Skip to main content

Full text of "Les négociations politiques et religieuses entre la Toscane et la France à l'époque de Cosme Ier et de Catherine de Médicis (1544-1580) d'après les documents des archives de l'état à Florence et à Paris"

See other formats


This is a digital copy of a book that was préservée for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 
to make the world's books discoverable online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other marginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journey from the 
publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prevent abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automated querying. 

We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain from automated querying Do not send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a large amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attribution The Google "watermark" you see on each file is essential for informing people about this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are responsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
coun tries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can't offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liability can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps readers 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the fuU text of this book on the web 



at |http : //books . google . com/| 




A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 
précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 
ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 
"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 
expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 
trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 
du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 

Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter. Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utiUsation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer r attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabiUté de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utiUsation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

À propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 



des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse lhttp: //books . google . corn 




N Î2 



LA TOSCANE ET LA FRANCE 



A l'EPOQUB 

DE COSME 1" ET DE CATHERINE DE MÉDICIS 

(1844-1580) 

D'APHÈS LES DOCUMENTS DES ARCHIVES l»K L'KTAT A FLUHKNCE ET A PAKIS 

PAR 

ElettO PALANDRI, Frère Mineur 

H 
Docteur èi §ciencei moralei et historique! 
Lecteur général d'histoire ecdétiastique 



OuvR ACB SUIVI d'cn Appekdick de pièces irrÈornES 



PARIS 

A. PICARD et flls, Éditean 

8i, Rue Bonaparte, 82 



FLORENCE 
LIBRERIA EOtTRICE FtORENTINA 

3, Via dcl Corso, 3 



BRUXELLES 

ALBERT DEWIT, Llbrsire-ÉdMsvr 
53, Rue Royale, 53 



Imprimerie julbs pb mebstsk à Rotiler». 
Z908 



y])K 



y^l'^tvi 



f. 



^■<^Hc^t^ 



X 



u 



■A 



A mon vénéré et bien aimé Siq>érieur 
Le Révérendissime Père DENIS 5CHULER 

Mliii«tn géoiial de l'Ordre des Frdree Mlnenre 



A mon savant et cher Maître 



Monsieur le Professeur ALFRED GAUCHIE .^(^ 



HOMMAGE 
de respectueuse et affectueuse s^ratitude 



Table des matières. 



INTRODUCTION. 



Raison d'être de cette étude XV 

I. Coup d'oeil rétrospectif sur les origines et les déve- 
loppements des relations entre la Toscane et la France, xv 

Antique alliance de la Toscane avec la Fiance: rraditions légen* 
dairea à ce sujet, p. xv. — Les premiers rapports politiques entre 
les deux peuples, p. xvt. — Ces rappoifS deviennent surtout 
enthousiastement sympathiques à partir de la seconde moitié du 
3civ« siècle, p. xviii. — Période néfaste qui commence pour Flo- 
rence à la mort de Laurent le Magnifique : François i" et Clé- 
x-nent VHi p. xix. — Charles-Quint menace Florence ; siège 
béroïque de la ciié abandonnée et trahie par le roi de Fiance : 
chute de la république, p. xxi. 

n. Importance du sujet traité dans cet ouvrage. — 
Sources employées, — Plan suivi xxiv 

f La Toscane au xvi* siècle. Bien que négligée^ son histoire est 
cju plus haut intérêt au point de vue de la politique internationale. 
Pourquoi nous avons choisi comme sujet les relations entre la 
Toscane et la France sous Cosme I^"' et Catherine de Médicis, 
p. XXIV. — Méthode suivie dans la recherche des sources. Les 
Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane de Des- 
jardins ; défauts et mérites de ce recueil, p. xxv. — Aux archives 
du ministère des affaires étrangères et à la Bibliothèque nationale 
de Paris ; à VArchiviodi Sia/ode Florence, p. xxix, — Travaux 
par noua utiiiséSfConcernant l'histoire de la Toscane : Vhtoria de 
suoi icmpi de J. B, Adriani et Vhtoria dd granducato di Toscana 
de K- Galluzzi, p.xxxiv. — Limites de ce travail. Le plan qu'on a 
suivi, p. xxxvi. — A nos supérieurs, à nos maîtres et à nos amis, 
p. xxxvu. 

Nomenclature des sources XLlii 

Bibliographie XLVii 

Explication des sigles et des abbréviations liv 



VUl LES IfEGOCIATlONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCK. 
CHAPITRE PREMIER, 

La situation diplomatique de la Toscane, après 

la chute de la république de Florence et jus- 
qu'à la paix de Crépy (1530-1544) .... 

I. La Toscane,au lendemain de la chute de la républi- 
que et pendant le règne d'Alexandre de Médicis . . . 

Le dernier ambassadeur de la république et le traité de paix de 
Cambrai. L« nouveau gouvernement florentin et le parti français, 
à Florence, p. 2. — Alexandre de Médicis élevé à la dignité de 
duc de Florence, p. 4. — Servilisme du gouvernement vis-à-vis de 
l'empereur, p. 4. — Réaction de i'esprit républicain : assassinat 
d'Alexandre de Médicis, p. 7. 

II. Les débuts du régne de Cosme I^' lOj 

Difficultés de la aituationjélectioEi de Cosme î". Son enfance et 
sa jeunesse, p. 10. — Attitude de la France : elle encourage et 
soutient lea/uorusciii ; défaite complète de ces derniers, p. la. — 
Cosme l'^ songe à consolider sa situation par un mariage ; négo> 
dations à ce sujet avec le pape : suites fàcbeuses de ces négocia- 
tions^ p. i5. 

IILLa politique to8cane,pendant la guerre de Piémont 

Menaces de guerre : les appréhensions du duc à ce sujet ; ses 
négociations avec Paul III pour l'attirer dans le parti de Tempe^ 
reur, p. iS. — Le pape demeure hostile à Charles-Quint) p. 21. 
— Reprises des hostilitéa entre la France et l'empire, p. 22. — 
Cosme I'' entretient deux ambassadeurs sur le théâtre de la 
guerre, p« 23. — Agissements des /uoniïrt/f, pendant la guerre de 
Piémont, p. 24. — Paix de Crépy, p. 25- 

CHAPITRE DEUXIÈME. 

Les premiers essais tentés en vue de la repris«f 
des relations diplomatiques entre la Toscane 
et la France (1544-1548) 2; 

L Catherine de Médias et Cosme I'*^ pendant leur 

jeunesse 27 

L'enfance de Catherine de Médicis et les débuts de ton séjour 



TABLE DES MATIÈRES. 

Jk la cour de France, p. 27. — Ses premières relations avec Coc- 
le l'S p. 30. 

II. La première ambassade toscane à la cour de 
France 

Cosme I*' félicite la dauphine, à l'occaBion de la naissance de 
François II, p. 32. — Envoi de l'évëque de Porli à la cour de 
France : instructions qu'il reçoit, p. 33. — Bon accueil (ait à l'am* 
bassadeur, p. 35. —Promptes méaintelligencea entre les deux cours, 
p. 37. — La question des préséances, p. 39. — Instructions don- 
nées à ce sujet par le duc de Toscane à son ambassadeur, p. 40. 
— Conflit avec l'ambassadeur de Ferrare : attitude de Catherine et 
du roi, p. 41. — Départ de l'ambassadeur florentin ; lettres de 
Catherine et de Cosme, p. 43. — Le duc de Toscane se retourne 
délibérément du coté de l'empeieur, p. 45. 

III. La seconde ambassade à la cour de France. . . 

Au lendemain de la mort de François V", p. 47. — Nouvelle 
ambassade à la cour de France, p. 49. — L'ambassadeur et 
Catherine de Médicis, p. 50. — La question de la préséance, vis à 
via de l'ambassadeur de Ferrare, se pose de nouveau, p. 5l. — Ter- 
giversations de la cour très chrétienne à ce sujet, p. 52. — Nouvel 
affront fait à l'ambassadeur toscan, à l'occasion du sacre de 
Henri II, p. 54. — Victoire diplomatique de Cosme I", à la cour 
impériale ; obstination du roi très chrétien ; rappel de l'ambas- 
ir, p. 56. — Pourquoi la seconde ambassade échoua, p. 58. 

CHAPITRE TROISIÈME. 



Pa(C« 



32 



47 



fôuvelles tentatives infructueuses en vue de 
la reprise des relations diplomatiques. La 
question de Sienne (1548-1559) 60 

I. A la suite de quelles circonstances Cosme I" essaie 
de se rapprocher de la France 60 

Sujet de mécontentement du duc contre Charles- Quint;situation 
épineuse de la Toscane au milieu des compétitions politiques 
d'alors, p. 60. — Cosme se décide à faire quelques avances en vue 
d'un rapprochement avec la cour de France : envoi de Barthélémy 
Paociatichi. Les instructions qu'il reçoit, k propos de la question 
de piéséance, p. 62. — Conclave et élection de Jules III : influence 
du duc dans cette élection et prétexte qu'il en tire pour essayer de 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 




PtfCt 



renouer des relations avec la France, p. 64. — Pourparlers à ce 
sujet, à Rome, entre l'ambassadeur de France et l'ambassadeur 
de Florence, p. 66. 

IL Mésintelligences nouvelles entre les deux cours. . 

Mission de Luigi Capponi près de Henri II ; duplicité récipro- 
que, p. 68. — Rupture des pourparlers et rappel de Capponi, par 
suite de Topposition de Catherine de Médicisetde l'hostilité secrète 
du roi, p. 72. 

III.La question de Sienne 

Insurrection de Sienne contre la domination espagnole : Cosme, 
en présence de la situation diplomatique créée par cet événement, 
se tourne successivement du côté du roi de France et du côté de 
l'empereur, p. 76, — Capitulation de Sienne ; les compétiteurs 
qui convoitent la possession de cet État- Les intrigues du cardinal 
Caraffa, p. 79. - Ccsme, au grand mécontentement des Français, 
reçoit de Philippe II l'investiture de Sienne : à quel prix et à 
quelles conditions, p. 83. 

CHAPITRE QUATRIÈME. 

Reprise des relations et première intervention 
de la Toscane dans les affaires de France 
{1559-1568) 85 

I. Cosme l" et les derniers jours de Henri U. , . . 85 

La paix de Cateau-Cambrésis ; son importance pour l'Italie. La 
Tocane en profits plus qae tout autre État dans la péninsule. 
Cosme l" en prend occasion pour adresser un ambassadeur à 
Henri II, p. 85. — Ricasoli et Tornabuoni successivement 
envoyés en France : instructions donnéss à ce dernier, par rap> 
port zuxftwruscili, p. 8g. 

II. Sous le rogne de François II ....... . 91 

Mort de Paul IV et conclave qui la suit : intrigues de la cour de 
France et pression qua Cosme exerce, de son côté, sur les cardi- 
naux. Election de Pie IV, ami du duc, p. 91. — En France, peu 
de succès et peu d'importance de l'ambassade de Tornabuoni, p. 
93. — Triste situation du royaume, sous le rapport politique et 
Boua le rapport religieux, au dire de l'ambassadeur. Ce qu'il 



TA8LE DES MATIERES. 



XX 



pense dss nonces p. 94. Les catholiques français, Cosmc i'^'' et la 
reprise du concile de Trente ; voyage du duc à Rome, p. 97, 



P«CCt 



t 



III. Le duc de Florence et les débuts de la régence 
de Catherine de Médicis > • > 99 

Les forces respectives des partis— catholiques et calvinistes— en 
France et la politique de Catherine- Demande d'argent qu'elle 
adresse au duc, p. 99, — L edit de paciâcation d'Âmboise ; ce 
que Catherine elle même en dit à l'ambassadeur florentin» p.ioS. 
— Comment, du reste, elle tient Cosme au courant des affaires 
de France, p. io5.— François de Méùicis associé par son père au 
gouvet neroeni de Florence, protestations de dévouement du nou- 
veau duc à Charles IX< Tornabuoni remplacé, en France, par 
Petrucci, p. to6. Négociations financières entre Catherine et le 

c» p. 107. 



CHAPITRE CINQUIÈME. 



La diplomatie religieuse et politique de la Tos- 
cane, durant et après la troisième guerre de 
religion (1568-1571) 112 

^P I. Cosme PS la papauté et les débuts de la guerre 
offensive contre les huguenots, en France H2 

Caractère de cette période : en Francr, les catholiques, non 
contents de se défendre,prennent l'oflensive contre les huguenots, 
p, 112. — Influence, parfois prépondérante, que la diplomatie 
toscane exerce sur l'élcclion et le gouvernement des papes, pro- 
moteurs de ce mouvement ; intrigues de Cosmo l^' dans le con- 

ve, notamment, qui élit Pie V, p. 113. — Habileté du duc 
de Florence à gagner les bonnes grâces de ce pape, en affectant 
de partager et de seconder ses vues, par rapport aux affaires 
de France p. 117. — La guerre religieuse se poursuivant avec 
un nouvel acharnement en Flandre, puis bientôt en France, 
Cosme I"^ consent à envoyer à Charles IX des subsides en 
troupes et en argent, p. 119. 

II. L'élévation de Cosme à la dignité de grand-duc 
et la cour de France i2X 

La Toscane élevée par Pie V à la dignité de grand-duché, p. 
121. — Far là même se trouve tranchée,du moins pour un temps, 



^_mû 




ÏII LES NEGOaATIONS EITTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Pifei 

à la cour de France, la question de préséance entre les ambaMï- 
deun de Florence et de Perrare, p. 122. 

III. La paix de Saint-Germain et les projets de guerre 
en Flandre iif j 

Concessions faites aux réformés par la paix de Saint-Germain : 
Catherine explique à l'ambassadeur florentin comment la 
détresse à laquelle elle et son Bis sont réduits a rendu ces coo- 
cessions nécessaires, p. 127. — Pie V, malgré ce que lui expose, 
à ce sujet, le représentant du grand-duc, se montre souveraine- 
ment irrité de la paix, p. 12g. — Projet de guerre en Flandre 
contre Philippe II. Lss réformés font accepter ce projet par 
Charles IX, p. 131. — Négociations des calvinistes avec l'ambas- 
sadeur Petnicci, pour amener le grand-duc à faire, lui aussi, 
cause commune avec le huguenots contre le roi d'Espagne, p-i33. 
— Le roi de France insiste lui-même dans ce sens et Pctrucci 
se fait auprès du grand-duc l'écho de ses instances, p. 135. — 
Charles IX envoie Galéas Frégoss à Florence, pour décider le 
grand-duc : réponse embarrassée de ce dernier, p. 137. — Envoi 
pair le grand-duc d'Albertani à la cour de Charles IX : Coame t", 
tomme toute, cherche à décliner adroitement les propositions 
du roi, p. 139. — Catherine, mise au courant du projet, ne s'y 
montre qu'à moitié hostile : elle demande au grand-duc de ména- 
ger l'alliance de Venise avec la France, p. 143. 

IV. Cosme i*"", son ambassadeur Pctrucci et les chefs 
calvinistes 14I 

Coligny songe à se rapprocher de la cour de France : l'ambas- 
sadeur û jrentin s: fait l'avocat de ce projet auprès du grand-duc 
et entame avec Catherine des poiirparlers, en vue du retour de 
l'amiral, p. 143. — Ces agissements de l'ambassadeur Petri:cci 
suscitent les commentaires des adversaires de Cosme, qui 
l'accusent, à Rome, de faire c^uae commune avec les hugue- 
nots ; observations de l'un des conseilleis du grand-duc sur la 
conduite à suivre, en cette occurence, p. 145. — Le grand-duc 
envoie une ambassade secrète au roi d'Espagne pour expliquer sa 
conduite et lui exposer les prétendues < tentations > auxquelles 
il a été en butte, du côté de la France, p. 146. — Par ailleurs, 
il déclare définitivement à Charles IX qu'il ne peut s'associer à 
la campagne projetée en Flandre ; il rassure, en même temps, 
le pape sur sa fidélité, p. 148. 



CHAPITRE SIXIEME. 

Page a 

Le rôle diplomatique de la Toscane, à la veille 
de la Saint-Barthélémy (1571-1572) . . .151 

■ I. Négociations de Cosmc et de son fils auprès du 
pape pour le retour de Coligny à la cour de France . . 151 

Catherine de Médicia inédite plus que jamais d'opérer la conci- 
liation et l'union entre huguenots et catholique», par le rappel de 
Coligny à la cour et par le mariage de Marguerite de Valois avec 
Henri de Navarre, p. i5l. — Aide qu'elle attend de son cousin de 
Florence pour obtenir l'assentiment du pape à ces projets : 
échange de vues, à ce sujet, entre Coame, ses conseillera et l'am- 
bassadeur Petrucci, p. 151. — Le grand duc ftiit sonder le terrain 
à Rome : mais Pie V se montre, de suite, opposé à toute conces- 
sion, p. 153. — Vainement, par l'entremise de aes représentants, 
Cosme redouble d'efforts pour vaincre la résistance du pontife, 
p. 154. — Informant Charles IX et Catherine de cet échec, il 
l'attribue, non sans duplicité, aux intrigues du roi d'Espagne, 
qu'il a lui-même mis au courant de tout. Quoi qu'il en soit| 
Coligny rentre à la cour, p. 157. 

II. Le grand-duc et le mariage de Marguerite de 
Valois 159 

Entêtement de Catherine à poursuivre la réalisation de ce 
mariage. Démarches nouvelles du grand-duc à Rome, pour 
obtenir la dispense nécessaire : colère et refus obstiné du pape, 
p. 159. — En France, le nonce cherche à indisposer la cour 
contre le grand-duc ; mission infructueuse du cardinal Alessan- 
drino, p. 162. — Mort de Pie V ; intrigues du grand -duc dans le 
conclave qui suit ; élection de Grégoire XIII, qui, lui aussi, 
refuse la dispense. Le mariage néanmoins a lieu, p. i65. 

■ IIL Une fausse manœuvre diplomatique 169 

Colère des Espagnols et de leur amis contre Cosme, à cause des 
négociations qu'il poursuit en vue de la pacification de la France, 
p. 169. — Le grar^d-duc essaie d'apaiser quelque peu cet 
orage en consentant un prêt d'argent au duc d'Albe ; mais il 
n'obtient d'autre résultat que d'exciter aussi la colère de la cour 
de France, p. tyo. — Ëxpltcationa qu'il se hâte de fournir à 
Charles IX et à Catherine, p. 172. 



XIV LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



IV. La diplomatie toscane et la Saint-Barthélémy. . 175 

L'attentat contre Coligny et le maiisacre de la Saint- Barthé- 
lémy. Cc8 deux crimes furent-ils prémédités ? Indications que 
les documents diplomatiques toscans nous fournissent, à ce 
propos, p. 175. — Le gouvernement de Florence et son am- 
bassadeur étaient-ils, en tout cas, au courant, par avance, des 
événementi tragiques qui se préparaient ? p. 177. — Félicitations 
de Cosme et de son fîi3,François de Médicis.à Catherine, à l'occa- 
sion de la Saint-Barthélémy, p. 181. 

CHAPITRE SEPTIÈME. 

La rupture définitive des relations diplomati- 
ques ;ses préludes et ses suites (1572-1589). 184 

I. Commencements de brouille entre les deux cours . 184 

L'ambassadeur Petrucci, dont la situation, vis-à-vis des hugue- 
nots et des catholiques, est devenue imposible, est remplacé par 
Alamanni. Peu d'intérêt qu'offre la légation de ce dernier. Mort 
de Cosme l" et de Charles IX, p. 184. — Efforts et négociations de 
Catherine de Médicia pour obtenir du grand-duc Frarçois un nou- 
veau prêt d'argent. L'aflaire échoue : profond ressentiment qu'en 
garde la reine, p. 187. 

II. La rupture 190 

Affaire de l'assassinat des /«ort^sctït, dans laquelle sont com- 
promis le secrétaire d'ambassade, l'ambassadeur et le gouverne- 
ment toscan lui-même. Cette affaire achève d'exaspérer Catherine 
et Henri III : le roi, dans son mécontentement, ressuscite la ques- 
tion des préséances et, par un décret, donne à l'ambassadeur de 
Ferrare le pas sur celui de Florence, p. igo. — Vaines récrimina- 
tions de l'ambassadeur florentin et lettre de protcretation du grand- 
duc. Henri III n'y répondant que par te dédain, les relations diplo- 
matiques sont définitivement brisées, p. 193. 

III. Les dernières années de Catherine de Médicis. . 195" 

Désormais, entre les deux gouvernements il n'y a plus que des 
intermédiaires d'occasion et stmi-secrets, chargés surtout de pour- 
suivre le recouvrement des sommes prêtées par la Toscane:scène 
de récriminations violentes,» ceprupos, entre Albertani et Cathe- 
rine, p. 195. — Pour la Toscane, du reste, comme pour la dynas- 
tie des Valois, c'est alors une ère de décadence. Catherine, elle- 



TABLE DES MATIERES. Xf 

PacM 

in£me, voit son influence s'éclipser de plua en plus et meurt, 
oubliée des uns, maudite des autres, le 5 janvier 1589, p. 197. 

CONCLUSION. 

Sous quel jour nous apparaissent, à la lumière des 
faits,les résultats de ces relations diplomatiques entre la 
la Toscane et la France 200 

Malgré le rôle que les intérêts personnels et particuliers ont 
joué» de part et d'autre, dans les relations diplomatiques entre la 
Toscane et la France, durant la période que nous venons d'étudier, 
ces relations n'en ont pas moins eu sur la marche des événements 
généraux une action puissante, p. 200. — Politiquement,elks ont 
contribué à maintenir l'équilibre international en Europe et 
particulièrement en Italie, p. 200. — Au point de vue religieux, 
elles ont préparé l'ère d'apaisement qui, avec Henri IV, devait 
mettre fin aux guerres de religion, p. 201. 

APPENDICE. 

Documents. 

I. Instructions générales à l'évcque de Forli, Bernard de 
Médicis, ambassadeur résident en France (26 octobrei 544) . 2o3 

II. Instructions générales à Barthélémy Panciatichi, ambas- 
sadeur en France (7 mars 1548) 206 

m. Instructions générales à Louis Capponi ambassadeur 
en France (21 septembre i55o}. 210 

IV. Instructions secrètes à Léon Ricasoli, ambassadeur en 
France (14 juin 1559) 214 

V. Instructions à Âgnolo Guicciardini, ambassadeur extraor- 
dinaire à la cour de France 216 

VI. lostructions de l'évëque Tornabuoni à Nicolas Torna- 
buoni, son neveu et son successeur à la cour de France . . . 2x8 

VII. Instructions générales à Petrucci, ambassadeur résident, 

à la cour de France (20 août 1S65). 221 

VIII. Instructions à André Albertani, ambassadeur extraordi- 
naire près du roi très chrétien (22 juin 1572) 2?4 

IX. Instructions générales à Vincent Alamanni, ambassa- 
deur résident, à la cour de France (10 octobre 1572) 226 

X. Notes sur les services rendus par la Toscane à l'Espagne, 

de 1535 à 1559 23o 



XVI LES NEGOCIATIONS EVTBE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Face* 

XI. Acte de proteatatioo lu au pape par les représentante de 
Sa Majesté impériale, à l'occasion du couronnement du duc de 
Florence et au sujet du titre de grand-duc, accordé i»r Sa Sain- 
teté à ce prince. Réponses du secrétaire pontifical à cette protes- 
tation 232 

XII. Acte de protestation adressé au souverain pontife par Sa 
Majesté catholique, le roi d'Espagne, contre le couronnement de 
Cosroe x*^ et son élévation à la dignité de grand-duc. , .... 240 

XIII. Mémoire envoyé au cardinal Alessandrino au sujet de ce 
titre de grand-duc 24a 

Table alphabétique 247 



INTRODUCTION. 



^ 



Dans l'histoire générale de la Toscane et de la 
rancc, voire même de l'Europe entière, l'époque de 
osme I" et de Catherine de Médicis est l'une des plus 
importantes. 

Elle l'est, en particulier, au point de vue des rapports 
ntre les deux nations. 

Pourtant les écrivains — et ils sont nombreux — qui 
se sont occupés de cette période ont négligé de l'envi- 
sager sous cet aspect. 

C'est pourquoi nous n'avons pas cru inutile de 
consacrer aux négociations politiques et religieuses de 
l'un et de l'autre pays entre eux une étude minutieuse 
et approfondie. 

l Toutefois, avant d'aborder ce sujet, il nous a paru 
opportun de rattacher cette étude à l'ensemble de l'his- 
toire des relations entre la France et la Toscane et con- 
séquemment d'en rappeler les antécédents. Nous signa- 
lerons ensuite les sources que nous avons utilisées et le 
plan que nous avons adopté. 



I. 



< Une tradition, qui remonte au viii* siècle, inaugure 
et consacre l'antique alliance de la France avec la Tos- 
cane (i). » Popularisée par les chroniqueurs du moyen 
âge (2) et constamment invoquée, durant le xv" siècle, 




(i) A. Debjardinb, Négociations diplomatiques de la France avec la 
Toscane, t. I, p. xi. Paris, iSSg. 

(2) Cbsarb GvA^Ti.Opere, 1. 1 (Prato, 1894), p. 195 bvv.« Ne solo péri 
cronisti ; la repubblica fa menzione ne' suoi dtspacci officiali ai uaa. tradi- 
zioaecheera popolare:rarcive8covo di Pi8a,Filippo de' Medici,ncordavB 
a Carlo VII come C<irluni8gQo < civitatem nostmro a Totila, Gotof um 




XVm LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



par tous les ambassadeurs florentins à la cour de 
France (i), cette tradition reçut, si je puis m'exprimer 
ainsij sa sanction diplomatique dans la convention con- 
clue, le 25 novembre 1494, entre la république de Flo- 
rence et Charles VIII (2). 

Dans ce traité, nous lisons que Charlemagne aurait été, 
depuis les invasions barbares, le premier restaurateur 
de cette cité, dont il aurait changé l'ancien nom de Fluence 
en celui de Florence. Il aurait fortifié ia ville à l'intérieur 
et à rextérieur,y aurait construit de magnifiques églises, 
qu'il aurait enrichies de reliques précieuses, entre autres 
des reliques de la vraie croix conservées au Baptistère 
de Saint-Jean {3). 

Sur quoi s'appuient ces affirmations et quelle est 
l'origine de cette légende ? Il serait bien difficile de le 
dire (4) . 



« 



• « 




Quoi qu'il en soit, une chose est certaine : les deux 

peuples, avant d^engager des relations diplomatiques, 
ont eu d'abord des rapports commerciaux et financiers 
suivis (5). De nombreux documents attestent, par excm- 



rege evetsam, ducentisque 1ère annia incolis de8titutain,ipsamque varie 
disiectam, magno praeeidio instaurasset >. Lo stesso ricordasi nell' 
istruzione data da* Dieci a Agnolo Acciaiuoli, ne) 1451 {Ibid., p. 197, 
n. i). > 
(i) A. DESjARDiNa, ibid. 

(2) Voir Archivio storico iialiano, t. I, p. 362- 

(3) < Advertena sua ChnatianiBsima Maiestas quod Carolus Magnua 
huiua UT bis fuit primua reataurator et nominia Fîuentia in Florai- 
iiam mutator, locorumque etoppidoium ac arcium dator, moenîumque 
cODBtructor, et templorum aliquorum huiua inclitae urbia aediBcator, 
verae aanctae crucia et aliarum reliquiarum ac ornamentorum templo 
Sancti loannis et aliis largitor, etc. > NDD, t. 1, p. 602. 

(4) Eat-ii nécessaire de faire remarquer que c'est tout à fait hors de 
propoa que M, Abel Desjardins ae scandalise de voir combattre l'au- 
thenticité d'une Ié«;ende que < les diplomates de Florence, dit-il, ne 
dédaigaaient pas d'emprunter à la traditioa populaire > {Op. cit., p> 

Xli), 

(5) Cf. C GuASTi, op. cit., ibid. 



INTRODUCTION. 



pic, la présence et le rôle actif des Florentins aux gran- 
des foires de Champagne, dès le haut moyen âge ; ils 
nous montrent leurs drapiers entretenant des agents à 
Paris, tandis que leurs changeurs ou banquiers ont pres- 
que tout l'argent français, bien rare alors, entre leurs 
mains (l). 

Quant aux rapports politiques, ils datent, à propre- 
ment parler, de la seconde moitié du xui' siècle (2). Dans 
nulle cité, peut-être, les discordes intestines qui divi- 
saient alors l'Italie n'étaient devenues plus acharnées 
et ne devaient être, hélas ! plus lamentablement dura- 
bles qu'à Florence. Nous n'avons pas à les raconter ici. 
Il suffit de rappeler que, déchirée, depuis un siècle et 
demi, par la rivalité des nobles, des bourgeois et du 
peuple, par les querelles, toujours renaissantes, des 
Guelfes et des Gibelins, Florence était devenue un 
champ clos où tous se disputaient et s'arrachaient, dans 
de sanglantes alternatives, la prépondérance et le pou- 
voir (3). 

Or, en 1267, la plupart des citoyens faisaient appel, 

Ipour pacifier la ville, à un prince français, Charles 
(i) P. Bbrti, Documenti riguardanti il commercio dei Fiorentini 
ht Francia nei sccoli XIII e XIV,e singolarmente il loro concorso aile 
fUre di Sciampagtia, dans le GSAT, 1. 1 (iS58), pp. i63 avv. et t. IV 
(1861), pp. 247 svv. — Cf. aussi Clémente Lupi, DdU relazionifra la 
repubblica di Bircnzc e i conii e duchi di 5ai'ota. Florence, i863. 

(2) «...Quando un principe di Francia ebbe ii regno dcgli Svevî in 
Sicilia, e U guelfa Firenze gli diede aguardare la eua libertà >(Cebarb 
GuASTi, op, cit., ibii!-). — Cfr. A. Desjardins, op. cit., p. xm. — 
Cf. aussi. P- M. Perret, Histoire des relations de la France avec 
Venise, du XI II" siècle à l'avènement de Charles VIII. Paris, i8g6. 

(3) L'établissement d'une maison française sur le trône des Deux» 
Siciles avait déterminé l'afFranchisscmcnt et Raranli la liberté 
de Florence ; — ainsi s'exprime Desjardins [Op. cit., p. xxi).< Ma non 
è libertà vera, observe C. Guasti {Op. cit., ibid., en note), ne stabilità 
di govemo dove una parte di cittadini iiene alto le fronti, Tenendo 
l'altra soito gravi pesi, Corne du di ciô pxanga e che n'adonti (Dantb 
Alighieri, Injerno, VI, 70 72). Bene è vero che la sentenza del Des- 
jardins era tenuta dagli stesai fiorentini.» Voir les instructions données 
par les Dieci à Agnolo AcciaiuoH, l'an 1451. NDD, 1. 1, p. 62 svv. 



XX LES NEGOCLATIONS ENTRE LA TOSCAXE ET LA FRANCE. 



d'Anjou, récemment monté sur le trône des Deux-Siciles. 
Ils l'élisaient chef de la Seigneurie pour six ans. Eq 
1301, à Charles de Valois, frère du roi de France, ils 
confiaient la même dignité. 

En 131 1, alors que Henri VII d'Alleniagne descendait 
menaçant en Italie, c'était à Philippe le Bel qu'ils 
demandaient de protéger les intérêts de leurs marchands; 
et, tandis que Gênes, Pise, Rome ouvraient toutes 
grandes leurs portes à l'empereur, eux, repoussant ses 
ambassadeurs, invoquaient l'appui des princes français 
de Naples pour défendre leur liberté. Le péril passé, en 
13 13, ils élevaient à la Seigneurie Robert d'Anjou ; puis, 
en i325, Charles d'Anjou, son fils (i). 



I 



A partir de ces faits surtout, les sentiments de sympa- 
thie, on pourrait dire de solidarité, entre les deux pays 
ne cessèrent de s'affirmer. Comme les rois très chrétiens, 
les Florentins avaient adopté dans leurs armes les fleurs 
de lis (2). Cet emblème était aussi gravé dans leurs cœurs. 



(i) Voir la lettre de la république à Philippe le Bel. NDD» t.I, pp. 12 
8VV.— Le II janvier 1311 ,la république envoie deux ambassadeurs Lapo 
Bardi et Giovanni di Benedetto, au roi Robert. Elle l'informe des 
événements dont ritalie est le théâtre : la criBc est imminente ; 
Florence et le parti guelfe sont en danger ; Tempereur approche ; il 
est à Milan, où, le 6 janvier, il a pris la couronne de fer ] les Gibelins 
lui font cortège et grossissent son armée ; la Marche de Trévise et les 
cités lombardes lui ont prêté le serment d'obéissance ; partout les 
Guelfes ont été chassés, le gouvernement changé, les statuts en vigueur 
abolis ; appelé à grands cris par les Pisans, Henri VII se dispose à 
entrer en Toscane et à réduire goua sa puissance, avant de poursuivre 
son voyage vers Rome et Naples, les villes de Bologne, de Lucques, de 
Florence, de Sienne et de Pérouse. Le roi Robert promit alors k ta 
république de venir combattre l'empereur avec toutes ses forces (20 
février i3n). Cf. A. Desja.rdins, op. cit., t.I, pp. 14 sv. 

(2) Les instructions données à Agnoio Acciaiuoli par les Dieci, le 10 
septembre 1451, disent que l'ambassadeur doit représenter àCharles VII 
que la république est haïe par le roi d'Aragon, à cause du dévouement 
qu'elle prolesse pour la maison de France, * de' cui gloriosissimi gigli 
sono ornaii i templi, le logge, i palagi no8tri...t Cf. C< Guasti, op. ctt-t 
L c, p. to6. 



\ 



i 



HTTRODUCTIOS. 



IXI 



Non nascitur Florentiae puer qui sculpta in corde suo tua 
lilia non habcat, disaient leurs représentants à Char- 
les VIII (i) ; et l'ambassadeur vénitien répétait, quel- 
ques années plus tard, qu'au dire des Florentins 
eux-mêmes, si on eût ouvert le cœur à chacun d'eux, on 
y aurait trouvé un lis d'or (2). Il en concluait que les 
Florentins étaient naturellement français et le seraient 
toujours, à moins que les événements ne les forçassent à 
des sentiments contraires (3). 
■ C'est, du reste, ce qui devait arriver bientôt. 

^T^s mauvais jours pour Florence avaient commence 
avec la mort de Laurent de Médicis (1492). Nous faisons 
allusion à des faits bien connus et qui n'ont pas besoin 
d'être racontés ici. 

Le i*' janvier 15 15, le duc François d'Angoulême,sous 
le nom de François I'"", avait succédé à Louis XII. 

Les Florentins ne se décidèrent à complimenter le 
nouveau roi qu'après neuf mois (4). Pressentaient-ils 
quelle allait être son attitude à leur égard ? 

Quoi qu'il en soit, entre François I" et Charles-Quint, 
nouvellement élu à l'empire, la guerre n'avait pas tardé 
à éclater. Elle eut surtout l'Italie pour théâtre. 

tA Rome, Léon X étant mort, le i" décembre 1521, et 
(i) Voir ap. C. Guasti, ibid,^ pp. 223 sw. 

(2) Rdazioni degli ambasciatori veneii al Senato, durante il secolo 
decitttostslo, éd. E. ALBbai, 2* sér. t. 1, p. 78 sv. — c Eas^ndo guelfi 
hanno sfmpre seguitato la parte francese ••Ibid. — Selon l'ambassadeur 
lui même, le serment que les premiers magisrata prêtaient, lors de leur 
entrés en fonctions, < di non esser mai contro alla Chiesa romana, ne 
controalia corona di Francia>,consLrvait le souvenir de cette politique 
traditionnelle. Cf. aussi Gabriel Thomas, Lts révolutions politiques de 
Florence (1177-1530), p. 3a3. Paris, 1S87. 

(3) « Conchiudo che.pcr l'ordmariu e naturalmente, 1i signori Fioren- 
tini sono francesi, e sempre saranno cuu loro, se gran causa o gran 
lucessità non li astringerk in contrario. > Ibid. 

(4.} DaBjARDiNs, op. cit., l. c, p. 682. 




XXII LES NEGOaATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



Adrien VI n'ayant fait que passer sur le siège de saint 
Pierre, le 19 novembre 1523, le cardinal Jules de 
Médicis devenait Clément VII. 

Son élection (i) avait été, à Florence, l'occasion de 
fêtes extraordinaires (2), où l'on n'avait épargné ni les 
illuminations (5), ni les feux d'artifice, ni les processions 
solennelles (4). 

Dans une lettre au nouvel élu, la Seigneurie s'était 
félicitée de son avènement, non seulement comme d'un 
honneur incomparable pour la cité, mais encore, koc 
potissimum tcmporej comme d'un bienfait signalé pour 
l'Eglise et le monde (5). 

De son côté, dans un bref, où il disait avoir choisi le 
nom de Clément parce qu'il se proposait de répandre 
la clémence sur tous les hommes, comme la bonté 
divine venait de la répandre sur lui, le pape se confon- 
dait en protestations d amour pour ses concitoyens (6). 

Toute cette allégresse et toutes ces congratulations 
allaient avoir un triste lendemain. 

Les Médicis, en mai 1527, ayant été, de nouveau, 
expulsés, Clément Vil, en dépit de sa devise de clémen- 

(i) Cf. P. BcRTi, Alcuni docununti clvc servmo ad illustrare il 
ponlificato & la vitaprivata diCUnienU Vil, ézn^lc G iornaU storico 
degli archivitoscani, t. Il (1859), pp. 102 svv. 

(7.)Fériiic univcrsalcs in creationc Clet>tcntis papae VII. Ibid. p.iig. 1 

(3) < Bannum quod lucernae accensae ponantur ad fenestraa noctis 
tcmporc » (20 novembre i523, hora ociava nodis eitisdamj. Ibid., Le, 
p. 118. 

(4) «Quod Bat aolemnis processio pro creatione ClementiB papae VII> 
{23 novembre iSiS). Ibid., p. iig. 

(5) Voir ta lettre de ia Seigneurie de Florence à Clément VII, da 
l'f décembre 1523. Ibid., p. 124.. 

(6) «Onde noi volentieri babbiamo preeo il nome di Clemente> ricor- 
dandosi (ïîc)di tanta clementia di Dîo, la qualeesacndo da Dio diiïusa 
sopra di noi, chollo aiuto di Dio da noi si trasfonderà nelli buomini. > 
Lettre du pape à la Siigneuiie, en date du 22 novembre 1523. Ibid., 
p. 121. Au sujet de Clément Vil, il faut consulter notamment LuDvviG 
Pastor, GticÂic/i/tf der Pcipsie sal don Atisgang der Mitldaliirs.T.lV. 
GeschichU der Pàpsle im Zcilalter der Renaissance un der Glauben- 
spaliung von der Wahl Léo X bis zum Tode Clemetts K//(i5i3-i534), 
2« partie, CUnwts VIL Fribourg en Br., 1907. 




INTnODDCTIOI»^. 



XXIll 



I 



ce, fit bientôt appel, pour les rétablir, à l'intervention 
de Charles-Quint. Il déclarait, plus tard, à M. de Praet, 
ambassadeur impérial à Rome, qu' < il ne pouvait 
€ laisser de détruire entièrement Florence, ou de la 
f réduire à son obéissance, en y remettant la maison 
« de Médicis, quand même lui, l'empereur, dût y venir 
t en personne, ou y envoyer une bonne partie de ses 
I gens de guerre, si les forces du prince d'Orange 
K n'étaient pas suftisantes à cet effet (i). » 



* • 



En Toscane, on n'avait pas tardé à avoir vent de ce 
qui, trailreusement, se préparait. Une fois encore, les 
regards se tournèrent vers la France. 

Au mois de novembre 1528, la Seigneurie envoyait 
à François I" le jurisconsulte Baldassare Carducci, 
républicain sincère et passionné, ennemi irréconciliable 
des Médicis et zélé partisan de la France (2). Il devait 
supplier le roi de venir, si la guerre continuait, énergi- 
quement et sans délai au secours de la cité et, en cas 
de négociations avec l'empereur, d'exiger et d'assurer 
l'indépendance de la république florentine (3). 

Sur ces entrefaites, les conférences de Cambrai 

(i) De Praet à Charles-Quint, Romei le 11 août 152g. Ap. 
A. Bakdi, Carlo V e l'assedio di Fircnzc, dans ASI, 5* sér., t. XI 
(x8^3l, p. 29- 

(2) Cf. A. Desjardins, op. cit., t. II, p. 684. Cf. aussi Pio Carlo 
Falletti-Fossati, L'assedio di Firenze, t. I, p. 25 1 avv. Palerme, 
i885. 

(3) < Intorno ad che, ainsi continue l'Instruction, vi vogliamo 
generalmente commettcre che voi facciate bene capace la Maestà 
criatinniasima che, siccome alli adversari délia causa di Francia non 
patve mai avère cstinte le forze dei Franzesi in lialia insino ad tanto 
che il nostro popolare governo indussono ad une stato tirannico, 
cosi non speri o si persuada che alcuno che sia contrario al présente 
nostro popolare vivere pobsa essere amico di S. M., rè pensi di potere 
mai disporre délia cinà nostra, corne di ciltà arnica e benevola, se 
non quando la sua naturale inclinazione non sia pervertita dall' 
ambizione di pochi, come per esperienza de' passât! tempi s'è potuto 
indubiiatamente cognoscere. > Ibid., p. 254. 



XXIV LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

s'étaient ouvertes et elles se poursuivaient sous les yeux 
de l'ambassadeur. On ne cessait de lui affirmer que la 
liberté de sa cité serait sauvegardée (i). Jamais, disait 
le r6i, jamais la paix ne serait signée senza t^tal bcfuficw 
e conservaztane délia città ; et il osait ajouter : c S'il n'en 
est pas ainsi, dites que je suis non un homme d'honneur, 
mais un lâche (2). > 

Quelques semaines plus tard, au cours de décembre 
1529, le traité fut conclu entre le roi et l'empereur; ^ ■ 
Florence y était sacrifiée. ^| 

Vainement la république chargea, en toute hâte. Bar- " 
tolommeo Cavalcanti d'adresser à François i" un 
suprême appel, de le prier d'empêcher, tout au moins 
par son intervention diplomatique, que les troupes 
impériales ne fondissent sur la Toscane (3). Tout fut 
inutile. La démarche tentée ensuite, sur le conseil de 
Carducci, par quatre des principaux citoyens (4), qui se 1 



(i) A> DssjAKOiNs, Op. cit., L c p. 683. 

(2) Ap. FallettiFossati, op. cit., p. 254. — «Sire, dit un jour 
l'ambassadeur florentin à Sa Majesté très chrétienne, la Maestà Vostra 
tante volte mi ha aifermato e ripetuto le medesime cose che, se io non 
veg^o l'osservanza di quc:Jle, non che io creda mai più a parola di re, 
dubiierei se avessi a credere a Dio. > Le roi lui lépondit : « Voi avete 
mille ragioni, perché io ve l'ho promesso et cou alïetta Io adempirô, » 
NDD, t. II, p. 1090. 

(3J Voir sa lettre, en date du 19 août 1529. NDD, /■ c. pp. iixi av. 

(4) Voir l'Instruction, en date du 16 août 1529, NDD. l. c, pp. 1119 
svv. — Voici un extrait de ce» instructions fort touchantes : < Carisslmi 
aicbasciatori, tre sono e' principali respetti che sogliono rendere più o 
meno importante qualunque legazione : de' quali Tuno è la persona a 
che ella si manda; l'altto è il tempo nel quale eila è mandata ; la terxa 
è la cagione che ne induce a) mandarla. Le quali tuite. se bene aieno 
considerate, facilmente dimottreranno a quaJsivoglia etiam médiocre 
ingegno, non che aile prudenze voatre, questa legazione esaere fra tutte 
le altre importantisaima, e forsc mollo ptù d'alcuna délia quale a'abbi 
per mohi tempi addietro meraoïia : perché la persona a cbi noi vi 
mandiamo è uno impcratore, per dignità principe di tutta la cris- 
lianità, potentiasimo, vittoiioso ed armato ; et tempo è, come vede 
o^nuno, pericoiioaisaimo, essendo già in Italia peraoïialmente, e pre- 
parandosi li agenti suoi a venirci ad asaaltare, e posaendoai ogni 
giorno intendere che aieno entrati ostilmente nel paese nostro, e tro- 
vandoai fînalmente la città con li amici incertî e lontani e con li nimici 



rendirent au devant de Charles-Quint, pour fléchir sa 
colère, n'eut pas plus de succès (i). 

-< Abandonnée par ses amis, condamnée par l'empe- 
reur, livrée à la vengeance de celui qui, comme citoyen 
et comme pontife, devait deux fois la bénir, trahie par 
ses capitaines, la cité prit la généreuse résolution de 
défendre, contre le plus puissant souverain du monde, 
sa liberté, source sacrée de sa force, de sa fortune et 
ds sa gloire. Seule, elle soutint, pendant dix mois, cette 
lutte désespérée. Enfin, sans ressources, sans espoir, 
épuisée de sang, elle tomba, après s'être immortalisée 
par la plus héroïque résistance dont l'histoire ait gardé 
le souvenir (2). > 

La démocratie et la liberté étaient mortes. Suivant 
la remarque d'un écrivain moderne, n'est-ce pas la 
pensée qui se reflète sur la noble figure que Michel-Ange 
sculpta alors pour la chapelle de San-Lorenzo (3) ? 

certisaimi e vicinj ; la cagione dell' andata vostra è la salute délia 
ctttà, la conservazione délia libertà, la incolumità del paese nostro, 
deiia ruba, de' figliuoli, deil' onore, deila vita, e in genete dt tutte 
quelle coae che sono reputafe più care.... > NDD. l. c-, p. 685. 

(i) Après avoir eu, à Bologne, de longs entretiens avec le pap>e, 
Charles entra en né^ociaitona avec François Sforza, quM laissa 
inaî ire ùu Milanais ; avec Venise, qui rendit à Clément VII Cervia 
et Ravenne et abandonna les places du Napolitain ; avec le duc de 
Ferrare enfin. Florence seule fut frappée ; car Clément VII voulait, à 
tout prix, y rétablir la domination de sa famille. Cf. Henry Lbmon- 
NiER, La lutte contre la maison d'Autriche;, la France sous Henri II, 
p. 64(li. Lavissb, HisUnre de France, t. v, 2). Paris, 190+. 

Le 24 décembre iSig fut signée, à Bjlogne, la paix entre l'empe- 
reur, le pape, les Vénitiens et le duc de Milan. Elle fut publiée, le 
I*' janvier rS3o, à San Petronio, puis proclamée par un ban du cardi- 
nal légat, Innocent Cybo. Les Florentins ne tardèrent pas à éprouver 
les conséquences — pour eux funestes — de cette pace universale, 
comme on aima à l'appeler. Cf. L. Siaffetti, // cardinale Innoccnzo 
Cybo, p. 94.. Florence, 1894. 

(2) A. Uesjardins, op. cit. L c, p. 685. Cf. [E. Albkri], Documenti 
suit' assedio dt Firenze. Florence, 1840. Cf. aussi A. Bakdi, Carlo V e 
l'asisdio di Firenze [ai àocwm^nix dt^U' archivio di stato di Bruxelles) 
dans /VSI, 5' sér. t. XI (1893), pp. i svv. 

(3) H Pcnsicro, statue du tombeau de Laurent de Médicis, duc 
d'Utbino. 



MVI LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

c Dans ces géants de marbre l'artiste enfermait l'âme 
des vieux Florentins : il confiait au tombeau du des- 
pote le songe mélancolique des anciennes gloires (i) et 
sur la dalle funèbre traçait discrètement l'expression 
de son découragement solitaire : 

Mentre clie il danno e la vergogna dura, 
Nonveder,iwn sentir m'è gran ventura (2). » 



n. 



C'est à cette date, fatidique entre toutes, de l'histoire 
de Florence que commence notre modeste travail. 
La période qu'il concerne, ainsi que nous l'avons dit 
plus haut, a été généralement négligée par les histo- 
riens, sous prétexte qu'elle n'offre que peu d'intérêt et 
peu d'importance (3). Sans doute, avec la chute de la 
république, l'histoire de Florence perd de son charme et 
de sa splendeur ; néanmoins, la Toscane conserve, 
surtout au point de vue politique, durant tout le xvi* 
siècle, une influence prépondérante dans les événements 
qui préparent les temps modernes (4). Notre ouvrage 
aura, pensons-nous, l'avantage d'envisager la politique 
extérieure de Florence à cette époque, alors que les 



(i) La Nuit, statue du tombeau de Julien de Médicis, frère de Léon X. 

{2) Gadrikl Thomas, Les révolulwns politiques de Florence {ii'j']- 

l53o): Etudes sur leurs causes cl leur eiicliainemenitp. 433 Parie, 1S87. 

(3) « ... Le cose italiarx perduno a' njiei occhi qua&i lutta la loro 
bellezza e iiriport.in/;a cul principiarc délia Bcconda meta del cinque- 
cento ... » Ainsi a't xprimaiî jadis A. Reumont (Tavole cronologiche c 
sincrone délia sioria fioreniina, p. 24, rote 8. Florence, 1841); mais il 
ajoutait qu'il nav&it p:a l'ait but ctitc éi^oque studi di qualche estensione. 
— F. T. Perrknb répète la même idée, en l'accenluaut davantage, dana 
les derniers chapitres de son Histoire de Flotence, depuis la domina' 
lions des Médicis jusqu'à la chuie de la république (1434-1531), t. IIL 
Paria, iSgo. Cf., à ce sujct.lcs justes remaïqucs de L. Ferrai dans ASI, 
5« sér., t. VIII (1891). pp. 202 svv. 

(4) Reumont lui-même l'a reconnu : on ne peut nier, dit-il, < che 
non sia per ae stesaa rilevante e degna di uiolte conaidt:ra2iO[ii l'epoca di 
CoBimo I >. Ibid. 



INTRODUCTION. 



XXVIl 



rares travaux parus, jusqu'ici, ou ne portent que sur les 
débuts du nouv^el Etat qui a surgi sur les ruines de la 
république (i), ou bien ne traitent que des épisodes de 
la vie intérieure du duché et de la maison de Médicis (2). 
Comme il aurait été difficile cependant d'embrasser 
un tel programme à un point de vue tout à fait général, 
il nous a semblé préférable de nous restreindre à l'étude 
des relations diplomatiques — politiques et religieuses 
— entre la Toscane et la France, sous Cosme I" et 
Catherine de Médicis. En effet, non seulement ces rela- 
tions offrent un particulier intérêt à cause des personna- 
ges qui les dirigent, mais encore elles ont une excep- 
tionnelle importance, étant donnés les événements qui 
se déroulent alors en France et dont dépend, en grande 
partie, le sort de l'Europe chrétienne. Au surplus, ces 
relations de la Toscane avec la France sont intimement 
mêlées à toute sa diplomatie internationale ; elles en don- 
nent, en quelque sorte, la clef. 



Étant les premiers à traiter ce sujet {3), c'est aux 
sources elles-mêmes que nous avons dû, avant tout^ 



(i) Nous faisons aliuHion surtout à la belle étude de L. Ferrai, 
Cosimo I lie' Medici, dtica di Fircuze (Bolo<;ne, 1882), étude qui ne 
comp'cnd que les six premières années du règre du nouveau duc (1537- 
1343). li en est de même pour une foule de monographies qui seront 
citées dans cet ouvra^je. 

(3) Tels sont, par exemple, les travaux de MM. G. £. Saltini, D. 
Grottanelli et autres que nous utilissrons, au ccurs de cette éiudc. 

(3) Ls travail de M. Eugène Sol {Les rapports de la France avec 
l'Italie, du XII" siècle à la fin du pretniit empire, d'après la série K des 
archives r.aiionales. Paiis, igoS) n'est qu'une inventaire des documents 
de cette section des Archives nationales de Pana. Au reste» il n'y a pas 
eu, pour ainsi dire, jusqu'ici d'étude sur les relations entre la France et 
les divers États de l'itiiie à l'époque moderne.La atule qui existe,ànotr6 
conoai&sanc-j, est un article ae Ba;4uenault de rvcnEssE,Ncgociaiions 
de Henri II avec le duc de Ferrare, dans la RQH, t. V (1870), 
pp. 4S5 svv. — £mile Picot nous a donné, par ailleurs, un excelienl 
itvfani, Les Italiens en France, au XVI' siècle:, duns \s Bulletin italien, 
1. 1 (i9oi},pp. 92 8vv,, mais en se plaçant à un autre point de vue. 



XXVTII LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



recourir. Notre premier soin a naturellement été de 
prendre connaissance des documents déjà édités. Il fal- 
lait commencer, dès lors, par dépouiller le recueil des 
négociations diplomatiques de la France avec la Tos- 
cane (i), publié par A. Desjardins, dans la collection de^ 
documents inédits sur l'histoire de France (2). ^M 

« Tout livre, dit le savant éditeur, a son histoire, que ' 
le lecteur peut avoir le désir de consulter et qu'il a le 
droit de connaître (3). » Il nous sera permis, en consé- 
quence, de nous arrêter quelque peu sur cette publica- 
tion. Dans un certain sens, d'ailleurs, elle constitue 
presque la base de la présente étude. 

M. A. Desjardins, que son gouvernement avait chargé 
de diriger la publication des documents précédemment 
recueillis par G. Canestrini (4), s'était, au début, pro- 
posé le plan suivant. 

Comme il lui aurait été impossible de publier toutes 
les pièces conservées aux archives de Florence, il réso- 
lut d'en faire un choix et d'éditer seulement les plus 
dignes d'intérêt. 

Chronologiquement, il prit pour point de départ les 
dernières années du règne de Philippe le Bel et comme 
terme la mort de Henri IV. 

Tous les documents ne présentant pas le même degré 
d'intérêt, il se décida à conserver dans leur intégrité 
seulement les plus considérables et à analyser simple- 
ment les autres. 

De chaque légation, il songea à former un tout com- 
plet ; elle devait comprendre : 1° une notice biographique 



(i) Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, docu- 
menta recueillis par G. Canestrini et publiés par A. Desjardins. Paria 
1859- 1S75, 5 volumes. 

(2) Sur cette collection, voir une cuui^te notice dans la RHE, t. VI 
(1906), p. 887, n. I. 

(3) Op. cit., t. I, p. I. 

(4) < Homme de mérite et de savoir, auteur de livres justement esti- 
mési il connaissait ce« archives à peu pi es comme le laboureur con- 
nait le champ qu'il cultive depuis vingt ans. » Ibid., p. m. 



4 

i 
i 




INTRODUCTION. 



xnx 



sur l'ambassadeur ; 2° les instructions que ce dernier 
avait reçues ; 3" la collection de ses dépêches (i). 

Exécutée telle qu'elle avait été conçue, l'œuvre de 
Desjardins n'aurait pas donné prise à des critiques 
sérieuses. Le reproche que formula jadis à son sujet M.C. 
Guasti, à savoir qu'il aurait fallu « commencer par faire 
des recherches à l'Hôtel de Soubise» (2), en d'autres ter- 
mes aux Archives nationales de Paris, suppose chez 
l'auteur de cette publication et chez ses collaborateurs 
une intention qu'ils n'avaient pas. Ils s'étaient unique- 
ment proposé, en effet, de publier, parmi les documents 
conservés aux Archives de Florence, ceux se rapportant 
à l'histoire des relations entre la France et la Toscane, 
plus spécialement les mémoires et les dépêches des 
ambassadeur (3). Peut-être, d'autre part, le titre choisi 
par eux n'est-il pas très exact ; mais il n'y a pas lieu, 
en somme, d'y attacher trop d'importance (4). 

La grande critique que l'on peut faire à Desjardins, 
ce n'est pas d'avoir restreint le cadre de ses recherches 
aux archives de Florence, mais bien plutôt d'avoir tra- 
vaillé de telle sorte que, ne voulût-on traiter qu'un seul 



(i)Cf. ibid,, pp. m svv. 

(2) « £ qui avendoloccato dei dubbi che vennero ail' editore,non posso 
omeCterne alcuni che a lui non vennero in mente.ma cbe ad ogni lettore 
potranno nanceie nello sfogliare qutsto volume. Corne mai, dira, pubbli- 
cjindo i documenti délie relazioni diplomatiche tra la Francia e la 
Toscana,non si è punto penaato a rintracciarli negli archivi francesi?-. 
Prima una girata ail' hôtel Soubia::, e poi una gita agli Uffixi.» Oparc, 
t. I. p. 198. 

(3) Cf. A. DhSJARDlNB, op. Cit., t. I, p. II. 

(4) Par le fait même,ii n'y a pas lieu de s'arrêter à une autre ciitique, 
juste en elle-même, que le célèbie archiviste a ainsi formulée {Oftre, 
t. I. p. 19g) : Dira poi il lettore : È possibile cbe si penetri dertro ai 
nesoziati pubblicando i soli carteggi che passarono tra i re di Francia e 
la repubblica ? La diplomazia non ha mai sdegnato i colon reltorici, 
e fra questi suol prediligere quella figura che si chiama reticenza. Chi 
vuolc pertanto sapere il veru délie cose, à necessario che le lo procuri 
per dirittoe per traverso, e una lettera al duca di Milano, per modo 
d'^4)empio, puô metterci nei segreti deUe reiaxioni frarceti meglio délie 
lettere andate a quel re o da quel re venule. > 



XXX LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



point de cette histoire diplomatique, on serait obligé de 
refaire son travail. Pour éviter ce défaut capital, il 
aurait fallu qu'il fouillât davantag^e les dépôts des Uffizi, 
qu'il feuilletât avec plus de patience les liasses de docu- 
ments et qu'il en entreprît le dépouillement sur un plan 
beaucoup plus large. 

Desjardins a eu bien plus à cœur de présenter à 
ses lecteurs un ensemble de documents, écrits en 
grande partie, il est vrai, par les ambassadeurs toscans, 
mais qui pussent intéresser l'histoire générale de la 
France, que de recueillir des matériaux en vue d'une 
histoire particulière des relations entre les deux 
pays. 

Cela devient manifeste surtout dans ses trois der- 
niers volumes, qui se rapportent au xvi* siècle : ici, il 
s'est borné à reproduire les dépêches des ambassadeurs, 
en faisant, d'après son goût et ses vues personnelles, un 
choix parmi ces pièces. 

Ce qu'on ne saurait surtout lui pardonner, c'est, con- 
trairement à l'engagement qu'il avait pris dans son in- 
troduction, de s'être permis d'exclure systématiquement 
même les instructions générales adressées aux ambassa- 
deurs résidents. Si peu importantes qu'elles soient par- 
fois, elles méritaient d'être connues (i). Il est facile de 
s'en rendre compte, Desjardins s'est fixé, de plus en plus, 
dans l'idée que sa publication n'avait d'autre but que 
de servir à mettre en lumière l'histoire générale de la 



■ 
I 



(i) Quant aux biog'aphtesdcces ambassadeurs,!! a tenu,en partie.sa 
promeaae. Il nous :'pprend îui-même où il a puisé ses reri8tii.'nemeni8. 
€ Je me fais une loi et un plaisir de déclarer que, à peu d'exceptions 
pyhs, je dois tous les élétncnts qui m'ont servi à composer les noticts 
biographiques contenues dans cet ouvrage à i'un des directeurs du 
dépôt central des archives d'état de Toscane, M. le comte Luigi 
Passerini, seo^rctario dells ri/orma^ioni, généalogiste de premier 
ordre, dont U complaisance et le savoir sont inépuisables > {Op. cii., 
p. aS, n. i). Nous avons mis à profit, noua-mêtres, les courtes notices 
biographiques de Desjardins. 



France. Dès lors, il a exclu, de même que les instruc- 
tions générales aux ambassadeurs, toute correspondance 
entre les deux cours (i). 

Malgré ses défauts, la publication de Desjardins a 
rendu et est appelée encore à rendre d'immenses ser- 
vices. Non seulement l'histoire de France y a gagné 
beaucoup, mais celle aussi de l'Italie, voire de l'Eu- 
rope (2). Il est incontestable, néanmoins, qu'une his- 
toire des négociations entre la Toscane et la France ne 
saurait être faite d'après cette seule publication. 

Il nous a donc été indispensable, après avoir fait un 
large dépouillement des documents publiés par Desjar- 
dins, d'entreprendre, comme si cette publication n'exis- 
tait pas, de minutieuses recherches. 



Ces recherches, nous les avons faites, tout d'abord, à 
Paris, aux Archives du ministère des affaires étrangères 
et à la Bibliothèque nationale : suivant toute prévision, 
ce devait être là un champ inexploré. 

Au ministère des affaires étrangères, notre espoir a 



(i) Au contraire, dans les Jeux volumes précédents, où les dépêcheB 
•ont moins nombreuses. M. Oesjardins s'efforce de suppléer k la 
rareté relative de ces pièces par d'autres documents de tout genre et 
de la plus haute valeur. C'est ainsi qu'à côté des dépêches, nous y 
trouvons les instructions données par la république aux ambassadeurs, 
dts lettres échina;ét8 entre les deux pouvernements, des harangues 
prononcées en diverses circonstances, des mémoires, des traités, etc. 
C'est une mine inépuisable pour l'histoire des relations entre la répu- 
bUque de Florence et le royaume de France. 

(2) Le jour ne semble pas être proche où cette publication pourra 
devenir inutile. Il faudra, en effet, attendre longtemps, avant que, 
ainsi que l'espérait C. Guasii (Ibid., p. igg), < ogni grande archivio 
prenda a pubblicare, o ucUa loro integrità, o per transunti, idocumenti 
propri con dise^no più lar^o ». < Ora è un libro difettoso ] ma il auo 
difetto in gran parte era inevitabile, conaistendo nel credere che le 
reUzioni di uno stato con un altro possano iaolarsi dalle relazioni con 
gli altri (fbid.).t Tout en acceptant cette conclusion, noua ne saurions, 
par ailleurs, souscrire à l'assertion sur laquelle elle est basée, et cela 
pour les motifs que nous avons exposés plus haut. 



XXXll LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

été, en partie, déçu. On y conserve seulement quatre 
liasses de documents se rapportant à la Toscane, re- 
liées in-quarto. 

Elles sont ainsi désignées : 

Florence I (avant 1600) ; 

Florence II (de 1600 à 1640) ; 

Florence^ Supp. i (1490-17 19) ; 

Florence, Supp. 2 (1595- 1600). 

Ces liasses nous ont fourni très peu de choses pour le 
présent travail (i). En revanche, nous y avons trouvé 



(i) Pour épargner à d'autres travailleurs la peine de faire des recher- 
ches inutiles, nous croyons à propos de donner ici un inventaire som- 
maire de toutes les pièces qui, parmi celles conservées dans ces liasses, 
se rapportent à la période dont noua nous occupons dans le présent 
travail : 

Florence i. 

[2 r.] Extrait d'un ancien priorisie de la république de Florence. 

[4 r.] Reqiusie présentée par ceux de Florence au rqy Charles VI 
pour estre reçus en sa protection {l't décembre iSgô). 

[7 r.] Lettre de ceux de Florence recevans l'alliance et protection de 
Charles VI, rqy de France {novembre 1396). 

[9 r.] Lettre des Florentins sur l'alliance et protection à eux accor- 
dée par le roy Charles Sixième (1396). — [15 r.] Copie moderne de la 
même pièce. 

[21 r.] Lettre de remerciement des Florentins au roy Charles VI 
sur l'alliance et protection à eux accordée (3o décembre 1396). 

[27 r.] Lettres de naturalité pour Laurent de Médicis,duc d'Urbain^ 
et sa fille Catherine de Médicis, depuis reine de France {mars 1519, à 
Saint-Germain). 

[31 r.] Investitura di Carlo Quinto, fatta al duca Alessandro de* 
Medici dello Staio di Fiorenza, l'anno 1530 (28 novembre). 

[37 r] Concessione fatta daW imper atore Carlo V a Cosimo de' 
Medici del prtmaio et capo del governo, Stato et dominio délia repub- 
blica fioreniina, i537 (3o septembre). 

[47 1-.] Traité fait entre le roy Henry second et la seigneurie et 
république de Siene {18 janvier 1552). — [63 r,] Autre copie de la 
même pièce. 

[80 r.] Traité entre le roy Henry II et Cosme de Médicis, duc de 
Florence (4 août 1552). — [86 r.] Autre copie en italien. 

[84 r.] Traité entre le roy Henry II et Nicolas Ursim, comte de 
Petillan (9 octobre i552). [En Italien]. 

[91 r.] Successo di Siena nel i552. 

[114 r.] De l'Usurpation de la seigneurie de Siene par l'empereur 



INTRODUCTION. XXZIU 

des pièces, fort intéressantes, relatives aux relations 

Charles V ci Philippe II, rcy d'Espagne (i554). [En français]. — 
[147 r.] Autre copie. 

[i 16 r .] Capiicli siabiliii Ira il re Filippo et il duca Cosimodi Medici 
per le cose di Siena ibSy (3 juillet). — [112 r.] Autre copie en laiin. — 
[l?8 r.] Encore une autre copie en lalin. 

[149 r.] Leiiera del duca di Fiorenza al duca di Savoia circa ii 
iitolo di f(ran duca di Toscana (ii décembre i56g). 

[149 r] Rispcsia del duca di Savoia al duca di Fiorensa (27 décem- 
bre 1569). 

[i5o r.] Protestaiio facia ab Imperaiore Maximitiano,die Mercurii, 
29 Martit, anno i5yo... 

[iSa r.] Proiesto fatio daW imperaiore Massimiliano contra papa 
Pio V, quando diede il iitolo di gran duca al duca di Fiorenza 
(juillet 1570). 

[166 r.] Insirumejiium proiesiationis, quod leciutn el, eo guo sequitur 
modo, est tnsinuatiim Papae ab Oraiore Caesareo super coronatione 
Dticis Etruriae et itlulo Magni Ducis, a Summo Poniifice concesso ; 
cum responsione Secrciarii Poniificii ad diciam Proiestaiiouem.Iniiio 
videre est Procuratorium Caesaris,daiuyn 26 Mariii 1570. 

[176 r.] Remise du chaPiau du grand-duc [^Ferdinand /"'] au sacré 
Collège (dépêche de Rome : a di uliinio di novembre i588). 

[177 r.] L'arrivée de la grande-duchessi: à Florence (iSSg) [dé|iêchc, 
de Florence]. — [182 r.] Autre copie. 

[3oS r.] Descriiioue délia pompa funerale faiia nelU excquie del 
Sercfiisstmo Siguor Cosiiuo de' Medici gran duca de Toscana... In 
Fiorenza appresso i Giunti, 1574 (Imprimé). 

[338 r.] Pièces sans date, mais qui paraissent estre d'avant 1600 

[33g r.] Relaiione del Clarissimo Siguor Giacomo Saramo, caval- 
lier rtiornaio ambasciaior daW Eccellentissimo Signer duca di 
Fiorenza. — [437 r.] Autre copie. 

[41g r.] Discorso sopra le ragioni délia precedenza ira il duca di 
Fiorenza et tl duca di Ferrara. 

[468 r,"] Parère del granduca Cosimo de' Medici, granduca di 
Toscana, sopra la corte di Roma. 



I 



Florence, Suppl. z. 
(Les folioa de cette IIassc ne sont pss numérotés). 



Capitoli dell' accomandigia faiia dal conte Ugo, del conle Fran- 
cesco di Carpegno, con la repiibblica Jiorentina, l'anno MCCCCXC 
(23 mars] [Imprimé]. 

Invesiiiura Status Florenliae in favorem AUxandri de Medicis, 
anno i53o, die 28 Ociobris,per Imperatorem Carolum Quinium, 
Augusiae Vindelicorum, concessa. 

Traictéfaii entre le roy, et les seigneurs et république de Sienne (x8 
janvier tssay.Suit une .lutre copie en latm. 

Invesiiiura ddlo Staio di Siena nella persona deW lUusirissimo ei 




XXXIV LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

entre la Toscane et la France sous le règne de Hen- 
ri IV (i). 

A ta Bibliothèque nationale, nous avons été plus heu- 
reux. Dans le fonds italien, il nous a été donné de met- 
tre le main sur une liasse qui porte le numéro 1207 et 
renferme la correspondance de la cour de Toscane avec 
celle de France, pendant la dernière période de la vie 
de Cosme I" (1569-1574). 

Ce sont des lettres, ou autographes ou originales, de 
valeur inégale, au point de vue historique, mais qui nous 
mettent à même de pénétrer la nature intime des rela- 
tions entre les deux pays et d'en saisir la complexité. 
Cette découverte était d'autant plus opportune qu'il nous 
aurait été bien difficile de retrouver des copies de ces 



Eccdlehiissimo Signor Cosimo de' Medici... (3 juillet i557). — Suit 
une copie de la même pièce en italien. 

Instruction au seigneur Don Francesco d'Esté pour le fait de la 
Toscane et pays siennois allant aux Pays (décembre 1557 ?) 

Servizi resi alla corona di Spagna dalla casa seretiissima di Tos- 
cana,daW anno 1535 al iSSg. 

Memoriale de crediti et effetti chc ha il Monte di Pietà délia città 
di Firenze in Spagna. 

(i) La liasse Florence //contient beaucoup de piècca ae rapportant 
an mariage de Marte de Médicia avec Hem i IV (r°* 1-87). II y a, en outre, 
tiUte une suite de correspondances entre les prand-ducs et les rois de 
France, ainsi qu'entre les ministres des dtux souverains. Lta lettres en 
sont généialemerit autogiaphta tl vont de 1621 à 1640. — Lï liasse, 
Florence, SuppL i, a.iuf quelques lettres c'e la fin du XVI* siècle, r.e 
renferme que des pièces sa rapportant aux années 16901719 relies 
sont d'une importance considérable. Enfin la liasse Florence, Suppl. 1 
renferme des copies de documents. Ces documenta ont été générale- 
ment copiés aux archives d'Etat de Florence par les soins de S. E. le 
com'e Durfort, ministre de France en Toscane. On y trouve un choix 
de correspondences entre : a) le grand-duc et ses ministres en France, 
pendant l'année 16 10 ; b) entre Marie de Médicis et son oncle, Ferdi- 
nand I" (i599 1607) ; des lettres du chevalier Vinta à M- de Villeroi 
(4 janvier 1595-20 mai 1596) ; enfin oca itttrtsde ce dernier au cheva- 
lier Vinta (24 septembre 1595-16 juillet 1612). — Nous eap>éiona 
utiliser, dans un prochain travail, tous les documei}ts se rapportant à 
l'époque de Henri IV et de Ferdinand I". 

Des rccheichts supplémentaircrs, faites surtout dans ks liasses se 
rapportant ï la cour de Rome, nous ont permis de retrouver quelques 
pièces impoitantes ; nous les citerons au court de cet ouvrage. 



INTRODUCTION. 



XXXV 



lettres à Florence, parmi les minutes éparses, sans 
aucun ordre, dans d'innombrables dossiers. 

Mais c'est à VArchivio de Florence que nous avons 
recueilli les matériaux de beaucoup les plus importants. 
Il serait impossible d'énumérer ici toutes les liasses que 
nous avons compulsées. Il nous suffira de dire que nous 
n'avons pas hésité à fouiller notamment tous les volumes 
de VArchivio Mediceo dans lequels nous pouvions espérer 
découvrir quelques indications utiles ; et, plus d'une fois, 
il nous est arrivé de rencontrer des pièces de la plus 
haute valeur là oii l'on n'eût pu s'y attendre et alors que 
nous les aurions vainement cherchées à leur place natu- 
lelle. 
f Pour s'en convaincre, qu'on jette plutôt un coup d'œil 
sur la nomenclature des liasses d'où nous avons tiré nos 
documents, nomenclature que nous reproduisons plus 
loin, pour l'utilité de quiconque aurait besoin de se livrer 
à un labeur d'investigations analogues (i). Les liasses 
portant les n" 2634 et 2635 noua ont ainsi livré pres- 
que toutes les instructions générales aux ambassadeurs 
résidents. Nous avons jugé utile de les publier en Appcn- 
dice, de même que d'autres pièces importantes (2). Quel- 
ques-uns se demanderont peut-être si c'était bien la peine 
de reproduire intégralement tout ce verbiage diploma- 
tique : à cela nous pouvons répondre que, malgré tout, 
et étant donnée la nature de notre étude, la publication 






(1) Voir pp. XLi svv. Cette nomenclature nous permettra de noua 
borner, d'autre part, à ind>quer,dana les notes, tes numéros de cotes que 
portent les divers«-s liasses. 

(2) Pour ce qui rcfrarde la reproduction des documents inédits, nous 
nous en sommes tenus à la méthode couramment employée aujour- 
d'hui : c'est dire que nous nous sommes conformés à l'orihographe ac- 
tuelle, sauf dans lî cas où l'orthographe ancienne présentait une impor- 
tance phonétique, et exceptions faites pour les lettres h et t, que rous 

.von», en général, conservées comme dans Ica manuscrits. Noua nous 
mm<rs, en rnitre, appliqués à faire des majuscules un usage plus logi- 
que que les écrivains de jadis ; nous avons enfin introduit dans le texte 
la ponctuation moderne. 




XXXVI LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

de ces Islruzioniy d'ailleurs en nombre restreint, nous a 
paru un complément nécessaire. 

Il va sans dire qu'au point de vue des sources, nous 
avons tiré profit de toutes les publications qui pou- 
vaient nous apporter des documents ou des informations. 
Citons, tout spécialement, la collection, maintenant 
presque totalement éditée (i), des lettres de Catherine 
de Médicis et le recueil des relations des ambassadeurs 
vénitiens (2). 

• 
« • 

Nous n'avons pas négligé, non plus, les travaux géné- 
raux sur l'époque. Quant aux travaux proprement dits 
sur l'histoire même de la Toscane, c'est à VIsioriade' 
suoi tcmpi de J. B. Adriani (3) et, plus spécialement, à 
VIstoria del granducato di Toscaiia de R. Galluzzi (4) que 
nous avons eu surtout recours. A l'exemple de Machia- 
vel et de Guichardin, et à l'aide de nombreux documents 
de tout genre, y compris les instructions, les relations, 
les dépêches des ambassadeurs, Adriani a su constam- 
ment envisager l'histoire de sa patrie dans ses rapports 
avec celle des autres pays ; il est, à ce point de vue, 
le seul, parmi les auteurs du xvi<= siècle, qui puisse 
être consulté utilement, en ce qui concerne la politique 
extérieure de la Toscane (5). 

(i) Voir le coirpte rendu que nous en avons donné dans la RHE, t. 

VI (1906), pp. 887 BVV. 

{2) Relazioni degli ambasciaiori veneti ai SenaiOt durante il secolo 
decimose%io, raccolte e iiluatrate da E- Albhri. Florence, i839-l863, 
l5 volumes. Sur l'importance de cette publication, cf. notamment 
A. Baschet, La diplomatie vénitienne. Les princes d'Europe aux XVI" 
siècle, pp. 90 svv. Paria, 1862. Voir aussi RHE,i. VI (1906), p.889,n.2. 

(3) J- B. Adriani, Istoria de' suoi tempi. Prato, 1822, 2 vol. in 8°. 

(4) R. Galluzzi, Istotia dcl granducato di Toscana, 2« cdit. Flo- 
rence, 1781,9 vol. in- 12. — Sauf indication contraire, les citations 
seront faites a'après cette édition. 

(5) Michèle Lupo Gentile, Siudi sulla sloriografia fiorentina alla 
carte di Costmo I de' Medici, p. ii5 svv. Pise, igoS. Cf. aussi Giu- 
SEPPS M0NDAIN1, La storia dci moi tempi di G* B- Adriani^ pp. 25 
avv. Florence, 1905. 



I 



INTRODCCnON. 



^□cvn 



Quant à Galluzzi, son ouvrage, lors de son apparition, 
fut l'objet d'amères critiques, dans lesquelles, il est vrai, 
les susceptibilités personnelles et politiques n'étaient 

.pas sans jouer un rôle (r). Sans doute, il y a chez 

Plui bien des défauts, qu'il serait trop long et inutile, du 
reste, d'énumérer. S'il avait eu, pourtant, l'heureuse 

^ idée de citer des références, on aurait pu constater l'im- 

" meusité et le sérieux de ses enquêtes. 

Il y aurait tout un examen à faire à ce propos. Au 
cours de notre propre travail, nous avons pu nous rendre 

B compte du nombre considérable de documents qu'a dû 
manier le célèbre organisateur des archives florentines. 
Ainsi que nous l'avons constaté, il n'est pas rare de 
retrouver dans son texte jusqu'aux expressions mêmes 

ide plusieurs de ces pièces, restées, depuis lors, dans 
l'oubli. On ne peut que regretter qu'il n'en ait pas su 
tirer meilleur parti. 
Telle qu'elle est, l'œuvre de Galluzzi doit donc être 
consultée avec beaucoup de circonspection ; mais elle 
reste encore l'histoire la plus complète de la Toscane, 
sous les Médicis. Ajoutons, toutefois, qu'à cause même 
du plan, essentiellement général, qui y est suivi, elle 
n'offre que fort peu de données pour ce qui regarde notre 
étude (2). 



r (i) Cf. surtout Cav. G. Sforza, Dodici aneddoii storici (La fine 
di uno sioricoj. Modène, iSgS. Cf. aussi A. Reumont, Geschichte Tos- 
cana's, t. î,p.65o. Gotha, 1876. 

(2) Pour la littérature ancienne sur la Toscane, on peut lire 
toujours uliieinent Douenico Moreni, Bibliografia storico-regionali 
délia Toscana. Florence, iSo5 ; avec un supplément, Serù d'autori 
HiguarJantila ccUbre Jami^lia de' Mcdtci. Florence, 1S26. Pour la 
ilié.Miure moderne, voir P. A. Bigazzi, Firenze econiorni : Manuale 
rafico dcUc principali optre e scriture sulla storia, i monumcnti, 
i,le isttiuzioni, U/amiglti, ^U ttominiiUusiri, ncc. Fiorence, 
iSgS- Cf. aussi A- Reumont, Geschichtc Toscana's, 1. 1, pp. 647 svv. 

Par ailleurs, voici quelques ouvrages que ion peut consulter, au sujet 
de la Toscane à l'époque qui noua occupe» en vue de renseignements 
complémentaires : 

J. B. Tristan, La Toscane française contenant les éloges historiques 



XXXVIII LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



Il nous reste à déterminer les limites et à exploser le 
plan de ce travail. fl 

Le titre en indique, d'une manière assez précise, 
Tobjet propre et exclusif. Nous ne traiterons que ce 
qui est en rapport immédiat avec l'histoire des relations 
diplomatiques, soit politiques, soit religieuses, entre 
la Toscane et la France. Toute autre question, à moins 
qu'elle n'ait eu quelque influence sur les rapports entre 
les deux cours, sera systématiquement écartée. Nous 
avons été forcés de restreindre ainsi notre cadre, assez 
étendu déjà, afin de conserver au sujet une plus grande 
unité. 

Étant donnée la nature du travail, il n'y a pas lieu, par 
ailleurs, croyons-nous, d'insister sur les limites géogra- 
phiques entre lesquelles les événements que nous racon- 
tons se déroulent. Notons seulement que, par suite du 
caractère politico-religieux des relations en question, 
la cour de Rome est souvent le centre des négociations 
qu'elles entraînent. H 

Sous le rapport chronologique, notre étude, dans son 
ensemble, comprend la période qui s'étend de la chute de _ 
la république jusqu'à la mort de Catherine de Médicis | 
(1530-1589). Il nous a etîectivement semblé à propos de 
porter notre attention même sur les années qui précèdent 
la reprise (1530-1544) et sur celles qui suivent la mp- h 

ci généalogiques des princes, seigneurs et grands capitaines de la ToS' 
cane, lesquels ontcstc affectionnez à la couronne de France, c/c- Arles, 
1658. PoMPEo LiTTA, Famiglie celebri di lialia. Milan, 18 19 svv. fl 
p. RiGOBoN, La contabilità di siaio nella repubblica di Ftrenze e lul " 
granducato di Toscana. Girgenii, 1892. C.Manfronx, La marina mili- 
tare dei granducaio medtceo. Rome, 1895. Eic. h 

Quant aux ouvraj^ca que noua avons spécialement uttliaéa et que noua H 
citona au cours de ce travail, noua en donnerons ciaprêa la iiate, drea- 
séi par ordie alphabétique- Le kcleur aura ainsi plus de facilité pour 
retrouver in-extenso Jea titres des ouvrages, que nous indiquona, en 
géi^éral, aprèa ui\e première citation, par la simpb abbiévation ; 
Op. cit' 



INTROOUCTIOlf. 



XXXIX 



^ 



^ 

k 



ture oFficielle des relations diplomatiques (i58o-i58g). 

Les trois premiers chapitres de notre œuvre ont pour 
objet propre les relations essentiellement diplomatiques 
entre la Toscane et la France ; les trois suivants traitent 
des négociations de par leur nature politico-religieuses : 
c'est la partie la plus intéressante, au point de vue de 
l'histoire générale de la France. Le dernier chapitre est 
comme l'épilogue historique des relations politiques et 
religieuses précédemment étudiées. 

Nous nous sommes efforcés de retracer cette période 
de la façon la plus vivante, renvoyant en notes les détails 
qui auraient encombré et alourdi par trop le récit. 

Nous ajouterons que, si nous nous sommes décidés à 
publier ce volume dans une langue qui n'est pas notre 
langue maternelle, c'est uniquement pour des motifs 
d'ordre externe, inutiles à détailler ici. Nous signalons 
le fait simplement pour prier nos lecteurs de ne pas se 
montrer trop sévères à l'égard d'un Florentin écrivant 
en français. Au surplus, nous espérons que, grâce à la 
langue que nous avons adoptée, notre étude, qui inté- 
resbe à la fois l'Italie et la France, obtiendra une diffu- 
sion plus facile et plus large dans ce dernier pays. 

Nous n'avons pas la prétention, à coup sûr, d'avoir 
épuisé le sujet, ni d'avoir fait une œuvre parfaite ; cette 
œuvre, toutefois, nous avons confiance que, malgré ses 
défauts, elle sera favorablement accueillie par quiconque 
a souci de voir reconstituer le passé dans la vérité et la 
lumière. 



• • 



Nous ne voulons pas terminer cette introduction sans 
nous acquitter d'un devoir de gratitude envers tous ceux 
qui nous ont soutenu, dans le rude travail que nous 
venons d'achever. 

C'est, tout d'abord, pour nous une joie bien douce de 
pouvoir faire hommage de ces pages à notre bien aimé 



XL LES îléGOCUTfOîfS KTTRE LA TOSCAXE BT LA TKAlfCE, 

Supérieur général, au Révérendissime Père Denis 
Schuler, qui, dans l'ordre qu'ilgouvemeavec tant de pru- 
dence et de sagesse, s'est si activement efforcé de rallumer 
cette ardeur de recherches patientes, cette flamme 
d'investigations historiques, l'une des gloires des Frères 
Mineurs de jadis. En ce qui nous concerne personnel- 
lement, nous ne saurions mieux reconnaître ses bien- 
faits qu'en saluant en lui, et à des titres tout particu- 
liers, le protecteur de nos études. Qu'il daigne accepter 
ce modeste fruit de ses paternelles sollicitudes, qu'il l'a- 
grée comme un gage de notre attachement filial, comme 
un témoignage du désir ardent que nous avons de cor- 
respondre à tout ce qu'il est en droit d'attendre de nous. 

Notre souvenir reconnaissant se tourne ensuite, 
avant tout, vers notre cher maître, M. le professeur 
Alfred Gauchie, sous l'inspiration duquel nous avons 
choisi notre sujet et qui n'a cessé de nous prodiguer ses 
précieux et sympathiques conseils. Nous remercions 
aussi nos autres professeurs, MM.V.Brants,P. Ladeuze, 
R. Maere et Ch. Moeller : à eux également nous devons 
notre formation scientifique. 

Comment, en ce moment, n'aurions-nous pas, par ail- 
leurs, une pensée émue pour celui que nous considérons 
comme notre initiateur aux méthodes critiques, pour 
celui qui, alors qu'il enseignait l'histoire ecclésiastique 
au collège international de Saint-Antoine à Rome, nous 
en a, le premier, donné le goût et l'amour, le savant 
Père Léonard Lemmens ? 

M, le docteur L. Van der Essen, notre ancien condisci- 
ple, sait bien nos sentiments à son égard; mais nous dési- 
rons lui en adresser l'expression publique : pendant 
la rédaction définitive de cette thèse, il ne s'est épargné 
aucune peine pour nous aider à mener à bien l'entreprise 
que nous avions assumée. 

Si nous avons pu, néanmoins, en surmonter toutes 
les difficultés, c'est à notre ami, le docte franciscani- 




4 



nmioDucTioN. 



xu 



sant M. L. de Kcrval — nous aimons à rendre ici cette 
justice — que nous devons principalement, sous ce rap- 
port, notre reconnaissance. Il nous serait impossible 
de dire avec quel dévouement désintéressé il nous a 
assisté, avant et pendant l'impression de ce livre. 
■ Pourrions -nous passer sous silence les si délicats 
Hencouragements de l'aimable et célèbre Père Domeni- 
^chelli, dont la bienveillance n'a d'égale que la science ? 
Qu'il nous soit permis de rappeler, de même, les noms 
des Pères Robert Razzoli, actuellement custode de 
Terre Sainte, Marc De Vos, ministre provincial des 
Frères Mineurs de Belgique, et Jérôme Goyens, archi- 
viste de la province, qui ont, de diverses manières, si 
puissamment secondé nos efforts. 
B Nous ne pouvons oublier non plus le courtois accueil 
qui nous a été fait aux Archives du ministère des affai- 
res étrangères et à la Bibliothèque nationale à Paris, 
ainsi du reste qu'aux Archives de l'État et à la Biblio- 
thèque nationale à Florence. Nous ne saurions énumérer 
tous ceux qui se sont plu à nous y être utiles ; mais il 
nous faut citer, au moins, M. le chevalier A. Gherardi, 
M. le professeur C. O. Tosi et M, le docteur U. Fortini 
del Giglio. A tous, du reste, nous disons un chaleureux 
merci. 

A des personnes enRn qui ne nous permettraient pas 
de les nommer ici, mais qui, sous d'autre rapports, ont 
facilité notre tâche, nous voulons adresser, discrètement^ 
un remerciement respectueusement affectueux : qu'elles 
sachent que nous gardons bien vif, au fond du cœur, le 
.souvenir de leurs bontés. 




MENCLATURE DES SOURCEÎ 



A] ARCHIVES DU MINISTERE DES AFFAIRES 
ÉTRANGÈRES A PARIS. 



Florenu /(avant 1600). 
Florenu II {àG 1600 à 1640). 
JFlor£nc£, Suppl. 1 (1490-1719). 
Florence, Suppl. 2 (1595-1600). 
Rome, 6. 



b 



B) ARCHIVIO DI STATO DE FLORENCE. 
z) Cftrte Strozzi&na. 



B — XXXVI. 
H — CXX. 



2) M«dioeo. 



I 



IFika3, (Cosimo I) Minute di lettere, dal marzo 1536 ab Incarnatione 
a tutto gcnnaio 154.8 ab Imarnationc (Vi è lo atratto alfabetico dei 
nomi). 

— g, {Cosimo I) Minute dal 2 settembre 1547 al 28 marzo 1548 
(Vi è lo stratto alfabetico dei nomi). 

— 10, (Cosimo I) Minute dal 28 marzo 1547 al 27 marzo 1548 
(Vi è lo stratto alfabetico dei nomi). 

— II, (Cosimo I) Minute dcW anno 1584 (Vi è lo stratto alfabetico 
dei Domi). 

— 12, (Cosimo I) Minute dal marzo 1548 al 31 marzo 1549 (Vi è 
lo stratto alfabetico dei nomi). 

— 13, (Cosimo I) Minute dalV anno 1549 (Vi è b stratto alfabe- 
tico dei nomi). 

— 14, (Cosimo I) Lettere minute : aprile, maggio, giugno, luglio, 
agosto, settembre, ottobrc, novembre e dicembre 1549 (Vi è lo 
stratto alfabetico dei nomi). 

— 15, (Cosimo I) Minute : aprile, maggio, giugno, luglio, agosio e 
îcttembre 1550 (Vi è lo stratto alfabetico dei nomi). 



XLIV LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



— i6, (Cosimo I) Mintde : oitobre, novembre, dicembre, gennaio, 
febbraio e tnarzo 15.50 {1551) (Vi è lo stratto alfabetico dei nomi). 

— 17, (CoiitHo I) Mimitc: aprUe, ma^gio, giugao lôôl (Vi è lo 
Btratto alfabetico dei nomi). 

— 18, (Cosimo I) Minute : settembre, ottobre, novembre, dicemhrt, 
genmtio, febbraio e marzo ub IttcarnatioM^ 1551 (Vi è io ■tratto 
alfabetico dei nomi). 

— 50, (Cosimo I) Mimite di lettere icnuteper mano dd segretario 
Barhiommeo Cottcini,dell' anno 155'J (Vi èlo «tratto alfabetico dei 
nomi). 

— 51, (Cosimo î) Minute di lettere, ddV anno 1559 (Vi è lo stratto 
alfabetico dei nomi). 

— 52, (Cosimo î) Mintde di lettere, deW anno 1560 (Vi è !o atratto 
alfabetico dei nomi). 

— 53. {Cosimo I) Minute di lettere. dd 1560,1561 e 1562 (Vi è lo 
stratto alfabetico dei nomi). 

— 54, {Cosimo I e Franccsco) Minute dal 1560 al 1574. 

— 54'>is Ldlcfe minute dal marzo 1571 al dicembre 1574. 

— 55, (Cosimo I] Lettere minute, dail' anno 1563 ai 1504 (Vi è lo 
stratto alfabetico dei nomi). 

— 58, (Cosimo I) Minute diverse, dal 1567 a tutto Vanna 1572. 

— 616, (Cosimo I) Minute e scritture diverse appartenenti a Cosimo 
primo, dal 1549 ai 1573. 

— 657, Lettere, imtruzioni e scritture varie rigiuirdanii il granduca 
Cosimo, dai 1538 al 1570. 

-658, 

— 2633 

— 2634, ïnstrusiom (diveru), dail* anno 153C) fino al 1575 (Ve ne 
Bono ancora dei 1576 con Repeitorio alfabetico in principio : 6g 
délia pro'Veni«iua Gioori). 

-- 2635, Missioni di ambasciaiori c imtruiumi diverse con UtUre 
ortdmtiali. Dal 156 i sino al 1571. 

— 2636, 

— 3095, Lettere di Milano, ai quel g&oevmiioti, dail' anuo 1537 a 
tidlo 1551. 

— 3263 

— 3289, Lettere dei protonotario (Alessandro) de' Meàki ambas- 
àatore a Roma, dcW anno 1560 e 1570. 

— 3'a9o, Lettere deli' ambasciatore Mcdici in Roma, l'auno 1571. 

— 3291, Lettere deW ambasciatorc (protonotario) Media, 1572. 

— 3715, LeUere dipapial granduca, da Giulio III a Clémente XII. 

— 4590, Lettere di Mons. Bermtrdo d'Antonio de' Medici, ve$covo 




I 



I 



mUlfCLATURfi DES àOCRCIS. 

di Fofli, ambasciatorc cM dnca Cattmo I al te di Framia Fran- 
ccsco I, dal di 5 diccmbrc lô44 al di 31 luglio 1545. 

— 4591, Ldterc dirett^ a Bcrnurdo d'Antonio de' Medici, vescovo di 
Forlt, ambasciatorc del duca Cosimo I al re di Francia Prancnco, 
dal d\ 28 novembre 1544 al 26 di giugno 1545. 

— 4592, Dispacci Idierc di Mous. Giovan Battista Ricasoli, ve- 
scovo di Coriona, ambasciatorc dd duca Cosimo I al re di Francia 
Francesco I, c del segrctario dclV ambasciata Pero Gclido, dal dï 
2i) aprilc 1547 al 24 maggio 1548. 

— 459^», MtHtiU... 

— 4593, Dispacci di Luigi Capponi, ambasciatorc in Framia per 
la cort4 di Toscana, c di Bcrnardo lusto da Colle, suo segrctario, liai 
di 4 ottobre 1550 al di 13 ottobre 1551. 

— 4594, Dispacci di Leone Ricasoli, Mons. Alfonso Tornabuoni c 
Niccolà Tornabnoni, suo nipotc c vescovo eletto del Borgo S. Sepol- 
CTO, amboiciatori in Francia pel duca Cosimo I,dal 14 gittgno 1449 
al 2 9 deumbre 1561. 

— 4596, Letterc c dispacci àelV abate comm. Giovan ^ far ta 
Petrucci, ambasciatorc in Francia pel diica Cosimo I, dal di 16 di 
settembre 1565, al 30 dicembre 1507 (Son dlrette perô al régente 
principe don Francesco de' Medici). 

-- 4602, Minute di lettere délia segreieria del granduca a' suoi 
ambasciatori pressa la cortc del re di Francia, Mons. Niccolà Tor- 
nabuoni, vescovo del Borgo S. Sepolcro, dal di 5 giugno 1565 al di 
marzo 1565 (s.f.) ecomm. Giovan Maria Petrucci, dal di 7 marzo 
1365 (s.f.) al di 23 dottobre d^l 1572. 

— 4605, Minute di lettere délia segreieria del granduca Francesco I 
de' Medici, dirette al suo ambasciatorc alla cortc di Francia, Messet 
Vincemo Alamanni, dal di 20 novembre 1572 al d$ 12 gennaio 
1515 (s./.). 

— 4727, Lettere dei re di Francia Enrico II, Carlo IXet Enrico III, 
dalV amto 1546 aW anw 1518. 

— 4754, Lettere franccsi, dalV anno 1550 ail' amto 1599, 

— 4848, Varie scrittttre, notizie e discorsi ititomo ail' cose di Fran- 
cia, dalV anno 1534 a tutto l'anno 1589. 

— 4856, Lettere di Mons. vescovo dfl Borgo a S. Sepolcro, amba- 
sciatorc in Francia, dclV anno 1564 et 1565. 



L 



C) BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE PARIS. 

x) Foods français. 
LiasM 16140. 




iLVi LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

a) Fonds italien. 

Liasse 800. 

— 1207. 

— 1682. 

3) Collections Simanou, K. 

Liasse 1521. 
D) BIBLIOTHÈQUE RICCARDIANA DE FLORENCB- 

Cod.2494. 




BIBLIOGRAPHIE (i). 



A) OUVRAGES. 



^AcTON (Lord), article du North british revUwt reproduit sous le 
titre : La strage di San Bartolomeo, monografia storico-critica, con 
iniroduzioiK ed aggiunU di documenti itudUi, traUi dalV archivio 
générale di Venezia. Venise, 1870. 
Adriani (J. B.). Isioria de' suoi Umpi. Prato, 1822. 2 vol. in-S». 
Alberi (Eugène), Vita di CaUrina de^ Medici. Florence, 1838. 
—^ — Rdazioni d^^gli ambasciaiori vcftHi al Senato, durante il secolo 
f dicimosesto. Florence, 1839-1863, 15 volumes. 

— Documenti sull' assedio di Firnize. Florence, 1840. 

•Ammirato, Storiejiorentim, t. X, Florence, 1827. 
Ancel(R.), La qtusticn de Sienne et la politique du cardinal Carlo 

Cara/a, dans la Revue bénidiciine., t. XXII (1905). 
Audin, Histoire de h Saitii-Barthclemy. Liège, 1851. 
BAi-DiNi(Baccio), Vita di Cosimo Medici, primo granduca di Toscana. 
Florence, 1578, 

•jBardi {A.),Carlo Ve l'assedio di Firenze, da documenti deW archivio 
di Stato di Bruxelles, dans V Archivio storico ilaliano, 5* «ér., t. V. 

(^893). 
Baschet(A.), La diplomatie vénitienne : les princes d'Europe au 
H XVI' siècle. Paris, 1862. 

— La jeunesse de Catherine de Médicis (traduction, remaniée et 
complétée, de Reumont). Paris, 1S86, 

Berti (P.), Documenti riguardanti il commercio dei Fiorentini i» 
Francia, nei secoli XIII e XIV, e singolarmente il loro concorso 
aile fier ediSciampagna, dans le Giornale storico degli archivi to- 
scani, t. I (1858) et t. IV (1861). 

— Alcuni documenti che servono ad illustrare il poniificato e la 
vita di Clémente VII, dans le Giornak storico degli archivi toscani, 
t. U (1859). 

BiGAZ2i(P. A.)f Firenze econiorni : Manuale bibliografico délie prin- 
cipali opère e scritture sulla storia, i monumenii, le arti, le istitu- 
H zioni, lefamiglie, gli uomini illustri, eu. Florence, 1893. 

(I) Dtuat cette liste ne figurent que les ouvrages utilisés et fréquemment cités 
sa cours de notre travail, non ceux dont il n'est fait que quelques citations en 
passant et sans rapport direct avec le sujet. Il en esi de tnéme pour les revues. 



XLVm LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCAA'E ET LA FRANCE. 



m 



BoRDrER(Henri),L4 Saint-Barihékmy d la critiqu£ tHodirru.GcD.hie, 

1879. 
Brémond d'Ars (Guy de), La Saim-Barthêlemy d l Espagne, d'après 

la cormpondenci d^ Je^in de- Vivonm de Satnt-Gouard, dans la 

Revue des questions historiques^X. XXXV (18S4). 
Bruzio2<e (L.), Papa colUrico c stravaganie : PaoloIV, dans la Cul— 

titra, 1. 1 (1891). 
BussiNi (Gio. Battista), LdUre a Bencdetto Varchi sugli owcnimetAé- 

deW assedio di Fireme.. Pise, 1822. 
Canestrini (G.) Lfgazioni dAwrardo Serristori. Florence, 1853 
Capasso (C), Filippo Strozzi, ifuorusciii c la corte pontificia. Can ae^ 

rino, igoi. 

— Lapoliiicadi Paolo HT e Vllalia. Camerino, 1901. 
Capei (P.), Saggio di atti e documetUi mlla controversia ira il duca 

di Firenzc c quello di Ferrara, nrgli anni 1562-1572, dana 

VArchiiw storico italiatw, nouv. sét., t. VTI, 2« partie, 
CAPPBLLETTi(L.),5torja ddlacittàe Stato di Picmbino.LivouTne.xSg^, 
Capponi (Gino), Storia délia reptibblica di Firense. 2' éd., Florence, 

1876, 3 volumes. 
Catena (Girolamo), Vita dei glofiosissimo papa Pio Quinto. Man- 

toue et Rome, 1587. 
C1AC0NIUS (A.), Vitae d res ge&toê pontijicum Romatwrum d S.R.E. 

Cardinalium. Rome, 1667. 
CoGGiOLA, / Fartifsi e il conclave di Paolo IV. Rigoli, 1900. 

— Paolo IV e l^ capitolaziom segrda di Cavi. Pistoie, 1900. 
CRistopAtiilF .), Il pontificato di Paolo IV cd i Carafa siioi tiipoii, dans 

la Miscellawa storica romana od archivio di storia mcdioevale ed 

cccksiastica, t. 1 (1888), numéro de janvier. [Introduction à une 

publication de documenta]. 
De Leva (G.), Storia dociimentata di Carlo V in corrdazione alV 

Ilalia, 1. 1, II et III. Venise, 1863, 1864, 1867 ; t. IV. Padoue, 1881; 

t. V. Bologne, 1894. 
Della Casa (Mgr.), Opère, t. IV. Naples, 1733. 
Desjardins (Abel), Négociations diplomatiques de la France avec la 

Toscane. Paris, I^59-I875, 5 volumes. 

— U ambassadeur du grand-duc de Toscane d Us proscrits floren- 
tins, épisode inédit du règne de Henri III. Paris, 1869. 

— Charles IX : deux ans de règne {1571-1572). Douai, 1873. 

Di Soragna (R.), Paolo IV e la preponderanza spagnuolain Ilalia, 
dans la Rassegna nationale, t. XX (1S84). 
•^La elczionedi papa Gitdio III, dans la Rivisia storica italiaita, 

t. 1(1884), pp.22SW. 



I 
I 



BMUJOOaAFHIK, 



XLIS 



~ La gmrra M papa Gitdiû ÎII C(MiéM» OUauiû Farneat, sùw al 

principio (klle tugoziaziom di pace cou la Francia, dans la méoie 

revue, i« &im^ (ÏS84) et 8^ asn^e (^i), 
Douais (Abbé), Dépêches de M. de Fourquevaujc, amèassadâtir di» toi 

Charles IX m Espofçm ( 134i5-iry72), t. IK Pacia» 1900. 
IXruv (Georges), Le cardinal Carlo Carafa (1519-1561) : «àdlff sur 

mr U pontifical de Patd IV. Paris, 1681. 
FAixHT-n-FoasATi (Pio Cariô), L'aascdio di Firmze. Pakrtne, 1885. 
Ferrai (L), Cosimo I dt-' Medki, dttca di Firaizc. Bologne, i88a^ 
FBcuàRB (Hector et la), LeUattx de Catktrim dA Wiitia, t (-V. 

Paris, 1880 sw. 

^Le XVl*ààDlaaie9 Valois, d'ap0ialm daammiÊ wMh du 

British muséum et du Record ojficc. Paris, 1879. 

— L'entrevue de Bayomte, dans la ReVÊKtàt^^puaàitvts hidoriques^ 
t. XXXIV (1883). 

— La Saité-BarUtêiMtya La veHte, — k^ j<mr„—^ i«^ lendemain. 

FiBOLER (]ot/t^h),Rel<diomn venetianischer Boischafier Uber Deutsch- 

hmd lÊJtd Ckaàtretek 01 aeckxhnten Jiahrhunderi,. dans les Fontes 

rerum Austriacarum, -z" sér., Dipiomatotm ei acta, i. XXX. 
Pksmani (f raaoesoo^ CX F. M.)- Voir Ugui (Fra Gioiiana). 
Frieoensbolirg (W.)> NnrUiaiurberichtc aus Deutschland. mbst 

ê rgàmmi dtm Aetmstucken. Nuféiatur d^ M'jrone>, 1-536- 1536» 

i« section, t. II. Gotha. 189a. 
6AU.9xa^)> labtriadei grandmaio di Toacatea. ■2r édit.> Florence, 

1781, 9 volumes. 
Ga:(dy, La Sapttt- Barthélémy, V9 origi/i^ son, vtai caractite^ daaa 

la Ran(£ des questions historiques, t. I (1866). 
Gascilard, Corrc^ondejtcc de PhUippe II sag Us affaùftt des Pay»- 

Bas, t. II. Bcoxelles, 1851. 
G*mKiBz (P.), L'Italie duXVI" aièclâ : Jean dis Bandes Noùtes 

(i498»t526>. Paris,. 1901. 

— Su9ui docunuiuii itdorna a Gipvaiittà dclîc Bande NAm.VlortSise 

1903- 

G«8BCBMr(aiub£LaoX Compendio storico dieUa^giM^va di Parut» & M 
Pianontc (i548-i553),daiis la Miscellanea distoriotUatiana, t.XVIII 

GmMAUDi(P.), Qmaèioni diprecedamM/tA le corti Htdiant, ml atcolo 
XVI: coftiribtdo alla storia délia diplomazia italiana, das»la Rwi- 
tdàadeitx&shricktfi* année (1904). 

ax»k^ Ddh: wioRtom diplamaàkJutitÊ^ làk FfOMmé Un To- 
OB Opère, 1. 1. Prato, 1S94. 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



— Alctmi fatti dclla prima giovinezza di Cosimo I de' Mcdici. 
Ibid, 

GuiLLEMiN (J. J.), Le cardinal de Lorrains ; son influence politique d^ 

religieuse au XVI^ siècle. Paris, 1847. 
Heure (P.), Papstium und Papstwahl in Zcitalter Philipps 114^ 

Leipsig, 1907. 
Lacombe (Bernard de), Catheritte de Médicis entre Guise et Coudé î\ 

les débuts des guerres de religion {Orléans, 1559-1564). Paris, 

1899. 
Lecchi, La strage degli ugonotti, studio storico-critico. Gastegçio, 

igoo. 
Lefortier, La Saint-Barthélémy et les premières guerres de religion ^ 

en France. Paria, 187g. fl 

Lemonnier (Henry), La lutte cotiire la maison d'Autriche ; la Francc^^ 

sous Henri II (E. Lavisse, Histoire de France, t. V, 2). Paris 1904. 
LiTTA (Pompeo), Famiglie celcbri di Italia. Milan, 1819 sw. 
LoisELEi'R (J.), article sur la Saint-Barthëlemy.dans le Temps, n°» du] 

14 au 24 août 1873. 

— Les nouiieil es controverses sur la Saint-Barthélémy, à&nsla. Revue 
historique, t. XV (1880). 

— Trois énigmes historiques : la préméditation de la Saint-Barthé- 
lémy. Paris, 1883. 

Litpi (Clémente) Dellc relazioni fra la republi<:a di Firenze e %\ 

conti e duchi di Savoia. Florence, 1863. 
Lupo Gentile (Michèle), Studi sulla storiografia Jiorentina alla 

carte di Cosimo I de' Medici. Pise, 1905. 
Manfroni (C), La marina militare del granducaio mediceo. Rome, 

1895. i 

Manucci (Aldo), Vita di Cosimo de' Medici. Bologne, 1586. ■ 

Marchand, La Saint- Barthélémy, dans la RFCO, t. II (1893). 
Mariéjol (J. H,), La Réforme et la Ligue ; l'Édit de Nantes (2559-J 

1598). [E. Lavisse, Histoire de Frame, t. VI, i]. Paris, 1904. 
Martin (William), La Saint-Barthélémy devatU le Sénai de Venise. 

Paris, 1872. 
Mazztni (M.), Caterifui de' Medici e Clémente VII alla Spexia nel 

1633. La Spezia rgoi. \ 

— Nuovi documenti intorno a Caterina de' Medici e a Clémente VIT, 
dans le Giornale storico e letterario délia Liguria, V III (1902), 
n"» I et 2. 1 

Mellini (Domenico), Ricordi intorno ai costumi,asdoni egoverno del 
serenissimo granduca Cosimo /..., publiés pour la première fois par 
Domenico Moreni. Florence, 1820. 



BIBUOGRAPHIE. 



U 



Merklb (Séb.),Condlium Tridcnlinum, 1. 1 : Diariorum pars prima. 

Fribourg en Br., 1901. 
MrLANEsi, Diario delU cose awemde in Si^tta dai SO di Ittglio 1550 

ai 28 giugno 1555 [écrit par Sozzini], dans l'Archivio siorico 

iUilianc, t, II (1842). 
MoNDAiNi (G.), La quesliow di preted^nza fra il duca d<* Medici e 

Alfonu) II d'Esté. Florence, 1898. 

— La storia dti suoi Umpi di G. B. Adriani. Florence, 1905. 
MoRENi (Domenico), Bibliografia storico-regionale délia Toscana, 

Florence, 1805. 

— Snic d'autori risguardanti la célèbre famiglia de' Medici. Flo- 
rence, 1826. 

Niccoi-iNi (G. B.), Filippo Stroszi... Florence, 1847. 

Palandri (Père Eletto, O. F. M.), article sur l'édition complète des 

Lettres de Catherine de Mcdicis, dans la Revue d'histoire eccUsias- 

tique, t. VI (1906). 
Paoli (C), La sconfitia dei fuoruseiti a Montemurlo : votizie traita 

dai dispacci inediti di Ser Girolamo Tantucci... Florence, 1876. 
Paris (L.), Négociations, lettres ei pièces diverses, relatives au règne 

de François II. Paris, 1841. 
Pastor (Ludwig), Gcschichic der Piipste seit dem Ausgang des Mittel- 

aittrs. T. IV. Geschichte der Pàpste im Zeitalter der Renaissance 

und der GlaubensspaUung von der Wahl Léo X bis zum Tode Kle- 

mens VII {1513-15.34), 2« partie, Klemens VIL Fribourg en Br . 

1907. 

Perrens (F. T.), Histoire de Florettce, depuis la domination des Médi- 
cis jusqu'à la chute de la république (1434-1531), t. III. Paris, 1900. 

Perret (P. M.), Histoire des relations de la France avec Venise, du 
XIII'^ siècle à Vavènenu'nt de Charles VIII. Paris, 1896. 

Philippson, Die RÔmische Curie und die Borlholomàusnacht, dans 
la Deutsche Zeitschrift fUr Geschichtsxtnssenschaft, t. VII (1892). 

Picot (Emile), Les Italiens en France, au XVI' siècle, dans le Bulle- 
tin italien, 1. 1 (1901) et sw., 

PioT (Ch.), Correspondcnce du carditial dé GranveUe, t. IV. Bruxelles, 
1885. 

Potter, Lettres de Pie V, traduites. Paris, 1826. 

PucHEssE (BagTienauIt de), Négociations de Henri II avec le duc de 
Ferrare, dans la Revue des questions historiques, t. V (1870). 

— Lettres de Catherine de Mcdicis, t. V-IX. 

Ranke (L.), Franzoesische Geschichte im XVI und XVII Jakrhun- 
dert, 1. 1. Stuttgart, 1852. 

— Histoire de France, trad. de J. J. Porchat. Paris. 1854. 



fiV LES NéGOaATIONS ENTRE Là TOSCANE ET LA FRANCE. 



RA3IKELLI (Modesto)» Shria ijàeaaimifo di MidUi, primo^ duca 

di Firnizc. Florence, 1781. 
Rbvmont (A.)i Tavok crofwlogichô e sincronc ètclla stcrtajiofenifn^ 

Florence» 1841. 

— GeschichU Toscana's. Gotha, 1876, 2 /oluraes. 

— Marghcrita d'Austria^duthessa di Parma.daas V/y-chivio storia 
italiano, 4* sér., t. VI (1880). 

— Die Jugend von Katherina di Medicis. 

RiGOBON (P.), La cotUabililà di sUilo nella rcpiéblica di Firatxc # nd 

granducato di Toscana. Girgenti, 1892. 
R08SI (A.), La eUzione di Cosimo î de, Medici, dans les AUi dd Ridt 

htitido vendo di scicnze, kticre ed arti, 7* sér., I, 2 (iSSg- 

1890). 
Rossi (A.), Framctsco Guicctafdim c il govemo fiarerUino. Bologne» 

1899, 2 volumes. 
RuBLE (Alphonse de), Le traité di Cateau-Cambréais, dans la R^iu 

S hisioire diplomatique, t. III (1889). 
Saltini (G. E.>, Délia morte di Frattcesco I de Medici e dé DioMca 

Cappello. Florence, 1863. 

— Biattca Cappella c Francesco Ide' Medici. Florence, xgc». 
SAI.2A (Abd-El-Kader). PasquiniafM : I Farnesi al ttibunale di 

Maestro PasquittOidana le Giorttale storico d<:lla ktkratura italiana, 
t. XLm(i904). 

Segni, Storia /tore fdina. Augustae, 1723. 

Sforza (Cav. G.), Dodici am'ddoti storici. Modène, 1895. 

SiMONBTTi (Adolfo), // cottvegno di Paolo III e Carlo V in Lucca, 
Lucque», 1901. 

Sol (Eugène), Les rapports de la Frottée avec l'Italie, dtt XII'' siècle 
à la fin du premier empire, d'après la série K des archives nationa- 
les. Paria, 1905. 

SoLDAN, La France et la Saint-Barthélémy , traduit de l'allemand par 
Ch. Schmidt. Paris, 1855. 

Staffetti (L.), Il cardinale Innocemo Cybo, Florence, 1894. 

Thbinkr (A.), Annales Ecclesiastici, 1. 1. Rome» 1856V 

Thomas (Gabriel), Lt;s révolutions politiques de Florence {1177 -15:30). 
Paris, 1887. 

Thou (de), Histopieimtm sut tett^ris tibri CXXXVIU, t. I. Lon- 
dres, 1733. 

Tosi (C. O.), Una lettera diM. Frojtcesco Campana. Florattce» 1906 
^Extrait de Artee Storia, n<» 13-14). 

Tristan (J. B.), La Toscane /rançoi5e,coHteMant les éloges hiatoriques 
d généalogiques des primes^ seigneurs et grand capitaines de la 



BIBLIOGRAPHIE. 



Lin 



Toscane, lesquels otU esté affcdiontuz à la couronne de France, etc. 

Arles, 1658. 
Trollope, Thegi4'lwd»/CaikàritHt/UédiciBl,9aài^3,iS3jS. 
VJghi (Fra Giuliano, O.F.M.) Cronaca di Fircnze compcndio siorico 

deJU cose di Fircnze, dall' an no MDI al MDXL VI, éd. Franceico 

Frediani, O. F. M., dans VArchivio siorico italiano. Appendice, 

t. vn. 

'Vacandard (E.), Études de critique et d'histoire religieuse. "Paùs, 1906. 
Vakchi (Ben.), Orazione/unerak, raitaUt nell" AccademiafiorerUina 

da M. Ben. Varchi sopra la morte delV III'^ et Ecc^ Sig. Maria 

Saîviata de' Mcdici. Florence, 1549. 
Waddington (A.), La France et les protestants allemands, sous 

Charles IX d Henri ITI, dans la Rroue historique, t. XLII (1890). 
Weiss (Ch.), Papiers d'État du cardinal de Granvelle. Paris, 1841- 

1852, 9 volumes. 

B) REVUES. 



Archivio siorico italiano, passim. 

Arteestoria (1906), 

Afli del Reale Istituto veneto di scienze, lettere ed arti, 7« «ér., I (1889- 

1890). 
Bulletin italien, 1. 1, (1901) svv. 
Culiura [La), l.l{i'8^\). 

Deutsche Zeitschrififur Geschichtswissensckaft, t. VII {1892). 
G ior noie siorico degli archivi toscani, t. 1, (1858), t. II (1859). 
Giornaie siorico délia IcUeratura italiana, t. XLIO (1904), 
Giomale storico e lettcrario délia Liguria, t. III (1902). 
Miscellanea di storia italiana, t. XVIII (1878). 
Miscellanea storica romana od archivio di storia medioevale ed eccle- 

sMstica, 1. 1 (1888). 
North brUish review, n° ici {1869). 
Rassegna nazionak, t. XX (1884) sw, 
f Revue bénédictine, t. XXII (1905}. 

cvue d'histoire diplomatique, t. III (1889). 

jue d'histoire ecclésiastique, t. VI (1906). 

'Reviie historique, t. XV (1S80) et t. XLII (1890). 

Revue des questions historiques, 1. 1 (1866) bw. 

Rivista di scienze storiche, v année (1904) 8W. 

îiinsta storica italiatM, 1. 1 (1884) sw. 



EXPLICATION DES SIGLES. 

AMAÉP = Archiva du Ministère des affaires étf(mgères de Paris. 

ASF = Archivio di Siato de Florettu. 

ASI = Archioio storico italiano. 

BNP = Bibliothèque nationale de Paris. 

GSAT = Giomale storico degli archUn ioscani. 

NDD = Négociations diplomatiques de la Frauce avec la Toscan^^ 

publiées par Deqardins. 
^^00= Revue des Facultés catholiques de VOuest. 
RH = Revue historique. 
RH£ = Revue ^histoire ecclésiastique. 
RQH = Revue des questions historiques, 
RSI = Rivista storica italiana. 
RSS = Rivista di scienze storiche. 

Quant aux abbréviations des citations, nous nous en sommes tenus à 
la méthode couramment employée par les érudits. Notons seulement 
que, pour les documents conservés à V Archivio di Stato de Florence, 
nous avons adopté l'indication en usage chez nous, carta ou carte (c), 
au lieu de celle de folio ou folios, que nous avons réservée aux pièces 
des autres archives. 



Chapitre premier. 



La situation diplomatique de la Toscane 

après la chute de la république de Florence 

et jusqu'à la paix de Crépy. 

(1530-1544) 

Après la chule de la république de Florence, les relations 
diplomatiques eolre la Toscane et la France avaient été rom- 
pues. Ce ne sera qu'en 1544. lors de la paix de Crépy, que 
quelques tentatives seront faites en vue de les renouer. C'est 
donc à cette date seulement que devrait commencer notre 
étude, c'est-à-dire au moment ou Catherine de Médicis sortit 
de la situation équivoque qui avait mis son sort en danger, 
et où Cosmel*"" commença à se rendre compte que l'empereur 
Charles-Quint, tout en semblant le protéger, ne cherchait 
que son intérêt personnel. Mais il nous a paru indispensable 
de donner, dans un premier chapitre, une vue rétrospective 
sur la période qui a précédé ces événemenls. 

Alors, eu effet, l'histoire des relations entre la Toscane et 
la France au xyi" siècle prend un aspect nouveau, qui ne 
changera guère à l'époque suivante : la poli tique restera tou- 
jours, en principe, impérialiste, mais avec une conscience 
plus nette et plus claire de la situation diplomatique. De là à 
uoe certaine émancipation de l'influence espagnole, il n'y 
aura qu'un pas et il suiïira d'une circonstance favorable pour 
permettre de le franchir. Toujours est-il que, si Cosme n'avait 
pas inauguré ce revirement, la Toscane n'aurait jamais 
exercé sur les affaires politico-religieuses de la France, sur- 
tout dans le dernier quart du xvr siècle, cette action concilia- 
trice qui sauva ce pays à l'un des tournants les plus difficiles 
de son histoire. 

La période qui nous occupe, et elle dure presque quatorze 
ans, peut en réalité être envisagée comme une sorte de crise 
dans l'histoire de la Toscane. 

C'est l'incertitude, ce sont les tâtonnements d'un Etal qui 



LES NÉGOCIATIOxSS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

conimeoce une Douvelle vie àrinlérieur et qui, par suite des 
événements, se trouve entraîoé dans une politique étraDgère, 
à son passé. 

Puis, à l'issue de cette erise, lasifuaiion s'éclaircit quelque 
peu ; le nouveau rê^'iiue absolu se consolide insensiblement j 
et fait oublier les institutions républicaines.La Toscane eolre 
alors dans une époque de splendeur; celfe-ci ne durera guère, 
il est vrai, mais elle n'en est pas moins remarquable. 

C'est pendant celte période aussi que se raffermira, de 
nouveau, la sympatbie de la Toscane pour la France. 

On nous pardonnera de rappeler, dans ce cbapitre, des 
faits, en grande partie, connus, mais cela est nécessaire pour 
faire ressortir le point de vue spécial, auquel nous iioii^_ 
plaçons. ^ 

Nous recourrons, d'ailleurs, à plusieurs documents inédite 
ou non utilisés jusqu'à présent. 



I. 



La cbute, de la république amena celle du parti francs 
à Florence (Ij, 

Ballbazar Carducci, le dernier ambassadeur républicain 
France, ayant appris la trahison dont Florence avait été vic- 
time, écrivait, le 5 août 15!^, à la Seigneurie les lignes SV^Ê 
vantes, qui nous manifestent toute l'amertume de son âme e^ 
qui durent se graver profondément dans le cœur de ses com^ 
patriotes : " Ce n'est qu'avec le plus profond cbagrin que |fl 
" vous annonce l'impie et inhumaine détermination de Sa 
* Majesté et de ses agenls,dans le traité de paix [de Cambrai]. 
" Ils nous avaient mille fois promis, et avec serment, qu'où 
" n'aurait rien conclu sans la participation des orateurs dfl 
" des représentants de leurs allies, comme je l'ai écrit, (kP 
" reste, plusieurs fois à Vos Seigueui'ies, et comme les autres 
" ambassadeurs en avaient de même avisé leurs souverains, 
" Et pourtant, ce matin, avec de grandes démonstrations de 
"joie, à notre insu, on a publié le Iraiié de paix, dans lequ 



(1) A. DciMÀRDiwa, op. cit., t. III, p. 1. 




LA SrrOATKHI DE LA TOSCAHE DE 

* aucun des alliés n'est inclus. De sorte que nous n'avons pas 
' pu nous empêcher de reprocher à ces seigneurs leur injus- 
" tice et leur indigne façon de recoonaitrc tout ce que nous 

m avons fait pour eux. 

* Notre cité et toute l'Ilahe se souviendront donc éternel- 

* lement qu'il ne faut pas faire foi de leur intimité, de leur 
p union et de leurs promesses. H aurait du leur paraître sufB- 

" sanl de nous avoir tenus comme asservis pendant quinze 

t* ans, et de ne jamais avoir songé à nous(l). 
• Us ne surent s'excuser autrement qu'en alléguant le 

* désir de recouvrer les otages ; mais je répliquai que 
" notre liberté ne devait pas être la rançon de ce recouvre- 
ment, comme ils avaient semblé le croire, en nous livrant 
tous, comme prix de leur rachat (2). „ 
Accablé de honte et de douleur, lîullhazar Carducci, malgré 

"son peu de responsabililé{3),ireiit pas lecnurage de retourner 
à Florence. Il mourut à Angoulême, le G aoiil, de l'année suî- 
viante, 1530 (4). 

D'autre part, le nouveau gouvernement, élevé sur les 
ruines du régime républicain, se montra.dés le début.l'inslru- 
menl docile des volontés de l'empereur Cliarles-Quint. A 
peine établi, pour complaire au vainqueur, il commença à 
)oursuivre les débris du parti français. Une lettre du conseil 
les Douze {Dodici di lialia] à Alexandre de Médicis, datée 
de Florence le 17 novembre 1530, nous révèle le zèle que les 
^hommes d'État florentins apportaient à cette tâche (5). Ils 
ravalent lait détenir un certain nombi'e de personnes suspec- 
tées de susciter des troubles dans la ville. Or, parmi les 
détenus, se trouvait te dernier gonfalonier de la république, 
Raphal'l Girolami. L'importance d'un tel personnage, on le 
comprend aisément, rendait cet acte assez dangereux. C'est 



(1) " Talchè, sarù iina perpétua mcmoria alla citlù iiostru e a tuUa Ilalia 
quanto sia (la preâtar fede aile loro collegazioni, promesse e giuratuenli : c 
c)ie doveva parère lor truppo avcrci fatlo star quiatlici anui 9ervi,nê mai aver 
fatto segno aicuno di pensare alla noslra liberazione .... „ 

(2)NDD, t. U. pp. llû^sv. 

(3) Voir cette même J«''pi»ilie tîu ô aofit 1529, ibid-, p. IIM. 

(4) A. DK3jAHmifs, op- cit., t. 11. p, liS8. 
(â) NDD, t. III, pp. 5 svv. 



LES llilGOaATlONS ENTRE LA TOSCAVE ET LA FRANCE. 



pourquoi Don Fernand. Heuleuant géuéral de l'empereur en 
Italie, fll tout son possible pour décider le nouveau gouverne- 
ment à acquitter Girolanii, remontrant que ce serait une 
lionle pour Sa Majesté de garder en prison ou de faire vio- 
lence à l'ancien gonfalonier. 

De peur que l'affaire ne parvint à la connaissance de l'em- 
pereur, les Douze prévinrent Alexandre de Médicis que 
ledit Raphaël n'était pas détenu à raison de ce qu'il avait fait 
avant la capitulation, mais par suite d'actes postérieurs, qui 
le rendaient .suspect de complot. " Faites donc comprendre à 
" l'empereur, continuaient-ils, que le délivrer, ce serait enle- 

* ver toute i épulation à l'Etat de Florence ; car Raphaël est 

* l'un des principaux chefs de la faction française (1). 



I 



Enfm, pressé par les appels répétés de sou oncle, Clémen 
VII (2), Alexandre de Médicis se décida à quitter l'Allemagne 
et parvint à Florence, le 5 juillet 1531. Le lendemain, on lui 



I 

ni 

1 



(1) Ibid., p, 6. — L'aflaire de Raphaël Girolami eut la suite qu'ils sou 
hailoieiil ; car le Frère mineur Julien Ughi (Cronaca di Firense o eom- 
pendio atorieo délie eose di Fireme dalF anno mdi al mvxlti, é<la 
F. FREoiAin, 0. F. M., dans VArchivio storico italiano. Appendice, 
t. Vn, p. 171) nous apprend que : " In qiiesto lempo [1532] RaflTaele Girolami 
fu cavato della rocca di V'ulterra, e menato nella citladeUa di Pisa, dov 
doppo duc o Ire aniiè, nifseranu'iile luori „.. 

|2j Le premier arlicle df la capiUilaLion rie Florence était aiusi conçu: 
* Impriniis, clie la forma del guvcruo liabLia da ordinarsi e slaLilirsi dalla 
Maestà Cesarea,rra quatlro mesi prossimi a venire, inlendendosi sempre che 
sia constTvala la libfrlù „ <Cf. Faixeiti-Fossati, op. cit., 1. 1, p. 458). — L'in- 
lenlioti de CliJinent VU é(ail tout auUe.ll voulaîl mettre ù la tète du nouveau 
gouvernement son pari-nt, et c'est pour cela qu'il soUictlait son retour. Il 
était appuyé eu cela par ava partisans de Florence. La Ba]ia(ou conseil des 
Douze) en etîul, le 17 février lû3l, dtHcrmiiioit que " il duca Alessandro de' 
Medici ij'inlcndii esacre f\ sia di tiilti li odicii, mngistrati, dignità et prête- 
tuirienlic della Exri'lk'ntîssîma fïepubblîca di que.'ila ctttà, dominio et 
dislrMlojdi quaJunqiie surli? cl quulilù dicti oflicii et magistrati sieno, eliam 
del rnagistrnto tlclli Excellentissimi Signori, et possa il prefato Signor Duca 
tutti dicli magislrali et officii exercilare cl in op.si aclualmente intervenire...„. 
(G; décret se trouve en copie dans ASF, Carie Siroeziane, 12. 11 a été 
publié pour la premier*^ fois par M. Falletti-Fcssati, op. cit., l. c, p. 4fl9). 
Cf. L. STAfTCTTi, iï cardinale Inuoceneo Cybo, pp. 107 sv. Florence, 18M. 







LA SITUATION DE LA TOSCANE DE ir»30 A 1544. 



'eonsigna, avec grande solennité, le diplôme impérial, en date 
du 28 octobre de l'année précédente (1), par lequel Charles- 
Quint le proclamait chef de la république et du gouver- 
nement florentins, dont il avait si bien mérité, se déclarant 
lui-même protecteur et gardien du nouveau gouvernement 
qui allait s'établir (2). Un an plus tard, le conseil des Réfor- 
mateurs achevait eflFectivemeat la ruine de la république 
par l'abolition de la Seigneurie, riustitution des deux autres 
conseils, les Quarante-huit et les Deux-cents, et l'élévation 
d'Alexandre à la dignité de duc de Florence (27 avril 1532) (3). 
Ainsi finissait à Florence la liberté, source de sa gran- 
deur (4). Les relations avec la France, elles aussi, devaient 

(1) Cf. L. STArFETTi, op. cit., pp. 108 sv. — Voir VlMtrvmento pubblico 

^ella restittiziotie deUa famiglia de'Medici in Firense nello stato in cui 

era avanti la sua caceiata, e délia accettaeicme di Alessendro de' 

tedici in capo e preposlo del governo di Firett^e, per parte de' Priori 

'^«Gotifaloniere e degli altri magistrat i délia città, a forma deW editto 

impériale dato in Augnsta, il 28 ottobre 1530, e di eut s'inserisce il 

Itenore. Fatto in Firense. nella Hala grande del Palaezo de' Signori, il 
^di luglio 1531 (ASF. Carte Strozziane, filia CCCLXXI). 
1 (2) Le texte de la bulle se trouve reproduit dans Rastbelli, Sloria di 
Ullessandro de' Medici, primo duca di Firenze, t. I, pp. 175 svv. Flo- 
jpence, 1781. — A noter surtout le pnssoge suivant : " Animadverlontes 
pmpublioam ipsam, vf luti et aliae quain plures, eius esse nalurae atque 
n^eiiii ut snb ))tiiusmo<ti rr>gimine et magistrahi in qno sit uniis, cui cius 
pra«^ipua cura incuuibal, longe melius et faciliiis rcgalur cl gubcrnelur, 
queiin ubi re-s ad po(»n]ar«>s mngistratiis di-rerlur; (iuodq«e,quai»diu illustris- 
aima Medicorura familia, quae diu suoque merito in ea republica lloruit, 
tanquam caput reginiinis praecipuam tllius curam habuJt, tum vero et 
publicis et privatis opibiis floruissp mnltuinque et rei et digiiitatis illi accès- 
sisse ; contra vero, uIjî nfaïutoniiti inalitia rt tnvidîa ab auctorifale illa 
deiecta estilit resqiie ad popularerii fnctioneni ib-lala est, tune omiiia, quod 
novissima haec calainitas el il I lus dominii dovaslaUo faciln teslantur, 
pnblico et privato corruisse ; r^t ad eam usqiie miseriam rcdacla est ut, nîsi 
beaU Pontifîcis ac nostra cleincnlia i!li succurrisset, de eiua dontinio et 
libertate actum esset-... „ AMAEP, Florence, I, f» 33 svv. 
(3) C£ L. Staitetti, op. cit., p. 113. 

44) Ange Massorelli (Conciliitm Tridentitmm, t. I, Diariornm para 

^^Mrima, éd. Seb. Mehkle, p. l.^!. Fribourg eu Drisgau. 1901) t^c-rit, le 27 

^KÊtyrrieT 1546, en parlant de Florenre : ** Florentissinia oliin fiiil biec ctvi- 

tas Florentina. Verum a Cbin^ntis VU ponlificis maximi lempoie, qui 

eain «ub iugo servilnlis reduxif, posito tu ea duce [primo] Alexandre 

^Kjtfedices,nep<>te siio, anno ir)30,Cnroti V tmperatori» nuxilio, adeo in niisi?riis 

^^rersatur ut nec faciès nec décor iillus soliti nui candoris apparcat. L(&erJa« 

mim êxtineta est, soliuaque ducis nutu et volunlate regiiur. Dcus ita 

retribuendum populo Florentine concedens iudicavit. „ 



Ç LES NEGOCIATIONS ENTKE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

forcémenl cesser, La protection de l'empire entraioail le gou- 
vernemeiil dans la politique aotifraiiçaise, 

La préoccupation principale des hommes maintenant 
au pouvoir était de complaire au nouveau maitre qu'ils 
s'étaient imposé. A cet effet Jes Dodici di Balia s'empres- 
sèrent d'envoyer une ambassade à Cbarles-Quint. Les ambas- 
sadeurs, l'alla di Bcrnardo Rucellai et Francesco di Niccolo 
Valori, devaient, tout d'abord, exprimer à l'empereur la 
reconnaissance de la ville, sauvée de l'anarcliie et reconsti- 
tuée en république comme jadis. Ils devaient, ensuite, 
protester de leur soumission complote {ancorchc e's^ia super- 
fluo) et lui faire i]ommage de leur État, qui lui appartenait, 
du reste, et lui appartiendrait lonjours. Dans leur entliou- 
siasme.les Dodici di Balia se laissaient aller.au coursde leurs 
instructions jusqu'à dire que la république de Florence avait 
toujours vécu sous la protection de l'eiiipire : ils souhaitaleol 
qu'il n'en fût pas autrement à Faveiiir (1). 

A leur tour, les Réformateurs protestèrent de leur dévoue- 
ment dans une If^ltre à Charles-Quint, où ils lui faisaient 
connaître les principaux poinls de la nouvelle constitution. 

11 faut surloiit remarquer cette profession de foi: • /« 
namqne {Alexander) cmn in cunctis semper Maiestali 
VeMrœ obedietui fiduru^ sit, ad eum finem dirigeas ointiia 
gesia et cogiiaiiones suas, nos cette eatn. quam Maiestali 
Vestrœ potissimum debemtis, patriam qui possumus non 
eiusdem semper commodis inssisquc paratatn veîle ? Licet 
equidem hand facile sit iltiistrissiini Ducis ipsius in ea 
studium ac volunlatem equare, conabimur profedo ut ad 
eam saltem quamproxime accedantus „ (2). Et ils terminent 
leur lettre par le souhait que les autres villes suivent l'exem- 
ple de Florence (il). 



(1) Voir ces iastmctinns dans NDD, f. III, pp 7 svv. —Voir VOraeione di 
Faîla liucellain, fecHafn uel cottpctto di V.arlo V imperature per tiotête 
dell' eccelsa repubblica (iorentiua, ap. CCapponi, Sioria délia rep«b- 
blica di Firenee, 2= i<lit., 1. 111, pp. 3^ svv. Florence, 1OT6. 

(2)NDr>, I. c, p. 9. 

(3) " Brevi,nam, fore confidimiis.ui, pxempîo noslroedorlacjaliae civitate* 
intrllignnt quonluin praestct reruju pubUcarum nobilissimos aique oplimos 
quoique cives niram atque adininislraLîonem gerere „. Ibid- 



LA SITUATION DE LA TOSCANE DE 1530 A 15M. 



Si le gouvernement était asservi à l'empire, par contre, 
bon nombre d'anciens républicains, animés du désir de la 
liberté, considéraient Charles-Quint comme l'oppresseur de 
leur patrie et tournaient les yeux vers la France, d'où ils 
espéraient le salut. Leurs aspirations furent bientôt favori- 
sées par le mécontentement général, qui éclata contre le 
duc Alexandre (1). 

1 En même temps,les émigrésjforts de la faveur de Paul III (2), 
commencèrent à s'agiter et à faire retentir.dans toute rilalie, 
le cri de liberté. 

En avril 1535, plusieurs citoyens envoyèrent séparément, 
mais dans un seul et môme but, divers ambassadeurs auprès 
de l'empereur, le priant de retirer le gouvernement à Alex- 
andre et de rendre la liberté à Florence (3). Dans le courant 

(1) Cf. L. STArrETTi, op. cit., pp. 125 avv. — C'était surtout sa vie privée 
Iqui donnait un grand sujet de mécontentement. Le Frère mineur GiuuAifo 
[Ukhi, qui était â même de bien la connaître, la r<^sumc ainsi dans sa 
lehronique (ASI, Aitp-, t. VII. p. 181); " Ma vedendoai egli in tal pacilico 

dominio, 1ropp<t cercando la sen^^nalilA, dL-lIn lussurin, oominein a profanare 
e vituperare i monastcri, e donne plebee e nobili, ora con un tiigegno e ora 
coD un altro, non p«ro mai con forza ; onde assai lo rendeva udioso qiiesto 
vîiio universalmenle. perché non ave va iii ciô rispetto ne a religîone, ne a 
parcntado, né a nobillA, ma ogni cosa mcnnva a un piano „. — Seule 

•l'autorité du pape f'mpfichatt une révolte d'éclater. Mais, à celle époque, 
(lôSl) Qément Vil n'avait plus longtemps à vivre ; il mourut, en efTet, le 25 
septembre 1534. Quelques jours avant sa mort, U avait fait de pressantes 
Tecommandatiou au cardinal Cybo an sujet de Florence. 11 écrivit aussi 

[«ne lettre dans le même sens û rempercut (Cf. L. SrArFETTl, op. Cl/., p. 
126). Son trépas l'ut une perte irn-parablc pour Alexandre et pour Florence ; 
enr c'était lui, au bout du coniple, qui gouvernait le nouvel État (".... Tullo 
voto di Clémente ai govcrnava, „ nous dit un contemportûn [Miuuore 
Cresu, dans Storia d'Iialia dal 1525 al 1546, jusqu'à présent inédite] 
cité par A- Bossi, Francesco Guicciardini..., t. Il, p. GO, n. 1). — A 
partir de ce moment, les adversairea du duc curent le champ libre. Cfi 

L. STAfTETTI, op. cit., p. 1.33. 

(2) Cf. L. A. Ferbai, CosÏMto 1 de' Mediei, duca de Firenee, p. 18. 
Bologne, 188S. Cf. aussi C. CikrAsso, Fiîippo Strozsi, i fuorMêdti « la 
corte pontificia, pp. 3 sv. Camerino. 1901. 

(3l Cf. L. Staffetti, op. cit., pp. 134 sv.— Cf. dans Rastrelli {op. cit., t. 
IL pp.iâl svv.) Vlstrueioue del Cardinale IppoUto de' Mediei ad un suo 
agenie apitre»so alf Imperatore Carlo V, persuadendolo a levare lo 



LES rïEGOCrATÎONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



de la même année, l'empereur étant descendu en Italie 
jusqu'à Naples,A[exandre, accompagné de François Guicciar- 
dini(l), se rendit auprès de lui dans cette ville, pour se 
disculper personnellement des accusations portées contre lui 
par les exilés {fnoruscUi). Ceux-ci, de leur côté, s'étaient 
concertés, en vue d'engager, de vive voix, l'empereur à leur 
donner satisfaction. 

Leurs démarches n'eurent aucun résultat (2). Cependant, 
bien que cet échec des exilés fût pour lui une victoire morale, 

Stato di Firengeal Duca Aiessandro e darlo aldetto Cardinale. Nous ne 

pouvons r<jsblc>r nu di'sir dVn reproduire, su moins, les passages suivants : 
" Presi ar<iirc,rielli dl poa.snUifflrli întendere il pericolo nel quaJe si Lrovava 
lo Slato di Firenze, mosso non taoto dalF intéresse di rasa mia qaaiito dol 
scrvizio di S. M., parendnmi malto pc^ricnloso che quclla cittâ non si voilasse 
nd altra divozione... „ (Jbid-, pp. S31 sv.), E( continuant à décrire le iné«oD- 
tenU'ijient quVxcîle le gouvernement actuel : " Non Irovando per meuo 
delt' lm[)eradorev)a da darsi forma a quella Citlà, è da presumere che H 
volteranuo al lie di Francia, dol qualc non si dcve dubitare che sieno 
per riavere ogiii aiuto che dimandino, in evento che il Re, come si crede, 
dcsideri che si din principio a perlnrbarc gli Slttti d'Ilalia, possendo ridurre 
a divozione tinn cillù viva e poteiite cotn' è Firenze „ (Ibid., p. 223). " K 
allerandosi per qncsla via lo Slato di Firenze, non puo essere se non devo« 
tissimo del Re di Francia c contrario alla MoestaCesarea... „ {ïbid^). 

{l\ A. Rossr, op. cit., p. 106. 

(2) L. STAKrrm, op. cit, p. 144. — Cf. VOragione de fMorueeiti 
fioreutini a Carlo Vin N^apoU dans M. Rasthelli, op. cit.. t. II, pp. 241 
svv. — Les accusations des fuorusciti contre U^ duc Alexandre portaient 
sur deux points principaux : l^ son gouvernement, disaient-ils, était en fla- 
grante contradiction avec les articles de la capitulation ; il n'était plus 
populaire et n'avait pas re<;u la sanction du peuple (car l'acte du parlement, 
du 20 août 153(1, constitué parla BaUa, était sans valeur) ; 2*, ce gouverne- 
ment était tyrannique, et ici ils apporlaient des faits (Cf. A. Rossi, op. di., 
p. 110). — Voir encore la Lauda di fra Girolamo Savonarola (BNP, 
Fonde ital; SiïQ, (oVw détaché entre les f»* 70-71), qui parait écrite vers 
cette époque. Le ms. porte cette note : ** MOLXxxiin. Questo Ubro é di 
Frau<f di Santa Croce fiorentino e ciptadino fioretitino [e'sia ?j a casa 
nel qunrtiere di Hanta Maria Novella nella via de Famore,. 

La Landa commence ainsi : 

" O martirglorioso, 
profeta pien d'aniore... „ 
et finit par ce» vers : 

* Ci dia qualche riposo, 
o martir glorioio „. 



I 



1 



LA SITUATION DE LA TOSCANE DE 1530 A 1544. 9 

Alexandre ne fut pas trop satisfait de l'empereur (1). Les 
/^uorM«c*7i,naturellemenl.rétaierit beaucoup moins encore (2). 
Aussi, surtout à la suite de certains avis venus de France, 
avec force promesses d'assistance, il y avait bien lieu de 
craindre quelque grave revirement en Toscane (3). 



En voici, par ailleurs, les couplets les plus importants : 

" Deh I vollali al Signore 

pcr Piorenza chc langue 

e pregal, per amore 

del pretioso Songue, 

che dal renenoso angue 

la voglia Liberare.... 

" Tu promettevi tanli 

gaudi e consoiationi ', 

e noi Iribulalioni 

habian scnza riposo. 

Preghianti che non resti, 

•:o' e' tua compagni santi, 

liberarci da questi 

aroari e gravi pianti. „ 
{\) Varciii, ap. A. Rossj, op. cit., t. II, pp. 269 sv. 

(2) Les fuoruseiti, après de longues discussions adressèrent à l'empereur 
Cîlte noble réponse :" Clif non erano vcnuti per doman<lare a S.M. con rpinli 
oondizioni dovessero servire ad Alessandro. „ (Cf. L. .STAFrcm. op. cit., 
p. 144), Voir la Narrazione (M Processo delta cattsa de» fttùruseiti de 
GiuGSi Galeotto, publiée par M. Rastbellt, op. cit., \. II, pp. 9t svv. — 
Voir aussi le réautnê des requêtes faites par les fuorMSciti florentins à 
l'cnipereur, lors de son séjour à Naples, et celui des réponses de l'empereur 
AUX fuoruseiti. lU lui demandèrent qu'il cilt la bonté d'écouter leurs justes 
raisons contre les " muUe calunnie atlribitetcli ; perché Iddio ci à concessi 
«lue orecdii, aciô che cnn l'iina s'oda le cose et cnn l'altra le giustificattoni ', 
otche non cercliiamo altro che mostrare quanto la citlA fussi a torto con- 
dotia in estrema miscrin et loro raciati et ]>erseguitati ; et corne non era 
slato osservato alla detta R. P. ne parto né conventioni di quelle che 
tamo confermalc, per mezzo delli agienti di sua Maestû, Ira lei o papa Clé- 
mente, il quale di rlemenle altro mai ch' el nome non rilenne.... „ 
(BNP, Fonds itah, 8f(0, P" 714 svv.), Ils n'clainèrpnl enfin „ una forma di 
stalo in questo modo : che la volonté del duca Alessandro non excéda 
<Tuella del doge di Venezia et sia personale, non possa iiupcdir quel che 
dalli allri fusse ordinato, non si vaglia de l'enlrate pubblirhe più che si 
convenga a un capo publico, non tcnga forlezze.... „ (Ihid., {° 84 v.) 

(3) ** Per essersi parliti li fuoruseiti fiorenlini volenlerosi et non satisfatti, 
sopravenendo massinie grawisi di Francia, hanno dato suspicîone di non 
innovare in Toscana : per il che il duca Alessandro, fatto camovale, loma 
in Firenze. » Lettre du 26 février 15.36, ap. FALLrrrt-FoasATi, /• c-, ibid. 



10 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANS ET LA FRANCE. 

L'évènemenI qui bieotôl se produisit dépassa toute prévi- 
sion.Dans la nuit du 5 janvier !537,le duc Alexandre tombait 
poignardé par son frère Laui'ent. de Médicis (1). 



IL 



Vu la situation politique et les circonstances spéciales où 
se trouvait l'Italie, la mort inopinée d'Alexandre pouvait 
avoir les plus sérieuses conséquences (3). La diplomatie fran- 
çaise, en eflet, avait manife.slé, depuis longleinps, l'inleotion 
de se créer un Étal dans la Péninsule. 

Après la mort du duc de Milan, elle avait proposé de 
donner Florence au duc d'Orléans (3). De plus, par suite 
du mariage de Catherine de Médicis avec ce même duc d'Or- 
léans, elleeiïl pu élever des prétentions nouvelles. On com- 
prend, dès lors, pourquoi les Espagnols s'agitaient à Florence 
afin d'empêcher une révolu! irm populaire, qui sûrement n'eut 
pas été avantageuse pour l'empereur (4). En réalité cependant, 
grâce à la sage et prévoyante lactique du cardinal Cybo, 
rien ne troubla l'ordre à l'iulérieur delà ville et. après qua- 
tre jours, Alexandre eut un successeur dans la personne du 
jeune Cosme de Médicis (5). 

(1) Le |>ape lui-même ne s'aUendait pas m la mort ai inopinée du duc 
L'fiilihnie qu'il preitdrnil, après cel év<;neiiieiit, inspirait beaucoup d'inquîé- 
ludii. Cf. C, Catanso, op. cit., p. 4. 

(2) " Esallamenli o insane allngrezze eccitô l'avvenimi>nlii del 6 gennaio 
KiSl nei fautori délia liberUi popularc in Ilalia, dit L. A Ferrai (op. cit-, p. 
9), e ce lo aUestano le appas^ionate compiacenze degli storici pel novelio 
Brulo.... „ — Cf. aussi L. SrAKHri-ri, op. ci<.,p. 157. 

|3) Cf. (i. DeLcta, 6Yor*a donaneutata di Carlo Vin correlcuione 
air ItaUa, l. III, p. 151. Venise, 1867. 

(4) L. Staffktti, op. cii-, pp. IfiO sv. 

f.^)) Ibid., pp., 150 sv. — Cf. A. Rossi, La eleaione di Cosimo I de' Medici, 
dans leaAtti del Reale Istituto veneto di sciemB.Uttere 6d arti, 7* sér..I, 
2 (1880-1890). 

D'aprèB les chroniqut'urs et l'acte de baptême, Cosnifi I" naquit le 12 juin. 
Cf. Ai.ijo Manim'.ci, Fito di Cosimo de' Medici, p.'îi^, Bologne. 1386. Cf. aussi 
Cesahe GuASTi, Opère, t. I, Alcuni faiti délia prima giovineeza di 
CofiiHto I (h' Medici, p. 1ft2 — L'Iit^ureet (pjour restèrent en blani' dans la 
lettre porive à son père, Jean de Mi^dici.s, surnommé Jean des Bandes 
Noires, lequel, on vient de le voir, se trouvait à Rome. Le curé Forlunati 



r 



M. 



LA SITUATION DE LA TOSCANE DE f530 A 1544. 11 

Cosme de Médicis était né à Florence, le 12 juin 1519. Â 
peine Jenn.son père, eut-il appris sa naissance qu'il alla droit 
chez le pape: "Saint Père» lui dit-il, j'oiïre en présent à 
" Votre Sainteté mon premier- né. « Le vi^ja^çe de Léon X 
s'épanouit: c'était un Médecis de plus ! " Je l'accepte, dit-il, 
" pour mon propre enfant ; mais je veux et j'ordtmne que, 
" pour faire revivre le plus sage, le plus prudent et le plus 
" valeureux prince qu'ail eu, jusqu'à présent, la maison de 
" Médicis, on lui donne le nom de Cosme. Faites repartir 

• le même serviteur qui n apporté cette nouvelle, et qu'il aille 
" annoncer, de ma pari, cuuiment et pourquoi je lui donne 

* ce nom. , 
Lorsque Jean mourut (1536).Ie jeune Cosme n'avait que sept 
set demi (1). 

Tu seras prince ; ce sera Ion sort. lui avait dit, un jour, son 
père: c'était aussi le pressenlinient de Marie Salviali, cette 
femme forte, cette mère si tendre (ï2). Depuis la mort de son 
époux, elle n'eut d'autres soucis que l'éducation de sou fils 
cbéri, qu'elle croyait destiné à un grand avenir (3). L'élection 

'avait proparée dès ia veille ; il laissa la place pour mettre la date, mois les 
couches furent longues, laborieuses et, dans reffarement rausé par la 
naissance, le bon cure: cacheta le pli sans en compléter la teneur. Cf. 
'. GAUTHnnc, op.cit., p. 116. 

|1| 11 nu pouvait beaucoup regretter ce père, qu'il n'avait guèf aperçu 
qu'au milieu des homrneâ d'armes. Une scène, peut-4lre, était surtout rejslée 
ns àa nicm<iire. Un jour, il ••tait Unit petit, son père rentrait au palais 
!o Corso ù Florence ; on regardait par la fenêtre pour voir Jean dea Bandes 
Noires et son escorte et la nourrice lennit l'cnfanl. Jean avait levé les yeux, 
ces yeux à la iloinme iu)p!acablc,uiais qui souriaient à l'enfant ; sa voix avait 
résouué dans la rue «'droite : " Jette-le moi, „ commanda-t-iJ à la paysanne, 
le n'osait pas : lu fcn»?tre <>lail houle, " Jette-le-moi, rtigil cette fois, 
orame a qui rien, ni personne ne résistait. Je le veux t „ La nourrice avait 
mé les yeux, lâché l'enfaut, et Cosme se sentait encore serré contre cotte 
irassc et bai^é par la rude bouche de son père, tout fier de voir qu'il ne 
ait ni no pleurait. "Tu seras prince, c'est ton stirt, „lui avait murmure tout 
la voix qui grondait tout li l'heure. — Ce rérit, plein de clnirnie et de 
'*ie, nous a été conservé par plusieurs biographes de Cusme 1", Cf. 
jAtrrui££, op, cit., pp. :^279v. 
(2) Cf. P. Gauthiee, op. cit.. passiui ; Le même, Nuovi docutnenii 
lornv a Qiovanni deUe Bande Nercpassim. Florence, 1903;C.Guasti, 
• cit., ibid- 
(3; ** L'educazioue ddl' unico figlio, le fu grande e solo pcnsioro : e corne 



12 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

de Cosme, comme successeur d'Alexandre de Médicis, ne 
dut pas l'étonner (1). Elle ne la considéra pas moins comme 
fadiira di Dio (2). 

Toutefois, le nouveau prince ne semble pas avoir été fort 
reconnaissant envers Marie Salvialî, (3). Elle contrariait, 
peut-être, ses insltncfs de tyrannie. Mais, lorsqu'elle mourut 
à quarante quatre ans, le 12 décembre 1543, la vraie 
Florence, celle des petits et des religieux, prit le deuil (4).Elle 
avait interdit toute pompe à ses funérailles. Elle n'évita pas, 
cependant, une oraison funèbre, que l'historien Varchi pro- 
nonça dans l'Académie de Florence, avec force superlatifs (5). 



Le roi très chrétien n'avait pas les mêmes prévisions que 



presenli în Lorenz«no,rom!cidadi Aleasandro, forse inte-sca prepararglî nel 
suo Cosiuio un sucecssorc. Chi scorr^ i siioi carteggi vede come balenarle 
qucst' idea nella mente ; vede in lei una madré ctic scrba il figlio a non 
comuai destin!. „ CEShitE Guasti, Alctmi fatti,., dans Qiornale storieo degii 
archivé iûscani, LU (1859), p. 14)- 

(1) "Madama Maria, dotnandttta dal duca (Alessandro) perche ellavolevi 
si gran maie a LorenzOjrisposeï : Perctic io so ch' cgii ha in aiiitno d'aounaz- 
zarvi ; ed aminazzeravvi. Aile quali parole il siguor Cosimo, suo fîgliuolo, 
du: le slava dielro, l'eee ccnno al duca clie la dovesse scusare come Iroppo 
affeunnato. „ Varchi, lib. XV, ap. C. Guasti, op. cit., L c, p. H, n. 5. 

(2) " Révérende Dorniru; ntjslfir carissime. Come la Signoria Voslra 
pDLrtt havere per allre vie inteso la cteclione del Signer Cosimcmio figliuolo, 
dalii magnifici signori Quarantollo per loro Sigiiore, senza alcuna contra- 
dietionp, come fnctura di Dif>, non hahbiamo vnlulo manchare rarglieto, 
intfndere.... „, Voir C. GuASTi, op. cit., l. C-, p- 30 (Doc. D). \ 

(3) p. Gauthiez. op. cit., p. 3.32. Tosi, Una httera di M. Francesco 
Campana, {Extrait de Arte e storia n"* 13-14 (1906). Florence, 1906. 

{4) Ibid. — DoMEHico Mellimi ff 16%], dans aea Ricordi tnfomo ai 
costumi, aeioni e governo del serenis. Gran Duca Cosimo I..., publiés 
pour la première foi-s jiar le chanoinr^ DouEffico Moheni, (Florence, 1820) dil 
que Cosme I", " dtie voHe, cioè, nella morte délia Sig. Maria Salviati suaf 
madré... e deli' ImpcraEore Carlo V, si vesti e andô qualcbe îtellimana con 
Tabito lugubre delto graniaglia. „ Dans celte circonstance, le duc écrivit une 
lettre ù Catherine de Médicis, le 17 décembre 1543. Voir c»-aprés, chap. II. 

(5) Orazione funerale, recilata neîV Accademia fiorentina da M. 
Ben. Varchi sopra la morte deW Iîl""> et ^i"»" Sig. Maria Salviata 
de' Med... Florence, 1549. Cf. aussi P. Gauthiez,op. cit., p. 332 et la n ' 
la page 433. 



LA SITUATION DE LA TOSCANE DE 1530 A 1544. 



13 



î Salviati au sujet de l'élection de Cosme l" : il ne s'y 
daitpas.SoD désappoiulenieDl fut tel.d'après les mémoi- 
res de la famille Cybo, qu'il enleva, par représailles, au car- 
dinal Innocent tous les biens que celui-ci possédait et tous 
les bénéûces dont il jouissait en Frauce. (1) 

Entre temps,les ambassadeurs de Rome el de Venise pres- 
saient les fuorusciti de profiter de la circonstance pour 
fomenter une révolte et rendre enûn à Florence la liberté. Le 
pape Paul 111, lui-même, n'était point hostile à un tel mouve- 
ment. Au contraire, il ne désirait qu'une chose : voir sombrer 
la maison de Médicis. Elle le gênait dans le dessein qu'il avait 

fe former un état en Toscane pour son fils Pier-Luigi 
arnèse. (2) 
Nous avons fait remarquer, plus d'uue fois,que \es fuorusciti 
comptaient beaucoup sur le concours du roi très chrétien : 
témoin le psaume composé eu l'honneur de Laurent de 
SIédicis, l'assassin du duc Alexandre. Il y a telle strophe ou 
l'allusion est par trop claire : 

" Cantate, Florentini, Lauretilio canticum novum, quia 

* mirabilia fecit. 

^P ' Juhilate in conspedu régis Franciae, ut moveatur cum 

* suo ex^citii (3) „. 

Au mois de janvier 1537, le duc avait invité le cardinal 
Salviati à venir à Florence, avec les autres prélats, pour une 
entente. Ce fut impossible. " Il faudrait que Florence devienne 
" trançaise, écrivait Cosme à Baudini ; tout serait arrangé et 

* tout le monde serait satisfait:le cardinal Salviati, mon oncle, 
" qui pourrait se flatter d'être élu pape, grâce à l'appui des 

^L* français; les autres, eu vue de leurs intérêts particu]iers.(4)q 






(1) L. Staffctti, op. cit., p. 155. 

(2) Ibid., p. 158. 

(3) G. B. NiccouNi, Filippo StrossL., p. 229 (Florence, 1847) : " E perché 
r un servilore di V. S. è sUto uarupoato ttit caalarc {sic) in laude del 

îberatorc Laurenzio et detestazioat? de! pcriido tiranno, cuius anima 
requiescat in abisso, lo mando qui soLloseritlo a V. S. „ éc-rivait Andréa 
iisco a Filippo Slrozxi, le 23 janvier 15-37 (Ibid.). 

(4) Ap. L-Staffeto, ibid., p 168.— M-Kebrài appelle cet acte de Cosme I" 
** una vera comniedia „ étant données Itrn conditions qu'il niieitoit au retour 
des fHorusciii [op. ciU, p. 24). 



14 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Dans le courant du mois de mai, l'empereur avait envoyé h 
Florence le comte de Cifueates, son représentant à Rome, 
puur prendre des mesures en vue d'empêcher les Français 
de profiler de ces troubles. Le 27 dti même mois, en effet, il 
écrivait au cardinal Salviati. l'invitant à revenir, lui et les 
autres /uorM«ci7i, et il leur faisait de larges promesses „ (1). 

Ce fut inutile. Le 30 juin, Cifuentes déclara valide l'élec- 
tion de Cosme de Médicis, comme successeur du défunt 
Alexandre. 

Les diJIlcultés n'étaient pas finies ; elles allaient renaître 
plus intenses. | 

Les fuorusciti, voyant qu'il n'y avait d'autre issue pos- 
sible, se décidèrent à la guerre ouverte. La France ks 
encourageait ; elle les aiderait aussi ; du moins on le leur 
promettait (2) : ce n'était toutefois que des promesses (3). 
Ou sait comment finit cette guerre : le 2 mars 1537, les fuo- 
rusciii étaient battus, :i Muntcniurlo (4). 

Le plan des fuùruscili avait donc complètement échoué. 
D'après les renseignements fournis par Donato Giannotli, 
leur envoyé auprès du comte de Cifuentes, ils décidèrent de 
renoncer, jtour le momenl, à tout espoir d'être utiles à leur 
patrie. , 

Cosme I" pouvait être fier de sa victoire ; mais il était de 
toute nécessité, cependant, de poursuivre le reste des révoltés, 
pour empêcher une nouvelle rébellion, qui aurait pu avoir 
des conséquences pi us lâcheuses que la première. 



(1) L. A. Ferrai, op. cit., p. 58, n. 1. 

(2) Vair, par exemple, In lettre intercepliie par un espion du duc, lettre pro- 
ventint de ta cour de France et datée du 22 mai l537.En voici quelques pas- 
sages importants :" Ho ricevuto uua vostra de" liîdel passato e inieso tutlo 
qiiello cbe occorreva. Parlai subito, secondo la «"orumissioiie voslra, al Gron 
Maestro e al Ro, e non si potrebbc dire quanto paia ioro un medesimo ch« fl 
a voi, e sono in ontmo di far per noi tulto quello che snpremo domandare ;^ 
e mi hanno prouiessu lilierunicnle di Tare per noi quel l'Iie potranno...„ 
NDD, t. m, p. 14. 

(3) Voir la k-ltrc de Philippe Slrozzi à Giovanni Sonfedrini (17 Juillet 
IM?) publiée par M. Ferrai, op. cit., doc. XI. 

(4) Cf. sur cet épisode tragique C. Paou, La sconfittft dei fuorHseiH\ 
a Monlemm'lo, notiete tratte dai dispacci itiedUi di Ser Girotatno* 
TantiiCCi... Florence, 1876. 



LA SITDATIOÎÏ DE LA TOSCANE DK 1530 A 1544. 



15 



n ne laillil pas à la t&cbe. Abstraction faite de cette 
préoccupation de disperser et de faire disparaître ses enne- 
mis,— ionoceute bagatelle pour un prince du xv!" siècle. — il 
pouvait écrire, eu toute vérité, à son agent auprès de Tempe- 
reur : " Se non accade un' inipresa grande del re di Fran- 
cia, non vediamo quello che possa uoiare, di quesU parecchi 
ffionU(l). „ Cosme I" profita de cette situation pacifique pour 
résoudre une question de la plus haute importance pour 
raveoir de sa race. 



Tout de suite, après la victoire remportée sur les fiionis- 
citi à Mootemurlu, il avait fait entamer par son ambassa- 
deur à Madrid, Averardo Serrislori, des négociations, en 
vue de son mariage avec Marguerite d'AuLriclie, veuve du 
duc Alexandre de Médicis(2). Le pape Paul III, de son côté, 
avait déjà, parait-il, préparé un autre plan, (jui, s'il avait 
réussi, aurait fait merveilleusement ses aft'aires. 

Il avait songé à demander la main de Marguerite pour 
son petit-Gls Octave Farnèse.avec l'intention d'unir ensuite sa 
petite-lille. Victoire Farnèse, au duc Cosme. Par ces deux 
mariages il se serait rapproché de l'empereur et aurait pu 
exercer une influence considérable en Toscane, jusqu'à y 
former un état au profit de sa famille. (3) A cette fin, il avait 
fait déjà des démarches auprès de Cosme l" et donné la com- 
mission secrète à A.Vitelli de s'employer à le convaincre.avec 
promesse de grandes rémunérations, en cas de réussite ; 
Djais Cosme 1*^ répondit que " le cose sue erano là mollo 
tenere per parlare di cio e che prima atlendeva un avviao di 
Sua Maestài4t).„ En d'autres termes, avec Paul I!I il ne vou- 
lait pas même entrer en pourpai-lers, dans l'espoir que Sa 
Majesté impériale lui donnerait la main de Marguerite 



(1) L- A- Ferbaj, op. cit., ibid. 

(i) A. Beomont, Margherita d'Ausiria, dttehesaa di Farma, dans 
ASI, 4« sér-, t. VI (1880). p. 21. 

(3) D'après C. Cafasso (op. cit., p. 5), le pape aurait voulu l'union de sa 
petite-iîlle avec le duc pour soustraire lu Toscane à l'influence espagnole. 
Cela est possible : l'un n'exclut pas l'autre. 

(4) L. HTArrwm, op> cit., pp. i&i, noie. 



16 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



d'Autriche. Mais il n'en fut pas ainsi : le pape lui-même 
avait déjà fait les démarches auprès de l'empereur dans le 
but d'obtenir la main de Marguerite pour son petit-fils (1). 

L'empereur se sentît gêné par cet acte du pape, qui lui 
semblait trop exigeant. Il n'osa toutefois répondre par un 
refus catégorique (2). De là des négociations qui traiuèrent en 
longueur. Les dépèches d'Averardo Serristori (3), datées du 
30 septembre et du 20 octobre, exposent les difficultés qui en 
entravèrent la prompte réussite. 

Uo jour, Giovanni Bandini, agent florentin, jeta le masque 
devant le ministre Granvelle, père du cardinal de ce nom (4). 
Il le pria " de dire à Sa Majesté que, si elle mettait le sort 
" de la duchesse entre les mains du pape, une fois que ce 
" dernier aurait fermé les yeux, ce qui pouvait arriver d'un 
" moment à l'autre, elle serait très mal appuyée, du côté du 
" mari de Marguerite, et qu'elle ne subjuguerait pas un Etat 
" comme celui de Florence ; e che dovesse anco pensare che 
" era maie a mettere queMa cannella di dare a ogni papa 

* una figîiuola, e che ttioUe ne bisognerebbe avère, — Le 
pape n'en a pas encore disposé, lui répondit Giauvelle. 

* Messire Giovanni, ayez un peu de patience, et bientôt 

* vous verrez et vous entendrez des choses qui vous feront 

* plaisir „ (5). 

Ces promesses ne furent pas tenues. Durant le mois de mai 
1538, à l'issue de la trêve de Nice, le sort de Marguerite 
avait été décidé. Elle était destinée à Octave Farnèse ; en 
octobre de la même année, elle dut partir pour Rome, bien 
malgré elle (6). 

L'empereur n'eut pas à se féliciter longtemps de ce mariage ; 

(1) A. Reomost, art. cit., 1. c, ibid. 

(2) Voir Nuntiattirberichte aus Deutschland imbit ero^neenden 
AcUtistûcken. Nuticiatur des Morot%e 1538-1538, éd. W. Friedeksbubc, 
1* section, L II, p. 149 (GoUia, 1892) : «... S. Sanlilà, dit l'empereur au nonce 
G. Morone non dovria aver riguardo tanlo al suo sangue et all'esaUazione 
dj casa sua „. ~ Cf. aussi C. Capasso.oj), cit., p. 6. 

13) Cf. A. Reumont, art. cit., p. 21. 
(4) Ibid., pp. 23, noie. 
(D) Ibid. 

(G) Ibid., p. 24. — " ladarno «1 marital giogo condolta „ — comme le dit 
PasquiQ. Cf. ci-dessous. 



LA SITUATION DE LA TOSCANE DE 1530 A 1544> 



17 



r 






car il lui suscita mille difficultés (î). Le pape, de son côté, 
malgré sa victoire diplomatique, vit ses espérauces frus- 
rées (2). 

Nous venons de dire que le pape avait été diplomatique- 
ment vainqueur; il ne l'était pas sur toute la ligne. Les négo- 
ciations engagées avec le duc de Florence, en vue de ledéci- 
_der à épouser la petite-fille du ponlife. Victoire Farnèse, 
l'eurent pas le résultat désiré. 

Cosme I" enfin fixa son choix sur Eléonrure de Tolède (23 
mars 1539), qui, peu après (22 juin), le suivit en Toscane (3). 

Cette union, qui rapprochait la dynastie toscane de la cour 
impériale, causa à Cosnie bien des ennuis. Ce qui le gênait le 
plus,ccpondant. c'étaient les macbinalions et les agissements, 
soit privés, soit publics, des lloreulins fHorusciti. 
■ Celait surtout à Rome, à la cour du pape, qu'ils trouvaient 
iin appui â leurs manœuvres révcilulioannires. Paul III vou- 
lait, sans don le, se venger en cela de la conduite du duc à 

)n égard, lors des dernières négociations. En 1540, les rebel- 
les osèrent même arracher les armoiries de Cosme du portail 
de l'église de la nation florentine, le jour même de la fêle de 
saint Jean-Daptiste, patron du dit sanctuaire, et les ministres 
de Florence ne purent obtenir satisfaction. En France, au 
contraire (4), les fuoriisciti se tenaient bien tranquilles, à ce 
nîoment.ToutefoiSjOn avait osé y reprocher au duc l'injustice 
^He ses confiscations. 

^H, 11} Recmont, Ibid., et pp. 100 svv. — Voir aussi im avt'iso anonyme, du 
^^■^pe, du 20 septembre 1510 : " Madaina sta dlsperata, esscndo venuto da 
^^^. Maeslà ehe la debbi lare quaiito vuolo il Santiâàimo., et dice clie noa 

If&ri mai ciô didoriiiire con Sigiior Oltavio.... „ ASK, Mediceo, 32G3, c. 19i2. 
(2) ABD-Ei.-K.vuEn Salza, Panqniniana : / Farnefti al tribunnle di 
Vaestro Pasquino dans li- Giorunle ttiorico délia Mteratum itaUava, 
L XLIU, (19(U), pp. I9U svv. — Madame Marguerite, Tait remarcjuer i'auteur, 
ni cause de grands ennuis pour le pape. Kilo ne plaignait toujours de la 
'piccolezza dei Farncsi „. Les Romains l'appelaient la " miila „ pour ao 
•Aoquer de sa naissance illégitime. Pasqiiin surtout exen^a sa verve. Voir 
les épigrammes : "*■ Ad Ducissam Florentitie, destionsatam Octavio, 
*iepoti Pauli, puero XVannontm „ et les suivants (/&i</., pp. 206 stt.). 
13) R. Gallczzi, op. cit., 1. 1, pp. 43 svv. 
, (4) Ibid., p.58. 



18 LES NÉGOGtATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA PRAÎfCB. 

Nous avons retrouvé la lettre que Cosine I" écrivit, à ce 
propos, à un inèlat léiugié à la cour tle Fiance. Il fait l'apo- 
logie de ses procèdes ; puis il se penui.'*. de donner à celui ù j 
qui il s'adresse des conseils pratiques, qui nous fout connaître H 
les aspirations des fuornsciii. Ils ne pouvaient se faire à ^ 
l'idée que leur patrie serait sacritîée à jamais et rêvaient une 
ère nouvelle. Le duc recommande donc, d'abord, au prélat, de 
correspondre à sa vocation, comme chrétien et comme 
homme d'Eglise. Il veut ensuite qu'en traitant des choses 
de Florence, il dise et fasse comprendre que, s'il est criminel 
de désirer un chaugement de personne dans le gouverne- 
ment de Ja cité, il ue Test pas moins de désirer uu change- 
ment dans la forme de ce gouvernement ; " La dignité de 
" duc nous est échue ; elle nous resteja, sachez-le, tant qu'il 
" plaira à Dieu de nous conserver en vie. Elle passer 
" ensuite à nos fils et à nos descendants. , (I) 



4 



HL 



La trêve de Nice,en 1538, malgré toutes les clauses apposée 
pour en assurer la durée jiendaut dix ans et nonobstant les' 
soins diligents du pape Paul III pour aboutir à la paix, ne 
parvint pas à établir de bonnes relations entre François [•''el 
Charles-Quinl {% 

L'assassinat de Rincon et d'un agent français, le Génois 

(1) ASF, Mediceo, 657, 7ms. 9 (Mitiuta di Jettera di Coaimo primo^^^ 
postillala di aun mano, che parc H-ritia a qualcke rebelle fiorentirto 
dimoruide in Frauda, in citi (liusti/îca la sua condolta i>er rapporto^M 
aile coiifiHcaziuui e condatine d/ji rebeUi,...}—'* rt<*oSigiiore..,Elil tnetle:^-^| 
iiio (liciamo a voi cht' scrvialc alla voslra voiiûtione corne LTistiano,[iiomoJ di 
cliiesa el iiatu t-l allevnlo iii colmata corle : pcrclu», facendo veramente cosi, 
ollre al riporlame commodn el honore, farete quel che conviene al grado et 
iilîcia vostru, senza offesa noslru- Vogtiuiiio bt.'ii che, nel dîscorrerc sopra le 
cose di Fireuze, tioa solamenle diciale cl seuUute cho, havendoci a essere 
Un duca, nnii di-biderate imitatiaii délia persona noâtra, ma ci aggiugnate 
ancora, ahsnlulaiiieiUc, ehe ci ha da esserc el cltedevc essere quella dignità 
in noi, lino a che piacerà a Dïo Nostro Sig^nore di conservarci la vita ; el 
BJuiile ne' noslri Jiglioli c dcscetulenli- „ 

{2) Cf. ù ce sujel, C Capasso, La politica di Paolo llî e Tllalia, C 
rino, 1901, 



LA SITUATION DE LA TOSCANE DE 1530 A 1544. 



ir 



César Frégose, pendant l'été de 1541, près de Casal-Monferrat, 
acheva de rallumer la discorde il). 

Jusqu'à quel point de! Vasto et l'enipereur étaient-ils res- 
ponsables de ce crime ? (2) Toujours est-il que Charles-Ouint 
se refusa à donner aucune satisfaction et partit pour sa mal- 
heureuse expéditiou d'Alger. Une rupture semblait donc 
inév^ilable. 

Le duc de Toscane, alarmé de ce nouveau conflit, qui 
aurait pu compromettre aussi la tranquillité de ses Etals, 
eovoya.cette même année, AverardoSerristori à Rome, avec 
la mission de détacher le pape de la France, de le réconcilier 
avec l'empereur el de le décider à entrer dans une ligue 
projetée entre l'Empire, la Toscane el les Etats d»' l'Eglise (3). 

Certes, les craintes de Cosoie I" n'élatent pas sans fonde- 
luent. Tandis que le marquis del Vasto lui dévoilait un com- 
plot dirigé contre lui par Pierre Slrozzi (4), Valerio degli 
Orsini, eu mai Ibiû, lui écrivait aussi, de VMcence, que, dans 
une guerre pareille, il devait toul appréhender du côté 
des fuoriuiciiL sur lestjuels les Fran<;ais comptaient beau- 
coupiôj.Cel agent ne lui cachait pas ses prévisions pessimistes: 
que le duc d'Urbiuo se mit du côté de la France ou non, le duc 
de Toscane devrait se prépaier à avoir la guerre chez lui. 
De là la nécessité de faire tous ses efforts pour entretenir de 
bounes relations avec Sa Sainteté, qui pourrait prendre une 
part très active à la guerre (6). H concluait :" Supposons 
" que la guerre n'éclate point cette fois-ci, rien ne sera 
" perdu, pour cela, des munitions qu'on aura faîtes. Bien au 
" contraire : ce sera un mol if de plus de se faire craindre par 
" ses adversaires el de se faire respecter par ses sujets (7k„ 
Bernardine Diiretti écrivait, quelques joui-s après, (8) qu'il 

(1) Â. Desjardiks, op. cit., l, C; p. 2. 
19) Cf. H. Lemoîvnieb, op.cit., p. HI6. 

(3) G. Caitestrim, op. cit.t p. IW. noi*^. 

(4) Voir la lettre du mâme au duc (H février l&i2). ÂSF. Mediceo, 3096 
c l»r. 

(5) NDD, L m, pp. 18 sv. — - Voir les notes confidentielles, communi- 
quées par un ami (7-10 mai), ibid., pp. 33 svv. 

(ti) Ibid , pp. !2liàvv. — Cf. aussi G. CAinESTRmi, op. cit., pp. 119 aw. 
17) Jbid., p. 22. 
(8) Ibid., p. 30. 



LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

y avait encore une lueur d'espoir de ne pas voir éclater 

la gnen-o ; mais c'était la mie illusion. Averardo Serristori 
mandait de France, le y juin, qu'on prévoyait que la rupture ^ 
delà paix straîL de plus en plus proctiaine. Oo n'était pas^f 
d'accord cependant sur le théâtre des hostilités : d'aucuns ^ 
disaient que ce serait la Loiiibardie; d'autres supposaient que 
là il n'y aurait qu'une petite réserve, pour faire front ù del 
Vasto.el que le gros de l'armée se porterai! à la Mirandole cl 
à Pitigliano, peut être à Urbiuo ; de là, on fondrait sur la 
Toscane. Une fois en Toscane, on ne savait ce qui pourrait 
arriver.Quel(jues-uns ajoutaient que, pour satisfaire lesStrozzi 
et le» fnorusciti, tm altaquerailtoul d'abord Florence. D'autres, 
et pout-élre avec plus de vérité, croyaient qu'on se jetterait i 
sur Sienne et Fionibino, comme places moins fortes et moins fl 
solidement défendues. Certains jugeaient que l'armée se " 
dirigerait vers Savone pour s'en emparer, la l'orlifier et la 
défendre en.^uite, comtne un avait fait autrefois pour Turin. 
Personne enfin ne savait d'une manière absolue ce qui 
allait arriver, mais chacun était occupé à se préparer au 
mieux, cumrue si la guerre allait être engagée contre lui et i 
de peur d'être surpris à Timprovisle (1). fl 

On comprendra aisément l'impression que cette lettre dut « 
faire sur le duc de Toscane. Dès lors, il tâcha d'attirer le 
pape de son côté ; mais, pour comble de malheur, le pape 
avait adopté un système de poliltijue ([ui ne rentrait pas du 
tout dans les vues de Cosme i" et qui ne secondait nulle- 
ment ses intérêts. 

L'ambassadeur du duc à Rome avait pourtant saisi l'occa- 
sion de le gagner au parti de rempereur, au moment où il n'y 
avait plus eu de doute que la guerre fut désormais inévita- 
ble (2). Averardo Serristori s'était employé à démontrer à ^ 
Paul 111 que la neutralité était des plus dangereuses pour lui. 
Dans cette guerre, lui dil-il, ou bien les ennemis s'épuiseront 
départ et d'autre, et ce sera la ruine de la chrétienté; ou bien 
l'un des deux sortira complètement vainqueur, en anéantis- 
sant son adversaire, et, tout équilibre élant rompu, il faudra 



(1) G. Cawestbini, op. cit., pp. 125 sv. 

^2) ".., Mî cunresâù {il papa) avère pocn speranza nelln pace.„ IbiO.pp. iMw ; 



LA SITUATION DE LA TOSCANE DE 1530 A 1.544. 



21 



s'allendreàun boulevei-sement général en Italie; ce qui pour- 
rait avoir les plus tristes conséquences pour Votre Sainteté. 
Il faut donc se décider pour l'un des deux partis. 

Pour cela, il y a plus d'une chose à cousidérer.Toul d'abord, 
comme souverain pontife, Votre Sainteté doit défendre la 
justice, de quelque enté qu'elle soit ; en second lieu, il faut 
prendre le parti qui conqirouietlra le moins la paix de la 
chrétienté, et tout spécialetuent celle de l'Italie : en troisième 
lieu, il ne faut pas, non plus. iiéglip;er de faire en sorte que 
la supériorité reste à la personne et h la nation qui en sont le 
plus dignes, afin de pouvoir défendre la chrétienté contre 
l'adversaire commun (1). 

L'ambassadeur trouvait, évidemment, toutes ces bonnes 
conditions vérifiées dans la personne et dans le parti de 
l'empereur. 

Le pape, après avoir écoulé avec intérêt ce discours, con- 
vint qu'il était conforme à la vérité (2). Malgré cela. .Sa Sain- 
teté ne sortit jamais, en somme, de la neutriilité ; ou, si 
elle le fît quelque peu, ce fut plutôt pour se jeter du côté de 
la France (.3). 

D'après les dépêches de l'ambassadeur Serristori lui-même, 
le pape levait des troupes, recueillait de l'argent, appelait 
Pierre Strozzi h Rome et protégeait les Florentins fuorus- 
cili, tandis qu'il refusait à l'empereur la permission de faire 
des levées de soldats dans les États de l'Église. 



Ainsi s'explique comment non seulement Cosme I", mais 
encore plusieurs autres voyaient dans le souverain pontife 
le principal adversaire de l'empereur. 

Qu'on nous permette, à ce pi'opos,de mentionner une lettre 
du cardinal de Ravenne, le grand protégé de Cosme I''^ lettre 
adressée à Charles-Quint et où le cardinal proleste contre la 
sévérité de Paul III, qui l'avait frappé de plusieurs peines. 
L'influence du duc y semble incontestable. Ne pouvant exer- 



(1) Ihid. 

(2) " Reposerai chc dicevo il vcro. „ Ibid., p. 126. 
|3) Ibid., et pp. 9VV. 



22 LES NÉGOCIATIONS ENTBE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

cer uoe action directe, i! aurait essayé d'exciter indirectement 
l'empereur contre Paul III, pour détourner le danger qui le 
menaçait lui-ménie, dans le cas où, comme on le craignait, le 
pape s'unirait au loi de France. 

En tout cas, cette lettre, écrite pendant l'été de 1542, jette 
une vive lumière, au point de vue toscan, sur les débuts des 
hostilités entre Cbarles-Quinl et François I*^ L'empereur, y 
est-il dit, a des ennemis déclarés, tels que le roi de France et 
le Turc ; il a aussi des ennemis secrets, tels que le pape et lea^| 
Vénitiens, Il doit, pour celte année, se tenir sur la défensive 
contre le Turc, la France et les Vénitiens, et diriger tous 
ses efforts contre le pape> ■ 

" Tout cela bien considéré, il parait aux serviteurs de Votre 
" Majeslé que l'expédient le plus sûr, le plus facile et qui 
" a;^réerait davantage à toute ITtalie et particulièrement à 

* FEglise, où l'on désespère du gouvernement du pape, serait 
" que Votre Majesté prît possession du temporel que détient 
"le pape, en commençant par la tète, qui est Rome. Les 
" Pérugifls, soutenus par Cosme I"% les Colonna, le duc 

" d'Urbtno, aideront Votre Majeslé. La circonstance que !&■ 

" pape se trouve à Plaisance est très favorable. ™ 

* Par là Votre Majesté s'acquerra le bon vouloir de toute 

• l'Italie, aussi bien que des Allemands, et elle recouvreri 
" ce qui est sien. „ (1) 



Au printemps de 1542, le bruit se répandit que le roi Franci 
se préparait à la guerre (2). 

Le 12 juillet 1542, étant à Ligoy, il lança, en effet, contre 
l'empereur le " cri de la guerre „ (3) qui fut répété, à son de 



(1) NDD, t. m, pp. 25 9VV. 

(îl " L'anno 1542, alla primaTera, aï senti che il re di Froncia facev 
mirabile apparecchio di gucrra, e dissesi cho pgli voîpva venire in Italia : 
ma piii lullo l'csereilo volsf- vnr.Ho la Spngna ; el un a!tro esercilo volse 
verso la Fiandria. „ Fra Giut.tANo Ughi, î. c, p. 213- ■ 

(3) Voir Le cry de la yuerre ouverte entre le rotf de France et l'empe- 
reur roy des Espaignes ; et ce à cause des grandes, exécrables et 
estranges injures, cruatdtez et inhumaniiez desquelles ledit emiyereur 
a usé envers le roy et mesmement envers ses ambassadeurs ; à cause 



LA SITUATION DE LA TOSCANE DE \h^f) A 1544. SS 

trompe, par tout le royaume, fl reprenait, dans ce manifeste, 
tous les griefs déjà accumulés par lui contre Charles-Quint 
et insistait sur " l'injure, si grande, si exécrable et si étrange 
envers Dieu et envers les liomnies, qu'il avait subie de sa 
part, l'assassinat de Frégose et de Rincon (1). , 

Le sort favorisa, dès le ifêbul. les armées impériales. Les 
Français, en effet, devant Perpignan, s'étaient conduits en 
* poules mouillées „ (gallhte bagnale) (2) et, après quarante 
jours de siège, ils décampèrent, sans même avoir tenté un 
assaut (3). 

Une partie des troupes fut alors ramenée en Piémont,où les 
Français luttaient, péniblement contre les Espagnols (4), 

Loin d'être tinie, la guerre s'était simplement déplacée. 



Pendant les deux années 1543 et IWl, le duc Cosme I", 
qu'inquiétaient, à la fois, les menaces du Turc (5)» l'occupa- 

dea pays qu'il luy détient et occupe induement et injtisiement, 
Ch. Weiss, Papiers d'État du cardinal de Qranvelle, t. Il, pp. 
629 svv. 

(1) Cf. H. LufoxinER, op. cit., p. IIU. 

(2) NDD, /. c, pp. 36 — " Onnai <me3ti Froncesi si sono Intti scorgere per 
galline bagnate. „ Lettre de Gtovon-Battista Spcciono au secrétaire du 
duc, Chieri, 30 septembre 1542. 

(3) " Mn il rc di Fraiirta s'acoamp*') a Pcrpigiiano, e slettevi tre incsi, 
facendo gran danno all«? parti di Spagna vicineai nianti;pt ullimnmente fu 
coslretto le%'ar l'assedio di Perpignano : e cofi pochiênimo onoi'e tor- 
nossene a casa „. Fha Grui.j*rfo Ut;ni, ibid- 

(4l Cf. Henri Lemonsieh. op. cit., p. 111. 

(5) Voici comment le fameux historien Paul Jove, dans une lettre à 
Cosme !•', se moque des f>rJnL'es, qui ne voyaient pas le danger et se dévo- 
raient les uns les autres : " In qut-sto mezzo noi faremo una terzola di dicta 
con dugento mitre iti Bologna o Piacenza, i> protesteremo a Dio e al niondo 
che i principi sonii pazzi dn catena ; e prendfri'i In Sedc Aposlolica qtialche 
salvum tne foc dalla butitit di Dio ; e, se ti principi non avranno voluto 
venire a colloquto per la coiicordîn,li lasccrcmn riinledeUi sotto al [nanlelto, 
lynrhotando qualche soimo cfficaco [ter far .spianata alla loro privaia rovina, 
poiché vogliono la pubblicn.r, NDD, l.c., p. ^t CI février 1543). — El !♦' premier 
avril de la mém« année, il écrivait de Bologne; "Ma quesia bestiamuîio' 
rum capituvt del Soltmano, con quesla sua venuta.guasla la coda aile tante 
idée fatle alla platonica ; e cosi con la rabbia di Ceccone e la ostin&zione dî 
iCesarc, il Solimaiio farù il t'atto suo, e noi ad unuad uno, spiritualiter tt 



24 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

lion du PiéniGot par les Français el les levées de troupes 
faites par Pierre Strozzi à la Mirandole, entretenait simulai 
tanémeot deux agents diplomatiques : Tun, Donato de Bardî»™ 
auprès de la seigneurie de Venise ; l'autre, Cristiano Pagni, 
auprès du maïquis del Vasto, lieutenant général de l'empe- 
reur dans le Milanais. 

Leur correspondance, selon ta judicieuse remarque de 
Desjardins U), est le complément, indispensable et précieu 
de la partie des Mémoires de Martin du Bellay qui traite 
du Piémont et de la guerre d'Italie. 

Le duc de Florence élait toujoui-s tenu en lialeine pi 
les menées des fnornsciti, cjui se rassemblaient générale- 
ment à la Mirandole ; d'autre part, il craignait que le pape ne 
s'unit à la France: il pouvait, de la sorte, avoir à se défendre 
contre deux ennemis à la fois. 



J 



La bataille de Cérisoles (1544) vint augmenter encore ses 
craintes. Son agent de Venise lui écrivait, le 19 avril, que les 
conséquences probables de la défaite de del V^asto seraient 
queritalic deviendrait le théâtre principal delà guerre et que 
le pape se tournerait résolument du côté de la France (2). Les 
nouvelles que son ambassadeur lui envoyait, quelques joui 
apri's, il savoir que la cavalerie florentine avait combatte 
vaillamment (3).étaient pour lui une bien maigre consolation, 



temporaliteft andremo al mareîo brulicame in tre a quallro anni. E riva il 
sanLo profeta Mnometlo per mare e per Icrra ! Noi mè, rirca al principio 
giugno, serrarcmo il noslnj aperlo concilîo, c faremo uns bo!la,«d/>f 
ttiam rei »ie»iiori'aw,protestnndo l'iie per nos tton atetit ; e malediremo 
ladra 4lisconl)a,e inlerdiremo il Turco e Barbacossa, c allenderenio a vi 
più risoluLi e cauli e sicuri ehe potremo. E in queato mczzo, Messer San 
Marco starà in una conigb'era a far pregai. „ Ibid., p. 48. 
(1) Op. ciï.. I. c-,p. 3. 

{2} Donat,i de Bardi à Cosme 1«-, 19 avril làW. NDD, l. c, pp. 36svt 
(3) Cribliano Pagcii à Cusnic I■'^ Alexaiidrii;,21 avril ITAi : " Veda Vos' 
Ecfflienza con chv. gloria e oriore reslano li suai, cli<> rosi di qiia c.ome 
nello esercilû francese, olire al dirsi eUc soli quosli Imnuo combattulo, 
predii'a il sii<t valorc f anlir*? : e sf; si sono portnti bt-no nu fa tcstimoiiio 
coinpagnia dislalla per morte dî luutLi, per prigione e fcrite, cosi loro coi 
de* cavalli. E ancorchè per tal disfazîone ubbia l' Eccelhnua Voslra perso 
assai, gli dà pero presse d'ognuno gloriosa fama rbe gli suoi si sténo depi 
talibene^.NDD., I. c, p.101. 



va il 

(lo^H 

ian 

1 




LA SITUATION DE LA TOSCANE DE 1530 A 1544. 



25 



d'autant plus que la défaite de del Vasto apparaissait,de jour 
en jour, plus grosse de conséquences (1). 

Et puis, les agissements et les menaces des fuorusciti 
continuaient de l'indigner à bon droit {^2). 

11 serait très intéressant, mais par trop en dehors de notre 
cadre, de suivre tous les mouvements de celte petite armée, 
recrutée dans presque toutes les provinces de l'Italie, mais 
surtout parmi les mécontents de la Toscane, et commandée 
par Pierre Slrozzi, ennemi mortel du duc de Florence (3). 
Qu'il nous suffise d'indiquer ici que d'une lettre, conservée 
aux archives de l'État àFiorencejl ressort que Cosme I*"^ avait 
songé, plus d'une fois.àse débarrasser de Pierre Strozzi.donl, 
d'ailleursja tête avait été mise à prix par le duc lui-mùme(4), 
dès le début de son règne. Et, lorsque, entre Navarra et Serra- 
valle, Pierre Strozzi avec son armée fut vaincu, Cosme l""" 
s'empressa de demander au marquis de! Vasto de lui 
I livrer les prisonniers ; ce à quoi le marquis se refusa, à moins 
I qu'on ne lui donnai par écrit l'a.-surance qu'ils auraient la vie 
^B sauve et seraient promptement remis en liberté (5), 

K 



La guerre cependant touchait à sa fin : après le siège de 



(1) "Qucsla perdila è slata granilc,conie Voslra Eciellenza puc> gîiulîrare ; 
ed è per conoscersi mcgito alla giornata ehe di présente „. Le même au 

. môme date. Ibid.j p. 103. 

(2) Cf. A. DEfljARDiws, op. cit , l. c, p. 120 noie. 

(3) Voir la lettre de Crialiano Pagni à Cosme I*', Alexandrie, 86 ayril 
134*. Ibid., p. 107. 

(i) Voir, par exemple, la dépêche suivante, du 11 seplemlljre li>4S: " Illmo 
el Ecc™ Sig'". Pochi giorni uvanli ch' io partissi di Cremona, iiii fu luosso 
ragionatucnto da uua persùLva là del paese cho mi moslro lenere un amico 
suo che si sarcbbe me.sso alla tmpresa di ammazzare P. Strozzi, pensanilo di 
far con questo servizio a S. M"*, temendo, porn, clie fusae sicuro che V. Ex. 
li pagossi la taglia che ha P. Slrozzi adosso et Io assicurassi rhe potessi 
store dipoi nel dominio suo... „. ASF, Medicm, 3095, c. 188. 

5. Cf. A. Desjarditcs, op. cit., p. 120 — "... Pcr la cagion che gli scrissi, 
che non paia ministro d'altrui morti, „ lui éirrivait-il, le 13 juin 1544. ASF, 
Mediceo, 3U95, c. 204; — Voir aussi la lettre du même à Ridolfo Baglioui, du 
16 juin 1544f. [Ibid-, c 905) et une autre à Criatiano Pagni, du 6 juin 1544 
(Ibid., c. 206). 



26 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Saint-Dizier (du 8 juillet au 17 août 1544), les négociations dej 
paix avaient commeocé. Elles eiu'enf lieu par rinfermédiaire 
obscur d'un moine espagnol. Gabriel île Gu/.man, dont il est 
question, à chaque instanl, dans la correspondance diploma- 
tique, et qui reçut, plus tard, le surnom de " moine de la 
paix „. Il est signalé, notamment, en juillet, dans un acte 
royal qui ordonne de lui payer quatre ceiifs livres tournois 
pour aller en certains lieux, en vue d'affaires secrètes e^| 
importantes, concernant le service du roi (1) ; or, tout juste 
à cette époque, le 7 juillet l.'j44, et cela nous montre la pré- 
cision du service d'informations du duc, — Cristiano Pagni 
écrivait de Milan à Cosme h^ que l'on espérait la paix, malgré 
toutes les rumeurs conti-aires (2). En efTet, deux mois plus 
lard, le traité de paix était signé à Crépy-en-Laonnais. La 
condition essenlielle, d'où dépendaient presque toutes leâfl 
autres, était le mariage du duc d'Orléans, soit avec l'infante 
Marie, fille de l'empereur, apportant en dol les Pays-Bas^ 
et la Franche-Comté, soit avec une fille de FerdinandJ^ 
apporl.nnl en dnt le Milanais ; c'était l'alternative au sujet 
de laquelle l'empereur avait à se décider, dans le délai 
de quatre mois. Les deux contjactants s'engageaient, en 
outre, à s'entendre pour comhatire le Turc et pour rélablii^ 
l'unité religieuse (3). 

Le roi expédia aussitôt un courrier au duc de Toscane, 
pour lui annoncer et lui communiquer les clauses du traité. H 

Cette nouvelle causa une allégresse générale parmi les 
Florentins. L'événement fut célébré par des fêtes religieuses^ 
et populaires. (4) ^ 

Le moment était venu de tenter un rapprochement avec 
la France ; les barrières étaient tombées, les distances com- 
blées. Le duc profita de l'occasion. D'autres circonstances, 
imprévues peut-être, lui facilitèrent la tâche, à bien des points 
de vue difficile. 



(l)Cr H- l.EMorfNiF-R, Op. cit.. p. 115. 
(21 NDD. i, III. p. 126. 
(3) H Lemu.ikieb, op, cit., pp. 116. sv. 
(i) R, Galluzzi, op. cit., l. c-, p. 114. 



Chapitre deuxième. 

Les premiers essais tentés en vue de la reprise 

des relations diplomatiques 

entre la Toscane et la France 

(1544-1548.) 



Au début de 1544, Catherine de Médicis donna le jour à son 
)reraier fils. Cet événement allait être l'ocrasion des premiers 
f efforts lenlésen vue de la reprise des relations diplomatiques 
de la Toscane avec la France. 

Catherine était née à Florence.le 13 avril 1519 (1). Sa mère, 
Madeleine de la Tour d'Auvergne, moiirail le 35 du même 
mois ; elle fut bientôt suivie dans la tombe par son époux, 
Laurent de Médicis. Dans le palais vide de la Via Larga, it ne 
restait donc qu'un berceau (2) ; Catherine représentait, à elle 
[seule, la branche légitime de sa maison. Ayant passé les 
Ipremiers mois de sa vie sous la garde de sa grand'mère, 



(1) Sur Catlierinc de Médicis voir les ouvrages suivanU : EcGkfrE Albrri, 
Fifo rfi Catertua de' Me.âici. Florence, 1838. — A- Reumout, Die Jugend 
von Kntherinn di Médicis — A. BAsr.nfrr, La jeunesse de Catherine de 
M^f/«ci« (traduction r«'mani<'e el compUM^** «le Reiimoiit).Pftrift, 188fi. — H.de 
tJi Ffrku.iie. 1^8 lettres de Catherine de Médicis, nolamraenl les intruduc- 
tioQ3 à chaque tome. — Pour les détails biograptitque» que nous Jonnoiia 
sur la jeunesse de Catherine de Médicis, nous renvoyons surtout nos lecteurs 
ù ce dernier ouvrage (t. I, pp. I. svv.), M. H. delà Ferri«"TC nynnt largement 
utilisé les travaux de ses devanciers, — Cf. aussi TnntxoPE, The giriood of 
Catherine of Médicis. Ixindres, 1S36. 

(2) On se rappelle, pcul-élre, les vers, si délicats, que la triste destinée de 
Cailierine inspirait à l'Arioste (Opère minori: Elegia prima, éd. leMon- 
nier, p. 21fi. — Cf. H m: i,a FKBfliÈrtK, Len lettres de Catherine de Médicis, 
1 1, p. Ilj. Voici comnienl le poète Fait parler Florence : 

" Verdeggia un rauio so] n>n poca foglia, 
E fra tema e possanza sto sospesa 
Se la mi lasci il verno o la mi togtia. „ 



28 LES TfEGOCrATIONS ENTRE LA TOSCANE ET Ï.A PRAîfCE. 



AlfonsinaOrsioi (f 17 février 1520).puis sous celle de Clarisse 
de Mêdieis, elle était encore k Florence lors de la révolution 
qui suivit, de si près, le sac de Home. Réfugiée à la villa del 
PofJKÎo àCaiano.ellefiit conduite au couvent de Sainte-Lucie» 
puisa celui de SainteCalliprine, et enfin ramenée à Florence 
chez les Murale (U, d'où gIIr put pntendre, le 29 mai 1529, les 
cris sauvages du peuple, qui, l'urçant les portes de l'église de 
TAnnuuziata, brisa les statues de Léon X et de Clément Vil (2). 
Durant le séjour forcé de Catherine à Florence, François I*"" 
ne cessa d'avoir les yeux sur elle ; mais les négociations 
avec la Seigneurie, en vue de la délivrer, n'eurent aucun 
succès. 

Dans les derniers jours du siège, la situaMon de la jeune 
princesse devint mêtue fort dangereuse. Un exalté du parti 
des arrahbiati alla jusqu'à proposer de \a faire entrer dans 
une maison de débauche, ou bien de l'exposer sur les rem- 
parts aux balles des assiégeants. (3) 

A]» es la capitulation du 12 août 1530, elle put retourner au 
couvent des Murale, qu'elh^ quitta, peu après, pour venir à 
Rome, ou l'appelait son oncle Clémeul VII. 

EUe n'avait que onze aus,et déjà bien des projets de mariage 
avaient été mis en avant. Knfin. après de longues négocia- 
tions, elle fui fiancée au duc d'Orléans, le futur Henri II. Ce 
fut le jeudi 23 octobre que Caltierine fit son entrée à Mar- 
seille ; le 22, eut lieu la cérémonie du contrat et,le 28,1a béné- 
diction nuptiale. 

Le papcqui l'avait accompagnée jusque-là avec une pompe 
extraordinaire, voulut officier lui-même et remit Panneau 
aux jeunes époux. (4) 

(1) La prôspncc de celte jeune fille lie onze ans mit la division daoa le 
couveni (»ie*s« ianV arte e confusione fra quelle cheiî nionastero era 
confuso e divisoK au point que le guiivernemenl s'i>n alarma (Cf. Gio. Bat- 
TI8TA Bu93isi, Lettere a Benedetto Varchi sugli avveuimenti delF 
assedio di Fireme, p. 1*7. Pi.se, IHaâ). Cf. H. de la Ferihkhe, ibid;\>. III, 

(2i Ibid. 

(3) '^ Gli stiilli cilladini volevan poire [Caterina] Tm morti pcr esser 
uci'isa, e clii inandare al proslibulo per esscr vlolaln. „ — Ammirato, Storie 
florentine, t. X. p. 908. Florence, 1827 — Segsi, Storia fîorentina, p. 124. 
Augustœ, n£i - RicHA, Chiese florentine, t. Il, p. 96. — Cf. H. de la Fkb- 
niÈRK, op cit., p. Vlll. 

(4) Au sujet du mariage de Catherine de Médicis,Toir notamment M.Mazzini, 



PREMIERS ESSAIS DE REPRISE DES RELATIONS. 

Durant les premières années de son séjour à la cour, rien 
ne put faire deviner ce qu'ellti tlfviendrait plus lard : elle 
regardail. elle observail en silence. (1) 

I Elle eut beaucoup à soufifi ir de la présence de la duchesse 
de Valentinois, Diane de Poitiers, qui avait su s'attacher 
d'jibord François I'% puis son fils. Peu à peu. toulefois, elle 
sut entrer dans les bonnes grAcos de son beau-père. Avec le 
coup d'œil de la femme italienne, elle s'aperçut bien vite que 
c'était au roi qu'il fallait plaire, et à lui seul. Elle y réussit 
à merveille. (2) 

Mais elle était sans enfants ; les difficultés de sa situation 
s'augmentaient de cette stérilité persistante, contre laijuelle 
tous les remèdes semblaient impuiss.-ints. t3M'inîdemerit, à 
partir de 1544, les couches se suivirent, pro.sqtie sans inter- 
ruption, d'année en année, à tel point, dit un ambassadeur 
vénitien, que, comme Leurs iMajestés étaient encore jeunes. 
Hles craignaient maintenant d'avoir plus d'enfants qu'il ne 
fallait. (4) 

Pendant le règne de Henri ll,ln femme politique commença 
à se révéler. " Elle est sage et prudente, écrivait l'ambassa- 
deur vénitien ; nul doute qu'elle ne soit apte àgouverner(5).„ 



Caterina de' Medici e Clémente VJI alla Speeia nel 1533. La Spezia, 
1901. (Extrait du Crior. etor. e lett. (Jellu Lifjuria), et Nituvi documenti 

itomo a Caterina de' Medici e a Clémente VII, dans le Oior. stor. e 
ttt. délia Liguria. L 111 (!l«e), n'" l ei 2. 

(1) Cf. H. DE LA Ferrière, op. ci^, {. c, p. XXVill. — El. Lkmonnieh, op. 

Ki<.,p.98. 
(2) EuGÈME A1.BEIU Tail la remarque suivante, ù c« sujet {op.cit.,p,3l5sv.) : 
Collocata fro laducbessa di Etainpcs, Tavorita dal re, e Diuna di Puitiers, 
ivorila dal suu moritu, rii]geg.tKi di Caterina fu lulto uell' ccclissarsi 
dinanzi aile due slcUe dominatrici, nel togliere ogtii apparenza di voler 
U-arre partito dalla nuova condizione del suo grado [di dclfiiia]... E tanto ù 
più ammirabile iu questa pcrseveranza cli'ellarumpiva sola il travaglio a se 
Ckiedesima itn|»osto, priva ail' estero di pareil li chc la inspirassoro, priva in 
^orle di amici naluraii rlic la regges.ïiern, duccliè il severo comieslabile di 
P^tfonlmorency, [•otenlissimo n«i consigli del rc, aveva, lin dai primi momenti, 
'^Itcnuto il rinvio di (ulte le persone con lei venute d'Iialia. „ 
(3) Cf. E. ALBEni, op. cit., pp. 3i» sv. 
(i) A. Baschet, op. cit., p. 479. 

(5) Belaeioni degli ambasciatori veneti al Senato, durante il secolo 
ecimo sesto, éd. E. Albuu, 1" aér-, l. IV, p. 72. Fiorence,18l»0. 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Malgré lout^ rieo ne faisait prévoir le rôle prépoodéraot 
qu'elle devait jouer, à partir de 1560. Les mémoires du temps 
parlent d'elle, mais, eu somme, fort peu. Od ne signale de 
sa part ni intrigues, ni passions. Coinine le roi, elle s'occupe 
beaucoup de ses eafauls, les surveille, s'intéresse aux moin- 
dres détails de leur santé, de leur installation, de leur 
costume ; sa correspondance aussi est familiale, toute 
intime. C'est celle d'une personne privée, presque d'une 
bourgeoise (i). 



II nous serait impossible de dire si Catherine eut des rela 
lions, lant soit peu importantes, avec les Mèdicis de Florence, 
dès les premières années de son séjour eu France. M Desjar- 
dins a publié une lettre adressée à la princesse par le duc 
Alexandre, le 19 avril iririfi. C'est une simple recommanda- fl 
tion en faveur d'un religieux franciscain, Frate Onorio, jadis ™ 
confesseur de Clémeat VII. Il a charge de lui rendre visite de 
la part de Son Excellence: CatLerine pourra " se consoler 
grandement „ en entendant ce religieux parler de leur oncle 
très aimé, qu'il connut si iutimemeul. Elle connaîtra parlai 
les volontés et les désirs de Sa Sainteté, " volontés et désirs 
très saints, pleins d'affection pour tous deux (2).„ H 

Pendant ces prcjuiers temps, en dehors de la pièce dont ^ 
nous venons de parler, on ne rencontre qu'une ou deux let- 
tres échangées entre la princesse et le duc de Toscane. Tout 
porte à croire.il est vrai,— les recherches infructueuses de M. 
M. Reumont, Baschel, de la Ferriùre et Baguenault de Pu- ii 
chesse coniirmeul en particulier cette hypothèse (3), — que ia fl 
correspondance de jeunesse de Catherine ne nous est pas par- " 
venue.Par ailleurs,tant que cette dernière n'eut encore qu'un 
rôle eCfacé à la cour de France, on comprend que son cousin 
n'ait pas entretenu avec elle des relations bien importantes, 
ni bien suivies. 

Ce n'est pas à dire, toutefois, que, même avant la paix de 



(1) Cf. H. Lekoknieb, op. cit., p. 132. 

(SINDD, t. m, pp. ll.sv. 

(3) Voir RHE, t. Vil [IWi), p. 893. 



PREMIERS ESSAIS DE REPRISE DES RELATIONS. 

Crépy(l544), le duc. suivaDt la retiiarque de J. B. Adriani, 
n'ait eu à cœur de conseiver ramitié de Calheriue {I) Cela 
ressort de cerlains docunieuts juibliés par M. M. Desjardins 
et Hector de la Ferrière. 

L'évéque de Saluées, Alfoiiso Tornabuoni, se Irouvaul à la 
cour de Fiance, en 1539, chargé peut-être de quelque mis- 
sion spéciale par Cosme 1". écril, le 24 février, qu'il a fait à 
la dauphîne toutes ses recommandations (2). Elle les a reçues 
avec des marques de confenletnent et, après avoir demandé 
des nouvelles de Son Kxceilence, elle a chargé l'évêque de 
faire savoir au priuce qu'elle se recommandait à lui, et qu'elle 
ne laisserait échapper aucune occasion de lui être agréa- 
ble (3). 

Les mêmes protestations reviennent dans une lettre du 24 
avril de celte même aimée (4). 

De son côlé, Catherine de Médicis, dans une lettre au duc, 
lui recommande André Renieri, homme, dit-elle, " di buona 
mente verso la niemoria di mio fraiello e al présente molto 
aervitore di Vostra Signoria „ (5). A partir de ce jour, au cours 
des années ITiSO et suivantes.sa correspondance avec Cosme I"" 
devient plus fréquente ; elle cuntieut encore, il est vrai, beau- 
coup de simples recommandations» en faveur de telle ou telle 



^ 



(1) "..> Con la quale si era aempre ingegnato di manlenere, oUre al paren- 
tado, buona acnicizia ; e la volevu, quanin pcr lui fnr si pott-va. uiiorala. „ 
G. B. Adriani, Istorie de suai tempi, i. l, p. 243 {ù. l'année 154+). Pralo, 

(2) xNDD, t ru, p. 15. 

(3) '^... La quale (la dauplûne) mostr6 averle O^s recommundatious du 
duc) al possibil carc ; e con grande inslanza mi doinandVi di V<>s.lra Eecel- 
lenza, e tinalmenle rai commise clie io fuccssi inteiiderv a qiidia ditila su 
gli raccoinanda, e ciie, dave la gli passa for servizio, quella sappi die è 
paralissiuia. „ Ibid. 

(4; De Roniilly, l'érôque de Saluces mande à Cosme 1" qu'il a fait les 
recommandations à la daupliino, laquelle lui demanda avec beaucoup 
d'ufieclion de ses nouvelle^ ; ** E mi disse che la d«»siderava vcderlo in Jstulo 
felioe e con ogni auo conLenlo ; e clie se gli raccomandava assai, e cosl alla 
^ignora sua niadrc ; c clie, se per quella verra mai occasione alcuna che 
gli posai far servirio, lo farù cosi di buon cuore come per suo proprio fra- 
tello, i-liè per laie lieue Voslra Eccellenza, e mi commise Te lo dicessi per 
sua parle, come gli scrivevo. „ NDD, l. c , p. 17. 

(5) H. DE LA Franiinc, Lettres de Catherine de Médicit-, L I, p. 3. 



32 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



personne, à laquelle, en bonne mère de famille, Cadierine 
s'intéresse (1). Puis, ;\ mesure que son influence jrrandil dans 
les aftiures de France, sa correspondance prend nécessaire- 
ment une plus large envergure : Ja femme politique com- 
mence à s y révéler (2). Plusieurs lettres louchent à des négo- 
ciations non sans importance (3j. 



n. 



Le 20 janvier 1544, était né, au chAleau de Fontainebleau, 
François II. Cosme l""" profita de cette circonstance pour 
essayer de renouer les relations avec la France. Prévoyait-il 
la possibililé de la paix entre l'empereur et le roi très 
chrétien et celle d'un rapprochenicnl de sa part ù l'égard de 
ce dernier ? Toujours esl-il qu'il fut un des premiers à com- 
plimenter Catherine de Médicis de son heureuse délivrance, 
et cela en termes très sympathiques (4). Tout en lui rappe- 
lant les années de jeunesse passées ensemble, il lui expri- 
mait le vit désir de lui rendre visite, personnellemeut,un jour. 
Il lui es[tHqnaîl, eosirile, commeni, tout en ayant les meilleu- 
res iutentiuns, il ne pouvait pas même envoyer un ambassa- 
deur lui présenler ses félicitations, per essere proibilo da 
Sua Maeslà Cesarea passare a quelle bande per la qualità 
de' lempi. 11 la |n-iuit néanmoins de le croire bon serviteur et, 
comme tel, de le reconjinander au roi et au dauphin, qu'il 
désirait servir. Si les circonstances l'obligeaient à suivre la 
politique impériale, it se flattait de conserver pourtant l'affec- 
tiou du roi et du dauphin; car il ferait de môme, s'il était 
engagé envers eux. Tout en déplorant que la situation poli- 
tifiue fut si troublée, il se consolait par Ja pensée que cet 
épanchemcnt lui assurerait l'alfection deLenrs Majestés. 

11 concluait en disant qu'il com{>tait bien qu'elle n'aurait pas 
à rougir de son cousin, duc de Florence et chef de la maisoa 




(1) Voir par exemple Lettres, t. 1, p. 69. 

(2) Voir.à cesujet,le témoignage do l'ambassadeur viiniliea,cité plus IiauU 

(3) Voir ibid; et pp. 3vv, 

m Coame 1**^ ù Catlierine de Médicis^ Florence, 3 mai, 1514. NDD, I. c<, 
pp. 135 sv. 



PREMIERS ESSAIS DE REPRISE DES RELATIONS. 



33 



de Médicis (1). Il prenait congé de sa parente en souhaitant 
de la pouvoir revoir bientôt ou, tout au moins, de pouvoir 
envoyer un ambassadeur la visiter en son nom {2). 



La première partie de ce vœu ne reçut jamais d'accom- 
plissement. 

En revanctie, le duc de Florence put envoyer un ambassa- 
deur à la cour de France plus tôt qu'il oe l'avait espéré. La 
paix de Crépy. signée quelques jours plus tardjui permet- 
tait, eu effet, d'avoir désormais des rapports diplomatiques 
avec le roi très chrétien. 

Il en profita. A cet elTet, l'évêque de Forli, Bernard de 
Médicis (3), fut désigué pour rendre visite, en son nom, à la 
daupbine et au roi. 

L'Instruction au prélat (4), datée du 26 octobre 1544, nous 
renseigne complètement sur le but de cette mission.L'évêque 
de Forli doit visiter, tout d'abord, la daupbine, lui présenter 

(1) " E sebLene la graiidezza di tel a me è diseg'uule, non atuà da vergo- 
gnar« cl)« Cosimo de' Medici, suo cugïao, e in altro grado parente, sia diica 
diFiureuza. „ Ibid., p. 130. 

(2)" .... Che Dio mi dJa grazia rivederla et puter umndare il vescovu di 
Forl) a visilarla in nume mio, come suinmainente desidero „ Ibid,, p. 13(>. 

(3j Bemardo, fiU d'Anloniu di Bernardo de Medici et di Francesca di 
Baldo Tedaldi, était parent fort t'ioigné du duc Cosnie I*' ; car la branche & 
laquelb* il appartenait se st^paru de la souche commune vers la miiitié du 
xui* siècle. Attaché, dans sa jeunesse, ù la forlime du cardinal Silviu Pas- 
«erini, il suivit son protecteur, lorsque celui-ci fut chassé de Florence, en 
15â7. Clément VII accueillit le jeune Uernardc* avec faveur et, en 1528, il le 
nomma évoque de Forli. Après laciiutc de la république, le nouveau prélat, 
qui ne songea jamai.s ù son évèché que pour eu touclier les revenus, 
rentra à Florence. En l.>i7, Cusme 1**^ lui cunliait la mii^sion de faire part de 
son élévation récente ù l'emperciir. En celte année 1544, le duc le désigna 
coiome ambassadeur en France. 11 se trouvait, en 1547, ù Augsbourg 
auprès de Charles-Quint, Enfin Kernardo représenta, une troisième fuis, le 
duc à lu cour impériale, en 1Â')2 : il était chargé de demander des secours 
contre les Siennoia. A peine de retour à F^lorence, il mounil, le 4 octobre de 
la même année. — Bernardu de Médicis était un littérateur et un savant ; il 
fut l'un des fondateurs de l'acadéuite tloreatine. — A. Desjardiks, op. cit-, 
t III, p. i:». 

(4) Voir Appendice, 1. 



34 LES NEGOCTATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



ses félicitations au siyet de sod heureuse délivrance, 
protestant que le duc aurait voulu faire plus tôt ce qu'il lui 
permis de faire à présent, mais qu'il en fut empéctié 
la quaîilà de' tempi che corrcvano. Puis, il devait se réjo 
du succès de la paix, più desiderata che sperata. — * Voi 

• direz donc, continue riusfruclion, que nous nous somm 
" réjouis inliniment de cette paix, tout d'abord pour le bi 
■ général de toute la chrétienté, ensuite pour le profil pa 
" culier de notre Etat et de notre ville, mais surtout parce 
" que nous pouvons jouir librement et sans arrière-pensée de 
" l'aniilié de Son Altesse et ne manquer envers elle à aucun 

* de nos devoirs extérieurs de respect, comme cela a toujours 
" été notre désir. Jusqu'ici nous n'avons pas pu agir ainsi 
' pour des causes notoires (i). , 

Il devait ta prier ensuite de le recommander au roi, ^H 
assurant ce dernier de toute sa fidélité, en qualité de parent 
et en souvenir de son père,si attacbé au service de Sa Majesté 

Elle voudra bien faire de même avec son époux, 
dauphin (2). 

Entin, Tambassadeur doit profiter d'une occasion propi( 
pour êlrc adtnis auprès de François I*% auquel il présenlcra_ 
les niÊmes félicitations el fera les mêmes protestations 
dévouement: Cosmel", le roi peut en accepter l'assurancêr 
sera, à l'avenir, l'un des meilleurs servileurs de Sa Majesté e^^ 
Italie (3). ^ 

Une réflexion, cependant, s'imposait à l'esprit du duc: 
l'auibassadcur pouvait se trouver dans la nécessité de don- 
ner quelques explications sur l'attitude et la poUlique delà 
Toscane, durant ces dernières années, el il était de toute 
importance de ne p.Ts coniprruTieltre la siluiilion par d^ 
aveux intempestifs, ou par des récriminations inutiles. 

Dès lors, le duc prit soin de dicter lui-même à son ambas- 
sadeur la formule dijiloiuatique.quj lui peruiettrait de se tirer 
d'affaire, sans se compromettre, el de fermée la bouche ai 
adversaires de son souverain (4). 

(1) Voir Appertidice^ Doc. 1, 1 et !2. 

(2) Voir Appendice, Doc. 1, 3. 
(3J Voir Âpp»tidice, Doc 1,4. 
(4j Voir la Memoria a Monsignore di Furlî, - Appendice, Duc. 1, 5^ 



i«^ 



Et, comme informatioos personnelles pour voire gouverne, 

" disait-il, vous devez savoir et être prêt à faire remarquer, 

" toujours avec beaucoup de considération et de respect, 

" que Dous o'avoDs jamais manqué et ne manquerons jamais 

" à notre devoir et à notre honneur. 

' Par ailleurs, si, en telle ou telle circonstance, nous avons 

^pagi, malgré nous, d'une façon moins agréable à Sa Majesté, 

^^ce n'a nullenienl été pour l'offenser, mais par suite des 

* agissements de ses cUets d'armée et de certains de ses 

'ministres (1). « 



Muni de ces instructions, que nous avons voulu analyser, 
étant donné qu'il s'agit de la première ambassade, l'évéque 
de Forli arriva, le 5 décembre, à la cour, qui résidait alors à 
Fontainebleau (3). 

La réception fut de bon augure. Grâce à la dauphine, 
l'évéque put descendre tout près de la ville, alors que la 
coutume exigeait que les autres ambassadeurs se tinssent à 
distance de quatre lieues (3). 

Le leodeniaiu de son arrivée, il fut reçu par Catberine 
de Médicis. Après qu'il eut présenté les félicitations dont il 
était chargé et qu'il se fut entretenu avec elle (4). la prin- 
cesse l'assura que toutes excuses étaient superflues, puisque 
Cusme I*"" avait agi sagement en tout et qu'il valait mieux 
pour lui avoir agi de la sorte, qu'elle préférait à tous com- 
plimeuts la joie de le voir maître de Florence, convaincue 
qu'elle était, du reste, que la bonne entente ne faillirait pas 
entre elle et lui. C'était là son unique désir, elle ne rêvait 
autre ctiose (5). 



{Hlhid. 

(3) Voir sa leilie du 22 liécembre 15i4. ASF, Mediceo, 4590, c. 8 sr. 

|3) liid. 

W) "... El, in olLre, la prcgaî *'Iu', corae sempre itinunzi,.. st'giiitaasi in 
^IPii Umpo di for quctli buoui uililii p«r J'E. V., per li quali la tenga in 
Pttia (lel re crislianisainio el delt' illustrissimo suo consorte, diâtenden- 
■Wi in lullo largameute, secoxidu clm nella. Itislriiclione ai conleneva. „ 
ftid.c. 8r. 

(^l'Elcirca le âcuse falLe nii re|)liL-ù rhe tiitlu era statu ralla da V. 



36 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

L'ambassadeur, dès qu'il lui fui possible, se rendit auprès 
du roi. François l", en boo diplomale, se réjouit de son arri- 
vée à la cour, répétant que plus tôt elle n'aurait pas été 
opportune, par suite des événements (1). Sa Majesté promit, 
du reste, à l'ambassadeur que, désormais, il regarderait le 
duc de Florence comme uu de ses meilleurs amis, non seule- 
ment à cause de ses mérites, mais aussi pour l'inlérét que lui 
portait Madame la daupliine. A l'occasioQ, il saurait profiler 
des offres de Son Excellence (â). 

Cbez la reine cl chez le daupbin, l'ambassadeur rencontra 
la même bienveillance (3). ■ 

Cosme l^"^ fui charmé d'une réception si cordiale, faite à son 
envoyé, en particulier de l'altitude du roi ; quant à 
daupbine, il connaissait Irop bien ses sentiments poi 
douter de sa condescendance (4). 

Toutefois, cet enthousiasme (5) ne devait guère durer. Troî 

E. saviameiile, et più s'era giavala. a for cosl, che se allrimeiiU. Et che 
a lei î' più i-liaro clie !'£. V. aia pailrone di Piaretiza che queste cerei 
nie, sapendo bene clie V. E. non puù inancare a lei, uè ella a V 
quale è tutto il siio desiderio, ne adora allro che la sua grandezza.., 
Ibid., c, 8 V. 

(1) Ibid., c. 9 r. 

(2) Ibid. 

(3) Ibid. 
{i) Le duc à l'évëque de Forli, IS janvier 1545 : "... Et ci è stato sommo 

dilello et pîaccre l'intendere fhe la prefala Maestà habbia hai'uto a grat a 
l'andala vostra et accettalo il Luud anitim che U purtiatuo, per servid^| 
in tulte le occosiont clic poiremo, lior che cesaono c' rispetli et e' sospe^^^ 
per la cunclusa puce Ira k'i cl Cesare. „ — "Le grale accogiienze delta 
deltîna non v't son cosa niiova... «. U espère qu'elle s'emploiera en sa 
faveur, " coiiie lia sempie falto et richiede il grado è fra iioi, et la molla 
nalural atTetlione cl 03servantiti,chc ti liabbiumo .sempre purlalo nell' anïnio 
et cor Dostro, qnando le occorcnlic de' lenipi non ci hanno dato il nioslri 
palesemente. „ ASF, Mediceo, i^^i, c. 30 r. 

(5) En voici un Irait caractéristique. Uu jour que le roi s'enlrelenail a 
des seigneur» et des daines de la cour, au sujet d'un voyage qu'il proje 
d'entreprendre eu Italie, Catherine entraj luut à coup, dans la salle. " 
inleso. di quel clie si ragiouava, si vullù a Sua Maeitù e gli disse cLe, 
Ella si andava a Mîluuo, iiuu polria oiaticare di non andare ancora iusino 
a Fioreuza, per csser^ il signur diica lanlo suo alFpziunato servitore. Al che 
Sua prefata Mûcsttt piaccvoluicule rispose che gli parevu Fiorenza lrop| 
lonlana ; pure che non ne niaucheria- E Madama la delfino gli replicù 



PREMIERS ESSAIS DE REPRISE DES RELATIONS. 



37 



I 



^ 
* 



f 



mois plus lard, l'ambassadeur était rappelé, au grand étonne- 
ment de toute la cour. Que s'était-il passé et d'où provenait 
un changement si brusque ? 



Tout d'abord, on aurait tort de croire que l'allégresse appa- 
rente avec laquelle l'ambassadeur florentin avait été reçu à 
la cour de France, fut bien sincère. On entrevoit dans la cor- 
respondance le peu d'importance que, malgré les protesta- 
tions extérieures, on attachait, en France» à celte ambassade 
toscane. Aussi, bien vite, l'ambassadeur se vit tenu à l'écart 
et laissé dans l'isolement. On eût dit qu'on était gêné par 
sa présence. Lui-même ne se faisait pas illusion sur sa 
situation et demandait instamment au duc s'il devait res- 
ter ou partir. Cosme aussi était très indécis. C'est qu'il 
n'entrevoyait pas encore le but poursuivi par la politique de 
François !•'. 

Bientôt des mésintelligences formelles surgirent. 

Alexandre Rossel avait été envoyé par le roi de France 
auprès des différents princes d'Italie, afin de leur communi- 
quer la nouvelle et les conditions de la paix conclue entre Sa 
Majesté et l'empereur. Avant de repartir pour la France, 
vers la fin du mois de décembre, Rosset passa par Florence 
et salua le duc de In part de la daupbine (1). Il parait ne pas 
avoir été reçu avec tous les honneurs qui lui étaient dûs. On 
le traita môme, dit-on, avec froideur. Cela ne pouvait man- 
quer de mal impressionner la cour de France. Cosme I" dut 
s'en expliquer à son ambassadeur, le 5 février 1545, 

elia se lo prometteva di certo, che, o^i volta fhe andassî a Milan», andcria 
n Fiorenza ancora. E in su qiiesto, il re cnriiinciniidn n ridcrc ron Sua 
Erccllenza e c^in la prcfala Mndaina di Elampcs e l'altrc damp, di nuuvo 
glieJo promesse, enlrando di poi in altri ragionaincnlî piaeovolî. „ B^rnardo 
de M«?dicis à Lorenzn Pagni, Tours, !e S avril J!>4o. NDD, t- III. p. 151. 

(1) L«"llro du dur ii son nmbass.ideiir pii Fi'anc*', 22 dtTCîinbrc 1544 : " Il 
présente lator, M. Alexamlrn Ro.ssel, genlilhomo del R"" cardinale di 
Ferrara, mi è stato a visitar in nome di S. M- cri»tianissima et della Sig. 
delfioa--.-; che, presa opportuna orcasioner non manchiate in nome mio 
baciame la rnano a S. M. et à S. E. con quelle parole che in queato caso 
ri soccorreraono. Da Castello..,., „ ASF, MedicéO, 4591, c. Il r. 



38 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

" Si à Messire Rosset, écrivil-il,on n"a offert aucun préseol, 
" lors de son passage, cela ne doil étonner personne. En Toîei 
" les raisons. 

" Messire Rosset a visité, au nom de Sa Majesté, toute 

* l'Italie, pour annoncer la nouvelle de la paix ; or, il est 
" venu chez nous en dernier lieu, sans aucune lettre, dI 
" de Sa Majesté, ni de Madame la dauphine, et après avoir 
•* passé plusieurs jours à Rome, où il a été regardé tantôt 
" comme agent du roi, tantôt comme ambassadeur du duc de 

• Ferrare. Et il est arrivé que, le pape se rendant à la Minerve 
" pour y célébrer la messe, en actions de grâces de la paix.cel 
" agent a essayé d'enlever la préséance à notre ambassadeur, 
" Serristori ; ce à quoi, du reste, il n'a pu parvenir. Consi- 
" dérex maintenant si nous devions lui offrir des présents 
" et s'il y a lieu de s'étonner de notre façon d'agir (l) ,. 

A l'origine de cet incident, on ie voit, il y avait des suscep- 
tibilités de préséance ; ces questions de préséance allaient 
amener la rupture complète (2). 



(1) Lettre «lu du»- de Florence ù l'évêque de Forli, 9 février 1515 : " Se si 
RosseUof qiiando vcnne a visilarri, non Tu per noi falto «lonalivo olcuno.nù 
a voi, oè alli altri deve pnrlare admiratione, per le ragioni rhe vi diremo 
appresso. Ferc il Rossetto n non»* rtcl rr le visite per tulta Italia r^n la 
nuova della pacf. et l'ultima fece ton noi ncl ritorno siio in Francio, senza 
li^tterc ili S. M-, m'-di Madamala deltina, doppo essere statn molti et molli 
giorni in Rnma, dove lu repulalo quandn agetile del re, qiiando ambascia- 
tore di Ferrara ; et occorse irt quel tempo che aiidnndu i] papa alla 
Minerva a celebrare una mcssa pt^r la pacc r(>nclusa,si studio qiianto posset- 
te di levare la precedcntia al Serristoror ambasciatore nostro. Il ehe non U 
Tu romporlato, anzi niostn'i l'crror suo. Se noi adunque dovevamo farli 
donativo, coiisiderateto voi et li altri che ne hanno preso admîratiooe. „ 
ASF, Mediceo, 4.591, c. 28 r. ^ 

(2) U ne faut pas oublier, non plus, que plusieurs [uorusciti de la <:o^H 
de France agissaient, dirMlnmcnt nu indirectement, contre le duc die 
Florcncfl. Leur influence fut pour beaucoup dans les mùsintelligencos qui 
persislërenl, pendant d« longues années, entre les deux roiirs. Dès l'arrivée 
de l'évéquc de Forli, par exemple, ils tflchêrent d'empêcher Ip-s bons etTcts de 
cette ambassade. Pierre Stro/zi fit m^me on alîrunt, parbit-il, à l'ajnbas^a'- 
deur.Voir la lettre, sous forme de dépêche chilïrée.dii due à rêvéquede Forli, 
en date du 23 janvier 1545 : " Diciaino per rtsposla che l'aBronto fattovi 
da Piero Sirozzi ci è dispiaciuto ut^sai. Tutlavia, ci pare cbe voi ve ne siate 
governalo uiolto bene.-., ma crediamo che havendovi messo to boc<ra et 
autorilà sua la lit. Sig. delfîna elic non se n'habbia a parlaro più oitre. „ 
ASF. Mediceo, 3, c. 50* r. 




PREMIERS ESSAIS DE REPRISE DES RELATIONS. 



39 



Ces qiiestioDs, qui dous semblenl presque futiles aujour- 
d'hui, jouèrent un grand rôle dans la politique, au xvi» siè- 
cle. (1) Les Florentins s'étaient déjà distingués dans une lutte 
diplomatique de ce genre avec les Génois. Le roi Françuis 1"^ 
leur avait donné raison, mais l'empereur avait mis obstacle 
aux effets de cette victoire, en ordonnant, le 12 août 1526, 
qu'on observât, à sa cour, Vordo qui in Romana curia ser- 
val ur, ita ut deinceps orator Januensis Fcrrariensem et 
Florenlinum praecedat (2). 

Un nouveau conflit éclata, (juelques années plus lard. Le 
10 septembre 15^43, lorsque Charles-Quint lit sou entrée à 
Lacques (3), Hercule II, duc de Ferrare, cbevaucba à sa 
droite et Cosme à sa gauctie ; de plus, au banquet, le duc de 
Ferrare présenta à l'empereur la serviette. 

Ces faits de si peu d'importance furent la cause d'une 
longue et dangereuse discussion entre les deux ducs (4). 

Le pape, Paul IIL de son côté, n'éteignit pas le feu de la 
discorde : sur son ordre, à la cérémonie de la nuit de Noël, à 
Rome, l'ambassadeur de Ferrare précéda celui de Florence. 

Serrislori protesta ; mais le pape s'appuya sur les faits 
de Lucques et se montra intraitable. L'ambassadeur se 
décida alors à ne plus aller à la chapelle ; le pape tint bon, 
quelque temps; mais, dès le commencement de 1542, il revint 
sur sa décision première et décida che al dttca di Firetize 
le antiche rayioni fosscro causer cate. Si le duc de Ferrare 
avait d'autres prétentions, il devrait les établir et l'on ferait 
justice aux deux parties (5|. 



(1) Cf. p. Gbibaudi, Queationi di preeedenea fra lé corli italiane nel 
Mcoto XVI, contributo alla storia deîla diplomaeia itah'ana, dans la 
Sivista di scieme storiche. 1" aiim'-»', U'S'Ht, fosc. IX, pp. 1G6 svv. 

(2> Ibid., p. 171. 

0] Cf. à ce sujet Aoouo Simorctti, /I convegno di Paolo III e Carlo V 
in Lucca. Lucques, 1901. 

(4) P. Gribaudi, art.eil; dans RSS, !• année (1901), fasc. X, pp. 279 svt. 

(5) Ibid., p. 280. — Cf. «nssi P. Capasso, Saggio di atii e documenii 
n*Ua coniroversia di preeedenea tra il duca di Firenee e quelle di 
Ferrara negli atuti Ï662-167Î, dans ASI, nouv. sér.. t. VIIj 9» part, pp. 98 
STT. Voir surtout les négociations entamées par le duc avec le Saint-Père,en 



40 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



Le duc de Ferrare était vaincu 
bientôt, à la cour de France (1). 



à Rome. D se vengea 



J 



Le duc de Florence avait prévu la possibilité de celle com- 
pétition et, lors du départ de son ambassadeur, il lui avait 
donné des instruclioos détaillées à ce sujet. L'ambassadeur^ 
représentant Son Excellence et la ville de Florence, y est-i^ 
dit (â), aura soin de tenir toujours la place qui lui est du^- 
S'il y a des compétiteurs, ce seront Fambassadeur de Géne^ 
et celui de Ferrare. M ne faut pas céder à Gênes, pas plu^ 
que dans le passé, et moins encore au souverain de Ferrare î 
car tout le monde sait que ce dernier ne pourra démontrée" 
la valeur de ses prétentions, étant feudalaire de l'Église.Enfin 
le duc a toute confiance dans son ambassadeur et il espère 
qu*il De se laissera faire aucun affront. 



vue de le di^cider à lui donner la préséance sur Iv duc do Ferrare (Lettrs 
d'Avernrtlo Sf^rristori, en dale, à Borne, du 30 décembre 1541, Ibid., p. 108), 1 
Nous mproduisons ici un extrait de la lettre où A. Serri.slori décrit aa due i 
la défaite diplomatique de l'ambassadeur du duc de Ferrare : 

" DE poi che io fui arrivato in caméra de] pnramento, vi comparse l'amb&s- 
ciatore di Ferrara, il quale, stalovi alquanto, si rilirô nella stanza 
davanti, dondc doveva paasare Sua Sanlità : et perché io stavo dubitando 
di qualehe giostra, vi mandai Messer Marco^ perché vedessi quello faccva 
detto ambasciatore, et mi riferi che parlava con U Reverendissimo Famese, 
el che si raccomandava, dubitando di quelto gli inlervenne. Perché, 
rizandosi i profali Reverendissimi Santi Quattro et Monte, ne andorono 
alla stanza mcdesiœa con alcuni altri cardinali, doTe arrivando SuaSaatitA 
manda per li maestri dellc cérémonie, alli quali pubblicamente, presenli 
dieci o dodici cardinali etmolU altri prelati.comandô loro mi dessino il luogo 
mio, che fîno ailhora liavevo tenuto, présente il prcFato ambasciatore di Fer- 
rara, il quale pubblicainetite si raccomandava a Sim SauUtà che si conteQ>^_ 
tasst di quello una voltn liaveva fatto. Et viato che le sue parole non^| 
havovano luogo, se ne parti vituperalo iiel cospctto di tutU quoi signorî, 
comc merilavn la sua scinrclm prosumptiono. El certo, signor mio, che io 
credo che la cosa non potessi succedere con più honore di V. E. che sia 
fiucceasa et con satisfattione de l'universale, dispiacendo a tutto buomo 
questo caso : di che no&tni Signore Dio ne sia ringratiato. „ Ibid., pp. 
106 sv. 

(1) Cf. p. Gribaddi, ibid. 

(2) Voir Appendice, Doc. 1, 7. 



PREMIERS ESSAIS DE REPRISE DES RELATIONS. 

Dans un mémoire secret (1), Cosme revient sur ce point. Il 
s'est souvenu, sans doute, de la dernière tentative faite à 
Rome par Rosset, envoyé extraordinaire du duc de Ferrare 
autant que de Sa Majesté très chrétienne (2),et il est persuadé 
qu'on va tenter un nouveau coup, à la cour de France. Que 
l'ambassadeur se tieune donc sur ses gardes. En cas de con- 
flit, il devra rester ferme à sa place, s'il le peut, et laisser 
partir les autres; mais, s'il devait occuper un rang infé- 
rieur au sien, qu'il se décide à s'en aller, plutôt que de 
céder (3). 

♦% 

En fait, le conflit prévu ne se fit guère attendre. L'am- 
bassadeur toscan était à peine arrivé que celui de Ferrare, 
au nom de son souverain, présentait un mémoire pour 
réclamer la préséance sur le duc de Florence, se fondant sur- 
tout sur la noblesse de sa famille, qui régnait depuis plu- 
sieurs siècles, et sur l'honocur d'avoir épousé la fille du 

i de France ; tandis que, de l'autre côté, remarquait-il, 
Cosme était d'origine obscure, n'était duc de Florence que 
depuis quelques années et avait ouverlemenl servi l'empe- 
reur à rencontre du roi très chrétien. 

Le duc de Toscane, en apprenant la chose, écrivitj sur le 
champ, à son ambassadeur une longue lettre, qui est une 
réponse aux arguments du duc de Ferrare et aux accusations 

rtées par lui contre la maison de Médicis (4). 



ftp. 



r 



(1) Voir Appendice, Doc. 1, 8. 

(2) Voir p. 37 svv. 

(3) Voir Appendice, Doc. l, S. 

I (4) Lelfre de Cosme l*r k l'évèque de Forli, Bernard de Médicis, en date 
du 30 mai 1515: 

" Noi pensavamo chenon dovessi altrimenU piti accadere il rinnovarsi la 
memorin dclla difTerenza, la qtinln h stata fra noi e i) duca <li Ferrarasopra 
la precedenzB, come di cosa, nnn molto tempo fa, decisa c Icrminata, 
siceoine a voi è notissimo, tn cortc di Rom&,... 

" L'ambaaciadore di Ferrara mollo si è fondato in due cose : prima 
sopra la nobillà et anliquità délia casa del siio padronc, allegando in tesli- 
monio e libbri e storie, abbassando noi come figliuolo d'un privato citta- 
dîno di Firenze, duca di pochi anni ; di poi. ne' mcritt suoi appresso di 
qnella corona di Franria. Quanta al mio partîcotare, io non posao, né mi 



42 



LES NEGOCIATIONS ENTRE I.A TOSCANE ET LA FRANCE. 



Le même jour, il écrivait à la dauphine. lui notifiant qu'il 
avait donné mission à son ambassadeur de l'entretenir de sa 
part : il faisait entrevoir la résolution qu'il venait de pren- 
dre de rappeler son représentant et témoignait de son pro- 
fond mécontentement (i). 

Quelques jours plus tard, l'ambassadeur fut reçu par 
Catherine. Elle protesta qu'elle ne connaissait pas un seul 
mot de l'a (Taire, ajoutant que le duc avait bien raison de 
défendre sou honneur, * Puis-je, en parler à Tamirat ?... 
* demanda-t-elle. — Pas avant mon audience, répondit 
" Bernardo de Médicis. — Mais il faut, quand même, que 
" l'amiral le sache, reprit Catherine, sans quoi Je roi ne vous 
" accordera pas d'audience. , 

L'ambassadeur se décida à remettre la chose aux mains 
de la dauphine qui promit de traiter la cause du duc, comme 
si c'eût été Ja sienne. Le soir venu, elle en causa à l'amiral ; il 
s'en étonna lui-même, comme d'une chose des plus étranges : 
il n'en avait jamais entendu parler (2). 

L'audience avait été fixée au 26 juin. Au dernier moment, 
le roi fit savoir à l'évêque de Forli qu'étant sur le point de 
partir pour se rendre à Argenlon.il ne pouvait le recevoir(3). 

Pourtant, l'ambassadeur osa, quand même, se présenter 
pour demander son congé. Sur quoi, le roi lui dit, après 
l'avoir écoulé avec beaucoup d'attention: " Vous retournerez 

euro molto ai poter dire di essere nato d'un duca di Firenze,non esspndo ancor 
ben résolu to quai sia di ma^gior taiidr, o ilnascereoil doventarc... Non 
dire anco quai funsi il mîo padre (Giovanni délie Bande Nere):ènoto a tutto 
il mondo e particolormenle a Sua Maestà cristianLssima... 

" E rooUo maggior Begno d«lla grandezza e nobiltà d'una casa sempre è 
atato reputalo il considerare ptù tnslo in quai luogo sieno enlrate le donne 
che di queltû sieno uscite... „ NDD, I. c, p. 164, en noie. 

( J) " lo ho coromcsso a l'ambascialoro mio che risiede in cotesta corie che 
riferiaca alt'E. V. alcune cose che di présente mi ocrorono ; la prego si 
degni preslarli quella fede et credcnza che farehbe a me proprio. Non 
lassando di farla cerla che nu dispiace pur assai havere a revocare il 
présente an>ba.sciatore per qdelli respetli che da lui intenderà. Ma per 
questo non reaterô di non essere affeltionatissimo e V. E., rome sono obli- 
galo.... „ ASF, Mediceo, 4591, c. 55 r- 

(3) NDD, {.c, p. 164. 




PREMIERS ESSAIS DE REPRISE DES RELATIONS. 43 

" chez votre souverain et vous lui direz que les maisons plus 

• anciennes doivent l'emporter sur les plus récentes, telles 
' que celle de Florence (1). „ 

L'ambassadeur toscan insista pour savoir quelles étaient 
ses magioni vecchie. S;i Majeslé détourna, en quelque sorte, 
la question (2) ; puis elle continua:" Lorsque Florence se gou- 
" vernail en république, la France ne lui manqua jamais et, 

• encore à présent, à roccasioD,elIe ne lui aurait pas manqué, 

• si Votre Excellence avait eu plus de confiance en elle, „ 
Bernard de Médicis s*effor<,'a de faire comprendre au roi 

que le duc de Florence, sur cette question, ne pouvait céder, 
sans renoncer à son honneur.. ** Et moi, je ne puis, non plus, 

• renoncer au mien „, conclut brusquement François 1" ; et 
il se leva. 

L'ambassadeur se rendit ensuite chez la dauphinc, qui lui 
promit son assistance, tout en regrettant l'incident qui avait 
amené cette rupture (3). 



Le 19 juillet, l'ambassadeur, Bernard de Médicis, et son 
secrétaire, Jacques Guidi, étaient à l'aris, d'où ils parlirent.le 
lendemain, pour Florence (4). Leur départ étonna toute la 
cour, au dire de Tambassadcur lui-même (a). 

(1) Bernardo de Médicis à («sme I", le 13 juillet 1545 : " Deman- 
dai licenza a Sua Maeslà crisUaniasima, cou dirle ron ogni efTicacia la 
cagione. Sua Maeslà, avendomi udita con somma altenzione, mi délie ques- 
ta risposla : Voi ne rilortierete dal vnslro padrone, e gli direle che le 
magioni vecchie si hanno a giudicare sulle magioni nuove, come quclla di 
Fiorenza. — Ed io. per voler megtio intendere, gli domandai quali fussero 
queste magioni verrhie ; f mi specificô come quella di Francia, con repli- 
carmi tulto da principio due voile, E poi seguiln clit\ quando Fiorenza si 
govemava a rcpubtira non se gli manco ; ed al présente ancora non se gli 
saria raancato, quando fussi vcnuEa l'occnsione.se Voslra Eccellenza avcsse 
avnto Tede c se ne Tuase rimessa in lei. „ NDD, l. c . p. 164 sv. 

mibid. 

(3) Ibid. 

(4) Voir la lettre de Jacques Guidi, Paris, 19 juillet 1535 : " Noi domani 
seguiremo il noslro viaggio per Italia „. ASF, Mediceo. 4690, c 398 r. — 
Voir aussi celte de Bernard de Médicis au secrétaire Christiano Pagni, 
même date. îbid., c 387 r. 

(5) Ibid,, C.388. 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Catherine de Médicis, qui avait vu avec plaisir se renouer 
les relations entre la cour de France et celle de Florence, 
manifesta tout son chagrin à Cosme l'sdans une lettre écrite 
avant le départ de révoque de Forli (1). 

" Il me déplayst grandement [mon cousin] disait-elle, de 
" set quy faut que vostre ambassadeur s'en reteume pour 
* ïieune tel« occasyon. Je veodiè que lès choses feusent passé 
** autrement et s'y je use plulx pieusent aysté, cornent luy 
" même vous dyré , cela ne serait pas arrivé (2). 

Cosme I"' fut charmé de rexlrême amabilité de sa cousine, 
qui lui avait manifesté.déjà plus d'une fois, ses bonnes inten- 
tions (3). Il en prit occasion pour s'expliquer avec franchise 
et lui demander assistance dans la défense " de ses droits 
vilipendés (4) „. 

(1) H. DELA FERniKRE, Lettres de Catherine de Médicis, 1. 1, p. Tl. 

(2) ma. 

(3) Voici, par exemple, ce <]ue IV'véque de Forti écrivail au duc, le 21 
janvi*^ 1545 : 

" La IllusIriBsima Sig^nora dellîna sta bene et si raccomanda infini- 
tnmenle ail' E. V., aspetlando can grnndissimo desiderio Taviso rh'ella 
habbin inti-mmenlo rarquîstato la sanilà. Che cosi Dio ne concéda ! „ 
ASF, Medieeo, 4690, c. 70 v- 

Le 9 juin de celte même année, l'ambassadeur écrit, de la part de la 
dauphine r ** Che non obstante clie clla, sendone cosî pregata, gli scriva 
allé volte in rocconiandalione di questo et dt quelle, desidera roondimeno, 
sopra ogn altra casa, rhe V. E. la segua lîberamentc quel che sia in salis- 
fallione etcotilento suo.non altrimcnli che se Ici non gltcnehavessi scritto. 
Et quando pnr vorrà da r|uella più una cosa che un' altrai la dira in dis- 
parte a me, per l'advcnire. et che non vorrà mai altro da Ici, se non quanto 
più sia in benetitio delle E.E.V.V., aile quali iniinitamente si raccomanda. 
ASF, MediMù, 4590, c. 328 r. — Catherine elle-môme avait écrit au duc, 
le 15 mai, apràs ses secondes couches, pour le remercier de la lettre 
qu'il lu! avait adressée, et entre autres choses elle lui disait : " J'espère 
que ce sera le nœud pour former et assurer toutes les alliances en plus 
grande fermeté, par laquelle tous ceulx de notre mayson seront plus 
resjouys et consoliez. „ Lettres..., 1. 1, p. 10, 

(4) Cosme 1" A Catherine de Médicis, septembre lâW : " Con grandissime 
piacere ho letto la amorcvolissima leltera di Vostra Excellenza, di sua 
mano, e inteso a bocca dal vescovo di Forli l'affezione che la mi porta, il 
che, misurando quella cti'to porto a lei e la servitù ch'io gli debbo, ne 
resto con tanlo piacere quanto dir si possa, conoscendo non la potere 
ringraziare di parole, ma aspettare di polerlo Tare in qualcho caso segna- 



k 



PREMIERS ESSAIS DE REPRISE DES RELATIONS. 



46 



Tout en regrettant d'avoir été obligé d'agir de telle façon, 
il lui expose les torts de Sa Majesté très chrélieiine et il se 
permet même de l'accuser d'avoir manqué à sa parole. Il se 
reproche, en effet, d'avoir cru que la parole d'un roi était 
inviolable (1). 

Et puis, étant donnée la décision du pape en sa faveur, 
aurait-il pu permettre que son honneur fût si outrageuse- 
ment foulé aux pieds {"2) ? U savait bien, du reste, que l'injure 
ne lui était pas faite directement par le roi peut-être, mais 
plutôt par ses ministres (3), Quoiqu'il en fût, il serait tou- 
jours l'un de ses meilleurs serviteurs et plus utile à sa cause 
qu'un ne pensait. Il se recommandait enhn à Catherine et à 
son époux. 



Au coui*s de mars 1547, et comme pour achever de mani- 
fester sa mauvaise humeur contre la cour de France, le 
duc Cosme, se retournant délibéremiiient du côté de l'em- 
pereur, adressait à Charles-Quint, par l'entremise de Gran- 
velle (i), uu mémoire politique, dans lequel il exposait ses 
vues sur la conduite qu'il y avait à lenir à l'égard de l'Alle- 



ialo, il che mollo da me é desideralo, ingegnandoini Irovare la occasione ; 
e V^ostra Elxcellciiza el il Signor delliiio si degneranno aprirnii il camminu, 
con comaudarmi, accio io possa adenipiere questo mio desiderio „. NDD, 
(. e., p. 16». 

(1)" Presuœendu lu parola di re essere invioJabile... „ Ibid. 

(2) ** Sicchè, Signura niia, io non rcpuludegno desser cltiamalo uomo 
eolai cbe non anteponc l'onore a ogiii al Ira cusa, c sono resuluUâsinio 
stitaarlo più che la vita propria o .sopra ogui aUra niia coiuudilà, luassinie 
in queUo ho ragioue.... £ Voslra Ëxculkuua cteda clii^ non t-uitibatterei il 
torlo, sendomi iuforuialo da quatiU valenluotuiiii sono in Italia ; e non 
*o]o non ha (Kerrara] rogioiie ulruiia, ma ne forma dove allaccarsi „. i6i(/., 
p. 170. 

^3) ** Né in hiUo me Io repiilo da Sua Mucslà, ma da ulii li ha pcrauaso. 
E in ogni occasione gli sarô biiontasimo servilure, forse più utile ta non si 
pensa. Vosbra Eccélienza mi lenga in huonn grazia di Sua Maeslû, e gli 
offerisca la mia servitù, «l il limite al Siguor deltino... Del resto facile cosa 
aarà conoseer le perdone dalle opère „. Et puisque Sa Majesté ne veut pas 
qu'il ait uu ambassadeur ù la eour, il envoie un homme de confiance auprès 
de Catherine, aHn qu'elle puisse lui donner ses ordres. 

(i) Cosme l*' à Granvelle, Florence, 6 février 1&17. NDD, l c, p. 171 sv. 



46 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

magne, de la Fraoee, de l'Angleterre et du Saint Siège (1). 

La situation, politique de l'empereur est, disait-il, pour 
riostaot, ou ne peut plus beureu^se (2}- Le Turc n'est pas à 
craindre, du moins pour cette année, et, par ailleurs, il est 
possible de pacifier l'Atlemagae. Ce qui importe surtout, c'est 
d'empêcher l'alliance projetée entre le pape, le roi de France 
et les Vénitiens. 

Quels sont les moyens à employer ? 

il faut persuader au roi de France que l'empereur veut la 
paix, au pape et aux Vénitiens qu'il veut la guerre : ainsi 
tous demeureront en suspens et l'on n'osera rien faire. 

Eusuite, il faut travailler à abaisser la puissance du pape 
par la voie du concile, en provoquant d'indispensables 
réformes et en détruisant la tyrannie des prêtres ; et cela avec 
le concours de la Fninee et de la république de Venise, avec 
l'assentiment de l'Alleuiagne, aux applaudissements enfin 
de l'Angleterre. 11 est nécessaire d'agir avec vigueur et 
promptitude, dût>on employer la Ibrce. 

La mort du roi d'Angleterre, dont la nouvelle arrive à 
l'instant, ne doit nullement, continuait-il, faire abandonner 
ce plan. Que l'empereur se fasse le tuteur du jeune prince 
anglais et renonce à soulcuir la cause de la princesse Marie; 
il disposera ainsi de l'Angleterre, tiendra la France en 
échec, au moyeu de l'affaire de Boulogne, et le pape dans 

(1) A. DESJAaDiTrâ, op. cit., l. c. p. 3 sv. 

(2) " Troppo mi par^ria iiiuiicure al debiiu délia servitù ehe a Sua 
Maestà lenga, se io, ia una congiuntura di aegozzi si impnrLanU, lasciassi 
di dire quellu che la imlurale utTezione <? il debilo dcUa mia servitii mi 
coâtringono ; e piiï pr&slo vogiio Sua Maestà mi tenga presuntuoao che' 
aeglîgenle ,. Ibid,, p. 13t. 

" Dico aduaque che, seadomi^ a quesli {fiorni passaU, rivollo per la meatt 
to stato iii che si trovano le coau dt Sua Maeatà, mi ë parso che le sieno 
ridoUe in teimine ctie forse mai più le abbiamo viste. si par la gratia di 
Dio, cunie per sua virtù ; o clke quesia sia una congiun turo o accasione da 
uou losciarla perderc per aci^icurorc e acconciarc lî slali e regui suoi „.Ibid., 
pp.l7l sv." Ma non uiiiuUa giù di assicurare li Ingliitesi.acciù per timoré non 
si gullassîno a Fraiicîa. 11 cite faceado, per niezzo loro, si potriano oncora 
riiiitire allu Chitjsa, il che saria cou gran disonore di Sua Maestà, e per il 
cuiiLraria reputalione al re c al papa; onde al solito iusuperbili cerche- 
riano abbassare Sua Maestà cesarea. „ Ibid., p. 175. 



PREMIERS ESSAIS DE REPRISE DES RELATIONS. 



47 



^ 



rattente, en lui donnant l'espuir de reconcilier les Anglais 
avec l'église romaine (I). 

Sur toutes choses, il faut enlever à k France Thonneur de 
ramener TAngleterre sous l'obéissance du Saint-Siège, co 
qui serait une hoii(e pour Sa Majesté rempereur.taadis que le 
roi et le pape en prendraient occasion pour devenir plus 
arrogants et plus menaçants (2). 



IIL 



^Ê Le 31 mars 1547» François 1*"^ mourait et, par l'avènement 
de Henri II, Catherine de Médicis devenait reine de France. 
Cosme 1", à qui ne pouvait échapper l'importance de cet 
événement, jugea la circonstance favorable pour tenler, à 
nouveau, la reprise des relations diplomatiques avec la 
cour de France. Il chargea Jeau-BapLisie Ricasoli» évèque 

^■de Cortone (3), de porter ses félicitations à Henri II et à 

^B (I) Ibid., et pp.svv. 

i^ (2) Ibid., p. 175. 

(3j Jean Bapliate Ricaaoli fui un des serviteurs persévérai] Is, plutiVt que 
dévoués, de la maison de Médicis. Né en 1504, il fut tenu sur les funla du 
baptême par le cardiaat Jeuu, le fulur Léun X. En 15â5, devenu chanoine 
de la cathédrale de Flurence, il s'atlaclia à la personne de Clément VU. 
Son père, Simon Ricasoli, fut une des victimes du sac de Rome. Cette dou- 
loureuse circonstance rendit le lils plus cher encore au souverain pontife,qui 
l'emmena, à sa suite, à Bologne, en 15:^, lors du sucre de l'empereur, et, eu 
1533, à Marâeilles, lora du mariage de Catlicrinc de Médie-is avec le duc 
«l'Orléans. Il fut dé&igné ensuite comiiie commissaire des troupes eu* 
-voyées en Hongrie pour repousser, conjointement avec l'armée impérialf, 
l'iuTosion de Soliman. Après la mort de Clément Vil, Rica:M)ti lit partie de 

Pla maison du cardinal Hippolyte de Médicis. Lorsc|ae 1« poison lui eut 
enlevé ce nouveau protecteur, il se rendit à Florcaci'i auprès du duc 
Alexandre, soupçonné à bon droit d'être ranteur du crime. Il reçut de lui le 
meilleur accueil et l'accompagna dans son voyage de Naplcs, aupréâ de 
l'empereur. Après l'assos^iuat d'.\lexandi'e, Cosme W reçut Ricasoli, 
comme faisant partie de l'héritage des Médicis, il l'admit dons son conseil 
»ecret, l'éleva, eu 1538, à l'évëché de Cortoue ut ne cessa de l'employer dans 
des missions diplomatiques. C'est ainsi (fu'iJ l'euvoya, en 1538, auprès de 
Charles-Quint ; qu'il luccrédita, en 1543, eu qualité d'atuhassudcur résident 
à Vienne ; qu'après la mort de François l^',il le choisit pour porter ses com* 
plimenls de condoléances et ses félicitations à la nouvelle cour de France ; 




48 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Catheritie et il le désigna comme ambassadeur résideot (1). 
MainteuaDl, il o'y a plus François 1'% s'écrie-t-il avec une 
joie mal cacbée.daDS une lettre à Calberine de Médicis : Voire 
Majesté est reioe. Que son époux et elle mettent à l'épreuve 
le désir que le duc a de leur être utile ; ses actes diront plus 
que toutes les protestations. C'est pour cela qu'il envoie 
révéque de Corlone à Leurs Majestés (^). S'il n'écrit pas direc- 
tement au souveratQ^c'est qu'il n'a pas eu encore l'honneur de 
le servir. Avec la reine, il peut, du reste, s'épanclier davan- 
tage, étant douués les liens du sang et de l'amitié. Elle peut 
faire beaucoup eu sa faveur auprès de Henri H. Si, par suite 
des ctrconslauces, le feu roi le tint toujours pour son ennemi 
et le força à agir coutrairemeut à ses désii-s, il se ûalle 
que le nouveau prince voudra bien l'en excuser ; car il est 
permis à chacun de se défeudre. Du reste, de la part de Sa 
Majesté, pardonner, s'il y avait lieu, ne saurait être qu'un acte 

qu'il le changea, eu 1518, d'accompagner soa &.H jusqu'à Genève, pour y sa- 
luer Tt^iupereur qui atlail traverser Tltalie.A la nouvelle de la mort de Paul 
111, en 154it, Hicasuli partait puur liorue, avec la mission délicate d'écarter 
du Saint-Siège les ennetuia de» Mvdicis : il réussit à faire tomber le choix 
des cardinaux 9ur le cardinal del Monte, qui prit le nom de Jules lU. En 
1553, nous le retrouvons en Flandre, où il presse Charles-Quint d'envoyer 
desaecourii à Coaine 1", engagû dans la guerre de Sienne ; de là il passe en 
Angleterre, pour y couiplitueiiLer Philippe d'Espagne, à l'occasion de son 
mariage avec Marie Tudor. Eu 15â7,tl obtient du pape la délivrance de Con- 
ciui, jeté en prison par suite d'une mésaventure diptomalique. Eu 1560, il 
négocie, à Ferrare,le mariage du duc Alphonse avec une fille de Cosme !«'. 
Enlin, l'année suivunte^il est à Kom6,en qualité d'ambassadeur résident, et 
prend une grande part ù l'élection de Pic IV. ~ A partir de cette époque, 
ilîcasoli abandonne les affaires et se retire dans son nouvel évéché de Pis- 
loie où il réside jusqu'à sa mort, qui u lieu en 157i. Son tombeau se trouve 
à Florence, dans l'église deSanta-Maria-Novella. — A. DESJABDiifs, op. Cii>, 
h c-, pp. 186 sv. — Cf. aussi Mcllim, op. cit-, p. 103, note 39. 

(l)Cf. A. DESJARDtNs, op. cit., l. c, p. 177. 

(2j " Adesso non ci è più it fu re ; Voslra Maestù è regina : provin 
adunque i'uua e l'allro di esperimentare questo mio desiderio ; chè 1« 
Tedranno con li effetti quanto gli sia alTezionato servilore. Ne per oltro 
mando a visitorle il présente apparlatore,il vescovu di €k>rtona,se non perché 
risegga in quella corle aspellundo It cocuandamenti dellc Loro MaestA, per 
eseguirli con tanta buona volontà, corne il più grande servitore cbe 
le abbino. „ Cosme l^' a Catherine de Médicis, 25 Avril 1547. NDD, h c., 
p. 184. 



IS DE REPRISE OES RELATK 

magnanime et louable (l). " Vous pourrez, conclut-il, me 
"commander tout ce que vous voudrez: l'expérience vous 
" fera loucher du doigt combien le duc de Florence 
** méritait d'être reçu au nombre de vos meilleurs servi- 
teurs (2). 

La lettre qui nous venons d'analyser nous montre l'empres- 
sèment du duc à en finir avec les mésintelligences diploma- 
tiques qui rejoignaient de la France, dans un moment où 
l'appui de ce pays était des plus opportuns pour lui. Elle 
nous révèle.eo même temps, l'espoir qu'il nourrissait d'abou- 
tir, cette fois, à une entente durable. 

• « 

Ricasoli partit de Florence vers la fin du mois d'avril (3); 
il était à Lyon le limai (4) et arriva à Paris le "id, tout 
juste pour assister à la Iranslaliuu du corps du feu roi à 
Saint-Denis (5).La cour se trouvait alors à Saint-Germain. Vu 



r 



(1) * E, se ol fu re gli parve <ii tenermi quasi per parLicolore inimtco e mi 
ooatriaseper nécessita a Tare di quelle cosv ohe erau diijirello coiitrorti; al 
grado elle con Voslra MaesUi tengo, bcn rai polrù srusare la MacaLù de! re, 
poichè a ognuno è lecito il defenderai. „ Ibid. 

[i) " Non sarù 3e noa al(o generoso di Vostra Macstà di accetlare gra* 
lamente, eiiani clie iiiuliJ fosse, chi deaidera toiito servirle. Moite sono le 
cose in che mi pussono comaoJare ; esp«;rimenlJnIo, chè le vedranno non 
tvere miglior serviture e pici alîeziunalo dJ me. „ Ibid., pp. 184 av. 

(3) Au sujet du voyage de Ricasoli k travers l'Italie, voir ASF, Mediceo, 

(4) J. B. RJcasoli ù Cusme l", Lyon, 12 mai 1547 : " Hieri, per la gratia di 
Dio.arrivai in ipiesla città... „ Voir ASF, Mediceo, iî/^^'», c. 3. — Le 13 du 
tuëme mois, il s'excuse d'avoir fait le voyage, en apparence, un peu lente- 
ment, ce qui lui a été imposé par les mauvais chemins. Voir ASF, Mediceo, 
4592, c. 4 r. 

(5) ">.. Ne si poteva giunger più a tempo per vcder la pompa funerale ter- 
tninaia appunlo hoggi.„ Ibid., c.15 r. — Voir la Copia d'aviso délie esequie 
■treali fatte aîU 2i di maggio l&i7, in Farigi. ASF, Mediceo, 4S4â, c. 23 r. 
Voir aussi la description que l'ambassadeur en fait, le 23 luai (ASF, 
JHedicM, 4592, c, 15 r}. En voici un détail intéressant: "... Vi erano ciftque 
^egole di Frati mendieanti, i primi de' quali erano i Minimi, cfae erano 
oirca lâO ; U secondi, i Zoccolanti, circa ÔOO; li terzi, AgosUniani, 20O; li 
«luorti, Dominicaui, 5(X) ; li quinti et ultimi, Carmelilani, âUÛ. 




50 LES NEGOCrATiONS ENTRE LA TOSCA.\E ET LA FRANCE. 

les circoDstauces, il ne put avoir d'audience du roi que le 28 
mai (1). Dans uu long discours, il exprima, a la fois, à Sa 
Majesté les condoléances, les féticitatious et les espéiane^ 
du duc de Florence (2). 

Henri II, diî son cùié, répondit en affirmant sou désir 
garder inviolablemetut l'ainilié du duc, son parent. Malheu- 
reiisetrieiit, il laissa échappoi- une phrase qui rendait quel- 
que peu équivoques toutes ses protestations :' Je tàcLera\ 
" d'avoir euvers le duc, dit-il, la même bonne volonté qu'etil 
" le feu roij mon père. « C'était, seuiblail-il, se jouer de l'aii** 
bnssadeur. Ricasoli répliqua qu'il était à souhaiter que 1^^ 
circonstances et les intérêts de la reine amenassent i^ 
Majesté à s'inspirer envers le duc d'une bienveillance encui"^ 
plus protioncée. Sa Majesté, pour toute réponse, se contenta 
de le regarder eu souriant (3). Ce sourii-e disait bien des 
choses. 



f" 



En sortant de chez le roi, l'ambassadeur se présenta à h 
reine. La réception l'ut sincèrement cordiale. Catherine, mal- 
gré son deuil récent, ne semblait nullement accablée par la 
Irislesse et montrait un visage eufoué. 



(1) J. B. Ricasoli à ('.osme I". 25 mai 1547. ASF, Mediceo, 4593. c. ^r. 

(2) " Sire, îl diifn di Finrctijia, luuih' serviton' di Voslra Maesta e 
aignotr, Qii lia îiivtal» nquella p<?r due coui^e principalmenterl'uiia, i^roii 
in suo nntiiti ini ruiiduJ^n dulla morte dul rdicissiuio re Fraacesco... 
losciero iti lullo du purlc queslo otiîcio c vurio a.Ua seconda causa i ove i 
desidurerei ardetilemcnlc poU're es|>iicare t; fur espace alla Maestà Vuslra 
il gran coiiU-nlo cd intiitito gaudioj qiiulc lin preso Sua Eccellenza del 
dovuto gradu éi] quule Vu^tru Maestà firtieiâsiinaineiito i; ascesa ; ma, 
ccmn^t'cndo rlio di gniii Iiioga iiuii pii>!io i-on parole e^priuierc quella vera 
lelizia ed incoinparaldle salianizioite d<*l diici, iiiio signure, non prender4v ■ 
si dilGcile provincia ; nia ilirû cou bi'cvUà ullu Mae^tâ Yustra come il du^B| 
si i' soDimumentti ralk'graln, ai per beneilrio d«lla cristianissinia repubblica, 
conve pfir sito ptirlicolare iiik'rt'àse ; proiiitdli'ud'Ksi n'ubbia a seguirec l'uno 
e l'oltro, per la siiigoliire prudenza e boiilù di Voslra Maesli, nt-lla qui 
pare elle con(idin<> tulli li priucipi crùtiaui. um il principe mio in par 
colare, poichè a Dio l- piaciulo (ancoreliè tiidegimiufnti-\ ultre ail' esse 
di Luon cuore servilore, chu sia aggiunio il viiicola di parculeJa-i. „ NOD, 
l. m, pp. 189 av. 

13) Ibid., pp. 190 sv. 



'uoo 
uobfi 

art(H 



PREUIRRS ESSAIS DE REPRISE DES RELATIONS. 



51 



L'évêque de Cortane était chargé de Jui présenter, comme 
au roi, ses condoléances pour la mort de François I". Il s'en 
acquitta en badinant (me ne passai ridcndo} et en lui expri- 
inaot surtout la joie de son cousin qui, depuis plusieurs 
années, ne désirait qu'une chose, la voir parvenir à cette 
dignité royale qu'elle possédait enfin et dont la gloire rejail- 
lissait sur toute la race des Médici.s. 

Catherine, qui était sûre d'avance de ces sentiments du duc 
de Florence, remercia clialenjeuseraent et promit de travail- 
ler toujours à la conservation et à l'exultation de sa maison. 
Klles\[iforma enfin, avec beaucoup d'intérêt, de la duchesse 
qui lui avait écrit une lettre très affectueuse (1). 

I 

■ Or] aurait dit que tout malentendu était éloigné et que les 

' rfeux cours allaient désormais s'entendre. Il n'en fut rien. 

Avec la reprise des relations la malencontreuse question de 

*^ préséance allait se poser de recbef,L'ambassadeur,du reste, 

^ès avant sou arrivée, était décidé à l'aborder avant toute 

^ulre(2) Si le roi, pensait-iLélnil bien disposé à ce sujet, une 

'C)is la question de la [uéséance résolue, tout le reste mar- 

^Lerait facilement. Au contraire, si Sa Majesté prétendait lui 

f-aii-e céder le pas à l'ambassadeur de Ferrare, il n'y aurait 

fîuère d'espoir de s'entendre jamais sur autre chose. Mieux 

Valait donc régler le différend dès le début que de le laîs- 

H|ler traîner, par des subterfuges diplomatiques^ au grand 

^Tjlaisir de Ferrare, qui, à défaut de mieux, se serait contentée 

de cette espèce de demi-vicioire. Cela aurait donné, en outre, 

l'impression que le duc tenait plus à avoir un ambassadeur 

à la cour de France qu'à y maintenir ses droits ; il fallait 



(1) Ibid,, pp. 191 Bv. 

(2) J. B. Rirasoli à Cosme I", Lyon, 14 mai \TA1 : " lo ho pensalo di 
^tralior eon la Maestâ criâiianisaitna priucipalmeute la precetîeniia cmi 

Terrara avanti entri in allro, oioslrantio perù d'haver di pui a negociar 
ialche ollra cosa di sua salisfacliane, parendomi fatilîtar il negocio 
primo, con la speranza clie h&tà Sua Maestà criâltaiiissinm d'inlenJer il 
reslu. n Et il demande l'avis de Son Excellence. ASF, Mediceo, 4392, c. 7. — 
Daii3 la Liaâse 4îi'J2'^^> [Minutes), celle note n'est que le postcripium de la 
lettre du 13 mai, datée de Lyon. 



52 LES XÉGOCIATFOXS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

réagir contre ce préjugé. Le duc, du reste, avait approuvé i 
l'avance ce programme (1). 



L'évêque de Corlone profita de la première audience 
eut de la reine pour l'intéresser au succès de sa tâche 
Elle en [>aiki cUe-nième à Sa Majesté, à la première occasic 
Henri II pria Catherine de faire savoir à l'ambassadeur que 
sa volonté était bien décidée sur ce point : les deux ainbs 
sadeui-s devaient vivre eu paix et se comporter à la cour 
France comme à celle de l'empereur. 

L'ambassadeur de Toscane tresaitlit de joie. Il ne comprit 
pas tout ce qu'il y avait de vague dans cette décision. Pour- 
tant, i! prît le parti de ne pas en écrire à son souverain, 
jusqu'à ce qu'il eut lui-même entendu la chose de la bouche 
du roi (3). ^m 

Le 7 juin,le connétable,Anne de Montmorency,qui lui répédV 
que la volonté du roi était qu'il n'y eût ni différends ni querel- 
les entre les deux ambassadeurs, à raison de l'affection qu'il 
portail à l'un et à l'autre et surtout à leurs iiiuîtres respectifs. 
Ricasuii ne comprit qu'en substance, parce que le connétable 
parlait en français et très vite ; mais, tout eo le remerciant, il 
ne laissa pas que de le prier d'agir auprès du roi^pour le faire 
revenir, au moins, à l'occasion, sur la décision prise par feij^ 
François I". en faveur du duc de Ferrare, contre le duc (l^| 
Florence ; mais le connétable s'en tint toujours à des termes 
généi-aiix, l'épèlanl sans cesse ÏGà mêmes phrases. 

Que fallait-il donc l'aire, pour éviter tout différend, loi 

(1) Cosme !"■ à J. B. Rjcasoli, S7 mai J547 : " Il modo che vi è sovcnut 
di Iraltarc con quel rc la precedenlia cou Fcrrara prima che eatrare in alLro, 
con moslrart' perù d'Iiaver ûppresso a ncgoliar (iiialche allra coso di 
salisfaclionc, ci piaoe oL sodisfù. „ ASF, Mediceo, 10, l-, 140 sv. Il lui retoi 
mande d'êlre prudeut (Ibid.). 

(2) Voir ASF, Mediceo. 4ô92'''=«, c. 9 i2i) mai 1547). 

(3) J. D. Ricasoli ù Cosme [""jPoiasy, 7 juin I.W ;" lo polcva, rinque giorni 
sono, signiru'ar ail' E. V. corne lu rfginn mi liaveva delki Laver porlalo a] 
recirca la jirei'edenliii et rhe la mente di .S. M. era che gt' ambasrialori di 
Fiorenza el di Feri'nra vivessero a qucala corlt' coiue u qiiella dell' itupera- 
lore;pcrô non volai farto, perché desideravo liaver il medesimo délia bocca 
del re... o almeno di Monsignor cotiestabile. „ ASF, Mediceo, 4592, c. âO. 




PREMIERS ESSAIS 



conflit, suivant le désir du roi ? S'abstenir toujours de se 
rencontrer ofïicielleraeot avec t'aint>assadeur de Fcnare. 
Serait-ce possible? Le connétable te prétendait ; t'anibassn- 
deur, au contraire, insistait sur l*impo*sibililé absolue d'évi- 
ter toute occasion de rencontre (l), Et, dans ce cas, à quel 
parti se résoudre ? 

La reine, elle-même, fut assez étonnée de celle mesure, 
mais ne put amener le roi à changer la formule de sa 
décision (2). L'ambassadeur eut beau le prier personnelle- 
ment encore une fois, il le trouva inébranlabie, bien que 
toujours aimable. 

Le duc de Florence, tout ou félicitant l'ambassadeur du 
zèle qu'il apportait dans ce débat (3), lui fit remarquer, le 2o 
du même mois, qu'il ne fallait pas trop insister d'avance sur 
les difTicullés éventuelles qu'il pourrait y avoir à résoudre 
ultérieurement (4). Sur un point, toutefois.le duc tenait lirme 
et n'admettait aucune restrielion.à savoir que l'ambassadeur 
de Ferrare ne devait pas être traité de la même façon que 
celui de Florence (5). 

Bientôt, pourtant, il fallut envisager pratiquement les 
choses. L'époque de la cérémonie du sacre, qui devait avoir 
lieu à Reims, approchait. Or, dans cette circonstance, l'am- 
bassadeur de Ferrare ne s'abstiendrait cerlainenient pas d'in- 
tervenir (6), Pour comble de malheur, Ricasoii était souffrant. 
Il Cependant, il ne cessa pas d'agir auprès de la reine pour 
li 



(t)Ibid. 

l2) Voir ASF, Mediceo, 4592. c. 60 sv (10 juin 1547) : ibid-, c.lOO (S juillel 
'1547). 

I (3) Le doc a l'évéque de Corlone, 18 juin 1547... " Seguitate adunque, si 

^MBOtae havete dalo btioti priiicipio, a proi-ederc itmauli ]iropniiendo a 
^^Biia Maestù le allrt> cose, qimndu vi parrù lempo opportuiit», dic liavcle iu 
^HioniiniAsîone, et govenialcvi con In prudentia »ulita. „ ASF*. Me<iiceo, 10, 
^m. 196 r. 

■ (4) Voir ASF, Mediceo, 10, g. 2S0 r. 
I (5) Ibid. 

(6) Le duo. écrivait à son ainba.s9adeur, le dernier jour du mois de juin : 
** Speriaiuo in brcve,corae si disse, niandarvi cosa per la qiiale cotesfa Maea- 
ik et i suoi ministri reateran chiari clie senza alcun diibio ha a esser nostra, 
oome sempre è slala, et ciie in Roma mossimamente c'è st«la conservata 
sempre. « ASF. Mediceo, 10, c. 254 r. 




54 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

lui faire comprendre toute la gravité de la situation (1). 
8 iuillet, il eut avec elle un long colloque. Il lui parla aîl^:^ 
lihera et la laissa piii rîscaîdaia del solHo. La conclusiol 
fut que, si une résolution favorable le lui permettail. î 
assisterait à la cérémonie ; sinon il se ferait excuser pou 
cause d'indisposition. La reine, par ailleurs, lui fit comprer 
dre qu'on avait ourdi un coup contre lui ; elle lui donnait. 
le meilleur espoir, mais, en niGme iemps, elle cbercha«'-i 
à faire enlondre (iiie le respect qu'on témoignait à Ferrar*""^ 
lui était dû. Du reste.on ne pouvait guère faire autrement qu^^j 
de respecter les décisions du feu roi (2). fl 

L'ambassadeur se trouvait averti ; mais il fallait attendr^^B 
la fin avant de faire un pas. La cour partit de .Saint-Germair^^ 
vers la moitié du mois ; Ricasoli la suivrait pas à pasjusqu* ^ 
Reims (3) : le duc de Florence avait a[>prouvé ses plans. fl 

L'affaire eut un dénouement auquel personne n'aurait p'' ^ 
s'attendre. Le coup avait été bien médité et, si les acteui 
avaient changé, la pièce était toujours la même. 



1 



Le jour du sacre (26 juillet 1547), l'ambassadeur, s'élaot 
rendu à la cérémonie, fâcha de se placer immédiatement 
après l'ambassadeur vénitien, C'était son droit et il pensait, 
affirme-t-il, a ogni altra cosa che a dùputa di precedentia. 

Or, voilà que l'ambassadeur de Mantoue inhoncstamentê 
lui enleva sa place et se mit à le précéder. Quan songe à 
l'étonnemenl de l'ambassadeur florentin. Une discussion 
s'engagea, sur le champ. Pendant que les doux ambassadeurs 
se disputaient, deux seigneurs de la cour vinrent leur signi- 
fier, de la part du roi, qu'il avait été établi, à l'avance, que 
dans le cas où des difficultés surgiraient, l'on devrait observer 
le protocole et remettre à plus tard toute question de principe. 
Mais Ricasoli protesta qu'il ne permettrait jamais, à aucu 
prix.que l'ambassadeur de Mantoue le précédât, ce qui serai 



n 



1 



(1) Voir, par exemple, la dépédie du 9 juillet 1517. ÂSF, Mediceo, 4592, 
clOO. 

(2) Voir ASF, Mediceo. 4592, c. 116. ^ 

(3) " lo dnmattina mi avviero oosi pasAo paaso e seguitorô fino presao l^^ 
Reims- „ Ricnsoli an duc, 11 juillet 1547. ASF, Mediceo, 4592, c 120 r. 




^ 

^k( 



une chose inouie. Les deux seigneurs durent s'en aller, mais 
revinrenl bientôt, de la part du connétable, intimer aux 
ambassadeurs de s'enicndre à Pamiable. Ce firt impassible. 
Ricasoli se décida alors à aborder lui-même Son Excellence. 
Il alla au devant de la cour, pendant que le corféu^e défilnit, 
.el rail eu œuvre toule son éloquence. Le connétable lui dun- 
la de bonnes paroles, mais rien que cela {mi dette buone 
)arole et catlivi fatti). Il lui proposa, entre autres choses, de 
'prendre place p;jrmi l«\^ évèqites. Ricasoli n'Iiésita pas à 
s'adresser au roi lui-même. 11 u'cn fut pas plus lieureux. 
I Aloi*s, plein d'un chagrin qu'il essayait de dissimuler, il 
^■quitta la rliapeile. L'nnilKissndeur de Manloue assista à la 
^■cérémonie, u)élé avec la foule qui était venue vfur le sacre (1*. 
^P On compiend aisément l'impression que le récit de ces 
^ faits produisit sur le duc de Toscane, si jaloux de ses préro- 
gatives. " L'incident, il est sûr, écrtvait-il, le 11 août, n'aura 
t* pas de conséquences ; mais ce qui nous fait de la peine, 
■ c'est que, le jour même de leur sacre, Leurs Majesiés aient 
• toléré à notre égard une telle insolence, un tel oubli de 
' noire dignité, et cela tout spécialement alors qu'était 
"agitée, d'autre paît, la question de notre préséance sur 
I • Ferrare (2). „ 

I L'ambassadeur ne manqua pas de se plaindre éner^ique- 
nient, au nom de son maître, auprès du connétable |3), Ce 
dernier se borna, pour toute réjionse, à insister encore sur 
le désir qu'avait le roi de voir les ambassadeurs vivre en 
paix à sa co(u-, comme à la cour de l'empereur ; " façon 
habile, mais peu franche, de nous éconduire, remarque 
"Ricasoliron nous leiure de bonnes paroles et,en fait.on laisse 
^_*' attaquer nos droils (i) „ 

H (t) J.B.Ricasnli au duc, Reime^. 28 juillet. ASF, ilfediceo. 4>S92, c. 148 sw. 

^H (2) Le duc iV HicasoJi. 11 noùl, 1547 : "... Mn qticl c\\o ci diiole è che.... 

^^fevlla assunlione loro si sia ttimilo si pwco ronio di iassnr corrcrc un* 
insolcniia laïc in prciudirio del ^rado fl honor noslro, massinie allior qiinn- 
do si tralUva p»jre con S. M. cl con i siioî miiiislri di polersi valere dclle 
ragioni noslre con Ferrara. „ ASF, Mediceo, 10, c. 356 r. 

(3) Ibid. 

(4) J. B. Ricasoli au duc, 11 août, 1547 : * lo disegno di slar et andar 
>ve starà, o andrà la regina, la quai ilicc liaver di pai porlalu al conesta- 




56 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

« t 

C^>eadant le duc faisait tous ses efforts pour arriver à c^» 
que l'épineuse question; des préséances fut nettement tran ^M 
ctiée, à la cour même de Cbarles-Quint. Puisque le roi Irèi- ^iP 
chrétien, dans cotte alfaire, s'obstinait à invoquer l'exempl»^ « 
de ce qui se passait à la cour impériale, sans ajouter foi, i ^fi: W 
est vrai, aux assertions de l'ambassadeur, qui soutenait qu^ mx. 
sou souverain y jouissait de la préséance sur Ferrare, le plus, 
simple n'était-il pas de provoquer de la part de l'empereui 
une sorte de jugement et de confirmation solennels ? 

Escomptant un succès de ce côté, Cosme I" enjoignit ^c^ 
son ambassadeur de rester à son poste, malgré l'état de s^^^i 
santé (î). jusqu'à ce que la question fut tranchée. Si l^s- V 
décision de la cour d'Allemagne était favorable, on le rem- ^' 
placerait ; si elle était défavorable ou équivoque, on le rap— • 
pellerait, en manière de protestation contre la politique dic^ 
roi de France (2j. 

Enfin Charles-Quint, qui avait besoin de l'appui du duc, s^ 
décida à le satisfaire Le 21 décembre de cette même année. 



hile cl essersi doluladcl coso moiitovEuio, et S. E« ha risposto che il re è 
rraniino chii si procéda in qiiesta corle conte n^ile allru ; ehe mi par un 
mnilo t)i burtar S- M, et iioij dando sempre buone parole et pessimi fatti- , 
ASF. Mediceo, 4592. c. 186 r. 

(1) L'fttnbasaadear demandait, depuis longtemps, son rappel. Voir ASF, 
Mediceo, 4592, c. 102 [sans date). Il y est dil, entre autres choses :" Ogni 
dl mi tornn più nlte ore^rcliic quanto costarn mi hnnno qtin a soapelto, né è 
da maravigliarsene, considerando glt andnnienti deJ mondo et,quando fussi 
sano, horei per eleltione a far (|uelJo cbe fo per nécessita, cioè lassarsî 
riveder di rado „. Ibid., c. 100 v. Voir aussi ASF, Mediceo, 10, c. 903 r. 
svv. et c. 343 r. 

(2) Le duc de Florence à Tévèque de Cortone. 15 septembre 1547 : 

" Crediamo clie J'indugiar ajqnanto pin in là di quel che forse havete 
disegnalo non vi liabîa a importare, Irovandovi assai ben dtsposlo etgiudi- 
cando noi efiser bene prima che parliate che facciale qualrhe resoliilioae 
con colesti signori di questa benedelia precedenlia, per reslar meglio chisri 
dell' atiimo loro et per saper come per l'avenire ci habbinmo a govemare, 
et inolto meglio è che per voi, che sicte inrormato delli humori. questa 
cosa si risolvû ch'un allro habbia a venir a risolverla „. ASF. Mediceo, 
9, c. 26. — Le 5 octobre [Ibid., c. 69 r. sv.,) il le prie encore de patienter. 
"... e dare tempo a noi di pensare a eleggervi un successore, che son le 
cagionr che ci bancm ritrnulo di revorarvi „ 



PREMIERS ESSAIS DE REPRIiE DES RELATKHfS. 

l'évêque de Forli recevait ud billet du duc d'Albe, l'invitant 
à assister, la nuit de NoCl, à la chapelle impériale el lui 
assignant une place iniroédiatement après celle de Tambas- 
sadeur de Venise (1). 

Les difficultés semblatpnl donc aplanies, Henri II ayant 
toujours protesté de vouloir donner, en France, au duc de 
Toscane le rang qu'il avait dans les aulres cours et surtout 
à la cour de l'empereur. Aussi Cosme l" s'em pressa- t-il 
d'envoyer à son ambassadeur une copie authentiquée de la 
décision impériale, pour qu'il pût la montrer au roi (2) ; 
mais ce dernier sembla ne pas prendre le document au 
sérieux et affecta, fout au moins, à son sujet, la plus grande 
jndifFérence (3). 

p Cosme, cette fois, était décidé à ne céder à aucun prix (4), 
bien qu'on pariH vouloir continuer à lui donner de belles 
paroles. Son ambassadeur, en réalité, n'aboutissant à rien, il 
se décida à le rappeler (5). 

Le rappel venait tout juste à point. Au moment de parlir, 
l'ambassadeur apprit par un ami que Leurs Majestés étaient 
d'avis de donner une solution en faveur de Ferrnre i»>). 

Comme agent particulier auprès de la reine, on avait 
désigné, pour remplacer Hicasnli, Cliiarissimo de Mèdicis, 
gouverneur de Pise (7). La reine ne l'ayant pas agréé, on lui 
substitua Pierre Geiido, le 16 avril 1548(8). 



f (1) Cf. P. Gribacdi, art. eit, dans RSS, I« année U9(H), fa&r. X. p. 383. 

(2) II envoie une copie de " lo scritto del duca dî AU'a anlenticalo, pcr il 
qualc, come Tpdrelp, ordinô n\Y imbaaciatiore nosirn che dovcsse risiedere 
in cappella et preoedere l'imbasciatore di Ferrara „. ASF, Mediceo, 9,c. 
4<y7 r. Voir aussi c. 478 r. 

(3i Voir la lettre du due à Ricaaoli. 90 mai 1548. ASF, Medieeo, 
9, c 518 r. svv. 

I <4) Voir ASF, Mediceo, 9. r. 478 r. stv. 

I {â) Voir la lettre du duc ù l'évêque de Cortone, en date du 26 mars 1548. 
ASF. Mediew, 9, c. 548 r. 
(6) ASF, Mediceo, 466S, c. 607 (1<' mai 1518). 

0) " Vi l>abbiano fatto lo seambio.che é Jacopo di Cbiarissiuiu de' Medici, 
quale si Irova al présente commissario di quc<Ha noslracittà di Pisa, etè 
presso alla fine dell' oflitio. Et .subito «lie harà Gnitn, se ne verra a colesta 
volta. „ ASF, Mediceo, 9,c. 548 v. 

{%) Le duc à Rioasoli, 12 mai 1546. Les raisons apportées par la reine 
'ci paiono raginnevolissime el quel solo d'Iiaver suo figlio ammazcato un 




6^ LES iNKGOCIATIONS ENTHE LA TOSCANE ET LA FRAKCE. 



de ce deroier se bornai! à demeurer 



de 



La mission 

Catherine, pour traiter les affaires qui pourraient être débat- 
tues, jusqu'à renvoi, s'il y avait lieu ultérieurenieot (11. d'un 
nouvel ambassadeur. 



La deuxième ambassade, comme la première, avait donc 
échoué. 

Paralysée,dès le début, par la question des préséancts, qui 
en resta l'objet |Hiiici|)ai et presque exclusif, Il n'est pas 
étonnant qu'au point de vue politique. pro])remen( dit, elle 
ne présente pas giand intérôt. Le duc Cosnie était, du re-ste, 
constamment desservi auprès de Henri II par les Strozzi et 
les autres bannis florentins qui avaient trouvé un asile à la 
cour et obtenu des emplois dans le royaume {â|. Son ambas- 
sadeur, dès lor5, n'avait pas de crédit. Ce n'était pas un négo- 
ciati'ur (3), c'était un témoin ; il n'agissait pas, il observait (4). 

uaciere ci par tanto importante che, se ne tmvessimo tiauta piena noUzia..» 
haveressiiiio lossalo di iiominarlo et pensnto el dcliberato in altri.... 
Ibid,, c, 154- V. 

(1) Le duc il Pierre Gelîdo, (tgeni« in Franeia, 16 avril 1518 : " Pen- 
asndn die nlT arrivo di questa iioatra Mnn^figiior di Cortona si debba esser 
licenlialo da futcsta eorte el messosi in viagjflo per tnrnnrsfne da noi, curne 
pii'i giorni fa ^Vt srriv*'[nnin, nm las.sni- vui apprespo In serenis^ima rt'giiia per 
qiu;' negotii clie i"i pnU.>»sino ocrorreri', nipiilr)! slareino a niiindar un alLro 
imbascialore, nuii scrîviamo allrinipnli a lui, ma avisando a vui la ricevula di 
ptù sue..., dircino anche in rispoata quel che ci occorre- » ASF, Mediceo, 11, 
c. 48 r. 

(S) Voici un détail intércasant : " Nel luogo et grado che aiete dovete far 
gratn riern et ascollare benîgnamente ognuno. Onde, peri-liè sîale stalo in 
ragiunauienli coti Piero Struzïi o con allri, non ci pim dare ombra u sos- 
petlo alcuno. „ ASF, MediceoAO, c. 196 r. (18 juin 1547). 

(3)".. -Su io nmi scrivessi ae non quand" i negnlii l*i ricercassero, io scriverei 
[coslj di radu che voi allrt di coslû pulrei^tG duliitar ebe questi claretli mi 
Tacessero dormir di gran sonni... „ Dôpêche du 21 juin 1547. ASF, MedictO, 
4Ô92, c. 8ô. Voir aussi la dépêche du 19 juin 1547. Ibid., c. 77. 

(i) 11 rend compte exactemenl à son maître des incidents du nouveau 
règne el il Ini dépeint,d'une façon suggestiveja physionomie de la cour : la 
reine d'abord sans infltienee, en face de la célèbre Diane de Poitiers, encore 
toute pui.sf<ai>U' ; l'antnrité du connétable de Montmorency, tour à tour 
ébranlée el raSermic ; la faveur croissante de la famille de Guise et le 
niêconlenlement des printea du sang. Il décrit, dans leurs détails les plus 




PREMIERS ESSAIS DE REPRISE DES RELATIONS. 59 

C'est SOUS ce dernier rapport que sa correspondance n'est 
pas dépourvue d'importance. 

cnrieuz ou les plus saisissants, et le duel de Jarnac et la cérémonie du 
sacre ; il apprécie enfin la politique extérieure de Henri II : il le montre,dans 
ses rapports avec l'empire, cherchant à gagner du temps, comme s'il comp- 
tait sur la mort prochaine de Charles*Quint, se préparant à la guerre con- 
tre l'Anfi^eterref négociant cauteleusement avec les Suisses, les Vénitiens 
et le Saint-Siège. Un choix de ses dépêches a été fait par A. DESJABOiifS, le 
savant éditeur des NégoeiaUonë diplomatiques de la Fran^ avec la 
Toêctute, 



Chapitre troisième. 



Nouvelles tentatives infructueuses 

en vue de la reprise des relations diplomatiques.] 

La question de Sienne. 

(1548-1559) 

Les premières tenlatives pour renouor les relations, d'une 
façon stable, n'avaient pas abouti. Etatl-ce à cause d'une cer- 
laine froideur, qui persistait de pari el d'autre ? Etait-ce 
mauvaise volonté dn côté de la cour de François I^"" ? Nul 
doute que les mésintelligences dont il a été question dans le 
chapitre précédent n'aient eu pour source Fun et Faulre, 
Pardessus tout, cependant, il faut tenir compte de ce que les 
documents diploiua tiques toscans appellent la qualité des 
temps, c'esl-à-dire de t'antagouisnie existant, à l'étal aigu, 
entre TEspagne et la France. Qu'on n'oublie pas que, par suite 
de cet état de chosps, le duc de Florence, chaque fois qu'il 
voulait se faire agréer par le rni 1res clirétien. se trouvait 
exposé à déplaire au roi catholique, qu'il lui importait souve- 
rainement pourtant de ménager. Néanmoins, en cette même 
année 1548, c'est-à-dire presque immédiatement après la 
rupture des relations précédemment ébauchées, un rappro- 
chement, celte fois encore éphémère, il est vrai, allait se pro- 
duire entre la Toscane et la France. 

Ce revirement s'explique, au fond, facilement. Tout 
d'abord, Cosme 1" avait eu plus d'un motif d'être mécontent 
de l'empereur. Charles-Ouint, il était aisé de s'en apercevoir, 
considérait le duc de Florence comme sa créature et préten- 
dait le maintenir étroitement dans sa dépendance. Il le voulait 
assez fort pour pouvoir s'en servir ; mais îl n'entendait pas 
qu'il devint assez puissant pour s'affranchir (1). 

L'affaire de Piombino,entreaulres,en avait donné la preuve. 
Cosme convoitait celte ville ; mais, pour s'en emparer, il 

(1) A. DesjAHDtns, op. cit., ï. c, p. 233. 



NOUVELLES TEXTATIVE5. — LA QUESTION DE SIENNE. 61 



lui fallait la conniveDce de Charles-Quint. Il avait cru se ras- 
surer eo avançant à ce dernier, lors de la guerre de Snial- 
alde, une somme de deux cenl-niille érus (I). Or, à la mort 
e Jacques V, seigneur d'Apjiiano, l'empereur avait bien 
signé l'état de Piorabino eutre les mains de Cosuie I*'"(â|i ; 
ais. presque aussitôt, c'esi-â-dire le :24 juillet 15W, à l'insti- 
;alion deses inini.stres,il était revenu sur celle concession (3). 
Frustré ainsi d'un bien fort mal acquis, sans doute, mais qu'il 
Lavait payé d'avance à son puissant complice, le duc gardait 
^»u fond du ca?ur un vif ressentiment. Naturellement, il devait 
par dépit songera se tourner, de nouveau, vers la France (4). 

fi cela, du reste, vu la tournure que prenaient les événements 
oliliques, ses intérêts aussi le poussaient maintcnarit. 
Malgré la paix deCrépy, de toute part, et surtout en Italie, 
D semblait se préparer à la guerre :: du moins, chacun obser- 
vait ses adversaires et comptait ses alliés. D'une part, dans 
a péninsule, Charles-Quint était maître du Milanais et du 
lyaume de Naples. Le duc de Mantoue était son client. A 
eues, il pouvait s'appuyer sur les Doria. 
Par ailleurs, en Italie. Henri II avait à son service la maison 
de Ferrare, dont le chef. Hercule II. avait épousé Renée, 
lie de Louis Xll (5),En outie, il avait conclu, eu octobre 1547, 
me ligue défensive avec le pape. Paul III, qui avait imposé, 
lomme souverain, à Plaisance son fils naturel. Pierre Louis, 
lait outré de ce (ju'après la mort de ce dernier, l'empereur 
,vait fait occuper la principauté. Dès lors, pour faite pièce 
. Charles-Quint, il favorisait pleinement le roi de France ((>). 

(1) Ibid. — Cf. L. CAPrELiETTi, Sloria délia eittà e stalo di Fiombino, 
ihnp. XIX, i>p. IGO avv. Li voiirtie, 1897. 
42| Vuir (a lettre Je DoD Giovanni «le Luna à Coame I*', da 5 juillet 1548. 
SF, Mediceo, 3095, c. 284. 

(3) Cf. R. Gau.ii7.zi, op. cit., l. c, pp. 175 sv. — Voir le Deeifrato dtUa 
té impériale in mi sidescrive il dibattimento successo nel conaiglio 

f Carlo V sopra il concedete o no al dttca Cosimo lo stato di Piom- 
\no, l'impegno di Qranvela afavore del duca e li sforzi del conf essore 

^d» Carlo V} per distrarre Vimperatore da questa risolturione. ASF. 

Mediceo, 657. Ins. 11. 

(4) Cf. A. DEaiARDirts, op. cit., l. c , p. 333 et p. 179. 
5) H. LGM03r?(icB, op. cit., p. 141. 
(6) Cl G. De Leva, Storia documentata di Carlo V in eorrelaeione 




62 LES NÉGOCIATIONS £NTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Au milieu de ce cooflit de prépoQdérance, qui pouvait^d'un 
moineot à l'autre^ se changer en complications armées, la 
position Uu duc de Toscane était fort épineuse (1). Â défaut 
d'une neutralité déclarée qui lui eût nliéné tout le nionde,il 
lui fallait pratiquer une politique d'équilibre et d'équivoques, 
consistant, à force d'iiabileté, à se concilier alternativemeot 
les bonnes grâces des deux grands compétiteurs à la domina- 
tion de l'Italie. Lorsque Philippe II, appelé à Bruxelles par 
Charles-Quint, passa par Gènes et y reçut les hommages des 
princes italiens dévoués à sa cause^ si Cosme ne s'y rendit 
pas en personne, il y envoya, du moins, son fils, le prince 
François de Médicis (2). Maintenant, pour tenir la balaoce 
égale et donner le change à l'opinion publique, qui l'accusait 
d'une dépendance de valet vis-à-vis de l'Espagne, c'était 
à gagner les bonnes iiràces de la cour de France qu'il allait 
trarailler. 



Catherine de Médicis. le 3 février 1549, avait donné le jour 
à son quatrième enfant (3). L'occasion sembla favorable à 
Costne pour sonder diplomatiquement le terrain. 

air Itatia, L IV, chap. VI, pp. 3I7 sw. Padoue. 1881. — Âverardo Swris- 

iati, amljassaJi'ur du duc à Hoiae, rapporte un entretien qu'il eut avec 
le cardinal Ftirnr.sc, et i*«l enlrvtien sufBt, û lui seul, pour donner une idée 
de.H di.HjK)!^! lions du pnpo vis-ù*vi-i du roi et di^ l'empereur. A noter le trait 
suivant. "^ Diasemi ; Invero noi non atibinnin se non a contcntarci dell' ani- 
mo del re, perché ninïîlrti in cioscuna eosa volonLà di sodisfare a Sua Beaii- 
ludine, — Risposc^gli ridendo ; Gunrdale pure clie .S. M. cristtnnissinia per 
quesla via non vi fuccia faro uu salto. — Replicommi : Si, si, e l'imperatore 
inlanto ci ha data In spinla. „ G. CANESTiii.fi, Legarioni cTAverardo 
Serristori, p. 170. Florence, 1853. 

(1) Cf. A. ReuicottT, Geschichte Toacana's, t. I, pp.161 aw. Gotha, 
1876. 

(2} R Gai.luk/.! (op. cit., ibid^ attribue cet expédient de Cosme 1" à sa 
déliance à Ti^gurd des habitants de Gêncs,ainsi qu'à ta crainte qu'il avait de 
se coniproiueltre devant les princiis qui se rendaient dans celte ville de ton- 
tes led parties de i'Ilalie.Sans doute,ces raisoua purent exercer une influence 
sur l'esprit du duc de Florence, mais nous cruyous que Ie:s autres motifs 
qkie nous venons de diguaier joutTenl dans su décisÎDii le plus grand rOle. 

(3) Voir à ce sujet la lettre du duc à la reine, du 7 mars 1549. 11 envoie 
Barlholomeo Punciatichi la féliciter de la faveur que Di;u lui a accordée 
" del socondo Ëgliuolo mascliia „. ASF,Mo(iiceo,lS,c. 339 r. — Voici, d'après 



NOUVELLES TKNTATIVES. — LA QUESTION DE SIENNE. 63 



Il chargea Barlliclemy Pancialiclii de se rendre à la cour 
de France, de présenter au roi et à la reine ses félicitations 
et de traiter cMisuilu la cause de la préséance (1). A propos de 
ce dernier point, l'ambassadeiir déclarera que, si le duc a 
cessé d'entretenir un représentant olUciel près de Sa Majesté, 
c'a été dans l'appréhension d'avoir encore ù entrer en com- 
pétition avec le duc de Ferrare.Cc deiiiier a voulu lui Uispuler 
injustement la préséance, alors que ses prédécesseurs n'y 
avaieul pas songé, même quand Florence n'était qu'une sim- 
ple république, sans souverain proprement dit (2). 



i 



Boschet (Zio diplomatie vénitienne. Les princes d'Europe au XVI' 
biècle, pp. 487 sv„ en iiute. Paris, 18G2) le plus aiilltL'iiliquc état civil du 
Inus les enfaals de Catherine <le Médîria : 

1" Frasçois [François H |,ju' le samedi 19 janvier 1543 [154+ selon le style 
commun].. ; dauphin lo. HT) mars 1540 [1547 style com.] ; luoi-ié avec la reine 
«l'Ecosse Marie [Mûrie StuarlJ le 'H avril 1558 ; mort le 17 novembre 15G0, 
& Orléans. 

î* EusABETH, née le vendredi 2 avril 1545 \ibtë style com.], à Fontaine- 
bleau.,. ; mariée ù Philippe, roi d'Espagne, en 155'J ; marte le 3 octobre 1568. 

■ it' CiJinDE, née le samedi fi novembre 1547, A Fontainebleau. ; mariée au 
Bttc de Lorraine, 1559. 

W 4° Louia, né le dimanciie, 3 février 1548 [1549 style com.], à Saiut- 
(jermain en Laye... : mort, un an après, au chAleau de Nantes, le 25octu> 
bic 1550. 

■ &" CiiARLEâ-MAXUla.]EA [Cliartes IX], né le vendredi S7 juin 155l^, ù Saint» 
^ermoin en Layp..;roi le 5 dt'cembre 15tK>; marié à Isabelle d'Autriohe, 

le ibi octobre 1.j70; mort le â(> mai 1574, à tnùd heures apn's midi. 

6" Edouaru Alejcamjrk [Henri lllj.tié le sHiiifdi SJO septumbre 15.")l. :\ Fon- 
tainebleau.. ; roi de Pologne, 157.3, puis roi de France, t571;nuirié, le 15 
fiHrier 1575 [157H style com.], à Louise de Lorraine; mort le 2 août 1589. 

»7° Mabccebitm, née lo 14 miii 1553, à Saiut-Gerniuin en Laye.. ; mariée, le 
l aodt 1572, à Henri de Bourbon ; morte le 27 mars 1615 (1I31C style com.]. 
fi" HcBccLE (François d'.\lciit;ori), né le IS tniir.s 1554 [1555 style com-i, à 
Fontainebleau.. ; mort le 10 juin 1584, â Château-Thierry ; non marié. 

^9° Victoire, née le 24 juin LTil), A Fontainebleau.. ; morte â Amboise, le 
août suivant. 
Kf JejlHhk. née le même jour, à six heures du soir ; morte aussitôt. 
Voir cet état civil in extenso ap. L. Paris, Néijociatious, lettres »t 
Biéce» diuerses relatives an rèjne de Frauçuiti II, pp.S92svv. Paris,1841. 
^{l)" Itistruttione a voi M. Bartholomeo Panciatichi ...da tiegotiare 
^tppresso la Maestà cristianissima del re et delta reina, de' 7 di 
mareo 1540 „■ Voir Appendice, Doc. 11. 
otr Appendice, Doc. II, 3. 



64 LES NÉGOCfATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Au surplus, la cause a été tranchée ailleurs, ootammeoti 
dans les cours de Borne et de Vienne, tes deux plus quali^J 
fiées du monde entier. 

Le duc ose espérer que Sa Mî^esté voudra bien lui don- 
ner l'assurance qu'à l'avenir son honneur ne sera plus com«M 
promis, ni vilipendé à la cour ; en retour, elle peut compter™ 
sur son plus entier dévouement (i). 

Les mêmes protestations devaient être faites en présence 
de la reine. On lui a dit, continue Flnstruction, qu'elle devait 
beaucoup d'égards au duc de Ferrare, à cause des services 
qu'il avait rendus à la France ; mais qu'elle fasse triompher 
nos droits, et elle pourra se convaincre qu'elle a plus à atteo^H 
dredela Toscane que de Ferrare, dont, au reste, la fidélit^^ 
qu'elle le sache bien, est fort douteuse, la maison d'Esté pou- 
vant lui ménager plus d'une déception {î). ^Ê 

Fart cordial fut l'accueil que Panciulichi reçut en Franc^^ 
En réponse au message dont it était chargé, Henri II et_ 
Catherine affirmèrent, quittes à se démentir plus tard, 
désir ardent d'être toujours agréables à Cosme I»*^ (3). 



Les événements mirent bientôt le duc à môme de servir, 
comme il l'avait offert et promis, la politique française. 

Paul m était mor( le 10 novembre 1549. Du vivant même 
du ponlife.qui était fort âgé, Fambassadeur avait envisagé U 
éventualités d'une élection papale. " Je suis, disait-il, intime^ 
" ment persuadé que, sur la cliaire de saint Pierre, niieui 
" vaut un sot qu'un partisan de la France (4). „ 

Le duc de Florence,quant à lui,tenait a écarter, tout d'abort: 
de la papauté les cardinaux Rîdoitî et Salviati, trop ouverte 
nient portés pour les Français. Après la mort de Paul III, 



(1) Ibid. 

(2) Appendice, Doc. II, 4. 

(3) Voir la leUre du dut- ù Barihéletny Paneiatkhi, du 2inaî îîAd. AS1 
Medieeo, 14, c. 31. Vuir aussi la lettre du duc ù la reine (18 juillet irA9% 
Ibid., c. lia. Le duc y laisse t^cliapper cet aveu .'" S' io m&nco, procède 
da quei rispetti che alla M. V. son noU, et supplisce la buona volunkÂ. 
Ibid., c.ltër. 

(4) A. Des/ardin», op. cit., Le-, p. 179. 



NOUVELLES TENTATIVES. — LA QUESTION DE SIENNE. 



65 



r 



s'efforça de faire comprendre au cardinal Alexandre Far- 
nèse (1) que l'avenir de sa maison exigeait leleciion d'un 
pape particulièrement dévoué à l'empire, et il proposa, 
comme candidat, le cardinal Jean Alvarez de Tolède. 

Cette candidature d'un Espagnol renconlra, toutefois, des 
diUicuItés (2). Et.cooime il importait au duc de faire procéder 
à l'élection avant la venue des cardinaux français (3), il 
s'empressa de se concerter avec l'empereur. Leur cboix, à 
tous deux, tomba alors sur le cardinal del Moute, Son élection 
fut d'autaut plus facile que les cardiuuux de Irance, qui 
venaient d'arriver, se laissèrent naïvement persuader qu'il 

tait mal vu de l'enipeieur, comme très dévoué au roi ; ils 

evinrent donc les instruments inconscients des intrigues 
du duc. Le 8 février 1550, le cardinal del Monte, devenu pape, 

renait le nom de Jules III (4). 

Adriani nous apprend (]ue l'empereur, après nouvelles 
iDformatious, ne l'ut pas trop satisfait de cette élection, et 
le duc dut le rassurer sur les dispositions du nouveau pon- 
tife (5). Henri II, au contraire, partageant la manière de voir 
des cardinaux iulëudés à son service, manifesta hautement 
son allégresse (6). En somme, seul le duc de Florence avait 

raiment le droit de s'enorgueillir du résultat du conclave : 



(i) Voir le Discorso al cardinale Farneseinsede v<Kantedi papa 

Paolo III, ap. Git-UAMo Gosellini, Compeudio storico délia yuerra di 

jf*arma e del Fiemonle (lôiS-iîi^â), tlans la Miscellatiea di storia italia- 

a, L XVlll (1678), pp. ;J15 sv. Ce discours, ainsi qu'on peut le voir à. la 

ge l'J3, l. c., e^t l'œuvre de Don Diego de Mcndo^a. 

(2) Cf. R- GÀ.LLViti, op. cit., le, pp. 203sv. 

(3) Ibid. Voir aussi le Discorso al eard. Farnés», U e., pp. 316 sv. 

(4) R. Galluzzi, op. cit., l.c., pp. 31.6 sr. — Cf. G. De Lsva, La eleziont 
i papa Giulio III, dans la liivista storica italiana, t. I (1884), 

pp. 22 svv. — Sur tout ce qui concerne l'élection de Jules III, voir les 
LegaàOHt dAverardo Serristori, éditées par Giuseppe CAXsaTRi!(i, op. 
cit., pp. 207-229. 

(5) ** ... Tcnendosi da lui pcr la levata del concUio offeso „. J. B. AoiiiAin, 
op. cit., 1. 1, p 406. 

i (6t " Oair altra parle, il re di Francia, intesane la creazione, credendolosi 
■mico, Gume quegli clie in gran parte era sLalo creato papa da' suoi cardi* 
Dali e tenuto di sua faziune, ne senti allegrezza grandissima... „ Ibid. 




LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

le nouveau pape était toscan et très affectionné aux Médicis. 
Aussi, presque linmédi.ilemeDt, une mission diplomatique, 
composée de six des plus nobles personnages de Florence, 
fut-elle envoyée à Rome pour le complimenter (1). En même 
lemps.Cosme crut devoir écrire hii-môrae à Catherine de Médi- 
cis (S) et à Henri H (3). pour leur donner des détails sur l'élec- 
tion et en revendiquer largement le mérile.Henri II lui répon- 
dit amicalement, le 15 avril 15»0, le remerciant de ce qu'il 
avait fait et témoignait vouloir faire pour la France. " Conti- 
' nuez, lui disait-il, et persévérez en cette bonne voulonlé, 
" estant assuré que n'en ferez jamais à prince qui plus voulon- 
* tiers cl de meilleur cœur le recongnoisse. que je feray (4). , 
Cette réponse décida le duc à renouer les relations avec le 
gouvernement français. Puisque le nouveau pontife était à la 
fois l'élu de la Toscane et de la France, la cour de Rome 
semblait pour cela un excellent terrain ; ce fut là. en effet, 
que les premiers poui'parlers s'engagèrent (5). 

* * 

Le cardinal Jean du Bellay, alors à Rome et qui connaissait, 
parait-il, les dispusilions de Cosme, n'hésita pas à aborder, un 
jour, Serrislori, l'ambassadeur de Florence, et à solliciter de 
sa pari un entretien. Serrislori lui-même nous apprend qu'il 



(1) Cf. J.B. AoRiAin, op.cit., t-I, p.407. — Le pap« lui avait écrit, du rest«, 

dt'S le 16 février, la lellrc suivante:** Dilecte fili, nobilis vir, saluletu et 
apostnlicum It^jnediclionum. Fer la letlera ninorevole di V'ostra EccellenEa 
a iioi, et per quel vhe havemo vislo clic l'iia scriltr» al suo ambasciatore 
qui, cl per relnlione di Vii-enzo, nostro nepote et suo servilore, semo cer- 
tificati délia grandt* ailpgrczzn chc ha prfso di qiiesla nostra assuntione 
al pnniiftcato, W i-lit* hnveiiio cresn fiifiJpiiH'iilt", sappmlo quaiito si sia afTn- 
licata pcr haverlo et iiuiintu ci ha seriipre tiirinln iti mitwribtcs et favorito 
tuLte le cose nostrc... „ 11 lui proinel sn reconnaissance. U a envoyé, 
ajoutct-il, à l'empereur Don Pedro de Tolède, qui doit visiter aussi le duc 
et lui communiquer le but de l'ambassade. ASF, Mediceo. 3715. c. 1 r. 

(2) " Alla repna di Fraucia, 20 CebUraio 1549 (lûûOl : * L'esser il oiiovo 
papa di natione toscana et detlo s tnto niio et roiigiunlo con me d'una sin- 
golar benevoleniia... , ASF, Mediceo, i3,c. 414 r. 

(3) Ibid., c. 417 (21 février). 

(4) NDD, 1. 111, pp. Î33 »v. 

(5) A. Dewahdinb, op. cit., 1. III, p. 180. 




TENTATlVIîy. — 



M?' 

F*' 






parla 1res franchement au cardinal, " non, dïMI, comme 
ministre de Son Excellence, mais comme Florentin et comme 
prenant à ccem* aussi les intérêts de Sa Majesté très 
chrétienne (1).„ Le roi, en se défiant de Cosme 1"% fit-il remar- 
quer, suit une fâcheuse politique ; il devrait soutenir éner- 
giquemenl le duc pour empêcher le développement excessif 
e la puissance impériale en Italie (S). Le cardinal ayant 
objecté qu'après tout» on ne voyait pas bien sur quels motifs 
on pourrait s'appuyer pour justifier Taffirmation que le duc 
de Florence suivrait fidèlement le roi, si l'occasion s*eu pré- 

ntait, Scrristori lui répondit : Tout d'abord, on doit consi- 
dérer que Son Excellence est parente de la reine ; or, la 
maison de Médicis fut toujours en très bonnes relations avec 
la France. Le duc se tournera donc du côté de la France, 
chaque fois qu'il pourra le faire sans se compromettre. S'il 
y a eu et s'il y a des coufiits, ce n'est pas sur le duc qu'en 
retombe la responsabilité, mais bien plutôt sur Sa Majesté, 
qui s'arroge certains droits qu'elle n'a pas. Et, quant à ceux 
qui vont jusqu'à conseiller au roi de dépouiller Cosme I*"" de 
ses États.ils agissent vraiment en insensés. 
I La France n'a aucun droit sur Florence et, par ailleurs. Sa 
Majesté a déjà assez de diflicullés, à Naples et à Milan, pour 
ne pas se mettre encore la Toscane sur les bras.Qui veut tout 
voir, risque souvent de tout perdre. Il n'est pasdifficile,sans 
doute, à un souverain étranger de s'emparer de certaines 
contrées de l'Italie ; mais la soumettre tout eutière à sa 
domination, c'est et ce sera toujours une entreprise chimé- 
rique (3). 

C'était faire, en somme, une critique assez mordante, mais 
aussi assez juste delà politique du roi très chrétien en Italie. 

Le cardinal Jeau du Bellay, ne Irouvaol pas lui-même grand 
chose à dire aux observations de l'ambassadeur florentin, le 
pria simplement de le recommander à sou souverain, comme 
l'un de ses meilleurs serviteurs (4), 



^1) Arerardo Serristori à Cosme I", Rome, le 18 mars 1550, NDD, h c, 
pp. 235 sv. 
Il) Ibid. et p. sv. 

(3) Ibid., pp. 236 5v. 

(4) Ihid., pp. S37 %y. 



68 LES XÉGOaATIOXS ESTRE LA TOSCAKK ET LA FRAHCE. 

C^te franchise excessive de rambassadeor, tootefois, 
manquait quelque peu de diplomatie et pouvait port^ à 
conséquences : Cosme s'empressa d'en avertir son agent, le 
blâmant surtout, s'il avait parlé de la sorte an nom de Son 
Excellence : mais reconnaissant d'antre part, que, s'il n'avait 
parlé que comme personne privée — en réalité, c'était le cas 
— il n'y avait pas lien à réprimande (1). En même temps, il 
jugea à propos de lui tracer une ligne de conduite à suivre, 
pour toutes les fois qu'il aurait à s'expliquer avec des agents 
français. 11 devait leor assurer que Son Excellence ne se 
croyait en aucune façon offensée par le roi, mais déârait très 
ardemment le servir, en ami loyal et sincère. Il fallait sur- 
tout tàclier de les convaincre que Cosme I" n'était nulle- 
ment le vassal de l'empereor. Sans doute, U avait promis 
à ce dernier de ne pas lui faure de tcNrt. et cela par égard 
pour les bienfaits reçus : mais celte promesse, ^rès tout, ne 
l'obligeait que du vivant de Charles-Quint et que pour 
autant que Sa Majesté impériale elle-^nème le traiterait en 
allié. Coc^me l*^ qu'on ne l'oubliât pas, arait toujours agi et 
agirait toujours en prince. Or. pourquoi le roi très chrétien 
semblatt-ii presque le haïr comme un ennemi? N*^ait-ce pas 
là. en vérité, ie pousser, malgré loi. dans les iMas de 
l'Espace et de l'AUenia^e 1,2» ? 

En un mot. le duc sera tel que Leurs Majestés très chrétien- 
nes le forceront à être : et. quelle que soit Tattitode qa'on 
l'obli^nt à prendre, il saura s'itt?pirer toajoors de senti- 
ments nobles et droits. S. 

U. 

Les dioises en étaient u. lorsque la reine, le fî juin 1550, 
« tco nch a dTua troisième iîLs. son cinquième enûnt, le futur 
Cà«feslXa>. 

Le duc Cosme l"'. iu£ittâ:able doos ses leiicitatbOBS, comme 






NOUVELLES TENTATIVES. — LA QUESTION DE SIENNE. 



69 



dans ses condoléances, profita, une fois de plus, de la circon- 
stance pour envoyer à la cour un ambassadeur. Celui-ci, 
parait-il, fut désigné tout de suite ; mais diverses circon- 
stances retardèrent son départ (1), 

Luigi Capponi, l'ambassadeur choisi, arriva à Paris le 24 
octobre 1550(2). A la première occasion, après avoir ]iré.senté 
ses lettres de créance, il exposa à Sa Majesté te but de sa 
mission (3). 

Bientôt on apprit, à Florence, que la venue de Capponi 
avait été fort agréée en France (4). C'est qu'à la cour de 
Henri II, où Ton croyait le duc peu satisfait de l'empereur (5), 
on attribuait à cette mission une importance extraordi- 
naire (6) et que l'on comptait s'en servir pour cacher.assez peu 

(1) Voir Vlnstruttione a voiLuigi Capponi, ambasciatore rwstro alla 
Maestà christianissima. Appendice, Doc. LU. Voir ASF, Mediceo, 15, 
c. 315 et 374. — Luigi Capponi (lâOû'lô^), pelil-fils de Pii'rre el neveu de 
Niccolo Capponi, épousa, en 15.3!i, Luisa, fille «le Fïlippu Slrozzi, laquelle 
fui, deux ans plus tard, viclime des outrages du duc Alexandre. Capponi 
fut employé par Cosme I" dans plusieurs anib&ssades, ù Rome, auprès de 
Paul III, puis en France, en IKiO. Il fut sënnleur en l.'iGS. Celait un homme 
lettré ; depuis Î54r». il était membre de l'académie florentine, A.Desjardins, 
op. cit., t. m, p. 347. 

(5) Voir sa dépêche du 25 octobre. ASF, Mediceo, 45J1Q, c.6 r.— Il y serait 
resté trois eu quatre jours, pour voir " a che volta s'indirizza la corte, la 
quale tuttavia ^ in moto „. Ibid. 

(3) Voir sa dépêche du 15 novembre 1550. ASF, Mediceo, 4590, c. 16 avv. 

(4) Voir la lettre du duc A L. Cappt>ni, 18 décembre lâôO. ASF, Mediceo, 
16,c.l36 sv. — Le 26 <léc(>mbre, le duc lui écrivait que, quant h la préséance, 
il devait déclarer à la reine qu'il u'était pa^ à la cour pour agiter celte ques- 
tion, déjà résolue ù Home et li Vienne. Il devait ajouter que.Son Excellence 
se trouvant en bon=i termes, à présent, avec le duc de Ferrare, il y avait à 
espérer que celui-ci ne voudrait plus lui faire du tort ù la cour de Sa Majesté. 
En pratique, Tambassadeur peut s'abslenir de toute cérémonie publique ; 
mais, en droit, il doit déclarer qu'il n'accepte pas cette mesure que Leurs 
Majestés lui imposent. - Voir la lettre du duc, du 26 décembre 1550. Ibid., 
e.ia5. 

(Sj^Servasilî^l'imbasciatore délia buona oppcnione che si tiene dell' andata 
sua a cotesla corte et studisi <li manlencrla con deslrezza et con arle, senza 
obUgorsi a cosa alcuna, cliè di cosi ai contenta il duca,.... et si pun dar délie 
speranze et mantenerle vive con i debîti riscrvî ^- — Inscrlo in cifra n M-Ber- 
nnrdo da Colle, secrelario alla corte di Francia. alli 20 di novembre 1550. 
ASF, Mediceo, 16. c 108 r. 

(6) Voici ce qu'écrivait le secrétaire Bemardo da Colle à Christiano 



70 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

adroitemenl. du reste, la haine qu'en fin de comple, on nour- 
rissait contre Florence. Cette haine, le duc la devinait el il 
s'en vengerait sans scropules. 

Une longue letlre.dalée dePise (10 février 1551), et adressée 
par lui à Jules III, démontre combien promptement. en effet, 
il devint un allié peu sûr pour la France, Il engage le souve- 
rain pontife à ménager avant tout les intérêts de l'empereur 
en Italie ; il lui représente tous les dangers que ferait courir 
à ce pays leleclion future d'un pape dévoué à Sa Majesté 
très chrétienne et l'engage à prévenir ce malheur, au moyen 
d'une promotion de cardinaux " bien choisis et bien peu-, 
sanfs (1) „. 



Pagni : " Per questa prima faccia ehe mi si ù mnslra alla cortc, dove io sodo 
stato, creflo che lo ambnsrialore non saru se non bnn vislo, sî per la bunna 
itnpressinne che con le loro rplalioni lianno faUa quesli si^ori, che nel 
passarp per Fiorenza sono stati rarezzati dal duca, corne perché cosloro si 
perauadono che lavemita sua sia di più misterio che non è, eioè per non 
essRre il dui^a lanto satisfait» àcW imperatore rispetto aile cose di Piom- 
bino, nelli quati dicono dieci pastocherie {?). Vfderemo se questo humore 
govema presto nella causa de" grani... „ (En chiffres et sans date). ASF« 
af«d«»o,45a3,c. 250-251. 

Il est uti]e de rapprocher celle dépêche de ce que dil J. B. ADR1A^a, à 
l'année ISTil iOji. cit.. t 1, p. 434) : " Avevano e' miniatri di Francia, cono- 
scendo qtianln importasse ai lor dîsppni rhp il dnca di Firenze si slessc 
quiclo. conmolla arle prima ppot cercato di li^nprlo Fcrmo, afTermando rhe 
il re di Francia seco non teneva nimistà alcuna, ma lo amava come. buon 
parente ; e cr<'<ievano che per la prompssa fatia da Cesare di Piombino c 
non osservala e per la fnrlezxa dip si fnhbnVava in Siena (la qnale Do 
Diego aveva dello che sarehbe buona a tencro il diica di Firenze e luttai 
Toacana in briglin) non dovessA aver pin ijnella bunna vnionlà înverso 
Cesare, che già soleva ', e ne [>rpnrl(?vano anche argomento che il duca in 
questo tempo stesso aveva mandato e teneva in corle di Francia Luigi 
Capponî, 5U0 ambascialorc, per ratlegrarsi con la reina di sijo sangue e col 
re della nascita di un lor Sgliuolo.e per dnr favore a una lile di grani, che si 
trattava in quella cortc daglt nffîziali delT abbondanza di Firenze, già molli 
anni che n' avevano aviita scntenza coniro ingiuslamente ; e dal re e dalla 
reina era vedulo ben volentieri ; ^d avevano nel vero opinione che il duca 
non si tenesse soddisratlo dcll' impcradore e temesse dî sua grandezza^. 

(1) NDD, 1. 111. pp 341 svv. — CF A Desjabdins, op.eit., ibi(L, pp. 242 st. 

Deux princes, dit-il encore, ae disputent la prépondérance, en Europe : le 
roi de France et l'empereur. Le second est satisfait el ne veut pas de chan- 
gcmenis dans l'organisation actuelle de rilalic: le premier ne peutrecon» 



ATIVES. — 



NNE. 



71 



Le duc, toutefois, continua prudemment de jouer dout)le 
jeu et, au printemps de Tannée suivante, une occasion 
imprévue s'étant présentée d'améliorer encore ses rapports 
avec la cour de France, il n'eût garde de la laisser échapper. 
Henri II. en mai 1551, ayant déclaré prendre sous sa protec- 
tion Octave Farnèse, fils de Pierre Louis, assiégé dans la ville 
de Plaisance par les Espagnols (1), avait envoyé, à cet efFet, 
des troupes, sous le commandement d'Horace Farnèse, d'Au- 
rèlt? Frégose et de plusieurs autres capitaines. Ur, s'étant 
embarqués à Marseille, ces hommes d'armes furent jetés par 
une tempête sur la plage de Piétrasanta.où ils firent naufrage. 
Cosme, en ayant été informé, ordonna non seulement de 
ne pas attenter à leur liberté, mais de les traiter avec une 
extrême courtoisie (2). Cet incident fut aussitôt interprété 
comme une preuve manifeste de l'intention qu'avait le duc 
de se rapprocher définitivement du roi de France (3). De fait, 
dans ce but. des négociations commencèrent, sans retard (4). 



quérir son influence qu'en bouleversant la péninsule : il Taul donc a^r de 
fa^OQ à mainl«nir le «tatu quo. D'où l'opporldnili^ d'une large promotion 
cardinaux qui n«^ soient nullement dévou«H à la France. 
(1) Cf. à ce propos, G. Dk Leva, La ffuerra di papa Giuîio Illcontro 
Otiavio Farnèse, aino al principio ilelle negoeiaeioni di pace con îa 
Francia, dansRSI, 1' année (1884), pp. 633 sw. et 8* année (1891), pp. 713 



(2) Voir la lettre du duc à l'ambassadeur, 16 mai 1551. ASF, Mediceo, 17, 
e. 133 9VV. — Voir aussi la Ifitlre du 2 mai (Ibid., c.l55 r.)el celle du 6 juil- 
let ijbid., c. 424). Cf. R. Gailuzo, op. cit., l c, p. 2Î9. — Cf. aussi J. B, 
AoRiAift, op. cit., t. I, p. 434. 

(3) Voir ASF. Medieeo, 4754, c. 5 av. (20 mai 1551). Voici ce que dit J. B. 
Amuàifi {Op. cit., le., p. 435) : " Quesla corte^ia fu grain at re e qninci prese 
speranza cho il duca vole.ue essergli amico e moltn |>iù nel tempo avvenire, 
e con letterc e con pnrolty rgli e In r^itm nel ringraziaronn „. Cf R. Gal- 
Lirzzi, ibid. — " In Parmensi boHo médium segprens,qiiii quaravia n Caesa* 
rianis indignum in modum Imltitus, pacis consilia, ceu novo priiicipatui 
firmando necessaria, et Caesarem coJebat ; nihilio tamen minus rébus nos- 
tris favere creditus, ob iniurias a Mondoza acceptas ; ex coque praecipue 
quod Hnralium et Aureliiim Fu\goiix\m...Exhumanitat€niutatam Cosimi 
voluntaUm et ad amiciiiam nostrattt incUnare eum pleriaque persua- 
tum fuit : gratiaeque ipsi a rege reginaque «o nontine hahitae „. Dr. 
Tnoir, liistoriarum sut temporis libri CXXXVIII, t. 1, pp. 292 sv. Lon- 
dres, 1733. 

(4) Louis Capponi à Cosme I". juin 1^1. NDD, t. 111. pp. 272 sw. 




72 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Ou poussa même les choses plus loio : on ne proposa rien 
nioius que de faire obtenir au fils de Cosme I" la fille du duc 
de Ferrare (I). Une note d'un agent, au service probable- 
ment d'un LtaL allié de la France, nous renseigne sur c€ 
point (2). 



J 



Si les pourparlers furent encore interrompus, ce fui, cette 
fois, par l'opposition inattendue de Catherine, qui se trouva 
offensée, païaît-il, de ce qu'on avait traité la chose à soc» 
insu. On avait été maladroit, du reste, en lui envoyant /^^ 
secrétaire d'ambassade B. Giusli, qu'etle soupçonnait d etr^ 
un agent de remperem- (3)." Dans celte circonstance, nousdi^ 
" l'ambassadeur, la reine a fait la folie ; elle a pleuré devant 
* le roi, en disant qu'on n'avait nul respect pour elle (4). , ■ 



(1) ^ leri il cardinale di Guise cni disse che il re era restato satisfattia* 
stmo di Voslra EecelenEa in quosta cosa del tiaufragio..., e mi venne a eon- 
cluderc clie il re em d'animo di guadagnorsi Voslra Eccelenza, e che volert 
adottare in sun tîgliiiuLa la k-rzogenita del duca di Ferrara, e come su& 
figliuola darla per (uoglie al principe di Fioreiiza... ; soggiungendomî che 
quando Vostra Eccelenza, per atnnre del re, si risolverà a far qiiesto paren- 
tado,ella vodrù quanto si ptilrù prevalere di questacorona.„NDD,/.c.,p.274. 

(i2) Un anonyme à Cosme l", juin l'wl : " Ciic il rri.stianissimo aspira, 
non solamenlc a maggii^r grandezza. ma alla monarchia ancora ; rome, 
essendo principe tanto gramie. tanlo prudente, lanlo giovane, tanto fortu- 
nalo, puô e deve ragioncvolmentc aspirare senza alcun dubbio. Sua Maesià 
criatianiasima ha a vnltarc tuLto ranime aile cose d'italia, corne scalt 
unii-a e dirctta per salire a simil grado. E percliî- l'imperatore ha lanlo 
piede e cosi ben ferma in qu«lln provim-ia.,., 6 nertsàario di guadagnarci, 
aonza moller mano ne alla spa<ta. ne alla borsa. di ((iielle cose che l'impe* 
ralore non lia occupatc ; e queslo si puo Tare, non abbracciando e dando 
atipendio a tuKi quei signori e genliluumini di Lombardia, di terra di 
Roma e di allri hiuglii che si offeriscono ; ma cercare con ogiii diligeiiza 
di guadagnarci de' principi grandi e che sono polenli, e di qucllli me.ssime 
che inlino a oggi lianno !>cguilo la furluna dell' imperatore eotne sarebbt 
il duca di Fiorema ; e, dopo ta signoria di Venegia, è di maggiore 
moincnlo che non è qualsivoglia allro prin4*ipe d'italia» non ecceiluando 
anche il papa. Ni- mi pare di lacère che il duca di Fiorenza ba molli 
figliuiili e figliunle, da polere discgnare di fare parentadi... „ NDD, /. c., 
p. ^6. 

(3) Voir la dépêche d'nn anonyme (juin 1551). NDD, /. c-, pp. 278 st. 

(4) NDD, ibid,, p. 278. 



* 



NOUVELLES TENTATIVKS. — 

Le maintien du secrétaire n'était plus guère possible. Le 
duc écrivit donc de le coogédier. Il songea même, un moment, 
à remplacer immédiatement Capponi(l); mais il ne le fit 
pas. Peut-être l'ambassadeur, profilant d'une occasion pour 
donner des explications à la reine, avait-il réussi à la calmer 
et à gagner de nouveau sa bienveillance (2). 

La situation, cependant, devenait de plus en plus difficile. 
C'est Cosme I"' lui-mèuie qui nous le révèle ; le 24 mai l'wl, 

Iil écrivait à son ambassadeur à Rome, Averardo Serristori : 
" On nous avertit, de {•'rance, que le roi, malgré toutes ses 
• belles paroles, s'obstinant dans ses soupçons à notre égard, 

• ne cesse de songer à nous faire plutôt du mal ((ue du bien. 
" D'ailleurs, nos ennemis l'y poussent. Nous tenons ces détails 
" d'une source très secrète et très sûre (3). Ne conviendrait-il 
" pas, pour dissiper celle malveillance du roi très cbrélien et 

* couper court à ces manœuvres, d'engager le pape à inter- 
" venir auprès du cardinal de Fenare et des autres amis de 
" la France (4) ? „ 

(1) NDD, i. c, p. 2TO. 

(2) Voir Relasioni cl«gU ambasciatori veneti..., 1« sér, t IV, pp, 71 sv. 

(3) NDD, l. III. pp. â4ô sv. 

{i) "... Moslrando che,scbbene eramo servilore dell' imperati>re, clic pcrA 
andavaiDO per volimtÀ ; ed ogni voila chc loro non si disperassino, si 
potriano servirsi di ooi in moite cose, non disscrvendo ait' imporatore. E, 
se li ministri o il cardiniil di Fcrrara mostrasse cbe lo animo del re fusse 
bnono. Sua Sanlilù dica loro gagliardamenle che noi siamo tl tneglio 
aiutato principe chc clla sappia, c che sappiamo in (fuesto lo iiitriuseco 
doir aniino dd re ;... e chu se benc dissimulnvamo, perô, se vcni^se occa- 
BÎone, sapendo noi questo, yedrebhono che eravnino di niolto momenlo in 
Uaiia ; e rJii lo pcrsuadcva nltritnenti, lo faccvo per passionc partii-ulare e 
non per il doverc. Pcro, chc conforlasse il rc che si volesse da vero mes* 
trare buona volontù, acciô non avessimo astare tanto sospesi di lui ; perché 
questo farà questo pffello, chr, dovc noi nelle cose lecile abbiaino moatro di 
Tolore essere affezionnio al re, jwnaando questo altro, areino tnlto il fonda- 
menlo nell' imperalore, obliligandoci a dî quelle cose che ora e sino a ora 
aiamo svoUi e lilieri ; ma, odorando noi chc il re va manlrncudo il mal 
animo verso di noi, non avciidolo oFTeso ma ofTcrl'igii ogiii oneslo 
uesequio, sendo solito a non dîr quello che non voglinroo Tare, non 
faccia per il re mantencrci in oppinione di lanta diflidenza, a persuasione 
di personc cho haniio moUn passione, poâsendo noi [liù servirla in un' ora 
cLe loro in mille anni. Mostrando che tutto questo diseorso Sua SantitÀ lo 
fondasse per loro benefîcio, corne qtiello aile arecchie del quale vengono moite 




74 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Averardo Serristori, lui répondant le 27, exprimait l'avis 
qu'une démarche auprès de la cour romaine serait inoppor- 
tune et n obi i end mit aucun succès. * La mauvaise volonté 
" du roi envois vous vient de ce que vous avez servi et servez 

* l'empereur et de ce que vous êtes maître de cet État de Ê 

* Fioience auquel aspire Sa Majesté très chrétienne. L'action 

* ûea fitorusciti n'est pas,sana duulc, sans jouer un rôle dans 

* tout cela ; mais ce rôle consiste surtout à s'efforcer de per- 

* suader follement au roi qu'il est aisé de vous enlever le 

* ducbé. Les choses étant ainsi, il ne faut pas espérer que 

* quatre ou cinq [)aroles, dites par tel ou tel, puissent changer 
' la situation, bien que certains, peut-être, cherchent à vous 
■ le faire croire (1). „ 

Entre temps, cependant, diverses affaires se traitaient à la 
cour de France de concert avec l'ambassadeur de Florence, ■ 
notamment un projet de li^ue entre la France, Venise et Fer- 
rare.On voulait}' faire entrer le duc Cosme ;à la ripueur.toute- 
fois.nn se serait contenté de sa neutralité (2) Mais, dans toutes 
ces négociations, la défiance régnait, de part et d'autre; on 



noUzie. Quanto di sopra, vedcle di inprimerlo bene a Sua Santità, 
percliè a doî servira assai in ogni coao che segua... ; a Sua Santità non puà 
recare se non onore. „ Ibifl-, pp.î4.'>sv, 

tl) G. Canestrin], Legazioni fVAverardo Serristori, opxt't., p. 137. 

(2) L. Ciipponi à Cristiano Pagni, juillet 1551 : "Si va restringendo la 
pratiea délia lega Ira questa Maestà^ i Veneziani e Ferrara ; e potria essere 
si efTeltuosse, non piactuido, per quanto s'intende, ad essi Veneziani questa 
congiunzione riel papa con Cesare ; e per questo effetto si dcve spedire 
di qua lo aiiibascialori? di Ferrara, fra due giomi, per llalia, e si farebbe 
ogni cosa per includerci vnî anrora, tna si spera poco, e più se ne sperava 
da' 15 di addielro... Coïloru spedirono ierinutlina uno gentiluomo a Venezia, 
al cardinale di Tourann, n per farlî intendere elie vegga di stringere quelU 
BÎgnori c fnrli risojvere alla lega : e spcdiscono ora lo ambasriaiorc per far 
il medpsîtno rnn il suo dura, aJ quah âanno comittissione che faccUi 
opéra di ffuaâaauare voi ctm tuHi qttei mezzi che pt*f>, e di parentado 
e d'aîtro ; c rilraggo si giiardano dalla regina, quale non pare si contenti 
di parentado et che altra voila abbia itnpcdito, corne per altre ri é 

siato scitto Se nonpotranno averviinUga, vi ricercheranno che 

State nsuirali e di esseme in qiialche modo sieuri c sicurar voi che non 
saranno per nffpndfrvi, Facendo ogni opéra di rendervi capaei che li Strozzi 
non sieno pnr venir conlro le cose vostre ; perché con effetto conoseono 
quanto vol It possele giovaree nuocere in Italia. , NDD. LUI, p. 281. 



NOUVELLES TEMATIVES. — LA QUESTION DE SIENNE. 75 

se soupçonnait, on s'épiait. Le jour où le cardinal Farnèse 
passa par Florence, on fil mille suppositions, craignant que 
Cosme, ami du pape et de l'empereur, ne ménageât une 
réconciliation entre Clïarles-O"ioti Jules III et lesFarnèses{l). 

■ Les rapports, dès lors, devinrent de plus en plus tendus. Bref, 
lorsqu'à la suite d'une rupture avec Rome, Henri II eut con- 

»gédié le légal (2), L. Dipponi fut rappelé (octobre 1551) (3). 
La question de savoir si on lui donnerait un successeur fut, 
toutefois agitée. Consulté à ce propos, Agnolo Niccolinl 
écrivait, le 18 novembre, k Cosme I*^ en se prononçant pour 
l'affirmative : " Dans le cas d'une guerre, disait- il, entre Tem- 
• pereur et le roi, il serait très important et presque indis- 
" pensable d'avoir un ambassadeur à la cour de France, ne 
I " fût-ce que pour empêcher le roi de trop nous nuire. Toule- 

■ ■ fois.avant de prendre une décision définitive, il conviendrait 
' " d'écrire à la reine. On pourrait lui exposer les difficultés 

" de la situation et lui manifester le désir d'envoyer un 
' représentant, si pourtant on était sûr qu'il serait agréé par 
' Leurs Majestés. Enfin, il serait bon d'ajouter que, si l'on 
"suspend l'envoi, c'est pour avoir le temps de connaître la 
" volonté du roi (4). „ 

(1) L. Capponi à Crifîlîaiia Pagni, Orléans, 7 aAut lofil. NDD, ï. c, 
pp. 3S3 sv. 

(2) Le pape avait piil>lii^ lui lirpf contre ]f roi, qui en fui fnrl irrilt-. An 
moment de congédier le nonce, Henri II lui dit " chc era ben pecralore 
eome li «llri unininî e pi» ch<? li altri tiomini, ed avevft da render conto a 
Dio di molli pecrnli, ma rhe il niaggiore, e quel di che si senliva piii gra- 
ïalo, era lo avor fallo lui papa; conosccndn d'aver causalo t'(in qnesto 
lontn rovinn e ruocn, quanto si vodeva appareecliialo nella cristianilÀ. „ 
L'ambassadeur ajoule qu« l'on parlait, en France, de créer un palriarche 
el de se soustraire entiêreraent à l'aidoritê du pape. Ibid-, p. 283. — " E rai 
è atalo dello che si diirù liceiiza al vustro ambascialore ancora ; ma io non 
lo credo cosi facitmente. „ Ibid- 

(3) La cause apparente de son rappel fut de satisfaire son désir el celui de 
Bon pire. Voici ce que Capponi écrivait de Mclun,lc31 dti mois d'uôut 1551 : 
"Hointesola resolutione sua el per sudisfatlion di mio padre et mia, 
M mio rilomo al fine de) prossimo ; di clie ringratio l'E. V. el con le 
prime sue ne aspello l'ullimo ordine et inlender se liavrà elelto il successor 
el ailhorn disegnn onmincior a far li itffitiï convenienti alla partita...-, 
ASF, Medieto, 4698, c. 205 t. 

(4) NDD, l c, pp. K»* sv. 



76 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

CoDirairenietit a l'avis de NiccoliDi, et pendant huit années, 
nous allons le voir, l'ambassadeur ne fut pas remplacé (]|. 

Par conlte, a lï\«ard de Charle^-Quint, au moins en appa- 
rence, raiiiitjé de Cosnie allait se rafTermir. C'est ainsi que, 
dès le 5 avril 1552, il consultait l'empereur, au nom du duc 
d'Urbino, sur roppoiiuiiilé d'une ligue défensive entre les 
VXiûs eiicuri' libres de l'Kalicligue qui serait un moyen excel- 
lent, rcniurquait-il, d'empêcher les princes de s'uair avec le 
rui de France (2). Kl, le pape, malgré ses conseils, ayant signé 
une suspension d'anues avec le cardinal de Tournon (3), il 
invitait, au mois d'aoùL de la même année, l'empereur à des- 
cendre en Italie, aucun pays, disait-il, n'ayant autant besoin 
de sa présence (4). 



m. 



Malgré la rupture officielle des rapports diplomatiques, 
à diverses reprises, durant les années suivantes, les événe- 
ments n'eu allaient pas moins amener le duc à négocier de 
gré ou de force — le plus souvent en secret — avec la 
France ; et il allait y déployer, plus que jamais, toute son 
habileté machiavélique. A ce point de vue, sa conduite dans 
la question de Sienne est particulièrement caractéristique et 
suggestive. 



(I) Le 24 novembre 1553, le duc écrivit, en effet, & la reine une lettre où 

il est dit que Louis Cappotii aélë rappelé par suite de certaines affaires 
privées, qui fxigenieiil sa présence ù Flnrence On aurait voulu le rem- 
placer, mais la réponse faite au dit ambassadeur, lors de son congé| 
ne permet pas do discerner si un nouvel ambassadeur serait agréé ou non, à 
la cour de Sa Majesté. De là la décision quciCosuie a prise de différer l'enToi, 
alîn de connaître auparavant Ips intentions du roi.U espère que la reine l'ai- 
dera dans cette liicbe.Mèuic en l'absence d'un ambassadeur,Son Excellenee 
lui restera toujours très dévouée. Voir ASF, Mediceo, 18, c. 239. 
(2j Cf. A. DEsaAnDms, op. cit., l c, p. 181. NDD, Le, p. 319. 

[II) Voir notuniniiuit le Traité fait entre le roy Henry second et la 
république de Sienne {18 janvier l.'ir>{1.AMAÊF,F?ore»c«, I, f 47r.-6a v. 

(+) Voir la Relasiouc délia cacciata delta guardia spagnuola.che era 
in Siena. veU'anno 1552. dons ASL \' sér., LU, pp.4ijl svv. — Voir aussi le 
Sonetto in nome délia città dt Siena aUisttoi cittaàini quandofurono 
caceiali li Spaynuoli. Ibid.,p. 4î>3. 



NOUVELLES TENTATIVES. — LA QUKSTION DE SIENNE. 

Sienne, depuis longtemps, était en proie à des divisions 
intestines et dans ces divisions s'immisçaient tour à tour, 
voire simultanément, le roi d'Espagne et le roi de France. Les 
deux éternels rivaux se retrouvaient sur ce terrain. 

A vrai dire, ni Henri IL ni Charles-Quint, ni plus lard Phi- 
lippe Il n'avaient directement intérêt à conquérir et moins 
encore à conserver ce territoire, enclavé entre les États de 
l'Eglise et le duciié de Florence ; mais ils pouvaient, l'un ou 
l'autre, l'attribuer à un partisan fidèle, sur leqiie! ils exer- 
ceraient ensuite un droit de suzeraineté. Cosme rêvait d'Être 
chuisi et ainsi, par l'annexion de Sienne, d'agrandir puissam- 
ment ses Etats. C'est à la poursuite de ce but qu'il subordonna 
sa politique. 

Le 26 juillet 1552, sous l'inspiration et avec la protection 
de la France (1), les Siennois se révoltaient contre la garnison 
espagnole qu'on leur avait imposée, en 1510 Le 5 août, la 
citadelle était évacuée et Pierre Strozzi chargé par Henri II 
de défendre la cité contre le retour des impériaux (2). 

Cosme n'avait eu garde de s'opposer à ce mouvement d'in- 
surrection (3), dans lequel, d'une façon ou d'une autre, il 
Ipouvait avoir gros à gagner. 

Bien plus, dès le 4 août, par l'entremise du cardinal de Tour- 
oon, il concluait avec Ht'uri II un traité secret qui l'obligeait 
à ne pas met Ire d'obstacle aux entreprises du roi en faveur 
de l'affrancbisseaieni de Sienne. 

Il était stipulé qu'en retour, it n'aurait rien à craindre 



(1) U leur avait fait savoir que, dans le cas où ils se seraient débarrassés 
des Espagnols," lui non gli soria moleslo, tua amico „. Sozzmi, Dtario délie 
cose avvenuie in Sieiia tlai 3) di luglio lô5f) ai 'JH giugno 1555, dans 
ASI, l'sër., t. 11(1845). p.7i 

t2) Traité entre le roy Henri II et Cosme de Médicis, duc de Florence- 
AMAÉP, Florence, I, r- 80 sw. 

(3) " Primo, che il predetlo sjgnor duca non farù cosa alcuna dîretlaraente, 
ne indirettamcnte, per mare ni* i>er lerra, a altrimenti in «]ua!ti(i(iue modo 
aia, in pregiudilio di S.M.christiani.«sima, né de' suoi servitori o dipcndenli, 
ni> dar& atcuno inipcdiiuonlo o disturbo alli atTari et qualiinque impresa di 
Sua detla Maestà, ne parîmente presterà favore^ oè aiuto di denari, di gente 
o délie sue galère, né allrimentc in qualunque modo si sîa, aU'imperadore. 
o a qualunque altro, contro S- M. christianissima o contro suoi servitori o 
•dtiereoU, o a qualunque impressa di quella , Ihid., P 80 ▼. 



78 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



pour ses États, ni pour ses sujets (1). Et même, si l'empereur, 
avec lequel il lui était loisible de rester en bons termes, 
venait à se croire offensé par ce traité, le roi très chré- 
tien prendrait, au besoin, la défense du duc contre Charles* 
Quint (2). D'ailleurs, Henri II engageait sa parole qu'il ne 
révélerait cette convention à personne, jusqu'à ce que Sou 
Excellence, de concert avec lui, jugeât à propos de la pu- 
blier (3). 

En F'rance, ainsi que l'écrivait Henri II lui-même, on comp- 
tait fermement que " le dicl traicté, selon sa propre forme et 
" teneur, serait inviotlablement entretenu, gardé et observé, 
" en attendant que le temps et les occasions permeciront de 
' le plus cstraiiidrc et coiroborer, avec ouverte démonstra- 
* lion des bonnes voullentez et affections réciproques (4). , 

Mais Cosme n'entendait nullement laisser les Français 
s'établir d'une façon peiinatiente à Sienne. Aussi ne tarda-t-il 
pas il agir, en dessous, contre eus, se vantant notamment, 
dans une lettre à Pandolfmi (5), d'abuser de leur conGance 
pour les trahir et, par ailleurs, faisant d'activés démarches 
pour pousser les Siennois à se débarrasser d'eux (6). 

Il écrivait, en même temps, à l'empereur, l'excitant à 
intervenir ènergiquemenl : il importait, lui disait-il, que, 
sans retardjil assaillit Sienne avec des forces considérables (7). 

Charles-Quint, qui, pour acbever de s'assurer l'appui du 

(l)J*»ef.,r<»8lr. sv. 

(S) **..... Quella lo riceven\, aiutarà et diFenderi con tulli quelli stali clie 
si rilroveré quantlo si metterà iu delta protetlione eome suo buono omieo «t 
confederato contro il detto tmp«rador, facendo pero il delto signor dues 
dal canlo suo, verso Sua delta Maeslù clirisUanissîina quelle clie sitnilmenle 
dcvc fore un huomo confederato el amico contro tt delto iuiperadore con 
comrnuae nemico ; del che se ne poterà fare Iraltuto parlicolare per più 
gran s.i<?urtà delte parti, come sarà tra loro avisa to, quando tal easo acca* 
dessc. „ ïbid., P 82 r. 

{3) ** Clie S. M. chrisUanisstma promette, sotto parola di re, tenere et far 
tenere celala la présente capilulatione sino a lanlo che fra loro saranoo 
d'accordo di palesarla „. Ibid., T 83 r. 

{♦) NDD, t. Ili, p. 329, en note. 

(5) Coame h' à Pondolliiti, 17 août 1552. Riâ., p. 321. 

(6) Ibid. 
[1) Cosme !•* à Charles-Quint, S» «oûl 1551. NDD, le., pp. 325 svv. 



4 



I 



duc de Florence, lui avait Je 12 août 1552, cédé défiDÏtivenieat 
la seigneurie de F^ioaibino (I), se décida effectivemeDl à la 
guerre.Cosnie aussitôt, couvaiticu de rinlérêLqu'ily avait pour 
lui à embrasser nettement le parti de l'empereur, se résolut à 
rompre le traité qu'il venait de signer avec Henri IL II uotifiu 
donc au roi qu'il ne se croyait plus obligé à une promesse 
dont le maintien lut était devenu iaipossibke. Les armées de 
son beau-père se trouvant dans son ÎCtat, il lui était imposé, 
disait-il, de les assister et de leur rendre certains services. Il 
persistait toujours, au surplus, dans l'idée de concourir à la 
paix et à la liberté de Sienne (2). 

On peut s'imaginer facilement la fureur du roi de France, 
qui l'appela, avec dédain, " Iraîlre et marchand de foi (3) ,. 



Entre les impériaux, appuyés parle duc, d'une part, et les 
Siennois, aidés par les Fi aiiçais, de l'autre, la guerre s'enga- 
gea doncau commencement de 1553. Pendant deux ans, elle 

1(1) Voir la Ca^tolasione dei 15 agosio 1562 fra il duca di Firenetf 
Cosimo de' Medici e Jocopo VI d'Aragogna, ap. L. CAMPELurm, op.citt 
p. 474, 
(2j Voici comment la chose nous esl rapportée par J. B. Adhiahi (Op. eit.f 
l- c.. p. 509) : " Oade, venenduglî in casa il vicerè suo suoccro e Dun Garzia 
SDo cognalo, le persone dei quoli avea elett(» riniperadore ail' iinpresa per 
iQuovere più il duca e più ituplicarlo tiella gttcrra, e scntenduBÎ Torzato, o 
di comodarlo di multe coaeo di devenire iiiuiiro di lui, ail' iniperadore e a 
tutla la parte iiiipcriale, si riâolvè a dii^dire uiui lacitu a privala conveii- 
*ionc, la qunle per o]H"ra dei cardinale Turnoiie avevn conlralto ctd rc di 
^^t^rancia... P«ri'> scriss<> al cardinale iii Framna e allô slesso re cite non glî 
^|9(>rnava più benc osservar quello che senzn liinilazione di tempo alcuno gli 
^^tra stato promesso, lemendo, per ogni piccot romodo avesse fatlo al vicerè 
e a! suo esercîto, di nnn cadero in lite e in disputa con esso ; proraetteva 
Wne, ne con i dennri proprii ne con .sue genli, non gli far contre ; ma 
alraae cose comuni dicevn non potere, n^ dover negare air impcradore, a 
c\û \er molli conti e motto innanzi cra tpnuto.-i. Che nel vero quel principe 
si era molt» senlito gravare dal re, poichr manilandogli nota di coluro i 
quali corne affezionati alla cnrona di FranL-in voleva avesse per amiri,^ gli 
trera ne] primo luogo posti gli Strozzi, ribplli detio slalo suo ; il che il 
daca. sUmandoseli acerbissimi nemici e con i quali non dovesse con sua 
dignilà arcr mai pace, non poleva in alcun modo sofferire. „ 
(8) R. Galxczzi, op. cit., i- II, p. 55. 




LES NEGOCUTIONS ENTRE LA TOSCANK ET LA FRANCK. 

traioa plus ou moins en longueur avec des péripéties diverses. 
Enfin, le 17 avril Iwô, Sienne, «assiégée.depuis plusieurs mois, 
parle marquis de Marignan et défendue par Biaise de Mont- 
luc, fut réduite à capituler (1). Désormais, avec les territoires 
environnants, en partie occupés et ravagés par les bandes 
de mercenaires, en partie envahis par le duc de Florence, 
la cité était considérée par les autres Etats comme un 
dominium vacans et derelidutn, qui appartiendrait finale- 
ment au plus fort ou au plus rusé (2). 

Tout d'abord, comme naguère, au temps de Jules III, 
on songea à former de la république de Sienne un Etat indé- 
pendant, sous le protectorat du Saint-Siège ; puis bientôt, en 
novembre 1555, on lit courir le bruit que les impériaux étaient 
disposés à donner, en échange de Panne, Sienne aux Far- 
nèses. Henri II, lui-même, prétendait-on, n'aurait pas été 
hostile à ce projet (3). 

Mai<, tout à coup — et sans parler de Cosme I"*", qui com- 
binait ses plans et travaillait en silence — un compétiteur 
surgit. Carlo CaralTa, le neveu du nouveau pape (4), en 

(1) Voir li's L'apiiolaeioni faite ira Timperatore Carlo Quintoela 
città (ii Siena, colla mediarione del duca di Fireme, aotto il dl 17 
aprile 1555. dans ASl, !• sér-. t. 11 (lHt2j, pp. 4G7 svv. 

(S) Cf. R. AxcEL, La question de Sienne et ta politique du cardinal 
Carlo Carafa, dans la Revue bénédictine, t. XXll (1906), pp. 15 svr. 

[3) Ibid. 

(4) I>e cardinal Jean Fterrc GarafTa avait été élu et avait pris le nom de 
Paul IV, le 23 du mois de moi 1565 (Cf. R. Gallczzi, op. cit.. l. c., p.â03). 
Voici ce que Cosmc L^crivait son ambassadeur auprès de l'empereur^ quel- 
ques jours après le conclave:" Saprete lo electione del nuovo papa. Napoli. 
Ln per.sona c uolissima. Solo ricorderete a S. M. esaer verchio, che presto 
se MO arà da far un allro ; che la divisione ne' noslri è manifesta, e S. M. 
ccsarea procuri non venga fatlo a' Franzcsi un papa a lor modo.percbiS Buc«e- 
dcndo,S. M. vedrù quanto importt. Perà, rimedtno innanzi... „ ASF. Carié 
strùseiatie, I.XXVll, n» 40. — Cf. aussi G. Cougiola, / Farnesi e il con- 
clave di Paolo IV- Rtgoji, lîKM). — Parmi les ouvrages à consulter sur le 
pontifîcatde Paul IV, citons surtout : Georges Dctruy, Le cardinal Carlo 
Caraffa < IÙ19-166J). Étude sur h pontificat de Paul IV. Paris, 1882 
(Cf. RSI, 1« année (1884), pp. 188 svv.). Guruo Cogoiola, Paolo IV e la 
capiiolagione segreia di Cavi. Pistoie, HMÎO. H. Di Soragxa, Paolo IV 
e la preponderama spagnuola in Italia, dans la Bessegna nc^onak, 
t. XX (1884), pp. 83avv. F. Cristofaki, Il pontificato di Paolo IV edi 



NOUVELLES TENTATIVES. — LA QUESTION DE SIENNE. 

effet, avait formé le dessein de profiler des circonstances et 
de son ascendant sur son oncle pour se tailler, aux dépens 
des Siennois, une principaulé en Italie. 

Il serait liors de propos d'exposer ici les savantes manoeu- 
vres, les patientes et complexes combinazioni auxquelles 
i^unbilieux cardinal eut recours (1). C'est, eu tout cas, au 
Iwurs de ses inlrigues et à la suite de son passage en France, 
comme légat o latere {% qu'eu décembre 1556, une armée, 
commandée par le duc de Cîuise, franchissait les Alpes, des- 
cendait en Romagne et côtoyait la Toscane, qu'au premier 
ordre venu de la cour très clirétienne, elle semblait prête à 
envabir (3). 

Carafa suoi nipoli, dans la Miscellatiea storica romana od archivio 
di $toria m«dioevale ed ecclesiaatica, t I (IbSS), nunu;ro de janvier 
(Intruducliuii ù une puitlicatioii de docuiiienLs] ; L. Bauzzone, Papa colle- 
rieo e stravaganle : Paolo I V, duns lu CuUura, 1. 1 (1891), pp. 432 avv. 

(1) Duiu René Ancel a retracé, de main de lualtre, les savantes mana'uvres, 
les longues négociations du cardinal, en vue de s'assurer la possession de 
Sienne (Cf. ar/. Cl^, /. c-, pp. là svv.). La nouvelle de la trêve conclue 
i Vaucelles, en février lôTjti, entre Philippe H cl Henri il, causa la 
plus grande déception au cardinal CaralTa : cet événement bouleversait 
loua ses projets. Le premier moment de stupeur passé, il envisagea plus 
fittîdement la nouvelle situation créée par la trêve. D'accord avec Mon* 
signer délia Casa, son onii et son conseiller intime, il arrêta tous ses 
plans. Cesl, sans doute, de cet échange de vues qu'est sorti le pro- 
gramoDC politique conservé dans les œuvres de délia Casa, sous le titre ; 
Diacorao aW Illustrisaimo el Reveretidissimo cardinal l^araffa per 
impelrare dalla Maestà delF imperatore Carlo V lo siato et dominio 
di Siena (Voir Oper« di Mgr. délia Caaa, LIV, pp. 35 svv. Naples, 1733).— 
CL R- AxcEL, art. cit., l. c, pp. 17 sv. 
^HB) Cette mission souleva de nombreux commentaires. L'ambassadeur 
^Krenlin à Rome, constatant que la politique pontificale était dirigée par 
les pires ennemis du duc. engageait son souverain à se tenir sur ses gardes : 
" Votre Elxcelleuee, disait-il, est le point de mire de toutes ces machina- 
tions ; tant que vivra ce pape, voua devrez veiller aussi bien ù la conser- 
vation de votre vie qu'à celle do vutre Etat, „ Gianfigliozzo au duc de 
Florence, Ji) mai 1556. Ap. R. Ancel, ibid., p. 30. 

\3] CF. R. Ancel, art. cit., I. c, pp. 30 svv. — Le 1*' septembre lôG4>, le 
doc d'Albe avait passé la frontière des États de l'Eglise, à la tête d'une 
armée de douze mille hommes. Paul IV avait toujours été très impres- 
sionné du danger que les Espagnols faisaient courir k l'indépendance dn 
Soint-Sif-ge. " Noua voudrions, s'écriail-il, que ces impériaux et les autres 

6 




8â LES NÉGOCIATrONS ENTRK LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Cosme était peu rassuré. Pour conjurer l'orage qui lemenj 
çail.il ne trouva jien de mieux que de taire courir le bruit qu'É 
désirait acdeiumeul se rapprocber du roi de France. Bienlùl, 
partout eu Italie, à Milan, à Crémone, à MaoLoue, à Venise, 
on ne parla plus que des conditions probables d'un nouveau 
traité, soi-disant imiuiuenl, entre le duc et Henri II. 

Ce dernier prit la chose au sérieux et confia à Charles 
Marillac le soin d'engager des négociations avec le duc et de 
les nieucr à bon lenne. Inutile d'ajouter que rien d'effeclir ne. 
fut conclu. ^ 

En même temps, Cosme faisait entamer aussi des pour- 
parlers avec Paul IV, qui se ilatlail de l'attirer dans Iali§ 
Ibruiée par 1'.' Saint-Siège et la France (I). 

Ces négociations avec Henri II, ces pourparlers avec 
Paul IV n'étaient qu'un lemre, qu'une /ur6cr»a de la pari du 
duc : le roi d'Espague restait toujouis, au fond, sou grauil^_ 
allié et protecteur. On le vit bien,lùrsque, (Quelques moiàCluJB 
tard, le 3 juillet 1dô7, il reçut de Philippe il, presque inopi- 
nément et au grand déplaisir des Frauçais (2), l'investiture 
de Sienne (3). Il était donc, en dépit de tous les obstacles e^ 
de tous les écueils, arrivé à ses fins (4). 



barbares fussent bien luin de noire Italie, si pauvre, si affligée.» , (i 
R. Akcel. ibid.f p. 41). D'après cerluiii» bruib, durant rètê de cette mt 
année, il avait songé à rendre l'Italie, imlépcndante de l'étranger, ta coB*^ 
slitiiant : 1° un mi des Itomainït, ïtiiliuii, dans les ËLals de l'Eglise; ^ 
un rui de Naples, ilidîeii ; 3° un duc de Miliui, ilaSen ; 4» un revenu de M 
ou 60 000 L*cu3, nssurû nu souverain pontife, pour tenir sou rang. Et il 
déclarait " non essere miglior modo per fare che Ilalia et lutta la repuLblica 
crislianu sfia pncifica cl quïe'tt „. Ainsi s'exprime l'agent de Cosme » 
Venise. En ra])pnrlanl au duc eus projets, il les traite, du reste, bauleiucnl 
de chimériques. Voir NDD, 1. 111, pp. 35Ssvv. 

(1) R. Anuhx, ibid.. pp. 4(KJ svv. 

(2) Ils représentaient, à Venise et à Rome, l'agrandissement de 
comme un danger pour l'Italie (Voir NDD, t. 111, p. 3Si). Aussi, lors* 
négociations de paix,1trenL-îls des démardies pour rètaLlir la république de 
Sienne(VûirNDD, t.lll, pp.387svv.). ~ 

(3) Cf. R. Galluzzi, op. cit., t. Il, pp. 282 svv, - Voir les CapiUtli até 
Hti tra il re Filippo et il duca Cosinio de' Medici per le cose di Sîena 
(3 juillet 1507). AMAÉP, Florence, l, fo' il6 r. svv. 

(i) Malgré toutes ses protestations de ne vuuloir que la liberté de Sienne 
(Voir notammeot la lettre a son ambassadeur à Rome, 12 mai 1554, 



NOUVKLLES TENTATIVES. — LA QUESTION DE SIENNE. 83 



Ce n'est pas, toutefois, qu'on puisse qualilier la faveur dont 
il était ainsi l'objet de gratis data. 

D'abord, elle pouvait bien être considérée, en fait, comme 
une recompense de la politique nellemenl anti-française que 
Cosme — somme toute et malgré de passagères volle-facp, 
— avait suivii\ depuis 1Ô37. N elail-ce pas aussi un moyen 
commode de reconnaître et. eu quelque sorte, de rembourser 
les subsides en troupes et en argent que, durant cette 
période, le duc n'avait cessé de prodiguer à Sa Majesté catho- 
lique (1). 

EnGn, par suite de cette donation, la Toscane se trouvait de 
plus en plus asservie à la couronne d'Espagne (2). Lors de la 
consignation ollicicile du territoire sicnuuis, Cosiue, en effet* 

ASJ, !• sér, t. II (>S«|, p, 4601, son Inil .-luit bien -k- s'annexer col F.Ul 
(A tte propos, voir la liisposta alla précédente lettera mandata da Piero 
Strozzi air oratore francese in Borna. Ibid., pp. 461 sv.). — C'est donc 
|Wk raison ipjf M. Mokualvi [La sioria de suoi tempi di O. B- Adriani. 
^hfcnce, l'J05) repruciie à J. B. Adriuiii trop d'indulgenci' envers le dur, 
■lu stgcl de la guerre de Sienne. A l'upinii ilc ses remarques, il aurait pu 
citer, par ailleurs, une leUre de Jule^i ill, eu date du janvier 10^5, dans 
laquelle le souverain pontife ne ménage jtas les reprochos n Cosme I" : 
** Raecogliendo tullo quelio clie s'è diliu et scritto dell* accomodatnenlo 
dellc cose di Siena, dal priucipio dulT imprc^sa fin al preacnlc, a noi poreva 
rhe cereosse ogn" allra cosa pin che di vonire a qualche fonclusione. El ehi 
poleva credere altrimcnto... ? Chi havcrcbbc (diccmo) vredulo cbe queâto 
non fussî un dondolare. . ? „ ASF, Mediceo, 371.'), c, 1(M r. 

(1) Ils sont énumcTÛs dxm un document postérieur, Seroiei resi alla 

eorona di Spagna dalla casa aerenissima di Toacatia, daW anno 1535 

al 1559 (Voir Appendice, Doc. X<, dont nous avons trouve une copie aux 

archives du Ministère dci atTaire^ étrangères à Paris. Celte note dut, sans 

doute, être présentée par la cour do Toscane ik celle d'Espagne^ lors de 

quelques diOicultê^ diplonutliciiics et en vue de faire appel ù l'intervention 

reconnaissante de Sa Majc-jlé caLlmliquc, D'autre part, malgré son tilre.qui 

la ferait croire de beaucoup antérieure, elle parait avoir été écrite après la 

mort de Cosme I" ; car il y est question de la conquête du Portugal (1578). 

{i) Voir V Invcstitura dello Stato di Siena per il signor Giovanni di 

Figheroa, procuratoree mandatario delta Maeslà del serenissitno e 

eattolico D Filippo, re di Spagna. nella persona dello illustrissimo et 

eceeUentisaimo signor Cositno de' Medici, secondo duca di Fireme e 

8\U)i succeasori. AMAÉP, Florence, l, après le f<^ 83 (document sans pagi* 

nation). 




M LES !ŒGOCLiTIO!GS ESTBE LA T03CAXB ET LA FRA!fCE. 

dot jorer que lai et ses descendants seraient à jamais ' les 
feadataires immédiatà. liges et fidèles, du sérénissime 
Philippe et de ses succ^seurs, et ce avec tons les devoirs et 
senri Iodes qui soivent de cette condition. , Ces ' devoirs , et 

* servitudes , sont exprimés, fort en détail, dans VÂde de 
rinvestilure de l'État de Sienne, auquel nous renvoyons 
ceux de nos lecteurs qui tiendraient à en connaître toutes les 
particularités (1). Qu'il nous su£Bse de noter, d'une manière 
générale, que le duc de Florence s'obligeait à se conformer, 
en tout, à la politique espagnole. 

Non seulement il avait charge de dévoiler à Sa Majesté 
catholique les machinations qu'il saurait être ourdies con- 
tre elle,mais il devait lui prêter aide et coopération dans toute 
guerre, quelle qu'elle fût ; avec les amis de l'Espagne seuls 
il pouvait contracter alliance. * Bref, conclut la formule de 

* serment, je ferai et observerai, in omnibus et per omnia, 

* tout ce que je dois en raison du dit /Se/, d'après l'adage, 
" ancien et moderne : FideliUis tenet. Ainsi m'aident Dieu et 
" les saints Évangiles (2). . 

(i) Voir ci-dessus. 

(2) L'acte d'où ces mots sont extraits est daté du 17 mars 1557 : ce sont 
les articles soumis au duc, de la part de l'empereur, par don Juan de 
Figheroa. Cosme I*' fit d'abord des difficultés pour les accepter ; ils étaieot 
trop compromettants, pensait-il sans doute, pour son indépendance (Ci n. 
Galluzxi, opxit., LU, pp. 263 sv.)<Mais rien ne donne lieu de supposer qi» 
la formule du serment, qu'on y relate, ait été ensuite modifiée. 




Chapitre quatrième. 



Reprise des relations et première intervention 
de la Toscane dans les affaires de France. 
(1559-1568) 



La guerre entre la France et l'Espagne durait, presque 
sans interruption, depuis ravèuement de Ciiarles-Ouint. Les 
succès et les revers, de part et d'autre, avaient été à peu 
près égaux : au Nord dans les l'ays-Bas. au Sud en Italie, 
après trente cinq ans de luttes, les garnisons françaises et 
espagnoles se coudoyaient sur tous les points. 

Des événements décisifs, toutefois, allaient se produire. Le 
10 août 1557. le connétable de Montmorency et le maréchal 
de .Saint-André perdirent la bataille de Saint-Ouenlin ; mais 
la France bientôt se releva de ce désastre : le 8 janvier 1558, 
par la prise de Calais ; le 22 juin, par celle de Ttiionville. Le 
13 juillet, le maréchal de Thermes fut vaincu à Gravelines. 
Au mois d'août, Philippe II et Henri II se mirent eux-mêmes 
à la tète de leurs Iroupes ; les deux armées se trouvèrent en 
présence, au nord de la Picardie. On s'attendait à un choc 
formidable ; ce fut la paix qui suivit (I). 



* * 



Pour l'Europe, la paix de Caleau-Cambrésis (2 et 3 avril 
1559) marque la fin d'une ère historique. Désormais tes con- 
ditions de la politique internationale vont se transformer et 
se subordonner, de plus en plus, aux passions confession- 
nelles. Question italienne, f|uestiou espagnole, question alle- 
mande, question navatraise seront mises plus ou moins à 
l'arrière plan. Le patriotisme lui-même s'effacera devant le 

[1) AiPHoNfli De Rcble. Le traité de Cateau-Cambrésis dans la 
Bfvuc (i'hisioite diplomatique, t. lll |lSfl9), p. 385. 



86 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

fanatisme : être coireligionnaire, ce sera presque, en dépil 
desnationalilés et des frontières, être compatriote |l). 

Pour J'I1alie.au point de vue de son histoire intérieure, une 
période nouvelle commence aussi. Depuis 1494, les Français 
n'avaient cessé d'y entreprendre des expéditions, dont 
robjet principal était la possession du royaume de Naplesel 
celle du Milanais; ils s'y étaient heurtés aux prétentions 
rivales des princes autiichiens et espagnols (2). 

Parla pai.x de Caleao-Cambrésis. la péninsule allait cesser 
d'être le champ clos de cette lutte. La France, en effet, resti- 
tuait toutes les places fortes qu'elle y possédait et, y ballant 
en retraite, renonçait définilivi-nient à ses entreprises sécu- 
laires. Les gouvernt menls italiens allaient commencer à vivre 
de leur vie propre (3). 

(1) Cf. H. Lemonnieh, op. cit,, pp. 181 sv. 

(2) Ibitl, pp. 179 sv. 
(8) Alpbomse De Huble., op. cit., pp. 409 sv. — Ainsi s'explique l'enlhoo- 

siosiiic que ]a paix de Cat^au-Caiiibn^sis suscita en Ualie. Dans un AmlO 
lia Torino.on lit :"Che In pace »'< faltn... et ton niolla riimlatione di S.M.t»'' 
ioJira, pnjclu' i Francesi rilnriianu Mido qnollo clie si perse dall iropcralor* 
Carlo, et si rondono tuUi gli stali et beiii a lut 11 gli amici et confwlerali' 
Corsica semiltncnte et Toscana si rilomaiio libcramenle, l'una a' G«uoT«st| 
l'altra a Fiorenza. — Quesloavviso è slato nianitalo dal cardinale dlTreulo 
per corriero pxprt-s.so aW aiiibosciatore del ducn di Savoia. „ ASF, Cof'* 
Stroeeiane, filza CXX (non nnmt'rolée.j — De Bruxelles, le 29 mors 105^: 

" La pace è falta et con tauta riputatîone di S. M., cbe, se suo padri'di 

gloriosa et d'auguata raemoria fosse vivo.sarebbe forzato haverli inridiiu., f 
IbidCt. aussi H. Gach'/zj. op.cit., t III, pp 1 svv.— En France, par ponlrei 
la paix fui assez mal aecueillif. Los Guises condamnaient siirtnul la reddi' 
lif»ii des viîlfs ttrtlirnnes qm' la gucrn^ n'avait pu enlever aux Fronçais» 
Presque tous leurs ri)inpnlrit)tes partageaient leurs regrets. Biaise il»j 
Mantiuc, en particulier, écrit dans ses comnienlaires (Edition de la Sacit^Uj 
de Hiistoire de France, t. II, p. 818) : ** La paix se fait au grand malhe<ir 
du roy prineipaleinent el de tout .son royaulmc. „ — " On oubliait, dit «0 
auteur moderne, la reclifioalion des fronlîères du nord et la reprise de Calais 
Tous les historiens de notre temps ont adnfit»^ IVqiinion, toule faite. Hes ^ 
annalistes du xvi* aièele, sans rélléchir que le système des fronliêres natti^| 
relies, en si grande faveur dan.s lu politique contemporaine, nous défendait 
de convoiter le Piémont. Excepté le Bupey el quelques places du nord, dont 
l'importance était pins grande alors qu'aujourd'lmî, aucune des ronce^sion 
de Henri II n était à regretter, surtout en regard de la possession de CalaiB.( 
Alphonse De Rt?Bi e, art. cit., pp. 40lsv. 



LA PREMIÈRE INTERVENTION DE LA TOSCANE EN FRANCE. 87 

Restait un danger pour l'Italie, celui, au point de rue des 
influences politiques, de tomber plus directement sous la 
domination espagnole, qui ne renronfreriiil plus de contre- 
poids. Ce péril ne pouvait échappera la sagacité du duc de 
Florence. 

Sans doute, il avait grand sujet de se réjouir. D'une pucrre 
qui avait désolé et appauvii toute l'Europe, il était le seul, 
en somme, qui sortait vraiment victorieux. La France, si 
elle retenait Calais et Metz, avait du rendre cent quatre 
vingt neufvilles^ conquises par elle, durant les guerres de 
Flandre et du Milanais ; Cosme, lui, gardait l'État de Sienne 
et recevait d'autres territoires fl). 

Mais, par ailleurs aussi, l'acte qui lui avait cédé Sienne 
n'avait pas été sans lui imposer, nous l'avons vu. vis-à-vis du 
roi d'Espagne, d'étroites obligations. Il devait avoir à cœur 
sinon de secouer, du moins d'alléger, le plus possible, des 
chaînes qu'il ne pouvait manquer d'estimer quelque peu 
lourdes. Aussi allait-il se montrer soucieux de se maintenir 
dans les meilleurs termes avec le souverain pontife : n'était- 
ce pas le moyen d'acquérir une plus grande prépondérance 
dans la diplomatie internationale ? Mais surtout ce qu'il lui 
fallait, c'était ne pas trop s'écarter de la politique française. 
La mesure de son indépendance vis-à-vis du roi catholique 
pouvait dépendre, il ne l'ignorait pas, de l'intimité de ses 
rapports avec la cour du roi très chrétien. 

II saisit donc la circonstance de la conclusion de la paix 
pour envoyer un ambassadeur à la cour de France. Léon 
Ricasoli (2) — ce fut le porsonn,^ge désigné — devait, tout 
d'abord, exprimer à Leurs Mnjps(és la joie que le duc avait 
éprouvée, à la nouvelle de la paix. Il lui sornit donc permis 
maintenant de jotu'r, on même temps, de l'amilié de Sa 



(1) Cf. R. GAixrzzi, op, dt., 1. 1, nonv. éd. p. 216. Florence, 1822. 

(2) Léon Ricasoli, fils du sc^naleiir Antonio di Bsltinn Ricasoli, était né 
eo 1515. Cosme l'^ l'attacha à sa foriiine et eut recours à ses scrTicea dans 
la gnerre de Sienne. Pendant le siège de cette ville, Rîcosoli, nommé 
" commissaire d'armes „ dans le Val de Nievole, réussit à reprendre Monte- 
eatini, dont Pierre Strozzi s'était emparé. Sénateur depuis 1563, il fut 
appelé à gouverner successivement les villes de Monlepulciano, de Pise et 
de Pistoie. II mourut en 1!J63. A. DESjjiflDisa, op, cit., L III, p. 399. 



<S8 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Majeslé très chrétienne et de celle de Sa Majesté catholi- 
que. La parenté qu'il avait avec Catherine de Médicis lui 
donnait un droit de plus à féliciter le roi de France de l'h^^ 
reux événement (1). ^| 

L'ambassadeur n'allait arriver à son poste que pour y être 
témoin de la moil de Henri II (10 juillet 1559) (2). Il s'informa 
auprès du duc de Ferrare,dont l'autorité croissait toujours;, s'il 
devait se présenter à la reine et donner coui*s à sa mission, 
ou bien s'en retourner en Italie. Le prince lui conseilla 
d'attendre de nouvelles instructions ; entre temps, il rexcusfc r , 
rait auprès de la reine (3). ^ 

Cependant Cosme avait écrit à Catherine de Médicis une 
lettre (4) affectueuse et pleine de sentiments religieux, lui 
rappelant que tout ce qui arrive sur la terre est l'œuvre du 
Très-Haut, et la suppliant de faire preuve, en celte doulou- 
reuse circonstance, de cette magnanimité et de cet héroïsme 
dont l'histoire de leur commune famille offrait tant d'itlusU'es 
exemples (5). Dans l'audience qu'elle accorda bientôt au 

(1) Voir Appendice, Doc. IV, 1.— Le 36 avril 1559, Cosme écrivait au pape, 
pour le féliciter de la pari tju'îl avait prise ù la paix, et lui protestait d'avoir 
écrilj tout dernièrement, aussi au roi catholique, pour l'engager au main" 
tien de cette paix. Voir ASF, Mediceo, 5IJ, c. M. 

(2) Voir sa dépôt-he du 5 juillet [liid., e. 15 r.) et celle du 7 juillet (IM., 
C.90). 

(31 Voir sa lettre du 1+ juillet au duc (ASF, iffltf iceo. 459*, c.38r.) et celle 
du 21 juillet (Ibid., c. 49 r.) : Le priuco de Fcrrare, dit-il, a parlé à la reine 
et lui a expliqué " perché io noti luî sono prcsentato et quello s' aspetta.. „. 
Voir aussi la lettre du 24 juillet (liid., c. 51 r.). 

(4) " Alla re^na di Francis, li... di lug:lio 1.559 (di matw proprid di 
S. K), ASF. Mediceo, 50, c. 221 av. 

(5) " Tuite le uperalioni di qiicsto misero mondo sono opra dell' omuipo- 
tente Dio, con l'aitito del qual<" ardisco io representarc, scrivere et condo- 
lernii con V. M. di lanto grave iiiforlunio, il quale siccome da me è stato 
sentito con la maggîore molestia ehc immaginare si possa, cosl humilmente 
supplicoV.M. che con il auu gran valure et prudenza sopporti questo 
grave infortunîo coine niandatu da' cieli, con li quali noi miseri mortali non 
dohbîaino in modo alcuno, ne possiainocontrastare... Né lassaro pcr questo 
di ricordarea V. M. rhe sifcome In casa donde eila o discesa è stata tanto 
travagliata et agilata dalla Tortuna, cosi tufli li suoi predccessori hanno 
senijyre portalo gron Iode delta singular constanlia ton la quale hanno sop- 
porlate le aspre Imttiiure délia fortuiia et seiii[»rc soppnrlato viriimenle 
quanlo da Dio è statu niandato i onde seudo io più che certi.ssimo che la 
passa tutti li altri, cosi ancora quanto è magiore il colpo, tanto più 
V. M. debLe resislerli et niostrarc il suo grande animo. „ Ibid., c 221 r. 



LA PREMIÈRE INTERVENTION DE LA TOSCANE EN FRANCE. 89 

nouvel ambassadeur, la reine se montra fort touchée de 
cette lettre : au milieu de soD deuil, la plus grande consola- 
lion qu'elle pût avoir, disait-elle, c'était de se savoir aimée 
par Son Excellence, le seul parent qui lui restfil{l). 

L'ambassadeur n'oublia pas. au cours de ses condoléances, 
le maintien de la paix ; mais ce n'était guère le moment d'in- 
sister sur ce point (2). 

Quelques jours plus tard, le 31 août 155U, le roi remerciait 
le duc de Florence de la missive qu'il lui avait fait aussi pré- 
senter par son ambassadeur : " En cela, mon cousin, vous 
" avez faict office de bon parent et amy. Vous me treuverez 

• toujours prêt à correspondre à vos avances (3). , Cattierine 
avait devancé son fils. Dès le 27 août, elle avait écrit au 
duc pour lui témoigner sa reconnaissance de ce qu'il s'était, 
" tout et si librement, offert au roy son fils, à elle» et à ses 
** enfants... Ce que j'ay, de très grand cœur, disait-elle, 

• accepté, comme estant offres et paroles procédantes d'un 

• mien bon parent et amy que je vous estime et lépute (4)... „ 



L'ambassade de Ricasoli ne devait être que temporaire (5); 
dès le mois de septenibre,il étail remplacé par Tornabuoni (6). 

(1) L. Ricasoli au duc, 27 juillet 15i)9. Ibidu «• ^ sv. 

(2) Ibid., c. 56. — Voir aussi la dépêche du 14 août [Ibid., c. 69 sv.). 

(3) ASF, Medieeo, 616, Ins. 2.'}, c. 2 r. cl 3 r. 

(4| Lettres de Catherine de Médicis, 1 1, pp. 123 sv. 

(5) Ricasoli avait dcmutult- à être remplacé ; car, depuis qu'il ctait en 
France, il avait été soufTranl, disnil-il, de " duûi grandi alTronli del raio 
Bussn, et il verno mi suoi e.sser nimico. .., c temo non potere servire le! et 
fare danno a me. „ ASF, Mediceo, 45M. c 77 sv. 

(6) Aifonso Tornabuoni, évoque de Saluces en 1530, de Borgo San Sepoi' 
cro en 1546, fut un des plus habiles diplomates de son temps. 11 avait 
accompagné Alexandre de Médicis dans le voyage que celui-ci entreprit, en 
1535, pour aller se justifier, i Napics, auprès de Cliarles-(}iiint. Il devint un 
des conseillers de Cosmn 1er, qui |e cliargea de régler les articles do la 
capitulation de Sienne cl qui lui confia plusieurs autres missions imiHjr- 
Lanles, à Gênes, en Espagne, en Angleterre, en France et auprts de Tempe- 
reur. Tornnbnoui vécut jusqu'en 1577. A. Desjaddins, o. c, t. Itl, p, 406. — 
Aifonso Tornabuoni avait charge de présenter, à nouveau et ofiicielicment. 
ù la reine mère les condoléances du duc, à l'occasion de la mort du roi 
Henri II. Voir ASF, Mediceo, 4594, c. 75 sv. 



90 LES NÉGOCrATlONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



La première quei^Hon qui se posait pour le nouveau repré- 
•.sentant, c*é(ait lie savoir s'il devait être regardé comme 
f harpe d'une mission extraordinaire, ou bien d'une mission 
pernianonte {!). 

Sur ce point, il semble avoir été laissé dans une complète 
interlilude : Cosmc nopouvaif suère, étant données les cir- 
conslances, prendre de dispo.sition ferme à ce sujet (2). 

Ce ne fut pas, au reste, à la cour de François II qu'on se 
préoccupa le plus de la durée qu'élnicnt destinées à avoir, 
dans la ppnsée de Cosme, les fondions de Tornabuoni ; ce fut 
à 1.1 cour d'Espagne. On y voyait avec peine que le duc de 
Florence, feudalaire de Sa Majesté catholique, déployât tant 
de zèle pour avoir un agenl résidant en Frnnce. Le mécon- 
tenlementne se calma que lorsque Philippe II eût reçu offi- 
ciellement l'assurance que l'ambassadeur de Toscane près 
de Sa Majesté très chrétienne n'avait qu'une mission de cir- 
constance. 

Une autre question à décider, c'était celle de la conduite 
que devait tenir Tornabuoni à l'égard des personnages de 
la cour — et ils étaient nombreux — qui ne le voyaient pas 
d'un bon œil (3). 

Sous ce rapport, dans VInsirudion secrète qu'il reçut, il 
est aisé de saisir les iuleniions du duc :" Traitez chacun, 
" avait-il dit à son envoyé, avec liberté d'allures et confor- 
" mémeut à noire caractère simple et expansif. Faites alten- 
" tion surfout à ne pas vous mêler des affaires des Fioren- 



• 



(I) Voir la kthe, ri-après mentionnée, de Tornabuoni au duc 
(S) Aussi il n'en dit ripn dons rinstruction secrîitej la seule que nous 
ayons relrouvi-e. Voir Appendicef Doc. IV. 

(3) Tornabuoni au duc, 24 septembre 1559 (La partie soulignée est en 
chiffres dans loriginnl) : " Haveva tascialo di dire a V. E. che il VeswTO 
d'Arezzo capiln a Parîgi, avant! cb' io venissi qui, cl ragionammo assai 
délie cose di quclla rorir cattolîcn, ilove iniesi che era mate it%terpretato 
(la ntoUi che V- E-ienense qua ambnsciatore,e\. perche cîelto Vescovomi 
disse cbc io non tascias^si di srriverlo a V. E., l'bo Talto, aggiungendomi che 
lui haveva tlnUo o di quelli sigtiori dcl coasiglio. che se gli erano 
lasciatiivfeiidvre che io twv starei troppo più qua di (jueUo che la 
reoina di S'pagtia atidasse M a qtteîïe corti. In rrodo rhe quesla sia una 
curiosità di curiosi fuor di squadra ; tuHavia l'bo volula dire per havermi 
ricerco il Vescovo cli' io Io facci „ ASFj Mediceo, 459*, c 124 r. 




h 



LA PREMIERE INTERVENTION DE LA TOSCANE EN FRANCE. 



• tins de là-bas. Laissez les faire ce qu'ils veuleat et ne leur 
1^ donnez pas à entendre que nous ayons peur d'eux, ni que 
'• nou* vous ayons envoyé pour leur faire du lort (1). „ 

Ces Florentins bannis, ou exilés vulonlaires. Ricasoli 
naguère les avait trouvés fort irrités contre le duc. S'il faut 
l'en croire, le fils de Pierre Strozzi avnit dit à un seigneur 
fninçais, qui lui pailait des honneurs rendus à l'ambassadeur 
lloscan : " Tout l'tionneurque je lui ferais, ou que je voudrais 
" qu'on lui fit, ce serait de lui couper la gorge, pour faire 

* affront à Cosme I" (2). „ D'autre part, les /'Moncsci/» étaient 
fort bien traités par la reine, en qui il» avaient toute con- 
fiance. Us frèqucnlaient, dt- plus, la maison du nonce. Dès 
lors, il n'était pas prudeni assurémenl d'entrer en lutte avec 
eux. Turnubuoni, du reste, ayant constaté qu'ils élaienl assez 
respectueux à son égard, n'eut garde de s'en occuper. Il leur 
rendait simplement leurs saluls et leur parlait de choses 
indifférentes, à l'occasion. (3) 



n. 



Sur ces entrefaites, le 18 août 1559. Paul IV était mort. A 
Cosme I»"" n'échappait pas l'importance de l'élection d'un 
pape qui fut son ami. Son candidat était tout dé:?igné : c'était 
Auge de Médicis, avec qui il était en leluttons intimes. Il 
s'agissait de le faire triompher. Pour gagner les cardinaux, le 
duc se servit snrlnut de LnHini. secrétaire du camerlin- 
gue Santa-Fiora. Le2t aortf, il lui écrivait: " A bon entendeur 
" salut. Nous ne voulons dans le conclave d'autre agent que 
' vous; mais nous comptons aussi que vous saurez répoudre à 
" l'opinion que nous avons de votre habile) é.Jadis le cardinal 

(1) Voir Appendice, Doc. IV, 3. 

(2INDD, I Iir, pp.40Rsv. 

(3) Voir la ilûiièclie ci-dessnus, du 24 septembre 1559,ASF, Mediceo, i5ÎH, 
c. 123:" lo ho Irovalo a questn cnrte quolclie ruorusrito; perquanlo ritroggo, 
tulli Tomcntuti dalla regina nindre. li quali pcr la maggior parte &i tralten- 
gono in casa il nun^io e pnc-lii ci sunoohc non habbino salutalo o parlato, 
alli quali et col saluto fl con il parlare ho riapoalo, et passa «a ; se mi 
har6 a gorernare con loro, o pcr causa loro con persona più in un modo 
che allro, har6 caro d'hnvure la l4>gge scrilla per non errare. , Jbid., c. ISS. 



92 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

" de Sanla-Croce (Marcel II) fui élu pape grâce au camerlin 
" gue, et. de suile, il se montra ennemi acharné de Charle?- 
" Quint :ce fut du plus mauvais exemple. Heureusement quil 
" mourut bien vite. Eu faisant choisir ensuite Puleo (l'homme 
" de Pouzzoles).vous nous avez donné Paul IV :1e monde, Hta- 
" lie, le cardinal portent encore, ainsi que vous, du reste, les 
" marques de ses rigueurs. II vous à déchirés tous jusqu'au 
" sang (1). De grâce, ne refaites pas, une troisième fois, 
" pareille sottise ! Autrement, il n'y aura pas assez d'eau 
" dans l'Arno pour vous laver (2). Je vous ai préparé uo 
" beau jeu ; à. vous de savoir le jouer... Au surplus, arrire 
" que pourra ! Nous serons toujours duc de Florence et de 
" Sienne, avec l'appui du roi catholique. Mais ne nous faites 
* pas un vilain pape (un paj)occïo), scandaleux et ambilieuî 
" parce que, nous les premiers, nous crierons de façon 
" nous faire entendre (3). „ 

Cette pression de Cosme I"^ sur bon nombre de membres 
du conclave n'était pas un mystère. En France, où l'oo soute 
nail la candidature du cardinal de Ferrare, on disait publi- 
quement que, si le duc le voulait fermement, ce cardinal 
serait pape (4). Cosme avait promis à Catherine de tra- 
vailler à faire triompher son protégé (5) ; mais son plan, nous 
venons de le voir, était tout différent. Le 25 décembre 1559j 
par suite de ses intrigues, non moins que par l'influen 
de Philippe II, Ange de Médicis était élu et prenait le nom 
de Pie IV (li). 



s. 

1 



M 




(l|*'...Ne portate squarciato il petto e i pnnni. „ Voir la lettre ap.R' 
Gaixdzzi, op, cil., l. c„ pp. 12 st. 

(2) *^,., Se COQ gliîribizzi ili costù ne riesce un similc, non vi lavera l'acqu» 
d'Arno. „ Ibid. 

{'A] R. Galluzzi, op. cit., 1. 111, pp. 12 s v. 

(4) NDD, l. îll, p. «S (11 spptembro). 

(5) Cr. R. Galluzu, op. cit., l- c, pp. 20 sv. 

(6) Ibid., p. 21. — Voici cv (pi'écrivail, à ce propos.l'ambassadeur Ténitit 
Luigi Moconigo : " Non è dubbio alciino clie il diica di Fîorenza l'ha fallo 
papu, perc che lui l'ha fallo poner nci nniumati dal re Filippo, e poi cou 
divcrsi niezzi faltolo racconiandar anco dalla regina di Francia, e finalaiente 
guadagnatiili con gronde indiislria c dilïgenza la parte caraffc<ica : pcr 
ciFotluar la quai cosa si credv cbe quel duca, ollra li buoni meEzi che ha 
in ogni corle, abbia ancora spcsn in doni c subornazionii corne 





LA PREMIERE INTERVENTIOK DE LA TOSCANE EN FRANCE. 

Le succès de Cosme était complet. A Rome, son secrétaire, 
CoQcioi.élait félicité par tous, comme le principal ioslrumeut 
de rélection pontificale (l). Plus tard. Loucini lui-même 
avouait qu'il avait négocié, pendaul quatre mois, pour modi- 
fier les sentiments de tout le sacré collège {i). 

Le nouveau pontife, après cela, ne pouvait être que raiiii 
reconnaissant et dévoué de la maisou de Médicis, dont il 
portait le nom (3). Rappelons seulement que, pour plaire au 
duc, il éleva le fils de ce dernier, Don Giovanni, un enfant de 
quinze ans, à la dignité de cardinal (4). Il songea aussi, 
parait-il, à marier François, riiéritier du ducbé, avec la prin- 
cesse Marie de Portugal (b). Ouoi qu'il en sait, celte faveur 
du pape et, en particulier, les honneurs inouïs dont le jeuue 
cardinal Giovanni fut entouré, lors de sou vo^'age à Rome, 
iDdisposèrent profondément, avec les ennemis du duc, la cour 
d'Espagne. Ils valurent au Saiul-Siége plus d'un sarcasme. 
Mais Pie IV n'en avait cure : " 11 faut se moquer, écrivait-il à 
• tosme, des songes creu.x qu'inventent, dans leur mécliau- 
' ceté et leur iiaiue, nos ennemis et les vôtres (6). , 



En t'rance, la politique du duc était loin d'obtenir d'aussi 
brillants résultats. 



costuiue (li Tare, moUa quantità di datiari : di modn che binogno per nécessita 
che questo poiilelice riconosca, cume lu, il {ia[)ato, dopo Dio, dal duca di 
Fiorenza. „ Relasioni degli ambasciaiori veneti al Senato, dtirante il 
aecoU) decimoaesto, éd. E. Alueri, "2^ sér., i. IV. p. GO. 

(ï)Ibid. et p. sv. 

l2)ASF, Carte Slrossiane, fiiza XXXVI. c. 71 av. (Sommarto degii 
affari tratlati dal Concino per il duca- Autografo). Cf. Inventario, 
L 1, pp. Itii sv. 

(3) ASF, Mediceo, 3715, c. 1G5. — Le susdit ambassadeur vénitien ajoute : 
".... Onde tiaoperato si, con li luodi che lia delto di sopra, die a'ha fatto un 
pontclicc, come sisuol dire, a suo dosso e il pii'i cojilideiite. piii amarevule e 
più desideroso d'ogni suo bene e sua grandezza, clie poiesse Irovarsi in 
tuUa Europii ;.... unde si puo ben dire che sia il più felice e ben forlunalo 
principe che sia uatn gii da cenl'onni. » Ibid. 

(4) Cf. A. Cucisius, Vi<a« et res geatae Pont. Rom. et S- R. E. Card., 
col, 890. Kome, lGti7. 

(5) Cf. R. Galluzzi, op. cit., t Ili, p. 134. 

(6) "... De* sogiii che fingono noslrl e voslri pocho amorevoli neniici. „ 
ASF, Mediceo, 3715, c. 114. 



94 LES XÎgOCIATIONS entre la toscane et la FRANCE. 

L'ambassadeur ne cessait de se plaindre du peu d'impor- 
tance que lui accordait la cour : il demandait instamment à 
être rappelé. "Je ne puis m'empêcher de répéter à Votre 

* Excellence, écrivait-il le 7 septembre 1559, que je me 

* trouve ici dans Vile perdue. Je ne sais de quel côté me tour* 

* ner.ni à qui me fier. 11 semble que personne.pour le moment, 
' ne nous prenne au sérieux (1). , C'est à peine, ajoute-il, 
s'il peut trouver une occasion de parler avec les autres 
ambassadeurs. Il a fait une visite à celui de Venise ; celte 
visite ne lui a pas été rendue. Malgré tout, il essayera de se 
tenir au courant des andamenii de la cour. Il s'excuse 
d'écrire rarement et de n'avoir, quand il écrit, à raconter que 
des bagatelles (2). il y a bien quelques personnes qui viennent 
chez-Iui, mais c'est uniquement pour y diner (3). Tous les 
seigneurs sont d'une réserve exagérée à son égard : il en esL 
réduit à se renseigner chez les dames. C'est par elles qu'iL 
apprend le peu qu'il sait (4). 

A la demande de Toniabuoni d'élre rappelé, le duc répon- 
dait en le suppliant de patietiter.Il importait qu'il restAt.quel- 
ques mois encore, |>our témoigner à Leurs Majestés Ife 
dévouement de Sou Excellence, et aussi pour sonder le ter- 
rain, en vue de l'avenir (5). 



.% 



!ll 



A vrai dire, en France, c'était le moment, gros de consé- 
quences et d'incertain, où les partis, se dessinant et .s'organi- 
sant, commençaient à prendre, mutuellement, une position 
olfensive. fl 

*• Le coup de lance dont Monfgoméry frappa Henri II, dans 
le tournoi du 29 juin 1551)', allait changer la l'ace du paj's „ 
a dit un auteur (ti). Dans les conseils royaux et sur les champs 



(t) Toraabuoni au duc, Paris 7 octobre 1539. ASF, Mtdiceo, 4ô94, c. 139 
eL141. 

(2) Ibid. 

(3) Voir SB dép«clie du 21 octobre 1559. ASF, Mediceo, 4594, c. 1.^ 

(4) NDD, L iri, PII. 40G sv. (12 décembre 1559). 

(5) Li' duc à Turnabuoni, 30 décembre 1559. ASF, Mediceo, 51, c. 964. 

(6) BcRNAHouB Lacombe, Catherine de Médicis entre Guise et Condé. 
Le début des guerres de religion {Orléans 1559-15GI), pp. 1 sv. Paris, 
1899. 



i 




première: intervention m 



» 



I 



cie bataille, il ne s'agira plus désormais, en effet, de savoir 
qui obtiendra, en Eurupe, la première place, delà maison de 
France ou de celle d'Autriche, mais de décider lesquels, des 
Ouises ou des Bourbons, à la laveur des passions religieuses 
déchaînées, remporteront, dans le royaume très chrétien. 

A partir de cette date, la correspondance des ambassadeurs 
toscans prend de plus en plus d'intérêt. Toruabuoni, uotam- 
luent, malgré son peu de goût pour sa charge, ne laisse pas 
que de donner des renseignements fort précis sur les pre- 
miers préludes de la guerre civile. 

Le nouveau gouvernement, écrit-il de lilois, le 10 janvier 
1560, malgré son vîf désir d'entrer dans la voie des économies, 
sera forcé de recourir bientôt à des demandes d'impôts con- 
sidérables. Or, le clergé est déjà obéré à l'excès ; les nobles 
sont fort irrités ; le peuple est renmant et prêt à la révolte. 
-Autre cause de trouble : Icsalïaîres de la religion vonl mal. 
L.'bérésie fait d'incessants progrès. Tous les jours, à Paris, on 
arrête des hérétiques et on les brûle ; mais ce sont de petites 
gens, qui se sont laissés séduire. Quant aux personnages 
d'importance, qui séduisent les autres, ou est obligé de seni- 
Ller les ignorer ou de les ménager (i). 

On a cru entrevoir, continue-t-il, un moyen d'apaisement 
leligieux dans une assemblée où catholiques et protestants 
fliscuteraieut librement entre eux, en vue d'arriver à une 
entente (2). Mais une assemblée de celte nature est-elle pos- 
sible, sans le consentement du pape ? £t, dans le cas où l'on 
demanderai! ce conseutemeut, Sa Sainteté le doimerait* 
elle? 

On aurait aussi en perspective un concile national. Or, 
étant donnés les gens qui y prendraient part, on peut imagi- 
ner quelle sorte de décrets en sortirait et vers quel but 
on mènerait la chrétienté Ci), Et il invite Sou Excellence, à 
s'occuper de la question, à agir, si elle le juge à propos, 
auprès du Saiut-l'ère, li signîile, par ailleurs, comme étant 
de la plus haute importance pour Home, si elle veut garder 



(1) NDD, f. c , p. 408. 
i2|NDD, J. c.,pp. -IIIbv. 
(3) /ôid, p. 411. 



96 LES NÉGOCIATIONS ENTBE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

quelque iafluence en France, de n'y plus envoyer, comme 
par le passé, des nonces avides avant tout de s'enrichir, 
uDifjuement occupés à capter les faveurs de la cour, et dont 
la conduile déréglée souiève la réprubatiou du peuple chré- 
tien. Il va jusqu'à affirmer que, de mémoire d'homnje, aucun 
des nonces qui y ont résidé ne semble avoir eu pour mission 
d*édi(ier, mais bien d'extorquer de l'argent. Tous ont été, 
plus ou moins, des uccellatori di vescovadi e badie et non 
des edifxcalori délia fede. L'une des causes des progrès 
inmienscs que le calvinisme a faits, en France, est, à coup 
sûr,daQs les mauvais exemples que les nonces y ont, maintes 
fois, donnés. 

Quelle que soit la part d'exagération que renferme, peut- 
être, ce jugement, il ne laisse pas que d'être suggestif. 

Au sujet des mesures de repression sauvage que la cour 
prît contre les protestants, après la conjuration d'Âmboise, 
l'ambassadeur écrit, le 3 avril : " Depuis ma dernière lettre, 

* on ne fait que couper des têtes, pendre des huguenots, en 

* noyer d'autres. On a pardonné à quelques-uns ; mais les 
" prisons regorgent encore (i). „ 

Bien loin d'arrêter le mouvement d'opposition et de révolte, 
ces cruautés n'ayant fait que le surexciter, le 13 du même 
mois, Tornabuoni disait : " Les aflaires de la religion vont 
" de mal en pis (2;. „ Les protestants prêchent eu public 
armala manu ; ils se réunissent par bandes, en Daupbiné 
et en Provence. A Amboise, ils sont venus, de nuit, enle- 
ver les corps de leur coreligionnaires suppliciés (3). Le 
cardinal de Lorraine a été pendu en effigie par les Pari* 
siens. La capitale présente, du reste, le plus sombre 
aspect (4). Entre Poitiers et Tours, on signale des rassem- 
blements de gentilshommes armés. On prévoit une rupture 
imminente entre les Guises et le connétable ; la conséquence 
inévitable, ce sera la guerre civile (5). 



(1) NDD, l c, p. 412. 

(2) Ibid., p. 415. 
(3)iitrf.,pp. *15sv. 

(4) Ibid., p. 41(i (23 avril 1560). 

(5) Ibid., p. 422 (21 juin). 



LA PREMIÈRE INTERVENTION DE LA TOSCANE EN FRANCE. 97 



Les choses en étaient là, lorsque Alphonse Tornabuoni 
quitta son poste. Sa mission, malgré les circonstances dans 
lesquelles elle avait été inaugurée, avait laissé Catiierine de 
Médicis iodiCférente, et n'avait guère réussi qu'à éveiller les 
susceptibilités de Philippe II. Le roi catholique n'avait pu 
voir sans colère ce commencement de rapprochement entre 

Toscane et la France : pour lui, cette dernière, en dépit de 
paix, restait toujours la rivale. Elle redeviendra bientôt 
l'ennemie (1). 

Alphonse Tornabuoni fut remplacé, en qualité d'ambassa- 
deur, par son neveu, Nicolas Tornabuoni (2). 



Au mois d'août 1560, avait eu lieu l'assemblée de Fontaine- 
bleau. Ce fut dans cette assemblée que l'idée de la reprise du 
concile de Trente et, en cas de refus du pape, celle de ta 
tenue d'un concile national furent envisagées et étudiées. 

Quelle part prit Callierine dans le débat '? Il est assez 
difficile de le savoir (3). En tout cas, cette question du concile 
œcuménique préoccupait vivement le duc de Florence. 11 
avait mis en œuvre louteson iulluetice pour décider le pape à 



(1) L'InstruclioD que Tornatiuoni.en parlant, laissa ù son neveu le montre 
rnon seulement observateur attentif, mais aussi lin (ii|)lon)ale. Voir Appen~ 

dic«. Doc. VL — Chose curieuse : il n'avait eu aucune importance à la cour 
de France et, néanmoins, on l'accusa à Florence il'avoir eu la prétention 
de gouverner la reine. Voir sa lettre du 13 mars lijGl). ASF, Mediceo, 
4Ô9*. c. 229 sv. 

(2) En même temps que, coth me ambassadeur, Niccolô Tornabuoni suc- 
cédait à son oncle, il lui succédait aussi dans lt> titre d'év^quc de Borgo- 

iJBan-SepoIcro. Lorsque, en 1588, le second (ils de Cosme, Ferdinand de 
f'Médicis, membre du sacré collège, devînt, par la mort de son frère aîné, 
grand-duc de Toscane, ce fut NiccobV qui reporta à Home le cliapcau de 
cardinal, auquel Ferdinand avait renoncé, et qui négocia avec le pape 
Sixte-Quint l'afTaire de la sécularisation du prince. Les autres circonstances 
de sa vie ne nous sont pas connues. 11 vécut jusqu'en 1596. A. DEajABonra. 
op. eU., t m, p. 4f23. 

(3j Cf. H.DE LA FEiuiiÈrcE:, Lettres de Catherine de Médicia,L I, p.LXXlX. 
- Voir aussi RHE, t. VI (1906), p. 894. 

r 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

en hâter la convocatioD (1). Dans les derniers jours d'avril 
1560, Pie lY lui avait répondu qu'il n'avait rien de plus à 
cœur, mais qu'il voulait que la réunion des évèques fut 
libre et, pour cela, tenue en uu lieu opportun ; qu'elle devait, 
par ailleurs,être dirigée de telle sorte que, sans offrir de dan- 
ger pour le Saint-Siège (2), elle fût fructueuse pour toute la 
chrétieolé. Non content de cette réponse, Pie IV fit bientôt 
exprimera Cusiue, par l'entremise du secrétaire Concini, son 
désir de s'entretenir avec lui. l'engageant, en conséquence, 
instamment à se rendre à Rome. ^^ 

Cette invitation du pape était de nature à flatter l'amouifl 
propre du duc ; mais,^ d'aulre part, il était à craindre qu'elle 
n'éveillât iesiusceptibilités des autres cours. Leduc vraisem- 
blablementne se serait jamais résolu à ce voyage, si plusieurs 
princes ne l'y avaient poussé (3). ^Ê 

Cosme, le 5 novembre 1560, était à Rome et il y resta jus- 
qu'à la fin de décembre. 

11 fut reçu par Pie IV avec des marques de sympathie 
extraordinaires (4) ; ses lettres du 16 et du 29 novembre «H 
fournissent le lémoiguage (5). Qu'il nous suffise de signaler!^ 
fait : au couis de la cérémonie qui eut lieu dans l'église de la 
Minerve, à l'occasion de la réouverture du concile, Cosme fut 
placé parmi les cardinaux (5). 

Ce séjour du duc a Rome, les honneurs qu'il y reçut, 1^ 
relations qu'il y eut avec la curie, donnèrent lieu à mi] 



(1) R. Gaij.uz2i, op. cit , l e-, p> 30 ST. 

(S) " Havemu [tùi haulo la sun intomo alla materia del coaciliol 

soiDtnamenle ci è piaciula, et è tulla coiirornie alla volontâ nostra: \o 
vogtiamo fare et di presentt; et die sii Ijbero el fructuoso et in loco oppor- 
tuno ; et sperarcinina in Dio di farc proiltto a tutla cliristianilù, et che 
anclie non sarà dannoso a qucâta Sanla Sede, alniancho el moado cognoa- 
cerà che non resta danoi.„ ASF, Mediceo.'il lô, c. 119. 

(3) R. GA.U.CZZI, op. cit., l. c, p. 4^. 

(i) L'ambassadeur vénitien, Vincent Fedeli, dit qu'il entra à Rome " cooia 
trionfante..., dal papa et da tutla la carte romana onorato, non corne duca 
ne re, ma corne imperatore : cosa insoUta, anei non mai più veduta ,< 
Belaeioni degli ambasciatori veneti al Senato, durante il seoûio 
deeimoaeato, éd. E. âldsri, â" sér. t. 1, pp. 370 sv. 

(5) Cf. H. Galluzzi, op. cit., l,c, pp. 43 sv. 

(6) ASF, Mtdioêo, 52, c. 188. 



LA PREMIÈRE INTERVENTION DE LA TOSCANE EN FRANCE. 99 



mmenlaires et aux hypothèses les plus faolaisistes sur le 

ul mystérieux qu'y pnursuivaieiitses intrigues (1). Un jour, 

eu guise d'épigrainme contre la faiblesse de Pie IV, on Irouva 

^hes mots affichés sous la statue de Pasquiu : Cositmis Medices 

pontifex tnaximtis (2). 

Le duc était eocore à Rome. loi*sqne le roi François II 
lourut, dans la nuit du 5 au 6 décembre IdGO (3). La situa- 
on devenait de plus en plus critique, en France. Un mois et 
demi auparavant, le duc avait écrit à son ambassadeur : 
" Puisque ces nouveautés de l'hérésie calviniste ne cessent 
" pas, répétez à Leurs Majestés les otïres que, dans la 

* raesure de mes forces, je leur ai faites, pour le service 

* de Dieu et de la religion, comme pour le repos de ce 
^-" royaume (4). „ 

^P Ces offres — à condition que Ton piTil compter sur leur sin- 
cérité — n'étaient certes pas à dédaigner ; car la France 
traversait alors l'un des moments les plus tristes de son 
histoire- 

^h Au lendemain de la mort de François II, Michel Soriano, 
jetant un regard sur la situation du pays, en trace un 

^-tableau lamentable et rappelle, à ce propos, la parole de 

^B (1) Voir In tetlre du duc ù son ambassadeur en France (ASF, Mediceo, 

^KS, c. 201), lottro dans laquellti il sa moque de ces bruits. — Voir aussi, à ce 

sujel,Ia relation de Vincenzo Fedeli au sénat de Venise (1561). Ibid., yp^ 371 

Kw- A noter surtout le passage suivant : " 11 papa, che soleva essere sempre 
ftolto libero in ridire H iiegazi, di i{uulli di'I dtica cioii ne disse mai porola. E, 
Ktto in citi caulo da lui di qiianla impartanza fosse la secretezra, s'è dimo> 
trato poi in tutti ii maneggi secretissimo,tal che i cardinali dicevono che il 
duca di Firenze aveva cos! muLata la nalura del papa che più non inten- 

Pdevano ne erano fatti partecipi di cosa alcuna da Sua Santità. „ Ibid,, 
^.373. 
(2j R. Galluzzi, op. cit., l. c, p. 44. 

(3) A peine revenu à Florence, il envoya Agaolo Guicciardtni présenter 
à la reine ses condoléances. Voir ASF, Mediceo, 52, c. SOâ. — Voir auss 
rinatruction. Appendice, Doc. V. 

(4) Le duc û Tornabuoni, l'J octobre 1560. ASF, Mediceo, 52, c. 1G6 1 
Voir aussi la lettre du 22 octobre, ibid, c. 170 r. 



100 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



l'Écriture : " Vœ tibi terra, cuius est rex puer. Malheur à la 
QatioQ dont le roi u'estqu'uo enfant (1)., 

Catherine de Médicis, mère du roi mineur, Charles IX, 
îoaugurail sa régence au milieu de l'agitalioa que venait de 
provoquer la cljule des Guises dont le gouvernement avait 
exaspéré l'opinion. Protestants et catholiques se deman- 
daient anxieusement quelle politique elle allait suivre. 

Le catholicisme, en France,avait encore pour lui sans doute 
la majorité de la nation, surtout le peuple ; mais il y perdait, 
de jour en jour, du terrain, rendu odieux à beaucoup par ses 
abus invétérés, la corruption de certains membres de son 
clergé, le fanatisme et t'ambitioo de ses représentants spiri- 
tuels et politiqueSjpar l'appui^ aussi, égoïstement intéressé et 
maladroitement intempestif, que lui prêtaient, du dehot^ 
Rome, naturellement, et surtout l'Espagne. 

Le calvinisme dans ses rangs avait enrôlé une partie con- 
sidérable de la noblesse et de la classe moyenne ; il pouvait 
saluer à son service de hardis capitaines et mettre, d'ores et 
déjà, dans la branche des iJourbons, dans les princes de 
Navarre, ses meilleures espérances. A l'extérieur, ses alliés 
étaient l'Angleterre, les princes allemands et les réformés 
de tous pays. 

La décision qu'en face de cette situation, prendraient la 
reine mère el, par suite, la royauté très chrétienne pouvait 
avoir pour eflet de faire pencher, complètement et définiti- 
vement.la balance au profit de l'une des deux religions qui se 
trouvaient alors aux prises. Et ce qui, sous ce rapport, se 
passerait en Fiance pourrait avoir, dans le reste de la chrê 
tienlé, des conséquences incalculables. Dans une conve 
lion avec un des agents du duc de Florence, le cardinal 
Touruou disait : " De la protection que la reine accordera 
négligera d'accorder à la foi catholique dépend l'avenir reli- 
gieux de l'Europe. Si le catholicisme tombe en France, qui 
sait combien d'autres nations imiteront, bientôt et ju 
bout, rAllemagne et l'Angleterre (2) ! 

{!) Reîasioni degli ambasciatori veneti ,., 1* sér., t. IV, p. 139. 

(2) NDD, l. c, pp. 429— J. H. Mariéjol, La Réforme et la Ligue.- 
L'Édit de Nantes tiri59-1598), pp. 39 sv. (E. Lavisse, Histoire de Frat 
t VI, 1). Paru, 1904. 



I 



lire* 

"M 



Conformémeiit à son caractère, plutôt que d'adopter une 
ligue de conduite nette el tranchée, plutôt que d'attaquer 
directement et de front, au risque de s'y briser, les obstacles 
et les résistances, Catherine se décida à louvoyer. 

Antoine de lîourbon lui contestait l'autorité de régente 
dont les États généraux l'avaient investie : le 37 mars lâGl, le 
roi de Navarre était nommé lieutenant général du royaume, 
et recevait le commandement des armées. Il abandonna, dès 
Jors, toute prétention à la régence; avec luises frères signè- 
rent cette renonciation.Cathenne gardait l'administration des 
finances, les dépêches, la nomination aux charges et aux 
bénéfices. 

A regard de la masse des réformés, elles'étaitmontrée.par 
ailleurs, politique sage et avisée ; mais aux premières mani- 
festations de tolérance les catholiques répondirent par des 
émeutes. Ils s'étaient épouvantés de ce partage du pouvoir 
avec Antoine de Bourbon. " Si celui-ci parvient à écarter les 
* Guises et le cardinal de Tournon, écrivait l'ambai^sadeur 
" de Toscane, il s'attaquera à la reine et tentera de gouver- 
** ner avec le concours du connétable et de l'amiral (1). " La 
leine mère, ajoutait un avis anonyme, a bien montré n'être 
qu'une femme, en cédant aussi bénévolement son autorité 
au roi de Navarre. Ce n'est pas seulement un désordre ; c'est 
une lâcheté (2). „ 

A vrai dire, remarque NicolasTornabuoni, ce n'est pas uni- 
quement entre les huguenots el les catholiques, mais, sous le 
couvert de la religion, entre les Bourbons et les Guises que 
s'agite la question de prépondérance el de domination. C'est 
pourquoi, dit-il, la querelle se prolongera, en dépit de tous 
les colloques et de toutes les assemblées. Le dessein, à demi 
transparent, du chef de la maison de Bourbon, Antoine de 
Navarre, est d'éloigner le chef de la maison rivale, de forcer 
la reine à la retraite et de gouverner ensuite (3), 

Mais Catherine fut la plus habile. Elle amusa te roi de Na- 

(1) Nicolas Tomabuoni à Cosme I" Paris, 31 mars 1S61. NDD, t. 01, pp, 
448 sv. 

(2) " Avis anonyme, du 27 mars, joint h la dépèche précédente „ Ibid ., 
p. 440. 

(3)NDD.I.c., pp.fô9sr. 



102 LES NÉGOCIATIONS ÊNTRK LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

varre, en lui promellaat de travailler à lui (aire obtenir 
principauté de Sienne (I); en même temps.jouanl double jeu. 
elle essayait d'effrayer Cosme, en répandant le bruit que Phi- 
lippellse proposait dedonner cet éfat à Don Juan d'Aulricbe,^ 
Antoine de Bourbon fut donc la dupe de la reine, comme i]H 
le fut aussi, bientôt après, du roi d'Espagne, qui. pour ache- 
ter sa conversion, fît briller à ses yeux — le duc de Florence 
et son ambassadeur en riaient entre eux — l'espoir d'uq^ 
prétendu échange de la Navarre contre la Sardaigne (î). ^Ê 

Un double coup de théâtre vint interrompre ces intrigues: 
le li> octobre 1562, Antoine de Navant> était blessé mortelle- 
ment au siège de Rouen et, le 17 février de l'année suivante, 
le duc de Guise était assassiné devant Orléans. Le duc de 
Florence observait à distance ces événements, se demandant 
quelle en serait l'issue et renouvelant, de temps à autre, ses 
offres de service au roi et à la reine (3). Ils en profitè- 
rent bientôt. Déjà, le 17 juiliel 1563. la reine mère avait fait 
entendre à l'ambassadeur toscan que, dans le cas où ces 
offres du duc seraient acceptées, elle désirerait, comme sub- 
sides, de l'argent plutôt que des soldats, de peur d'introduire 
dans le royaume trop de troupes étrangères (4). 

Dans le courant du même mois, Barthélémy del Bene était 
envoyé à Florence pour négocier un emprunt de deux cent 
mille écus.Le duc hésita, tout d'abord, à piêter àLeiirsMajes>^l 
tés une somme si considérable ; mais il céda ensuile,paraîl-if,™ 
puisque del Bene écrivait à la reine mère, le 7 septembre, que 
Son Excellence tenait à sa disposition la plus grande partie 
de la somme requise (5). Catherine témoigna de sa reconnais- 
sance par une lettre autographe, écrite vers la fin du même 
mois (6). Peu après, del Bene était envoyé, de nouveau, à 
Florence, pour solliciter du duc * le reste de l'argent qu'il 
devoit prester (7) „. Cosme alors, pour s'excuser de u 



(1) Lettres de Catherine de Médicis, t. I, pp. 204 sv. 

(2) A Desjardimb, op. cit., l. c , p. 433. 

(3) Voir, par exemple-, ASF, Medieeo, 54, c. 130 r. et ibid., passim. 

(4) Nimlas Tomnlmoni ù Cosme l'r, 17 juiUel 1562. NDD. l. III. p. lîl 
(5t Voir ASF, Medieeo. 53, c. 237. — Ibid., c. fâ8. 
(6) Lettres de Catherine de Médicis, t. I, p. 409. 
(T) Ibid.. p. m. 



LA PREMIÈRE FNTERVENTION DE LA TOSCANE EN FRANCE. 103 

pas donner enlièremenl suite à sa promesse (1), objecta la 
paix que Leurs Majestés venaient de conclure en France. 



Calherine effectivement avait compris que nul moment 
ne pouvait être plus opportun pour travailler à la pacifica- 
tion du royaume et dé^^ager l'autorité royale de la sujé- 
tion où tentaient de la tenir les partis. Les chefs les plus en 
vue des protestants, comme des catholiques, venaient de 
disparaître : n'était-ce pas une excellente occasion pour 
tâcher d'établir entre les deux factions religieuses qui 
divisaient le pays un semblant d'équilibre, auquel elle pré- 
siderait et qu'elle ferait tourner à son profit ? Pour cela, elle 
jugea habile d'accorder, momentanément au moins, aux 
réformés une tolérance semi-officieMe, tout en leur refusant 
toujours le droit commun ("2K 

Après de longues négociations, les bases d'un accord 
furent arrêtées, le 12 mars 15()3, et, le 19. fut promulgué 
redit de pacification d'Amboi.se. A vrai dire, il ne satisfit 
aucyn parti, t'hez les protestants, qui le trouvaient insuffi- 
sant, le mécontentement était très vif. Parmi les catholiques, 
on déplorait amèrement les concessions qu'il faisait à l'héré- 
sie. Cosme, naturellement, se rangea parmi ces derniers. I! 
osait écrire à son ambassadeur que les conditions de la paix 
lui semblaient dures et néfastes pour ce qui regardait le bien 
de la religion f3>. Catherine répondit à l'ambassadeur floren- 
tin, qui lui communiquait les remarques de Son Excellence ; 

• Je suis sure que, si le duc était â ma place, il n'aurait pas 
** agi autrement. D'ailleurs j'ai été, avec mon conseil, forcée 

• de faire ce que j'ai fait. Je suis persuadée, au surplus, que 

• parles armes on n'eût pas abouti à résoudre la question. 



(1) ** Il debito et le.ipese continue clie io mi trovo addosso, con la streU 
tezza che è hoggi pertullo di dannri, hainno rausato che da me non si è 
coniplita la promessa di cenlomila scudi. Et poicht non reslerebtrano a 
sborsar più che venlemila..., pigliorô sicurtù dfllla sua corlcsia, Irovnndoai 
per la conchiusione et stabîlimento dell' accordu, libcratn dalle gravi spese 
délia guerra... „ (19 avril 1563). ASF, Afediceo,54, e. 171 r. 

(!t J. H. M^RiÊjoL, op. cit-, pp. 173 st. 

(3) ASF. Mediceo, 54, c. 178 r. 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRAKCE. 

* Eussions-nous été vainqueurs dans un bataille, qu'il nous 

* eut fallu accorder, quand même, aux huguenots des condi- 
" lions analogues ik celles que nous venons de leur concéder 
" par le traite de paix. Etions-nous vaincus, au contraire, 

* tout le royaume tombait entre leurs mains. J'ai donc pris 
" des mesures pour faire, à tout prix, cesser une guerre qui 
" ne pouvait être que désastreuse. Quant à la religion, ras- 
" surez le duc : je lui démontrerai, au besoin, que je suis 
" bonne chrétienne (1). „ 

A d'autres personnages Catherine écrivait : " Si la paix,j 
" n'est pas, du tout, telle que nous l'eussions pu désirer. elU 
" est telle que nous avons pu : et la nécessité nous y a con^ 
" traiucl, pour éviter un plus grand mnl que nous voyons 
" tomber sur nous, sans moyen de renipescher ; duqueL 
" dépend rien moins que l'entière subversion et ruine mani— 
" feste de celte coronne (2). „ En guise de commentaires aux^ 
explications et aux protestations de Catherine, l'ambassa — 
deur prenait plaisir à informer le duc que la conduite dela^-. 
reine était maintenant fort édifiante. " Les protestants,»- 
" disait il,ne prêchent plus àlacouretce minislre[réformé|quiK 
" était auprès du prince de Condé a élé renvoyé (8)... La reine,^ 
** d'ailleurs, se montre de plus en plus catholique fervente ^2 
" une de ses dames d'honneur, qui n'a pas voulu conimunier,^. 
" à été éloignée sans ménagements (4). „ 

Quelque opinion qu'il pût avoir de ce prétendu redouble- 
ment de catholicisme chez sa cousine, Cosme n'en était pa^ 
moins fort intéressé et tenait, plus que jamais, à être minu- 
tieusement renseigné sur tout ce qui se passait en France^ 
" Nous vous prions instamment, écrivait-il à son ambassa-j 
" deur, le 20 novembre 1563, de nous tenir exactement ai 
" courant de tous les évènemenls.sans omettre les prévision^ 
" qu'il est possible de faire à leur sujet. . Plus que jamais, 
" est nécessaire que rien ne nous échappe, étant donné que 



(l)NDD, ï. c, pp. 501 ST. 

(2) Lettre à Robert cl Laurent Stroizi, écrite de Saint-Mesmin,le30 me 
et publiée par de. Lacombe, op. cit., pp. 336 sv. 

(3) Ibid. 

(4) NDD. 1. 111, p. 510. 



LA PREMIÈRE INTERVENTION DE LA TOSCAÎTE EN FRANCE. 105 



* lant de gens aujourd'hui interviennent dans les manigances 

I* (maneggi) de ce royaume (1). „ 
La paix une fois ratifiée.non sans peine, par les parlements, 
dont plusieurs s étaient monfrés nettemenf hostiles à toute 
transaction. Catherine avait encore fort à faire. 11 lui fallait 
demander à un pays épuisé les sommes nécessaires pour 
débarrasser les provinces des reltres, qui les occupaient. 
Ce sacrifice obtenu, il fallait encore trouver de l'argent pour 
organiser une nouvelle armée, qui devait faire le siège du 
Havre, avant l'arrivée de la llode anglaise. Cette tAcbe la 
reine l'accomplit, et non sans gloire. Lorstjue sur les tours du 
HAvre flotta le drapeau français, elle se rendit à Rouen et y 
fit proclamer la majorité de Charles IX, qui entrait dans sa 
quatorzième année (13 août 1Ij63). Profitant ensuite des loisirs 
d'une longue convalescence, elle dicta à Montaigne, son 
secrétaire, dans un style à la hauteur de ses grandes vues 
politiques (2). des " conseils „ destinés au jeune roi. 

Charles IX ef sa mère consacrèrent enfin les années 1564 et 
15tî5 à parcourir les diverses provinces du royaume. Il est 
intéressant de constater que Catherine tint son cousin de 
Florence au courant de ces courses politiques. Le 15 avril 
1564. elle lui faisait part de la joie qu'elle éprouvait à rencon- 
trer, de tous côtés, obéissance et fidélité,* lesquelles on veoyt 
" croistre et augmenter de jour à aultro „. Presque à la même 
date, elle lui annonçait la conclusion de la paix avec l'Angle- 
terre,paix dont elle espérait beaucoup de bien (3). Le 2 février 
1565 enfin, elle lui exprimait l'espoir qu'elle avait, ainsi que 

ison fils, de rencontrer prochainement, à Bayonne, la reine 
d'EIspagne: " Ce qui sera toujours moien pour nourrir.forlifier 
(1) **.... Perè. procurate di scrivere più cbiaro che protrele di quel 
saccessi et di quel che sia per succedere, potendnai facil mente haver molto 
lume, poichè son molti oggi di qu^lli che interrengono ne' maneggi di quel 
regno .. ,• ASF, Mediceo, 55, c. Iâ2 r. Voir aussi les autres lettres du due à 
cet ambassadeur. Iftid. et liasses ci-dessus indiquées. 

(Z) H. Dx LA Femuere, Lettres de Catherine de Médicis, t. II. pp.I st. — 
Voir RHE, L VI (1906), p. 8^. 
[^ Lettre»..., t. Il, p. 175. 



106 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE- 

* el augmeDter celte bonne paix et amytié. qui est entre les 
" deux roys mes eofanls, et une nouvelle, dont il nous semble 
" que tout le monde désireux de repos universel de la cbré- 

• lienté se doilt réjouir (1). „ 

A l'issue de cette rencontre, qui eut lieu au mois du mai, 
Catherine elle-même, envoyant M. de Verceuil à Rome, le 
priait de rendre, en passant, visite au duc de Florence : Par 
dessus tout, recommandait-elle, ayez soin de * lui conter des 
" nouvelles de ceste entrevue de laroyne d'Espagne.ma fille, 
" et de nous (2). „ 



Au cours précisément de ces deux années 1564 et 1565, il 
s'était produit dans le gouvernement iolérieur de Florence 
des cbangements qu'il importe de signaler. En 1564, Cosme 
I*"^ avait cru devoir appeler au pouvoir son fils. François de 
Médicis.Cet événement, s'il eût constitué de la part de Cosme 
une abdication pure et simple, aurait pu avoir, au point de 
vue dtploniatique, des conséquences dont on entrevoit aisé- 
ment la portée ; mais, avec le Litre de duc de Toscane et de 
Sienne, Cosme conserva la suprême autorité ; ce fut à lui que 
continua d'appartenir le droit d'élire l'amiral des galères et le 
général de l'armée |3|.Enfin, même dans les affaires de moin- 
dre importance, le père se chargea de conseiller et de 
diriger son fils. 

Comme il convenail.le jeune prince François I*^ s'empressa 
de notifier son avènement aux diverses cours, tout particu- 
lièrement à la cour de France. A Charles IX l'ambassadeur 
déclara que son nouveau souverain n'avait et n'aurait 
jamais d'autre désir que déplaire an roi très chrétien, que 
de le servir, aussi fidèlement qu'avait l'ait le duc Cosme. 
Charles IX accueillit de bonne grâce cet acte d'hommage (4). 

Peu de temps après, Tornabuoni fut rappelé (5). En somme, 



(1) Ibid., 1. 111, p. 260. 

(2) Lettres..., t. II, p. 29S. 

(3) Cf. R. (îAij-tTZ7.i, op. cit.. l.e. . pp. IlOav. 
H) Nicolas Tornabuoni au prince de Florence, François de Médidsi 

10 juillet 1564. ASF, Médicea, 4a56, c. 7. sv. 
(5t Voir Appendice, Dot. VII, 1. 




INTERVENTIOIf DE 



FRANCE. 



aucune négociation de bien grande importance n'avait été 
enlamce.pendant les quatre années qu'il séjourna en France, 
^u milieu de la situation, fort complexe et fort embrouillée» 
que traversait le royaume, il avait été, plutôt qu'un diplo- 
mate entreprenant, un nbscrvaleur attentif, et - s'il nous est 
permis d'employer ce terme éminemment moderne — un 
reporter consciencieux et zélé ; pour fournir des renseigne- 
ments abondants et curieux sur les hommes et les choses, il 
n'avait guère besoin d'être stimulé. De cette qualité ses 
dépêches font foi. 
B A un autre point de vue, il avait eu, de plus, le mérite — 
malheureusement trop rare alors — de conservera la cour, le 

f souci et le respect de sa dignité d'évOque, 
Le caractère de son successeur, le commandeur J, M. 
Pelrucci (l),ful quelque peu différent. En tout cas et sans con- 
tredit, au point de vue diplomatique, il fut, on pourra s'en 
convaincre bientôt, le plus habile de tous les ambassadeurs 

I toscans dont nous nous occupons dans ce travail. Il allait 
résider en France depuis 1565 jusqu'à la fin de 1572. 



*% 



Au moment où Petrucci partait pour Parts, c'étaient surtout 
les préoccupations financières qui dominaient dans la poli- 
tique toscane. A ce propos, les recommandations adressées 
à l'ambassadein- insistaient sur deux points. Tout d'abord, on 
le priait de ne rien épargner pour déterminer Leurs Majestés 
à amortir les dett<3s qu'elles avaient contractées envers Son 
Excellence, Prévoyant des difficultés, on suggérait à Petrucci 
de leur arracher, tout au moins, en garantie, des * assigna- 
tions „ ou hypothèques, telles qu'ils en avaient consenties au 
duc de Savoie et au duc de Ferrare(2). 



(l) La vip do ce rcrnnrquable homme d'Élat nous est à pea près inconnue. 
IJ appartenail à l'une tln^ familles les plus célèbres d<? Sienne, dont son 
frère, le cardinal RaphaPl Pelnicci, avait élé gouverneur. Notre ambas- 
sadeur t'Iail abbt* titulaire de Son-Donalo-in-Poggio,commftnderiede l'ordre 
de Saint-Etienne. Après son retour à Florence vers la fin de Ibli, dous le 
perdons complètement de vue, el nous ignorons jusqu'à l'année de sa 
mort. Cf. A- Desjardiks, op. cit., I. e-, p. 514. 
Voir Appendice, Doc. VU, 6. 





108 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



Subsidiairement, l'ambassadeur devait prier, très affec- 
tueusement, Leurs Majestés d'envoyer un personnage de 
marque pour assister aux noces de la Sérênissime princesse 
Jeanne d'Autriche avec François de Mcdicis. Les services qoe 
Leurs Excellences ont toujours rendus à Leurs Majestés leur 
donnaient bien droit à cette déférence, de même aussi que les 
liens du sang, qui unissaient les deux cours (1). Un tel acte 
de condescendance, au surplus, ne serait pas agréable seule- 
ment aux souverains de Florence, mais encore à l'empereur 
et au roi d'Espagne. 

Le commandeur Petrucci arriva en France vers la fin 
d'août (2). Il fut reçu à la cour le 15 septembre (3). Tout 
d'abord il vit Catherine — on le lui avait recommandé (4) — etj 
suivant la coutume, il lui adressa un long et pompeux dis* 
cours. " L'affection du duc et du prince pour la reine, 
" y aflirmait-il, était extrême. Ils ne songeaient, en toutes 
•* choses, qu'à la servir. „ Catherine, de son côté, protesta 
qu'aussi longtemps qu'elle aurait tant soit peu d'influence, 
elle travaillerait, de tout son pouvoir, à aider sa maison de 
Toscane. L'ambassadeur fui ensuite introduit chez le roi. 
Les choses s'y passèrent à peu près de la même façon (5). 
Petiucci. en bon diplomate,n'osa pas aborder de suite la ques- 
tion de l'amortissement de l'emprunL II lui parut préférable 
de parler, auparavant, du désir qu'on avait, à Florence, de 
voir un représentant de la France rehausser par sa présence 
lesfuturessotennilesnupliales.il n'obtint, semble-t-il, sur 
ce point qu'une réponse évasive. 

11 y avait plus d'un mois qu'il était à la cour, et il n'avait 
pas encore trouvé l'occasion d'entamer des pourparlers 
sérieux au sujet du remboursement des sommes prêtées par 
Cosme. 

Il finit, cependant, par obtenir du prélat del Borgo un rele- 



I 



t 



(1) " Procurate voi che segua Feflfelto, con Inssarvi destramente intendere 
che quealo invito non si fa per cotnptimeato, ma pcr desiderio di recevere 
questo favore datle Lor Maeslà. „ Ibid. 

m Voir ASF, M«diceo, 4696, c. i r. 

(3) Ibid., c. 4 r. 

ii)lbid.,c.5t. 

(5) Ibid* 



LA PREMIÈRE INTERVENTION DE LA TOSCANE EN FRANCE. 109 



vé décompte. Dès qu'il serait signé, lui disait-on, on pourrait 

s'occuper des voies et moyens de remboursement (1). Au 

cours des mois suivants, il eut beau réitérer ses instances, il 

ne reçut que de bonnes paroles, et, en mai 1566, le prince 

François coraraençail à exprimer tout haut des inquiétudes 

sur le sort futur de sou argent (â). Leurs Majestés avaient 

bien donné à entendre qu'elles consentiraient au duc quelques 

* assignations , sur certains revenus ou territoires (3) ; mais 

on arriva aux premiers mois de 1507, sans avoir pu obtenir 

auLi'e chose que cette vague promesse (4). " Nous voyons 

■* qu'on vous a payé de paroles, alors que c'est d'argent dont 

^ • nous avons besoin, écrivait mélancoliquement le duc à 

P" Petrucci. On satisfait tout le monde, excepté nous (5). , 
En France, cependant, la guerre était devenue de nouveau 
imminente.Loiu de pouvoir songer à payer leurs dettes,Leurs 
Majestés se trouvaient dans la nécessité de faire d'autres 
empruuts. Dans ce but, elles avaient, de divers côtés, envoyé 

^V (1) Per ancora non ho aegnUato quanlo appartiene alla rescossione delli 
duemlla scûdi et delli ulluntatuîla da qucsla corona^ perché, corne ta patrà 
inlender dal vescovo, delli duecuila la regina dà buonîàsiine parole, ma non 
•e ne vedc cosa alcuna d'eirelto ', quanlo alli oLtuiitainila il vescovo mi lia 

tlassato un Irnnsuuto dcl conUi fallu dalincamcra de' conlJ di qucsLa rrgiio, 
Cuti ilquale, quondo s.irû firmulo dal r«, si polrù damandar il pagauieitlo, 
et albora s' harù più faciliiucnte assegnamento certo et lungo, clie dcna- 
ri in contanti.., ASF, Mediceo, 4ô9G, c. 8 r. 

(2) Air ambtisciatore Petrvtccio, delli 31 di maggio 66 : ** Nelle quali 
[leltere de' 9, 16 et £7 di marzo] conoaciaioo In diligcnza cli« usatc in esigere 
il crinlitochc hoLbiaino con quelle MaesUi et parimente la dilIicoUiî che tn 
ciù Irovaie. Et non è diiLhiu chèque] regiio ha sopportalo gravi spese da 
trovarsi, se non in disordine, almeno in qualche incommodilù di pagare i 
suoi debiti : tuttavia si vede dut ne pûga,ét ooi che l'aLhiumo scrvito ne' 

H bisogni urgenLi graliosamete et senza sua spcsa, cred^Temmo d'haver a 
^ e&ser preposli a di molli allri, si corne ci rendîacno sicuri che Lur Maestà ci 

preporan. Sicchè non ceasate dall' instantia... „ ASF, Mediceo, 4€(â, c. 

IS"'. Voir aussi ibid,, c. 17 r. et c 19 v. 

(3) " La buona inteutione ehe quclk- Maestà v' hanno data per l'asae- 
gnamento nelli nuovi Slati, c' ha apportalo niolta ropsolalione per la 
necessibi che liabbinmo di quel rî.scallo, il quale doverù a quesla hora esser 
accomuioduto in qualt-he buona forma... „ Le prince de Toscane à M. J. M. 
Petrucci, 31 octobre 1566. ASF. Mediceo, 4602, c. 34 r. 

i4)idid.,c.33r. 

(5) Ibid., c. as (6 février 1567). 



110 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE, 



des chargés d'affaires extraordinaires, pour solliciter de leurs 
alliés Don des troupes étrangères, dont elles n'avaient guère 
besoin (1), mais des secours en numéraire : trois cent mille 
écus du souverain pontife et cent mille au moins de Venise. 
Dans cet appel intéressé, le duc de Florence ne fut pas 
oublié. On lui offrit des cautions pour les dettes déjà con- 
tractées et des compensations pour un nouveau prêt (2). . 
Leurs Majestés très chrétiennes espéraient recevoir de lui au ^Ê 
moins deux cent raille écus elles s'obligeraient pour trois ^1 
cent mille, y compris la dette antérieure (3). La reine, 
exposant à Petrucci les bases de cet arrangement, lui disait. 
" A leurs Excellences nous donnerions, comme assigna- 

* tioiis, les douanes de Lyon. Si cela ne leur plaisait pas, 

* nous formerions |)our le fils du duc un Etat d'une valeur de , 

* trois cent mille écus (4). „ H 
Catherine, par ailleurs, taisait sonner bien haut sarecon- ™ 

naissance future et protestait de son désir d*en fournir les 
preuves les plus éclatantes. D'ores et déjà, elle aurait voulu 
attirer près d'elle le plus jeune fils de Cosme, Pierre deH^ 
Mêdicis : " Qu'on le confie à ma proteci ion, disait-elle àTam*^ 
" bassadeur, et je le pousserai si loin que te duc ne pourra 
" désirer mieux. Si nous avons tant fait pour Louis de Gon-^M 

* zague, duc de Nevers, qui ne nous est rien, que ne ferons* ^ 
" nous pas pour quelqu'un de notre sang (5) ! „ 

Le cardinal deSauta-Croce, suivant Petrucci, lui avait mis 
cette idée en tûte. Mais ce n'était pas tout : elle projetait de 
marierce jeune Pierre do Médicis avec Marie de Clèves et, 
d'autre part, d'unir le duc d'Alençon à la fille de François, le] 
jeune souverain de Florence. 

Il ne manquait pas de gens, parmi les amis du duc, pour 
trouver ces projets admirables et propres à augmenter puis- 
samment l'influence des Médicis (6). Mais, malgré tous les 
conseils et toutes les prières, malgré tous les avantages, plus^ 

(l)NDD.t.IIl,p.540. 

(2) Ibid. 

(3) Ibid., p. &4â. 

(4) ma., p. 546. 

(5) ma. 
((>) ma., p. 547. 



LA PREMIÈRE INTERVENTION DE LA TOSCANE EN FRANCE, tll 

OU moÎDS réels, que I'od fit briller à ses yeux (1), Cosrae fut 
d'un avis contraire ; par uae lettre du 6 novembre 1507 (2), 
il s'excusait auprès du roi de ue pouvoir, étant douiiée la 
pénurie de son trésor, consenlir à rempruut demandé. Par 
là même, c'en était fait des projets de mariages, imaginés 
par la reine mère. 

Celte double déconvenue exerça-l-elle quelque tuOuence sur 
les déterminations de CalLerine de Médicis ? Toujoui*s est-il 
que, pour le succès de sa politique, une cessation d'hostilités, 
une trêve du moins, entre protestants et calholîques.lui parut 
nécessaire. A rencontre de tous, et d'abord sans grande con- 
fiance elle-même dans l'issue de ses efforts {'ij, elle se mit à 
y travailler Les chefs protestants, se réunissant à Saint- 
Denis, commencèrent à parlementer avec le roi ; puis les 
négociations furent brusquement rompues et les huguenots 
se préparaient à bloquer Paris (4). Enfin, nonobstant Ions ces 
contretemps, la paix fut signée, ù Lougjumeau, le 30 mars 
1568. 



(1) Lor Maeatà hanno scritto, secondo mi vien detlo, aile Vostre Eccel- 
leaze ed al cardinale, mio signore ; donde si conoscerà il vero lor animo..>„ 
[Ibidt- Voici la lettre du roi au duc : " Mon cousin. Envoyant présontemeul 
par devers vous le Sr De\ Bene, présent porteur, je luy ay cumandé vous 
faire entendre bien au long Je l'ei^tat des alfera de mon royaume et ce que 
je désire préseiitement de vous aux occasions qui s'offrent, dont lu'asseu* 
rant qu'il vos sçaura rendre très boa compte suyvanl la charge qu'il a de 
moy... „ De Paris, ce ni» jour d'octobre Î5G7. Cbarlfis. BNP, Fonda 
UaL, 1C82, f« 314 r. 

(2| Al re di Francia, 6 novembre 1567. ASF, Mediceo, 58, c. 28 r. Idem 
a la reine>mère. Ibid., c. 28 v. Voir aussi la lettre de la duchesse à la reine, 
où elle lui présente les excuses du duc au sujet du prêt. Ibid-, c. âU. 

(3) ** Potete sicuramenle scrîvere, disait-i'Ile à Petrucci, le 28 janvier 
1568, che c' è poco modo di far pacc. „ NDD, l. c, p. Ô66. 

(4) CflJ. H. Mariéjol, op. cit., pp. 97 svv. 



Chapitre cinquième. 

La diplomatie religieuse et politique 

de la Toscane 

durant et après la troisième guerre de religion. 

(1568-1571) 



La paix de LoDgjuiueau ne fut, à proprement parler, qu'une 
suspension d'armes, " une guerre couverte „ suivant l'expres- 
sion de Lanoue (1). Historiquement, toutefois, elle marque 
une date importante. Désormais, non contente de se défendre 
contre les entreprises des ijuguenots, l'Eglise catholique, en 
France, prend résolument l'offensive. 

C'est surtout û la vigoureuse propagande des ordres men- 
diants, si puissants alors sur les niasses, qu'est dû ce mouve- 
ment de revanche religieuse (2). En tout cas, tandis que les 
prédicateurs populaires ne cessent d'anathémaliser les héré- 
tiques, les accusant d attentats contre toutes les lois divines 
et humaines, partout des ligues armées s'organisent pour la 
défense de l'Eglise, avec le consentement plus ou moins tacite 
du pouvoir. Catherine de Médicis, en eflet, était toute disposée 
à profiler de cette effervescence. 

Elle espérait pouvoir placer à la lête du nouveau parti, 
comme chef inconleslé, le duc d'Anjou, " cet enfant unique- 
ment cliéri (3) „. De la sorte, sous te couvert du jeune roi et 
au mieux des intérêts de son ambition, elle dirigerait elle- 
même la lutte (4). 

Pour bien comprendre, d'ailleui-s, ce mouvement d'offeo- 

(1} Cf. J.J. GuiLLEMi.f, Le cardinal de Lorraine, son influetice politique 
et religieuse au xvi"' siècle, pp. 416 av. Paris 1817. 

(2) Cf. J. H. Mariéjol, La Réforme et la Ligue. — L'édii de Nantei 
(1559-1596), pp. 101 sw-tEHNEST La visse. Histoire de France, t. VI,1). Paris 
19M. I 

(3) Ibid., p. 104. 

(4) Cf. H. DE LA Ferbièrk, Le xvi* siècle et les Valois, d'après hs docu- 
ments inédits du Britisch muséum et du Record office, p.âOG.Paris, 1979. 



DURANT ET APRÈS LA TROISIÈME GUERRE DE RELlèfON. 

sive catholique, dont, huit ans plus tard, sortira la graude 
Ligue, il ne faut pas oublier que, dans son origine, comme 
d«QS ses développements, les excitations venues de Rome 
eurent une large part. Or, précisément, il se trouve que la 
diplomatie florentine a exercé une influence, peu connue, 
mais indéniable, sur l'élection et sur le gouvernement des 
papes de cette période. 

A 

Pie IV était mort le 9 décembre 1565. L'ambassadeur tos- 
can. Petrucci, appelé à jouer un si grand rôle dans tous les 
événements qui allaient suivre, fut le premier à en informer 
la reine-mère et Charles IX. Des pourparlers eurent lieu, sur 
le champ, au sujet du conclave. 

L'ambassadeur n'avait, pour le moment, aucune charge 
oflicielle ; mais, renseigné d'avance sur les intentions de son 
maître, il se fit un devoir d'inviter la reine à les seconder (1). 
Les vues du duc de Florence se portaient, celte fois, sur le 
cardinal Ange Niccolini, tlorenlin, duquel Leurs Majestés, au 
dire de l'ambassadeur, pouvaient attendre beaucoup pour la 
pacification de la France (2). Catherine, à son tour, lui dévoila, 
sans ambages, son plan. 

" Lors même que le duc de Florence serait mon frère, 

* afiirma-t-elle, je lui dirais que je suis obligée d'appuyer le 

* cardinal de Ferrare. La couronne de France mettra tout 

* en œuvre pour le faire réussir ; car, bien que nous puissions 

* espérer beaucoup de u'iiiiporte quel pape, nous avons des 

* raisons d'espérer beaucoup plus du cardinal de Ferrare, 

* pour en finir,une bonne fois.avec les troubles qui boulever- 
' sent ce royaume (3>. , 

Le duc de Florence avait de tout autres visées : exclusion 
absolue du cardinal de Ferrare et du cardinal Farnèse, 
élection du cardinal Ricci de Montepulciano, créature de 
Jules III, ou du cardinal florentin, Ange Niccolini. Dans le 

(1) Petrueci à Gisme l*' et au prince François de Médicis, Varennes, l« 25 
décembre 1565. NDD, tlU, p. ^1. 
(S) Ibid. 
(3) Ibid, 



114 LES NÉGOCIATIONS KNTBE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



i 

i 



cas où l'élection de l'un ou de l'autre rencontrerait trop 
de difficultés, l'accord devait se faire sur un sujet qui pour- 
rait recueillir la majorité des voix, avant l'arrivée des car- 
dinaux ultramootains (1). 

Ce plan avait été coufié au cardinal Borroinée : Celui-ci 
se trouvait à Flurence, lors de la mort de son oucle,el Pie IV 
lui avait naguère recommandé de favoriser les vues da duc 
de Florence (2). 

Dans ce conclave, on allait donc revoir les intrigues qui 
avaieut caractérisé les conclaves précédents (3). 

Charles Borromée n'était âgé que de vingt-trois ans, loi^- 
que Pie IV lui avait conféré la pourpre; mais le jeune cardinal 
avait prompleaient fait preuve d'un véritable génie dansk 
maniement des affaires. 

A ce moment, il se trouvait à la tête de la plus nombreuse 
faction des cardinaux : la plupart d'entre eux avaient, en 
effet, été créés par son oncle. Il était soutenu, en outre, par 
diverses influences étrangères (4). Il avait apparemineut 
conscience de sa responsabilité ; et si, plutôt que de faire 
triompher le candidat qui lui était recommandé par Florence, 
il n'hésita pas, en dépit même des volontés dernières de Pie 
IV, à faire converger sur un autre les sympathies du sacré j 
collège, il est permis de penser, contrairement à l'opinion de ■ 
Galluzzi, qu'il n'écoula en cela que son zèle pour la religion 
et les intérêts de TÉgltse (5). M 

Le 7 janvier 156G, presque un mois après la mort de son' 
prédécesseur,rex-iuquisitcur général si redouté, Fra Michèle 
Ghisleri, était élu, ù la presque unanimité, et prenait le 
nom de Pie V (6). 

(1) R. Gai.luzzi, op. cit., t. III, p 141. 

(2) J6id., l. c. et pp. av. 
(3)Pûur les péripéties du conclave du Pie V en général,il faut lire le chi 

tre V de P. Huihe, Faitultum und Papstwaht in Zeitalter Philipps 
pp. 103 et svv,LeiiJiig,19u7.Partici)lUir»."iuciit puur l'actiMii exercée par le Juc 
de Florence sur rûleclîon de Pie V et pour la politique de Cosine vis-à-vis 
de l'Espagne, ce livre expose nctlemunl les diverses phases de toutes ces^ 
manœuvres. 

(4) R. Galluzzi, op cit., î. c, p 142. 

(5) Op. cit. l. c, pp. 142 sv. — Cf. Hebre, op. cit., pp. 127 sv. 
{6| Aaao uoslrae »alutia 1556, die septima Idus I&nuarii, Alexandre 




ules ces 




DURANT ET APRÈS LA TROISIÈME GUERRE DE RELIGION. 115 

A en croire Ciaconius, lorsque le peuple romain apprit 
sette élection, il fut saisi d'effroi (1). On appréhendait de 
voir renaître les jours sombres de Paul IV, dont le souvenir, 
lié à celui d'une sévère réforme des lois, était resté odieux. 
Or, le nouveau pape avait été son disciple favori ; l'activité 
qu'il avait déployée dans ses fonctions de grand inquisiteur 
lui avait valu la réputation d'un homme nedoutable et cruel ; 
il passait, en outre, pour être d'un caractère irritable et 
colère, bien que, dans ses plus violents mouvements d'indi- 
gnation, la douceur reprit vite le dessus (2). Averti de la 
crainte que son avènement inspirait au peuple, il aurait dit : 

• fions-nous à Dieu; grâce à lui, j'espère que nous nous 
" conduirons de telle sorte que les Romains seront plus affli- 

* gés de notre mort qu'ils ne Font été de notre avènement (3)., 
Cosuiel'=',Iui aussi, fut intérieurement peu content de celte 

élection qui contrecarrait ses projets: il pouvait pourtant 
se féliciter d'avoir vu éliminer deux candidats longtemps 
redoutés, dont l'un, le cardinal de Ferrare, était le préféré de 
la France (4). 

Malgré son mécontentement, le duc, par l'intermédiaire de 
son ambassadeur, B. Concini, s'empressa d'offrir ses félici- 
talions au nouveau pontife, auquel il adressa (5) ensuite des 
lettres autographes (6). 

Faroesio, Bonromoeo et Altempsio cardinolibus autoribus, cardinaliutn 
novem et quadragtnta sufFragiis, divino poUus quaiu htimaiio nutu, vir 
iateg«r atque severus, prai-ter stiaiu «.-L omnium cxpeclactiutiem, Ecclesiae 
gabeinaculis sunnnius rcclor, ali|iic non clerus, adinolus fuit. A. Ciacosics, 
Yittte et res gestae ponlificum Romanorum et S. R. E. cardinalium, 
1. 111, col. îkdO.Ronie,l()67.— Cf. aussi R. Gu.LtTzzi,op. cit., l. e>, p.l4& 

(1) Ibid. 

<3) L'ambassadeur vénitien, Michèle Soriano, dit à ce propos : " Sa Saiti- 
teté est de nature colérique et soudaine et le feu lui monte tout d'un 
trait au visage, au moindre tut-contentement „. Ap. A. Baschet, La 
Diplomatie vénitienne.-., p. 19.3. Paris 1862. 

(3) Fidamus, iaquit, in Deo, quo auclore îta nos geremus ut gravior 
Romanis nostrae morUs quaui ek'ctionîï ait moeror, Ergo, rogalu Coluronae 
et Borromaei cardinaiium, Pius appellori voluit.... A. CiAConiva, op. cit^ 
l c, col. 992. 

(4) Cf. R. Gallituj, op. cit., l. c, p. 146 st. 

(5) Cf. la lettre de Pie V au duc de Florence (15 janvier 1566). ASF, 
ilediceo, 371.5, c. 2G7 r. 

\fi) Le même au même (17 février 1506). Ibid., c S69r. 




116 LES NÊGOCUTIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



Le pape le leiuercia cbaleureusemeot et lui témoigna sa 
grande estime. Il lavait toujours connu, en effet, disait-il, 
zélateur de l'honoeur de Dieu et du service de la religiou (l|. 
Le duc, charmé de cette amabilité, quelque peu inattendue, 
se promit de conquérir plus solidement l'affection du pontife : 
pour cela il fallait seconder ses vues, c'est-à-dire le soutenir 
dans son zèle pour la foi, dans ses efforts pour mettre en 
vigueur les décrets du concile de Trente (2). Aussi» à la pre- 
mière requête de Pie V, livra-t-il à l'inquisition romaine le 
célèbre Caj'nesecchi, accusé d'bérésie (.3). 11 affecta aussi 
d'envoyer des soldats à l'empereur et de l'argent à CbaiieslX» 

(1) Cf. les deux letixes ci-desdua indiquées. m 

(2) Cf. R. Galldzzi, op. cU^ L c, p. 147. — L'ambassadeur v><iiitiea, 
Lorenio Priuli, décrit ainsi, en 1566, la bonne entente, qui régnait entr<^ le 
duc de Flureiice el Su Sainteté : " Col puntiGce si deve pronosticare cheil 
duca debbtt star nioito bene, cssetido Sua SantiLl creatura di Paolo 
e dipendente da casa CaroiFa, nemicissioia del re cattolico, il quoie ce 
sempre di abbassare il duca, non aveudo molto buona inteozione retso ( 
lui, come dirù poi ; e vaiendo-si il pontiiice de! consiglio del cardinale di Pi^ 
[Ferdinando, pui GranducaJ in tutte le cose sue, si deve ragionevolme 
credere che il duca possa sperar luolte grazie dal papa e rhe sia per esserc 
mollo unito con Sua Santità ; la quale uuioue lornerà sempre nioltu beoe 
ol duca di Kioreoza, cosi per la sicurl del suo Stato, come anco per la 
riputazione sua.„ Relaziotii ilegli antbasciatori veneti al Senato duranii 
il secolo (JecitHosesio, éd. E. Ai£ebi, 2* sér., t. 11, p. 80. 

(3j Cf. R. Galluzzi, op. cit., l. c, pp. 118 sv. Cependant, le duc 
Florence ne cessa jaxuats d'iutercédcr auprès du souverain pontife, 
laveur de sa délivrouee.Cf. par exemple, la dépêche d'Averardo S«rristori,du 
9 mai 1j67 : " De' casi di Mousiguor LarneseL-chi é difljcilissimo a poterne 
intciidcrc parlicolare alcuno ; ecii» elic l'Eccellenze Voslre faceâsero,Doagli_ 
gioverieuo casa ulcuuu, ma si Lcne iiibralterebbuno in gron parte que 
cundidezza e grau viiluiilù chc eon l'opère hanuu mostra coutra que 
pealilenza di cretici ; per il i-bc uppresso Sua Sontili souo leuuteia concet 
de' piti coUolici principi elie aieiio in cristiaiiitù, la religione,virlii e giu5ti| 
de' quali du iei si predica cou ogui unu. „ Ap. G- Came&trimi, Legaeit 
d'Averardo Serrisfori, p. lai sv. Florence, 1853. 

Voir aussi ta lettre que Pie V adressa au duc, le 17 mai 1567. Il y est 
que le Saint-Père voudrait lui être agréable, mais qu'il ne le peut pas 
toujours, comme daus le cas présent, par rapport ù Carncsecchi, " il quole, 
bavendo voluto negar quelle in ctic era coaviutu per scritturc di sua propria 
maao, ha dilTerito da se mcdesimo il giuditio délia causa sua. „ Le pape 
conclut en disant qu'il coiitenterail le duc, s'il n'avait pas à rendre compte 
de SCS actes à Dieu et aux Lommes. Voir ASF, Mediceo, 3715, c. ^SH t. 



DURANT ET APhÈS LA TROISIÈME GUERRE DE RELIGION. 117 

jour aider ces deux princes dans leurs entreprises contre les 
huguenots (1). 



Poursuivant avec la même ardeur iulassable, avec la môme 
'vigueur inflexible, la restauration intérieure du catholicisme 
et rextermination de l'hérésie, conijitanl, pour l'accomplisse- 
ment de cette tâche ardue, sur le concours énergique des 
princes (2), le nouveau pape avait des craintes du côté de la 
France. 11 suivait donc avec anxiété les événements de ce 
royaume, ou catholiques et protestants étaient aux prises 
et rêvaient mutuellement de s'écraser (3). 

Déjà, pendant que se négociait la paix de Longjumeau. 
Cosme !•" avait envoyé son secrétaire, Barthélémy Concini, 
à Rome, pour renseigner Sa Sainteté sur la tournure qu'al- 
laient prendre les relations inlernationales.A défaut d'autres 
documents, une lettre de cet ambassadeur exlraordiiiaire, 
datée du 11 avril 1568, nous fournit des renseignements sur 
appréhensions du duc de Toscane lui-même (4). En 

rance, dit B. Concini au pape, on en viendra assurément à 
un accord, dangereux aussi bien pour la religion que pour 
Leurs Majestés très chrétiennes. Mettant à profit cette 
trêve, les huguenots ne manqueront pas de tourner leurs 
efforts vers d'autres pays. Il serait urgent de prendre des 
mesures sérieuses, en vue de cette éventualité. La difficulté, 
|t*est l'argent. Que Sa Sainteté se montre bien circonspecte 
'vis-â-vis de ceux qui, comme Annibal Ruccellaï — en ce 
^moment, il fait le tour de l'Italie, pour le compte du roi de 

^B (1) Cf. R. Galldzzi, op. cit., î. c, pp. \Ti^ sv. 

^B (9) ** Il voudrait qu'au H[»irilucl connue au temporel, dit Paoio Tîepoto, 
^^piobassadeur auprès du pontifu en 15tii), les princes (irassent de lui toutes 
^Bhoses ; il m'a dit plusieurs fois qu'il croyait fermement à l'étendue de son 
^^putûrité sur tous \ea Etats et do pouvoir commander en toutes choses 

comme maître absolu. „ Ap. A. Bascuet, op. cit., ibid. 
<3) Cf. E. Vachhdabd, Etudes de critique et d'histoire religieuse, pp.22H 

sv. Paris, lît06. 
(4) Lettera del Concino (Barf) al duca Cosimo, in eut rende conto 

dei eonsigli dati a Pio V sopra le revolueioni di Francia e eià eke «m- 

veniva a S. S- per impedire in lialia novità di guerra e di religione. 

Del letto. il dl U aprile 1668. ASF> Mediceo, 657. las. 33. 



118 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA T0SCA5E ET LA FBA5CE. 



France — viendraient solliciter d'elle un emprunt- Il importe, 
par-dessus tout» de ne pas rester sans argent : on en aura 
peul-tire besoin bientôt ; car, à en juger par leurs menaces, 
les huguenots ne tarderont pas à porter la guerre soit en 
Flandre, soit en Italie : en Flandre, parce que cette province 
est déjà si troublée qu'il leur est facile de la soulever, à la 
première occasion ; en Italie surtout, où les prétextes d'in- 
tervention n'ont jamais manqué aux Français,témoin, depuis 
bientôt deux siècles, les événements dont le royaume de 
Naples et l'État de Milan ont été le théâtre. 

Et, ne le sait- on pas ? La reine mère a confié au duc 
d'AIbe qu'il convient k son fils de posséder un territoire 
en Italie. Enfin, affirme l'ambassadeur, desavvi^, adressés, 
à diverses reprises, à Son Excellence, il ressort que les 
huguenots enlreliennenl des relations avec six des princi- 
paux États de la Péninsule (1). En diplomate habile, Barthé- 
lémy Concini ajouta que son maître, comme fils obéissant^ 
avait cru de son devoir de prévenir Sa Sainteté pour le bien 
de l'Eglise et de la chrétienté. Le pape, après l'avoir écouté 
attentivement, le remercia de tout cœur et demanda : " Que 
•juge â propos Son Excellence? — Saint Père, répondit l'am- 

* bassadeur. Son Excellence n'a pas prétendu vous donner 
" des conseils. Elle s'est seulement permis de vous exposer 

• les dangers de la situation- Mais, puisque Votre Sainteté 
" demandesonavis, )e puis vous le manifester. Le duc, mon 
" maître, croit que Votre Sainteté devrait, tout d'abord, se 
" pourvoir abondamment d'argent, puis renforcer son armée 



(1) " Ânzi, che di nécessita biso^aTa che facessino una delte 
iniprese... Quai delle due provincie doressino assallare, era incertt» 
ra^on Leiie accompagnara che venisseru in Italia, perché nella Fian 
non havevaEio pretensioae alcuna et corne più Tictna el in maggior parte 
corrotta si persuadevano per advenlura d'esiscr sempre a tempo a solle 
varia. Ma in Itatia le pretensioni sopra io statn di Milano et sopra 
rfgno d) Napoli li havevano spesse volte condotli ; et le parole deU 
regiua noilo abboccamenlo col Signor duca d'Alva ne davann manifes 
inditio, quando ella gli disse die sorebbe pur conveniente che il suo figio 
haressequatche luogo in Italia, aggiunto che li ugonolti, per arisi con- 
slanli aile E.V., havevano inletligentia in seî delle principali terre in Italia 
Ibifi. Concini ajouta que Son Excellence^ comme fils obéissant, 
voulu le prévenir, pour y porter remède. 



'm 

idnfl 

*rt^ 

[e. 

I 




TROISIE 



GION. fl 



"par une bonne troupe de cavalerie; surtout, elle devrait 
* s'entendre avec le roi cattiolique. qui, mieux que personne, 
•pourrait sonder les intentions du duc de Savoie U)- » Et, 
coDime le pape objectait la difficulté qu'il y avait pour lui à 
détacher un envoyé extraordinaire vers le roi catholique 
sans éveiller les soupçons de la France et de l'Alleniagne, 
l'ambassadeur lui suggéra de préparer l'instrucfion néces- 
saire ; Son Excellence trouverait le moyen de la faire parve- 
nir à la cour d'Espagne. L'ambassadeur ayant alors laissé 
au pape le temps d'y songer sérieusement (2), celui-ci se 
décida enfin à en référer au roi catholique (3), et, en donnant 
congé à Concini. il lui manifesta toute sa gratitude envers 
le duc de Florence. Il ajouta uiênie qu'étanl poco htfendente 
dette cose di Stato (4), ii le priait de dire à Cosme de ne jamais 
^^i marchander ses avis, quels qu'ils fussent. 



* « 



m. 



Les appréheosioDS du duc de Florence, à bien les consi- 
dérer, n'étaient pas, en partie du moins, dépourvues de 
fondement. De fait, excités et soutenus par ta reine 
d'Angleterre, qui venait d'être avertie des nouvelles tenta- 
ivcs que faisait Rome pour lui taire perdre la couronne (5), 
es réformés entrèrent en campagne dans les Flandres. La 
guerre allait bientôt s'étendre de proche en proche : en 1568, 
elle se fit surtout dans les Pays-Bas ; en 1569, l'effort de la 
lutte se porta vers la France. " On doute encore, dit Ranke, 
^i ce fut, comme on le disait alors, en conséquence d'une 



P^ 



(1)"... Si chiarisse principalmenle con il re cattolico, il quale niollo 
meglio che S.S- polrebbe assienrursi dr^llo niiimo tk'l ducadiSavoia. „Ibid. 

(2) " Disse che tosî 11 pincova «l cosi si facesse. Ma io soggiuusi : La S. 

. lo vadapensando inaluramente et poi se ne risolva, perché io aspelterô 
quanto ella com&nderù.havendo dato nome dresser venutn per la causa delli 
Allumi- „ Ibid. 

P) " Sa sainteté se rt-sohil d'écrire " la mcdesima substanlia con il 
commendalorc chepAda la brrrclla al présidente. „ Ibid. 

(4) Ibid, " 11 n'a aurtine expérience des choses d'Etat, pour ne les 
avoir jamais pratiqu(''es, „ dit, de son cMé, Soriano, Cf. A. Baschet, op-Cit., 
p. 193. 

(5) L. Ranke, Histoire de France, trad. de J. J. Porchat, 1 1, p. ¥10. 
Paris, 18&i. 




DUBAMT ET APRÈS LA TROISIÈME GUERRE DE RELIGION. 121 



que, répression à laquelle le duc voudrait pouvoir travailler 
en personne (1). „ 

Quelques mois plus tard, l'armée royale remporlail une 
nouvelle victoire, celle de Moncontour (î). Le duc, après 
avoir adressé ses félicitations à la reine mère et à Charles 
IX (3), n'eut garde d'oublier Pie V et lui fit exprimer aussi ses 
sentiments. 11 serait impossible, nous dit le protonotaire 
Alexandre de Médicis, de décrire l'allégresse de Sa Sainteté, 
en cette circonstance. Elle croyait déjà entrevoir la ruine 
des huguenots et se plaisait à faire remarquer la part que, 
selon elle, le duc avait eue dans ces évèuemeats (4). 



k 



n. 



Ces faits coïncidèrent avec Tun des événements les plus 
marquants dans l'histoire de la Toscane, aussi bien que dans 
celle de ses relations avec la France et les autres puissances. 
Le 27 août 1569, Pie V avait signé une bulle par laquelle il 
élevait la Toscane à la dignité de grand-duché, donnait à son 



(1) * Et afin che possino dar fedie aile parole noslre et regghino cbiara* 
mente che Is non sono di cerimonia o complimento vano, le ccriificherete 
con quanta prontczza et votontà, oltre aH* imprestito fatto di nuoro, noi 
inriamo loro il sussidio deUi mille Tanti délia nostra inilitia el dplli i-enlo 
cavallegieri, accïochè invece noslra, poicbè per hora non è concesso n noi 
proprii, possino spargere il sangue, bisognando,in deprcssione et estinlione 
delli loro scditiosi rebellanti et inicnici... „ Ibid., c. 173 v. 

(2) L'amb&ssadeur rapporte, à propos de* l'attitude du pape, durant ces 
éTènements, un fait curieux. Commo on lui demandait de nouveaux 
secours: "... E' voglion saper, dit un jour le Saint-Père, sin a dove si posson 
distendere tutte le forze nostrc, et toï credetc che le poasiamo veder c]iii di 
caméra ! „ Ali ! si les gens du roi, ajoutait-il, avaient voulu, et voulaient... ! 
" Ma dove manca la volontù, non supplirebbe l'eserc ito di Xerse. „ Voir la 
lettre d^ Alexandre de Médicîj au duc, en date du 3 août 15CQ.ASF, Mediceo 



I 



(3) Insiruttione a voi Signor TroiJo Orsino di quanto hoveie a trat- 
tare con Lor Maesfà cristiassime et in quella corte a nome nostro et del 
duca nostro Signore {i6 octobre J560) " per rallegrarsi del mariaggio del 
cristianisaimo colla Gglia dell imperature et giontamente deîla vitto- 
riosa giornata „. ASF, Medieeo, 2635, c 186 r. 

(4) Voir la lettre d'Alexandre de Médicis, ambassadeur à Rome, du 18 
octobre 1569. ASF, Mtdiceo, 3289, c. Sô. 




122 LES KÊGOCIATIO.NS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

chef la préséance sur tous les autres princes et le plaçait 
immédialeinent après les rois, avec le Uive d' Altesse sérénia- 
sime (1). Cosme I" recul In bulle à Florence, le 13 décembre, 
des mains du neveu de Sa Sainteté, Don Michel Bonelli (S). 
Cet acte pontifical allait enfin trancher la querelle, depuis 
si longlemps,pendan(e entre la Toscane et Ferrare,querelleà 
laquelle toutes les cours de l'Europe se trouvaient plus ou 
moins mêlées et qui avait pour objet Tordre de préséance 
des ambassadeurs respectifs (3). 



A plusieurs reprises déjà, nous avons eu l'occasion de 
louclier à cette question. Elle est de celles qui, aujourd'hui. 
nous paraissent quelque peu puériles, mais qui, sous les 
régimes monarchiques et aristocratiques qui alors se parta- 
geaient l'Europe, intéressaient, au plus haut point, l'orgueil 
ombrageux des princes et facilement devenaient entre eux 
une cause de conflits el de guerres (4). 

Nous avons constaté que, le duc de Ferrare étant l'allié 
el le protégé par excellence du roi (rès chrétien, la situation 
du représentant du duc de Florence, à la cour de François I*' 
et de Henri II, avait toujours été des plus délicates, malgré 
la présence de Catherine de Médicis. Après bien des difficul- 
tés et des négocialions.une sorte de modus Vivendi avait été, 
depuis la paix de Cateau-Cambrésis (1559), imposé par le 
roi lui-même aux deux ambassadeurs rivaux : on s'abstenait 
de les convoquer et ils évitaient de se rencontrer dans les 
cérémonies. Cet arrangement provisoire n'avait pas été sans 
subir plus d'un accroc.AiDsi,lors de l'entrée de Leurs Majestés 
à Toulouse (1566), un avait invité l'ambassadeur de Ferrare, 

(1) Cf. P. Gribavdi, Questioni di precedenea aile corti itaUane nel 
sec&lo XYl. dans RSS. "if année (1905), fasc. VUI. pp. Ii26 sv. Cf. aussi R. 
Galldzi, op. cit., t. III, pp. 200 srv. 

(2) R.GAI.LI.ZZI, ibid., pp.304 svv. Ci G. Mondaiiti, La gue^ftioH« di preee- 
dtnMa fra il duca Cos^imo de Medici e Âlfonso 11 d'Esté. Florence, 1896. 

(3) Cf. surtout l'ouvrage, déjà cité, de M. P. Gbibacdi, dans RSS, i* anné« 
(1904), fu.sc. X, pp. 278 sv. Cf. aussi P. Capei, Saggio di atti e documenti 
nella eontroversia tra il duca di Firenee e quello di Ferrara, negli 
anni 1562-1573, dons ASI, nouv. sér., t. VU, 2» partie, pp. 98 st. 

(4) Cf. G. MonDAuii, op. cit., pp. 9 sv. 



DURANT ET APRÈS LA TROISIÈBIE GUERRE DE RELIGION. 123 



en laissant de côté celui de Florence; c'était alors Niccolô Tor- 
nabuoni. D'où, auprès de la reine mère et de Charles IX, pro- 
testations et récriminai ions du représenlant de Cosme(lJ,qiiî 
n'avait reçu, comme satisfaction, que de belles promesses 
pour l'avenir (2). 

Lorsque le commandeur Petrucci était parti de Florence 
pour remplacer l'évèque del Borgo, le duc lui avait 1res 
sévèrement commandé de faire respecter, à tout prix, sa pré- 
séance : • Votre place dans les actes publics, lui avait-il dit, 

• doit-être, ne l'oubliez jamais, immédiatement après l'am- 
" bassadeur de Venise. Vous ne devez céder et ne céderez le 

* pas, en aucun cas, qu'aux représentants des rois ou de la 
" Savoie (3). „ Mais, à la cour de France, bien que Cosme eût 
pris soin de faire rappeler que son droit était reconnu par 
les cours de Vienne et de Rome (4), on avait continué à faire 
bon marché de ses revendications. En IfjôH et au début de 
1569 notamment, on avait affecté de les ignorer (5). 

(1) L'évèque dcl Borgo au dm-, Toulouse, 6 février 1565 {style Commun 
1366). " Dicendoli che se ndcsso rhfî S. M. <• questa grandezza le EE. VV. 
non ottengonoqueslo luogf»,quando nmi Jo potrnnno oUentrc ? — F'arendomi 
inollrc che S M. facessi Lorlo ancoru a se med(>siiua, perche axnando la gran- 
dezza loro,coine più voile mi ha detto.che è la mede-sima che quetia di S.M., 
se con simili démonstration! la non la fu chiara,quando puCrà dor Lestimuuio 
di questa sua volonlù ? El soggiunsi che, sapcndo quantu ciù premesâi aile 
EE. VV., dubilavu che le non muslrassino qualche segno, col revoGarmi et 
non ci lener ambascialore, detl ingiuslizia che le ricevoDO.„ ASF, Mediceo, 
4856, c.76sv. 

(3) md. 

(3) Voir rinstruttione aW abbate Giovanni Maria Petrucci, eldïBO 
Û'agosto 1565, di rjuanlo ha da fare nella legaeione sua di Francia. 
ASF. Mediceo, 263Ù, c. 9 r.- Appendice, Doc. VU, 5. Cf. aussi P. Gbibai'ui, 
arLcit., Le. 

(4) " Uuanlo al primo capo délia precedenza, non posaiamo dirvt più di 
quello che oeJIa instrulione noslra si pose, non ci havendo vol dalo coiilo 
di quel che vi sia successo della revocalionc di quclla declaraloria del re. el 
voi sapcte che Phabbiamo chiarissima dell' imperalure Carlo V, di felice 
memoria, el nella corte di Rama, dalla quaje pigliano la norma lulle le 
allre „. Le due A l'ambassadeur Pelrucci, 9 août 1556. ASF. Mediceo 4602, 
c. 19 r. 

(5) Voir la lettre au commandeur Petrucci, 15 juillet 1568. ASF, Afedt- 
ceo, 4602 c. 7. — Le duc au commandeur Petrucci, le 3 septembre 1568 : 

Assai apiacev-ole matvria da leggere ci hanno portato l'ultime vostre. 




134 tes jttsoamfjfss estwm la toscaxe et la fraxce. 

Coaose. dès qii*î] s'était vu. par saite de l'éledioo de Pie FV, 
en rapports étroits d'amitié avec lesowerain pontife, s'était 
promis d'en profiler pour ùâie datmet, iodirecteineoL, une 
solution à la question des préséances. En particulier, lors du 
mariage du prince François de Médicis a?ec Jeanne d'Autri- 
che, il avait habilement suscité des pourparlers en Tue de 
taire élever la Toscane à fa dignité d'archiducbé. ou, tout au 
moins, de grand-duché. L'affaire; comme on peose^ n'avait 
pas, tout d'at>ord, marché sans obstacle, et sur ces entre- 
faites Pie [Y était mort (1). Cosme étant revenu à la charge, 
Pie V, qui regardait le duc comme Tun des défenseurs les 
plus zélés de la cause catholique (iy, ne se fit pas prier long- 

poieiié per à ddole f gj mwt kaTcic foslo U dignità <£ ehi represenlale d& 
eanb» p«r Cwri rifieoli «Ih cofie ; et inrerOf che chi doTe« baTer più pni- 
darfÎM, haiTM aneo à asarla io loogo tanlo c«lebre et «sendo Testito «f altri 
panai, cbt d«' Tostri. Non possimmo cbe dutotio pcr aolte coosiderationi, 
ooQ sendo mai più in l^mpo dd re, ne dcl diiea nostro sigBore, nato un laie 
accidente ; rimedialelo aloMno cod aiigtior pretesto che potete, per non fare 
roeceUo d*ognano. « Le duc, pour réparer son banneor, ordonne qu'Andréa 
(Albcrtani) porte immédiatement '... et gnardalevi p«r laTTenire da simili 
indignità et înconyenienti, non potendo passare con repatation rostra, dA 
con Dostra satisfattione. „ ASF, Médieeo. 46CI9> c. 83 r. 

(1) CL R. Galluzzi, op. cit., le-, pp. 194 stt. 

(Si On peut se faire une idée de la faveur dont le dur de Florence jouis- 
sait auprès de Pie V par la lettre «uivante^que le papo lui éerivait,le âfêTrier 
1569, à l'oceasion d'une nombreuse promotion de cardinaux qu'il se propo- 
sait de faire ; ^ Prcghiamo l'EIxcellenxa Voîtra a non mancare darci quei 
rieordi e consigli che gti paiano profittevoli al ben pubblico e al serrizio 
divino, e mi faccia sapere quali pai&no migliori, secondo il suc pnidente 
giudizio, rhè in vero vediamo lanto ran quelli, chè, sotto l'ombra de! pub- 
blico, noi ben scorgianio cb e' più mirano al proprio e privato interesse. On 
de. ritroTondosi il coilegio come ora si riixova, secondo il discorrere uma- 
oo, lemîamo forte cbe non aressimo buon successoren (AF.llKLUin, Rieordi 
intorno ai eosiumi, anoni e govemo del seren issimo gra ndnca Co»itHO. ., 
p. 113, n. 74. Florence, iSâO. — Voici maintenant quelques extraits de la 
riTpuuse du duc à Sa Sainteté: une copie en est conservée à la BiblioiMqué 
Siceardienne de Florence(cod.î404,cj8O r.sT. ).EIle est datée du 6 février 1569: 
" Padre Beatissimo, V. S. mi voile communicar l'altro giorno et tnostrarmi 
una lista soprn il proiunver cardinali. Hora, hovendomi V. S. [imposto] il 
non ne parlare, suo tacciuto con ogniuno : ma mi pareria mancar troppo et 
al debito di chrisliano et a divoto servitor et sdiietto ancora,s'io non dicessi 
a V.S. la mia opione : e tanto più quanto nel far queste visite ho seoperto 
inlinilamente Thumore di quesli reverendissimi,il quale tutto é volto a' par- 



DURANT ET APRÈS LA TROISIÈME G(J£RRE DE RELIGION. 125 

temps pour concéder la faveur detiiandée. Dans son enthou- 
siasme, il s'ofFril même à présider, à Rome, la cérémonie du 
couronnement de Cosme comme grand-duc (1). 

11 restait à ce dernier à faire accepter et ratifier par les 
autres puissances la prérogative qu'il s'était fait, si aisément, 
octroyer par le pape. La ratification n'était point assurée. 
L'empereur, dont on n'avait pas demandé rasseutimeni, 
pouvait difficilement ne pas s'en formaliser, il en était de 
même du roi d'Espagne, à cause des droits féodaux qu'il 
revendiquait sur Sienne. Les princes itahens,ceux mêmes qui 
pouvaient agir avec une certaine indépendance vis-à-vis des 
deux principaux monarques de l'Europe, ne pouvaient voir 
d'un bon œil cette nouvelle diguité, décernée à un prince 
contre lequel tous avaient des griefs et qui était l'objet de 
leur jalousie. 

La cour de France enfin, qui avait toujours contrarié le duc, 

tiendrait-elle compte des services que, dans ces dernières 

années, il lui avait rendus et, se regardant comme plus ou 

\ moins liée vis-à-vis de lui» se résoudrait-elle maintenant à 



ticulari loro e noo di quesU Sanla Sede.Bealisaimo Padre,io conosco vera- 
mente quella esser circunveota da moli animî e poco zelauti dell' houore et 
utile di questA Saata Sedc, onde è tutto volto a fine o del ponlitirato o 
d'auinenlar le riccliezze, el quealu so io beu easer contrario alli ^anlissimî 
fini di V. S. Onde, perché lui parve che V. S. ui dicei^sc die io peasossi alli 
soggetLi ; diro prima cbequc-llu non puo cousiirvar i'bonore di Nuatru Siguore 
et U suo, ft'ella non ai risolve a ristaurar questo coll«gio, perché é iofermo 
di sorte che ogai opéra saata che V. S. ha futla saria lutlo perso, se non 
surredesse uLi âuccessare, se non di sauta vita corne lei, oliueoo di buoua 
mente; el per questo io verrô al purlirolare dcUe pcrsoue.„ Ibid., c. Hl r. U 
propose de couleiiter l'etupt-rcur d'Espagne et la France, en donnant un 
cardinal ù chacune de ces nations, Puia il présente, comme persoiuiea 
digne de la pourpre, le l'ère Giualiniano, général des Dominicains, et " un 
rciigioso di san Franceaco, quai pii'i piacesse a quella, perché la religione 
«grande e Io mérita. „ il propose encore d'autres sujeb. Ibid., c. 81 r. 
" Ne riserberei uno in petto a V. S. Non ne faccia maiico di una doz* 
zina, perché vï é gran lela ordita, e per soUevamento dt questa Sauta Sede 
V. S. non Io scordi. perché roinperù lî disegui, e cosl potrà pcnsare alla 
Santa Sede e riformaru il raondo,havendo gittati si gran fondamenli sin ad 
bora... „. Ibid., e. 62 r. 

(1) P. Gribaudi, art. cit., l. c, pp. 129 sv. — R. Gallitizi, op. cit., h c» 
pp. 211 svv. 



- f 



126 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

changer d*attilude? Le graad-duc semblait ne pas en douter. 
Eq tout cas, il s'empressa de notifier au roi (1) et à la reine 
mère, par des lettres pleines de protestations de dévouement, 
la décision du pape (2). Il reçut d'aimables réponses, qui 
n'étaient vraisemblablement que de l'eau l>énite de cour (3). 
Encouragé par cet accueil, Cosme, au commencement de 
1570, écrivait de nouveau à Charles IX pour lui annoncer la 
date de son couronnement, dont la cérémonie était fixée au 
printemps de cette môme année (4). Il demanda, d'autre part, 
à Catherine de lui permettre de témoigner au pape combien 
elle était fîère d'un tel honneur accordé à son cousin, hon- 
neur qui rejaillissait sur la maison tout cnlière.Il se déclarait, 
en même temps, désireux " de répandre, à Toccasion, son 
sang pour elle et pour celle couronne sacrée (5). , 

Nous ne nous arrêterons pas à parler plus longuement de 
ce couronnement du duc [0), non plus que des contestations 
qu'il suscita de tu part de l'empereur et de la part du roi 
d'Espagne (7) : cela nous entraînerait trop loin. 

Revenons aux affaires de France. 

(1) Voir la leUre du duc ati roi Irès chrétien, 8 norembre 1569. ASF. 
Medieeo, 54, c. 293 r. 

(2) Voir la lettre du duc à la reine mère, même date, ASF, Medieeo, 54 c. 
S93. 

(3) Le graiiJ-duc en remerciait ainsi la reine mère, le 2 février 1570: 
* Serenis-sima et cbristianissima regina. La contentczza che V. M. tnostra 
neir amorevollaslnia lellcra sua di baver senti to del nuovo auguinento di 
dignitù et splendorc di questa sua casa et che Troylo Orsino mi referisce 
d haver scurlo in lei, corne non mi è slato punto nuovo, per essenni pro- 
rnesso aempre dalla devota scrvitii niia ctt^lla habbia da lener per pro* 
pria tigm esaltaLione d'es9a,cosi mi lia colmalo di consolalione et di gioia 
il vedere che, non solo approva questa spontanea deliberatione di S. B., 
ma che se ne rollegra ineco ancorn, corne di cosa a Ici ^atissima ; di che 
per liora non posso se non baciarlenereverenlementele mani et as^icurarla 
clie...„ BNP, Blonds ital, 1307, ^ 6 r. 

(4) Lettre du grand-duc au roi très chrétien, 18 janvier 1570. BNP, 
Fonda ital., fUm, P>3r. 

(5) Zôic/. f'S r. (19 janvier 1570). 

{Cj Cf. R. GAi.nmi, op. cit., l. c, pp. 217 sw. 

(l)'Vo\r\a Relation de ce que l'ambassadeur de Vempetenr dit au 
pape et au duc de Florence, pour empescher que le dict duc ne fut cou- 
ronné par le pape... AMAÉP, Rome, 6, P 154 r. sv. Voir aussi le Discorso 



I 



n 



^ 
^ 






DURART ET APRÈS LA TROISIÈME GUERRE DE RELIGION. 127 

m. 

Le pape et les catholiques avaieuttoodé sur la victoire de 
Moncontour les plus belles espérances. Ils se faisaient illu- 
sion. 

Les royalistes avaient été deux fois vainqueurs ; pourtant, 
dans le cours de l'année suivante, c'étaient les vaincus qui 
leur imposaient les conditions de la paix humiliante de Saint- 
Germain. La plupart des historiens, et notaïunient M. Tabbé 
Vacandard, n'ont pas hésité à dire que toute la responsabifilé 
de cette situation amoiudrie du parti catholique retombait 
sur la reine mère : " Catherine de Médicis, craignant que la 
défaite des princes huguenots ne tournât au profit des 
Guises, dont elle redoutait l'innuence sur l'esprit de Char- 
les IX, s'empressa de relever le prestige des vaincu.s en 
leur faisant des propositions de paix. Ceux-ci se gardèrent 
bien de négliger pareille fortune. Des pourparlers s'enga- 
gèrent aussitôt, au grand scandale de Pie V, qui ne vit dans 
la paix annoncée «qu'une trahison des intérêts de l'Eglise 
et de l'État (I). „ 

Mais,veul-on avoir l'explication préreniptoire de celte con- 
duite de la reine^ conduite qui peut sembler étrange et 
empreinte de duplicité, à première vue (:2>, qu'un lise atten- 
tivement les longues dépèches de l'ambassadeur Petrucci, de 
la fin de l'année \WJ à l'automne de 1570, on y verra, au 

mandata aW Illustrissituo et Reverendissiitio Sigttor cardinale ÂleS' 
sanilrino aopra il tiiolo ili nranduca'.„ Appendice, Doc. Xlll. — Voir 
aussi la Serenissimi et Caikolici. Ilispaniarum Re3is prolestatio 
eoram Pontifiee Maximo in uegocio Magni Ducatus Helruriae interpO' 
sito.Appendice, DocXII. Rome, G ^' 241 v. sv. Voir aussi Vlnsirunivntum 
protevtationis, quod leclum et, eo quo sequitur modo, est insinuatum 
papae ab oraiore Caesareo super coronatione ducis Eituriae et 
titulo magni ducis, a summo pontifiee concesso, cum responsione 
secietarii pontificii ad diclam protestationem. Initia videra est procu- 
ratorium Caesaris, dalum 29 Martiil670. Appendice, Doc. XI. 

11) E. Vacaxdakd, op. cit., p. 234. 

(2) M. Baguenault de Puchesse (Lettres de Catherine de Médicis t. VI, 
Introduction) a fail remarquer que, sur ce poinl, comme sur bien d'autres, 
c'est l'esprit des pamphlets coiileiuporuius qui s'e!it,en quelque sorte, per- 
pétué chez les liistorieiis modernes. 




128 LES NÊOOCUTIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

jour le jour, la coDstatation, saas parti pris, des conditions 
de plus en plus misérables de l'armée royale, le déoûment 
de Charles IX et de sa cour, la discorde éclatant partout 
entre les chefs, rautorilé du souverain méconnue. Ainsi, le 
commandeur Petrucci, écrivant, le 24 janvier 1570, au prince 
François de Médicis(l), lui dit que, si l'on négocie la paix, 
sans abandonner l'idée de la guerre pour le printemps, c'est 
que le roi, pour l'instant, manque absolument d'argent (2) 
et que l'indiscipline règne dans son armée (3)... Tandis que le 
parti huguenot reprend partout l'avantage, dit une autre 
dépêche, du 11 mars, les royalistes sont de plus en plus 
dans la pénurie ; les vivres mêmes font défaut aux hommes 
d'armes (4), Les reitres et les Suisses, n'étant plus payés, ran- 
çonnent les provinces et les villes, au lieu de les défendre (5). 
Les catholiques, dit l'ambassadeur, ont à souffrir des 
attaques de l'armée eauemie et des excès de l'armée royale. 
Ils ont à dos (addo8o) et l'amiral et les troupes du roi (6). 
Qu'on ajoute à cela que La Rochelle ne cesse de se fortifier 
et de s'approvisionner de munitions de guerre. Après Mon- 
contour, il eut été facile de s'en emparer, maintenant elle 
est devenue la place forte la plus redoutable des réfor- 
més (7). " La paix, conclut Petrucci, est plus nécessaire au roi 
qu'à ses adversaires. „ Faut-il s'étonner, dès lors, que les 
huguenots aient pu en dicter les conditions (8) ? 



(î) NDD, U Ul, p. 608. 

(Sj " Mancanza assoluta di denaro, per il che il re fa L-atUvi negou. 
ibid; p. (309. 

(3) Dépôclie du 31 janvier 1570. NDD, l c, p. 610. 

{%\ '* Le prDVviaioai del re, ail' introutro, vatiao freddissime, prima, p«r 
la dîflicolLù de' viveri,pui ulic aiuno si vuol mover senza denari, de' quali ai 
mosLra essercene molta carestia. „ Dépêches du li^ et du 29 mars. Ibid., 
pp. 614 sv. 

(5) Dépêche du li avril. NDD, l. c, p. 619. 

(6) DépècliG du 5 mat. Ibid., pp. 626 âv. 

(7) ^ Le aue fanno del maie ai cattolici ; e queste del re aache ai cattolici; 
e cosl tutti addoaso ai cattolici. „ Dépûche du 30 mai. Ibid., p. 628. 

I8j Le 15 juillet 1576, Pelrucci écrit & François de Médicis : *'' Scende 
poi la regiiia a parlar délia pace... Perche, dice la regina, con l'arme 
ai distrugge il paese, patiscono cosi grinnocenti coma i eolpevoli.... 
Mi pregà lu regiaa a rapprii^entare queste coastderazioni al grauduca 



DURANT ET APRÈS LA TROISlÈUC GUERRE DE RELIGION. 139 

Petrucci ayant été reçu par la reine, celle-ci s'expliqua, 
très franebemeaU sur la situation à laquelle, au point de vue 
matériel, elle et son fils se trouvaient réduits. Elle tenait à ce 
que le grand-duc Cosme, aussi bien que le pape, sut qu'elle 
protestait, par avance, contre les concessions qu'elle serait 
forcée de faire (1). 



r 



Pie V, qui se refusait à entrer dans ces considérations pra- 
tiques (i), continuait â se montrer obstinément contraire à 
toute tentative de paix. Le 23 avril 1570, il avait écrit une 
lettre à Charles IX pour le détourner de la paix avec les 
protestants (3) et, dans une autre lettre, adressée au cardinal 
de Lorraine, il ajoutait : " Il ne peut y avoir de paix, sinon 

* une paix fausse et menteuse. Sous le nom de concorde se 
' cachent le piège le plus insidieux, la fraude et la trahison. 

Les hérétiques n'ont d'autre but que d'accabler à Tiuipro- 
viste le roi, ou bien de l'entourer d'artifices et d'embûches, 
pour lui ôler le trône et la vie. Faites tous vos efforts pour 

* déjouer tous ces desseins de paix. Ne souffrez en aucune 

* manière que.sous prétexte de concorde.on porte.en France, 
" uo coup si fatal à la foi catholique (4). „ 

La paix, néanmoins, ayant été conclue à Saint-Germain, le 
Saoût.Calherinc expédia au grand-duc de Florence un envoyé 
écial pour le prier de bien vouloir exposer au souverain 



•ccio si contentaasi iaterporsi appresso il papa, con ritnoslrarli a che mai 
termine si trovi queslo re^o, r faccia si che queala pace, in quai modo che 
ella se^a, non sia disturkata da Sua Santità ; e la faccia capace che non 
succédera per volonté, ma per nécessita. E qucste parole me le e^primeva 
COQ tanla paâsionc e afllizione d'animo che ml dava segno e testimonio che 
fusse veto quel che discorreva meco. „ Ibid., p. 6<%. 

(1) Sur le caractère idéaliste de Pie V, en matière politique surtout, cf. 
P. HxHfiE, op. cit., pp. 144-145 et 184. 

(2) Cf. Lettres de Pie V, traduites par PoTrEB,p.97. Paris, 1826. Cf.aussi 
Lettres de Catherine de Médicta, 1. 111, pp. 330 sv. 

(3) Cf. la dépêche du 19 mars (iAtUJ etcelle du 23 mars (p. GIC). " È 
lanlo il desiderio e si unîversale délia pace che aori vi sar& cosa che kH 
ngonotti chicdano, la quale non sia loro assentJta. „ Ibid., p. 616. 

(4)/&u2., p.96. 



130 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

pontife les raisons qui avntent obligé Charles IX à agir de 
la sorte, malgré les observations de Sa Sainteté (1). Mais 
Pie V ne voulut rien entendre (2) : il ne pouvait, disait-il, 
que verser les larmes les plus amères en songeant à celle 
paix dangereuse et lamentable. En la signant, on avait porté 
à la religion un coup plus funeste que tous ceux qu'elle avai^_ 
reçus, durant ces dernières années (3). ^| 

Quelque temps avant, le cardinal de Lorraine, parlant du 
pape, l'avait qualifié de " saint homme, mais par trop étran- 
ger aux alTaiies du monde et aux nécessités du temps ,. 11 
est vrai que le susdit cardinal, au dire de Pelrucci, visai^| 
avant lout.à complaire à la cour, dans la crainte d'être évince 
par les envieux et les jaloux (4) : c'est ce qui lui arriva, 
effet. 



Si Rome était dans la désolation, les princes protestants 
d'Allemagne, par contre, furent remplis de joie. A peine le 
traité de Saint-Germain était-il signé que les trois électeurs 
de Saxe, de Brandebourg et du Palatinat, les ducs Jules de 
Brunswick, Louis de Wurtemberg, Albert de Mecklembonrg, 
Richard de Bavière, le landgrave Guillaume de Hesse et le 
marquis Charles de Bade, envoyaient des ambassadeurs 
en FrancCj pour féliciter Charles IX de son mariage avec une 
fille de l'empereur, mais surtout pour l'exhorter à maintenir, 
à tout prix, la paix religieuse qu'il venait de rétablir dans so^^ 
royaume (5). ^M 

(1) Voir la lettre du grand-duc au roi d'Espagne, 19 septembre 1570. 
ASF, Mediceo, G16, c. 17. 

(2) Le protonotaire A. de Médicis remorque, dans sa dépdcbe da 4 août 
lîtH}, que Su Sainteté a complt-leraenl changé sa manière de faire.Autrefois, 
dil-it, elle ne teiinil que rarement eoiiseil avec les cardinaux.*^ Hora non è più 
cosi, percliè Sua Uealiludtne ha tnnia ffde nelle sue créature (surtout en 
Edsticuccio et Masseo) i-hc coniorisce con loro qtiasi ogni cosa, et aggius- 
tandosi con la turo opiiiione, alcuna votta muta fantasia. „ ASF, MedictO, 
3289, c. 304 r. 

(3) Cf. J.J- GciLLEiuN, Le cardinal de Lorraine, son influence politique 
et reliaieuse, au X VI* siècle, p. 4â8. Paris, 1S47. 

(4) Le cummnndeur Petrucci à François de Médicis, Angers, 8 avril 1570. 
NDD. Le, p. Gm. 

(5) A. WAODixGToif, La Franee et tes protestants allemandtf^ 
Vharîe$ IX et Henri III, dans RH, t. XLU (1S90), p. 257. 



DUBANT ET APRÈS LA TROISIEME GUERRE DE RELIGION. 131 

Quant à la Toscane^en celle circonslaDce.elle se liât sur la 
réserve. Cosrae I" connaissait les sentiments intransigeants 
de Sa Sainteté et ne voulait rien faire, ni dire.qui put ta con- 
trisler. Ne venait-il pas de recevoir de ses mains la couronne 
grand-ducale ? Par ailleurs, il tenait à ne pas déplaire à 
Catherine de Médicis, dont la paix en question était 
l'œuvre (1). La prudence, dès lors, commandait de se taire. 



Dès avant la conclusion de la paix, le bruit avait couru que 
les troupes trançaises allaient passer la frontière, sous la 
direction de l'amiral de Coligny ou de Monseigneur d'Anjou, 
et porter la guerre à l'étranger. C'est une folie, una umidità 
dilesla, disaient certains conseillers de Leurs Altesses ; car 
l'année est nécessaire en France, étant donné que la paix 
intérieure ne pourra durer bien longtemps (2), 

D'autres en jugeaient autrement. Déjà, en 1567, alors que 

l'armée du prince de Condé campait encore sous les murs de 

Paris, le jeune Téligny, chargé par l'ami rat de Coligny, son 

beau-père, d'une mission confidentielle, avait développé à 

Cliarles IX cette idée que le plus sûr et peut-être Tunique 

moyen de mettre un terme aux guerres civiles serait d'opérer 

une diversion, en engageant la France dans une guerre 

étrangère (3). Après la paix de Saint-Germain, ce projet 

èasardeux avait rallié de nouveaux partisans. Ces derniers 

faisaient valoir, au besoin, qu'on pouvait,maintenant,espérer 

Je concours d'un grand prince italien, Cosnie 1»'. Ce dernier 

devait être tout disposé à faire cause commune avec la 

France : à ce moment, en effet, il avait à se défier, voire à se 

venger de la plupart des autres princes. 

(1) Dans la lettre de François de Médicis, qui gouremait au aom de 
Cosme I*' son père, il n'y a que ces phrases, d'uD« sîgnîficaUoa assez 
modérée : * Non av punlo iogannata la M. V. cristianissiuia a cred«re che 
nessuna novella poteva venermi pii'i grata che quella délia pace et quieie 
del 8HO regtto, pendendo da esaa in msggior parle la salul« di chrislianitâ. 
Ma non minore piacere et contente uii ha data la M. V. nel veder io che per 
bontà sua ella mi tenga in fra li suoi cari servituri... „ BNP, Fonds ital., 
1907. r> 27 r. 

(2)NDD,LIU,p.641. 

13} A- DESJAJtoiNs, op. cit., l. c, p. 438. 



132 LKS NÉGOCIATIOXS EXTRE LA TOSCANE ET LA FRA>'CE. 

La Qouvetlc digaité dont le pape l'avait revêtu et son 
cûurotiDeiueDt à Rome avaient fortement indisposé l'empe- 
reur (1), le roi d'Espagne et certains autres princes (2). Il j 
avait eu de retentissantes protestations et, un moment le 
différend avec Maximilien II avait pris des proportions alar- 
mantes (8). Le Pape, avec la fermeté qui le caractérisait, 
avait tenu bon (4) et les diverses puissances avaient dû accep- 
ter, et) faisant bonne mine h mauvais jeu, le fait accompli. 
Elles n'en restaient pas moins hostiles et méditant des pi'o 
jets de revanche. Eiïeclivement, le bruit courut bientôt p; 
tout, a Rome, à Madrid, à Paris, qu'une guerre dirigée con 
tre le grand-dtic, était imminente en Italie (5). Le roi très 
chrétien lui-même avait été invité à y prendre part et.i agir, 
en cela,de concert avec l'empereur et le roi d'Espagne (6).MaiSH 
une guerre en Italie ne faisait qu'à moitié le compte du parti 
protestant : il préférait de beaucoup qu'on portât les aiuies 
dans les Flandres, pour y ébranler la domination du roi 
d'Espagne et y faire triompher la réforme (7). Ce fut Galéas 
Frégose,rusé diplomate et calviniste ninalique^qui fut chargé 
de décider Charles IX à entrer dans ces vues, auxquelles on 
ne désespérait pas d'amener le grand-duc lui-mênie (8), Ce'fl 
Frégose, dont l'ambassadeur d'Espagne disait que • c'était le ^ 
plus hérétique des hérétiques „,semhlait jouir de la contiaiice 

(1 ) Cl'. lî. iiM.i.vi2i,op. cit., l. c , pp. 223 sv. - Cf. oussi H, de la FiMBtti^iJ 
Lettres de Catherine de Médicis, t. IV, p. XIV. 

(2) Cr. la dt>p<^die de Petrucci tlu 15 jtiillel 1570. NDD, l. c, p. 636. 

{3) Cf. Mariûoi,, op. cit., p. 1 16. 

(i) Cï Relatione» VenetianiscJter Bolschafter Mer Deutsehland 
Oesterreich in sechsehnten Jahrhundert hcrausgegcben von Je 
FiEDLER (Fontes rerum au^triacariim, 2« série, Diplomatoria et Âcit 
l. XXX, pp.3(M>el310sv-) Cf. aussi ASI, 3" aér., t XIV, p. iM. Cf. R. G* 
U'Zzi, op. cit., l. e., ibid., cl pp. sv. — Cf aussi Gribauoi, art.cil., U 
ibid. et pp. svv> 

(5) L€ commandeur Pelnicci à François de Mt^iirlsj Pûrîs,22 finrier 1S71 : 
" Corrono voei ppr Paris cfie l'imperalore »il ro otiUolico abhiano %'ogliadi 
far quttiche impresa in Ilalia e forse iti odio «li Toscana o dd papa , NDD, 
l c. p. Gtë. 

(6) Cf. A. DesjakuiiXS, op. cit., l. c, p. 138. 

(7) Jbid. 
m n>id. 



k DURANT ET APRÈS LA TROISIÈME GUERRE DE RELIGION. 133 
Catherine de Médicis ; elle s'en était service pour négo- 
cier avec Louis de Nassau et les autres chefs des huguenots 
delà Rochelle (î). qui n'était pas loin de ressembler alors à 
une république indépendante. Quoi qu'il en soit, le projet 
dont Galéas Frégose était porteur et dont il se faisait 
l'avocat ne pouvait être proposé A Charles IX daus un 
moment plus opportun. Nombreux étaient les outrages dont 
le roi très chrétien prétendait alors avoir à se plaindre delà 
part du roi d'Espagne. En l'iti-S. Philippe II lui avait enlevé 
sa fiancée, la princesse Anne d'Autriche; il avait ensuite 
pou-ssé sa propre sœur, Dona Juana, à refuser la main du duc 
(l'Anjou ; les espagnols avaient récemment massacré des 
Français dans la Floride; enfin, les agents de Sa Majesté 
catholique intriguaient pour détacher les Suisses de leur 
iance avec la France. 



Il restait à décider Cosme I" à faire, lui aussi, cause com- 
mune avec les huguenots contre Philippe II : la chose était 
plus difficile et surtout plus délicate. Ce furent Téligoy et 
Frégose qui eu parlèrent d'abord à l'ambassadeur Petrucci. 
Celui-ci naturellement en référa à son souverain qui, le 8 
mars 1571, lui répondit, louant la réserve sur laquelle il s'était 
tenu, en cette circonstance. Beaucoup de prudence et de dis- 
crétion, disait la lettre du grand-duc, est nécessaire dans 
cette affaire, à cause de ce que Son Altesse doit au roi 
d'Espagne et aussi parce que l'un des agents qui servent 
d'intermédiaires dans ces négocialions est un homme qui 
change sans cesse d'optnitjn,en d'aulres termes une girouette 
(nccello da girare.) : sur lui il n'y a pas à compter (2). 
Lorsqu'il reviendra, néanmoins, l'ambassadeur pourra lui 
faire bonne mine et tâcher, tout en étant circonspect, d'en 
^ûer tous les renseignements possibles ; car c'est le temps, 



(1) Cf. H. DE LA FBBRrf-.RE, Lcttres de Catherine de Médicis, t. IV, p, XIII. 

(2|Le gratid-duc à l'ambassadeur Petrucci,2 février 1571:'*...A Giangaieazzo 
Fregoso rispondesle savianiente et come convcrilva alla divolione perpétua 
ebe vogliamo havere alla corona di Spagna, maâsinie ciie colui r un ucrcllo 

tgirare et da farci dculro poco fundamenlu „ ASF, Mediceo, 4602, c 3^ r. 



134 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

plus que jamais, de s'efforcer de surprendre les pensées eldej 
deviner les actions de chacun. B 

Quelques jours plus tard, en effet, Téligny (1) vint cbei" 
l'ambassadeur. Je dois^ tout d'abord, vous apprendre, lui dit 
l'envoyé, que l'empereur et plusieurs princes d'Allemagne (2| 
ont proposé naguère au roi de France de tenter, de concert 
une expédition en Italie contre le pape et le grand-duc. Le 
roi d'Espagne et l'empereur ne s'y montraient pas opposés; 
les princes d'Allemague moins encore : ils étaient même tous 
disposés à aider le roi très chrétien dans celte campagne, 
dirigée, en partie, contre Rome. Mais le comte de Nassau et 
d'autres hommes politiques ont été d'avis qu'il ne convenait , 
pas d'entreprendre une guerre en pays si lointain. h 

Ne vaut-il pas mieux travailler à faire en sorte qnô^ 
Charles IX tourne ses armes contre les Flandres. D'abord, il 
s'y décidera plus facilement qu'à marcher contre Fllalie 
et, par ailleurs, tout le monde en retirera plus d'avantapes. 

Téligny ajouta que le roi avait déjà été mis au courant et 
que, par ailleurs, toutes les mesures avaient été prises pour 
sauvegarder le secret des négociations. Petrucci le remercia. 
Toutefois, il lui fit remarquer que. peut-être. Je grand-duc ne 
consentirait pas à changer si facilement sa politique, surtout 
sans le consentement du pape qui, du reste, devait avoir eu 
vent de l'affaire. Téligny répliqua alors, en guise de conclu- 
sion : " It faut que la question soit nettement tranchée: oil_ 
" bien le grand-duc entrera en accord avec nous, ou \nm^ 

* j'engagerai Sa Majesté très chrétienne à réaliser le premier 

* projet, c'est-à-dire à se tourner contre la Toscane <3}. ^ 



(1) "...Qie è queUo clie ha negoziato e negozia il tutlo per !i principiw 
N&varra o Condé, ed è l'anima deir ammiraplio. „ Le commandeur Pelnicâ 
à François de Médicis, Paris, 18 mars 1571. NDD. l. c. p. 648. 

(3) Les principaux chefs du protestantisme, en Allemagne, étaient ak 
l'électeur do Saxe, l'électeur de Brandebourg, le landgrave de Hesse et 
l'élccleur palatin (Cf. A. Waodiwdtok, art. cit-, l. c, p. 248). Tels t^tBient, 
avec le duc de Wurtemberg, le margrave de Bade-Duriach et le duc de 
Brunswickj que je cite pour mémoire, les princes protestants avec lesquels 
les rois de France avaient intérêt à s'entendre, dans la seconde moitié dn 
XVI* siècle {Ibid.,p. 951). 

(3) " lo ho ordine di fare qualche eosa, o concludere questo oon il re o 
sollecilarlo al di-segno comînciato. „ L'ambassadeur Petrucci à François dp 
Médicis, Paris, 8 mars, 1571. Ibid,, p. 648-651. 




IlSIEHE GUERRl 



Lasemaioe suivante. Peducci fut reçu à la cour ; mats Charles 

IX, qui semblait vouloir traiter celte afTaire en deliors de la 

reine mère, se contPiita tje lui dire, à la dérobée : " Téligny 

vous a-t-il parlé? J'ai besoin de vous voir longuement. 

Tâchez donc de tnniver une occasion propice pour revenir 

au palais. D'ici là, gardez le secret (î). „ L ambassadeur 

îmercia le roi :" Quant au secret,ajoula-l-il, je me cooforme- 

■ rai au désir de Voire Majesté, même vis-à-vis de la reine. — 

i" C'est bien, repartit Charles IX. Agissez de la sorte... Non 
f pas que ma mère ne [luisse, à la ligueur, être mise au cou- 
f rant ; car, j'ose bien l'espérer, elle ne contrariera pas mes 
" desseins (2). — Il sufTira, dit Peirucci, que Sa Majesté la 
" reine prenne connaissance plus tard des résolutions adop- 

• lées. — C'est le meilleur parti, conclut le roi ; vous avez 

• bien compris (3). „ 



I 



• ♦• 



I 



Dans la seconde quinzaine de mars, Petrucci ayant pu, de 
nouveau, parvenir jusqu'au roi sans attirer l'atlenlion de 
Catherine (4) : " Vous savez, sans doute, lui dit Charles IX, 
" que je suis vivement sollicité de prendre parti contre le 

grand-duc et contre le pape : on nie fait force promesses 

• pour m'y décider. J'ai répondu que l'état de mon royaume 

• ne me permettait, d'ici un an. que de penser à son repos. 
An point de vue de la religion, pour un souverain catho- 
lique, faire la guerre à un pape e*t toujours blâmable ; il 

' ne serait pas moins répréhensible de chercher querelle à 
votre maître, à l'occasion de son litre de grand-duc (5). , 
Petrucci, s'étant incliné pour remercier, le roi ajouta : " Si, 



1 



(1) Le commandeur Petrucci à François de MédicU, Paris 14 mar:; 1571. 
NDD, U Cl pp. 65Ssv. — " Bi»ngna essere segreto, né coniîdare particolare 
alcuno con persona. „ i&ùf. 

(2) Cosi si deve Tare, non perché mia madré non abbia a essere poi eonsa- 
peTole, perché si contentera di quello a me piacerà. „ J&td. 

(3) Ibid. 

(4) Le commandeur Petrucci à François de Médicis, Paris, 19 mars, 1571. 
Ibid., pp. 655 sv. 

(5) ".... Si per la reIigion«, si ancora essendo per t'occasione d«J tJtolo 
date al gran duca di Toacana, mio affezionalo e parente. ^ Ibid. 




136 LES NEGOCIATIONS EXTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



" le grand- duc et moi, nous nous entendions pour venir en 
" aide au prince d'Orange, les Espagnols seraient forcés de 

* penser u bien autre chose qu'à nuire à l'Italie et à moQ 
" royaume (1). Il m'importe desavoir à quoi m'en tenir sur les 
" intentions de Cosmel*' : je lui enverrai sous peu Frégose. Ce 

" dernier, étant italien, n'éveillera pas de soupçons (2). , ^ 
Petrucci cbercha alors à connaître quels princes avaientS 
intrigué auprès du roi pour l'engager dans une guerre contre 
le grand-duc. " Je vous avouerai confidentiellement la vérité, 
" finit par lui dire Charles IX. Ce sont, tout simplement, le roi 
" Philippe et l'empereur... Je vovis le dis, bien que ce dernier 

* soit mon beau-père (3). „ L'ambassadeur demanda en quoi 
exactement consisterait cette entente avec Cosme I", à. 
laquelle le roi avait fait allusion : * A aider le prince d'Orange, 
" répondit Charles IX. Et si, par ailleure, la guerre éclatait en 
** ltalie,mo!, de mon côté, je secourrais et défendrais le grand- 
" duc. Je connais la tactique à suivre. „ Petrucci insistant 
pour savoir si Sa Majesté était vraiment disposée à défendre 
Cosme contre tout ennemi, quel qu'il fût : " Oui, répartit le^ 

* roi, et, à l'occasion, même contre Ferrare (4).„ 
A la suite de cette conversation, Petrucci resta convaincu' 

de l'intérêt qu'il y aurait pour les souverains de Florence à 
accepter l'alliance proposée. " On ne nous demande que peu 
"de chose et on nous promet beaucoup, écrivait-il à Concini (5), 
' D'ailleurs, il pourrait être fort compromettant et fort dan* 
" gereux de refuser. Qui saurait, en effet, prévoir, si l'on 
" repoussait ces avances, ce qui pourrait arriver (6) ? „ 



3 

I 






(1) " lo vcdo che akuni vogliono rompere in Italia c de-siderano uoa guerra 
in Frauda, e perché non voglio riesca loro, avrei caro che il granduca e noi 
c'intendissimo insieme, ne ci scoprissimo fino a certo tempo, ma dessimo 
atulo al principe d'Orange, acciè rompesai in Fiandra ; chè mi assicuro in 
poco tempo farà tanto che quelli tati aranno da pcasare adaltro ctie aH'Italia 
ed aquesto regno. „ Ibid. 

{'£) Ibid. Cf. aussi H. de la Fkbrikre, Lettres de Catherine de Médiei9,\ 
LIV,pp.XlVsv. 

(3) Ibid., p. 656. 

(4) Ibid. 

(5) L'ambassadeur Petrucci au secrétaire Concini, Paris, 23 mars 1571. 
NDD, I. c, p. 659. 

(6) Ibid., pp. 660 sv. 




DURANT ET APRÈS LA TROISIÈME GUERRE DE RELIGION. 137 






Dans la première moitié du mois d'avril 1571, Charles IX. 
comme il l'avait annoncé à Peirucci, envoya à Florence 
Galéas Frégose qui fut, dès son arrivée, reçu par le grand-duc. 
Nous avons retrouvé, aux Archives de l'État^ la Relazione, 
qu'il lut à Son Altesse de la part du roi très chrélien (l).Quant 
à la substance, elle ne diffère guère des déclarations faites 
par Cbarles IX à l'ambassadeur lui-même. On y remarque, 
cependant, une plus grande précision de langage diplomali» 
ue et un plan bien arrêté dans l'exposition des faits. En 
Toici, au surplus, le résumé. 

Sa Majesté avait été requise par îes princes allemands de 
faire la guerre contre Sa Sainteté, en même temps que le roi 
d'Espagne la ferait contre le grand-duc. Tout le protît en 
aurait été laissé à la France. Mais le roi avait répondu que 
son peuple avait, par-dessus tout, besoin de la paix. Il avait 
ajouté qu'il ne saurait lui convenir de s'armer, en quelque 
sorte, contre l'Eglise, qu'il avait toujours protégée, d'autant 
plus que, si l'on en voulait au pape, c'était à raison du titre 
de grand-duc octroyé à Cosme de Médicis, parent et ami de 
Sa Majesté très chrétienne. 

Les princes d'Allemagne avaient répliqué que, quant au 
premier point, ils se chargeaient d'aider Sa Majesté de façon 
à lui permettre d'entreprendre et de soutenir la guerre. Pour 
ce qui regardait le pape actuel. Sa Majesté n'avait nul motif 
de le protéger ; car il avait toujours entretenu la discorde en 
France. En troisième lieu, Cosme I" avait accepté le titre de 
grand-duc plutôt pour plaire à Rome que pour satisfaire son 
propre désir. Que Sa Majesté considérât enfin les obligations 
qu'elle avait envers l'Allemagne et la satisfaction que les 
princes de ce pays recevraient de son adhésion. 

Mais, continuait la Relazione, Sa Majesté s'étant bien vite 
aperçue que, dans cette négociation, les princes allemands 
étaient mus non par l'amour de la France, mais par le souci 
de leurs propres intérêts, elle s'est résolue à tout dévoiler au 



(1) Belalione di QàUazno Fregoso, de' 10 apr^ 1671, eopiaia montré 
ehe ce la dettava da parte del re eristianigaimo. ASF, Mêdieeo. 616. 
1ns. S, c. 31 r.ll en existe une copie dans la liasse 658i, 1ns. 3, c 15 r- 




138 LES SÊG0CIAT105S E5THE LA TOSCANE ET LA rHA.«»CE. 

graod-duc et à lui demander son concours ( 1). Une guerre 
prochaine élanl inévitable, le mieux, lui semblait-il, était 
que relie guerre, plutôt que d'avoir la France pour Ihéàlre. 
éclatât dans les Flandres et, dans ce but, il conTeoait de 
laisser faire, voire de favoriser, plus ou moins ouvertemeni, 
le prince d'Orange. 

Si le grand-duc se prétait à celte politique, tout le profit, en 
somme, en serait pour lui. Il n'aurait, d'autre part, aucun 
risque à courir ; car, au besoin, pour défendre la Toscane, 
Sa Majesté n'hésiterail pas à se rendre personnellement en 
Italie. Il était préférable que, pour le moment, la reine mère 
fut tenue dans l'ignorance de ces pourparlers : le moment 
venu, le grand-duc ne pourrait-il pas l'eu instruire lui-même; 
ne voudrait-il pas bien aussi se charger d'obtenir l'assen- 
timent du pape (2) ? 

Nous n'avons pu retrouver le texte de la réponse faite par 
Son Altesse à l'envoyé du roi.Il est aisé.toutefois.d'en deviner 
la substance. Le grand-duc. sans doute, suivant son habitude, 



m Dans celte relation, pour la première fois, se fait jour l'influence in 
princes aliemaudâ sur le jeune roi. Nous avons signalé la présence do leurs 
ambassadeurs en France, lors de la paix de Saint-Germain. Les deux enTojrés 
saxons ne s'étaient pas contentés de celte démarche publique, en faveur 
de la tolérance religieuse ; en janvier 1571, ils étaient revenus k la cour et 
avaient engagé des négociations avec la reine mère, dans une entrevue 
seerèle. " C'est alors, sans doute, dit M. Waddington [Ibid., p. 259) qu'ils 
lui firent entendre qu'Auguste de Saxe désirait s'allier étroitement avec 
la cour de France. „ Quelque temps après, Scbomberg était envoyé repré- 
senter le roi en Allemagne. Il était chargé d'une lettre de Sa Majesté, à 
laquelle l'électeur s'empressa de répondre, dès le 2 juillet, par mille protesta- 
tions de dévouement. Auguste, par ailleurs, fit le meilleur accueil n l'agent 
français et lui déclara " qu'il se souvenoil fort bien de la lettre qu'il avoit 
escrite au roy et des propos qu'il avoit enjoinct â ses ambassadeurs ; que 
Sa Majesté se debvoit assurer du contenu d'icelle ; qu'il n'y avoit rien 
faict mettre par monière d'acquit, ains pour l'exécuter par effect... , {Ibid-, 
p. 2fi2). Qu'i'-toienl " les propos „ dont il est question dans cette lettre ? 
M. Waddington. qui a étudié ces négociations entre les princes allemands et 
le roi très cliréticu {Art- cit., l. c-,), négociations qui traînèrent pendant un 
an et demi, n'a pas réussi ù faire la lumière à ce sujet Peut-être a-t-il trop 
négligé de recourir aux dépêches de l'ambassadeur Petrucci, où il aurait 
trouvé plus d'un éclaircissement. 

(2) Voir ASF. Mediceo, 616, Ins. 25. c. 31 r. 



li 




DURANT ET APRÈS LA TROISIÈME GUERRE DE RELIGION. 139 

ta de se proDoncer Dettement, soit pour Taffirmative, soit 
pour la négative. Il dut surtout essayer de faire traîoer les 
choses en longueur. Néanmoins, Frégose resta satisfait, 
paralt-il, des sentiments exprimés par lui (t). Il n'en fut pas 
tout à fait de même de Charles IX ; " Que veut attendre 
Cosme, s'écriait-il. puisque je lui ai dit la vérité (2) ? » 

Téligny parvenait à grand'peine à le calmer (3). De plus 
en plus, en effet, pendant le voyage de Frégose, il s'était 
enthousiasmé de son projet. Il y avait même, plus ou moins 
à mots couverts, fait allusion en pleine cour. Le chevalier de 
Seurre, par exemple, lui ayant parlé en faveur du grand-duc 
de Florence : " Je suis décidé à le soutenir, dit-il, à haute 

• voix — Sire, vous devez d'autant plus le faire, repartit de 
■ Seurre, qu'en l'ayant avec les Vénétiens pour allié, vous 
" pourriez.pour toujours,aballre la domination des Espagnols» 

* tant en Italie que dans les Flandres (4). „ 



Catherine, cependant, n'avait pas tardé à deviner quelque 
chose de ce qu'on lui cachait et à s'alarmer de cette nouvelle 
orientation de la politique de son fils. Pour y couper court, 
dans la mesure du possible, elle n'hésitait pas à écriie à 
Fourquevaux : " Si vous entendez, par delà, parler des 
" bruits que l'on fait courir en Italie, faites leur entendre la 

* vérité de l'intention et volonté du roi. mon fils, qui est de 

* vivre avec le roi catholique en bon frère et en bonne paix, , 
Et elle arrachait à son fils une lettre qui confirmait plus où 
moins la sienne. 

En dépit, toutefois, de cette apparente soumission, Charles 
IX n'avait nullement renoncé à ses projets. " Il a son caprice 

* toujours en tête, écrivait Pétrucci, le 24 mai, et il le réali- 

* sera, s'il peut compter sur la tranquillité du royaume. Les 

* huguenots, pour l'assurer de leur bonne volonté, disent que, 
" si le pape, en Italie, veut marcher avec leur roi contre 

11) Voir la lettre de Gdéaa Frégose à François de Médicis.Blois, 3 octobre 
1571. NDD. l c, pp. 712 sv. 

(2) fbid. 

(3) Ibid. 

(4) NDD, l. UI, p. 671. 



140 LES iVÉGOCIATlONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

■ celui d'Espagne, ils iront jusqu'à se meUre au service de Sa. 
" Sainteté (1). „ Dans une autre lettre, du 29, Pefnicci revient 
sur la même idée ; " L'on voit bien que le roi est conseillé 
" par rambas-sadenr d'Angleterre ; tous les Flamands qui se 

* réfugient en France sont considérés comme ses propres 

* sujets (2), , 

Malgré les velléités d'indépendance <|ue manifestait Char- 
les IX, Calherine était Irop puissante dans les conseils diplo- 
maliques pour que tout ne dépendit pas, en somme.de la 
ligne de conduite qu'elle allait adopter. Jtisqu'à ce jour, elle 
avait semblé nettement opposée à une rupture avec l'Espa- 
gne, mais d'iniprudentes et injurieuses paroles, attribuées, à 
bon droit, à l'ambassadeur espagnol, don Francès de Alava, 
commencèrent à l'indisposer et, à la grande joie du roi, con- 
tribuèrent à modifier peu à peu son attitude (3). 

Quoi qu'il en soit, la question étant grosse de conséquences 
pour lui, le grand-duc s'était décidé à envoyer un agent secret 
à la cour de France, avec mission de faire, de vive voix, une 
léponse aux offres du roi.Cet agent fui le Florentin Albertani. 
Frégose, de retour en France, avait pris,lui-mêmR,les devants 
et travaillé à disposer favorablement l'esprit de Charles 
IX (4). 

L'entretien fut très cordial. Tout d'abord, Albertani pré- 
senta au roi sa lettre de créance. Elle était ainsi conçue : 

" Roi sérénissime et très chrétien. — J'ai chargé Messire 
" Frégose de la réponse que, conformément à mon devoir 
" et à l'importance de l'afFaire, je voulais adresser, sans 
" retard, â Votre Majesté et, dans ce choix, j'ai eu égard 
" à la qualité d'une personne qui vous est si dévouée. 
" Toutefois, considérant que cette personne même est expo- 
" sée à subir l'influence de bien des passions de parti, je ne me 
" suis pas tenu pour satisfait et j'ai cru convenable de vous 



(l)NDD,t.Iir, p.671. 

(2) NDD, t. m, p. 673. Cf. H. de la Ferbièrk, Lettres, l. IV, p. XVI. 

(3) Voir BNP, CoUecliotis Simavcas.K, 1521, n"> 52.— NDD, t. Ill, p.678. 

(4) NDD, I. c-, p. 681. — Voir la dépêche de Pelrucd à François de Médî- 
cis, en date du 11 juillet 1571. NDD, J. c, p. G8S. Voir aussi la dépêche 
d'André Albertani à François de Médicis, du 9 juillet 1571. NDD. {. C, pp. 
661 sv. 



)URANT ET APRÈS LA TROISIÈME GUERRE DE RELIGION. 14t 

envoyer l'un de mes propres confidents. J'ai différé cepen- 
dant jusqu'à aujourd'hui de le laire, parce que je désirais 

* être sûr auparavant, comme je le suis maintenant, que 

* le susdit Frégose était de retour près de Voire Majesté. 
' Celui que je vous adresse présentement est Andréa Alber- 

* tani, l'un de mes gentilshommes. Il vous fera connaître, plus 
explicitement, les sentiments de mon lînie et vous rassurera 
sur mon entière bonne volonté et sur mon absolu dévoue- 
ment. Je vous supplie d'y avoir pleine confiance (1). „ 
Ensuite, Alberlani exposa, en détail, au roi les instructions 

u'il avait reçues et les considérations qu'il était chargé de 

transmettre. Elles se résumaient en ceci. Le grand-duc est 

très sensible aux démonstrations de confiance du roi, ainsi 

qu'aux promesses de protection qu'il lui a renouvelées. Il a 

la persuasion d'avoir mérité cette affection par les services 

■rendus et par son attachement à la couronne de France ; il 

fn'en remercie pas moins, du fond du cœur, Sa Majesté (2). 

Pour ce qui regarde les négociations en cours, Fambassadeur 

tdoit faire considérer à Sa Majesté la condition de Son Altesse, 

MD tant que feudataire du rui catholique. Elle ne connaît pas, 

Meut-être, les articles de la capilulalion ou traité de lô57, 

articles qui ne laissent pas que d'être fort e.vplicites (3). En 

P (1| Le grand-duc au roi très chrétien, le 31 juin 1571: " Seronissimo el 
rlirisliuiiissimo re. Nel rnnsegniare al Fregoso la rispu.sla clie Tnci alla 
M. V., conforme al deLilo mio, ail' impartoiitla Jel iiegotio et alla quaiitù 
délia persoua, se ben divota a quella» sottopoâla non dimcno a molle pas- 
sioni porlirulari, non havvendo pienamcnte saLisralu a me sLeaso, Iiavvevo 
discgniatù mandar quaJi-lic mia cuiifidcnte a V. M. Ma, aspettando «rinten- 
dere prima l'arrivo sua da quella.si come poco fa lio inlcso.l'ho dilFerîlo sino 
a oggi. Mando addunxiue Andréa Albertani, uno de' uiia servileri, il quale 
aprirà a V. M. pin eharo [il] scnso dell' animo mio, in far quel che devo, el 
renderla capace et quieta délia mia devota voluntà. La supplico a crederli 
corne a me stesso... „ BNP, Fonds ituî. Iâ07. 1° 3Q r. (La minute, datée 
du 12 juin, se trouve aux ASF, Mediceo, 54*''s, c. 51 r). 

(2) Voir Ylnstmllione a voi Andréa Aibertani, nostro secretario, di 
quanto havete a tratlare con la Maestà del cristianissimo a nome 
nostro. ASF, Mediceo, 2635, c. SSJ r. sv. 

(3) ^Consideri la M. S. il leudo che délia alatodi Siena leniamo colrecat- 
lolico, con il qiialo, l'tla foriie non sa la capitolationc che habbiamo, et per- 
Buadosi elle la noslra profeasione i stata di honore et di non essere per 
colpa aoatra reputati ingrali „. Ibid., c. 333 r. 




142 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



outre, que Sa Majesté ne se fasse pa;^ illusion ; les affaires 
dltalie, en ce qui concerne les obligations du grand-duc de 
Florence envers l'Espagne, ne sont pas aussi faciles à régler 
que le lui font croire ceux qui ont iolérêt à fomenter des 
troubles. Quand même une solution semblerait aisée à 
trouver, il ne faudrait pas oublier que l'empereur est cousin 
et beau-père de Sa Majesté catholique : leui's relations, tout 
le monde le sait, sont des plus étroites. 

Or, Sa Majesté très chrétienne s'est-elle assurée des inten* 
lions de Tempereur, dans le cas d'une guerre en Flandre ou 
en Italie ? Il faudrait demander, avant tout, son avis. Cet avis 
sera beaucoup plus sincère que celui de tant d'autres per- 
sonnages qui se laissent guider uniquement par leurs passious 
personnelles et n'ont pas le moindre souci de l'issue de 
l'entreprise (1). Puis, si déclarer la guerre est au pouvoir de 
chacun, en prévoir sùreiuetit les résultats et en diriger, à son 
gré, tes opérations est chose fort délicate. Souvent les plus 
habiles et les plus puissants subissent, sous ce rapport, 
d'étranges déceptions (2). 

L'ambassadeur doit eaûn faire comprendre au roi qu'une 
question si importante ne saurait être convenablement 
décidée sans qu'on la soumette à la sage appréciation de la 
reine mère (3). Si le grand-duc parle si franc et si clair, c'est 
qu'il n'écoute que son affection et son ardent désir d'être 
utile à Sa Majesté (4). 

Durant tout ce discours, Charles IX avait gardé le silence ; 
il s'était contenté de lever les yeux au ciel et de pousser un 
profond soupir, lorsqu'il avait été question de sa mère et de 
l'empereur (5). Il congédia l'ambassadeur en lui disant : 






I 



(1) Ibid. 

(S)** 11 muovare le ariui el le guerre non h& punlodel difllcile el è in poter di 
cia^cuDO, ma non è gîà permesao il finirle a sua posta, et molle volte non 
sortiscono queli'esito felke che l'uonio si proiuelle nel discorso. „ Ibid-, 
c.334r. 

(3) Ibid. 

(4| " Direte che U zelo délia ^andezxa el quiele di S.M. ci muove a pariue 
coBi schietlu el ap«rto, non sendo la natura et il cusluxae nostro simulato o 
tioto, délia quale liberUi si degaerà. di perdonare „ ibid» 

(5) NDD, J.C., p. 683. 



DDRANT ET APRÈS LA TROISIÈME GUERRE DE RELIGION. 143 



I 

I 



Vous pouvez toujours écrire au grand-duc qu'avec toute 

* mon aro)ée et toutes mes ressources, je suis à sa disposi- 

* lion : les faits, au besotu, le lui prouveront (1). „ 



Charles IX cepeudanl, cédaut peul-ëlre à l'iufluence des 

couseils ^du grand-duc, se décida à mettre Calberiue de 

Médicis au courant des négociatioDs qu'il lui avait cachées 

Kjosque-ià. Après lui eu avoir dit quelques mots lui-même, il 

Hcbargea l'ambassadeur de l'eu eolrcteuir plus à fund {i). 

Coutrairemeul â ce que Toa avait lieu de craiudre.la vieille 
relue ne se montra pas d'abord trop buslile au projet (3). 
Elle Qoit même par approuver les vues du roi (4] et Frégose 
fut envoyé, une seconde fois, à t'ioreuce. 11 était porteur de 
lettres de Charles IX et de Catherine (ô). Le roi ne faisait 
guère qu'y répéter ce qu'il avait écrit au graod-duc et dit, 
tant de fois déjà, à l'aïubassadeur (ti;. Quaut à lareiue,eQtre 
Hàutres choses, elle requérait Cosme I" de ménager l'alliance 

Entre temps, Petrucci s'était trouvé mêlé aune négocia- 
tion des plus délicates, àtaquelleles événements quisuivirent 
donnent un inléiét particulier, 

H L'amiral de Coligny, par renlremise de Frégose, avait 
manifesté à Petnici'i le désir qu'il avait de se rapprocher de 
la cour el de rentrer dans les bonnes grâces de la reine. 

flPefrucci voyait toutes sortes d'avantages à ce rapproche- 
ment. 



IV. 



f (l)NDD, Z.C..P.683. 

'2) L'ambassadeur Pelnicd à François de Médicis^ Bloîs, 36 juillet 1571. 
NDD, Te. pp. 691 svv. 
I (3) Voir NDD, t. lU, pp. 6M sv. 

(4) Pelrucci ù François de Médicis, Paris, 10 aoftl, 1571. NDD, /. c, pp. 
694 5VV. 

[b) Ibid.,p.691. 

(6}i&id.,p.(m. 

(7)J6W., p.696. 




144 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE KT LA FRAHCI.' 

" La faiblesse de ce royaume, écrivait-il au grand-duc, 

" provieQt du manque d'hommes fidèles qui veuillent preD- 

" dre part au gouvernement, et cela par suite du désordre 

" qui règne partout, percAè le cose nonpigliano forma. Si le 

* roi pouvait s'unir avec les chefs des huguenots, la faction 
" de ces derniers s'en irait en fumée.U en serait de même de 

* leur religion^qui s'épuiserait bien plus par cette sorte de 

* ralliement que par les vicissitudes de la guerre : car ce 

* serait déjà beaucoup que d'empêcher le calvinisme de 
" s'étendre. Par ailleurs, du reste, l'amiral, qui est très âgé, 

* n'a plus, on peut respérer,bieQ longtemps à vivre (l). , 
Quelle réponse Cosme fit-il à celle communication ? Nous 

l'ignorons ; mais toujours esl-il que Pelrucci se mit à entrer 
en pourparlers à ce sujet avec Téligny et la reine. Celle-ci 
accueillit avec enthousiasme les ouvertures de l'ambassadeur 
et voulut expédier, sans retard, une mission à La Rochelle : 
Téligny en fut chargé. 

Pelrucci, pendant ce temps, continuait d'agir à la cour. 
Obéissait-il en cela à des ordres formels de son prince ? Un 
peut le supposer ; car, personneUement, il semble avoir eu, 
par moment, certains scrupules de s'employer à celte beso- 
gne. Un jour, par exemple, que Charles IX le pressait de 
redoubler d'efforts dans les négociations entreprises,il opposa 
à Sa Majesté la diUiculté, au point de vue de la conscience, 
d'entrer eu rapports étroits avec des hérétiques. *Je lui expo- 
" sai, écrit-il lui-mème,que j'avais toujours marché comme il 
" voulait ; mais qu'étant catholique et décidé à le rester, je 
" ne pouvais traiter avec de tels personnages que sur un 
" commandement exprès.Le roi me rassura,en disant : " Con- 
" tinuez, continuez ! Le pape ne peut raisonnablement être 
" mécontent qu'on travaille à la pacification du royaume, de 
" même que le grand-duc ne peut qu'être joyeux du service 
" que vous nous rendez (2). , 



(1) Voir la dépêche de l'ambassadeur Petrucci au prince François de 
Miidicis, Paris, 96 juillet 1571. "... E]a religions loro manctierebbe più cosl 
elle con rormi ; ed inlertenendo che non si dia augumcnlo.si gu&dagna assai, 
e di più si puô sperare nel mancare dl queâto capo, che è veccLio „ Jbid., 
p. 686. 

(2fNDD, ï.c, p.687. 



DURANT ET APRÈS LA TROISlÈUE GUERRE OE RELIGION. 145 



^ 

h 



^ 



Toutes ces oégociatioDs nalurellement D'avaieot pas tardé 
à éveiller les soupçons et à susciter les commentaires hos- 
tiles des adversaires du grand-duc (1). Les Espagnols, qui le 
voyaient sui* le point de s'eugager contre eux dans une 
alliance avec le roi de France, se dênaienl maintenant de lui, 
comme d'un traître se préparant à rompre la foi jurée (2). 
A Rome, on prenait prétexte des relations de ses représen- 
tants avec les chefs des huguenots pour le dénoncer et le 
représenter au pape comme un fauteur d'hérésie, aux trois 
quarts protestant (3). 

Cosme, voyant l'orage se préparer, fît remettre à l'un de 
ses conseillers un exposé tidèle de la situation et celui-ci, 
dans une note datée du !^â août 1571, crut devoir lui tracer, 
en résumé, la ligne de conduite suivante. 

L'ambassadeur à excédé dans sa mission et procédé 
avec passion; dans ses premières négociations, il ne s'est pro- 
posé d'autre but que de maintenir la dignité du titre grand- 
ducal, mais peu adroitement et sans se soucier du reste : il 
n'y a plus moyen de corriger sa faute. 

Les Français travaillent des pieds et des mains pour 
détacher Son Altesse de l'Espagne : il importe d'agir de façon 
à ne pas s'aliéner la France ; mais, d'aulre part, il est non 
moins nécessaire de ne pas irriter l'Espagne : il faut tenir 
compte aussi du pape. Comment arriver à ces résultats ? 

Pour cela, il faut expédier un agent secret au roi catholique 
et lui dévoiler toutes les négociations; il faut empêcher la 



(1) Voir ASF, Mediceo,^SS, c.354. — Ibid.,c. 375. - Voir surtout la let- 
tre d'Alexandre de Médicis, du 31 juillet 1571. ASF, Mediceo, S2CK), c. -IJi. 

(2) **-. Fecî ancor note a S. S. le moite cicalerie che andavano attorno per 
1« baclie de' inali|^ni a fine di metter FAltezze Loro la diffidenza di S.Mi cal- 
tolico... : et )ei ae ne dois» rneco, corne di coaa che le dîspiticesse. „ Ibid. 

(3) '^ QaesU ncgoxi lianiio dt^sio tuiitu sospetto nei poco amorevoli aile 
Voàlrc .\Ilczze, cUe liaiibû spedito uu c-orrieru a. Rooia ai U dul présente per 
Tar aapere a Sua Santitù che il graiiduca ë furzu clie abbi qnalche gruii 
negozio con questa corona, e che il suo antbaacialure e secrcUrio sonu aile 
strelte con U u|;oaotti.„ PelruiH.! ù François do Médicià, Puriu, 10 auût 1571. 

),I.c.,p. G97. 




146 LES NÉGOCUTIONS ClfTRK LA TOSCAITE ET LA rBASCC. 

Tenue à Florence de Frégose, homme suspect : il faut s'ou- 
vrir de tout à Pie V, par l'ioteroiédiaire d'un envoyé, f} 
faut enfin faire traîner, plus que jamais, en longueur le: 
négociations avec la France (1). 

• * 

Le grand-duc, s'iaspirant vraisemblablement de ce 
mémoire, fit partir bientôt pour l'Espagne, en ambassade 
extraordinaire, Nofri Roselli. D'après l'instruction qui lui fut 
remise et que nous avons été assez heureux pour retrouver ii|, 
le but de sa mission était de certifier à Sa Majesté catholique, 
" pour la confusion des méchants ,. le constant dévouement 
et les droites intentions de Leurs Altesses de Florence. * el 
" ce^en dépit de la tentation à laquelle elles ont été en butte, 
* du côté de la F'rance (3). ,11 ne devait pas manquer de foire 
ressortir la fermeté dont elles avaient fait preuve, en résis- 

(1) " SereDiâsimo mio signore et p&droae unîco. Nelle serilture clw 
M. Antonio mi ha mandate, mi paiono consiilerabili moite cose. La prima, 
certu modo iacorreggibile, che l'ambasciatore procède in questo negotiu 
passionalamente contra la corona di Spagna. corne quello chc tiene la 
mira solo al mantenere la digoità del titolo, senza andar più avanti ton il _ 
discorso. La seconda, cbe i Franzesi usano ognî arte et industria per lirare 1 
l'A.A.V.V. dalla loro o almeno renderle al re catlolico si sospetle, ch« più 
mai egli se ne possa fidare, et che per força elleno s'habbino a buttare 
alla protetione franzese. Tre particulari imporlanti mi ci par conos- 
cere : l'uno, che seguendo l'in lento del crisUanissimo si manea délia fed^ 
data et délia capitulatione con Spagna ; l'altro, che contentaiido il 
ao poi se egli sostene-we V.V, A. A. conforme aile promesse... Il terzo 
recusando l'A. A. V. V. le condîtioni del crisUanissimo.egli non si 
et di (iiiealii maniera le si perdino in un tempo qiiella Mae.5tik, habbino îo- 
soi^pettilo la catholica, sensa essersi accommodate almeno con la cesarea... 
DehPupa oucho crederrei che si haveaae a fare stima... Queste sono le con- 
siderationi che mi si oITeriscono di présente, aile quali penserei che si potesse 
remédiant con il cunservarai queâliprineipi... „ (22 aoilt 1571). ASF, Mtdi' 
MO, 657, Ins. 40. 

(2) " Ittatrultione a voi M. Nofri [Roselli] di quanta kavete a pa**an 
in nome nostro cum la Maestà del re caltolico. „ ASF, Mediceo, 8533, e. 
Mr. ST. 

(3) "... Per certificarlo, in confusion de' maligni, délia nostra derozione e 
candidezza dell'uiiimu noiitro, mediaute il lentativo che ci vien fatlo di 
Francia... „ Ibid. 



dia feda . 
re, ooqJ 



DURANT ET APRÈS LA TROISIEME GUERRE DE RELIGION. 147 



tant héroïquement à de si instantes et si dangereuses sollici- 
tations. Viendrait ensuite Texposé des faits (1). 

" 11 faudra après cela, continue l'Instruction, affirmer 
" aflfectueusement et persuader, s'il se peut, à Sa Majesté 
" catholique que, quand bien même la bonne foi viendrait 
" à disparaître du reste du monde, elle demeurerait pour- 
" tant vivante chez nous et dans notre famille. Comme 
• le feu épure l'or, l'épreuve ne fera jamais que nous forti- 
" fier ; nous ne sommes pas du nombre de ceux qui tour- 

I * nent leur voile à tout vent (2). 

^fe " On aura soin, par ailleurs, de faire remarquer que, si le 

(])Che al aostro anabaariatore in Franria fu, già più settimane, mosso 
ragionamento da Giangaleazzo Fregoao che.trovanciosi alla Rociella,senl«n- 
do parlare dal conte Lodovico di Naâsao et da altri cli« alcuni principi si 
risolvevarao di miiover guerra al papa et a noi, persuase loro, coq molle 
ragioni, clie queâto si faceva périt servitio loru, perctiè il rouoverguerra Îd 
Italia nou li rendeva alli loro stati, dovt: dovevano intender tutto l'aita, più 
presto che voltarsi ia altra parle ; et che per loro era meglio il vollarsi aile 
cose di Fiandra, pcr l'intéresse loro, per la viciiiitÂ, pcr ta pretensione anco 
del re cristianissimo che potrebbe porger toru ogni comoditil et aiulo, ag- 
giunto che il favor che aperano d'Aleraania Thavrchbono più commodn et 
piùfacile che in Italia. dove non hanno che far,- et che per impedire la diTe- 
saalia Maestà cattolica si poteva interprender laie) l'impresa di Genova, 
nella qualesarebbe forzala la M. S. a impegnarsi, soggiugnendo cbe, con il 
far nota a nui che la M S. cattolica era qticlla che disegnava con alcuni 
aJlri di învader li stati noslri, poteva il crialjanîssimo giiaJngnarci per tra- 
vagliar tanlo più le cose di S.M., et che con molle altre parole hâve va pre- 
galo il conte Lodovico nella sua, dicendo che voleva conferirlo aU'ammira- 
glioj il quai poi,chiamato a se Giaiigaleazzo et fattogli riandar il suo ragio- 
namenlo, l'haveva approvato. 

Ma perché l'ambasciatore nostro mostrù di non gli pre^lar fede, egli gli 
disse : io veggo che voi non mi credete quelle cose ; Ira poclii giormi vi por- 
lerù tal testimonio ch<3 non dnbiterele délie mie parole „ [Ibid.,c. 54 r. sv.). 
' Id quealo mezzo, sendo l'anaba^ciator in palazzo, îl chrislianissiiuo gli 
disse ch'haveva da parlargli et incominciù cosi fra' deuli a nntrargli n«]le 
cose di Siena, ma lo riniesse cosi spezzatamente a un altro gîorno.perchê la 
caméra eratroppo piena„ [Ibid., 54 v.)." Hora, Giangateazzo ê veuuto con 
la letlera del re, la copia delta quale et qnella del conte Ludovico voi por- 
latej insieme con la relatione sommaria di coslui et con la ripnâta noslra 
al cristianissimo „ {Ibid., c. 55 r.). 

{2)Voidovele render capace di tullo S. M. cattolica, con alTermarle, cou 
parole luoghe et affetluose, che se la fede fusse perdula ncl nioiijo, si rilro- 
verebbe in noi et in casa noslra, li quali canosccrù ctla senipre raffinait 
nelle tentalioni, corne l'oro nel fuoco, non sendu voluhilij ne Tollondo maa- 
tello a ogni acqua „ Ibid-, c. 55 r. 



148 LKS NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

• roi très chrétien a essayé de nous corrompre, c'est parce 
" que nous sommes trop privés des bonnes grâces de Sa 
" Majesté cattiotique. Il importerait donc que cette dernière 
" déclarât, publiquement et à la face de tous, qu'elle cous 

• compte parmi ses plus chers serviteurs, nous libérant ainsi 

• des chicanes et calomnies de ces semeurs de zizanie. , 
Enfin, il sera opportun de recommander le secret à Sa Ma- 
jesté catholique, de peur que le roi très chrétien, venant à 
apprendre notre démarche, ne puisse nous accuser d'ingra- 
titude, voire de forfaiture à son égard (1). „ L'instruclion 
ajoutait : " Faites bien attention non seulement aux termes 

• que Sa Majesté catholique emploiera dans sa répoose, 
" mais aussi aux gestes mêmes dont elle l'accompagnera. 
" Observez l'expression de son visage ; tâchez de deviner el 

• de pénétrer ses intentions les plus cachées, tout en dissi- 

• mutant votre CLiriosilé et en affectant de croire naïvement 

• tout ce qu'on vous dira (2). „ 



Cette ambassade obtint le résultat qu'eu avait attendu le 
grand-duc : plus ou moins sincèrement, Philippe II se 
déclara satisfait. 

L'indignation du roi catholique ainsi détournée, il était 
nécessaire de se tenir en garde, temporairement du moins, 
contre tout ce qui pourrait fournir l'occasion de nouvelles 
récriminations ; il y avait lieu aussi, sans choquer la cour 
de France (3), de faire définitivement faux bond aux projets 

(1)" SUavi in memoria dt roccomanrlarle il secreto, acciochè... aoi u>eo 
noa fussimo da quella Maesià reputaLi iugrali de' favori et amorevoli 
demoslralLioiii che le c pîaciulo d'iisar verso di noi. — Dovete pussar tulto 
in nome niistro eldel principe noalro figlio... „ Ibid., c. 55 v. 

(2) Ibid. 

(8) D'autant plus que l'ambassadeur français à la cour d'Espagne, M- de 
Fourquevaux, prit ombrage de hi venue des envoyés florentins près Je 
Philippe 11 : " Le duc de Florence, écrivail-il, le 31 moi 1571, envoyé, toutes 
les sepraaines, à deux ambassadeurs qu'il a icy courrier exprez pour donoi'f 
advis au roy calliolique de tout ce qui se p&'^se en Italie, ù Rome eteii 
Levant. Cette si grande diligence dorme penser qu'il y doibt avoir iotelli' 
gence secrète entre eulx ou que, de poeur et soupsçon qu'il a d'estre 
as.sailly, il faict ainsi du bon varleL „ Abbë Douais, Dépêches de M- àt 
FourquevaHX,ambassadenr dn roi Charles IX en Espagtia (15fô-lâ7i)> 
L II, p. 355. Paris, 1900. 



DURANT ET APRÈS LA TROISIÈME GUERRE DE RELIGION. 149 

et aux propositions de Charles IX. Aussi des recomraanda- 
lions expresses furenl-elles adressées à Petrucci par courrier 
spécial. 11 devait prier, inslainmenl et par-dessus toutes 
choses, Leurs Majestés de n'envoyer à Florence, en ce 
moment, ni Frégose, ni qui que ce fût. Si, par malheur, Fré- 
gose était déjà en roule, on l'avertirîiit de ne pas poursuivre 
son voyage et d'attendre, là ou il se trouverait : toutes ces 
allées et venues d'agents, plus ou moins connus, avaient déjà 
donné lieu à trop de commentaires malveillanUs. Le pape, en 
particulier.s'élait plaint amèrement naguère de la présence à 
Florence de ce Frégose, qu'il tenait pour suspect et mécréant. 
Mieux valait désormais correspondre par lettres (1). 

En dépit de toutes ces précautions, Frégose arriva bien- 
tôt à Florence (2) Le grand-duc en prit occasion pour se 
prononcer plus catégoriquement au sujet des négociations 
pendantes. Les détails nous manquent ; mais de quelques 
rares pièces il semble bien résulter qu'il déclara, avec une 
certaine fermeté et de fa{;on à couper court à toute insistance 
ultérieure, que, malgré son amour pour Sa Majesté très chré- 
tienne, il ne pouvait se lancer, à sa suite»dans l'aventure pro- 
jetée (3). 

De cette déclaration Catherine fut charmée : c'était, en 

(1) Le grand-duc à l'ambas-indeur Pelrurci, 25 août 1571 : " Vi spediaino 
questo corriere acciô che subito facciale inlendi^rea Lor MaesLù crislianis- 
sime rhe per niente mandiao qua il FVegoso o allri, cl, clie se pure lo 
haranno inviato. clie uoi faremo sapere clie non compQrisca,ma s'intertenga 
fuori, dove aarà, perché te persone espresse sono di troppa scoperla cl la 
sua massime, conosciuta qua da ogniuno et sospetla a' Spagnoli 6 al papa, 
seadosi S. S. dolsuta cort noi délia venuta sua ne' mesi passali. „ ASF, 
Af«dM;«o, 4«)2,c.2fi2. 

(2) Voir NDD, t. III, pp. 712 sv. 

(3) Voici en quel sens le grand-duc t'crivait à son ambassadeur en France, 
le 25 du mois d'août 1571. L'ambassadeur doit remercier Leurs Majestés, 
" quali quando vi parlano délie cosc di Siena, o délia guerra coutro di noi, 
harete da ondar circunspetio et non vi lasciar andare dalle parole et adver- 
limenti loro, perché doveresU conosrere che sono lulli iiicenstni per dîver- 
tirci da Spagna, dalla quale, coine ci havcssino sequestrato, non sappîamo 
se ci sostcncssinn poi secundo le promesse ; perû è da conscrvarsi qiiesta 
lor buona voluntà con amorevole corrispondenza, senza obbigarsi mai a 
Gùsa che possa e»sere contro il servitio di S- M< cattolica. „ ASF, Medicec, 
iOÛâ, c. 260 r. 



150 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

somme, sa première politique et ses vues personnelles qui 
triomphaient. Elle s'en réjouit assez bruyamment et retourna 
si bien son fîls que celui-ci s'engagea à ne jamais déclarer 
la guerre à son iasu et contre l'avis de Cosme I"^ (1). 

Le grand-duc avait si astucieusement manœuvré qu'à 
travers les difficultés d'une position, en apparence, inextri- 
cable, il avait su finalement conserver laconSance et du roi 
de France et du roi d'Espagne. Restait le pape, que son 
zèle contre les hérétiques rendait défiant et qui, tout récem- 
ment, en juillet 1571, par l'organe du cardinal Rusticucci, 
avait fait entendre ses plaintes à Cosme (2). Ce dernier, par 
son ambassadeur, prolesta si énergiquement auprès de Sa 
Sainteté de son dévouement à la foi caltiolique que Pie V se 
radoucit complètement et ne voulut plus regarder les dénon- 
ciations qu'on lui avait écrites, en défaveur du grand-duc, 
que comme de simples calomnies. Une fois de plus, Cosme 
avait ménagé et raffermi soq influence (3). 

(1) Ibid.. p. 713. 

(2) Voir la letlre d'Alexandre de Médtcis au gr&nd-ducj du 3& juillpt 1S71.] 
ASF, MtdiCéO, 3290, c. 290 et 291. Lo cardinal Rusticucci, ayant appeM 
l'ambassadeur par ordre de Sa Sainteté, lui montra un avi'iso proveni 
de France, à ce qu'il para!l,et où il était dit : " Che, pochi giomi innanzi, eri 
aadato allacorte de! re christianissimo un Giovan Godenzo Freghosn,uomo| 
herctico et di mali coslumi.il quale er a scavalcato in casa l'ambasciatore cli 
liene a quella corte V. A- serenissima, et che conlinuamente Degotiava cokI 
Mommoransi, et che cii) che negociava era d'ordine di V. A., la quale loi 
teneva là per trattalî seditiosi.et l'ordine di quello che havessi a fare l'haTcva j 
dal aignor Troilo Orsino. „ Ibid., c. 290 r. 

(3) Voir la lettre d'Alexandre de Médicis, du 3 août 1571. ASF, Mediceo,\ 
3290 c. 304 r. sv. — "Mi disse : scrivete a S.A. che non si dia dispiacere di i 
quello avriso et che non pensi che a noi habbia dato alcuna mala sodisfai» j 
tione, perché anppiamo mol lo bene come si cammina in quesli tetnpi; hab-i 
biamo bea roluto che S. A. lo sappi, perché gli vogliamo partecipare ogni 
cosa et anche perché la possa levare ■' maligni ogni ombra di sospetto. 
Ibid^ c. 901 r. 



Chapitre sixième. 

Le rôle diplomatique de la Toscane, 

à la veille de la Saint- Barthélémy. 

{1571-Ï572) 



L 



Débarrassée du souci que lui avaient causé les menaces 
le guerre à Téfranger, Calheiine de Médicis allait, désormais 
[et jusqu'à la veille même de la Saint-Barlhélemy, poursui- 
vre UD projet que. depuis quelque temps, elle caressait : 
Tunion ou, du moins, une trêve nouvelle et durable entre 
huguenots et cattiotiques, par le retour de l'amiral de Coligny 
et des chefs calvinistes à la cour et surtout par le mariage de 
sa fille, Marguerite de Valois, avec Henri de Navarre. A l'en 
croire, la pacification du royaume était, en tout cela, son 
unique préoccupation. Avait-elle aussi, par ailleurs, quelque 
arrière-pensée ? Ce n'est pas le moment de l'examiner ici. 
Quoi qu'il en soit, ce fut sur son cousin de Florence (]u'elle 
compta pour aplanir les difficultés et triompher de l'opposi- 
tion que,dans l'exécution de celle double manœuvre politique, 
elle s'attendait bien à rencontrer de la part de Rome. 



Dès le 10 août Iô71,elle s*était,par l'entremise du comman- 
deur Petrucci, adressée à Cosme I»%en réclamant ses ser- 
vices (1). Le grand-duc fut, tout d'abord, semble-l-il, assez 
perplexe. Un de ses conseillers, dans un mémoire dont nous 
avons déjà parlé précédemment (2), l'engageait à seconder 
hardiment près du pape les vues de Catherine (3). It ne peut 

(1) Voir la dépêche du cotnm&ndcur Petrucci à François de Médîci», Paris, 
10 août 1571. NDD, L III, pp. tm, sw. 
{% Voir pp. 145 3VT. 
(3) ASF, Mtdiceot 667, Ins. 40. 



152 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

y avoir, disaiHI, de salut pour le royaume très chrétien que 
dans la concorde et, cette concorde. les plus sûrs moyens df^| 
l'obtenir sont le retour de l'amiral à la cour et le mariage 
du prince de Navarre avec la sœur du roi. En ce qui concerne 
ce mariage, si le pape objecte le dommage que la religion 
est exposée à en recevoir, dans l'avenir, vu la qualité 
d'hérétique de Henri de Navarre, il a tort. N'est-ce pas saint 
Paul qui, avant sa conversion, persécuta avec le plus d'achar- 
nement la foi chrétienne ? Puis, Sa Sainteté devrait bien 
profiter des exemples que lui offre l'h'stoire : qu'elle se 
souvienne de ce qui est arrivé en Angleterre, par suite de 
l'obstination de Clément VII (1). 

Le Saint Père dira peut-être encore qu'il ne faut pas faird] 
le mal pour en tirer du bien ; mais cette règle n'est pas appli- 
cable in casi di tanto rnomento.ll se tromperait étrangement,' 
par ailleurs, s'il espérait faire aboutir le projet qu'il a formé 
de marier Marguerite de Valois au prince de Portugal : Ua 
reine mère se moque de cette idée naïve (2). 

Le 25 août, le grand-duc répondit à Petrucci : " La négocia- 

* tion dont la reine désire que nous nous chargions, en vue 
** de la tranquillité de son royaume, nous plairait infiniment ;j 
** mais nous ne voudrions pas que cette négociation passai] 
" par nos mains; car.si elle réussissait, Sa Majesté catholiquei 
" et le pape s'en offusqueraient.à cause des conséquences quij 
" pourraient en résulter à leur détriment. Si, au contraire, ellej 
" n'aboutissait pas, nous risquerions fort de nous brouillef 
" avec Sa Majesté très chrétienne, sans compter qu'on ne 

* manquerait pas d'ameuter contre nous les malveillants, 

* toujours à l'affâi de quelque prétexte de scandale (3). „ 



(1) "... Ricordiai (il papa) îl successo d'Inghilterra per l'ostînatione de 
aementeVII...„/lpid. 

(2) Ibid. 

(3) " La praiica àeïY unione delY admiraglio cl piacerebbe infînitamen 
per servitio di S. M. et quiele di quel regno, ma non vorrerarao gîà cM 
passasse pcr mano noslra, pcrcbô, se riiiscisse, si ofTend^rebbe la Maestà 
cattolica et il papa, per il soapello che liarebbono di non esser IraTagliali.et 
dissolvendosi si corre risico d'acqinstarne mala satisfattione di Lor MaesU 
«t dt;ir admiraglio, ollre a dar adito a' mallgni di far di quelli offitii che son 
solilj, [ancbel s«oza occasione olcuna; pcrô é da allargarsene désira 



I 



A LA VEILLE DE LA SAlNT-BARTHÉLEMY. i&3 

L'ambassadeur devait soumettre adroilenient ces observa- 
tions à Leurs Majestés, et les leur développer, plutôt comme 
des réflexions personnelles que comme lerésumé desinstruc- 
lîoDs par lui reçues de Florence. 



Entre temps, néanmoins, Cosme, pour parer à toute éven- 
tualité, faisait sonder le terrain à Rome. 

Le 28 août, le protonotaire Alexandre de Médicis, sur le 
.conseil du prélat Snlviali, exposait au pape ce qui se prépa- 
raitjà la cour de France(l), au sujet de l'amiral et de Henri de 
Navarre. " Pie V s'en conlrisla profondément. C'était là 
" dit-il, la plus mauvaise nouvelle qu'on piit lui annoncer, 
' à moins que l'un et l'autre des personnafies en queslion ne 
' dussent se convertir à la foi catbolique. Dans ce cas, mais 
' dans ce cas seulement, rien ne pourrait arriver de plus 
" lieureux et de plus opportun (â). „ 

mente et di maniera che Lor Maeslù non si accorghino chc sia di nostro 
consenso. „ Le grand-duc à l'ambassadeur Petrucci, 25 août 1571. ASFf 
Medieeo, 4602. c. 263 r. 

(1) "... Con il fonsiglio et intervento di Monsignor Salviati, martedî, che 
fummo a' 28 del présente, et con qiiella destrezza che seppi maggiore, fui a* 
piedi di Sua Beatiludine, gli esposi qtianlo ai Irattava alla corte del re 
cristianissimo per riunire a quetlu corona il principe di Navarra et rammi- 
raglio.„ Le prutonolaire de Médicis au grand-duc.Rome.leSl août 1571.ASF 
Mediceo, 3290, c. 329 r. 

(2j "... Si contristô assai il papa, dicendo che gli daro la più catliva 
nuova che dar se gh potesse,se giA prima non si rîducevano alla fedc calho- 
lica et Tuno et l'altro, it clie se scguissi, gli parreblic che non polessi 
auccedere cosa ne più utile, né più necessaria... E non restô mai espace Sua 
Santità che potessi esser benc che si negotiassi prima l'untune alla corona 
crislianissima che la cnnfessîone dflia fede caUolica...„ îbid. "..• Replicô 
che se l'ammiraglio ai era mosso a sollevare questo sciama per odio che 
havesse con casa Ghisa, et non per regnare ni» havere quella opinione che 
si predicava delta religione, aperava che Tussi possibilc il ridurlo al gremho 
della Chiesa et persuaderli che detestassi le false opinion! che haveva 
tenute ; et che a questo prcgava Vostra Altezza che si introniettessi, dicendo 
che non harebbe poluto condurre impresa ne più pia, itë piii gloriosa, et 
approvando che ella ai conservi l'aniicitia del re chrislianissimo, prima, 
perche cgii è parente, poi per la sua potentia, in ultimn per lultn quel che 
poteasi accadere, slando le cose del mondo corne le stanno, „ Ibid., 
c.329r-v. 



154 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Quant à la dispense de consanguinité, nécessaire pour le 
mariage du prince Henri avec Marguerite, il ne l'accorderait 
jamais, tant que le prince ne serait pas catholique (1). Il ne 
pouvait comprendre, au surplus, que l'on songeât à cette 
question de la dispense, avant que la question même de la 
conversion ii'eùl été résolue. Il protestait, du reste, de son 
affection cordiale pour Leurs Majestés : s'il refusait d'accéder 
à leur demande, c'est qu'il était persuadé qu'elle ne pouvait 
tourner à leur avantage, encore moins au profit de la reli- 
gion ; sans compler qu'on ne pourrait donner aux catholiques 
maggior sbigoHimento fît questo. Il ajoutait que, si Tamiral 
s'était révolté contre l'Eglise, comme on le disait, par simple 
aversion pour la maison de Guise, il ne serait pas difficile, 
sans doute, de le déctdei- à se convertir. S'il y avait vraiment 
espoir sérieux d'y arriver, loin de reprocher au grand-duc de 
s'y employer, il le prierait de le faire, aucune entreprise oa 
pouvant être plus sainte et plus glorieuse que celle-là (2). 



Ces déclaralions, ne paraissent pas avoir découragé lél 
grand-duc. Du moins, il chargea presque aussitôt son ambas-j 
sadeur extraordinaire, Antonio Serguidi, de revoir sans 



4 



(1) " Seguilù doppo quesLo delerminalamente, dicendo che mai dacvbbel 
dispensa a clii non Tussi callolîco. El prrcliù gli fu rcplk-alo che il domon- 
darla era pur ^^e'gnn d'obedienza, risposp, cbc gliene crano staio dotnandate 
de]]' a]1rc dalli ugonulli, el clie non lo fac«vano per stLma che ne avessii 
ma perche non fusse per nasc«rc difllcultù ne' descendent! p«r i natalL 
/6»d., c. 329v. 

(2) Voir ci-dessus, note 1. " El condussesi a qucsto il negotio che, sebbene 
non volsc mai approvare il papa che si fatessi l'accordo senza cite prima 
fussero accoaiodate le cose délia religione, non dimeoo senti amorevolmenle 
lt»lt» quello che se gli disse, et reslô con obbligo a Voslra Allezza che sia 
enlratû in queslo traltato, il quaJe si contenta flie ella vadi praticando, 
mandando perô innanzî la religione ad ogni al Ira altione che si possa Tare, 
chè allriiiienli credo che non sia mai per ai-ronsenlire ; anzi dubiterei che clii 
con instanlia gli voles;;! pcrsuadere it contrario, perderebbe délia grallasua 
et cascherebbe in concetto di poco devoto di questa Santa Scde...„ Ibid- — 
Après quelques jours, lepnpedit ù l'ambassadeur: " Noi abbiamo pensato 
sopra quanto negotiasti con noi.et sianno del medesimo animo et vi diciamo 
che,8e vogliono fare il parenlade di Navarra, che se non si riduce allô fede, 
mai gli daremo la dispensa. „ Ibid. 



ate^_ 




A LA VEILLE DE LA SAINT-BARTHELEM\'. 



155 



retard le pontife. Il devait louer, tout d'abord, la pi-éoccu- 
patioQ qu'avait Sa Sainteté de veiller, par dessus tout, aux 
inléiêts de la foi ; mais il devait aussi lui faire remarquer 
combien il importait, précisément au point de vue religieux, 
de ne pas rendre impossible la conversion de l'amiral et 
du prince de Navarre. Or, n'était-ce pas s'exposer à les 
éloigner toujours davantage de l'Église que de vouloir, à 
leur égard, employer uniquement la force, la force qui 
n'était même pas alors à la disposition du Saint-Siège ? 
Ne vaudrait il pas mieux avoir recours à la clémence, et 
à quoi servirait-iJ, après tout, à la cour de Rome de s'être 
obstinée à faire échouer l'union des parlis, d'avoir refusé 
la dispense sollicitée pour le mariage, si l'une et l'autre, 
comme c'était vraisemblable, s'accomplissaient quand même, 
i. malgré elle(l)? 

B D'autre part, Cosme écrivait à Salviali de ne rien épar- 
^gner pour venir à bout de la résistance du pape. Que ce der- 
nier, disait-il, cesse donc de se monter la tête et de se laisser 
circonvenir par ceux qui. per loro fini particolari, ci dipin- 
gano dentro Vwferno (i). 

C'est qu'en effet, les ennemis du giand-duc, saisissant 
avec empressement cette occasion, l'accusaient auprès de 
Pie V de complaisance envers les huguenots, voire de conni- 

Ivence avec eux. Le nonce de France, nolamment, se faisait, 
à ce propos, l'écho des Espagnols (3). Aussi le pape, aux 
yeux duquel tout rapport avec des hérétiques était presque 
(I) Se si havesse a rispondere, o per dir meglio, a replicare a] papa.credcrei 
ehe fusse bene laudare la sua santa intentions di voler prima vedcre accom- 
modale le cosc délia rcligione, ma che è necessario ilî pcnsarc al modo di 
ridurre quei priocipi et l'admiraglio, i quati con la forza si anderanno sempre 
incrudelendo, et quesla forza, anchora, non é in arbitrio di Sua Beatiludine, 
perché il potcr suo non (« baslaitte. „ Le grund-duc à Messire Antoine 
Serguidi, le 4 octobre 157t. ASF, Mediceo, 657, Ins. 40. 

(î) Voir la lettre du grand-duc à l'ovéque Salviati, le 6 septembre 1571. 
ASF.Mediceo, 4602, c 368 r. Voir aussi la lettre de Son Altesse à l'ambassa- 
deur Petrucci, le 5 septembre 1571. ASF, Mediceo, 4602, c 264 svv. 

(3) Voir la dépêche du protonotaire Alexandre de Médicis, du 6 septembre 
1571. ASF, Medieeo, 3290, c. 334 r. " È ben vero che il papa non presta 
molta fede a quel che di lui (du nonce) scrive il Petrucci, perché l'ha in 
questo oegotio per appasaioDato.„ 



156 LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

un crime, tout au moins une trahison envers la foi (1), oe 
se fit-il pas faute d'adresser à Cosme ses lécriminalions et ses 
doléances Ci). m 

Sans doute, il comprenait et approuvait. disail-il,que le V 
grand-duc voulût conserver de bonnes relations avec Leurs 
Majestés très chrétiennes et consentit à leui- servir d'intermé*^! 
dîaire auprès de ia chaire apostolique, laquelle, du reste, ne™ 
demandait pas mieux que de leur accorder des faveurs. 
Mais, ces Français étaient des imprudents et des impudents 
de solliciter du vicaire de Jéstts-Clii-ist une approbation 
une dispense qu'il ne pouvait octroyer salca conscicnlia{d'}. 

Le 14 septembre, l'ambassadeur florentin fut admis en 
audience: l^ie V se montra assez bien disposé pour Leurs" 
Excellences et se félicita de ce que, sur leur conseil appa< 
remment, Charles IX et la reine mère lui avaient écrit une 
lettre aimable et respectueuse. 

Quant à la question du retour de Famiral et de sa récoi 
cilialion avec le roi, le pape se refusa à en parler: " et, poui 
"éviter ce sujet, il se lança dans des digressions et des discours 
" hors de propos „. En ce qui concernait la dispense, HM 

(l)PourlAril, il «•tait convaincu qu'il n'y avait pins rien k faire. "... Tiene 
Sua Beaiîtudine per froncluso l'accordo el onchc il parentado con Nararr^^H 
et io, quanto u me, «Tcdo chc, pocti inimnzi che io gli pnrlassi, havead^^ 
ncgotiato seco il medcsimo il Ramboiiglicl, insierae con on segrelario, 
venulopoco avanti, diquelli della corte cristianinsima ; et lascerà, second » y.i 
quello cUe osservai, Sua Santilà scorrere la casa sonza rompersi et senziH| 
appravarla : non credo già sia per dar la dispensa. „ Ibid. 

(2) "•■ Mi disse bene^ poichegli hebbe letto Finserlo de! Pelrncci,che non 
vorrcbbe che Vostra Altezza tenessi pratica con ugnnolti, no con la regina 
d'ingbilterra. perché non li piace in cosa in se ; ma ancliora non vorrebbe che 
gli Spagnuoli gtielo potessero riniproverare, corae fanno tulto il giorno, 
dicendoli che etia è Iroppo partîgiana di Voslra AHczza et che questo a I4 
la Io lollera, il che non farebbf eon li alfri. Ibid. 

(3) " Mi disse benc, in queslo proposito : Noi babbiamo carissimo che 
Sua Altezza conservi Tainicitia dul re di Franeia, nù ci dispiace che clla 
si mella di mezzo fra Sua Maestà crisliaiiissinia et noi, et liabbiamo non 
piccolo piacere potorli far délie gratie, et die il gran duca se ne faccia 
grado; è ben vero che i Framesi dotnatulano cose ivipudenUssime, le 
quali noi non pnssiaino, nù doviamo conccdere,9alva la conscienza (la quale 
non vogtiamo metter per nes&uuo), cotne è hor questa délia riM«KHM 
dello ahnirasUo et della dispensa di Navarra. „ Ibid., c. 334 v. 



A LA VEILLE DE LA SAINT-BARTHELEMY. 



157 



déclara, calégoriquemenl et d'uo Ion qui ne souffrait pas de 
réplique, que jamais il ne raccorderait, lors même qu'il 
devrait perdre non seulement l'obédience de la France, mais 
la vie même : préalablement, le prince et l'amiral devaient 
se convertir. Il allait, au surplus, charger le nonce de désil- 
lusionner la reine mère à ce sujet (I). 



Le grand-duc, dans la seconde semaine d'octobre, trans- 
mit cette réponse à Leurs Majestés, en ajoutant qu'il avait 
fait tout ce qui était en son pouvoir [tour vaincre l'opiuiàtreté 
de Sa Sainteté (2). Il avait soin, par ailleurs, d'attribuer, en 
grande partie, son échec aux îatiigues des Espagnols, tout 
particulièrement aux bavardages de l'ambassadeur du roi 
catholique en France. Ce dernier, disait-il, avait répandu 
partout le bruit d'un prétendu secours en argent, fourni par 
les souverains de FlorencL* aux huguenots, et ce bruit était 
airivé jusqu'à Rome. Déplus, il affirmait tenir de son secré- 
taire d'ambassade, Roselli, revenu récemment d'Espagne, 
que Philippe II avait par ses espions surpris le secret des 
négociations entamées, au profit du prince de Navarre, avec 
Rome ; ce qui lui avait permis d'agir activement auprès du 
Samt-Père (3). 

(1) Voir la dépêche du protonotaire Alexandre de Médicis, en date du 
14 septembre 1571. ASF, Mediceo, 32U0, 345 r. sw. "... II papa ode cou 
patienza ; ma non appicca ÎJ discorso, onzi lu mozza et entra in qualche 
digressionc, come in contarmi in cbe modo Lia negoliato il parentado dî Pur- 
togallo coD Fruiuna, iiarrutido a^sai a lungn le cause ete in»ino a hnra 
l'hanno impedilo, et in queslo proposito si è doluto di Torres... ; hor mai 
Jo tiene per escluso et tiene perroncluso con Nuvarra. Mi ha detto che se 

favarra tornassi al grembo délia Chiesa, gli darebbe la dispetisa ogni 
volta ehe e' la ehiedesM, et che a lui et ait' almiraglio farebbe ogni 
favore. „ Ibid. 

(2) Le grand-duc à l'ambassadsur l'elrucci, le 12 octobre 1571. ÂSF, 
Mediceo. 4tiOS. c. 280. 

(3) " E tornato il RoâclU nostro segrelario di Spagna et ci dîce cbe Sua 
Maest cattolica ba peiictrato lutte queâtc pralichc con Fruncesi, 11 quali 
gli danno raolta gelosia, sentendo tuossime che si va a commiau di cyiici- 
Uare il papa con quelle Maestà ; et cotesto ambasciatore cattolico ho scritto 
in qaella corte, corne ha fallo anco a Mllano et a Roina, cbe la regina ha 
eoncluso un accordo tra coi et li principi ugonotU et che noi si è rimesao 




LES NEGOaATlONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



Sur ce dernier poiat, l'affirmaliou du grand-duc était siooQ 
un mensonge, du moins un chef-d'œuvre de duplicité. En 
réalité, le Hoselli dont il parle n'était autre qu'un ambassa- 
deur extraordinaire, qu'il avait envoyé à ta cour d'Espagne 
pour mettre le roi au courant de tout (l).Pbilippe II n'avait eu 
besoiii d'aucune perspicacité, ni d'aucune ruse, pour pénétrer 
ce qui se négociait entre la France, la Toscane et le pape: il 
était complètement renseigné, grâce à l'obligeance de Cosme 
et de François de Médicis, qui lui dévoilaient ainsi, sans 
scrupule, des démarches sur lesquelles, d'autre part, ils^ 
avaient promis le silence. f 

En France, cependant, avec un zèle qui lui valut plus d'uae 
dénonciation en cour de Rome et qui ne fut pas sans inspirer 
au grand-duc lui-tiiême la crainte d'être indirectement com- 
promis, l'ambassadeur Fetrucci n'avait cessé de travailler au 
retour de l'amiral à la cour. Le t5 septembre 1571 enSn, 
Coligny arrivait à lilois (2) et k roi l'accueillait par ces mots, 
qui ont été l'objet de tant de conimentaires : " Nous vous 
tenons enfin, mou pèi'e î Vous ne nous échapperez pas, quand 
vous voudrHz(^J .„ 

in Lione buona somma di danari per sovvenïmeato loro ; il cbe rogliamo 

die dieiale a Lor Macstà ai-ci^i conoacltiiio doade venguno li mali offitii cLe 
H son fatli coiiLro, appresso il i>apa, el di ciascuao, i quali son si polenti che 
le noslre persuasioni, poi, a favur di Lor Maestà, ooa trovan luogo. et li 
lualigui pigtioii caiiipo di dire i-lie noi non vuliaino Tavorirle da vero, ma 
Diu sa quaiitu liubbiumo fatigalu uel persuadere a Sua Sanlità... l'uiùone «t 
la dispensa „. Ibid, 

(Ij Vtiir pp. 146 »vv. 

(2) Le coinituuidi-iir Pelrucri écrirail^ de Blois, à François de Médicis, le 
13 sepletubre 1571 : " L'aïamiraglio sarà qui posdomaiii» a ogni tnudo, in 
eompugiiia di cinquanta gtinliiuomioi „ (NDD, 1 111, p. 703). — Il ne serait 
dune pas arrivé à la cuur te 12 septembre, comme le croit M. l'abbé Vacan- 
dard. Études de critique et d'histoire religieuse, p. 345. Paris, 1906. 

{3) Ctiose curieuse, l'arrive^e de l'umiral ù la cour coïncida avec une 
indisposition grave de la reine mère et une légère indisposition du duc 
d'Anjou. L'ambassadeur Petrucci en prenait note, ainsi qnc des bruits aux- 
quels ce fait avait donné lieu : ** Queatc due cosi subite malaltie, dit.il, cau- 
somo elle si dicesse per tutta la carte che tutto fusse fatto ad arle, se bene 
la vcrità ë in contrario „. Le commandeur Petrucci à François de Médicis, 
Blois.Ie iy-90 septembre lâ71. NDD, f . c-, p. 704. 



A LA VEILLE DE LA SAINT-BARTHÉLEMY. 159 

u 

Testait ta questioo du mariage de Marguerite. 

Malgré la fin de non-recevoir. opposée, quelques jours plus 
tard, par le pape(t), la reine s'entêtait à en poursuivre la 
réalisation. Le plus acliarné à essayer de l'en détourner et à 
contrecarrer ses démarches était le nonce (:2). Un jour, rap- 
)orte Pelrucci (3), il y eut une discussi(»n des plus vives, à ce 

jet, entre le prélaf, te roi et Catherine de Médtcis. Celle-ci 
"déclara carrément qu'on était décidé, en dépit de tout et à 
tout prix, à faire aboutir la négociation relative au mariage. 
Et, comme le nonce élevait encore des objections (4) : " Sei- 
" gneur nonce, vous en avez déjà trop dit ! s'écria la reine, 
*eo s'approchant de lui. Nous, nous espérons que le jeune 
" prince de Navarre accomplira de si belles choses que le 
• pape sera le premier à dire que nous avons bien fait. Vous 
l* devriez, bien plulùt, vous employer à faire comprendre à Sa 



{t)ht protonotaire A. de Médicia écrivait, le 5 octobre : "... Et non pen- 
sava Sua SantitA die la cosa dcl parcntado fussi tante iniianzi, quanto 
ha visto per ]i avvisi del Petrucci : uapeva bene, in un'eerlo modo, che 
l'almiraglio fusai .<)talo alla corle, ma non l'Iiaveva per cosa cerla. Dissemi 
che, se beue iJ unnziu gliene lia scritto qualclie cosa, nondimeno ha sempre 
tenula viva la prattca di rortogailo, et sendo présente il Kusticuccio glà 
cotnandù cbe gli scrivessi, al niinzio, clie dicessi per sua parle alla regtim 
che se la pensava di esser per haver la dispensa, conie ella forse sperava, 
che Ja sgannasae, cliè non la dorebLe mai, non solo se e' pensa:5s>e perder 
l'obedienza délia Francia, ma la propria vita, se già,pri]iiû che si contraesai 
il matrimonio, il principe di Navarra et Talmiraglo non conressassero la 
fede catholica ; vollandosi poi a mt? di-^se che Vastra Altezza s'ingannava 
a eredere che con questa riunione et parei)lada,rallo in questo modo.le cose 
délia retigione havessino a migliorare: con questo favore fulto allî ugonotti, 
andavemo in precipitio... „ Aï>F, Mcdiceo, 3290, c. tj71. 

(2) Voir, à ce 9ujet,lea dépêches du protonotaire A. de Médicis,en date du 
16 octobre 1571 |ASF, Mediceo, 3200. c. 381) et du 26 septembre 1571 
(Ibid,, c. 391). Le pape dit, un jour, ù l'ambassadeur de Florence : " Nui 
credevamo che il nuntio havesse scritto per fare buono offitio, ma da' vostri 
signori l'è riproaa allrinienti. „ ASF, MediceodSSO, c. 391 r. 

(3) NDD, 1 111, pp. 711 3VT, (39 septembre 1571). 

(4) ".... Aliegandoci, raconta Catherine à Petrucci, che ci si vedono molti 
inali e pericoli e nesauno bene, e che non si deve Tare in mudo alcuno... „ 
Jbid., p. 714. 



160 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

" Saioteté pour quelles raisons ce mariage est nécessaire et 

* se fera. A défaut de la dispense de Tempêchemeat pro* 

* venant d'hérésie, qu'elle nous donne, au moins, celle de 
" rempéchemeut de consanguinité (1). , 

Le nonce ne trouva rien à répliquer, sinon qu'il écrirait au 
pape (2) et qu'il conseillait à Leurs Majestés de lui écrire aussi, 
de leur côté. Dans les jours qui suivirent, Catherine chargea 
Petrucci de rapporter à Son Altesse ce qui s'était passé entre 
elle et le nonce; elle le priait d'insister auprès du grand-duc 
pour que celui-ci continuât de lui prêter son appui dans cette 
afTaircSi le pape ne voulait pas donner de dispense publique, 
qu'il en octroyât une en forme privée, par rinlerraédiaire de 
Cosme ou de François de Médicis. De la sorte, il déchargerait 
sa conscience et il pourrait compter, par ailleurs, sur une 
absolue discrétion. Mais il fallait celte dispense. En tout cas et 
malgré tout, le mariage se ferait (3). 

Le grand-duc s'empressa d'envoyer à Pie V une copie de 
la dépêche uii Petrucci lui relatait ce message (4). 

Le pape d'abord s'emporta : il ne pouvait se faire à l'idée 
qu'on passerait outre à sa défense, comme la reine l'insi- 
nuait assez clairement. A sa colère aussi se mêlait beaucoup 
d'itiquiélude : par son refus de toute concession, il se voyait, 
ainsi que le nonce l'en avisait, en grand danger de perdre 

(1) Ibid. La reine continua : ** Questa del parentado io la desidero da Sus 
Santilâ per discarico clulla mia eosrienza ; chè, quanto al re^to, sappiale 
clie,s<i [lou la dani,abl)iamo iti cjueslo regno due o Ire arcive3covi,chi! hanno 
Qutoritù, c ce la darautm ; ai cbe conosca il papa la occasione e coatcotisi 
di coiuiularci. Ibid., pp. 714' sv. 

(2) Le 5 uctflbre, It^ coiniuandeur Petrucci rapportait à son souverain qu< 
le nuucc avait expédié À Home un courrier à cet ciîel.'^Poco gli sarà giovalo, 
s'écria la reiue mùir. la aver leauto il pi«de io duestaffe. „ Ibid., p. 715. 

(3) i&id. 

(4) " Ella ne fece poeo capitule, perché, inteao clie hebbe l'intero lenor ' 

siici, rispose cho non creduva a qiifl capo iu parlicolar, dove si diceva che 
il nuntiu liavcsse pursuaso a ijuclle Maeslà Io acriver al papa intomo alla 
dispensa di Navarra, con le considerationi che soa recilale dal PetrucciO| 
affermando Sua Dcalltudinc che non ura da far fundumento alcuno sopra | 
l'alleâtalione, che, in quel proposito, ne liaveva fatto ta regina, per saperai 
cïi' clla n'haveva parlato ad ognuno sempre diversamenle „. Le proloooj 
taire au grand-duc, le 9 octobre 1571. ASF, Mediceo. 3j!90, c. 405. 



A LA VEILLE DE LA SAINT-BABTHELEMY. 



161 



TobéissaDce du royaume très chrétien (1). De divers côtés, 
d'Espagne notamment, on lui doonait à entendre qu'il fallait 
envoyer un légat ; mais il reculait devant la dépense (2). 
Par moment, il songeait à quelque moyen-terme : " Si la 

* reine, disait-il au protonotaire Alexandre de Médicis, 

* redoute la maison de Guise, qu'elle nous le fasse savoir : 
' nous rappellerons ie cardinal de Lorraine. Nous sommes 

* reconnaissant, sans doute, à la mère de Sa Majesté d'avoir 
" songé à recourir à nous ; mais elle nous demande trop. 

* Elle nous a fait prier de lui concéder la dispense secrète- 
■ ment, comme si nous considérions les choses seulement 

* d'après l'opinion des hommes. Or, pour nous, accorder 
" celle dispense sous forme privée, c'est aussi grave que de 

* accorder publiquement. Devant Dieu rien n'est caché (3).;, 
/ambassadeur, sans hasarder aucune réflexion, se borna 
à conjurer le pape de faire tout son possible pour éviter un 
schisme, qui pourrait avoir des conséquences immenses et 
lamentables (4). 



(1) "... Gli àik foslidio il non potersi (coine clla affenna) con buona 
con&cienza bocUsfare aile gratJc domandate dalla re^na, et per queslo sta 
eon tnolla angustia, redendo di perdere l'obedienza di Francia, et dice : Se 
noi non concediamo la dispensa a Navarra, faranno il parentado âcnza noi 
et farannosi dare la dispensa a un veacovo di (|uelli là ; a qticâto modo si 
verra a Tare iino sciama... „ Le protoiiotaire A. du MvdiciS) ie 11 octobre 
1571. ASK, Mediceo, 3290, c 37* r. 

(2) Ibid. 

(8) " Noi veggiamo pure che la non vorrebbe il carico di Tar coaa coatro 
alla voglia nostra, perché ellii ci Im falli pregare clie noi gli concediamo 
questa dispensa di Navorra occultamenle, coiue quvlla cde pensa cbe noi 
consideriamo le cose solo secondo il moudu, et in questu s'ingaiina, perché 
a noi è quel inedesimo darla occulta che paleae, sendo ogni cosa nota nel 
cospetto di Dio. „ Ibid-, c. 374 r.-r. 

(4j Ibid. Sa Sainteté, au surplus, était fort mal disposée à l'égard du 
grand-duc : les E^ipagnols, en cdct, lui disaient : '^ Clio egVi ha carico di 
far sollevationi in Francia, dove si tratla di muover guerra al re cattolico, 
o in Fiandria o in Italia... Ma .supra tutto, ajoute le protonotaire A. de 
Médicis, gli dÀ fastidio l'havere inteso che Sua Altezza ha presentato 
l'almiraglio... „ (Le prolonotaire de Médicis, 16 octobre 1571. ASF, 
Msdieeo, SJKIO, c. 381 r.) En outre, le 36 octobre de la même année, après 

loir donné les explications nécessaires au sujet de ce dernier point, Alexan- 



162 LES NÉGOC[ATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRAXCC 



La rictoîre de Lépanle, qui eutlieu le 6 octobre 1571, De 
pouvait avoir pour effet, en le rapprochaat des Espagnols, 
que de confirmer davantage le Saint-Père dans sa manière 
d'agir. Aussi vainement le protonotaire de Médicis eut-il, 
le 19 octobre, un nouvel entretien avec lui : Pie V demeura 
inébranlable (1). Il alla jusqu'à dire que, plutôt que de céder, 
il préférerait voir la France perdue pour le catholicisme. 
" Dussé-je, ajouta-t-il, répandre tout mon sang, goutte à 
" goutte, je ne changerais rien à ma résolution (2). ^ 

La situation semblait décidément désespérée. Le grand* 
duc Fran<;ois. toutefois, ne se tint pas encore pour battu. En 
décembre 1571, il chargea son propre frère, le cardinal Fer- 
dinand de Médicis, de faire une dernière tentative. Celui-ci, à 
plusieurs reprises, se jeta aux pieds de Sa Sainteté, laquelle 
se montra indignée d'une façon si insolite de conduire les 
négociations (3). £lle finit par déclarer au cardinal qu'alors 



dre de Médicîa écrivait que le pape lui avait déclaré : " Che tutto quello cbf 
mi aveva riferilo Cesis tiel présentât ralmiraglio gli era stato deUo ; liavtrt 
ben mollo caro che non tussi vcro, ma rispondendo Sua Santilà f»olU 
poche parolôt et era tutta soapesa et poco contenta, coaa che mi («* 
ossai meravigtiare, seniio ella solita di allargare i ragionamenti, massioïc 
hora che ha lante buone nuovc, ne) priucipio délie quali era giocondii' 
aima, corne qunndo gli prosetiLoi lalettera che gli scriveva Vostra Altezu, 
rallegrandusi ddla vittoria... „ Ibid., c. 3B1. 

(1} Le pape ne veut concéder "^ cosa olcuna dove habbino interesse gli 
uglionutLi ; cl anchcirchc Sua SunLitù. i-oafesâi clie gli Spagnuoli sono ioso- 
lentissiiiii quaiidu si veggnivo al di soprn, nondimeno dice che per coDtro* 
pestu- queslv lûlaiic.ie iiun vuol far ciutlro a Dio : approva i consigli ^ 
Yostra AUezza per ragioni di Stato, ma dice che, nelle eose deUa 
reUgione et di qttello che debba fare per quella, ne sa più di tei.,^ 
protonotairc A. du Mcdiuiâ, lU octobre 1571. ASF, Mediceo, 3290, c.SSâr. 

(2) " AfTertna il papa che il iiun cuiiLudcr la dispensa et il biusimart 
l'unioue degli ughouotti é cosa di suo cerveilo et elie a queato non l>* 
bisuguo di esser persuaso... Aggiutige a quf&to Sua Beatiludine che non 
leme niente et che se ci dovesse meltcre il sangue a goccia a goccin,cbe Doo 
ë mai per dire, né fare atlrîiaenli.„ Ibid, — 11 reconnassait cependant quel<! 
roi caUioliquc s'était conduit salvaticamente avec Son Alleâse, " dicea«l^^ 
che gli Spagnuoli son fatti coai et ha per bene che eglino habbino mortello 
da' Froiizesi. „ Ibid, 

(3) Voir la l«ilre du grand-duc ù l'ambassadeur Petrucci, en date du 7 



A LA VEILLE DE LA SALNT-BARTHELEHY. 



163 



même qu'elle concéderait ce qu'oa lui demandait, on n'en 

serait pas plus avaucé ; car la dispense ne serait pas valide. 

'Aioi-même, disait-elle, je cesserais, en quelque sorte, d'être 

" pape, si, conlrairenient aux constitutions des conciles, je 

* favorisais uu prince obstiné dans l'hérésie {t), „ 

Pendant que le grand-duc travaillait ainsi de sou mieux, le 

nonce de France, poursuivant ses manœuvres (2), s'efforçait 

d* indisposer Catherine de Médicis contre lui. U imagina, 

ciotamment, de dire à la reine que, pour obtenir la dis- 

J>ense désirée, il n'était pas besoin de tant d'efforts que 

Clcjsuie et son fils voulaient le faire accroire. Le duc de 

^^«rrare, assurait-il, y réussirait sans doute bien mieux 

«^ i-ie le souverain de Florence. Le général des Jésuites par- 

***.ilde même (3j. 

Son Altesse Sérénissime fut extrêmement froissée de ces 
*^ giâsemeuLs (4). " Puisque le nonce promet tant de merveil- 
les au roi et à sa mère, écrivait-elle, en janvier lbl% que ne 
s'adressent- ils à lui ? En vérité, cela prête trop à rire (5). „ 
^^t, un jour que la leine exposait ses doléances à Petrucci : 
Eh bien î lui repartit l'ambassadeur, que Votre Majesté 
*^ confie ses intérêts au nonce, puisqu'il se prétend si habile. 

décembre 1571. ASF, Mediceo, WE, c, 291. " Egli ha falto laaU opéra che 
^pesse volte il papa s'c bultalu in collera. Nondimeno egli va seguilan- 
do... , Ibid., c. 291 r. 

(1) " InverD, il papa vorrebbe compiacere Loro Maestà, ma dice cite, con- 
cedentlo quesla dispensa, sarcifbe fruatratorla et, cerlo modo, non sarebbe 
papa, perciiù non lu puù l'ure [mr le «onsLitutioni concîliarie, se già quel 
principe non desse saggio di lu»Siire quelle opinion i. „ Le grand-duc au 
commandeur Petrucci, le 28 décembre 1571. ASF, Mediceo, 4602, c. 2UB r. 

(2) ** De' Qiali ûûiLit del iiuuUo siamo uoi più che chiari. „ Le grand-duc 
à Tambossadeur Petrucci, le 31 janvier 1572. ÂSF, Mediceo, 4602, c. 291 r. 
Voir aussi NDD, L m, p. 747. 

(3; Voir lu dépâchc du commandeur Pelrucci  François de Médicis, en 
dal« du 31 janvier 1572. NDU. l. c. p. 747. 

r4) Voir la lettre du grand-duc (k l'ambassadeur Petrucci, en date du 23 
janvier 1572. ASF, Mediceo, 4602, c. 300. 

(5) * Sturatc le oreccbie alla regina et al re di queate uovellacce ..., écri* 
vait-il à son ambassadeur, dans une note personnelle, le même jour (23 jan- 
vier 1572) : ma poicbè il nuntio promette loro lonti mtraculi, a che propo- 
sito non uaauo del auo mezzo ? Sou pur cose da rider 1 j, ASF, Mediceo 
4602, c. 301 V. 



h 



1&4 LES NEGOOATIOIIS BITIiB LA T0OCA5B ET LA FRANCE. 

* Elle verra ce qu'elle eo retirera. — Mats, dit Catherine, 

* le grand-duc passe pour obtenir tout ce qu'il veut de Sa 
'Sainteté. — Les choses possibles, oui; les autres non! 

* répUqua assez sèchement Pelrucci. — Au moins, conclut U 
' reine, que le graod-duc veuille bien, une fois encore, rap- 
' peler au Saint-Père que l'Angleterre s'est perdue dans 
' rhérésie pour ne pas avoir obtenu une pareille dispense. 
" Je ne veux pas dire qu'il en sera sûrement de même de ce 

* royaume : mon fils le roi et mes autre fils sont bons catliu- 

* ques. Mais enfin, si nous ne jouissons pas d'un peu de 
" tranquillité, comment pourrions-nous songer à prendre part 

* à cette ligue des princes catholiques contre le Turc que 
" Sa Sainteté a tant à cœur (1)? , 

Sur ces entrefaites, le cardinal Alessandrino fut envoyé ea 
France (2). U arriva à Blois le 7 février et, dès le début, se 
mit précisément à supplier le roi de ne pas refuser, plus long- 
temps, de s'unir aux puissances dont la récente victoire de 
Lépaote avait si brillaiument couronné l'alliance. Charles IX 
avait déjà, maintes fois, déclaré qu'il ne ferait jamais partie 
d'une ligue que les Vénitiens, le pape et Philippe II avaient 
conclue uniquement dans leur intérêt particulier : à la 
demande du cardinal il se contenta de répondre qu'il man- 
quait d'argent. 

• Sa Sainteté, dit Alessandrino, est toute disposée à en four* 
" nir à Votre Majesté. — Je remercie le Saint-Père, réphqua 



(1) Le commandeur Pelnicei à François de Médieîs, le 24 décembre IStTl- 
NDÛ, l m, pp. 740 svv. 

(3) Que Leurs Majestés, écrivait Cosme, dévoilent au dit cardinal les pro* 
cédés du nonce. L'ambassadeur aura soin de dire à la reine " che noi non 
donniano con Sua Bealitudine, la quale dice che mai ha dato tnleotione 
detia dispensa et che, se Irova che egli liabbia di ciù date spcranza alla 
regina, lo castigherà severamenle. „ Le grand-duc au commandeur Pelrucci, 
le 15 férrier 1572. ASF, Mediceo, 4602, c. ÎJOB. — Le nonce était allé trop 
loin: le pape en élail exlrôiuemcnt luéconteuL".,. Sendosi falto vedere a Sua 
Bealitudine, écrit le grand-duc à l'ambassadeur, le 3t janvier 1572, il con* 
tenulo di tulte le vostre, ha risposto al cardinale, nostro fratello, che, se 
elia si puô chîarire che il nuntio habbia falto mai per tempo alcuno midi 
oilitii o che habbia dato speranza a quelle Maestù délia dispensa, cbe M 
farà dimostralione con gasligarlo essemplarmente, sendo fuora ddia MM 
commesaione. „ ASF, Mediceo, 4G(â, c. 301. 



A LA VEILLE DE LA SAINT-BARTHELEMY. 



165 



*" Je roi ; mais, avant tout, je veux pacifier mou royaume (1)., 

Le cardinal aborda alors la question du mariage de Mar- 

e'iierite avec le prince de Navarre. ** De l'avis de tout raon 

** conseil, j'y suis absolument décidé, déclara Charles IX. Il 

** faut qu'on se le tienne pour dit (2), „ Catherine elle-même, 

•^ uelques semaines plus tard, par l'entremise de l'ambassa- 

«1 eur, confirmait au grand-duc cette résolution irrévocable 

•ii u roi et de la cour. Au besoin, ou se contenterait, disait- 

^^lle, d'une dispense accordée par un évêque quelconque. Le 

ïifcrince accompagnerait la princesse à l'autel ; puis, la messe 

«ii^oinmencée.il irait se promener dans l'église jusqu'à la fin de 

^ a cérémonie (3). 

Le cardinal Alessandrino repartit pour Rome, au commen- 

^^emenl de mars. Somme toute, sa mission avait complètement 

^schoué ; elle n'eut d'autre résultat que d'exciter l'attention 

■^du public et de le laire.de plus en plus,sepassionner,pour ou 

^::ontre le mariage projeté. Au sein même de la Sorbonne, les 

■^sis étaient divisés (4). 



£n avril 1572, la santé de Pie V commença à inspirer de 
sérieuses inquiétudes (5). Le grand-duc s'empressa d'en aver- 



(1) GiBOLAMo CàTERA, VUa dtï gloriosisstmo papa Pio Quinto, p. 197. 
M&ntoue et Rome. 1587. Cf. la North British Beoiew, octobre 1369. n" 101. 
-Cfr.VACABDABD, of. cit-, p. 249,— E perà, écrivait déjà Petrucci, le 30 no- 
rembre 1571, seNostro Signore ha Toluntà di includere il suo rein questa 
santa lega, con darli quel liiogo c quella parle che la sua graadezza polerà 
comportare, dovrebbe aiutarlo a quielar quesio regno e con si giiista causa 
ed occasione non slare cosi resoluto a non volere concedere la dispensa-. • 
Et a quel io conoscoSua Maestù avrebbe roolto a caro clie fusse rimustrnto 
qiiestc a Sua Santità. „ NDD. t. III, pp. 733 sw. 

(2) GmoLAMo Cattika, ibid. 

(3) Le commandeur Pelrucci & François de Médicis, le 9 avril 1572. NDD 

I. c, pp. 760 3T7. 

H) Voir NDD , I. c, pp. 758 stv. — " E vanno attomo cerli scritti di punti 
di Scrittura Sacra, a' quali vanno rispondcndo l'una e l'altra parte ... Anzi 
un ugonotlo principale ba dcllo : Costù assai a un tal re una spada dona* 
tagli da Carlo V o dal papa ; non costerà meno a quealo re la messa. „ 
J^ul.p.759. 

(5) " SoQo atalo arverlito da un cardinale délie créature di queato papa... 
corne Sua Beatitudine,haTeado seotito che ia Fioreiua ai fanno moite acom* 






166 LES NÉGOaATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

tir la reine mère (1) et le roi (S), en insistant sur le besoin 
qu'avait maintenant la chrétienté d'un pape quieio et amort- 
vole. " Il faut que Vos Majestés, disait-il, procurent réieclloo 
" d'un pasteur qui, sans passions ni affections humaines, s'oc- 
" cupe uniquement à garder son troupeau, à tenir en paix les 
" princes chrétiens et à procurer l'exaltation de la Saiole 
- Église (3). , 

Le 10 avril, c'est-à-dire immédiatement après la réception j 
de cette letlre, l'ambassadeur fut appelé par la reine mère. { 
Elle était parfaitement d'accord avec le grand-duc sur k 
nécessité d'élire un pontife qui fût selon le cœur de Dieu. 
Elle était d'avis qu'un pape dévoué à l'Espagne serait aussi ■ 
nuisible à la Toscane qu'à la France, Enfin, elle meltaîl, " 
dès maintenant, à la disposition de Son Altesse Sérénissime 
toutes les voix des cardinaux français (4). 

Pie V mourut le l'""mai. Le 14, Catherine de Médicis adres- 
sait au grand-duc la lettre suivante: "Mon cousin..., jeveuli 
" croire que Dieu nous assistera à faire un pape qui sera pour 
** son service et le repos de tout le monde : ce qui nous sera 

• nécessaire : car jamais ]e ne pense qu'il ne feust plus de À 

* besoin, pour estre toutes cboses comme elles sont, que ■ 
" d'avoir ung pontife homme de Dieu et de bien et si ayant 

• esgard qu'à maintenir la paix et le repos ; car aultrement 
" il ne pourrait conserver ni son autorité, ni que noslre reli- 
" gion n'en diminue ; et, m'asseurant de votre saincte inten- 

* tion, ne vous en diray davantage, et me remectanl à ce que ■ 
" le roy a donné charge vous faire entendre par son ambas- 

" sadeur à Rome et aussi quelque chose que j'ay montré au _ 
" nostre par son secrétaire, qui sera cause que feray fin (5). « I 

messe sopra la vita sua, n'ha havuto fasiidio et cbe si vede che harebbe 
caro che le vi fosacro protiîbitc. sî come sono state in Genova ancora ; m*^ 
elle Sua Santità non me n'ha votuto parlar, ne manco ha rommesso a lui) 
che me lo dica... „ Le protonolaire Alexandre de Médicis, le 23 mars 157ï] 
ASF, Mediceo, 3291, c.80 r. 

(1} Voir ASF, Medicm, 58, c 137 r. (2 avril 1572;. 

(2) Voir ASF, Medieeo, 54»!* , c. 228(2 avril 1572). 

(8} Ibid., c. 228 r. 

(4) Voir NDD, l c, pp. TTSsv. 

(51 H. DE LA pERniERE. Lettres..., t. IV, p. 102. — Cette lettre est repro- 
duite aussi à la pa^e 42 et auivantp. sous la date erronée, sans doute, du 13 
mai 1571. — En mAme temps, l'Espagne comptait sur te grand-duc pour 



A LA TEILLE DE LA SAINT-BARTHELEMY. 



167 



Le conclave fut fort agité, mais très court. " fl n'est pas 
' croyable, écrivait de Rome l'ambassadeur français, de 
" Ferais, quelles brigrues et menées font les cardinaux. On a 
" l'opinion qu'ils feront l'élection dans cinq ou six jours, par 
" la crainte que la venue des étrangers ne puisse atténuer 

• l'effet de leurs volontés (I ). „ 

Les choses, quoi qu'il en soit, ne marchèrent pas selon les 
vues de Catherine. Elle avait eu le tort de patronner un can- 
didat trop de fois repoussé, le cardinal de Ferrare. Ce fut Hu- 
gues Buoncompagni qui fut élu, le 13 mai ; il prit le nom de 
Grégoire XIII (2). 

Il allait continuer, à l'égard des protestants, la politique 
de Pie V (3). 

On le disait, d'ailleurs, fort affectionné au grand-duc de 
Toscane. Petrucci s'en étant vanté à la cour de France : 

* Alors, nous tenons la dispense ! „ s'écria le roi. Mais l'am- 
bassadeur, tout en l'assurant que son maître n'épargnerait 
aucune démarche pour réussir, lui fit remarquer que, quels 
que pussent avoir été les sentiments personnels du pape, 
dans le passé, il ne fallait pas si vite maintenant chanter 
victoire (4). 



l'éleciion d'un pontife dévoué au roi catholique. Voir ASF, Mediceo, 3098, 
C. 227. — Cf. aussi la lellre de CaUierine de Médicis ù Tanibassadcur 
Petrucci, 9 mai 1571. Lettres.... t. IV, p. ICfi. 

(1) BNP, Fonds français, I61W. Cf H. de la Fehhièhe. Lettres..., t IV, 
p uv. 

(2) Voir la Relaeione del Concino a Cosimo primo sopra il conclave 
del 1572. ASF, Mediceo, 616, Ins. 35. — Sur les péripéties du conclave qui 
élut Grégoire XIII et sur le r6le qu'y jouèrent la Toscane el la France, cfr. 
Hehbk, op. cit., pp. lîKi-241. 

(8) Voir la lettre du grand-duc à Leurs Majestés, en date du 6 juin 1572. 
ASF, Mediceo, 58, c 198. 

(4) « Se il papa c amico al gran duca, noi avretno la dispensa per mia 
sorella. « Le commandeur Pelrucci « Français de Médicis, le 10 juin 1572. 
NDD, t- m. pp. 783 sv. — " Noi habbianio caro d'essere in predicamento 
di non haver parte col pnpa, écrivait le grand-duc à son ambassadeur en 
France, quelques jours plus lard (3 juillet 1572), perché Loro M acstù non 
ci graveranno délia dbpeusaj chè, ancura chc sia mancala la regina di 
Navarra, l'habbiamo per împresa difficîtisaiina. Ma, scndo cost Monsignor 
Salviati, doverti sgannarle di molle cose, et il cardinale, noslro fratello, 
doverà, un giorno, mostrare al vescovo di Gaiazzo chi sia per stare l'uno ail* 
tJtxo coo la bereetta in mano. „ ASF, Medieao, 4G0S, c. 335 r. 



168 LES XÉGOaATIO.VS EXmE LA TOSCAKB ET LA FRANCE. 



De fait l'ambassadeur de France, de Ferais, qui était, de 
longue date, Tun des familiers des Buoncompagni. ayant 
Toula, à sa première audience, aborder franchement la ques- 
tion, le pape, d'un ton méconteot et sans Touloir préler 
l'oreille à aucune raison, lui répondit : " Tous les décrets de 

• l'Église sont contraires à ce que vous demandez (l). . 

Au commencement de juillet, de Ferais revint à la cbargc: 
il s'était fait accompagner du cardinal de Rambouillet. Le 
pape leur dit : * La résolution que j'ai à prendre mérite un 

* sérieux examen. Je ne serais pas très éloigné d'accorder la 
' dispense ; toutefois, mon pouvoir va-t-il jusque là (3)? , 

Quelquesjours plus tard, nous apprend le protonotaire de 
MédiciSj une commission de théologiens^ convoquée tool 
exprès, se changeait de fournir adroitement au pontife m 
prétexte pour reculer et se dérober défloitivement : elle con- 
cluait, en effet, que, si, à la vérité, une telle concession n'excé- 
dait pas les pouvoirs du chef de l'Eglise, ' elle constituerait 
néanmoins, de sa part, dans les circonstances présentes, un 
péché mortel (3). , 

Communication de cette décision fut donnée aux cardinauî 
de Lorraine, de Sens et d'Esté, qui avaient accepté de tenter 
un dernier effort auprès du pape : ce fut tout ce qu'ils purent 
obtenir. 

Catherine et Charles IX étaient à bout de patience. Un mois 
plus tard, sans même qu'on attendit le retour du sieur de 
Chavigny, envoyé à Rome pour sauver les apparences, et en 
dépit des empêchements canoniques, le mariage entre Henri 
de Navarre et Marguerite de Valois fut célébré.le 18 aoùll*) 



i 



(1) BNP, Fonds français, 16140. — Cf. H. de la FERuÈnE, ibid. 

(2) Ibid. 

(3) "... Ma si Uene per fermo che Sua Santità non sîa per conccdffl^ 
altrimenti, corne quclla chc harendola fatta consultar da' liieologi el d<'(' 
tori ha trovato, per relatione ioro, del non poter dar s«nza commetUtc 
peccato mortale : perô si starà a redere l'esito. „ ASF, Mediceo, 3!91i^' 
213 V. 

(4) Lb lendemain du mariage, dans la crainte que les fêtes n'en futf<0^ 
troublées par quelque protestation du pape, Catherine mandait au gourer 
neur de Lyon: "Ne laissez passer aucun envoyé venant de Borne, qvc 
lundy ne aoil passé. « Lettres.*., L IV, p. 110. 



I 




A LA VEILLE DE LA SAINT-BARTHÉLEltY. 169 

m. 



I 



I 



Cosme. dans toute la oégocialion dont nous venons de 
parler, avait agi en avocat, presque en chargé d'affaires de la 
cour de France, et cela en faveur de projets qui devaient 
surtout profiler, en définitive, aux réformés. Aussi le mécon- 
tentement des Espagnols et de leurs alliés, déclarés ou secrets, 
devenait-il, chaque jour, plus ardent conlre lut. Dès le 28 mai, 
son ambassadeur Ten avait averti (1). 

Aucun ministre de la nation très catholique, lui disait-il, 
n'est bien disposé pour Son Altesse Sérénissinie. Outre qu'on 
s'obstine, plus que jamais, àlui dénier le titre de grand>duc, 
on lui reproche de n'étendre sa puissance qu'en mendiant l'ap- 
pui du roi de France et de sa mère; et celte opinion n'est pas 
seulement celle des grands, mais aussi celle du vulgaire (2). 
Tous blâment amèrement, ajoute Petrucci, vos complaisan- 
ces envers les huguenots (3)... Les Jéstiiles, en particulier, 
crient bien haut que cette confédération avec des hérétiques 
est un scandale. Ils vont jusqu'à dire que l'Espagne aurait 
des moitîfs suffisants pour déclarer la guerre à Son Altes- 
se. " Mais voyez donc, conclut l'ambassadeur, combien ces 

(1) Se io avessi iu pratica l'umore dct rc di Spagna cosi bcnc coiue ho 
quello di molli principî, io crederei poter fare de' pronostici délie cose 
future, uiollo niegtin clie mnlti usano di pubbticare al iriondo. Ma..., non 
vo' cntrare a parlarc di lui al présente. Ma solamcnte le dirô quanta ho 
pottito scuoprirc da due reg^ionamenti tcnuti da Ire de' suai minislri prin- 
cipalissicni sapra le case di Sua Allezza...„ Le commandeur Petrucci à 
F'rançùiâ de Médicis, 28 mai 1572. NDD, t. IU, pp. 779 svv. 

(2) ** E, per venir al fallu, non posso conoscere che alcun oiinistro dd re 
sia di buona volontù verso Sua Altezza ; perciocchè, oltre al detraerle dei 
tiioli, ed in ogni propostlo nominarlo col suo nome proprio, hanno sempre 
in bncc-a che egli sia collegato scgrelamente con Francia e che di.^egni, 
COQ aiulo di questo ru c délia regina madré, cheauadieono essere, îngran- 
dirai davantaggio di quello che egli è. „ Ihiû- 

(3) " Perciocchè, pubblicano aver visto andamenti de' niinistri suoi, cor- 
rieri più deir ordinario, viaile, complimenti fatti, certi segni, quando d'alle- 
grezza e quando di dolorc, înusitati, second» le cosc che correvano ; i quali 
hanno polulo generar sospetto non nelli Spagnuoli solamenie, me nelle 
menti dei piû grossieri uomini del monde ; e che l'aver avuto mano con gli 
ugonotti ed accordarli col re nnstro, sendo âtata opéra del gran duca, puè 
ognuno redere di che sorta d'umore sis egli verso Spagna ..„ Ihid- 



no LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRJLSCE. 

• gens, sous prétexte de zèle pour Dieu.se mêlent da manège 

* des ctioses du siècle (1). „ 



Ces communications n'avaient pas laissé que d'inquiéter 
quelque peu le grand-duc.Aussi, conformément à sa poliliqoe 
de bascule, était-il prêt — et il l'avait fait entrevoir discrète- 
ment — à niétiter, à nouveau.par quelque service,riodulgeDce 
des adversaires de la France, le pardon des adversaires des 
huguenots. L'occasion n'avait pas tardé à s'en présenter. Eo 
juiu 157:2, le duc d'Albe, qui guerroyait en Flandre contre les 
rebelles, envoyait son secrétaire à Florence solliciter delà 
bienveillance de Cosme un prêt de deux cent mille écus(2)Xe 
grand-duc s'empressa d'expédier la somme demandée (3). 

jl) "... E qupllo clie a me pare miracoloso, alciini Gcauiti spagnuoii noD 
solamcnic hnnno la mcdesima opinîoae, ma pare che consentino che contra 
Sun AUpr.ia |if"r qiif ato si po.^3a mover gucrra, perché la confeder&zionc 
portn seco cammprrin ed it eommercio cnn erelici è proibito. VedeU <li 
grnzia comc ([tieisli iiomini, col pretesto del zelo di Oio, si mescolino col 
ninti^KK><) <l(*ll6 *^ose seculari !... Or a ijucsta treazione di papa (Grégoire 
XIII) rlic casa pensa Vostra AJtezza che detto abbino ? La prima cos& che 
cliiencro ad un uomo da benc fu corne si allegrara il re e la rcgina di qiies- 
trt pnpn mciderno ; se il duca di Fiorenza vi avevn lavorato con la su» 
nlctiimia a Tarlo tare ', aMro di lui non hanno mai dicnnndato ; snzi dlsserOj 
se bejvft l- bolognesp, si farA dt venir Bnrctitinn ad un Irafto, „ Thid, 

(9J Voir la leUre du grand-duc au duc d'Albe, en date du 10 juin 1572. 
ASF, Mediceo, 58, c. 196 "... Perô, conforme alla richiesta che l'Eccellenra 
Vostra mi fa col medeaimo suo sccretario, per la salute di quei paesi,in $er> 
Tilin d<ella M. S., mando M. Antonio Mariaghî con piena facuIt d'obli- 
garmi, per le duc fiere, alla Romma deiti scudî 900.000 a quella persona a 
personc, che, per una volta. l'accomoderanno „. Voir aussi la lettre du 
grand-dur au roi ralholique, même date, (bid-, c. 26Î r. — Non è slala 
necessnria atcuna persuasione al granduca, inio signore, et a me per salis» 
fare alla demanda dell' Eccellenza Vostra, perché, dove ne va il servitio di 
Sua Maestù catlolica et l'honore di lei propria, non ha da esser mai freno 
che ci ritenga.i.„ Le prince François de Médicis au duc d'Albe, même date. 
Ibid., e. 197 r. 

(3) Voir V Instruttione a voi M. Antonio Maringhi di quanfo haveU 
a trattare in questa vostra gita di Fiandra. ASF, Mediceo, 9631, c. 
783 r. svv. "... Se l'EcccUenza Sua è quella che pigli in presto o a cjunbio 
per quelle occorrenzc di tù li scudi 200.000 d'oro in oro o loro valuta, voi 
havete a obligarci in buona forma a quei mereanti» cb« l'acc^imoderaniio 



M 



A LA VEILLE DE LA SAINT-BARTHELEMY. 



171 



Néanmoins.soii astucieuse politique échoua complèlement, 
ette fois. 

II croyait, de la sorte, se remettre dans les bonnes grâces 
e Sa Majesté cattiolique fl ); mais Philippe II. à i'insu duquel 
'emprunt, paraît-il, avait été négocié (2). s'en montra fort peu 
satisfait : il n'en sut aucun gré aux souverains de Florence, 
dont il avait appris à se défier et envers lesquels, écrivait-il 
deMadrîd,Ie 14- juillet 1572, " il ne voulait être lié par aucune 
Reconnaissance (3) „. Quant à la plupart des Espagnols, ainsi 
que le mandait,un peu plus tard,àCosme luî-méme.le clievalier 
Cavriana, ils ne virent dans la conduite du grand-duc qu'un 
w*tifice, assez grossier, consistant a dare un colpo alla botta 

|)er due fîere, secondo l'instnimento et la patente che vi soii date, Ma se 

queirEccelIentissimo Si^ore volpsse o gli tornas-se pii't rnnindo, a tiem-filio 

Hd«I re.tion si scfvprim in pigliare delln sflmmn. ronvf^nilc, p«>r il rlclln t«inpn, 

jn li mercanli et pigliatda anomc nostro, con gli oblighi che essi ricer- 

leranno et cou qaptii interessi che dal Signor duca d'Aï va si sarà ordinato. 

'ït in qualsivoglia modo succéda il negotio, li danari pri^narrati havete da 

darli al dcttoSi^nr duca, perrbc per Sua Eccelleuza si pigliano in servi- 

■lîo délia Maestà Sua et non per altri...„ tbid.. c 783. 

■ (I) ■ Nellc tenlalioni si suo( dire clie la virlû si fa perfetta, et pcr il più 

■«Ile Tolte son tentati li spiriti bunni. A me. Sire, intervieiie il mcdesîino, 

poiché la Maestà Vostra inlendf rà da' miei ambascintori il b«>l(n invite che 

mi è f»tlo, credo io. per lenlarmi iiella fcde... Hn dalo conln snliita ni duca 

TAlva et al govematoredi Milann délia mala volontà de' Franzesi ( alTîn- 

it slieno viçilanti)-.., senza enlrar loro nelli parlic«lari.„ Le grand-duc au 

>i catholique, en date du l'J juin ir>72. ASF, Mediceo,58, c. 211. — Voir 

ssi ASF. Mediceo, 58, c. 215. c. 212 svv., c. 221 

(2) Cf. Ch. Piot, Correspondance du cardinal Granvetïe, t. IV, p. 
229, en note. Bruxelles, 1885. — Le prévôt Morillon écrivait aii cardinal 
. Granvelle, à la date du Sjuiliet L5'^ : " Vigilius dit que le presl que l'on 
■Buct vers Florence coustera plus que si l'on te pregnoil à double inlérest 
par deija Je ne sçny si le duc d'Albe le faict sans le sceu du roy, que je ne 
pense vnuidroit prendre saluitm ex inimicis ; et il faict à croire que le 
susdict ne noz veult poinrtde bien et qu'il feroit en secret tout le pis qu'il 
polrat. „ Ibid. " Il fault dire que le roy n'est pas bien informé de ce que 
pane icy, ou qu'il crainct le duc, nu qu'il l'enchante. Il ne debvroit pren- 
dre moings mal que l'empereur de ce que l'on est recouru vers Florence. „ 
Le même au même, m^me date. Ibid-, p- 336. 
I (3) Le roi d'Espagne au duc d'Albe, de Madrid, le l* juillet 1574. Ap. M. 
Gaschard. Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays- 
Bas, t II, p. 267. Bruxelles, IKl. 



172 LES NÉGOCIATIONS ENTBE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

e l'aUro al cerchio, et doot ils déclaraient n'être pas dupes (1). 
D'autre part, à la cour de France, ce fut une irritation 
générale: Petriicci nous dit que. du jour où la chose fut con- 
nue,tout le monde lui tourna le dos (2).Ce qui exaspérait sur- 
tout la reine, c'était l'idée qu'on eût cru pouvoir agir sans la 
consuller.ni même la prévenirJe ne puis vousdire autre chose, 
" répétait-elle à rambassadeur, sinon que je reste mal salis- 
" faite de voir que le grand-duc fait peu d'état du roi et de 
" moi-même. S'il ne veut pas tenir compte du roi, en dépit de 
" toutes les démonstrations affectueuses qu'il en a reçues, 
" au moins il devrait avoir des égards vis-à-vis de moi. la 
" reine mère, qui ai eu le courage de faire pour lui tout ce 
* que vous savez. Ce n'est pas de savoir qu'il ait consenti ce 
" prêt d'argent qui me répugne, mais c'est de voir qu'il ne 
*" fait aucun cas de moi (3). « 



Dès que le grand-duc eut connaissance des récriminations 
de la reine, il écrivit à Petrucci pour lui faire remarquer 
que, puisqu'il avait prêté, tant de fois, de l'argent à Leurs 
Majestés très chrétiennes dans leurs plus graves nécessités, 
sans se préoccuper en rien de plaire ou de déplaire au roi 
catholique, il était étrange qu'elles fussent si scandalisées 
de ce qu'il avait agi de même en faveur du roi d'Espagne; 
d'autant plus que Leurs Majestés s'étaient toujours montrées 
fort aflQtgécs des troubles de Flandre. Ceux qui poussent le 
roi et sa mère à se délier de nous, conlinuait-il, le font peut- 
être pour mettre à l'épreuve notre constance ; eh bien, ils 
s'apercevront que nous tenons noire parole. Si, au contraire, 
ils espèrent nous épouvanter, qu'ils se détrompent ; car, tant 
que nous ne sommes pas en faute, nous ne craignons qui 
que ce soit (4). A Catherine, d'autre part» il disait : * Si 



(t) Anonyme nu secrétaire Coacini, 12 juillet 1572. NDD, i, ]U, pp. 796 

8VT. 

(2) Voir les dépêches de ramb««sa(]eur Pclrucci, tWd., pp. 788 stt. 

(3) Le commandeur Petrucci à François de Médicis, Paris, 7 juillet 1572. 
NDD, l. III, p. 793. 

{i\ Havendo noi aerrito ne' bisogni urgenttssimi cotoste MaestÀ senza 
baver haulo rispelto al re cattolieo, non sappiamo per quai cagione elle si 



A LA VEILLE DE LA SAINT-BARTHELEMY. 



173 



j'avais raaDqué à ce que je dois au roi catholique en vertu 

du traité d'aonexioD de Sienne, Vos Majestés ne me répute- 

raieot pas un prince constant et fîdèie; elles m'accust^raîeut, 

au contraire, de duplicité. Par ailleurs, si j*ai aidé Sa 

' Majesté catholique dans les Flandresje ne l'ai pas fait pour 

' offenser la couronne de France, mais bien plutôt pour lui 

' être agréable ; car j'ai toujours cru remarquer que Vos 

' Majestés désirent rester en paix et eu bonne amitié avec Sa 

' Majesté catholique (!}. „ 

Mais les plus furieux étaient les réformés français (2), les 



doglino hora che si sia accomodato di credilo un parente nostro et quella 
MaestÂ, massime rhe le crislianisstme hanno moâtrato semprc mollo 
dispiacere di «{uei tnotivi in Fiandra ; et uoi che siamo pussessori di buona 
fede babbiamo creduto et eredtamo cbe quei rebelli si siano mossi vera- 
mente contro l'aaiino délie Loro Maestà, le quali non lianuo ragione dJ 
dolersi di noi. Soto faono per teutarri nella conslanza ; mostratio poca iide, 
rperochè siamo délia parota, né prometUaiuu mai cosa cbe nun voglianio 
[lare. Se il minacclare procède dal pensare dï farci paura, sono in errore, 
[perché quando siamo netli di colpa, non temiamo di niente... „ Le graud- 
liuc à l'ambassadeur Fetrucci, le 18 juillet iali. ASP, Mediceo, 4602, 
[«.255. 

(1) " lo inteado dal mio ambascialore cosa che mi travaglia grandemenle, 
*pcr la molestia che sente la Maestà Vostra fît il re suo figlio dl quel che 
giamai doveva cader loro noI pensierc, non che ueiranitao. S'iu havessi 
mancalo a quanlo debbo per capitulationc al ru catlulico, h' V.V. M. M. non 
mi reputerebbano principe constante, ne di iiede, anzî mi donnerebbono di 
doppiezza... L'haver sovvenuto di credito in Fiandra non è stalo con inlen- 
tione d'oiTender la corona di Fraiicia, ma di furie placer, haveudo scorto 
sempre mai ncUa M. V. desiderio di star in pacu et in buona amicitia con 
la catlolica... L'haver îo taciuto toro ijucâto imprcstito si deve alLribuir a 
una siucera mente et non a pocu stima cli'io faccia duJle M. M. V. V... „ Lo 
grand-duc à la reine mère, le 17 juillet 157i ASF ,Mediceo. Si*»'», c. 279 av. 
— Le pape, Grégoire Xill, était du mdme avis. Voir la lettre du prolono- 
taire Alexandre de Médicis au grand-duc, en date du i^ juillcl 157£. ASF, 
Mediceo, 3^91, c. â28. 

(3) ^ Ho voluto secretameiite taslarc Teligny, e l'ho fatto visitare dall' 
Albertano, il quale n' ha cavato che, queata dimostraztone di danari près* 
laLi, queati dclla religione l'hanno sentita innlissinio voJenlieri, aggiuntovi 
massime che non ne hanno Vostre Allezze dato conto aicuno alla regina 
uadre, ne tenuto conte di lei ; e se la passa seccamente, fuori dell' ordi- 
nario sao, „ Le commandeur Petrucci à. François de Médicis, le 7 juillet 
1574. NDD, L lU, p. 791, 




174 LES .wÉGOCunom cxthe la toscane et la frakcz. 

Allemands (1) et la reine d'Angielerre (2) : par la bouche 
de leurs représeotanls, nous dit Peiracci, les uos et les autres 
reprochaient publiquemeot au duc de s'être làchemeut et 
perfideineot joué d'eux,' se faisant tout espagnol, après s'être 
montré tout français et semi-huguenot (3). « 

Ainsi, SUIS éire parvenu à reconquérir les sympathies 
espagnoles» Cosote et François de MéJicis s'étaient aliéué la 
confiance et avaient excité les colères des protestants de tous 
pays (4) ils allaient, dès lors, par la force des choses, se trou- 
ver amenés non seulement à se tenir désormais plus étroite- 
ment unis, en politique, à la cour de France, mais encore à 
encourager cette dernière dans les mesures de sanguinaire 
violence qu'elle devait bientôt adopter à l'égard des hérétiques. 

(1| * Vedele, dil l'amiral, quel abliiamo Tallo per quei principi, clie 
gl' abbioiDo le rata uua guerra da dosso coo ofFcrirli ogni nostro polere, e la 
poca ricoDosseoza cbe ne obbiamo, cite uua Lasta il ooa aiulorci, cfae ci 
disaiuLano.ll Palatioo di Sassonia e li aliri priucipi, efae, a noàtracoateoiplA- 
zioue, a'erano non solo rilirati délia lor prima opiujune coutra li, ma ne 
daraDu sperauza di beae, ora doveraano fare tip^gio... , L« même au 
mime : ^ In que»U rumuii dell' impreatito, l'oiobascUidor d'Inghillerra 
mi ha mandato a dire cbe s« questa oiiova i vera, cbe Vostni Altezza orà 
moslro esser Luon pareute del duca d'Alva, ma die li principi d'Ale- 
tuagiia coao^ice^unao mollo bene cbe seaza questa provisione il duca d'Alva 
noQ poleva coai pr<»to far la levala de' reilri che farà ; e cbe, esaendo tauto 
a lor preiudizio, couvertiranno io odio ogni buoua disposiziooe cbe eorniu' 
ciavano arere verso V'ostra ÂUezza per li buoDÎ mezzi che s'erano troratL, 
Ibid., p. 790. 

(2j " Mandai il medesuno dall' ambascialore délia regina d'Inghilterra... ; 
e li fu risposlo che queslo imprestilo, con l'aggiunlo délia causa per la 
veauta del Salviati, ha di maniera acceso l'animo di tutti quelli délia 
relîgiooe cootro il servizio di Vostre Allezze, che m'acoorgerô per l'arvenire 
e chi ci verra, come saremo tratti da loro ; • cbe, se fusai me, vorrebbe la 
licenzaia tutti modi... „ Ibid-, p. 791. 

(3) Cf. la dt^péche d'un anonyme au secrétaire Concioi, en date du lâjuil- 
let 1572. NDD, t. 111, pp. 795 sw. 

(4) Voir la longue et importante dépêche du chevalier Cavriana au 
secrétaire Concini, en date du 19 juillet 1572. NDD, l. lll, pp. 796 sw. — En 
voici un passage caractéristique : "Quando é il tempo, c' è che ci fa tenere 
Spagnuoli dalla regiua e Frattcesi da certi altri, che non saria 
bisogno. E mi sono Irovato in aicuni luoghi, dove ho udito cose che mi 
hanno dato gran pcna ; aile quali ho rlsposto,dicendo che noi non sappiamo 
il modo di governar li Slali, onde gïudichiamo bene spesso erroneameiite 
le azioni de' grandi. „ Ibid-t p. 79S. 



A LA VEILLE DE LA SALVT-BARTEÉLEHY. 175 

IV. 

De retour à la cour, Coligiiy n'avait pas tardé à preodre 
sur Cbarleâ IX un ascendaut exlraordiuaire : déjà il faisait 
figure de maître. Catberioe ne pouvait qu'eu concevoir un 
dépit et un ressenti nient profonds. De là à tenter de se débar- 
rasser définitiveinent de i'auiiral, au prix d'ua meurtre, ciiez 
une femme de sa trempe et de sud caractère il n'y avait qu'un 
pas : saus la moiudre bésitation, elle le franchit. 

Oo sait le reste. Le '^H août, Tamirai était grièvenieut blessé, 
d'un coup d'arquebuse, par un assassin, MaureveJ, qu'avait 
soudoyé la relue. 

Cet atteutat porta à son cojuble i'iaUignatiou des réformés. 
Les amis de l'amiral ineuaçaieut de se faire justice eux- 
mêmes. Les plus violents parUiieut d'aller au Louvre et d'y 
luer Guise, sous les yeux du roi. Callieriiie prit-elle peur, ou 
vit-elle dans ces menaces une occasion opportune à saisir 
pour frapper un coup terrible ? Toujours est-il qu'elle réunit 
ses parlisaus, Nevers, Retz, Birague, Tavaunes, tous bommes 
dont elle était sûre ; elle leur parla d'un prétendu complut, 
ourdî, disait-elle, nou seulemeul couire les Guises, mais 
encore contre elle-même, le roi et le duc d'Anjou : le massa- 
cre général des huguenots lut décidé. 
Nous n'avons pas à raconter ici le drame de iaSaint-Bar- 
I lliélemy ; mais une question peut se poser, et elle n'est 
■pas étrangère, nous semhle-t-il, au sujet de ce cbapitre : le 
rappel de Coligny, ie mariage de Murguerite de Valois et, par 
couséqueot.les négociaLioos engagées et poursuivies, dans ce 
double but, par le grand-duc de Toscane, ont-ils été, comme 
certains l'ont dit, non seulement le prélude des crimes du ^2 
et du 24 août, mais encore le moyeu, louguemeut prémédité 
et adroitement mis eu leuvre par CaLlierine, pour l'aire tom- 
Hi)er Coliguy et les seigneurs protestants dans un guet-apens 
iuferual, qui devait aboutir au massacre (t) ? 



(1) La Tersioa qui fait remoiiler jusqu'à TeDlrevue de Bayonne le projet 
de l'odieux massacre de la Saint-fiarlliélemy ûlail déjà " assez géoér&le- 
meut abandonnée „ verst la moitib du siècle passé, à en croire M. dk Faixoux 
[Histoire de )a Saint-Barihéîettiy p&t Avots, pp. âi6S sv. Liège lââl). Elle 




176 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Qu'aDtérieuremeot, à direrses reprises, Catherine ait 
songé, d'une façon plus ou moins arrêtée, à se défaire de 
l'amiral et des cbefs calvinistes, la chose n'a rien d'improba- 
ble, et elle paraît même ressortir, assez clairement, de quel- 
ques textes (IK Quant à la Saint-Barthéleniy en elle-méme„^ 
c'est-à-dire à l'égorgement en masse des huguenots, on admet 
communément aujourd'hui que ce fut seulement après le 
mariage, au lendemain de l'attentat contre l'amiral, que la 
reine mère se décida et détermina le roi à en ordonner 
l'exécution (â). ^ 



fuL reprise, ea 1883, mais en un sens beaucoup plus modéré, par Hector ds 
LA FERiuÈnE, au cours d'uji ariich. L'entrevue de Bayonne, qu'il til paraître 
dans la Bévue des questions historiques (t. XXXIV (1883) pp. 167 stv.). 
M< Gdt de Bii^oMD o'Ars se fit son controdjclcur, dans la même Revue 
(L XXXV(188i)i>p.336svv.). 

(I) Cf. M. l'alibé VAitANDAKD, op. cit., pp. 240 svv. 

{i} Lu liièse de la préméditation est assuréineat fort ancieaoe ; maiâelle 
a été géuérolemcnt abandonuée, & partir de la moitié du dernier aiècley 
par les historien» les plui^ sérieux des différentes nations, tels que E.Ai,bkbi, 
(Vita (li Caterina de' Medici. Florence 1838}, M. Soloau {La France et 
la Saint'liarthélemy, trad. de l'ulleniand par Cu- Scaisuor, Paris 1855), 
WiLUAM Makiin (La Saitit-Barlhélemy devant le sénat de Fentôe.Paria, 
1872),A.Oe3jaudins iCharles JX : deux années de règne (1571-1572).Douai, 
1873), Le même, NUD.t 111, pp.440 sv. Paris,lSGl),M.LEFOHTuai(La Saint- 
Barthélémy et les premières guerres de religion en France. Paris, 1879), 
J.LoisEi.EUB (dans le Temps, n"* du 14 au 24 août 1873), Ga.ndy (La Saint- 
Barthélémy, ses origities, son vrai caractère, dans la RQH, t. 1 (1866), 
pp. 11 svv.), Rauke (Franeoesische Geschichte imXVI und XVII Jahr- 
hundert, 1. 1, p. Sîlti svv, Slutlgart, 1852 j, etc. — En 1879, M-Heubj Bordicr 
reprit celte thcse, qu'on considérait, à bon droit, comme surannée. " C'eal 
un procès en règle, écrivait Jules Luiseleur {Les nouvelles controverses sur 
la Saint-Barthélémy, dans la Revue Historique, t. XV (1880), p. 83), 
instruit l'ontre ce que l'auteur appelle noire tîcole de l'histoire anodine el 
léttitive „. " Un revirement s'est opéré, dit M.Bordier: les écrivains les plus 
délacliés de la monarchie, voire les phis protestants, refusent maintenant de 
croire à la préméditation, de même que les plus dévoués aux vieux principei 
de la religion romaine, non moins débilités à leur manière, s'em pressent ^_ 
d'appeler crime et délestahie action cette vigoureuse exécution de l'hérésiaH 
dont leurs pères jubilaient et se glorifiaient. C'est un concert de pudeur 
nationale. „ Une note de la rédaction de la Revue kistorigiie, ajoutée à 
l'article critique de M, J. Loiseleur, faisait remarquer qne l'accord involon- 
taire entre quatre écrivains de nations différentes, MM. II. BoRDVER(Opcit.), 
LoBi> AcTO^ (article du Moulh Britiàh Revien, reproduit aoua le titre, La 




A LA VEILLE DE LA SAlNT-BARTHÉLEMy. 177 

Auresle — el c'est sur celle conclusion qu'il est intéressant 
pour nous d'insister — parmi les pièces si nombreuses qui 
concernent les négociations auxquelles le grand-duc de 
Toscane fut intimement mêlé, au cours des années 1571 et 
1571 aucune n'indique ni n'insinue que, soit en France, soit à 
Florence, on ait vu dans le retour de Coligny et dans l'union 
projetée autre chose que des expédients habiles pour ame- 
ner la réconciliation des chefs protestants avec la cour. Bien 
que le dernier mot ne soit peut-être pas dit à ce sujet, voilà ce 
qui ressort des documents que nous avons cités ou raen- 
lioiinés. 



Un anonyme, agent secret de la cour de Florence^ avait 
*«rit, il est vrai, à François de Médicis, quelques jours après 

itragtdi San BarMomeo,inonografia storico-eritica,coHintrodHsione 
^i^SHiunte di docHtnenti itiediti tratti daW archivio ganerale di Vene- 
«'a.Venise,tÉf70),WiJ.'re(arUcIedans)e Gids)i.d WirTTKE{ZMr Vorgeschichte 
^<iftholom(iit8n(u:ht), écrivains qui étaient nrriréâ simultanément aux 
"•^mes conrlusionB, no laissait pas, loutefois, ù son avis, que de donner de 
'B force à la thèse de la préméditalion {Ibid., p. 109). Et on ajoutait: Nous 
«mmes d'accord avec M. Loiseleur.., : ii y avait projet éventuel, non réso- 
'^iion arrêtée. " Quoi qu'il en soit d'ailleurs, noua ne voyons pas pourquoi 
'ifoie cléricale fient tant ù ntcr la préméditation, ni pourquoi les proies* 
'^U tiennent tant à l'afBrmer. Calberine n'u pas agi par des mobiles 
'«ligieux, cela est évident ; mais l'égUse catholiquB du rvic siècle n'en 
^''t pas moins souillée par un forfait auquel elle a applaudi et dont elle a 
"^iilcment revendiqué la solidarité. „ Celte dernière réfllesion, nuire qu'elle 
•^ûnfiind l'Eglise avec les membres de ta cour romaine «l'ulurs, dépasse mnnî- 
'«teinent toute mesure \C(. ci-après p. 1S2 note i). A partir de cetle polémi- 
<lue,la thèse de la préméditation fut abandonnée, de nouveau, par la géné- 
'vlilé des historiens. Qu'il suOise de citer ici MM. J. LoiSEi.ErR {Trois 
**igines historiqttea : la préméditation de la Saint-Bar théîeiny. Paris, 
'8SB|, PniuppsoN, Die liûmische Curie und die Bartholomâusnacht), 
<l»ûs \a Deutsche Zeitschrifl fur Gesckichlswisseiischaft, t. VII (1892), 
W. DKui FcRiuijtE (La Saint-Barthélémy : la veille ; le jour ; le lende- 
**<i>n. Paris. 1892), M. Lecchj (La strage degli tigonotti, studio storico- 
^iiieo. Gasteggio, 1900), C. Marchand {La Sai ut-Bar théleni y (dans la 
f^FCO, tXlI (190Q|, pp. G(>9 sw.), etc. ; de sorte que M. l'abbé Vacaxiubd a 
Po dire, tout récemment, qu'il n'est guère d'tiislurîens qui soutiennent 
aujourd'hui la préméditation de la Saint-Barthélémy proprement dite (Cf. 
®P- cit., p. 240). 

U 



178 LES NÉGOCIATIONS KNTHE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

le retour de l'amiral, c'est-à-dire le 28 novembre 1571 : " Le 
" pape croyait que la conclusion de la paix et le rappel, con- 

* senti par le roi, de Coligny à la cour marquaient le dessein 
" de tuer l'amiral ; mais, ayant vu la façon dont la chose 

* s'est passée, il ne pense plus que le roi ait cette brave réso- 
" lutioQ (1). , M 



(1) " 11 papacredeva chela pace fattae Paver consentilo il rc die l'unini-^ 
raglio venisse in corte fusse con disegno di aroŒiaz7.arIo ; ma, accoriosi con 
psks&ail fatto, non ha credulo chenel re nostrosiaquella brava resoluUoot^ 
Lettre d'un anonyme à François de Médicid, 28 novembre 1571. NDD, t. Ul, 
p. 732. 

Celle dépêche ferait croire qu'à Rome, on coasidérait le rappel de l'amiril 
comme un expédient pour se débarrasser de lui et qu'à la cour pontificale, no 
n'était pas hostile à ce projet. Il convient d'en rapprocher une dépêche du 
nouce Salvîali, du 27 aoftt 1572, dont voici le passage principal : " Quai 
regina, iu progresso di tempo, inteiide poi non solo di revocare ta! edittoi 
ma, per mezzo délia giustizia, di restituir la fede catlolica nell' atili^J) 
osservanza, parendogli cbe aessuno ne deltba dubitare adesso che huia^i 
fatto murirc l'olmiraglioj con tanti altri huomint di vslore, conforme ai 
raggionamen ti altre voile liuvuti con esao mecu, essendo u Ble^ et iraltaudd 
del parenlado di Navarra et dell' allre cose che correvauo iu quel Icmpi: 
il che essendo v&ru, ne pusso rcndere tesltmunianza e a Nostro Signoreca 
tutlo il mondo. „ (Ap. A.ThkincRj Annales Ecclêsiastici, t. 1, pp.3£liv. 
Rome, 185G}. Un a donné deux sens à ce passage : 



" La reine a l'intention non seu- 
lement de révoquer, avec le progrès 
du lemps, l'ùdit 'de 1570), mais 
encore de rétablir^par le moyen de la 
justice, la foi cathulique dans son 
antique observance. 11 lui semble 
que personne n'en doit douter, 
maintenant que l'on a fait mourir 
l'amiral el tant d'autres personna- 
ges de valeur, conformément aux 
entretiens qu'elle (Cutberiiie) a 
eus autrefois avec moi, pendant 
que noi*s éiiotis à Biais et que 
nous traitions du mariage [du 
prince) de Navarre et d'autres 
affaires qui avaient cours en ce 
temps-là, „ 



** La reine a l'intention non ftu- 
lement de révoquer, avec le progif» 
du temps, l'édit, (de 1570J, mai»_ 
encore de rétablir, par le moyen < 
lu justice, la foi catholique daiist 
antique observance. 11 lui seiui'li! 
que personne n'en doit doutcr.mÙQ- 
tenanl que l'on a fait mourir l'ami- 
ral et tant d'autres personnages de 
valeur ; cela (le projet de rétablis- 
sement de la foi) est (d'ailleurs) 
conforme aux eutretietts que j'ai 
eus at)ec elle, pendant que noM 
étions à Blois el qu* nous irai- 
lions du mariage [du prince) de 
Navarre et d'autres affaires qui 
avaient cours en m tempt-là. , 



I 



A LA VEILLE DE LA SAINT-BARTHELEMY. 

Mais celle dépêche ue semble pas avoir élé prise au sérieux ; 
nulle part il n'y est fait allusion, au cours des longs pourpar- 
lers qui précèdent ou suivent celte date. 

Par ailleurs.au dire de son successeur, Viucenzo Alanianni 
l'ambassadeur Petrucci se serait vanté, après les tragiques 
événements du i22 et du 24 août, d'en avoir été, en quelque 
sorte, l'instrument ; car, sans lui, disait-il, ni l'amiral, ni les 
chefs huguenots ne se seraient rendus à la cour ; il demandait 
pour cela une récompense (1). 

Le roi, en effel, lui promit une abbaye (2). Toutefois, ne 
faut-il pas faire ici la part de l'exagération rétrospective et de 
la vantardise, plus ou moins calculée, dans lesquelles, eu vue 
de tirer des faits un profit personnel, Petrucci a pu vraisem- 
blablement tomber ? Rien de plus facile, rien de plus naturel 
[de sa part, dès lorsque la Saint-Barlbélemy était considérée 
comme une œuvre glorieuse, que de se donner, en France, 
comme ayant joué un rôle décisif dans sa préparation. 

Quant à ses souverains de Toscane, Petrucci ne s'est jamais 

lorifié de pareille chose auprès d'eux (3). 



11 est clair que la premit-re de ces deux Iraduciiona est seule admissible. 
Nous ne comprenons donc pas que M- Vacaitdard et rciix qu'il appelle 
les meilleurs critiques puissent â'appuyer sur la sccutidu pour nier que 
Solviuli ait eu conuaiasauce des projets de Catherine contre l'amiral 
et les chefs calvinistes- U est, par ronséqueul, inexact de dire qu'il n'y 
a pas lieu de faire élat de la dite dt"pôche (Cf. VacandahUï op. cit., 
p. 254) 

(1) "■ L'ambascialore d'Inghilterra dice mollo assicuraliimcute chc il 
kignor Gian Galeazzo Fregosu ha (ralljilo lui l'execuzione *■ (inlro li ugonoiti, 
de'quali faceva l'amico, e che tullo si sa — chiamnndolf» Irarlitore... — A me 
preme assai questa... voce, perché ognuno sa quanlu lui contidossi nel 
Petrucci, e che tullo si è falto con saputa sua e, coiisogLienlcnieute, dette 
altezze V'ostre, le quali, corne invidialissime da luolli, pigliano anco questa 
occasione di sparlare. Ed il Gotidino mi ha detto che il l'elrucci, per 
eotiservare una badia, s'è vantato che lui è stato causa délia vettuta 
delV ammiraglio e delli altri,e che lui ha servito di niallevadore,senza 
il quale non ci sarebbouo mai venuti, e che perd mérita una ricom- 
pensa. „ V. Alamanni à François de Médicis, Paris, 1 1 novembre 1572. 
NDD, t. 111, p. 660. 

(2) " Scrivete al Petrucci, dit Frégose, che il rc gli vuole mantenere la 
parola dell' abbadia, et sarù la prima che vaca ; e forse li si tnauderà la 
spedizione drieto, avaiiti sia arrivato a Fiorenza. „ Un anonyme à Concîni, 
le 27 novembre 1571- NDD. t. II, p. f*i2. 

(3) Voir lea dépêches de l'ambassadeur Petrucci, en date du 27 et du 
31 août 1372. NDD, l. c, pp. 810. 




180 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Par ailleurs, il semble qu'à Paris même, ses relations 
antérieures avec les chefs des huguenots l'aient rendu sus- 
pect aux catholiques ; car, au lendemain de la nuit de la 
Saint-iîarthélemy, sa maison fut menacée et, un momeutil 
craignit de ne pas revoir l'Ilalie ^î). 

Ajoutons que Catherine, après la Saint-Barthélémy, se 
montra très froide à son égard» voire à l'égard de Leurs 
Altesses.Le 27 août seulement.elle fil savoir à Pelrucci qu'elle 
le ferait appeler pour lui rendre compte des événements, 
le priant de ne pas écrire auparavant au grand-duc (2). 

Deux jours plus lard, l'ambassadeur.ne recevant aucune con- 
vocation, prit sur lui de se présenter sans être appelé. Il se 
plaignit du relard étrange que la reine mettait à prévenir 
Cosme et François de Médicis, En guise de félicilalions, il se 
contenta de dire : " Si les huguenots ont comploté contre 
" Leurs Majestés, Monseigneur d'Anjou et Monseigneur 
* d'Alençon, ils ont bien mérité le chfitiment (3). „ 

Catherine, assez niaussadement, lui répondit : " Megîio^U 

(1)" Dio accomodi luit» e me faixia riloniare sano e salvo di coslà» 
pcrcliê di qua, se n'esco a buon' ora. fora uii grau passo... „ NDD, I. C* 
p.8U. 

(2) " La re^na madré mi ha fallo dire che mi far& sapere p«r l'appimt» 
luUo conie sta e ch« allora vu<tle io scriva .„ Le commandeur Pelrucci éh 
François de Médicis, Paris, 27 août i:>7â. NDD, I. c, p. 811. " 

(3)''Domandi\alli gioriii passali.larogiiia madré al .secrelario Albertano.se 
io avevn intesn «]al Fregoso la congiura coiitro Lor Maeslà. Egli le rispose : 
Chc tiotv sapovn il Fregoso m'avessi tiello nulla, ina rhe ne avevo inteso 
quanlo ne correva i] rumore ; e di mia l'ommissione si rallegrù del successoj 
ricordô In devozione di Voslre Altczze c disse che era quivi per intendere s* 
Sua Maestà volcva far sapere quai cosa aile Voslre Altezzc. o con letlere, 
porgcndosi l'occasione. Mi fnce inlendere cl/ io non scrivesâi ; ch«^ mi 
farebbe saper lutto prima, Ho aspeltato duc giorui ; c, non sapendo abbi 
scritto, né fattomi dir altro, ho voliito pres€utarrai a Sua Maestà, corne 
ho fatto. Emi son rallegratfi che, essendo vero che avessino cottgiurato 
contro Lor Maestà e Monsignore d'Anjou e Monaignore d^Alençon, 
che hanno meritato qu^sto e che questa era una memoria degna del 
suo valore ; ma che la bisognava accompagna^e con ïa soîita prudema 
e ricordarsi di ringrasiare Dio che U sia successo tutto 6e»»* e di aver 
ïifîgîigrandi. Li dissi il torto che faceva a non ne rendcr conto aUe Vostf ^ 
AUezzcrIc qimli nelle cosc d'importanza non hanno lassato né lasserannaH 
di far quanlo potratmo, con onor loro, a beneficio di questa corona, a con- 
iemplozione di Sua Maeslà. lA ricordai, pot, c/»' io sapevo viverc con 



A LA VEILLE DE LA SALNT-BARTHELEMY. 



181 



che sia atala faita a loro che a tioi. „ Puis, elle s'excusa, en 
prétendant qu'elle n'avait encore rien fait savoir à aucun 
prince : elle en avait parlé seulement, disait-elle, au nonce. 
Elle conclut : " Ecrivez à vos souverains ce qui en esf,puisque 
" vous le savez ; dites-leur que nous îivons fait tout notre pos- 

* sible pour gagner les huguenots, comme vous ne l'iguorez 

* pas, et que, n'y ayant pas réussi, nous avons été forcés de 
" faire, ce que nous avons fait. Quant à vos princes, nous 
" espérons qu'ils se montreront nos amis, lorsque nous 
" aurons recoui^s à eux (1). „ 

_ Cette attitude ne prouve-t-elle pas que Petrucci, malgré 
pis dires, n'avait eu aucune part dans la préméditation 
des forfaits dont il cherchait à endosser, plus ou mains, la 
responsabilité ? Y eùl-il trempé pour quel(|ue chose — ce 
que nous ne croyons pas — qu'il n'en demeurerait pas moins 
à peu près certain que, sous ce rapport, on ne fut à Florence 
au courant de rien (2). 

Quoi qu'il en soit, dès te 4 septembre, François de Médicis, 
en son propre nom et au nom de son père, écrivait officiel- 
lement à Charles IX : 

" Tous les serviteurs, tel que je le suis, de Votre Majesté ont 

P passé de l'inquiétude à la joie, en apprenant le très heureux 

" succès de ce que vous avez lente contre les ennemis, lou- 

* jours remuants et rebelles, de la sainte Eglise romaine. 

* J'en ai ressenti, pour ma pari, une consolation incroyable. 
" Je m'en réjouis avec Votre Majesté qui, dans sa haute pru- 
' dence, ne perdra pas, {e l'espère, i'oecasion d'élouffer, jus- 
" que dans sa moindre étincelle, l'incendie qui a bien failli 



qualche sospetto, poichè moJti, non sapendo quelh era passato per le 
mie mani, credevano il nenoeio altrituenti. „ L'atubossaJeur Pelrucci 
■ François de Médicis, Par», le 31 août 1573. NDD, l c. p. 827. 
■(1) Ibid.. p. 828. 

(2) Aussi, s'il faut en croire la dépêche d'un anonyme, eu date du 31 août 
1572, plusieurs accnsaii>nl Leurs Altesses d'ovdr lémoigné trop peu d'en- 
Ihousiaame.à la nouvelle du massacrC'Si slima da molli, dit cette dépêche, 
ehe voi avete sentito con un gran cordoglio la Duova di qua ; ma io H ho 
deltô ehe s'ingannano, percln'' siete zclalori del béne e «ervizio del re... „ 
NDD, I. c., p. 832. 




182 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

* embraser non seulement son royaume, mais les autres par- 
" ties de la chrétienté (1) .„ 

Le 10 octobre, il revenail à la charge : " Déjà, disait-il, j'ai 
" témoigné à Votre Majesté et mon allégresse et mon dévoue- 
" ment, à l'occasion de la courageuse et très prudente exécu- 
" lion qu'elle a faite de ses sujets rebelles : vous exprimer 
" ainsi mes sentiments a été pour moi une grande joie et j'ai 
" cru, delasorte, satisfaire, du moins en partie.au devoir que 
" m'impose ma qualité de serviteur à son égard (2). , 

Faire un crime au grand-duc de ces lettres, ce serait oublier 
et méconnaître la mentalité de l'Europe, à cette époque. Au 
xvi« siècle, exception faite naturellement des protestants, 
la Saint-Barthélémy n'excita à peu près nulle part la répro- 
bation dont elle reste chargée, ajuste titre (3), devant l'his- 
toire. Les princes catholiques s'en réjouirent (4) ; les masses 

(1) François de Médicia au roi très chréLien, le 4 septembre 1572 : * Hh 
rasserenala lutU li servitori dî V. M., come sodo io, il generosissimo sue- 
cesso dii quetla contro l'inqnieli et rebelii dcUa Santa ('Ihiesa romana. Per 
la consolatiane incredibilo che io ne sento, me n'allfgro con V. M. chrisUa- 
nissima, la qiiale, per la somma prudenza sua, non perderà l'occasinne d'es- 
tinguore aino a iina rainîma scîntilta di quel fiinco che è stato per essere 
cagioae d'accendere non sol quel suo regno, ma moite altre parti di chris- 
Uanità... „ BNP, Fonds ital.. 1307, {°Sôt. — Voir les lettres de Catherine 
de Médicis au grand-duc et au prince de Florence, ap. De la Febrièbe, Ltct- 
tres... t. IV, pp. 127 sw. 

(2) Le même au même, le 10 octobre 1572: " Io m'era compiaciuto molto 
in essermi rallegrato et offerto a V. M. au l'occasione délia generosa et 
prudentissima essecutione contra li rebelli suoi, parendami d'baver satis- 
fatto in parle al débite délia servitù mia seco; ma l'haver poi veduto per 
rhumanissimaleilera sua quant» liabbiaricevu loin buoa grado quelP uffitio 
et che V. M. désigna va votermene dar parte, puô pensare se mi sia stato 
di molto conlenlo, sendo segno evidi'nlti clie ella mi tenga in sua buona 
gralia. . „ BNP., Fonds ital . 1207, p. 86 r, h 

(3) Cf. A. Theiicek, op. cit.. XXXV, p. 418 b. f 

(4) Au sujet de l'allitude de ta cour de Rome, voir les dépêches du pro- 
tonotaire A. de Médicis, ASF, Médiceo,'â^l,c. ZTOsvv.-M.Vacanoabd s'est 
efforcé de prouver (Op. cit., pp. 267 sw.) que " les diverses manifestations 
de joie que montra Grégoire XIII, a la nouvelle de ta Saint-Barlhélemy, 
sont dues, en partie, à l'insuffisance ou à l'incsaclilude des renseignements 
qui lui furent officiellement adressés „ (Ibid-, p. 220). M. DsLArcnoY lui a 
objecté, à bon droit, dans la Revue d'histoire ecclésiastique (L VI (1906), 
pp. 354 sw.), que les arguments mis en avant pour défendre cette thèse 



A LA VEILLE DE LA SAINT-BARTHÉLEMT. 183 

y applaudirent : * Catherine de Médicis, nous dit le Florentin 

* Cavrana^ en devint extrêmement populaire, et on lui décer- 

* oa les titres de mère du royaume et de conservatrice du 

* nom chrétien (1). „ 

paraissent bien faibles. An reste,Rome se fût-elle réjouie de la Saint-Barthé- 

lemy en elle-même, qu'il n'y aurait pas lieu de s'en étonner. Comme Ta fait 

remarqua fort bien M. Vacaitoard lui-même, " il faut placer les hommes 

et les éyénements dans leur cadre vrai et se garder de les juger d'après les 

idées de notre temps. Chaque siècle a ses idées, ou, si l'on veut même,sea 

préjugés, auxquels les meilleurs esprits n'échappent guère. „ (tbid.,^. 221). 

De nos jours, par exemple personne, assurément, n'oserait approuver, 

entre autres, le décret de la république de Lucques de 1562, qui ordonnait 

aux Luequois, résidant en France ou en Brabant, de vivre d'une façon 

entièrement catholique, mettait à prix la tête, de quiconque d'entre eux 

so'ait convaincu d'être hérétique et promettait trois cents écus d'or, ainsi 

qoe diverses privilèges, à ceux qui le tueraient (Voir le décret dans ASI, 

S* sér., t. X, pp. 176 svv.). Et pourtant le pape Pie IV, par un bref du 

90 janvier 156S, exprima aux magistrats de Lucques son approbation et sa 

joie: Legimus pia laudahiliaque décréta et gavisi adntodutnsumus tam 

pis et setpieHter haee apttd vos acta et eonstituta fuisse, tnagnasque «o 

nomine gratias egimus omnipotenti Deo, a qw> omne datum optimum 

descendit et donum omne perfeetum (Ibid., pp. 17B sv.). 

(1) NDD, ibid. 



Chapitre septième. 

La rupture définitive des relations diplomatiques. 
Ses préludes et ses suites, 
(1572-1589) 



Si le grand-duc avait diplomatiquement approuvé laSainl- 
Barlhélemy.Petrucci s'en était bruyamment et impudemment 
réjoui. Il était même ailé jusqu'à se vanter d'avoir, consciem- 
ment ou inconsciemment, en travaillant au rappel de Coligny 
et de ses amis, rendu possible le niassacre des hugueDols(l|. 
Aussi les ambassadeurs des princes protestants alTectaienl-ils 
de le traiter, hautement et quasi publiquement, de traître (2). 
D'autre part,nous l'avons vu, les relations qu*il avait naguère 
entretenues avec les chefs calvinistes lui avaient, depuis 
longtemps, aliéné les représentants des puissances catholi- 
ques (3). ComI]int-il que sa position en France n'était plus 
teoable ? Nous l'ignorons. En tout cas, prétextant des 
affaires de lamille, il demanda son rappel (4).En octobre 1^12. 
le grand-duc désigna, pour le remplacer, Vincenzo Ma- 
man ni (5). 



(OVoirNDD, t. III, p. 860. 

(2)"... Chiamandolo IracUtore ...„ (/6idJ. Déjà lors du prêt d'argcnl (&it 
par Leurs Allesses au duc d'Albe, Tainbassadeiir d'AngIclerre avait liil ^ 
Petrucci : " Se fussj me, vorrebho la licenza in UUli i modi...„ {Ibià-,p' 
791;. 

(3) Voir pp. 14)5 svv. 

(4) Ainsi s'exprimcal l'IxistructioD et les lettres de créance. Voir ci-après. 

(5) Lettre du grand-duc à la reine mère, 10 octobre 1572: ** Poiohè il coin- 
mendator Petrucci lien aomraa nécessita d'nccommodart' le cose sue dômes- 
liche, sono stato conatrclio a ricliiamarlo per consolatione de' suoi. Ma 
▼olendo io baver sempre appresso a V. M. christianissima chi repre^enti 
l'imagine detia mia devotione et servitt'i et anco che possa essere gralo a 
quella, le mando pei ambosciator inio résidente M. Vincentio Alama 



I 



I 



I 



Ce dernier arriva à Paris au commencement de novem- 
bre (1). De la longue instnictioD dont il était porteur (2) nous 
ne relèverons que les quelques points qui (ranclieot sur la 
banalité ordinaire des pièces de ce genre. 

L'ambassadeur devra, y esl-«l dit, purliculièremenl 
témoigner à Charles IX et à Catherine combien Cosme I'^" et 
son fils leurs sont affectionnés et dévoués (3), combien, dès 
lors, ils ont éprouvé et éprouvent encore de joie du niariai^e 
de Madame Marguerite, " mariage désiré et favorisé naguère 

* par eux, autant qu'il leur a été possible et plus qu'on ne peut 

• croire (4). „ 

Au sujet des affaires religieuses, l'ambassadeur aura à se 
comporter avec beaucoup d'habileté. A nouveau, il devra 
féliciter le roi et sa mère " de la prudente et sainte exécution 
" deshugueno[s,rebelles h Dieu et à Leurs Augustes Majestés. 
" Il exprimera même l'espoir qu'on ne s'arrêtera pas là et 

nobilissimo et accettissîmo mio gentilhuomo... La supplieo a riceverlo lieta- 
mente cl a preslargli fcilc di (juunto Irallerù con lei alla giornata, con 
coinandarglj ancora quanto sarù di suo âerviUo, perche- porta eommessione 
d'obediritt setnpre mai, élu me snrà di favore l4 di segnalntissiiua gralia. „ 
ASF, Mediceo, !2(ïi5, c. ^211. — Suivent les lettres de créance pour les dillé- 
renU personnages de la cour. 

(I) Yincenzo Alamaniii appartenait à une rniiiillc qui >>V' tait distinguée 
dans les lettres et dans la politique el, sous ce rapport, il ne se montra pas 
indigne de ses aïeux. U était né, le 1.3 mars 1536, d'Andréa Alauianni et de 
i^Genevru, fille de Lorenzo Ridolfi. Sa parfaite connaissance de l'antiquité 
ique, jointe à son éK>qnence naturelle, l'avait fait surnommer i7 Tu /- 
Uo di SHO secolo. Quoiqu'il no fût Agé que trente-six ans, lorsqu'il arriva 
eu France, il était déjà sénalcur. depuis assez longtemps, el avait rempli 
les fonctions de gonvernour de Pise.En 1568, après la mort, si imprévue, de la 
jeune reine d'E-spagne, il avait été désigné pour apporter à Charles LX les 
compliments de condoléance dei Co.sme I"" el de Frttn<;ois de Médicis. Chargé 
de diverses missions d»ploii)alifpie.s,uprès son ri.'lour de Friintv.il se trouvait 
ù Venise en 1578, et, en li580; en Savoie Enfin, en 158C, il remplit les fonc- 
Itons d'ambassadeur résident auprès de Pliilippe II. 11 mourut à la cour 
d'Espagne, d'une chitle de cheval, en janvier i5t30. Il était à peine Agé d© 
rinquanlc-qualrc ans A. DESJAnoiNS, op. cit-, 1 111, p. 857. 

f2) Voir Appendice, Doc. IX. 

(3) Voir Appendice, Doc IX, 2. 

(4) Voir Appendice, Doc. IX, 3. Voir aussi ta lettre du grand-duc à la 
reine mère, en date du 10 octobre 1572- ASF, Medieeo, 2696, c. 329. 




186 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

" quG la fin coiTPspondra à un ?! glorieux commenceraenl (I). , 
D'îiutro pari, il devra gagrifîr Ips bonnes grâces de Henri de 
Navarre. S'il le voit favoriser la religion catholique et en faire 
pjofession.pliisoii nioinsonvertemcnt, il témoignera àce prince 
beaucoup de respect et d'attachement ; si. au contraire, il le 
vttit soutonir It^s r«^roniiês, il se gardera bien, malgré tout, de 
crier att scandale et cvilera soigneusement de le froisser (2). 

Les deux premières années de l'ambassade d'Âlamaoni ne 
devaient pas, au point de vue difilomatJqiie, être fertiles en 
péri|>élies, ni en événeuieots marquants. Tout allait se borner 
à des échanges, périodiques et presque fastidieux, de sym- 
pathie (3). 

Ce n'esl pas qti'en France, durant celle période — les 
lettres de noire diplomate en font foi — les luttes entre 
catholiques et protestants aient été moins ardentes et moins 
acharnées, la politique moins équivoque et moins tortueuse, 
les interventions et tes inirigues étrangères moins complexes 
et moins actives ;non, mais hi haute et puissante intelligence 
qui. depuis trente-huit ans et plus, présidait à la pulilique de 
Florence et en mettait en mouvement tous les ressorts était 
sur son déclin. Cosme !•', atteint de la goutte et frappé, 
à plusieurs reprises, d'attaques d'apoplexie, n'était plus que 
l'ombre de lui-même: dans les premiers mois de 1574, son 
état s'aggrava encore et, le l21 avril, il mourut (4). 

(1) Voir Appendice, Doc. IX, 3. 
{Z\ Voir Appendicet Doc. IX,6. 

(3) Vuir, à ce sujet, les dépfeti<'s de V. Alamanni au grand-duc, pendant 
ces deux années, NDD, l. HI, pp. 8,^9svv, — Répondant aux félicitations de 
Leurs Altesses au sujet de la Saint-Barlhélomy, la reine mère déclara, dans 
ta première audience accordée k l'ambassadeur : " Cbe.. era stata forzata a 
far quelln avevR fallo pcrsalvezza e sicurtà del sun regno, e che avevBi 
seguilalo ta iinpresa sin tanto che le ora stalo corumesso, e che non si 
inenrhorebbe, anco per l'nvvenîre, di fare, giusla lor possa. clie il fine cor- 
rispondesse ni principio ; ma che tutlo non si poteva fare in un giorno. , 
NDD, t. Hl, p. 859. 

(4) Cf. Baccio Bai.dim, Vita di Cosimo de' Medici, primo granduca di 
To.<ïcawa, p. 79. Florence, Hnrtolomeo Sermalelli, 1578. — Le 26 mai, un 
service solennel fui rélêbré pour lui en l'église de Noire-Dame, i\ Paris. 
NDD, 1, III, p. 93L — Suivant les idée» du temps, on ne manqua pas de dire 
qtic SB mnrl ayait été annoncée par des signes célestes : ".■■ Poco tempo 



LA RUPTURE DÉFINITIVE, SES PRÉLUDES ET SES SUITES. 187 

Quelques semaines plus tard, If 30 mai, le roi de France, 
Charles IX, le suivait daus la tombe. 

I 

mlci pourrait s'arrêter cette élude. Nous croyous, toutefois, 
qu'il n'est pîjs sans intérêt, ni hors de iHupos, cte donner 
brièvement un aperçu des faits diptomatiques qui «uivirenl, 
jusqu'à la rupture totale des relations officielles de la Toscane 
avec la France, en 15S0 :ces failssonl inlimcmenl liés à ceux 
dont oou^ avon-> parlé dans Ie;s pages qui pi'écèdrrit;ilsen con- 
stituent l'épMogue logique et naturel. 

En France, au point de vue financier. Catherine de Médîcis 
se trouvait alors dans une posilion difficile : le trésor royal 
était à sec et, pour faire face aux dépenses incessantes qu'cn- 
trainait la guerre contre les hnguenof?,elle se voyait réduite à 
faire appel à la générosité de tous ses alliés. Elle comptail, 
en particulier, sur le pape, à qui elle faisait entendre qu'elle 
travaillait " pour In gloire de Dipu et rexnltaHun de la toi „. 
Elle comptait aussi sur Florence, qu'elle croyait pouvoir 
mettre encore, aisément et largement, à contribution. 

Déjà, au mois d'octubre 1573, par Teutremise d'Aiamanni, 
elle avait tenté d'entamer des pourparlers à ce sujet (I); mais 
la dernière maladie et la mort de Cosme avaient entravé 
leur succès. 

En juin 1574, ce fut Grégoire XIII qui se fit lui-même l'avo- 
cat de Catherine auprès du duc. Répondant, le 11, à la lettre 
par laquelle François de Médici.s lui avait annoncé la nioii de 
Charles IX et demandé quelle attitude il devait prendi-e 
à l'égard de la reine mère (2), le pape s'apitoyait longuement 

innanzi che egli mnrisse. rajiporle Bftrcio Baliiîiii {Op. cit., p. 79), si vifide 
incielo.cnntinnvamenlc pin mesi, unn nuova, hirirln flchinrrissimastel]a.„ — 
Voir la Ictlre de CaUierine «le Mêilicis au granJ-duc, en date du 2î) mai 1.^74 
Lettres.. , L IV, p. 307. Voir aussi ASF. Mediceo, 4727 c. 221 el o. 236 

(1) Voir la lettre de V. Alamanni à François de Médicis.en date du 13 octo- 
bre 1573. NDD, t. UI, p. 890. 

(2l Lettre du graad-duc Frarn;ois I"" à GrtVgoire XIII, du 9 juin 1574 : 
"-. Queslo caso mi par di mnllaimporlunlia. laquai dtpende, in tnaggior 
parte, dalla concordia o discordiaiîe' fralelîi et dal partilo che in esst pren- 
derà lor madré... Laonde ho presn ar(hr<> di toccarlene queslu moito, perché 
oome a donna el madré in tant* passione d'animo e tirala in varie senteatie 




LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA nUUNZ. 



sur le sort de Ca)herine,qiril disait sans appui ni coDsolalioD, 
insistait sur la nécessité de lui venir en aide, pour le Iriompbe 
du calholicisme. et finissait, sans plus de façons, par expri- 
mer l'espérance que '^ son cher fils François voudrait bien 
joindre une somme de cmquanle mille écus d'or à celle que le 
Saint-Siège allait envoyer, en prêt, à la reine (1). , Assez 
désagréablement surpris, le duc s'excusa auprès de Sa Sain- 
teté (2); mais bientôt Catherine, en personne, revint à la 
charge (3). L'ambassadeur de Florence à Paris.malgré toutes 
les précautions et les faux-fuyants qu'il put prendre 14). se 
vit harcelé de demandes d'argent (5). Bien plus, en présence 
des tergiversations de François de Médicis, on ne se fil 
p.is faute, à la cour de France, d'accuser ce dernier d'ava- 
rice et d'ingratitude. On dépassa tellement la mesure que, 
dans une note du 2 juillet, le duc chargea Alamanni de pio- 

per la diversiià deLIc opinioni, non potrà essere chv di gran proiiUto la cod- 
solationc. il consiglio et li uiuli che nasreranno dalla Sanlilà Vostro, Uqual 
siipplico a formi accennare se in ciô cUa giudichei'& clic io mi debba opoiu 
impicgare perscrvitio di itfi,per beiiefilio di chrislianilù et per saluto ili 
quel regiio... „ ASF, Jfedicw», I>4**=', c.544. — Le m^me jour, Son Altesse 
avait écrit une lettre i\ Catherine de Médicis. Voir Lettres d« CafhtriM 
de Médicis, t V, pp. 26 et 40. 

(1) Voir la lettre de Grégoire XIII & François de Médicis,en date du 11 juin 
1574. NDD, t. III, pp. 932 av. 

(2) Le grand-duc au pape, SU juin 1574: " Nel medesimo tempo cbe io 
scrissi nlla Sanlità Voslra sopra la morte del re chririiiaoisaimo, leri conlt 
regina umdre per corricro espresso qm-llî offîtii clie giudicai nercssarii et 
elle nn' si ronvcnissero per la saluto et qtiiele di qui*l regno et per scrvitiodi 
SuaMaeslj'i... Perô la Surilitii Voslrn non deve maravigliarsi se con Mon» 
signor di Gaiazzo non ho comptito al conlenulo de' suoi duoi Brevi palernij 
non perche il desiderio inio [nonj sia sempro d'ubbedirc sempre mai a 
comandametiU dt queHa, ma perché mi Irovo molto csauslo et pieno di 
debiti, losciatimi dal grtuiduca inio padre di gloriosa memoria ; ultre dic 
pur si vale quelta corona di circa quaranta niila scudi che mi resta debitrirc.) 
di maniera che io vengo ad haver sovreuuta quasi délia mcdesima somma 
cUe la Santità Voslra mi appuntava. „ Ap. A. TiieiKcn, Annates Ecelesio' 
atiei, 1. 1, p m. 

(3) Voir la lettre de Catherine de Médicis au grand-duc, 20 juin 1574. Iii«^ 
ire8„, t. V, p. 40. 

(4) " Io son ito rî^crvalo cou la regina madré nelle ofiTerle, conrormc al 
comandamento di Voslra Altezza... „ NDD, t. IV, p- 13. 

(5) Voir ibid., pp. 14, 26, et 36. 



tester contre cette accination et de faire remarquer que, 
par suite des dettes énormes que lui avait laissées son père, 
il était lui-même presque à court de ressources. 

D'ailleurs, ajoutait-il, il convient de ne pas oublier que la 
ïouronne de France est encore notre débitrice pour une 
somme considérable (1). 

Il finit néanmoins par promettre de faire son possible, en 
vue d'un prêt de deux cent raille écus, aux intérêts de dix 
pour cent (2), Mais il fallait, pour se procurer cette somme, 
qu'il trouvât à contracter lui-même un emprunt. Y mit-il 
beaucoup de bonne volonté ? Toujours est-il qu'après avoir 
traîné fort en longueur, l'affaire éctioua. A en croire les bruits 
qu'on répandit, les marcLiands ou banquiers ne s'étaieut 
pas fiés au duc. Ils avaient exigé une caution eu joyaux d'une 
valeur bien su|)érieure à la somme qu'ils auraient avancée. 
Toute autre garantie, voire des assignalions et bypolbèques, 
de quelque genre qu'elles fussent, avait été repoussée. 

CalberJne fut excessivement mécontente. C'était donc pour 
se jouer d'elle que naguère, dans les lettres de condoléances 
qu'il lui avait écrites. François s'étaii. confondu en offres de 
service, enthousiastes et sans réserve. 

D'autre part. Cosme [•", affirmait-elle, loin d'avoir laissé 
des dettes, avait, au conhairc, légué à son fils un gros héri- 
tage en argent (3), Pas plus que la médiation du cardinal Fer- 
dinand de Médicis (4), les explications de Petrucci, qui fut 
délégué par la cour de Florence pour assister, le 15 lévrier 



^H (1) Voir, à ce sujet^les lellres du graml-duc à son ambassadeur en Fraace, 
^en date du 2 et du 2i juilU-l 1574. ASF, Medtceo, 4«Ki. c. 8C el c. 88 sv. Voir 

■ussi la lettre du graud-Juc à la teiaa mère, en date du £7 août 1574. XSV, 

Medtceo, bi^», c. til7. 
(2) Voir ASF, Mediceo, S*»»"», c. 660 et ASF, Medtceo, 4605, c. 88 sv. 

iYoir aussi la lettre do CaUierinc au grand-duc, en date du 7 octobre 1574. 
|rf«rc»...,i, v.p. ys. 
(3i Le grand>duc h V. Alainannî, 21 octobre 1574 : " Ci dispiace solo che la 
Ifaestà Sua si persuada che il gran dura nostro padrc ci liabbîa loscîato si 
grosso numéro di denari, scndo tutio il contrario et liavendo a rilirarci da 
moite apese per satisfar piii di due mila scudi che egli ci lasciè di debilo „. 
ASF, Mediceo, 4605, c 100, 

(i) Voir la lettre de Culticriiie de Médicis au cardinal Ferdinand de Médi* 
cis, en date du 9 septembre 1574. Lettres.., t. V, p. 86. 




UN) I.KN N^^KICIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

tft75. AU mariage do Henri 111 avec Louise de Lorraine (1), ne 
râiiMNironl 11 l'a puiser. J 

•Siiii t\H\nil HJKi'i RH viol, uu cours de l'année suivante, ji^ 
<|u'A un luiHMor nllnr conlm les Médicis de Florence aux plus 
iWniiiKt^H o( aux pUr-t graves soupçons. Elle rêvait de tout ua 
draino m lo poison aurait joué le principal rôle : Isabelle, 
prnpiH» !»UMU' du graud-tlnr François, et sa belle-sœur, Eléo- 
iioro de ToUNdo. seraient mortes de mort violente ; cette defl 
lil^iHi iMupoisuimôp par Pierre de Médicis, son époux. Il d 7 
«VAtt pMH jusqu'à la mort de Cosme qui, à ses yeux, ne pi 
»«iiUl d«» ciMivt uv>-^érieui (i). 

II. 

Ut MUT ik l>Mtc« ~ U rtâoe- m èfc surtout — était d( 
éNM é» JJtH^mHàiWti fbvi pM fiivorftbleà au graod-duc lors- 
^^IH\ «Mk i«kiii IS^X AImmmù fW reaptaeé pt Sioolfo Sara- 






.dl^firiwl 



klkWih< 



LA RUPTURE DEFINITIVE, 

Le nouvel ambassadeur était uo komnie médiocre, nonciia- 
laot et négligent (1). A son secrétaire, Curzio Picchena, qui, 
dénué de scrupules, ne manquait, d'ailleurs, ni d'activité, ni 
d'intelligence, il laissaitje plus souvent,le soin non seulement 
de tenir la plume, tuais de gérei- les affaires. 

Tels étaient les deux diplomates qui allaient se trouver 
mêlés, au premier rang et comme instruments dociles, à l'une 
des plus hideuses entreprises dont l'iiisloire du xvi* siècle 
ait gardé le souvenir. 

En effet, pour se débarrasser des bannis florentins, réfu- 
giés en France et dont il craîguail les intrigues, François de 
3fédicis n'avait pas leculé devaul la pensée de les faire se- 
crètement assassiner par des sicaires de profession, envoyés 
tout exprès d'Italie. 

L'ambassade prélait son concours à cette œuvre de basse 
vengeance et de crime (iii.Ku I578,plusieurs fuonisciti avaient 
péri de la sorte. Leurs meurtriers, toutefois, furent décou- 
verls,livrésà la justice,el leurs aveux devant les juges mirent 
en pleine lumière la ctuiqylieilé de Saracini et surtout de son 
secrétaire. Sur les iusiances du lieutejiant crinimel, le roi 
I ordonna alors l'anestalion de Picchena, qui. le 24 décembre, 
se vit condairmer au bannissement perpétuel (3). 

Ces scandaleux incidents portèrent au comble l'irritalion, 
de pari et d'autre. Henri 111 et Catherine se montraient indi- 
gnés de la hardiesse avec laquelle le duc n'avait pas craint et 
ne craignait pas de violer les lois du royaume, en faisant 
allenler à la vie de ceux qui y avaient cherché refuge avec 
l'agrément et sous la sauvegarde de Leurs Majestés (4). 

(1) Voir, à ce sujet. les lettres de Curzio Piccheaa, NDD, t. IV, pp. 139 et 
J48. eo noie. 

(2) Cfr. A- DcsjARoufs, L'atnbasaadeur du orand-due de Toscane et 
les proscrits florentins, épisode inédit du règne de Hetiri III, pp. 1 
svv. Paris, ItitiU. Le Même, Négociations diplomatiques de la France 
avec la Toscane, t. IV, p. -1. — Au sujet de cette inulheur<?use question, 
voir tes dépÊclies XV-XXX VU, putiliùca par A. Deâjardins datiî) NDD, L.1V, 
pp. 111-240. 

|3) Voir surtout les dépêches du 24 novembre, 1", 7 et 25 décembre 1578. 
NDD, L IV, pp. 3i£2sTv. — Cf. A. DEsjARDi.ts, L'ambassadeur du grand- 
duc de Toscane et les bannis florentins, op. cit., p. 12. 

(4) Voir la dépêche de Soracini au grand-duc, eu date du 9 juin 157S. 
NDD, t. IV, pp. 170 avv. 



L 



192 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

François de Médicis, d'autre pari, se regardait comme 
offensé en la personne de son représentant : des démarches 
de Saracini, pour empéclier l'incarcération de son secrétaire, 
on n'avait tenu nul compte, et le roi. par la suite, lui avait, 
avec hauteur, refusé audience (1). Bref, il était aisé de pré- 
voir qu'on marchait, à grands pas, vers une rupture (2).Qui en 
prendrait l'initiative ? Il semble bien que Henri 111 n'était pas 
loin de la désirer. Four y arrivcr,il ne pouvait trouver de plus 
sûr moyen que de ressusciter.une fois de plus.la trop fameuse 
question des préséances. De l'ail, à la fin de l'année 1579, 
sur l'avis de son conseil, il rendit im décret établissant que, 
dorénavant, la place des ambassadeurs, dans les cérémonies, 
serait fixée d'après l'ancienneté respective des maisons 
régnantes qu'ils représenteraient. Du coup» Florence se tro^ 
vait reléguée après la Savoie et Ferrare. 

Pour conîble d'ironie, on ne notifia cette décision à Sara- 
cini que quelques heures seulement avant les vêpres du 31 
décembre, auxquelles le corps diplomatique devait assister. 
Vainemcnl l'ambassadeur se répandit-il en protestations 
auprès de Catherine, vainement, ayant abordé le roi dans les 
escaliers Un palais, voulut-il, à rencontre de l'argument tiré 
de l'ancienneté plus ou moins grande des maisons rivales, 
faire valoir l'étroitesse des liens du sang qui unissaient Médi- 
cis et Valois : Henri III s'obsUtia imperturbablement à répon- 



(1) Voir la dépêche de Saracini nu grand-duc, en date du 1«' décembre 
1578. NDD, l. IV, p. 222. 

(2) Lfs niésinlclligences avaient cnmmencé, semble-t-il, dès l'arrivée du 
nouvel aiitbasâadeur. Il était cliargé, ea effet, de réclamer le remboorse- 
menl d'une somme de quarante-cinq mille écus, prêtée par le grand-duc 
au roi très rlinUien. Un jour, la reine mère répondit ù l'ambassadeur, & cet 
égard, avec un extrême sojis-géue : " lo coine parente e corne afTezionata, 
dil-elle, tengo dî potere e di dovere* parlare coa il granduca liberamente. 
Serivetegli pertanlo che io lo consiglio a lasciare qnesta impresa per ora, 
potendogli per le nostre Jiecossitù prcsenli pnrtor poctt laude e nessoD 
profitto. „ NDD, t. IV, p, 79 (Paris, aortl l.>76). Eu 1578, die s'adressa au 
grand-duc pour un nouveau pr«îl " de SOO.fJOO éciis i\ dix pour cent, rem- 
boursable en cinq ans „. Elle eut beau faire de belles promesses, le grand* 
duo s'y montra très indiCférenl ; ce fut une nouvelle source de méconlente- 
meat pour Cnlberiiie. Voir la lettre de la reine au grand-duc, en date du 8 
octobre 1578. Lettres..., t. VI, p. 6. 



LA RUPTURE DÉFINITIVE, SES PRELUDES ET SES SUITES. 193 

dre qu'il n'avait fait que reraellre en vigueur les anliques 
coutumes, et que cette mesure était bonne. 

A la fin, poussé à bout par le peu de succès qu'obtenaient 
ses raisonoeiuents, Saracini s'écria qu'il irait, quand même, 
é la chapelle et qu'il y défendrait l'honneur de son souve- 
rain, au prix de sa vie, si cela était nécessaire. " Monsieur 
■ l'ambassadeur, lui répliqua le roi d'un ton sévère, gardez- 
" vous bien de commettre pareille sotliseîVous auriez à vous 
• en x'epeutir,non seulement vous, mais encore votre prince.. 
Et il lui tourna le dos. 

Désespéré, Saracioi eut, de nouveau, recours à la reine 
mère, qui promit de s'interposer. De fait, l'ambassadeur de 
Ferrare ne fut pas appelé, ce soir là. Mais, le lendemain 
matin, à la messe, son triomphe sur Florence fut complet. 
Saracini, de peur d'un alTront publie, dut battre piteusement 
en retraite et s'abstenir de paraître à la chapelle (1). 



Le duc, le 19 janvier, écrivit au roi une longue lettre. Il 
s'étonne de la décision,si imprévue,de Sa Majeslé,décision qui 
est venue inopinément remellje en question ce qui, depuis de 
longues années, avait cessé, à la cour de France, d'être un 
objet de contestations. Il s'en étonne d'autant plus que ce 
décret émane de l'aulorilé d'un prince que Dieu semble 
n'avoir élevé à la sublime dignité qu'il occupe que pour être 
le protecleur par excellence de la justice (2). 

Or, dans cette affaire des préséances, la règle à observer 
a été péremptoirement tracée par les deux cours supérieures 
de la chrétienté, par celles qui sont comme " les deux grands 

(1) Voir la longue dépAche de Sinolfo Saracini au graiid-duc, en d&lc du 
3 janvier 1380. NDD, t. IV, pp. i2T3 svv. 

(2) I^ grand-duc au roi très chréLien,le 19 janvier 1580 : " Dal inio ambas- 
ciatore sono stato ragguagliato délia sfntenza,che in materia di precedenze 
nella sua corte la Maeatà Voslra ha volulo subito praferire et subito eseguire, 
con dar luogo alli ambascialori di Savoia et di Perrara, senza Lntervenlo 
de! mio al luogo cbe mi si deve ; et vcnendo cosl falta provisione da Voslra 
Maestà, coostituita da Nostro Signore Dio in sublime grado per ammiuls- 
trare et protegere la giustilia, uon debbo se non vedere clie il pensiero et 
l'intentione di lei sia stata oltim.i. „ BMP, Fonds ilal, 1^7, f' 47 r. 



IM L£S NÉCOOATIONS E.VTR£ LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



luminaires , et qui ' seules peuvent donner et ôter les digoi- i 
tés ., la cour pontificale et la cour impériale (1). ■ 

Il se demande, par ailleurs, en quoi il a démérité, pour se ^ 
?oir aiosi^ tout à coup, au mépris des droits acquis et recon- 
nus, outragensemeot et arbitrairement frustré, dans ses pré- 
rogatives (2). 

Votre Majesté, cooclut-il, peut ordonner dans son royaunx 
ce qu'il lui plait, même à mon égard ; mais, couime je tieos j 
mon honneur plus qu'à la vie, ou bien Votre Majesté aceor 
dera à mon représenlanl la place qui lui est due, à côté îles 
représentaols de V^enise, ou bien mon ambassadeur partira. 
Je le regretterai sans doute : mais je liens à ce que le monde 
constate, tout au moms. que je ne laisse pas sans protesla* 
tioDS fouler aux pieds mes droits (3). 



4 

eneliani J 
allepiàfl 
eno l"'^! 



(1) " Ma gîà di tanti anni che risiede a rÏTMire et serrire qnella corons 
ambasciatore di questa casa, noo boseoUto mai ordiae alcuno più vcccliio, 
oè più usato nelia sua corte, che, o di dairisi le precedentie secundo' 
reaMinpio délie dae corti suprême di cbmtjanità, pontificia et ceâtr», o 
d ▼enuBent« di non losciare interveoire ia cappella, dai Signori Venetiani 
in giù, nessun allro principe d'Italia. Hora, in mio pregiudilioj dalle 
vecehie antichilà del regno, s'è risuscitato un ordine abolito, almeno 
contraria consnetudine, il quale, quando pure anco per decreto délia J 
Vostra s'iiabbia da usservare, non pero mi togle. coma con il fatto 'a\tsso 
si é subitamenle senza ordini essequito, il luogo mio, liavendo pure li mià^^ 
atali anzianilà di antiche et moderne prérogative et honori. „ (Jbid.\. ^M 

(3j " Mi è giunta veramente nuova et inospcttata quesla ordinalioDCl 
et non sapendo cLe alcana mia colpa o demerito n'habbia data cogione, 
anzi parendomi più tosto di potere et dovere con tutta la mia casa preleo- 
dere merito, resto forte tuaravigliato, perché con una resolulione Uit 
s'habbia voluto revocare in dubbio quai sia maggiore» o il favore che ml 
si fece dalle îlaestà VosLre di approvare et di admettere li Duovi auguiueoti 
di anzianità, di tituli, honori et gradi de' miei stati, o l'aggravto che si 
permette hora, clie cosi improrisamcnte mi venga fatto. „ Ibid. ^M 

(3) Pu(i la Maestà Vostra nel suo regno ordinare cio che le place. ^^ 
massime con esso me, che le sono et sarô sempre servitore ancor che inutile 
a paragone di tanti altri dî maggior potere, che Tha, et che non vogtia, oc 
debba disputare coq lei, ma amando io il mio honore più che la vita, o non 
Tolendo mutare il mio luogo immediatamente accanto alli Signori Veoe- 
tîani, o non volendo mutare il fatlo, darô liccnza al mio ambasciatore, che 
con sua buona gratia se ne torni, acciô che almeno consti cosl al mondo 
che io non acconsento al mio pregiuditio, se b'!ne m'increscerà di ierare dol 
consp«tto délia Maeatà Vostra uao assiduo, voluolsrio, viro et defoto 



LA RUPTUKE UÉFtNlTiVB, SES PRÉLUDES ET SES SUITES. 195 

UeDri m persistant à ne répondre que par le dédain , en 
îévrier 1580, les relations diplanialiqties étaient définitive- 
ment et irrévocablement rompues. 

IIL 

Désormais, ce furent à des agents d'occasion, à des inter- 
niéiiiaires semi-secrets, tout au moins de caractère essen- 
tiellement privé, tels que te banquier Busini ou l'ingénieur 
Heaieri da Colle, que fut remis le soin, le cas échéant» de 
s'occuper des intérêts que ht Toscane pouvait encore avoir 
eoFiaoce (.!)■ Sous cette forme et de cette façon fut pour- 
suivi, notamment, le recouvrement des créances que Leurs 
Majestés très clirétiennes avaient souscrites. Celte affaire 
M menée, de la part de François de Médicis, avec Uni 
d'insistance, iuquiète et hostile, qu'à diverses reprises, ou eu 
arriva à des scènes pénibles. Andréa Albertani, l'ancien 
secrétaire de Pétrucci et l'un de ceux qui furent chai'gés de 
^availler au recouvrement des sommes prêtées (2), nous a 
couservé, par exemple, la relation d'un entretien qu'en 

i^tiiDonio délia mia obaequente servi Lu, ma JalP aniino nito non si lèvera 
l'A oi&i il mio desiderio di servirla. et la giusta difesa del mio honore mi 
fusera, godeiidonii fru tanto, olLre aili anliclii priviJegi de' taiei slati, lî 
ouovi casi amplamenle concessi et manienutimi dalli ditûi suproiai tumi- 
luin, i quali soli possono dare et lorre le digniLû. BactoEe revereuteoiente 
Jtinaaiet le pregu ogni inaggiore pro:iperità. Ibid^, t** é-?"'* r. 

U) Les lettres des deux correspondants, Kenieri da Colle et Giulio 
Busini (fév. 1580 — nov. I582>, sont adressées, tantôt ù Viterbe, tantôt à 
Pome, & des inttfrtnédiaireâ cliargés de les faire parvenir aux secrétaires du 
grand-duc (Voir NDD, t. IV, pp. 287 svv.).fcaiea Kenieri da Collo, surnommé 
le Bellarmato, était un iugénieur tuililaire, attaché au service du roi 
de France ; c'était, par ailleurs, un homme d'une incontestable valeur, et 
que sa position mettait ù mêuie d'être bien renseigné. Lorsque ses Tonctions 
l'obligeaient à. quitter lacour.il était .suppléé par Giulio Busini, qui apparte- 
nait à une riche fautille de négociants ou banquiers llnniilins, dont il était 
le représentant à Paris. Tous les événements qui se succèdent pendant ces 
trois années sont passés en revue, avec un soin minutieux, dans la correa- 
pnndence de ces deux agents et racontés, surtout par Renieri, d'une façon 
Tïve et piquante. A- DKSJARDirrs, t. IV,pp. 5sv. 

(2) Sa correspondance (NDD,I.IV,pp. 432 sw.) complète celle de Busini et 
de Renieri jusqu'à la fin de 1582; elle la continue pendant les premiers 
Dois de 1583, nous renseignant sur la situation des partis, sur le déclin 



1% LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE: ET LA FRANCE. 



Dovembre 1581, il eut avec Calberine et au cours duquel les 
propos les plus violents lurent échangés.La leijie.enlre autres 
choses, avoua qu'elle ti'av'ait lien fait pour empêcher la rup- 
ture. Puis, revenant sur l'affaire de l'assassinat des fuorusciti, 
elle s'emporta contre le duc, qui l'avait toujours» disait-elle, 
tenue en nulle estime et avait achevé de manifester son peu 
de respect à son ésrard, en faisant traitreusement tuer, sous 
sesyeui, des compatriotes auxquels elle avait donné asile et 
assuré sa protection. Âibertani, de son côté, s'écria que tou- 
jours la reine et sesfils avaient favorisé les ennemis du grand- 
duc et été complices de leurs menées ^1 1. 

" Au surplus. Madame, ajouta-t-il, laissons de côté celle 
" question. Suppliez plutôt le lui de pa^er proiiipte- 
" ment au grand-duc, mon souverain, ce qu'il lui doit. — U 
" que le grand-duc, reprit Catherine, agisse de façon â ne pas 



* 



de l'aulorité de la reine mère, sur le crédit des deux principaux favoris, 
sur le procès de Salcède, sur le malheureux coup de main teulé sur Anvcr» 
par le &ère du roi. Elle nous inLrodiiit enfin dons la vie intime de Henri Ul, 
dont elle nous signala lea proiligaltlês et la scandaleuse conduite. 

m Andréa Albertnniuu gmiiti-duc, Paris !H novembre I58I : " La regina 
Madré mi disse : Non pensi il granduca ch'io abbi procurato questo coutifl 
di lui ; nia non posao già uogare cli'io nuii laâciassi passare il negoîio (Bj 
precedeuza cume volso il re, sen/.a mai parlarue parola. Questo loconfrâsoij 
e lo feci, perché veggo chc il grandtica nun lien conta di me, anzi, con t«nf) 
dispiacere œio e del re,, ci lia taltu ammazzare sugli occhi il signor Troib 
Orsini e altri, ebe non ci pare ben fatto, sendo questo regno libero b 'hf 
Ognuno ci puû stare. „ lo le repticai : — Madnma, Vostra Maestâ è appunto 
venuta in un proposito dove ella ha tutti î torti del mondo ; perché, se ai 
signor Troito c ad altri è stata tolta la vita in qnesio regno, non meriltvi 
ne Ini aè quelli di vivere tautu. avendu fatto quello che avevano contre 
l'onore e servixto suo; e Vostra Maestà clie deve lener conto dell' iinoe 
delF altro, corne atteneuti a lei, ancora dove va defendere Vostra AltezzA, t 
con il re e con ogui altro che aveaae volutu pur bocca in queste materie,' 
che queatû è uno dei maggiori dispiaceri che abbi Vostra Altezza, vedcotlo 
clie la Maestù Sua, non suto nan piglia lu protèuonc degli affari suoi, vis 
che anco riceve e favuriace i stioi ribelli, come gli fusse nemico capitale;' 
quando non hanno dove ripararsi altrove, se ne vengono a questa corte IwD 
visti, socoorsi de' denari e di ogni al Ira comodità, corne Sua Maestà ha fatto 
uUairnnmenle a Pier Capponi- Corne vuoi dunque Vostra Maestà che il 
granduca, mia padrone, le mostri di buona cera quella buona volonté au 
arebbe in animo, se vede Irattarsi di questa maniera ? „ E qui sopra si 
di&Gorse un pozzo ; e assicuro Vostra Altezza che non gtiene perdooai mai 
nessuna, con la Libert^'i cite si usa quo, sempre perù con quel rispetto « 
modestia clie si deve parlare alla Maestà Sua e coq aua licenza. „ NDD, 
L IV, p. 433 8v. 




LA RirPTURE DÉnMTlVE, SES PRÉLUDES ET SES SUITES. 197 

• s'attirer l'inimitié de la couronne de France, comme il a 
" montré vouloir le faire jusqu'ici... Oui, écrivez à Son Altesse 
" de ne plus agir comme elle Ta fail.I.e roi mon fils ne le sup- 
porterait plus ^1).^ 



^es années qui suivent la cessation des relations diplomali- 
quesenlrc la Toscane et la France marquent, en même temps, 
pour les gouvernements des deux pays une èje de décadence. 
En Toscane, c'en est fait de la polilifuie à larges vues et à 
subtiles combinaisons. François de Médicis, sans cohérence 
de plan, ni de conduite, n'obéit plus guère qu'à des ressenti- 
ments ou à des capricesjnspirés par la passion du momenl{2). 
Il meurt, du reste — sans laisser ni souvenirs glorieux, 
ni regrets — le 19 octobre 1587, et la grand-duchesse, la trop 
fameuse Bianca Cappello (3), lui, survit quelques jours à 
Deioe (4). 



(1) " Or basta, disse Sua Maestà ; srrivete a Sun Altezza che non procéda 
pîù dï questa moniern, e massime in non fare aminazzare peraona in questo 
r*gno ; perché il re, mîo figUuolo, non lo comportera- „ — "Ne anco Vostra 
Maestà, le replicai io, dovrebbe compariare che simili persone avesaino la 
rilirala sicura in quesla corte, cône hanno avulo sino ad ora ; che sorebbc 
cagione di levar l'animo ad ognuno di cuspirare contro ai loro principi- „ E 
qui fini questo ragionatnento, durato un gran pezzo. „ Ibid., pp. 4«33 3v. 

(2) Voir, notamment, à ce sujet, A- Rcijmoivt, Geaehickte Toscana's, t. I^ 
pp. 296 svT. Golha, tëlG. R. Gaux'zzi, op. cit., L IV, passint. 

(3) On connaît les aventures romanesques de cette célèbre dame véni- 
tienne, qui, grAce à son esprit et à sa beauté, parvint, en dépit de tous les 
obstacles, à épouser le grand-duc François I'^ de Médicis (1579). L'ambas- 
sadeur S. Saracini, chargé d'annoncer au roi de France le mariage de Son 
AJlesse avec elle, fut averti par certains seigneurs de la cour d'user de 
prudence dans raccomplisstrnent de cette mission- "M. il marescial d* Retz 
m'averli ch' io non parlassi di figliuolo, écrit-il le 12 juillet 1579, essendo 
che, per il costume, passerehbe l'ottiroa resoluzione di Vostra Altezza con 
più dignitÂ, mnstrando d'essersi mossa a questo soio per una ragguarde- 
vole e singolare virtù di quelia sîgnora, senza altra consuetudine. Oel 
medesimo parère è stnto M. de Lenoncourt, adducendo che giù molli ro 
avevano bene preso moglie di disugnalc condizione, ma non mai per con- 
suetudine avuta prima cou esse. „ NDD, t. IV, p. 259. Sur Bianca Cappello, 
on peut consulter notamment G. E. .Salti.ti. Bianca Cappello e francesco 
I de Médici- Florence, l'JOO (Extrait de la Bassegua nasionals, 1"^ aortl 
1898— 1" janvier 1000). 

(4) Cf. G. E. Saltctij Detla m^rte di Franeeseo I de' Medici e di 
Bianca Capp«Uo. Florence, 1863. 



198 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

En France, l'organisation insurrectionnelle de la Ligue, la 
capitulation de la royauté par ce qu'on a appelé le traité de 
Nemours (18 juillet 1585), les négociations infructueuses, en 
Poitou, avec le roi de Navarre, la guerre civile de 1587, les 
barricades de Paris, en mai 1588, et l'assassinat des Guises. 
en décembre 1589, préludent au coup de couteau de Jacques 
Clément et à la disparition de la race des Valois dans la 
boue et le sang. 

Catherine elle-même voit son ascendant et sa puissance 
s'éclipser (1). Agée de près de soixante-dix ans, elle se 
retrouve, après trente années de règne, dans cet isolement 
dont elle avait souffert naguère à la cour, par suite de 
rinfïuence de l'altière favorite de son époux. Son fils préféré, 
auquel elle a tout sacrifié, la soupçonnant de favoriser secrè- 
tement les princes de Lorraine, la tient jalousement à l'écart. 
Et quant aux Médicis de Florence, de même qu'au début de 
son séjour en France.elle semble ne plus attendre d'eux et ne 
plus avoir pour eux que de l'indifférence. 

Dégoûtée de tout, sans autre rayon de joie,dans la nuit qui 
l*entoure.que le mariage projeté de sa petile-fille.Christinede 
Lorraine, avec l'ex-cardinal Ferdinand de Toscane (i). elle 
meurl, maudite des uns, oubliée des autres,le 5 janvier 1589(3). 

(1) Déjà| en septembre 1536,. le chevalier Cavrîana avait écrit au secrt- 
taire Beliaario Vinta ; " La buona madré cotre qua e là,come provvido not- 
chiero, per conservare la barca ; ma gli ugonotU, ingannati più volU, 
anche il dî délie nnzze doila reina di Navarra, non credono più aile parole 
dilei...„NDD,LIV,p.fô9. 

(3) Voir notamment, à ce sujet, la correspondence d'Horace Rucellai 
adressée à Pierre Usimbardi, premier secrétaire du grand-duc (octobre 1598 
— mars 1589K NDD, t. IV. pp, 873 svv. 

(3) Horace Rucellai, après avoir annoncé la mort de Catherine, ajoutait: 
" Piacria a Sua Divina Maesta avergli dalo luogo in cielo, si come ne d&nno 
ferma speranra lutta la vila cLe ella ha trapassata e la partita che cosi 
sanlamente eli' ha falta 1 „ NDD, L IV, p. 879. — Le chevalier Cavriaoa 
écrivait, le même jour (6 janvier 1589), à Serguidi : ' leri, che fu il .îdi 
gennaio e la vigilia dei Re, a un' ora e mezzo dopo mezzodi, la reina, gfa'* 
tnadre dei re, passa a migîior vita-. Mori con lanto dolore di oginino 
che è meraviglia... „ (/6td., 853). D'autre part, d'après l'ambassadeur de 
Florence â Rome, Sixte-Quinl, en apprenant la nouvelle de sa mort, 
aurait dit : " Che lei era stala causa d'infiniti œaJi e che Dio l'aveva condoHs 
a morire con poca satisfazione „ (NDD, t. V, p. 29). — A peine si l'on fit 




LA RUPTURE DÉFINITIVE, SES PRÉLUDES ET SES SUITES. 199 

Avec elle, serait-il téméraire de dire que c'est tout un 
monde de personnages et de choses finissantes qui disparait ? 

Bientôt, il est vrai, avec l'affermissement, à Florence, 
dn pouvoir de Ferdinand de Médicis, avec les victoires et 
l'avènement, en France, de Henri IV, une période nouvelle 
de rapprochement et d'apaisement va s'ouvrir. Mais nous ne 
pouvons ici qu'en saluer l'aurore ; nous devons nous arrêter 
sur le seuil. 

poor elle 1« cérémonie, alors obligatoire pour les grands, de l'exposition du 
corps. Un prélat de cour, Renaud de Beaune,bel esprit nourri de l'antiquité, 
prononça son oraison funèbre, un des premiers modèles du genre (Voir 
Lettres..., L IX, pp. 496 stt.) On n'osa pas conduire solennellement le 
cadavre à Saint-Denis. Le roi enfin la pleura avec une indifférence scepti- 
que et sa mémoire fut rite oubliée, d'autant plus que les événements se pres- 
saient : elle disparut juste à temps pour ne point voir la catastrophe qui 
atteignit la dynastie des Valois (CX BAcnEif adlt de Puchksse, Lettrée.'., 
i. IX, p. za). 



Conclusion. 

Nous voici arrivés au terme de celte étude. Bien des per- 
sonnages y ont défilé devant nous : bien des correspondances 
privées nous y ont livré leurs secrets; bien des documenls lires 
de la poussière des archives y ont recoostilué, sous nos yeux 
et en traits vivants, le passé. Il nous reste à nous demander 
quelles conclosions. somme toute, s'en dégagent ; en d'autres 
termes, sous quel jour nous apparaissent, à la lumière des 
faits, les résultats de ces relations que nous avons patiem- 
ment analysées. 



Tout en constatant, comme nous l'avons fait, que les inléréls 
personnels et particuliers ont joué un grand rôle, de part et 
d*autre, dans les rapports diplomatiques entre la Toscane el 
la F>ance. il serait inexact de conclure qu'en dehors de ces 
deux pays.ces rapports n'aient eu que des résultats restreints. 
Bien loin de là. Dépassant les prévisions de ceux mêmes qui 
les dirigeaient, les relations politiques et religieuses entre la 
Toscane et la Fiance n'ont pas laissé d'exercer sur la marche 
desévénements généraux de l'époque une action indéniable et 
puissante, qu'on avait, il est vrai, trop négligé, jusqu'ici, de 
faire ressortir. Dans une certaine mesure, on pourrait dir^ 
qu'elles ont été l'un des grands facteurs de l'avenir. f 

Politiquement, en effet, par ses rapprochements successifs 
el par son union enfin avec la France. Cosme !••• contribua 
efficacement à maintenir l'équilibre international, seul gage 
alors de paix ou, du moins, de trêve pour les peuples.Dans la 
lutte engagée entre les rois très chrétiens et les monarques 
espagnols, lutte dont la prépondérance sur l'Europe entière 
était l'enjeu, ce fut lui, en définitive, qui, servant de contre- 
poids, empêcha la balance de pencher totalement du côté de 
l'Espagne. Appuyé sur Catherine de Médicis et ses fils, non 
seulement il parvint habilement à alléger, de plus en plus, if 
joug que la cour de Madrid avait prétendu lui imposer à h 



CONCLUSION. 201 

méine,inais, tout en consolidant ses propres Etats, il travailla 
à retarder, en Italie, l'avènement de la domination despoti- 
que que Charles-Quint et Philippe II rêvaient de faire peser 
sur elle. 

« « 

Au point de vue religieux, bien que ménageant le Saint- 
Siège, il fut, et par ses conseils et par ses actes — certaines 
des pages qui précèdent en font foi — le coopérateur de 
Catherine de Médicis, dans cette œuvre de conciliation, de 
pacification,entre catholiques et huguenots,qu'elle poursuivit 
jusqu'au revirement néfaste de la Saint-Bartbélemy. Tandis 
que le roi d'Espagne et, comme lui, la plupart des catho- 
liques, ne voulaient que la guerre à outrance, le grand-duc 
de F]orence,d'ordinaire du moins,semble avoir été convaincu 
que le salut de la France, que le secret aussi de la prospérité 
pour l'Europe, étaient, avant tout, dans une trêve sincère, 
dans une union politique intime entre les diverses confes- 
sions religieuses. 

Ce sera, plus tard, l'honneur de la Toscane d'aider Henri IV 
à poursuivre et à achever cette œuvre de pacification. 




Appi 



DOCUMENTS. 



À. -^ 



k 



Instructions générales aux ambassadeurs 
toscans en France (i). 



**^structions générales à l'évéque de Forli,Bernard de Médicis, 
ambassadeur prés du roi très chrétien (26 octobre 1544) (2). 
^L (ASF, hftdicto 3634, c. 126 r — 118 r.) 

1. L'ambassadeur fcliciU-ra la dauphinc de son htureuse déli- 
vrance. 2. Il lui présentera les fclicitaiions du duc, au sujet de la 
paix conclue entre l'empereur et le roi très chrétien. 3. Il priera la 
dauphittc ^obtenir pour Son Excellence les bonnes grâces du roi. 4. Il 
aura soin, à la première occasion, de rendre visite au roi, à qui il pré- 
sentera les mêmes félicitations et fera les mêmes protestations qu'à 
Madame la dauphine. :'). Dans le cas où il serait requis de s'expliquer 
sur la politique antérieure de Son Excellence, il aura soin de faire 
remarquer que le duc a agi avec bonnes intefdions et contraint par les 
circonstances. <>. En visitant d'autres personnages de la cour, il se 
comportera et parlera de la même manière. 7 . Quant à la préséance, 
l'ambassadeur conservera sa place, ne cédant aucunement le pas au 
représentant de Gênes et encore moins à celui de Ferrare. 8. Instruc- 
ttofts sur le même sujet. 



I 



InSTRUZIONE al VESCOVO DI FURLI. 

T. Noi mandiamo V. S. in Francia per viaitare in nome nostro la 
Ul"»» delfinaet congratiilarvi prima secodel fi;^liuolomaschio, che Dio 
le dette li giomi passati, cosa da noi desiderata quanto alcunaaltra in 

^1 (I) A peu d'exceptions près, nous ne reproduirons, dans cette section, ^Mt les 
^* Instructions générales aux atnbasRadcurs résidents ou ordinaires. Les Instruc- 
tions particulières et celles données aux ambassadeurs non résidents ou extraordi- 
naires sont généralement, au cours de l'ouvrage, utilisées dans le texte et repro- 
duites, par extraits, dans les notes, lorsqu'elles ont une ceitôine importance. 

(31 Cette date est indiquée dans la liasse 3. Ibid c. 451 r. sw : • Data adl 35 di 
ottobre 1544. > 




204 LEH NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE rr LA FRA5CE. 

questo mondo. Perché, se bene di questo noBtro [deâdeno ?] et piacere 
ne dicemmo assai con el Seghizzo, el quale ne haià potnto fàrc et pen- 
siamo ne harà fatta chiara fede a S. Ex. , non di manco qnello cfae allora 
non ci fu concesso di fare par la qualiâ de' tempi ciie correvano, amoat 
che non solo lo desideranimo sommamente,nia lo procnraaBÎnio ancora 
con diligentia, per maggior contento et satis&ttione nostra, di mandait 
un huomo expreaso per tal conto a S. Ex. ; lo habbiamo voloto fine œa 
il mandare V. S. quanto prima ci è stato concesso per il benefitio deUa 
più desiderata che sperata pace nuovamente successa tra le dua &Iaesâ 
ccsarca et christianissima. Rallegratevi adunque, in prima, in nome 
nontro, con la III'"* Signora delfîna, dcl Hgliuolo maschio havuto alli 
tncsi passati, mostrandole el piacere, contento et all^^rezza, che noi 
ne haviamo sentito ; il che a V. S. è notissimo et a S. Ex. non doveià 
cflscrc cosa nuova, ne difficile a credere. 

2. Apprcsso, V. S. si rallegrerà con la prefata S" deliina délia 
jmce successa infra lo imperatore et il re ch"°, proceduta veramente 
da Dio,prima,el quale fînalmente si è mosso a compassione délia aiflitta 
christianità et, poi, dalla bontà delli dua principi, e' quali hanno voluto 
prcporro cl bene universale alli interessi et affettioni particolari. Direte 
ndun(|uc che di questa pace noi ci siamo inRnitamente rall^rati, prima 
per el benefitio universale di tutta la christianità, poi per el particolare 
di tiustra città et stato ; molto più per potere liberamente et senza 
jilcuno respotto godere S. Ex. et non mancare inverso di quella di tutti 
li oilîtii dcbiti et du noi sempre desiderati. Il che non si è fwtuto fare 
per el pussuto, per le cause che sono notissime a ciascheduno. 

3. In oitre, pregherete S. £x.,ancor che reputiamo non essere neces- 
snrio, sapendo che mai hamancato di tutti quelli buoni offitii, e' quali 
si fussino potuti aspettare et desiderare da quella, che ci tenga nella 
buonu gratin del re ch"'", ccrtificando quella che, et per lo interesse di 
S. V.x. et per la buona servitù, che con S. M'* ch"* hebbe la felice 
luemoriji dol noatn) padre, noi li siamo aftettionatissimi servitori; et in 
tuttc le aise che occorreranno, pur che noi possiamo farlo con honor 
iiostr»), gliolo furcmo sempre con li effetti conoscere, quanto alcuno 
altni ftujico et aorvitore che S. M" habbi in Italia. — Questo mede- 
aiino oflitio anœni sarà contenta S. Ex. in ogni tempo et in ogni 
oconsioue fnrc apprcsso lo 111»"° suo consorte, essendo lo animo nostro. 
per II uïwlcsinii et altri respctti et cagioni, el medesimo inverso S. Ex. 
l'A in somma tenga la casa sua in protettione. 

4. l"'fttto questo offitio con la detta III""» Sig"*, piglierete el tempo et 
In occnsionc, per mezzo et introduttione di S. Ex., di baciare la 
mnno a quel ch""" re, alla M'* del quale, presentata che harete la 
nostra lettera credentiale, [direte] corne noi habbiamo mandate la 



APPENDICE : DOCUMENTS. 



205 



S.V.per baciare la mano di S. M" ch"" in nome nostro et congratularvi 
con quella délia pace nuovanmete fatta con la M'* del imperatore : 
délia quale noi habbiamo preso quel maggior contento et piacere che 
si possa imaginare,non che exprimere con parole, s) per el benefitio 
universale di tutta la christianità et particolare délia nostra città et 
Stato, 31 ancora per jwtere liberamente et sicuramente tare con S. 
M" ch»" di quel offitii et pagare di que' debiti, che la qualità de' 
tempi passât! et la occasione délie cose successe non ci ha permesso, 
con tutto che noi Thabbiamo sempre et grandemente desiderato. 
Perô, certilîcherete S. M*^ ch""* che noi gli semo alTettionatissimi 
servitori, si corne a quai principe grande che è S. M^-', si per lo 
interesse délia III""* S" delfina, amata da noi et osservata per ogni 
respetto quanto conviene, si ancora perché noi sappiamo benissimo 
quanto a S. M'* ch"" fussi devoto et afiettionato servitore nostro 
padre, di felicememoria, et quanto lussi amatu da quella. Pero, che la 
si puù promettere di noi, per quanto si extendono le forze et poter 
nostro, quanto di alcuno altro servitore che S. M" habbi in ïtalia. 
Il che, sempre che si porgerà la occasione, ci ingegneremo con tutto 
nostro potere di farîo conoscere a quella meglio con le opère, che con 
le parole. Perô, la supplicherete in nome nostro che da qui innanzi ci 
vogli tenere nel numéro deîli sua altri servitori. 

5. Ma, perché potrebbe facilmente cadere in proposito in qualche 
ogo et apresso qualche persona che si ragionassi délie cose passate, 

ibssi detto che noi havessimo efïicacemente operato, corne in ver i ta 
bbiamo, in servitio dello imperatore et diservitio di S. M'* ch™» : à 
questo V. S., con ogni débita consideratione et respetto, perù, sempre 
potrà respondere che, in questo et in ogni altra cosa, noi non haviamo 
mancato ne mancheremo mai al debito et honor nostro. Et per questo 
wincipalemente habbiamo fatto tutto, et non per offendere in parte 
felcuna il re ch"^", con el quale habbiamo, corne è notissimo, non 
piccolo intéresse di servitù et ancora molto più [che sono ?] state 
Bianeggiatc le armi di S. M«* in ïtalia, alcune volte, da persone exose 
et Bospette non solo a noi, ma a tutta queata città et Stato. Il che ci 
ha constretto in parte, ancora per lo intéresse particolare et sicurtà 
di questo universale, a fare quello che habbiamo fatto. — Questo si 
dice per vostra informatione, non perché ne habbiate a far parola, 
le non quanto ricercherà el tempo et la occasione. 

6. Occorrendovj, visiterete i S*^* delfino et duca d'Orliens ; havete 
1 parlare nel modo et forma sopradetta, havendo perô el debito re- 
spetto et consideratione délia diversità et qualità délie persone. 

Farete ancora alla III"*» delfina le débite aaJutationi et recoman- 
oni in nome délia 111"» Signera duchessa, nostra consortc, et 



LB AiGOQATIOXS ESITBI LA TCSCAXB ET LX fYtAXCE. 

délia Stgnora Gtalia, nepate di S. Ex., tennla et rqnitala da noi in 
loogo di propna figJiaoU. 

7. (^KuHo aOa pxeœdentiat veriainûbneote, repreacntaiido V. S. 
la peraoaa. oostra et délia ooatra dttà, haverà, oome deve, u. htesere 
sempre d grado ido oon tutte quelle peraooe oon le quali 81 harà da 
trovare in ogni ooavento, cxni publioo, oome pnvato. Et perché in 
qwflo caso non pen^an» che se le possa o&rire chi cerchi di preœ- 
deie, aalvo che Genova et Ferrara, non mancherà allora di riaentun 
con ogni aorte di d em oa ra tioni, convenienti alla preservatione del 
grado et dignità sua, di non œdere ne a l'uno, ne a l'altro ; perché 
oome a Genova mai si è volsuto cedere per il passâto,maD0O conviene 
al tempo nostro ; et tanto manco si debbe tollerare a Ferrara» sapendo 
tutto il mondo che lei ha manco convenientia et colore di farlo, 
eaaendo feudataria et suddita alla sede apostolica, et che sempre ha 
ceduto. Perché, V. S. ci starà avertita oon quella prudentia che confi- 
diamo, govemandosene, corne di sopra. ■ 

a. Memoria a Sfortsignor dt Furlt (ASF, Medkeo, 2634, c. 129 r.). 
E potrebbe accadere che voi,introvarvi,corànelleaeisioni publiche, 
corne nelle conversazioni private, con li ambasciatoh delli altri prin- 
cipi et republidîe [...]. Con la maggior parte di loro l'ordine dclle pre- 
cedenze è notiasimo ; solamente potreste havcr a di^utarlo oon U ora- 
tori di Ferrara et di Genova. Di quello di Ferrara, corne fa sospettare la 
insolentiaultimameate usata con lo ambaaciatore nostro di Roma, non 
che cisia nèragione ne exemploalcuno in oontrario,oome ancora allora 
fu dichiarato [...]• Et il medesimo accade con Genova. Perè.con l'uno et 
con l'altro havete a mantenere la precedenza vostra et ing^narvi, per 
quanto oon dignità vi tîa possibile, che non volendo concedervi, più 
presto si habbia a partire ciascuno di loro délie congregazioni, che voi 
lasciar il \uogo vostxo. Il che si ha a far tanio più vivamenU, quanto 
manco giuslamenU si muove. Quando per qualunche rispetto non 
potessi (?) ottener o la precedenza vostra o la exclusion loro, vogliamo 
che più presto ve ne andiate, che, stando,in alcun modo facciate preiu- 
dicio a questa nostra prerogativa. 



n. 



Instructions générales à Barthélémy Panciatichi, ambassa- 
deur en France (7 mars 1548). 

(ASF, Mtdkco, 2634, c. 181 r, - 184 r.) 



1. L'ambassadeur félicitera la reine, au sujet de son heureux 
accouchement, et lui présentera ses vœux de félicité pour l'avenir. 



APPENDICE : DOCUMENTS. 



907 



2. Il complimentera aussi U roi. 3. Son Excellence aurait voulu, 
depuis loTtgtemps, etwoyer un nouvel ambassadeur : die s'est abstenue de 
le faire de peur de recevoir un affront du duc de Fcrrare, par rapport à 
la préséance. Protestations à adresser à Sa Majesté contre l'injustice 
qu'elle a laissé commettre par l'ambassadeur de Mantoue, le jour du 
sacre. 4. PatKÎatichi devra prolester, de même, auprès de la reine, en lui 
faisant remarquer que, dans les affaires de justice, toute considération 
personnelle doit être mise de côté et que, du reste, le duc de Florence 
peut rendre beaucoup plus de services à Sa Majesté que le duc de 
Ferrare, qui ne cherche que ses propres intérêts. 5 Instruction au sujet 
de la question des grains, qu'on traite au co7iseil du roi : historique 
de V affaire, fi. L'ambassadeur traitera cette affaire plus brièvement 
que la question de la préséawe. 7. Avec la reine, toutefois, il pourra 
en parler assez au long. S. Il rendra visite à divers personnages, tels 
que le connétable, le cardinal de Lorraine, etc. 



INSTRUTTIONE A VOI M. BaRTHOLOMEO PONCIATICHI..... 

)A NEGOTIARE APPRESSO LA M" CHRISTIANISSIMA DEL RE ET 

DELLA REINA, DE* J MARZO 1548. 



^P I. Prima, facendovi dalla reina, rivereotemeote baciarete la mano 
a S. M''* per nome nostro, congratulandovi affettuosamente del suo 
felicissimo novello parto conceasoli dalla divina bontà, di che gliene 
habbiamo reso moite gracie, pregaodola a secondare questa sua 
féconda félicita, con accrescimento di continua prosperità, seconde il 
molto valore et bontà di sua real persona et noatro deaiderio ; renden- 
dole grazie che si sia degnata per sue lettere et persona espressa darci 
questa felice notizia. 

2. Da poi farete simile congratulatione col re christianiiSSimo, dopo 
la reverente raccomandatione fattale da nostra parte. 

3.Negotiando poi con Sua M^'^ le farete intendere che l'anlmo nostro 
è stato sempre studiosissimo et sincero verso di quella per molti re- 
spetti ch' hanno dependentia più antica, ma spetial mente per la con- 
sanguinità che godiamo con la reina nostra S" et afRnità con Sua 
Maestà, che dal nostro lato sempre anchora c'ingegneremo di conser- 
vare ', e a taie effetto habbiamo mandato e tenuto a quella corte il 
nostro imbasciatore più mesi dopo la sua felicissima coroaa, e siamo 
d'intentione di nuovo mandarlo e tenerlovi di contiouo, e gtà più mesi 
■ono vi séria stato, se non l'havesse ritardato, in parte, il sospetto di 
ricever carico,per havere a competere con l'imbasciador del duca di 
Ferrara, il quale, con evidentissima calumnia e a manifesto torto, ha 
voluto entrare in controversia di quella precedentia, alla quale non 




208 LES NÊGOCIATIOXS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



pensô mai più ne lui ne alcuno de' sua precessori {sic) con la città 
nostra, quando ella era republica, senza cap>o d'alcuno titolo ; quanto 
meno vi doveva pensare hora cti' ella ha capo noi con titolo tanto 
illustre e honorato di duca, e maxime vedendosi manifesto cfa^f 
nelle due prime corti, del papa e dell' imperatore, gli è cx>nvenuto 
cedere ? 

E œsi doveria fare, o da Sua Maestà esserli fatto fare,nella sua corte, 
quale, corne non è inferiore a quelle di poasanza, non ha a essere 
ancho inferiore di iustitia, maxime in cosa tanto nota e chiara aella 
medesima corte, dove l'imbasciator fîoFentino sempre ha preceduto a' 
ferraresi. E tanto è più évidente la sua columnia, quanto, non oontento 
délia suaexorbitantia, ha operato anchora che a ciô sia instigato (se a 
Dio piace) l'imbasciator mantovano ; tanto che ne! giorno dcUa sua 
felice coronatione hebbe fronte, e H fu tolerato in publico, di voler 
precedere al nostro,aI quale dopo piîi diligentie e repulse fu necessario 
partirsi da quello atto, che noi havevamo mandato ad honorare. So- 
spettando noi,adunque,che l'honor nostro non sia altre volte cementato 
con aimile affronto, siamo stati sospesi, aspettando pur e aspettando 
che Sua M^* sidegnt di liberarci.assicurandoci che il nostro luogo non 
ci habbi più a esser turbato ; di che molto afl'ettuosamente la suppli- 
chiamo, non meno per l'honor suo e délia buona iustitia délia corona 
che per il nostro. Et nondimeno, ogni volta che occorrerà Toccasione 
opportuna,o che Sua M'* ci accennerà,non manecheremo di mandarlo : 
e sempre con ogni sorte di buona dimostratione e di sinoero offitio 
seguiremo in approvar con li efletti la nostra buona mente e affettione 
verso la Sua M". 

4. Simiie offitio trattarete con la reina, supplicando Sua M*^ che 
abbracci J'impresa, dimostrando al re il torto espresso che ci lascià 
fare da chi li dà a credere che debbi haver rispetto al duca di Ferrara, 
corne benemerito ; perché nelle cose di iustitia non si hanno a guor- 
dare altri rispetti ; et nelle occasioni potrebbesi, con conservaxe la 
nostra ragione e non conseotire che ci sia fatta ingiuria, darci causa 
di meritare si lungamente verso la Sua M^*, che non ci passerebbe 
innanzi alcun benemerito di quel duca, il quale anchora, se bcn si 
guarda, suole accommodarsi apesso a' tempi e aile fortune, seconde ^J 
che ben li toma. ^M 

E perù, l'esperientia li mostri che la fede di casa da Este verso la 
corona di Francia non è per6 cosî inconcussa e sincera che vi ai 
possa fare si stabile fondamento, che per ci6 si debbi far torto a noi, e 
con questo toglierci lastradadi poter sempre honorare quella corona, 
e con la presentia de' nostri imbasciatori honorar quella corte, corne 
desideriamo, e maxime rispetto a tener particolarmente bonorata la 




APPENDICE : DOCUMENTS. 



ara 



M^ d'essa reina e di poter a qualche tempo ancho far qualche Bervitio 
a quella corona. 

5. E poiche troverete quivi Amerigo Benci per conto délia causa de' 
grani, che si trattanel consiglio stretto del re,informato che vi serete (?) 
da lm,oUra unpoco d' instritUiotu che ne porlate ,v3JzcomanAaxeie\a. aile 
Loro Maestà, et spetialmente restringendovi a questi capi : primo, che 
questa causa era sopita per uno arresto ultimamente fatto et fondato 
nella conditione di conse^are alli oflfitiali d'abondanza li grani venduti ; 
et hora è resuscitata per haverne fatto Luigi dt Lobbe parte a certi per- 
K>naggi grandi appresso di Sua Maestà et che seggono nel consiglio, p>er 
favore et respetto de" quali vien molto difficultata la nostra buona 
ragione, 2°, ch' el primo arresto che condannb li offitiali fu fondato 
sopra false prove di testimoni examinati in Lucca, senza saputa delli 
offitiali, sotto una citatione clandestina, fatta ail' albergo d'une che si 
diceva advocato loro ; et cosi ne fu ingannato ancho il consiglio; 3", che 
dopo detto arresto per altre false prove et d'haver prodotto il primo 
arreato diminuito et d'un processo verbale d'uno araldo regio, che 
disse li grani essere stati consegnati alli offitiali (il che non fu mai), 
fil di nuovo ingannato il consiglio a dare un secondo arresto, dove con- 
cedeva la marca contre la natione fiorentina, onde meritamente per il 
terzo et ultimo arresto detta marca fu revocata, et ordinato santamente 
che venisse in Italia uno mandato dal consiglio alla liquidatione del 
vero : in che li offitiali insistono ; 4", che per testimoni loro et scrit- 
ture de' luchesi mercanti,ch' anno ricevuto grani che si dicono mandat! 
per questo canto,si vede lafalsità de' primi testimoni délia parte adversa 
et del referto di detto araldo ; et che per canto dcUi oliitiali non fu 
mandata la intera quantità de' grani promessi, ma piccola parte, et di 
quello la maggior parte fu da detti mercanti luchesi mandata altrove 
et venduta in modo che o poco o ntente rimase per dare alli offitiali ; 
quinto, che preghiamo Sua Maestà che vogli provedere, per l'honore 
délia corona, per debito délia iustitia et per l'intéresse nostro, et 
oomandare che si truovi la verità d'ogni cosa et sia punito chi ha com- 
meaao&Isoo fatto commettere, et relevatoet conservato chi ha inde- 
bitamente patito. 

6. Per non fastidiare il re, circa il capo délia precedentia, giudi- 
chiamo che sia meglio ve ne spediate con parole pm generali e più 
brevi che le di sopra scritte. Et cosî vogliamo che dichiate, et a Sua 
Maestà et a Mons- conestabile, che noi siamo del medesimo animo et 
intentione di tenere uno imbasciatore apresso la Maestà Sua, corne ha- 
biam fatto péril passato; ma che solameate lo habiam tenuto et teniamo 

^speso per il sospettare che la atantia sua possa essere con carico et in- 



210 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRA>XE. 

degnità, non solamente délia persona sua, ma ancora di questa repu- 
blica, per la competentia et controversia.evidentemente non giusta, del 
duca di Ferrara ; et che quando cognoscessimo che a Sua Maestà 
tamassi commodo, et mostrassi alcun desiderio che vi stessi, che non 
mancheremmo di mandarlo et teaervelo, atBnchè tanto maggiormeate 
apparisae l'osservantia che le porliamo. 

7. Con la regina potrete esplicatamente paasare tutto quello che di 
sopra ai pone ad longo.et in parlando di tal precedentia, laasate il nome 
del duca et usate quello delta republica, o di Stato ; poichè Ferrara 
suol combattere con questo titulo di duca, con la pretensione d'esser 
più antico duca ; ma fate con lei insistentia pur assai deir esser questo 
stato sotto il governo délia casa de' Medici, comune con Sua Senenità, ^j 
et che non debbe manchare di protegerlo et exaltarlo. ^H 

8. Dopo la reverentia fatta al re et regina et Thaver negotiato con^^ 
Mons. concatabile, visiterete lo lllustriasimo cardinale di Loreno, quel 

di Guisa et que) di Ferrara, per 1 quali havete lettere credentiali, et a 
ciascun d'essi.secondo la sua qualità, direte a nome nostro parole grate, 
etc. Al gran cancelliere parlerete délia causa de' grani. Visiterete 
ancora lo imbasciatore délia Maestà cesarea, et farete con esso i debiti 
complementi. Et al passar per Piemonte, il principe di Malfi, per ii 
qu&le vi si dà una credentiale (i). 



m. 



Instructions générales à Louis Capponi, ambassadeur en 
France (21 Septembre 1550)- 

(ASF., Mcdkeo, 2634, c. aôy r. — 270 r.) 

1. Félicitations d protestations habituelUs à la reine. 2. Nouvell 
instructions, ait sujet de la question des grains : nouvel historique 
de l'affaire, 3.11 insistera aussi auprès de la reifte, la priant de nept 
permettre que ses compatriotes soient traités injustement. 4. Il 
recommandera, dans le même sens, à Mgr le connétable. 5. Il repré- 
sentera à Mgr de Bellay que les ennemis de la justice se prévA 
du nom de son frère, Mgr de Langes : il est de son devoir d'insis 



(I) A l'Instruction fait suite cette note : Coasidcri la S. V. se fussi a propont 
circa il capo délia procedentia, con il re et con il conestabile spedirseae co 
parole più gcncrali et più brcvi, corne aarebbc dire che... (Voir ci-dessus.) Quesb 
mi parvc fuasi l'intento a che hiermattitia ti caminava circa il primo capo di sopr 
imperô mi remettom tutto alla S.V. 

La S- V. coQiideri le nel parlare con re et regina fusse da dire non d'honorarî 
con la mandata dello imbasciatore, ma d'osservarli, per non dire scriverh. 



APPENDICE : DOCUMENTS. 



211 



pour que la lumière se fasse. 6'. // rendra visite aussi à Nosseigneurs 
de Guise et de Bourbon, ainsi qu'à d'autres personnages, selon qu'il 
pourra en espérer plus au moins d'assistance. 7. L'ambassadeur aura 
soin d£ résumer au toi toute cette instruction, qu'il pourra exposer 
,plMS au long à la reine et au connétable. S. Qu'il s'eniende avec 
Amerigo Benci, qui est bi^n au courant des choses. 

Instruttione a voi Luigi Capponi amb" nostro alla 
m" christianissima. 



1. Prima, facendo reverentia a l'una et l'altra Maestà, a nome nostro, 
etaquelleraccomandandoci, vi congratulerete dellc prosperità che da 
più anni in qua sono loro feliceniente dalla divina gratia concesse; repu- 
tando la loro fortuna a nostro proiitto molto ragionevolmentc, fK)i 
cheneir intrinseco nostro habbiamo per fermo et sicuro che da Loro 
M»* non possiamo prometterci altroche benigni et amorevoli porta- 
menti, sî per l'intéresse délia consanguinità che habbiamo con quelle, 
corne par haverlanoi dal lato nostro conservata con ogni sincerità in 
ogni occasioneappresentataci, dove honestamente l'habbiamo potuto 
Éare, et corne sempre sianio per seguire, tanto più vivaniente, quanto 
per le demostrazioni comprenderemo che l'animo délia M'» del re cor- 
responda alla nostra buona intcntione et che il nostro procedere li sia 
grato, corne affettuosamenle desideriamo et preghiamo. 

2. Appresso, alla Maestà det re farete intendere che quando da prin- 
cipio nacquela controversia délia causade' grani, tra il S. di Langes, 
all'hora vivo,et li nostri ofHtiali d'abbondanza,ancora che il contratto et 
tutto il seguito fusse fatto in Italia et che se il detto Signore et al tri pre- 
tendevan cosa alcuna havesse havuto a venire al luditio, non aolamente 
in Italia, main Firenze per via di ragione : noi, nondimeno, fummo 
causa che ti ofHtiali si contentarono di nportarsi al iuditio del re, conB- 
dandoci interamente nellaintegritàdi quella corona, sperando conse- 
quime retta lustitia. Ma per le false suggestioni et probationi delli 
adversari, oper altra causa, si vede esjerne seguito tutto il contrario ; 
et esst guidicato nel consiglio stretto del re che li grani, i quali per 
patto expresso s'havevano a pigliare fracerto tempo et non piùoltre, 
seben vennerofuoradeltempoet fuorad'ogni bisogno,havesseroadogni 
modo apigliarsi et pagarsi contro le leggi délie conventioni, contra 
i'uso delli altri luoghi dltalia, contro il parère di tutti li più famosi 
iuriscoosulti et delli piùcelebrati mercanti di tutte le più frequentate 
piazze et contra quelle che la natura stessa dimostra, che [cioè], se 
altri compera il grano al tempo délia famé per pascersj, non l'havendo 
potuto havere al bisogno (etperô provistosi allrove), passata poi la 




212 LES KÊGOCfÀTIONS ETTRE LA TOSCAKC KT LA FRANCE. 

famé, ad ogni modo sia coostretto a p^liarlo et pagaiio, se bene egl'è 
fiatto disutile (passato tutto il tempo de! biaogno) : bonde si vede la 
durezca di tal senteotia. 

Ma più oltre, et peggio ancora, booo stati giavati, chè havendo la 
medesima sententia in parte mitigato la soa duiezza pooeodo oandi- 
tioni che il prezzo fuaai pagalo a' «enditon in oonsegnando a' oom- 
penloh il grano depoato a Viar^gio (che ooù, benchè £alaamente 
haveva proposto parte arvena dluver iatto), et data la copia Boscritia 
dallo ail hora principal sec^ Bayard, tal sententia fii pot alli awer- 
sari dau altramente et sigillatateosa porvi quel motto < A Viar^gio >, 
il quai motto contenevaacolFa baooadiiÏBsa, perché in quel luogo doo 
«fa grano da potecai o on aegnare alli offitiali per hceveme il pseuo. 
Naoque p>oi un' altra duiissima sententia, smxa altio foodameoto < 
nelle parole di parte awersa, la quai disse che il gzano si i 
aPiaa et a Vlare^io etalli magarrini circnmvicîni,do«c ^* haa 
tt d6 per poter dare alli oomperalori tutti li fondi de' gruii soprsv 
aati a' venditoci di loro inoette et Usdarli addnano & dû mai 
havca roB B eali lD m tmi gxaoi. Che se il regio ooosigiio althont, o 
afancn poi, in tanti anni corsi, o tthim s mimte l'asao psasato (c 
qwsta lite sopita si rcasaonae), havoase volato piovedere che Pc 
nale délia prima «^ntinit L a fiiase veonto in luce (come ogni 
riefaiedeva), oerlD, ooo somma ËKîUtà si saria vista la biâA fatta ad 
iostantia et prafitto <fi paxte jtweraa coatro la cfaiaxa raacitia delfi 
ofiltali, viobla et fidÉafea dalk pRonnbaae, biac si^ggcatiani et proba- 
lioBi delfi avrenarii, &:«onti, fane, pià che oon ai annneitiva, da 
SgDon ttofcnh et gratioB neila cotte a dsww de povcn stnanien, ti 
«foslt confirkti neUa insbtia dd re, in luogo et socio oûloce di 
^IQGilSt "*** npofftafeo tmmstttift et CsIsitiL Ma. GDBndano [ofa] coc u 
rt gÎHlHWBe habbta ad rmemi a re tamto torto, finendo veniie in hioe 
detto ocigiDale et aecondo qnefla prân» et Tcra s ente n tia ooncggcndo 
iHtto» El cosi ncercate et pcegate Sw M** ooo ojgBi 
pcfluè» w la tfovua (jiicits venn» ollie coe per < 
aolo ci bsMoà a fiu- assolvere li oflStiaL et ùtr loro riâre le gravi spese 
et gnaà daam palîti, et a far troswe deile akre fùÉA mmiiiifs» in 
i estas dftBBanonscien, GabneBo Shtanns, iana— > isi yo» to »et 
dsUa parte in ftpe rraminare et naaie blsi testnnam et use pruovcr 
diè tuttD si poô tBvestîgafe et iiuvaie per Q (fiiino del pEDoesso ver- 
bale tttUt v*f "****Ht flft* in hslta per laflOEk Piexo uiuasuit, Tcgto oom- 
iiiiiwsLfd del gnn coati^lâo^ al qoale h abè iamo dato ogm ahilo et 
fikvove iaest^foise ksnftcooaniaBiaaeettelo&ogmanxMevole tnl- 
psr t—pcs et tvrwHalàm di Loto M stitf, die ce ) 






APPENDICE : DOCrmtSTS. 



213 



afiiettuosamente S. M. che, non tanto per amor nostro (che amiamo 
et veneriamo quella con c^ni studio.et per il suo servitio siamo per fare 
<^ni honestacosa, senza alcuna exccttione), quanto per conservatione 
délia g^iiistitia, voglia farne gratia di por mono in questo negotio con 
quel vigore che si richiede et fuora dell' ordinario, perché l'ordinario 
non basta ; et la prima cosa facci venir in luce il vero originale délia 
prima sententia, chè cosî verra a risolvere l'evidentia de! torto fatto, 
et dar via a trovare delli aîtri, com' è detto ; secondarianiente, voglia 
ùu* ritrattare ogni cosa iniquamente sententiata, usando la plenitudine 
délia sua regia podestà, non per altro introdotta che per aiutare et 
favorire la verità et la giustitia. Et cosî mostrerà al mondo che nel 
suo felice regno non s'usa di tollerare tanta iniquttà et che assai più 
puô appre?so la corona la verità et la giustitia,che il favore et la gratia. 
Il che, se li oftltiali havessero creso et estimato di havere a litigare 
con Mons. di Lange?, o di santo Andréa, o altri délia corte, mai non 
haverieno consentito di stare al iuditio di P'rancia, et noi piiî tosto gli 
liaveremmo confortati a patire ogni violentia et danno che a gittarai 
volontariamente in pericolo taie et di danno et di scomo. Ma speriamo 
che S. M" mostrerà per manifesta pruova che i suoi,per cari et favoriti 
che sieno, non possono tanto che la verità et giustitia non prevaglia. 

3. Alla Maestà délia reina (i) di più direte che non vogli comportare 
che la chiara et manifesta ragione délia sua natione fîorentina sia oosl 
suffocata, ma voglia efficacemente favorire et aiutare li suoi servitori et 
délia sua patria et dependenti dal suo sangue ; ma operare che tutto, 
seconde il disopra, si riduca al giusto, acciô per il mondo non si sparga 
il romore di tanta et si énorme et sî évidente iniustitia,perchè li offitiali, 
se per mala sorte non conseguissero la correttione di tanti torti, sareb- 
bero furzati d'andarsi querelando per il mondo et nelia luce délia corte 
di Romaet delli altri principi christiani. 

4. Appresso, con Mons. conestabile farete cape, mostrandoli come 
teniamo molta fede in S. Ecc, sperando che ella sia causa che questa 
matena, una volta sia presa per il verso et la giustizia sia rimessa in 



l. (D'une autre ieriiurej Che qaanda intendemma La nuova del fclicissimo suo 
parlo, subito ci risolvemmo a mandarvi per congratularviconle Loro Mw di que«ta 
nuova prospcrità. oitra l'altre félicita di quelle, et a questo effctto vi clegemmo ; 
ma per diversi di»turbi d'occupationi, hora d'una, liora d'un' altra maniera, ci 
»iarao indugiati tanto qtianto ella vcde.chc la cagione fu la venuta del commisRario 
di S. Mu per la causa de' grani, chè per potervi mandare Istruttione di più iti 
neceasario temporeggiare tutto il tempo ch' egli hebbe a stare in Toscana, poi 
d'hoggi in domani è corRO tanto tempo ; ma questa tarditâ d'offîtio non ha (atto 
che il nostro contenta sia punto minore, anzi che la congratulatione sia tanto più 
cohtinuata nello animo nostro, c cosi ne farete a Sua Mc pienademostratione. 
Et poi entrandole nello causa de grani.,.. Ibid. c. 370. 



214 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

piede et la verità ridotta In luce per bontà di S. Ecc., la quale hà gian 
Bervitio aU'honorc di S. M'^ et a noi molta gratia, et con obligard a se 
eflficacissiinamente. 

5. Similmente farete capo a Mons. R»» di Bellay, pregandoS.S.R*", 
quanta più strettamente potrete, che non et manchi de! suo patrocinio 
appresso S. M., acciù che il mondo conoscacheS. S. R">* favorisée la 
giustitia et tien cura dell'honor del re, postposto ogn'altro rispctto.U die 
tanlo più dec fare, quanto quelli délia parte awersa hanno mescolatotn 
questa materia calunniosa il nome et la memoha di Mons. di Langes, 
suo fratello, »otto ombra del quale, dandoli a credere d'havcr molta 
ragione, senza alcuna sua saputa, andorno mescolando moite falsità et 
calunnie, dalla suspitione délia quale S.S. R'"» farà liberare la menioria 
di quel signore, 

6. Et similmente farete capo aU'lll"" et R""> Mons.di Ghisa etall'lU'»'' 
et R""" Borbona et a tutti quelli altri Sig" che di qua son passati, ncer- 
cando ciascuno, et valendovi più et meno, secondo che comprenderete 
dovervi profittare et che più et meno troverete riscontro, secondo il 
di Bopra et secondo li humori di quella corte. 

7. Et benchè la parte di sopra, che attiene a'grani, sia lunga et larga 
(che si è fatto per maggior intelligentia vostra), nel paxlame con S. M'* 
l'andrete restringendo, in quel modo che vi parrà, non laasando i capi 
principali , atlargandovi più col conestabile et con la regina et con altri, 
second» che giudicherete essere a proposito. 

8.(Di mano di Sua Excellenza).In questa causa de'grani, nel risentirvi 
più et manco, ve ne intenderete con Amerigo Benci, che l'ha maneg- 
giataassai et conoscelaloronatura; questosidiceperli principii, perché 
nel progresse ben sappiamo che con la prudentia vostra tutto scopnrete. 

Dat. in Fiorenjia, alli 21 di y^f* 1550. 

IV. 



Instructions secrètes à Léon Ricasoli, ambassadeur 
en France (14 Juin 1557). 
(ASF, Mfdicec, 3634, c. 574). 

1, L'ambassadeur visitera les privàpaux personnages de la cour I 
et leur adressera des complinu-fits analogues à ceux qu'il a adressés à 
Leurs Majestés ; il se réjouira de la paix cofwhte tout dernièrement. 
2. Conseils pratiquas sur la manière de vivre à la cour ; il m se préoc- 
cupera de personne, pas même des * fuorusciti*.S.Il emporte six feuil- 
les en blanc : il n'en abuserapas; car Son Excellence n'aime pas < frater- 
niser ^ avec des personws de peu d'importance. 5. Instructions au sujet 



APPENDICE : DOCUMENTS. 



215 



ii( la préséance : avec V ambassadeur de Ferrure et avec ceiui ai Gènes, 
il ne consentira à aucune concession. (>. Il peut, à l'occasion, tout corn- 
ifitniqucr au duc d'Albe, spécialemetrt ce que Comini lui a dit de la 
hrt de Son Excellence. 

^J'STRUTTIONE SECRETA (l) A M. LeONE RiCASOLl, IMBASCIA- 
TORE AL CRISTIANISSIMO. 

1. E' vi si danno lettere per molti Signori di quella corte, li quali 
*^siteretea nome noslro,representando!orolacontentezza chesentiamo 
"CÎla medesima pace, usando a ciaacheduno quelle parole et modi che 
^iiidicherete convenirsi aile qualità et gradi d'essi, servando sempre 
'^ V'ostra dtîrnità, con certificarli non dimeno che '1 maggior desiderio 
'^'^^ sia stato in noi, era il veder una volta.sî coma veggiamo, l'unione 
^^ concordia di Lor Maestà, si per il benefitio et quiète publica, 8Î anco 
P^r la tranquillità et riposo nostro, con animo di goderci la cattolica et 
'^ oristianissima.per esserquel gran re che è, et anco per quell' affinità 
^* interesse ch' è tra noi respetto alla Ser"»» regina, la quale habbiamo 
*^ïtipre amata et tenuta appresso di noii in quella veneratione che 
'^«vcmo. 

2. Non v'ingerite nelli humori o passioni particulari,chesoglion esser 
Per il più délie volte nelle corti ; ma trattate con ciascuno liberamente 
Conforme alla natura nostra ingenua et arnica d'ogni uno ; adverten- 
<lovi a non vi travagliar di casi di nostri florentin), se non in quanto 
poteste far buoni offitii per li affcttionati et a noi obbedientt, lasciando 
li altri farda per loro, acciô non pensassino che noi temessimo di loro, 
ne che vi havessimo mandato per procurar lor contra. 

3. Porterete sei fogli bianchi 8ottoscritti,per valervenecon alcuni jjer- 
sonaggi che non ci fussino venuti in cansideratione et memorta ; ma 
advertite di non li abusar con ogni uno, e.ssendo molto diverse dalla 
nalura nostra l'affrettellarci con persone basse et di poco nervo et au- 
stantia. 

4. Délie precedentie dovete advertir di difender con ogni vostro stu- 
dio le ragion nostre et il nostro possesso con il duca di Ferrara ; trattan- 
do perb tutto con la débita modestia; maquando voi vedesteche vi s'ordi- 
nasse qualchc aggravio, fuggite con li ministri le baie et le contese, non 
succumbendo mai in luogo di ceremonia, ne cedendogli punto del 
nostro ; ma più presto appartavi et non comparir, per non venir in 
parole ; allegando nondinieno al re, o dove fusse necessario, il possesao 

'X) Ces motB sont écrits dans la marge droiir. En regard, dans la marge gauche, 
on lit : • Aggiuftfn n Leont de RUosoli » ; et un peu au desRona : . L/i minula dtlla 
publica l'ka S. Etc. •. Nous n'avons pu retrouver cette minute. 



21G LES NÉGOCIATIONS EKT1ÏE t. A TO<CA!«C fT LA FRAKCP. 

et la declaratione délia M*^ cesarea, Carlo quioto, di feliciastina memo- 
ria. Con li ambasciatori genovesi procedete con c^ni rigore, per non 
céder loro.valendovi délia declaratione già fatta da S. M'* cristianissima 
JQ favor délia nation fîorentina. 

5. Se il Signor d'Alva si trova là, communicate seco liberamente, 
maxime quel particulare che v'ha dette il Concino in voce per parte 
nostra. Et Dio vi accompagni. Dat. in Fiorenza, il 14 di giugno 1559. 



V. 



Instructions à Agnolo Guicciardini, ambassadeur 
extraordinaire à la cour de France. 
(ASF., Medicto, 2634 c. 636 r. — 637 v.) 

1. n doit se faire itttroduirt auprès de la reine mère parfamlxa- 
sadcur résident, 2. Il prcserttera à la reine les condoléances du au, 
à l'occasion de la mort de son époux, ; il l'engagera à gouverne^ 
de manière à poursuivre les hérétiques et à faire triompher la reli^iof* 
catholique : en cela elle sera aidée par toute la répubtt-que chrétient*^ 
ei particulièrement par le roi catholique, eu qui elle doit mettre ^^ 
confiance, n. Le duc, au surplus, offre, de noiwcau, de Vaider dat^ * 
Ut destruction de l'hérésie, 4. L'ambassadeur visitera ensuite les atiire^- 
seigneurs pour lesquels il a des lettres d'introduction. '». // s'en retou\ 
nera, si Leurs Majestés ne recoureni pas à ses services. 



CM 



Instruttione a m. Agnolo Guicciardini di quanto dev 

TRATTARE IN FrANCIA A NOME DI S. ECC". 



1. Noi vi mandiamo in poste alla corte di Francia con lettcre credeti- 
tiali, che portate alla M'* délia regina madré et a molti di quel Signori 
principal!, secondo la nota che vi s'è data, con sei fogli bianchi di più, 
sottoscritti da noi, per servirvene al medesimo effetto con altri che a voi 
et air ambasciatore nostro résidente Ik paresser a proposito. 

Arrivato che saretc alla corte conferirete con Tambasdatore prefato 
tutta la vostra commessione, et col parère et intervento sun, quando 
egli perô non sia malato, esequirete li uffitii che devete, accià che 
egli, corne più pratico del modo et delli humori, vi poasa introdurreet 
awertire. 

2. Li uffitii ch' havete da fare son questi : che presentata la leltera 
nostra alla regina madré, vestitovi prima di camotto. vi condoliate con 
lei délia inopinata et acerba morte del cristianissimo suo figlio (che sia 
in gloria), mostrandole con parole piene d'afletto et di cordoglio, l'ama- 



f 

i 



APPENDICE : DOrtlMENTS. 



217 



ntudine e '1 dispiaoere che ne sentiamo, sî per l'obligatione del sangue 
et per quel dolore che rcputiamo deva sentire ella di questa inaspetta- 
ta rapina, come per il danno che ne puô ricevere la religione et la fede 
cattolica, per conservatione et augumento dclla qiiale quella Maestà, 
sopra l'età sua, si scopriva si acre et ardente da poterne sperare ogni 
desiderato frutto. Et, allargato che vi sarete in questa materia, vi 
volgerete a consolarlaet esortarla a conforniarsi con la volontà di Dio et 
tolerare con patientia tutto quel che viene dalla sua santissima mano, il 
che si deve ripigliar sempre in buona parte et per lo meglio, adducen- 
dole di quelli esempli che, ci rendiamo œrti, vi socoorreranoo ; con 
aoggiungerli ancora che sebben l'occaâione non è desiderabile, è pero 
oportunada mostrare al mondo quanta sia la prudentia e'I valore di lei 
in reggere et govemare quel regno et proseguir avanti l'impresa 
incominciata a reprimere l'audacia et l'insolcntia de' rebellati et 
heretici; remostrandole, che oltr' a fore cosa degna di lei et di benefitio 
inestimabile di quel regno et délia cristianità, per haver ognuno posti 
li occhi in essa, come a capo principale di quella, non pu6 se non 
riportarne gratia appresso Dio et gloria immortale appresso il mondo ; 
et in àb deva andare volenteresa et di buon animo, poichè puù confî- 
dare in tanta parte che le resta, in compagnia di questa repubblica cri- 
stiana, che le porgerà ogni aiuto, et massime laMaestà del re cattoUco, la 
quale, oltre ail' amarla et osservarla quanto fa, non lassera mai, come 
principe cristianissimo che è et a chi preme tanto il servitio di Dio, di 
prestarli ogni aiuto, nel che deva ella mettere ogni studio per conser- 
vaiselo et restrigncrsi seco, con mostrarli d'haver buttato in lui, come 
genero et figlio suo, li fondamenti tutti deila speranza sua et di quel 
regno — passando voi questa uffilio, non dimeno, con quella modestia 
che conviene, perché apparisca fatto, si come è nel vero, per puro 
servitio di lei et che procéda dalle viscère del cuor nostro sincerissi- 
mamente, non per dar legge alla M. S., ne a persona ; supplicandola a 
condonarci questo ardir et ascriverlo alla nostra devota scrvitù et non 
apresuntione. 

3. Concluderete, in ultimo, che si come haviamo facto intendere 
più volte alla M" S., cosi le replichiamo di présente che, et per servitio 
di lei et per mortificarc questa peste dell' heresia, sentiremo molto 
piacere che ella si vaglia di noi, délia persona, delîe forze et di cji"j che 
haviamo, perô che ci impiegheremo sempre volentieri per honor di Dio 
et salute di quel regno. 

4. Visitarete poi quelli altri Sig^*, dando le lettere nostre et facendo 
quelli offitii, condogliaaze et offerte che, per la qualità di ciascuno, 
giudicherete oportuno et a prosposito. Nel tempo che starete là, 
intertenetevi col nunlio apostolico, fate capitale del cardinale Tomôn, 




218 LES NÉGOCJATIOSS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

certificandolo délia confidentia che haviamo in Sua Signoria 111""» et 
oiïcrendoci dispostisimi in ogni suo beneplacito. 

Ne lasciarete d'intcrtenervi et d'esser obsequente al!' imbasciatore 
del re cattolico, il quale in parliculare è molto amico nostit). 

5. Finiti questi complementi, ve ne potrete (omare per la posta oa 
giomate, a vostro piacere, presa licentia dalla regina madré ctda 
tutti li altri Sig»"', (altra mafio) quando perù non si vogliano servir dj 
voi o comandarvi cosa alcuna,lasciando la ciira délie faccende ordinane 
air imbasciatore résidente. 



VI. 



Instructions d'Alphonse Tornabuoni à Nicolas Tornabuoni, 
son neveu et son successeur à la cour de France. 

(ASF, Mfdicto, 2634, c. 599 r. — 6oi v.) 

I.Qiiil garde, comme éi'cque , une vie exemplaire. 2. Conseils au 
sujet de son attitude comme ambassadeur. 3. Il doit conserver la pré- 
séance sur tout attire ambassadeur, sauf sur celui de Venise. 4. Com- 
ment il doit rendre visttc aux autres ambassadeurs et recevoir 
leurs visites ; comment tl doit traiter avec eux. H. Comment il doit 
négocier. 6 . Il doit tâcher de savoir beaucoup de choses et ne rien laisser 
deinner de ce qui le concerne. 7. Qu'il tienne Son Excellence au courant 
de tout ce qui se passe à la cour. 8. Que sa vie soit sobre et sans tache. 
9. Qu'il se rappelle les avertissements qui lui ont d^à Hé donna 
naguère ; que ses actes prouvent qu'il apprécie l'honneur qn^on lui a 
fait et la confiance qu'on a mise en lui. 10. Qu'il excuse les défauts 
de son onde ; qu'il imite ses qualités, s'il en a montré quelques-unes, 
surtout son désir de servir, comme il faut, Son Excellence. 

Copia del ricordo lassato a Mons. l'eletto del Borgo, 
quando fu fatto ambasciatork a s. m. cristianissima 

PER IL SiGNOR DUCA Dl FlORENZA, IN MIO LOCO. 



I. Mons. l'eletto, io vi lascio per la bontà di Dio in un bello et bono- 
rato aviameoto, del quale voi dovete for tanto recapito, quanto voi 
tenete caro l'honore. La prima cosa che io vi ricordo, in questa mia 
partila, si è che, conforme a l'habito che voi piglale, voglate (sî'cltener 
quella vita exemplare, che se li conviene, senza mai lascar (s/c), con 
fatti etcon ledemostrationi,altro che quel che come vescovo si ricercha. 

2, Ma lascando (sic) a parte quel che tocha a recclesiastica,f>erchè voi 
BCte [uno ?] che sape te a quel che vi obligha il vescovo et io mol 



APrENDlCE : DOCUMENTS. 



219 



g'[ 



Ite ve n'ho parlato,seguiter6di dirvi come a ambasciatore,che mi suc- 
cède, quelle cose che per servitio del vostro padrone et honor vostro, mi 
par convenirei. Et prima [tenctevi] in vostro stato.chc Bpendendo quel 
che di vostro havete et quel che vi darà ordinariamente S. Ex. vi possa 
baatar, con una famiglia modesta, dalla quai Don nasca scandalo et che 
davoi habbi taie cxemplo che si raffini dal bene al meglo (sic). Fate 
ogni sforzo di non lascar mai l'habito vostro, senza darvi in preda aile 
voluptà, piglando per vostro passatcmpo compagnie honorate,et non le 
trovando a vostro modo, cercarlo con de' libri, dalUquali si cavapiù 
construtto che d'altra cosa. 

Tenete nel publico et nel privato il grado vostro di sorte che, ne come 
ambasciatore di si gran principe, apresso a si gran re, ne come ves- 
c»vo meritiate reprensione, assicurandovi che una délie vie principali 
a perder la gratia del duca, vostro signore,è quelta di non tener il grado, 
e gli dà, interamente. 

3. Et particularmente vi ricordo a mantener la precedenza con 
ogn'altro ambasciatore, che non sia di re o délia Signoria di Venetia, 
non dico di Savoia, perché fin che quel signore non la termina con 
Venetiani, non credo che tenga suo apparente ambasciatore, ne in 
questa, ne in altra corte ; et quando pure ce lo tenessi, credo che le 
precedentie sien dichiarate anzianamente, dalle quali non vi dovele 
discostare. 

4. È cosa iusta che voi visitiate tutti gl'ambasciatori che vi precedono 
et vi trattegnate, maxime quel del papa et il cattolico, quando pcr6 vi 
rendino la parigla, la quai voi dovete rendere alli inferiori,che vi visite- 
ranno ; usando sempre di ragionamenti gravi et (uggendo gl'odiosi, cer- 
cando di cavarcon garbo que! che fa il mondo, et conferendo quel che 
potretedar loro, senza mai per qualsivogla tempo, palesar quel che si 
debbe tener aecreto, ne mai per partiailar domestichezza confidar con 
nesBuno cosa che dal padrone o dal temporale vi sia vietato, havendo 
sempre nella mente che, cosî come voi non lasceresti di dar conto al 
padrone vostro di qualsivogla secreto che vi fussi conferito, pure che 
fussi cosa che gli potessi giovare, cosî faranno tutti gl'altri di quel per 
qualsivogla intrinseca domestichezza voi conferiate loro, et anche 
[se] congiurando, s'obbligassi a non ne parlar. 

5. Nel negotiar i fatti, che alla giornata occorreranno, et con Lor 
MM" et con li Signori che governano, vi bisogna andar provisto con 
la memoriadi tutto quel che harete in commissione et rilegger spesso 
le Icttere, che vi danno gl' ordini per cavame la mente de' vostri 
padroni et s' è da procéder più in un modo che in un altro ; perché la 
modestia, quantunque sia sempre bona, è perô talhora necessario un 
poco di risentimento, il quai perô, se non vi è particular commissione, 



220 LES NKnnC!AT10NS FNTHE LA TOSCJkNK ET LA FRANCE. 



ha sempre a esser fatlo con modestia, risguardando con chi si tratta, et 
havendo consideratione per chi si negotia. 

6. In che tempo si sia, non spcdite mai corricro, se non è casa 
urgentissima ; fin che non havete altra comissione, tutte le scritttm 
d'importanza apresso di voi costodite et guardate, et parlando col 
secretario o con altri cose di negotii, mandate sempre via li servitori 
et li arbitri.o vi ritirate dove non odino. 

Prohibite a tutta le vostra famigla il parlar mai di nova alcuna, ne 
in casa ne ftiora, ancorchè publica, perché spesso un famiglo dice délie 
cose o che non sono, o che non è ben dirle ; donde subito va fuor la 
voce che di casa del tal ambasciatore è uscita la tal nova, che ben 
spesso potria nuocere, o almeno non giovar mai. 

Guardatevi il piii che potete di ragionamenti che possin dichiarar 
l'animo voslro o del vostro patrone di poi mangiar o alla vostra tavola 
o aquella d'altri, sforzandovi di esser più presto auditore che dicitore. 
Et se vedete dirizzar da qualche persona gavil!osa,come spesso achade, 
qualche ragionamento da cavar ad altri di bocha i suoi pensieri, adu- 
lando,et miitare proposito quanto prima, o qualche galanteria, defrau- 
dale l'opinion di chi pensassi ingolfarvi o dir quel che lui vorria 
sapcre et non fussi iusto dirlo. 

7. Teneteavisato il dnca nostro Signore miniitamente di tuttoquel 
che passa dî per di et hora per hora ; allegando quelle cose suspette, 
ma.xime gl' autori, et trattate sempre verità senza 

Fate opéra che il vostro secretario stia più alla corte et alla posta 
che sia posaibile et che d'ogni minutia faccia capitale et ricordo subito, 
perché la memoria è labile. 

Ne voi laaciate mai il vostro libretto da ricordi seaza dar tempo di 
scrivervi su quel che vi ha a scrivere, per avisar al vostro padrone le 
cose occorrenti. Addomesticatevi con la cifera (srV) per tutte le cose che 
posaa seguire. 

8. Usate vigilantia et sobrietà, perché son cose da conservar la vita 
et r'honore,del quai più che d'ogni altra cosa(dopo l'anima) fi dee tener 
conto;et udite volentieri clii vi dice il ben vostro ; sopra tutto dove voi 
potete far buoni offitii, con degnità maxime del vostro padrone, fateli ; 
et guardatevi dal metter legne sul foco,accio che tal volta non s'accen- 
dessi tanto che molt' acqua non bastassi a spegnerlo. 

9. lo vi ho, da parechi mesi in qua, date tante lectioni, quante voi 
sapete, conccmenti tutte il far opéra che se S. E. si servi va di voi, non 
fussi defraudata délia promessa che s'cgl' era fatta ; tal che non vi 
replico altra cosa, fuor che ricordarvi che cosi corne voi siate stato 
aiutato dalla bontà di Dio prima, et poi da S. E., voglate dall' una et 



1 



4 
4 
4 




APPENDICE : DOCUMENTS. 



231 



dal' altro riconoscerlo mteramente, et non acquistar nome d'ingrato, 
ne degenerar da' vostri antenati. 

lo. Et perché potresti dire d'haver conosciuto m me délie imper- 
fectioni, il che io vi confesso, guardatevene voi, et havendomi trovato 
in qualche cosettina da esser imitato, imitatemi ; et sopra tutto nella 
fede et diligentia et vogla di ben servir il padrone, il quai credo si 
contentera di voi. Il che io spero che iarete ; et con i^ni amorevole 
afletto vi exorto a non ne mancar ; pregando Dio che par ogni vostro 
procéder tengha di voi pietosa cura et protetion. Di Parigi, alli 12 di 
luglio, 1560. 

Il Vesoovo Tomabuoni. 



vn. 



Instructions générales à J. M. Petrucci. ambassadeur 

résident à la cour de France (ao août 1565). 

(ASF. Medicto 3635. c. 7 r. — 10 v.) 

1. Arrivé à la cour de France, il se présentera à Leurs Majestés et 
lettr exposera le but de sa mission, qui est de. remplacer M^r Torna- 
buoni. En arrivant, tl s' adressera, avant tout, à celui-ci. M II rappelle- 
ra à Leurs Majestés la joie du duc de pouvoir se dire leur parent et son 
désir de les servir : c'est pour cela qu'tl envoie un ambassadeur à leur 
cour. 3. Il se tiendra en très bonnes relations avec le ftonce et les autres 
agents de Sa Sainteté, et Ukhera d'en tirer profit. 4. Il fera de même 
avec l'ambassadeur de Sa Majesté catholique; car Sott Excellence tient 
à faire connaitre au monde sa dépendance de l'Espagne. 5. Il devra 
précéder fous les ambassadt-urs, sauf ceux de Venise et de Savoie.ti .Deux 
négociations sont surtout importantes à traiter : d'abord le recouvre- 
ment de l'argent prêté au roi et à la reine. 7. Ensuite la demande 
qu'il faut faire à Leurs Majestés d'envoyer un représentant au mariage 
de la princesse Jeanne d'Autriche aroec le prince François de Mcdicis. 
8. Il parlera toujours au nom de Cosme I" et de son fils. 9. Il aura 
soin d'écrire en chiffres les choses délicates. 

Instruttione all'Abbate m. Gio m* Petrucci, il di 20 

D'AgOSTO 1565, DI QUANTO HA DO FARE NELLA SUA DI 

Francia, 



I. Voi partirete a giomate, et, arrivato che sarete alla corte di 
Francia, trovarete il vesc" del Borgo, vostro predecessore, al quele 
preseatarete la nostra. Di poi, domandato opportuna audientia per lui, 



222 



LES XEGOCIATIOSS ENTRE LA TOSCANE ET LA 



vi oonferirete Lnsieme a quelle MM^ cr°', aile quaJi, readendo tan 

le nostre, baciercte lor le mani per parte del duca, nostro padre, et 
Dostra, eapoaendo loro la cagione dell'andata vostra, cioè, cbe vi ab- 
biamo destinato per risedere nostro ambasciatore appresso di quelle, 
ÎD luogo del vescovo prefato, haveodo esso damandata liceoza per 
tomar ad accomodare alcuni suoi negotii. 

2. Rinfrescarete loro la memoria délia nostra mcredibile devotione 
et Bervitù.rimoBtrando loro che si corne viviamo con moltaconteotezsa, 
anzi gloria, per la conaanguinità, che teniamo con loro et per la confi- 
denza c' habbiamo in esse, cosî ardiamo di desiderio di servirle ia 
o^i occasione. Et poichè a noi non è concesso il farlo presential- 
mente^ mandiamo voi che invece nostra soppliale a tutto quello che 
piacerà loro di comandarvi, suppUcaadole a volervi ricevere con la lor 
soitta benig^ità, non solo corne ambasciator nostro, ma corne lor 
creatura, et come taie abbracciarvi et favorirvi neU'occorrenze, che 
s'offriranno giornalmente, si perché voi sete là per servirle, si ancora 
per meritarlo ta devotione et affettionata servitù nostra verso loro, 
aile quali oflfrirete per sempre ogni nostro potere ; allarg^andovi in 
queste officiose parole il più che voi potrete, acciô da quelle possino 
conoscere quai sia l'animo nostro, che, certo, non puô caser più pronto, 
ne migliore. 

3. Visitarete Mons. d'Orléans, il gran conestabile etc. 

Col car'* S. Croce, et se altri ministri vi saranno di S.S., vi ristringe- 
rete come con amici nostri et come créature di S. B., con la quale 
aendo noi tanto con^iunti, vogliamo ancora che il mondo lo conosca 
dair intrinscchezzade' ministri nostri. Perô,honorateli et interteneteli, 
perché anco da loro, che sanno moite cose più delli altri, ne cavarete 
voi moUi commodi et honori. 

Fate capitale, et quasi precipuo,in tutti li accidenti.del gran conesta- 
bile 

4. Porlate con voi quattro fogli blanchi, sottoscritti dal duca nostro 
padre et sei altri da noi, affinchè, etc. 

In quella corte deve essere l'amb. del re catt*^". Havete sopratutto 
a mostrarvi aeco domestico et una cosa medesima : con lui consigliarvi, 
a lui communtcare ogni vostro concetto, perché vogliamo che ognuno 
intenda apertamentc la depcndenza nostra essere dalla Maestà catto- 
tica et dalla casa d'Austria. 

5. 11 luogo vostro, nelli atti publici, ha da essere acanto ail' orator 
venetiano, cedeado alli regii et a quel di Savoia, awertendo che per 
caso del mondo non vi lasciate precedere dall'orator di Ferrara, ne 
dal genoveae, valendovi in questo caso, appresso Lor M^, della molta 
iustitia nostra et del favore deU'orator cattolico, del contestabile, 



APPENDICE : DOCUMENTS. 



a^ 



d'ogni altro amico nostro, dicendovi, per information vostra, che con 
li Genoveai fu già dichiarato dal re Francesco di felice memoria et 
cioè infra la natione di mercatanti, et dall' imperatore Carlo Quinto, 
aopra li duchi et ambasciatori di Fioreaza et di Ferrara. 

6. Duoi negotii per hora haverete in quella corte per noi, l'uno 
di riscuotere scudi 2,500 d'oro in oro dalla Maestà délia regina, che 
per sua lettera n'accomodammo M. Giannandrea Ondalei, Taltro di 
Bcudi 80,000, che prestammo al cristianissimo, in quei frangenti 
dcl regno, con promessa d'esseme rimbursati. Di quelli, prima, la 
regina ha detto al vescovo più volte d'haver dato commessione del 
pagamento, ma non è mai seguito ; per6 proccurerete di ritrarli. Delli 
altri non s'è fatto parola ; et perché son pur somma notabile et 
a noi in questi tempi tornarebbon molto a proposilo, vogliamo che 
opportunamente soplichiate Lor Maestà a volercene rimborsare, veg- 
gendo, con la sollta dcstrezza vostra, di cavarneit tutti in luia aola 
volta o buonaparte. 

Et perché potrebbe essere che per li disordini et spese deî regno vi 
fusse allegata l'impotenzadello sborso in contanti, in tutto in parte, 
proccurate che vi sia dato aimeno qualchc ragionevole et honesto 
aaaegnamento, si corne hanno usato con Savoia et con Ferrara, non 
parendo a noi di dover essere in peggior conditiooe di loro, si per la 
parentela et servitii nostra,sl anco per haver accommodato Lor Maestà 
m tempo si urgente et di tanto bisogno.con molta incommodità nostra, 
solo per satisfar loro et per la conservatione di quel regno, usando 
intorno a questo tutto quella studio, tutta quell'arte et prudenza che vi 
sarà possibile usare, perché in qualchè buon modo veniamo redintegrati 
del nostro. 
L 7. Infra le prime cose,che dovete trattare con Lor MM'*, le suppliche- 
' rete afTettuosissimamente a degniarsi di farci favore di mandare qua 
un personaggio loro, il quale a suo tempo intervenga a honorare le 
nozze délia Serenissima pnncipessa, perchè,et per la consanguinità et 
per la servitù nostra, ci pare che convenga al nostro debito, oltrechè 
l'haveremo per gratia segnalatissima et corne di taie ne restaremo in 
molta obligatione, aggiunto che a S. M'^ ces* et anco alla cattolica 
non potrà essere se non d'infinito piacere ; procurando voi che di ciô 
segua l'effetto, con lassarvi deslramente intendere che questo invito 
non si fa per complimento, ma per desiderio di ricevere questo favore 
dalle Lor Maestà, aile quali si farà intendere il tempo délie nozze, 
quando si compiaccino di darci questa consolatione et contento. 

8. Voi havete a parlar sempre in nome del duca nostro padre et 
nostro, cosi nell'esser mandato, corne in ogni altro negotio, ehe trat- 
tarete : aHînchè intendino che siamo unitissimi et una cosa medesima. 



224 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

9. Voi, poi, portateuna cifracon la quale potrete scrivere alcune 
coae fécondité et important!, secondo che giudicherete convenire. Ne! 
resto ci riposiamo nella prudenza, amorevolezza et fede vostra, pre- 
gando Dio che vi conservi sano. Dato in Fiorenza.... 



VIII. 



Instructions générales à André Albertani, secrétaire du duc, 
ambassadeur extraordinaire près le roi très chrétien 
(32 juin 1872). 
(ASF. Medkeo, 3635. c. 333 r. 334 V.) 

1. L'ambassadeur remerciera, tout d'abord. Sa Majesté de la UiXre 
qu'elle a envoyée au duc, des offres qu'elle lui a faites et de V affection 
qu'elle lui a témoignée. .2. Quant à la négociation dont il est question 
dans celte, lettre, Sa Majesté sait très bien que U duc est prêt à servir 
le roi très chrétien dans n'importe quelle circonstance ; seulement que 
Sa Majesté considère que le duc est feudataire de l'Espagne ; que les 
choses de Flandre et d'Italie ne sont pas aisées à régler ; qu'il faudrait, 
en tout cas, le consentement préalable de l'empereur. S. C'est par zèle 
pour les intérêts de Sa Majesté que le duc se permet de parler si fran- 
chement. 4. Enfin, une matière de si grande importance doit être portée 
à la connaissance de la reine mère : le duc attendra son avis et celui 
de l'empereur. 5. Son Excellence sait, par expérience, que les des- 
seins des bannis sorti souvent saris effets ; il n'ignore pas, non plus, 
qu'on peut aisément entreprendre une guerre, mais il ne perd pas de 
vue, d'autre part, qu'il est toujours difficile de la mener à bon terme, 
f). Plaintes contre l'ambassadeur espagnol, qui essaie d'inspirer à Son 
Excellence des sentimenls de défianee à l'égard de son propre souverain, 
le roi catholique. 7. L'ambassadeur rendra visite à la reine et à ses 
fils. 8. Il rappellera à l'ambassadeur résident qu'il doit ménager Us 
amis de Son Excellence et tâcher de lui en gagner d'autres. 

Instruttione a voi Andréa Albertani nostro secretario 

Dl QUANTO HAVETE A TRATTARE CON LA MaESTA DEL RE 
CRI5TIANISSIM0 A NOME NOSTRO, 

I. Presentata la aostra et fatti li dovuti et soliti complemeati di 
reverentia, direte a S. M. che la lettera sua de' XXI di marzo coa 
quello che ci ha esposto Giangaleazzo Fregoso, in nome di lei, ci ha di 
votuntarii servitori iegati per obligatissimi perpetui, si per la confi 
denza che veggiamo tiene in noij si aacora per le aiïettuosissime pro> 



4 




LES NEGOCrATlONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



quanto siano vani i diseg^ni di fuorusciti, che dipingono ogni impresa 
facilissima et riuscibile ; l'altra che il muovere le armi et le guerre non 
ha puato del difHcile et è in poter di ciascuno ; ma non è già pennesso 
il finirle a sua posta ; et moite volte non sortiscono quell' esito felicc, 
che ruomo si promette nel discorso. 

6. Direte che ci duole che quell' ambasciator cattolico vada spar- 
gendo semi et parole di poco amorevole servitore di suo padrone, poi- 
chè inconsideratamente fa ogni opéra di allontanargli li devoti et aiifet- 
tionatissimi, corne li siamo noi, ne per altro lo puè fare che per la 
passione et vergogaia che tiene, quando egli fu scacciato di Siena per 
non baver voluto dar fede a' nostri avisi, oltre che il duca di Ferrara, 
con ogni studio et industria, procura di ingelosire et insospettire 
S. Maestà cattolica con l'occasione dell' amore che le MM^chr^'ci 
dimostrano. Nondimcno noi confidiamo in Dio et nella protettioae 
délie Lor MM''^, che non lasseranno farci ingiuria, da che la delibera- 
tione nostra è di servtle aempre mai. Et noi ancora ci aiuteremo con 
lemani et coi piedl per non ricever danno, essendo la difesa lecitaa 
ciascuno, massime che per noi non si darà mai cagione al re cattolico 
di poca voluntà (se ben veggianio che con esso noi si potrebbe proce- 
dere più amorevolmente), mercè délie sinistre relalioni che si son 
fatte délia devotione nostra verso S. M'* chr'"* et ddla intelligentia 
che è fra noi, assicurandola che in ogni caso ella troverà in noi L^h 
dovuta corrispondcntia. ^| 

7. Rendcrete le nostre alla regina madré et a" Ser""' principi auoi 
figli, certificando i'una et li altri del desiderio nostro di servirli. 

8. Ricorderete ail' ambasciatore nostro che con ogni diligentia 
ingegni di conscrvare li amici et di guadcgniame delli altn, sendo 
questo importante al serviiio nostro, al quale conosciamo che egli sta 
vigilante et ha fissa la mira. Et Dio vi conduca salvo. Di P'iorenza, il di 
22 di giugno 1571. 



IX. 



J 



Instructions générales à Vincent Alamanni, ambassadeur 

résident à la cour de France (10 octobre 157a). 

(ASF, Mediceo, 2635, 0.323 r. 3*9 v.) 

1. A son arrivée, il verra Petrucci, et cnsnik il présentera ses lettres, 
de créance. 2. Il exposera le but de sa missioft.3. Il exprimera à Leurs 
Majestés la joie que lui cause le tnariage de Marguerite de Valois avec 
Henri de Navarre, ainsi que le massacre des huguenots : il exhortera 
Charles IX et sa mère à contimier l'oeuvre commencée, 4. Il insistera 
wr ce point auprès di Catherine de Mcdicis. 5. H rendra visite à Nos- 




APPENDICE : DOCUMENTS. 



227 



' leigtieurs d" Anjou, d'Alençon, ek., ainsi qu'au roi et à la reitu de Na- 
varrt. 6, Suivent des recotnmaftdations sur l'attitude à garder vis à 
vii de certains personnages, surtout vis à via du prince de Navarre, 7, 
Imtïndions au sujet de la préséance. 

Lnstruttione a m. Vincentio Alamanni amb" in Francia, 

ADDI lO D'OTTOBRE 1572. 

I. Ve n'anderete allacortedi Francia in poste, posando con raroba- 
îciator Petrucci, quai voi acambierete, presentandc^li la nostra, et di 
poi ch' egit havrà fatto domandar opportuna audienza a Lor MM'^, vi 
conferirete a quelle, et fatto loro la dovuta reverenza a nome del gran 
<iuca oostro $■■= et padre, conscgnerete le lettere in vostra credenza» 
«sponendo loro l'andata vostra essere per risedere là ambasciatore 
nostro in luogo del commendator Petrucci, per haverlo richiamato a 
*ia xichiesta. 

2. Et perché desideriamo che la devotione et aervitù nostra verao 

QLielIa corona appariaca tuttavia maggiore et più chiara, non solo con 

^'ioiostratione d'ufficiose parole, ma di veri effetti, si per la congiun- 

lione nostra con LorMM»-^, della qiiale noi facciamo grandissima atima 

f' molto ce ne gloriamo, come per H oblighi che teniamo a molti 

•avori ricevuti da loro, vogliamo che le supp!tchiate,non tanto arepu- 

*^^ci et riconoacerci per amorevoli principi, loro parenti, ma affett"' 

'^r'', i quali bramiamo farle ogni giorno piii certe che non hanno io 

't^ia di chi possino promettersi con più libertà et sicurezza di noi, 

'^^'^^mcloconosceranno sempre che si degnino esperimentarci, riputando 

'^^icnte quello c' habbiamo fatto per il passato in lor servitio. Et affin- 

^^è habbino più commodità di poterlo fare,le direte che habbiamo man- 

•^^to là voi acciù le serviate in vece nostra, non poteado noi scrvirle di 

t^i'esentia, come sarebbe nostro desiderio ; supplicandok a volervi 

^cevere con la solita benignità, non solo come ambasciatore nostro, 

**lacome lor creatura, et come taie abbracciarvt, protegervi et lavorir- 

"W nelle occorrenze che si offeriranno alla giomata di nostro intcrrease, 

*i per essere voi là per honorarle et servirle, cône per non poter loro 

f^vorire servitori che se ne rendîno o sieno per rendersi loro più meri- 

tevoli di voi ; distendendovi in questo con le più affettuose et proprie 

parole che vi sowerranno, per accertarle ancora che l'animo nostro è 

più volto alla grandezza loro che fusse mai. 

3. Allegrandovi insieme et del felice mariaggio di madama col re di 
Navarra, havendone gustato quella contentezza et all^rezza che Lor 
MM^*si possono presupporre.per esser stato desiderato et aiutatoda noi 

quanto è Stato Ln nostro potere con ogm sorta d'ulBtio, senza asp^t- 



iT 



228 LES NÉGOC[ATIO.VS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 




tar ancora d'esserne ricerchi, per il desiderio c' habbiamo délie 
sfattioni loro, et délia piudentissima et santa essecutionc contra li 
rebelli di Dio et di LL.MM-, le quali vogliamo credere non sieno per 
arrestarsi, per far corrispondere il fine a cosî lodato et sicuro principio, 
si per haverdimostrato la generosiià, la giustitia et la buona intention 
loro, come per essere causa propria et di tanta importanza^ la quale 
sapranno meglio governare che noi ricordare. 

4. Nel presentar le letterc alla regina havete a variar poco dal sopra- 
detto capitolo ; ma soggiungerete alla regina madré che riconosciamo 
dalla infînita cortesia et amorevolezza sua tutti li favori et bonori 
ricevuti dal re suo figliuolo et da lei, et si come ce ne renderemo 
tuttavia ricordevoli et conoscienti, cosi ricorreremo con la raedesuia 
sicurtà air appoggio et autorità sua affinchè tanto maggiormente 
S. M. habbia a valersi di questa sua casa, la quai havevà coati 
mente pronta et disposta a servirla. 

5. Visiterete, seconde l'occasione et il costume délia corte, M( 
d'Angiù, il duca d'Alonaô, il re et regina di Navarra, allegrandovidî 
lor felice mariaggio con tutti quelli cardLnali et signori, péri quàli^j 
portate Icttere, et ancora altri signori... etc. ^M 

6. Il car'^ Borbone è un signore di buona mente et Lntentione sanlâ 
et più tosto indinato aile cosc ecclesiastiche che a' maneggi publiciet 
mondani ; nondimeno è bene il conservarselo amorevole con le visite 
ordinarie et offerte solite.... 

Con il re di Navarra et principe Condè havete sempre a monstram 
desideroso di aervirli et honorarli, con tenerli ediiicati verso di noi coo 
le offerte, awertendo che ciù ha da farsi da voi quando veggiate che 
sieno et iaccino profeasione di buoni cattolici et buon servitori di Lor 
MM'*, come vogliamo credere che devino essere ; altri menti destr^- 
giate con loro seconde che il tempo et l'accortezza vostra v'insegneà. 

Il cardinale Rambouilletto, mentre fu in Roma ambasciatore s 
mostr6 in qualche parte nostro aiTettionato.... ; occorrendo farete 
capitale di S. S. lUf"»..,. 

IJ cardinale di Loreno quando sarà alla corte vogliamo die con le 
apparenza l'honoriate, ma nell' instrinseco siate circumspetto scco, 
perché molto sagace et avveduto.... Mons. Montmoransi fa professione 
di nostro amiciasimo et noi lo stimiamo et habbiamo caro per talc, et 
non solo lui, ma il marcscial d'Ansvilla et gl" altri lor fratelli ; pero 
allargatevi pure nelle olTerte et ainorcvoli dimoslrationi...; ma col di 
passerete sempre questi uOititii con una certa destrezza.... 

Col vea^ovo Salviati, nuatio, haviate buona intelligeoza, si pef 
essere ministro di S. S'-*, la quale osscrviamo in estremo, et le siamo 
quei devoti figli et servitori che potete pensare, come per havtf 



k 



ranosciuto in lui sLncerità et deaiderio grande del servitio et grandezza 
nojtra... ; si che nell* occorrenze conferite, consigliatevi et ricorrete 
air aiuto suo, perché corne prudente non vi mancherà del conaiglio 
et mezzo suo. 

AU' ambasciatore di Spagna vogliamo che v'ingegnate di mostrare 

coo ogni sorte d'uflîtio la constante et perpétua dévotion nostra verso 

il suo re, et quanto S. S. 111""« deva tenerlo per constante, procurando 

Voi di procedere con una certa accortezza et libertà seco, che paia gli 

[vogliale esser domestico et una cosa medesima, aenza perô che si 

possa pigliar ombra in quella corte dell' intrattenersi troppo seco ; 

I.consigliandovi ecc... 
I 7. Il luogo vostro nelli atti publici ha da essere appresso l'orator 
Venetiano ; et a cib tenete gl' occhi aperti per tutte le strata- 
çemme ...., se bene vogliamo credere cheLor MM'^ non comporte- 
lebboQO che ci fusse fatto torto ne patissimo indegnità atcuna, potendo 
conoscere horamai la dilTereaza che sia tra noi et la vana pretensione 
et dura ostinatione di quel duca. An^zi voi dovete ingegnarvi con tutti 
gl' ufficii di precedere al detto oratore di Ferrara, sccondo che l'occa- 

sione et il tempo si présentera, senzapero scandalo 

Dell' opéra del conte di Retz vi varrete secundo che vi riuscirà. 

Del Gondino vi diremo...., si che non gli crediate 

Vi troverete per aventura Giuliano Del Bene, il quale penetriamo 

1 che non fa molti buoni uffitii per noi Invigilerete d'intendere in 

^pquel che si mescoli delli interessi nostri, avisandocene di mano in 

^^ mono, con finger di mostrarli buona cera 

Voi havetc sempre a parlare a nome del duca, nostro Signore, et 
Dostro, cosi neir esser mandate, corne in ogni altro negotio che trat- 
tarete, afilncbè intendino che siamo unitissimi et una cosa mede- 
sima. 

PNel tomarsene l'ambasciotor Petrucci, vi rimarrà M. Andréa Alber- 
tani, acciô vi serva di secretario, et si corne nell' ufïitio et carico suo 
vi servira con la débita fede et diligenza et vi portera sempre quel 
rispetto et reverenza che si conviene, cosi voi dalla banda vostra gli 
^B pagherete la solita provisione de' sei scudi il mese, con provederlo di 
^^quelle commodità che si riccrcano. 

Voi portate una cifra con la quale potrete scrivere alcune cose 
fécondité et important!, seconde che giudicherete convenire, awer- 
tendo di distinguera et non mescolarla con la lettera, si per scriver 
con ordine, si jjerchè non si possa comprendere il disteso vostro dalle 
parole antecedenti subséquent! che non fussino in cifra, quando le 
lettere ftissero intercette. Nel resto ci reposiamo nella fede et amore- 
volezza vostra. 




230 LES HÉ&OCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Coa Mons. di Ghisa v'interterrete, se bene ^li è parente et partiale 

di Fcrrara.. 

Il visitar tal volta li ambasciatori d'Inghilterra non sarà iQCOQvenies- 
te, mostrandoli quaato ci teniamo obligati a quella regina per l'hoaore 
che ci ha fatto del titulo et quanto bramiamo occasione da poteria 
■ervire et rendercene grati, avertcndo non dimeno di far » che non 
diate gelosia et ombra a]le MM. cristianissime, ne alli ministri del 
cattolico. 

Del Signor Giangaleazzo Fregoao potete fidarvi, perché fa profw- 
sione d'affezionatissimo nostro, ne mai ha lasciato fuggirsi occasione 
da farci servitio, et è persona che vale. 

Il cavalière Cavriana è d'un bello ingegno, et di lui intenderete dal 
Petrucd. Govematevi seco seconde la sua relatione. 

Sonvi alcimii fuorusciti con li quali praticate pure a piacere vostro, 
ingegnandovi di carezzargU et invitargli al perdono et a moatrani 
amorevoli vasialli, più presto che scacciarli dal commercio vostro d 
desperarli. 

Conferirete tutto col Petrucci, parlando scmpre in nome del gran- 
duca et noatro. Et Dio vi conduca prosperamente et vi consent. Dalo 
in Fiorenza il.... di; ottobrc 1572. 

B. — Pièces diverses. 
X. 

Note sur les services rendus par la Toscane à l'Espagne, 

de 1535 à 1559- 
(AMAÉP, Florenu. Suppl, 1, après U page 16 - Piiu non numtroik) 



i 



SeRVIZII RBSI ALLA CORON A DI SPAGNA DALLA CASA SBREN'lS* 

SIMA DI TOSCANA, DAL L'ANNO 1535 AL 1559. H 

Di che servizio potesse esserc al re cattolico la casa del Serenissimo 
granduca nelle occorrenze d'Italia, et che conto doveva tenere S. M- 
di questo principe, si potrà megtîo sapere, considerando la stima, che 
fece Carlo Quinto det granduca Cosimo, et i segnalati servizi che ne 
cavà nelle lunghe guerre, che S. M. ebbe con i Francesi, da che, 
l'anno 1535, occuparono il Piemonte, fino al 1559, in che si fecero 
le paci. Perché, sebbeae atlora il granduca Cosimo non era se noD 
sigQore delta Stato di Firenze, non dimeno stimo tanto l'imperatore 
l'opportunità e forze di quel dominio che raccomandô al granduca 
tutte le cose d'Italia, et principalmente di Roma, et la difesa degli 




APPENDICE : DOCUMENTS. 



231 



Stati dt Sua Maestà in quel tempi che l'imperatore era occupato nelle 
guerre di Fiandra et Alemagna, senza poter provvedere a quelle 
d'Italia, et l'armate del Turco, confedcrato con Francia, correvano 
molto spesso le coste maritime di delta provincia. 

E dair allra parte, corne corrispondesse il granduca a questa coafi- 
denza dell' imperatore e si mostrasse scmpre fermo e costante amico 
di S. M., non ostante l'offerte, che li furono fatte in nome di Francia 
di darli lo Stato di Sicna et una Bgliuola del re per nuora, in tempo che 
iFrancesi erano signori del Piemonte, dclla Corsica, del Senese, et 
avevano il papa per amico, il duca di P^errara luogotenente del cri- 
8tiani3simo in Italia et Parma et Urbino soldati e pensionati di quella 
corona, si potrà raccogliere da quello che fece et spese in servizio di 
Sua Maestà cattolica, che fu tanto che si pu6 sicuramente affermare 
nessun principe d'Europa, ne tutti insieme hanno fatto tanti serviei a 
Spagna, corne la casa di Toscana sola. 

Primieramente Tanno 1540, quando l'imperatore andb ail' impresa 
d'Algieri, lo ser\'i il ducaCosimo di duemila fanti et altri mandé in 
Ungheria in servizio di Sua Maestà contro il Turco. L'anno I543,ne!la 
guerra che il re di Francia e il duca di Cleves mossero a Sua Maestà 
cattolica in Fiandra, aiutô il granduca Cosimo l'imperatore con 
i5o,CKXi scudi e 12,000 fanti sotto la condottadi Stefano Colonna, géné- 
rale del granduca. 

Nelle guerre di Piemonte mandb il granduca al marchese del Vaslo, 
govematore di Milano, 2,000 fanti e 200 (.'') cavalli, con che si potè di- 
sfare il soccorso di Pietro Strozzi. 

L'anno 1546, neîle guerre che Carlo Quinto ebbe in AUemagna contro 
li protestant! , gli mandô il duca Cosimo 150,000 ducati e 200 cavalli. 

Nella ribellione di Napoli, l'anno I548,imbarcô a Livorno 4,00c fanti 
per mandarli in soccorso del vicerè et assicurare le cosedi Sua Maestà. 

Nella guerra di Parma, dove erano entrati i Francesi l'anno 1550, 
mandô il duca mille fanti. 

In soccorso deîta Corsica, assalita dai Francesi, mandô quattro 
galère e dugento cavalli, l'anno 1552. 
■ Nella guerra di Siena,di che si era incaricato il vicerè di NapoU,dette 
n duca danari e vettovaglie, c succedendo maie l'impresa, restando i 
Francesi signori di quello Stato, prese a suo carico il duca di levarncli 
a sue spese, corne fece mantenere una guerra contro Francia per due 
anni, in che spese molta gente e teaoro, e finalmente restituî quello 
Stato e la reputazione alla corona di Spagna, che in ricompensa dî 
ci6 l'ebbe da Filippo in feudo. 

Nella guerra contro Paolo Quarto e duca di Guisa, l'anno 1556, 
dette il duca Cosimo 4,800 fanti. 




232 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

E l'anno seguente, contre al duca di Ferrara mandé in servizio di 
Sua Maestà cattolica 3,000 fanti e 300 cavalli (?). 

E finalmente con interposizione del duca Cosimo si ridusse quello di 
Ferrara a servizio di S. M. 

In tutte le passate che fecero le armate per le coste d'Italia, difese 
sempre e fortifico, d'ordine di Sua Maestà cattolica, e con i propri 
danari del duca, Orbetello, Portercole e Piombino, che altrimenti 
restavano in potere de' Barbari. 

Nelle ribellioni di Fiandra, stando quivi il duca d'Alva, che non 
poteva pagare la gente, ne uscire in compagna contro al nemico, 
mand6 il duca Cosimo suoi ministri in Provenza, che sopra di se 
pigliassero a cambio,come fecero, 400,000 ducati e ne accomodassero il 
re cattolico, per pagare quella gente. 

E negli anni che seguirono poi, trovandosi D. Giovanni d'Austria 
come assediato in Namur, se li mandorono di Toscana 4,000 fanti. 

Nella conquista di Portogallo^ si mandarono a Sua Maestà cattolica 
li soccorsi di gente e danari che ognuno sa, poichè in quel medesimo 
tempo dichiaro il re, per sua cedola, spedita in Lisbona, che doveva 
al granduca 600,000 ducati per li aiuti di quella giornata et altre 
provvisioni d'armate e presidi d'Italia. 

È notorio, finalmente, il continue servizio che la casadi Toscana ha 
rose a Sua Maestà cattolica nel mare,non si essendo mai fatta impresa, 
ne armata, dove non siano state le galère e vascelli del granduca. 

XI. 

Acte de protestation, lu au pape par les représentants 

de Sa Majesté impériale, à roccasion du couronnement du duc 

de Florence par Sa Sainteté et au sujet du titre de grand-duc, 

accordé par elle à ce prince. 

Réponses du secrétaire pontifical à cette protestation, 

(juillet 1570). 

(AMAÉP, Florence, I, fos i6i r.— 170V.) 

Instiumcntum protestationis quod lectum et, eo 
guo shqlituk modo, est insinuatum papae ab oratore 

Caesakeo super coroxatione ducis Etruriae 
in Ti'niLO Ma(;ni Ducis, a Summo Pontifice concesso, cum 

ICESPONSIONE SECRETARII PONTIFICII 

AI) DICTAM PROTESTATIONEM. InITIO VIDERE EST 

PROCUKATORIUM CaESARIS, DATUM 29 MARTII I570. 

In Nominf. Domini. Amen. Pateat universis et singulis hocpraesens 



APPENDICE : DOCUMENTS. 



233 



instrumentum publicum visuris et lecturis.vel legi audituris, cuiuscum- 
que status, gradus aut conditionis sint, quod, anno a nativitate Domini 
millesimo quingentesimo septuagesimo, indicttone décima tertia, 
pontificatus sanctiasLmi inChristo Patris et Domini nostri.Domini Pii, 
eius nominis quinti, pontificis maximi, sedis eiusdem Sanctitatis anno 
quinto, die vero Mercurii, vigesima nona mensia Marti i, hora circiter 
nona ante meridianam, Pra^ae in arce regali, ibidem ad montem 
Sancti W^enceslai martyris nuncupata Stre-nissimus, Pott'nlissimus et 
^Hvictissimus Princeps ci Dotninus, Dominus Maximiîianus, elec- 
pDaRomanorum semper augustiis, Geimaniac, Hungariae, Bohemiae, 
Croatiae, Dalmatiae et Sclavoniae rex.archidux Auslriae, dux Burgun- 
diae, Stiriae,Carinthiae,Camiolac et VVirtembcrgiae, cornes Abspurgi 
et Tirolis, etc., Dominus meus Clementissimus personaliter coram me 
notario publico ac Icstibus fide dig^nis, ad hoc specialitcr vocatis in 
conclai*i Matcstalis ipsius solilo, constitutus comparuit, volens et 
intendens, prout Caesarea Maiestas asseruit, coram me tanquam 
notario publico ac teslibiis, nec non omnibus tum adstantibus princi- 
pibus, ducibus, comitibus, baronibus, nobilibus, atque Maiestatis 
eiusdem consiliariis, capitaneis et ministris compluhbus, publice et 
modo, forma ac via, tam de iure quam de consuetudine, mehonbtis cl 
firmissimis, proksUiri, di-niinUarCy nec non protestationem, Suae 
Caesaxes Maiestatis noniine,antea factam habere ratam aliaque omnia 
et singula facere quœ in schedula protestationis et ratihabitionis, quam 
Caesarea ipsius Maiestas in manibus tenuit, atque per secretarium 
eiusdem publiée perlegi fecit, continebantur ; cuius quidem ténor de 
verbo ad verbum sequitur : 

L CvM ad nos, prackriiis tiwnsibus, nobis nihil minus cxpcctanlibus, 
'per niustnssimum Florailiae Ducem, princxpcm d affincm nosirttm 
carissimum, tnkr codera pcrscnbcrdur, se a sanctissimo Domino 
Pontifice in Magnum Etnirise Ducem creatum, nullum tamen nec 
brève nec bulla Suae Beatitudinis transmitteretur, utique non satis 
certi esse potuimus de iis qute ea in re a Sanetitate Sua facta fuissent. 
Quare Dilectioni Suae aliud rescribere noluimus, quam quod gaude- 
bamus de iisquae ad Dilectionis Suae honorem etdignitatem,ac quam 
prosperrimum renim suorum statum pertinent. Quia vero facile ani- 
madvertimus eaquae Sua Sanctitaa de Etruria, sacro Romano Impe- 
rio subiecta provincia, disponeret qualiacumque essent, taJia tum 
fore quae sine gravi nostro et imperialis nostrae jurisdictionis atque 
adeo successorum nostrorum imperatorum et regum preiudicio fieri 
non possent, etiam in ipsa rei certitudine maturius deliberandum duxi- 
mus.maxime cum interea variia rumoribus ad noa perlatum esset Suam 




234 LES NÉGOCrATlONS ENTKE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



Sanctitatem,non contentam buUa ad Florentiae Ducem praefata.Magni 
Ducis tittilo transmissa, etiam id animo agitare ut ipsi Duci, Romam 
venienti, regium diadema et coronam quamdam imponeret ; et quam- 
vis talibus rumoribus minus certam fidem haberemus, sicuti merito id 
plane credere non debebamus, propterea quae intérim nobis Dilectio 
Sua litteris ad nos datis significaverat, tamen, pro ea quae nos tenet 
sollicitudine, intermittere noluimus quin oratori nostro apud Suam 
Sanctitatem residenti, magnifico Prospero Comiti Archi, committere- 
mus, destinatis ad ipsum nostris Caesareis mandalis.ut.quam primum 
cognoverit vel coronae alicuius impositionem vel alium quemquam 
solemnem actum in ipsa civitate Romana eo Ln negotio institui, statim 
Suam Sanctitatem conveniret, eidem nostro nomine secrète demons- 
traret nos, nostrae erga electos et alios principes, ordines et status 
impériales obligationis adeoque Caesarei nostri muneris ratione, 
quantumvis inviti admodum et summa cum molestia facturi essemus 
quod Sanctitati Suae displicere arbitraremur, illa nequaquam pati, nec 
quod silenlio praetereantur ferre j>o8se ; quapropter Suam Sanctitatem 
obnLxe summoque studio rogatam velle, ut rem altius considerandam 
8uscipere,et quousque Sanctitatem eius progredi conveniat perpendere, 
nec causam praebere vellet per se oratori nostro publicas protes- 
tationes interponendi et vel hoc pacto iiira Imperii tuendi, cum aliaa 
timendum foret ne ex illia varia exsequerentur, nec ad Sanctitatis 
Suae propositum iuvandum, nec ad ipsius Ducis dignitatem promo- 
vendam usque adeo opportuna essent futura ; et quod ipse orator 
mandatum haberet,iam tum apud Sanctitatis Suae personam,adver5Us 
ea quae in nostrum et sacri Romani Imperii preiudicium tenderent 
protestandi, cum rescrvationc eanidem protestationem postmodum, 
ubi Sanctitas Sua nihilominus in priori sententia persisteret, publiée 
etiam interponendi, sicuti in eum casum publicam protestationem 
nostro nomine faciendam ipsi expresse et specialiter iniunximus et 
mandavîmus. 

Nunc autem ex litteris praedicti ornioris nostri, ad nos die quinta 
hutus mensis Martii datis, plane edocti: sumus se^aliquibus ante diebus, 
cum iam Florentiae Dux Romam venisset, percepisse non solum de 
publico aliquo actu, sed etiam de coronando ipso Duce tractari, et 
propterea Sanctitati Suae, summa cum reverentia.humilitate et modes- 
tia, ea omnia quae a nobia ei commissa erant exposuisse, nihil tamen 
ea etiam pluribua vicibus repetita, nec rogando, nec persuadendo, 
nec protestando, efficere potuisse, adeo ut, cum iam dies coronationii 
destinatus esset ethora actus instaret,invituseodescenderit etiam publi- 
cam^ut iussus erat, nostro nomine protestationem facere ; nempe quod 
iii quae a Sanctitate Sua circa saepe dicti Ducis Florentiae coronatio- 



I 




APPENDICE : DOCUMENTS. 



235 



nem acta essent non cocsentiat, immo quoscumque actus quos 
circa praetensam Magni Ducatus Etniriae erectionem Sanctitas Sua 
iussisset facere, aut et factura essct, tam ratione prciudicli nostri et 
sacri Romani Imperii quam ex aliis quibuscumque iuribus, nullos et 
invalidos dtcat, reservato nobia ulterius, si ita nobis videatur, protes- 
tandi iure. 



I 



SiGNiFicAviT etiam nobis idem orator noster, paucis horis postea, 

SattctitaUm Stiam,piuribus adhibitis solcmniUitibus, non solum coro- 

ttamcapiii Ducis Florenlitu imposuisse, verum etiam scepirum in 

tttanus dus tradidisse. Quia haec, ut non dubitamus, ita se habent, non 

possumus non illa f>erquam moleste feiTe,ut quae nobis et sacro Roma- 

no Imperio nostram iurisdictionem labefactarent, iura nostra et sacri 

Romani Imperii auferrent, atque dignitatem et administrationem 

nostram imperialem in dubitim revocare mani/esiissimc dt'prehoidan- 

tur. Idtoque, inprimis et anU omnia,singula ea qua ad impcdiendam 

_praedictam itiauguraiiomm et coron-ationcm ab oratorc nostro 

hactenusfada, acta, gesta d protestata fuerunt, rata, grata et accepta 

kabemtts, eaqtie omnia approbamus,d quac ex speciali nostro mandato 

J>rocesserint declaramtis. ulterius, etiam num stalim ubi de his ab ora- 

tore nostro certiores facti smwms, protestantes etdicentes quod.quamvis 

nobis, praeter actus publicoa celebratos et quae ab oratore nostro praea- 

cripta sunt,de tenore bullae et concessionis a Sua Sanctitate factae nihil 

certe constet, ut quae bulla oratori nostro, etiam sollicite petenti ad 

perlegendum saltem, fuit denegata, nihilominus ea omnia et aingula 

quae a Sanctitate Sua circa praetensam erectionem Magni Ducatus 

Etruriae, dictamque coronationem sceptrique traditionem, acta 

gestaque fucrunt, ut omnes omnino alii actus et eo negotio celebrati 

Btnt nuUi, invalidi et inutiles, et quia nobis et sacro Romano Imperio 

nostrisque 8Ucce»soribus,Romanomm imperatoribus et regibus, omnis 

nostra iurisdictio, dignitas et praeeminentia, atque adeo omnia nostra 

iura debeant esse salva, intégra et illaesa, cassantes, annihilantes et 

toMentes,ac cassa, irrita et annihilata déclarantes omnia et singula quae 

in nostrum et sacri Imperii, successonimque nostrorum, Romanorum 

imperatorum et regum, preiudicium quomodocumque, directe vel 

indirecte, vergere, vel iuribus nostris obesse, et ilbrum quidquam 

detrahere possent. 



Sic Haqne Caesarea dus Maiestas, juxta contenta iam didac atque 
praeinsertae schedulae, coram me notario et testibus infra nominandis, 
omnibus melioribus forma, modo, figura et stylo, protd de iure aut 
alioquefieri lied aut debd, protestata, postulavit et légitime debitoque 



RE LA TOSCANE ET LA FRAI 



modo requisivit me notarium infra nominatum ut desujjer eius Caesa- 
reae Maieatati iinum vel plura, quot necessaria eius Matestati forent, 
publicum vel publica conficerem, erigerem et traderem instrumen- 
tum vel instrumenta. Acta sunt praemissa omnia et singula, tempore 
locoque supradictis, in praesentia generosorum nobilium Domicorura 
Caroli, comitis in Zolem et Sigmaringen ; lunioris Willelmi, oomitis 
in Zimern ; Francisci, comitis de Turre ; Landislai Poppel, baronis in 
Lobichwiz, r^ni Bohemiae ; Marechalli Reichardi Strein, baronis 
in Schivarzenaw ; Gasparis, comitis de Lodron ; Friderici, baronis in 
Gora ; Michaelis de Rewa, baronis Hun^ari ; Joannis Weillingeri a 
Felinghen, Serenissimi archiducis Austriae Ferdinandi suprenu can- 
cellarii ; Cristophori a Corlovitz, Willelmi Georgeiwitz et Helflerich 
Guet, aliorumque plurimorum testium fide dignormn.ad ea specialitcr 
vocatorum etrogatorum. 

Et quia ego Andréas Eynstembergius de Biscof Scheyneistuber, 
MaguDtia? diocesis, iurium licentiatus, sacra Impteriali authoritate 
publicua necnon in indice camerae sacri Imperii approbatus et matri- 
culatus notarius, supradictae protestation!, ratiliabitioni et requisitioni 
aliisque omnibus et singulis,dum sic, ut praemittitur, Berent et ageren- 
tur, una cum praenominatis testibus ipsis interfui, eaque sicut gesta 
sunt in notam sunipsi,ideo desuper haec publicum instrumentum con- 
feci, idque.manu alterius fideliter scriptum, nomine cognomine signo- 
que notariatus niei solitis subscripsi et signavi ad testiiîcationem 
horum omnium, a sacra Caesarea Maiestate specialiter vocatus etrequi- 
situs. 

Responsio secretarii ad oratores. 

Qua oratione recitata lectoque huiusmodi instrumento, subdidenmt 
verba infra scripta, scilicet : 

Lecta igitur et audita iam dicta Suae Maiestatis protestatione, eam 
porro, pro Suae Maiestatis mandato nobis benignissime imposito.Ves- 
trae Sanctitati, debitomodoet rationequa de iure fieri consuevit, con- 
decenti reverentia insinuamus, et insinuatam notamque sic factam 
volumus. Nec dubitat sacra Caesarea Maiestas quin Sanctitas Vestra, 
de tanto Maiestatis Suae ex hoc actu concepto dolore edocta et re 
maturius deliberata, ei negotio quam primum ita sit prospectura, ut 
Suae Csesareae Maiestatis iurisdictio impertalis plane in integrum res- 
tituta, posthac illaesa et illibata conservetur. 

QuiBUs FiNiiTis, ego secretarius infrascriptus, mandato Suae 
Sanctitatis.ita respondi : 
Sanctitatem Suam audisse eorum propositioaem seque, re mature 




APPExNDICE : DOCUMENTS. 



237 



considerata, illis responsuram ; petiique ut mihi darent orationem ab 
eis dictam et inslrumentum protestationislectmn, quorum simplicem 
copiam, retentis apud se originalibus, mihi tradiderunt. Deinde vero 
Serenissimus Dominus noster, de consilio quam plurimorum fratrum 
suorum Sanctae Romanae Ecclesiac Cardinalium, per me secretarium 
auum ita respondendum censuit : 

Ik nomine Domini lesu Christi, Amen. Anno a salutifera eiusdem 
Domini nostri nativitate millesimo quingentcsimo septuagesimo, 
indictione décima tertia, die vero lunae, vigesima quarta lulii, pontifi- 
catus Sanctissimi Domini nostri Pii, divina providcntia papae quinti, 
anno quinto, idem Sanctissimus Dominus noster, praesentibus prae- 
<lictis llluatrisaimis et Rcvercndissimis Cardinalibus.videlicet Ivlorono, 
Cocsio, de Grosais,Aldobrandmo et Rusticuccio, constitutus in caméra 
ubi Sua Sanctitaa solet coenare,ilIustri Domino comit: ab Arco, oratore 
Caesareae Maiestatis, apud Suam Sanctitatem in Urbe residere solito, 
praeaenti et intelli^jenti, me secretarium suum ex scripto responderc 
iussit his verbis, quae ego alta et intelligibili voce legi. 

CuM Serenissimus Dominus noster, superioribus diebus, post habi- 
tam a vobis oratoribus Caesareis coram Sua Sanctitate orationem 
lectumque protestationis instrumentum, mihi, mandaverit ut vobis 
rcsponsimi darem se audisse vestram propositionem ac, re mature 
considerata, vobia responsurum, nunc Sanctitas Sua iubet me in hune 
modum respondere. 

Rcsponsio secretarii ad oratores Caesareos. 

Qi'AE.mandatoCaesareaeMaiestatis.orationevestraexposuistis.quae- 
que de scripto recitastis, Sanctissimus Dominus noster, pro patemi 
amoris alTectu quo Maiestatem Suam uti lîlium dilectissimum prosequi- 
tur, bénigne audivit, facileque credidit non aliam causam natam fuisse 
ad haec Sanctitati Suae significanda quam quod Caesarei sui muneris 
rationem id postulare exiatimaverit. 

At non potuit txinc non niirari quodCaesarea Maicstaa,quae hactcnus 
ita cum Suae Sanctitatis placitis consensit ut nuUa in re ab eius volun- 
tate discrepare visa sit — qiiac concordia Chnslmno orbi maxittii- ulilis 
fuit — Quncplanedissentirecoeperitob Magnum scilicetEtruriaeDucem 
a Sanctitate Sua creatum, qui bonor etsi gratior Suae Maiestati esse 
debuiaset, eo quoque nomme quod delatus t'uerit prmcipi affiaï ac sibt 
carissimo, ac cui sinceram ex animo benevolentiam ita se ostendisse 
Maiestas Sua afïirmat ut intime illi bene cupicrit ipsiusque dignita- 
tibus et commodis semper fuerit,quin etiam, acceptis ab eo litteris hac 



238 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

de re, rescripserit gaudere se hac novae dignitatU accessione.eumdeni 
tamen honorem aune Maiestas Sua ita aegre ferre videatur ut publicia 
ac repetitis protestation! bus, tam Pragae quam apud hanc Sanctam 
Sedem, coaqueri voluerit, hoc praesertim tam alîeno tempore quo ■ 
Sanctitas Sua curas omnes cogitationesque non alia magis in re fixas 
habet quam ut inter Christianoa populos omnia discordiarum semlna 
toUantur et.sublatis haeresibus.quae summarum cladium et imperiorum ■ 
subversionis causa esse consueverunt, una fides, una religio Catholica 
retiaeatur, ettunica illa tnconsutilis quam in multaa partes conscindere 
impunis hostts in dies magis ac magis contendtt, — hoc nempe per pra- 
vitatem haereticorum assequi conatur quod per eos qui Christum cruci- 
fixerant eBîcere non potuit, — ab omnibus intégra servetur ; quo item 
tempore illud etiam maxime curae Sanctitatis Suae est ut, in tanto 
discrimine quod nunc ab immani Turcorum t>Tanno,Christiani nomi- 
nis hoste acerrimo eodemque potentissimo, toti Christianae reipublicae 
videtur impendere, pro patema sollicttudine sua, omni studio et dili- 
gentia inter Christianoa principes mutuam coacordiam conciliet et 
ex omnibus populis, quamlibet longo intervallo locorum disiunctis, 
quasi unum corpus efilîciat, sicque, coniunctis omnium Christiano- 
rum iuribus, non solum venientem hostem propulsare, sed etiam 
regiones quaa ille nobis ereptas violenter occupât, recuperare posait. 

Ao HAEC itaque omnia cum Sua Sanctitas sodulo incumberet, nihil 
minus expectabat quam ut ab advocato et dcfensore Ecclesiae, quem 
nuper eiua Sanctitas omandu m et, tum precibus apud Deum, tum qui- 
buscumque aliis potuit rationibus, tuendum et adiuvasdum suscepit, 
mitterentur qui huiusmodi protestationibua agereot illudque etiam 
obiiccru videreotur quod animarum coniunctio negligeretur, dissen- 
sionis semina iacerentur, pubîkae IranquilHlalis et pacis turbandae 
maUria daretur. 

Quibua certe vocibua non potuit Sanctissimus Dominus noster non 
commoveri, cum certo sciât se, ex eo die quo ad summum pontiiîcatum 
Dei benignitate evectus est, nihil aliud magis in animo habuisse, nihil 
concupisse ardentius quam ut, omni disscntione sublata, Christianus 
orbis, ad orthodoxae fîdei concordiam inprimia redactu9,nullis prorsus 
etiam bellarum proceltis excitaretur, sed tranquilla pace foveretur, ut 
merito existimares actiones suas hactenus ita probatas Maiestati Suae 
reltquisque ducibus et prtncipibua Christianis ut nutla ratione in suspi- 
cionem venire posset quodpublicae perturbandae pacis materiamalicui 
unquam dare voluisset ; nam quod Sanctitas Sua Magnum Etruriae 
Ducem creavit, hoc sane cum ad dignitatem unius augendam spectet, 
nulius aequus aestimator in eum sensum trahet ut ad pubhcos 



APPENDICE : DOCUMENTS. 



I or 



excitandos tumultufl id quoque pertineat. Caeterum nec Maiestaa Sua 
suspicari potuit hoc facto aliquid detractum fuisse Imperii Romani 
iuhbus; nihil enim minus co{ïitavit Sanclitas Sua,quin immo illud prae- 
cipue mente gesait ac prae oculis habuit ne qua in parte Maiestas Caesa- 
rea laederetur. Cuius rei illud est certissimum signum quod litteris 
Apostolicis, hac de re promulgatis, Sanctitas Sua enixe voluerit eam 
clausuJam apponi, qua aperte decerneretur omnem imperatoriam su- 
perioritatem et jurisdictionem salvam esse, ut sic nullam iustam habue- 
t eius Maiestas causam querendi aut aliquibus scriptis contestandi 

Imperii Romani iura illaesastarent,q\iaxiào Sua Sanclitas id abunde 
praecaverit. (^uo magis miratur Maiestatem Suam verbis lUis, a nullo 
unquam Caesare qui hanc Sanctam Sedem reveretur, qualem se esse 
Maiestas Sua proBtetur, usurpatis, fuisse uaam quibua Sanctitatis Suae 
acla gestaque nulla îrritaque declarat,quando, ai qua laesio ex eisobve- 
nisset Imperio, satis Maiestati Suae esse debuerit curare ac petere a 
Sanctitate Sua ut laesio eiusdem auxilio... auferretur, ne alio quivis 
novum hoc et inauditum acciperet quod filius de patris iudicio iudi- 
cium sibi sumeret. Qua de re etsi Sanctissinius Dominus noster iustam 
expostulandi causam haberet, ut pater tamen indulgentissimus et ea 
quoque opinione ductus quod aliunde potius quam ex ingenio Caesa- 
reae Maiestatis, quam singulari modestia, pietate, religione et erga 
hanc Sanctam Sedem observant ta praeditam esse novit, hoc profec- 
tum ait, quantumcumque id est, condonat, hortatur Maiestatem Suam 
ut, dissentioni huic, ab his forsan qui bono Christianae reipublicae 
invident excitatae, finem faciens, ad eam consensionom redeat qua 
pergat facere quod vos in exordio orationis dixisiis : Maiestatem eius 
nihil aeque in votis habere quam ut huic Sanctae Sedi obsequentia- 
simi et observantissimi filii vt)luntalem,animi devotionem etofficium, 
quacumque vel temporis vel loci occasione, testetur. 

Nihil pradcna, eo facto crga Magnum Etruriae Dttccm, puUt de 
suo Romanive Imperii iure imminutum, u'ihW novum aut insolitum 
admiaaum. Quaecumque enim a Sanctitate Sua in principem illum 
collata sunt non ex nimia indulgentia, ut vos dixistis, provenerunt, 
sed ex eius ipsius observantia, devotione, meritis, quae, cum multa et 
magna la hanc Sanctam Sedem extiterint, tum vero ipsius in Caesa- 
ream Maiestatem, etiam Sanctitati Suae cariorem eflfecerunt, cum 
praesertim hune animum illius erga Caesareanî Maiestatem cogno- 
verit ut paratua sit, quoties usus veniet, non modo facultates, 
verum etiam vitam ipsam pro Maiestatis illus dignitate profundere. 
Habet itaqiu- Sua Sanclitas hoc sibi pirsuasiim quidqitid hac in re 
fecit iustis de cnnsis, gravissimis rationibus kgiiimo iure, ci mtiltis 
aniccessorum suorum rccepUs cxcmplis fecissc ; neque ob id ulla in rc 



240 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 

Romani Imperii dignitati, auctoritaii, iurisdiclioni derogassf, ut 
palam etiam professa est ea clausula, littehs suis Apostolicis apposita. 

Quou si forte Maiestas Sua existintat non satis hactenus sibi (iacttun, 
consultum, cautumve esse, et idcirco cupiat ut Sanctitas Suaire malu- 
riu3, quemadmodum vos post recitatam protestationem dtxistia, delil»- 
rata, pleaius Romani Imperii iuribua prospiciat, ita ut Caeaarea iuxil-^| 
dictio,plane in integ^rum restituta.posthac sic illaesa conservetur.Sanc- ^1 
titas Sua lubenti animo, perpensis rationibus quae fuermt Ulatai.',quae 
8ui muneris erunt in se requiri a Caesarea Maiestate non patietuTt^^f 
indeque etiam facile quivis intelligct quam cupida sit Sua Sanctitaî^^ 
gratificandi semper Maiestati Suac, quacumque in re iuste boaeste- , 
que poterit. ^H 

QuA responsione lecta, de mandato Sanctitatis Suae, illius copiam 
eidem oratoh tradidi, et in manibus eiusdem dimisi. ^m 

lîgo Caesar Glorierius.Sanctissimi Domini nostri secretarius dom«- ^ 
ticus, subscripsi manu propria. 

XII. 

Acte de protestation, adressé au Souverain Pontife par 
Sa Majesté catholique, le roi d'Espagne, contre le couron- 
nement de Cosme x" et son élévation à la dignité 
de grand-duc. 
(AMAÉP, Rome. 6, fo» 240 r.— 241 r.) 

Serenissimi et Catholici Hispaniarum Régis protestat[< 

CORAM PONTIFICE MaXIMO, IN NEGOCIO MaGNI 

Ducatus Etruriae, interposita. 

Beatissime Pater. Kx ea sane Magni Etruriae Ducis dignitate, qw^ 
praeteritis mensibus, Sanctitas Vestra lllustrissimumCosmum,Fluren- 
tiae Ducem, est prosecuta, et ex regio praeterea diademate et sce 
quo publico et solemni actu eumdem ornavit et insignivit, non 
mum preiudicii iurisdictioni et auctoritati Invictissimi Imperatorisi 
Serenissimi Philippi, Hispaniarum Régis Catholici, Domini mai poten- 
tissimi, illatam fuisse plane constat ; quippe quod illa Etruriae pars, 
quae ipsi Duci paret atque obtempérât, iisdem item Caesari etCatholico 
Régi summo et dirccto iure subiiciatur. Quo lit ut ea in provincial 
eiusmodi titulus regiusque honor, citra amborum iniuriam, a Vestn^ 
Sanctitate cuiquam confcrri minime valucrit. Et licet Catholicae 



appendice: documents. 



241 



¥ 



Maiestati cuius, quod ad Senarum attinet domiaium, Cosmus dux feu- 
datarius existit, apud Vestram Beatitudinem^ ne quid ex sua tacitur- 
nitate laederetur.eo nomine conquirendi occasio non nnodica praesta- 
retnr, idtamendistulit.sperans Veslram Saiictitatem, pro conscientiae 
suae integritate recognita, aut céleri remedio iniminenlibus commo- 
tioaibus prospecturam, aut certe concesso loco ducem amoturam, et 
qme gesta erant merito et iure optimo revocaturam. Eo etiam pertinet 
quod, in tam gravi et perdifïicili negocio, non illico conserendae erant 
manu3,nec ex abrupto praecipitanda sententia,sed pensato opus erat 
consilio, matura necesae erat deliberatione. 

Accedit ad haec quod Sua Maiestas, ut est huic sanctissimae sedi 
obsequentisaima, molestissime ferens voluntati et actibua V. Beatitu- 
diais scse opponere, quoad licuit, hoc compellendi et contradicendi 
genus protraxit et detrectavit.Venim cuni nunc longe aliter quam exis- 
timaverat res evenerit et per Vestram Sanctitatem suae et Imperatoria 
indemnitati nondum sitconsultum, neceonim in integrum iurisdictio 
restituta, imo in dies magis ac magis in incepto praestet instituto et 
tituli concessi defensione, ne eius silentio et dissimulatione ipsius 
imperii rationibus quidquam detrahatur, aut pemiciosissimo hoc 
exemplo ad graviora incommoda oxcitanda aditus praemuniatur, et 
ne huiuamodi praetextu causetur sprdam fuisse per ciim quam impc- 
rio pepigcrat fidem, aut neglectum et violatum quod eidem praesti- 
terat sacramentum, nunc ut caetera perstringam, aliquid eorum quae 
ex praescriplafeudi /^(^t'autalioquinsibi incumbunt praetermisaavidea- 
tur, statuit, quantumvis invitus admoduTn,ad extremum illud et porro 
necessarium protestation ia remedium confu;;ere,et hac via suis cl C(U- 
saris luribus non modo prospicere et praecavere, sed et mentem volun- 
tatemque suam Sanctitati Veatrae notam, apertam^testatamque facere. 

Ego igitur, dictae Maiestatis orator et ad praetlicta exsequenda spe- 
cialis procurator, ipsius vice et nomine, apud Beatitudinem Vestram 
expono, protestor et declaro praefatum Serenissimum Hispaniae 
Regem Philippum huic Magni litruriae Ducis creationi, nominationi, 
titulo, coronationi, aliisque deinde secutis, minime consentire, sed 
palam et constanter hia contradicere, se opponere et repugnare ; quae 
gesta actaque in ea re sunt nec probare se, nec ullo iure, causa, aut 
ratione posse aubsistere, quin potius nuUa illa esse et invalida attes- 
tatur, nullumque propterea cuiquam fuisse ius quaesitum aut in futu- 
rum posse acquiri, nihil perhosactus tributum possessionis.nihil con- 
8uetudinis,nihil in posterum conaequentiae et exempli, sed, quatenus 
Suae Maiestatis etsuorum successorum respiciunt preiudicium,perinde 
habenda ac si acta, gesta, confectaque non fuissent, omnibus Invictis- 

ifi 



24â 



appenojce: oocumexts. 



simi Imperatoris sacrique Iniperii et CathoUcae Maiestatia iurisdictionem 
dignitatem,etpraeemLaentiain,aliaque eoruin siagula iurasalva^periiia- 
nere ac intégra et illaesa conservari,aec quidquam per haec quue gestï 
8unt eisdem detrahi aut derogari, cum illorum imminutioni, ncdiim 
Sua Maiestas totis viribus umnique conatu sit obstitura, sed et &uinmo 
studio et diligentia ut augeantur et amplificentiir curatura. 

Et huius quidem protestattouis peto humiliter et requiro fieri, per 
eum qui Sanctitatis Vestrae est a sccretis et praedictis inlerfuit corani 
hia 111'"'» et R"'» Cardinalibus, publicum instrumentum, iiludquc, 
qua decet solemnitate munitum, mihi tradi et exhiberi. Et Vestnsi 
Sanctitatem utrumque ut praestet et ut quae geruntur consulat, etiaoi 
atque etiaiu, supplex deprecor atque obtestor. 

XIII. 

Mémoire envoyé au cardinal Alessandrino, au sujet 

du titre de grand-duc. 

(AMAÉP, t'iortnce, 1, 1'^» i6o v. — 163 v.) 

DiSCORSO MANDATO ALL' IlLUSTRISSIMO ET ReVERENDISSIMO 
SiGNOR CARDINALE AlLESSANDR1N0,S0PRA IL TtTOLO DIUKANiJUCA. 



II gran rumore che si fa in Roma délia creatione del Gran Duca, mi 
fa muovere in delensione délia militante Chiesa, per esser io nias- 
simamente indegno penitea;;ierio di Sua Santità ; et dico a cbi meo<: 
parla : 

Prima, che il papa iure optimo senza il consenso dell' imperatofe 
l'ha potuto creare Gran Duca. 

Secundo, dlco che egli è stato cosa spediente e non mt-n necessa- 
saria, che fu la creazioae degli elettori delT imperio, a questi tempi. 

Quanto al primo piglio la sentenza dell' Apostolo ai Corinthii dovej 
dice : SpirituaUs homo ludicat omnia, cl ipsc a ftt'tninc tudicaturA 
Et qui allège l'elettione, che fece Elia, creando re leu et Asael ;' 
et la confirmatione, che fece Eliaeo, che onse leu re : et i>er questo 
fu dette Bis undus. Et questi huomini sanctissimi» tutti spirito, et non 
sacerdoti, eleasero glî audetti re, affine d'estinguere l'idolatria. Poi 
habbiamo l'esempio del gran sacerdote Samuele che elesse Saùl re, 
temerario de) popolo israelitico, che rifîutando Samuele, refutomo 
Dio, il quale disse a Samuele : Non te sprevrcrtoit, sed me, m^ regcm 
super eos, et queslo sacerdote, et govemava il popolo spiritualmente 
et temporalmente, ina egli non era perô re. 

MoUo più gagliardo teslimonio è lessempio di Melchisedcch, Rcx 



Salem ri sacerdos Aliissimi, il quale fu figura di Giraù Christo, Rcx 
Regum et Dominus Domhiantmm et Saafdos in œUrnum : dietro 
al quale ne viene quel vicario di Giesù Christo, constituito da Sua 
Maestà Divina, corne debbe credere ogni cattolico christiano et 
usqtu ad effusionem sanguinis maatenerlo per la verità evangelica, 
la quale verità la Maestà delT imperatore è obligato più che tutti gli 
altri a riverirla, perché la aanctisaima memoriadi Gregorio V creô gli 
elettori dell' imperio. Et stando questo fondamento, provo che Sua 
Santità Pio Quinto ha potuto creare, senza il consenso dell' impera- 
tore, il Gran Duca di Fiorenza ; et la ragione è questa : 

PropUr unitm quodqttf taie, dice il Filosofo, et illtid magis in 
todem gendre. Ma cosi è che il papa ha potuto creare gli elettori dell' 
imperio, et per conseguente l'isteaso papa poteva, et puà, creare 
l'imperatore, senza gli elettori : lit sipotfst quod maius est, puèanco 
quello che è manco in eodem génère. Et perché il Gran Duca è molto 
manco che l'imperatore ; dunque possendo il papa, corne puo, da se 
creare l'imperatore, pu6 per conséquente da se creare il Gran Duca, 
senza il consenso dell' imperatore. Et se Elia et Eliseo crearono H 
sudetti re, et non erano ne re né sacerdoti, et questo affine estingues- 
sero l'idolatria ; molto mac;giormcnte dunque Sua Santità, sommo 
sacerdote et sommo re, ha potuto creare il Gran Duca affine di estin- 
guere l heresia.la quale è affine dell" idolatria. 

Ht da questo fondamento ne seguirà il seconde articolo, quai' è 
questo, che il papa per cosa spediente et necessaria a questi tempi, 
ha creato il Gran Duca ; et si corrobora la ragione per filosofia et 
theologia, perché l'anima Lntellettiva contiene virtualmente la vege- 
tativa et sensitiva : perô nel corpo humano l'anima rationale da se, 
senza la forma vegetativa et sensitiva, essercita il vegetare et sentire, 
cosi l'autorità pontificia, atteso che contiene in se virtualmente la 
creazione deglï elettori dell' imperio, cosi puole da se, senza gli elettori 
creaxe l'imperatore, il quale puô creare i duchi : et secondo il Theo- 
logo, la prima causa, perché contiene virtualmente la virtu degli 
elementi, perô puô creare gli frutti degli elementi : et cosi dovemo 
dire che il papa da se, senza il consenso dell' imperatore, ha potuto 
creare il Gran EHica. 

Presupposito dunque che Sua Santità, per vigor délia pontificia 
autorità, habbia potuto creare il Gran Duca, resta che io provi, che 
Don solo é stato espediente, ma non meno necessario che la crea- 
tione degli elettori dell' imperio translato nella Germania, dove 
l'imperatore meritamente, per dono de! pontefice romano, si addi- 
manda Romanorum Imperator. Et questa mia opinione è fondata 
aopra l'essempio che si legge del pontefice Gr^orio V, regnando 




appendice: documents. 



Ottone imperatore. Leggesi, adunque, nell'historie che Gregorio V 
oonstituî aette elettori, cioè, quattro secolari, il rc di liohemia, il 
duca d> Sassonia, il conte palatin et il niarchese Urandemer ; et tre 
ecclesiastici, cioè l'arciveacovo magontino, coloniease et trevirense ; 
et la causa, per la qualc il sudetto ponteRce hebbe ricorao agli elettori 
germani, fu questa, che quella natione era devotissima di San Pietro 
c San Paolo, che perpetuamente frequentavano la chiesa di San 
Pietro ; 2", perche li principi germani liberamo la Chiesa dalla servitù 
dei Longobardi ; la terza perché la Uberarao dall' iosoleoza de' romaai 
di quel tempo. Hora, dunque, fermandosi sopra questo essempio, dico 
che per l'istesse cause in gran parte Sua Santitàhacreato il Gran duca ; 
et quanto alli moderni romani, siccome sono obbedientissimi a Sua 
Santità,cosl è stato necessario.per conservatione délia citlà.niantenerli 
con la creatione del Gran Duca : et questo lo provo per l'essempio, 
ch' habbianio nella Scrittura Santa, che Gierusalemme liaveva il 
murale et l'antemurale ; et perché Roma è l'apostolica Gierusalemme 
dove[risiede]il vicariodiChri8to,davidicaprogenie,peri)oltrela fortezza 
di Roma,cominciatanovissimanentedal prudentissimo pontifîce papa 
Poalo i^, possiamo dire che bisogna conservare la provincia délia 
Toscana quanto per antemurale di Roma, il che si è veduto per ispe- 
rieaza,chèrexercitosbandato,non havendo repugnantia nella Toscana, 
ae ne venue a bandicre spiegate a rovinare Roma ; ma se la Toscana 
gli faceva resistenza, Ronia non sarebbe stata saccheggiata, et perché 
gli heretici moderni non cercano altro che la rovina di Roma ; per6 
Sua Santità ha fatto prudcntissimamente ad ingrandire la fortezza del 
principe, con dargli il formidabile nome di Gran Duca, per resistere 
ad ogni occorrenza ail' impeto delti heretici, il che è iatto facendo i 
principe Gran Duca. 

Appresso questa cosa. Sua Santità ha trovato rhonoratissima 
famiglia de' Medici virtuosissima e devotissima, imperocchè lo 
splendore si vede anco del memorabile Cosmo di Medici, dal quale 
venue quell' accademia, che viverà sempre, come si vede nel gran 
Marsilio Ficino, che ha tlluatrato lltalia délia platonica fîlosofia et 
comporta in favor di Giesù Christo ragioni efficacissime contro gli 
ostinati giudei. Poi la divotione di quella illusthssima famiglia la 
vediamo nella creatione di due pontîfici papa Leone X et papa 
Clémente VII. Et la causa, che importa più nel présente Gran Duca, 
è questa, che per tutto si celcbra la sua giustitia, la prima parola délia 
sapientia lo manifesta, dicendo : DiligUc tustitiam qui iudicatii 
tcrram ; poi ardente persecutione di tutti gli vitii, tutti lo confessano 
in questa Gran Duca ; et ultimo, contra gli heretici, ha certo degU 
eguali, ma nessuno è sopra di lui, perché nella città propria noa ha 



4 



4 




APPENDICE : DOCUUFNTS. 245 

I>enionato aile créature de' Midici : et per più riverenza taccio il nome. 
Poi non solo in casa, ma fuora d'Italia ha mostrato l'odio inilamma- 
tissimo contro gli heretici, mandando l'essercito in Francia. 

Sopra le quali sue attioni, accompagnandole con quelle di santissima 
memoria di Gregorio Quinto, haveremo che la creatione deU'imperio 
in Allemagna, siccome fu allora sp>ediente et necessaria, cosl per l'i- 
stessa ragione la creatione del Gran Duca è stata necessaria;et siccome 
la cesarea Maestà dell'imperatore gode del beneficio del vicario di 
Giesu Christo Gregorio V, cosi délia creatione del Gran Duca, credo, 
che per evangelica verità deve conformarsi alla santissima volontà 
et intentione di Sua Santità Pio Quinto. 

Ne per questo ancora mi contento, ma voglio mostrare di più, per- 
che il Redentore del mondo, Christo Giesu, disse al suo Pietro : Bea- 
tus es Simon Bariona : caro et satiguis non revelavit tibi, sed paUr 
meus qui in coelis est. Per la quale santissima sentenza dovemo consi- 
derare che l'attioni pontificie ponno essere dal sangue et dalla came 
tantum, o dal Padre céleste tafttum, owero dal padre céleste et dal 
sangue insieme. Et perché la creatione impériale, che papa Gregorio 
Quinto [fece] fu mista di spirito et sangue humano, perché Sua San- 
tità fu teutonico, nativo et consanguineo d'Ottone imperatore ; perô 
questa sua santissima attione fu mista di spirito divino et sangue 
humano, ma prevalse lo spirito divino, per le ragioni sudette, ma con 
tutto ci5 vi fu pure un poco di sangue. Hora, apparogonando la crea- 
tione di Gran Duca,fatta da Pio V, non si puô dire che sia sangue 
alcuno, perché Pio V non è toscano, né mai ci fu antica amicita. 
Ma se si volesse guardare alli rispetti humani, vi sarebbe non so che, 
cheso io, né mancôcansanguineità,o afiBnità, per le quali Sua Santità 
si sia mossa a fare questo Gran Duca. Loande, stando con la mente et 
con la ragione alla dignità pontificia, non si puô dire che questa crea- 
tione sia dal sangue, né che sia da spirito et sangue insieme ; et per 
conséquente bisogna dire : A Domino factum est istud et est mirabile 
in oculis nostris, quia caro et sanguis mon revelavit, sed pater lesu 
Christi, qui in coelis est. 



TABLh: Alphabétique. 

Pour plus de cI.irK, on a mis en carutèrM gru le« nom* ayant une importance tpicijle par 
rapport au sujet traita, rn petites majuscuus les noms des auteurs citis, en Ualiquti les 
titres d'ouvrages et de revues. Sauf indication contraire, les chiffres disigncnt les pages. 



AcciaiuoH (Agnolo), XV n. 2. ; XVII 
n. 3. 

AcTON (Lord), article sur la Saint- 
Barthélémy, reproduit sous le titre : 
La strage degli ugonotti, XLV ; 176 
n. 3. 

AoRiANt (J. B.), Istoria de' suoi tempi. — 
Mettant à profit des documents de 
tout genre, il envisage l'histoire de 
Florence à un point de vue interna- 
tional, XXXIV. - XLV ; 31 n. i ; 
66 n. I ; 6g n. 6 ; 71 n. a et 3 ; 79 n. 3. 

Adrien VI, XX. 

Alamanni (Vincenzo). — Ambassadeur 
de Toscane en France;sa biographie, 
185 n. I. — Instructions qu'il reçoit, 
185 et aaô sw. — Attitude qu'il doit, 
en particulier, garder à l'égard de 
Henri de Navarre, 186. — Peu d'im- 
portance qu'offrent les deux premiè- 
res années de son ambassade, 186. — 
Son rappel, 190. 

Alava (Francèsde). — Ambassadeur 
d'Espagne, tient des propos inju- 
rieux contre la cour de France, 140. 

Alba (Duc d'). — Guerroyant en Flan- 
dre contre les calvinistes, sollicite et 
obtient du grand-duc de Florence un 
prêt de deux cent mille écus,i70 et n. 
2 et 3; 57 n.a. — Catherine de Médicis 
lui confie le dessein qu'elle a de voir 
son fils possesseur d'un territoire en 
Italie, 118. 
Albbri (E.), Docuntenti su l'assedio di 
Firenze, XXIII n.a ; XLV. — ReUizi- 
ont degli ambasciaiori veneti,XlX n. a, 
XXXIV, n. a ; XLV ; 29 n. 5 ; 73 n. 
2 ; ga n. 6 ; 98 n. 4 ; 100 n. i ; n6 n. 
2 ; iig n. 4. — Vita di Caterina de' 
Medici, XLV ', 2^ n. i ; ag n. 3 ; 176 
n. a. — Juste réflexion sur Catherine 
de Médicis, agn. a. 



Alberfani (André). — Envoyé secrète- 
ment par Cosme à la cour de France; 
instructions qu'il reçoit, 334 sw. — 
A mission de faire, de vive voix, une 
réponse aux offres du roi, relative- 
ment au projet d'alliance avec les 
huguenotscontre Philippe II : résumé 
de cette réponse, 140, 141, 143. — 
Chargé de poursuivre le recouvrement 
des sommes prêtées par le grand-duc 
à Catherine de Médicis, ig5. — Scène 
des plus vives qu'il a, à ce propos, 
avec la reine, ig6. 
Alençon (Duc d'). — Fils de Catherine 
de Médicis ; la reine aurait songé à 
le marier à la fille de François de 
Médicis, xio. 
Alessandrino (Cardinal). — Mémoire 
qui lui est adressé, au sujet du titre 
de frand-duc concédé à Cosme !«', 
136 n. 7 ; 342 sw. — Envoyé par 
Pie V en France ; dans quel but, 164 
et 165. — Conversations qu'il a avec 
le roi ; sa mission échoue complète- 
ment, 164 et 165. 
Alexandre de Médicis (Duc).— Sur les in- 
vitations réitérées de Clément VU, il 
quitte l'Allemagne et vientàFlorence, 
4. — Reçoit le diplôme impérial qui 
le proclame chef du gouvernement 
florentin, 5. — Est élevé à la dignité 
de duc, 5, — Mécontentement qu'il 
excite, bien vite, à Florence ; divers 
citoyens demandent à Charles-Quint 
de lui retirer le gouvernement, 7, — 
Sa vie débauchée déente par Giulia- 
no Ughi, 7 n. i. — Il se rend à Naples, 
auprès de l'empereur, pour se dis- 
culper des accusations qu'on porte 
! contre lui, 8. — Une de ses lettres à 
! Catherine de Médicis, 30, — Soup- 
I çonné, à bon droit, d'être l'auteur de 



248 



LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRAKCL 



l'assassinat du cardinal Hippolyte 
de Médicis, 47 n.3. — Il est assas- 
sine- par son frère Laurent, 10. 

Alexandre de Médicis (Protonotaire), 
121. — Expose à Pic V, pour le 
compte de Cosme 1er, ce qui se pré- 
pare à la cour de France, par rapport 
au 1 ctnur de Coligny tt au mariage 
de Marguerite de Valois avec Henri 
de Navarre, 153. — Conjure Pic V 
de ne pas causer par son obstination 
un chismc en France, i6i et 163. 

Allemands (Princes). — Félicitent 
Charles IX d'avoir conclu avec les 
huguenots la paix de Saint-Germain, 
130. — Indignation qu'excite parmi 
eux le prêt de deux cent mille écus 
consenti par le grand duc de Fkv 
rcnce au duc d'Albc, 174. 

Alphonse, duc de Ferrare. — Voir 
Fcrrare (Duc de). 

Alvarez (Jean). — Cardinal, archev^ 
que de Tolède ; proposé comme can- 
didat à la papauté par Cosme I^"^, 65. 

Ambu&ldeurs de Toscane en France. — 
Voir Carduccl. — Cavalcanti. — Ber- 
nard de Médicis. — Ricasoli (J.-B.) 
Panllallchl. — Cappon). — Ricasoli 
(Léon). — Tornabuoni (Alphonse). — 
Tornabttoni (Nicolas). — Petruccl. — 
Alamanni. — Saracinl. 

Ambassadeurs vénitiens. — Voir 
Vénitiens (Ambassadeurs). 

Amboise (Conjuration d"). — Mesures 
de répression contre les protestants 
dont elle est suivie, 96. 

Amboise (Edit de pacification d'). — 
Tolérance semi-officielle qu'il accor- 
de aux calvinistes, 103. — Mécon- 
tente les catholiques intransigeants 
et ne satisfait qu'à demi les protes- 
tants, 103. 

A\iit\RATO,StoriffioreHtifu,XL'V;2Sn.^. 

Ancel (R.), La qtustioH cU Sienne et la 
politique du cardinal Carlo Cara/a. 
dans la Revue bénédictiru, XLV ; 80 
n. 2 ; 81 n. i et 3 ; 8a n. i. 

Ange de Médicis. — Voir Pic IV. 

Anjou (Charles d'). — Voir Charles 
d'Anjou. 



Anjou (Robert d'). — Voir Robert 

d'Anjou. 
Anne d'Autriche. — Fiancée à Chir- 

les IX,lui est etilevée par Philippe D. 

133- 

Annunziata (Eglise de l'). — Sacag^ 
par lepeuplc.Iorsdela révolutionik 
Florence, 38. 

Antoine de Médicis. — Fère de Ber- 
nard de Médicis, 33 n. 3. 

Appendice, XXXIII ; 303 sw. 

Aragon (Roi de). — Hait la république 
de Florence, XVni n. 2. 

Archives du Ministère des a1falr«s Htu- 
gères de Paris (Sigle AMAÉP). - | 
Recherches qui y ont été faites, «i 
vue du présent ouvrage : docun»ents 
concernant la Toscane qu'elle» ren- 
ferment, XXIX à XXXn. - Voir 
aussi Sources (Nomenclature dei) 

Archivlo di SUito di FIrenze (Sigle ASF). 
— Recherches que nous y avons fai- 
tes, XXXII. — Sections de l'.^rt*»- 
vio McdiciO et des Carte StronkM, 
XXXIIL — Voir aussi $MreM 
(Nomenclature des). 

Archivio stvrico italiano (Sigle ASI), 
XV, n, î; XXI n. i ; XXIHn. 1; 
XXTVn. 3; LI; 40.1; isn.i)?* 
n.4;77n. i;8on. i ; San. 4; 139 "S- 

Arioste, Ol>ere minori : etegia prun*. 
37 n. 3. 

«Arrabiati» (Parti des).— Veulent pro»- 
tituer ou exposer au feu de l'enDefni 
Catherine de Médicis, lors du «t| 
de Florence, 38. 

Arte e storia, LI ; la n. 3. 

Atsassinal des « fuorutciti > (Affaire de H 
— Françoisde Médicis donne mission 
à des sicaires de profession d'assas- 
siner les « fuorusciti » ou bannis flo- 
rentins, réfugiés en France, 191.— 
La chose et découverte ; l'ambassa- 
deur florentin et son secrétaire com- 
promis dans l'affaire, xgj. — Indi- 
gnation de Henri III et de Catherine, 
de Médicis, 191. 

Atti del reale isUtuto veneto di scmu, 
lettere ed arti, LI ; ion. 5. 



TABLE ALPHABETIQUE, 



AuDiN, Histoire de la Saint-BarthéUmy, 
XLV, ï75n.i. 



Autriche (Anne d'). 
d'Autriche. 



249 

Voir Anne 



Bade (Marquis Charles de). — Félicite 
Charles IX de son mariage et de la 
signature de la paix de Saint-Ger- 
main, 130. 
Baldini (Baccio), Vita di Cosimo de' 
Medici, primo granduca di Toscana, 
XLV ; 186 n. 4. 

« Balia » (Dodici di). — Voir Douze 
Conseil des). 

Bandini (Giovanni). — Agent floren- 
tin, x6. 

Bakdi (A.), Carlo V e l'assedio di 
Firenxe, XXXII, n. 2 ; XLV. 

Bardi (Donato de). — Agent de Cos- 
me le: à Venise, 24 et n. 3. 

Bardi (Lapo). — Ambassadeur envoyé 
par la république de Florence au roi 
Robert, XVIH n. i. 

Baschet(A.), La jeunesse de Catherine 
de Médias, XLI ; 27 n. i. — Fji diplo- 
matie vinitienne, XXXIV n. 2 ; XLV ; 
29 n. 4 ; 62 n. 3 ; 115 n. 2 ; 117 n. 2. 

Bavière (Duc Richard de). — Félicite 
Charles IX de son mariage et de la 
signature de la paix de Saint-Ger- 
main, 130. 

Bayonne (Entrevue de). — Charles IX 
et Catherine s'y rencontrent avec la 
reine d'Espagne, 106. 

Bellay (Jean du). — Cardinal ; traite 
avec Serristori la question du rap- 
prochement de la Toscane et de la 
France, 66 et 67. — 214 . 

Bellay (Martin du). — Ses Mémoires, 

«4- 
Benci (Amerigo).— Chargé par Cosme 

1er de traiter la question des grains, 

209,214. 

Bene (Barthélémy del). — Envoyé à 
Florence par Catherine de Médicis 
pour négocier un emprunt, 103. — 
xizn. X ;i2on. 2- 

Benedetto (Giovanni di). — Ambassa- 
deur envoyé par la république au 
roi Robert, XVni n. x. 



Bernard i» Médicis. — Sa biographie, 
33 n. 3. — Ambassadeur de Cosme 
1er en France ; instructions qui lui 
sont données, 33 ; 35 ; 203 sw. — 
Comment il doit traiter la question 
de la préséance,40,4X. — Accueil qu'il 
reçoit à la cour ; joie qu'en éprouve 
le grand-duc, 35. — Isolement où il 
est bientôt tenu,37. — Son rappel, 43. 

Bbrti (P.), Documenti riguardanti il 
commercio dei Fiorentini in Francia, 
XVI n. I ; XLV. - Akuni documenti 
clteservono ad illustrare il pontificato^. 
di Clémente Vil. XX n. i, 3, 3, 4, 5 et 
6 ; XLV. 

Bianca Cappello. — Dame vénitienne ; 
ses aventures romanesques ; par- 
vient à se faire épouser par le 
grand-duc François de Médicis ; sa 
mort, 197. 

Bibliograpliie. — Liste des ouvrages 
utilisés et fréquemment cités, XLV 
svv. — Liste des Revues, LI. 

Bibllotlièque natienal* de Paris (Sigle 
BNP).— Ce que nous y avons trouvé, 
au point de vue de l'histoire de la 
Toscane, XXXII. — Fonds italien : 
Correspondance relative à la der- 
nière période de la vie de Cosme 1er, 
XXXn. — Collections Simancas, K. 
140 n. 4. — Voir aussi Sources (No- 
menclature des.) 

Bibliotlièque riccardiana do Fleronce, 
134 n.2.— Voir aussi Sources (Nomen- 
clature des). 

BIOA2ZI (P.), Firenxe e contorni, ecc., 
XXXV ; XLV. 

Birague (De). — Complice de Catherine 
de Médicis dans l'exécution de la 
Saint-Barthélémy, 175. 

Blois. — Arrivée de Coligny dans cette 
ville où se trouve la cour, 158. 

Bologne (Conférence de). — Entre 
Charles-Quint et Clément VU ; le 
pape y réclame le rétablissement 



250 



LES NEGOCIATIONS E^TBE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



des Médicis i Florence, par la force, 
XXIII n. I. 

Bonclli (Michel). — Neveu de PicV; 
porte à Cosmc Itr la bulle qui l'élève 
à la dignité de grand-duc, laa. 

Bordier(H.), La Saint-BarVùlcmy et 
la critique tncdernc, XLVI ; 176 n. 3. 

Borgo [San-Scpolcro] (Evètjue de). — 
Voir Tornabuoni (Nicolas)- 

Borromce (Charles). — Neveu de Pie 
rV jccntrairement aux recommanda- 
tions de son oncle, travaille, dans le 
conclave, à faire élire ^fl'chcl Ghis- 
leri et non le candidat drsi^nc par 
le duc de Florence ; à quels mobiles 
il obéit, 114. 

Bourbon (Antoine de I. — Est nommé 
lieutenant du royaume et comman- 
dant des armées, loi. — Projets 
perfides que lui prêtent le cardinal 
de Tournon cl Tornabuoni, loi. — 



Félicita 



Dupe de Catherine de MédJcis et de 
Philippe n, 103. - Sa mort, loa. 

Brandebourp (Flecteur de). — Félicite 
Charles IX de la paix de S&int-Gi 
main, 130. 

Brants (V.), — Professeur à l'univer- 
sité de Louvain, XXXVIll. 

Brémcnd d'Ars (Guy de), La Snint- 
BartlUkmy et la cour d'Est 
XLVI ; 175 n. I. 

Brunswick (Duc Jules de). — Féli 
Charles IX de son mariage avec la 
fille de l'empereur et d'avoir si| 
la paix de Saint-Germain, 130. 

Bruzzone fL.), papa coUrrico e strt 
tuante : Faclo IV, dans la Cultu* 
Xr.VI ; So n. 4. 

Bulletin italien, XXV n. 3 ; LI. 

Busini. — Banquier et agent florcnt 
en France, 193. 

BussiNi (G. B.), LetUre a Bentdetio 
Varchi, XLVI ; a8 n. i. 



Calais. — Repris par les Français, 85. 

Cambrai (Conférences et paix de). — 

La liberté de Florence y est sacrifiée, 

xxn. 

Canestrini (G). — Chargé par le gou- 
vernement français de recueillir les 
documents pubhïs par Desjardins, 
XXVI ; n. 4. — Legazioni d' Averarda 
Serristori, XLVI; 19 n, 3 et 6 ; 30 
n. I ; 61 n.6; 65 n.4; 74 n. i ; 116 n 3. 

Capasso (C), Filippo Stroizi, i fuoru- 
sciti e la cortepontificia, XLVI ; 7 n.i; 
10 n. I ; 15 n. 3. — La pditica di 
Paolo nie ritalia, XLVI. 18 n. a. — 
Saggio di attie documentiwlla cûhWo- 
versia di precedtnza, XLVI ; 59 n. 5. 
(L'arlicle,en réalité, est de P. Capci), 

Capei (P.), Saggio di atli e documenli 
nella controversia di prec^denza ira il 
duca di F irense e quelle di Ferrara, 
XLVI ; 122 n. 3. 

CAPPELi.ETTi(L),.S'/or»« délia cita e siaic 
di l'iomlnno, XLVI ; 61 n. i ,79 n. i. 

Cappello. — Voir Bianca Cappello, 

Cai>poni (Luigi). — Ambassadeur de 
Toscane en France ; sa biographie, 
69 n. z. — Envoyé par Cosme, 



comme ambassadeur, i la cour de 
France, 69. — Instructions qu'il 
reçoit, aïo svv. — Importance exa- 
gérée qu'on attribue en France à sa 
mission, 69. — Est rappelé, 75. 

Capponi (G.), Sioria délia repvbblica di 
Fifcnxc, XLVI ; 6 n. i. 

Caraffa (Carlo). — Cardinal, neveu de 
Paul IV, travaille à se tailler une 
principauté en Italie, aux dépens des 
Siennoi"; ; ses intrigues, 80 et 81. -^ 
Légat a laUre en France, 81. ■ 

Carduccl (Ralthasar). — Dernier ambas- 
sadeur de Florence en France, avant 
la chute de la république ; sa prot 
tation contre le traité de Cambrai 
l'oppression de sa patrie, 2. — 
voyé par les Florentinsà François 
pour qu'il \'jenne au secours de 
Florence que menace Charles-Quint, 
XXI. — Il meurt à Angoulème, 3. 

Carnesccchi. —Accusé d'hérésie, li^Té 
à l'inquisition romaine par Cosme I", 
sur la demande de Pie V, 116. 

Casa (^lonsignor délia). Discorsa al 
cardinal Caraffa, dans Optn 
XLVI ; 81 n. i. 



•anl 

1 



É 





TABLE ALPHA BKTUfUE. 



» 



Cateaa-Cambrésis <Paix-de).— ^^a^que 
ia lin d'une ère historique pour 
l'Europe et, en particulier, pour 
ntalie ; à quels points de vuc,85 et 86. 
— Impression qu'elle produit, en 
France, en Italie, 86 n* 3. 

CatBKa (G), Vita ciel gloriosissimo f^apa 
Pio Quinte, XLVI. 

Catherine de Médicit. — Bibliographie, 
•27 n !■ — Ses parents, sa naissance, 
sa jeunesse, «7. — Dangers qu'elle 
court, lors de la révolution de Flo- 
rence; son séjour cher les Murait, 
28 et n. 1. — Son mariage avec le duc 
d'Orléans, le futur Henri II, 38. — 
Hostilité de Diane de Poitiers contre 
elle ; son isolement à la cour, 39. — 
Sa stérilité, au début de son mariage, 
puis ses couches réitérées, 39. — La 
femme politique commence à se 
révéler en elle, ag.— N'a pas de rela- 
tions suivies avec les Médicis de Flo- 
rence, durant les premières années 
de son séjour en France, lo. — Quel- 
que» lettres d'elle au duc Alexandre 
et à Cosmc I*', avant 1344, 30 et 31. 
— Liste et état-civil de ses enfants, 
6ï, n. 3. — Naissance de son premier 
enfant, 37 et 32. — Compliments que 
lui adresse, à cette occasion, Cosme 
I",33 — Gracieux accueil qu'elle fait 
à l'ambassadeur Bernard de Médicis 
que le duc envoie, bientôt après, en 
France, 35. — Des difiBcultés ayant 
surgi, à cause de la question des 
préséances, elle semble prendre le 
parti du duc, 42. — Après le rappel 
de l'ambassadeur, elle écrit à Cos- 
me I«f, pour lui manifester son cha- 
grin de la rupture desrelations entre 
la Toscane et la France : réponse 
de Cosme, 44 et 45. - Devient reine 
de France par la mort de François I" 
et l'avènement de Henri II, 47. — 
Félicitations que lui fait adresser 
Cosmc I«f par un nouvel ambassa- 
deur, 50. — Peu de douleur que lui 
cause la mort de François !«'", 51. — 
Sonattilude.lorsdusacrede Henri II, 
dans la question des préséances, 53. 



— Après le retrait de l'ambassadeur 
de Toscane, refuse d'agréer, comme 
réprésentant auprès d'elle, Chiaris- 
simo de Médicis, 57, — Donne le jour 
à son quatrième enfant, 62. — Cosme 
I" lui ayant fait exprimer ses félici- 
tations, elle s'affirme toute dévouée 
au duc, 64. — Accouche de son cin- 
quième enfant, le futur Charles IX, 
68. — S'oppose aux pourparlers en 
vue de la reprise officielle des 
relations entre Henri II et Cosme 
lef ; pour quels motifs, 73. — Lettre 
qu'elle écrit à Cosme I*"", en réponse 
aux condoléances de ce dernier, 
lors de la mort de Henri II, 8g. 

— Protège \es/uoruscHi réfugiés à la 
cour, 91. — Patronne le cardinal de 
Ferrare, dans le conclave qui suit la 
mort de Paul FV, 93. — Circonstan- 
ces difficiles au milieu desquelles elle 
inaugure sa régence, au lendemain 
de la mort de François II : Antago- 
nisme des catholiques et des calvi- 
nistes, des Guises et des Bourbons, 
looet ICI.— Commentde la décision 
que la reine allait prendre, en face 
de cette situation, pouvait dépendre 
l'avenir religieux de l'Europe, loo.— 
Plutôt que d'adopter une ligne de 
conduite nette et tranchée, elle se 
décide à louvoyer, loi. — Pour se 
concilier Antoine de Bourbon, elle le 
fait nommer lieutenant général du 
royaume, loi. — Amuse le roi de 
Navarre, en lui promettant de travail- 
ler à lui faire obtenir la principauté 
de Sienne, 103. — Essaie d'effrayer 
Cosmc h' en répandant le bruit que 
cette principauté va être donnée à 
Don Juan d'Autriche, i»2. — Solli- 
cite du duc un prêt de deux cent 
mille écus, 103. — Après la mort 
d'Antoine de Bourlx»n et de François 
de Guise, elle rêve de pacifier le 
royaume, en établissant l'équilibre 
entre les deux factions qui le divisent, 
les protestants ctlescatholiques.103. 

— Accorde par Tédit d'Amboise une 
tolérance semi-officielle aux calvi- 



252 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



nistes, 103, — BIdmée par les catho- 
liques intransigeants à cause de cet 
édit de pacification d'Amhoise, elle 
expose les raisons qu'elle a eues 
d'agir ainsi, 103 et 104.— Affecte,par 
fliUeurs.un redoublement de dévotion 
orthodose, loij. — Malgré les diffi- 
cultés de la situation, lève une armée 
qui s'empare du Havre, 105. — Fait 
proclamer, à Rouen, la majorité de 
Charles IX,i05. — Dicte à Montaigne 
des «conseils » destinés au jeune roi, 
105. — Parcourt avec son fils les 
diverses provinces du royaume ; 
conclut la paixavcc l'Anglctcrrc.ios, 
— A une entrevue à Bayonnc avec 
la reine d'Espagne, 106. — Tient 
Côsmc I"' au courant de ses courses 
politiques, lui annonce la conclusion 
de In paix avec l'Angleterre, 105. — 
Lui fait rendre compte de l'entrevue 
de Bayonnc,io6. — Mais, par ailleurs, 
au sujet Hu remboursement des 
sommes par lui prêtées, ne con- 
sent à donner à l'ambassadeur 
Petrucci que de vagues promesses, 
109. — Bien loin de songer à payer 
ses dettes, elle sollicite, de côté et 
d'autres, de nouveaux emprunts ; 
elle demande en particulier à Cosme 
deux cent mille écus, iio. — Pour 
faire consentir le duc à ce prêt, elle 
multiplie à son égard les démonstra- 
tions d'amitié et les promesses : elle 
veut attirer près d'elle, pour le com- 
bler de faveurs, Pierre, le plus jeune 
fils de Cosme, le marier avec Marie 
de Clèvcs et unir le duc d'Alençon à 
la fille de FrançoisdeMédicisj Cosme 
reste insensible et refuse le prêt 
demandé, iio et m. — Elle négocie 
et conclut avec les chefs protestants 
la paix de Longjumeau, m. — 
Rêve, au lendemain de cette paix, 
de mettre son fils, le duc d'An- 
jou, à la tête du parti catholique, 
qui s'arme contre les huguenots, et, 
sous le couvert du jeune prince, de 
diriger elle-même la lutte, iia. — 
Dans le conclave qui sait la mort de 



Pie IV, elle apipuie la candidature 
du cardinal de Ferrare; ce qu'elle 
dit à l'ambassadeur florentin à c^ 
propos, 113. — Confie au duc d'Al 
le dessein qu'a son fils, dit-elle, à^ -MI* 
devenir possesseur d'un territoire '^ 
en Italie, 118. — Après la victoire d» ^* 
Jamac, obtient du duc de Toscans ^* 
un prêt d'argent et un envoi d^ -•* 
IroupeSjiao.— Répond aimablement r^*"*» 
mais peu sincèrement pcut-^tre, ^^ * 
Cosme 1er qui lui a notifié sor"^ *" 
élévation à la dignité de grand-duc^ -•'• 
et annoncé son couronnement pa^c^ -^ 
Pie V, 126. — Par crainte de vok^ -*" 
grandir outre mesure l'influence de^=: "^ 
Guises, mais par suite surtout diK— ^■' 
dénûment où se trouve le royaume^, ^ 
aussi bien que le trésor royal, ell^^* 

se décide à conclure avec les hugue^ — 

nota la paix de Saint-Germain, 137 cc^^ 
138. — Expose à l'ambassadeur de=^ 
Florence l'extrémité à laquelle ellc=^~ 
est réduite, 129 et 13a — Charge-^ 
Cosme I"^ de fournir à ce sujet dc^' 
explications au pape, qui refuse de 
rien écouler, xag et 130. — Est tenue 
par Charles IX à l'écart de son 
projet d'alliance avec les huguenot» 
et d'expédition en Flandre, 135 et 
138. — Devine et essaie de contre- 
carrer ce projet, 139. — Toutefois 
rinsolencedel'ambassadeur espagnol 
l'y rend bientôt moins hostile,i40.— 
Mise enfin au courant de tout pax le 
roi, elle ne fait plus d'opposition à 
ses vues, 143. — Demande à Cosme 
de ménager l'alliance de Venise 
avec la France, 143. — Expédie Téli- 
gny à La Rochelle, en vue de négocier 
le retour de Coligny à la cour, 144. 
— Contentement qu'elle éprouve, en 
voyant définitivement échouer le 
projet d'expédition de Charles K, 
en Flandre, de concert avec les 
huguenots, 150. — Poursuit son pro- 
jet d'union entre huguenots et catho- 
liques et, dans ce but, travaille au 
retour de Coligny à la cour et au 



n 
n 

4 




TABLE ALPHABETIQUE. 



i53 






mariage de Marguerite de Valois 
avec Henri de Navarre, 151. — 
Réclame pour ce double projel 
l'interv-ention de Cosmc auprès de 
Pie V, 151. — En dépit de l'opposi- 
tion de Rome, s'cntérc, en particu- 
lier, à poursuivre la réalisation du 
mariage de Marguerite de Valois 
avec Henri de Navarre : discussion 
des plus vives qu'elle a, à ce sujet, 
avec le nonce, 15g. — Prie Cosme Ut 
d'insister encore auprès du pape : 
M Sa Sainteté ne veut pas donner de 
dispense publique, qu'elle en donne 
une en forme privée, i6o. — Le nonce 
s'efforce de l'indisposer contre le 
grand-duc, 163 — Elle confirme à ce 
dernier sa résolution irrévocable de 
f«ire célébrer le mariage de Margue- 
rite de Valois avec Henri de Navarre, 
uns dispense du pape et malgré son 
opposition, 165. — Echange ses vues 
avec le grand-duc,au sujet du pape à 
élire dans le conclave qui suit la 
mort de Pie V, 166 et 167.— Patronne 
vainement dans ce conclave le 
cardinal de Ferrare, 167. — Compte, 
un moment, sur le nouveau pape, 
Grégoire XIII, pour la concession de 
la dispense relative au mariage de 
Marguerite, 167. — Son espoir est 
déçu, 16B. — Poussée à bout par l'op- 
position de Rome, fait procéder 
sans dispense au mariage de Mar- 
guerite de Valois et de Henri de 
Navarre, 168. — Fait en sorte que les 
protestations du pape ne puissent 
parvenir en France avant que les 
fêtes du mariage ne soient tinics, 
16e, n. 4. — Sa colère cl ses récrimi- 
nations,en apprenant le prêt de deux 
cent mille écus consenti au duc 
d'Albe par le grand-duc de Florence, 
17a. — Lettre que le grand-duc lui 
écrit à ce propos, 17a cl 173. — 
Ressentiment qu'elle conçoit de 
l'ascendant extraordinaire que Co- 
ligny, après son retour à la cour, a 
pris sur Charles IX. — Tente de se 
débarrasser de l'amiral en le faisant 



assassiner, 175. — Se décide à or- 
donner le massacre général des 
huguenots; prétextes qu'elle invoque 
175. — Le meurtre de Coligny et des 
chefs calvinistes fut-iï prémédité de 
sa part, 176. — Hn ful-il de même 
de la Saint-Bajthélemy, c'est-à-dire 
de regorgement en massedes hugue- 
nots, 176 et 177. — Peu d'empresse- 
ment qu'elle met à informer en 
détail les souverains de Toscane du 
massacre delà Saint-Barthélémy, x8o 
et j8i. — Reçoit les félicitations des 
souverains de Toscane, au sujet du 
massacre des huguenots,i8i et 182. — 
Lescatholiques, à r<iccasionde regor- 
gement des hérétiques, lui décernent 
les titres de « mère du royaume • ctdc 
«conservatrice du nom chrétien», 183. 

— Situation diflkile où elle se trouve, 
au point de vue financier, après la 
mort de Charles IX, 187. — Espère 
pouvoir mettre largement Florence 
à contribution : fait demander, par 
l'entremise de Grégoire XIII, cin- 
quante mille écus à François de 
Médicis, i88. — D'autre part, har- 
cèle l'ambassadeur florentin de 
demandes d'argent, 187, 188. — Fina- 
lement n'obtient rien du grand-duc; 
son mécontentement, 189. — Traite 
de mensonges les faux-fuyants invo- 
qués par lui, 189. — En vient jus- 
qu'à accuser les Médicis de Florence 
d'un triple empoisonnement, 190. — 

— Fait la sourde oreille aux protes- 
tations réitérées que lui adresse 
l'ambassadeur Saracini, au sujet de 
l'aflfront qui est fait à Florence, par 
rapport à la préséance, 193 et 193- — 
Ne fait rien pour empêcher la rup- 
ture diplomatique entre la Toscane 
et la France, 196. — Est exaspérée 
de la façon dont François de Médi- 
cis poursuit le recouvrement des 
sommes qu'il a prêtées à la cou- 
ronne de France ; scène des plus 
vives qu'elle a, à ce propos, avec 
l'agent florentin, Albcrtani, 196 et 
197. -~ Voit son ascefidant et sa 



254 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE 



FRANCE. 



puissance s'éclipser ; isolement et 
tristesse de ses derniers jours, 198. 
— Meurt oubliée des uns, maudite 
des autrcs,i99. — Ses lettrcs.XXXIV. 

Gauchie (A.). — Professeur à l'univer- 
sité de Louvain, XXXVIII. 

Cftvalcanti (Bartolommco). — Envoyé 
par les Florentins à François U' 
pour le prier de sauvegarder l'indé- 
pendance de Florence, XXIi. 

Cavriana (Chavalicrl. Ses paroles sur 
la mort de Catherine de Médicis, 
198 n. 3. 

Cérisoles (Bataille de). — Le lieute- 
nant général de Charles-Quint, Del 
Vasto, y eït battu, 34. 

Cervia, XXIII n. i. 

Cesis (cardinal). — 161 n. 4. 

Cession de Sienne à Cosmc l" par 
Philippe II. — Quels en furent les 
motifs, les conditions et les consé- 
quences, 83 et 84. 

Champagne (Rôle des Florentins aux 
foires de), XVU. 

Charlcmagnc. — Aurait été le premier 
restaurateur de la ville de Florence, 
dont il aurait changé le nom de 
Fîuence en celui de Florence, XVI. 

Charlet-Quint. - Après son avènement 
à l'empire, la guerre éclate entre lui 
et François I*', XIX.— Clément VII 
recourt à son inter\'cntion pour qu'il 
rétablisse par la force les Médicis à 
Florence ou détruise la cité, XXI. — 
Conférences qu'il a avec le pape à ce 
sujet, XXm n.i. — Sacrifie Florence, 
dans les traités de Cambrai et de Bo- 
logne, XXII; XXUI.- Marche sur la 
Toscane ; reste sourd aux prières 
des envoyés florentins, XXII — Ses 
troupes assiègent Florence qui doit 
enfin capituler, XXIII. — Proclame 
Alexandre de Médicis chef du gou- 
vernement de Florence, 5 — Est 
regardé, à juste titre, comme l'op- 
presseur de Florence, 7. — Se rend 
à Naples et refuse d'y écouter les 
plaintes des exilés florentins, 8. — 
Conseil que lui donne te cardinal 
de Ravenne d'agir contre le pape, 33. 



— La guerre éclate de nouveau, 
entre lui et François I*», ii. Il 
signe la paix de Crépy, a6. — 
Donne tort aux prétentions de Flo- 
rence dans la question des préséan- 
ces,39. — Mémoire que lui adresse 
Cosme !«<■ sur la conduite à. tenir i 
l'égard de la France, de l'Anglelerre 
et du Saint-Siège,45ct 46. —Tranche 
en faveur du duc de Florence la 
question de préséance, 56. — Ses 
alliés en Italie, au lendemain de la 
paix de Crépy, 61. — Donne, puis 
relire à Cosme Icr la seigneurie de 
Piombino, 60 et 61. — Fait occuper 
Plaisance, après la mort de Pierre 
Louis Farnèse, fils naturel du pape 
Paul m, 61. — Peu content de 
l'élection de Jules III, 65, — S'im- 
misce dans la question de Sienne, 
77. — Cosme h^ l'excite à assaillir 
cette ville avec des forces consid 
râbles, 78. — Il cède de nouv 
au duc de Florence la seigneurie d<^ 
Piombino, 79. — Domination des- 
potique qu'il rêvait de faire pcsc«~ 
sur ITtalie, 201. 

Charles VII, XV n. t. 

Charles VIII. — Convention conclue 
par lui avec la république de Flo- 
rence, XVI ; XIX. 

Charles IX. — Charles-Maximilien, fili 
de Catherine de Médicis j son état 
civil, 63 n. 3. — Sa naissance, 68. - 
Agé de quatorze ans, est proclamé 
majeur, à Rouen, 105. — Parcourt 
avec sa mère les diverses provinces 
du royaume, 105, — Répond aima- 
blement, mais peu sincèrement sans 
doute, à Cosme 1er qui lui a notifié 
son élévation à la dignité de grand- 
duc et annoncé son couronnement 
par Pie V, ia6. — Epouse ta fille de 
l'empereur Maximilien, 130. — On 
l'invite à agir, de concert avec l'em- 
pereur et le roi d'Espagne, contre le 
grand-duc de Florence ; mais il 
nourrit d'autres idées, 133. — Noi 
breux griefs qu'il a contre 1 
d'Espagne, Philippe II, 133. — Coni 



4 



TABLE ALPHABETIQUE. 



I 



I 



seillé, en particulier, par Téligny, 
il caresse le projet d'une guerre à 
l'étranger, qui ferait diversion aux 
troubles intérieurs du royaume ; 
il songe, de préférence, à une 
expédition dans les I*landres,de con- 
cert avec les huguenot;», 131 et 13a. 

— Son dessein d'engager Cosmc !<;•" 
dans cette entreprise, 131. — Con- 
versations qu'il a avec Pelrucci, au 
sujet de son plan d'eip^dition en 
Flandre de concert avec les calvinis- 
tes ; sa mère, dit il, doit tout igno- 
rer, 135 et 134. — Envoie Gakas 
Prégose au grand-duc, en vue de 
l'amener à l'alliance en question 
avec les huguenots, 137. — Mémoire 
qu'il charge Frégose de lire à Cosmc 
^"1 ^37 "^t 138. — Mécontent des 
hésitations du grand-duc, 139. — 
Continue à s'obstiner dans son des- 
sein, 139. — Finit par mettre lui- 
même la reine mère au courant des 
négociations qu'il lui a jusque là 
cachées, 143. — Envoie, une atconde 
fois, Frégose à Florence, 143, — 
Presse Petrucci de travailier à rap- 
procher Coligny de la cour, 144. — 
Paroles par lesquelles il accueille 
Coligny, lors de son retour à la 
cour, 158. — Refuse de prendre part 
à la ligue organisée par Pie V contre 
les Turcs ; pour quels motifs, 164 
et 165. — Poussé à. bout par les refus 
réitérés de Rome, fait procéder sans 
dispense au mariage de Marguerite 
de Valois avec Henri de Navarre, 
168. — Subit l'ascendant de Coligny, 
après le retour de ce dernier à la 
cour, 175. — Sa mort, 187. 

Charles d'Anjou. — Roi des Deux- 
Siciles, élu chef de la seigneurie de 
Florence, en 1267, XVIU. 

Charles d'AnjoUjfilâ de Robert d'Anjou. 

— Elu chef de la scignturie de 
Florence, en 1535, XVIIl. 

Charlcs-Maximilien.— Voir Charles IX. 

Charles de Valois. — Frère de PhiUppe 
le Bel;élu,en i30i,chef de la seigneu- 
rie de Florence, XVUI. 




Chavi^ny (De). - Envoyé à Rome par 
Catherine de Médicis, pour sauver 
les apparences, lurs du mariage de 
Marguerite de Valois avec Henri de 
Navarre, 168. 

Chiarîssimo de Médicis. — Refusé par 
Catherine de Médicis comme repré- 
sentant du duc de Toscane auprès 
d'elle, 57. 

Christine de Lorraine. — Petite-fille 
de Catherine de Médicis ; son maria- 
ge projeté avec l'ex-cardmal Ferdi- 
nand de Toscane, 198, 

CiACoNiUa (A.), Vitacitra gtstae Pon- 
ti/jcum Romanorum et S. R, E. Curdi- 
naliuw, XLVl ; 93 n. 4 ; 114 n. 6 ; 
115 n. 3. 

Cituentes (Comte de). — Envoyé de 
Charies-Quiut; déclare valide l'élec- 
lion àc Cosme I", 14. 

Clarisse de Médicis. — Catherine de 
Méaicis, dans sa jeunei(se,est confiée 
à sa garde, aS. 

Claude. — Fiilc de Catherine de Médi- 
cis; soù étal civil, 62 n. 3. 

ClAment VII. — Précédemment cardinal 
Jules de Médjcis ; son élection à la 
papauté ; fêtes extraordinaires à 
Florencc,à cctie occasion ; protesta- 
tions d'amour du nouveau pontife 
pour ses concitoyens, XX. — Triste 
lendemain qu'ont ces 1 éjouissances 
etcesdémonitrationsd'araitié.XX.— 
Les Médicisayaniéiéchassésde Flo- 
renceànouveau,Ciément V'IIrecourt 
àremptreur pour qu'il les rétablisse 
par les armes ou uétruise la ville, 
XXI ; XXIII n. I ; 4 n. 2.— Cunléreo- 
ces qu'il a avec lui, à Bologne, 
dans ce but, XXIII n. t. — Son obsti- 
nation auiait laii perdre l'Angleterre 
à i'Eglise, 151 j 164 —Si mort,7 n. i. 
— Il a été cause de l'asservissement 
de Florence, XXIII ; 5 n. 4. 

Clément (Jacques). — Dominicain, 
assassine Henri III, 198. 

CoGQioLA, / Farnesi e il conclave di 
Paolo JV,XLVl; 80 n. 4 — PaololV 
e la capilolaxione stgreta di Cavi, 
XLVI ; So n. 4. 



256 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



Collgny (Amiral de). — Le bruit court 
qu'il songerait à porter la guerre à 
rétratiRcr, 131. — Manileste à l'am- 
bassadeur florentin le désir de se 
rapprocher de la cour, 143. — Cathe- 
rine de Médicis est favorable à ce pro- 
jet, 151. — Ascendant, qu'après son 
retour à ta cour, il prend bientôt 
sur Charles IX ; ressentiment qu'en 
conçoit Catherine de Médicis, 175. 
— Temalive d'assassinat dont il est 
l'objet de la part d'un assassin sou- 
doyé par la reine. 175. — Son rappel 
à la cour a-t-il été un moyen per6de, 
imaginé par Catherine de Médicis, 
pour le iaire tomber, lui et les sei- 
gneurs protestants, dans un guct- 
apens qui devait aboutir au mas- 
sacre de la Sainl-Barthélemy, 175 
et 176. — Sa mort et celle des cheta 
calvinistes, abstraction faite de 
l'égorgcment en masse des hugue- 
nots, ont elles été préméditées, 
176. 

Colle (Bernardo da), — Secrétaire de 
Luigt Capponi, 69 a. 6. 

Colle (Rcnieri da). — Ingénieur et 
agent florentin, en France, 193. 

Concile de Trente. — Voir Trentt 
(Concile de). 

Concint (Bartnélemy). — Ses intrigues 
dans le conclave qui suit la mort de 
Paul IV ; pression qu'il exerce sur 
les cardinaux, 93. — Est chargé par 
Pie IV d'inviter, de sa part, Cosme 
(<:r à venir A Rome. 98. - Chargé 
par Cosme I" de féliciter Pie V, à 
l'occasion de son avènement, 115. — 
Conseils qu'il donne à Pie V, de la 
part du duc de Florence, 117. — 47 
D. 3 ; 167 n. J. 

Ctnclaves. 

Conclave de 1549-1550. — Cosme tra- 
vaille auprès des cardinaux pour 
écarter les candidats lavorables à ia 
France : de concert avec Tempe- 
reur, il procure l'élection du cardi- 
nal del Monte, qui prend le nom de 
Jules m, 64 et 65. 

Conclave de 1555. — J«" Pi*"* 



CarafTa y est élu et prend le nom de 
Paul IV, 80 n. I,— Ce que Cosme I"^ 
pensait de cette élection, 92. ^M 

Conclave de 1559. — Intrigues du doc^* 
de Florence dans ce conclave, pres- 
sion qu'il y exerce sur les cardinaux ; 
il y fait élire Ange de Médicis, qui 
prend le nom de Pie IV, 91, 9a, 93. 

Conclave de 1565-1566. — Intrigues de 
Cosme 1er dans ce conclave en 
laveur d'Ange Niccolini et manœu- 
vres de Catherine de Médicis en 
laveur du cardinal dePerrare, 113.— 
Michel Gbisleri y est élu, grâce â 
l'influence de Charles Borromée ; il 
prend le nom de Pie V, 113 et X14. 

Conclave de 157a. — Echange de vues 
entre le grand-duc et Catherine de 
Médicis au sujet de ce conclave, 165 
et 166. — Brigues qu'y font les car- 
dinaux, 167. — La reine y patronne 
vainement le cardinal de Ferrare, 
167. — Hugues Buoncompagni, ami 
de Cosme l^, y est élu et prend l^H 
nom de Grégoire XIII, 167. ^| 

Concludont de cette étude, aoo. 

Condé (Prince de). — Son armée sous 
les murs de Paris, en 1567, 131. 

Conférences de Bologne. — Voir 
Bologne (Conférences de). 

Conférences de Cambrai. — Voir Cam- 
brai (Conférences et paix de Cam- 
brai), ^m 

Conseil des Douxe, 6. ^M 

Conseils des Quarante-huit et de^^ 
Deux-cents. — Leur institution, 5. 

Conseil des réformateurs, 6. 

Cosme h'de Médicil. — Sa naissance 
et sa jeunesse, 11. — Son électîfl 
comme duc de Florence,xo. — InvJ 
le cardinal Salviati, son oncle, à 
venir à Florence pour négocier le 
retour des fuoruscitii 13. — Est 
victorieux des fuorusciii, 14. — De- 
mande en vain la main de Margue- 
rite d'Autriche, 15. — Epouse Eléo- 
nore de Tolède, 17. — Lettre qu'il 
écrit à un prélat, au sujet 
fuorusciti réfugiés en France, 17. • 
S'efforce de détacher le pape de I« 




TABLE ALPHABETIQUE. 



257 



France et de l'attirer de son côté, 19, 
ao. — S'efforce d'exciter indirecte- 
ment Charles-Quint contre Paul III 
et l'exhorte à s'emparer de Rome, 
'S. — Est menacé, à la fois, par les 
fitorusciti et par Paul III, 34. — Sa 
'Consternation en apprenant ladéfaite 
<^es impériaux à Cérisoles, 34. — Met 
^ prix la tête de Pierre Strozzi et 
•demande en vain au marquis Del 
V"asto de lui livrer les fuorusciti faits 
Prisonniers, 25. — Joie que lui cause 
*s paix de Crépy ; il en profite pour 
*^«nter de se rapprocher de la France, 
^6. - Prend occasion de la naissance 
^u premier enfant de Catherine de 
îtfédicis, le futur François II, pour 
essayer de renouer des relationsavcc 
la France ; lettre qu'il écrit à Cathe- 
TÏne, 33. — Envoie, comme ambas- 
sadeur à la cour de France, Bernard 
de Médicis, 33. — Reçoit avec peu 
d'égards Alexandre Rossct, envoyé 
du roi de France ; en explique les 
motifs à son ambassadeur, 37 et 38. 
— Instructions qu'il donne à son 
ambassadeur, Bernard de Médicis, 
au sujet de la question de préséance, 
40 et 41. — Réponse qu'il fait aux 
arguments invoqués par le duc de 
Ferrare dans la question de préséan- 
ce, 41. — François I" s'étant pro 
nonce contre Florence, Cosme I" 
rappelle son ambassadeur, 41 à 43. — 
n se tourne délibérément du côté 
de l'empereur : mémoire qu'il adres- 
se à Charles Quint sur la conduite 
politique à tenir vis-à-vis des diver- 
ses puissances, 45 et 46. — Profite 
de la mort de François 1er et de 
l'avènement de Catherine, comme 
reine, pour tenter à nouveau la 
reprise des relations entre la Tos- 
cane et la France ; envoie Ricasoli 
comme ambassadeur, 47. — Instruc- 
tions qu'il lui donne et lettre qu'il 
écrit à Catherine, 48. — Affront fait 
à son ambassadeur, lors du sacre de 
Henri II, 54, 55. — Fait trancher, à 
la cour de Charles Quint, la question 



de préséance, 56. — Ne recevant de 
Henri II aucune satisfaction sur 
cette question, rappelle son ambas- 
sadeur, 57. Motifs de mécontente- 
ment que l'affaire de Piombino lui 
donne contre Charlcs-Quint, 60. — 
Travaille à s'emparer de la seigneu- 
rie de Piombino avec la complicité 
de Charles-Quint, qui bientôt lui 
retire cet État, 61,— Cosme,de dépit, 
se tourne vers la France, 61. — Sa 
position dan;^creuse,en présence du 
conflit d'intérêts qui divise Charles- 
Quint, Henri II et Paul III, 62. — Sa 
politique d'équilibre et d'équivoque, 
&i. — Envoie son fils à Gênes, au 
devant de Philippe U, 62. — Prend 
occasion de la naissance du 
quatrième enfant de Catherine de 
Médicis pour sonder diplomatique- 
ment le terrain à la cour de France ; 
envoie Barthélémy Panciatichi ; in- 
structions qu'il lui donne, 62 et 63. 
— Son rôle dans le conclave que 
suit la mort de Paul III ; propose 
d'abord le cardinal de Tolède, puis 
favorise le cardinal dcl Monte, le 
futur Jules III, 65. — Revendique, 
auprès de la cour de Faance, le 
mérite d'avoir fait élire Jules III, 
66. — Il fait cn;^'ager à Rome des 
pourparlers en vue d'un rapproche- 
ment de la Toscane avec la France, 
66. — Ligne de conduite qu'il trace, 
à ce propos, à Scrristori, son ambas- 
sadeur à Rome, 68. — Profite de la 
naissance du cinquième enfant de 
Catherine de Médicis pour envoyer 
un nouvel ambassadeur, Luigi Cap- 
poni,à la cour de France, 69. — Allié 
peu sûr pour le roi très chrétien, en- 
gage Jules III à favoriser l'empereur à 
l'encontre de la France, 70. —Jouant 
double jeu, il affecte, pour améliorer 
ses rapports avec Henri II, de pren- 
dre sous sa protection les hommes 
d'armes envoyés par ce dernier au 
secours d'Octave Farnèse, assiégé 
dans Plaisance, 71. — Songe, pour 
dissiper la malveillance de Henri II 

17 



258 



LES NÉGCMnATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



à son égard, à faire intervenir le 
pape ; Serrîstori l'en dissiiade, 73 et 
74. — Rappelle de France son ambas- 
sadeur.L-Cnpponi.qui, pendant huit 
années, n'est pas remplacé, 75 cl 76. 

— Consulte Charles-Quinl sur l'op- 
portunité d'une ligue défensive et 
antifrançaise entre les Etats encore 
libres de l'Italie, 76. — Invite l'empe- 
reur à descendre dans la péninsule, 
76. — Rêve de s'annexer Sienne, 77. 

— Conclut avec Henri II un traité 
secret qui sauvegarde l'intégrité de 
la Toscane, en laissant au roi de 
France ses coudées franches par rap- 
port à Sienne, 77. — Bientôt il agit, 
en dessous, contre ce traité et contre 
les Français, 78. — Presse Char- 
les-Quint de venir assaillir Sienne, 
79. — Rompt le traité qu'il a conclu 
naguère avec Henri II, 79 — Reçoit 
de nouveau de Charles-Quint la 
seigneurie de Piombinù,79. — Effrayé 
de la venue de l'armée du duc de 
Guise en Romagne, fait courir le 
bruit qu'il désire se rapprocher de U 
France, 82. — Entame, en même 
temps, des pourparlers avec PaulIV, 
83. Fourberie du duc dans toute 
cette affaire, Si. — Reçoit de Philip- 
pe II l'investiture de Sienne, 82. — 
Conditions qui lui sont imposées, en 
retour, par Phihppell ; serment qu'il 
prête et qui le fait le teudataire et 
l'homme lige de rEspaf;ne,83 et 84. — 
Avantages qu'il retire du traité de 
paix de Cateau-Camb'-ésis,87.- — Poli- 
tique qu'il adopte désormais, 87. — 
Saisit comme prétexte la conclusion 
de la paix pour envoyer un ambassa- 
deur, Ricasoli, à la cour de France; in- 
structions qu'il lui donne, 87 et 88. — 
Ecrit à Catherine de Médicis, à l'oc- 
casion de la mort de Henri II ; répon- 
ses qu'il reçoit de la reine et du 
nouveau roi, François II, 89. — En- 
voie Tornabuonià la cour de France, 
comme remplaçant de Ricasoli ; la 
cour d'Espagne prend ombrage de 
cet envoi d'un agent florentin en 



France ; explications que le duc 
fournit à Philippe H, 90. — Instr 
tions qu'il donne à Tornabuoni,rel 
tivemcnt aux personnages de la cou 
hostiles à la Toscane, en particulie 
relativement aux fuorusciti, 90 et 1 

— Ses intrigues, lors du conclaA 
qui suit la mort de Paul IV' : il char^ 
Loltini, secrétaire du cardinal came 
lingue, de gagner les cardinauxjlctt 
suggestive qu'il lui écrit, 91 et 92. 
Patronne, comme candidat, Ar 
de Médicis, qu'il lait triompher 
qui prend le nom de Pie IV, 93. 
Faveurs dont le nouveau pape 
comble, en retour, 93. — Envc 
Nicolas Tornabuoni, comme amha 
sadeur en France, en remplacerneo 
de son oncle, Alphonse Toniabuor 

97. — Iniiste auprès de Pie IV poï 
la reprise du concile de Trente, 97 ( 

98. — Se rend à Rome^ sur l'invit 
tion du pape ; honneurs cxtrac 
dinaires qu'il y reçoit, 99. — Ef 
grammes à ce sujet, 99. — Consent i 
prêter une somme d'argent à Cathe- 
rine, 10a. — Déplore, par l'organe de_ 
son ambassadeur, les concession 
quel'édit de pacification d'Amboisel 
faites aux cahinistcs ; réponse 
Catherine, 103. — Associe au pou- 
voir son fils, François de Médicis, 
106. — Charge vainement son am- 
bassadeur, Petrucci, d'obtenir de la 
cour de France le rembourscmer 
des sommes qu'il a prêtées, 107, ic 

— Se refuse, malgré toutes les prd 
messes et démonstrations d'amitil 
de Catherine, a consentir un nouveau 
prêt qu'elle sollicite, 110 et m. 
Son rôle dans le conclave qui suit 
mort de Pie IV ; il travaille à fair^ 
exclure le cardinal de Fcrrare et le 
cardinal Famèse ; s'elTorce vaine 
ment de faire élire Ricci de Montf 
pulciano ou Ange Niccolini, 113. 
Mécontentement qu'il éprouve, toi 
d'abord, de l'élection de Pic V ; 
fait féliciter, toutefois, le nouveal 
pontife, 115. — Cherche à gagne 



TABLE ALPHABETIQUE. 



SCS bonnes grâces, en affectant un 
grand zèle pour la foi catholique : 
IhTC à l'inquisition romaine Car- 
nesecchi, accusé d'hérésie ; envoie 
des soldats à l'empereur, de l'argent 
à Charles IX, pour aider leurs entre- 
prises contre les huguenots, 117. 

— Conseils qu'il fait donner par 
son ambassadeur à Pic V, au sujet 
de la situation politique et reli- 
gieuse, 117, 118, 119 — Offre à Pie V 
de faire par\'enir à Philippe U des 
instructions secrètes, 119. — Con- 
sent, non sans difficulté et après la 
victoire de Jarnac, à fournir à Char- 
les IX des subsides en argent et en 
troupes, 130. — A l'occasion de la 
victoire de Moncontour, félicite le roi 
et Catherine de Mcdicis, lai. — Est 
élevé par Pic Va la dignité de grand- 
duc, 131. — Comment, depuis long- 
temps, il travaillait dans ce but, 134. 

— Notifie à Charles iX et à Cathe- 
rine de Médicis son]élcvation par le 
pape à la dignité de grand-duc et 
son prochain couronnement par le 
pontife ; reçoit du roi et de la reine 
d'aimables, mais vraisemblablement 
peu sincères réponses,i36. -Difficul- 
tés qu'il rencontre, auprès de divers 
princes, pour faire ratifier son nou- 
veau litre 135. — Son couronnement 
par le pape,i36. — Mécontentement 
etprotestations.en cour de Rome.de 
l'empereur et de Philippe II, 136. — 
Est chargé par Catherine de Médicis 
d'exposer à Pie V les motifs qui l'ont 
obligée à sif^ncr la paix de Sainl-Ger- 
tnain, 131. — On compte sur lui, en 
France, pour faire cause commune 
avec le roi, en cas de guerre à l'étran- 
ger entreprise par ce dernier, 131. — 
Hostilité croissante de la plupart des 

princes à son égard : le bruit court 
partout qu'une guerre contre lui est 
imminente, 133; 134. — Efforts ten- 
pour l'amener à conclure une 
liance avec les huguenots contre 
"Philippe II ; ses lettres à l'amlas- 
sadcur Pclrucci à ce propos, 133 et 



134. — Charles IX lui envoie, dans 
le même but, Galéas Prégose, 137. 

— Il donne une réponse évasive, 
138, — Envoie un agent secret, 
Alberlani, à la cour de France, avec 
mission de faire, de vive voix, une 
réponse aux offres du roi, 140. — 
Résumé de cette réponse, 140, 141, 
143. — Les relations de son ambas- 
sadeur avec les chefs des huguenots, 
en France, excitent la défiance et la 
colère des Espagnols et de Rome, 
^5 ï ^55' — Il demande, à ce sujet, 
l'avis de l'un de ses conseillers sur 
la conduite à suivre : réponse de ce 
dernier, 145. — Fait partir pour 
l'Espagne Nofri Roselli, avec mis- 
sion d'apaiser adroitement Philippe 
n ; ce à quoi il réussit, 146, 147, 14S. 

— Se décide à , faire faux-bond aux 
propositions de Charle IX, relatives 
à une alliance avec les huguenots et 
le roi contre Philippe II, 148. — S'en 
explique nettemcntavecFrégoàe que 
le roi lui a de nouveau envoyé à 
Florence, malgré ses recommanda- 
tions, 149, — Catherine de Médicis 
réclame son intervention pour obte- 
nir que Pie V consente au retour de 
Coligny à la cour et au mariage de 
Marguerite de Valois avec Henri de 
Navarre, 151. — L'un de ses con- 
seillers l'engage éncrgiquement à 
seconder les vues de la reine, 153. — 
Réponse que Cosme prie son ambas- 
sadeur de faire parvenir à Catherine, 
15a. — Entre temps, il fait sonder le 
terrain à Rome : le pape se montre 
profondément affligé et opposé à 
toute concession, 153 et 153. — Char- 
ge Antonio Scrguidi et le prélat 
Salviati de ne rien épargner pour 
vaincre la résistance du pontife, 155. 

— Pie V ne répond que par de nou- 
veaux refus et par des récriminations 
contre le grand-duc lui-même, 155 et 
156. — Informe Charles IX et Cathe- 
rine de l'obstination persistante de 
Pie V, en l'attribuant aux intrigues 
des Espagnols,en particulier à celles 



260 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



de Philippe H, renseigné, dit-4l, par 
ses espions, 157. — Sa duplicité par 
rapport à cette assertion ; car il 
a lui-même mis secrètement le 
roi d'Espagne au courant de tout, 
158. — Irritation que lui causent les 
manœuvres du nonce contre lui, à 
la cour de France, 163. — Echange 
ses vues avec Catherine au sujet du 
conclave qui va suivre la mort de 
Pie V, i66. — Colère que le concours 
qu'il a prêté à Catherine, dans plus 
d'une négociation profitable aux 
réformés, excite chez les Espagnols 
et leurs alliés ; attitude des Jésuites 
à son égard, 169. — Pour conjurer 
cet orage, il cherche à mériter par 
quelque ser\'ice l'indulgence des 
ennemis de la France, le pardon des 
adversaires des huguenots, 170. — 
Dans ce but, il consent un prêt de 
deux cent mille écus au duc d'Albe, 
qui guerroie en Flandre contre les 
calvinistes, 170. — Cette astucieuse 
politique échoue complètement : 
Philippe n s'en montre peu satisfait, 
les Espagnols y voient une ruse 
grossière, la cour de France en est 
fort irritée, 171 et 173. — S'efforce 
de calmer l'irritation qu'il a ainsi 
suscitée à la cour très-chrétienne : 
lettres qu'il écrit à son ambassa- 
deur, Petrucci, et à Catherine de 
Médicis, dans ce but, 172 et 173. — 
En supposant que la Saint-Barthé 
lemy ait été préméditée en France, 
a-t-il été au courant du massacre 
qui se préparait, 177 à 181. — Char- 
ge son fils, François de Médicis, de 
féliciter, en son nom, Catherine du 
massacre des huguenots, 181 et 183. 
— Ses forces et son intelligence décli- 
nent ; sa mort,i86. — Suivant Cathe- 




rine de Médicis, cette mort aur 
été mystérieuse, 190.— Résultats < 
son action. Politiquement, il a coa 
tribué à maintenir l'équilibre inte -=^' 
national en Europe et a retardé, e^^^" 
Italie, l'avènement du despotisircr '« 
espagnol, aoo et aoi. — Au point (^£^f 
vue religieux, il a compris que f ~^ ^ 
secret de la prospérité pour l'Europ^**^ 
était dans l'union et la concorde d^^^s 
diverses confessions chrétienne s:^^ ! 
301. — A travaillé à hâter, e t^ 
France, l'œu\Te de pacification cnti — * 
catholiques et huguenots, qu ^s 
devait glorieusement poursui\Te ff" * 
achever Henri IV, i ; 201. 

Couronnement. — Couronnement d ^ 
Cosme I<r, comme grand-duc d ^ 
Florence, par Pie V ; mécontent*^ — 
ment qu'il excite chez l'emperew^ ^ 
Maximilien, chez Philippe II d'e^S' ' 
pagne et chez les pri aces italiens, I3^S« 

Crépy (Paix de). — Entre François I ■ " *" 
et Charles-Quint; x. — Ses cond ^- 
tions, 36. — L'ambassadeur Bernac — d 
de Médicis est chargé de féiiciter,^HM.UL 
sujet de cette paix, la dauphine et 3^ 
roi très chrétien, 304 sv. 

Cresci (M.), 6 n. i. 

Q.ms,xowKm.\^.'\,llpontificaioàiPaolo^^ f^ 
ed i Carafe suoi nipoti, dans la hf^zam^s- 
ullanea. storica tomana, XL VI; -^5< 
n.4. 

Cry (Le) de la guerre ouverte entre *'■ 

roy de Franc* et l'empereur, 33 n. 3 — 

Cultura {La). — Revue italienne, I_— -^ i 
80 n. 4. 

Cybo (Cardinal). — Publie la paix 
Bologne, XXIII n. i ; 7 n. i. 
Maintient l'ordre à Florence, api 
l'assassinat d'Alexandre de Médic 
10. 



«Je 



Dantb (Alighieri), Inferno VI, 70-73, 

XVnn.4. 
Dates. 

1367. Florence fait appel & Charles 



d'Anjou et l'élit chef de la réput»!*' 
que.XVHetXVm. 
1301. La même dignité est conféra ^ 
à Charles de Valois, XVIU. 



TABLE ALPHABETIQUE. 



261 



2313. Envoi de deux ambassadeurs 
au roi Robert d'Anjou, XVIII n. i. 

X335. La dignité de chef de la répu- 
blique de Florence est confiée à 
Charles d'Anjou, fils de Robert 

xvin. 

X493. Mort de Laurent de Médicis, 
XIX. 

-494» «5 novembre. Traité entre 
Charles VIII et la république de 
Florence, XVI. 

JSiS.FrançoisIersuccèdeàLouisXII, 
XIX. 

1519. C3 avril.Naissance de Catherine 
d- Médicis, 27. — 13 iuin. Nais- 
sance de Cosme de Médicis, 11. 

1533, le» décembre. Mort de Léon X, 
XIX. 

1533, 19 novembre. Election de Clé- 
ment VU, XX. 

1536. Mort de Jean de Médicis, père 
de Cosme 1er, n. 

1527. Sac de Rome, XXI. — Expul- 
sion nouvelle des Médicis, XXI. 

1538. La Seigneurie envoie B. Car- 
ducci à François 1er, XXI. 

iSiç, août. Paix de Cambrai, XXII. 
— décembre. Traité de Bologne, 
XXIII n. I. 

X530, 6 août. Mort de B. Carducci, 
dernier ambassadeur de la répu- 
blique de Florence, 3.-28 octo- 
bre. Mariage de Catherine de 
Médicis avec le duc d'Orléans, le 
futur Henri II, 28. 

1531, 5 juillet. Arrivée solennelle 
d'Alexandrede Médicis à Florence, 

15- 

1532. Alexandre de Médicis est élevé 
à la dignité de duc ; institution des 
conseils des Quarante-huit et des 
Deux cents, 5. 

1534, 25 septembre. Mort de Clément 
VII, 7 n. I. 

1535, avril. Ambassade des Floren- 
tins à Charles-Quint, pour se 
plaindre d'Alexandre de Médicis, 
7. — Voyage de Chailes-Quint à 
Naples, 8. 

1537, 5 janvier. Assassinat d'Alexan- 



dre de Médicis, 10. — 9 janvier. 
Election de Cosme Ier,comme suc- 
cesseur d'Alexandre de Médicis, 
10. — a mars. Défaite des fuorus- 
citi à Montemurlo, 14. 
J 538. Trêve de Nice entre François 
1er et Charles-Quint, i8. 

1539, mars. Mariage de Cosme I" 
avec Eléonore de Tolède, 17. 

1540, juin. Manifestation deafuorus- 
citi, à Rome, contre Corne 1er, 17. 

1542,12 juillet. Déclaration de guerre 
de François 1er à Charles- Quint, 
23. — Délaite des Français, à Per- 
pignan, 33. 

1543, 10 septembre. Entrée de Char- 
les-Quint à Lucques, 39. — 12 
décembre. Mort de Marie Salviati, 
mère de Cosme I«r, 13. 

1544, 30 janvier. Naissance du pre- 
mier fils ie Catherine de Médicis, 
le futur François II,37et 33. — avril. 
Défaite de Del Vasto, lieutffHaat 
général de Charles-Quiat, à Céri- 
solcs, 24. — 8 juillet au 17 août. 
Siège de Saint-Dizier, 26.— septem- 
bre. Paix deCrépy, 26- — octobre. 
Ambassade de Bernard de Médicis 
à la cour de France, 33. 

1547, 31 mars. Mort de François I" ; 
avènement de Henri II ; Cathe- 
rire reine de France, 47. — 26 juil- 
let. Sacre de Henri II, 54.— Ligue 
conclue entre Paul III et Henri II, 
61. 

1548, Affaire de Piombino, 61. 

1549, 3 février. Naissance du qua- 
trième enfant de Catherine de 
Médicis, lequel ne vécut qu'un an, 
62. — lo novembre. Mort de Paul 
III, 64. 

1550, 8 février. Election de Jules III, 
65. — 37 juin. Naissance de Char- 
les IX, 68. — Ambassade de Luigi 
Capponi, 69. 

1551, octobre. Rappel de l'ambassa- 
deur de Florence , Luigi Capponi,75. 

1552, juillet-août. Sienne se révolte 
contre la garnison espagnole qui 
l'occupe ; la citadelle est évacuée, 



^ 262 LES NÉGOCIATIONS ENTRE 


LA TOSCANE ET LA FRANCE. ^| 


^^^^^^B 77. — 4 août. Traité secret entre 


comme ambassadeur de Toscane 


^^^^^^^f Cosme i" et Henri II, au sujet de 


en Fiance, 107. — 9 décembre. 


^^^^^^Ë Sienne, 77. — la août. Cession 


Mort de Pie IV, iij. 


^^^^^^^h de la seigneurie de P.ombino à 


1568, 30 mars. Paix de Longjumeau, 


^^^^^^B Cosme 79. 


tu. 


^^^^^^H I5S3- Début de la guerre entre les 


1569, 1 a mars, Victoire des cat holiques 


^^^^^^^H impériaux et les Siennois, le duc de 


à Jarnac, lao. — 37 août. Builc de 


^^^^^^^1 Florence et les Français. 79. 


Pie V, qui éîève la Toscane à la 


^^^^^^^B 1553* i7avril.Capitulation de Sienne, 


dignité de grand-duché, lai. — 


^^^^^1 


3 octobre. Victoire des catholiques 


^^^^^^^H tSS6> décembre. Le duc de Guise 


à Moncontoiir, lai- 


^^^^^^^1 descend en Romagne avec une 


IJ70, mars. Couronnement, à Rome, 


^^^^^^^1 


de Cosme I" par Pie V. 136. — 8 


^^^^^^^1 I557i i juillet. Cosme 1» reçoit 


août. Paix de Saint-Germain, 119. 


^^^^^^^H l'investiture de Sienne, 8a. — zo 


1571, avril. Charles IX envoie Galéas 


^^^^^^^H août. Défaite des Français à 


Frégose au grand-duc, 137. — ij 


^^^^^^H Saint-Quentin, 


septembre. Retour de Coligny i ^H 


^^^^^^^1 X5581 8 janvier. Les Français 


cour, 158. — ôoctobre.Victoire^H 


^^^^^^1 prennent Calais, 8$. - sa juin. Ils 


Lépante, i6a ^| 


^^^^^^^1 s'emparent de Thionville, 85. —ij 


1573, ler mai. Mort de Pie V, 166. ^^ 


^^^^^^^1 juillet. Défaite du maréchal de 


13 mai. Election de Grégoire XIU, 


^^^^^^H Thermes à Gravelines, 85. 


167.— 18 août. Mariage de Margue- 


^^^^^^^M Z5S9, a et 3 avril. Paix de Catcau- 


rite de Valois avec Henri de= 


^^^^^^F Cambrésis, 85. — 10 juillet. Mort 


Navarre,i68. — 23 août Catherine 


^^^^^1 de Henri II, S8. — 18 août. Mort 


de Médicis tente de iaire assassiner" 


^^^^^^1 de Paul IV, 91. — 25 décembre. 


Coligny, 175. —34 août. Massacre d<=i 


^^^^^H Election de Pic IV, 93. 


la Saint-Barthélémy, 175. 


^^^^^^^1 1560, août. Assemblée de Fontaine- 


1574. ai avril.Mort de Cosme Im,iS6 — 


^^^^^^^B bleau, 97. — novennbre et décem- 


—30 mai, M<^rt de Charles IX, 187 - 


^^^^^^^M bre. Voyage et séjour de Cosme 


1575. ï5 février. Mariage de Hen- 


^^^^^^^1 I*r à Rome, ç8. — 5 décembre. 


ri m avec Louise de Lorraine* 


^^^^^^^1 Moi t de François II, 99. 


190. 


^^^^^^^1 Z56X, 27 mars. Le ro. de Navarre, 


1578. Assassinat de plusieurs bannis 


^^^^^^^H Antoine de Bourbon, est nommé 


florentins, réfugiés en France, par 


^^^^^^^H lieutenant général du royaume, 


ordre de François de Médicis, 191. 


^^^^^H 


1579, décembre. Henri III cherche 


^^^^^^^H I5^> octobre. Mort d'Antoine de 


l'occasion d'une rupture avec ie 


^^^^^^^1 Bourbon, 


duc de Florence, en ressuscitant 


^^^^^^^1 1561, 17 lévrier. Assassinat du duc 


la question des préséances, 193 


^^^^^^^1 François de Guise, — 19 


1580, lévrier. Rupture définitive des 


^^^^^^^H mars. Edit de pacification d'Am- 


relations dip'omatiques entre la 


^^^^^^H boise, 103. — T3 août. Charles IX 


Toscane et la France, 195. 


^^^^^^^K est proclamé majeur, 105. 


1585, 18 juillet. Traité de Nemours, 


^^^^^^^^Ê 1564. Frsnçois de Médicis asGO- 


198. 


^^^^^^^1 cié au pouvoir par son père, Cosme 


1587, octobre. Mort du giand-duc 


^^^^^H 


François de Médicis et de sa 


^^^^^^^1 if^S» niai. Entrevue de Bayonne. 


femme, Bianca Cappello, 197. 


^^^^^^^1 entre Charles IX, Catherine de 


1588, la mai. Journée des bairica- 


^^^^^^H Médicis et la reine d'Espagne, 106. 


des, à Paris, 198. — décembre. 


^^^^^^^1 — août. Pctrucci envoyé 


Assassinai des Guises,à Blois, 198. 



TABLE ALPHABETIQUE. 



263 



1589, 5 janvier. Mort de Catherine 
de Médicis, 199. 

Décûmert de la cour et du royaume 
de France, à la veilk de la paix de 
Saint- Gtr ma in, 127 et 128. 

Dbsjaroiks (Abel), Négociations diplo- 
Ktttiquts de la Frar,c-e avec la Toscane, 
XLVI. — Plan, mérites et défauis 
d; son œuvre, XXVI svv. — Se 
scandalise, à tort, de voir combattre 
lïi^gçnde relative aux origines des 
rclatioi;!! ei.tre la France et Flo- 
rence, XVI n. 4. — Cité, XV n. I ; 
XVI n i; XVII n. 3 et 3; XVIII n. i ; 
XIX n. 4; XXI n. i; XXU n. t ; 
XXIII ; 3 n. I ; ; ig n. I ; 35 n 2 et 
5; 46 n. I ;47r.. 3 ; 48 n. i; 580.4; 
fo n. 2 ; 61 n. 4 ; 64 n . 4 ; 66 n. 5 ; 
69 II I et 6 ; 70 n, I ; 76 n. 3 ; 87 n. 3 ; 
89 n. 6 ; 97 n. 3 ; 103 n. 3 ; 107 n. I ; 
131 n. 3 ; 176 n. 2 ; 193 n. i. — 
L'ambassadeur du grand duc de 
Toscane et les proscrits florentins, 
épisode inédit du règne de Uetiri III, 

Ll ; ipi n. 2 et 3 Charles IX : 

^ux ans de règne, XLI ; 176 n. 2. 

^'«kche Zeitschrift fur Geschichtswis- 
^tischa/t, LI, 176 n. 2. 

J[>eux.cciits (Conseil des), 5. 

*^* Vos (Marc de). — Frère Mineur, 

x.xxix. 

'»nc de Poitiers. — Maîtresse de 
''rançois l«', puis de Henri H, 28. — 
Son hostilité contre Catherine de 
Médicis, 29 ; 58 n. 4. 
'* ou Dieci (Conseil des). — Instruc- 
tions qu'il donne à Âgnolo Acciaiuoli, 



XV n. 2 ; XVII n. 3. 

DomenJchelli ( P. Teofilo).— Frère Mi- 
neur, XXXIX- 

Doria (Les) —Aillés de Charles-Quint, 
6i. 

Douais (Abbé), Dépêches de M. de 
Fourquevaux, ambassadeur du roi 
Charles IX en Espagne, XLVII ; 
148 n. 3. 

Douze (Conseil des). — Sa servilité i 
l'égard de Charles-Quint, après la 
chute de la république, 3 et 6. — 
Sa lettre à Alexandre rie Médi- 
cis, 3. — Il cherche à y jus- 
tifier l'emprisonnement de Giro- 
lami, le dernier gonlalonier de 
la république florentine, 4. — 
Envo'e, comme ambassadeurs à 
Charlc»-Quint, Francesco de Nic- 
colo Valori et Palla di Bernardo 
Kuccllai, pour lui faire hommage 
de Florence, 6. 

Duc (Grand-) — Elévation de Cosme 1er 
à la dignité de grand-duc ; colère 
qu'elle excite chez l'empereur, le 
roi d'Espagne et les princes italiens, 
125. — Mémoire adressé au cardinal 
Alessandrino au sujet de la conces- 
sion de ce titre, 242 svv. — Actes de 
protestation de l'empereur et de 
Philippe II signifiés au Saint-Siège, 
232 svv ;240 svv. 

Duretti (Beinardino). — Agent floren- 
tin, 19, 

DoRUY (Georges), L« cardinal Carlo 
Caraffa, XLVII ; 80 n. 4. 



~^ouard-Alexandrc.— Voir Henri III. 

^l^onore de Tolède. — Aurait,suivant 
Catherine de Médicis, été empoi- 

^ donnée, 190. 

Elisabeth d'Angleterre. — Pie V 
îi'efforce de lui faire perdre la cou- 
ronne ; pour se défendre, elle excite 
et soutient la campagne des réfor- 
més dans les Pays-Bas, puis bientôt 
en France, 119. — Indignation que 



lui cause le prêt de deux cent mille 
écus consenti par le grand-duc de 
Florence au duc d'Albc, 174. 

Elisabeth. — Fille de Catherine de 
Médicis ; son état civil, 63 n. 3. 

Empire. — Voir Charlet-Quint. — 
Maximillen il. 

Enfants de Catherine de Médicis. — 
Nomenclature et état-civil, 63 n. 3. 

Espagne. — Services que lui a rendus 



264 



LES XEGOCIATIOÎfS EXTBE LA TOSCANE ET LA FKAKCE. 



la Toscane, de 1535 à 1559, 83 n. i ; 
230 sw. — Voir aussi Charles-Quint. 

- Philippe II. 

Espagnols. — Assiègent Plaisance, 11. 

— Ne voient dans le prêt de deux 
cent mille écus, consenti par le 



grand-duc de Florence au duc d'Albe, 

qu'une ruse grossière, 171. 
Essen (L. Van der). — Docteur de 

l'université de Louvain, XXX\'TII. 
Este (Cardinal d'). — Voir Ferrare 

(Cardinal de). 



Falletti-Fossati (P. C), Vassedio di 
Firenze,XLVn ; XXI n. i, et 3 ; XXH 
n. 2;4n. a;9n.3. 

Falloux (De), Appendice à l'Histoire 
de l<i Saint-Barthikmy d'Audin, 175 
n. I. 

Fanatisme des masses. — Il explique 
l'enthousiasme que suscita la Saint- 
Barthélémy, 182. 

Farnèse (Alexandre). — Cardinal, 65. — 
Discours que lui adresse Don Diego 
di Mendoça, après la mort de Paul 
III, 65 n. I et 3. — Commentaires 
auxquels donne lieu son passage à 
Florence, 75. — Sa candidature bat- 
tue en brèche par les agents de Cos- 
me I", dans le conclave qui suit la 
mort de Pie IV, 113. 

Farnèse (Horace) . — Envoyé par Henri 
II au secours d'Octave Farncse,assié- 
gé dans Plaisance, 71. 

Farnèse (Octave). — Fils de Pierre- 
Louis,assiégé dans Plaisance par les 
Espagnols, secouru par Henri II, 71. 

Farnèse (Pier-Luigi). — Fils naturel de 
Paul III ; ce pape médite de former 
pour lui un État en Toscane, 13. — 
Imposé par le pape, comme souve- 
rain, à Plaisance ; assassiné, 6i. 

Farnèses (Les). — Les impériaux son- 
gent à leur donner Sienne,cn échan- 
ge de Parme, 80. 

Fedeli (Vincenzo). — Ambassadeur 
vénitien, 98 n. 4; 99 n. i. 

Ferais (De). — Ambassadeur de France 
à Rome ; ce que Grégoire XIII lui 
répond, au sujet du mariage de Mar- 
guerite de Valois, 168. 

Ferdinand de Médicis. — D'abord cardi- 
nal ; supplie Pie V d'accorder la dis- 
pense nécessaire pour le mariage de 



Marguerite de Valois avec Henri di 
Navarre ; ne fait qu'exciter l'indi 
gnation du pontife, 162 et 163. — N« 
parvient pas à calmer le mécontente 
ment de Catherine, à qui le grançj 
duc François n'a pas consenti le pr^ 
d'argent qu'elle sollicitait de lui,i8( 
— Sécularisé, devient souverain çj 
Toscane : son mariage projeté av^ 
Christine de Lorraine, 198. — Affci 
missement de son pouvoir, 199. 

Fernand(Don).— Lieutenant général d 
Charles-Quint en Italie, intercède ei 
faveur du gonfalonicr Girolami, cm 
prisonné par le conseil des Doiure,^. 

Ferrai (L.), Cosimo I de' ifetiid, 
XLVII ; XXV n. I ; 7 n. 2. ; 10 n. j; 
13 n. 4 ; 14 n. I ; 15 n. i ; — Son 
compte-rendu de l'ouvrage de Ver- 
rcns, XXIVn.3. 

Ferrare (Cardinal de). — Appelé aussi 
cardinal d'Este;appuyé par Catherine 
de Médicis et combattu par Cosmel'f, 
dans le conclave qui suit la mort de 
Pie IV, 113. — Efforts inutiles qu'il 
fait, auprès de Grégoire XIII, pour 
obtenir la dispense nécessaire au 
mariage de Marguerite de Valois,i68. 
—Candidat de Catherine de Médicis. 
dans le conclave qui suit la mort de 
Paul IV ; Cosme I*"- promet à la reine 
de le soutenir, mais agit tout di"^ 
rcmment, 92. 

Ferrare (Duc de). — Honneurs dont il 
jouit, lors de l'entrée de CharUS" 
Quint à Lucques, 39. — Engage, ^ 
la cour de France, un conflit avec 
Florence, au sujet de la questionne 
préséance ; motifs qu'il invoquai 
43. — Epoux de Renée, fille de Lo"'' 
XII, est l'un des alliés de Henri H, 



TAPLE ALPIIABLTigiîE. 



265 



6i.— Sa fidélité à l'égard de la Fran- 
ce est douteuse, dit Cosme I", 64. — 
On projette, en France, de marier sa 
fille avec le fils de Cosme le"", 7^. — 
Son autorité croissante à la cour de 
France ; ses rapports avec Ricasoli, 
88. — A prêté de l'argent à la cour 
de France, 107. — Le nonce et le 
général des Jésuites vantent à Ca- 
therine de Médicis la prétendue in- 
fluence dont il jouit en cour de Rome, 
163. — XXIII n. I ; 47 n. 3. 

Perrière (Hector de la), Fx XVIc siicle 
et les Valois, XLVII ; iia n.4 — Let- 
tres de Catlterinc de Médicis, XI. VII ; 
37 n. I et 2; a8 n. 1,2 et 3: 31 n. 5;4.^ 
n. I ; 97 n. 3 : 105 n, 2 ; 133 n. i;i36 
n. 2 ; 166 n. 5 ; 167 n. i. — L'entre- 
vue de Bayonnc, XI. Vil ; 175. ni. — 
La Saini-Barthélcmy, XL\'II ; 176, 
n.2. 

Ficin (Marsik). — Philosophe, 24.J 

FiEDLER {Jo'îephi, Rclaticnen venctia- 
nisckcr Bvtscluifter iihcr Dr.:tsclil<ind 
und Ofsterrekh in sedtzehntin Jahr- 
hundert, XLVII ; 133 n. 4. 

Pigheroa. — Délégué de Philippe II ; 
donne, au nom de ce prince, l'inves- 
titure deSienne à Cosme I", ^^ n. 2 ; 
84 n. 2. 

Flamands. — Sont protégés par Char- 
les IX, 140. 

Florence. — Détruite par Totila, XV n. 
I. — Aurait été restaurée par Char- 
lemagne et lui dcvr;iit son ne m de 
Florence, XVL-Fait appel au XlIIe 
et au XIVc siècle, au.x princes fran- 
çais, XVII et XVIII. — Repousse les 
ambassadeurs de l'empereur, XVIII. 
— Les « fleurs de lis » gravées dans 
le cœur de ses citoyens, XIX. — 
Période néfaste qui commence pour 
elle à la mort de Laurent de ^.'cdicis, 
XIX. — Les ^ît'dicis en ayant été 
chassés,en 1537, Clément VII presse 
Charles-Quint de les y rétablir par la 
force ou de détruire la ville, XXI. — 
François l'^idont la cité implore l'in- 
tervention, reste sourd aux prières 
de Florence, XXI et XXII. — Aux 



conférences de Cambrai, l'indépen- 
dance de Florence est sacrifiée.XXII. 
— Est assiégée par Charles-Quint;sa 
résistance héroïque ; sa capitulation, 
XXIII ; 4 n. 9. — La démocratie et 
la liberté y succomf)ent avec la répu- 
blique, XXIII cl XXIV. — Influence 
prépondérante qu'elle exerce,durant 
tout le XVIc siècle, au point de vue 
politique, en Italie et en Europe, 
XXIV. — Voir aussi Cosme l». — 
François de Médicis. — Ferdinand de 
Médicis. 

Florentins. — Leur rôle aux foires de 
Champngno,;.u moyen âge, XVII. — 
Drapiers et cliangeurs, XVII. 

Floride. — Les Français y sont mas- 
sacrés par les Espagnols, 133. 

Fluencc. — Ancien nom de Florence, 
XVI. 

Fontainebleau (Assemblée de). — On y 
aj. itela ciuesiion de la reprise du con- 
cile de Trente ou de la tenue d'un 
cuiicilc national, 97. 

Fortin! del Giglio (U). — Docteur es 
lettres, XXXIX. 

Fortunati. — Sa lettre à Jean des 
Bandes Noires pour lui annoncer la 
naissance de Cosme 1", 10 n. 5. 

Fout(|uevaux. — Ambassadeur de 
France en Espagne;Catherine lui or- 
donne de démentir le bruit d'une 
alliance entre le roi de France et les 
huguenots contre Philippe II, 139 — 
Ses dépêches publiées par l'abbé 
Douais, 148 n. 3. 

Fr3nce,— Importancedc son hi.stoire.au 
XVIc siècle, au pt.-int de vue de ses 
rapports avec la Toscane,XV. — Son 
état politique et religieux, au lende- 
main de la mort de Henri II, 94, 95, 
96. — Sa situation religieuse, à la 
moit de François II : forces respec- 
tives du catholicisme et du calvi- 
nisme, 100. — Voir aussi Charles 
MIL — François 1". — Henri II. — 
François II. — Cliarles IX. — Henri 
III. — Catherine de Médicis. 

Franccsca dlBaldo Tedaldi. — Mère de 
Bernard de Médicis, 33 n. 3. 



266 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



Francesco di Niccolô Valori. — En- 
voyé comme ambassadeur, àChailes- 
Quint par le conseil des Douze, 6. 
François \". — Succède à Louis XII, 
XIX.— Refuse d'intcn-enir en faveur 
de la liberté de FIorence,XXI,XXII. 

— Dépit que lui cause l'élection de 
Cosme 1er • s'en venge sur le cardi- 
nal Cybo, 13. — Les fuorusciti comp- 
tent sur son concours, 13. — Déclare 
la guerre à Charles-Quint, en 1543, 
33. — >îécontentement qu'il éprouve 
du peu d'éf;ards tcmoijinés par le duc 
de Florence à Alexandre Rosset, son 
envoyé en Italie, 37. — Donne, un 
instant, raison à Florence, dans la 
question de préséance, 3g. — Puis se 
prononce, au contraire, en faveur de 
Ferrare, 41. — Sa mort, 46. — Son 
enterrement ; religieux de divers 
ordres qui y assistent, 49 n. 5. 

François II. — Son état civil, 62 n. 3, — 
Remercie Cosme l" des sentiments 
qu'il lui a exprimés, à l'occasion de 
la mort deHenri 11,89. — Sa niort,g9. 

François de Médicis. — Fils de Cosme 
I" ; envoyé à Gênes, au devant de 

Philippe II, 62 Pie IV songe à le 

marier avec Marie de Portugal, 93. 

— Epouse Jeanne d'Autriche, 108.— 
Est associé au pouvoir par son père, 
Cosme 1er, 106. — Fait notifier son 
avènement à la cour de France, 106. 
—Charge son frère,le cardinal Ferdi- 
nand deMédicis, de faire de nouvel- 
les instances près de Pie V,cn faveur 
du mariage de Marguerite de Valois 
avec Henri de Navarre, 163. — En 
supposant que la Saint-Barthélémy 
ait été préméditée en France, a-t-il 
été au courant du massacre qui se 
préparait, 177 à 181. — Félicitations 
enthousiastes et cyniques qu'il 
adresse, en son nom et au nom de 
son père, à Catherine de ^!édicis, au 
sujet du massacre des huguenots, 
181 et 183. — Charge Alamanni de 
féliciter Charles IX et Catherine du 
mariage de Marguerite de Valois, 
ainsi que de la Saint-Barthélémy, et 



d'insister pour que Leurs Majestés 
poursuivent l'extermination des hu- 
guenots, 185 et 186. — Annonce à 
Grégoire XIII la mort de Charles IX 
et est sollicité par le pape de prêter 
cinquante mille écus à Catherine de 
Médicis, 187 et 188. — Est harcelé 
de demandes d'argent par la reine 
elle-même ; accusé d'avarice et d'in- 
gratitude parce qu'il ne se hâte pas 
d'y consentir, 188 — Charge Ala- 
manni de protester contre ces accu- 
sations, en promettant de faire son 
possible pc>ur se procurer la somme 
demandée ; finalement les choses en 
restent là, sous prétexte que les 
banquiers ont refusé au grand-duc 
toute avance, 189. — Délègue Pe- 
trucci pour assister au mariage de 
Henri III avec Louise de Lorraine, 

190. — Donne mission à des sicai- 
res de profession d'assassiner les 
bannis florentins réfugiés en France, 

191. — Lettre de protestation qu'il 
écrit à Henri III au sujet du décret 
de ce dernier sur la préséance : le 
roi ne répond à cette lettre que par 
le dédain, 193, 194, 195. — Par le 
rappel de son ambassadeur, il rompt 
définitivement les relations diplo- 
matiques avec la France, 195. — 
Poursuit sans ménagement le recou- 
vrement des sommes prêtées à 
Catl.erine de Médicis, 195. — Sa 
politique incohérente et capricieuse, 
197. — Son union avec Bianca Cap- 
pello, 197. — Sa mort, 197. 

Frûdiani (Francesco). — Voir Uqhi 

(Fra Giuliano). 
Frégose (Aurcle).— Envoyé par Henri 

II au secours d'Octave Farnèsc, 

assiégé dans Plaisance, 71. 
Frét;ose (Cébar). — Génois, assassiné, 

19 ; 23- 

Frégose (Gslt'as:. — Rusé diplomate et 
calviniste fanatique ; jouit de la con- 
fiance de Catherine de Médicis qui 
s'en sert \ our négocier avec les hu- 
guenots de La Rochelle, 133. — Est 
chargé avec Téligny d'entraîner 



TABLE ALPHABETIQUE. 



267 



Charles IX, dans une alliance avec 
les huguenots, en \'ue d'une expédi- 
tion en Flandre ; entretient Petrucci 
de ce projct,i33 et T34 — Est envoyé 
par Charles IX à Florence pour atti- 
rer le grand-duc dans l'alliance en 
question ; mémoire dont il donne 
lecture à Cosme I", 137 et 138. — 
Sert d'intermédiaire entre Coligny 
et l'ambassadeur florentin, (-13. — 
Est expédié, une seconde fois, en 
Toscane, 143. — Malgré les recom- 
mandations du grand-duc, qui juge 
sa venue compromettante, se rend 
encore à Florence, 14g. 

Priedbnsbourg (W.), Nuntiaturberich- 
U aus Deutsekland : Nuntiatur des 
Morone, XLVII ; 16 n. 3. 

Foorosciti, ou émigrés florentins. — 
Jouissent de la faveur de Paul III, 7. 



— Démarche sans résultat qu'ils 
tentent à Naplcs,auprès de Charles- 
Quint, pour perdre Alexandre de 
Médicis, 8 et n. 3 ; 9 n. 3. — Comp- 
tent sur François 1=^, 13. _ Sont 
vaincus à Montemurlo, 14. — Proté- 
gés par Paul III ; leur insolence, à 
Rome, contre le grand-duc, 17. — 
Leurs nienécscontre Cosme Ie'",25. — 
Leur défaite entre Novare et Ser- 
ravalle, 35- — Entravent l'œuvre de 
l'ambassadeur en France, 38 n. 3. — 
Protégés à la cour de France par 
Catherine de Médicis et le nonce,9i. 
— François de Médicis donne mission 
à des sicaires de profession de les 
assassiner ; plusieurs périssent de la 
sorte, 191. 
Fusco (A). — Sa lettre à Filippo 
Strozzi, 13 n. 3. 



Galluzi (R.), Istoria del granducato di 
Tcscana, XLVII, — Ses déiauts, ses 
mérites, son utilité, XXXIV svv. — 
Cité, 17 n. 3 ; 36 n. 4 ; 61 n. 3 ; 63 n. 
3 ; 65 n. 4 ; 71 n. 3 et 3 ; 83 n. 3 ; 84 
n. a ; 86 n. 3 ; 87 n. z ; 93 n. i, 3 et 5 ; 
93 n- 5 î 981.1, 3 et 5; 99 n. a; 106 
n. 3; 1x4 n. I, 4 et 6; 115 n. 4 ; 116 
n. a et 3 ; 117 n. i ; 133 n. x et a ; xa4 
n. I ; 125 n. I ; 136 D. 6 ; 133 n. I ; 
197 n. a. 

Gamot, La Saint-Barthélémy, ses origi- 
nes, son vrai caractire, dans la Revue 
des questions historiques, XLVII ; 176 
n. a. 

Oaschard, Corrcspondence de Philip- 
pe Il sur ks affaires des Pays-Bas, 
XLVII;i7xn. 3. 

GAUTHtBz(P.), L'Italie du XVI' siècle: 
Jean des -Bandes Noires, XLVII ; 10 
n. 5 ; IX n. I et 3. — Nuovi docu- 
menti intorno a Giovanni délie Bande 
Nere. XLVJI ; un. a; i»n. 3^4. 

Geiido (Pierre). — Agent floicntin, 
envoyé près de Catherine de Médicis, 
57, 58 n. I. 



Gènes. — Ouvre ses portes à Henri VII 
d'Allemagne,XVII. — Le futur Phi- 
lippe II y reçoit les hommages des 
princes italiens, 63. 

Ghcrardi(A.). — Directeur des archives 
de Florence, XXXIX. 

Gianfigliozzo. — Ambassadeur du duc 
de Florence à Rome, 81 n. a. 

Giannotti (Donato). — Envoyé par les 
fuorusciti au représentant de l'empe- 
reur, 14. 

Gibelins et Guelfes. — Leurs luttes, à 
Florence, XVII ; XVIII n. i. 

Giornale storico degli archivi toscani, 
(Sigle GSAT), XVII n. i ; XX 
n. I ; LI ; II n. 3. 

Giornale storico] délia leiteratura ita- 
liana, LI ; 17 n. a ; 38 n. 4. 

Giornale storico c Ictterario délia Ligu- 
ria, LI; a8 n.4. 

Giovanni de Médicis. — Voir Jean de 
Médicis. 

Girolsmi (Raffaele). — Dernier gonfa- 
lonicr de la république de Florence; 
emprisonné par le conseil des Douze, 
comme l'un des chcis de la fac- 



268 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



tion irançaise, 4. — Sa fin, 4 n. i. 

GiUGNi (Galeotto), NarrazUme délia 
causa del proccsso dei fuorusciti, 
XLVIII;9n. a. 

Giusti (Bernardo). — Secrétaire d'am- 
bassade, mal vu de Catherine de Mé- 
dicis, 7a. 

Giustiniano (P.). — Oominicaio, pro- 
posé pour le cardinalat par Cosmeler, 
124 n. 2. 

GosBi.LiNi (Giuliano), Compcndio sto 
rko délia giterra di Parma e del Pic- 
monte, dans la Miscellanca di storia 
italiana, XLVII; 650.1. 

Goyens (P. Jérôme). — Frère Mineur, 
XXXIX. 

Grains (Question des). — Benci Ame- 
rigo est chargé par Cosme !«>• de la 
traiter avec la cour de France, 311 
svv. 

Grand-Ouc(Titrede). — Voir Duc (Grand). 

Granvelle — Mémoire que Cosme I*"" 
adresse à Chatlcs-Quint par son 
entremise, 45 et 46. 

Graveiincs. — Le maréchal de Ther- 
mes y est vaincu, 85. 

Grégoire XIII. — Précédemment Hug.;es 
Bucncompagni; ami du grand-duc 
de Toscane ; son élection, 167. — 
Vaines espérances qu'à la cour de 
France, on fonde sur lui pour obtenir 
la dispense nécessaiie au mariage de 
Marguerite de Valois, 167. — Conti- 
nue à l'égard des protestants la poli- 
tique de Pie V, 167. — Se montre 
d'abord inflexible, puis hésitant, au 
sujet de la dispense demandée pour 
le mariage de Marguerite de Valois, 
168. — Fit aiement réunit une com- 
mission de théologiens qui déclare 
qu'il pourrait accorder cette dispense 
validement, mais c non sans péché >, 
168. — Voit célébrer le mariage 
malgré lui, 168. — Sollicite François 
de Médicis de prêter à Catherine 
cinquante mille écus, 187. 



Gribaudi (P.), Questioni di precedenxa 
fra le corti italian» nel secolo XVI, 
dans la Rivista di scienze storiche, 
XLVII ; 39 n. I et 4 ; 40 n. I ; 57 d. 
I ; laa n. i et 3 ; 133 n. 3 ; las n. i. 

Grossini (Pierre).— Commissaire royal 
envoyé à Florence, axa. 

Grottamblli (D.;. — Historien, XXV 
n. a. 

GuASTi /"Cesare^, Délie rclaxioni diph- 
matiche ira la Prancia e la Toseona, 
dans opère, 1. 1, XLVII; XV, n.a; 
XVI n. 5 ; XVIII n. 3 et 3 ; XVm 
n. a ; XIX n. i. — Les reproches 
laits par lui à l'œuvre de Desjardios 
ne sont pas très justes, XXVII sw. 
— Alcunifatti délia prima giovinexxa 
di Cosimo I de' Medici, XL VIII ; 10 
n. 5 ; iz n. a et 3 ; la n. I et a. 

Guelfes et Gibelins. — Leurs luttes, à 
Florence, XVU ; XVHI n. i. 

Guicciardini (Agnolo). — Ambassadeu: 
extraordinaire à la cour de France ; 
instructions qu'il reçoit, 316 svv. 

Guicciardini (François^.— Accompagm 

le duc Alexandre de Médicis i Na 

pies, 8. 

Guidi (Jacques). — Secrétaire de l'am 

bassadeur de Florence en France,43_^ 

GoiLLuMiNfJ.J.), Le cardinal de Lor 

raine, XL VIII ; ita n. i; 1300. 3 — 

Guise (Charles de). — Cardinal,73 n. i 

Gui&e (François, duc de). — Descen< 
en Romagne avec une armée e 
menace la Toscane, 81. — Est assas 
sine devant Orléans, loa. 

Guise (Henri, duc de),— Les huguenots . 
exaspérés par l'attentat dirigé contre 
Coligoy, parlent d'aller au Louvre 
le massacrer, 175. 

Guises (Les). — Catherine, effrayée d^ 
leur influence grandis.sante, concla't 
avec les huguenots la paix de Saint- 
Germain, T27. 

Guzman (Gabriel de) — Moine espa- 
gnol ; négocie la paix de Crépy, a6 




TABLE ALPHABETIQUE. 

H 



269 



Ha\Te (Le), — Siège et prise de cette 
riUeparles troupes de Charles IX, 
105. 

Hwiil. — Précédemment duc d'Or- 
léans, 4711. 3. — Son mariage avec 
Catherine de Médicis, 38. — Dis- 
positions équivoques qu'il affecte, 
dès le début, à l'égard de Cosmc lef, 
Sft- — Ordonne aux ambassadeurs 
de Perrare et de Florence de vivre 
en paix, par rapport à la question de 
préséance, 52. — Laisse l'ambassa- 
deur de Mantouc prendre le pas sur 
celui de Florence, à la cérémonie de 
*>n sacre, 54. — Alliés qu'il compte 
en Italie, après la paix de Crépy, 61. 
■~- Joyeux, à tort, de l'élection de 
Jules m, 65. — Haine secrète qu'il 
Nourrit contre Florence ; comment 
Cosme ler s'en venge, 70. — Envoie 
des troupes au secours d'Octave 

''arnèse, assiégé dans Plaisance, 71. 

— Congédie le légat du pape, 75 et 
*i. a. — S'immisce dans la question 
<Ie Sienne, 77. ^- Charge Pierre 
Strozzi de défendre cette ville contre 
les impériaux, 77. — Cosme I" con- 
clut avec lui un traité secret,au sujet 
de Sienne, 78. — Illusions qu'il se 
fait au sujet de l'observation du 
traité de Sienne par le duc de Flo- 
rence, 78. — Sa fureur en se voyant 
joué par Cosme 1er, 7g. _ Aurait été 
disposé à laisser donner Sienne aux 
Farnèses, en échange de Parme, 80. 

— Confie à Charles de Marillac le 
soin d'entamer des négociations avec 
Cosme Ier,qui semble vouloir se rap- 
procher de la France ; est dupe de la 
furberia du duc, 8a. — Sa colère et 
celle des Français, en voyant Cos- 
me 1er investi par Philippe II de la 
souveraineté de Sienne, 83. — En 
vertu du traité deCateau-Cambrésis, 
retient Calais et Met^, mais rend 
cent quatre vingt neuf villes,conqui- 
ses par la France en Flandre et en 
Italie, 87. — Sa mort, 88. — Condo- 



léances qu'à l'occasion de cette mort, 
Cosmc I«rfait présenter à la reine, 
par l'ambassadeur Ricasoli, 216 svv. 
Henri ill. — Edouard-Alexandre, fils de 
Catherine de Mtdicis; son état-civil, 
63 n. 3. — Epouse Louise de Lor- 
raine, 190. — Son attitude à l'égard 
de l'ambassadeur Saracini, compro- 
mis dans l'affaire de l'assassinat des 
fuorusciti ou réfugiés florentins, 192, 

— Cherche l'occasion d'une rupture 
diplomatique avec le grand-duc ; la 
fait naître, en ressuscitant la ques- 
tion des préséances, 193. — Rend un 
décret qui relègue, en fait, l'ambas- 
sadeur de Florence après les ambas- 
sadeurs de Savoie et de Ferrare, 
19a. — Ne répond que par des paro- 
les sévères et menaçantes aux pro- 
testations de l'ambassadeur floren- 
tin, 193. — Accueille avec dédain la 
lettre que lui écrit, à ce sujet, le 
grand-duc : les relations avec la 
Toscane sont rompues, 195, 

Henri IV. — D'abord prince et roi de 
Navarre ; importance que Catherine 
de Médicis attache à le marier avec 
Marguerite de Valois,i5i. — Négocia- 
tions dans ce but avec Rome et oppo- 
sition du pape, 153 et 154 ; 162; i68. — 
Le mariaj;e à lieu malgré tout, 168. 

— Son œuvre de pacification entre 
catholiques et huguenots secondée, 
plus tard, par la Toscane, 199 et aoi, 

Henri VII. — Empereur d'Allemagne; 

menace l'Italie, XVIII. 
Henri de Navarre. — Voir Henri IV. 
Hercule François. — Fils de Catherine 

de Médicis ; duc d'Alençon ; son état 

civil, 63 n. 3. 
Hercule, duc de Ferrare. — Voir Fer- 
rare (Duc de). 
Hbrre (P.), Papsttum uttd Papstwahl in 

Zeitalter Philippe H. XLVIU ; 114 n. 

3 ; 139 n. I. 
Hesse (Landgrave Guillaume de). — 

Félicite Charles IX de son mariage 



270 LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



et de la signature de la paix de Saint- 
Germain, 130. 

Hippolyte de Médicis (Cardinal). — 
Instructions qu'il donne à l'un de ses 
agents auprès de l'empereur, pour 
faire enlever le pouvoir au duc Alex- 
andre, 7 n. 3. 

Hongrie. — Troupes qui y sont en- 
voyées pour repousser l'invasion de 
Soliman, 47 n. 3. 

Huguenots. — Mesures de répression 
dont ils sont l'objet, après la conju- 
ration d'Amboise, 96. — Au temps de 
Pie V, entretiennent des relations 
avec six des principaux Etats de l'Ita- 
lie ; peuvent, quand ils le voudront, 
porter la guerre, soit en Flandre, 



soit en Italie, 118. — Excités et sou- 
tenus par Elisabeth d'Angleterre, ils 
entrent en campagne dans les Pays- 
Bas, puis bientôt en France, 119. — 
Sont battus à Jarnac et à Moncon- 
tour, 131. — Imposent pourtant, 
l'année suivante, aux royalistes la 
paix humiliante <?e Saint-Germain, 
127. — Fureur qu'excite parmi eux 
le prêt de deux cent mille écus con- 
senti par le grand-duc de Florence 
au duc d'Albe, leur persécuteur,i73. 
— Leur colère, à la nouvelle de l'at- 
tentat dirigé contre Coligny; ils 
menacent de se venger et de tuer le 
duc de Guise, 175. 



I 



Instructions générales aux ambassadeurs 
toscans. — Publiées par nous pour 
la première fois, XXXIII. — Leur 
texte, 203 svv. 

Inventaire de toutes les pièces concer- 
nant l'époque de Cosme ler et de 
Catherine de Médicis, conservées 
aux archives du Ministère des affai- 
res étrangères à Paris, XXX n. 1. 



Isabelle de Médicis. — Sœur du grand — 
duc François; aurait, suivant Cathe — 
rine de Médicis, été empoisonnée, 
190. 

Italie. — Sa situation après la paix de 
Crépy ; alliés qu'y possèdent, d'une 
part, Charles Quint et, de l'autre, 
Henri II, 6i. 



Jarnac (Gui de). — Son duel, 58 n. 4. 
Jarnac (Victoire de). — Remportée par 
les catholiques sur les huguenots, 

X2I. 

Jean de Médicis. — Voir Léon X. 

Jean de Médicis ou Jean des Bandes 
Noires. — Père de Cosme 1er j an- 
nonce à Léon X la naissance de son 
fils, II. — Poétique épisode, 11 n. i. 
— Sa mort, 11. 

Jean ou Giovanni de Médicis. — Fils 
de Cosme 1er ; à peine âgé de quinze 
ans, est nommé cardinal par Pie IV; 
honneurs extraordinaires qu'il re- 
çoit, à Rome, 93. 

Jeanne d'Autriche.— Son mariage avec 
le prince François de Médicis, zo8. 



Jeanne. — Fille de Catherine de Médi- 
cis ; son état civil, 62 n. 3. 

Jésuites. — Alliés du roi d'Espagne ; 
leur général cherche à indisposer 
Catherine contre le grand-duc, en le 
lui représentant comme peu zélé 
dans l'affaire du mariage de Mar- 
guerite de Valois, 163. — Leur mé- 
contentement de ce que Cosme I»' 
travaille à l'union des partis en 
France ; voudraient que l'Espagne 
lui déclarât la guerre, 169. — Ce que 
l'ambassadeur florentin dit à leur 
sujet, 169; 170 n. I. 

Jove (Paul). — Lettre qu'il écrit à 
Cosme I*': s'y moque des princes 
qui, en présence des menaces des 



TABLE ALPHABETIQUE. 



271 



Turcs, ne songent qu'à s'entrcdé- 
vorer, a3n. 5. 

Juan d'Autriche (Don), loa. 

Juana (Dona). — Sœur de Philippe II, 
refuse la main du duc d'Anjou, 133. 

Jilet III. — D'abord cardinal Del Mon- 
te, 47 n. 3. — Son élection favorisée 
par Cosme l", 65. — Signe une sus- 



pension d'armes avec le cardinal de 
Toumon, 76. — Ecrit une lettre de 
reproches à Cosme 1er, au sujet de la 
guerre de Sienne, 82 n.4. 

Jules de Médicis (Cardinal). — Voir 
Clément VII. 

Julien de Médicis. — Frère de Léon X; 
son tombeau, XXIV, n. i. 



Kerval (L. de). — Écrivain et critique 1 franciscain, XXXIX. 



Lacombb (Bernard de), Catlierine de 
Médicis entre Guise et Condé, XLVIII; 
94 n. 6. 

Ladeuze (P.). — Professeur à l'univer- 
sité de Louvain, XXXVlil. 

Laurent de Médicis. — Duc d'Urbino, 
XXIII n. 3. — Père de Catherine de 
Médicis, ij. 

I^urent de Médicis, — Assassin du 
duc Alexandre de Médicis, 10. — 
« Psaume » composé en son hon- 
neur, 13 n. 3. 

X^AVissB (E ). — Voir Lbmonnier. — 
Mariéjol. 

l,EccHi, Lm strage degli ugonotti, 
XLVm ; 176 n. 2. 

Xeportibr, La Saint-Barthélémy et les 
premières guerres de religion, en 
France. XLVIU ; 176 n. a. 

Lemmens (P. Léonard). — Frère-Mi- 
neur, XXXVUI. 
Lbmonnier (H.), La lutte contre la mai- 
son d'Autriche, XLVIU ; XXUI n. i ; 
19 n. 3 ; 33 n. I et 4 ; 36 n. i et 
3 ; 30 n. I ; 61 n. 5 ; 86 n. i. 
Léon X. — Précédemment cardinal 
Jean de Médicis; sa joie en appre- 
nant la naissance du fils de Jean de 
Médicis : il lui dorme le nom de 
Cosme, II. — Sa mort, XIX. 

Lépante (Victoire de). — En rappro- 
chant Pie V des Espagnols, ne fait 
que le confirmer dans sa résolution 
de refuser toute concession par 



rapport au.x affaires de France, 163. 

Leva (G. de), Storia documentata di 
Carlo V, in corrclazione ail' Italia, 
XLVI ; 10 n. 3 ; 61 n. 6. — La ele- 
zione di papa Giulio IIJ, dans la 
Rivista storica italiana, XLVI ; 65 n. 
4. — La guerra di papa Giulio III con- 
tro Ottavio Farnese, ibid., 71 n. i. 

Ligues. — Ligue projetée entre la 
France, Venise et Ferrare, et dans 
laquelle on veut faire entrer Cosme 
I", 74. — L igue défensive et anti- 
française entre les États d'Italie ; 
le projet en est soumis à Charles- 
Quint par Cosme I»' au nom du duc 
d'Urbino, 76. — Ligue entreprise 
par Pie V contre les Turcs ; Charles 
IX refuse d'y prendre part ; pour 
quels motifs, 164 et 165. — La Ligue 
ou grande ligue des catholiques fran- 
çais ; son organisation insurrection- 
nelle, 198. 

Limites, logiques, géographiques, chro- 
nologiques,de ce travail, XXXVI sv. 

LU (Fleurs de). — Armes de Florence ; 
inscrites dans le cœur de tous les 
Florentins, disent les ambassadeurs, 
XIX. 

LiTTA (P.), Famiglie celebri di Italia, 
XLVni ; XXXV n. 3. 

Loiselei'r (J.), articles sur la Saint- 
Barthélémy ,dans le Temps, n»» du 14 
au 3<| août 1873, XLVIII ; 176 n. a. 
— Les nouvelles controverses sur la 



272 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



Saint-BarthéUmy, dans la Revue his- 
torique, XLVIII ; 176 n. 3. — Trois 
énigmes historiques : la préméditation 
de la Saint-Barthélémy. XLVIII ; 176 
n. 2. 

Longjumeau (Paix de). — Ne fut 
qu'une suspension d'armes ; histori- 
quement, marque une date impor- 
tante : celle où les catholiques de 
France,non contents de se défendre, 
vont prendre l'offensive contre les 
huguenots, 111. 

Lorraine (Cardinal de). — Jugement 
qu'il porte sur Pie V, 130. — Pie V 
offre de le rappeler pour faire plaisir 
à Catherine de Médicis, 161. — In- 
siste vainement auprès de Grégoi- 
re XIII pour obtenir la dispense 
nécessaire au mariage de Marguerite 
de Valois, 163. 



Lorraine (Christine de). — Voir Chris- 
tine de Lorraine. 

Lorraine (Louise de). — Epouse Hen- 
ri III, 190. 

Lottlni. — Secrétaire du camerlingue 
Santa-Fiora ; agent de Cosmc I» 
dans le conclave qui suit la mort de 
Paul IV ; lettre que le duc lui écrit, 
91 et 92. — Succès de ses intrigues 
parmi les cardinaux, 93. 

Louis. — Fils de Catherine de Médi- 
cis ; son état civil, 62 n. 3. 

Lt;pi (C), Délie relazioni fra la rcpub- 
blica di Firenze e i conti e ducJii di 
Savoia. XLVIII ; XVU n. i. 

Lupo Gentile (Michèle), Studi suIUb^ 
storiografia fiorentina alla corte dm- 
Cosimo Ide' Medici, XLVm;XXXIV^ 
n. 5. 



M 



Macre (R.) — Professeur à l'université 
de Louvain, XXXVIII. 

Manfroni (C), Fm^ marina militaredel 
granducato mediceo. XLVIII ; XXXVI 
n. I. 

Mantoue (Ambassadeur de). — Prend 
le pas sur l'ambassadeur de Flo- 
rence, au sacre de Henri II, 54. 

Mantoue (Duc de). — Client de Char- 
les-Quint, 61. 

Manucci ( Aldo), Vita di Cosimo dé" 
A/^/ci, XLVIII; ion. 5. 

Marcel II. — Elu pape grâce aux intri- 
gues du camerlingue ; ennemi 
acharné de Charles-Quint, 93. 

Marchand, La Saint-BartfUlemy, 
XLVIII; 176 n. a. 

Marguerite de Valois. — Fille de 
Catherine de Médicis; son état civil, 
6a n. 3. — Catherine de Médicis 
veut, en la mariant avec Henri de 
Navarre, sceller la réconciliation 
prétendue des catholiques avec les 
huguenots, 151. — Pie V avait 
formé le projet de la marier au 
prince de Portugal, 153. 

Mariage do Henri de Navarre avec Mar- 



guerite de Valois (Affaire du). — 
Importance que Catherine de Médi- 
cis attache à ce mariage, 151. — Elle 
réclame, à ce propos, l'intervention 
de Cosme auprès de Pic V, 151 et 
153. — Le pape se montre obstiné- 
ment hostile au mariage et refuse 
toute dispense, 154 ; 156. — Cathe- 
rine s'entête à en poursuivre la réa- 
lisation, en dépit de Rome, 159. — 
Manœuvres du nonce pour empê- 
cher ce mariage, 159. — Opposition 
croissante de Pic V, que la victoire 
de Lépante, en le rapprochant de 
l'Espagne, confirme encore dans 
sa résolution, 160, 161, 163. — Pie V 
persiste à refuser les dispenses, 
malgré les prières du protonotaire 
Alexandre et du cardinal Ferdinand 
de Médicis, 161 et 163. — Au cardi- 
nal Alessandrino, envoyé par Sa 
Sainteté en France, Charles IX 
déclare qu'on passera outre, 165. — 
Ayant succédé à Pie V, Grégoire 
XIII se montre plus hésitant au 
sujet de la dispense, mais finale- 
ment se fait défendre, sous peine 



TABLE ALPHABKTIQUE. 



273 



de péché, par des théologiens de 
la donner, i68. — Catherine et 
Charles IX perdent patience : mal- 
gré Rome et sans dispense,le maria- 
ge est solennellement célébré, le 13 
août 1572. — Ce mariage a-t-il été 
un moyen perfide, imaginé par Ca- 
therine de Médicis,pour faire tomber 
Coligny et les seigneurs protestants 
dans un guet-apcns, qui devait 
aboutir au massacre de la Saint- 
^rth-'lemy, 175 et 176. 

Marie de Portugal.— Pic IV veut la 
marier avec François de Médicis, 
fils de Cosme 1er, g^. 

Mariéjol (J. h.), La Riforme et la 
l^ue : L'édit de Nantes, XLVU ; 
loon. a ; 103 n. a ; m n. 4 ; iian.a. 

Marignan (Marquis de). — Assiège 
Sienne, 80. 

Marillac (Charles de). — Chargé par 
Henri II de négociations avec Cos- 
me ler^ 23. 

Maringhi (Antonio). — ^Agent florentin, 
envoyé dans les Flandres, 170 n. 2 

Marseille, 47 n. 3 ; 71. 

^Urtin (William), La Saint-BartlU- 

lemy devant le sénat de Venise, 

XLVn ; 176 n. 3. 
^assarelli (A). — Ce qu'il dit au sujet 

de Florence, en 1546, 5 n. 4. 
ilaurevel. — Soudoyé par Catherine 

de Médicis pour assassiner Coligny, 

Ï75- 

Mulmlllen il. — Empereur d'Alle- 
magne ; sa colère en apprenant 
l'élévation de Cosme 1er à la dignité 
de grand-duc, 135, 132. — Ses pro- 
testations, en cour de Rome, à ce 
sujet et à propos du couronnement 
de Cosme par le pape, 135 et 136; 339 
sw. 

Ma2zini (M.), Caterina de' Medici e Clé- 
mente VII alla Spezia, nel 1533, 
XLVni ; 38 n. 4. — Nuovi documenti 
intorno a Caterina de' Medici e a Clé- 
mente VII, dans le Giornale storico 
6 letterario délia Liguria, XL VIII ; 
38 n. 4. 



Mecklembourg (Duc Albert de). — 

Félicite Charles IX de son mariage 

et de la signature de la pai.\ de 

Saint-Germain, 130. 
Médicis (Duc Alexandre de). — Voir 

Alexandre de Médicis, duc do Florence. 
Médicis (Prolonotaire Alexandre de). — 

Voir Alexandre de Médicis, protuno- 

taire. 
Médicis (Ange de). — Voir Pie IV. 
Médicis (Antoine de). — Voir Antoine 

de Médicis. 
Médicis (Bernard de). — Voir Bernard 

da Médicis. 
Médicis (Catherine de). — Voir Cathe- 
rine de Médicis. 
Médicis (Chiarissimo de). — Voir Chia- 

ris.simo de Médicis. 
Médicis (Clarisse de). — Voir Clarisse 

de Médicis. 
Médicis (Cosme 1er de). — Voir Cosme 

ier de Médicis, 
Médicis (Ferdinand de). — Voir Ferdi- 
nand de Médicis. 
Médicis (François de). — Voir François 

de Médicis. 
Médicis (Cardinal Hippolyte de). — 

Voir Hippolyte de Médicis. 
Médicis (Isabelle de). — Voir Isabelle 

de Médicis. 
Médicis (Cardinal Jean de). — Voir 

Léon X. 
Médicis (Jean de). — Voir Jean de 

Médicis ou des Bandes Noires. 
Médicis (Jean ou Giovanni de). — Voir 

Jean de Médicis, fils de Cosme 1". 
Médicis (Cardinal Jules de). — Voir 

Clément Vil. 
Médicis (Julien de). — Voir Julien de 

Médicis. 
Médicis (Laurent de). — Voir Laurent 

de Médicis, duc d'Urbino. 
Médicis (Laurent de). — Voir Laurent 

de Médicis, assassin du duc Alexan- 
dre. 
Médicis (Philippe de). — Voir Philippe 

de Médicis. 
Médicis (Pierre de). — Voir Pierre de 

Médicis. 
Médicis (Les). — Sont chassés de Flo- 

xS 



274 



LES NEGOaATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



rence, XXI. — Acte public qui les 
rétablit dans leurs privilèges, 5 n. i. 
• MELLtNi(D.), Ricordi mtorno a Cosi- 
mo I, XL VIII ; 13 n. 4 ; 47 n. 3 ; 124 
n. a. 

Mendiants (Ordres). — Leur rôle dans 
le mouvement de revanche religieuse 
des catholiques de France sur les 
huguenots, iia. 

Mendoça (Don Diego di). — Discours 
qu'il adresse au cardin&I Farnèse, 
65 n> z et 3. 

IkiBRKLE fSéb.), Coitcilium Tridenti- 
num . Diariorum pan prima, XLIXj; 
5n.4. 

Michel-Ange. — Symbolise et reflète, 
dans ses statues de San-Loreozo, 
les regrets des patriotes florentins, 
XXIV. 

Milan. — Le roi de France, Fran- 
çois i^r, se proposant de se rendre à 
Milan, la dauphine l'engage à aller 
jusqu'à Florence, ^6 n. 5. — 67. 

MiLAMESi, Diario delk cou awenuU in 
Siùna dai ao di tuglio 1550 ai 38 
guigna 1555, écrit par Soz2INI,XLIX ; 
77n. I. 

Mirandole (La), ao. 

Misullanea distoria ilaiiana,L,l; 65 n.i. 

Miscellanta storica rotmina od ardiivio 
di stortA mcdioevale et eccksiastica, 
LI;8on.4. 



Mocenigo (Luigi). — Ambassadr-^KV t 
nitien, ga n. 6. 

Moeller (Ch ). — Ptofesseur àl'iM^ain'^ 
sittî de I^uvain, XXXVHI. 

Monconiotir (Victoire de). — R&mpor. 
téepar les catholiques sur les Int^up. 
nots, 131. — Joie qu'en rcj 
Pie V, 121. 

Mo.\nAiNi (G.), Lm questkme dij 
denza, XLIX; laa n. a «4 — /j 
storia de' suoi Umpi di G.B. Adru 
XLLX ; XXXIV n. 5 ; 8a n. 4. 

Montaigne. — Catherine de Mé 
lui dicte des ■ conseils >, desliaétl 
jeune roi Charles IX, X05. 

Monte (Cardinal Del). — Voir Jilulll. 

Montluc (Biaise de). — Défend Sienne, 
8o;86n.3. 

Montmorency (Anne de). — Conné- 
table, 29 n. 2 ; 53.— Son rôlc,lorî(iu 
sacre de Henri II, dans la question 
des priîséances, 54 et 55. — Perd U 
bataille de Saint-Quentin, 85. 

MoREM (D^, Biblicgrajia itorico^ii*>- 
nak délia Toscana, XLI.X ; XXXV, 
n. a. — Série d'autoi'i riigmriiatà 
la cckbre famiglia de' Medici, XLIX; 
XXXV n. a. — Edite l'ceuw de 
Mellini, XLIX ; 13 n. 4. 

Muratc (Couvent des). — Séjour qu'y 
fait Catherine de Médicis, li 
révolution de Florence, a8. 



N 



Naplcs, XVIII et n. i ; 47 n. 3 ; 61 ; 
67. 

Nassau (Louis de). — L'un des chefs 
des huguenots; Catherine de Médicis 
négocie avec lui par l'entremise de 
Frégose, 133. 

Navarre. — Prétendu projet d'échange 
de ce pays contre la Sardaigne, au 
profit d'Antoine de Bourbon : fable 
inventée par PhîUippe II, 102. 

Navarre (Henri de). — Voir Henri IV. 

Négociations diplomatiques de la France 
awc la Toscane (Siglc NDD), pas- 
sim. 



Nemours (Traité de). — Capitulation 
de la royauté, 198. 

Nevers (Louis de Gorizaguc, duc de).- 
Favori de Catherine de Médicis,j( 
— Son complice dans le mas 
ta Saint-Barthélémy, 175. 

Ntccolinl (Agnolo). — Conseille, s>09 
succès, à Cosmc l" de maintenir un 
ambassadeur à la cour de Henri0i 
malgré l'hostilité qui yrègne.ysctyfi. 

Niccolini (Ange). — Cardinal florentin, 
l'un des candidats de Costne I" 
dans le conclave qui suit la mor^^ 
Pic IV, 113. 



TABLE ALPHABKTIQUE. 



275 



NiccoLiNi (G. B.), Filippo Strozzi, 
XLIX ; 13 n. 3. 

Hofri Roselli. — Voir Roselli. 

Nonce. — En France, les bannis ou 
fuorusciti florentins fréquentent la 
maison du nonce, 91. — Efforts qu'il 
fait pour empêcher le mariaf;e de 
Marguerite de Valois avec Henri de 
Navarre ; discussion des plus vives 
qu'il a avec Catherine de Médicis, 
à ce sujet, 159, — Ses manœuvres, 
à la cour de France, pour indisposer 



! Catherine contre le grand duc.cn le lui 
représentant comme peu zélé pour 

; l'affaire du mariage de Margueritede 
Valois, 163. — Petrucci confond ses 
intrigues, 163 et ifk\. 

I Nonces. — Responsabilité des nonces, 
au point de vue des progrès de l'hé- 
résie en France, au dire de Torna- 
buoni, 96, 
North britisch revicw ; LI ; 165 n. i. 
Nuit (La). — Statue du tombeau de 
Julien de Médicis, XXIV n. i. 



Onorio (Frate). — Frère Mineur, con- 
fesseur de Clément VII, 30. 

Orange iPrince d'). — Clément VII 
compte en partie sur ses troupes 
pour réduire Florence, XXI. — Chef 
des huguenots en Flandre ; Charles 
IX propose à Cosmc I" de lui venir 
en aide, 136 et 138. 

Orléans. — Le duc François de Guise 
est assassiné devant cette ville, 102. 



i Orsini (Alfonsina). — Grand-mère de 

i Catherine de Médicis, a8. 

i Orsini (Troïlo). — Chargé par Cosme 

i I^r d'annoncer à Charles IX l'envoi 

: d'une somme d'argent et d'un corps 

! de troupes, lai. 

i Orsini (Valcrio degli;. — Sa lettre à 
Cosme Jer, au sujet des dangers que 
font courir les fuorusciti au souve- 
rain de Florence, 19. 



Pagni (Cristiano). — Agent de Cosme 
1er près du lieutenant général de 
Charles-Quint, 34 ; 35 n. i et 3. 

Paix ou édit de pacification d'Am- 
boise. — Voir Amboise (Paix d'). 

Paix de Cateau-Cambrésis. — Voir 
Cateau-Cambrésis (Paix de). 

Paix de Crépy.— Voir Crépy (Paix de). 

Paix de Longjumeau. — Voir Longju- 
meau (Paix de). 

Paix de Saint-Germain. — Voir Saint- 
fiermain (Paix de). 

Palanori (P. Eletto, O. F. M.), Les 
UUres de Catherine de Médicis, dans 
la Revue d'histoire ecclésiastique, 
XLIX ; XXVI n. a ; XXXIV n. i et 3; 
30n. 3;97n.3; 105 n. 3. 

Palatinat (Electeur du). - Félicite 
Charles IX d'avoir signé la paix de 
Saint-Germain, 130. 

Palla dl Bernardo Ruceiiai. —Envoyé, 



comme ambassadeur, àCharles-Quint 
par le conseil des Douze, 6. 

Pancialiclii (Barthélémy). — Chargé 
par Cosme 1er d'aller saluer Henri 
II et Catherine de Médicis, 63, — 
Doit traiter, et en quels termes, la 
question de la préséance, 64 ; 306 
svv. — Accueil qu'il reçoit, 64. 

Pandolfini. — Lettre que Cosme I" 
lui écrit, 78. 

Paoli (C), La sconfiita dei fuorusciti a 
Montemurlo ; notixie traite dai dis- 
pacci inediti di SerGirolamo Tantuui, 
XLIX ; 14 n. 4. 

Papes. — Influence que la diplomatie 
florentine exerce sur leur élection et 
leur gouvernement, 113.— Voir aussi 
Léon X. — Adrien VL — CKment 
VII. — Paul III. — Jules m. — Marcel 
II. — Paul IV. - Pie IV. - Pie V. — 
Grégoire Xlll. 



136 



LES 



ÎOCIATIONS ENTRE 1.A TOSCANE ET LA FRA>'CE, 



Paris (L ), Négociations, lettres el pièces 
diverses, relatives au rlgne de Ftan- 
çois II, XLIX ; 63 n. 3. 

Parme. — Les impériaux auraient 
songé à céder aux Parnèses Sienne, 
en échange de Parme, 80. 

Pasquin, — Epigrammes de Pasquin, 
à l'occasion du mariage de Margue- 
rite d'Autriche avec Octave Farnèse, 
petit-fils de Paul III, 16 n. 6 ; 17 n. 
3. — Contre la faiblesse de Pie IV à. 
l'égard de Cosme I", 99. 

Pasacrini (L ). — Jadis directeur des 
archives de Toscane, XXVUI n. i. 

Passerini (Silvio). — Cardinal, 33 n 3. 

Pastor (L,udvfig)fGeschichle dtr Pipsie 
seit dent ausgaMg des Mitteîalters... 
T. IV, 3« partie : Klemcns VII,XL1X ; 
XX n. 6. 

Paul tIL — Hostile au Médicis de Flo- 
rence ; voudrait former en To^^cane 
un Etat pour son fils Picr-Luigi Far- 
nèsc, 13, — Veut marier son petit 
fils, Octave Farnèse, avec Margue- 
rite d'Autriche et sa petite-fille, 
Victoire Farnèse avec Cosme I«f, 
15 — Le premier de ces projets seul 
réussit, 16. — Garde la neutralité 
entre François I" et Charles-Quint, 
malgré les efforts de Cosme I" pour 
l'attirer dans le parti de l'empereur, 
il, — Protège les fuorusciti floren- 
tins, 21. — Entretient la discorde 
entre Ferrare et Florence, se pro- 
nonçant tantôt pour rmie.tantd t pour 
l'autre, dans la question des pré- 
séances, 39. —Impose, comme souve- 
rain, à Plaisance son fils naturel, 
Pierre Louis, 61. — Conclut une 
ligue déiensive avec Henri II, 61. — 
Favorise le roi de France, 6x. — 

Paul IV. —D'abord cardinal Jean Pierre 
Caraffa ; son élection, 80 n. 4.— Est 
très impressionné du danger que les 
Espagnols foot courir au Saint-Siège, 
81 n. 3. — Ses projets sur l'Italie, 
8i n. 3. — Se flatte d'attirer Cosme 
Wdans la ligue entre le Saint-Siège 
et la France ; est dupe de \i./urberia 
du duC| 82. Ses rigueurs, au dire de 



Cosme ler, 9j. — Hai des Romain ^i 

cause de sa sévérité, 115. — Si m» xt 

peu de regrets qu'il laisse, 91 et ^^ 

Pensicro <Il). —Statue de Michel-Ai» «« 

XXIII n. 3. 

Perpignan. — Les Français y s«3mI 
battus, en 1542,33. 

Pbrkbns (F. T ), Histoire de Flore ^m £t , 
depuis la domination des Médicis^mu< 
qu'à la chute de la république^XLJL^^ 

XXIV n. 3 
PcRJtBT (P. M.), Histoire des rtl 

de la France avec Veniu, du 
siicU à l'avènement de Cliarks Vlll, 
XLIX : XVII n, a. 
Petrucci (Jean Manu). — Sa btûgrapfaif, 
167 ni. — Est nommé ambassadeur 
en France, en remplacement Je 
Nicolas Tornabuoni ; son mérite 
comme d.plomatc, 107 — Initrat- 
tions qui lui sont données : obtenir 
l'amortissement des dettes contr* 
tées par Leurs Majestés envers I 
grar.d-duc, solliciter l'en Voi d'UQ pef-' 
sonnage de marque au mariage de 
François de Méaicis et dcjeanw 
d'Autriche, 108 ; aai svv.— Audience 
qu'il reçoit de Catherine et pompeux 
discours qu'il lui adresse ; répotae 
de la reine, 108. — Audience qu'il 
obtient du roi, 108. — Au sujet <iu 
remboursement des sommes prétie» 
par Cosme l*^, ne parvient à obtenifi 
après deux ans d'efforts, que de 
vagues promesses, 109. — Rensei- 
gnements qu'il nous fournit sur le 
dénùment de la cour et du ro^'aume, 
à la veille de la paix de Saïut-Gcr- 
main, la; et ia8. — Explications que 
lui donne Catherine de Médicis sur 
les motifs qui l'obligent âcette paiX| 
139. — Téligny et Frégosc lui expo- 
sent le projet d'expédition de Char- 
les IX et des huguenots en Flandre: 
ils l'engagent à presser le grand- 
duc d'y adhérer, 133 et 134. — Con- 
versations de Pelrucci avec Charles 
IX, à ce propos ; le roi lui prescrit 
de garder le secret vis-à-vis de Ca- 
therine, 135 et 136. — Est convaioca 



TABLE ALPHABETIQUE. 



277 



^* l'intérêt qu'il y aurait pour le 
Craad-duc à accepter l'alliance pro- 
posée, 136. — Coligny lui ayant 
Manifesté son désir de se rapprocher 
de la cour, il écrit i ce sujet au 
grand-duc, 143 et 144. — Il travaille 
â ce rapprochement, vraisemblable- 
ment par ordre de Cosme, 144 — Se 
compromet par son zèle à procuier 
le rappel de Coligny et est l'objet de 
plus d'une dénonciation à Rome, 158. 
— Jugement qu'il porte sur les Jésui- 
tes, 169. — Tout le monde, à la cour 
de France, lui tourne le dos, lors- 
qu'on y apprend le prêt de deux 
cent mille écus consenti par le grand- 
duc de Florence au duc d'Albe, 
173. — Lettre que le grand-duc lui 
écrit à ce sujet, 173. — Se vante 
d'avoir rendu possible le massacre 
de Coligny et des chefs calvinistes,en 
travaillant à leur rappel à la cour, 
179 ; 184. — Sollicite, en consé- 
quence, une récompense du ro<, qui 
lui promet une abbaye, 179. — Avait 
été, toutefois, lui-même quelque peu 
menacé, lors de la Saint-Barthélé- 
my, x8o. — Reçu avec une certaine 
iroideur par Catherinp,au lendemain 
de la Saint-Barthélémy, 180. — Sa 
position n'est plus tenable, à la cour 
de France, poursuivi qu'il est, à la 
fois, par les soupçons et le mépris 
des piotestants et des catholiques, 
184. — Demande &on rappel et est 
remplacé par Alamanni, 184. — 
Délégué par le cour de Florence 
pour assister au mariage de Henri 
m avec Louise de Loi raine, 190. — 
Ne parvient pas à apaiser Catherine 
de Médicis, à qui le grand-duc Fran- 
çois n'a pas consenti le prêt d'ar- 
gent qu'elle sollicitait, 189. 
Philippe II. — Appelé à Bruxelles par 
Charies-Quint, 62. — S'immisce 
dans la question de Sienne,77. — Ac- 
corde à Cosme 1er l'investiture de 
Sienne, 8i. — Se formalise de ce que 
Cosme ler entretient un agent ou 
ambassadeur à la cour de France, 



90. — Unit son influence à celle de 
Cosme 1er pour iaire élire pape le 
cardinal Ange de Médicis (Pie IV), 
93. — Se joue d'Antoine de Bourbon, 
dont il achète la conversion, en lui 
promettant un prétendu échange, 
à son profit, de la Navarre contre la 
Sardaigne, io3. — Mécontentement 
que lui cause l'élévation de CosmeJer 
à la dignité de grand-duc, ainsi 
que le couronnement de ce prince 
par le pape ; ses protestations en 
cour de Rome, 126. — Enlève à 
Charles IX sa fiancée, Anne d'Au- 
triche,et pousse sa propre sœur,Don« 
Juana, à reiuser la main du duc 
d'Anjou ; intrigue pour détacher les 
Suisses de l'alliance de la France, 
133. — Mécontentement que lui cau- 
sent les relations que Cosme 1er cq. 
tretieni.parson ambassadeur,avecle8 
chels des huguenots de France, 145. 

— Ambassade secrète que Cosme lui 
envoie pour l'apaiser, 146 ; 148. — 
Est renseigné secrètement par Cos- 
me 1er sur toutes les négociations 
de la France avec Rome, relative- 
ment au mariage de Marguerite de 
Valois et au retour de Coligny à la 
cour, 158. — Ligue qu'il forme, dans 
son intérêt personnel, avec Pie V et 
les Vénitiens contre les Turcs, 164. 

— Ne sait aucun gré au grand-duc de 
Florence du prêt de deux cnt mille 
écus qu'il a lait au duc d'Albe, 171. 

— Domination despotique qu'il rêve 
de faire peser sur l'Italie, 301 — Ne 
veut autre chose que la guerre i 
outrance entre catholiques et hugue- 
nots,30i. 

Philippe le Bel. — Florence invoque 
son s; cours, XVIII. 

Philippson,Dw Rimischt Curie und dû 
Bartholomàusnackt, dans la Deutsche 
Zeitschri/t fur Geschichtswissenschaft, 
XLIX; 176 n. 3. 

Picardie. — Les armées de Philippe II 
et de Henri II s'y trouvent en pré- 
sence, 85. 

Picchona (Curzio/ — Secrétaire d'am- 



278 



LES NEG»X:iATIONS ENTRE LA TOSCANE ET L-\ FRANCE- 



bassade; compromis dans l'asxassinat 
des fuurusciti, igi. — Arrélé par 
ordre du roi ; condamné au bannis- 
sement, 191. 

Picot (Emile), Z.« HalUnsen FraHct,nH 
XVI<^ silcle, XLIX; XXV n. 3. 

Pie IV. — D'abord cardinal Ange de 
Médicis ; doit son élection à l'in- 
fluence de Cosme \" et à la pression 
que ce dernier exerce sur le con- 
clave, 91 et 9a. — Sa reconnaissance 
et sa taiblesse envers le duc \ élève 
le fils de Cosme, Don Giovanni, 
enfant de quinze ans, au cardinalat 
el lui décerne, à RoTie.des h"nneurs 
inouïs, 93. — Veut marier François, 
l'autre fils du duc, avec Made de Por- 
tugal, 93. — Ses complaisances 
envers Cusmc I" indisposent les 
princes, en particulier l'Espagne, 93. 
— Favorable à la reprise du concile 
de Trente, 98. — Invite Cosme I" à 
se rendre à Rome, 98. — Honneurs 
extraordinaires qu'il rend au ducdc 
Florence.gS. — Commentaires mal- 
veillants et épigrammes que suscite 
sa laiblesse à l'égard de Cosme, 98 et 
gg, — Approuve les décrets de la 
république de Lucques contre les 
hérétiques, i8j n. 4. — Sa Mon, 113. 

PI* V. — Précédemment Fra Michèle 
Ghisicri, Dominicain \ doit son élec- 
tion à l'influence de Charles Borro- 
raée, 115. — EfTroi avec lequel 1c 
peuple romain apprend son élection; 
son caractère, 115. — Affecte, dès le 
début, de se montrer affable pour le 
duc de Florence. I16. — Demande A 
Cosme I*"" de livrer à l'inquisition 
romaine Carnesecchi, accusé d'héré- 
sic,ii6.— Double plan qu'il se propo- 
se : restauration intérieure du catho- 
licisme, extermination, à tout prix, 
de l'hérésie ; inquiétudes que lui in- 
spire la France, 117. — Conseils que 
lui fait donner Cosme 1er par son 
ambassadeur, 11701 118. — Se dé- 
clare lui-même « poco intendentc 
délie cose di S'ato », 119. — Tra- 
vaille à faire perdre la couronne à la 



reine a'Augietcrre, 119, — Jo«q^ 
ressent de la victoire des calhoiiq^ 
à Moncontour, lai. — Elève la' 
cane à la dignité de grand-duch^^ ^ 
décerne au duc le titre d'Ait^^ )|j, 
scrénissiir.e. 13/. — PioteslatL «an, 
qu'il suscite, de la p^rt de l'cir^ p^. 
reur et de Phii.ippe H, en élew-a^f 
ainsi Cc'sme à la dignité de^raud- ^aç 
cl en te couioiHiint à Rome, 

— Echange oc correspondance en| 
lui et Cosme I", au su}c: d'une pr 
motion de cardinaux, 114 o. 

— Scandale et inaignation que iuf 
cause l'annonce de la paix piochime 
de Saint-Germain entie Charles IX 
et les huguenots, 127. — Ecrit, en 
vain, à Charles IX pour ledétounier 
de conclure cette paix, 1^9. — Relusej 
d'écouter les explications que luiliilj 
donner Caihtrine de Médicn à ce 
sujet, 130. — On essaye de lui repré- 
senter Cosme I"^ comme complice J 
des huguenots, 145 ; 155. — Fiit^| 
entendre ses plaintes au grand-duc ^^ 
qui le rassure sur son dévouement i 

la foi catholique, 150, — Avait lormé 
le projet de marier Marguerite d: 
Valois au prince de Portugal, i5î- 

— Avec quelle douleur et quelle »n- 
laiioo il apprend le rrojct de r»pp«' 
de Coligny à la cour de France et le 
futur mariage de Murgueillc <le 
Valois avec Henri de Navarie, ISJ-^J 

— Se relusc à toute conces-'io:' d^H 
déclare qu'il n'accordera aucuoc de» "^ 
dispenses nécessaires pour le in»ri»- 

ge en question, 154. — Ne répond à 
de nouvelles instances que pardes^i 
récriminations, 15601157. — TrailCj^B 
les Français d'impudents, 156, - St^B 
colère, en apprenant que la cour de 
Fiancuest décidée.malgré sadéfens^^ 
à passer outre au maiiage ^^^^ 
Marguerite de Valois avec Henri de 
Navarre, 160. — Sa crainte de voir, 
à celte occasion, la France se déi 
cher de l'obédience du Sain;-Siè| 
161. — Refuse néanmoins toute di 
pcn^-e^méme secrète, 161 — La vu 



TABLE ALPHABKTICïUK. 



279 



toiiedcL^panteneiait que raffermir 
dans son opposition:il préléreraii.dit- 
li, plutôt que de céder, voir la Fjance 
s'enloncer dans la schi-tnc, i6a. — 
Tentatives ivfîuctueusesque lailpiès 
de lui le cardinal Ferdinand de 
Médicis. 162. — EnvoK. en France le 
cardinal Ale^s-andrino, dont la mis- 
sion échoue complctctrenl, 164. — 
Ligue qu'il tente d'orpaniser contre 
les Turcs avec Philippe II etVtnise ; 
Charles IX refujc d'y entier ; pour 
quels motifs, 164 et 165. — Espère, 
un instant, que Charles IX a le des- 
sein de luer l'amiral de Coiigny.iyS. 
— Sa mon, 166. 

Piémont. — Occupé, par les Fiançais, 
en J543 et 1544, 43. 

PierrcdeMédic s. -LcplusjcuncJilsde 
Coime le; Catherine de Médicis veut, 
dit-elle.l'attircr à la cour de France, le 
combler u'honneur», le marier avec 
Maiie de Clèves, 110. - Suivant Ca- 
Ihcnr.e dcMédicis,aurait empo sonné 
sa lemme, Eléonore de Tolède, 190. 

Piclrasanta. — Les troupes envoyées 
par Henri II au secours d'Octave 
Farnèse y font naurragc, 71, — 

Ptombino (Seigneurie de). — Manœu- 
vres de Cosme ler pour s'en empa- 
rer ; le duc Je Florence est d'abord 
évincé, grAcc au mauvais vouloir de 
Charlcs-Quint, 6r. — Est définitive- 
ment cédée i Cosme 1", 79.— Docu- 
nn-nl sur la question. 61 n. 3. 

1';" i Ch),Cancspoiidar.cc du curdutal 
,!U, XLIX; 171 n.2. 
vro «.ts portes à Henri VII 
XVIII. 

Le pape Paul III lui 

ic souverain son fils 

I f>i. — Octave 

ar les Espa- 

|j|P V avait 
r avec 

^^'^'lagri.i 
érlal à 



Prémédilalion. — Le meurtre de Coligoy 
et des chefs calvinistes iut-il prémé- 
dité. de la part de Catherine de Médi- 
cis, 176. — En lul-il de même de la 
Saint-Barthélémy, c'est-à-dire de 
regorgement en masse des hugue- 
nots, 176 et 177. 

Préséance (La question de). — Elle se 
pose, dès 1526, entre Florence, Gènes 
et Ferrare ; François I" et Charles 
Quint la résolvent, l'un en laveur, 
l'autre en délaveur de Florence, 39. 

— Nouveau conBit, en 1543. entre 
Florence et Ferrare ; Paul III se pro- 
nonce pour Ferrare, puis pour Flo- 
rence, 39. — Instructions que Cosme 
If donne à son ambassadeur, Ber- 
nard de Médicis, au sujet de cette 
question, 400141. — Conflit quesua- 
ciie, sur ce point,à la cour de France, 
le duc de Ferrare ; motils qu'il invo- 
que ; réponse de Cosme I", ^1 et 43. 

— Décision de François If", con- 
traiie à F orence,43. — La question 
se pose, de nouviau, au début du 
lègne de Henri II, 51. — Attitude 
du roi : il ordonne que les ambassa- 
deurs t'e Ferrare et de Florence 
vivent en paix, à tout prix. 53. — La 
question est tranchée, à la cour de 
Charles-Quint, en faveur du duc de 
Floience, 56 — Henri II affecte, au 
sUjCt de cette décision, la plus grande 
indiflércnce, 57. — Par son élévation 
à la dignité de grand-duc, Cosme I^r 
s'imagine avoir lait définitivement 
irancher cette question, source, de- 
puis de longues années, de tant de 
difficultés, 123 et 133. — Henri III, 
pour arriver, scmble-t-il, à une rup- 
ture avec le grand-duc, la ressuscite 
à la fin de 1579, en décrétant que la 
place des ambassadeurs sera réglée 
d'après l'ancienneté respective des 
maisons, 193. — Vaines protesla- 
lionsde l'ambassadeur ; obstination 
du roi, 193 et 193. — Lettre de 
Fr'<nçt.is de Médicis ; Henri III n'y 
répond que par le mépris, 193. — 
Instructions à divers ambassadeurs 



280 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



au sujet de cette question, 307 sw ; 
319 ; 329. 

Priuli (Lorenzo). — Ambassadeur véni- 
tien, 116 n. 2. 

Protestation contre le titre de grand- 
duc concédé à Cosme le (Actes de). 
— Protestation de l'empereur Maxi- 
milien, 233 svv. — Protestation de 



Philippe II, 240 svv. 
PucHBSsB (Baguenault de), Leit^ 
dt Catherine de Médicis, XLIX ; i^ 
n. 3 ; 199 n.3 — Négociations de Her^ 
II avec le duc de Ferrure, dans 
Rtivue des questions historiqum» 
XLIX ; XXV n. 3, 



Quarante-huit (Conseil des). — In- 
stitué, lors de l'abolition de la Sei- 



gneurie, après la chute de la ra 
blique, 5. 



Rambouillet (Cardinal de). — Réponse 
qu'il reçoit de Grégoire XIII, au 
sujet du mariage de Marguerite de 
Valois, z68. 

Rankb (L), Franzoesiscke Geschichte, 
XLIX ; 119 n. 5 ; 176 n. 2. 

Rassegna nazionale, LI ; 80 n.4;i97 n.3. 

Rastrblli (Morlesto), Utoria d'Ales- 
sandro de' Medici, primo duca di 
Firenze, L ; 5 n. 3 ; 7 n. 3 ; 8 n. 3 ; 
9 n.3. 

Ravenne. — Rendue par les Vénitiens 
à Clément VII, XXIII n. i. 

Ravenne (Cardinal de).— Ecrit à Char- 
les-Quint pour protester contre 
l'attitude de Paul III, hostile à l'em- 
pereur, 31. 

Razzôli (P.).— Frère-Mineur.XXXIX. 

Réformateurs (Conseil des).— Sa le'.tre 
de dévouement à Charlfs-Quint, 6. 

Reims. — Henri II y est sacré, 53. 

Relations entre la Toscane et la France, 
— Avant la chute de la république 
de Florence, XV. — Tradition légen- 
daire à ce sujet, XV svv. — Ont 
d'abord été des relation commercia- 
les et financières, XVI. — Les pre- 
mières relations politiques datent de 
la seconde moitié du XIII* siècle, 
XVII. — Aspect nouveau qu'elles 
prennent,auXVIe siècle, i. 

Relations diplomatiques entre la Tos- 
cane et la France. — Premiers essais 
tentés en vue de la reprise de ces 



relations ; leur échec, 37 sw.— f^ «u. 
velles tentatives inrructueuse.«^ 60 
svv. — Pourquoi, en somme, ces 
tentatives ont échoué, 60. — I?». 
prise des relations et inter'vco- 
tion de la Toscane dans les affaire 
de France, 85 svv. — Durant ef 
après la troisième guerre de reli- 
gion, 113 sw. — A la veille de Ja 
Saint-Barthélémy, 151 svv. - Rup- 
ture définitive, sous François de 
Médicis et Henri III ; ses suites, 195 
svv. — Place qu'occupe dans ces 
relations l'intérêt particulier, îoo.- 
Leur action sur la marche générale 
des événements en Europe, 200.— 
Leurs résultats,au point de vue poli- 
tique, 200. — Au point de vue reli- 
gieux, 301. — Voir aussi Cetaie I". 
— François de Médicis. — Catherint 
de Médicis — France. 

Renée. — Fille de Louis XII. épouse 
du duc de Ferrare, 61. 

Renieri (André). — Favori de Cathe- 
rine de Médicis, 31. 

Réponse du secrétaire pontifical aux 
protestations de l'empereur Maximi- 
lien et de Philippe II, au sujet du 
titre de grand-duc accordé à Cosme 
i", 337 svv. 

Républicains de Florence. — Leur haine 
contre Charles-Quir t ; leur espoir 
dans la France, 7. 

République de Florence. — Sa chute 



TABLE ALPHABETIQUE. 



281 



amène celle du parti français, 2, 
Retour de Collgny à la cour (Affaire du). 

— Coligny en parle à l'ambassadeur 
Petrucci, comme d'un projet qu'il 
caresse ; l'ambassadeur florentin 
s'enthousiasme de celte idée, 143. — 
Catherine de Médicis, quelle que 
Boit en cela sa préoccupation vérita- 
ble, prend ce projet à cœur, 151. — 
Elle réclame, à ce propos, l'interven- 
tion de Cosme auprès de Pie V, 151 
et 153. — Le pape se montre obsti- 
nément hostile au projet, 153 ; 155. 

— Le retour de l'amiral est défini- 
tivement conclu ; il arrive à Blois ; 
paroles par lesquelles le roi l'ac- 
cueille, 158. — Ce retour, négocié et 
amené par Calheiine de Médicis, 
a-t-il été un moyen perfide, imaginé 
par la reine, pour faire tomber 
Collgny et les seigneurs protestants 
dans un guet-apens, qui devait abou- 
tir au massacre de la Saint-Barthé- 
lémy, 175 et 176, 

Retz (De). — Complice de Catherine 
de Médicis dans l'exécution de la 
Saint-Barthélémy, 175. 

Reumont(A ). — Ce qu'il dit sur l'im- 
portance de l'histoire de l'Italie, à 
l'époque moderne, XXIV n. 3 et 4. 

DU Jugend von KatheritM di hedicis, 
L; 27 n.i. — Tavoh cronologicJie t siti- 
crone délia storia fiorentina,h; XXIV. 

— Geschichte Toscana's, L; XXXV 
n. I et 3 ; 6a n. I ; 197 n. 2.—Marg)u- 
rita d'Ahsiria, duchessa di Parma, 
L ; 15 n. a ; 16 n. i et 3 ; 17 n. i. 

Revues. — Liste des revues consultées 

et citées, 21. 
Revue bénédictine, LI ; 80 n. 2. 
Revue historique fSigle RH), LI;i30 

n. 5 ; 176 n. 2. 
Revue d'histoire diplomatique, LI ; 85 n. 

I ;86n. 3. 
Revue d'histoire ecclésiastique (Sigle 

RHE), LI ; XXVI n. a ; XXXIV n. 

i; 30 n. 3 ; 97 n. 3 ; 105 n.a : 182 n. 4 
Revue des questions historiques (Sigic 

RQH), LI ; XXV n.3; 175 n.i ;i76 n. 2. 
Ricaseii (J, B.).— Ambassadeur de Tos- 



cane en France; sa biographie, 47 
n. 3. — Assiste à la translation 
du corps de François I" à Saint- 
Denis, 49. — Audiences que lui don- 
nent Henri II et Catherine, 50 et 51. 

— Affront qui lui est iait, au sacre 
de Henri II ; ses protestations à ce 
sujet, 54 et 55. — Est rappelé, 57, 

— Quel avait été son rôle en France, 
58. 

Ricasoli (Léon). — Envoyé par Cosme 
1er, comme ambassadeur, à la cour 
de France, après la paix de Cateau- 
Cambrésis ; sa biographie, 87 n. 2. — 
Instructions qu'il reçoit, 87 et 88 ; 
214 svv.- N'arrive qne pour être té- 
moin de la mort de Henri II ; accueil 
qu'il reçoit de la reine, 88 et 89. — 
Est bientôt remplacé, 89. 

Ricci de Montepulciano (Cardinal). — 
Sa candidature appuyée par Cosme 
I«', dans le conclave qui suit la mort 
de Pie IV, 113. 

RiCHA, Chiese fiorentir.e, 38 n. 3. 

Ridolfi (Cardinal). — Partisan des 
Français, 64. 

Rigobon (P.). La contabiliià di stato 
nella repubblic-a di Firenze e nel gran- 
diicato di Toscana, L ; XXXV n. a. 

Rincon. — Agent français ; assassiné, 
18 ; 33. 

Rivista di scicttze storiche, LI ; 39 n. i. 

Rivista storica italiana, LI ; passim. 

Robeitd'Anjou. — Elu chef de la sei- 
gneurie de Florence.en 1313, XVIII. 

Rochelle (La). — Fortifiée par les 
huguenots, ia8. — Devenue presque 
une république indépendante, 133. 

Rome. — Saccagée par les bandes à la 
solde de Charles-Quint, XXI. — 
Voyage que Cosme 1er y fait, sous 
Pie IV, 98 et 99. — Cosme ler y est 
couronné, comme grand-duc, par 
Pie V, 125. — Il y est dénoncé 
comme complice des huguenots 
145 ; 155. — Voir aussi Léon X. — 
Adrien VI. - Clément VIL— Paul IIL 
Jules III. — Karcel II. — Paul iV. — 
Pie IV. - Pie V. - Grégoire Xlli. 
I Roseill (Nofri). — Envoyé seciète- 



282 



LES NKGOCIATIONS EKTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



ment par Cosme I" en Espagne, 
pour apaiser Philippe II, que les 
négociations des souverains de Tos- 
cane avec les huguenots de France 
ont irrité ; instructions qu'il reçoit ; 
il est chargé de dévoiler perfidement 
les offres d'ail ance contre SaMajesté 
catholique faites par Cha^lc^^ IX au 
grand-duc, 146, 147 et 148 — Ccsme 
invoque son témoignagepourprétcii- 
dre que Philippe II a surpris, grâce à 
des espions, les démarches poursui- 
vies en cour de Rome en vue du ma- 
riage de Marguerite de Valois, tandis 
qu'en réalité, c'est lui<méme qui a 
tout (ait révéler au roi d'Espagne, 
157 cl 158- 

Rosset (Alexandte). — Envoyé du roi 
de France en Italie ; est reçu avec 
peu d'égards à Florence ; pour quels 
motifs, 37. 

Rossi |A), /.a eUziotif di Cosimo I df' 
Medici, dans les Atti del rcalt istitU' 
ta veneio di scictutt Utterc ed arti, 



L; 10 n. 5. — Francesco Guieeiat 
dini e il governo fiorentinô, L ; 7 d, 
I ; 8n. let 2. 

Rouen. — Antoine de Bourbon est 
mortellement blessé au siège 
cette ville, 102. — Charles IX y 
proclamé majeur, lo-s. 

Rdblb (A. i\t). — Le traité d£Catêa»'\ 
C(J>ttb*ésis, dans la Revue d'histoif 
diplowaliquf^ I. ; 85 n. i ; 86 n, 3. 

Rucellai (Anniball. — Agent de Char- 
les IX : chargé de négocier des 
emprunts auprès des princes d'Italie, 
117. 

Rucellai (Horace). — Agent du grand- 
duc; ses paroles sur la monde Cathe- 
rine de Médicis, 198 n. 3. 

RucfUai (Pallo). — Voir Palla di Ber- 
iiardo Rucellai. 

Rustlcucci (Cardinal). — Chargé par 
Pie V de faire entendre des plain- 
tes à Cosme l", au sujet de ses 
négociations avec les huguenot» «k 
Franc-, 150. 



Sacre de Henri II. — Affront qui y est 
lait à l'ambsssadeur de Florence, 54 

el55. 

Saint-André (Maréchal de). — Battu à 
la bataille de Sainl-Qucniin, 85. 

Salnt-Barlhélemif — Bibliographie, 176 
n. 2.— Le massacre de laSaini-Bar- 
thélemy a-t-il été prémédité,i75,i76, 
177. — Vers:on qui en fait remonter 
le projet jusqu'à l'entre vue de Bayon- 
ne, 175 n. i. — La ihèse de la pré- 
médUatiun de la Saint-Bai thélemy, 
fort ancienne, a été généralement 
abandunnéc par les historiens les 
plus illustres à pailir de la seconde 
moitié du dernier siècle, 176 n. 2. — 
Reprise par H. Bordier, elle a été 
abandonnée, de rouveau, par les 
meilleurs critiques de nos jours, 176 
n.a. — Si, en France, ce massncre fut 
prémédité, ce qui n'est pas prouvé, il 
ne semble pas, en tout cas, qu'à Flo- 
rence on ait été au courant de ce qui 



se préparait, 177 A 181. — Loin de 

soulever la réprobation dont il reste, 
ajuste litre.chargé devant l'histoire, 
cet odieux massacre suscita. au XVI« 
siècle, l'enthousinsmedes princes et 
d<s masses catholiques, 182. — 
Quelle a été, en présence de ce for- 
fait, l'attitude de la curie ronaaine, 
i8t n. 4. 

Saint-Dizier. — Siège de celte ville, 36 

Saint-Germain. — Résidence de 
cour, 49; 34. 

Saint-Germain (Pau del. — Raisons qi 
poussent el même obligent Charlc»^ 
IX el Catherine de Medicis à la con- 
clure svec les huguenots, 137 et 138. 
— If.dignation qu'en restent Pie V^ 
127; 129- 

Saini-Qucntin ' Bataille de). — Le con - 
nétahle de Montmorency et le maré- 
chal de Saint-André y sont battus,85. 

SALTiNiiG.E.),D«^/fl morte di Franatco 
I di' Mcdici c dt Bianca CapptUo, L ; 



^^^^^P 283 ^^^1 


197,n. 4. — Bfciwf « Cappdlo e Francesco 


au profit d'Antoine de Bourbon : ^^^H 


Ide" Mtdtci, L ; 197 n. 3. 


table imaginée par Philippe II, 104. ^^^^| 


Saluccs iévéquc de) — VoirTorjiabusni 


Savoie (Duc de). — A prêté de l'argent ^^^H 


(Alphonse). 


à la cour de France, 107. ^^^H 


Salvitti (Marie). — Mère de Cosme I", 


Savone, ^^^^| 


11, — Son taracière,sa inori,r<grels 


Savonarole (Jérôme). — Laud£ emoa ^^^H 


quelle laisse aans le peuple de Flo- 


honneur, 8 n. ^^^^| 


rence, la. — Son oraison lunèbrc 


Saxe (Electeur de). — Félicite Charles ^^^| 


prononcée par Varchî, u n. 5. 


IX de la paix de Saint-Germain, 130. ^^^^| 


SlhlaUi Cardinal). —Oncle de Cosmc 


Sohuler (Rmc P. Denis) - Général des ^^^| 


I«'; invité i Venir à Florence,en jan- 


Frères Mineurs, XXXVIII. ^^H 


vier 1537, en vue d'une entente, au 


Seghiizo. — Agent du duc de Florcn- ^^^H 


sujet du retour da, fuorusciti ; cette 


304. ^^H 


entente ne peut avoirlîeUjij.— Par- 


Segki, Storiafioreniina, L ; ;2S n. 3. ^^^H 


tisan des Français, 64. 


Sens (Cardinal de). — Efforts inutiles ^^^H 


SalviatI 1 Nonce). — Prélat dévoué à 


qu'il lait poitr obtenir de Grégoire ^^^H 


Cosme l". 153— Chargé en vain par 


XIII U dispense nécessaire au ^^^H 


le grand-duc de travailUr à vaincre 


mariage de Marguerite de Valois, ^^^^| 


l'opposition de Pie V au maiiage de 


^^H 


Marguerite de Vaiois avec Henri de 


Serguidl (Antonio). - Chargé, en vain, ^^^H 


Navarre et au retour de Coligny à la 


par Cosme I*' de travailler à vaincre ^^^^| 


cour, 155. — Nonce en France ; con- 


l'opposition de Pie V au mariage de ^^^^| 


na-.ssaii-il les projets de Catherine, 


Marguerite de Valois avec Henri de ^^^^B 


relativement au massacre deshugue- 


Navarre et au retour de Coligny i la ^^^^| 


nots, 178 n.i. 


154. ^^^^1 


Salza (Abd-El-Kaderl, PasquiniaiM : I 


Serristorl (Averardo). — Ambassadeur ^^^^| 


[•arnesial tribiinule di Maéslra Pai- 


de Cosme I'-- à Madrid, 15, 16. — ^^^H 


quino, dans le Giornak storico dclla 


Envoyé à Rom' par Cosmc b^, pour ^^^^| 


letUratur» italUna, L ; 17 n. 2. 


détacher le pape de la France et l'at- ^^^H 


Santa-Croce (Cardinal de). — Met en 


tiror dans le parti de l'empereur, 19, ^^^^| 


létc à Cathcrinr de Médici.^ d'attirer 


90. Annonce à Cosmc la guerre corn- ^^^^| 


Pierre de Médicis, fils de Cosme !«'■, 


me imminente entre François I" et ^^^^| 


à ia cour de France, ixo. 


Charlcs-Quint, ao. — Ros.sets'cfforce ^^^H 


Saraclni (Sinollo). — Ambassadeur de 


de lui enlever la préséance à Rome, ^^^^| 


Toscane en France ; sa biographie, 


38 n. I — Proteste contre l'avan- ^^^H 


igo n. 3. — Homme médiocre et 


tage doni é par le pape Paul III à ^^^^H 


nonchalant, laisse son secrétaire 


FcTrare, dans la question de présé- ^^^^H 


gérer les affaires ; est compromis 


anci, 39, — S'entretient avec le car- ^^^^| 


dans l'absassinat des fuorusciti, 191. 


dînai Farnèse de la politique pa- ^^^^| 


— Altitude pleine de mépris de 


pale, 63 n. 6. — Conversation qu'il à ^^^^| 


Henri III àson égard, 19J. — Vaincs 


avec le cardinal du Bellay, au sujet ^^^H 


protestations qu'il adresse â Caihc- 


des relations de la Toscane (.t de la ^^^H 


rinc cl à Ilonri III, au ^ujet de La 


France, 67. — Ligne de conduite que ^^^^| 


question des préséances, 19a. — 


lui trace, 1 ce propos, Cosme I«°, 68. ^^^^| 


Paroles menaçan'es que lui adresse 


— D.ssuade Cosme I" de recoui ir au ^^^^| 


le roi ; doit piteusement battre en 


p»pe pour faire cesser l'hostilité ^^^^| 


retraite, 193. — &m rappel, 194 et 


de Henri II contre Fmrence, 73 et 74 ^^^^| 


195 


Seurc (Chevalier de), 139. ^^^^| 


Sardaigne. — Préiendu projet d'é- 


Sfor/a (Cav. G ). Dodici aHc^doti sto- ^^^^| 


change de la Navarre contre ce pays, 


rici, L ; XXXV n. i ; XXXII. ^^^1 



284 



LES NEGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



Sienne (Question de). — Divisions aux* 
quelles Sienne est en proie et dans 
lesquelles s'immiscent le loi d'Es- 
pagne et le roi de France, 77. — 
Cosme 1er rêve de s'en annexer le 
territoire, 77. — Se révolte contre la 
garnison espagnole qui l'occupe, 77. 
— Est détendue contre le retour des 
impériaux par Pierre Strozzi, 77. — 
Assiégée par le marquis de Marignan 
et défendue par Biaise ds Montiuc, 
capitule, le 17 avril 1553, 80. — On 
songe à en former un État indépen- 
dant sous le protectorat du Saint- 
Siège,8o. — Puis on pense à la donner 
aux Farnèses, en échange de Parme, 
80. — Le cardinal Carlo Caraffa vou- 
drait en faire pour lui-même une 
principauté, 80. -Prétendu projet de 
cession de cette ville par Philippe II 
à Don Juan d'Autriche: lablc inven- 
tée par Catherine de Médicis, 102. — 
Droits iéodaux que le roi d'Espagne 
revendique sur Sienne, 125.— Sienne 
est donnée par Philippe II à Cosme 
1er et annexée à la Toscane, 8a. 

Sigies. — Explication des sigles, LU. 

SiMONETTi (Adolfo), Il convcgno di 
Paolo m e Carlo V in Lucca, L ; 39 
n. 3. 

Sixte-Quint. — Son jugement sur Ca- 
therine de Médicis, 198 n. 3. 

SoL (E.), Les rapports de la France 
avec l'Italie, L ; XXV n. 3. 

SoLDAN, La France et la Saint- Bar- 
thélémy, traduction de l'allemand 
par Ch. Schmidt, L ; 176 n, 3 

Soliman. — Sultan des Turcs; menace 
l'Europe, 47 n. 3. 

SoRAGNA (R. Di). Paolo IV e la pre- 
poudcranza spagnuola in Italia, dans 
la Rassegnanazionalc, XLVI; 80 n.4. 

Sorbonne. — Dans son sein, les avis 



sont divisés au sujet du mariage de 
Marguerite de Valois avec Henri de 
Navarre, 165. 

SorianofMichel).— Triste tableau qu'il 
nous trace de l'état religieux de la 
France, à la mort de François II, 99 
et 100 ; 115 n. 2 

Soubise (Hôtel). — Ou Archives natio- 
nales de Paris, XXVII n. a. 

Sources. — Nomenclature des sources, 
XXVIII. 

SozziNi, Diario, XLIX ; 77 n.i.— Voir 

aussi MlLANBSI. 

Speciano (G. B.). — Lettre qu'il écrit 
au secrétaire du duc de Toscane, 

33 n- «• 

Stapputti. (L.), Il cardinale Innocenxo 
Cybo, XXII, n. I ; L ; 4 n. 3 ; 5 n. i 
et n. 3 ; 7 n. i et 3 ; 8 n. 2 ; 9 n. 3 ; i» 
n. 2; 13 n. I et 4; 15 n.4. 

Strozzi (Luisa). — Epouse de Luigi. 
Capponi ; est victime des outrages dua. 
duc Alexandre, 6g n. i. 

Strozzi (Philippe). — Banni florentin 5 
lettre que lui écrit Fusco, 13 n. 3. 

Strozzi (Pierre). — Banni florentin ; 
complote contre Cosme I"", 19. — 
Appelé à Rome par Paul III, ai. — 
Lève des troupes à la Mirandole, 
34. — Sa tête mise à prix par Cos- 
me 1er, 25. — Son armée est vaincue, 
entre Novare et Serra valle, 35. - 
Fait affront à l'ambassadeur de Tos- 
cane, 38 n. 3 ; 58 n 3. — Chargé par 
Henri II de détendre Sienne con- 
tte les impériaux, 77. — Propos inju- 
rieux que son fils tient contre le duc 
de Florence, 91. 

Strozziane {Carte), XII ; 4 n. 3 : 5 n. i- 

Suisses. — Philippe II essaye de les 
détacher de l'alliance de la France, 
133- 



Tavannes (De). — Complice de Cathe- 
rine de Médicis dans l'exécution de 
la Saint-Barthélémy, 175. 

Téllgny. — Gendre de Coligny, chargé 



par ce dernier de pousser Charles IX 
à entrepiendre une guerre à l'étran- 
ger, 131. — Entretient Petrucci du 
projet d'expédition de Charles IX et 



TABLE ALPHABETIQUE. 



285 



des huguenots en FlaQdre,proiet au- 
quel en voudrait faire adhérer le 
grand-duc, 133 et 134. 

]E'hbinbr (A.), Annales cccUsiastici, L ; 
1780. i; ï8a n. 3. 

"SThermes (Maréchal de). — Est battu à 
Gravelines, 85. 

Tliionville. — Les Français y sont vic- 
torieux, 85. 

"Thomas (G.), Les révolutions politiques 

de Florence. L ; XIX n. 2 ; XXIV n.a. 

"Thoo (de), Historiarum sui temporis 

<te.,L;7in. 3. 
Tolède (Bléonorc de). — Voir Eléonor* 

de Tolède. 
Tolède (Don Pedro de).— Beau-père de 

Cosme le»", 66 n. I. 
Tarnabuoni (Alphonse). — Evêque de 
Saluces, agent de Cosme 1er en 
France,3i n.4. — Sa biographie,89 n. 
6 — Entrevue qu'il a avec Catherine 
de Médicis, 31, — Envoyé en France 
par Cosme 1er; mécontentement que 
sa venucjcomme agent résident, sus- 
cite à la cour d'Espagne, 90. — In- 
structions qu'il reçoit du duc,spécia- 
lement au sujet des personnages de 
la cour hostiles au duc, 90 — Ses 
rapports avec les fuorusciti, 91.— Se 
plaint à Cosme I'^ du peu de crédit 
dont il jouit a la cour de France 
et sollicite son rappel,94 —Cosme le 
prie de patienter, 94, — Renseigne- 
ments qu'il donne sur lasitutation 
politique et religieuse de la France, 
sous François II, à la veille de la 
guerre civile, 95 et 96. — Jugement 
qu'il porte sur les nonces, 96 — Son 
rappel,97. — Instructions et conseils 
qu'il adresse à son neveu, Nicolas 
Tornabuoni, qui lui succède comme 
ambassadeur, 318. 
Ternabuonl (Nicolas).— Remplace, com- 
me ambassadeur en France,son oncle, 
Alphonse Tornabuoni, 97 — Instruc- 
tions et conseils qu'il reçoit de ce 
dernier, 218 svv. — Projets perfides 
qu'il prête à Antoine de Bourbon,ioi. 
— Est rappelé ; ce qu'il avait été 
comme ambassadeur : reporter plu- 



tôt que diplomate, 107. — Fournit à 
son successeur, Petrucci, un relevé 
de compte, relatif aux sommes prê- 
tées par Cosme i" à la cour de 
France, 108. 
Toscane. — Importance de son histoire, 
au XVIe siècle, au point de vue de 
ses rapports avec la France, XV. 

— La période qui s'étend de 1530 à 
1544 constitue pour elle une période 
de crise, i. — Elle entre ensuite 
dans une période de splendeur, 
durant laquelle se raffermit sa sym- 
pathie pour la France, a. — Services 
rendus par elle à l'Espagne, de 1535 
à 1559, 330 svv. — Aura l'honneur 
de seconder l'œuvre de pacification 
qu'accomplira plus tard Henri IV, 
30I. — Voir aussi Cosme ler. — François 
de Médicis. — Ferdinand de Médicis. 

— Ambassadeurs. 

Tosi (C. 0},Una ktiera di M. Francesco 
Campana, L ; 13 n. 3. — XXXIX . 
Totila. — Roi des Goths; aurait détruit 

Florence, XV n. 3. 
Tour d'Auvergne (Madeleine de la). 

— Mère de Catherine de Médicis, 

37- 

Tournon (Cardinal de). — Négocie, au 
nom de la France, une suspension 
d'armes avec Jules III, 76. — Ce qu'il 
dit des conséquences possibles de 
l'attitude de Catherine de Médicis à 
l'égard du catholicisme ou du calvi- 
nisme, 100. — Projets perfides qu'il 
prête à Antoine de Bourbon, lox. 

Traditions légendaires sur l'antique al- 
liance de la France et de la Toscane, 
XV, XVI. 

Trente (Concile de). — La question de 
sa reprise agitée à l'assemblée de 
Fontainebleau, 97. — Cosme 1er 
insiste auprès de Pie IV pour la con- 
tinuation de ce concile, 98. 

Tristan (J. B.), La Toscane française, 
LI;XXXVn.3. 

Trollopb, The girlood of Catherin» of 
Médicis, LI ; 37 n. i. 

Tudor (Marie). — Reine d'Angleterre, 
47n-3. 



286 



LES NÉGOCIATIONS ENTRE LA TOSCANE ET LA FRANCE. 



Turcs. — Eq 1543 et I544,il8 menacent sérieusement U chrétienté. 23. 



u 



Uffixi. —Archives de l'Etat à Florence, 

XXVUn. a; XXVIII. 
UoHi (J. Fr. Min.), Cronacadi Firenxe, 

LI ; 4, n. I ; aa n. a ; a3 n. 3. 
Urbino (Duc d'). — Forme le projet 



d'une ligue défensive et antitrançaise 
entre les Etats d'Italie, 76. 
Urbino (Duc d'). — Voir Laurent de 
Médicis. 



Vacandard (E.), Études de critique et 
d'histoire religieuse, LI ; 117 n. a ; 
Z27 n. I ; 158 n. a ; 165 n. i ; 176 
n. a; 178 n. i ;i8an. 4. 

Valois (Race des). — Disparait dans la 
boue et le sang, 198. 

Van der Essen. — Voir Essen (Van 
der). 

Varchi. — Historien, 9 n. i. — Pro- 
nonce l'oraison funèbre de Marie 
Salviati. LI; la. 

Vatto (Del). — Lieutenant général de 
Charles-Quint, 19, — Battu à Cériso- 
les par les Français, 34. — Victo- 
rieux des fuorusciti ; refuse de livrer 



les prisonniers à Cosme 1^,2$- 

Vaucelles. — Trêve qui y est signée 
entre Philippe II et Henri II, 81 n. i . 

Vénitiens. — Négociations de Charles- 
Quint avec eux, XXIII n. i. — Ligu^ 
qu'ils forment avec Pie V et Philippe 
II, dans leur intérêt personnel, 164. 

Vénitiens (Ambassadeurs). — Leurs 
relations, XXXIV. 

Vicenzo. — Neveu du pape Jules III, 
66 n. I. 

Victoire. — Fille de Catherine de Mé- 
dicis ; son état civil, 6a n. 3. 

Vitelli. —Agent de Paul III, 15. 

Vos (Marc De). - Voir De Vos. 



w 



Waddinoton (A.), La France et Us 
protestants allemands, sous Charles 
IX et Henri III, dans la Revue histo- 
rique, LI ; 130 n. 5 ; 134 n. 2 ; 138 n. 
I. 

Wbiss (Ch.), Papiers d'État du cardi- 
nal de Granvelle, LI ; 33. 

WiJNB, article sur la Saint- Barthé 



lemy dans le Gids, LI ; 176 n. a. 

Wurtemberg (Duc Louis de). — Félicite 
Charles IX de son mariage avec la 
fille de l'empereur et de la signature 
de la paix de Samt-Germain, 130. 

WuTTKB, Zur Vorgeschichte Bartholo- 
mâusnacht, LI ; 176 n. a. 



ERRATA. 

Page XLV, ligne i^ de U bibliographie, au lieu de : article du, lisez : article de la 

North british rtvieuw. 
Page i6, note 2, li><ne ir» de la dite note, au lieu de n*bU, lisez tubst. — Ligne 3 

de la même note, au lieu de Nunciatur, lisez Nuntialur. 
Page 20, ligne 30, au lieu de desoriiiais, lisez désormais. 
P^e as, ligne 14, au lieu de Navarra, lisez Novare. 
Page 30, note 3, au lieu de t. VII, lisez t. VI. 
Page 39, note 5, au lieu de Capasso, lisez Capbi. 
Page 48, continuation de la note 3 de la page 47, au lieu de : qu'il le changea, 

lisez : qu'il le chargea. 
Page 80, note 4, ligne 15 de la dite note, au lieu de Resstgna, lisez Rass^^na. 
Page un, ligne 5, au lieu de : fut donc la dupe, lisez : fut donc dupe. 
Page 1x7, ligne 25, au lieu de Ruccellal, lisez Rucellal. 
Page 176, note 3, ligne 27 de la dite note, au lieu de : Mouth British Review, lisez : 

North british rtview- 
Page 324, ligne 3 du titre du document VIII, au lieu de : (22 juin 1872), lisez : 

(33 juin 1572). 



Opus qood ioscribitur : *L*t nigoeialioiu politiquis et rtligituus tntre la Toseam tt la 
Franc*, à l'ipoqiu di Cotmt /<r et de Catherin* de Itédieis, par Elstto Palakoki, Frire 
Mmcur, D icteur ta sciences morales et historiques. Lecteur général d'histoire eccléaiastiqae ■, 
ex aoetoritate Eminentissimi et Reverendissimi Cardinal!* Arcbiepiscopi Mechliniensis et 
Iccum academicarum praescripto recocnitum, quum fidei aut bonis moribus contrarium nihil 
continere visum fiierit, imprimi potest. 

Datum Lovanii, die XIV lulii MOCCCCVIII 

Ao. HlBBILTMCK, 

Rector Universitatis. 



Nihil obstat ex parte Ordinis. 
Romae, die 14 lulii 1908. 

F. lOSWR KAOTM AMM, O. F. M. 

Delecatos generalis. 



Tous DROITS RÉSERVÉS. 



7^^ 



OQ 738.17 .P2 

L«« negociattona polltlauea «i 

Stanford Univer-;:!v Librr '"■ 
US; JM^IJi II ■ 





3 6105 041 440 939 






Stanford University Libraries 
Stanford» Califomia