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Full text of "Les meubles du XVIIIe siècle"




i 









THE 

PENNSYLVANIA 

MUSEUM OF ART 

LIBRARY 

PHILADELPHIA 

Call Number 
NK 2548 .06 

PURCHASED 



LES MEUBLES DU XVIII e SIÈCLE 



OUVRAGE IMPRIMÉ 

PAR LES SOINS DE 
ALBERT MORANCÉ 

ÉDITEUR A PARIS 
3o-32, RUE DE FLEURUS 




1780 

LIBRAIRIE CENTRALE 
d'art et d'architecture 
ancienne maison morel 
FONDÉE EN 1780 



TOUS DROITS RÉSERVÉS. COPYRIGHT BY ALBERT MORANCÉ, 1Q22. 



ARCHIVES 

de l'Amateur et du Professionnel 



LES 



JWeubles du 



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oiècl 



par Henri CLOUZOT 



Conservateur du Musée Galliéra 



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ETUDE TECHNIQUE DES MEUBLES 
DU XVIIF ^SIÈCLE — ÉTUDE GRAPHIQUE 
DES ÉLÉMENTS ET DE L'EXÉCUTION 
RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES DU TEMPS 



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AVANT-PROPOS 

L'amour des choses du passé n'échappe pas aux fluc- 
tuations de la mode, comme le voudrait une saine logique. A 
l'aurore de la collection, vers 1825, on s'est engoué du 
mobilier gothique; quinze ans plus tard, on n'a plus voulu 
que du Henri II, jusqu'à ce que la passion de l'impératrice 
Eugénie pour Marie- Antoinette ait lancé les amateurs vers 
les élégances du XVIII e siècle. 

Sous la Troisième République, ou l'éclectisme le plus 
large donne droit de cité aux meubles anciens de tous les styles, 
y compris l'Empire et le Directoire, c'est toujours les chefs- 
d'œuvre des époques Louis XV et Louis XVI qui sont 
l'objet des recherches les plus passionnées. Et c'est justice. 

« L'ouvrier, dit Michelet (1), naît au XVIII e siècle, et 
la machine au XIX e . Notable différence. Les œuvres indus- 
trielles, l'ameublement surtout, les arts de décoration intérieure 
portent alors l'empreinte vive de la main de l'homme, souvent 
exquise et délicate, parfois quelque peu indécise, avec certains 
légers défauts qui ne sont pas sans grâce, indiquant que la 
vie a passé là, l'émotion, et que l'œuvre en palpite encore. » 

Faut-il croire, cependant, qu'en dépit de tant de ventes 
retentissantes et d' expositions suggestives, la totalité des gens 
de goût, qui aiment ou désirent aimer les meubles du 
XVIII e siècle, en connaissent les formes et le décor de façon 
simplement à ne pas commettre d' anachronismes ? Il n'en 
est rien, inutile de le dire. Les amateurs ne sont pas tous des 

(1) Michelet, Histoire de France, t. 18, p. 367. 



V — 



AVANT-PROPOS 

érudits, ni des habitués des salles de ventes et des expositions, 
pas plus qu'ils n'achètent tous les coûteux albums ou la 
librairie, depuis un quart de siècle, reproduit les chefs-d'œuvre 
des musées et des grandes galeries. 

A côté des princes de la collection, il y a la foule des 
amoureux timides du XVIII e siècle qui ne demandent qu'à 
s'instruire. Ne méritent-ils pas qu'on les guide et qu'on leur 
permette de distinguer l'ivraie du bon grain dans la moisson 
de meubles anciens que des milliers d' antiquaires déversent 
sur Paris comme sur la Province ? 

C'est pour eux que nous écrivons, tout autant que pour 
les amateurs di primo cartello. A tous nous voulons fournir 
un manuel précis et commode, une sorte de guide pratique 
résumant toutes les matières indispensables à l'achat ou sim- 
plement à la connaissance de V ameublement du XV III e siècle. 
Nos renseignements sont puisés autant que possible aux 
ouvrages de l'époque et complétés par des fac-similé de gravures 
également de l'époque. Un guide n'étant pas uniquement 
un livre d'art, de luxueuses reproductions de pièces de musée 
ne sauraient remplacer, pour l'enseignement des commençants, 
des figures multipliées et réduites au trait, ni, pour les connais- 
seurs, des fac-similé datés par la signature du dessinateur 
et pouvant servir, à leur tour, de critérium pour préciser 
l'époque d'un meuble ancien. 

Nous n'avons pas craint, en faisant bon marché de 
toute prétention littéraire, d'entrer dans des détails précis et 
techniques sur la charpente des meubles, et nous sommes 
allés de ce côté jusqu'à donner les dimensions conseillées par 
les traités du temps. Ces chiffres paraîtront peut-être superflus. 



vi — 



AVANT-PROPOS 

On préférera, cependant, nous l'espérons, les voir prendre dans 
notre texte la place de généralités admiratives que l'on trouve 
partout et qu'il nous a semblé inutile de rééditer sous une nou- 
velle forme. L' ameublement du XVIII e siècle est une merveille. 
Nous en sommes tous d'accord. Au lieu de surenchérir sur les 
éloges qu'en ont fait nos devanciers, tâchons de le faire mieux 
connaître. 

Pour des raisons de même ordre, nous avons exposé les 
méthodes de peinture, de dorure, de vernissage employées à 
l'époque, et nous avons donné des indications sur la manière 
de garnir les meubles d'étoffe ou de tapisserie. Ces détails ne 
sont pas indispensables pour acheter un meuble, mais si l'on 
sait par quels procédés, à l'aide de quels matériaux, on exé- 
cutait ces différents ouvrages, on pourra mieux reconnaître 
si la pièce a conservé sa parure de l'époque, ou si elle se 
Présente revêtue d'une peinture ou d'une garniture modernes. 

On s'étonnera peut-être des nombreux emprunts que 
nous avons faits à Roubo. Nous avons suivi pas à pas le 
maître menuisier, estimant qu'on ne saurait mieux s'adresser, 
pour étudier les meubles du XVIII e siècle, qu'à un des pro- 
fessionnels qui les fabriquaient si bien. Il s'est trouvé, par 
surcroît, que ce contemporain de Diderot maniait aussi bien 
la plume que le rabot. Nous aurions eu mauvaise grâce à ne 
pas en profiter. 

Une difficulté se présentait. Comment limiter notre ter- 
rain d'exploration ? Où commence et où finit l'ameublement 
du XVIII e siècle ? Nous croyons avoir bien fait d'en détacher 
les vingt premières années qui appartiennent au style 
Louis XIV et les toutes dernières qui, quoique étroitement 



VII 



AVANT-PROPOS 

apparentées au Louis XVI, sont influencées par les mœurs 
de l'époque révolutionnaire et du Directoire et laissent déjà 
pressentir le style napoléonien. Nous nous servirons, au cours 
de notre travail, des divisions en styles Louis XV et Louis XVI, 
généralement adoptées, mais seulement comme des étiquettes 
commodes pour désigner, d'un côté, les formes chantournées 
et bombées, de l'autre, les formes droites et planes. Dès ijôo, 
tous les éléments du style improprement appelé Louis XVI 
sont constitués, de même qu'on retrouve encore ça et là, en iy8o, 
les pieds de biche et les formes ventrues du règne du feu roi. 
Quant aux divisions du sujet, nous les empruntons à 
notre guide Roubo. Au XVIII e siècle, les professionnels 
partagent les meubles en deux catégories : les sièges de toute 
espèce, les lits, les écrans et les paravents, dont V exécution 
appartient aux menuisiers, et les autres meubles, qui rentrent 
dans la compétence des ébénistes, aussi bien en bois précieux 
(plaqués, incrustés ou pleins) qu'en bois communs, tels que 
le noyer ou le hêtre. A cette division empirique, nous préfé- 
rons celle de Roubo qui considère tous les meubles d'usage 
comme formant deux familles distinctes : les meubles à 
bâtis (i) — sièges, lits, écrans, paravents, tables et bureaux — 
et les meubles à bâtis et à panneaux — armoires, buffets, com- 
modes, secrétaires, bureaux fermés. — Nous établirons seule- 
ment une sous-division dans les meubles à bâtis en faveur des 
tables et des bureaux qui présentent des différences de con- 
struction assez notables pour qu'on puisse les séparer des 
sièges et des lits. 

(i) On entend par ce terme l'assemblage des montants et des traverses d'un 
meuble, la carcasse qui doit recevpir les cadres et les panneaux. 



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LES MEUBLES 

DU XVIIP SIÈCLE 

PREMIÈRE PARTIE 



ÉTUDE TECHNIQUE DES MEUBLES 
DU XVIII e SIÈCLE 



LES SIÈGES VOLANTS 

De toutes les catégories de meubles, aucune ne présente 
plus de variété que les sièges. Entendons-nous. Il ne peut 
être question ici que des sièges de bon ton, qui, depuis les 
hôtels des princes jusqu'aux appartements des bourgeois 
aisés, suivent les variations de la mode presque avec autant 
d'empressement que le costume masculin ou l'habillement 
féminin. Les sièges d'usage pour la petite bourgeoisie, la 
domesticité des grandes maisons, les ménages d'artisans 
et même d'artistes, les sièges de paille, en un mot, ignorent 
cette versatilité de forme. Ils ont adopté une fois pour toutes 
les lignes simples et logiques qui se sont perpétuées jusqu'à 
nos jours dans les provinces. Le siège est carré, le dossier 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

droit (i), les pieds de derrière s'élèvent au double de la 
hauteur des pieds de devant et forment les montants du 
dossier, amortis généralement au sommet par des boules 
très simples. Des barreaux relient les pieds, trois ou même 
quatre traverses chantournées constituent le dossier. Les 
assemblages, au lieu de se faire à tenons et à mortaises comme 
dans les sièges plus soignés, sont à simple tourillon. Le siège 
est garni de paille nattée. Le bois employé est le hêtre ou 
le noyer ciré. C'est la chaise des intérieurs de Chardin. 

Les menuisiers en meubles dédaignent un si mince 
ouvrage dont les tourneurs font leur affaire et que le vul- 
gaire appelle « chaises à la capucine», sans doute parce que, 
comme les disciples de saint François, elles poussent le 
défaut d'élégance jusqu'à la pauvreté (2). Cela n'empêche 
pas ce siège léger, solide et peu coûteux, de se répandre 
dans tout le royaume. On confectionne sur son patron des 
tabourets, des fauteuils, des sophas et même des lits de 
repos, qui, garnis de carreaux (coussins) , attachés au dossier 
et aux accotoirs par des rubans, ne manquent pas autant 
de confortable qu'on pourrait le croire. 

La Curiosité ne s'est cependant pas encore emparée de 
ces sièges simplets qu'on trouve encore dans certaines habi- 
tations rustiques, cirés et polis par plusieurs générations de 
ménagères, mais qui deviennent de plus en plus rares et 
cèdent la place à des meubles de pacotille plus prétentieux 
et moins solides. Aussi, dans ce guide, sans négliger absolu- 

(1) L'ouvrier parfois lui donne un léger renversement. 

(2) C'est l'explication de Roubo. Il est plus probable que le nom provient soit de la 
courbe des traverses du dossier, soit de la couleur dcnnée au bois, suggérant dans les deux 
cas un rapprochement avec le capuchon du capucin. 

— 2 — 



LES SIÈGES VOLANTS 

ment le mobilier rustique, donnerons-nous la préférence 
aux sièges d'une exécution plus soignée, garnis d'étoffes 
ou cannés, tels que les œuvrent les menuisiers en meubles. 
Nous les décrirons le plus fidèlement possible en passant 
du simple au composé, des sièges sans dossiers ni acco- 
toirs (pliants, tabourets, banquettes), aux sièges pour- 
vus de dossiers et privés d'accotoirs (chaises de toutes 
sortes), pour arriver aux sièges munis de dossiers et- 
d'accotoirs (fauteuils, bergères, duchesses ou chaises 
longues, canapés, sophas, veilleuses, ottomanes, lits de repos) . 
Une question préliminaire se pose et qui intéresse 
toute la série. C'est le classement chronologique, l'évolution 
successive des formes et en particulier des pieds. A quelle 
époque commence le pied chantourné Louis XV, à quelle 
époque le pied droit Louis XVI ? 

Le pied de siège Louis XIV par excellence est droit, 
en forme de balustre et relié à la base par une entretoise 
ou croisillon. Vers la fin du règne, à l'imitation des coffres 
et des tables dessinés par Bérain et ses émules, apparaissent 
le pied en console et le pied cambré, sans pour cela faire 
disparaître complètement la forme en balustre. Boulle, 
en 1725, donne encore à un tabouret des pieds de ce genre. 
C'est seulement vers 1730 que le pied cambré par en 
haut et un peu lourd, que l'on qualifie à tort de pied 
Louis XIV, devient d'un usage général (1). 

Vingt ans plus tard, c'est le pied de « biche », c'est-à-dire 
le pied cintré en S, sur toutes ses faces, qui règne sans par- 
ti) Nous savons que nous sommes en désaccord avec l'opinion commune, mais la 
plupart des sièges munis de pieds cambrés sont cannés et le cannage, nous le verrons en son 
lieu et place, ne se répand en France qu'après 1725. 

— 3 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

tage (1750). Il va en s' amincissant jusqu'au bas où il n'a 
plus que le tiers de sa grosseur totale, et se termine ordi- 
nairement par une volute (1), élevée sur un petit socle 
d'environ o m 027 pour la préserver de l'usure du frottement. 
En haut, le pied se relie à la ceinture du siège par une 
plinthe droite et unie. Il est orné sur toute sa longueur de 
moulures et parfois d'un motif sculpté sur l'épaulement. 

Le retour aux formes classiques en architecture fait ren- 
trer les pieds dans la droite ligne vers 1760. Roubo présente 
en 1772, « le pied à l'antique » comme une mode nouvelle 
dont il dessine à peine une figure tandis qu'il entre dans les 
moindres détails de construction pour le pied de biche. Au 
contraire, Boucher fils, vers 1775, ne figure plus le pied 
chantourné, qui commence à n'être plus de mise pour ceux 
qui veulent mettre leur mobilier à la mode de demain. Mais 
la forme est si heureuse, si logique, si élégante, qu'elle 
restera en usage bien des années dans les meilleures mai- 
sons concurremment avec la forme à l'antique. Voyez plutôt 
la gravure de la Petite loge, de Moreau le Jeune (1776) 
et celle de la Partie de Wist du même artiste. 

Le pied à l'antique est en forme de colonne diminuée 
ou de carquois, avec rétrécissement au sommet et anneau. 
Il se termine à la hauteur de la ceinture par une plinthe 
généralement amortie par une rosace. Le fût est le plus 
souvent décoré de cannelures droites ou torses. Aux 
approches de 1789, on fait des pieds tout à fait droits, à 
quatre pans, se coupant à angles droits. 

(1) On trouve déjà sous la Régence un pied en S terminé par une volute, mais l'enrou- 
lement est à l'intérieur. Exemple à Chantilly, sur le tableau de Lancfet, YHiver, etc. 

— 4 — 



LES SIÈGES VOLANTS 



PLIANTS 



Le pliant ou ployant, — Saint-Simon emploie les deux 
formes, — est l'ancêtre des sièges. Il continue le faudes- 
teuil en X du moyen âge, qui lui-même se rattache au 
bisellium antique. Mais au xvm e siècle il a perdu la 
vogue que l'étiquette lui avait donnée au temps de 
Louis XIV. Lalonde le définit : «tabouret distingué qui ne 
sert qu'à la cour et chez les princes ». Il consiste en deux 
châssis carrés qui entrent l'un dans l'autre et sont reliés 
au milieu de leur hauteur par des boulons. L'X ainsi 
formé se plie et se déplie autant que le permet l'étoffe 
tendue sur les deux traverses du haut, formant le dessus 
du siège. Vers 1770, le pliant est un siège élégant, à pieds 
chantournés et sculptés qu'on fait entrer en entaille les uns 
dans les autres pour que les deux châssis aient la même 
largeur. Jusqu'à la fin de la monarchie, on en fabrique de 
riches modèles pour la cour, les princes, les ambassadeurs, 
partout où s'observe l'étiquette. Moreau le Jeune ne 
manque pas de figurer un pliant comme attribut de charge à 
côté de la Dame du palais de la reine (1776). Sa hauteur 
varie ordinairement de o m 380 à o m 430. Le siège a pour 
dimensions le carré de la hauteur. 

TABOURETS 

Avec le tabouret, nous abordons le plus simple des 
sièges dans ses éléments constitutifs indispensables : quatre 
pieds, quatre traverses de ceinture ou de siège, parfois une 
entretoise ou croisillon par le bas pour retenir l'écart 



5 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

des pieds. Ceux-ci suivent l'évolution générale des formes 
au cours du siècle. Massifs et architecturaux à la fin du 
règne de Louis XIV, ils épousent les courbes en S sous 
la Régence et dans la première partie du règne de 
Louis XV, pour adopter ensuite les lignes droites qu'ils 
n'abandonneront plus. 

Très simples et sans décoration pour les antichambres, 
on fait les tabourets plus luxueux pour les grands apparte- 
ments. Leur hauteur est de o m 350 à o m 46o, sauf chez le 
roi, où on les tient très bas : o m 2i5 à o m 270 (i). Le tabouret 
Louis XV a un siège carré et des pieds de biche pourvus 
d'entretoises. Le tabouret Louis XVI a le siège carré, cir- 
culaire ou même octogonal; les pieds sont droits et sans 
croisillon. Vers 1785, on imagine des tabourets d'encoi- 
gnure dont le siège, cintré par devant, forme, par derrière, un 
angle droit pour épouser la forme d'un coin de salon. Un 
pied marque le sommet de l'angle, un autre lui est opposé 
sur le devant, les deux autres sont placés de chaque côté. 

On fait aussi de petits tabourets ou marchepieds 
de o m i6o de hauteur qui servent à poser les pieds. Ils 
suivent la construction et les formes des grands tabourets. 

BANQUETTES 

Les banquettes sont des sortes de tabourets dont la 
longueur se prolonge depuis o m 975 jusqu'à 2 m o,o, 3 m o,o> 
5 m 20. Elles ne diffèrent en rien des tabourets pour la 

(1) Faisons remarquer une fois pour toutes qu'en réduisant en mesures actuelles les 
anciens pieds, pouces ou lignes, nous arrondissons les chiffres de quelques millimètres en 
plus ou en moins- 



LES SIÈGES VOLANTS 

construction et la décoration, et suivent les mêmes évolu- 
tions. Très simples au début, lorsqu'elles ne passent pas le 
seuil de l'antichambre, elles revêtent une livrée luxueuse en 
pénétrant dans les grands appartements où elles prennent 
place dans l'embrasure des fenêtres. Les banquettes 
Louis XVI se font à l'ordinaire sur deux longueurs, les plus 
petites de i m 30 à i m 5o, les grandes de i m 95. Elles sont 
munies, aux deux bouts, de dossiers ou d'accotoirs de hau- 
teur variable. Dans le modèle « à la Dauphine », vers 1774, les 
dossiers sont peu élevés et leurs montants se retournent en 
volute, de même que dans «l'Italienne» dessinée par Bou- 
cher fils. Dans la banquette « à la Royale », les montants 
sont renversés en crosse ou « à la Turque », pour adopter 
cette dénomination de l'époque, charmante et parfaitement 
impropre. Le nombre des pieds est proportionnel à la lon- 
gueur du meuble. Il est généralement de quatre sur le 
devant. 

CHAISES 

Les chaises ne diffèrent des tabourets que par la 
hauteur de leurs pieds de derrière, qui s'élèvent de o m 485 
à o m 5i5 au-dessus du siège pour former le dossier. Au 
siècle passé, ce dossier montait parfois jusqu'à un mètre 
et surpassait la tête de la personne assise qui pouvait 
l'y appuyer. Ce siècle-ci adopte un tout autre parti en 
abaissant le dossier d'un tiers ou de moitié pour qu'on 
puisse reposer commodément les épaules sans faire porter 
la tête de crainte de déranger la coiffure des dames... et 
même des hommes, ou de gâter par la poudre et la pom- 



7 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

made le haut de la garniture du siège. Mais la mode est 
longue à s'implanter : dans l'Hiver, de Lancret (1738), 
les hauts dossiers carrés des sièges surpassent la tête des 
jolies femmes qui y sont assises. 

Vers 1720, la chaise en usage est encore carrée, aussi 
bien en plan qu'en élévation. Le siège est légèrement évasé 
vers le devant. Le dossier rectangulaire, à peine plus haut 
que large, n'est cintré que sur le dessus. Les pieds un peu 
lourds, cambrés d'avant à arrière et droits sur les faces, 
sont ordinairement réunis par un croisillon. La ceinture est 
droite, mais découpée en cintre sur le dessous. Beaucoup 
de ces sièges sont cannés, ce qui empêche de les faire remon- 
ter plus haut que 1720, malgré la coquille Louis XIV qui les 
décore. Exemple de plus de la persistance des motifs d'une 
époque d'art décoratif à l'autre ! 

On donne au siège o m 485 sur chaque face et au 
dossier o m 5io à o m 58o de hauteur. 

Dix ans plus tard (1730), la chaise à la mode est chan- 
tournée sur toutes ses faces. L'œil y cherche en vain une 
ligne droite. Les menuisiers lui donnent le nom de chaise 
« à la reine », délicate flatterie pour Marie Leczinska, au 
moment de la naissance du dauphin. Elle restera en usage 
concurremment avec les formes à l'antique jusque vers 1775 
et personnifiera aux yeux de la postérité le type même de 
la chaise Louis XV (1). 

Comme ses congénères, la chaise à la reine (2), est 

(1) Voyez les gravures de Moreau le Jeune que nous avons déjà citées (i77°)- 

(2) Vers 1785 on donnera également ce nom à un siège à dossier ovale, de plan circu- 
laire, qui restera seul pour les antiquaires la chaise « à la reine », au détriment de son ancêtre 
de 1730. 

— 8 — 



LES SIÈGES VOLANTS 

composée de deux pieds de devant qui ne vont qu'à la 
hauteur du siège, de deux pieds de derrière qui s'élèvent 
de toute la dimension du dossier et de quatre traverses de 
ceinture. Le dossier, outre les deux montants constitués 
par les pieds de derrière, comprend deux traverses, celle 
du bas, appelée petit dossier, celle du haut nommée grand 
dossier ou cintre. Les formes sont toutes chantournées. Les 
quatre pièces du dossier, comme celles du siège, sont 
bombées en S et s'assemblent à angles arrondis. Les pieds 
dits de « biche » sont également contournés en S et terminés 
par une petite volute. 

La hauteur du siège, pour une chaise à la reine garnie 
en canne, est de o m 485 à o m 40,o. La hauteur totale, de o m 865 
à o m 920. Légèrement évasé sur le devant, le siège mesure 
o m 350 à o m 38o sur o m 46o à o m 485. Le dossier n'est pas 
entièrement perpendiculaire au siège, mais incliné d'envi- 
ron o m o8o, mesure prise du dessus du siège au sommet. 
Quand la chaise doit être garnie d'étoffe, on tient le siège 
plus bas de o m 055, et la traverse du bas du dossier est 
rapprochée à o m 025 du siège de façon qu'il ne paraisse 
pas de vide. Dans les chaises de canne l'intervalle est de 
o m 040. 

Tel qu'il est, le meuble est susceptible de plus ou 
moins de décoration, mais le soin n'en revient pas au menui- 
sier, qui se contente d'assembler et de chantourner son 
ouvrage. C'est le sculpteur qui pousse ensuite des moulures 
tout autour du dossier du siège et sur la face extérieure 
des pieds. Les moulures des pieds de devant se continuent 
sur la ceinture de façon à dessiner une M, plus ou 



9 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

moins accusée. Des motifs de sculpture de style Louis XV, 
plus ou moins riches, s'ajoutent au sommet du dossier, au 
centre de la ceinture, sur l'épaulement des pieds. 

Vers 1774, le prix moyen d'une chaise à la reine est 
de 6 à 9 livres (Bimont). 

La chaise la plus à la mode, de 1755 à 1775, est la 
chaise « en cabriolet ». Cette appellation, empruntée à la 
légère voiture à deux roues qui porte le même nom — une 
innovation elle-même de l'époque — indique un progrès 
dans le confort. Le dossier, légèrement renversé, fait la 
« hotte » pour épouser la forme du corps. La personne assise 
s'y trouve mieux à l'aise. Le terme de cabriolet désigne 
donc un dispositif spécial de construction et non un siège 
particulier, car après s'être appliqué aux sièges à pieds 
de biche, il survivra dans les sièges Louis XVI à pieds droits. 

La chaise Louis XV en cabriolet a le siège chantourné 
en S sur le devant et demi circulaire ou plutôt demi ovale 
par derrière. Le dossier, renversé d'environ o m i6o (mesure 
prise du dessus du siège au sommet), forme une partie de 
la surface d'un cône. Les pieds de biche sont de la forme 
ordinaire, mais ceux de derrière s'évasent en dehors d'au 
moins o m o55 pour donner plus d'assiette au meuble. Les 
dimensions du siège sont d'environ o m 5Ô5 en largeur, sur 
o m 5i5 en profondeur. Il est élevé à o m 350 du sol. La hau- 
teur totale du meuble est de o m 755 (Liard). Son prix 
moyen est identique à celui de la chaise à la reine, 6 à 
9 livres, 11 livres avec garniture de canne. 

La chaise « ovale » entre en vogue vers 1770. Roubo 
lui fait place dans ses planches, sans croire utile d'en 

— 10 — 



LES SIÈGES VOLANTS 

donner les détails de construction aux menuisiers, preuve 
indéniable que le modèle est encore peu répandu (1772). 
Le dossier étroit est en forme de médaillon ovale, le plan 
du siège circulaire, bien que légèrement élargi sur le devant. 
Les pieds sont droits, en forme de colonne diminuée, avec 
rétrécissement au sommet. Des cannelures longitudinales ou 
en torsade les décorent, avec, au sommet, l'amortissement 
d'une rosace inscrite dans un carré. La ceinture, le pourtour 
du dossier présentent les moulures et motifs de sculpture 
de l'époque. Le siège se fait aussi en cabriolet. Hauteur du 
siège : o m 38o; largeur : o m 5i5 sur o m 46o à o m 485 de 
profondeur; hauteur totale : o m 8ç)0 à o m 975. 

Telle est la chaise Louis XVI par excellence, la plus 
élégante et la plus répandue. Mais les variantes de con- 
struction sont innombrables. Le plan du siège peut être droit 
par derrière, évasé par devant, cintré sur les côtés. Il peut 
affecter la forme d'un carré ou plutôt d'un trapèze. Le 
dossier peut être en écusson, en rectangle allongé ou carré, 
en médaillon ovale ou circulaire accosté de deux montants 
improprement appelés colonnettes, et même offrir le dessin 
élégant d'une lyre. Le cintre est régulièrement courbé en 
anse de panier ou agrémenté de deux brisures sur les 
côtés (1). On trouve des montants arrasés au sommet ou 
amortis par des rosaces, des graines, des pommes de pin, 
des panaches. Le caprice des ornemanistes ou des sculpteurs 
préside seul à ces combinaisons et donne lieu à des désigna- 
tions « à la romaine », « à la dauphine », « à l'italienne », 

(1) Certains antiquaires appellent cette disposition « forme à chapeau ». 



II — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

bien impossibles à justifier. Delafosse appelle «duchesse» 
une chaise à siège circulaire reposant sur trois pieds, posés 
2 et i ou i et 2, dont nous ne connaissons aucun exemple 
exécuté. 

VO YEUSE 

Rare aussi la chaise de forme ingénieuse et singulière 
appelée voyeuse, que Lalonde nomme voyelle et Bimont 
délassante. On s'y assied à califourchon, jambe d'un côté, 
jambe de l'autre, et l'on s'accoude sur le dossier pour «voir » 
j ouer . Le siège est étroit du côté du dossier, large sur le devant. 
Le dossier, plat et légèrement incliné, est recourbé de dedans 
en dehors dans les modèles de 1770 (i). Il est plat au sommet 
vers 1786. Hauteur du siège : o m 325 ; largeur : o m 405 et o m 325 ; 
hauteur de l'accoudoir : o m 865. C'est le modèle qu'on verra 
reparaître, avec un accoudoir plus bas, au milieu du xix e siècle 
sous le nom de «fumeuse» ou de «causeuse». 

FAUTEUILS 

Les descriptions des chaises peuvent s'appliquer aux 
fauteuils qui n'en diffèrent que par l'adjonction, de chaque 
côté du siège, de deux accotoirs ou bras (destinés à reposer 
les coudes de la personne assise) et par les dimensions données 
au siège, tenu plus large pour que les habits puissent s'y 
ranger commodément. On lui donne généralement de 
o m 595 à o m 700 de largeur sur o m 485 à o m 540 de profondeur. 
Quant aux accotoirs, leur longueur est d'environ o m 325 et 
leur hauteur au-dessus du siège de o m 245 pour les fauteuils 

(1) Les chaises à la lyre du palais de Fontainebleau sont des « voyeuses><. 



12 — 



LES SIÈGES VOLANTS 

cannés, Dans les fauteuils garnis d'étoffe, cette hauteur 
est portée à o m 295, pour regagner l'épaisseur de la garniture 
du siège. 

Dans le fauteuil « à la reine », les accotoirs sont sou- 
tenus par des consoles en S. Ils s'assemblent avec les 
montants du dossier soit en S, soit à angle droit. Le siège 
mesure o m 700 de largeur sur o m 595 de profondeur. Il 
s'élève à o m 35o du sol et le meuble au total mesure o m o,20 
(Liard). 

Dans le fauteuil en « cabriolet », les bras sont évasés 
et retournés en dehors par leur extrémité, ce qui leur donne 
une forme creuse en rapport avec la forme en hotte du 
dossier. Le siège, de petite dimension, mesure o m 540 de 
largeur sur o m 430 de profondeur. Il monte de o m 325 à o m 330 
du sol. La hauteur totale du meuble varie de o m 920 à 
o m 975 et son prix de revient, en 1770, est d'environ 8 à 
12 livres, 14 livres garni de canne. La date de sa vogue nous 
est fournie parles Mémoires secrets de 1759, oùBachaumont 
relate leur entrée à l'Académie française : « On a déjà trans- 
formé, dit-il, les antiques fauteuils, auxquels l'Académie 
était si fort attachée, en fauteuils moins volumineux. Par 
une nouvelle métamorphose, on les a changés en cabriolets, 
petits sièges de boudoirs qu'on trouve d'ordinaire dans les 
appartements des filles ». 

Ajoutons qu'au moment de la mode des paniers, les 
menuisiers assemblent les consoles des accotoirs en retrait 
sur le siège de façon à lui laisser un dégagement sur le 
devant et à permettre aux dames d'étaler leurs jupes. 
Barbier enregistre la trouvaille dans son Journal en 1728, 

— 13 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

mais quand apparaît la mode des jupes plates, cette dispo- 
sition n'a plus de raison d'être. Dès 1772 on voit des fau- 
teuils où la console de l'accotoir et le pied de devant du 
siège sont en prolongement l'un de l'autre, et même faits 
d'une seule pièce. Cette disposition s'appelle fauteuil en 
« bidet ». 

Les variétés des fauteuils sont aussi nombreuses que 
celles des chaises. Le modèle le plus répandu est le fauteuil 
« ovale », ou fauteuil « médaillon», à dossier circulaire, soit 
droit, soit renversé en cabriolet. Le fauteuil « carré » a une 
vogue presque égale. Le siège atteint parfois jusqu'à o m 65o 
de largeur, sur le devant, avec une profondeur de o m 5Ô5 à 
o m 785. Il a la forme légèrement trapézoïdale, droit par der- 
rière et sur les côtés, à peine cintré sur le devant. Le dossier, 
droit sur tous ses côtés, sauf au sommet où il est cintré en 
anse de panier ou en chapeau, mesure o m 595 à o m 65o de 
largeur. Hauteur totale un mètre. Les bras, cintrés par 
devant, s'assemblent avec le dossier en S adoucie et montent 
aux deux tiers de sa hauteur. C'est un type très à la mode 
vers 1785, et qui finit par adopter les formes droites sur 
toutes les faces, dossier, siège et ceinture, avec des pieds 
droits et carrés (1). 

L'antique fauteuil « à joue » ou « confessionnal » n'a 
rien de spécial comme dessin. On le fait droit ou en cabriolet, 
mais il est entièrement garni d'étoffe. Les accotoirs montent 
de chaque côté de façon à former de petits panneaux 
appelés joues, sur lesquels on peut appuyer la tête, et 

(1) Les prix de revient des fauteuils sont très variables. En 177°, un grand fauteuil 
sculpté vaut de 10 à 40 livres, un simple fauteuil de canne, 8 à 10 livres. 



14 



LES SIÈGES VOLANTS 

laissent un creux très accusé à l'endroit des coudes. Le 
dossier atteint o m 8io de hauteur pour que la tête puisse 
s'y reposer, et son inclinaison est plus prononcée que dans 
les autres fauteuils. Le siège ne dépasse pas o m 325 de 
hauteur et mesure environ o m 65o sur o m 540, o m 595 et 
même o m 65o de profondeur. La hauteur des accotoirs est 
de o m 27o à o m 20,5. La plus forte saillie des joues est 
de o m 270. Prix moyen : 12 livres; en cabriolet : 18 à 
20 livres. 

FAUTEUIL DE CABINET 

Par contre, le fauteuil de cabinet forme espèce à part, 
aussi bien pour le plan que pour l'élévation. Le siège, en 
demi-cercle par derrière, forme sur le devant, au moins 
vers 1770, un angle arrondi en saillie qui permet aux cuisses 
de porter également à droite et à gauche sans être blessées 
par la traverse de ceinture. En outre, le cintre du dossier 
se prolonge jusqu'aux accotoirs, de sorte que le dossier 
semble se continuer tout autour du siège. Les pieds pré- 
sentent la même disposition que ceux des tabourets d'en- 
coignure. Par devant, un pied soutient l'angle saillant, un 
autre lui est opposé par derrière. Les deux autres sont 
placés à droite et à gauche et tiennent aux consoles des 
accotoirs comme dans les fauteuils en bidet. Certains mo- 
dèles ont deux pieds de derrière au lieu d'un, ce qui leur 
donne cinq pieds. Dimensions du siège : o m Ô75 de 
largeur sur o m 620 de profondeur; hauteur totale du dos- 
sier : i m io. Le siège est un peu plus élevé qu'à l'ordi- 
naire : o m 405. 



— 15 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

On garnit ces fauteuils de canne ou d'étoffe, mais 
quand on veut les employer pour la toilette, on les recouvre 
de cuir en dedans et parfois en dehors, pour empêcher la 
poudre de gâter les garnitures. C'est ce qu'on désigne dans 
le commerce de la Curiosité sous le nom de fauteuil « de 
toilette» ou fauteuil «à poudrer». Boucher fils appelle 
«cabriolet » un véritable fauteuil de cabinet (i). 

Vers 1785, dans le fauteuil de bureau dit «gondole», 
l'angle saillant de la ceinture disparaît et fait place à un 
cintre régulier. Les pieds reprennent leur position habi- 
tuelle. Le siège mesure o m 64i de largeur sur o m 730 de 
profondeur, mais le dossier, évasé par le haut, ne dépasse 
pas o m 8o,o (Lalonde). 

Une combinaison ingénieuse conduit au fauteuil «sur 
pivot », composé d'un tabouret de plan circulaire, aux 
quatre pieds diamétralement opposés, muni à son centre 
d'un pivot sur lequel repose un siège en gondole mobile. La 
personne assise peut ainsi, sans déplacer son fauteuil, se 
tourner dans tous les sens. Diamètre du siège : o m 620 ; 
hauteur du tabouret : o m 38o; hauteur totale : o m 970. • 

(1) C'est un exemple entre cent de l'imprécision des appellations mobilières, même 
à l'époque de leur apparition. 



II 

LES GRANDS SIÈGES ET LES LITS 

Avec les grands sièges, bergères, sophas, duchesses, 
lits de repos, nous arrivons aux créations les plus originales 
du xvm e siècle. La métamorphose est plus incroyable 
encore que dans les sièges volants. Les ornemanistes en 
ont fait les meubles par excellence des poses gracieuses et 
des conversations galantes. Ils ont su unir la grâce et le 
confort, tout en donnant à leurs modèles une richesse 
et une élégance incomparables. 

BERGERES 

La bergère doit sa naissance au fauteuil « à joue » et 
au fauteuil «à panneaux », dont nous avons omis, à dessein, 
de parler parce qu'il ne diffère de ses congénères que par 
ses accotoirs qui sont entièrement pleins, grâce à une 
garniture en étoffe formant panneau. Ce joli meuble, dont 
le nom apparaît vers 1735, ne diffère des fauteuils ordi- 
naires (1) que par la grandeur du siège (o m 65o de largeur 
sur o m 540 à o m 595 de profondeur) et par les accotoirs qui 
non seulement sont tout à fait garnis d'étoffe, mais encore 



(1) Les bergères peuvent être ovales, droites, en cabriolet, en gondole, en un mot 
présenter toutes les variétés des fauteuils. 



— 17 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

sont quelquefois cintrés en adoucissant jusqu'à environ 
les deux tiers de la hauteur du dossier. Le dossier est en 
outre plus renversé que celui des fauteuils. 

La bergère, meuble d'usage sous Louis XV, devient 
un des sièges les plus riches et les plus à la mode sous 
Louis XVI. Vers 1785, on en compte au moins quatre va- 
riétés : la bergère « droite », telle que nous venons de la 
décrire, mais avec des motifs de sculpture décorative à 
l'antique et des pieds droits cannelés; la bergère « à joue », 
dont les accotoirs, comme dans le fauteuil confessionnal, au 
lieu de se raccorder en adoucissant aux deux tiers de la hau- 
teur du dossier, viennent se rattacher au cintre par un petit 
panneau en demi-circonférence (hauteur du siège : o m 295, 
profondeur o m 595 sur o m 565 et o m 70o); la bergère en 
« cabriolet » de forme ovale, qui présente les mêmes parti- 
cularités que le fauteuil du même nom, siège arrondi par 
derrière, cintré par devant, dossier renversé faisant la hotte, 
accotoirs évasés en prolongement du dossier (hauteur du 
siège (1) o m 270, profondeur o m 70o, largeur o m 54o) ; la bergère 
« à la turque », de forme carrée, dont les montants du dossier 
se terminent par un enroulement en volute et dont les 
accotoirs se rattachent au sommet du dossier par une courbe 
en S (hauteur du siège o m 324, largeur o m 705, profon- 
deur o m 595). La hauteur totale, uniforme pour les quatre 
variétés, est de i m 030 (Lalonde). 

Roubo (1772) donne aussi le nom de bergère à un 
fauteuil à dossier bas (o m 325 à o m 35o), mais dont le siège 

(1) Le peu d'élévation du siège s'explique par le carreau ou coussin obligé, qui 
hausse la garniture. 

— 18 — 



LES GRANDS SIÈGES ET LES LITS 

en revanche ne mesure pas moins de o m 8io de largeur. « Ce 
meuble, dit-il, ne sert qu'aux dames dont l'ajustement néces- 
site ces ménagements et se place dans les salons de récep- 
tion ou de compagnie ». Il ne dût pas survivre à la mode 
des paniers. 

CHAISES-LONGUES ET DUCHESSES 

La bergère devient chaise-longue quand le siège pré- 
sente assez de profondeur pour que les jambes de la per- 
sonne assise y reposent entièrement, c'est-à-dire quand 
il atteint i m i5 et jusqu'à i m 6o. Vers 1750, on donne à la 
chaise-longue le nom de duchesse ou «duchesse à bateau», 
quand le siège dépasse i m 6o et qu'on y fait à l'autre extré- 
mité un petit dossier de o m 325 à o m 405 de hauteur. 

La bergère peut également servir de duchesse si on 
y ajoute un ou deux bouts. On dit alors que la duchesse 
est « brisée » en deux ou trois. Le siège de tête est coupé 
carrément sur le devant pour se raccorder avec le bout. 
Le dossier est généralement en gondole. Quant au bout, dont 
la longueur ordinaire est de i m 30, il se termine par un 
dossier plus petit mais de même forme. 

Le prix de la menuiserie d'une duchesse ordinaire est 
de 30 à 36 livres, d'une duchesse à bateau : 40 à 50 livres, 
d'une duchesse en deux : 40 à 60 livres. 

CANAPES 

Toutes ces variétés de grands sièges sont des modifica- 
tions du fauteuil par l'allongement du siège en profondeur. 



19 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Lorsqu'au contraire le siège s'étend sur les côtés et devient 
plus large du double au moins que de coutume, on obtient 
les canapés, les sophas, les ottomanes, les veilleuses, etc. 

Les canapés sont les plus anciens de ces sièges où plu- 
sieurs personnes peuvent s'asseoir à la fois et qui sont 
capables de servir au besoin de lit de repos. Mais au 
xvm e siècle, ils ont perdu leurs dimensions démesurées 
du Grand Siècle. On leur donne de i m 625 à 2 m io de largeur, 
o m 65o de profondeur, o m 325 de hauteur de siège. Le dossier 
est d'environ o m 485. Les bras ou accotoirs ont la hauteur 
de ceux des fauteuils et ne sont pas garnis. Le nombre des 
pieds est d'ordinaire de quatre sur le devant. 

Au point de vue des formes, les canapés subissent les 
mêmes modifications que les fauteuils. Jusque vers 1735, 
le dossier reste droit et élevé, les pieds sont à peine cambrés 
sur le devant. De 1735 à 1775 environ, toutes les lignes 
sont chantournées : le cintre du dossier, les accotoirs, la 
ceinture du siège, les pieds de biche prennent les contours 
les plus fantaisistes, sous un revêtement de sculpture 
rocaille parfois exubérant. A partir de 1770, le meuble 
revient aux formes droites, aux dossiers carrés ou réguliè- 
rement cintrés ou arrondis, aux pieds droits et cannelés, 
à la sobre décoration des motifs Louis XVI, mais l'imagina- 
tion des ornemanistes ne s'arrête pas toujours aux modèles 
les plus simples. On connaît des canapés où le dossier est 
fait de deux médaillons accolés, comme si on avait réuni 
deux fauteuils. A la même époque, on fait des petits 
canapés à deux places (largeur i m 2o) qu'on appelle 
« marquises » ou « causeuses ». 

— 20 — 



LES GRANDS SIÈGES ET LES LITS 

Vers 1730, on donne à certains canapés un siège à 
angles arrondis et on y élève une séparation ou joue à la 
hauteur du premier pied. Ce panneau chantourné est à peu 
près semblable aux joues du fauteuil confessionnal et se 
raccorde à angle droit avec le dossier. Le canapé « à joue » 
ou « confident » présente donc de chaque côté du siège 
principal un petit compartiment où peut s'asseoir une per- 
sonne. Il prend aussi le nom de « duchesse avec encoi- 
gnure ». Vers 1785, le confident a conservé les mêmes 
dispositions, avec les formes droites du jour. On lui donne 
2 m 95o de longueur, la partie du milieu mesurant i m 65o; 
la profondeur du siège est de o ra 750 ; hauteur totale i m i35 
(Lalonde). 

SOPHA 

Le sofiha ou sofa est aussi un legs du xvn e siècle. 
De CAiLLÈRES,dans ses Mots à la Mode, en 1692, le définit : 
«une espèce de lit de repos à la manière des Turcs ». A ne 
s'en tenir qu'à l'usage, c'est en effet un lit de repos ; mais 
pour la forme il ne diffère du canapé qu'en ce que ses 
accotoirs sont pleins et garnis comme ceux des bergères et 
des duchesses et que son siège est légèrement plus bas 
(o m 295). Il présente les mêmes variétés. On fait des petits 
sophas à deux places. Voici ses dimensions vers 1785 : 
hauteur du siège o m 295, longueur i m 625 à i m 895; profon- 
deur o m 65o ; hauteur totale i m 055 à i m o8o. 



— 21 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 



OTTOMANE ET PAPHOSE 

Canapés et sophas se font ordinairement de forme 
droite par derrière. Vers le milieu du xvm e siècle, pour 
s'accorder au plan des niches ou même des appartements 
à la mode, on s'avise de les faire cintrés, ce qui, en variant 
les formes du dossier et de la ceinture, donne lieu à une 
kyrielle de termes plus ou moins bizarres : ottomanes, 
veilleuses, sultanes, turquoises, paphoses, etc., au gré du 
caprice des menuisiers et des marchands. 

\! ottomane est un petit canapé gondole où l'on peut 
se coucher ou s'asseoir à un bout comme à l'autre. Le plan 
du siège est un ovale allongé. Le dossier vient en dimi- 
nuant de hauteur se réunir aux accotoirs, de sorte que le 
cintre du dossier et les bras sont d'une seule pièce ou du 
moins semblent l'être, comme dans le fauteuil gondole. Le 
dossier forme ainsi un demi-cercle, dont les extrémités 
font légèrement retour sur le devant. C'est un meuble à 
place fixe dans l'appartement, souvent disposé en niche. 
On lui donne à l'ordinaire i m 95 à 2 m io de longueur sur 
une profondeur de o m 675. Le siège a o m 325 de hauteur, 
le meuble entier i m i35. Le prix moyen de la menuiserie 
est de 45 à 60 livres, mais la sculpture, la dorure, les garni- 
tures en font un objet d'un bien plus grand prix. 

Il en est de même de la paphose, que Delafosse 
appelle une ottomane cintrée. Roubo une sorte d'otto- 
mane dont les accotoirs « viennent à rien » par devant. 
En réalité, autant qu'on peut espérer donner une défi- 



22 



LES GRANDS SIÈGES ET LES LITS 

nition précise dans des meubles de fantaisie et de luxe, 
il semble que la paphose est une ottomane dont le siège est 
creux sur le devant, en forme de demi-lune, ou si l'on préfère 
de haricot, disposition tout à fait convenable à la posture 
d'une jolie femme à demi couchée. On donnera cependant 
sous l'Empire le nom de paphose à un sopha droit. 

VEILLEUSE 

C'est encore une sorte de lit de repos, que la veilleuse 
où l'on peut se coucher à demi, c'est-à-dire les jambes et 
les cuisses à plat, la partie du corps soutenue par des 
coussins ou des oreillers. Le meuble figure une duchesse 
dont le grand dossier serait relié au plus petit par un troi- 
sième dossier en pente douce du côté du mur, la partie de 
face restant libre pour laisser pendre les jupes. On ne peut 
donc pas se placer dans la veilleuse,comme dans l'ottomane, 
indifféremment aux deux bouts, et, du temps de Roubo, 
l'usage est de commander à la fois deux veilleuses, l'une 
à dossier disposé à gauche, l'autre à dossier disposé à 
droite, pour pouvoir rapprocher deux personnes en vis- 
à-vis dans la conversation, ou pour permettre à la même 
personne de changer de position à volonté en se plaçant 
alternativement dans l'un ou dans l'autre sens (1772). 

Le plan du siège est quelquefois de forme droite, 
arrondi aux deux bouts et plus étroit d'environ o m i6o au 
bout où le dossier est le moins élevé. Mais le plus souvent 
le siège est creux sur le plan, régulièrement arrondi, en 
forme de haricot, comme la paphose. 

C'est un meuble qu'on transporte d'une place à l'autre. 

— 23 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

On fait aussi des veilleuses dites « à la turque » dont 
le dossier est cintré de même hauteur aux deux bouts, en 
sorte qu'on peut s'y placer indifféremment d'un côté ou de 
l'autre. On nomme également « turquoises » ces lits de repos 
luxueux qui ne diffèrent pas sensiblement des ottomanes. 

La veilleuse reparaîtra sous le nom de « méridienne » 
vers l'époque du Consulat, et subsistera sous cette déno- 
mination jusqu'en 1830. 

LIT DE REPOS ET DIVAN 

Tous ces grands sièges sont destinés à une personne 
assise ou à demi couchée. Les dimensions du lit de repos 
^permettent de s'y allonger complètement pour se reposer 
dans la journée. Ce meuble commode, qui a fait ses preuves 
dès le xvn e siècle et qui survit à tous les caprices de la 
mode, a les mesures d'un véritable lit à une place : i m 950 de 
longueur sur o m 650 ou o m 8io de largeur. Le siège est 
élevé de o m 325. On lui donne un ou deux dossiers de o m 405 
à o m 485 de hauteur, droits ou retournés en crosse (1772). 

Bimont (1774) applique le nom de « sultane » à un lit 
de repos à deux dossiers, cintrés et retournés en volute, 
Lalonde (1788) décrit un lit de repos « à la turque » moins 
long et plus large, à un seul dossier cintré, les montants 
renversés en crosse. Tous ces sièges, où les Lawrence et les 
Baudoin se plaisent à disposer en poses gracieuses 
leurs belles amoureuses, se font à bois apparent, peint ou 
doré, et reçoivent une décoration conforme au rang 
ou à l'opulence de ceux qui les commandent. 

— 24 — 



LES GRANDS SIÈGES ET LES LITS 

Tout à la fin du siècle, on voit se produire le divan, 
canapé où le dossier est remplacé par des coussins fixes 
ou mobiles, sans bois apparent. Le premier exemple, à 
Paris, est le divan du Café Turc, boulevard du Temple, une 
curiosité de 1782, dont on dit qu'elle revient à 80.000 livres. 
Le meuble ne sera véritablement à la mode dans les 
appartements que sous le premier Empire. 

LITS 

La diversité et la richesse ne sont pas moindres dans 
les lits proprement dits que dans les sièges de repos, mais 
dans ce genre de meubles, tous destinés à un même usage, 
les dimensions, les formes, les modes de construction 
restent forcément plus uniformes et la variété dépend sur- 
tout des détails de sculpture et des garnitures. En dernier 
ressort, on peut ramener les lits du xvm e siècle à deux 
catégories : les lits « à la française » (lits à colonnes, lits à la 
duchesse), autour desquels on peut tourner et qui ont leur 
unique chevet au mur, et les lits « de travers » (lits à la 
polonaise, à la turque, à l'italienne, à la romaine), adossés 
au mur et munis de deux chevets comme les canapés. A 
cette distinction, qui est celle de nos lits de milieu et de 
nos lits de côté, s'en ajoute une autre : le ciel des lits à 
la française, qu'il soit porté sur des colonnes ou qu'il soit 
suspendu au plafond, est de mêmes dimensions que le bois 
de lit ; le ciel des lits de travers est d'un tiers ou de moitié 
plus petit. 



— 25 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

LITS A LA FRANÇAISE 

L'ancêtre de toute la famille, le lit à « colonnes », est 
l'ancien lit d'apparat du XVII e siècle à peine modifié. Il se 
compose de quatre pieds reliés par deux pans et deux tra- 
verses et d'un chevet ou dossier. La fonçure est formée par 
sept barres de bois ou « goberges », entrant en entaille dans 
les pans et soutenues elles-mêmes par deux fortes barres 
d'enfonçures entrant dans les traverses. On remplace sou- 
vent cette fonçure par un châssis garni de sangle qui rend le 
lit plus moelleux. Les pans sont montés à vis, les traverses 
chevillées. Les pieds s'élèvent jusqu'à environ 2 m io du 
sol pour porter un dais ou impériale rectangulaire de même 
dimension que le lit. On donne à ce bois de lit ou châlit, 
lorsqu'il est. destiné à deux personnes, i m 95 de longueur 
sur i m 30 de largeur, et même sur i m 4Ôo à i m 625 « pour les 
personnes qui cherchent leurs aises ». Le lit à une seule 
place n'a que o m 8io à i m i35. Le pan et les traverses 
mesurent o m o8o à o m 095 de largeur. Le dossier est fixé 
derrière les pieds à l'aide de crochets et de pitons, ou mieux 
pénètre dans des coulisses ménagées à l'intérieur des co- 
lonnes. La menuiserie revient à 28 livres pour un modèle 
à deux places, à 15 livres pour un modèle à une place. 

Au siècle précédent, on faisait ces lits en noyer poli 
et sculpté, avec des colonnes très ornées, parfois torses, et 
une «impériale» presque toute en menuiserie apparente. Sous 
la Régence et sous Louis XV, le bois de la couchette dispa- 
raît sous la courte -pointe et les colonnes elles-mêmes sont 
dissimulées par des « cantonnières ». En 1774, on en fait 



26 



LES GRANDS SIÈGES ET LES LITS 

encore des modèles très riches, où la menuiserie commence 
à reparaître, aussi bien pour la couchette que pour les 
colonnes et pour l'impériale, dont le pourtour s'agrémente 
d'un léger chantournement. Mais les jours sont comptés 
de ce lit solennel et peu maniable en dépit des roulettes 
dont on le munit. Après 1785, on n'en trouve plus d'exemples 
que dans les intérieurs rustiques ou chez les artisans (1). Il y 
a près de quarante ans qu'on n'en voit plus à la cour. 

Les Mémoires du duc de Luynes nous apprennent la 
date où cette révolution s'accomplit dans l'appartement de 
Marie Leczinska (1743) : « Le nouveau lit, dit-il, n'est 
point à quatre quenouilles, comme tous les lits de la reine 
ont été jusqu'à présent : il est ce qu'on appelle à la du- 
chesse. » Une nouveauté? Pas tout à fait. On en relève des 
exemples dès 1705 et le lit « à l'ange » de Mazarin, sans 
colonnes ni quenouilles, surmonté d'un dais, dont les ri- 
deaux se retroussent sur le côté, est la même chose sous 
un autre nom. Trévoux l'atteste (1771). On peut l'en croire 
quand il définit : « On appelle lit d'ange celui qui n'a point 
de quenouilles ou piliers et dont les rideaux se retroussent. 
On l'appelle encore lit à la duchesse » (2). 

Les dimensions du lit « à la duchesse » sont les mêmes 
que celles du lit à colonnes, mais les pieds de devant sont 
arrasés à o m 705 ou o m 730 et ceux de derrière, qui portent le 
dossier, s'arrêtent à o m 8o,o ou o m o,20. Le ciel est formé par 
un dais ou impériale, suspendu au plafond. C'est un bâti de 

(1) Ranson en présente cependant un exemple dans son Premier cayer de lits à la 
mode vers 1780. 

(2^ De Lafosse donne un modèle de lit d'ange et le célèbre lit de Marie Antoinette, 
à Versailles, en est un. 



27 



LES MEUBLES DU XVIII» SIÈCLE 

menuiserie rectangulaire, de même dimension que la cou- 
chette et entièrement garni d'étoffe. Dans ce genre de lit, 
tout au moins sous Louis XV, il n'y a pour ainsi dire pas de 
bois apparent. Les pieds eux-mêmes, ordinairement tournés 
en balustre, sont entièrement cachés par la courte-pointe, 
et même les traverses et les pans, par une fausse courte- 
pointe. Vers 1772, la mode commence à évoluer. On 
montre le cintre chantourné du dossier et parfois les pans 
et les traverses sculptés. Quinze ans plus tard, le bois paraît 
partout : dossier cintré, pans, traverses, montants. Les 
pieds de devant, arrasés dans le modèle de 1750, lorsque 
la courte-pointe les recouvre, se terminent par un amor- 
tissement en pomme de pin ou par tout autre motif. 

LITS A LA POLONAISE 

Les lits à la mode, depuis 1750 environ, sont adossés 
de côté au mur de la chambre ou disposés en niche. La 
couchette a les mêmes dimensions que celle des lits à la 
française, mais on lui donne deux dossiers, parfois trois, 
comme aux canapés. Le type le plus caractéristique de cette 
série, aux variétés nombreuses, porte le nom de « Ut à la 
polonaise », sans doute en l'honneur de Marie Leczinska. 
Les pieds s'élèvent jusqu'à une hauteur de i m 95 à 2 m 40, 
après quoi ils forment des courbes pour soutenir l'impé- 
riale, plus petite d'un bon tiers que le lit. Ces courbes en 
fer, cintrées en S et d'une hauteur de o m 865 à i m , 
convergent vers le milieu du lit qui se trouve en quelque 
sorte couronné par un pavillon en dôme. La hauteur des 
dossiers est d'environ i m 30. 

— 28 — 



LES GRANDS SIÈGES ET LES LITS 

Dans ce lit, toute la menuiserie est apparente et riche- 
ment décorée. Au pourtour du dossier, plus ou moins 
cintré ou chantourné, règne une cimaise sculptée ou une 
moulure qui en suit les contours et s'harmonise avec les 
ornements des traverses ou des pieds. Les panneaux des 
dossiers sont remplis par des bâtis qui servent à fixer une 
garniture d'étoffe. Souvent le lit présente un troisième 
dossier, adossé au mur comme dans les canapés, cintré et 
surélevé avec un motif important de décoration à son 
couronnement. Cette luxueuse disposition est surtout à la 
mode à partir de 1774. Quant à la forme du baldaquin, elle 
varie, pour ainsi dire, avec le caprice du tapissier, mais la 
corniche reste toujours apparente. 

La menuiserie d'un lit à la polonaise, à deux places, est 
évaluée de 80 à 1 10 livres, à une place de 70 à 100 livres. 

Les lits « à la turque » ne diffèrent des lits à la polonaise 
que par leurs pieds qui se terminent au sommet par un 
enroulement en volute. Ils ont le plus souvent trois dossiers : 
celui du fond est plat, ceux de côté sont cintrés sur le plan 
(tout au moins jusqu'en 1775). Le pavillon, suspendu au 
plafond et adossé au mur, n'a que trois faces visibles. C'est 
un meuble coûteux dont le prix de revient, pour un modèle 
à deux places, n'est pas moindre de 100 à no livres, pour 
un modèle à une place, de 70 à 80 livres. 

Les différences sont encore moindres dans les autres 
variétés de lits à la mode de 1775 à 1789. Le plus souvent 
c'est la disposition des draperies et des garnitures qui fait 
toute la distinction. On fait des lits « à la chinoise », avec 
baldaquin à clochettes et rideaux découpés en festons, des 



29 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

lits « à la romaine », où les courbes du pavillon au lieu d'être 
cintrées en S forment un arc de cercle renversé, des lits à 
« l'italienne » à deux ou trois chevets, dont le baldaquin 
porté par deux courbes, partant des pieds adossés au mur, 
ne présente que trois faces visibles, des lits « à la Pa- 
nurge », inspirés des décors de l'opéra de Grétry : Panurge 
dans l'île des lanternes, 1785, des lits « à la militaire », en 
forme de tente, des lits en forme de nacelle, en «chaire à 
prêcher », avec baldaquin imitant l'abat -voix d'une chaire, 
à «la grecque» ou « à l'antique », avec des motifs de sculp- 
ture appropriés. Nous ignorons ce que Roubo entend par 
un lit « dans le goût pittoresque ». 

Quant au lit « à tombeau », c'est une espèce de lit dont 
le ciel tombe vers le pied en pente diagonale, soutenu 
du côté de la tête par deux colonnes plus hautes que celles 
du côté des pieds. Dans le lit à « double tombeau », le balda- 
quin a son point culminant au centre de la couchette, avec 
une pente vers la tête et une pente vers les pieds. Ni l'un 
ni l'autre de ces lits n'a son entrée dans les appartements 
de parade. C'est le lit des artisans, des petits bourgeois. Il 
meuble la loge du suisse dans les hôtels des grands 
seigneurs. 

Nous ne parlons ni des lits « de camp », ni des lits « de 
veille », ni des lits « à l'anglaise » qui sont des lits pliants 
sans caractère. Cependant, on peut les garnir d'étoffes assez 
riches et les employer comme sophas (Bimont). Le prix 
d'un lit à l'anglaise, à une place, est de 40 livres, celui d'un 
lit à simple tombeau, de 10 à 14 livres, à double tombeau 
de 18 à 19 livres. 



30 



III 

TABLES — BUREAUX — GUÉRIDONS — ÉCRANS 

Avec ses besoins nouveaux de confort et d'intimité, 
le xvm e siècle multiplie à plaisir les tables. On rencontre 
dans les appartements des tables à manger, des tables à 
jouer, des tables à écrire, des tables de toilette, des tables 
de nuit, des tables consoles, toutes composées d'un dessus 
et de plusieurs pieds, mais suffisamment variées de forme, 
de décoration, de matériaux pour satisfaire tous les goûts 
de la clientèle. 

TABLES A MANGER 

La table à manger, telle que nous la concevons aujour- 
d'hui, n'existe pas dans l'appartement du xvm e siècle. 
Aussi bien la salle à manger elle-même est -elle inconnue. 
Au moment du repas, on dresse, dans la chambre ou l'anti- 
chambre où l'on va servir, un ou plusieurs plateaux de 
sapin, emboîtés de chêne, sur des pieds mobiles en X que 
l'on replie une fois la table levée. La nappe tombante ne 
laisse apercevoir aucune menuiserie. Au début du siècle, 
les plateaux ou ais sont indifféremment ronds ou ovales. 
La forme adoptée vers 1770 est un carré allongé. Hauteur 
o m 675 à o m 70o. 

A la même époque, et peut-être quelques années aupa- 
ravant, on place à côté des convives, dans les dîners et 
dans les petits soupers, des « servantes » qui peuvent éviter 



31 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

le service des domestiques. Ce sont de petites tables, rondes 
à l'ordinaire, bien qu'on les fasse aussi carrées et même tri- 
angulaires, de o m 325 de diamètre et de o m 65o de hauteur. 
La partie supérieure forme une boîte découverte où l'on 
met un caisson de plomb ou de fer-blanc destiné à servir 
de rafraîchissoir pour les bouteilles. Entre les pieds sont 
fixées deux ou trois tablettes à o m i35 ou o m i6o d'intervalle 
pour recevoir les assiettes blanches ou sales. 

En même temps, la manie d'imitation des modes 
d'outre-Manche fait naître les petites tables volantes, de la 
dimension d'un guéridon, où l'on sert, dans la chambre à 
coucher, le déjeuner à l'anglaise. Leur description viendra 
à sa place avec les guéridons. 

TABLES A JEU 

On ne connaît pas non plus, au xvm e siècle, notre 
table de salon. En dehors des tables consoles, fixées à une 
place invariable le long des murs et qui font pour ainsi dire 
partie de la décoration, les seules tables mobiles de cette 
pièce sont les tables à jeu. Leur nombre et leur variété sont 
assez considérables. Comme on les fait toujours à bois appa- 
rent, l'exécution en est soignée. On emploie des bois de 
rapport, on les rehausse de filets de cuivre ou de bronze. 
Les principales sont les tables à quadrilles, brisées ou non bri- 
sées, les tables de brelan, les tables de tri ou triangulaires. 

Les tables « à quadrilles » sont carrées, et servent, comme 
leur nom l'indique, à jouer à quatre personnes. Le dessus, 
garni de drap et à angles arrondis, mesure environ o m 8io 
sur chaque face. Le pied, élevé de o m 70, est formé de quatre 

_ 32 — 



TABLES — BUREAUX — GUÉRIDONS — ÉCRANS 

pieds de biche très légers et de traverses dans lesquelles 
s'ouvrent quatre petits tiroirs. Comme ces tables ne servent 
pas toujours et deviennent embarrassantes hors le temps 
du jeu, on imagine de briser le dessus en deux sur la largeur, 
et de disposer le bâti du pied à coulisse, comme on fait 
encore de nos tables de jeu. Remarquons que la cambrure 
des pieds, donnant plus de liberté aux jambes des joueurs, 
résiste à la mode des formes droites qui s'empare des tables 
vers 1770, et que les tables à jeu Louis XVI aussi bien que 
les petites tables de dame, les tables de toilette, etc., con- 
servent le pied de biche jusqu'à la Révolution. On en 
trouve la preuve dans La Partie de Wist, de Moreau le 
Jeune (1776). 

Le dessus des tables « de brelan » est circulaire et 
d'environ i m i35 de diamètre. Au milieu, dans un trou 
rond d'environ o m 270 à o m 295 de diamètre, on ajuste un 
corbillon avec cassetin où l'on place le flambeau et tout 
autour des jeux de cartes dans des cases. On fait généra- 
lement ces tables brisées. 

Les tables « de tri » représentent un triangle équilatéral 
de i m i35 de diamètre. Elles n'ont que trois pieds et peuvent 
parfois se replier en suivant la ligne médiane. Le dessus 
prend alors la forme d'un triangle rectangle. 

Vers 1780, on fait de petites tables, avec damier en 
marqueterie sur le dessus, et de grandes tables aménagées 
pour le trictrac de i m 30 de longueur. Les pieds sont droits 
et dans le goût du jour. Comme pour toutes les tables à 
jouer, l'exécution en est soignée et met en œuvre des bois 
de rapport. 

— 33 — 



LES MEUBLES DU XVII I* SIÈCLE 

TABLES A ÉCRIRE 

La spécialisation des tables en tables à écrire date de 
la fin du xvn e siècle. Leur vogue commence vers 1725 et 
diminue progressivement à mesure que l'usage des bureaux 
fermés se répand. Ce sont les grandes tables de l'époque, 
puisqu'on leur donne depuis i m 30 jusqu'à i m 95 et 
même 2 m 6o de longueur sur une largeur proportionnée, 
c'est-à-dire o m 65, jusqu'à o m 975 et même i m 30. Le dessus 
est composé d'un bâti de o m o8 à o m no de largeur enca- 
drant un panneau de sapin sur lequel on colle du maroquin, 
du chagrin, de la basane ou du veau. 

Le pied des tables à écrire n'a rien de particulier. Il se 
compose des quatre pieds et des quatre traverses obligées, 
avec trois tiroirs disposés en largeur sur la traverse de 
devant. Sous la Régence et sous Louis XV, les pieds sont 
contournés en S et rehaussés de bronze. C'est la table- 
bureau du portrait de Samuel Bernard, par Rigaud (1725). 
Plus tard, ils obéissent aux formes droites. Les ornema- 
nistes Louis XVI en dessinent d'élégants et sobres modèles 
à l'antique, à la financière, à la chancelière, à la française, 
à l'anglaise, à l'italienne, à la royale. 

Quand on veut faire servir les tables à écrire à plusieurs 
personnes, sans accroître démesurément leurs dimensions, 
on les munit de tablettes à coulisse, une à chaque bout, et 
deux par derrière. Dans ce cas, comme les coulisses sont 
disposées sous le dessus de la table, il ne reste pas assez de 
place pour mettre des tiroirs. Cet inconvénient conduit de 

— 34 — 



TABLES — BUREAUX — GUÉRIDONS — ÉCRANS 

bonne heure à l'invention du « cassetin » ou « serre-papiers », 
simple gradin à cases ouvertes qui remplace les tiroirs 
absents et se fixe à volonté sur le dessus de la table à l'aide 
de goujons à vis. Boulle en a dans ses ateliers avant 1720, et 
l'on peut croire qu'il en fait des ouvrages soignés d'ébénis- 
terie. Vers 1740, le serre-papiers est devenu un petit meuble 
à part, qui présente non seulement des cases vides pour les 
papiers sans importance, mais aussi, pour les papiers secrets, 
des tiroirs fermant à clef de o m 35o à o m 405 de longueur sur 
o m 245 à o m 270 de largeur. On en fait en bois de placage et 
même en laque : on les surmonte de pendules ou de groupes 
de bronze. 

Au milieu du siècle, on imagine de protéger le serre- 
papiers par un volet mobile qui, soit en s'abattant, soit en 
se relevant, assure le secret des casiers. De là, le bureau à 
cylindre pour les tables à écrire de grande dimension et le 
secrétaire à abattant pour les petites tables à écrire. 

BUREAU A CYLINDRE 

Le bureau à cylindre ou à panse se compose d'un pied 
de table pourvu de tablettes à coulisses par les bouts et de 
tiroirs par devant, avec un dessus garni de cuir, quelquefois 
à glissière mobile pour compenser la place prise par le serre- 
papiers. Les dimensions de cette table, en 1770, sont à peu 
près celles des tables à écrire : i m 5i5 à i m 46o de longueur 
sur o m 785 à o m 8io de largeur et o m 70 de hauteur; hauteur 
totale : i m 245 à i m 30. 

Le serre-papiers ou secrétaire garni de cases et de tiroirs 



35 



LES MEUBLES DU XVI II* SIÈCLE 

règne sur toute la longueur de la table et se ferme, ainsi que 
tout le bureau, par le moyen d'une trappe circulaire dite 
« cylindre ». 

Ce cylindre peut être fait en deux parties brisées, dont 
une se replie derrière le serre-papiers, ou comporter une 
succession de petites alaises de o m o55 à o m o8o de largeur 
qui s'enroulent autour d'un cylindre à l'aide d'un ressort. 
Le dessus du secrétaire est le plus souvent terminé en 
forme d'amortissement avec plusieurs tiroirs sur la largeur. 

C'est un meuble très orné, presque toujours couvert 
de bois de rapport et de marqueterie (témoin le bureau de 
Louis XV au musée du Louvre). Il suit pour le décor et pour 
les formes l'évolution des styles. Vers 1785, on donne au 
modèle en vogue plus de légèreté, i m 30 et même i m i5 de 
longueur sur o m 65o de largeur. L'amortissement comporte 
un rang de tiroirs avec une galerie de bronze repercée. 
Parfois, il figure un petit gradin formant bibliothèque. 

SECRETAIRE A ABATTANT 

Les petites tables à écrire ne diffèrent des grandes que 
par les dimensions de leur dessus, réduit quelquefois à 
o m 650 de longueur sur.o m 405 à o m 485 de largeur, et par 
un petit rebord qu'on y ajoute de trois côtés. Ce dessus 
est tantôt garni de peau, tantôt en bois uni et apparent. 
Vers 1770, on le cintre par le devant, étrange anomalie 
puisque la position de la personne qui écrit semble 
plutôt exiger une forme creuse. 

Au nombre de ces petites tables, il faut comprendre 

-36- 



TABLES — BUREAUX — GUÉRIDONS — ÉCRANS 

les secrétaires de toute espèce, à la fois tables et 
meubles fermés, et que l'on désigne volontiers aujourd'hui 
sous le nom de petits bureaux de dames. Leur pied, d'une 
hauteur de o m 65o à o m 730 est fait de quatre pieds de biche 
très légers. Il comporte, sur le devant, deux rangées de tiroirs 
qui occupent o m 245 à o m 270 de hauteur. Le rang inférieur 
ouvre de toute la profondeur du meuble. Le premier rang 
n'a de mobiles que les tiroirs des bouts. Le tiroir du milieu 
est simulé, sa place étant occupée par une case ou cave qui 
s'ouvre par en haut pour les papiers secrets. 

Le dessus de la table, qui mesure depuis o m 65o à o m 975 
de longueur sur o m 325, o m 405 ou o m 46o de largeur, est 
entièrement occupé par un serre-papiers de o m 245 à o m 325 
de hauteur, composé de deux rangs de tiroirs étages en 
pyramide aux deux bouts, avec tablettes ouvertes dans 
l'intervalle. Ce serre-papiers forme un coffre ou bâti à part 
(comme dans les bureaux à cylindre). Il entre à rainures 
dans le dessus de la table, sur lequel on le colle ou on 
l'arrête par des goujons, et se ferme sur le devant par une 
porte ou « abattant » incliné à 45 , servant de table à écrire 
quand il est rabattu. L'abattant se soutient horizonta- 
lement, soit avec des tirants de fer placés au-dessous de la 
table, soit avec des crochets attachés d'un bout au revers 
de l'abattant et arrêtés de l'autre dans une mortaise pra- 
tiquée à l'intérieur du bâti du serre-papiers où ils rentrent 
quand on ferme l'abattant. 

Ce petit meuble, en grande vogue à partir de 1745, se 
fait de bois uni et sans moulures. Les modèles élégants sont 
recouverts de bois de placage ou de marqueterie. Certains 



— 37 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

sont chantournés sur le pourtour de l'abattant. Ils n'ont 
point d'amortissement. Vers 1780, on leur donne le 
nom de secrétaires « en tombeau », plutôt sans doute pour 
la forme en pente de leur abattant (1), que pour leur rôle 
de tombeau des secrets. Les ébénistes leur ont fait subir 
quelques modifications heureuses. Le pied comporte tou- 
jours deux rangées de tiroirs, mais la rangée inférieure n'a 
de tiroirs qu'aux deux bouts, l'espace du milieu restant 
libre pour le jeu des jambes. Le secrétaire est surmonté d'un 
amortissement présentant un rang de quatre tiroirs et une 
légère galerie de bronze. Les dimensions sont un peu plus 
grandes et la longueur atteint i m 250 sur une hauteur^ totale 
de i m i35- 

Un compromis élégant de la même époque combine la 
petite table à écrire avec le casier de livres et donne le 
« bonheur du jour ». On le fait en acajou avec un rang de deux 
ou trois tiroirs selon la longueur de la table. La hauteur du 
casier, à portes vitrées, avec rideaux de taffetas vert, est 
également très variable. Elle ne dépasse pas parfois o m io,o. 
Tous ces petits bureaux de dame sont d'une grande 
variété et toujours d'une exécution soignée. 

Roubo donne aussi la construction d'un secrétaire 
« à culbute », dont le serre-papiers rentre dans l'intérieur 
du pied de table « en faisant la culbute », ce qui permet 
d'utiliser la table tantôt pour écrire et tantôt pour jouer. 
Il est probable que ce meuble singulier fut d'un usage peu 
fréquent. 

(1) Cf. pi. XXVII le lit à « tombeau ». 



-38- 



TABLES — BUREAUX — GUÉRIDONS — ÉCRANS 



TABLES DE TOILETTE 

Dans la même catégorie des meubles à bâtis simples 
rentrent les tables de toilette et les tables de nuit. 

La table de toilette proprement dite, telle que nous la 
montrent les estampes de Moreau ou de Lawrence, n'est 
qu'une table ordinaire dont les angles ont été arrondis et 
dont le pourtour est muni d'un rebord de o m o65 à o m o85 de 
hauteur. On la recouvre d'un tapis et d'une « toilette » (i) 
garnie de mousseline ou de dentelle. On y pose les usten- 
siles nécessaires à la parure et à l'ajustement : miroir, boîtes 
à poudre, flacons à odeur, pommades. 

Vers 1770, on fait des tables de toilette « ouvrantes » 
à pieds de biche et à dessus divisé en trois parties sur la 
largeur. Le panneau du milieu, qui porte une glace, se 
relève verticalement; ceux des côtés qui recouvrent deux 
caissons pour les flacons et les ustensiles de toilette, se 
rabattent des deux côtés de la table. Au-dessous de la glace 
est disposée une petite tablette à écrire, large d'environ 
o m 325, que l'on tire quand on en veut faire usage. Au-dessous 
de cette tablette et des deux caissons sont ménagés trois 
tiroirs de o m o6 à o m o8 de hauteur. On donne au meuble 
environ o m 975 de longueur sur o m 755 de hauteur. 

Cette table de toilette- ouvrante dite « demi- toilette » 
est encore en vogue sous Louis XVI. On en fait un petit 
meuble léger, à pieds de biche, recouvert en bois des îles 

(1) C'est le sens propre : « petite toile », ordinairement bordée de dentelle, qu'on 
étale sur une table. 

— 39 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

et même en marqueterie. Nous mentionnerons, en parlant 
des meubles fermants, d'autres combinaisons servant au 
même usage, telles que les commodes-toilettes et les 
bureaux- toilettes. 

TABLES DE NUIT 

Inventée en 1717, selon Voltaire (Dictionnaire philo- 
sophique), la table de nuit, « ce meuble commode qu'on 
place près d'un lit et sur lequel se placent plusieurs usten- 
siles », se compose de quatre pieds et de deux tablettes, 
l'une à o m 485 de hauteur, l'autre à o m 70, recouvertes parfois 
de marbre. L'espace compris entre ces deux tablettes est 
fermé sur trois côtés par des. panneaux à jour. Au-dessous 
de la tablette du bas, on pratique un petit tiroir d'environ 
o m o55 de hauteur qui s'ouvre à droite de la table. Les pieds 
et les trois côtés sont en saillie au-dessus de la tablette du 
haut pour retenir les objets qu'on y place. C'est un meuble 
léger, à pieds de biche et à formes chantournées jusque 
vers 1770. 

Sous Louis XVI, la table de nuit est entièrement 
ouverte. Les tablettes ne sont reliées que par deux panneaux 
de côté, et la tablette du bas sert aussi bien à porter des 
livres qu'un vase de nuit. Sous la tablette du haut, dépour- 
vue de rebord, on dispose un rang de deux petits tiroirs. 
Hauteur o m 65o, largeur o m 5i5. 



— 40 — 



TABLES — BUREAUX — GUÉRIDONS — ÉCRANS 

GUERIDONS 

Avant l'invention des tables de nuit, c'est le guéridon 
qui sert à porter la lumière et tout ce dont on peut avoir 
besoin pour la nuit. Mais le guéridon du XVII e siècle, de 
o m 8io à o m 975 de hauteur, s'est abaissé dès la Régence au 
niveau d'une table un peu élevée, o m 70 à o m 755. Son dessus, 
monté à vis sur une tige unique, est ravalé pour former 
rebord au pourtour que l'on décore ordinairement de mou- 
lures. Le pied, en forme de plateau et orné également de 
moulures, repose sur trois ou quatre boules. Vers 1770, 
le guéridon à la mode perd encore de hauteur. Le pied, 
au lieu d'un plateau plein, se compose de trois patins qui 
s'assemblent dans la tige. Comme il sert souvent à porter 
la lumière près du feu, on y ajoute une main en saillie pour 
tenir un écran qu'on arrête avec une vis à la hauteur 
convenable. 

Sous Louis XVI, l'anglomanie fait créer de charmants 
modèles de guéridons ou de petites tables pour «le déjeuner 
à l'anglaise ». On les fait rectangulaires, avec rebords sur les 
quatre côtés, circulaires, avec tablette entre les pieds. On 
tient les pieds cambrés ou à l'antique (Boucher fils). 
Aucun de ces petits meubles n'a de tiroirs. 

CHIFFONNIERES 

Les chiffonnières en ont. Ce sont de petites tables dont 
les dames se servent lorsqu'elles travaillent à coudre ou à 
broder. Elles ont ordinairement o m 650 de hauteur, et leur 

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LES MEUBLES DU XVIII e SIÈCLE 

dessus mesure o m 325 à o m 405 de longueur sur o m 245 à 
o m 325 de largeur. Sous ce dessus, recouvert parfois de 
maroquin comme pour les tables à écrire et muni de rebords 
sur trois côtés, on ménage deux ou trois tiroirs superposés 
dont l'ouverture se fait par devant ou par côté. Celui du 
haut est disposé pour recevoir un encrier. Le meuble tient 
donc autant des petites commodes que des tables. Sous 
Louis XV, il est chantourné et à pieds de biche. On le 
munit, à o m i35 ou o m i6o de la base, d'une tablette assem- 
blée avec les quatre pieds, dont elle maintient l'écart, et 
garnie au pourtour d'un rebord pour retenir ce qu'on y 
met. Comme on s'en sert l'hiver, au coin du feu, on y 
adapte parfois un écran par derrière, à l'aide de deux 
coulisseaux. 

Ce petit meuble léger, souvent monté sur roulettes 
de cuivre, est en grande vogue de 1775 à 1789. La fan- 
taisie des ébénistes et des ornemanistes en multiplie les 
variétés. 

On fait des chiffonnières rectangulaires, larges de o m 485, 
hautes de o m 730, avec un seul rang de tiroirs, une galerie en 
bronze repercée entourant le dessus, un filet garnissant la 
tablette du bas de façon à former une case pour les laines 
ou les chiffons ; les pieds droits sont à l'antique. On en 
fait aussi de circulaires, à o m 325 de diamètre environ, 
hautes de o m 755, avec deux tablettes entre les pieds. 

Vers 1785, la mode amène la « chiffonnière ronde à 
l'anglaise », d'une construction un peu différente. C'est une 
table plus basse (o m 540 de hauteur), à pieds légers et droits 
montés sur roulettes, à tablette distante de o m 2i5 du sol. 

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TABLES — BUREAUX — GUÉRIDONS — ÉCRANS 

Le dessus peut être carré (ou plutôt rectangulaire), avec 
deux rangs de tiroirs en dessous. Il peut être circulaire 
(diamètre o m 43o), avec un seul rang de tiroirs (i). 

ATHENIENNES 

Citons encore, parmi les petits meubles, l'athénienne, 
gracieuse et éphémère création de la mode à la « grecque ». 
C'est une petite table en forme de trépied, composée de 
quatre pieds et de trois tablettes circulaires, l'une à la base, 
la seconde au milieu, la troisième formant dessus, et de 
plus en plus grandes. Celle d'en haut contient une cave 
ronde pour recevoir des rieurs. Wattin, qui s'en attribue 
l'invention, en donne une description détaillée dans les 
Annonces (1773). Lalonde appelle l'athénienne « petit pied » 
ou « caisse à bouquets » (hauteur o m o,20, diamètre o m 43o). 
En aucun cas, on ne lui donne le nom de brûle-parfums 
qu'on trouve consacré dans les catalogues de ventes. 

PUPITRES A MUSIQUE 

Nous laissons de côté les pupitres, simples ustensiles 
d'usage. Mais sous Louis XVI, on construit des pupitres à 
musique qui sont de véritables meubles. Ce sont de petites 
tables, montées sur un pied unique à patins, dont le dessus se 



(1) Le terme de chiffonnière désigne aussi, à cette époque, un corps de tiroirs de 
i m 3o ou 2 m 50 de hauteur. C'est le meuble que nous appelons aujourd'hui « chiffonnier ». 
Cf. ch. IV, p. 59- 



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LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

relève à 30 degrés pour servir de pupitre. On fait aussi de 
petites tables à quatre pieds sur lesquelles on dresse un 
pupitre à tige. 

PARAVENTS ET ECRANS 

Quant aux écrans et aux paravents, il y a peu de mots 
à en dire. Le paravent est ce meuble à bâtis, composé de 
plusieurs feuilles jointes par des charnières, que créa le 
xvn e siècle finissant et que le XVIII e multiplie étonnemment 
dans les intérieurs, autour des tables où l'on joue et des 
foyers où l'on cause. Les bâtis sont assemblés par une 
traverse médiane. Les feuilles, au nombre de 4, 5, 8 et 
même 10, sont ferrées en sens contraire pour se replier 
les unes sur les autres. On leur donne depuis o m 975 jusqu'à 
i m 95o et 2 m 275 de hauteur, sur une largeur de o m 485 à 
o m 8io, en proportion de la hauteur. La plupart des para- 
vents des deux premiers tiers du siècle n'ont pas de bois 
apparent. Vers 1785, on en fait des modèles très riches, à 
bois sculpté et doré dans le goût du moment. 

La variété est plus grande dans les écrans, et surtout 
la recherche du décor. Le type classique du xvn e siècle, 
toujours en vogue, est composé de deux pieds ou montants 
montés sur patins et joints ensemble par deux traverses, 
l'une en bas, l'autre en haut, cette dernière faite de deux 
pièces pour laisser passer le châssis qui coule dans des 
rainures pratiquées dans les montants. On hausse ou baisse 
le châssis à volonté, et on le maintient en place à l'aide 
d'un cordon, ainsi que les glaces des voitures. Parfois on 

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TABLES — BUREAUX — GUÉRIDONS — ÉCRANS 

y adapte des tablettes à lire ou à écrire, qui se relèvent ou 
s'abaissent à volonté. Vers 1770, l'écran mesure de o m 8io 
à i m i35 de hauteur sur o m 65o à o m 775 de largeur. Le 
décor est très riche et suit l'évolution des styles. 

Vers 1785, on fait des écrans circulaires montés sur 
pivot, de o m 38o de diamètre environ. Le fût est cannelé et 
le pied en plateau ou à patin; mais ce modèle est moins 
répandu que les combinaisons ingénieuses qui adaptent 
l'écran aux guéridons, aux chiffonnières, dont nous venons 
de parler. 

CONSOLES 

Il ne nous reste plus, avant de passer aux meubles 
fermants, qu'à dire quelques mots de la console ou, pour 
parler comme les décorateurs du xvm e siècle, du « pied de 
table orné pour entre-croisées ». Le meuble est composé d'un 
dessus, le plus souvent de marbre, porté par quatre pieds 
dont les deux de derrière sont verticaux et plaqués au mur, 
et les deux de devant recourbés pour se rapprocher à 
l'entre-jambe et rentrer en quelque sorte sous la table. Cette 
forme « en console » des pieds donne son nom au meuble. 

Comme la console est invariablement adossée à un 
trumeau, elle n'a que trois faces apparentes et son dessus 
présente la forme d'une moitié de table, ovale ou chan- 
tournée. Les pieds sont toujours reliés par une entre-jambe 
dont le centre porte un vase ou un motif de décoration 
important. Il s'agit donc moins d'un meuble que d'un 
élément fixe de décoration intérieure, dessiné par les 

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LÈS MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

architectes, en harmonie avec les moulures et les corniches 
de l'appartement, et destiné à occuper une place déterminée 
pour laquelle il est construit, au même titre qu'une glace 
ou un trumeau. Aussi l'architecte et le sculpteur, n'ayant 
pas à tenir compte des conditions de solidité, d'équilibre, de 
commodité qu'on exige d'une table d'usage, en font-ils 
une véritable fantaisie décorative. C'est très probablement 
dans les consoles que se manifestent, à chaque époque, les 
premières nouveautés de style. 

Vers 1730, Meissonnier, Slodtz et Oppenord créent 
la console rocaille. Roumier, Cuvillier, Pineau, de 
1745 à 1755, en varient à l'infini les végétations fabuleuses 
mêlées de dragons, les rinceaux à branches détachées, les 
chutes de fleurs s'échappant de rocailles à profil singulier. 
Ceinture, pieds, entre-jambe se contournent, se creusent, 
s'arrondissent avec des hardiesses de forme, des licences 
décoratives incroyables. Rien de droit ni de symétrique. 
Les cartouches et les écussons penchent sur leur axe. Il 
est impossible de diviser un ornement par sa ligne médiane 
en deux parties qui se répètent. Mais cette asymétrie ne 
compromet pas l'équilibre. Si les deux côtés ne se répondent 
pas, ne se répètent pas exactement, leurs masses se pon- 
dèrent et se balancent. L'œil ne s'aperçoit pas du défaut de 
symétrie (1). 

Le retour aux formes droites est déjà très avancé 
dans la décoration architecturale intérieure sans que 
l'on ait encore renoncé à la console rocaille, de tous les 
meubles celui qui porte le mieux la marque du style 

(1) H. Clouzot, L'Ameublement Louis XV. Paris-Vincennes, 1912, in-4 . 

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TABLES — BUREAUX — GUÉRIDONS — ÉCRANS 

Louis XV. En 1772, Roubo en donne des modèles d'une 
exubérance et d'une richesse de décor sans pareilles. Mais 
déjà Delafosse, Boucher fils et leurs émules prêchent par 
leurs exemples l'évangile des formes droites et des courbes 
régulières. Le dessus de leurs consoles prend la forme d'une 
demi-circonférence ou d'un rectangle. Les pieds droits sont 
cannelés. La ceinture également, quand elle n'est pas agré- 
mentée de feuilles d'eau, de rubans ou de piastres. D'un 
pied à l'autre, au-dessous de la ceinture, se détachent des 
guirlandes de fleurs, des nœuds de ruban, des chutes, reliés 
à des cartouches, à des médaillons. L'entre-jambe supporte 
un vase antique, une corbeille de fleurs, un trophée de 
flèches, de carquois, de flambeaux, de colombes. Parfois, la 
console repose sur trois volutes de forme architectonique, 
ornées d'acanthes et réunies en seul pied par la base. 



IV 
MEUBLES FERMANTS 

Nous arrivons maintenant aux meubles à bâtis et à 
panneaux, aux meubles fermants, comme les armoires, les 
buffets, les commodes ou les secrétaires-armoires. Le Grand 
Siècle n'a connu que le cabinet, l'armoire et le coffre. Ces 
modèles classiques se métamorphosent dès la Régence en 
une prodigieuse quantité de grands et de petits meubles, 
aux usages nouveaux, aux noms inconnus. La plupart se 
font en bois de rapport ou de marqueterie. Nous sommes 
maintenant dans le domaine des ébénistes. 

ARMOIRES 

Les plus grands des meubles fermants, les armoires, 
sont en même temps les moins sujets aux transformations 
de la mode. Les modèles de 1770 diffèrent à peine de ceux 
de 1750, et même de ceux de 1720. N'en soyons pas surpris. 
Ce genre de meuble ne figure que dans les appartements des 
gens de condition médiocre, conservateurs par nécessité 
aussi bien que par goût. Les gens riches, qui ne peuvent 
se passer d'armoires, les relèguent dans la garde-robe, les 
offices ou les pièces de rebut, où la forme et le décor im- 
portent peu. Conséquence de ce rôle social : les plus beaux 
modèles se retrouvent dans les intérieurs bourgeois et rus- 

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MEUBLÉS FERMANTS 

tiques, où ils tiennent la place d'honneur, comme c'est le 
cas pour les armoires normandes. Dans les hôtels riches, 
c'est un meuble d'utilité dont la peinture dissimule mal 
les matériaux communs et le défaut d'ornement. 

Les éléments constructifs de l'armoire se composent 
de la devanture (deux portes, un chambranle et une cor- 
niche), de deux côtés, d'un derrière, de deux fonds. On les 
démonte à volonté à l'aide de vis à écrous, semblables à 
celles des lits. Elles sont garnies à l'intérieur de tablettes 
et de tiroirs. Quelquefois on y ménage à la partie inférieure 
des tiroirs apparents. Les corniches, construites à part, 
rentrent à rainure dans les traverses du haut. Elles ne 
retournent pas derrière l'armoire et sont coupées au ras des 
côtés. Le meuble mesure depuis i m 95, 2 m 275 et même 
2 m 6o de hauteur, sur i m i35 à i m 4Ôo de largeur et o m 46o 
à o m 485 de profondeur. On le fait en chêne, en hêtre ou 
en noyer avec des tablettes en sapin. Pour les panneaux de 
derrière, on emploie souvent de vieilles douves de tonneaux. 

Pendant le second quart du xvm e siècle, on cintre 
les corniches en S ou en anse de panier, non seulement en 
élévation, mais même en plan, de sorte que l'on voit des 
armoires bombées ou ventrues. Vers 1770, on les fait indiffé- 
remment cintrées ou droites. A partir de 1780, les corniches 
cintrées sont exceptionnelles. On ne les retrouve guère que 
chez les menuisiers de province, fidèles aux traditions. La 
traverse inférieure du chambranle reste également très 
longtemps chantournée, avec des pieds de biche. Quant 
aux vantaux, ils suivent le style général des portes et des 
trumeaux moulurés de l'appartement. Découpés sous 

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LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Louis XV en quart de cercle, chantournés à leur partie 
supérieure et sur tout le pourtour de leurs panneaux, ils 
ne présentent plus, vers 1780, que des lignes droites. Le 
meuble est devenu une construction architectonique, con- 
formée aux règles des ordres antiques, avec frise, architrave, 
corniche, soubassement. Certains modèles, aussi bien 
Louis XV que Louis XVI, sont à pans coupés. 

Les moulures faisant le principal ornement des 
armoires, les parties sculptées sont à l'ordinaire sobrement 
distribuées. Dans l'armoire normande, cependant, la frise, 
les champs autour des panneaux, le montant médian, la 
traverse inférieure sont chargés de motifs en relief assez 
accentués, d'une facilité et d'une abondance un peu banales 
mais agréables à l'œil. L'armoire Louis XVI à l'antique ne 
présente pour ainsi dire aucun ornement de sculpture. 

On fait aussi des armoires de petite dimension dont 
la parure de marqueterie, de laque ou de bronze doré n'est 
pas évidemment destinée aux antichambres ni aux garde- 
robes. On en connaît de Cressent, avec des vantaux de 
laque chinoise, empruntés sans doute à des feuilles de 
paravent (hauteur i m 5o, largeur i m 35, profondeur o m 37o). 
Ces meubles jouaient le rôle de « cabinets » pour certains 
amateurs. 

BUFFETS 

Après les armoires, les buffets sont les plus grands des 
meubles fermants. Mais on ne les trouve guère, non plus, que 
chez les gens de condition médiocre. Dans les intérieurs 
riches, l'architecte ménage dans la décoration de la salle à 

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MEUBLES FERMANTS 

manger des placards avec des tablettes d'appui pour le 
service des plats. C'est la disposition adoptée par Bérain , 
qui dessine pour l'intendant Bégon trois placards à fonds de 
glace et à portes vitrées pour serrer l'argenterie, au-dessus 
d'une vasque et de deux tables de marbre soutenues par 
des consoles sculptées à hauteur d'appui. Blondel, à son 
tour, donne dans son Architecture française des plans de 
buffets fixes. 

Les buffets mobiles sont divisés en deux parties sur 
leur hauteur, à l'endroit de la tablette d'appui, le corps du 
haut formant retrait sur celui du bas. On peut ainsi, quand 
on déplace le meuble, les porter chacune séparément. Les 
faces de chaque corps sont fermées par deux portes, comme 
les armoires. Le corps du bas renferme d'habitude à l'inté- 
rieur un rang de tiroirs d'environ o m no de hauteur, placés 
au-dessous de la tablette d'appui et protégés par un bâti 
ou caisson. On y serre l'argenterie. L'espace qui reste dans 
le bas du buffet est coupé en deux par une tablette. Le 
corps du haut en comporte trois ou quatre, parfois chan- 
tournées, en tout cas munies d'un léger rebord pour retenir 
les porcelaines dressées debout. Car, pendant la durée des 
repas, le meuble reste ouvert, « plus, dit Roubo, par osten- 
tation que par nécessité ». Il faut bien faire admirer sa 
vaisselle plate ou tout au moins ses porcelaines. On imagine 
même une disposition spéciale pour que les vantaux 
ouverts, pendant cet étalage, ne gênent pas le service. Deux 
pilastres, de chaque côté des portes, s'ouvrent à brisure 
avec les vantaux et permettent de les replier sur les côtés. 

La largeur d'un buffet varie depuis i m i35 jusqu'à 

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LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

i m 30, sur i m 95 à 2 m 435 de hauteur. L'appui est de o m 865 
à o m 920 au plus. Quant à la profondeur elle est pour le corps 
du bas de o m 485 à o m 540 environ, le corps du haut tenu 
moins profond de o m i35 à o m i6o. Comme les armoires, les 
buffets peuvent être cintrés ou chantournés, sur le plan 
comme en élévation. 

Dans les modèles Louis XVI, les dimensions sont un 
peu moindres et ne dépassent pas i m Ô25 de hauteur 
sur o m 975 de largeur. L'exécution devient plus soignée, 
la tablette d'appui se fait en marbre. La décoration suit 
celle des armoires. Elle peut être très riche, mais les 
buffets à l'usage des gens du commun sont moins grands 
et moins beaux. Les panneaux des portes du haut sont 
remplacés par des portes de fil de laiton pour donner de 
l'air à un meuble qui sert en même temps de garde-manger. 

BAS-DE-BUFFET 

On fait également usage des bas-de-buffets, appelés 
aussi bas-d'armoires ou bureaux. Ils ne diffèrent des bas-de- 
buffets ordinaires que parce que leurs tiroirs sont apparents 
et que leurs portes ouvrent au-dessous de ces derniers. Leur 
vogue remonte à 1740 environ, mais ils ne sortent guère des 
intérieurs bourgeois ou populaires. Leur type s'est perpétué 
presque sans modification dans les demeures paysannes, 
avec de belles plaques en fer ou en cuivre repercé pour 
orner les entrées de serrures et servir d'attache aux tirettes 
de tiroirs. 

Ce meuble simple et pratique s'introduit sous Louis XVI 

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MEUBLES FERMANTS 

dans les appartements riches. C'est l'époque de ces élégants 
bas-d'armoires à deux portes, sans tiroirs ou avec tiroirs, 
de o m 97o à i m de hauteur sur o m 76o à i m 20 de largeur que 
le commerce d'antiquité appelle indifféremment meubles 
d'entre-deux, armoires basses, meubles de salle à manger. 
On peut les faire très luxueux, avec deux compartiments à 
glaces, ménagés aux deux bouts, comme le fameux bas-de- 
buffet de Beneman, pour Marie- Antoinette, conservé au 
musée du Louvre. La « commode à l'anglaise » en est une 
simple variante. 

BIBLIOTHEQUES 

Une modification intéressante de l'armoire conduit 
à la bibliothèque. Jusque vers 1770, on ne connaît que 
1' « armoire à livres », placard ouvert pratiqué dans la boi- 
serie de l'appartement avec tablettes superposées. C'est la 
seule dont parle Roubo. Vers 1775, cependant, on commence 
à ranger les livres dans des meubles à deux corps qui ne 
diffèrent des buffets que parce que les portes du haut et du 
bas sont vitrées ou grillagées de fil de laiton, avec rideaux 
de taffetas vert. La bibliothèque Louis XVI est droite et de 
construction architectonique, avec pilastres, chapiteaux, 
entablement d'ordre corinthien (Lalonde). On lui donne 
environ 2 m à 2 m 25 de hauteur sur i m 20 de largeur. Mais on 
fait en même temps des petites bibliothèques « ambulantes » 
dont la hauteur varie de i m i90 à i m 405 et des bibliothèques 
« volantes » montées sur pieds, qui ne dépassent pas o m 8io 
de haut. Il existe aussi des bibliothèques en « encoignures » 



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LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

(Boucher fils). Tous ces meubles légers, fréquemment 
munis de tiroirs, s'exécutent en bois de placage et en mar- 
queterie. 

COMMODES 

Dès le début du xvm e siècle, on voit apparaître un 
meuble à hauteur d'appui, de forme analogue au bas-de- 
buffet ou bureau, mais muni, au lieu de portes, de tiroirs 
superposés, disposition « commode », qui permet d'y serrer 
beaucoup d'objets séparément. 

L 1 'armoire- commode ou commode date des premières 
années du siècle. Bérain en dessine de fort belles avant de 
mourir (1711) et Boulle en exécute avant 1720. Richelet, 
dès 1728, en donne cette définition : « Commode se dit 
aussi d'une espèce de bureau dont on se sert à présent 
pour retirer les habits, coiffures et autres habits de fem- 
mes. » C'est encore une nouveauté. Vingt ans plus tard 
on en voit partout. Les commodes sont les meubles par 
excellence du siècle. 

On peut les diviser en deux genres, les « grandes 
commodes », dont toute la hauteur est remplie de tiroirs, et 
les « commodes sur pieds» — Roubo les appelle « demi- 
commodes» ou petites commodes — qui n'ont de tiroirs que 
jusqu'à o m 325 ou o m 485 du sol, l'espace qui reste entre le 
dernier tiroir et le sol demeurant vide. Bien que l'on trouve 
des grandes commodes dans les modèles de Bérain et que 
Boulle exécute indifféremment une forme ou l'autre, il 
semble que la commode sur pieds soit la plus répandue 
au début (Régence, Louis XV). Elle dérive en tout cas, 



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MEUBLES FERMANTS 

presque sans modification des grands coffres montés sur 
pieds et supportés par des cariatides de la fin du xvu e 
siècle, tandis que la grande commode se rattache plutôt 
au bas de buffet. 

Vers 1740, les commodes sont bombées ou chantour- 
nées sur le plan par devant et quelquefois sur les côtés. 
Certaines même sont cintrées sur l'élévation, ce qui leur vaut 
le nom de commodes « en tombeau ». Les ébénistes ne leur 
donnent que deux tiroirs. Leurs pieds chantournés s'élèvent 
de o m 30 à o m 40 du sol. Les plus belles sont revêtues de bois 
de placage et disparaissent sur un véritable réseau de 
bronzes dorés, capricieusement modelés. Elles jouent, dans 
les entre-deux des fenêtres, un rôle décoratif analogue à 
celui des tables-consoles. 

Vingt ans plus tard, la mode s'est assagie. Sans 
renoncer aux formes chantournées, la commode n'est plus 
démesurément ventrue comme sous la Régence. C'est un 
meuble de o m 865 à o m o,20 de hauteur sur i m i35 de longueur 
et o m 485 à o m 540 de largeur. On en fait aussi de plus petites, 
mais leur hauteur, qui est celle du lambris des appartements 
au-dessus duquel elles doivent affleurer, reste invariable. 
Le meuble se compose d'un coffre ou bâti constitué, comme 
dans les bas-de-buffets, par quatre pieds ou montants, par 
des traverses qui servent à porter les tiroirs, et par un faux 
fond. Le dessus est fait d'un seul ou de deux panneaux de 
noyer joints ensemble et fixés sur le bâti par des chevilles. 
Quand le dessus est en marbre, on le fait reposer sur un 
double fond. 

Vers 1770, la grande commode tend à devenir un 



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LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

meuble d'utilité, banni des pièces d'apparat : on lui mar- 
chande le travail d'ébénisterie et les embellissements de 
bronze doré. En même temps, le cintrage commence à 
passer de mode. Le goût des formes droites prévaut, comme 
dit Roubo, non seulement dans la décoration extérieure et 
intérieure des édifices quelconques, mais encore dans celle 
des meubles et des habits, « comme si chacune de ces choses, 
quoique très différentes entre elles, devaient se ressembler 
dans le genre, ou, pour mieux dire, la forme de leur déco- 
ration ». On adopte les formes carrées pour les commodes 
comme pour tout ce qui se fait « à la grecque ». 

Dès lors, sous les appellations les plus diverses, c'est 
la commode droite qui règne, avec des angles arrondis, 
à arêtes vives, à pans coupés, avec un plan rectangulaire, 
demi circulaire, trapézoïdal, avec des montants en colonne, 
en pilastre, et même, dans la «commode à l'anglaise», en 
gaine. 

Vers 1785, l'ingéniosité des décorateurs et des ébénistes 
crée une variété incroyable de petites commodes, presque 
toujours à pieds, d'une élégance et d'une richesse de décor 
parfaites, qui, sous les noms les plus divers redonnent de 
la vogue au meuble. Leur fantaisie échappe à toute des- 
cription. On en fait à deux tiroirs sur pieds de biche, qui 
pourraient passer pour des chiffonnières. On en fait à trois 
tiroirs, sur pieds droits, peu élevés. Toutes les dimensions 
s'amoindrissent : la hauteur n'est plus que de o m 755 à 
o m 8io, la largeur de o m 540 à o m o,75. On imagine des 
commodes à la dauphine* à l'italienne, à la provençale, à 
la polonaise, à l'impériale, à l'antique, à la reine, à la fran- 



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MEUBLES FERMANTS 

çaise, à la romaine, à la chancelière (Boucher fils), tandis 
que, plus simples, les grandes commodes droites, dites 
« commodes carrées », continuent à jouer un rôle utilitaire. 

Grande ou petite, la commode Louis XVI remplace 
volontiers l'embellissement de bronze par le décor en bois 
de rapport, en laque de, Chine, en vernis Martin ou en 
marqueterie. Aussi beaucoup de modèles substituent aux 
tiroirs apparents des panneaux ouvrants entre les traverses 
du haut et du bas et le milieu du meuble. Quand l'ébéniste 
juge à propos d'y joindre des tiroirs, il en dispose un rang 
dans la partie supérieure, au-dessous de la table, ou plu- 
sieurs rangs sur les côtés en réservant la partie du milieu 
pour un panneau droit ou cintré. Parfois même, il surmonte 
le meuble d'un petit secrétaire ou cartonnier à trois rangs 
de deux tiroirs, de o m 975 de largeur sur o m i6o de pro- 
fondeur. 

Sous l'influence de la mode anglaise, on ménage' aussi 
dans les commodes des tablettes ouvertes qui remplacent 
les rangs de tiroirs de chaque côté du panneau central. 
Bien plus, on construit des commodes ouvertes dans le 
goût anglais, qui sont de vraies tables-consoles à dessus 
semi-circulaire, avec un seul rang de tiroirs au-dessous, et 
deux ou trois tablettes garnies d'un rebord de cuivre 
repercé entre les pieds. 

N'oublions pas non plus les petites commodes d'angle, 
appelées encoignures ou e'coinçons, triangulaires par leur 
plan et fermées de portes. On leur donne la hauteur des 
commodes, avec o m 485 à o m 540 de côté. L'angle, au lieu 
d'être droit, peut se conformer à la place que le meuble 



57 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

est destiné à occuper dans l'appartement. Vers 1785, on 
fait les encoignures indifféremment droites ou cintrées 
par devant. 

CHIFFONNIERES 

Quand les commodes ont plus de trois rangs de tiroirs 
sur la hauteur, elles prennent le nom de garde-robes. On les 
appelle chiffonnières — nous disons aujourd'hui « chiffon- 
niers» —quand le corps de tiroirs atteint i m 30 de hauteur. 
Sous Louis XVI, on çn fait d'élégants modèles, décorés de 
marqueterie. Le meuble a franchi la porte des pièces 
d'apparat comme nous le montre Lawrence dans le 
Directeur des toilettes. 

COMMODE S -TOILETTES 

ET BUREAUX-MINISTRES 

Rattachons aux commodes, faute de pouvoir leur 
donner une meilleure place, quelques combinaisons plus ou 
moins ingénieuses des ébénistes de Louis XVI. 

Le dessus des commodes-toilettes — on en a fait déjà 
sous Louis XV — s'ouvre comme celui des tables de toi- 
lette, avec glace, caves diverses pour les flacons et les 
ustensiles. Le coffre, fermé par un panneau ouvrant en son 
milieu, forme armoire. Certains modèles ont leur devant 
divisé en trois parties. Celle du milieu sert d'armoire, à 
droite et à gauche sont superposés quatre rangs de tiroirs. 

Le bureau-ministre est une table à écrire, à huit pieds. 
La partie du milieu reste libre pour les jambes de la per- 

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MEUBLES FERMANTS 

sonne qui écrit. Sur les côtés, les pieds sont reliés deux à 
deux par des panneaux pleins formant armoires. Un rang 
de tiroirs est disposé sous le dessus, qui peut aussi être sur- 
monté d'un serre-papiers à galerie. Parfois, le bureau n'a 
pas de pieds. C'est un véritable coffre dont le derrière est 
plein et dont le devant est divisé en trois parties. Le com- 
partiment du milieu reste libre, les deux côtés présentent 
trois tiroirs superposés. On dispose en outre un rang de 
tiroirs sous le dessus. 

Cette disposition peut s'appliquer à un bureau cylindre 
(voir le modèle de Riesener au Kunstgewerbe Muséum). 

SECRETAIRES-ARMOIRES 

Le dernier genre de meubles fermants dont fait usage le 
xvm e siècle, c'est le secrétaire «en forme d'armoire» ou plus 
simplement le secrétaire-armoire qui peut servir à la fois 
de coffre-fort, de secrétaire et même de commode. Sa 
naissance se place vers 1740 environ, mais la grande vogue 
ne lui vient que vingt ou trente ans plus tard. 

Bien que divisé en deux parties sur la hauteur, le secré- 
taire-armoire est fait d'un seul corps, dont le bâti, à peu 
près semblable à celui des armoires, mesure environ i m 30 
de hauteur sur o m 8io à o m 975 de largeur et o m 325 à o m 405 
de profondeur. Il présente quatre portes sur le devant. 
Les deux d'en bas s'ouvrent comme dans les bas-de-buffets, 
c'est-à-dire verticalement. Les deux d'en haut, qui tiennent 
ensemble et par conséquent sont feintes, se rabattent hori- 
zontalement en un seul panneau pour servir de table à 



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LES MEUBLES DU XVIII» SIÈCLE 

écrire. Au-dessus de cet « abattant », immédiatement 
au-dessous de la corniche, est disposé un tiroir qui ouvre 
de toute la largeur. L'abattant, abaissé, doit se trouver à 
o m 70 du sol. Les premiers modèles sont souvent terminés 
par un amortissement en retrait, en forme de doucine, qui 
sert à supporter une sphère, un buste, une pendule. Quel- 
ques-uns sont chantournés sur toutes les faces. A partir de 
1770, la cimaise à angles droits ou à pans coupés est la 
règle générale. Sous Louis XVI, le dessus en marbre devient 
très fréquent et supprime toute cimaise. 

La disposition intérieure est très variable. Les ébénistes 
se sont complu à modifier à leur fantaisie le nombre des 
tiroirs, des casiers, des cachettes à secret. Voici cependant 
l'arrangement le plus fréquent. Dans la partie du bas est 
disposé un caisson d'environ o m 325 de hauteur, contenant 
deux rangs de tiroirs ouvrant de toute la largeur, comme 
ceux des commodes, ou séparés en deux. Quelquefois, les 
tiroirs sont simulés et le caisson s'ouvre par devant en 
forme d'armoire ou par dessus. La partie supérieure est 
remplie, comme dans les autres secrétaires, par un serre- 
papiers comprenant deux rangs de casiers, au-dessus d'un 
caisson contenant deux rangs de tiroirs de chaque côté; 
un petit caisson au milieu, qui rentre dans le grand aussi 
juste que possible, masque deux petits tiroirs secrets au 
fond et ferme la « cave ». 

Par la suite, l'imagination des décorateurs modifie le 
type classique Dans certains modèles, dits secrétaires 
« chiffonniers », la partie inférieure au lieu d'être disposée 
en armoire, contient trois rangées de tiroirs, ouvrant de 

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MEUBLES FERMANTS 

toute la largeur, comme dans les commodes. D'autres, à 
côtés arrondis, présentent des rangs de tablettes de chaque 
côté de l'armoire, ouverts dans la partie supérieure, fermés 
par un panneau cintré dans le bas. D'autres sont entiè- 
rement garnis de tiroirs, en haut comme en bas, dissimulés 
par des portes à coulisse. D'autres enfin sont en trois 
parties au lieu de deux : au milieu le secrétaire à abattant, 
en bas des tiroirs ou une armoire, en haut une armoire plus 
petite dont les vantaux peuvent être vitrés. 

SECRETAIRES-CABINETS 

Sous Louis XVI, une modification du secrétaire- 
armoire donne le secrétaire-cabinet ou serre-bijoux. La partie 
supérieure est une armoire à abattant ou à vantaux, la 
partie inférieure une table à pieds droits, reliés souvent 
par une entretoise ou une tablette, avec un rang de tiroirs 
sous le dessus. C'est un meuble très riche, embelli de plaques 
de Sèvres, de marqueterie, de plaques de bronzes. Il est 
parfois arrondi sur les côtés, avec plusieurs rangs de ta- 
blettes ouvertes. 

SECRETAIRES A ARCHIVES 

Citons pour finir le secrétaire à archives, complément de 
la table à écrire ou bureau plat, au côté de laquelle on le 
range. C'est une armoire plate de o m 35o à o m 405 de pro- 
fondeur, de même hauteur et de même largeur que la table, 
munie de portes latérales pour qu'on puisse les ouvrir 

— 61 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

aisément. Il est surmonté d'un casier contenant quatre 
cartons sur deux rangées et supportant un groupe de 
bronze ou une pendule. La hauteur totale du meuble est 
d'environ i m 65. 

Quand le secrétaire à archives n'est pas destiné à 
accompagner une table, l'armoire du bas s'ouvre comme un 
bas-de-buffet, et les cartons s'étagent sur cinq, six, et 
même huit rangs, à raison de deux sur la largeur. Le meuble, 
de construction architecturale, à pans coupés et à cimaise, 
mesure alors 2 m i65 de hauteur sur i m 30 de largeur. 

On fait aussi des secrétaires à archives dont le dessus, 
en forme de pupitre incliné à 45 °, ne dépasse pas i m 20 ou 
i m i35 de hauteur, de façon qu'on y puisse commodément 
écrire debout. Tout le corps du meuble est rempli par des 
cartons disposés sur cinq ou six rangées. Le dessus, en se 
rabattant, ferme le secrétaire comme dans les petits bureaux 
à dos d'âne. 



V 
LES BOIS D'ÉBÉNISTERIE 

Nous avons donné, en décrivant les divers genres de 
meubles, quelques indications sur les bois employés à leur 
construction. On peut dire, d'une façon générale, que le 
hêtre et le noyer sont les seules essences utilisées par les 
menuisiers. Nous verrons plus loin qu'il n'en est pas de 
même des ébénistes. C'est exceptionnellement, dans les 
provinces où le poirier, le cerisier, l'alisier abondent, qu'on 
emploie ces bois pour des bâtis. Le hêtre est le bois des 
sièges par excellence, le noyer celui des tables et des 
commodes. Pour les armoires et les gros meubles, on évite 
de faire les panneaux en hêtre, parce que, si sec que soit ce 
bois, il se tourmente quand les panneaux atteignent une 
certaine dimension. Le chêne s'emploie pour le derrière des 
gros meubles, les fonds et les tiroirs, mais jamais pour les 
parties apparentes. On en fait cependant des armoires com- 
plètes, mais elles ne sortent pas des garde-robes. On les 
peint, on les vernit. On ne les polit pas, tandis que les 
meubles « parants » sont toujours polis. 

POLISSAGE 

Le hêtre et le noyer sont les bois qui prennent le 
mieux le poli, le premier et le plus simple des embellisse- 
ments que nous ayons à envisager pour les meubles du 

-63 - 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

xviii e siècle. Il s'applique aux armoires, commodes, secré- 
taires, buffets, bureaux, tables à écrire, et autres meubles 
d'usage que les menuisiers mettent en vente, en bois appa- 
rent et naturel, à l'intention des gens de condition modeste, 
tandis que les ébénistes les présentent revêtus de placage 
et de marqueterie pour la clientèle riche. Voici comment 
on procède au temps de Roubo. 

Le meuble fini et passé au racloir, le menuisier le 
ponce à la peau de chien de mer et à la prêle, sorte de jonc 
très dur dont on fait un paquet serré. Puis il frotte la sur- 
face avec de la cire jaune, ordinairement mélangée d'un 
tiers de suif, qu'il échauffe en promenant le plus près 
possible du vase qui la renferme un poêlon de tôle, plein de 
charbons ardents ou un fer presque rouge. La cire bien 
entrée dans les pores du bois, on l'étend avec une brosse 
dure, puis on achève le poli en frottant avec un morceau 
de serge. 

Le poli à l'eau s'exécute en raclant le meuble dans 
tous les sens avec un morceau de pierre ponce légèrement 
trempée dans l'eau, et on réitère l'opération jusqu'à ce que 
l'ouvrage soit parfaitement lisse, en le laissant sécher entre 
chaque reprise. On complète le travail en le « prêlant » — 
c'est-à-dire en le passant à la prêle — et en le frottant à la 
cire comme nous l'avons décrit. Pour les meubles communs, 
les menuisiers les imprègnent, à l'aide d'un linge ou d'une 
éponge, d'un mélange d'huile de lin et d'orcanette (racine 
colorante rouge) qui donne au bois une couleur brune et 
devient luisant avec le temps. 



64- 



LES BOIS D'ÉBÉNISTERIE 

BOIS DE PLACAGE ET DE MARQUETERIE 

Quand on veut donner aux meubles un embellissement 
de couleur ou de dessin, on a recours à la menuiserie de pla- 
cage ou marqueterie, qui permet de revêtir un bâti de bois 
commun d'une enveloppe de bois précieux figurant des 
jeux de fond, des compartiments et même des dessins plus 
ou moins compliqués à l'aide de petits fragments découpés 
et collés. On emploie pour ce travail, réservé aux ébénistes, 
des bois indigènes et des bois rapportés des Indes. 

Voici une liste des bois des « îles », telle que permettent 
de l'établir les traités du xviu e siècle. Nous avons essayé 
d'en identifier les essences, mais souvent sans succès, car, 
même encore aujourd'hui, on ignore de quels arbres pro- 
viennent certains bois importés des régions intérieures de 
l'Amérique. Nous imprimons en gros caractères les sortes 
les plus usitées en ébénisterie : 

Acaja, rouge. 

Acajou (Swietenia Mahogani), rouge. 

Aloès, bois d'aigle ou calambac (Excoecaria agallocha, 
aquilaria agallocha, aloexylon agallochum) , roussâtre 
et verdâtre, odeur aromatique. 

Amarante (copaïfera publifora), violet brun, de couleur 
uniforme et sans veines (ce qui le distingue du bois 
violet), très en usage pour trancher avec le bois de rose. 

Amourette, rouge brun. 

Anis, badiane ou anisette (illicium anisatum), gris bru- 
nâtre, odeur anisée. 



— 6« 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Brésil, sapan, Fernambouc (Cesalpina echinata), brun 

rouge. 
Cannelle ou sassafras ( acrodiclidium chrysophyllum) , blanc. 
Cayenne, jaune, rouge, veiné — Voir Chine, œil-de-per- 
drix, épi de blé. 
Cèdre (laryx cedrus), rougeâtre et veiné, odeur forte et 

douce. 
Cèdre jaune (thuya excelsa ou orientalis), blanc roux, 

même odeur. 
Chine ou bois de lettres (brosinum Guyanensis et Machae- 

rium Schombourgkii), rouge brun, marqué de taches 

noires imitant les lettres chinoises. 
Citron ou bois de chandelle (erithatis fructicosa), jaune 

roux, odeur de citron ou de muscade. 
Campêche, bois d'Inde, ou laurier aromatique (hoema- 

toxylon campechianum) , rouge, glacé de jaune, odeur 

forte. 
Copaïba, rouge tacheté. 
Copahu (copaïjera officinalis). 
Corail, rouge vif, veiné. — Voir Santal rouge. 
Cyprès, jaune rayé. 

Ebène (Diospyros ebenum) noir (tombé en désuétude). 
Ébène de Portugal, noir et blanc, tacheté. 
Ébène rouge ou grenadille (astronium fraxinifolium), brun 

rougeâtre, rayé de noir, peut être le même bois que le 

courbaril. 
Ébène verte, brun olive, rayé de vert. 
Ébène blanche, blanc. 
Épi de blé (andira inermis), brun et rougeâtre, rayé. 

— 66 — 



LES BOIS D'ÉBÉNISTERIE 

Feréol ou bois marbré, blanc, tacheté de rouge. — Voir 

Satiné jaune. 
Fer, fauve, brun et noir, un peu rayé (désigne toute une 

série de bois très durs). 
Fustet (rhus cotinus), jaune verdâtre vif, veiné de brun et 

de brun verdâtre. 
Gayac ou bois saint (guaicum officinalis), vert et noir, 

rayé. 
Gommier blanc, blanc veiné de noir. 
Jacaranda, blanc et noir, de bonne odeur. — Voir 

Palissandre. 
Lapiré, rouge et jonquille, de très bonne odeur. 
Muscadier. 
Œil-de-perdrix ou bois de perdrix (robinia prouasensis ) , 

gris brun. 
Olivier, jaune brun, rayé. 
Oranger, jaune et blanc. 
Palissandre ou bois de Sainte-Lucie, gris brun, veiné, 

bonne odeur plus forte que celle du bois violet. Essence 

indéterminée qu'on croit appartenir au genre dalber- 

gia et au genre jacaranda. 
Rose ou bois marbré (physocalymna floribundum) , jaune 

et rouge, rayé, odeur de rose, un des bois dont on fait le 

plus d'usage. 
Rouge ou bois de sang, rouge foncé. 
Santal citrin, jaune clair, et santal blanc, blanc roux 

(santalium album), odeur de musc et de rose. 
Santal rouge ou caliatous, bois de corail (pterocarpus 

indiens), rouge mêlé de jaune et de brun. 

-67- 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Satiné rouge (ferolia guianensis), rouge et rouge veiné 

de jaune, très en usage. 
Satiné jaune, fustoc ou clairembourg, dit aussi bois jaune 

(morus tinctoria), jaune, couleur d'or ou veiné et onde. 
Violet, blanc vineux et violet rayé, odeur de violette très 

douce, arbre du genre dalbergia. 

Les bois indigènes pouvant servir à la marqueterie 
sont moins nombreux et moins recherchés. On distingue : 

Alisier, blanc. 

Aune, rougeâtre. 

Buis, jaune. 

Cerisier, roussâtre, veiné. 

Charme, blanc. 

Cormier, rougeâtre. 

Cytise, verdâtre. 

Ëpine-vinette, jaune. 

Erable, platane et sycomore, blanc roussâtre, veiné et onde. 

Faux acacia, jaune et verdâtre, rayé. 

Frêne, blanc et jaune, rayé. 

Fusain, jaune pâle. 

Houx, blanc. 

If, rougeâtre. 

Merisier, rougeâtre, rayé. 

Mûrier, blanc et jaune. 

Noyer, noir veiné. 

Osier, blanc. 

Poirier, rougeâtre. 

Pommier, blanc. 



68 



LES BOIS D'ÉBÉNISTERIE 

Prunier, blanc-roux et rougeâtre, veiné. 
Sainte-Lucie, gris rougeâtre. 
Sauvageon, blanchâtre. 
Sureau, jaune. 

L'apport des bois indigènes est, comme on le voit, à la 
fois inférieur à celui des bois exotiques par le nombre des 
essences et par la variété et l'éclat des nuances. Au bleu 
et au vert près, les bois des Indes fournissent aux ébé- 
nistes du xvm e siècle toutes les couleurs désirables. C'est 
une véritable palette du peintre en bois, que l'on peut com- 
poser ainsi : 

Rouge : acaja, amourette, brésil, chêne, corail, campêche, 

rouge, santal rouge. 
Rougeâtre : acajou, aloès, cayenne, cèdre, copaïba, lapiré, 

rose, satiné. 
Jaune : citron, fustet, satiné jaune, canelle, santal citrin. 
Jaunâtre : cyprès, olivier. 
Fauve : fer, œil-de-perdrix. 
Noir : ébène. 
Violet : amarante. 
Violet nuancé : palissandre, violet. 
Verdâtre : aloès, gayac, cytise. 
Blanc : canelle, santal blanc. 
Blanc veiné : anis, cèdre, feréol, gommier, jacaranda. 

TEINTURE DES BOIS 

Les ébénistes suppléent aux nuances qui leur manquent 
en avivant par certaines teintures les couleurs des bois des 

-69- 



LES MEUBLES DU XVIII e SIÈCLE 

îles, et en donnant des nuances variées, à l'aide également 
de teintures appropriées, à des essences indigènes incolores, 
l'alisier, l'aune, l'érable, le frêne, le houx, le poirier (pour 
le noir). 

Vers 1770, voici les ingrédients en usage pour la tein- 
ture des bois : 

Bleu. — Le bleu s'obtient avec de l'indigo délayé dans 
de l'acide sulfurique concentré, et étendu ensuite d'eau. 
Poudre d'indigo, 30 gr. 59, acide sulfurique, 122 gr. 36, eau 
93 centilitres. Teinture à froid. 

Jaune. — On teint en jaune en faisant bouillir en- 
semble : racine d' épine- vinette, ocre jaune et safran. La 
décoction de gaude donne également un très beau jaune. 
En l'additionnant de vert-de-gris, on obtient un jaune 
couleur de soufre. Le safran infusé dans l'alcool fournit un 
très beau jaune doré. 

Rouge. — Pour avoir du rouge, on fait bouillir du bois 
de Brésil avec de l'alun. Sans alun, le brésil donne un rouge 
jaunâtre dit capucine (1). On obtient aussi une belle 
décoction rouge en faisant bouillir 500 gr. de laine à 
« débouillir » dans 372 centilitres d'eau. 

Brun. — Le brun se tire d'une décoction de brou de 
noix, additionnée d'un peu d'alun. 

Noir. — On fait un beau noir en trempant d'abord les 
bois dans une décoction de campèche, puis dans une décoc- 

(1) Peut-être les tourneurs de sièges communs passaient-ils leurs bois à cette tein- 
ture, ce qui expliquerait le terme de chaise à la capucine. 



70 



T.ES BOIS D'ÉBÉNISTERIE 

tion de noix de galle et de sulfate de fer. On peut se con- 
tenter d'une seule teinture avec : noix de galle, une partie ; 
sulfate de fer, une partie; campêche, six parties. 

Gris. — Pour la teinture grise, on mélange une partie 
de sulfate de fer et deux parties de noix de galle. 

Vert. — Le vert ne s'obtient pas directement. On 
teint d'abord en bleu, puis en jaune dans une décoction de 
gaude, ce qui donne un vert vif. Cependant, on peut faire 
une teinture en mélangeant de l' épine- vinette avec de 
l'indigo délayé dans l'acide sulfurique. 

Violet. — On teint en violet avec une décoction de 
campêche mêlée d'alun. Mais on peut d'abord teindre en 
rose avec du débouilli de laine, puis en bleu, ce qui donne 
un violet clair. 

Pour ces teintures, en somme assez restreintes et 
presque toutes tirées de colorants végétaux, les ébénistes 
emploient des pots de grès, — de préférence des pots à 
beurre — où ils laissent tremper les bois jusqu'à ce qu'ils 
soient profondément pénétrés, ce qui demande souvent 
quinze jours ou un mois et naturellement interdit l'emploi 
des teintures à chaud. Constatons toutefois qu'avec ces 
procédés bornés et minutieux, très loin des ressources 
infinies que la chimie met à la disposition de leurs succes- 
seurs, les ébénistes du xvm e siècle obtiennent des 
teintes séduisantes et capables, en même temps, de résister 
pendant des centaines d'années à l'action décolorante de la 
lumière. 



— 7i 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 



MARQUETERIE 

Tels sont les matériaux des ébénistes. Voyons mainte- 
nant comment ils les mettent en œuvre dans leurs ouvrages 
de marqueterie, opération fondamentale de leur art sous 
Louis XV et sous Louis XVI. 

Les meubles destinés à être plaqués se composent 
d'un bâti en bois commun, construit selon les formes du 
moment et servant d'excipient au revêtement de bois 
précieux. Les ébénistes ne le font pas d'ordinaire eux- 
mêmes et en chargent les menuisiers qui emploient pour 
cet objet du chêne tendre, du sapin, du tilleul et même 
des sortes plus inférieures, telles que du bois de « bateau »(i), 
soit de chêne, soit de sapin, des douves de tonneau, du 
peuplier, du marronnier. Tout ce bois est présenté de droit- 
fil, pour prendre mieux la colle du placage. 

On ne plaque généralement que des parties plates ou 
régulièrement cintrées. Aussi les meubles en marqueterie 
n'offrent-ils pour la plupart aucune moulure. Les saillies 
sont fournies par les ornements de bronze doré, et le décor 
emprunte son agrément aux combinaisons de dessin et de 
couleur des bois de rapport. Même lorsque l'ébéniste n'opère 
qu'avec une seule espèce de bois, le placage est susceptible 
d'une certaine variété de dessin par la disposition donnée 
aux joints et les figures formées par les fils du bois. Pour 



(i) Bois provenant de la démolition des bateaux qui descendaient de la Bourgogna 
à Paris. 



72 — 



LES BOIS D'ÉBÉNISTERIE 

cela l'ouvrier a soin de rapprocher les feuilles (i), qui à 
la refente (c'est le découpage à la scie dans la pièce), se 
trouvaient l'une au-dessus de l'autre et présentent par 
conséquent les mêmes veines et les mêmes nuances. Puis 
il les réunit en croix, en pointe de diamant, en croix de 
Saint-André, en plate-bande, en rosace, en cœur, en 
losange, en damier, sans autre règle que son bon goût ou sa 
fantaisie. Chaque partie de la composition est généralement 
encadrée par des plates-bandes et des filets d'une autre 
nuance. Lorsque le marqueteur fait appel à des bois de 
nuances diverses, il procède de même par combinaisons 
géométriques, mais en compartiments plus petits. Le dessin 
est obtenu, comme dans la mosaïque, par la juxtaposition 
de petits polygones découpés dans des feuilles de placage 
d'épaisseur identique, mais de couleurs et de provenances 
diverses. 

Quand on veut représenter des motifs plus compliqués : 
bâtiments en perspective, trophées de musique ou trophées 
champêtres, vases, oiseaux, paniers, fleurs, paysages, figures, 
on n'applique pas directement les découpures sur le meuble, 
mais on les assemble à l'envers sur une feuille de papier 
enduite de colle, et lorsque l'ouvrage est bien sec, on pro- 
cède avec cette feuille de papier comme avec une feuille de 
placage ordinaire. Dans ce genre de marqueterie, que les 
traités de l'époque appellent « mosaïque ou peinture en 
bois», on donne à chaque pièce l'ombre qui lui est nécessaire 
par le moyen du feu ou des acides. Pour ombrer au feu, on 

(i) L'épaisseur des feuilles de placage dans les ouvrages soignés du xvin* siècle 
est d'environ une ligne, i % 2266. 

— 73 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

trempe à plusieurs reprises les pièces à ombrer dans du sable 
de rivière, très fin, porté aune chaleur capable de brunir le 
bois, sans cependant le brûler. Les acides en usage sont : 
l'eau de chaux additionnée de sublimé corrosif (deuto- 
chlorure de mercure), l'acide sulfurique concentré et l'acide 
azotique. On les emploie avec un pinceau ou le bout d'une 
plume, et on recommence l'opération autant de fois qu'il 
est nécessaire pour que les bois soient ombrés au degré 
convenable. Ce travail se fait avant l'assemblage des pièces 
sur le papier. 

On arrive ainsi à de véritables mosaïques de bois de 
rapport, telles que les intersiatori d'Italie en imaginaient 
au xv e siècle : « D'abord, dit A. Jacquemart, ce furent des 
bouquets de fleurs avec leur coloris naturel, leurs feuilles 
variées de toutes les nuances de vert : puis les trophées 
d'instruments de musique ou d'instruments champêtres 
se suspendirent à des rubans aux couleurs vives ; de la 
bergerie aux emblèmes amoureux, il n'y avait qu'un pas, 
et les carquois, les flambeaux couronnés par les colombes 
obligées, surgirent de toutes parts ; mieux encore, dans 
des médaillons entourés de guirlandes, on coucha les ber- 
gères aux robes de satin, parmi les verdures bocagères ; 
on vit les pastorales de Boucher envahir les panneaux 
des secrétaires, les flancs des commodes, et couvrir les 
bonheur-du-jour. » 

Fait surprenant : tandis que les fameux placages 
d'écaillé et de cuivre de Boulle, exécutés sur des surfaces 
planes ou régulièrement arrondies, ne présentent qu'une 
solidité relative et demandent sans cesse des réparations, 

— 74 — 



LES BOIS D'ÉBÉNISTERIE 

les ébénistes de Louis XV arrivent à plaquer leurs mosaïques, 
pour une durée presque infinie, sur les surfaces gondolées, 
boursouflées, tarabiscotées, de leurs commodes. Après des 
siècles d'existence, leur œuvre n'a pas plus souffert que ces 
mosaïques romaines, si solidement cimentées, que l'on met 
au jour dans les sables africains. 

Il faut croire que la conscience du travail y est pour 
quelque chose, car les procédés de collage nous sont connus. 
Ils ne diffèrent guère de ceux d'aujourd'hui. L'ébéniste 
démonte le bâti du meuble pour plaquer chaque partie 
séparément : pieds, montants, dessus, etc. Il enduit la pièce 
de bonne colle forte dite d'Angleterre, bien chaude et un 
peu consistante. Il en fait de même de la feuille de placage, 
et rapproche exactement et rapidement les deux surfaces. 
Puis, à l'aide d'un outil spécial, le marteau à plaquer, il 
chasse la colle qui pourrait se trouver en excès en appuyant 
la panne du marteau sur la feuille et en le poussant en avant, 
jusqu'au bout, sans cesser d'exercer une pression égale. 
Quand il s'agit de grandes surfaces et que la colle devient 
mal coulante, on a recours au fer à chauffer, — masse de fer 
plate assez semblable au fer à repasser des tailleurs, — 
qu'on promène lentement sur les parties où la colle n'est 
plus suffisamment liquide. Si la surface à plaquer est 
cintrée, on colle la feuille de la même façon, mais on l'assu- 
jettit à l'aide d'une cale, serrée par des presses à vis, et d'un 
coussin ou sac de coutil rempli de sable, placé entre la cale 
et l'ouvrage dont il épouse toutes les sinuosités. Si la sur- 
face est par trop cintrée, on moule les feuilles à l'avance sur 
un fer chaud. 

— 75 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 



MARQUETERIE D'ECAILLE ET DE CUIVRE 

Le marqueteur varie ses effets en faisant appel à 
d'autres éléments que la gamme des bois colorés. Il fait 
usage de métaux, cuivre jaune, étain, argent, or, de subs- 
tances animales, écaille de tortue, ivoire, corne, nacre, bur- 
gaut, même baleine. Ces matières s'emploient par incrus- 
tation, et se fixent à l'aide d'un ciment ou mastic fait de 
quatre parties de poix résine, deux de cire jaune, une de 
poix noire. 

D'ailleurs la marqueterie d'écaillé et de cuivre décou- 
pés, en partie et contre-partie, n'est pas encore oubliée. 
Non seulement André-Charles Boulle ne meurt qu'en 
1732, mais ses quatre fils, — ceux que Mariette appelle irré- 
vérencieusement les singes de leur père, — travaillent dans 
le même style plus de vingt ans plus tard. Bien plus, on 
connaît des meubles décorés à l'imitation de Boulle — telle 
la commode droite, avec entrée de serrure au chiffre du 
comte d'Artois, de la vente Hamilton — jusque sous 
Louis XVI. 

Le travail, chacun le sait, consiste à présenter à la fois 
au découpage une feuille de laiton et une feuille d'écaillé, 
réunies l'une sur l'autre par quelques touches de colle, et à 
détacher à la scie le contours d'un dessin. Le découpage 
achevé, on procède au décollage et on obtient ainsi quatre 
feuilles, deux de fond et deux de dessin. En les rapprochant 
de nouveau et en les faisant alterner, on reconstitue sur le 
bâti du meuble deux plaques différentes, la première où 

-76- 



LES BOIS D'ÉBÉNISTERIE 

l'écaillé forme le dessin et le cuivre le fond, la seconde où 
inversement le cuivre forme le dessin et se détache sur le 
champ foncé de l'écaillé. Cette marqueterie est la plus belle 
et s'appelle partie : l'autre se nomme contre-partie. 

Ajoutons que l'écaillé ne s'emploie pas toute nue, mais 
qu'on la double d'une couche de noir de fumée ou de ver- 
millon, détrempée à la colle d'Angleterre et fixée par une 
feuille de papier que la couleur fait adhérer. On double de 
même la corne de bleu (indigo, bleu de Prusse) , de vert 
(vert-de-gris cristallisé), de jaune et de vermillon, quand 
elle sert à faire de la fausse écaille. 

POLISSAGE ET VERNISSAGE 

Tous les ouvrages de placage, quelle que soit leur 
nature, doivent subir, quand ils sont parfaitement secs, un 
certain nombre d'opérations délicates dont le but est de 
faire ressortir leur veinage et de leur donner un brillant 
qui ajoute à la richesse de leur coloration. 

Le replanissage s'effectue à l'aide d'un rabot de fer à 
dents et peu saillant. Il a pour effet d'enlever les souillures 
de colle qui peuvent rester à la surface de l'ouvrage et de le 
rendre tout à fait plan. Puis on exécute le polissage comme 
nous l'avons indiqué pour les ouvrages communs, mais avec 
plus de soin. Le racloir commence le travail. On passe 
ensuite la peau de chien de mer et la prêle. Le placage par- 
faitement uni, on en frotte toute la surface avec de la cire 
jaune, à l'aide d'un polissoir fait d'un faisceau de joncs 
imprégné de cire. La cire bien étendue, on en enlève le 



77 



LES MEUBLES DU XV III* SIÈCLE 

superflu au racloir et on achève le polissage avec un frottoir 
de bois. Pour les placages de bois rougeâtres, palissandre, 
amarante et autres, on sème sur la cire de la gomme laque 
en poudre qui avive la couleur. Pour les bois noirs, on 
emploie la colophane fondue avec du noir de fumée. 

Comme les couleurs des bois des îles et des bois teints 
perdent leur éclat avec le temps, il est bon de les protéger 
par une couche de vernis. Pour cela, après avoir fini le 
meuble à la prêle et au tripoli, on le recouvre de vernis 
blanc ou vernis de Venise, ainsi formulé par Roubo : 

Alcool 93 centil. 

Sandaraque 152 gr. 95 

Mastic en larmes 61 — 18 

Gomme d'élémi 30 — 59 

Huile de lavande 30 — 59 

On peut mettre jusqu'à six couches de ce vernis sans 
obscurcir les couleurs. Quand la dernière couche est par- 
faitement sèche, on polit avec un tampon fait de lisières 
de drap roulées ou avec du buffle, sur lequel on met un peu 
de tripoli détrempé dans l'eau. On lave ensuite à l'eau 
claire et on essuie avec des linges blancs et fins. 



VI 



PEINTURE, DORURE ET LAQUE 



La révolution opérée par l'architecte dans l'appar- 
tement du xvm e siècle est toute en élégance et en grâce. 
A la gravité des ornements dont on surchargeait les murs 
succèdent, dit Blondel, « toutes sortes de décoration de 
menuiserie légère, pleines de goût, variées de mille façons 
diverses ». Les sombres lambris, les énormes bas-reliefs de 
pierre ou de stuc ont fait leur temps. 

Ce qu'il faut, ce sont des glaces, des murs peints en tons 
unis et clairs, encadrés de moulures et de baguettes sculptées 
et rehaussés d'or, décoration d'une distinction suprême 
dont le dessin de l'architecte fait tout le prix. « On colore 
presque tous les lambris en blanc, en couleur d'eau, en jon- 
quille, en lilas... dont on dore les moulures et les ornements, 
ou bien l'on peint seulement les fonds d'une de ces couleurs, 
et la sculpture et les cadres d'une teinte plus pâle que le 
reste. » 

Le mobilier se met à l'unisson et dans les intérieurs 
luxueux, le bois naturel est pour ainsi dire banni. Quand il 
ne se présente pas revêtu d'un placage de bois des îles, il 
figure sous un travestissement de peinture, de dorure ou de 
laque. 

— 79 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

PEINTURE A LA DETREMPE 

Les couleurs usitées pour peindre les meubles, et prin- 
cipalement les sièges, au xvm e siècle sont beaucoup plus 
variées qu'on ne pourrait croire. On emploie le blanc, le 
vert d'eau, le gris, le brun. On fait les ornements de sculp- 
ture et les moulures d'une couleur différente des champs : 
bleu sur blanc, jonquille sur vert, bleu sur jonquille, et 
ainsi de suite. Comme pour les lambris, on peint en 
« rechampi », c'est-à-dire qu'on détache les sculptures et les 
moulures en clair, et qu'on fait les champs de la même 
couleur, mais plus foncés. 

Le procédé le plus en honneur pour les meubles soignés 
est une peinture à la détrempe que l'on revêt de vernis. 
Watin lui donne le nom de « chipolin », de l'italien cipolini, 
peinture imitant le marbre à taches grisâtres dont on 
revêt les vestibules, les galeries, les escaliers. Résumons 
les opérations très minutieuses de ce chef-d'œuvre de la 
peinture industrielle. 

Il faut encoller le bois avec de la colle de peau bouil- 
lante, mélangée avec du bouillon d'ail et d'absinthe, et 
additionnée de sel et de vinaigre, en ayant soin de bien 
imbiber les détails de sculpture. Puis on donne un apprêt 
de blanc, avec du blanc d'Espagne délayé dans de la colle 
chaude et non bouillante. On passe sept, huit ou dix 
couches de blanc, en ayant soin, pendant que les couches 
sèchent, de réparer les défauts avec un mastic composé de 
blanc et de colle. La dernière couche donnée, plus claire 
que les autres, on ponce l'ouvrage en mouillant, à l'eau très 

— 80 — 



PEINTURE, DORURE ET LAQUE 

fraîche, la partie sur laquelle on opère. Il faut avoir soin 
d'atteindre le fond des moulures et des sculptures pour bien 
les vider. On achève ce nettoyage avec un fer à réparer et 
l'on dégorge tous les refends remplis de blanc, sans aller 
trop avant, de peur de faire des barbes au bois. L'ouvrage 
ainsi réparé, on pose la teinte choisie, détrempée à la colle, 
en l'étendant très uniment. On donne deux couches de 
couleur, puis deux couches d'encollage, d'une colle très 
faible, belle et claire, d'où dépend tout le succès du travail. 
Il ne reste plus, lorsque ces encollages sont secs, qu'à vernir 
à deux ou trois couches avec un vernis à l'alcool qui met la 
détrempe à l'abri de l'humidité. 

PEINTURE A L'HUILE 

La peinture à l'huile, vernie et polie, est presque aussi 
belle et présente de plus grandes garanties de durée. C'est 
celle qu'on emploie pour les équipages. L'ouvrage qu'on 
veut peindre reçoit une première couche de blanc de céruse 
broyé très fin, additionné d'un peu de litarge et détrempé 
à l'huile de lin coupée d'essence. Cette «impression» ter- 
minée, on fait un fond poli avec sept ou huit couches de 
« teinte dure », c'est-à-dire de blanc de céruse broyé à 
l'huile grasse et détrempé à l'essence. On ponce à l'eau et à 
la pierre ponce en poudre. Puis on peint de la couleur 
choisie, broyée à l'huile et détrempée à l'essence, à trois ou 
quatre couches. On donne ensuite deux ou trois couches de 
vernis blanc à l'alcool, et on termine par un dernier polis- 
sage avec de la ponce en poudre et de l'eau. 

— 81 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

PEINTURE AU VERNIS 

Quand on recule devant les difficultés et les longueurs 
de ces deux procédés, on emploie les couleurs au vernis, 
plus coûteuses, mais plus expéditives. Après avoir encollé, 
apprêté de blanc et réparé le bois, comme pour la peinture 
à la détrempe, on pose une première couche de la teinte 
choisie, broyée et détrempée au vernis, soit à l'alcool, soit 
à l'huile. Cette première couche bien sèche et frottée à la 
toile rude, on en étend une seconde, mais avec moitié 
moins de couleur dans la même quantité de vernis. La dose 
de couleur diminue encore dans la troisième couche. La 
dernière est du vernis pur. 

Voici le prix moyen auquel on estimait, en 1774, la 
peinture en couleur rechampie des meubles les plus usités : 

Livres 

Lit à la polonaise de deux places . . 18 à 30 

Lit à la turque de deux places ... 20 à 30 

Fauteuil 2I. 10 s. à 5 

Chaise 2à 3 

Duchesse 10 à 15 

Ottomane ou canapé 15 à 18 

Ecran 3 à 5 

DORURE EN DETREMPE 

Les apprêts pour la dorure en détrempe sont les mêmes 
que pour la peinture, mais il n'est pas inutile de les rappeler. 
Après avoir encollé, apprêté de blanc et réparé le bois, on le 

— 82 — 



PEINTURE, DORURE ET LAQUE 

dégraisse pour lui rendre sa première propreté à l'aide de 
linges mouillés, de brosses douces et de petites éponges. 
Dès qu'il est sec, on le prêle légèrement, c'est-à-dire qu'on 
le frotte avec un paquet de branches de prêle en ayant soin 
de ne pas user le blanc. L'ouvrage apprêté, adouci, réparé, 
dégraissé et prêlé, on le jaunit à l'aide d'une teinture d'ocre 
jaune, délayé à la colle de peau, qu'on applique très chaude 
et qu'on prêle légèrement quand elle est sèche. Puis on pose 
trois couches « d'assiette ». 

L'assiette est une composition qui sert à « asseoir » l'or. 
Les doreurs la composent de bol d'Arménie, d'un peu de 
sanguine, d'un soupçon de mine de plomb et de quelques 
gouttes d'huile d'olive. Ils la détrempent dans une colle 
de peau légère et un peu chauffée, et retendent avec une 
petite brosse de soie de porc, à poils doux. 

Les trois couches d'assiette sèches, on frotte avec une 
toile neuve et sèche les surfaces unies où l'or doit rester mat, 
et l'on donne deux autres couches d'assiette aux parties 
que l'on doit brunir. On applique ensuite les feuilles d'or, 
en mouillant, à l'eau fraîche, la partie sur laquelle on opère, 
et en faisant passer sous chaque feuille posée une goutte 
d'eau qui l'étend et la fait adhérer, en évitant qu'il n'en 
passe au-dessus, ce qui tacherait l'or. Il ne reste plus qu'à 
polir et lisser avec un caillou uni, dit pierre à brunir, les 
parties qui doivent être brunies et à passer une couche 
légère et claire de colle sur les parties destinées à rester 
mattes. Si l'on découvre des endroits oubliés ou détériorés, 
on corrige ces petits défauts en remettant des parcelles 
d'or. On donne à l'ouvrage tout son feu et tout son éclat 

- 83 - 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

en le couchant de « vermeil », mélange de sang-de-dragon, 
de rocou, de gomme-gutte, de safran et de cendre gravelée 
(lie de vin calcinée), dans de l'eau gommée. 



OR VERT, FONDS SABLES ET AVENTURINES 

Si l'on veut obtenir de l'or vert ou des parties d'or vert, 
il faut remplacer tout ou partie de la couche d'ocre jaune 
par une couche de blanc de céruse, avec une pointe de bleu 
de Prusse et de stil de grain jaune (baies de nerprun ou 
graine d'Avignon), qui donnent un ton vert d'eau. Pour 
Yor citron on n'incorpore à la céruse qu'une pointe de stil 
de grain. 

Pour avoir des fonds sablés, on sème sur la couche de 
blanc, avant de jaunir, du sable fin passé au tamis. On 
retourne l'ouvrage qui rejette le sable qu'il ne peut pas 
retenir. Quand il est sec, on y passe une seconde couche de 
blanc et l'on jaunit. 

Les fonds aventurinés sont un peu plus délicats d'exé- 
cution. Si on veut les appliquer en détrempe, on donne les 
encollages et les blancs d'apprêt. Si l'on veut employer 
l'huile, on étend les couches d'impression et de teinte dure. 
Puis on passe une couche de la teinte choisie, verte, rouge 
ou bleue, et l'on saupoudre, avec un tamis, de l'aventurine 
argentée, que l'on laisse sécher deux ou trois jours. On 
donne ensuite une seconde couche de couleur très claire, 
qui sert à glacer l'ouvrage sans masquer l'aventurine, et 
l'on vernit à dix ou douze couches au vernis à l'alcool 



84 



PEINTURE, DORURE ET LAQUE 

(mastic en larmes, sandaraque et térébenthine de Venise). 
Pour l'aventurine dorée, on couche du stil de grain et 
du blanc de céruse, et l'on glace avec du vernis à l'or. 

DORURE A L'HUILE 

Les premières opérations pour la dorure à l'huile sont 
les mêmes que pour la peinture, sauf que la première 
impression de blanc se fait par parties égales de blanc de 
céruse et d'ocre jaune. Les couches de teinte dure données, 
et l'ouvrage bien sec, on le ponce à l'eau et à la pierre ponce 
en poudre, puis on lui donne quatre à cinq couches de vernis 
à la laque. Lorsqu'elles sont sèches, on polit à la prêle, puis 
à la potée et au tripoli, jusqu'à ce que le vernis soit uni 
comme une glace, et on donne une couche d' « or couleur ». 
C'est une mixtion grasse et gluante, faite avec les restes de 
couleur qui se déposent dans les pinceliers où les peintres 
nettoient leurs pinceaux, et qu'on expose au soleil pendant 
l'espace d'une année. Dès que cette couche d'or couleur 
donnée au meuble est suffisamment sèche et prête à «happer» 
l'or, on pose les feuilles les unes à côté des autres, en 
appuyant l'or dans les fonds et les détails de sculpture avec 
du coton. L'ouvrage sec est épousseté avec un blaireau très 
doux, on le vernit avec un vernis à l'alcool, spécial à l'or : 
gomme-laque, gomme-gutte, sang-de-dragon, rocou et 
safran, pour lui donner du feu et de l'éclat, puis avec un 
vernis gras blanc au copal, dont on donne deux ou trois 
couches. On polit avec une serge et on lustre avec la paume 
de la main, frottée d'huile d'olive. 

Au moment de la mode des ornements à l'antique, 

-85- 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

la dorure se fait « à la grecque », sans qu'il faille pour cela 
faire remonter l'honneur du procédé aux contemporains 
de Périclès. C'est une dorure à l'huile. L'ouvrage encollé 
reçoit deux ou trois couches de teinte dure à la colle, com- 
posée pour un tiers de blanc d'Espagne et pour deux tiers 
de blanc de céruse, de talc et de sanguine calcinés. On 
dégorge le bois, on le répare, on l'adoucit, puis on couche 
l'assiette sur les endroits qu'on veut brunir, on applique 
l'or et on brunit. Ceci fait, on donne trois ou quatre couches 
de vernis à la gomme-laque sur les parties qu'on veut tenir 
mates, on les polit à la prêle, on couche l'or couleur et on 
applique l'or comme nous l'avons dit plus haut. On pose un 
vernis à or à l'alcool et on donne deux ou trois couches de 
vernis gras. Cette dorure ne s'écaille pas et peut être lavée. 

Le prix moyen de tous ces ouvrages est relativement 
élevé. En 1774, les tapissiers comptent : 

Livres 

Fauteuil 21 à 30 

Chaise 18 à 24 

Lit à la polonaise de deux places . 120 à 300 

Lit à la turque de deux places . . 140 à 300 

Duchesse 60 à 80 

Ottomane ou canapé 60 à 90 

Écran . 10 

LAQUAGE ET VERNIS-MARTIN 

Un autre décor, très usité pour les meubles, est le 
laquage ou imitation des vernis de la Chine. 

La mode commence par l'emploi de véritables laques 

— 86 — 



PEINTURE, DORURE ET LAQUE 

rapportées de la Chine ou du Japon à la fin du xvn e siècle. 
On en revêt des commodes, des secrétaires. L'ébéniste 
sacrifie des panneaux de cabinets ou des feuilles de para- 
vent, venus d'Extrême-Orient, qu'il refend à moitié de leur 
épaisseur pour les diminuer ensuite au rabot jusqu'à 
o m 02io. Il les plaque ensuite sur son bâti, en les entou- 
rant avec des ornements ou des cadres de bronze pour 
dissimuler les éclats inévitables. 

Une matière aussi rare, et qu'on paie au poids de l'or, 
ne peut suffire à satisfaire les caprices du jour. Dès le 
second quart du XVIII e siècle on fabrique des ouvrages 
en imitation des vernis de la Chine. Voici comme on 
procède. 

On emploie des panneaux de tilleul, d'érable, de buis, 
de poirier, bien secs et soigneusement polis. On y colle une 
mousseline très tendue pour empêcher le bois de se tour- 
menter (pour les grands ouvrages, on étend de la niasse), 
et on donne cinq ou six couches de blanc de Bougival, 
détrempé à la colle de peau et attiédi. Cet apprêt bien sec, 
poli à la prêle, puis à la pierre ponce et au tripoli, on pré- 
pare le fond noir avec du noir d'ivoire détrempé au vernis 
gras, au karabé ou au vernis de gomme-laque à l'alcool. 
On donne de huit à vingt couches de noir, en les faisant 
sécher au four pour le vernis gras, à une chaleur douce pour 
le vernis à l'alcool, et on polit. La pièce ainsi préparée est 
prête à recevoir le dessin qui s'exécute à la pointe de bois 
très dur ou même à la pointe de fer, puis le décor, qui se 
fait à plat ou en relief. 

Pour le décor à plat, le laqueur repasse au pinceau 

-87- 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

tous les objets dessinés, avec un mordant composé du 
même vernis que le fond, mais additionné de vermillon 
pour servir d'indication. Lorsque le mordant est aux trois 
quarts sec, on le saupoudre d'or ou d'argent. Quand tout 
est sec, on brunit. 

Pour le décor en relief, on se sert d'une pâte composée 
de blanc d'Espagne et de terre d'ombre détrempés au vernis 
gras, suffisamment malléable pour pouvoir être distribuée 
au pinceau. On modèle ainsi en bas-relief : figures, animaux, 
paysages, montagnes, terrasses, maisons. Lorsque la com- 
position est parvenue à l'épaisseur désirée, on laisse sécher 
la pâte, soit au soleil, soit à l'étuve ; on prêle, on polit, on 
ajoute au burin les plis de draperies, les traits des visages, 
les détails des paysages, on repolit et on passe sur les reliefs 
une couche ou deux de vernis de gomme-laque à l'alcool, 
dans lequel on a mis du noir d'ivoire. Pour les draperies, 
on emploie du vermillon. L'ouvrage ainsi disposé est prêt 
à recevoir l'or ou l'argent qui s'applique, comme nous 
l'avons dit, en poudre sur un mordant, et se brunit au 
brunissoir. 

Laques à plat, laques en relief peuvent se faire en faux. 
Les opérations sont les mêmes, mais au lieu d'or, on se sert 
de bronze. On laque ainsi en diverses couleurs : rouge, vert, 
jaune. 

VERNIS-MARTIN 

C'est par cette imitation en faux des laques de la Chine 
et du Japon que commence la réputation du fameux 
Martin et de ses frères. Mais ils y joignent l'exécution des 

— 88 — 



PEINTURE, DORURE ET LAQUE 

ouvrages de peinture vernissée, à motifs français, du genre 
Boucher ou Pillement qu'on désigne du nom générique 
de Vernis-Martin. 

Comme tous les artisans d'autrefois, les Martin ont 
leurs secrets d'atelier, leurs « tours de main », qui donnent 
l'excellence à leurs travaux. Mais ils ne méritent pas, à 
proprement parler, le nom d'inventeurs. Leurs procédés 
ne diffèrent guère de ceux que nous venons de décrire. Ils 
en font cependant mystère et l'arrêt en faveur de leur 
industrie, rendu en 1753, tout en prétendant les décrire, 
ne nous renseigne guère à leur sujet : 

« Quand les ouvrages (ceux qu'on se propose de 
décorer) ont acquis leur premier état (c'est-à-dire la forme 
et la consistance nécessaires), on les polit et unit avec la 
lime ou la râpe pour recevoir les couleurs qu'on veut leur 
donner; ensuite, on les vernit. On peut appliquer les cou- 
leurs de différentes manières, soit en les alliant et les 
mêlant avec le vernis, soit en les appliquant par com- 
partiment, en façon de guilloché, ou autrement, en y 
passant par dessus un vernis poli, soit enfin en mêlant avec 
un vernis gommeux des poudres et limailles de métaux qui 
s'incorporent avec le vernis, et par l'arrangement des- 
quelles le peintre fait sur cet ouvrage tel dessin que son 
goût lui fait inventer. » 

Tâchons de préciser. Le Vernis-Martin se fait sur 
panneaux de bois, préalablement recouverts d'un apprêt 
et poncés minutieusement. On peint sur fond de couleur, 
ou plus souvent, sur un fond métallisé en poudres d'or, de 
bronze ou d'aventurine, appliquées à la mixture selon les 

. -89- 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

procédés que nous avons décrits. Les couleurs, délayées au 
vernis, sont ensuite recouvertes d'un vernis, secret de Mar- 
tin, mais que le peintre-doreur Wattin, après de longues 
recherches, prétend composé d'après la formule suivante : 

« Sur 500 grammes de copal fondu, jettez 125, 184 ou 
250 grammes d'huile de lin cuite et dégraissée. Quand 
l'incorporation est faite, retirez du feu en remuant toujours. 
Après que la chaleur est apaisée, jetez y 500 grammes 
d'essence de térébenthine. Si vous voulez qu'il se perfec- 
tionne, passez le par un linge et le gardez : plus il est con- 
servé, plus il prend de qualité en se clarifiant. » 

Le Vernis-Martin s'applique surtout aux équipages et 
aux menus objets, tels que tabatières, boîtes ou étuis. Mais 
on rencontre souvent certaines formes de meubles laqués 
par ce procédé, telles ces demi-commodes bombées et 
ventrues, de dimension restreinte, à deux tiroirs, haut 
montées sur des jambes graciles, que les Martin ou leurs 
émules semblent avoir particulièrement adoptées. 



VII 
BRONZES, MARBRES, PORCELAINES 

Jusqu'ici nous n'avons passé en revue que les décora- 
tions du meuble tirées du bois lui-même ou de son embel- 
lissement par la peinture et la dorure. Nous allons aborder 
maintenant les éléments étrangers : bronzes, marbres ou 
porcelaines, que l'ébéniste applique sur son ouvrage pour 
le rehausser et l'enrichir, et dont il tire d'heureux effets, à 
condition de ne pas les prodiguer au point de nuire aux 
lignes constructives. 

BRONZES 

De quelque nature que soient les ouvrages d'ébénis- 
terie (marqueterie ou placage), ils sont presque toujours 
ornés de bronzes. Entendons-nous. Ceci ne veut pas dire 
que les menuisiers refusent à leurs meubles en bois 
plein : sièges, tables, armoires et le reste, tout décor de 
cuivre ou de bronze, mais comme ces ouvrages sont 
presque toujours ornés de moulures ou de sculptures, 
l'adjuvant de bronze, sauf aux entrées de serrures ou aux 
tiroirs, devient une super fétation. Au contraire, la mar- 
queterie exigeant des surfaces planes et proscrivant sculp- 
tures et moulures, les rehauts de bronze deviennent presque 
une nécessité. 

Jamais, en tout cas, on n'en fait plus fréquent ni plus, 
heureux usage. Le xvm e siècle est le siècle des bronzes. 



91 



LES MEUBLES DU XVI II* SIÈCLE 

Comme le décor de métal est indépendant du bâti du 
meuble, et qu'il n'a à obéir à aucune considération de 
statique ou de technique de construction, la fantaisie et 
l'imagination s'y donnent libre carrière. On va même trop 
loin. Certaines commodes sont recouvertes d'un si exubé- 
rant réseau d'or moulu que les lignes architecturales 
disparaissent. 

Nous parlons, bien entendu, des bronzes rapportés 
(rinceaux, agrafes, guirlandes) et non des bronzes ou cuivres 
incrustés (cadres, bordures à compartiments, filets) qui 
font partie intégrale de l'ouvrage. 

L'exécution des bronzes dépend absolument du mode- 
leur, du fondeur, du ciseleur, du doreur, mais tous ne 
travaillent que de concert avec l'ébéniste qui dirige 
leurs opérations, au moins pour la forme intérieure des 
pièces, celle qui s'applique sur le meuble dont elle doit 
épouser exactement les contours. Il décide aussi de leur 
relief ou de leur saillie. Il indique les endroits où ils 
doivent être coupés ou repercés pour les diverses ouver- 
tures des tiroirs ou des portes. Non seulement l'ébéniste 
dessine lui-même ses bronzes, pour en réserver la place 
dans ses motifs de marqueterie, mais certains maîtres, 
on le sait, comme André Boulle ou Cressent, les 
modèlent eux-mêmes et les fondent dans leur atelier. 

En nous reportant au Mémoire d'ŒBEN, pour l'exécu- 
tion du bureau de Louis XV, où les bronzes jouent un si 
grand rôle, on voit le maître ébéniste disposer d'abord ses 
bronzes, en cire, sur la maquette réduite du meuble, puis, 
le bâti construit, modeler sur l'ouvrage même tous les 



— 92 



BRONZES, MARBRES, PORCELAINES 

ornements : figures, guirlandes, fleurs, vases, cassolettes, 
pendule, moulures, quart-de-rond et palme, les mouler en 
plâtre, faire les creux pour la fonte, les fondre à cire perdue 
et les ajuster une première fois sur le meuble au sortir du 
moule. Il les démonte ensuite complètement, les donne au 
ciseleur, les remet en place et les fixe à l'aide de vis et écrous 
non apparents. Soyons sûrs que, pour les ouvrages de luxe 
qui font la gloire de nos musées, la parfaite adaptation des 
embellissements d'or moulu au bâti d'ébénisterie n'a pu 
être obtenue différemment. 

Les bronzes s'attachent habituellement avec des 
petits clous de cuivre ou des vis en bois, à tête ronde et 
dorée, qu'on place dans les endroits les moins apparents, tels 
que les fonds ou les revers de feuilles. Dans les grands orne- 
ments, le fondeur réserve des « jets » ou goujons, placés de 
distance en distance derrière les bronzes, et taraudés pour 
les faire passer à travers le bâti et les arrêter en dedans 
avec des écrous. 

Les meubles qui se prêtent le mieux au décor de bronze 
sont : les tables à écrire (moulures au pourtour du dessus, 
sur l'arête des pieds dans toute leur hauteur, au pourtour 
des tiroirs, chutes ou motifs d'angle au sommet des pieds, 
mains et entrées aux tiroirs, sabots aux pieds) ; 

les commodes (chutes au sommet des montants, rin- 
ceaux encadrant les panneaux et les tiroirs, mains et entrées 
aux tiroirs, sabots aux pieds) ; 

les bureaux à cylindre (rinceaux ou moulures au pour- 
tour de la table, entrées et mains aux tiroirs, chutes et 



93 — 



LES MEUBLES DU XVIII 6 SIÈCLE 

sabots aux pieds, galerie au-dessus du serre-papiers, mou- 
lures et rinceaux sur les côtés) ; 

les secrétaires-armoires (chutes au sommet des mon- 
tants, moulures et rinceaux encadrant les panneaux, 
cimaise et galerie ajourée, rosaces sur les pieds et motifs 
sur la traverse du bas, entrées aux diverses ouvertures). 

Généralement, les sièges ne comportent pas de bronzes. 



STYLES DES BRONZES 

Le modelé des bronzes suit l'évolution des styles : 
« D'abord, dit excellemment Albert Jacquemart, les chi- 
corées peu saillantes, dessinant des courbes agréables, 
s'unissent à des palmettes et à des lauriers, comme pour 
protester contre un divorce absolu avec le siècle précédent, 
tout en révélant des tendances nouvelles; plus tard, sous 
l'impulsion de Meissonnier, toute timidité a disparu : les 
hardiesses de la forme sont tellement effrénées que la 
débauche du cuivre n'a plus rien qui surprenne ; elle se fait 
excuser d'ailleurs par l'immense talent du ciseleur... Vers 
la fin du règne on peut prévoir la réforme qui va s'accomplir, 
les chicorées se font plus sages, les frises à rosaces, les chutes 
de culots et les fleurs se soumettent à une sorte de disci- 
pline : le meuble prend une apparence plus tranquille et plus 
régulière. » 

Dès 1760, les contours s'assagissent. On revient à la 
symétrie, à la mesure. Les bronzes sont aussi parfaits, 
mais ils n'envahissent plus le meuble. Ce sont des motifs à 



94 



BRONZES, MARBRES, PORCELAINES 

l'antique : frises, cannelures, moulures, bagues, chapiteaux, 
mêlés aux légers motifs des guirlandes, des fleurettes, des 
trophées de musique ou de jardinage, des carquois, des 
flèches, des torches ou des colombes. Beaucoup plus qu'aux, 
époques précédentes, la partie incrustée ou rapportée en 
filets, plates bandes, moulures, cadres, joue un rôle impor- 
tant. On incruste des filets de cuivre jusque dans les can- 
nelures des pieds. Tout cela constitue un décor discret et 
sans tapage, d'un relief beaucoup moins accusé que sous 
Louis XV, mais d'un goût et d'une élégance incomparables. 

DORURE DES BRONZES 

Les bronzes sont le plus souvent dorés. La belle dorure, 
dite « or moulu », s'exécute à chaud, à l'aide d'un amalgame 
de mercure et d'or (i partie d'or contre 8 de mercure). On 
jette les deux métaux dans un creuset porté au rouge, on 
remue doucement, et quand l'or est fondu et incorporé au 
mercure on plonge l'amalgame dans l'eau pour l'appurer 
et le laver, puis on sépare l'excédent de mercure, qui n'est 
pas uni avec l'or, en pressant l'amalgame avec les doigts à 
travers un morceau de chamois ou de linge. 

Pour l'appliquer, on commence par dérocher la pièce 
à dorer, c'est-à-dire par la décrasser à l'acide azotique ou à 
l'acide nitrique, on la frotte avec une brosse spéciale, la 
« gratte-boésse », et on la lave. On la couvre ensuite d'amal- 
game avec la gratte-boésse en l'étendant le plus également 
possible. Puis on la met au feu sur la grille à dorer, au- 
dessus d'une poêle pleine de feu, ce qui fait évaporer le 



— 95 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

mercure et ne laisse que l'or. Si, pendant la chauffe, on 
aperçoit des défauts, on répare en rajoutant de l'amal- 
game aux endroits où il en manque. 

Pour les belles dorures, on ne s'en tient pas à une seule 
application. On frotte l'ouvrage au mercure et à l'acide 
azotique, et l'on redore deux, trois ou quatre fois, jusqu'à 
ce que la couche d'or atteigne l'épaisseur de l'ongle. 

Il reste enfin à mettre en couleur, ce qui se fait avec 
une pâte dont on enduit la pièce dorée. On la porte ensuite 
au feu, on l'y laisse jusqu'à ce que la pâte soit brûlée, on 
« grattebosse » et on brunit. Les spécialistes ont chacun 
leur recette dont ils font mystère. Voici deux formules de 
pâte usitées en Allemagne et reproduites par le Diction- 
naire des sciences : 

Crayon rouge 30 gr. 59 

Cire jaune 61 — 18 

Vert-de-gris 22 — 95 

Sulfate de zinc 22 — 95 

Borax 15 — 30 

Autre recette : 

Cire jaune ou rouge ... 61 gr. 18 

Sanguine 30 — 59 

Sulfate de zinc 15 — 30 

Vert-de-gris 3 — 82 

Borax 3 — 82 

-96- 



BRONZES, MARBRES, PORCELAINES. 

CUIVRES 

Les ouvrages de cuivre ordinaire se dorent à la feuille 
qu'on applique sur le métal, chauffé à la température conve- 
nable. On ne donne qu'une, deux couches au plus. 

Roubo prône la recette suivante pour les vernir : 

Ambre jaune 15 gr. 30 

Gomme laque 15 — 30 

Safran en poudre .... o — 45 

Sang de dragon o — 50 

Alcool 305 — 

Ce vernis, dit d'Angleterre, s'applique sur les pièces 
préalablement chauffées. 

MARBRES 

Le marbre s'emploie en tablettes pour les commodes, 
les consoles, les tables, les bas d'armoire, les secrétaires- 
armoires et autres meubles du même genre. La variété des 
teintes et des dessins est si considérable que nous ne croyons 
pas inutile de donner une liste des principaux marbres en 
usage au xvm e siècle, avec leur couleur et leur aspect : 

Africain. — Rouge brun, veiné de blanc sale et couleur 

chair avec filets verts. 
Auvergne. — Rose mêlé de violet, de vert et de jaune. 
Barbesan. — Noir, taches et veines blanches. 
Bleu turquin. — Gris bleu onde, avec stries blanches et 

noires. 

— 97 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Bourbonnais. — Jaune, rouge et bleu. 

Brèche. — Nom commun à plusieurs sortes de marbres, 
formés d'un aglomérat de cailloux par taches rondes 
et sans veines. On distingue : 

Brèche d'Alep. — Gris brun noirâtre avec prédominance 
de jaune. 

— antique. — Mêlée de blanc, de bleu, de rouge, de 

gris et de noir. 

— coraline. — Avec quelques taches couleur de corail. 

— dorée. 

— isabelle. — Grandes plaques de couleur isabelle, avec 

taches blanc et violet pâle 

— d'Italie. — Noir, blanc et gris. 

— noire. — Mêlée de gris brun et de taches noires, avec 

quelques petits points blancs. 

— des Pyrénées. — Fond brun, mêlé de diverses cou- 

leurs. 

— savarèche. — Fond violet et brun, avec grandes 

taches blanc et isabelle. 

— Sauveterre. — Taches jaune, gris et noir. 

— de Vérone. — Mêlée de rouge pâle, de rouge cra- 

moisi et de bleu. 

— violette, — Gris, blanc et rouge sombre, reliés par 

une pâte violacée tirant sur la lie de vin. 

Brocatelle ou brocatelle d'Espagne (semblable au brocard 
ou brocatelle). — Fond jaune, veiné de quelques cou- 
leurs plus brunes. 



98- 



BRONZES, MARBRES, PORCELAINES 

Campan. — Voir Vert campan. 

Campan mélangé. — Fond rose, grosses veines rouges et 

réseau de petites mailles vert tendre. 
Carrare. — Blanc. 

Cipolin. — Tirant sur le vert par grandes veines concen- 
triques qui ressemblent à des tuniques d'oignon. 
Dinan. — Noir pur, blanc et noir, blanc et rouge. 
Fleur de pêcher. — Mêlé de taches rouges et blanches, un 

peu jaunâtre. 
Gauchenet. — Rouge brun, avec quelques taches et veines 

blanches. 
Givet. — Noir, veiné de blanc. 
Griote d'Italie — Rouge foncé avec marbrures noires et 

ceils de perdrix blancs. 
Languedoc. — Rouge vif, avec grandes veines et taches 

blanches. 
Laval. — Noir, avec quelques veines blanches. 
Liège. — Noir. 
Lumachelle. — Mêlé de coquilles et de madrépores, gris, 

noir et blanc. 
Margosse. — Fond blanc, avec quelques veines brunes. 
Namur. — Noir tirant sur le bleuâtre. 
Œil de paon. — Mêlé de taches rouges, blanches et bleuâtres. 
Paros. — Blanc. 
Portor. — Noir, veiné de gris et de blanc, jaspé de jaune 

orange. 
Rance. — Rouge sale, mêlé de veines et taches blanches et 

bleuâtres. 



99 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Serancolin ou marbre d'Antin. — Coulées jaunes, rouges, 

grises et violacées. 
Signan. — Vert brun avec taches rouges. 
Sainte-Baume. — Blanc et rouge, mêlé de jaune. 
Vert Campan. — Vert clair, avec marbrures vert foncé, 

coupées de traits gris. 



PORCELAINES 

Un dernier élément d'embellissement, — nous ne par- 
lons pas des mosaïques en pierres dures dont le travail depuis 
Colbert est retourné aux Florentins — vient de l'emploi 
des plaques de porcelaine ou de biscuit de Sèvres. C'est le 
directeur de la manufacture Jean- Jacques Hettlinger, 
qui a le premier l'idée, vers 1783, d'appliquer la porcelaine à 
la décoration des meubles, tout au moins dans l'ébénisterie 
de grand luxe. Sans doute ce Suisse se souvient des «cabi- 
nets » enrichis de plaques d'argent, de mosaïques et de 
porcelaines que ses compatriotes fabriquent aussi bien que 
les Munichois ou les Augsbourgeois. Les plaques de Sèvres 
constituent le plus riche et le plus élégant décor de l'ameu- 
blement Louis XVI, mais on ne les voit figurer que sur les 
ouvrages de choix. De grande dimension, lorsqu'ils doivent 
garnir l'abattant d'un secrétaire ou le panneau d'une ar- 
moire, on les fait très réduits pour les enchâsser sur la 
traverse d'une table. Les ébénistes les incrustent sur les 
dessus de table, sur les traverses. Ils en décorent les caisses 
à fleurs, les coffrets à bijoux, les bas d'armoire. Leurs cou- 

— 100 — 



BRONZES, MARBRES, PORCELAINES 

leurs inaltérables et séduisantes reproduisent tous les 
motifs de style Louis XVI, corbeilles de fleurs soutenues par 
des nœuds de rubans, guirlandes de roses, bouquets, sujets 
galants ou champêtres, figures ou animaux. C'est d'un 
effet décoratif charmant. 



VIII 
GARNITURES DE SIÈGES ET DE LITS 

Qu'il s'agisse de canapés, d'ottomanes, de duchesses, 
ou de banquettes, de chaises, de fauteuils, les sièges ne 
comportent ni décor de marqueterie, ni application de 
bronzes, En revanche, ils se prêtent à l'agrément de toutes 
sortes d'étoffes et sont susceptibles de recevoir, ainsi que 
les lits, un embellissement de soieries, de toiles peintes ou 
de tapisseries interdit aux autres meubles. 

CANNAGE 

Ce n'est cependant pas à l'art du tapissier que revient 
la plupart du temps, le garnissage des sièges d'usage, mais 
à celui des « canneurs ». Les sièges garnis de canne (chaises, 
fauteuils, banquettes, canapés), sont encore en 1723, un 
article d'importation. Savary, dans son Dictionnaire du 
commerce, écrit au mot Canne : « Rotin... dont on fait, en les 
fendant par morceaux, ces meubles de canne, dont on fait 
un si grand usage et un si grand commerce en Angleterre 
et en Hollande, et qui commence à passer en France. » La 
grande mode du cannage ne remonte donc pas avant 1735, 
ou 1740, utile constatation qui oblige à rajeunir d'une 
vingtaine d'années des sièges cannés, manifestement cons- 
truits pour ce genre de garniture et qu'on s'obstine à donner 
au règne de Louis XIV. 

Le cannage se fait avec des brins de rotin, refendus 
à o m oo3 de largeur pour les brins principaux, à o m oo2i 

— 102 — 



GARNITURES DE SIÈGES ET DE LITS 

pour les plus étroits. Les trous destinés à recevoir la canne 
sont disposés soit sur le siège lui-même, soit sur un châssis. 
Ils sont percés à o m oi05 d'intervalle l'un de l'autre. On!eur 
donne environ o m oo4 de diamètre et on les tient à o m oo8 
au moins du bord de la pièce. Ils ne sont pas percés perpen- 
diculairement, mais dirigés les uns en dedans, les autres 
en dehors pour moins couper le fil du bois. Quant aux 
dossiers, on pratique des rainures dans lesquelles passent 
les brins de rotin qu'on recouvre ensuite par des morceaux 
de bois collés. 

La contexture du cannage se réduit à une triple opé- 
ration : « l'ourdissage », qui consiste à tendre dans le sens 
de la hauteur une série de filets doubles; le « montage » où 
l'on dispose dans le sens de la largeur une seconde série 
de filets doubles en les faisant passer alternativement en- 
dessus et en-dessous des premiers ; la « garniture », qui 
consiste à placer des filets de canne d'un tiers plus larges 
que les autres dans une direction diagonale. 

GARNITURES D'ÉTOFFE 

La mise en place des garnitures d'étoffe ressortissant 
uniquement de l'art du tapissier, nous pourrions nous dis- 
penser de lui donner place dans notre ouvrage, mais il ne 
nous semble pas inutile de fournir quelques notions sur 
cette pratique, ne serviraient-elles qu'à faire reconnaître 
si les meubles que nous achetons ont conservé leur ancienne 
garniture ou si on leur en a confectionné une nouvelle. 

Pour garnir un siège, l'ouvrier commence par disposer 



103 



LES MEUBLES DU XVIII e SIÈCLE 

sur le fond un revêtement de sangles tendues à la tenaille 
et « broquetées », c'est-à-dire fixées par des broquettes ou 
petits clous de fer à large tête à pans coupés. La ceinture, 
du siège est pourvue, sur le devant, d'un bourrelet de crin, 
puis le fond desangle est garni d'une quantité suffisante de 
crin, qu'on recouvre d'une première enveloppe de toile 
(le fond du dossier se fait en toile à carreaux). Le tapissier 
tend ensuite l'étoffe de garniture, damas, velours, siamoise, 
toile peinte, tapisserie, la fixe de distance en distance par 
quelques broquettes, la coupe à la dimension du siège et 
la fixe sur les bords à l'aide de clous dorés, dont les trous 
ont été préparés au poinçon. 

Certains fauteuils sont disposés à châssis pour les 
sièges et les dossiers, à mortaise pour les accoudoirs, de 
façon à pouvoir changer les garnitures selon les saisons. 
Les meubles en tapisserie sont presque toujours dans ce cas. 

Bergères, ottomanes, duchesses, lits de repos passent 
par les mêmes étapes pour les premières opérations de gar- 
nissage. Mais une fois le revêtement de sangle et le bour- 
relet de crin posés, le reste de la garniture du siège devient 
mobile. C'est un simple carreau (coussin), mollement rem- 
bourré et reposant sur le fond des angle. Dossiers et accou- 
doirs, par contre, suivent les modèles de ceux des fauteuils. 

Pour les lits, contentons-nous d'énumérer succincte- 
ment les diverses parties qui constituent les genres les plus 
à la mode, tout en faisant remarquer qu'il est à peu près 
impossible aujourd'hui de rencontrer un lit Louis XV ou 
Louis XVI qui ait conservé au complet sa garniture de 
l'époque. 

— 104 — 



GARNITURES DE SIÈGES ET DE LITS 

Le lit à colonnes comporte une impériale, portée par les 
colonnes, avec plumets aux angles ; pente (bande d'étoffe 
pendante) extérieure, petite pente intérieure et ciel; 
deux rideaux relevés par des agrafes; un fond derrière le 
dossier; quatre cantonnières (bandes d'étoffe recouvrant 
les colonnes) ; une garniture de dossier ; un traversin ; une 
courte-pointe; une pente qui s'agrafe à la courte-pointe et 
aux colonnes pour cacher les pieds. 

La composition du lit à la duchesse est sensiblement 
la même, mais, vers la fin du siècle, la pente extérieure de 
l'impériale et la pente des pieds sont relevées en feston par 
des agrafes avec glands. Les rideaux sont également retrous- 
sés au dessus du chevet par deux larges nœuds avec glands. 

Le lit à la polonaise demande un baldaquin, surmonté 
de plumets d'autruche, avec pentes festonnées, épousant 
la courbe des S de soutien, et petites pentes extérieures; 
quatre rideaux tenant aux colonnes, avec agrafe en étoffe, 
rosette et gland; quatre cantonnières ; deux dossiers, 
deux traversins ; une courte-pointe ; une pente festonnée 
pour les pieds. Les panneaux du châlit sont généralement 
tendus d'étoffe. 

Le lit à la romaine ne diffère de celui-ci que par la 
moindre hauteur des colonnes et par la forme des courbes, 
qui, au lieu d'être cintrées en S, ont la forme d'un arc 
uniformément renversé. Les rideaux présentent deux 
retroussis. 

Enfin, dans le lit à tombeau, les rideaux sont réunis, 
deux à deux, par une pente qui enveloppe la tête et le 
pied du lit. 



10= 



LES MEUBLES DU XVI II* SIÈCLE 

Sous Louis XVI, la mode des tentures de sièges se 
développe à un point incroyable dans les appartements 
luxueux. On drape de festons les entre-jambes des ban- 
quettes, des bergères, des chaises -longues. C'est un motif 
à gracieux retroussis dont les tapissiers-décorateurs tirent 
tout le parti possible. 

SOIERIES 

L'étoffe la plus en usage pour toutes sortes de meubles, 
c'est le damas. Rappelons-le. Il s'agit d'une étoffe de soie 
contrastée de parties mates (taffetas) et brillantes (satin) 
comme le damassé du linge de table. Elle est solide, résis- 
tante et réversible, ce qui permet de l'utiliser sur chaque 
face et de la retourner quand elle est usée ou tachée. La 
couleur la plus répandue est le rouge cramoisi. On fait aussi 
du damas jaune, du bleu, du vert, du damas de deux cou- 
leurs (le fond d'une couleur, le dessin d'une autre), du 
damas même de trois couleurs (le fond d'une couleur, le 
décor de deux couleurs). 

Vers le milieu du siècle, on recouvre les beaux meubles 
en lampas, qui n'est qu'un damas plus riche, à fond de 
satin avec dessins de trames variées et opposées. 

Le gros de Tours, dit quinze seize (de sa largeur qui fait 
les i5/i6 e d'une aune) est un beau taffetas, fabriqué à 
l'origine à Tours. Il s'emploie surtout en tentures ou en 
dessus de lit. 

Le droguet, innovation lyonnaise, où la chaîne sert 
autant que la trame à rendre les effets du dessin, donne les 
plus charmants assortiments de décor Louis XVI. 

— 106 — 



GARNITURES DE SIÈGES ET DE LITS 

Un meuble d'été se fait en taffetas à fleurs ou chiné. 
Sur les sièges couverts en tapisserie ou en damas qui servent 
pour l'hiver, on met d'habitude, pour l'été, des housses 
ajustées de taffetas. 

Le velours ciselé ou uni, et même le velours ras de soie 
et coton servent à garnir les sièges. Le velours d'Utrecht, 
fil et poil de chèvre, est toujours recherché pour le même 
usage, car il est plus solide et moins cher que le damas. La 
moquette, fil et poil de chèvre, ne s'emploie que pour les 
sièges ou banquettes d'antichambre. 

On use du satin pour les dessus de lit piqués et pour 
certains sièges d'apparat, de la moire, tout soie ou fil et soie, 
pour tous les meubles. La siamoise, fil et coton, sert rare- 
ment aux sièges, sauf pour les carreaux ou coussins. Mais 
le camelot moiré, tout laine ou laine et fil, est l'étoffe la 
plus estimée après la moire. La serge ne s'emploie que 
pour les lits. 

En 1774, les prix courants des tapissiers cotent à l'aune : 

Livres 

Damas de Gênes 15 à 17 

— de Lyon 11 à 15 

— de Tours 10 à 14 

— commun 8 à 10 

— de trois couleurs .... 20 à 24 

Lampas 24 à 30 

Taffetas à fleurs 8 

Taffetas d'Angleterre . . 7 1. 10 s. à 8 1. 10 s. 

— de Florence . . . . 5 1. 10 s. à 6 1. 
Gros de Tours 12 à 17 

— 107 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Livres 

Moire de soie 8à 9 

— fil et soie 6 

Satin 3a 5 

— de Bruges 3 1. 10 s. 

Brocatelle 8 à 11 

Camelot moiré. . . . . 2 1. 4 s. à 2 1. 12 s. 
Velours ciselé 36 à 50 

— uni 24 à 36 

— de Hollande . . . g 1. 10 s. à n 1. 10 s. 

— d'Utrecht 7 à 10 

— ras 5 1. à 5 1. 10 s. 

Moquette f . • 4L à 4 1.15 s. 

Siamoise 3 à 5 

Serge 30 s. à 4 1. 

Quant au dessin de ces étoffes, il suit l'évolution des 
styles. Au décor à retour symétrique du xvn e siècle 
succède, sous Louis XV, la fantaisie et l'imprévu ; aux larges 
rinceaux conventionnels, aux gros fruits, aux grosses florai- 
sons, se substituent des détails décoratifs légers, naturels 
où la fleur joue le premier rôle. L'ordonnance la plus courante 
est celle de lignes verticales sinueuses et parallèles, compo- 
sées de rubans, dentelles, fourrures, plumes, cordelières, 
ou simplement florales. Des bouquets s'y relient ou s'isolent 
dans les vides. La chinoiserie, la turquerie, d'autres engoue- 
ments passagers de la mode, y donnent leur note éphémère, 
jusqu'à ce que le retour à l'antiquité ramène les ordon- 
nances classiques et la symétrie. Remarque curieuse, et 
que nous devons à la sagacité de Raymond Cox : on ne 

— 108 - 



GARNITURES DE SIÈGES ET DE LITS 

trouve, pour ainsi dire, pas de rocailles dans les soieries 
Louis XV. Les étoffes qui en comportent datent de 
Napoléon III où l'on eut la prétention de reconstituer un 
style qui n'en tissa pas. 

Sous Louis XVI, le décor des soieries suit deux courants 
principaux. Le premier est caractérisé par les rayures 
verticales rigides, plus ou moins espacées, sur lesquelles 
viennent 'se jouer tiges fleuries, branches fruitées, bouquets, 
guirlandes, et tout le répertoire obligé des paniers, corbeilles, 
rubans, flûtes, tambourins, houlettes, instruments cham- 
pêtres. Dans le décor Pompéien, la symétrie est la règle 
générale avec les compartiments lozangés, les médaillons, 
les arabesques imitées de l'antiquité, les attributs de dieux 
et de déesses, les vases antiques, les trépieds, les animaux 
fabuleux, les ruines, les architectures en perspective. 

TOILES PEINTES 

Les toiles peintes de toute sorte servent à garnir de 
beaux meubles, surtout à la campagne. Au début du siècle, 
on les importe encore de l'Inde, malgré les prohibitions. 
La marchandise de contrebande se vend librement dans les 
enclos de Saint-Germain-des-Prés, du Temple, de Saint- 
Jean-de-Latran, et autres lieux privilégiés. Ces « chittes » 
de l'Inde, ou ces Perses sont entièrement peintes à la main, 
sans le secours d'aucun bois d'impression. Le dessin lui- 
même, obtenu par un décalque au poncis, est tracé avec 
une liberté qui laisse voir des « repentirs », des traits croisés 
ou échappés, bref une composition où pas un motif n'est 

— 109 — ■ 



LES MEUBLES DU XVIII» SIÈCLE 

reproduit deux fois intégralement. Il en est de même des 
couleurs, qui, tantôt dépassent les contours, tantôt n'arri- 
vent pas à les couvrir, et qui présentent une diversité 
incroyable dans les dispositions des détails. A partir de 
1760, au contraire, on emploie des toiles peintes de fabrica- 
tion européenne imprimées par bois gravés, dont les plus 
minutieux détails et jusqu'aux moindres défauts se repro- 
duisent fatalement dans chaque report du dessin: 

C'est le décor floral qui sert de thème aux toiles de 
l'Inde, grandes tiges arborescentes aux rinceaux large- 
ment étalés, sur lesquels s'épanouissent des fleurs d'un 
éclat et d'une grosseur irréels : mangliers, pavots, tulipes, 
anémones, œillets, chrysanthèmes, roses, daturas, pivoines, 
magnolias. Des oiseaux y mêlent leur plumage brillant. 
Les toiles françaises copient ce décor aux gammes lumi- 
neuses, mais elles cherchent surtout à imiter — à moins 
que l'inverse ne se produise — les soieries façonnées de 
Lyon, ou les tapisseries de Beauvais. Vers 1780, le plus 
fameux des indienneurs français : Oberkampf, imagine de 
faire graver de grandes planches de cuivre de plus d'un 
mètre, où s'étalent librement de grands dessins de fleurs 
ou de ramages, des scènes à figures et à animaux spirituel- 
lement groupées. De 1783 à 1789,1a manufacture de Jouy met 
au jour les chefs-d'œuvre de Huet, ces camaïeux rouges, 
bleus, bistres ou amarantes, représentant : la Balançoire, 
les Délices des quatre saisons, les Plaisirs de la ferme, V Hom- 
mage de V Amérique à la France, Au loup !, les Quatre parties 
du monde, la Chasse au cerf, le Sacrifice à V amour, l Escar- 
polette, les Occupations villageoises, l'Aérostat dans le parc 



110 



GARNITURES DE SIÈGES ET DE LITS 

du château, l'Education maternelle, le Couronnement de la 
rosière, la Fédération, sans parler d'autres compositions 
d'artistes plus ordinaires, telles que : la Pêche maritime, le 
Départ pour le marché, la Kermesse flamande, le Ballon de 
Gonesse, l'Education à la campagne, le Mariage de Figaro. 
Une centaine d'autres manufactures produisent, à la même 
époque, avec plus ou moins de perfection et de bonheur, 
l'indienne de meuble. La plus célèbre est celle d'Orange. 

On estime en 1774 : 

Livres 

Perse de choix (en pièce de 3 aunes et demie) . 144 

— ordinaire (en pièce de 10 aunes) .... 192 

— anglaise ( — 10 — ) . . . . 288 

Toile d'Orange 3 à 10 

Indienne 35 s. à 3 

TAPISSERIES 

Les tapisseries de haute et de basse lisse n'apparaissent 
pas avant la Régence dans la garniture des sièges. Peut-être 
même faut-il reculer jusqu'en 1720, l'exécution des premiers 
modèles de ce genre à Beauvais. Auparavant, les meubles 
sont recouverts de tapisserie au petit point et la Savonnerie 
fournit pour le roi ou les princes des « dessus de formes » 
(housses) en velours, avec chiffres, globes, casques, dauphins, 
cygnes, fleurs, et le reste. Mais on ne trouve sur les sièges ni 
haute ni basse lisse. Les bois de l'époque Louis XIV, que l'on 
présente garnis de tapisseries clouées, l'ont été, selon toute 
vraisemblance, ultérieurement à la date de leur exécution. 

— m — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Les plus répandues et les moins coûteuses des tapisse- 
ries de sièges se font à Aubusson et à basse lisse. Les prix de 
la manufacture sont en effet quatre fois moindres que ceux 
des Gobelins. Malheureusement, nous sommes assez mal 
fixés sur les sujets tissés au xvm e siècle. Nous savons seule- 
ment qu'on reproduit les Fables de la Fontaine et les cartons 
d'OuDRY, Animaux et Chasses. Huet et Ranson, sous 
Louis XVI, fournissent de gracieux modèles de fleurs et 
d'arabesques. 

L'assortiment de Beauvais est mieux connu. De 1722 à 
1790, on peut passer en revue presque tous les sujets sortis 
de l'imagination des peintres de la manufacture, et destinés 
à recouvrir canapés, sophas, bergères, fauteuils, cabriolets, 
voyeuses, gondoles, banquettes, chaises, écrans ou lits. Deux 
canapés, peints par Duplessis, entre 1722 et 1724, ouvrent 
la galerie, peut-être avec des sujets empruntés à Vile de 
Cythère, à moins qu'il ne s'agisse de vases de fleurs. En 
1736, paraissent les Fables de La Fontaine, d'après J.-B. Ou- 
dry, qui défrayent l'atelier pendant plus de quarante ans : 
la Lice et sa compagne, les Deux chèvres, le Lion et le san- 
glier, le Renard et les raisins, le Loup et le renard, le Renard 
et le buste, les Poissons et le cormoran. En 1755, c'est la Noble 
pastorale, d'après Boucher, qui, combinée avec les ani- 
maux d'OuDRY, fournit un sopha et huit fauteuils. On 
prend pour le dossier du sopha : la Joueuse de flûte ou la 
Pipée aux oiseaux, pour le siège : le Brouetteur ou le Berger. 
Les dossiers des fauteuils ont pour sujets : le Pêcheur, la 
Pipée, le Déjeuner, la Dormeuse, le Pigeon portant une lettre; 
les sièges : le Faisan, le Dogue et la Cigogne, le Renard, 



112 



GARNITURES DE SIÈGES ET DE LITS 

les Canards, le Chien en arrêt, les Moutons, le Moulin à vent, 
le Moulin à eau, le Dogue et le cygne, le Chien et le faisan. 
En 1761, le sopha dit à' Apollon s'accompagne de huit 
fauteuils : V Astronomie, la Comédie, V Architecture, le Génie, 
l'Histoire, la Peinture, la Sculpture, la Musique. 

La suite des Jeux russiens, par Le Prince, remonte 
à 1769. Le sopha évoque la Danse ; les huit fauteuils : la 
Petite fille et son chat, la Laitière, le Petit batelier, la Mar- 
chande de poissons, le Musicien, la Jardinière, la Bergère, 
le Petit officier. L'écran représente le Maître d'école. Le 
meuble complet se vend 2456 livres. 

Trois ans plus tard, François Casanova donne une 
suite plus complète encore avec les Amusements de la 
Campagne. 

Le sopha a pour dossier un Homme à cheval ou un 
Ane portant des paniers d'œufs; pour siège une Femme 
conduisant son troupeau ou un Homme sur une bourrique. 
Les dossiers et les sièges des huit fauteuils sont composés 
de sujets analogues : hommes, femmes, cavaliers avec 
des ânes, des chèvres, des vaches, des moutons, des che- 
vaux, des mulets. Le paravent de huit feuilles représente 
un Cavalier rouge sur un cheval blanc, un Maréchal, un 
Mulet abattu, un Mulet sur un pont, une Femme qui trait 
une chèvre, un Berger dormant, une Femme sur un âne, un 
Homme tenant un paquet dans les bras. Les deux dor- 
meuses — lisons sans doute veilleuses — ont pour dossier 
le Maréchal et le mulet abattu) pour siège la Femme qui 
trait une chèvre et la Femme sur un âne. Les deux bergères 
présentent sur le dossier : un Cavalier et chien, une Femme 

— 113 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

avec une vache blanche, et sur le siège : un Homme sur un 
âne, une Femme à cheval. Le meuble (canapé et huit fau- 
teuils) vaut 2000 livres. 

De 1778 à 1780, le même Casanova compose l'Édu- 
cation ou les Quatre âges, douze fauteuils à figures. 
Dossiers : la Pêcheuse et son nègre, la Faiseuse de filet, 
la Femme debout qui tient son chien, la Dormeuse, l'Homme 
qui présente le bouquet, la Gouvernante qui promène l'en- 
fant, la Femme au lit de repos, le Petit garçon et son âne, 
V Homme habillé de bleu, la Femme qui dort, l'Agneau qui 
tête sa mère, la Laitière. Sièges : la Femme sur l'âne, la 
Femme couronnée par l'Amour, le Buveur, le Piqueur, la 
Balançoire, la Bouquetière, le Dénicheur d'oiseaux, la 
Femme qui tient une lettre, la Femme qui puise de l'eau, 
la Bergère assise, la Femme qui lit. 

En 1780, les charmantes pastorales de J.-B. Huet, à 
draperies bleues et arabesques : la Pêche, l'Offrande à l'amour, 
l'Escarpolette, la Moisson, la Ferme, le Mai, la Danse à 
deux, servent à garnir deux canapés, un écran, huit fau- 
teuils et quatre bergères. Dossiers : le Canard et le caniche, 
la Danse du chien, V Amazone, le Joueur de musette, la Pêche à 
la ligne, la Chasse à cor, le Joueur de tambourin, la Joueuse 
de guitare. Sièges : Attributs champêtres, le Chien et les 
oies, Attributs de la musique, Repos de chasse, le Coq et 
la poule, le Chat et le paon, le Rendez-vous de chasse, le 
Coq d'Inde. ■ 

L'amusante suite des Convois militaires, de Casanova, 
date de 1787. Deux sophas, huit fauteuils, deux écrans 

— 114 — 



GARNITURES DE SIÈGES ET DE LITS 

composent ce « meuble militaire », si souvent remis sur le 
métier sous l'Empire. Les dossiers figurent : un Hussard 
le mousquet sur l'épaule, deux Cavaliers à la suite du chariot, 
un Hussard le sabre à la main, la Conversation sur la caisse, 
le Pourvoyeur, un Trompette, la Voiture de bagages, un 
Domestique le fouet à la main. On voit sur les sièges : un 
Officier à redingote bleue, l'Artillerie, un Officier à manteau 
écarlate, un Cavalier sanglant son cheval, un Berger, un 
Domestique, un Officier passant l'eau, la Cuisine. Le meuble 
complet : 4000 livres. 

Les Sciences et les Arts, d'après Lagrenée (1788), com- 
prennent deux canapés ou sophas, figurant l'un le Commerce, 
l'autre, l'Agriculture, et douze fauteuils : la Renommée, 
la Sculpture, la Peinture, la Géométrie, l'Optique, la Mu- 
sique, l'Astronomie, l'Architecture, la Mécanique, le Génie, 
le Commerce. Enfin en 1790, Le Barbier donne les Parties 
du monde, deux canapés et onze fauteuils, les dossiers à 
figures, les sièges à paysages (1). 

Nous ne parlons pas des compositions florales, guir- 
landes, bouquets, gerbes, entremêlées de rubans, d'ara- 
besques, de trophées, d'animaux. Ils échappent à la descrip- 
tion, à la fois par leur nombre et par leur variété. 

Les Gobelins se montrent plus rebelles à la mode, et 
refusent longtemps leurs métiers aux tapisseries de meuble. 
C'est en 1748 seulement que la première commande, un 
canapé et quatre fauteuils, sort de l'atelier. Les dossiers des 
fauteuils sont d'EiSEN, les sièges de Lenfant. Ils repré- 

(i) En 1784. clans un inventaire des meubles de la manufacture, les canapés sont 
prisés de 300 à 460 livres, les fauteuils de 75 à 130, les écrans 72 livres- 

— 115 — 



LES MEUBLES DU XVI /Je SIÈCLE 

sentent les Quatre parties du monde, avec paysages et 
animaux. Sur le canapé, un Port de mer. En 1750, la mar- 
quise de Pompadour fait exécuter, aux Gobelins, le meuble 
du château de Bellevue et quelques autres. Charles 
Coypel et Lemaire Cadet composent, pour le roi, le 
magnifique canapé à jour l'Amour. On fait des fauteuils à 
fleurs et à fond cramoisi pour accompagner les tentures 
de don Quichotte. On exécute également des meubles dans 
le style chinois. Tessier et Jacques, deux admirables 
peintres de fleurs, composent de 1753 à 1775, une série 
charmante de bouquets et de guirlandes, de rinceaux 
fleuris et d'arabesques qui défrayent, avec les modèles de 
Ranson, la manufacture dans le genre meuble jusqu'à la 
la fin du régime. 

CUIR 

Nous ne serions pas complet si nous ne mentionnions 
les garnitures de cuir très en honneur pour les fauteuils 
de toilette, où la poudre gâterait tout revêtement d'étoffe. 
On en fait aussi des carreaux ou coussins pour les lits de 
repos. On en garnit les dessus de tables à écrire, les tablettes 
mobiles, les abattants des secrétaires, les serre-papiers. 

Le maroquin vert ou rouge (chèvre du Levant) est la 
seule peau employée pour les sièges et les coussins. Pour les 
tables à écrire, on use également du maroquin noir, et on 
le remplace dans les meubles à bon marché par la basane 
(peau de mouton) ou la peau de veau. 



IX 
VALEUR DES MEUBLES 

Comme les objets d'art, les objets d'ameublement 
ont une valeur très variable et qui peut subir pour deux 
pièces de la même catégorie un écart non pas du simple au 
double, mais au triple, au quintuple, au décuple. Il est donc 
impossible de dire à l'avance aux acheteurs : une chaise 
Louis XV cannée vaut telle somme, un fauteuil Louis XVI, 
recouvert de tapisserie de Beauvais, n'est pas cher à tel prix. 
Le pourrait-on que l'estimation, exacte une saison, cesserait 
de l'être six mois plus tard, tant les fluctuations dans le 
monde de la curiosité et du bibelot sont soudaines et impré- 
vues. Il suffit pour s'en rendre compte de voir quels écarts 
surprenants séparent parfois, dans les ventes à l'encan les 
appréciations des experts et les prix d'adjudication. 

Tout ce que l'on peut donc faire connaître pour 
guider l'acheteur se réduit à quelques conditions de forme, 
de conservation, de rareté, qui peuvent influer, et influent 
en réalité, sur le prix des meubles. Il apprendra ensuite — 
par l'expérience personnelle, que rien ne peut remplacer — 
en marchandant, en achetant, en vendant ou en regardant 
vendre, à appliquer du premier coup d'œil un prix approxi- 
matif, sur un objet, tout au moins quand il ne sort pas de la 
catégorie courante. Pour les pièces exceptionnelles, les 
rariora de la curiosité, qui atteignent, dans les ventes, de 

— 117 — 



LES MEUBLES DU XVIII" SIÈCLE 

sensationnelles enchères, seul les grands experts peuvent 
risquer une appréciation. Encore ne correspond-elle pas 
toujours à la réalité. 

ETAT DE CONSERVATION 

Avant tout, n'achetez que des meubles en très bon 
état. Le meilleur marché, quand il s'agit d'un bois vermoulu, 
d'un bâti disloqué, d'un assemblage incomplet, est encore 
trop cher. Même ancien, le meuble est un objet d'usage. 
Un siège Louis XVI est fait pour s'asseoir, tout aussi bien 
que le plus vulgaire fauteuil de la Troisième République. Si 
vous êtes obligé d'y faire des réparations vous ne pouvez 
jamais prévoir à l'avance comment elles seront exécutées, 
ni à quel prix le travail du praticien vous reviendra. 

Il n'en est pas de même du meuble que l'on achète tout 
réparé. On peut se rendre compte de son état et l'on 
n'achète pas chat en poche. Mais il y a réparation et répa- 
ration. Il y en a de vénielles, telles qu'un éclat remplacé 
dans le placage d'une commode, une feuille ou un ruban 
refait dans un motif sculpté ; il y en a de graves, telles qu'un 
pied remplacé à un siège, un dossier refait, un panneau de 
marqueterie reconstitué. C'est affaire d'appréciation, et 
surtout d'observation, car souvent le vendeur n'avertit pas 
son client des réparations d'un meuble, ou s'il lui en fait 
remarquer quelques-unes, il dévoile les inoffensives pour ne 
pas avoir à répondre sur les autres. 

On comprend donc qu'un bois, en parfait état de 
conservation, n'ayant subi aucune réparation, est une 

— 118 — 



VALEUR DES MEUBLES 

denrée rare et précieuse. Mais il y a tout intérêt pour 
l'acheteur à s'adresser au-dessus du panier plutôt qu'aux 
pêches à quinze sous. La belle marchandise, bien pure, ne 
perd jamais de sa valeur. Elle gagne, au contraire, avec le 
temps et avec la hausse croissante et interrompue des cours. 

GARNITURES ET DORURES ANCIENNES 

Il en est de même pour les garnitures et les revêtements 
de peinture, de vernis ou de dorure. Mais, sur ce point on 
peut se montrer moins difficile. Bien rares sont les bois qui 
sont parvenus jusqu'à nous avec leur dorure ou leur pein- 
ture primitive. Ceux qui ont gardé leur habit du temps, 
nous le présentent avec de telles détériorations qu'il est 
pour ainsi dire impossible de ne pas leur en donner un autre. 
D'ailleurs, il faut une grande habitude et même un coup 
d'œil de praticien pour discerner, sans se tromper, si une 
dorure est ancienne ou non. Exécuté d'après les procédés 
et avec le soin des artisans du xvm e siècle, l'ouvrage ne 
doit pas présenter de différence sensible, puisque l'or est 
une matière que le temps n'altère pas. Très rares, également, 
les sièges qui ont conservé leur garniture, et surtout qui 
l'ont gardée assez fraîche pour qu'on ne soit pas obligé de 
la jeter aux guenilles. Peut-on, raisonnablement, mettre dans 
un salon ces fauteuils vénérables au velours d'Utrecht, 
entièrement râpé, au rembourrage de crin tellement 
écrasé que le fond s'affaisse et s'effondre plus bas que le 
bois du siège? Mieux vaut un siège auquel on aurait redonné 
une garniture nouvelle, mais également ancienne, de velours 

— 119 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

de soie ou de toile de Jouy. Quant aux lits, c'est encore 
plus délicat. Il n'existe peut-être pas vingt lits du 
xviu e siècle, encore en place, avec leurs draperies primi- 
tives. Le soleil, la poussière, ou simplement le temps, ont 
fait justice des étoffes et ont obligé à les remplacer, ou 
bien, à un moment quelconque, l'intervention du tapissier a 
modifié la disposition primitive du décor. 

Ne nous étonnons donc pas, devant la rareté du cas, si 
la conservation des garnitures : soieries, tapisseries, velours, 
toiles peintes, avec leurs accessoires de galons, de clous 
dorés ou argentés, l'intégrité de la dorure ou de la peinture 
de l'époque soient des éléments de premier ordre dans 
l'évaluation des prix. 



BRONZES D'EPOQUES 

Il en est de même des bronzes. Clairsemés sont les 
meubles qui nous sont arrivés avec leur embellissement de 
bronze fondu, ciselé et doré à l'or moulu par les émules de 
Caffiéri, de Gouthière et de Thomire. On peut même 
dire, en thèse générale, que plus ces bronzes sont beaux, plus 
il y a de chance pour qu'ils soient modernes. Dans la tour- 
mente révolutionnaire, et plus encore peut-être dans la 
première moitié du xix e siècle, où tout ce qui touchait au 
Louis XV ou au Louis XVI n'avait aucun prix, on avait 
relégué les commodes dans les greniers ou les chambres 
de bonnes, mais en les dépouillant de leurs bronzes dorés 
dont la matière était valeur monnayable. 

— 120 — 



VALEUR DES MEUBLES 

Aussi, quand un bureau à cylindre, une commode 
Louis XV ou Louis XVI, une table à écrire ont gardé 
intact leur décor d'or moulu, les marchands en font-ils 
une condition d'élévation de prix. Bien entendu, cette 
majoration est en rapport avec l'importance des bronzes 
qui peut varier, par exemple, pour une même forme de 
commode Louis XV, depuis les simples poignées et entrées 
de tiroirs jusqu'à un véritable réseau de chutes, de sabots, 
d'appliques, de guirlandes, de frises, sous lequel disparaît 
presque le bâti de bois. De tels chefs-d'œuvre n'ont pas 
de prix (i). 

ELEGANCE ET BEAUTE DE TRAVAIL 

A qualité égale de conservation, les meubles varient de 
valeur avec le fini et l'élégance des formes ou la beauté des 
matériaux. 

La main-d'œuvre du xvm e siècle, pas plus que la 
nôtre, n'était partout de qualité égale. Il y avait des maîtres 
menuisiers excellents, d'autres médiocres, et quelques-uns 
mauvais. On travaillait mieux à Paris, à Lyon, à Bordeaux 
qu'à Quimper ou à Pézenas, et si l'on trouvait souvent dans 
de simples paroisses, aujourd'hui à peine pourvues d'une 
auberge et d'un bureau de tabac, d'excellents praticiens 
du bois, la production rurale ne valait pas la production 
urbaine. Certes, quand nous voyons à côté de notre fabri- 
cation mécanique, les meubles du xvm e siècle, nous aimons 

(i) Il en est de même des tapisseries de Beauvais et même d'Aubusson. des plaques 
de Sèvres, etc. 

— 121 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

chez tous indistinctement ces légers défauts, ces hésitations, 
ces repentirs, ces gaucheries d'outil qui dénoncent un tra- 
vail fait de main d'artisan. Mais, il faut en convenir, tout 
cela, c'est de la malfaçon, et si un peu de maladresse n'est 
pas faite pour nous déplaire, pas trop n'en faut. On descen- 
drait facilement jusqu'au meuble rustique, et du meuble 
rustique on tomberait à la bûche. 

On ne doit donc pas s'étonner a priori de la plus-value 
singulière que prend un meuble signé d'un nom fameux. 
Les maîtres-ébénistes avaient une marque qu'ils frappaient 
à froid au fond des tiroirs, dans les dessous des meubles ou 
sur le sommet des montants des commodes. Soulevez le 
marbre et vous trouverez souvent leur nom, précédé des 
initiales M. B. « maître-ébéniste ». C'est une garantie de 
fabrication soignée, et un meuble signé : Riesener, N. Petit, 
Carlin, P. Roussel, Migeon, Cressent, Leleu, ne 
peut manquer d'être, sinon un chef-d'œuvre, du moins un 
ouvrage d'excellente qualité. Mais il ne faut pas pousser 
trop loin la superstition de la signature, pour les meubles 
comme pour les tableaux. De ce qu'un bureau porte une 
signature, le plus souvent parfaitement inconnue, il ne 
s'ensuit pas qu'il vaille mieux qu'un modèle excellent qui 
se présente tout à fait dépourvu d'estampille. Et puis, 
il y a, comme nous le verrons tout à l'heure, les tours de 
Scapin du truquage. Plus un meuble est faux, plus il 
est signé. 

Ce qui ne trompe pas un acheteur suffisamment exercé, 
c'est l'élégance des formes. Avant tout, c'est à cette 
première recommandation des yeux qu'il faut se fier pour 

— 122 — 



VALEUR DES MEUBLES 

l'appréciation de la valeur marchande. Il y a, n'en doutez 
pas, commode et commode, et un modèle élégant, élancé 
de formes, dégagé sur des pieds élevés et bien cambrés, 
réduit aux proportions d'un meuble de boudoir, vaut dix 
fois un lourd modèle carré, d'énormes dimensions, et 
presque sans pieds, même s'il est d'aussi bonne exécution. 
Pour la même raison, la qualité des matériaux 
employés donne un prix considérable à un meuble. 
Jamais un bureau de dame, en bois indigène : hêtre, noyer, 
poirier, cerisier, ne pourra rivaliser avec un modèle plaqué 
de bois des îles, encore bien moins, avec un ouvrage de 
marqueterie. 

DEGRÉ DE RARETE 

On pourrait donner aussi comme un élément de pre- 
mier ordre dans la détermination du prix des objets d'ameu- 
blement leur degré de rareté. On ne se contente pas aujour- 
d'hui de rechercher des pièces isolées : tables, commodes, 
consoles, bureaux ou sièges, et de les disperser dans un 
appartement pour le plaisir des yeux. On veut réunir un 
ensemble complet de l'époque : salon, chambre à coucher, 
cabinet de travail ou salle à manger. Depuis la paire de 
badines du foyer, jusqu'à l'écritoire du secrétaire à abattant, 
il faut que tout soit ancien, et l'on paie fort cher, — quand 
on les trouve, — des meubles que le collectionneur d'autre- 
fois n'aurait jamais songé à rechercher, tels que des tables 
de nuit ou des bidets. Un petit fauteuil à coiffer est plus 
difficile à trouver qu'un simple fauteuil, une chaise-longue, 

— 123 — 



LES MEUBLES DU XVIII» SIÈCLE 

qu'un canapé, un cartonnier qu'une commode, une ber- 
gère qu'une chaise. 

Puis, il faut tenir compte de la mode. Si la belle mar- 
chandise se vend toujours son prix, il n'en est pas moins 
vrai que le goût des collectionneurs subit des flux et des 
reflux souvent inattendus, mais d'une sérieuse influence 
sur les cours des meubles. Aujourd'hui, par exemple, les 
modèles Renaissance ou Louis XIV sont moins recherchés 
que les délicates ébénisteries Louis XVI. Qui aurait songé, 
il y a quarante ans, à faire la chasse aux meubles Empire? 
Il a fallu les pièces de Sardou et les livres de M. Frédéric 
Masson pour nous faire trouver un charme à l'acajou de 
Jacob Desmalter. 

PROVENANCES CÉLÈBRES 

Un dernier élément, et non le moindre, influe aussi sur 
la cote de l'ameublement ancien. C'est la provenance. Une 
pièce, qui provient d'une grande collection, acquiert par 
cela même, indépendamment de ses qualités intrinsèques 
de conservation, d'élégance, de richesse ou de rareté, une 
plus-value considérable, faite bien plus de la notoriété 
attachée au nom de l'amateur qu'au discernement qu'on 
suppose avoir présidé à son choix. C'est ainsi que certains 
meubles passent de cabinets en cabinets, de collections en 
collections, acquérant chaque fois un titre de noblesse de 
plus et un chevron d'enchère, à moins que, par des revi- 
rements de fortune, qui ne sont pas sans exemple, un expert 
plus avisé que ses confrères ne s'aperçoive que ce meuble, 

— 124 — 



VALEUR DES MEUBLES 

devenu presque historique par sa glorieuse carrière de 
surenchères, n'est qu'un faux-noble, un geai paré de 
plumes de paon, et, d'un seul coup, la lumière étant faite, 
le marteau du commissaire-priseur s'abat sur une dépré- 
ciation de plusieurs beaux billets de mille. 

Tout cela, il faut le savoir pour pouvoir mettre un 
prix sur un meuble. Mais rien ne remplace l'éducation de 
l'œil. Il faut observer le plus possible, regarder dans les 
musées, chez les antiquaires, dans les collections parti- 
culières, dans les expositions qui précèdent les ventes aux 
enchères, et payer de sa personne et de sa bourse de nom- 
breuses et coûteuses expériences. Quand vous aurez acquis 
trop cher une pièce médiocre ou douteuse, soyez tranquille ! 
vous trouverez toujours un ami assez charitable pour vous 
en prévenir. Si les loisirs vous manquent pour vous livrer 
à cet apprentissage, n'hésitez pas. Remettez-vous-en à un 
professionnel honnête, comme on en trouve plus souvent 
qu'on ne pourrait croire. Vous paierez cher, mais vous en 
aurez pour votre argent. 



X 
TRUQUAGE 

Bien avant la crainte de payer trop cher, le collec- 
tionneur met la terreur de se voir colloquer du moderne 
pour de l'ancien. Autrement dit, sa bête noire, c'est le 
truquage. Ils ont fait du chemin, messieurs les faussaires 
depuis le jour où Paul Eudel, en créant le mot, dénonçait 
avec un sérieux qui pourrait passer pour de la mystification 
des ruses telles que les coups de bâton destinés à simuler 
des chocs et à avilir un meuble, ou les coups de fusil à 
charge de cendrée pour produire des trous de vers dans les 
pseudo-vieux bahuts. L'aimable père du truquage avait 
poussé l'enquête plus loin dans son second ouvrage de 
Trucs et Truqueurs auquel nous ferons d'autant plus volon- 
tiers appel que notre part de collaboration anonyme n'y fut 
pas négligeable. Mais déjà ce tableau des contrefaçons 
artistiques de 191 2 est dépassé. Il faudrait le reprendre 
en entier avec de nouvelles couleurs. Nous nous conten- 
terons d'une rapide esquisse. 

RESTAURATIONS 

Le truquage commence à la restauration et au com- 
plément pour aboutir à la fabrication intégrale, en passant 
par la surdécoration et l'assemblage. C'est une progression 
descendante, un dosage savant où les éléments authen- 
tiques tiennent de moins en moins de place, jusqu'à la 
copie entièrement moderne. 

— 126 — 



TRUQUAGE 

La restauration en soi ne mérite pas le nom de tru- 
quage. Les meubles sont des objets d'usage. Il est nécessaire 
qu'ils puissent remplir leur destination de siège, de bureau, 
d'armoire, de secrétaire ou de lit. Nous admettons très bien 
qu'on se refuse à refaire un nez cassé à un marbre grec, 
mais si le temps ou les injures des hommes ont privé un 
fauteuil d'un de ses accotoirs, une commode de sa tablette 
de marbre, une armoire de sa corniche, il est tout naturel 
de les remettre en possession de tous leurs membres avant 
de les exposer en vente. Cependant, comme un meuble 
complété vaut évidemment moins qu'un meuble intact 
de conservation, il devrait être également naturel d'indiquer 
à l'amateur le travail de restauration exécuté, 

SURDÊCORATION 

La surdécoration est moins innocente. L'opération con- 
siste à faire d'un meuble ancien fort ordinaire, une pièce 
de prix grâce à une toilette savante. Un fauteuil canné, par 
exemple, perd sa garniture de rotin et devient un fauteuil 
doré, garni de velours figuré. Le bois est ancien, la garni- 
niture l'est également. Il n'en est pas moins vrai qu'en 
payant fort cher un meuble de l'époque Louis XV, l'ama- 
teur a droit à un ensemble authentique et non à un adroit 
rhabillage. Qu'il passe donc un examen rigoureux, en se 
souvenant des indications que nous avons données sur la 
façon de garnir les sièges au xvm e siècle. Qu'il voit si les 
sangles de dessous sont anciennes, si le crin n'est pas végétal, 
si les galons et les clous sont bien contemporains du bois. 

— 127 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

La garniture est-elle de tapisserie? Qu'il passe la main négli- 
gemment sur la surface. Il sentira des parties rugueuses, 
celles qui sont neuves, d'autres souples, celles qui sont 
intactes. 

Plus grave encore la métamorphose de certains 
meubles, exécutés en bois indigènes par de modestes menui- 
siers de province — mais à la belle époque — et que l'on 
revêt d'un précieux ajustement de bois de rapport, de mar- 
queterie et de bronzes dorés. C'est la défroque de Peau 
d'âne changée en robe couleur de soleil. Petites commodes, 
bureaux de dames, tables de toilette, chiffonnières, sont 
démontés avec soin. Toutes les parties apparentes vont à 
un spécialiste qui exécute sur commande un placage en 
satiné ou en bois de violette, avec, aux bons endroits, des 
filets et des plates-bandes ou même des compositions de 
marqueterie copiées sur les originaux du temps. L'ouvrage 
parachevé, on remonte le meuble, et l'acheteur doit y 
regarder de bien près pour découvrir un travail moderne 
qui ne se révèle que par le « fini » de l'exécution, trop parfait 
pour l'époque, et par les surfaces trop « lisses », tandis que 
l'ancien placage se soulève presque toujours dans quelque 
endroit. 

Plaqué ou non, un truqueur qui se respecte ne pré- 
sente pas un meuble en vente sans lui avoir rajouté une 
riche parure de bronze : poignées, chutes, sabots, entrées 
de serrure, moulés sur des chefs-d'œuvre anciens. Comment 
les fondeurs se procurent-ils les modèles ? En copiant les 
originaux des musées et des palais nationaux sur des 
reproductions photographiques ou des dessins. Moins légi- 

— 128 — 



TRUQUAGE 

timement en utilisant des empreintes à la cire, prises 
sur des pièces anciennes qu'on leur a confiées, ou levées 
subrepticement sur des meubles pendant la visite d'un 
musée, en profitant du moment où le gardien a le dos 
tourné. Certains marchands vont même jusqu'au délit en 
escamotant les bronzes des meubles que des amateurs con- 
fiants leur ont remis à réparer, et en les remplaçant par des 
surmouiages. En 1909, quand le ministre de la marine, 
alors Alfred Picard, estimant que la place du bureau de 
Colbert était plutôt au Louvre qu'au ministère, le fit trans- 
porter au musée et le remplaça par une copie, on s'aperçut, 
paraît-il, que les bronzes du fameux meuble n'étaient que 
des copies, et que les originaux avaient été volés sous le 
second Empire par un réparateur dépourvu de scrupules. 
Aimable surprise ! 

Les tribunaux ont condamné un trop ingénieux bron- 
zier en vieux, du faubourg Saint- Antoine, Jean-Z., qui de 
1912 à 1914, avait tranquillement cueilli sur les meubles 
ou les cheminées de Compiègne, de Bagatelle, de Fontai- 
nebleau, de Versailles, les appliques à sa convenance pour 
les reproduire dans son atelier. Le comble de l'audace, 
c'est qu'au cours d'une mésaventure judiciaire antérieure 
le quidam avait eu l'aplomb de rapporter ses propres sur- 
moulages, en persuadant les Conservateurs qu'il leur res- 
tituait les originaux ! Allez donc après cela reconnaître 
à première vue si une commode porte des bronzes anciens, 
surtout si la dorure, faite au mercure, a subi la toilette 
d'usage, une teinte de brunissage donnée avec un vernis à 
l'alcool additionné de terre d'ombre, un frottement patient 

— 129 — 



LES MEUBLES DU XVIII» SIECLE 

de toutes les aspérités, un semis discret de chiures de 
mouches à la nicotine, ou un séjour prolongé dans la terre. 
Le plus sûr, c'est de se reporter aux vis, aux filières, aux 
tarauds, aux écrous. Mais une expertise de ce genre exige un 
démontage complet. 

Dernièrement, un amateur bien connu, le comte de N..., 
eut l'idée de visiter le magasin d'un antiquaire de banlieue, 
où un ami lui avait indiqué une belle commode Louis XV. 
Il sonne à la grille d'un élégant pavillon voisin du bois de 
Vincennes. Personne. Il resonne. Silence complet. Il entre, 
il visite les salons garnis en meubles d'un luxe inouï de 
beaux bronzes. C'est le château de la Belle-au-bois-dormant. 
Ennuyé cependant de l'attente, et ne voulant pas rentrer à 
Paris, sans avoir vu son marchand, de N..., descend au 
jardin. En dépit de la saison, — avril épanouissait tous les 
lilas d'alentour, — les plates-bandes ne contenaient aucune 
fleur. Mais divisées en petits carrés, comme un jardin bota- 
nique, elles s'hérissaient de minuscules étiquettes fichées 
en terre. On y lisait : entrées de serrure, chutes, poignées, 
appliques, clefs, sabots, guirlandes. C'est dans ce sol fertile 
et gras que vieillissaient bronzes, cuivres et ferrures, en 
attendant le moment d'être utilisés, après nettoyage et 
astiquage partiels, sur les meubles du pavillon d'à côté. 

TRANSFORMATIONS ET ASSEMBLAGES 

Difficiles, également à dépister, pour un acheteur 
novice, les transformations et assemblages d'usage courant 
à Tïucopolis. D'une table de nuit Louis XV, avec ses pieds 

— 130 — 



TRUQUAGE 

de biche, ses tablettes, ses panneaux ajourés, on fait, 
firo fudor! une table à ouvrage de dame (i). D'une minus- 
cule commode modèle, telle qu'en exécutaient les compa- 
gnons menuisiers pour passer maîtres, on tire, en y ajoutant 
quatre pieds, une chiffonnière aguichante. Un fauteuil 
de commodité devient une bergère pimpante et parfumée, 
qui ne garde aucun souvenir de sa carrière antérieure de 
chaise-percée. Un secrétaire-armoire, de modèle trop ordi- 
naire, est dépouillé de ses tiroirs, de ses compartiments, de 
son abattant, et devient vitrine, grâce à deux panneaux 
de verre rapportés. 

Quant aux assemblages, c'est le triomphe du grand 
comme du petit truqueur, qui emprunte sans scrupule aux 
marchands de vin la méthode des coupages. Rien de plus 
simple. Il suffit d'acheter un meuble ancien, un fauteuil 
à médaillon par exemple, et en faire exécuter trois copies 
aussi fidèles que possible. Ceci fait, on démonte le fauteuil 
authentique et les trois copies, et l'on assemble quatre 
meubles nouveaux en ayant soin de faire figurer dans 
chacun d'eux une partie ancienne. L'un aura la moitié 
du dossier et un accotoir, le second, le reste du dossier et 
l'autre accotoir, le troisième, le siège et la ceinture, le 
quatrième, les pieds. C'est un jeu d'enfant de raccorder 
ensuite le bois neuf à la teinte du vieux, et si le client 
manifeste quelques doutes sur les parties modernes, on 
convient, avec une bonhommie parfaite, d'une légère 
restauration. 



(i) Voyez plutôt la charmante parisienne photographiée dans le n° 1G8 (19 17) 
des Modes. 



131 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Les plus malins habillent les bois d'une garniture 
d'étoffe ancienne, ou leur font subir le maquillage d'usage : 
vieilles sangles de lit, fixées à l'aide de gros clous rouilles 
et à moitié arrachées; lambeaux pendants d'étoffes et de 
galons, comme si l'on venait d'enlever l'anciennne garni- 
ture; traces de peinture échappées à un lavage à la potasse. 
Rien ne manque à la mise en scène. Une de ces plus ingé- 
nieuses transformations consiste à faire un petit canapé 
Louis XVI à deux places avec un fauteuil coupé en deux. 
On réunit les moitiés par un milieu moderne, et l'on a ainsi, 
avec un siège d'un prix modique, un meuble recherché 
et haut coté. 

LE TRUQUAGE INTEGRAL 

Nous voici arrivés maintenant, d'étape en étape, à 
la création intégrale d'un faux, au summum du genre, 
à l'apogée du truquage et par cela même au plus difficile 
d'exécution. Jadis, l'entreprise eût été désastreuse. Les 
meubles anciens coûtaient moins cher que les neufs. Main- 
tenant au prix où sont les chaises-longues et les bonheurs- 
du-jour, il y a de la place pour un honnête — disons plutôt 
pour un malhonnête — bénéfice entre le prix de vente au 
client et le coût d'une imitation exécutée au faubourg 
Saint-Antoine. Évidemment un amateur averti ne se laisse 
pas toujours prendre à l'hameçon. Mais il y a plus d'ache- 
teurs que de connaisseurs. Le marchand en profite. Sans 
garantir précisément que la pièce est ancienne, il le laisse 
entendre. Le modèle est séduisant. L'état de conservation 

— 132 — 



TRUQUAGE 

parfait. M. Gogo se laisse tenter, et le meuble mis en place 
dans son appartement, il découvre sous les coussins du 
siège ou la tablette de marbre de la commode la marque 
d'un ébéniste du XII e arrondissement, inscrit au Bottin 
de 1914. 

Ne croyez pas d'ailleurs ce genre de truquage aussi 
inoffensif qu'il en a l'air. Il y a des imitations de pacotille, 
bonnes tout au plus pour attraper la clientèle des classes 
laborieuses qui s'approvisionne au bazar. Mais on en 
réussit de si parfaites qu'un expert éprouvé peut s'y 
tromper et s'y trompe. 

Quand on transporta au Garde-meuble, avant l'occu- 
pation prussienne, un certain nombre des objets d'art du 
château de Saint-Cloud, il s'y trouva un baromètre de 
style Louis XVI, sculpté et doré, qui faisait pendant à un 
remarquable cartel de Carlin. Le baromètre suivit le 
cartel au Louvre, lors de l'installation des salles du mobilier, 
en 1900, et c'est là que Firmin Raimbeaux, l'ancien écuyer 
de l'impératrice, le reconnut pour un chef-d'œuvre de 
Grohé, l'ébéniste de Napoléon III. Inutile de dire que 
l'objet reprit le chemin du Garde-meuble. La fameuse 
commode Louis XV, du baron de S..., le grand collection- 
neur russe, n'eût pas même l'honneur d'un stage aussi 
court dans notre grand musée national. Cette belle com- 
mode mouvementée, en bois de rose satiné, ornée de 
bronzes ciselés et dorés, qui avait coûté au baron dans 
les 200.000 francs, ne trompa pas un instant l'œil avisé des 
conservateurs. Elle repassa en vente avec les objets que le 
Louvre n'avait pas jugé dignes de son choix et atteignit 

— 133 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

péniblement 7.000 francs. Supputer la quantité de ces 
brebis galeuses qui ont pu se glisser dans les grandes 
collections, et repasseront dans dix ans, dans vingt ans, 
au feu des enchères ! Le temps aura authentifié le faux, 
et les témoins qui pourraient parler seront morts depuis 
longtemps. Seuls les très vieux collectionneurs à la 
tête branlante, pourront répondre comme l'octogénaire 
Lassouche à qui l'on demandait si une chiffonnière de sa 
boutique était ancienne: «Je crois bien ! je l'ai vue neuve 
dans mon enfance ! » 

Ne soyons pas surpris du succès de ces truquages 
di primo cartello. Quoiqu'on puisse dire et écrire, il existe 
encore des praticiens capables d'exécuter les ouvrages les 
plus délicats du xvm e siècle. Ils les exécutent même trop 
bien, et c'est un peu ce qui doit guider un expert quand 
il se trouve en face d'une pièce douteuse. 

Dans le travail ancien, on trouve des traces d'outil, 
des hésitations, de légers défauts, qui sont, nous en con- 
venons volontiers, des malfaçons, mais qui donnent une 
saveur toute particulière à l'ouvrage. Un copiste veut aussi 
trop donner l'impression de l'époque. Il est toujours tenté, 
quand il reproduit un modèle, d'exagérer les caractères 
du style et de faire du Louis XV plus Louis XV que 
l'original. Il accentuera les courbes, multipliera les rocailles 
et les feuillages, amincira les pieds déjà frêles, poussera à 
l'excès les formes bombées, comme l'ont fait, à l'époque 
du rococo allemand les maladroits continuateurs de 
Meissonnier, de Stlodtz ou d'Oppenord. 



134 



TRUQUAGE 

TOURS DE PASSE -PASSE 

Toutes ces remarques peuvent mettre sur la voie d'un 
truquage, mais avec des bronzes moulés sur les originaux, 
ciselés et dorés au mercure, allez donc reconnaître la mys- 
tification si vous ne pouvez vous livrer qu'à un examen 
superficiel, dans une boutique encombrée et mal éclairée? 
D'ailleurs, certains aigrefins ont trouvé un procédé qui 
défie toute concurrence. Ils présentent au client un meuble 
ancien irréprochable, et, la vente faite, ils lui glissent une 
copie à la place de l'original. C'est ainsi que deux chevaliers 
d'industrie, compatriotes de Tartarin, disposant d'une 
superbe table Louis XV authentique, louaient un vieux 
château où ils déposaient le meuble avec une dame 
d'aspect vénérable destinée à figurer la châtelaine. Puis ils 
cherchaient la dupe, qu'un rabatteur se chargeait d'amener 
au manoir. On lui vendait le meuble aussi cher que possible 
(la première demande était de 50.000 francs) et pendant le 
déjeuner, on le remplaçait par une reproduction exécutée 
par un industriel toulousain. Les vins étaient capiteux, 
les convives entraînants, la victime emportait la table sans 
nouvel examen, et le tour était joué. 

Cette comédie, dont le parquet de Cahors interrompit 
les fructueuses représentations en arrêtant les principaux 
acteurs, se reproduit sous cent formes diverses. Tantôt 
c'est un concierge qui laisse voir négligemment dans sa loge 
une commode Louis XVI en marqueterie, — qui songerait 
à soupçonner un concierge ! — tantôt, c'est la veuve d'un 



i35 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

employé de ministère qui a conservé en héritage de ses 
parents un secrétaire à cylindre qu'elle vous invite à venir 
visiter à domicile. 

Examinez donc de très près, les meubles dont l'état 
de conservation vous surprend. Reportez-vous aux endroits 
qui doivent présenter des traces d'usure, aux entrées de 
serrure, aux tiroirs. Retournez les sièges pour vérifier si 
le dessous des pieds est suffisamment poli par l'usage. 
Faites jouer les portes, soulevez les tablettes, inspectez 
surtout les bâtis. Nos pères ne donnaient de fini qu'aux 
menuiseries apparentes. Ils employaient des bois de rebut 
pour les dessous, les derrières, les intérieurs, tout ce 
qui ne se voit pas. Nos ébénistes contemporains soignent 
mieux leurs dessous, et nous pouvons en tirer une utile 
indication. Mais nos truqueurs ont des parades pour tous 
les coups de pointe. Ils achètent des carcasses de meubles 
sans valeur, des armoires de campagne, de vieilles 
commodes branlantes, et utilisent ces matériaux anciens 
pour toutes les parties apparentes de leurs bâtis, les fonds, 
les tiroirs, les tablettes. Ils vont même plus loin et ima- 
ginent des maquillages tels que celui qui réussit, il y a 
trente ans, à tromper un des plus fameux antiquaires 
parisiens. On lui fit acheter une admirable table dorée et 
sculptée aux armes du duc de Richelieu, dont tous les 
intérieurs, qui paraissaient en bois plein et vieux, n'étaient 
que des placages. On avait refendu des vieux bois en 
lamelles assez minces, et on les avait appliqués sur le bâti 
neuf, en présentant à la vue les surfaces jadis exposées à 
l'air. Après cela, il n'y a qu'à tirer l'échelle. 

— 136 — 



TRUQUAGE 

EXPERTISE PREALABLE 

Arrêtons-nous. Un plus long exposé des ruses des 
truqueurs ne saurait beaucoup instruire les acheteurs, 
tandis que les contrefacteurs novices y puiseraient peut-être 
leurs premières armes de combat. Ce qu'on attend surtout 
de nous, c'est un moyen de se garantir de cette lèpre de 
la sophistication. 

Le premier remède, nous ne saurions trop le répéter, 
c'est de se faire soi-même son éducation en regardant, en 
marchandant, en achetant, en revendant, bref en payant 
de sa personne et de sa bourse. Il faut savoir risquer, et 
même consentir à se laisser tromper. L'expérience seule ins- 
truit. Quand on a été dupé une fois, on ouvre mieux les yeux 
à la seconde affaire. Tous les manuels du monde ne rem- 
placent pas les leçons vivantes. Si après plusieurs mésa- 
ventures cuisantes vous ne vous apercevez pas que vous 
ayez progressé dans la voie de la clairvoyance, n'hésitez 
pas. Faites expertiser les meubles que vous voulez acheter. 
Bien qu'aujourd'hui tous les marchands soient des experts 
et tous les experts des marchands, on rencontre encore 
dans chaque spécialité des priseurs érudits, avisés, très 
capables de séparer l'ivraie du bon grain. Ne regrettez pas 
de leur payer une honnête commission : vous y trouverez 
encore votre compte. 

LE TRUQUAGE ET LA LOI 

Si malgré toutes les précautions dont vous vous serez 
entouré, si vous vous apercevez que vous êtes dupe d'une 

— 137 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

audacieuse mystification, et que sans crainte d'ébruiter 
votre mésaventure, vous traîniez votre vendeur devant les 
tribunaux, qu'avez-vous à espérer de ce recours à la loi? 

Ici encore il y a des espèces, comme disait Bridoison. 
La tromperie en matière de meubles anciens échappe à la 
loi de 1895, qui punit d'emprisonnement et d'amende, 
sans préjudice de dommages et intérêts, « ceux qui auront 
apposé ou fait apparaître frauduleusement un nom usurpé 
sur une œuvre de peinture, de sculpture, de gravure et de 
musique ». Un faussaire qui signe un dessin de Steinlen, 
de dix louis, peut être condamné à deux ans de prison. La 
loi néglige l'aigrefin qui appose sur une commode de 
deux cents louis la marque de Riesener. 

En réalité, les truquages de meubles ne tombent que 
sous les articles du Code visant l'escroquerie, bien difficile 
à prouver dans la plupart des cas, et sous l'article 423, 
tromperie sur la marchandise vendue, le plus souvent invo- 
qué par les plaignants. Il y a aussi l'article 1109 qui annule 
toute vente où le consentement du vendeur a été donné par 
erreur, extorqué par violence ou surpris par dol, et l'article 
1641 sur les vices rédhibitoires. 

Disons-le bien vite, même avec l'appui des lois, la 
lutte n'est pas égale entre le vendeur et l'amateur. Les 
marchés dans le commerce des objets d'art se font géné- 
ralement au comptant ou par chèque à vue. Lorsque vous 
vous apercevez de la fourberie, le marchand a votre argent 
et vous son meuble de pacotille. Il n'est pas aisé d'opérer 
l'échange. 



138 



TRUQUAGE 

IMPORTANCE DU REÇU 

La première difficulté consiste à prouver que le meuble 
contesté est bien celui que le marchand vous a vendu, et 
vous ne pouvez l'établir que par témoin ou par reçu en règle. 
Or, s'il est à peu près impossible, sur la description la plus 
minutieuse d'un catalogue de vente, de bien se représenter 
un meuble, à plus forte raison les termes très généraux 
d'une facture « commode en bois de rapport de l'époque 
Louis XVI, petit bureau de dame plaqué de bois de rose, 
fauteuil Louis XV, en bois doré, avec sa garniture de tapisse- 
rie », ne constituent pas des signalements permettant 
d'identifier ces objets d'art. Mais même si le vendeur ne 
conteste pas l'identité et ne vient pas vous dire : « Vous me 
présentez une commode Louis XVI, il ne s'ensuit pas 
qu'il s'agisse de ma commode Louis XVI », il faut établir 
que la vente a été faite avec garantie. Cette preuve ne peut 
également se fournir que par témoin et par reçu en règle. 
La première condition ne se rencontrant presque jamais, 
peut-on compter sur la seconde? Oui, si vous savez ne 
pas vous en tenir aux formules ambiguës affectionnées par 
les marchands qui se gardent bien de mettre sur leurs fac- 
tures « sans garantie d'aucune sorte », mais qui savent 
trouver des termes suffisamment vagues pour ne pas les 
engager vis-à-vis de la loi, tout en n'effarouchant pas le 
client. Prenez donc garde aux qualificatifs, exigez des pré- 
cisions et rappelez-vous que « style Louis XVI » équivaut 
à dire « copie moderne », que « Louis XVI » tout court, prête 
au doute, et que seulement « époque Louis XVI » implique 
l'authenticité de date. 

— i39 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

ACTION JUDICIAIRE 

Entrons dans l'action. Deux cas peuvent se présenter 
quand vous vous apercevez de la fraude. Le meuble a été 
acheté à crédit ou payé comptant. Dans le premier cas, 
tout à fait contraire aux usages du commerce des objets 
d'art, — à Paris, du moins, — vous n'avez qu'à refuser 
tout paiement et à faire signifier au vendeur, par exploit 
d'huissier, à avoir à reprendre sa marchandise. S'il refuse, 
ce sera à lui de vous actionner pour refus de paiement. 
Vous gagnerez aisément le procès, et même avec dommages 
et intérêts, en établissant devant le tribunal les cas de 
nullité de la vente. 

Si le meuble est payé, comme le cas se présente presque 
toujours, c'est à l'acheteur à entamer l'action. Assurez- vous 
d'abord que vous êtes encore dans les délais légaux et que 
le délit ne tombe pas sous le coup de la prescription, — 
trois ans pour les faits d'escroquerie. — Assurez-vous aussi 
que votre vendeur se refuse à toute tentative de résolution 
du contrat par voie amiable, jugement d'expert, par 
exemple. Assurez-vous surtout qu'il est solvable, car c'est 
une action civile que vous allez intenter. Une plainte en 
escroquerie, à moins d'être entourée de circonstances parti- 
culières aggravantes, comme celles de l'affaire de Cahors, 
n'a guère chance d'être suivie par le parquet. Quatre-vingt- 
dix-neuf fois sur cent, le vendeur ne peut être considéré 
que comme détenteur — de bonne foi, afhrme-t-il — et 
non comme auteur du faux. Il faut renoncer au doux espoir 
de voir le truqueur sur la paille humide des cachots, et se 

— 140 — 



TRUQUAGE 

contenter de lui faire rendre gorge en faisant prononcer 
l'annulation de la vente. 

Ce n'est pas tout. Comme le tribunal nommera des 
experts qui se prononceront sur l'objet du litige, ayez dix 
certitudes pour une, avant de vous lancer dans le maquis 
d'une procédure coûteuse et interminable. Il faut pouvoir 
prouver l'erreur, le dol ou, tout au moins, les vices rédhi- 
bitoires graves. C'est le seul moyen d'arriver à une réso- 
lution du marché. 

L'erreur ne peut, bien entendu, porter sur des qualités 
matérielles, c'est-à-dire pour une commode d'être en bois, 
d'avoir des tiroirs, un dessus de marbre, des garnitures de 
bronze. Les qualités substantielles visées par la loi sont la 
garantie d'époque et d'authenticité qui ont déterminé 
l'achat. Le reçu servira de base d'appréciation, et même si 
les termes ne garantissent pas formellement ces deux con- 
ditions, le tribunal ne considérera pas toujours le vendeur 
comme dégagé de toute responsabilité, si le prix de vente 
présente un écart considérable avec celui d'un objet simi- 
laire n'ayant que sa valeur intrinsèque. La qualité d'expert, 
prise par le marchand, peut aussi influer sur la décision 
des juges. 

Le dol ne provient pas seulement de l'erreur subs- 
tantielle. Il peut aussi résulter de certaines circonstances 
qui ont amené l'achat, ou tout au moins notablement grossi 
le prix consenti. Par exemple le fait d'avoir présenté le 
meuble dans un château de province, loin de Paris, dans 
un cadre et une mise en scène pouvant faire croire à une 
œuvre inconnue sur le marché, tandis qu'elle aurait couru 



141 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

toutes les boutiques du quai sans trouver amateur. Par 
exemple, aussi, le fait de vendre un meuble après en avoir 
tiré cinq ou six copies qui lui enlèvent sa qualité de pièce 
unique et originale. 

Quant aux vices cachés, qui n'entraînent pas en prin- 
cipe la résolution du contrat mais tout au moins une 
notable diminution du prix de vente, ils sont en général 
plus faciles à prouver. Compléments, surdécorations, 
restaurations graves, sont des vices cachés, visés par la loi. 
Vices cachés, également, les fausses attributions de prove- 
nance et d'origine, une table ayant appartenu à Marie- 
Antoinette, un secrétaire ayant figuré à la vente du 
baron Double. L'appréciation du tribunal variera avec les 
connaissances de l'acheteur. Un amateur connu, un expert 
juré, auront peu de chances d'obtenir réparation de défauts 
qu'un homme du métier doit savoir découvrir. 

Tout ce que nous venons de dire s'applique aux ventes 
publiques, sauf le cas des ventes judiciaires qui sont tou- 
jours sans garantie. Les réserves imprimées en tête des 
catalogues portant qu'aucune réclamation ne sera admise 
après la vente n'ont aucune force judiciaire. L'acheteur 
a donc les mêmes recours que dans une vente à l'amiable, 
il bénéficie même d'une garantie de plus, celle du commis- 
saire-priseur ou de l'officier ministériel chargé de la vente. 
Mais ceux-ci ne peuvent être actionnés que lorsque le 
vendeur est inconnu, insolvable ou disparu. 



XI 
ENTRETIEN ET PETITES RÉPARATIONS 

En général, rien n'est plus délicat que la réparation 
des meubles anciens. Seul un professionnel habile peut se 
livrer à cette périlleuse opération, surtout si elle exige un 
démontage de l'ouvrage. Mais il y a des menues réparations 
et des nettoyages qu'un amateur adroit et patient peut 
parfaitement exécuter lui-même avec un peu de pratique, 
surtout s'il exerce son talent sur des meubles d'une valeur 
modique. Souvent même, il arrivera, dans des opérations 
où le temps et la patience sont les principaux facteurs, à de 
meilleurs résultats qu'un professionnel, obligé de faire vite 
pour économiser la main-d'œuvre. 

Nous croyons donc utile de donner en appendice de 
notre ouvrage quelques recettes faciles à mettre en pratique, 
dont les amateurs pourront faire leur profit. 

SOINS A DONNER AUX MEUBLES 

Le premier soin pour l'entretien des meubles, c'est de 
les mettre bien d'aplomb en les installant à leur place 
définitive. S'ils ne sont pas calés, et placés bien horizon- 
talement, ils risquent de se déformer. 

Il faut choisir pour les meubles de valeur un empla- 
cement approprié, à l'abri de l'humidité comme des rayons 
du soleil. L'humidité est le plus grand ennemi des objets 
d'ameublement, particulièrement s'ils sont plaqués ou 
marquetés. Le plus sûr, c'est de ne jamais les adosser com- 



i43 



LES MEUBLES DU XV III* SIÈCLE 

plètement au mur et de laisser un intervalle où l'air puisse 
circuler. Quant à l'exposition au soleil, surtout en été et 
dans un climat méridional, elle exerce une action délétère 
sur les nuances fragiles des bois des îles, aussi bien que sur 
les couleurs des étoffes. On dit que le soleil les « mange ». 

Il faut éviter pour les meubles anciens de se servir de 
l'encaustique ordinaire que les ménagères emploient pour 
tous les genres de meubles, qu'ils soient en chêne, en acajou 
ou en palissandre. Pour rendre aux bois anciens leur 
brillant, le point important c'est d'user de patience et 
surtout d' « huile de bras », comme on dit vulgairement. 
Voici une façon de procéder : Prenez un morceau de 
flanelle douce, roulez-le en boule ou en tampon, et enve- 
loppez-le d'un morceau de toile usagée, bien tendue autour 
du tampon. Laissez tomber sur celui-ci deux gouttes 
d'huile d'amande et deux gouttes d'esprit de vin et frottez 
la surface à polir en ayant soin de toujours décrire des 
sortes de petits cercles jusqu'à ce que le polissage soit 
suffisant. Ne jamais attaquer qu'une petite surface à la fois, 
et n'employer que de la toile très propre pour l'opération 
(Chaplet). On peut aussi étendre avec un chiffon doux, 
un mélange d'essence de térébenthine avec deux fois son 
poids d'huile d'olive. On opère comme précédemment. 

Pour enlever les taches d'eau sur le vernis des meubles, 
on verse un peu d'huile d'olive dans un récipient et on y 
râpe un peu de cire blanche. On chauffe jusqu'à faire fondre 
la cire, et on passe un peu de l'enduit sur les taches. Pour 
finir on frotte avec un linge de toile jusqu'à rendre au 
vernis le brillant primitif. 



144 



ENTRETIEN ET PETITES RÉPARATIONS 

S'il s'agit d'une petite tache rebelle, on peut employer 
la composition suivante : Cire râpée, ioo gi\, savon blanc, 
15 gr. que l'on mélange en les faisant fondre au bain-marie. 
On y verse, loin du feu, un verre à bordeaux d'essence de 
térébenthine que l'on a fait chauffer dans un récipient 
entouré d'eau bouillante. On laisse refroidir et on applique 
sur les taches, après les avoir préalablement lavées avec un 
morceau de flanelle trempé dans de la bière chaude. Frottez 
et faites reluire (de Savigny). 

Si l'on veut boucher une fente dans le bois d'un meuble, 
on emploie de la cire à parquet où l'on introduit, en la 
faisant fondre, de la litharge et de l'ocre rouge, suffisamment 
dosées pour obtenir la teinte du bois à réparer. On malaxe et 
l'on fait des bâtons que l'on emploie comme de la cire à 
cacheter en les faisant fondre à la flamme. On peut aussi 
mélanger de la brique en poudre avec 8 % de litharge 
tamisée. On malaxe avec de l'huile de lin en quantité 
suffisante pour rendre la masse pâteuse. Les trous sont 
bouchés avec la préparation (Chaplet). 

Les bois anciens sont souvent criblés de trous minus- 
cules qu'on dirait percés à la vrille. On dit vulgairement 
qu'ils sont mangés des vers. En réalité, ce ravage est l'œuvre 
des larves d'un genre de coléoptères nommés « vrillettes ». 
Quand les trous sont anciens et que l'insecte les a aban- 
donnés, il suffit de les boucher avec un peu d'encaustique. 
Mais quand la larve est en travail — ce qui se reconnaît à la 
poussière qu'il rejette de son trou, — il est indispensable de 
le détruire. On peut y arriver en faisant pénétrer dans le 
bois, à l'aide d'un pinceau, de l'essence minérale, de la 

— 145 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

benzine ou du pétrole, mais le procédé le plus sûr consiste à 
employer la liqueur de Van Swieten, achetée chez un phar- 
macien, ou préparée en faisant dissoudre i gr. de bichlo- 
rure de mercure dans un mélange de ioo gr. d'alcool et 
900 gr. d'eau. On introduit dans l'orifice d'une poire en 
caoutchouc (de 25 à 30 gr. de capacité) un petit tube de 
verre effilé par le bout, mais suffisamment solide. Un tube 
de thermomètre est tout à fait propre à cet office. On 
emplit la poire de liquide par aspiration, on introduit la 
pointe de verre dans un trou de vrillette et on presse. La 
poussière et l'eau sortent aussitôt. On seringue successi- 
vement chaque trou jusqu'à ce qu'il ne sorte plus de 
poussière. 

PEINTURE, DORURE ET LAQUE 

Rafraîchir ou « aviver » un meuble peint ou vernis, c'est 
lui enlever la malpropreté occasionnée soit par le dépôt 
d'ordures qu'y font les insectes et les mouches, soit par la 
crasse de la poussière et lui rendre sa première propreté. 
On emploie une eau de lessive, très forte, faite de potasse 
et de cendres gravelées (lie de vin calcinée) : 

Eau 6 kg 

Potasse I-5 00 

Cendres gravelées , . 0.500 

Quand on veut seulement «décrasser», — et c'est le cas 
le plus ordinaire, — on se sert de cette lessive en l'étendant 

— 146 — 



ENTRETIEN ET PETITES RÉPARATIONS 

d'eau (deux décilitres dans un litre d'eau). Trois ou quatre 
minutes après que cette lessive est étendue, il faut laver à 
grande eau. Si on la laissait séjourner, elle corroderait 
couleurs et vernis. Quand tout est sec, on donne une ou 
deux couches de vernis. 

Si la peinture est enlevée soit par un éclat de bois, soit 
par l'action du feu ou de quelque corrosif, il faut la « rac- 
corder », c'est-à-dire la remettre au ton de l'ancienne 
teinte. Cette opération demande beaucoup d'habileté pour 
que la couleur nouvelle s'accorde parfaitement avec l'an- 
cienne et ne change plus. Il faut tenir la retouche un 
peu plus claire et mettre moins d'huile ou moins de colle. 

Lorsqu'on veut détruire une couleur pour en substi- 
tuer une autre, ou lorsque la peinture est trop endommagée 
pour pouvoir être réparée, le plus sûr est de tout enlever 
et de «lessiver» les vernis, les couleurs, les blancs d'apprêt, les 
encollages, les teintes dures et les impressions. On imbibe 
le bois de potasse, à plusieurs reprises, pour qu'elle pénètre 
jusqu'au tuf, on lessive et on lave, on dégorge les moulures 
et les sculptures avec les fers à réparer. Le bois redevient 
comme s'il n'avait jamais été ni peint ni verni. Quand il est 
bien sec on peut le repeindre en suivant les procédés que 
nous avons indiqués. 

L'or ne s'altérant ni par l'air ni par l'humidité, ni par 
aucune des exhalaisons répandues dans l'atmosphère, la 
dorure d'un meuble ne peut être salie que par l'adhésion 
de substances étrangères. Il ne s'agit donc, lorsqu'on veut 
le faire reparaître sur un meuble que de nettoyer les parties 
sales et malpropres qui le ternissent et de lui rendre son 

— 147 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

premier lustre. Mais il n'existe naturellement aucun 
procédé pour faire reparaître l'or aux endroits où il est 
enlevé. Bien plus, un lessivage imprudent risque d'aggraver 
le mal au lieu d'y porter remède en enlevant de nouvelles 
parcelles d'or ou en détrempant l'assiette. 

Les réparations dont les vieilles dorures sont suscep- 
tibles se bornent donc au « nettoyage » et aux « reprises ». 

Les lessives alcalines doivent être employées avec 
la plus grande réserve, particulièrement pour les dorures 
à la détrempe. L'alcool rectifié suffit le plus souvent au 
nettoyage. Un procédé sans danger consiste à employer 
simplement de la mousse de savon, à éponger vivement à 
l'eau claire et à sécher avec un linge fin et chaud pour 
éviter de détremper l'assiette. 

Autre recette : mélanger six blancs d'œufs dans un bol 
et y incorporer 30 gr. d'eau de Javel, sans faire mousser les 
blancs. Une couche du mélange appliquée au blaireau fera 
disparaître taches et noircissures. Rincer deux ou trois fois 
à l'eau pure et laisser sécher (de Savigny). 

On lessive plus aisément l'or à l'huile et on le revernit 
avec un vernis à l'alcool à or sur lequel on couche du 
vernis gras. 

Quant aux reprises, elles se font avec les procédés que 
nous avons indiqués à propos de la dorure. Si l'assiette est 
intacte, on se contente de remettre des parcelles d'or où il 
en manque et l'on vernit. Si le dommage est plus grave, on 
refait l'assiette en ayant soin de la polir pour l'égaliser avec 
les parties intactes et on applique la feuille. 

Pour raccommoder les laques, si la feuille d'or ou 

— 148 — 



ENTRETIEN ET PETITES RÉPARATIONS 

d'argent est seule enlevée, on couche à l'endroit endom- 
magé un mordant fait au vernis à la gomme-laque et on 
applique par-dessus la feuille d'or ou d'argent. Quand elle 
est bien sèche, on brunit. 

Si l'ouvrage est emporté jusqu'au bois, il faut boucher 
le trou avec un mastic composé de blanc délayé au vernis 
ou à la colle de peau (le premier vaut mieux). Le trou 
rempli, on polit pour égaliser au reste de la surface et on y 
met le fond noir, or ou aventurine, en ayant soin de bien 
accorder les retouches avec les parties anciennes. On couche 
le mordant, on applique l'or, on polit et on brunit. 

Il en est de même pour les laques en relief. Si l'or 
seul est emporté, on y met une couche de mordant et on 
le rétablit. Si le relief est lui-même enlevé, on ajoute une 
nouvelle pâte qu'on raccorde avec l'ancien décor, puis on y 
applique le mordant et l'or. 

NETTOYAGE DES CUIVRES ET DES BRONZES 

Pour nettoyer les cuivres ciselés, il faut éviter d'em- 
ployer les mixtures à base de tripoli, les tailles et les parties 
creuses se rempliraient de poudre très difficile à enlever. On 
obtient de bons résultats en frottant avec une brosse 
imprégnée d'une solution concentrée d'acide citrique, ou 
tout simplement avec une moitié de citron. On rince à l'eau 
tiède, puis on sèche avec un linge. L'important est de faire 
pénétrer la brosse dans toutes les tailles. 

Quant aux cuivres et aux bronzes dorés, on doit soigneu- 
sement écarter toutes mixtures acides ou toutes poudres 

— 149 — 



LES MEUBLES DU XVI II* SIÈCLE 

érosives, capables d'attaquer la couche d'or. L'eau de 
savon tiède, légèrement alcalinisée par un peu d'ammo- 
niaque et appliquée avec une brosse douce, donne un bon 
nettoyage à condition de rincer finalement à l'eau claire et 
de sécher au linge fin. 

Un autre procédé plus efficace consiste dans l'emploi, 
sur les surfaces à décrasser, de blanc d'Espagne délayé à 
l'eau, ou mieux à l'alcool. A. Chaplet conseille l'application 
au pinceau de la mixture suivante : 

Carbonate sodique cristallisé 5 gr. 

Blanc d'Espagne 15 — 

Alcool à 85 50 — 

Eau ■ . 100 — 

On laisse sécher naturellement, puis on fait disparaître 
le blanc à l'aide d'une brosse douce et bien sèche, en ayant 
soin de pénétrer dans tous les détails de l'ornementation. 
On frotte pour finir à la peau de daim. 

REPARATION ET NETTOYAGE DES MARBRES 

Pour nettoyer les marbres des commodes, consoles, 
secrétaires, guéridons, tables de nuit, il faut écarter soi- 
gneusement les liquides acides qui agissent rapidement, 
mais au détriment du marbre superficiellement attaqué. 
On lave avec une éponge imprégnée d'alcool, d'essence ou 
de benzine, ou l'on frotte tout simplement avec une brosse 
douce imprégnée d'eau de savon. Mais le meilleur procédé, 
comme pour les bronzes, consiste à appliquer sur les marbres 

— 150 ~ 



ENTRETIEN ET PETITES RÉPARATIONS 

à nettoyer une couche épaisse de pâte que l'on laisse sécher 
et que Ton enlève ensuite avec la brosse et le chiffon. 

Voici trois formules empruntées à A . Chaplet : 

i. — Faire dissoudre 2 kg. de carbonate de soude 
anhydre ou lessive du commerce pour blanchissage dans 
un litre d'eau, ajouter du blanc d'Espagne pour avoir une 
bouillie épaisse. 

2. — Faire fondre 50 gr. de savon dans un litre d'eau, 
ajouter à froid 50 gr. d'ammoniaque, puis incorporer de la 
terre à foulon jusqu'à consistance crémeuse. 

3. — Broyer finement dans l'eau 50 gr. de chlorure 
de chaux et amener ensuite le volume à un litre. Ajouter 
en remuant autant de blanc d'Espagne qu'il en faut pour 
obtenir une consistance convenable. 

Pour recoller un marbre cassé on emploie différents 
ciments. En voici deux exemples : 

1. — Faire dissoudre 2 gr. de sulfate d'alumine dans 
20 cm 3 d'eau et l'incorporer dans 250 gr. de gomme arabique 
fondue un peu épaisse. Former une pâte avec deux parties 
d'albâtre et une solution de borax. Laisser sécher plusieurs 
jours. 

2. — Prendre chlorure de zinc, 100 gr., et y faire 
dissoudre borax 3 gr. Puis avec ce liquide et de l'oxyde de 
zinc en quantité suffisante, préparer une pâte de bonne 
consistance appliquée aussitôt préparation. 

Si la cassure, après séchage, reste apparente, on la 



151 



LES MEUBLES DU XVIII» SIÈCLE 

masquera avec une couleur à la teinte du marbre. Si le 
marbre est cassé en plusieurs morceaux, il ne faut pas 
chercher à les recoller tous du même coup, mais procéder 
successivement, et ne passer à un nouveau raccord que 
lorsque le précédent est bien sec. 

Pour boucher des trous, des crevasses et même rem- 
placer de petits éclats aux marbres colorés, on prend de la 
gomme-laque brune en écailles que l'on ramollit à la 
chaleur du gaz dans un plat de fer et sans la brûler. Quand 
elle est bien fondue, on la mélange avec une spatule en 
laiton, en y ajoutant pour donner la nuance voulue des 
couleurs en poudre qu'utilisent les peintres en bâtiments. 
L'addition d'un peu de potée d'étain durcira le ciment 
ainsi préparé, et en même temps éclaircira sa nuance. On 
verse le mélange sur une plaque de marbre, puis on découpe 
les lames qu'on roule en forme de crayons. C'est avec ces 
crayons que l'on remplira les cavités et les fractures, soit 
en chauffant le marbre à l'endroit utile pour que la laque 
devienne plastique et s'applique dans la dénivellation, soit 
en chauffant l'extrémité de la gomme-laque dans la flamme 
d'une lampe à alcool et en faisant tomber la goutte fondue 
dans la crevasse. On trouve d'ailleurs des bâtons tout 
préparés et variés de nuance dans le commerce. 



TAPISSERIES DE SIEGES 

La réparation des tapisseries est une opération très 
délicate qui ne peut se faire que par des professionnels. On 



152 



ENTRETIEN ET PETITES RÉPARATIONS 

appelle « rentraiture» la reconstitution des morceaux détruits 
ou lacérés. Il peut se faire que la tapisserie soit trop vieille 
et trop usée pour mériter les frais d'une réparation com- 
plète. On peut alors essayer de raviver les tons avec des 
couleurs liquides toutes préparées que l'on trouve dans le 
commerce. Voici des formules qui remontent à un tapissier 
d'Aubusson, de 1773, et rentrent par conséquent dans notre 
sujet. Elles ont certainement l'avantage de ne pas brûler 
les laines : 

« Premièrement, pour l'eau rouge : Pour quatre bou- 
teilles, demi-livre de bois de Brézil, avec un quart d'alun 
de Rome et un quart de garance. Voilà pour les rouges. 

« Pour les bleus : Une bouteille, on met une once 
d'indigo avec deux onces d'alun; cuire séparément; on 
délie avec l'indigo. Avec de l'eau jaune, faite d'alun de 
genêt e, on fait de la couleur pour les verts, ou verts de choux. 

« Pour les violets, on met de l'eau rouge avec de l'eau 
bleue. Sur une écuelle de rouge, on met un verre de tein- 
ture bleue. 

« Pour les gris de lin, il faut prendre de l'eau d'alun 
faite avec de l'eau noire sans pelure de vergne (aune). 

« Pour la couleur à' aurore ou orange, on mettra sur 
une écuelle d'eau rouge un gobelet d'eau jaune, faite avec de 
l'alun de Rome et de la garance. Pour faire six bouteilles 
d'eau jaune, l'on met en tout un quart de garance. 

« Pour la couleur des chairs, vous prenez deux dés 
d'eau rouge sur un plein gobelet d'eau d'alun. Pour donner 
la rougeur aux joues, l'on met trois pleins dés. 

« Pour les sourcils, de l'eau de suie de cheminée avec 

- 153 - 



L'AMATEUR DE MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

de l'eau de pelure de noix verte, avec une pince d'eau rouge 
ou un peu de garance bouillies tout ensemble. 

« Pour les verts tannés, se servir d'eau de suie avec de 
la pelure de noix verte et de l'eau jaune. 

« Pour la couleur bronze, on met sur la même eau un 
peu d'eau rouge. » (Curiosité universelle, 31 mars 1890,). 




__...._ 



ES: OFFRES SEDUISANTES 



DEUXIÈME PARTIE 



ÉTUDE GRAPHIQUE DES MEUBLES 
DU XVIII e SIÈCLE 



DEUXIEME PARTIE 



ÉTUDE GRAPHIQUE DES MEUBLES 
DU XVIIF SIÈCLE 



AVERTISSEMENT 

Dans le but de rendre cette suite de planches aussi 
facile à consulter que possible, et en leur conservant leur 
caractère documentaire, il nous a paru logique de débuter 
par une analyse des éléments caractéristiques du meuble 
du xvm e siècle : pieds, montants, frises, moulures, etc., et 
de suivre l'évolution morphologique de chacun d'eux. 

Le lecteur aura ainsi devant les yeux quelques tableaux 
simples et clairs d'étude comparée pour chacune des par- 
ties constitutives des meubles illustrés au xvin e siècle par 
les grands ébénistes. 

Partant de cette base indispensable de connaissances, 
il pourra ensuite aborder sans difficulté la suite des docu- 
ments empruntés aux recueils de l'époque (Roubo, 
Lalonde, etc.) montrant l'exécution de tous ces types de 
meubles. 

Pour compléter ces renseignements, plaçant les meu- 
bles dans leur cadre historique, nous avons cru opportun 
de publier également, en les répartissant dans le corps 
de l'ouvrage, quelques estampes reproduisant des intérieurs 
du temps. 

— 157 — 



A. - ELEMENTS CARACTERISTIQUES 
DES MEUBLES DU XVIII e SIÈCLE 



l'Il-.DS 



o o o 





H. CLOUZOT, Dir. 



i. Pied de Sièges Louis XIV. 



2-3. Régem E. - 4-6. Louis XV. - 7" 12 - LouIS 
— 160 — 



Pl 




15 




H 





15 



16 




1/ 





la 



19 





£2 



A/arc BORDRY, Délin. 



13- Ceinture de Sièges Louis XIV. - i 4 . Régence. - 15-1 

18-22. Louis XVI. 

- 161 — 



5-17. Louis XV. 



DOSSIERS 




PL. II 




30-36. Dossiers de Sièges Louis XVI. 



163 - 



PLANS DE 




37-43. Plans de Sièges Louis XV. 



164 — 



IÈGES 



Pl. III 




50 



44-50. Plans de Sièges Louis XVI. 



165 



PLANS hl 





51. Paphose. - f,2. Canapé. -- 53. Banquette. — 54. Confident. 

166 — 



GRANDS SIÈGES 



Pl. IV 



D 



SS 



^ 



56 



S/ 



58 



0=r 



o 



^ 






55. Marquise. — 56. Ottomane. — 57. Veilleuse. — 58. Sopha. 

167 



PIEDS DE TABLEl 




59-60. Pieds de Tables Louis XIV et Régence. — 61-63. Louis XV. 
71-73. Pieds de Consoles Louis XV. 

— t68 — 



CONSOLES 



Pl. V 




64-70. Pieds de Tables Louis XVI.— 74. Console Louis XVI. 



169 



CONSOLES E 




L 



78 



J 



75. Dessus de Console Louis XV. 76-79. Dessus de Console Louis XVI. 



I/O 



PL. VI 




81 




80. Table rognon. -- 81. Table Louis XV. — 82. Table-Toilette. 



IJI 



CONSOLES E 



85 





85 




[ 



86 






"H. 



s* 



83. Console Louis XV. — 84. Commode-toilette Louis XVI. 
85-86. Consoles Louis XVI. 



172 — 



I MODES 



1Y. \ Il 




87-90. Commodes Louis XVI. 
- !73 - 



ORNEMENTS E 




91. Feuilles de refend. — 92- Feuilles d'eau. —93- Rais de cœur - 
94. Postes feuillées. — 95- Grecque. — 96. Piastres. 

— 174 — 



MOULURES 



Pi.. VIII 




97- Entrelacs. — 98. Rubans tortillés. — 99. Chapelet de perles et fleurons. 

100. Baguette de lauriers. — 101. Rubans et feuilles de chêne. 

ro2. Baguette a nœuds de rubans. 



175 — 



MOTIFS DE 




103-105. Motifs de sculpture Régence. - 106-108. Motifs de sculpture 

Louis XV. 



176 



SCULPTURE 



Pl. IX 



115 




loi ifs de sculpture Louis XVI : 109. Panier. - no. Vase d'ornement, -ni. Torche 

ET CARQUOIS. 112. POMME DE PIN. — 113. ROSACE. -- II4. NŒUD DE RUBAN. 



177 - 



GARNITURES 




115-116. Poignées Louis XV. — 117. Poignée Louis XVI. 

120. Sabot Louis XVI. 



118-119. Sabots Louis XV. 



— 178 



DE BRONZE 



Pl. X 




122-123. Motifs d'angle louis XVI. — 121. Poignée et entrée de serrure Louis XVI. 
124. Entrée de serrure Louis XV. — 125. Entrée de serrure Louis XVI. 



179 - 



B. - EXÉCUTION DE MEUBLES DU XVIII 1 SIÈCLE 
D'APRÈS LES DOCUMENTS DE LÉPOQUE 




- 183 



PL. XII 




i Chaise Régence (Roubo). — 2. Chaise a la reine Louis XV (Roubo). 
3. Chaise ovale Louis XVI (Roubo). -- 4 - Fauteuil en cabriolet Louis XVI (LalondeH 

- 184 - 



Pl. XIII 




i. 2. 3. Fauteuil carré, Fauteuil a anse de panier. Fauteuil a panneaux Louis XYI 

(Lalonde) . 

185 - 



Pl. XIV 




1-2. Fauteuil de cabinet Louis XV (Roubo). — 3-4. Fauteuil de cabinet gondole 
Fauteuil sur pivot Louis XVI (Lalonde). 

— 186 — 



Pl. XV 




1-2-3-4. Bergère droite, Bergère a la Turque, Bergère en cabriolet, 
Bergère a joue Louis XVI (Lalonde). 

— 187 — 



Pl. XVI 





i. Bergère Louis XV-Louis XVI (Lucotte). -- 2. Demi-Canapé Louis XV ou 
Marquise (Lucotte). — 3. Duchesse a bateau Louis XV-Louis XVI (Lucotte). 

— 188 - 




189 



> 

X 




— 190 




CI — 



> i 



Pl. XX 




1-2. Veilleuse a la Turque et Paphose Louis XV (Roubo). 
3. Veilleuse Louis XVI (Roubo). 

- I()2 - 



Pi.. XXI 




i. Lit de repos Louis XV (Roubo). 2. Lit de repos a l'Italienne 

Loris XV-Louis XVI (Lucotte). 

— 193 - 



l'i. XXII 




i. Lit a trois dossiers Louis XVI (Lalonde). 
2. Lit de repos a la Turque Louis XVI (Lalonde). 

~ 194 — 



Pl. XXIII 




l.ii a colonnes Louis XV (Roubo). 



195 - 



Pl. XXIV 




Lit a la Duchesse Louis XVI (Lalonde). 



iq6 




- 197 




- ro8 




içq - 




- 200 - 



Pl. XXIX 




i. Table de brelan Louis XV (Roubo). — 2. Table de tric-trac Louis XVI (Lalonde). 



201 



Pl. XXX 






i. Table a écrire Loris XV-Louis XVI (Roubo). 
2. Secrétaire a archives Louis XV (Roubo). 



202 




203 




204 



Pl. XXXI II 






i. Table de toilette ouvrante Louis XV (Roubo). — 2. Table de toilette Loris XVI 
(Lalonde). -- 3-4. Guéridons Louis XV (Roubo). 



~ 205 



Pl. XXXIV 




i. Table de nuit Louis XV (Roubo). — 2. Chiffonnière carrée Louis XV (Roubo). 
3. Table de nuit Louis XVI (Lalonde). — 4. Chiffonnière ronde Louis XVI (Lalonde 

— 206 — 















- 207 



M 




208 



PL. XXXVII 




Consoles Louis XVI (Delafosse) . 



- 209 




210 




- 211 - 








1-2. Bas-de-Buffets fixes Louis XVI (Boucher). 



212 




21 



Pl. XLII 




i-2. Commode Louis XV (Roubo). *— 3. Encoignure Louis XVI (Laîonde). 



214 - 



Pi . XLII1 




1-2. Commode cintrée ki commode i..\ pied-de-biche Louis XV] (Lalonde). 



215 " 



Pl. XLIY 





i. Petite" ^Commode Louis XVI (Roubo). 
2. Commode carrée ou Garde-Robes Loris XVI (Lalonde). 

— 216 — 





- 21/ 



PL. XI AI 




Motifs de marqueterie Louis XV-Louis XVI (Roubo). 



218 



Pl. xlvii 




Motifs de Marqueterie Louis XV-Louis XVI (Roubo). 



219 — 



Pl. XI. VI II 





Cannage de siège Louis XV (Roubo). 



— 220 — 



Pl. xlix 




Garnissage d'un siège Louis XV (Radel). 



221 




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A. P. 



NOTE DE V EDITEUR 

11 nous a paru intéressant de joindre à 
1 ouvrage de JV\. Clouzot un Xvépertoire 
des Ebénistes du jL VIII e Oiècle, établi 
par les soins de notre service de rédaction. 



13 




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( OllJèllUT i /'i7v;urr Cjéncral 



A . P. .«P.* 




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TROISIEME PARTIE 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 
DU XVIIP SIÈCLE 



13 



NOTA 



Les renseignements que nous donnons ici ont été puisés dans d'impor- 
tants ouvrages sur le Meuble, tels que : 

Champeaux (A. de), Le Meuble. Paris, 1885, t. II, 1 vol. illustré. 
Champeaux (A. de), Le Portefeuille des Arts décoratifs. Paris, 1888-1908, 

10 vol. in-folio. 
Champeaux (A. de), L'Art décoratif dans le vieux Paris. Paris, 1898, 1 vol. 

in-4 illustré. 
Havard (H.), Dictionnaire de l'Ameublement et de la Décoration depuis le 

XII e siècle jusqu'à nos jours. Paris, 1887-1890, 4 vol. in-4 illustrés. 
Guiffrey (J.), Inventaire général du Mobilier de la Couronne sous Louis XIV. 

Paris, 1885-1886, 2 vol. in-8° illustrés. 
Molinier (E.), Le Mobilier au xvn e et au xvm e siècle. Paris, 1898, 1 vol. 

in-4 illustré. 
Vial (Henri), Marcel (Adrien) et Girodie (André), Les Artistes et décora- 
teurs du Bois (Bibliothèque d'Art et d'Archéologie, à Paris, rue Spon- 

tini). 



TROISIÈME PARTIE 

REPERTOIRE DES EBENISTES 
DU XVIII* SIECLE 



Abel (Philippe), rues des Boucheries-St-Germain et Guizarde. — 1778. 

Aimonet (Jean-Claude-Isidore), rue des Cordiers. — 1777- 

Alexandre (Jean- Alexis), rue des Fossés-Monsieur-le-Prince. - — 1753. 

Allard (Pierre), rue de Cléri. — 1761. 

Alluine (Louis-Nicolas), rue du Cygne. — 1782. 

Amiot (Hubert), rue St-Victor. — 1781. 

Ancelet (Denis-Louis), rue St-Nicolas, Faubourg-St- Antoine. — 1766. 

André (Pierre), rues Neuve-St-Martin, St-André-des-Arcs et Mâcon. — 1777- 

Andrieu de Benson. 

Andru (Alexandre), rues Neuve-St-Martin, du Ponceau et Meslay. — 1774. 

Andry. Vécut sous le règne de Louis XVI. Voir collections privées : Turenne 

(Vicomte de) : bureau à cylindre; Doucet (Jacques) : tabouret de pied, 

signature à l'encre : Andry. 
Angomard (Joseph), rue Chariot. — 1763. Il y eut trois autres Angomard. 
Angot (Jacques), passage de l'Hôtel-Lesdiguières. — 1743- 
Anselin (Jean-François), rue Betizi. — 1779. Donna à Roubo l'idée de la 

machine à canneler les bois de plaquage. 
Antoine (Claude), rues des Mathurins et St-Hilaire. — 1779- 
Antoine (Jean-Baptiste), rue des Fossés-Monsieùr-le-Prince et place de 

l'Estrapade. — 1768. Il fut député de la corporation et menuisier de 

l'Hôtel de la Monnaie. 
Arguyot. — Paris, xvm e et xix e siècles. — Rues Cloche-Perce et St- Antoine. 
Armand (Henri), rue de la Roquette. — 1766. 
Armand (Noël), rue de Lappe. — 1767. 
Armand (Jean-Baptiste-François). — Paris, xvm e siècle. Grande rue du 

Faubourg-St-Antoine. 
Armant (Jacques), rue du Faubourg St-Antoine, cour St-Louis. — 1763. 

— 225 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Arnoult. — Paris, xviii 6 siècle, époque Louis XV. Constructeur de la 
table mécanique des petits appartements de Versailles dit « Buffet 
mouvant » et du fauteuil volant ou ascenseur fait pour M me de Pom- 
padour. 

Arnoult (Jacques-Benoît- Baptiste), rue du Vert-Bois. — 1782. 

Arselière (Gérard- Jean), rues du Temple, du Petit-Lion, St-Sauveur et 
de Tracy. — 1784. 

Astel (Antoine), petite rue Taranne et rue Princesse. — 1778. 

Aubert (Charl es-François), rue de la Vannerie. — 1708. 

Aubin (Jean- Julien), rue et Faubourg St-Denis. — 1777. 

Aubry (Louis), rue de Grammont. — T 774- Voir collections privées : Du- 
rand : petite table. Piot : commode avec têtes de béliers en bronze. Il 
signait : L. Aubry ou L. Aubry M.-E. 

Audry (Jacques), rue de Lappe. — 1777- 

Aufrère. — Époque Louis XV. Marqueteur de plusieurs maisons royales. 

Auguet. — Paris, xvm e et xix e siècles. 

Aumont (Louis), rue et cul-de-sac du Paon. — 1784. 

Auvigne (François), rue Verderet. — 1755- 

Auvigne (Jean-Baptiste), rue de Verneuil. — 1783. 

Avisse (Guillaume), rues Ste-Barbe, Neuve-St-Étienne et du Faubourg 
St-Denis. — 1743. 

Avisse (Jean), rue de Cléri. — 1745- 

Avril (Etienne), rue de Charenton. — 1774. Dit « l'Aîné ». On lui attribue 
deux suites de cahiers de vases. Voir Musée de Fontainebleau : armoires 
basses en acajou ornées de plaques en biscuit de Sèvres. Voir collections 
privées : Mirault, Séné, etc. Il signait : E. Avril. 

Avril (Jean-Denis), dit le Jeune. — Paris, xvui e siècle, à « La Boule 
blanche », grande rue du Faubourg St-Antoine. 

Avril (Pierre). — Paris, xvm e et xix e siècles, rue de Charenton. 

Azambre (Antoine-Joseph), rues de Bondy et du Faubourg du Temple. — 
1776. 

Aztigues (Antoine). — Paris, xvn e siècle. Marqueteur. Il travailla dans 
l'atelier d'André-Charles Boulle. 



B 

Bachard (Edme), rue de la Vieille-Monnaie. — 1778. 

Bacon (Jacques), rues Neuve-des-Mathurins, Feydeau et du Faubourg- 
Montmartre. — 1767. 

Badin (Jean), rues Mau conseil, des Fourreurs et Cloître Ste-Opportune et 
Mauconseil. — 1755. 

Baillete (François), rue de Clichy. — 1701. 

— 226 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Baiixete (François), rues St-Honoré, Neuve-des-Mathurins, Tiron et 
Chaussée-d'Antin. — 1761. 

Bailliot (Jean- Baptiste), rue et barrière de Sève (Sèvres). — 1780. 

Bailly (Louis), Chaussée-d'Antin. — 1767. Il y eut plusieurs Bailly. 

Bajot (François-Louis), rue de Bourgogne. — 1760. 

Bajot (Jacques), rue de la Vieille-Draperie. — 1738. 

Baland (François), rue de la Grande-Truanderie. — 1782. 

Ballet (Louis-Marie), fut nommé en 1781 ébéniste des Gobelins sous Œben. 

Balmat (Nicolas-Michel), rues de la Calandre, Oignard, des Deux-Écus, 
Neuve-St-Laurent, et Ste-Appoline. — 1760. 

Balny. — Paris, xvm e et xix e siècles, rue du Faubourg St- Antoine . 

Balton (Antoine). Époque de Louis XVI, rue Montmartre. 

Balu (Benoît), rue GeoSroy-l'Asnier. — 1772. 

Bara (Nicolas- Antoine), 1736. 

Barascud (Pierre), rue des Petits-Carreaux. — 1788. 

Barbault (Jean-Antoine- Joseph), rue Mouffetard. — *774- 

Barbier (François), rues Grange-Batelière et St-Georges. — 1781. 

Barbotin (Joseph), rue des Poulies. — 1785. 

Baron (Pierre-François), rues de Bièvre et Boucherat. — 1764. 

Baron (François) rue de l'Échaudé. — 1785. 

Barratjlt (Joseph), rue Traversière, Faubourg S -Antoine. — 1768. 

Barré. — Paris, xvm e siècle. Marqueteur, cours des Fontaines, au Palais- 
Royal. 

Barreau (Étienne-0 vide) . — Paris, xvm e siècle. Rue de Charenton. 

Barthélémy (Charles), rues Mondétour et des Petits-Champs-St-Martin. — 
1777. Voir ses meubles collection de M me Sluys. 

Bary (Louis-François), rue Beaubourg. — 1772. 

Bary (M.). — Paris, XVIII e siècle. Voir collection privée Clifden (Vicomte). 
Il signait : M. Barry M. E. 

Bary (Thomas). — Paris, xvm e siècle. Rue du Faubourg Poissonnière. 

Bas (Jean- André), rue et Faubourg Montmartre. — 1787. 

Basset (Jean), place Cambray et rue St-Jean-de-Latran. — 1774- 

Bassin (Pierre- Joseph), rue du Faubourg St- Antoine. — 1762. 

Bastin (Pierre- Joseph), rue du Faubourg St-Antoine. — 1762. 

Bastin (Simon), rue de Bourgogne. — 1774. 

Bastier (Jean-Baptiste), cul-de-sac Basfour. — 1746. 

Baudet (Louis- Antoine-Martin), rue St-Antoine. — 1770. 

Baudin (Noël), rue du Faubourg St-Martin. — 1763. 

Baudon-Goubaut. — Paris, xviu e et xix e siècles. Substitua l'orme noueux 
aux bois d'Amérique. Cour des Petites -Écuries, Faubourg-St-Denis. 

Baudoux (Dieudonné), rue des Filles-du-Calvaire. — 1788. 

Baufre (Noël-François), rue des Vieilles-Tuileries. — 1753- 

Baugrand (Pi erre- André), rues des Canettes et Princesse. — 1761. 

— 227 — 



LES MEUBLES DU XVIII e SIÈCLE 

Beaugrand (Jean), cul-de-sac de la Guisarde et rue des Canettes. — 1766. 
Bavant (Jean- Jacques) . — Paris, xvm e et xix e siècles. Rues de la Sourdière 

et St-Roch. 
Bauve (Mathieu de), rue de Cléri. — 1754- 
Bayer (Christophe-Wolfgang). — Paris, xvni e siècle. 
Bayer (François), rues St-Honoré, de Taranne, du Vieux-Colombier et 

Montmartre. — 1764. Ébéniste-marqueteur. Voir Musée de South- 

Kensington : petite table à ouvrage et collection privée Gauchery. 

Il signait : F. Bayer M. E. 
Beaucaisnes (Romain), rues des Petits-Champs-St-Martin, Poissonnière et 

des Petits-Carreaux. — 1773- 
Beauce (Louis-Laurent), rues du Faubourg-St- Antoine, St-Honoré, passage 

St-Roch. — 1787. 
Beaudret. — Paris, xvui e siècle. Travailla pour Trianon. 
Bedu (Ignace- Chrétien), rues Vieille-du-Temple, du Harlay, et petite rue 

St-Gilles. — 1751. 
Bélanger (Antoine), rue de Cléri. — 1773- 
Belchamp (Etienne), rue du Faubourg St-Honoré. — 1769. 
Belin (François-Bernard), rues du Gros-Chenet et Neuve-des-Mathurins. — 

1766. 
Belin (Sulpice- Vincent), rues Poissonnière et du Gros-Chenet. — I73 2 - 

Il était menuisier du duc d'Orléans. 
Bellanger-Pauh. Époque Louis XVI. Rue St-Martin. V. marque. Voir 

Musées : Château de Windsor, deux cabinets en laque, ornés de bronzes 

et de plaques de porcelaine de Sèvres. Il signait : Bellanger-Pauh, rue 

St-Martin, n° 41 à Paris. 
Bellangé (Pierre- Antoine), rue Neuve-Porte-St-Denis. 12 Prairial an XL 

Breveté du garde-meuble de la couronne sous la Restauration, il meubla 

le Pavillon de St-Ouen. 
Bellangé. — Paris, xvm e et xix e siècles. Voir Musée: Château de Windsor, 

cabinet orné de plaques de Sèvres. Signé : Bellangé, 33, rue des 

Marais, Paris. 
Bellet (Jean), rue.de Lappe. — 1750. 

Bellet (Jean-Baptiste), rue de Lappe. — 1782. Probablement 'fils du pré- 
cédent. 
Bellicard (Guillaume), rue du Faubourg-St-Martin. — 1748. 
Bellu (Antoine), rue de Paradis, près St-Lazare. — 1783. 
Bernard (Jean-Bapt.-Mich.), rues de Grenelle, du Bacq et du Faubourg- 

St-Honoré. — 1769. 
Benard (Louis-Siméon), rue du Four-St-Honoré. — 1778. 
Benard (Pierre-Nicolas), rue du Temple. — 1777- 
Benéens. — Paris, rues de la Voirie et du Faubourg St-Denis. — 1765. 

— 228 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Beneman (Jean-Guillaume), rue Forest, 1785. Venu probablement d'Alle- 
magne, travailla pour la Cour dès 1786 et établit des boutiques au garde- 
Meuble, à Fontainebleau, à Compiègne. Ses meubles sont lourds et 
riches, le plus souvent en acajou orné de cuivres. Il remplaça Riesener 
comme ébéniste de la Cour et fit pour Marie-Antoinette le mobilier 
du château de St-Cloud. Il travailla pour les châteaux de Choisy, Com- 
piègne, Rambouillet, pour M me de Polignac au château de Fontainebleau, 
pour le service du contrôle général au château de Versailles. Sous le 
Directoire, Beneman travailla pour Collignon, marchand de meubles. 
Voir Musées : château de Compiègne : bureau plat en acajou, 
bronzes ciselés et dorés; château de Fontainebleau : commode en bois 
de rose ornée de cuivres ciselés et dorés; Louvre : grand meuble d'appui 
en acajou, orné de cuivres ciselés et du monogramme de Marie-An- 
toinette; commode en acajou à trois panneaux, ornée de cuivre et de 
bronzes verts, commode en acajou ornée de cuivres et de plaques en 
biscuit de Sèvres, etc. A Londres, collection Wallace : commode en 
acajou. Voir aussi collection privée Kakn (Rodolphe). Il signait : 
G. Beneman et G. Beneman et I. J . Stockel. 

Benoît (Jean-François), rue de Seine. — 1776. Il y eut plusieurs Benoît 
ou Beooist. 

Bergeman ou Bergmann (Johann-Friederich). Époque de Louis XVI. 
Il travailla à l'atelier de G. Trost. 

Bergez (Adrien-Innocent), rues Gaillôn et de Grammont. — 1764. 

Bernard (Jacques), rues des Fossés - St-Germain-T Auxerrois, Notre-Dame- 
des-Victoires et Jocquellet. — 1760. Employa la marqueterie, les appli- 
cations de bronze ciselé et des plaques de porcelaine de Saxe. Souvent 
cité dans les ventes anciennes. 

Bernard (Pierre), rue de Lappe. — 1766. Voir collection privée Blagé : 
bureau toilette, de la collection privée Sempé : bergère et chaise Louis XV . 
Il signait : P. Bernard ou P. Bernard, ébéniste. 

Bernard, rue de la Roë, à Angers. Époque de Louis XVI. Facteur de forte 
piano et de meubles en ébène et en bois étrangers. Il y eut plusieurs 
autres Bernard ébénistes-menuisiers et sculpteurs sur bois. 

Bernier (Balthazard), rue de la Huchette. — 1787. 

Berriar (Guillaume), rues des Petits-Carreaux et Neuve-St-Germain . — 

1773- 
Berthault (Jean-Louis), rue Galande, cul-de-sac du Paon et rue St-Benoît. 

1759- 
Berthereau (J.-Hugues), nie Neuve-St-Augustin. — 1748. Il travailla 

à la Chambre et au cabinet du roi au château de Choisy. 
Bertier ou Berthier (Pierre), rue Neuve-St-Martin. — 1778. 
Berton (Valentin-Noël), rue de Cléri. — 1757- 

— 229 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Bertrand (Jean-Nicolas), enclos St-Denis-de-la-Chartre et rue aux Fèves. 
1764. 

Bertrand (Jean-Pierre), rue du Faubourg St-Antoine. — 1775- 

Bertrand (Nicolas), dans St-Denis-de-la-Chartre. — 1770. 
Il y eut d'autres Bertrand ébénistes et menuisiers. 

Besset (Jean-Pierre), rues de l'Échiquier et du Faubourg-St-Denis. — 1787. 

Bessolle (Guillaume), rue et Faubourg-St-Denis. — 1782. 

Besson (Charles), rue Neuve-St-Martin. — 1758. 

Besson (Henri), rue St-Denis. — 1782. 

Bettmann. — Paris, xvm e siècle. Travailla pour le château de Compiègne. 

Beury (François), rue et Faubourg-St-Honoré. — 1772. 

Biennais. — Paris, xvm e et xix e siècles. Au « Singe violet », rue St-Honoré. 
Ébéniste et orfèvre de leurs Majestés les rois de Hollande et de West- 
phalie. Il exécuta des nécessaires et des coffrets pour Napoléon I er 
et la Cour. Il signait : Biennais- Violet, rue du Singe, à Paris. 

Billion (Mathieu), rues du Faubourg-Montmartre, Cloître St-Jacques- 
l' Hôpital et rue des Petits-Carreaux. — 1765. 

Biochet (Pierre), rue de Mazière. — 1774- 

Bircklé (Jacques), rue St-Nicolas, Faubourg-St- Antoine. — 1764. Il y eut 
plusieurs Bircklé, ébénistes ou menuisiers dont l'un signait : A . Bircklé. 
Il signait /. Bircklé. 

Birkel (Frédéric), rue du Faubourg St-Antoine. — 1786. Il était originaire 
d'Alsace. 

Bizet (Jean-Philippe), rue et Faubourg Montmartre et rue Bergère. — 1768. 

Bizet (Michel-Philippe), rue du Faubourg-Montmartre et passage du Sau- 
mon. — 1741. 

Blaise (Louis-François), rue du Four-St-Germain. — 1773- 

Blancard (Jean-Nicolas), rue de Cléry. — 1777. 

Blancart (François-Louis), rue St-Sauveur. — 1777. 

Blanchard (Etienne), rue du Faubourg-St-Antoine. — !757- 

Blanchard (Jean-Nicolas), rues de Cléri et Ste-Barbe. — 1771- 

Blondeau (Louis), Montagne-Ste-Geneviève. — *777- 

Blot (René), rue des Filles- du- Calvaire. — 1756. 

Blu (Pierre), rue d'Arcis et rue Marivaux-St- Jacques, cours St-Pierre. — 
1782. 

Blucheidner (Georges-Pierre- Auguste), rue du Temple. — Époque de 
Louis XVI. On retrouve sa signature sur une curieuse estampille d'un 
meuble sorti de l'atelier de son patron J.-G. Frost. Il y ajoute avec 
son collègue Bergmann ces mots : « Nous avons bu autant de pintes de vin 
que le bureau pèse de livres. Les ouvriers : Johan Friedrich Bergemann, 
Georges-Pierre- Auguste Blucheidner, 24 novembre 1787 ». 

Bocage (L.-Jean-Jacques), rue Traversière-St-Honoré. — 1781. 

Bocquet (Jean-Louis), rues Guénéguand et Mazarine. — 1778. 

Bofredon (François-Léon), rue Christine. — 1786. 

— 230 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Boichod (Pierre), rue du Faubourg St-Antoine. A là « Boule Blanche ». — 

1769. 
Boileau (Philippe), rues Pastourelle et de Limoges. — 1787. 
Boisoux, rues Montmartre et des Prouvaires. — 1760. Devint syndic de la 

communauté. 
Boissier (Pierre-Martin-Dominique), dans l'Hôtel Royal des Invalides. — 

1772. 
Bolten (Henri), rues Montmartre et Neuve-St- Augustin. — *774- H était 

originaire de la Gueldre. 
Bondin, rue Traversière-St-Antoine. Époque de Louis XV. 
Bonna (Jean), rues de la Cossonnerie et Tiquetonne. — 1770- 
Bonnamy (Joseph), rues de la Limace et Neuve-St-Nicolas. — 1763. 
Bonnamy (Pierre), rues Aubry-le-Boucher et St-Denis. — 1781. 
Bonnard (Jean), rue St-Honoré. — ^777- 
Bonneau (Claude), rues des Moineaux, St-Landry et Verte-à-la- Vacherie. — 

1770. 
Bonnemain (Antoine), rue St-Nicolas, Faubourg St-Antoine. — 1753- 
Bonnemain (Pierre), rue Traversière, Faubourg St-Antoine. — 1751- 
Bontemps (Pierre-François), rues St-Bernard et des Grands-Degrés. — 1775- 

Il y eut un autre Bontemps menuisier-ébéniste. 
Bonvallet (Claude), rue dArgenteuil. — 1765. 
Bordin (Christophe-Isidore), rue d'Anjou. — xvm e siècle. 
Borel (François-Moyse), rue Chariot. — 1752. Syndic en 1777. Auteur de 

la Bibliothèque et des stalles de l'Abbaye de St-Denis. 
Borv (Louis-François), rues du Cimetière-St-Nicolas et Beaubourg. — 1772. 
Bossuge (Pierre-Marie-Michel), rues de la Lanterne et St-Bon. — 1777- 
Bottin (Henri). — Paris, xvm e siècle. 
Boucault (Guillaume), rues Ste-Marguerite, St-Antoine et de Charonne. — 

1766. 
Boucault (Jean), rue du Faubourg St-Martin. — 1728. 

Il signait : /. Boucault. Il y eut un autre Boucault ébéniste. 
Boucher (Denis), rue des Petites-Écuries-du-Roi. — 1783. 
Boucher (Mathias-Nicolas), rue de Poitiers. — 1770. 
Bouchet (Denis), rue des Petites-Écuries-du-Roi. — 1783. 
Boudar (Marin), enclos du Temple et tue du Pont-aux-Choux. — 1789. 
Boudin (Léonard), rues Traversière, Cloître-St-Germain-l'Auxerrois, Fro- 

menteau. — 1761. Il tenait un grand magasin de meubles. Créateur 

des tables rondes à sujet chinois dites « à la Jésuite ». Ses meubles sont 

décorés d'une fine marqueterie et leurs pieds sont ornés d'ornements 

de bronze ciselé. 

Voir collections privées : Beurdelay, petit chiffonnier ; et Durand, table 

de nuit. Il signait : Boudin. 
BouÉ (Jean), rue du Petit-Bacq. — 1778. 
Bouillier (Louis), rues des Prouvaires et Montmartre. — 1756. 

— 23 1 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Boulard (Jean-Baptiste), rue de Cléri. — 1755 (marque). Il travailla pour 
le garde-meuble royal et pour celui du comte d'Artois à Bagatelle. 
Beaucoup de ses meubles ont passé dans des ventes. Il signait : J.-B. 
Boulard. 

Boulle (André-Charles), xvn e et xvm e siècle. Ébéniste-marqueteur. 

Il débuta probablement comme décorateur et sculpteur sur bois à la 
Manufacture des Gobelins sous les ordres de Lebrun. Ses collections 
personnelles de meubles, de dessins, d'estampes, de médailles, de livres, 
étaient considérables et célèbres, et malgré l'incendie qui détruisit ses 
ateliers en 1720, il lui en resta une grande partie. Il avait ouvert une 
boutique rue de Reims et avait obtenu deux logements aux Galeries 
du Louvre. Il est le plus célèbre ébéniste-marqueteur de l'époque de 
Louis XIV, et à cause de la série de ses successeurs ne peut être séparé 
du xvm e siècle. Il créa un mode de décoration tout particulier avec de la 
marqueterie de bois de couleur, des incrustations de cuivre, d'étain, 
d'écaillé, de corne, d'ivoire, alternant les motifs d'écaillé sur champ de 
cuivre ou vice-versa, suivant la technique italienne et sous l'inspiration 
des dessinateurs Bérain et Robert de Cotte. Les œuvres sorties de 
l'atelier de Boulle sont innombrables. Voir Musées du château de Fon- 
tainebleau : horloge régulateur, le char d'Apollon; Conservatoire des 
Arts et Métiers : autre horloge régulateur ; de la Bibliothèque 
Nationale : armoire ; de la Bibliothèque de l'Arsenal : horloge 
régulateur ; de la Bibliothèque Mazarine : horloge, commode ; de 
l'Imprimerie Nationale : du Louvre : bureau, horloge, bibliothèque, 
armoires, cabinets, commodes; du Ministère de la Marine : horloge; 
à Londres, au Musée de South- Kensington; au château de Windsor; 
et dans de nombreuses collections particulières : Read-Richard, A.-L. 
Lacordaire, A. Montaiglon, etc., etc. 

Boulle (André-Charles II), ébéniste-marqueteur, xvm e siècle. Fils du pré- 
cédent. 

Boulle (Charles- Joseph), dit Boulle le Jeune, ébéniste-marqueteur. Fils 
d'André-Charles I er . 

Boulle (Jean- Philippe), ébéniste-marqueteur, Paris, xvm e siècle. Fils 
d'André-Charles I er . 

Boulle (Pierre-Benoît), ébéniste-marqueteur, Paris, xvm e siècle. Fils 
d'André-Charles I er . 

Il y eut plusieurs autres Boulle ébénistes et menuisiers qui travaillèrent 
dans les mêmes traditions. 

Boullet (Jean-Martin), rue Poissonnière entre les deux barrières. — 1781. 

Boullet (Robert), rue des Gravilliers. — 1787. 

Boully (Benoît), enclos St-Sulpice. — 1754- 

Boulongne (Jacques-Charles), rue des Quatre-Fils. — 1768. 

Bouquerelle (Michel), rue du Dauphin. — 1758. 

— 232 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Bourdin (François), rues Mazarine, de Buci et Beurrière. — 1773 . 

Bourgain (Pierre), rue Guillaume- Isle-St-Louis. — 1763. 

Bourgeaux (Pierre-Nicolas), rues Neuve-St-Roch et du Luxembourg. — 

1773- 
Bourgeois (Charles), rue Guisarde. — 1772. 
Boussard (Louis), rue Cassette, 1763. — Syndic en 1783. 
Boutin (René), rues de Charenton et de Charonne. — 1754- 
Boutin (Jacques-René), cul-de-sac Basfour et rue du Ponceau. — 1782. 

Fils du précédent. 
Boutin (Jean- Jacques-René), — Paris, xviii 6 et xix e siècles. Fils aussi de 

René Boutin. 
Bouvier (Emmanuel), rues de Gêvres, des Barres et du Beaujolais. — 1772. 
Boyaux (Pierre), rue St-Denis. — 1785, Il est trinitaire et gagne maîtrise. 
Boyer (Antoine), rue de Vendôme. — 1757. 

Boyer (François), passage de Rome, rue des Gravilliers. — 1786. 
Braconnier (Sébastien), rue Galande. — 1755. 
Braye (Jean-Michel), rue du Four-St-Germain. — 1788. 
Bréard (Guillaume), rues Guisarde, du Pot-de-fer-St-Germain et place Dau- 

phine. — 1768. 
Bregenzer (Mathias). — Paris, xvui e et xix e siècles, originaire de la Suisse, 

travailla pour Frost. 
Brelest (Claude), rue Boucher. — 1788. 
Bremant (Étienne-Crespin), rue Beauregard. — 1765. 
Bremant (Etienne-François), rues de Bourbon- Villeneuve et Beauregard. — 

1785- 
Bremarre (Jean- Baptiste), rue St-Bernard. — 1777- 

Bremel (Jean-Pierre). — Paris, xviii 6 siècle, rue du Faubourg-St- Antoine. 
Breuvers (Pierre), rue de Verneuil. — 1781. 

Bridault (Jacques), rues Neuve-St-Roch, d'Argenteuil, et Tiron Chaus- 
sée d'Antin. — 1768. 
Briois (Jean-Claude), Faubourg-St- Antoine. — 1766. 
Brisset (Joseph), rue des Maçons. — 1760. 

Brizard (Pierre), rues de Cléri et d'Hautefeuille. — 1772 (marque). 
Brizard (Sulpice), rue de Cléri. — 1762 (marque). Voir au garde-meubles, 

ses sièges en bois doré. 
Brochet (Jean- Baptiste), rues des Postes et de Contrescarpe. — 1741. 
Brochet (Pierre), rue St-Lazare et Chaussée d'Antin. — 1788. 
Broscolle (Louis), rues St-Nicolas-du-Chardonnet et de la Corne. — 1755. 
Broscolle (Guillaume-Louis), enclos St-Jean-de-Latran. — 1787. 
Broscolle (Jean-Denis), rue Bordet. — 1786. 
Bron (François), rue du Faubourg-St- Antoine. — 1786. 
Brun (Henri- Julien), rue du Bacq. — 1781. 
Brunel (Henri), rue et barrière de Sève, Sèvres. — 1763. 

— 233 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Bruns (Jean- Antoine), rue St-Nicolas, Fau bourg- St- Antoine. — 1782. 
Bruns (fils). — xvm e et xix e siècles, rue du Faubourg-St -Antoine. Il fit de 

beaux meubles, entr'autres une table pour la maison du roi. 
Bruyant (Saturnin), rues du Grenier-St-Lazare et de la Réunion. — 1786. 
Bûchette (François -Henri) , rue des Orties, Butte -St-Roch, d'Argenteuil et 

les Quinze- Vingts. — 1770. 
Buffeteau (Jean-Louis) , rues du Paon, St- Victor et des Fossés-St-Bemard. 

— 1776. 

Bugniet (Pierre-Roze- Joseph), rue de Sèvres. — 1783. 

Buisson (Jean), Cour du Commerce, rues St-André-des-Arts, de la Contres- 
carpe, et Faubourg St-Germain. — 1782. 

Bulté (Nicolas- Jean-Baptiste), rue d'Enfer, en la Cité. — *744- 

Bunel (Pierre-Paul), rue Chapon. — 1778. 

Buniaset ou Bunisset (Jean), rue Montmartre. — 1774- 

Burette. — ; Époque du Premier Empire, rues Chapon- au -Marais, de l'Échelle 
et St-Victor. Il fut récompensé pour ses meubles en orme noueux et 
autres bois du pays. 

Bury (Ferdinand), «au fond, de Tarabie ». — 1774 (marque). Il travailla pour 
Frost et signa des meubles avec Riesener. Il signait : Ferdinand ou 
F. Bury, ou Bury. 

Butin, rues Jean-St-Denis-de-Jouy et de Gravilliers. — 1763. 

Butin (Guillaume), rues de la Ville-l'Évêque et de la Madeleine. — 1777. 

Butte (Benoît), rues des Fossés-Montmartre, Coquillière et des Saints-Pères. 

— 1767. 

Butte (Pierre-François), rue Coquillière. — 1776. 

B.V.R.B., ébéniste du règne de Louis XV. 

Créateur de petits meubles cambrés aux fines marqueteries, d'exécution 
parfaite. Auteur d'une belle commode de l'ancienne collection Josse. 
Voir Musée, à Londres, de South Kensington et les collections privées 
Doucet (Jacques), Ganay (Marquise de), Kann (Rodolphe), Vindé (M me ), 
Vogue (Marquis de). Il signait : B. V. R. B. 



Cabanis (Pierre-François), rues du Champ-Fleuri, de l'Égoût, St-Nicolas et 
Chaussée-d'Antin. — 1787. 

Cabour (Joseph), rues Montorgueil et Jean- Pain-Mollet, 1777. 

Cafier (Louis- Joseph), rue St- Jacques. — 1779- 

Cagnart (Bernard). — Paris, xvm e siècle, rue du Faubourg-St-Antoine. 

Cagnart (Jean). — xvm e et xix® siècles, Cour du Bras-d'Or, rue du Fau- 
bourg St-Antoine. Frère du précédent. 

Cahais (Nicolas-François), rue de Vaugirard. — 1775. 

— 234 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Cailhot (Gilbert), rue du Poirier-St- Jacques. — 1788. 

Caillon (Jean), rue des Vieilles-Tuileries. — 1739- 

Caillon (Edme), rue des Rats. — 1763. 

Caillon (Jean), rue de Ménard. — 1763. 

Caillon (Guillaume), rue Taitbout. — 1785.. 
Il y eut d'autres Caillon ébénistes. 

Cambier. — Paris, xvin e siècle, rue de Charenton. 

Camus (Barthélemi), rue de Longpont. — 1774. 

Gengenbach dit Canabas (Joseph), rue du Faubourg-St-Antoine. — 1766. 
Voir Collection privée Ledoux Lebard. Il signait : Canabas. 

Canabas (François- Antoine Gegenbach dit), rue de Charonne. — 1779- 

Canabas (François- Jean Gegenbach dit). — Paris, xvm e siècle, rue de Cha- 
ronne. 

Canabas (Pierre-Joseph Gegenbach dit), fils de Joseph. — Paris, xviu e siècle, 
rue de l'Étoile. 

Canaguier (Pierre), rues Beautreillis et du Chaume. — 1759. 

Canny (Jean-Baptiste), Barrière blanche et rue Traversière, Faubourg Saint- 
Antoine. — 1767. 

Capelle (Antoine-François), rue de Bourbon- St-Germain. — 1767. 

Capitain (Guillaume-Nicolas), rue St-Laurent, — 1776. 

Capron (Jean-Henri), rue St-Lazare, près le Château-du-Coq. — 1781. 

Carbillet (Nicolas), rues St-Martin et des Petites-Ecuries-du-Roi. — 1769. 

Cardin (Claude). — Paris, xvm e et xix e siècles, rues de Beaujolais, du Tem- 
ple, et des Filles-St-Thomas. — 1786. 

Cardin (Jean-Baptiste-Bernard), rue du Faubourg-St-Jacques. — 1757. 

Cardonnel (Remy), rues des Fossés-St-Germain-des-Prés et des Roziers- 
St-Germain. — 1779- 

Carel. — Fin du règne de Louis XV. Voir Collection privée Topenas-Brunet. 
Il signait : Carel. 

Carette (Jacques), rue et île St-Louis, des Boucheries, butte St-Roch et 
Faubourg Montmartre. — 1785. 

Carette (Pierre), rue des Boucheries-St-Germain. — 1785. 

Carlin (Etienne), rue du Vert-Bois et Notre-Dame-de-Nazareth. — 1753 
(marque) . 

Carlin (Martin), Faubourg-St-Antoine. — 1766 (marque). Ébéniste du Roi 
et des Menus -Plaisirs. Ses meubles sont souvent ornés de panneaux de 
laque de Chine, de plaques de porcelaine de Sèvres et de cuivres ciselés. 
Voir collections privées : Rothschild (Alfred de), à Londres. Rothschild 
(Edmond de), à Paris. Musées : Arts et métiers : régulateur; Louvre : 
commode avec panneaux de laque, encoignures, meuble-étagère, régu- 
lateur, etc., etc. En Angleterre, château de Windsor : commode avec 
plaques de porcelaine de Sèvres, South Kensington (Legs Jones) : 
Table pupitre, table à ouvrage, table d'ébène à panneaux de laque, 

— 235 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

table à musique. Collection Richard Wallace : cabinet bois de rose avec 
cuivres ciselés et plaques de Sèvres; divers petits secrétaires, table à 
ouvrage, armoire-commode, etc., etc. Il signait : M. Carlin ou Carlin et 
J. Pafrat. 

Caron (André). — Paris, xvm e siècle. Voir collection privée Guigne (C), 
Lyon : secrétaire bois sculpté et doré signé : « composé et exécuté par 
André Caron, ex-ébéniste, Faubourg St- Antoine, 33 ». 

Carpentier (Louis-Charles), rue de Cléry. — 1772. Il travailla pour le prince 
de Condé au Palais Bourbon et aux Petits Appartements. Il signait : 
L.-C. Carpentier. 

Carré (Pierre-Nicolas), au Gros-Caillou. — 1776. 

Carré (Nicolas), Cour St- Joseph et rue St-Nicolas, Faubourg St-Antoine. — 
1777. 

Carré (L.-C). — Paris, xvm e siècle. Il signait : L.-C. Carré. 
Il y eut plusieurs autres Carré ébénistes. 

Carte (Pierre). — Paris, xvm e siècle, rue de la Madeleine. 

Cartry (Louis), rues de la Voirie, Porte-St-Martin et de Bondy. — 1769. 

Casan (Antoine), dit aussi Casau ou Cazot, rue Boucherat. — 1764. 

Casaque (Pierre-Louis), rues Bergère et Saint-Lazare. — 1765. 

Casau, rue du Puits-de-Rome. — 1769. 

Casau (Antoine), rue Boucherat. — 1764. 

Casier (Louis- Joseph), rue St- Jacques. — 1779- 

Catelin (Jean-Philippe), rue du Ponceau, St-Germain-rAuxerrois et Fau- 
bourg St-Denis. — 1768. 

Catelin (Philippe), rues St-Germain-rAuxerrois, Neuve-du-Luxembourg et 
St-Honoré. — 1758. 

Catherine (Alexandre). — 1781. 

Catherinet (Jean-Baptiste), rue du Faubourg St-Antoine. — 1776. 

Caumont (Jean), rue Traversière-St-Antoine. — *774- Voir Mobilier Natio- 
nal : console bois doré. Il signait : /. Caumont. 

Cauthion (Nicolas). — Paris, xvm e siècle, rue de la Tableterie. 

Cautin. — Paris, xvm e et xix e siècles. 

Cauvin (Jean- Joseph), rue Amelot. — 1726. 

Cauvin (Joseph), rues Boucherat, Ménilmontant et Amelot-au-Pont-aux- 
Choux. — 1760. 

Cercueil (Joseph), rue du Faubourg St-Antoine. — 1787. 

Cerf (Joseph-Nicolas), rues du Faubourg-Montmartre et Thiroux. — 1780. 

Chabault (Jacques), rue des Vieilles-Tuileries. — 1777. 

Chainguet, rue de la Pelleterie. — 1770. 

Chalier (Michel), rue des Prêtres-St-Paul. — 1767. 

Challe (Michel), rues du Bout-du-Monde, de Bourbon -Villeneuve et du 
Faubourg-St-Denis. — 1746. Machiniste des Menus-Plaisirs du Roi. 

Chamouillet (François), rues Grange-Batelière et Taitbout. — 1777- 

— 236 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Champion (Denis), rues du Colombier et de Grenelle-St-Germain. — 1779- 
Chanon (Antoine-François-Joseph) dit aussi Chanou, rue Basse, derrière 

les Capucines. — 1768. 
Chantereau (Jean-Charles), rues des Canettes, St-Denis-du-Cygne, 

Maubuée-de-Seine et Château-Bourbon. — 1772. 
Chantilly. — Paris, xvm e siècle. 

Chanvin (Esprit-Michel), rues St-Landry et de la Juiverie. — 1778. 
Chanvin (Edme), rue de la Juiverie. — 1773. 
Chaon (Jean-Baptiste), rue de la Harpe. — 1780. 
Chapelet (Bernard), rues Bertin-Poirée et de la Vacherie. — 1774- 
Chariot (Nicolas). — Paris, xvm e siècle. 

Charles (Jean-Henri), rues de Marivaux et de la Corderie. — 1766. 
Charles (Pierre- Ange), rue des Rosiers-St-Germain, près la Porte-St-Hcrcré. 

— 1781. 
Charlier (Antoine), rues de la Calandre et Jean-1'Êpine. — 1778. 
Charpentier (Louis). — Paris, xvm e siècle, rue des Barres. 
Charpentier (Pierre). — Paris, xvm e siècle, rue des Canettes. 
Charrier. — Paris, xvm e siècle, rue de Charenton. 
Charrière. — Paris, xvin e siècle. 
Chartier (Étienne-Louis), rue Neuve-des-Petits-Champs. — 1781 Voir 

collection privée Delahante : consoles et petites encoignures bois de 

rose et bronze doré ciselé. Il signait : Chartier. 
Chartrain ( Jean-Isaac) . — Paris, xvm e siècle, rue de la Râpée. 
Chastellier (Michel). — Paris, xvn e siècle. Ébéniste -marqueteur. Il 

travailla chez André-Charles Boulle. 
Château (Louis), rue des Anglais. — 1785. 
Chatelet. — Paris, xviii 6 et xix e siècles. 
Chaumont (Bertrand-Alexis), rue de Charonne. — 1767. 
Chaumont (Gabriel-Philippe). — Paris, xvm e siècle, rue de la Croix. 
Chauvin (Edme), rues de la Vieille-Draperie, cul-de-sac St-Martial et de 

la Juiverie. — 1773- 
Chauvin (Esprit-Michel), rue St-Landry. 1778. 
Chavée (Emmanuel), rue des Fossés-Monsieur-le-Prince. — 1787. 
Chavériat. — Paris, xvm e et xix e siècles. 

Chavignan ou Chavigneau (Victor- Jean-Gabriel), rue de Charonne. — 1785. 
Chayère (Pierre). — Paris, xvm e siècle, rue de Reuilly. 
Chazal (Antoine), rues de la Harpe, de Poitou et St-Louis. — 1764. 
Chazeret. — Paris, xvm e siècle. 

Chazo, rues Montmartre, Grange-Batelière, au Maire et Buffault. — 1769. 
Chelu (Pierre). — Paris, xvm e siècle, rue du Faubourg-St- Honoré. 
Chéré (Benoît). — Règne de Louis XV. 
Cherpitel, rues Basse, derrière les Capucines et Faubonrg-St-Martin-sur- 

l'Égout. — 1760. 
Chesneau (Jacques), rue du Bout-du-Monde. — 1757. 

— 237 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Chevalier. — Paris, xvn e et xvm e siècles. Travailla au château de Belle- 
vue, puis à Potsdam. Le roi Frédéric lui fit construire une maison à 
Montbijou pour ses ateliers; il y exécuta des meubles et des voitures en 
vernis Martin. 

Chevalier (Adrien). — Paris, xvm e siècle. 

Chevalier (Anatole), rues du Grenier-St-Lazare et de la Cossonnerie. — 
1784. 

Chevalier (Charles), rue du Bacq. — Paris, xvm e siècle. 

Chevalier (Jacques- Antoine). — Paris, xvm e et xix e siècles, rue du Fau- 
bourg St- Antoine. 

Chevalier (Jean-Ëtienne). — Paris, xvm e et xix e siècles, rue du Fau- 
bourg St- Antoine. 

Chevalier (Jean-François). — Paris, xvm e siècle, rue lTsle-Notre-Dame. 

Chevalier (Jean-François), rue et Faubourg St-Denis»et rue Transnonain. — 
1783. On a des meubles de lui, signés : Boudon et Chevalier. 

Chevallier. — xvm e siècle. — Il signait : Chevallier. 

Chevallier (Claude-Louis). — Paris, xvm e et xix e siècles. 

Chevassut (Laurent), rue de la Savonnerie. — 1772. 

Cheverot (Jean-Marie), Hôtel des Arts, rue du Faubourg St-Martin. — 
1786. 

Chevet (Jean), rue Marché-d'Aguesseau. — 1756. 

Chevignon. — Règne de Louis XVI. Il signait : Chevignon. 

Chevigny (Claude), rues Poissonnière et de Cléri. — 1768. 

Voir : Tours, Chambre de Commerce : mobilier de salon, provient 
du Château de Chanteloup et du duc de Choiseul. Collections privées : 
La Rue du Can (M. de) et Château de Modave. Il signait : C. Chevigny. 

Chevillon (Jean). — Paris, xvn e siècle. Il travailla pour la Grande Made- 
moiselle. 

Chicot. — Paris, xvm e siècle. Il travailla pour les Chevaliers de Malte et 
pour l'Abbaye St- Antoine. 

Chopard (Jean-François), rue des Petites-Ëcuries-du-Roi et Faubourg Saint- 
Denis. — 1759. 

Choquet (Claude). — Règne de Louis XV. Ébéniste du Roi et du duc d'Or- 
léans. Il travailla au Palais du Luxembourg. 

Chosset (Jean-Antoine), rue Guénégaut. — 1776. 

Chotepot (Simon). — Paris, xvn e siècle. Ébéniste-marqueteur de l'atelier 
de Boulle. 

Choudey (François), rue de la Petite-Truanderie. — 1771. 

Chouillier (Jean-François), rues du Bouloi et du Coq-Héron. — 1787. 

Choure (Jean-Baptiste), dit aussi Schure, rue du Faubourg Montmartre. — 
1775. 

Christian. — Paris, xvin siècle, grande rue du Faubourg St- Antoine. 

Christophe (Ignace). — Paris, xvm e et xix e siècles, rue de la Cerisaie. 

- 238 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Cimethière (François). — Paris, xvm e siècle, grande rue de Reuilly. 
Claire (Biaise-Alexis), au parc Vaugirard et plaine de Grenelle. - — 1765. 
Clairin (René-Noël), rue Dauphine et Cour du Commerce. — 1767. 
Clarot (Jean-Charles- Joseph), rue Marivaux. — 1782. 
Claude (Jean- Baptiste), rue St-Nicolas, Faubourg St-Antoine. — 1780. 
Clavel (Etienne), rue des Petits-Champs-St-Martin. — 1739- Menuisier 

du Prince de Condé. 
Clavelle (Jean-Nicolas), rues Montorgueil et St-Martin. — 1759- 
Clef (Dominique), rue de Sèvres. — 1782. 
Clément (Antoine), rue Mouffetard. — 1752. 
Clément (Pierre). — Paris, xvm e siècle, rue d'Anjou. 
Clément (Pierre-Prudent), rues de Sèvres et St-Dominique-St-Germain. — 

1788. 
Clément (Simon), rues Chariot et Notre-Dame-de-Nazareth. — 1757. 
Clier (Jean-Pierre), rue Grange- Batelière. — 1771- 
Cochet (Jean- Antoine), rue de la Pépinière. — 1787. 
Cochois (Jean-Baptiste). — Paris, xviii 6 siècle. Il fit aux Menus -Plaisirs 

pour le Dauphin un corps de clavecin. 
Cochois (Jean-Baptiste), rue St-Honoré. — 1770. 
Cochois (Jean-Charles). — Paris, xvm e et xix e siècles. 
Cochois (Sébastien), rue Neuve-St-Eustache. — 1758. 
Codot (Louis-Médéric) , rue Bufîault. — 1773- 
Coelen (Sébastien), rue Neuve-St-Eustache. — 1758. 
Coignard (Paschal), rue de Charenton. — 1777. 
Colange (Jean-Claude), rues de Sèvres et des Canettes. — 1781. 
Colbault (Pierre-Barthélemi), rue de la Tixéranderie. — 1770. 
Colère. — Paris, xvm e et xix e siècles. 
Colin (Pierre), rues de l'Ourcine et Bordet. — 1773. 
Collard (Louis-Pierre). — Paris, xvm e et xix e siècles, rue St-Martin : 

division des Amis de la Patrie. 
Collard (Pierre-Claude). — Paris, xvm e et xix e siècles, rue Grenala. 
Collet (Edmond). - — Paris, xvm e siècle, rue de Lappe, au Cygne rouge. 
Collet (Isaac), fils du précédent, rue de Lappe. 
Collin (André). — Paris, xvm e siècle. 

Collin (Jean-Baptiste), rue de Grenelle-St-Honoré. — 1747- 
Collire. — Paris, xviii 6 et xix e siècles. 
Collot (François). — Paris, xvm e siècle. — 1712. Ébéniste-marqueteur, 

travailla à la Manufacture royale des Gobelins. 
Colmant (Gilles), rue Grange-Batelière. — 1786. 
Colombet, rue de Sèvres. — 1743- 

Colombet (Jean-Baptiste). — Paris, xvm e siècle. S'associa avec Frost. 
Colson (Guillaume), rue du Faubourg St-Honoré. — 1777. 
Colson (Jean-Aubert). — Paris, xvm e siècle, rue Traversière, Faubourg 

St-Antoine. 

— 239 — 

16 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Combord. — Paris, xvn e siècle. Il travailla pour le Louvre. 

Comer (Jacques). — Paris, xvn e et xvm e siècles. 

Commeu (Henri). — Paris, xvm e siècle, rue de Charenton. 

Commeu (Mathias). — Paris, xvm e siècle. Frère du précédent, rue du Fau- 
bourg St- Antoine. 

Compiègne (Nicolas), rue des Petits-Carreaux. — 1768. 

Contât (Pierre- Antoine), rues de Bondy et de Montmorency. — 1765. 

Coppyn. — Paris, xvm e et xix e siècles. Il travailla dans l'atelier de Jacob. 

Coquereau (Jacques-Marie), rue de Verneuil. — 1758. 
Il y eut d'autres Coquereau, ébénistes. 

Corbissier, rue Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, cul-de-sac de la rue Téve- 
not et rue des Petits-Carreaux. — 1768. 

Cordié (Guillaume), rue de Charonne. — 1766. Il signait : G. Cordié M. E. 

Cordier (Guillaume- Jean). — Paris, xvin e siècle, Cour du Commerce. 

Cordier (Michel), rue de la Corne. — 1782. 

Cornette (Denis- Joseph), rues St-Denis et du Vertbois. — 1766. 

Cornetty (Jean- Baptiste), rues de Paradis et de Bourbon- Villeneuve. — 
1784. 

Corradi (Guillaume). — Paris, xvm e siècle, rue Ste-Mar guérite. 

Corton (Jean). — Paris, xvm e siècle, enclos St-Germain. 

Cossard. — Paris, xvin e siècle, rue du Faubourg St-Antoine. 

Cossard (Jean-Baptiste). — Paris, xvm e siècle, rue de Contrescarpe. 

Cosson (Jacques-Laurent), rue de Charonne. — 1765. Il signait : 
J.-L. Cosson. M. E. Voir Musée Londres : South Kensington (Legs Jones), 
petite table ornée de marqueterie bois et ivoire signée : Georges, J an- 
son-Daniel Deloose et Jacques-Laurent Cosson (marque). 

Coste (Charles-Louis), rue St-Nicolas. — 1784. 

Cotet (Charles), rue de Poitou. — 1784. 

Cottereau (Julien), rue du Vieux-Colombier. — 1786. 

Couart. — Paris, xvin e siècle, rue Gît-le-Cceur. 

Couet (Louis- Jacques), rue de Bussy. — 1774. 

Couleru (Abraham-Nicolas), Montbéliard (Doubs), xvm e et xix e siècles, 
né à Bart, reçu maître en 1750. Ébéniste marqueteur. Voir Musée de 
Montbéliard : coffret. Voir Collections privées Couleru (Edmond), secré- 
taire marqueterie. Couleru, coffrets. Roux (M me ), commodes. Il si- 
gnait : A. N. Couleru. 

Couleru (Marc-David), Montbéliard — xvm e et xix e siècles. Fils du pré- 
cédent. — 1750. 

Couleru (Georges-David), xvui e et xix e siècles, Montbéliard, fils du pré- 
cédent. Il y eut plusieurs autres Couleru à Montbéliard. 

Coulon (Jean- François), rues des Marais et des Petits- Augustins. — 1752. 

Coulon, rue Princesse. — 1760. 

Coulon, rue Princesse. — 1766. 

— 240 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Coulon, rue Plâtrière, au bureau de l'Isle. — 1751. 

Coulon — Paris, xvm e siècle, rue Princesse. A la déposition de son bilan, 

on peut constater qu'il avait une grande et aristocratique clientèle. 

Il y eut plusieurs autres ébénistes du nom de Coulon. 
Courdin (J.). Règne de Louis XV. Voir au Château de Windsor ses fauteuils. 

Il signait : /. Courdin. 
Courtois (Nicolas-Simon), rue de Charonne. — 1766. 
Cousin (Jean), rue de Bièvre. — 1781. 

Coutellier (François), rues des Fossés-St-Bernard et Têtebout. — 1781. 
Coutelot (Antoine), rues des Prêcheurs et des Vieux-Augustins. — 1767. 
Coutier (Pierre), dit aussi Coustier, rues des Deux-Portes- St-Sauveur et 

Beaurepaire. — 1756. 
Craisson. Voir Cresson. 

Cramaille (Pierre- Joseph), rue St-Lazare, près la Pologne. — 1787. 
Cramer ou Kramer (Mathieu-Guillaume), rue et Faubourg St-Antoine et 

rue du Bacq. — 1771. Il signait Cramer ou G. M. Cramer. 
Cramet (Jean- Joseph), rues Fontaine-au-Roi, du Temple et de la Croix, 

— 1774- 

Crapée (Jean-Baptiste), Cour de Lamoignon. — 1752. 

Crédillon (François), rue Baillif. — 1749. 

Cremer ou Kramer (Ernest-Louis- Jean), rue de la Roquette. Il signait : 
Cremer. Voir Mobilier National, commode marqueterie. 

Crépin (André). — Paris, xvin e et xix e siècles, rue Jean-Beausire. 

Crépy ( François- Barthelemi), rue de la Pelleterie. — 1778. 

Cressent (Charles II). — Paris xvn e et xvui e siècles. Il fit durant sa vie 
des ventes importantes de ses collections de tableaux. Les meubles de 
Cressent sont célèbres et représentent bien le style de la Régence. Il fit 
de la marqueterie de bois des îles et ornait volontiers ses compositions 
de figures animales ou humaines. Il travailla pour le Régent, pour la 
duchesse d'Orléans et pour leur fils Louis d'Orléans. Voir Musées : Paris : 
Bibliothèque Nationale : Médailler à deux corps. Louvre : divers bureaux 
plats. Ministère de la Marine : bureau, grand buffet. Ministère des 
Affaires Étrangères: cartonnier bois d'amarante orné de bronzes. Londres, 
collection Richard Wallace : cartel-commode. Munich, Palais Royal : 
cartel-commode. 

Cresson (Louis), règne de Louis XV. Rue Traversière, Faubourg St-Antoine. 

— 1772. 

Cresson (Nicolas-Michel), rues des Vieilles-Tuileries, des Deux-Ecus, Aubry- 

le-Boucher et St-Martin. — 1770. 
Creton (Jean-Baptiste), rue de l'Égoût près de la barrière de la petite 

Pologne. — !775- 
Crevel (Christophe), au Marché-Neuf et rue de la Coutellerie. — 1775- 

— 241 — 



LES MEUBLES DU XVIII e SIÈCLE 

Criard (Antoine-Mathieu), rues de Richelieu, de-Grenelle-St-Germain et 
du Bacq. — 1747. 

Criard (Mathieu). — Paris, xvm e siècle. Rue Traversière, Faubourg Saint- 
Antoine. 

Crochard (Louis), rue Gros-Caillou. — 1764. 

Crosse (François), vieille rue du Temple. — 1753- 

Crouillebois (Germain-Nicolas). — Paris, xvm e et xix e siècles. 

Crussy (Aimé), rue de la Ferme-des-Mathurins. — 1786. 

Cucci (Domenico). — Paris, xvn e et xvin e siècles. Venu d'Italie, il travailla 
à la Manufacture royale des Gobelins pour les palais royaux. Cabinets 
et armoires dans le genre de Boulle ou incrustés de pierres de couleur 
dans le genre italien. 

Cudot (Louis-Médéric), à la Courtille, au quai d'Orléans et rue Buffault. 

— 1773- 
Cujaubert (Jean-Baptiste), rues Cossonnerie et Joquelet. — 1767. 
Curiau. — Paris, xvm e et xix e siècles. Rue du Faubourg St-Antoine. 

D 

Dadoumont (Guillaume- Joseph), rue Vieille-du-Temple. — 1768. 
Daguerre. — Paris, xvm e siècle. Rue St-Honoré. Il travailla pour les Châ- 
teaux de Versailles et de Fontainebleau. 
Daix (Pierre), rue de Sèvres. — 1759- 

Dalencourt (François- Antoine), rues Poirée et St-Jacques. — 1772. 
Dallot (Louis-Honoré), rues St-Gilles, Forest et du Faubourg-St-Martin. — 

1769. 
Damas (Etienne), rue Hautefeuille. — 1747. Syndic en 1779. 
Damas (François), rues des Saints-Pères et de Vaugirard. — 1780. 
Damas (Sébastien- André), rue des Saints-Pères. — 1763. 
Damour (François), rue des Vieux- Augustins. — 1782. 
Daniel (Jean), rues St-Louis-au-Palais, d'Anjou, Guénégaud, d'Enfer et 

St-Jacques. — 1762. 
Danjean. — Paris, xvm e siècle, rue de Viarmes. Inventa des tables pour le 

jeu du quadrille. 
Dannel (Jean-Ernest- Louis). — Paris, xvm e siècle, rues Beauregard et de 

la Lune. Originaire du Brunswick, en Allemagne. 
Danninval (Claude-François-Xavier-Nicolas), rue St-Honoré. — 1788. 
Dansse, appelé aussi Dausse (Jean-Baptiste), rue de la Chaussée-d'Antin. — 

1762. 
Darcis. — Paris, xvm e siècle. 
Dardenne (Jacques-Louis), rues du Temple, Aubry-le-Boucher et Sainte- 

Croix-de-la-Bretonnerie. — 1772. 
Dardenne (Louis -Antoine), rue Ste-Croix-de-la-Bretonnerie. — 1743- 

— 242 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Darkac. — Paris, xvme et xixe siècles. Il travailla pour les Menus-Plaisirs 
et inventa des chaises et fauteuils élastiques. 

Dauly (Pierre), rues Bertin-Poirée, des Lavandières-Ste-Opportune et 
des Orfèvres. — 1778. 

Dauprat (Jean), rue de la Grande-Truanderie. — 1749. 

Daussel (Jean-Ernest-Louis). — Paris, xvme siècle, rue Beauregard. 

D Autriche (Jacques van Voostunryck dit d'Autriche), règne de Louis XV. 
Maison du Vinaigrier près les Enfants trouvés, rue du Faubourg Saint- 
Antoine. Il travailla pour le palais du Temple. Voir Musées : Mobilier 
National, commode marqueterie en bois d'amarante. Il signait ■ / Dau- 
triche M. E. 

Dautriche (Thomas- Jacques) , fils du précédent. — Paris, xvme siècle, rue 

du Faubourg St-Antoine. 
Dautruy (Israël). — Paris, x vue siècle . n fut at taché à la maison de la 

Reine. 
Davaux (Louis-Simon). — Paris, xvme siècle. 
Davaze (Antoine-Louis), Montagne-Ste-Geneviève et rue des Vieilles-Étuves- 

Saint-Martin. — 1767. 
David (Guillaume-Louis), rue Mouffetard. — 1775. 

David (Jean). — Paris, xvme et xixe siècles, rue du Faubourg du Temple. 
David (Pierre), rues Verte, Faubourg St-Honoré, Petite-Rue- Verte. — 1768. 
David (Pierre-Louis), rue du Vieux-Marché-d'Aguesseau. — 1780. 
Davy (Jacques), rue d'Enfer, place St-Michel. — 1787. 
Debauve (Mathieu), rue de Cléry. — 1754. 

Debedé (Jean-Baptiste), cubde-sac de l'Étoile, rues Thevenet et Jean- 
Robert. — 1780. 
Debette (Lucien), rue dé la Croix. — 1782. 
Debierre — Paris, xvme siècle. 

Deblois (Charles-François- Anselme), rues St-Denis et du Petit-Hurleur — 
1786. 

Decault (Jean), rue Férou. — 1763. 

Decaures (L.- Jean-François), rue de la Joaillerie. — 1781. 
Decaut (Denis), rue des Ménétriers et Marché-St-Martin. — 1764. 
Dechanest (Jean-François), rues des Arcis et des Gravilliers. — 1767. 
Syndic en 1786. 

Dechanet (Jacques), rue du Faubourg-Montmartre. — 1772. 

Decourt (Laurent). — Paris, xvme et xix e siècles. 

Deffeu (André), rues Bettizy et de Champfleury. — 1779. 

Deffoux (Jean-Jacques). — Paris xvme et xixe siècles. 

Deforge (Michel). — Paris, xvme siècle. 

Défriche (Pierre), rue Ste-Marguerite. — 1766. 

Degra (Maurice). — Paris, xvne siècle. Il travailla à l'atelier de Boulle. 

Deguernon. — Paris, xvm e siècle. 

— 243 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Dehm. — Paris, xvm e et xix e siècles, rue de la Grande-Truanderie. Inventa 
une sorte de placage sur métal et des mosaïques à la mécanique. Four- 
nisseur du duc d'Orléans et de la duchesse de Berry. 

Dejardin (Claude-Antoine), rues des Ménétriers, des Gravilliers et St-Honoré 

— 1782. 

De job (Antoine). — Paris, xvm e siècle, Vieille-rue-du-Temple. 

Delacour (Jean- François), rue du Faubourg St-Antoine. — 1768. 

Delacroix (François-Vandercruse dit Lacroix). — Paris, xvm e siècle. 
Originaire des Flandres; beau-père de Simon Œben. 

Delacroix (Pierre- Jean), au Gros-Caillou. — 1780. 

Delacroix (Roger -Vandercruse dit Lacroix) , fils de François, rue du Faubourg 
St-Antoine. — 1755. Ses meubles sont parfaits d'exécution, il y emploie 
la marqueterie en losanges et souvent des fleurs de bluets sur fond blanc. 
Signa souvent des initiales R + V -f L -j- C. M. E. Voir collections pri- 
vées : God chaux (Michel), petite table de style chinois. Grefuhle (comtesse 
de), grand bureau. Rothschild (Gustave de), grand bureau. 

Delahaye (Simon), rue des Filles-Dieu. — 1765. 

Delaistre (L.), rue des Arcis. — 1741- 

Delalande (Jean), rue et Porte St- Jacques. — J778. 

Delanois (Louis dit Lanoix), rue du Petit-Carreau. — 1761. Il travailla 
pour la comtesse du Barry et pour Louveciennes, pour le roi de Pologne, 
la duchesse de Bourbon et nombre d'autres clients illustres. Voir ventes 
diverses. 

Delaporte (Antoine-Nicolas), rue de Cléry. — 1762. 

Delaporïe (Martin-Nicolas), rue des Filles-Dieu. — 1765. 

Delaroue (Claude). — Paris, xvm e siècle. Travailla pour le Roi. 

Delarue (Edme). — Paris, xvm e siècle, rue St-Nicolas. 

Delasson. — Paris, xvm e siècle, rue de Breteuil. 

Delaure (Luc). — Paris, xvm e et xix e siècles, rue Montmartre. 

Delaunay, rues Transnonain, Grenier-St-Lazare et des Petits-Carreaux. — 
1764. 

Delaune (André), rues des Fossés-du-Temple et de Saintonge. — 1769. 

Delbonne. — Paris, xvin e siècle. 

Delenoncourt (Joseph), rues de la Croix-Neuve-St-Laurent et de Charonne. 

— 1764. 

Delettre (Jean- Jacques), rues Basse- Villeneuve, du Faubourg St-Denis et 

passage du Bois-de- Boulogne. — 1782. 
Delfosse (Aimé), rues du Sabot et du Sépulcre. — 1732. 
Delgosse (Jérôme), rue des Vieilles-Tuileries. — 1786. 
Delion (François), rue du Chantre. — 1785. 
Delion (Louis-Hyacinthe), rue St-Sauveur. — 1766. 
Delisle (Honoré-Nicolas). — Paris, xviii 6 siècle. 
Dellandes (Bernard), rue Quincampoix. — 1777- 
Delmont. — Paris, xvm e et xix e siècles. 

— 244 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Deloose (Daniel), rue St-Nicolas. — 1767. Ébéniste marqueteur. Voir Musée 
South -Kensington (Legs Jones), petite table marqueterie. 

Delor. — Paris, xvin e siècle, rue du Faubourg St-Antoine. 

Delorme, rue du Temple. — 1766. 

Delorme (Guillaume), rue St-Sébastien. — 1786. 

Delorme-Faizelot, rue Tiquetonne. — 1763. , 

Delorme-Faizelot (Adrien), rue du Temple. — 1748. Il signait : Delorme. 

Delorme-Faizelot (Alexis), rue Tiquetonne. — 1772. 

Delormel (Antoine), rue de la Licorne. — 1769. 

Delormel (Jean-Louis), rue du Faubourg St-Martin. — 1771. 

Delormel (Jean-Nicolas). — 1786. Il fut juge au Tribunal révolutionnaire. 

Delormel (Louis), rues des Bons-Enfants et Baillif. — 1759. 

Delormel (Louis-François), rue du Faubourg St-Antoine. 

Delormel (Louis- Jacques) . — Paris, xvme et xixe siècles, rue de la Fer- 
ronnerie. >* 

Delsouque (Joseph). — Paris, xvme siècle, rue de Charenton. 

Delvallée (Ferdinand-François-Alexandre), rue Baillif. — 1784. 

Démange (Jacques), rue des Vieux- Augustins. — 1784. 

Demay (Jean-Baptiste-Bernard), rue de Cléry. — 1784. Il signait 
J.-B. Demay. 

Demazeaux (Louis). — Paris, xvm e et xix e siècles. 

Demazeaux (Vincent), rues Tirechappe et de Provence. — 1773 

Dembreville (Jean-Baptiste), rue de la Sourdière et de ChoiseuJ. 1777. 

Demeuse (Remacle), rue de Saintonge. — 1784. 

Deniau. — Paris, xvme et xix* siècles. Il travailla l'Acajou sous la Res- 
tauration. 

Deniau (Pierre-Louis), rue de Sèvres. — 1775. 

Denis (Jean-Balthazar), rue du Faubourg St- Jacques. — 1749. 

Denize (Nicolas), cul-de-sac de la Corderie et rue St-Honoré. 1770. 

Denizot (Pierre), rue Neuve -St-Roch. — 1740. Il travailla pour le Palais du 
Temple, pour Bagatelle. Voir Musée South Kensington (Legs Jones), 
commode acajou et sycomore et autre commode marqueterie. Il signait 
P. Denizot ou Denizot. . 
Denvs (Léonard- Joseph). — Paris, xvme siècle, rue Chariot. 
Deplaye (Edme-Pierre), rues Ste-Anne, du Mont-Blanc et d'Hauteville — 
1786. 

Depoid (Antoine), rues du Parc-Royal, Grange-Batelière et de l'Arsenal. — 
1767. 

Deruelle (Nicolas), rue Mouffetard. — 1782. 

Deschamps (Pierre-Charles), rues Guisarde et Mazarine — 1744. 

Deschamps (Pierre-Toussaint), rue de la Corne. — 1773. 

Deseine (Claude), rue Montagne-Ste-Genevieve. — 1754. 

Desebat (Fritz), rue des Canettes. — 1788. 

Deshaies (Jacques), rue de Bondy. — 1784. 

— 245 — 



LES MEUBLES DU XVIII e SIÈCLE 

Deshaye-Dhautecou (Jean-Charles). — Paris, xvm e siècle, rue Neuve- 
St-Augustin. 

Deshayes (Louis), rue des Vieux-Augustins. — 1756. 

Desier. — Paris, xvm e siècle. Il eut la spécialité de faire des vitrines. Il 
signait Desier. 

Desjardin (Jean). — Paris, xvn e siècle. Fut attaché à la maison du Roi. 
Proche la basse-cour du Louvre. 

Desjardin (Jean), rues de Bourbon-St-Germain et de Varennes. — I755- 

Desjardin (Jean-Baptiste), rue des Deux-Hermites. — 1783. 

Desjardin (Pierre). — Paris, xvm e siècle. Il travailla à la Manufacture des 
Gobelins. 

Deslandes. — Paris, xvm e siècle. 

Desmarquet (François). — - 1776. 

Desormeaux. — Paris, xvm e siècle. 

Dester (Adrien). — Paris xvm e et xix e siècles, rue du Faubourg St- Antoine. 

Dester (Godefroy), rue et Faubourg St-Antoine. — 1774- 

Detertre. — Paris, xvm e siècle. 

Detroulleau (Jean-Baptiste). — Paris, xvm e siècle. 

Devaux (Adam). — Paris, xvn e siècle. Ouvrier de l'atelier de Charles Boulle. 

Devaux (Augustin). — Paris, xvm e siècle, rue Chantereine. 

Devif. — Paris, xvui e et xix e siècles. Il faisait des fauteuils de genre anglais. 

D. F. — Monogramme d'un ébéniste de Louis XV. Il signait: D. F. 

Dicop (Jean-Nicolas) . — Paris, xvm e et xix e siècles, rue de la Victoire. 

Didot (Charles-Gérard), rue Chapon. — 1766. 

Diebold (Christian-Gottlieb) . — Paris, xvm e siècle. Originaire de Saxe. 

Dieltiens (Cornelis-François), rue et Faubourg St-Antoine. — 1782. 

Dietz (Jean-Bernard). — Paris, xvm e et xix e siècles, rue Traversière. Origi- 
naire d'Allemagne. 

Dietz ( Jean-Isaac) . — Paris , xvm e siècle. 

Dieudonné (Jean). — Paris, xvm e et xix e siècles. 

Dieudonné (Claude). — Paris, xvm e siècle (marque). 

Dieudonné (Etienne), rues St-Dominique, St-Jacques, du Poirier et Geoffroy- 
l' Angevin. — 1768. 

Dijon (Jean-Nicolas). — Paris, xvm e siècle. 

Dimanche (Jean). — Paris, xvm e siècle, rue du Faubourg St-Antoine. 

Dimanche (Jean- Pierre). — Paris, xvm e et xix e siècles, rue St-Antoine. 

Dinoir (Hyacinthe), rue Meslay. — 1786. 

Dolli. — ^aris, xvm e siècle, rue Perdue. 

Domaille (Henri-Gilles), rue Verte. — 1778. 

Doublé (Nicolas), rues de Beaujolais et de Normandie. — 1777. 

Drain (Claude), rue Thevenot. — 1776. 

Drancy (Pierre), barrière de la Courtille. — 1774- 

Dreux (Pierre- Joseph), rue Ste-Croix, Chaussée d'Antin. — 1787. 

Driessin (Godefroy), rue Boucherat. — 1776. 

— 246 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Droin (Claude), rue des Petites-Ecuries-du-Roi et Faubourg St-Denis. — 
1785. 

Drouillard (Alexandre), rues de la Vannerie, du Vertbois, Monsieur et 
Plumet. — 1772. 

Drouin (Armand- Jean), rue Notre-Dame-de-Nazareth. — 1760. 

Drouin (Jean-Baptiste). — Paris, xvm e siècle, rue de la Roquette. 

Drouin (Nicolas), rues de Sèvres et des Vieilles-Tuileries. — 1772. 

Dubar (Pierre-Charles- Joseph), rue Meslay et Faubourg du Temple. — 1781. 

Dubois. — Paris, xvm e siècle, rue Traversière. 

Dubois (Jacques). — Paris, xvm e siècle, règne de Louis XV, rue de Charenton. 
Fit des meubles dans le genre chinois. Voir expositions rétrospectives. 
Musée : Collection Richard Wallace : bureau plat, exécuté pour Cathe- 
rine II de Russie; écritoire, cartonnier, commode dite coffre de mariage 
de Marie- Antoinette. Voir collections privées: Gontant Biron (comte de), 
petit bureau. Greffulhe (comtesse de), encoignures. Lelong: petite étagère 
à pharmacie. Rothschild (Nathaniel), encoignure bois de rose avec étagère 
et horloge. Il signait : /. Dubois. 

Dubois (Pierre), rue de la Tour. — 1787. 

Dubois (René), rues Montmartre et de Charenton. — 1754. Ebéniste delà 
Reine. Il signait : Dubois. 

Dubois (René), rues de la Verrerie et des Orfèvres. — 1757 (marque). 

Dubout (Pierre), rue des Vieilles-Tuileries. — 1785. 

Dubreuil (Pierre), rues du Colombier et St-Martin. — 1758. 

Dubromel (Firmin), Cour de l'Orme, à l'Arsenal. — 1787. 

Dubuisson (Charles-Claude). — Paris, xvm e siècle, rue du Faubourg Saint- 
Antoine. 11 y eut plusieurs autres Dubuisson, ébénistes. 

Dubut (Gilles-Ambroise), rues Grande du Faubourg St- Antoine, Princesse 
et des Cordeliers. — 1783. 

Duchemin (Henri- Joseph), rues St-Louis-au-Marais, Thorigny et à l'Arche- 
Pépin. — 1745. 

Duchesne (Jean), rue du Cherche-Midi. — 1776. 

Duchesne (Tobie), rue des Canettes. — 1788. 

Ducourneaux (Jean), rue de Bondy, à la Pompe. — 1782. 

Dufault (Ph.-A), rue St-Joseph. — 1774- 

Duffaut (Pierre), rue Troussevache. — 1780. 

Dufeu (Jean-Louis), rue du Faubourg St-Honoré. — 1779- 

Duflocq (Louis- Jean), cul-de-sac St-Martial et rue du Faubourg St-Martin. 

— 1747- 
Dufour (François), rues de Montpensier et Papillon, barrière Ste-Anne. — 

1787. 

Dufour (Louis), rue de Vaugirard. — 1764. 

Dufresne, rue Mercière. — 1764. 

Dufresne (Nicolas), rue Michel-Le-Comte. — 1785. 

Duguers. — Paris, xvm e siècle. Boulevard des Italiens. 

— 247 — 



LES MEUBLES DU XVIII^ SIÈCLE 

Duhait (René), rue des Deux-Ponts-St-Sauveur. — 1786. 

Duhamel (Martin), rue de la Calandre. — - 1741. 

Duhamelle (François), rue du Faubourg St- Antoine. — 1750. 

Duhamelle (Jacques-François). — Paris, xvm e siècle, Faubourg St -Antoine. 

Dulin, rues des Filles-du-Calvaire et Boucherat. — 1749. 

Dulin (Antoine), rues de l'Université et du Bacq. — 1763. 

Dulin (Louis), rue de Grenelle-St-Germain. — 1761. 

Dumarche (Pierre-Nicolas), rue Guérin-Boisseau. — 1786. 

Dumarchez (Pierre), rue St- Joseph. — 1777- 

Dumay (Bon-Sébastien). — Paris, xvm e siècle, rue Necker. 

Dumonte (François), rue Mouffetard. — 1788. 

Dumotiez (Pierre-François-Théodore), Faubourg St- Jacques. — T 778. 

Dupain (Adrien-Pierre), rue de Charonne. — 1772. Il signait : V. F. A. 

P. Dupain (marque). 
Duperron. — Paris, xviii e siècle. Il travailla pour les Menus-Plaisirs. 
Duplay (Jacques- Mathieu), rue Basse, derrière les Capucines, et Faubourg 

St-Honoré. — 1786. 
Duplay (Justin), rues de la Pépinière, d Anjou et St-Honoré. — 1781. 
Dupont (Claude), rue d'Arras-St- Victor. — 1782. 
Dupont (Jacques), rue de la Chanverrerie. — 1776. 
Dupont (Jean-Baptiste), butte des Moulins, près de la place Vendôme. — 

1785. 
Duprez (Pierre), rues de Charenton, du Faubourg St-Germain et Lenoir. — 

1766. 
Duprier (Nicolas-Michel), rues Beaubourg et Michel -Lecomte. — 1767. 
Dupuis (Jean-Théodore), rues Pont-aux-Choux et du Vertbois. — 1772. 
Dupuis (Pierre) . — Paris, xvm e et xix e siècles, rue de Charenton. 
Dupuis (Jacques-Philippe), rue de Jouy. — 1788. 
Durand (Alexandre- François), rue Ste-Marie. — 1784. 
Durand (Antoine-Clément). — Paris, xvui e siècle, rue de Charenton. 
Durand (Bon), rue de Charenton. — 1761. 

Durand (Philippe-Michel), rues Quincampoix et du Ménil-Montant. — 1782. 
Durand (Pierre), Chaussée-d'Antin. — 1776. Il signait : Durand. 
Durocher (Jean), Cloître des Bernardins. — 1776. 
Dusault (Philippe-A.), rue St- Joseph. — 1774. 
Dusautoy. - Paris, xvin e et xix e siècles, rue de Charonne. 
Dusautoy (Jean-Pierre), Cour St- Joseph. — 1779. Voir Musée : Stockholm, 

Château royal : deux armoires marqueterie. Il signait : /. P. Dusautoy. 
Dussaut (François), rue de la Touraine. — 1785. 

Dussaut (Pierre), rues de la Vieille-Orangerie et Troussevache. — 1780. 
Dutertre (Guillaume), Petits Piliers des Halles. — 1767. 
Dutillet (Charles), rue au Maire. — 1753. 
Du val, Faubourg St- Antoine. — 1755. 
Duval (Antoine). — Paris, xvm e siècle, rue de Charenton. 

— 248 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Duval (Jacques-Charles). — Paris, xvm e siècle, rue de Charonne. 
Duval (Jean- Jacques), rue du Haut-Moulin et Pont -Notre-Dame. — 1778. 
Duval (Nicolas), rue du Faubourg St-Antoine. — x 743- H y eut d'autres 

Duval, ébénistes. 
Duvivier. — Paris, xvni e et xix e siècles, rue de Charenton. 
Duvivier (Nicolas), rues St-Dominique et de l'Université. — 176g. Il y eut 

d'autres Duvivier, ébénistes. 



Eberhardt (Jean-Nicolas). — Paris, xvm e siècle. Originaire de la Saxe. 
Eberhardt (Georges-Christophe) . — Paris, xvin e siècle, rue de Charonne. 

Il était originaire de la Saxe. Fils du précédent. 
Eberhardt (Henri-Gottlieb), rue Nicolas. Fils aussi de Jean-Nicolas. 
Egelez (Nicolas). — Paris, xvm e et xix e siècles, rue du Faubourg-St- Antoine, 

à la « grande Pinte ». 
Eggmann (Jacques). — Paris, xvn e siècle. Il fut attaché à la maison du Roi. 
Eggmann (Jean). — Paris, xvn e siècle. Il fut attaché à la maison du Roi 

et exécuta pour ses cabinets des sujets d'histoire en marqueterie. 
Ellaume, rue Traversière. — 1755. 

Ellaume (Jean-Charles), rue Traversière. — 1774- Il signait : J.-C. Ellaume. 
Emery (Antoine). — Paris, xvm e siècle, rue St-Martin. 
Enix (Denis), rue Mauconseil. — 1782. 

Epaulard (Etienne), rues du Faubourg St-Martin et St-Bernard. — 1772. 
Erard (Louis-François), Strasbourg, xvm e siècle. Père des fabricants 

d'orgue et de piano : Jean-Baptiste et Sébastien. 
Erouard (Gilles). — Paris, xvn e siècle. Il fut attaché à la maison de la Reine. 
Erster (Jean-W.), dans les Célestins, puis rue des Jardins. — 1774- 
Ertet (Joseph). — Paris, xvui e siècle, rue St-Honoré. 
Etienne (Georges). — Paris, xvn e siècle. Il fut attaché à la Maison du Roi. 
Etienne (Jean-Baptiste-Martin), rues de Beaujolais, Traversière, Bou- 

cherat et du Faubourg St-Denis. — 1762. 
Evalde. — Paris, xvm e siècle, rue du Bacq. 
Evalde (M.-B.), rues St-Dominique et du Bacq. — 1766. Il travailla au 

coffret à bijoux offert par Louis XV à Marie- Antoinette lors de son 
mariage. Il signait : M.-B. Evalde. 
E. V. L. C. — Monogramme de deux ébénistes associés. Règne de Louis XVI. 



Fabreguette (Jean-Pierre), rues Grenier-St-Lazare et des Vieilles Êtuves- 

St-Martin. — 1769. 
Fabry. — Paris, xvm e siècle. 
Fage (Mathieu), rues de la Verrerie, de la Poterie et Beaubourg, cul-de-sac 

Berthault. — 1778. 

— 249 — 



LES MEUBLES DU XVIII e SIÈCLE 

Faivret. — Paris, xviii 6 siècle. Il travailla pour l'amiral Nelson. 

Falconnet (Louis). — Paris, xvm e siècle. 

Falk (Wolfgang). — Paris, xvm e siècle. Rue St -Nicolas. 

Faudée (Jean-Claude), rues des Moineaux, du Faubourg Montmartre et Bon- 
Conseil. — 1760. 

Fauvez (François-Joseph), cour St-Joseph, rue de Charonne. — 1766. 

Fayard (Joseph), rue du Four-St-Germain. — 1782. 

Fayolle (Éloi), rue Serpente. — 1785. 

Félix (Laurent), rues de la Clef, du Puits-de-1'Hermite et St-Victor. — 1755- 

Félix (Pierre-Charles), Faubourg St-Jacques. — 1785. 

Fenot (Dominique). — Paris, xvm e et xix e siècles. Rue de Cotte, Faubourg 
St- Antoine. 

Fenoux (Jean-Baptiste). — Paris, xviii et xix e siècles. Rues de la Micho- 
dière, de Paradis-St-Lazare et Faubourg St-Denis. 

Ferant (Claude-Etienne). Rue de la Joaillerie. — 1783. 

Féret (Louis), rues des Gravilliers, de la Tixéranderie, du Mouton, Geoffroy- 
l'Asnier. — 1758. 

Fergmann (Augustin), à la Trinité. — 1773- 

Ferlier (Pierre- Joseph), rues de l' Arbre-Sec et de la Vieille-Monnaie. — 

1774- 
Fermé, rue de Seine. — 1754* 

Ferry (Michel), rue des Mauvais-Garçons-St-Germain. — 1775- 
Feuerstein (Jean-Philippe), rue St-Nicolas. — 1785. Originaire du Tyrol. 

Voir collection privée : Joyant (Eugène), console à étagère. Il signait : 

Feuerstein. 
Feuerstein (Joseph), rue du Faubourg St- Antoine. — 1767. Voir ventes 

et collection privée : Ganay (Marquise de) : commode en bois de rose 

et bronzes dorés. Ii signait : Joseph Feuerstein M. E. 
Fève (Jean-Claude), rue du Vertbois. — 1776. 
Feutrel (Denis-Guillaume), rue Pagevin 1764. 
Filleul. — Paris, xvm e siècle. — Garde du mobilier du château de Choisy. 

Il fit quatre fauteuils de toilette pour le Roi pour les châteaux de Fon- 
tainebleau, Versailles, Mari y et Compiègne. 
Filon (Gabriel-Cécile), rue Mauconseil. — 1750. 
Filon (Gabriel-Isidore), fils du précédent, rue Mauconseil. 
Flahaut (Jean-Nicolas), Cloître des Jacobins-St-Honoré. — 1778. 
Flamand (Louis-Michel), rues de Sèvres, des Vieilles-Tuileries-St- Jacques 

et de Bagneux. — 1766. 
Fléchy. — Paris, xvm e siècle. t Rue du Faubourg St- Antoine. Il y eut 

d'autres Fléchy, ébénistes. 
Fleur y (Adrien), rues Hyacinthe et Pont-aux-Choux. — 1751- 
Fleur y (René-Charles), rue Ste-Foy. — 1755. 
Floquet (Louis), rue de Savoie. — 1786. 
Florence (Marc), rues St-Jacques et St-Étienne-du-Grès. — 1758. 

— 250 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Fois y (Louis), rue de la Calandre. — 1776. 

Foliot (Nicolas-Quinibert). — Paris, xvm e siècle. Rue de Cléry. Voir col- 
lection privée Vertheimer (Charles), deux fauteuils Louis XV. Il signait : 
Foliot (marque). 

Foliot (Toussaint-François), rue de Cléri. — 1773. 

Fonbonne (François), rue Ste-Anne-au-Palais. — 1762. 

Fonson (J. -Charles). — Paris, xvm e siècle. Rue Montorgueil. 

Fonson (Louis- Joseph), rue Neuve-St-Eustache. — ^l^T- 

Fontaine (Jean-Michel), rue de la Grande-Truanderie. — 1767. 

Force (Joseph), rue de la Voirie, Porte St-Martin, rue de Bondy et du 
Faubourg- St-Martin. — 1764. 

Forcher. — Paris, xvm e et xix e siècles. Rue St-Nicolas. Il était originaire 
de Barrière. Il y eut deux Forcher, ébénistes. 

Forestier (Nicolas), rue St-Pierre. — 1773- 

Forget (Pierre), rue de Charonne. — 1765. 

Forster (Richard), rues des Fossoyeurs et de Normandie. — 1788. 

Fortin (Germain), rue de la Perche-au-Marais. — 1750. 

Fouché (Jean), rue Neuve-St-Denis. — 1766. 

Foulet (Jean-Baptiste), fin du règne de Louis XV. Voir Musée: collection 
Richard Wallace : secrétaire en bois de rose signé : Claude-Charles 
Saunier et J.-B. Foulet. 

Foullet (Pierre- Antoine), 1756. 

Foulon (Jean-Baptiste), rue St-Denis. — 1786. 

Fouquet (Nicolas- Jean), rue du Vertbois. — 1781. 

Foureau (Gervais), rue Frépillon. — 1758. 

Foureau (Louis), rue du Faubourg-St-Denis. — 1755- Voir ventes et col- 
lection privée : Halphen (F.) : commode laque rouge et or, décorée 
de personnages. Il signait : L. Foureau M. E. 

Fournier (Alexis), rues Rochechouart et de Bellefond. — 1786. 

Fourot (Nicolas-Gervais), rues au Maire et du Faubourg-St-Denis. — 1788. 

Fouson (Louis- Joseph), rue Neuve-St-Eustache. — I7°7- 

Fradiel (François), rue du Sentier. — 1756. 

Franck (François), rues de Charenton, St-Nicolas et Moreau. — 1756. 

Franckwohl (Louis). — Paris, xvm e siècle, rue de Charpnne. 

Fregé (Jean-Simon), rue des Mathurins. — 1742. 

Fremiot (Claude), rue St-Lazare. — 1787. 

Frézet (Jean-Pierre), rue Gervais-Laurent. — 1750. 

Fritsch (Jacques). — Paris, xviu 6 siècle. 

Fromageau (Jacques-André), rues Bergère et Grange-Batelière. ■ — 1765. 

Fromageau (L.-D.). — Paris, xvm e siècle. Faubourg St-Antoine. Voir 
collection privée Pourtalès (Comtesse de) : table de nuit. Il signait 
L.-D. Fromageau. Il y eut d'autres Fromageau, ébénistes. 
Fromantin (André- Jean-Léon), rue des Boucheries-St-Germain — 1786. 

— 251 - 



LES MEUBLES DU XVI II* SIÈCLE 

Frost (Jean-Gottlieb), rue Croix-des-Petits-Champs. — 1785. Il succéda 
à Roentgen et fit partie de plusieurs associations. Il employa de nom- 
breux ouvriers allemands et avait un atelier important. Il signait : 
J.-B. Frost. 

Frôttel. — Paris, xviii 6 siècle. 

Frôttel (Bastien), rue St-Nicolas. — 1782. 

Funck. — Paris, xvm e et xix e siècles. — Rue de Charonne. 



Gabilliaud (Nicolas-François), rue des Mauvaises-Paroles. ■ — 1788. 

Gaillard (Antoine), rue St-Nicolas. — 1781 (marque). 

Galand ou Galland (Jacques), rue des Juifs. — I77 1 - 

Galand (Louis-Julien), rue St- Denis. — 1750. 

Gallois (Jean-Baptiste), rues des Anglais et du Plâtre. — 1767. 

Garât (Martin), rue de la Verrerie. — 1756. 

Gabard. — Paris, xvm e siècle. Rue Dauphine. Il travailla pour les Menus- 
Plaisirs. 

Garde (Gilbert), rue St- Victor. — 1788. 

Garet (Jean-Baptiste), rue Jacob. — 1785. 

Garion (Jean-Louis- Adrien) . — Paris, xvm e et xix e siècle. Passage du 
Caire. 

Garnaud (Jean), passage de l'Hôtel Lesdiguières. — 1740. 

Garnier (Dominique), rue du Bacq. — 1779- 

Garnier (Jacques-Emmanuel), rue St-Honoré. — 1779- 

Garnier (Jean), rue de la Chanvrerie. — 1777- 

Garnier (Jean-Ciaude), rue St-Dominique et de Grenelle. — 1785. 

Garnier (Pierre), rue Neuve-des-Petits-Champs. — 1742 (marque). 

Il meubla l'hôtel du marquis de Ménars. Voir Musée South Kensing- 
ton (legs Jones) : table carrée avec dessus en porcelaine de Sèvres. Il 
signait : P. Garnier ou Garnier M. E. 

Garnier (Prudent), rue de Bailleul. — 1763. 

Garnier (Sébastien), rue Taitbout. — 1788. 
Il y eut plusieurs autres Garnier, ébénistes. 

Garriaux, rues Boutebrie et Fossés-St- Victor. — 1774. 

Gary (Martin), rue des Francs-Bourgeois, place St-Michel. — 1764. 

Gaspard. — Paris, xvn e et xviii 6 siècles. 

Gaspard (Joseph). — Paris, xviii 6 siècle. Rue du Faubourg-St-Antoine. 

Gassaux. — Paris, xvin e et xix e siècles. 

Gauchi (Etienne), rue Plumet. — 1776. 

Gauchi (Jean- Baptiste), rue Perdue. — 1782. 

Gaudereaux ou Gaudreau (François-Antoine et Robert), ébénistes de 
Louis XV, travaillèrent pour les Menus-Plaisirs, et fournirent à la Cour 

— 252 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

des meubles simples ou de luxe. Auteurs de l'ébénisterie du célèbre 
médailler composé par les frères Slodtz en 1739 et qui se trouve à la 
Bibliothèque Nationale et d'une table de campagne en noyer, garnie 
d'argent, probablement offerte par Louis XV à sa fille, Madame In- 
fante, duchesse de Parme, épouse de Don Philippe. Ils firent pour le châ- 
teau de Choisy des tables à jeu, des encoignures, des commodes, des 
tables de nuit, des chaises et fournirent divers meubles aux châteaux de 
Versailles, Marly, la Muette, Fontainebleau. Parmi leurs clients figurent 
le Roi, Mesdames de France, la Dauphine, Madame Infante, Madame 
Henriette, Madame de Pompadour, Mademoiselle de Clermont, etc., etc. 
Voir Bibliothèque Nationale : Médailler; Ministère des Affaires étran- 
gères : grand bureau dit de Monsieur de Vergennes. 

Gaudereaux (François-Antoine). — Paris, xvm e siècle. 

Gaudereaux (Robert). — Paris, xvm e siècle. Rue de Reuilly. 

Gaudron (Auburtin). — Paris, xvn e siècle. Répara les marqueteries des 
chambres du Dauphin et de la Dauphine à Versailles. 

Gaudron (Regnaud). — Paris, xvn e siècle. 

Gaultier, rue des Fossés-du-Temple. — 1747- 

Gautier, rue des Fossés-du-Temple. — 1774. 

Gautier (Jacques-François), rue Barre-du-Bec. — 1731- 

Gautier (Jean), rue d'Argenteuil. — 1779- 

Gautier (Jean- François), rue Couture- St-Gervais. — 1772. 

Gautier (René), rue Guérin-Boisseau. — 1786. 
Il y eut d'autres Gautier ou Gautié, ébénistes. 

Gautron (Marc), rue de Cléry. — 1785. 

Gautruche (Charles- Auguste) . — Paris, xvm e siècle. Rue du Faubourg- 
St-Denis. 

Gautruche (Jean- Pierre), rues de la Perle, du Parc-Royal et de Jarente, 
marché Ste-Catherine. — 1772. 

Gautruche (Pierre). — Paris, xvm e siècle. 

Gautruche (Pierre-Claude), rues St-É tienne, Ville-Neuve, Basse et Porte 
St-Denis. — 1771- 

Gaverelle (André), rue de la Cossonnerie. — 1769. 

Gaverelle (François), rue de Charonne. — 1767. 

Gaverelle (Mathieu-Michel). — Paris, xvm e siècle. 

Gaverelle (Noël- Jacques), rue Geoffroy-l'Asnier. — 1782. 

Gay (Georges). — Paris, xvm e siècle. — Inventeur de la table soleil à trans- 
formations (marque). 

Gay (Jacques), rue de Cléry. — !779- 

Geantet (Alexis), rue des Poitevins. — 1785. 

Gebhauer (Jean-Baptiste), cul-de-sac Tait bout. — 1786. 

Gencel (Joseph), rue Tiquetonne et Faubourg St-Denis. — 1780. 

Gendé (Claude), rue de la Roquette. — 1786. 

~ 253 — 



LES MEUBLES DU XVIII e SIÈCLE 

Genest (Antoine-François), rues de la Corne et de Mézières. — 1788. 

Gengenbach (François-Antoine), rue de Charonne. — 1779- 

Genisson (Charles), rue du Temple. — 1759. Syndic en 1785. 

Genisson (Jean-Marie). — Paris, xvm e et xix e siècles. Rue du Temple. 

Fils du précédent. 
Genisson (Jean-Charles), fils de Charles Genisson, rue du Temple. — 1788. 
Genty (Daniel). — Paris, xvin e siècle. Rue de l'Échelle. Voir collections 
privées : Doucet (Jacques) : table ornée d'un jeu de l'Oie en marqueterie. 
Gourgue (Marquis de) : cabinet marqueterie; Rothschild (Adolphe de) : 
table ronde, la tablette de dessus en porcelaine de Sèvres. Il signait : 
D. Genty ou Genty. 
George (Joseph-Benoît), rue de la Verrerie et de Haut-des-Ursins. — 1785. 
Gérard. — Paris, xvni e siècle. Fit partie de l'atelier de Charles Boulle. 
Gérard (Noël). — Paris, xvm e siècle. 
Gérard (Ponce), Cour de la Juiverie. — 1778. 
Gilardin (Pierre-Joseph), rue du Faubourg-St-Martin. — 1780. 
Gilbert (André-Louis), rue Traversière. — 1774. Il fit figurer l'ivoire dans 
ses marqueteries et inventa un secrétaire roulant surmonté d'une 
bibliothèque. Il signait : A.-L. Gilbert. 
Gilbert (Louis). — 1782. , 

Gillan (Jean-Louis-François), rues du Comte-d'Artois, St- Augustin et 

Montmartre. — 1784. 
Gillard (Claude-Gabriel), rue du Faubourg Montmartre. — 1786. 
Gillet (Louis), rues Thevenot et Guérin-Boisscau. — 1766. 
Girard (François), rues Notre-Dame-de-Nazareth et d'Astorg. — 1765. 
Girard (André), fils du précédent. 
Girardot (Jean-Baptiste), rue Feydeau. — 1776. 
Giraud (Pierre), Faubourg-St-Denis. — 1760. 
Giraudeau (Louis), rue de la Pépinière. — 1786. 
Girolet (Pierre-Denis), rues Ste-Marguerite, Beauregard, St- Joseph, de 

Bourbon- Villeneuve, des Vieux-Augustins. — 1758. 
Girot (Charles-François- Vincent), rue de l'Université. — 1784. 
Giroux (Jacques), rue Traversière et Faubourg St-Antoine. — 1766. 
Gleitz (André). — Paris, xvn e et xvm e siècles, rue St-Nicolas. 
Gobert (Jean-Baptiste), rue des Vieilles-Tuileries. — I75 8 - 
Goffinet (Jean-François), rue de Touraine. — 1768. 
Gold (Joseph). — Paris, xvm e et xix e siècles. 
Golle (Corneille). — Paris, xvn e siècle. Ébéniste-marqueteur. 
Golle (Pierre). — Paris, xvn e siècle. Ébéniste-marqueteur, originaire de 
Hollande. Il travailla d'abord à la manufacture des Gobelins. Plus tard, 
avec Charles Boulle et Massi, il fit des meubles pour le château de Ver- 
sailles et pour les Menus-Plaisirs. Voir expositions rétrospectives et 
Musées, Paris, Arts décoratifs : dessin au lavis pour un parquet en 
marqueterie. 

— 254 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Go né (Louis), rue de la Limace. — 1786. 

Gonin (Gilbert), rues Guisarde et des Canettes. — 1783. 

Gonon (Jean-François), rue des Vieilles-Tuileries. — 1768. 

Gontier (Pierre), rues du Cherche-Midi et du Regard. — 1763. 

Gorju (Claude), rues de Charenton, Notre-Dame-de-Nazareth, du Gindre. — 

1770. 
Gosselin (Adrien- Antoine), à Versailles. — 1772. 
Gosselin (Antoine), rue et Faubourg St-Antoine. — 1752. Syndic en 1778. 

Il signait : Gosselin. 
Gosselin (Jean-Baptiste). — Paris, xvin e siècle, rue de Charenton. 
Gosselin (Josse), rue de la Verrerie. — 1768. 
Gosselin (Nicolas), rue du Faubourg-St-Antoine. — 1772. Il y eut plusieurs 

autres Gosselin, ébénistes. 
Gossinet (Jean-François), rue de Touraine — 1766. 
Gottiniaux (Louis- Alexis- Joseph), rue Geofiroy-l'Asnier. — 1781. 
Gotz (Gaspard-François), rue Mâcon. — 1787. 

Gotz (Martin), rue du Faubourg St-Antoine, à la Boule-Blanche, et rue Ame- 
lot. — 1784. 
Goulet (Etienne), rue et Faubourg St- Jacques. — 1778. 
Goulet (Jean-Baptiste), rue Oblin. — 1786. 
Gourdain (Michel), rue de Cléry. — 1752. Il travailla pour la maison royale. 

Il signait : Gourdin ou Gourdain (marque). 
Gourié (René), rue du Cimetière St-Nicolas. — 1787. 
Gourlet (Thomas), rue des Mathurins. — 1785. 
Gourliau (François), rues Basse-du-Rempart, derrière les Capucines, et des 

Barres, à l'Hôtel de Sens. — 1779- 
Goux (Louis), rue du Petit-Hurleur. — 1785. 
Goyer (François). — Paris, xvm e siècle, rue de Charonne, à « l'Eau qui 

dort ». 
Graillot (Jean-Louis), rue St-Honoré, ancienne cour du Coche. — 1788. 
Grandfils (Jacques-Laurent), rue St-Germain-1'Auxerrois. — 1765. 
Grand jean, rue de Charonne, Faubourg St-Antoine. — 1766. 
Grébert (Georges), rue du Bacq. — 1764. 

Grébert (Louis-Claude), rue des Moulins, Butte St-Roch. — 1767. 
Grébois (Pierre-Charles), rue Pierre-au-Lard. — 1786. 
Gréhome (Nicolas), rue Bourg-l'Abbé. — 1754- 
Grémont (Jean), rue Jean-St-Denis. — 1777. 
Grenevigh (Nicolas), rue du Bacq. — 1768. Voir ventes et collection 

privée Doucet (A.) : table-bureau. Il signait : A Grenevich ou Gren- 

vigh M. E. 
Grépat (Claude), rues au Maire et du Faubourg Montmartre. — 1772. 
Griffet (Jean-François), rue Perdue. — 1779. 
Gruyère (Pierre-François), rue de la Roquette. — 1786. 

— 255 — 

17 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Guédé (François), rue des Filles-du-Calvaire. — 1759. 

Genebault, rue de Perpignan. — 1760. 

Guérard (Joseph), Versailles. — 1784. 

Guérin. — Paris, xviii 6 siècle. Ébéniste-mécanicien, en 1756, il fit une table 
mouvante de douze couverts et quatre buffets-servantes pour le châ- 
teau de Marly; il créa aussi l'armoire volante du château de la Muette. 

Guérin (Jean-Louis), rues Couture-St-Gervais et de la Poterie. — 1778. 

Guérin (Pierre). — Paris, xvm e et xix e siècles. 

Guerne (Abraham), Boulevard de la Porte-St-Martin. — 1737- Nommé 
menuisier du Roi et de la ville en 1782. Il travailla à la salle de l'Opéra 
de Versailles. 

Guérou (Thomas), Faubourg Montmartre et rue Ste-Foy. — 1778. 

Guesnon (Jean-François), menuisier ordinaire du Roi. Il travailla au 
château de Crécy pour M me de Pompadour. 

Guiart (Adrien- Antoine), rue des Lavandières-St-Opportune. — 1777. 

Guichard (Pierre-Guillaume), rue du Faubourg St- Jacques. — 1785. 

Guichemer. — Paris, xvm e siècle, Place de l'Indivisibilité. 

Guignard (Pierre-François), rue de la Roquette. — 1767. 

Guilbert (Éloy), rues Mercière, d'Orléans, St-Honoré et de Sartine. — 1774- 

Guillard (Pierre), rue de Charenton. — 1777. 

Guillard (Pierre-Nicolas), rue Notre-Dame-de-Nazareth. — 1764. 

Guillaume (Simon) . — Paris, xvm e siècle, rue St-Nicolas. 

Guillemard (François). — Paris, xvn e et xvm e siècles, rue Princesse. 
Il travailla pour les châteaux de Chantilly et de Marly. 

Guillemard (Jean-Baptiste-Georges), rue Neuve-des-Mathurins. — 1783. 

Guillemard (Louis), rues des Moineaux, Basse-du-Rempart, derrière les 
Capucines, de la Ville-l'Évêque et du Faubourg-St-Honoré. — 1765. : 

Guillet (Pierre), rues Poissonnière et d'Angoulême. — 1776. 

Guimard (Joseph), rues des Petits-Champs-St-Martin et des Vieilles-Hau- 
driettes. — 1786. 

Gùller (François), rue du Vert bois. — 1786. 

Gunsberg (David) . — Paris, xvm e et xix e siècles, Faubourg St- Antoine. 

Gunther (Georges-Louis). — Paris, xvm e siècle. Il était originaire d'Alle- 
magne. 

Guyot (Jacques), rue de Verneuil. — 1782. 

Guyot (Nicolas), rue du Faubourg-St- Antoine. — 1775. 

H 

Hach (François). — Paris, xviii siècle. 
Hach (Sébastien), rue du Gros-Chenet. — 1778. 
Hache (Thomas). — Grenoble, xvn e et xviii 6 siècles. 

Hache (Jean-François). — Grenoble, xvm e siècle. Ébéniste du duc d'Or- 
léans. Place Clavayson. — 1771. Voir collections privées : Fould Sprenger 

— 256 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

(Baron): petit bureau dos d'âne. Granet (M me ) : grand bureau à cylindre. 
Latrobe : grand bureau à cylindre. Roman (J.) : boîte de tric-trac. Il 
est connu pour la pureté du style et la perfection de ses meubles. Il 
signait : Hache de Grenoble ou Hache fils à Grenoble; et quelquefois 
Hache, ébéniste de M. le duc d'Orléans, à Grenoble, place Clavayson. 

Hache (Christophe- André), dit Lagrange ou Hache Bibi. — Grenoble, 
xviii 8 et xix e siècles. 

Hache (Pierre). — Grenoble, xviii 6 siècle. Fils de Thomas Hache. 

Haimard (Jean-Louis), Place de la Porte-St- Antoine. — 1784. 

Haimard ((Louis- Jacques), rues du Pont-aux-Choux et de Popincourt. — 
1756. On a un meuble signé : Haimard et Delaunay. M. E. 

Haizeaux (Jean-Baptiste), rue du Martroy. — 1788. 

Haizeaux (Pierre), rue des Gravilliers. — 1777. 

Halié (Louis), rue Guérin-Boisseau. — 1753. 

Hallet (Jean- Baptiste), rue Perpignan. — 1781. 

Halleux (Jean-Christin), rue de l'Arcade. — 1782. 

Hallot. — Paris, xviii 6 et xix e siècles. 

Halloy (Jean-Mathias), rues Poissonnière et des Orties-au-Louvre. — 1768. 

Hamar (Toussaint), rue St-Étienne-des-Grès. — 1786. 

Hamel (Jean), rues de la Harpe et Serpente. — 1774. 

Hammers. — Paris, xvm e et xix e siècles, Faubourg St-Antoine. 

Hamsterle (Jean), rues de Berry et Poissonnière. — 1781. 

Hanneron (Antoine-François-Joseph), rue de Savoie. — 1780. 

Hannier (Louis), rues Baillette et St-Honoré. — 1763. 

Hannot (Nicolas), rue du Cimetière-St-Nicolas. — 1762. 

Haraut (Jean), rues St-Antoine, du Pourtour-St-Gervais, de la Poterie, 
de la Tixéranderie. — 1758. 

Hardelle (Jean-Louis- Antoine), rue de Sèvres. — 1764. 

Hardy (Henri-Louis). — Paris, xvm e siècle, rue St-Nicolas. 

Harmand (Antoine-L.), rue du Chaume. — 1785. 

Harmand (Jean). — Paris, xvn e siècle. Ébéniste-marqueteur. Il travailla 
pour le Roi au Louvre, à Versailles, à Fontainebleau, aux Tuileries, 
à St-Germain, surtout aux parquets et aux estrades. 

Harscher (François), rue Guisarde. — 1786. 

Harms. — Voir Hamsterle. 

Hatoy (Jean-Baptiste), rue Chapon. — 1782. 

Haumont. — Paris, xvm e et xix e siècles. 

Haupt (G.), à Paris, puis en Suède. Voir Musées : Chantilly : Muséum miné- 
ralogique en forme de secrétaire. South Kensington (Legs Jones) : 
commode. Château Royal : lit en forme de bureau, style Gustave III: 
bureau et pupitre, même style. Il signait : G. Haupt ou fait par G. Haupt. 

Hay (Joseph), rue des Saints- Pères. — 1746. 

Hay (Pierre-Joseph-Augustin), rue Marivaux. — 1781. 

Heckel. — Paris, xviii et xix e siècles. 

— 257 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Hédouin (Jean-Baptiste), rue Traversière. — 1738. Ébéniste-marqueteur. 

Hehl (François), rues de la Croix et Neuve-St-Laurent. — 1782. 

Heiligsberg (Jean-Guillaume), Faubourg St-Martin. — 1766. 

Heim (François-Guillaume), Paris, xvni e siècle, originaire d'Alsace. 

Hemon (Pierre- Alexis), rue de la Vacherie. — 1724. 

Hémon (Biaise-François), rue de Charenton. — 1785. 

Hennequin. — Paris, xvm e et xix e siècles. 

Hénon (Louis), rues St-Martin « à la Croix-de-Fer », Beaubourg et de la 
Lanterne. — 1776. 

Henri (Jean-Baptiste), rues de Charonne et St-Nicolas, Faubourg Saint- 
Antoine. — 1777. 

Henri (Nicolas), rue Tiquetonne. — 1773. 

Henriet (Claude-Chrétien), rue Grenata. — 1771. 

Henry (Barthélémy). — Paris, xvm e siècle. 

Henry (Jean), enclos du Temple et rue de Charenton. — 1779. 

Henry (Jean- Baptiste), rue des Vieux- Augustins. — 1784. 

Henry (Louis- Alexandre), rue Bergère. — 1784. 

Heriché (Jean-Baptiste), cour des Coches, Faubourg St-Honoré. — 1772. 

Héricourt (Antoine), Faubourg St-Honoré. — 1773- Syndic en 1786. Voir 
collections privées : Gasnault : petite commode. Il signait : A. Héri- 
court M. E. 

Héricourt (Nicolas). — Paris, xvm e siècle, Faubourg St- Antoine. Il fai- 
sait travailler Œben. 

Hérissé (Antoine), rue de Charenton. — 1787. 

Herstel, rue des Vieux- Augustins, près la Place des Victoires. — 1740. 

Hertel (Georges), rue et Faubourg St- Antoine. — 1779. 

Hertzog (Hubertus), rues Beurrière et du Ponceau. — 1776. 

Hervier (Jean-Baptiste), rues Jean-Tisson et Barre-au-Bec. — 1787. 

Heurte aux (Pierre-Nicolas), rues du Faubourg- Montmartre, Neuve-des- 
Petits-Champs, d'Antin, Basse-du-Rempart, Coquenard, au bâtiment 
de l'Église Notre-Dame-de-Lorette. — 1781. 

Hilger (Jean-Henri), rue Française. — 1786. 

Hipp (Michel), Faubourg St-Antoine. — 1782. 

Hoche (Pierre). — Paris, xvm e et xix e siècles, rue Chapon. 

Hoffmann (Abraham), rue St-Thomas, quartier St- Jacques. — 1766. 

Hoffmann (Jean-Diebold), Passage des-Petits-Pères. — 1785. Il était 
originaire d'Autriche. 

Hokaw, rue du Bacq. — 1754. 

Holende. — Paris, xvm e et xix e siècles, Faubourg St-Antoine. 

Hollinger (Jean- Jacques), rue Montorgueil. — 1786. 

Holtzheim (Jean-Guillaume), rue du Vieux-Colombier. — 1786. 

Hongenard (Jean- Joseph), rue Ste-Marie. — 1767. 

Horns (Jean-Henri), rues du Faubourg-St-Martin et St-Merry. — 1780. 

Houard (François-Marie), rues des Grands-Degrés et Mouffetard. — 1785. 

— 258 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Hou art (Germain-Pierre), rue des Trois-Chandeliers. — 1774- 

Houdry (Charles), rue Mazarine. — 1760. 

Houelleux (Julien-Pierre), Faubourg St-Denis. — 1787. 

Houry (François- Vincent), rue de l'Arbalète. — 1788. 

Housseau (Jean-Baptiste), Marché d'Aguesseau. — 1743- 

Houtoire. — Paris, xvn e siècle. Il travaillait à l'atelier de Charles Boulle. 

Huef (Jean-Georges). — Paris, xvni e siècle. Il était originaire du Palatinat. 

Huet (Gilbert- Alexis), rues St-P^ul et des Nonnains-d'Hyères. — 1783. 

Huguet (Joseph-Simon), rues de Buci et des Barres. — 1780. 

Hugueville (Marc), rues Pavée et des Deux-Portes-St-Sauveur. — 1755. 

Hullin (Gabriel-Louis), rues Mazarine et Cerutti. — 1766. 

Humbert (Mansuy), rues d'Argenteuil et l'Evêque, Butte St-Roch. — 1767. 

Hurtrel (Louis), Boulevard de la Porte-St-Antoine. — 1756. 

Huyot, rues Neuve-St-Etienne et Chariot. — 1759- 

Huyot (Nicolas), rue Chariot, — 1737- 



Infroit (Claude), rues de la Roquette et Amelot. — 1777. 
Infroit (Etienne-Louis), rues de Charonne et Amelot. — 1768. 



Jabodot. — Paris, xvm e siècle. Règne de Louis XV. Il travailla pour les 
Menus-Plaisirs. 

Jacob (Georges), rue Meslée. — 1765. Syndic en 1789. Il travailla à Bagatelle 
pour le comte d'Artois, fournit le Palais du Temple pour la Reine et les 
Menus- Plaisirs. Il exécuta, d'après les dessins de David et de Charles 
Moreau, des meubles de style gréco-romain et pompéien et fut appelé 
à décorer de nombreux hôtels, en particulier pour le duc de Chartres. Il 
fut un des créateurs du style Directoire. Voir Musées : Palais de Compiè- 
gne : chaise-longue en bois doré. Louvre: fauteuils. Arts décoratifs : fau- 
teuil. Mobilier National : siège d'acajou en forme d'X, lit de repos, 
consoles d'applique, canapé, etc. Château de Windsor : mobilier de 
salon et de chambre à coucher. Voir collections privées : Doucet (Jacques): 
canapé Louis XVI, bois sculpté et doré. Marquet de Vasselot (J.J.) : 
deux fauteuils. Greffulhe (comte de) : mobilier de salon. Ventes di- 
verses (marque). Il signait : G.Jacob. 

Jacob (Georges II), rue Meslée. Fils du précédent. Il reprit avec son frère 
François-Honoré l'atelier paternel sous la raison sociale Jacob frères, 
rue Meslée, entreprise importante par le nombre de ses ouvriers et qui 
devint célèbre par la perfection du travail. Ils exécutèrent des meubles 
sur les dessins des architectes Percier et Fontaine et s'adjoignirent des 
artisans de talent entre autres les ciseleurs Thomire, Delafontaine, etc. 

— 259 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Ils employèrent beaucoup les bois indigènes et quelques bois étrangers : 
ébène, acajou, etc. Les frères Jacob travaillèrent sous la Révolution 
et sous le Premier Empire. Après la mort de son frère, François-Honoré 
prit la raison sociale de Jacob-Desmalter du nom d'une terre qu'il 
possédait en Bourgogne. Sous le Consulat puis sous l'Empire il 
travaille pour Bonaparte. Il exécuta le mobilier de la Malmaison, 
celui du Sacre, de Compiègne, de St-Cloud, des appartements de 
Fontainebleau et de plusieurs résidences impériales à l'étranger, les 
cabinets à bijoux de Joséphine et de Marie- Louise ; le berceau du Roi 
de Rome, etc., etc. Sous la Restauration, Jacob changea une troi- 
sième fois de manière, tous les emblèmes impériaux étant devenus 
suspects ou détestés. Voir Musées: Palais de Compiègne : sièges 
bois doré et sculpté, armoire acajou; Fontainebleau : trône de Napo- 
léon, armoire à bijoux de Marie-Louise, armoires, commode, corbeille 
à ouvrage, berceau du Roi de Rome. Malmaison : trône de Napo- 
léon; Bibliothque Nationale : vitrine; Versailles : buffets bas; Grand 
Trianon : sièges divers, table à thé, lit, commodes ; Vienne : trésor 
impérial : berceau d'apparat du Roi de Rome. Signature : Jacob frères, 
rue Meslêe ou Jacob ou Jacob D., rue Meslée. 

Jacob (François-Honoré), frère du précédent et fils de Georges I. Ses 
travaux se confondent avec ceux de son frère. Il travailla 
pour les châteaux de Neuilly, Rambouillet, Saint-Cloud, Versailles, 
les Tuileries et pour la duchesse de Berry. Voir Collections privées : 
Lebaudy (salon de la Duchesse de Berry) . 

Jacob (Henri), rue de Bourbon- Villeneuve. — 1779- Il signait : H. Jacob. 

Jacob (Jacques-Louis), rue Verderet. — 1764. 

Jacot (Antoine-Pierre), rue de la Madeleine. — 1766. 

Jacot (Isaac), rue Basse-du-Rempart. — 1762. 

Jacot (Isaac), Faubourg St-Honoré. — 1786. 

Jacqueline (Gilles), rue de la Tannerie. — 1788. 

Jacquemart (T.-Pierre), rue de Charenton. — 1761. 

Jadot (Jean-François), rues du Pot-de-Fer et de Vaugirard. — 1747- 

Jansen (Georges). — Paris. — 1767. Voir Musée : South Kensington (Legs 
Jones), 2 petites tables, marqueterie bois et ivoire, table à métier. 

Janson (Nicolas), Marché d'Aguesseau, rue de la Madeleine. — 1778. 

Jarrié (Jean-Nicolas), rue de la Harpe. — 1742. 

Javoy (Claude), rue d'Argenteuil. — 1779. 

Jean (Honoré), rue St-Séverin. — 1772. 

Jean (Nicolas). — Paris, xvn e siècle. Ebéniste du Roi. 

Jean (Paul-François), « Au Saint-Esprit », Faubourg St- Antoine. — 1784. 

Jean (Simon), rue Amelot. — 1787. 

Jelpka (Albert-Henri). — Paris, xvm e siècle, rues de Charenton et de la 
Lune. 

Jobert (Michel-Simon), rue St-Dominique. — 1762. 

— 260 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Jolibois (Mathieu), cul-de-sac du Coq et rue du Bout-du-Monde. — 1763. 

Joliffier (Joseph), rue de la Mortellerie. — 1781. 

Jollain (Adrien- Jérôme), dans St-Jean-de-Latran. — 1763. 

Jolliot (Michel), rue des Mauvais-Garçons-St-Jean. — 1784. 

Joly (Claude), rue Jean-Beausire. — 1781. 

Jonnard (Jean-Baptiste-Hubert), rues d'Orléans et St-Denis. — 1756. 

Jordan (Salomon). — Paris, xvm e siècle, rue du Faubourg du Roule. 

Joseph. — Règne de Louis XV et de Louis XVI. Musées: Louvre: Meubles 
d'appui avec mosaïques de pierre; Versailles : secrétaire en acajou; 
South Kensington (Legs Jones) : commode forme tombeau avec pan- 
neaux de laque. Château de Windsor : commode du même genre. Il 
signait : Joseph. 

Jouanne (Pierre-Michel), rue Couture-St-Gervais. — 1781. 

Jouard (Jean- Jacques), rue Neuve-St-Sauveur. — 1788. 

Joubert (Gilles), rue Ste-Anne. — 1749. Syndic en 1771, exécuta les deux 
encoignures qui vont avec le Médailler de Gaudereaux à la Bibliothèque 
Nationale (fait pour le cabinet du Roi à Versailles). Il fut un des grands 
fournisseurs de la Cour. Voir Musées : Ministère de la Justice : bureau 
Louis XV. 

Joubert (Mathieu-Dieudonné), rues des Vieilles-Tuileries et de la Parchemi- 
nerie. — 1786. 

Jourdain (Pierre), rue de Charonne. — 1779. 

Jouvet (Jacques-Louis), rues de Bièvre, St-Nicolas, St-Bernard et Basfroi. 
— 1758. 

Jovenet (François), rue St-André-des-Arts. — 1785. 

Jovenet (Michel- Joseph) . — Paris, xviu e siècle, rue du Petit-Lyon. 

Jullien (Martin), rues des Petits-Carreaux et de la Poissonnerie. — 1777- 

Jumel (Barthélémy), rue de Seine. — 1750. 

Jundt, rue St- Antoine. — 1757. 

Juty (Jean-Claude), rues d'Aguesseau et du Rat. — 1777. 

K 

Kaffa (Jean-Baptiste), rues des Barres et Phelippeaux. — 1771. 

Kardt (Jean-Bernard), rue de Bourgogne. — 1759. 

Kassel (Georges), rue des Vieilles-Tuileries. — 1775- 

Kaos (Jean), Cour St- Joseph. — 1783. 

Kemp (Guillaume), rue de la Roquette. — 1764. Il marqueta un meuble de 

Beneman, destiné au Roi. 
Kindermans (Michel), rues de Verneuil, de Grenelle-St-Germain, de-Sèvres, 

des Vieilles-Tuileries. — 1764. Syndic en 1787. 
Kindermans (Paul), rue St-Dominique-St-Germain. — 1787. 
Kintz (Georges), rue Daval. — 1776. 
Kirchenbach (J.-Adam), Faubourg St- Antoine. — 1774. 

— 261 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Kirchenbach (Jean-Jacques), Faubourg St- Antoine. — 1778. Il y eut 

d'autres Kirchenbach, ébénistes. 
Kirschhoff. — - Paris, xvn e siècle. Il fut attaché à la Maison du Roi. 
Koechly ou Kochly (Joseph), Cour St- Joseph. — 1783. 
Kohl (Pierre-Nicolas). — 1779. 

Kolbing. — Paris, xvin e et xix e siècles, Cour de la Juiverie. 
Kopp (Maurice), rue de la Sourdière. — 1780. Il signait : Kopp. 
Kranen (Louis- Jacques), rue des Prouvaires. — 1780. 
Krier (Charles), rue du Bacq. — 1774. 
Kutten (Jean), rues des Nonnains-d'Hyères et St-Méry. — 1789. 



Labadye (Toussaint-Charles), rues du Four-St-Germain et de Sèvres. — 1761. 

Labatut (Jacques-Nicolas), rue St-André-des-Grès. — 1777. 

Labourez (Claude), Aile du Pont-Marie et Montagne Ste-Geneviève. — 1781. 

Labrique (François-Joseph), rue St-Nicolas. — 1777- 

Labry (François). — - 1777- 

Lacroix (Jean), Faubourg St- Jacques. — 1751- 

Lacroix (P.). — Paris, xvni e siècle. Il était fournisseur du mobilier de la 
couronne. Il signait : P. Lacroix. 

Lafond (Philippe), rues de la Harpe, St- Jacques et de la Sorbonne. — 1776. 

Lafont (Joseph), cul-de-sac St-Martial, rues des Marmouzets et du Haut- 
Moulin. — 1784. 

Lafosse (Bertrand), Place Maubert et rue St- Jacques. — 1784. 

Lagnitre (François-Nicolas), rue Ste-Avoye. — 1787. 

Lagoutte (Mathieu), rue de Sèvres. — 1774. 

Lagrange (Antoine). — Paris, xvm e siècle, rue St-Nicolas. 

Lainée (Nicolas), rue Geoffroy-l'Asnier. — - 1768. 

Lair (François), avenue de Ménilmontant et rue de la Fontaine-au-Roi. — 
1787. 

Lalande (François), Faubourg St- Antoine. — 1770. 

Lamain (Pierre-François), rue St-Paul. — 1780. 

Lamant (André), rue de la Bucherie. — 1783. 

Lamartine (Jean-François), rue de la Corderie. — 1776. 

Lambert (André), rues de Lappe et Traversière. — 1783. 

Lambert (Antoine). — Paris, xvin e siècle. Il partit pour St-Pétersbourg où 
il travailla pour le tzar Pierre-le-Grand. 

Lamin (Pierre-François-Fiacre), rue St-Paul. — 1780. 

Lamy (Marin), rues Barre-du-Bec et de Paradis. — 1784. 

Lancelin (Louis- Joseph), « Académie de Vandeuil», rue du Vieux-Colombier. 
— 1763. Syndic en 1778. 

Lancelin (Nicolas), rue St-Denis. — 1766. 

— 262 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Laneive (Nicolas). — Paris, xvn e siècle, ébéniste de la Maison du Roi. 
Landrin (Germain), Couvent des Carmes-Billettes. — 1788. Il signait : 

Landrin. 
Langelin (Louis), rue Poissonnière. — 1754. 
Langlade (Jean- Antoine), rue de Verneuil. — 1779- 
Langlois. — Paris, xvm e siècle. 

Langlois, père. — Paris, xvn e siècle. Faubourg St-Antoine. 
Langlois, fils aîné. — Paris, xvn e siècle. 
Langlois, cadet. — Paris, xvn e siècle. Cloître Ste-Catherine-de-la-Couture, 

puis rue de la Tixéranderie. 

Les trois Langlois père et fils fabriquèrent des paravents et des cabinets 

dans le genre chinois. 
Langlois (Pierre-Éloi), rue de Lappe, puis cour de la Juiverie. — 1774. 
Langlois (Simon), rue de l'Évêque. — 1774- 

Langou (Jean-François-Marcou), place des Carrosses, Faubourg St-An- 
toine. — 1769. 
Languille (Pierre), cul-de-sac des Peintres, puis dans la Trinité. — 1768. 
Lannuier (Nicolas-Louis-Cyrille), rue St-Thomas-du-Louvre. — 1783. 
Lanoa (François- Antoine), rues des Fossés-St-Germain-1'Auxerrois et de 

l' Arbre-Sec. — 1773- 
Lanté (Louis), rue et Faubourg St-Denis. — 1786. 
Lanté (Louis- Auguste), rue et Faubourg St-Denis. — 1743- 
Lapie (Jean-François), rues de Charenton et du Faubourg St-Antoine. — 

1763. Il signait : J.-F. Lapie. 
Lapie (Charles), grande rue du Faubourg St-Antoine. — Fils du précédent. 
Lapie (Jean), rue de Charenton. — 1762. 

Laplanche. — Paris, xvm e siècle. Rue du Faubourg-St-Martin. 
Laraut (Jacques), rue St- Jacques. — 1785. 

Lardin (André- Antoine), rues de Charenton et St-Nicolas. — 1750. 
Lardin (Louis-François), rue St-Nicolas. — Fils du précédent. 
Laroque (Pierre), rue St-Nicolas. — 1766. 
Larose (Dominique-Prudent), rues de Braque et St-Louis-au-Marais. — 

1778. 
Larouë. — Paris, xvm e siècle. Il travailla pour le comte d'Artois. 
Lartaut (Philibert), rue Royale. — 1776. 

Larue (Nicolas), rues Baffroy, St-Bernard et de Charonne. — 1773- 
Larue (Jean-Baptiste), rues des Lavandières-Ste-Opportune et Poissonnière. 

*777- 

Lasserre (Antoine), rues du Faubourg- Montmartre et Cadet. — 1768. 

Lathuille (Pierre), rue l'Évêque. — 1747. 

Lathuille (Jean-Pierre), rue d'Argenteuil. — 1755- Voir Musée : Garde- 
Meuble, commode en acajou, signée : J.-P. Lat... 

Laurent (Jacques), rue du Faubourg Montmartre. — 1768. 

Laurent (Pierre), rues St-Sauveur et de Paradis-St-Lazare. — 1772. 

— 263 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Laurent (Nicolas), rues du Faubourg Montmartre, Neuve-St-Denis et du 
Faubourg St-Denis. — 1768. Syndic en 1787. Il y eut d'autres 
Laurent, ébénistes. 

Lavaux (Barthélémy), Cloître-Ste-Opportune. — 1783. 

Lavelle (Antoine), rues St- Joseph et du Bout-du-Monde. — 1779- 

Lavenne (Nicolas). — Paris, xvn e siècle. Il fut attaché à la maison du Roi. 

Lavenu (Antoine), rues Boucherat et de Normandie. — 1776. 

Lavy (Jean-Baptiste). — Paris, xviii 6 siècle. Rue de la Verrerie. 

Lavy (Louis), rue de la Verrerie. — 1765. 

Le Bas (Barthélémy). — Paris, xvm e siècle. Rue de Cléry. 

Le Bas (Jean-Baptiste). — Paris, xvm e siècle. Rue de Cléry. 

Le Bas (Jean- Jacques). — Paris, xvm e siècle. Rue de Cléry (marque). Ces 
trois ébénistes travaillèrent ensemble signant sans prénom ou /. Lebas, 
travaillèrent à Louveciennes pour M me du Barry. 

Le Bas (Jean-Baptiste), rue de Cléry. — 1756. 

Le Bas (Barthélémy), rue de Cléry. — - 1771. Il était le fils du précédent. 

Le Bas (Jean- Jacques), rue de Cléry. — 1772. Il était fils aussi de Jean- 
Baptiste. 

Lebègue (Jean), rues de Bercy-St-Jean et Vieille-du-Temple. — 1777. 

Lebesgue (Claude-Pierre), rue St-Nicolas. — 1750. 

Lebesgue (Robert-Claude), rues Culture - Ste - Catherine, du Four -St- Ger- 
main et de la Poterie. — 1771- 

Lebin (Jean-Claude), rue Thévenot — ■ 1785. 

Leblanc. — Paris, xvm e siècle. Auteur d'une commode en bois des Indes 
et mosaïques pour M me Infante, au château de Versailles. 

Leblanc (Charles), rues des Fontaines et du Pont-aux-Choux. — 1777. 

Leblond (Jean-François), Cloître-St-Germain-1'Auxerrois. — 175 1. Il y eut 
plusieurs Leblond, ébénistes. 

Lebossês (Jacques), rue de Suresne. — 1779. 

Le Brun (Antoine I). — Paris, xvn e siècle. Ébéniste-marqueteur. 

Le Brun (Antoine II). — Paris, xvn e siècle. Ébéniste-marqueteur. — Fils 
du précédent. 

Le Brun (Claude), rue St-Pierre-au-Pont-aux-Choux. — 1779. 

Le Brun (François- Julien), rue de Beauvais. — 1780. 

Le Brun (Gilles). — Ébéniste-marqueteur. Il était le fils d'Antoine I Le 
Brun. 

Lechaptois (Samson), rues de Lourcine et Moufïetard. — 1768. 

Lechartier (Jacques), rue de Charenton. — 1773- 

Lechaudé (Barthélémy) . — - Paris, xviii 6 siècle. Il travailla à la table mou- 
vante de Choisy. 

Lechien (Alexandre-François), rues Meslay, de Vendôme, de Bondy et du 
Faubourg St-Martin. — 1768. 

Leclerc (Jacques- Antoine). — Paris, xvui e siècle. Cour de la Juiverie. 

Leclerc (Charles-Michel), rue du Faubourg St-Antoine. — 1786. 

— 264 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Leclerc (Claude), à l'« Agneau pascal », rue de Charenton. — 1785. 

Leclerc (Jacques), rue des Ciseaux. — 1787. 

Leclerc (Jacques- Antoine), rue et Faubourg St- Antoine. — 1779. 

Leclerc (Jean), rues du Four et de l'Égoût-St-Germain. — 1763. 

Leclerc (Nicolas-Martin), rue de la Verrerie. — 1787. 

Lecœur (Joseph), rues de Verneuil, de Sèvres et Hyacinthe. — 1780. 

Lecointre (François), rue Serpente. — 1727. 

Lecomte (Nicolas-Toussaint), rues d'Argenteuil et Traversière. — 1781. 

Lecomte (Simon-Samuel), rue du Faubourg Montmartre. — 1787. 

Lecoq (Jean- Jacques), rue St-Martin. — 1777. 

Lecreux (Adrien- Joseph), rue des Jeûneurs. — 1776. 

Ledoux (Simon-François). — Paris, xvin e siècle. Grande rue du Faubourg 
St-Antoine. 

Ledru (Alexis), rues de l'Hirondelle et de la Huchette. — 1753- 

Leduc (Pierre), rues St-Martin, Neuve-St-Laurent, de la Croix et du Vert- 
Bois. — 1778. 

Lefebure (Joseph), rue de Périgueux. — 1787. 

Lefebvre (Charles- Joseph), rue de Charenton. — 1787. 

Lefebvre (Jean- Jacques), rue des Cinq-Diamants. — 1785. 

Lefebvre (Jean-Louis). — Paris, xvm e siècle. Rues du Faubourg-St- Jac- 
ques et Neuve-Ste-Geneviève. 

Lefebvre (Roch), rue du Faubourg-St-Martin. — 1788. 

Lefèvre (Charles- Antoine), rues des Fossés-St-Germain-du-Roi et des 
Mauvais-Garçons-St-Germain. — 1777- 

Lefèvre (Charles-Nicolas), rues de la Bucherie et des Postes. — 1764. 

Lefèvre (François), Rue du Marais-St-Germain. — *779- 

Lefèvre (Jean-Baptiste), rue de Bourbon- Villeneuve. — *743- 

Lefèvre (Joseph), rue Neuve-St- Augustin. — 1729. 

Lefèvre (Louis), rue de Beauregard. — 1780. 

Lefèvre (Philippe), rue de la Mortellerie. — 1788. 

Lefèvre (Pierre- Jean), rues de l'Égoût-St-Martin et de Bourbon-Villeneuve. 

1773. 
Lefort (Jean-Denis), rue des Sept- Voies. — 1787. 
Lefresne (Sébastien). — 1777- 

Legallois (Gilles), rues Phelipeaux et de Limoges. — 1766. 
Le Gaspern (Louis), carré St-Landry et rue des Fossés-St-Germain-1'Auxer- 

rois. — 1753. 
Le Gaspern (André), enclos St-Denis-de-la-Chartre. — 1771- 
Legrand (Charles-Christophe), rue Rousselet. — 1783. 
Legras (François), rue Notre-Dame-de-Nazareth. — 1733- 
Legras (Jean-Laurent). — Paris, xviii 6 et xix e siècles. Rue de Bondy. 
Legros, Cour du Marché-des-Quinze- Vingts. — 1763. 
Legry (Jean-Louis-François), rue de Charenton. — 1799. Il signait : J.-L.-F. 

Legry. 

— 265 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Lehaene, père. — Paris, xvm e et xix e siècles. Rues Traversière, des Tour- 
nelles et boulevard St- Antoine. 

Lehaene, fils. — Paris, xix e siècle. S'associa à son père sous la Restauration. 

Leiris (Jean), rue de Lancry. — 1780. 

Lejeune (Jean), passage de la Marmite. — 1788. 

Lelarge (Jean-Baptiste), rue de Cléry. — 1775. Voir Musées : Petit Trianon : 
canapé et fauteuils. South Kensington (legs Jones) : fauteuil en bois 
sculpté et doré. Collections privées : Doucet (Jacques) : mobilier de salon 
bois sculpté et doré. Il signait : Lelarge ou J.-B. Lelarge. 

Leleu (Jean-François), rues de la Contrescarpe et Royale. — 1764. Syndic 
en 1776. Créateur de meubles simples en acajou et de très beaux meu- 
bles en marqueterie. Il fut fournisseur des rois Louis XV et Louis XVI et 
de M me du Barry. Voir Musées : Trianon : petite commode en marqueterie ; 
Londres, collection Richard Wallace : grande commode et secrétaire 
en marqueterie. Collections privées : Camondo (comte Isaac de) : com- 
mode Louis XV; Doucet (Jacques) : commode Louis XVI; Ganay (mar- 
quise de) : bureau plat; Goudchaux : commode en marqueterie; Klotz 
(M me ) : secrétaire à abattant ; La Beraudière (comtesse de) : petite table 
à pieds cambrés; Luce-Laduré : petite commode en marqueterie à 
fleurs de lys, signature accompagnée d'un timbre à fleurs de lys surmonté 
de la couronne royale, vient de Louveciennes. Il signait : J.-F.-L. ou 
J.-F. Leleu. 

Le Lorrain (Charles), rues des Boucheries, du Gindre, Guizarde, Férou et 
Carpentier. — 1761. 

Lemaire (Jean). — Paris, xvn e siècle. Fut attaché à la Maison du Roi. 

Lemaire (Louis-Nicolas), rue du Marché-St-Honoré. — 1788. 

Lemaire (Pierre-Remy), rues St- Antoine et Couture-Ste-Catherine. — 1765. 

Lemaître (Charles), rue Traversière. — 1782. 

Lemaître (François-Noël). — Paris, xvm e siècle. Rue St-Nicolas. 

Lemarchand (Geoffroy), rues de l'Égoût, Chaussée d'Antin et Caumartin. — 

!775- 

Lemarchand (L.-E.). — Paris, xvm e et xix e siècles. Rue du Faubourg 
St-Antoine. Ébéniste du mobilier de la Couronne sous l'Empire et sous 
la Restauration. Il exécuta le cercueil en ébène de Napoléon I er . 

Lemarchand (Michel-Charles- Jacques-Urbain), rues St-Louis et des Tour- 
nelles. — 1777. Il exécuta les stalles du chœur de la cathédrale de Char- 
tres et une chaire épiscopale. Il travailla pour le mobilier de la Couronne 
sous l'Empire et la Restauration. Voir Musées : Palais de Compiègne : 
grande console en acajou. Il signait : Lemarchand. 

Lemarchand (Pierre). — Paris, xvn e siècle. — Il fut attaché à la maison 
du duc d'Anjou. 

LEMARié (Pierre). — 1761. 

Lemée (Jean). — xvm e siècle. Il signait : Fait par Jan Lemêe. 

Lemelle (Jean-François), rue des Tro^s-Maures. — 1779. 

Lemelle (Jean- Jérôme-Christophe), rue de la Heaumerie. — 1775- 

— 266 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Lemelle (Romain- Victor), rues de la Heaumerie et St-Denis. — 1782. 

Lemire (Edme), rue des Rosiers, au Marais. — 1782. 

Lemoine (Jacques), rue des Deux-Ponts. — 1757. 

Lemoine, rue Thibautodé et Couture- Ste-Catherine. — 1765. 

Lemoine (Joseph), rue St-Denis. — 1784. 

Lemonnier (Pierre- Jean), rues du Bout-du-Monde et Tournon, Hôtel de 

Tournon et du Petit-Lion-St-Germain. — 1767. 
Lempérière (Pierre- Jean), au Pont-au-Change, puis rues des Mathurins, 

Aubry-le-Boucher et des Vieilles-Étuves. — 1783. 
Leneuf (François), rue des Égouts-St-Martin et Notre -Dame -de -Recou- 

vrance. — 1772. 
Lengelé (Jacques-Antoine), enclos St-Martin, rue de Breteuil. — 1766. 
Lengelé (Jean-Pierre, père). — Paris, xvm e siècle, rue du Faubourg Saint- 
Denis. 
Lenoir. — Paris, xvm e et xix e siècles. 
Léonard (Louis- Alexandre), rues du Roi-de-Sicile et de la Mortellerie. — 

1781. 
Lepage (Guillaume- Joseph), rues des Bourdonnais et des Mauvaises-Paroles. 

— 1777. 
Lepandu (Jean-Baptiste), rue du Ponceau. — 1782. 
Le Payen. — Paris, xvm e siècle, « Maison de France », rue de Cléry. 
Lequint (Charles), rue de Suresne. — 1777- 
Lerat (Claude), rue Ste-Marguerite. — 1785. 
Lerond (Pierre), rue du Faubourg- St-Honoré. — 1786. 
Lerondeau (Jean-Baptiste-Claude), rue St-Sauveur. — 1752. 
Leroux (Nicolas), rues des Moineaux et Coquenard. — *779- 
Leroux (Nicolas-François), rue de Miromesnil. — 1787. 
Leroy (Jean-Baptiste), rues Guérin-Boisseau, de l'Égout, chaussée dAntin 

et Beauregard. — 1781. 
Leroy (Louis-Gabriel), rue et Faubourg St-Denis et rue Basfroi. — 1754- 
Leroy (Noël), rue des Vieilles-Étuves-St-Honoré. — 1771- 
Leroy (Pierre- Joseph), rues Taitbout et des Capucines. — 1784. 
Leroy (Renaud), rue St-Sauveur. — 1767. Il y eut plusieurs autres Leroy, 

ébénistes. 
Lerpsher. — Paris, xvin e et xix e siècles. Créa, sous l'Empire, des couchettes 

à panneaux peints en gris. 
Les âge (Antoine), rue des Deux- Anges. — 1771- 
Lescœur (Louis), rue Poissonnière. — 1788. 

Leseur (Jacques), rue de Lappe et cul-de-sac St-Sébastien. — 1752. 
Lestrade (Louis), rue de la Parcheminerie. — 1750. 
Letanneaux (René-Edme). — Paris, xviii 6 siècle, rue de Ménilmontant. 
Le Tardif (Jean-Baptiste), rue de Jouy. — 1785. 
Letellier (Jean-Baptiste), rue de Charenton. — 1747. 
Letellier, rue Payenne. — 1752. 

— 267 — 



LES MEUBLES DU XVIII 6 SIÈCLE 

Letellier (François), rue Christine. — 1772. 

Letellier (Jacques), rue de Seine. — 1775. 

Le Tellier (Jacques-Pierre), rues de Charenton et du Faubourg St- Antoine. 
— 1707. 

Letonné (Henri), quai d'Orléans, près le Pont-Rouge et rue St-Louis. — 
1773- 

Letouzé (Jean-Charles), rues de la Verrerie et de Limoges. — 1779- 

Leullet (Antoine), rues St-Nicolas et des Récollets. — 1788. 

Levallois (Pierre), rues de Suresne et Caumartin. — 1779. 

Levasseur (Etienne), rue du Faubourg-St- Antoine. — 1766 (marque). Il tra- 
vailla dans l'atelier d'un des fils de Boulle, exécuta des meubles pour Fon- 
tainebleau et pour le Petit- Trianon. Ses meubles sont d'une exécution 
parfaite. Il fut le premier à employer l'acajou plein et à l'orner de 
filets de cuivre. Créateur du style Empire. Voir Musées: Fontainebleau: 
encoignures; Louvre : bureau acajou à voûte et cartonnier, grande 
commode à trois corps. Mobilier National : encoignures, table à ouvrage. 
Château de Windsor : cabinet dans le genre Boulle. Collections privées : 
Aubigny (baron d') : commode marqueterie cuivre et étain sur ébène. 
Luce : table acajou et cuivre doré, table Louis XVI citronnier et 
érable. Il signait : Levasseur M. E. ou E. Levasseur M. E. 

Levasseur (Pierre-Etienne), rues Martel, du Faubourg-St-Martin et du 
Faubourg St- Antoine. Fils du précédent. 

Levasseur (Jeune). — Paris, xvni e siècle. Fils du précédent. Auteur d'une 
commode et d'un secrétaire orné de lapis lazuli, de nacre, d'ébène et 
de bronzes dorés pour la Reine d'Espagne. 

Levasseur (Nicolas-Louis), rues du Ponceau, des Capucines, puis au Gros- 
Caillou et dans l'enclos du Temple. — 1785. 

Levert (Antoine), dans St-Jean-de-Latran. — 1774. 

Levesque (Pierre), rues St-Martin-de-la- Vieille-Monnaie et de la Mortel- 
lerie. — 1773. 

Levol (Pierre-Nicolas), rues de la Croix et St-Martin. — 1775. 

Lexcellent. — Paris, xviii<> et xix e siècles. 

Lexcellent (Nicolas), dans St-Jean-de-Latran. — 1764. 

Lhermitte (Jean-Baptiste-Louis), rue du Sépulcre. — 1779. 

Lhermitte (Jean-Baptiste-Simon), rue St-Martin. — 1743. 

L'Heureux (Jean-Henri), rue du Coq-St-Honoré. — 1779. 

Lheureux (Jean-Nicolas), rue des Fossés-Monsieur-le-Prince. — 1775. 

L'Hoste (Mathieu), rues St-Martin et Meslay. — 1757. 

Liberde (Jacques), rue de l'Échaudé. — 1774. 

Lichtemberg. — Paris, xvin e siècle. 

Lidons (Lou«s), rues des Petits-Champs-St-Martin et Guérin-Boisseau. — 1777. 

Libbschigen (François), dit Gigun, rue desBoucheries-St-Germain. — 1786. 

Lieutaud (Charles). — Paris, xviii» siècle. 

— 268 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Lieutaud (Balthazar), rues de la Pelleterie et d'Enfer. — 1748. Voir Musées : 
Versailles : régulateur ébène et bronzes dorés. South Kensington (Legs 
Jones) : gaine de régulateur. Il signait : B. Lieutaud. 
Lignereux. — Paris, xvm e et xix e siècles. Il était le beau-frère de Jacob- 
Desmalter. Il créa sous l'Empire, les lits en nacelle et exécuta sur les 
dessins de Percier et Fontaine des meubles de style Égyptien. 
Limonne. — Paris, xvm e siècle. Il travailla pour Versailles. 
Lobstein (Michel). — Paris, xvm e siècle. Il était originaire de la Hesse. 

Locre. — Paris, xvn e siècle. Il fut créancier de Molière etd'ArmandeBéjard. 

Loecklin (Martin). — Paris, xvm e et xix e siècles, rue des Petits-Carreaux. 

Loever (Jean-Charles), rue du Faubourg-Montmartre. — 1785. 

Lombard (Pierre- Antoine- Joseph), rues Neuve-St-Paul et Saint- Antoine. — 
1763. 

Lombard (Philippe), rues des Saints-Pères et de Verneuil. — 1782. 

Lombois (François), au Puit-de-Rome et rue Jean-Robert. — 1771. 

Lonsain (Jean-Simon), rue et faubourg Saint-Denis et rue d'Orléans. — 1771. 

Loret. — Paris, xvm e et xix e siècles, rue de Charenton. 

Loriot (Antoine- Joseph). — Paris, xvm e siècle, aux galeries du Louvre. Il fut 
le constructeur des tables mécaniques du Petit Trianon sur le modèle de 
la table mouvante de Choisy. Il inventa d'autres mécaniques du modèle 
en bois de machines à élever l'eau et un procédé pour fixer le pastel. 

Lormier (Denis), rues des Deux-Écus et des Mauvaises-Paroles. ■ — 1775. 

Lorrain (François), rue Chariot. — 1752. 

Louasse (Nicolas), rue et Faubourg-St- Antoine. — 1781. 

Louet (Pierre-François), rue des Francs-Bourgeois, Place St-Michel. — 1755. 

Louis (Charles-Boromée), rues du Jour et du Faubourg-Montmartre. — 1757. 

Louis (André-Nicolas), rue Neuve-St-Laurent. — 1775. Voir Musée : Fon- 
tainebleau : fauteuils Empire. Il signait : Louis. 

Louis (Jean- Pierre), rue du Jour. — 1787. Il était le fils de Charles Boromée 
(marque). 

Louvet (Jean-François). — Paris, xvm e siècle, rue du Faubourg-St-Denis. 

Louvet (Pierre), rue et Faubourg St- Antoine. — 1766. 

Loviat (Jean-François), rue du Vert-Bois. — 1779. 

Lubra (Jean-Baptiste), rues Taitbout et Phelippeaux. — 1775- 

Luce (Jean-André), rue Neuve-St-Martin. — 1753. 

Luce (Jean-Baptiste-Gervais), rue Notre-Dame-de-Nazareth. — 1773. 

Lucien (Jacques), rue Traversière. — 1774- 

Lucien (Philippe-François). — Paris, xvm e siècle, rue St-Maur. 

Luriau (Julien), rue St- Victor. — 1760. 

Lutier (Joseph). — Paris, xvn e siècle. Il travailla à l'atelier d'André- 
Charles Boulle. 

Lutz (Gérard-Henri). — 1766. Il était originaire de la Prusse. 

Lutz (Ph.- Jacques). — Paris, xvm e siècle. Il était originaire de Strasbourg. 

Luzurier (Gabriel), rues du Forez et des Gravilliers. — 1749. 

— 269 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 



M 

Machauf (Michel), rue Quincampoix. — 1785. 

Maclard (La Veuve Jean-Baptiste), enclos du Temple. 

Macret. — Règne de Louis XV. 

Macron (Pierre), rue St-Étienne-des-Grès. — 1776. 

Maginot (François), rue de Cluny. — 1766. 

Magisson (Nicolas), rue des Prouvaires. — 1770. 

Magnien (Claude-Mathieu), Faubourg St-Antoine. — 1771. 

Maigrot (Guillaume-Pierre), Montagne Ste-Geneviève. — 1781. 

Maillard (Alexandre), rue de la Vieille-Draperie. — 1784. 

Maille (Michel-Pierre), rue de la Pelleterie. — 1763. 

Maille (Nicolas), rue du Faubourg St-Antoine. — 1779. 

Maillet (Etienne), rue et Porte St- Jacques. — 1784. 

Malle (La Veuve Louis-Noël), rue et Faubourg St-Antoine. — 1785. 

Malten (Antoine), rue du Four-St-Eustache — 1752 

Mangin (Jean), rue du Pot-de-Fer. — 1765. 

Malteste (Silvain), rue des Jardins. — 1778. 

Mansard (Jean-Guillaume), rue du Jardin-du-Roi. — 1784. 

Mansel (Jean-Baptiste), rue de Vendôme. — 1745. 

Mansion (Sim.), rue St-Nicolas, Faubourg St-Antoine. — 1780. 

Mansion (Simon), Faubourg St-Antoine. — 1780. — Règne de Louis XVI 

et Premier Empire. 
Mantel (Pierre), rue de Charenton. — 1766. 
Marbre, rue St-Honoré. Ébéniste des Menus- Plaisirs. Fin du règne de 

Louis XV. 
Marcel (Joseph), rue de Tournon. — 1745. 

Maréchal (Antoine), rue Chantereine, au coin de celle de St-Georges. — 1762. 
Marchand. — 1756. 
Marchand (Richard), rue de la Vannerie. — 1779. 

Marcion (P.). — Premier Empire (marque). 

Marcon (Pierre), rue Chapon. — 1780. 

Mariette (Nicolas-Louis). — 1770. 

Marque (Charles), rue du Dragon. — 1767. 

Martin (Claude), rue du Faubourg du Temple. — 1766. 

Martin (Jean-Pierre), rue et Faubourg Montmartre. — 1767. 

Martin (Julien), rue de Grenelle, au Gros-Caillou. — 1734. 

Martincourt (Pierre), rue de Sève. — 1767. 

Marville (Pierre-Marie), rue du Faubourg-St-Denis. — 1769. 

Masse (Paul), cul-de-sac Baffour. — 1776. 

Massés (Jacques), rue de Limoges. — 1765. 

Masset (Nicolas), rue du Crucifix-St- Jacques. — 1775- 

Masson (Jacques-Urbain), rue St-Sébastien. — 1770. 

— 270 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Mathieu (Gaspard), rue de Cléry. - - 1778. 

Mathis (Dieudonné), rue St-Nicais'e. — 1780. 

Matifat (François-Gabriel), rue de la Mortellerie. — 1777- 

Matrant (Louis- Antoine), rue du Four-St-Honoré. — 1784. 

Mauduit (Jacques), rue de la Mortellerie. — 1775. 

Mauduit (Jean-Baptiste), rue des Barres. — 1757. 

Maur (Jean-Georges), rue du Sépulcre. — 1781. 

Mauter (Conrad), rue du Faubourg-St- Antoine. — 1777. 

Mayot (Louis-Ëtienne), rue et Faubourg St-Antoine. — 1785. 

Mazuray (Etienne- Jean), rue des Fossés-de-Monsieur-le-Prince. — 1759- 

Meigneux (Pierre-François), rue Montmartre. — 1780. 

Melz (Mathias), rue Bergère. — 1785. 

Menageot (Jean-Baptiste), rue et Porte St-Martin. — 175 1. 

Menudel (Guillaume), rue des Filles-Dieu. — 1763. 

Mercier (Jean-Louis), rue de Cléri. — 1779. 

Mercier (Louis- Joseph), rue Neuve-St-Paul. — 1782. 

Meret (Nicolas), rue du Faubourg St-Antoine. — 1769. 

Mesangle (Pierre), rue de la Sourdière. — 1776. 

Metzinger (Pierre), rue Neuve-Ste-Catherinc. — 1766. 

Meunier (Antoine-Luc), rue de Cléry. — 1782. 

Meunier (Pierre), rue du Faubourg-St-Antoine, puis rue de la Roquette. 

— 1767- 

Mewesent (Pierre-Hary), rue du Faubourg St-Antoine. — 1766. 

Meynial (Jean-Étienne), rue Oi^nard. — 1776. 

Michard (Claude-Etienne), rue du Faubourg St-Denis. — 1757. 

Michel (François- Agille), rue des Sept-Voyes. — 1766. 

Michel (Frédéric), rue de Charenton. — 1777. 

Migeon. — Ébéniste du roi. Milieu du xvm e siècle, au Faubourg St-Antoine. 

Migeon (Antoine), rue des Francs-Bourgeois, au Marais. — 1769. 

Miles (Jean- Jacques), rue et Porte St-Honoré. — 1757. 

Milet (Jean- Baptiste), rue et Porte St-Honoré. — 1772. 

Milet (La Veuve Pierre- François), rue Ste-Marguerite, Faubourg Saint- 
Antoine. 

Mintier (René), rue des Deux-Portes-St-Sauveur. — 1772. 

Molitor (Bernard), rue de Bourbon-St-Germain. — 1787. 

Mondon (François- Adrien), rue de Charenton. — 1757. 

Mongenot (François), rue Traversière, Faubourg St-Antoine. — 1761. 

Montegut (Pierre), rue Geoffroy-l'Asmer. — 1769. 

Montigny (Philippe-Claude), cour de la Juiverie. — 1766. 

Moreau (Charles-Louis), rue St-Pierre-aux-Bœufs. — 1774. 

Moreau (Louis), rue de l'Échelle. — 1764. 

Morel (La Veuve Gilbert), rue St- Victor. 

MoRiZET (Louis- Antoine), rue de Charonne. — 1774- 

Moulin (Guillaume- Michel), rue du Cimetière-St- André. — 1784. 

— 271 — 

18 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Moullinet (Gilles), rue Traverse. — 1779- 
Mouzard (Antoine), cour St-Louis. — 1755- 

Mullot (Jean-Baptiste), rue Ste-Croix-de-la-Bretonnerie. — 1774- 
Mutel (La Veuve Charles), rue Guérin-Boisseau. 
Muzard (Jacques- André), rue et barrière de Sève. — 1776. 
M. W. — Monogramme d'un marqueteur en ivoire travaillant pour Tricote 
ébéniste de la fin du règne de Louis XV. 

N 

Nadal (Henri), rue de Cléry. — 1756. 

Nadal (Michel), rue de Cléry. — 1765. 

Nadreau (Jean-Baptiste), rue St-Thomas-du-Louvre. — 1782. 

Nagy (Thomas), rue des Vieilles-Tuileries. — 1777- 

Napoly (Antoine), rue de Vaugirard. — 1781. 

Nauroy (La Veuve Etienne), rue de la Tixéranderie. — 1785. 

Neveu (Firmin), rue Jean-Robert. — 1783 

Nicolas (J.-B.), au Pont- Rouge. — 1758. 

Noël (Charles), rue des Enfants-Rouges. — 1764. 

Noirmain (Philippe-Jacques), sur le Boulevard des Invalides. — 1770. 

Normand (G-F.). — Commencement du règne de Louis XVI. 



Œben (J.-F.), aux Gobelins. — 1764. 

Ohneberg (Martin), rue Traversière, Faubourg St- Antoine. — 1773- 

Olivier. — Règne de Louis XV. 

Ortalle (Charles), rue St-Avoye. — 1756. 

Osmont (Jacques- Antoine), au Roule. — 1763. 

Othon (Pierre), rue des Vieux- Augustins. — 1760. 



Pafrat (Jean), rue de Charonne. — 1785. 

Pagniez (T.-Claude- Joseph), rue du Mont-St-Hilaire. — 1765. 

Paillet (Jean-Claude), rue des Juifs. — 1743- 

Paillet (J.-P.). — 1770. 

Painchon (Antoine-Nicolas), rue du Faubourg St-Martin. — 1761. 

Pape (Jean-Baptiste), rue d'Angiviller. — 1785. 

Pape (Pierre-Claude), rue de Sève. — 1778. 

Papst (François- Ignace), rue de Charenton. — 1785. Règne de Louis XVI 

et Premier Empire. 
Parison (Antoine-Claude), rue Croix-des-Petits-Champs. — 1779- 

— 272 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Parmentier (Nicolas-Louis), rue du Faubourg -S t-Denis. — 1756. 

Parquin (Jean-Baptiste), dans l'Arsenal. — 1770. 

Pascal (François), rue du Regard. — 1782. 

Pasquier (P.-N), rue des Fossoyeurs. — 1760. 

Pasquier (Dame P.-N., veuve du précédent, tenait boutique). — 1789. 

Passmar (Jean), rue St-André-des-Arts. — 1774. 

Paturaux (Gilbert), rue des Capucins, Chaussée-d'Antin. — 1777. 

Pèche (Guillaume), rue du Vert-Bois. — 1784. 

Pelicier (Louis), rue des Fossés-St- Victor. — 1769. 

Pelisié (Jean), rue Feydeau. — 1767. 

Pelleport (Pierre), rue des Fossés-du-Temple. — 1771. 

Pelletier (Denis-Louis), rue des Vieux- Augustins. — 1760. 

Periac (Jean- François), rue des Marais, Faubourg du Temple. — 1769. 

Peridiez (Gérard), enclos du Temple. — 1761. 

Perinet (Jacques- André), rue de la Harpe. — 1751. 

Perinet (Jean-Henri), rue de la Harpe. — 1784. 

Perreve (Etienne), rue d'Orléans-St-Marcel. — 1764. 

Perrin (Louis), rue Fromenteau. — 1767. 

Perrin (Louis-Georges), rue Jean-Tison. — 1777. 

Petit (Gilles), rue Princesse. — 1752. 

Petit (Jean-Marie), rue et Faubourg St-Antoine. — 1777. 

Petit (Nicolas), rue du Faubourg St-Antoine, près le Trône. — 1765. 

Petit (Nicolas), Faubourg St-Antoine. — 1761. Syndic de la Communauté 
en 1784. 

Petit (Nicolas-Gilles) . — 1784. 

Petit (Richard- Alexandre), rue du Faubourg -Montmartre. — 1777- 

Petitbled (Charles), rue Cassette. — 1743. 

Petit-Pas (Pierre), rue St-Florentin. — 1780. 

Picard (Jacques), rue St-Honoré. — 1777. 

Picard (Jean-Baptiste-Michel), rue St-Thomas-du-Louvre. — 1781. 

Picard (Louis), rue de la Madeleine, Faubourg St-Honoré. — 1784. 

Pichot (Dominique), rue Chartière. — 1785. 

Picqueret (La Veuve René-Nicolas), rue St-Julien-Le-Pauvre. — 1785. 

Piel (Jean-Baptiste), rue de la Roquette. — 1777. 

Pierre (Louis-Claude), rue de Reuilly. — 1767. 

Pierron (François), rue Beaubourg. — 1774. 

Pigal (Nicolas), rue du Faubourg-St-Martin. — 1769. 

Pignit (Jean-Baptiste), rue St-Nicolas, Faubourg St-Antoine. — 1777. 

Pinson (La Veuve Barthélemi-Jean), rue Ste-Marguerite, Faubourg Saint- 
Antoine. — 1785. 

Pinson (François), rue Contrescarpe. — 1758. 

Pionniez (Pierre), rue Michel-le-Comte. — 1765. 

Pissart (La Veuve Pierre), cour de la Juiverie. — 1785. 

— 273 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Pitois (Joseph), rue Geoffroy-l'Asnier. — 1777. 

Pitsch (Laurent), rue du Faubourg du Temple. — 1764. 

Pivot (Jean-Nicolas), rue du Faubourg St-Denis. — 1777. 

Planchon (Claude), rue de la Pelleterie. — 1761. 

Planchon (Louis), rue de la Poterie. — 1779. 

Planque (Pierre), rue de la Monnoie. — 1776. 

Plantar (Jean-Jacques-Nicolas-Hub.), rue du Faubourg St- Antoine. — 1769. 

Plée (Pierre), passage de l'Hôtel-de-Lesdiguières. — 1767. 

Pleney, menuisier de la Chambre du roi. — Règne de Louis XV. 

Pluvinet (Philippe- Joseph), rue de Cléry. — 1754. 

Pochard (Pierre), rue de Seine. — 1780. 

Poinot (La Veuve Claude), vis-à-vis les grands degrés au coin de la rue de 

Bièvre. — 1785. 
Poirié (Philippe), rue de Charenton. — 1765. 
Popsel (Jean), rue St-Nicolas, Faubourg St- Antoine. — 1755. 
Porain (René), rue de Valois. — 1779. 

Porrot (Noël-Toussaint), rue du Pont-aux-Choux. — 1761. 
Postweiller (Jean), rue du Bacq. — 1784. 
Potelle (Jean-Baptiste), rue du Four-St-Germain. — 1777. 
Potier (Antoine), rue de Grenelle-St-Germain. — 1767. 
Poupar (Abel- François), rue de la Tacherie. — 1764. 
Poupar (Louis- Antoine), rue Neuve-St-Médéric. — 1757. 
Poussain (Marc- Antoine- Jean), rue du Bout-du-Monde. — 1772. 
Preuvost (Albert- François- Joseph), rue Pavée-St-André. — 1782. 
Prévost (Jean-Baptiste-Guillaume), rue du Faubourg-St- Antoine. — 1764. 
Proche (Antoine), rue du Coq-St-Jean. — 1778. 
Prudon (Jos.), rue Perpignan. — 1784. 
Przirimbel (Godefroi), rue des Canettes. — 1766. 
Pupin (Pierre), rue d'Aguesseau. — 1784. 



Q 

Quentin (Jacques-Michel), rue du Ponceau. — 1775- 
Quitton (Jacques-Joseph), vieille rue du Temple. — 1778. 



R 

R couronné au-dessus de deux palmes. Fin du règne de Louis XV et com- 
mencement du règne de Louis XVI. 
Raffet (Jérôme), rue St-Honoré. — 1775. 
Raimond (Jean), rue des Jardins. — 1757. 
Ranc (Laurent), rue Mouflfetard. — 1774. 

— 274 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Ratié (Frédéric), rue Le Noir, Faubourg St-Antoine. — 1783. 

Raymond (Louis); rue Ste-Avoye. — 1784. 

Rebillard (François), rue Ste-Anne. — 1781. 

Reboul (Jean-Pierre), rue Neuve-St-Martin. — 1766. 

Rebour (Isaac-Simon), rue de Charonne. — 1767. 

Rebout (Jacques- Augustin), rue du Bout-du-Monde. — 1754. 

Rech (Jacques), rue des Roziers-au-Marais. — *777- 

Rech (Jean-Louis), Montagne Ste-Geneviève. — 1771- 

Regnault (La veuve Robert), rue et Faubourg St-Antoine. — 1785. 

Reinaud (Jean-Baptiste), rue des Vieilles-Tuileries. — 1768. 

Reizell (François), rue du Petit-Lion-St-Germain. — 1764. 

Rémi (Jean-Nicolas-Pascal), rue Poissonnière. ■ — 1783. 

Remy (Pierre), rue Poissonnière. — 1750. 

Renard (Jean-Baptiste), rue Postière, Isle St-Louis. -- 1775. 

Renaud, rue des Vieilles Tuileries, ébéniste de la rue de Penthièvre. — Règne 

de Louis XVI. 
Renaud (Jean-Marie), rue et Porte St-Jacques. — 1776- 
Renault (La veuve Charles-Louis), rue de Berry. — 1785. 
Renault (Nicolas-Mathias) , rue Hyacinthe. — 1768. 
Renault (Pierre-Denis), rue du Bacq. — 1777. 
Renié (André), rue Basse-du-Rempart, derrière les Capucines. — 1751- 

Syndic en 1782. 
Renié (Pierre-François), rue des Fossés-du-Temple. — 1782. 
Reuse (François), rue de Cléry. — 1743. 

Reviron (Pierre-Pascal), rue des Petites-Écuries-du-Roi. — 1780. 
Reynier (Antoine), rue des Fossés-St- Victor. — 1774- 
Reynier (Simon), rue St-Bon. — 1773. 
Ribert (Léger), rue de Charonne. — 1781. 
Richard (Pierre), rue des Deux-Écus. — ■ 1777. 
Richter (Charles), rue Moreau, Faubourg St-Antoine. — 1784. 
Rick (Michel), cul-de-sac de la rue St-Claude. — 1784 
Riesener (Jean-Henri), dans l'Arsenal. — 1768. 
Riolant (Jean-Claude), rue de Richelieu. — 1783 
Robelin (Claude- Jacques), rue des Nonains dHyères. — 1743- 
Robert (Henri-Jean), rue Grenéta. — 1771 
Robert (Michel), rue du Faubourg St-Denis. — 1781. 
Robineau (Jean-Claude), rue de la Lune. — 1785. 
Robineau (Jean-Louis), rue Montmartre. — 1785. 
Rochat (Charles), rue et Porte St-Martin. — 1781. 
Rochery (Louis), rue de la Coutellerie. — 1765. 
Roentgen (David), de Neuwied, près de Coblentz, ébéniste mécanicien de 

la Reine Marie- Antoinette, rue de Grenelle-St-Honoré. — 1780. 
Roger (Antoine-Simphorien), Vieille rue du Temple. — 1779. 
Rognet (Michel), rue du Plâtre. — 1785. 

— 275 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Rohault (Barthélemi), à la Villette. — 1772. 

Roht (Michel-François), rue Zacharie. — 1773. 

Romignac (Léonard), rue du Colombier. — 1779. 

Roubo (André- Jacob), rue du Faubourg St- Jacques. — 1774. 

Roucy (Claude-Pascal), rue Beautreillis. — 1777. 

Rousin (La veuve Claude), rue et Faubourg St-Denis. 

Rousseau (Pierre-Charles), rue du Faubourg St-Martin. — 1781. 

Roussel (Hubert), rue Ste-Barbe. — 1754- 

Roussel(PL), rue St-Honoré. — 1766. 

Roussel (Pierre), rue de Charenton. — 1771. 

Roussel (La veuve Pierre), rue de Charenton. 

Rouver (Charles- Joseph), rue de la Huchette. — 1778. 

Roux (Hubert), rue St-Nicolas, Faubourg St- Antoine. — 1777- 

Roze (Jean- Jacques), cour du Commerce. — 1784. 

Rozier (Jacques- Joseph), rue et Faubourg St-Jacques. — 1748. Syndic 

en 1780. 
Rubestuck (François), rue de Charenton. — 1766. 
Ruelle (Claude-François), rue de l'Isle-St-Louis. — T 779- 
R. V. L. C. Marque d'un ébéniste du règne de Louis XV. 
R + V + L + C + M (Robert- Victor La Croix), fin du règne de Louis XV. 



Sabatier (Pierre-Basile), rue Poissonnière. — 1774. 

Sainte-Marie (Antoine- Jean-Baptiste de), rue de Sève. — 1782. 

Saint-Georges (Jean-Étienne), rue de Cléry. — 1747- 

Saint-Jean (Firmin de), rue Neuve-St-Gilles. — 1777- 

Saint-Maurice (Philippe- François) , rue de Charonne. — 1755. 

Saint-Pierre (Jacques), rue de la Michaudière. M. — 1778. 

Salle (Gaspard), rue des Fossés-St-Germain-l'Auxerrois. — 1773- 

Sandemoy (Jean-Baptiste), rue des Gravilliers. — 1774- 

Sandrin (Jean-Louis), rue Hyacinthe. — 1778 

Sapin (Jean), rue du Champ-Fleury. — 1776. 

Sar (Jean-Gérard-Théodore), rue de Lappe. — 1766. 

Saulier (Jacques), rue St-Sauveur — 1780. 

Saulnier (Jacques), rue Chariot. — 1755. 

Saunier (Claude-Charles), rue du Four-St- Antoine. — 1752. 

Saunier (J -B ), ébéniste. — Règne de Louis XV. . 

Saunier (Louis-Jacques), rue des Prêtres-St-Germain-l'Auxerrois. — 1782. 

Sautron (Joseph), rue du Cœur- Volant. — 1780. 

Sauvage — Règne de Louis XV. 

Sauvé (Edme- Louis). — 1782. 

Sauvé (Jean-Alexandre), rue Neuve-St- Augustin. — 1782. 

Sauvé (Louis). — 1758. 



— 276 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Savard (Dieudonné-Grég ), cour de la Juiverie. — 1763. 

Savary (Pierre), rue Galande. — 1758. 

Savoye (Gabriel), rue St-Honoré. — 1782. 

Scharff (François), rue Phelippeaux. — 1781. 

Scharff (Jacques), rue et Porte St-Martin. — 1765. 

Scheffer dit Berge (François), rue de Richelieu. — 1782. 

Schey (Fedely), rue et Faubourg St-Antoine. — 1777. 

Schilder (Jean-Henri), rue du Ponceau. — 1781. 

Schiler (Jean-Martin), rue St-Nicolas, Faubourg St-Antoine. — 1781. 

Schlichtig (G ) — Règne de Louis XVI. 

Schlichtig (La Veuve Jean-Georges), rue St-Nicolas, Faubourg St-Antoine. 

— 1785. 
Schmidt (Antoine-Marie), rue Chabanois. — 1784. 
Schmitz (Jean), rue du Faubourg-St- Antoine. — 1782 
Schmitz (Pierre), rue Neuve-St-Martin. — 1778. 
Schneider (Gaspard), Faubourg St-Antoine. — 1786. 
Schneider (Joseph), cour du Commerce. — 1782. 
Schuman (André), rue du Faubourg St-Antoine. — 1779. 
Schuler (Jean-Philippe), rue de la Petite-Truanderie. — 1767. 
Schwerdfeger ( Jean-Ferdinand), rue St- Sébastien. — 1786. 
Scouf (la veuve Luc), rue du Bacq. 

Sedaine (Jean-Baptiste), rue du Faubourg-St-Martin. — 1762. 
Sedaine ( Pierre- Artus), cour de Lamoignon. — 1756. 
Sefert (Pierre-François), rue de Charenton. — 1780. 
Seigneur (Charles-Louis), rue Bordes. — 1775. 
Séné (Claude), rue de Cléry. — 1743. 
Séné (Claude), rue de Cléry. — 1769. 
Séné (Jean-Baptiste-Claude). — 1769. 
Senturel (Jean- Adrien), Chaussée-d'Antin. — 1750. 

Serrurier (Charles- Joseph), rue Traversière, Faubourg St-Antoine. — 1783. 
Servais (Jean-Baptiste), rue St-Landry. — 1779. 
Séverin (Nicolas-Pierre), rue Dauphine. — 1757- 

Simonot (Alexandre-Pierre), cul-de-sac de la Brasserie, butte St-Roch. 
Sobre (Jean-Baptiste-Laurent), rue de Monceau-St-Germain. — 1783. 
Soltzer (la veuve Jean), rue et Faubourg St-Antoine. 
Sommermont (Claude), rue des Arcis. — 1777. 
Sordet (Sigismond), rue Feydeau. — 1777- 
Sorelle (Marc- Joseph), rue Crussolle. — 1772. 
Stadler (Charles-Antoine), rue Royale. — 1776- 
Stockel (Joseph), rue de Charenton. — 1775. 
Stouf (Claude-Luc), rue du Bacq. — 1754. 
Stouf (Laurent), rue du Bacq. — 1764. Syndic en 1776. 
Stumpff (Jean), rue St-Nicolas, au Faubourg St-Antoine. — 1766. 
Sudant (Claude-Marie), rue Boucherat. — 1782. 

— 277 — 



LES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

Sulpice. — T menteur de la table mécanique de Choisy. Règne de Louis XV. 
Susse (Jean), rue St-Julien-le-Pauvre. — 1762. 

T 

Tabary (Pierre-Charles), rue Neuve-St-Martin. — 1773. 

Taboin (Nicolas), rue d'Avignon. — 1782. 

Tassin (Joseph), rue des Marais, Faubourg St-Martin. — 1766. 

Tel (Louis- Joseph), rue du Faubourg St-Martin. — 1780. 

Termery (Augustin), rue de la Roquette. — 1760. 

Tessier (Louis), rue Pastourelle. — 1747. 

TEUNË(F.-Gaspard), rue de Charonne. — 1766, 

Theaux (J.-B.), rue des Petits-Carreaux. — 1757. 

Thelot (Jean-Michel), rue et Porte St-Martin. — 1774. 

Thevenin (Prix.), rue Mouffetard. — 1760. 

Thibault (Antoine), cul-de-sac Berthault. — 1770. 

Thiboust (J.-B.), à la Grande-Pinte, près Berry. — 1767. 

Thiellement (Jean-Baptiste), rue Bordet. — 1734- 

Thiellement (Jean-Baptiste), rue Bordet. — 1734 

Thiellement (Jean-Ignace), rue St-Étienne-des-Grès. — 1765. 

Thomelle (Agnan), rue des Boucheries-St-Honoré. — 1779. 

Thuillier (Jean-François), rue du Faubourg St- Antoine. — 1752. 

Thumereau (Germain), cour de la Juiverie. — 1784. 

Tilliard (Jacques- Jean-Baptiste), rue de Clère. — 1752. 

Topino (Charles), rue du Faubourg St-Antoine. — 1773- 

Toupillier (Denis), rue des Tournelles. — 1764. 

Tourrillo (Louis), rue Mazarine. — 1776. 

Tramey (Jacques), rue du Faubourg-St- Antoine, puis rue de Charonne. — 1781. 

Tremblol (Louis), rue Couture-St-Gervais. — 1772. 

Tricadeau (Pascal-Simon- Antoine), rue de la Bucherie. — 1776. 

Tricotel (Alexandre-Roch), rue Amelot. — 1767. 

Trilliarga (Enemond), rue du Bacq, cour des Miracles. — 1782. 

Triquet (Jean-Philibert), rue du Chantre. — 1764. 

Trompette (Etienne), rue de Bourbon, Faubourg St-Germain. — 1776. 

Trouvé (Martial). — 1753. 

Tuard (J.-B.). — Seconde moitié du xvin e siècle. 

Turcot (Pierre-François), rue St-Antoine. — 1771. 

u 

Upson (Jacques), Grande-rue de Chaillot. — 1782. 

V 

Vaflou (Jean-Baptiste), rue St-Nicolas, Faubourg St-Antoine. — 1767. 
Vaillant (Jean), rue des Vieilles-Tuileries. — 1783. 

— 278 — 



RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES 

Vander Cruse (Roger), rue et Faubourg St-Antoine. — 1775- Syndic en 

1782. S'écrit aussi Vendercruse. 
Vanxwoll (Jean), rue des Boucheries-St-Germain. — 1785. 
Vastel (François), rue de la Tannerie. — 1754. 
Vauclin (Jean), rue de la Corderie. — 1760. 
Vaudotjx (Claude-Michel), rue St-Martin. — 1780. 
Vautier (Jacques), passage de la Marmite. — 1782. 
Vazille (Jean-Baptiste), rue de Sève. — 1774. 
Veaux (Robert), rue et Faubourg St-Antoine. -- 1785. 
Vendercruse (Pierre). — 1771. - 
Vernier (Claude- Fortuné), rue St-Antoine. — 1775- 
Verron (la veuve Jean), rue du Foin-St- Jacques. 
Vest (Augustin), rue du Haut-Moulin. — 1774. 
Vialla (Joseph), rue du Faubourg du-Temple. — 1782. 
Vibert (Jean-Baptiste), rue des Bourguignons. — 1776. 
Viez (Joseph), cour du Commerce. — 1786. 
Viguié (François), cul-de-sac Basfour. — 1763. 
Viguier (Pierre- François), rue aux Fèves. — 1784. 
Villard (André- Joseph), à la barrière du Roule. — 1784. 
Villerez (François), Marché St-Martin. — 1789. 
Vincent (Pi erre- Jean-Claude), rue et Faubourg St-Martin. — 1784. 
Violet (Thomas-Claude). — 1741- 

Virrig (Nicolas), rue Traversière et Faubourg St-Antoine. 
Voisin. — Travaille pour Versailles de 1735 à 1756. 
Volf (Christophe), rue du Faubourg St-Denis. — 1755. 
Voris (Jean-Adelbert), rue Traversière, Faubourg St-Antoine. — 1767. 
Vuattebled (Jean-Ja.), rue de Seine. — 1764. 
Vuatteaux (Louis- Antoine), rue du Roi-de-Sicile. — 1779. 
Vyllain (Pierre), rue de Grenelle, Faubourg St-Germain. — 1775. 

w 

Wakner (Tr.-Valentin), rue des Filles-du-Calvaire. — 1781. 

Wartaire (François), rue de Sève. — 1773. 

Watrigant (Jos.), rue de Savoye. — 1763. 

Wattaire (Nicolas), rue de la Planche. — 1779. 

Weisweiler (Adam), rue et Faubourg St-Antoine. — 1778. 

Wiart (Jean-François-Marie), rue des Vieil! es-Ëtuves-St-Martin. — 1781. 

Wilame (Philippe- Joseph), rue du Gindre. — 1753. 

Wolff (Christophe), rue Neuve- St-Denis. — 1775 • 



Yvon (François- Antoine), rue du Faubourg-St-Antoine, «à la Main d'Or». — 
1783- 



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BIBLIOGRAPHIE 



LIVRES ET MANUELS 

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2 vol. in-8°. 

(Bibliothèque de l'Enseignement des Beaux-Arts.) 
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(Bibliothèque de l'Art décoratif.) 

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Watin. — Art du peintre doreur et vernisseur. Paris, Roret, s. d., 
in-8°. 

- 283 - 



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RECUEILS DE PLANCHES 

Aubert Parent. — Cahier de meubles de différentes formes; cahier 
de douze meubles pour garnir les appartements dans le goût le 
plus nouveau et revêtes d' ornements de bronze doré ; cahier de 
meubles contenant six lits de différentes formes et dans le 
dernier goût. Paris, Mondhare, s. d. 

Babel (P.-E.). — Dessins de buffets, Babel inv., Charpentier se, 
n os 67 et 81 du Nouveau Livre ou Règles des cinq ordres, etc. 
(par Blondel). Paris, Petit, 1767. 

Bérain (Jean). — Œuvres. de Jean Bérain. 

Commodes, consoles. 

Bîchard. — Recueil de meubles ornés d'un très nouveau goût avec 
toutes leurs proportions et coupes, dessiné d'après les meubles de 
la Couronne. 

Blondel (Jacques-François). — De la distribution des maisons de 
plaisance et de la décoration des édifices en général. Paris, 
C.-A. Jombert, 1737. 

Bonnet (Louis-Marin). — [Cahiers de meubles en couleur.'] 

Boucher fils (Jules-François). — Cahiers de modèles d'ameublement, 
de décoration intérieure et extérieure. Paris, Le Père et Avaulez. 

Lits, sièges, écrans, commodes, secrétaires, tables, bureaux, armoires, guéridons. 

Boulle (André-Charles). — Nouveaux dessins de meubles et ouvrages 
de bronze et de marqueterie. Paris, chez Mariette, s. d. 

Cabinet des modes (Le), ou les modes nouvelles décrites d'une 
manière claire et précise. Paris, Buisson, s. d. 

Sièges, meubles, lits. 

Cuvillier (François de). — Livre de tables de différens dessins... 
Paris, chez l'auteur, 1745. 

— Livre de pieds de tables, consoles. 

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attributs hiéroglyphiques... Paris, chez l'auteur, 1768. 

io» cahier : consoles ; — 11 e cahier : tables grecques. 

Delafosse (Jean-Charles). — Décorations, sculptures, orfèvreries et 
ornements divers qui complètent l'œuvre de J.-Ch. de la Fosse, 
et font suite à son Iconologie. 

24 e cahier : tables et consoles. 

Delafosse (Jean-Charles). — Recueil relatif à l'ameublement. Paris, 
chez Daumont. 

Fauteuils, chaises, ottomanes, bergères, sophas, canapés, tabourets, banquettes, 
lits, écrans, etc. 

Delafosse (Jean-Charles). — [Recueil inachevé.] Paris, Daumont. 

Lits, canapés, chaises, guéridons. 

Delafosse. — Œuvre. Dessins époque Louis XVI exposés au Musée 
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Fay (J.-B.). — [Suites de meubles.] 

Gravelot (Hubert-François-Bourguignon). — Œuvres, 3 vol. 

Décors intérieurs et d'ameublement. 

Huet (Jean-Baptiste). — Œuvre de différents genres. Paris, chez 
l'auteur, s. d. 

Lits, écrans, sièges. 

Lalonde (de). — Œuvres diverses de Lalondc, décorateur et dessi- 
nateur, contenant un grand nombre de dessins pour la décoration 
intérieure des appartements à l'usage de la peinture et de la 
sculpture en ornements des meubles du plus nouveau genre, etc. 
Paris, Chereau, s. d. 

Pieds de meubles tables et consoles. 

Lalonde (de). — I er cahier de nouveaux lits. Paris, Chereau, 1789. 

Lalonde (de). — Chaises et canapés. Paris, Chereau, s. d. 

Lalonde (de). — Nouveau cahier de pieds de table. Paris, Chereau, 
s. d. 

- 285 - 



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Lits, chaises, fauteuils, écrans, bergères, confidents, banquettes, tables de jeux.etc 

Lalonde (de) . — [Cahiers de meubles et d' ébénisterie.] 

Secrétaires, commodes-bibliothèques, armoires, buffets, tables, etc. 

Lalonde (de). — Cahiers de meubles dessinés par de Lalonde, et 
gravés par Fay. Paris, Jean, s. d. 

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Liard (Mathieu). — Recueil de différens meubles garnies. Paris, 
chez Liard, 1762. 

Lucotte (J.-R.). — Planches de l'Encyclopédie de Diderot et 
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Menuiserie en meubles et sièges (VII e vol.). 

Marot (Daniel). — Œuvre du sieur D. Marot, architecte de Guil- 
laume III, roy de la Grande-Bretagne. Amsterdam, chez 
l'auteur, 1712. 

Lits garnis, intérieurs. 

Meissonnier (Juste-Aurèle). — Œuvre, Paris, Huquier, s. d. 

Table de cabinet, table d'appartement, consoles. 

Neufforge (Jean-François de). — Recueil élémentaire d'architec- 
ture. Paris, 9 vol. 

Dans le V e volume (1763), modèles de bordures, cadres, commodes, tables, 
bureaux, poêles et balustres. 

Pineau (Nicolas). — Recueil des œuvres. Paris, Rouveyre, s. d., 
in-4 . 

Pineau (Nicolas et Dominique). — Les dessins du Musée et de la 
bibliothèque des Arts décoratifs... publiés par Léon Deshairs... 
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dhare et Jean, s. d. 

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Ranson (Pierre). — Meubles à la mode, [4 cahiers]. Berthaut, 
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Ranson (Pierre). — Lits à la mode. Paris, chez les Campion frè- 
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cabarets... Paris, Chereau, 1750. 

Salembier. — [Cahiers d'ornements.] 

Cartels, trophées, guéridons ; chandeliers, torchères, tables, etc. 

Toro (J. -Bernard). — Livre de tables de diverses formes... Paris, 
Gautrot, s. d. 



19 



TABLE DES PLANCHES 



ÉTUDE GRAPHIQUE DES MEUBLES DU XVIIle SIÈCLE 

A. — Éléments caractéristiques des meubles du xvm e siècle 

N 08 Pages 

I . — i, Pied de sièges Louis XIV. — 2-3, Pieds Régence. 

— 4-6, Pieds Louis XV. — 7-12, Pieds Louis XVI. 

— 13, Ceintures de sièges Louis XIV. — 14, Cein- 
ture Régence. — 15-17, Ceintures Louis XV. — 

18-22, Ceintures Louis XVI 160-161 

II . — 23-24, Dossiers de sièges Régence. — 25-29, Dos- 
siers Louis XV. — 30-36, Dossiers de sièges 
Louis XVI 162-163 

III . — 37-43» Plans de sièges Louis XV. — 44-50, Plans de 

sièges Louis XVI 164-165 

IV . — Plans de grands sièges : 51, Paphose. — 52, Canapé. 

— ■ 53, Banquette. — 54, Confident. — 55, Mar- 
quise. — 56, Ottomane. — 57, Veilleuse. — 58, 
Sopfaa 166-167 

V. — 59-60, Pieds de tables Louis XIV et Régence. — 
61-63, Pieds de tables Louis XV. — 64-70, Pieds de 
tables Louis XVI. — 71-73. Pieds de consoles 
Louis XV. — 74, Console Louis XVI 168-169 

VI. — 75, Dessus de console Louis XV. — 76-79, Dessus 

de console Louis XVI. — 80, Table rognon. — 81, 

Table Louis XV. — 82, Table-toilette 170-171 

VII. — 83, Console Louis XV. — 84, Commode-toilette 

Louis XVI. — 85-86, Consoles Louis XVI. — 

87-90, Commodes Louis XVI 172-173 

VIII. — 91, Feuilles de refend. — 92, Feuilles d'eau. — 93, 
Rais de cœur. — 94, Postes feuillées. — 95, Grecque. 

— 96, Piastres. — 97, Entrelacs. — 98, Rubans 
tortillés. — 99, Chapelet de perles et fleurons. — 
100, Baguette de lauriers. — 101, Rubans et 
feuilles de chêne. — 102, Baguettes à nœuds de 

rubans 174-175 

— 289 — 

19* 



TA BLE IDES PL A NCHES 

N« Page» 

IX. — 103-105, Motifs de sculpture Régence. — 106-108, 
Motifs de sculpture Louis XV. — Motifs de scul- 
pture Louis XVI : 109, Panier. — no, Vase d'orne- 
ment. — ni, Torche et carquois. — 112, Pomme 
de pin. — 113, Rosace. — 114, Nœud de Ruban . . 176-177 

X. — 115-116, Poignée Louis XV. — 117, Poignée 
Louis XVI. — n 8- n 9, Sabot Louis XV. — 120, 
Sabot Louis XVI. — 122-123, Motifs d'angle 
Louis XVI. — 121, Poignée et entrée de serrure 
Louis XVI. — 124, Entrée de serrure Louis XV. — 
125, Entrée de serrure Louis XVI 178-179 



B. — Exécution de meubles du xviii 6 siècle 
d'après les documents de l'époque 

XI. — 1-2-4, Pliant, tabouret, banquette Louis XV 

(Roubo). — 3, Tabouret Louis XVI (Lalonde) . . 183 

XII . — 1, Chaise Régence (Roubo). — 2, Chaise à la reine 
Louis XV (Roubo). — 3, Chaise ovale Louis XVI 
(Roubo). — 4, Fauteuil en cabriolet Louis XVI 
(Lalonde) 184 

XIII. — 1-2-3, Fauteuil carré, fauteuil à anse de panier, 

fauteuil à panneaux Louis XVI (Lalonde) .... 185 

XIV . — Fauteuil de cabinet Louis XV (Roubo) . — 3-4, 

Fauteuil de cabinet gondole et fauteuil sur pivot 

Louis XVI (Lalonde) ■. 186 

XV. — 1-2-3-4, Bergère droite, bergère à la Turque, bergère 

en cabriolet, bergère à joue Louis XVI (Lalonde) . 187 

XVI. — 1. Bergère Louis XV-Louis XVI (Lucotte). — 2, 
Demi-canapé Louis XV ou marquise (Lucotte). 
— 3, Duchesse à bateau Louis XV-Louis XVI (Lu- 
cotte) 188 

XVII . — 1-2-3-4, Duchesse brisée, bergère à la turque avec 

porte-pieds, détails de pieds Louis XVI (Lalonde) . 189 

XVIII. — 1, Canapé Louis XV (Roubo). — 2-3, Confident 

Louis XVI (Lalonde) 190 

— 290 — 



TABLE DES PLANCHES 

N" Pages 

XIX. — i, Sopha en cabriolet Louis XVI (Lalonde). — ■ 2, 
Voyeuse Louis XV (Radel). — 3, Ottomane 
Louis XV (Roubo) 191 

XX. — 1-2, Veilleuse à la turque et paphose Louis XV 

(Roubo). — 3, Veilleuse Louis XVI (Roubo) . . . 192 

XXI. — i. Lit de repos Louis XV (Roubo). — 2, Lit de 

repos à l'italienne Louis XV-Louis XVI (Lucotte) 193 

XXII. — i, Lit à trois dossiers Louis XVI (Lalonde). — 2, 

Lit de repos à la turque Louis XVI (Lalonde) . . 194 

XXIII. — Lit à colonnes Louis XV (Roubo) 195 

XXIV. — Lit à la duchesse Louis XVI (Lalonde) 196 

XXV. — Lit à la polonaise Louis XVI (Lalonde) 197 

XXVI. — 1-2, Lit à la turque et lit à la romaine Louis XV 

(Radel) 198 

XXVI I . — 1 -2 , Lit à double tombeau et lit à tombeau Louis XV 

(Radel) , . . 199 

XXVIII. — 1-2-3, Servantes et table volante Louis XV 

(Roubo) 200 

XXIX. — i, Table de brelan Louis XV (Roubo). — 2, Table 

de tric-trac Louis XVI (Lalonde) 201 

XXX. — 1, Table à écrire Louis XV-Louis XVI (Roubo). 

— 2, Secrétaire à archives Louis XV (Roubo) . . 202 

XXXI. — Bureau à cylindre Louis XVI (Lalonde) .... 203 

XXXII. — Secrétaire en tombeau Louis XVI (Lalonde) . . . 204 

XXXIII. — 1, Table de toilette ouvrante Louis XV (Roubo). 

— 2, Table de toilette Louis XV (Lalonde). — 

3-4, Guéridons Louis XV (Roubo) 205 

XXXIV. — 1, Table de nuit Louis XV (Roubo). — 2, Chiffon- 

nière carrée Louis XV (Roubo). — 3, Table de nuit 
Louis XVI (Lalonde). — 4, Chiffonnière ronde 
Louis XVI (Lalonde) 206 

XXXV. — 1-2, Paravent et écran Louis XV (Roubo). — 3, Pa- 
ravent Louis XVI (Lalonde) 207 

XXXVI. — 1, Pied de table (console) Régence (Roubo). — 

2, Console Louis XV (Roubo) 208 



291 — 



TABLE DES PLANCHES 

N 08 Pages 

XXXVII. — Consoles Louis XVI (Delafosse) 209 

XXXVIII. — 1, Armoire Louis XV (Roubo). — 2, Armoire 

Louis XVI (Lalonde) 210 

XXXIX. — 1, Buffet Louis XV (Roubo). — 2, Buffet 

Louis XVI (Lalonde) 211 

XL. — i-2, Bas-de-buffets fixes Louis XVI (Boucher) . . 212 

XLI . — 1-2, Bibliothèque et secrétaire à archives Louis XVI 

(Lalonde) 213 

XLII. — 1-2, Commode Louis XV (Roubo). — 3, Encoi- 
gnure Louis XVI (Lalonde) 214 

XLIII. — 1-2, Commode cintrée et commode en pied-de- 
biche Louis XVI (Lalonde) 215 

XLIV. — 1-2, Petite commode Louis XVI (Roubo). — 2, 
Commode carrée ou garde-robes Louis XVI 
(Lalonde) 216 

XLV. — Secrétaire-armoire à abattant Louis XV- 

Louis XVI (Roubo) 217 

XLVI. — Motifs de marqueterie Louis XV-Louis XVI 

(Roubo) 218 

XLVII. — Motifs de marqueterie Louis XV-Louis XVI 

(Roubo) 219 

XLVIII . — Cannage de siège Louis XV (Roubo) 220 

XLIX. — Garnissage d'un siège Louis XV (Radel) 221 



PLANCHES HORS-TEXTE 

Freudeberg. — Les Confidences 1 

Lawreince. — Les Offres séduisantes . 155 

Freudeberg. — L'Occupation 181 

Lawreince. — Le Billet doux 223 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Avant-Propos v 

Première Partie 
ÉTUDE TECHNIQUE DES MEUBLES DU XVIII* SIÈCLE 

I. Les Sièges volants. i 

Pliants . 5 

Tabourets 5 

Banquettes 6 

Chaises 7 

Voyeuse 12 

Fauteuils . 12 

Fauteuil de cabinet 15 

II. Les Grands Sièges et les Lits 17 

Bergères 17 

Chaises-longues et duchesses 19 

Canapés 19 

Sopha 21 

Ottomane et paphose 22 

Veilleuse 23 

Lit de repos et divan 24 

Lits 25 

Lits à la française 26 

Lits à la polonaise 28 

III. Tables — Bureaux — Guéridons — Écrans 31 

Tables à manger 31 

Tables à jeu 32 

Tables à écrire 34 

Bureau à cylindre 35 

Secrétaire à abattant 36 

Tables de toilette 39 

Tables de nuit 40 



293 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 



Guéridons 41 

Chiffonnières 41 

Athéniennes 43 

Pupitres à musique 43 

Paravents et écrans 44 

Consoles 45 

IV. Meubles fermants 48 

Armoires 48 

Buffets 50 

Bas-de-buffet 52 

Bibliothèques 53 

Commodes 54 

Chiffonnières 58 

Commodes-toilettes et bureaux-ministres 58 

Secrétaires-armoires 59 

Secrétaires-cabinets 61 

Secrétaires à archives 61 

V. Les Bois d'Ébénisterie 63 

Polissage 63 

Bois de placage et de marqueterie 65 

Teinture des bois 69 

Marqueterie , 72 

Marqueterie d'écaillé et de cuivre 76 

Polissage et vernissage 77 

VI . Peinture, Dorure et Laque 79 

Peinture à la détrempe 80 

Peinture à l'huile 81 

Peinture au vernis 82 

Dorure en détrempe 82 

Or vert, fonds sablés et aventurinés 84 

Dorure à l'huile 85 

Laquage et vernis-Martin 86 

Vernis-Martin 88 

VII. Bronzes — Marbres — Porcelaines 91 

Bronzes 91 

Styles des bronzes 94 

— 294 — 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 



Dorure des bronzes 95 

Cuivres 97 

Marbres 97 



Marbres 



97 



Porcelaines 100 

VIII. Garnitures de Sièges et de Lits . 102 

Cannage 102 

Garnitures d'étoffe 103 

Soieries 106 

Toiles peintes . 109 

Tapisseries m 

Cuir 116 

IX. Valeur des Meubles . 117 

État de conservation 118 

Garnitures et dorures anciennes 119 

Bronzes d'époques 120 

Élégance et beauté de travail 121 

Degré de rareté 123 

Provenances célèbres 124 

X. Truquage 126 

Restaurations 126 

Surdécoration 127 

Transformations et assemblages 130 

Le truquage intégral 132 

Tours de passe- passe 135 

Expertise préalable 137 

Le truquage et la loi 137 

Importance du reçu 139 

Action judiciaire 140 

XI . Entretien et petites réparations . 143 

Soins à donner aux meubles 143 

Peinture, dorure et laque 146 

Nettoyage des cuivres et des bronzes 149 

Réparation et nettoyage des marbres 150 

Tapisseries de sièges 152 



295 



TABLE DES MATIÈRES 

Deuxième Partie 
ÉTUDE GRAPHIQUE DES MEUBLES DU XV III* SIÈCLE 

Pages 

Avertissement 157 

A. Éléments caractéristiques des Meubles du xvm e siècle, 

planches IàX 159 

B. Exécution de Meubles du xviii 8 siècle, d'après les docu- 

ments de l'époque, planches XI à XLIX . . . . . 181 



Troisième Partie 

RÉPERTOIRE DES ÉBÉNISTES DU XVIII* SIÈCLE. 221 

Bibliographie 283 

Table des Planches 289 



SADAG DE FRANCE. IMP. PARIS — 2&0 



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