyen d'une ficelle, et 
le suivent en lui chantant cette Ibrmulette. 

(2) En Saintouge ces vers servent de paroles d'élimination au. 
ieu. 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 267 



h) On a tondu ton chat, mon moine. 

Morbihan. 

c) T'a II toundut, 
Cabassut ; 

La cigalo t'a mourdut. 

{Traduction: On t'a tondu, grosse tête; la 
cigale t'a mordu.) 

Pays comtadiii. J. de la Madeleine, 
Le marquis des Sassafras. 

d) Toundut 
Rabattut, 

La cigalo l'a mouerdut. 

Marseille. Régis de la Colombière, Les 
cris pop. de Marseille. 

e) Tondu, rasé, 
Fils de moine, 
Fils de moine. 
Tondu, rasé, 
Fils de moine, 
Cul pelé. 

Lihourne (Gironde). Comm. par M. J. Vinsou. 

20. — Forinulette de l'enfant habitlé de neuf 

Pélicot, moun fiou, 
Vagues pas au souleou, 



26S RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



Lou souleou fara 
Que ti gastara. 

(Traduction : Pélicot, mon fils, — ne va pas au 
soleil — le soleil fera — qu'il te gâtera tes vcte- 
vieiits). 

Marseille. Régis de la Colorabiére, ics 
cris pop. de Marseille. 

21. — Forinulfttt de la garçonnière 

a) Garçon, garçonnière, 
Peton, petonnière, 
Qui a vendu ses cotillons 
Pour acheter des pantalons. 

Suisse romande. Blavignac, L'emprô genevois. 

h) Garçonnière, 
A la meunière, 
Qu a vendu son cotillon 
Pour avoir cent coups de bâton. 

Roffcy (Yonne). Comm. par M. J. Poquet. 

22. — Fonnulette de la grande fille qui joue encore 
avec des poupées 

Chou ! chou ! grande sotte ! 
Eir jue incore à marotte! 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 269 



EU' pins' à s'marier, 
EU' jue incore à poupée ! 



Lille. L. Vermesse, Dict. thi palais de 
la Flandre française, 1867. 



23. — Fonntilclte de l'égoïste 

Donner, donner 
Fait mal aux pieds ; 
Rendre, rendre 
Fait mal au ventre. 

Suisse romande. Blavignac, VEvipro genevois. 



2-1 . — Fonnulette du rapporteur 

a) Rapporte paquet s'en va-t-à la noce 
Les quatre pattes dans son carrosse ; 
N'écoutez pas rapporte paquet. 
Car c ost un très-mauvais sujet. 

Paris. 

F) Porte paquets 
S'en va à vêpres, 
Sa chemise sur sa tête, 
Quatre étrons dans son bonnet ; 
Laissez passer porte-paquets. 

Haute-Saone, 



270 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

c) Rapporteur, 
Picoteur, 

Va-t-en dire à ton valet 
Qu'il te donne un bon soufflet. 

cl) Rapporteur, 
Picoteur, 
Papillon 
Du démon. 

Aiii. Dans Mélusine, col. 270. 

e) Rapporteur 
Et menteur. 
Frotte ton cul 
Par les rues; 
Va dire à l'araignée 
Que ton cul est écorché 
Avec le petit martinet. 

Fivislcrc. Comm. p.ir M. L. Sauve. 

/) Rapporteur à la maison 

A coups de bâton sur les talons. 

g) Raccusète de pâté 

Trente-six pour un pet ! 

Lille. Pierre Lcgi-.iud, Dict. du patois 
de laie, 18)6. 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 



25. — Foiinuhttc du faquin 

a) Martin, 

Le p'tit faquin, 

La canne à la main, 

Comme il marche bien ! 



h") Voyez ce petit faquin, 
Sa canne à la main, 
Comme il marche vite ; 
Voyez ce petit faquin, 
Sa canne à la main, 
Comuje il marche bien. 

Ouercy. Comm. par M. J. Dayraard. 

c) Jean Patagan, 
La canne à la man, 
L'épée au côté, 
La bouse (yar. : l'étron) sur le nez 1 

Suisse romande. Blavignac, L'empro genevois. 

26. — Formulette du boudeur 

a) Boude, boudinette. 
N'a pas d'argent. 
Boude, boudinette, 
Gagnes-en . 



272 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Boude, boudinette 

A quel métier ? 

Boude, boudinette 

A bien bouder {var. : à boudiner). 

Environs de Paris. 

h) Boudi, boudet, 
Veux-tu du lait ? 

— Non, maman, c'est trop froid. 

— Veux-tu que je le fasse chauffer ? 

— Non, maman, j'aime mieux bou- 

[der. 

Loiret et Eure-et-Loir. Comm. par M. J, Poquet. 

c) Bouqui, boucard. 
Veux-tu du lard ? 

— Nenni, ma mère, il est trop tard. 

— Bouqui, boucard. 



— Veux-tu des cots de bâton 
Pour in bouc'hin o n'est que trop bon. 

Saintoiige. Jônain, Dict. du patois saintongeais. 

d) Cali, calard. 
Veux-tu du lard ? 

— I nin, i nin, 

I n'en vux point. 

— Que veux-tu donc? 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 273 



• — Un coup de bâton 
Sur les talons. 

Dciix-Scvres. L. Desaivre, Formuleltes. 

e) Petit enfant gâté, 
Voulez- vous du pâté ? 

— Non, maman, c'est trop salé. 

— Voulez- vous du jambon ? 

— Non, maman, ça n'est pas bon. 

— Il vous faudra des coups. 
Dites, les voulez-vous ? 

Eouloane-sur-Mcr. Comm. par M. E. Deseille. 



27. — Formulette de la fâcherie 

Adichia ma maïré. 
Vous mé véïréï pus ; 
Partirai dichadé ; 
Tournaraï délu. 

(Traduction : Adieu, ma mère, vous ne me 
verrez plus; je partirai samedi, je reviendrai 
lundi.) 



28. — Fonnulcttc de la petite colère 

CouIlto de Paris, 
Couro plouro, couro ris. 



274 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

(Traduction : Colère de P;;ris, tantôt pleure, 
tantôt rit). 

Avcyron. Yayssier, Dici. du patois de l'Aveyron, 

29. — Fonniildtc de la colère 

à) Coléreux à quatorze ans, 
Qu'a mangé tous ses parents ! 
Il ira dans l'enfer, 
Mangé par les vers; 
Biss ! biss I biss ! biss ! 

Paris. 

b) Coléreux à quatorze ans, 
Qui a tué tous ses parents ! 
Il sont dans la terre, 
Mangés par les vers. 

Paris. 

30. — Autre formiilette de la colère 

à) Bisque, bisque, rage, 
Mange du fromage ; 
Si le fromage n'est pas bon, 
Mange de la poison. 

Quercy. Comm. par M. J. Daj'mard. 

h) Il bisque, il rage; [cirage). 

Il mangera du fromage {var. : du 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 275 



c) Te bisques, te rachcs, 

Te mainge du mol-froniache. 

LilU. L. Vermesse, Dicl. du falois 
(le hi F!ai:r!ri' française. 



31. — Autre formulctte de la colère 

Es en coulèro ? 

Bel picha a la carrèro. 

{Traduction: Tu es colère; va pisser dans la 
rue.) 

Armagnac. Bladé, P-overbcs et devinettes. 



32. — Formith'ttc de l'oiiiui 

d) — Je m'ennuie; je ne sais pas quoi faire. 
— Prends un couteau, et gratte-toi les jambes. 

(Far. : Gratte-tui l'os des jambes. Autre var. : 
Prends un marteau, et tape-toi sur les doigts.) 

V) Voulez-vous bien rire, 
Passer votre temps ? 
Prenez une pierre. 
Cassez-vous les dents. 

Brioiule (Hauli -Loire). Comm. par 
M. Paul Le 6!.-.!'..-. 



276 KIMES HT JEUX DE l'eXFANCE 



33. — Fonnulcttc du mauvais débiteur 

a) Un patar, Colars ! 
Quand me payeras-tu, 
Camus ? 

Eul dimainche au matin, 

Cousin, 

Aile basse messe à Lossars. 

Environs de Cambrai. L. Boniface, Hist. du 
village d'Esiie. Cambrai, 1863. 

b) Cinq patars, 
Camard ; 

Quand payeras-tu. 
Camus ? 

A la Saint-Jean d'été. 
Gros nez (i) 

Environs de î\'ou vion . La Thiérache. 
Verviiis, 1S72, p. 79. 

34. — Fonniilette du hâbleur 

Il a stu à Paris so n'gatte ; 
Enn'a riv'nou so n' savatte. 



(i) On débite aussi cette formulette pour amuser les enfants 
tout en leur tapant dans la main. 



FORMULETTES SATYRiaUES 277 

{Traduction : Il a été à Paris sur une chèvre ; il 
en est revenu sur une savate) . 

Pays wallon. Dejardin, Prm'trhes icalloiis. 

55. — Fonniilette de la semaine du paresseux 

a) Lundi, mardi, fête; 
Mercredi, peut-être; 
Jeudi, j' n'y s'rai pas; 
Vendredi, j'bats mes pois; 
Sam'di, mon avoine. [maine. 

J'peux pas aller chez vous c'tte se- 

Pacy-sur-Eure. Comm. par M. Ed. Isambard. 

i) Lundi, mardi, fête ; 
Mercredi, peut-être; 
Jeudi, la Saint-Nicolas; 
Vendredi, on ne travaille pas; 
Sanedi, petite journée; 
Dimanche on va se promener (i). 

c) Lundi, mardi, fête ; 

Mercredi, je n'y peux être, 

Finistère. Comm. par M. L. F. Sauvé. 



(i) Variante des deux derniers vers : 
Samedi, après midi, 
La semaine est finie. 



278 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

Jeudi, la Saint- TJiomas ; 
Vendredi, je n'y serai pas; 
Samedi, au marché ; 
Dimanche à la messe. 
Voilà ma semaine faite. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvilkrd. 

d) Lundi, mardi, fête; 

Mercredi, je n'y puis être ; 
Jeudi, Saint-Thomas; 
Vendredi, j'n'y serai pas; 
Samedi, à la ville; 
Dimanche, à la messe, 
Et ma semaine sera faite. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

c) Lundi, mardi, c'est fête, 
Et mercredi peut-être; 
Jeudi, je n'y serai pas; 
Vendredi, c'est la Saint-Nicolas; 
Samedi, je serai au marché. 
Voilà ma semaine passée 
Sans avoir rien gagné. 

Creuse. Comm. par M. F. Vincent. 

36. — Fonniilcttc du paresse 11. x 

a) Oh! hé! Pierre, lève-toi. — Et pourquoi 
faire, mon maître ? — Pour travailler. — Oh ! là 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 279 

là ! le ventre ! oh ! là là ! le ventre ! — Oh ! hé ! 
Pierre, lève-toi. — Et pourquoi faire, mon 
maître? — Pour manger la soupe. — Bon! Ion 
la ! je me lève, je me lève, Ion ! Ion la ! je me 
lève joliment. 

Eure-et-Loir. 

b) Pierre, lève-toi. — Pour quoi faire? — 
Pour aller garder les vaches. — J'ai mal au 
ventre. — Pierre, lève-toi. — Pour quoi faire? 
— Pour manger la bouillie. — Riquiqui mon 
ventre, mon ventre, — riquiqui, mon ventre est 
guéri. 

Environs de Loriciil. 

c) « Chan — si t'vieux d'iè sope faz'en. >> 

(^Traduction : Jean — si tu veux de la soupe, 
fais-en) (i). 

Pa^J messin. 

d) — Danse, Margotte, danse. 

— Ma mère, je n'a point de soûlés (2). 

— Travaille, trouande (3), 
Et pu t'en érés. 

Meurihe-et-Mosel'e. Comm. par M. H. Gérard. 



(i) Cf. « Miseria, vosto panada ? — Mi si ! — Ben, va te a 
cior el piato. — Uh ! (j-eplica il figro') no go farae ! » Triesle, 
Cassani. 

(2) Soûles, souliers. 

(5) Trouande, paresseuse. 



280 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



37. — For mulet te du défi 

Grégui, grégo, 
Si tu l'fais pas, 
Tu es un sot. 

Aunii. L. E. Meyer, Glossaire de l'Aunis. 



38. — Fonnulctte du moqueur 

Qu si truffo 

Diou lu buffo 

Lou fa virar commo une bouduffo. 

(Traduction : Qui se moque — Dieu le punit 
- le fait tourner comme une toupie). 

Marseille. Régis de la Colombière, Le^ 
cris pop, de Marseille. 

39. — Formuhtte de la brouille 

a) Un i, un o, 

Eine crox sur sin dos. 

Picardie. Corblet, Glossaire picard. 

h) Croutz de paillo, croutz de fé, 
James te dirèi plus arré. 

(Traduction : Croix de paille, croix de foin. 



FORMULETTES SATYRiaUES 281 

jamais je ne te dirai plus rien.) L'enfant pronovxe 
ces paroles sur deux pailles disposées en croix. 

Armagnac. Bladé, Proi'erba et deviiiclti'S. 

40. — Formulcttc de la demande de pardon 

Miséricorde 

Au bout d'une corde ! 

Pardon 

Au bout d'un bâton ! - 

Environs île Pari.'. 

41. — Formuhttc de la pareille rendue 

Rindi rindo, 

Du brin pour du bouso {var. : deux, 
[values pour deux bus). 

Picardie. Corblet, Glossaire picard. 

42. — Forvitilette de l'enfant qui Iredouille en s'excusant 

Berlique, berloque, 

Du bren den eune loque. 

Vahuciennes . Hécart, Dict. roiichi. 

43. — Formulette de l'enfant grondé on puni 

a) Mets -ça dans ta poehe et ton mouchoir par 
dessus. 



282 RIMES ET JEUX DE l'eN'FANCE 



b) Mets clia den t'satiau et t'mouquô dessus, 
t'n'el perdras point. 

VaUiicieiinis. Hécart, Dict. rouchi. 

f) Attrape ça, 
Nicolas. 



44. — Formulette de l'enfant fouetté 

Zinque, zinque 
A mazarinque. 

Se dit en faisant à un enfant qui vient d'être 
fouetté le geste de fouetter. 

Faknciennes. Hécart, D.'cl. rouchi. 



45. — Fornmlette de l'enfant hertiè 

Deux enfants suspendent en l'air un de leurs 
camarades, le tenant, l'un par la tête, l'autre par 
les pieds, puis ils le balancent à droite et à 
gauche en chantant : 

Cul vanné 

N'vaut jamais rien ; 

Cul fouetté 

Encor' ben moins. 

Co2:n' cul ! cogn' cul ! 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 283 

En prononçant ces derniers mots, on frappe le 
derrière du patient contre terre. 

Le Charme (Loiret). Comm. par M L. BeauviUarJ. 

46. — Fornmlcttc du tricheur puni 

Les enfants donnent les claquettes, c'est-à-dire 
des coups de genou au derrière de leur camarade 
qui est étrive, c'est-à-dire qui triche au jeu. En 
lui appliquant cette correction, on lui chante : 

Et marquis de Carabas, 
Mets t' tiéte din un sa 
Et des cloqueites 
Au tro 

Départemev.t du Xoril. L. Vermesse, Dicl. l'a 
patois lie la Flandre française, 1867. 

47. — Fonnulctte contre les siffleurs 

a) Il a couché avec de braves gens ; i n'y ont 
pas coupé le sifflet. 

Boulonna!!. Comm. par M. E. Deseille. 

h) Sifflerais-tu bien comme ça partout ? — Oui. 
— Eh bien! siffle à mon c... 



2C4 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



48. — Fcnniilctte de la langue mordue 

On disait autrefois à celui qui venait de se 
mordre la langue en mangeant : 

— Alaigre! tu es trop goulu; en pensant 
manger du bœuf, tu as mordu du veau. 

Glossaire de l'ancien théâtre français. 

49. — Forjnulette contre un nouveau camarade 

Camarade 

A la salade, 

Compagnon 

A coups de bâton. 

50. — Fonnulettc de la place prise 

a) Quand on va al ducasse, 
On perd s' plache. 

Valencienncs. Htcart, Dict. rouchi. 

V) Qui va à la chasse 
Perd sa place ; 
— Qui revient 
Chasse le coquin. 

Pays messin. 



FORMULETTES SATYRiaUES 7.85 

c) — Qui va À la chasse 
Perd sa place, 
Quand il revient, 
Trouve un gros chien. 
Il le chasse 

Et r'prend sa place. 

d) C'est aujourd'hui la Saint-Médard ; 
Qui quitte sa place la pard. [rent; 
— C'est aujourd'hui la Saint-Lau- 
Qui quitte sa place la reprend. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

e) Qui va à la chasse 
Perd sa place ; 
Qui revient 
Trouve un chien, 
Le chasse 

Et prend sa place. 



Rcpliqi 



Qui va à la chasse 
Perd sa place ; 
Qui revient 
Trouve un chrétien. 
L'y laisse 
Avec politesse. 

Oiicrcy. Comm. par M. J. Daymard. 



286 RIMES ET JEUX DE l'eXFANCE 

f) — Qui va à la chasse 

Perd sa place. [village) 

— Qiii va à la Bouille (jioiii d'un 
La retrouve. 

Normandie. Canel, Blason pop. de la 
Normandie, t. I, p. 163. 

51. — Formuhtte de l'accord 

à) Entendu, convenu, 

Trente six fesses font dix-huit culs. 

(Far. : trente-six font dix-huit.) 

b) Arrêté, conclu, 

Trente-six fesses font dix-huit culs. 
A deux }'ards la fesse, 
Ça fait un sou l'cul. 

Boulogne-sur-Mcr. Comra. p.-ir M. E. Dcseille. 

52. — Fonniilcttc de l'approbation 

a) C'est juste, 
Auguste. 

h) C'est juste et carre 

Comn-.e une flûte à six trous. 



FORMULETTES SATYRIQ.UKS 287 



c) T'as raison, 
Garçon ; 

Tu baiseras ma flûte. 

Eure-et-Loir et Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

d) Ta bouche a raison ; 
Mon cul a tort. 

J'ieur f'rons faire mignon 
Pour qu'ils soient d'accord. 

Eure-et-Loir. Comm. par M. J. Poquet. 

e) T'as raison, 

Je n'ai pas tort; • 
Baise mon cul, 
Nous serons d'accord. 

/) T'as raison. 
Moi j'ai tort; 
Tu coucheras dehors 
Et rr.^i à la maison. 

Gien (Loiret). Comm. par M. J. Poquet. 

g) T'as raison, 
Compagnon. 

Loiiet. Comm. par M. L. Beauvillard. 

/;) Ta bouche a raison, 
Mon cul l'adore. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 



288 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

i) T'as gagné ; mets-le den t'satiau (dans ta 
poche). 

Valeudeiines. Hécart, Dict. rouchi. 

/) T' l'as trouvé, Gillenié (Gilles le niais). 

Valenciennes. Hécart, Dict. rouchi. 
53. — Un peu 

a) Un peu, 
Mon neveu. 

h) Un peu, mon neveu, que je vous dirais si 
j'étais votre oncle. 

Eugène Sue, Les Mystères de Paris. 

54. — Fonnulettc de désapprohation 

Ah ! que t'es couenne, 
Antoine ! 

Beauce. Comm. par M. J. Poquet. 

55. — Formulctte du doute 

a) Pas sûr, 
Mazure ! 

h) Bah ! paradis, paradouse ! 

Valencienues . Hécart, Dict rouchi. 



FORMULETTES SATYRiaUES .''09 

56. — Formuîeite du sceptique 

a) Croyez ça et buvez de l'eau. 

b) Fés mes complimens à m'tante Bobée (je 
ne crois pas ce que tu me dis). 

Valenciennes. Hécart, Dict. rouchi. 

c) Hututu, l'mère ed' nos glaines ! 

Picardie. Corblet, Gloss. picard. 

il) Avec ça ! 

«) A d'autes, chelles-lal sont cuites. 

Vahucitnnes. Hécart, Dict. rouchi. 

57. — Ça n'arrivera pas (i) 

a) Cela arrivera. . oui! si le carême dure sept 
ans. 

Environs de Lorient. 

h) Ça n'arrivera pas {en disant cela, on fait h 



(i) En italien on dit : Il lii di San Bellino, trè di doppo il 
giudidio, ou. Quando le ocha faran la cresta e quando gli asini 
voleranno (Duez, Dict. ilalicri-françois, 1678). En hollandais : 
Dat zal te St. Jutrais gebeuren, als de kalveren op't ys dansen 
{Marin, Dict. français-hollandais, 1758). 

19 



290 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

ratissage des deux index); si cela arrive, nous 
sommes tous perdus, deux fois et une petite. 

Environs de Lorieni. 

c) Cela arrivera la semaine des trois jeudis, 
quarante jours après jamais (var. : trois jours 
après jamais) 

d) C'est pour la semaine des quatre jeudis. 

e) Ce sera l'année bisette (bissextile) quand les 
pouyes iront à crochette. 

Mons. Sigart, Gloss. élymol. montais. 

/) A la venue des coquecigrues. 

Duez, Dict. italien-français, 1678. 

58. — Formulette du refus 

à) Turlututu, 
Chapeau pointu. 

b) Turlututu 
Chapiau cornu. 

Saintonge. Comra. par M. E. Lemarié. 

c) As-tu connu Plumeau ? 

Paris. 



FORMULETTES SATYRIQUES 29I 

d) As-tu connu Giraud? 
Eh bien! torche Miraud. 

Suisse romande. 

e) Regarde si j'ai une paille dans l'œil. 

/) Compte dessus, bois de l'eau. 

g) As-tu des poches? — Oui. — Eh bien I tu 
peux te fouiller. 

V) Il est midi aux Loges (i). 

i) Bonjour, flour, 
C'est pour deux jours. 

Picardie. Corblet, Ghss. picard. 

f) On t'en donnera des petits couteaux pour 
les perdre I 

59. — Ce n'est pas pour toi 

à) Tu n'en auras pas, 
Nicolas. 



(1) Cette locmion s'emploie à Saint-Germain-en-Laye et dans 
les environs dans le sens de : allez-y voir, — plus souvent, — 
des nèfles. On appelle les Loges un établissement d'éducation 
situé dans la forêt de Saint- Germain. 



292 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



b) Ce n'est pas pour ton fichu nez. 

c) Ch'est du mouton, 

Ch'n'est point pou t'grognon. 

Vaknciennes. Hécart, Dict. rouchi. 

60. — Arreguignes-arregagnes 

Cette expression enfantine signifie : Regarde, 
j'en ai, et loi non. 

Bayonne. Lagravère, Poésies en gascon, 1865. 

61. — Formulette du refus de réponse 

a) Je te tourne le dos, car ma langue est 
malade. 

Environs de Lorieni. 

b) Awi, awi, va, chife, j'tambure. 

Valenciennes. Hécart, Dict. rouchi. 
62. — Écoute-moi donc 

— Mais écoute donc. 

— Notre chien, il est mort d'écouter. 

Picardie. Corblet, Ghss. picard. 



FORMULETTES SATVRiaUES 293 



63. — Comment vas- tu? 

— Comment vas-tu ? 

— Tout le long de la cuisse, ça ne passe pas le 
genou. 

64. — Fonnulette du bonjour 



Adiou, 
Cambo de fiou. 

{Traduction : Bonjour, — jambe de fil.) 

Marseille. Régis de la Colombière, Les cris 
pop. de Marseille. 



65. — FormuUtte d'adieu 

a) Bon voyage, bon vent, 
La paille au derrière 
Et le feu dedans. 

V) Adieu, Luc, 

T'père vendôt du chuque (sucre). 

Vaknciennes. Hécart, Dict. rouchi. 

c) Adieu... le bonjour à vos poules... Après un 
moment de silence, on se retourne et on dit : N'oubliez 
pas le coq. 



294 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

d) Bien des choses à vos poules; si elles font 
des œufs vous m'en donnerez à Pâques. 

e) Je vous baise bien les mains ; baisez-moi les 
fesses. 

Théâtre des boulevards, 1756, t. I, p. 8. 

/) A revoir 1... je vous souhaite de vivre cent 
ans après ma mort, d'avoir tout plein d'enfants 
et de ne pas avoir de pain à leur donner. 

Environs de Lorient, 

g) Q.ue lou bouen Diou t'accompagne, 
Et se ploou que ti bagne ! 

(Traduction : Que le bon Dieu t'accompagne, 
et s'il pleut qu'il (le ciel) te mouille. 

Marseille. Régis de la Colombière, Les cris 
pop. de Marseille. 

66. — Formulette du congé 

a) Va voir là-bas si j'y suis. 

b) Allez-vous-en ; j'aime mieux votre dos que 
votre figure. 

c) J'aime mieux vos talons que vos pointes. 

Picardie. Corblet, Gloss. picard. 



FORMULETTF.S SATYRIQ.UES 29$ 

i) Va t'caufer au feu des tiens (chiens) ; on fét 
les hauffes (gaufres). 

VaUnciennu. Hécart, Dici. rouchi. 

e) Va te promener. 

67. — Formuîette des souhaits de bonne année 

a) Je te souhaite une bonne année de pain tendre, 
Que la mie t'étouffe et que la croûte t'étrangle. 

b) Je te souhaite une bonne année de Saint-Jean; 
Fouille dans ta poche, donne-moi de l'argent. 

Paris. 

c) Je te souhaite une bonne année de roses ; 
Fouille dans ta poche, donne-moi quelque chose. 

Paris. 

d) Eune bonne ainnée, 
Eune parfaite santé ! 
Mettez vo main dans vo saclet 
Vous verrez chin qu'vous m'donnerez. 

Lille. L. Vermesse, Vocab. du patois lillois. 

e) Je te souhaite une bonne année, une bonne 
La crotte au cul, la goutte au nez. [santé, 

Yonne. 



296 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

/) Que le bon saint (saint Sylvestre) garde vos 
chats de la toux et vos poules du petou. 



68. — Fortnulette de Vèternuement 

a) Dieu vous bénisse 
Et vous fasse le nez gros comme la cuisse ï 

V) Que Dieu te bénisse. 
Te rabounisse, 
Et te fasse le nez comme j'ai la cuisse ! 

YonM. Comm. par M. J. Poquet. 

c) Dieu te bénisse, 

Ti trois fois et mi dix 1 

Boulonnai! . Comm. par M. E. Deseille. 

d) Quj Dieu t'béniche les gampes en haut, 
té n' perdras point tes cauches! 

Valenciennes. Hécart, Dict. rovchi. 

e) Dieou te creisse pastenargo ! 
(C'est-à-dire : Que Dieu te croisse carotte,) 

Marseille. Régis de la Colombière, Let cris 

pop. de Marseille. 
/ 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 297 



69. — Asseye:{-vous 

a) Asseyez-vous. 

Merci, je n'ai pas mal aux jambes. 

b) Assis-toi, té n'quéras point d'si haut. 

Valenciennes. Hécart, Dict. rouchi. 

c) Mettez-là vo cul d'à tous les jours. 
Réponse : — Et l'cheu des dimenches. 

Valenciennes. Hécart, Vict. rouchi. 

70. — Fcrmulette du curieux à la fenêtre 

a) Il est demain feste, 

Les marmousets sont aux fenêtres. 

Ancien français. 

b) Ch'est demain foete, 

Les singes sont al fernète. 

Picardie. Corblet. 

71. — Formulctte du fixeur 

à) Qu'avez-vous à me regarder? Est-ce que je 
vous ai vendu quelque chose qui n'était pas cuit? 



298 RIMES ET JEUX DE l'enFANCE 

b) On dirait que je vous ai vendu des pois qui 
ne voulaient pas cuire ? 

72. — Formulelte de la question indiscrète 

à) — Qu'est-ce que c'est que ça ? 

— C'est des langues de trop curieux. 

Cole-d'Or. Comm. par M. H. Marlot. 

b) — Que portes-tu là-dedans? 

— Des nanins pour souffler au cul des deman- 
deurs. 

Pays de Bray. Decorde, Gloss. du patois de Bray. 

c) — Qu'avez-vous là î 

— Des coquecigrues. 

Leroux, Dlct. cantique (XVIII' siècle). 

d) — Qu'avez-vous là? 

— Des coquecigrues et des poires merlin (var. : 
Des ortolans et des poires merlin). 

Suisse romande. Blavignac, l'Emprô. 

e) — Qu'avez-vous là? 

— Des coquecigrues, des marrons d'Inde. 

Pays messin. 

f) De que fas oqui ? 

— Caousse d'espillos. 



FORMULETTES SATYRiaUES 299 



(Que fais-tu là? — Je chausse des épingles.) 

Aveyron. Vayssier, Did. du patois de l'Aveyron. 

g) — Çhi a fait çheu ? 

— 01 est Lustucru. 

(Qui a fait cela ? — C'est Lustucru.) 

Saintonge. Jônain, Dict. du patois saintongeais . 

h) — Où est-il î 

— Dans le four, avec la vache. 

Laas (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard. 

ï) Où est-il ? 

— Dans sa chemise, où il passe des deux bouts. 

Côie-d'Or. Comm. par M. H. Marlot. 

;■) — Où est-il ? • 

— Il est au moul'n où le diable tourne. 

Morbihan. 

k) — Où vas-tu ? 

— Tout droit devant moi; la terre est grande. 

J. de la Madelène, Le Marquis des Saffras 
(roman comtadin). 

V 

l) — Où est-il allé ? 
— Il est allé se noyer 



300 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



A l'étang 

Du moulin à vent. 



Morbihan. 



in) — Où allez-vous ? 

— Je vais à Chenôve, glaner des queules (glaner 
des souches). 

Dijon. Clément-Janin, Sobriquets de la 
Cote-d'Or, i88o. 

n) — Où vas-tu ? 

— A Palentru 

Où les chiens jappent du cul. 

Manloche (Haule-Saont). 

o) — Quel âge as-tu ? 

— L'âge d'un veau, tous les ans douze mois. 

p) — Comment t'appelles-tu ? 

— Je m'appelle par mon nom; 
Tire la ficelle, et gobe l'étron. 

q) — Comment t'appelles-tu ? 

— Je m'appelle par mon nom 
Et toi boque-étron. 

Auxois. Comm. par M. H. Marlot. 

r) — Comment t'appelles-tu ? 

— Je m'appelle par mon nom ; 
Tu baiseras mon c... sans raison. 

Laas (Loiret). 



FORMULETTES SATYRiaUES 30I 

s) — Comment t'appelles-tu ? 

— Je m'appelle comme mon père. 

— Et ton père ? 

— Mon père s'appelle comme moi. 

— Comment vous appelez-vous tous les deux ? 

— Nous nous appelons l'un comnr.e l'autre. 

/) — Comment t'appelles-tu ? 

— Comme hier. 

Ducaliana. Amsterdam, 1738, t. II, p. 486. 

m) — Est-ce que tu demeures loin ? 

— Il y a aussi loin de chez moi jusque chez 
toi, que de chez toi jusque chez moi. 

Picardie. Corblet. 

v) — Qu'as-tu vu ? 

— J'ai vu Hurluberlu 
Monté sur un séu (i). 

Picardie. Corblet. 

iv) — Quelle heure est-il ? 

— Il est l'heure perdue, l'àne (yar. : la bête) 
la cherche. 

x) — Q.uelle heure est-il? 

— Il est l'heure perdue, 
La bête la cherche. 

(i) Séu signifie sureau r 



302 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

— L'heure n'est pas perdue, 
La bête a répondu. 

Laas (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard. 

y) — Quelle heure est-il ? 

— Il est l'heure qu'il était hier à ce moment-ci. 

^ — Que dit-on ? — Messe. 

— Quoi de nouveau ? — Pois verds. 

Polissonniana, 17. Rotterdam, in-ia. 

ad) — De quoi ? 

— La soupe aux pois. 

Ih) — Quoi ? 

— Des pois. 

a) — De quoi ? 

— De la m.... au bout de ton doigt. 

dd) — Couai ? couai ? 

— Elle ne couait (couvait) pas, elle pondait. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

eè) — Quand ? quand ? [champs, 

— Quand les canes s'en vont aux 
La première passe par devant. 

Dict. portatif des prouerhes (XVIII' siècle). 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 3OÎ 

ff) Quand ? quand ? 

— Quand les canes iront aux champs, 
Et que tu leur baiseras le cul en en- 

[trant. 

Beauce. Comm. par M. J. Poquet. 

gg) — Pourquoi ? 

— Parce que. 

/;/;) — Qu'est-ce que tu as dit ? 

— J'ai dit, je ne dis plus, 
Tant pis si t'as pas entendu. 

Loiret. Comm. par M. L. BeauvUlard. 

il) — Qu'est-ce que tu dis ? 

— Je dis ce que je dis 

Tu mangeras ce que je ch... 

Loiret. Comm. par. M- L- Beauvillard. 

;)■) — Qu'est-ce que tu as dit ? 

— On ne répète pas la messe pour les sourds. 

Environs de Paris. 

kk) — Qu'est-ce qu'il y a de vrai dans tout 
cela ? 

— On n'a jamais pu savoir : il n'y avait qu'un 
homme et une femme qui le savaient; ils sont 
morts sans laisser le secret à leurs héritiers. 



504 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

lï) Mêle-toi de ce qui te regarde; on ne te 
demande pas l'heure qu'il est (zm-. : l'âge que tu 
as). 

73. — Serment facétieux 

— Ta parole. 

— M'parole d'onze heures, 

Foi de midi qu'est pas une heure. 

Picardie. Corblet. 

74. — Et ta sœur ? 

— Et ta sœur ? 

— Elle bat le beurre. 
Quand elle battra la m...., 
Tu lécheras le bâtillon. 

Eure-tt-Loir ; Loiret. Coram. par M. J. Poquet. 

75. — Formuletle du si 

à) Si le bon Dieu voulait, 
Je m'appellerais Jean Jacques (yar. : 
Le bon Dieu ne veut pas, [Joseph). 
Je m'appelle Nicolas. 

h) — Si... si... 

— Si les poules avaient des dents, elles pour- 
raient mordre. 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 30$ 

c) — Si... si... 

— Avec des si, on mettrait Paris dans une 
bouteille. 

d) — Si... si... 

— Six et sept font treize. 

Loiret, 



76. — Formidette du mais 

Mais... 

Mais !... il ne s'agit ni de mai ni d'avril. 

77. — Ça va-t-il ? 

— Savati, savata, 

Ch'est l'file d'un chavetier. 

Valencitnnes. Hécart, Dict. rouchi. 

78. — Point de doute... 

— Point de doute, 

Après le café, on boit la goutte. 

Vahncicwus. Ilécart, Dict. rouchi. 

79. — Ah! quel malheur !... 

— Ah ! quel malheur. 
Mon Dieu seigneur! 
Ma petite sœur 

Qu'est tombée dans le beurre ! 

20 



306 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

80. — a) Ah! mon Dieu!... 

— Ah ! mon Dieu ! 

Que les pauvres sont gueux 
Et qu'les rich's se fich'nt d'eux ! 

Environs de Lorient, 

V) — Ah ! mon Dieu !... 

— Ah ! mon Dieu ! 

Qui est-ce qui couchera avec ma femme 
Quand je serai vieux ? 

Environs de Lorient. 

81. — On a bien raison de dire... 

— On a bien raison de dire 
Que les bouts de chandelle 
Ce n'est pas de la cire. 

82. — Tiens ! qu'est-ce que j'allais dire ? 

— Ce n'est pas la messe, toujours. 

83. — Hein? 

— Hein (se prononce comme in — un) deux, 
mange la m.... et moi les œufs. 

— Trois, 

Mange la m.... et moi les pois. 

Eure-et-Loir ; Loiret. 

84. — Heume ! 

— Heume ! heume ! 



FORMULETTES SATYRIQ.UES ;07 



Careume, 

Du bren ch'n'est point d'I'ékeume. 

VaUnciennes. Hécirf, Dict. rouM. 

8s. — a) Halte là, 
Nicolas. 

V) Un instant, 
Bertrand. 

c) Un instant, Bertrand, faut que je me 
mouche, comme dit le curé. 

Paris. 

86. — As-tu fini. 
Bouffi? 

87. — De que y o de noou ? 

— Tout es bièl, omay s'esquinso. 

(Quoi de nouveau ? • — Tout est vieux et bien 
vieux, et même se déchire, par allusion à un habit 
usé qui se déchire.') 

Aveyrm. Vayssier, Dict. du patois de l'Avtyron. 

88. — Tiens. 

— Tiens, no tien (chien') a eune queue. 
No cat nld'a point; s'ra pour eusse deux. 

Vnler.ciennes . Hécart, Dict. rouchi. 



308 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



89. — Ah ! 

— Ah ! Colas. 

l'alenciennes. Hécart, Dict. rouM. 

90. — En route, 
Mauvaise troupe. 

91. — Taisez-vous, on pourrait vous entendre. 
— Tiens ! j'ai une langue, c'est pour m'en 

servir; il y a assez de place ici pour la faire 
marcher. 

Environs de Lorient. 

92. — On dit à quelqu'un qui passe vite et 
sans parler : 

Tu passes bien fier, t'as donc mangé la soupe 
à l'oseille. 

Loiret. Comm. par M. L. BeauvillarJ. 

93. — On dit d'un malhonnête qui ne salue 
pas : 

C'est un biau sa {sac), mais"il n'a pas d' gueule. 

Botilogne-sitr-Mer. Comm. par M. E. Deseille. 

94. — As-tu vu la lune, mon gars? 
Si tu n' l'as pas vue, la voilà. 



l'ORMULETTES SATYRIQ.UES 3O9 

95. — Un enfant dit : J'ai trouvé un nid. 
Un autre reprend : Un nid de puput, 

La mère a ch... dessus; 

Un nid de cancan, 

La mère a ch... dedans. 

Loiret. 

96. — Jean ? 

— Hein 1 

— M....! 

Mange-là, ta m.... 

La m n'est pas d'I'orange, 

Celui qui en parle en mange. 
La m.... n'est pas d' la conficure, 
Plein ta gueule c'est la mesure. 

Loiret. 

97. — Dites : moi aussi 

— M'en voou èins loous bos. 

— Maï ièou. 

— Copi un aoubré. 

— Maï ièou. 

— Cagui dedin. 

— Mai ièou. 

— Moous gagnous loou mindza. 

— Mai ièou ! 

(Je vais dans les bois. — Moi aussi. — Je 



310 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

coupe un arbre. — Moi aussi. — J'en fais un 
bac. — Moi aussi. — Je ch... dedans. — Moi 
aussi. — Mes cochons l'ont mangé. — Moi aussi !) 

Limousiv. Corara. par M. G. de Lépinay. 

98. — Au demandeur de contes (i) 

a) Un petit conte, 

La robe à mon onque, 

Un petit chian blu, 

Fourre ton nez dans mon ... 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

V) Conte, conte, 

De Robert mon onque 

Qui ch... à l'âtre. 

Sa femme croit que c'est pâte, 

Elle y tâte, 

Trouve que c'est m.... 

Mâche. 

c) Il y avait une fois 

Un homme et une femme 
Qui n'avaient qu'une dent, 
Voilà mon commencement ; 



(i) Ces formulcttes se débitent aux enfants qui vous impor- 
tunent pour qu'on leur dise des contes. 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 5II 

Qui n'avaient qu'un pied, 
Voilà la moitié ; 
Qui n'avaient qu'un genou. 
Voilà le bout. 

Pays messin, 

d) Un loup passant dans un désert, 
La queue levée, le cul ouvert, 
Peta un pet, 

Pour qui? Pour toi (i). 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

e) Un loup pachava dins un déjert, 
La quouo levado, lou tioul drubert, 
Fou ly lou na, Couder {mets-y le «e:ç, 

[Couder). 

Corrèxe. Comm. par G. de Lépiaay. 

/) Ç'ateù eune vaye eune fauvatte qu'ateû su 
eune ronhhe (2)... Ici le narrateur fume sa pipe 
ou fait autre chose sans se préoccuper de la suite de 
son histoire ; on le presse vivement de continuer ; à la 
fin, il reprend : Le fiauve (3) n'ateû-me pu longe. 

Pays messin. 



(i) Cette formulette et la suivante servent aussi de paroles 
d'élimination au jeu. 

(2) Ronhhe, ronce. 

(3) Fiauve, conte, fable. 



312 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



99. — Ce sont des contes 

d) Ce sont des contes 
De Robert mon oncle. 

h) Ce sont des histoires 
De mon onke Grégoire ; 
Ce sont des histoires 
De la Forêt-Noire. 

Picardie. Corblet, Gloss. picard. 



100. — Comment se termine nu conte 

a) Je passe par un pré, 
Mon conte est achevé. 

h) Je jetai mon bonnet 
Par-dessus les moulins 
Et je ne sais ce que tout devint. 

Leroux, Dicl. comique (XVIII^ siècle), 

c) En passant par un moulin 

J'ai marché sur la queue d'une souris. 
Elle a fait tri... tri... 
Mon petit conte est dit. 

Niort. Comm. par M. L. Desaivre. 



FORMULETTES SATYRIQUES 315 

d) N, i, ni, 

Mon petit conte est fini. 

Environs de Paris. 

e) Lou gai cantèt 

E la sourneta finiguet. 

Prm'etice. 

/) Mak so l'soû 

Via fâv' foû (t'oilà la fable dehors, 
Vous magn'rez l'hâgne [achn'ée.) 

Et mi l'oû. 

Wallon. Dejardin, Les Spots. 



ICI. — Qu'est-ce que je remue? 

— Tu remues ta langue pour lécher mon c... 

Loiret. 

102. — As-tu une ficelle? 

— Pour quoi faire ? 

— Pour attacher ta langue à mon c... 

Loiret. 

103. — Un enfant qui fait un pet dira à son 
voisin : 

— Passe cela entre tes dents ; tu verras s'il y a 
des noeuds. 

Loiret. 



514 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



104. — Je ne vois goutte 

Quand j'ai mangé ma soupe (i). 

Environs de Lorient. 

105. — Tu ne m'attraperas pas, 

Nicolas. 

106. — Il est dedans, 

Comme frère Laurent. 

107. — Vlà l'cas, 

Dit l'avocat ; 
Vlà l'nœud, 
Dit l'soj'eux. 

Picardie. Corblet. 

108. — Et allez-y, casquette (2). 

109. — Pierre, presto me cinq sols. 

— Lous aï pas ! 

— T'en rendrai sieï. 

— Lous aï, lous aï ! 

Limousin. Comm. par M. G. de Lépiaay. 

iio. — Est-ce qu'os avez dîné ? 

— Oui. 

— C'est fâcheux, vous arois invité. 



(i) Se dit quand on a mangé la soupe de bon appétit et qu'on 
éprouve le besoin de respirer avant de contiaue"-. 

(2) Se dit quand on vient de prendre une résolution. 



FORMULETTES SATYRiaUES 315 



— Est-ce qu'os avez dîné? 

— Non. 

— Os dînez ben tard (i). 

Boulonnais. Comra. par M. E. DejeiUe. 
III. — Formulctte contre celui qui s'appelle Vievtt 

a) Pierre 
L'âne, 

Biquo mou cuoù 
Mounto me quare. 

Creuse. Comm. par M, F. Vincent. 

h) Piarre, moun Piarre, 
Te sez bien attrapa, 
T'as préi no fenno 
Qu'o le cuoù creba. 

Cr(use. Comm. par M. F. Vincent. 

c) Pierrot au demi-trot 
Passant sur un pont. 
Rencontre un étron, 
Dit : Tu ne sens pas bon. 
L' étron se fâcha; 
Pierrot l'engueula. 

Haute-Saône. 

(i) On débite cette formuleite à propos de certain village du 
Boulonnais qui passe pour peu hospitalier. 



3l6 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



112. — Contre celui qui s'appelle Philippe 



Flipot, 
Tiète de sot. 

Valtnclennes. Hécart, Dict. rouchi. 

113. — Contre celui qui s'appelle Baptiste 

Baptisto, 
La poulo pisso, 
Le renard chio, 
Lecho-co. 

Creuse. Comm. par M. F. Vincent. 

114. — Contre celui qui s'appelle François 

François, 
Lançois, 

Prête-moi ta lance 
Pour aller en France. 

Creuse. Comm. par M. F. Vincent. 
115. — Contre celui qui s'appelle Charles 

Charles, 

Grand bonnet large. 
Qui va à Paris, 
Grand bonnet gris, 



FORMULETTES SATYRiaUES 3I7 

Vendre son cochon, 
Grand bonnet long. 

Laas (Loiret). Comm. par M. L. BeauvilUrd. 
116. — Fonnuleite contre celle qui s'appelle Marguerite 

a) Margarido, 
Prends ta vido, 
Se mourries 
M'arrouinaries. 
(Marguerite, — prends soin de ta vie, — si tu 
mourais — tu me ruinerais.) 

Marseille. Régis de la Colombière, Les 
cris pop. de Marseille. 

V) Margarido buou, 
Cousino ti un uou, 
Fermo ti ta pouarto, 
Que deraan sies mouarto ! 
(Marguerite bois (ou Marguerite bœuf), — fais 
toi cuire un œuf, — ferme-toi ta porte, — parce 
que demain tu es morte.) 

Marseille. Régis de la Colombière, Les 
ctis pop. de Marseille. 

117. — Fonnuleite contre celle qui s'appelle Claire 

Clairo, 

Quand sa mero la faguet, 

L'ero. 



3l8 RIMES ET JEUX DE l'eNFAKCE 



(Claire, — quand sa mère le mit au monde, — 
elle y était.) 

Marseille. Régis de la Colombière, Les 
cris pop. de Marseille. 



Ii8. — Formuleite de la famille qui a de nombreux 
enfants 

d) Là-bas, là-bas, 
Frère Colas ; 
In grand lout gris, 
Frère Louis ; 
Courons, courons. 
Frère Simon ; 
P'r l'attraper. 
Frère Boyer; 
Il a d' la laine, 
Frère Etienne, 
P'r feire in bounel 
A frère Jhaquet. 

Saintonge. Jônain, Dict. du patois saintongeais, 

V) Marien 

Meno las chabras au champ ; 

Piarre 

Vai las quare ; 

Françeï ' 

Mets las au téï; 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 319 

LheoLileou 

B?illo loùs dàu bou. 

Creu.e, Comra. prr M. F. Vincent. 

119. — Formulettc des paysannes contre les demoiselles 

Deméisello, 
Cuoù de sello, 
Oùreillas de parpailloù, 
Te cregià trapâ !o Ihèbre, 
T'as trapa le chat-éicurôu. 

Creun. Comm, par M. F. Vincent. 

120. — Formulette contre le maître d'école 

Mait' d'éccole 

A la bricole, 

Mon sabot il n'a qu'une corne, 

La vache en a deux. 

Tirons lui la queue, 

Ce sera pour nous deux. 

RcwiTay-Saint-Denis (Eure-el-Lcir). Comm. 
par M. J. Poquet. 

121. — Formulette contre les femmes de maçons 

Hou ! hou 1 hou ! 

Fennas de niaçous, 

Préparas drapés et bouraçous. 

Creuse. Comm. par M. F. Vincent. 



320 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



122. — Formulette contre les meuniers 

à) Meunier larron. 

Voleur de son pour son cochon, 
Voleur de blé, 
C'est son métier. 

b) Mougni, 
Sacogni, 
Saco rabo 
Sous lo tablo. 

Crème. Comm. par M. F. Vincent. 

c) Moulinié, farinié, 
Traouquo chatso, pano bla 
Et peï dit que coi lou rat. 

(Meunier, farinier, perce sac, vole blé et puis 
dit que c'est le rat.) 

Corréxç. Comm. par M. de Lépinay. 

12 j. — Formulette contre les cordonniers 

a) Cordonnier filou, 

Qui met la pièce au long du trou. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

F) Savatier punais, mal fait, contrefait, rhabille 
ma botte, guaf. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 



FORMULETTES SATYRIQUES 32I 

124. — Formulette contre le chaudronnier ambulant 

Mignin clidou, 

Mai lai pièce ai coté deu trou, 
T'aré ma d'ovraige. 
(Chaudronnier, mets la pièce à côté du trou ; 
tu auras plus d'ouvrage.) 

Morvan. 

125. — Formulette contre le marchand ambulant 

Voilà le marchand 

Qui tire les yeux, 

Qui arrache les dents 

Et qui n' prend pas d'argent. 

Qui c'qu'en veut, 

Des coups de poing par les yeux? 

Qui c'qu'en demande. 

Des coups de pied dans le ventre ? 

Personne n'en veut plus. 

Des couns de pied dans le c.î 

Voilà le marchand ruiné. 

Qui est tombé dans la cave du grenier, 

Et encore il ne s'est pas cassé le nez. 

Environs de Lorienl. 
126. — Formulette contre le Parisien 

a) Parisien, 
Cu de lapin, 



322 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



Le sac su le dos, 
Voleur d'abricots. 

Environs de Paris. 



h) Parisien, 

La canne à la main, 
Le sac sur le dos, 
Voleur d'artichauts. 



127. — Contre le Chartrain 

Chartrain 
Vilain. 

128. — Contre les habitants de Saint-Germain-en-Laye 

Enfants de la terrasse, 
Bonne nourriture 
Et mauvaise race. 

129. — Contre le Flamand 

a) Ut, ré, mi, fa, sol, la, si, ut, 

Tous les Flaminds sont des flahutes. 

Lille. 

h) Va-t'-ein f...u flayutte 

Va-t'-ein vir à qui veinté tes flûtes, 



FORMULETTES SATYRiaUES 523 

Mi, je n'raets dessus mes doigts 
Que dé l'hierpe que je connois. 

Movs. Sigart, Gloss. du patois montais, 

130. — Dans le Beaujolais, les gens de la 
plaine chantent aux montagnards qui descendent 
chaque année pour vendanger : 

Montagnard, 

Quien caignard, 

Tourne le c. vers ton molart. 

You, you, you, you, montagnard. 

Francisque Michel, Dicl. d'argot, p. lOO. 

131. — Formulette que les écoliers écrivent sur la cou- 
verture dt leurs livres 

a) Ce livre appartient à son maître, 

Qui n'est ni capucin, ni prêtre (var. : 
[qui n'est ni prêtre ni évêque). 
Mais, er. cas de perdition, 
X... est mon nom. 

h) Ce livre appartient à son maître. 
Qui n'est ni fou ni bête. 
Si vous voulez savoir mon nom, 
Regardez dans le petit rond. 

c) Ce livre appartient à son maître. 
Qui n'est ni capucin ni prêtre 



324 RIMES ET JEUX DE L ENFANCK 

Et qui n'a pas envie de l'être ; 
Si tu veux savoir son nom, 
Regarde dans ce petit rond. 

Finittère. Comm. par M. L. F. Sauvé. 

d) Ce livre est à moi 

Comme la France (var. ; Paris) est au 
La France est une nation [roi. 

Comme est mon nom. 

e) Ce livre appartient à son maître, 
Qui n'est ni curé ni évêque 

Et qui n'est pas près de l'être. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

/) Ce présent livre appartient à moi, X... 
Je prie ceux ou celles qui le trouveront de me 
le rendre, 

Je leur payerai une bouteille de vin 

A la Saint-Martin, 

Un pain blanc 

A la Saint-Jean 

Et la bière 

A la Saint-Pierre. 

Coti-d'Or. Comm. par M. H. Marlot. 

g) Prenez ma femme et non mon livre ; 
Dn moins avec lui je peux vivre ; 



FORMULETTES SATYRiaUES 32) 



D'ailleurs, ma femme reviendra, 
Et mon livre on le gardera. 

Boulonnais. Comm. par M. E. DeseiLe. 

h) Ce livre est à moi 
Comme Paris est au roi. 
Celui qui le trouvera 
Est prié de me le rendre. 
Si c'est un garçon, 
Je lui donnerai des marrons; 
Si c'est une fille, [gnes). 

Je lui donnerai des chàtignes (châtai- 

Loirei. Comm. par M. L. Beauvillard. 

i) Hic liber pour de l'argent, 
Evtpîus est chez le marchand. 
Si quis forte par aventure 
Invenerit dans son chemin, 
Agnoscébit à la couverture 
Qua facta est de parchemin. 

Comm. par M. G. de Lépinay. 

;■) Etiau p'tit livre 
Appartient à... 
Point trompeur de filles 
Mais qu'a prenont garde 
A zeux quoues de chemises. 

Sainlovoe. Comm. par M. Lemarié. 



326 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



132. — Formulette de l'A, B, C 

a) B, A, ba, 

Mon père me bat, 

B, I, bi, 

A coups de béquilles, 

B, O, bo, 

A coups de sabots, 

B, U, bu, 

I n'me battra pus. 

Environs de Loriinl. 

V) B, A, ba, 

Moun pài me bat, 
B, E, be, 

Me défendrai be, 
B, O, bo, 
A cos de talc. 

Creuse. Comm. par M. F. Vincent. 

c) A, b, c, d, 

Démarre tes braies. 

E, f, g, ^ 

Je n'sairais. 

H, i, j, k, 

Je n'ie frai pas. 

L, m, n, 0, p, q, 

Mourtre mé tea tchu I 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 527 



R, S, t, U, V, 

Que je l'vée I 
X, y, z, 
Fouette nié rède. 

Gutrnesey. Métivier, Dici, fratucnemani. 

d) Crosète (i), 

Abilboquète, 
No mète (maître) 
I n'a point de barète. 

Vahncitnnts. Hécârt, Bict. roiuJn. 
153. — Formulelte du départ 

Tin tin tin, 

Nous partons demain. 

Ti ti ti, 

Nous voilà partis. 

Environs de Paru. 
134. — Les vacattces 

0) Gai, gai, gai. 

C'est demain les vacances. 

Gai, gai, gai, 

C'est demain que je partirai. 

(i) C'eit-i-dire croiseue : on appelait ainsi autrefois l'alph»bet. 



328 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

Adieu les pommes de terre. 
Les haricots pourris ; 
Je m'en vais chez mon père 
Manger du bon rôti. 

Gien. Comm. par M. J. Poquet.. 

h) y m'en f. .. bien, — j' pars demain; 
J' pHe bagage, — j' déménage. 
J' m'en f... bien, — j' pars demain; 
J'emporte tout mon butin. 

Bcauce. Comm. par M. J. Poquet. 

c) Vivent les vacancesl 
A bas les pénitences ! 
Les caliiers au feu. 

Les maîtresses au milieu. 

d) Vivent les vacances ! 
A bas la rentrée ! 

Les pions sont à vendre, 

La baraque à louer. 

Adieu la cuisinière 

Et son ami torchon. 

Qui pisse dans la chaudière 

Pour faire du bouillon. 

Si Charlemagne savait 

Comme nous nous embêtons. 

Il ressusciterait, 

Pour faire la guerre aux pions. 



FOR.MULETTES SATYRICLUES ^29 



— A bas ces vieux dortoirs 
De punaises remplis, 

Où l'on ne peut s'asseoir 
Sans en être assailli. 

— Jetons par la fenêtre 
Livres et pensums, 

Et régalons nos maîtres 
De grands coups de bâtons. 

— A bas cette salade, 
Ces haricots pourris, 
Et cette charognade 
Qu'on nous sert pour rôti. 

Comm. par M. j. Daymard. 

135. — Benedicite 

à) Benedicite, Domine, 

Fermez la porte, nous sommes assez, 

V) Benedicite, Dominus, 

Fermez la porte, qu'il n'en vienne plus ; 
Nous sommes assez dans la maison 
Pour manger ce que nous avons. 

136. — Deo grattas 

Deo gratias, le bon repas ! 
Qu'un autre ne tarde pas ! 



330 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

137. — Pater noster 

a) Pater noster. 

Des pommes de terre, 

Qui es in axlis. 

De le châ frisse, 

Sanctificetur, 

De le poture, 

Noiiien tuum, 

J'a touo mè fomme, 

Adveniat, 

Eu chieu dans se minchatte, 

Regnum tuum. 

Le poure fomme ! 

pays mtstin, 

h) Pater 7iosler, 

Lo tsato mounta al raster, 
Léï trobo pas do po, 
Che dzieto chur lou fricot. 

(La chatte monte au râtelier (du pain), n'y 
trouve pas de pain, se jette sur le fricot.) 

Corrètf. Comm. par M. G. de Lêpinay. 

138. — Doniinus vobiscum 

a) Domînus vohiscum. 
Mangez les poires, 
Laissez les pommes. 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 33I 

b) Dominus vohiscurn. 

Je prends une pierre, et je t'assomme, 

Et cum spiritu tuo, 

Tu n'es qu'un grand nigaud. 

c) Dominus vohiscurn. 

Si i' prends un bâton, j 't'assomme, 

Et cum spiritu tuo. 

Je l'prends, et je t'casse les os. 

d) Dominus vobiscum, 

Baise mon c. ou j 't'assomme. 

e) Dominus vahiscum, 

N'eï dzamaï mort de fom, 

Et cum spiritu tuo, 

Chi, obé, quaouqué cop. 

Corré^e. 

139. — Atteinte portas 

Ouvrez-moi la porte ou je la casse. 

140. — Les Cloches 

d) Viens donc, 
Dindon. 

Environs de Pais. 

h) Du bon gambon, 
Nous en maing'rons. 



332 RIMES ET JEUX DE L ENFAKCE 

Si nous n' n'avons... 
Allez, cloques. 

Lille. L. Vermesse, Dict. du falois lillois, 

141. — A l'occasion du nouvel an 

Salve puer, — des pommes, des poires, 
Un p'tit bonhomme — pour les avoir, 
Sa bonne — pour les ramasser, 
Monsieur l'curé — pour les manger (i). 

Eure-et-Loir. Comrn. par M. J. Poqnet. 

142. — A l'occasion des Rois 

Donnez, donnez la part à Dieu. 

Si l'on refuse, les enfants ajoutent : 

Les trois rois s'sont arrêtés 
A la port' des mal peignés. 

Châtillon-sur-Loing . Comm. par M. L. Beauvillard. 

143. — A l'occasion des fêtes de Pâques 

Les enfants de choeur font la quête des œufs 
de Pâques en chantant la prose Ofilii. Ils ajoutent 
souvent la strophe suivante : 

(l ) Se chante par les enfants allant quêter de porte en porte. 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 33J 



N'oubliez pas les enfants d'chœur, 
Qui chant' les louanges du Seigneur. 
Un jour viendra. 
Dieu vous Tiendra. 
AMuia I 

Les autres enfants les suivent et chantent de 
leur côté: 

Les enfants d'chœur 
Sont des voleurs ; 
Un jour viendra. 
Dieu les pendra. 

Alléluia I 

Environs de Pithiviers (Loiret). Comm. 
par M. L. Beauvillard. 

Après avoir chanté les trois premières strophes 
de la prose O filii en cherchant leur pdqueret, les 
enfants de chœur, en Beauce et en Gâtinais, ajou- 
tent : 

Donnez, madame, à ces chanteurs 
Qui chantent les louang' du Seigneur. 
Un jour viendra. Dieu vous le rendra. 
Alléluia ! 

Si la dame n'a rien donné, ils disent à la porte, 
à Rouvray, mais à demi-voix : 

La vieille (i) a mis sa poul' couver. 
Afin de ne rien nous donner. 

(t) Variante du dipariemtut de l'Eure : Perrette a mis... 



334 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Un jour viendra, le diable l'emport'ra (i). 
Tra la la la. 

Eure-et-Loir. Comm. par M. J. Poquet. 

144. — La mascarade 

à) Mascarade — à la grillade, 

Montre ton ... — t'auras d' la pâte. 

Met^. 

b) A la chienlit 1 à la chienlit I 

Paris. 

145. — Le dépari de Carnaval 

a) Adiou, paouré, paouré, paouré carnaval. 
Tu t'en vas et iéou demori 

Per mindza le choupo d'oli [val. 

Adiou, paouré, paouré, paouré carna- 

Corrèxe, Comm. par M. G. de Lèpinay. 

b) Carnaval n'est pas mort; 
Il est au lit, malade. 
Carnaval n'est pas mort; 

Il est dans son lit qui dort. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

(l) Variante du département de l'Eurt : 

Un jour viendra, sa poule crèv'ra. 

Alléluia ! 



FORMULETTES SATYRiaUES 335 

c) Carnaval n'est pas mort, 

Car il vit encore, — car il vit encore. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

d) Mardi gras, — n' t'en vas pas, 
JTrons des crêpes, — j'f'rons des crêpes, 
Et t'en mangeras. 

Mardi gras — s'est en allé ; 
J'ons fait des crêpes, — j'ons fait des 
Mardi gras — s'est en allé, [crêpes. 
J'ons fait des crêpes, — il n' n'a point 
[mangé (i). 

Mardi gras — est revenu. 

J'y ons pendu — la poêle au eu. 

Eure-et-Loir; Loiret. 

e) Mardi gi is est mort — dans son colli- 
Parmi les choux et la poirée, [dor; 
Mardi gras est enterré (2). 

Environs de Lorienl. 



(1) Les enfants chantent ce couplet eu promenant le manne- 
quin de paille représentant Carnaval. 

(2) Ce couplet se chante après que le mannequin de paille a 
été brûlé. 



336 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



146. — Alléluia 

a) AUcluia! 

Pendez votre chat; 
Laissez votre chien 
Qui ne vous fait rien, 
Et le bon Dieu vous récompensera. 
Alléluia ! 

h) Alléluia! 

Pendez no' cat; 
Laissez no tien 
I n'vous f'ra ren. 

Boulonnais. Comm. par M. E. Deseille. 

c) Alléluia, alléluia! 
Pendez les chats, 
Gardez les chiens 
Pour l'année qui vient. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

d) Alléluia! 

Les choux sont gras, 
C'est pas chez nous, 
C'est chez Lucas. 

Coie-d'Or. Comm. par M, H. Marlot. 

e) Alléluia! 
Martin s'en va 



FORMULETTES SATYRIQUES 337 

Dans son grenier 
Manger son blé, 
Et dit que c'est les rats. 
Alléluia ! 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

/) Alléluia! 

Martin s'en va 

Dans son grenier chercher des rats ; 
C'est pas pour lui, c'est pour son chat 
{var. : s'il en trouve, il en mangera). 
Alléluia ! 

g) Alléluia! 

Lous choux sount gras, 
Lous petreis n'en valent pas; 
Lous segréitas 
N'en minjent jusqu'à creva. 

Creuse. Comm. par M. F. Vincent. 

147. — Amen, 

Baise mon ... toute la semaine. 

Loiret. 

148. — L'évangile de l'écolier paresseux 

a) En ce temps-là... 
Je n'sais qu'çà, 



338 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



Jésus. . . 

Je n' sais plus... 
Dit à ses disciples... 
La voilà dite. 

Variante des deux derniers vers : 
Dit aux Pharisiens... 
Je ne sais plus rien. 

b) En ce temps-là 

Jésus dit à ses disciples: 
Qui n'aura pas d'argent 
Ne mangera pas de trippes. 

c) En ce temps-là 

Jésus dit à ses disciples, 
Si vous n'avez pas de tabac, 
Laissez vos pipes. 
Variante des deux derniers vers : 

Ceux qui n'ont pas de tabac 
N'ont pas besoin de pipes. 

d) En ce temps-là 

Jésus dit à ses disciples : 

Pour deux liards 

On a une pipe, 

Et pour un sou 

On fume tout son soûl. 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 339 



149. — La leçon de catichistm 

— Qu'est-ce que Dieu ? 

— C'est un p'tit bonhomme 
Qui souffle le feu. 

— Qu'est-ce que l'iaomme ? 

— C'est un p'tit bonhomme 
Qui cueille des pommes. 

150. — Litanies des jeunes filles 

a) — Kyrie 

Que je voudrais 

— Eleison 
Avoir un homme, 

— Christe 
Me marier. 

— Sanda 

Je prie tous les saints, 

— Saint Nicolas, 
N' m'oubliez pas. 

— Saint Stanislas, 

Que mon mariage se fasse, 

— Saint Germain, 

Plutôt aujourd'hui que demain. 

h) — Sainte Marie, 

Tout le monde se marie. 



340 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

— Saint Nicolas, 
Ne m'oubliez pas, 

— Saint Merry, 

Que j'aie un bon mari, 

— Saint Michel, 
Qu'il me soit fidèle, 

— Saint Séverin, 
Qja'il n'aime pas le vin, 

— Saint Nicaise, 

Que je sois à mon aise, 

— Sainte Rose, 
Donnez-moi un carrosse, 

— Saint Boniface, 

Que mon mariage se fasse, 

— Saint Augustin, 
Que ce soit demain. 

c) Sainte Marie, 
Je vous en prie ; 
Sainte Lisabeth, 
Ej' sue toutte prête; 
Sainte Waudru, 
Ej n'ein peux plus. 

Mous. Sigart, Gloss. du patois moniois. 
151. — La jeutie fille milade 

a) — Ah ! que vous êtes pâle ! 

— Je suis malade. 



FORMULETTES SATYRIQ.UES 34I 

— Faut boire du lait. 

— C'est trop sucré. 

— Une orange. 

— C'est trop étrange. 

— Un citron. 

— Ce n'est pas bon. 

— Un petit mari. 

— Ah ! que vous me faites rirel 

Paris. 

. b) La mère à sa fille malade : Voles-tu un u ? 
La fille : Oh I nenni ! 
La mère : En voles-tu du ? 
La fille : Oh ! nenni, nenni ! 
La mère : Voles-tu un mari î 
La fille : Vous me fié toujous ri quand 
[je ne vouro. 

(Traduction: Veux-tu un œuf? — Non. — En 
veux-tu deux? — Non, non. — Veux-tu un mari ? 
— Vous me faites toujours rire quand je ne veux 
pas.) 

Meurilie-el-Moselle. Comm. par M. H. Gérard. 

152. — Ecce homo, 

Voici le morceau. 



XIII 

FORMULETTES DIVERSES 



XIII 
FORMULETTES DIVERSES 



I. — FormuUtte de la pluie 

a) Il pleut, il mouille, 

C'est la fête à la grenouille; 
Tapez des pieds, tapez des mains. 
Ces" la fête à saint Martin. 

Paris. 

b) Pleus, pleus, paradis, 
Tout le monde est à l'abri ; 
Il n'y a que mon petit frère 
Qui est sous la gouttière, 
Qui ramasse des poissons 
Pour madame Salomon. 

Crcusi. 



346 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

c) Mouille, mouille, paradis, 
Tout le monde est à l'abri ; 
Il y a que mon petit frère 
Qu'est à la gouttière ; 

II file de la laine 
Pour se faire des mitaines ; 
Il en gard'ra un p'tit morceau 
Pour se faire un p'tit manteau. 

Saintonge. Comm. par M. E. Lemarié. 

d) Gri, gri, 

Tout le monde est à l'abri; 
N'y a que mon petit frère 
Qui est à la derrière, 
Pêcher des petits poissons 
Pour sa p'tite collation. 
La derrière est défoncée. 
Mon p'tit frère a été noyé. 

Environs de Loritnt. 

e) Pleus, pleus. 
T'auras des œufs ; 
Pleus pas, pleus pas. 
T'auras des oies. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

/) Pleus, pleus, naye, naye, 
C'est le temps de la cornaye. 

Engenvillc (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard. 



FORMULETTES DIVERSES 347 



g) Pléou, pléou, pléou 

Sur la bourro dé Bourdéou, 

Noun pas sur la miou 

Que moun païré mé battrio. 

Bas-Qucrcy. Comm. par M. J. Daymard. 

2. — Formulette du vent (i) 

Stahat Mater, 
Derrière saint Pierre 
Il y a une femme 
Qui n'a qu'une dent 
Quand il fait vent. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 

3. — Formulette du chien 

Les enfants disent au chien en lui jetant des 
morceaux de pain, pour qu'il les attrape au vol : 

Bon pain, 

Bon chien, [bien). 

Requête bien (c'est-à-dire : attrape 

CôU-d'Or. Comm. par M. H. Marlot. 
(l) Les enfants la débitent lorsqu'il fait grand vent. 



RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



4. — Formulette du sifflet 

Pour faire un sifflet avec une branchette d'arbre, 
les enfants détachent l'écorce du bois en frappant 
dessus avec le manche d'un couteau. Pour que 
l'opération réussisse, ils chantent en même temps 
la formulette suivante : 

a) Sava, sava, quio de madama, 
Savassieu, quio de monsieu. 

Fore^. Gras, Dîct. du patois jortxjtn. 

V) Salve, saive, mon fleuteau 
Tôt en piau de calino ; 
Se teu saive bin, 
T'airé deu vin; 
Se teu saive mau, 
T'airc d'Iiau. 

Morvan. Chambure, Dici. au fatois du Morvan. 

c) Save ! save ! savignon 

Sur le eu de la mère Dodon; 
La mère Dodon est morte, 
Q.uand la mère Dodon fut morte. 
On n'a plus pu 
La faire saver sur le eu ! 

Suisse romande. Blavignac, VEmprô genevois. 



FORMULETTES DIVERSES 349 

d) Seve I sève! mon chotro (i); 
Ça pou lai daime di bo. 

Et quand te sairé levai, 
Je m'en v' irai lai trouvai. 

Pays de Monibéliard. Ch. Fr. Ph. Masion, 
La nouvelle Aslrée. Metz, 180;. 

e) Sabo, sabo 
Peiro plate 
Dins mon gato 
Coucou, coucou. 

Creuse. Comm. par M. F. Vincent. 

/) Chabo, chabo, chabarel, 
Te douraï de moun tourtel 
Que no fa lo Lijabel. 

(Sève, sève, sifflet, je te donnerai de mon 
tourteau, que fait Isabeau.) 

Corrè:(f. Comm. par M. G. de Lépinay. 

g) Sabo, sabo, 
Pel dé crabo, 
Sabo, sabo, 
Pel d'agnel. 

Bas-Quercy. Comm. par M. J. DaymarJ. 
(l) Choira, sifflet. 



3SO RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

h) Sabo, sabo, 
Pèt de crabo, 
Tillo, tiUo, 
Pèt de canillo. 

Armagnac. Bladé, Prov. ei Devinettes. 

t) Sabe, sabe, ma pibole, 
Tu boiras du vin de groUe 
Et du vin de grollâs 
Qui te f'ra saber la piâ. 

Deux-Sèvres. B. Souche, Formulettes, etc., 1882. 

j) Si tu ne veux pas saber, 
Mon p'tit fllubet, 
Y te i'trai sur les bâtiments, 
Les grapaoux et les vremines te mein- 

[geront. 

Deux-Sèvres. B. Souche, Formulettes, etc., 1S82. 

A) Cale, cale, 

Bois d'houzanne, 

Pr' monsieu, pr' madame 

Pr' le petit Racapet 

Qui a ch... dans son bonnet. 

Saititonge. Comra. par M. E. Lemarié. 

/) Taune, taune, 
Bois d'iiosaune. 



FORMULETTES DIVERSES 3$I 



Pour monsieur, pour madame 
Pour monsieur Dumolet 
Qui a ch... dans son bonnet. 

Deux-Sèircs. Comni. par M. L. Desaivre. 

m) Tanne, tanne, 
Bois d'houzanne. 
Pour monsieur et pour madame 
Pour les oies et pour les canes 
Et pour le p'tit Virolet 
Qui a ch... dans son bonnet. 

Deux-Sèvres. B. Souche, Fonmtleites, 1882. 

5. — Formulette du hoquet (i) 

fl) J'ai le loquet, 
Berloquet, 
Qui qui me l'a fait? 
C'est le petit Jésus; 
Je ne "ai plus. 



Loiret. 



b) J'ai rioquet, 
Bilboquet; 
Passe les rues, 
Je n'iai plus. 



Seine-et-Oise. 



(i) Il faut répéter cette formulette sept fois de suite sans re- 
prendre respiration. 



352 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

c) J'ai rioquet, 
Dieu me l'a fait; 
Quand Dieu voiidra, 
Dieu me l'ôtera. 

Brest. Comtn. par M. L. F. Sauvé- 

d) J'ai le loquet, 
Dieu l'a fait; 
Vive Jésus, 
Je n'I'ai plus. 

é) Jh'ai le loquet. 
Dieu m'I'a fait ; 
Domifius, 
Jh'l'aurai plus. 

Saint on ge. 

/) J'ai le hoquet, 
Dieu le sait ; 
Doviinus, 
Je ne l'ai plus. 

Bas-Qtiercy. Coram. par M. J. Daymard. 

6. — Formulelte de la trouvaille 

a) Qui a perdu ? 
J'ai trouvé 
La bourse à monsieur l'curé. 



FORMULETTES DIVERSES 353 



Si je l'dis trois fois, 
Ce sera pour moi. 

b) Q.Lii a perdu ? Moi j'ai trouvé 
La valeur d'un petit bouquet. 
Si je le dis trois fois, 

Ce sera pour moi. 

Fiiiislhe. Conini. par M. L. F. S.iuvc. 

c) Qui a perdu ; qui n'a pas trouvé 
La valeur d'un sou marqué ? 

Detix-Sèvrcs. B. Souche, FormuJeiles, etc., 1882. 

d) Qui a perdu, que j'ai trouvé ? 
Cent écus dans un fossé. 

Si je rdis trois fois. 
Ce sera pour moi. 

Bas-Quercy. Comm. par M. J. Dayraard. 

7, — Un enfant dit en s'appropriant un objet 
tombé à terre : 

Tout ce qui tombe dans le fossé. 
C'est pour le soldat. 

8. — Fonnidcttc du serment 

d) Boule de feu. 
Boule de fer, 

23 



354 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Si je mens, 

J'irai en enfer. 
J'en lève la main devant tous les hommes. 
J'en lève la main devant toutes les femmes. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

b) Lève la m.ain, 
Crache par terre; 
Si tu mens, 
T'iras en enfer, 

c) J'saque m'filé (i) tout noir au bon Dieu. 

(En disant ces mots, l'enfant fait un jet de 
salive.) 

Vakncieuna. Hécart, Dict. rouchi. 
5, — Le Curé de Saint-Victor 

a) Ding, dingue, don ! 
Ding, dingue, don ! 
Qui qu'est mort ? 
C'est le curé de Saint-Victor. 

Ding, dingue, don ! 
Ding, dingue, don ! 
Il a laissé des beaux écus. 
Pour habiller l'enfant Jésus. 

(i) Fi!é, jreau qui se trouve en dessous du menton. 



FORMULETTES DIVERSES 355 

Ding, dingue, don ! 

Ding, dingue, don I 

Il a laissé des beaux louis d'or, [d'or. 

Pour donner à la Vierge un manteau 

Orléans. Méin. de la Soc. d'Agriculture, etc., 
d'Orlian!, 1876, p. 88. 

h) Bali, ban ban, 

Qui c'est qu'est mort ? 
C'est le curé de Saint-Victor. 
Il a laissé cent ccus en or 
Pour habiller la Vierge en or ; 
Il a laissé cinquante écus 
Pour habiller l'enfant Jésus. 

Environs de Paris. 

10. — Formulette qui ne finit pas 

a) Ils étai-^nt quatre 

QjLii voulaient se battre. 
Quoique trois ne l' voulaient pas, 
Et le dernier n'y tenait pas. 
Ce qui n'empêchait pas 
Qu'ils étaient quatre 
Qui voulaient se battre. 

(Et on recommence ainsi indéfiniment.) 

Boulogne-sur-Mer . Comm. par M. E. Deseille. 



156 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

b) Il ataint qiiate 

Qui voulaint s' batte; 

Y en avaint deux 

Qiù n'voukint pas. 

L'troisième dit : 

« Ça me regarde guère. » 

L'quatrième : 

« Ça n'me regarde pas. » 

Et ça n'empêche pas 

Qu'il ataint quate, etc. 

Montargis. Comm. par M. L. Beauvillard. 

[I. — a) Quand trois poules s'en vont aux 
La première va par devant; [champs, 
La seconde suit la première; 
La troisième va par derrière. 

h) Quand les canes s'en vont aux champs, 
La première n'est pas la dernière, 
La dernière n'est pas la première ; 
Quand les canes s'en vont aux champs, 
La première marche par devant. 

12. — Formuldte de la semaine 

a) Lundi partit mardi, 
Passa par mercredi 



FORMULETTES DIVERSES 3)7 



Pour avenir jeudi 
De se trouver vendredi 
Aux noces de samedi 
Qui se feront dimanche. 

PoUssoiihiia (XVIII" siècle). 

h) Lundi passant par mardi 
Dit à mercredi 
De se trouver jeudi 
Avec vendredi 
Aux noces de samedi 
Qui se marie avec dimanche. 

Veudée. Comm. par M. L. Desaivre. 

13. — Mes chers auditeurs, 

La crème fait le beurre, 

Le beurre fait la soupe, 

La so :pe nourrit l'homme, 

L'homme nourrit la femme, 

La femme nourrit les enfants. 

Quand les enfants sont grands. 

Ils fichent le camp 

Par la porte des Allemands 

Et reviennent par la porte Saint Thié- 

Comme des grands nigauds. [baud 



358 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



14. — Forinnlcttc nuincitilive 

a) Une — j'ai vu la lune ; 
Deux — j'ai vu des voleux; 
Trois — j'ai été au bois ; 
Quatre — ils v'iaient m'battre ; 
Cinq — j'appelai mes voisins; 
Six — ils ne v'iaient pas venir; 
Sept — je prends ma serpette ; 
Huit — je les assassine. 
Neuf — j'ai cassé un œuf; 
Dix — je l'mangis ; [oncle. 

Onze — j'ai porté la coquille à mon 
Douze — j'ai tué une poule ; 
Treize — j'y mangeai les ailes ; 
Quatorze — j'y mangeai le corps. 
Quinze — j'ai tué une poule d'Inde; 
Seize — j'y mangeai la tète. 
Dix-sept — j'ai tué une poulette; 
Dix-huit — je la remmanchis; 
Dix-neuf — je l'ai r'mise à neuf; 
Vingt — j'ai j'té mon corps par dessus 
[les moulins. 

Rouvray-Sainl-Denis (Eure-et-Loir). Comm. 
par M. J. Poquet. 

V) Une, deux — les voleux ; 
Trois — à la corne d'un bois ; 



FORMULHTTES DIVERSES ^$9 

Quatre — ils ont voulu me battre ; 
Cinq — j'ai appelé mon voisin ; 
Si\ — il n'a pas voulu venir; 
Sept — j'ai affilé ma serpette; 
Huit — je les ai tués tout de suite. 

Laas (Lircl). Coram. par M. L. Beauvillard . 

15. — Une — la lune; — deux — les œufs; 
— trois — le roi; — quatre — le pape; — 
cinq — le prince ; — six — la cerise ; — sept — 
la muette. 

Meurlhc-el-Mose!li. Comm. par M. H. Gérard» 

16. — Un, deux, trois, 

Déculottez-moi ; 
Quatre, cinq, six, 
Levez ma chemise ; 
Sept, huit, neuf, 
Tapez sur le bœuf; 
Dix, o'ize, douze, 
Ma chemise est merdouse ; 
Treize, quatorze, quinze, 
Donnez-moi du linge; 
Seize, dix-sept, dix-huit, 
Et vite, et vite, et vite. 

Poitou. Comm. par .M. G. de Lépinay. 

17. — a) Quand j'étais petit 
Je n'étais pas grand ; 



360 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



J'allais à l'école 

Comme un bel enfant (var. : avec les 

[enfants ; autre var. : comme les 

[autres enfants.) 
Mon pain (var. : mon livre) dans ma 

[poche (var. : sous mon bras), 
Mon liard à la main (var. : deux sous 
[dans la main). 
Pour acheter des pommes. 
Pour manger mon pain. 

Environs de Paris. 

h) Quand j'étais petit, 
Je n'étais pas grand ; 
J'allais à l'école 
Comm' les petits enfants, 
Un sou dans ma poche, 
Du pain dans mon panier ; 
J'allais ach'ter des poires 
Chez Martin l'épicier, 

Paris. 

c) Quand j'étais petit, 
Je n'étais pas grand ; 
Je montais sur un banc 
Pour embrasser maman. 

Picardie. Comm. par M. H. Carnoy. 



rORMULETTES DIVERSES '6l 



d) Quand j'étais petit, je n'étais pas grand; 
Je montrais mon ... à tous les passants. 

i8. — Les papas et les mamans 

Sont des gens bien contrariants. 
Pour la moindre petite sottise, 
Vite ils relèvent la chemise : 
Mon p'tit cul, prends garde à toi. 
Car tu vas r'cevoir le fouet. 

Variante des dciix derniers vers : 

Et pan ! pan ! pan ! 

Sur le cul du p'tit enfant. 

19. — J'ai mal à la tête 

Et à l'estomac. 

Parc' que ma grand'mère 

M'a promis le fouet; 

EU' me l'a promis, 

EU' me le tiendra ; 

J'ai mal à la tête 

Et à l'estomac. 

Sfine-el-Oise. 

20. — Cul fouetté à la lunette, 

J'ai du pain dans ma pochette, 
J'ai du vin dans mon baril. 
Cul fouetté, tu en as menti. 

Haule-Saâne. 



362 RIMES ET JEUX DE l'eKFANCE 

21. — à) Turlututu, turlututu, 
Chapeau pointu. 
Ma mère a fait des crêpes ; 
Elle n'a pas voulu m'en donner; 
Elle m'a donné le fouet. 

Bri-st. Conim. par M. L. F. Sauvé. 

b) Turlututu, mon chapeau pointu 
Ma mère m'a voulu battre. 
Je lui ai tourné mon vilain cul; 
Elle m'a fait la grimace. 

Mantôche (Haute-Saône). 

22. — C'était un petit homme 

Pas plus gros qu'un rat, 
Qui battait sa femme 
A grand tour de bras, 
Il lui disait: Madame, 
Ça vous apprendra 
A manger mes pommes 
Quand je n'y suis pas. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

23. — Quand je revenais de Saint-Jacques, 

J'avais une grande barbe ; 

Je la lavais, je la peignais ; 

Je lui donnais de petits soufflets. 

Meurthe-et-Moselle. Comm. par M. H. Gérard. 



FORMULETTES DIVERSES ^6} 

24. — Frédéric, rie, rie, 

Dans sa petite boutique; 
Marchand d'allumettes 
Dans sa petite brouette, 
Parcourant les villes 
Comme un imbécille, 
Les mains dans ses poches 
Comme un Espagnol. 

Paris. 

25. — Où étais-tu, mon frère, 

Où étais-tu allé? 

— J'étais sur la rivière, 
Dans mon petit batelet. 
Je péchais des grenouilles; 
Ma mère venait les qu'ri, 
Ma sœur allait les vendre 
Pour boire sous la roûtie. 

Yonne. 

26. — Je suis monté sur une montagne; 

J'ai vu une petite bonne femme 
Qui épluchait des marrons. 
Je lui en ai demandé un ; 
Elle m'a jeté tout au nez 
En m'appelant petite effrontée : 

— Tu ferais mieux de jouer 
Que de venir mendier. 

Ptiris. 



364 RIAIES ET JEUX DE l'eXFANCE 

27. — En grillant le pochon-pochette, 

C'est ma grand'mère qu'a des na- 
[quettes ; 
C'est mon grand-père qui les a faites; 
C'est ma grand'mère qui a pissé d'ssus ; 
C'est mon grand -père qui n'en veut 

[plus. 

Yoiiie. 

28. — fl) En passant par la Bourgogne, 

J'ai rencontré un p'tit bonhomme 
Qui mangeait du pain, des pommes, 
Qui buvait du ratafia, 
Qui chantait : A ramouilla 
La cheminée du haut en bas. 

î>) C'est la cuisinière, 

Qu'a pété dans la chaudière. 

En buvant du ratafia (iw. : elle a 

A ramonicha [cassé tous les plats). 

Les cheminas 

De haut en bas. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

29. — En passant la rivière 
En bateau. 
J'ai vu la laitière 
Qui p dans un pot. 



FORMULETTES DIVERSES 36$ 

Eir m'a dit qu' c'était du lolo 
Tout chaud — sans eau. 

Eure-el-Loir. 

,0 - a) Un bâton doré - as-tu déjeuné? 
■ Oui j'ai déjeuné - j'ai mangé un 

Quatre-vingts moutons ; [bœuf, 

J'ai bu la rivière entière, 
J'ai encore grand soif. 

Eure-et-Loir. 

h) Monsieur Baraban, 
Qui n'a qu'une dent; 
S'il en avait deux, 
Il mang'rait bien mieux. 
Il a mangé un œuf, 
La tête d'un bœuf, 

Six setiers de vin, 

Six livres de pain -, 

Encore il disait : J'ai grand faiml 

Sa femme lui dit : 

Gros goulu, gros goulu, gros goulu, 

Tu n'en auras plus. 

^euchâiel (Suisse). A. Godet, Us chansons de 
nos granà'mères, 1879. Neuchit.l, p. 14. 

c) Monsieur saint Laurent, 
Sa canne d'argent. 



566 RIMES ET JEUX DE l'eXFAMCE 

Son bâton doré, 
A-t-il déjeuné î 
— J'ai mangé un œuf, 
La tête d'un bœuf, 
Quatre-vingts moutons, 
Autant de chapons; 
J'ai bu la rivière, 
J'ai mangé un pain ; 
J'ai encore faim. 

Niorl. Comm. par M. G. de Lépiuay. 

31. — J'ai passé par la cuisine 

De monsieur Porte-farine ; 

J'ai entendu griller 

Six douzaines de petits poulets. 

J'ai demandé pour qui c'était ; 

On m'a répondu que c'était pour mon 

J'ai demandé à les goûter ; [père. 

Je les ai trouvés trop salés. 

Je les ai trouvés trop poivrés. 

C'est la faute du cuisinier 

Qjai les a mal soignés. 

Je lui jetterai la pcêle au nez, 

La poêle au nez. 

Boulogtie-sur-XUr . Ccmm. par M. E. Deseille. 

32. — Mi mi mi au bœuf; 

Madame au coin de son feu, 



FORMULETTES DIVERSES 367 

Qui fait cuire des œufs 
Dans sa petite marmite, 
Chagrippe, chagrippe. 

Auxois. Comni. par M. H. Mailot. 

33. — Jean, Jean, Jean, 

Qiie ta femme est belle! 

Oui, oui, oui, 

Elle est demoiselle. 

Il n'y manque qu'un collier blanc 

Pour être la femme à Jean. 

Engeuville (Loirit). Comm. par M. L. Beauvillard. 

34. — a) A, B, C, D, 

Ma grand'mère est enterrée 
Dans l'jardin de m'sieur l'curé. 
Mon p'tit chien (chat) a pissé d'ssus; 
Ma grand mère est revenue [cul). 

Toute /lUe (yar. : avec une savate au 

Environs Je Paris. 

b) A, B, C, D, 

Ma grand'mère est enterrée 
Dans le coin de la cheminée. 
Quand la cheminée tombera, 
Ma grand'mère se relèvera. 

Environs de Lorienl. 



368 RIMES ET JEUX DE l'eXFANCE 

c) A, B, C, D, 

La vache au blé, 

Si elle n'avait pas tant couru, 

Elle ne se serait pas cassé le cul. 

Sciiie-et-Oise. 

d) Ma grand'mère est morte ; 
Je l'ai enterrée 

A la porte de monsieur le curé; 
Quatre petits chiens ont fait pipi sur 

[elle. 

Paris. 

e) Marguerite est morte 
Dans sa p'tite capote, 

Son p'tit chien a pissé dessus ; 
Marguerite est revenue. 

Yonne. 

35. — a) Silence, silence, 

La queue du chat qui danse. 
Quand le chat aura dansé, 
Le silence sera-t-apaisé. 

b) Silence — notre chien danse. 

Cole-d'Or. 

c) SileDce — la poule danse, 

Le coq chante — sur une planche. 



FORMULETTES DIVERSES 369 

36. — C'est la mère Angot, 

Pisse, ma fille (pis), 
C'est la mère Angot, 
Pisse, ma fille, dans ton sabot. 
La mère Angot a tant pissé 
Qiie son sabot est défoncé. 

Seine-el-Oiie. 

37. — Arlequin fit sa boutique 

Sur les marches du palais. 

Il enseigne la musique 

A tous ces petits valets, 

A monsieur Po, à monsieur li, 

A monsieur chi, à monsieur nelle, 

A monsieur Polichinelle (i). 

38. — a) Petit arlequin, voulez-vous danser (Jà)? 
Un petit pdté je vous donnerai (bis). 
— Je ne sais pas la cadence. 
Je ne sais pas comme l'on danse, 
Je ne sais pas danser. 

On répète ce couplet en offrant chaque fois 
une chose nouvelle; l'offre la plus agréable est 
enfin saluée par ces mots : 



(i) Cette formulette, souvent chantée dans les Guignols de la 
capitale, est connue de tous les enfants. 

24 



370 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



Je sais bien la cadence, 

Je sais bien comme on danse, 

Je sais bien danser. 

Paris. 



h) Ronde. Père capucin, voulez-vous danser? (bisy 
De belles sandales je vous donnerai (pis), 
— Je ne sais point danser, 
Je ne sais point comme on danse, 
Je n'entends point la cadence. 
Je ne sais point danser. 

Refrain en chœur : 

Drôle de capucin, 
Hein ! hein 1 
Drôle de capucin. 

Père capucin, voulez-vous danser? (pis') 
Une belle robe je vous donnerai (bis). 
Etc., etc. 

Dans les couplets suivants, dont on peut aug- 
menter le nombre presque à l'infini, on propose 
au capucin 7111 beau chapelet, une belle besace, un 
Veau bâton, un beau bonnet, un beau cordon, un beau 
rosaire, etc. Le capucin répond toujours de la 
même façon sur un ton nasillard, jusqu'à ce 



FORMULETTES DIVERSES 371 



qu'enfin il soit entraîné dans le mouvement gé- 
néral de la ronde. „ . , 

Poésits pop. de la France. Mss. de la 
Bibl. nat., t. IV, feuillet 405. 

j^. — a) Pipette, Jeannette, 
Ma jambe de bois, 
Ta mère t'appelle. 
Tu ne lui réponds pas, 
Tu trempes la soupe. 
Tu manges les choux, 
Tu trais la vache, 
Tu bois le lait doux. 

Environs de Lorient. 

h) Annette, criquette. 
Grande gique de bois, 
Ta mère t'appelle 
Au bas des champs; 
Tu ne lu. réponds pas. 
Tu dresses la soupe. 
Tu manges les choux, 
Tu tires la vache ; 
Et tu bois le lait doux. 

Saône-ei-Loire. 

c) Perrette, Jeannette 
Aux jambes de bois, 



372 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Ta mère t'appelle, 
Tu ne réponds pas; 
Elle trait la vache 
Qui mange des choux, 
Elle trait la vache 
Et boit du lait doux. 

Brest. Comm. pir M. L. F. Sauvé. 

d) Jeannette, Friquette, 
Jambe de bois, 
Ta mère t'appelle; 
Tu ne lui réponds pas. 
Tu ajoutes (trais) la vache, 
Tu bois le lait doux, 
Tu trempes ta soupe. 
Tu manges les choux. 

Creuse. 

40. — a) C'est demain dimanche, 
La fête à ma tante. 
Qui balaye ses planches, 
Qui trouve une orange, 
Qui la pluche, qui la mange 
Sans en donner à ses petits anges 
{var. : à ses petits enfants). 
Oh ! la grosse gourmande ! 

li) C'est demain dimanche, 
L-a fête à ma tante. 



FORMULETTES DIVERSES 375 

Elle a balaye sa chambre 
Avec sa robe blanche, 
Elle a trouvé une orange, 
Elle ne m'en a pas donné (var. : elle 
[la mange). 
Oh ! la vieille gourmande ! 

r) Demain c'est dimanche, 
La fête à ma tante, 
Qui balaye ses planches 
Avec sa robe blanche, 
Elle a trouvé une orange, 
Elle la pelure, elle la mange, 
Elle va dans sa chambre. 
Elle se casse la langue, 
Elle va dans son grenier, 
Elle se casse le bout du nez. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 

d) C'est demain samedi, 
La fête à mon mari. 
Qui balaye son écurie 
Avec une botte de radis. 

é) C'est demain dimanche, 
La fête à ma tante, 
Qui balaie ses planches 
Pour V mettre ses petits anges. 



374 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

Qui balaie son coin du feu 

Pour y mettre son petit bon Dieu. 

Roffey (Yotttie). Comrn. par M. J. Poquet. 

/) C'est demain dimanche, 

Le bon Dieu dans ma manche; 

Cinq sous dans la tienne, 

La mienne vaut mieux que la tienne. 

Paiiou. 

41. — J'ai rencontré Charlotte 

Bigote, 
Dans son chemin torlu 
Bigotu. 

EiigeinUle (Loiret). Coram. par M. J. Poquet. 

42. — A la ribandelle, 

Chez ma tante Adèle, 

Qui me donn' des groseilles 

Et un bout de chandelle (i). 

Bouilly (Loiret). Comm. par M. J. Poquet. 



(1) Cette forrr.ulette est chantée, au sortir de l'école, par les 
jeunes écoliàres qui se tiennent toutes par la main. 

Variante des Jeux derniers vers, usitée à Gien (Loiret) : 
A la ribandon, 
Chez monsieur Cornichon. 
(Le mot ribambelle pourrait bien être une corruption de riban- 
delle.) 



FORMULETTES DIVERSES 375 

43. — L'ange Gabriel 

Descend du ciel 
Au bout d'une ficelle; 
La ficelle a cassé, 
L'ange Gabriel est tombé. 

Laas (Loirci). Coram. par M. L. Beauvillard . 

44. — Avertis, avertis — vive la liberté, 

C'est bien la vérité, 
Ceux qui seront pris 
Ne seront pas manques. 

Creuse. 

45. — a) — Catherine, dors-tu? 

— Non, c'est mes enfants qui me ré- 

— Combien n'as-tu? [veillent. 

— J'en ai cinquante et un. 

— Veux-tu m'en donner un? 

— Je t'en avais donné un l'aut' jour, 
Que qu't'en as fait? 

— Je l'ai mis dans la balance, 
Il est parti en France ; 

Je l'ai mis dans son lit. 
Il est parti en paradis. 

Boulonnais. Comm. p.ir M. E. Deseille. 

V) — Sainte Catherine, sainte Catherine, 
Dormez-vous? [lent. 

— Je dors quand mes enfants se réveil- 



376 RIMES ET JEUX DE l'eN'FAXCE 

— Avez-vous une poule à me donner? 

— Je vous ai donné une hier, 
Qu'avez- vous fait d'elle? 

— Je l'ai mise au coin du puits, 

Le loup l'a craquée. [elle. 

— Fallait courir, fallait courir après 

— J'ai tant couru, j'ai tant couru. 
Que j'ai cassé ma jambe. 

— Fallait aller chez le cordonnier. 

— L'corûonnier n'sait faire que des 

[souliers. 

— Fallait aller chez l'bon Dieu. 

— L'bon Dieu m'I'a arrangée. 

Environs de Lorietit. 

46. — C'est le fils à Jérôme 

Et la fille à Jean 

Vraiment, 

Sont des amis tendres, 

On n'en voit pas tant 

Vraiment. 

Paris. 

47. — Nicolas Virlomme, 

Sa culott', ses bottes, 

S'en va dans la rue 

Faire cinq jours de ribotte. 

Engeuville (Loirtt). Comra. par M. L. Beaiu-illard. 



I-ORMULETTHS DIVERSES 377 



48. — Ton bon temps — ma bonne vieille, , 

Ton bon temps — s'en va. 

Et le mien — nu bonne vieille, 

Et le mien viendra. 

Le Charme (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard. 

49. — Dinche, min fiu, dinche, 

T'as del cache à tes jius, 
Del morue à t'manche 
Et du brin à tin cul. 

Boulogne-siir-Mcr. Comm. par M. E. Deseille. 

50. — Tra la la, la bouteille, 

J'tiens min cat par l'oreille 
Et min tien par la queue 
J'Ies fais danser tous les deux. 

Bouloone-sur-Mcr . Comm. par M. E. Deseille. 

51. — Eh! rou piou, piou, 

P'tit bonhomm', p'tit bonhomm', 
Eh! rou piou, piou, 
P'tit bonhomm' d'un sou. 

Le Charme (Lciret). Comm. par M. L. Beauvillard. 

52. — Qiioi du beurre aux minimes ! 

Cela est défendu ; 

Ce serait faire un crime 

Noir comme du lait battu. 



378 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

Flin, flan, flon, 
Mariez-vous donc, 
Mariez-vous, belles; 
Flin, flan, flon 
Mariez-vous donc (i). 

Boulogne-sur-Mer. Comm. par M. E. Deseille. 

53. — . Trou du c pour la mère Camus, 

Elle est morte, elle est morte ; 

Trou du c. pour la mère Camus, 

Elle est morte, elle ne pétera plus. 

Elle a laissé pour héritage 

Du pain, du lard et du fromage, 

Et du sel dans ses sabots 

Pour manger des haricots. 

Rouen. Comm. par M. E. Deseille. 

54. — Ma chanson est dite. 

Ma langue en est quitte. 
Mon sabot est de bois. 
Ma langue n'en est pas. 
Ma soupe est mangée, 
La tienne est restée. 
Mon plat est lavé. 
Le tien est cassé. 

Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard. 
{1) Cette formulette peut servir pour danser des rondes. 



FORMULETTES DIVERSES ^7<) 



55. — Je sais bien un nid de lièvre, 

Où le lièvre y est et n'y est pas. 

Le matin quand il se lève, 

Il emporte son lit et ses draps. 

Loiret. Comm. par M. L. BeauviUard. 

56. — C'est demain la Saint-Martin (var. : la 

Mon cousin. [Saint-Crépin) 

Les cordonniers se frisent, 

Ma cousine. 
Pour aller voir catin {var. : niamselle 
Mon cousin, [Catin) 

Qui a ch... dans sa chemise, 

Ma cousine. 
Qui a ch... dans sa chemise. 

57. — • Bonjour, ma cousine. 

Bonjour, mon cousin, 
Vous portez-vous bien? 
J'aime la galette, 
Savez-vous comment? 
Quand elle est bien faite 
Et qu'il y a du beurre dedans. 

Boiilognc-sur-Mer. Comm. par M. E. Deseille. 

58. — Marie-Jeanne à locques 

S'en va-t-à la danse, 



380 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

Monsieur Deloq'tier 
L'invite à danser. 
Dansez, dansez, 
Marie-Jeanne à loques. 
Dansez, dansez, 
Monsieur Deloq'tier. 

Bculoiinais. Comm. par M. E. Deseille. 

59. — Jeannette — qui pette, 
Comme une trompette. 
Son cul répond 
Comme un chaudron. 

HauU-Saône. 

60. — fl) Dans une église où j'ai été. 
Une vieille femme y a pété; 
Je lui ai dit : vieille péteuse, 
N'ètes-vous donc pas honteuse, 
De péter devant mon doux Jésus, 
Je vous ferai coudre le eu. 
— Pardonnez à la vieillesse (i) 
Q.ui n'peut plus serrer les fesses, 

(i) Dans le département de l'Yonne, la formulette se termine 
ainsi : 

Devant Jésus, si j'ai pété, 

De tout mon cœur j'en suis fâchée; 

Il faut excuser la vieillesse, 

Je ne peux plus serrer les fesses; 

Excusez-moi, mon doux Jésus, 

Excusez-moi, je n' péterai plus. 



FORMULETTES DIVERSES ?8l 

Pardonnez-moi, mon doux Jésus, 
Ne me faites pas coudre le eu. 

Piiys messin. 

b) — Y a pôta devant Jésus 
Y en aira le cul cousu. 

— Oh ! mé mère ne le cousâ pas, 
N'fates ran que de le faufila. 

Francht-Comté. Firniin Maillard, Quand 
j' étuis petit. 

c) — J'ai pâté devant Jésus. 

— T'y en erai le cul coudu. 

— Non, maman, ne me le couda pas. 
Ne fates ran que le faufila. 

Mantôche (Haute-Saône). 

6i. — Pomme dironde — marquée, dorée, 
Prenez la lune — faites-la tourner, 
Tout au l'entour — du Marteroy, 
Trottez cadet. 

Laas (Loint). Comm. par M. L. Beauvilkrd. 

62. — à) Pain d'épice — ma nourrice, 

Carcaillos — tournez-moi le dos (i). 

l^crntanùie. 



(i) Cette fovraulette, ainsi que les suivantes, se chantent dans 
des jeux enfantins très-variés; on s'en sert aussi pour danser des 
rondes. 



382 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 



h) Pain d'épice — organice, 
Permission — tire le canon. 

Meurthe-et-Moselle. Comm. par M. H. Gérard. 

c) Pain bénit — vert de gris, 
Permission — tire le canon. 

Morbihan. 

d) Marchand d'argalisse — ma nourrice. 
En mettant le pain au four 

Vive Tamour. 

Deux-Sèvres. Comm. par M. L. Desaivre. 

e) Marchand d'argalisse — ma nourrice, 
Pistolet — tire li boudet. 

Dciix-Si'vres. Comm. par M. L. Desaivre, 

/) Pain d'cpice — à la mère Maurice, 
Mon entant — est en nourrice 
A la patte — d'une écrevisse. 
On l'y porte — un pain mollet 
Sans compter — qu'il a tout mangé. 
Piste, piste, pistolet (i). 



(i) Variante des deux deniiets vers : 

Ma grand'mère — passez par là 
Tournez le bras — nous y voilà. 



FORMULETTES DIVERSES 383 

g) Pain d'épice — à la gargarisse, 
Mon enfant — est en nourrice 
A la queue — d'une ccrevisse; 
Pain au riz — pain au lait 
Tire mon pistolet. 

Loire I ; Eure-tt-Loir . Comm. par M. J. Poquet. 

/;) Pain d'épice — gargarisse, 
Mon compère — ma commère, 
Saint Simon — tournez la maison. 

Eure-et-Loir. 

63. — En allant au bois 

J'ai perdu mon soulier 
Mon sabot — tourne larigot. 

Itle-el-Vilainc. Comm. par M. A. Orain. 

64. — à) Mon papa est cordonnier 
Ma maman est demoiselle, 
Ma petite sœur — tait de la dentelle, 
Tire la ficelle. 

Saône-ei-Loire. 

b) A la tresse — carmitresse. 
Au roi des rois — tourne-toi. 
Mon père était cordonnier 



384 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

Ma mère était demoiselle, 
Tire la ficelle (i). 

HauU-Saone. 

c) Quand mon père était savetier 
Il faisait des souliers 
Pour les demoiselles de Paris 
Tirelibouli (2). 

Meurlhe-ei-MoselIe. Coram. par M. H. Gérard. 

65. — a) Les raisins sont bon marché 
duatre-vingt pour un deiiier, 
Celle-ci, celle-là 
Mademoiselle, tournez-vous par là. 

Creuse. 

b) Bottes d'oignon à bon marché 
Cinq ou six pour un denier, 
Je les vends ci, je les vends ça 
Mademoiselle, tournez-vous par là. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquet. 



(1) Tout en récitant cette formulette, on fait passer de droite 
à gauche et de gauche à droite, et en croisant les bras, un enfant 
dont on tient les deux mai. s. 

(2) Cette formulette est chantée par deux enfants qui se tien- 
nent par les deux mains, les bras entrelacés. En disant tinlibouli, 
ils font volte-face. 



FORMULETTES DIVERSES 385 

c) Bottes d'oignon à bon marché 
Cinq ou six pour un denier, 
Caderi, cadera 
Ma grand'mère tournez-vous là. 

Loiret. Corani. par M. L. Beauvillard. 

66. — a) J'ai des poules à vendre. 

— Comment sont-elles tes poules ? 

— Elles sont vertes et rouges. 
Un peu blanches par dessous. 
Tournez-vous, mamzell' Chouchou. 

Eure. 

h) J'ai des poules (var. : des pommes) à 

[vendre. 

Des noires (var. : des rouges) et des 

[blanches, 

A quatre sous, à cinq sous (var. : 

[quatre, quatre pour un sou) 

Mad'moiselle, retournez-vous. 

c) J'ai des pommes à vendre. 
Des rouges et des blanches, 
Et des vertes par dessus. 
Mademoiselle, tournez votre fichu. 

Yonne; Loiret; Eiire-ct-Loir. Comra. par 
M. J. Poquet. 

2S 



386 RIMES ET JEUX DE l'eNFANCE 

d) Des fourchett's à vendre 
Mon gendre ; 

Quelle couleur sont-ils — mon ami, 
Elles sont rouges et blanches 
Tourne ton petit bonnet blanc. 

Seiiie-el-Oisi. 

e) J'ai des cuillers à vendre 
Mon gendre. 

De queir couleur elles sont 
Mon ami. 

Elles sont noires — tourne-toi 
Mon p'tit bonnet noir. 

Loiret. Comm. par M. J. Poquct. 

67. — Las carbetos (i), las carbetos 

Sou sul fioc 
Rebiro te, Margot. 

Casirts. Couzinié, Dict. patois-français. 
Castres, 1847. 

68. — Ridondaine — passez par la plaine, 

Les souris — passez par ici. 

Morbihan. 



(i) Carheto, chevrette, ustensile que l'on suspend à la cré- 
maillère pour soutenir les pots, etc. — Cette forraulette est ré- 
citée par des enfants qui se tiennent par les mains, puis se 
retournent brusquement. 



lORMULETTES DIVERSES 387 

69. — d) Le petit Jésus s'en va-t-à l'école, 

En portant sa croix sur son épaule; 
Quand il savait sa leçon, 
On lui donnait du bonbon, 
Une pomme douce 
Pour mettre à sa bouche, 
Un bouquet de fleurs 
Pour mettre à son cœur. 
C'est pour toi (var. : c'est pour vous, 
[autre var. : c'est pour lui), 
C'est pour moi 
Que Jésus est mort — en croix . 



b) Le petit Jésus 
S'en va à l'école. 
En portant sa croix 
Dessur ses épaules. 
Quand il savait ses leçons 
On lui donnait des bonbons, 
Une pomme douce 
Pour mettre à sa bouche. 
Un bouquet de fleurs 
Pour mettre à son cœur. 
O mon doux Jésus 
Que vous êtes aimable, 
De venir me voir 
Dans mon lit malade ; 



388 RIMES ET JEUX UE L'eNFANCE 

J'ai des petits doigts 
Pour enfiler de la soie, 
Pour fair' des p'tits jupons, 
Pour Jésus mon p'tit mignon, 
J'ai du pain, j'ai du vin, 
De la saucisse et du boudin. 

Loiret. Coram. par M. J. Poquet. 

70. — a) Coucouricou {var. : cocorico ou cou- 

[coulicou). 
J'ai mal au cou (var. : au dous ou 
Q.u' est-ce qui l'a fait ? [dans le dos). 

— La fille du roué (var. : c'est la 

[souris). 

— Où est-elle ? — Dans sa chapelle 

\yar. : dans sa chambrette). 

— Qu'est-ce qu'elle fait ? 
De la dentelle. 

— Pour qui est-elle ? 

Pour ces demoiselles (var. : pour les 
[dames de Paris). 

— Combien la vend-t-elle? 
Six sous, six blancs (i). 



(i) On ajoute quelquefois: — Pour qui? — Pour Jésus- 
Clirist. 

Dans le Loiret, on ajoute facétieusement : Mard' de chien, plein 

tes dents. 



FORMULETTES DIVERSES 389 



h) Il est midi — qui est-ce qui l'a dit î 

— La petite souris. — Où est-elle? 

— Elle est sous le lit. 

— Q.u'y fait-elle? 

— De la dentelle. — Pour oui ? 

— Pour ces demoiselles, 

— Pour laquelle ? 

— Pour la plus belle. 

Hauie-Saâne. 

c) — Quelle heure est-il ? — Midi. 

— Qui l'a dit ? — La fourmi. 

— Où est-elle ? — Dans sa chapelle. 

— Que fait-elle ? — De la dentelle. 

— Pour qui ? — Pour Marie. 

— Prêtez-moi vos souliers gris 

— Pour aller en paradis. 

— Au petit feu, au grand feu, 
Éclairez-nous, mon Dieu. 

Creuse. 

d) Bonjour, ma tante, 
J'ai un petit chien blanc 
Qui a la queue blanche. 
J'ai passé par la rivière, 
J'ai bu du vin blanc. 

— Quelle heure est-il? — Il est midi. 
Qui est-ce qui l'a dit ? 

— C'est la souris. 



390 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

— Où est-elle ? — Dans la chapelle, 

— Que fait-elle ? — De la dentelle, 

— Pour qui ? — Pour Marie. 
Belle dame de Paris 
Prête-moi tes souliers gris 
Pour aller en paradis. 

En paradis il fait si beau 
Qu'on y voit des petits oiseaux 
Qui ramassent de la dentelle 
Pour offrir à Jésus-Christ. 
Au petit feu, au grand feu 
Pour éclairer le bon Dieu. 

Boiilogtie-sur-Mcr . Comm. par M. E. Deseille. 



è) Dindon, 

Sonne à Marons. 

— Qui l'a dit ? 

— La petite souris. 

— Où est-elle ? 

— Dans sa chapelle. 

— Que fait-elle ? 

— Des chandelles, 

Pour éclairer son grand-père 
Qui est foiroux 
Jusqu'aux deux oreilles. 

Poitou. Coram. par M. L. Desaivre. 



FORMULETTES DIVERSES ?9I 

71. — Voulc2-vous savoir, Mesdames, 

La beauté du paradis ? 

Les miracles sont faits en sucre. 

Les petits enfants les sucent. 

A la rue Saint-André, 

due de monde, que de monde, 

A la rue Saint-André, 

Que de monde et de dragées. 

Morbihan. 

72. — Bonjour, père François. 

— Bonjour, sœur Jacqueline. 

— Je suis venue me confesser. 

— Eh bien, dites vos péchés. 

— Je suis allée à la cohue (halle) ; 
J'ai acheté une queue de morue. 
Je l'ai mise sur la table ; 

Le chat l'a emportée. 

Alors /ai dit trois fois : [de chat ! 

Diable de chat ; diable de chat ; diable 

— Pour ce péché-là, 
Il faut aller à Rome... 

— A Rome, père François? 

■ — A Rome, sœur Jacqueline, 

Ou bien vous m'embrasserez trois fois. 

— Nenni, petit père François, 

— Si fait, sœur Jacqueline. 

— Puisqu'il faut, il fout. 



392 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 



Puisqu'il faut, il faut, 
Puisqu'il faut, il faut... (i) 

Fitiislcre et Morbihan. 

73. — Je sais un nid — dit Denis. 

du'os qui u'é da ? — dit Diauda, 

Eun û (atif) — dit Métu, 

yio panrai — dit Nicole, 

Ah ! si t'io prends 

T'éré in boi cô de mé bayounette. 

Metirlhe-et-Moselh. Comm. par M. H. Gérard. 

74. — Pelle grise, ■ — pelle blanche. 

Pelle avec son petit manche, 
Pelle en haut — pelle en bas, 
Pelle qui n'en a pas. 

Boulonnais. Cornm. par M. E. Deseille. 

75. — Dziral lo gôgô ch'eï arma 

Per ana battre loous limas 
Loous limas n'oount mai pougu 
Dziral lo gôgô ch'eï rendu. 

(Giraud le Boudin s'est armé pour aller battre 



(i) Deux coins de mouchoir arrangés en oreilles de cochon 
représentent les deux personnages que l'on fait mouvoir comme 
des marionnettes. 



FORMULETTES DIVERSES 395 

les escargots, les escargots ont été les plus forts, 
Giraud le Boudin s'est rendu.) 

Corrè\e. Comm. par M. G. de Lépinay. 

76. — Mademeïjèlo — péto grooujeillo, 

Moucha Delbas — vendro tantôt, 
Chi vous embracho — fajé li placho, 
Chi vous dit ré — foutè li un choufBet. 

(Mademoiselle Péte-Groseille, Monsieur Delbas 
viendra cette après-midi ; s'il vous embrasse, 
faites-lui place ; s'il ne vous dit rien, f.....-lui un 
soufflet.) 

CorrÎTf. Comm. par M. G. de Lépinay. 

77. — La fenno de Blaji 

No tua uno poulo, 
L'o bouta dins l'oulo. 
Lo firo l'eïnado 
L'o touto mindzado ; 
Lo fiUo lo boundo 
N'en fajio lo roundo ; 
Lo fillo cadelto 
N'o mindza lo tèchto 
Et Blagi lou couqui 
N'a léca lou toupi (i) 

(i) Cette fonr.ulette se chante sur l'air : Vi queani Iaxis. 



394 RIMES ET JEUX DE L ENFANCE 

(La femme de Biaise a tué une poule, l'a mise 
dans la marmite ; la fille l'aînée l'a toute mangée ; 
la fille seconde en faisait le tour ; la fille cadette 
a mangé la tête; Biaise, le coquin, a léché le 
pot.) 

Corrè^e. Comni. par M. G. de Lépiiiay. 

78. — AUuema, fé — que madame vét, 

Bul, toupi — que madamo eïs ati. 

(Allume, feu — que madame vient — bous, 
marmite — que madame est là.) 

Corn':ic. Comm. par M. G. de Lèpinay. 

79. — Ami, ce sont les chats, les rats 

Qui se font toujours la guerre ; 
Ami, ce sont les chats 
Qui font la guerre aux rats. 

80. — T'as bu de l'anisette, 

T'es soûl comme un' bête ; 

T'as bu du noyau, 

T'es soûl comme un viau. 

Boulogm-sur-Mei'. Comm. par M. E. Deseille. 

81. — Gra' mère du Bouquet — tournez vot' 

Pour avoir à déjeûner. [cul 

Boulogne-sur-Mer. Comm. par M. E. Deseille, 



FORMULETTES DIVERSES 



395 



82. — La soupe à l'oignon, 

C'est pour les garçons; 
La soupe à l'oseille, 
C'est pour les deaioiscUes. 

Loiret. 

83 . — Del kanel 

Po le bâcel, 
De stron d'chet 
Po le valet. 

(De la canelle — pour les demoiselles, 
crotte de chat — pour les garçons.) 

Liège. Foriz, Dict. liégeois. 



N - I - NI 

c'est fini 






^.'r 



ERRATA 



P. 17, 1^'' et 3° vers, au lieu de: bell' main, liseï: 
belle main. 

P. 61, i" ligne, supprime^: g). Ce couplet fait suite 
au précédent. 



m 



#ï^^@fe|è;^^#èi^^4 



TABLE DES MATIÈRES 



Avant-propos ' 

I. — Berceuses i 

II. — Jeux et Formulettes pour amuser les tout petits 

enfants '5 

III. — Prières enfantines 49 

IV. — Rondes S) 

V. — Chansonnettes 'OJ 

VI. — Randonnées "3 

VII. — Jeux et Formulettes de jeux 127 

VIII. — Gages et Pénitences de jeux i79 

IX. — Devinettes '93 

X. — Thé.ître enfantin c 217 

XI. — Formulettes d'élimination au jeu -29 

Xll. — Formulettes satyriques et facétieuses 2)5 

XIII. — Formulettes diverses 343 



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