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Full text of "Les monuments antiques de l'Algérie"

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NEW YORK 

UNIVERSITY 

LIBRARY 



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INSTITUTE OF FINE ARTS 

ERLING C. OLSEN 
NORMANDY, JULY 1944 

PRESENTED BY 
MR. ANDMRS. ERLINGOLSEN 



LES 

MONUMENTS ANTIQUES 

DE L'ALGÉRIE 



SERVICE DES MONUMEm HISTORIEES DE L'ALGÉRIE 



LES 



MONUMENTS 




DE L'ALGER] K 



PAR 



Stéphane GSELL 

PROFESSEUR A l'ÉCOLE SUPÉRIEURE DES LETTRES 
ET DIRECTEUR DU MUSÉE d'aLGER 



OUVRAGE PUBLIE SOUS LES AUSPICES 
DU GOUVERNEMENT GÉNÉRAL DE L'ALGÉRIE 



TOME SECOND 
Contenant 34 planches hors texte et 89 illustrations dans le texte 




PARIS 

ANCIENNE LIBRAIRIE THORIN ET FILS 
ALBERT FONTEMOING, ÉDITEUR 

Libraire des Écoles Françaises d'Athènes et de Rome, du Collège de France 
et de l'École Normale Supérieure 

4, RUE LE GOFF, 4 



19 1 

Tous droits de traduction et de reproduction réservés 



Fins Arts 



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AL(jEl|-CUN8TANTlNE-lilSKll 



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Des relations directes existent tous les jours entre 
Al^cr ei Biskra et entre Constantine et Biskra. 

Départ d'Alger 20 h. 18 

— de Constantine . . . 6 h. 5 
. I I Arrivée à Biskra 12 h. 36 

Départ de Biskra 15 h. 32 

Arrivée à Constantine. . . 22 h. 39 

— à Alger 8 h. 28 

(Jn sJeeping-car circule régulièrement entre 
Alger et Constantine pendant toute l'année. 

Un wagon-restaurant-salon circule régulièrement 
entre Constantine et Biskra pendant toute la saison 
d'hiver. 

I'|-ix des suppléments à payer par les vovageurs 
porteurs d'un billet de i^« classe ou d'un titre de cir- 
culation en tenant lieu pour être admis: 

a) Dans le sleeping-car : 

Hntre Alger et Constantine 15 fr. par place 

b) Dans le corn par Iwieni-salon : 

Entre Constantine et Biskra 10 fr. par place 
Entre Constantine et Batna. 5 fr. — 
Entre Baina et Biskra . . 5 fr. — 

Tinigad, l'ancienne cité romaine si bien conser- 
vée, est desservie par la gare de Batna. 



^ 



LIVRE II [Suite) 
MONUMENTS ROMAINS 



CHAPITRE XI 
ROUTES. PONTS. PORTS 



ROUTES 



Il n'entre pas dans le plan de ce livre d étudier le réseau 
routier dont les Romains couvrirent l'Algérie ' : œuvre admi- 
rable à laquelle prirent part le gouvernement impérial (qui 
y employa ses soldats), les communes et les propriétaires. 
Nous nous bornerons ici à quelques indications sur la structure 
des voies. 

Elles ne sont dallées qu'il Tintérieur ou dans le voisi- 
nage immédiat des villes -. Aiusi, la grande route qui longe la 
lisière septentrionale de l'Aurès est couverte d'un beau dal- 
lage à travers Thanuigadi, où elle se confond avec le decuma- 
/lus maxinufs^. Ailleurs, le revêtement ne consiste qu'en 



1. Ea attendant des travaux plus complets, voir Cirpus, VIII, p. Soi) seq. ; 
Tissot, Géographie de la province romaine d'Afrique, H, passim; Gat, Essai 
sur la province romaine de Maurétanie Césarienne, passim et surtout p. 261- 
270; Gagnât, l'Armée romaine d'Afrique, ç. 6S4-700. 

2. M. Garton a fait la .même remarque pour les voies antiques de la Tunisie 
{Mémoire sur les caractères de l'architecture de l'Afrique romaine, p. 11). 

3. On peut citer aussi des chaussées dallées à Alger (Berbrugger, Revue 
africaine, III, iS-oS-O. p. 68-70), à Girta (Ravoisié, Exploration, I, p. 7; Temple 
et Falbe, llelafion d'une excursion à Constantine,p. 85), etc. Conf. une inscrip- 
tion de Gherchel {Corpus, VIII, 10979) : « ... [viam] lapide slratam [di]Qnam 
congruenfemque [s]plendori palriae suae reddiderunt. » 

ir. \ 



BS2 J 09 



2 LES MONL.MENTS ANTIQUES UE L ALGÉItlE 

caillasse. A^oici, par oxeinple, quoi est, d'après Ravoisié ', la 
strucliire de la route de Cirta à Rusicado, qui existait dès le 
r'' siècle de uotre ère, mais (pii fui refaite sous Hadrien^ 
et souvent réparée depuis ^ : « La voie est construite aui 
n moyen do deux ))()rdures en fortes pierres, reliées, à dos 
,- « intervalles de 8 ;i 10 mètres, par des cliainos ou traverses, 
« également en pierres de fortes dimensions, et dont (diaque 
« espace est soigneusement rempli })ar un blocage de petites 
« pierres''. Cette chaussée a une largeur de 7'",2<>. » 

La route de Calania à Hippo Regius, dont plusieurs tronçous 
sont encore Inen conservés, est établie de la mémo manière. 
Kllc ne mesure que G™, 75 de large ''. 

Payen a étudié iiiinutieusement la structure do la voie qui 
passait au nord do TAurès et do celle ipii traversait la partie 
sopteiilrionalo du Hodna. Nous iio ])ouvons uiieux faire que tle 
reproduire sa descriplion ' : " La chaussée, généralement 
« large de 5"°, 50 à G mèlres, est parfaitement encadrée ou 
« iiiio'.ix oiuboitée outre deux b:>r(lm'<'s parallèles de gros cail- 
'< loux, maçonnés sur uu seul i-aug et aligués au cordeau. Cette 
" chaussée est exactomonl pai-tagéo, selon sou axe, au mov'en 
« d'une troisième I)au(lo de m;)olloiis rectangulaires ou de 
« galets très ovales, figurant une aréle enchâssée au sommet 

1. E.ijilor., I. p. 7. doiil'. l'oariiel, lliche-^sp mi/iérale de l'Ah/rrie, I, p. 141, 
l'>>: De Marcilly. Annuaire de Conslnnline. I8"j:i. p. ;]G ; Mercier, Bull. Comilé, 
I.S80. p. 534. 

2. \oiT Coipiii.-. \lll. p. .S!tl-4 : E])hp//teris ejtifp-npliicu. V. p. 506-8: Gsell et 
licrlrand, Mnsc'e de l'hillppeville, p. 20-27. 

3. Ce qui faisait dire à Léon lArricaiii. au xvi' siècle (tradiicUon française 
, réimprimée en 18!)8, III. p. .i.i) : «Depuis [Sucaïcada, c'est-à-dire Rusicadc] 
, « jiisiiiies à Conslantiiie, se void un cluMnin pavé ilc pierre noire, comme on 

« en void aucuns en Italie fjui sont apjjclés chemins de Jlonie. » 

i. lierbrugger, Ah/érie liislofique. pifloresque et momanen/ule, Province de 

Conshinline. p. ."i. Kevue africaine, XIV. 1870, p. 277. 
5. P.ec. de Cons/.. XXVlIi. IS0:3. p. l.-i:i-i:;.s. 



ROUTES. PONTS. PORTS 3 

« (lu bomboniont que présente la croûte supérieure de la sur- 
« face de roulement, qui, ainsi divisée en deux voies, implique 
« deux conrants distincts de circulation... Une aussi ingé- 
« nieuse disposition de la chaussée... facilitait l'écoulement 
« des eaux pluviales... 

« Pour la construction, on a creusé une trancliée longitudi- 
« nale, de la largeur de la chaussée, et profonde de 0™,75 à 
« 0",80... Au fond de l'encaissement, en apparence bien 
« nivelé, il a été étendu un lit de menu gravier, de 0'",08 à 
« 0'",1(J d'épaisseur, et, sur ce sable rugueux, on a bâti, sur 
« près de O"",?!') de hauteur et selon les ressources locales, une 
« assise de dalles, ou de pierres dures, ou de galets liés par une 
« coulée de mortier déciment de tuileauxoude terre siliceuse. 

« Par-dessus cette fondation, déjà très solide, on a succes- 
« sivement superposé : 

« 1" Une couche d'environ o™,!.") de béton de pierres cas- 
« sées ou de galets brisés ; 

« 2" Une couche de même épaisseur, constituant le noyau 
« de la chaussée et composée d'excellent ciment, mélangé 
« avec du gros sal)le ou du petit gravier; 

« 3" Enfin, une couche dernière de ciment rustique couvre 
" (lu mieux couronne l'œuvre éternelle, et c'est dans ce revô- 
« tement extérieur très convexe que les trois bordures ont été 
« implantées, et aussi, çà et là, des cailloux Itruts, destinés à 
« ajouter de la force do résistance aux surfaces de roulement. » 

La grande route de Carthage ;i Theveste, dont les derniers 
milles se trouvent sur le territoire algérien, fut faite ou plutôt 
refaite au temps d'Hadrien. Elle comporte quatre couches 
superposées, dont l'épaisseur totale est de rr,67 en moyenne : 
1" en bas, de grosses pierres brutes; 2" un lit dt' mortier dont 



4 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

une paflio s'est infiltrée entre les pierres do la première 
couche ; 3" une couche de cailloux; 4° des pierres très irrégu- 
lières fornianf la surface delà voie, surface bombée au centre. 
De chaque côté, des pierres assez grosses, à peine équarries, 
font saillie et constituent la l)ordui-e. La largeur totale est de 
0'",75'. 

Les voies de second ordre sont naturellemeni moins larges 
— elles mesurent de 3 h 4 mètres — et d'une structure plus 
simple, consistant en une couche d'éclats de pierres ou de 
galets, noyés dans du mortier et btjrdés par deux rangées de 
petits blues '-. 

Enfin, Ifien des routes, même parmi celles qui figurent sur 
dos docunienls d'origine officielle, comme VJ/inrr/iirr (rAnlo- 
n'in cl la Taltle de Peuthuier, ou que des bornes milliaires 
jalonnaient, étaient de simples pistes, surtout en pays de mon- 
tagnes : on se contentait d'oncaillasser les i)ar(ies les plus expo- 
sées aux dégradations et de jeter des ponceaux sur les oueds •'. 

Le Iniig do ces voies devaient être établis ça et là des réser- 
voirs ]ilns ou moins vastes, fournissant l'eau nécessaire aux 
voyageurs et ;i leurs bêtes. Il semble bien (pie certains d'entre 
eux aient por((' le nom de conlonanum ''. 

1. D'après les observations de W. Carton [Drcouverlefi failcs en Tunisie, 
p. 35-6, fifr. 11). qui complètent celles que M. De Bosredon a faites près de 
Tébessa {Rec. de Cunsl., XVIll. 187G-7, p. '.23). 

2. Voir par exemple De Bosredon, fiec. de Con.tt., XiX, 1878, p. 3. 

3. Conf. Vigneral, liiiijie.s )vinuities de la Kabi/lie du DJurdjtira, p. loG-7; 
Cat, Essai sur lu pruvince de Maiivétanie, p. 263-4; Gagnât. l'Année romaine, 
p. 689. 

i. Cenlenarium aqua frigida, sur une route allant de Bougie à Sétif Œphe- 
meris epi;/rapliica. V, 932); cenlenarium Salis, au sud de Sétif (Cor/îîfs, \'I1!, 
8712); cenlenarium, en Kabyiie [ihid., 9(U0) ; Ad cenlenarium. nom de deux 
stations situées en Xumidie, Tune entre (Jadiaufala et Tigisis, l'autre entre 
Lamasba cl Zarai {Table de Peulinr/er]. — Pour la signification de ce mot, voir 
Diichcsnc. Bull, des antiquaires de France, 1886, p. 87. 



ROUTES. POMS. TORTS 



PONTS 

On ne tronve plus en Algérie qu'un petit nombre de ponts 
romains. 

Le célèbre pont de Constantine i, réparé en 17'.)2 par les 
soins de Salah Bey, s'est écroulé en 1857 et a été remplacé 
par un pont de fer. Actuellement, il ne reste de la construc- 
tion antique que les piles et deux arcades à l'étage inférieur 
et des amorces aux extrémités de l'étage supérieur. Jeté en 
travers d'un ravin profond, sur une des voûtes naturelles qui 
recouvrent l'oued Rummel, ce pont était bâti en belles pierres 
de taille. Il mesurait 65 mètres de bauteur; le tablier était 
long de 00 mètres et large de 7"", 50. En bas, trois piles por- 
taient deux grandes arclies médianes et deux autres, plus 
étroites, aux extrémités. Au-dessus, il y avait, selon la resti- 
tution de Ravoisié-, une arclie centrale, très large, correspon- 
dant aux deux baies du milieu de la partie inférieure, et trois 



1. El Békri, Description de l'Afrique scplenlrionale, traduction De Slane, 
p. l.jl. Edrisi, Géographie, traduction Jaubert, 1, p. 243. Peyssonnel, Voijarje, 
p. 302. Sliaw. V<>ij(i!/e.s, éd. franc, de 1743. 1, p. l.'iS-'J. Playfair, Travels in Ihe 
footsleps of Bruce, p. 48-1», pi. IV (dessin de Bruce, anlérienr à la restauration 
de Salah Bey). Desfontaines, Vo;/a(je, p. 216. Temple et Falbe, Relation d'une 
excursion à Conslantine, p. "ïë. Ravoisié, Explorai ion, I, p. 9-10, 27-9; pi. -i 
et .j. Delamare, Exploration, pi. 114, ll.'i. 117, 118, 123. Texier. Revue archéo- 
logique, III, 184G-7, p. 734. Guyon, Voyage d'Ah/eraux Ziban, p. 07-8. Fournel, 
Richesse minérale 'de r Algérie, atlas, pi. XI, fig. 9 et 10. Cherbonneau, Annuaire 
de Constunline, 1853, p. HO-2. Reoue africaine, I. t8uG-7, p. 316-8. Reoue archéo- 
logique, XIV, 18o7-8, p. 47. Vayssettes, Rec. de Constant ine, XII. 1868, p. 363-8. 
Vars, ibid., XXVIII, 1893, p. 311-3. Normand, l'Ami des monuments, XII, 1898, 
p. 27-30 (d'après Ravoisié). 

2. Qui n'est cependant pas certaine. Peut-être y avait-il cinq arches en 
haut. 



6 LES MONLME.NTS ANTIQLKS DE L ALdEUlE 

autres arclies })liis petites, deux du côté de la rive droite', 
une du eùté opposé. Sur deux des piles du bas, eu aval, Tua 
des augles de Timposte offre encore une sculiitnre mutilée : 
une téta de taureau, dont le cou seudile être entouré d'une 
guirlande, à la pile la plus éloignée de la ville; un poisson, 
accompagné d'un IVagmeut d'inscription (...YILI PATR...)-, à 
la pile la plus rapi)rocliée de Conslanline. 

Nous ignoi'dns quand fut construit ce pont gigantesque^. 
Quek[ues indices permettent de croire (pTon le restaura dès 
l'antiquité '. Au \if siècle, il était encore debout : le géo- 
graphe Edrisi, (pli le vit à cette époque, nous en a laissé une 
descrii)ti(»n. malheureusement peu claire. Peut-être fut-il coupé 
deux siècles plus tard"'. L'architecte mahonnais Don Barto- 
lomeo, qui dirigea les travaux de réfection sous Salah Bey, 
se servit de matériaux pris à des ruines voisines, en particuliiu- 
il l'arc de lri()nq)he a])pelé Ksar el Ghoula". 

1. La jiile placée entre ces deux arches reposnit sur une saillie du rocher. 
Elle se voit très nettement sur le dessin de Bruce. D'ailleurs, il en reste encore 
aujourd'hui quelques vesliges. 

2. Co7-pus, VIII, 7921. Les deux premières lettres manquent aujourd'hui. 

:j. Un doiument arabe, publié par Féraud {Revue africaine, \l\, 18GS, p. 1.31-2), 
donne à cet égard une indication qui ne mérite qu'une confiance des plus 
limitées : <i Le chrétien venu à Constanline avec des ouvriers de sa nation 
« pour reconstruire le pont... a dit à Sa Seigneurie Salah Bey, qui nous l'a 
<i répété, que la date de la construction de l'ancien pont, gravée sur la pierre 
« en caractères antiques, remnniait à l'an 33:j de l'ère de Jésus-Christ. » 

't. Trois pierres, encastrées dans le pont (côté aval), au-dessus d'une des 
plies inférieures, sont décorées de sculptures, représentant une fenuue aux 
vêtements tlottants et deux éléphants. Il est probable que ces trois pierres 
n'appartiennent i>as à la conslrudion primitive, car la disposition des blocs 
qui les entourent otîre des indices de remaniement. Mais, d'autre part, 
elles n'ont pas été placées là par les maçons de Salah Bey, car, un demi-siècle 
plus tôt, Shavv les signale déjà comme se trouvant « entre les deux principales 
« arches». Conf. Desfonlaines, qui visita Constanline en 1785. 

ij. Voir Cherbonneau, Ann. de Const., 18.j3, p. 113. 

G. liée de Consf., XII. p. 367 (conf. ici même, t. I. p. 179). C'était peut-être 
dans une de ces ruines que se trouvaient primitivement des fragments d'une 



y. 




A 
O 



ROUTES. POMS. POU'IS 7 

II y avait k Constaiitino un autre pont sur le ravin du Huni- 
mcl, en amont de celui que nous venons de décrire'. Il n'en 
subsiste que deux culées, en pierres de taille à bossage, de 
10 mètres de largeur. Ce pont avait sans doute trois étages, 
comportant eu bas une arche unique, dont l'ouverture devait 
être d'une vingtaine de mètres, et, au-dessus, deux rangées 
d'arcades '. 

L'oasis d'El Kantara (entre iJatua et Biskra) a pris son nom '^ 
d'un pont romain'' (planche LXXIII), qui s'est conservé à peu 
près intact jusqu'à nos jours, mais que le génie militaire a res- 
tauré d'une manière maladroite en 1802 : un certain nombre 
de pierres ont été remplacées par des blocs neufs; on a raclé 
soigneusement les auti-es et refait tous les joints, si bien que 
le monument a perdu son aspect antique. 

Il se trouve en amont de l'oasis, à l'entrée d'une gorge 
étroite, qui sépare deux régions nettement distinctes et (pii, 
selon la légende antique, avait été ouverte par le talon d'Her- 
cule [Cakeus Hr/ca/is . La route de Lambèse au désert pas- 
grande dédicace à Antonin le Pieux, employés par les restauraleins du 
xviir siècle, on par d'antres, plus anciens [Corpus. VUI. 6'.t;)l) lîien ne prouve 
<iue cette inscription ait appartenu dès l'origine au pont romain : on ne peut 
donc pas l'invoquer pour li.xer la date du monument. — Des pierres lunnilaires 
furent aussi employées dans la restauration {Corpus, VIII. 1400, 7585, 7588). 

1. A nii-distance à peu près entre ce pont et la pointe de Sidi Rached. — 
Peut-être cette pointe était-elle reliée à l'autre rive par un troisième poni, 
auquel se rapporteraient des vestiges d'une culée en b^oca^e, sur la rive droite 
du Rummel. 

2. Ravoisié. I, p. 13-1 i; pi 2. lettre K du plan et vue d'une des culées, à 
droite. Cherbonneau. Aiin. de Const.. 18."i3, p. 110. Vars. Hec. de Coiisf.. XXVIII, 
181)3, p. 316-7. 

3. On sait quel lx((nUnn veut dire le pont en arabe. 

4. Texier, Revue archcolof/iqiœ, V, 1848, p. 131-2. Delamare. i/iid., VI, ISi!», 
p, 7-9. Guyon, Voi/CKje d'Alfjer aux Zihan, p. 158-160. Fournel, Piicliesse miné- 
rale de l'Algérie, I, p. 299; atlas, pi. XVI, fig. 8. Renier, Arc/iires des Missions, 
II, 1851, p. 440-1. Ragot, Bec. de CoiisL, XVI, 1873-4, p. 2G3-4. Choisy, Histoire 
de Varcliileclure, 1, p. .■)17. 



8 LES MONLMEMS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

sait sur co pont, jeté sur une riviëro que l'on a})polle aujour- 
d'hui Toued El Kantara. 

La construction est en pierres de taille, pour la pluparl à 
bossage. Il n'y a qu'une seule arche, en plein cintre, de 
10 mètres d'ouverture, dont les culées reposent sur des rochers 
à pic. La voûte, large de 4", 80, présente trois nervures, en 
saillie sur le reste de l'intrados, auquel elles assurent plus de 
solidité'. Les deux bandes en retraite que limitent ces ner- 
vures sont décorées de caissons encadrant des sculptures 
variées : rosaces de différentes formes, couronnes, vases, deux 
boucliers croisés, deux cornes d'abondance également croisées, 
corbeille remplie de fruits, oiseau posé sur une branche, etc. 
En aval, un buste, devenu fruste, ornait la clef de voûte. On 
remarque aussi, dans les culées, deux pierres sculptées, Tune 
avec un niveau-, l'autre avec une couronne, un oiseau, un 
niA^eau et deux antres objets, aujourd'hui indistincts. 

Le tablier a été refait; les parapets actuels ont remplacé 
deux bordures construiles avec des pierres antiques, mais 
datant évidemment d'une restauration hâtive'^. Plusieurs de 
ces pierres portent des inscriptions, épitaphes et dédicace du 
temps de Caracalla ' : il est impossiljle d'en tirer aucun argu- 
ment pour déterminer la date du pont. 

A coté, on a trouvé, en 18 ii-, un petit autel, qui a été scellé 



1. Elles ressomblenl à des arcs-doubleaux, mais il faut remarquer qu'elles 
ne supportent i)as la voûte. Ce sont des saillies, et non des chevalets. 

2. Le niveau a été assez souvent figuré en Afrique comme préservatif 
contre le mauvais œil (conf., par exem[)le, La Blanchère, Musée d'Oran, 
p. 39). Rien ne prouve d'ailleurs que les constructeurs du pont n'aient pas 
pris ces deux pierres dans nn édifice plus ancien. 

3. Une restauration de ce genre fut faite en 181 i: on rélalilit alors le 
tablier. 

4. CoJ7Jus,2o07, 2510, 2.j1I, 2.j12, 18007. 







< 



H 
A 

O 



ROUTES. PONTS. PORTS 

dans le rocher, sur la rive droite. On y a lu une dédicace 
(maintenant presque effacée) au dieu Silvain, avec la men- 
tion • : « Ci[aifdius) Gordiantts, li'g{atus) Aug\i(sti)pr[o) pr[ae- 
tore), rcstitiiit. » Ce personnage était légat de Nuniidie on 
l'an 188 de notre ère. « Je ne doute pas, dit Renier, que la 
« reconstruction qui y est mentionnée ne s'appliqi-ie au pont, 
« tout aussi bien qu'au petit autel sur lequel Tinscription est 
« gravée. » Nous serons, pour notre part, beaucoup moins 
aftîrmatif^. 

A Gastal, au nord de Tébessa , se voit un pont (planche LXX I Y ) -^ 
sur lequel passait probablement une route venant d'Haïdra 
(Ammaedara) et allant à Morsott (Yasampus?). Il est encore 
en fort bon état : il ne manque guère que les parapets. Comme 
les monuments que nous venons de décrire, il est construit en 
pierres de taille à bossage. L'arche unique mesure 7", 50 de 
diamètre et 6 de largeur; la clef de voûte se trouve à 5", 60 
au-dessus du lit de la rivière. 

Delamare a reproduit dans son ouvrage '^ un pont jeté sur 
Fouod Méboudja, affluent de la Soybouse, à 9 kilomètres 
environ au sud de Bône, sur la route qui conduisait d'Hippo 
Regius à Calama et à Cirta''. Il avait été restauré à 
plusieurs reprises, mais, dans son ensemble, il était véritable- 



1. Corpus, 2499. 

2. Sur la rive droite, la paroi du rocher oll're un enfoncement carré, de 
0"',80 de côté, qui contenait sans doute une plaque, portant une inscription 
commémorative de la construction du pont. Mais il ne reste plus rien de 
cette plaque. 

3. DeBo.sredon, Hec. de Cohs/., XVIil, 1876-7. p. il 1-2. 

t. PI. 189, fig. 4. Voir aussi Papier, Lettres sur Uippnne, p. 91, 22G ; 
pi. XXI. 

."j. Une borne milliaire de cette voie de Calama mentionne la réfection des 
ponts [Ep/iemeris epigrophica. Vil, G4o): «pontibus [r]en[oixt]lis». Elle date 
du 11° siècle. 



10 LES -MONL.MENTS AM'IQLES DE E ALGÉIUE 

mont romain. Long de TU mètres, large de 6, offrant une 
douhle pente, « il comptait, dit M. Papier, cinq arches de 
(( diverses dimensions, trois dans le lit ordinaire de la rivirre '. 
« et deux en dehors-, donnant i)assage ;i l'eau i)endant les 
« grandes crues de l'hiver ». En 1882, une bonne partie de 
ce monument fut emportée par I'oikmI et on (hit le remplacer 
par un jJDut nouveau : il ne reste plus d'auti(pie (pie la })artie 
inférieure des deux piles et des deux culées qui portaient les 
trois grandes arches. 

Le pont d'Hippone'', (jui traverse Toued Bon Djeniaa ;i 
1.500 mètres au sud-ouest de Boue, est aussi d'origine 
romaine, mais il a été tellement réi)aré avant et depuis la 
conquête française (ju'il est difrtcile do distinguer, dans les 
piles et dans les voûtes, les i)arties neuves des i)arlies 
anciennes. Il mesure !)8 mètres de long sur 0'",80 do large et 
est construit en dos d'âne. Les piles, flanquées d'avant-becs 
pointus, portent onze arches do largeur et de hauteur diverses ; 
la clef de celle du milieu se trouve ;i 3"',<iO au-dessus du 
niveau des eaux basses. Dans l'anliquité, ce pont devait iiorler 
une voie qui, soi'tant d'Hi])pone, suivait le littoral en contour- 
nant le nuissif de l'Edougli. 
V, M. Barry a trouvé récemment, à 2 kilomètres et demi au nord- 
est de Tébossa. un poni de ([uatre arches, entièrement enfoui 
sous des allu\ ions. .Jet('' sur un aflluent de l'oued Meskiana, 
il portait la gramle route de Carthage à ïheveste : ce (jui 



1. Elles mesuraient o"',30. 3'", 80 et 3 mètres de diamètre. 

2. Larges de -2"', (15 et de l'",«(). Vn inlervaUe de 2;!'", 50 les séparait du gnniii' 
des trois grandes arcties. 

3. Temple et Faibe, Helallon d'une ercursiim à fiiushiiiHne. p. 4. Delamare, 
Exploration, pi. tSI», fig. ."i. Papier, Lellressiir Ilippone. p. 5, 220, 22'.l ; pi. I \' 
et XXVI. 



ROUTES. PONTS. POUTS 11 

permet de croire qu'il claie de l'époque d'Hadrien'. Il mesure 
5'", 10 de largeur et 17'", 63 de longueur. En auiuut, les piles 
offrent des avant-becs. 

Les autres ruines <le ponts romains en Algérie sont sans 
intérêt'. 

1. Conf. plus haut. p. :i. 

2. \ous nicnlifiunerons ici : 

1° Des restes de plusieurs ponts et ponceaux jetés sur des ruisseaux, entre 
Philippeviile et Slora (De Marcilly. Ami. de Consf., lSo3, p. 38; Delamare. 
Mémoires de^ antiquaires de France. XXI \', 1839, p. 1.jC-7 ; Vars, Rusicadc et 
Sfora, p. 36, 2LI7-8). Auprès de l'un d'entre eux, on a trouvé une inscription 
indiquant ((ue les ponts de la nouvelle route de Cirta à Rusicade, pontes 
viae nuvae Rusicadensis. furent faits sous Hadrien (note inédite de Delamare}. 
Ce tronçon de voie entre Philippeviile et Stora ne faisait pourtant pas partie, 
à proprement parlei', de la nuile de Cirta à Rusicadc. — L'ne autre inscriptinn 
semblable a ét(5 recueillie au nord de Gonstantine, à côté des ruines d'un 
ponceau, près de l'oued Iladjar {Ann.de Const., 1853, p. 33; Corpus, VIII, 
102%}. D'autres bornes milliaires font également mention des ponts de la 
route de Ciiia à Rusicade iCtir/)Ns. ^'III, 10304 secj.: Ephemeris epi'jraphica. 
V, 113i seiy.), et De Marcilly indicpie sur cette route les restes de plusieurs 
ponceaux (/. c p. 3o, 3ti). 

2" Un pont sur l'oued Teuoukia. à une quinzaine de kilomètres au sud-est 
de Tébessa, portant une voie romaine qui ccuiduisait probablement à Tlielepte 
{liée, de Const.. X. ISfii;. p. 232 et XIX. ISIS, p. 3: Bull, de l'Académie dllip- 
po?ie. XXII, p. 54; Mélanfjes de l'École de Home. X, 1890, p "iol). 

3° Des ruines d'un pont traversant l'oued Smar el Iloud, à l'entrée de la 
plaine de la Meskiana, sur une route (|ui allait probablement de Theveste à 
Cirta {Rec. de Coustantinc, X\lll. 187G-7, p. 386). 

4° Un pont sur le Chélif, à Duperré {Oppidum \ovum'). 11 n'en reste plus que 
des vestiges, en |iarliculier une grande pile au milieu de la rivière. Elle est 
en blocage, avec de beaux paremcnls en pierres de taille, et présente deux 
avant-becs. Le tablier, sur lequel passait la route la plus importante de la 
.Maurétanie, avait (i'%70 de large. Voir Sliaw. Voi/ages. p. 76: Cat, Essai sur In 
province de Maurétanie, p. l'J6. 

A Lambèse, une ruine voisine de l'arc de Cummode est considérée comme 
un pont à trois arches (Gagnât, Huide de Lambèse, p. 48). Mais cela ne nous 
paraît pas certain. 

Une inscription de l'année 200 {Cor/)us.\U]. OOil) mentionne un pont dans 
le voisinage d'.Uunale. 



12 LES .-MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉHIE 



PORTS 

Un ;i pu étudier la disposition du })ort, ou plutôt des doux 
ports de Cae^arca (Chercliel). Voici les indications que 
^I. Cag-nat donne à ce sujet' : « Il existait deux ports distincts, 
« le port marchand et le port militaire. Pour construire l'un 
« et l'antre, on avait tiré parti d'une petite île (jui s'étendait en 
<( face de la ville et formait nn al»ri naturel... Le port mar- 
« cliand avait été établi entre cette ile, que l'on a appelée 
« depuis îlot Joinville, et la côte ; vers le nord-ouest, il était 
<( à demi fermé i)ar une jetée [qui reliait l'ilot ;i un rocher 
« voisin]; vers le nord-est, par une autre, [partant du rivage 
« et] étabhe sur une ligne de roches qui aftlourent encore 
« aujourd'hui en certains endroits. En réahté, il était fort 
« exposé aux vents du large. 

« Le port militaire, au contraire, beaucoup plus petit, était 
« très I»ien abrité. Il ne communiquait avec le i)ort marchand 
« que par un goulet assez étroit [à l'est] ; il n'avait rien à 
« craindre des vents du nord, du nord-est et du nord-ouest, 
" l'ilot le protégeant entièrement de ce côté. A l'ouest, un 
« mur d'enceinte, fortement établi sur le rocher, le défendait 
« des coups de mer... La forme du port était celle d'un liexa- 
« gone très irrégulier. ShaM' nous ajjjirend (pi'il existait tout 
« autour des monuments dont il a aperr-u des débris sous 
« l'eau... : c'étaient les restes de l'arsenal et des magasins de 
<' la Hotte... La construction du pnrl moderne a fait disparaître 

1. L' Armée romaine (V Afrique, p. 3i.j-S. 2 planches à la pa^je ;5:îO. M. Gagnât 
donne les indications bibliographiques nécessaires : ajouter Bull, des anliquilés 
a/'rirainex. Il, 1881, p. loi, 



ROUTES. PONTS. PORTS 13 

'< le poil que le temps avait épargné. La profondeur moyenne 
« du bassin était, suivant les uns, de 3", 20, suivant les autres, 
« de 2"", 50 seulement'... On a signalé sur l'ilot des travaux 
« de défense, qui complétaient l'armement du port militaire à 
« sa partie septentrionale. » 

ATipasa, le port romain - se trouvait en dehors de Tenceinte, ( 
à l'est. Assez exigu, il était limité par deux ilôts et par la- 
terre ferme. Trois jetées le protégeaient : l'une au nord, entre 
ces deux Ilots ; une antre à l'ouest, partant du plus grand des 
îlots pour se diriger vers le rivage, qu'elle ne rejoignait du 
reste pas, car Tentrée du port semble avoir été de ce côté; la 
troisième enfin au levant, entre le petit ilôt et le littoral. Sur 
rHot de l'est, un gros mur en pierres de taille, parallèle au 
rivage, servait prol)ablement de brise-lames. L'ilot de l'ouest 
ne présente pas de mur semblable, mais le roc y est taillé do 
manière à remplir le même office. Le jjort avait une profon- 
deur de 4 à 6 mètres. La situation de ce havre à Lextériour 
do la ville était évidenuuent assez inconnnode; en outre, il 
n'avait pas de quai do débanpioment, la côte étant à pic en 
cet endroit. Il ne conuiiuniquait avec la terre que par un petit 
escalier, creusé dans le roc. Les marchandises devaient être 
débarquées plus à l'ouest, dans une baie voisine du centre de 
la ville, le long d'une» ligne do quais dont les vestiges sont 
encore visibles. 

Des traces do jetées ont été constatées dans plusieurs autres 
ports romains do l'Algérie ; elles ne méritent pas une descrip- 
tion détaillée-!. 



1. En draguant ce port en 1847, on rencontra les carcasses de deux galères. 
■2. Gsell, Mélanges de VÊcole de Rome, XIV, 189i, p. 329-332. 
3. A Stora, une jetée paraît avoir joint l'ilot des Singes au littoral voisin : 
De Marcilly, Ann. de'ConsL, 18o3, p. 2">. — A Bougie, on reconnaissait jadis, 



14 LES MO.NL.MEMS ANTIQLKS DK L ALGÉlilE 

]iariMl-il. (les restes de jetées à l'ouest de la ville, au lieu dit Dar-Senaa : 
Féraud, lievue africiine, 111, 1858-0. p. 304 ; N'igneral, fiuines romaines de lu 
hdhi/lie (lu Djurdjuva, p. loO. Mais ces jetées étaient peut-être sarrasines. — 
I,arade de Sidi Khaled, bien abritée au nord, à louest etau sud, servait déport 
aux habitants (le Taksebt; on dislin^nie l'amorce d'une jetée au sud-est: 
(Javaultct iJourlier, lievue africaine, XXXVll. 1893, p. 133. — A Tigzirt, l'ilut 
situé en avant de la ville antique a été relié à la terre ferme par une chaussée, 
i|iii a pu éti'c im brise-lames et un débarcadère: Gavault, Elude. sur les ruines 
romaines de Ti'jz-irl, p. 110-1. — Le port de <iunuf/u était dans l'anse qui 
baigne à l'ouest le promontoire de Sidi Brahim:on y voit quelques traces 
d'une jetée. 

X CoUu. il y aurait eu dcMix iiorts. l'un contre le rivage, l'autre à l'intérieur 
de terres, au sud de la ville actuelle. Ce second port, analogue au cothon de 
la Carthage punique, aurait été aménagé par lu main de l'homme: Féraud, 
lievue africaine. XX, 187G, p. 1. 



CHAPITRE XII 



MAISONS. INSTALLATIONS RURALES 



MAISONS 

En Afri(jue, les riches maisons des premiers siècles de notre 
ère n"ont pas été construites sur le tvpe des demeures 
romaines des villes, dont la partie principale était V(ilriii))i, 
salle au })lafond percé d'une baie ipiadrangulaire. Le modèle 
deshahitations africaines est la maison .tifrecque, dans laquelle 
les diverses pièces sont groupées autour d'une cour centrale. 
Derrière l'entrée unique, se trouve un vestibule, que l'on tra- 
verse pour pénétrer dans la cour. Celle-ci, rectangulaire ou 
carrée, est entourée de portiques et décorée d'une dU plusieurs 
fontaines: des plantes, des fleurs devaient égayer l'espace 
laissé à ciel ouvert. Une grande salle, servant aux réceptions, 
se voit au fond de cette cour, sur laquelle elle s'ouvre i>ar une 
ou plusieurs baies. Dans les maisons très vastes, il y a des 
cours secondaires, assez étroites, bordées de purli(pu»s sur un 
ou trois cotés : autour, sont disposées des pièces formant un 



IG Mis MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

appartement ' . Souvent un local est aménagé pour prendre des 

bains ~. 

La construction est en blocage, avec des chaînes en pierres 
, 1(\q taille; l'épaisseur des murs ne dépasse guère O^jôO. Les 
Isalles paraissent avoir été couvertes de terrasses plates. 
Dans aucune des habitations que nous avons examinées nous 
n'avons constaté d'indices témoignant do l'existence d'un 

étage. 

On a déblayé à Tinigad, au sud du deciiinanas rnaximus. un 
assez grand nombre de maisons, malheureusement fort rui- 
nées et dont la plupai't ont été remaniées après la chute de la 
domination romaine. Elles seront étudiées dans l'ouvrage de 
MM. Cagnat et Ballu '\ 

Nous n'en décrirons ici qu'une seule, située au nord-est du 
forum, entre la basilique judiciaire et le deciimanus (voir le 
plan publié t. I, p. 123, fig. 36, lettre Fj '. La porte s'ou- 
vrait sur lo (hcumanus et donnait accès à un vestibule rec- 
tangulaire. Dans la cour, qui mesure 10", 50 de côté, des 
balustrades en pierre, aux contours assez capricieux, limi- 
taient des jardinets, disposés symétriquement autour d'un 
l)uits. Cette cour était, selon l'usage, bordée de ([uatre por- 

1. Voir Gauckler, Monumenis Piol, III, 1897, p. 1*7 seg.; le iiiêiue, l'Archéo- 
logie de la Tunisie, p. .')4-o. 

2. Voir Corpus, VIII, 23i0, inscription gravée sur la base d'une statue 
d'Ksculape, qu'un habitant de Tliamugadi fit ériger cul exornalionem balnei. 
Une autre inscription, à peu près semblable, a été trouvée récemment dans 
une maison de Timgad, à côté d'une piscine. — Une mosaïque, découverte à 
Orléansviile. était certainement placée dans des thermes, comme l'atteste 
l'inscription qui l'accompagne. Uasalle fort exiguë qui contenait cette mosaïque 
semble avoir fait partie d'un bain privé, plutôt que d'un bain public. Voir 
ciiapitre xiv, au n" i2. 

:>. Conf. IJallu, les Ruines de Timgad, p. 222-231. 

4. Bœswillwald, Cagnat et Ballu, Ti)»fjad, p. 88-i)2. Ballu, les Jluines de 
Timf,ad. p. 224-6, fig. 36. 



MAISO.NS. INSTALLATIONS ULllALLS 



17 



tiques. Les salles qui la flanquent sont au nombre de onze. 
La plus vaste, pavée d'une mosaïque ornementale, se trouve 
en face de l'entrée ; elle présente, du côté de la cour, une 
très grande ouverture, coupée en trois baies par deux colonnes. 
A droite et à gauche de ce salon, il y a une chambre, précédée 




o > j J 



FiG. se. — Petite maison de Saint-Lcii. 



•Fune sorte de vestibule, avec lequel elle communique par deux 
baies, qu'une colonne sépare. 

La maison dont le plan est donné figure S6, se voit à Saint- 

2 



18 LES MONUMENTS ANTIQUES DE 1. ALGÉniE 

Loii [Parlas Mafjnusi '. Los iniirs ne dépassent guère le sol"^ : 
en quelques endroils, ils sont même complètement détruits. 
Cependant, les dispositions intériem^es denieui-ent encore très 
nettes. L'édifice forme nu rectangle de 24™, 70 de long sur 
23™, 50 de large. L'entrée est ménagée près d"un des angles, 
au sud-est. On reconnaît fort hien remplacement du vesti- 
])ule, qui ccnnmunique avec la cour par une porte dont le seuil 
s'est conservé. Des colonnes soutenaient les quatre portiques. 
Celui du nord était isolé par des murettes, mais il avait trois 
portes : il devait servir d'anticliandire à un appartement 
léservé, composé d'au moins deux pièces '^. Dans l'espace à 
ciel (juvert. do petits murs arrondis représentent sans doute 
des parois do fontaines ' ; les cuvettes sont pavées de mosaïques 
blanches et noires. La salle principale est :i l'ouest. Elle offre 
sur le devant trois baies, séparées par deux piliers. La 
baie centrale mesure 2", T.") de largeur ; elle semble avoir été 
fermée par une grille. Les deux autres sont lai-ges de l", iO ; ii 
celle de gauche, on voit encore un seuil de porte. Cette salle 
était décorée d'une mosaïque ornementale, consistant en des 
rosaces. Il y avait aussi des mosaïques sous les portiques de la 
cour, mais il n'en reste plus que ([uelques cuIkîs"'. 



1. De Montfuil. licviic tifricainr. Il, t,S:j7-S, p. 184; III, 18;;S-!I. p. ■2'i\-2. De 
Rochemonteix, /A/V/., Xlli. IStiO, p. (iC et 68. Demaeght, Ht/U. des anfir/i/ilés 
africaines. 11, 188i, p. Hi. 

2. Le mur rpii entoure la maison est moderne. Il a été établi sur des fon- 
dations antiques. 

3. Les murs de séparation ont disparu. 

i. On distingue actuellement deux de res murs, au sud et à l'ouest. 11 y en 
avait sans doute un troisième, à Test; il est d'ailleurs marqué sur un croquis, 
levé en 1860, que j'ai trouvé dans des papiers de RerLruggei'. 

o. De Rochemonteix signale des mosa'irpies dans les chauihres ipii tlanf|uent 
cette cour: ou n'eu vuit plus aucune trace. 



MAISONS. INSTALLATIONS RLliALES 



11) 



Une autre maison de Saint-Leii', beaucou]) plus vaste, est 
aujourd'hui à peu près indistiucte. Mais on en a un plan, dressé 
(Ml 1862 par ^'iala de Sorlner : nous le reproduisons ici 
'7?./. 87). 




Vu-. 8*. — (iranilr iiiai-on de Saiiil-Lcii. 



La lettre A in(li(iue un \estil)iile ([ui Taisait saillie en avant 
delà façade et qui riait, sernhle-t-il. Iar£;-eirient ouvert siu' le 
dehors. Autour de la criur B, s'élevaienl ([uatre porti(|ues, bor- 

1. Revue africaine. A"[, 18iy2, p. iii^-.!: VII. ISf;:!. p. iiT-H. De Rocliemonteix, 
ibid., \\\\, 1869. p. (iS-70. Gsell. ihid.. XXWIII, 18'Ji, p. -Ji'.i-jni et pi. II. 



20 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

«lés (le vingt colonnes et couverts de toits en tuiles ; il est pro- 
bable qu'ils étaient pavés de mosaïques communes. Des fon- 
taines en forme d'hémicycle étaient appliquées contre trois de 
ces portiques, et, au contre de l'espace à ciel ouvert, il y avait 
un bassin rond. Les couloirs C et D conduisaient peut-être à des 
communs. On reconnaissait nettement, à droite de la coin*, les 
chambres F, G, H, I, J, K, L, donl plusieurs offraient dos 
mosaïques ornementales. A gauche, au contraire, les murs 
étaient presque effacés ou recouverts par des constructions 
plus récentes. Le plan de Viala de Sorbier n'indique pas de 
communication directe entre la cour et ces chambres de 
gauche (E). 

En arrière de la cour B, il v avait un couloir M, pavé en 
mosaïque, flanqué de deux jardinets carrés N et (), que des 
colonnes limitaient' et où s'élevaient des fontaines semi- 
circulaires'. Une galerie PP, longue de 32 mètres et revêtue 
d'un pavement en mosaïque, était perj)endiculaire au couloir. 
La grande salle de réception Q s'ouvrait sur cetle galerie par 
trois baies inégales. Elle mesurait 8™, 40 de largeur et 12", iO 
de profondeur. La ])aroi (hi fond était peut-être percée de trois 
fenêtres ou portes, avant vue sur un jardin. Stu- le sol s'éten- 
dait une l)elle mosaïque à personnages, que l'on a transportée 
au uuisée d'Oran ; elle représente diverses scènes mjtliolo- 
giques'"' : 1° Zagreus j<»uant avec une panthère. Pratolaos, le 

1. 11 restait du moins deux bases de colonne le long du couloir PP. 

2. Le jardin communiquait avec la chambre K p.ir une baie dont le seuil 
a été trouvé en place. 

3. Demacght et Héron de Villefosse, Hull. (1rs (iiili(/i(ili's a/ricaines, 11, 
1884, p. HT!) et pi. V. Héron de Villefosse, Revue de l'Afrique française, 1887, 
p. :J94-fi et pi. IV. Duruy, Histoire des Romains, VII, p. 497. Robert, Jakrhnch 
des archaoloyischen Inslilids, \, 1890, p. 215-237, pi. IV-VI. La Blanehérc, 
Musée d'Oran, p. 40, 46. 47-.o0, ."w-Og; pi. 11-VI. Demaeght, Ca/uloç/iie du Musée 
d'Oi'an, p. 4-S et planche. liicHoinuiire des Antiquités, s. v. Lalona, p. 983. 



MAISONS. INSTALLATIONS RIRALES 21 

Cabire et sa compagne, les parents de Pratolaos (Mites et 
Krateia'i ; la scène se passe auprès de la statue de la Grande 
Mère, en présence de Pan, gardien du bois sacré ; 2° Marsyas 
emmené au supplice, devant Apollon et Oh'mpos; 3" Latone 
protégée par Poséidon contre le serpent Python et trans- 
portée par l'Aquilon à Délos ; 4° Hercule, vainqueur de Cliiron. 
Une autre mosaïque, avec le triomphe indien de Bacchus, a 
été également découverte dans cette maison • : on n'a pas pris 
soin d'indiquer avec précision dans quelle salle elle se trou- 
vait. La lettre R de notre plan désigne une citerne. Elle était 
alimentée par un canal, partant d'une cuvette ménagée à l'un 
des angles du jardin X, cuvette oîi s'écoulaient les eaux qui 
tombaient sur les toits et les terrasses. 

En dehors de Timgad et de Saint-Leu, aucune habitation,^ 
urbaine importante n'a été déblayée méthodiquement en Algé-v' 
rie. Nous mentionnerons cependant la maison possédée h Thi-^ 
bilh parla famille des Antistii, dont un des membres devint consul 
sous Marc-Aurèle,enl69, etdont un autre membre, également 
personnage consulaire, épousa une fille de cet empereur. Ber- 
nelle y a fait une petite fouille ', qu'il conviendrait de pour- 
suivre. Ou avait précédemment trouvé en ce lieu un grand 
autel, de l'année 10 i après Jésus-Christ, dédié au Genius 
domus''. 

A Djemila [Cuicul), un édifice, situé dans la partie nord- 
ouest de la ville, comprenait, nous dit-on, six chambres dispo- 

1. Domaeght, Bull, des anllij. afrlc. 11. 1884. p. lll. Ilcron de Villefosse, 
ibid., III. ISSj, p. 1-2 et pi. I; Revue de l'Afrique française, 1887, p. 396 et 
pi. V. La Blanchère, Musée d'Oran, p. 4G-7, 70-1 et pi. VU. Demaeght, Cata- 
lof/ue, p. 8. 

2. \oiv Rec. de ConsL, XXVIl, 1892, pi. à la page 104. 

3. Corpus, VIII, 18893. 



'22 LKS MOMMENTS ANTIQUES DE L ALCÉRIE 

sées « à angle di'oil autoiii- (riiiio (•<mr carrrc de S mètres de 
« côté ». C'était sans doute une maison, comme on Ta supposé '. 
Cette ruine contenait une statue intacte, représentant uni' 
Ivomaine, qui, à en juger par Tarrangement de ia coiffure, 
avait dû vivre au temps d'Antonin le Pieux"-'. 

A Hippone, des fouilles récentes ont mis au j(jur divei'ses 
mosaïques, ornementales ou fig'urées, (pii (h'-coraicnt les salles 
d'une hahilafion luxueuse''.- Mais le plan d'ensemble de cette 
demeure n'a pas pu être levé. 

(Jn a trouvé, il y a une soixantaine d'années, à Pliilippeville, 
une petite salle, jtavée d'une belle mosaïque représentant des 
Néréides^ : elle faisait i>artie d'un bjcal où l'on prenait des 
bains -^ et elle devait dépendre d'une maison. 
^ L'inscription suivante'' a été découverte à Clierchel, aujjrès 
(les ruines d'un bassin dont une des faces était percée de trous 
donnant })assage à des tuyaux de plomb : 

" Vitea quot longis sunt lecta excepta columuis, 

« Ac docili libra terelem quot flexus iu arcum est, 

" Marmore quot Pareo vi(v)unt spiranlia siijna, 

« Aoquo ris e t vario quoi p rofluit unda ineatiil... » 

Ou voit, par ces vers assez contournés, qu'il y avait là une 
(•(Histruetion de forme courbe', avec des statues en marbre de 

1. Poulie. Iti'c. de Cous/., XIX, 1878. p. VM. 

•2. Doublet et (iauckier, Musée de Constanliiie, pi. V. 

3. Papier, Dut/, de l'Académie d'Hippone. XXIX, 1896-8. p. 29-170. 

i. î)elama.re, E.rplovalion, pi. 19, fig. 1-4; pi. 20 et 21. Fcnech, Ilisloire dr 
l'/iillpperille, p. .'i(i-7. Vars. Rusicride et Slora, p. (ilî. 

.5. Elle était tlanquée d'un bassin de fomie ovale, qui parait avoir présenté 
des suspensurae. Par derrière, on a trouvé, dit Fenech. des fourneaux en 
briques. 

(i. Epheiiieris epl(/,(i/i/uca, \. 1009. Biiolieler, Cannina lalina epUjraphica. 
n" 270. 

7. Conf. le nymphée de Tipasa, t. I. p. 21."!. 



MAISONS. INSTALLATIONS RURALES 23 

Parcs' et (les colonnes soutenant des berceaux de vigne; Teau 
y coulait en abondance. La description parait se rapporter à 
un njmpliée, ornement d'une riche demeure. Une des salles de 
cette maison a été déblayée : elle offrait une mosaïque repré- 
sentant un cheval de course et divers Uiotifs de décora- 
tion'^. 

Dans les campagnes, les habitations des grandis propriétaires 
avaient en général la même ordonnance que les maisons des 
villes : une cour centrale, avec des portiques, le long desquels 
se groupaient les chambres. L'espace étant moins mesuré, les 
annexes et les communs, bains, écuries, logements des servi- 
teurs, etc., formaient des bâtiments distincts et étaient dissé- 
minés dans le jardin ou le })an' ([ui entourait la maison du 

maître. 

Nous avons un exemple de ces villas à Kaoua. Cette ruine a 
été décrite plus haut''': on a vu que c'est une maison cons- 
truite sur le plan ordinnire, mais entourée d'une enceinte dé- 
fensive''. 

A Oued Aiménia, à 32 kilomètres au sud-ouest de Constan- 
tine, la demeure du seigneur du lieu n'a pas élé fouillée'. Mais 
on a (léblay(', en 1875-8, un vaste édifice qui on dépendait et 
qui était un élablissemeiit de bains": il couvrait une superficie 
(l'environ ^^^(^ mètres carrés. Nous en donnons le [Aam/ig. 88', 



1. L'n petit tursr de Vénus a été recueilli au même endroit. 

2. Schmitler, Bull, épi fjvaphlque de ht Gaule, H, 1SS2. p. "iSl: Bull, des on- 
Hrjitaires de France, 18S:î. p. 13u. 

:i. Tome I, p. 102. 

4. 11 serait intéressant de savoir s'il n'y avait pas une maison, aver cour 
c:ntrale, à linlérieur du caslellum du Nador (,voir t.. 1, p. UtO). 

:j. On croit l'avoir retrouvée à une centaine de mètres des bains. 

G. Poulie, liée, de CousL, XIX, 1878, p. 43i-45i. Boissier, l'Afrique romaine 
(2" édit.), p. lo3-lfi4. 



LES MO.MMEiNTS ANTIQUES DE L ALGERIE 




-3 



MAISONS. INSTALLATIONS RURALES 25' 

d'après celui qui a été publié par la Société archéologique dev 
Constantine '. 

Ces tliernios étaient d'une construction soignée et mémo 
luxueuse : dans plusieurs salles, des plaques de marbre tapis- 
saient les parois; dans presque toutes, il y avait de beaux pa- 
vements en mosaïque, que l'on a follement mis en pièces. 

hQ, fngidaiiiun A était llyn(|ué de deux ailes. A' et A", avec 
lesquelles il omniuniquait par trois baies, encadrées de pilastres 
et do colonnes. En A, on voyait une mosaïque représentant une 
chasse à la gazelle, ainsi que des bâtiments, accompagnes de l'ins- 
cription " saltuarii ianvs » et dont nous parlerons tout à l'heure ; 
le sol d"A' et d'A" était orné dimages de Néréides. Delà salle A, 
on descendait dans le l)assin R"-; des ailes, dans la piscine 
semi-circulaire C. que longeait une galerie courbe, D. — F était 
peut-être une chambre de service, E un vestibule, G un gym- 
nase. Les salles II, I', K, L, M avaient des si/spens/z/ac et 
pouvaient, par conséquent, être chauffées; on parvenait aux 
fourneaux jiar des couloirs qui étaient établis en contre-bas 
(0 et X et auxcpiels d'étroits escaliers donnaient accès ; 
N marque l'emplacement d'un vaste fourneau. Dans L, se trou- 
vait une piscine rectangulaire : cette pièce peut donc être dé- 
signée sous le nom de cuUlarluin. Elle. était pavée d'une mo- 
saïque représentant un jardin, l'habitation du chef des l)ergers, 
pccuari /o( us, et un parc de chasse. Sur la mosaïque de la 
salle M, étaient figurés six chevaux de course et, au-dessus,. 

1. Dans l'album ih-folio intilulù : l'/ans et mosairjuesdef< hains de Pompeianus 
près de l'oued Atinén'in (Paris-Goiistantine, 1880). Un certain nombre dedétails 
ont été rectifiés d'après le plan, plus petit, publié dans le Rec. de ConsL, XIX, 
pi. XIX. 

2. Qui devrait être en grisé sur notre plan (comuie le bassin C.\ 

3. La salle I parait avoir été couverte d'une coupole, faite avec des tubes 
d'argile ressemblant h des seringues. 



26 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGEUIE 

des bâtiments appartenant, comme l'attestait une inscription, 
à Pompeianus, le niaiii-e du domaine. 11 est impossible d'indi- 
quer la destination précise des salles T (avec les pièces 
annexes S et S', qui n'étaient séparées de T que par une nùnce 
cloison), R, Z, Z', P, P', Q, V, V : elles formaient sans doute 
un appartement complet, avec salon, chambres, cabinets, cui- 
sine, etc. La lettre U désigne des lieux d'aisancos, oîi Ton a 
n'trouvé la })lace de (juatre sièges. A l'est des thermes, il y 
avait peut-être des jardins, clos de imu-s. Des canaux d'adduc- 
tion et de vidange ont été rencontrés sur divers jx^nts : ils 
.sont marqués sur le plan. 

l-*lusieurs mosaïques représentaient, conurie nous venons de 
le dire, d'autres bâtiments de la pnqiriété do Pompeianus. 
Mais nous ignorons si les artistes se sont appli(pu's à tracer 
des reproductions exactes ; d'autre part, les dessins qu'on a 
publiés de ces mosaïques, aujourd'hui détruites, ne sont pas 
des copies bien tidèles. Il est donc inq)Ossi))lc d"en tirer des 
renseignements certains. 

Sur la mosaïque des chevaux ' (salle M), on voyait, en haut, 
un vaste édifice qui était sans doute la maison d'habitation de 
Pompeianus'-^. « Les deux ailes, dit M. Boissicr, sont occupées 
« par deux grands pavillons carrés, surmontés d'une sorte de 
" dôme; au centre, h côté d'une porlc monunKMdale, s'élève 
« une tour à trois étages, comme il s'en trouvait dans toutes 
«. les villas romaines. ])our donner au propriétaire lo plaisir de 
« la vue et l'agrément du grand air ; puis vient un corjis de 
" logis, avec de grandes fenêtres cinli'ées, (pii paraissent 

1. Album cilé. ])1. i. Duruy, Histoire' des Hoinains. VII. pi. .'i la page 24. Tissot, 
lii'orjvajiUie de la pi^ivince romaine cV Afrique. I. pi. I à In pMi.'i' '^fil). i^orpiis, 
VIII, 10889. 

2. M. Poulie (/. c, p. 431-8) y voit les écuries. 



MAISONS. INSTALLATIONS RURALKS 27 

i< éclairer une galerie intérieure. Des deux côtés, en dehors 
« (le la villa, deux petites maisonnettes, qui se n'pondent, 
« complètent le logement du maître et des ser\itcurs. Elles 
u donnent sur des jardins, et, pour l'indiquer, l'artiste a placé 
(' ])ar derrière de grands arbres, dont le sommet dépasse les 
■t toits ; aux deux extrémités, commencent des palissades de 
« buis, comme on en trouve dans le parc de Versailles, qui 
« entouraient les bosquets et emprisonnaient les allées. » 

Dans la salle L', le registre supérieur de la mosaïque offrait 
à gauche deux pavillons, aux toits pointus, entourés d'arbres : 
c'était le ppcuari hciis. A droite, « l'artiste a représenté un 
<' verger, avec des arbres (res[)èce difll'érenle, le long desquels 
<( grimpe la vigne ; au jiied d'un palmier chargé de fruits 
« nu'u's, une dame est assise sur une chaise à dos... Devant 
« elle, un jeune homme tient en laisse un j)etit chien et, de 
« l'autre main, al»rite la dame sous une ombrelle. Sur le haut 
« du tableau <n\ lit : <■ fi/nso/i /ocns .>. L'ciiiplaceinenl du 
« pluln^nphr^ c'est le lieu des entretiens agréaldes et disfin- 
« gués. » Au-dessous, sont représentés deiLX bassins circulaires, 
avec des poissons et des jdantes aquati(pies, et le parc de 
chasse, scjiiuin rmoflo/tis, clos par une barrière à treillis 
serré et enfermant des gazelles. 

La mosaïque de la salle A'' nous montre une longue suite de 
bâtiments, qui paraissent avoir deux étages et que dominent 
deux pavillons; les toits sont en tiùles rouges : c'est la demeure 



1. Altnim cité, pL .'i. Le '< lien du pliilosophe » est reproduit dans Tissot, 1, 
p!. III (ù la page 495). Corpus, 10890. 

2. Album, pi. o. Une autre reproduction, un peu plus exacte, mais moins 
complète, a été publiée en t8S8 par la société de Constanline (grande planche 
en couleurs, portant le n° XXII et se rattachant au tome XXIV du Recueil de la 
société. Tissol, I. pi. Il et IV à la page i9.j). Corpus, VIII, 1089t. 



28 LKS 5I0NUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

(lu forestier, salluarii ianusK Par derrière se dressent de 
grands arl)res, entre autres des palmiers-. 

A l.r)00 mètres environ au sud de Constantine, contre le 
Hnmmel, on a trouvé, en 1842, diverses constructions qui n'ont 
pas été complètement déblayées 3; elles faisaient partie d'une 
riche villa. Une salle rectangulaire (de 8"\3t) sur 7", 14) était 
pavée d'une mosaïque dont le tableau central représentait le 
triomphe de Neptune et d'Amphitrite. Plusieurs chambres ou 
cabinets la flanquaient. Près de là, il y avait un nymphée, 
formé d'une série de niches alignées que précédaient des bas- 
sins. Ou voyait aussi en ce lieu quatre citernes accolées *. 

Delamare a décrit et dessiné^ des vestiges, assez confus 
et peu importants, d'une villa située sur le bord do la mer, 
entre Philippeville et Stora : petite exèdre, mosaïque ornemen- 
tale, citernes". 

INSTALLATIONS RURALES 

L'Afri(|ue romaine fut essentiellement un pays agricole : 
on y rencontre ;i peu près partout des restes de fermes. Ces 
bâtiments, (pie l'on n'a guère étudiés jusqu'à présent, étaient 
e'.i gén('ral construits d'une manière moins solide que les édi- 

\. Lu lecture du second mot n'est pas certaine. 

"2. L"luver est rigoureux dans la région d'Oued Atinénia et des palmiers ne 
pourraient guère y vivre aujourd'tiui. Peut-être les mosaïstes ont-ils ajouté 
à la nature. Il y a aussi des palmiers sur les pavements des salles L et M. 

3. Elles sont aujourd'hui rasées ou en fort mauvais état. 

4. Ravoisié, I, p. 6-1. Delamare. pi. 137, 2 ; 138 seq. Vars. Rec. de Coiisl., 
XXVI il, 1893, p. 328. 

5. Delamare, Me moires des anliquaires de France, X.\l\. tS.i'), p. 16u-17i ; 
p!. 2, fig. 10. 11. Le même, Explor., pi. 41, fig. o; pi. 42. Vars lii/sicade et 
Stora, p. 207. 

6. Pour quelques mosa'iques à figures qui décoraient des maisons et des 
villas romaines, voir plus loin, ch. xiv. 



MAISONS. INSTALLATIONS RURALES '^^ 

ficcs publics : aussi sont-ils moins distincts. Le plus souvent, il 
est bien difficile de reconnaître les dispositions exactes des divers 
locaux : chambres, écuries, magasins, aires, ateliers, fabriques 
d'iiuile ou de vin, etc. Ils se groupaient d'ordinaire autour 




B 



l.-,^j_ ^1). _ iiiiilei-ie de Bir Sgaoun. 



d-une on de plusieurs cours, dans lescp.elles on parquait le 
bétail; les uns étaient en maçonnerie, les autres peut-être en 
cliarpente ou en branchages. Les murs extérieurs formaient 



30 LES MOMMEMS ANTIOUES DE L ALGEItlE 

souvent une enceinte rectangulaire, qui pouvait au besoin pro- 
lég-er les habitants contre des coups de main. Une fouille nir- 
thodique d une grande ferme romaine serait sans doute intéres- 
sante'. Nous nous contenterons ici de dc'crire 1)rièvement deux 
établissements agricoles importants, qui sont encore assez bit'u 
conservés. 

Le premier se trouve à Bir Sgaoun, à .35 kilomètres au sud 
de Tébessa- : voir [fig. 89 et 90), le idaii et les doux coupes, 
exécutés par M. Sadoux, avec qui j"ai visité cette ruine; nos 
jilanchcs LXXV et LXXYI reproduisent le monument sous 
deux aspects. Les murs ont été bâtis soit en assises de grand 
appareil (parties basses), soit en moellons, avec des chaines 
en pierres do taille (parties hautes) ; les remplissages en moel- 
lons se sont écroulés, mais les chaînes ont résisté : elles res- 
semblent à des cadres vides, qui surprennent tout d'abord. 
L'édifice mesure 2<r,20 de long sur 18'".r)0 de large. Il est 
divisé en (piatre vaisseaux, dont trois sont séparés par deux 
rangées do piliers, portant des arcades. Entre le troisième 
vaisseau et le quatrième s'élève une ligne de poteaux de pres- 
soirs, surmontés d'un mur plein. On compte six })ressoirs : les 
poteaux sont demeurés intacts, et l'on y remar([ue les entailles 
qui recevaient les l)arres maintenant les presses à une hauteur 
convenaldo; il suffirait sans doute d'une petite fouille pour 
retrouver les tables, creusées d'une rigole circulaire, qui por- 
taientles paniers, et les cuvesdans lesquelles coulait le liquide''. 
La vaste salle devait aussi contenir des moulins à olives; des 
emplacements y étaient peut-être ménagés pour servir de 

1. 11 y ;i (les ruines de fermes, encore assez nettes, sur divers points des 
régions de Sélif, de Tébessa. etc. 
■2. De lîosredon. Uec. de ConsL, XVK 1813-4, p. o4 et pi. 1. 
3. Conf. Saladin, Arcftices des Missions, 3- série. Xlll. 188*. p. l-2o-t28. 




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MAISONS. INSTALLATIONS RURALES 



31 



magasins. Comme on le voit, ce monument, qui. après dix-sept 
siècles, garde encore grand air, était une simple huilerie'. 

A Tipasa de Maurétanie, il y avait, au sud-est de la ville, 
une propriété importante, appartenant à une famille Hortensia, l 
Le bâtiment que nous allons décrire-' s'élevait sur ce 




Jacade e&,i /ircoiyotr.i Coiinc A B 




• Coiin-c i\\ ttcvin!w C D E F 
V\y\. m. — Huilerie de Bir Sgauiin. 



domaine; nous en dumions le plan figure 91, d'après le dessin 

1. 11 y a aussi une huilrrie importante à ICsar Tébinet. au sud-ouest de ( 
Tébessa; elle a été établie dans un fort de Tépoque du Haut Empire (couf., -; 
t. I, p. 89, n. 1). — Dans les régions de Tébessa et de Khenchela, on ! 
rencontre en beaucoup de lieux des ruines d'huileries analogues, mais moins 
vastes ; conf. par exemple, Masqueray, Revue africaine, XXII, ISTS, p. 34, 38, 40. 

2. Gavault, Eevue. africaine, XXVJII. 188'f, p. 74 .■<eq. Gsell. Mélanges de 
l'École de Rome, XIV. 1891. p. 420-4. 



32 



LES MOiNUMEiNTS ANTIQUES bi: L ALGÉRIE 



de Gavault. Il comprend des constructions qui datent de diffé- 
rentes époques et se distinguent par des exhaussements suc- 
<-essifs. Les parties teintées en noir indiquent la première 
<'j»<tqne, à laquelle se rapportent tous les murs en pierres de 

taille ; les murs ;i 
hachures croisées 
sont en moellons 
et plus récents. 

Primitivement, 
l'édifice était peut- 
être une habita- 
tion. p(jurvue de 
bains : les salles 
A et B offrent, en 
effet, des restes 
(l 'Il ypocaiistes . 
Cette demeure fut 
détruite })ar un 
incendie. Plus 
lanl. i)robablement 
il la fin du m'' siècle, 
(tu y établit une 
t"abri(|UO . Los salles 
F et PI citntiennent 




Fio. 01. — Faljriqiie de Tipa.sa. 



des pressoirs, de l'",60 et de 2 mètres de diamètre. Dans la salle 
II se voit aussi, dit Gavault, « un escalier de huit degrés, qui a 
« encore sa rampe ; il mène à une large plate-forme, oii sontdeux 
" l)oaux Ijassins, séparés par un rebord en pierres de laiilc. Tous 
« doux ])onvaient, celui de gauche [ch) par une gargouille, 
« l'autre, plus éloigné [b), par des conduits de plomb, déver- 



MAISONS. INSTALLATIONS RURALES 33 

« ser leur contenu dans un troisième bassin (f), dont le radier 
« est de niveau avec le sol de la salle. Une dépression (e), de 
(( forme circulaire, ménagée dans ce radier, était destinée à 
(( recevoir le dépôt du liquide. Une ouverture permet de vider 
(( le bassin; elle débouche dans une petite cuvette {d). Cet 
(( ensemble d'appareils servait, sans doute, au foulage du rai- 
(( sin ; les hommes montaient par l'escalier dans les bassins 
« supérieurs, d'où le liquide coulait dans le réservoir ». 

La salle E contient « deux auges monolithes, divisées, l'une 
(( en trois, l'autre en quatre compartiments cubiques, et dis- 
K posées en forme d'L dans l'angle de la pièce. Les sept réci- 
« pients communiquent, de proche en proche, par de petits 
« canaux creusés à la partie haute des cloisons, de façon que, 
« le premier étant rempli, la nappe supérieure du liquide 
« s'écoule dans le second, et ainsi de suite. On conçoit l'ingé- 
(( niosité de ce système pour l'épuration d'une substance telle 
« que l'huile ou le vin ; les parties solides tombent dans le 
« fond, creusé d'un petit contre-bas central, et, à chaque pas- 
« sage, le liquide en contient une moindre quantité. » L'une 
de ces auges est pourvue d'une inscription, portant nne date 
qui correspond à l'année 278 après Jésus-Christ et donnant le 
nom du propriétaire, M. Hortensius Gaudentius'. 

Les autres salles de l'édifice n'offrent qu'un intérêt médiocre'. 
Elles ont été en })artic remaniées à une très basse époque. 

Ce n'est pas ici le lieu de décrire les nombreux vestiges des 
travaux hydrauliques que les anciens exécutèrent dans les 
campagnes : cette étude ne peut être qu'un chapitre d'une his- 



1. Epliemer/.s ep^graphica, V, 1303. 

"2. Sous la salle G, il y a une citerne, dont ou voit le regard circulaire. La 
salle T contenait une grande jarre. 

II. 3 



3t LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉKIE 

toire do ragricultiire dans l'Afrique du Nord. Il conviendrait 
(lu reste de compléter les quelques observations de détail qui 
ont été faites jusqu'à présent'. 

Beaucoup de ces ouvrages durent être construits avant la 
conquête romaine. On les entretint et on les multiplia pendant 
les premiers siècles de notre ère. Il est mémo probable qu'un 
certain nombre d'entre eux ont été, sinon entrepris, du moins 
réparés à une époque plus récente : rien ne sei-ait i)lus faux 
que de croire que le Maghrel) ait été plongé dans une com- 
plète barbarie dès l'arrivée des Arabes. 
Ç En maints endroits, l'on retrouve des restes do digues en 
bélun : petits barrages dans les ravins des montagnes-, autres 
plus importants dans les vallons et à l'entrée des plaines'^ : la 
course du liquide était ainsi ralentie et les eaux des pluies 
torrentielles, au lieu de se perdre en quelques lieures après 
avoir ravagé les champs, s'emmagasinaient dans des bassins, 
habilement échelonnés de manière à empêcher de trop fortes 
poussées. Dans le voisinage des lieux liaitités, d'autres bar- 
rages coupaient les rivières ^ et retenaient l'eau nécessaire à 



\. La Blanchère a publié, sur Thydraulique agricole des Romains en 
Afrique, un mémoire qui contient des vues d'ensemble intéressantes (jYoî^- 
velles Archives des missiuns. \\], 1897, p. 1-109); mais les exemples qu'il 
cite sont presque tous pris en Tunisie, non en Algérie. — Pour cette dernière 
contrée, la seule étude importante est celle de Payen sur les travaux hydrau- 
liques du Hodna {Rec. de Consl., VIII, 1864, p. 1-1-3; pi. 1-XXIII). 

2. En particulier au sud du Chélif, dans les montagnes voisines de Batna, 
dans la région entourant Tcbessa (voir, par exemple. De Bosredon, Rec. de 
Const., XVIII, 1816-7, p. 426). 

.3. Par exemple, sur plusieurs affluents de la rive gauche du Chélif. 

4. Par exemple, les barrages du Hodna, étudiés par Payen (conf. Ville, 
Vo'jaf/e d' explorai ion dans les bassins du Jlodna ei du Sahara, p. 111-2); 
ceux qui coupaient le Rummel auprès de la ville de Tiddi et à l.^iOO mètres 
au sud de Gonslanline, en amont du contluent de cette rivière avec l'oued 
Bou Merzoug (Delamare, Explor.. pi. 137); ceux qui étaient jetés sur Tisser, 



MAISONS. INSTALLATIONS RURALES 35 

raliinentation du l)étail ot aux cultures irriguées (potagers, 
vergers, jeunes plants d'oliviers) i. 

Des conduites ou simplement des rigoles, que des vannes 
pouvaient fermer, partaient soit des bassins constitués par les 
Ijarrages, soit des sources, et amenaient le liquide dans des 
réservoirs, pour la })lupart à ciel ouvert, ou sur les terrains à 
humecter 2. 

Nous citerons comme exemples de ces réservoirs ceux que 
l'on voit à Kasrou, près de Batna; ils ont été décrits avec soin ) 
par ]\I. Moliner-Violle''' : « Le plus petit, dont le côté décou- 
(( vert' a 17 mètres de long, est formé de fortes dalles de 
« 1 mètre h i'",5<> de large sur i mètre de haut, engagées 
« dans des piliers de même hauteur par des rainures en queue 
« d'aronde. Ces dalles et ces piliers reposent sur un soubasse- 
« ment recouvert par les eaux. — Le second bassin est plus 
« vaste que le premier : il a 24 mètres de large et 32 de 



près lie Laïuoricière et de Renichi, dans la province d'Oran (Revue africaine, 
1, 18o6-7, p. 3G4; Bull. iVOran, 188G, p. 46) ; celui de l'uued Djedi (Ragot, Hec. 
de Coiist.. XVI, 1873-4, p. 290; La Blanchère, /. c, p. 82) ; etc. 

1. Nous avons déjà fait observer (I, p. 247), qu'en général les hommes 
n'aimaient pas à boire l'eau courante des rivières. L'eau qu'ils buvaient leur 
était fournie, autant que possible, par les sources où des aqueducs allaient la 
chercher, par les citernes, enfin par les puits. Ces puits sont particulièrement 
nombreux entre Sétif et Batna, au nord de l'Aurès, au sud et au sud-ouest de 
Tébessa. 

2. Parmi ces conduites, on peut citer celles que MoU et De Dosredon ont 
signalées près de Tébessa {Ann. de ConsL, 18.j8-9, p. 76; Rec. de CorisL, 
XVill, 1876-7, p. 388-9) ; celles qu'on trouve dans la région de l'Aurès 
(Masqueray, Revue africaine, XXII, 1878, p. 447) ; celle d'A'in Méchira {Rec. 
de Const. ,\'[ll, 1864, -p. l.'JO); celle qui s'embranchait sur l'oued Boutane, près 
de Miliana (conf. Mémoires de la Société archéolof/iqzie de l'Orléanais, 1, 18ol, 
p. 2.56) ; etc. Voir aussi une inscription d'Ain Témouchent (La Blanchère, 
Musée d'Oran, p. 22) : « ... aquagium novo opère a solo extructurn suis posses- 
sionibus constiluerunt. » 

3. liée. deConslanline, XXVIII, 1893, p. 41-3 et 2 planches. 

4. Ce bassin n'a pas élé entièrement déblayé. 



36 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

<( long. Ses murs sont construits de l;i même façon : fortes 
(( dalles retenues par des rainures creusées dans des })iliers, 
« sur un soubassement... Sur le pourtour des murs, de 0"",6<) 
« en O'^jôO, on voit des trous de 0",09 de profondeur et do 
(( U'",025 de largeur, destines sans doute, à l'origine , à rece- 
« voir les montants d'une [grille], dont il n'existe plus de 
(( de trace. » Ce réservoir pouvait recevoir l'eau de deux 
sources, Tune froide, l'autre légèrement thermale (20°), par 
deux canaux construits en fortes briques. 

(( Le sol du Ijassin est formé parime belle mosaïque blanche. 
« Ce sol n'est pas uniforme; tout autour [règne] une banquette 
« de 2", 50 de large, qui s'infléchit vers le centre. » 

Une vanne est placée à l'angle sud-est. « Elle a 1^,35 de 
<( haut sur 1™,20 de large ; c'est une forte pierre, vers le 
« milieu de la(pielle se dresse un large talon, (jui permettait 
*( de la soulever à l'aide de leviers, lorsqu'on avait besoin de 
« nettoyer le bassin. Au-dessous de ce talon, sont deux trous, 
« placés l'un ati-dessus de l'autre et qui servaient à l'écoule- 
« ment des eaux. Près de l'angle opposé, on remarque aussi 
(' un autre orifice, qui devait déverser une partie des eaux 
(( sur les terres du sud de la vallée. » 

Ces bassins de Kasrou ont pu servir à prendre des liains, 
mais il est probable qu'ils étaient avant tout des réservoirs 
permettant d'humecter les champs environnants ^ 

Yoici, d'autre part, comment les cultivateurs du pays situé 
au nord de Khenchela irriguaient leurs terres : « L'Abigas, 

1. Des bassins analogues se rclrouvcnl en divers lieux : par exemple à Ain 
Tarfu et à Ksar Ténaceft, au nord de lAurés (Graillot et Gsell, Mélanges École 
de Rome, XIII, 1893, p. 531 et XIV, 189i, p. 73; Poulie, Bec. de ConsL, XIII, 
180!), p. 063",; à Ksar Tébinct, au sud-ouest de Tébessa; à Messaoud. près de 
Sétif (Poulie, liée. ConsL, XVIII, 187G-7, p. o(i8) : etc. 



MAISONS. INSTALLATIONS RURALES 37 

'( (lit Procope ', sort du mont Aiirès ; parvenu dans la plaine, 
« il arrose le pays comme le veulent les habitants, car ils 
<( dérivent ce cours d'eau de la manière qu'ils croient leur 
« être la plus avantageuse ; ils ont creusé un grand nombre 
« de canaux, dans lesquels l'Abigas est réparti ; il coule sous 
« le sol, puis reparaît, réunissant ses eaux. Ainsi, dans la 
« plus grande partie de la plaine, cette rivière se trouve être 
« à la disposition des habitants, qui ferment les canaux par 
« des digues ou les ouvrent ensuite, de manière à se servir 
« des eaux comme il leur plait. » 

On a découvert dans cette région, à Ain Mtirchou, un canal 
souterrain, construit en pierres de grand appareil et mesurant 
2 mètres environ de largeur sur 1 mètre de hauteur; il semble 
avoir appartenu au système hydraulique dont parle l'historien 
byzantin -^ 

A Ain Djedied, au sud-est de ïébessa, M. Durand a cons- 
taté l'existence de tout un système de drainage et de puits 
pour l'irrigation des cultures^. On distingue plusieurs lignes, \ 
constituées chacune de la même manière : de petits puits, 
creusés à égale distance les uns des autres (7 mètres environ 
d'axe en axe), profonds de 5'", 40 à 8"", 60, donnent sur une 
conduite souterraine, large de 0"\70, haute de près de 2 mètres, 
à pente très douce. 

Des règlements minutieux fixaient l'usage de l'eau. Masqueray 
eu a retrouvé un à Henchir Merouana, au nord-ouest de Batna '*. 

1. Guerre vandale, II, 10 (p. 494 de lédition de Bonn). 

2. Masqueray, Revue africaine, XXII, 1878, p. 446, et Bull, de correspon- 
dance africaine, I, 188-2-3, p. 278-280. Couf. Dewulf, Rec. de ConsL, XI, 1867, 
p. 227; Ragot, i/jid., XVI, 1873-4, p. 213. 

3. Rec. de ConsL, XXIX, 1894, p. 582-390. 

4. Corpus, VIII, 4440 — 18387. Gsell, Recherches archéologiques en Algérie, 
p. 83-3. 



38 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l' ALGÉRIE 

Il se rapporlo ;i un a(|UodLic qui parcourait uno partie du 
territoire du niunicipe de Larnasha et indique en g'rand 
détail le chiffre des heures d'irrigation auxquelles les 
diffçrenls propriétaires, riverains de l'aqueduc, avaienl droit : 
ce chiffre est calculé sur le nomhre des arhres fruitiers et des 
oliviers possédés par chacun. 

Ces travaux hydrauliques, qui ponnii'enf aux cultures arhus- 
tives et ;i l'élevage de prendre un merveilleux essor dans 
l'Afrique septentrionale, furent faits par des communes, des 
associations privées, des particuliers', et non pas parle gou- 
vernement impérial. Le régime de la grande propriété, si ilo- 
rissant (hms cette contrée aux premiers siècles de notre ère, 
en rendit sans doute l'exécution plus facile : la vaste étendue 
des domaines supprimait les rivalités locales que fait souvent 
naître l'usage des eaux courantes, 

1. Y compris l'empereur, en tant que proprii'taire foncier. 



CHAPITRE XIII 
SÉPULTURES 



Nous avons montré plus haut que la coutume d'ensevelir les 
morts sous des construtions en pierres sèches persistait encore 
au temps des empereurs. Nous nous occuperons ici des autres 
types de toudjes usités en Algérie pendant la douunatiou 
romaine. 

Observons tout d'abord que les deux rites de l'incinération 
et de l'inhumation furent l'un et l'autre très en faveur jusqu'à 
l'époque des Sévères'. Au m' siècle, l'incinération devint beau- 
coup plus rare ; au iv% elle disparut presque entièrement^. 

Nous parlerons en premier lieu des sépultures individuelles ; 
}iuis des caveaux souterrains et des mausolées, destinés, en 
général, à abriter plusieurs morts. 



1. Ces deux rites sont souvent associés d'une manière étroite. Dans des 
cimetières, on trouve pèle-mèle des trous à incinération et des fosses pour des 
cadavres : par exemple à Tipasa [Mélanges École de Rome, XIV, 189 i, p. 378) 
et à Constantine (Delamare, E.rploralion, pi. 154). Des chambres funéraires 
contenaient à la fois des corps inhumés et des cendres : voir plus loin, aux 
mausolées, n°' 13, 30; Mélanrfes Êc. de Rome, XIV. p. 379-380; etc. 

2. 11 s'agit ici des païens. On sait que les chrétiens ont toujours repoussé 
ce rite. 



40 LES ]MO^L■ME^TS ANTIQUES DE l' ALGÉRIE 



SEPULTURES INDIVIDUELLES 

A) A nthumation. — Voici quelles sont les principales 
formes de ces tonil)es ' : 

1" Fosses creusées dans le roc, isolées ou en groupes'-. Tan- 
tôt elles sont parfaitement rectangulaires, tantôt le côté de 
la tête est arrondi; quelquefois môme le côté opposé l'est 
aussi-'. Plus d'une de ces sépultures devait être simplement 
recomblée avec de la terre ; beaucoup d'autres avaient un cou- 
vercle, consiiiné soit par une seule grande dalle, soit par une 
série de pierres plates. Fréquemment, on a creusé des feuil- 
lures le long des l)ords, pour y encastrer ce couvercle. Il est 
probable que le corps était souvent enveloppé d'un linceul ou 
placé dans un cercueil en bois; parfois, on le recouvrait d'une 
couche de chaux '^ 

De ielles fosses se retrouvent en cent endroits de l'Algérie^ 

1. Sans parler des simples inhumations en pleine terre, qui ont dû être assez 
fréquentes. 

2. Nous avons signalé précédemment (I. p. GO) des tombes de ce type à 
Djidjelli. Elles peuvent aussi bien dater de l'époque romaine que de l'époque 
punique. 

3. Des fosses de Djidjelli (note précéd.) imitent la forme du corps humain. 
On en a signalé de semblables dans la région de La Galle (Letourneux, Archiv 
fiir Anthropologie, \\,i8G~i, p. 316,fig. 93) : aucun indice ne permet de les dater. 

4. Gonf. Toutain, les Cilés romaines de la Tunisie, p. 238. 

■3. Par exemple : h Tébessa {Rec. de Co7isl., XXVI, 1890-1, p. 280); — dans 
la région de Souk Ahras [ihid., XVII, 1875, p. 27; Bull. Comité, 1887, p. 468); 
— près de Khamissa {Bull. Comité, 1897, p. 277. n° 52); — à Gonstantine (Dela- 
niare, pi. 1.j4; Fournel, Richesse minérale de VAlijérie, I, p. 213; Ann. de 
Consl., 18fi0-i, p. 172, où l'on mentionne des fosses contenant des monnaies 
romaines et numidiques; Bec. de Consl., XXV, 1888-9, p. 401); — à Sigus, dans 
un cimetière rempli d'épitaphes latines; — à Lambèse, près de la voie romaine 
qui conduisait de la ville à Marcouna ; — dans la région de Sétif (Rec. de 
Consl., XXXIV, 1901, p. 128-130 et planche à la page 132); — à Bougie (Vigneral. 
Ruiîies romaines de la Kabylie du DJurdjura, p. 151); — à Tigzirt (Gavaulf, 



SÉPULTURES 41 

Il est généralement impossible de les dater avec précision, 
mais un grand nombre d'entre elles appartiennent sans nul 
doute à l'époque romaine, comme Findiquent les inscriptions qui 
les accompagnent ou le mobilier funéraire qu'elles renferment. 

Certaines fosses sont des caveaux rudimentaires. Au lieu 
d'être taillé verticalement jusqu'au fond, un des côtés longs 
s'incline on se recourbe à peu de distance du bord, de ma- 
nière à former une cavité latérale, dans laquelle on avait 
déposé le mort, pour mieux le protéger contre les infiltrations 
de terre ou d'eau '. 

2" Fosses creusées en pleine terre ou dans un tuf peu consis- 
tant. Afin d'empêclier l'éboulement des parois, on les a tapis- 
sées de dalles assez minces- ou de grandes tuiles-^: ailleurs, 
on a construit des murs en moellons*, ou même en pierres de 
taille J. Le couvercle consiste soit en une dalle unique, soit en 
une rangée de pierres plates ou de larges tuiles. A Sidi Fer- 
rucli, près d'Alger, des tombes tapissées et couvertes de dalles 
sont surmontées d'une sorte de pignon en dos d'âne, compor- 
tant deux séries de blocs arc-boutés. Cette dis})osition, desti- 
née à alléger la })0ussée des terres, rappelle cei'taines sépul- 



Élude sur les ruines romaines de Tifjzirt. p. lllj; — à Dcllys, à l'ouest de. la 
ville (conf. Revue africaine, 11, i8."n-8, p. 316); — près de Bordj Ménaïel, en 
Kabylie {Rec. de ConsL, XXXll, 1898, p. 30 et planches); — à Tipasa, tombes 
du premier ou du second siècle de notre ère {Mélanges École de Rome, XIV, 
1894, p. 378); — dans le Dahra, en particulier à Kalaa {Bull. Comité, 1888, 
p. 98; — à Ain Toukria {Revue africaine, XXVII, 1883, p. 233); — à Tiaret 
(Spectateur militaire, XXXV, 1843, p. 666; Revue africaine, VI, 1862, p. 29). 

1. A Bougie (Delamare, pi. o, fig. S-8) : à Kalaa, dans le Dahra. On trouve 
des tombes semblables dans des cimetières chrétiens, à Tipasa et à Ténès (voir 
livre III, ch. m). 

2. A Sidi Ferruch, à Cherchel, à Tébessa. 

3. A Cherchel (Gsell, liuide archéolorjirjue des environs dWUjer, p. 6."3). 

4. A Sidi Ferruch. 
iJ. A Khamissa. 



42 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

(lires puniques de CarthagX'. A Philippeville, on a trouvé toute 
une série de fosses parallèles, hàties en moellons; dans cha- 
cune d'elles, il }' avait des compartiments superposés (au 
nombrede trois), séparés pardes lits de tuiles. Le compartiment 
supérieur était également fermé })ar des tuiles, posées à plat ', 

3° Sarcophages monolithes en f(n-me d'auge -. On eu ren- 
contre à peu près partout en Algérie. Les uns sont parfaite- 
ment rectangulaires; les autres sont arrondis du côté de la 
tête, soit au dehors comme au dedans, soit seulement ;i l'inté- 
rieur. Parfois, on a creusé, à l'une des extrémités, une logette 
circulaire, pour y ijlacer la tête, et l'auge est plus étroite aux 
pieds qu'aux épaules-': il y a peut-être lii un souvenir des sar- 
cophages phéniciens dont la forme imite le corps humain''. Le 
couvercle, généralement monolithe, est plat ou taillé en dos 
d'âne. Le mort était souvent enfermé dans une caisse en hois, 
ou même en plomh ', ou bien noyé dans une coucdie de chaux. 

4° Sépultures, creusées soit en pleine terre, soit dans le roc, 
où le corps est garanti jiar deux s(''ries de grandes tuiles, 
inclinées les unes contre les aulivs, de manière à constituer 
un toit. A la tête et aux pieds sont d'ordinaire dressées deux 
autres tuiles, qui coniplidcnt la clôture. Ce genre de 
lombe est également très fréipient dans l'Afrique romaine'"'. 

1. Roger, ^[<■lnoil•es/llS() In Sorbonne, Aic/u'olof/lp,\\\, 1SG8. p. 10;')-6ot fil. XIV. 
'i. Quekjues-uns sont douilles, triples et même (iiiadrnples : conf. lii/ll. 
t'oiriilé, 18!)!i. p. 448 (Ziaina). 

3. Sarcopliages de Ziaina {iOit/.. p. 448. n. 7), de Djeniila {Rec. de Coiisl., XX, 
i8T.}-1880, p. 212), des environs de La Galle {Archiv fiir Anllirupoloçiip, H, 1867. 
p. 31G), de Tigzirt. Des sarcophages chrétiens présentent aussi celte logette 
(voir livre III, eh. m). 

4, Conf. les fosses taillées dans le roc, nu'ulionnées p. 40, n. 3. 

0. Par exemple, Guyon, Voijaf^e dWUier aux Ziban, p. 30 (à Slora). 

6. A Tébessa {liée. deCon.st.,\\lU, 1883-4, p. 139) ; — à Philippeville (Gsell et 
Bertrand, Musée de l'/illippeville. p. 2."1) ; — à Mdaourouch et à Klianiissa (Gsell, 
lieoherc/ies archéuijfjlques en Alr/e'rie, p. 295 et 3.17 -, — à .\lger {lievue afvi- 



SÉPULTURES 43 

5° Massifs de blocage, ayant la forme d'un caisson arrondi 
en haut ou d'un parallélépipède. A l'intérieur, est ménagé un 
vide rectangulaire, voûté ou couvert de dalles, dans lequel git 
le mort '. D'autres fois, ce massif recouvre un sarcophage mo- 
nolithe ^ ou bien un toit de grandes tuiles ^. Un monument de 
ce type, qui se voit près de l'embouchure de l'oued Damons (à 
Touest de Cherchel), est placé au milieu d'une exèdre semi- 
circulaire, de 6"°, 20 d'ouverture. 

6° Jarres couchées en terre : mode de sépulture qui est 
peut-être d'origine phénicienne '». Quand la jarre était desti- 
née à contenir un cadavre d'enfant, on la fendait, en long ou 
en travers, pour introduire le corps, et l'on rajustait ensuite les 
deux morceaux tant Ijien que mal. Pour un adulte, une seule 
jarre n'aurait pas sufti. On allongeait le récipient funéraire, 
i^oit en se servant de deux jarres, dont on bi'isait la pointe et 
(|ue l'on réunissait en emboîtant l'une dans l'autre les deux 
l)arties inférieures •"', soit en coupant une jarre transversale- 
ment et en intercalant entre les deux: morceaux des segments 
de la panse d'un ou plusieurs autres vases. Souvent, le mort, 
au lieu d'être enfermé tout entier à l'intérieur d'un cylindre de 
terre cuite, constitué par un ou plusieurs récipients, était 
seulement couvert de fragments de jarres, formant une sorte 



caine, XIII, 18G9, p. 48; XIX, 1875, p. 413; ; — ù Cherctiel (Gsell, Guide archéo- 
lofjique des environs d'Alger, p. 65); etc. 

1. Par exemple à Collo, à Tililat {liée, de Const., XII. 18G8, p. 49.T, à Alger 
{Revue africaine. IW. 1858-!), p. 310; VI, 1862, p. 311. 314: XIX, IST.-;, p. 392-3, 
394), à Tipasa, à Cherchel. 

2. A Tipasa {.Mélanges École de Rome, XIV, 1894, p. 383). 

3. A Cherchel; à Alger {Revue africaine, XII, 1868, p. 407; XIX, 1875, p. 411). 

4. Conf. Toulain, les Cités romaines de la Tunisie, p. 235. 

5. La bouche de chaque jarre élait fermée avec la pointe qu'on avait 
brisée. 



I 



I 



44 LES MOMMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

de carapace. Ces sépultures étaient parfois surmontées d'un 
toit de tuiles, en dos d'une '. 

7° Cercueils en plomb ^ ou en argile, enfouis sous le sol. Ces 
deux modes d'inhumation sont exceptionnels. A ma connais- 
sance, on n'a rencontré de cercueils d'argile que dans le voisi- 
nage de Biskra : ils sont arrondis aux deux extrémités et res- 
semblent à des baignoires-'. 

B) A incin&ration : 

i" Trous quadrangulaires ou cylindriques, creusés soit en 
pleine terre, soit dans le roc '% et contenant des cendres déposées 
à même ou dans un récipient : vase en argile, que l'on plaçait d'ha- 
bitude verticalement ■'', coffre en pierre, en marbre, en plomb''. 

1. On a trouvé des jarres funéraires à Stora, où en certains endroits elles 
se superposaient sur plusieurs étages (Guj'on, Voi/rif/c d'Alger aux Ziban, 
p. 2!) ; Delainare, Mémoires des antiquaires de France, XXIV, 1859,. p. 161; 
Grémilij', Revue africaine, IX, 18H5, p. 7o ; Bertrand, Bull. Coniilc, 1901, p. Ti- 
80 et pi. XV) ; — à Chéraga prés d'Alger (De Mortillet, Ditllelins de la Sociélé 
d'anl/iropolofjie de Paris, 1888, p. 723) ; — à Tipasa, dans un cimetière 
romain du i*"- ou du u" siècle de notre ère (Gsell, Melanyes de l'École de Rome, 
XIV, 1894, p. 379) ; — à Cherchel. dans des cimetières romains (Gsell. (iuide, 
p. 65); — à Biskra (De Mortillet, l. c, p. 720-722): — sur l'oued Djedi,au sud- 
ouest de Biskra, où elles paraissent être du iv siècle (Delattre,/<ec. deConsl., 
XXV, 1888-9, p. 270). Pour Sidi Ferruch, conf. plus loin, note 5. Au cha- 
pitre des sépultures chrétiennes, nous mentionnerons des tombes semblables. 
— Si, en général, il est impossible de dater ces jarres funéraires, on voit 
cependant ([ue certaines d'entre elles appartiennent incontestablement à 
l'époque romaine. Bien ne prouve que celles de Stora soient plus anciennes. 

2. Reoue africaine, IX, 1857, p. 132 (Novi, près de Cherchel). 

3. De Mortillet, L c. p. 722 (fig. à la page 721). 

i. A Tipasa (Mélanges de l'École de Rome, XIV, 1S94, [). 378); à Constantine 
(Delaniare, E.rplor., pi. I.'i4, fig. 1 et 2). 

5. .\ Cherchel (propriété Archambeau), on trouve des cendres et un mobilier 
funéraire dans des jarres fendues en travers et posées debout. A Sidi Ferruch, 
des jarres, qui ont été fendues pour recevoir le dépôt funèbre, puis coucliées 
liurizotitalemenl, contenaient, dit-on, des restes incinérés; mais la chose ne 
nous parait pas certaine. A Stora, Grémilly [Revue africaine, IX, 1865, p. 75) 
parle aussi de jarres renfermant des ossements qui portaient des traces d'inci- 
nération; elles étaient couchées sur le sol, comme les jaiTcs à inhumation (|uc 
nous avons signalées tout à l'heure. 

6. Gsell, Guide, p. 05 (à Cherchel). 



SEPULTURES 45 

2° Boites rectangulaires, formées de quatre dalles ' ou de 
plusieurs grandes tuiles debout ', garantissant l'urne ; toits en 
tuiles, remplissant le même office-^. 

3° Blocs de pierre (grès, calcaire ou tuf), cubiques ou cylin- 
driques, enfouis sous terre ; ils sont creusés au centre d'une 
cavité qui contient l'urne cinéraire, en argile, en plomb, en 
verre. Un autre bloc, non évidé, ou bien une pierre plate sert 
de couvercle ^ 

4° Petits massifs en blocage, ayant la forme d'un caisson I 
semi-cylindrique ou d'un parallélépipède, à l'intérieur duquel j 
l'urne d'argile est enfermée '^. 

Les diverses sépultures que nous venons d'énumérer sont 
souvent surmontées de petits monuments monolithes, indiquant 
la place de la tombe et portant d'ordinaire l'épi tapbe du mort. 
Ce sont : 

i° Des stèles (cippi^), dont le sommet est en général pointu 
ou arrondi. On en trouve dans toute l'Algérie romaine, mais 

1. A Tébessa (Rec. de Consl., XXIII, 1883-i,p. 139). 
'2. A Cherchel (Gauckler, Musée de Clierchel, p. 37). 

3. A Tébessa [Bec. de Const., XXIII, p. 139) ; à Sétif; à Cherchel. Voir, pour 
Séiif, Delaniare, Explor., pi. 76, fig. 1 et 3; pi. 77, fig. 1 (où cette construction 
en tuiles est enfermée dans une caisse en blocage) ; — pour Morsott, dans la 
région de Tébessa, Sériziat, Hec. de Cotist., XII, 1S68, p. 470 (toit en tuiles, 
recouvert d'un massif de blocage de 2 mètres d'épaisseur). 

4. A Tébessa [Rec. de ConsL, XXIII, 1883-4, p. 139); — à Philippeville 
(Delaniare, ExpL, pl. 31 ; Mémoires lus à la Sorbonne, Archéologie, VU, 
1868, pl. XIV à droite : Gsell et Bertrand, Musée de Philippeville, p. 2o) ; — à 
Constantine, avec un récii^ient en plomb {Jlec. de Consl., X, 186G, 
p. 38): — à Tiklat, avec des récipients en plomb ou des urnes en verre 
{Rec. de Co7ist., XII, 18G8, p. 496: ibid., XXV, 1888-9, p. 431; Mélanges 
de VÉcole de Home, X, 1890, p. 413); — à Tipasa [Mél. Ëc. de Rome, XI V, 
1894, p. 381-2) ; — à Cherchel ;^Gauckler, Musée de Cherchel, p. 37 ; Gsell, Guide, 
p. 601. 

.'J. A Tipasa {Mél. Êc. de Rome, XIV, p. 382); à Cherchel. 

G. Ce m(jt cippus est employé pour désigner des stèles sur des inscriptions 
d'Announa et de Cherchel {Rec. de Conslantiue, XXIX, 1891, p. 641. n°1.37; 
Bull, épigr. de la Gaule, 11, 1882, p. 192, n" I81. 



46 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉHIE 

surtout le long du littoral, dans l'est de la province de Cons- 
tantine, autour de Sétif et {FAuniale. Parfois, elles atteignent 
de grandes dimensions : ainsi, il y en a ii Khamissa qui me- 
surent plus de 3 mètres de hauteur. Certaines d'entre elles 
sont (lou])les, triples ou môme quadruples. L'inscription est 
fréquemment accompagnée de quelque image-, occupant la 
partie supérieure de la pierre : nu ou })lusieurs croissants aux 
cornes levées, un croissant sommé d'une étoile ou d'une rosace, 
une couronne, une guirlande, plus rarement un ou plusieurs 
personnages-; la représentation du banquet funèbre est excep- 
tionnelle. 

2" Des autels [arae), déforme quadrangulaire "■, type propre- 
ment romain qui se rencontre surtout près des villes^. Au-des- 
sus de ré])itaplie, on a souvent sculpté une guirlande, rare- 
ment un personnage. Sur beaucoup de ces autels, les faces 
latérales offrent une aiguière et une patère, images symboli- 
sant les sacrifices aux Dieux Mânes. 

3" Des caissons semi-cylindri(jues [cupujtcj •"', type d'origine 

\. Parfois gravée (sur des stèles trùs humbles), d'ordinaire sculptée. 

2. On constate assez fréquemment remploi de stèles fabriquées pour être 
des ex-voto dans des sanctuaires: le personnage accomplit un sacrifice ou 
tient une offrande (voir, par e.xemple, Gsell et Bertrand, Musée de Philippe- 
ville, p. 24, n. 1). 

3. La forme hexagonale est rare (on en a plusieurs exemples à Lambèse). 

4. Quelquefois, on ne se contentait pas d'un seul autel pour un mort. Nous 
lisons sur une inscription de la région de (^onstantine {Corpus, Vlli, 7202) . 
« marilne... stiilitam et aras di/as itno noinine scriptas rnerenli conlilitif. » 

5. Schmuli. r/illoloflus. XLVI, 1888. p. IGS-l; Héron de Villefosse, C«//. 
Comité', 1899, p. 180-2. Pour la forme de ces caissons, voir, par exemple, 
Delamare, Explor., pi. "t. n, 80, 147. — Les caissons dont nous parlons ici 
sont monolithes. On trouve souvent en Tunisie des ci/puliic en blocage, sur- 
montant des tombes; en Algérie, je n'en connais qu'à Tipasa, sur des sépul- 
tures chrétiennes (voir livre IIJ, chap. lU;. Les massifs semi-cylindriques en 
blocage qui forment des tombes à inhumation ou à incinération (voir plus 
haut, ? .\, n° "> cl ji B, n° 4} étaient, autant qu'on en peut juger, des construc- 
tions souterraines. 



SEPULTURES 



punique '. Ils abondent dans toute la Maurétanie, dans la région 
de Constantine, au nord de TAurès (en particulier à Lambèse) 
et tout autour de Tébessa. Ils sont plus clairsemés au nord-est 
de la })rovince de Constantine (régions de Pliili})peYille, de 
Bône, de Guehna, de Souk Ahras), oii les stèles dominent. 
Ces caissons sont parfois doul)les ou triples. L'inscription funé- 
raire a été gravée soit sur une des tranches, soit (ce qui est 
moins fréquent) sur une des faces longues ; il est assez rare 
qu'une image l'accompagne. Quelques cupulac se dressent sur 
soubassement à gradins"-. 

4° Des cippes en forme de iivramide ti'onquée". 

5° Des colonnes. L'épitaplie se lit soit sur la l)ase, dont le do 
est assez élevé ^, soit sur le fut même\ 

Dans certains lieux, Tinscription est tracée sur un pan do 
rocher, à proximité de la sépulture^. 

Au-dessus de la tombe et en avant de la stèle", on plaçait 
souvent une table rectangulaire*^, sur laquelle des images de 
plats, de patères, d'aiguières, de cuillers étaient figurées en 



1. Salatlin, Archives des Missions, 3" série, XllI, p. 41. Mél(uif/es de l'École 
de Rome, XX, 1900, p. 91-'J2. 

2. A Duperré {lievue africaine. III, i8.j8-9, p. 223 et pi. à la page 226,,; à 
Cherchel. 

3. A Tipasa {M élanrjes de VEcole de Rome, XIV, p. .^S:»). 

4. A Tikiat, fréquemment (conf. Rec. de Conslanline, XII, 1868, p. 494); à 
Bougie, où j'en connais deux exemples. 

5. A Phiiippeville (Gsell et Bertrand, Musée de Philippeville, p. 24); à Sélif 
(Delamare, pi. 16, fig. 3) ; àClierclici. 

6. A Constantine {Corpus, VIII, 7262, 7625); à Sigus {ihid., 5711 et serj., 
passim) ; à Oudjel [ibid.. 63i5 seq.) ; à Kalaa, dans le Dahra. 

7. Les tables sont plus rares en avant des caissons et surtout des autels. 
Dans une sépulture de Sétif, dessinée i)ar Uelamare (pi. 77, fig. 1), la table 
forme le couvercle et est surmontée d'une cupula. 

8. Exceptionnellement de forn)e semi-circulaire: Delamare, pi. 97, fig. 9; 
Gsell, Recherches archéolofpques en Algérie, p. 271 



48 LES MONL'AlEiNTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

creux OU ou rcliof: symboles dos aliuients offerts aux morts ^ 
Dos poissons, des œufs sont quelquefois représentés à l'intérieur 
des vases. Primitivemorit, on y déposait peut-être des aliments 
réels. La stèle est fréquemment enfoncée dans une large mor- 
taise, ménagée surlafaco de la table ^. 

A une basse époijue, pro1)ableniont à })artir du iv" sièrle, on 
supprima d'ordinaire cette stèle. Dès lors la mensa porta l'épi- 
taphe'^et on cessa, généralement, (\'y tracer des images de 
plats''. 

Notons enfin la présence, dans quel(|uos tombes à incinéra- 



1. Conf. les tables d'offrandes que Ton trouve en Egypte. 

2. Ces jnensae ont été signalées dans la région de TéLessa {Hec. de Cotist.. 
XII, 1868, p. 45'J seq.\ Ibld., XXIil, 1883-'t, pi. 1 et 2) ; — dans la région de 
Souk Ahras (Gsell, liecherches archéologiques en AIr/érie, p. 35")-(); Faidherbe, 
Collection des inscriptions nwnidiques, p. 14) ; — au nord de TAurès {Mélanges 
de V École de Rome, XIII, 1893, p. .o01-2 ; Annuaire de Constanline, 1860-1, 
pi. 1; Gagnât, Musée de Lambèse, p. 3'>) ; — à Sélif et au.\ alentours (Dela- 
mare, pi. 76, "7, 91, 97; Revue africaine, V, 1861, p. 454; Rec. de Const., 
XXXIll,1899,p. 26:i;6etpl. IVj ; —hZiama{ReLwe africaine JX, 1865, p. rtl); — 
dans la région d'Aumale, où elles sont souvent assez épaisses (7îei'i/efl/"jvx*«//i^, 
IV, 18-^9-60, p. lOlJ ; — à Cherchel (Gauckler, Musée de Chercliel, p. 48, n. ~i) : 
— à Miliana {Revue africaine, IX, 1863, p. 51) ; — à Saint-Leu (Demaeght, Bull, 
des antiquités africaines, II, 1884, p. 115 ; La Blanchère, Musée d'Oran,p. 37). 

3. Conf., l'inscription suivante, gravée sur une table {Mélanç/es de l'École 
de Rome, XI\', 1894, p. 582) : « Secundiis fecit me[n{sam)] super fos{s)am 
novel{l)am y> ; — et cette autre, sur une pierre semblable, qui porte une date 
correspondant à r.-innée 299 de notre ère {ihid.. XV, 189o. p. 49): 

« ... ar{a)equ^e) deposit{n)e Secundulae ma/ri 

« Lapideam placuit nohis atponere inensam 

« //( qua nuifjna eius memoranles phirinia fada... » 

On voit qu'ici la mensa était placée auprès d'un autel; c'était pourtant cette 
mensa qui portait l'cpitaphe. 

4. Cependant, certaines tables portent à la fois des images de plats et une 
épitaplie. Voir Çor/jiw, Vlli, 4763 et Bull. Comité, 1896, p. 178, u" 59 ; Gsell, 
Becherches, p. 394, n° 627 {mensae chrétiennes de Mdaourouch) — Bull. 
Comité, 1897, p. 572, n° 42 (à Amoura, dans la vallée du ChélifJ; — Ephemeris 
rpif/raphica, VII, 479 et Mélanges de VÉcole de Boine. XV. 1895, p. 61 (à Ras 
el Oued, au sud-ouest de Sétif). 



SÉPULTURES 49 

tioii, d'un (uyau on argile qui pornicttait do verser des libations 
au mort '. 



CAVEAUX 

Dans des chapitres précédents-, nous avons signalé des 
caveaux taillés dans le l'oc : c'était un mode de sépulture fami- 
lier aux Phéniciens et en usage aussi chez les indigènes. Après 
la (N)nquéte romaine, on continua à creuser des toinl)es de ce 
type; nous verrons plus tard qu'il en fut de même en pleine 
époque chrétienne. 

Parmi les hypogées qui appartiennent certainement aux pre- 
miers siècles de notre ère, nous mentionnerons cetix de 
Mdaourouch [Madauri]'. Plusieurs sont encore siu'montés 
d'autels et de stèles, portant des dédicaces latines aux Dieux 
Mânes des morts ; des fouilles faites dans qu(d(pies-uns d'entre 
eux'* ont mis au jour un mobilier funi-raire du temps des 
Antonins et des Sévères. 

Les portes, petites baies verticales qui mesurent en moyenne 
0",45 de haut sui- O"', i-0 de large, étaient fermées par des 
dalles et, de plus, obstruées })ar de gros quartiers de 
rocher. Les chambres, dont le sol est en contre-l)as, sont de 
dimensions variables : l'une de celles que j'ai visitées a 1",70 

1. Delamare, pi. "/(i, fig. 1 et 3 ; conf. Gsell, Mélaiif/es de VÉcole de Rome 
XIV, 1894, p. 382. 

2. Livre I, cli. i (t.'l, p. 36-40) etch. ii [ibid.. p. 36-60;. 

3. Lelourneux, Archiu fur Anfhropolor/ie, II, 1867, p. 314. Masqueraj-, 
Bull, de correspoiidaiice africaine, I, 1882-3, p. 290. Gsell, Recherches archéo- 
logiques en Algérie, p. 3;j(i-7. 

4. Elles sont faites depuis plusieurs anni'cs par des indigènes, qui vont 
vendre en Tunisie les objets trouvés. 

H. 4 



50 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

de largoiir sur 1"",60 de profondeur, une seconde l'",80 sur 
r",50i. 

D'autres caveaux, établis soit eu pleine terre, soit dans 
(un tuf peu couipacte, oui leurs parois bâtios en pierres de 
'taille ou en blocage-. Dans les pages suivantes, nous décri- 
rons plusieurs de ces tombeaux, dont la chambre souterraine 
est surmontée d'une construction importante, pleine ou évidée, 
et que, pour cette raison, nous classons dans la catégorie des 
mausolées''. ÎNIais, souvent, la place des hypogées était indiquée 
simplement par des pierres analogues à celles qui marquaient 
les sépultures individuelles à inhumation ou à incinération : 
stèles, autels, caissons. 

Ces caveaux sont, en général, des salles rectangulaires, de 
(hmensions vai'iables. De petites niches, carrées ou arrondies, 
ont été ménf:gées dans les parois pour recevoir des urnes '', ou 

l. Bien des caveaux creusés dans le roc appartiennent sans doute ù 
l'époque romaine, mais on manque de points de repère pour fixer des dates 
certaines. Poui Guehna et pour Kalaa, voii plus haut, t. 1, p. 60, n. 1 ; 
en ces deux endroits, les tombes sont dans le voisinage immédiat de la ville 
romaine. — Pour un caveau situé prés de Bou Hadjar, voir Ihid., p. 40, n. 1. 
Près de là se trouve un autre caveau, dont l'ouverture est une trappe ména- 
gée au sommet ; il n'y a aucun indice qui permette de le dater iLetourneux, 
Archivf. Anthr., JI, p. 31.';, fig. 92; conf. Bull Comihu 1887, p. 458). — Pour 
l)ra ZegelTer,en Kaliylie, voir Viré, V>ec. de Conslantine, XXXII, 1898, p. 37. 
— Pour Chercliel, Ravoisié, Explov., III, pi. 4o. 

2. Quelquefois aussi le bas ou deux des côtés de la tombe sont taillés dans 
le roc; le reste des parois et la couverture sont en matériaux importés. Voir 
Mclanf/e-i École de Rome, XIV, 1894, p. 425 (caveau de Tipasa), et ici même, 
t. I, p. 34 (caveaux de Guelaat bou Atfane). 

3. Voir auxn" 1 (Alger), 12 (Ilencliir el Hammam), 15 (Khamissa), 36 (Morsott). 

4. On voit des restes de plusieurs colombaires à Gherchel. L'un d'entre eux, 
trouvé à l'est de la ville, date des premiers temps de notre ère. Les niches, 
disposées sur deux rangées, sont cintrées en bas et quadrangulaires en haut. 
Quelques-unes contenaient des coO'rets en marbre ou en plomb. Trois de ces 
récipients portent les épitaplies de deux affranchis de Juba II et d'une alTran- 
chic de Cléop.itre Séléné, femme de Juba. De Lholellerie. Hevue africaine, I, 
1856-7, p. 441-4 et planche; le même, Revue arehéologiqjte, XIV, 1857-8, p. 403-6 
et pi. 316; Gauckler, Masée de Clterchel, p. 38. — Citons encore des colora- 



SEPULTURES 



51 







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FiG. 02. — Plan et coupes d'un caveau de Sigus. 



•)2 LES MONUMENTS AMIQLES DE L ALGERIE 

bien des sarcophages ont été déposés sur le sol ; parfois aussi, 
il y a, le long des murs, de vastes niches cintrées (ou arcoso- 
lia), destinées à abriter des cercueils en pierre'. On rencontre 
inème des squelettes étendus sans que rien les j)rot('ge actuel- 
lement- : il est probable qu'ils étaient jadis enveloppés dans 
des linceuls ou enfermés dans des caisses en bois. La salle est 
couverte soit d'une voûte en berceau^, soit d"uno rangée do 
dalles, souvent assez grossières, jetées horizontalement d'une 
paroi à l'autre ^ soit enfin de deux rangées, disposées en dos 
d'àne et venant s'appuyer sur une longue pierre, qui fait fonc- 
tion de poutre maîtresse au milieu de la chambre ; cette sorte 
de toiture s'observe dans des caveaux de Sigus (voir /ig. 92, 
d'après Delamare"'). Certains hypogées sont sans communica- 
tion avec le dehors, ou du moins rou\erturo a été murée lors 
du dernier ensevelissement. Ailleurs, la voûte est percée d'une» 
sorte de trappe'''. Ailleurs encore, la porto, d'ordinaire très 
exiguë, se trouve sur un des petits côtés, de préférence ii 
l'est. Elle était close par une dalle, appliquée contre la l)aie ou 
insérée, comme une herse, dans des coulisses latérales". Quand 

baires de Tipasa (Mélanc/es École de Home. XIV. 1894. p. 319), d'Alger {Revue 
africaine, III. !8.j8-9, p. 311 et XIX, ISI.j, p. 390-1). de Dellys (JfjicL. VIH, 1864, 
p. 74), de Philippeville (près de la porte de Coiislantine), etc. 

1. Caveaux de Sétif {Revue africaine. VI, 18G2. p. 234), de Renier, au .sud- 
ouest de Guelma. 

2. Par exemple à Tipasa {Mélanc/es École île Rume. XIV. p. 3'/9-3S0). 

3. Les voTites sont parfois en pierres appareillées, beaucoup plus souvent eu 
biocage : caveaux de Philippeville (Delamare, pi. 33, lig. 1 et 2 ; pi. 37, lig. t-(î,\ 
de Ciiercliei (Ravoisié, III, pi. 45): colombaires cités p. uO, n. 4; etc. 

4. Caveaux de Guelaat bon Atfane et de Kliamissa, cités L I, p. 34: 
caveaux de Sigus, avec des dalles dune taille plus soignée (Delamare, pi. 52, 
fig. 6-9). 

"). PI. 52, fig. 1-4 (la coupe A-B n"est pas d'une entière exactitude : les 
niches latérales ne devi-.iient point se voir). 

6. Caveau voûté situé près du village de Gouraya, à l'ouest de Cherchel. 

7. A Guelaat bou Atfane, à Khamissa, à Sigus, à Tipasa {MéUniye.i École de 
Home, XIV, p. 379), à Kalaa (dans le Dahra). 



SÉPULTURES 



53 



la disposition du terrain rendait cet aménagement nécessaire, 
on construisait en avant de Tentrée un couloir en pente, que 
Ton recomblait après chaque ensevelissement. 

Un livpogce de Khamissa, fouillé par M. Farges', mérite 
une mention particulière (voir le plan, fig . 93). Il est situé au 
sud-est de la ville, à une centaine de mètres de l'arc jeté sur 
la voie de Tipasa. L'entrée s'ouvre à l'est : c'est un petit cou- 
loir, avec des marches-. La salle, bâtie en blocage, est de 
forme ii peu près semi-circulaire ; elle mesure 9", 40 de Ion- 





OiTiiir^ 



t 1 



FiG. 93. — Caveau de Khamissa. 



gueur. Il y a dix niches potu- des urnes cinéraires. On a trouvé 
dans les déblais quelques fragments d'épitaphes sur des mor- 
ceaux de marbre, débris des plaques qui étaient autrefois fixées 
contre les murs, auprès de ces niches. En outre, un grand 
nombre d'ossements non brûlés jonchaient le sol. Les parois 

1. /?ec. de Consf., XIX. 1878, p. 299-307, pi. XV et XVI. 

2. Pour que ce couloir fût distinct sur notre plan, nous n'avons pas indiqué 
la portion du mur de lexèdre qui passe par-dessus. 



o4 LES MONUMENTS ANTIOLES DE L ALGERIE 

sont recouvertes d'un stuc blanc. La pai-tie centrale porh» une 
voûte crarêtes : les deux extrémités de riiémicvcle, des 
voûtes cintrées. Ce caveau était surmonté d'une grande.' 
exèdre, en pierres de taille. d(jnt il reste })ar endroits cin*] 
assises. Il est impossible dédire, en l'état actuel, si elle était 
voûtée. M. Fai'oes v a trouve' iloux statues de citovens en 
toge et des tronçons de })lusieurs autres statues d'hommes et 
de femmes. 

L'hypogée de Praecilius', découvert en 1855 à Constan- 
tine, est aujourd'hui enfoui sous des terres i-apportées. 11 
comprenait diverses salles, construites en blocage et en l)ri(|ues, 
et établies à des niveaux différents : en bas, une ])ièce rec- 
tangulaire, avec cinq arcnsnlia (pii abritaient des sarcophages ; 
au-dessus, une autre chambre, également rectangulaire, avec 
wwQ petite niche cintrée et un arco^oliinti, dans le(|uel était 
}»lacé un sarcophage, portant Tépitaphe de rorfèvre Praecilius, 
mort centenaire •; il \\\\ niveau intermédiaire, plusieurs pièces, 
sans doute des vestibules, communiepiant avec les deux 
caveaux dont nous venons de parler. Des voûtes recouvraient 
ces salles. Les sols étaient ])avés de mosaïques et les parois 
lie la chand)re de Praecilius offraient des restes de peintures. 

MAUSOLÉES 

Un classement méthodi(iue des mausolées rcMuains d'Algérie 
est actuellement assez difficile. I]eaucou}) d'eMitre eux sont 

1. Ann. de Consl.. 18o3, p. 110; 1,S.j4-o, pi. S et 9; 18;ifi-7. p. S.ViS et pL l-'i : 
1860-1, p. 2«'.t et pi. m. liée, de Coiist., VII, 180.3. p. ùiA-'lli et pi. XlII-XV. 
Wi. Wll : i/,i(l., XXVIII, 1891!, p. 21(3-28:]. II y a dans les archives des Monu- 
ments liistori(pies un plan et une coupe de ce monument, exécutés en 1881). 

2. Corpus. VIII, 7156. 



SKPULTURES 



incomplets ou ensevelis sous des d»''Ct)nibi'es ; d'autres, que 
nous n'avons pas vus nous-même, ont (Hc décrits trop soni- 
mairenient ' : aussi est-il souvent impossible dédire avec cer- 
titude quels étaient leur ordonnance architecturale et leur 
aménagement intérieur, en particulier, s'ils avaient un étage, 
si le couronnement consistait en une pyramide, en une toiture 
à deux versants, en un Ijerceau, si la cliandire funéraire était 
souterraine ou de plain-pied avec le sol environnant, si les 
restes humains avaient été incinérés ou ensevelis, par consé- 
quent enfermés dans des niches ou dans des sarcophages. 

Les mausolées africains sont presque tous construits eu ) 
pierres de taille. 

Certains de ces édifices, les uns simples "Mes autres à étage, 
ne sont en réalité que de grands cippes, indiquant d'une 
manière fastueuse la place de la sépulture. Tu socle, qui est 
plein -^ ou dont le vide intéi-ieur reste sans comunuiication 
avec le dehors'', sert do support à la })ar(ie siq)érieure du 
monument; il s'élève parfois sur des degrés. La chand)re fniié- 
raire est souterraine"'. 



1. La destination de certains de ces monuments a mémo été méconnue : on 
y a vu des postes militaires. Marchand {Didl. d'Oran, 18i)o, p. 212) qualifie 
ainsi plusieurs édifices i|uadranfj;ulaires, reposant sur dos degrés et présentant 
une moulure à la base et une corniche, qu'il siynale dans la région d'Amnii 
Moussa (département d'Oran). Je nai pas pu les étudier. Ce sont sans doute 
des mausolées (conf. De Caussade, Mémoires de la Sociélé arc/iéolof/ique de 
l'Orléanais, 1, 18.51, p. 257). Les mausolées d'IIenchir el Hammam, de Médinet 
Achelaf, de Morsott. des Ouled Meriem et des «Juled Selama (voir nos n" i:!, 
'S.i, 37, 40, 41) ont été également pris pour des construotions défensives. 

2. Nous appelons ainsi les mausolées qui n'avaient pas d'étage. 

3. Voir nos n<" 1 (Alger), 12 (Ilenchir el Hammam), l'j (Khamissa), 
27 (Lambèse). 

4. N" 21 (Ksar el Ahmar), 28 (Lambèse), 52 (Souma bent el Abri). 

5. Nous mentionnerons ici deux monuments que l'on peut à peine qualifier 
de mausolées. Le premier, situé à Fedjet el Ghoussa (à ."iO kilomètres environ 
au sud de ïébessa), consiste en un socle de 2", 10 de haut et de 1 mélre de 



î)6 l.IiS .MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

Aillenri^, au conlrairo, une véritable cliaml)i'e ^ est méiiag-éo 
au niveau (lu sol ou siu- un soubassement de plusieurs marches; 
une entrée, généralement assez étroite, s'ouvre dans l'un des 
murs, le plus souvent à Test. Tantôt cette salle abritait les 
morts- : cendres remi)lissant des urnes que Ton })laçait dans 
des niches on sur des consoles, cadavres déposés dans des 
sarcophages. Tantôt elle n'était (ju'une sorte de chapelle, oii 
Ton devait célébrer des cérémonies lors des obsèques et 
aux anniversaires ; le caveau fiméraire se trouvait par- 
dessous 3. 

Beaucoup de mausolées ont encore ou avaient un étage. Il 
consiste en une salle unique', dépourvue de nuu- antérieur, ou 
tout au moins très largement ouverte sur le devant"' : sorte de 
loggia^ qui contenait sans doute une ou plusieurs statues 
représentant les défunts ''. Le front de cette loge était sou- 



côté, construit en belles pierres de taille, avec base moulurée et corniche. H 
est surmonté de deux petits autels funéraires, exactement semblables et offrant 
chacun une épitaphe. Les sépultures doivent être souterraines. Voir De Bos- 
redon, Rec. de ConsL, XVI, 1873-4, p. .^8 et pi. III, fig. 4; Corpus, VIII. 2098. 
— L'autre monument se trouve près de Kheïrane, dans la vallée de l'oued el 
Arab, au sud-ouest de Khenchela. C'est, dit Masqueray {Revue africaine, XXII. 
1878. p. 3y-40), « une sorte de table rectangulaire, longue de <i mètres et large 
« de 3 environ, composée de magnifiques dalles et élevée au-dessus du sol de 
« 0'",."J0 à O'",f)0. Par dessus étaient posées trois pierres tumulaires en forme 
« de caisson {Corpus, 107.j3-5;. Les corps reposaient sous les dalles qui com- 
« posent la table ». 

i. Parfois même deux : voir n"" 23 (Ksar Ténaceft;, 29 (Lambèse). peut-être 
aussi HO (Zana). 

2. Cela est certain pour les mausolées n"' 4 (Rénian), 8 (Djebel Troubla', 
10 (Guergour), 19 (Kissa). 2.^ (Ksour el Ghennaïa), 30 (Lambèse), 31 {iôtc/.), 
32 (.VIdaourouch), 37 (Morsott), 42 (Ilenchir Oumiala}, 43-0 (Philippeville), 
48 (Sélif), 54 (Souma Ras el .Vïoun). 

3. N- 36 (Morsott). 

4. A Soumet el Rheneg (n" 5G), l'étage est plein. 

'.}. A la Ghorfa des Ouled Selama (n° 41), il n'y a qu'une petite baie. 
6. L'étage présente de grandes niches dans un mausolée de Pliilippeville 
(n» 40). 



SÉPILTL'RES 57 

veut llaiiqiu'' de deux pilastres ' et précédé de colonnes, au 
nombre de deux, (en avant des pilastres) ou de quatre (formant 
un portique de façade) "-'. Il est rare qu'un escalier conduise à 
l'étage: on a cependant plusieurs exemples de cette ordon- 
nance, qui fait ressembler le mausolée à un temple "^ 

Parfois l'édifice est entouré d'une clôture, limitant une petite 
aire ''. 

Les mausolées se rencontrent non seulement aux abords 
des villes, mais aussi dans les campagnes. Un assez grand 
nombre d'entre eux ont dû être élevés par de riches proprié- 
taires, qui désiraient être ensevelis sur leurs domaines, ou 
par des ])i-iiices indigènes. 



Mausolées can-r^^ ou rectamjula'ires 

La plupart de ces monuments funéraires sont rectangulaires 
ou carrés. Dans quelques-uns. des pilastres décorent les angles 
du rez-de-chaussée^'. 



d. \" 28 (Lanibèse), oO (Sétif), 32 (Souma bent el Abri]. A Ksar el Ahmar 
(n" 21), il y avait probablement des colonnes. 

2. Voir n"' 7 (Djebel Meliinel), 16 (Kheïrane), 30 et 31 (Lambèse), 32 (Mdaou- 
rouch), 48 (Sétif), 55 (Souma TasbenI . 01 et 62 (Henchir Zouhra). 

3. N° 16 (Klieïrane), peut-être aussi 29 (Lambèse) et 60 (Zana). 

4. N" i3 et 41 (Philippevillo). — On a retrouvé aussi des traces d'une enceinte 
rectangulaire, de 27'", 40 sur 20 mètres, autour d'un grand mausolée de Sétif 
(n- 48) : voir llavoisié, I. pi. 39; Delaniare, pi. 7;î, lig. 1. Mais elle est sans 
doute d'une époque plus récente que le monument et parait avoir été élevée 
dans un but défensi'f. — La Ghorfa des Ouled Selama (n" 41) est comprise dans 
un carré de 24 mètres de côté, dont les murs dépassent à peine le sol. Il n'est 
pas certain (|ue ce soit une clôture (^area funéraire. 

X^. N»' 10 (Guergour), 33 (Mons), 36 (Morsott), 38 et 39 (Oued Djermane),. 
51 (Sétif). A Iladj el Iladj (n- M), il y a en outre des pilastres au milieu de 
chaque face. .V Riiencliela (n" 18). on indique sur les côtés des colonnes 



•>8 LES MONUMENTS ANTIQl.ES DE L AL(.ÉHIE 

Parmi les mausolées (|ui iroiii pas d'étage, certains sont 
«oifTcs d'un simple berceau. Ils ressemblent à ces caissons 
(ruptilftr), (pli indiquent la place de beaucouj) do tombes sou- 
terraines et dont nous avons parlé précédemment ; mais ils sont 
de dimensions bien plus grandes et, au lieu d'être massifs, ils 
offrent une cliambre à l'intérieur. A ce type appartiennent les 
tond)eaux à incinération de Mous fn" 3i\ véritables boîtes 
<lont la couverture est formée d'un monolitlie ari^ondi sur sa 
face supérieure, et des édifices plus vastes, dont la voûte est en 
pieri'es ai)[)ai-eillées ou en blocage : on en trouve àChercbel', 
à Tipasa-, à Pliilii)peville\ en divers lieux de la Kabylie''; 
lions décrirons plus loin le Kobr Koumia au djebel Beccoucli 
(n" 2<Ji"'. Plu>ieurs ont dos niclios i)()ur des urnes cinéraires; 
mais, on «général, les morts v étaient ensevelis dans des sarco- 
pliages reposant sur le sol de la cliambre, ou dans des caisses 
construites à un ni^('au iiiférionr ''. 

Los mausob'os (jui sont surmoiitc's d'une pyramide dérivent 

/certainement d'un lype oriental : le j>lns inlérossant, celui 

Jd'Akbou (n° 3) rappelle, du moins jiar l'aspect extérieur, un 

' célèbre tombeau qui s'élève à Amritli, on Pbénicie*. Ceux 

<lo Taguomomil ou Guadefcl ('n° 55), d'Aït bon Mahdi (n° 2), 

T-de Lambèso ( n" 27, mausolée do Flavius), do Médinat Aclielaf 



1. A roiicsl (ie la ville. 

■2. Méhitif/es École de Rome. XIV, 1S'J4, [>. :!82. 

;i. Propriété I.esiieur. 

4. A Dra Zeg et Ter, prés de Bonlj Ménnïel [Bec. de Consl., XXXil, 180S, 
4>. 'M\-7)\ à Ourti T.'inuimmanl, près de Furt-Nalional. 

ii. Conf. aussi le Soiimut el Ghoula (n° o3). 

(). Le sol de ces tonibeaiix est quelquefois à un nivcavi iul'érieur à celui du 
seuil de la porte (par exemple à Dra Zeg et Ter), (-e sont des monuments à 
•demi souterrains, qui tiennent à la l'ois du caveau el du mausolée. 

7. IJenan, Mission de Phénicie, p. 80. 831; pi. XIV .1 XVI. Conf. Saladin, 
Arcliices des Missions, 3° série. XIII, p. 222. 



SÉPLLTUP.ES o9 

(n" 33', de Tipasa (n" 58) ' rentrent dans la même caté-'^ 
p)rie-. 

Dans d'antres monnmonts, deux piynons eu dos d'àue cou- 
ronnent les murs antérieur et postérieur et ressemblent aux 
frontons des temples d'architecture classique ; les rampants 
portent des dalles, posées à plat, qui forment la couverture 
(voir à Kissa et à Hencliir Sedjerat el Ateucli, n"' 1*.) 
et 47). 

Les mausolées à étage se terminent également soit par une 
voûte en berceau-', soit par une pjTamide ', si)it i»ar des 
frontons''. Dans ce dernier cas, la couvertin-e était consti- 
tuée par des dalles, étendues sur les rampants'', ou par un toit 
en charpente et en tuiles*, ou même par une voûte en plein 
cintre, dont l'exirados devait être caché sous des dalles ou des 



1. llanoleau signale {Reçue africuliii', V, 1861. p. !8l) dans la région d® 
Kort-Xational, prés du village d'Aguemnioun, les vestiges de trois mausolées 
qui sont d'un type assez voisin des précédents, satis leur ressembler exacte- 
ment : « Le massif extérieur est un carré de 5"',iJ0 de cc)té, mais au milieu se 
« trouve un vide cylindrique de :!'".. iO de diamètre... [Ces tombeaux] sont 
« détruits jusqu'au niveau du sol. On peut cependant distinguer encore, dans 
« les murs extérieurs, des retraites régulières et bien conservées, qui me font 
« penser que chacun de ces petits monuments était recouvert par une pyra- 
« mide quadrangulaire, montée en gradins sur les quatre faces el enveloppant 
« la calotte sphérique de la voûte intérieure. » 

2. C'est peut-être un mausolée de ce type qui est appelé pi/raniis sur une 
inscription de Sigus [Corpus, VIII. 19)74) : «eundeui monimeiituni quod appel- 
lalur pi/ramis. » 

3. Ksar el .\hmar (n° 21), Ksar Ténaceft (n" 23). 

i. Souma bent el Abri (n° ii-J). Ce type de mausolée à étage, surmonté 
d'une pyramide, est bien mieux représenté en Tunisie et en Tripolitaine. 

5. Mdaouroucli fn" 32), Morsott (a" 37), Sétif (n" 48), Souma Ras el .\ïoun 
(n'''oi), Henchir Zouhra ,n" Gl). 

ti. Mdaourouch n° 32). 

7. Nous n'avons aucun exemple certain de cette disposition pour l'Algérie. 
Mais il est probable que les mausolées de grandes dimensions étaient ainsi 
couverts. 



00 LES MOKL'MENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

tuiles*. La chambre du rez-de-chaussée est voûtée- ou sur- 
montée de grandes dalles ^. 

Dans les descri])tions qui suivent, nous indiquerons, autant 
que possible, si les mausolées étaient simples ou à étage et 
quel était le mode de couverture. 

1° A/gcr (Icoaiunt). — Tombeau trouvé en 18G3, lors de la 
construction du Ivcée'. Au dehors, il restait la partie infé- 
rieure d'un massif en pierre, avec base moulurée, de 4'", 22 do 
rôié. Ce socle était plein. Par-dessous, s'étendait un caveau 
voûté en berceau, long et large de 2", 24, haut de 2", 68. Une 
lianquette entourait les parois, qui étaient percées de treize 
niches cintrées, faites pour abriter des cendres ou des urnes 
cinéraires. A l'est, la chambre était précédée d'un petit cou- 
loir, établi à un niveau un peu plus élevé : il offrait, à droite et 
à gauche, une niche "^ et avait pour couvercle une grande dalle. 
Un massif de blocage masquait l'entrée. Couloir et caveau 
communiquaient par une porte basse, suivie de trois degrés. 

2° Akhou (les Ait hou Mah<li (au sud de Fort-National). — 
« C'est, dit Hanoteau'', un petit bâtiment carré, de 5 mètres de 
« côté extérieurement, recouvert par une voûte en plein cintre, 
« et surmonté d'une pyramide quadrangulaire... La voûte s'est 
« effondrée au milieu du l)â1iment, vraisemblablement sous le 
« poids de la pyramide, dont la partie supérieure s'est écrou- 



1. Morsolt (n° 31,. peut-r>tre aussi Sélif (n" 48). 

2. Lambèse (n- '29), Philippeville (n" 43), Sétif (n" 48). 

3. Lambèse (n"" 30 et 31), Mdaourouch (n''32). 

4. Berbriigger, llevue africaine, VII, 18G3. p. 193-204 et pi. : conf. Devoulx, 
ibid.,\\\, 187.", p. 39G-407 et planches. 

.">. Celle de droite, fermée par une grossière muret to, contenait une belle 
urne cinéraire en verre. 

6. Revue africaine, IV, 18o9-G0, p. loi. Conf. Vignorul. Haines romaines de 
la Kabijlie du Djurdjiira, p. S.'J. 



SEPULTURES 



61 







ci 



62 LES MO.NLMLMS AMIQLES DE L ALGEIUE 



( 



< lôc ei est toiubce à riniéricMir... T.a luaçonnorio est en moel- 



le Ions bruts et diaines de briques tri's longues et très larges, 

, •' Le travail en est très médiocre. » 

3" Ahhoii (II- rnitcd S(thrl ('au sud-ouest de Bougie . — (Voir 
fifj. 04). Ce monument' est situé sur un pilon isolé, dominant 

' la j)laine. Construit en belles pierres de taille, il mesure 5™, 05 

'de côté et repose sur un soubassement de quatre degrés. L'en- 
trée, très exiguè', s'ouvre sur la face nord-est; elle pouvait être 
fermée par une porte en liois on en métal : les trous pour les 
gonds sont encore visibles. Au-dessus, un encastrement a con- 
.servé quelques menus débris do la plaque de marbre blanc qui 
portait la dédicace du mausolée. Sur les autres faces, il y avait 
de fausses portes, avec des panneaux ornementés, encadrés 
de cbambranles à moulures. 11 ne subsiste que le l)as de la 
l)yramide qui couronnait Téditice. 

L'intérieur est couvert d'une voûte appareillée, en berceau. 
Dans cliaque paroi ont été ménagées deux grandes niclies, 
larges deU"',9Û-, cintrées en baut. (pii contenaient sans doute 
des urnes cinéraires. Elles sont flanquées de colonnes engagées, 
que surmontent des cbapiteaux ioniques, d'une facture sentant 
déjiila décadence. Ce mausolée ne nous pai'ait ]ias antérieur 
au m" siècle après .Tésus-Cbrist. 

i" lintiaii [Al(t Milidria^ dans le département d'Oran), — 
Mausolée à étage-'', mesurant iV'V-O do cùlé. Il repose sur une 

1. Lccière, Revue archéolof/ique, VIII. IS.'il. p. 373-4. Aucapitainc, Peviie 
afiicaine, iV, 18;j9-00, p. 418-t"21. Vigneral. /. c. p. 111-2. iMercier, Bull. 
Comité, 1886, p. 47ti. 

2. Les deux niches qui llaiiquent l'entrée sont plus petites; elles ne me- 
surent que 0'".55de large. 

3. L.i Blanclière, Archives des Missifms, 3° s(''rie,X, p. 66 et pi. V. Dcmaeglit, 
Bull. cVOvan, 1897, p. 408. Gscll, Fouilles de Be'nian {Ala Miliarid;, p. 13, fig. 3 
et 4. 



SÉPULTURES 63 

base à deux degrés. La chambre du rez-de-chaussée, dans 
laquelle ou entrait par le côté sud, est ornée de consoles, 
placées à différentes hauteurs et creusées pour recevoir des 
urnes. La partie supérieure est à peu près détruite. 

o" Bordj TCtfir /"au sud-ouest de Sétif }. — Mausolée à étage \ 
de 3", 70 de côté, conservé jusqu'à une hauteur d'environ 
5", 50. La loge s'ouvre sur le devant par une grande baie, 
encadrée d'un chambranle à crossettes. Le sommet manque 
entièrement. 

G° Cherchcl (Caesarea). — A l'ouest doCherchel, itrès de la 
route de Ténès, on voit de maigres vestiges de plusieurs 
mausolées carrés, à base moulurée. — A l'est, Ravoisié a étu- "■ 
dié' un éditîce en blocage, à peu près carré (8", 25 sur 8'", 35), 
dont le bas seul était intact. Il reposait sur une sorte de 
plate-forme. A l'intérieur, les murs présentaient onze niches, 
quadrangulaires ou arrondies, une de chaque coté de la porte, 
trois sur les autres faces. Il est à croire qu'elles furent faites- 
pour contenir des urnes, et, si cette hypothèse est exacte, le 
monument a été évidennnent construit par des païens. Cepen- 
dant, on y a découvert dos fragments d'un sarcophage portant 
une épitaphe chrétienne-^ et l'image du Bon Pasteur : ce qui 
indique que des adeptes du Christ utilisèrent ce mausolée'*. 
L'épaisseur des parois permet de supposer que la chambre 
était surmontée d'une voûte (probablement d'une voûte d'arêtes). 
Une mosaïque ornementale tapissait le sol. 

1° Djehel Melimel (au sud-est de Khenchela). — Mausolée à 



1. Gsell, Redierches archéologiques en Algérie, p. 274. 

2. Exploralion, III. pi. 43. 
.S. Corpus. VIIL 9392. 

4. Trois autres sarcophages étaient déposés sur le sol de la même salle. 



•64 LES MONL-MK-MS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

■étage'. Au rez-de-chaussée, la face antérieure ne p;iraii pas 
avoir été percée d'une porte'*. Elle offrait une inscription, 
mal gravée et difficile à déchiffrer''. Le devant do la loge était 
<^ntièrenient ouvert et les murs latéraux devaient ('trc j)récédés 
<Je colonnes. Le couronnement niaïKine; il comjioiiait proba- 
blement des frontons. 

8° Djebel Troiihia (ii 35 kilomètres environ à rouest de 
Tébessa). — ^lausolée à étage '\ dit « la Tour penchée ^< : il est 
aw effet très incliné, par suite dun affaissement de terrain. Il 
s'élève aujourd'hui ;i 7 mètres du sol. La largeur de la façade 
€St de 2"", 55, celle des flancs de 2'". OU. (_)n euire .laiis la 
salle du roz-do-chaussée par une porte, ménagée à l'est, 
haute de i'",10, large de G", 85. Cette haie est encadrée 
de sculptures assez m(''di(jcres : sur les cotés, cep de vigne 
sortant d'un calice; eu haut, tête de Méduse. Le plafond de 
la salle est formé par des dalles. La loge, dont il ne reste 
plus (jue le bas, s'ouvrail à l'est. 

'■.y Dji'///Ua Ct(/ct//j. — Mausolée, i)ros(|uceutièrom('nldéiruit; 
■lvavoisi('' "' et Delà m are "^^ l'ont vu en meilleur état. 11 mesure 
2", 56 de coté et repose sur un soubassement carré, plus large. 
La porte, sur la face ouest, était (Mitour(''e d'un chambranle à 
<-rossettes et suriuontée d "une dédicace", dont la date corres- 
pond à l'année 19G (h; notre ère. L'intérieur \\c .seml)le })as 
avoir offert de niches ; il y avait pout-étre une ou plusieurs 

1. Masqueray, Hevtie a/riraine, XXII, ISuS, p. i.VJ cl planche à celte paire. 

2. Y avait-il une porte sur une des aulres faces et le vide du rez-de-chaussée 
était-il une chambre funéraire ? Nous non savons rien. 

3. Corpus, VI 11. 1072.-; = 17041. 

4. De Bosredon, /{ec. </e Cons/., XVIll. 1870-7. p. :jy6-8 ; pi. XV, fig. i. 
h. Ejplor., i. p. 02-61, pi. .iû. 

6. Explor.. pi. 1(13, fig. 1-:;. 

7. Corpus. VIII. S3:i!. 



SÉPULTURES G:> 

caisses l'uiK'uairos ou pierre sous le dallage. Le courouuemeut 
de ce petit édifice a pu cousister en une pyramide. 

10" Guergour i^dans la région de Sétif). — Le monument' 
s'élève sur trois degrés. Les angles sout occupes par des pi- 
lastres, coiffés de chapiteaux corinthiens à feuilles lisses. La 
porte, assez basse, est encadrée de moulures à crossettes. 
L"ne inscription était gravée vers le haut de la face occitleu- 
tale; il n'en subsiste rpie la fin, qui donne la date du tombeau : 
193 après Jésus-Christ. Dans les parois de la chambre sont 
ménagées trois niches pour des nrnes. Le sommet manque. 

M" Hadj cl liciilj (région d'Ain Beïda). — Mausolée-' de 
4", 50 de coté. Il atteint encore une liaulcur de jirès do 
5 mètres. 11 y a des pilastres caimelés aux angles et au milieu 
<le chaque face; les chapiteaux ont disparu. Une porte étroite 
donne accès à la chambre. Le plafond était constitué par deux 
séries de blocs quadrangulaires, reposant, dune part, sur un 
des murs laiéraux, d'autre part, sur une bande en pierres de 
taille, qui traverse la salle au milieu et est suppoilée par deux 
étages de })iliers. Le liant du monument est détruit. 

12" Hcnch'u' cl Hammam (région de Gnelmal. — Mausolée, 
fouillé par Bernelle ■' ; nous en donnons le plan figure 95. Les» 
chambres, au nombre de quatre, sont des caveaux souterrains,, 
construits en blocage. On entre du côté du nord, par une baie^ 
de 1°',25 de haut sur 0'".55 de large, que pouvait fermer une 
dalle manœuvraid dans des coulisses. La première salle est 



l. Rec. de Consldnline, X.VII, ISSi. pi. XII. Toutain. M,d<inf/es de VÉculed 
Home, XI, 1891, p, 418. 

■2. Delamare. pi. 54, fig. 2-ti. 

o. Bernelle. Comptes rendus de. V Académie d'IIippone, 18D0, p. ix: Revue 
africaine, X\X\'\. 18D2, p. ai'i-S : Rec. de Consf., XXXVII. 1892, p. 91-2 et 
planche. Gsell, Rec. de ConsL, XXXH, 1898, p. 2:39. 

u. 5 



G6 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 



une sorte tle vestibule carré, voûté. De là, de petites portes 
conduisent aux trois autres chambres, voûtées en berceau ' et 
présentant chacune huit niches à sommet arrondi -. Des ban- 
quettes sont disposées le long des parois; fort étroites, elles 
iTont pas pu servir de lits à des cadavres. 

Au-dessus de l'hypogée, quatre degrés portent un massif 
construil ou pierres de taille et mesurant 2™, 55 de côté, dont 




7 UvU 



': n ^n n 



ui 



3 



Fie. O'i. — Mausolée d'Henchir el Ilaniinain. 

quatre assises sont demeurées en place ^. C'était sans doute le 
socle d'unepyraniide. Une inscription ^ est gravée sur une plaque 



1. La hauteur maxima de ces chambres est de l'",80. 

2. On n'a trouvé aucune urne cint'rairo au cours des fouilles: le monunicnl 
avait été certainement violé. 

3. Pour ne pas embrouiller le plan, nous n'avons indiqué que les bords de 
la première marche et les contours du massif (en pointillé). 

A. Corpus. VIII, n07i. 



> 

X 
X 







SÉPULTURES 67 

(lui devait être encastrée dans la partie supérieure de ce mas- 
sif; elle nous fait savoir que le mausolée avait été fait pour 
recevoir les restes d'un Flavius Sedatus et d'un Flavius Urbicus, 
auxquels vinrent se joindre sans doute d'autres membres do 
la môme famille. A une basse époque, proba])lemcnt sous la 
domination bj-zantine, un fortin fut bâti autour de ce monument. 

3" Henchirel Hammam (à l'ouest de Batna). — Edifice de 
4", 20 de front et de 4", 60 de profondeur, qu'on a pris pour 
une tour de défense ' ; c'était certainement un mausolée. Au- 
dessus de la porto, un cartouche rectangulaire, à queues 
d'aronde, enfermait une inscription, qui a été entièrement 
martelée-. 

14° Khamissa [Thubursicum Numidai'um) . — Mausolée situé 
an nord des ruines 3; il est reproduit pi. LXXYII. Le sou- 
bassement, en grand appareil, contient le caveau funéraire, 
auquel une petite porte donnait accès et ({ui était recouvert 
d'une voûte en moellons. Il est surmonté d'une chambre me- 
surant à l'extérieur 4"", 60 de côté, construite en blocage, avec 
des pierres de grand appareil aux angles et au milieu de 
chaque face. Dans l'état actuel, ou ne saurait dire si cette 
chambre avait une baie, servant d'entrée. 

15° Khamissa. — Dans un hyi)Ogée, voisin de la porte du 
sud-est, les parois sont bâties en pierres do taille et présentent 
des niches pour des urnes ; en outre, un sarcophage a été 
déposé sur le sol. L'entrée, fort étroite, se fermait à l'aide 
d'une herse. Au-dessus, s'élève un massif quadrangulaire, en 
grand appareil, offrant des moulures de socle et de corniche. 

1. Diehl, \ouvelle<i Archives dei Missions. IV, 1893, p. 307-8. 

"2. Gsell, Recherches archéologi/^ues en Alge'rie, p. 122. 

3. Chabassière, Rec de Conslnnllne, X, ISBG, pi. XIX, lig. 1 et 2. 



68 LES MOM MENTS ANTIQUES DE l'aLGKIUE 

Le suiiiiiK'l (lu mausolée manque; poul-rtro a^'ait-il la forme 
(l'une pyramide'. — 11 y a encore à Khamissa des vestiges, 
assez misérables, de plusieurs mausolées carrés, construits eu 
pierres de taille et reposant soit sur un soubassement cubique, 
soit sur des gradins : deux au nord de l'Ain d londi, deux 
autres près de la porte, un antre à Tonest de la ville. 

IG" et 17° l\ h ri m lie idans la vallée de l'oued el Ai'ab, au 
sud-ouest de Kbencliela . — Mausolée-, bien conservé, ajiix'b'' 
l»ar les indigènes Souma-n-ihhettfiben. Il mesure 2™,o0 de C(")té 
et G mètres de liauteur. « 11 est divisé, dit M. Landjin, en deux 
(( parties: une })artie inférieure, formant tomlieau ; une partie 
<' supérieure, formant cliapelle, à laciuelle on accédait par un 
« escalier de la largeur du tondjeau. L'escalier a été détruit, 
(( le dallage [d'en liant] également ; tond)eau et partie supé- 
« Heure formant chapelle sont confondus, mais on voit encore, 
« contre le mur, portés par de larges dés en pierre, deux 
« [sarcophages] creusés dans des blocs de marln-e grossier... 
(( Des fragments de fiise, des débris de colonnes, épars çà et 
<( lii, donnent une idée de ce que ce monument funéraire 
« pouvait être jadis... Les débris de colonnes appartiennent 
« tous à l'ordre dori(iue'\)) 

Masqueray'Mnentionne un autre maus(^lée, s'élcvant sur une 
butte voisine. « 11 aft'ecte la forme dun cube de 2 mètres envi- 
ce ron... Une pierre au-dessus de la porte présente im cadre 
« qui aurait dii contenir une inscription, mais Tinscriplion n'a 
'< jamais été gravée. » 

1. Chabassière, iiid.. p. l:>i, lellre N et pi. XVUI. 

2. Masqucray, /(erwe «/V/cvï/«p, Wll. 181.S. p. .iS '.). I.niiiliiii. liull. Coinilc, 
181)2, p. 137. 

3. Ces colonnes ilevaienl précéder la salle de lélage. 
5. /.. c. 



SÉPULTURES 69 



18" Kheiicliela [Mdsriiht). — Mausolée à étage, aujourd'hui 
détruit. « C'est, dit Marchand', une construction carrée, qui a 
« quelque similitude, comme forme et dimensions avec le 
(( mausolée de Mdaourouch [notre n° 32]. On y remarque 
« quelques colonnes engagées sur les côtés et arrivant jusqu'à 
« la frise qui sépare l'étage inf(''rieur do celui qui }• est super- 
(V posé. » 

19" Kissa (au nord de Tébossa). — ^lausolée simple, en assez 
l)on état-. Il est à peu près cid)i(|ue, ayant 3", 30 de front, 
3™, 10 de profondeur et de Jiauleur. Les iiarois orientale et 
occidentale sont surmontées d'un jiiguon; celui de l'est, côté 
de la façade, est très aigu'^ et s'élève plus haut (jue l'autre. 
De longues dalles, jetées sur ces deux pignons, formaient la 
couverture. Une porte étroite, ménagée dans le nuu* oriental, 
donne accès à une petite (•liauil)n\ de V?"'.30 sur "J"'.!!). (pu 
contient doux sarcoj)hages en lorme d'auge. 

20" Kohr Uoiniiia i au djebel lîeccouch, dans la Kalivhe occi- 
dentale, près de lîordj Ménaïel). — Mausolée simple', mesurant 
D^jSOdecôté et s'élevant à environ i mètres. La porte, haute 
d'un mètre, large de O^jSO, se trouve sin- la face nord-est ; 
elle est entourée d'un cadre, orné tle feuilles et do chevrons. 
Sur les autres faces, il y a de fausses portes, dont les pan- 
neaux offraient des sculptures, aujourd'hui indistinctes. Au- 
dessus de la salle sont jetés quatre arceaux parallèles, en 
pierres détaille, qui portent des rangées do dalles, posées en 



1. Recelé Conslaiiline. X, 18G6. p. 166. 

2. Giro!, Rec. de Constantine, X, 1866, p. 217-8. 

3. Vu de ce cùté, à une certaine distance, le monument devait paraître 
coiffé d'une pyramide. 

4. Vigoeral, Ruines romaines de Ui Kabylie di( Djurdjura, [). 9. Vii'é, Rec. 
de Conslanline, XXXII, 1898, p. 61-2. 



■70 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

travers. Ces dalles sont recouvertes elles-mêmes d'une 
épaisse couche de blocage, formant un couronnement semi- 
cvlindriquc. Le mode de construction, ainsi que la médiocrité 
des moulures du soubassement et des deux corniches inté- 
rieure et extérieure indiquent une assez basse époque (uf ou 
IV* siècle). 

21° Ksar el Ahmar (à 20 kilomètres à Test de Mdaourouch). 
— Mausolée à étage', reproduit fig. 06. Il comprend un 
caveau souterrain, une chambre au rez-de-chaussée et une 
loge ; la hauteur totale est d'environ 11 mètres. L'hypogée 
n'a pas été entièrement fouillé et il est aujourd'hui obstrué. La 
chambre, qui mesure 3™, 15 de côté (murs compris), n'a pas 
d'entrée: ce n'était donc qu'un socle évidé, portant l'étage. On 
a cependant sculpté sur la face orientale une fausse porte, 
avec des moulures représentant un chambranle . à crossettes; 
de chaque côté, se tient, dans une niche, un Amour funèbre 
avec une torche renversée. Sur la même face, mais plus haut, 
a été gravée une inscription, aujourd'hui incomplète^, qui fait 
savoir que le monument fut construit par un certain M. Annio- 
lenus Faustus, ])our contenir les restes de plusieurs personnages 
de sa famille. La dédicace était flanquée de deux Amours, 
dans l'attitude de ceux qui encadrent la porte ; il ne reste 
plus que l'Amour de gauche. La loge regarde l'est; les deux 
parois latérales devaient être précédées de colonnes, qui ont 
disparu. Cette salle était couverte d'un berceau appareillé, dont 
(luelques pierres sont demeurées en place. 

22° Ksar Téhinnt (région de Tébessa). — Mausolée simple "^ 



1. Lewal, Retnie africaine, 11. 18:n-S, p. 289-29i. 

2. Corpus, VIII, l6o6. 

3. De Bosredon, liée, de Conslanline, \V1. 1813-4. p. 00-1. 



SEPULTURES 



71 







1 -> 










7 È^/ifey - 




FiG. 06. — Mausolée de Ksar cl Almiar. 



T2 



LES MONUMENTS ANTIOLES DE l'aLGÉHIE 



de 3 mètres do cùté, reproduit planche LXXYIII, ou haut. A 
Test, s'ouvre une petite porte de l'",05 de haut et de O'",65do 
large, surmontée d'une plaque à cadre mouluré, que l'on se 
proposait sans doute de garnir d'une inscription, mais qui est 
restée lisse. A l'intérieur, les parois n'offrent pas de niches. 
La toiture de la chanihre est formée par sept longues dalles, 




-j^^jh-n. 



Kk.. 97. — Mausolée de Ksar Ténaceft. 

etces du mur de façade au mui- de fond. Il est possible que le 
couronnement de cet édifice n'ait jamais été exécuté. 

2'.r K'iar Trnncefl (au nord de Timgad, près de la sebkha 
lijriiiloli,. — Mausolée à étage ^, mal conservé; le devant (au 

1. Payen, Annuaire de Conslanline, 1800, p. 209, pi. I et II: le mr-me, Rec 
(Je Conslanline, XXVII, 1892, p. 207. Poulie, IbkL, Xm,1801). p. 00:i. Graillot 
et Gsell. Mél<ini/es de l École de Home, XIV, 1894, p. 73. 



PI. LXXVlll 









Irf"'-^-- 



lîemoing, Lu 



Fhototypie Berthaud, Paris 



Mausolées de Ksar Tébinet et de Morsott 



SÉPULTURES 73 

sii(l) s'est écroulé depuis longtemps ; la partie postérieure, 
encore à })0u près intacte il y a vingt-cinq ans (voir fuj. 97)', 
est anjourd'liui fort endommagée. Ce monument a 9"', 20 de long- 
sur l- mètres de largo. Au rez-de-chaussée, étaient ménagées 
deux chambres, communiquant entre elles. Une longue pierre, 
qui formait évidemment le linteau d'une porte et qui gît parmi 
les décombres, est ornée d'un côté de deux paons, flanquant 
un vase à deux anses, de Tautre dun second vase, d'où sortent 
doux ceps de vigne : ces images, qui, chez les chrétiens, 
avaient un sens symbolique, n'étaient pas étrangères non plus 
à l'arl païen ; elles ne prouvent donc pas que le mausolée ait 
abrité des adeptes de la religion Uduvelle. En haut, des 
})ilastres corinthiens cannelés occupent les angles l'oruK'S par 
le nuu- postérieur et les murs de droite et de gaïu-lie : au-des- 
sus courait un entablement fort simple. L ordonnance de la 
partie antérieure nous échappe : peut-être deux colonnes 
s'élevaient-elles en avant des parois latérales ; on [)euf suppo- 
ser aussi qu'un escalier conduisait à l'étage. Le mur de fond 
était Couronné d"un fronton arrondi : ce qui indique qu'une 
voûte en berceau couvrait la salle supérieure. 

24" Ksariaow Ksar Mefijaliounu (dans la région <les Seraouat, 
au sud-ouest de Mila). — Mausolée-, large de 2 mètres, pro- 
fond de 2'", 50, haut actuellement d'environ 3 mètres. Du coté 
de Test, une portes entourée de moulures, donne accès à une 
salle élevée, couverte de larges dalles. 

25° Ksoiir pI (ihcnnaia (ou Fesdis, dans la régi<jn de Batna). 



1. D"api'ès un croquis que j"ai trouvé dans des papiers de Masqueray (conf. 
Annuaire de Conslantine, lS(iO, pi. 1;. 

2. Féraud. Rec. de ConsL, VllI, 18Gi, p. 2So. Rebond et (Joyt, ibid.,\X, 1873- 
80. p. 21. 



74 LES MOM Mi;-MS ANTIOUES DE l'aLGÉKIE 

— Mausdlôo simple, qui a été étudié par Dclamare^ et qui a, 
semblo-t-il, entièrement disparu. Il mesurait 3'", 10 de côté. La 
porte, haute de ["\Ô0, large de r",10, était surmontée d une 
épitaphe-. A la liauteui- du linteau, des pierres en saillie 
garnissaient les angles intérieurs ; « elles étaient probablement 
<( destinées à suppoi-ter des sarcophages, placés de chaque 
« côté de rentrée ». Des dalles, posées parallèlement au mur 
de façade, formaient le plafond de la chambre. 

26° Ksoi/r ri Ghennaia. — Il y avait en ce lieu un autre 
mausolée, plus grand i^il mesurait 3'", 80 de façade) et moins 
bien conservé''. Un chambranle à crosscttes entourait la porte ; 
surh^ linteau, on voyait une tête, deux guirlandes, enfin une 
inscription, consistant simplement en quatre lettres^ : « BB 
MM {Bo?us h fine ! Ma lis maie !). » 

27" Lamht'se. — Mausolée de Flavius-', sur la voie romaine 
de Lambèse à Cirta, à i- kilomètres du cam}) de la troisième 
légion. C'est un massif (piadrangulaire, de 2"\40 de côté, 
surmonté d'une pyramide; la hauteur totale est de près de 
7 mètres. L'une des faces de la pai-tie carrée porte Tépitaphe 
de T. Flavius [Nlaximus, (pii fut préfet de la /// Augusta sous 
le règncMrAlexandre-Sévère'^. L'inscription nous apprend en 
outre que le monument coûta 12.000 sesterces (environ 
3.200 francs), somiiu^ iixéo par Flavius lui-même dans son 
testameul. La caisse de plomb ([ui contenait les cendres du 

1. Mémoires des anliquaires de France. XXI, 18."J2. p. I.i-IG; [il. I. Ilg. 4-7. 

2. Corpus, VIII, 4317. 

3. Delamare, ibid.. p. 17: pi. I, fi.i,'. 8-13. 

4. Corpus, VIII, 4320. 

5. lievue arcliéolof/U/ue, VI, lS49-oO, p 7'.»7. Renier, ibid.. VII, IS.jO, p. 18G- 
7 et pl. 140; Rec. de Conslnnilne, XXIII, 1883-4, p. 183. Gagnai, Guide de Lcnn- 
J)rse,\i. 46-7; Dull. des anUqiiaires de France. 18î)3, p. 139-140. 

(i. Corpus. VIII, 2764. 



PI. LXXIX 



A^^^ 




A. l i.i.'.cr.. ....._. LJ:::., l'ari;. 



,;\rie Bcrthaud, Paris 



Mausolée dk Lambèse 



SÉPLLTLRES 



75 



mort était placée dans un rédnit, ;i un mètre au-dessous du sol. 
Ce mausolée a été restauré en 18i-9, par les soins du colonel 
Carbuccia. 

28" Lamhèse. — Mausolée à étage, à Tonest du village 
français ' (voir planche LXXIX). Il mesure 3"', 10 de côté et 
s'élève actuellement à une hauteur d'environ 7 mètres. La 
salle du rez-de-chaussée, qui était couverte de dalles, ne 
semble pas avoir eu de porte '- : la chambre funéraire devait 
être souterraine. La loge, couverte de la même manière, offre. 




FiG. 1)8. — Mausolée de Lambèse. 

du côté du nddi. une 1res large baie, (prencadreun chamiiranle 
à crossettes et que surmontent deux guirlandes sculptées; les 
angles du nun- de façade sont décorés de pilastres d'ordre 
dorique, (pii étaient sans doute précédés de deux colonnes. Il 
y avait probabk'ment des frontons au sommet de l'édifice. 

1. Guyon, Voi/ar/e clAUjer aux Ziban, p. 127 et 128. Bec. de Conslanline, 
XXIII, 1883-4, p. 205. Gagnât, Guide de Lambèse. p. Gl. Ballu. Tcbessa, Lam- 
bèse, Timyad, fig. 17. 

2. A moins qu'une petite baie n'ait clé ménagée sur la face sud, aujourd'hui 
fort incomplète (cette baie n'aurait pas occupé le milieu de la face). 



YORK UNIVERSITY 
LiBRARY 



Ijf 



70 



LES MONU.MENTS ANTIQUES W: I. AMlEIiU: 



( 



"^!)° Lanihrsr. — A l'est du a illagc. sur la «li'dilc de la route 

^ de Klieucliela, grand mausolée rectangulaire, de 7'", 80 sur 

' r)™,75, dont il ne reste ]tlus ([ue le soubassement (voir////. 98). 

Le rez-de-chaussée comprenait deux diandires, auxquelles 

donnait accès une porte, s'ouvrant sur la face postérieure du 

monument. La baie (pii faisait comniuni(|uer ces deux salles 

subsiste, avec son linteau. I-a première j)i('ce était couverte 

'd'uiu; voide en blocage, avec un arc de tête (A), en pierres de 

taille, oui est encore del)Out. La seconde (dianibre devait être 
I ^ 

égal(Muenl voûtée. Par devant, 
deux murs parallèles semblent 
représenter le cadre dun esca- 
lier, permettaiit (Fatteindre 
l'étage. Ou peut su])poser (pi'il 
y avait eu liant un })ortique 
(surmoulant la judile salle) et 
une vi'Ud lau-dessus de la 
grande). 

30" et 31" Lamhhr. — Dans 
le vaste cimetière situé à Test 

? f ' du caui}). se dressent deux mau- 

Vu,. '..O. - Mausolée de Lambèse. ^^^,^^ .^ ^^.^^.^.^ distants l'uu do 

l'autr*' d'une centaine de mètres'. Ils se ressemlilent fort, et 
le temps leur a fait subir ;i peu pivs les mémos dégradations. 
Le i)remier [ft(j. 99 et planche LXXX) mesure :> mètres do 
larg(i sur 4'", 25 de long. La chandn-c fun(''rair(>, établie au 
rez-de-chaussée, s'ouvre par derrière, a>i nord : la porte na 
que l"'.2i) de hauteur. A rintérieur, <\o\\\ ixdiles niches cin- 
trées contenaient sans doute des urnes cinéraires; en outre, un 
1. Meutionnés dans le Ucc. de ConsUntline, WIW, 1883-1, p. iOG. 




x; 

■A 

X 













< 



!, LXXXI 




/\. I .Jii'.Lii 



.^. l.u.l., 1 



l'hototvpie Ijci'iiuuul, Vavib 



Mausolée de Mdaourouch 



SEPULTURES 77 

sarcopluige, formé de pliisiours pierres, s"ciifoiice dans le sol ; 
il était recouvert par un dallage, en partie détruit. De longues 
dalles constituaient le plafond de cette chandjre. La salle supé- 
rieure, très largement ouverte au sud, avait un plafond sem- 
blable. Elle devait être précédée de colonnes, avec un enla- 
blement portant un fronton, mais ces parties de rédifîce ont 
complètement disparu. 

Le second mausolée (//y. lOÙ), long de ï'\(KK large de 
3", 05, a également une entrée 
au rez-de-chaussée, par der- 
rière. La cliamljre estliaulede 
2 mètres et couverte de dalles; 
on }■ voit dix niches, ména- 
gées dans les quatre parois. 
La loge est identi([ue à celle 
du mausolée précédent. ^ 

32" MdaoïiroiicJi (Mddtmr'A. 
— Mausolée', dont nous don- 
nons le plan fuj . li>l et ime 
vue planche LXXXl. 11 mcsm-e 
5", 29 de long et de large. Au 
rez-de-chaussée, <lu coté du 
sud, s'ouvre une porte, haute 
de l'",75, large de U"',?!, 

entourée de moulures. La salle a i"',2() de hauteur et offre au 
fond trois niches-, l'une rectangulaire et les deux autres cin- 
trées. Deux pieds-droits, faisant saiUie en avant des murs 




Fio. 100. 



Mausolée de L<ambèse. 



1. Rec. (le Conslanline, X, 1860, pi. VII, fig. 2. ïhid , XXXIU, 189:1, pi. à 1 ., 
p. 252 (sous le titre inexact : « Thermes, Tipasa de l'est »}. 

2. La niche centrale est à un niveau plus élevé que les autres. 



78 LES MO.NLiMENTS AMIQLES DE L ALGÉIUE 

lat(''raux, .soulionneni une arcade, qui traverse la cliauibre et 
sur laquelle reposent les dalles du plafond. La loi^o est entiè- 
rement dégagée sur le devant. Elle était sans doute précédée 
de colonnes. Une arcade, établie au-dessus de celle du rez-de- 
chaussée, est jetée en travers de cette loge. Un fronton sur- 
monte encore le mur postérieur. La toiture du mausolée étail 
donc en dos d'âne ; elle devait consister en de longues dalles, 




j_ 



Fici. 101. — Mausolée de Mdaouroiich. 

très plates, reposant, d'une part, sur les rampants d'un des 
frontons, de l'autre sur un pignon que porte l'arcade médiane. 
33° Médinat Achr/((f . — Mausolée sinq)le, dit Sourna, situé 
dans la vallée de l'oued Teguiguert, affluent de l'oued Riou, à 
S kilomètres au nord-ouest de Médinal Acdielaf (province 
d'Oran) •. Il se compose d'une partie à peu près cubique, de 

I. iMarchuiid. Bull. d'Oran. ISOo, p. 210, n» 3 (il prend co momimpiit pour 
une lour). Deirien, ibid., p. -283 et vue à la p. 2'.i4. 



SKPULTIRES 79 

4'", 50 do côté et 4", 20 do haut, et (runo pjn'amido, dont il ne 
reste que la partie iiifériouro. sur une hauteur de 2™, GO, mais 
qui devait être bien plus élevée. La porte de la chaud) re funé- 
raire, ménagée dans la face ouest, est fort étroite. 

34° Mons (au nord-est de Sétif). — Sur un escarpement, au 
sud de la route de Sétif, se trouve un petit cimetière', 
dans lequel trois toml^eaux rectangulaires demeurent debout 
(plan d'un de ces monuments, ftg. 102; vue empruntée à 
Dclamare, fig. 103). D'autres, en ruines, jonclient le sol. Les 
dimensions sont exiguës : 2™, 10-2'°, 75 de longueur (nïurs 
compris), l",40-i*",63 de 
largeur, 2™,15-2°'.7i» de 
luiuteur. Lue baie, liante 
lie 0", 55-0'% (55, large en 
moyenne de 0'",o5, jadis 
fermée par un })annoau, 
est pratiquée dans la face 
orientale, à mi-hauteur. 
A Tintérieur, les parois 

présentent de petites niches, inégalement réparties, surmontant 
des trous cubiques, de 0'",20à 0'",30de côté et de profondeur, 
dans lesquels on avait déposé les urnes cinéraires. Ces monuments 
ont quelquefois une base à moulures et une corniche. Le cou- 
vercle de chacun d'entre eux est formé par un demi-cylindre 
monolithe, plein ou évidé. 

35" Mans. — Bas d'un mausolée % mesurant 3"", 60 de coté, 




FiG. 102. — Tombeau de Mons. 

(Échelle de 1/50.) 



1. Nodier, Journal d,' Ve.rpédillnn des Portes de fer, p. 209. Ravoisié, F. 
p. 67, 71 ; pi. 57, fi-. IX et X. Delamare, Explor. , pi. 'Jl. Jacqiiol. Rec. de 
ConsL, XXXm, 18!)9, p. 2:;9-270. 

2. Delamare, pi. 98, fig. 13-lC. .le n'ai pas retroiivr ce mausolée, qui a élé 
probablement détruit. 



80 



LES MOMMKNTS ANTIOIES DK LAI.flKltlR 



(.nié aux. angles de i)ilasti'os cannolés T'no poi'le, lai'yc <le 
(J"',80, <lonno accès à la rliaiiibi-e. (loiil les parois offrent îles 
saillies, destinées peut-être à porter des sarcophages. 

36" Morsott (au nord de Tébessa). — Mausolée simple', de 
4™, 70 de côté, reposant sui- lui soubassement de deux marches 
(voir fi(j. 10 j et planche LXXVIII, en bas). Aux quatre 
angles, il y a des pilastres, avec des (diapitcaux corinlhioiis de 




Fir.. lOo. — Tombeaux de Mons. 



mauvais style. La porte, ouvei'te sur la face nord-ouest, mesure 
P.GOdc haut et O",?.") do large. En face, est percée une 
petite fenêtre. La chambre, (pu ('tait dallée, avait i)eut-être une 
1 voûte en berceau. Par-dessous, s'étend \\\\ caveau funéraire, 
surmonté d'ime voûte on ])h)cage ^ et ])ourvu (rime porte, (pii 
est placée sous celle de la salle. 

I. De Dosredon, liée, de ('onslantine. XVIIl, 1870-'i, p. iO'.». 
•1. Aujourd'hui écroulée. 



SÉPULTURES 



81 



'SI"" Mo/'soU. — Mausolée à étage, à enté du précédent ' 
(/ig. 105 ~). Il mesure II- mètres de long sur G", 80 de large. 
L'entrée de la 




I ^ 



chambre funé- 
raire se trouve 
sur le c o t é 
gauche, à Test. 
Cette salle, 
encore bien con- 
servée, est cou- 
verte d'une 
voûte appareil- 
lée, en berceau. 
Une étroite fe- 
nêtre, pratiquée 
dans la paroi du 
sud, donne un 
peu de jour et d'air. Sept niches cintrées, de forme allongée, 

de hauteur 
vai-iable(0'",80 
au maximum), 
re s se m bien t 
aux arcosoli(t 
chrétiens ; 
elles abritaient 
jadis des urnes 
cinéraires. Au- 



•"ii;. 101 



Mausolée de Mursolt. 




FiG. lU.'i. — Mausolée de Mnrsolt. 



dessus, on voit une grande loge, de 5'",27 de largeur et ô"',^).") 

1. Mentionné par Masquerny [Bull, de con-espondance africaine, T, 1882-:!. 
p. 323), qui le qualifie de tour. 

2. Plan pris ;i la hauteur du rez-de-chaussée. 

II. 6 



82 Ll^S MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉIilE 

(le profoiulour (entre murs), qui, solon l'usage, devait 
s'ouvrir par une grande baie sur le devant, c'est-à-dire 
,au nord'. Elle parait avoir été coiffée d'une voûte légère, 
'probablement en tubes d'argile. Mais cette voûte était 
limitée par des frontons : il reste encore une amorce du 
fronton postérieur. En avant, se dressait peut-être un portique 
de quatre colonnes. La partie antérieure du mausolée a été 
remaniée à une basse époque et on y a étaltli au rez-de-chaus- 
sée une ciiambre, avec une entrée au nord i^voir le plan). Nous 
croyons qu'il y avait primitivement, h cet endroit, un large 
escalier, conduisant à l'étage. 

38° et 39" Oued Djcnnanc (entre Sétif et Constantine). — 
Mausolée, étudié par Delamare - et aujourd'hui démoli. Il mesu- 
rait 5 mètres de côté et était orné aux angles de pilastres, 
avec des cli.Mpilcaux corinthiens. A la hauteur de ces chapi- 
teaux, une cdiisolc faisait saillie au milieu de chaque paroi ; 
des guirlandes sculptées reliaient chapiteaux et consoles ; 
au-dessus, régnait un entablement très simple. Delamare 
n'indique pas de porte. La salle était couverte par deux séries 
de blocs quadrangulaires, disposées perpendiculairement l'une 
il l'autre. Peut-être cet édifice n'a-t-il jamais eu d'autre cou- 

Vonnement, mais il est plus probable qu'il était surmonté d'une 

i 

(pvramide en blocage. 

M. Poulie signale -^ dans la môme région, un autre mausolée 
à peu près semblable, de 3"", 15 de côté et de 4 mètres environ 
de hauteur. Il est aussi décoré de pilastres et de guirlandes. La 

1. La face antérieure de la salle est détruite. Les trois autres faces sont au 
contraire conservées jusqu'à la corniche. 

2. Ex])lo)'.,iA. 90, (iy. 3-5. Conf. Poulie, Hcc. de Cuiislanliiie, XVI, IS*:}-!. 
p. 456. 

;j. /.. c. 



SÉPULTl'RES 83 

face de ce iiifiiiuiucnt s'est écroulée, entraînant la pierre qui 
portait l'épitaplie'. 

40° Ghorfa des Oïded Meriem ,;i l'ouest d'Aumale). — 
Monument, très ruiné, de 1",20 de coté, reposant sur un sou- 
bassement de trois ou quatre marclies. Il y avait peut-être une 
porte sur la face septentrionale. Cette construction, qui a été 
regardée comme une tour de défense, est certainement un 
mausolée "-. 

41" Ghorfa des Oïdcd Sf'hinui ui environ 10 kilomètres au 
sud-est d'Aumale'). — Ce mausolée^, qu'on a pris également 
pour une tour défensive, appartient à une basse époque : des 
matériaux em})runtés à des édifices plus anciens y ont élé 
employés^. Il mesure 5 mètres de côté et s'élève actuellement 
à une hauteur de r)"',80. Un robord, formé de deux degrés, 
l'entoure au nord, à l'ouest et au sud. La porte du rez-de- 
chaussée, fort })etite, se trouve au milieu du front oriental, 
qui est dépourvu de bordure. Les parois de l'étage ne sont i)as 
verticales, mais k'gJ'rement obliques, si bien (^ue cet étage a 
l'aspect d'une pyramide tronquée. Au lieu d'être largement 
ouverte sur une des faces, la chambre supérieure n'a qu'une 
baie exiguë, ménag(''e au-dessus de l'entrée d'en bas. Le cou- 
ronnement du mausolée manque : l'inclinaison des murs })ermet 
de supposer qu'il consistait en une pyramide. 

1. Corpus, yill, 82'J7:= 869o. 

2. Berbrugger, TieLme africaine, IV, 1839-60, [>. 101. .Mercier, ibid., X, 1860, 
p. 7.3-4. IJobert, ibid., XL, 18%, p. 300. Masqueray, lUdl. de correspondance 
africaine, I, 1882-:i, p. 223-4. 

3. Berbrugger, Epoques militaires de la (grande KubijUe, p. 204. Ilervin, 
Revue africaine, II, IB.h-S. p. lOa-l. Masqueray, Bull, de correspondance afri- 
caine, III, 188:;. p. in. Robert, ibid., p. 527. Le même, Revue africaine, XL, 
p. 296-9, avec une vue. 

4. Selon Ghoisnet et Masqueray {l. c), une des pierres de ce monument 
porterait mt-me la date provinciale CCCC. c'est-à-dire '.39 do notre cre. 



8i LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

42° Henchir Oumialn (au sud-ouest de Tébessai. — Mau- 
solée, dont les faces latérales niesuroid i'",10 <!(' longueur. 
De Bosre<lon le décrit ainsi' : «Une ouverture, do 0'", 50 de 
.< liant sur û™,85 de large, taillée régulièrement et aménagée 
« pour recevoir une porte, ... coupe en pai'iie le piédestal. En 
.< pénétrant dans l'intérieur, on voit, au sommet et sur tout 
•< le pourtour de l'édifice, des pierres en saillie, qui servaient 
»< sans doute de supports à la couverture, aujourd'hui enlevée. 
<( A 0'",30 au-dessus de la porte, on aperçoit enc(jre, dans 
« l'intérieur, des pierres saillant os sur chaque face, qui devaient 
« soutenir... un [ou plusieurs] sarcophages. » 

43° Phiiippeville [Eiisicade). — Mausolée-, (pii s'élevait 
autrefois sur la route de Phiiippeville à Stora et qui a disparu. 
'Construit en blocage, d'une manière assez médiocre, il mesu- 
;rait 7"", 92 dans les deux dimensions. Un passage étroit, avec 
quelques marches, menait à la salle funéraire, pavée d'une 
belle mosaïque polychrome et couverte d'une voùle d'arêtes. 
Dans les murs de droite, de gauche et de fond, trois grandes 
niches, de 2", 12 de long sur O'^iTô de large, présentent, à une 
hauteur de 2 mètres, des entailles pour encastrer des sarco- 
phages. Il y avait aussi place pour un quatrième sarcophage, 
au-dessus de l'entrée. Ce monument était entouré d'une 
enceinte trapézoïdale, longue (au maxiunun) de 17"°, 25, large 
de 12", 10. 

4i-° Philipp<;>:ill<'. — Autre mausolée ■■, situé dans la pro- 



1. Rec. de ConsL, XVI, 187:5-4. p. 5'J. 

2. Delaniare, Mémoires des nnliqtiaires de France, XXIV, 1859, p. 1:J8-160; 
pi. 11, fig. 1-3. Le niènie, Explora lion, pi. 37, fig. 1-3; pi. 38, fig. 1 ; pi. 39. 
Vars, liusicade et Slora, p. 30-3 et pi. à la p. 30. 

3. Delamare, Ejploralion. pi. 37, fig. 7 seq.; pi. 38. fig. 2. Vars, /. c. pi. à 
la p. 32. 



SÉPULTURES 



85 



priété Lesiieur, au-dessus de la route de Stora (voir le plan, 
fig. 100, d'après Delamare). Bâti en blocage et en briques, il 
l'orme un carré de G'",.")!) de côté. Une porte s'ouvre au milieu 
du mur i\^^ l'ouest. A l'intérieur, les trois autres parois offrent 
de grands renfoncements, pourvus de saillies, sortes d'étagères 
qui devaient soutenir deux sarcophages superposés. On pouvait, 
en outre, placer un troisième sarcophage sur le sol même de 
chaque recoin. Des consoles servaient peut-être à porter des 
lampes. La salle était surmontée d'une voûte d'arêtes, dont il 




Fig. 106. — Mausolée de Philippeville. 



ne reste plus que les amorces. Une clôture assez haute entou- 
rait ce mausolée. Par derrière, elle formait un obstacle contre 
l'invasion des terres et la })énétration de l'humidité', l'édifice 
que nous venons de décrire avant été établi sur une très forte 
pente. 

45° PItilippeville. — A 800 mètres environ au sud-ouest de ' 
la ville, on voit les ruines d'un mausolée en blocage et en \ 

\. Ce mur postérieur est relié au mausolée par une voûte consolidant la 
bâtisse et couvrant une sorte de boyau, qui pouvait être utilisé comme lieu 
de dépôt. 



86 LES .MONUMENTS ANTIOUES DE I, AI.r.EHIK 

briques', La cliaiiibrc, qui mesure intérieurement 5", 40 (!<' 
côté, présente, à droite, à gauche et au fond, de grands ren- 
foncements cintrés, qui abritaient autrefois des sarcophages. 
De cliaque côté de la porte, une niche semi-circulaire, 
d'un mètre d'ouverture, contenait peut-être une statue. Cette 
salle paraît avoir été voûtée. Le sol est pavé en mosaïque. 

40° PhiUjqtt'rillc. — Mausolée à étage, aujourd'hui détruit. 
Il se trouvait près de la route de Stora. D'après les indications 
de Ravoisié et de Delamare-, il avait 5 mètres de long et de 
large. La chambre funéraire, étaldie au rez-de-chaussée, était 
coiffée d'une voûte d'arêtes ; une porte basse s'ouvrait par 
derrière. Au-dessus, il y avait une lo e de même grandeur, 
avec plusieurs niches, à droite, à gauche et au fond. Ces niches, 
hautes de i^^SU, larges de 0"\90, devaient êtr(^ occupées jadis 
par des statues. Un fronton surmontait le mur de fond; le 
devant s'était écroulé. 

i-7° HencJiir Srdjnal cl Aleiich ((hms le \yA\s des Nemen- 
chas, au sud de TébessaV — ^lausolée simple, de i mètres de 
front sur 2 de profondeur. 11 s'élève à une hauteur de 3"°, 50. 
« Cette construction, dit De Bosredon'', était recouverte 
« i)ar lin loit à plans inclinés, dont l'intersection était perpen- 
« dif^daire à la façade, ainsi que rindifpie la p(jrli(tn de mur 
" restée debout sin' la face postérieure. » Les deux versants 
de la toiture étaient sans doute constitués par des dalles plates. 
On pénétrait dans la chaiTibr(^ par une porte de 1"',30 de hatit 
et de 0'",90 de largo. 

1. \ars, Rus Icade et Slora, p.2i)\).GseileiBerlTan(\,MusceclePhilippeville,p. -i-j. 

2. R.'ivoisié, £3-/)/o/-., Il, pi. 69. en haut. Delamare, Mémoires des anliguaires, 
XXIV, p. 162-3. Le même, Explor., pi. 40. fig. 2: pi. 51. Ilg. 1-4. Vars, l. c, 
p. 33-4 et pi. à la p. 34. 

3. Rec. de Const., XVI, 1873- i. p. dO. 



X 
X 
X. 




H 



Q 



SÉPULTURES g-, 

18" Sétif (SùifLs), h 1.800 mètres environ au nord-ouest de 
la ville, sur une voie romaine qui allait à yair/ae. — Grand 
mausolée à étage, connu sous le nom ridicule de tombeau de 




Fi,,. 107. — Mausolée de Sélif. 



Scipioni (plan; /?y. KiT; vue, pi. LXXXII,. Il mesure 9'",30 
<le long sur 7", "28 de large et repose sur un soubassement de 

1. Ravoisié, I-:.rj,l,n'.,], p. 72. pi. .;!). Dvhmare. Ejplor., pi. 72. fi" 1 et -^ cl 
pi. 73. 



«8 



Li;S MO.MMF.NTS ANTIOIES DE i/aLGÉRIE 



lieux marches. La clianibi-e funéraire se trouve au rez-(k'- 
cliaussée. La porte, étroite et basse, est nirua^^ée dans la jjaroi 
(le l'est; on y monte par un escalier de cinq marches, et, 
après le seuil, un aiiti-e escalier descend ii la chambre. Cette 
salle, qui s'éclairait et s'aérait par deux étroites fenêtres, 
^l)crcées dans les murs latéraux, était couverte d'un berceau 
,en blocage. Des niches arrondies, creusées dans un contre- 
mur en moellons, abritaient les urnes cinéraires ; la plupart 
d'entre elles sont aujourd'hui complètement détruites. La loge 
s'ouvre ii l'ouest i)ar une haute baie cintrée ; elle devait être 
précédée d'un porlique de quatre colonnes. 11 n'y avait cer- 
tainement pas d'escalier sur le devant. On voyait autrefois 
quelques vestiges d'un fronton postérieur, mais il est possible 
que la loge elle-même ait été surmontée d'une voûte 
légère. 

49" Sétif. — Mausolée à étage, dont il ne subsiste pins que 
(juehpies pierres, près de l'oued bon Sellam, à environ 
3 kilomètres au nord-ouest de Sétif. Quand Ravoisié' et 
Delaniare- le dessinèrent, il avait encore un aspect assez 
imposant. D'après les relevés de ces archéologues •', il mesu- 
rait 8°, 73 de froni et ressemblait lieaucoup au tombeau de 
Scipion. On entrait dans la chandjre du rez-de-chaussée par une 
l)etite baie, s'ouvrant à travers le mur [jostérionr. 

r)0" Srlif. — Un autre mausolée à étage s'élevait à 
1.500 mètres environ (hi précédent, au nord. Il était de même 
type, mais plus petit (4", 30 de large sur 4'",C0 de long). Il 



1. !.. c, 1. p. "3; pi. C.O, fi-. 1-0. 

2. A. c, pi. 7-2, fig. 3 et 4. 

3. Relevés qui ne concordent guère. Je rrois cependant qu'il s'agit du niêuie 
édifice. 



SEPULÏIJUES 89- 

n'en reste que le soiil)assement ; Ravoisié ' et Delamare- l'ont 
vu en meilleur état. La chambre supérieure était largement 
ouverte sur le devant ; des pilastres formaient la tête des 
murs latéraux. 

51" Si'lif, au luéuie endroit que le n° 50. — Mausolée, étudié 
par Delamare''', aujourd'hui presque entièrement détruit. Les 
angles étaient ornés de pilastres et une porte basse donnait 
accès à la chambre funéraire, placée au niveau du sol. Cet 
édifice n'avait probablement pas d'étage. 

52" Soiima heni d Abri (à une cinquantaine de kilomètres 
au sud-ouest de Tébessa). — D'après les renseignements donnés 
par De Dosredon '', ce mausolée mesure 2"',i0 de côté et G'", 50' 
de hauteur. La chambre parait être souterraine, car on n'in- 
dique pas de porte au rez-de-chaussée. La loge est entière- 
ment ouverte sur le front, et les murs latéraux sont précédés- 
de deux pilastres, revêtus de dessins géométriques ; en avant 
se dressent deux colonnes, « d'un style corinthien des plus 
modestes ». Les angles et le milieu de la façade postérieure- 
sont décorés de trois autres pilastres, également d'ordre corin- 
thien. L'entablement est coiffé, nous dit-on, « d'un tronc de 
cône » : il est très probalde que le couronnement consistait 
jadis en une pyrandde, que le temps aura tronquée. 

53° Soumal cl Ghonla (dans la région de Collo) ^. — Monu- 
ment de 2", 80 de côté et de 3 mètres de hauteur, reposant sur 
un socle de deux degrés. On pénètre à l'intérieur par une baie 
carrée, ménagée dans la façade septentrionale. Au pied de 



1. /.. c, p. 7.3; pi. liO, lig. 7-10. 

2. L. c, pi. 74, fig. "2. 

3. L. c, pi. 74, fig. 1. Coiif. Havoisié, L c, p. G9. 

4. Rec. de Consl., XVI, 1873-t, p. :i5-6 ; pi. II,lLg. 3 et 3 his. 
:i. Luciani, Bec. de Const., XXIU, 1883-4, p. SO-OO. 



90 Ll^S MO.NLMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

l'édifice, gisent plusieurs claveaux : la voûte (Hait donc en 
pierres appareillées, et non pas en blocage. 

b^'' Souma Ras cl A'ioun (au nord-est de Tcbessa, près de la 
frontière tunisienne'. — Mausolée d'une construction médiocre 
ot assez mal conservé : une face entière a disparu. La largeur des 
faces est do 3 mètres, la hauteur totale du monument de 4™, 50. 
« Le triangle, dit De Bosredon ', qui termine une des faces, in- 
« diquela forme qu'affectait le sommet derédifice. A l'intérieur, 
« on remarque, sur chacun des murs latt'raux, quahc niches pla- 
« cées symétriquement » ; elles contenaient sans doute autre- 
fois des urnes cinéraires. 

."35" Souma Tashent (à 30 kilomètres environ ;i Touest-sud- 
ouest de Tébessa). — Mausolée à étage -, se dressant à une 
hauteur d'une douzaine de mètres. Aurez-de-chaussée, il y a sur 
le devant une petite porte, entourée d'un chambranle mouluré. 
Elle est surmontée d'une inscription, qui nous a})prend que ce 
tombeau était celui d'un indigène, Aumasgar'^ La loge s'ouvre 
entièrement sur le devant; les murs latéraux devaient être 
précédés de doux colonnes. Le haut du monument est détruit ; 
il présentait probablement des frontons. 

50° Soumet el Kheiirg (au sud-est de Tébessa, chez les 
Oulad Sidi Abid, près delà frontière tunisienne). — Mausolée à 
étage ', mesurant 2"', 60 de C(')té; il s'élève actuellement à 7°',50 
<lu sol. Il repose sui- un soubassement de cinq degr(''S. La 
porte étroite qui conduit ;i la chambre est bordée de moulures. 
Au-dessus se lit la double épitapho de C. .Iulius Dexter, ancien 



1. Rec. de ConuL, XVI, 1873-4, p. (i!-2. 

■2. Mon, Ann. de Consl., 1858-9, p. 207; pi. XVll. (i,-. 1. 

3. Corpus, VIII, -i-JOO. Bull. Comilé, 1899, p. 18:5. 

l. De Bosredon. nec. de Consl.. XVI. lS73-i, p. ;ii-.-;: pi. II. Iig. 2. 



SÉPULTLRES 9| 

sous-officier de cavalerie et diiumvir do la colonie de ïholepto, 
et de sa femme Tutia Tertia ' ; rinscriplion indique que les 
deux morts furent brûlés. L'étage n'offre aucune l)aio sur le 
dehors : il n'a été construit que pour accroître la hauteur de 
l'édifice et pour servir, en quelque sorte, de socle au couronne- 
ment, qui était sans doute une pyramide. 

57'' Tafjuc.mount ou Gua(/e/el {chez les Ait Iraten, près de 
Fort-National, en Kabvhe). — Mausolée simple -, de 6 mètres de i 
côté, construit en moellons et en briques plates. Il était jadis , 
surmonté d'une pyramide, dont il ne reste qu'une partie du 
noyau. La chambre funéraire est uu cai-ré de 3 mètres, coiffé 
d'une voûte en berceau •''. On voit une ouverluro ;i l'est, mais 
elle est très irrégulière et semble avoir (Hé percée, ou tout au 
moins agrandie, par des chercheurs d<' trésors. 

58" Tipasa de Maure/unir. — Daus le (piartier occidental de 
la ville romaine, se trouve un \\o\\\ édifice carré, que couron- 
nait une pyramide ;i ba-e octogonale '. La partie carrée mesure 
3", 30 de côté; elle devait cti-e élevée d'au moius 4°, 50. Des 
pilastres cannelés, en pierres de taille, se dressent aux quatre 
angles. Le reste du mausolée (^st en biorage. La pyramide, 
massif plein, avait (> mètres de hautem-; elle git sur le sol, 
presque intacte. La porte s'ouvre dans le mur i\\\. sud; ;i l'in- 
térieur, de petites niches cintrées sont pratiquées dans les 
trois autres parois. La construction de ce tombeau est bonne : 

1. Corpus, VIII, -2094. 

2. Lecierc, Revue africuinp. il, I8.i*-S. p. l'il-:j. Auc.-ipitaiiie. Reçue archéolo- 
f/ique, XVI, 1859-60. p. 23-30 et pi. 3a4. Hanoteaii. lievue africaine, V, 1861, 
p. 181. \'ignerai. Ruines romaines de la Kahi/Ue du Djurdjura. p. 91. 

:i. C'est ainsi que i'iniiiiiuc Aucapilaine (ptanclie citée). Lecierc la quali6e 
de « voûte en arc ogival, tronquée par une ligne horizontale d'un mètre 
d'étendue ». 

4. G.sell, Mél'infies de l'École de Rome. XIV. 1895. p :îo4-.'J. 



92 



LES MO.NU.MENTS AMIQIES DE L ALt;Éllli; 



m peut le dater approximativement du i)i(Miiier siècle. 
59" Tipam. — Au sud-est delà colline centrale, on remarque 

un curieux monument ', 



aujoui'ii nui haigne par la 
mer, qui a fait de grands 
progrès en cet endroit. De 
forme quadrangulaire, il 
mesure environ 3"", 50 de 
haut, 3 mètres de long et 
l'",8U_^ de large. Au lien 
d'être construit en maté- 
riaux apportés, il est mé- 
nagé dans le roc, dont, 
tout autour, le niveau a 
été abaissé considérable- 
ment et a[)lani. par suite 
d'exploitation de carrières. 
Creux ;i rintérieur. il a un 
couvercle en pierres de 
taille. Peut-être est-ce un 
mausolée. 

60" Zana {Diana). — 
On distingue de misérables 
vestiges de plusieurs mau- 
solées à l'ouest des 
ruines'-. Nous donnons le 




Fil.. lii,s. — Mausolée de Zana. 



plan de l'un d'entre eux ipy. 108). Il n'en subsiste plus que le 
soubassement, mais on peut reconnaître ([ii'il y avait au rez- 

1. Gsell, Mélanges de l'Ecole de Rome. p. 372. 

•2. Graiilot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome. MV, IS'.ii, p. a.>:î. 



SEPULTURES 93 

<lG-cliaussée deux chambres, communiquant entre elles. Par 
<levant, un escalier devait mènera un étage, (jui se composait 
sans doute d'un portique, établi au-dessus de la petite salle, et 
d'une loge, au-dessus de la grande. 

Oi" et 62'' Henchir Zoukia (dans la plaine de Tlidjen, au 
sud-ouest deTébessa). — Mausolée à étage, décrit parDeBos- 
redon'. Haut de 6 mètres, large de 3, « il affecte la forme 
« d'une tour carrée, que recouvre une toiture à double fron- 
« ton. L'étage est décoré, du coté de la façade, de quatre 
« colonnes torses, surmontées do chapiteaux grossièrement 
" fouillés et faisant corps avec les fûts... Une ouverture, de 
« 1°',45 de haut sur l'MO de large, donne accès dans la 
« chambre du [rez-de-chaussée]. Cette porte est surmontée 
« d'une couronne en relief. Au milieu de la corniche, est sculp- 
« tée une main vue de face, qui tient une autre couronne. 
« Enfin, au centre <hi fronton, se voit, dans un cadre circu- 
« laire, une tête de femme voilée. 

« A peu de distance de ce mausolée, ajoute De Bosredon, 
« s'en trouve un deuxième du même genre, mais orné simple- 
" ment de colonnes et aux trois quarts renvoi'sé. » 



Maiisolt'cs ilr forme hexagonale o// oclogonalc 

Les monuments hexagonaux ou octogonaux sont beaucoup 
plus rares que ceux qui ont été construits sur plan carré ou 
rectangulaire. 

63" L'élégant mausolée que les indigènes appellent Sounia 

1. Eec. de Conslan/iiip. MX. LSIS. p. 18. 



n 



LES MOM'MEMS AMKjUES DE L ALGERIE 



D/azzia ' i/fff. 109"^) est situé au lion dit Hondiir Ouiii Kit", 
au sud-ost do KhoïK-licla. Eucoro bien consoivé, il s'élève à 
7 mètres environ au-dessus du sol : il ne manque que le faite 
de rédifice. C'est un liexag-one de 2'", 18 de côté, reposant sur 
deux degrés. Une baie fort petite, entourée d'un cadre, s'ouvre 
dans la face nord, à la hauteur de la deuxième assise 













Fn;. l(i:t. — Mausolée dit Souma Djazzia. 



au-dessus de la moulure de base. Sur la face orientale, 
immédiatement au-dessous de la corinche, étaient gravées 

1. De Bosrcdon, lîec. de Coiist., XVI, 1873-i, p. 62-:!; pi. 111, fig. 5. Mas 
<|ueray, Revue africaine, XX, 1818, p. 458. Ibtd., XXXVll, 18U3, planche a la 
page 143 (vue). 

2. D'après le dessin de M. Boucton, publié dans la Reoue africa'ine. 



SEPULTURES 



9S 



<lciix cpitai)lio.s, aujoiinriiui mutilées, dont rime semble 
se rapporter h im magistrat municipal'. Le plafond de 
la chambre du rez-de-chaussée manque ; il devait être 
constitué par des dalles. A l'étage règne nue loge, qui n'a do 
murs que sur trois côtés, murs précédés de deux pilastres. 
Deux colonnes forment la façade, au levant ; les fûts 
sont oûnnelés en bas et torses en haut, les chapiteaux appar- 
tiennent à l'onlre corinthien. Cette loge est couronnée d'un 
entablement, composé 
d'une frise architravée 
et d'une corniche ; sur 
le devant, la frise offre 
trois cercles, dont 
l'un, dit DeBosredon, 
« renferme une étoile 
<( et un autre une petite 
« figure en relief, les 
deux bras écartés ». 
Des dalles couvrent 
l'étage. Peut-être ce 
mausolée était-il sur- 




Fio. 110. — Mausolée de Taksebt. 



monté d'un prisme, construit en matériaux légers, et qui, 
pour cette raison, aurait entièrement disparu. 

Gir° Près de Tébessa, à environ 1 kilomètre au nord de la 
porte de Caracalla, on rencontre un petit sanctuaire musulman, 
dans lequel est enseveli un marabout, Sidi Djaballah-. Cette 
koubba n'est autre chose que la partie inférieure d'un mauso- 



1. Corpus, Vlll, 11604. Ces deux inscriptions ne se distinguent pas sur la 
ligure 109. 

2. Moll, Annuaire de Conslanline, 1838-9, p. 71-8 et pJ. XVI. 



■90 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 



léc, de forme hexagonale '. Les indigènes ont établi par-dessus 
une coupole et onl percé une porte dans une des parois. Pri- 
mitivement, la salle du rez-de-chaussée ne communiquait point 
avec Textérieur; la chambre funéraire était sans doute sou- 




Fir„ 111. 



Mausolée de Takschl. 



terraine. 11 }• avait probablemcnl un étage, comme au toni])eau 
<lc Ksar Djaz/.ia, mais il n'en reste plus une seule pierre en place. 

1. Chaque pan a nue largeur de 2". 85. 



SEPULTURES 97 

65° Le mausolée de Taksebt ^ est beaucoup plus vaste que 
les deux précédents et d'un autre style ; il paraît dater d'une 
époque assez basse (plan, fifj. 110, d'après Gavault ; vue, 
j\(j. 111). Les morts ont été certainement ensevelis dans une 
salle souterraine, car la partie du monument qui se dresse au- 
dessus du sol, et qui atteint encore 9 mètres au levant, n'est 
qu'un massif déblocage, revêtu de pierres de taille. Ce socle, 
de forme octogonale, portait sans doute une pyramide, lisse 
ou plutôt à gradins. Chaque angle est orné d'une grande 
colonne engagée, d'ordre corinthien, surmontée d'un enta- 
blement complet. A l'est, s'ouvre une niche, qui res- 
semble à une porte et qui, peut-être, abritait jadis une 
statue; plus liant, un renfoncement carré devait contenir 
une plaque de marbre ou de bronze. A l'intérieur du noyau 
en maçonnerie, on voit un segment de mur courbe, en pierres 
de grand ajjpareil, avec deux colonnes engagées d'ordre 
ionique : c'est sans doute, comme Gavault l'a supposé, un vestige 
d'un mausolée antérieur, enfermé dans la construction du 
nouveau-. 

Mausob-es de forme ronde 

Ce type, dont l'exemple le plus fameux est le tombeau de 
CaeciHa Metella, sur la voie Appienne, est représenté en Algé- 
rie par un mausolée important, celui des Lollii, situé à 18 kilo- 
mètres à vol d'oiseau au nord-ouest de Constantine, près de 

1. Vigneral, Riiines rotnainesde luKabijliedti Ujunlju)-a,\>.'i'i-i (il croit que 
c'était un phare). Gavault et Bourlier, Uevue africaine, \X\\U, 1893, p. 132-3, 
fig. 7-9 (plan, élévation, restauration). 

2. Au cbapilre m du livre 111, nous parlerons de deux autres grands mau- 
solées octogonaux qui appartiennent certainement à l'époque chrétienne, 
celui de Blad Guitoun et celui de Ksar el Ghaba. 



98' 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 



l'uuod Smendou {fi(j. 112, d'après Delamaro)'. Il a la forme 
d'un cylindre, de 5'", 50 de hauteur et de 10™, 20 de diamètre, 
avec une base moulurée et une corniche. Les murs, en très 
bollos pierres de taille à bossage, mesurent l'",(30 d'épaisseur. 
Sous la corniche, aux points cardinaux % une inscription est 
quatre fois répétée'^ : «il/. Lollio Senecioni palri, Graniae 
« Honoratac matri, L. Lollio Sem^cioni frtitn, M. Lollio 
« Honorato fralri, P. Gianio Paitlo aronculo, Q. Lolliiis 
« Urhiritx, pra('f\('ctus) U/'bis. » Le monument avait donc été 
élevé par Lollius Urbicus, préfet de Rome, nn des principaux 



ài^.^ 








"i '-s:^s^m'^^^^S&^j^miJ.-è^ ~J^#i 



FiG. 112. — Mausolée des Lollii. 




personnages de l'empire sous Antonin le Pieux, pour servir de 
sépidture à cinq membres de sa famille. 

Il n'y a aucune porte permettant de pénétrer dans l'espace 
circonscrit par ce cylindre. « Quant ;i l'intérieur du monument, 
(' dit Leclerc, le fond en est à peu près de niveau avec le sol 

1. Delamare, pi 49, fig. o-i). Fîenier, Archives des Missions. 111, IS".}. p. 332. 
Annuaire de Conslanline, 185 ', pi. XVIIl. Leclerc, /Jec. de Co)istanline, VlU, 
1864, p. 15-25 (= Revue africaine, Vlll. ISCl. p. 153-1(10). 

2. L'exemplaire du nord est détruit, celui de louest est presque illisible. 

3. Corpus, Vlll, 670']. 



SÉPLLTUUES 99 

« extérieur. Il est envahi [par la végétation]. Deux ou trois 
« blocs peu volumineux percent à travers ce tapis de verdure. » 
Il est donc probable que la chambre funéraire est souterraine. 
On n'a aucune donnée pour restituer le couronnement de 
l'édifice •• 

1. Il y avait peut-être des mausolées analogues à celui des Lollii à Oum el 
Asnam, près de Batna fconstrurlion en belles pierres de taille, de 4'",80 de dia- 
mètre, aujourd'tiui démolie : voir Delamare, Mémoires des antiquaires de France, 
XXI, p. 11) —et à Ksiba Mraou, à l'est de Souk Ahras (monument de 7 mètres 
de diamètre, qualifié de tour dans \eBull. Comité, 1887, p. 473). 



CHAPITRE XIY 



DÉCORATION DES ÉDIFICES. MOSAÏQUES 



Nous n'avons pas à étudier ici les objets mobiliers, les sta- 
tues qui décoraient les édifices publics ou privés. Mais nous 
croyons devoir consacrer quelques pages aux mosaïques, qui se 
rattachent plus étroitemeni à lart monumental. 

En aucune contrée du monde romain on n'a découvert autant 
de mosaïques de pavement que dans l'Afrique du Nord '. Elles 
sont d'ordinaire d'un dessin incorrect, mais d'un coloris har- 
monieux et attestent une grande entente de la technique du 
métier. Peu soucieux du détail ', les artistes ont surtout cher- 
ché à produire une impression d'ensem]jle, agréable ou impo- 
sante, et ils V ont souvent réussi. 

Nulle part, cependant, on n'a traité ces œus'res précieuses 
avec moins de respect qu'en Algérie : bien peu d'entre elles 



1. Plusieurs auteurs ont déjà fait remarquer les avantages que ces pave- 
ments offrent dans les pays chauds. Ils ne sont pas attaqués par les insectes : 
ils peuvent être facilement lavés et l'eau, qui noie la poussière, rafraîchit en 
s'évaporant la température des salles. Gonf. Gauckler, dans la revue intitulée 
A Iraver.i le Monde, 1890, p. 329. 

2. 11 y naturellement des exceptions, en particulier dans l'école de 
mosaïstes d'IIadrumète. 



DÉCORATION DES ÉDIFICES. MOSAÏQUES 101 

ont été enlevées et ont pu trouver un asile dans des musées ; 
des monuments d'un grand intérêt sont aujourd'hui complète- 
ment perdus, d'autres ont subi des mutilations fort graves. 

Je parlerai plus loin ^ des mosaïques chrétiennes. Celles que 
l'on peut qualifier de profanes ornaient principalement des 
thermes et des maisons 2. Je laisserai de côté les mosaïques 
purement décoratives, que l'on rencontre partout et dont beau- 
coup sont fort habilement composées : constatons seulement 
qu'un certain nombre de motifs, tracés sur ces pavements, se 
retrouvent, à l'époque chrétienne, sculptés en relief plat sur 
des pierres. Quant aux mosaïques figurées, la plupart offrent 
des sujets mythologiques, ou simplement des images de divini- 
tés : comme il est naturel, les représentations de dieux marins 
abondent dans les thermes. Les sujets se rapportant à la vie 
privée sont rares en Algérie : néanmoins, les mosaïques d'Oued 
Atménia, aujourd'hui détruites, étaient des documents intéres- 
sants pour la connaissance des mœurs seignem-iales dans le 
nord de l'Afrique. 

Nous donnons ci-après la liste des mosaïques à figures décou- 
vertes en Algérie. Une étude détaillée exigerait une abondante 
illustration et dépasserait le cadre de cet ouvrage. 

1° Aïn Tcmouchent {^rç's, de Sétif), dans une villa romaine. — 
Tète d'Océan, flanquée de quatre Néréides sur des dauphins ou 
des chevaux marins; au-dessous, une inscription métrique, van- 
tant le mérite de l'œuvre 3. — Au musée d'Aleer. 



1. Livre III, chap. 1. 

2. Le sol des temples était parfois aussi recouvert de mosaïques : conf. 
Corpus, VIII, 9023 et peut-être aussi le n" .7 de notre liste. — On a trouvé quelques 
mosaïques dans des édifices funéraires (voir n" 14, 15,20 et 21). 

3. Bertherand et Berbrugger, Revue africaine, I, 18o6-7, p. 122-3. Gsell, 
Rec. de ConsL, XXVII, 1892, p. 24o-6 et planche. Corpus, VllI, 8o09. 



102 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

2° AUjer {Icositz/n), dans dos thermes ('?), situés sous la place 
de la cathédrale K — Mosaïque ornementale, enfermant des mé- 
daillons. Deux de ces médaillons contiennent des têtes ; l'une 
d'entre elles est coiffée d'un honnet phrygien. Dans un autre 
médaillon, un oiseau-. 

3° Aiimale [Avz'ki]. — Mosaïque représentant les Saisons et 
des Néréides^; elle était déjii fort endommagée lors de la 
découverte, il }• a im demi- siècle. — L'Hiver et une ^YTéide 
sont au musée d'Alger. 

4° Aurnale, dans une villa romaine, à i kilomètres au nord 
de la ville. — Léda, nue, à demi couchée, tenant sur elle le 
cygne ^ — Détruite. 

5"* Azeffoun, dans une ruine que Yigneral croyait être un 
temple ^ — Outre des motifs ornementaux, deux griffons flan- 
quant une lyre''. — Détruite. 

6" Bordj IVdir (au sud-ouest de Sétif). — Chasse au san- 
glier". — Le sanglier est au musée d'Alger. 

7 et 8° BuiKjie iSaldae), dans des thermes (?). — Deux 
mosaïques semblables, l'une auprès de l'autre. Dans chacune 
d'elles, un panneau central offre une tête d'Océan, flanquée de 
deux Néréides sur des hippocampes ; autour s'étend un grand 
cadre, rempli })ar des rinceaux, qui enferment des enfants et 

1. Conf. tome I,p. 228. 

2. Berbruî,'ger, Icosiion, p. 44, pi. Q. Devoulx. Beoiie africaine, XIX, 1875, 
p. 420. — Voir aussi, pour Alger, le texte d'El Békri. cité tome 1, p. 201, 
n. 2. 

3. Leclère, Revue arclu'olorjique, VllI, 18.il. p. 374. pi. 1G6. Berbrugger, //ec. 
<le Const., XXVIII. 189:{, p. 120-3. Doublet. Musée d'AU/er, p. 9-3-6, pi. XV-XVI. 

4. Mercier et Berbrugger, fievue africaine, Xll, 18G8, p. 93, 97-101. Mercier, 
ibid., XIV, 1870, p. 43t-4i0. Robert, ibid., XL, 189C, p. 292. 

"). Conf. tome I, p. 1."p3. n" 8. 

(>. De Vigneral, Ruines romaines de la Kabylie du Djurdjura. p. 70 et 
pi. 12. 
7. Gsell, Recherches arcltéologigues en AUjéric, p. 274. 



DECORATION DES ÉDIFICES. MOSAÏQUES d03 

divers animaux'. — L'une des deux mosaïques est au musée 
d'Alger, l'autre à la mairie de Bougie. 

9° Cherchel {Caesarca), dans une des salles des thermes de 
l'ouest-. — Restes d'une mosaïque avec de grandes figures. 
Un pugiliste, tenant une palme, rappelle les lutteurs de la 
fameuse mosaïque des thermes de Caracalla, à Rome -^ — Ce 
morceau et quelques autres, insignifiants, sont au musée d'Alger. 

10° Cherche/, ruines d'une habitation romaine. — Les trois 
Grâces, mosaïque restée en place, dans la propriété Nicolas^. 

11° Cher/ht'/, ihid. — Chasse au lion et au cerf^'. — En 
place. 

12" Cherchrl, ihid. — Trois femmes, à demi nues, tenant des 
fleurs et des palmes ; personnages ailés ; fragments d'une ins- 
cription '\ 

13° Cherchel, dans les ruines d'une autre maison '. — ■ 
Cheval, appelé Muccosus, de la faction des verts. Ce pan- 
neau est entouré de motifs ornementaux^. — Aujourd'hui 

1. Planche en couleurs représentant Tune des deux mos;tJV|ues (celle qui 
est à Bougie), publiée en 1892 par la société archéologique de Gonstanline. 
Gsell, Rec. de Const., XXVIl, 1892. p. 243-9 (conf. ibid., XXV, 1888, p. 427; 
XXVI, 1890-1, p. 409). 

2. Je ne saurais dire lacjuelle. 

3. Gsell, MéUuKjes de l'Ecole de Home. XVIll, 1898. p. 138. Wierzejski, 
Catalogue du Musée des (intiquités algériennes, p. 32, n" 321. 

4. Schmitter, Bull, des aniiqi/aires de France, 1883, p. 13j. Waille, Comptes 
rendus de l'Académie des Inscriptions, 1886, p. 30.'; : Bull, de correspondance 
africaine, 1886, p. 124-5 ; Bull. Comité, 1891, p. 2.J8; De Caesareae monumentis 
quae supersunt,^. 3i. 

5. Schmitter, /. c. Waille, Comptes rendus, l. c. ; Bull, de correspondance 
africaine, l. c. Huit. Comité, l. c. 

6 Waille, C«<//. Comité, 1801, p. 2;j8. Gauckler. iôid., 1892, p. 110; Musée 
de Cherchel, p. 6i, n. 5. 

7. Conf. plus haut, p. 23. 

8. Héron de Villefosse, Bull, des antiquaires, 1881, p. 189-190 (conf. ibid., 
1883, p. l3b);Ball. épigraphique, 1881, p. lOJ-llO, et 1882, pi. 17; Revue de 
l'Afrique française, 18S1, p. 378-9. Waille, Bull, de correspondance africaine, 
1886, p. 12o. Ephemeris epigraphica, \, 1010. 



104 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

à Mustapha (près d'Alger), à riiûtcl Saint- Georges. 

14" C/iei'chel, tombeau à Test de la ville. — Orphée, jouant 
delà lyre et entouré d'animaux divers^. — Cette mosaïque a 
été emportée en Europe ; j'ignore oii elle se trouve actuelle- 
ment. 

15" Cherchel. — Mosaïque très fine, sur quatre tuiles qui 
recouvraient un tombeau, à l'ouest de la ville. Une seule tuile 
est encore en bon état. On y voit un Triton et deux Néréides, 
dont l'une est assise sur une panthère marine"'. — Chez 
M. Archambeau, à Cherchel 3. 

16" Constantine [Cirta). — Mosaïque trouvée près de la 
place de la Brèche; elle représentait Neptune et Amphitrite sur 
un char''. — Transportée au cercle militaire de Constantine, 
puis détruite. 

17" Constantine, dans la rue Nationale. — Cheval poursuivi 
par une panthère, porc-épic, barque contenant trois person- 
nages, taureau, lion dévorant un taureau, cavalier, panthère 
attaquant un cavalier '^ — Je ne sais pas ce qu'est devenue 
cette mosaïque ; elle parait avoir été détruite. 

18" Constantine, dans des thermes, auprès de la grande 
mosquée. — Buste de jeune homme ou de femme et masque 
tragique, dans des médaillons*^. 



1. Héron de Villefosse, Bull, des antiquaires, 1883, p. 320-1 (conf. Bull, des 
antiquités africaines, U, \8U, p. iO'ô-6); Revue de V Afrique française, 1887, 
p. 394. Waille, Bull.de correspondance africaine, 1880, p. 125-6 ; De Caesareae 
monumenlis, p. 68. 

2. Gaurklcr, Musre de CItercliel, p. (ii, n. ."j. 

3. Deux autres niosaïquos trouvées à Cherche], à Touest de la ville, pa- 
raissent être chrétiennes. Voir plus loin, livre III, chap. i, s. v. Cherchel 
(n° 42). 

4. Conf. Cherbonneau, Aitn. de ConsL, 1853, p.- 121. 

5. Héron de Villefosse, Musée archéologique, 1, 1876, p. 15. 

6. Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XYIII, 1898, p. 129, n. 1. 



DÉCORATION DES ÉDIFICES. MOSAÏQUES i05 

19" Comtaiitine, dans une villa de la banlieue de Cirta'. — 
Neptune et Amphitrite sur un char, dans la mer ; Amours 
pêcheurs ', — Au musée du Louvre, 

20" Constantine, tombeau de Praecilius-'. — Triomphe de 
Bacchus (?). Il n'en restait qu'un fragment lors de la décou- 
verte. L'encadrement offrait des masques et des couples de 
griffons, flanquant des vases. Adroite et à gauche, vestiges de 
panneaux, avec des poissons et des Amours pêcheurs. Auprès 
du tombeau, mosaïque représentant des ooissons. au fond d'une 
piscine circulaire'*. — Ces pavements ont été détruits. 

21" Constanfi/ie, au Coudiat Ati, au-dessus d'un caveau 
funéraire. — Médaillon ovale, avec deux enfants. Tableau carré, 
avec divers animaux. Autre tableau carré : homme jouant de 
la lyre (Orphée ?) ; auprès de lui, plusieurs animaux 5. — Cette 
mosaïque n'existe plus. 

22" Delbjs. — Fragment d'une mosaïque, qui décorait peut- 
être des thermes (entre la porte des Jardins et l'école des 
Arts et métiers). Tête d'un satyre, couronné de feuillage et 
buvant dans un gobelet en verre; il tenait un bâton pastoral*'. 

23" DjidjeUi {[gilgili). — Buste de Bacchus, couronné de 
lierre. — Au musée de Philippeville''. 



1. Conf. plus haut, p. 28. 

2. Ravoisié, Exploration, I, p. (i-l. Delamare, Exploration, pi. 138-146. 
iahn, Arc/iàolof/ische Zeitiing, 1860, p. 120 et suiv., pi. 134. Overbeck, Grie- 
chisclie Kunslmylholof/ie, III, p. 364 ; allas, pi. XIII, fig. 2. Duruy, Histoire 
des [{oinains, III, pi. à la page 338. Clausse, Basiliques et tnosaiqiies chrétiennes, 
I, pi. à la p. 96.- 

3. Voir plus haut, p. "A. 

4. Bâche, Annuaire de Constuntine, 18'i6, p. 30-1 et pi. IV. Cherbonneau et 
Féraud, Rec. de Constanline, VII, 1863, p. 261-3, pi. XllI-XV, 

0. Reuue africaine, IX, 1863, p. 78 et XI, 1867, p. 471, 

6. Ce fragment a été transporté en France; j'en ai une photographie. 

7. Gsell et Bertrand, Musée de Philippeville, p. 69; pi. X, fig. 2. 



106 LES .MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

2ï° DjidjeUi. — Mosaïque représentant une panthère, aujour- 
d'hui presque entièrement détruite. 

25" El Akbia (près d'El Milia, au iiord-ouost do Constantine), 
dans une ruine qui semble avoir été une vilhi. — Mosaïque divi- 
sée en une série de panneaux, dans lesquels sont représentés 
<les fleurs, des poissons, des oiseaux, des serpents '. 

26° Hlppone [llippo Re(/ius), dans une maison romaine. — 
Quatre Néréides sur des monstres marins -'. — Cette mosaïque, 
trouvée il y a près de quarante-cinq ans, a été recouverte. 
Elle doit être mainlenant fort endommagée, sinon détruite. 

27" Ulfpone, dans une autre habitation-'. — Deux Tritons 
soutenant une femme k demi nue (Vénus) ; au-dessous, deux 
Néréides sur des monstres marins'*. — En place. 

28" Hipponr, ihid. — L'Annéeetles Saisons (?) ■">. — En place. 

29' ]lipponf\ ihid. — - Paon et cygne, montés par des 
Amours''. 

!Î0" Lambhe iLamliaesis), bâtiment voisin du quartier des 
sc/u)/f/r, dans le caiiq) delà légion'. — Bustes des quatre Sai- 
sons el, au centre, de Bacchus^. — Cette belle mosaïque, dé- 

\. Ménélret. liée, di- Const.. XXX, 1895-0. p. 218-222 et planches. 

2. Papier, Lettres siir Ilippotie, p. 89-01 et pi. XX. 

3. Conf. plus haut. p. 22. 

i. Héron de Vlllcfos.se, Bull. Comité, 1898, p. 226-8, pi. IH. Gsell, MélanQes 
(le VÉcole de /îo//;e, XX, 1900, p. 128. Papier, Bull, de V Académie d'Hippone, 
X.\l.\, 189Ô-8, p. 2dse({. : grandes planches en couleurs et en noir jointes à ce 
fascicule. 

5. Gsell. Hall. (''>),ulr\ 1900. p. clx.\xv-vi. 

(!. Papier, L c. p. 30. 

7. Conf. tome I, p. Sij 'et aussi p. 18, fig. 22). 

8. Renier, .archives des Missions, III, 1854, p. 324 (conf. Annuaire desanti- 
f/uaires de France, 1854, p. 143). Boissonnet, planche à l'ouvrage intitulé : 
Une excursion à Lamhese (Cambrai, 1873). Héron de VlUefosse, Gazette av- 
chéolof/ifjue. V, 1879. p. li4-8, 203-4, et pi. 22. Duruy, Histoire des Homains, 
\. p. 53. Hec. de Const., XXIII, 1883-4, p. 190-1. Gagnât, VArmée romaine 
d'Af'rif/uc, p. 5il: Musée de Lambèse, p. 38. 



DÉCORATION DES ÉDIFICES. MOSAÏQUES 107 



couverte il y a un demi-siècle, est aujourcriiui très endo 



m- 



magee. 



31° Lambèse. — Mosaïque trouvée dans le camp, sur 
remplacement actuel du pénitencier. Léda debout ; le cygne, 
s'approchant d'elle; l'Eurotas assis, appuyé sur une urne'. — 
Conservée actuellement dans la baraque qui recouvre la mo- 
saïque des Saisons. 

32" Lat)if)èse, dans les thermes du camp'. — Bustes du 
Soleil et de la Lune, dans des médaillons -^ — Détruite. 

33° Lambèse, dans la ruine appelée Palais, du lé(jal'\ — 
Navire, personnages fiij'anl ; l'un d'eux est coiffé d'un bonnet 
phrygien (enlèvement d'Hélène?)^. — Détruite. 

34° Matifou {Rusguniaf)^ dans des thermes. — Mosaïque, 
presque entièrement détruite, qui parait avoir représenté Nep- 
tune sur son char". 

35" Mralihib TJiahi (Macomades?), dans un édifice cons- 
truit sous Julien par Ulpius Mariscianus. — Europe traversant 
la mer sur le taureau; par derrière, un dauphin". — Recou- 
verte de terre, connue les deux suivantes. 

36° Mralihib Thala, ibid. — Pasiphaé, Dédale fabriquant 
la vache de bois. 

1. Beury, Rec. de Constant ine. XXVllF, 1893, p. 97. Gagnât, l'Armée romaine 
d'Afrique, p. 341, n. I ; Musée de Lambèse, p. 39. 
L>. Conf. tome I, p. 84-86. 

3. Barnéond. ,1e Constanline.XAUÇ,, ^. 246-7 et pi. XXVII. Cagnaf, 
l'Armée romaine, p. a37. 

4. Conf. tome I, p. 220. 

u. Beury, Rec. de Consl., XXVIII, 18'J3, p. 99. 

6. Conf. tome 1, p. 232. 

7. Gsell, Bull. Comité, 1898, p. cxlvii (conf. MoU, Annuaire de Consfanfine, 
1858-9, p. 183). De grandes reproductions en couleurs de ces pavements ont 
été exécutées par lîousset, il y a plus de vingt ans ; elles sont aujourd'hui 
fort endommagées ou détruites. M. AudoUent en a pris des photographies, 
qu'il a bien voulu nous communiquer. 



108 LIÎS -MONUMENTS ANTIQUES DE l' ALGÉRIE 

37° Mrakilib Thala^ihhl. — Tours, maisons, bâtiments ru- 
raux, écuries. 

38°, 39° et 40° Oued Atménia^ dans les thermes de la villa 
do Pompcianus. — Mosaïques mentionnées plus haut, p. 25-28, 
aujourd'hui détruites. 

41° Ouled Agla[Equizetum?). — Grande mosaïque, dont le 
tableau central représente diverses aventures amoureuses de 
Jupiter : Europe et le taureau, Danaé et la pluie d'or, Gany- 
mède offrant à boire au dieu, Antiope et Jupiter en satyre, Léda 
et le cygne. Ce tableau est entouré de trois cadres : 1° légende 
de l'Amazone Penthésilée ; 2° rinceaux qui enferment dans 
leurs replis des figures d'enfants ; aux angles, têtes d'Océan ; 
3° motifs ornementaux '. — De ce magnifique pavement il ne 
reste plus que des débris, conservés au musée d'Alger (Europe, 
Danaé, Antiope) et à la préfecture de Constantine (Amazones)"^. 

42° Orlêansville [Castellum Tingitaniun)^ dans des thermes. 
— Chasse au sanglier et à la panthère, avec l'inscription énig- 
matique: i.<-Siliquafreqtiens foveasniea membra lavacro^ . >^ — 
Au musée d'Alger. 

43° Ph'dipijeville [Rusicadc], dans des thermes, dépendant 
d'une habitation romaine. — Néréides et monstres marins ^ — 
Restée en place. 

1. Gsell, Rec. de Constantine, XXVII, 1802, p. 230--2i3 (avec la bibliographie 
antérieure, p. 230, notes 1 et 2j. Une grande planche en couleurs a été publiée 
en 1892 par la société archéologique de Constantine. 

2. D'après un renseignement qui m'a été donné par plusieurs personnes, on 
aurait trouvé aux Ouled Agla une autre mosaïque à personnages; elle 
serait aujourd'hui recouverte par une écurie (conf. Mélanines de l'École de 
Kome, XX, 1900, p. 137, n. 3). 

3. Castan, Bull, des antiquaires de France, 1890, p. 61-4. Reisser, niilf. 
d'Oran, 1900, p. 71. Cok7J(/s, VIII, 21518 (= Ephemeris epirjrap/ilca, V, 131)8 et 
VII, 535), où l'on trouvera la bibliographie relative à l'inscription. Bucheler, 
Carmina latina epigrapkica, w" 335. 

4. Voir plus haut. p. 22. 



DÉCORATION DES ÉDIFICES. MOSAÏQUES 109 

44° Saint-Leu [Portiis Magnus), dans la salle de réception 
d'une riche demeure. — Cabires, Apollon etMarsyas, etc. Nous 
en avons parlé plus haut, p. 20. — Au musée d'Oran. 

45° Saint-Leu^ dans une autre salle de la même habitation. 
— Triomphe de Bacchus. Voir ibul. — Au musée d'Oran. 

46°Se7^/(S'^7^y?.s•), dans des thermes'. — Ours dansant autour 
d'un écran et devant un personnage ; lion couché auprès d'un 
autre personnage, qui tient une lance"-. — Sous des construc- 
tions modernes. 

47° Tt'bessa [Theveste]^ dans les thermes du quartier de 
cavalerie •'. — Amphitrite ou plutôt Vénus, portée par un ou deux 
Tritons ; Amours ; Néréides sur des monstres marins ''. — Au 
musée de Tébessa (temple dit de Minerve). 

48° Tcbessa, ibid. — Table de jeu, divisée en deux parties : 
1" damier, dont les cases enferment des animaux ; 2" sujets 
divers, non séparés par des cadres : navire, animaux, athlète 
vainqueur, personnage en longue tunique. Des inscriptions et 
des chiffres accompagnent ces figures -^ — Au musée de 
Tébessa. 

49° Tébpssa, ibid. — Oiseaux, dans la bordure d'une mosaïque 



1. Conf. tome I, p. 233. 

2. Payen et Cahen, Rec.de Consl.. XVI, ISIS-i, p. 301-3 et pi. VI. 

3. Conf. tome I, p. 23'k 

4. Allotte de la Fiiye, Rec. de Const , XXIV, 188G-7, p. 202-211. Héron de 
Villefosse. i/nd., p. 234-240 et planche ; Revue de l' Afrique française, 1881, 
p. 384-8 et pi. II. Une grande reproduction en couleurs a été publiée en 1888 
par la société archéologique de Constantine (avec le tome XXIV du 
Recueil). 

:;. Allotle de la Fiiye, Rec. de Const. , XXIV, p. 211-9. Héron de Villefosse, 
iùid., p. 240-.J et planche; Revue de l'Afrique française, 1887, p. 388-391 et 
pi. III ; Comptes rendus de V Académie des Inscriptions, 1888, p. 137. Saglio, 
Bull, des antiquaires de France, 1886, p. 26.5 et 268. Corpus, VIII, 16667. La 
société de Constantine a également publié, en 1888, une reproduction en 
couleurs de cette mosaïque. 



110 LES MOiN'CMENTS ANTIQUES DE L ALGÉUIE 

ornementale'. — Deux fragments sont conservés au musée '^ 

50" Thiès [Cnrtenna). — Chasseur combattant une panthère-^ 

Cette mosaïque est encore en place, ensevelie sous une 

rue . 

51" Tigzirf, dans des thermes''. — Médaillons octogonaux, 
remplis par divers motifs : masques de théâtre, vases, instru- 
ments de musique, etc.'^. — En place (fort endommagée). 

52° Timgad [Thamiigadi)^ petits thermes au sud du tJecu- 
)ji(i,uis. — Bustes des Saisons, oiseaux et animaux divers ''. — 
En place. 

53" Timgad, latrines des thermes du quartier méridional. — 
Animaux divers, entre autres un crocodile'. — En place (fort 
endommagée). 

54" Timgad, dans une grande maison, voisine des thermes 
du sud. — Hcnnai)hrodite(?)^. — En place. 

Dans dos thermes, à Cherchel" et à Tébossa'", on a pu 
constater que des voûtes étaient ornées de mosaïques en pâtes 
de verre. 

Quant aux peintures murales qui devaient décorer plus d'un 



1. Allnttc de la Fûye, /. c, p. 2-21. Reproduction e.i roiileiirs dans un des 
angles de la grande planche figurant la mosaïque des ^'éréides (n" 41], publiée 
paria Société de Gonstantine. 

2. En outre, deux morceaux d'une mosaïque à personnages auraient été 
trouvés aulrcfuis dans ces thermes du quartier de cavalerie : Rec. de Conal., 
XXIV, 1886-7, p. 233. 

3. Reinach, Hidl. Comilé, 1893, p. 81. 

4. Conf. tome I, p. 235. 

5. Gsell. liiill. Comité. 1899, p. 443-i et pi. XM (conf. p. (xxxiv). 
(J. Rd'swillwald, Gagnât. Rallu, Timf/ad.p. 21)0-1, (ig. 120. 

7. Ibid.. p. 2ol-2. Ballu, les Ruines de Tiinç/ad. p. 188 et pi. XXV. 

8. Cliioni(fue des arls el de la curiosité, 1898, p. 202 (rapport de M. Rallu). 

9. Reifiie africaine. 1, 18.')ti-7, p. 303. Gauckler, Musée de Cherchel. p. 64. 

10. .Mlottc de la Fùye, Rec. de Const.. XXIV, 1886-7, p. 221 (guirlandes de 
feuillage, au milieu desquelles voltigent des oiscau.x). 



DÉCORATION DES ÉDIFICES. MOSAÏoCES 111 

édifice, on n'en a retronvé que quelques-unes, très mutilées et 
sans intérêt '. 

1. Dans les thermes du camp de L.imbèse : tùte de Neptune, etc. (voir 
tome I, p. 83, n. 1). Dans une salle du tombeau de Praecilius, à Constantine: 
personnage vêtu d'une longue tunique et tenant un plat {Ami. de ConsL, 
1854-3, pi. 9 ; Rec. de Const., VU, 1863, p. 263-4 et pi. XVI). A Cherchel : 
sphinx, oiseaux, tteurs. feuillages (Waille, Bull. Comité'. 1893, p. 49). 



LIVUK ll[ 
MONUMENTS CHRÉTIENS ET BYZANTINS 



CHAPITRE I 
ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



OBSERVATIONS GENERALES 

Le brillant (léveloppomciU du clirisliauisinc dans l'Afrique 
du Nord n'est pas attesté seulement par des noms d'écrivains 
conmie TortuUien. saint Cvprien, saint Optât, saint Augustin, 
saint Fulyence ; par les longues listes d'évêchés que donnent 
des documents ecclésiastiques ; par une riche collection de 
canons do conciles; par la place considérable qu'ont tenue, 
dans riiistoire du i>ays au iv' et au v'' siècle, les luttes entre 
les catholiques et leurs adversaires, donatistes ou ariens. Il en 
reste d'autres preuves, tracées sur le sol : ce sont les ruines 
d'édifices religieux qui. en Algérie comme en Tunisie, se 
comptent par centaines '. 

Ces monuments sont, en £>-énéral, fort mal conservés. Beau- 

7 C ■ 



1. Pour ne cilcr que quelques exemples s'appliquant à des localités détermi- 
nées, on rencontre dans les ruines de Tinigad deux églises et trois chapelles; 
à Tigzirt deux églises, une chapelle, un sanctuaire élevé dans un cimetière; 
à Tipasa deux églises inlra muros (sans parler de la basilique urbaine de 
Saintc-Salsa. signalée par un texte et non retrouvée), une basilique et deux 
chapelles dans des cimetières Les n-uvres de saint Augustin mentionnent à 
Hippone sept basiliques ou chapelles. 

II. 8 



H\ LES MONl MENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

c )up (renlro oux se distinguent à peine : il faut presque les 
deviner sous la terre qui les recouvre ou sous les misérables 
constructions indigènes dont ils sont encombrés. On n'en a 
déblayé qu'un petit nombre. Mais les résultats lieureux de ces 
fouilles, pour la plupart toutes récentes, permettent d'espé- 
r.n' qu'elles seront suivies d'autres rechercbes, étendues et 
méthodiques. On recueillera ainsi d'utiles d(jcuments pour 
l'histoire du christianisme dans l'Afrique soptontrionale et pour 
l'étude de l'architecture chrétienne primitive. NuJle part, en 
effet, les édifices chrétiens des premiers âges ne sont aussi 
nombreux, et l'on peut être certain qu'ils n'ont pas subi de 
remaniements au movon âge, comme tant d'églises de l'Occi- 
dent : détruits il y a douze siècles par les envahisseurs arabes, 
ils n'ont pas été relevés depuis ^ Ils offrent donc un sérieux 
intérêt aux archéologues, malgré leur très mince valeur artis- 
tique. 

Nous donnons dans ce chapitre la description des monuments 
chrétiens dont les restes se voient on Algérie, en y joi- 
gnant la mention de ceux qui nous sonl connus par des 
textes d'auteurs ou par des documents épigraphiques. Notre 
liste comprend environ cent soixante-dix numéros; mais elle 
n'est assurémeni pas complète'-; beaucoup de ruines n'ont pas 
encore été décrites et il nous a été impossible de les voir ; à 

1. On na aucune preuve (|uc des églises d'Algérie aient été transformées en 
mosquées [h Alger, n" 10, l'abside dune église en ruines indiquait seulement 
le côté de la prière). — A Tlenicen. il y avait au xr siècle une église, fréquen- 
tée par les restes d'une population chrélienne (El liékri. Description de r Afrique, 
trad. De Slane, p. IT.)). Mais il n'est point certain que ce fût un sanctuaire fort 
ancien, pas plus que l'église de Notre-Dame qui existait, vers le début du siècle 
suivant, à la Kalaa, au sud de lîordj bou Aréridj (lilanchet, liée, de (^onsf , 
XXXII, 1898, p. li:!-i>. 

2. Nous avons d'ailleurs passé sous silence un certain nombre de ruines qui 
nous ont paru sans intérêt. 



EDIFICES DU CULTE CIIRÉÏIEX 



1 1 r. 



cet égard, le sud de la Xamidic, en particulier les régions 
d'Aïn-Ceïda el de Tébessa méritoraiont une exploration attentive. 
Renonçant à toute classification raisonnée, nous avons 
adopté Tordre alphabétique. Il parait impossible, du moins à 
l'heure actuelle, de constituer divers groupes, présentant un 
ensemble de caractères nettemeut distincts, qui permettraient 
de les attribuer à diverses écoles. D'autre part, on ne saurait 
prendre la chronologie pour base d'un classement, car il n'y a 
en Algérie qu'un très petit nombre d'édifices chrétiens qui 
puissent être datés, soit d'une manière exacte, soit approxi- 
mativement. Pour un seul, la basili(iue d'Orléansville (n" 95), 
l'année de la fondation est donnée par uie dédicace : 324 de notre 
ère. Pour plusieurs autres, nous pouvons fixer un Imninus anta 
qutiii^ grâce à des tondjes datées qu'ils contiennent. Ailleurs 
nous n'avons pour nous guider que la forme des monogrammes 
du Christ, gravés ou sculptés sur les pierres', le mode de cons- 
truction, la facture des chapiteaux et autres morceaux 



1. On sait que la forme de ces sifjna CJirisli a varié avec le temps. Il ne faut 
pas oublier cependant que, d'une manière géniTaic, les types nouveaux n'ont 
point fait disparaître iniinédiateuient les types antérieurs, et que certains types 
ont dû rester en usage dans telle région plus longtemps que dans telle autre : 
les estimations chronologiques que l'on peut tirer de la présence île ces signes 
ne sont donc pas susceptibles dune grande rigueur. 



X 



ÔN/U) 



f*t- 



W- 



R R 



U) 



ô. 



Ul 



On a en Algéi'ie d'assez miuibreu.x exemples du monogramme constantinien 
simple (1) qui datent des second et troisième tiers du iv siècle. Ce même signe se 
retrouve quelquefois plus tard, avec des croix simples ou monogrammatiques 
— La plupart des inscriptions datées qui offrent le mouogranuue constantinien 
avec l'a et l'o) (2). appartiennent au commencement du V siècle. Il y a un 
exemple de l'année 38't, à Sétif {Rec. de ConsL, XXII, 1882, p. Ii8)et un autre 
de l'année 480, prés de Tiaret, dans la province dOran {Bull. Comiic, 1S9:>. 
p. 314). — Le plus ancien exemple de la croix raonogrammatique avec le P 
grec (3) est de 4'2.^ [Bull. d'On/n, 1888. p. 89). Elle demeure en usage pendant 



il6 LES îklÛMMENTS AMIQUES DE L ALGÉRIE 

d'arcliitectiiro ' ci des mosaïques, la forme des lettres ou le 
style des inscriptions et quelques autres indices aussi peu pré- 
cis que tous ceux que nous venons d"énumérer'% 

les v et vi" siècles. — Une seule inscription datée d'Algérie nous la montre 
accompagnée de Ta et de Tw (4) : elle est de 540 environ {Corpus, VllI, 4TJ9). 
Mais ce signe a été sans doute usité longtemps auparavant. — On n"a pas de 
dates pour le monogramme constantinien avec la forme de l'Ii latine, accom- 
pagné ou non de l'a et de l'w (ri et 6). — 11 est de même pour la croix mono- 
grammatique simple avec la même R (7). — La croix monogramniatique 
avec 1 15, l'a etr£>j(8j se trouve sur une inscription deSélif, de 454 (Bull. Comilc, 
1802, pi. XV). — La croix simple apparaît sur des inscriptions d'Altava (dépar- 
tement d'Oran) dans le second tiers du V siècle, peut-être aussi en 440 à 
Sétif (Corpus, £63 i, où cette croix n'est cependant pas certaine). Mais elle ne 
devient banale en Numidie et en Maurélanie qu'à l'époque byzantine. La formé 
de la croix grecque (9) est plus fréquente que celle de la croix latine (10 . Ce 
signe est rarement accompagné de Va. et de Vo) (11). — Xous nous contenterons 
de ces brèves indications. Une étude sur la chronologie des sifjna Cliristi en 
Afrique demanderait d'assez longs développements; elle devrait d'ailleurs 
embrasser à la fois l'Algérie et la Tunisie. 

1. Encore faut-il être certain que ces morceaux d'architecture ne sont pas 
des remplois 

•2. 11 n'existe en Algérie aucune basilique que l'on puisse rapporter avec 
certitude à une époque antérieure à la paix de l'Église. Les textes en men- 
tionnent pourtant plusieurs (voir n° 66 b, à Hippone. et n° 44, à Constantine), 
et il est probable que, sous la persécution de Dioclétien. la plupart des sanc- 
tuaires chrétiens d'Afri(|ue ne furent pas détruits, mais simplement confisqués. 

Voici, pour les époques suivantes, la liste des ruines chrétiennes que l'on 
peut dater tant bien que mal : Orléansville (n- 95), année 324; — Sainte-Salsa 
à Tipasa (n° 159), sanctuaire primitif, iv" siècle: — Djemila (n° 48), iv^ siècle; 

— Tébessa, grande basilique (n° 138), iv^ siècle (?;; — Zoui (n" 167), id. (?); — 
chapelle funéraire d'Alexandre à Tipasa (n" 160), fin du iv< siècle ou début du v^; 

— Malifou (n" 79), id. (?) ; — Kherbet Fra'im (n" 49), fin du rv" siècle ou v° (?); — 
Ilenchir Gourai (n" .'j3), id. (?); — Ksar Sbéhi (n" 71), id. (?); — Ilenchir el Ksour 
(n» 72', id. (?) ; — Kherbet el Ousfane (n» 104), id. (?); — Sériana (n° 118), id. (?^; 

— Bénian (n" 22), entre 434 et 439; — Kherbet Guidra (n» 60), avant 444; — 
Mouzaïaville (n° 93), avant 495; — Sainte-Salsa (n» lo9), allongement du sanc- 
tuaire, milieu du v siècle ou plus tard; — Tébessa (n° 138), construction des 
tribunes, des cellules, etc., id.; — Tigzirt (n» 146), id.; — Sidi Ferruch, cha- 
pelle (n" 124), deuxième moitié du v siècle; — Ain Zirara (n° 8), entre 4rj0 et 
550 environ ; — Ilenchir Mertoum (n- 88), vi' siècle, peut-être sous Hildéric ; — 
A'in Ghorab (n" 4), fin du v siècle ou vr; — Announa (n" 11), époque byzan- 
tine; — Constantine, église du Capitole (n° 44). id.; — Khamissa (n-eS), id.; — 
Timgad (n"» lut et 1.j5), id. (?); — Zana (n" 16'i), /(/. ; — Matifou (n» 79), res- 
tauration de l'église, id.; — Gouéa (n" 51), vr siècle (?) : — Timgad (n» 156), 
vers 645. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN U7 

Au point de vue de lotir destination, on peut distinguer 
parmi les monuments religieux : 

1" Les églises proprement dites, qui servaient au culte ordi- 
naire et qui étaient situées dans les villes et dans les bourgs'. 
Le schisme donatiste, qui se répandit surtout en Numidie, 
contribua à multiplier ces églises. Si, en beaucoup de lieux, 
les donatistes mirent la main sur les édifices sacrés 2, ailleurs 
ils en construisirent de nouveaux : saint Optât leur repro- 
chait d'avoir fait «des basiliques non nécessaires [hasilicas 
non necessarias)'^)). Les sanctuaires des deux partis s'élevèrent 
parfois les uns auprès des autres : saint Augustin raconte que 
de l'église catholique d'Hippo Regius on pouvait entendre des 
cris poussés dans l'église donatiste''. Dans l'ancienne Numidie, 
on rencontre assez fréquemment des ruines de plusieurs basi- 
liques dans des villages qui no devaient être que faiblement 
peuplés S; peut-être attestent-elles les querelles religieuses qui 

1. On constate souvent en Afrique, comme en Italie et on Gaule, que ces 
églises se trouvent, non au centre, mais à la lisière des villes romaines. 
Notre catalogue donne beaucoup d'exemples de ce fait : Djemila (n° 48). Rsar 
SLélii (n- 7t , Matifou (n" 79). Mdaourouch {n" 80), Taksebt (n" 132), Tébessa 
(n" 138), Tigzirt .n" 146), Tipasa (n" i;j7), etc. A Kherbet Guidra (n° 60j, l'église 
est même en dehors du rempart. Un certain nombre de ces édifices sont cer- 
tainement postérieurs à l'époque des persécutions; d'autres, que l'on ne sau- 
rait dater, le sont sans doute aussi. Mais on peut supposer qu'ils ont remplacé 
des églises plus anciennes ; avant le règne de Constantin, les autorités n'au- 
raient pas permis aux chrétiens de construire des églises au cœur même des 
cités : c'eut été une sorte de bravade adressée aux cultes officiels, dont les 
temples s'élevaient, pour la plupart, sur le forum ou dans le voisinage. Il 
est vrai qu'on peut aussi se demander si la situation excentrique d'un grand 
nombre d'églises ne doit pas être attribuée au bon marché relatif des empla- 
cements à bâtir aux extrémités des villes. 

2. Voir par exemple au n° 44 (Gonstantine). Conf. Optât, De schismale dona- 
tislaruta. 2, 17 et 18. — Les catholiques durent souvent leur rendre la pareille 
(voyez p. e. Conférence de Caii/iof/e. 3, 2-i8, dans .Migne, l'atrolof/ie latine, XI, 
p. 1413). 

3. L. c, 3, 1. 

4. Lellre 29. ch. xi. 

5. Hencliir el Azreg (n-' 17 et 18); Kherbet Bon Addoufen (n" 33 et 34); 
Henchir bon Takrematène (n" 37 et 38); Henchir Selfan (n°' 113 et 114); Kher- 
bet Selmi IV' lin et 117); Henchir Teniet el Kebch ^n"' 142 et 143); etc. 



il8 Li:S MO.NLMEMS A.MIQUES DE L ALGÉRIE 

(livibèrent les flirélicnsde ces bourgades en douxfactions hostiles'. 

2° Les basiliques, les chapelles construites })Our recevoir 
des reliques', pour comméuiorcr do pieux souvenirs, par 
exemple dans des lieux' que des saints avaient habités ou qu'ils 
avaient illustrés i)ar leur martyre -^ Des excès de dévotion 
accrurent le nombre de ces memoriae martiiriiin, au point 
d'alarmer les autorités ecclésiastiques. A la suite de songes 
ou de prétendues révélalions, des chrétiens se mirent à éle- 
ver, en maints endroits, dans les campagnes et le long des 
routes, des chapelles qui ne contenaient aucune relique des 
martyrs auxquels elles étaient dédiées et qui ne se rapportaient 
à aucun souvenir local de leur vie''. 

3° Les oratoires, indépendants"', ou j)lacés dans 1(> V(nsinage 
inunédiat des églises*'. 

1. Ou a ilu reste retrouvé dans cette région un certain noniljre de pierres 
portant la devise donatiste « Ueu laudcx! ». 

2. En particulier des reliques de saint Pierre et de saint l'aul (au djebel 
Djaira, n- 4G ; à Kherba, n" f!'.} ; à Ilenchir Megroun, n° 86: à Orléansville, 
n° 9u, in fine ; probablement aussi à Ain Ghorab, n" 4) : — de saint Etienne [k 
Guelma, n" oo; à llippone, où l'on construisit une chapelle auprès de l'église, 
n" 66 a ; à Mechta el Bir, n" 84): — du bois de la Croix (à Matifou, n" 79, 
in fine) ; — de la terre du Saint-Sépulcre (près d'Hippone, n» 66, i); — etc. (à 
Ain Ghorab, n" 4, in fine : à Ilenchir el Begueur, n° 20, in fine: près d'Hip- 
pone, n"* 66 ,7 et h ; près de la Sbikra. n" H2 bis : à Hencliir Taghfnglit, n° 131 ; 
probablement a .\ïn Segueur, n" 5 ; à Aïn Turk, n" 7 ; à Bir Fradj, n° 31 ; à 
Périgotville, n° lOo in fine). 

3. Basilique élevée au lieu du martyre de sainte Salsa, à Tipasa (n° lo". 
note du début). Voir aussi un canon de concile de l'époque de saint Augustin, 
dans Mausi, Colleclio conciliorum, 111, p. 911, can. 14 (= IV, p. iOi, can. 50). 

4. Mansi, l. c. Conf. peut-être un édifice d'A'in Mèchira (n" 81). 

5. Soit dans des demeures privées, soit dans des monastères (Augustin, 
Lellre 211, 7 \ 

6. A Morsott (u° 91), à ïimgad (n" 15-2;, à Tipasa (n" 157). on trouve, près du 
presbijlerium, des salles à abside qui ont pu être des oratoires. Il est vrai 
qu'on pourrait aussi bien y voir des consignaloria, où les néophytes se ren- 
daient après le baptême. Quand des bâtiments voisins des églises ont des 
autels (p. e. à Tébessa, n" 138, chapelle tréllée et chapelle contre le rempart à 
l'est), ce sont probablement des memoriae, qui contenaient des reliques de 
martyrs. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 119 

4° Les édifices bâtis dans des cimetières, ordinairement snr 
des corps de martyrs. « Africa sanctoriim martijrum corpori- 
Inis pletia est », disait saint Augustin', et ces saints étaient 
vénérés avec une égale ferveur par les donatistes et par les 
catholiques. Les monuments dont nous parlons ici étaient soit 
de simples chapelles [memoriae martyrum)'-, soit des basi- 
liques plus ou moins vastes-^ 

5° Les baptistères. 

Mais, en présence de tant de ruines dont beaucoup sont 
inexplorées, dont d'autres n'ont livré aucune indication cer- 
taine, un tel classement serait bien malaisé à établir. 11 serait, 
en outre, assez artificiel. Les édifices constrnits pour abriter une 
relique étaient pourvns d'nn autel ^ et pouvaient servir aux offices 
réguliers ■'' ; parfois même ils étaient des monuments funéraires". 
D'autre part, plus d'une église proprement dite a reçu les restes 

1. Lettre 78, 3. 

2. Gonf. saint Augustin. Dr cantate Dei. 22, 10; Cotilra Fausium, 20. 21; 
Sermon 273; — Mansi, Coll. coiic. l. c. Dans notre catalogue: Arbal (n" 14); 
Cherchel (n° 43); Hippone (n° 66, e et /"j ; Lambèse (n» 74); Renault (n° 109); 
Sétif (n° 122 bis): Tigzirt (n" 149): Tipasa (n° 160); peut-être Ilenchir Guessès 
(n° 5',)). Voir aussi Aguemmoun Oubekkar(n'' 3). 

L'humble chapelle, « brève admodum lahernaculum », construite sur la tombe 
de sainte Salsa (n° 159), devint plus tard un assez grand sanctuaire. 

3. Hippone (n» 66, (^^ : Tipasa, Sainte-Salsa; probablement Kherbet Bou 
Addoufen (n" 33). 

4. Voir, par exemple, n" 53, 66 a et h (Guelma et Hippone). 

5. Un propriétaire des environs d'Hippone, qui possédait de la terre du Saint- 
Sépulcre, fit bâtir une chapelle pour abriter cette précieuse relique, et aussi 
pour servir au culte ordinaire (Augustin, t)e clvitate Dei, 22, 8, 6 ) : «hoc pelivit 
« (// infoderelur {terra) alicubi atque ibi orationum loais fieret, ubi etiam passent 
« chri.bfiani adcelehranda quaesunt Dei congregari ». Conf. n=' 4 (AïnGhorab), 
n° 7 (Aïn Turk\'n" 112 his (Sbikra\ n" 131 (Henchir-Taghfaght). 

6. A Orléansville (n- 93 in fine), une chapelle, contenant des reliques de 
saint Pierre et de saint Paul, était située dans un cimetière et abritait des 
corps de martyrs et de simples fidèles. Conf. n" 111 (Routrach), 124 (Sidi 
Ferruch) ; probablement aussi Mélanges de V École de Rome, XV, 1895, p. 51, 
n» 10 (Périgotville), épitaphe d'une femme qui « fecif sihi ipsa sana sanclorum 
mensam » et qui se fit enterrer auprès de cette mensa. 



120 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

d'un ou plusieurs saints, déposés sous ruutcl ' ; presque par- 
tout ailleurs, un coffre à reliques a été placé à l'intérieur on 
an-dessous de la table. La basilique de Bénian (n" 22) était à 
la fois une église ordinaire, située intra muros, et un sanc- 
tuaii-e élevé auprès du tombeau d'une martyre, tombeau qui se 
trouvait, avec d'antres sépultures, en dehors de la ville. Des 
textes anciens et des découvertes archéologiques, faites en 
divers lieux de la Tunisie'', nous apprennent même que certaines 
basiliques africaines, construites sur des cimetières, servirent 
au culte régulier : elles étaient accompagnées de liaptistères. 
Du reste, ces distinctions sont sans intérêt au point de 
vue monumental, que nous devons considéi-er ici. En effet, les 
édifices ou les édicules funéraires et commémoratifs offrent la 
même structure que les églises on les chapelles ordinaires. 

D'une manière générale, l'architecture chrétienne présente 
une nnifoi-mité assez grande dans la vaste région qui com- 
prend la Numidie et les Maurétanies, et i»endant la longue 
période de temps qui va du iv" siècle au vu". Jusqu'à présent, 
on n'a trouvé en Algérie aucune église de type byzantin, à cou- 
pole centrale-'. Presque tous les sanctuaires ont la forme d'un 
rectangle '', suivant l'indication de saint Augustin •"' : «... ohloii- 

1. Voir ù Gouéa (n" 311, i Ilenchir el Hammam (n° 62), à Morsott (n" 92}, à 
Mouzaïaville (n° 9:j), à Mrakhib Thala '^n" 94) : probablement aussi à Orléans- 
ville (n" 93, sous l'abside;. 

2. A Garthage, à Sfax, à Tabarka. 

3. Il y a eu, en Tunisie, île belles églises byzantines, de l'époque justinienne, 
ainsi qu'en témoignent un grand nombre de chapiteaux, employés dans la 
mosquée de Kairouan (conf. Procope, iWi^et'S, VI, 4: Evagrc, W/s/. pccL, IV, 
18). Mais rien n'indique l'existence de pareils monuments en Algérie. 

4. Quelquefois, le reclungle n'est pas tout à fait régulier: la configuration 
du terrain ou l'existence de constructions plus anciennes ont pu être causes de 
certaines déviations, par exemple à Orléansvillc (n» 93, et à Tipasa (n" 160). 
Mais ces anomalies sont sans importance. 

3. Quciexliiifies in lli'ii/dlcKi/ntm, 2, 1*7, 3. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 121 

« cjam habcal (juadratui'am, lateribus longioribus, brevioribus 
« froiitibus, sictd pleraeqne basiUcac constilutnitur. » 

Dans une élude architecturale, nous pouvons les grouper 
en deux séries, sans tenir compte de leur destination particu- 
lière, ni de leurs dimensions très variables : 1" les édifices à 
plusieurs nefs; 2" les édifices à nef unique. Les chapelles ou 
forme de trèfle formeront une troisième classe de monuments. 
Enfin, nous parlerons à part des baptistères. 

On a rarement installé des sanctuaires chrétiens dans des 
édifices d'une époc^ue antérieure. Nous ne voyons que deux 
exemples à citer à cet égard', l'un douteux, l'autre certain : 
le temple de Tébessa parait avoir été converti en chapelle sous 
la domination byzantine'^, et, vers le même temps, on éleva une 
église sur le soubassement du grand temple du Capitole, à Cons- 
tantine (n° 44). Mais il faut ajouter que ce monument était dc\jà 
détruit; les chrétiens se contentèrent d'utiliser comme assiette 
la plate-forme qui le portait : c'était peut-être simplement une 
manière d'affirmer leur triomphe sur le paganisme -^ — Nous 
n'avons aucune preuve que des basiliques civiles soient deve- 
nues des basihques sacrées. 

La plupart des monuments chrétiens de l'Algérie ont été 



1. On peut y joindre une chapelle de ïigzirt (n» 118), ([ui fut construite sur 
des salles d'un établissement de bains. 

2. Voir tome I, p. 134. 

3. De même, à Lambése (n° 73). une chapelle semble avoir été bâtie dans 
l'enceinte du Capitole. — A Tigzirt, la grande basilique (n" 146) a peut-être été 
élevée sur l'emplacement d'un sanctuaire de Saturne, le grand dieu africain. 
— A Tipasa, une église en l'honneur de sainte Salsa remplaça une synagogue, 
qui avait elle-même remplacé des temples pa'iens {Catalorjiis codicum liacjio- 
fjraphicorumqui assercanlu/' in Diblio/hrca iialionali Parisicnsi, 1, p. 346, ;, 3): 
« Dans le lieu où régnaient autrefois deux cultes sacrilèges, dit l'auteur de 
« la passion de Salsa. l'église triomphe maintenant en honorant la martyre. » 



1 -22 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLOÉRIE 

bâtis il la hàlc, pour répondre h dos besoins religieux, plutôt 
(pio pour satisfaire des goûts arlisiicpies. On s'est plus soucié 
de faire vite que de faire beau'. Sans doute, il y a quelques 
exceptions : ainsi, les basiliques de Tébessa (n" 138) et dcTig- 
zirt (n" 146) sont dos édifices d'une exécution soignée et d'une 
riche ornementation. Miiis, en général, le mode de construcdoii 
des églises africaines est fort médiocre, surtout ;i l'époque 
byzantine. 

Presque partout, on s'est servi de matériaux empruntés à 
des inonunienls plus anciens, principalement à des temples-. Il 
est bien peu de ruines chrétiennes où nous n'ayons pas cons- 
taté ces larcins. Morceaux d'entablements, colonnes, débris de 
portes, de pressoirs, bases de statues, pierres tumulaires : on 
a pris tout ce que l'on avait sous la main-\ Les murs offrent 
rarement des assises en pierres de grand appareil, comme dans 
la plupart dos sanctuaires païens^. D'ordinaire, ils sont bâtis en 
blocage, avec dos chaînes en pierres de taille, placées à dos 



1. Voir cepeiidaiil ce que dit saint Auirustin, Sprmon 15, 1. 

2. Pour la iJcsIniclion des temples païens en Afrique, voir Augustin, Ser- 
mon 163, 2: Le/Ire 232, 3; Mansi, Coll. concil., 111, p. 706, canon 58. L'auto- 
rité impériale intervint, il est vrai, pour empêcher ce vandalisme {Code l/ieo- 
ilosien, XVI, 10, 18). 

3. Un texte de saint Augustin {Sermon 356, 10) montre comment Ton 
procédait parfois. Il raconte qu'un prêtre d'Hippone, Leporius, ayant à faire 
construire un hôpital, acheta tout d'abord une maison « qu'il pensait devoir 
lui être utile à cause des pierres ». 

4. Basilique de Téljessa (n- 138), où les blocs portent des marques de chan- 
tier; basilique de Sainte-Salsa à Tipasa (n» 159); basilique de Taoura (n° 137). 
Dans d'autres sanctuaires appartenant à une basse époque, des pierres de 
taille, prises ailleurs, ont été superposées en assises peu régulières; à Aimouna 
(n« 12), à Khamissa (n" 68), à Sidi Mabrouk (n° 125j, à Timgad (n" 153-156\ 
Quelquefois, certaines parties seules sont en grand appareil : le milieu de la 
façade à Tigzirt (n- 146); la façade et l'abside à Announa (n- 11); la façade 
dans une chapelle de Guesseria (n" 50 in fine) : l'abside à Ilenchir cl Hammam 
(n° 62) et à Tigzirt (n« 118) : les angles à Khcrbet Guidra (n° 60) ; le bas des 
murs à Tipasa (n» 157,'. 



ÉDIFICES DU CULTE CURÉTIEN J2Î 

distances variables i(r,SO à 2 mètres) ' ; Temploi de la brique 
est tout à fait exceptionnel. Ces murs ont 0", 50-52 d'épaisseur 
moyenne', sauf aux absides, où ils sont un peu plus forts. 

Le plus souvent, le grand axe de l'édifice est dirigé de 
l'ouest à l'est, la façade étant au couchant''', et la partie réser- 
vée au clergé, ou prcdnjteriiim, au levant. 11 suffira de jeter un 
coup d'œil sur nos plans pour reconnaître l'application cons- 
tante de cette règle, à n'importe quelle époque*. Deux faits 
prouvent qu'on v attachait de l'importance. A Tipasa (n" \oT\ 
le front de l'église principale fut tourné vers l'occident, malgré 
le grave inconvénient que présentait cet aménagement à cause 
de la proximité du rempart. Entre ce front et le mur d'enceinte,, 
il ne restait plus qu'un espace de quelques mètres, si bien que 
la façade était masquée et que la circulation des fidèles devait 
être assez malaisée ;i l'entrée et à la sortie des offices. 11 eût 
été facile d'y remédier en modifiant l'orientation de la basilique,^ 
en plaçant, par exemple, le chevet contre le rempart. Cepen- 
dant on ne crut pas devoir déroger à l'usage. Au Capitole de 
Cirta, le front du grand temple était tourné vers l'est, selon la 

1. Tel a été le sj'stème employé clans tous les étliOces dont nous n'indique- 
rons pas le mode de construction. 

2. Les épaisseurs plus fortes sont signalées dans nos descriptions. Dans 
certains édifices où les murs sont très larges, on peut se demander si ce^ 
renforcement des parois n'a pas été adopté soit dans un but défensif, soit 
aGn de donner une assiette solide à des voûtes : voir n"' 68 (Rhamissa), 105 
(Périgotville), 115 (Segnia}, 154 et loo (Timgad).. 

3. La façade, au sens architectural du mot: car il faut remarquer que. pour 
les premiers clirétiens, le véritable front de l'église (prospectus, dit Paulin de 
Noie) est le côlé opposé, celui qui est voisin de l'autel et que regardent les 
fidèles. 

4. Par exemple : basilique d'Orléansville (n" 95), à l'époque de Constantin; 
basilique de Bénian (n° •22), au milieu du v" siècle; chapelle de Rhamissa (n° 68), 
à l'époque byzantine : chapelle de Timgad (n° 156), au milieu du vu" siècle. 
Outre les édifices qui subsistent, voir ce qu'El Békri dit de l'orientation de 
l'église d'Alger (n" 10). 



124 LES MONUMENTS AMKjLES DE L ALGEniE 

coutume païenne. Lorsqu'on y installa une église (n° 44), on 
eut soin cVen placer la façade à l'ouest', 

11 est fort rare que les sanctuaires soient disposés exacte- 
ment selon les points cardinaux : si, d'une manière générale, 
ils regardent le couchant, l'orientation oscille entre le nord- 
nord-ouest et le sud-sud-ouest. Ces variations tiennent-elles à 
Tapplication de quelque règle religieuse, comme l'ont pensé des 
archéologues? L'axe longitudinal était-il établi conformément 
à la position qu'occupait le soleil levant le jour de la fête du 
patron, ou bien le jour de la consécration du terrain? En ce 
qui concerne l'Afrique, nous manquons des données qui seraient 
nécessaires pour résoudre cette question 2, 

Les églises d'Algérie qui, par exception, ne sont pas tour- 
nées vers le couchant sont celles d'Aïn Tamda (n" G), d'An- 
nouna ('n° H), d'Henchir el Hammam (n"' 62 et 63), d'Henchir 
Ouazen (n" 06), de Sidi Ferruch (n" 12 1^, deTaoura (n° 137) et 
de Zana (n" 164) : deux d'entre elles (Announa et Zana) appar- 
tiennent à l'époque byzantine; la date des autres est inconnue. 
Pour la basilique d' Announa, il est possi])le d'indiquer le motif 
qui détermina les constructeurs à s'écarter de la règle : elle 
est située sur le ilanc nord-est d'un mamelon qu'il aurait fallu 
entailler profondément si l'on avait placé la façade à l'occident. 

1. Voir aussi. <aii n" 1*6, notre conjecture au sujet de la double orientation 
<Je la basilique d'Henchir Ouazen. 

2. Notons seulement qu'il n'existe pas de concordance entre l'orientation 
(le la basilique de Sainte-Salsa, à Tipasa (n" loi)), et le lever du soleil au 2 mai, 
<late probable du martyre de cette sainte (Gsell, Ueckerchos a)-chéolo(/i(jues 
en Alt/éiie, p. 3, n. 3) : 70° 6/10 au milieu du iv" siècle, pour le 37° degré de 
latitude, d'après l'imlication que m'a donnée M. Trépied, directeur de l'Obser- 
vatoire d'Alger. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 125 



ÉDIFICES A PLUSIEURS NEFS ^ 



Leur forme est celle d'un rectangle, précédé très souvent 
dlin portique ou d'un vestibule, quelquefois d'une cour, et ter- 
miné par une ou plusieurs salles, réservées au clergé. 

Dans la partie rectangulaire {quadratum populi), plusieurs 
vaisseaux se développent parallèlement aux côtés longs-, La 
basilique d'Orléansville in° 95) en comptait cinq, l'église prin- 
cipale de Tipasain" 157), sept; plus tard la nef centrale de cet 
édifice fut jugée trop large et divisée en trois vaisseaux par 
deux colonnades : ce qui fit un total de neuf nefs. Dans la ba- 
silique de Sainte-Salsa, au même lieu (n° 159), et à Tigzirt 
(n° 146), on constate l'existence de cinq vaisseaux, mais deux 
d'entre eux datent d'une basse époque et ont été installés dans 
la nef centrale de la même manière qu'à la grande église de 
Tipasa. La division en cinq nefs de l'église de Matifou (n° 79) 
est aussi de date relativement récente. En général, il n'y a 
C|ue trois vaisseaux^. Celui du milieu est plus large que les deux 
autres, d'un tiers environ ou même du double'*; quant aux 

l. On peut, si l'on veut, les appeler hasiVqties, mot qui. jusqu'au v° siècle, 
désigna de grandes salles, quelle que fût d'ailleurs leur destinalion et leur 
forme. Mais il ne faut pas oublier que les basiliques n'étaient pas nécessaire- 
ment des salles à plusieurs vaisseaux : ainsi, la basilique judiciaire de 
Timgad, étudiée plus haut (tome I, p. 124) n'avait qu'une seule nef. 

2 II n'y a jamais de vaisseau transversal en arrière du mur de façade, 
sauf à Tigzirt (n° li6), où on a relié ainsi les deux tribunes latérales. 

3. Une chapelle de Gherchel (n" 42) avait deux nefs, sans doute par suite 
d'une réparation hâtive et barbare. 

4, Parfois mènje plus, mais le cas est rare : Ilenchir el Atecli, n" 15 
(6'", 90 X 2"'. 80 X 2™, 80;; Biar el Kherba, n" 24 (G"',90 j<3'",-20 x3"\20) ; Ilenchir 
Bou Takreniatène, n» 37 (6™,80 x 3"', 15 X 3'", 15) ; Kherbet Ouled Arif, a» 98 
(10 mètres x 3"" 60 x 3'",60) ; Kherbet Tamarit, n" 135 i7 x 3x3 mètres); 
Timgad, n" 132 (7"", 50 x 3"',40 x 3'",40); Tipasa, Sainte-Salsa, n" 139{7"',58 X 
2", 86 X 2'°,60). — A Ksar Sbéhi (n" 71), la nef a S-'.gO de large, les bas côtés, 
3 mètres. 



126 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

Collatéraux, ils sont presque partout égaux en largeur'. 

Ces vaisseaux étaient séparés soit par des colonnes, soit par 
<les piliers. 

DansTouestdolaNumidieet dans la Alaurétanie Sitifienue, les 
colonnades se terminaient (riia1»itude. contre le mur de façade 
et contre le mur de tond, par des donii-colonnes'^', formant des 
éperons qui recevaient la retombée des arcades extrêmes. En 
quelques lieux, des pilastres remplissaient le niènie office-'. 
Ailleurs, ces arcades venaient simplement s'engager dans les 
<leux murs. A Castiglione ( n° 3{)i et à Constantine l'n" 4i-j, elles 
reposaient sur des consoles. 

Les colonnes (fûts, chapiteaux et bases) ont été fréquem- 
ment prises dans des édifices plus anciens''. On ne se souciait 
jias d'une trop grande symétrie, et les éléments qui composent 
les colonnades de certaines églises sont assez disparates"'. Il 
ari-ive même que des cliapiteaux servent de bases". Parfois, 
comme les fûts dont on disposait étaient de hauteurs diverses, 
on rachetait les différences soit en les coupant, soit en les 
juchant sur des bases plus ou moins ('levées. Fort souvent, 



1. Il y a quelques exceptions: à Rherbet Hou Addoufen, n" M (4"\!t0 ;ï 

<lroite, i"',;jû à gauche); à llenchir el Il.ti .mi. n" ()-2 (3"'. 30 à j^^auche, 2'", 90 

à droite); à Mdaourouch, n° 80 (3", 10 à droite, 2"',S.j à gauche); à llenchir 
Ouazen, n" !J0 (3"'.l.-) à gauche, 3"',20 à droite); à Taoura, n» 137 (2'".8r; à 
gauche, 2'",6o à droite) ; à Tigzirt, n° li'i (3 mètres à droite, 2'",;;0 à gauche); 
à Tipasa, Sainte-Salsa, n" I.jO (2'", 86 à gauche, 2"'. 60 à droite). 

2. Nous disons à dessein demi-colonnes et non colonnes engayées. car les 
fûts ont été simplement appliqués contre la mur.iille ; ils no font pas corps 
avec elle. 

3. A Announa (n- M); ;i Kherliet cl Ousfane (n" 104); d^ins un oratoire voi- 
sin de la basilique de Tébessa (n" 138 et fig. 130); peut-être aussi à Mrakhib 
Thala (nTli). 

4. Même dans les églises d'une bonne ronslruction, comme àïubcssa (n°i38) 
et à Tigzirt (n» 146). 

."i. Voir, par exemple, à Tébessa (n" 138). 
ti. A Giielma (n° o.'J). 



ÉDIFICES Dr CULTE CHRÉTIEN 127 

cependant, surtout dans le pays de Sétif et dans la Numidio 
occidentale, les colonnes ont été faites exprès pour les sanc- 
tuaires dans les ruines desquelles elles gisent aujourd'lmi '. 
Les bases* sont d'ordre attique, plus rarement d'ordre corin- 
thien ; quelquefois elles n'offrent que des moulures très rudi- 
mentaires, ou même mi simple talus. Dans l'ouest et le centre 
de la province de Constantine, elles sont généralement pour- 
vues d'un socle assez élevé. Les fûts, toujours monolithes, 
mesurent 2 mètres-2'",75 dans les églises ordinaires. Les 
chapiteaux appartiennent aux trois ordres classiques, bien 
dégénérés, il est vrai. Les formes sont lourdes, massives : ce 
qui s'explique par la nécessité de donner des supports solides 
aux sommiers des arcades jetées sur les colonnes. Dans les 
régions dont nous venons de parler, on a eu une prédilection 
marquée pour l'ordre dorique romain, ou pour une forme plus 
simple, qui en est dérivée et qui consiste en des séries de 
bandes s'étageant sous le tailloir. Dans la Maurétanie Césa- 
rienne, l'ordre ionique est en faveur; il présente en général 
de grosses volutes, qui ressemblent à des bourrelets, gonflés 
dans leur partie centrale. L'ordre corinthien a été moins 
employé par les chrétiens de Numidie et de ^laurétanie ; d'or- 
dinaire, les fouilles, étroitement collées à la corbeille, ne s y 
découpent i)lus en fines dentelures ; l'extrémité seule est 
recourbée comme un croc; les volutes sont fréquemment sup- 
primées; sous le tailloir, au milieu de chaque face, on a parfois 
sculpté un signitm Christi^ un calice, une grappe de raisin ou 

1. Voir au n" 166 fllenchir Zerdan) une inscription où 11 est question de 
colonnes olferles à une église par des gens de deux villages dillVrents. 

2. Ces bases reposent parfois sur des dés (à Périgotville, n" lO.'i ; à Timgad, 
n° 132 ; etc.), ou sur des plates-bandes (à Tébessa, n" 138). A Tigzirt n° li6), il 
n'y a pas de bases : de simples dés portent les fais. 



128 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

(luel(|Uo autre image. Je ne connais en Algérie (^u'un petit 
iiom))re de cliaj)iteaux coniposites chrétiens, et je n'ai vu qu'à 
Tébessa des cliajiiteaux i)roprement b3zantins (n° 139), de forme 
cubique, à pans coupés. 

Les églises à piliers quadrangulaires ne sont pas rares dans 
l'Afrique du Nord', à diverses époques: par exemple, au com- 
mencement du iv" siècle (Orléansville), au milieu du v' 
(^Bénian), sous la dominatii»n byzantine (Khamissa). On ne 
pouvait })as partout emprunter des colonnes à des édifices 
païens et, souvent, on ne voulait pas se donner la peine d'en 
faire de neuves : des piliers étaient plus faciles à tailler. Do 
plus, ils offraient aux arcades des points d'appui plus solides. 
Us sont presque toujours formés de plusieurs pierres de taille 
superposées, dépourvues d'ornementation. Cependant, à Biar 
el Klierba (n" 2i-), à Henchir Gourai (n" 53) et à TOued R'zel 
(n" 97), nous trouvons des piliers nionolillies, j)lacés sur des 
bases à socle élevé et à moulures. 

Aux Hassnaoua (n" 6.")), des piliers octogonaux se dressent aux 
extrémités des deux colonnades. A Ksar Tala (n"71 A/.y), de 
simples colonnes pai'aissent avoir alterné avec des piliers 
cantonnés de deux colonnes engagées : ce genre de support 
en foi'nie de rectangle an^ondi constituait une assiette plus 
large au sommier commun de deux arcades consécutives. Dans 
une église de Tigzirt (n" li-8), des demi-colonnes terminent 
deux rangées de piliers. Dans la grande basilique du même 



1. Ilenchir el Azrcg (n" 18): lîi-nian (n" 22) : Biar cl Klierba (n° 2i); Klicrbet 
Hou Addoufen (n" 33) ; Henchir Djardia (n" 47); Henchir Gourai (n° 53); Hen- 
chir Guessès (n" Pj9) ; Henchir el Hammam (n" 62 et 63) ; Khamissa (n" 68) ; 
Ksar Sbéhi (n" ~1); Matifou (n" 79); Orléansville (n- 95) ; Oued R'zel (n" 97) ; 
Takscbt (n° 133) ; Tin/.irt (n" 119); Timcdout (nM51); Tipasa (n»^ i;;7, i;i9, 
160) ; Et Toual (n- 11.:!). 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 129 

lieu (n" 146), on voit, vers le milieu de chaque colonnade, un 
gros pilier d'un mètre de côté, renforçant l'ossature de 
l'édifice. 

Colonnes ou piliers portent des arcades, cintrées en demi- 
cercle' et faites de voussoirs on pierres de taille'^. Quand le 
support est un pilier, le sonnnier des deux arcs qui partent de 
ce point repose soit directement sur ce pilier'', soit sur une 
pierre, carrée à sa face inférieure, rectangulaire à la face 
opposée et offrant l'aspect d'un tronc de pyramide renversé : 
c'est là une simplification de l'imposte classique, que Ton cons- 
tate également en Syrie'. Quand le support est une colonne, 
le sommier coiffe presque toujours le chapiteau ; on trouve 
cependant quelques exemples de coussinets interposés entre 
ces deux membres d'architecture •' : ils ressemblent aux impostes 
rudinientaires dont nous venons de parler^'. 

Nulle part, nous n'avons rencontré d'entablements rectilignes 
jetés sur des piliers ou sur des colonnes : tout au jibis pour- 
rait-on admettre que, dans des sanctuaires très pauvres, les 
supports étaient reliés par de grosses poutres, surmontées de 
parois en charpente ou en légers moellons. On n'a, du reste, 

1. Dans certains lieux, où les intervaUes entre les supports étaient inégaux 
(p. 6. d Ilenchir el Hamman, n" 62, et à Tig/irt, n° 148), les cintres des arcades 
ne pouvaient pas être partout bien réguliers. 

2. A Tébessa, les arcades sont d'une forme particulière (voir n- 138). 

3. Tipasa, dans la grande basilique et dans celle de Sainle-Salsa (n" lo7 et 
159); Taksebtln" 133); Tigzirt (n» 14'.)). 

4. Bénian (n" 22): Biar el Kherba (n" 2 il ; Ilenchir Djardia (n" 41); Henchir 
Gouraï (n° 53) ; Ilenchir Guessès (n" o!» ; Henchir el Hammam (n° 62); Ksar 
Sbéhi (n° 11); Tip.asa. chapelle d'Aie.xandre (n- 160). — Conf. Gsell, Fouilles de 
Bénian, p. 33. 

o. Conf. les dés interposés de la même manière au marché de Timgad, dès 
le début du nr' siècle (tome I, p. 208). 

6. Aïn Zirara (n° 8) ; Kherbet Bou Addoufen (n- 33 et 34). — A Henchir 
Tabia (n° 130), la forme des coussinets prouve qu'ils reposaient directement sur 
des fûts et qu'ils faisaient office de chapiteaux. 

T. 9 



130 I-ES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉUIE 

aucune preuve d'un iol agonconicnf, tandis que les voussoirs 
abondent parmi les décoml)res de la plupart des églises afri- 
caines. 

Au-dessus des arcades se dressait un mur ', percé de fenêtres 
fpii éclairaient la nef centrale. Celle-ci était plus élevée que 
les collatéraux et avait une toiture en dos d'Ane; des toits 
en pente couvraient les bas C(Més'^. Les parties hautes de toutes 
les églises d'Algérie étant détruites, il est impossible de citer 
ici des exemples"', mais les Africains ont certainement adopté 
cette ordonnance, générale dans rarchitecture chrétienne. 
Partout oîi l'on a fait des fouilles, on a trouvé des morceaux 
dccharlton, débris de la charpente des combles, ainsi que des 
fragments de tuiles, les unes plates, les autres semi-cylin- 
driques. Du reste, la faible épaisseur des murs indi(pic suffl- 
sammonl que les édifices n'étaient pas voûtés''. 

Quelques basiliques présentent, de chaque coté de la nef, une 
douille l'angée de supports. Chaque couple est formé soit de 
deux colonnes'', soit d'une colonne }»ar devant et d'un pilier 



i. Conf. un sermon iittribué à saint Angusfin (Mi^ne, Palrol. latine, XL\"I, 
p. lOO.'ij : * Ecce vidcmus cûlin7i/iits quibiis suiit siipcrposili parieles... In doino 
« Dei Cdhimnae a quibiis lapiduvi multiludo jiortatur... » 

2. A Ilenchir Guesseria (n" 36), des corbeaux, placés au sommet des murs 
latéraux, étaient sans doute des éperons destinés à porter l'une des extré- 
mités des entraits de la toiture des bas côtés. A Kherbet Bou Addoufen 
(n"> 34), les coussinets-impostes des colonnades otTrent des encoches pour 
l'insertion de ces entraits. — Les collatéraux paraissent avoir été surmontés 
de terrasses plates dans la chapelle d'Alexandre, à Tipasa (n" 160). 

3. Voir à ce sujet Victor de Vite, Uis/. persec. uandaiicae, 1, 41. 11 parle 
d'une église africaine, qui fut assaillie par des Vandales : «tecta [les toits des 
« bas côtés] consccndiinl l'I pei- fencstfas [les fenêtres de la nef] ecclesiae sagillas 
« sparf/uiil.y> (les flèches atteii,'nent des catholiques réunis auprès de l'autel. 

4. Conf. le texte de saint Optât, cité au n" 163 (Rherbet Zembia). 

5. Timgad (n° 152); Périgotville (n" lOo). A Tigzirt (n- 146), la colonne pus 
térieure est parfois remplacée par un pilier. A ïaksebt (n" 132), la disposition 
des doubles supports reste douteuse. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 131 

par derrière '. Les arcades reposaient sur les points d'appui 
postérieurs; quand il n'y avait jias do trilnnies, elles portaient 
directement les murs de la nef. Quant aux supports antérieurs, 
ils étaient surmontés d'un second ordre de colonnes, adossées 
à ces murs. Ce dispositif assurait plus de solidité à Fensendjle 
de l'édifice et ornait d'une élégante décoration les parties 
hautes; en outre, il avait pour effet de réduire la portée des 
entraits de la toiture, qui venaient appuyer leurs extrémités 
sur les colonnes supérieures. 

Les tribunes au-dessus des Ijas côtés sont rares en Algérie. 
A Tipasa (basilique de Sainte-Salsa, n" 159) et h Matifou 
(n° 79;, il est certain qu'elles n'appartiennent pas à l'ordon- 
nance primitive, mais qu'elles datent de remaniements effec- 
tués au v'' siècle ou au vi*" . La même observation s'applique 
probablement aux tribunes de la l)asilique de ïébessa (nMSS). 
Dans la grande église de Tigzirt (n" 146), elles sont, au con- 
traire, contemporaines de la construction, que nous plaçons 
volontiers au v" siècle. N(jus ne saurions dire si celles de la 
l)asilique d'Orléansville (n" 95'( ont été faites, comme la basi- 
lique elle-même, sous le règne de Constantin : nous n'avons 
pas pu étudier cet édifice, qui a, sans aucun doute, subi des 
remaniements. Cela nous [)arait peu jirobable et nous sommes 
disposé à croire que l'introduction des tribunes dans rarcliitec- 
ture chrétienne de l'Afrique du Nord n'est pas antérieure au 
V" siècle. 

L'aménagement de ces galeries nous échappe complètement 
à Matifou et à Orléansvillc. A Sainte-Salsa, elles étaient limi- 
tées, du coté de la nef, par des colonnes courtes. A Tébessa 

1. Tébessa (n° 138); Morsolt [w 91). 



132 Li:S MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

et à Tigzirt, il y avait, on haut comme on ])as, doux rangées 
(le supports : voulant éviter les redites, nous renvoyons le 
lecteur à la description détaillée de ces deux églises pour 
Tétudo do leurs parties hantes, qui présentent un grand inté- 
rêt. A Matifou, à Tipasa, à Orléansville, les deux escaliers 
menant aux trihunes sont établis intérieurement, aux deux 
angles que le mur do façade forme avec les murs lati-raux 
Dans la l)asilique de Tébessa, une cage d'escalier s'élève de 
chaque côté de Vatrium. A Tigzirt, l'escalier unique est égale- 
ment extérieur : il se trouve à l'extrémité du mur do gauche; 
pour relier les deux tribunes, une galerie a été probablement 
construite dans la nef, derrière la façade. 

Nous ne connaissons en Algérie aucun exemple certain 
d'églises voûtées à plusieurs vaisseaux'. Cependant, dans 
(pielques édifices ^V^ petites dimensions et do basse épo{iue"', 
l'épaisseur des murs latéraux et la faible largeur des bas côtés 
nous permet do supposer (pie ceux-ci étaient recouverts d'une 
série de voûtes d'arotes légères, en Idocago ou en tul)es 
d'argile; quand la nef est étroite, on peut se demander si elle 
n'était pas aussi voûtée. Mais toute preuve manque ;i cet 
égard-''. 

Comme il est naturel, la porte principale de l'édifice se 
trouve d'ordinaire au milieu de la façade occidentale et donne 



1. Il y en avait certainement en Tunisie. 

2. Khaniissa (n" 68), Timgad (n"' 154 et 15.Ï). 

3. A Périfrotville [n° 105), on voit rlenx ranirées de supports de chaque côté 
de la neC, et les murs latéraux mesurent 1 mètre de largeur. Peul-ètrc, con- 
trairenaent à l'ordonnance indiquée plus haut (p. 131), les arcades qui soute- 
naient le mur de la nef étaient-elles jetées au-dessus des supports antérieurs. 
Iv(?s supports postérieurs auraient servi de points d'appui à des voûtes d'arêtes, 
surmontant les collatéraux et reposant de l'autre côté sur des encastrements 
pratiqués dans les murs. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 133 

par conséquent sur la nef. Elle est assez souvent llanquée de 
deux autres portes, s'ouvrant soit sur la nef, soit sur chacun 
des bas cotés'. Certaines églises offrent des entrées secon- 
daires, percées dans les murs de droite et de gauche '^ Par- 
fois même, il nV a pas de porte sur le devant et une ou deux 
baies latérales donnent accès au sanctuaire''. Très peu de ces 
baies sont demeurées intactes. En général, elles paraissent 
avoir été surmontées de linteaux droits'^, dont beaucoup por- 
taient un monogramme, une sentence, un vœu, une dédicace, 
des sculptures à relief plat*"'. Au-dessus, un vide semi-circu- 
laire sert quelquefois de décharge, dispositif que Ton rencontre 
aussi en Syrie ". Cette lunette est limitée soit par une arcade 

1. Morsott (n° 91); Tigzirt (n" U6). 

2. Henchir el Atech (n" la); Rherbet Bou Addoufen (q" 34); Rherbet Guidra 
(n" GO) ; Tébessa, basilique et chapelle voisine (n° 138); peiit-ùtre aussi Ilenrhir 
Mechta Si Salah (n- 85) et Sériana(ii'' 118). 

3. Ain Zirara (n» 8); Castiglione (n° 39); Constantine (n" 44) ; Henchir el 
Hammam (n° 63); Matifou ^n" 19) ; Tébessa, grande basilique et chapelle voi- 
sine (n° 138) ; Timgad [?j (n- lo3) ; Tipasa, Sainte-Salsa "(irlog): Et Toual 
(n° 103). Ces portes latérales pouvaient conduire soit au dehors {n" la9), soit 
au baptistère (n" 19) ou à cjuclque autre annexe (n" 138). 

4. Djemila (n- 48) ; Rhamissa (n" 68); Orléansville (n' 9a); Tigzirt (n" 148 et 
149) ; Timgad ['] (n- loG) ; Tipasa, chapelle de l'évêque Alexandre (n" 160 ; mais, 
dans ce monument, rentrée principale était peut-être à l'origine sur le 
devant). 

o. A Ain Soltane, une pierre cintrée, ornée d'un monogramme chrétien et de 
ceps de vigne, formait l'encadrement supérieur d'une porte, comme l'indique 
un trou de gond (De Kossi, Bull, di arc/ieologia crl^Hana, 1878, p. ilo-7, 
pi. VU; Gsell, Mélanges De Rossi, publiés par l'École française de Rome, p. 332, 
n.3). 

6. On rencontre assez fréquemment en Algérie des linteaux ornés d'un 
signutn C/irisli ou d'une devise chrétienne (« Spes in Deo !» — « Deo laudes 1 », etc.). 
Nous ne les avons mentionnés dans notre liste des édifices religieux que quand 
ils ont été trouvés dans des ruines de sanctuaires: dans bien des cas, ils ont 
pu être placés sur des portes de maisons. 

7. Announa (n» 11) ; Oum el Bouaghi (n- 103) ; Tipasa, Sainte-Salsa (n° 159) ; 
voir aussi Henchir el Begueur (n" 20, in fine). Ces lunettes existent déjà dans 
des édifices pa'iens d'Afrique (Gagnât, Gauckler et Sadoux, les Temples païens 
de la Tunisie, pi. VII et VllI). 



134 LES MONUMENTS ANIKJLES DE LAl.OKKIE 

il voussoirs, soit par un hloc à grande écliaucrure cintrée, 
reposant sur les deux extrémités du linleau'. On la garnissait 
sans doute d'un panneau en i)ierre, orné de dessins à 
jour'. 

Des fenêtres étaient ménagées dans les deux murs supé- 
rieurs de la nef-' et dans les deux murs qui l)ordaient les bas 
eùtés'\ Dans la façade de Téglise d'Aunouna (n" 11], on voit 
lieux fenêtres, qui flanquen< la porte, et, au-dessus, quatre 
lucarnes. A Tipasa, dans la basili({ue de Sainte-Salsa ( n" 159), 
les fenêtres ont des feuillures, dans Ies(|uelles on avait encas- 
tré des }»anneaux ajourés, en pierre. Des fragments de ces 
panneaux ont été recueillis au cours des fouilles. On en a 
aussi trouvé dans une chaj)elle de Cliercliel [n" 42'). 

En avant du rectangle qui constitue la partie j)rincipale do 
l'église, s'étend parfois une cour, entourée de colonnes [atrium). 
Mais ces airia sont fort peu nombreux en Algérie"'. A Tébessa 
(n° 138), un porche précédait la cour, un étage surmontait les 
quatre jjortiques'î et le milieu de Tespace ;i ciel ouvert était 



1. Henchir Megroun (n" 86). Conf. à l\ii7.\Y[, Gavault. Klude sur 1rs ruines 
romaines de Tigzirt, p. 40, fig. 10, au milieu. 

2. Conf. le linteau surmonté d'une moitié de disque que l'on a trouvé dans 
l'annexe de la basilique de Sainte-Salsa (n° 139. vers la lin). 

3. Voir la lauipe de bronze en forme de basilique, trouvée près d'Orléans- 
ville et souvent publiée (p. e. Holtzinger, Die altc/n-islliche Arcliile/<lur,Tp.ii'd, 
fig. 5o). Mais il n'est pas certain que cette lampe soit de fabrication afri- 
caine. 

4. Taoura (n- 137); Tipasa (n" 159). Ces fenêtres sont fort petites, surtout à 
Taoura. 

i). Tébessa {n° 138) : Ilenchir Tikoubaï (n" liiO); Périgotville (n- 10.")) : Henchir 
Mcchla Si Salah (n° S.'i) ; Henchir Terlist (n° 144). L'existence de Valrium n'est 
absolument certaine qu'à Tébessa et à Hencbir Tikouba'i. Ailleurs, les vestiges 
de la cour sont très peu distincts, et l'on ne voit pas de colonnes. 

6. Cet étage parait du reste avoir été ajouté après coup (voir n" 138 à la 
troisième époque). 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 135 

occupé par lui grand bassin, en forme de quaire-feuilles, qui 
servait aux ablutions dos fidèles'. 

Dans beaucoup do sanctuaires, un simple portique s'élevait 
sur toute la larg'our du front, portique dont le toit incliné était 
soutenu soit par des piliers "^ soit par des colonnes 3. Ailleurs, 
la façade était précédée d'un vestibule, clos par des murs et cou- 
vert sans doute d'une toiture semblable^; sur le devant s'ou- 
vrait une porte, rarement plusieurs"'; quelquefois les entrées 
étaient latérales". Dans la grande basilique de Alorsott (n" 91), 
cet espace est divisé en trois salles, et Ton peut se deman- 
der si les deux compartiments do droite et de g-auche, rasés 
aujourd'hui presque à niveau du sol, n'étaient pas autrefois des 
tours ". En certains endroits, le portique ou le vestibule est do 
dimensions beaucoup plus rosti-ointos et ne s'étend qu'en avant 

1. D"ordinaire, on se contentait pour les ablutions d'une vasque placée h 
l'entrée du sanctuaire : voir à Zoui (n" KiT), peut-être aussi à Tipasa (n" ly'J) et 
à Djeniila (n° 48, iti fuir], 

2. Ain Tamda (n° 6); Bénian [?](n° 22); El Hamiet{n" Gl) ; Timedout(n° 151); 
Tipasa (n" ioîl). Parfois, il est diflicile de dire si des blocs de pierre, dressés 
sur nue ligne en avant de la façade, sont véritablement des piliers isolés, ou 
bien des restes de chaînes en grand appareil foi'aiant l'ossature d'un mur 
plein en moellons. 

3. Kherbct Bon Addoufen ;n" ?^y : Ilcnchir Bon Takrematèno (n° 37); Rlier- 
bet Kraïm (n° 4!»); Kherbet Selmi (n- 116); Tébessa, oratoire voisin de la basi- 
lique (n" 138), avec deux pilastres aux extrémités ; Timgad (n° 1.54). 

4. Henchir el Atech (n- l.j); Biar ei Kherba (n° 2'f); Castiglione (n" 39); 
Kherbet Fraïm (n " 40) ; Gouéa (avul): Guelma (n" .";:i): Henchir Guesscria 
(n''56); Kherbet Guidra (n" 60); Henchir el Hammam (n» 62) ; Hassnaoua 
(n» 6.'j) ; Kherbet el Kébira (n° 67) ; Mdaourouch (n" 80) ; Morsott (n" 91 et 92) ; 
Mouzaïaville (n° 93) ; Henchir Ouazen (n- 96); Henchir SelTan (n" 113 et 114) ; 
Souk ei Khmis (n" 128) ; Téniet el Kebch (n- 142) : Tigzirt (n° 146; ; Zana (n» 164) ; 
Zraïa (n" 168). ' 

"i. Morsolt(oùil y enadeux) : KIierbetGuidra(oùily enavaitpeut-ètre trois). 

6. Henchir el Atech: Morsott (n° 92). A Henchir Guesseria, il y avait des 
entrées latérales, mais peut-être aussi une porte sur le front. 

7. Pour les deux cages d'escalier qui flanquent Vatriinn de la basilique de 
Tébessa et qui ont pu ressembler à des tours, voir n" 138, Iroisième époque, 
au début. 



136 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

de la porte percée au milieu de la façade'. AEl Hamict (n" 61), 
ou a ajouté un petit vestibule au porche priiuitif, cpii occupait 
tout le frout de l'église. 

A notre connaissance, il n'existe, en Algérie, qu'un seul 
monument chrétien qui soit dépourvu de presbylerium. C'est la 
chapelle funéraire construite par l'évêque Alexandre à Tipasa 
(n" 100) "'. On y trouve simplement, au fond de la nef, une 
estrade, constituée par des sarcophages'^ et portant l'autel''. 

Le local réservé au clergé est parfois d'une grande simpli- 
cité. Au mur de fond du quadra/inn popidi s'a.dosse une salle 
rectangulaire, de même largeur que le reste de l'édifice, et 
qui devait être couverte d'un toit en pente. Une l)aie assure les 
communications entre cette salle et la nef. On comprend les 
facilités de construction que présentait une telle forme de pres- 
byterium : aussi l'a-t-on adoptée dans quelques éghses pauvres 
ou bâties à la liâte\ Il ne faut pas y voir une ordonnance pri- 
mitive, précédant chronologiquement le dispositif à abside, car 
nous la trouvons dans des monuments de basse époque, par 
exeini)le dans la chapelle élevée au temps du patrice Gré- 
goire à Timgad, le plus récent des sanctuaires datés de 
l'Afrique du Nord. 

En général, le presbijteinion est une salle établie à l'extré- 



i. llenchir Gountas 'n" 63); Sidi Enibarek (n" 123) : peut-être aussi Kherbet 
Bou Addoufen (n" 34). 

2. L'abside qu'ollVc cet édifice est une addition de date pkis récente. 

3. Ceux des iiisli priores, dit la dédicace. 

l. 11 se pourrait que, dans la basili(iuc de Djemila (n" IS), il n'y ait pas eu de 
salle distincte au fond, derrière le cliœur. Mais cet édifice était si ruiné qu'on 
ne saurait tirer aucune conclusion certaine du plan qui en a été dressé lurs de 
la découverte (plan reproduit fig. 121). 

5. llenchir el Atecli (n° 16); Timgad, chapelle du vii" siècle (n" l"i6); peut-être 
aussi llenchir Guellil (n° 54). 11 y a d'autres exemples de cette disposition en 
Tunisie. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 137 

mité de la nef centrale et entièrement ouverte du coté de cette 
nef. Les murs qui la limitent à droite et à gauche sont 
presque toujours dans le prolongement des deux colonnades 
ou des deux rangées de piliers du (nuulraluni po/j/di; ce (pu 
s'explique aisément : ils faisaient office de contreforts, s'oppo- 
sant à la poussée des arcades'. 

he presbijterhmi eut qnelquQÎoh carré ou rectangulaire'; 
dans ce cas, il devait être simplement couvert d'une toiture in- 
clinée ou à double versant. Mais, d'ordinaire, il s'arrondit au fond 
et a la forme d'une abside ^ Tantc)t cette abside offre une paroi 
courbe au dehors, comme à l'intérieur ^ dispositif usuel dans 

1. Par exception, rouverlure de l'abside semble avoir été inoins large que 
la nef dans la basilique du Capitole de Cirta (n° 44). 

2. Henchir Aourir (n» 13)-, Henchir el Azreg (n" 18); Henchir el Beïda(n»21); 
Ilenchir Bou Takrematène (n° 38) ; Henchir Djardia (n« il] ; Mdaourouch (n» 80) ; 
Henchir Milen (n» 90); Henchir SeOan (n° 113); Henchir Téniet ol Kebch (n" ii2 
€t peut-être n" 143); Henchir Tikoubaï (n- loO); Zana (n» 1«4). Il faut ajouter 
que, dans certains de ces édifices, une abside semi-circulaire peut avoir été 
établie à l'intérieur du cadre carré; construite en matériaux plus légers i\ne 
le cadre, elle n'aurait laissé aucune trace. — La forme carrée du presbyleriam 
se retrouve en Syrie (conf. Hollzinger, Die allchrisUiche Arcintektur, p. 11). 

3. Celte abside n'est presque jamais un hémicycle parfait. Les murs laté- 
raux sont d'abord rectilignes : ce qui permet de donner plus d'étendue à la 
salle et rend plus efficace la fonction de contreforts assignée à ces murs. L'ab- 
side est donc, en règle générale, un espace rectangulaire, terminé au fond par 
un espace arrondi. 

4. Absides de cette forme non tlanquées de sacristies : Aïn Taœda (n° 6) ; 
Biar el Kherba (n« 24); Henchir el Hammam (n" 63): Kherbet el Mahrab (n° 78): 
Rherbet el Onsfane (n- 104); Périgotville (n» 105); Kherbet Selmi (n" 117); 
Sériana (n- 118 et 119); Tigzirt (n- 147 et probablement 149); Tipasa (n°= 157. 
158, 159). — Absides de la même forme flanquées d'une sacristie : Henchir Bou 
Takrematène (n° 37) ; Kherbet Fraïni (n° 49) : Henchir Màfouna (n- 76) ; Tin.e- 
dout (n" ISl). — Absides flanquées de deux sacristies : Henchir el Atech (n° 15); 
Henchir el Azreg (n° 17); Rherbet Bou Addoufen (n° 34); Henchir Bou Takre- 
matène {n° 38); Rherbet Fraïm (n" 50); Henchir Gountas (n" 52] ; Guesseria 
(n° 56); Rherbet Guidra (n» 60); El Ilamiet (n- 61); Hassnaoua (n° 65); Rsar 
Sbéhi (n- 71); Lambèse (n° 74); Henchir Mechta Si Salah [n" 85); Rherbet 
Ouled Arif (n» 98) ; Rherbet Ouled Sassi (n» 100) ; Henchir Resdis (n° UO) ; Hen- 
chir Seffan (n» 114); Rherbet Selmi (n° 116); Sidi Embarek (n» 123); Souk el 
Khmis (n» 128); Henchir Tabla (n" 129); Rherbet Tamarit (n- 135j; Henchir 



138 LKS .MO m: ml: .NT S AMTQL'ES OH L ALUÉKIE 

les basiliques do Rome. Tantôt elle est enforniée dans un 
cadi'o rectiligno, ce ([ui arrive fréquemment en Afrique', ;i 
toutes les épo(|ues de rarchitecture chrétienne-'. Les absides 
à pans coui)és sont très rares et pai-nissent être de date assez 
basse : dans une église, probablement byzantine, do Cirta 
(n' 44), il n'y a de pans coupés qu'à Textérieur; dans une cha- 
pelle de Tigzirt in" li<S), le mur est pentagonal au dedans 
connue au dehors. 

A Khorbet IJou .Vildouton (n" 35), nous trouvons une abside en 
forme do trèfle. Mais il est jjrobable (pie c'était tout d'alnd^d 
unt^ «•liap;dlo isolée; plus tard, elle devint le /j/vs/yy/^/v'////^ d'un 
édifice à trois nefs, construit à côté. A Matifou (n" 79), l'abside 
primitive semble avoir été semi-circidaire, selon l'usage ; à 
r(q)oque liyzantine. on y établit des absidioles. 

Presque partout, le sol dwpi'c^hi/tcriiim est à un niveau plus 
élevé que le qiiinlrdlmn /jdjjuH '•.On y monte soit jiar un esca- 

ïaoukouch (n» 136); Tigzirt (n° 146): Timgad (n- 1.j2 et 153); Zraïa (a» 169). 

.\ssez souvent, le mur de l'abside était siiniionté d'une corniclie à rextérienr : 
lleni'hir el Atech (n- l'i': i\lierbet Bon Addoufen (n"^ 33 et 3i); Kencliir Bon 
Takrematène (n» 37,i ; Ouled Ajila (a" 97 /jis): Kherbet Ouled Sassi (n" 100). 

1. Absides de celte forme isolées : Announa (n° 11): Guelma (a" 5o). — 
Absides fknqiiées d'une sacristie : Timgad (a" loi; ; peut-être Henchir el Ham- 
mam (a" G2). — .4ijsides ûaaquées de deux sacristies : Béniaa 'n" 22) ; Gouéa 
(a- 51): Khamissa (a» 68): Sidi Mabrouk (a» 125;: Tébessa (a" 138). — Abside 
tlanquée de quatre sacristies, à Morsott (n° 91). — .V Castiglione (n° 3o\ dans 
la petite église de Morsott (a" 92), à Orléansville (a" 9o), à Timgad (a° loo), on 
trouve des absides de cette forme, mais oa ae saurait dire si elles élaieat 
llanquées de sacristies. 

2. Dés le Haut Eaipire, on construisit des absides semblables en Afrique : 
par exemple, dans la basili(pie judiciaire de Timgad (tome 1, p. 125 et fig. 36), 
daas des thermes à Clierchel (Bavoisié, 111, pi. 35), daas des teaiples de la 
Procoasulaire (Gagaat, Gauckler et Sadoux, les Temples païens de la Tunisie, 
pi. Il, X.WI et X.WII). — Ce dispositif est fréqueat daas l'architecture chré- 
tienae de Syrie. 

3. Outre les nombrt-u.x exemples cités dans nos descriptions, voir saint 
Augustin, De Civilate Dei, 22, 8, 22; Lettres, 23, 3: 29,8: 226, 1. Par excep- 
tion, l'abside est en contre-bas à Henchir Guesseria (n" 56). 



KDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 139 

lior unique', soit paz' deux })e(its escaliers, disposés à droite 
et à gauche de rouverlure '. 

Peut-être y avait-il des absides couvertes en charpente '', 
mais nous n'en pouvons citer aucun exemple^; au contraire, 
dans bien des rumes, l'épaisseur des murs, le cadre rectan- 
gulaire, les contreforts, les tubes d'argile et les débris de 
massifs de maçonnerie gisant à terre prouvent l'existence 
d'une voûte eu cid de four. Cette voûte était parfois en pierres 
de taille : la chose n'est pas douteuse pour l'abside de la basi- 
liipie de Saint e-Salsa [\f 159). Mais, le })his souvent, elle con- 
sistait soit en une croûte compacte de blocage, soit en une 
carapace de tubes en poterie, emboîtés les uns dans les autres 
et revêtus de mortier^. 

Fréquemment, l'arc de tête était soutenu par deux colonnes", 
<»u par deux denn-colonnes ', ou encore par deux pilastres*^, 

1. Khêi-liet Guidra (n° 60): Lambèse (n- 74): Ouled Agla (ii° 97 bis): Sidi 
Mabrouk [n" i-2'6], où, contre Tusage, l'estrade s'avançait dans la nef. 

■2. Bénian (n° 22): Malifou (n" 79): Morsott (ii" 91,: Rlierbct el Oiisfanc 
(n- 101) : Sidi Embarek (a» 123) : Tébessa (n» 138) ; Tig/.irt (n- 14(î et 149) : Tini- 
gad (n" 153): probablement aussi Gastiglione (n- 39) et Zana (n" 164). On 
trouve deux escaliers semblables devant l'estrade ([ui lient lieu d'abside dans 
la chapelle d'Alexandre, à Tipasa {n° 160). 

3. On a pu se servir du procédé dit cralicium opiift. qui « consistait à exé- 
« cuter grossièrement le cul de four en bois et en lattes: par-dessus cette 
« carcasse, on appliquait un garni de roseaux et enfin une couche épaisse de 
« mortier» (Quicherat, Mélanf/es (/'arc/iéologie el d'hisloire, II, p. 134). 

4. Parmi les décombres qui emplissent les absides, on ne trouve pas d'ordi- 
naire de charbons, qui attesteraient l'existence d'une toiture. 

5. Il y avait des amphores dans la voûte de l'abside de Matifou (n" 79). Conf. 
n* 39, pour les voûtes de la crypte de Gastiglione. 

fi. Kherbet el Mahrab (n» 79); Tébessa, abside de la grande basilique à la 
troisième époque, abside de la chapelle voisine (n» 138) : Tigzirt (n" 147 et 148) : 
Tipasa (n" 157): probablement aussi Kherbet Fra'im (n" 49). 

7. ilenchir Gountas (n° ."12): Hencliir el Hammam (n- 63): Henchir Ouazen 
(n" 96): Henchir Taoukouch (n" 13G) ; Tipasa. Sainte-Salsa (n° l.'j9 , où, con- 
trairement à l'usage, les demi-colonnes sont taillées dans les parois. 

8. Tébessa. abside de la grande basilique dans son état primitif (n° 138); 
peut-être Ouled Agla (n» 97 his). 



liO LES MO.NUMEiNTS AiM'luLES DE L ALGÉRIE 

placés de chaque côte de rouverture. Une colonnade simple ', 
<:)ii doii]>le2, formant un heureux motif de décoration, barrait 
fjuelquefois le devant du presbyterium ; les colonnes étaient 
surmontées soit d'une série d'arcades, soit probablement d'une 
architraTe. Ailleurs, l'ouverture était rétrécio par des murs, ou 
peut-être simplement par des murettes basses •■ ; on a aussi 
constaté à cette place l'existence de barrières ou de grilles''. 

Dans un certain nombre d'églises, surtout aux environs de 
Sétif, on rencontre, parmi les décombres entourant l'absitlc, 
des colonnes courtes % plus rarement des demi-colonnes ''', dont 
la fonction est assez problématique. Peut-être étaient-elles 
adossées à la paroi intérieure du presbyterium et portaient- 
elles des arcatures qui renforçaient l'épaisseur du mur, de 
manière à lui permettre d'offrir une plus large assiette et plus 
(le résistance à la voûte. Peut-être recevaient-elles les retom- 
bées d'une série de nervures en pierres de taille, qui consti- 
tuaient la carcasse du cul de four et (pii venaient converger vers 
une clef commune. On pourrait supposer aussi que ces 
colonnes étaient posées sur le mur même et qu'elles sépa- 
raient des baies cintrées". 

Pour assurer la solidité de l'abside, on la plaçait parfois 
sur un empattement circulaire '^ ou bien on construisait par 

1. Hénian (n° 22); Tigzirt, chapelle funéraire (n" 149). Conf. la confre-abside 
■d'Orléansville (n" 95). 

2. Tigzirt, grande basilique (n° 146). 

3. Aïn Tamda (n° 6); Announa (n° 11); Guesseria (n° 56): Ilenchir Seffaa 
<n" 114). 

4. Matifou (n° 79); Ouled Agla (n" 97 bis); Tipasa, Sainte-Salsa (n° 159). 

5. Ilenchir el Atech (n- ISJ ; Kherbet el Mahrab (n° 78); Ouled Agla (n" 97 bis). 
Voir aussi à Guehna (n" 55) et à Tigzirt (n° 146). 

6. Kherbet Bou Addoufen (n" 33 et 34). 

7. Ordonnance que l'on trouve à Saint-Déuiétrius de Salonique. Dans cette 
hypothèse, les demi-colonnes auraient été adossées à des piliers. 

8. Matifou (n" 79); Tigzirt (n° 146); Timgad (n° 153). 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 14t 

derrière des murs de soutènement'. En plusieurs endroits, nous 
trouvons même des contreforts ~. 

Dans une seule église, celle de Souk el Klimis (n" 128), le 
fond du presbijleriion est percé dime porte. C'est à tort que 
l'on a cru reconnaître des vestiges d'arcades à jour dans 
l'abside d'nne chapelle voisine de Tébessa'\ Dans l'état actuel 
des ruines, nous ne saurions dire si les absides étaient, en règle 
générale, éclairées par des fenêtres*. 

L'abside peut être isolée au fond de l'édifice"'. Mais d'ordi- 
naire elle est flanquée d'une '^j ou plus fréquemment de deux 
sacristies [secretaria]' . Tantôt, quand elle est enfermée dans 
nn cadre, ces sacristies sont de même profondeur qu'elle et 
l'ensemlile de l'église a la forme d'un rectangle i)arfait8. Tantôt 
la courbe extérieure du preshi/teriiou fait saillie au delà 
des murs de fond des sacristies ^. Il arrive aussi, mais 
plus rarement, que l'abside, quoique arrondie à l'extérieur, ne 
soit pas dégagée : les deux murs de fond des secretaria 



1. Ksar Sbéhi (n° 71) ; Périgolville (n° 10."i]: Tipasa (n" 157). 

2. Matifou (n-> 79): Tig/.irt (n» 146); Tiingad (n" iu3). A Sériana (n» 118), il y 
avait un pilier au centre même de l'abside : ce ne peut être qu'une réparation 
barbare. 

3. Ilenchir el Ksour (n° 7-2). 

A. 11 n'y avait certainement pas de fenêtres à Announa (n° 11) ni à Sainte- 
Salsa (n° 1.j9). 

5. Voir les exemples cités p. liiT. n. 4 et p. 138, n. 1, et, en outre, Tigzirt 
(n" 148). Il faut ajouter que, dans quelques monuments fort mal conservés, les 
traces de sacristies ont pu disparaître. 

6. Voir aussi p. 137, n. 4 et p. 138, n. 1. 

7. Ibid., et, en outre, Henchir el Azreg(n" 17 et 18) ; Henchir elBeïda(n" 21); 
Constantine (n''44): Henchir Milen (n" 90); Souk elRhmis (n" 128); Henchir 
Terlist (n" I'kj); Henchir Tikoubaï (n" 150). — H y a quatre salles à Morsolt 
(n" 91) et à Zana (n» 16S). 

8. Voir, par exemple, nos plans fig. 117, 122, 127, 134. 

9. Les deux sacristies ne sont pas toujours de même profondeur : voir 
Hassnaoua (n° 65) : Sidi Embarek (n" 123). 



142 LES MONUMENTS ANTKjUES DE L ALGÉRIE 

viennent se rejoindre derrière elle, ne formant en réalité qn'nn 
seul inur recliligne '. 

Généralement, les deux sacristies sont aussi larges que les 
bas cotés dans le prolongement desquels elles se trouvent. 
Cependant, on constate parfois qu'elles les débordent plus ou 
moins- ou qu'elles se prolongent latéralement par une autre 
salle^. Dans ce cas, lorsque l'abside se décroche au dehors, 
le plan do l'église })eut i)résenter l'aspect d'une croix latine à 
tète arrondie ^ ; mais il ne faut pas prendre les deux ailes cons- 
tituées par le i)rolongement des spcrptaria pour les bras d'un 
transept. Le transe})t j)roprement dit, ;i savoir un vaisseau 
transversal, placé devant l'abside et de même hauteur que la 
nef centrale du <iuadr<ilimi^ })arait avoir été inconnu des 
arcdiitectes chrétiens d'Afri(pie. 

Les sacristies sont partout de forme rectangulaire. Nous ne 
pouvons citer que deux exceptions, qui datent probablement 
l'une et l'autre de l'époque Ijvzantine : dans la grande basi- 
lique de Tigzirt (n" 140i et à Matifou (n" 79), on voit des 
sécrétai i(i dont le fond est courbe : ce sont lii des remaniements "'. 

1. Hencliir el Azreg (n" 17): Souk el Rhmis (a" 128); Henchir Terlist (nM43). 
11 y a d'autres exemples en Tunisie. — Ce disposilif se retrouve parfois en 
Syrie et en Palestine. 

2. Exemples d'une seule sacristie débordant le bas côté voisin : Ilencliir el 
Azreg (n" 17 et 18); Henchir Bou Takreniatène (n» 38j; Henchir Sellan (n" 113 
et 114); Timedout fn» loi): Tim^ad (n» l."2); Zraïa (n" 169). —Édifices où les 
deux sacristies forment des saillies l;itéraies : Guesseria (n» 56): Henchir Res- 
dis (n" 110); Sidi Mabrouk (n° IJ.'j): Timgad (n° 133): peut-être Hammam Righa 
(n" 64). 

3. Kherbet Bou Addoufen (n» 3^: Ilencliir Meclita Si Salah (n" 85): Henchir 
Tabia (n" 129^; — peut-être aussi Henchir Sellan (n- 114) ; Taoura (n" 137) et 
Timgad (n- 153). 

4. Voir en particulier le plan fig. 123. 

0. Nous ne parlons pas ici des salles à abside (pii flanquent les grandes 
églises de Morsolt \\\° 91) et de Timgad ',\\" 152). Dans ces salles, qui n'étaient 
sans doute pas de véritables sacristies, l'abside est perpendiculaire et non 
parallèle à l'abside de l'église. 



ÉDIFICKS DU CULTE CHRÉTIEN 143 

Ces salles avaient dos portes, donnant soit snr les collaté- 
raux, soit sur l'abside, soit sur rextérieur. A Tébessa, par 
exemple (n° IS^^i, on distingue très nettement les deux baies 
qui faisaient communiquer chaque sacristie avec le bas côté 
contigu et avec le preshf/terium. Dans certaines églises, une 
seule des sacristies s'ouvre sur l'abside : il faut _v voir le dia- 
cnnicum, où l'on gardait les livres et le mobilier sacrés, et où 
les clercs se tenaient avant d'entrer dans le jjresù//(eri//ni '. 
Au contraire, la salle où les fidèles apportaient leurs offrandes 
(prof/iesis)^ n'a quelquefois d'entrée que sur le cpiadratum. 
populi'. hà pi'ol/iesis était tantôt à droite, tantôt k gauche 
de l'abside ; la même remarque s'applique naturellement au 
diaconicum. 

Le sol des sacristies est établi soit au niveau des nefs de 
l'église, soit au niveau do l'aljside : cette différonco permet, o\\ 
certains endroits, de distinguer la prolhcsis i^de [ilain-pied 
avec le quculiahun) du (liaconinim (do plain-pied avec le 
jiicsJn/fciium)'^. Los serreNirid devaient être couverts d'une 
simple toiture, inclinée dans la direction du fond '*. 

La basilique d'Honchir Terlisti n" 141-1 semble avoir présenté 
une disposition particulière : elle n'avait pas de sacristies, et 
une galerie semi-circulairo régnait peut-être autour de l'abside. 

On connaît en Algérie plusieurs cryptes, construites sous 
des absides et datant de la même époque qu'elles. Celle de 
Bénian, que précédait un vestibule, permettait raccès d'une 

1. Bénian (n» 22); Kherbet Guidra (n° 60); peut-être Sidi Embarek (n" 123). 

2. Bénian : Kherbet Guidra. A Zana (n" 164 et fi?. lo3), les deux sacristies 
antérieures étaient probablement des saUes doUïandes, les deux postérieures 
des diaconica. 

3. Bénian; Kherbet Guidra; Matifou (n» 79) ; Tigzirt (n° 146). 

4. 11 y avait cependant des voûtes darêtes au-dessus des sacristies de 
l'église du Capitole, à Constanline ^n° li). 



144 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

feiiestella co/ifessionis, ouverte sur le toml)eaii d'une raartjre; 
celle de Castiglione contenait des fonts baptismaux et était 
llanquée de deux salles souterraines : pour l'aménagement 
de CCS crvptes, voir nos descriptions détaillées n"' 22 et 39 ^ 
A Orléansville fn" 95) et à Gouéa (n" 51), il y avait sous 
l'abside un caveau funéraire, qui n'était pas, à proprement par- 
ler une crApte, puisqu'il parait avoir consisté simplement en 
un réduit, ménagé dans le soubassement d\\j)rrs//f//('riuin-. 

A Matifou (n° 79), à Orléansville (n" 95) et dans la chapelle 
de révê(iue Alexandre à Tipasa (n° 160) •', on trouve des contre- 
absides sur le petit côté du sanctuaire qui fait face ^w prp.'iby- 
Irrhiiu. Toutes les ti-ois ont été bâties après coui) : iieut-étre 
vers le début du iv° siècle à Tipasa, en 475 à Orléansville, 
prubableniout sous la domination byzantine à Matifou. Elles 
abritaient des tombes de personnages vénérés. — Nous avons 
distingué, à Zra'ia (n" 168), les traces d'une abside appliquée 
contre le bas côté de droite et renfermant aussi des sépultures. 
L'église (rHenchir Teniet el Kebch (n° 142) offre de même une 
abside latérale, dont la destination est inconnue. 

En divers lieux, une ou plusieurs salles venaient s'adosser 
aux nuu's latéraux^; ailleurs, des bâtiments s'élevaient dans 

1. Je ne parle pas ici de la salle souterraine sur laquelle s'élevait une cha- 
pelle (le Tigzirt (n" 118) ; elle appartient à un édilice plus ancien que ce sanc- 
tuaire chrétien. 

•2. On parle cependant d'un escalier conduisant au caveau de l'abside 
d'Orléansvillo. 

3. Pour ce dernier édilice, conive-abside n'est pas tout à fait le terme qui 
convient, puis(pril n'y a pas d'abside à l'extrémité du sanctuaire. Mais l'es- 
pace que nous appelons ainsi se trouve en face d'une estrade qui tenait lieu 
de preshiilcrium . 

4. Ain Tanida (n" 6) ; Bénian (n° 22) ; Djemila (n° 48) ; Kherbet el Mahrab 
(n" 78); Matifou (n» 79); Tébessa, grande basilique et chapelle voisine (n» 138); 
Timgad (n" 155); Zra'ia (n» 168); etc. Il est souvent difficile de reconnaître si 
ces bâtiments sont de la même époque que les sanctuaires. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 145 

le voisinage immédiat des églises, dont ils formaient sans doute 
des annexes'. Quelques-uns étaient des baptistères ^ ; le plus 
souvent, il est impossible de dire à quels usages ils ser- 
vaient^. 

L'autel^ était généralement en bois"' : c'est pourquoi on n'en 
trouve d'habitude d'autre trace que le cadre de pierre qui le 
portait'' ou les mortaises dans lesquelles s'enfonçaient les 
montants'. 11 recouvrait soit un coffre renfermant des reliques 8, 



1. Ilenchir Bou Takrematène (n° 37) ; Morsott (n" 91) ; Orléansville (n- 93) ; 
Taksebt (n- 132-133); Tébessa (n» 138); Tigzirt (n- 14G); Tinigad (n° 152); 
Tipasa, grande basilique et basilique de Saint e-Salsa (n" i;j7 et 139). 

2. Bénian (n° 22); Matifou (n° 79) ; Morsolt (n» 91) ; Tébessa (n» 138) ; Tigzirt 
(n° 146); Tipasa (n» 157). 

3. C'étaient des chapelles contenant des reliques (conf. à Ilippone, n» 66 a ; 
peut-être aussi la salle tréllée contre la basilique de Tébessa et la chapelle 
voisine à l'est, n° 138); — des oratoires; —des salles d'agapes (voir à Constan- 
tine, n° 44) ; — des habitations pour le clergé, etc. On peut penser aussi à des 
bibliothèques (voir pour Gonstantine, n" 44 ; pour Ilippone, Augustin, 
De /laei-esibus, chap. 88, et Possidius, Vie de saint Augustin, ch. 18 et 31). 

4. Dans aucune église, on ne constatel'existence de plusieurs tables saintes. 
Mais, naturellement, quand on construisait une chapelle auprès d'une basi- 
lique, cette chapelle pouvait abriter aussi un autel (Ilippone, n" 66 a ; Té- 
bessa, n» 138). 

5. Optât, De schismate (lon(itistarum,2,2[, infin(':&,[. Augustin, Contra 
Cresconium, 3, 47; Lettre Mi'6, 27. Conférence de Carlhar/e de 411, I. 139 
(.Migne, Patrol. lat., XI, p. 1316). — Vestiges d'autels en pierre à Henchir el 
Begueur (n" 20), à Kherba (n» 69). à Kherbet el Ousfane (n° lOi), à Sériana 
(n" 119), à Et Toual (n" 163), à Zoui(n» 167); — peut-être aussi à ChabetMeda- 
bouah (n- 40). au.x Ouled Sassi (n° 100), à Kherbet Oum el Ahdam (n» 102), 
à Tébessa (n" 138, salle tréfléel, à Henchir Tikoubaï (n° 150). 

6. Tébessa, basilique (n" 138). 

7. Morsott (n"' 91 et 92); Tébessa, chapelle voisine de la grande basilique 
(n" 138, in fine) ; Timgad (n° 152). 

8. Aïn Zirara (n" 8) ; Biar Iladdada (a» 23) ; Guelma (n° 35, in fuie) ; Sériana 
(n°» 118 et 119); Et Toual (n" 163). Voir encore Sétif (n" 122 bis) et Sidi Fer- 
ruch (n" 124). Un curieux reli(iuaire a été trouvé à Dalaa, au nord de l'Aurès, 
évidemment dans une église : Mélanç/es de l École de Rome, XVI, 1896, p. 483; 
XVIII, 1898, p. 128. — On a découvert à Aïn Fakroun, dans la région d'Aïn 
Beïda, un petit panneau en pierre, percé de baies; c'était sans doute une 
feneslella confessionis, placée dans le soubassement d'un autel, en avant du 
reliquaire : De Rossi, la Capsella arr/entea africana, p. 31; De Laurière, Bull. 

10 



146 LES MOMMENTS ANTIQUES DE L ALGÉKIE 

soit une ou plusieurs caisses funea-aires contenant des corps de 
saints'. Souvent, un f«^o?7?./w< ;i quatre colonnes le surmontait -. 
11 se dressait tantôt dans l'abside même "', tantôt entre les 
deux petits escaliers qui y conduisaient, sur une sorte de 
socle de plain-pied avec le preslnjteriioi} '', tantôt dans la nef, 
à une distance plus ou moins grande de l'abside "' : c'était cette 
dernière i)lacc qu'il occupait le jjIus fréquemment. Pour l'iso- 
ler, on barrait le fond de la nef par des clôtures, disposées 
<lans les entre-colonnements*' et en travers du vaisseau central. 



inonumenlal, C° série, V. 188'J, p. 392; Corpus, VllI, 18142 (conf. aussi à Ain 
Zirara, n° 8). — A Henchir el Bejïueur (n" 20) et à Zoui (n" 167), le loculus des 
reliques est creusé dans la table même. A Chabet Medabouah (n" 40), il paraît 
avoir été ménagé dans le pied de l'autel. 

Souvent, une inscription, indiquant la nature des reliques, était gravée soit 
sur la table même (Henchir el Begueur, peut-être aussi Klierbet Oura el 
Ahdam, n° 120), soit sur le pied (Chabet Medabouah), soit sur une pierre fai- 
sant partie du soubassement ou placée à côté de l'autel : voir Aïoun Berrich 
(n" 9), Guelma (n" 00, /n fine), Kherbet Ma el Abiod (n° 75), Mechta el Bir 
(n° Si), Mesloug (n- 88 bis), Routfach (n" 111), Sétif (n° 122 bis), Zoui (n° 167); 
conf. Corpus, VllI. 10660, 10686 = 16741. 16743 ; liée, de Const., XXVII, 1892, 
p. 322, et XXVIII, 1893. p. 352. 

1. Lambèse (n" 74); Tipasa. basilique de Sainte-Salsa, d'après le témoi- 
gnage de l'inscription sur mosaïque de la nef (n" 1.59) : Tipasa, chapelle de 
l'évêque Ale.xandre (n" 160); — probablement aussi Gouéa (n" 51) ; Henchir el 
Hammam (n° 62) ; Mrakhib Thala (n° 95) ; Orléansville (n" 95). 

2. Lambèse (n" 7 4) : Kherbet el Ousfane (n° 104); Sériana (n° 118), Tigzirt 
(n" 146) ; Et Toual (n° 163) ; — peut-être aussi Guesseria (n" 56) ; Mechta el Bir 
(n" 84) ; Orléansville (n" 95); Tipasa, Sainte-Salsa (n° 159). On a trouvé également 
des restes de ciboria dans les chapelles d'El Ksour {n° 72) et d'Aguemmoun 
Oubekkar (n" 3). — 11 n'est pas certain que des débris d'arcades, découverts à 
Sillègue (n" 126), aient appartenu à un ciborium. 

3. Lambèse (n" 74); Matifou (n" 79) ; Sériana (n" 119); grande basilique de 
Tigzirt, aune basse époque (n" 146); — probablement aussi Sidi Mabrouk 
(n" 125) et Orléansville (n" 95). 

4. Bénian (n° 22) : Tigzirt, à la première époque (n° 1 16) ; Castiglione (n" 39). 
Mais l'emplacement que nous assignons à l'autel dans ces trois églises n'est 
pas certain. 

5. Morsott (n'~ 91 et 92); Kherbet el Ousfane (n- 104); Sériana (n" 118); 
Tébessa, grande basilique et chapelle voisine (n" 138) ; Timgad (n° 152). 

6. Dans la grande basilique de Timgad (n" 132), l'espace limité par les clô- 
tures est moins large que la nef. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 147 

Cet espace rservé était parfois un peu exhaussé'. Dans les 
pages qui suivent, nous rappellerons le chœur, dénomination 
({ui se rencontre dans des textes non africains à une époque 
plus récente et dont nous n'affirmons nullement l'exactitude 
pour la période que nous étudions. Les clôtures étaient quel- 
quefois des grilles en bois ou en métal ' ; parfois même elles 
consistaient en des murettes, sans doute assez basses 3. Mais 
d'ordinaire elles étaient constituées par des dalles, ajourées '' 
ou pleines, dressées de champ : pour maintenir ces pierres, 
on les emboîtait soit dans des encastrements ménagés le h3ng 
des supports qui séparaient la nef des bas côtés, soit dans de 
petits piliers à feuillures"', surmontés d'amortissements on 
forme de pomme do pin*'. 

Dans plusieurs églises", on trouve aussi dos barrières entre 
la nef et les bas côtés, même en dehors du chœur. A Kherbot 

1. Djemila (n° 48) ; Sériana (n" 118] ; chapelle voisine de la basilique de 
Tébessa (n- 138). 

2. Announa (n" ir : Bénian (n" 22); Périgotville (n" lO'l) ; Rherbet Selmi 
(n° 116); Sériana [n" US, ; chapelle voisine de la basili(iue do Tébessa (n° 138; ; 
Timgad (n" 132). 

3. Djemila (n- 48): Kherbet Guidra (n" 60); Henchir Selfan (n°' 113 et 114) ; 
Sériana (n" 118). 

4. Sériana (n" 119) : ïipasa. Sainte-Salsa (n" 130). Voir encore Covjnis, Vlll, 
n" 4321 (Fesdis, prés de Batna): Revue africaine, XIX, IS"'), p. 42.3, n" 27 et 
fig. 12 de la planche II (Alger). — A Morsott (n" 92), il y avait des cancels 
ajourés en plâtre. 

5. Ain Zirara fn" 8 : Heuchii' .\ourir (n' 13) ; Henchir el Atech (n° 13) ; )Hen- 
chir el Azreg (n- 17); Henchir el Beïda (n''2l) ; Rherbet Bou Addoufen (n»* 33, 
34, 3o) ; Henchir Bou Takrematène (n»= 37 et 38) ; Rherbet Fraïm (n- 49) ; Hen- 
chir Guesseria (n" oG; ; Henchir el Guesseria (n° 57) : Henchir Guessès (n" 38); 
Rherbet el Rébira (n" 07) ; Rherbet el Mahrab (n» 78) ; Henchir .Mechta Si Salah 
(n° 83) : Henchir Milen (n° 90) ; Henchir Resdis (n-llO); Rherbet Tamarit 
(n°133): Tébessa [n''138):Téniet el Rebch ',n" 142 et 113) ; Henchir Tikoubaï 
(n» 130). 

6. On appelait ces piliers lievmulae : voir Holtzinger, Kunsl-liistorische Stii- 
clien, p. 44. — A Tébessa (n» 138), ils sont surmontés de moulures semblables 
à celles que l'on voit sur les bases attiques. 

7. Sériana {n- 118) ; Tébessa (n" 138) ; Tipasa (n- 137); Zana (n° 161). 



148 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

Guiilra (11° 60), un mur coupe toute la basilique, entre la 
façade et le chœur ; il est percé de trois portes correspondant 
aux trois vaisseaux ; un petit porche précède la baie du milieu ^ 
Les fidèles, qui restaient debout (du moins au iv' siècle) -, 
étaient séparés suivant leur sexe-'. Mais rien n'indique que les 
liommes se soient tenus dans le bas côté droit et les femmes 
dans le bas côté gauche ; en tout cas, il n'y a aucune diffé- 
rence dans la structure de ces collatéraux, qui sont presque 
partout de largeur égale, comme nous l'avons déjà dit*. Une 
inscription, découverte à Henchir Ain Sfar, prèsdeKhenchela'', 
mentionne le cancellus lirginum^ c'est-à-dire la grille qui iso- 
lait l'espace assigné aux vierges. Les tribunes ont pu être 
réservées soit aux femmes, soit à des moines ou à des reli- 
gieuses. Dans le prcsbijterium, les clercs s'asseyaient sur des 
bancs, disposés le long du mur : comme ces sièges étaient 
d'ordinaire en bois, ils ont disparu. On voit, dans l'abside de 
l'église d'Announa (n" 11)*^, plusieurs degrés en pierre dont le 
dernier a certainement servi de l)anc ; au nnlieu se trouve la 
place de la chaire épiscopale. Des vestiges du soubassement 
de la chaire se distinguaient aussi à Tébessa, dans le fond de 
l'abside (n" 138) ". 

i. Un mur transversal se voit aussi dans la petite église de Kherbet Fraïm 
(n" oO). 

2. Optât, Dp schismate donalislamm, 4, 5. Augustin. De calrchizandis ru- 
iHhiis, 13 (19); Sei'mon 335,2. Couf. Holtzinger, Die alkhristliclie Arcliiteldiir, 
p. 177-8. 

3. Augustin, De civitale Dei, 2, 28 : « Populi cDiifluiint ad ecclesiam casta 
celebvilale, honesla iilriusque seuus discrelione. » 

4. P;ige 120. 

0. Corpus, VIII, 17801. 

6. Conf. à Taniagra (n" 134). 

7. Dans la lampe de bronze d'Orléansville, qui représente un sanctuaire 
chrétien, une chaire surmontée d'une croix se dresse au fond de Fabside 
(Hohault de Fleury, la .l/MA-e, il, pi. CL!II.) 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 149 

A Matifou (n" 79), il existe, vers le milieu de la nef, un 
massif de maçonnerie qu'on pourrait regarder comme un débris 
d'une estrade pour les lecteurs [amhon) . Mais la chose est fort 
incertaine : ces ambons devaient être généralement en bois. 

Des tables d'agapes ont été découvertes dans la chapelle 
d'Alexandre à Tipasa (n" 160), dans une salle voisine de la 
basilique de Sainte-Salsa, au même lieu (n° 159), dans la basi- 
lique de Matifou (n" 79) ' . L'usage des repas dans les sanc- 
tuaires chrétiens ayant été condamné par l'Église ', les deux 
tables de Tipasa changèrent de destination : on y enseveht des 
morts. Quant à celle de Matifou, elle semble avoir appartenu 
à une église primitive ; lorsqu'on éleva la basilique qui a été 
retrouvée récemment, on cacha cette table sous la mosaïque de 

la nouvelle nef. 

Quelques sanctuaires de l'Algérie sont entourés d'enceintes 
défensives, construites à une basse époque : ce sont la basi- 
lique de Tébcssa (n" 138), celle d'Henchir el Begueur [w" 20) 
et la chapelle d'El Ksour, près de Tébessa (n" 72). L'enceinte 
qui enveloppe l'éghse de Bénian (n" 22) est peut-être anté- 
rieure à cet édifice. 

En résumé, voici les principaux caractères architecturaux 
que nous avons constatés dans l'étude des églises à plusieurs 
nefs de l'Algérie : 

1" Usage assez répandu des piliers comme supports entre 

les nefs ; 

2° Absence de bandeaux horizontaux au-dessus des colonnes ; 
3° Rareté des tribunes ; 

1. On a recueilli des restes d'un grand nombre de calices en verre dans une 
sacristie de l'église principale de Morsott (n" 91). 

2. Depuis la lin du iv siècle. 



150 LES MOM.MENTS ANTIQUES DE l'aLCÉIUE 

4" Absence de transept ; 

5° Portes latérales; 

0" Lunettes au-dessus des linteaux de porte; 

7" Rareté de l'atrium; 

8° Existence fréquente d'un vestibule fermé, en avant do 
l'édifice; 

9" En quelques lieux, preshf/terium rectangulaire, occupant 
toute la largeur de l'église, au fond; 

10" Espace de forme carrée, remplaçant assez souvoni 
l'abside semi-circulaire, en arrière de la nef; 

11" Fréquence des absides enfermées dans des cadres rec- 
i angulaires ; 

12° Dans la plupart des églises, existence de deux sacristies 
carrées, flanquant l'abside ; 

13" Quelques exemples de contre-absides funéraires; 

14" Deux exemples de cryptes; 

17)" Espace réservé, au fond de la nof, limité par des clô- 
tures et isolant l'autel. 

11 y a nue conclusion importante à tirer de cette énuméra- 
tion. C'est que, malgré les nombreuses attaches de l'Église 
d'Afriipie avec Rome, les édifices religieux do ce pays n'ont 
pas été cojjiés sur ceux de la capitale du monde latin, où l'on 
trouve des transepts et, plus fréquemment encore, des atria. 
où les absides ne sont pas enfermées dans des cadres, où les 
sacristies llanquant l'abside sont l'exception, de même que les 
vestibules clos par des nuu's. Les monuments chrétiens de 
l'Afrique du Nord ressemblent beaucoup jibis à ceux de la 
Syrie et de l'Egypte qu'à ceux de Rome'. 

1. Conf.. à ce sujet, SchuUze, Arrhù'ologie cler allchrisl/ichen haitsl. p. 3i> 
u8-9, n. 2. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 151 



EDIFICES A UNE SEULE NEF 

Comme il est naturel, les édifices à une seule nef sont, en 
général, des chapelles de dimensions restreintes [memonac) '. 
Ils ont la forme d'un rectangle-, se terminant sur un des petits 
côtés par une abside arrondie, dont le diamètre est égal^, ou, 
plus rarement, inférieur à la largeur du monument^. Le plus 
souvent, ils devaient être couverts simplement on charpente et 
en tuiles. Cependant, nous avons à Tipasa l'ii" 161) un exemple 
certain d'une voûte appareillée, surmontant une chapelle de ce 
type. Ailleurs, on trouve des colonnes ou des demi-colonnes 
appliquées le long des murs\ Elles étaient peut-être destinées 
à recevoir les bouts des entraits du toit'^ ; ou pourrait supposer 
aussi qu'elles portaient soit des arcatures, accolées aux parois 
et duuldant leur épaisseur, afin d'offrir une résistance plus 



1. Cependant les sanctuaires de Hir ben Zireg (n' 27), d El Ksour (n" 72) et 
dUenchir Tabia (n° 130) sont assez grands. 

2. 11 est fort possible qu'il y ait eu des memoriae àe forme parfaitement rec- 
tangulaire, sans abside; mais nous n'en avons aucun exemple certain (voir 
cependant à .Méchira. n" 81). 

.3. Bir ben Zireg (n° 27) : Bir el llenchir(n° 30);IIenchir Bon Ghadaine (n-seï: 
Chémorra ;n" 41); Ilenchir Guesseria (n° :i6. in fine): El Ksour (n" 72): Henchir 
Saatoud (n» 112) : Sidi Ferruch (n- 124) : HencUir Tabia (n- 1301. Conf. la salle 
à gauche de l'abside, dans la grande basilique de Timgad (n" 152). 

4. Announa (n° 12) : Méchira (n"' 82 et 83) ; Tipasa (n° 161). La forme du 
sanctuaire est alors celle de certains édifices païens : par exemple, des cha- 
pelles voisines du temple d'Esculape, à Lainbèse (t. I. p. 141, fig. 41), des 
sc/iofae du camp de la troisième légion (iôif/., p. 82, fig. 24), du bâtiment <à 
abside situé au nord-ouest du marché de Timgad (/6/V/., p. 207, fig. 06); ce 
dernier monument est du reste de l'époque du Bas Empire. 

0. Colonnes à Ilenchir Saatoud {w" 112); probablement aussi ù Méchira 
(n» 83) et à Henchir Tabia (n" 130). Demi-colonnes à Bir el .\biod (n- 29) ; pro- 
Jîablement à Bir ben Zireg (n" 27) et à Bir el Henchir (n" 30). 

6. Dans ce cas, la salle aurait été assez basse. 



152 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

grande à la poussée d'une voûte, soit des arcs, jetés transver- 
salement au-dessus do la salle et servant de nervures à un 
berceau en l)locage. La porte ne s'ouvre pas toujours sur la 
façade; il y a plusieurs exemples d'entrées latérales ^ Des 
vestiges d'une clôture de chœur se distinguent à Bir hen Zireg 
(n° 27) et à Henchir Bon Gliadaine (n" 36). 



CHAPELLES EN FORME DE TREFLE 

On connaît en Algérie quelques chapelles tréflées, qui res- 
semblent aux cellae trichovae du cimetière de Saint-Calliste à 
Rome. Celle de Tébessa était une annexe de la grande basi- 
lique ; celle de Kherbet Bon Addoufen paraît être devenue plus 
tard l'abside d'une égHse ; celle d'Aguemmoun Oubekkar, 
memoria in agris, contenait sans doute le tombeau d'un saint : 
voiries descriptions détaillées aux n"' 138, 35 et 3-. Dans ces 
édifices, une voûte d'arêtes surmontait le carré central, les trois 
absides étaient coiffées de voûtes en cul de four. 



BAPTISTERES 

La di^fposition des locaux où Ton administrait le baptême est 
très variable. Dans Téghsc d'Orléansville (n° 95), l'espace 
réservé aux fonts se trouvait peut-être dans la nef, immédiate- 

1. Annnuna (n- 12) : Ilenchir Giiesseria (n" 56, in fine). 

2. Voir peut-être aussi Oued Fendek (n° 96 bis). — Conf. une salle en forme 
de trèfle dans les thermes d'Amoura (tome I, p. 229, n° 2). Nous ignorons la 
destination de deux bâtiments trétlés des environs de Tébessa (à Tébessa Rha- 
iia : t. I, p. 110 : — à Ilenchir Refana : liée, de Consf., X, 1866, p. 224). 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 153 

ment en arrière du mur de façade, à l'endroit où Ton éleva 
plus tard une conti^e-abside, abritant le corps de TévêqueRepa- 
ratus. A Castiglione (n" 39), les fonts sont dans une crypte, 
au-dessous de l'abside. A Gouéa (n" 51), ils occupent le milieu 
d'une des deux salles qui flanquent l'abside et qui, dans les 
autres sanctuaires, sont généralement de simples sacristies. 
Mais, d'ordinaire, le baptistère est un bâtiment à part, situé 
dans le voisinage immédiat de l'église. A Tébessa (n° 138), 
c'est une salle rectangulaire, précédée d'un large couloir; à 
Tipasa (n° 157), une pièce carrée entourée de diverses chambres 
et de thermes, avec un vestibule d'accès. Le baptistère est 
également rectangulaire à Matifou (n° 19) et à Morsott (n** 91)^ 
où il a des dimensions fort exiguës. Celui de Tigzirt (n" 146) 
resseml)le à un quatre-feuilles '. Quant aux fonts, ils consistent 
en une piscine ronde - ou quadrangulaire^, entourée de degrés. 
Dans la crypte de Castiglione, le bassin, de forme arrondie, est 
flanqué de quatre branches, deux carrées et deux recourbées''. 
A Gouéa, la piscine circulaire est précédée d'un petit 
escaiïer, où se tenait l'officiant, et flanquée de deux sortes 
d'échancrures, par lesquelles les néophytes pouvaient descendra 
et remonter ^\ Ces fonts étaient parfois abrités sous un talter- 
nacle, que portaient quatre colonnes 6. 

1. La salle tréflée qui flanque à droite la basilique de Tébessa était peut- 
être primitivement un baptistère. 

2. Aïn Zirara (n° 8); Megsmeïa (n° 87): Sidi Ferruch (n" 124), où il y a trois 
marches isolées: Sillègue (n" ISC; ; Tébessa (n» 138); Tigzirt (n° 146); Tipasa 
(n» 157). 

3. Matifou (n-^g); Morsott (n» 91). 

4. Gonf. à Sétif (n" 121). où il n'y avait, semble-t-il, que trois branches. 

5. Descensio et ascensio fontis ; conf. les vers du grammairien africain Cal- 
vulus : De Rossi, Inscriptiones chrislianae uvbis Romae, II, p. 240. — Les trois 
marches du baptistère de Sidi Ferruch (note 2) avaient évidemment la même 
destination. 

6. Aïn Zirara (n° 8) : Sillègue (n» 126) ; Tigzirt (n° 146). 



1d4 les monuments antiques de L ALGÉRIE 

Des salles voisines de quelques baptistères ont pu être des 
consignai oi'ia^ lieux où les nouveaux chrétiens étaient con- 
firmés ' . 



AUTRES EDIFICES 

A partir de la fin du iv" siècle, la vie monastique se déve- 
loppa beaucoup dans les provinces africaines. Divers textes 
anciens mentionnent des monastcria en Numidie^, mais ils ne 
nous donnent pas d'indications sur leur architecture. Il est 
possible du reste qu'un certain nombre de ces couvents aient 
été à l'origine de simples maisons, que l'on aménageait en vue 
de leur destination nouvelle: une salle y servait d'oratoire'^. A 
Tébessa, la Ijasilique devint probablement le noyau d'un monas- 
tère : dans la description de cet édifice (n" 438), nous avons 
indiqué les remaniements qui peuvent se rapporter à cette 
transformation (bâtiments de la troisième époque) ^ 

V\\ texte de saint Augustin ^ mentionne un hospice (.r^'/iOf/o- 
<}niini), qu'un prêtre fit construire de son temps à Hippo 
Regius. Dans la ville voisine de Calama, on restaura, vers la 
même époque, un bâtiment <' ad pcregrinaridn JiospitdUla- 



1. MorsoU (n" 91), salle à abside: Tipasa (n° 157), salle à abside; Tigzirl 
'n' IIG). 

2. A Ilippone et dans le voisinage: saint Augustin, Sermon 3o"J, 1; 356, 10 
et 15 ; Leilre 211 : Possidius, Vie de saint Aur/t/stin, 5 et 31. A Thagaste : Aiigus- 
lin, Lettre 83; ]'ie de sainte Melanie la Jeune, 22 {Analecla Bollandiann. VIII, 
1889, p. 3o). 

3. Augustin, Lettre 211, 7. 

•i. Il y avait peut-être aussi des monastères à Ilencliir Bon Takreniatène 
(n" 38) et à Timgad (n" 150). 
5. Sermo?i 35(i. Kl. 



ÉDIFICES DU CLLTE CHRÉTIEN 155 

fe)}i^ », mais le curateur de la commuue présida à ce travail : 
il s'agissait donc d'une entreprise laïque, et non religieuse. 

Nous n'avons pas à parler ici de la décoration de l'époque 
chrétienne. Elle mérite une étude spéciale, avec de nombreuses 
illustrations. Outre les chapiteaux, dont les types sont assez 
variés, elle a produit des œuvres intéressantes dans ces sculp- 
tures à relief plat, qui couvrent des linteaux et des cintres de 
portes, des pilastres, des clôtures de chœur, dos pieds et des 
tables d'autel, des arcs de cihorium, de tabernacle, d'abside, 
des bases de colonne, des coussinets-impostes, des consoles. 

Un grand nombre de sanctuaires sont pavés ^o mosaïques-. 
On trouve des sujets figurés  Cherchel, à Djemila, à Henchir 
Guesseria, à Kherbet Guidra, à Matifoii, i» Orléansville, à 
Sidi Embarek, à Sidi Ferruch, à ïébessa (salle tréllée), à Tig- 
zirt, à Tipasa (annexes de la grande basilique et chapelle do 
l'évêque Alexandre). Si la plupait do ces images n'ont pas un 
caractère chrétien nettement marqué, la signiHcation rehgieuse 
de certaines autres ne saui-ait être mise en doute •'. Des ins- 
criptions connnémoratives sont parfois tracées sur les pave- 



1. Corpus, VIII, 5341. 

2. C'était surtout fabsitle qu'on aimait à orner de mosa'iques. En certains 
lieux, le pavement en mosaïque s'étend sur la nef tout entière, quelquefois 
sur tout le sol de l'église Voir à ce sujet Ain Zirara (n- 8): Bénian (n» 22) 
Cherchel (n° 42) ; Constanline (n° 43) ; Djemila (n° 48) ; Henchir Guesseria (n" 56) 
Kherbet Guidra (n»60); Kherba (n»70): Malifou (n° 79): Morsott (n° 91) 
Orléansville (n" 9.".); Sériana(n» 119): Sétif (n- 122;: Sidi Ferruch (n- 12'*): Sidi 
Mabrouk (n» 12:j): Taksebt m» 132): Tébessa (n- 138): Téncs (n° 141); Tigzirt 
(n» 156) ; Timgad (n° 152) ; Tipasa (n»* 157, 159, KÎO). — Ailleurs, le sol est sim- 
plement en terre battue, ou recouvert d'une couche de béton. Parfois cepen- 
dant, il y a un pavement en briques ou un dallage, surtout dans le chœur et 
dans l'abside. 

3. Colombe tenant dans son bec un rameau d'olivier, à Djemila; Agnus Dei 
et Bon Pasteur, à Matifou: sacrifice d'Abraham, à Tig/.irt. 



156 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

ments ' ; quelques-unes - nous apprennent que les sommes né- 
cessaires pour la confection des mosaïques étaient fournies par 
ilivers fidèles. Tantôt ils s'entendaient pour faire achever 
l'ouvrage on une fois"^; tantôt le travail était exécuté au fur 
et à mesure que les donations permettaient de l'entreprendre, 
et les divers panneaux qui venaient s'ajouter les uns aux 
autres se raccordaient tant bien que maH. 

A Tigzirt (n" 146) et à Tébessa (n" 138) '', des mosaïques 
en cubes de verre tapissaient soit des parois verticales, soit des 
culs de four d'absides. On n'en a retrouvé que de misérables 
débris, jonchant le sol. Les absides des deux basiliques de 
Morsott (n"' 91 et 92) étaient revêtues de plâtres sculptés. 

On a constaté à Périgotville (n° 105) des restes de peintures 
sur les murs des bas côtés ^\ A Tébessa, il }' avait des placages 
de mar])re". Dans beaucoup d'autres églises, les parois étaient 
simplement badigeonnées à la chaux. 

1. Djemila (n» 48J ; Henchir Guesseria (n» 56) : Kherbet Guidra (n° 60) : Kherba 
(n°~0); Matifou (n" 79): Orléansville (n° 9.j) ; Sériana (ri- 119); Sétif (n° 122); 
Sidi Ferruch (n° 124): Tigzirt (n" 146): Tipasa (n°* 157, 159 et 160). 

2. Djemila; Henchir Guesseria; Kherbet Guidra; Sériana; Sétif; Tigzirt. 

3. A Djemila. Conf. peut-être à Henchir Zerdan (n° 166) : « omnes absida 
straverunt » ; mais ii n'est pas sûr qu'il s'agisse d'une mosaïque. 

4. A Tigzirt. Conf. Muntz. Éludes iconograpkiques el archéoloc/iques, p.l seq. 

5. Dans la salle tréflée. 

6. Saint Augustin {Sermon 316) parle d'une peinture, sans doute murale, 
représentant la lapidation de saint Etienne. Mais on ne sait pas en quel endroit 
se trouvait cette peinture : rien ne prouve que le sermon ait été prononcé dans 
la chapelle de saint Etienne à Ilippone. — Des peintures religieuses sont men- 
tionnées dans plusieurs autres passages de saint Augustin : De consensu 
Emnrjelis/arinn, 1,10 (le Christ et ses apôtres); Conlra Faustum, 22,73 (le sa- 
crifice d'Abraliam «tôt locis pictum ») ; De moritjus ecclesiae cal/iolicae, 1, 34 
(condamnation du culte exagéré de certains chrétiens pour des peintures). 

7. Dans la salle tréflée et peut-être aussi dans l'église. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 157 



DESCRIPTION DES SANCTUAIRES CHRETIENS DE L ALGERIE 

i° Henchir Abdallah^. — Inscription qui était certainement 
placée à l'entrée d'un sanctuaire' et où on lit ces mots, après le 
début du Cantique des Anges 2 : « Hacc domus Dei est. » 

2° Henchir Adjedj (région de Tébessa). — Il est impossible 
d'indiquer la disposition de l'édifice, qui semble avoir disparu. 
De Bosredon'^ a copié dans cette ruine, «sur quatre pierres 
u taillées en cintre, les fragments d'une inscription qui devait 
« surmonter la porte d'une église ». De Rossi^ v a reconnu une 
reproduction exacte d'une dédicace placée dans l'abside de la 
basilique constantinienne de Saint-Pierre, à Rome '. L'inscrip- 
tion d'Hcnchir Adjedj doit, par conséquent, se restituer 
ainsi'' : 

« histit[iae sedes, i\idei dom[us, aida pudoris], 

« \Haec est, quam cernit pietas], quam [pos]sidet om[nis], 

« Qnae Pat[ns et Filii v]irtut'ibus i[nclyta gaiidet], 

« [Auctoremque siiiun genï\tovis [la\udil)us [a)e[quat]. » 

On peut se demander si elle figurait vraiment sur une 
arcade de porte, ou si elle n'ornait pas plutôt la tète d'une 
abside : la place qu'occupait rinscription originale, à Rome, 
pourrait être invoquée en faveur de cette seconde hypothèse. 

3" Acjnemmoun Oubekkar (Kabylie). —Ruines d'une cha- 

1. Il s'agit probablement de Bir Abdallah, à 20 kilomètres au sud-est d'Ain 

Beïda. 

•2. Corpus, VIII, 16120 (et sans doute aussi 10642). 

3. Rec. de ConsL, XIX, 1818, p. 31. 

4. Bull, di archeologia crisUana, 1819, p. 163-4. 

o. De Rossi, Inscrlptlones christianae urbis Roinae, H, p. 21, 41. 
6. Corpus, VIII, 10698. 



lo8 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 



pelle', au point culininaiU (1*1111 mamelon (plan, firj . 113; vue, 
})lanche LXXXIII). Le monument est établi sur une terrasse, 
bordée au nord, à l'est et à l'ouest par des lignes de blocs non 
taillés. Il est envahi parla végétation et ne s'élève pas actuel- 
lement à plus de 2™, 50. La construction est en blocage, avec un 
revêtement en petit appareil, de facture médiocre ; les angles 
des absides sont en pierres de taille. 

Cette cliapello comprend : 1° un espace rectangulaire, de 




Fio. 113. — Chapelle d'Agucmmoun Oubekkar. 

G'",50 de long sur 5"\G0 de large, qui devait être couvert d'une 
voûte d'arêtes ; 2" trois absides appliquées contre les côtés 
nord, ouest et est de cet espace. Elles étaient enfermées dans 
des cadres et certainement voûtées en cul de four. Il n'}' avait 
pas, autant qu'il scnil)le, d'abside au sud, c(Mé de l'entrée ; le 

1. Hanoteau, Wevue africaine, V, 1801, p. 178-180. De Vigneral, Ruines 
romaines de la Kabylie du Djurdjura, p. 89 et pi. XIV, fig. 1 (il voit à tort dans 
les ruines d'Aguemmoiin un forlin, à l'intérieur et aux dépens duquel on aurait 
Jjùli plus tard une sépulture de famille). 




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ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN ib9 

front de la chapelle était probablement constitué par un mur 
droit. 

Vers le centre, on a trouvé quatre colonnes, disposées en 
carré, et, au-dessous de l'emplacement qu'elles limitaient, un 
carrelage recouvrant une sépulture. Colonnes et tombeau sont 
invisibles aujourd'hui'. Il est vraisemblable qu'on ce lieu un 
ciboriiim était dressé au-dessus d'un autel, établi sur la tombe 
d'un saint. L'autel avait disparu : il était peut-être en bois. 

A l'est de la chapelle, on distingue des vestiges de diverses 
constructions, en particulier d'un caveau (?) et d'un petit ré- 
servoir. Sur l'étroit plateau qui s'étend au sud, quelques pierres 
de taille, dont deux ou trois sont encore en place, ont peut-être 
appartenu à des bâtiments peu importants, dépendant de l'édi- 
fice funéraire. 

4" Ain Ghorab (région de Tébessa). — Masqueray'^ et De 
Bosredon ^ y ont \\\ des claveaux, sur lesquels sont gravées 
des inscriptions se rapportant à la dédicace d'une église. En 
l'absence de renseignements précis, nous ne saurions dire si 
ces pierres faisaient partie de plusieurs arcades, qui auraient 
surmonté soit des portes, soit deux colonnades intérieures, ou 
bien d'un seul grand arceau, jeté à l'entrée d'une abside ^. Les 
inscriptions, habilement reconstituées par De Rossi^, prouvent 

1. Je les ai indiqués sur le plan d'après Yigneral. 

2. Revue africaine, XXII, 1818, p. 465-6. 

3. Rec. de Consl., XVlli, 1876-7, p. 378-380. 

4. La dernière hypothèse est peut-être plus vraisemblable. Dans le n° 10708 
du Coi-pus, un claveau otlre, à gauche, la fln d"un tercet, et, à droite, le com- 
mencement de Irois lignes se rapportant à un autre développement. Ces deux 
parties sont séparées par des croix. 11 semble que, si les inscriptions avaient 
été gravées sur plusieurs arcades, on aurait eu soin de les répartir de telle 
sorte que chacune d'elles occupât une arcade entière. 

.5. Corpus, YIll, 10707 = 17015, 10708, 10709. De Rossi, Bull, di archeologia 
crisliana, 1878, p. 7-20. 



160 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

que le sanctuaireavait été mis sous la protection de saint Pierre 
et de saint Paul (dont il contenait sans doute des reliques) et 
qu'il fut relevé par les soins du prêtre ProKantius. Pour déter- 
miner la date de cette restauration, il faut remarquer, avec 
De Rossi, que l'auteur de la dédicace a évidemment copié une 
inscription métrique, placée dans la basili({ue de Saint-Pierre 
aux Liens de Rome, sous le pontificat de Sixte III (432-440) •. 
Quant à l'église, elle n'est plus distincte aujourd'hui. 

On a également trouvé à Ain Ghorab une pierre, probable- 
ment un linteau, portant la dédicace d'une chapelle [domiis 
Dei), qui contenait des reliques du martyr Emeritus-. Elle 
gisait au milieu des ruines d'une construction carrée, de 
20 mètres environ de côté, faite en pierres de grand appareil, 
contre laquelle ont été recueillis des claveaux provenant de 
l'église. Il n'est pas prouvé que cette construction représente 
la chapelle d'Emeritus : c'est sans doute un fortin, bâti avec 
des matériaux très divers. 

.")" Aïn Segveur (région de Tébessa). — ]Mas(pieray'' y a dé- 
couvert une pierre, qui faisait partie de la dédicace d'une cha- 
pelle consacrée à un saint*. Mais cet archéologue s'est peut- 
être trompé en identifiant le sanctuaire avec le petit édifice 
carré dans les l'uines duquel la pierre se trouvait, édifice qui 
paraît avoir été plutôt un fortin de très basse époques 

6° Aïn Tamda (région d'Aumale). — Église", très ruinée et 

1. De Rossi, Inacripliones clivislianae tirbis Romae, II, p. 48, 110. 
'2. Corpus, Vlll, ■2220 (p. 'J48) = 17(il4. De Uossi, la Capsella avfjenleu afri- 
cana, p. 17. 

3. hevue africaine, XXII, 1878, p. 467-8. 

4. Corpus, Vlll, 10701 ■:= 17(il7. Uull. di arc/ieulof/ia crisliana, 1878, pi. III. 

5. Gomme le dit De lîosredon, Rec. de ConsL, XVlll, 187G-7, p. 380. 

6. Choisnet (/j'mZ/. de coiTespondanee africaine, II, 1884, p. 73) prend à tort 
cette église pour une ferme fortifiée. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 161 

non fouillée. Longueur 25*", 06 (sans Tabside), largeur 14™, 50. 
Orientation nord-nord-est. Sur tout le front, régnait un por- 
tique, profond de 3", 80, bordé en avant par des piliers carrés, 
(pie coiffaient des coussinets en forme de pyramide tronquée 
renversée. A rintérieur, la nef était séparée des bas côtés par 
deux colonnades. Les bases, très barbares, ont un socle élevé, 
surmonté seulement d'un bandeau en talus. L'abside, profonde 
de 6 mètres, est entièrement dégagée au dehors ; l'ouverture, 
rétrécie par deux petits murs transversaux, était flanquée de 
deux demi-colonnes, à chapiteaux ioniques de facture gros- 
sière. A gauche, le long du porche, comme le long de l'église, 
on voit les restes de plusieurs salles. 

7" Ain Ti/rli {région de Sétif). — Pierre, qui était probable- 
ment placée au-dessus de Tentrée d'une chapelle. Elle porte 
l'inscription' : « In nomine [Christi], Do[mini et Sai]vatoris 
« n{osM), [{u]s^/( />.... (lomus orationis fa\cta est. Hic?] cele- 
« bi'aturdo)nn[us ?) A..., natali idibus oct[ohrihyiis)\ . Féliciter! » 

8" Aïn Z//"ftm (région d'AïnBeïda). — Eglise*, fouillée par- 
tiellement en 1884. Depuis cette époque, les morceaux 
d'architecture les plus intéressants ont été transportés au pres- 
bytère d'Ain Beida. Le monument est de forme rectangulaire 
et de petites dimensions (les mesures exactes n'ont pas été 
indiquées). La porte d'entrée a 2'", 50 de largeur: une porte 
latérale, 0°',80. L'intérieur offrait deux colonnades, avec 
des chapit<?aux d'un ordre corinthien très dégénéré, faits 

1. Corpus. VIIT, 8i29 et p. 970. J'ai modifié certaines restitutions. 

2. Housset, Bull: de correspondance africaine, II, 1884, p. 314-5. Poulie, 
liée, de Coml., XXV, 1888-9, p. 410-412. De Rossi, la Capsella arqenlea nfricana 
ofjerla al S. P. Leone XIH dalVEnri" sig. card. Lavigerie, arcivescovo di Carta- 
(jine (Rome. 1889, f", .3.] pages); une traduction française de ce mémoire a été 
publiée par De Laurière, Bulletin Monumenlal. 6° série, tome V, 1889, p. 313- 
397. Conf. De Rossi, Bull, di archeologia crisliana, ISS7, p. 118-129. 

Il 



162 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

exprès pour l'édifice; ils sont de dinieusions variables (0'",52, 
O^jiô, 0'",39) : ce qui paraît indiquer que les fûts, de hauteurs 
inégales, ont été pris ailleurs. Sur ces chapiteaux sont sculptés 
soit un vase d'où sort un rameau de vigne, soit un palmier, soit 
un monogramme constantinien, avec une R latine et W et Vm. 
On a également retrouvé un coussinet en forme de tronc de 
pyramide renversé, qui devait être placé sur un de ces chapi- 
teaux : il présente une croix monogrammatique, avec l'R 
latine et l'a et Tw. Le chœur était entouré d'une clôture, 
formée par des dalles dressées qui s'emboitaiemt dans de petits 
piliers. Plusieurs de ces piliers ont été recueillis; hauts de 
4 '",58, ils portent, sur une ou deux de leurs faces, des orne- 
ments, des figures, des symboles chrétiens : rosaces, palmettes, 
coquilles, paons, centaure, cep de vigne sortant d'un calice. 
Au fond, il }• avait une abside. Le sol de l'église était décoré 
d'une mosaïque, dont on n'a trouvé que quelques débris. 

Vers le milieu de la ruine, gisaient onze morceaux d'une 
plaque en pierre, qui portait une inscription, restituée par De 
Rossi de la manière suivante' : <( Hic [donius Dei..., hic e]sf 
« cx[audilio precion {?). Ilic metxoriae Pe]fri, Pa[i(Ii],. .. 
(( Laur[entii, ... HipjJo]Iiti, Me.... \Dedicalio ec]cl{esia€) 
« s[anclae... oct ou n\ob[res ou embres). [Setnper Dc]o /ans et 
(( g[lofia!\ ». 

Ce savant pense ({ue la plaque était encastrée dans le mur 
de façade, soit à l'extérieur, soit à l'intérieur, au-dessus delà 
porte principale. 

Dans la partie nord-est de l'édifice (soit dans l'abside, soit 
plutôt dans le chœur-), on a rencontré, à l'",50 au-dessous du 

1. Conf. Corpus, VIII, 11746. 

2. On ii"a pas pris soia de préciser lemplaccment. 



ÉDIFICES DU CULTE CIIRÉTIEX 103 

sol, une pierre rectangulaire, de 0'",3S de long. 0°',32 de 
large, 0'",20 de hauteur, creusée d'une cavité ovale. Cette 
cuve contenait une cassette d'argent, également ovale, qui a 
évidemment servi de reliquaire : un saint et plusieurs autres 
images y sont représentés sur le couvercle et sur le pourtour. 
« L'orifice de la cavité et presque toute la surface de la 
<( pierre étaient recouverts par une dalle de peu d'épaisseur. 
(( Au-dessus, était construit, selon les dimensions de la pierre 
« rectangulaire, comme un tombeau, dont les quatre faces 
<' étaient formées par quatre autres dalles, jointes et placées 
« debout'. » Cette sorte de caisse était, au moment des 
fouilles, dépourvue de couvercle. Faut-il y voir un second 
récipient, destiné comme l'auge inférieure, à abriter des reliques, 
celles qui sont énumérées sur l'inscription mentionnée plus 
haut? ou bien était-ce une sorte de petit puits, dans lequel 
les dévots faisaient descendre des objets qu'ils voulaient 
mettre en contact avec le couvercle de l'auge ovale, renfer- 
mant le reliquaire d'argent? 11 est inq)Ossiblede le dire. — On 
n'a retrouvé aucun vestige certain de l'autel-, qui était peut- 
être en bois : on a seulement constaté que la mosaïque parais- 
sait s'interrompre au-dessus de la caisse. 

A un angle de la façade, en dehors de l'église sans doute^, 
était établi un bassin circulaire, flanqué de quatre colonnes, qui 
portaient jadis un tabernacle. Il y avait là des fonts baptismaux : 
« L'orifice était formé d'une assise de belles pierres et le fond 



1. Toulotte, apvd De Rossi, Capsella, p. 10. 

2. De Rossi (p. 11) parle d'un encadrement de petite fenêtre, qui pourrait 
avoir appartenu à une fenestella confessionis, percée dans la base de l'autel. 
Mais la cliose est fort incertaine. 

3. Gela n'est pas dit expressément. 



164 LES 310NU3IENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

« consistait en un blocage recouvert (rini enduit ^ » Ces fonts 
étaient-ils placés dans une salle particulière? Nous n'avons 
aucun renseignement à cet égard. 

De Rossi attribue l'église d'Aïn Zirara à une époque inter- 
médiaire entre la fin du v" siècle et le milieu du \f : il serait 
porté à la dater exactement du règne d'Hildéric (523-529), qui 
rendit aux catholiques de l'Afrique septentrionale le libre exer- 
cice de leur culte. Je ne voudrais pas, pour ma part, être 
aussi précis. En tout cas, cette basilique ne peut guère être 
antérieure au milieu du v" siècle, à en juger par la forme des 
monogrammes sculptés sur les morceaux d'architecture. Elle 
fut remaniée à une époque probablement bien plus récente. 
« La façon, dit Rousset, dont les ouvertures ont été murées 
« par des colonnes et des pilastres indique qu'elle a dû ser- 
« vir à un autre usage. » 

9" Aïoim Berrich [région d'Aïn Beïda). — On y a recueilli un 
coussinet-imposte, en forme do tronc de pyramide renversé 2, 
qui a dû être placé soit sur un })ilicr, soit sur un chapiteau de 
colonne, à proximité do l'autel d'une église ou d'une chapelle. 
Il porte cette inscription, qui, d'après la forme des lettres, 
parait être du vi" siècle'' : « Hic meiiioi'i[a)c sanctoru[?n) Pauli, 
(( Pétri, Donali, Mir/ginis, liaricis. » 

10" Alger [Icosium). — Le géographe arabe El Békri '* men- 
tionne un sanctuaire chrétien àDjezaïr Boni Mczghanna (Alger) : 
<( La ville... possédait autrefois une vaste église, dont il ne 
« reste qu'une nuu\Tille on forme d'abside, se dirigeant de 

1. TouloUe, ibid., p. 9-10. 

2. C'est bien un coussinet, et non une table d'autel, comme l'a cru De Rossi 
(la Capsella m-f/entea, p. 16). J'ai vu cette pierre au presbytère d'Aïn Beïda. 

3. Corpus, VIll, 18650 (conl'. Ilull. Comité, 1896, p. 234, n" 40). 

4. Description de l'Afrique (traduction De Slane), p. 1.j6-7. 



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ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 105 

« l'est à l'ouest. Cette muraille sert maintenant de kihla 
(( légale', lors des doux grandes fêtes; elle est ornée de pan- 
ce neaux et couverte de sculptures et d'images. » Devoulx 
suppose- que cette ruine, qui servait au culte musulman, se 
trouvait dans le voisinage de la grande mosquée, dont El Bé- 
kri parle aussi, c'est-à-dire de la mosquée bordée actuellement 
par la rue de la Marine-''. 

i\.° Announa {Thihilis). — Eglise \ située au sud-ouest des 
ruines, sur le flanc nord-est d'un mamelon (plan, fig. 114; 
vue extérieure, planche LXXXIA^; vue intérieure, planche 
LXXXY). On y a fait à plusieurs reprises quelques petites 
fouilles; Bornelle, en 1890-1891, l'a déblayée entièrement. 
Depuis cette époque, de graves déprédations y ont été com- 
mises. Cei)endant, toutes les dispositions de l'édifice sont encore 
bien reconnaissables ; le front et Tabside s'élèvent à une hau- 
teur de plusieurs mètres. 

La construction est pou soignée. Le devant est en pierres 

1. Le côté (le Thorizon vers lequel on se tourne pour faire la prière (direction 
de la Mecque). L'abside s'ouvrait donc vers l'ouest, selon l'usage. 

2. Revue africaine, XIX. 187o. p o2:)-4. 

3. Notons qu'un chapiteau ionique, trouvé sous la cour de cette grande mos- 
quée, appartient certainement à l'époque chrétienne : DevouLx, /. c, p. 417, 
n» 12 (fig. 3 de la pi. 11); conf. Berbrugger, Livret du musée d'Aloer^p. 93, 
n° 125). 

4. Peyssonnel, Voi/age dans les Héfjences de Tunis et d'Alger, I, p. 284. Shaw, 
Voijages dans plusieurs provinces de la Barbarie (édit. française de 1743), I, 
p. 153. Temple et Falbe, Relation d'une excursion à Constantine, p. 32. Ber- 
brugger, Algérie historique, pittoresque et monumentale, province de Constan- 
tine, p. 22, 23-24. Dupuch, Essai sur l'Algérie chrétienne, p. 111-2. Poujoulat, 
Voyage en Algérie (2" édition), p. 231. Ravoisié, Exploration, II, p. 13-14; pi. 15, 
fig. 1-8. Delamare, Revue archéologique, VI, 1849, p. 19-22 et pi. 111. Le même, 
Exploration, pi. 163, fig. 1-6. Poulie, Rec. de Const.. XVII, 187;;, p. 391; XXll, 
1882, p. 298-9; XXIV, 1886-7, p. 170 ; XXVII, 1892. p. 260. Bernelle, ibid., XXVll, 
1892, p. 102-4, et Bull. Comité, 1892, p. 521-2. Diehl, Nouvelles archives des 
Missions, IV, 1893, p. 3i;8-370. Wieland, Ein Ausflug ins allchrislliche Afrika, 
p. 123-6. 



166 



LES MONUMENTS ANTIQLES DE i/aLGÉRIE 



(le taille, de dimensions diverses; les assises, hautes en 
moyenne de Û'",15, sont assez irrégulières; les interstices ont 

été bouchés par 
de petites pierres 
ou des briques. 
Sur les côtés, 
derrière cette fa- 
çade, il y a des 
retours de 2°^, 30- 
2'"40, en pierres 
de taille. Le 
reste des parois 
latérales est 
presque partout 
en mauvais blo- 
cage, avec des 
chaînes en grands 
matériaux. L'ab- 
side est soit en 
blocage, soit en 
l)ierres de taille, 
mal ajustées. Les 
matériaux em- 
ployés ont été 
empruntés à des 
monuments d'é- 
po(jue antérieure: 
fragments d'ar- 

FiG. 11 i. — Itasihque d Announa. ° 

chitecture, bases 
do statues honorifiques, monuments funéraires, etc. Mais 




ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 167 

rien ne prouve que la façade soit une des parois d'un édifice 
plus ancien, resté debout en ce lieu. 

La longueur totale est de 19", 60, la largeur de 13", 15. Orien- 
tation nord-est. 

En avant, on voit les restes d'une suite de paliers dallés, 
permettant d'atteindre l'entrée. Il n'y a C|u'une seule porte, au 
milieu du front. Haute de 2"", 26, large de l'",75, elle présente 
un grand linteau monolithe, surmonté d'un arc de décharge. 
Sur la clef, est sculptée une croix latine, accostée de l'a et de 
l'oj. La façade est percée, en outre, de deux fenêtres (de l'°,10 
sur 0",74), disposées sjmétricjuement de chaque côté de 
l'entrée, à 2", 70 au-dessus du niveau du seuil, et de quatre 
lucarnes, placées un peu plus haut; il n'y a dans ces baies 
aucune feuillure. A l'intérieur, le mur est renforcé par une sorte 
de banquette, de O^iiO de hauteur, qui fait retour à gauche, et 
sur laquelle est étal)li de ce côté un contrefort ; une disposition 
semblable ne s'ol)serve pas à droite. Sur la même banquette 
s'élèvent deux pilastres (coiffés de mauvais cha})itcaux corin- 
thiens"^, qui terminaient les deux colonnades limitant les vais- 
seaux de l'église'. 

Les bases des colonnes, d'ordre attique, se rapportent à 
deux séries. Les unes, à plinthe basse et d'un galbe élégant, 
ont été prises ailleurs ; les antres sont bien plus grossières ; 
leurs socles, de hauteurs diverses (0",15 à 0",36), attestent 
qu'on les a taillées pour des fûts inégaux : elles ont dû être 
faites exprès pour l'église. Les fûts, en marbre, sont de dia- 
mètres différents et proviennent de monuments plus anciens. 
Les chapiteaux sont également des pièces d'empi'unt. On en a 

1. Il y avait peut-être deux pilastres semblables du côté opposé, en avant 
ûi l'abside. Ils ont disparu. 



168 LES MONUMKM'S AMIQLES DE l'aLGÉRIE 

trouvé plusieurs d'ordre corinthien, d"nn beau stjde ; Ravoisié 
en a publié' un autre, d'ordre ionique décadent, qu'il a ren- 
contré dans cette ruine : il provient aussi d'ailleurs-. Les cha- 
piteaux des pilastres adossés au mur de façade sont de môme, 
autant (pi'il semble, des morceaux rapportés. Ces supports 
étaient reliés par des arcades en pierres de taille, dont une 
amorce subsiste encore au-dessus d'un des pilastres. La hau- 
teur sous l'intrados devait être de 5™, 10 environ. 

Des feuillures, pratiquées dans la plupart des bases du fond, 
indiquent que les trois dernières travées étaient barrées par 
une grille en bois ou en métal. Une autre grille traversait la 
nef et ne s'interrompait qu'au milieu : une petite dalle rectan- 
gulaire, percée d'une mortaise, et une dalle semldable, qui a 
disparu, recevaient les montants de cette clôture, destinée à 
isoler le chœur. Le sol de la plus grande partie du vaisseau 
central est en terre battue. Les bas côtés sont au contraire 
dallés. Il en est de môme du fond de la nef, sur une étendue 
de 3°\30 : c'était sans doute là que se dressait l'autel, ([ui n'a 
pas été retrouvé'' ; peut-être était-il en bois. 

L'abside, enfermée dans un cadre, était voûtée en cul de 
four. Surélevée de 0™,31, elle présente un dallage. On y monte 
[)ar une marche. L'entrée, qui mesure seulement 3"", 70 de 
large, alors que le diamètre de la salle est de 5 mètres, était 
flanquée de deux colonnes, dont les bases, prises ailleurs, sont 
encore en place. Deux impostes ou coussinets allongés, décou- 



1. l'hinche la, fig. 4. 

2. J'en ai remarqué de semblables à plusieurs centaines de mètres de là. Ces 
chapiteaux ne semblent pas antérieurs au iv siècle. Peut -être ont-ils appartenu 
à une église. 

3. Les affirmations contraires de Diipuch (/. c, p. 111) et de Poulie {Consl., 
XXII, p. 298) sont inexactes. 



EDIFICES DU CrLTE CHRETIEN 



16» 



verts à cet endroit, paraissent avoir été placés au-dessus des 
chapiteaux, de manière à supporter les deux sommiers d'une 
arcade. Ils offrent, sur une de leurs faces longues, les images 
d'un calice et d'une croix. Cinq gradins en pierre s'étagent 
autour du preshijtenum. Le dernier, haut de G™, 43', devait 
servir de siège au clergé. Au fond, le quatrième degré est 
interrompu })ar un ))loc quadrangulaire, qui s'élève au niveau 
du degré suivant : cette sorte de plate-forme indique la place 
de la chaire éjjiscopale. — L'abside 
n'était certainement pas flanquée de 
sacristies. 

Les croix sculptées au-dessus de 
l'entrée et sur les deux coussinets 
permettent de rapporter cette basilique 
à l'époque byzantine. Les cendres et 
les charbons qui couvraient le sol, 
prouvent qu'elle a été détruite par un 
incendie. 

12" Annoioui. — Chapelle, à une 
cinquantaine de mètres à l'est de hi 
citadelle Ityzantine (plan, fitj . 115)'. 
Les murs ne s'élèvent actuellement 
qu'à une hauteur de l'^jôO. Ils sont 
construits en jnerres de taille, mal ajustées, avec quelques menues 
pierres dans les interstices. On s'est servi de matériaux 
d'époque antérieure, entre autres de bases de statues. La 
longueur est de lE^'jSO, la largeur de 6 mètres. La porte 




Vie. tl.i. 
ChapeUe d'Annouaa. 



1. Les autres gradins nunt que 0'",20 de hauteur. 

2. Édifice indiqué par la lettre K du plan de Ravoisié (11, pi. 3) ; conf. Dela- 
mare, Ejplorallon, pi. 164, fig. 1, lettre II. 



170 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

s'ouvrait, non sur la façade, mais dans la paroi latérale de 
droite. L'ahside est en saillie. On }• pénétrait par un passage 
assez étroit. La ])arlie rectangulaire de cette chapelle était 
certainement couverte en charpente et en tuiles; il en était 
peut-être de même de rhémicycle. 

13° Hencliir Aourir (région de Batna). — Église', très mal 
conservée. La nef, large de 4 mètres, était hmitée par deux 
colonnades (bases attiques à socle élevé) ; le chœur était clos 
par des dalles dressées de champ et par de petits piliers, dans 
lesquels ces dalles s'emboîtaient. L'espace réservé au clergé 
semble avoir été de forme rectangulaire, et non arrondie. 

14° Arbal [Regiae, près d'Oran). — Chapelle, située au 
milieu d'un cimetière, à Test de la ville antique. « Elle était, 
« dit Demaeght-, divisée en trois nefs, et, du côté de Test, 
« qui est opposé à la porte, elle se terminait par une abside, 
« dont on reconnaît parfaitement la forme. La largeur de cet 
« édifice était de 12 mètres et sa longueur do 16. » Cette 
<-hapelle a aujourd'hui disparu. 

15° Henchir el Atecli (entre Sétif et Batna). — Eghse 
{fi(/. 116j'\ située vers l'ouest des ruines; enterrée de plus 
<run mètre et non fouillée. Les murs se distinguent nettement 
presque j)artout, quoiqu'ils dépassent à peine le sol. Longueur 
totale 32 mètres, largeur li"',20. 

En avant, un vestibule, profond de 2*", 80, occupe toute la 
largeur du l).itiui(Mii. Le front de ce vestibule n'avait pas d'en- 
trée; les portes étaient latérales'* et flanquées de pilastres; 

1. Craillul et (îsell. Mélanr/es de VEcole de Rome. XIV, 1894. p. ."io.l. 

2. fiull. des antiquités africaines, 1. 1882-3, p. 38o. 

3. Féraud, liée, de Consl., VIII, 186i, p. 292-3. Gsell, Ueckerches arc/iéolo- 
f/iques en Air/érie, p. 204-203, fig. 42-49. 

4. Celle de droite est très nette; pour des raisons de symétrie, il parait né- 
cessaire d'admettre l'e.xistence de celle de gauche. 



EDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



171 




,^----^a E>==- 



d'autres pilastres semblables étaient appliqués devant les trois 
portes de la basilique. Ils présentaient tous des ornements 
gravés, aujourd'hui peu distincts : losanges, chevrons, cadres 
rectangulaires, etc. Chacune dos entrées de l'édifice donnait 
accès à un vaisseau. A l'intérieur, il y avait doux colonnades, 
terminées par des demi- 
colonnes engagées : les bases 
sont enterrées, mais on voit 
çà et là des tronçons de fûts, 
ainsi que deux clinpiteaux, à 
bandes étagées sous un tailloir 
carré. Le chœur, profond do 
4"°, 90, était fermé par des 
dalles emboitées dans de petits 
piHers : cette disposition est 
encore visible sur le devant. 
L'abside est plus élevée que le 
reste de l'église; l'ouverture 
parait avoir été llanquée do 
deux demi-colonnes, coiffées 
de chapiteaux d'ordre dorique. 
Des colonnes courtes faisaient 
partie de la décoration de 
cette abside ' ; leur lut, haut 
de l'",37 seulement, offre 
deux bandes verticales en 
saillie. Au dehors, le mur 

courbe était surmonté d'une corniche, dont plusieurs morceaux 
gisent à terre. A droite et à gauche, traces de deux sacristies. 

1. Conf. plus haut, p. 140. 







o 



ET 



W /W /MM///^ 



o I 2 3 A Jl 



FiG. 11 G. 
Basilique d'IIenchir el Atecli. 



172 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

1G° Hcnchir et AtecJt. — Chapelle ^ au nord-est de l'église. 
Il n'en reste plus cpic quelques vestiges, qui permettent cepen- 
dant de reconstituer le plan. L'ensemble est parfaitement rec- 
tangulaire : longueur 19 mètres, largeur 12", 20. Les vaisseaux 
étaient sans doute séparés par deux colonnades. Vers le fond, 
un mur, élevé transversalement à l'axe de l'édifice, limite 
l'espace réservé au clergé. Il est percé au milieu d'une ouver- 
ture, large de 2"°, 30, que flanquaient deux demi-colonnes (les 
bases sont en place). Par derrière, s'étend une salle o])longue, 
})rofonde de 4 mètres et de même largeur que la chapelle. 
Cette salle tenait lieu d'abside. 

17° Henchir el Azreg (au nord de l'Aurèsj. — Eglise^, mal 
conservée, vers le miheu du bourg antique. Longueur 22°*, 15, 
largeur 12 mètres. A l'intérieur, deux colonnades (bases à 
socle élevé et à moulures très rudimentaires). Le chœur, pro- 
fond de 6 mètres, était bordé par des dalles, emboîtées dans 
des piliers, dont plusieurs sont encore en place. Au fond, une 
abside, dont le mur, courbe à l'extérieur, ne fait cependant pas 
saillie au delà de la face postérieure du bâtiment. Elle est 
flanquée de deux sacristies ; celle de droite déborde de 5™, 30 
le bas côté voisin. 

18° Heiuhir cl Azreg. — Église-', à l'extréndté occidentale 
du bourg. Il ne resie que le bas des murs. Longueur 18"", 85, 
largeur du front 9"", 80. Les trois vaisseaux sont séparés par 
de grossiers piliers; un espace rectangulaire correspond à 
l'abside usuelle. Il y a deux sacristies; celle de droite déborde 
le collatéral. 

1. Gsell. Uecherclies. p. 206 et fig. 50. 

2. Graillot et Gsell, Mélanr,fs de VÈcole de Rome. XIV, 1894, p. 47 et fig. 12. 
Kraus, Gesc/iichte der cliristlichen Kiinsl, I, p. 275, fig. 214. 

3. Graillot et Gsell, l. c, p. 47 et fig. 11. 



EDIFICES DU CULTE CHRETIEN 173 

19" Barai (Ikigai, au nord de l'Aurès). — Les édifices 
chrétiens devaient être importants dans cette ville, qui fut, 
au iv" siècle, un des principaux foyers du donatisme'. On n"j 
trouve cependant aucune ruine qui puisse être considérée avec 
certitude comme une église^. Plusieurs voussoirs, conservés 
aujourd'hui à Aïn Beïda, ont probablement appartenu à l'arc 
de tète d'une abside-^; l'un est orné d'une croix grecque, avec 
l'a et l'to; sur les autres sont sculptés des ceps de vigne. Ces 
débris datent de l'époque byzantine. 

Saint Augustin mentionne '* une basilique qui se trouvait dans 
le A'oisinage de Bagai, sur le domaine appelé fundus Calvia- 
nensis. L'autel de cette église était en bois : >.< In ea ipsa [ba~ 
<■ silica) stib a/tari, quo confugerat-', eodem supra se fracfo, 
« eiiisqiie lignis aliisqxe fustihus... totum illum locum san- 
« guitie opplevit. y> 

20" Henchir el Begueur ; région de Tébessa). — Église ^\ 
De Bosredon fait observer qu'elle « a été évidemment copiée 
« sur celle de Tébessa; beaucoup moins étendue que cette 

1. Saint Augustin parle d'une basilique catholique de Bagai qui fut brûlée 
par les schismatiques (Breviculus collationis cuin donalisiis, 3, 23). 

2. La ruine dans laquelle Payen (Annuaire de Constantine, 1858-9. p. 101) a 
cru reconnaître une grande basilique, est en réalité une mosquée (Héron de 
Villefosse, Musée archéologique^ I, 187.j, p. 117; Archives des Missions, 3° série. 
11, 1873, p. 446). 

3. M. Diehl {Nouvelles Archives des Missions. IV, 18'.)3, p. 323) y voit des 
restes d'un ciborium. opinion que je ne crois pas admissible : ces blocs, qui 
faisaient partie d'une arcade appareillée, sont beaucoup trop grands pour 
cela. 

t. Contra Cresconium, 3, 47. Conf. Lettre 183, 27. 

i). Il s'agit d'un prêtre catholique, pourchassé, puis assouinié par les do- 
natistes. 

6. De Bosredon, Rec. de Constantine, XIX, 1878, p. 22: pi. l, fig. 2 et 3. 
Héron de Villefosse, Bull, des antiquaires de France, 1880, p. 270-2 et planche. 
De Rossi, Bull, di archeologia cristiana, 1880, p. 73-o et 175 ; pi. IV, fig. 2 et 3. 
Farges, Bull, de VAcadémie d'Ilippone, XVIII, p. 121-2. Je regrette de n'avoir 
pas pu étudier cette église. 



174 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

<( dernière, elle présente les mêmes dispositions ; elle est ornée 
« de la même façon. » — <> Elle forme, dit M. Héron deVillo- 
« fosse, nn quadrilatère fortifié, entouré de fossés. Au milieu, 
(( se dresse une grande arcade [1^^ porte d'entrée, dit De 
« Bosredon], très minutiousemont décorée de rosaces, de 
« jjandes, de petits losanges, do branches de vigne finement 
<( enroulées, et supportée par deux chapiteaux corinthiens. 
« Cette arcade est ornée d'un monogramme, inscrit dans une 
« couronne. » Le monogrannne, d'une interprétation très incer- 
taine, se rapporte peut-être au nom du fondateur, ou l)ien de 
l'évoque qui a dédié le monument : il est possible qu'il signifie 
CELSl '. M. Héron de Yillefosse a trouvé, sur un mamelon 
voisin, un certain nomljrc de fragments sculptés, qui lui ont 
paru provenir tlu même éilifîce : chapiteaux, consoles, débris 
d'arcs ; le style est celui des sculptures de la basilique de 
Tébessa, quoique plus grossier. Ce savant rapporte aussi à 
la basilique dont nous parlons une curieuse table d'autel-, qui 
gisait à peu de distance. La face supérieure est creusée au 
centre dune cavité cylindrique, bordée d'une feuillure pour 
l'insertion d'un couvercle carré : c'était là qu'on enfermait les 
reliques. La tranche antérieure de cette table offre une croix 
monogrammatiquo, accostée de l'x et de l'o), et un cartel avec 
l'inscription : « Memoria sa(n)cti Monkmi^ », qui nous apprend 
que des rehques de ce saint étaient déposées dans la cavité. 
Un second cartel contenait peut-être la mention (aujourd'hui 
effacée) d'autres rehques. La forme de la croix, celle des 
lettres et l'abréviation sacti indiquent le vi" siècle. 

1. Corpus, vin, 10664. 

2. Héron de Villefosse, l. c, planche. Rohault de Fleur}-, la Messe, I, 
pi. XXVllI. 

3. Corpu.<!, IO6G0 = noOT. 



ÉDIFICES DU CULTE CURÉTIEX 175 

Des morceaux d'une arcade, découverts aussi à Henchir el 
Begueur, portent rinscriptiou ' : « Hic est memoria sanctorum 
Primi et Quintasi », flanquée à droite et à gauche d'une 
colombe et de plusieurs palmes. Cette arcade a dû surmonter 
l'entrée d'une chapelle, qui dépendait peut-être de l'église. 

21° Henchir el Beida lau nord de l'Aurès). — Chapelle-, 
fort ruinée. Longueur 16", 20, largeur 13 mètres. Il n'y avait 
qu'une seule porte, au miUeu de la façade. La nef était limitée 
par deux colonnades (bases attiques à socle élevé). Des dalles 
et des piliers formaient la clôture du chœur. Un espace rectan- 
gulaire surélevé tenait lieu d'abside : l'ouverture était encadrée 
par deux demi-colonnes. Cet espace est flanqué de deux sacris- 
ties, également surélevées. 

22° Bénian [Ala Miliaria, dans le département d'Oran). — 
Église'^ [fig. 117), située dans la partie orientale de la ville 
fortifiée; le chevet a été établi sur le rempart môme. Elle a 
été fouillée en 1899 par "M. Rouziës. Elle était protégée, au 
nord, à l'ouest et au sud, par une enceinte, longue de 34 mètres, 
large de 35", 10, qui date peut-être d'une époque plus ancienne 
et qui a pu constituer primitivement la citadelle de la place. 
Cette église, qui mesure 26", 80 de long sur 16 mètres de 
large, est bâtie, selon l'usage, en moellons, avec des chaînes 
en pierres de taille (murs épais de 0°',65). 

La façade parait avoir été précédée d'un portique, bordé par 
une rangée de piliers qui soutenaient un toit incliné. On avait 



1. Corpus, nCOS. Ces fra.sments ont été trouvés au même endroit que les 
sculptures mentionnées par M. de Villefosse. 

2. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Borne, XIV, 1894, p. 64-63 
fig. 19. 

3. Gsell, Fouilles de Bénian (Publications de l'Association historique de 
l'Afrique du Nord, fascicule I, Paris, 1899), p. n-îiO. 



176 



LES .MO^L'.MENTS ANTKjUES DE l'aLGÉRIE 



fait quelques eusevelissements sous ce porche : les épilaplies 
<ruu diacre, mort eu 439, et d'uu évoque, qui rrquievit 
in fide Evange[lii)^^ y ont été retrouvées. Le Iront delà 
basilique n'offre qu'une seule porte, au milieu. 




o X * ^ s '" 



Vu:. 117. — Basilique de Bénian. 

A l'intérieur, les trois vaisseaux sont séparés par doux ran- 
gées do piliers, reposant sur dos dés plats et coiffés de coussi- 
nets en forme de tronc de pyramide renversé. Par-dessus 

1. Ilériin (le Villefosse, Bull, des aniiquairps <!<• France, l'JOO, p. Mi-:). 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 177 

étaient jetées des arcades. Le chœur, profond de 4", 80, était 
isolé par des grilles en métal ou par des barrières en bois, 
dont les trous de scellement se voient dans les piliers. A 
une basse époque, on y enterra plusieurs personnages. 

L'abside, enfermée dans un cadre rectangulaire, est suréle- 
vée de 1™,50, hauteur anormale qui tient à l'existence de la 
crypte dont nous parlerons tout à l'heure. On v montait par 
deux escaliers de six marches, construits l'un à droite, l'autre 
à gauche d'une estrade en maçonnerie, dont la hauteur attei- 
gnait le niveau iïn preshi/lrrium. C'était probablement là que se 
dressait l'autel, qui devait être en bois. L'ouverture de l'abside 
présentait une rangée de deux colonnes isolées et de deux 
colonnes engagées, qui supportaient 
sans doute une architrave (chapiteaux 
corinlhiens d'un travail minutieux). 
Le sol de ce pi'esbyterium était 
couvert d'une mosaïque grossière, 

faite en morceaux de briques et en ^"^' *^^' 

Crj'pte de Bénian. 

silex blancs et noirs, pavement dont 

il ne reste plus que quelques misérables débris. A gauche, un 
passage mettait l'abside en communication avec une sacristie, 
aussi élevée qu'elle. Cette salle, qui n'avait pas de porte sur le 
collatéral voisin, était le diaconicum. A droite, se trouvait la 
prothesis^ établie à un niveau plus bas; elle communiquait 
avec le dehors et très probablement aussi avec le collatéral, 
mais non pas avec l'abside. 

L'église de Bénian a une crypte {fig. 118), certainement 
contemporaine du reste de l'édifice. Une porte s'ouvre dans le 
soubassement du diaconicum, à gauche ; elle devait être pré- 
cédée d'un escalier permettant d'y descendre. Elle conduisait 

H. 12 




178 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

à une première chambre, vestibule do forme rectangulaire, 
voûté en berceau '. Do là, on pénétrait, par une baie étroite et 
basse, dans une salle ménagée sous l'aljside, semi-circulaire 
comme elle, mais de dimensions un peu moindres. La calotte 
en moellons qui la recouvrait est encore assez l)ion conservée. 
Au milieu de la courbe que décrit le mur, une sorte de niche 
quadrangulaire présente, à 1",20 au-dessus du sol, une fenêtre, 
haute de 0"\60, large de 0'",50, bordée d'un cadre en pierre 
encore intact, où l'on voit des trous qui servaient à assujettir 
une grille fixe en métal; du <'ôté de la crvpte, doux autres 
trous, percés dans le plafond du cadre, recevaient les pivots 
d'un volet à tabatière. 

Cette fenêtre donne sur un caveau, situé derrière la crypte, 
et occupant le milieu d'une série de so})t toml)oaux, dont plu- 
sieurs sont certainement antérieurs h l'église. Ce sont tles 
chambres do forme rectangulaire (longues de 2'", 10, de largeur 
variable), construites en moellons et couvertes jadis de voûtes 
en ))erceau. Elles ont reçu les corps de divers ecclésiastiques, 
évoques, prêtres, religieuses, morts entre 522 et 44G. — 
Celle du milieu servait de sépulture à Robba, sœur d'Honora- 
tus, évêque donatiste d'Aq/iae Sirenses. Cette religieuse, tuée 
en 434 par les traditeurs (c'est-à-dire par les catholiques!, fut 
vénérée comme une martyre. La cry])te avait donc été faite 
pour permettre la visite du tombeau de la sainte ; l'ouverture 
pratiquée dans la niche était une /('nrsfr//a coftfessioni.<, ayant 
vue sur le caveau de Rol)ba, dont on aballit le mur de ce côté, 
II est même très probable que la fondation de la basili(pie eut 
pour cause le culte rcnihi par les donatistes à cette martyre : 

1. Cette saUe a servi aussi de magasin à une époque indéterminée: on y a 
trouvé de nombreux débris do jarres, de pots et de cruclies. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 17t> 

c'était iino basilka coniimcta tumulo. — A l'ost, au delà des 
caveaux, on construisit une muraille, enfermant dans une même 
enceinte l'église et les tomljes. 

Ce sanctuaire est donc postérieur à la mort de Roblia, c'est- 
à-dire à l'année 434. Mais il est antérieiu- à 139, date d'une 
des tombes établies sous le porche. Les dél)ris de charlxMi dont 
le sol était jonché prouvent qu'il a été détruit par le feu. 

Auprès de la basilique s'élovaiont i)lusieurs bâtiments, qui en 
étaient sans doute des annexes, entre autres doux salles, très 
distinctes au nord. Ces locaux n'ont pas été fouillés. 

23" Hcnclilr el Bey (région d'Aïn Beïda). — Fragment de 
colonne, sur une des faces de laquelle on lit ' : « Do)nus Dell 
et orati?\onh . . . » Cette base a peut-être appartenu ;t un por- 
tique, précédant un oratoire. 

24" B'iar el Kherba (entre Sétif et Batna). — Église', non 
fouillée {fi(j. 119). Les murs sont au ras du sol et l'intérieur 
est encombré de constructions arabes, mais le j)lan est très 
net. Longueur (sans l'abside) 29", 80, largeur 15"", 30. 

Un vestibule, profond 'entre murs) de 2"", 70, occupe tout 
le front de l'édilice. Ce vestibule et l'église elle-même n'ont 
qu'une porte, sur le devant, au centre. A l'intérieur, se dres- 
saient deux rangées de piliers quadrangulaires, dont toutes les 
bases sont encore en place (socle haut, moulures rappelant 
celles des bases attiques). Ils étaient coiffés de coussinets en 
forme de tronc de pyramide renversé. L'abside, profonde 
de 7", 10, est plus élevée que le reste de l'église et pavée en 
briques : elle présente, du côté de la nef, une bordure en 



1. Corpn>;. VIII, 17758. 

2. Graillot et Gsell, yiélan'jea de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 582-3, fig. 31. 



180 



LES MONUMENTS AMIQLES DE L ALGÉIUE 




■ 



■ 



pierre que surmonte une corniche ; les degrés (peut-être en 

bois) qui y donnaient accès 
ne sont plus visibles. 

25° Biar Haddada {cas- 
tellmn 7?..., région de 
Sétif). — Chapelle qui n'a 
pas été décrite et qui 
sendjle avoir disparu. On 
y a tr(»uv('' un bloc carré, 
de O^jôS de côté, creusé 
en auge. Cette caisse avait 
un couvercle, jilus large, 
dont une partie existe 
encore; la tranche porte 
Tinscription ' : « [Spes?] in 
Dco ri (■(tsiitas ! » accom- 
pagnée d'un monogramme 
constantinien, avec Ta et 
l'o). Dans Tauge était 
enfermé, dit Pelletier"^, 
« un petit coffre en terre 
« cuite, de 0^,30 de lar- 
« geur sur 0^,17 de hau- 
(' teur, portant une rainure, 
" dans laquelle devait glis- 
(( ser une tablette de bois 
« pour fermeture. A Tin- 




B 



O f t s * A 6 



Via. 119. 
Basilique de Biar el Rherba. 



1. Corpus, VIII. 8730. Gscll, Recherches archéologiques en Ah/e'rie, p. 236, 
fif,'. 80. 

2. Revue africaine, V, 1861, p, 451. Conf. Poulie, Rec. de Constantine, \\ï, 
18"3-4, p. UO-l. 



ÉDIFICES DU CULTE CHHÉTIEN 181 

(' térioiir de ce coffret, il y avait du liois moisi, provenant 
« probablement du couvercle, et une plaque en métal. » Cette 
tablette, en plomb, portait })lusieurs lignes d'écriture onciale, 
gravées à la pointe'. L'inscription d'une des faces, inintelli- 
gible, parait avoir indiqué quelque relique ; sur l'autre face, 
on lit : « cîdiis memori[a)e {h)ic p[os]it[a)e siint. » 

20° Biar Ouled Atmane (région de Sétif). — Pierre de plus 
de 2", 50 de long, avec des lettres en relief, hautes de 0'",10; 
elle devait être placée au-dessus de l'entrée d'un sanctuaire ^ : 
(( [Haec est domus] Dri heata -f- et in C[hi)'is(o conparata. » 
On voit aussi en ce lieu des fragments divers (fûts, bases, cha- 
piteaux), (pli appartenaient peut-être à une église ou à une 
chapelle ■''. 

27" Bir hen Zireg (entre Sétif et Batna). — Église % mal con- 
servée et non fouillée ; les dispositions intérieures ne peuvent 
pas être reconnues avec certitude. Longueur 23°", 30, largeur 
6", 86. Doux portes s'ouvraient sur le devant ; elles étaient 
encadrées par des colonnes, coiffées do coussinets allongés, 
qui servaient sans doute de supports à de petites arcades 
couronnant les entrées. La nef unique se terminait par un hénù- 
cycle. Il semble que des demi-colonnes monolithes (hautes de 
2™, 90 environ) aient été adossées aux parois; des corbeaux, 
dont la queue s'enfonçait dans le mur, les surmontaient proba- 
blement"'. Le chœur était fermé par un mur transversal. Il 
communiquait avec la nef par deux baies, llanquées de colonnes 



1. Corpus, 8131 et p. 913. De Rossi, la CapseUa argenlea africana.T^. 10. 

2. Corpus, 8-275 et p. 967. 

3. Gsell, lier/terches. p. 207, fig. 51-54. 

4. Graillot et Gsell, Mélaru/es de VÉcole de Rome, XIV, 189i, p. 567-9 et 
fig. 19-24. 

5. Pour ce dispositif, conf. plus haut. p. 151. 



182 LES MONUMENTS AMKjlES DE L ALGÉRIE 

caigagées (chapileaux d'ordre dorifiuc). Il est possible qu'il 
rentrée de l'abside, il y ait eu aussi deux colonnes ou demi- 
colonnes, surmontées de coussinets, qui auraient porté les deux 
sommiers d"un arceau. Le mur de cette al)side était couronné, 
h l'extérieur, d'une corniche à moulures grossières. 

28" Bir Djedid [QnXvQ Sétif et Batnai. — Église ', au sud du 
bourg antique. Elle est peu distincte. Longueur (sans l'abside) 
24", 50, largeur 13'", 75. Deux colonnades (bases attiques à 
socle élevé) ; traces d'une abside. 

2d"Jiire/ Ahiod (au nord de l'Aurès). — Vestiges d'ime cha- 
pelle -', large de 6 mètres. Des demi-colonnes étaient appliquées 
le long des murs latéraux. On no voit pas s'il y avait une 
abside. 

30" Bir cl 7/c//c//2>(entreSétifetBatna i. — Restes d'une clia- 
pelle ■', longue de 18 mètres, lai-ge de 5, se terminant à l'est 
par un mur en demi-cercle. Dans cette ruine, gisent deux mau- 
vais chapiteaux corinthiens de demi-colonnes et une pierre 
scul[)tée, où il seudjle (pi'on ait vouhi représenter une abside, 
dont l'entrée est llanquée de colonnes et dont le ctd de four 
est décoré de nervures imitant une coquille. 

31° Bir Fradj (à l'est de Constantine). — Il y avait là une 
chapelle [niftuoria]^ comme le prouve cette inscription ' : 
•' Domino Pairi nosiro fecimio; nicmoriaijn) Catiissus et 
<( bunatus. » Une autre inscription ■', trouvée au même lieu, 
semble se rapporter à une mrriwria de martyrs, qui se con- 
fondait peut-être avec hi précédente : " [Me]nio[ria\ bealis- 

1. Graillot et Gsell. Mélanr/cs de VÉcoJr de nouw. XIV, 1804. p. ri7',)-o80. 

2. Graillot et Gsell, iind., p. lii. 

3. Graillot et Gsell, Ibid.. p. iiST. 
•i. Corpus. Vlll, ILUOl. 

o. I/jid., 191U2. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 18;} 

« simoritm martirnm Aa/a[li.s], Re...î, ichis ian[uar{ias)]. » 
32° Bordj Steh (entre Ain Beïda et Tébessa). — Édifice étudié 
par Delamare ' : c'était probablement une église. Il a la forme 
d'un rectangle, de 21 mètres sur 12. A l'intérieur, deux colon- 
nades. 

33" Kherbel Bon Addoufen (région de Sétif). — Basilique ^, au 
nord-est de la ville ; en très mauvais état, non fouillée et en- 
combrée de constructions arabes. Longueur totale 34 mètres, 
largeur 15"", 80. En avant, il y avait, semble-t-il, un portique, 
dont le front présentait une rangée de colonnes, terminée par 
deux demi-colonnes qui devaient s'adosser à des piliers. A 
l'intérieur, s'élevaient doux colonnades (bases attiques à socle 
élevé, chapiteaux à bandes superposées, fûts hauts de 2°', 05 h 
2"", 16). Des coussinets, en forme de tronc de pyramide ren- 
versé, étaient placés entre les chapiteaux et les sommiers des 
arcades: l'un d'eux offre une croix monogrammatique, un autre 
les lettres XP('.7-:ç). Le chœur, profond de 7", 10, avait une 
clôture de dalles, dressées de champ et emboîtées dans de 
petits piliers. L'abside était surhaussée d'environ 1 mètre. Des 
dèmi-colonnes, coiffées de chapiteaux de formes diverses 
(ordres ionique, dorique et corinthien fort dégénérés), faisaient 
partie de la décoration de cette abside, sans qu'on puisse dire 
exactement où elles étaient dressées. Au dehors, le mur courbe 
était couronné d'une corniche très simple. Dans l'état actuel 
de la ruine, on no saurait dire s'il y avait des sacristies à 
l'extrémité des bas côtés. 

Sous cette église, se trouve un souterrain que je n'ai pas pu 



1. £.r/)/o/a<ton, pi. 59. 

2. Gseil, Recherches archéologiques en Algérie, p. 180-1, 184 et 18G, 
fig. 26-34. 



184 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

visiter. Il consiste, m'a-t-on dit, en nno galerie, longue fraii 
moins 60 mètres, large de 2 mètres environ. Dans les deux 
parois, sont creusées des cases, « en forme de mangeoire de 
cheval », dans les(|uelles on voit des ossements. 11 y en a 
plusieurs rangées superposées. Le devant des cases était fermé 
par des briques K Cet hypogée est donc une véritable catacombe, 
avec lociili. 

34" Kherhet Bou Addoufcn. — Autre église-, au centre même 
des ruines ; en aussi mauvais état que la précédente et non 
fouillée. Longueur totale 37", 20, largeur 19'", 00. Deux pilastres 
rectangulaires en pierre, adossés au nnu- de façade, à proxi- 
mité des portes des bas côtés, attestent qu'il y avait un porche, 
large probablement de 10", 80, et dont la disposition n'est plus 
reconnaissable. Trois portes, ménagées dans la façade, corres- 
pondent aux trois vaisseaux. Ceux-ci étaient séparés par deux 
colonnades : bases attiques à socle haut, chapiteaux à bandes 
superposées, coussinets en tronc de pyramide, placés jadis sur 
les chapiteaux ^ (l'un d'eux est orné d'un monogramme cons- 
tantinien gravé). La clôture du chœur est assez bien conservée : 
elle consiste, selon l'usage, en des dalles emboîtées dans de 
petits piliers. L'abside était décorée de demi-colonnes et sur- 
montée au dehors d'une corniche courbe. Deux sacristies la 
flanquaient : celle de gauche n'est plus indiquée que par un dus 
de terrain ; contre celle de droite venait s'appliquer une autre 
petite salle. Abside et sacristies étaient surélevées. Dans le 
bas côté de gauche, on remarque une rangée de pihers qui 

1. Conf. Ragot, Rec. de Conslantine, XVI, 1873-4, p. 252 (indications qui 
semblent incomplètes). 

2. Gsell, liecherc/ies, p. 186-7, fig. 35-40. 

3. La plupart de ces coussinets présentent sur leur face supérieure une 
grande encoche pour recevoir l'extrémité d'une poutre. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 183 

appartiennent sans doute à une réparation tardive, ayant pour 
objet de soutenir la toiture qui menaçait ruine. 

Sô° Kherbet Bon Addoufon. — Chapelle ', à l'ouestdes ruines ; 
assez mal conservée, non fouillée. Longueur totale 26", 40, 
largeur 10", 50. Cet édifice se compose de deux parties, qui ne 
sont probablement pas contemporaines : 

u) Une petite chapelle se compose de trèfle, dont l'entrée était 
à l'ouest ; 

h) Un bâtiment rectangulaire, accolé à cette chapelle, dont 
on a dû supprimer le mur de front ' et qui est devenue le pres- 
btjterium du sanctuaire ainsi formé. En avant de ce bâtiment, 
vestiges d'un porche, profond (entre murs) de 3"°, 05. Il n'en 
reste plus que deux piliers et nous ne saurions dire s'il occu- 
pait toute la largeur du front, ou siuiplement un étroit espace 
devant la porte. A l'intérieur, deux rangées de piliers. Les 
deux dernières travées étaient closes par des dalles dressées, 
s'élevant à hauteur d'appui. Avec d'autres dalles semblables, 
(pli barraient transversalement la nef, elles limitaient le chœur 
de ce sanctuaire. 

36" Henchir Bon Ghadaine (au nord-ouest de Batna). — 
Église 3, en très mauvais état, dont le plan est peu net. Il n'y a, 
semble-t-il, qu'un seul vaisseau, long d'au moins 16 mètres, 
large de 7, terminé au fond par un mur courbe, qui forme 
une abside. Devant cette abside, à fleur de terre, restes d'un 
soubassement en blocage (autel ?). Le chœur, profond d'envi- 
ron 7 mètres,, n'occupait toute la largeur de la nef que dans le 

1. Gsell, Rec/ierches, p. 119, 183-4 et fig. 2",. HoltzinjLrer, Die allchrislUche 
unit byzanlinisclie UaukunsL (dans le Handbuch der Architektu)\\\, 3, i), p. 109. 

2. Il est possible que ce mur ait eu une forme semi-circulaire. La cliapelle 
primitive aurait été un quatre-feuilles. 

3. Graillot et Gsell, Mélanges de VÊcole de Rome, XIV, 189i. p. 52a. 



ISG LES MOMMEMS AMKjLES DE L AL(;ÉRIE 

voisinage de l'hémicycle; i)ar devant, il n'avait qne -i"',20 de 
large. Il était bordé par nne clôture de dalles et de petits piliers. 
A droite, ce sanctuaire était llanqué de deux salles, qui ser- 
vaient peut-être de sacristies. 

o~° Henc/tit' Boit Talircmalène [Nova Sparsa?^ entre Sétif et 
Batna). — Église ', sur une colline, au sud-est de la ville antique; 
non fouillée et mal conservée. Longueur l?", 30, largeur 9", CO. 
Devant la façade, s'étendait un portique à colonnade. Deux 
rangées de colonnes séparaient les vaisseaux (hases attiques 
à socle haut, chapiteaux d'ordre ionique). Le chœur, profond 
de 5'", lu, itavé en briques, offre la clôture usuelle de dalles 
et de petits piliers. L'abside est un peu surélevée ; une cor- 
niche courbe couronnait le nnu" ;i l'extérieur. A gauche, une 
sacristie devait communiquer avec le bas côté voisin. — -Près de 
cette ruine, au nord, on voit des traces confuses de plusieurs 
constructions, qui étaient peut-être des annexes de la basilique. 

?j>^" Henchir UonTakrcmalènc — Autre égUse', dansla partie 
occidentale de la ville; peu nette. Longueur 22'", 50, largeur 
12"", 30. A l'intérieur, deux colonnades; chœur profond de 
(î^jiO, avec la clôture ordinaire; espace rectangulaire, tenant 
lieu d'abside et flanqué de doux sacristies, dont celle de 
gauche est un peu plus large que le lias côté qu'elle prolonge. 
En avant d(.' cet édilice, on distingue une place qui le sépare 
d'une grande construction rectangulaire, de 40 mètres de long 
sur 20 de large, très ruinée : c'était, semble-t-il, une cour, 
bordée de quatre portiques, que des piliers soutenaient. Peut- 
être y avait-il en cet endroit un ensemble de bâtiments cons- 
tituant un monastère. 

1. Graillot et Gscll, ihkl.. p. .i'G-S, fig. 28-2'J. ! 

2. ïb'uL, p. -ils et fig. 30. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 187 

39° Castig/ione (entre Alger et Tipasa). — Église', qui a été 
exploitée comme carrière et est en fort mauvais état, mais 
dont le plan a pu être nettement déterminé, surtout après les 
fouilles que M. Grandidier y a faites en 1803. Longueur to- 
tale Si"", 10, largeur 16"", 20. Un vestibule, profond de 2", 30, 
occupe toute la largeur de la façade. Le front de l'église a une 
porte, au milieu ; il y a deux autres entrées, ménagées dans 
les murs latéraux. L'intérieur, dallé en briques, présentait 
deux colonnades : on y a trouvé une base attique, k socle bas, 
des débris de fûts en pierre on en granit, un chapiteau d'ordre 
dorique, un autre chapiteau de forme trapue, qui ne se rat- 
tache à aucun ordre déterminé et qui est orné d'une colombe. 
Sauf ce dernier chapiteau, les différents morceaux d'architec- 
ture que nous venons d'énumérer paraissent avoir été pris 
ailleurs. Les colonnes portaient des arcades en pierres do 
taille. Aux deux extrémités do chaque colonnade, la retombée 
de l'arcade était soutenue, non par une demi-colonne, comme 
c'était l'usage, mais par un simple corbeau enfoncé dans le 
mur. 

L'abside, profonde de 6 mètres, est enfermée dans un mur 
carré, qui ne fait pas saillie en dehors du plan général de l'édi- 
fice. Elle est surélevée d'environ 2", 10 et revêtue d'une 
couche de béton; on devait y monter par deux petits escaliers 
en bois (marqués en pointillé sur notre plan de la crypte). Dans 
l'état actuel, on ne saurait dire si elle était flanquée de sacris- 
ties. En avant de cette abside, deux massifs de blocage 
s'avancent parallèlement dans la nef. Ils flanquent un passage, 
jadis couvert, qui permettait d'atteindre la crypte dont nous 

1. Bertrand. Bull. Comi/é, 189G, p. i29-['t'2. Grandidier, Bull, de la Société 
d'archéologie du diocèse d'Alger, I, p. 99-116. 



188 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 



allons parler. Au-dessus, devait s'étendre une sorte de i)late- 
forme, limitée par les deux escaliers du preshyterhnn et por- 
tant sans doute l'autel. 

En suivant le passage et après avoir descendu quelques 
marches, on pénétrait dans une salle souterraine, ayant exac- 
tement les mêmes dimensions que l'abside placée au-dessus 
d'elle [fig. 120). Elle était coiffée d'une voûte surbaissée (luiu- 
teur maxima 2"", 40), très légère, faite, comme les voûtes des 




FiG. 120. — Crypte de Castiglione. 



lieux salles voisines, avec des moellons, des amphores, des 
tubes en argile, emboîtés les uns dans les autres, enfin 
d'autres éléments en terre cuite qui ont la forme d'obus. Une 
fenêtre s'ouvrait au fond. Au centre de cotte salle, M. Gran- 
didicr a découvert une piscine baptismale : un massif carré en 
maçonnerie, de 2"°, do de côté, s'élève à (r^oO au-dessus du sol ; 
il encadre un l)assin circulaire d'un diamètre de 1™,10 et d'une 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 189 

profondeur de O^jTO, dans lequel on pouvait descendre par quatre 
petits degrés, deux arrondis et deux rectangulaires, ménagés 
à l'intérieur du massif et disposés en croix. 11 n'y a aucune trace 
de canal pour l'adduction de l'eau, mais un conduit, se diri- 
geant vers le nord, servait à vider la piscine. 

Des portes cintrées donnent accès à deux chambres, situées 
à di'oite et à gauche du ])aptistëre et qui on étaient évidem- 
ment des annexes. Celle de gauche, éclairée par une petite 
fenêtre, était couverte d'une voûte d'arêtes. Celle de droite 
présentait, à chaque extrémité, une voiite en berceau, large 
seulement de 1™,30, et, au milieu, une voûte d'arêtes. Cette 
dernière salle communiquait par un escalier avec le bas côté 
de droite de l'église et avait aussi une porte sur l'extérieur. On 
remarque, dans la même chambre, une petite niche semi-circu- 
laire, qui a dû abriter des ustensiles du culte, et on a trouvé 
jadis eu cet endroit un bluc en pierre, creusé d'une cavité car- 
rée, dont le couvercle s'insérait dans des feuillures : M. Gran- 
didier pense que ce coffre servait à enfermer les saintes huiles. 

Les trois salles de la crypte sont certainement de la même 
époque que le reste de la basilique : l'exhaussement anormal 
de l'abside ne s'explique que ])ar l'existence d'une cluunbre 
au-dessous. 

40° Chabet Médahoiiah (région de Constantine). — Pierre 
(pli a été évidemment placée dans un sanctuaire chrétien ; elle 
porte l'inscription' : (( Memoria sanctor{um) felic{ite)r! » tra- 
cée au-dessous d'une excavation, que fermait, dit-on, une 
plaque en ciment-. C'était sans doute le support d'une tal)le 



1. Corpus, VIII, 19414. 

2. Sergent, Rec. de Const., XX, 18:9-80, p. 79. De Rossi, la Cappella 
argentea africrnia, \). "iQ. 



190 LES MONUMENTS ANTIQLES DE L ALGERIE 

d'autel ; la cavité devait contenir des reliques (peut-être des 
morceaux d'étoffe que le temps aura fait disparaître) '. 

41" Chémorra (au nord de TAurès). — Chapelle", à 8 kilo- 
mètres au sud-sud-ouest de Chémorra. Les murs dépassent à 
peine le sol. Longueur 12 mètres, largeur Q'",."/). Le mur de 
fond est arrondi en forme d'hémicycle. 

42" Cherchel {Caesarea). — Au commencement du v" siècle, 
il 3" avait plusieurs basiliques dans la capitale de la Maurétanie 
Césarienne. Ce futdans l'église principale, ain ccclesiamaiori », 
que parla saint Augustin, au mois de septend)re 418 •^. 

Nous ignorons l'emplacement do cotte ecclesia mnior. — En 
dehors de la ville actuelle, à gauche quand on sort parla porte 
de Ténès, par conséquent dans la partie occidentale de la ville 
antique, «un colon, dit >L \Vaille^, a extrait pendant des 
« années de superbes pierres de taille et nous a dit avoir ren- 
« contré une immense salle en mosaïque». Y avait-il là une 
grande église? Il faut remarquer qu'on a trouvé, tout près de 
ce lieu, un bâtiment en forme de chajiclle, construit avec des 
matériaux pris à des édifices plus anciens"'. C'était une salle 
de 12", 08 sur 8™, 40, terminée par une abside surélevée, qui 
présentait au fond une niche senn-circulaire. Des fragments de 
plaques découpées à jour y ont été recueillis : ces panneaux 
garnissaient autrefois des fenêtres. La salle était partagée par 
des piliers en deux nefs inégales (4", 94 et 3"", 45 de largeur), 

1. On n"y a trouvé que des grains dorge (apportés sans doute par des 
fourmisj. 

2. Graillotet Gsell, MiUangesde VEcole de Rome, XIII, 1893, p. .'i.'ii. 

3. De r/eslis ciim Emerilo, déhnl. Gonf. Contra Gaudenliion, 1, Ki ; Se/v/io 
ad Caesnreensis ecclesiae plcbeni, 1: Possidius, Vie de saint At/f/iisiin. 14. 

4. liiill. Comité, 18'j;j, p. 13'f. 

5. Chipiez et Waille, Revue de l'art ancien et moderne, II, 1897, p. 343-6 
(avec plan et vue). 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 191 

mais une ordonnance aussi insolite appartient sans doute à un 
remaniement. La porte ne parait pas avoir été percée au milieu 
de la façade. Ce bâtiment était contigu à diverses chambres. 
Dans le voisinage immédiat, on a découvert deux mosaïques, 
dont la forme indique qu'elles pavaient de petites absides'. 
L"une d'elles représente un grand calice, d'où sortent deux ceps 
de vigne; dans les enroulements des branches, sont figurés un 
lièvre, un cerf, un coq et divers oiseaux ; le vase est flanqué 
de deux paons-. L'autre mosaïque, plus grossière, montre des 
poissons de différentes espèces, des anguilles, des coquillages, 
une étoile de mer, un hippocampe. 11 est assez probable que 
ces deux pavements sont chrétiens. — On peut donc admettre, 
avec quelque vraisenil)lance, que le quartier occidental de Cae- 
sarea renfermait un groupe d'édifices religieux, analogue ;i la 
grande basilique de Tipasa et à ses annexes. 

43" Cherche/. — Chapelle, située à l'est de Césarée, à 
300 mètres envimii do l'amphithéâtre, dans un cimetière; elle 
est aujourd'hui presque entièrement détruite. Elle avait une 
vingtaine de mètres de longueur. La porte était sur la façade, 
à roiiest. Du coté opposé, il y av it une abside, dont il reste 
quelques vestiges. Cette chapelle était remplie de sépultures -^ 

Nous parlerons au chapitre m d'une cel/a construite dans un 
cimetière, à 500 mètres à l'ouest de Cherchel ; elle ne nous est 
connue que par une inscription^. 

44" Constanti?ie {Cirta, puis Conslantiim). — On trduve 
• lans des textes du iv° siècle quelques renseiguemeuts sur des 
édifices chrétiens de Constantine. • - ~ 

1. \\3.ï\\q. Revue africaine, XLII. 189S, p. 16.j-7. 
' 2. Revue africaine, l. c, planche à la p. 165. 

3. Renseignements que je dois à M. labbé Grandidier. 

4. Corpus, Vlll, 9obl5. 



192 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

Lors (le la persécution de Dioclétien, en 303, il est question 
(le la <( domiis in qiia chi'istiani conveniebant » : elle fut con- 
fisquée à cette époque. On y mentionne une bibliothèque et une 
salle à manger {/nc/iniinnjK Nous apprenons, d'autre part, 
qu'en mars 305, « les basiliques n'ayant pas encore été resti- 
tuées », des évèques venus à Cirta durent se réunir dans une 
maison particulière'-. A la môme date, une élection épiscopalo 
eut lieu « in area martijvwn '^ », « in casa w^azoye^ », c'est-à-dire 
dans un édifice situé sur un cimetière oti étaient ensevelis 
des martyrs. Par suite des circonstances, cette casa niaior 
remplaçait l'église ordinaire ; elle contenait une chaire épisco- 
l)ale\ La i)ersécution ayant cessé, les chrétiens purent se 
réunir de nouveau dans la basilique ^. 

Une lettre de Constantin, datée de l'année 33» », nous apprend 
(pril avait fait construire une basih(jue à Constantine; les do- 
natistes s'en étant emparés, l'empereur fit don aux catholiques 
d'un iiiiHieuble qu'il possédait dans cette ville et ordonna 
(pi'(in y élevât une église nouvelle, aux frais du fisc". 

Il y avait au Capitole de Constantine un sanctuaire chré- 
tien, qui a été complètement démoli en 18 i4: nous ne le con- 
naissons que par les ouvrages de Ravoisié et de Delamare. On 
l'avait établi sur le soubassement du grand temple du Capitole, en 
utilisant une partie des murs do la cella (voir au t. I, p. 267, 



1. Appendice à sainl Optât, éciit. Ziwsa, p. 187. 

2. Optât, 1, li. Gonf. Augustin, Contra Cresconiian, 3, 27. 
;t. App. Optât, p. 19 i, ligne 23. 

4. Ibiil., p. 104, i. 27 : p. 196, 1. 16. 

:;. Ibid., p. 19i, 1. 7-8 (conf. p. 195, 1. 28). 

6. Ibid., p. 193, 1. 2't-2.'i : « in basilica cipud Conslantinam ». Le moi apud, 
dans ce texte en latin vulgaire, paraît bien signifier à, et non près de. Cette 
basilique est sans doute la « domus in qua chrisliani conveniebant ». 

7. App. Optât, p. 21.;. 



ÉDIFICES DU CLLTE CHRÉTIEN 193 

la fig. 80)'. Évidemment, le haut de ce temple était déjà 
détruit. Pour compléter la l)àtisso, ou se servit de matériaux, 
appartenant à divers autres édifices païens'-. En changeant la 
destination du monument, on modifia son orientation : la nou- 
velle façade, percée d'une porte au milieu, fut placée au nord- 
ouest, entre les colonnes qui formaient de ce côté un portique 
parallèle au mur postérieur de l'ancienne cpl/a. On dut natu- 
rellement construire un escalier d'accès, car le soubassement 
du temple avait 4™, 31 de hauteur. 

L'église mesurait 2G°',80 de long sur 23", 3() de large. Outre 
la porte antérieure, elle avait deux entrées latérales ; celle du 
côté gauche était surmontée d'une croix sculptée. L'intérieur 
devait être partagé en trois vaisseaux par des colonnes ou des 
piliers; deux consoles, placées en avant de ral)side, recevaient 
sans doute la retombée des doux dernières arcades : dans 
cette hypothèse, la nef aurait mesuré 9 mètres et, contre 
l'usage, elle aurait dépassé en largeur l'ouverture de l'abside, 
qui était do 7"°, 30 seulement. Le mur extérieur de cette 
abside formait trois pans coupés. A droite et à gauche, une 
sacristie communiquait avec le presbyteruiin^ mais non pas, 
semble-t-il, avec le bas côté voisin. Des pieds-droits, établis 
aux angles de ces deux salles, indiquent qu'elles étaient cou- 
vertes d'une voûte d'arêtes. Une autre salle occupait l'angle 
nord du souljassement, à gauche de la façade. 

Dupuch et Ravoisié dataient, sans motif valable, cette 

1. Temple et Palbe, Relalion d'une excursion à Conslanline, p. 06. 
Ravoisié, Exploration, I, p. 29-31: pi. fi et 8. Delamare, Exploration, pi. lit» ; 
dessins et notes conservés à la Sorbonne, tome IV, p. 40, 45, oO. Dupuch, 
Exsai sur VAlçjérie chrétienne, p. 16. Cherbonneau, Ann. de Const., 1853, 
125-0. 

2. llavoisié, pi. 11 et 12; p. 33. Corpus, VIII, 0984, 7124, 7127--;i30 (~ 19U2- 
19444). 

u. 13 



194 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

église du règne de Constantin le Grand. Je la croirais plutôt 
de Tépoque byzantine, à cause de la croix qui décorait une des 
portes et de la l)arbarie de la construction. 

45° Constantinp. — On a découvert, il y a une quarantaine 
d'années, sur la route du Bardo, une belle mosaïque, qui for- 
mait peut-être le pavement d'une chapelle ^ ; elle fut détruite 
peu de temps après. On y lisait cette sentence, empruntée à 
saint Paul : « J/is/us sibl Icx est-. » 

46" Djebel Djaffa (au sud de Khencliela). — Pierre portant 
Tinscription : « Memoria apostoloru[m) », accompagnée d'un 
monogramme constantinien'^ Elle a certainement appartenu à 
quelque chapelle rurale. 

il" Henchir Djardia (au nord de TAurès). — Chapelle(?)^ 
peu distincte. Longueur 16", 40, largeur 9", 90. La nef et les 
bas côtés étaient sé])arés par des piliers rectangulaires, que sur- 
montaient des coussinets en forme de tronc de pyramide ren- 
versé. Au fond, trois salles carrées. 

48" Djemila{Vuiciil). — Église'', située à l'extrémité sud-est 
de la ville anti(|ue [fig. 121). Elle a été fouillée il y a une 



1. Ann. (le Cous/., 18(JÛ-1, p. 1;J3 ; 18il2, p. 5.J-56 et pi. XL Mémoires lus à 
la Sorfjon7ie, Jrc/iéolorjie. I, 1861, pi. IV. Le dessin de cette mosaïque a rté 
souvent reproduit : par exemple dans Martigny, Dictionnaire des antiquités 
c/irétiennes, 3" édit., p. 486; dans Schultze, Arc/iûolof/ie der altc/vistlichen 
Kunst, p. 67, fig. 18. 

2. Corpus, VIII, 1922. 

3. Corpus, Vlil, 1771'i. Conf. De Rossi, la Capsella anjentea af'ricana 
p. 17. 

4. GraiJlut et Gsell, Mélanges de l'École de home, XIV, 18'J4, p. 59. 

.'). Ravoisié, I, p. 63-5 ; pi. 51-3. Delamare, pi. 104, fig. 3. Lenoir, Architecture 
monastique, I, p. 245-7. Amé, les Carrelaoes entaillés du Moyen Age et de la 
Renaissance, j). 15 et 28. Schnaase, C.eschiclite der bildenden Kunst (2' édit.), 
III, p. 35, n. 4. Scluillzc, Archiiologie der allchristlicfien Kunst, p. 67, fig. 17. 
— Notre plan reproduit celui de Ravoisié, mais en supprimant les parties 
restituées par cet architecte (sauf quelques bases de colonnes). 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



195 



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I 




soixantaine d'années ; dès cette époque, elle était très ruinée ; 
aujourd'hui, on n'en distingue plus que de maigres vestiges. 
Longueur 26°", 80, largeur 16 mètres. 

La porte qu'indique Ravoisié n'est pas percée dans le mur 
de façade, mais un peu en arrière, dans la paroi de droite ; il y 
avait peut-être d'autres 
entrées. A Tintérieur, les 
trois vaisseaux étaient 
séparés par deux colon- 
nades, dont les éléments 
paraissent avoir été pris 
ailleurs (bases attiques à 
socle bas, chapiteaux co- 
rinthiens) . On voit, d'après 
le plan et la coupe de 
Ravoisié, que l'espace 
réservé à l'autel était 
surélevé d'environ 0'",5U 
et entouré d'un mur, qui, 
lors des fouilles, ne dépas- 
sait pas 1 mètre de hau- 
teur. Il est probable qu'il 
ne montait guère plus 
haut et qu'il formait sim- 
plement la clôture d'un 

chœur. Ravoisié interrompt les deux colonnades à cet enclos; 
peut-être se prolongeaient-elles par des piliers, posés au-des- 
sus du mur. Le chœur était percé de trois portes, précédées 
de degrés : l'une s'ouvrant sur la nef, les deux autres sur les 
bas côtés. La disposition du fond nous échappe : la 



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Fi(i. 121. — Basilique de Djemila. 



196 L1::S 310.NLMEMS ANTIQUES DK L ALGÉRIE 

seule chose certaine, c'est qu'il n'y avait pas d'abside. 

Une belle mosaïque couvrait le sol des bas côtés et de la 
nef, en avant du chœur ; il n'en reste })lus que quelques cubes. 
Des motifs ornementaux enfermaient des médaillons, que rem- 
plissaient des animaux divers, entre autres une colombe tenant 
dans son bec un rameau d'olivier. Cinq médaillons étaient 
occupés par des inscriptions ' nommant des personnages, qui, 
à la suite de vœux, se cotisèrent pour faire exécuter ce pave- 
ment. 

L'excellent style de la mosaïque, ainsi que les fonctions 
exercées par les donateurs- permettent de croire que l'église 
est antérieure à la conquête vandale. Elle a été détruite par le 
feu, comme l'attestent les cendres et les charbons trouvés 
en abondance dans les décombres. 

Elle était flanquée, au sud et au sud-ouest, de plusieurs bâti- 
ments, trop mal conservés pour être distincts. 

Delamare voyait dans cet édifice un temple'; Schnaase, une 
l)asilique civile de l'époque du Haut Empire; Ravoisié, Lenoir, 
De Rossi, M. Muntz ', etc., y ont reconnu avec raison une 
basilique chrétienne"'. 

On a recneilh à Djemila (l'endroit précis de la découverte 
n'a pas été indiqué) des fragments sculptés'', ayant aj)partenu 

1. Corpus, VIII, 8344-8348. 

2. SacerdoLalis, ex trihuno, ex principe. Voir à ce sujet De Rossi, Bull, 
di archeolof/ia crlstiana, 1818. p. 31-6 ; Pallu de Lessert, Bull, des antiquités 
africaines, II, 1884, p. 333 et siiiv. 

3. Bévue archéologique, VI, 1849, p. 191. 

4. Éludes iconographiques et archéologiqites sur le Moyen .4f/e, I, p. 10. 

.'). La colombe tenant un rameau dolivier est une image manifestement 
ctirétienne. Un des donateurs porte le cor/noinen chrétien d'Adeodatiis. La 
formule volum complevit, qu'on trouve sur une des inscriptions, est usuelle 
ctiez les chn'tiens. 

6. Delamare, lieviie archévlor/ique, Vi, p. 195-197 et pi. ll.'i; Jîxploirilion, 
pi. lO.j, fig. 1-2. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 197 

au rebord plat d'une grande vasque de marbre, qui servait 
sans doute aux ablutions des fidèles : les sujets représentés 
sont Daniel entre les lions, deux scènes du Déluge et un pas- 
teur gardant son troupeau'. 

49° KJirrliet Fm'im (région de Sétif). — Grande église'^, non 
fouillée, dont les murs dépassent à peine le sol. Longueur 
totale 43 mètres, largeur 15"", 60. En avant, s'étendait un por- 
tique, profond de 2", 65, dont le front présentait une rangée 
de colonnes. 11 \ avait deux colonnades intérieures (bases 
attiques à socle élevé, cliapiteaux composites barbares). Le 
chœur semble avoir eu, primitivement, une profondeur de 
7 mètres; il était fermé i»ar une clôture de dalles et de petits 
piliers, qui parait avoir subi jjIus tard des remaniements. Les 
piliers offrent des ornements sculptés ;i relief plat : rosaces, 
disques, etc. L'abside forme une saillie courl)e à l'extérieur; 
peut-être l'ouverture était-elle flanquée de deux colonnes, aux- 
quelles se rapporteraient deux chapiteaux composites, déco- 
rés d'un monogramme constantinien, avec l'a etl'co. L"ne sacris- 
tie s'élevait sans doute à droite de cette abside; je ne saurais 
dire s'il en existait une seconde à gauche. 

S'/ Kherhet Frnh/i. — Petite église", non fouillée et fort 
mal conservée. Longueur totale 20 mètres, largeur M", 45. Un 
vestibule, profond do 1"\ 95, occupait tout le front de l'édifice ; 

1. On a aussi découvert à Djemila deux chapiteaux chrétiens, dont l'un 
porte l'inscription : aSulaledomni Ciru[...pr]idi[('] kal{eiulas) [oc]lobres. » Voir 
Poulie, Uec. de Const., XIX, 1818, p. 392-3; De Rossi. l. c, 1880, p. 167-8; 
Corpus, VIII, 10904. Peut-être faut-il restituer dans cette inscription Cirii[ll/] 
ou Ciru[aci], en admettant une faute du lapicide, pour Cyiilli, ou Cyriaci ; 
les chapiteaux en question auraient appartenu à une chapelle dédiée à un 
saint oriental (De Rossi propose une autre hypothèse}. 

2. Poulie, Rec. de ConsL, XVI, 1873-4, p. 422-3. Gsell, Recherches archéolo- 
giques en Alfférie, p. 228-230; fig. 72-77. 

3. Poulie, l. c, p. 423. Gsell, L c. p. 228, fig. 71. 



198 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

par derrière, une porte s'ouvrait au milieu de la façade. A Tin- 
térieur, se dressaient deux colonnades, qui ne sont plus en 
place. Vers le centre de l'église, un mur transversal coupe la 
nef et les bas côtés; s'il n'est pas un remaniement tardif, il 
limitait peut-être par devant un chœur, qui, contre l'usage, 
aurait occupé tout le fond de l'église, et non pas seulement le 
fond de la nef. Deux sacristies flanquent l'abside. 

51° Goitéa (région de Médéa). — Castellum avec chapelle ^ 
{fig. 122). On voit en ce lieu les ruines d'un vaste établis- 
sement fortifié-, couvrant une superficie d'environ 4.000 mètres 
carrés, sur un monticule allongé. Autour, d'humbles maisons 
en pierres sèches servaient peut-être d'habitations aux cultiva- 
teurs du domaine. 

A l'extrémité orientale du caste/it/m, se trouve une église, 
longue de 23 mètres, large de 12", 50. En avant, traces d'im 
vestibule. La partie réservée aux fidèles était probablement 
partagée eu trois nefs, séparées par des colonnades. Au fond, 
une abside surélevée, garnie d'un pavement en briques pilées, 
est encadrée dans un mur rectiligne. On a découvert par-des- 
sous un caveau funéraire, qui ne présentait aucune trace de 
porte ; il était surmonté d'une voûte, en grande partie écrou- 
lée, et contenait un sarcophage en pierre, orné d'une croix 
grecque pattée. Ce tombeau avait été violé et brisé. L'abside 
est flanquée à gauche d'une sacristie. A droite, une autre salle 
semblable était un baptistère. Les fonts consistent en un 
bassin circulaire, de O^jSO de diamètre et d'un mètre de pro- 
fondeur, construit en blocage et revêtu d'un enduit de chaux 

1. Notice inédite, rédigée par M. Philippe en 1883, avec un plan de M. Rro- 
likowski de Poray, que nous reproduisons ici. 

2. Dans ce castellum, une salle carrée contenait quatre rangées de grandes 
amphores. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



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200 LES MONL'MENTS ANTIQUES DE 1/ ALGÉRIE 

et (le briques concassées ; on distingue les restes d'un con- 
duit pour révaciiation de roati. Un petit escalier de trois 
degrés, établi du côté de l'entrée de la salle, permettait l'accès 
de cette piscine; il y avait en outre, ii droite et à gauche, 
deux petits évidements semi-circulaires'. 

52° Henchlr Goitnlas (au nord de l'Aurës). — Eglise-, dont 
les murs ne dépassent guère le sctl ; non fouillée. Longueur 
23™, 65, largeur 13"\40. Un petit })orclie est constitué par 
deux i)iliers, distants de la façade de 2'", 05 et entre eux do 
4". 30; ces piliers portaient un toit en appentis. 11 n'y a (prune 
seule porte sur le devant de l'église, au miliou. A rintériour, 
doux colonnades. L'abside formait une saillie courbe au dehors ; 
l'arc de tête était porté par deux demi-colonnes. A droite 
et à gauche, deux sacristies. 

53" Hrnr/iir (iourai (au nord de TAures). — Chapelle •', 
aujourd'hui jjou distincte. Elle semble avoir eu 13 ou 14 mètres 
de longueur. La nef était séparée des bas côtés par des piliers 
quadrangulaires, avec des bases à so(de élevé et des coussinets- 
impostes en forme de tronc de pyramide renversé; sur 1 un 
de ces coussinets est gravé un monogrannne constantinien. Le 
linteau et les montants de la porte d'entrée présentent des 
figures et des ornements, sculptés en relief plat ou gravés : 
un monogramme constantinien (avec Vy. et !"(.)), accompagné 
de deux colond)es ; une autre colombe [)osée sur une cou- 
ronne, etc. 

54" HencJiir CticHU (au nord-ouest de Batua). —Chapelle'', 

1. Le bâtiment (|iii s'élevait à droite de la cliapelle a di"i servir de logement 
ou de réduit délensir. 

2. Graillot et Gsell. Mélanges de l'École de Rome. XIV. 1S94. p. 05 et lig. 20. 

3. Graillot et Gsell. iind., p. 49-aO (conf. Mil, 1803, pi. N, fig. :; et 6). 

4. Gsell, Reclicrclies archéologiques en Algérie^ p. llS-9, fig. 9. 



ÉDIFICES DL' CLLTE CHRÉTIEN 201 

mal conservée. La forme est exactement rectangulaire ; lon- 
gueur 17", 02, largeur 9"',3t». A l'intérieur, deux colonnades 
(bases attiques à socle élevé). L'espace réservé au clergé 
semble avoir été rectangulaire et avoir occupé toute la largeur 
de l'édifice, sur une profondeur de 4'", 30; un mur le limitait 
par devant. 

55" (riu'lnia [Calamn). — La l)asilique de Calama est men- 
tionnée par saint Augustin, en 408'. Des païens tentèrent 
alors d'incendier le toit de cet édifice, qui était, [)ar conséquent, 
couvert d'une charpente. — Une relique de saint Etienne, appor- 
tée à Calama, fut placée dans une' chapelle particulière; saint 
Augustin parle des fleurs qui ornaient l'autel'-. 

Il ne reste plus rien d'une église que l'on a retrouvée jadis 
à l'extrémité septentrionale des ruines de la ville antique -^ 
Ravoisié y a fait exécuter quelques fouilles, qui lui ont permis 
de dresser le })lan du monument. Longueur totale 33'", 50, lar- 
geur 15 mètres. En avant de la façade, s'étendait un espace 
rectangulaire, aussi large que l'éghse et profond, entre nun-s, 
de ô"".!"). C'était sans doute un grand vestibule, qui devait être 
couvert d'un toit en appentis. 11 y avait deux colonnades entre 
les vaisseaux intérieurs : Ravoisié a vu en place une base 
attique à socle bas. L'abside, un peu surélevée, était enfermée 
dans un cadre rectiligne et entièrement dégagée : aucune 
sacristie ne la flanquait. Dans cette abside, contre le mur, on 
a trouvé deux bases de colonnes, ou, plus exactement, deux 
chapiteaux doriques, d'époque antérieure, renversés et faisant 

1. Lettre 91, 8. 

2. De cantate Del, 22. 8, 12 et 13. 

3. Ravoisié, Kxploratio», H, p. 33-4; pi. 32, fig. i-j. Delamare, Explora- 
tion, pi. 171, fig. ^\. Grellois, Mémoires de l'Académie de Metz, XXXIII, 
repartie. 1851-2, p. 282. 



202 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

office de bases. Il est donc probable qu'une colonnade était 
appliquée contre la paroi. 

On a découvert ;i Guelma doux pierres sur lesquelles sont 
gravées des inscriptions byzantines, se rapportant l'une et 
l'autre à des reliques déposées sous des autels'. L'une d'elles 
mentionne même la nappe de la table sainte : « Sub hec (sic) 
sac7'os{an)c{l)o belamine altaris s imtmemoriae^ etc . » Ces pierres 
étaient évidemment placées dans des sanctuaires chrétiens, 
auprès de l'autel, mais nous n'avons aucun renseignement sur 
les édifices dans lesquels elles se trouvaient'. 

Dans un autre sanctuaire, situé près de Guelma, M. Lejeune 
a recueilli une inscription, mentionnant aussi des reliques, et, 
à côté, le coffre de marbre qui les contenait : il est de forme 
rectangulaire, avec une cavité cylindrique au fond •''. 

56" Henchir Gxessrria (au nonl de l'Aurës). — Église 
ifif/. 123)^, dont l'abside seule s'élève de plusieurs mètres au- 
dessus du sol ; il y a une quarantaine d'années, le reste de 
l'édifice était mieux conservé qu'aujourd'hui. Longueur 25", 85, 
largeur du front 14'",30. 

Cette basilique était précédée d'un vestibule, qui devait 
avoir une entrée centrale (il n'en subsiste aucune trace), et qui 
présentait, en outre, deux entrées latérales, flanquées de 



1. Corpus, VIII, 17380 (conf. De Rossi, la Cupsella urgenlea africana,p. 32).' 
Bull, des antiquaires de France, 1893, p. 238-241. 

2. Ravoisié (/. c, p. 34; pi. 32, fig. 8-10) et Delamare [L c, pi. 171, fig. 7) 
ont publié le plan d'un édifice de Guelma, aujourd'hui détruit, dans lequel le 
premier de ces auteurs a reconnu « un petit temple chrétien ». La chose nous 
paraît fort douteuse. — M. Papier ( Co»ip/e5 lendtis de r Académie d'Hippone., 
1893, p. XLI) mentionne des vestiges d'une basilique ou chapelle, qui auraient 
•été découverts en 1859, à Guelma. 

3. Gsell, Bull. Comité, 1899, p. 451-2. 

4. Berbruggcr, Itevue africaine, Vlil, 186i, p. 19i-7. Graillot et Gsell, Mé- 
langes de l'École de Rome, XIII, 1893, p. 537-;i40, fig. 8 et 9. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



203 



colonnes engagées. Des deux colonnades qui séparaient les 
trois vaisseaux, il ne reste qu'un tronçon de fût, gisant près 
de l'entrée de l'abside. A une hauteur de 4 mètres au-dessus 





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FiG. 123. — Basilique de Guesseria. 



du sol, des corbeaux, grossièrement sculptés, paraissent avoir 
été engagés dans les murs de droite et de gauche : ils ser- 
vaient probablement à porter les entr its du toit de chacun des 



201 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

bas C(Més'. La décoration de ces morceaux d'architecture con- 
siste soit en une grande feuille surmontée d'iui monogramme 
constantinien, soit en une tète de bélier, soit en une sorte de 
lleuron. Le cliunu*, fermé par des phuiues de pierre et des 
piliers, était sans doute dallé; un polit chapiteau d'ordm 
dorique décadent, qu'on a trouvé au lond do cet espace, a pu 
faire partie d'un cihorium^ abritant rautel. L'abside était, 
contre l'usag-e, i)lus basse que la nef : on y descendait i)ar une 
marche; ruuvcrtui'o était rétrécie p;ir deux petits murs, no 
s'élevant sans doute qu'à hauteur d'ajjpui. Dans cette al)side, 
il y avait une mosaïque, déblayée en 1849 par les soins de 
Carbuccia, mais aujourcriiui à peu près détruite; elle présen- 
tait, outre divers ornements floraux et géométriques, \m calice 
llanqué de deux paons, des suites de poissons, enfin une ins- 
cription dédicatoire'-. Adroite et à gauche du prcsb/z/rri/nu, 
(juclques traces de nuirs limitent deux espaces rectangidaires, 
})lus larges que les bas côtés voisins : il est possible qu'ils aient 
été divisés l'un et l'autre en deux salles. 

Un petit l)àtiment, situé au nord-est de cette basiliipie, a été 
pris à tort i;our un fortin : c'était une chapelle, ou peut-être 
même un baptistère ; on ne l'a pas fouillé. Il jnesure 10™, 85 de 
long sur T"",!!) de lai'ge. Le nnir de front, bien conservé, est 
en })ierres de taille, ainsi qu'une partie des murs latéraux; le 
reste est en moellons, avec des chaînes. L'édifice s'arrondit à 
l'est en forme d'abside. L'entrée était latérale (;i droite). 

57° Hfmhir el Gt/esserift (au nord-ouest de Batna). — 
Eglise-', dont le plan n'est plus net. Fûts de coloimes, bases 

1. C'est ainsi, semble-t-il, qu'il faut comprendre les indications peu nettes 
de Berbrugger (/. c. p. 195;. 

2. Corpus, VIII, 2:?33. Conf. Guyon, loyaç/e iVAlç/er aux Zihan, p. 128. 

3. Graillot et Gseli, Mélaïu/es de l'École de Home, .\IV, 1804, p. .'iSe et fig. 32. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 205 

attiques à socle élevé, chapiteaux k bandes superposées, débris 
de clôture de chœur, etc. C'est peut-être dans cette ruine qu'on 
a trouvé une pierre (pro])ablement un montant de porte), avec 
rinscriptioni : « H{a)ec porta Dom[ini\ ; ius\^lM inlrabu[nt\. » 

58° Henchir Guessès (au nord de l'Aurës). — Église -, située 
à 300 mètres à l'ouest de la citadelle byzantine ; à peine dis- 
tincte. Longueur 27 mètres environ, largeur 12", 50. La 
façade parait avoir été précédée d'un vestibule. Deux colon- 
nades s'élevaient k l'intérieur (bases attiques k socle élevé, 
chapiteaux k bandes superposées) ; le chœur, profond de i-°',50, 
était clos par des dalles et dos piliers ; au fond, il y avait pro- 
bablement une abside, flanquée de deux sacristies. 

59' Henchir Guessès. — Chapelle -^ située au nord de la 
citadelle l)yzantine et, autant qu'il semble, dans un petit cime- 
tière. Longueur 7", 80, largeur 7 mètres. L'intérieur devait 
être divisé on trois vaisseaux par deux rangées de piliers, 
surmontés de coussinets en forme de tronc de pyramide ren- 
versé. L'une de ces impostes offre une inscription, pi-esque 
effacée, qui rappelait sans doute les libéralités d'un donateur^. 
Trois autres coussinets, employés près de Ik, dans un mur 
byzantin, peuvent provenir du même sanctuaire ; l'un deux 
porte un monogramme constantinien, un second l'inscription ^ : 
« Siffini{m) cristian{um) et nomina martwni{m). » La chapelle 
aurait donc été une memoria de martyrs. Elle était peut-être 
teruiinée k l'est par une abside. 

60'' Klierhet Guidra [Sertei, au nurd-ouest de Sétifj. — 

1. Corpus, \\\U 10863 = ]^:;b2. 

2. Graillot et Gsell, l. c, p. 55. 

3. Graillot et Gsell, i/nd.. p. 52-3. 

4. Corpus. VIII, nSOt). Mélaiifjes de l'École de Rome, l. c. p. 53, n. 2. 

5. Corpus. VIII, 2334. .Mélanges, p. 53, n. 1. 



206 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

Église [fi(j. 124)*, située sur une colline dominant la ville 
antique et en dehors de l'enceinte. Elle a été fouillée en partie 
par MM. Brochin et Gsell. Cet édifice est très ruiné; actuel- 
lement, les murs ne s'élèvent pas à plus do 1°,10 au-dessus 
du sol. Longueur 37"^, 40, largeur 18'",20. 

Je n'ai constaté, par devant, aucune trace certaine d'un 
atrium, (pie le plan de M. Brochin parait indiquer. Mais on 
distingue des restes d'un vestibule. A, profond de 4"", 15. Les 
quatre angles de l'église ~ sont construits en pierres de taille et 
ornés d'antes, ii base moulurée et chapiteau très simple. La 
façade présente trois portes, correspondant aux trois vaisseaux. 
Ceux-ci étaient séparés par deux colonnades, dont quelques 
bases (de type attique, à socle élevé) ont été trouvées en 
place ; nous avons aussi recueilli plusieurs chapiteaux, les uns 
d'ordre dorique, les autres à bandes superposées. Un mur, B, 
coupe toute l'éghse, à 9", 80 en arrière delà façade; il est bâti 
en pierres de polit appareil et ne dépasse pas actuellement 
O^jSô de hauteur. Comme la façade, il est percé de trois 
portes. Celle du milieu, qui pouvait être fermée par une grille ■^j 
était précédée d'une sorte de porche rectangulaire, C, constitué 
en avant par deux colonnettes et pavé d'une mosaïque orne- 
mentale. Ce mur transversal et ce porche pourraient être des 
aménagements postérieurs à la construction de la basilique. 

A 7™, 60 en arrière dudit mur, s'étend un grand enclos rec- 
tangulaire, D, occupant toute la largeur do la nef centrale et 
profond de 5"°, 80. A droite et à gauche, il est bordé par des 

1. Brochin, Bull. Comité, 1888, p. 426-429 et pL XIII. Gsell, Mélanges 
(i. B. De Hossi, publiés par l'École française de Borne {[892], p. 34o-3u8, ûg. 1-10. 
Kraus, Gescfiiclile der chrisilichen Kunst, I, p. 338, ûg. 271. 

2. L'angle oriental est aujourd'hui détruit. 

•î. Il en était sans doute de même des deux autres portes. 



EDIFICES DU CULTE CHRETIEN 



207 



murettes en pierres détaille, sur le devant et au fond, par une 
bande saillante, qui 
devait être surmon- 
tée d'une grille ; il y 
avait, au milieu de 
ces deux faces, de 
petites portes, conte- 
nues entre des mon- 
tants en pierre. Cet 
espace est couvert 
d'une couche do mor- 
tier, qui dépasse de 
0",10 le niveau du 
sol environnant. 
C'était sans doute 
là que s'élevait l'au- 
tel. 

Le fond des deux 
bas côtés est pavé 
de mosaïques. A 
droite, un tableau 
rectançfulaire offre 
des poissons divers, 
deux paons et des 
oiseaux dans un jar- 
din en Heurs, enfin 
une dédicacé. Les 
épitaphes de deux 




O 1 X 3 Jk s 



FiG. 124. 



Basilique de Kherbet Guidra. 

femmes et l'image en pied de l'une d'elles sont tracées à gauche ' 

1. Cette mosaïque est aujourd'hui presque entièrement détruite. 



208 LES .MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉltlE 

les dates indiquées correspondent ;nix années 444 et 407 de 
notre ère. 

L'abside est surélevée de O^jOS : on y montait par un esca- 
lier de trois ou quatre marches. A droite, une salle, plus basse 
que le jwesbijferiiirn^ communique avec le l)as coté voisin par 
une petite l)aie, précédée d'un escalier de doux marches : 
c'était la salle pour les offrandes. A gauche, se trouve une 
autre chambre [diaconicvm], qui n'a })as de porte sur le colla- 
téral. Elle atteint le niveau do l'abside, avec laquelle elle com- 
muniquait certainement. 

Cette basihque date, au plus tard, de la première moitié du 
v^ siècle, comme le prouvent les épitaphes signalées plus haut. 
Elle a été détruite par le feu, 

61" El Uamict [Ad Penlices, région de Sétif). — Église', 
non fouillée, dont les murs ne dépassent guère le sol. mais 
dont le plan est net {fi(/. 125). Longueur (sans le porche) 37", 90, 
largeur 21 "",75. 

Elle était précédée d'un porche qui occupait presque toute 
la largeur du front et qui était constitué par deux rangées 
parallèles de piliers, les uns ad(jssés au mur de façade, les 
autres placés en face, ;i 2", 20 des premiers. En avant même 
de ce portique, on distingue les restes d'une sorte de vestibule 
rectangulaire, profond de 7"", 60, large do 7", 30, dont les deux 
côtés longs semblent avoir été formés par des murs pleins et 
dont le front présentait deux piliers, dressés entre les extré- 
mités de ces deux nuu's. Ce vestibule est probablement une 
addition au plan primitif. 

La façade de la basilique ne présente qu'une seule porte, 

1. Gsell, Recherches archéolof/ujues en Algérie, p. 232-4 et flg. 18. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



209 



au milieu. A 
rintérieur, il y 
avait deux co- 
lonnades (quel- 
ques bases, à 
socle bas et à 
moulures rudi- 
mentaires, sont 
encore en 
place ; chapi- 
teau à bandes 
superposées). 
L'abside était 
flanquée de 
deux sacris- 
ties, qui ne 
G m m u n i - 
quai eut pas , 
semble-t -il . 
avec elle, mais 
qui avaient sans 
(1 u t e une 
porte donnant 
sur le bas côté. 
62° Henchir 
ei Hammam (au 
sud de Gnel- 
ma). — Église 1, 




m 



ViG. 123. 

Basilique 
d'El Haïuiet. 



■ 




I 




O f 3 3 -i^ 

I I i I 



1. Mentionnée par Bernelle. Recelé Const., XXVII, 1892, p. 91, et Revue afr 
caine, XXXVl, 1892, p. 344. 



II. 



1^ 



:210 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

très ruinée ; Bcrnelle y a fait quelques fouilles. L'abside est 
en pierres de taille, fort mal agencées; le reste de l'édifice, 
on blocage avec chaînes, suivant l'usage. Longueur totale 
29", JO, largeur li'",35. Orientation sud-est. En avant, s'éten- 
dait un Testil)nlo, de même largeur que la façade et profond 
de 2", 50. La nef est large de 6"\15, le collatéral de droite 
de 2™, 90, celui do gauche de 3", 30. Ces trois vaisseaux 
étaient séparés par des piliers, qui se dressaient à des distances 
inégales et que coift'aient des coussinets en forme de pyramide 
tronquée renversée. L'absitle, profonde de 5'", 30, est surhaus- 
sée; le mur (pii l'enferme parait avoir été rectangulaire au 
dehors. Sous le sol de cet espace, ont été disposés transver- 
salement sept ou huit sarcophages en pierre : ils sont orientés 
tête à l'ouest. A droite, traces d'une sacristie, (pii communi- 
quait avec l'extérieur; je ne saurais dire s'il y avait une autre 
salle à gauche. Tn fut de colonne, qui git au fond de la nef, a 
pu flanquer l'ouverture de ral)side, ou bien faire partie d'un 
ciboi'ium. A côté, nous avons trouvé un cippe quadrangulaire, 
place sans doute auprès do l'autel ; on y lit cette inscription, 
accompagnée d'un monogramme constantinien ' : <( Iti C(/i)rlsto 
persévères,! Palcr dal p(uie[ni). » 

63° Henclùr cl Hanunant. — Chapelle, située à 10 mètres 
de cette église, à l'est. Elle est en fort mauvais état. Lon- 
gueur 22", 30, largeur 12", 80. Orientaliun nord-est. 11 y avait 
sans doute une porte au milieu de la façade; deux autres s'ou- 
vraient dans les murs latéraux. A l'intérieur, des piliers sépa- 
raient les trois vaisseaux. Le mur de l'abside forme une saillie 
courbe à l'extérieur ; l'ouverture était flanquée de deux demi- 
colonnes. Une petite sacristie carrée se distingue ;i droite de 
1. llaU. Coii>il(\ tS'.H;. p. l'.ii, n" 110. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



211 



cette abside; on ne reconnaît aucune trace de salle à gauche. 

64° Hammam Ri fj lia [Aquac Calidat'^ département d'Alger). 
— Berbrugger' y a vu u un monument qui a la forme d'une 
église » ; je ne l'ai pas retrouvé. 
La façade, qui regardait 
l'ouest, avait environ 1 i- mètres 
de largeur. D'après les indi- 
cations de Berbruggcr, il y 
aurait eu, du côté de l'est, 
deux ailes, sans doute des 
sacristies, faisant une saillie 
de 3 mètres à droite et à 
gaucho. Le mur de fond do 
rédiflce aurait ainsi mesuré 
20 mètres : il était interrompu 
par une abside, en partie déga- 
gée, qui avait G mètres de 
large. 

65° Ha>is.naoiia (région de 
Bordj bon Aréridjj. — Église 
\fifj. 126)"^, non fouillée, dont 
les murs ne dépassent guère le 
sol. Longueur totale 3i",20, 
largeur 13°',()0. Un vestibule, 
occupant toute la largeur de 
la façade et profond de 3"", 90, 




FiG. 120. — Basilique d'flassnaoua. 



présente une large porte sur le devant. La basilique elle-même 
n'a qu'une seule entrée, au milieu du front. Les deux colon- 



1. Revue africaine, YIII, i86i, p. 330. 

2. Gsell, Recherches archéolorjiques en Algérie, p. 286 et fig. 103. 



212 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

nades intérieures présentent ceci de remarquable que les sup- 
ports séparant les deux dernières travées, du côté de la façade 
comme du côté de Tabside, sont des piliers octogonaux, et non 
pas des fûts arrondis. Une base attique à socle haut est en 
place dans la colonnade de gauche. Au fond, abside flanquée 
de deux sacristies de dimensions inégales ; ces trois salles sont 
plus élevées que le reste de l'édifice. 

60° Hippone. — C'est sans raison valable que Ton a voulu 
retrouver des sanctuaires chrétiens dans diverses ruines d'Hip- 
pono'. Mais saint Augustin indique plusieurs basiliques et 
chapelles qui s'élevaient en ce lieu ou dans le voisinage. Il 
mentionne à Hippone même : 

a) La liaailica maior" ou basilica PacisK Elle avait une 
abside, à laquelle on montait par des degrés^. Un concile fut 
tenu, en 393, dans le secretarium de cette basilique ^ Une 
chapelle de saint Etienne'' formait un bâtiment distinct, à côté 

1. Crternes, regardées comme étant le couvent de Saint-Augustin (voir plus 
haut, tome I, p. 263, n. 1). Thermes, appelés par les indigènes Glisia (église), 
par les Français Basilique de la Paix (voir ibiiL, p. -230}. — On a découvert, il y 
a près de soixante ans, aux marabouts de Sidi Ali el Attab, de Lala Kroufa 
et de Sidi Guerni. une mosaïque ornementale, appartenant à un édifice où 
étaient employées des colonues de marbre blanc (Dupuch, Essai sur râlf/érie 
chrétienne, p. 43 ; Amati, Via;jr/io di Milano in Africa. p. 411-2). Rien n'ap- 
puie l'hypothèse de Dupuch. qui iilenlifie cette ruine avec la chapelle des 
vingt martyrs. — Vers le milieu du xvu' siècle, un religieux français parle 
d'une église d'ilippone, dont il ne serait resté que « la coquille du maistre 
autel » ; on y aurait trouvé « deux corps inhumés en une mesme fosse, il y 
« avait unze-à douze cens ans, comme il paraissait par leur épitaphe » (voir 
Utron de Villefosse et Papier, Comptes rendus de l'Académie d" Hippone, 1893, 
p. xxiu). 11 n'y a sans doute rien à tirer de cette indication. 

2. Sermon 325, fin. Conf. Sermon 2.')8. 

3. Lettre 213, début. 

4. De ciritale Dei. 22, S, 22. Conf. Sermon 323, \. 

5. Mansi, Collectio conciliorum, III, p. 8.jO ; 1\^ p. 481. 

6. De civ. Dei, t. c. : « ecclesiam el in eu memoriam ç/loriosissimi Stephani ». 
Conf. encore, pour cette chapelle, Sermon 3'i6 (ch. 7) et Sermon 318. Elle fut 
consacrée en 424. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 213 

de l'église K Sur la voûte de cette annexe, saint Augustin avait 
fait tracer quatre vers résumant Thistoire du protomartvr-, 
dont une relique était déposée sous l'auteP. 

b) La basilica Leontiana'', fondée par Leontius, évêque 
d'Hippone et martyr^. Ce personnage, qui était honoré par les 
donatistes aussi bien que par les catholiques", périt dans le 
cours du m" siècle ou au connnencement du Iv^ Un concile 
fut tenu dans cette église en 427'. 

c) La basilique des donatistes^. 

d) La basilique des huit martyrs, basilica ad octo martyres, 
que saint Augustin fit construire^. 

e) La chapelle des vingt martyrs : « Ad viginti martyres, 
quorum memoria apud nos celeherrima... ^^. )i 

f) La chapelle de saint Théogène, martyr, « memoria 
sancti Theogenis^^ ». 

Aux environs (rHippone, saint Augustin indique : 



1. Cela ressort du récit de saint Augustin {De civ. Dei, l. c), et, en particu- 
lier, de ce passage : « ingressi sunt cuin illa in basilica in qua eramus, addu- 
« centes eani sanam de martyris loco. » 

2. Sermon 319, fin : « Leffite quatuor versus, quos in cella scripsimus... Non 
« opus est ut quaeratur codex : caméra illa codex vester sit ». Cette voûte était 
peut-être celle de l'abside de la chapelle. 

3. De civ. Dei, l. c. Il y est question des cancelli du martyrium.Ces cancelli 
devaient être soit une clôture qui entourait le lieu où l'autel s'élevait, soit 
une grille qui fermait la fenestella confessionis, dans le soubassement de 
l'autel. — Conf. Sermon 318. 

4. Sermons 260 et 262. 

5. Sermon 262. 

6. Lettre 29, 11 (conf. le titre de celte lettre). 

7. Mansi, Coll. concil., IV, p. 539. Morcelli, Africa ckristiana, 111, 
p. 123, 

8. Lettre 29, 11. 

9. Sermon 336, 10. 

10. De civ. Dei, 22, 8, 9. Conf. Sermons 148 et 325. 

11. Sermon 273, 7. 



214 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉHIE 

{f) Une chapelle de martyrs, « mcmoria marlyrum^ » sur un 
domaine privé, situé dans la banlieue de la ville'. 

h) Une chapelle de saint Gervais et de saint Protais, élevée 
aussi dans une propriété privée, à une trentaine de milles 
d'Hippone [Victnriana villa)'-. Saint Augustin mentionne 
l'autel. 

i) Un oratoire, « orationiim loctis », contenant de la terre 
du Saint-Sépulcre, sur un domaine privé, ;i Fussala, à 40 milles 
d'Hippone'^. 

J) Une l)asilique, " l/asilica »^ à Has/ia ; les circoncellions 
détruisirent l'autel de ce sanctuaire^. 

/.) Une église, « ecclesia », contenant une relique de saint 
Etienne, à Ainluji/s, sur un domaine^. 

07° Kherbct cl Kchira (région de Sétif). — Église", très mal 
conservée et non fouillée. Longueur 30 mètres, largeur 13™, 50. 
On distingue des restes d'un vestibule, profond de 2^,40, qui 
occupait toute la largeur do la façade. 11 ne subsiste rien des 
colonnades intérieures. Le chœur, qui avait G"", 00 de profon- 
deur, était fermé par une clôture de dalles et de petits piliers. 
Le mur de l'aliside forme une saillie courbe au dehors ; il n'y 
a pas trace de sacristies. 

G8° Khamusa [Tlnihursiciim Numidarum). — Chapelle 
[fig. 127)^, sans doute byzantine, située entre le Ksar el 

1. De civ. Dei, 22, 8, 1!). 

2. I/>i,l., 22, 8, 7. 

3. ]/jid., 22, 8, 6. 

4. Lellre 29. 12. 

5. De civ. Dei, 22. 8, lo. Dans sa leltrc 139 (chap. 2}, le saint parle de 
diverses hasilicpiesconstriiiles surdes domaines privés dansla région d'Hippone. 

6. Poulie, I{ec. de l'unsl.. XVI, 1873-4. p. 443. Gsell, Reche relies archéolofjiques 
en Alijérie, p. 222, fig. 70. 

7. Chabassière, liée, de ConsL. X. 1SG6. [). 120: pi. V, (ig. 3. Dielil, Xoiivelles 
Avcliiveft des Missions. IV, 1S!I3. p. 3G.ï. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



215 



Kébir (fortiu construit par les Byzantins) et remplacement 
probable du forum i qui a été entouré d'une enceinte 1)\ zantine). 
Elle est en assez bon état ; seules, les parties hautes 
manquent. Les murs, épais de 1",30 à 1",50, sont formés de 
deux parements en pierres de taille, avec des moellons dans 
l'intervalle. Longueur lô'", 10, largeur 12'", 20. La porte, large 
seulement de 0",85, est sur le côté droit. A l'intérieur, il y a 
deux rangées de piliers, que surmontaient des arcades. L'abside, 




FiG. 127. — Chapelle de Khaniissa. 



enfermée dans un cadre rectiligne, est flanquée de deux sacris- 
ties ; celle de gauche présente un renfoncement à sommet 
cintré, qui devait servir d'armoire. La solidité des murs et 
l'étroitesse de la porte font croire à M. Diehl (jue ce sanctuaire 
a été intentionnellement fortifié. Mais ces parois si épaisses 



216 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

étaient peut-être destinées à porter des voûtes, jetées, sinon 
sur l'ensemble de rédifice, du moins sur les bas côtés. 

69° Kherha (près deDuperré, vallée du Chélif). — Chapelle •, 
dont on n"a retrouvé que quelques vestiges. Je signalerai, en 
particulier, une clef d'arcade, avec le monogramme constanti- 
nien, et une dalle en pierre calcaire, longue de i'",25, large 
de 1",12, épaisse de O^jlS, qui était sans doute une table 
d'autel. Elle porte une inscription'^, indiquant que des fidèles 
placèrent dans cette chapelle, « in hoc tahernaculo », des 
reliques de saint Pierre et de saint Paul. 

70° Kherba[Tigava mwiicipium^ dans la vallée du Chélif). 
— Église-^ Le cardinal Lavigerie a fait fouiller à Tigava une 
basilique dont je n'ai pas pu reconnaître remplacement. Les 
morceaux d'architecture les plus intéressants ont été trans- 
portés au nnisée de Saint-Louis de Carthage : ce sont des 
chapiteaux à fouilles non découpées, de forme massive ; dans 
plusieurs, le corps môme du chapiteau forme huit pans sous le 
tailloir carré. On a recueilli aussi, dans ces fouilles, une plaque 
de pierre avec l'inscription'* : « Hic pax aeterna nwratur », 
accompagnée d'un monogramme constantinien. Sur un panneau 
octogonal en mosaïque, également transporté à Carthage, se 
lisent ces deux vers '• : 

• « Tu modo, Frumenti, domito virhile relielli, 
« Respicis ac reparas dumis contecta lavacra. » 

1. Reisser, Bull. tVOran, 1898, p. 206, n. 2 et p. 214 (débris provenant de cette 
ruine de Kherba, et non de la Kherba qui s'appelait dans l'antiquité Tigava). 

2. De Rossi, la Capsella ari)enlea africana. p. 30. 

.3. La Blanchère, Bull, de correspondance africaine, I, 1882, p. 23. Toulotte, 
Géofjraphie de l'Afrique chrétienne, Maure'lanies, p. 160. Reisser, Bull.d'Oran, 
1898, p. 212-3. 

4. Corpus, VI il, 10947. 

u. Ibid., 10940. 



ÉDIFLCES DU CULTE CHKÉTIEN 217 

Les mots « domito virtute rehelli » font peut-être allusion 
à la révolte cleFirmus (372 environ — 375 après Jésus-Christ). 
Ce débris de pavement peut provenir d'un baptistère-. 

71° Ksar Sbéhi {Gadiaufala^région d'AïnBeïda). — Église, 
située à l'extrémité occidentale des ruines. On ne voit plus que 
des traces de murs. Longueur 25 mètres, largeur 12 mètres. 
La nef était séparée des bas côtés par deux rangées de piliers- 
carrés, que surmontaient des coussinets-impostes en forme de 
tronc de pyramide renversé. Sur l'un de ces coussinets est 
gravé un monogramme constantinien, avec l'a et \\o. L'abside 
fait une saillie courbe à l'extérieur et repose sur un mur de 
soutènement. Il y avait probablement de chaque côté une 
sacristie, moins profonde que cette abside. 

71° *'■' Ksar Ta/a ou Ksar Roumi (à 4 kilomètres au sud-ost 
de Bordj Ménaïel, dans la KabyUe occidentale). — Église^, dont 
le plan n'est plus distinct. La nef était limitée par des colonnes, 
qui portaient des arcades en pierres de taille. Certains fûts 
sont cylindriques, selon l'usage; la section des autres présente- 
deux demi-cercles adossés à une partie rectangulaire : c'étaient 
en réahté, deux colonnes engagées dans un pilier. Les chapi- 
teaux, lourds et grossiers, sont d'ordre ionique. 

72° Henchir cl Ksour (à 3 kilomètres àrouest-nord-ouest de 
Tébessa). — Chapelle, déjà fort mal conservée à l'époque oii elle 
fut fouillée par M. Larges'^. Elle a aujourd'hui disparu et il ne 
reste que quelques vestiges de l'enceinte qui l'entourait. Lon- 
gueur 20"", iU, largeur 7'%25. En avant, un vestibule, profond 
de 2"", 60, s'ouvrait par une porte centrale, que flanquaient 

1. La chose, il est vrai, n'est nullement certaine. Il s'agit peut-être simple- 
ment dun établissement de bains. 

2. Viré, Rec. de Const., XXXII, 18!)8, p. 4o. 

3. bull. de l'Académie dllippone, XVII, 1881, p. 13-22, pi. IH-VI. 



218 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉUIE 

deux colonnes. Une baie, disposée de môme, donnait accès 
à la chapelle proprement dite. Celle-ci n'avait qu'une seule nef, 
dallée. Elle se terminait par un mur senù-circulaire ', qui for- 
mait une abside de 3", 60 de profondeur, pavée d'une mosaïque 
composée de cubes de briques. La clef de l'arc de tête était 
ornée de deux monogrammes constantiniens (avec l'a et l'o)). 
En avant de l'abside, le chœur occupait un ('sj)ace profond de 
3", iO, qu'un cancel séparait probablement du reste de la nef. On 
y amis au jour le soubassement do l'autel, long de 3"\20, large 
de 1'",. "30, en pierres de taille; celles des angles «présentaient, 
« dit M. Farges, des cavités carrées, dans lesquelles devaient 
<( être encastrés les piliers supportant le ciboriurn ; celles du 
« uiilieLi, crousées à 0°',05 de profondeur, renfermaient des 
<( panneaux en mosaïque, formant une série de torsades ». 

Une sépulture placée en travers de la nef, devant cet autel, 
contenait le corps d'un jenne chrétien, Donatus, comme l'in- 
dique l'épitaphe gravée sur la pierre tondialc (avec le mono- 
grannne constantinion et l'a et l'o))*. 

Le monument qne nous venons de décrire était entouré d'une 
enceinte rectangulaire, longue de 22™, 50, large de 14, faite 
de matériaux divers, enceinte qui parait dater d'une époque 
plus récente. Elle avait deux })ortes, l'une ;i rouost, devant le 
vestilAde, l'autre au sud. Deux fragnjcnts dune inscription 
bj'zantine'', nommant l'empereur Héraclius, ont été recueillis à 



1. Le plan de M. Farges paraît indiquer dans ce mur une série d'ouvertures 
rectangulaires, .le crois que ces prétendues ouvertures correspondent aux 
l)arlies qui avaient été construites en moellons et qui s'étaient écroulées, 
tandis que les chaînes en pierres de taille demeuraient debout. 11 ne faut pas 
les prendre ])Our des piliers isolés, comme l'a fait IJytrek, llull. di arvhco- 
lof/ia cristiaiui, 1882, p. 101-2 (conf. ibid.. 1880, p. 1.jO}. 

2. Corpus, VIII, 16738. 

3. Corpus, 10G8l-lÛfi82 = 10727. 



ÉDIFICES DL" CULTE CHRÉTIEN 219 

côté de la seconde entrée. M. Farges suppose (qu'ils faisaient 
partie d'un arceau, placé au-dessus de la porte; mais la chose 
n'est pas certaine. 

73° Lambèse. — On a trouvé à Lambèso, au pied du temple 
du Capitole, une plaque de marbre incomplète, portant une ins- 
cription chrétienne, dédicace d'un sanctuaire ^ C'est peut-être 
à cet édifice qu'ont appartenu des fragments de linteaux, 
décorés de signa Christl ^monogrammes constantiniens avec 
l'a et l'oj; croix monogrammatique)'^ : nous savons avec cer- 
titude que lim d'eux a été découvert auprès du même temple-^. 

74" Lambèse. — Chapelle % située à 1.500 mètres à l'est du 
camp, dans un cimetière [fig. 1"28). Elle est d'une fort mau- 
vaise construction et mal conservée ; M. iJesnier Ta fouillée 
en 189S. Longueur 2) mètres; largeur 11", 75 par devant, 
12™, 50 par derrière. Une porte s'ouvre au milieu de la façade. 
Les trois vaisseaux étaient séparés par des colonnes"', dont la 
j)lupart des bases no sont plus on place. Ces bases ont été 
prises ailleurs, ainsi que les chapiteaux, d'ordre corinthien 
décadent. Un large escalier conduisait à l'abside, qui était 
dallée, au moins sur le devant. A droite et à gauche, des 
sacristies paraissent avoir communiqué avec \e presbytcrium ; 
en l'état actuel, un ne distingue pas de portes sur les bas 
côtés. 

Sous le sol de cette chapelle, M. Bosnier a rencontré un 
grand nombre de tombes, en très mauvais état. Il est difficile 

1. Corpus, VIII.- 1S18S 'conf. Poulie, Rec. de Const., XXil. 1S82, p. 400). 

2. Beury, liée, de Consl.. XXVilI, 180.3. p. 101 et planche à la p. 1U2. lig. 1. 
Cfignat, Musée de Ldinhèse. [i. 78 : pi. \'ll. lig. 4 et 5. 

o. Beury, /. c. 

4. ]iesm(iv, Méhuvjes de lEcole de no>,a\\\V\\. 1808. p. 470-480. Wieland, 
Ein AusfliKj iiis altclirisliiclie .\f)ika. p. 137-141. 
.'). Il y avait au^si un on [liusieurs [liliers. 



220 



Li:S MONUMENTS ANTIQUES DE L ALfiÉKIE 



de dire si elles sont antérieures ou postérieures à la construc- 
tion du monument : la première hypothèse est plus vraisem- 
Itlablo'. An miUcu de l'abside, deux tombeaux continus, cons- 




O t * 3 * s 



FiG. 128. — Chapelle de Lanibèse. 



truits en briques, contenaient encore deux squelettes, la tète 
tournée vers l'esl . I/autel était placé au-dessus de cette double 

1. On a trouvé des lampes païennes au milieu des ossements épars (Besnier, 
l. c, p. 474). 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 221 

sépulture, comme l'attestent deux bases de colonnes, débris 
d'un ciborium. Il est probable que les personnages déposés en 
ce lieu étaient des martyrs i, sur les tombes desquels on éleva 
la chapelle. 

A une très basse époque, l'intérieur de l'édifice subit divers 
remaniements, qui eurent sans doute pour objet d'y établir des 
habitations '^ 

75" K/iei'bct cl Ma el Abiod (entre Constantine et Sétif). — 
Pierre rectangulaire (0™, 55 X0'",42 X0'°,20), qui a été cer- 
tainement placée dans le soubassement d'un autel, ou tout 
auprès. L'inscription qu'elle porte date de l'année 474 après 
Jésus-Christ et énumère des reliques de plusieurs martyrs et 
de la Croix -^ 

76" Henchir Mafouna [Lamsorfinii^ à l'ouest de Batna). — 
Église'*, dont les ruines sont peu distinctes. Longueur 35°", 25, 
largeur 14™, 65. Deux colonnades ; abside surélevée, flanquée à 
gauche d'une sacristie. 

77° Henc/iir Mdltfadia (région do Khenchcla). — Pierre, 
placée sans doute à l'entrée d'un sanctuaire. L'inscription sui- 
vante y est gravée au milieu de motifs ornementaux^ : « I[n) 
n{omine) Patri[s) Domini Dei, qui est Sermo/ie {sic), Donattis 
et Navigiiis feci'ninf, Cedienses peckatores. » 

78° Khevbct el Malirab (entre Sétif et Batna). — Église 6, 
située à l'ouest de la ville antique; non fouillée et mal consor- 

1. Rien n'autorise à leur donner les noms de Liicianus et de Félix, hypo- 
thèse émise dans le Niiovo bullettino di arclteologia cristiana, IV, 1898, 
p. 212-8. 

2. Nous ne les avons pas indiqués sur notre plan. 

3. Gagnai, Bt/ll. Comité, 1895, p. 319. 

4. Gsell, Recherches archéologiques en Algérie, p. 103-î. 
.5. Corpus, VU], 2309 = 17759. 

6. Gsell, ibid., p. 213, 214-6 ; fig. 60-62. 



222 LES MOM'MEiNTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

véc. Longueur 32", "20, largeur 1 i"',30. Les deux colonnades 
intérieures ont des bases attiquos h socle élevé et des chapiteaux 
à bandes superposées. Des dalles et des piliers constituent la 
clôture du chœur, profond de 5 mètres. L'abside forme une 
saillie courbe au dehors. L'ouverture était flanquée de deux 
colonnes (bases attiques à socle bas). En outre, d'autres 
colonnes, courtes et massives, faisaient partie de la décoration 
de cette abside ' : la base, le fût et le chapiteau (à bandes 
superposées) y sont taillés dans une seule pierre; le fût est 
orné de deux plates-bandes saillantes, disposées verticale- 
ment; la hauteur totale est seulement de r",58. On ne distingue 
pas de traces de sacristies à droite et à gauche du proshytc- 
rium. Mais, contre le mur de droite et près de la façade, était 
apphquée une grande salle rectangulaire (6"',5<.> X i",80), qui 
communiquait par des portes avec l'église et avec le dehors. 

79" Mali fou [liifsgimiae, prés d'Alger). — P^glise"^, située 
dans la partie septentrionale de la ville antique ifir/. 129, 
d'après M. Chardon). Il ne reste })lus que le bas des murs, la 
])lnpart des matériaux ayant été emportés })ar les Turcs, pour 
servir à leurs bâtisses d'Alger. Cette ruine a été fouillée 
en 190Upar M. Chardon. 

Sous la mosaïque qui décore le sol de l'édifice, on a décou- 
vert, çà et là, des vestiges de constructions plus anciennes : 
en particuher, devant l'abside, une table semi-circulaire, large 
de 1",30, haute de O^'^TO. Bâtie en moellons, elle est revêtue 



1. r.onf jilus haut, j). 140. 

2. Gsell, Comptes renilus de l'Académie des l/iscrij/tio)is, l'JUÛ, p. i8-52. 
Chardon, DiiH. Comité, 1900, p. 129-149; le même, Bull, de la Société de r/éo- 
(jraphie d'Ah/er. 1900. p. i;j7-l.S4. Grandidier, Une basilique chrétienne à Rus- 
r/u>iiae (cxlrait de la Semaine relif/ieuse du diocèse dWlger, I, 1900), Alger, 
Jourdan, iO pages. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 223 

sur sa face supérieure d'une couche de ciment, que limite un 
rebord, et entourée d'un massif qui épouse ses formes, mais 
qui ne s'élève pas aussi haut. On a supposé avec vraisemblance 
que c'était une table d'agapes, qui aurait appartenu à une 
église primitive. 

La liasilique mesure intérieurement 3i",80 de long (sans 
l'abside) et 19 mètres de large. On peut y distinguer au moins 
deux époques. 

A l'origine, il y avait sans doute une porte au milieu de la 
façade. L'intérieur était partagé en trois nefs par doux colon- 
nades, dont les éléments avaient été probablement pris ailleurs 
(on a retrouvé un chapiteau d'ordre corinthien) ; les bases repo- 
saient sur des dés'. L'abside, voûtée en cul de four, était 
étayée en arrière par un puissant contrefort, s'élevant, comme 
le mur même du pre!<bi/teriitm, sur un empattement courbe. 
Dans la voûte, on avait employé des amphores, disposées par 
couches et remplies de pierres, de cailloux et de mortier. 
Deux escaliers latéraux, dont quelques vestiges ont été rele- 
vés, conduisaient de la nef à cette abside, surélevée de 0",95. 
Entre les escaliers, le mur de rebord était orné de plaques de 
marbre et surmonté d'une corniche, empruntée peut-être à un 
édifice plus ancien ; par-dessus se dressait un cancel en marbre. 
A droite et à gaucho du presbijteriunu on voit des traces de 
sacristies. Elles ont été remaniées, et la forme courbe que 
présente leur mur de fond ne date probablement pas de la pre- 
mière époque. Celle de droite atteignait le niveau de l'abside, 
avec laquelle elle communiquait par une porte : c'était le d'ia- 

1. Sur le plan, ces dés sont indiqués en noir : ce qui pourrait les faire 
prendre pour des piliers ; il aurait mieux valu les indiquer par les quatre 
côtés d'un carré. 



224 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 



conicum. A gauche, la salle d'offrandes parait avoir été de 
plain-pied avec le collatéral qu'elle prolongeait. 




Fk;. 12i). — Basilique de Matil'ou. 



Les trois vaisseaux et l'abside étaient pavés en mosaïque. 



ÉDIFICES DU CULTE (.IinÉTIEN 225 

Dans les bas côtés, il n'y avait que des motifs ornementaux. 
Dans la nef centrale, on a dégagé, en arrière de la façade, 
quelques restes d'un tableau qui enfermait une inscription 
métrique, probablement la dédicace de l'église. Plus avant, un 
second panneau offre des séries d'imbrications ; un troisième, 
sept lignes superposées de poissons, de langoustes et de coquil- 
lages. Un quatrième tableau est plus important. Il représente 
des montons, des béliers et des chèvres, parmi des plantes et 
des Heurs. Ces animaux sont gardés par deux pasteurs : l'un, 
debout, porte un vase à lait, l'autre, dont la tête est entourée 
d'un nimbe, trait une brebis. Au centre, un agneau blanc nimljé 
est placé sous une hutte en branchages et ilanqué d'un vase. 
Dans un cinquième tableau, qui n'est séparé de l'abside que par 
une suite d'amphores, a été tracée une inscription métrique, 
malheureusement fort endommagée ^ Ces panneaux sont enca- 
drés d'ornements divers. Dans l'abside, on distingue aussi de 
misérables débris d'une mosaïque : au centre, un agneau cou- 
ché ; plus près de la nef, des lambeaux d'une inscription men- 
tionnant l'autel, qui devait être en cet endroit. 

Cette église fut détruite, nous ignorons à quelle époque. On 
la reconstruisit sous la domination bvzantine"-. Les travaux 
furent exécutés, au moins on partie, par les soins de Mauri- 
cius, commandant d'un corps de troupes qui tenait garnison à 
Rusguniae. L'épitaphe d'une de ses filles nous apprend que cet 
officier restaura dans la basihque des constructions tombées 
depuis longtemps : «... qui [a)edlficin cwcunilapsa diii in 
« [h)anc [sic)' s [an) c(l)n hasilica r('s.ia\irmnt. » Les parties de 

1 Le passage... \(}\uae coeunt [la]tere e.v utroque decenle[r]... se rapporte 
peut être aux sacristies. 

2. Les murs et piliers de la seconde époque sont indiqués sur le plan p.ii* 
des diagonales croisées. 

II. 13 



226 LES 3I0KOIENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

murs qui paraissent dater de cette réfection sont d'une maçon- 
nerie beaucoup plus barbare que celles de la première époque. 
Comme on no disposait plus, sans doute, do poutres assez 
longues pour couvrir la nef ja-imitive, large de S^iGU, on la 
réduisit de moific'. On divisa l'église en cinq vaisseaux, que 
séparèrent des })iliers rectangulaires, d'un mètre de long 
sur 0'",50 de large. Ces supports sont i)liis rapprochés les uns 
des autres que les colonnes do la première église. Ils ont été 
posés sinipleirient sur le sol de la mosaïque. Derrière le mur 
de façade, on trouve, au lieu de piliers, les vestiges de deux 
parois pleines. 

La nouvelle église eut des tribunes. M. Chardon a décou- 
vert en effet, dans les angles de la façade et des murs laté- 
raux, des restes en blocage qui ont appartenu à des escaliers. 
Nous ignorons si ces galeries s'étendaient de chaque côté sur 
les deux collatéraux, ou seulement sur le vaisseau le plus 
rapproché de la nef centrale. L'abside fut remaniée : on y 
établit cinq lobes, précédés de colonnes qui provenaient d'édi- 
fices plus anciens, et on orna ces alisidioles de mosaïques 
représentant des conques. Sur la face occidentale de la basi- 
lique, on aménagea une contre-abside. La porte })rinci})ale fut 
alors condamnée et remplacée probableuient par une étroite 
ouverture ; on entra désormais dans l'église par des portes 
latérales, qui pai-aissent avoir été percées près des escaliers 
conduisant aux tribunes. Plusieurs tombeaux ont été trouvés 
dans cette contre-abside. Au centre de la basilique, à une 
dizaine de mètres du pi-c^byffiriinn, une construction barbare, 
faite avec des matériaux disparates, était peut-être uu ambon ; 
elle présente la forme d'un rectangle, arrondi du coté de Test. 
Les deux collatéraux extrêmes contiennent quehpies sépul- 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEiN 227 

iures : à droite, celle du mafjis(er mUitiim Maiiriciiis et deux 
autres; à gauche, celles d'un évêque, Lucius, et de deux 
filles de Mauricius. Les épitaplies sont tracées, pour la plu- 
part, sur des mosaïques recouvrant les tombes. A coté du corps 
de Mauricius, il y avait une fiole en verre. 

Une porte s'ouvraut dans le mur de gauche de Téglise con- 
duit au baptistère, petite salle rectangulaire, qui présente une 
cuve cimentée de même forme, profonde de 0'",G5, entourée 
sans doute de deux degrés. Auprès, on a constaté l'existence 
de quelques autres chambres, très mal conservées. Il y en a 
aussi contre le mur de droite de la basilique. 

Nous no savons pas si c'est dans cette ruine qu'a été 
recueillie jadis une inscription', remontant vraisemblablement 
au IV' siècle ou au début du v", dédicace d'une basilique qui 
contenait une relique de la Croix. 

80" Mdaourouch [Madauri). —Basilique, à l'extrémité nord- 
ouest de la ville antique; en fort mauvais état. Longueur 
28'",50, largeur 12™, 95. Un avant-corps, profond de 4-", 50, 
occupait toute la largeur de la façade ; les murs latéraux do 
ce vestibule étaient jjleins ; quant au front, il a entièrement 
disparu. A l'intérieur, se dressaient deux colonnades : quelques 
fragments de fûts et une base attique gisent à terre. Le bas 
côté droit était un peu plus large que le bas côté gauche 
(3"°, 10 contre 2", 85). En arrière de la nef, traces d'un espace 
carré de 5 mètres d'ouverture et d'environ 5 mètres de profondeur. 

On a exhumé, dans le voisinage immédiat de cette éghse, 
plusieurs tables funéraires chrétiennes qui paraissent anté- 
rieures à l'époque byzantine"^. 

\. Corpus, VII r, 92o.J. 

2. Corpus, VIII, 4762 = 16872; 16907; 'i-i^Z — Dull. Com/Ze, 1896, p. 178, n" :J9. 



228 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

81° Mèchira (au siul-ouest de Constantine). — Dans un 
liameau antique, près d'Ain Méchira, nous avons trouvé un 
pilier portant l'inscription ' : (( Memoria martiiribits. » La cha- 
j)elle indiquée par ce texte est peut-être un édifice de 1 1 mètres 
sur 7, dont les ruines se voient à côté. 

82° Méchira. — Chapelle', dans un village voisin du précé- 
dent. Il ne reste que le bas des murs. Longueur 12 mètres, 
largeur 7", 80. Une porte s'ouvre sur le devant. L'intérieur 
n'offre qu'une seule nef, terminée par une abside, dont un mur 
barre en partie l'ouverture. Contre ce mur est encore appli- 
quée, du côté de la nef, une base do colonne à socle élevé ; 
il en existait évidemment une autre, qui lui faisait pendant. 
Ces deux colonnes ont dû servir simplement à l'ornementation 
du fond de l'édifice. 

83° Méchira. — Chapelle-^, dans la même ruine. Lon- 
gueur '12™, 90, largeur 7", 10. Fragments de fûts, plusieurs 
bases attiques à socle élevé, corbeaux présentant une feuille 
sur leur face. Il est possible qu'il y ait eu à l'intérieur de cette 
chapelle, le long des murs latéraux, une série de colonnes, 
surmontées de ces corbeaux'*. 

84° Mechta el Bir (région de Sétif). — On y a trouvé une 
base de colonne, avec l'inscription"' : « M[e77ioria) s[an)ct{i) 
« Stefatii, fiacta) V id[iis) dec[embres). » De Rossi'' rapporte 



Bull. Comité, 189G, p. 260, n° 148. Gsell, Recherches archéolof/iques en Alrjévle, 
\K 394, n° 627. 
L Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 591. 

2. Ibkl., p. S94, fig. 33. 

3. liid., p. 595. 

4. Conf. plus haut, [t. 151. 

5. Corpus, VIII, 8431. 

6. Bull, di archeolor/ia cristiana. 1878, p. 25. 



ÉDIFICES Dl' CULTE CHRÉTIEN 229 

cette base à un ciborium qui aurait aljrité un autel, contenant 
des reliques de saint Etienne '. 

85° Henchir de la Mechta Si Salah (entre Sétif et Batna). 
— Église-, non fouillée, mal conservée et encombrée de 
ruines plus récentes. Longueur (sans Y atrium), 31"", 40, lar- 
geur, J_16'",85. Eu avant s'étendait, semble-t-il, un atrium, 
dont il ne reste plus que quelques vestiges ; cette cour n'était 
peut-être pas quadrangulaire. La façade de l'édifice était pro- 
balilement percée de trois portes, correspondant aux trois 
vaisseaiix, que séparaient deux colonnades (bases attiques à 
socle élevé). Le chœur, profond de 5™, 50, avait une clôture de 
dalles et de petits piliers. L'abside, qui paraît avoir été suréle- 
vée, est flanquée de deux sacristies, auxquelles sont contiguës 
d'autres salles (une à gauche, une ou deux à droite), débordant 
les murs des bas côtés. 

SG" Henchir Mrijroun. — On a découvert en ce lieu un bloc de 
pierre, mesurant l'",50 de long sur 0'°,92 de haut, échancré de 
manière à former une arcade 3. Outre divers motifs d'ornemen- 
tation, la face présente deux monogrammes constantiniens et 
l'inscription^ : a Memoria tJnrnni Pcfri et Pauli. >> Diverses 
hypothèses ont été émises sur la destination de cette pierre : 
arc de ciltorium-\ dais surmontant un sarcophage 6, autel" 



1. La base en question a pu être placée ailleurs, près de l'autel, par exemple 
à l'entrée de l'abside. 

2. Gsell, Rec/ierches archéologiques en Algérie, p. 118-9, fig. 23 et 24. 

3. De Rossi, Bull, di archeologia crislianu, 1877, p. 97-107 et pi. VHI- 
Uo\lziQger, Die altchrislllche Archilekiur, p. 140.243 (note 2\ 245, fig. 173. 
Schwarze, Unlersuchungen ilber die Entioicklung der afrikanischen Kirche, 
pi. II. Kraus, Geschichte der christlichen Kunst, I, p. 373, fig. 300. 

4. Corpus, YIII, 10693. 

5. De Uossi, l. c. 

6. Holfzinger, /. c. 

7. Schultze, Archàologie der altchrislUchen Kunsf, p. 123. 



230 LES MOMMEMS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

Nous cro^'ons qu'elle était tout simplement placée au-dessus 
d'un linteau, à l'entrée d'une chapelle : les portes surmontées 
de lunettes de décharge semi-circulaires sont fréquentes en 
Afrique ^ 

87° Mefjsitir'id feutre Souk Ahras et Guelma). — Église, peu 
distincte 2. Elle était ornée à rintérieur de C(jlonnes, séparant 
sans doute trois nefs. A côté, un baptistère ; le bassin, de forme 
circulaire, est entouré d'un degré, haut de 0",40, large de 0'", 23. 

88" Henc/iir Mer/oinu (région de Tébessa). — Église'^. Mas- 
queray se contente de dire, au sujet de cet édifice. « On re- 
<( marque des colonnes, encore debout, au pied desquelles 
« gisent des fragments d'arceaux, à demi ensevelis. Trois 
« d'entre eux portent des inscriptions. » De Rossi a restitué 
ainsi les fragments copiés par Masqueray '^ : c I?i tiomine D[o- 
mi]ni €[t Saicatoris..., temp]ore dn[m\ini [Hilderici régis, 

qui Ion fj a]mque persecutionem pa[cd\vit,. . . eclesiam.. . » Si 

l'on admettait ces suppléments, la basilique daterait du règne 
d'Hildéric (523-529), qui mit fin à la longue persécution sup- 
portée par les catholiques d'Afi'ique. On pourrait objecter ce- 
pendant qu'à l'époque d'Hildéric, une grande insécurité régnait 
dans cette région, oîi les indigènes des montagnes voisines 
avaient à peu près réduit à néant la domination vandale : ce 
n'était pas le moment d'y construire des églises. 

ggo6,5 yicsloug (à 10 kilomètres au sud de Sétif). — Pierre, 
qui était certainement placée auprès d'un autel -k Elle mentionne 

1. Conf. en particulier, Dielil, Nouvelles Arclùves ^/es3im(ons, IV, 1893, pl.X; 
le même, VAf'riqite byzantine, pi. VII. 

2. Mougel, Bull, de VAtadémie d'IUppone, XIX, 1883. p. 188-9. Reboiul, 
1\ec. de ConsL, XXII, 1882, p. 100. 

3. Masr(ueray, Revue africaine, XXII, 1818, p. loi. 

4. Corpus, VIII, 1070G. Conf. De Rossi, la Capsella arycidea a/'iieana, p. li. 

5. Gscll. liidl. Comité, 1899, p. 4o4-o. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 231 

des reliques de plusieurs saints, réunies par les soins d'un 
évèque. 

89" Mila [Milevuni). — En i02 et 41G. des conciles catho- 
liques furent tenus « in civitatc Milcfitana, in secretario hasi- 
licae^ii. A la conférence de Carthage de ill. on reprocha à 
l'évêque donatiste de Milève d'avoir détruit quatre basiliques 
catholiques en un seul lieu"' : il est permis do croire que ce 
lieu était précisément Milève. 

90" Hcnchir Milcn au nord do rAurèsi, — Église-'', très 
mal conservée. Longueur •28'", 20, largeur 12'". 30. A l'intérieur, 
deux colonnades. Le chœur, profond de 5"", 30, était clos par 
des dalles emboîtées (Ums de petits piliers. An fond, l'espace 
qui correspond à l'abside usuelle est limité par un mur droit, 
et non arrondi. 11 est flanqué de deux sacristies^. 

91 ° Mormon au nord de Tébessa). — Grande église [firj. 130) ^, 
située au sud de la ville. Elle a été fouillée en 1899 par 
M. Barrv. Les murs s'élèvent à peine au-dessus du sol, mais 
toutes les dispositions de l'édifice se reconnaissent avec net- 
teté. Longueiu' 37", 50, largeur ir>'",80. En avant, il y a un 
vestibule, divisé en trois salles, dont la largeur correspond ;i 
celle des trois vaisseaux de l'église, et dont la profondeur est 
de 3"", 30 (entre mursi. La salle du milieu avait deux entrées 
et communiquait avec les deux pièces latérales, qui ne s'ou- 
vraient pas sur l'extérieur ''. 



1. Mansi, Coll. conclL. IV. p. :J2G et 404. 

2. Actes (le la conférence, 1, 201 (Migae, Palrolugle la/iiie, XI, p. 1339). 

3. Graillot et Gsell, Mélanges de VEcole de Rome, XUI, 18'J3, p. 521, Gg. 5. 

4. Il y avait probablement à Henchir Milen deux autres sanctuaires chré- 
tiens, dont le plan est aujourd'hui indistinct: on reconnaît seulement qu'ils 
avaient des colonnades intérieures {ihid., p. 521-2). 

5. Vars, Rec. de Consl., XXXIII, 1899. p. 395-406. 

6. Conf. plus haut, p. 133. 



232 



LES .AIOMMtNTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 



On pénétrait dans la basilique par trois portes, donnant toutes 
sur la nef centrale, qui est plus vaste que de coutume : elle 




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on 



OB 



OB 




Kici. loO. — Grande Lasilique de Morsott. 



mesure 6°, 60, tandis que les collatéraux n'ont que 3 mètres 
de largeur. Elle était limitée de chaque côté par une rangée 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 233 

de colonnes, en brèche ronge, derrière lesquelles s'élevaient 
des piliers. Les colonnes n'avaient pas de base; elles étaient 
coiffées de chapiteaux corinthiens classiques, pris ailleurs. Les 
piliers étaient probablement surmontés d'arcades, qui portaient 
à leur tour un mur percé de fenêtres. Au-dessus des colonnes 
devaient s'en dresser d'autres, adossées au mur. Le fond de la 
nef est pavé en mosaïque. Trois colonnettes, enfoncées par 
devant, dans un méchant dallage, paraissent avoir appartenu à 
la clôture d'un chœur; mais elles sont assez irrégulièrement dis- 
posées et datent peut-être d'un remaniement. Quatre trous 
creusés dans le sol en avant de l'abside, indiquent la place des 
moutants de l'autel, qui était sans doute en bois. Ils dessinent 
un rectaugle de 2", 79 sur 1",28. 

L'absiile, surélevée d'un mètre, est enfermée dans un cadre 
rectangulaire. On y monte par deux petits escaliers. M. Barry 
a trouvé, à l'intérieur et en avant de cet espace, un grand 
nombre de fragments de plâtres sculptés, qui revêtaient proba- 
blement la voûte et les parois du preshijterium ' : ils offrent 
des ornements très variés. Dans cette même abside gisaient 
trois consoles-, munies d'une queue qui permettait de les 
emboîter. Peut-être coiffaient-elles des pilastres ou des co- 
lonnes, de manière à porter les retombées d'une série do ner- 
vures faisant saillie sur la voûte de l'abside ; peut-être enca- 
draient-elles des niches, terminées en haut par des arcatures 
ou des culs de four. Elles sont décorées de curieux bas-reliefs, 
représentant des motifs végétaux, un pilier, une colonne, un 
calice. Il se pourrait qu'elles aient figuré tout d'abord dans^ 
quelque autre monument chrétien. 



1. Je n'ai pas [)ii étudier ces plâtres, qui ont été expédiés à Constantine. 

2. Gsell. null. Comlle\ 1901. p. lo8-lCl. 



23't LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

L'abside était flanquée de plusieurs salles. Deux d'entre 
elles, placées à l'extrémité des bas côtés, communiquent avec 
ces vaisseaux et avec l'abside. Dans celle de pauche, on a 
recueilli une quantité considéral)le de dél)ris de calices en verre 
C vases à pied élevé, sans anses), qui servaient probablement 
aux agapes •. On ne voit pas oîi se trouvait l'entrée de la salle 
suivante, à gauche (hi preshyteriinn. La salle symétrique, à 
droite, offrait une longue abside, dont l'entrée était encadrée 
par deux pilastres et qui était pavée en mosaïque. 

Par derrière l'église, on voit les ruines du baptistère, petite 
salle avec des fonts rectangulaires (0'°, 93 X 0"',84), entourés 
de deux degrés en pierres de taille. — A gauche de la façade, un 
édifice, s'ouvrant au nord et peut-être précédé d'un vestibule, 
contient quelques tombeaux. 

Des cendres et des charbons, mêlés aux décond)res de la basi- 
lique et de ses annexes, indiquent une destruction par le feu. 

92° Morsoll. — Petite église-, à 60 mètres de la précédente 
au nord; très mal conservée. Elle a été fouillée par M. Barry. 
Longueur 20 mètres, largeur 9"", 20. En avant, on distingue les 
traces d'un vestibule, dont la porte parait avoir été sur un des 
<-otés. A Tintérieur, il y avait deux colonnades; les fûts étaient 
maintenus sur les dés qui les portaient à l'aide de scellements 
on plomb ; les chapiteaux, d'ordre corinthien, ont été empruntés 
il un ou plusieurs édifices de l'époque du Haut Empire. Un cadre 
rectiligne enferme l'abside. Au fond do la nef, un dallage 
•entoure une fosse de 2"", 35 sur 0'",83. M. Barry a trouvé dans 
c-etie cavité un corps d'enfant, défendu par un toit de tuiles. 
A chaque angle, quatre trous marquent l'emplacement dos 

1. Le poids de ces débris dépassait 4 kilogrammes. 

2. Vars, /. c, p. 406-ii3. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 235 

montants de l'autel, qui dcTait être en bois (voir le plan de 
(Irtail donné fi(j. 131). Comme dans la basilique précédente, 
on a découvert, à l'extrémité de la nef et dans l'abside, une 
grande quantité de morceaux de plâtres sculptés, ayant appar- 
tenu les uns à des revêtements, les autres à des cancels. Ils 
présentent des motifs végétaux et géométriques, ainsi que des 
restes d'inscriptions. Des tombeaux ont été rencontrés sur 
divers points du vestil)ule, de la nef, des collatéraux; on en a 
trouvé aussi deux dans Tabside, sur la droite. 11 est impossible 
d'indiquer la date de ces diverses sépultures. 

93° 3/ow:^rtZ«y«//^ (département d'Alger). — Église, dont tout 
vestige a aujourd'hui disparu. Elle a été décrite par Berbrug- 
ger'. La construction était en galets, reliés jiar un mauvais 
mortier. Longueur 20 mètres, largeur 10 mètres. « L'édifice, 
« dit Berbrugger, comprend un vestibule, puis une nef, avec 
« deux bas côtés formés par une double colonnade, et, au fond, 
« une abside inscrite, à l'est, dans l'intérieur du carré, et éle- 
« A'ée au-dessus du sol de la chapelle. » Plusieurs bornes mil- 
liaires ont servi de fûts de colonnes. Au milieu de l'abside, on 
avait enseveli un évèque catholique, tué en l'année 405 de 
notre ère par des indigènes révoltés, comme nous l'apprend 
son épitaphe, gi-avée sur une plaque de marbre -. Deux autres 
tombeaux ont été découverts à l'ouest de cette abside (par 
conséquent au fond de la nef, autant qu'il semble). Des 
fragments d'une plarpie de marbre, portant l'épitaphe d'un 
second évèque'^, appartenaient à Tune de ces sépultures. 

94° Mralxhih Thala {Macomades ?, région d'Aïn Beïda) 



i. Revue africaine, X. ISfiti, p. 3.j4-360. 

2. Corpus, VUI, 9286. 

3. Ibid.,^281. 



236 



Li:S MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 



— Eglise '. M. Poulie signale en cet endroit une basilique, 
dont on a dû prendre tous les matériaux : tlu moins, je n'ai pas pu 
la retrouver. Elle mesurait 30 mètres de long et était partagée 
en trois vaisseaux (larges de 8, 4 et 4 mètres). « On voit 
« encore, dit M. Poulie, des pilastres de 2", 20 de hauteur, des 
« colonnes montées sur leurs bases. » Il est vraisemblable que 
les pilastres occupaient l'extrémité des deux colonnades. Le 
sol était dallé. Au fond, s'ouvrait une abside, à laquelle on 
montait })ar un escalier de trois marches. « Sous cette abside, 
« ont été trouvés des tombeaux en briques renfermant des 



\'\i\. l.'M. — Petite basilique de Morsolt (place de l'autel). 



« ossements. A l'entour, règne une enceinte de tombes doubles, 
« empilées les unes sur les autres. » 

t)5° Orlêanscille [Caslellum Tin(jilaiiuiii). — Basilique dite 
de saint Reparatus- [fig. 132, d'après Prévost). Les ruines 

1. Poulie, Rec. deConst., XIX, 1818, p. 315. 

•2. Moniteur alf/érien, iv du 1 \ octobre 1843 {= Akhhur, n" du 19 octobre 1843). 
Azénia de Montgravier, Revue de hihliof/rapltie u)tali//i(/iie, 1844, p. 53. Aniati, 
ViaUffio da Miluno in Africa, p. 376-380. Prévost, Revue archéologique, IV, 
1848, p. 6o9-GG4, avec un plan, qui a été souvent, reproduit (p. e. dans Holtzin- 
ger, Die altchnstUrlie Archileldur, p. 32, fig. 13, et dans Kra.us, Geschichie 
der chrisllichen Knnsf, 1, p. 337, fig. 269). Le môme, Rev. arcli.. V, 1848, 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 237 

de cet édifice ont été mises au jour en 1843 ; elles sont actuel- 
lement recouvertes de terre, sous la i)lace du marché. Le 
court rapport de Prévost sera notre source principale. 

La construction est, comme d'ordinaire, en blocage, avocl 
des chaînes en pierres de taille. Largeur (dans oeuvre) 
16 mètres, longueur maxima 26 mètres; le mur do fond (à 
l'est) n'est pas exactement parallèle à la façade, peut-être à 
cause du voisinage de quelque monument que l'on aura voulu 
respecter : aussi l'édifice a-t-il la forme d'un trapèze, et non 
d'un rectangle. 

Deux portes s'ouvraient dans les murs latéraux. Les vais- 
seaux, au nombre de cinq, étaient séparés par quatre rangées 
de piliers carrés. L'église était certainement pourvue de tri- 
bunes, car des restes d'escaliers existaient à l'intérieur, der- 
rière la façade. Nous ignorons la disposition de ces galeries : 
on peut se demander si elles surmontaient seulement les deux 
bas côtés les plus voisins de la nef, ou si elles s'étendaient aussi 
au-dessus des bas cotés extrêmes. Il nous est impossible éga- 
lement de dire à quelle époque elles furent faites '. 

L'abside, enfermée dans un cadre, est surélevée de plus 
d'un mètre par rapport à la nef ; les degrés qui y donnaient accès 
ne se voyaient plus lors des fouilles : peut-être étaient-ils en 
bois. Sous le sol de cette abside, « règne, dit Prévost, un 
« caveau d'assez grandes dimensions, dans lecjuel ont été 
« trouvés deux cercueils vides' ». 

p. 372-374: VIII, 1852, p. .j66-o71. Dupuch, Fastes sacrés de l'Afrique. IV (1840), 
p. 431-3. Berbriigger, Revue africaine, I, 18;;6-7, p. 428-9 : XII, 1868, p. 144-7. 
Xhos, Notice sur la mosaïque d'Orle'a?isvllle [Alger, 18'Jo, in-S", 30 pages; extrait 
(lu Bulletin de la Société d'Archéologie du diocèse d'Alger, tome l"'). 

1. Conf. plus haut, p. 131. 

2. D'après l'auteur de l'article du Moniteur algérien, « on communiquait de 
« la basilique au caveau par un escalier dont on reconnaît encore les marches... 



238 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉKIE 





FiG. i;J2. — Basilique (rOrléansville. 



ÉDIFICES DU CUITE CHRÉTIEN 23» 

D'après le plan et les remarques de cet auteur, il ne semble 
pas que l'abside ait été flanquée de sacristies : les quatre ran- 
gées de piliers se continuaient à droite et à gauche de cet 
espace. Prévost faisait observer, il est vrai, que ces parties de 
la basilique n'avaient pas encore été déblayées. 

En face du prcsht/terium, à l'extréndté opposée de l'édilîce, 
le sol de la nef est exhaussé de quelques centimètres. Prévost 
croit que, primitivement, il y avait là des fonts baptismaux : 
(( la présence de deux canaux, venant d'un réservoir et pas- 
« sant contre le mur, rend cette hypothèse très vraisem- 
« blable ». Plus tard, on bâtit à cette place une contre-abside, 
en fort mauvaise maçonnerie, dont le fond fut adossé au mur 
de façade et dont l'ouverture, ornée d'une petite colonnade, 
pouvait être fermée par des grilles. 

La basilique est entièrement pavée de mosaïques, en géné- 
ral bien conservées', sauf celle de l'abside. Quelques inscrip- 
tions y sont tracées- La plus importante se trouve au milieu de 
la nef, en avant de la contre-abside et presque à la hauteur 
des deux entrées. Elle indique l'époque de la construction de 
l'édifice - : « Pro{vinciae) CCLXXX et F, A7/ Mien (/as) 
(( dec{e?nbres), eiiis hasilicae fundamenta posita sunt, et 
« fa[stigiii]m a[nno) prov[inciae) CCLXX[X...]. In mente 
a habeas [Manninn ?], servwn Dei, [et] in Deo vivas ! » La 
première date, celle de la pose des fondations, correspond au 
21 novembre 324. Sur le sol d'un des bas côtés, à gauche, on 

« A droite et à gauche s'élevaient au devant deux colonnes de marbre. » Ces 
indications manquent de clarté. On ne nous dit pas où l'escalier prenait nais- 
sance. Les colonnes faisaient-elles partie d'un ciôorium, placé exactement au 
dessus de l'un des sarcophages ou de tous les deux? 

1. Elles l'étaient du moins il y a un demi-siècle. Il est probable qu'elles ont 
beaucoup souffert depuis 

2. Corpus, VIII, 9708. 



240 I.ES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉUIi: 

lit ' : « Se))ipf'r par. » Dans le mémo bas côté, en face de l'en- 
trée, un carré, enfermé dans un labyrinthe, est couvert de 
lettres, qui sont combinées de telle sorte qu'elles répètent en 
tous sens les mots « Sancta ecclesia- ». Un jeu de lettres 
sem])lable se retrouve dans l'abside : les mots « Marimis 
sacerdos » y sont reproduits un grand nombre de fois-'. C'est 
sans doute le nom de révêque qui fit construire la basilique. 

En dehors des inscriptions, les mosaïques offrent surtout des 
motifs ornementaux, disposés avec beaucoup d'harmonie et de 
goût. 11 faut signaler pourtant des poissons dans ral)si(le ; des 
vignes, dont les grappes sont becquetées par dos colombes, 
vers le fond de la nef centrale^ ; deux grosses colonnes torses, 
portant une arcade et flanquées de chaque côté d'un calice où 
deux colombes viennent boire, dans l'espace que la contre- 
abside occupa plus tard. 

Au centre de cette contre-abside, on a inséré dans la 
mosaïque primitive un morceau nouveau, dont les sutures sont 
nettement distinctes ; l'épitaphe d'un évêquo, nommé Repara- 
tus, y est tracée à l'intérieur d'une couronne"'. La date indi- 
quée correspond à l'année 475 de notre ère. Ce fut donc l\ la 
fin du v'' siècle que l'on construisit l'hémicycle pour y ense- 
velir Reparatus, dont la tombe a été trouvée au-dessous de 
son épitaphe. L'évêque était enfermé, tète au couchant, dans 
un cercueil en bois. Si l'hypothèse de Prévost, indiquée plus 
haut, est exacte, cette tombe a pris la place de la piscine 
baptismale. 

1. Corpus, Vlll, !ni2. 

2. Ibid., 9"/10. 

3. Ibid., 9111. 

4. Au milieu de ce tableau, on volt deux rnlonneites, supportant soit une 
architrave, soit pins probublement une table (autel?). 

o. Corpus, Vlil,91t)9. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 211 

Le même autem' mentionne de petits bâtiments, sacristies ou 
habitations, s'adossant au mur postériem- de l'église ; Tune de 
ces pièces parait avoir été une salle de bains. 

Il y avait à Castellum Tingitamim une autre église, qui a 
disparu lors de la construction de l'hôpital militaire'. On a 
signalé aussi-, à un quart de lieue environ de la basiUque de 
Reparatus, au milieu d'un cimetière chrétien, « les restes de 
doux espèces de chapelles ou oratoires », aujourd'hui détruits. 
Enfin, contre les bords du Chélif (rive gauche), ont été recueillis 
jadis des débris d'inscriptions sur marbre et sur brique^, qui 
prouvent qu'il y avait eu ce lieu une memoria apostoloriini 
[Pet]ri et Pauli, c'est-cà-dire une chapelle contenant des 
reliques de saint Pierre et de saint Paul, auprès desquelles 
des martyrs et d'autres chrétiens étaient ensevelis. Ce monu- 
ment, à en juger par la forme des monogrammes constanti- 
niens, accompagnés de l'a et de Vm, parait avoir été élevé 
vers la fin du iv" siècle ou dans le cours du v°. 

96° Henchir Oiiazen (au nord del'Aurès). — Église'', très 
ruinée : on ne distingue que quelques débris de mur, dépassant 
à peine le sol. Longueur 30", 60, largeur 12", 80. Orientation 
nord-nord-est. En avant, un vestibule profond de 5", 20, occu- 
pait toute la largeur de l'édifice. La façade de la basilique 
parait n'avoir été percée que d'une seule porte, au milieu. A 
l'intérieur, se dressaient deux colonnades (bases attiques à 
plinthe assez élevée, chapiteaux d'ordre dorique décadent). Au 

1. Moniteur algérien, n" du 14 octobre i843. Dupuch, Essai sur l'Algérie 
chréHenne, p. 27-3. 

2. Moniteur algérien, l. c. Conf. Aniati, l. c. p. 373 ; Azéma de Montgravier, 
l. c, p. o2. 

3. Corpus, 9714-9724. Conf. Moniteur algérien, Auiati. Azéma de Montgra- 
vier, II. ce. 

4. Graillot et Gsell, Mélanges de VÉcole de Rome, XUf, 1893. p. 522-4, fig. 6. 

16 



242 LES MONUMENTS ANTIQUES UE L ALGERIE 

fond, un espace, dont l'entrée était flanquée de deux demi- 
colonnes, correspond à l'abside ordinaire : les murs en sont 
entièrement détruits, si hien que nous no saurions dire si cet 
espace était arrondi dans sa partie postérieure. On y a décou- 
vert un grand sarcophage en pierre, placé transversalement. 
A droite et à gauche, deux sacristies. 

Dans le bas côté de gauche, un rectangle était clos par des 
dalles, emboitéesdans do petits piliers. Peut-être faut-il y voir 
une sorte de chœni-, (jui aurait précédé une abside (dont il ne 
subsiste aujourd'hui nulle trace). Nous pourrions ainsi distin- 
guer deux axes dans cette éghse : 1° l'axe principal, orienté 
d'une manière anormale et passant par le nnlicu de la tombe 
d'un personnage vénéré, tombe d'époque antérieure, que l'on 
n'aura pas voulu déplacer et dont la position a dû déterminer 
le plan général du sanctuaire ; 2" un second axe, perpendicu- 
laire au ])remier et orienté régulièrement, de manière à 
répondre aux usages du culte. 

{)(■)"'"' Oued F cndek (au sud-est de Philippeville). — Cha- 
pelle (?) ^ située sur une éminence appelée Sidi Mezian, domi- 
nant la plaine de l'oued Fendek et voisine du village actuel 
de Jonmiapes. Étudiée jadis par Delamare, elle est aujourd'hui 
entièrement détruite. « Cette construction (reste d'église ?), 
(( dit Delamare, présente une nef, large de 9™, 80 et de 
« 40 mètres de longueur, d'après les restes des murs tracés 
« par plusieurs rangs de pierres de taille. Cette nef porte, à 
« droite et à gauche, les traces certaines de deux hémicycles 
« de S™, 00 de rayon dans œuvre ; celui de gauche est, sur son 
« milieu, renforcé par un contrefort qui devait vraisendjlable- 

1. Delamare, Exploration, pi. 47, fi<j. 13: note mannscrile, feuillets 2i4 et 
249 (versoj du IV de ses dessins, consej'vés à la Sorljonne. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 243 

« ment se retrouver [à droite] ; il est présumahie qu'un 
« troisième hémicycle couronnait la nef. Tous ces murs 
« affleurent le sol, à l'exception de ceux des deux hémicycles 
« qui, moins détruits, gardent encore une hauteur inégale, qui 
<( atteint 4 mètres à l'intérieur. Sur 2 mètres d'élévation, ils 
<' sont formés de petits moellons appareillés, et, plus haut, des 
« briques remplacent ces moellons. Tout le parement exté- 
« rieur est en moellons, moins bien disposés qu'à l'intérieur. 
« Nous n'avons trouvé ni moulure, ni inscription, ni colonne. » 

Comme le suppose Delamare, cette ruine a peut-être appar- 
tenu à un édifice religieux, soit à une chapelle en forme de 
trèfle, flanquée d'autres bâtiments, soit — ce qui est moins 
probable — à une église à triple abside. A en juger par le 
plan, ces constructions avaient subi des remaniements, qui ne 
permettent guère de reconnaître la disposition primitive. 

97" Ruines de ÏOiicd R'zel (aunord de l'Aurès). — Chapelle ', 
très mal conservée. Largeur 12", 05 ; la longueur ne peut pas 
être déterminée avec certitude. Les vaisseaux étaient séparés 
par deux rangées de piliers : dans les uns. la base et le fût 
sont à part ; dans les autres, la base ne forme qu'une pièce 
avec la partie inférieure du fût. Le fond de la chapelle n'est 
plus distinct, et il est impossil)lo de dire s'il y avait une abside. 
Parmi les décombres de cet édifice, nous avons trouvé une 
pierre quadrangulaire (longue de C^jTô, large de 0'°,3S, 
épaisse de 0'",48), ornée par-dessus de cinq poissons en relief. 
Une autre pierre, qui était peut-être un montant de porte, 
offre l'imagé d'une colombe posée sur un rameau '^ 



1. Graillot et Gsell, Mélarujes de VÉcole de Rome, XIV. 189i, p. G3, fig. 18. 

2. Il y a au même endroit une ruine qui peut avoir été une église {ibid. 
p. 63). L'abside n'était pas placée au fond, mais sur le côté droit. 



2i4 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

97°'"- Ouled Agla ou Lecourhe (probablement Equizetum, 
à roiiest de Sétif). — Église ^ dont le plan était })0u net 
et dont on a utilisé presque tous les matériaux. En avant de 
l'entrée, vestiges d'un escalier. La nef était séparée des bas 
côtés par deux colonnades (bases à socle élevé, à moulures bar- 
bares; fûts, hauts d'environ 2°',50 ; chapiteaux grossiers à 
bandes superposées ou d'ordre ionique dégénéré). Au fond de 
la nef, il y avait une al)side, à laquelle on montait par quelques 
marches. L'ouverture était barrée par une balustrade (dalles 
dressées et petits piliers), qui s'interrompait au milieu pour 
laisser le passage libre. Une corniche courbe et des colonnes 
monolithes, hautes seulement de l'°,85 et consistant en un fût 
cylindrique, que terminent en haut et en bas des dés quadran- 
gulaires, faisaient partie de la décoration de cette abside. 
Contre la face gauche de l'église, et prol)ablemeht à la hau- 
teur de la sacristie qui devait exister de ce côté, M. Milhavet 
a vu un escalier qui conduisait soit au dehors, soit dans une 
dépendance de l'édifice. On a trouvé dans la ruine le bas d'un 
pilastre, orné d'uncahce d'oii sort un pampre, ainsi (pi'un cha- 
piteau de pilastre, offrant sur une de ses faces latérales une 
colombe et un serpent. Peut-être ces deux morceaux étaient- 
ils placés à l'entrée du presbyterium. Le sous-sol de l'abside 
et des bas côtés renfermait des tombes, formées par six dalles 
de pierre. 

98° Klierbet Ouled Arif [Lambiridi, au sud-ouest de Batna). 
— Église "~, dont il ne reste plus que quelques vestiges. Lon- 
gueur i-6'°,30, largeur 19'", 30. En avant, il y avait, semble-t- 

1. AiidoUent, Mëlanr/es de l'École de Rome. X, 1890. p. i32. Gsell, Recherches 
archéolorjiques en Alrjérie, p. 278-9, ûg. 96-'J8. Milhavet, Rull. Cmnilé, 189'8. 
p. 339-362. Gsell, Mélanges de l'École dé Rome, XX, 1900. p. 137, n. i. 

2. Poulie, Rec. de ConsL, XIII, 1869, p. (i67. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 245 

il, un portique à colonnes, s'étendant sur tout le front de 
réditice et profond de 2", 70. A l'intérieur, s'élevaient deux 
colonnades ' (bases à socle haut, chapiteaux d'ordre dorique 
dégénéré), séparant trois nefs, larges de 10 mètres, S^'jGO et 
3"", 60. L'abside, dont le mur est dégagé au dehors, est flanquée 
de deux sacristies, 

99° Ouled Meriem (région d'Aumale). — Église, à 300 mètres 
environ au sud de la Ghorfa des Ouled Meriem -, sur un mame- 
lon appelé Koudiat Zahrir. Elle est peu distincte. L'intérieur 
offrait deux colonnades (bases à socle assez élevé, surmonté 
d'un simple tronc de cône ; chapiteau grossier, d'ordre ionique 
très dégénéré). 

100'' Khcrbet Ouled Sassi (entre Sétif et Batna). — Église -^ 
non fouillée, dont les murs sont presque au ras du sol. Lon- 
gueur 27 mètres, largeur 12'", 45. Au dedans, deux colonnades 
(bases attiques à socle haut; chapiteau à bandes superposées). 
Le mur de l'abside fait une saillie courbe à l'extérieur; il 
était couronné d'une corniche. A droite et à gauche, sacristies, 
surélevées comme l'abside elle-même. Deux blocs de pierre, 
provenant de cette église, présentent sur une de leurs faces 
deux colonnettes torses en relief : c'étaient peut-être des sup- 
ports d'une table d'autel. 

101° Oum el Aher (région d'Ain Beïda). — Mention d'un sanc- 
tuaire chrétien sur une inscription mutilée, accompagnée d'un 
monogramme constantinien ^ : « ... domus Dei perfecta. » 

102° Kherbet Oum el Ahdam (au sud-ouest de Sétif). — 
Église ou chapelle, entièrement détruite. Dans cet édifice était 

1. M. Poulie dit à tort que cette église avait cinq nefs. 

2. Sur ce monument, voir plus haut, p. 83. 

3. Gsell, Recherches archéologiques en Algérie, p. 216, 217-8; fîg. 63-66. 

4. Corjms, YIII, 4792 = 18713. 



246 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

placée une pierre, portant une inscription qui mentionne di- 
verses reliques et qui est datée de Tannée provinciale 320 (c'est- 
à-dire 359 de notre ère) •. C'est une grande dalle, arrondie d'un 
côté, mesurant 1",30 de longueur et autant de largeur maxima^ 
d'une épaisseur assez inégale. Elle devait couvrir un coffre qui 
contenait les reliques, à l'entrée de l'abside du sanctuaire. Elle 
servait sans doute en mémo temps de taljle d'autel. 

103" 0)1111 ri Bouaghi ou Canro/je rt [rôgion d'Ain Beïda). — 
Eglise (?). Slunv - a publié un croquis d'une façade en pierres 
de taille qui s'élevait en cet endroit. Au-dessus de la porte, 
sur un arc de décharge et sur le linteau, on lisait l'inscrip- 
tion '^ : « Domine, protège nomen gloriosum ! » Cet édifice, 
construit en énormes blocs, atteignait encore, il y a un demi- 
siècle, 7 à 8 mètres do hauteur à l'ouest et au sud, mais la 
façade orientale, oii se trouvait l'inscription, était renversée ^. 
Tout cela a disparu aujourd'hui. Renier regardait ce monument 
comme une église ^, ce qui ne me parait pas certain : peut-être 
était-ce un fortin de l'époque byzantine. 

104° Kherhet el Ou s fane {entre Sétif et Batna). — Église '', 
à l'est du bourg antique, très ruinée. Nous avons fouillé une 
bonne partie du (diœur. Longueur 16", 95, largeur 10'", 57. 
Une seule porte s'ouvrait sur le devant. Deux rangées de co- 
lonnes séparaient la nef des collatérïiux (bases attiques à socle 
bas, fûts mesurant 2", 26 de hauteur, chapiteaux à bandes 

1. Audollent, Mélanges de VÉcole de Rome, X, 1890, p. 440 et, suiv. Poulie, 
Rec. de Const., XXVI, 1890-1, p. 370-.3. Gsell, Bull. Comité, 1899, p. 4o.j-8. 

2. Voyages dans plusieurs provinces de la Barbarie et du Levant (édit. fran- 
çaise de 1143), 1, p. 153. 

3. Corpus, 4787 — 18683. 

4. Renier, Archives des Missions, 111, 185i, p. 334 et 330. 

5. L. c. Conf. Corpus, 18(i7G. 

6. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome, Xl\, 1891, p. 571-4, fig. 25-27. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 247 

superposées). Contre le mur de façade, chaque colonnade se 
terminait, selon l'usage, par une demi-colonne adossée; au 
contraire, en avant de ral)side, il semble Cju'il y ait eu, à 
droite et à gauclio, un pilastre. Le chœur, profond de ô"/!?, 
était clos par des dalles emboîtées dans des piliers. Il était 
pavé do briques vers l'entrée et de grandes dalles vers Tabside. 
Au milieu de ce chœur, nous avons dégagé trois petits pilastres 
en pierre (hauts de 0™,96, larges de Û'",45 et de 0°',39), dont 
deux sont décorés sur le devant d'un pampre, sortant d'un vase, 
et dont le troisième présente, outre des ornements lloraux et 
géométriques, un monogramme constantinien, accosté de l'co ; 
l'a n'y figurant pas, nous devons croire qu'il existait un qua- 
trième })ilastre, symétri(|ue à ce dernier et orné d'un mono- 
gramme avec la première lettre de ralphal)ot grec. Ces su})- 
ports étaient coiffés de chapiteaux, d'ordre corinlhicn dégénéré. 
Il est probable (pi'ils étaient placés aux quatre angles d'un 
autel et appliqués contre un socle plein, soutenant la table 
sainte. Une base attique, à plinlhe peu élevée, et un lut, haut 
de i'",83, qui gisaient aussi dans le chœur, ont peut-être appar- 
tenu à un ciborium. L'abside est surhaussée de 0™,60; on y 
monte par deux escaliers latéraux, l'un de deux marches, 
l'autre de trois. Elle n'est pas flanquée de sacristies. — D'après 
le stylo des pilastres et le monogramme, nous pouvons attri- 
buer approximativement cette basilique à la seconde moitié du 
iv" siècle ou au siècle suivant . 

105° Pêngotville [Sa/a/i^, région de Sétif). — Éghse ', située 
sur un mamelon, dont la partie supérieure a été aplanie; le 



1. Vincent. Rt-viie af'rlcniiie, XXI, 1877, p. 320-3. Poulie, Rec. de Cmisl., 
XVIII, 1876-7, p. 374-a. Gseïl, Mélanges de l'École de Rome, XV, 1895, p. 38- 
41, fig. 1. 



248 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

derrière de l'édifice était maintenu par de gros murs de soutè- 
nement. Celte ruine a été fouillée par M. Vincent. Il ne sub- 
siste plus que le bas des murs, qui sont plus épais que d'ordi- 
naire (1 mètre). Longueur totale 23", 40, largeur 14"\C0. Le 
front semble avoir été précédé d'une cour carrée : nous 
ne saurions dire si elle était entourée de portiques. Une seule 
porte est ménagée dans la façade, au milieu. On descendait 
dans la nef par un petit escalier de quatre marches. A Tinté- 
rieur, il y avait deux doujjles colonnades ' (bases attiques 
accouplées, de hauteurs diverses; chapiteaux doriques). Le 
chœur était probablement clos par des grilles en métal. Rien 
n'indique que l'abside ait été flanquée de sacristies. M. Vin- 
cent a observé que les parois du monument étaient (( recou- 
« vertes de fresques qui tombèrent aussitôt au contact de l'air. 
« Elles représentaient de larges feuilles de vigne, rouges et 
«brunes sur fond noir et blanc ». On reconnaît encore des 
traces de peintures, bien peu distinctes, à droite de l'entrée. 
Quelques tombes ont été trouvées dans le sous-sol de cette 
église, entre autres trois sarcophages d'enfants. 

Une inscription mutilée, découverte à Périgotville 2, parait 
se rapporter à une chapelle de martyrs: « [Memoria\m beatis- 
simorum [martyrum]... rcstituenint . » 

106" Pldlipperille [Rusicade). — En 1880, on a recueilli en ce 
lieu, à côté de l'église française •\ une dalle de marbre portant 

1. Conf. plus hauf, p. 132, n. 3. 

2. Gsell, /. c, p. 50, n" 8. 

3. Voir Gouilly, Bnll. de correspondance africaine, 111. I880, p. o28-530. et 
Comptes rendus de V Académie des Inscriptions, 188G, p. 22'i-G. Le Blanf, 
Bull. Comité, 188G, p. 370-2. Papier et Dry, Bull, de l'Académie d'Ulppnne, 
XXII, 1886, p. 128 et 306. Poulie, Bec. de Const., XXIV, 1886-7, p. 183-G. De 
Rossi, Bull, di archeologia crisliana, 1886, p. 26-8. Vars, Busicade et Storu, 
p. 97-100. 



ÉDIFICES DU CLLTE CHRÉTIEN 249 

une inscription, dédicace d'une basilique qui fut construite par 
l'évêque Navigius et placée sous le vocable de la martyre 
Digna • : 

« Magna quod assurgun(t) sacris fastigia teclis, 

« Quae dédit officiis sollicitudo piis, 
« Martyris ecclesiam venerando noniine Dignae 

« Nobilis autistes perpetixu(s)que pater 
« Navigius posuit, Cihiristi legisque minister. 

« Suscipiant cuucti religionis opus ! « 

La dalle gisait-elle près de la place qu'elle occupait primiti- 
vement? Il est impossible de le dire. A une dizaine de mètres 
de là, a été déblayée une mosaïque ornementale de 4 mètres 
de côté. Au-dessous, il y avait un tombeau contenant un sque- 
lette (de femme âgée, autant qu'il semble). Quatre grands 
clous étaient déposés à la naissance de la tête ; ils ne faisaient 
donc pas partie d'un cercueil. Cette tombe doit dater d'une 
époque oit l'on n'observait plus avec rigueur la prescription 
défendant les ensevelissements à l'intérieur des villes. Mais 
rien ne prouve que le squelette soit celui de la martyre Digna, 
ni que les clous aient été des instruments de torture '~'. A 
proximité de la mosaïque, on a exhumé une quantité considé- 
rable de pierres de taille, les unes en place, les autres ren- 
versées, des fûts de colonnes et quelques chapiteaux. Il n'est 
nullement certain que ces matériaux aient appartenu à l'église 
de Digna. 

107° R'ar Brid (dans le massif du Marchou, au nord-ouest 
de Constantine). — M. .Jacquet-'' y a trouvé une grotte artiti- 

1. Corpus, VIII. 10913. 

2. Nous y verrions plutôt des talismans (Gsell et Bertrand, Musée de Phi- 
Itppeville, p. 69, n. 6). 

3. Rec. de ConsL, XXVIII. 1893, p. 123-130 (avec un plan). 



250 LES MOiNLMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉUIE 

cielle, dans laquelle on pénètre par un étroit couloir. Deux 
galeries, longues de 15 mètres et de 11", 50, sont disposées 
en croix : Tune des branches (en face du couloir) s'arrondit en 
forme d'aljside et est ilanquée de deux cellules. Plusieurs 
niches s'ouvrent dans les parois ; au centre, il y a un orifice 
carré, d'un mètre de côté, maçonné avec soin. Selon M. Jac- 
quet, cet h_vi)ogée, dont le nom arabe signifie «la grotte de la 
foi », serait une chapelle clandestine, datant d'une périotle 
de persécution; l'orifice carré représenterait un l)aptistère. 
Mais, en l'absence de tout indice chronologique précis, de 
tout signe de christianisme, l'hvpothèse est assurément très 
fragile'. Nous ferons observer cependant qu'au temps de 
saint Augustin, il y avait en Xumidie des chrétiens qui des- 
cendaient dans des souterrains pour adorer Dieu'^ : c'était là. 
sans doute un reste de superstition païenne. Il n'est donc pas 
impossible que la grotte de R'ar Brid ait été un sanctuaire 
chrétien-'. 

108" Relizane (département d'Ûran). — Église^, que l'on 
voyait encore, il y a quelques années, au milieu de ruines im- 
portantes, situées sur la Mina, à 4 kilomètres au sud de Reli- 
zane; elle a été détruite par des entrepreneurs. Elle était, selon 
l'usage, de forme rectangulaire, avec une abside sur un des 
petits côtés. 



■1. Les travaux de creusement de cette grotte ne se sont pas faits en un jour ; 
il eût été bien difficile de les tenir secrets. 

2. Seniiiin 45, 7. Conf. Toulotle et Héron de ViUefosse, liull. des anli- 
guain's de Frtnice, IIIÛO, p. lOi-G. 

3. Cependant, nous sommes plus porté à y voir un sanctuaire païen. Un 
h\'pogée analogue se trouve dans la même région, à Baàla (Jacquot, liée, de 
ConsL, XXXIV, 1900, p. 136-8). 

4. Demaeglit, Uull. d'Oran, 189i, p. 273. Plan sommaire (inédit) de 
M. Jacquot. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 25» 

109" Renault (département (.rOran). — Une pierre découverte 
près de ce lieu était proliablement placée au-dessus de la 
porte d'une chapelle, dans laquelle on avait enseveli jdusienrs 
martyrs ' : « Memoria hrath^inwnim marli/riun^ iJ ont Rogati^ 
Maienti, Nassei, Ma.riiuae, etc. » A ces noms on ajouta plus 
tard ceux des martyrs Benagius et Sextus, L'inscription date 
de Tannée 329 de notre ère, 

110° Henchir Resdis (an nord de TAurès). — Église-, très 
ruinée, longue de 23", 70, large par devant de 13 mètres. Au 
dedans, deux colonnades (bases attiques à socle haut); chœur 
pavé en briques, avec la clôture usuelle de dalles et de petits 
piliers; al)side surélevée, dont le mur forme une saillie courbe 
àrextérieur; à droite et à gauche de cette al>side, sacristies, 
qui débordent de 2™, 80 les nuu's des bas côtés. 

11 r Roiiff'ach [Castellum ElephantKni, ;i l'ouest de 
Constantine). — Dans un cimetière, vestiges d'une petite cons- 
truction, décorée do colonnes. C'était peut-être dans cet édi- 
fice que se trouvait primitivement une pierre, recueillie à une 
soixantaine de mètres de là. L'inscription indique qu'au lieu oîi 
elle a été placée on déposa le sang de plusieurs martyrs, sup- 
pliciés à Milève en 304 ou en 305, et qu'on ensevelit auprès 
un chrétien du nom d'Innocens'\ 

112'' Henchir Saatoud (au nord de l'Aïu'ès). — Chapelle^, 
en fort mauvais état. Longueur 12'", 10, largeur 5'°, 90. Il n'y 



1. Gsell, R«H. Comité, 181)9, p. 458, et .1/e/flHf/es de l'École de Rotne, \\\, 
1901, p. 230-6 (conf. Ephemeris epigraphica, V, 1041). 

2. Graillot et Gsell, Mélanyes de l'École de Rome, XIV, 1894, p. G'J-7Û et 
p. 23. 

3. De Rossi, Bull, di archeoluç/ia cristiana, 1875, p. 163-7 et 177 ; 1876, p. SO- 
CS et pi. 111, lig. 2. Corpus, VIII, 6700 = 19353. Gsell, Bull. Comité, 1899, 
p. 432-3. 

4. Graillot et Gsell, Mélautjcs de l'fk'ole de Rome, XIII, 1893, p. 529. 



252 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

avait qu'un seul vaisseau. Contre les parois latérales étaient 
probablement appliquées des colonnes. Le mur du iond est 
arrondi. 

112° ''" Ruine située près de la Sbihra (à Test do Klien- 
chela). — L'inscription suivante était évidemment placée à 
l'entrée d'un sanctuaire chrétien ' : « II[a)ec donms Dei; memo- 
ria Salvatoris . » 

113° Henchir Seffaii (au nord de l'Aurës). — Église-, non 
fouillée et mal conservée, mais dont le plan est encore distinct. 
Longueur totale 35°", 20, largeur de la façade li-"",!,"). En 
avant, on reconnaît les traces d'un vestibule, de la largeur de 
l'édifice. 11 n'y a qu'une seule porte sur la façade, au centre. 
A l'intérieur, deux colonnades (chapiteaux d'ordre dorique 
dégénéré). Le chœur était fermé par un mur, épais de 0'",50, 
qui, au moins sur le devant, ne devait pas atteindre une grande 
hauteur; peut-être est-ce un remaniement. Au fond, une salle 
carrée tient lieu d'abside. Elle est flanquée de deux sacristies; 
celle de droite est plus large que le bas côté dans le prolon- 
gement duquel elle se trouve. 

114° Henchir Se/fan. — Église 3, située à environ 200 mètres 
à l'est de la précédente; elle est également très ruinée. Lon- 
gueur 37", 50, largeur 16 mètres. Un vestibule, profond de 
3", 45, occupait toute la largeur du front. Une seule porte 
s'ouvrait sur le devant, au milieu. A l'intérieur, deux colon- 
nades (bases attiques à socle élevé). Comme dans l'autre église, 
le chœur était clos par un mur, large de 0'",50, ne s'élevant 

1. Bull. Comité, 1894, p. 87, n° 12. 

2. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV, 189i, p. HiMiO et 
fig. 16 (plan reproduit par Kraus, Geschichle der ckrisUichen Kunst. I, p. 273, 
fig. 213). 

3. Gruillot et Gscll, l/>id., p. Gl-2 et fig. 17. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉÏlEiN 253 

probablement que jusqu'à hauteur d'appui. Un autre mur, 
sans doute aussi bas, séparait ce chœur de l'abside; il pré- 
sente au milieu une ouverture de 0^,80. L'abside, dont la paroi 
forme une saillie courbe au dehors, est flanquée de deux 
sacristies ; celle de gauche, beaucoup plus large que le bas côté 
voisin, était peut-être partagée en plusieurs pièces. A 15 mètres 
à l'ouest de cette église, restes d'une construction en blocage 
de 8 mètres environ de côté; on y voit des vestiges d'un bas- 
sin, avec enduit hydrauhque : il est vraisemblable qu'il y avait 
là un baptistère ^ 

115° Plaine des Segnia (Bahira et Tuuila, chez les Ouled 
Aziz, au nord-ouest d'Ain Beïda). — Chapelle, étudiée par 
Delamare". Elle est de forme à peu près carrée (15 mètres 
sur 14) et pourvue d'une abside. Les murs, très épais (2", 50), 
sont construits d'après le système que les Byzantins ont em- 
ployé dans leurs édifices militaires : deux rangées de pierres 
de taille, encadrant un blocage. Peut-être ce sanctuaire ser- 
vait-il. à l'occasion, de forteresse. 

116° Kherbet Sel/ni (région de Sétif). — Église ^ vers le 
centre du bourgan tique ; fort mal conservée et non fouillée. 
Longueur 29'", 20, largeur 12",40. Par devant s'étendait un 
portique, dont la largeur ne peut pas être déterminée : il no 
reste qu'une base en place. La porte, au milieu de la façade, 
parait avoir été flanquée de deux colonnes. A l'intérieur, deux 
colonnades (bases à socle élevé, à moulures très rudimen- 
taires). Le chœur était sans doute clos par des grilles en métal 
ou en bois. Au fond, une abside et deux sacristies. 

1. On trouve à Ilenchir Seffan des traces d'une troisième église, au sud- 
ouest de la première (Graillot et Gsell, l. c, p. 59). 

2. Explorai ion, pi. oi, fig. 1 et 14, et dessins originaux. 

3. Gsell. Recherches archéologiques en Algérie, p. 243-4, fig. 85-6. 



25i LES MONUMENTS ANTIQUES DE i/aLGÉRIE 

1 17° Kherhel Sehnï. — Autre église', an sud-ouest du bourg. 
Longueur 22 mètres, largeur 10", 90. Deux colonnades (bases 
attiques à socle élevé, chapiteau corinthien barbare :i feuilles 
non découpées); abside dont le mur forme une saillie courbe 
au dehors ; pas de traces do sacristies. 

118-120° Sériana-Pastcu)' {Lamigr/if/a. au nord-ouest de 
Batua). — Trois églises-, voisines et parallèles. 

Celle de l'ouest, très ruinée, mesure 19'",50 do long (sans 
l'abside) et 14"\C)0 de large. La façade avait peut-être trois 
portes ; un monogramme constantinien, avec Vy. et l'o), décorait 
un des montants. A l'intérieur, deux, colonnades i^bases attiques 
à socle élevé, chapiteaux d'ordre dorique). Dans les entre-colon- 
nements, la nef était séparée des bas côtés par des murs en 
moellons, sans doute assez bas, et dont plusieurs devaient être 
percés d'ouvertures pour assurer les communications. Le 
chœur, profond de G", 80 et un peu surhaussé, est couvert d'une 
couche de béton. Il était clos sur le devant par des l)arrières, 
probablement en bois, engagées dans de petits piliers. Au fond, 
à 0'°,80 en avant de l'abside, le sol présente une rangée de 
grandes dalles. Dans celle du miheu, on voit un trou rectan- 
gulaire (0",33 de long, 0™,22 do large, 0™,O35 de profondeur), 
qui contenait probablement un reliquaire, place sous un autel 
en bois. Au-dessus, se dressait un ciùori/ntt, dont les quatre 
colonnes étaient simplement enfoncées dans le sol : la [lartie 
inférieure de deux d'entre elles est encore en place. L'abside 
offre au centre le l)as d'un gros pilier, établi après coup pour 



1. Gsell, Ihii/., p. 21:î, (if(. 83. 

2. Douniergue, Rec. de Consf., XXVH, 1S92. p. loS-l. Graillot et Gsell, 
Melaiif/es de l'Ecole de Rome, XIV, 1894. p. 512-7, li;,'. 1-4. Moliner-Violle. Rec. 
de ConsL, XXX, 1893-6, p. 99-102. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 255 

étaver le cul de four. Nous n'avons distingué aucune trace de 
sacristies. 

La seconde église, distante de 7 mètres de la précédente, 
avait à peu près les mêmes dimensions (elle était plus large 
de l™,,")*}). Il n'en reste que quelques vestiges. Les fûts des 
deux colonnades intérieures étaient, en partie au moins, coiffés 
de chapiteaux ioniques, d'un style très dégénéré. Le chœur était 
fermé par un cancel à jour (avec des ornements végétaux et 
géométriques), dont on a recueilli un fragment. Dans ra))side, 
près de l'entrée, s'élevait l'autel : une tahle, sans doute en 
pierre (qui n'a pas été retrouvée), portée par deux dalles 
debout. A cet endroit et sous terre, il y avait une l)oite de 
0'",45 de côté, constituée par des plaques de pierre, couverte 
d'une brique et d'une grande dalle : c'était évidemment un coffre 
à reliques. Au delà de l'autel, l'abside présentait une inscription 
sur mosaïque, ménagée dans une couronne de feuillage : « Di;//iis 
(lifjna! Palri Arijcntio coronam lUnienalus li'i>[syi[l)aiut. » 
Il s'agit d'Argentins, évéque de Lamiggiga à la fin du vi" siècle. 

La troisième éghse,à l'est de la seconde, n'apas été fouillée. 
Quelques dos île terrain en dessinent très vaguement les con- 
tours. 

121° Si'lif {Silifis). — ÉgHse', quia disparu. Elle se trou- 
vait à quelques mètres du temple protestant actuel (ancienne 
église de Sainte-Monique). Elle avait trois nefs, séparées par 
des colonnes de granit. Dupuch signale en outre des fonts 
baptismaux, encore presque intacts : >< Ils étaient en béton ou 
« stuc, d'une extrême dureté, enfoncés d'un mètre au moins 
« dans la terre, cannelés, avec trois sièges [degrés] en forme 

1. Yin^wc'ci, Essai sur VAlfjé, -le chrétienne, p. 16^. Delamare, Exploralion, 
pi. 78, lig. 2 et 3, et notes manuscrites jointes à ses dessins. 



256 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

« de croix : nn tuyau on plomb donnail passage à Teau dans 
« le fond. » Le même auteur parle de sépultures <( placées sous 
« le parvis de l'église ». Quelques épitaphes de l'époque byzan- 
tine' paraissent, en effet, provenir de cette ruine, ainsi que 
plusieurs pierres ~ qui portent des versets de psaumes-'^. 

122" Sêtif. — Autre église (?). On a mis au jour, à l'angle 
nord de la caserne de cavalerie, les restes d'une mosaïque assez 
grossière, qui couvrait une vaste étendue*. Dans l'un des coins, 
était tracée cette inscription •"' : « Flavius Innocentiiis ^mim[era- 
« rius)^ pro sainte sita suonimque omnium tessel[ljavi(. » On 
sait que le pavement d'un grand nombre d'églises chrétiennes 
présente des dédicaces semblables. Il est donc possible qu'il y 
ait eu l;i nu édifice religieux''. 

122°*" Sélif. — Plusieurs inscriptions, trouvées à Sétif, ont 
certainement appartenu à des sanctuaires chrétiens. L'une 
d'elles", qui date de l'année 452 après Jésus-Christ, mentionne 
des reliques de saint Laurent, <( in hoc loco sancto depoaitae >>. 
Elle devait être placée auprès d'un autel. Une autre'"* est la 
dédicace d'une chapelle funéraire, qui contenait les corps de 
deux martyrs, Justus et Decurius. Signalons encore une petite 
brique, dont l'inscription énumère des reliques de saint Etienne, 

1. Corpus, VllI, 8635, 8651 (et p. 972}, 86.j3 a. 

2. Elles ont été recueillies dans le voisinage immédiat de l'église de Sainte- 
Monique. 

3. Corpus, 8621-8625. Peut-être faut-il attribuer au même édifice « une sorte 
de chapiteau de pilastre », portant aussi une citation de l'Ecriture sainte 
[Corpus, 862i)) : « Diligis Dominum Deum ex [tolo corde] luo, etc. » 

4. Poulie, liée, de Consl., XVI, 1873-i, p. 278. 

5. Corpus, VllI. 8629. 

6. C'était peut-être au même édifice qu'appartenait une mosaïque, trouvée 
en 1880 dans l'enceinte militaire (Poinssot, Ree. de Consl., XXIF, 1882, p. 207). 
Elle oifrail un lambeau d'inscription: « Félix cutn omn[lbus suis lessellavit ?]» 

1. Corpus, VllI, 8630. 
8. Corpus, 8631. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



25-; 



de saint Laurent, de saint Julien et de saint Nabor' ; elle a dû 
être enfermée dans un coffre, à l'intérieur d'un autel. 

123° Sidi Emharek (à l'ouest de Sétif). — Église-, mal 
conservée, qui a été 
en grande partie 
fouillée par Mangia- 
vacchi {fig. 133). 
Longueur 2i'°,40, 
largeur 12 mètres. 
Elle est précédée 
d'un petit vestibule 
rectangulaire, large 
de 4™, 25, profond 
de 2"", 70, qui avait 
une entrée sur le 
devant. A l'inté- 
rieur, deux colon- 
nades (bases 
attiques à socle 
élevé ; cliapiteaux 
à moulures gros- 
sières, ne rentrant 
dans aucun ordre 
classique). L'abside, 
surhaussée de r",20, 
est bordée du côté 
de la nef par une 




Fig. 133. — Basilique de Sidi Embareic. 



1. Coppus, 8(i32 et p. 972. Coiif. De Rossi, la Cupsella urgenlea africana 
p. 16. 

2. Poulie, Rec. de Consf., XVIII, 1876-7, p. 633. Gsell, Rechoxhes archéolo- 
giques en Algérie, p. 280-2 et fig. 99-102. 

II. n 



258 LES MO^UME^■TS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

miirette que couronne une mauvaise corniche ; on y montait 
par deux petits escaliers en maçonnerie. Le sol de cet 
espace était orné d'une mosaïque, aujourd'hui complètement 
détruite : elle représentait, m'a-t-on dit, une croix flanquée de 
deux cahces; sur chaque vase était posée une colombe; l'une 
d'elles tenait dans son bec un cep de vigne et l'autre des épis. 
A droite et à gauche, il y avait des sacristies, d'inégale pro- 
fondeur ; celle de droite paraît avoir été en communication 
directe avec l'abside. Trois sarcophages en pierre ont été 
trouvés sous le sol de la nef; les morts y étaient ensevelis 
dans une couche de chaux. — De nombreux débris de char- 
bon, provenant de la charpente, prouvent que ce monument 
fut détruit par un incendie. 

124° Sidi Ferruch (près d'Alger). — Église, baptistère et 
chapelle'. 11 ne subsiste qu'un vestige insignifiant de l'église, 
dont l'abside regardait le nord-est. Adroite, était le baptistère. 
Les fonds sont encore visibles. Ils consistent en un massif de 
blocage carré, de i^^'ib de côté, creusé d'un bassin à peu près 
circulaire, de l'",05 de diamètre. On distingue trois petites 
marches arrondies, disposées symétriquement sur trois faces; 
il ne semble pas qu'il y en ait eu sur le quatrième coté. Tout 
auprès, se trouvent les ruines d'une chapelle, construite en 
moellons et orientée au sud-ouest. Elle a 3", 40 de largeur et 
environ 8 mètres de longueur. Le fond est arrondi en demi- 
cercle. On a découvert dans cet édifice, en 184(3, une mosaïque 
qui fut brisée peu de temps après. Elle offrait plusieurs images 
(panthère poursuivant une gazelle, urne surmontée de deux 
colombes, agneaux) et deux inscriptions', l'une souhaitant la 

1. Dupuch, Essai sur l'Algérie chrétienne, p. 187 et 229. Berbrugger, Revue 
africaine, Y, 1861, p. ."Îoo-S. 

2. Corpus, YllI, 9271. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 259 

paix aux visiteurs, l'autre indiquant qu'un certain Januarius 
était enterré en ce lieu et que la chapelle avait été placée 
sous la protection d'un martyr : « [Iltc do)nm]o nostro placem 
« Salnna bcato, [...\tio martiri votiim reddidit, conplcto 
« [aedific]io, etc. » Cette mosaïque datait de la seconde moitié 
du y' siècle. Par-dessous, un caveau abritait le corps de Janua- 
rius ; on a recueilli aussi, dit Berbrugger, « un petit tombeau 
« en pierre», peut-être une auge qui avait contenu jadis 
quelque relique du martyr. 

125° Sidi Mahrouk (à 1 kilomètre au sud-est de Constan- 
tine). — Chapelle, aujourd'hui entièrement détruite. Elle a été 
étudiée par Delamare', il y a une soixantaine d'années : à 
cette époque, elle était déjà fort mal conservée. Des pierres 
de taille, disposées en assises irrégulières, constituaient les 
murs de ce monument; la longueur totale était d'au moins 
16 mètres (la façade avait disparu), la largeur de 9", 10. Deux 
colonnades séparaient les trois vaisseaux (bases attiques à 
socle bas) L'abside, enfermée dans un cadre rectiligne, était 
surélevée de 0'",40; l'estrade ainsi formée empiétait un peu 
sur la nef. Deux portes faisaient communiquer \q preshi/trrium 
avec des sacristies, qui avaient aussi des entrées sur les bas 
côtés. Ces deux salles dépassaient, à droite et à gauche, 
l'alignement des murs des collatéraux. Toutes les parties de 
la chapelle étaient pavées de belles mosaïques ornementales. 
Cependant, au milieu de l'abside, un espace rectangulaire 
était dépourvu de mosaïque : c'était probablement à cet endroit 
que s'élevait l'autel. 

126° Sillègue {Novar..., dans la région de Sétifi. — 

1. Ej-ploration, pi. 150, ûg. 1-4 et 13: pi. l.jl-2. Conf. Cherbonneau, Ami. de 
Const., lSo3, p. 106. 



260 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

Église ^ , dont les ruines ont disparu . Les morceaux d'architecture 
qu'on en a tirés sont, pour la plupart, dispersés chez les colons du 
village français : chapiteaux d'ordres dorique et corinthien 
dégénérés, dont certains paraissent provenir d'édifices plus 
anciens; bases attiques à socle élevé; fûts en pierre. On a 
retrouvé aussi des fragments d'arcades, débris d'un tabernacle 
rectangulaire, qui était sans doute porté par quatre colonnes, 
et qui mesurait l'",6G de long sur l'°,30 de large; les sculp- 
tures représentent Daniel dans la fosse, un poisson, des lions, 
des croix, etc. Ce tabernacle était-il, comme on i"a cru, un 
ciborium surmontant un autel? Un renseignement fourni à 
De Rossi pourrait en faire douter. Les fragments dont nous 
parlons auraient été recueillis auprès d'un bassin rond, d'un 
mètre de diamètre ; ils auraient donc fait partie d'un édicule 
dressé au-dessus des fonts baptismaux. Nous n'avons pas pu 
savoir quelle était la position de ce bassin par rapport à l'église 
proprement dite. 

On a également découvert à Sillègue, mais dans un autre 
quartier de la ville antique, une pierre (un linteau, semble- 
t-il), portant l'inscription^ :« /)eo laudes super ac/uas a No- 
[varensibits?]\ » Elle a sans doute appartenu un ])aptistère 
donatiste. 

127" Souk Ahras [Thagaste). — Pierre, qui était certaine- 
ment placée à l'entrée d'une église. On y lit cette inscription -^ 
accompagnant une grande croix monogrammatique (avec l'a 

1. Poulie, «ec. de Const.,\\\\. 1890-1, p. 378. Gsell, Mélanges De Rossi, 
publiés par l'École française de Home (IS92), p. ZoS-^GO, fig. 11-13. De Rossi, 
Bull, di archeolof/ia cristiana, 1891, p. 67-72 et I.jS. 

2. Poulie, l. c, p. 383, n° 77 (conf. Toutain, Mélanges de l'École de Borne, 
XI, 1891, p. 424, n" 13). De Rossi, l. c, p. 71. 

3. Corpus, Vlll, 5176 et p. 1634. De Rossi. Ihtil. di archeologiu crisHana, 
1879, pi. VIII, fig. 2 (conf. 1878, p. 20). 



EDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 261 

et l'o)) : « Beatam ecclesiam cat[h)olicam, ex of{f)icina For- 
tunatiani. » 

128° Souk el K/u)iis (Tatilii^ dans la région d'Aumale). — 
Eglise', située sur un mamelon, vers le centre des ruines. 
Elle est mal conservée. M. Choisnet l'a fouillée en 1883. 
Longueur totale 20", 25, largeur 15 mètres. En avant, s'éten- 
dait un vestibule, profond de 3"", 60, avec une seule porte, au 
milieu du front. L'église, qui n'avait également qu'une porte, 
présentait trois vaisseaux, séparés par deux colonnades, à 
chapiteaux d'ordre ionique décadent. L'abside, large de 
5 mètres, profonde de 3", 50, ne fait point saillie à l'extérieur; 
cependant elle ne semble pas avoir été enfermée dans un 
cadre carré. Au fond de cette abside, mais un peu sur la droite, 
une petite porte, avec un escalier de trois marches, permettait 
de se rendre au dehors. A droite et à gauche, il y a des sacris- 
ties, dans le prolongement des bas côtés. 

Sous cet édifice, on a trouvé, en différents endroits, des 
tombes, les unes creusées dans le sol, les autres construites 
en moellons. Les morts étaient enfermés dans des cercueils 
en bois et accompagnés de bijoux de stvle bai-bare; un de ces 
tombeaux c )ntenait aussi une ampoule en terre cuite. 

129° Henc/iir Tahia iim nord de l'Aurès). — Église'^, ruinée 
et recouverte par des constructions indigènes. Longueur 20"", 30, 
largeur sur le devant 12™,50. Une porte est encore distincte 
au milieu de la façade. Au dedans, deux colonnades (bases 
attiques à socle élevé, chapiteaux à bandes superposées) ; 
abside, profonde de 5", 10, dont le mur courbe forme une 

1. Masqueray, Bull, de coryespondance africaine, U\, 1885, p. 1"20 (conf. 
Revue africaine, XXVII, 1883, p. i'41, et Bull, de la Société de géographie 
d'Oran, 1884, p. 308). Rapport inédit de M. Ciioisnet, avec plan et dessins. 

2. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome, Xlll. 1803. p. o20 et fîg. 4. 



262 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

légère saillie à l'extérieur. Elle est flanquée, à droite comme 
à gauche, de deux salles, dont la plus éloignée déborde le 
plan général du monument. Ces deux pièces communicpiaient 
entre elles; les portos qui devaient les mettre en communica- 
tion soit aved'abside, soitavecle bas côté, ne sont plus visibles. 

130" Henchir Tabia (autre localité au nord de TAurès). — 
Église*, très mal conservée. Longueur 30 mètres, largeur 
8 mètres. Le mur du fond s'arrondit de manière à former une 
abside, dont l'ouverture correspond à la largeur intérieure de 
la partie rectangulaire. Il n'y avait qu'une seule nef; des 
colonnes, dont on trouve les restes de la ruine, ont dû être 
appliquées contre les parois (bases à socle élevé, de type 
attique ou à moulures très rudimentairos ; chapiteaux, dont les 
uns sont d'ordre dorique et dont les autres ont l'aspect d'une 
pyramide tronquée, renversée sur un tambour). 

131° Henchir TcKjhfaght (près de Khenchela). — M. Farges- 
signale en ce lieu un sanctuaire chrétien, sur lequel il no donne 
aucun détail. Il y a découvert cette inscription-^ : « Hic e[st 
« dom]us \Dei, hic] /Jirjiwl riae] fipo>^tol\or{itm) et] beau Emo- 
« riti, gloriosi consiilti. » Du même endroit provient « un débris 
« de cintre, orné d'emblèmes chrétiens, parmi lesquels le pois- 
son », et portant ce bout d'inscription'* : « ... lis epi[scopi/s]. » 

132" Tahse/jt [RusKrci/n/, à l'est d'Alger). — Église ^ dont 
presque tous les matériaux ont été enlevés. Longueur 38 mètres, 
largeur approximative 18 mètres. La partie postérieure était 



1. Graillot et Gsell, /. c, XIII, p. 534. 

•2. Bull, (le l'Académie cVllippone, XVIII, p. 31-32. 

3. Corpus, VI 11, 1771 k 

4. Il/ul., 17710. 

'.}. Gavault, Élude sur les ruines romaines de Ti/jzirl, p. HG-120, fig. 20 et 
21 (conf. Bévue africaine, XXXVII, 1893, p. 130 et (ig.M). 



EDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 203 

établie près d'une brèche du rempart romain, que l'on avait bou- 
chée à la hâte. Deux colonnades séparaient les trois vaisseaux ; 
dans l'état actuel, il est impossible de dire si les colonnes 
étaient g-éminéés ou si elles s'adossaient à des piliers. On 
trouve sur l'emplacement de l'édifice des chapiteaux divers 
(ioniques et corinthiens), en général pris ailleurs, ainsi que 
des coussinets à moulures barbares, qui coiffaient jadis ces 
chapiteaux et portaient des sommiers d'arcades. Des restes de 
mosaïques ornementales apparaissent çà et là. De l'abside, on 
ne distingue plus que l'entrée. 

133° Taksebt. — Chapelle', voisine de l'égHse précédente. 
Elle n'a pas été fouillée et on n'en voit que quelques vestiges. 
Elle devait mesurer environ 10 mètres de long sur 8 de large. 
La nef était séparée des collatéraux par des piliers quadran- 
gulaires, portant des sommiers d'arcades, sans interposition 
de coussinets. 

134" Tamagra (région de Khenchela). — Église, mentionnée 
par M. Goyt- : « Elle offre cette particularité que des dés de 
« pierre sont engagés dans le mur de l'abside et semblent 
<c avoir été disposés pour servir de bancs. » 

135° Kherhet Tamarit (entre Sétif et Batna). — Église'', non 
fouillée et mal conservée. Longueur 27"", 50, largeur 15 mètres. 
A l'intérieur, deux colonnades (bases attiques à socle élevé) ; 
chœur, profond de 5"", 40, avec la clôture usuelle de dalles et 
de petits piliers ; abside, dont le mur courbe est dégagé au 
dehors ; traces d'une sacristie à droite ; il y en avait sans doute 
une autre à gauche. 



1. Gavault, Revue africaine^ XXXVII, p. 130 et fig. 10. 

2. Rec. de ConsL, XVII, ISTo, p. 330. 

3. Gsell, Recherches archéologiques en Algérie, p. 173 et fig. 22. 



264 LES MOMMEMS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

136° Henchir Taoïikoitch (au nord de l'Aurès). — Église', 
assez peu distincte. Longueur 21°,55, largeur 13 mètres. Le 
fond de la nef centrale est pavé en bri(iues. L'abside, qui 
faisait une saillie courl)e à l'extérieur et dont l'arc de tête 
s'appuyait sur deux demi-colonnes, était flanquée de deux 
sacristies. 

137° Taoura [Thagiira, région de Souk Ahras). — Ruine, 
située à 200 mètres environ à l'est de la citadelle bvzantine, 
contre la route d'Aïn Guettar à Souk Ahras. On y a pris 
récemment de nombreux matériaux; cependant, le côté oriental 
s'élève encore "à une hauteur de plus de 5 mètres. Les murs, 
en pierres de taille, sont doubles et d'un mètre d'épaisseur. 
Longueur 40 mètres environ, largeur par devant 14'",60. 
Orientation sud. Dans cette ruine, on voit quelques fûts de 
colonnes, de différents diamètres, empruntés à des construc- 
tions plus anciennes. Deux sont en place ; ils limitent une nef, 
large de 6 mètres, et deux collatéraux, larges de 2", 65 (à 
droite) et de 2", 85 (à gauche). Le mur de droite présente de 
petites fenêtres, distantes les unes des autres de 2°', -50. Le 
fond du bâtiment est en fort mauvais état, mais on reconnaît 
qu'il s'élargit de chaque côté, de manière à atteindre une 
largeur totale de 22™, 60. Il comprenait probablement : 1" un 
pred)i/terium^ rectangulaire ou arrondi en abside, derrière la 
nef; 2° une sacristie, derrière chaque collatéral; 3° enfin, ;i 
droite comme à gauche, une salle rectangulah-e, débordant 
entièrement les flancs de l'édifice et accolée à la sacristie, 
L'ensemble du monument devait avoir la forme d'un T ou (l'uiie 
croix latine. Il est très vraisemblable que c'était une église. 

1. Graillot et Gsell, Mélun(jes de l'École de Rome, XIII, 1893, p. 541. 



EDIFICES DU CULTE CHRETIEN 265 

138° Tébessa {Thcveste). — Grande basilique, avec ses dépen- 
dances ^ [fig. 134, d'après le plan publié par M. Balhi -). 
Située sur la lisière septentrionale de la ville romaine, elle est 
restée en dehors de la ville byzantine. De 1888 à 1892, le 
Service des monuments historiques a déblayé ces vastes 
ruines, oîi des fouilles avaient été faites à plusieurs reprises 
par des officiers. Nous décrirons ici les diverses parties de cet 
ensemble, en distinguant les différentes époques auxquelles 
elles se rapportent. 



Premirre époque 

A cette première époque appartient : 1" l'église, avec 
X atrium et l'escalier qui la précèdent ; 2" la salle en forme do 
trèfle, avec les quatre chambres contiguës-^. La construction 

1. Mémoires des antiquaires de France, XVII. 18 i4, p. 17 (avec plan : « ruines 
d'un temple romain »). Lenoir, Arc/iileclure monastique, II, p. 481-8. MoU, 
Annuaire de ConsL, 1860-1861, p. 209-21 3. Girol, Rec. de Const., X, 1860, p. 180- 
213. Sériziat, i/nd., XII, 1808, p. 473-7. Clarinval, i/>id., XIV, 1870, p. 605-611. 
De Laurière, Ricista archeologica delta procincia di Conio, fascicule VI (1874), 
p. 20-7. Playfair, Travels in llie foolsteps ofRruce in Algeria, p 109-112. Hytrek, 
Bullettino di arclieologia crisliana, 1882, p. 90, 94-o, 101. Graham, Remains of 
Ihe roman occupation of North Africu (tirage à part des Tranmctions of llie 
Royal Institule uf Rrilish Architects, New séries, vol. II, 1886), p. 22 (plan). 
Méquesse, Revue africaine, XXX, 18S6, p. 477-484. Sériziat, Bulletin de l'Aca- 
démie d'Hippone, XXII, 1886, p. 43-6. AudoUent, Mélanr/es de l'École de Rome, 
X, 1890, p. 516. Ballu, Tébessa, Lambèse, Timr/ad (Paris, 1894), p. 15-20 et 
planches 4-13. Diehl, youvelles archives des Missions, IV, 1893, p. 331-2. Le 
même, l'Afrique byzantine, p. 430-1 et pi. XI. Duprat, Rec. de Const , XXX, 
1895-6, p. 1-87. Ballu, le Monastère byzantin de Tébessa (Paris, 1897, f"). Ano- 
nyme, Xuovo Bullettino di archeolofjia crisliana, V. 189:t, p. 50-63. Gsell, 
Mélanges de l'École de Rome, WUl, 1898, p. 12U-4: XIX, 1899, p. 73-5; XX, 1900, 
p. 130. Wielund, Ein Ausfluy ins nllchristliche Afriku,-^. 83-99. [)\e\\\,.Justinien, 
p. 520, fig. 170. 

2. Avec de k'gères modifications. 

3. Des quatre murs de la salle tréllée qui sont perpendiculaires à la basilique, 
les deu.K du milieu s'emboîtent dans la maçonnerie de cet édifice : ce qui 
prouve qu"ils n'appartiennent pas à une date plus récente. Les deux autres 



266 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉKIE 

est fort bonne ; les murs épais, en général, d'un peu plus d'un 
mètre, sont faits de deux rangées de pierres de taille, for- 
mant des assises régulières. Des marques gravées se dis- 
tinguent encore sur un très grand nombre de l)locs, aussi 
bien dans ces bâtiments de la première époque que dans ceux 
(pli ont été élevés à une date postérieure, en partie avec des 
matériaux de démolition. Ce sont des lettres, des croix, des 
figures géométriques, parfois aussi uu oiseau grossièrement 
représenté, une palme, un rameau, etc. '. Ces marques se 
rapportent aux divers ateliers oîi l'on taillait les pierres. 

Église (vue intérieure, planche LXXXVI). — Orientée au 
sud-ouest, elle a 22 mètres de largeur et 46 de longueur 
(80 avec V atrium et l'escalier). 

L'escalier, dont il ne reste plus que des débris, devait avoir 
(piatorze marches. Il s'élevait à une hauteur de 2^,90 et menait 
à un portique, dont le front présentait une rangée de colonnes, 
aujourd'hui disparues. De là, trois portes conduisent dans 
Valrium. Cette cour carrée était bordée de portiques, que soute- 
naient des colonnes (bases d'ordre corinthien, de différentes 
hauteurs ; fûts en calcaire, en granit, en marbre, lisses ou 
cannelés, empruntés à des édifices plus anciens ; chapiteaux 
corinthiens, à formes classiques, également pris ailleurs). Sauf 
au milieu, dans l'axe des deux portes principales de Y atrium 
et do la basilique, chaque entre-colonnementest occupé par une 
base attique en pierre, à socle très élevé, qui devait porter 
soit un vase, soit quelque autre objet d'ornement. Au centre 

viennent au contraire s'appliquer contre la basilique, ce qui prouve qu'ils ne 
sont pas d'une époque antérieure. La salle est donc exactement contemporaine 
de la basilique. 

1. Voir la reproduction d'un certain nombre de ces signes dans le Rec. de 
Const., XXX, i89j-(;, planche à la p. 66. Conf. i/jid., XXII, 1882, pi. X.XI bis. 




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ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



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268 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

de la cour, se trouve le lavacrum, grande vasque monolithe 
de 2"", 25 de côté et de O^jTO de hauteur, qui était peut-être 
plaquée de marbre. La cuvette a la forme d'un trèfle à quatre 
feuilles ' ; une grille l'entourait. La cour et les portiques étaient 
dallés. 

A une époque tardive, on fit sous les galeries quelques 
ensevelissements. Des dalles du portique antérieur offrent les 
épitaphes de deux religieuses -; dans le portique de gauche, a 
été découvert un sarcophage païen, remployé par les chrétiens, 
dont les sculptures représentent la chasse de Méléagre. 

Trois portes, correspondant aux trois vaisseaux, font com- 
muniquer {"atrium avec la basilique. La nef est séparée des 
collatéraux par deux rangées de supports géminés, qui sont 
posés sur des plates-bandes, affleurant le sol. Chaque couple 
<le supports a été constitué de la manière suivante. Un socle 
bas, de forme rectangulaire, est couronné, du côté de la nef, 
d'une base ronde, attique ou corinthienne, du côté opposé, d'une 
base carrée, attique. Sur la première, se dresse une colonne 
en marbre blanc, rosé ou vert, ou l)ien en granit : tous ces 
fûts ont été évidemment pris ailleurs ; il en est de même des 
chapiteaux, d'ordre corinthien. La base carrée porte un pilier, 
dont la hauteur atteint à peine les deux tiers de la colonne. Il 
est coiffé d'une imposte très simple, sur laquelle repose le 
sommier des deux arcades qui vont rejoindre, à droite et à 
gauche, les impostes des piliers voisins. Ces arcades sont d'un 
appareil fort peu compliqué : une clef au milieu et deux autres 
pierres, reliant la clef et les deux sommiers. Le mur ainsi 



1. On voit le conduit qui permettait de la vider. 11 n'y a pas de conduit 
•d'adduction : la vasque était remplie à la main. 

2. Gsell, Bull. Comité, 1896, p. 164-o, n"' 24 et 23. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 269 

formé s'élève à la hauteur des chapiteaux des colonnes, c'est- 
à-dire à 5'",50. Au dessus, règne une longue corniche, qui pro- 
jette en avant des décrochements, correspondant aux colonnes 
et soutenus par elles •. 

Les bas côtés étaient-ils surmontés de galeries dans la basi- 
lique primitive? Nous verrons qu'il faut attribuer à une date 
plus récente les cages d'escalier qui existent à droite et à 
gauche de Vatrium et qui permettaient d'atteindre des tribunes. 
D'autre part, dans les bâtiments de la première époque, on no 
saurait trouver aucune place convenable pour des escaliers : il 
eût été impossible de les établir au commencement et à l'extré- 
mité des bas côtés, où ils auraient obstrué les portes de 
Yatriion et des sacristies ; ils ne pouvaient pas davantage être 
installés dans Vatriina, dont ils auraient interrompu les por- 
tiques. Il est donc probable que l'édifice, sous sa forme la plus 
ancienne, n'avait pas de tribunes. Au-dessus de la corniche, 
s'élevait sans doute un mur, percé de fenêtres et précédé d'une 
série de colonnes, qui reposaient sur les décrochements de 
cette corniche et se dressaient, par conséquent, à l'aplomb des 
colonnes d'en bas. Les entraits de la toiture de la nef 
devaient s'appuyer sur les chapiteaux de ces colonnes supé- 
rieures. 

Un cadre rectiUgne enferme l'abside. Le sol de cet espace 
est surhaussé de 0^,75 : on y monte par deux petits escaliers 
de trois marches. L'ouverture était flanquée, semble-t-il, de 
deux pilastres .quadrangulaires, supportant l'arc de tète; plus 
tard, ils furent recoupés. A droite comme à gauche, se trouve 



i. Les bases de colonnes que l'on a trouvées dans les collatéraux (Lenoir, 
/. c, plan. p. 483 ; Girol, l. c, p. 203 ; Sérizlat, iRec. de Const., XII, p. 413), appar- 
tiennent certainement à un remaniement de très basse époque. 



270 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

une sacristie, qui communique à la fois avec l'abside et avec 
le bas cté voisin. Ces deux salles sont do plain-pied avec le 
reste de l'église. 

Sur une longueur de 9", 35, correspondant aux trois derniers 
entre-colonnements, le fond de la nef était fermé par une 
clôture, qui ne s'interrompait (jue par devant, pour laisser un 
passage, large de 1",20. Cette clôture consistait en des dalles, 
emboîtées soit dans les bases des colonnes, soit dans de petits 
piliers, qui présentent un couronnement imitant les moulures 
des bases attiques. Au milieu de l'espace ainsi circonscrit, ;i 
3", 10 de l'abside, un cadre rectangulaire affleure le sol. Long 
de 4", 20, large de 3"', 60, formé de deux rangées juxtaposées 
de pierres de taille, il enferme un champ de 2", 40 sur 1"\40, 
qui a été fouillé : je ne sache pas qu'on y ait fait quelque 
découverte. C'était évidemment là que se dressait l'autel, 
dont il ne reste aucun vestige en place. 

En avant de ce chœur, des barrières, dont on distingue les 
encastrements, étaient dressées dans les quatrième, cinquième, 
sixième, septième et huitième entre-colonnements de droite (en 
comptant à partir de l'abside), et dans les quatrième, cinquième 
et sixième entre-colonnements de gauche. 11 n'y avait donc que 
la partie antérieure des collatéraux qui ne fût pas séparée de la nef. 

Au fond de l'al^side, on voyait jadis un massif rectangulaire, 
représentant le soubassement qui portait la chaire épiscopale; 
il a aujourd'hui disparu. 

Tout le sol de la basilique est couvert de mosaïques orne- 
mentales ', d'une technique assez médiocre, mais d'un arran- 



1. Celle de l'abside a entièrement disparu. — Voir des reproductions de ces 
mosaïques dans le Bec. de Const., XIJ, 1808, planches I-IV, et dans Ballu, 
Monastère, pi. V-VIM. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 271 

gement très heureux. Selon M. Ballu ', les parois de l'église 
auraient été plaquées de marbre : nous n'avons constaté, pour 
notre part, aucune trace d'un tel revêtement. 

Salle tréflée. — Sur la droite de l'édifice, une baie, large 
de 3"", 05, donne accès à un bâtiment, dont l'ensemble, de forme 
quadrangulaire, mesure 23", 60 de long sur 20 de large. Le 
sol est en contre-bas de 2™, 80 par rapport à l'église : il est 
donc à peu près au même niveau que le pied des degrés qui 
montent à Xatrium. Ce bâtiment a été établi sur une cons- 
truction plus ancienne, pavée d'une mosaïque dont des restes 
ont été retrouvés en plusieurs endroits, à 1",20 au-dessous du 
sol nouveau. 

Après avoir franchi la Ijaie, on descend un large escalier 
de douze marches et on arrive à une grande salle, dont le 
plan est celui d'un carré, sur trois dos côtés duquel sont 
appli(piées des absides semi-circulaires, enfermées dans des 
cadres. Le carré devait être couvert d'une voûte d'arêtes ; 
des culs de four surmontaient les absides. 

La salle était décorée avec luxe. Deux grandes colonnes 
flanquaient l'ouverture de chaque hémicycle et portaient les 
extrémités de l'arc de tète (fûts en marbre cipollin et chapi- 
teaux corinthiens, pris ailleurs)-. A l'exception du seuil des 
absides, constitué par des plates-bandes dallées, et d'un espace 
réservé au centre (voir plus loin], tout le sol de cette salle était 
revêtu de mosaïques, dont il ne subsiste que quelques lam- 
beaux : le carré présentait des motifs ornementaux ; l'abside 
du fond, des séries de calices, d'où sortaient des ceps de vigne 
s'enroulant les uns dans les autres; l'abside de gauche, des 

1. Ballu, ihhl.. p. 21. 

2. Il y avait également deux colonnes au bas de l'escalier. 



272 LES MONUMENTS ANTIQLES DE L ALGERIE 

losanges, des cercles, des croix gammées; celle de droite, des 
oiseaux et, au milieu, un cerf. Les murs des hémicycles 
étaient plaqués d'une marqueterie en marbre, dont le bas se 
voyait encore en place il y a quelques années ; des mosaïques 
en cubes de verre tapissaient les voûtes. 

Au milieu de la salle, un cadre en pierres affleure le sol. Il 
mesure 4 mètres dans ses deux dimensions et est semblable au 
cadre du chœur de Téglise. L'espace qu'il limite a 2 mètres de 
côté. On y a fait des fouilles, qui ont montré qu'il s'enfonce 
sous terre, de manière à former une sorte de puits carré : on 
a trouvé, vers le haut, des décombres sans intérêt, puis des 
vestiges de la mosaïque décorant l'édifice antérieur à la salle, 
enfin, par-dessous, des vases et une lampe qui formaient, dit- 
on, le mobilier d'une sépulture et appartenaient évidemment 
à une époque plus ancienne que le cadre. La paroi nord-est, 
bâtie en matériaux plus menus que les trois autres côtés, con- 
tenait une petite dalle, posée à plat, dans laquelle est encas- 
trée une mosaïque en cubes de verre ' : ce panneau représente 
un monogramme constantinien, avec l'a et Vm, se détachant 
sur le fond d'une abside. Le cadre dont nous parlons était 
vraisemblablement surmonté d'un autel. On a recueilli en cet 
endroit les restes de quatre petits piliers scidptés, offrant des 
ceps de vigne, des poissons, etc. A en juger par les feuillures 
qui y sont creusées, ils devaient être placés aux angles d'une 
construction quadrangulaire, dont les faces étaient formées 
par des dalles posées de chauqj. Peut-être faisaient-ils partie 
du socle de la table sainte. 

Au nord-est du cadre et en avant de l'abside de gauche, le sol 

l. Aujounl'hui à l'église française de Tébessa. Farges, fit/Il. de l'Académie 
d'Hippone, XVil, 1881, p. 20-1 et pi. Vil. Ballu, Monastère, pi. VI. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 273 

de la salle a été creusé pour recevoir mie tombe d'enfant. Par- 
dessus fut établie une nouvelle mosaïque représentant le mort 
dans l'attitude de la prière, avec une épitaphe dont la date 
correspond à l'année 508 après Jésus-Christ'. D'autre part, 
on a trouvé, près de l'escalier, un grand sarcophage en 
marbre', décoré de trois figures allégoriques, dont la princi- 
pale est une image de Rome chrétienne. 

Aux quatre angles de la salle qui vient d'être décrite, sont 
disposées des chambres rectangulaires, s'ouvrant sur les absides 
de droite et de gauche '^ Le sol de ces pièces était pavé de 
mosaïques, aujourd'luii détruites. Les deux chambres du fond 
offrent des arcatures en pierres de taille, qui s'appuient sur 
des pieds-droits occupant les angles ; l'espace central était 
probablement couvert d'une voûte d'arêtes. Les deux autres 
chambres, à droite et à gauche de l'escalier qui descend à la 
salle tréflée, sont beaucoup plus petites, et leur hauteur dépas- 
sait à peine le linteau de la porte (S"", 20). Elles étaient stu- 
montées d'un plancher, reposant sur des arcades et portant un 
étage. On entrait dans les pièces supérieures par des passages 
ménagés au sommet de l'escalier; elles étaient éclairées par 
des fenêtres donnant l'une sur Y atrium^ l'autre sur la basihque 
même. 

Quelle était la destination de cette annexe de l'église? 
Lenoir y voyait un IricUnium^ hypothèse que rien ne confirme. 
Pour M. Ballu, c'était une chapelle funéraire. Il faut observer 



1. Corpus, VIII, 2013 = I60I6. II faut restituer [T/u-asa]miind{, et non 
[Guntha]mundi. L'inscription est de 508, année à laquelle convient la date 
indiquée, samedi, sept des calendes d'août. 

2. Il paraît avoir été légèrement déplacé. 

3. La porte qui fait communiquer la chambre située à droite de l'abside du 
fond avec le dehors a été recoupée dans la muraille et est de basse époque. 

II. 18 



274- LES MOM-MEMS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

(jue roii lie peut pas invoquer à cet égard la tombe d'enfant 
de Tannée 508, puisqu'elle est d'une époque postérieure à la 
construction du bâtiment. Il en est sans doute de même du 
sarcophage en marbre, dont la facture est exécrable. Quant 
au cadre en pierre, il a pu enfermer un corps ; mais il est pos- 
sible qu'il ait contenu seulement des reliques. L'autel, dont 
l'existence est à pou près certaine, })rouYe simplement que la 
salle était une chapelle, une jnemoria^ consacrée à une dévo- 
tion particulière'. Cependant, nous sommes tenté de nous 
demander si elle n'avait pas tout d'abord une autre destination. 
Nous verrons que le petit baptistère, situé à droite de l'atrium, 
appartient à la troisième époque : il a dû en remplacer un 
autre, car il est évident que cette grande basilique de The- 
veste n'a pas pu, pendant une longue jiériode de temps, être 
dépourvue de fonts baptismaux, l^rimitivemcnt, la jùscine 
occupait peut-être le miheu de la salle tréflée'-; plus tard, elle 
aurait été remplacée }iar un autel, recouvrant soit un corps, 
soit des reli(iues : les petits piliers sculjjtés qui nous ont paru 
se rapporter à cet autel sont du style des coussinets des tri- 
bunes de la basih(pie, c'est-à-dire de la troisième époque. Ce 
ne sont l;i, du reste, que des hypothèses'''. 

Nous avons dit que la Ijasilique et la salle tréllée sont con- 
tenq)oraines. Mais loule indication précise manque })Our per- 
mettre de les dater. Il est à croire que ces bâtiments remontent 

1. A U/.ali (près de Carthage} et à Hippo Regius (voir n" (16 «), des reliques 
de saint Éfienne furent placées dans une memoria, formant une annexe de 
l'église. 

2. Conf. la forme du baptistère de l'église principale de Tigzirt. 

3. Une conduite d'eau, venant d'une montagne voisine, aboutissait, dit-on, 
près de ce bâtiment (Dnpr it, l. c, p. 44). On peut supposer qu elle a servi aux 
besoins du baptistère. Mais il est clair quelle a pu être employée à de tout 
autres usages; d'ailleurs, rien ne prouve quelle soit contemporaine de la salle. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 275 

aux premiers temps du Bas Empire, à l'époque ronsécutive au 
triomphe du christianisme : ce triomphe s'affirme ici par les 
vastes dimensions de l'église, par sa riche décoration, par son 
haut soubassement, rpii livaHse avec les stylobates élevés des 
iemples païens. Il n'y a aucune raison de croire que cet édi- 
fice ait été d'abord une basilique civile, construite sous le 
Haut Empire ' ; toutes les dispositions qu'il présente montrent 
qu'il a été aménagé, dès l'abord, pour servir au culte clirétien-. 



Seconde époque 

Nous rapportons à une seconde é'poque la grande avenue 
dallée qui s'étend transversalement en avant de la basilique, 

1. Comme l'ont dit dilférents archéologues, par exemple Mau, s. v. Busllica, 
dans la Real-Eno/clopiUlie de Wissowa, p. 91. 

2. Dons un article du Nuovo Dulleflino c/i arc/teolof/ia cristiana (V, 1899, 
p. ;J0-63), un missionnaire des Pères Blancs a soutenu que la basilique de 
The veste fut élevée, au temps de saint Augustin, par les soins de Févôque 
Palladius, dont on a retrouvé la tombe dans une salle voisine de la chapelle 
tréllée. Mais aucun argument solide n"a été présenté par ce savant à l'appui 
de la date qu'il propose. D'autre part, nous verrons plus loin que ce Palladius 
ne semble pas avoir vécu avant la fin du v° siècle et que la salie dans laquelle il 
l'ut enseveli est certainement postérieure à l'église. Rien ne prouve non plus 
que la chapelle tréllée ait été élevée pour abriter la sépulture dune martyre 
locale, sainte Grispine, comme le croit l'auteur de l'article. Enfin nous ne pen- 
sons pas qu'il soit e.xact de dire que l'ensemble formé par la basilique de 
Tébessa et ses dépendances « olfre un caractère frappant de similitude avec le 
« temple de Jérusalem », qui aurait servi de modèle à l'architecte africain. 
Les constructions religieuses de Tébessa appartiennent à diverses éporfues : 
il est donc faux de les considérer comme formant un ensemble conçu par une 
seule pensée. Les prétendues ressemblances dont on parle ne sont pas aussi 
importantes qu'on t'affirme et elles paraissent être toutes fortuites. La basi- 
lique de Tébessa a été bâtie sur un plan usuel dans l'architecture chrétienne 
primitive: les remaniements, les additions qu'elle reçut ensuite peuvent 
s'expliquer sans qu'il soit le moins du monde nécessaire d'admettre une imi- 
tation du temple de Jérusalem. D'ailleurs, les dispositions de ce temple, rebâti 
plusieurs fois et détruit pour toujours en l'année 70 de notre ère, devaient 
être aussi obscures pour un Africain du iv° ou du x" siècle que pour les archéo- 
logues d'aujourd'hui. 



2'Q LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

les deux portes monumentales qui donnent accès à cette ve- 
nue, à Test et à l'ouest, les deux portiques qui la 1)ordcnt au 
nord, la vaste place, entourée de terrasses, qui est établie au 
sud, enfin la grande salle qui se trouve à l'ouest de la place 
et qui a été entièrement remaniée plus tard. Toutes ces cons- 
tructions sont contemporaines, comme le prouvent les emboî- 
tements des murs. Elles ne semblent pas appartenir à la même 
époque que la basilique, car elles sont disposées suivant une 
orientation un peu différente : leur axe s'incline à gauche par 
rapport à l'axe de ce monument. En outre, les deux portiques 
qui s'élèvent au nord de l'avenue sont sans aucune liaison avec 
les deux murs limitant l'escalier de l'église. 

Avenue. Portes nionumentales. Portiques. — L'avenue (vue, 
l)lanche LXXXYII), dont le beau dallage est encore intact, a 
52 mètres de long et une largeur de 7", 40 (à rest)-7'",65 
{à l'ouest) '. 

La porte monumentale de l'est est encore assez bien conser- 
vée (vue, planche LXXXVIII). Elle formait un passage couvert 
en charpente et en tuiles, de 8 mètres de long sur 5™, 70 de 
large, que bordaient de petites salles à étage. La façade du 
côté extérieur, décorée de pilastres et de colonnes, présente 
une disposition banale dans les arcs de triomphe romains de 
l'Afrique du Nord : nous en avons déjà parlé '. L'arcade de la 
façade intérieure était simplement précédée, à droite et à 
gauche, d'une haute colonne, dont le chapiteau portait un 
entablement orné de rinceaux ; par-dessus se dressait peut- 
être une statue. L'entrée de l'ouest consistait aussi en un long 

1. Cette différence a été nécessitée par le raccordement avec la basilique, 
dont l'axe, comme nous venons de le dire, forme un angle avec Taxe des cons- 
tructions que nous attribuons à la seconde époque. 

2. Tome 1, p. 171. 








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ÉDIFICES DU CULTE CHRETIEN 277 

passage couvert, avec des arcades sur les deux fronts. Deux 
grandes colonnes flanquaient la façade intérieure, comme à la 
porte orientale; mais ]a façade opposée n'offrait ni pilastres ni 
colonnes'. Il y avait une salle à étage au nord du passage; 
nous ne saurions dire s'il en existait une autre au sud, car 
cette partie de la porto a été remaniée à une époque postérieure. 

Dans l'avenue, au pied de l'escalier conduisant à la basilique, 
on dressa deux colonnes, pareilles à celles qui décoraient les 
faces intérieures des portes : elles furent placées de manière 
à dissimuler la ligne verticale de démarcation entre les bâti- 
ments de la seconde époque et les murs primitifs qui enser- 
raient l'escalier. 

Les deux portiques établis au nord de l'avenue, à droite et 
à gauche de cet escalier, avaient un front de quatre colonnes, 
qui portaient sans doute une architrave en bois. Sauf au 
milieu, les entre-colonnemonts étaient fermés par des clôtures 
de dalles, emboîtées dans les bases et dans de petits piliers. 
Le toit devait être en appentis. Le mur de fond de chaque 
portique est percé d'une baie. 

Place et bâtiment contigu. — Au sud de l'avenue, s'étend 
une grande place rectangulaire, de 55 mètres sur 42. 

Elle est encadrée, à l'est, à l'ouest et au midi, par des 
plates-formes, surélevées de 1"',90 et bordées de murs épais. 
La plate-forme du sud était surmontée d'un portique, constitué, 
du côté de la place, par une double rangée de colonnes, qui 
portaient des arcades en pierre : les fûts, en calcaire, en marbre, 
en granit, les uns lisses, les autres cannelés en spirale, ont été 



1. Une voie passait devant la porte monumentale de l'est : aussi a-t-on 
jugé à propos de la décorer plus richement que l'autre. C'était la principale 
entrée. 



278 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

pour la plupart pris ailleurs, de même (pi'une bonne partie des 
chapiteaux, d'ordre corinthien. Dos barrières, faites do dalles 
et de petits piliers, fermaient les entre-colonnements, sauf au 
milieu et aux deux extrémités. Le long des terrasses orientale 
et occidentale, régnaient des barrières sembla1)les ; mais, sur 
ces côtés, il n'y avait pas de portique. Le mur du sud est 
percé d'une porte, qui assurait les communications avec le 
dehors. Des plates-formes, on descendait dans la place par de 
larges escaliers, d'une dizaine de marches. Mais il faut obser- 
ver que l'escalier de l'ouest est d'une époque tardive : priniili- 
vement, un passage, de 3 mètres do large, coupait la terrasse 
en cet endroit. Il fut ensuite bouché par des murs assez gros- 
siers et comblé : ce fut alors que l'on construisit le troisième 
escalier. 

La i)lace est divisée en quatre espaces rectangulaires par 
des voies dallées, larges de 3 mètres, formant une grande 
croix et aboutissant au pied des escaliers. Ces espaces étaient 
limités par des clôtures du système ordinaire (dalles pleines, 
emboîtées dans de petits piliers), qui paraissent les avoir 
fermés complètement'. M. Ballu pense que les quatre com- 
partiments étaient des bassins- : « Le sol de ces quatre rec- 
« tangles ainsi isolés, et dans lesquels on ne pénétrait par au- 
« cune ouverture, se composait d'une chape en béton de 0", 50 
(( d'épaisseur-'', destinée à contenir de l'eau; les fouilles que 

1. En tout cas, le compartiment du sud-ouest était clos hermétiquement, à 
en juger par les encastrements creusés tout le long des bandes de pierre qui 
portaient les balustrades et qui sont restées intactes. 

2. Monastère, p. 14-13. Dans divers bassins antiques de l'Algérie, on retrouve 
des clôtures semblables à celles qui bordent ces compartiments. Voir, par 
exemple, Rec. de Const., XXVlll, 1893, planche à la p. 41, et ici même, tome I, 
planches LXV et LXVll. 

3. Cette chape de béton n'est plus visible, le sol des compartiments ayant 
été remblayé. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 279 

(( nous avons })ratiquôcs ne peuvent laisser aucun doute à cet 
« égard... Bien qu'il soit difficile de préciser avec certitude 
« l'usage de ces pièces d'eau,... nous pensons qu'elles avaient 
« pour but de maintenir le long des promenoirs une humidité 
« produisant une fraîcheur relative, fort agréable pendant 
(( l'été ; peut-être servaient-elles de viviers. » 

Dans le compartiment du sud-est, on voit, contre l'angle des 
plates-formes orientale et méridionale, un bassin dallé, long 
de 5", 45, large de 2", 00, clos également par des dalles emboî- 
tées dans des piliers. Des restes de canalisation y aboutissent : 
c'était donc un réservoir (selon M. Ballu, un bassin de décan- 
tation pour les eaux qui allaient ensuite remplir les quatre com- 
partiments) i. 

A l'ouest de la place, le passage que nous avons mentionné 
tout il l'heure donnait accès à un grand bâtiment, qui a été 
complètement transformé [)lus tard. Les dispositions primitives 
nous échappent : on reconnaît seulement les amorces de plu- 
sieurs parois de refend, qui se détachaient du mur de l'est et 
qui furent recoupées lors de la réédifîcation. 

Rien ne permet de dater avec exactitude les constructions 
que nous assignons à la seconde époque. La technique est 
encore bonne, les traditions romaines se sont maintenues ; la 
porte monumentale de l'est a un aspect classique. Il ne parait 
guère possible d'attribuer cet ensemble à une date plus récente 
que la fin du iv" ou le début du v" siècle (dj-nastie théodo- 
sienne). 

1. Les eaux passaient d'im comparliment dans l'autre en traversant des 
conduits ménagés sous les escaliers qui se trouvent aux extrémités des allées. 



280 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

Troùième ('poquc 

Cages iVescaUer. Galeries^ au-dessus de fa//iu?/i et des bas 
côtés. Salle au sud-ouest de la chapelle terflèe. Chambres 
entourant la basilique. — Tous les bâtiments que nous venons 
d'énuniérer sont construits en pierres de taille. Ils appartiennent 
à une même époque : leurs murs s'emboitent, en effet, les 
uns dans les autres, tandis qu'ils sont simplement appliqués 
contre les parois de la basilique ou de la chapelle tréflée. 

A droite et à gauche do Vatrium, se trouvent deux réduits, 
l'un carré, l'autre rectangulaire : on y pénètre par des portes qui 
ont été recoupées dans les murs primitifs. Chaque réduit sert 
de cage à un escalier tournant, disposé autour d'une pile cen- 
trale quadrangulaire : ces escaliers ne pouvaient conduire qu'à 
des galeries établies au-dessus des portiques de Vatriuni et, de 
là, à des tribunes surmontant les collatéraux de l'église. Il no 
reste que la partie inférieure des deux bâtiments : on no sau- 
rait donc dire quelle hauteur ils atteignaient. Formaient-ils des 
tours élevées, dominant Vatrium et visibles de loin, comme les 
clochers des éghses d'un âge plus récent? Cela est possible, 
mais rien ne le prouve. 

L'étage de Vatrium présentait sans doute quatre portiques, 
comme le rez-de-chaussée. C'est à ces colonnades supérieures 
qu'il convient de rapporter des bases attiques grossières, 
creusées, sur deux de leurs faces, de feuillures, pour l'insertion 
de cancels, et des chapiteaux d'ordre corinthien très dégénéré', 
qui ont été retrouvés dans Vatriimi. 

Il va sans dire que la construction des tribunes, que nous 
attribuons à cette troisième époque, dut entraîner le rcmanie- 

1. Ballu, Monastère, p. 19, fig. 9 et 10. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 281 

ment complet des parties hautes de la l)asiliqne. Ces tribunes, 
dont le plancher était à 5™, 75 du sol, peuvent se reconstituer 
d'une manière fort probal)lo, grâce aux nombreux morceaux 
d'architecture qui ont été recueiUis dans les décombres de 
l'édifice et qui leur appartiennent. Elles étaient bordées, du 
côté de la nef, par une double rangée de supports, semblables 
à ceux du rez-de-chaussée : sur le devant, par des colonnes, 
plus petites que celles d'en bas, colonnes dont les chapiteaux 
corinthiens étaient de même style que ceux de V atrium, signa- 
lés tout à rheure'; en arrière, par des piliers. Mais ici, le 
pilier et la colonne s'élevaient à la même hauteur et portaient 
ensemble un coussinet rectangulaire, haut de 0"",52 à 0™,55et 
mesurant à sa partie inférieure r",05 de long sur 0"\r)2 de 
large. Dans ces coussinets, que l'on a presque tous retrouvés, 
la petite face qui regardait la nef est fortement incurvée et 
décorée d'une grande feuille d'acanthe ; les deux faces longues 
présentent des motifs divers, sculptés en relief plat : coquilles, 
rosaces, rinceaux, poissons, etc. Sur la moitié postérieure de 
chaque coussinet devait reposer le sommier des deux arcades 
qui allaient rejoindre les coussinets voisins, à droite et à 
gauche, et qui soutenaient elles-mêmes un mur percé de fe- 
nêtres. Au-dessus de la moitié antérieure se dressait proba- 
blement un dé élevé, qui portait à son tour une colonnette, 
adossée au mur. Telle était la fonction de ces coussinets ; des 
impostes semblables ont été placées d'une manière identique 
dans la grande église de Tigzirt, à la description de laquelle 
nous renvoyons-. 

1. Ballu, ibid., p. 26, û<;. 20 et 21. 

2. Nous ne pouvons pas admettre l'opinion de M. Ballu sur la place qu'oc- 
cupaient ces dosserets. La question est discutée dans notre ouvrage sur le 
musée de Tébessa (Paris, Leroux, 1902). 



282 LES MO.NU.MENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

Ce fut sans doute à la niênie époque que l'on remania l'arc 
de tète et peut-être aussi tonte la voûte de l'abside. Les deux 
pilastres qui, crojons-nous, flanquaient l'ouverture furent rasés 
et remplacés par deux grandes colonnes ' ; on coiffa chacune 
d'elles il'un coussinet décoré comme les précédents, mais pourvu 
d'une queue (|ui s'enfonçait dans l'angle du mur. Les sommiers 
du nouvel arc de tête reposèrent sur ces deux cous- 
sinets. 

De nombreux cubes d'émail, retrouvés sur le sol loi's des 
fouilles, laissent supposer que la voûte de l'abside, et peut-être 
aussi les parois supérieures de la nef étaient revêtues de 
mosaïques. 

Le baptistère (plau, //y. 135"'; vue, planche LXXXIX) est 
appliqué contre l'ai/ un//, dont le mur d(i droite a été recoupé 
pour ouvrir la porte d'accès. Le sol de ce bâtiment est en 
conti'e-l)as de O"..")!) par rapport ;i Y a //■////// et l'on y descend 
j)ar trois marches. On pénètre d'abord dans une sorte d'anti- 
chambre rectangulaire, dallée. Deux colonnes, dont les bases 
sont encore en place, flanquaient l'entrée de la salle baptis- 
male proprement dite; leurs chapiteaux étaient sans doute 
reliés par une architrave. Cette salle, de l",80 sur 3", 90, 
offrait un pavement en mosaïque. La cuve est de forme circn- 
laire : le fond ne mesure que ()'",85 de diamètre; il est entouré 
de trois degrés concentriques. Bassin et marches sont revêtus 
de béton ; un petit canal servait à évacuer l'eau. Le rebord 
de la piscine, qui dé])asse à peine le sol environnant, est fait 
en ijartie avec des débris d'archiiecture de bonne époque. 
Quatre petites mortaises ont dû servir ù l'insertion d'une grille. 

1. La base de l'une d'elles a été retrouvée on place : Girol, /. c, p. 202. 

2. Voir aux .\i/ifi/ii)iis et coi-rcc/ions cette figure, omise ici |iar erreur. 



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ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 283 

A Test du baptistère, se voit nue salle rectangulaire, précédée 
d'un petit vestibule, qui s'ouvre sur l'abside do droite de la 
chapelle tréflée : la porte a été recoupée dans le mur. A'esti- 
bule et salle sont au même niveau que la chapelle. Ces deux 
espaces étaient pavés de mosaïques : motifs ornementaux, 
fleurs et fruits. Dans la salle, il y avait eu outre quatre cadres, 
enfermant des épitaphes, qui surmontaient des tombes'. L'une 
des inscriptions se rapporte à un évêque du nom de Palladius. 
une autre à un prêtre. La croix grecque qui accompagne l'épi- 
taphe de Palladius et les formules enq)loyées ne permettent pas 
de dater ces textes d"une époque antérieure ;i la fin duv" siècle. 

Dos séries de chambres sont applifpiées contre tout le ilanc 
ouest de la basilique, contre son chevet, enfin contre sou flanc 
est, jusqu'au mur septentrional de la chapelle tréflée. La cons- 
truction en est mauvaise : les assises sont irrégulières, beaucoup 
de blocs font saillie en dehors des parements ; on s'est servi 
d'un assez grand nombre de pierres tunuilaires païennes. Il y a 
vingt-trois chambres, dont plusieurs sont doubles. Une porte 
assez étroite s'ouvre sur le devant de chaque pièce "^i au- 
dessus est ménagée une petite fenêtre. Rien n'indique que 
ces chambres aient eu un étage -^ Elles étaient certainement 
couvertes en charpente et en tuiles. Il faut sans doute y voir 
des habitations de clercs, de moines ou de religieuses S for- 
mant une communauté. 



1. Corpus, VIII, 2009-2012. 

2. La chambre contiguë à la chapelle tréflée na pas de porte extérieure et 
communique par une porte latérale avec la chambre voisine. 

3. Dans un certain nombre d'entre elles, on remarque des lignes d'entailles, 
qui ont reçu des extrémités de poutres. Mais ces trous ont été faits par des 
indigènes qui s'étaient installés dans les ruines. 

4. On peut se souvenir à ce sujet que deux tombes de religieuses ont été 
trouvées dans Valrium de la basilique (voir plus haut, p. 268). 



284 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

De chaque côté du perrou de l'église, derrière le portique 
qui borde l'avenue, ou rencontre les ruines d'une grande cel- 
lule, divisée en trois compartiments. A en juger par la disposi- 
tion des murs, ces deux logements datent peut-être d'une 
époque postérieure aux bâtiments dont nous venons de parler. 

Enceinte. — Les deux flancs et le chevet de la basilique 
sont protégés par une grande enceinte, qui est sans doute con- 
temporaine des chambres : autrement, celles-ci auraient été 
accessibles à tout venant. Elle consiste en un mur de 0"\50 
d'épaisseur, dont la plupart des pierres ont dû être })rises ail- 
leurs ; par derrière, des contreforts, disposés perpendiculaire- 
ment, sont établis à des distances qui varient de 3", 70 à 
5 mètres : ils supportaient un chemin de ronde en planches. 
Trois tours carrées, dont les murs avaient aussi une épaisseur 
de 0™,5U, se dressaient aux deux extrémités et au milieu de 
la face nord ; il y en avait deux autres sur la face ouest et 
une sixième, plus petite, au sud-est. Elles ne dépassaient pas 
l'alignement du mur d'enceinte. 

A la même époque sans doute, on rétrécit l'ouverture de la 
porte monumentale de l'est qui donnait accès à l'avenue : il 
n'y eut plus à cet endroit qu'une étroite poterne, de 0",90 de 
largeur. 

La place elle-même et le grand bâtiment qui la bordait à 
Touest furent entourés d"un nuu-', ne présentant ni contre- 
forts, ni tours. Il faut observer que, de ce côté, les murs de la 
place et ceux du bâtiment formaient une seconde ligne de pro- 
tection. A l'angle sud-est, dans la direction delà ville de The- 
TBste, il y avait une entrée, derrière laquelle s'élevaient 
•quelques constructions. 

1. On n'en a reconnu que quelques vestiges, invisibles aujourd'hui. 




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ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 285 

Grand bâtiment à r ouest de la place (vue, planche XC). — 
Nous avons dit que ce bâtiment, qui, à l'origine, communiquait 
avec la place, a été certainement remanié. Il est même 
vraisemblable que ce remaniement fut postérieur à la démoli- 
tion partielle de la porte monumentale de l'ouest : celle-ci 
n'aurait pas pu trouver une assiette assez solide sur le mur 
qui la borde au sud et qui ne mesure, dans son état récent, 
que 0", 50 d'épaisseur. 

L'édifice, sous sa forme nouvelle, consiste en une salle de 
49 mètres' de long sur 22 mètres de large. Les parois sont 
faites en pierres de taille, provenant de constructions plus an- 
ciennes : on remarque, en particulier, quelques blocs ayant 
appartenu à des pressoirs. 

La porte s'ouvrait au nord. L'intérieur était dallé et de 
plain-pied avec la grande avenue. Deux rangées de piliers 
carrés, d'mi mètre de côté, en gros matériaux, limitaient une 
nef centrale de 5™,60de largeur : elles devaient porter des ar- 
cades, qui portaient à leur tour un mur percé de fenêtres. La 
couverture était certainement en charpente et en tuiles. 

Chaque collatéral présente, dans le sens de la longueur de 
la salle, un mur bas sur lequel sont posées des auges, placées 
les unes à la suite des autres. Elles mesurent, dans k, ^artie 
creuse, 0",G5 à 0^,90 de long, sur 0^40 de large et U\ '- 
profondeur movenne. Leur rebord est à 1 mètre du sol. 11 y 
a près de quatre-vingts. Entre ces auges, sur leurs rebords 
latéraux, se dressent de petits piliers, hauts de 0",90, por- 
tant des bandes de pierre, au-dessus desquelles s'élève un nou- 
veau mur. Ainsi sont constituées des baies rectangulaires, sur- 
montant les auges. A des hauteurs variables, des œdlets ont 
été pratiqués à travers les piliers, près des arêtes : la plupart 



280 LES MOUMENTS ANTHjLES DE L ALGERIE 

du coté (le la nef ceiitrali', quelques-uns du cùtë opposé. Cer- 
tains piliers ont deux œillets, plusieurs n'en ont pas du tout. Le 
mur à auges offre, do distance en distance, des passages (pu, 
en général, pouvaient être clos ; les uns sont au niveau du sol, 
les autres ont un seuil de ^}"'y^0 à <i'",r)0. Les montants de 
(juelques-nns de ces passages sont percés d'u'illets. Par dcr- 
i-ière, des murs transversaux, placés d'ordinaire à l'alignemont 
des gros piliers de la nef, forment , de chaque côté de la salle, une 
série de compartiments, communiquant entre eux par un cou- 
loir. Ces compartiments étaient surmontés d'un étage. Les 
chambres supérieures s'ouvraient sur une galerie en bois (à 
2™, 75 du sol), portée par des corbeaux qui étaient encastrés 
dans le mur établi au dessus des auges et qui faisaient une 
saillie de l'",r)0 du coté de la nef. Les escaliers condui- 
sant aux deux galeries se trouvaient aux angles do la 
salle. 

Ou n'hésite pas en géné^ral à voir dans ce grand bàtiiiient 
une vaste écurie. Les auges représenteraient des mangeoires 
j»our les chevaux ; les œillets percés dans les piliers auraient 
servi h attacher les bêtes ; les clnuubres du rez-de-chaussée et 
<le l'étage auraient été des magasins pour les fourrages et 
autres provisions. Tependant. tout cela ne nous parait pas aussi 
évident (prou le dit'. Les l)(''tes am'aient été bien ra})pi-ochées 
les unes des autres. De plus, il est malaisé, dans cette hypo- 
thèse, de s'expliquei- rutilit('' de certains œillets, pratiqués à 
travers des montants de portes, ou Ijien du c(')té opposé à la 
nef, en avant de ces compaiHments oîi des chevaux auraient 
diftirilemont pu entrer. Je croirais plut(jt que nous sommes ici 

1. Des Ijàtimcnts analogues exislent à Henchir Goubeiil et à llaïdra. en 
Tunisie. Je ne crois pas qu'on puisse y voir des écuries. 



ÉDIFICES DU CULTE CIFRÉTIEN 287 

en présence d'un rëfccloiro, quoiqno je ne puisse fournir aucune 
preuve à l'appui de mon opinion. 

Il est vraisemblable, mais non certain, que la réédifîcation 
de cette grande salle est contemporaine des travaux considé- 
rables que nous rapportons à la troisième époque : modification 
des parties hautes de la basili([ue, construction du baptistère, 
des cellules, de l'enceinte. La plupart de ces aménagements 
paraissent avoir eu pour objet de loger, d'isoler et de protéger 
des gens vivant en connnunauté autour de l'église primitive '. 

On n'a pas trouvé d'indices permettant de leur assigner une 
date précise. Certains archéologues les attril)uent au tenq)s de 
la domination Inzantiue. Mais les arguments qu'ils présentent 
sont assez peu solides. La construction des bâtiments de la 
troisième époque est sans doute fort médiocre, mauvaise même 
pour les chambres qui bordent l'église ; mais cela ne les date 
pas du \f siècle, pkitoi que du v^ L'enceinte, bordée intérieu- 
rement d'un chemin de ronde et munie de tours, ne couvre que 
la moitié septentrionale de ce vaste ensemble. Mais, si la même 
disposition ne se retrouve pas au midi, vers la ville, doit-on 
en conclure que c'est à cause de la proximité des fortifications 
élevées par les Byzantins autour de Theveste, fortifications 
qui auraient garanti le sud de l'établissement religieux ? Nous 
avons vu que ce côté était protégé par une première clôture, 
puis par les murs de la place et de la grande salle. C'était là 
une défense suffisante, et voilà probablement pourquoi on n'a 
pas construit au midi un rempart semblable à celui du nord. 
Selon ]M. Diéhl-', «l'enceinte fortifiée qui enveloppe la basi- 



i. Les tribunes construites dans l'église étaient peut-rtre réservées aux 
membres de cette communauté. 
2. Souvelles Archives des Missions, IV. p. 331. 



288 LES 3J0NLMKNTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

(( lique ressemble singulièrement aux remparts byzantins do 
« Tébessa... Il est donc certain qu'à l'époque byzantine, l'en- 
« semble de la basilique a été remanié». Je suis au contraire 
frappé de deux différences très caractéristiques qui distinguent 
cette enceinte de la généralité des fortifications bj-zantines, y 
compris, naturellement, celles de Tébessa : 1" le mur est simple, 
tandis que le système byzantin consiste en deux murs paral- 
lèles, dont l'intervalle, plus ou moins large, est rempli par des 
matériaux divers; 2" les tours ne font pas saillie au dehors, tan- 
dis que c'est la règle dans les remparts byzantins. On sait 
que les Vandales démolirent les fortifications de la plupart des 
villes romaines d'Afrique', mais il n'en faut pas conclure que 
leurs rois auraient interdit la construction d'une enceinte en- 
tourant un simple établissement religieux, enceinte qui, vu la 
faible épaisseur des murs, était plus [)ropre à prévenir des 
razzias subites qu'à soutenir un siège sérieux. Ainsi donc, il 
n'y a aucune raison décisive pour faire descendre après 535 
(année de la construction de la citadelle byzantine de Tébessa) 
la date des bâtiments de la troisième époque. 

D'autre part, il convient de remarquer que le style des 
chapiteaux du premier étage de Yatriiim et des tribunes de 
la Ijasilique est le môme que celui des chapiteaux de la basi- 
li(iuc de Bénian (n° 22), élevée entre 434 et 439. 

Doit-on admettre qu'avant la construction des bâtiments que 
nous venons de décrire (troisième époque), la basilique et ses 
dépendances aient su])i des dégâts plus ou moins considérables, 
qid auraient nécessité des travaux de réfection? Cela est bien 
possible, mais on n'en a aucune preuve 2. 

1. Procope, De bello randalico, I, 5 ; De aedificiis, VI, 5. Conf. tome I, p. 99. 
•?. Il faut observer cependant que la porte monumentale de l'ouest n'était 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 289 



Quati-u'itte époque 

Chapelle \fig. 130). — An nord-est de la chapelle tréflée, 
on a mis au jour les ruines d'une chapelle, certainement plus 
récente que renceinto. Le bâtiment mesure 8"", 90 de large et 
8", 40 de long isans Tabside). Il est précédé d'un portique, dont 
le front présente deux colonnes et deux pilastres ; des arcades 
en pierre- reliaient ces supports et le toit était en appentis. Par 
derrière, trois portes correspondaient aux trois vaisseanx inté- 
rieurs, que séparaient doux colonnades, terminées à chaque 
extrémité par nn pilastre. Là aussi, il y avait des arcades. Le 
sol était dallé. A l'extrémité de la nef centrale, sur nne pro- 
fondeur de 2'°,90, correspondant au dernier entre-colonnement, 
le dallage est exhaussé de quelques centimètres. Cet espace 
réservé était formé du coté do la façade par une grille trans- 
versale, dont les encastrements sont encore visibles ; au milieu, 
quatre petites mortaises, dessinant un rectangle de 0'",90 sur 
O"*,?!, servaient à maintenir les montants do l'autel, qui était 
sans doute en l)ois. L'abside, de fornie semi-circulaire, était 
encadrée par lo mur d'enceinte et par denx contreforts, que 
l'on avait un peu allongés. Doux colonnes flanquaient l'ouver- 
ture et portaient l'arc de tète. Le sol dnpreshfjterii/m est suré- 
levé de 0'°,25; il est dallé. A droite, une sacristie a été éga- 
lement établie entre deux contreforts ; elle avait des portes 
sur le bas côté voisin et sur le dehors. Une autre porte s'ou- 

probablement plus intacte lors de la reconsti'uclion de la salle à auges 
(voir plus haut, p. 28o;. Mais la démolition partielle de cette porte a pu être 
opérée précisément en vue du remaniement de la grande salle. 

19 



290 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 



vrait au fond du collatéral de gauche, mais elle no menait pas 
à une sacristie. Dans le mur du même collatéral est ménagée 
une large baie, qui donne accès à une salle rectangulaire 
(0", 60X4", 30), un peu en contre-bas et dallée. — Cet ensemble 
est d'une construction misérable : les matériaux, en particu- 
lier les éléments des colonnades, ont été pris ailleurs. 




FiG. 13G. — Chapelle voisine de la basilii|ne de Tébesso. 



Portique. — Ka face de l'entrée de la salle à auges, se 
voient les ruines d'un portique, avec un front de six colonnes. 
Le mur de fond est percé de portes, conduisant à deux petites 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 291 

chambres, dont chacune contient deux auges, placées, comme 
dans la grande salle, sur un mur bas*. A droite, les restes 
d'une cage d'escalier indiquent un étage. La disposition de ce 
bâtiment par rapport à deux des contreforts prouve qu'il a été 
construit plus tard que l'enceinte. 

Nous devons encore mentionner les nombreuses sépultures 
(sarcophages ou toits en tuile) qui ont été trouvées entre la 
basilique et l'enceinte, au nord et à Touest. Cet espace servit 
de cimetière à une basse époque, et même Inen après la chute 
de la domination byzantine. Une des cellules appliquées contre 
le mur de gauche de l'église contenait trois sarcophages, dans 
lesquels les corps étaient recouverts d'une couche de chaux : 
ces ensevelissements appartiennent sans doute à un temps où 
la chambre avait cessé d'être habitée. On a même trouvé des 
squelettes enfouis parmi les décombres du sanctuaire principal. 

Des cendres, des débris de charbons, rencontrés un peu par- 
tout, attestent l'incendie ou les incendies successifs qui ont 
détruit la basilique de Theveste et ses dépendances. 

139 et 140" Téhessa. — Renier vit, il y a un demi-siècle, 
deux autres églises à Tébessa, à l'intérieur de la citadelle 
byzantine. Elles étaient « plus restreintes » que la grande 
basilique et « d'un autre style- )i. L'une de ces églises s'élevait 
sans doute au lieu oîi l'on a établi la place du bourg français : 
c'est là qu'ont été recueillis plusieurs grands chapiteaux en 
marbre, ornés de croix grecques, destylefranchementbyzantin^. 

Nous avons dit ^ que le temple voisin de l'arc de triomphe 

1. Il est impossible d'admettre que ces chambres aient été des écuries: on 
n'aurait pas pu y introduire commodément des chevaux. 

2. Apud Lenoir, Archlfecfure monastique, II, p. 487. 

3. Ballu, le Monastère byzantin de Tébessa, pi. III, à gauche. 

4. Tome I, p. 137. 



292 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

(le Caracalla semble avoir été converti par les Byzantins en 
sanctuaire chrétien. Il est possible aussi qu'une chapelle ait 
été établie dans les thermes romains du quartier occidental de 
The veste ^ On y a retrouvé un chapiteau grossier, décoré de 
dauphins, et des débris de cancels, offrant des poissons et des 
trèfles. 

141° Trnh iCartenna). — Église (?). Dupuch"' place une basi- 
lique chrétienne en un endroit (situé à l'angle nord-est de la 
ville), où l'on a mis au jour, à diverses époques, des bases de 
colonnes "' et des fragments de mosaïques, dont l'un présentait 
l'image d'une langouste^. 

142° Téniet el Kebch (au nord do l'Aurès). — Éghse% vers 
le centre du bourg antique; peu distincte. Longueur 31", 80, 
largeur 13™, 60. Restes «l'un chœur, avec clôture de dalles et 
de petits piliers ; au fond, trois salles : celle du milieu n'a pas 
la forme d'une al)side; elle est rectangulaire. Mais une abside, 
large de 4- "",50, s'ouvre sur le côté sud. 

143° Téniet el Kebch. — Autre église", à l'est du bourg ; en 
fort mauvais élat. Longueur totale 24 mètres, largeur 13"", 80. 
Traces d'un vestibule, qui occupait toute la largeur du front et 
mesurait 2",U0 de profondeur ; deux colonnades à l'intérieur 
(bases attiques à socle élevé) ; chœur, profond de 5"", 40, avec 
la clôture usuelle : un des petits piliers est orné d'un mono- 
gramme constantinien. Le fond de l'édifice est très détruit : 

1. Noir plus haut, t. I, p. 234 (thermes du quartier de cavalerie). 

2. Essai sur rAlr/érie chrétienne, p. 223. 

3. Revue africaine, II, 18.37-8, p. 100. 

4. Bull. CoDiilé, 1889, p. 368, n" 1. — Azéma de Montgravier [Reriwde hihlio- 
f/r.iphie awilyUque, 1844, p. iiO) mentionne « le pavé en mosaïque de deux 
cdilices religieux appartenant l'un et l'autre à l'époque chrétienne ». 

a. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV. 1894, p. 57. 
fi. Ihid., p. .j7 et fig. 1.-) (plan reproduit dans Krau?, Geschichle der c/irisl- 
lichen Ku?isl, I, p. 27."i, fig. 212 . 



ÉDIFICES DU CL'LTE CHRÉTIEN 2Ç3 

on no voit nul vestige d'abside ; l'espace réservé au clergé 
était peut-être quadrangulaire. Deux sacristies le flanquaient 
probablement. 

14i° HencJiif Terlist (entre Sétif et Batna). — Église', non 
fouillée, dont les murs ne dépassent guère le sol. Longueur 
(sans l'atrium) 36", 85, largeur 15'",66. En avant, vestiges 
d'un afr'nitn, long de 13™, 90 (entre mursi et de même largeur 
que la Ijasilique : on n'y distingue pas de portiques. L'église 
elle-même a la forme d'un long rectangle, contre lequel est 
appliqué, sur le petit coté postérieur, un demi-cercle limitant 
l'abside. Il n'y a qu'une seide porte dans la façade, au milieu. 
L'intérieur devait être partagé en trois vaisseaux par deux 
colonnades, dont aucun élément n'est plus en place, mais dont 
on trouve rà et là des débris. On peut supposer que l'abside 
était fermée en avant par un mur transversal, avec des baies 
sur la nef et les bas côtés. Mais, d'autre part, il est possible 
qu'une rangée de colonnes, disposée en demi-cercle parallèle- 
ment au miu' courbe, ait constitué une galerie tout autour d'un 
espace central, réservé au clergé. Des fouilles donneraient 
sans doute la solution de la question et nous apprendraient de 
quelle manière le fond de la 1)asilique était couvert. 

145° Henchir Terlkl. — Chapelle -, non fouillée et mal con- 
servée, à 300 mètres environ au nord-est de l'église. Longueur 
18 mètres, largeur 13°, 05. Une porte s'ouvrait sur le devant. 
Deux colonnades séparaient les vaisseaux (bases attiques à socle 
haut). L'abside, dont le mur est courbe à l'extérieur comme 
à l'intérieur, lie déborde cependant pas le rectangle formé par 
l'ensemble du monument; elle est flanquée de deux sacristies. 

1. GseW. Recherche-1 (irchéolof/iqiies en Algérie, p. 161, 168; fig. 19 et 20. 

2. Gsell, ;///>/., p. 168-9; fig. 21 



294 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

Abside et sacristies étaient plus élevées que le reste de la 
chapelle. 

1 iO" Tigzirt. — Grande église', située dans la partie orien- 
tale de la ville anti(pio, à quelques mètres du rempart romain 
(plan, fig. 137-, d'après Gavault; vue, avant les fouilles, 
ftg. 13S). Elle est assez bien conservée : sur le devant et 
dans l'abside, les murs s'élèvent encore par endroits à plusieurs 
mètres ; à l'intérieur, un certain nombre de colonnes sont restées 
en place. Elle a été entièrement fouillée par Gavault, en 189 i- 
1895. 

Le chevet occupe peut-être l'emplacement d'un sanctuaire 
dédié à Saturne : de nombreuses stèles votives ont été em- 
ployées dans le fond de l'édilice et dans un canal qui })asse 
auprès. 

Les murs sont construits en moellons, avec des chaînes en 
pierres de taille, sauf dans la partie de la façade qui précède 
la nef : à cet endroit, ils sont entièrement en pierres do taille 
et plus épais qu'ailleurs. La longueur totale est de iO mètres, 
la largeur de 21. 

11 y avait iirobal)lement un vestibule, occupant toute la lar- 
geur du front : on distingue en effet, à 2"°. 20 de la façade, les 
traces d'un mur, qui s'interrompt au milieu. La basilique elle- 
même a trois portes cintrées, qui, toutes, donnaient accès à la 
nef. 

Le vaisseau central est bordé de chafpie côté par une double 
rangée de colonnes ; il faut remar(|uer [xnirtant que, dans les 

1. Gavault, Elude sur les ruines romaines de Tifjzirt, p. 5-90; lig. l-lo 
pi. 1 et II. Gonf. ibitl., p. 5, note 1, la bibliograpiiie antérieure, d'ailleiir.s sans 
importance. Wieland, Ein Ausflur/ ins allcluislliche A/'rika, p. 172-7. 

2. Les constructions de basse époque sont indiquées par des hachure 
croisées. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



29o 




O I i 3 /t S f f 9 

1, 1 1.1 I \ 1 J 1 1 1 



FiG. 137. — Grande basilique de Tigzirt. 



296 LES 3IONU5IENTS ANTIQUES DE L AUIÉRIE 

deux files les })lns rapprochées des collatéraux, les colonnes 
sont parfois remplacées par des piliers. Les fûts, hauts de 
2", 95-3", 05, reposent simplement sur des dés, sans intermé- 
diaire do bases. Pour assurer une plus lirando solidité à la 
construction, on a bâti, au milieu de l'église et dans l'axe des 
colonnades, deux piles en pierres de taille, d'un mètre de 
côté; aA'ec les gros murs de la façade et deux autres piles 
semblables dressées en avant de l'abside, elles constituaient 
une forte ossature. — Des coussinets, longs en bas d'un mètre, 
en haut de l",-20, larges de 0'",50, hauts de n'",35 à 0'",50, 
coiffaient les deux chapiteaux de chaque couple de colonnes. 
Celle de leurs petites faces qui regardait la nef est oblique et 
ornée de sculptures. Sur leur moitié postérieure reposaient les 
sommiers des arcades qui étaient jetées au-dessus des baies ; 
la moitié antérieure portait un pilier carré, haut do 1°',90. 

En arrière de la façade de la nef, s'étendait probablement 
une sorte de vestibule intérieur, fermé à droite et à gauche ' 
par un nnir plein, qui b(.>uchait la première baie, un peu plus 
courte que les autres ; il présentait du C(Mé de la basilique un 
front de deux colonnes'^. 

Les collatéraux étaient surmontés de tribunes, auxquelles 
ou parvenait par un escalier construit en dehors de l'édifice, 
presque au bout du mur de gauche, entre ce mur et le baptis- 
tère. On devait passer de la tribune du nord dans la tribune 
du sud j)ar une galerie transversale, étabhe derrière la façade, 
;iu-dessus du vestibule intérieur. 

Malgré la ruine complète des parties supérieures de l'église, 

1. Le mur de gauche est enlicrement détruit. 

L>. Les bases de ces colonnes ont été retrouvées près de l'endroit où elles 
sont indiquées sur le plan. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



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298 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉBIE 

les très nombreux fragments d'architeciiiro que ron a trouvés 
et de curieux bas-reliefs, dont nous parlerons tout à l'heure, 
permettent de reconnaître avec certitude l'ordonnance des 
tribunes. Elles étaient bordées, du côté de la nef, par une 
double rangée de supports, placés à l'aplomb des colonnes du 
rez-de-chaussée. La rangée qui regardait la tribune était 
constituée par des piliers, celle qui regardait la nef i)ar des 
demi-colonnes ou des colonnes complètes, adossées à ces 
piliers'. Au-dessus de chaque couple, il y avait un coussinet, 
semblable à celui du rez-de-chaussée et servant à porter le 
sommier de deux arcades, qui ne reposait sans doute que sur 
la moitié postérieure dudit coussinet ; sur la moitié antérieure 
s'élevait probablement un dé allongé, portant une colonnette 
(voir plus loin) : l'arrangement devait donc être le même 
qu'en bas-'. Mais les baies des tribunes n'étaient pas entière- 
mont onvertes. Entre les piliers, on avait établi un fronton, 
formé de deux pierres, longues de 1'", 20-1 "",40, et dont le tympan 
était bouché par une maçonnerie légère. Le sommet du fron- 
ton avait été écorné et apLmi, de manière à pouvoir porter une 
petite colonne, haute (avec la base et le chapiteau) de 2°", 25, 
(j[ui constituait, au milieu de chaque baie, une sorte de meneau. 
Ce dispositif singulier est attesté par des bas-reliefs, sculptés 
sur (jualre frontons et représentant pivcisément une coupe de 
la basilique elle-même -^ Malheureusement, la coupe n'indique 
pas les parties supérieures de l'édifice. Les colonnes médianes 
portaient-elles des plates-bandes, ou bien denx petits cintres 

1. Ces colonnes étaient dressées sur les piliers hauts de l'",90 que nous 
avons mentionnt^s plus haut. 

2. Notre restitution dillere un peu de celle qui est proposée dans le livre de 
Gavault. 

3. Gavault, /. c, p. 3G, fig. 8, n" 2. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 29» 

qui remplissaient le haut de la l)aie? La chose est incertaine ; la 
seconde hypothèse donne un arrangement plus élégant et plus 
solide. Des coussinets, que l'on a retrouvés dans les fouilles et 
qui sont plus petits que les précédents, étaient peut-être placés 
sur les chapiteaux de ces colonnes. 

Au-dessus des grandes arcades qui fermaient les baies des 
tribunes, aboutissaient les poutres soutenant la toiture inclinée 
des collatéraux. Selon l'ordonnance usitée dans l'architecture 
chrétienne primitive, la nef devait s'élever plus haut encore. 
Des murs percés de fenêtres reposaient sur les arcades ; ils. 
étaient précédés de colonnettes, dressées à l'aplomb des 
colonnes antérieures du rez-de-chaussée etde l'étage, et juchées 
sur les dés qui surmontaient sans doute la moitié antérieure 
des grands coussinets des tribunes ; les extrémités des entraits 
de la toiture du vaisseau central venaient s'appuver sur ces 
colonnettes. La hauteur maxima do la basilique atteignait 
environ 10 mètres. 

L'ornementation du monument était assez riche. Les chapi- 
teaux enq)l(»yés à coiffer les colonnes des quatre séries que 
nous avons indiquées ont été pour la plupart cmprimtés à des 
édifices plus anciens : ils appartiennent aux ordres dorique, 
ionique et surtout corinthien. Ceux qui paraissent contempo- 
rains de l'église sont de formes lourdes et d'une exécution 
grossière : ce sont quelques cha})iteaux ioniques, un ou deux 
corinthiens, peut-être aussi plusieurs chapiteaux à moulures 
bizarres el qu'il est impossible de classer dans aucun ordre. 
Les bases et les iïiis (dont quelques-uns sont cannelés) ont dû, 
en général, être pris ailleurs. Les coussinets se rattachent à 
divers tvpes. Les plus intéressants, taillés tout exprès, offrent 
sur leur face antérieure soit une ou plusieurs figures (dauphins,. 



300 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

lièvre, colombe, lion, aigle, quadrupède ailé, Daniel entre les 
lions, Balaam et son âne [?]), soit un motif d'ornementation, 
soit une croix monogrammatique. Les frontons sont également 
décorés sur celle de leurs faces qui regardait la nef : nous 
avons cité ceux qui montrent une coupe de Téglise; sur les 
autres on voit des ornements variés, géométriques ou végé- 
taux, encadrant parfois un monogramme du Christ. Leur rôle 
archi tectonique tout particulier, leur style et les motifs (jui y 
sont sculptés prouvent à l'évidence qu'ils sont aussi contempo- 
rains de la basilique. 

Le sol do la nef et des l)as côtés était entièrement couvert 
de mosaïques, mal établies et aujourd'hui en fort mauvais état. 
Les lambeaux qui subsistent permettent de constater qu'elles 
n'ont pas été faites d'aj)rès un ])lan d'ensemble, de manière à 
former un tout homogène et harmonieux. Elles consistaient au 
contraire en des séries de cases juxtaposées, fabriquées à 
diverses époques, selon les ressources disponibles. Outre des 
motifs d'ornementation très variés, on y distingue des restes 
d'inscriptions métriques i)lus ou moins pompeuses, rappelant la 
générosité des donateurs, un sujet biblique (le sacrifice 
d'Abraham, au centre de la nef), une allégorie (deux barques 
conduites par des rameurs et guidées par les étoiles de la foi) ; 
des objets el des animaux, probablement symboliques (navire, 
vase, lion, bœuf, tigre, agneau). 

Le mur épais qui limite l'abside repose ;i l'extérieur sur un 
empattement de même forme ; en outre, il est étayé, au milieu 
<le la courbe, \)ar un gros contrefort en pierres de taille ; 
d'autres conlreforts ])lus petits, qui subsistent à droite de 
celui-ci, semblent être d'une époque jilus récente. Ces mesures 
de consolidation étaient utiles, car le terrain s'incline 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 301 

par une forte pente aux abords du clievet do l'église. 

Le sol du presbfjterium est surélevé d'un mètre : on y mon- 
tait par deux petits escaliers. L'ouverture était barrée par une 
double rangée de colonnes, au nombre total de huit, qui por- 
taient trois arcades en pierres de taille. Tout en ornant l'en- 
trée de l'espace réserve au clergé, ce dispositif avait l'avantage 
de consolider l'arc de tète, qui ne mesurait pas moins de 9", 20 
de diamètre. Quatre autres colonnes (à chapiteaux ioniques), dont 
divers fragments ont été retrouvés ii l'intérieur de l'abside, 
ont pu être appliquées contre le mur. Le sol était pavé d'une 
mosaïque, dont il ne reste en place que quelques cubes de 
marbre. Des cubes en verre ont été recueillis près des esca- 
liers : ils peuvent provenir soit de la voûte de l'abside, soit de 
la paroi qui surmontait l'ouverture. 

L'abside est llanquée, à droite comme à gauche, d'une 
sacristie, avec laquelle elle communique par une large baie, à 
chambranle mouluré. Sur le linteau, on remarque des trous de 
scellement pour des crochets, auxquels était suspendu un rideau 
masquant la porte. Un mur, très remanié, sépare la sacristie 
de droite {prof/tcsis) du bas côté voisin ; primitivement, il y 
avait peut-être là un passage. Une autre porte, également 
remaniée plus tard, s'ouvrait sur l'extérieur : l'un des mon- 
tants est orné d'un monogramme constantinien gravé. Le solde 
cette sacristie, couvert d'une mosaïque, était à peu près de 
niveau avec le collatéral : on devait y descendre de l'abside 
par un escalier, sans doute en bois. La salle de gauche (diaco- 
nicwn) n'a jamais communiqué avec le bas coté contigu, mais 
elle avait des portes donnant sur l'extérieur et sur le baptistère. 

En avant du preshyterium et contre la murette qui le bor- 
dait du côté de la nef, on voit un socle massif, en pierres de 



302 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

taille, occupant iout l'espace compris entre les deux escaliers. 
Il était peut-être destiné à porter un autel. Plus tard, la table 
sainte fut placée au milieu même de l'abside, comme l'attestent 
quatre colonnes, disposées en carré, ([ui formaient évidemment 
les supports d'un cÀhoruim ; elles étaient simplement encas- 
trées dans le sol. 

D'autres remaniements se remarquent dans la basili([ue '. 
Après une destruction partielle, on établit, au milieu du sanc- 
tuaire, une ligue de murs qui coupa transversalement les trois 
vaisseaux, do manière à constituer une nouvelle façade à l'édi- 
fice, réduit de moitié. Cette façade était percée de trois portes, 
donnant accès à chaque vaisseau. Entre les doubles colonnes 
du rez-de-chaussée, on éleva d'autres murs, pour isoler la nef. 
Dans la nef mémo, on dressa deux rangées de piliers et de 
colonnes, dont les espacements correspondent à peu près à ceux 
des colonnades primitives : cet aménagement s'explique sans 
<l(iuto par le fait qu'on ne possédait plus de poutres assez fortes 
p(nir franchir une portée de 9 mètres. Une partie du nuu- du 
bas coté droit fut refaite grossièrement en pierres de taille. 
Ou modifia aussi la sacristie de droite : un mur convexe 
remplaça la paroi rectiligne du fond'. Tous ces travaux furent 
exécutés à l'aide de matériaux empruntés ;i la l)asilique même, 
dt'Jà fort endommagée à cette époque : on les prit dans la 
partie antérieure du monument, qui fut désormais abandonnée, 
sans doute aussi dans la partie supérieure, car cette restau- 
ration hàtivc et liarbare ne dut pas comporter de tribunes-'. 

1. Ils sont infli(|iiés sur le plan en traits croisés. 

2. Un mauvais mur qui coupe l'espace dans lequel nous vt)yons un vesti- 
bule extérieur est aussi un remaniement. 

3. Ce qui le prouve, c'est rexistence tles deux rangées de colonnes et piliers à 
l'intérieur de la nef: elles étaient évidemment destinées à soutenir une toiture. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 303 

La nef resta probablement réservée an cnlte ; quant aux bas 
côtés et aux sacristies, ils furent envahis par des tombeaux, 
creusés dans le sol, à travers la mosaïque. 

Des restes de bois carbonisé, qui se sont retrouvés 
dans toute la ruine, témoignent d'un ou plusieurs incen- 
dies. 

Au nord de l'église, se trouve le baptistère, communiquant 
avec la sacristie de gauche. Il a la forme d'une croix à 
branches arrondies. Les murs, en petits matériaux, sont très 
épais, de manière cà supporter des voûtes (voûte d'arêtes au 
centre, culs de four dans les absides). Les fonts, circulaires 
et d'une hauteur extérieure d'au moins 0'",45, mesurent 
1",80 de diamètre et présentent trois degrés; tout l'intérieur 
est cimenté. Il n'y a aucune trace de canalisation pour l'adduc- 
tion de l'eau; à l'est, une conduite servait à vider le bassin. 
Sur un des côtés, nue sorte d'estrade en béton, très mal 
conservée, arrivait presque au niveau du rebord de la pis- 
cine, dont elle devait faciUter l'accès. Ce bassin était flanqué 
de quatre colonnes, dont deux sont encore en place : elles por- 
taient sans doute des architraves, auxquelles étaient accrochés 
des rideaux qui cachaient les néophytes aux regards indiscrets. 
— Une baie s'ouvre sur une salle, longue de 10 mètres, large de 
(■)'", 40, qui a une autre porte, conduisant au dehors. Il n'est pas 
certain que cette salle soit contemporaine du baptistère, contre 
lequel ses murs sont simplement appliqués, sans aucune péné- 
tration. Le mode de construction est cependant le même. Une 
sorte de portique intérieur, très barbare, a dû être fait à une 
basse époque, pour diminuer la portée de la charpente. Peut- 
être y avait-il un autre portique parallèle : dans ce cas, le 
bâtiment aurait été divisé en trois nefs. 



304 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

On ne saurait fixer avec précision la date de cette basilique '. 
Notons cependant que, parmi les .s////?« C/wis/i graves ou 
sculptés sur les pierres, il n'y a qu'un seul monogramme de la 
forme dite constantinienne, si fréquente au iv° siècle ; que la 
croix simple, usitée à l'époque byzantine, manque entière- 
ment; qu'en revanche, la forme intermédiaire de la croix mono- 
grammatique (simple ou accostée de Yx et de l'w) est assez 
fréquente. 

147° Tigzirl. — Eglise 2, qui était située dans la partit; 
méridionale de la ville antique ; elle est à présent complètement 
détruite. Longueur 3U mètres, largeur 13™, 50. A l'intérieur, 
deux rangées de piliers carrés séparaient les trois vaisseaux ; 
la nef mesurait 5 mètres de large, le bas côté de droite 
3 mètres, le bas côté de gauche 2", 50. L'entrée de l'abside 
était flanquée de deux colonnes (cha^iiteau corinthien barbare). 

148° Tif/zirL — Chapelle-', à 50 mètres au sud de la grande 
1)asilique. Elh^ est très ruinée ; le plan a été reconnu à la 
suite d'une fouille (//y. 139). Elle fst établie sur une grande 
saUe souterraine, divisée en trois espaces voûtés en berceau, 
qui faisait partie des thermes romains 4. Sur cette salle s'éle- 
vaient primitivem nt des parois bâties en petit appareil; à en 
juger par des restes d'iiypocaustes, elles appartenaient ;i des 
pièces qui i)ouvaieut être chauffées. Quand on convertit le lieu 
en sanctuaire, ces parois furent utilisées pour constituer la 
face ouest de l'édifice chrétien, nne i)artie de la face sud et 
peut-être aussi la face nord, aujourd'hui (hsparue. Les murs 

1. Voir les hypothèses présentées à ce sujet dans le livre de Gavault, p. il2 
et suiv. 

2. Gavault, El ude sur les ruines de Tif/zirf, p. 97-8. 

3. Gavault, /"/;/(/., p. 98-103 et lig. 17. 

4. Notre plan indique cette salle en pointillé. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



30c 



(iiie Ton constiTiisit alors pour compléter la cliapelle sont (rime 
technique bien jUis grossière : la majeure partie de la face 
sud a été faite eu blocage, avec des chaînes eu grand appa- 
reil, l'abside eu pierres de taille. Longueur (sans l'abside) 
i8'",40, largeur 9 mètres. — Il n'y avait pas de porte sur le 
devant. L'entrée unique (autant qu'il semble) était ménagée 
<lans la paroi du sud ; le seuil 
étant à 0'",75 au dessus du 
sol de la chapelle, on avait 
bâti par derrière un petit esca- 
lier de deux marches. La nef 
centrale est limitée par deux 
rangées de supi)orts, qui con- 
sistent en deux demi-colonnes 
adossées au mur de l'ouest 
(bases attiques ;i plinthe basse, 
cha})iteaux corinthiens tra})us 
;i fouilles non découpées) et 
en des jtiliers, jilacc's à des 
distances inégales. L'abside 
estcantonnée de deux colonnes, 
non })oui-vues de bases, mais 
simjilement encastrées dans le 
sol ; elles n'émergent que de 
1",90. Le mur de cette abside 
est il ])ans coupés, aussi bien ;i 

l'intérieur qu'à Textérieur. Elle n'était pas flanquée de sacristies. 
Rien ne prouve que la salle souterraine des thermes ait été 
utilisée comme crvpte à l'époque chrétienne. Une épaisse 
couche de morceaux de charbon, qui couvrait le sol de ce nio- 

II. 20 




FiG. 139. — Chapelle de Tigzirt. 



306 



LES MONUMEiNTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 




miment, prouve qiio la toiture a été détruite ])ai' un incendie. 
149° Tigzirt. — Chai)elle [fig. 140;', située dans la nécro- 
pole orientale ; fort mal conservée. Gavatdt y a fait quelques 
sondages. Longueur 20", 10. lar eur ll'",50. La façade n'offre 
pas (le porle ; l'entrée était à droite et plus élevée (^uo le sol 
du sanctuaire : on descendait à l'intérieur par un petit esca- 
lier. Deux lignes de 
piliers carrés bordaient 
la nef; sur ces supports 
reposaient directement 
des sonnniers d'ar- 
cades, ornés de rosaces, 
d'étoiles, d'entrelacs. 
Deux petits escaliers 
de trois marches con- 
duisaient à l'abside. 
L'ouverture était tra- 
versée par une colon- 
nade, (pli su})portait 
soit une architrave, 
soit trois arcs. En 
l'élat actuel, nous ne 
saurions (hre si ce/.'re's- 
bf/terhim était flanqué 
do sacristies. On a 
consiaté dans la clia- 
jielle que nous venons de décrire l'existence de plusieurs 
tombes. 




Fin. 150. — Chapelle fiin(^raire de Tigzirt. 



1. W^ncTîiX, lUiines romaines de la Kahylie du Djuvdjum, p. 21 : pi. III, 
lig. 'i. Gavault, Élude sur les ruines romaines de Tigzirt, p. 103-5, fig. 18. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



307 



150. llcnclùv Tikoubai 
(au nord de l'Aurës). — 
Ég-lise ifig. 141)', située ■ 
au sud du Ijouri^- antique; 
non fouillée et en très 
mauvais état ; mais le plan 
est net, sauf au fond. Lon- 
gueur 81 ",70 (4G°^,30 avec 
Vatrhon), largeur 15"", 40. 
L'édifice est précédé d'uui' 
grande cour carrée, cjui 
était entourée d'un qua- 
drupla portique, formé de 
douze colonnes (bases 
attiques h socle élevé). Le 
mur de façade de cet 
atriiun, ainsi que celui de 
l'ég-Kse, semblent n'avoir 
été percés que d'une porte, 
au milieu. A l'intérieur du 
sanctuaire, se dressaient 
deux colonnades (bases de 
même tyjte, chapiteaux 
d'ordre dorique décadent). 
Une clôture de dalles et de 
petits piliers limitait le 
chœur. Le fond de la basi- 
lique est très détruit ; 




O 1 i s A s 



FiG. 141. — Basilique d'Henchir Tikoubai. 



1. Graillot etGsell, Mclaurjes de rÉcole de Rome, XIV, 189i, p. 36-7, fjg. 10 
(plan reproduit par Kraus, Geschichte derchristliclien Kunsl,l, p. 273, (jg.211). 



308 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 




copcndant, on pont constater que le mur postérieur du pirslHj- 
terium n'était pas arrondi au délions et qu'il y avait deux 
sacristies. 

Payen a trouvé en 1857', au centre de la nef, une pierre 

quadrani;ulaire (peut-être 
une table d'autell, lono-ue 
de (r,8l-, haute de 0"',20, 
présentant sur la tranche 
l'inscription «/Voc« (=oi;a?) 
Ih'i », entre deux palmes et 
deux rosaces'-. 

151° Timedont (région du 
llndiia).— Éolise(/?y.l42)-', 
dont les murs ne dépassent 
^•uère le sol. Lonij^ueur 
31 mètres, larj^eur 13'",60. 
l.^n [)iirli(pu\ dont la toiture 
('■tait soutenue })ar une ligne 
de i)iliers, s'étendait eu 
;ivant de la façade. Celle-ci 
ne })résente ([u'une seule 
})orte. Deux rangées de 
piliers carrés séparaient les 
^aisseaux ; l'abside, plus 
élevée ({ue le reste de 
r(''dince, était flanquée ii 




KiG. 142. — Basilique de Timeduut. 



1. Croquis dans les papiers de L. Renier, à la Surbonne. Conf. /?«//. Cotni/é, 
18«7, p. 174, n-787. 

2. Outre cette église, on dislingue à Ilenchir Tikoubaï les vestiges d'une 
chapelle, avec abside (Graillot et Gsell, /. c. p. 37). 

3. Gsell, Recherches aichéohiiiiques en Aljéi'ie. ]}. lil. fij. 10. 



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ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 300 

gauche (riinc sacristie, qui débordait le bas côté voisiu. 

152" Timf/ad [Thamugadi)^ — Grande église-', située 
vers l'extrémité nord-ouest de la ville (plan, fuj . 143; vue, 
planche XCI). Elle a été fouillée en 1893 par le Service des 
monuments historiques. Les murs ne s'élèvent pas actuelle- 
ment à plus del"',.^**- Longueur totale 31) mètres, largeur du 
front 17", 40. 

On ne distingue aucune trace certaine d'un vestibule. Une seule 
porte s'ouvre sur la farade. au ndlieu. La nef est séparée des 
l)as côtés })ar deux doubles colonnades, dont les éléments ont 
été, en général, i)ris ailleurs (chapiteaux doriques et corinthiens, 
il feuilles d(''C0upées ou lisses). Des arcades devaient étr(^ 
jetées sur les colonnes qui bordaient les l):is côtés; par-dessus 
s'élevait un luni-, percé de fenêtres. (^)iianl aux colonnes qui 
limitaient la noï, elles étaient probablement surmontées d'un 
d('' allongé, portant à son tour une colonne courte ou une denn- 
colonne, ailossée au nnu" : quelques fûts ou débris de fûts, 
trouvés dans la riùne, paraissent se rapi)orter ;i cette ordon- 
nance. Rien ne permet de croire que les collatéraux aient eu 
des tribunes. 

Le chœur, profond de 11'", 14, n'occupait j)as toute la largeur 
de la nef: il était large seulement de S'^jGô. Des grilles, en 
bois ou en nuHal, le fermaient par devant et sur les côtés ; on 
voit encore en place plusietu's des piliers dans lesquels venaient 
s'insérer ces barrières. Plus près <le l'entrée, on reconnaît la 



1. Thamugafli fut un des foyers les plus importants du donatisnie. Une des 
églises des sciiismatiques est mentionnée par saint Augustin [Contra Gaii- 
ilentium, I, \). Vers t20, lévèque Gaudentius menaça de s'y brûler avec les 
siens. 

2. Ballu, les Ruines de Timgail p. 232, 223, 235. Wieland, Ein Ausfliig ins 
allchrislliche Afrika. p. 153-6. 



310 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGEItlE 




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FiG. 143. — Grande basilique de Timgad. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 311 

trace de deux piliers semblables : nous ne savons pas à quoi 
servaient ni comment étaient disposées les grilles qu'ils main- 
tenaient'. Au fond de ce chœur, un espace rectangulaire est 
revêtu d'une mosaïque ornementale ~ et bordé par des bandes 
en pierres de taille, dans lesquelles sont creusées quatre petites 
mortaises, destinées sans doute à maintenir les montants d'un 
autel de bois. 

On se rendait à l'abside, surélevée d'un mètre, par deux 
escaliers, qui sont aujourd'hui détruits, mais dont l'empla- 
cement est encore visible. Elle était pavée en mosaïque. A 
droite, une sacristie, qui paraît avoir été au niveau de l'église 
et non du presbi/ferium, communique par une porte avec le 
bas côté voisin. Il en est de même de la salle de gauche, beau- 
coup plus grande et terminée au nord par une abside ; elle 
offrait une mosaïc[ue de pavement. Ces deux salles n'étaient 
pas, semble-t-il, en communication directe avec l'abside de la 
basilique. 

En avant du front de l'édifice, le long de la partie aidé- 
rieure des murs latéraux, enfin derrière le chevet, on aperçoit 
des vestiges de murs dont les dispositions ne peuvent pas, en 
l'état actuel, être reconnues avec certitude-'. Des fouilles 
seraient nécessaires pour permettre d(^ distinguer, parmi ces 
divers bâtiments, ceux qui ont été des dépendances du sanc- 
tuaire et ceux (|ui sont de date plus récente. 

153" Tinujad. — Église ifirj. 14i-)^, à 120 mètres environ 
au sud-sud-ouest delà porte septentrionale de la ville, à droite 

1. A gauche de l'entrée du chœur, trois petits trous rectangulaires ont été 
creusés dans le béton. Leur destination nous échappe aussi. 

2. 11 n'en reste plus qu'un morceau, au sud. 

3. Au sud, trois fûts de colonnes forment un alignement à 3"',9j de l'église. 

4. Ballu, les Ruines de Tlnigad, p. SSi.n' 2. 



312 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 



(le la riio qui monte au forum. Elle n'a pas été déblayée et 
elle est fort mal conservée. La construction est mauvaise ; 
par (levant, il y a un mur double, en pierres de taille; sur les 
c(')tés, dos murs simples, bâtis de même; ral)side et les sacris- 
ties sont en blocage, avec chaînes. Longueur (sans l'abside) 
IS^jiO, largeur du front 12'", 10. Une porte s'ouvrait sur le 
devant, au milieu, et l'on peut croire à l'existence de deux 




Tio. 14i. — Basiliriuc de Tim^ad (quartier septentrional). 



entrées latérales, qui, cependant, ne sont point certaines. Deux 
chapiteaux d'ordre ionique gisent dans la ruine ; ils apparte- 
naient aux colonnades de l'intérieur. 

L'abside, surélevée, est revêtue d'un dallage. Le mur de cet 
espace repose sur un soubassement circulaire, de 2 mètres 



EDIFICES DU CULTE CHRETIEN 



313 



(le largo ; il ôtait, eu outre, consolidé par une série de contre- 
forts en pierres de taille. prol)ablenient au nombre do cinij 
(quatre subsistent). A droite, se trouve une sacristie plus large 
que le bas côté voisin, avec lequel elle devait communiquer par 
une porte; il y avait aussi, autant qu'on on jiout juger, une l)aio 




Vu.. 14; 



Cliapelle de Tim^^ail. 



entre cette pièce et Tabside. A gauche, apparaissent quelques 
vestiges de plusieurs salles, dont rensemblo forme une saillie 
irrégulière en dehors (hi phm général de l'édifice. 

lot" Timgad. — Chapelle [fuj. 145)', à 60 mètres environ 

1. Ballu, /. c, p. 23i, n" 4. 



314 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉKIE 

au sud-ouest du Capitolo, sur le bord d'un ravin. Il ne reste 
^uère que le bas des murs, qui sont construits on pierres de 
taille, mal agencées, et atteig-nent l"", 20 d'épaisseur. Longueur 
11"", 75, largeur 11"',1U. Le front, tourné vers une pente, était 
précédé de deux terrasses de soutènement, l'une et l'autre 
dallées. Un portique occupait toute la largeur de la façade, 
comme l'attestent deux demi-colonnes, restées de))out aux 
extrémités. A l'intérieur, une base et un fût sont encore en 
place; d'autres fûts gisent sur le sol, ainsi qu'un fragment de 
chapiteau corinthien, de facture classique : tout cela a été pris 
ailleurs. L'épaisseur des murs parait indiquer que les trois vais- 
seaux de la chapelle, ou tout au moins les deux vaisseaux laté- 
raux étaient surmontés de voûtes. L'abside est enfermée dans 
un cadre; il devait y avoir une sacristie à droite, mais non 
pas à gauche. 

155° Timgad. — Chapelle', à 200 mètres environ du Capitole, 
à l'ouest ; non fouillée et très ruinée. La construction, en 
pierres de taille, est exécrable; les murs sont doubles. Lon- 
gueur 10", 90, largeur 10'", 60. Une jiorte s'ouvre au milieu de 
la façade. Les éléments des deux colonnades de l'intérieur ont 
dû être empruntés à des monuments plus anciens. Yu l'épais- 
seur des parois (0'",95), l'édifice était i)eut-être voûté. L'abside 
est enfermée dans un ca(h'e; on ne distingue | as de sacristies. 
Contre le mur de droite de cet édifice venait s'apjliquer un 
grand bâtiment, divisé en plusieurs salles. D'autres construc- 
tions, sans doute des hal)itations, s'élevaient aux alentours. 

156" Timgad. — Chapelle (/?^. li-6)', située sui- un mamelon, 

1. Ballu,/. c.,p. 2;J4, n» 3. 

2. Delamare, dessins et notes inédites, conservés à la Sorbonne, t. III, 
p. 68-9. Masqueray, /{et)(/e a/'/7c«//ie, XX, ISKi, p. 4G7-8. Baliii, les Ruines de 
'fimgad, p. 2:Ji,n" 7. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



315 



à 250 mètres au sud-ouest do la citadelle bj-zantine. Les murs, 
en pierres de taille et épais de O'^jSO, dépassent à peine le sol; 
ils sont même par endroits complètement détruits. Quelques 
fouilles ont été faites d ns cette ruine par Delamare, en 1850. 
Largeur 10'",25. 

La façade a disparu; cependant il est probable qu'elle s'éle- 
vait là où nous l'avons marquée sur notre plan. On ne saurait 
dire si, primitivement, l'entrée était sur le devant, ou bien sur 
le C(Mé droit, à la place où s'ouvre un i)assage d'époque posté- 
rieure (A). Cette porte était encadrée par des morceaux d'une 





o 



FiG. 146. — Chapelle de Timgad. 



frise romaine, richement décorée; l'un d'eux, employé comme 
linteau, reçut, lors de la construction (hi sanctuaire, l'inscrip- 
tion suivante, qui appartient aux derniers temps de la domina- 
tion byzantine en Afrique (vers 045) ' : « In lemporibiis Cons- 
« tantini imperatori[s), Bel [...) Gregorio patricio, loannes, 
« (lux de Tir/isi, ofj'erel dominn Dei. -f- Armenus. » 

L'intérieur a subi des remaniements. Il était partagé en trois 
vaisseaux par des colonnes, trois de chaque côté. Les fûts, pris 

1. Corpus, vil F, 2389= 17822. 



310 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

ailleurs, mesurent 3"", 57-3"°, 69: ils sont lisses ou cannelés eu 
spirale ^ Le sol sur lequel s élèvent les bases fut reml)lavé 
plus tanl; un nouveau sol, formé d'un lit de béton, a été 
reconnu jiar Delamare 1",60 jilus haut. Enfin, à0™,50 au dessus 
(le ce second niveau, on étendit encore une antre couche de 
béton. Lors de ces aménagements, la chapelle était déjà cii 
partie détruite, car Delamare a rencontré dans ses fouilles, 
sous les deux sols sujiérieurs, un fragment dv la dédicace qui 
vient d'être mentionnée. La porte que l'on voit (hins ]c rnur de 
droite a été faite à une date récente, avec les débris de la })(»rl(" 
})rimiLive : la pierre qui, dans celle-ci, servait de linteau devint 
un montant. Ces remaniements sont sans aucun doute do 
l'époque berbère, puis(|ue la chapelle est de la lin de l'époque 
byzantine. L'éditîce servait-il encore au culte chrétien? C'est 
ce que nous ignorons. 

Au fond, un espace rectangulaire (B) forme une salle réser- 
vée, limitée en avant j^ar un mur. ([u'i s'interrompait au milieu 
}tour permettre le passage. Delamare y a découvert, dans 
l'angle du nord, une sorte de petite caisse (C), faite en tuiles; 
elle «renfermait beauc(nq) d'c^ssements j lacés en ordre )ar 
« lits 2 ),. 

A droite du sanctuaire, se dressait une colonnade (conqitaut 
au moins quatre colonnes). Peut-être bor.!ait-elle un des côtés 
d"un (piadruple portique, qui aurait entouré une cour rectan- 
gulaire. Des nuu-s, qui percent au sud (DD), ont jiu a})})artenir 



1. Le fut fl, |)lricé au milieu de la nef, ne parait pas appartenir ,i l'ordon- 
nance primitive. 

2. Il semble diflicilc de voir dans ce cotTre un reliquaire, car la table 
sainte ne s'élevait certainement jias dans le coin oi'i on l'a trouvé. Cependant 
on peut se demander s'il n'a pas été déplacé et caché en cet endroit par les 
derniers chrétiens de Thauiugadi, désireux d'empêcher une profanation. 



ÉDIFICES DU CLLTE CHRÉTIEN 317 

à la clôture de cette cour. 11 y aurait eu en ce lieu un monas- 
tère. 

A gauche, on distingue aussi des traces de murs. D'ailleurs, 
des pierres jonchent le sol tout autour de la chapelle, mais la 
forme et la destination (U^^ bâtiments dans lesquels elles ont 
été employées ne })euyent plus être déterminées aujourd'hui '. 

157" Tipasa-. — Grande basilique -^ située sur la colline occi- 
dentale, à quelques mètres en deçà du rempart romain ; la colline 
a gardé le nom de Ras el Knissa (le cap de Téglise). Cet édifice 
et ses dépendances (plan. //y. 147) ont été partiellement fouillés 
])ar Gayault et Gsell. Us sont en fort mauyais état, ayant 
probablement seryi de carrière à l'époque turque. En général, 
les murs ne s'élèvent guère au-dessus du niveau du sol. 
Ce- endaut le plan est très reconnaissable. La construction, 
médiocre et irrégulière, est en pierres de taille, mal agencées, 
ou en blocage. Longueur de l'église (sans l'abside) 52 mètres, 
largeur 45 mètres. 

1. C'est sans raison plausible qu'on a voulu reconnaître des restes de cha- 
pelles dans deux petites ruines de Timgad. situées l'une à 80 mètres environ 
au nord-nord-ouest du Oipitole, l'autre au milieu de la forteresse byzantine 
(Ballu, /. c p. 234, n" 3 et n° 6). Par contre, on voit de vagues traces d'un 
édifice qui était peut-être un sanctuaire chrétien, à 200 mètres environ au 
nord de cette forteresse. 

2. Saint Optât {De schis'nale donafislarum.l, 19) mentionne un fait qui se 
passa dans une église de Tipasa sous le règne de Julien. — L'auteur de la pas- 
sion de sainte Salsa {Cafalof/us codicum Jiarjiof/i'apfiiconun qui (isservan/iir 
in Bibliofheca nationali l'arisiensi, 1, p. 346, g 3) parle d'un sanctuaire dédié à 
la martyre, qui s'élevait à l'extrémité de la colline centrale de Tipasa {collis 
Templensis); les ruines de cet édifice n'ont pas été retrouvées : conf. Gsell, 
Mélanr/es de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 343. 

?. Moniteur algérien, n" du 14 octobre 1813. Leclerc, Revue archéolofjique, 
VII, 1850-1, p. oo6:pl. loi, fig. 1. Gavault, Revue afric, XXVII, 1883. p. 400-4. 
Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 357-371, avec un plan, repro- 
duit par Kraus, Geschickte der christiichen Kunsl, I, p. 337, fig. 270, et par 
Holtzinger, Die altckrislUche und byzanlinische Baukunst. p. 109 (dans le Uand- 
buch der Arcliilrktur, II, 3, I). Gsell, Guide archéologique des environs 
d'Alger, p. 111-6. \\iela.nà, Éin Aus^ug ins allchris/liche A frilia, p. i82-i. 



318 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 



Il n'y a qu'une seule porte sur le devant, au milieu. L'inté- 
rieur riait partagé })rimitivement en sept nefs, limitées par 
(les piliers eu pierre, sur lesquelles étaient jetées des arcades : 




ci 
P. 



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S3 

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deux de ces arcades sont restées debout {/ig. 148). Le sol des 
vaisseaux latéraux est revêtu d'une couche de mortier; celui 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 319 

delà iiof centrale ', d'une mosaïque, où un petit nombre de 
motifs ornementaux se répètent à l'infini. Le vaisseau extrême 
de gauche était séparé du vaisseau voisin })ar un mur, haut de 
1°',50, sur lequel reposent les piliers : (Unis l'état actuel, il est 
impossible de reconnaître les passages qui y étaient certaine- 
ment ménagés. 

L'abside, aujourd'hui en grande partie écroulée dans la mer, 
était au même niveau que la nef médiane. Doux colonnes flan- 
quaient l'ouverture et devaient porter l'arc de tète. Le derrière 
de la basilique, bâti sur une pente rocheuse, était consolidé par 
de forts soubassements en pierres de taille et on blocage, 
dont on voit d"inq)ortants vestiges. 

Le vaisseau central ne mesurait pas moins de 13"\r)i) de 
largeur, et ce fut peut-être autant ])our dinnnuer la portée (!o 
la toiture que pour embellir l'église qu'on le divisa plus tard en 
trois galeries, séparéespar deux colonnades : l'édifice eut dès 
lors neuf nefs. Les bases des colonnes ont été simplement 
posées sur la mosaïque. La })lupart des éléments de ces colon- 
nades paraissent avoir été emj)runtés à des monuments plus 
anciens: ])asos attiques à socle bas, fûts en pierre ou en graint, 
chajiiteauionique, chapiteaux corinthiensàfeuilles non découpées. 

Au nord de cette église, s'élevaient diverses annexes; elles 
ont en partie glissé dans la mer. La lettre A de notre plan 
désigne une cha})elle"^, à une seule nef, de forme trapézoïdale, 

\. I.e sol de cette nef est en contre-Las de 0"',10 par rapport au reste de 
l'édifice. 

■2. La salle dont nous parlons était peut-être le consignalorium. Les 
agneaux nous font souvenir d'une inscription placée par le pape saint Da- 
mase dans le consir/naloriuni de Saint-Pierre du Vatican [Damasi epicjrammata 
édit. liuii, n' 73) : 

« Islic insonies cueles/i flumine lolas 
« Pastoris stimini clcxlera signal aves. >> 



320 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 



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ÉDIFICES DU CLLTE CblRÉTIEN 321 

avec une abside au foml '. L'entrée devait être à l'est. La nef 
est décorée de mosaïques ornementales, Tabside d'un pavement 
rej'.résenlant des agneaux, qui | aissent parnd des aspbodèles. 

Le baptistère (B) est une salle carrée, de 0'",50 do côté 
{ficj. 149). Les fonts, d'un diamètre de 3"", 40, sont construits 
en blocage; à l'extérieur, ils étaient plaqués de marbre; l'inté- 
rieur, qui est cimenté, offre trois marches circulaires, permet- 
tant de descendre dans le bassin, dont le diamètre est de l^jSO. 
Au nord-est, on voit le trou par lequel l'eau s'écoulait. 11 n'v 
a pas de conduit pour l'introduire ; elle devait retomber du 
plafond ou être apportée avec des seaux. Tout autour des fonts, 
le sol de la salle était pavé d'une riche mosaïque, consistant 
en des motifs ornementaux, sauf dans un des angles qu'occupait 
une inscription métrique, aujourd'hui mutilée ; elle se terminait 
})ar les mots : <( sancta lavac[ra\. » 

On entrait dans le bai)tistère par un vestil)ule (C), dont la 
mosaïque porte l'inscription suivante : 

« Si quis ut vivat ({uaorit addiscere semper, 
« Hic lavelur aqua et videat caelest[ia régna]. » 

Ce ves "Inde donnait sur une sorte de couloir (D), qui se ter- 
minait au nord par luie abside et qui était orné d'une mosaïque 
figurant (!es oiseaux, des poissons, des Heurs et des fruits. De 
là, on passait dans le baptistère j-ar une i)etite porte. 

D'autres sades se grou] aient autour. Celle que désigne la 
lettre E parait avoir communiqué avec le l)aptistère par une 
baie que flanquaient deux colonnes. Les chambres G, H, I 
étaient })ourvues d'hypocaustes et couvertes de voûtes en ber- 

1. A l'agencement des murs on reconnaît que cette abside est postérieure 
au baptistère. 

II. 21 



322 



LES MONLMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 




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^"Tk -k -^ '^ ' * ^^'' 







ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN :{2:{ 

ceaii, que constituaient de petites seringues d'arp-ile. Au fond 
delà chambre I, il y avait probablement une baignoire cimen- 
tée. Les lettres J et K indiquent l'emplacement des fourneaux. 
En M et en N, on voit les orifices de deux citernes. 

158° Tipasa. — Église', située dans la partie sud-ouest de 
la ville. Il n'en reste })lus que quelques vestiges. Longueur 
32 mètres, largeur 1G",80. Deux colonnades séparaient la nef 
des bas côtés (chapiteaux d'ordre ionique dégénéré"). Au fond, 
une abside. 

159" Tipasa. — Basilique funéraire de Sainte-Salsa (plan, 
/if/. 15Ù; vue. }n-is? de l'entrée, planche XCII; autre vue. 
prise du fond, planche XCIII)-. Li passion de sainte Salsa, 
écrite à la fin du iv" siècle ou au début du v^ nous apprend que 
le monument qui contenait la sépulture de cette martyre s(5 
trouvait près du }!ort de Tipasa et en dehors du rem})arf. Elle 
le qualifie de //rcrr admodum tabernacalum et elle indiqut^ 
qu'il était })i-écédé d'un vestibule-'. On rencontre, (hins la 
nécropole orientale de Tipasa, au-dessus du port antique et à 
300 mètres environ de l'enceinte romaine, les i-uim^s d'un 
éihfice chrétien, qui était en effet le sanctuaire de Salsa, ainsi 
que l'a conjecturé l'abbé Duchesne et que l'ont [irouvé les fouilles 
que nous avons faites en ce lieu en 1891. 11 est dans un état 
de conservation assez satisfaisant; presque partout, les murs 
se dressent encore à une hauteur de plusieurs mètres, et les 

1. GseU, Méhnif/es de l'École de Rome, XIV, 1804, p. 3oo-6. 

2. Leclerc, Revue archéologique, Ml, IH.il, p. S.'iT et pi. toi, fig.-2. Duchesne, 
Pre'cis liisloriques (Bruxelles), 1890, p. .'523 et suiv. Gseil, Rec/ierclies avcliéo- 
lof/lques 671 Alf/érie. p. 1-7(5; pi. I-VII. Le même, Guide archéologique des 
environs d'Alger, p. 127-144. Wieland, EinAusflug, p. 189-193. Dessau, Archdo- 
logischer Anzeiger, 1900, p. 1.33. Gseil, Mélanges de l'École de Rome,\\\, 1901, 
p. 233-3. 

3. Calalogus codicum hagiograpliicorum latinorum qui asservanlur in Bi- 
bliolheca nationali l'arisiensi, I, p. 3^1, ? 12 et p. 333, § 13. 



3-21 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

disp<.sitions intérieures peuvent être reconstituées avec cer- 

titude. 




Fie. 150. — Basilique de Sainle-Salsa, à Tipasa. 

11 csi formé (le deux iiarties ([ui ne sont pas conicnii.c- 
raines : i" une clKiiielle, sans doute \c hrcve adinndum taber- 



ÉDIFICES DE CULTE CHRÉTIEN 32» 

rattachent à l'ordre ionique : on les a aussi fabriqués tout 
exprès pour la décoration do ces tribunes. La hauteur des 
colonnes complètes (avec base et chapiteau) est de 1",77. Des 
mortaises, creusées dans les fûts et les bases, prouvent qu'il y 
avait des grilles (Uius les entre-colonnements. Sur ces supports 
étaient jetées des arcades en pierres de taille ; par-dessus, se 
dressait un nuir. construit en blocage, comme l'attestent de 
nombreux (U'>bris trouvés dans les fouilles; il était percé de 
fenêtres, que garnissaient des ])laques de pierre, découpées à 
jour. Au rez-de-chaussée, d'autres l)aies, de })etites dimensions^ 
éclairaient les bas côtés. On en voit encore quatre dans le mur 
du nord, à une hauteur de 2"', 65 au-dessus (hi sol. Elles me- 
surent en moyenne 0™, 00 d.^ haut et 0"',r)3 d? large et ])ré- 
sentent des feuillures, dans lesquelles s'encastraient des plaques 
ajourées. Il est pro])able que des fenêtres semblables s'ou- 
vraient dans les nuu"s des tribunes. Nous avons recueilli de 
nombreuses tuiles de la toiture. En admettant, selon l'usage,, 
un toit en dos d'à ne au-dessus de la nef, on peut calculer que la 
hauteur inaxiitia de l'église était d'un peu jdus de 10 mètres. 

On n'a })as de donnéc^s suffisantes pour déterminer avec cer- 
titude la date de cet agramhssement du sanctuaire de la mar- 
tyre Salsa. Peut-être fut-il l'œuvre de Potentius; peut-être 
convient-il de l'attribuer à une époque } lus basse : à l'époque 
vandale ou aux premiers temps de la domination byzantine. 

Vers la hauteur des quatrièmes piliers à };artir (U' l'abside,. 
la nef était barrée par un cancel ajouré, en pierre : sur un 
fragment se voit une croix monogrammatique, accostée «k^ l'a 
et de l'o), et dont un des bras est surmonté d'une colombe. Ce 
cancel devait naturellement être interronqju au milieu. 

Plus près de l'abside, à la liauteur des troisièmes piliers» 



3.30 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

nous avons découvert un socle en maçonnerie, long de 2"°, 34, 
large de l^jîO, construit négligemment avec des matériaux 
disparates; l'extérieur était plaqué de dalles de marbre prises 
ailleurs (celles des angles offraient d'élégants rinceaux). Au- 
dessus, s'élevaient deux petites piles qui supj;ortaient jai'is un 
sarcophage en marbre, du iii^ siècle, représentant la légende 
de Séléné et (rEndymion. Tout autour régnait une grille. 

Le socle recouvrit entièrement la sépulture de Fabia Salsa, 
<lLii, préalablement, avait été ouverte, dépouillée de son con- 
tenu, puis comblée. Il est très probable qu'il faut reconnaître 
le tombeau de sainte Salsa dans ce sarcophage, dressé au centre 
d' la nef sur une base qui le signalait de loin, entouré d'une 
grille qui l'isolait, brisé })lus lard par les ennemis du chris- 
tianisme avec un acharnement sauvag:» : on avait donc utilisé un 
toml)eau païen, vieux de plusieurs siècles, pour y placer le corps 
delà martyre. Le socle que nous venons de décrire est certaine- 
ment postérieur à la mosaïque do la nef, sur laquelle il a été 
simplement ])Osé. D'autre part, il ne doit j)as être antérieur à 
rallongement de Tédificc, car ce monument, avec sa clôture 
(pli n'avait pas moins de 5°, 05 de long et de 4", 94 de large, 
aurait encombré la nef exiguë de la chapelle. Il y a donc eu, 
après le milieu lUiv' siècle, une translation des i-estes de la 
sainte, ensevelis auparavant dans un lieu que nous n'avons 
])as pu déterminer d'une manière certain,', soit dans l'abside, 
soit dans le sarcophage de Fabia Salsa. 

Nous avons découvert de nombreuses tombes dans la Ijasi- 
lique. Sauf (pielqnes-nn s, qui paraissent être })lus anciennes 
(le lieu était un cimetière), ce sont des sépultures de fidèles 
que l'on a voulu enterrer tout jirès de la martyre. Ces 
tombeaux, qui consistent ])i'esque tous en des sarcophages do 




X 

n 

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ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 331 

pierre, ont été jtlacés à des niveaux différents et sans souci de 
la symétrie, les uns cacliés sous le sol, les autres visibles en 
partie ou entièrement. Plusieurs portent sur leur couvercle 
des épitaphes en mosaïque. Il y en a jusque dans le porclie. 

A une basse époque, la basilique subit divers remaniements. 
De chaque <'oté do la nef, à 1 mètre en avant des piliers, on 
éleva une colonnade, extrêmement barbare, dont tous les élé- 
ments furent pris ailleurs'. On voulait ainsi soulager la char- 
])ente qui couvrait lo vaisseau central; les tribunes avaient 
déjà disparu et la toiture dut être placée beaucoup })lus bas 
qu'auparavant. Plus tard encore, la moitié j>ostérieure de la 
nef fut isolée des collatéraux par des murs bâtis entre les 
jiiliers et par un mur transversal. Ces parois ont été faites 
avec des matériaux divers, empruntés surtout aux parties 
hautes et à la moitié anf('rieure de réiilise. L'éilifice était donc 
en ruines : peut-être avait-il été incendié lors d'une des pre- 
mières incursions des Arabes eu Afrique, ou dans toute autre 
circonstance ; les ïij)asiens le restaurèrent à la hâte et comme 
ils purent, désireux surtout d'isoler et dr protéger la partie 
qui contenait les restes (h^ la martyre. Les nombreux débris de 
cliarbons que nous avons recueillis (huis les fouilles prouvent 
que le sanctuaire, ainsi remhi au culte, fut d(Hruit par le feu, 
et cette fois pour toujours. De méchants nuu-s non maçonnés, 
qui subsistent sur plusieurs points, se rapportent à des masures 
élevées par les i digènes au milieu des décombres '2. 

A quelques mètres au sml de la basili(pn' de Sainte-Salsa, 
on V(;it un bâtiment, encore assez bien conservé, construit 
soit en blocage, soit en pierres de taille (planche XCIVj. J y ai 

1. Derrière la façade, deux parois j)leines remplacent les colonnes. 

2. Ces murs ne s^ont pa« indiqués sur notre plan. 



3.{-2 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

fait quelques sondages en 1891, et, depuis, il a été entière- 
ment fouillé par M. l'abbé Grandidier. 

Il se compose : 

1' D'im r(.ul()ii\ long de 10", 20 et <le largeur inégale 
(2"', 18 à l'est, 2'",50 à l'ouest). Cet espace est décoré de six 
demi-colonnes très trapues (les fûts ne mesurent que l'",50 
de liauteur ; et de deux i)ilastres, que surmontent de mam^ais 
chapiteaux corinthiens'. Il était couvert d'un plafond en béton, 
épais de 0™,20, snpi;orté i)ar de forts machiers. Le mur du nord 
est percé d'une petite porto qui fait face à l'u e des entréas 
latérales de la l)asiliqne. 

2" D'une abside, qui n'est certainement pas un rajout. Elle 
est bâtie entièrement en blocage (})arois et voûte). Trois 
petite fenêtres réclairaient : elles sont munies de feuillures 
pour l'insertion de panneaux en pierre, découpés à jour. Deux 
])ilastres corinthiens se font face à l'entrée et portent une 
arcade surbaissée. 

3" D'une grande salle, de 10™, 20 sur G", 40, dont le sol est 
bétonné. Une large porte s'ouvrait d'abord sur le couloir, 
entre les doux: domi-colonnes centrales; elle fut rétrécie plus 
tard et, lurs de ce remaniement, coiffée d'une pierre qui forme 
un linteau surmonté d'untvmpan en demi-cercle, oii est sculpté, 
ou haut relief, un monogramme constantinien avec l'a et Wù- ; 
la partie arroiKhe devait remplir la lunette d'un arc de dé- 
charge. Il y avait au sud une autre entrée, basse et étroite, 
communiquant avec le dehors. A l'intérieur de cette salle, on a 
trouvé des sarcophages. On remarque aussi, dans la partie 



1. Liin d'eux ])résente sur un des eûtes un monogramme constantinien 
gravé. 

2. Mélanges de l'École de Borne, .\IV, 1891, p. 403, fig. 51. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 325 

nacitlum de riiagiographe ; 2" une basilique, greffée sur cette 
chapelle. On distingue très nettement, sur la face septentrio- 
nale, l'endroit où le mur de la basilique vient s'appliquer contre 
le mur du bâtiment primitif. 

La cliap?lle a été élevée sur un emi)lacement déjà occupé 
en partie par d'autres constructions : citerne et tombes. Un de 
ces monuments funéraires, dont la position correspond au 
centre même de la chapelle, fut respecté par les chrétiens. Il 
se compose d'un sarcophage en })ierre, de trois bornes placées 
derrière ce sarcophage et d'un cippe en forme de caisson, 
dressé par devant. L'épitaphe, qui ne porte aucun indice de chris- 
tianisme, nous apprend que ce tombeau est celui de Fabia Salsa, 
morte à soixante-trois ans. Cette femme était évidemment une 
parente de sainte Salsa : on a même pensé que c'était la sainte 
elle-même, transformée en vierge et martyre jjar une légende 
pieuse'. Il semble que le cippe ait été laissé à découvert dans 
la nef de la chapelle jus(|u'à l'érection du socle dont nous 
})arlerons plus loin. Sous le caisson même, nous avons trouvé 
deux monnaies de Constantin I" : ce qui prouve que la sépul- 
ture de Fabia Salsa n'est pas antérieure au début du 
IV* siècle. 

Le sanctuaire chrétien (pii fut bàli en ce lieu dans le cours 
du même siècle est en pierres de taille; quelques matériaux 
de démolition v ont été emijlovés. Il est de forme carrée 
(15'",I2de long sur 15", 06 de large). Le mur de façade, ainsi 
que le vestibule mentionné i)ar l'auteur de la }) ssion ont 
disparu lors de rallongement de l'édifice. Dans le mur de 
gauche, il y avait une porte, haute seulement de l"',!^. L'in- 
térieur était divisé en trois vaisseaux par deux rangées de 

1. Voir, à ce sujet, Mélanges de l'École de Rome, XXI, p. 233-0 . 



326 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

jiiliors, (jui joriaicnt des arcades, formées de claveaux de 

<lifféi'entes .< raudeurs. Dans 1 s flancs des i)iliers les plus 

rapprocliés du fond, sont pratiqués, à une hauteur moyenne 

de l'",80, des trous rectangulaires oîi entraient des barres 

auxquelles on attachait sans doute des rideaux; dViutres trous, 

percés plus bas. peuvent faire croire à l'existence d'une grille 

isolant la nef. Mais ces aménagements datent peut-être de 

l'époque où cette nef devint le chœur de la basilique. Rien ne 

jtrouve (pie les bas côtés de la chapelle i)rimitive aient été 

siu-niontés (k' tribunes : d'ailleurs, les dimensions restreintes 

du bàtinieni ne permettent pas une telle hypothèse. Au fond 

de la nef, il y a une abside, dont Touverture est flanquée de 

deux demi-colonnes, taillées dans les pierres d'angle. La 

voûte, en cul de four, était aj)pareillée. Cette abside ne parait 

pas avoir clé élevée au-dessus du sol de la nef, dont elle était 

sé])arée par un cancel, en })ierre ajourée, s'interromjiant au 

milieu j)onr laisser un passage. Le nnir de fond du bas côté 

de gauche présente une i)orte cintrée, dont le seuil était en 

contre-has du sol de la cliap lie : on devait donc y descendre 

jiar (piehpies degrés, que Ion supprima plus tard, ])robable- 

inent quand on remplit de tombeaux l'extrémité (hi collatéral'. 

Ce })assage établissait simplement une communication avec 

rextérieur. En arrière, se trouvent un assez grand nombre do 

sarcophages, à des niveaux (hvers^. 

Il est difficile d'indiquer la place qu"occuj»aient. dans la 
cliapell(>, la sépulture de sainte Salsa et l'autel, qui était 



1. La porte fut alors murée. 

2. Des murs qui paraissent avoir limité une salle en oet endroit appar 
tiennent à une époque très basse. Nous les avons indiqués en traits croisés 
sur noire plan. 



ÉDIFICES DU CULTE CIIhÉTIEN 327 

peut-être en bois'. On s'est demandé si la martyre n'avait }>as 
été déposée dans le sarcophage dont le cippe porte l'épitaphe 
<le Fabia Salsa, ou bien si la tombe n'était pas dans l'abside. 
L'auteur de la passion parle de la scaena sepiilcri- cpie, vers 
372, Firmus frappa d'un coup de lance; ce mot scaena, qui 
désigne le front du tombeau, montre cpi'une partie au moins 
du monument funéraire dépassait le sol : il peut s'applifpier 
soit à un sarcophage, soit ;i un cippe. Quelques restes de 
petites colonnes en marbre, recueillis eh et là, ont peut-être 
ajjpartenu à un cilioriinn. (pii snrnionlail 1 autel. 

Toute la nef (Hait pav(\' d'une mosaïque, faite en une fois, 
comme le pi"unve l:i symétrie des motifs représentés : on 
observe seulement quelques raccords plus récents. Cette 
mosaïque n'offic que des ornements, sauf ua grand carré, 
ménagé denièrc^ le ciitpo de Fabia Salsa ei (enfermant une 
inscription qui rappelle des embellissements laits ii l'autel, 
« où est la martyre Salsa »>, i)ar un certain Potentins. Ce 
personnage srnd)le avoir été un évêque, mentionné, vers ii-6, 
dans une lettre du i)ape Léon le Grand'. 

Quand la chapelle fut transformée en une ba-^ilique. ou -^^wy)- 
])rima le nuir de façade et on allongea du doubl • L^-; murs laté- 
raux, si bien qn ' lédirtce mesura déso;"niai-; 15 j'",00 de longueur. 
La i;artie nouvelle, comme l'ancienne, fut élevée sur un terrain 
qu'occiq)aient en ])artie des (ond)es. Les murs sont construits 
<Ie la même manière que ceux de la chapelle. La façaile est 
précédée d"iin portique, limité en avant par six })iliers 

1. Autel et tombe étaient réunis, comme l'atteste Tinscription de la mo- 
saïque : « Muneru quae remis quo sancla allaria juhjeid .. M[arti/r] hic l'ftf. 
Salsa . » 

2. Ca/alof/us coilicum. p. 3.")3, g 13. 

3. De Rossi, liull. t/i aic/ieolo(/ia crisliana, 1891, p. 26. 



328 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 



carrés qui supportaiont iiiio toiture on nppontis. Entre les 
deux piliers du milieu s'ouvre un couloir, llanqué de doux mu- 
rottes : il conduit ;i la jiorto de la basilique. Un fut très bas, 
enfoncé dans le sol à Tenlréo de ce couloir, a peut-être porté 
jadis une vasque, servant aux ablutions des fidèles. Le reste de 
l'espace occupé par le porche était surélevé de 0'",25 })ar rap- 
port au i)assage central et formait ainsi deux terrasses, 
auxquelles on accédait par dos ouvoi-tures ménagées dans les 
murs du couloir, et qui étaient bordées, sur la face ojjposéc 
ainsi qu'on avant, par des cancels ajourés, en pierre. 

Le front de basilique est percé d'une seule porte, large 
de 1",93. Dans le mur latéral du nord, il y a une autre entrée, 
))ion consei'vée : le linteau est surmonié d'un arc de décharge, 
formant une lunette semi-circulaire. Une troisième jiorto, dont 
lobas seul subsiste, s'ouvrait dans le mur du sud; elle mettait 
l'église en communication avec un édifice voisin, que nous 
(k''criroiis tout à l'iieure. 

Des ])iIiors séparai^'ut les trois vaisseaux, comme dans la 
chapelle primitive. Sur les bas côtés, à une hauteur de 4", 20 
environ, on éleva des tribunes, qui furent prolongées au-dessus 
des collatéraux do la partie ancienne. On y montait i)ar doux 
escaliers coudés, placés à Tintériour, aux doux angles que les 
murs nord et sud forment par leur rencontre avec le mur do 
façade. (Ibaqu ■ tribune était bordée par une colonnade, ter- 
minée à ses extrémités par deux demi-colonnes. Les bases sont 
de forme rudimentaire (socle carré surmonté d'un tronc de 
cône;; parmi les fûts, les uns ont été pris a des édifices jilus 
anciens et simi)lcment coupés à la hauteur convenable, les 
autres faits exju-ès : ces derniers se (hstinguoiil par leur fac- 
ture massive et grossière. Les chapiteaux, laids et trapus, se 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 333 

orientale, un grand massif trapézoïdal en maçonnerie, recou- 
vert de mortier; il mesure 3'", 60 de longeur et 2'", 85 do lar- 
geur sur le côté principal; la hauteur maxima est de 0"',73. 
La surface supérieure n'est point plane, mais elle s'incline 
dans la direction des bords ; au nord, elle présente un grand 
creux à fond uni '. qui avait sans doute la forme il'un liémicvcle. 
Cette petite construction est une table d'agapes : les convives, 
accoudés, s'allongeaient autour de la partie creuse, dans laquelle 
on plaçait les mets. Elle parait être plus ancienne que la salle''. 
A une date postérieure-, une tombe fut établie vers le milieu de 
la table, qui avait cessé d'être utilisée pour des repas. 

Quelques vestiges [u-rmettent d'affirmer qu'il y avait un 
étage au-dessus du couloir et de la salle. Un escalier, fort mal 
construit et n'appartenant certainement pas au l)àtiment pri- 
mitif, existe au nord, en avant de la porte latérale du couloir, 
qu'il obstrue. Il conduisait aux chambres supérieures. 

Cet édifice a servi dj lieu de sôptilture, mais tellj n'était 
pas, évidemment, sa (h^stination première. Il faut y voir une 
annexe du sanctuaire dj Salsa : i:oiis no saurions préciser 
davantage. On })eut su])i)Oser, d'après la forme des mono- 
grammes qui y ont été trouvés, (pi'il apparti.nt au iv' siècle 
ou au début ilu v" : il serait donc antérieur à rallongement 
de la cliapelie delà martyre. 

160" Tipasa. — Chapcdle funéraire de l'évêque Alexaiuh-e^, 

1. Profondeur Û"'.18. 

2. La face verticale de l'est, qui n'est séparée du mur de la salle que par un 
espace de quelques cenliniètres, est pourtant recouverte, couune les autres 
faces, d'un enduit de mortier: or, il eut été impossible d'étendre cet enduit si 
le mur en question avait déjà existé. 

3. Duchesne, Comptes rendus de V Académie des Inscriptions . 1892, p. 111-4. 
Sainl-Gérand, liull. Comité. 18!l2. p. 466-484 et pi. XXXll-XXXill (ce travail a 
été reproduit dans le Bulletin de la Société diocésaine d\irchéolo(jie d'Ah/er, 



:î3i LES JIONLMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

sitiuV dans le rimoticr(> occidental de Tipasa (plan, fig. 151 ; 
vue, planche X('V). Elle a été fouillée, en 1892, par rab])é 
Saiiit-r.érand. Les jiarties hautes sont < U'd mites ; le bas est. en 




FiG. l'il. — Chapelle de lévèque Alexandre, à ïipasa. 

i;'énéral, assez hicn conservé. L'édifice est dune tonne assez 
irréj;ulière, détiTUiinée par rcxisieuce d ' construrtions voi- 

I, i8i)o, p. l-:!2). De Rossi, Bull, di archeologia cristiana, 18'.)l, p. 1)0-4. Gsell, 
Mélan(/es de lÉcole de Rome, XIV, 189i, p. 389-392; Guide archéolorjigiie 
des environs d'Alf/er, p. 121-i. Wieland, Êin Ansftug, p. 18G-9. 



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ÉDIFICES DU CULTE CORÉTIEX 335 

sinos, d'époque antérieure ; le iilau présente à peu près l'aspect 
d'un trapéz^. long- de 22", 80 (sans l'abside), large de IG'^jôS 
à une extrémité et de 14"", 25 à l'autre. 

Les portes s'ouvraient sur les côtés : il y en avait proba- 
blement deux au nord et une au sud. Lintérieur était divisé 
en trois vaisseaux i)ar deux rangées de cinii piliers en pierres 
de taille; des coussinets, affectant à peu près la forme d'un 
tronc de pyramiile renversé, coiffaient ces piliers et portaient 
des sommiers d'arcades. Les parties supérieures, percées do 
fenêtres, étaient en l)locage. La nef. entièrement pavée en 
mosaïque, devait être couverte d'un toit en dos d'âne; sur les 
deux bas cotés s'étendait, autant qu'il semlde, une toiture |late 
avec une terrasse bétonnée. 

Au fond do la nef, à l'est, s'élève une sorte d'estrade, à 
laquelle on montait par deux petits escaliers. Elle est, en 
majeure partie, constituée par neuf sarcophages en pierre, 
alignés et orientés de l'ouest ;i l'est, les têtes étant placées à 
l'occident. Par-dessus, on avait établi une niosaïqne, aujour- 
d'hui presque complètement détruite; un cancel en pierre, 
découpé à jour, bordait cette estrade du côté de la nef. La 
grande inscription conimémoraiive qui a été tracée sur la 
mosaïque du vaisseau central, en avant des escaliers, nous 
apprend que ces tombeaux sont ceux des (* iustl priorcs » : 
selon une remarque de M^'' Duchesne, le^ justes dont il est ici 
question étaient peut-être d'anciens évêques de Tipasa. Aupara- 
vant, dit rinscription, leurs séjultures n'étaient pas visibles ; 
l'évêque Alexand're fît construire la chapelle pour les al)riter : 



« Nunc luce praefulgent suLnixi aUare decoro 
« Colleclamque suam gaudent florere coronam. » 



336 LES MONUMENTS ANTIQUES DE LALGÉRIE 

Il ne reste aucune trace de cet autel, dressé sur l'estrade : 
il a pu être en 1)ois. 

A l'autre extrémité du sanctuaire, on voit une abside, 
dé^'-au-ée au dehors. La (lis})()sition des nnn-s prouve qu'elle 
irai)i)artient pas h la cousti-ucliou primitive. Au lieu d'être, 
selon l'usage, entièrement ouverte, elle ne C(jnnTiuni(|uait avec 
la nef que j)ar une porte, d'un mètre de larg-e, qui existait peut- 
être antérieurement (comme porte principale de l'édifice). Cette 
abside contenait plusieurs tombes. En avant, la mosaïque de la 
nef offre (faburd un grand tableau, où sont figurés divers pois- 
sons, puis l'épitaplie métrique de l'évêque Alexandre, qui 
reposait en cet endroit : « corpus hic iii pace qtiirscif. » La 
tombe de l'évêque devait se trouver soit auprès de cette 
longue inscripiion, ([ui occupe presque toute la largeur de la 
nef, soit plutôt dans l'abside, faite après coup pour recevoir le 
corj)S du fondateur de la cliapelle. Entre les piliers séparant 
les trois vaisseaux, ihms tout le ))as côté do droite et au fond 
du bas côté de gauche, d"autr(^s sarcoi)hagos, en pierre ou 
quelquefois en blocag >, ont été })lacés h dos niveaux irrégu- 
liers. Deux d'entre eux présentent un couvercle en mosaï([ue, 
avec une é])itaplie versifiée. Un monument (pu était sans doute 
une table d'agapes s'élève ;i dr.)ite (b la nef, entre deux 
piliers. C'est un massif en maçonnerie, presque semi-circu- 
laire, mesurant 3°", 35 de diamètreet U",7U de hauteur inaj'una. 
11 est revêtu d'une couche de mortier. Comme dans la table 
analogue retrouvée près de la basilique de Sainte-Salsa, 
la surface supérieure s'incline vers les bords. Elle offre au 
milieu un creux semi-circulaire d'un mètre (le diamètre, ;i fond 
})lat'. Plus tard, on encastra (hins ce massif, vers une de ses 

1. rrofoiuleiir 0",18. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 



'33: 



extrémités, un petit sarcopliag-o (.reniant, dont 1 épitaplie sur 
mosaïque occupa l'intérieur du creux central. 

Non loin de l'abside, dans le collatéral de gauche, un pan- 
neau en mosaïque est rempli par une inscription, tournée vers 
le nord, c'est-à-dire du côté d'une dos portes donnant accès h 
la cliapjUe : « Clausula iustitiae est martijnum votis optare. 
« Hahes et aliam si/nilei)) aolpmosinam viribus facere. » 

A en jug'or j)ar le style des 
mosaïques de la nef. }»ar la forme 
des lettres et surtout par certaines 
expressions qui raji^iellent les éloges 
de saint Damase, c:e sanctuaire 
semble dater de la fin du iv'' siècle 
ou du cumnienceinenl du v^ 

161" Tipasn. — Petite chapelle 
funéraire' [fig. 152), située dans le 
cimetière oriental, ;i l'est de la 
basilique de Sainte-Salsa. Les pai-- 
ties hautes ont disparu. La construc- 
tion est en }iierres de taille. 
Longueur totale O^.ÔU, larg-eur 
4°, 90. La porte se trouve sur la 
façade, au milieu. La nef, uidque, 
était voûtée en berceau, l'abside en cul de four ; les deux voûtes 
étaient appareillées. Cette chapelle renfermait sans doute un ou 
plusieurs sarcoi)liag-es. 

162° Tobna [Thiibiuiar, dans le Hodaa). — M. Grange a 
trouvé, en 1901, à l'est de la ville et contra le rempart, les 




Chapelle de ïipasa. 



1. Gsell, Mélanjes de VÉcole de Rome, XIV, 1894, p. 402, fig. 49. 

H. 22 



3:{8 LES MONUMENTS ANTIOUES DE L ALGÉRIE 

restas «riiii ('■ililicc, nvaiit la Ibrnio (l"iiu(' abside seiiu-circulairo, 
(le 5 iiièlrt'S (rdiivcrtiii-.', flaiiqiK-o do dcMix sacristios. Lo sons- 
sol coiitonait dos toinboaux, dans 1 squols les squelettes étaient 
accompagnés de bijoux byzantins. Pont-éti'o ces trois salles 
représcntout-ellos 1 ' fond d'une église, coupée })ar suite de 
rétablissement du i'onq)art. 

163° /î"/ To)/al (nn sud-ouest de IJiskraV —Église', l'ouilléc 
pai- M. Massie. Longu mu- 1()'\-2U, largeur, 9"\()0. La iioiie 
d'entrée mesure i'",()0 de largoui'. Dans lo nnu' <lo di'oito, 
deux niarclios d'un escalier pi"(''C(Mlont une l)aie qui d'uniait 
peut-être accès ;i un baplisloro, connue lo })eus:' le P. Dolattro. 
Deux rangées de piliers séparent les trois nefs; l'abside est 
llanquée do (loux jiotitos chambres rectangulaires. En avant de 
cette al)side, le clKPur, que foruiait lui cancel, contenait un 
autel, construit en galets. Au centre de la maçonnerie était 
encastré un bloc ilc travertin, long île ')"',87, largo do 0"\53, 
creus('> eu auge ; le couvercle, dit Massie, « est tailb'', à sa 
« partie supérieure, en pyranndo (piadiangulaire et orné d'iuic 
« jietitc pyramide ;i chacun do ses angles». Dans l'auge, on a 
trouvé un vase d'ai'gile, boucb('' avec une j)iorro et (hi mortier, 
et ronl'ormant une vertèbre brisée et un l'rauiuont de côte'-'. 
Les quatre l)ases du c'ihor'non (jui abi'itait l'autel se voient 
encore en place : elles ont été oiupi'uiitc'es ;i \\\\ édifice d'é})oquc 
antérieure. Los nuu-s do cette (''glise sont revêtus d'un en(hiit, 
sur lo(piol les ouvriois ont tracé avec loui's doigts divers 
signes, entre autres dos croix oïd'orméos dans d s cercles. 



1. Massie, /îec. de ConsL. XXII, 1S82. p. 40'.i-412. Delattre, ibid.. XXV, 
1888-1889. p. 271-3. 

2. Ce rolii|uaire est aujourJ'hui au irnisrc Lavigcrie, à Saint-Louis de 
Carlha'.'e. 



EDEFICES DV CULTE CHRETIEN 



339 



Sous le sol, il y avait i)lu>ionrs étag\"'S (raiii[)lioros, qui ronto- 
iiaient des squelettes. 

164" Zana (Diana rcieranomm). — Église bvzantim' ' 
[fig. 153), établie 
sur le dalla ue 
même du forum. 
Il no subsiste que 
le bas des murs, 
édifiés de la ma- 
nière la plus bai'- 
bare, en moellons, 
avec des cbaines 
mal espacées. On 
a utilisé les délnis 
d'un grand nombre 
de monuments 
honorifiques (jni 
décoraient la 
place : bases, 
voussoirs. cor- 
niches, tout a été 
employé pêle- 
mêle ; aussi les 
murs n'ont-ils pas 
partout la même 
épaisseur. En A, 
l'un des pieds- 
droits d'un i)etit 




<> / X J /» .* 



Fiij. 133. — Basilique de Zan.i. 



1. Renier, Mélanr/es d'épir/raphie, p. 191--2. Gsell, Recherches archéolof/i(/ues 
en Algérie, p. 198. Diehl, Soucelhs archives des Missions, IV, 1893, p. 302. 
Graillot et Gsell. Mélanyes de l'École de Rome, XIV, 189i, p. 542-4. 



340 LES MONUMENTS ANTIQUES DR l'aLGÉRIE 

arc (le triompho a été incorporé dans la constniction. Longueur 
totale, 33 mètres, largeur IT^^O. Orientation sud-est. 

En avani, s'étendait un vestibule assez étroit (B), avec une 
seule i)orte sur l'extérieur. L'église elle-même n'avait qu'une 
entrée. La nef était limitée par deux mauvais uuirs (CC, I)D), 
qui ne s'élèvent j)as actuellement h i>lus de 0"\50 et qui 
n'étaient peut-être que de simples bordures; on avait sans 
doute placé j)ai--dessus des piliers quadrangulaires, car il n'y 
a aucun V(^stige de C(donnades. L'édifice ne présente pas 
d'abside au fond, mais on voit en G un soubassement, haut de 
()"',73, dont la face est ornée d'une grande croix grecque 
sculptée. Ce soubassement limitait une sorte d'esti'ade, esjiace 
réservé au clergé ; on y montait probablement par deux petits 
escaliers, aujourd'hui disparus. Deux salles (E et F) s'ouvrent 
sur le vaisseau central, en avant de G; deux autres salles 
(H et I) communiquaient avec l'estrade. 

165° Khfirlict, Zcmhia ou Cércz [Leinellef, au sud-ouest do 
vSétif). — Saint Optât ' j)arle de la basilique chrétienne de ce 
lieu, (huis le récit qu'il fait d'un acte de violence commis }iar 
les donatistes au tenqis de l'emijoreur Julieu : 

« Conoo'irrunt ad castelhini Lmirllrnsc : uhi ciim conlra 
(' importanitalpm sitam vidèrent hasilicam claumin, pimesen- 
« (es insseriuit comités siios^ ut asce/ide?'ent culmina, nuda- 
« vent tri ta, iacturent leijulas : imperia eoi'uni sine mora 
(( compléta sunt ; et eum altare defcnderent diaconi eafJuilici, 
« lecjulis pluvimi cruentali sunt, duo occisi sunt. » 

Il résulte de CC texte que l'église était couverte eu cdiarpente 
et en tuiles. 

100" llcncliir Zerdan (au nord de Timgad). — liasilique, à 

\. De scliisi/iale (lonalistarum, 2, 18. 



ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 341 

1.300 mètres environ au sud de cette ruine '. On ne voit guère 
en place que deux bases attiques, à plinthe élevée. Mais, près 
(le là, a été retrouvé un cippo, dont rinscription d(uuie des 
renseio-nements sur le sanctuaire : 

« Ba,[sil[icam)? ?] no[vam?] Venufiianenses iniiiaverunt ; 
« [M ?]iicnonetises columnas V dederunt; Guzahetenscs dede- 
« runt columnas VI ; om/ies apsida straverunt; plus Guza- 
« bete'ii)scs ornavcrunt ; RogafAis presbiter et {A)emilius 
(( zacon{u!>) (= diaconusj [a)ed'ificaverunt. » 

167" Zoui [Vazaici, dans la région de Klienchela). — 
Église-, fouillée par M. Farj.es. Nous sommes insuffisamment 
renseignés sur les dispositions de cet édifice, quiélaii, semble- 
t-il, fort mal conservé. Selon M. Farges, il avait la forme 
d'un rectangle, de 22", 44- de long sur 10 mètres de large. 
Un croquis de Masqueray montre que le fond était arrondi eu 
demi-cercle et que la façade était p-écédée d'un vestibule. 
M. Farges mcnlioune plusieurs portes, dont la prlucij)ale 
s'ouvrait au sud. Une petite vasque en iiierre, montée sur un 
pied élevé, parait avoii- été un récipient pour les aldutions des 
chrétiens qui entraient dans l'ég-lise. Il y avait deux colon- 
nades à l'intérieur (bases attiques à socle bas, dont plusieurs 
ont été taillées dans des pierres portant des inscriptions 
païennes ; fûts de diamètres et de hauteurs diverses ; chapi- 
teaux d'ordre dorique). De nombreuses tuiles, mêlées aux 
décombres, indiquent comment les vaisseaux étaient couverts. 
Dans la partie, septentrionale de l'église, « gisait sur le sol, 
« dit M. Farges, au milieu de la nef principale, une large 



1. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV, 189i, p. 24-3. 

2. Masqueray, Revue africaine, XXII, 1878, p. io3, et notes inédiles. Farges, 
Bull, de l'Académie d'HIppone, XX, 1884, p. 133-9. 



3i2 LES MOMMEMS ANTIQUES L)E L ALGERIE 

<( (lallo, soifrnouseniont taillée, p rcée à sou contre (rune 
« ouvoi-tiTO rarréo ». Il y a lieu de croire que c'était la tal)lo 
(fautcl : Touverture aurait été un loculus pour «les reliques. On a 
déterré à côté une inscription, énumérant une suite de saints'', 
<lont lies reliques ont dû ètro déposées en cet endroit. 
M. Farces a trouvé aussi dans la ruine une pierre (haute 
do 1°'.5G. lar-io de O'",.")!), qui offi-e tlo Ixdles sculptures orne- 
mentales à reliot plat et un nionoiiramme constantinien - ; 
lioiit-étro faisait-elle partie i\o rencadi'oineut d'une porte. Le 
sous-sol contenait dive s rangs de tombes, dont chacune 
renfermait un ou })lusiours squelettes. « Elles étaient placées 
(( sans ordre, les unes orientées de l'ouest à l'est, les autres 
« du sud au nord. Très peu de ces tombes avaient des sarco- 
« j)haii-es en pi<>rre. Un grand nombre se conqiosaient de 
« lignes de ])ierres juxtaposées et recouvertes de dalles; 
« quelques-unes étaient formées de sarcop.liages brisés en 
« plusieurs morceaux. » 

108" Zraïa [Zarai, entre Sétif et Batna). — Grande église'\ 
au nord-ouest des ruines; en fort mauvais état. On y a fait 
quelques fouilles, vers 1873. Longueur totale i()'°,2r), largeur 
17'°,10. En avant, restes d'un vestibule, profond de S"",?!]) et 
occupant tout le front de l'édifice. La façade présentait une 
port.' au milieu; peut-être élait-elle aussi j»ercée de deux 
antres portes, correspondant aux l)as C(Més. A l'intérieur, deux 
colonnailes (bases attiques à socle haut, chapiteaux d'ordre 
«•orinthien dégénéré à feuilles non découpées). Le fond est 

1. Corpus, VIII, 176j3. 

2. tiull. des antiquaires de France, 1878, planche à la p. Vol. Dull. di 
(ircheologia crisliuna, 1881, pi. XI, fig. 1. Bull, de l'Académie dmppone,\\,p\. il. 

3. Ragot, Rec. de ConsL, XVI, 1873-4, p. 248. Poulie, iliid., p. 427. Gsell. 
Recherches archéologiques en Algérie, p. 135-0, fig. 13-16. 



ÉDIFICKS DU CULTE CHRÉTIEN 343 

entièrement drtriiit. Je n'y ai pas vu d'abside, mais un plan, 
levé jadis par le Service des Monuments historiques, en indique 
une. En outre, il y avait certainement une petite abside sur le 
côté droit; elle abritait des sarcophages en forme d'auge. Une 
salle rectangulaire s'adossait au même cùté. D'autres salles, 
dont il ne reste plus que des vestiges, étaient conti uës à la 
basilique au sud-ouest. Dans une de ces pièces, on a découvert 
trois rangées superposées de sarcophages, avec des corps 
ensevelis dans de la chaux; il y avait souvent i)lusieurs sque- 
lettes dans une même tombe. 

169° Zra'ia. — Autre église', à l'ouest de la ville. Elle n'a 
pas été fouillée et les murs ne dépassent guère le sol. Lon- 
gueur 29", 6Ù, largeur 14"°, 70. Une seule porte s'ouvre sur la 
façade. Les vaisseaux étaient séparés par deux colonnades. 
L'abside, <lont le mur courbe fait saillie à l'extérieur, est 
flanquéo de deux sacristies; celle de droite déborde de 4", 10 
le bas côté voisin. Abside et sacristies sont plus élevées que le 
reste de l'église. 

1. Gsell, ihid., p. 136, fig. 17. 



CHAPITRE II 
CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 

On roncontrc dans l'est do TAlgério un grand nombre de 
ruines qui étaient évidemment des ouvrages de défense. Elles 
présentent doux caractères communs : 1° les constructeurs y 
ont employé des matériaux pris dans des édifices de l'époque 
romaine; 2° les murs, en pierres de taille, offrent deux pare- 
ments, ([ui tantôt sont accolés, tantôt encadrent un no}au 
plus (ju moins épais, en blocage ou en grosses pierres entassées 
au liasard. 

On ne saurait actuellement en dresser une Liste complète, 
qui n'aurait d'ailleurs, au point de vue monumental, qu'un 
intérêt assez restreint, les types étant peu variés. M. Diehl a 
étudié les plus importantes de ces citadelles ou forteresses 
dans un mémoire dont nous ferons grand usage au cours de 
ce chapitre'. 

Les ruines en question sont d'ordinaire qualifiées de hyzaa- 
tines, et pour certaines d'entre elles l'exactitude de cette 
a})pellation n'est pas douteuse, comme l'attestent des inscrip- 
tions permettant de les dater, ou des indications données par 
riiistorien Procope. Mais, pour beaucoup d'autres, la preuve 

1. Nouvelles archives des Missions, IV, 1893, p. 28o-434. Conf. l'Afrique 
byzantine du môme auteur, p. 138-298, 601-613. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 345 

manque. Il conyiendrait, à cet égard, de distinguer!, dans la 
mesure du possible, les ouvrages fortifiés se rapportant à un 
système général de défense, ouvrages échelonnés à la fron- 
tière ou établis su.- des points stratégiques à rintérieur du 
territoire, et, d'autre part, ceux qui ont servi de refuge aux 
habitants d'une ville, d'un bourg, aux cultivateurs d'une plaine, 
d'une vallée. Los premiers ont un caractère officiel : ils ont 
été certainement élevés par le gouvernement grec pour la 
protection de l'Afrique, reconquise sur les barbares ; des troupes 
régulières devaient les occuper d'une manière permanente. En 
général, ils datent des premières années de la période hyzan- 
tine. Les seconds, bâtis ;i la hâte par des populations sans 
cesse menacées, appartiennent aussi, pour une bonne part, à 
l'époque bvzantiue : car les fortifications impériales ne don- 
nèrent pas au pays une sécurité absolue, et les révoltes, les 
invasions, les rapines des indigènes furent fréquentes sous 
Juslinien et surtout sous ses successeurs. Plusieurs sont, du 
reste, datés : le fortin d'Aïn cl Ksar fut construit vers 580 -; 
celui d'El Mahder, probablement à la fin du vf siècle''. Mais 
d'autres peuvent avoir été élevés plus tard, dans les temps 
troublés qui suivirent la conquête arabe. 

Nous avons vu ^ comment Rome s'était efi"orcée d'assurer la 
paix à la Xumidie et aux Maurétanies. Les Vandales n'eurent 
pas le même souci. Ils négligèrent de maintenir l'organisation 

1. Cette distinction a été faite par M. Diehl, Soiiv. arcli., p. 289, 298-9; 
Afr. byz., p. 223-5. 

2. Corpus, VIII, 4354 = 18340. Conf. Gsell, Bull, des anliquaires de Frmice, 
1895, p. m. 

3. Voir plus loin, aux fortins. — Le fortin d'Henchir Bou Sebaa, dans la 
région de Tébessa, fut fait par un évéque [Corpus, VIII, 2079 et p. 942;. Il est 
donc certainement antérieur à l'invasion musulmane. 

4. Tome I, p. 75 et suiv. 



;{i6 Li:S .MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

militaire qui couvrait autrefois les frontières; craignant que les 
provinciaux ne voulussent s'affranchir de leur joug et ne 
tissent appel aux empereurs, ils renversèrent les remparts de 
pres(pio toutes les villes'. Les indigènes purent donc s'emparer 
facilement de la plus grande partie des Maurétanies ; ils se 
jetèrent sur la Xumidie, oii ils tirent de grands ravages. Au 
point de vue de la défense du sol, les Byzantins eurent à 
reprendre entièrement l'œuvre des Romains. 

Ils n'étendirent pas leur domination aussi loin que leurs 
devanciers. D'alxtrd, ils se contentèrent de protéger les envi- 
rons de Constantine, la vallée de la Seybouse et le cours 
supérieur de la Medjerda, en établissant une ligne de forte- 
resses, appuyée en arrière par les deux places fortes de Calama 
et de Consiantine; cette ligne passait par Taoura {Thagura), 
Ain Tamatmat (Vasif/ice), Mdaourouch iMadauri), Tifecli 
{Tipasa), Ksar Sbélii { Gadiat/f a/a), Aïn el Bordj [Tigisis], 
Sila-. — Puis, en 539, le général Solomon conquit l'Aurès, le 
Hodna et le i)ays de Sétif. Il tit bàlir plusieurs forts dans 
l'Aurès-'; mais il semble que les Byzantins aient abandonné 
ce massif do bonne heure ou que ces forts n'aient été que des 
avant-postes. En effet, dans le pays })lat qui s'étend au nord 
de l'Aurès, on rencontre une série d'ouvrages défensifs qui font 
de celte région un vaste canq) retranché, tourné vers le midi'. 
La frontière militaire suivait donc probablement le i)ied des 
montagnes à l'ouest de Tébessa, i)ar Khenchehi"', Timgad, 

1. Coiif. tniiie I, p. 1)8-9. 

2. Voir Dielil, Nouv. arcfi., p. 34!); Afr. bij:., p. 285-288. 

3. Procope, i'(///!'ces, VI, 7 ; Guerre vandale. 11. 20. Conl". Diehl, Afr. hij;., 
p. 249. 

4. Graillot et (Jsell, Mélanges de l'École de Rome, XIII, 189:î, p. 4".'$. 

5. Une inscription {liull. des antiquaires de France, 189j, p. 170) prouve 
que des ouvrages de défense furent construits en ce lieu vers 580. Mais 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQLE 347 

Lambèse. En arrière, s'élevaient les citadelles de Ksar Baraï 
[Bagai), au nord de Khencliela, et d'Henchir Guessès, au 
nord-est de Timgad. Le long passage qui s'ouvre au sud-ouest 
de Batna et qui est la principale route naturelle entre le 
Sahara et le Tell fut occupé parles Grecs', et Ton trouve une 
forteresse de type byzantin à Tolga, dans les Ziban. ^Nlais 
c'était, semble-t-il, une sentinelle avancée, placée bien au delà 
de la frontière. Après Lambèse, celle-ci devait continuer ;i 
se diriger vers l'ouest, par le Bellezina et pai- le Hodna. Elle 
passait probablement ii Ksar Belleznia, nu milieu de la plaine 
de ce nom, ;i Tobna [Tluihunae]^ à Becliilga, près de Msila 
[Zabi .Justiniana). Puis elle remontait vers le nord, en suivant 
la vallée de l'oued el Ksob, par Ras el Oued (Thamalla). Se 
repliait-elle ensuite sur Sétif, ou traversait-elle la plaine de 
la Modjana et les monta nos des Biban pour atteindre Bougie 
(Saidae)l C'est ce que nous ignorons-'. En tout cas, Sétif fut 
la principale citadelle de l'ouest. Entre ce lieu et Constantine, 
les remparts de Mila tenaient en respect les montagnards do 
la petite Kabylie-^ 

Le long d^ la ligne que nous venons d'indiquer, sur les i)oints 
les plus menacés, aux })assages qui pouvaient ouvrir l'accès du 
Tell, furent construites soit des forteresses, destinées à abriter 
des garnisons, soit des villes fortifiées; des postes, simples for- 

Mascula, dont l'importance stratégique est capitale, dut être occupée militai- 
rement dès l'époque de Justinien. 

1. On a découvert deux inscriptions byzantines entre Batna et Biskra : Corpus, 
VIII, 2494 et 2j2o. • 

2. La question est de savoir si l'importante forteresse de Rherbet Achir, 
située au nord-ouest de Bordj Bou Aréridj [Rec. deCons/., VIII, 186i, p. 107; 
Bull. Comité, 188»), p. 471)), est romaine ou byzantine. Je ne lai pas visitée. 

3. Pour la frontière byzantine en N'umidie et en Maurétanie Sitifienne, voir 
Diehl, Afr. byz., p. 237-259. 11 ne faut pas oublier que le tracé de cette 
frontière est très hypothétique. 



348 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉKIE 

tins o-ardés par quelques soldats, les reliaient ou les éclairaient. 
En deçà de cette frontière, certaines places fortes étaient 
<k's points d'appui pour la résistance à l'invasion, des lieux do 
(•oiicentrafiou pour les troupes, des dépois d'armes et de vivres. 
De plus, des forts ou des fortius furent élevés dans un assez 
o-rand nombre de positions importantes : nœuds de routes, 
cols, sources abondantes, entrées de plaines. Les forteresses 
qui avaient constitué la plus ancienne frontière des Byzantins 
en Xumidie. Thai^'ura, Madauri, Tipasa, Tii>isis, etc., formèrent 
« une seconde ligue, très utile iiour arrêter les courses des 
« nomades, lorsque la barrière qui bordait l'Aurès était for- 
« cée : elle ^larut même alors garder assez d'importanc ■ pour 
« qu'on la renforçât par de nouvelles constructions ' ». Divers 
])0rts fnrent recouvrés sur les côtes des Maurétanies et évi- 
demment nus en état de défense 2. 

Cette œuvre immense fut accomplie en quelques années par 
les soins de Solomon, lieutenant de Justinieu''. Les succes- 
seurs de ce prince n'eurent qu'à la com}tléter sur quelques 
points et à réparer les dégâts causés par les guerres. Après 
la conquête musulmane, la plupart des forteresses élevées sous 
Justinien restèrent debout pendant longtemjjs, malgré les nom- 
breux sièges qu'elles eurent à soutenir. Dans l'est de l'Algé- 
rie, presque tout s les villes importanti>s entre le vu" et 
le xi" siècle durent la sécurité relative dont elles jouirent à 
leurs remparts byzantins^. De nos jours encore, Mila s'abrite 



1. Diehl, Nouv. arch.. p. 3."J0; conf. le mùme, A/'r. byz., p. ~t2,-i. 

2. Diehl, Afr. byz., p. 200 seq. 

3. Diehl, ibul., p. 10!) seq. 

4. Au XI" siècle, les gens de Tébessa répondirent à Mouley Ahmed, qui 
leur demandait de faire leur soumission, qu'ils n'avaient d'autres maîtres 
que leurs murs. 



CONSTRUCTIONS DEFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 349 

donièrc une enceint;_> bàlie par les Grecs ; les citadelles fran- 
çaises de Guelma et de Sétif sont d'anciennes citadelles byzan- 
tines, remaniées par nos ingénieurs militaires; pour protéger 
Tébessa, on s'est contenté de restaurer les murs de Solomon. 

Parmi les constructions dont nous avons à parler ici, nous 
l>ouvons distinguer jjlusieurs types ' : 

1° Les villes fortes, entourées d'une enceinte continue. 
Elles sont, en généi-al, assez petites : Bagai a une superficie 
de 10 hectares, Tébessa de 9 hectares à peine. L'espace 
qu'elles couvrent est beaucoup moins étendu que les cités 
romaines qui les ont })récédées -. Il est vrai qu'une partie de 
la 1 opulation vivait en dehors de l'enceinte, dans une zone 
qu'un mur protégeait parfois contre les premiers coups de 
l'ennemi. Quelques-unes de ces villes sont de forme rectangu- 
laire, comme les camps romains : i)ar exemide, Theveste. Mais, 
en d'auires lieux, on a tenu compte de la configuration ilu 
terrain, ou })ien de l'existence d'édifices qu'on a voulu com- 
prendre dans l'enceinte. A Bagai, à Tipasa de Xumidie, à Tigi- 
sis, le renqjart suit les bords d'une colline, et sa valeur défen- 
sive est accrue par les pentes plus ou moins raides qui le 
précèdent; ii Calama, il décrit un coude pour enfermer de 
vastes tliermes et il va se souder à une muraille qui sendde 
romaine. Des tours sont placées aux angles de ces enceintes, 
d'autres sur les (Uvers fronts, k des intervalles variables, voi- 

1. Coaf. Dielil, Afrique h'jzanLine, p. l8o seq. — Nous devons noter que 
celte classification, adoptée pour la commodité de l'exposition et exacte 
dune manière générale, n'est cependant pas absolument rigoureuse. Il est 
évident que certains ouvrages de dimensions moyennes peuvent être classés 
soit parmi les fortins, soit parmi les forteresses. Pour diverses villes, nous 
n'avons pas d'argument décisif nous permettant de dire si les enceintes qui 
les entourent ou les citadelles qui les protègent ont été élevées par le gou- 
vernement de Byzance ou par les autorités locales. 

2. Diehl, Afr. byz., p. 184. 



350 LlvS 3J0NLMKMS ANTIOLES DE L ALGÉRIE 

siiios los iiuos dos auti'os aux cMidi'uits les plus exposés, muius 
rapprochées ailleurs. A riiitéricuir de la ville, et d'ordinaire 
dans une position élevée, se trouve une citadelle, dei'idcr refug-e 
des défenseurs; elle élait quelquefois dominée par un donjon. 

2" Les forteresses, les unes isolées (au moins dans le prin- 
cipe) et gardant iU^>^ points stratégiques, les autres construites 
au centre ou dans le voisinage immédiat de certaines villes 
qu'elles }trotèg-ent. La ville reste ouverte (»u bien elle n'est 
ciitouréo que d'un simple mur. Ces caslc/la sont généralement 
i-cclangulaires, avec des tours aux angles; d'autres tours se 
drcsseiii souvent au milieu ou le long des quatre côtés. Cei)en- 
daid, quel([ues forteresses ont une forme plus irréguliëre : par 
exemple, celles d(> Taoura. d(^ Guelaa Sidi Yaliia et de Mdaou- 
roucli ; dans les deux jjremières, l'enceinte s'adapte aux con- 
tours d'un manielou à pentes i-apides. 

3" Les jietits postes, qui sont des carrés ou des rectangles, 
ordinaii'ement sans toui's. 

Une disposition aussi simjjle se retrouve dans les fortins qui 
servaient d'abris tem})oraires aux jiopulations et qui n'étaient 
j as des ouvrages officiels. 

Dans cette catégorie d(^ fortiticalions non officielles', nous 
rangerons aussi les murailles assez grossières et le jilus sou- 
vent dépourvues de tours, qui défendaient un certain noml)re de 

1. Nous ne voulons pas dire, naturellement, que le gouvernement impérial 
ait été inclinèrent à la construction de ces ouvrages. Il est évident qu'ils ne 
purent être exécutés qu'avec son autorisation et que, fréquemment, ils durent 
l'être sur son initiative. Pour faciliter la surveillance des alentours, on les 
élevait de préférence dans des lieux découverts, d'où l'on pouvait échanger 
des signaux avec les forts voisins ; quelques-uns étaient situés sur des routes 
importantes. Par là. ils tenaient leur place daus le système général de 
iléfense de l'Afrique du .Nord. Mais ils étaient avant tout des ouvrages de 
défense locale, construits par les soins des liabilants et sans doute dépourvus 
de garnison. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 3Sl 

villes, et, d'autre part, les rofuoes établis dans des lieux dif- 
ficilement accessibles, où les campagnards se retiraient en cas 
de danger. Au début de ce livre', nous avons iiKMitionné des 
refuges analogues, dont 1 s uns doivent (hiter d'une époque 
beaucoup plus ancienne que la domination byzantine, dont 
d'autres, au contraire, jaraissent assez récents. Mais ces 
refuges sont construits en jiierres brutes, entassées les unes 
sur les autres ; ceux dont il s'agit ici ont des murs en pierres 
de taille, formant doul)b^ iiarcmnit : ils sont, par conséquent, 
de type byzantin. 

On enq)loya, pour bàlir ces divers ouvrages de dc'd'ense, 
tous les matériaux disponibles, les i)ierres richement sculptées 
aussi bien que les plus simples blocs''. En général, on n'eut 
pas besoin de démolir des (''(Hfices plus ;uici mis : presque par- 
tout, on avait sous la main des ruines, accumulées p,ai- b^s 
dévastations des Vandales et des Berbères. Des monuments 
l'oujains, restés debout, fm-ent pai'lViis incorporés dans Its nou- 
A'eaux remparts : à Téb'ssa, l'arc de Caracalla devint une des 
tours de la place forte; à Zana, l'ai'c de Macrin forma l'un des 
côtés d'un fortin; à Guelma, l'enceinte du Haut Emjjire jiarait 
avoir été en })arti'^ conservée ; des portes monumentales furent 
encastrées dans des murailles à Announa, ;i Kbamissa, à 
Kissa ^. 

La caractéristique de la construction byzantine est, nous 



1. Voir tome I, p. 4. 

2. Diehl, Afr. hi/z., p. 174. 

3. A Ilenchir el Hammam (au sud de Guelma), un mausolée servit de noyau 
à un fortin : conf. plus haut, p. C7. A Ksar Mahidjiba, une enceinte entoura 
un temple (voir tome 1. p. 150-11. Selon M Toussaint {Bull. Comilé, 18!)7, 
p. 269), le fortin de Ksar el Atimar, dans la région d'Ain Beïda, serait un 
ancien sanctuaire païen dont les parois auraient été enveloppées d une 
chemise en gros blocs. 



;i52 LES MONCME.NTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

ravoiis dïi, le iloul)lo paremont en pierres de taille ^ Dans beau- 
coup (le foi'tins et dans certaines enceintes, ces deux parements 
se louchent et forment un mur épais de 0",80 ''^ 1 mètre. Mais, 
le })lns souvent, ils sont séparés par un intervalle de largeur 
variable, que remplissent soit des moellons, soit des blocs de 
grand apjiareil et d'antres matériaux d'emprunt, jetés pêle- 
niéle et noyés dans du mortier. De longues j icrr> s, posées en 
travers, forment des boutisses reliant les deux parements-. 
Dans les grandes forteresses, la largeur du mur est. en moyenne, 
de 2°, 30; ell(> atteint parfois 3 mètres'^. Les tours ont d'ordi- 
naire une épaisseur moindre, 1°\60 en moyenne^. Ces tours, 
qui font toujours saillie en avant des courtines, sont, pour la 
pln})art, quadrangulaircs ; cependant, on trouve assez fréquem- 
ment des tours rondes, surtout aux angles; d'autres formes 
(elli})tiques, ;i pans coupés) ne se rencontrent que i)ar excep- 
tion. Les courtines, qui atteignaient 7 à 8 mètres de hauteur 
il Tébessa, h ^Idaoui'on(di, à Sétif, étaient jadis bordées de 
créneaux, surmontant le parement extérieur. Par derrière 
s'étendait le chemin de ronde ; souvent on l'élargissait, soit en 
adossant au [tarement intérieur des contreforts, reliés par des 
arcades qui portaient un dallage (c'est le cas à Mdaouronch), 
soit en faisant saillir au sommet de la courtine de longues 
pierres ou des })0utres en bois qui soutenaient un balcon (à 
Tébessa et k Sétif). On montait an chemin ilo ronde par des 

1. Voir à ce sujet DiehI. A/'r. byz., p. 148. — 11 ne faudrait pas croire 
cependant que ce mode de construction n'ait été employé que dans les 
régions soumises ù la domination byzantine. Ainsi on le retrouve, en Mauré- 
tanie, dans le mausolée de 15lad Guitoun et dans les enceintes qui entourent 
les Djedar (voir au chapitre suivant). 

■1. DiehI, Afr. bf/z., p. 149. 

.'i. A Guelm.i. 

'.. Conf. iJiehl, Xuui'. arc/i., IV, p. 302. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 353 

escaliers ménagés dans les tours ou le long de la muraille '. Les 
tours, dont le front est de largeur varialjle (ordinairement 
de 7 à 10 mètres), s'élevaient plus haut que les courtines : à 
Tébessa, elles atteignaient 17 mètres. Le rez-<le-chaussée 
offrait généralement une porte, mais il ne communiquait pas 
toujours avec le premier étage, qui était de plain-pied- et en 
connnunication directe avec le chemin de ronde. De cet étage, 
un escalier con(hiisait ;i la plate-forme supérieure, bordée de 
créneaux. Les salles étaient couvertes par des voûtes, par des 
dalles posées sur des encorbellements, ou simplement par des 
planchers •^. 

Il n'y avait qu'une seule eiitnk' dans la plupart des fortins. 
Les forteresses, les enceintes de villes en comptaient plusieurs, 
simples poternes ou portes cochères. Mais c?s dernières mêmes 
étaient assez étroites. On les proté eait le mieux possible, soit 
en les plaçant ii l'intérieur^ ou à coté d'une tour', soit en les 
flanquant de deux avant-corps''^ ou de deux tours, très rappro- 
chées l'une de l'antre'^. 

La main-d'œuvre est fort inégale. Dans certaines forteresses 
ou citadelles officielles du temps de Justinien, eu particulier à 
Mdaourouch, ix Timgad, ;i Tébessa, à Mila, les assises sont 
<rune régularité qui rai)pelle les monuments de Tépoque 
romaine. Ailleurs, tout imhipie la liàte et le manque de soin : 

1. Cette dernière disposition est la pins fréquente. 

'2. Au moins presque partout. M. Dielil .Vouy. arch., p. 3;J1) note une excep- 
tion pour une des tours de Tébessa. 

'.). Pour la disposition des tours et des chemins de ronde, voir Diehl. Afr. 
Ijijz-, p. 150-8. 

4. A Timgad. à Ksar Bellezma. à Tébessa (porte de Caracalla), à Tobna. 

0. A Tébessa (porte d'Aïn Chela), à Guelma, à Sétif. 

(). A Mdaourouch, à Tifech. 

7. A Tébessa (porte Solomon), à Ain el Bordj, à Ksar Baraï, à Ilenchir 
Guessés, à Mila. — Pour ces portes, voir Diehl, Afr. bijz., p. 159-162. 

II. 23 



354 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

les làerres, mal appareillées, mal jointes, laissent entre elles 
(les vides que l'on a houcliés tant I)i(Mi que mal avec des moel- 
lons, les assises sont île hauteurs diverses et, dans une mémo 
rangée de l)locs, les lits forment des lignes brisées. Ces négli- 
gences, ces malfaçons ne s'observent pas seulement dans les 
fortins et les enceintes bâtis par les ])opulations, mais aussi 
dans des ouvrages officiels, même sous le règne de Justinien, 
})ar exemple ;i Ksar Sbélii. 

Nous allons décrire rapidement les constructions défensives 
de basse époque qui })résentent le plus d'intérêt. 

PLACES FORTES 

Tèbessa. — La place forte de Therestc [fuj. 154)' est un 
rectangle de 32<_) mètres de long, sur 280 de large-. L'en- 
ceinte, qui était restée en assez bon état pendant treize siècles, 
a été restaurée par les Français. Selon l'usage, elle est faite 
avec toute sorte de matériaux romains. Ainsi, au sud, on a 
jeté de grosses colonnes dans le noyau de la nuu'aille et une 
liartie du parement intérieur a été constitué par une série de 
})ieds-droils, restés en place, vestiges d'un édifice important''. 
Les courtines, épaisses de 1™, 50-2°', 20, sont flanquées de 
quatorze tours carrées, y compris l'arc de Caracalla, que les 

1. Mé)iii)ives des antiquaires de France, XVII, 18i4, pi. à la p. 17. Mohl, 
Ann. de Consf., 18:38-9, pi. II et XVI ; 18G0, p. 204-8. Héron de Villefosse, le 
Tour du Monde, 1880. H, p. 28-9. Ballu, Te'bessa, Lambèse, Timgad, fig. 3. 
Diehl, Xouv. arch., IV. p. 325-331. Le même, Afr. hijz.. p. 18G-7, fig. 27-8; pi. IV. 
Le même, Justinien, p. 241, fig. 91. Wieland, Ein Ausflug ins allcliristlicke 
Af'rika, p. 73. 

2. Le front nord forme une ligne légèrement coudée : cette petite déviation 
s'explique par l'existence de Tare de Caracalla, qu'on a voulu incorporer dans 
l'enceinte. 

3. Conf. tome I, p. 110 et 200. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 



355 



Byzantins ont transformé en un ouvrage de défense. L'épaisseur 
de ces tours varie de 1",50 h 2'MO; elle est plus forte du 
côté de la ville qu'aux faces extérieures. « Sur le dessus de 
(( la courtine, dit M. Diehl', à une hauteur de 7 à 8 mètres 
« au-dessus du sol, régnait un chemin de ronde assez large, 



TeJ^y^/^ €i^i/^yLt^ I ' • 




CJ^tcC^ //'CtJ7Ç^Cl^L»^ 




C//yt/cicerf7t«yT^ rtÎAd ^jét^r^tu^m, ' 



Çu<3rtùej- 



Jte ^^^i€tJ7^<l.i^ 






I \ffl.^>^^*^.^^ 










■o 



Fio. 154. — Place forte de Tébessa. 



« faisant tout le tour de l'enceinte. Il était couvert vers Texte 



1. M. Diehl a étudié les plans dressés par le Génie en 1833, avant toute 
restauration. Ces plans contiennent des détails que Ton ne peut plus vérifier 
sur place. 



3j6 les monuments ANTIQIES DE L ALGERIE 

« riour jiar un liaiil jinrapet crriirl»'". De fortes i)ierros placées 
« en cncorbellemeiil. il«' manière ;i déborder le parement inté- 
« rienr du rem})art, soutenaient les larges dalles qui formaient 
<( le chemin de ronde, et constituaient ainsi une sorte do bal- 
(( con surplombant la nnu'aille intérieure... On accédait à ce 
« chemin de l'ondc^ par des escaliers placés en (Hfférents points 
« de l'enceinte. On en voit encore nu ;i côté de la porte de 
« Caracalla. » 

Les tours s'élevaient h 10 nu 17 métrés. l'ne voûte d'arêtes 
appareillée, rpii rejjosait sur fpiatre iiilastres d'angle, couvrait 
chacune des salles inférieures. A la hauteur du [iremier étage 
et thi chemin <le ronde, la tour était 11 ncpiée de deux guérites 
j)our des sentinelles. Ou entrait «ians la salle supérieure par . 
une ou deux portes rectangulaires, (h)nnant sur les courtines. 
« Au-dessus, une lai'ge fenêtre (*arrée éelairait cette pièce; 
« sur les autres faces, des meurtrières étaient mena ées dans 
« l'épaisseur du mur. Pour couvrir la salle, il y avait en géné- 
« rai une voûte — la chose n'est jtas certaine — ou plutôt un 
« plancher, formant une plate-forme ;i laquelle on montait 
« j)ar un escalier intc'-rienr. adossé à la nniraille de la tour. 
« Cette terrasse était soutenue par quatre forts i)iliers, placés 
« aux angles de la salle. » Toutes les portes pratiquées dans 
les tours, soit au niveaii du sel. soit h la hauteur du chemin 
de ronde, se fermaient ]iai" l'intérieur. 

Les portes de la ville ('taient au nombre de trois. La princi- 
jiale avait été ménagée ilans l'arc de Caracalla, dont on avait 
bouché les baies latér.ales (à l'ouest et à l'est) et rétréci la baie 
aulérieni'e [nu nord). Siu' le front oriental, un i)assage voûté 
s'ouvre entre deux tours, très rappi'ochées l'une de l'autre'; 

1. L"entrce de ces deux tours se trouve sous le passage. 



l'I. XCVI 




^ .- 



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,-\ 1 i Mj iciiii '1 11 v; . I AJl i. , 1 .1 1 l> 



i ii(Jiul\|'ic lïcrluautJ, Parib 



Porte de la ville byzantine de Tébessa 



C.ONSTHL'CTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQLË 357 

on rappelle aujour(riiiii la porte Solomoii (iilanclie XCYIj. 
Enfin, il y a une petite })o1erne 'dite d'Ain Cliela) au \ne(\ 
d'une des tours du sud. 

Une inscription, placée ;i la })orte septentrionale', indique 
que la cité de Tlieveste l'ut entièrement rééditiée parles soins 
de Soloinoii, niaitre de la milice, jjréfct d'Afrique, j)atric(>, 
après la disparitiun des Vandales et l'extermination de toute la 
race des Maures. Les titres du général grec paraissent se 
ra})porter à l'année 530-. ^loll a calcule'' ([ue la construction 
de cos murailles a dû nécessiter l'emploi journalier de 800 ;i 
850 ouvriers, en admettant qu'elle ait été faite en deux ans. 
Il ne faut i)as oublier qu'on bâtissait alors des ouvrages sem- 
blables en beaucoup d'autres lieux. 

Autour (hi l'cuqiai-t que nous venons de d(''crirc. on remarque 
çà et l;i «les vestiges d'une auti-e enceinte, à contours très 
irréguliers, qui était d'une maçonnerie bien })lus grossière et 
qui devait s'élever beaucoup moins liant. MoU la croit de date 
])lus récente. Elle devait protéger un faubourg. 

Ksar Barai \Bagai) . — En 539, les Byzantins trouvèrent cette 
ville déserte-^ Peu de temps a^ rès sans doute, en tout cas 
sous Justinien\ une grande place forte y fnt élevée; situé:* eu 
arrière de Mascula, elle surveillait la sortie (Ui passage que 
l'oued el Aral) ouvre à travers le massif de l'Aurès. Quoique 
très mal conserA-ée, ell? est encore bien distincte (plan,y^'^. 155, 
d'après M. Diehlj''. Elle suit à peu près les bords d'un mame- 

1. Corpus. VIII, 1863 = Ifi.'IOT. Elle est aujourd'hui encastrée dans la frise de 
l'arc de triomphe, sur la face nord. 

2. Diehl, Afr. Injz., p. 'i\. n. 5. 

3. Procope, Guerre vandale. II. 1'.) (p. i[)\ de l'édition de Bonn). 

4. D'après Procope : voir Diehl, \ouv. arch.. p. 434. 

o. Ragot. Rec. de Consl.. XVI, 1873-4, p. 2i:)-220. Héron de Villefosse, Arrh. 
des Missions, 3 série, II, 187."., p. 445 seq (avec un plan de De Lauriére). Diehl, 



358 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE LALGÉRIE 



Ion, s'élovant de quelques mètres au-dessus de la plaine, et 
forme un trapèze assez peu régulier, de 308 mètres de lar- 
geur sur 330 mètres de longueur maxima. A trois de ses 
angles, elle est flanquée de tours rondes, A, F, K; le quatrième 
angle est défendu par une tour carrée, S. Vingt et une autres 
tours, également carrées, de dimensions fort diverses et de 




O ttt **• .»" ai* so 



Fio. l."i'J. — Place forte de Ksar Baraï. 



saillie inégale, sont disséminées le long du rempart. Les murs 
des courtines mesurent 2"°, 10-2'°,50 de largeur, ceux des tours 
1"°, 65-1°, 95. 11 j avait probaldement des portes entre les tours 
G et H, Q et R. La citadelle occupait la ])artie la plus haute 

Nouv. arrlu, p. 31G-32i. Le même, T Afrique bi/zmiline, p. 152, fig. 5; p. 192-3, 
(ig. 31-2. Graillot et Gsell, Mélanges de VÉcole de Home, XIV, 18'J4, p. 44-5. Je 
résume ici létude de M. Diehl. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 3o9 

(lu mamelon, au nord-ouest, comme l'iiKliquc une seconde 
enceinte, de 74 mètres de long sm- O:] de large, adossée à la 
première et pourvue de cinq petites tours. Cette citadelle enfer- 
mait un donjon do 26 mètres de côté. Les murs de la deuxième 
enceinte ont i", 10 d"(''j)nisseur. ceux du donjon l'",15. 

Dans l'espace que limite le grand rempart, on rencontre 
des restes de quelques édifices, plus ou moins vastes. Mais 
rien ne prouve qu'ils ai)parliennent à l'époque .In'zantine : 
Bagai resta en effet une grand' ville jusqu'au xif siècle. 
Ainsi, une ruine offrant plusieurs rangées de colonnes, qui se 
trouve au sud-ouest <le la citadelle, parait avoir ('-té une mos- 
quée, et non })as une église, comme on l'a cru. 

Henchir Guessh. — La ville fortifiée d'Hencliir Guessès', 
située au nord de l'Aurès, dans une position qui correspond à 
celle de Bagai, gardait, en arrière de Timgad, la trouée de 
Chémorra, passage naturel des envahisseurs venant du sud 
par les vallées de l'oued el Abiod et de l'oued el Al)di et i)ar le 
défilé de Foum Ksantina. L'enceinte dessine un polygone 
irrégulier ; la longueur maxima est de 450 mètres, la largeur 
d ' 350. Il ne semble pas qu'une ville romaine importante ait 
existé en cet endroit : aussi les constructeurs Inzantins. n > 
disposant que d'une assez petite quantité de pierres de taille, 
ont formé le rempart, large de 2", 10, avec des rangées de 
gros moellons à peine dégrossis, dont l'intervalle a été rempli 
avec de la pierraille. Ils ne se sont servis de pierres taillées 
que dans le voisinag3 immédiat dos deux portes. Ouvertes au 
nord-ouest et au sud-est de la place, ces entrées étaient pro- 
tégées, autant qu'il semble, par deux tours quadraugulaires. 

1. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome. XIV, ISiJÎ, p. ol-2. Conf. 
DiehI. Afr. byz., p. 2ii, fig. 'M. 



360 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

Des traces (raiilrcs tours carrées se voient çà et lii le 
long' (le la muraille; eu outre, il y aAail au nioius une tour 
ronde, p. ut-êtro trois. Au nord, uu réduit ou donjon, (jui 
mesure 25 mèti'es de lonf;- sur 12 de large et qui est en 
pierres de taille, fait saillie eu dehors du rempart*; on y 
remarque les traces d'un escalier, qui conduisait à uue})la1('- 
formc supérieure. Un grand enclos rectangulaii'e. d'environ 
120 mètres sur 60. étaldi dans le quartier septentrional, en 
avant du donjon. iu(li(pie sans doute remplacemcni d'une 
citadelle; mais il n'est pas sûr qu'il ait été construit sous la 
domination byzantine. Près de la porte du n(U-d-ouest. s'éle- 
vait un autre réduit, en })ierres de taille comme le premier, 
mais beaucoup ])lns petit; il était llanqué de deux, bastions. 
Divei-s bâtiments, carrés ou rectangulaires, dont on distingue 
les vestiges à l'intérieur de Tenceinte, sendjlent dater de 
l'époqu > berbère; l'un d'eux, qui était orné de colonnes, a jju 
être une mosquée : car Henchir Tluessès est encore mentio;:néo 
comme ville au xf siècle après Ji'sus-Christ. 

Tifech (Tipasa). — Cette petite place a 230 mètres de long 
sur 128 de large; elle est assise sur une colline isolée à Tex- 
trémité d'une vaste plaine, colline dont les lianes sont escar- 
pés à l'est, au nord et au nord-ouest et qui s'élève en pente 
assez rapide du sud au nord. Le rempart siùl les contours d ' 
cette éminence; en quelques endroits, il atteint encore plu- 
sieurs mètres (|)lau. //y. IT)!'): vue d'une des tours de l'ouest, 
planche XCVIly-'. 11 i)réseute neuf tours carrées", île dimen- 

1. Peut-être est-ce un fortin antérieur à \n construction de la ville forte. U 
est cependant bâti selon le système byzantin. 

2. Chabassière. liée, de Consl., X, 1860. pi. Vill et IX (en bas). Diehl, Soiiv. 
ai'ch., p. 351-6 et pi. XII. Le même, Afr. byz., p. 177, fij,'. 21 ; p. 218, Hg. 4'.). 

3. Sans compter un grand saillant à rextrémité septentrionale. 




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CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 



361 



siens variables et placées ;i des iutorvalk'S foi-t inégaux : on 
en compte quatre à l'ouest, trois ii Test, enfin doux aux exttv- 
niités (le la face méridionale. Ces dernières sont disposées de 
biais, de manière à mieux surviùUer Tentréc princij»alo, niéna- 




Fio. 15G. — Place foiic de Tifech. 



gée au milieu de cette face. (( Ou remarquera, dit INI. Diehl, 
« avec quel soin on a tiré parti. ])our la sécurité delà })lace, 
« des dispositions du terrain. Le front sud, 1 > plus accessible 



362 LES MOrSl -MEMS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

« (le tous, n'a roçu qirnii (léveloppeniciit fort peu rli-udu : il 
« niosurc seulement 50 mètres entre les deux i)uissantes tours 
<( qui le couvrent. Les portions do renccinte situées sur les 
<' parties basses <le la colline ont été én-alenient prot(''p:ées par 
« (le Torts bastions, très rapi^rocliés l'un de Tautre, surtout à 
« l'ouest, où... l'aijproche était plus facile. Au conti'airc. dans 
« les parties su])érieures du monticule, les (ours sont plus 
(( espacées et plus rares : le ravin formait ici une protection 
« am])lement suffisante. » La ])orte du sud est précédée de 
lieux tourelles pleines, dont la sailli;^ est de 2 mètres et la 
largeur de l'°,()0. La })lace avait }ii'obablement trois autres 
entrées, à l'ouest, au nord-est et à Lest. Les nmrs des cour- 
tines mesurent 2"\5U d'épaisseur movenne, ceux des tours 
l°',60-2 mètres. En général, la construction est assez 
médiocre. On constate çà et là des réfections grossières; 
elles datent soit des derniers temps de la domination byzan- 
tine, soit même d'une époque plus réc nte. 

Au sommet, doux nuu's, se coupant ;i angle droit, fornunit, 
avec l'enceinte, la cl(>ture d'un espace qui mesure un trentaine 
de mètres de long sur 16 à 18 de large. Il y avait jteut-ètre 
en ce li'Mi nu réduit défensif. 

Aï/i ri BorJj {Tiç/ms). — La ville forte d? Tigisis ', qui a été 
certainement construite sous le règne de Justinien ', offre, 

1. La muraille qui, plus au su(i, forme une ligne brisée — nous lavons 
indiquée en hachures croisées sur notre plan — est des plus grossières : c'est 
sans doute un travail fait par des indigènes. 

2. Ann. de ConsL, 18(i0-i, p. 2G2-3, pi. VI. Tissot, (iéoyrap/tie de l'Afilque 
romaine, II, p. 421. Chabassière, Rec. de ConsL, XXIl, 1882, p. 222-231, pi. XiV 
et XVI. Diehl, Nouv. arch., p. 3o6-362 et pi. XI II. Le même, Afr. byz., p. 219, 
fig. 50. Je n'ai [las visité Ain el Boi'dj. 

3. Indication de Procope : voir Diehl, youv. (ux/i., p. 434. M. Diehl [ibid., 
p. 361) se demande si certaines parties ne remontent pas à l'époque romaine. 
Mais il pense que « l'essentiel de la construction » date du vi" siècle. 



CONSTRUCTIO>S DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 



303 



comme l'observe M. Diehl, de frappantes analogies avec celle 
(le Tipasa (plan,/?^. 157, d'après M. Chabassière). Elle occupe 
un mamelon, bordé sur deux cotés (au nord-ouest et au nord- 
est) par de profonds ravins et s'inclinant du nord au sud, vers 
une plaine. Une source abondante, signalée par Procope, coule 




FiG. loi. — Place forte d'Ain el Bordj. 

à l'ouest. Cette .place a à i)eu près la forme d'un trapèze, de 
217 mètres de longueur tymxima sur 190 de largeur. Le rem- 
part, bâti avec soin, est épais de 2'",30-:^",5U' ; au nord-ouest, 

1. Les murs des tours sont d'épaisseur très vari;ible : de 1"',20 (tours 
flanquant la porte A) à 2"", 60 (tour E). 



364 LES MONUMENTS ANTIOLES DE L ALGÉRIE 

il s'élève encore à 5 ou 6 mètres ; ailleurs, il est enteiiv ou 
démoli. Ou coiupte quinze tours, établies à des distances va- 
l'iables : les unes (C-F, I, M-P, peut-être L', sont rectan- 
gulaires, une autre (Q), hexagonale au dedans (•(mniie an dehors; 
trois autres (R et les deux tours voisines d3 A) ont six on 
huit côtés à l'extérieni-, mais, à l'intérieur, elles sont rondes. 
Les deux tours octogonales défendent les ajjproches de la 
porte A, qui s'ouvre entre doux l)asti()ns rectangulaires'. La 
lettre Y désigne un donjon, de 27 mètres sur 17, dressé au 
l)oint culminant du mamelon. 

(iiiclnia Calama). — En 1836, lors do roccupation de Guelma 
}»ar les Fiviuçais, l'enceinto byzantine était assez bien conser- 
vée-'; on la remania beaucoup pour y inst lier un camp. Elle 
avait ét('' l'aile ])ar ordro (hi patrice Solomon '. Toutefois, il est 
})robal)le, comme l'a sup})osé Ravoisié, que, dans sa })artie 
méridionale, ell ' se confondait a\ ec le rcmpai't do la citadelle 
romaine de Calama'. La ])etite ville qu'elle entourait était de 
forme irrégnlière ^' ; elle mesurait 278 et 210 mètres dans ses 
plus grandes dimensions. Des arcades jiortaient le chemin de 

1. Cette tour L est complètement détruite; on ne saurait dire exactement 
quelle était sa forme. 

2. Selon M. Chabassière, il y aurait eu une porte secondaire en B. M. Dielil 
le conteste et indi(|ue à cet endroit deux tours carrées. 

3. llavoisié. Ejploralion, H, p. 27 et 33; pi. 22, 23, 3.i. Delamare, Explora- 
lion. pi. 171, fig. 3: pi. 173, en bas; pi. 17G, fig. 1. Grellois. Mihitolres de l'Aca- 
(léui'ie de Melz. XX.XIII. 18:jl-2, l''" partie, p. 270-2. Dielil, Souu. arch., p. 370-4. 
Le même, Afr. hij:.. p. 165, fig. 16: p. 173, fig. 18; p. 183, fig. 2(i. 

4. Cû)-pus, VIII, .■i3.i2 et 5353. La première de ces inscriptions dit, en vers 
barbares : 

« MIra/jllon oj/cram c'ilo cons'nicla videlu>\.. 

« A'</[Z/|»v maliirum poteril erir/rre 7iuin[its). 

« l'u/iici Solo}non[is) insli[lu]li07i{em) nemo expur/nnie viilecil. » 

Fi. Conf. t. I, p. !)0, n. 3, et tome II. p. 34'J et 351. 
6. Conf. plus haut, j). 349. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE liASSE ÉPOQUE 365 

ronde. La muraille, épaisse de 3 mètres, était flanquée de 
treize tours carrées '. Il y avait ilusienrs portes, assez étroites. 
L'une d'elles, qui s'onvrait auprès des thermes romains, 
était surmontée d'une dédicace, indiquant qu'on l'avait placée 
sous la protection de saint Clément et de saint Vincent -. 

Constantine garda une grande importance sous la domina- 
tion grecque. Do Tenceinte qui l'entourait et qui suivait natu- 
rellement les contours du plateau sur lequol la vieille cité 
était établie, il ne reste plus que quelques pans de murs, 
portant des traces d? remaniements, entre la })lace de la 
Brèche et la pointe de Si<li Rached, autour de cette itointe et 
aux abords du grand pont jeté sur le Rummel-'. La citadelle 
était sans doute à la Casba^. 

Mila. — Procope atteste que Milcvxm fut fortifiée au lem[)s 
de l'empereur Justinien ^ L'enceinte", dont le i)lan irrégulier 
ne peut guère s'expliquer que });ir le désir d'enfermer des 
éilifîces d'une époque plus ancienne, a un développement d'eu- 
viron 1.200 mètres ('//ç'. 158, d'après Delamare, avec quelques 
rectifications de détail). Réparée sur bien des points, mais 
parfaitement distincte dans toutes ses parties, elle entoure 
aujourd'hui la ville arabe, comme elle entourait jadis la ville 
Inzantine ~'. La construction est assez soignée. Les courtines 
mesurent en moyenne 2", 20 d'épaisseur, les tours i",50. Ces 



1. Corpus, 53o2 : « Una et bis senas tiirres crescefiaiil in online tolas. » 

2. Corpus, ibid. Gonf. tome I, p. 228. 

3. Delamare, pi. IIG. Dielil, Afr. byz., p. 289. 

4. Ravoisié, 1, p. 30, pi. 7. Delaaiare, pi. 120, fig. 1 et 3. 
o. Diehl, Afr. b;/z., p. 111. 

6. Ravoisié. 1. pi. 23. Delamare. pi. 108, en haut; pi. 110. flg. 1-3. Gscll, Rec. 
de Const., XXXU, 1898. p. 29.J-297. Dietil, Afr. byz., p. 603-4, flg. 73. 

7. En a, le rempart a été détruit par les Français, pour laciliter l'entrée de 
la Casba. 



;^66 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 



tours, do forme carrée, sont au nombre de quatorze. Elles ont 
des portes sur la ville ; celle de H est couronnée d'une arcade, 
encore infacte. En I), on voit une baie rectangulaire, largo do 
1™,55, avec un arc de décharge dont le vide a été rempli plus 
tard. L'entrée principale de la place (A) s'ouvre au nord [Hnh 




O M ^o 



ttHf Ayo 



FiG. loS. — Place forte de Mila. 



ri Bled). Flanquée de deux tours, qui mesurent 7'",5(J de front 
sur 5™, GO de saillie, elle est large de 3", 90 et profonde de 
2", 50; la voûte qui la surmonte est bien conservée. 



FORTERESSES 



A. Forteresses rec/angulaires, avec des toitrs aux angles e 
quelquefois une cinquième tour au milieu d'une des faces. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 



367 



Zana (Diana). — La forteresse de Zana (/?^ . 159)' a 61 mètres 
(le long' >ur 53 de Large. Les angles sont occupés par des 
tours carrées, dont les deux fronts mesurent en moyenne 9", 50 
et 8'",4<). Contre Tusage, les murs de ces tours sont plus épais 
que ceux dos courtines (2", 10-2", 30 contre 1",60-1"',70). La 
ruine est en très mauvais élat, et il n'est pas possible de re- 
connaître remplacement des portes. On constate une grande 



négligence dans 
la construciion. 
Aussi M. Dield 
est-il disposé à 
attribuer cette 
forteresse à une 
époque posté- 
rieure à Justi- 
nien et à y voir 
un ouvrage exé- 
cuté par les soins 
des babitants, 
sans intervention 
de l'autorité im- 
périale : à vrai 

dire, nous ne pouvons rien affirmera cet égard. Avec un fortin 
dont nous jiarlerons plus loin, elle protégeait une ville assez 
importante, qui ne fut détruite qu'au x^ siècle. 

Zra'/a [Zaraï). — Forteresse-, de 61 mètres sur 49'",50;les 
tours carrées é-tablies aux angles mesurent 9 mètres de front. 

1. Diehl, NoiUK arch., p. 2!J!)-301. Le même, Afr. b>jz., p. 2:33, fig. 54. Graillot 
et Gsell, Mélanrjes de V École de Home. XIV, 1894, p. 544-G. 

2. Ragot, Rec. de Const., XVI, 1873-4. p. 245. Gsell, Recherches archéolo- 
giques en Algérie, p. 142, 153. Diehl, Afr. byz., p. 232, fig. 33. 



FiG. 15'J. 



Forteresse de Zana. 



368 LES MOMMKNTS AMIQIES DE L ALGÉRIE 

Les iiiui-s ont 2"M0 (Urpaissoiir aux courtines. L'entrée se 
trouve an milieu de la face méridionale : c'est une vonte, lai'g-c 
de 3", 70, faite en grande partie avec des jjicrres tumulaires ', 

Kmr Sbélii [Gadiaiifala). — Cette forteresse {fig. lOU i -, dont 
les ruines s'élèvent en quelques endi-oits à une hauteur de plu- 
sieurs mètres, fut construite pendant le deuxième gouverne- 
ment de Solomon, vers 540"'. Elle liarre un col étroit, dans 
le(piel nait une source ''. 

Elle mesure 47 mètres de long sur 41 de large. Des tours 
rectangulaires la flanquent aux angles ; en outre, une cinquième 
t<»ur, plus vaste, constitue un rc'dnit sur le milieu de la face 
orientale. Les murs ont 2'", 60 d"épaisseur aux courtines et 
seulement 2 mètres aux tours, sauf h la grande, d()nt les parois 
mesurent aussi 2'", Ot). Parmi les matériaux dont on s'est servi, 
il faut signaler de nombreuses pierres à bossage, qui pro- 
viennent d'une forteresse romaine voisine"'. La construction 
est mauvaise. Souvent même, les murs ne sont guère que des 
entassements de })ierres de taille, superposées sans aucun ordre. 



1. Un castelliim de nièiiie 1yi)e que ceux de Zana et de Zraïa se trouve h 
Mons, au nord-est de Sélif, au débonctié d'un délilé que suivait la route de 
Sétif à Constanline par Mila. Aujourd'liui peu distinct, il était mieux conservé 
au temps de Ravoisié (1, p. 67, pi. 57) et de Delamare (pi. 92, fig. I, 3, i). II 
mesure 38 mètres sur 37'",o0 : les nuirs ont l"',uû-l'",90 aux courtines, 
\'",')0 environ aux tours. La jiorte s'ouvrait à Touest. Encadrée de moulures 
soignées, elle semble avoir appartenu à une construction plus ancienne. Du 
côté op[)Osé s'élevait une sorte de réduit, dont les murs atteignent encore une 
hauteur de plusieurs mètres. Peut-être esl-ce aussi un bâtiment d'époque anté- 
rieure, utilisé par les Byzantins dans un but défensif. Autour de ce fort, on 
rencontre quelques traces d'une enceinte qui en est éloignée de 50 à 60 mètres ; 
elle a pu i)rotéger des tial)italions. Voir (îsell, apud Diehl, Afr. bf/z., p. 60i-.j. 

2. Gsell. Rec. de Consl., XXXII, IN'JS. p. •267-l>71. Conf. Diehl, J/V. h>jz., 
p. 607-9, fig. 7:;. , 

3. Corpus, VI il, 4799. 

■i. Pour la position, voir tome I, p. 8'.)-90. 
o. GonI'. ibid. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 



369 



Ou pont admettre quelques rest urations barbares, mais il est 
bien certain que, dès roriginc, le travail a été exécuté avec 
beaucoup de négligence et de précipitation. Les tours sont 
cependant un peu plus soignées que le reste. 

Tout autour de la forteresse, ;i une distance de 20 à 30 mètres, 
une enceinte suivait les irrégularités du terrain. Actuellement 
elle ne dépasse guère le niveau du sol. Le mur, qui mesure 
1°',50 de largeur, est formé, sur le front, d'une rangée de 
pierres de taille mala- 
droitement ajustées et. 
par derrière, de 
moellons a'.'cumulés; ça 
et là, on trouve pour- 
tant, du côté de l'inté- 
rieur, une seconde 
rangée de pierres 
taillées. Les traces 
d'une tour carrée, de 
5 mètres de front, se 
distinguent au nord- 
ouest. Ce rempart 
grossier, qui protégeait 

un quartier placé au pied de la forteresse, est-il, comme elle, 
de l'époque de Justinien, ou bien plus récent? C'est ce qu'on 
ne saurait dire, mais nous inclinerions plutôt vers la seconde 
hypothèse. 

GaslaL au nord deTébessa. — Le fort (//^. IGl)', placé au 
point oîi une route venant d'Ammaedara débouchait des mon- 

!. Gsell. Rec. de Consl., XXXII, tS'JS. p. 290^1. Conf. Dielil, Afr. hyz., 
p. G02-3, fig. 12. 

II. 24 




Fui. 160. — i'"orteresse de Ivsar Sbélii. 



370 



LES WOiNLMENTS AiSTlQLES DE L ALGÉRIE 



tagnes ', a vue sur une immense plaine au nord. Ses dimensions 
sont de 54 mètres et de 47™, 50. A chacun des angles se dres- 
sait une tour ronde ; au milieu de la face nord-est, il y avait 
une tour carrée, servant de réduit défensif ou couvrant l'entrée, 
qui d'ailleurs n'est plus visible. Les murs, assez médiocrement 
construits, mesurent 2"\25 aux courtines et un peu moins aux 

tours. A Tintérieur, 
on rencontre des ves- 
tiges de bâtiments, 
qui semblent être 
en général d'une 
époque plus basse ~. 

D. Forteresses 
rectangulaires, avec 
(les tours aux angles 
et sur les quatre 
FiG. 161. — Forteresse de Gastal. fronts. 

(Éclii-Ile de 1/1000.) 

Timgad [Thamu- 
gacli). — La forteresse de Timgad •\ qui, d'après le témoi- 
gnage de Procope, date du règne de Justinien '% mesure 




1. Voir plus haut. p. 9. Une autre route venait de ïheveste. 

•2. .V Tolga, au sud-ouest de Biskrn, on voit les restes dun château fini que 
Renier et lîlancliet ont jugé être d'époque byzantine. Il avait, soinble-t-il. 
quatie tours aux angles. Texier indique deux autres tours et il ajoute que ce 
castellum était séparé en deux par une muraille. D'après le plan de Blanchet. 
les deux parties paraissent dater de deux époques ditrérentes. Voir Texier, 
Hevue arcliéolor/ique, V, 1848, p. 131; Guyon, Vojjarje d'Alger aux Ziban. p. 191 
et planche 20 ; Renier, Arcltives des Missions, H, ISol, p. 4oÛ ; Gagnât, l'Armée 
romaine d'Afrique, p. 394 ; Blanchet, Bull. Comité, 1898, p. 331-2. 

3. Diehl, Nouv. arch., p. 310-G, pi. II-IV. Le même. Afr. A//;., p. 200-3, 
fjg. 37-40. Le même, Jusiinien, p. 233, (îg. SS. 

4. Voir Diehl, Nouv. arcli., p. 434. 



> 
u 




CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 



371 



lli'",2ôcle long sur 73 de large {fifj. 102, d'après le plan levé 
}»ar le Service des monuments historiques' ; planche XCVIII: 
vue prise de l'ouest). D'une helle construction et assez hien 




C J fO 'J 30 



P'iG. 1G2. — Forteresse de Tim^ad. 



conservée, elle peut compter parmi les iniines les plus impo- 
santes de l'époque byzantine: à l'ouest, les murs atteignent 

1. Avec quelques légères modifications. 



372 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

environ 7 mètres do liautour. Los matériaux ont été, comme de 
coutume, empruntés à des édifices romains ; on a observé qu'un 
certain nombre de fragments d'architecture, jetés dans les 
murailles, décoraient auparavant le Capitole et le thâtre'. 

Cette forteresse avait été élevée, non pour couvrir une ville 
— car Thamugadi était déjà détruite"' — , mais pour garder le 
débouché d'un des principaux passages à travers l'Aurès-'^. Située 
à environ 200 mètres de la colonie de Trajan, elle resta isolée : 
on ne distingue pas de traces de bâtiments dans le voisinage 
immédiat. Cependant, il est possible qu'une population peu 
nombreuse ait jjrofîté de l'existence d'une citadelle aussi impor- 
tante pour s'installer dans les ruines de la ville romaine, et il 
est certain que, vers le milieu du vir siècle, une chapelle fut 
construite à 250 mètres au sud-ouest du fort''. 

Les courtines ont 2'", 40-2"", 70 d'épaisseur, les tours r",70- 
2 mètres. Ces tours, de forme quadrangulaire, sont placées 
aux angles et au milieu de chaque front. Elles offrent au rez-de- 
chaussée des portes fort étroites ^. Aux tours centrales de l'est 
et de l'ouest, on peut constater que la salle du bas était sur- 
montée d'une coupole en briques et éclairée par une meurtrière. 
Sur le front sud s'ouvre une poterne large d'un mètre, qui se 
prolonge à l'intérieur par une sorte do couloir, resserré entre 
deux massifs. L'entréeprincipaleestdans la grande tour quioccupe 
le milieu de la face septentrionale. C'est un passage, qui était sans 
doute voûté et qui se rétrécit à ses deux exti'émités, où il mesure 



1. Bœswilhvald, Calmât et Ballu, Timgncl, p. 113. Gonf. tome I, p. 107. 

2. Voir tome I, p. 113. 

3. Voir ibid., et tome II, p. 359. 

4. Voir [)Uis haut, p. 314. 

5. Cependant la tour placée au milieu du front sud ne semble pas avoir eu 
de porte en bas. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 'M'.i 

3", 40 et 3", 55 de largeur : il y avait là deux portes. « A droite 
<( et à gauche de cette entrée, dit M. Dielil, dans l'épaisseur 
« de la muraille de la tour, large ici de 2"", 10, deux couloirs 
'< intérieurs étaient ménagés, recouverts de gros blocs, et qui 
« mesuraient 0'",80 do largeur et {"^,'0 environ de hauteur. 
« Prenant naissance àrintérieur de la forteresse, ils s'engageaient 
« parallèlement au passage, puis, tournant à angle droit, dé- 
« bouchaient derrière la première porte. Quelle était l'utilité 
« de ces passages dérobés? Peut-être permettaient-ils, si la 
« première porte était forcée, d'assaillir sur leurs flancs les 
« assaillants retenus sdus la voùto cpd séparait les deux 
« portes..., de leur couper la retraite en se portant sur leurs 
« derrières par ces couloirs. » 

Au nord do cotte entrée, on remarque les restes d"uu avant- 
corps, de G™, 25 sur 5'", 55, (jui est une addition de basse 
époque (indiquée sur le plan en diagonales croisées). 

Ksa)' Bi'Ui'zina. — La forteresse que les Arabes appelleut 
ainsi ^ est très ruinée. Elle a 125 mètres de long et 112 de 
large. Aux (piatre tours d'angle, les deux fronts mesurent 
10", 70 et 9"\30; les tours qui font saillie au mili.Hi de chaque 
face sont de dimensions variables. L'é^jaisseiir des courtines 
est de 2"',50, cell ' des tours de 2"', 50-2'". 70. Une poterne, 
large seulement de l"\25, s'ouvre sur un des côtés de la tour 
centrale de l'ouest. 

Les habitants de la i)laine environnante vinrent chercher 
protection au pied de ces murailles, et Ksar Ijellezma fut une 
ville assez imiiortante à l'époque berbère. 

1. El Békri, Desci'iplhm de V Afrique septentrionale. traJiiction De Slane, 
p. 122-3. Ragot, Rec. de Const., XVI, 1873-4, p. 239. Gsell, Recherches arcliéo- 
lof/iques en Algévie, p. lO.'i. Dielil, yiouv. arch., p. 303-5. Le même, Afr. byz., 
p. 168, fig. 11; p. 251, flg. 52. 



374 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 



Tohna {Thuhiouw). — Dans ces dorniëres années , la forteresse 
lie Tubna ' a été exploitée coninie carrière par des entrepre- 
neurs: elle a beaucoup souffert de ce vandalisme. Mais, d'autre 
part, M. Grange y a fait, en 1900-1901. des fouilles qui ont 
permis de reconnaître les dispositions de l'entrée et des tours 
(voir, fiq. 1G3, le }>lan (pic nous avons dressé sur les indica- 
tions de cetarcliéolofiuei. Les dimensions sont de 86"'. 20 et de 




a i to fS ZO 



FiG. 163. — Forteresse de Tobna. 



r)<S mètres. Les murs ont partout 2°', 10 d'épaisseur; les tours 
d s angles mesurent 7'", 20 de front, de même que celles qui 
occu]:)ent le milieu des faces ouest, est et sud. D'étroits cou- 

1. El Békri, l. c. p. 123-i. Ville. VoyfKje d'ej-plordlion dans les bassiiift du 
Ilodna el du Sahara, p. Hl. Diehl, A'omi'. ardi., p. 308-9. Le même, Afr. byz., 
p. 216, fig. 48. Blanchet, Uec. de Consl., XX.Mll. 1809, p. 288-293. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 375 

loirs couiluisaiont aux salles du rez-de-chaussée, auxquelles 
(les meurtrières donuaieiit uu peu de jour. Dans la tour cen- 
trale du nord s'ouvre l'entrée, passage présentant à ses deux 
extrémités des portes cintrées, dont l'une est restée debout. 
Auprès, h l'intérieur de la forteresse, un gros massif de 
maçonnerie a peut-être ap})artenu à un escalier. 

Le castellurn dont nous parlons fait saillie sur la face méri- 
dionale d'une enceinte rectangulaire, qui entourait une ville 
très vaste et qui, presque partout, n'est i)lus représentée que 
par des dos de terrain'. Ce rempart date-t-il de l'époque 
byzantine? Nous l'ignorons. 

Ras el Oucff { Thaina/la. im^iv\-oue^i deSétif). — Ce château 
fort -, très mal conservé, mesure 110 mètres environ de côté. En 
avant des courtines, qui ont 2^,50 d'épaisseur, s'élevaient 
huit tours, quatre aux angles et quatre au milieu des faces. 
La porte était peut-être dans la tour centrale du sud. A l'inté- 
rieur, trois fûts des colonnes, qui émergent du sol. seml)lent 
indiquer l'emplacement d'un grand édifice, peut-être d'une 
église. 

Séti/{Sifi/îs). — Laforteresse de Sétif '^ rectangulaire comme 
les précéilentes, compte un plus grand nombre de tours. Cons- 
ti'uite vers 640, par ordre de Solomon ''. elle protégeait une 
ville, qui, sous la domination byzantine comme sous le Bas 
Empire, fut la capitale d'une province. Il en reste des parties 

1. D'après Tindication que M. Grange m'a donnée, elle mesure "60 mètres 
de long sur 640 mètres de large. 

2. Delamare, Explovalion, pi. 67. fig. 1 et 2. Pelletier, Revue africaine. Y, 
1861, p. 4.i3. Gsell, Recherches archéologiques en AU/érie, p. 270-1. Diehl, 
Afr. bijz.. p. 25o, fig. 3o. 

3. Ravoisié, I. p. 68. pi. .j8. Delamare, pi. 68-9. Diehl, Nouv. arch., p. 293-6. 
Le même, Afr. byz., p. 256. fig. 56 : p. 237, fig. 57. 

4. Corpus, VIII, 8483. Conf. Diehl, .Vomî;. arch., p. 293 et 434. 



370 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

importantes, remaniées, il est vrai, pour être nlilisres dans 
l'enceinte du quartier militaire français. Il y a soixante ans, 
lors de Tarrivée de nos troupes à Sétif, l'ensendjle était 
encore en assez bon état. 

Cette forteresse, loni;ue de 158 mètres, large de 107, 
offrait onze tours carrées, quatre aux angles, trois sur un des 
côtés longs, deux sur le coté opposé, une enfin sur chacune 
des petit:'S faces. Ces tours mesurent de 10 ;i 13 mètres do 
front. Dans chacune d'elles', la salle inférieure était séparée 
de l'étage par un plancher, reposant sur des corbeaux en 
pierre. L'épaisseur (h>s courtines est de ■i'",4(); le chemin de 
ronde qui les surmontait était doublé d'un balcon, porté par 
des poutres: sur un })oint, à une hauteur d'environ 7 mètres, 
on voit les trous carrés dans lesquels ces madriers venaient 
s'enfoncer. A côté de la tour occupant le milieu île la face occi- 
dentale, il y a une i)oterne étroite, dont le linteau est sur- 
monté d'un arc <le décharge'-. 

C. Forteresses de forme irrryidlrre. 

TaoïiraiTlunjurn). — LaforteressedeThagura'''dntederépoqne 
de Justiinen, ainsi qu'une inscription le])rouve'*. A l'est, elle 
dép sse encore de G mètres le sol actuel (planche XCIX) ; 
ailleurs, au contraire, elle est à peine distincte. De forme tra- 
pézoïdale, longue de lUO mètres en moyenne, large de 70-', 
elle est assise sur nue colline isolée, dont les pentes, assez 

1. Cela est certain du moins pour deux des tours de la face occidentale. 

2. Les deux baies percées dans la l'ace sud sont modernes. 

3. Gsell, Kec. de Const.. XXXII, 189S. p. 285-7. Conf. Dielil. Afr. buz., 
p. 6O0-6, fig. 74. 

4. Corpus, Vm, 16831. 

5. Ces dimensions phi lût restreintes nous font classer Thagura parmi les 
forteresses et non parmi les villes fortes. 




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COiNSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE SI? 

douces au levant, sont fort raides à l'ouest et au sud, tandis 
que le côté nord tombe presque à pic. 

Les ingénieurs militaires ont naturellement tenu compte do 
cette disposition du terrain. Le front oriental, qui était le plus 
exposé, présentait deux, oupeut-étr^ trois grandes tours. Sur 
les autres faces, on ne trouve qu'un simjjle romi)art, qui devait 
même s'interrompre au nord, où il n'était pas nécessaire. Les 
murs, do construction soignée, ont 2"', 20 d'épaisseur aux 
courtines. 

A l'intérieur, le sol s'élève dans la direction du nord, et, au 
])oint culminant, on voit les traces d'un liàtimont rectangulaire, 
qui a pu être un donjon. 

Guelaa Sidi Yahia *. — Aucune inscription ne permetde dater 
cette forteresse avec certitude, mais elle parait bien être 
byzantine : le mode de construction rappelle les ouvrages 
défensifs de l'époque de Justini >n ; des taml)ours de colonnes 
cannelées, emploj'és dans l;i face orientale, ont été pris dans 
une ruine romaine. 

Située dans une position stratégique très importante, entre 
Calania, Thibilis et Tipasa, près de la ligne ilo ])artage des 
eaux de la Medjerda et des affluents de l'oued Clierf, elle 
occupe le sommet renflé d'un manieli>H, dont les flancs sont à 
pic au nord et au sud et en })ente raide à l'ouest. La configura- 
tion de cette colline a détermine'' la form^ assez irrégulière de 
l'enceinte, qui mesure 145 mètres de longueur et dont la 
largeur est variable. A l'est, côté où l'accès était plus facile que 
partout ailleurs, on a établi nu front de 100 mètres, renforcé par 

1. Yigneral, Ruinex romaines du cercle de Guelma, p. 3") et pi. VI. Bernelle, 
Rec. de Const., XXVII, 1892, p. 63. Robert, ihid.. XXX, 189o-6, p. 119-122, avec 
deux planches. Gsell, ihid., XXXH. 1898. p. 262-:i. Conf. Diehl, Afr. byz.^ 
p. 606-7. 



378 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 



(juatre {[grandes tours rectangulaires. La face occidentale, beau- 
coup moins étendue (50 mètres environ), n'était couverte que par 
deux tours. La face nord offre une série d:^ cinq fronts parallèles, 
en retraite les uns sur les autros dans la direction de l'ouest, 
vi reliés deux à (leux})ar d s rentrants qui leur sont peqjendi- 
culaires ; çà et là, des soutènements i)récèd('nt cette face. Au 
sud, le rempart est très détruit; cependant, des vestiges de 
trois tours carrées sont encore reconnaissables. Les murs, 
assez convenablement bâtis, ont l'",70-l™8Û d'épaisseur aux 
courtines et 1°", 05-1™, 15 aux tours. L'entrée paraît avoir été 
au sud-est. On rencontre à l'intérieur des restes de nombreuses 
constructions, qui peuvent n'être })as très anciennes. Mais nous 
attribuons à l'époque l)yzantine une sorte de donjon rectan- 
tangidaire, qui se distingue très nettement au point le plus 
élevé du mamelon. Ce bâtiment, dont les parois sont formées 
de deux rangs de pierres de tailla, mesure 22 mètres de long 
sur 19 de large. Il surmonte neuf citernes alignées, couvertes 
do grandes dalles, avec des orifices circulaires. 

Mf/aof/rou! h [Madauri). — Une inscription, gravée au- 
dessus d.^ la porte principale ', atteste que le ca^tellum de 
Madaure fut élevé par les soins de Solomon, vers 535'-. Nous 
en donnons un plan [fig. 164), une vu? intérieure [fi(j . 165) et 
deux vues extérieures (planches C et C I : lune a été prise de 
l'est, l'autre du nord). Los murs de la façade orientale '• et 
d'une bonne partie de la façade septentrionale sont bien con- 

1. Corpus, VIII, 46*7 r= 16869. Conf. Diehl, Afr. b//z.. p. 73 et 74, n. 5. 

2. Chabassière, Rec. de Consl., X, 186G.pl. V et Vil. \)\e\\\, Nouv. urc/i., 
p. 344-3uO : pi. VII-XI. Le même, Afr. /j//z., p. l.'il, fig. 4; p. 161-2, fig. 14-15; 
p. 204, fig. 41 : pi. VII. Le même, Jiislinien, p. 229, fig. 86. Gsell, Rec. de 
ConsL, XXXII, 1898, p. 281-4. 

.3. Nous nous exprimons ainsi pour abréger. En réalité, cette face regarde 
le sud-est. 




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CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 



370 



serves et g-ardeiit un aspect imposant; du reste, cette forte- 
resse est une des plus soignées parmi les constructions l)yzan- 




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FiG. 164. — Forteresse de Mdaourouch. 



tines de l'Afrique du Nord, les pierres di> taille sont jointes 



380 LES MOMjMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

<riine manière très exacte et les assises disposées avec beau- 
coup de régularité. 

Nous no saurions dire avec certituile quel l'ut à l'orig-ine le 
])lan du cliàlcau fort. Le front forme une ligne droite de 
36 mètres de long, Uanquée à ses extrémités de deux grandes 
tours carrées et })résentant au milieu un avant-corps, dans 
lequel est ménagé un ])assage. Par dcn-ière, deux murs, ])er- 
})en(liculaires h ce front, se dc'laclient des tours ; au bout de 
17 mètres, ils se coudent à angle droit. Au sud, toute trace 
<lu rempart iirimitif disparait à partir de là. Au noi'd, la 
muraille rejircnd bientôt sa direction ])remière; elle se perd 
ensuite sous les décombres. Mais 34 mètres plus loin, on 
remarque des vestiges d'un long mur, bâti avec soin : il est 
])arallèle à la façade orientale et il formait peut-être le front 
opposé de la forteresse. Il se termine au sud par une grande 
tour rectangulaire dont il ne reste plus que la base ; un dos de 
terrain indiquo rexisteiice d'une autre tour semblable au nord. 
Ces deux tours étaient placées de biais, sans doute })Our faci- 
liter la surveillance de la courtine. Le castc/hini de Mdaou- 
roucli n'était donc pas exactement rectangulaire, comme ceux 
<le Timgad, de IJolbv.ma, de Tobna, de Sétif : il v avait, 
semble-t-il, de grands rentrants sur les faces longues, disj)Osi- 
tion tout ;i fait insolite et (pie muis ne pouvons pas nous 
<>xpliquer. 

Plus tai'd, et peut-être après la cluite de la domination 
byzantine, la citadelle fut beaucoui) l'édnite. On éleva, du côté 
lie l'ouest, un nnu' semi-circulaire, construit à la bâte et d'inie 
manière très l)arbare, sans doute avec des matériaux pris dans 
le fort même, (pii avait dû auparavant suliir de graves d(''gàts. 
€et liémicvcle est en effet une l'est aui-ation de très basse 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 



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382 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

époque et non pas, coraino on l'a cru, une ruine ilc (pichpie 
édifice romain, lliéàlre ou autre monument. 

Les courtines de la forteresse mesur, nt en moyenne 
2 mètres d"éi!aissein-. Des contreforts intérieurs, épais de 
U"\70, larges pour la plupart de r",35, étaient reliés par des 
arcades, dont Tuiu^ sulisislait encore en 1895. Ces arcades, 
faites en i)etites pierres, supportaieni les dalles d un chemin 
de ronde. La tour du nord-est est iMi l»on état, l'n conhtir 
oblique, très étroit, mène à la salle du rez-de-cliaussé<>, qui 
était séparée de létage })ai' uu phuudier. reposant sur des cor- 
niches et sur nu corbeau. 

Lavant-corps de la face orientale, hw^r de !^ mètres, pro- 
fond de 7"M0. renferme une petite cour (piadrangnlaire. res- 
serrée entre deux bastions ])leins ' et s'ouvrant, sur le dehors 
comme sur Tintérieur, ])ar de grandes baies, donl lo linteau 
est surmonté d'un arc île décharg-(\ Lue poterne, large seule- 
ment de 0",85, est ménagée dans le rentrant du front nord : 
une arcade y surmonte aussi le linteau. 

Autour de la forteresse, t(dle (péelle l'ut constituée après la 
réparation hâtive dont nous avons parlé plus haut, on distingue 
une enceinte irrégnlière, qui en est (doignéede "iô ;i 50 mètres"' 
<'t qui rai)pelle C(dle de Gadiaufala '. Très grossière, elle con- 
siste en un mur large de 0°',90, présentant soit deux rangées 
<le pierres de taille, soit une seule rangée, doublée en arrière 
])ar des moellons. A l'ouest, on a sinq)lement incorporé dans 
cette enceinte la longue coui'tine (pii nous a jiaru rcq résenter 

1. Les vides indiqués par ^L Dielil ù rinléiieur de ces deux basUons m'ont 
paru accidentels; ils ne forment pas deux couloirs ménagés dans l'épaisseur 
de la muraille. 

2. La place nous a manqué pour indiquer celle enceinte sur notre plan. 

3. Conf. p. 3G9. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 383 

la façade occidental(3 du caxtellam primitif. Il est possible que 
le rempart en question ait été construit en même temps que 
riiémicycle, vers la fin de l'époque byzantine on ;i une date 
ultérieure. Il semble avoir jirotégé des habitations. 

Aux forts que nous venons d'énumérer, nous joindrons, non 
sans hésitation, ceux de Fedj Souioud et deGaga, qui sont d'un 
type assez différent et dont Tàge est malaisé à déterminer. 

Fedj Souioud [Vafari?) se trouve entre Guelma et Tébessa, 
en un lieu (Toù l'on a dos vues très étendiies, et où, à l'époque 
romaine, plusieurs grandes voies se croisaient. Il }' a l;i une 
forteresse de basse époque ', qui ne présente pas les caractères 
ordinaires des ouvrages élevés ])ar le gouvernement do 
Byzance : murs à double parement en })ierres de taille, épais 
d'au moins 2 mètres, tours rondes ou carrées saillantes. 
Cependant, la position est si importante au jjoint de vue stra- 
tégique qu'elle ne pouvait guère être négligée |)ar h^s autorités 
militaires chargées d'assurer la défense (hi j)ays. Nous 
sommes donc porté h croire que le fort de Fedj Souioud est 
un ouvrage officiel. lia la forme d'un rectangle, écorné au sud, 
de 95 mètres de long sur 42 de large. La construction est mau- 
vaise et l'ensemble est mal conservé. Le rempart mesure 
r",30-i",50 ; il est constitué par une rangée de pierres de 
taille, derrière laquelle sont disposés des moellons ; contraire- 
ment à l'usage le plus fréquent, il n'existe pas de second pare- 
ment du côté de l'intérieur. On a employé b?auconj> de maté- 
riaux pris à des monuments plus anciens : morceaux do 
colonnes, de portes, de pressoirs, etc. En arrière de ce mur et 
à une distance de 3"', 00, s'en élevait un auti'e, qui lui était 

1. Gsell,fiec. deConst.,XXX\\, 1898, p.272-i. Gonf. Diehl, .'^/'/-.ôy:., p. ClÛ-1. 



384 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

])arallèlo. Larye de U", 60-0'", 05, il était on moolloiis. avoc do-; 
cliainos on [)ioiTos de taille. Il est très probable (jifil soutenait 
une terrasse, appliquée contre le rempart'. La i)orto de la 
forteresse — ou du moins une des portes — était au sud- 
est; très étroite, elle pouvait être fermée par un gra.nd disque 
en pierre, de i'".30 de diamètre, encore en place dans la cou- 
lisse latérale où on le repoussait ({uand on voulait ouvrir lu 
l)aie. L'intérieur est encombré de ruines de bâtiments divers, 
pour la })]upart de date relativemc^nt récente. 

La ruine ajjpelée Gaga- est située ;i 23 kilomètres et demi à 
l'ouest de Tébessa, dans une petite plaine et auprès d'un col 
que traversait la route de Tlieveste à Tliaimiiiadi. C'était un 
})assage fréquenté, (pi'il convenait de garder, La forteresse, 
aujourd'hui en fort mauvais état, mesure 43 mètres de côté. 
Elle est d'une construction détestable : les assises ne i)ré- 
sentent aucune régularité et, à certains endroits, les pierres 
paraissent avoir été simplement entassées. Nous y avons remar- 
qué de nombreux matériaux de démolition : tïits et bases th 
coloinies, pilastres, fragment d'une frise finement sculptée, 
bloc orné d'une croix monogrammati(pie qui n'a certainement 
l)as été gravée avant le v" siècle. Le mur, large do l'",20- 
l'",30, est exactement semblable ii celui de P^edj Souioud. Par 
derrière, à une distance de 2"", 60, un autre mur en moellons, 
avec chaînes, é})ais do 0"\5t), devait servir de soutènement h 
un chemin de ronde eu terre, longeant les (piatre faces. A 
chacun des angles, ce second mur s'interrompait; on avait 
l)lacé lii une tour, qui ne faisait pas sailUe au dehors. 



1. Au tome I, p. 94, nous avons fait observer qu'il y avait sans doute des 
terrasses analogues le long des remparts de Rapidum. 

2. Gsell, Hec. de Consl.. XXXII, 1898. p. 293-4. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 385 

FORTINS. OUVRAGES DE DEFENSE LOCALE 

A. Fortins. 

Il est à peu près impossible d'établir une distinction rigou- 
reuse entre les fortins que le g-ouvernement impérial fit cons- 
truire pour compléter le système général de défense de ses 
possessions africaines, et ceux qui furent dos ouvrages d'un 
caractère local, exécutés par les soins des habitants. Parmi 
les premiers, les uns ont dû être souvent élevés dans des villes, 
des bourgs, des villages; plus d'un autre, d'abord isolé, a 
formé tôt ou tard le noyau d'un centre de population, pour 
lequel il était une garantie de sécurité. Entourés de maisons, 
comme les seconds, ils ne présentent aucune particularité qui 
permette de reconnaître leur origine officielle. 

Ces fortins sont extrêmement nombreux. Au nord de l'Aurès, 
autour de Tébessa, <lans les régions de Guelma et de Constan- 
tine, on en rencontre dans presque tous les villages. Dans les 
villes, il y on a quelquefois plusieurs : par exemple à Kha- 
missa', à (luelaat bou Atfane-, à El ^lalider •'•. A Zana'', à 
Zraïa', lieux où s'élevait une forteresse importante, on trouve 
aussi un fortin. 

Ces constructions, carrées ou rectangulaires, sont de di- 
mensions très variables. Ici, les faces mesurent 10 mètres à 
peine ; là, elles atteignent ou dépassent 25 mètres. Les murs 
ont d'habitude une épaisseur moindre que dans les forteresses 

1. Voir plus loin, p. 389. 

2. Gsell, Bec. de Consl., XXXII, 1898. p. -iyj-T. 

'\. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 76. 

4. Graillot et Gsell, ihid.. p. 532. 

o. Gsell, Recherches archéoloçpques en Al'je'rie,p. 142. 

II. 2d 



386 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

et les places fortes, en moyeniu^ l"\iO. Souvent même, les 
deux 1 aremenis en pierres de taille ne sont i)oint séparés j)ar 
des moellons : ils se touchent dos ;i dos, constituanl un mur 
lari;'e de 0", 8*^-1 uiètre. Le travail est ])res(jue toujours 
liàtif et très uép'li^'é. Eu rèfido générale, les fronts ne sont 
pas ilanqués de tours. Parfois cependant, un petit bastion 
carré fait saillie sur une des faces ; il couvre l'entrée, ou bien 
il forme un réduit, peut-être aussi un poste d'ol»servatiou '. Ou 
ne rencontre que très rarement plusi:.'urs tours, disposées soit 
aux angles, soit au milieu des côtés ■^. Il n'y avait d'ordinaire 
qu'une seule porte, avec luie fermeture de type usuel ou un 
disque en pierre, manœuvrant dans une coulisse^. Une citerne 
est quelquefois aménagée dans le sous-sol'*. 



1. Voir Delamare, pi. 88, fig. 1-3 et pi. 89, à gauche (fortin de Giiidjel, près 
de Sétif); Gsell, Rec. de Const., XXXII, J898, p. 236 et 289 (Guelaat bou 
Atfane, dans la région de Guelma; Ksar (iouraï, près de Tèbessa). 

2. A Tigzirt, à l'endroit où l'on a cru reconnaître le forum {G a\a.u\t. Élude 
sur les ruines romaines de Tigzirt, p. 91-4), s'élevait un fortin, avec deux tours 
carrées, occupant le milieu des fronts nord et sud. Cet ouvrage, construit 
avec des matériaux de démolition, est peut-être byzantin, quoique le mur ne 
soit pas à double parement. — On voit à El Mahder, près de Batna, un petit 
fort carré, de 41 mètres de côté, à murs doubles. Au milieu des faces nord, 
est et ouest, s'avance une tour, de .■]'", 00 de front et de saillie. Sur la face sud, 
il y a une porte, faisant aussi saillie; une arcade encore bien conservée la 
surmonte. Graillot et Gsell, Mélanges de VÊcolede Rome, XIV, 1894, p. 76; Blan- 
chet, Rull. Comité, 1898, p. 333-4. — A Hammam Meskoutine, Ravoisié 
(11, pi. 20) et Delamare (pi. 169, fig. 1 et 4) ont étudié un fortin, aujourd'hui 
démoli, dont la forme particulière a été déterminée par la configuration de la 
crête étroite sur laquelle on l'avait placé. 11 se conijiosait de deux tours car- 
rées, reliées par deux murailles parallèles, très rapprocliées l'une de 
l'autre. 

3. Voir plus loin, au fortin d'El Mahder. Delamare, Erploration, 
pi. 55, fig. 1 ; pi. 88, fig. 1, 2, 9. De Bosredon, Rec. de Co«s7., XJX, 1878, p. U 
et pi. II. — Pour ce mode de fermeture, voir Jacquot, Rec. de Const., 
XXXIV, 1900, p. 142-4; Gsell, Fouilles de Ré/dan, p. 45; conf. plus haut,. 
p. 384 et plus loin, chap. m, aux Djedar. 

4. Par exemple à Ascours, entre Boue et Guelma : Delamare, pi. 188, 
fig. 10-11. 



m^'^^f^ 



u 







CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 387 

Nous nous contenterons de mentionner ici cinq de ces for- 
tins, qui pourront servir d'exem[)los K 

Le lùar cl Iu'/nr~ (le grand fort), à Kliamissa, est situé 
sur la croupe qui domino le théâtre et d'où l'on découvre au 
nord la vallée de la M;'djerda, ;i rou3st et à Test les collines 
entourant la ville de Thubursicum. Ce fortin, resté debout 
sur une hauteur de plusieurs mètres (voir planche Cil), mesure 
15 mètres de cùlé. Il a dos murs doubles, épais de Û"',80, à 
assises régulières. La porte s'ouvrait dans une sorte de cou- 
loir étroit, au sud. A Tintériour, nous avons distingué plusieurs 
compartiments, dont les murs ont été remaniés et dont les 
dispositions ne sont pas bien nettes. Au-dessous s'étend une 
citerne. 

Vers le bas de cette crouprs au sud-ouest, on trouve les 
ruines d'un autre fortin', dont la longueur est de 31 mètres 
et la largeur de 17; il occupe remplacement d"un édifice plus 
ancien, dont on a utilisé quelques parties. Los murs, à double 
l)arement, avec un remplissage de moellons au milieu, ont i",60 
d'épaisseur; des morceaux d'aicliitecture et des pierres tumu- 
laires 3' ont été employés. La porte, ouverte sur un des côtés 
longs, au sud, était flanquée de • deux avant-corps mas- 
sifs, mesurant 2 mètres de front. 

1. Sur les fortins de basse époque dont les restes se retrouvent en Algérie, 
voir, entre autres auteurs : Delauiare, Explor., pi. 00, 08, 60, 88, 89, 188 ; Diehl, 
Nom. arc/i.. p. 303-6, 324-7, 349-330 ; le même, Afr. byz., p. 238 seq., 293-6 ; 
Gsell, Recherches archéolofjiques en Algérie, p. 101, 103, 113, 118, 12-2, 123, 
132, 13i, 138, 139, 141. 142, 173, 233; Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de 
Rome. \IU, 1893, p. 473-4 et se^., passim, pi. V; ihid., XIV, 1894, p. 307-8 et 
seq., passiiji. pi. X; Toussaint, Bull. Comité, 1897, p. 269 seq., passim; Gsell, 
Rec. de Const., XXXI F, 1898, p. 233, 238, 260, 263, 284, 288, 289, 292; etc. 

2. Chabassière, Rec. de Const., X, 1866, p. 120; pi. V, fig. 2;pl. XIX, 
fig. 3. Diehl, Noiiv. arch., p. 363. Gsell, Rec. de Const., XXXII, 1898, p. 277-8. 

3. Diehl, .Vo?a'. arch., p. 363-6. Gsell, Rec. de Const., l. c, p. 276-7. Voir plus 
loin la fig. 167. — La face septentrionale est précédée d'un mur de soutènement. 



388 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALflERIE 



A Zana [Diana), un fortin', long <\o 20'°,50^ largo de 
16"", 80, avec des nuirs épais do 1",45, fut appliqué contre 
l'arc de triom] ho do Macrin '■"'. La face septontrionalo do cet 
ouvrage défensif est presque entièrement formée par l'arc, 
dont on bouché les doux petites baies et rétréci la baie cen- 
trale ; cette dernière servait d'entrée. 

Un fortin assez bien conservé, qu'on voit près (hi village 

d'El Mah(U>r (au nord-est de 
Batna) '', mesure 11 mètres 
sur 9'", 40; les murs ont 
r".îO d'épaisseur. La porte, 
m(''uagéo sur la face orientale, 
se fermait à l'aide «l'un disque 
do pierre, do 2 mètres de 
diamètre, encore en place 
dans une coulisse. Le linteau 
offre une gi'ando croix latine, 
accostée do deux croix plus 
petites et de dcMix })almes, 
ainsi que plusieurs inscriptions 5, dont l'une donne le nom (hi 
fondateur : '< Ar[g]entiiiH diacoti{î(s). » Ce diacre était peut- 
être le mémo poi'sonnage qu'Argentins, évoque de la ville 
voisine do Lamiggiga à la fin du vi'^ siècle^; en tout cas, la 
forme des croix et dos lettres indique l'époque byzantine. 




O 12 3*3 



FiG. 166. — Forlin d'Youks. 



1. Diehl, Nouv. arch., p. 300-1 et pi. I. Le nièine, J/r. bijz., p. 180. ûg. 24. 
Graillot et Gsell, Mélanç/es de l'École de Home, XIV, 1894, p.ol4-6. 

2. Plus tard, ce fortin fut agrandi à Test. 
:>. Conf. tome I, p. m-ll et planche XLII. 

4. Audollent. Mrlanfies de VÉcole de Rome, X, 1800, p. .'i62-3. Diehl, Nouv. 
arch., p. 297-8. Blanchet, Dull. Comité, 1898, p. 332-3, (ig. 3. 

3. Corpus, VIII, 4353 = 18539. 
6. Conf. plus haut, p. 255. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 389 

A Youks [Aquae Caesaris, à l'ouest de Tébessa), un fortin 
gardait la source thermale {/ig. 166) '. Il a 14"', 80 de côté; 
l'épaisseur des murs est (1> 1", 20-1", 50. Parmi les matériaux 
qu'on y a employés, nous avons remarqué des pierres qui 
portent le monogramme constantinien avec l'a et l'w et qui, 
par conséquent, datent au plus tôt du iv° siècle. L'entrée, 
large de l'",10, s'ouvre au milieu du front sud. 

Cette ruine offre quelque intérêt parce qu'on l'a fouillée 
jusqu'au fond. La disposition du sous-sol est parfaitement 
nette : il comprend neuf salles, que limitent des murs en 
blocage avec des cliaines, et dont plusieurs communiquent 
entre elles. Il est probable qu'on descendait par dos trappes 
dans ces compartiments, qui devaient être des celliers. Leur 
sol est h plus de 2 mètres au-dessous du seuil de la porte. 

B. Refuges à rintêneiir des villes. 

Dans certaines villes, les fortins exigus que nous venons 
d'étudier ne })arurent pas suffisants pour assurer la défense. 
On construisit des enceintes grossières, plus ou moins vastes, 
destinées à servir d'asiles aux habitants. D'ordinaire, on les 
appuya à des fortins, qui devinrent les réduits de ces sortes 
de citadelles. 

A Khamissa-, une enceinte à peu près trapézoïdale, longue 
do 85 mètres, large de 66, existe à l'ouest des ruines, en un 
lieu que le forum occupait sans doute auparavant-' {fig . 167). 
Elle est formée de murs à double parement, d'un mètre d'épais- 
seur. Au nord-ouest, on la rattacha à un fortin rectangulaire, 

1. Gsell, hec. de Coiist., XXXII, IS'.tS, p. 292-3. 

2. Gsell, Rec. de ComL, XXXII, 1898, p. 27o-7. 

3. Conf. tome I, p. 118. 



390 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 



([lie nous avons décrit plus haut'. Un arc de triomplie romain 
;i ii'ois portes- fut encastré dans la face septentrionale. Les 
deux baies latérales de ce monument furent bouchées; quant 
à la l)aie ccMdrale, on en fit l'entrée de la citadelle. — 
Le Ksar el Kébir, dont nous avons éii-alement jtarlé, devint 
aussi le réduit d'un grand reJ'uge •'. On remartpie, en effet, 
autour de ce monument, les vestiges d'une enceinte iri'égulière 
d'assez vastes dimensions, qui consiste en une muraille double, 
de 0",90 d'épaisseur, faite de matériaux entassés à peu près 






o J 6 o -rs t^ 



Fie. 1G7. — Hefticfe de Khamissa. 



}iêle-mcle. Elle jarait avoir été ]>lnsieurs fois remaniée; il 
n'est })as sûr d'ailleurs ([u'clle apparlienne ;i l'époque de la 
domination byzantine. 

A Hencliir Kissa (au nord de '1(1 (t i-a)'', ne enceinte carrée, 
de 45 mètres décote, offre des murs (h; r",lU d'épaisseur, se 

1. Page 387. 

2. Tome I, p. 174, planche XXXVIII. 

3. Gsell, Rec. de Coiisl., XXXII, 18!)8, p. 278-!). 

4. Gsen, ihii/., p. 287-8. Conf. Diehl, Afr. bijz., p. CIO. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 391 

composant d'un parement extérieur en pierres de taille et, 
par derrière, d'une rang'ée de moellons avec des cliain ges. 
On y a encastré une porte monumentale de construction ro- 
maine'. Cette enceinte s'applique contre un fortin, sans doute 
plus ancien, qui mesure 18 mètres de côté et dont les murs, 
bâtis selon le système l)yzantin, ont une épaisseur de i™,40. 
A Klierbet Ouled Arif [Lambiridi, au sud-ouest de Batna), 
nous avons reconnules traces d'une grande enceinte {110 mètres 
environ sur 100), ;i contours irréguliers, se soudant à un for- 
tin de 35 mètres de long et de 25 mètres de large. — On 
voit un ' enceinte analogue à Announa [Thi/ji/is], dans la par- 
tie la plus élevée de la ville, au nord-ouest ; elle s'appuie 
«"•alement à un fortin"-. 



^o' 



C. Encf'inff's aulour des villes. 

En d'autres lieux, les citadins ne se contentèrent pas de ces 
fortins et de ces refuges. Ils entourèrent leurs villes de rem- 
parts. Nous citerons comme exemples ceux de KcfBezioun cl 
de Tigzirt. 

Zattaia^ aujourd'hui Kef Bezioun, dans la région de Guelma-^, 
était assise sur un. escarpement rocheux, dont les flancs sont 
à })ic au sud-est et ;i l'est et qui s'abaisse en pente raide au 
nord. Le côté occidental seul est facilement accessible : aussi 
l'a-t-oa barré par une muraille. Épaisse de 1",80 à 2 mètres, 
elle présentait des tours carrées, de 5 mètres de fiont, au 
nombre de huit environ. Elle se prolongeait sur les faces nord 

1. Voir tome I, p. l."' et pi. XXIX. 

2. Diehl, 'Souv. Arc/t., p. 367-8. 

.3. Vigneral, Ruines romaines du cercle de Guelmci, p. 27 et pi. 111. 
Bernelle, Rec. de Conslanline, XXVII, 1892, p. 79-80. Gsell, i6J(/., XXXII, 1898, 
p. 263-7. Diehl. Afr. %:., p. 609-610. 



392 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

et sud, mais non pas sur la face est, où elle aurait été inutile. 
Sauf aux tours, la construction est fort mauvaise : les pierres 
sont mal ajustées et les assises irrégulières. Nous sommes 
assez disposé h considérer ce rempart comme une œuvre de 
défense locale : dans les places fortes élevées par ordre de l'au- 
torité im};ériale, les tours sont en général plus larges e( la 
main-dVeuvre est plus soignée. 

A Tigzirt, une enceinte', beaucoup moins étendue qne le 
rempart romain, défend le promontoire sur lecpiel la ville se 
resserra à une basse é})oque et laisse en dehors la grande ba- 
silique'. Elle est restée debout sur presque tout son dévelop- 
pement. IJàlie à la hâte avec des matériaux d'emprunt, elle 
atteste ce})endant une certaine entente de Fart de la fortitica- 
tion. Le tracé, très irrégulier, a été établi de manière à former 
des flanqucments et à couvrir les portes. En certains endroits, 
la muraille, épaisse de 2"", 10, est construite d'après le système 
])yzantin (double parement avec du blocage dans l'intervalle) ; 
ailleurs, elle ne comporte qu'une seule rangée d^ pierres de 
taille. A ses deux extrémités, on Ta prolongée de quelques 
mètres dans la mer, afin que les assaillants ne pussent i)as la 
tourner. Quatre portes, très étroites, sont ménagées dans ce 
rempart : celle qui parait avoir été la principale ne mesure 
que 1°',50 de large et 2™, 25 de haut''. 

1). Rrfugos dans les camp(if/)ies. 

Parnn les refuges de type byzantin, construits pour servir 

1. Gavault, Elude àii/' les ruines l'oinuines de Tujzirl, p. 101-liO. 

2. Pour cet édifice, conf. plus haut, p. 294. 

3. Un rempart analogue se voit à Ziania (Clioba), autre ville de la côte 
maurétanicnne: (Jsell, Bull. Cotnilé, 18'J:). p. ii7-8. —Notons encore la longue 
muraille, presque entièrement faite avec des pierres tumulaires, qui défondait 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 393 

d'asiles aux habitants des campagnes, nous en choisirons deux, 
situés l'un et l'autre dans la région de Guelma. 

Ksar Atmane ' est une forteresse dominant la vallée d'un 
affluent de l'oued Cherf, l'oued Sebt. Longue de 150 mètres 
environ, large de 00 au maximum, elle s'élève sur une colline 
de grès, allongée du levant au couchant, à pic à l'ouest et au 
sud, et à pentes très raides au nord ; du coté de l'est, un isthme 
étroit rattache cette colline à un mamelon voisin. Une source 
naît au } ied de l'escarpement. 

Les murs sont assez mal conservés, mais le plan d'ensemble, 
d'une forme assez irrégulière, se distingue très nettement. 
L'attaque ne pouvait guère venir que du nord et, bien plus 
encore, de l'est. Le front septentrional était couvert i>ar un 
rempart, de l'",40-l",()0 d'épaisseur, précédé çà et là d? sou- 
tènements. A l'est, le système de défense offrait une conij li- 
cation plus grande. L'ennend rencontrait d'al)ord un mur, 
long d'une soixanliiinc de mètres, épais de 1"',50 en moyenne, 
flanqué ;i ses deux extréndtés de deux tours rectangulaires ; au 
milieu, la porte du refuge était protégée })ar une troisième 
tour, qui mesure 4"', 20 de côté et liont les parois ont 1 mètre 
d'épaisseur. En arrière de cette première ligne, à une distance 
de 40 mètres environ, se dressait une autre tour, de 7 mètres 



tout le front sud et une partie du front ouest de Thihilis. Au nord-ouest, elle 
s'appuyait à la citadelle dont nous avons parlé (p. 391) ; au nord et au nord- 
est, l'escarpement du plateau rendait toute défense inutile. Un arc romain à 
deux baies y a été incorporé, et riuie des baies est devenue la porte princi- 
pale de l'enceinte, tandis que l'autre était bouchée. 11 convient do remarquer 
que l'église byzantine (conf. plus haut, p. 165) resta en dehors de ce rempart, 
qui fut sans doute construit à une époque plus récente. Voir ici même, tome I, 
113; Diehl, Souv. arc/t., p. 367. 

1. Vigneral, Ruines romaines du cercle de Guelma, p. 29 et pi. IV. Bernelle, 
Rcc. de Conslantine, XXVII, 1892, p. 61. Gsell, ibid., XXXII, 1898, p. 252-5. 
Diehl, /!/■/■. %c., p. 611-2. 



39i LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉKIE 

(le coté, avec (les murs épais de i"MO; elle occupait le milieu 
(Tun second remparl, dessinant une ligne l)nséo. Enfin, 35 mètres 
plus loin, il y avail un troisième nuir, parallèle au jireniier. A 
Touest et au sud, les l)ords de la crête, quoique à peu près 
inabordables, n'avaient pas été négligés : un r.'Uipart continu 
courait à l'ouest ; au sud, de gros rochers qui occupent le som- 
met de la colline étaient reliés par de petits rnnrs. 

Tout cela a été construit avec une grande })récipitation ' ; 
les pierres sont très mal taillées, souvent même à peine équar- 
ries. Elles forment deux parements, accolés ou encadrant des 
moellons. 

Le Kef Klierraz '^, qui commande la vallée fertile de l'oued 
Xil, affluent de l'oued Cherf, est un escarpement rocheux, 
bordé de ])récipices au sud. à l'est et à l'ouest, et accessible 
seulement du côté du nord, où la pente est encore très forte. 
Cette face septentrionale a été barrée par un rempart, large 
de l'",80, avec deux tours carrées, dans l'une desquelles se 
trouve l'entrée. Les parois de ces tours ont 1 mètre d'épaisseur. 
En avant, s'élève un autre mur, disposé obliquement [lar rap- 
])ort au premier; il est également protégé par deux tours et il 
présente au milieu une porte. Il fallait donc franchir deux lignes 
<le défense jour pénétrer dans le refuge. Sur les autres faces, 
toute fortification était inutile; cependant, i)ar surcroit de pré- 
cautions, on a établi une muraille sur une partie du front est. 
Ce refuge ne mesure guère que 30 mètres de large sur 5U mètres 
de long, et la place disponible est encore restreinte par de gros 



1. Les tours sont un peu plus soignées que le reste. 

2. Bernelle, Rec. de Con^t., XXVIl, 18'J2, p. 100. Gsell, i/nd.. XXXll, iSlJb!, 
p. 260-1. Diehl, Afr. byz., p. 611]. 



CONSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE RASSE ÉPOQUE 395 

rochers qui rciicomljiXMit au sud. Le luoJc do cousti'uctiou des 
remparls est le même qu'à Ksnr Atmaue '. 

1. Voir, dans le Itcc. de Conslantine, XXXII, 1898, p. 237-8, la description 
d'un refuge analogue, situé dans la même région, à Ilenchir Bou Azza. 



CHAPITRE III 
SÉPULTURES CHRÉTIENNES 

Les chrétiens d'Afrique ont creusé des catacombes, comme 
ceux de Rome, de Naples, de Sicile. On n'en connaît encore 
que deux ou trois ' ; ce qui s'exj lique aisément : ces cimetières 
souterrains, dont les entrées sont obstruées, ne peuvent guère 
être découverts que par hasard. 

Eu Algérie, une catacombe a été signalée près de Khenchela, 
au djebel Djaffa-. On a constaté en cet endroit l'existence 
d'une galerie circulaire, dans hupielle d'autres galeries viennent 
déboucher. Ces couloirs sont taillés dans un tuf assez friable; 
leurs parois présentent des loculi superposés, que ferment des 
briques séchées au soleil '^ 

Sous l'une des basiliques de Kh?rbet Bou Addoufeu, se trouve^ 
dit-on, une longue galerie, où il y a aussi des loculi, clos par 
d(^s briques ''. 

Mais, tandis qu'à Rome les chrétiens de l'époque des persé- 
cutions n'ont guère enterré leurs morts que dans des catacombes» 

1. La plus importante est celle de Sallakta, en Tunisie. 

2. Vars, Recueillie Constanline, WXll, 1898, p. 3(32-370. 

3. On n'a vu dans cet hypogée aucune inscription chrétienne, ni aucun mo- 
nogramme du Christ : mais les dispositions en sont assez caractéristiques 
pour qu'on y reconnaisse une catacombe creusée par des chrétiens. 

4. Voir plus haut, p. 183-4. 



SEPULTURES CHRÉTIENNES 397 

en Afrique, ils ont eu des cimetières à ciel ouvert, qui sont 
signalés par Tertullien dès le début du ru^ siècle '. On les 
appelait areoe. En ce qui concerne rAlg-érie, nous connaissons 
une area marti/rum à Constantine - et une area a[d) sepulchra à 
Cherchel. Cette dernière, comme nous l'apprend une inscri})- 
tion-^, fut d'abord la propriété particulière de Severianus, qui 
la mit à la disposition de ses coreligionnaires ; puis elle devint 
la propriété corporative de l'église de Caesarea. Il est probable 
que les choses se passèrent de même en beaucoup d'autres lieux. 

Les areae se trouvaient naturellement hors dos villes, dans 
le voisinage immédiat dos tombes païennes. ]\Iais elks étaient 
isolées par des clôtures '* : ensevelir un chrétien parmi dos 
idolâtres était considéré comme une grande impiété"', qu'on 
évitait le plus possible. Au contraire, ces cimetières où riches 
et pauA'res rei)Osaient cote à côte indiquaient avec une simpli- 
cité éloquente les sentiments do fraternité des fidèles. 

Un ou plusieurs édifices ^ s'élevaient au milieu des sépul- 
tures : des documents mentionnent dans Varea do Cherchel une 
cella' , dans Varea de Constantine une cas.a maior^ : le terme 

1. Ad Scapulam, 3. 

2. Voir plus haut. p. 1132. 

3. Corpus, Vlll. 'J'M'}. Doublet. Musée d'Alf/er, pi. H, fiij. 1. — Sur cette ins- 
cription, voir De Rossi. Roma sotlcrranea crisliana, 1, p. 8fi, i'ë, 97, lO.j-6, et 
lu, Tp. m, Bull, di archeolof/ia crisliana, 1864, p. 28; 1878, p. 73; 1881, 
p. 120 ; Inscriptiones christianae urhis Romae. 11. p. XXXIN'. 

4. 11 y avait du reste aussi des areae païennes, enclos réservés à certaines 
associations, à certaines catégories de persoa es: par exemple, les deux 
areae où furent ensevelis les gens dei maison impériale, à Carthage. 

.0. Conf. Cyprlen, J.ettre (j7, fi (édit. Ilartel). 

6. Ces édifices, quand ils étaient vastes, prenaient le nom de basilicae. 
Ainsi, à Carthage, la basilica ^ovarum, qui existait certainement au com- 
mencement duiv' siècle, était construite sur un cimetière, les areae novae (voir 
Mélanges de l'École de Rome. XXI. 1901, p. 207). 

7. Voir p. 398, n. 3. 

8. Voir p. 192. 



398 LES 3I0NUME.MS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

maioi' indique qu'il y avait daus co cimotière au moins un;^ 
autre casa. C'était là, ])rol);il)l('iuont, qu'avaient lieu les céré- 
monies anniversaires en l'iionneur des martyrs inhumés dans 
Varca, réunions qui étaient accompatiiiées (raanjjes. En tem})S 
(le persécution, ces locaux })0uvaient remplacer les édifices 
situés intra ?ni(ros, qui servaient d'ordinaire au culte et que 
l'autorité impériale avait fermés ^ 

Aucun de ces cimetières ])riniitifs ne subsiste en Algérie. 

A Tipasa, au sud-est de la ville, on a recueilli quelques é}>i- 
tai)hes chrétiennes d'une époque assez haute — Time d'elles 
appartient ;i l'année 238 après Jésus-Christ — , mais la dispo- 
sition des sépultures n'a pas été étudiée"-. 

On a découvert jadis, à environ 50U uiètres :i l'ouest de Cher- 
chel, un texte épigraphique, auquel nous avons fait allusion 
tout à riieuro'' : il atteste l'existence en ce lieu d'un chne- 
tière. area a{d) sepulchra^ et d'une cella. La cclla, construit > })ar 
les soins (Ui sénateur Severianus, propriétaire légal de Yarea, 

1. Voir i//i(L 

2. Melanr/es de VÉcolc de Home, XIV, 189i, p. 40(1-8. 

3. Nous reproduisons ici ce texte, à l'aide duquel on suivra mieux nos 
explications : 

« Aream al sepulchra cullor Verbi cuninlU 
« El cellam slriixit suis cunclis sumplihus : 
« Eclesiae sanclae hanc relirjiiif memoiiam. 
« Snluete, f retires, puro corde et simpUci : 
« Evelphis vos saltilo sancto spirilu. 
« Eclesia frdtruum Imnc restiluit tihdum : 
« M{arci) A{ntonii) l{7iln '/) Severiani, c{larissimi) v[iri). 
« Ex in(f{enio) Asleri{i). » 

Nous croyons qu'au premier vers les mots cidlor Ve)bi désignent Seve- 
rianus et non Evelpius : le fait que le cullor Verbi est nommé à la troisième 
personne, tandis qu'Evelpius parle à la première {«scdulo », lecture certaine), 
j)crmet en effet de supposer qu'il s'ayit de deux personnages diftcrents. Quant 
il Evelpius, c'était peut-cire l'évêque qui dirigeait l'église de Césarée à 
l'époque où l'inscription fut refaite. La dédicace en vers fut l'œuvre d'As- 
térius. 



SÉPULTURES CHRÉTIENNES 399 

portait ce tituhis, indication de propriété : ;< M{(irci) A[ntonii) 
I[u/ii?) Severiani, c[Iarissimi) v[irt)». L'inscription avant été 
détruite, sans doute lors d'une persécution, l'église de Caesarea 
en fit refaire une autre, accompagnée do quelques vers com- 
mémoratifs. C'est celle que l'on a retrouvée ; elle }iarait dater 
du début du iv' siècle '. Uarea et la ce/ianoni donc antérieures 
à l'ère de la paix. D'ailleurs, il est très prol)able que ce Seve- 
rianus est un martyr célèbre, dont le nom figure dans le mar- 
tyrologe dit de saint Jérôme"^; il a dû être enseveli dans la fe//a 
qu'il avait fait construire^. 

Une autre inscription'', qui a été exhumée à côté de celle 
dont nous venons de parler, semble être ;i peu près contempo- 
raine (le type de gravure est le même) ; elle mentionne un mo- 
nument funéraire [accubitorium), renf rmant plusieurs corps 
et construit par les soins d'un prêtre, Victor. 

A l'endroit où ont été recueillis ces deux textes, le cardinal 
Lavigerie a fait faire, longtemps après, quelques fouilles, que 
l'on a recouvertes et sur lesquelles nous n'avons que de brèves 
indications -^ On aurait retrouvé, au milieu d'un grand cime- 
tière, une aire, fermée par des nuu's, de 30 mètres de long sur 



1. De Uossi [Bull. crisL, 18G4, p. 28, et Inscr. chrisl., l. c.) croit même 
l'inscription d'Evelpius antérieure à Constantin. Cependant, les deux lettres 
symboliques a et (o, qui sont gravées auprès du texte, ne se rencontrent pas, 
à ma connaissance, avant le iv siècle dans répigrapliic chrétienne. 

2. Au 23 janvier. L'interprétation que nous donnons nous paraît affaiblir 
l'objection faite par De Rossi contre cette identification (au Corpus, VIII, 
p. 974). 

3. iVit'Wîorift désigne la ce//a au troisième vers ; or ce mot, lorsqu'il est ap- 
pliqué à un édifice; se rapporte soit à un monument funéraire, soit à une 
chapelle, contenant des reliques ou tout au moins consacrée à un saint. 

4. Corpun, VIII, 9586. Doublet, Musée cF Alger, pi. II, fig. 4. 

5. De Rossi, Bull. crisL, 1878, p. 73. Lavigerie, De l'uHlilé cVune mission 
archéologique à Carthage, Alger, 1881, p. 42-S (= Missions calholiques, XIII, 
1881, p. 163). Toulotte, Géographie de V Afrique chrétienne, Ma^irétaîiies, p. 2». 



400 LKS MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

15 mètres do large. « Au centre, s'élevait un édicule de 2 mètres 
« de côté, ainsi qu'un autre plus petit : ils étaient voûtés et 
« montés sur quatre murs à cintres ouverts. C'est là que les 
« deux inscriptions ont été recueillies. Tout autour des édicules, 
« dans l'enceinte de larea et en dehors de l'enceinte, sur une 
« i?rande étendue, on rencontrait de nombreuses tomlies... 
« Auprès des édicules, elles étaient tellement entassées qu'on 
« en comptait jusqu'à six les unes sur les autres <lans la pro- 
« f<jndeur du sol (Toulotte). » Ces indications trop succinctes 
laissent place ii des doutes. Il nous parait bien téméraire d'iden- 
tifier les bâtiments voûtés, fort exigus, à la ce/la de Severia- 
nus et à Vacciibito?'ium de Victor, et l'enclos rectangulaire à 
ïaiea. Le cimetière primitif dont nous parlons semble d'ailleurs 
avoir été beaucoup modifié dans les siècles qui suivirent'. 

Quand les persécutions eurent cessé, de grands cimetières 
chrétiens se formèrent"^. A Tipasa, il y en a deux, l'un à l'ouest, 
l'autre à Test de la ville; cà et là, dos murs, établis autour 
de divers gronpos de tombes, paraissent avoir servi de clôtures 
à des areae distinctes, qui, so multipliant pou à peu et se grou- 
pant, finirent par constituer dévastes nécropoles-'. On trouve 
aussi des cimetières chrétiens imi;ortants à Cherchel (k l'ouest 

1. En 1856, 011 a trouvé, au sud-est des ruines de Lauibèse,une area rectan- 
gulaire de 60 mètres de long sur 30 de large, close par un mur de O'",o0 
d'épaisseur. Elle renfermait un grand nombre de sépultures. Les unes étaient 
des tombes en briques, disposées en triple étage, les autres des sarcophages 
en pierre, isolés ou formant des groupes : un de ces groupes comprenait de 70 à 
80 tombes, sur trois rangs. 11 n'y avait aucun mobilier funéraire. « Ce cime- 
tière, dit Moll, est d'origine chrétienne ; cela nous parait probable. » Je serais, 
comme cet auteur, enclin à le croire. Voir Moll, Annuaire de Conslnnlme, 
18:i8-9, p. 21(5-7 et pi. XI. 

2. Quand la place disponible était restreinte, on superposait les tombes: 
par e.Nemple, à Cherchel (p. 400), à MrakhibThala (p. 236), à Et Toual (p. 339), 
à Zraïa (p. 343), à Tipasa. Conf. note pr.'cé'lente. 

3. Gsell, Mélanfjes de ilicole de Home. XiV, 18'Ji, p. 106. 



SÉPULTURES CHRÉTIENNES 401 

et à l'est' (le la ville antique), à Ténès- et à 
Tigzirt-'. 

La vénération dont les martyrs africains furent l'objet, accrut 
le nombre des chapelles et des 1)asiliques élevées sur leurs 
sépultures et pourvues d'autels. D'ordinaire, on établit ces édi- 
fices de telle façon que la table sainte fût placée au-dessus de 
la tombe'*. Quand la disposition du terrain ou le désir de res- 
pecter des tombeaux voisins s'y opposait, on reliait d'une ma- 
nière quelconque l'édifice ii la sépulture : nous avons vu qu'à 
Bénian on aménagea sous l'abside une crvpto, avec une fenêtre 
ouverte sur le caveau d'une martyre'. 

Ces moiuuuents s'encombrèrent bientôt de lombes : on pen- 
sait en effet qu'il était utile aux fidèles de reposer auprès des 
saints, ad sanctos'''. 

Nous avons déjà fait observer "que les basiliques et les cha- 
pelles construites dans les cimetières ne diffèrent pas, au point 
de vue architectural, des édifices religieux consacrés à la célé- 
bration des offices ordinaires. Nous les avons donc étudiées au 
chapitre premier de cehvre, et il n'y a pas lieu d'eu parler de 
nouveau. Ici, nous passerons en revue les différents types de 
sépultures usités à l'époque chrétienne. 

Naturellement, l'inhumation seule était ailmise. On plaçait, 
autant que possible, les corps la tète à l'ouest. Aucun objet 
n'était déposé auprès d'eux. Les exceptions à cette règle sont 
très rares : plusieurs lampes chrétiennes dans des tondjes de 

1. Conf. plus haut, p. 399 et 191. 

2. Voir plus loin, p. 408. 

3. Page 306. 

4. Conf. p. 220 et 327. 

5. Page 177. 

6. Conf. p. 330. 

7. Page 120. 

H. 26 



402 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

Zoiii (réj4"ion de Klieiicliela) ' ; ime fiole en verre à côté d'iiii 
officier l)vzantin, Maiiricius, enseveli dans la basilique de ^lati- 
fou-; une fiole en argile dans un des tombeaux qui ont été 
retrouvés sous le sol de l'église de Souk el Khmis (près d'Au- 
male) -^ — ces deux vases contenaient peut-être de l'huile prise 
dans des sanctuaires célèbres où reposaient des martyrs ; — 
des bijoux, des bagues, des débris de colliers, une boucle de 
ceinturon, un liracelet, un fer de lance, au même endroit^; 
des objets de parure à Tobna\ A Tipasa, M. Grandidier a 
recueilli, dans une tombe voisine de la basilique de Sainte-Salsa, 
deux squelettes, l'un de poisson, l'autre d'oiseau, dont la signi- 
fication symbolique paraît certaine. Enfin, dans des sépultures 
découvertes àZoui"et àPhilippeville -, il y avait des clous, qui 
n'avaient pas ap})artenu à des cercueils et qui étaient peut- 
être des talismans, témoignant de la survivance d'une supersti- 
tion païenne. 

Quant aux tombes, elles ne diffèrent guère de celles dans 
lesquelles les païens enfermaient leurs morts. Voici quelles 
sont les formes des sépultures individuelles^ : 

1° Fosses creusées dans le roc, rectangulaires ou arrondies 
du côté de la tête^. En général, une dalle unique constitue le 
couvercle. 

1. Bulletin (le rAcadémie d'Hippone, XX. 1S81, p. 136 et 140. 

2. Bull. Comité. 1900, p. 144. Conf. plus haut, p. 227. 

3. Pour cette église, conf. p. 261. 

4. Biill. de correspondance africaine, 111, 188.j, p. 120-1. 
ij. ^■oil■ plus haut, p. 338. 

6. Dull. de r Académie d'IIippone, XX. p. 136. 

7. Voir plus haut, p. 24'J. 

8. Les unes établies dans le terrain à ciel ouvert des cimetières, les autres 
à l'intérieur des édifices (mausolées, chapelles ou basiliques) qui s'élevaient 
sur ces cimetières. 

9. Dans les cimetières chrétiens de Tipasa (Mélanges de l'Ecole de Rome, 
XIV, p. 392), de Ténès et de Tigzirt; dans l'église do Souk el Khmis ; etc. 



SÉPULTURES CHRÉTIENNES 403 

2° Fosses tapissées soit de dalles', soit de grandes tuiles 2, 
soit de murs eu moellons ou en briques ^. 

3° Sarcopbag-es monolithes, en forme d'auge rectangulaire : 
type très fréquent '. Le couvercle, également monolithe, est 
plat ou en dos d'âne. Ces sarcophages sont souvent doubles. 
Beauconp d'entre eux sont cintrés à l'intérieur, du côté du 
chevet; dans quelques-uns, une logette semi-circulaire servait 
d'abri à la tète '^. Parfois on a tracé un monogramme constan- 
tinien sur une des petites faces '^. 

Dans les sépultures que nous venons d'énumérer, les morts 
étaient soit enveloppés d'un suaire, soit noyés dans une couche 
de chaux'', soit enfermés dans un cnxueil on bois^, quelque- 
fois dans une caisse en plomb ^, 

4° Toits en tuiles ^o. 

5° Jarres^'. 

1. Par exemple dans léglise des Uuled Agla (p. 244). 

2. A Tipasa {McHanr/es de VÉcole de Rome, XIV, p. 399). 

3. Par exemple à Lambèse (p.220), à Mrakhib Thala (p. 236),àSoLik el Klimis 
(p. 261), à Zoui (p. 342), à Tébessa, à Tipasa. 

4. Par exemple à Tipasa [Mélanges de l'École de Home, XIV, p. 3,n). 

5. Sarcophages de Tipasa [ibid.), de Tigzirt, de Sétif (tombe de Cypriana, 
dont Fépitaphe a été publiée Bull. Comité, 18)2, p. 121 et pi. XV; voir aussi 
Delamare, pi. 77, fig. 8). 

6. Sarcophages de Tipasa (.l/e7rt»r/es f/e l'École de /îo»ie, XIV, p. 397, 406), 
d'Hammam Righa (au Musée d'Alger). — Nous n'avons pas à parler ici des 
sarcophages en marbre ornés de bas-reliefs ; on n'en a trouvé qu'un petit 
nombre en Algérie {Bull. Comité, 1898, p. clx et 1899, p. clxxxi-clxxxu; 
Mélanges de l'École de Rome, XX, 1903, p. 109, n. 2). 

7. Par exemple à Sidi Embarek (p. 238), à Tébessa (p. 291), à Zra'ia (p. 343). 

8. A Tipasa (Gsell, Recherches archéologiques en Algérie, p. ."iO ; Mélanges de 
l'École de Rome, XIV, p. 3.37), à Souk el Khmis [Bail, de correspondance afri- 
caine, 111, 188.J, p. 120), etc. 

9. 11 y avait un cercueil en plomb à l'intérieur d'un sarcophage sculpté de 
Dellys (Doublet, Musée d'Alger, p. 4.o). 

10. A Tébessa, à Tipasa, à Cherchel, etc. 

11. A Tipasa, dans la basilique de Sainte-Salsa (Gsell, R-cherehes archéolo- 
giques en Algérie, p. 49); à Et Toual, dans l'église (voir plus haut, p. 339). — 
Pour ce type de tombe, conf. p. 43. 



404 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

Les petits monuments surmontant les tombes individuelles 
sont beaucoup plus rares chez les chrétiens que chez les 
païens. 

Nous en noterons tout d'aljord deux, découverts à Tébessa ' 
et à Ksar Sbéhi'-. La forme donnée à la pierre est toute 
païenne : c'est celle des autels consacrés aux dieux mânes ; 
dans l'épitaphe, la foi nouvelle ne s'affirm'> point par une for- 
mule claire. Ces monuments sont sans aucun doute antérieurs 
à la paix de rÉinlise ; ils datent d'une époque où bien 
des chrétiens craignaient de manifester hautement leurs 
croyances. 

Il y a ilans les cimetières de Tipasa des caissons en maçon- 
nerie, surmontant des sarcoiihages'^. Mais on ne connaît 
qu'un nombre très restreint de caissons monolithes portant des 
épitaphes chrétiennes: l'un d'eux, trouvé à Taksebt, est de la 
fin du m" siècle^; deux autres, recueillis à Tlemcen, datent 
du v" siècle et du vi' ■' : dans ce coin perdu de la Maurétanie, 
la forme de la cupula semi-cjdindrique. s'était perpétuée, alors 
qu'elle avait disparu partout ailleurs. 

On a découvert des stèles chrétiennes du m* siècle à 
Tipasa'', du iv* environ à Aïn Régada (près de Constantine)' 
et à Sétif ^, d'une époque plus récente encore en divers Heux 



1. Corpus, vin, 16589. 

2. Ibid., 4807. Conf. Toulolte, Géographie de VAfrlrjite c/irélienne. Sumidie, 
p. 136. 

3. Mélanr/es de l'École de home, XIV, p. 399. 

4. Bull. Comité, 1896, p. 217, n" 183. 

5. Bull. d'Oran, 1888, p. 90, n»' 1115 et 1116. 

6. Mélanr/es de l'École de Rome, XIV, p. 407-8. 

7. De Rossi, Bull, di arclieologia cristiana, 1875, p. 168; Borna sollerranea, 
III, p. 435. Corpus, VIII, 5664-6. 

8. Corpus, VIII, 8643 ot 8647. Ces stèles sont peut-être même plus an- 
ciennes. 



SÉPULTURES CURÉÏlEiNNES 405 

de la province d'Oraii : à Guctiia ', à Perrégaux^, à Ternaten-^, 
à Aïn Témouclient ^, à Damons^, à Lamoricière ^. 

Les tables [mensae), posées à plat au-dessus des tombes, 
restent très fréquentes au iv" siècle et au v" ; mais, comme 
nous l'avons déjà dif^, elles cessent d'être accompagnées d'un 
cippe ou d'une stèle, portant l'épitaphe. Les images de plats y 
deviennent très rares; une inscription funéraire les remplace. 

L'épitaphe est souvent tracée sur le couvercle môme de la 
sépulture. Tantôt elle se lit sur une plaque de marbre'^, encas- 
trée dans une couche de béton qui tapisse le couvercle ; ces 
plaques, d'abord assez exiguës o, s'agrandissent avec le temps 'o. 
Tantôt — c'est l'usage à l'époque byzantine — elle est gravée 
soit sur la dalle unique, soit sur une, deux ou trois des dalles 
qui recouvrent le tombeau". L'écriture est presque toujours 
disposée dans le sens de la largeur; il n'y a, en Algérie, que 
quelques épitaphes chrétiennes sur pierre tracées en long ^'^ 

1. Bull, des antiquités africaines. I, 1882-3, p. 340 seq. 

2. Bull. cCOran, 1892, p. 403 et 404. 

3. Bull. Comité, 18'J2, p. 314. 

4. Voir, par exemple, Demaeght, Musée d'Oran, p. 44-7, n"' 104-9. Ces stèles 
sont assez épaisses et plaies à leur partie supérieure, qui est creusée d'un 
godet, rappelant ceux des inensae. 

5. Demaeght, i/jid., p. 5"l, n° 121. 

6. Demaeght, itjid., p. 52-4, n" 115-120; p. loi, n" ."ilS et 515. 

7. Page 48. 

8. A Orléansville, quelques épitaphes chrétiennes ont été gravées sur des 
briques : Corpus, Vlll, 9714-9718. 

9. Exemples à Tipasa (Co/'pws, VIII, 9289), à Cherchel (Gauckler, Musée de 
Cherchel, p. 36), etc. 

10. Par exemple à Mouzaïaville (Ct/rjOMS, VllI, 9280, grande plaque portant 
une épitaphe de Tannée 495) ; à Cherchel (Corpus, 9590, 9591) ; etc. 

11. Exemples assez nombreux à Tébessa: Corpus, Vlll, 2014-2017, 2019, 10636- 
10641, 16636-16658, 16061-16663, 16665; Bull. Comité, 1896, p. 164-165 (n" 23-27); 
ibid., 1897, p. 559 (n° 10). Voir, en particulier, Bull, de l'Académie d'Hippone, 
XX, 1884, pi. I. 

12. A Tébessa (Co/7>(?s, VIII, 10640; Ballu. le Monastère byzantin de Tébessa, 
p. 30); àKhenchela(Cor/)?(s, 17717) ; àSétif (27)ic/.,8634;.4n?i. Consl., 1858-9, pi. 1) 



406 LES MOxNUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉIUE 

A Tipasa', à Malifou -, à Ténès'^, à Orléansville '', à Kher- 
bet Guidra^"', à Sétif ^, à Tébesi^a", on a trouvé des tombes dont 
le couvercle est revêtu d'une mosaïque *^. La plupart de ces 
panneaux n'offrent qu'une inscription funéraire, enfermée dans 
un cadre ornemental, quelquefois aussi accompagnée d"im 
clirisme. Cependant, deux d'entre eux, l'un t\o Tébessa, l'autre 
de Kherbet Guidra, montrent l'image en pied du défunt, dans 
l'attitude de la prière ''. 11 existait aussi à Tipasa des sarco- 
phages recouverts, sur leurs faces verticales, de mosaïques 
représentant des personnages ; mais ces monuments sont 
presque entièrement détruits'". Enfin, au même lieu, quelques 
caissons en blocage sont tapissés par devant d'une mosaïque 
avec une épitaplie". « 

Les caveaux taillés dans le roc sont très nombreux dans les 
deux grands cimetières chrétiens de Tipasa ^~. On peut les 
répartir en doux catégories : i° ceux «jui présentent une ouver- 

1. Corpus, 9313, 9314 a. Gsell, Recherches archéologiques en Algérie, p. 52-60. 
Bull. Comité, 1892, p. 479-480. Mélai>f/es de l'École de RomcXW, \89i, p. 397-8. 
Conf. plus haut, p. 331 et 330. 

2. Bull. Comité, 19U0, p. 143-6 (époque byzantine) ; conf. plus haut, p. 227. 
d. Corpus, VllI, 9693 (épitaphe de Tannée 437), probablement aussi 9694. 

4. Corpus, 9709 (tombeau de Reparatns.de l'année 473); conf. plus haut, p. 240. 
Ibid. ,dli3 (années4CS et 474): conf. /iet'we f//r?c-aine,1, 1836-7, dessin àlap. 480. 

5. Bull. Comité, 1888, p. 428-9, 434-6 et pi. Xlll (années 444 et 467); conf. 
plus haut. p. 207. 

6. Comptes rendus de V Académie d'IIifpone, 1888, p. LXIX; Dull. Comité, 
1892, p. 124, pi. XV (année 434). 

7. Corpus, 2009-2012, 2013 = 10316 (cette dernière mosaïque est de 508); Rec. 
de Const.. XIV. 1870, pi. XI et XII: Ballu, le .Monastère bgzanlin de Tébessa, 
p. 29 et pi. V. Voir aussi plus haut, p. 273 et 283. 

8. Conf. à Philippeviile, p. 249; à Sidi Ferruch, p. 259; peut-être aussi à 
Pont-du-Chélif, Corpus, VIII, 9703. 

9. On sait qu'un grand nombre de mosaïques analogues ont été trouvées à 
Tabarka, en Tunisie. 

10. Mélanges de VÈcolc de Rome, XIV, p. 398-9. 

11. Ihid., p. 400. 

12. Ibid., p. 393-5. 



SÉPULTURES CHRÉTIENNES 407 

ture horizontale à fleur de terre et qui sont, en quelque sorte, 
des fosses agrandies ' ; 2" ceux qui ont une porte verticale et 
qui ressemblent aux In'pogées dont nous avons parlé dans des 
chapitres précédents'-. Dans les premiers, la baie a des dimen- 
sions variables : l'",20 à 2 mètres de longueur, 0", 4-5-0'°,60 de 
largeur ; elle est assez fréquemment cernée par des murettes 
en maçonnerie, qui protègent les bords. Une dalle la recouvre ^. 
Le caveau contient un ou plusieurs morts, déposés soit sur 
le sol même (probablement dans dos cercueils de bois^), soit 
dans des fosses fermées par une dalle. Dans les caveaux à 
entrée verticale, cette entrée est, selon l'usage, fort exiguë. 
Quand le lorrain sous lequel on a creusé la tombe s'étend sur 
un plan horizontal ou peu incliné, la baie est précédée d'un 
petit couloir, à pente très forte, couvert de dalles. Mais, d'or- 
dinaire, les caveaux de la seconde catégorie ont été taillés, 
comme il est naturel, dans des lieux où le roc se dresse en 
paroi verticale, surtout le long des falaises qui dominent la 
mer : tout couloir d'accès était donc inutile. Il arrive souvent 
que le seuil de la baie ne soit pas de plain-pied avec le sol de 
la chambre funéraire; nous avons déjà noté cette particularité 
dans des sépultures païennes 5. A l'intérieur, les caveaux à 
entrée verticale sont, en général, disposés comme les autres. 
L'un d'eux c, dont nous donnons le plan et la coupe [ficj. 168) 
(d'après Gavault), offre trois grandes niches cintrées, ou arco- 

1. Conf. les caveaux mentionnés plus haut, p. 41, n. 1. 

2. Tome I, p. 36 sei/., p. 36 seq.: tome 11, p. 4'J. 

3. A Ténès, dans un cimetière dont nous parlerons tout à l'heure. les tombes 
de ce tj-pe sont d'ordinaire fermées par plusieurs dalles. 

4. A Ténès. dans des sépultures semblables, on a trouvé des clous autour des 
squelettes. 

0. Voir tome I. p. 37-8; tome II, p. 49. 

6. Gavault, Eevue africaine, XXVII, 1883, p. 321-3. Gsell, Mélanges de l'École 
de Rome, XIV, 1894, p. 395-6. 



408 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 



Plu 




GiMj/i e'^itittani A B 



solia, surmontant des fosses creusées à travers des banquettes 
qui avaient été ménagées dans le roc. Trois autres fosses furent 
faites plus tard : Tune a été creusée dans le sol inunédiate- 
ment derrière la porte ; les deux autres sont on partie maçon- 
nées, en partie taillées sous la banquette du fond. Ce caveau 

était décoré de peintures, 
aujourd'hui très effacées : au 
plafond, on voit des restes de 
tiges vertes qui semblent être 
des palmes; dans la lunette de 
\arcosoliiim de droite étaient 
représentés des personnages ; 
au-dessus de la porte, un animal 
lancé au galop. La lunette de 
Varcosolium du fond était revê- 
tue d'une mosaïque fine, qui a 
entièrement péri, sauf quelques 
cubes. 

A Ténès [Carfcfina), on ren- 
contre aussi des caveaux taillés 
dans le roc, à ouverture hori- 
zontale ou verticale. Ils forment, 
à l'ouest de la ville, un grand cimetière', qui est do l'époque 
chrétienne, comme l'indiquent l'absence complète de mobi- 
lier funéraire, la position des morts, dont la tête est tournée 
vers le levant, enfin plusieurs épitaphes qui présentent des 
signes évidents de christianisme -. 




FiG. 168. — Caveau de Tipasa. 



1. Sépultures dégagées depuis longtemps et fouilles récentes de M. Pacque- 
teau. Conf. M.iltzan, Drei Jahre m Xoidweslen von Afviha, I, p. 233. 

2. Corpiix, VIII, 9C93, 909 i. 



SÉPULTURES CFIRÉTIEISNES 409 

D'autres hypogées, découverts à Tipasa, à Clierchel, à 
Bénian', sont construits eu maçonnerie et couverts d'une 
voûte en berceau. 

Quelques sépultures de Tipasa sont moitié caveau, moitié 
mausolée. Toute la partie inférieure de la chambre a été 
creusée dans le roc, la voûte est en blocage : elle parait avoir 
dépassé le sol "^ 

Les mausolées proprement dits, carrés ou rectangulaires, no 
manquent pas dans les doux cimetières chrétiens de Tipasa ; il 
n'en reste malheureusement que de maigres vestiges. Ils sont 
de dimensions très variables. Le soubassement de quelques- 
uns d'entre eux est orné de moulures. Les plus petits étaient 
surmontés de voûtes en blocage, les autres avaient peut-être 
des toitures. A l'intérieur, des sarcophages sont déposés sur le 
sol, ou enfouis il une fail)le profondeur'. 

Nous ajouterons que, parmi les mausolées de type classique 
étudiés au chapitre xiii du livre II, plus d'un doit dater de 
l'époque chrétienne. Ainsi, il est possible que la Ghorfa des 
Ouled Selama'' ne soit pas antérieure au v'' siècle''. 

Des menioriaerecii\ngiûa,\res, pourvues d'une abside, ont été 
parfois construites dans des cimetières, pour abriter des morts 
que rien ne désignait particulièrement ii la vénération des 
fidèles. Mais, en réalité, ces édifices étaient des chapelles, des 
lieux de prière, et non des mausolées : ils contenaient des 

1. Gsell, Fouilles de Bénian, p. 20. Conf. plus haut. p. 178. 

2. Gsell, Mélanges de l'École de Borne, XIV, 1894, p. 400-1. Un de ces tombeaux 
se trouve dans un petit enclos carré. — Les chambres funéraires chrétiennes 
de Méchera Sfa, signalées tome I, p. 34-5, sont en partie taillées dans le roc, 
en partie construites en pierres sèches. 

3. Gsell, Mélanf/es de VÉcole de Rome, XIV, p. 401-2. 

4. Voir p. 83. 

5. Quelquefois, des mausolées païens semblent avoir été utilisés par les chré- 
tiens : voir p. 03, n° 6. 



410 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE 

reliques, déposées sous un autel et destinées à assurer une 
protection particulière à un ou plusieurs défunts, dont les 
tombes étaient placées à côté. Nous avons décrit plus haut ' 
deux chapelles qui i)araissent appartenir à cette catégorie de 
monuments chrétiens : celle d'El Ksour, i)rès de Tébessa, et 
celle de Sidi Ferruch, près d'Alger. 

Les ruines d'un grand mausolée circulaire se voient dans le 
cimetière occidental de Tipasa ijifj. 1(59 et planche CIII) ; 
M. Grauflidier les a déblayées'-. Cet édifice est bâti en blo- 
cage, avec des rangées de briques de distance en distance. Le 
mur repose sur un soubassement en pierres de taille, décoré de 
moidures et surmonté de colonnes engagées, au nombre de 
seize. L'entrée, assez étroite, s'ouvre au nord. A l'intérieur, 
quatorze «rco.so/Za al)ritaient des sarcophages en pierre '^ Dans 
le second arcosnlliim à droite de la })ortc, le tombeau était 
recouvert d'une table en l)éton, qui servait sans doute à des 
agapes. D'autres sarcophages, un peu plus récents, occupent 
le milieu de la rotonde : l'un d'eux est orné d'un grand chrisme 
sur un de ses petits côtés. Des piliers seniljlciit avoir formé une 
galerie annulaire en avant des arcosolia; ils soutenaient la 
toiture. 

• On trouve souvent des tombes dans des églises africaines 
qui étaient affectées au culte ordinaire et situées en dehors 
des nécropoles ''. La l)asiliquc de Klierbct Guiilra contient deux 

1. Pages 217 et 258. Conf. aussi p. 110, n. G. 

2. Conf. Gsell, Mélan;/es de l'École de Rome, XIV, p. 40l-(i. 

3. Toutefois, dans ïurcosoliiim qui fait face à la porte, le sarcophage était 
en marbre et décoré de strigiles. 

4. En Numidie, dés le iv siècle, des donatistes s'étaient mis à ensevelir dans 
des basiliques quelques-uns des leurs qu'ils regardaient comme des martyrs. 
Saint Optai {De scttismale donalistarum, 3, 4) nous apprend qu'un évèque 
s'y opposa. Mais il n'est pas prouve que ces basiliques aient été des églises 
inira muros. 







z 



SÉPULTURES CHRÉTIENNES 



411 



sépultures de femmes, datant des années 444 et 467' ; mais il 
faut remarquer que ce sanctuaire s'élevait au delà du rempart 
romain : on n'avait donc pas contrevenu aux lois qui interdi- 
saient les inhumations dans les villes. A partir de la fin du 
v' siècle, les ensevelissements dans les basiliques urbaines 
devinrent fréquents. Autant qu'il semble, ce ùment d'abord des 
évéqucs qui obtinrent cette faveur : en 475, on (léposa le 




Fin. 160. — Édifice funéraire de Tipasa. 

corps de Reparatus dans une contre-aljside, construite tout 
exprès à Orléansville ^ ; en 495, celui d'un autre évêqne dans 
l'abside même de Mouzaïavillo ^. Puis on enterra d'autres per- 



1. Voir p. -208. 

2. Voir p. 240. 

3. Voir p. 23u. — Une inscription sur mosaïque de Pont-da-Chélif [Corpus, 
VIU, QIOS) est peut-être Tépitaphe d'un évèque, enseveli dans une église; elle 
n'est pas datée. — A Sériana ip. 255), une inscription d'une époque assez basse 



412 LES MONUMENTS ANTIQLES DE L ALGÉRIE 

sonnes dans les églises, bien que cet usage ne fût pas 
approuvé, en général, par les autorités ecclésiastiques'. Cer- 
tains sanctuaires chrétiens de l'Algérie sont encombrés de 
tombeaux de basse époque : par exemple, à Morsott, aux 
Ouled Agla, ;i Périgotville, h Sidi Embarek, à Souk el Khmis, 
à Tigzirt, ;i Et Toual. à Zoui '. Ailleurs, on se contenta de faire 
des ensevelissements auprès des églises ou dans des annexes 
de ces édifices ^. 

Parmi les monuments funéraires chrétiens de l'Algérie, le 
mausolée de Blad Guitoun et les DJedar méritent d'être décrits 
d'une manière assez détaillée. Certaines de leurs dispo- 
sitions rappellent des sépultures africaines d'une époque 
fort antérieure : nous avons, du reste, de sérieuses raisons de 
croire qu'ils furent élevés, non par des Romains, mais par 
des princes indigènes, chez lesquels le souvenir des ancêtres 
ne s'était i)as complètement effacé. 

Le mausolée de Blad Guitoun (dans la Kabylie occidentale, 
près de Ménerville) a été fouillé en 1896 par M. Tiré : voir le 
plan que nous en donnons, /if/. 170, et la coupe, fig. 171 '*. Il 
est en assez mauvais état ; cependant la salle du milieu et les 
couloirs sont encore bien conservés et on a retrouvé les élé- 
ments nécessaires pour restituer l'ensemble. La construction, 

((in du vi° siècle probablement) célèbre le mérite d'un évêque : elle a été tracée 
sur la mosaïque dune abside. Mais elle ne parait pas avoir recouvert la tombe 
de ce personnage. 

1. Naturellement il ne s'agit pas ici des tombes de martyrs placées sous les 
autels. 

2. Pages 235, 244, 248, 237, -ilil, 303, 339, 342. Conf. aussià Bénian (p. 177), à 
Matifou (p. 227), à Sétif (p. 256). 

3. Par exemple à Mrakhib Thala (p. 236), à Morsott (p. 234), à Tébessa (p. 268, 
273, 283), à Zraïa (p. 343). 

4. Gsell, Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions, 1898, p. 481-499, 



SÉPULTURES CHRÉTIENNES 413 

en grès poreux, laisse à désirer : les assises manquent de 
régularité ; les blocs, mal ajustés et de grandeurs très diverses, 
sont reliés par un morlier qui s'effrite dès qu'on le touche. Les 
murs extérieurs, épais de 1 '",05-1°', 40, se composent de deux 
rangées de pierres de taille, entre lesquelles sont jetés des 
moellons : c'est le procédé que nous avons constaté dans les 
ouvrages de défense de l'époque byzantine. Le noyau du monu- 
ment est en blocage et en pierres de grand appareil, amonce- 
lées au hasard ; beaucoup d'entre elles sont certainement des 
matériaux d'emprunt. 

La forme de cet édifice est octogonale. Sur chaque face 
(large de 4"°, 30), il y a quatre colonnes engagées, dont les 
chapiteaux sont d'ordre ionique, à grosses volutes et d'un 
aspect massif, fort semblables à ceux que l'on rencontre dans 
les églises chrétiennes de la région, par exemple h Tipasa. Au- 
dessus, régnait un faux étage avec d'autres colonnes engagées, 
également d'ordre ionique. Une porte simulée occupait le miheu 
de chacun des huit côtés. Bases de colonnes, panneaux figu- 
rant les portes, cadres entourant ces panneaux, entablements 
courant au-dessus des colonnes offrent une profusion d'orne- 
ments végétaux et géométriques, exécutés pour la plupart en 
relief plat, selon la techni(pie usitée à l'époque chrétienne. 
Une pierre, qui était sans doute placée entre deux chapiteaux, 
montre un calice flanqué de deux poissons, images dont le 
caractère chrétien n'est guère douteux. Le couronnement con- 
sistait peut-être en une série de gradins. La hauteur totale 
devait atteindre une dizaine de mètres. 

Deux degrés bordent le mausolée au nord, au sud et sans 
doute aussi à l'ouest'. A l'est s'étend une grande plate-forme 
1. Les abords du monument n'ont pas été fouillés de ce côté. 



414 



LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 



en pierres de taille, qui parait avoir été précédée de plusieurs 
marches. 

C'est en avant de cette plate-forme, entre deux petites 
avancées rectan;^ulaires, que se trouve la porte, établie en 




FiG. no. — Mausolée de Blad Guitoun. 



contre-bas ; elle était sans doute masquée par l'escalier dont 
nous venons de parler. Le couloir il'accès, barré par une 
mnrette, n'a que U'",95de large; entièrement recouvert par le 
dallage de la plate-forme, il ne dépassait guère l mètre de 



SEPULTURES CHRETIENNES 



415 



hauteur. Au bout de quelques mètres, il est interrompu par 
une (lalle-}:orte encore intacte, qui, à l'aide d'un levier, pou- 
vait être repoussée dans une coulisse latérale. Puis il débouche 
dans une galerie circulaire, surmontée d'un plafond en pierre 
et haute de 4", 50, qui enveloppe la chambre funéraire, sauf 
au nord-est, où elle est coupée par un épais massif. Au delà, 
le conloir se prolonge en ligne droite et atteint bientôt une 
petite porte, en avant de laquelle on distingue, à droite, un 







» s J > J 



FiG. ni. — Mausolée de Blad Guitoun. 



nuille de lion grossièrement sculpté ; il y avait très probable- 
ment un mufle identique à gauche, mais il n'en reste plus 
aucune trace, la paroi étant endommagée. Une dalle fermait 
la porte ; quand on voulait ouvrir, on la faisait glisser dans une 
coulisse, ménagée à l'intérieur du massif qui barre la galerie. 

La baie franchie, on entrait dans une salle ronde, de S",?,") 
de diamètre et de 3", 05 de hanieuv ?7îa.rima . Le long du mur, 



416 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE 

huit pilastres, coiffés d'impostes qui ressemblent à des troncs 
de pyramide renversés, portent des Idocs creusés en arcade; 
au-dessus, une coupole à encorbellement est constituée par des 
séries superposées d'anneaux en pierres détaille. Cette chambre 
funéraire, violée depuis longtemps, est vide aujourd'hui, mais 
elle contenait vraiseml)lablement un sarcophage chrétien en 
marbre, datant du iv' siècle environ, dont de menus débris ont 
été recueillis dans les fouilles. 

L'âge du mausolée de Blad Guitoun ne peut pas être déter- 
miné d'une manière très précise. Cependant, il est certain qu'il 
fut construit à l'époque chrétienne, entre le iv^et le vi" siècle'. 

Il s'élève dans une région où la civilisation romaine ne 
parait pas s'être fortement implantée, où Ton n'a trouvé qu'un 
très petit nombre d'inscriptions latines, concernant d'ailleurs 
des indigènes. Il n'y a donc pas lieu d'attribuer ce monument 
à un riche Romain ; il est plus proijable qu'il fut bâti par les 
soins d'un prince maure, chef d'une puissante tribu. Sans 
doute, ce roitelet dut fairea})pelà un architecte, à des ouvriers 
de quelque ville du littoral ; mais il ne les laissa pas libres 
d'exécuter une œuvre de style classique, semblable à ces mau- 
solées qui se dressaient autour des cités romaines de l'Afrique 
du Nord. 

On retrouve, en effet, à Blad Guitoun dos aménagements 
qui existent déjà au Tombeau de la Chrétienne, plus ancien de 
quatre ou cinq siècles. C'est la même entrée souterraine h 
l'est, la même plate-forme en avant de l'éditice, à l'est aussi, 
le même système de portes à coulisses, la même galerie circu- 



1. Certains orneinents sculptés sont exactement de même style que ceux 
qui entourent le portail du caslellam de Kaoua (voir tome I, p. 103,. Or ce 
château ne parait guère postérieur au début du v" siècle. 



SÉI'LLTLhCS CHRÉTIENNES 417 

laire ;i riutérieur, le iiiriric décor de fausses portes et de 
colonnes engagées, à chapiteaux ionirpies. Enfin, un détail 
mérite d'être spécialement noté : nous voulons parler du mufle 
de lion taillé dans une pierre. au})rës de la porte qui donne accès 
au caveau; il rappelle le lion et la lionne sculptés au Tom- 
beau de la Chrétienne, sur la paroi de droite du vestibule, au- 
dessus du couloir qui })ermet de pénétrer plus avant. — Il v a 
pourtant entre le mausolée royal et celui de Blad Guitoun de 
grandes différences. Celui-ci se rapproche beaucoup plus que 
l'autre des monuments gréco-romains. Nous avons montré })lus 
haut' que le Tombeau de la Chrétienne est, comme le Médra- 
cen. une construction indigène, un tumulus recouvert d'une 
enveloppe classique. Le cône à gradins en est la partie essen- 
tielle; le cylindre, orné de colonnes, qui le supporte, ne repré- 
sente que la bordure du tumulus. Ici, les parois verticales 
prennent une importance beaucoup plus grande et comportent 
deux étages superposés. Les degrés qui devaient être placés 
au-dessus n'étaient qu'un simple couronnement. La forme 
arromliedu tumulus s'estperdue: le plan est devenu octogonal. 
A l'intérieur des tumulus africaiiis primitifs, il n'y a qu'un simple 
coffre en pierre, dans lequel le mort est déposé; les petits 
caveaux qui occupent le centre du Tombeau de la Chrétienne 
et du }*Iédracen sont sans doute des imitations <le cette case 
exiguë. Ici. la chambre funéraire a d'assez vastes dimen- 
sions: ce n'est plus un réduit, c'est une véritable demeure. Le 
mausolée de Blad Ciuitouu révèle donc l'action do plus en plus 
forte des influences étrangères, sans que pourtant les tradi- 
tions indigènes aient tout ;i fait disparu ■". 

1. Tome I. p. 72. 73; conf. p. 6iS. 

2. Il existe près d'Ammi Moussa, d.ins la vallée du Sensig (département 

II. 27 



418 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE 

Les Djedar ' (c'est-à-dirc les constructions ) sont situés dans 
le département d'Oran, au sud-ouest de Tiaret, presque à la 
limite du Tell et des steppes. Ils se répartissent en deux 
groupes, distants d'environ (3 kilomètres : le premier com- 
prend trois monuments, couronnant des mamelons qui font par- 
tie du petit massif appelé djebel Hadjar; le second en compte 
dix, épars sur la colline de Ternaten. Ces mausolées, qui sont 
plus ou moins ruinés-, furent étudiés en 1875 par Letourneux 
et Mac-Carthy, en 1882 par la Blancliëre. Trois d'entre eux, 
les i)lus importants, ont été ouverts : deux au djebel Hadjar, un 
;i Ternaten. Nous les désignerons par les lettres A, B et C: 
pour A, voir fig. 172, d'après Mac-Cartbv, et jilauche CIA''; 
pour B, fig. 173 et planche CV; pour V, fuj. 174, d'après Mac- 
Cartliy, et planche CVI. 

Tous les Djedar sont des tumulus sur plan carré; ils se com- 
posent d'un >ou))assement et d'une pyramide à gradins. Des 
caveaux funéraires, avec des couloirs d'accès, sont ménagés à 
l'intérieur; le reste du monument est plein. Les dimensions 

frOran), un vaste mausolée octogonal, nommé Ksar et Ghaba. 11 paraît res- 
sembler à celui de Blad Gtiitoun et il est, comme ce dernier, richement décoré 
de sculptures à relief plat. 11 mériterait d'être étudié. Voir De Caussade, 
Mémoires de la Société arclipolof/ique de l'Orléanais, I. ISol, p. 2,")7: La Blan- 
chère, Archives des Missions, :i° série, X, 1883, p. 120, n" 44; Marchand, Bull. 
d'Oran, 189o, p. 211. 

1. Azéma de Montgravier, Revue de bibliographie analytique, V, 1814, p. 182- 
192. De Longpérier, i?eiv<e archéoloçjiqite, I, 1844, p. .563-572. Bernard, Revue 
africaine, 1, 18.56-7, p. 50-2. Bordier, ibid., IX, 1863, p. 476-480. Berbrugger, 
le Tombeau de la Chrétienne, p. 57-64. Brunon, Rec.de Const.,W\, 1873-4, 
p. 306-8. Wagner, Rull. d'Oran, H, 1881-2, p. 128-131. Guénard, ibid., p. 264- 
271. La Blîinchère, Archives des Missions, 3° série, X, p. 77-90, 127-9; pi. IX-XIL 
Méli.v, Bull, de l'Académie d'IIippone, XXIII, 18S8, p. 111-HG. Papier, Comptes 
rendus de V Académie d'Uippone, 1894. p.XI-X\III. Plans inédits do Mac-Carthy 
(utilisés par La Blanchère). 

2. Les mieux conservés à Textéricur sont A et C, où le noyau de la pyra- 
mide subsiste. En B, il ne reste que six ou sept gradins. D'autres Djedar 
ne sont plus que des amas de pierres. 




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SÉPULTURES CIIRÉÏIEXNES 



419 



varient Ijeaucoup : C mesure 48 mètres de long- sur 45 de 
large et il devait atteindre une quarantaine de mètres de hau- 
teur ; Aa34"\60de côté, B33",50; d'autres Djedar29mètres, 
23'",50, 16", 80, lomètres, il mètres, 10°',60, 10 mètres. 




'FiG. 172. — Mausolée indigène (Djedar). 



La construction est partout assez médiocre, un peu plus soi- 
gnée cependant aux mausolées du djebel Hadjar qu'à ceux de 



420 I-l-S MONUMENTS ANTIQIES DE 1. AIJ.EIIII-: 

Ternateu, ({ui j.araissciit être plus i-c'ccnls. Les parois du sou- 
bassemcnl' sout liàties ou Idocs quadi-au^i-ulaires, foruiaut des 
assises dont la régularité n'est pas toujours parfaite ; dans les 
Djedar A et 15, l'assise supérieure est en saillie et sinude une 
corniche. Pour constituer les revMeuients des gradins, on s'est 
servi de })ierres (|ui, })ar suite de lu ilispusilion des lits dans la 
carrière, sedéliitaient d'elles-niênies en dalles plates. Le noyau 
n'est qu'un anioncelleuient de moellons et de cailloux. Enfin, 
les nuu^s des couloirs et des chambres sont en pierres de 
taille, moins l)elles et moins grandes en C qu'en A 
et B. 

Dans ces deux derniers Djedar, beaucouj) de })ierres (hi sou- 
bassement et des caveaux portent des marques de chantier'-', 
consistant en une ou plusieurs lettres latines, d'un aspect déca- 
dent. A l'intérieur de I>, nous avons lu un nom <-omplet : 
laimari. Nous avons noté, dans le même mausolée, une 
marque avec des lettres grecques : vt^E. On a employé aussi 
quelques matériaux provenant de momuuents })lus anciens : en 
A. une inscription funéraire de l'année 466"'; — en (1, un frag- 
ment éjjigrapliique se rap}>(jrtant à Septime-Sévère et \\ ses 
fils ^ ; un chrisme accompagné d'une inscription [^Spes^ m 
I)eo. etc.)''; des débris de colonnes lisses ou cannelées; nue 
clef de voûte avec une croix niono^^rammatique, llanquée de 
l'a et de l'o) '' ; deux bas-reliefs grossiers, représentant des pois- 

1. Ce soubassement est de liauteur varial)le : :3"',:;0 en A. 3 mètres environ 
enB, 2'", 03 en C, 1"".50 et même moins ailleurs. 

2. Pour ces signes, conf. tome 1, p. "2, et tome II, p. 26o. 

3. Comptes l'endiis de l'Académie d'ilippnne, 1893, p. XI, VI ; I8'.)l. 
p. XXXIII. 

4. La Blanclière. /. c. p. 109. 
:;. Bull. Comité, t8'.)9, p. 'i:i9. 

C. Li Dlanchùre, /. c, pi. IX. fig. 2, n" 1. 



SÉPULTURES CHRÉTIENNES 



421 



sons ' et 11 110 ampoule-; une épitaphe chrétienne de l'année 480 
après Jésus-Christ-''. 

En A et en C, les linteaux de certaines portes sont- des 
pierres couvertes de sculptures ornementales à relief plat ; 




FiG. 173. — Mausolée indigène (Djedar). 
(Échelle de 1 350). 

True d'entre elles offre, de plus, une colombe et une lampe 



1. La Blanchére, l. c pL IX, fig 2, n" 2. 

■2. La Blanchére. /. c. pi. IX, fig. 2. n" 3 (c'est une ampoule, et non une 
lampe). 

■3. Bull. Comité, 18:i2, p. 315. 



422 LKS MONUMENTS ANTIQUES DE L ALOKIUE 

(ou un vase)'. Ces pierres ont été ceriainement prises ailleurs-; 
on les a recoupées assez nialadroitenicnt }>our leur donner les 
dimensions conreuahles. 

En avant de la plupart des Djedar. du côté de l'est, se voit 
une sorte de plate-forme rectangulaire-'; on y montait par 
quelques marches. Peut-être y célébrait-on des cérémonies 
funèbres. Ces constructions rappellent les avant-corps dont 
quelques vestiges subsistent à Test du Médracen et du Tomlieau 
de la Chrétienne''. 

L'entrée du moniinient est du même côté, en arrière de la 
plate-forme et au bas de la pyramide. Comme au Médracen, 
elle devait être dissimulée sous les premiers gradins'. Une 
galerie étroite, en penle rapide ou coupée de marches, s'en- 
fonce vers l'intérieur du mausolée. En A, elle était barrée par 
deux fermetures : la première consistant en un ' dalle quadran- 
gulaire que l'on faisait remonter dans une coulisse ménagée 
à travers le plafond, connue les herses du Tombeau de la 
Chrétienne: la seconde, en un disque que l'on repoussait dans 
une coulisse latérale^. En B et en C, il y avait seulement un 
disque. 

Au delà de la galerie, on rencontre des couloirs et des 
caveaux (voir les plans;. Ils sont encore en fort bon état dans 
les trois mausolées qui peuvont être visités. Des portes en 
bois ou des herses en pierre précédaient un certain nombre de 

1. La Blanchère, l. c. pi. IX, fig. 2, n° 11. 

2. La Blanchère {l. c, p. 8o et 86) croit à tort qu"clles ont élé taillées exprès 
pour les deux mausolées. 

3. 11 ne semble pas qu'il y ait eu de plate-forme en avant du mausolée B. 

4. Voir tome I, p. 67 et 11. Gonf. aussi la plate forme du mausolée de Blad 
Guitoun, tome 11, p. 413. 

5. La Blanchère (p. 80, n. 1) suppose que, dans certains Djedar, l'entrée 
était souterraine, comme au Tombeau de la Clirotiennc. 

6. Pour ces disques, conf. plus haut, p. 384, 386. 



SÉPULTURES CHRÉTIENNES 



423 



salles. En A et en B, les plafonds, hauts de 2 mètres-2°\50, 
sont formés de dalles longues et étroites, imitant des poutres. 
Les dispositions intérieures de sont particulièrement 
curieuses. « En avançant tout droit par le couloir d'entrée, on 
« trouve, dit La Blancliëre, trois chambres séparées l'une de 




FiG. 114. — Mausolée indigène (Djedar). 
(Échelle de 1/900.) 



« l'autre par un couloir de quelques mètres. De là première 
« de ces chambres, partent, à droite et à gauche, deux cou- 
ce loirs du même genre, qui conduisent à un second système, 



424 ^ LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉr.IE 

« formé do cinq chambres reliées par «les cuuhjirs, et qui 
;< enveloppe le premier II est envolojjpé lui-même par un 
« troisième système, dont les couloirs d'accès partout du cou- 
« loir d'entrée et qui comprend huit grandes chambres et 
« quatre plus petites aux coins, le tout relié par des couloirs. » 
Les trois salles du milieu sont voûtées eu berceau', ainsi 
que les couloirs intermédiaires'-'; les autres salles sont cou- 
vertes d'un toit en dos d'ànc'', les autres coubiirs ont des 
plafonds horizontaux. 

Dans les deux chambres postérieures du système central, 
les parois étaient revêtues de peintures, dont il ne reste plus 
que quelques lambeaux; cependant, on reconnaît encore un 
personnage qui parait èlre nimbé et qui tient une crosse'*. 

Les Djedar sont vides -^ S'ils avaient contenu des sarco- 
phages en pierre, ceux-ci n'auraient sans doute pas disparu 
complètement, même après de nondjreuses violations. Il est 
donc ])r«)l)able que les morts étaient enfermés dans des cer- 
cueils en bois. 

En général, ces monuments sont bordés d'une étroite ter- 
^•asse^, que soutient un mur bâti selon le système byzantin, 
(c'est-à-dire avec deux parements en ])ierres de taille et des 
/moellons dans l'intervalle. 

De plus, des murs grossiers, en blocs sommairement é(piar- 

1. Elles mesurent environ i mètres de tiaulcur. 

■2. Ces couloirs sont très bas (1"',20 actuellement, mais le sol est un peu 
enterré). 

3. Hauteur 4 mètres au milieu. 

i. La Blanchère (p. 88) indique en outre deux personnages assis, qui 
paraissent converser ensemble. 

."). 11 ne reste qu'une sorte d"augc, de 1 mètre de long surO",(iO de large, dans 
une des salles du mausolée C. 

6. De largeur variable: 8"', 80 en C; 6"'. 80 en A : G mètres, :i'".20. 4 mètres, 
3"',6D, 2", 20 ailleurs. Le mausolée B n'avait pas de terrasse, autant qu'il semble. 



SÉPULTURES CHRÉTIENNES 425 

ris et en iiiuellons, cutoureiit certains Djedar. Ainsi, A est 
enveloppé d'une enceinte qui suit les contours du mamelon'; 
peut-être cet enclos étail-il un jardin. A ïernaten, des murs 
semblables forment des lignes capricieuses autour et dans le 
voisinage des Djedar; il est difficile de dire pour quelle raison 
on les a construits et s'ils sont contemporains des mausolées-. 

Les Djedar datent d'une époque très basse, comme l'attestent 
les matériaux de démolition qui y ont été employés : A est en 
tout cas postérieur à l'année 466, C à l'année 480. A l'entrée 
de B, une grande pierre portait un texte de six lignes, sans 
doute une dédicace. On ne distingue plus que quehpies lettres, 
qui ne donnent aucun sens, mais qui permettent d'affirmer que 
l'inscription était bilingue, latine et grecque. L'emploi du grec, 
que nous avons constaté aussi sur une marque de cliantier du 
même édifice, fait naturellement penser aux Byzantins. Or un 
écrivain musulman, Ibn er Rakik, nous apprend qu'au milieu 
du x" siècle, le calife fatimite El Mansour vit, lors d'une expé- 
dition dans la région de Tiaret. des monuments élevés sur 
trois montagnes (il s'agit des trois Djedar du djebel Hadjar^ : 
'< Ces monuments, en })ieires de taille, présentaient de loin 
« l'aspect de tomlieaux en dos d'àne. Siu* une pierre de ces 
« ruines, il découvrit une inscription qu'on lui interpréta ainsi : 
« Je suis Soleïman le Serdeglios. Les habitants de cette ville 
i< s'étant révoltés, le roi m'envoya contre eux; Dieu m'ayaid 
« permis de les vaincre, j'ai fait élever ce monument pour 
« éterniser mon souvenir 3. » 

La traduction donnée à El ^Mansour est assurément fantai- 

1. Voir le plan publié par La Blanchère, l. c. pi. Xil. 

2. Conf. peut-èlre les traînées de pierres que l'on renconlrc dans des nécro- 
j oies indigènes : tome I, p. 9. 

;5. ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, Iraduction DcSlane, I, p. 234 ; II, p. uiO. 



420 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'alGÉKIE 

siste : les Djedar sont des iuiiilK'aux, et non des monuiuenls 
commémoratifs. Mais, comme il paraît certain qu'une inscri])- 
tiun de l'époque byzantine se lisait sur un des trois mausolées 
du djebel Hadjar, ce fait vient fortilier un peu l'upinion de 
ceux qui pensent que tout n'est pas a rejeter dans le récit 
d'Ibn er Rakik et que le fameux général Solomon (Solomon le 
stratège) était nommé sur la dédicace d'un des Djedar'. 

Évidemment, comme l'a exposé La lUanchère, cet ensemble 
de grands mausolées est l'œuvre d'une dynastie de puissants 
l)rinces indigènes, qui vivaient au vi" et au vu" siècle. 
Peut-être souffraient-ils que l'empereur de Constantino})le les 
considérât comme ses sujets, ou du moins comme ses clients; 
})eut-être rendaient-ils hommage à son représentant en Afrique. 
De fait, ils étaient les maîtres du pays, car la domination 
réelle des Byzantins ne semlde guère avoir dépassé, dans la 
direction de l'ouest, les limites de la Manrétauie SitiHenne-. 

Ces princes se servaient d'ouvriers sachant le latin et même 
le grec : les marques de chantier le prouvent. Ils étaient 
chrétiens : une (dof d'arcade qui porte une croix monogram- 
matique a été encastrée avec soin au-dessus de l'entrée d'une 
des salles centrales du mausolée C; il est certain que des 
païens ne l'auraient pas mise en si lionne place. Les pointures 
de ce tombeau représentaient sans doute des sujets religieux. 

Il n'en est pas moins vrai que les Djedar sont des tumulus 
imUgènes, et non des monuments classiques "^ La civilisation 

1. On a même prétendu avoir retrouvé de nos jours aux Djedar une inscrip- 
tion portant le nom de Solomon [liull. Comilé, 1887, p. loT, n° 6Si: conf. Bas- 
set, Bull, de la Société de f/éo[/rapliie de l'Est, ISS'l, p. 564). C'est là une mys- 
tification : voir La Blanchère. l. c. p. 8'.l. 

2. Voir plus haut, p. 347. 

3. M. Basset [Élude sur la Zenalia de rOi/aisenis, p. 6-7) a signalé dans 
rOuarsenis des monuments qui paraissent être analogues aux Djedar. 



SÉPULTURES CHRÉTIENNES 427 

grcco-romaine, qui avait pénétré en Afri(iue depuis tant de 
siècles, qui y avait brillé d'un si vif éclat, s'était heurtée, sur 
bien des points, à rindiflférence des autochtones ; elle n'avait 
pas eu assez de prestige pour leur faire oublier le passé, pour 
modifier entièrement leurs mœurs. 



FIN 



ADDITIONS ET CORRECTIONS 



TOMK PRKMIEII 



Page 3, in fine. — M. Kobert a fait irceiiimeiU des fouilles intéres- 
santes dans la grotte de Bon Zabaouine, près d'Aïn Mlila, dans le 
déparlement de Constantine. Voir Recueil de Constautinc, XXXIV, 1900, 
p. 19D seq. ''où. Tauteur parle aussi d'autres grolles de la m(''nie 
région . 

P. ;■), n. 1. — Refuges indigènes de la région d'Ain Mlila, signalés [lar 
M. Maumené, Revue archéologique, i'.lOI, II, p. 33-3 k 

P. U-l-i, n. 3. — Sur les dolmens du Portas ot du djebel (iuérioun 
(région d'Aïn Mlila', voir Maumené, /. c, p. '21 seq. 

P. 13, n. 2. - Cromlechs de la région de Sélif. Ajouler .laci|unt, 
Rec. de Const., XXXIV, 1900, p. 122 seq. 

P. 20 seq. — Sur la nécropole indigène de Sigus, voir Maumené, /. c, 
p. 20-28. Contrairement à ce (jm- dit cet auteur, les deux pierres por- 
tant des inscriptions latines !rf. à la p. 30 de notre tcxtei n'étaient pas 
employées comme matéMiaux dans des dolmens. 

P. 40, n. 1. — M. .lacquot signale aussi des cellules funéraires, 
creusées dans des blocs de rocher, à Ben ^'ïhya, à l'ouest de Constan- 
tine (Rcc. de Const., XXXIV, t900,p. 132-133; cf. Delamare, Exploratiim, 
pi. 63, flg. 0-121. 

P. 41. — Sur les gravures rupestres du Sud Oranais, voir ciicore 
Revue de r École d'nnthropoloçjie, X, 1900, p. 2o9-263, 280-287, 398-399; 
Maumené, Bull. Comité, 1901, p. 299-307. — A l'entrée d'une des 
chambres de la grotte de Bou Zabaouine (près d'Aïn Mlila, dans le 
département de Conslantine\ M. Robert a découvert une gravure 
représentant un homme qui tient une lance ; deux personnages sont 
aussi gravés à l'entrée d'une des grottes de Dekhlet Ziloune, dans la 
même région (Rec. de Const., XXXIV, 1900, p. 212 et p. 232). 

P. O;'), n. 1. — Sur le Médiaccn, voir encore Maumené, Revue archéo- 
logique, 1901, II, flg. aux p. 24 et 2o. 

P. 69, 1. i;j. — An lieu de Tombeau de Chrclicnne, lire Tonihrau de la 
Chrétienne. 



i:]0 



ADDITIONS ET CORRECTIONS 



P. 7(1. — Sur le camp primitif de I.ambèse, voir (isell, Bull. Comité, 
1901, p. 320-32;{. 

P. 80, 1. 17. — II faut noter cependant que la voie se dirigeant du 
nord au sud esl coupée par les scholae : voir le plan, p. 78, fiij. 22. 

P. 83, 1. 6. — Des fouilles récentes ont confirmé cette liypolhèse. 

P. 224, en bas. — Sur les grands thermes du Nord à Tiingad, voir 
Cagnat, Comptes rendus de F Académie des Inscriptions, 1901, p. 254. — 
— On vient de découviir d'autres tliermes à Timgad, doirirre le 
théâtre. 

P. 241. — Ajouter des piscines creusées dans le roc à rJaàla, à 
l'ouest de Conslantine: Delamare, £0,73/0?'., pi. (iO, fig. 4; [d. (il et 02; 
.lacquot, Rec. de Const., XXXIV, 1901, p. 134-130. 



TOME SECOND 

P. 30, n. 1. — Pour des ruines de fermes anti(|ues que l'on ren- 
contre dans la région d'Ain Mlila, voir Maumené, Revue archéoiO(jique, 
1901, II, p. 31. 

P. 282. — Nous donnonsici la figure 13o, qui a été omise par suite 
d'une erreur dans la mise en pages. 




Fig. 13'3. — Basilique de Tébessa. Baptistère. 



1*. 396 (cf. p. 183-4). — M. Jacquetton vient d'explorer celte cata- 



ADDITIONS ET CORRECTIONS 



431 



combe de Kherbet Rou Addoufen. La galerie n'a que 15°^, 60 de long; 
on y compte 42 loculL II y a une autre galerie souterraine, plus vaste, 
au même endroit: un seul loculua y a été creusé. 

P. 42:;, 1. 10. — L'emplacement de cette inscription est indiqué 
par la lettre A sur le plan [kj. 173 (p. i2l). 



NEW YORK UNlvERSiTY 

ISSÎlT"iiïï Gf flNE m 
. LIBRARY • 



INDEX T0P0GHA141I0UE 



>'i>TA. — [,es cliilTrcs iinpiimés en italiques se rapportent au second 
volume. 

Les noms géograpliiques formés de plusieurs mots, dont le premier est 
soit Henchir (c'est-à-dire ruine], soit Khcrbet (même signilication), 
soit E/ (article sont rangés dnns la lettre pai- laquelle commence le 
mot suivant : i)ar exemple, pour Henchir Abdallalt, V(rir Ahilalluli 
[Hencinr] ; pour El Kanlari, voir Kuntara [El]; etc. 



AiiDALLAii rHE.NGiiiii . Sauc tuai Te cli ré- 
tien, 157 . 

AciiiR [Kherbei;;. Foiteresse., 317. 

Ad Maiores. Voir Dcsscriani. 

Au Perdices. \o'\v Iliimiet El.. 

Ad Pisc.i.NAii. Voii- Hammam S'tlaliliin. 

Ad.ied.1 lHem.:h:h!. Eglise, 157. 

Agie.mmoux Olrekkau. Mausolées, 50. 
Chapelle chrétienne. 157. 

Aï.N Beïda. firolles piès cV — , 4. 
Dolmens près d" — , 12, '.]'t. 

Aï.v Djedied. Canaux iTin igalion, 35. 

Aï.N EL Bev. Cimetière indigène, 24. 

Ain EL BouDJ (Timsis . Encomte 
byzantine, 3G2. 

Aï.N Fakrou.n. Fenêtre d'autel, 1 15. 

AïN OnoRAR. Eglise, 15'J. 

Aï.N MÉiaiiRA. Tumulus, 10. Crom- 
lechs, 13. Conduite d'eau, 35. 

AïN Mlila. Dolmens |)rès d' — , 11. 

Aïx MriucHOU. Canal d'irrigation, 57. 



Aïx SEGUErn. Sanctuaire chrétien, 

160. 
Aïx TA.MDA. Eglise, IGO. 
Aïx TÉMOi'ciiE.XT (près de Sétif . yiu- 

saïque, lUl. 
Aïx TÉMiirciiEXT ' Aliîulae). Conduite 

d'rau, 35. Tombes chrétiennes, 

405. 
Aïx TorKRiA I CoLi M.XATA ? '. Theruies, 

■2.\G. Sépultures, 4L 
Ais TniK. Sanctuaire clirétien. ICI. 
Aïx ZiuAiiA. Eglise, 161. 
Aïoix nEuiMCH. Sanctuaire chiétii'ii, 

164. 
Aïorx Besse.m. Enceinte lomaine, O'J. 
Akbia [El]. Mosaïque, 106. 
AKRor DE l'oied Sahel. Mausolée, 

58, 62. 
Akiîol' des Aït rou Maiidi. Mausolée, 

60. 
Ala Miliaria. Voir Bciiian. 



1. Il ne nous a pas paru n(''ces-;;ilre de joindre à cet index unf carte (|ui, 
pour être complète, aurait dû dépasser de beaucoup le format in-S°. Dans le 
texte de cet ouvrage, nous avons eu soin d'indiquer la position des localités 
peu connues par rapport à des lieux plus importants. Consulter, soit les caries 
insérées dans le tome Ylll ilu Corpus inscriptianuin latinariim, soit une carte 
de l'Algérie actuelle (par exemple, celle qui ligure dans VAllas i/énérdl de 
Vidal-Lablache. pi. 81"-81''). 



INDEX TOPOGRAriHoLE 



433 



Albulai:. Voir Aht Tcmouchciit. 
Ali;i;r Icosiu.m . lùiCfinte ro- 
maine, lUO. l*iélendutli(iùtre, 201. 
Thermes C?), 201, 228. Rues dal- 
lées, 1. Sépultures individuelles, 
^i?, -d3. Caveaux funéraires, 53. 
•Mausolée, 60. Mosaïque, 102. 
Cancel chréLien, ./-i?. Eglise, i64. 
Altava. Voir Lamorlciére. 
Amoira (SiTASAR . Tliermes, 229. 

Aqueduc, 2;)7. Citernes, 261. 

Tables funéraires, 48. 
A.N.NOu.NA TiiiBiLis . Huiues romalucs, 

119. Forum, basilique, 127. 

Temple, i:i2. Arcs, l.'iS, 167, 172. 

-Marclié "?;, 208. Fontaine, 246. 

J[aison, 2J. Sanctuaires chrétiens, 

105. Fortin, refuge et enceinte 

de basse époque, .V5/, 393. 
AouRiR LHENCiiur. Eglise, 170. 
AouAE Caesaris. Voir Youks. 
AgCAE Calidae. Voir Hammam Hii/Jui. 
AuuAS Flavianae. Voii- Hammam ET. 
AnUAE 1Ieri:li,is. Voir Hammam Sidi 

cl Hadj. 
AoLAE SiRExsEs. Voir Hammam Bou 

Hancfta. 
AnuAE Thiriliia.nai:. Voir Hammam 

ilcsliouliiic. 
Arbal (Re(jiae). Refuge près d' — , ">. 

Chapelle chrétienne, 170. 
Ahsacal. Voir Goulca Eh. 
AscouRS. Fortin, 38G. 
Atecii [Henchir el]. Sanctuaires 

chrétiens, 170. 
Ar.MALE I ArziA'. Tuniulus près d" — , 

10. Cromlechs près d' — , 13. Rera- 

pait romain, 9o. Rostres (?), 129. 

Temple, io3. Cirque, 205. Marché, 

210. Mosaïques, 102. 
AcRh:s. Refuges dans V — , '.'). ("bou- 
che t, 12. 
Auzrv. Voir Aumale. 
AzEFFOUN RusAzu?j. Temple ? , lo3. 

Thermes, 229. Aqueduc, 2o7. 
AzREG lHe.xcuir EL]. Eglises, 172. 
Ba(;ai. Voir Baraï. 
Baraï Bai'.ai . Monumenischrétiens, 

173. Place forte byzantine, 357. 
Bat.na. Tumulus dans la région de 

— , IJ. Dolmens, 12. Cromlechs, J3. 



Begueur : IlE.xcniR el]. Eglise, 173. 
Bel Imolr. Voir Zcmbia i Khcrhel). 
Be.\[ Messous. Cimetière indigène, 

13. 
Béma. Forteresse, 86. 
BÉ.viAX Ala Miliaria}. Castcllum ro- 
main, 87. Mausolée, 62. Eglise, 
175. 
Bescera. Voir Biskra. 
Besseriam Ad Maiores . Castcllum 

romain, 86. Arcs, 172. 
Bev : Renchir el]. Sauctuairc chré- 
tien, 179. 
BiAR EL Kherba. Eglise, 179. 
BiAR IIaddada. Sanctuaire chrétien, 

180. 
BiAR Olled Atma.ve. Sanctuaire chré- 
tien, 181. 
BiR BE.\ ZiREG. Eglise, 181. 
BiR IXiEDiD. Eglise, 181. 
B[R EL Ariod. Chapelle cîirétienne, 

182. 
B[R EL IIenchir. Chapelle clirélienne, 

182. 
BiR Fr\d.i. Chapelle chrétienne, 

182. 
BiR SoAOU.N. Huilerie, 30. 
BtsKRA (Bescera I. Tumulus au S. 0. 
de — ,11. Thermes, 229. Jarres 
funéraires, 44. 
Blad Guitol.x. .^fausolée, 412. 
BooHAR. Tumulus dans la région de 

— , 10. Cromlechs, 13. 
Bô.NE. Dolmens dans la région de 

-, 12. 
BoRiJ.i .Mknaïel. Forteresse près de 
— , 89. Fosses dans le roc près 
de -,41. 
BuRDj R'dir. Mausolée, 63. .Mosaïque, 

102. 
BoRDJ Steh. Eglise, 183. 
Bou Addoleen , KiierbeTj. Sanctuaires 
chrétiens, 183. Catacombes, 396. 
Bou Alem. Gravures rupostres, 46. 
Bou Ghadai.ve 'He.nciiir'. Eglise, 185. 
Bou Hadjar. Tombes dans le roc, 40, 

50. 
Boti NouARA. Cimetière indigène, 

23. 
Bou Takremaïî;.ne Henchir]. Eglises, 
186. 



II. 



28 



43 1 



INDEX TOPOGRAPIllQUE 



Bougie (Saldae). Dolmens jurs de 
— , 12. Knceinle roinaine, 100. 
Forum, 120. l'orle non loiiiainei, 
172. Prétendu théùlre ou amplii- 
théàtre, 204. Cirque, 205. Thermes, 
229. Aqueduc, 249. Citernes, 201, 
270. Port, 13. Sépultures indivi- 
duelles, 40, 41, 47. Mosaïques 
102. 

Caesare.v. Voir Chcrchel. 

Calama. Voir Guclina. 

Calceus HicncuLis. Voir K^n^ara l'E/). 

Cankoiîert. Voir Oiim el Bouaçihi. 

Cahte.nxa. Voir Téucs. 

Casïellu.m Eleimia.xtum. Voir Rouf- 
fa ch. 

(]astellum ïi.\i;ita.\um. Voir (JrléuHS- 
ville. 

(I\sTiGLio.\E. Eglise, 187. 

Celtiane. Voir Meraha [El). 

CÉuEz. Voir Zemhin (Kherhet). 

Chaisa Naï.ma. Gravures rupeslres, 
48. 

Chabet Meuaboliah. Sanctuaire chré- 
tien, 1H9. 

CiiÉMORRA. Chapelle chiétienne, 190. 

CiiÉRACA. Jarres funéraires, 44. 

CiiERCHEL (Caesarea). Euceinte ro- 
maine, 100. Ruines romaines, 111. 
Temples, lîi2, 15.1. Théâtre, 199. 
Amphithéâtre, 20;]. Cirque, 204. 
Stade (?j, 205. Thermes, 212. 
Aqueduc, 248. Citernes, 279. Ré- 
servoir, 280. Rue dallée, /. Ports, 
12. Maison. 22. Sépultures indi- 
viduelles, 41, 43, 41, 45, 47, 4S. 
Caveaux funéraires, 50, 52. Mau- 
solées, 5S, 63. Mosaïques, 103. 
110. Peintuies, 111. Sanctuaires 
clirétiens, 190. Cimetières chré- 
tiens, 397, 398, 400, 405, 400. 

CiiOBA. Voir Ziama. 

CiiuLLu. Voir Colla. 

Cirïa. Voir Constantine. 

Ciss(. Voir Dclhjs. 

("oiiORS Brkiicorum. Voir Tnçiremarcl. 

CciLLO l'CiiiLLu;. Dolmens près 
de — , 12. Tombe dans le roc, près 
de—, 40. Tombeaux puni(iues, 56. 
Citerne, 2G2. Sépultures indivi- 
duelles, 43. 



CoLUMNATA. Voir Ain Toukrid. 

COXSTAXTINE (ClIîTA, puis (](l.\STAN- 

Ti.\A . Tumulus près d(; — , 10. 
Dolmens près de — , 12, 33. Mo- 
numents gréco-puniques, 61. En- 
ceinte, 90. Ruines romaines, 108. 
Forum, 129. Temples, 152. Arcs, 
16i, 179, 185. Théàti-e, 200. Am- 
phithéâtre, 200, 204. Cirque (?), 
204. Salle de spectacles (?j. 205. 
Thermes, 229, 2'tO. Aqueducs, 
252. Citernes, 201, 260. Piscine, 
281. Rue dallée, 1. Ponts, 5. 
Villa, 28. Barrage, 34. Si'pultures 
individuelles, 5^,40,4(5, 47 . Hypo- 
gée de Praecilius, 54. Mosaïques, 
104. Peintures, 111. Sanctuaires 
chrétiens, 191. Enceinte byzan- 
tine, 3G.5. Cimetière chrétien, ^57. 

{^LiciL. Voir Djcmila. 

Dalaa. Reliquaire, 145. 

Dellys (Cissi?). Enceinte romaine, 
100. Thermes, 230. Citernes, 278. 
Fosses funéraires, 4.'. Caveau fu- 
néraire, 52. Mosaïque, 105. 

DrANA VKTERANORUM. Voir Zand. 

Djardia [He.nchh^j. Chapelle chré- 
tienne, 194. 

D.IEREL D.iAEKA. Chapelle, 194. Ca- 
tacombe, 396'. 

D.IEBEL Mauissekat. Gravure rus- 
pestre, 45. 

D-iKHEL Meiimkl. Mausoléc, 03. 

Djebel Meraii. Dolmens, 12. 

Djebel Troibia. Mausolée, G4. 

Djedai!. Mausolt''es, 418. 

Djelea. Tumulus près de — , 10. 
Cimetière indigène, 13. 

Djemila (Cuicul). Ruines romaines, 
116. Forum, 125. Temples, 146. 
Arc, 167. Théâtre, 186. Thermes, 
230. Fontaine, 245. Maison, 21. 
Sarcophage, 42. Mausolée, 64. 
Eglise, 194. 

Djidjelli Icilcili'. Tumulus près 
de — , 10. Dolmens près de — , 
12, 33, Chouchet près de — , 13. 
Tombeaux de type punique, 60. 
Thermes, 230. Sépultures, 40. Mo- 
saïques, 105 

Dra Zeg et Ter. Caveaux, 50, 58. 



liNDEX ÏOPOGRAPIIIQUE 



435 



DcPF.RRK i'OppiDu.M Novu.m). Pont, 11. 
Caisson fiiiKMaire à gradins, 47. 

Fedj Souioud ;Vataiu?i Forteresse, 
383. 

Fedjet EL Guouss.v. Monument funé- 
raire, !')5. 

Fesdis. Voir Ksour cl Ghcnnaïa. 

FoRTAS. Dolmens, 12. 

Fouji KsANTixA. DéTilé, 10, 3.5.9. 

FuAï.M [KherbetJ. Eglises, 107. 

Gadiaukala. Voir Ksar Sbchi. 

(lAGA. Temple, loi. Forteresse, 384. 

Gasïal. Tombes dans le roc, 36. 
Pont, ,9. Forteresse byzantine, ^C^*. 

(jorçAT [HE.\i:niR\ Curie, 121». Arcs, 
i~r2. 

GouÉA. Castellum et chapelle, 198. 

Gouléa [El] (Arsacal). Arc. 172. 

GouNTAS [Henchir]. Eglise, WU. 

GouRAÏ [Henciuk"!. Cliapelle ciiré- 
tienne, SOU. 

GouRAVA (Gu.Nur.u). Tombeaux pu- 
niques, î)6. Thermes, 230. Aque- 
duc, 2:57. Citernes, 262, 279. Port, 
14. 

GuEBAR Rechim. Gravures rupestres, 
46. 

GuELAA SiDi Yaiilv. Forteressc by- 
zantine, 577. 

GuELAAï Bou Atfa.xe. Cimetière in- 
digène, 33. Chapiteau punique, 
61. Sépultures, 50, 52. Fortins, 
385, 380. 

(irELLiL [HenchiRj. Chapelle chré- 
tienne, ^00. 

GuELMA (Cala.ma). Dolmens dans la 
région de — , 12. Tombeaux dans 
le roc, 60. Enceinte romaine, DO. 
Forum, 129. Théâtre, 194. Am- 
phithéâtre ("?), 204. Thermes, 227, 
230. Fontaine, 24">. Aqueducs, 
238. Citernes, 261, 280. Monu- 
ments chrétiens, 201. Enceinte 
byzantine, 304. 

GuELT ES Stel. Tuniulus, 10. 

GuERGOUR. Mausolée, .05. 

GuESSERiA [Henchir]. EgUse, 202. 

Guesseria [He.nchir el]. Eglise, 204. 

Guessès [He.nchir]. Chapelle chré- 
tienne, 205. Enceinte byzantine, 
55^. 



Guid.iel. Fortin, 380. 

GciDRA [Kherheï] (Sektei). Temple, 
154. Eglise, 205. 

GuNLor. Voir Gouraya. 

(jUyot VILLE. Grotte, i. 

Hadj EL Hai).j. Mausolée, 05. 

Hamacma [Hea'Cuir]. Voir Gaija. 

Hamiet [El] (Ad Perdices). Eglises, 
208. 

IIam.mam [El] (Aquae Flavlvnae). 
Etablissement thermal, 23ô. 

Hammam [Henchuî el] (région de 
Guelma). Piscines, 2il. Mausolée, 
6'.5. Eglise et chapelle, 209. 

Hammam [HEN(;inR el] là l'ouest de 
Balna). Mausolée, 6'7. 

Hammam Berda. Piscine, 240. 

Hammam Bou Ham';fla (Aquae Si- 
RE.xsEsi. Enceinte, 91. Sources 
thermales, 241. 

Hammam Meseouïlne (Aquae Tluiîili- 
tanae). Chapiteau punique, 61. 
Amphithéâtre ("?), 20 i. Piscines, 
239. Foilin, 380. 

Hammam Higha (.Vquas Calidae). 
Enceinte romaine, 100. Piscines . 
239. Eglise, 211. 

Hammam Salajuu.n (Ad Pisclvam]. Pis- 
cine, 240. 

Hammam Sn)i el Had.i (.\quae Her- 
cuLis;. Piscine, 241. 

Hassnaoua. Eglise, 2/1. 

Hippo.NE (Hh'po Regius). Mur phéni- 
cien, 55. Théâtre (?), 200. 
Amphithéâtre (?), 204. Thermes, 
230. Aqueduc, 254. Citernes, 263. 
Pont, 10. Maison, 22. Mosaïques, 
106. Monastères et hospice, 151. 
Sanctuaires chrétiens, 212. 

HoDXA. Tumulus, 10. ClHUichet, 12. 
Voie romaine, 2. Travaux iiydrau- 
liques, 34. 

IcuouEKA.x. Ville et cimetière indi- 
gènes, 16. 

IcosiuM. Voir Alger. 

Igilgili. Voir DjidjeUi. 

Kabylie. Grottes, 4. Bofuges, 
Dolmens, H. Cromlechs, 13. Gra- 
vures rupestres, 41. 

Kalaa (au sud de Bordj bou Aré- 
ridj). Eglise, 114. 



430 



INDEX TOPOGr.AI'lIIOIE 



Kalaa ithins le Déilirai. Tombeaux 
dans le roc, (10. Enceinte ro- 
maine, 96. Citernes, 261. Sépul- 
tures, 4/, 47, 52. 

KANTAnA i El] (Calchus Heuculis). 
Pont, 7. 

Kaoua. Casicllitm, 102, 23. 

Kasroi:. Bassins, 5.5. 

Kbour RoiMiA. Voir Tombeau de la 
Clarliomc. 

KKlilHA [KllERIÎKï ELJ. EglisO, 21^. 

Kef Bezioun (Zattaua). Forum, 120. 

Enceinte byzantine, 391. 
Kef lùiEnnAz. Ilcfuge, 304. 
Kef Messioiei!. Gravure rupestre, 

47. 
Kiialfou.n. Thermes, 231. 

KhAMISSA (ThUBUIïSICLM .NuMIDAlilM '. 

Sépultures, 3i. Temple d'arclii- 
tccture puni(iue, 61. liuines ro- 
maines, 117. Arcs, i:')6, 174. 
Théâtre, 189. Thermes, 231. Nym- 
pbée (?!, 243. Aqueduc, 23."). Sé- 
]iultures individuelles, 40, 41,42, 
40. Caveaux funéraires, 50, 52, 
53. Mausolées, 67.Cliapelle chré- 
tienne, 214. Fortins, 5(S' 7. liefuge, 
389. 

Kua.nt.uet EL IlAruAit. Giavures ru- 
pestres,47. 

Kheïrane. Mausolées, 56, 08. 

Khe.nchela (Mascula). Grotte près de 
— , 4. Dolmens près de —, 12, 
34. Cromlechs [irès de — , 13. 
Piscine, 281. Mausolée, 00. 

Kheneg (Tiddi). Cimetière indigène, 
32. Citernes, 261. Barrage, 5-^. 

Kherba (Tigava). Thermes, 231. 
Aqueduc, 258. Eglise, 210. 

KinîRiiA (près de Duperré). Cha- 
pelle chrétienne, 210. 

KuKOUB. Voir Sotiina. 

KissA. Tombes dans le roc, 39. Arc\ 
1.37. Mausolée, 00. Refuge et for- 
tin, 390. 

KoBR BouMiA. Mausolée, 60. 

KsAK At.mane. Befuge, 303. 

KsAR Barai. Voir liara'i. 

KsAR Bellezma. Forteresse byzan- 
tine, 373. 

Ksar Cdebel. Fort ron:ain, 89. 



K^AK EL All.MAR là l\'St (Ic MduOU- 

rouch). Mausolée, 70. 

KsAR EL AiiMAit (près d'Ain Beïda). 
Arcs, 185. Bassin, 2i6. Aqueduc, 
238. Fortin byzantin, 351. 

KsAR EL AujLvn (près de Géryville). 
Gravures rupestres, 43. 

KsAR EL GiiABA. Mausolée, 418. 

K-^Au GuiRAï. Fortin, 380. 

Ksar Kerboich. Fort romain, 89. 

KsAR Mahid.iiba. Tem]de, 130. 

Ksar Mi:ii.iAiint\A. Mausolée, 73. 

Ksar mta be.nt es Solta.n. Fort ro- 
main, 89. 

Ksar Sbéiii (CjAdiaufala '. Foileresse 
romaine, 89. Eglise, 217. Forte- 
resse byzantine, 56"5. Tombe chré- 
tienne, 404. 

KsAi! Ta LA. Eglise, 217 . 

Ksar Tkbinkt. Fort romain, 89. Hui- 
lerie, 31. iMausolée, 70. 

Ksar Tknackft. Mausolée, 72. 

KsARL\. Voir Ksar Mcdjaliouna. 

KsoLR [Hem;iiir el^^. Chapelle chré- 
tienne, 217, 410. 

KsovR EL tinE.x.NAïA OU Fesdis. Mau- 
solées, 73. Cancel chrétien, 147. 

Fa Calle. Dolmens près de —, 12, 
3i-. Fosses funéraires près de — , 
40. 

Eagiioiat. Tumulus près de — , 11. 

Falla Mar.nlv (Ni'MEhus Svrorum). 
Camp romain, 86. 

Famasba. Voir Mcrouuna (HcnchirK 

LAMBÎîSiï (La.mbaesis). Camps de — , 
76. Ruines de la ville romaine, 
113. Forum, 128. Temples, 140, 
132, 154. Arcs, 159, 160, 176, 185. 
Amphithéâtre, 202. Marché, 210. 
Thermes, 218. Xymphée, 242. Bas- 
sin, 216. Aqueducs, 235. Pont (?), 
11. Sépultures individuelles, 40, 
40, 47, 48. Mausolées, 74. Mo- 
saïques, 100. Peintures, 111. 
Sanctuaires chrétiens, 210. Cime- 
tière chrétien (?), 400. 

Lamriridi. Voir Oulcd Arif [lihcrhct). 

Lami(;(jIga. Voir Scriana. 

LAMdRiciiuiE I Altava). Camp romain, 
86. 

Lamsorum. Voir Maf'ouna {Hcncldr). 



INDEX TOPOGRAPIIIQUE 



437 



Lecourbk. Voir Uukd Ai/la. 

Lejiellef. Voir Zcmhia (lihcihct). 

Lucu. Voir Tinizioultte. 

Ma EL Abiod [KuEiiUET el]. Siinc- 
tuaire chrétien, 22J. 

Macomades. Voir Mrahliih Thala. 

Madauri. Voir Mdaoaroiich. 

MAFor.xA [IlKNcnm] (Laiisdrt'Jm). 
Eglise, S2I. 

Mauder \E].] iCasaei. Forlins, 3<S6, 
388. 

Maiiiadia rHENciiin]. SancUiaire chré- 
tien, SSL 

Mahrab [KiiERBET el|. Eglise, SSJ. 

Marcou.na (Veuecu.nda'i. Arcs, lo8, 
165. 

Ma.scula. Voir Khcnchcla. 

Mat;fou (HusGr.NiAE). Thermes, 232. 
Mosaïque, J07. Eglise, S2S. 

Mdaolikiicu iMadauri). Prétendus 
cromlechs, 1.3. Huines romaines, 
120. Eorum, 129. Tom|)le, i;>2. 
Thermes, 232. Sépullnres indi- 
viduelles, 4S, -JS. Caveau.x l'nné- 
raires, 49. Mausolée, 77. Eglise, 
SS7. Forteresse byzantine, 378. 

MÉcHEFiA Sfa. Cimetière, 34. 

MÉCHiRA. Chapelles chrétiennes, i'2<9. 

Meciita EL BiR. Sanctuaire chrétien, 

^ -i. O . 

Mechta Neiiar. Arc, 172. 

Mechta S{ Salah. Eglise, SS!K 

Médinat Achelae. .Mausolée, 78. 

MÉojîACE.x. Mausolée royal, 65. 

Megroln [Hencuir]. Sanctuaire chré- 
tien, S29. 

Megsmeïa. Eglise, S30. 

Merar\ [El] (Geltiane). Forum, 128. 

Merouana [Hencuir] (Eamasra). Rè- 
glement d'eau, 35. 

Mertolm [He.nchir]. Eglise, S30. 

Mesklvna. Tumulus, 6, 11. 

Mesloug. Sanctuaire chrétien, S30. 

Mc.HOTï [Hencuir]. Fort romain, 80. 

Mila (.Milevim]. Sanctuaires chré- 
tiens, 231. Enceinte hvzantine, 
305. 

MiLEN [Hencuir]. Eglise, 231. 

MrLEVLM. Voir hliUt. 

Millvna (Zicchahar). Conduite d'eau 
3.5. Tables funéraires, 48. 



MoGHAR ET Tatiianf. Gravurcs ru- 
pestres, 43. 

.VloNs. Mausolées, 79. Forteressrî 
byzantine, 3GS. 

MoRSDTT. Arc, 171. Thermes, 232. 
Sépultures romaines, 45. Mauso- 
lées, 81. Eglises, S3Î. 

MorzA'iAviLLE. Eglise, 235. 

.Mrakihr Tuala (Macomades?). Mo- 
saïijues, 107. Eglise, 235. 

.\ador. Caslcllum,\00. 23. 

Naraggaka. Voir Sldl Youccf. 

NovAR... Voir Sill('!/uc. 

.XiMERis SvRORiM.Vùir L'tllaMariiiu. 

Oi'PiDiwi NoviM. Voir Dupcrrc. 

Orax. Grottes, 2, 3. 

Orléansville{ Caste LLU.MTiNGrrANU.M). 
Bains, 16. Mosaïque, lOS. Eglise, 
23G. Tombes chrétiennes, 406, 
411 

Ol'azen [Hencuir]. Eglise, 241. 

OuDJEL (UzELis). Arc, 172. Sépul- 
tures romaines, 47. 

Oued Amiminf.. Piscines, 2i!. 

Oued Atméxlu Thermes de Pom- 
peianus, 23, 108. 

Oued Damol's. Sépulture romaine, -iJ. 

Oued Dj.'îdi. Barrage, 35. .larres fu- 
néraires, 41. 

Oled Djer.mane. .Mausolées, 82. 

Oi:ed Fender. Sanctuaire chré- 
tien (•?), 342. 

OiED .Méboudja. Pont, .9. 

OrED OuERo. Forteresse, 86. 

Oced Riou. Refuges dans la vallér 
de r — , 5. Dolmens, 11. 

Ol'ed R'zel. Chapelle, 243. 

Oued Smar el Houd. Pont, //. 

Oued Tenoukla. Pont, 11. 

OuLED Agla ^EyuiZKTU.\r?). Mosaïque, 
lOS. Eglise, S 14. 

OULED ArIF [KllERBEl] ( LaMBIRIDI). 

Arc, 172. Eglise, 244. Refuge et 

fortin, 391. 
OuLED Fayet. Dolmens, H. 
OuLED MÉRiEM. Mausolée, 83. Eglise, 

24.-. 
OuLED Sassi [Kherbet]. Eglisc, 245. 
OuLED Selama. Mausolée, 83. 
OuM EL .\ber. Sanctuaire chrétien, 

245. 



438 



INDEX TOPOGRAPIIIQUE 



Ou.M EL AiiDAM [Kherbetj. Saiicluaire 
chrétien, 245. 

OcM EL Bol-a(;hi. Sanctuaire chré- 
tien 1,?), 246. 

OuMTALA [IIenchih]. Mausolée, 84. 

OuRLAL. Camp romain, 80. 

OusFANE [KiiERBET EL^. Eglise, 246. 

OuTAÏA [El]. Amphithéâtre, 204. 

Pasteur. Voir Séviana. 

Périgotville (Satakis). Thermes, 
232. Aqueduc, 258. Eglise, 247. 

Pescade [pointe]. Grotte, 2. 

PniLii'PEviLLE (Rusicade). ChapiLeau 
punique, 56. Tombe punique, 59. 
Ruines.romaines, 108. Forum, 129. 
Temples, 153, 154. Théâtre, 192. 
Amphithéâtre, 201. Thermes, 232. 
Fontaine, 245. Aqueducs, 253. Ci- 
ternes, 260, 272. Ponts, il. Mai- 
son, 22. Villa, 28. Sépultures 
individuelles, 42, 45, 47. Caveaux 
funéraires, 52. Mausolées, 58, 84. 
Mosaïque, 108. Eglise, 248. 

PoMARL^. Voir TU'inccm. 

Pont-du-Chélif (Quiza). Arcs, 185. 
Jlosaïque chrétienne, -^06, 411. 

Port Gceïdon. Voir Azeff'oun. 

Portus Magnus. Voir SairU-Lcu. 

Quiza. Voir Pont-du-Chclif. 

Rapidum. Voir Sour Djoitnb. 

R'ar Brid. Hypogée, 249. 

Ras EL Aï.\ bou Merzoug. Cimetière 
indigène, 25. 

Ras EL Oled (Thamalla). Tahie fu- 
néraire, 48. Forteresse byzan- 
tine, 375. 

Reglve. Voir Arbal. 

Reliza.ne. Eglise, 250. 

Renault. Cha[iell(; chrétienne, 251. 

Renier. Caveau funéraire, 52. 

Resdis [Henciiir]. Eglise, 251. 

RoKiNL\. Cimetière indigène, 18. 
Tombes dans le roc, 38. 

RouFi-Acii (Castellum Elei'iiaxtum). 
Chapelle chrétienne, 251. 

RusAzu. Voir Azeff'oun. 

Rusgumae. Voir Malifou. 

Rusicade. Voir l'hilippeville. 

RusuccuRU. Voir Takfscbt. 

Saatoud [IIencuir]. Chapelle chré- 
lienne, 251. 



Saïda. Grottes, 1, 4. Refuges d;ins 
la région de — , 5. Dolmens, 11. 

Sai.\t-Leu iPiirtus Magnus;. Emjda- 
cement probableduforum, p. 128. 
Thermes, 233, Citernes, 261, 262. 
Maisons, 17. Table funéi'aire, 48. 
Mosaïques, 109. 

Saldae. Voir Bougie. 

Satafis. Voir Périgotville. 

Sbikra. Sanctuaire chrétien, 252. 

Sedjerat EL Ateuch [Henchir]. Mau- 
solée, 80. 

Seffan [Henciur]. Eglises, 252. 

Segnlv. Eglise, 253. 

Selmi [Kiierbet]. Eglises, 253. 

SÉRL\NA-PASTEIR(LAMIGiirGA). Eglises, 

254. 

Sersou. Tumulus, 10. 

Sertei. Voir Guidra 'Kherhet). 

Sétif(Sitifis). Cromlechsprèsde —, 
13. Temple, 153. Théâtre, 20O. 
Amphithéâtre, 201, 20'i. Thermes, 
233. Piscines, 281. Sépultures in- 
dividuelles, 40, 45, 47, 48. Ca- 
veau funéraire, 52. Mausolées, 57. 
Mosaïques, 705. Sanctuaires chré- 
tiens, ^^.55. Forteresse byzantine, 
575. Tombes chrétiennes, 403, 
404, 405, 406. 

SiDi Ali ben Youb. Camp romain, 86. 

SiDi Embarek. Eglise, 257 . 

SiDi Ferruch. Sépultures, 41, 44. 
Edifices chrétiens, 258, 410. 

Sioi IIam/.a. Enceinte romaine, 95. 

SiDi Mabrouk. Eglise, 259. 

SiDi YouGEF (Naraggara ?j. Themies, 
233. 

Sigus. Cimetière indigène, 26. Basi- 
lifiue judiciaire (?), 120. Aqueduc, 
258. Sépultures individuelles, 40, 
47. Caveaux funéraires, 52. 

SiLLÎîGUE (NovAR....). Eglise, 259. 

SniFis. Voir Sétif. 

Smendou. Tombeau des Lollii, [)rès 
de —, 98. 

Souk Auras (Tilxgaste). Refuges 
dans la région de — , 5. Dolmens, 
12, 34. Fosses dans le roc, 40. 
xMonasIères, 1.54. Eglise, 260. 

Souk elKiimis ^Tatilti;. Eglise, P6/. 
Tombes chrétiennes, 402, 403. 



INDEX TOPOGRAPHIQL'E 



439 



SouMA DU KuROUB. Mausoléc, 62. 
SouMA BEXT EL Abri. Mausoléc, 89. 
SouMA D.IAZZIA. Mausolée, 94. 
SouMA Ras el Aïûu.n. Mausolée, 90. 
SouMA Tasbent. Mausolée, 90- 
SouMAT EL Ghoula. Mausolée, 89. 
Soumet fxKheneg. Mausolée, 90. 
Souti D.IOUAB (R.uMDuii). Eiiceiiite, 

91. Temple, i:J3. Aqueducs, 2;j8. 
SïORA. Nympliée(?;, 2i4. Aqueduc, 

239. Cilernes, 273. Ponts, //. 

Port, Î3. Sépulturesindividuelles, 

42, 44, 47. 
SuFASAR. Voir Amoura. 
Taddert. Camp romain, 80. 
Tagremaret (Gohors Breucoru.m}. Cas- 

telliim romain, 88. 

ÏAGUEJIOU.NT ou GUADEFEL. MaUSOléC, 

91. 

Tabla [Hencuir]. Eglise, 261. 

Tac.iifaght [He.nchirj. Sanctuaire 
chrétien, 262. 

Taksebt iRusuccuRu). Tiiermes, 233. 
Port, 14. Miiusolée, 97. Eglise et 
chapelle, 262. Tombe chrétienne, 
404. 

Ta-magra. Eglise, 263. 

Tamarit [Kherbet]. Eglise, 263. 

Taouroujh (Hencuir). Eglise, 264. 

Taoura (Thaguka). Thermes, 233. 
Eglise, 264. Forteresse byzantine, 
376. 

Tatilti. Voir Soûl;, cl Khmis. 

Tazina. Gravures rupestres, 4"J. 

Tébessa (Theveste). Refuge près de 
— , 0, Tumulus près de — ,11. 
Dolmens dans la région de — , 
12, 34. Camp de la troisième 
légion, 7(). Ruines romaines, 109. 
Forum, 129. Temples, 133, lb3 (?'. 
Arcs, l(i9, 171, 180. Théâtre ^-J), 
200. Ampiiithéàtre, 203. Thermes, 
234. Aqueducs, 2:i6. Pont, 10. 
Conduites d'eau près de —, 35. 
Sépultures individueUes, 40, 41. 
42, 45, 4<S. -Mausolée, 95. Mo- 
saïques, 1C9, 110. Grande basi- 
lique, 265. Autres éditices chré- 
tiens, 291. Place forte byzantine, 
354. Tombes chrétiennes, 403, 
404, 405, 406. 



Tk.nès (Cartexna). Aqueduc, 2o9. 
Citernes, 261. Mosaïque, 110. 
Eglise, 292. Cimetière chrétien, 
401,405,406,407,408. 

Tkmet EL Kebch. Eglises, 292. 

Terlist [^He.nciiir]. Eglise et chapelle, 
2.95. 

Thabudei. Voir Thouda. 

Thagaste. Voir Soiih Ahras. 

Thagura. Voir Taoura. 

Thamalla. Voir Ras el Oued. 

Thajiugadi. Voir Tiingad. 

Theveste. Voir Tcbcssa. 

Thibilis. Voir Announa. 

Tuouda (Thabudei). Tiiermes, 234. 

Thubuxaf.. Voir Tolma. 

Tuubursicum NuiHDARU.M. Voir KIlù- 
missa. 

Thyout. Gravures rupeslres, 41. 

Tlaret. Refuges dans la région de 
— , ;j. Prétendu dolmen, U. Cas- 
tellum, 86. Thermes, 234. Sépul- 
tures, 41 . 

TiDDi. Voir lihencçi. 

Tifech (Tuwsa de Numidie). Chapi- 
teau punique, 01. Tiiermes, 235. 
Enceinli' byzantine, 360. 

Tigava. Voir Kherba. 

TiGisis. Voir Aïn el Burdj. 

TiGziRT. Enceinte romaine, 100. 
Temples, 148, 134. Thermes, 23b. 
Jetée, 14. Sépultures indivi- 
duelles, 40, 42. Mosaïque, 110. 
Eglises et chapelles, 294. Fortin, 
5^6". Enceinte byzantine, 392. 
Tombes clirétiennes,JL'/,-/02,405. 

TiRLAT (Tubusuctu). Eucelute ro- 
maine, 99. Thermes, 233. Aque- 
ducs, 239. Citernes, 201, 209. Sé- 
pultures individuelles, -^5, 45, 47. 

TiivOUBAÏ Hex'cuir. [Eglise], 507. 

TiJiEDOUT. Aqueduc, 239. Eglise, 505. 

TiMGAD (Thajiugadi). Ruines ro- 
maines, 112- Forum, 121. Temples, 
137. Arcs, 162, 163, 169, 174, 183. 
Théâtre, 197. Marché, 200. 
Thermes, 220. Fontaines, 243. 
Bassin, 240. Aqueduc, 239. Mai- 
sons, 16. Mosaïques, 110. Eglises 
et chapelles, 309. Forteresse 
byzantine, 370. 



440 



INDEX TOPOGUAPIIIQUE 



TiMZioriXE (Licl). Tlieinies, 23d. 

ïiPASA (de Maurétanie). Rempart 
punique, 56. Temple d'archi lec- 
ture punique, 56. Enceinte ro- 
maine, 08. Ruines romaines, il2. 
Rasil i que judi(iaire(?), 132. Théâtre. 
199. Ampliilliéàtre, 203. Tliermes, 
217. >'vmpli(''e, 243. Aqueduc, 
2G0. Citernes, 261. Port, 13. Villa 
et fabrique, 31. Sépultures indi- 
viduelles, 30, 41, 43, 44, 45, 46, 
47. Caveaux funéraires, 52. Mau- 
solées, 58, 91. Eglises et cha- 
pelles, 3l7. Cimetières chrétiens, 
398, 400, 402, 403, 404, 405, 
400-8, 409, 410. 

TiPASA ide Numidie). Voir Tifech. 

Tlemce.x (Pomaria). Bains du camp, 
84. Eglise, 114. 

ToijNA (Thubuxae). Thermes, 23;>. 
Chapelle chrétienne, 337. Forte- 
resse byzantine. 374. Tombes 
chrétiennes, 402. 

ToLGA. Forteresse byzantine, 370. 

Tombeau de la Chuktie.n.nk, 69. 

TouREBAZA. Fort romain, 89. 

ToL-AL [Et]. Eglise, 53S. 

Tlblslci r. Voir Tildal. 



UzELis. A'nir Ouljcl. 

Vataki. Voir Fedj Sonioml. 

Vazaivi. Voir Zoui. 

Veuecunda. Voir Murcoiina. 

VniKs (AoiAE Caesaris!. Sourcc 
thermale, 241. Fortin, 380. 

Za.xa (l)iAXA veteranorum). Ruines 
romaines, 120. Forum, 127. 
Temples, 153, lo4. Arcs, 157, 165-, 
178. Aqueduc, 260. Mausolées, Oi*. 
Eglise, 330. Forteresse byzanline. 
367. Fortin, 388. 

Zai'.ai. Voir Zra'ia. 

ZAïTAr.A. A'oir Kcf Bczioini. 

Zembia IKiiERBETj 1 Lemellee I. Aquc- 
duc, 237. Eglise, 340. 

Zerdan |He.nchir]. Eglise, 340. 

ZiAMA (Choba). Enceinte romaine, 
99. Thermes, 236. Sépultures in- 
dividuelles, 42, 48. Enceinte 
Jjyzantine, 392. 

Hexcihu Zouhra. Mausolées, 03. 

7j)V\ (Vazaivi). Eglise, 311. Tombes 
chrétiennes, 402, 403. 

Zraïa (Zarai). Eglises, 312. Forte- 
resse iiyzanline, 367. Fortin, 
385. 

Zi'cciiABAR. Voir Miliana. 



TABLE DES PLANCHES HORS TEXTE 



Dr TOMK SKCONIt 



Pag^os 




7. — 


I.XXlil. 


8. — 


LXXIV. 


3;». — 


l.XXV. 


3H. — 


LXXVl. 


e.T. — 


LXXMl. 


72. — 


LXXVIII. 


7.i. — 


I.XXIX. 


76. — 


LXXX. 


/ i . 


l.XXXI. 


87. — 


I.XXXII. 


i:-.s. — 


LXXXIll. 


ir.:;. — 


l.XXXI V. 


IG".. — 


LXXXV. 


2r>r). — 


LXXX M. 


270. — 


LXXXVll. 


271-.. — 


LXXXVIIi. 


2S2. — 


LXXX IX. 


2So. — 


xc. 


30U. — 


XCI. 


323. — 


XCIL 


323. - 


XCIII. 


331. — 


XCIV. 


334. — 


xcv. 


3o7. — 


XCVL 


300. — 


XCVII 


371. — 


XCVlll 


370. — 


XCIX. 


378. — 


c. 


378. — 


CI 



— Puni d'El Kanlaïa. 

— Pont de GaslaL 

— Huilerie de liir Sgaouii. 

— IluiU'iiede Bir Sgaoun. 

— Mausolée de Khaniissa. 

— Mausolées de Ksar Tébinel cl de MoisoU. 

— Mausolée de Lambèse. 

— .Mausolée de Lambèse. 

— Mausolée de .Mdaouroucli. 

— Mausolée de Sélif. 

— Chapelle d'.Vguemniouu Oubekkar. 

— Basilique cbrélienne d'Annuuna. 

— Basilique chrétienne d'Announa. 

— Basilique de Tébessa. Intérieur. 

— .Vvenue dallée de la basilique de Tébessa. 

— Porte près de la basilique de Tébessa. 

— Baptistère de la basilique de Tébessa. Vlinloijin- 

-phie (lu Service des monuments historiques. 

— Annexe de la basilique de Tébessa. 

— (Irande basilique de Timgad. 

— Basilique de Sainte-Salsa, à Tipasa. 

— Basilique de Sainte-Salsa, à Tipasa. 

— Anne.\e de la basilique de Sainte-Salsa (Tipasa). 

— Chapelle de l'évêque Alexandre, à Tipasa. 

— Porte de la ville byzantine de Tébessa. Photo- 

(jraphie du Service des monuments historiques. 

— Citadelle byzantine de Tifech. 

— Forteresse byzantine de Tiiugad. 

— Forteresse byzantine de Taoura. 

— Forteresse byzantine de Mdaouroucli. 

— Forteresse byzantine de Mdaourouch. 



442 




:{87. - 


- eu. 


410. - 


- cm. 


418. - 


- CIV. 


418. - 


- cv. 


418. - 


- CVI. 



TABLE DES PLANCHES HORS TEXTE 

Fortin byzantin de Kliamissn. 
Rotonde funéraire de ïipasa. 
Mausolée indigène (DJedar). 
Mausolée indigène (Djedar). 
^laiisolée indiijène (Djedai'l. 



TABLE DES ILLISTRATIOAS 

INSÉRÉES DANS LE TEXTE DU TOME SECOND 



86. — Petite maison de Saint-Leu 1~ 

87. — Grande maison de Saint-l.eu 19 

88. _ Plan des thermes de Pompeianus h Oued Atménia 24 

89. — Huilerie de Bir Sgaoun (plan i 29 

90. — Huilerie de Bir Sgaoun (coupes) ^î l 

91.— Fabrique de Tipasa •^■' 

92. — Plan et coupes d'un caveau de Sigus -il 

93. — Caveau de Khamissa •••^ 

94. — Mausolée d'Akbou *J ' 

95. — Mausolée d'Henchir el Hammam 6i3 

96. — Mausolée de Ksar el Ahmar '1 

97. — Mausolée de Ksar Ténaceft "-- 

98. — Mausolée de Lambèse "'^^ 

99. — Mausolée de Larabèse "'^ 

100. — Mausolée de Lambèse ' ' 

101. — Mausolée de Mdaourouch , '^ 

102. — Tombeau de Mons ''^ 

103. — Tombeaux de Mons ''^'* 

104. — Mausolée de Morsott ^1 

105. — Mausolée de ^lorsott SI 

106. — Mausolée de Philippeville S5 

107. — Mausolée de Sétif ^7 

108. — Mausolée de Zana •'- 

109. — Mausolée dit Souma Djazziu 94 

1 10. — Mausolée de Taksebt (plan) 95 

111. — Mausolée de Taksebt (vue) 96 

112. — Mausolée des Loliii 98 

113. — Chapelle d'Aguemmoun Oubekkar ^^^ 

114. — Basili(iue d'Announa '6G 

115. — Chapelle d'Announa ^^9 

116. — Basilicjue d'Henchir el Atech ^'1 



4i4 TABLE DES II.I.l SI RATIONS 

FiGiriEs. Piifcs-. 

1 17. — Basilique do Bénian 17G 

118. — Crypte cle Bénian 177 

1 10. — Basilique de Biar el Kliorlia 180 

120. — Crypte de Castiglione 188 

121. — Basilique de Djemila lOo 

122. — Castelliim et chapelle de Couéa lOU 

123. — Basilique de Guesseria 203 

124. — Basilique de Klierbet Guidra 207 

1213. — Basilique d'El Hamiet 2oO 

120. — Basilique d'ilassnaoua 211 

127.  Chapelle de Khamissa 2i;i 

1 28. — Chapelle de I.ambèse 220 

129. — Basilique de Malifou 22 i 

130. — Grande basilique de Morsott 232 

131. — Petite basilique de Morsott (place de Tautcl i 230 

132. — Basilique d'Orléansville 238 

133. — Basilique de Sidi Embarek 237 

135. — Basilique de Tébessa 207 

13o. — Basilique de Tébessa. Baptistère 430 

130. — Chapelle voisine de la basilique de Tébessa iUO 

137. — Gi-ande basilique de Tigzirt plan) 295 

138. — Grande basili(iue de Tigzirt (vue avant les fouilles' -97 

139. — Chapelle do Tigzirt 303 

140. — Chapelle funéraire de Tigzirt 300 

141. — Basilique d'Honchir Tikoubaï 307 

142. — Basilique de Timedout 308 

143. — Grande basilique de Timgad 310 

144. — Basilique de Timgad quartier septentrional 312 

14.T. — Chapelle de Timgad 313 

146. — Chapelle de Timgad 315 

147. — (irande basilique de Tipasa (plan) 318 

148. — Grande basili(iuc de Tipasa (vue) 320 

149. — Baptistère de Tipasa 322 

150. — Basilique de Sainte-Salsa, à Tipasa 32 5- 

131. — Chapelle de révèijue Alexandre, à Tipasa 334 

132. — Chapelle de Tipasa 337 

1 33. — Basilique de Zana 339 

15 1. — Place forte de Tébessa 355 

15'i. — Place forte de Ksar Baraï 358 

150. — Place forte de Tifech 301 

157. — Place forte d'Ain el BordJ 303 

153. — Place forte de Mila 300 



TARl.i: DES ILl.LSTIt VTIONS 445 



nc-c.":. 



Fl-.LRES. Pag 

l.">9. — Forteresse de Zana 307 

1(10. — Forteresse de Ksar Slx'hi 369 

ICI. — Forteresse de Gastal 370 

162. — Forteresse de Timgad 371 

Iti3. — Forteresse de Tobiia 374 

104. — Forteresse de Mdaouroucli (^lilan ) 379 

16"i. — Forteresse de Mdaouroucli ,'viic intérieur!' 381 

106. — Fortin d'Youks 388 

107. — llefuge de Kliamissa 390 

108. — Caveau de Tipasa 408 

103. — Édifice fmii''rairc de Tipasa 411 

1 70. — Mausolée de Blad (niitoun (plam 414 

171 . — Mausolée de Blad lluiloun (coupe i 415 

1 ~:>.. — Mausolée indigène i Djedar) 419 

173. — Mausolée indigène ^Djedar) 421 

17 i. — Mausolée indigène (Djedar) 423 



TABLE DES MATIERES 

CONTENUES DANS LE TOME SECOND 



LIVRE II 

{Suite) 

Monuments romains 

C(i..piTiius. PajL'S. 

XI. — Routes. Pouls. Ports I 

Routes 1 



Ponts 



Ports il 

XII. — Maisons. Instullalions rurales li> 

Maisons lo 

Installations rurales 28 

Xlli. — Sépultures 39 

Sépultuies individuelles 40 

Caveaux 49 

Mausolées lit 

XIV. — Décoration des édifices. Mosaïques 100 



LIVRE lîl 
Monuments chrétiens et byzantins 

I. — Edifices du culte chrétien 113 

Observations générales 113 

Edifices à plusieurs nefs 12;> 

Edilices à une seule net lUI 



TAlîLE DES 3IAT1ERES Ail 

CnAi'irKKs. Pag'es. 

Cluipelles en luime di^ trèfle Ia2 

BaplisLères 132 

Autres édilices 1 04 

Description des sanctuaires chrétiens de l'Algérie 157 

II. — Constructions défensives de basse époque 344 

Places fortes 3'j4 

Forteresses 306 

Fortins. Ouvrages de défense locale 38:') 

m. — Sépultures chrétiennes 39() 

Additions et corrections 42'.l 

Index lopographique 432 

'l'ablo des planches hors texte du tome second Ml 

Tables des illustrations insérées dans le texte du tome second. . . iri3 



TOl'KS, IMPIUMFltlF. DESLIS FRÉKES, 6, lUE CiAMHE ITA. 



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