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Full text of "Les oeuvres de Guiot de Provins, poète lyrique et satirique"

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PUBLICATIONS DE L'UNIVERSITÉ DE MANCHESTER 



SERIE FRANÇAISE. No. I. 



Les Œuvres de Guiot de Provins 



Published by the University of Manchester at 

THE UNIVERSITY PRESS (H. M. McKechnie, Secretary) 

12, Lime Grove, Oxford Road, Manchester. 

LONGMANS, GrEEN & Co. 
London : 39, Paternoster Row 
New York : 443-449, Fourth Avenue and Thirtieth Street 
Bombay : 8, Hornby Road 
Calcutta : 303, Bowbazar Street 
Madras : 167, Mount Road 



LES ŒUVRES 

DE 

GUIOT DE PROVINS 

POÈTE LYRIQUE ET SATIRIQUE 



Éditées par 

JOHN ORR 

Maître de Conférences à FEast London Collège 
Ancien Maître de Conférences à F Université de Manchester 






MANCHESTER 

IMPRIMERIE DE L'UNIVERSITÉ 
1915 



)H-93 



PUBLICATIONS DE L'UNIVERSITE DE MANCHESTER 
No. CIV. 



ALL UIGHTS RESERVED 



PREFACE. 

Les œuvres connues de Guiot de Provins, poète et 
moine, se composent de cinq chansons d'amour, d'une 
satire, sa " Bible " et d'un poème dévot et allégorique, 
VArmëure du Chevalier. Nous les imprimerons dans cet 
ordre qui fut, il est très naturel de le supposer, l'ordre 
chronologique de leur composition. 

La Bible a été publiée par Méon 1 en 1808 et par San 
Marte 2 (A. Schulz), en 1861, les chansons par Wacker- 
nagel 3 en 1846, par San Marte 2 en 1861 et par M. Arthur 
Baudler 4 en 1902. 

Les éditions de la Bible prêtent largement le flanc à 
la critique. Simples reproductions d'un manuscrit 
inférieur 5 (S. Marte n'a fait que réimprimer, avec de rares 
corrections, le texte de Méon), elles renferment toutes 
deux quantité de passages obscurs, voire même incom- 
préhensibles. Cette édition nouvelle sera donc pleine- 
ment justifiée si, en faisant disparaître quelques-unes de 
ces difficultés, nous réussissons à donner d'une œuvre 
importante à tant d'égards un texte amélioré. 

La publication du poème sur l'Armure du Chevalier, 
connu jusqu'à présent sous le nom de Suite de la Bible 
Guiot et resté inédit, n'exige guère de justification. 

En ce qui concerne les Chansons, l'édition de M. 
Baudler est à tout point de vue satisfaisante. Si j'ai 
tenu à les réimprimer ici, c'est qu'il m'a paru intéressant 
et utile de réunir en un même volume les trois œuvres 
du poète, dont l'inspiration si variée semble refléter, 

1. Fabliaux et Contes, Nouvelle Edition (Paris, 1808), vol. IV, 
PP- 307-393- 

2. Parzival Studien, I (Halle, 1861). 

3. Altfranzôsiche Lieder und Leiche (Basel, 1846). 

4. Guiot von Provins, Seine Gônner die " Suite de la Bible " und seine 
lyrischen Dichtungen (Halle, diss. 1902). 

5. V. Introd., p. xxxvi. 

V 



vi PREFACE 

comme en un triptyque, autant de phases différentes de 
son existence. 

De ces trois œuvres, la plus intéressante est indiscu- 
tablement la satire, et c'est sur elle, comme de juste, que 
j'ai dirigé mes plus sérieux efforts. J'ai cherché, dans 
l'introduction et dans les notes de cette édition, à exposer 
les raisons qui en ont pu motiver la composition, à ex- 
pliquer et à commenter avec mesure son contenu. Il a 
fallu pour cela me livrer à des excursus historiques 
parfois un peu longs (par ex. aux vv. 1927-35, 1936) mais 
j'ai voulu, surtout, en m 'attachant à donner de mon texte 
la meilleure version que me permettaient d'établir les 
moyens défectueux dont je disposais, faire œuvre de 
philologue plutôt que d'historien. 

Je suis pleinement conscient des imperfections de cette 
version, telle que je la publie, mais il faudrait attendre 
que d'autres mss. de la Bible soient découverts, pour 
pouvoir se flatter d'en donner un texte définitif. 

On s'étonnera peut-être, et cela se comprendrait, de 
voir l'œuvre d'un poète, qui, quelle qu'ait été son origine, 
écrivait un français pur, affublée d'un travesti de formes 
lorraines. Il eût été facile de donner à chaque mot sa 
forme francienne, mais je ne vois guère ce que l'on y 
aurait gagné, tandis que toute la valeur documentaire, au 
point de vue linguistique, d'une reproduction fidèle du 
manuscrit eût été perdue. 

On s'étonnera davantage, peut-être, des négligences et 
des fautes grammaticales, des rimes imparfaites, que j'ai 
laissées subsister dans le texte. C'est un scrupule de 
fidélité au manuscrit qui me les a fait garder, au même 
titre que les formes dialectales. Toute équivoque que 
cela pourrait occasionner au sujet de la langue véritable 
de l'auteur, se trouvera, je l'espère, détruite par la courte 
étude linguistique qui fait partie de mon introduction, et 
par l'index des rimes, ramenées au type francien, qui 
fait suite au glossaire et à la liste des noms propres. 

J'ai dit ailleurs ce que je dois au travail de M. Arthur 
Baudler pour l'identification des nombreux personnages 



PREFACE vii 

que mentionne notre poète. Il me reste l'agréable devoir 
de remercier tous ceux qui m'ont aidé de leurs concours 
et de leurs conseils. 

C'est mon maître et ami M. Mario Roques qui le 
premier m'a conseillé ce travail : je lui dois une recon- 
naissance toute particulière, ainsi qu'à M. Joseph Bédier 
qui, dans des séances de séminaire et chez lui, m'a aidé 
de sa grande clairvoyance à élucider plus d'un passage 
difficile. Je remercie affectueusement mes chers maîtres, 
M. Antoine Thomas et M. Alfred Jeanroy, dont l'ensei- 
gnement et les conseils m'ont été des auxiliaires précieux. 
Tous ces messieurs, lors de mon séjour à Paris, ont fait 
preuve à mon égard d'une parfaite bonté et d'une cour- 
toisie vraiment française. 

Je remercie mon ami M. Lucien Bourguès d'avoir revu 
et corrigé mon manuscrit, M. A. Smirnof et M. A. 
Langfors de m 'avoir fourni des indications bibliogra- 
phiques. Enfin, je remercie la Publications Committee 
de l'Université de Manchester, son président, M. Tout, 
et son vaillant secrétaire M. McKechnie, qui ont bien 
voulu se charger de donner le jour à ce travail de début. 

John Orr. 



CONTENTS 



PAGE 

Préface v 

Introduction : — 

Vie du poète - xi 

Œuvres : — 

I. Poésies Lyriques - xviii 

II. La Bible ----- xx 

III. L Armëure du Chevalier - - xxxix 

Langue ------ x lii 

Versification ------ xlvi 

Dialecte du manuscrit B xlix 

Textes : — 

Chansons ------ i 

Bible ------- 10 

Armëure ------ 94 

Notes : — 

Chansons 114 

Bible - - - - - - - 115 

Armëure ------ 152 

Glossaire -------- 157 

Liste des noms propres 195 

Table des rimes ------- 201 



VIE DU POETE. 

Les manuscrits l'appellent Guiot de Provins; rien 
cependant n'autorise à affirmer qu'il naquît dans cette ville. 
Provins (Seine-et-Marne), ville où se tenaient au moyen 
âge deux des six grandes foires de la Champagne, 
rivalisait avec Troyes comme centre de commerce et d'art. 
Ces mécènes fameux, les comtes de Champagne, y 
séjournaient aussi volontiers qu à Troyes, et on est tenté 
de croire que ce fut sous leur protection que Guiot fit ses 
premières armes poétiques. Dans une jolie strophe, qui 
semble sincère, après avoir dit qu'il est resté longtemps 
éloigné de sa " douce contrée, en terre malëurée," il 
s'écrie : 

Lonc tens ai en dolor esté 
Et mainte larme ploree; 
Li plus bel jors qui est d'esté, 
Me semble nois et jalee, 
Quant el païs que je plus he 
M'estuet faire demoree. 
N'avrai mais joie en mon aé, 
S'en France ne m'est donee. 

Cette strophe est-elle un simple artifice de poète (elle 
s'enchâsse dans une chanson des plus conventionelles), 
ou nous indique-t-elle au contraire le pays d'origine de 
l'auteur, c'est ce qu'il est bien difficile de déterminer. Si 
nous prêtons de l'autorité à ces vers, notre poète serait 
originaire de l'Ile de France, et plus précisément, étant 
donné son nom, de l'Ile de France orientale. 

Qu'il ait été Français ou Champenois d'origine, il 
semble avoir passé une partie au moins de sa 
jeunesse en pays provençal. 

A Arles oï conter moût gent 

Lor vie en l'englise Saint Trophe, 



xii INTRODUCTION 

nous dit-il en parlant des " philosophes anciens " dont il 
veut " fleurir " sa Bible. La raison de ce séjour dans le 
midi nous échappe, car il est fort peu probable que la 
renommée de l'école de St. Trophime ait été assez grande 
pour l'y attirer. Il nous est permis toutefois de supposer 
qu'il apprit en Provence, outre les éléments de la 
philosophie, un peu du métier des troubadours, et, si 
ce n'est assurément pas à lui que nous devons l'importa- 
tion de la poésie méridionale dans la France du Nord, 
qu'il a été du moins l'un des premiers à l'y cultiver, et à 
contribuer ainsi pour une large part à son envahissante 
extension. 1 

Il fut donc poète, à la mode courtoise, et passa sa 
jeunesse à chanter l'amour de cour en cour. Il eut du 
succès, fut estimé, apprécié. 

De cette jeunesse errante, faite de poésie et de voyages, 
il nous reste, seules reliques, cinq chansons d'amour, 
gracieuses, mais froidement conventionnelles, quelques 
noms de lieux : Salins, Montpellier, Noyers, Chateaudun, 
Chappes, où le poète a passé, et une liste de bienfaiteurs, 
dont il déplore la mort au moment où il écrit sa satire. 
Cette liste est longue et, parmi ses 86 noms, comprend les 
plus illustres de l'Europe occidentale d'alors : des rois, 
des ducs et des comtes, aussi puissants que "connoissants." 
Jeune, il vécut ainsi de "bienfaits" et "de beaux dons," 
fut l'habitué des cours seigneuriales où il trouva une vie 
heureuse, facile et gaie. C'était un poète féodal intime- 

i. Wolfram von Eschenbach dans son Parcival dit avoir emprunté le 
sujet de son récit à un certain Kiot, qui était provençal, mais qui, pourtant, 
écrivait en français, et qui avait donné de la légende de Parcival une 
version plus exacte que celle de Chrétien de Troyes. San Marte, avec 
d'autres, a voulu voir dans ce " Kiot le provençal," notre poète Guiotde 
Provins : Wolfram, telle était la supposition, aurait confondu Provins 
(qu'il nomme Provîs ou Pruvîs) et Provence. Je n'essaye pas de résoudre 
le difficile problème des sources de Wolfram. Mais, les rapports de notre 
poète avec la Provence étant assurés, ne faudrait-il pas en tenir compte si, 
un jour, on s'avise à revenir sur cette identification? On pourra consulter 
pour un résumé de la question des sources de Wolfram : Alfred Nutt, 
The Legend of the Holy Grail (Londres, 1888), Appendix A, p. 261, et, 
pour une étude approfondie, Hagen, Untersuchungen uber Kiot, Zeitschrift 
fur Deutsches Altertum, 1904, et Wolfram und Kiot, Zeitschr. f. Deutsche 
Philologie, 1906. V. aussi Panzer, Bibliographie zu Wolf. von Esch. 
(Munich, 1897), p. 32 : Wolframs Quellen. 



VIE DU POETE xiii 

ment lié aux destinées des grands seigneurs. Il faudra 
s'en souvenir, si nous voulons comprendre toute l'amer- 
tume de la satire qu'il devait écrire dans son âge mûr. 

En 1184 il est à Mayence à la cour célèbre de Frédéric 
Barberousse. 1 Plus tard il fut en Palestine, 2 où il a 
admiré, nous dit-il, la prouesse du Seigneur d'Armagnac 
entouré de ses Gascons, 3 et vu, à Jérusalem, la richesse 
des Hospitaliers. 4 Or Bernard IV, Seigneur d'Armagnac 
dont il est question ici prit part à la III e croisade, 5 
c'était donc à cette époque que notre poète se trouvait en 
Terre-Sainte. Il y perdit bon nombre de ses protecteurs, 6 
et les pays de France, tels qu'il les trouva à son retour, ne 
devaient guère lui en fournir de nouveaux. 

Deux croisades à 40 ans d'intervalle avaient fortement 
appauvri les seigneuries, tout en rapportant à la maison 
royale de très grands avantages. La croisade de 1190, 
surtout, fut extrêmement profitable à celle-ci. Le roi 
Philippe, brusquement rentré de Terre-Sainte à la mort 
de son oncle Philippe de Flandre, avait en toute 
diligence affirmé sa position dans l'Artois et dans le 
Vermandois, et, profitant de l'absence de Richard Cœur- 
de-lion, avait agrandi notablement son domaine en 
annexant des parties considérables de la Normandie, de 
l'Anjou et du Limousin. Avec tous ses talents de rusé 
politique et de guerrier habile il travailla à l'extension et 
à l'affermissement du pouvoir royal. Continuateur de 
l'œuvre de ses prédécesseurs, il affaiblissait les seigneuries 
des provinces en prodiguant des libertés aux villes. De 

1. Bible, vv. 278-79 

2. Il a dû s'y rendre par mer, car aux vers 632 — 51 de la Bible il nous 
fait une description si détaillée de la boussole, qu'il est clair qu'il a non 
seulement eu cet instrument sous les yeux, mais qu'il a été témoin des 
services qu'il pouvait rendre aux navigateurs. 

3. Bible, v. 378. II. Paul Meyer, La Poésie des Trouvères et celle des 
Troubadours, Romania, XIX (1890), se fonde sur ce passage (à tort 
croyons-nous) pour dire que Guiot avait été en Gascogne, où il aurait 
visité Bernard d'Armagnac. 

4. Bible, vv. 1793-94. 

5. Le nom de Bernard d'Armagnac figure sur une charte de 1190 avec 
celui du roi Richard ; v. Baudler Guiot von Provins, etc., p. 32. 

6. M. Baudler en a dressé la nécrologie; op. cit., pp. 19 et suiv. ; v. la 
liste des noms propres du présent volume. 



xiv INTRODUCTION 

plus, par la création des baillis royaux, il faisait sentir 
dans tout le domaine du roi, ainsi que dans les provinces 
acquises, la force de l'administration centrale, et dimi- 
nuait d'autant l'autorité des grands feudataires. Les 
assises de la France féodale commençaient à chanceler. 

Avec l'amoindrissement des seigneuries et l'émancipa- 
tion des villes les centres et les intérêts littéraires 
tendaient à se déplacer. C'est parmi les bourgeois, 
devenus opulents, et non plus auprès des cours appau- 
vries, que surgiront les poètes, qui s'inspireront moins 
des splendeurs et des amours de la vie princière que des 
intrigues un peu grotesques de la vie citadine. 

Un contemporain de notre poète, Jean Bodel, person- 
nifie, en quelque sorte, ce passage de la poésie chevale- 
resque à la poésie bourgeoise, en conciliant, sans peine 
d'ailleurs, ces deux tendances. Encore un peu trouvère 
conventionnel, puisqu'il écrit la chanson de geste des 
Saisnes, il nous a laissé en outre une dizaine de fabliaux, 
et ce fameux Jeu de St. Nicolas, où " apparaît, comme 
dit M. Luchaire, le moyen âge tout entier, l'ancien et le 
nouveau, le monde héroïque des chevaliers et des 
croisades, et le peuple turbulent des villes, les petites 
gens des ateliers et des boutiques à qui l'avenir 
appartenait." * 

Si Jean Bodel, tout en faisant des concessions aux 
traditions littéraires, a pu s'adapter facilement à l'esprit 
nouveau, c'est qu'il était établi à Arras, ville riche et 
indépendante, destinée à devenir au cours du 13 e siècle 
un foyer de littérature et d'art. Tout autre, nous l'avons 
vu, avait été l'existence de notre poète, qui lui n'eut aucune 
attache avec les villes, et qui dut se trouver, de retour 
dans cette France nouvelle, vieilli et singulièrement égaré. 
Il ne se consola point de l'appauvrissement, du dépérisse- 
ment des cours seigneuriales. Il ne comprit rien ni à 
la cause ni à la portée de changements qui ne lui 
apportaient que d'amers déboires. C'est alors qu'il s'en 
prend aux seigneurs eux-mêmes, et, les traitant d'avares 

1. Lavisse, Hist. de France, t. III, vol. i, p. 414. 



VIE DU POETE xv 

et de dégénérés, devient, de poète courtois et courtisan, 
poète satirique : 

Si honis siècles mais ne fu 
je ne voi mais feste ne cort; 
tant per tienent lou siècle cort 
que nus n'i ose joie faire. 

Déçu, et à bout de ressources, il se décida à rompre avec 
le siècle et à embrasser la vie monastique. Son choix 
tomba sur l'abbaye Cistercienne de Clairvaux, choix très 
naturel, et qui s'explique par la renommée universelle 
dont jouissait cette puissante maison, grâce à son illustre 
fondateur St. Bernard. 

A l'époque de son entrée dans les ordres un relâche- 
ment presque général régnait dans les mœurs des moines. 
Le retour remarquable à l'ascétisme qui avait signalé le 
commencement du siècle, et qui avait provoqué la 
création de tant d'ordres nouveaux, 1 avait pris fin avec 
la mort de St. Bernard en 1153. Peu à peu ces ordres, 
auxquels leur sévérité même avait attiré de nombreux 
adhérents, s'étaient enrichis, et, à la seule exception des 
Chartreux peut-être, se laissaient à leur tour corrompre 
et déchoir. 

Plus clairvoyant que dévot, notre poète ne tardera pas à 
s'apercevoir des abus et des dérèglements de toute espèce 
qui abondaient dans le milieu où il allait vivre. Il s'avi- 
sera de les embrasser dans sa satire, qui, ainsi élargie, 
devait prendre une allure plus ample, un ton plus élevé ; 
elle deviendra une Bible: "tableau moral du monde." 

Chez les Cisterciens la vie pour un simple moine était 
plutôt pénible. " Il faut être fou, dit-il, pour chercher la 
fraternité chez eux; pas plus qu'un âne n'a pitié d'un 
autre quand il le voit chargé, un Cistercien n'aura pitié 

1. Les Grandmontains en 1073, l es Chartreux en 1086, Cîteaux en 1098, 
Clairvaux en 1115, l'ordre de Prémontré en 1121 ; v. Lavisse (Luchaire), 
Hist. de Fr., II, 2, p. 260 et suiv. M. Luchaire, au tome III, 1, pp. 
351-52, voit, dans les sages idées exprimées par Guiot dans ses critiques 
des ordres, un signe de l'esprit de réforme qui commençait à prévaloir 
et qui aboutit, finalement, à la régénération de la vie religieuse tentée 
par St. François et St. Dominique. 



xvi INTRODUCTION 

de son frère quand il le voit sur le grabat, malade ou 
triste. Mais dans l'art de trafiquer et de marchander ils 
sont passés maîtres; ils consacrent tous leurs efforts à 
agrandir leurs possessions, ils volent les terres des 
pauvres gens et les obligent à mendier leur pain." 

On comprend sans peine qu'il ne soit pas resté par-mi 
eux. Il s'en sépare, en effet, au bout de quatre mois, 
" moult franchement," x nous dit-il, et entre à l'abbaye de 
Cluny. 

Au moment où il achève sa Bible, en 1206 environ, il y 
a déjà plus de douze ans 2 qu'il porte la robe noire, ce qui 
prouverait que son entrée dans les ordres aurait à peu 
près coïncidé avec son retour de la Terre Sainte. 

S'il resta à Cluny ce n'est pas qu'il y eut trouvé le bon- 
heur. Sa vie nomade et son caractère sociable l'avaient 
rendu rebelle à la paisible austérité d'une vie de moine. 
Il ne devait jamais se résigner à cette inhumaine règle du 
silence qui l'obligeait pendant les repas à " jouer à la 
bouche muette." C'est une privation qui lui pèse plus 
encore que les jeûnes et les veilles forcées, ou que les oeufs 
malodorants, les fèves mal épluchées et le vin plein du 
"boivre aux boeufs," que l'on servait au réfectoire; il ne 
cesse d'envier les ordres où " au mangier " on est libre de 
causer. 

Cependant, il a été, malgré tout, un bénédictin loyal. 
Il nous dit avoir essuyé maint affront en essayant de 
défendre contre des critiques hostiles, la conduite des 

1. C. à d., sans doute, avec la permission de l'abbé, formalité nécessaire 
pour qui désirait changer de maison. Il était fréquent d'ailleurs que des 
moines blancs quittassent leur monastère pour une maison de Bénédictins, 
où, le travail manuel n'étant pas obligatoire, la vie était moins pénible. 
Les moines noirs, disait-on alors, cf. Walter Mapes, De nugis Curialium, 
p. 39, édit. Wright (London, 1850), s'assoient avec Marie aux pieds du 
seigneur, les blancs s'en vont avec Marthe au travail. Cf. ce décret du 
concile de Rouen (1231) : Nullus abbas nigri ordinis monachum recipiat 
cisterciensis ordinis qui professionem fecerit in ordine memorato. " 

2. Bible, vv. 1091-92. Le ms. B, le meilleur de nos deux mss., dit 
trente ans. C'est presque certainement une erreur, car dans les citations 
de notre poème faites par Fauchet (Receuil de l'origine de la langue, etc., 
p. 89), nous lisons " douze ans " comme dans A, et nous avons de bonnes 
raisons de croire que des deux mss. dont disposait Fauchet, l'un au moins 
n'était pas apparenté aux nôtres. 



VIE DU POETE xvii 

abbés de son ordre. C'était, comme il le dit lui-même, 
une tâche ingrate. La témérité de sa satire et son 
mécontentement un peu bougon lui valurent l'inimitié de 
ses supérieurs, qui durent à plus d'une reprise lui imposer 
pénitence. Ce fut à l'occasion d'une de ses punitions 
qu'il composa, "pour son esprit conforter," son allégorie 
sur l'Armure du Chevalier, trouvant ainsi dans le 
souvenir de son ancienne existence, tout autant que dans 
les réflexions pieuses dont il revêtit ce souvenir, la 
consolation de ses peines présentes. 

Chansons, satire et œuvre dévote portent ainsi, toutes 
trois, la marque aisément reconnaissable du poète 
courtois. 



ŒUVRES DU POETE. 
I. Poésies Lyriques. 

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, nous ne. 
republions ici les poésies lyriques de Guiot de Provins 
que pour être complet. Notre texte sera donc, à quelques 
améliorations près, le même que celui de l'édition, encore 
très accessible, de M. Baudler. Pour ce qui est des 
remarques introductoires nous nous bornerons au strict 
nécessaire, M. Baudler ayant parlé en détail des manu- 
scrits, des rimes, de la langue et de la métrique de nos 
poésies. 

Ces poésies sont au nombre de cinq, et sont conservées 
dans deux mss. seulement, à savoir : 
le ms. Fr. 20050 de la Bibliothèque Nationale : U (Pb 12 ), 
et le ms. 389 de la Bibliothèque de Berne : C (B 2 ). 
L'une d'elles, la quatrième de l'édition, manque au Ms. U 
et figure en double, avec de négligeables variantes, dans 
le Ms. C. 

On sait que ces deux mss. 1 sont étroitement apparentés 
(S 111 v , Schwann) et remontent à un original fautif. Ceci 
implique nécessairement un texte peu sûr où plus d'un 
passage restera obscur. C'est le Ms. U, le moins 
dialectal des deux, qui forme la base de notre édition. 
Cependant, nous avons cru inutile de modifier la graphie 
de la pièce n° 4 ; elle reste donc avec les graphies lorraines 
du Ms. C. 

L'attribution de ces cinq chansons à Guiot de Provins 

I. Pour une description de ces mss. v. Schwann, Die Altfr. Lieder- 
Handschriften (Berlin, 1886), pp. 173 et suiv., 260 et suiv. ; et Raynaud, 
Bibliographie des Chansonniers fr., I, pp. 5, 73. V. aussi sur le ms. 
U., Romania, XXII, p. 288; et sur le ms. C. Seydlitz-Kurzbach, Die 
Sprache der Altfr. Liederhschrft., nr. 38c zu Bern. (Halle, 1898, diss.) 
La Société des Ane. Textes a publié un facsimilé du ms. U. (Paris, 1892). 
Le ms. C, d'après la copie Moreau, 1687-88, a été reproduit diplomatique- 
ment en entier dans les vols. XLI-XLIII de l'Archiv de Herrig, à 
l'exception pourtant de pièces déjà reproduites par Wackernagel, Altfr. 
Lieder und Leiche (Basle, 1846). Ces reproductions se complètent par 
la collation de Grôber et Lebinski dans le Zeitschrift de Grober, III, 
p. 39 et suiv. 



ŒUVRES DU POETE— POESIES LYRIQUES xix 

repose uniquement sur le témoignage du rubricateur du 
ms. de Berne, témoignage douteux s'il en fut, mais que 
nous devons cependant accepter faute de preuves 
contraires. 1 Le Ms. U, ne donne, on le sait, aucun nom 
d'auteur. Pour la i ère chanson, cependant, il fournit un 
certain appui à l'attribution de C en nous en 
conservant la strophe finale, qui commence par les mots 
" Guioz qui plaint et plore." 2 II est d'ailleurs plus que 
probable que nous n'avons ici qu'une faible partie de 
l'œuvre lyrique de notre poète. S'il en est ainsi, la perte 
du reste est fort regrettable, car, si l'on considère la date 
relativement ancienne des Chansons de Guiot (probable- 
ment entre 1170 et 1190), ainsi que ses relations bien 
attestées avec la Provence, on doit attribuer à son œuvre 
une place importante dans l'évolution de la poésie 
courtoise en France. 

Les poésies, gracieuses, mais d'une grâce qui tient 
plutôt au genre qu'à l'apport personnel du poète, sont 
conventionnelles de ton et roulent sur des thèmes d'usage. 
" Le doux espoir " qui " aide " et qui " maintient " le 
poète est en même temps le plus poignant des désespoirs. 
Loin de sa dame il se meurt d'angoisse; près d'elle son 
sort n'est guère meilleur. Il sera discret cependant et 
taira ses amours; et ce sera assez d'un baiser de sa très- 
chaste et très-orgueilleuse maîtresse, pour payer des 
souffrances si douloureuses et si chères. Cette maîtresse, 
de même que " la gent malparliere " qui trouble ces 
" fins amants," sont, sans doute, des créatures de 
fantaisie. On ne saurait chercher dans ces jeux d'esprit 
des renseignements sur la vie du poète et sur ses 
véritables amours. 3 

1. Une sixième chanson, celle qui commence : 

Les oisellons de mon pais 

Ai oïs en Bretaingne, 
et que notre ms. attribue également à Guiot, n'est certainement pas de 
lui. Tous les autres recueils où elle figure s'accordent pour l'attribuer à 
Gace Brûlé; v. Baudler, op. cit., p. 70. 

2. La chanson, no. 2, a été également mutilée par C. 

3. L'une des chansons, la 5e de l'édition, est adressée à Monseigneur 
le comte de Mâcon. " On peut hésiter, dit Mr. Langlois en voulant 
identifier ce seigneur (La vie en France au Moyen âge, etc., p. 36, note), 
entre Girard de Vienne (1155-1184) et Guillaume de Vienne (1 184-1226). " 



xx INTRODUCTION 

II. La Satire. 

Des trois œuvres du poète la plus importante est la 
Bible, par le contenu, aussi bien que par l'étendue. 

Elle a été achevée entre les années 1204 et 1209, peut- 
être en 1206. Voici, brièvement, les raisons de cette 
datation. La date de 1204, comme terminus a quo, paraît 
être assurée par les vv. 776 et 772 du poème : 

" Tous li siècle por coi ne vait 
sor aus [les Romains] muez que sus les Grifons? " 

qui sont une allusion évidente à la 4 e croisade (1 203-1 204) ; 
la date de 1209, comme terminus ad quem, par le fait 
qu'au moment où écrit notre poète, les hospitaliers de 
St. Antoine n'ont encore " ni église ni chapelle " 
(v. 2023); or nous savons qu'en 1209 ces hospitaliers 
reçurent d'Humbert, archevêque de Vienne la permission 
de construire un petit oratoire, le premier qu'ils aient eu. 1 
Entre ces limites rapprochées nous pouvons fixer, mais 
sans certitude absolue, une date plus précise encore. 
Parmi les bienfaiteurs du poète " qui tous sont morts " 
au moment où il écrit, nous trouvons la mention, au vers 
450, d'un Comte de St. Pol, qui doit être Hugo IV, mort 
vers la fin de l'année 1205, à Constantinople. Le couplet 
où figure cette mention ne se trouve, il est vrai, que dans 
un de nos mss. ; mais, ce ms. n'étant nullement remanieur, 
nous pouvons la considérer comme authentique. 2 Dans le 
passage sur les Cisterciens, le vers 1313 : "et s'en ont fait 
un chardenal," semble bien avoir été écrit avant 1206, 
date de la mort du fameux cardinal cistercien Gui de 
Paray, qui obtint le chapeau en 1200. Nous trouvons 
cependant, à la même époque, un autre cardinal cister- 
cien, Girard abbé de Pontigni, lequel mourut en 12 10. 

i. Remarquons, en outre, que dans sa violente attaque contre la cour de 
Rome, Guiot ne fait aucune allusion à la Croisade des Albigeois, com- 
mencée en 1209. C'est évidemment la 4e croisade qui occupe tous les 
esprits au moment où il écrit. _ 

2. Je n'insiste pas sur les vers 468, 470 et 471 où il se pourrait qu il 
fût question de seigneurs morts en 1204 et 1205. Remarquons cependant, 
ce qui peut être significatif, que ces vers, avec celui cité plus haut, se 
trouvent vers la fin de la liste des protecteurs morts. 



ŒUVRES DU POETE— LA BIBLE xxi 

Si nous admettons qu'il est question dans notre passage 
du plus connu des deux, Gui de Paray, et que d'autre part 
le vers 450 est authentique, nous devons placer l'achève- 
ment de la Bible, vers le commencement de l'année 1206. 

Le poème se divise nettement en deux parties : la 
première, qui va jusqu'au vers 554, est consacrée au 
monde laïque, la seconde, environ quatre fois plus 
étendue, au clergé. Cette seconde partie a même son 
introduction propre, dans laquelle se trouve une sorte de 
table des matières — une liste des 16 " chapitres " qui 
suivent, et qui composent cette partie. N'était le fait, 
que déjà aux vers 18-20 ! de son poème, l'auteur annonce 
son intention de décrire les ordres religieux, on se croirait 
presque en présence de deux ouvrages distincts. Il se 
pourrait fort bien que cette quasi-indépendance des deux 
parties répondît à des faits réels. X 'est-il pas vrai- 
semblable, en effet, qu'il ait commencé la première, dont 
le début est si vigoureux, pendant que sa colère contre 
son triste siècle était encore vive? Tandis que l'idée de 
la seconde ne lui serait venue que plus tard, lorsque, 
familiarisé avec la vie religieuse, il aurait trouvé, là aussi, 
d'abondantes raisons pour se plaindre. 

En dépit de ce léger défaut de composition, il règne 
dans chaque partie un même esprit de vive observation et 
de hardie satire, qui, avec la forte empreinte personnelle 
qu'y a laissée l'auteur, donne au poème une entière 
homogénéité. 

Voici, en résumé, les matières qui le composent : 

Vers 1-44 : introduction, dans laquelle le poète expose 
le but de son livre et l'esprit dans lequel il est conçu. 
Son intention est de donner de son " orible " siècle un 
portrait fidèle, et, par des paroles qui seront "plaisantes" 
sans être "vilaines," faire une juste distribution de 
louange et de blâme. 

Vers 45-101 : épisode sur les M nobles clers païens," 

1. On remarquera, dans la façon dont sont amenés ces vers, une 
certaine gaucherie, qui leur donne presque l'air d'avoir été ajoutés après 
coup. Ils commencent cependant sur le second vers d'un couplet. 



xxn INTRODUCTION 

les philosophes, dont la probité et la bonne foi excitent 
l'admiration du poète. S'il s'engage dans cette digres- 
sion n'est-ce pas pour se réclamer d'eux, car il sait que 
jadis eux aussi se sont érigés en juges courageux des 
vices des princes. 

Au vers 102 commencent les critiques à l'adresse du 
siècle. Ce sont presque uniquement les princes, c.àd. les 
hauts feudataires, qui en font les frais. Ils sont lâches, 
fourbes, dégénérés et avares, et c'est à cause d'eux qu'il 
n'y a plus ni fêtes ni largesse en France. 

Vient ensuite (vv. 313-482) une liste de 86 bienfaiteurs 
du poète — rois, ducs, comtes, châtelains et simples 
seigneurs, dont il plaint la mort, et cette première partie 
du poème se clôt sur une attaque contre les seigneurs 
usuriers et des réflexions sur la vanité de l'avarice. 

L'introduction de la seconde partie se compose de 
66 vers et va jusqu'au v. 620. Elle contient, outre la 
table mentionnée plus haut, des protestations de bonne 
foi et l'expression du désir du poète de voir ses paroles 
bien comprises et mises à profit. 

La satire du clergé " commence par les plus hauts,'* 
c.àd. par l'entourage immédiat du pape, par les car- 
dinaux et par les légats apostoliques (vv. 621-786). Le 
reste du livre se répartit de la façon suivante : 

du clergé séculier — évêques et archevêques, vv. 787— 
924, prêtres et chanoines, 925-1042 ; 

de l'ordre des Bénédictins, vv. 1043-1186; 

des Cisterciens, vv. 1 187-1326; 

des Chartreux, vv. 1327-1440; 

des Grandmontains, vv. 1441-1578; 

des Chanoines de Prémontré, vv. 1 579-1632 ; 

des Chanoines réguliers, vv. 1633-1694; 

du Temple, vv. 1695-1788; 

de l'Hôpital, vv. 1789-1926; 

des Convers hospitaliers de St. Antoine, vv. 1927- 
2090 ; avec une parenthèse sur les Capuchonnés 
du Puy, vv. 1927-1935. 



ŒUVRES DU POETE— LA BIBLE xxiii 

des Nonnes et des Converses, vv. 2091-2270; 
des Maîtres Théologiens, vv. 2092-2400 ; 
des Avocats, vv. 2401-2522 ; 
des Médecins, vv. 2522-2686. 
Le poème finit brusquement, sur une boutade. 

Ainsi que nous l'avons fait entrevoir plus haut, on doit 
considérer la Bible, dans sa partie laïque, comme 
l'expression vive, mais peu clairvoyante, du mécontente- 
ment d'un poète courtois contre les changements dans la 
vie sociale qui s'effectuaient en France sous Philippe 
Auguste. En dépit des beaux vers qui terminent son 
prologue : 

Les portes covient a ovrir 

dou siècle et de l'estre du monde 

en ceste bible, qui qu'en gronde, 

et qui semblent promettre une dénonciation plénière de 
tous les vices du siècle, nous n'y trouvons, à tout prendre, 
que des plaintes contre la tristesse qui régnait dans les 
cours princières et des récriminations contre l'avarice des 
grands seigneurs. C'est cet esprit de mécontentement 
personnel, et plutôt matériel, qui distingue l'ouvrage de 
Guiot de ceux des autres écrivains, satiristes ou 
moralistes, qui, vers la même époque, essayèrent de faire 
en langue vulgaire le procès de leur siècle. 

Il avait été devancé dans cette voie par Etienne de 
Fougères, auteur du Livre des manières, 1 et y fut suivi 
lui-même par Hugues, seigneur de Berzé, qui lui aussi 
écrivit une Bible. 2 

1. Publié par J. Kremer dans les Ausgaben und Abhandlungen ans dent 
Gebiete der rotnanischen Philologie de Stengel, t. XXXIX ; cf. Ch.-V. 
Langlois, La vie en France, etc., pp. 1-29. 

2. Publié par Méon, à la suite de notre texte, en 1808. V. pour les 
rapports des deux Bibles, Ch.-V. Langlois, op. cit., pp. 39-40. M. L., en 
se fondant sur l'envoi final de la Bible du seigneur de Berzé, propose de 
voir dans cet ouvrage une sorte de réponse à la Bible Guiot. Avant de 
se prononcer sur cette question il faut attendre une édition critique de la 
Bible du seigneur de Berzé, car il se pourrait que cet envoi, qui ne se 
trouve pas dans le ms. du Musée Britannique, fût une simple addition de 
scribe. En ce qui concerne le titre de " Bible " donné à ces deux 
ouvrages, on a supposé qu'il avait été employé pour la première fois par 
Guiot de Provins, et emprunté ensuite par le Seigneur de Berzé. Guiot 
l'aurait choisi pour indiquer que son ouvrage ne devait contenir que des 



xxiv INTRODUCTION 

Ces deux ouvrages tout en ayant, surtout le dernier, des 
ressemblances indiscutables avec notre poème, en 
diffèrent entièrement par l'esprit qui les inspire. Dans le 
Livre des Manières, c'est le grave ecclésiastique, soucieux 
de faire revenir ses ouailles à l'ordre établi par Dieu : 
que chacun remplisse ses fonctions et tout ira bien ; que 
les fidèles surtout n'oublient de vénérer "Sainte Eglise" 
et de payer consciencieusement la dîme. Dans la Bible 
du seigneur de Berzé, c'est la désillusion moralisante du 



vérités. Cette explication paraît un peu simpliste. L'Abbé de la Rue, 
Essais historiques sur les Bardes .... (Caen, 1834), p. 258, a dit, à ce 
propos : " ce n'est pas lui [Guiot] qui le premier a imaginé à écrire des 
satires sous le nom de Bible. Cette forme est due à Thibaud de Mailly 
[lis. Marly] qui vivait dans la 2e moitié du XI le siècle .... mais sa 
' Bible ' n'a pas été imprimée." J'ai parcouru le poème de Thibaut, qui 
fait suite à notre texte dans le ms. Fr. 25405, et lui ai trouvé en effet une 
certaine ressemblance avec nos deux ouvrages. " Il roule sur le mépris 
du siècle, — dit Méon, qui en publia une petite partie dans son édition 
(Paris, sans date) des Vers de la Mort, attribués à tort par lui à Thibaut, 
— sur les vices qui y régnent, les dangers qu'y court celui qui veut faire 
son salut." Voici quelques vers sur les avocats qui, tout en rappellant 
un peu ceux de Guiot, donneront une idée du ton d'homélie qui règne dans 
tout le poème, f. 113, v°- (a) : 

Pledeors loeïs — entendez, entendez : 

Granz dolors vos vient près mes pou vos en gardez. 

Avez vos mes que vendre quant vostre senz vendez? 

Ce sachiez que cist maus ne vos iert pardonnez 

Se par vostre parole iert hon déshéritez. 
Dans le ms. 25405 ce poème porte le titre un peu étrange 
" L'estoire li romans monseignor tiebaut de mailli," et dans le 
ms. 1850 : " Les vers monseignor Tebaut de Mailli." Dans l'Archiv 
de Herrig, LXIII, 78, on a publié du poème en question 604 vers 
tirés du ms. 522 du Palais Lambeth à Londres, mais rien n'y est dit du 
titre qu'il porte dans ce ms. J'ignore donc ce qui a pu motiver l'affirma- 
tion de l'Abbé de la Rue. Quoi qu'il en soit, le poème de Thibaut est 
assurément beaucoup plus " biblique " d'allure que l'un et l'autre de nos 
deux ouvrages, car il débute par une description de la création et termine 
par un récit apocalyptique de la fin du monde et du jugement dernier. 
Il y a lieu de croire, semble-t-il, que le nom de " Bible " s'appliquait à 
toute composition qui prétendait donner en quelque sorte un tableau du 
monde — un spéculum mundi en vulgaire (cf. Guiot, Bible, v. 7 : mireoirs 
iert a toutes genz), comme, par exemple, la Bible des sept estats du monde 
de Geoffroi de Paris, ouvrage également inédit mais dont M. Paul Meyer 
nous a donné une description détaillée dans le t. XXXIX, p. 255 et suiv., 
des Notices et Extraits. Remarquons que Guiot, qui a souci d'expliquer 
les mots tels que " devin," " fisicien," qu'il considère comme peu connus, 
se sert du mot " Bible " comme d'un mot familier à tous : vv. 1-2, 
Dou siècle .... m'estuet commencier une bible ; v. 8, ceste bible, etc. 
Notons en outre que le mot " Bible " ne se trouve pas une seule fois 
dans le corps de l'ouvrage du seigneur de Berzé mais uniquement aux 
rubriques; serait-ce un indice que le genre était familier aux rubricateurs? 



ŒUVRES DU POETE— LA BIBLE xxv 

vieux chevalier qui a éprouvé combien sont vains les 
plaisirs du monde; chez Guiot il n'y a ni ardeur 
régénératice ni tristesse désillusionnée : il avait quitté le 
siècle, il est vrai, mais il n'en était ni las ni indigné, 
et, si dans sa satire il y a de la rancune, il y a aussi 
beaucoup de regret. Pauvre muse qui joue, non pas 
d'une lyre à "corde d'airain," mais d'une méchante vielle 
de jongleur déçu ! 

Dans sa satire sur le clergé le point de vue du poète 
s'élargit, ses déboires personnels, ne formant plus le fond 
de son tableau, ne servent qu'à en égayer les détails. Cette 
partie du poème est ainsi plus intéressante et, en même 
temps, plus divertissante que celle qui précède. 

Fut-il le premier à rédiger en langue vulgaire une 
satire des ordres monastiques? C'est probable. En 
langue latine, pourtant, des critiques semblables aux 
siennes existaient déjà depuis longtemps. Le relâche- 
ment de la vie monastique, l'avarice de la cour de 
Rome, la vénalité des avocats, le charlatanisme des 
médecins, tous ces abus avaient eu leurs censeurs, 
ecclésiastiques ou laïques. St. Bernard, réformateur 
fervent, avait enveloppé dans ses critiques la papauté 
et le clergé tout entier, régulier et séculier. 
Moralistes, satiristes et chansonniers latins, visant 
tantôt la tête, tantôt les membres de ce colosse 
qu'était l'église médiévale, lui avaient porté, déjà au XII e 
siècle, de rudes coups. C'est le philosophe Jean de 
Salisbury, qui dans son Polycraticus (1. vi, c. 24) rapporte 
un entretien qu'il avait eu avec le pape Adrien IV, 
où il exposait hardiment au souverain pontife l'opinion du 
peuple sur la cour romaine : Asserit enim \_populus'] in 
Romana Ecclesia, quamdam duplicitatis esse radicem, et 
jomentum avaritiae, quae caput est et radix omnium 
malorum; paroles qui rappellent singulièrement les vers 
771 et suiv. de notre poème. 1 C'est la foule des chanson- 

1. Le même auteur dans son Metalogicus (lib. I, c. 4) fait la satire 
des médecins où, tout comme Guiot. il leur reproche leur langage 
pédantesque, leurs prétentions de guérisseurs, et leur avidité. 



xxvi INTRODUCTION 

niers anonymes x qui ne se lassent pas de flétrir cette cour 
où nummus est pro numine et pro Marco marca, ou de 
reprocher aux prélats 2 leur luxe et leur mondanité- 
C'est encore le satiriste Nigellus Wireker qui dans son 
poème du Spéculum Stultorum? fait, par la bouche d'un 
âne qui veut devenir moine, une critique en règle de tous 
les ordres religieux. 

Ce poème, si spirituellement écrit, et si amusant malgré 
son arrière-goût scholastique, montre dans quelques 
passages une telle ressemblance avec certaines parties de 
la Bible, que l'on a voulu y voir la source de Guiot. 4 
Mais cette ressemblance, qui pourtant confine presque au 
mot à mot dans certaines des critiques communes aux 
deux ouvrages, ne semble guère justifier pareille supposi- 
tion. Les deux auteurs, selon toute probabilité, ne firent 
que rapporter des critiques courantes, tout en les 
modifiant, bien entendu, en raison de leur propre 
expérience. 

Il faut donc rechercher l'originalité de notre auteur 
dans sa façon de traiter son sujet plutôt que dans ce sujet 
lui-même. Ce qui distingue sa satire, c'est qu'elle est 
toujours et partout très personnelle et très vivante. 

i. V. Carmina Burana, XVIII, XIX, XX, XXI, XXIa ; Werner (Jak.)„ 
Beitrâge sur Kunde der lat. Literatur des Mittelalters, 2e édit. (Àarau, 
1905), pp. 12, 55. Poems attributed to Walter Mapes, édit. Wright 
(London, 1841), pp. 36, 57 (V. aussi Hauréau, Notices et Extraits de 
quelques ms. latins .... VI, p. 299, et II, p. 35). 

2. Poems attributed to Walter Mapes, pp. 40, 43, 44, 48. Carmina 
Burana, XVII. Que Walter Mapes ait été ou non l'auteur de ces poèmes, 
tant est qu'il a consacré dans son de Nugis Curialium (éd. Wright, 
Londres, 1850), quelques chapitres de sa première distinctio à raconter, 
sans ménager les critiques, l'origine et la vie de quelques ordres religieux : 
des Hospitaliers c. XXIII, des Cisterciens c. XXIV, des Grandmontains 
c. XXVI, des Chartreux c. XXVIII. 

3. Ed. Wright, Londres, 1872. 

4. On trouvera dans l'introduction de Schulz (Parzival Studien, Heft 1, 
p. 23 et suiv.) un résumé du Spéculum Stultorum de Nigellus, qui aurait 
été composé, selon Schulz, peu après l'année 1148. Schulz qui recon- 
naissait bien la forte personnalité de notre auteur n'est pas allé jusqu'à 
affirmer que celui-ci s'était inspiré de cet ouvrage. Mais M. Wilhelm Meyer, 
qui s'est servi des deux poèmes en question dans son étude, " De scismate 
Grandimontanorum," dans les Nachrichten von der Kôn. Gesellschaft der 
Wissenschaften zu Gôttingen, 1906, Heft 1, p. 49 et suiv., semble, au 
contraire, considérer cette inspiration comme certaine. Ajoutons que 
Schulz, dans les notes de son édition de la Bible, cite les passages de- 
Nigellus qui ont donné lieu a cette hypothèse. 



ŒUVRES DU POÈTE— LA BIBLE xxvii 

Evitant les généralités et l'allégorie, qui nuisent à la 
portée satirique d'oeuvres telles que la Carité du Rendus 
de Moiliens, il se transporte en quelque sorte dans les 
milieux qu'il entreprend de peindre — se voit-il, dans une 
communauté aussi cruelle que celle des Chartreux, où la 
chair est interdite même aux malades, qu'il s'écrie : 

Tant sai je, se je i estoie 

lou premier jor congiet penroie; 

s'il nou me voloient doner, 

je saroie bien esgardeir 

per ou je feroie lou saut ! 

Parmi les Grandmontains " le char va devant les 
boeufs " : les convers sont maîtres des moines. Il nous 
montre ces convers lavant et tressant leurs barbes le soir 
avant de se coucher — "por estre bêles et luisans," puis, 
devant le monde, les caressant et les faisant boucler, et il 
ajoute : 

la sont li " barbaran " signor — 

molt aroie je grant paor 

s'il estoient signor de moi, 

que j'ai paour quant je les voi. 

De même, il aurait bien voulu être au Temple car c'est 
l'ordre des chevaliers et et de l'élégance : 

la se rendent li chevalier 
qui ont lou siècle asavorei 
et molt vëu et molt tastei. 

Mais c'est l'ordre ou l'on est obligé de se battre et Guiot 
est peu combatif. Il loue l'assiduité des templiers aux 
" heures " : 

Ja li templier ne perdront ore : 
vallant sont, se Deus me secorre ; 

mais il y a une "heure" à laquelle il aurait manqué: 

as ores seroie [var. iroie] je bien, 
tôt ceu ne me greveroit rien, 
je n'i fauroie a nulle faille — 
fors qu'a l'ore de la bataille ! 



xxviii INTRODUCTION 

On voit que le poète prend vivement part à ce qu'il 
raconte, qu'il est enclin à tout juger par rapport à lui- 
même, à ses antipathies et à ses préférences. Sa satire 
reste ainsi familière; elle a peu d'envolée, peu d'inquié- 
tude morale ; elle est nette et précise, mais aussi très terre 
à terre. 

C'est dans sa satire des médecins, qui 

trop sont costous et trop se vendent 
et les millors mangiers deffendent, 

qu'il est le plus lui-même : ennemi du charlatanisme de 
toute espèce, aimant la bonne chère et riant gros; 
jouissant de son franc-parler mais sans méchanceté ; juste, 
bon et sensé. Il faudrait, pour illustrer tous ces adjectifs, 
rapporter le chapitre tout entier, qui va du vers 2523 
jusqu'à la fin du poème; je me contente d'y renvoyer le 
lecteur tout particulièrement ; il y trouvera beaucoup 
d'esprit et une rare vigueur d'expression qui le feront 
songer au style familier, nerveux et humoristique des 
meilleurs fabliaux. 

Un mot sur son style qui est en général vif et facile, 
sans redites ni galimatias. On peut y relever quelques 
chevilles du genre bien connu de "si Deus m'ait, si Deus 
me secoure," etc., mais notre poète n'en fait pas trop 
fréquent usage. Les auteurs du moyen âge, loin d'éviter 
les mots équivoques, les recherchaient avec un engoûment 
que nous ne partageons guère, mais qu'il faut bien 
reconnaître. Guiot en use comme tout le monde, ce qui 
rend, dans certains passages (notamment aux vers 2188, 
2204), la suite de ses idées on ne peut plus confuse. 1 
Si, contrairement à tant de ses contemporains, il n'a 
pas trop abusé des jeux de mots proprement dits (quel- 
ques-uns des siens sont même assez bien réussis, par. ex. 
au v. 1689, et au v. 1563), il se laisse pourtant souvent 
entraîner, par une sorte d'enchaînement verbal, à des dé- 
veloppements fort imprévus, bien que non toujours regret- 
tables. C'est ainsi, par ex., que dans le passage v. 726 et 
suiv., où il voudrait que le pape ressemblât à l'aiguille 

1. V. les notes au passage en question. 



ŒUVRES DU POETE— LA BIBLE xxix 

aimantée pour montrer "la droite voie" à son peuple, le 
mot aiguille appelle l'aiguillon, qui appelle ensuite l'image 
du bouvier qui pique ses bêtes, et nous donne enfin levers, 
assez bien frappé et proverbial d'allure : li bons boviers 
fait droite roie. Malgré de pareils traits, qui rappelent 
tantôt les fines inepties de la scholastique, tantôt le 
laisser-aller de l'improvisation, notre poète a des qualités 
indéniables de vigueur, de concision et de clarté, qui 
s'accusent dès les premiers vers de son poème : il suffit 
de lire les 44 vv. qui en forment l'exorde pour en être 
aussitôt saisi. 

La discordance de son sujet, d'abord laïque, ensuite 
ecclésiastique, se reflète d'une façon intéressante dans son 
vocabulaire. Lorsqu'il traite des ordres religieux, on 
trouve naturel qu'il emploie quantité de mots savants 
calqués sur le latin : divinité, estinance, enfermeries, 
obedianciers, parées, simonial, etc.; mais il est assez 
piquant de remarquer comment, dans la partie de son 
poème qu'il consacre au " siècle," son vocabulaire trahit 
à chaque pas l'ancien poète des cours. Etre vaillant 
(v. 233) est le contraire de être destroit ou angoissous sor 
l'avoir; être -preu (v. 237), faire honor et bien (v. 239), 
être debonaire (v. 242) ne sont qu'autant de synonymes 
de être doneor. Le monde se partage pour lui en deux 
camps bien distincts; d'un côté viennent se ranger les 
durs, les vilains, les félons et les chiches, de l'autre, les 
biaus, les saiges, les cortois et les conoissants. N'aurions- 
nous pas les cinq chansons courtoises qui portent le nom 
de Guiot de Provins, qu'il suffirait de son. seul langage 
pour révéler l'ancien trouvère. 

A l'époque de sa composition la Bible Guiot a dû avoir 
un succès considérable. Nous n'en avons plus, il est vrai, 
que deux mss., mais l'existence de cinq autres nous est 
bien attestée. 

De nos jours le poème a attiré à maintes reprises 
l'attention des érudits et des curieux de littérature et 
d'histoire médiévales. Il existe, outre les deux éditions 
complètes de Méon et de Schulz, mentionnées plus haut, 



xxx INTRODUCTION 

des éditions critiques de deux parties du poème : des vers 
2429-2686, dans la Chrestomathie de Bartsch * et des vers 
313-474 dans le travail de M. Arthur Baudler, sur les 
bienfaiteurs de Guiot de Provins. 2 M. Baudler donne 
aux pages 8 et suiv. de sa dissertation une bibliographie 
très complète des articles, notices et analyses dont notre, 
poème a été l'objet. J'y renvoie le lecteur, me bornant 
ici à ne mentionner que les plus importantes de ces 
études. 

Au 16 e siècle déjà, on commençait à s'intéresser à la 
Bible Guiot. Dans la 3 e édition de ses Recherches de 
la France (Paris, 1569 in-16), Estienne Pasquier en cite 
7 vers (vv. 261-267 de cette édition), mais en les attribuant 
à Hugues de Bercy, 3 " poète françois qui florit vers le 
temps de Sainct Louys." La méprise de Pasquier qui 
ne fut rectifiée qu'au 18 e siècle s'explique par le fait, que 
dans le ms. qu'il possédait, la Bible Guiot était suivie de 
celle du Seigneur de Berzé. Trompé par la ressemblance 
des deux ouvrages il les attribua au même auteur, à 
Hugues de Berzé, qui, contrairement à Guiot, s'était 
nommé dans son poème. 4 . 

Dans les éditions postérieures des Recherches de Pas- 
quier, les extraits de la Bible Guiot sont de plus en plus 
nombreux et s'élèvent dans l'édition in-folio de 162 1 au 
chiffre de 92 vers. 5 Le plus important de ces extraits 
est le passage de 37 vers sur la boussole, qui figure au 
livre IV chap. XXI des Recherches : " Contre l'opinion 
de ceux qui estiment que l'invention du Quadrant des 
mariniers est moderne." On trouvera dans les notes aux 
vers 261-67 et au vers 2597 et suiv. de la présente édition 
quelques appréciations de Pasquier sur le style de notre 
" gentil moyne." 

1. Pièce 48, Xle édition (Wiese), 1913. 

2. Je tiens à reconnaître ici tout ce que je dois à cet excellent travail 
dont j'ai profité sans scrupule. 

3. Cf. la note au v. 2580. 

4. v. Fauchet, Recueil de l'origine de la langue, etc., p. 151. 

5. P. 129 (vv. 261-67), P- 238 (vv. 766-70, 772), p. 405 (vv. 621-57), 
p. 602 (vv. 1-7), p. 723 et suiv. (vv. 2579-80, 2583-84, 87-90, 2445-53 ; 
2512-18, 285-96). 



ŒUVRES DU POETE— LA BIBLE xxxi 

Vers la même époque, dans son Recueil de l'origine de 
la langue et poésie françoise publié à Paris in 1581, 
pp. 88-90, le président Claude Fauchet consacra une assez 
longue notice à " cette bien sanglante satire " la Bible de 
Guiot de Provins, où il s'efforça, surtout, de retracer une 
vie de l'auteur et de dater approximativement son ouvrage, 
en appuyant ses dires et ses calculs de plusieurs 
citations. Fauchet avait eu communication du ms. 
Pasquier,ce qui explique la présence, parmi les extraits de 
la Bible Guiot, des vers 405-410 de la Bible du seigneur 
de Berzé : Car je vi en Constentinoble, etc., et qui a fait 
dire à Fauchet que notre poète avait été en Grèce. 
Fauchet ne va cependant pas jusqu'à confondre notre 
auteur avec le seigneur de Berzé, auquel il consacre une 
brève étude particulière aux pp. 151-52 de son Recueil. 

Fauchet rapporta à son tour les vers 631-35 du passage 
sur la boussole, en donnant en marge deux variantes du 
ms. de Pasquier. Les leçons des deux mss. dont il 
disposait sont fautives l'une et l'autre, et il n'est pas sans 
intérêt de noter que cette leçon fautive rapportée par 
Fauchet a donné lieu à une erreur, naïvement accueillie 
par toutes les Encyclopédies, et qui consiste à donner à 
l'ancienne boussole le nom complètement fictif de 
" marinette." Ni le ms. de Fauchet ni celui de Pasquier 
ne nous est parvenu. 1 

La confusion faite par Pasquier au sujet de l'attribution 
des deux " Bibles" fut enfin rectifiée par le comte de 
Caylus, qui, en 1754, donnait, au tome XXI de 
l'Histoire de V Académie royale des Inscriptions et Belles- 
lettres, pp. 191-97, un bref résumé des deux ouvrages, et 
en faisait ainsi bien ressortir les différences, autant dans 
le sujet lui-même que dans la manière de le traiter. 

1. Les extraits de Fauchet dans le Recueil, avec 7 vers qui se 
trouvent dans son livre intitulé De l'Origine des Chevaliers, 1. 1 (p. 508 
de l'édit. in. 40 des Oeuvres, Paris, 1610), plus 2 dans Les Privilèges et 
libertés de l'église gallicane, p. n, comportent 67 vers en tout et se 
répartissent de la façon suivante 1-7, 277-81, 362-65, 491-94, 631-35, 
777-78, 997"9 8 » 1089-92, 1123-26, 1190-97, 1201, 1655-62, 1789-92, 2685-86. 
Les variantes que nous offrent ces extraits seront rapportées aux passages 
indiqués avec le sigle F., celles de Pasquier avec le sigle P. 



xxxii INTRODUCTION 

Restent à énumérer quelques études intéressantes qui 
donnent du style et du caractère de notre auteur une 
appréciation un peu plus nuancée que celles qui 
précèdent. Ce sont celles de : 

Legrand D'Aussy, Notices des Mss. de la Bibliothèque 
du Roi, t. v (1794), pp. 279-293. 

Jacques Demogeot, " La Bible de Guiot de Provins, 
satire des moeurs du XII e siècle," Revue du Lyonnais 
1842, A XVI, pp. 237-252 — étude spirituelle et piquante. 

C. Lenient, La satire en France au moyen âge (Paris, 
1859), pp. 114-118. 

Ch.-V. Langlois : La vie en France au moyen âge 
d'après quelques moralistes du temps (Paris, 191 1), 
pp. 30-68. Le chapitre que M. Langlois consacre à 
Guiot contient d'utiles indications historiques et biblio- 
graphiques, dont je me suis largement servi. On peut 
cependant lui adresser un reproche, c'est d'avoir déprécié 
injustement notre auteur en le traitant d' "épicurien," de 
"pitre" et de "farceur," * qui aurait étalé sa couardise 
pour en tirer des effets comiques. Nous ne faisons pas 
un grief de ce que M. Langlois ne goûte pas les 
plaisanteries de Guiot, mais nous nous étonnons qu'il 
ait fait si peu de cas des idées saines et pleines de 
modération qui abondent dans son œuvre. On peut 
être brave homme et même écrivain de talent, croyons- 
nous, tout en n'étant ni ascète ni casse-cou ; pensons 
au Epicuri de grege porcum et au relicta non bene 
parmula d'Horace. 

1. Op. cit., pp. xv, 32. 



DES MANUSCRITS DE LA BIBLE. 
(a) Les Manuscrits Disparus. 

I. La I e mention que nous ayons d'un ms. de la Bible 
est du mois de Novembre 1274, et se trouve dans un 
procès verbal des Hereticorum Albigensium Interoga- 
tiones et Depositiones (Bibl. nationale, Doat XXV, fol. 
201), où il est dit que les inquisiteurs de Toulouse 
confisquèrent à un certain Bernard Baranhon, accusé 
d'hérésie, duos libros, scilicet vitam Sancti Brandani, in 
latino, et alium, in Romano, qui incipit del segle puent et 
terrible. 1 Cette mention éclaire d'une façon intéressante 
l'histoire de notre poème, en nous montrant le succès que 
lui ont valu auprès des ennemis de Rome ses attaques 
contre l'avidité de la cour pontificale. Viennent ensuite : 

IL le manuscrit de Pasquier; 

III. celui de Fauchet. Fauchet, en outre, a eu en sa 
possession notre ms. A, car on y trouve, notamment au 
fol. A verso et au fol. 94 verso, des notes de sa main. 2 

IV. Un 4 e ms. faisait partie jadis de la bibliothèque 
de Pembroke Collège, Cambridge. Il figure sous le 
numéro 229 dans VEcloga Oxonio-Cantabrigiensis de 
Thomas James qui parut en 1600. Voici son signale- 
ment : 1. Liber scriptus Gallico versu de omnibus 
ordinibus, Pr. Da siècle puant et orrible. 2. Exhorta- 
tiones M. Gu. Kavel ad fratres Templi de excellentia 

1. V. J. M. Vidal, Doctrine et Morale des Derniers Ministres Albigeois, 
dans Revue des Questions historiques, juillet 1909. 

2. Cf. Legrand D'Aussy, Notices et Extraits, t. V, p. 27g. J'ai dit plus 
haut que Fauchet, dans le passage sur la boussole, donne deux leçons, dont 
l'une est celle du ms. de Pasquier et l'autre d'un ms. perdu. D'autre 
part, il est hors de doute qu'en complétant son ouvrage, il s'est servi du 
ms. A., car il dit, dans son étude sur le poète Tiebaut de Mailli [Marly], 
que dans son ms. la Bible Guiot était suivie du poème qui porte le titre 
L'estoire li romans Tiebaut de Mailli. Or le titre du poème de T. et 
l'ordre des deux ouvrages sont justement les mêmes que dans notre 
ms. A. Ou donc Fauchet disposait de 3 mss. de la Bible, à savoir : 
le ms. A, celui de Pasquier et un ms. perdu ; ou bien il n'en disposait que 
de deux et rapporta du ms. A. des leçons falsifiées. 



xxxiv INTRODUCTION 

vitae militaris. Ce manuscrit est aujourd'hui introuvable 
et ne figure plus dans le nouveau catalogue du collège. 1 

V. Le dernier de la liste des mss. disparus est celui de 
la Bibliothèque royale de Turin (L. v. 32) qui a péri 
récemment par le feu. Scheler 2 a dit de ce ms. que 
" sa version offre peu de variantes de quelque intérêt 
sur celle de Barbazan, mais elle a 58 vers en moins," 
répartis sur divers passages." Il avait déjà servi, dans 
le travail de M. Baudler et dans la Chrestomathie de 
Bartsch, à deux éditions partielles de notre texte. A en 
juger d'après les variantes que nous fournissent ces 
ouvrages, il ressemblait de très près au ms. 25405 de la 
Bibliothèque nationale, ayant avec celui-ci des fautes 
communes. Vu le peu d'importance de ces variantes, je 
ne m'en suis pas servi dans l'établissement de mon texte, 
les moyens de contrôle me faisant entièrement défaut. 
Ajoutons que certaines de ses formes présentent des 
caractères picards. 3 

(b) Les Manuscrits Existants. 

Il ne nous reste donc plus que les deux mss. de la 
Bibliothèque Nationale de Paris, dont disposait jadis le 
premier éditeur de notre texte. 

Le ms. Français 25405 (volume grand octavo en 145 
feuillets, relié en maroquin jaune) comprend une quantité 
considérable d'ouvrages latins et français de genres 
divers. 4 Il contient notamment le Miserere du Rendus 

1. Bien d'autres mss. signalés par James comme étant à Pembroke 
Collège ne s'y trouvent plus. On en a découvert quelques-uns à la 
Bibliothèque Bodléienne et dans d'autres bibliothèques d'Oxford. Celui 
de la Bible Guiot a-t-il pris le même chemin? Les recherches que 
Mr. Oelsner a bien voulu faire pour le retrouver sont restées infructueuses. 

2. Notices et Extraits de deux mss. fr. de la Bibl. Roy. de Turin, 
pp. 85-86. 

3. On a fait une collation de ce ms. Elle est en la possession de 
M. Brugger. M. Brugger prépare depuis plus de vingt ans une édition de 
la Bible Guiot, et " ne voulant pas fournir de matériaux à une édition 
rivale "n'a pas cru bon de me communiquer sa collation. J'ajoute que 
mon travail était déjà très avancé lorsque j'appris, de M. Brugger lui- 
même, son intention de publier ce texte. 

4. Pour une description détaillée v. le catalogue de Omont, Anciens 
petits fonds français, II, pp. 579" 81 î et P our le ms - 2 5437. P- 595- 



LES MANUSCRITS DE LA BIBLE xxxv 

de Moiliens, publié en 1885 par Van Hamel. La Bible 
Guiot s'y trouve à partir du folio 89 r° jusqu'au folio 
189 r . 1 

Dans le ms. 25437 (volume octavo en 24 feuillets relié 
en maroquin bleu) notre texte occupe les premiers 18 
feuillets ; il est suivi immédiatement et sans qu'un explicit 
l'en sépare, par le poème sur l'Armure du Chrétien, dite 
la suite de la Bible Guiot. Viennent ensuite 2 petits 
poèmes dévots : fol. 22, des dix commandements, fol. 23, 
des sept péchés capitaux. 2 Les deux manuscrits sont 
l'un et l'autre du XIII e siècle. 

Le ms. 25405, que nous appellerons A comme nos 
prédécesseurs, a été considéré, d'un commun accord, 
comme de beaucoup supérieur au ms. 25437, B. Publié 
d'abord par Méon, il servit ensuite de base à l'édition 
critique de la partie de la Bible publiée par Bartsch 3 et 
des 163 vers que publia M. Baudler. Il se présente, en 
effet, avec tous les avantages d'une écriture soignée, et 
d'une langue presque complètement exempte de formes 
dialectales et de fautes de grammaire. 

Du ms. B on a dit au contraire " que l'on n'y 
trouverait guère quatre vers de suite sur lesquels il n'y 
en ait un presque inintelligible, ou dont il faut deviner 
le sens." 4 II contient, selon M. Baudler, de nombreuses 
et grossières fautes de versification et de sens, pèche 
contre la grammaire et est en général indigne de foi. 5 

Cependant, malgré d'indiscutables défauts, c'est le ms. 
B que nous avons cru devoir prendre comme base de 
notre texte ; car, après examen détaillé des deux manu- 
scrits, il nous a paru hors de doute que le ms. A a été 

1. Le ms. Moreau 1727 (380 ro — 439 vo) contient une copie du ms. A 
faite par Ste. — Palaye. 

2. Cf. Catalogue de la Vallière, tome II, p. 166, no. 2707. 

3. Les derniers éditeurs de la Chrestomathie de Bartsch ont puisé plus 
largement dans les variantes de B ; pourtant le principe qui a guidé leur 
choix n'apparaît pas très clairement. Ils ont négligé notamment aux 
vers 2428 et 2667 des leçons évidemment bonnes, tout en prenant aux 
vers 2431-32 une leçon tout a fait douteuse. 

4. Legrand D'Aussy dans Notices et Extraits, t. V, p. 279. 

5. Op. cit., pp. 10-11. " B ist am wenigsten korrekt, zeigt .... 
metrische und Sinnfehler, grammatische Inkorrektheiten und schlechten 
Sprachgebrauch . . . . B zeigt so viele und grobe Fehler," etc. 

M. Baudler reconnaît pourtant y avoir trouvé de bonnes leçons. 



xxxvi 



INTRODUCTION 



l'objet de très nombreuses retouches. Pour justifier cette 
constatation, il suffira de mettre en regard quelques leçons 
des deux mss. En les comparant on verra clairement, 
croyons-nous, le genre de remaniement auquel s'est livré 
le scribe de A. 





B. 


A. 


633, 


4 manate : brunete 


manière : bruniere 


648 


assarei [essarrer] 


esgarer 


679 


desapertir 


désespérer 


750- 


murtris 


morz 


IOII. 


panis 


partiz 


1042. 


congrie 


concie 


1278. 


cherté 


durté 


1362. 


mostrees et parées 


overtes et mostrees 


1536. 


as als [aux] es poisons 


as ainz nez poissons 


1980. 


eontraitas 


contrairaz 


2492. 


aaismeir [aesmer] 


esmerer 


2666. 


mâchefer 


malvais fer 



B. A. 

734. li boins boviers fait droite li bons veoirs la gent avoie 

roie 

810. que nous ranions les boins que nous teignons les biens 

esclos en clos 

815. il ne sont mie pastor n'il ne tienent raison ne 

adroit droit 

1215. nés c'uns aisnes ait de ne que nuns autres ait pitié 
pitié 

d'une autre quant lou voi d'un autre quant le voit 

chargie chargie 

1293. a maie gent ensi con- ne nules genz si ne conquie- 

quierent rent 

2010. Moût bien puet on conois- Moût puet en bien connoistre 

tre a taist entest 

se l'oille fust bien cuite ou se l'uevre est cointe et bien 

faite faite 

2178. la bone poire se prise et la bone huevre se prise et 

vent vent. 

Non content de s'être livré à cette banalisation du texte 
le scribe de A a en outre refait des vers entiers x et en a 

1. Voir notamment les vv. 71, 725, 726, 802, 944, 1012, 1215-17, 
1230-31, etc., etc. 



LES MANUSCRITS DE LA BIBLE xxxvii 

même ajouté de son propre cru.i Prendre A pour base 
dans ces conditions, aurait été se contraindre à un travail 
d'épuration parfois difficile à justifier, et destiné à 
n'aboutir, en fin de compte, qu'à une édition composite ou 
l'arbitraire aurait tenu trop de place. Ajoutons qu'il y a 
des lacunes particulières à chacun des manuscrits : à A il 
manque 34, a B 33 vers ; mais sous ce rapport encore le 
ms. B se montre supérieur, car plusieurs des couplets qui 
lui manquent ne sont sûrement pas authentiques.2 

Nous avons dit dans la préface que nos deux mss. 
étaient vraisemblablement apparentés. En effet, comment 
s'expliquer autrement la lacune (ou la faute) commune 
à tous deux au vers 1358? (v. la note à ce passage.) 
Citons en outre, comme indices d'une telle parenté, les 
fautes communes aux vv. 139, 460, 629, 1199. D'autres 
indices seront relevés dans les notes. Mentionnons 
cependant ici la lacune presque assurée au v. 2505. 
Le ms. B représenterait ainsi un état plus ancien de la 
tradition commune, ses fautes, pour nombreuses qu'elles 
soient, étant rarement dues à des remaniements volon- 
taires. 3 Son écriture est plus cursive, moins soignée, et 
moins facile à déchiffrer que celle de A ; il est en outre 
plein de formes dialectales et de négligences graphiques. 
Ces traits dialectaux, ainsi que certaines particularités de 
graphie, méritent d'être étudiés et seront relevés plus 
loin; disons de suite qu'ils nous permettent d'assigner 
au scribe une origine lorraine. 

Voici maintenant, mise en regard, la transcription des 
31 derniers vers du texte de la Bible tels qu'ils se trouvent 
dans les deux mss. ; ceci pour permettre au lecteur qui 
ne disposerait pas de l'édition de Méon de se faire une 
idée exacte du ms. A, et pour attirer en même temps son 
attention sur un des meilleurs passages de notre poème. 

1. Après le v. 109, un vers, inutile au sens et faisant une triple rime; 
un vers après 1369 ; un vers après 1370 ; 2 vers entre 1796 et 1797 ; 
2 vers entre 2602 et 2603 ; tous également nuisibles au sens. 

2. Ces vers figurent dans notre texte entre parenthèses. 

3. B a remanié, p. ex., aux vv. 187, 188 et 1875-80 ; il paraît même avoir 
introduit un couplet après le v. 2520. Ses remaniements sont, en général, 
incompréhensibles. 



INTRODUCTION 



[fol. 108 vo] 

A. 
les roses-selonc les orties 
ne pdent mie lor biaute 
ne lor flairorne lor bonté 
jai veu delez lortier 
florir& croistre-lou rosier 
se les orties sôt poîgnanz 
& ânuiouses & puanz 
les roses sont bêles & chieres 
les bones hueues & entières 
les veraies & les loiax 
sont ausi pme li metax 
qi se seura dou malues fer 
ml't st' bien qneu li ver 
qi font la soie cest a dire 
q' la maluaise hueû nëpire 
la bone hueu de nule rien 
li loial clerc fisicien 
doiuêt estre ml't annore 
& ml't serui et ml't ame 
li bon loial ai ge ml't chier 
certes qnt ië ai gnt mest' 
& m'it désir qn le mamaint 
qnt maladie me destraît 
gnt pfort & gnt bîe me feit 
& gnt mëfermetez me leit 

[fol. 109 ro' 
& ie ne sent ma maladie 
lors voldroie cune galie 
lëportast droit a salenique 
la faut ses sans et sa fisique 
lors vueil q il tiëgne sa voie 
si loig. q iames ne le voie 



(b.) [fol. 108 vo] ( fl .) 

B. 
les roses deleiz les orties 
ne pdent mie lor biautei (b.) 
ne lor odour ne lor bontei 
jai veu deleiz l'otuier 
florir & crostre lou rosier 
se les orties sont poignans 
& annuouses & puans 
les roses sont belles & chieres 
les bones oeures les entières 
les veraies & les loaus 
sont aussi pme li metaus 
qi se soivre dou mâchefer 
ml't sont bn coneu li verr 
qi font la soie cest a dire 
q' maluaise oeure ni enpire 
la bone oeure de nulle rien 
li loaul clerc fisicien 
doient estre ml't honorei 
& chier tenu & ml't amei 
lou boin lou loaul ai ie chier 
certes ml't qnt ien ai mesrier 
ml't désir ie cô lou ma moint 
qnt maladie me destroint 
gnt confort & gnt bn me fait 
mais qnt mâfermetei me lait 

& ie ne sent ma maladie 
lors voldroie cune galie 
lenportaist tost ver salatiq 
& lui & toute sa fisique 
lors vuel ie quil tegnet sa voie 
se droit q iamais no revoie 



III. 

L'ARMËURE DU CHEVALIER. 

Ce poème, resté inédit jusqu'à ce jour, nous a été 
conservé, entièrement ou en partie, dans trois mss. dont 
voici la liste : 

i° Le ms. Fr. 25437, de la Bibl. Nat. de Paris (fol. 18 
v° b — 22 v°), notre ms. B. 1 

2 Le ms. 5201 de la Bibl. de l'Arsenal, 2 pp. 165-172 b, 
ms. lorrain du XIII e siècle : A r . 

3° Le ms. Moreau 1715, de la Bibl. Nat. de Paris, 3 
fol. 299 r° — 304 v°, copie faite par Sainte-Palaye sur un 
ms. du XIII e ou du XIV e siècle, à laquelle il manque 
les vers 290 — 565 du poème : C . 

Le ms. perdu, Turin L. v. 32,* et le ms. de Pasquier 5 
contenaient également notre poème. Scheler nous a 
laissé du premier de ces mss. une quinzaine de vers. 

De ces trois mss. nous avons pris comme base de notre 
texte le ms. B. Il y a, aux vers 108 et 170 du poème, des 
fautes, évidentes, communes à tous trois, qui nous 
permettent de leur attribuer une même origine. Il y a 
en outre des fautes communes à B C, par ex. aux vv. 22, 
55, 62 et 212 (vers sauté), nous sommes donc amenés à 
établir le classement suivant : 



X, 



^2 X 3 

! I 

A r BC 

1. V. pi. haut, p. xxxv. 

2. V. pour une description très détaillée de ce ms. Romania, XVI 
(1887), p. 57 et suiv. (Paul Meyer). 

3. V. Notices et extraits . . . vol. XXXIII, ière partie (P. Meyer). 

4. Cf. Scheler, op. cit., p. 67. 

5. V. Fauchet, Recueil, p. 151. 



xl INTRODUCTION 

Le ms. A r se distingue plus particulièrement des autres 
par de nombreuses et parfois grandes lacunes (il lui 
manque, par ex., 20 vers à partir du v. 183), et par les 16 
vers qu'il est seul à nous donner à la fin du poème. Nous 
avons de bonnes raisons pour douter de l'authenticité de 
ces vers, attendu, premièrement, qu'ils manquaient égale-, 
ment au ms. de Turin, dont nous avons les 9 vers finals, 
et qu' ils contiennent, en outre, la rime armes (animas) : 
armes qui ne se trouve pas ailleurs chez Guiot. Or il 
semblerait, étant donné le sujet du poème, que cette rime 
eût été parmi les premières à venir sous la plume de 
l'auteur si vraiment anima>arrae avait été de sa langue. 1 

C'est M. Paul Meyer qui le premier a pensé à attribuer 
notre poème à Guiot de Provins. M. Me ver constata que 
dans deux mss., celui de Turin et le ms. Fr. 25437 (B), le 
poème suivait immédiatement, et sans explicit, la Bible 
Guiot,"- et que d'autre part, dans le ms. Moreau 17 15 (C), 
où le poème se trouve isolé, il était suivi par les mots : 
Explicit biblioteca Guiot de Provins. De cette constata- 
tion il tira la conclusion nécessaire : " Il est donc établi 
que le poème en question était où passait pour être une 
partie de la Bible Guiot." (Romania, XVI, p. 58.) 

Cette attribution, logiquement irréfutable, fut le point 
de départ des recherches de M. Baudler, 3 qui a voulu 
apporter à son appui, par un examen du style et du 
contenu du poème, des preuves plus essentielles. Son 
étude consiste en un résumé du poème, avec des 
rapprochements de pensées et de tournures communes à 
la Bible et à V Arm'èure. Ces rapprochements 4 mirent en 
pleine lumière l'identité de sentiments et d'expressions 
des deux poèmes ; elle est en effet évidente et saute aux 
yeux à quiconque les lira quelque peu attentivement. 
Nous n'insisterons donc pas sur ce point, mais nous 
verrons que la langue et la versification sont également 
identiques dans les deux textes. 

1. Guiot a la rime âmes : dames : Bible, vv. 1129-30. 

2. De même dans le ms. de Pasquier v. Fauchet, loc. cit. 

3. Op. cit., pp. 55-69. 

4. Nous en soulignerons quelques-uns dans les notes de la Bible. 



ŒUVRES DU POETE— L'ARMEURE xli 

Le seul point sur lequel nous différons de M. Baudler 
est celui de la signification du poème et, par conséquent, 
du titre qu'il faut lui donner. M. Baudler l'appelle La 
suite de la Bible Guiot, et y voit une continuation de 
l'ouvrage capital dans laquelle le poète aurait essayé 
de satisfaire au besoin 1 que doit éprouver, selon 
M. Baudler, tout lecteur de la Bible, d'entendre autre 
chose que "de la critique négative." Mais il suffit 
d'écouter ce que dit l'auteur lui-même, dans l'introduction 
des deux poèmes, pour s'apercevoir que l'occasion de 
leur composition et la pensée qui les a inspirés sont tout à 
fait différentes. Xous avons donc cru bon de marquer 
cette distinction en donnant à notre poème un titre qui ne 
rappelle en rien l'ouvrage qui le précède. 

La valeur littéraire du poème de l'Armëure n'est pas 
très grande. Le style, cependant, ne manque pas de 
vigueur, et le langage en est relativement concis : qualités 
aussi louables que rares dans un texte de ce genre. Le 
sujet n'était ni nouveau 2 ni très émouvant; le grand mérite 
du poète, c'est de l'avoir traité d'une façon qui nous 
rappelle, dans plus d'un passage, l'auteur plein de verve 
de la Bible. 

i. Das Bedurfniss nach etwas Abschliessenden, Positiven. 
2. Pour une liste d'autres compositions traitant du même sujet v. 
Romania, XX, p. 579, note (P. Meyer). 



LANGUE ET VERSIFICATION DU POÈTE. 

I. Langue. 

Cette étude sera nécessairement très restreinte à cause 
de l'état défectueux de la tradition manuscrite. Ainsi 
que celle de la versification, elle sera fondée surtout sur 
un examen des rimes et de la structure des vers de la 
Bible, la langue de ce texte capital étant en tout point 
identique à celle des Chansons (C) et de l'Armëure (A). 
Les vers de la Bible figurent sans sigle spécial. 

Vocalisme. 1 

La langue qu'écrivait notre poète était selon toute 
vraisemblance le français littéraire courant. 2 Sans doute, 
ses rimes ne sont pas toutes irréprochables, mais les 
libertés qu'il s'est permises ne le rattachent à aucun 
dialecte, à aucune province. 3 Étudions tout d'abord ces 
licences. 

Il fait rimer, v. 55, loent (laudant) avec appeloient. On 
pourrait être tenté de voir là une influence anglo- 
normande et de lire loent : appeloent. Mais une licence 



1. Cf. la table des syllabes rimées, p. 200. 

2. A. Gottschalk dans sa dissertation : Die Sprache von Provins itn 
13 Jahrhundert (Cassel, 1893), fait entrer en ligne de compte les rimes de 
la Bible Guiot d'après l'édition de Schulz. Après ce qui a été dit sur 
la vie nomade de notre poète, et sur l'infériorité du ms. A, lequel selon 
toute probabilité n'a pas été écrit à Provins, il est inutile d'insister sur 
la vanité d'un tel procédé. Ajoutons que dans le travail de M. Gottschalk 
rien n'est dit des rimes imparfaites relevées plus bas ; il s'est cru cependant 
autorisé de conclure que " bezuglich der Bible .... hat die Untersuchung 
gezeigt dass sie in der Sprache von Provins geschrieben ist. " Il existe 
en outre une Grammatik des Guiot von Provins, par Ludwig Eisentraut, 
(Cassel, 1872), faite également sur l'édition de Schulz. 

3. V. la table des rimes, p. 200. C'est à tort que la forme duet ( : estuet, 
muet) de la Chanson II, strophe 5, est considérée comme dialectale par 
M. Baudler, op. cit., p. 85. 

xlii 



LANGUE DU POETE xliii 

analogue (o fermé : oi) 1 se trouve au v. 573 (Antoine : 
none) ; ce sont donc des rimes imparfaites du même ordre 
que celles qui vont suivre. 2 

La diphtongue ui rime avec u aux vv. 1207 (murmure : 
luire), 1377 (murmure : bruire) et 2339 (pluie : rue) ; c'est 
que pour Guiot elle est encore descendante. 3 

/+ nasale + consonne rime avec i + consonne orale au 
v. 173 (prince : crevice) et au v. 1391 (homecide : Inde).* 

Nous trouvons deux fois une voyelle suivie d'un s en 
rime avec une voyelle suivie de -rs : anuious rime avec 
priours (v. 1079) et gras avec mars (v. 1967). 5 

Mentionnons enfin les rimes bren : Adam (v. 2321) et 
Jérusalem : sen (v. 1773), et les assonances bien plus 
choquantes déboutent : coroucent (v. 1061) 6 et atenvent : 
atendent (A v. 333). 

Il est digne de remarque cependant que le poète ne fait 
rimer un s avec un z final qu'une seule fois — hui est li 
jors : amors C II, 6. 

En dehors de ces rimes imparfaites, sa versification est 
régulière et classique. La rime termes : termes (w. 1259, 
2237; A 129) se trouve à la fois dans Chrétien de 
Troyes et dans Rutebuef. Fautre rimant avec autre 
(v. 12 17) est également une rime courante ; de même, celles 
de gié : changié, chargié (vv. 1801, 2543) se présentent 

1. C'est une licence traditionelle. Cf. les assonances angoisset : toute : 
jointes : couchet, du Roland. Dans Raoul de Cambrai mos 
(mots) figure dans une laisse en -ois (1. cclxii). Dans Aymeri de 
Narbonne des imparfaits en -oient figurent dans des laisses féminines en 
o ouvert ; cf. laisse xlv, porte : ploroient : cochoient : cloches, etc. Cf. 
aussi les rimes Antoine : moine : corone : essone (ailleurs essoigne), Carité 
str. 197; et Tobler, Fr. Versbau (Leipzig, 1910), p. 170. 

2. Remarquons aussi la rime loiaus : porciaus, au v. 2073 (loiaus : 
metaus, v. 2625), qui nous montre le diphtongue oi décomposée d'une 
autre manière. 

3. C'est également une ancienne licence qui se trouve dans le Roland, 
dans le Roman de Troie (v. 7817), etc. ; cf. Meyer-Lùbke, Grammaire des 
langues romanes, I, p. 82. 

4. Cf. Tobler, op. cit., p. 171. 

5. Cette faiblesse de IV devant s, et même devant d'autres consonnes 
est bien connue. Cf. L'Escoufle (édit. P. Meyer, Ane. Textes), p. xiv ; 
Beroul, Tristan (Ane. Textes), p. xlvii. 

6. A moins qu'on ne lise coroutent : forme qui ne se trouve pas dans 
Godefroy, mais que la forme fréquente du substantif — corout — pourrait 
peut-être justifier. 



xliv INTRODUCTION 

dans des textes de provenance aussi différente que le sont 
la Carité du Rendus de Moiliens et le Cliges ou VYvain 1 
de Chrétien. 

L'e sorti de Va latin en syllabe ouverte et accentuée ne 
rime qu'avec lui-même sauf aux vv. 2281, 2407 et 2433, 
où il rime avec un ë latin dans les mots savants, decrez 
et secrez, et aux vv. 783 et 1069 — fnere, frère : Père 
(Petrum). 

Ai rime avec un e ouvert — naistre, mcisire : estre 
(vv. 793, 2097, 22 95> 2583 ; A 319). 

An et en riment ensemble — pacience : créance (v. 791), 
jumenz : anz (v. 145), truant : largement (v. 1985), 
fiance : patience (A 167); cf. aussi, bren : Adam (v. 2321). 
De même -aint rime avec -eint au v. 2379 (remaint : 
esteint) et aine avec eine (ou enè) dans des noms propres, 
Madeleine : certaine (v. 2217); pour Aquitainne : Vienne 
v - 333) cf. Suchier, Les voyelles toniques du v. fr., 
p. 133, et Baudler, op. cit., p. 86. 

Paucum rime avec laudo au v. 1373. 2 Fôcum, locum, 
riment avec des mots en o fermé latin — preu : feu (v. 163), 
preu : leu (v. 381), malicieus : leus (v. 743), leus : doieus 
A 271. Oi<o lat. + pal. est distingue de oi<e lat. ; cf. 
Suchier, Voyelles toniques, p. 93. 

Morphologie. 

(a) Déclinaison. 

La déclinaison est fidèlement observée, même celle à 
déplacement d'accent. 



suj. père 


on 


abes 


sire 


cuens 


rég. père 3 


ome* 


abê 


seigneur 6 


conte? 



1. Car. str. 206, 10; Cl. 4680; Yv. 259. 

2. C'est également la règle pour Chrétien — po : lo, Clig., v. 3291. 
Rutebuef a pou : Pou<Paulum, v. Metzke, II, p. 78. Guiot disait-il po 
ou pou? Il est difficile d'être affirmatif, car l'o final de lo<laudo a très 
bien pu s'obscurcir en 9 et ensuite se diphtonguer en ou. V. Schwan- 
Behrens, Altfr. Gram. (191 1), p. 123. 

3. v. 656 (clere : père sg.) ( 660. 4- vv. 325, 1243, etc. 5.W. 1059. 
6. 758, A 234 (sire : dire) et v. 529. 7. vv. 261, 2406. 



LANGUE DU POETE xlv 

Dans les exclamations notre auteur se sert du cas 
régime — quel escu : fu (v. 329), quels compagnons : 
poissons (v. 1269). 

Pour ce qui est du féminin des adjectifs de la 3 e décl. 
latine citons: s'ire....granz : [colèes~\ pesanz (v. 604), 
cloison. ...fort (rég.) : confort (v. 803); de quel pari 
(v. 1482); tel mesure, C III, str. 4. Notons pour les 
substantifs féminins la rime la plus chiere maisons : li 
nons (v. 1895). 

Trois fait, au cas sujet, troi qui rime avec croi (v. 160); 
tuit rime avec bruit (v. 973); li (* illaei) avec merci 
(v. 2263), avec di (dies), A 145. Pour lui on trouve une 
fois la forme atone avec voyelle élidée /' (v. 1417): l'en 
do igné. 

(b) Conjugaison. 

Le présent de l'indicatif n'a ni -e, ni -s à la I e per- 
sonne — Sospir : tenir (v. 249), devis : enemis (v. 805) ; 
et sut : lui (v. 315), di : afi (v. 165 1). 

Le présent du subj. de la i 6 conj. n'a pas de e aux 
I e et 3 e personnes — oubli (i e ) (v. 582), desconfort : fort 
(v. 1105), gart (v. 23), sauf dans l'exception bien connue, 
doigne '.reoigne (v. 205), et, comme voyelle d'appui, dans 
délivre (v. 1181). 

Le verbe estre fait au futur, à la 3 e personne du 
singulier, iert (w. 5, 140, 521, etc.), et sera (vv. 487, 539, 
590, etc.); à la I e pers du sing. serai; à la I e du pi. 
seromes (dans B seulement, qui est seul aussi à donner 
un autre exemple de la I e pers. du pi. en -ommes [v. 1171] 
: osommes) ; à la 3 e , toujours seront. 

Il n'y a pas d'exemples de iere, ierent pour l'impf. — 
toujours estoie, estoit, estoient. 1 

La 3 e pers. de l'ind. du verbe aller est tantôt vait ( -.fait, 
v. 775 ; '.ait A 555) tantôt va ( -.dira, v. 1243). 

Aidier fait à la 3 e personne de l'indic. aide {-.laide, 
v. 2463) et aide, C IV, 8 ; et à la même personne du 

1. Il y a cependant un cas de iere dans l'Armëure (v. 72), mais ni à la 
rime ni en hiatus. 



xlvi INTRODUCTION 

subjonctif eût (vv. 132, 684, etc.), dans la formule si m'ait 
Deus. 

Outroie rime avec voie au v. 525, outroi (i e pers.) avec 
moi au v. 1787. 

Les formes preing, teing, veing (et preingne, etc.), 
qu'emploie notre auteur seraient, selon M. Forster, 
particulières à la Champagne, mais il reconnaît lui-même 
leur existence chez Rutebuef - 1 

Ocit (prés. 3 e pers.) rime avec escrit (participe passé). 
Devoir fait doie ( -.voie, v. 29) aux I e et 3 e perss. du 
subjonctif; dire fait die ( -.envie, v. 1419). 

Notons pour finir la forme mantenissent (v. 1918). 

Cette étude, malheureusement très restreinte, nous 
montre pourtant clairement combien la langue de notre 
auteur est conservatrice ; on était d'ailleurs en droit de s'y 
attendre, étant donné l'époque relativement ancienne où 
celui-ci écrivait. 

II. Versification. 2 

Comme trouveur de rimes notre poète est loin d'être un 
virtuose. Cependant, il se maintient toujours à un niveau 
respectable, et évite, en général, de recourir aux chevilles 
trop faciles : St. Gile lui donne une rime à Joinvile, au 
vers 472 ; dans deux autres passages ce sont St. Pierre 
(v. 1070) et St. Martin (v. 1648) qui lui viennent en aide. 

On ne lui cherchera pas querelle d'avoir fait rimer un 
mot avec lui-même lorsque ce mot, comme par ex., aux 
vers 1031-32 le verbe mescr oient, est employé dans deux 
sens nettement distincts — le bon usage le lui permettait. 
Mais il faut une certaine complaisance pour trouver dans 
des rimes telles que abes -.robes (v. 1059), a : n'a (v. 501), 
estre : estre (v. 1509), agus : agus {A 483), a: a {A 531), 
une différence sémantique, même minime, qui les justifie. 

En ce qui concerne la structure des vers, remarquons 

1. V. Cliges, introd., p. lxii. 

2. Nous ne tiendrons pas compte ici de la métrique des Chansons, 
cette matière ayant été suffisamment étudiée par M. Baudler, p. 82 et 
suiv. de sa dissertation. 



VERSIFICATION xlvii 

que Guiot fait un très grand emploi du rejet et de 
l'enjambement, 1 et du couplet brisé. 2 Volontiers il 
commence même ses paragraphes sur le second vers d'un 
couplet, 3 mais ne paraît suivre aucun système à cet égard. 
Cependant, pour plus de rondeur, il termine toujours ses 
chapitres 4 sur un vers pair. Ses octosyllabes à rimes 
plates deviennent ainsi plus aisés, plus souples et moins 
monotones. 

On remarque chez lui en outre de fréquents hiatus ; 
mais, puisque leur nombre diffère dans les deux mss., 
il est impossible d'en rédiger une statisque définitive et 
utile. Dans les monosyllabes, cependant, la non-élision 
de Ye de que, se et ne est si fréquente, qu'elle doit être, 
sans doute aucun, considérée comme une habitude du 
poète : il est clair qu'il ne s'en faisait aucun scrupule. 
On en compte pour que 19 cas, pour se et né 9 cas chacun, 
communs aux deux mss. A nous donne en plus 9 cas 
pour que, 6 pour se, 2 pour ne ; B 11 cas pour que et 
2 pour ne. Notons que pour que et se l'hiatus se produit 
surtout devant il. 

De même, la non-élision de Ye final pour je semble 
assurée aux vv. 26, 426, 1190, A 1510, mais puisque le 
poète connaît la forme gié (:irié 1067, ichargié 1801, 
-.chergié 2544) on peut ne pas en tenir compte. 

Ce se trouve également en hiatus dans les deux mss. 
au v. 2283; dans A seul aux vv. 689, 750 et 1466; dans 
B seul au v. 2044. 5 

L'i de li (art.) au sg. est élidé 6 fois, au pluriel jamais. 

Dans les mots de plus d'une syllabe il y a 6 cas d'hiatus 
communs aux deux mss. : bible ors (v. 8), outre entre 
(v. 378), Perche et (v. 439), France ahi [ha A] (v. 112), 

1. On en compte plus d'une soixantaine d'exx., dont quelques uns sont 
très marqués, et certains presque brutaux, notamment aux vv. 504, 553, 
616, 636, 1024, 1452, etc. Cf. A 22, 50, 114, 162, 164, 252, 269, 278, 281, 
etc. 

2. Par ex. aux w. 12, 18, 34, 48, 70, 72, etc. 

3. w. 103, 243, etc. 

4. V. la liste des " Chapitres," aux notes des w. 557-582. 

5. Dans L'Armëure l'hiatus est également fréquent avec que et ne 
(9 fois), plus rare (1 fois) avec ce. 



xlviii INTRODUCTION 

conte et [prince A] (v. 766), lève et (v. 2414); A nous en 
fournit 6 autres cas : aux vv. 657 ; 15 19, 2341 ; 894, 1207 ; 
1025 ; B 9 : aux vv. 1302, 2572, 2566, 2447, 1906; 927, 746, 
1611; 185. 

Parmi les cas d'hiatus particuliers à A il y en a un que 
nous avons admis dans le texte (v. 657) ; parmi ceux de B 
il n'y a guère que celui du v. 746 qui puisse être considéré' 
comme certain — ce qui nous donnerait 8 cas d'hiatus à 
peu près assurés. Il faudrait en ajouter 4 autres, si l'on 
considère que le poète a dû écrire sire et governere, sans 
s, au cas sujet, aux vv. 11 01, 1107, 1608, 11 80, mais rien 
ne nous autorise à l'affirmer. 1 

Dans l'Armèure nous en comptons 4 ou 5 cas pour 
les mots de plus d'une syllabe : combatrë a (v. 291), lance 
est (v. 421) [ms. B], riglë on (v. 442), fine et (v. 504), 
descombrë home (v. 587). 

I. Notons en outre la crase possible au v. 538 (qui en), et au v. 2325. 
Cf. aussi qui est (ou qu'est) dans l'Armèure, vv. 431, 521. 



DIALECTE DU MANUSCRIT B. 

Nous avons dit plus haut que nous assignions à notre 
scribe une origine lorraine ; on trouvera néanmoins dans 
le relevé des traits dialectaux qui va suivre, plus d'un 
trait commun au lorrain et à tel autre des groupes 
linguistiques de l'est et du sud-est de la France, c. à.d. 
au wallon, au champenois ou au bourguignon. 

Il ne faut pas s'abuser sur la valeur scientifique d'études 
du genre de celle que nous entreprenons ici, car il est 
extrêmement difficile, si non impossible, de distinguer 
et de saisir, dans la masse des graphies traditionelles et 
latinisantes et des vestiges dialectaux de transcriptions 
antérieures, les formes qui nous renseignent sur la 
prononciation véritable du scribe. Avant de procéder à 
cette étude, ajoutons que par prudence et pour plus de 
commodité, nous avons préféré, dans la plupart des cas, 
prendre comme terme de comparaison la graphie du 
français classique, plutôt que d'essayer, en partant du 
son latin, d'établir une filiation phonétique directe. 

Voyelles. 

I. A ir.^ai. Avec le no. VI c'est peut-être le trait le 
plus caractéristique du manuscrit, comme d'ailleurs de 
tous les mss. lorrains. A la tonique; i, final : ferai, sai 
(ça); 2, devant consonne, (i) orale : aibres, aisnes, blaisme, 
osaisent, portaist ; (ii) palatale : domaige, saichent, 
vaiges ; (iii) nasale + palatale : estrainge, grainge. A 
l'atone, devant consonne, (i) orale : aisseiz; (ii) nas. + pal. 
chaingiet, maingier. Par une graphie inverse a — ai 
fr. : laissa, las, mas, sa. 

II. Ai (e) fr.= e : mestre, nestre, = ei : leit; inversement 
e = ai : taist. C'est ici, sans doute, qu'on doit ranger 
(cf. le no. VI) chairait (fut. de cheoir), confrairies, vaireiz, 
vairois. 

xlix 

D 



1 INTRODUCTION 

III. Ain (ein) îr. = an, en, mais à l'atone seulement 
(cf. Suchier, Voyelles toniques, p. 133) -.vaincu, vancu, 
vencu ; ainsi, ansi, ensi. Il se peut toutefois que nous 
ayons ici des graphies étymologiques. 

IV. Ar iv. = er, surtout à l'atone -.herpès, per (part); 
chergiez, cherrieres, ermaure, herdi, mercheant; 1 et in- 
versement : Barangiers, barbis, darriere. 

V. As îv. = es, surtout à l'atone : pes, porches, checes, 
lesche, pesse; chescuns, 2 esnesces, estinance, estrenormie, 
nesquirent, vavessours ; et inversement : assarrei 
(esserrer), arastoirent, aeschappe, crassance (crescentiam). 
Es (in ïllos) et as (ad illos) se confondent continuellement ; 
cf. aussi aface (esface), acorse (escorce). Intéressantes 
sont les fautes : il est boins ne se consoille pour es (as) 
boins, et molt esté pour molt tasté. 

VI. E fr. tonique =ei; i<a lat. : bleif, deleiz, doneir, eil, 
seit, teix, meire, peire, servent; ii<ë lat. et germ. : beil 
[à côté de bel, beat, bial, bia] chateil, isneil, porceil ; 
iii<lat. ë dans des mots savants : cleir (clerc), secreiz. 

VII. E fr. (ë et ï lat. en syllabe fermée)=a; i, à la 
tonique: sachat, datte; cf. aussi abat, manate; 
ii, à l'atone : natement, natoie. On trouve, également, 
la graphie ai à la tonique: daite, dais (*debitos)-, et 
devant une labiale au : Genauve, vauve. Inversement 
at = et : gingebret, raches, roset. 

VIII. E fermé fr. = o : toche; = oi : soiche ; cf. le no. 
XVII. 

IX. Eil fr., i, à la tonique = oil: consoil, soloil; 
mervoilles, oroilles, paroilles ; + s = ols [ous] : consols ; 
ii, à l'atone = i/Z : consilloient, mervillous, millor. s 

X. Ein fr. ; i, à la tonique = oin : amoint, destroint, 
poinnes, voint; ii, à l'atone = in : cintour, cinture. 

XI. Ein fr.; i, à la tonique = oin, on : desdogne; 
ii, à l'atone = w : pigneir, signor. 

1. Peut-être étymologique. 

2. Peut-être étymologique. 

3. On trouve aussi travillier à côté de travaillent ; et conissans. 



DIALECTE DU MANUSCRIT B. li 

XII. E fr. atone, \ = a : amaors, dusse, m'dur, pàu, 
rdonde; chamin [mais chivaï], manasse, saler, saront; 
inversement a = e devant nas. : menoient; 1 ï\ = o : con- 
soilloour; do nier s, maronier, soromes ; prevoire et 
preoichent [cf. no. VIII] alternent avec provoir e et 
prooichent ; inversement o = e : menoie, jevent. 

XIII. I fr. atone après labiale=e: afechier, meneor, 
Phelipes; cf. no. XVIII. 

XIV. Iee fr. dans les pcpp. passés = ie : abaisie v. 765, 
fichie v. 637, touchie v. 638 ; cf. desierrance pour désir- 
rance, vigne pour viegne. 

XV. O lat., «e fr. i, = ie, dans quiens (cornes) [cuens à 
la rime]. Comment expliquer muez partout pour mieux ? 
Est-ce sous l'influence de la labiale? n, = oi, dans boin 
[f. bone~\, oil à côté de oeul [pi. eus, ewZs], orgoil à côté 
de orguel; iii, = e : e-ure, à côté de oevre ; iv, eu : preuve; 
ailleurs Me : rwee, buez, nuez. Notons trues, à côté de 
truis et pruix. 

XVI. Om fr. à l'atone = w : ouverts, custumes ; sutil 
[latinisme ?] ; du deux fois pour dou (de illum) ; cf. 
enfunduz, secuns, secunde, qui sont peut-être des lati- 
nismes. 

XVII. Oi îr. = o ; 1, à la tonique : cheor, veor; crostre, 
foble, stole (stellam); ii, à l'atone: closon, j'o dire.* 
Inversement o = oi: oirs (horridos), sois (soz v. 1234), 
oille (ollam). C'est ici que doit se ranger sans doute 
covre (cuivre). 3 

XVIII. U fr. à l'atone = e : jement, forgegié ; Cleny. 

XIX. Ui fr. = w; i, à la tonique : cestu, lu, nullu; brut, 
tut; cudent, fuent; ii, à l'atone: amenusement, cusine, 
plusors. Inversement u = ui : crui (crudum), fui (fuit), 
mescruit, cruier. i 

1. Cf. Orson de Beanvais, Ane. Textes, introd. (Gaston Paris), p. ix. 

2. Dans rejrettour, dortour, mireous il y a p. -être changement de suffixe 
tout simplement. 

3. Dans boiche, fréquent dans les textes bourguignons et lorrains, ft 
provient sans doute de la palatale. 

4. La forme est intéressante et se trouve dans d'autres mss. de l'est. 
Elle ne doit rien avoir de phonétique, ne pouvant guère se produire 
que là où ni l ni r finals ne se prononcent ; v. nos. 3, 8. 



lii INTRODUCTION 

Remarquons en outre une tendance à réduire l'hiatus : 1 
Benois, gaignié, proichant; puent (peuvent), pussent. 

Consonnes. 

Consonnes doubles et simples alternent pour figurer le 
même son ; il y a pourtant une tendance bien naturelle 
à doubler les consonnes nasales : grainne, certainne, 
donnent, reponnent, semment. 

i. C alterne avec s pour figurer une sifflante sourde 
devant e, i : ce (se), c'est (s'), ci (si), auci, enci, fauces, 
morciaus ; sil, saler, sant, serchier, sertes, acorse (écorce). 
Intéressant est le remplacement par c d'un g initial : 
coverner, coutiere ; cf. chambes (jambes), Armëure, v. 187. 
C inter vocalique reste comme g dans sagurement <secura 
mente. 

2. K est très rare : Ke [1 fois], faukon. 

3. L final est tombé dans : si, bea (bel), chardena, i (il), 
qui (qu'il), ypocrita; cf. aussi cruier, ligals (légat). 

4. L devant consonne tombe sans se vocaliser 2 dans : 
saves, faces, tôt; acun amoine (aumône, cf. no. XVII), 
madite, mavais, savaiges ; aiques (cf. no. I) ; on trouve 
repols pour repos. J'écris cependant molt [ms. ml't~\ qui 
se trouve dans le ms. une fois sans abréviation. 

5. L mouillé s'écrit, indifféremment, /, M, Il : assalir, 
valant, voilant, jallent, millors. 

6. Flebilem>/obZc, fable et flobe. 

7. N mouillé s'écrit souvent g : coig, tig, teig [à côté 
de tieng\ engig, poig, estraigement. Je ne m'explique 
pas la forme nasalisée englise aussi fréquente que église, 

1. Boin orei, au v. 950 doit être interprété, sans doute, bien duré: 
"bienheureux." Citain, au lieu de citëain, peut être refait sur cit ; cf. 
M.-Liïbke, Etym. Wôrterbuch, 1959, et A. Thomas, Essais d'etym. fr., 
p. 268. 

2. ëllum s'écrit -eal, -iaul, -eil, -eaul : beal, bial, bia, biaul, bel, chateil, 
rusiaul, vaxeaul ; -ellos> -iels, -iaus, -ans, -eals : chastiels, porceals, 
porceaus, morsans, morsiaus ; -alem> -al, -aul, -a, Ldans des mots 
savants] : loaul, loal, chardena ; ales> -als, -ans, -auls : criminals, desloauls, 
desloaus— véritable fouillis, qui ne peut guère se produire, que là où I est 
tombé sans laisser de traces et où un scribe aurait cherché à le faire revivre 
dans l'écriture. Dans la seconde partie du ms. de Raoul de Cambrai 
le scribe écrit un l double là où l est prononcé ; à tel point cette lettre 
était-elle devenue un signe conventionnel; v. Introd., édit. Paul Meyer, 
p. lxxxxi. 



DIALECTE DU MANUSCRIT B. liii 

à moins qu'elle ne soit une graphie inverse. Gn se 
trouve pour fr. n dans vilaignes. 

8. Nt final, à la 3 e pers. du pi. des verbes, s'amuït ou 
bien est représenté par t ; voir plus loin. 

9. R final s'amuït : mostre (inf.) enpirei, cler : emblei, 
seculei : desespereir ; cf. blandir pour blandis. On le 
trouve doublé deux fois : merr, verr. 

10. R devant certaines consonnes disparaît : mireous, 
abelestrier, aibres, usiniez; cf. argoilloner, porvrement, 
parts (pas, v. 5). 

1 1 . R dans les groupes tr et dr tend à tomber, témoin 
les graphies droitre, mosterai, est (estre), ordres (ordes), 
et autres f estes (es [as, aux] hautes festes), quil entendent 
(qui entendre). 

12. St initiales restent telles quelles : ste\\am>stoile, 
stole. 

13. 5 final, et devant certaines consonnes, tombe : es 
biau dis, sen doute, conveir, faul, ver lou chemin, écrit 
(:ocist), repotes, enpotes, viconte et wysconte ; cf. aussi 
resgardent, respondre (reponere), sescors, sosgit, à côté 
de derendre, défie, défait ; et aface, acorse pour esface 
escorce ; v. pi. haut, V. 

14. 5 et ss figurent, sans distinction, la sourde et la 
sonore : asises, assises, dissons, ressoit, cuissans, gisent, 
gissent ; -itia s'écrit -esce ; se, rare ailleurs, semble figurer 
une chuintante sourde : nisce, adresce. 

15. T final est tombé dans ferai, penrai (fut. iii); fu 
qui alterne avec fut, fuit ; vi, don, brui, etc., cf. la graphie 
du roit Artu (du roi A.). Notons aussi fu pour fust; 
cf. le no. 11. Par contre, t est écrit dans quelques subst. 
en -ié et dans des pepp. passés : congiet, pitiet, chaingiet, 
tolut. 

16. W se trouve pour g dans wallebrun, enivagié (mais 
jambais); pour v dans wysconte, à côté de visconte, 
deswude ; entre deux voyelles en hiatus dans cowart, 
lowaïs (locaticium). 

17. X, dont les scribes lorrains font en général si grand 
usage est, dans notre ms., relativement rare à l'intérieur 



Hv INTRODUCTION 

des mots; citons vaxeaul, aux vv. 2415 etc. Il se trouve 
assez souvent pour us : teix; et pour z, v. plus bas. 

18 Y s'emploie surtout dans des mots savants idyamar- 
gariton, ypocrisie, symonial ; yrangne. 

19. Z, fréquemment employé, ne paraît pas avoir la 
valeur de ts mais bien de 5. Cependant, notre scribe s'en 
sert avec système; car, tandis qu'au pluriel régime" 
des participes passés en 4 et -u il écrit, presque sans 
exception s, dans ceux de la I e conj. au contraire nous 
trouvons toujours s. Il l'emploie dans les flexions verbales 
en -ez (chez lui -eiz) : oreiz, chaingiez, etc., de même que 
dans deleiz, asseiz; pour / mouille + s : viez, muez 
(mieux) ; mais aussi dans des mots comme : huez (boves), 
puez (peux, puis adv.) graiz (gras), desloiz, etc. On voit 
que z semble être attiré par une diphtongue. Partout 
ailleurs, où la phonétique plus ancienne l'aurait exigé, il 
est rare et employé au hasard. Dans certains mots il 
alterne avec x : puex et puez, teix et teiz. Des graphies 
telles que deniers -.usuriez, à la rime, témoignent bien de 
sa minime valeur phonétique. 

Morphologie. 

Disons d'abord que parmi les quelques faits que nous 
citerons ici plusieurs ne sont autre chose que des faits 
purement phonétiques. 

Article : sing. m. li — lou (et lo) ; f. la, qqf. li (cf. 
w. 645, 744) et le (Arm. 405) ; avec prép. : al, as, es ; el, 
ou, es; dou, do [du rare]. 

La déclinaison est assez fortement ébranlée, le cas 
sujet des subst. masc. de la 2 e décl. latine sing. et pi. 
s'écrivant avec ou sans s ; sires est aussi fréquent que sire, 
peires que peire. 

Lors pour lor au cas rég. pi. se trouve très souvent. 

Que est beaucoup plus fréquent que qui au cas sujet du 
pronom relatif. 

Dans les verbes, à la première pers. du sing. de l'ind., 
on trouve quelquefois s : dis, ois. -E, -et, -ent s'emploient 
indifféremment à la 3 e pers. du sing. et à la 3 e pers. du pi. 



DIALECTE DU MANUSCRIT B. lv 

de l'indic. prés, des verbes de la I e conj., et du subjonctif 
des autres. C'est ainsi que porte, portet, portent et 
pende, pendet, pendent alternent pour figurer les mêmes 
formes. On prononçait partout -e, ce qui nous est prouvé 
par des graphies telles que voient (pour voie, sbstf .), orent 
(ore, adv.). 

•Ait se trouve pour -a, à la 3 e pers. du prêt, et du fut. des 
verbes de la I e conj. (voir plus haut, no. I) de même qu'à 
la 3 e pers. du sing. du prés, de l'indic. de avoir, aller 
et ester. D'une façon analogue, -aist et -aissent se 
trouvent pour -ast, -assent. 

La 3 e pers. du pi. du prêt, des verbes en -er se termine 
en -airent : engegnairent, esposairent, formes refaites sur 
les désinences des autres personnes. On trouve une fois 
-oirent : arastoirent, qui est peut-être une simple négli- 
gence. Pour le prêt, des autres verbes, citons : partai i e 
sg. de partir; mirent; tindrent [à côté de devenrait\. 

1ère et iert sont confondus pour le fut. (3 e sg.) du 
verbe estre. 

La désinence -ornes, à la i e personne du pi., se trouve 
deux fois : seromes, osommes et pourrait bien être de 
la langue de l'auteur; -ins se trouve une fois : atendins ; 
•ois (2 e pi.), qui est certainement du scribe, se trouve 
également deux fois : vairois (verrez) et, irrégulièrement, 
sachois, forme analogique refaite sur le modèle des verbes 
de la I e conj. 

Dans les verbes de la i e conj. où le déplacement 
d'accent amène un changement de la voyelle du radical, 
l'analogie a fortement altéré l'ancien système vocalique. 
C'est ainsi que l'on trouve prisier, proiier, pri et proient 
à côté de geteir, gite et gitent (forme lorraine). Remar- 
quons en outre la forme analogique oblisse, v. 582. 

Ajoutons pour finir trois faits d'ordre lexicographique. 
Notre scribe paraît ne pas connaître le mot mont " beau- 
coup." Il écrit ml't même à la rime — ml't : Grandmont. 
Ni pour ne, conjonction négative, est assez fréquent, cf. 
v. 1383. Le mot ordre paraît être pour le scribe du 
masculin tandis que pour Guiot, comme de règle, il est du 
féminin. 



CHAXSOXS. 



I. 



U. f. iyr°. ,, C. no. 322, /. 147-jo. 

Editions : Wackernagel xvi ; San Marte iii ; Baudler, 
p. 74; Histoire littéraire xxiii, p. 611 (strophe v). 

i. 

Ma joie premeraine 

M'est torneie en pesance, 
3 Las ! je ne sai por coi, 

Mais ensi me demeine 

La foi et l'espérance 
6 K'amors a mis en moi. 

Se je par bone foi 

Doi avoir pénitence, 

De moi ne sai nul roi 
10 Fors que ma mort i voi. 

ii. 

Mes fols pansers m'ameine 

La foie desirrance 
13 Don sui en tel esfroi ; 

C'ainz n'oi joie certeine 

Senz kel que mesestance ; 
16 S'en fait grant estreloi 

Amors, ou je me croi, 

Ke m'aprist en m'enfance 

Faire ceu ke ne doi : 
20 Oiez con je foloi ! 

2 C. a pesance ; 4 C. desmainne ; 5 U. la sors, C. fois ; 7 C. manque ; 
8 C. soffrir p ; 17 C. me croie, U. me croi ; 18 U. qui me prist ; 19 U. faz 
je ce que je doi. 

1 



2 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

iii. 

Quant je meuz cuz ataindre 

Joie et bone aventure, 
23 Lors porroie jurer 

Que l'endemain est graindre 

La dolors et l'ardure 
26 Que me fait endurer. 

Mais je voi bien juër 

Sovent en aventure 

Por perde restorer — 
30 Or soit a l'endurer ! 

iv. 

S'amors volsist destraindre 

Ma dame en tel mesure, 
33 Bien me pëust saner 

De ce dont tant m'ot plaindre. 

Mais ele n'en a cure, 
36 Si me fait redouter 

En lealment amer. 

Que j'ai per tôt droiture ; 

Meuz volsisse mostrer 
40 Mon tort senz moi grever. 

v. 

Douce dame, en pou d'ore 

Fust ma joie aemplie, 
43 Se j'eusse le don 

Qui toz jors me demore ; 

Mais vostre seignorie 
46 M'ocit a desraison. 

Losengier et félon 

Font ceste départie — 

Que ja n'aient perdon 
50 De dire mesprison ! 

26 U. qui, C. ki ; 27 U. plus j. ; 29 U. que p. ; 33 U. se, salver ; 
36 U. esmaier ; 38 C. car ; 42 C. fut acomplie ; 43-4 U. manquent ; 
46 C. ocist ; 47-8 C. intervertis ; Entre 48 et 49 U. insère : trop sont or al 
desore. cil qui ont tel envie ; 49 C. ki ; 50 C. manque. 



CHANSONS 

vi. 
Guioz qui plaint et plore 
Et sa mort et sa vie 
Lor outroie a bandon 

54 A toz maleïçon ; 

Mainte amor ont perie, 
Ne dïent se mal non, 

57 S'en avront guerredon. 



II. 

U. f. 73r°., C. no. ioo, /. 461'°. 

Editions : Wackernagel xiii ; San Marte i ; Bartsch, 
Chrestomathie (Leipzig 1866), p. 203; Hist. litt. xxxiii, 
p, 611 (str. 1, 4, 7); Archiv. xlii, p. 260; Baudler, pp. 76- 
78. 

i. 
Contre lo novel tens 
Que florissent cil bruell 
Chanterai Ion mon sens 
4 De celi dont me duell. 

Plus l'aim que je ne suell ; 
Q'a la plus bêle pens 
7 C'ainz veïssent mi uell. 

ii. 

Quant premiers resgardai 

Son gent cors seignoris 

A mes euz esprovai 
11 K'estoie ses amis : 

Si i fui ententis 

Que tôt ades cuidai 
14 Que fusse ou cerne mis. 

iii. 
Amors, a molt grant tort 
Me faites mal soff rir ; 

I vi, C. manque ; 9 C. et son vis ; str. iii = U. v ; 15 U. si gr. 



4 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Cil orent boen confort 
18 Qui sont mort senz languir. 

Las ! toz jors la désir, 

Et ades voi ma mort, 
21 Et si ne puis morir. 

iv. 
Je l'aim tant et désir 
Por sa fine biauté 
Mielz vodroie a loisir 
25 Un baisier de son gre 
[Sel me voloit doner 
Que tôt lo remanant] 
De la crestïenté. 

v. 

Si fort li cuers m'en duet 

Ne la puis oblïer ; 

Malgré mien m'en estuet 
32 Devant la gent parler. 

Por ceu, puet on prover 

Que de bone amor muet 
35 Ceu c'on ne puet celer. 

vi. 

A dolerous mestier 

M'ont atorné amors, 

C'ainz de mon desirrier 
39 Ne poi avoir secors. 

Bien puis, hoi est li jors, 

Les poinz de l'eschaquier 
42 Doubler de mes dolors. 

vii. 
Chancenette, va t'ant, 
Lez m'amie t'envoi. 

20 C. ma mort voi; 21 C. se; Str. iv = U. iii ; 24-30 C. manquent; 
Str. v=U. iv; 32 C. ploreir ; 33 U. par; 38 C. quant; 39 U. pou, 
C. puis ; 40 C. or puex ; 42 C. ma dolor ; 44 U. a. 



CHANSONS 



Di li que je li mant : 
46 Cuer et cors li outroi 
S'ele me porte foi 
La leiauté Tristant 
49 Porra trover en moi. 



III. 



U. /. 57/0., C. no. 328, /. isctc'o. 

Editions : Wackernagel xviii ; San Marte v ; Baudler, 
pp. 78, 79. 

i. 
Molt avrai lonc tans demoré 
Fors de ma douce contrée 
Et maint grant enui enduré 
4 En terre malëuree. 

Por ceu, n'ai je pas oblïé 
Lo douz mal que si m'agrée, 
Don ja ne quier avoir santé 
8 Tant ai la dolor amee. 

ii. 
Lonc tens ai en dolor esté 
Et mainte larme ploree : 
Li plus bels jors qui est d'esté 

12 Me semble nois et jalee 
Quant el pais que je plus he 
M'estuet faire demoree : 

N 'avrai mais joie en mon aé 
16 S'en France ne m'est donee. 

iii. 
Si me doint Deus joie et santé, 
La plus bêle qui soit née 
Me conforte de sa biauté. 

13 C. car ou paix. 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

20 S'amors m'est el cuer entrée ; 
Et se je muir en cest pansé 
Bien cuit m'erme avoir salvée. 
Car m'ëust or son leu preste 

24 Deus ! cil qui l'a esposee. 

iv. 
Douce dame, ne m'oblïez 
Ne soiez cruels ne fiere 
Vers moi, qui plus vos aim k'asez 

28 De bone amor droituriere. 
Et se vos ensi m'ocïez, 
Las ! trop l'achèterai chiere 
L'amor don si me sui grevez, 

32 Mais or m'est bone et entière. 

v. 

He, las ! con sui desëurez 

Se celé n'ot ma proiiere 

A cui je me sui si donez 
36 Que ne m'en puis traire arrière. 

Trop longuement me sui celez : 

Ceu font la genz malparliere 

Don ja nus ne sera lassez 
40 De dire mal par darriere. 



IV. 



C. no. 278, /. 124^0., et C. no. 502, /. 239^. v°. 

Editions : Wackernagel xiv ; San Marte ii ; Baudler, 
pp. 79, 80. 

i. 
La bone amor ki en joie me taint 
Et li douls tens d'esteit ki renverdoie 
Et li penseirs dont a cuer me sovaint 

21 C. penseir; 23 C. lit; 25 C ocïes ; 30 C. trop ach ; 40 C. en 
derrière. 

IV. 1 C 2 . tresbone am. 



CHANSONS 7 

4 Me font sovent chanteir et moneir joie. 

Et mainte fois veult amors ke je soie 

Mes et pensis, dolens et corresous, 
7 Et quant li plaist de ligier seux joious. 

ii. 
Uns dous espoirs ki m'aide et maintaint 
Contre l'orguel ki m'ocist et guerroie 
M'ait conforteit, maix ades me convaint 

1 1 Chier compareir ceu dont joïr voldroie. 
Se servirai desirans toute voie, 
C'onkes de riens ne fui si desirous 

14 Con d'onoreir ceu dont plus seux coitous. 

iii. 
Li mais ke j'ai ne vait mie et revaint, 
Ains me destraint igaulment et maistroie ; 
El cuer me naist et de ma dame vaint, 

18 Et si n'en ai pais tant con je voldroie. 
Car fine amor me semont et avoie 
De li servir, dont tant seux desirous 

21 Ke plaixans m'est cist mais et delitous. 

iv. 

N'est pais amanz sil ki d 'amors se plaint 

Ne ki cuide ke jai venir li doie 

Nulz malz d'amors ; maix tous jors serve et aint 
25 De cuer verai ne jai ne se recroie. 

Blaimeir se doit cil ki faucement proie, 

Et cil ki sont d'autrui joie envious 
28 Et d'autrui bien dolent et corresous. 

v. 
Per deu amors, li sospir et li plaint 
Et li désir, dont l'espérance est moie, 
M'ont tant valut k'en joie mes cuers maint ; 

4. C*. fait sov ; 14 C 2 . je fui c. ; 15 C 2 . ne manque; 17 C\ a cuer; 
21 C 2 . m' manque; 22 C\ amis; 24 C 2 . serce ; 25 C 2 . s'en recroie 
29 C 2 . de, sospirs, plains ; 30 C 2 . désirs. 



8 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

32 Por ceu fait boen servir ke bien enploie. 
Maix, se ma dame et pitiés si otroie, 
De duel moront medixant envious, 

35 Et je vivrai joianz et amerous. 



V. 

U. f. qv°., C. no. 324, /. 1481;°. 

Editions : Wackernagel xvii ; San Marte iv ; Baudler, 
pp. 81, 82 ; str. v (U.) : Hist. litt. xxiii, p. 612, D'Arbois 
de Jubainville, Histoire des Ducs et des Comtes de 
Champagne iv, p. 656. 

i 
Molt me mervoil de ma dame et de moi, 
Q'ensi me tient quant plus suis lonz de li; 
Bien cuit garir l'oure que je la voi, 

4 Mais lors double li mais dont je m'oci. 
Si m'ait Deus, trop fiere chose a ci 
Kant je morrai por tant que je la vi ; 
Mais je me fi tant en ma bone foi 

8 Et en iceu c'onques ne li menti. 

ii. 
Mainz en i at qui demandent por coi 
J'aim celé rien qui n'a de moi merci ; 
Il sont vilain et de malvaise loi ; 

12 Car je n'ai pas, dame, encor deservi 

Lo dolz regart dont vos m'avez saisi, 
Et lo panser dont mes cuers s'esjoï ; 
Et cil qui dit que je de ceu foloi 

16 Ne me conoist pas a leial ami. 

iii. 
Leials amis sui je sanz foloiier, 
Del tôt amors m'a si en sa prison ; 

32 C 2 . bien servir ; 33 C 2 . anoious. 

V, 2 C. ke si me ; 3 C. adonc kant je 1. ; 4 C. lor doublent li mal ; 
6 C. je lamai ; 7 C. mais manque, tant ens en; 12 U. desservi; 
14 C. s'esjoïst ; 17 U. sanz manque ; 18 U. d. t. m'ocit amors. 



CHANSONS 9 

Son cors me fait amer et tenir chier, 
20 Et bel parler et entendre raison 

Celé de cui j'atent lo guerredon. 

K'en moi ne triais ne ire ne tençon ; 

Mon boen espoir ne voldroie changier 
24 A rien qui soit nen a nul altre don. 

iv. 
Cil jangleor nos font grant destorbier 
Qui se vantent d'amer par traïson : 
As amanz font lor joie delaïer 

28 Et as dames sont cruier et félon — 
Ja Damedeus ne lor face pardon ! 
Bien m'ocïent senz arme et senz baston 
Quant je les voi ensemble conseillier ; 

32 Mais ma dame n'i panse se bien non. 

v. 

Chançons, va t'en tôt droit a Masconois 
A mon seignor lo conte ; je li mant, 
Si con il est frans et prouz et cortois, 

36 Qu'il gart son pris et si lo traie avant. 
Mais nule rien lo conte ne demant 
Fors por s'amor et por ma dame chant, 
Qui m'a proiet de chanter en cest mois 

40 Mais ma joie me va molt delaiant. 

19 C. mon cors, amer manque ; 22 U. navra ja a moi nen ire ne 
tencon ; 24 C. argent ke soit ne ; 32 C. entant ; 33 C. Mascoignois ; 
34 C. mans ; 36 C. traice ; 37 C. demans ; 38 C. chans ; 39 C. ke m'ait; 
40 C. deleant. 



Ci commence La Bible Guiot de Provins. 

Du siècle puant et orible 

m'estuet commencier une bible, 

por poindre, et por argoilloneir, 1 
4 et por grant exemple doner. 

Se n'iert pas bible losangiere 

mais fine et voire et droituriere. 

Mireors iere a toutes gens 
8 ceste bible : ors ne argens 

de nus esloignier ne la puet, 

que de Deu et de raison muet 

ce que je vuel mostrer et dire. 
12 Et sens feloignie et sens ire 

vodrai molt lou siècle reprendre, 

et assallir, et raison rendre, 

et dis et exemples mostrer 
16 ou tuit sil se doient mirer 

qui pacience et créance ont. 

Et toutes les ordres qui sont 

se poront mirer es biau dis 
20 et es biaus mos que j'ai escris : 

se mirent sil qui bien entendent 

et li saige molt s'i amandenf ! 
Or me gart Deus mon esperit ! 
24 que de lui muevent li boin dit 

et tuit li boin ensegnement, 

ensi lou croi je et entent 
Sor tout lou siècle parlerai 
28 mais ja home n'i nomerai 

1. Les lettres qui manquent aux mots seront ajoutées en italique; les 
mots qui manquent aux vers, entre parenthèses carrées. 

Titre, B. manque ; 4 A. F. mostrer, P. bons exemples ; 5 B. partz b. ; 
7 B. mireous, A. iert, B. toute gent ; 8 A. or ; 9 B. ne nus losangier, 
A. esloignier de rien ne me p. ; 11 A. conter et d. ; 12 A. est sens f. ; 
13 A. 1. s. ml't rep. ; 14 A. a res. r. ; 16 A. porront m. ; 17 A. entendu 
et c ; 18 A. que t. ; 19 A. bons d. ; 20 B. et es escris ; 22 A. li prodome 
si am. ; 24 A. viennent ; 28 A. ne ja h. 



LA BIBLE n 

que haïr ne blasmer me doie. 

Entreis sui en la droite voie; 

blasmer vodrai et desprisier, 
32 et ce que je dovrai prisier 

per dis plaisans sens viloignie. 

Si/ mosterai l bien sa folie 

qui 2 lou blasme sor lu penrai : 
36 plus tost conoistre se ferai. 

Molt se descuevre follement 

qui commun blaisme sor lu prent — 

de folie se met en plait — 
40 mais la ruée dou chair qui brait 

ne se puet saler ne covrir. 
Les portes covient a ovrir 

dou siècle et de l'estre dou monde 
44 en ceste bible, qui qu'en gronde. 

Des dis as nobles clers paiens 

qui furent ains les crestïens 

vorrai ceste bible florir. 
48 Sil se gardoient de mantir, 

sil vivoient selonc raison ; 

hardi furent comme lion 

de bien dire, et de droit mostrer, 
52 et des mavais vices blasmer ; 

s'il eussent créance et loi 

en nulle gent n'ot tant de foi. 

Les escritures molt les loent ; 
56 " philosophes " les apelloient. 

Li grijois en latin resonne, 

qui non de philosophe sonne, 

" amans de bien et de droiture." 
60 Ensi l'aferme l'escriture, 

29 A. qui.... men doie; 30 A. ma dr. v. ; 32 A. ceuls que je voldrai 
et P r - î 33 A. end ; 34 A. la f. ; 35 A. metra ; 36 A. de folie sentremetra ; 
41 A. celé; 43, 44 A. intervertis; 45 A. des philosophes anciens; 48 A. 
gardèrent; 51 A. bien m.; 54 B. n'ait t.; 57 A. grezois ; 59 A. amnt. 

1. Mosterai. J'avertis le lecteur qu'à la 3e pers. du sg. du fut. le 
scribe écrit -ait, -ai ou -a, de même que ait peut être ou habet ou habeat ; 
v. Introd., p. lv. 

2. Qui. en italique, signifie que le ms. porte l'abbréviation de " que " 
v. Intr., p. liv. Nous imprimons ainsi pour faciliter la lecture. 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

" philosophes " nomeiz estoit 
sil qui amoit raison et droit, 
et qui menoit honeste vie 
64 et de nul tort n'avoit envie ; 

li nons fut molt biaus et cortois, 
por coi l'appelloient grijois 
les amaors de sapience, 
68 qu'en aus ot plus de pacience 
et de raison qu'en nulle gent. 
A Arle oï conteir molt gent 
lor vie, en l'englise Saint Trophe. 
72 Molt furent nei li philosophe— 
teius estoit lor gênerais nons— 
Therences en fut et Platons, 
et Seneques, et Haristotes ; 
7 6 Viergiles en refut et Ostes, 
Cleoo li viez, et Socratés, 
et Lucans, et Diogenés ; 
Precïens et Aristopus 

80 en furent, et Cleobolus, 
s'en fu Boeces et Estaces ; 
et Tulles li granz et Oraces, 
et Cliges et Pitagoras 

84 en furent. Se n'est mie gas 
de lor subtilitei serchier. 
A cel tens furent li plus chier ; 
sutil estoient et agu. 
88 Li malvais prince, li vancu, 
qui gisoient en péchiez oirs 
les volcissent toz avoir mors ; 
il nés osaisent pas veoir, 
92 qu'il n'en preïssent nul avoir 

-.- . r svr.it r • 66 A. por ce lappellent li 

grezois, B. les appU oit ; 67 £ P at !^ e . ' A . dont f. n . ; 73 A. tiex en 
70 A. aie; 71 A. en lestoire sanz troffe ,2 j\. aristipus ; 

E 1. ; 74 A- therades; 76 A othes 7 8 Art » ™ f^. g6 A . cest ; 

81 A. ovides et est; 82 et t. ei b 
89 A. es p. 



LA BIBLE 13 

contre raison ne contre foi, 

tant maintenoient bien loi. 

Li philosophe tel estoient 
96 que a nulle rien n'entendoient 

maix qu'a bien dire, et a reprendre 

les malvais vices ; qui entendre 

voldroit lor mos et lor biau dis 
100 ja jor ne seroit desconfis 

s'il les avoit en remembrance. 
Mais tout est torneiz a anfance 

li siècles et anoiantis. 
104 Des princes sui plus abahis, 

qu'il ne conoissent ne entendent. 

Sil n'empirent ne sil n'amandewf : 

empirieir ne poroient il, 
108 et comment amanderont sil 

qui ne puent estre poiour ? 

Il n'ont ne doute ne paour 

de Deu, ne dou siècle vergoigne. 
112 Aï France! Aï Borgoigne ! 

Certes, con estes avuglées ! 

Con vos vi de gent honorées ! 

Or plorent les belles maisons 
116 les boins princes, les boins barons, 

qui les grans cors i assembloient 

et les biaus avoirs i donoient. 

Deus ! con furent preu et valant, 
120 et riche et saige et conoissant ! 

Et sil sont si nice et si fol, 

et guileor, et lesche, et mol, 

que se je bien grant sens avoie 
124 entre aus, se cuit, tout le perdroie. 

93-4 A. de clerc de contre ne de roi contre reson et contre foi ; 93 B. à la 
place de foi porte un s sans plus ; 97 A. aprende ; 98 B. quil entendent ; 
99 B. voldront ; 100 B. seront ; A. il ne seroit ja d. ; 101 B. qui avoit 
en rem.,-i ; 102 A. monte en enf ; 103 B. est an; 104 A. dou siècle s.pl. 
esbahiz ; 105 A. cil ne c. cil nent ; 106 A. emmendent ; 107 B. poront ;-z ; 
108 A. com. amenderoient il ; Entre 108 et 109 A. intercale un vers : 
quil nont vergoingne ne peor ; 109 A. quil ne p. ; 110 A. il r.ont redoute 
n. p.; 112 A. ha douce fr. ha b. ; 113 A. terres com; 114 A. genz ; 
115 A. bones maisons; 118 A. et qui les biaus dons i don; 119 A. dieu; 
122 A. jugleor. 



14 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Tant lor oi guiller et mentir 
qu'entre aus ne me sai contenir, 
entre aus ai tout lou sens perdu. 

128 Ne furent pas ou coig féru 

dont les menoies sont loaus ; 
les forges furent desloaus, 
se cuit, ou il furent forgié ; 

132 si m'ait Deus, encor cuit gié 
que li ovrier furent malvais. 
Je ne me fierai jamais 
en nulle forge n'en nulle oevre 

136 puez que malvais ovriers i oevre : 
n'est pas droituriere la forge, 
puez que malvais ovriers i forge, 
ne l'uevre n'est preus, ce m'est vis. 

140 A envis iert ja de grant pris 
pollains de mavais estallon, 
se vuel qu'entendent li baron 
qui sont angoissous et vilain : 

144 bone semence fait boin grain, 

et boins aibres portet boin fruit. 
Ou il furent chaingiet, se cuit, 
ou les fauces engendrëures 

148 qui sont vilaignes et oscures 
les nos ont ensi tresgeteiz. 
Je ne voldroie estre blasmeiz 
des dames ; saves lor honors 

152 lou dis; mais des engendreors 
me plain, ce ne puez je laissier, 
que trop furent malvais ovrier : 
lou monde nos ont encombrei 

156 d'ort siècle et de desesperei. 

Trop est nostre loz au desoz : 
qui bien nos vorroit jugier toz, 



125 A. mentir et g. ; 126 A. que je ne sai entraus parler; 132 A. se 
deus mait ; 136 A. ovrier ; 137 A. nest mie dr. f. ; 138 A. ovrier ; 
139 A. B. avis; om. ne; 140 B. entre ous iere ; 142 B. que rendent; 
148 A. malvaises et ose; 156 B. dou s. e. d. desespereiz, A. om. et; 
157 A. lois. 



LA BIBLE 15 

si con je sai et con je croi, 
160 ja n'en eschapperoient troi 

que ne fussent dampnei sens fin. 

Ou sont li boin, ou sont li fin, 

ou sont li saige, ou sont li prou ? 
164 S'il estoient tuit en un fou, 

ja des princes, si con je cuit, 

n'i avroit un brullei ne cuit; 

mais se li fellon i estoient, 
168 si/ qui Deu voirement ne croient, 

et li villain et li eschars, 

molt i aroit des princes ars ; 

onques si loaus fous ne fui 
172 qu'il valdroient muez cuit que crui. 
A grant tort les apelle on princes : 

des estapes et des crevices 

font mais empereors et rois. 
176 Les Alemans et les Inglois 

voi bien des princes esgareiz, 

si voi je les autres aisseiz : 

tuit sont esbahi per lou mont 
180 des mavais princes que il ont. 
Et chevalier sont esperdu : 

sil ont auques lor tens perdu ; 

abelestrier, et meneour 
184 et perrier, et engeneor 

seront de or avant plus chier. 

Encuseor et losangier, 

sil ont passei. Et que feront 
188 sil qui lou siècle vëu ont 

si vallant con il a estei ? 

Deus ! con estoient honorei 

li saige, li boin vavassour ! 
192 Si/ furent li consoilloour 

159 A. com je voi; 160 B. il nen ; 161 A. quil n. ; 163 A. manque; 
168 A. et cil qui damedeu n. c. ; 170 A. mont i avr ; 173 A. apelons pr ; 
174 B. des estoupes et descrescine ; 175 B. sont m. emperor et rois, 
A. mainz ; 176 A. li alemant et li tiois ; 177 A. bien voi ; 178 A. des autres ; 
180 A. qui i sont ; 182 B. om. ont,-i ; 183 A. mineor ; 187 A. cil ont tôt 
pense quil feront ; 189 B. ont estei. 



16 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

qui savoient qu'estoit raisons; 

s'il consilloient les barons, 

sil faisoient les dons doneir 
196 et les riches cors assembler. 

Les boins vavessours voi je mors : 

les grans orguels et les grans tors 

lor fait on et les grans outraiges. 
200 Ja en ont trop cruels damaiges, 

qu'iZ estoient herbegeor 

et libéral et doneor, 

et li prince lor redonoient 
204 les biaus dons, et les honoraient — 

or lor tôt on ains c'on lor dogne, 

on les escorche on les reoigne. 

Sil prince nos ont fait la figue ; 
208 en herpe en vïele et en gigue 

en devrait on rire et chanteir; 

om nés doit covrir ne seler, 

trop nos ont lou siècle honi. 
212 Chevalier sont aserveti 

plus que sil ou om fait les tailles. 

Bien jueent hui a toutes failles 

nostre prince, nostre baron. 
216 Fallent il en lor oevre ? Non; 

sil faut qui fait ceu qu'il ne doit; 

fallis ne doit rien faire a droit ; 

se fallis fait oevre qui valle, 
220 c'est prueve que faillis fait falle , 

por ceu di je que faillis faut 

la ou ses fais nulle riens valt. 

Nostre prince n'ont pas failli î 
224 Molt me tenroie por gari, 



196 B. li r. ; 198 B. les grans grans org., A. outraiges et 1. t. ; 
199 A. domaîges ; 200 B. cruier damaige, A. icest uns trop crueulz 
oltraiges ; 202 A. et bon terrien donneor ; 205 B. dognent ; 206 B. or, 
escorchent, or, reoignent B. ; 208 B. herpès vieles, gigues ; 209 A. certes 
conter; 210 A. et conteors a court mander; 212 A. acuiverti ; 214 B. b. 
veinnent, A. tuit a t.f. ; 215 B. n prevost ; 216 A. f. il lor avoir il non; 
217 A. qui ne f. c.q. ; 219 B. fallirs f., A. qui faille; 220 B. faillir f. f. ; 
221 A. Faillirs; 223 A. nos ont failli; 224 A. bien m. t. 



LA BIBLE 17 



certes, se fallir les veoie : 

bien sui mors, mais encor vivroie. 

Por coi nesquirent, por coi furent 
228 et por coi sont, et por coi durent 

sil prince qui jovent ont mort ? 

Il n'aiment solas ne déport. 
Des barons et des chastelains 
232 cuit je moût bien estre certains 

que des vallans en i avroit ; 

mais li prince sont si destroit, 

et dur, et vilain, et fellon 
236 por ceu se doutewi li baron. 

De teius i ait qui prou seroient, 

mais nostre prince ne vorroient 

que nus feïst honor ne bien. 
240 Et li jone et li ancien 

béent mais tuit a avoir faire ; 

li vaillant et li debonaire 

icil sont tuit por fol tenu. 
244 Si honis siècles mais ne fu : 

je ne voi mas feste ne cort ; 

tant per tienent lou siècle cort 

que nus n'i ose joie faire. 
248 Bien sont perdu li biau repaire, 

li grant pallais dont je sospir, 

qui furent fait por cort tenir ! 

Les cors tindrent li ancessor, 
252 et as festes firent honor 

de biau despendre, et de doner, 

et de riche vie mener. 

Tant vos puis je dire de feste 
256 que sil ne sont digne ne honeste 

qui tienent cort, se il ne donent. 

Et les festes les en semonent : 



225, 226 B. manquent 5227 A. durent; 228 A. furent; 230 B. confort, 
A. joie ne déport ; 232 A. estre trestoz cert ; 233 A. que des preuz moût 
en i av. ; 241 A. a trestot faire ; 242 B. li vilain ; 243-248 A. manquent ; 
254 A. et des chevaliers anorer ; 255 A. vuel je ; 256 A. quil nen sont d. 
ne h. 



18 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

la cort quiert bien ce c'on li doit, 
260 et les festes quierent lor droit ; 

mais li roi li duc et li conte 

as hautes festes font grant honte. 

Qu'il nen ont mais pallais ne sales : 
264 en ordes maisons et en sales 

se reponnent, et en bocages ; 

lors cors sont povres et ombraiges ; 

lors fuent il les bones viles. 
268 Mais Deus conoist toutes lor guiles ; 

mervillouse justice en prent, 

qu'il les fait vivre trop vilment. 

Mar lor membre dou roi Artu, 
272 d'Alixandre, et de Juliu, 

et des autres princes vallans 

qui ja tindrent les cors si grans ! 

Quel cort tint or Asuerus ! 
276 elle dura cent jors ou plus. 

Et de l'empereor Ferri 

vos puis je dire, que je vi 

qu'il tint une cort a Maence — 
280 iceu saichiez vos sens doutance 

c'onques la paroille ne fu. 
Que sont li prince devenu ? 

Deus ! que vi je, et que voi gié ! 
284 Moût mallement somes changié : 

li siècles fu ja biaus et grans 

or est de garçons et d'enfans. 

Li siècles, sachiez voirement, 
288 fadrait per amenuisement; 

per amenusement faudra 

et lant per apeticera, 

qu'uit homes batront en un for 

259 A. corz ; 262 B. et autres f., P. grandes f. ; 263 A. il naiment mais, 
P. quil n'aiment m. ; 264 A. mes en m. o. et s. ; 266 A. les c, P. ert p. ; 
267 A. et borz et viles; 268 A. qui set toutes les guiles; 271 B. roit ; 
275 B. anceus, A. ore ; 276 A. viii j. et pi. ; 278 F. puis bien dire ; 
280 A. F. vos di je s. d. ; 281 A. F. sa p. ; 285-6 B. manquent ; 285 P. 
bons e. g. ; 290 P. itant, om. et, Après tant, B. répète le v. 289 ; 
291 P. que vingt homs. 



LA BIBLE 19 

292 a flaels lou bleif toute jor, 

et dui home, voire bien quatre, 

se poront en un pout combatre. 

Iteils li siècles devenra, 
296 sachiez de voir ceu avenra : 

as princes le poez veoir, 

et k'on ne doit prisier avoir 

don l'on ne fait honor ne bien. 
300 Tout est mais perdeu, ne vaut rien : 

trop est li sicles vis et oirs. 

Certes, je voldroie estre mors 

quant me membre des boins barons, 
304 et de lors fais et de lor nons, 

et des haus princes honoreiz 

qui tuit sont mort. Or esgardez 

quels eschainges nos en avons, 
308 que argens est devenus pions ! 

Trop belle oevre fait on d'argent; 

aï ! biau sire Deus, cornent 

semé prodon mavaise grainne ? — 
312 molt est l'aventure vilainne. 

Qui fut l'empereres Ferris ! 

et qui refut li rois Lowis 

de France î dont je certains sui 
316 qu'il amait Deu et Deus molt lui. 

Bien vude de gens li pais. 

Qui fu li riches rois Hanris ! 

Qui fu ses filz li jones rois, 
320 li biaus, li saiges, li cortois ! 

Et qui refut li rois Richars ! — 

sil ne fut avers ne couars. 

Et qui fut Joffrois de Bretagne ! 
324 Et li quiens Hanris de Champagne !— 

292 A. le le bief as fleaus t. j., P. tout le jour; 294 A. pot; 
296 A. ja ni faurra. ; 297 A. le doit en savoir; 298 B. et ke len d.p.a., 
A. et puet en ce pr. av. ; 300 A. est perdu ni a mes rien ; 303 A. moi 
remembre des bar. ; 306 B. et esgareiz ; 307 A. quel eschange ; 308 A. li 
arg. ; 311 B. somme perdon m.; 312 A. trop fu ; 314 A. fu.... loeïs ; 
316 A. que il ama deus om. ml't ; 317 A. est vuiz de gens, le p.; 
319 B. niez.; 320 A. li prouz 1. s.; 322 A. qui.... escharz ; 323 B. 
bologne, A. om. fut ; 324 A. et qui fu li cuens de c. 



io LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

fut li plus larges hom do mont. 

Et qui fu li quiens de Clermont ! 

Et qui refu li quiens Thiebaus ! 
328 Et de Mouçons li prous Renaus ! 

Li quiens Phelippes qui refu ! 

Deus, quel terrier, et quel escu ! 

Qui refu Matheus de Bologne ! 
332 Et qui fu li quiens de Borgogne ! — 

n'ot teil prince jusqu'Aquitainne. 

Et li quiens Gerars de Viainne ! — 

fut molt vallans, bien le seit on. 
336 Et qui fu li rois d'Arragon ! 

plus cortois ne nasqui de meire. 

Et Raimmons Berengiers ses freire ! — 

sil fut moût vallans sens doutance, 
340 se fu li boins quiens de Provence. 

Qui fut li autres quiens Raimmons 

de Toullouse ! certes li mons 

tous fust en lui bien enploïez. 
344 Tes vi je ; bien est or chaingiez 

li siècles de ce que je vi. 

Quel prince ot ou roi Amauri ! 

Molt vi gloriouse sa vie 
348 la riche terre de Syrie. 

Qui fut li jones quiens Hanris ! 

S'outremer fus/ encore vis ! 

Qui fu li grans quiens de Genauve ! 
352 Sa terre est bien de s'onor vauve ; 

quel prince i ot, et quel baron ! 

Et qui fu li quiens de Challon ! — 

biaus et saiges et conoissans, 
356 et de sa richesce vallans. 



325 A. ce fu li plus saiges d. m. ; 326 A. om. fu ; 328 B. môcon, A. li 
quens r. ; 330 A. deus. q. esc. ; 331 A. martins ; 332 A. qui refu ; 333 B. il 
nait t. p. de a saitraine, A. il not ; + 1 ; 334 A. girarz de vienne ; 335 A. 
mont v. ; 338 A. Et li dus berengiers s. f., B. f reires; 343 A. fust.... touz 
empl ; 344 A. tel jor vi ge ml't est changiez ; 345 A. de tel com jel vi ; 
346 B. amâri ; 347 A. vit; 349 A. quiex f. ; 351 B. qui li jones quiens, 
A. geneve ; 352 A. mont de seignor veve ; 355 A. b et cortois. 



L.A BIBLE 

Et qui li grans dus de Loregne ! — 
se fut uns des mellors dou reigne. 
Li quiens Esteines de Borgoigne 

360 qui fu ! Certes, bien lou tesmoigne 
li siècles, et uns des meillors. 
Les rois et les empereors, 
et ceaus dont j'ai oï parler 

364 ne vuel je pas tous ci nomer ; 
mais ces princes ai je vëus, 
por ceu sui je si esperdus 
et abahis, ce n'est pas gais. 

368 Qui refu li merchis Comrais ! 

et qui fu Guis de Chasteillon ! 
quel home r'ot en Jaikemon ! — 
teis barons ne virent mi oil. 

372 Qui refu Robers de Sabruel ! 
et Bernars de Saint Vallery 
qui fut ! Deus ! certes, je revi 
a Sallins un vallant Gachier 

376 dont je puex dire et affechier 
que ce fu la flors des barons. 
La outre entre les Gascons 
revi un Bernart d'Armagnac : 

380 des lou tens Lanceloi dou lac 
ne vit om un baron si prou. 
Bien retint au siècle son leu 
Raous li vallans de Fouchieres. 

384 Cist baron ja furent lumières 
dont je vi lou siècle alumei. 
Qui refut Joffrois de Chandei ! 
sil ot proesce et cuer sens guille. 

388 Et Guillaumes de Mandevile ! — 



357 A. looregne, om. qui ; 359 B. Champagne ; 361 A. li mieudres et uns 
des m. ; 362 A. des rois et des e. ; 364 A. F. ci toz conter ; 366 A. plus 
esp. ; 367 A. esbahiz ; 368 A. li marchis coras ; 369 A. qui refu ; 370 A. 
jaquemon ; 371 A. tel homme n. v. ; 372 A. de salueil ; 373 A. galeri ; 
374 A. refu, vi ; 375 A. senliz, gauchier ; 378 A. griffons ; 379 A. de 
menac ; 381 B. n. v. om a siècle s. p. ; 382 A. el siècle ; 384 A. cil b. f. ja ; 
386 A. condé ; 387 A. ou cuer s.g. 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



r'ot pris si vallant et si bel. 

Qui refut Hues de Chasteil ! 

Qui fut Raous de Melion ! 
392 Qui refut Joffrois de Lançon ! 

Certes, li visquiens de Torainne 

ot cuer et proesce enterai n ne. 

Par foi ! molt orent pris et los 
396 Berars et Guillaumes li gros, 

li dui boin freire de Marseille. 

Deus ! ja refut une mervoille 

li chastelains de Saint Orner : 
400 onques, certes, deçà la meir 

ne vi nul si cortois baron. 

Qui fu Morises de Creon ! 

Et con fu Renaus de Nevers 
404 biaus et cortois et bien apers ! 

Qui fu Hanris de Fousigney ! 

Qui furent cil de Flavigni ! 

Qui refurent li conte d'Eu ! 
408 Queus barons ot il a Biaugeu ! 

Qui furent li signor d'Oisi ! 

Et qui fut Raous de Cousey ! 

Qui fut Abes de Charenton ! 
412 Et qui fut Gerars de Rançon ! 

Qui fu Joffrois de Charelan ! 

Estainnes dou mont Saint Jehan 

fuit bien dignes d'une corone ! 
416 La mort nos coite et esperonne ; 

trop m'ait tolut de mes amis. 

Qui fut Symons de Commercis ! 

389 A. ml't v., ml't b. ; 390 A. et qui fu h. ; 391 A. maulion ; 392 A. 
joffroi de mascon ; 393 B. lowys quiens, A. li vielz quens ; 394 A. certeine ; 
395 A. certes m. ; 396 A. birras ; 397 A. et li dui fr. ; 398 A. je revi une m. ; 
400 B. deleiz ; 401 A. n. v. un s. ; 402 B. gromont, A. troon, corr. 
Baudler ; 403 A. qui f., B. om. fu aj. quiens; 404 A.droiz et apers; 
405 A. Fenquigni ; 406 B. faurent.... famaigney (?) ; 407 B. furent li 
conte de deu ; 409 B. orsi ; 410 A. choisi 411 B. audes de charaton ; 
412 A. garins de roion ; 413 A. donne ici le vers 414 avec ml't pour mont ; 
414 A. si puisse je issir de lan ; 415 A. fust dignes a; 416 A. morz ; 
418 A. commarchis. 



LA BIBLE 23 

Qui fut Guillames de Merlo ! 
420 Et qui refu Raimmons d'Ango ! 

Qui fu Haimmes de Maregney ! 

Ja avoit il a Vaignorri 

un si vaillant Bartholomiert ! 
424 Lais ! je revi a Monpalier 

Guillaume qui si vallant fu. 

Biau sire Deu ! je ai vëu 

teus barons et teus chevaliers 
428 ou nouble chasteil de Noiers ! 

Qui fu Pieres de Cortenai ! 

et qui refu Guis de Monjai ! 

Qui refut Herviers de Verson ! 
432 Quels barons rot il a Borbon ! 

Lais ! a Clermont en Basegni 

ot deus f reires que je revi — 

jamais, ce cuit, teius ne seront. 
436 Qui refuit Goberz d'Aispremont ! 

Qui fut Bauduïns de Hainou ! 

Molt vi prou lou conte Retrow 

dou Perche — et prou et herdi. 
440 Qui refut Herviers de Donsy ! 

Qui ja fut quiens de Pierefons ! 

Et qui refut Joffrois de Pons ! 

Qui fui Aymans de Verton ! 
444 Deu merci, quel vi je Droon 

D'Amiens ! — nul teil ore ne sai. 

Li chastelains de Cortenai 

ot cuer et haute volentei. 
448 Tuit li vallant me sont emblei : 

molt voi lou siècle nice et fol. 

Qui refu li quiens de Saint Pol ! 

419 A. mellon ; 420 A. et q. f. r. de noion ; 421 A. aimes de marigni ; 
422 B. gamoigney ; A. ha ja rot il a v. ; 423 A. bertholomier ; 424 A. vi, 
montpellier ; — 1 ; 425 A.'guillaumes ; 426 A. quei ge veu ; 430 A. mon h'ai ; 
431 A. henris.... verzon ; 433 A. bassigni; 434 A. rot; 435 A. tel; 
436 B. joffrois, A. et q. f. roberz, corr. Baudler ; 437 B. vait avec f en 
surcharge , haimmo, A. baudoins, henou ; 438 A. rotrou ; 440 A. henris de 
dozi, corr. Baudler; 441 B. que fut cornes....; 443 A. qui refu enmarz 
d'arenton ; 444 B. que voi je doon ; 445 A. n. tel baron n. s. ; 446 A. 
chastelein ; 449-50 A. manquent. 



24 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Qui furent sil de Trianeil ! — 
452 molt se tiendrent et riche et beil. 

Et Amiez de Monfacon 

ot boin cuer et cors de baron : 

cil fut cuens de Monbeliart. 
456 A Jëoigny ot un Renart : 

iqui rot chevalier et conte ! 

Molt revi valant lou viconte, 

et riche, et nouble, a Chasteildun. 
460 Prodons refu Guis de Verdun. 

Qui refu Guis de Trichasteil ! 

Quant me membre de Monraeil, 

dou prou et dou saige Anceri, 
464 durement me tig abahi. 

Quel baron ot ou conte Esteine 

le Sansserrois, et ceas de Brienne ! 

et qui furent icil de Broies ! 
468 Un Clarambaut revi vers Troies 

de Chappes qui molt fut cortois. 

Qui fu Oudes li Champenois ! 

Queus estoit Joffrois de Joinvile ! — 
472 meillors chevaliers per Saint Gille, 

n'avoit de lui de sa lou Far. 

Qui fut Hanris li quiens de Bar ! 

Qui fut Milles de Chaalons ! 
476 Oï ! Champaigne, queus barons 

avez perdu en po de tens ! 

Avoi ! qu'est devenus cil sens 

et la richesce que je vi ? 
480 Or faites, Deus, voire merci 



451 A. trieignel ; 452 A. m. se contindrent bien et bel; 453 A. 
avices de monfaucon ; 454 B. om. cors;—/, A. bien cuer, etc.; 
456 A. vaignorri ; 457 B. chl'r cointe;— / ; 458 A. et ml't revi un vaill. 
conte; 459 B. et ch. ; 462 A. moi m., monrevel ; 463 A. et d. p. d. s. 
anseri ; 464 A. me truis esbahi ; 465 A. quel conte rot ou preu estienne ; 
466 B. beaune, A. li sancherois et c. d. brene ; 467 A. refurent cil ; 
470 A.Huedes;47i A. qui refu j. ; 472 A. meillor chl'r; 473 B. lou pair; 
475 B. chastellon ; 476 A. haï, B. quel baron ; 478 A. li sens ; 480 A. face 
deus., B. svoire. 



LA BIBLE 



toz ceaus que je vos ai nomeiz, 

qui furent teiz con vos saveiz. 

Et qui sont sil qui ore sont ! 
484 tout est perdu quant que fait ont. 

Espoir quelque prodomme i ait ; 

certes, molt bien lou sercherai 

la bible, et si serait oïs 
488 li biens, se il i est, et dis. 

Mais n'est or leus ; encor dirons 

sor ceu que porpensei avons. 

Je ne vos ai baron nommei 
492 qui ne m'ait vëu et donei, 

mais se furent li plus eslit, 

por ce sont en mon cuer escrit. 
Or voi lou siècle si alei 
496 que tout me trues desesperei ; 

nuz ne bee a honor avoir 

tant sont angoissous sor avoir. 

Avoir, qui l'ait, sil n'en ait point 
500 qui nen s'en jot. Bien lor acoint 

qu'hons avers faut a ceu qu'il ait 

auci bien con a ceu qu'il n'ait. 

Teil home i ait qui molt assemble 
504 avoir ; quant il l'ait mis ensemble 

se n'i ait part, avient sovent, 

por coi ? c'uns autres lou despent — 

selui qui lou despent n'est il. 
508 De ceaus porroit on veoir mil; 

donc est bien fous qui trop s'i fie, 

ne qui pechié ne feloignoie 

fait por avoir. Certes, li riche 
512 sont or au siècle li plus chiche — 

481 B. isceaus ; + 1 ; 482 A. quil ; 483 A. ores, B. orent ; 484 A. quant que 
il ont ; 485 A. aucun pr. ; 486 B. cortois ml't ; 487 B. — / ; 488 B. — 1 ; 490 
A. propose ; 492 A. oit veu ; 493 A. que ce f. ; 494 A. e. m. livre ; 496 A. men 
voi d. 5498 A. tuit sont; 499 A. avoirs teus la qui nen a point, B. nait ; 
500 A. joe, lacoint ; 501 A. avers faut a ce queil a ; 502 A. ausinc ; 
505 A. c'avient; 507 A. celui; n'om. A. B. ; 508 A. de teus, trover m. ; 
509 A. dont n'est il f. ; 512 A. ou siècle. 



26 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

riche ne sont — j'ai menti, voir — 

mais il sont sogit a l'avoir. 

Molt per est fous hom qui ait rien 
516 quant il ne s'en fait acun bien ; 

s'il n'en fait bien soi ne autrui 

je di que li avoirs ait lui ; 

molt assemble, mais po s'esploite, 
520 et con plus ait et plus covoite : 

ja li siècles n'iert assaseiz, 

n'onques diables n'ot asseiz. 
Mais sil qui les juïs retiennent 
524 et qui les usures maintienent 

cudent, espoir, que Deus nou voiet. 

Asseiz creantet qui outroie, 

et assez escorche qui tient ! 
528 Sachiez que sil qui la maintient 

est sire et maistre de l'usure ; 

et si, n'ait point de coverture, 

li juif et li usurier 
532 sont li deciple et li ovrier. 

Et viennent au seignor, a conte ; 

lou chateil lait et prent la monte 

li sires, s'en vuet, ou lou tout, 
536 et li disciple sont li glout 

qui lor renovelleni lor uz. 

Mais li sires, qu'en ait lou plus, 

serait plus malement jugiez 
540 et plus greveiz et plus chargiez. 
Diables rirent toz ceaus nestre 

qui de [si] ort mestier son maistre. 

513 A. ne sont il pas por voir ; B. ne s. il+ 1 ; 514 A. sougiet ; 515 A. cil 
qui; 517 B. ne ne f., A. lui et a; 518 A. ge di l 'avoirs n'est mie lui ; 
519 A. et p., ont. s'; 520 B. mais c.p. ; 522 A. non deable en ont ass. ; 
523 A. li j. maintienent ; 524 A. usuriers retiennent ; 525 A. ne voie ; 
527 B. a assez esc. ; 528 A. les maint. ; 529 A. luxure ; 530 A. ici na ; 
532 B. om. prem. li ; 533 B. au s et a c. + 1, A. qui v. ; 534 A. prent et 
lait; 535 A. li sires vuet avoir lou tout; 536 A. si glout; 537 A. quil lor; 
538 A. qui en a plus ; 541 A. tôt ; 542 A. pechie, B.-i. 



LA BIBLE 27 

Ja l'avoir n'en saront si traire 
544 qu'il en puissent amoine faire ; 
donc est molt puans li mestiers, 
se savons nos, des usuriers, 
que Nostres Sires les maudit 
548 et Xostres Sires le nos dit. 

En aus se puet on bien mirer ; 
ja n'i covient pas alumeir 
qu'il dechient tuit en apert. 
552 Li secuns ou li tiers tout pert 
des hoirs, iceu ne puet faillir, 
per tout lou voit on avenir. 
Se lais esteir, si tornerai 
556 a ceu que je porpensei ai. 

Sor les romans vodrons parleir, 
ja de ce ne me quier saler : 
sor les plus haus comencerai 
560 et des autres hontes dirai. 

De cui ? per foi ! des archesvesques, 
et des ligals et des evesques. 
Des clers dirai et des chanoines, 
564 et des abbeis et des nors moinnes. 
De Citeaus redirai je mont 
et de Chartresce et de Grant mont ; 
après, de ceaus de Prei mostrei 
568 comment il se resont provei ; 
et des noirs chanoines rigleiz, 
de ceaus redirons nos asseiz. 
Et dou Temple et de l'Opitaul 
572 redirons nos, et bien et mal ; 

et des convers de Saint Antoinne 
parlerons, certes, jusque a none : 



543 B. ne sariot s. t. ; 545 A. m. mauves 1. m. ; 546 A. savons bien ; 547 A. 
le nos dist ; 548 A. en levangile ou il le mist, B. les n. d. ; 549 A. en oirs se 
P- ; 55° A. il n'i c. ; 551 A. om. qu', tôt en ap. ; 553 A. nen puet ; 555 B. si 
lais ; 556 A. proposé ; 557 B. per lor romans, A. voldrai ; 560 A. verte 
dirai ; 562 A. legaz ; 565 B. molt ; 566 A. chartrouse ; 567 A. après dirons 
de premoustre ; 570 B. de toz ; 572 A. redirai mont et b. ; 574 B. jusqu'au 
coinne. 



:8 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

n'ait gent qui tant saichent de guille, 
576 bien lou voit on en mainte vile. 

Et des nonains et des converses 

oreiz con elles sont diverses. 

Des faus devins i parlerons 
580 qui amonestent, et dirons 

des logistres; ce n'est pas biens 

que j'obli les fisicïens. 

Li siècles per trestout enpire. 
584 En la bible covient a dire 

parolles dures et cuissans 

et qui plairont a mainte gens, 

mais ja mençonge n'i iert dite, 
588 que j'ai si la matière escrite 

dedens mon cuer et la vertei. 

Ne me serait ja reprovei 

qu'en la bible mente ne faille; 
592 sens cuidier et sens devinaille 

je dirai raison tout de bout, 

et droite veritei per tout. 

Uns chapistres puet bien estendre 
596 chescune ordre, mais a l'entendre 

covient ovrir cuer et oroilles, 

car sor trestoutes les mervoilles 

est or li siècles mervillous. 
600 Mervoille est granz Deus n'est iroz 

vers nos, et que il ne nos juge. 

Il ne nos membre dou déluge, 

ne de ses colees pesans, 
604 ne de s 'ire qui est si grans. 

Mes chapistres ferai per ordre 

aler droite voie sens tordre. 



575 A. n'est gent, sache. 

578 A. orrons ; 581 A. legistres et nest ; 582 B. oblisse ; 584 B. ou la bible, 
A. covient mont dire ; 585 A. dures et a sanz ; 586 B. gent, A. qui ne pleront a 
totes genz ; 587 A. nen iert ; 588 A. bien la manière ; 589 A. ja ne me sera ; 
593 A. jen dirai ; 595 A. en chapitre puet en entendre ; 597 B. c. a. oreilles ; 
599 A. hui li s. ; 600 B. que D. ; 602 B. dou juise ; 603 B. sa colle 
pensans ; 604 B. ne de la faite qest si grans ; 605 A. fere ; 606 B. et dr. v. 
seinz recorde. 



LA BIBLE 29 



Loals seront et droituriers 

608 et entre les entendans chiers 
mais ja les oroilles n'i tendent 
sil qui escoutent et n'entendent, 
car espandu sont follement 

612 boin dit la ou l'an nés entent. 
Comme qui geteroit rubiz 
entre pors et entre barbis 
entre folle gent sont honi 

616 boin dit. Et quant je rien lor dis 
por fol me teng ; mais sil me rent 
mon sens qui un boin mot entent. 
Sil qui n'entent mon sens me troble 

620 et sil qui entent lou me double. 
De nostre peire l'apostole 
volisse qu'iZ semblaist la stole 
qui ne se muet. Molt bien la voient 

624 li marenier, qui s'i avoient : 

per selle estoille vont et viennent 
et lor sens et lor voie tienent. 
Il /'appellent la tresmontainne. 

628 Celle est atachie et certaine : 
toutes les autres se remuent 
et lors lieus rechaingent et muent, 
mais celle estoille ne se muet. 

632 Un art font qui mentir ne puet 

par la vertu de la manate ; 
une piere laide et brunete 
ou li fers volentiers se joint 

636 ont, si esgardent lor droit point ; 



608 B. — 7, A. entre les entendemenz chier ; 611 B. esperdu ; 612 A. douz 
diz ; 613 B. comment ; 614 A. ou entre ; 615 A. maie gent, péri ; 616 B. dis, 
A. bien dit quant il ne sont oi ; 618 B. qui a boins dis ent. ; 620 A. et qui 
ent. mon sen me doble ; 622 A. lestoile ; 624 B. q. si navoient ; 626 A. lor 
sen ; 627-8 P. intervertis ; 627 B. les tresm. ; 628 A. icele estache est 
ml't certainne ; 629 A. B. remuevent ; 630 B. et lor lieus rechainge et 
esmuevent, A. et rech. 1. leus et trovent ; 631 F. icelle, om. mais; 
633 A. de la manière, F. de la marinette, P. de la marinière ; 634 A. 
bruniere, P. noiriere ; 636 B. ont resgardei lor d., A. P. le droit p., P. et 
si reg. 



30 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

puez c'une agulle l'ait touchié 

et en un festu l'ont fichié, 

en l'augue la mettewi sens plus 
640 et li festuz la tient desus. 

Puis se torne la pointe toute 

contre l'estoille, si sen doute 

que ja por rien n'i faucerait 
644 ne mareniers ne douterait. 

Quant li nuis est ténèbre et brune, 

c'on ne voit estoile ne lune, 

lor font a l'aguille alumer 
648 puiz ne pueent il assarreir ; 

contre l'estoile va la pointe, 

por ce sont li marenier cointe 

de la droite voie tenir. 
652 C'est uns ars qui ne puet mentir ; 

la pregnent la forme et lou molle 

que selle estoille ne se crolle. 

Molt est la stoile belle et clere — 
656 tieus dovroit estre nostre peire : 

clers dovroit estre et estables, 

que ja pooir n'ëust dyables 

n'en lui n'en ses commandemens. 
660 Quant li peire ocist ses enfans 

grant pechié fait. Ha Rome, Rome, 

encor orcirrais tu maint home : 

vos nos ocïez chescun jor, 
664 crestïentei ait pris son tor. 

Tout est alei tout est perdu 

quant li chardenal sont venu, 

qui vienent sai tuit alumei 
668 de covoitise, et enbrasé. 

Sa viennent plain de simonie 

et comble de malvaise vie, 

637 A. i ont touchie, P. puisque l'aiguille l'a touchie ; 638 A. ont 
644 A. ne ja por rien ne fausera, P. n'en doutera; 645 A. P. 
obscure et br., A. la mers; 646 A. quant ne voit; 647 A. dont 
font; 648 A. nont il garde desgarer, P. s'égarer; 649 B. vers la p.; 
652 A. faillir ; 653 A. lor f., lor moule ; 656 P. le sainct père ; 657 A estre 
il et; 658 B. ne ja ; 659 A. en lui; 661 B. quant p. f. il a rome, - 1 ; 
665 A. tout est perdu et confondu ; 668 A. et de cov. enbr. 



LA BIBLE 31 

sa viennent sens nulle raison, 
672 sans foi, et sens religion, 

car il vendent Deu et sa meire 

et traïssent nos et lor peire. 

Tout defollent et tout dévorent ; 
676 sertes, li signe nos demorenf 

cui nostre sires doit mostreir 

quant li siècles dovrait finer; 

trop voi desapertir la gent. 
680 Que font de l'or et de l'argent 

qu'il enportenf outre les mons? 

Chauciees, hospitals ne pons 

n'an font il pas, ce m'est a vis. 
684 Se m'ait Deus, il valent pis 

asseiz que ne font li païen ! 

Se l'apostoles en ait rien? 

Ou, j'o dire qu'il i ait part : 
688 se nostres sires Deus nos gart, 

por c'est li damaiges plus grans. 

Molt per dëust estre doutans, 

(et devenir maigres et viauz, 
692 et si dëust avoir molt iauz ;) 

rien ne dëust veor si cler. 

Corone li fait on porter 

toute de plume de poon, 
696 ou li olleit sont, per raison 

que doit veoir per tout lou monde, 

trestout entor a la raonde. 

Ses euls dëust tous jors avoir 
700 vers Deus, se li feïst savoir 

la droite voie, que faukons, 

ni aigle, ne esmerillons 

ne pè'ussent veoir si cler : 
704 petit i pëust on embleir ; 

672 B. fou ; 673 A. que il, lor mère ; 674 A. deu et I. p. ; 676 A. trop 
dem. ; 677 A. que n. s. ; 679 A. désespérer; 680 A. quil font; 681 A. des 
les m. ; 684 A. si ; 685 A. de mont que ; 686 por ce est. om. plus ; 687 
oil joi dire quil i part ; 691-2 B. manquent ; 696 A. sont environ ; 697-8 A. 
intervertis ; 698 A. cil doit ; 699 A. ces iauz ; 700 A. qui li ; 702 A. ne 
alerions ; 704 A. li p. 



32 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

mais sil li ont les euls creveiz 

qui les autres ont avugleiz. 
L'avoir enportent li légat 
708 dont tant i ait guille et barat. 

Tout est perdu ! nuz n'i voit gote ! 

Cors de Rome, con estes toute 

plainne de péchiez criminals ! — 
712 il n'est nulle si desloauls. 

Puez que 1' aspostoles ne voit 

et il ne fait ceu que il doit, 

cheoir devons et acorper, 
716 et leus chaingier et remuer 

ainsi con les estoiles font, 

qui chient et voilent et sont 

si remuans con vos veez. 
720 Nostre peires nos ait osteiz 

de droite voie et de droite euvre ; 

nus mais sa folie ne cuevre. 

S'uevre dëust estre certain ne 
724 auci con est la tresmontainne 

ou con de l'agulle la pointe. 

Ensi con elle est per l'art jointe 

l'agulle dëust il sembleir 
728 de la droite voie mostreir. 

Agullons dëust il bien estre 

de poindre a destre et a senestre ; 

bouteir nos dëust et enpoindre, 
732 et si agulloigneir et poindre 

qu'il nos meïst en bone voie. 

Li bons boviers fait droite roie ; 

certes, nos sommes en mal point 
736 tout por iceu qu'il ne nos point: 

poindre nos dëust, et chacier 

ver lou net chamin droiturier. 

705 B. se li ont ; 708 A. dieus tant ; 709 A. tôt ont perdu ; 
712 A. il nest mie tant d. ; 715 B. et son per ; 716 A. et lois cheoir et 
remuer ; 718 A. et vont ; 719 A. si remuent, B. remuons ; 724 A. ausinc 
comme 1. ; 725 A. qui se torne contre la pointe ; 726 A. quant la guille sest 
vers lui jointe, B. jointe ; 729-30 A. manquent ; 731 A. espoindre ; 732 A. et 
ag. et bien p. ; 734 A. li bons veoirs la gent avoie ; 737 B. chastoier, + 1 ; 
738 A. droit ch. dr. 



LA BIBLE 33 

Grant pechié est qu'il n'ait consoil 
740 d'autre gent ; et molt me mervoil 

quant il es boins ne se consoille. 

Des Romains n'est il pas mervoille 

s'il sont faus et malicious; 
744 la terre lou doit et li leus. 

Sil qui primes i arasteirent 

la semence i aporterent : 

Romulus son freire i ocist 
748 qui trop grant crualtei en fist ; 

et Julius César i fu 

murtris, c'est voirs ; c'est bien sëu 

que tout lou mont avoit conquis, 
752 nus ne fut onques de son pris. 

Et Noirons i ocist sa meire 

et ocist Saint Pol et Saint Peire; 

et Sainz Lorens i fut rostis. 
756 De raison et de Deu partis 

voi les Romains. Qui vodroit dire 

que l'apostole nostre sire 

de lui homecides ne soit, 
760 se des Romains lou consoil croit ? 

Molt devrait lor consoil douteir, 

que dou sac ne puet on geteir 

mai que teil bleif con il i ait. 
764 [Et] se voit on bien que Rome ait 

molt abaisie nostre loi ; 

li duc, li conte et li roi 

s'en devraient molt consillier, 
768 grans consols i avroit mestier. 

739 A - granz péchiez ; 741 B. est boins ; 743 A. cil ; 744 B. li 
terre; 745 B. arastoirent, A. assemblèrent; 746 A. la félonie; 
748 B. len fist, A. i fist; 750 A. morz ice est b. s. — 1; 751 A. qui 
tot ; 753 A. neirons ; 754 A. et puis seint pol enpres saint père ; 756 B. 
raisons ; 757 B. vodront ; 758 A. apostoles ; 760 A. sil le conseil as 
Romains croit ; 761 B. lou c. ; 763 B. bleis, A. forz q. t. blez ; 764 B. om. 
et, — 1, A. ce ; 765 A. abessie ; 766 P. et li c, A. li d. li prince ; 767 P. se 
devr., A. P. bien con. ; 768 A. conseil. 



34 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Rome nos assote et transglout, 

Rome trait et destruit tout, 

Rome c'est les doiz de malice 
772 dont sordent tuit li malvais vice. 

C'est uns viviers plains de vermine. 

Contre l'escriture devine 

et contre Deu sont tuit lor fait. 
776 Tous li siècles por coi ne vait 

sor aus muez que sus les Griffons ? 

Je di que ce seroit raisons 

c'on destrusce la covoitise 
780 qui en Rome s'est toute mise, 

et l'orguel, et la félonie : 

ou mont n'ait tant de trecherie. 

Mais l'apostole, nostre peire, 
784 consot Jésus Crist et sa meire I 

Tous li siècles, c'est bien raisons, 

doit por lui estre en orisons. 
Li secuns chapistres nos dit 
788 que molt ait sil bon esperit 

qui patience puet avoir : 

ne se doit croller ne movoir 

de sa foi ne de sa science. 
792 Se n'avons voire pacience 

en grant paor poons tuit estre : 

li signor de nos et li mestre 

n'ont mie nostre cort bien close. 
796 Molt la voi hui foble et desclose ; 

se nos sommes bien assailli 

nos avons au sescors failli. 

Bien seromes mort et vancu, 
800 et engigney, et decëu, 

se pacience et foi n'avons, 

por ce les querre nos devons. 

769 A. nos suce et nos englot, P. nous suce et nous tr. ; 770 A. 
destruit et ocit t. ; 771 B. seit, A. est la doiz de la malice ; 
775 A. et contre touz ; 777 A. F. ainz que sor ; 779 A. destruïst ; 
782 A. quel mont ; 783 B. apostoles, peire ; 784 A. consault ; 788 A. mont ; 
791 A. et de sa créance ; 792 A. bone p. ; 793 A. a gr. p. pueent ; 796 A. tant 
la v. ; 799 A. bien serions ; 801 B. sapience et f. ; 802 A. por ce leu que 
nos recevons. 



LA BIBLE 35 

Bien ait bone closon et fort 
804 en pacience et en confort ; 

qui teil l'ait con je la devis 

moins puet douter ses enemis. 
Por les bestes clore et gardeir 
808 sont li parc ; bien devons penseir; 

a ceu que nos sommes desclos, 

que nos rannions les boins esclos 

a les les chamins droituriers, 
812 que nostre pars n'est mie entiers. 

Et mavaisement se regardent 

nostre pastor que ne nos gardent 

Ne sont mie pastor adroit : 
816 il ne nossevent guier droit 

ne mettre en la bone pasture 

qui ne faut et qui tous jors dure. 

Icist pastor sont li evesque 
820 et meïsmes li archevesque, 

qui voient es escris la voie 

ou Deus nos mette, ou Deus nos voie ! 

La devraient estre lor oeul 
824 sens covoitise et sens orguel, 

qu'il ne pëussent desvoïer, 

ausi con li boin marenier 

qui gardent vers la tresmontainne. 
828 De cuer et de langue certainne 

nos devraient amonesteir, 

et les boins exenples doneir 

et lou droit chamin ensegnier, 
832 et ceaus gardeir et consillier 

dont il lor covendrait respondre — 

ja si ne se saront repondre. 

803 A. ml't a. b. ; 805 A. vous devis ; 807 B. dore ; 808 A. garder ; 
809 A. declos ; 810 A. q. n. teignons les biens enclos; 811 A. et 
les droiz ch. dr. ; 813 B. resgardent ; 814 A. quil n. n. g. ; 815 A. 
il ne tîenent reson ne droit; 816 A. ne nos sev. g. adr., B. gardeir 
819 A. li p. ce sont; 822 A. de nos v., B. — 1 ; 825 B. que ne 
se puissent ; 826 A. ainsinc font ; 828 B. cuers ; 829 A. il nos doivent am. ; 
831 A. et lor d. ; 834 A. si savront, B. sil, respondre. 



36 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Il ne criemment Deu ne ne doutent. 
836 Deus ! tant vilain morsaus transglotewf 

es povres maisons qu'il destruent 

quant il dou lor les despens fuent. 

Il n'ont contenance maure ; 
840 il ne vivent selonc droiture ; 

molt menjuent et pou se blescent ; 

a bien faire petit s'adrescenf ; 

il font mais pou de ce qu'il doivent ; 
844 il sormainjuent et sorboivent — 

per foi ! durement i escoutenf, 

qu'il envellissent et redoutent ! 
Une manière li clerc ont : 
848 de teius i ait qui trop prou sont 

ains qu'il aient les grans honors — 

avenir lou voi des plusors — 

et quant il ont les grans richesces 
852 les cuers perdent et les proesces 

et de bien faire se repentent. 

Lors fuent et guilent et mentent : 

"sil ont tout fait, sil ont tout pris, 
856 sil n'ont pas bien chacié lor pris." 

Puiz ne criement honte ne lait ; 

la grant covoitise lor fait 

dont li evesque sont lié. 
860 II ne doutewi Deu ne pechié ; 

li orguel et la signorie 

et li grans muebles et l'envie 

lor tôt lou veoir et l'oïr. 
864 Mais il ne se puent covrir 

ver celui qui tout doit jugier, 

coverture n'i ait mestier. 



835 A. il nentendent ne rien ne d. ; 836 A. de tant vilain morsel 
englotent ; 837 A. en povres, B. as ; 838 A. q. de lor despense se fuient ; 
841 B. pou maurent et forment blasme ; 842 A. se drecent ; 843 A. il f. 
ml't pou; 844 A. il sorb. ; 846 B. ne doute, A. redotent; 848 A. trop en 
font ; 849 A. a que il a, otn. grans ; 854 A. 1. gabent et jurent et m. ; 
856 B. sil nont pas chestoier 1. p. ; 858 A. lou fet ; 860 A. tort ne p. ; 
861 A. li granz orguiex la symonie. 



LA BIBLE 37 

Trop lou vendent apertement, 
868 mais il achatent trop sovent 

les grans orguels et les bobans, 

et pou i ait des conissans 

qui apersoivent les justices 
872 qui sont ou mont en maintes guises ; 

que ne sont mie trop ouvertes, 

bien sovent les voit on apertes. 

Molt sont et fieres et cruaus 
876 ses grans justices, et loaus, 

por ceu les doit on plus loer ; 

que lui ne puet on rien enbleir, 

qu'il est misericors et pis 
880 mais sa vanjance est molt soltis. 

Molt done de fieres collées. 

Hai, tant grosses en ait donees 

dont il nos devroit bien membreir ! 
884 Asseiz en saroie conteir, 

mais je ne vuel nomer nullu 

et qui voldroit panre sor lu 

les parolles que nos dissons 
888 Per foi, n'iert mie Salemons ! 

Sor lu si les doit bien s'il prendre 

qui seit en lui rien que reprendre : 

(molt est fous qui ne se chastie 
892 aucune foiz de sa folie,) 

molt est fous qui ne se reprent 

de sa folie et se repent. 

Ne di pas que li archevesque 
896 ne li legaut ne li evesque 

soient tuit teil con j'ai ci dit — 

n'est pas mestier — mais molt petit 

868 A. mes il les chastie sovent, B. lachatent ; 869 A. de lor forfezde L b. ; 
872 B. font ; 873 A. el ne sont ; 877 A. douter ; 878 A. que len ne li 
p. r. e. ; 879 A. il est ; 880 B. vanj. por mes diz. ; 881 A. done Deus, 
B. donent ; 882 A. de tantes granz ; 883 A. dëust ; 884 nommer, B. soloie 
c. ; 886 A. dire sor lui ; 888 A. ne sera mie s. ; 889 A. s. lui les devroit il 
bien pr., B. lou doit; 890 A. qui set sor lui rien a reprendre; 891-2 B. 
manquent ; 894 A. om. se. ; 897 A. com je ci dit ; 898 A. mestiers. 



38 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

i ait des boins, bien lou voit on. 
900 Molt devrait estre chiers prodon 

hui est li jors ; mais c'est alei, 

li prodome sont si gabei : 

plus sont hui gabei li millor, 
904 si m'ait Deus, que li poor; 

des poors dit on qu'il sont preu. 

Tout ait perdu en coït son leu 

li boins, por qu'il ne puet durer 
908 s'il ne puet mentir ou guiler. 

Li guilleor, li losangier 

sont hui li maistre consoillier ; 

(cil sont ores seignors des corz 
912 cil tiennent molt les autres corz;) 

nul autre mestier n'i estuet, 

mais qui plus i puet, plus i puet. 

Tout ceu nos vient, tout muet de Romme. 
916 Or ne vaut rien vois de prodome, 

quar contre avoir n'i ait nus voiz. 

C'est la fontaine, c'est la doiz 

dont sordent tuit li leit pechié ; 
920 bien nos ont lou siècle chaingié 

et tornei ceu d'avant darriere. 

Guille n'est tant en nul lieu chiere : 

la sont coronei a honor 
924 trestuit li maistre guilleor. 

Per foi lou seculeir clergié 

voi je malement engignié : 

il font lou siècle a mescroire. 
928 Se font li clerc et li prevoire 

et li chanoinne séculier ; 

sil font la gent desespereir. 

899 A. de b., set om ; 902 A. li gabé ; 904 A. se deus mait ; 906 A. 
honors son leu; 907 A. bons hom certes n. p. d. ; B. doner-, 911-12 B. 
manquent ; 915 A. et vient ; 917 A. contre lavoir, om. car ; 922 A. en n. 1. 
tant ch. ; 923 A. cor. et seingnor ; 924 A. tuit li plus m. g. ; 925 A. 
communal cl., B. li s. ; 927 A. icil om. a. ; 930 A. le siècle desperer. 



LA BIBLE 39 



Molt en voi des desmesurez 

932 per ses chastials per ses citeiz : 

molt sont noble, molt font le riche, 
molt sont et orguilloz et chiche. 
Molt les ait bien li mondes pris ; 

936 soueiz conquièrent paradis 

s'il l'ont per lor volentei faire. 
Tant sai je bien de lor afaire — 
de ceu les doit on molt prisier — 

940 molt font noblement lor mestier. 
Certes, nulles gens en église 
ne font plus honorei servise 
de biau chanteir et de bial lire ; 

944 ci ne seit om sor aus que dire 

por ceu qu'il i vuelent entandre. 
Bien redoient Deu graice randre, 
que gent plus a aise ne sont ; 

948 se il si bien l'autre siècle ont 
comme cestu, tout ont trovei. 
Li vallant, voir, li boin orei 
qui en bien despendent lou lor 

952 et qui criement Deu et honor, 
et qui les faiz ont en despit 
qui sont deffendu et maldit — 
sil doivent bien estre saur 

956 de la joie et dou boin àur, 
dont tuit sil forgegie seront 
qui en cest siècle les fais font 
qui sont desdit et deffendu. 

960 Mais covoitise ait tout vancu ; 

trop per ait vencu lou clergié 
qui sont si pris et si lie, 



931 B. des desespereiz ; 935 A. li siècles pr. ; 936 A. soef conq. ; 
941 A. nule genz ; 943 B. bal[?] lire; 944 A. en lonor ih'u nostre sire, 
B. se n. s. ; 945 B. que il v. ; 946 A. en doivent ; 947 A. genz ; 
948 A. se il ainsinc ; 950 A. li v. li désespère; 951 B. et qui b. ; 
952 A. et q. aimment joie et h. ; 956 A. om. et, de bon ëur ; 
957 A. fors getez; 959 A. desfet et d. ; 961 A. a sorpris 1. c, B. la cl. ; 
962 A. q. si sont pr. 



40 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

il n'ont vergoigne ne doutance, 
964 ne de Deu nulle remembrance. 

Provendes, églises achatent, 

en mainte manière barateni. 

Achater sevent et revendre, 
968 et les termes molt bien atendre, 

et la bone vante de bleif ; 

et s 'ai bien oï et tasté 

qu'as juïs prestent lors deniers. 
972 N'est pas honoreiz li mostiers 

ou telle gent chante ne brut. 

Je ne di pas qu'il soient tut 

de teil manière con je di. 
976 Ja Deus n'arait de ceaus merci 

qui font teil oevre et teille ordure, 

que c'est fine puant usure. 

Ja li vair ne li sambelin 
980 ne li vaudront riens en la fin, 

ne les raignes, ne li lorain ; 

molt troveront lou leu vilain 

ou il les covient tresbuchier : 
984 ja regardent il en sautier 

et en l'escriture devine. 

Molt per est de foible covine 

qui conoit et voit en escrit 
988 icelle mort dont il s'ocist ! 

Dedens ces citeinnes églises 

furent les provendes asises 

d'aumosne, per iteil covent 
992 c'on les donaist honestement, 

mais on les vent on les achate ; 

ici ait vilaine barate. 



963 A. quil ; 964 A. quenoissance ; 966 A. maintes manières ; 967 B. acha- 
tent ; 968 A. le terme ; 969 A. dou ble ; 970 A. sei, taaste, B. et sai bien or 
aquestei ; 971 B. qua noeil p. 1. d. ; 972 B. mestiers ; 973 A. itieus gent ; 
977 A. tel ordure; 978 A. corn la fine p.; 979 A. sebelin, B, — 1 ; 
980 A. rien ; 981 A. ne les seles n. 1. 1. ; 982 A. troverent ; 983 A. les 
covenra ; 984 A. sentier ; 986 A. icil est mont d. ; 989 en ces citeienes eg. ; 
991 B. des moinnes par ; 993 B. mais or la vait on achate. 



LA BIBLE 41 



Haute église demande hautesce 
996 et honestei et gentilesce ; 
per foi ! ja chanoine citain 
ne doit on faire de villain : 
mains leus en voi desonorez. 

1000 Des gentilz i a il assez, 

mais pechié fist, bien se charja, 
qui villain i entremella, 
c'uns vilains fait teil viloignie 

1004 dont une bone conpaignie 
est blasmee sovent a tort ; 
vilains ne doute laide mort. 
N'i doivent avoir nul damaige 

1008 li prodomme de bas lignaige 
en ces parolles, ne [n]'ont il : 
tuit li prodomme sont gentil. 
Cil s'est paniz de gentilesce 

1012 cui sens ne nature n'adresce, 

et qui vilaigne oevre maintient 
ne Deu ne l'englise ne crient. 
Oevre qui n'est ioaus ne sainne 

1016 doit estre per raison vilainne, 
et sil qui la fait est vilains 
de cuer et de cors et de mains. 
Li fiz lou roi, s'U la faisoit, 

1020 ice pruix je per art adroit .... 
Molt devroient estre mâur 
li clerc, et net et fin et pur, 
qui les parolles Deus recordeni 

1024 si sovent. Por coi ne s'acordenf 
a bone vie et a bone oevre ? 
Per foi, qui sa follie cuevre 



995 A. requiert h. ; 997 A. F. ont. ja, A. citoien, F. citeains ; 
998 F. ne deust on f. d. vilains, + /; 999-1000 B. manquent ; 1000 A. 
ml't se traria ; 1006 B. lait de mort ; 1008 B. de haut ligainge ; 
ion A. cil et partiz d. g., B. ou il cet, + j ; 1012 A. qui sens et proesce 
nadresce ; 1014 A. ne deu ne le siècle ; 1016 A. par r. certainne ; 
1018 A. corz ; 1019 B. si le f. ; 1020 A. puis je prover adroit; 1021 A. 
asseur ; 1022 A. sain et p. ; 1023 B. racorde ; 1025 À. a bien faire. 



42 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

n'est pas dou tout desespereiz ; 
1028 mais jes voi si abandoneiz 

en pechié et en covoitise, 

qu'il ont désespérance mise 

en la gent, qui molt tost mescroient. 
1032 II meïsmes, je croi, mescroient, 

mais des Romains lor muet si tout. 

Aus ne blandis je, ne ne dout, 

por coi ? qu'il sont desespereiz 
1036 et de trop lais vices proveiz. 

Sil sont li parfait desloaul ; 

de lor pechié symoniaul, 

et d'orde vie et de vilainne 
1040 si/ nos semment malvaise graine : 

en lor vie et en lor semence 

congrie et croist désespérance. 

Des noirs moinnes, des noirs abbeis 
1044 sui molt travilliez et peneiz : 

en mains leus et en maintes cors 

m'en tient li siècles forment cort. 

Molt [me] débouterai de parolles 
1048 qui sont et villaignes et folles; 

li uns a l'autre est testemoinnes. 

Je ne puez maintenir les moinnes; 

desconfis en sui en mains leu ; 
1052 mais se Deu plait, c'est por mon preu, 

qu'el travail et en la pesance 

ai ge, certes, grant penitance. 

Tuit dïent que nos abaïes 
1056 sont per nos abbés abaïes 



1027 A. desmesurez ; 1028 A. désespérez ; 1030 A. que il ont desper- 
ance m.; 103 1 A. entre les genz qui pas ne croient; 1032 A. ce 
cuit ne croient ; 1033 A. vient trestot ; 1034 A. ices ne blandis, 
B. blandir, — 1 ; 1036 A. lait vice blasme ; 1037 A. si parfit, 
B. se sont ; 1041 A. oevre, créance, B. sentence ; 1042 A. concie et croit ; 
1043 A. et des a. ; 1044 A. sui je forment désespérez ; 1045 A. maint leuz, 
maintes cort ; 1046 B. me tient ; 1047 A. par paroles ; 1049 B. et lautre 
est estei moinnes ; 105 1 A. maint leu ; 1052 A. deus, B. ce d. p. ; 1053 A en 
la créance, B. — 1 ; 1054 B. manque; 1056 A. esbahies. 



LA BIBLE 43 

" Destruites sont per les abbeiz," 
si dïent. Por coi sui gabeiz ? 
Certes, je ne vodroie estre abbes 
1060 de Citeaus, ne de Cleny rabes ! 

Trop me travaillent et déboutent ; 
per foi ! tant sovent me corroussenf 
que je ne lor sai raison rendre ; 

1064 por pou qu'il ne me font derendre ! 
Des obedianciers rebruenf ; 

de ceaus dïent que tout destruent. 
Certes, sovent me font irié : 
1068 Signor ! queius corpes i ai gié ? 

En teil point m'ont mis nostre freire ! 
Je donroie bien, per Saint Peire, 
doze freires por un ami ! 

1072 Onques plus dure gent ne vi ; 
car s'il me voient dehaitié 

il n'aront ja de moi pitié, 

et s'il me voient avoir aise 
1076 il me porchascenf ma mesaise — 

puez me conbat por aus a tous ! 

Mais je sui sovent au desous ; 

c'or me dist chescuns anuous : 
1080 " por coi remuent les priours 

si sovent ? se n'est pas raisons, 

destrutes en sont les maisons " — 

de ceu me travaillent il molt. 
1084 Mais, tant i ait, je lor respont 

que por ceu sovent les remuent 

que paor ont que il ne puent, 

et por ce les vont remuant 
1088 que il ne deviegnent puant — 

1057 A. nos abbez ; 1058 A. ce dient porquen sui blasmez ; 1060 A. 
cluigni, abbes ; 1061 A. ml't me tr. ; 1062 A. et ennuient ml't et corroucent ; 

1065 A. les obédiences rebruient ; 1068 B. quel corpe ; 1069 A. en 
cest p. ; 1070 A. jen don, B. devroie ; 1072 A. conques, dures genz ; 

1073 A. om. car, mesaeisie ; 1076 A. porchaceront, om. ma ; 1077 A. 
sovent a. t. ; 1078 A. por aus sui forment a. d. ; 1079 A. om. c' ; 
1080 A. por quen remue, prious ; 1081 A. quil nest pas; 1083 A. et de, 
om. il, B. ml't ; 1086 A. quil ont poor. 



44 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

sor moi chairait trestoz li gais 
por ceu que je port les nors drais. 
Il ot plus de trente ans passeiz 
1092 c'an noirs drais fui envolepeiz; 
je ne lor destrus onques rien 
se ne fis onques point de bien. 
Deus ! moie corpe, je mesfis — 

1096 por coi ? qu'enci lor est a vis ! 

N'est pas a vis les boins clostriers 

dont est honoreiz li mostiers : 

siZ servent Deu a haute vois, 
11 00 sil sont nuit et jor en la croix. 

Nostres sires en ait pitié ! 

que oevre qui nen ait boin pié 

ne se puet tenir longuement. 
1104 Ja ne vaireiz si vallant gent, 

ne se hardie, ne si fort 

que aiques ne se desconfort 

la ou sires ou chies li faut : 
11 08 en grant bataille riens ne valt. 

Grant bataille rent bien covens 

quant en li tient bien ses convenz, 

mais molt en faut, hui est li jors, 
11 12 trop tient on mais les covens cors. 

Li clostrier furent ja signor, 

que li abbei et li prior 

les gardoient si chierement 
1 1 16 con fait la meire son enfant ; 

ic'estoit ordre sans envie. 

Or i ait tant de feloignie 

c'a tout destruire et a guiler 
11 20 voi si nostre afaire atorneir, 

1089 A. cherra trestot ; 1090 A. por les n. ; 1091 A. il a., F. y a ; 

A. F. plus de doze anz p. ; 1092 B. sui ; 1093 B. riens ; 1094 A. se gi fis ; 

1097 A. aus bons cl.; 1100 A. jor et n. ; 1102 A. na pas b. p.; 
1106 A. aucuns ; 1107 A. sires et chief lor faut ; 1109 A. ront bien convent, 

B. rent granz convens ; n 10 B. que vuelent estre a deu servant; 1111 A. 
trop en f. ; 11 13 A. ainz signor; 11 14 A. ne li prior; 11 15 A tant 1. g. ch. ; 
11 16 A. comme li p. s. e. ; 11 17 A. lor estoit, B. ordre sor teil vie; 
11 18 A. tricherie; 1119 B cuns tous destruit le enguilei ; 1120 A. mon 
afere, B. ci. 



LA BIBLE 45 



que li baras chescun jor double. 

Or dou peschier qui l'augue trouble 

troblee voi je bien nostre ordre : 
1124 ja, se croi, n'en porons estordre. 
Li prodome, li boin abbei, 

dont li leu furent honorei 

esposairent en sainte église 
11 28 trois pucelles, en iteil guise 

qu'elles furent maistres et dammes 

et establies sor lor armes. 

Molt sont chieres, nettes et belles, 
1132 se seit on bien, ces trois pucelles. 

en l'ordre furent mariées 

et en sainte église esposees. 

Les nons doit on bien recordeir 
11 36 des trois pucelles et nomeir : 

la première ait non Chariteiz, 

et la secunde Veriteiz, 

la tierce appellet on Droiture. 
11 40 De ces trois n'avons nos mais cure. 

Por coi getees les en ont 

icil abbei ? Qui ore i sont ? 

En leu de ces trois nos ont mises 
11 44 trois ordes vielles et assises. 

Molt sont et laides et cruals 

ses trois vielles, et desloaus. 

Des trois vielles sai bien les nons : 
1148 la première ait non T raisons, 

et la secunde, Ypocresie, 

la tierce apelle on Symonie. 

Hai lais ! con si ait crual chainge, 
1152 que Traïson est si estrainge, 



1121 A. quar li bi. ; 1 122 A. que levé est tr. ; 1124 A. apaines en por, F. ne 
porrontest ; 1132 A. les trois ; 1135 B. — 1 ; 1138 B. — 1 ; 1139 A. apele len dr. ; 
1141 A. tolues les nos ont ; 1142 li saint abb., om. i ; 1144 A. trois v. ordres, 
B. ordres; 1149 B. — 1 ; 1150 A. et la terce a non symonie ; 1151 A. cm. 
hai, eschange, B. ahi lais, + i. 



46 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

et Ypocresie coverte; 

Simonie rest si aperte, 

et si destroite, et si ardans. 
1156 Bien sont ces trois vielles puans 

hui est li jors dammes dou monde 

Selui ne teig je mie a monde. 

qui ces trois [vielles] ait et tient : 
1160 molt per doute Deu pou et crient; 

d'une des vielles c'est verteiz, 

devroit il bien estre encombreiz. 
Ces trois vielles nos destruiront ; 
11 64 mais li clostrier que devenront, 

qui se sovent tôt iceu voient? 

Por folie chantent et proient. 

Et sil por coi en église entre 
1168 qui plus n'aimme Deu que son ventre? 

Je di que c'est vie truande, 

que por paor de la viande 

n'osommes parler ne mot dire. 
1172 Li uns boute, li autre tire, 

et teil i ait qui se consoille. 

Ic'est une molt grant mervoille 

que nos conoissons nostre tort, 
11 76 et savons que nos sommes mort 

et que nos avons tout perdu : 

malement sommes decëu. 

Deus, tu es rois, et consillieres, 
11 80 et governeres, et jugieres. 

Sire, délivre Saint Eglise 

de ces trois vielles, en teil guise 

que je voie les trois pucelles ! 
1184 Or sérient celles novelles, 

que Ions tens ait que je nés vi ; 

a grant tort en sommes parti. 



1153 A. ypocr. si couverte; 1154 A. et s. si cuiverte ; 1157 A. 
do monde; 1158 A. pas a m.; 1159 B. — 2; 1165 A. qui ce sevent 
et ic v.; 1170 A. que paor a.; 1171 A. nosons mes, rienz dire; 
1172 A. autres; 1173 A. qui on conseille; 1174 A. trop gr. ; 1184 A. 
seroient eles ; 1185 A. lonc t. je nés i vi. 



LA BIBLE 47 

De l'ordre blanche sui repris 
1188 maintes fois et si entrepris 

qu'a poinnes en repuez estordre. 
Et si ai je estei en l'ordre ; 
mais por ce ranponeiz en sui 

1192 qu'a Clerevals quatre mois fui. 
Or dit on que mal me provai 
por ceu que tant i sesjornai ; 

se j'ausse estei en la rote 
1196 deus ans ou trois, bien sai sen doute 

ja ne fusse si ranpogneiz. 

Et tant en voi des mal proveiz ! — 

qui chescun jor est en espreu-ue 
1200 li plus dou siècle mal se prueve. 

Quatre mois lui en Clerevals — 

se ne fut mie trop grans mais ! 

Je m'en partai molt franchement. 

1204 Travail i oi ; poinne et torment 
i laissai trop et feloignoie, 

et grant durtei et grant envie, 

et ypocresie et murmure. 
1208 N'est pas tout ors qu'en voit relure ; 

lure ne puent il pas mont 

que trop de mal dedens lor ont : 

ou mont n'ait moins fraternitei. 
12 12 S'il ont avoir a grant plantei 

ja por ceu muez ne lor en iert. 

Fous est qui grant amor lor quiert ; 

nés que uns asnes ait pitié 
1216 d'un autre, quant lou voit chargié, 

nen ait li uns pitiet de l'autre 

quant lou voit gésir sor lou fautre 

1187 B. vos redi ; 1188 B. en sui ; 1189 A. qua poin men, — x ; 1190 A. F. 
si (A. se) ne fui onques de lor ordre ; 1 192 F. qua clerevaux, A. que a clervax ; 

1193 A. F. mi provai; 1196 F. B. dous mois; 1197 A. nen fusse tant r. ; 
F. que nen f. ; 1198 A. ha tant; 1199 A. B. sont; 1201 A. je a clervaus, 
F. a clerevaux ; 1203 A. parti ; 1204 A. et paine grant, B. trav. en ont ; 

1205 A. et grant envie, B. il laissait, a fel ; 1206 A. et félonie, B. a gr. d. 
a gr. env. ; 1207 A. om. îer et ; 1208 A. orz quanque voi luire ; 1209 A. ne 
1. ne p. il mont, B. ml't ; 12 10 A. car na nule ordre en tôt le mont; 
1211 A. ou ait mainz de fr. ; 1214 A. grant avoir; 1215 A. ne que nuns 
autres ait p., B. cuns, de pitié ; 1216 B. une; 1217 A. li uns daus na pitié 
de lautre. 



48 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

pansif ou malaide ou destroit ; 
1220 ja chose n'i feront a droit, 

que trop sont mercheant en foire. 
Les barbis tondent li provoire 

qui Corpus Domini menoient. 
1224 En mainte manière desvoieni : 

ja conteroie mil églises 

ou il ont lor grainges assises. 

Per tout ont viles, et parroches, 
1228 et terres, et maisieres frouches 

trop plus que n'avoient devant; 

barbis et moutons i ait tant 

et buez et vaiges qui la sonnent, 
1232 mervillouse paor nos donent. 

Es cimitieres sor les cors 

ont il faites les sois as pors, 

et la font gésir les esnesces 
1236 ou l'on soloit chanter les messes. 

Et puez repregnent tout lou mont ; 

il dïent que tuit perdu sont 

li autre, fors solement il. 
1240 Deus ! con sil sont et fol et vil 

qui ce dïent, et ypocrite, 

et truant, et malvais hermite ; 

que ja prodom ne lou dirai. 
1244 Bien savons con \or ordre va : 

maistre cosson et mercheant 

sont il, certes, et bien errant. 

Granz cherrois moinnent et granz sommes 
1248 permi ses foires; et ont hommes 

ou il font tailles et grans prises. 

Lor ententes ont toutes mises 

1220 A. de ce ne ront il mie droit ; 1224 A. guise se desv. ; 1225 A. je c. ; 
1227 A. parroiches ; 1228 A. et marrecleries et cloches; 1229 A. quil 
nav. ; 1230 A. et vaches i a. t. ; 123 1 A. et bues et truies qui essouent ; 
1232 A. merveillous essample ; 1233 A. quo cimetière, B. ques. c. ; 1234 A. 
soz aus p. ; 1235 A. asnesses, B. les font ; 1236 A. len deust ; 1238 A. et 
dient; 1242 A. et malves truant et hérite; 1243 A. ne ja ; 1248 A. par ces 
forez et si ront hommes. 



LA BIBLE 49 

a conquerre quant que il voient ; 
1252 la povre gent molt s'en effroieni 

que il gîtent fors de lor terre — 

toz les en chescent a pain querre. 
Je m'en parti en iteil point 
1256 de loaultei n'i laissai point 

ne de bontei ne de franchise, 

mais je lor laissai covoitise. 

As clostriers laissa plors et larmes : 
1260 a ceaus demoret molt li termes 

que li siècles doive fenir. 

Sil sont confessor ou martir ; 

li confessor ont tout gaigniéi, 
1264 mais li martir sont engignié : 

la ou pacience lor faut 

li martires riens ne lor vaut. 

As abbeis et as salleriers 
1268 laissa l'argent et les deniers 

et lou vin et les gros poissons. 

Ha ! quels freires ! quels conpagnons ! 

Cil ont enfermeries dobles ; 
1272 les clers vins boivent, et les trobles 

entremellent en refrettour 

a ceaus qui font lou grant labor 

et se font chauz et escumez. 
1276 Des boins maingiers et des porrez 

aemplissent lor penitance. 

Icil sont en bone cheance, 

mais c'est fraterniteiz enverse — 
1280 je m'ameroie muez en Perce 

qu'en clostre villain sens pitié. 

Molt sont de pensées chergié 

1251 B. qua il v. ; 1252 A. povres genz ; 1254 A. envoient ; 1256 A. manque ; 
1262 A. et m. ; 1263 A. li conffessez ; 1268 A. lavoir ; 1269 A. la char ; 
1270 B. et q. conp. + 1 ; 1271 B. icil ont mérites a doble ; 1273 A. en 
envoient ; 1274 B. les grans labors ; 1275 A. manque, B. et il sont chaut 
et escumees ; 1276 A. pevrez, B porrees ; 1277 A. et empl., B. — 1 ; 
1278 A. et cil sont en bone créance ; 1280 A. je enmeroie ; 1282 A. ml't 
sont traverse et changie, B. chergiez. 



50 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

li clostrier qui sevent lor vie 
1284 aus cuers enfleiz et plains d'envie : 

se couchent sovent esmarri 

que mal lor ont lou geu parti. 
Trop estait bien as salleriers, 
1288 molt ait de barait es graingiers, 

qu'il covernent tout a lor guise. 

Molt les agolloigne et atise 

la covoitise de cest monde ; 

1292 trop sont tirant, Deus les confonde ! 
A maie gent ensi conquièrent 

et en autrui terre se fièrent. 

N'en sont pas legier a hosteir; 
1296 il vuellent saisir et prover 

qu'il doient tout per droit avoir, 

ou per engig ou per avoir ; 

on ne repuet soffrir lors plaiz. 
1300 Ainz fusse je moinnes retrais 

qu'en moi ëust teil covoitise. 

N'est pas en nostre ordre assise 

covoitise, n'en n'i ait point. 
1304 Tout avons tornei a un point : 

nos n'avons d'autre terre envie 

ne la nostre ne nos plait mie, 

qui l'argent nos vodroit doner 
1308 tost nos en poroit delivreir. 

La covoitise soit es blans, 

toz lor lais les bos et les chans ! 
Ne veez vos les blans abbeiz 
13 12 que porchescent les evesqués ? 

Et s'en ont fait un chardenal — 

ja ne vairois si desloaul ! 

1283 A. servent; 1284 B. ains cuers; 1285 B. se tulhet(?) sovent et parti ; 
1287 A. resta bien au celeriers ; 1288 A. trop a. ; 1289 A. cil govern ; 1291 A. 
manque ; 1292 A. me conf., A. ajoute un vers : se trop de maus en aus abonde ; 

1293 A. ne nules genz si ne conq. ; 1294 A. sil en ; 1295 A. nen sont plus 1. 
a giter ; 1297 A. pranre et av. ; 1298 A. ou par ammosne ou par avoir; 
1299 A. l'en ne r., plet ; 1301 A. insère avant ces vers les 2vv. 1317, 1318, 
monter cuident etc.; 1301 A. ja n'oit en moi; 1302 A. ne sest mise; 
1303 A. a point ; 1305 A. ne navons dautrui chose envie ; 1306 B. vos pi. ; 
1307 A. om. V ; 1309 A. aus blans; 1310 B. lait, A. les boz et les plans; 
131 1 A. des bl. ; 1312 A. qui ; 1314 A. verrez. 



LA BIBLE 5i 

Tous les autres passent d'an vie 
1316 et d'orgoil et de symonie ; 

monter cuident, mais il abaisset 

quant il Deu et lor ordre laissent 

Li boin clostrier n'en puent mais : 
1320 icil sostiennent les grans fais 

ne ne s'entremeteni de rien. 

En l'ordre blanche rait molt bien, 

ne di pas que molt n'en i ait ; 
1324 mais la chierté que on lor fait 

fait sovent cuers desespereir 

et boin coraige remuer. 

Deus ! que dirai je de Chartrouse 
1328 ou chescuns sa viande trouse, 

chescuns ait sa maison per lui ? 

De lor manière certains sui 

et de lor ordre et de lor vie, 
1332 dont je n'ai gaires grant envie. 

L'ordre ne blaisme ne lor estre, 

mais por rien [je] n'i voldroie estre : 

trop ont destroit et dur covine. 
133° Chescuns fait tous sols sa cusine, 

tuit sol mainjuent, et sol gissent ; 

quant lou feu sofflent et atissent 

ne semblent mie saige gent. 
1340 Je ne sai que Deus i entent, 

mais ne voldroie, se m'est vis, 

estre toz sous en paradis — 

paradis ne seroit ce mie 
1344 se je n'avoie conpaignie. 

Ja sous hon bien ne pensera 

ne grant patience n'avra. 

Molt l'ait malvaise li hon sous, 
1348 sovent est pensis et irous. 

13 17-18 A. cf. v. 1301 ; 132 1 B. ne s'en entr. ; 1322 A. en lord. bl. assez 
bien ; 1323 A. qu assez nen i ait; 1324 B. la chierté con,— 1 ; A. durte que 
l'en i f. ; 1327 A. mes que, B. des chartrouses ; 1331 B. que lor ordre; 
'333 A. lor ordre ; 1334 B. — 1 ; 1335 A. estroit ; 1336 A. par lui ; 
1337 A. tuit m. sol., B. et frulgissent ; 1338 A. lor feu ; 1339 A. bone gent ; 
1344 A. ou je navroie ; 1346 A. ne ja p. ; 1347 A. souz ; 1347 A. m. a 
malvaise vie h. s. , 



52 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Se j'avoie entor moi cent murs 

tant seroie je moins saurs 

seconpaignie n'i avoie. 
1352 Por rien je ne m'i fïeroie 

en ceaus qui se font enmureir, 

mes cuers ne s'i puet acordeir ; 

folie est ; ne me die nuls 
1356 c'on doie ja croire rendus : 

qui se mure et met en destroit 

molt s'aimme pou, et moins se croit 

Sil de Chartrouse pas ne semblent : 
1360 sovent se voient et s'asemblent ; 

lor maisons ne sont pas salées, 

bien sont mostrees et parées. 

Ensemble mainjuent sovent; 
1364 en lor ordre, si con j 'entent, 

ne puet mie avoir grant orgoel. 

Un pou l'aim plus que je ne suel. 

Amendé se sont en l'englise 
1368 et des messes et dou servise ; 

il ont assez dons et porches ; 

vaiches ne gemens n'ont il pes; 

d'outre lor terme laboreir 
1372 de ceu se vuellewt bien gardeir ; 

il ont asseiz, et si ont po ; 

bien laborent, por ce les lo. 
Certes, il moinnent aispre vie 
1376 n'en lor ordre n'ait teil envie, 

se m'est a vis, ne teil murmure 

con es autres, ne je n'oi brure 

1349 A. se avoie ; 1350 A. plus seurs ; 1356 A. que len doie 
enmurer reclus ; 1358 A. pou se croit ; 1359 A. que de ; 1360 A. 
assemblent ; 1362 A. overtes et mostrees ; 1365 A. p. il av. ; 1368 A. 
de m. et de s., Entre vv. 136g et 1370 A. insère : et de parler ront 
grant solaz, Entre vv. 1370 et 1371 A. insère : ne nos nés amenons pas ; 
1371 A. le terme; 1372 A. de touz se vuelent ml't garder; 1373-4 A - 
intervertis; 1375 A. de nule ordre n'ai tel envie; 1376 A. se jesucriz me 
done vie ; 1377 A. en ce murmure ; 1378 A. com es autres ne je noi briure, 
B. on autres signes je noi br. 



LA BIBLE 53 

le siècle d'aus ne de lor oevre. 
1380 Li lor oevre point ne se cuevre, 

bien mostrent lor vie et lor estre ; 

ne il n'ont celerier ne mestre 

qui face borces ni avoir. 
1384 Mais je lor vuel faire a savoir 

qu'en la rigle Saint Beneoit 

ont il mespris; qu'ansi déçoit 

dyables les gens et engigne. 
1388 Sains Beneois ot droite ligne 

et fist la rigle a droit conpas. 

Saleir ne lor devons nos pas : 

des malades sont homicide. 
1392 Ne lairoie por tôt l'or d'Yde 

nul home devant moi morir 

se je l'en pooie garir. 

Quant il as malaides ne donent 
1396 la chair, et il nés en semonnent, 

bien puet estre lor ordre dure 

et crual. Si longuement dure : 

malade qui lou maingier pert, 
1400 qu'il s'en voit morir tout apert, 

font faire de char abstinance. 

Se n'est pas digne penitance; 

que li deciple Jesu Crist 
1404 la maingerent; et il lor dist 

de ceu qu'an devant lor metroit 

et on de par Deu lor donroit, 

que ja per aus ne fust enquis 
1408 dont il venoit ou il fust pris. 

Et s'oi tesmoignier as plus saiges 

que laiz et burres et fromaiges 

1380 A. ne li ordres p. ; 1383 A. ne av. ; 1384 A. om. a. ; 1386 A. 
om. qu' ; 1387 A. la gent ; 1388 A. s. b. la dr. 1. ; 1389 B. droite 
(ligne effacé) ; 1390 A. ne la devons ; 1392 A. je ne 1. por leride ; 
*393 A. un homme ; 1394 A. se len p. garantir ; 1398 A. se longuement ; 
J 399 A. B. malades, A. son m. ; 1400 A. con v. m. tout en apert, B. en 
ap.,+ 1 ; 1402 A. droite pen. ; 1405 A. de quant quan ; 1406 A. et quanque 
de par deu venroit ; 1408 A. ne ou fu pris ; 1409 A. om. et, au plus. 



M LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

asseiz plus grant chalor atrait 
141 2 a luxure que chair ne fait. 

(Se il mes paroles entendent 

por Deu lor pris que il amendent.) 

Et la droite rigle commande 
1416 de malaide qui chair demande, 

c'on l'en doigne s'il la desirre; 

qu' homme ne doit on pas ocire : 

desirrance gite home mort 
1420 dont l'en n'ait consoil ne confort. 
De lor consoil ne sai que die, 

de lor ordre n'ait point d'envie ; 

tant sai je : se je i estoie 
1424 lou premier jor congiet penroie — 

de religion sans pitié 

doit on panre molt tost congié. 

S'il nou me voloient doner 
1428 je saroie bien esgardeir 

per ou je feroie lou saut; 

cure n'ai je ou pitiez faut 

quant on en ait plus grant besoig. 
1432 Molt aroient il boin tesmoig 

s'il en ostoient la durtei 

et il en sainte charitei 

es enfers donoient lor droit 
1436 ensi con la rigle lou doit. 

Lor bien lor di et lor enseing ; 

se il de ceu dont jes repreing 

s'amendent, certes, il seront 
1440 asseiz millor que il ne sont. 

De Chartrouse vos ai dit voir; 

ensi con je cuit bien savoir 

1413-14 B. manquent; 1416 A. du m.; 1417 B. doignent ; 1420 A. len 
n'ait aide ne confort; 1423 A. tant sai ge bien se gi est; 1426 A. ml't 
tost penre ; 1430 A. je n'aim pas ordre, B. je nai cure ou p. f. ; 143 1 A. 
con en en ; 1432 A. trop fussent il de grant tesmoing ; 1433 A. se il en 
ostassent durte ; 1437 B. lor bien lor ensoigne et lor sent ; 1438 A. sil, 
je lais rep., B. reprent ; 1440 A. meillor assez; 1441 B. Les chartrouses ; 
1442 A. je le cuit sav. 



LA BIBLE 55 



aiques les covines dou mont 

1444 de cest autre ordre de Grant mont 
sui je certains, et bien puex dire 
se ele amande ou ele enpire. 
Je resai aiques lor covine : 

1448 il font ensemble lor cusine, 

ensemble boivent et mainjuent. 
Mais de tant lor ordre remuent, 
car ont or vaiches et jumens 

1452 et barbis. Plus de deus cens ans 
ont il si lor ordre tenue 
que tel beste ne fut vëue. 
Orgoillous furent il molt ja, 

1456 mais lor orgoil les abassa. 

Molt les vi signors des barons, 
molt per fu grans d'aus li renons, 
maistres les vi, iceu fut voirs, 

1460 et des princes et des avoirs ; 
il avoient plus commandises 
quant toutes les autres églises. 
Lor vie tindrent molt coverte; 

1464 mes il l'ont auques desco verte 
por la guerre qui entr'aus fu, 
s'ait molt lor orguel abatu. 
Ypocresie molt se cuevre 

1468 et en ses fais et dedens s'uevre; 
c'est uns des vices que plus heit 
sil qui tout voit et qui tout seit. 
Les ordres forment en déclinent. 

1472 Trop muèrent laidement et finent 
li ypocrite, que c'est drois : 
droiture ne raisons ne fois 



1444 A. cele autre ; 1446 A. ou sele empire, B. sil amandent ou il enpire ; 
1449 A. dorment et m. ; 1450 A. mes ditant ; 1451 A. quil ont, B. om. 
or, — ; ; 1452 A. et de berbiz plus de deux cenz ; 1454 A. fust ; 1455-56 A. 
intervertis; 1456 A. li orgueilz ; 1455 A. mont ja ; 1458 A. m. p. est gr., 
B. fu ja gr. li r. ; 1462 A. que ; 1464 B. nuz ne la pot veoir overte ; 
1466 A. ce a ml't lorgueil ; 1468 A. ml't en pou dore se descuevre ; 
1470 A. cil qui t. s. ; 1472 A. laidement tornent et aclinent. 



56 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

ne lor aident en la fin, 
1476 car se dient li boin devin 

que 1' uevre se juge et tesmoigne. 

Ensi con l'enfes qui enpoigne 

la chandoile dont il se cuit 
1480 ont enpoignie, con je cuit, 

la mort — je cuit ? — ains je lou croi. 

D'une manière et d'une loi 

sont ypocrite et papelon. 

1484 De quel part ont plus de raison ? 
Li papelon o la lumière 

s'art et ocit : en teil manière 
chessent ypocrite lor mort, 

1488 dont créature ne resort. 

Je nou di pas trop por Grant mont ; 

as autres ordres en ait mont. 

En Grant mont font bial le servise, 
1492 molt tiennent nette lor église, 

et de contenance maure 

sont il asseiz ; et se n'ont cure 

que gent trop grant prise lor fasceni ; 
1496 petit quierent et po porchascenf, 

de ceu doit on dire verte. 

Molt offrent biaul lor charitei, 

a maingier donent bellement; 
1500 iceu font il adroitement 

de ceaus defors en un hosteil. 

Molt est fous qui lor demande eil ; 

sa fors lou puet on bien veoir, 
1504 mais la dedens por nul avoir 

1475 A. ne lor doit aidier ; 1476 A. ce de li mestre dev. ; 1477 A. 
que li escriz dit et tesm. ; 1478 A. li enfes emp. ; 1480 A. ont il 
enbraciee ce cuit; 1481 A. lor mort ne lou cuit ainz le croi, B. je 
cuit ains lor outroi ; 1483 A. papeillon ; 1484 A. a il pi. res. ; 

1485 A. a la 1. ; i486 A. oscist ; 1488 A. d. nus neschape ne resort ; 

1489 A. tôt p. g. ; 1490 A. en autres, B. ml't ; 1491 A. em gr. font il 
assez bien ; 1492 A. les églises gardent il bien ; 1495 A. genz, presse ; 
1496 A. petit aquierent p. p. ; 1498 A. ml't affiert bien 1. c. ; 1501 A. 
par ca defors ; 1502 A. requiert el. 



LA BIBLE 57 

ne seroie une nuit entière : 

molt me seroit ennuble et fiere. 

A lor manière n'a lor ordre 
1508 ne [me] poroient il amordre. 

Ancors ont il covert lor estre, 

que om ne puet savoir lor estre — 

por rien que l'en saiche ne voie 
15 12 ja Deu ne plasse que j'i soie ! 

Molt sont de noble contenance, 

mais il ne tiennent pas silence : 

il parollent bien a maingier 
15 16 et en dortour et en mostier, 

en clostre parollent il tuit. 

Mais il se gardent bien de bruit ; 

genz si ne [se] sevent gardeir 
1520 ne si covrir ne si celeir. 

Ceaus d'Espaigne, ceaus de Gascoigne 

mettent en France et en Borgoigne, 

et la replantent lor maisons 
1524 des françois et des borgoignons. 

Que la ou om n'ait conoissance, 

ne parantei, ne acointance 

est plus doutous et moins parlans; 
1528 et li langaiges rest pesans : 

pou nos antandent sil delà 

et sil lor sont savaiges sa. 

Il sont saige quant il se cuevrent 
1532 et sil fol qui trop se descuevrent. 
De noble contenance sont 

çai fors, certes, sil de Grant mont ; 

et la dedens en lor maisons 
1536 s'acordent as als es poisons : 

fors sauces et chaudes pevrées 



1505 B. seroient ; 1506 A. trop, orrible et f. ; 1508 B. — 1 ; 1509 A. 
encor cuevrent il moût lor estre; 1510 A. en lor ordre ne vueil je estre; 
1511 A. je saiche ; 1515 A. au m. ; 1518 A. mes ml't se g. ; 1519 A. ainz ne 
si sorent si garder, B. sil ne s., — / ; 1521 A. et de G. ; 1523 A. repueplent ; 
1525 A. len na quenoissance ; 1528 A. est ; 1529 A. p. les ent ; 1530 A. cil 
resont sauvaige ; 1533 B. contenances ; 1536 A. as ainz nez poissons. 



58 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

ont il toz jors forment amées. 

La nuit, quant se doient couchier, 
1540 font bien laver et bien pignier 

lor barbes, et envelopeir 

et en trois parties bendeir 

por estre belles et lusans. 
1544 Quant il viennent entre les gens 

molt les crollent, molt les aplaignent. 

Mais li clerc durement [se] plaignent, 

et li prevoire et li prior 
1548 molt i sont a grant deshonor. 

La n'ont il nulle signorie 

ne pooir ne nulle baillie. 

Il n'osent parler a mostier, 
1552 ne nul servise commencier 

jusc'a li convers lou commandent, 

et por iceu gaires n'amandent ; 

ja nul servise n'i feront 
1556 fors teils con li conver vorront. 

Li prior as maistres demandent 

" que dirons nos? " et il commandent; 

et s'il autrement lou faisoient 
1560 li conver molt bien les batroient. 

(Maistre et seingnor sont li convers : 

icist ordres va en travers.) 

La sont li barbaran signor ; 
1564 molt aroie je grant paor 

s'il estoient signor de moi, 

que j'ai paour quant je les voi. 

Teil ordre Romme lor consent ; 
1568 por coi ? de l'or et de l'argent 

estoient saisi li conveirs 

quant il mirent les clers en fers. 



1538 A. certes touz jorz amees ; 1539 A. il doivent ; 1540 A. se font b. 1. 
et p. ; 1544 B. la gent ; 1545 A. enpaignent ; 1546 B. de lors mainte gent se 
plaignent; 1548 A. il sont a m. gr. des; 1550 A. nul pooir; 1551 A. 
chanter ; 1553 A. jusque ; 1556 A. tel com il commanderont; 1557 A. priors 
au mestre commande ; 1560 A. batoient ; 1561-62 B. manquent ; 1563 A. 
graingnor; 1564 A. avroient ; 1567 A. cest ordre; 1570 A. mistrent. 



LA BIBLE 59 



Tant en donerent, qu'a Grant mont 
1572 clerc et provoire sosgit sont ; 

se fuit uns commandemens nuez : 

la vait li chers devant les byez. 

Les plus peors custumes ont, 
1576 et toz les ors péchiez qui sont; 

a tôt lou desorderzement 

consent bien Rome por argent. 
Uns blans chanoines ait en France 
1580 qui de molt noble contenance 

furent, certes, et de grant pris : 

tant nos ont de lor estre apris 

que pou sont chier hui est li jors. 
1584 Deus ! con les vi signors des cors ! 

Molt fu lor ordre de grant bruit ; 

en pou de tens se sont destruit : 

trop ont lor covine mostrei. 
1588 Ice sont sil de Prei mostrei. 

Ne lor vint pas de grant savoir ; 

il i ont perdu grant avoir. 

S'il ne gisent pas soz chapeil, 
1592 de grant manière son isneil 

de tout perdre, de tout destrure ; 

malement font lou siècle brure 

de lor faiz et de lor folies. 
1596 Ha Deus! con nobles abaïes 

avoient, et belles maisons 

et terres et possessions ! 

Bien pert qu'enemis et péchiez 
1600 les ait et sorpris et liiez. 

Il battent molt bien lor abbeiz ; 

lor péchiez les ait si gabeiz 



1574 A. li bues ; 1575 A. les piors covignes dou mont ; 
1576 À. leiz pech. ; 1577 A. et touz le des, B. a toz les desordemens ; 
J 579 A. ra en fr. ; 1580 A. qui sont de n. c. ; 1582 A. de lor ordre ; 
1585-6 B. manquent ; 1588 A. ce sont icil ; 1589 A. trop font lor folie 
savoir; 1590 A. ne lor vient pas de grant savoir; 1591 A. cil, vivent, 
B. sor ch. ; 1596 A. deus com très nobles ab. ; 1600 B. liiez et encombreiz ; 
1602 A. lor a ml't grevez. 



6o LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

qu'il ont tout perdu sens retor. 
1604 Molt furent ja de biaul ator, 

et de grant richesce comblei, 

et trop prisié et honorei ; 

trop ont vendu et enwagié. 
1608 Nostre sires en ait pitié ! 

Ja mi mot ne lor puissent nuire ! — 

nuz ne les pëust muez destrure 

comme il meïsmes le font. 
1612 Sil autre chanoine per ont 

millor sermon, millor raïz, 

se sont sil es blans sorpeliz 

as nors chapes de wallebrun : 
1616 en ceaus ait dou blanc et dou brun. 

Ices deux gens d'un ordre sont, 

une vie et une rigle ont 

s'il ne l'ont chaingié ou défaite. 
1620 Mais une rigle lor fu faite, 

et se il de riens se descordent 

assez voi a cui il s'acordent ; 

entre aus n'ait plus de differance 
1624 qu'il ne sont pas d'une semblance. 

Il sont chanoinne blanc et noir 

mais bien font lor estre savoir; 

se n'est pas ordre qui se cuevre, 
1628 bien mostrent lor vie et lor oevre. 

Sainz Augustins lor règle fist ; 

de bones costumes i mist 

que je poroie bien soffrir ; 
1632 ja lor ordre ne doit faillir. 

Bien furent assis li riglei ; 

un petit sont plus ordenei 

1604 A. m. par furent de b. a. ; 1606 A. et ml't proisie et mont ame ; 
1608 A. nostre; 1609 A. B. puisse; 1610 A. nuns ; 161 1 A. si com, 
A. B. se sont; 1613 A. cure, aiz ; 1614 A. as bl. ; 1615 A. as noires chapes 
d'isanbrun ; 1616 A. dou noir et du brun; 1617 A. une ordre, B. icest ; 
1618 B. ordre ont; 1621-2 B. manquent; 1624 A. mes quil ne s. d. ; 
1626 A. lor ordre ; 1629 B. ordre ; 1630 A. qui bones ; 1633 A. assiz et 
règle. 



LA BIBLE 61 

que li chanoine seculeir, 
1636 mais je les voi toz réguler : 

po tienent ordre li millor. 

N'aroie pas trop grant paor 

s'en lor ordre rendus estoie, 
1640 se cuit que bien la sofferoie. 

L'ordre des chanoines rigleiz 

poroie je soffrir asseiz, 

qu'il sont molt natement vestu, 
1644 et bien chauciet et bien pâu. 

Il sont dou siècle plainnement, 

il vont per tout a lor talant. 

Ic'est l'ordre Saint Augustin 
1648 qui fut cortois, per Saint Martin, 

plus que ne fut Sainz Beneois, 

se m'est a vis, et plus adrois. 

Icist chanoine que je di 
1652 ont boin ordre, je vos an* : 

il sont molt noble vivandier 

il parollent bien au maingier; 

mais a Clini quant on mainjue 
1656 m'estuet joer a boche mue. 

Trop sont a Clini voir diant 

de ceu qu'il ont a covenant : 

toutes lor ententes i mettent ; 
1660 trop bien tiennent ce qu'il prometent — 

lor covinne àusse plus chier 

s'il fussent un po mensongier. 

Trop me tienent lor covenans 
1664 qu'il me promettent la dedans: 

il me promirent, sens mentir, 

que quant je vodroie dormir 

que il me covendroit vellier, 
1668 et quant je vodroie maingier 

1635 A mes ml't les voi ore reculer ; 1636 A. sont chanoinne réguler, 
B. la voi; 1638 B. aroient ; 1640 A. je cuit; 1643 A. trop netement ; 
1647 B. il cel ordre ; 1652 A. bone ordre jel vos ; 1653 A. trop noble ; 
1655 B. je i mainjue; 1656 A. om. m', F. seoir a b. m. ; 1658 A. que il 
ont en covant, F. en covenant; 1660 A. trop tiennent bien ; 1663 A. trop 
tiennent bien ; 1664 A. que il prom. 



62 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

qu'il me feroient jëuner. 
Plus me grieve trop du parler 
qu'il me tollent que d'autre chose. 

1672 II n'ont prou sens; nulz n'i repose; 
toute nuit bruent a mostier — 
mais ce m'i ait molt grant mestier 
que je sai dormir en estant. 

1676 Per foi, travail i ai molt grant; 
et quels repoz ont il lou jor 
fors solement ou ref roitor ? 
La nos aporte om oez pugnaiz 

1680 et fèves a tout lou jambais. 
Certes, sovent i sui ireiz 
por ceu que li vins est melleiz : 
mal cuer me fait après les oez 

1684 quar trop i ait dou boivre es buez. 
Iqui rait villain convenant; 
se j'en bovoie maintenant 
un mois ne me feroit il ivre. 

1688 Millor morir i fait que vivre ! 
Beneois soit Sainz Augustins ! 
des boins morciaus et des clers vins 
ont sui chanoine a grant plantei ; 

1692 cortoisement sont ordenei — 
ice poroie je soffrir, 
que j'aim muez vivre que morir! 
Al temple fusse, c'est la voire, 

1696 plus volantiers qu'en l'ordre noire 
ne qu'en nul ordre que je voie. 
Mais por rien ne me combatroie ; 
belle ordre ont et bone, sens faille, 

1700 mais ne me siet pas la bataille. 



1670 A. de parler ; B. li parlers ; 167 1 B. lautre ch. ; 1672 A. prou tens ; 
1673 A. braient ou most ; 1675 A. quil mi lest ; 1678 À. en refretour ; 
1679 A. aportent huef pugnais ; 1680 A. gambais ; 1681 A. en suiz iriez ; 
1682 A. moilliez ; 1683 A. me fait mal cuer ; 1684 A. aus ; 1685 A. ici ra 
ml't vilain covent ; 1686 A. qui me donroit vin de covent ; 1687 A. nen 
seroie james yvre ; 1688 A. ml't i fet mieus morir que v. ; 1690 A. bons 
vins; 1691 A. si ch. ; 1692 A. ml't sont gentilment atome ; 1693 A. p. bien 
sof. ; 1695 A. au t. ; 1697 A. nule ordre ; 1699 A. bone, bêle. 



LA BIBLE 63 

Per foi ! bêlement se contienent, 

molt amandent quanque i tiennent. 

Molt sont prodome li templier; 
1704 la se rendent li chevalier 

qui ont lou siècle asavorei 

et molt vëu et molt tastei. 

La ne fait pas borce chescuns, 
1708 a toz est li avoirs communs. 

C'est l'ordre de chevallerie. 

A grant honor sont en Surie ; 

fièrement les doutent li Tur, 
1712 qu'il font d'aus et chasteil et mur ; 

ja en bataille ne furont. 

Per foi ! se me greveroit mont 

s'en lor ordre randus estoie ; 
17 16 tant sai je bien que je furoie, 

ja n'i atendroie les cols. 

De se ne cuit mie estre fols, 

trop se combatent fièrement ; 

1720 ja por pris ne por herdement 
ne serai, se Deu plait, occis — 
muez vuel estre cowars, et vis, 
que mors li plus prisiez dou mont. 

1724 Je sai bien que li templier ont 

ordre belle, bone et certainne, 

mais bataille pas ne m'est sainne. 

Biau se contiennent en l'englise, 
1728 tout vuellent oïr lou servise, 

ja li templier ne perdront ore; 

vallant sont. Se Deus me secorre, 

es ores seroie je bien, 
1732 tôt ceu ne me greveroit rien, 

1701 A. ml't très bien s. c. ; 1702 A. ml't par, quantquil ; 1706 A. 
et ont et veu et taste, B. m. estei ; 1707 A. chascun ; 1708 A. et 
sest touz li avoirs a un; 171 1 A. turs ; 1712 A. ch. et murs; 1714 A. 
ennuierent, B. ml't; 1718 A. de ce ne sui je mie foux, B. et se; 

172 1 A. deus, B. ce deus ; 1726 A. m. la b. nest pas s. ; 1727 A. en église ; 
1728 A. tuit lor servise; 1729 A. ne prendront oeuvre; 1730 A. sequeure ; 
1731 A. as hores iroie ; 1732 B. toz. 



64 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

je n'i fauroie a nulle faille- 
fors qu'a Tore de la bataille. 

La lor faudroie plainement, 
1736 ja ne lor tenroie covant, 

tout lor claim quite celui pris; 

ja n'i serai ne mors ne pris, 

se Deu plait, bien m'en garderai. 
1740 Mais tous [jors] mais les amerai 

qu'en aus se mostre bien raisons; 

molt tiennent nettes lor maisons, 

justice tiennent grant et fiere, 
1744 por c'est lor ordre belle et chiere. 

Mais d'une chose sont criei 

mainte fois et sovent blasmei 

dont il ne sont pas conoissant, 
1748 ne Deus ne heit nul vice tant : 

covoitous sont, se dïent tuit, 

et d'orguel ront il molt grant brui£. 

C'est tous li mais que j'en puex dire, 

1752 lor afaire de plus n'ampire. 
Riche gent sont et bien sennei, 
et chier tenu, et bien amei, 
mais trop sont et crueil et mal. 

1756 Icist dui vices desloaul 

por Deu lor pri que s'en chastïent. 
Bien saichent il, que tuit lou dïent, 
en aus doit estre humiliteiz, 

1760 que Deus les ait molt honoreiz. 
Et li blans manteaus a la croix 
doit fermer lor ventre et lor voix ; 
d'omme qui moinne bone vie 

1764 doit molt bien la voix estre oie; 

1733 A. ja ni feroi nulle f. ; 1736 A. que ja ni t. c. ; 1738 A. ja ni seroie m. ; 
1739 A. dex ; 1740 A. et toz jorz voir ; 1743 A. joustise t. droituriere ; 1744 A. 
lordre pi. b. ; 1745 A. de deux choses; 1748 A. et deus; 1752 A. afaires ; 

1753 A. riche sont et bien maisone ; 1754 A. ml't ame ; 1755 A. cruex ; 
1756 A. icil ; 1758 A. ce sachent; 1760 A. mont h.; 1761 A. et la c. ; 
1762 A. dont ferment lor ovre et 1. v. ; 1763 B. moinnent ; 1764 A. doit 
bien estre 1. v. o., B. sa voix. 



LA BIBLE 65 

bien puet sëurement parler. 

Li templier se doient mireir 

en la croix et ou bel manteil. 
1768 Mostreir lou puex et bien et bel 

que li blans manteaus senefie 

humilitei et droite vie. 

La croix ordone pénitence ; 
1772 et plus vuel dire sens doutance 

que la crois fut ou manteal mise 

davant, por ceu que covoitise 

ne orguels ne s'i doit pas mettre. 
1776 Si con li clers tient ver la lettre 

ses eus por sa leiçon savoir, 

doient regarder et veor 

vers la croix li templier la voie, 
1780 ou Deus les mette, et Deus [les] voiet ! 

Qui bone voie tient s'esploite ; 

or lor doint Deus tenir la droite ! 

Sollement que n'i ait orguel 
1784 ne covoitise, lor bien vuel ; 

et lor vie et lor contenance 

aim je molt, et vuel lor crassance ; 

et lor herdement lor outroi — 
1788 mais il se combatront sens moi ! 
Molt revi les hospiteliers 

outre merr et vallans et chiers, 

molt les vi en Jérusalem 
1792 et de grant pris, et de grant sem ; 

a saint Jehan et l'ospitaul 

vi molt lor avoir communal. 



1766 A. se pueent mirer ; 1767 A. et en 1. c. et ou m. ; 1768 A. lor puis ; 
1770 A. nete vie; 1771 A. et 1. c. ordre et p. ; 1772 A. et bien puis dire; 
1774 A. devant; 1775 A. ne si doie mètre; 1777 A. vooir ; 1778 A. 
esgarder ; 1779 A. li t. vers la cr. la voie, B. voient; 1780 A. ou d. 1. v., 
B. mette; 1781 B. vie; tient et sespl.,+ i ; 1782 B. ce que ces cuers tient 
et covoite ; 1783 A. qu'il naient org. ; 1784 A. ne bon vueil ; 1786 A. et 
lor acroissance ; 1790 A. orgueillous ; A. F. et fiers; 1791 B. ihrl'em ; 
1792 A. sen ; 1793 A. de losp. ; 1794 A. mont. 



66 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Por ceu lor fait on les grans biens, 

1796 por autre chose n'ont il riens, 
riens ne doient avoir por eil, 
mais il devraient estre teil 
con hospitaliteiz demande, 

1800 et comme charitei commande. 

Trop ont lor afaire chaingié, 

qu'hospitalitei n'i voi gié. 

Nei vienent pas selonc raison 
1804 quant ne lor membre de lor non ; 

l'an dit qu'iZ sont hospitelier : 

li nons les devrait esvellier, 

lor nom devraient il sauver. 
1808 Et desai meir et delà meir 

trop ont lor estre bestornei, 

trop ont l'ospitaul obliei. 

S'il no puent faire delà, 
1812 por coi ne lou font il deçai ? 

Que la ou il n'ait charitei 

n'arait ja hospitalitei. 

La n'est pas Deus ; li nons est faus, 
1816 a grant tort ait nom hospitaus; 

si il n'i ait ceu que je di, 

molt i ait bien li nons menti. 
Nou di pas por aus solement, 
1820 mais per tout faut si plainnement 

chariteiz, que je n'en voi point; 

molt est li siècles en mal point. 

Chariteiz ne faut pas, je ment — 
1824 Deus est Chariteiz voirement — 

mais cil faillent a Charitei 

qui ont promis et proposei 

que il a Charitei seront 
1828 et hospitalitei feront, 

1795 A. a en fet le bien ; 1796 A. ni a rien ; Entre 1796 et 1797 A. 
intercale 2 vers : bien ne doient pareil avoir por ce ont richesce et avoir ; 

1797 A. par el ; 1799 B. cuns h.; 1800 A. charitez ; 1801 A. tout 
ont ; 1802 B. que hospitaliteiz ; 1803 A. nil ne vont ; 1807 B. savoir j 
Avant le vers 1808 B. intercale et quil doient faire por voir; 1811 A. 
nel p.; 1814 A. ne verrez h.; 1816 B. hospitaul ; 1818 A. bien 
nos en a li n. m. ; 1820 A. partout f. s. plenierement ; 1821 A. quil nen i 
a point ; 1827 A. en chante. 



LA BIBLE 67 

s'il ne font ceu qu'il ont promis. 

En grant folie se sont mis : 

promis ont hospitalitei, 
1832 et foi, et ordre, et charitei 

selui qui quiert molt [bien] sa daite. 

Molt est fous qui trop s'i endette 

ne qui guiller lou cuide a loig, 
1836 qu'il ait tout enclos en son poig. 

Bien conoist guilles et abes 

sil qui si vuet avoir ses dais: 

lui ne puet on mie guiller, 
1840 ne engignier, ne abeter ; 

tout conoist, tout seit, et tout voit, 

et tout vodrait jugier a droit. 

Le Droit devons nos bien douter 
1844 quant per lui nos covient aler : 

per lou Droit chescuns s'en irait 

au grant jugement qui serait, 

mais sil seront laidement mort 
1848 ou li Drois troverait lou tort. 
Des prodomes est il asseiz 

en l'ospitaul, c'est veriteiz, 

n'il ne lor doit mie desplaire 
1852 se je di ce que doieni faire. 

Trestoutes les ordres qui sont 

hospitaliteiz promis ont, 

tuit la doient ensi con il ; 
1856 tesmoig aroie plus de mil 

que je di de ceu veritei. 

Ordre fut faite en charitei, 

de charitei doit estre plainne. 
1860 Uns moinnes puet soffrir grant painne, 

trop puet lire, trop puet chanter 

et travillier et jëuner, 

1833 B.-i; 1835 A. au 1. ; 1837 B. g. et baras ; 1838 A. velt 
si avoir ses dez, B. se vuet; 1839 A. p. il mie; 1840 B. habiter; 1841 A. 
il quenoist tôt et set et voit; 1842 A. il v. tout j. a; 1843 A. ml't amer, 
B. les drois ; 1846 A. droit j. ; 1847-48 A. manquent ; 1849 A. a il ; 
1852 A. quil doivent ; 1855 A. et la d. ; 1856 A. tesmoing. 



68 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

mais [se] n'ait charitei en soi, 
1864 molt li vaut po, si con je croi. 

Ausi est comme maison vude, 

ou l'yrangne fille et deswude 

mais tost ront quanqu'ele ait fillei. 
1868 De l'orne ou il n'ait charitei 

di je ce est vude maisons, 

que Deus n'est en lui ne raisons. 

En maison vude bruit bien vens, 
1872 ausi bruit il en mainte gens; 

l'orne vos tieg je bien a vut 

ou il n'ait rien mais que lou brut. 

Por bruire ne por gëuner 
1876 ne puet on bien s'ame sauver 

se foi et charité n'i a. 

Nostre Sires bien le mostra 

celui qui tant ot gëuné 
1880 et en la roche demoré, 

qui, por ceu qu'il vit d'un lairon 

que por un bienfait ot pardon, 

se mescruit et désespérait : 
1884 ansi se pert cil qui foi n'ait. 

Deus n'aimmet pas folle estinance 

ne ypocritaZ penitance. 

Molt se travaillet de folle oevre 
1888 qui de pocresie se cuevre : 

en grant besoig gaire ne valt. 

Costume qui tost ront et faut 

ausi legierement s'en vait 
1892 con l'uevre que l'araigne fait. 
Si con li ors sor tous metaus 

est plus chiers, fu li hospitaus 

1863 A. sil n. ; 1865 A. ainsinc ; 1866 B. une yrangne, A. iregne ; 
1867 B. tout ront ; 1869 A. vos di que cest ; 1872 A. ainsi ; 1874 A. fors 
que ; 1875-1880 B. que si nait charitei en soi ; ml't li valt po si con je croi ; 
nostre sires deus bien lor touche : dun hermite quen une roche : ot plus 
de-c-ans demorei : et jeunei et deu orei ; 1881 B. et por, om. d' ; 
1884 B. et ansi ne puet q. f. n. ; 1885 A. abstinence ; 1886 A. ypocrite 
contenance ; 1887 A. de povre huevre ; 1888 A. dypocrisie ; 1889 A. gueres ; 
1890 A. sest uevre ; 1891 A. ainsinc. 



LA BIBLE 69 

dou mont la plus chiere maison : 
1896 chiers fu li lieus, chiers fu li nons 

tant con chariteiz lor durait. 

Molt sont riche bien lor estait. 

Li hospitaus fu bien assis, 
1900 por c'i a tant li siècles mis; 

bien fut assis et devisez, 

por ceu fut ja molt honoreiz, 

mais ce que fut n'est ore mie. 
1904 Molt tost se despiece et esmie 

la foble evre qui luit defors, 

sor lou covre est biaus li ors 

mais tost faut celle doràure. 
1908 Oevre [de foi] longuement dure ; 

li covres pert quant il descuevre ; 

tous [jors] dovroit dureir belle oevre. 

L'ospitaul vi je ja dorei 
191 2 et de belle oevre enluminei ; 

(mont se prove malvesement 

qui de bone huevre se repent) 

traverse malement et tume, 
191 6 que se part de bone costume. 

Riche gent sont hospitelier; 

s'il mantenissent lor mestier 

a coi il furent establi 
1920 nulle millor ordre ne vi : 

forment preoicheui, forment quierent, 

molt porchessent, et molt conquièrent, 

confraires ont et grans rentes. 
1924 Toutes devraient lor ententes 

torneir en hospitalitei 

et en veraie charitei. 



1898 B. m. fu riches ; 1899-1900 B. manquent ; 1900 A. por ia tant ; 1906 A. 
luist bien li ors; 1908 B.— 2; 1909 A. li cuivers p. com ; 1913-14 B. man- 
quent ; 1915 A. trop verse ; 1916 A. qui ; 1917 A. r. sont li h. ; 192 1 A. form. 
amassent et conquièrent ; 1922 A. forment porchacent forment quierent ; 
1924 A. bien i devroient. 



70 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Molt fu soutiz et soduans 
1928 Durans Chapuis et boins truans, 

qui les blans chaperons trova 

et les sëauz as gens dona. 

Donait? Non fist; il les vendoit; 
1932 maistrement la gent decevoit ; 

il [en] conquist or et argent. 

Molt per savoit guiller la gent, 

il en guillait teiz deus cens mille. 
1936 Puiz ont trovee mainte guille 

li truant qui conver se font 

de Saint Antoine, mais il sont 

tuit li plus maistre guilleor 

1940 c'onques veïssiez et peor. 

En la vile, lonc dou mostier, 

ont fait por la gent engignier 

un hospitaul plain de contrais. 
1944 Ainz teiz baras ne fut mais fais; 

il n'i ont ne clerc ne provoire, 

si font a la simple gent croire 

ce donc je sai qu'il sont truant. 
1948 Mais il donent de l'argent tant 

al signor en cui terre il sont 

qu'a Saint Antoinne sougit font. 

Bien est lor baras conëuz, 
1952 et bien apertement vëuz. 

Saint Antoinne guerroient il, 

estraigement lou tiennent vil ; 

de rien ne lou doivent servir, 
1956 ne honorer, ne obeïr. 

Ja en s'uevre ne en s'englise 

nen iert une meaille mise 

1927 A. cortois et bons truanz, B. soduais ; 1928 A. chupuis et 
soduianz, B. chapans ; 1930 A. et les seignauz au piz. d., F. signaux 
au Pui donna; 1931 A. ainz les v. ; 1932 A. ml't en conq, B. — 1; 
1934 A. sot bien g. ; 1935 A. bien iic, F. plus de cent m. ; 
1936 A. trovee mainte autre g. ; 1940 A. qui onques fussent sanz paor ; 

1941 A. loing d. m. ; 1943 B. plains ; 1946 A. il font a la foie g. ; 
1947 ; A. ce dont il sont molves truant ; 1948 A. de lavoir ; 1950 A. sont, 
B. que-s-antoinne grant tort font ; 1952 A. li baraz, B. per tout ap. ; 
1956 A. aorer ; 1957 A. il en huevre ne en église ; 1958 A. ne niert. 



LA BIBLE 

de tout l'avoir que il conquièrent. 
i960 Per tout porchascen/, per tout quierenf : 

il n'est citeiz, il n'est chastials 

ou l'on ne voie lor porceals 

d'Escosse jusc'a Antioche ; 
1964 et si porte chescuns sa cloche 

pandue au col de son chival. 

Il ait bien en lor hospitaul 

teis quinze convers gros et grais : 
1968 n'i ait selui n'ait deus cens mairs; 

iteil i ait qui en ait mil. 

De trop cointe barat sont il ; 

chescuns ait sa femme ou s'amie; 
1972 mervelle moinnenf riche vie : 

tous en vait per goule ou per ventre 

l'avoir qui en teil maison entre. 
Moinnes retrais, nonnains retraites 
1976 ont trop, et contrais et contraites. 

Li contrais vait a la contraite, 

et li retrais a la retraite — 

des contrais fust boins li baras 
1980 se il feïssent contraitas, 

que des enfans font il asseiz : 

tous li pais en est publeiz. 

Molt sont gros et grais li contrait, 
1984 qu'a Saint Antoine nus ne vait 

qui ne lor done largement. 

Onques nul hospitaul truant 

ne veïstes si plain de gui lie. 
1988 Li contrait prestent en la vile, 

si oi dire, molt lor deniers : 

ne sat quans contrais usuriez 



i960 A. preeschent ; 1961 A. ni vile ne chastiaus ; 1964 A. et puis p. ; 
A. xv tieus ; 1968 A. vc.mars ; 1969 A. et tel i a. ; 1972 A. ml't par 
demainnent noble vie ; 1973 A. touz en va ; et p. v. 1974 A. li avoirs 
qua-s-antoine entre ; 1979 A. fust biaus ; 1980 A. sil f. contrairaz ; 1981 A. 
ont il ; 1983 A. graz et groz ; 1985 A. doingne ; 1986 B. nuls hospitaus 
truans; 1989 A. ce oi dire; B. ml't bien 1. d.,+ z. 



72 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

i ait il, se n'est pas monçonge ; 
1992 je lou tig a fable et a songe 

quant on lou me conta premiers. 

Les contrais tiennent il molt chiers, 

por coi ? que c'est lor truandise ; 
1996 il les envoient querre a Pize. 

Quant om ait un villain deffait, 

por guerre, ou por autre menait, 

en la maison est bien venus 
2000 et a grant joie recëus, 

(avant jarcir l'estuet et poindre 

icelui, et d'oignement oindre 

por rogir et por raangler,) 
2004 et leans lo font sejorneir; 

et quant li reangles s'en part 

sachiez c'autre feus ne les art. 

Qui croit que lai sont les vertuz 
2008 molt est malement decëuz, 

ainz sont la ou li sains cors est. 

Molt bien puet on conoistre a taist 

si l'oille fust bien cuite ou faite : 
2012 il ont tant la guille avant traite 

que lor fauceté se descuevre. 

Molt sevent bien toute lor evre 

et li clergiet et li evesque, 
2016 et meismes li archevesque, 

mais il ne font nulle justice, 

ains partent a la truandise : 

onques mais guille si aperte 

2020 ne fu si longement souferte. 

Molt vont bien [lou] siècle guillant 
per tout lou mont a lor talent. 

1992 A. jou tenoie ; 1996 A. en p. ; 1997 A. con lens a ces chaitis 
deffaiz ; 1998 A. par g., par autre méfiez ; 1999 A. sont b. venu; 
2000 A. receu ; 2001 A. avant les font laver et poindre, B. loustuet ; 
2002 A. de coutiax et d- ; 2003 A. roigir, raancler ; 2004 A. leanz 
les font tant sej., B. la font; 2005 A. que li raancles sen départ; 
2909 A. cors seinz ; 2010 A. m. puet en b. c. en test; 201 1 A. se luevre 
est cointe et bien faite; 2012 A. lor guile sest tant av. t.; 2013 A. la 
fausetez ; 2014 A. m. en sevent bien toute l'uevre; 2015 A. jostise ; 

2021 B. — 1. 



LA BIBLE 73 

Que font il or en Alemainne ? 
2024 Que conquièrent il en Espainne ? 

Bien ont lou pueble afoleti ; 

trop sont conquérant et hardi. 

Es boins truans bien enparleiz 
2028 acenssent [il] les evesqués. 

Et sil vont per tout preoichant 

et lor campenelle sonant. 

Molt preochent a haute voix, 
2032 et puez portent checes et croix, 

n'il n'ont mostier, n'il n'ont chapelle — 

iceste guille est bien nouvelle ! 

Et ces folles gens abaïes 
2036 se mettent en lor confraines ! 

Il n'ait bon oraour en foire, 

n'en bone vile, c'est la voire, 

ou lor borce ne soit pandue : 
2040 ains teil guille ne fut vëue. 

En vendange quierent lou vin ; 

or ne voit on for ne mollin 

ou ne pende un de lor sachas — 
2044 ice est mervillous abas ! 

En mainte guise font deniers; 

il enlosangent les pevriers : 

chescuns done livre de poivre; 
2048 molt seivent bien la gent desoivre. 

Les femmes ont trovees simples : 

toelles, et aneals, et guinples, 

fermaus, et cintures ferrées, 
2052 fromages, et jambes salées 

en traient, avuec la monoie. 

Plus conquièrent, se Deus me voie, 



2025 A. le siècle; 2027 A. as truanz as bien enp. 2028 B. — j; 
2029 A. icil v. ; 2030 A. campeneles ; 2032 A. et portent et ch. et cr. ; 
2033 A. il nont église ne ch. ; 2034 A. trop est la lor g. n. ; 2035 A, 
esbahies ; 2037 A. ovreor ; 2038 A. B. ne b. ; 2041 A. vendenges ; 2042 A. 
on ne voit en for nen m. ; 2043 B. pendet, sachat ; 2044 A. icest uns m. 
abez, B. abat ; 2045 A. il les vendent sen font deniers ; 2046 B. muniers ; 
2053 A. empres la m. 



74 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

que toutes les ordres qui sont : 
2056 trois mille mars d'argent vadront 

en ceste année li porceil. 

D'ordre lor estait bien et bel : 

molt mainjuent et molt despendent, 
2060 [et] molt achatent et revendent ; 

il sont mercheant et coson ; 

et s'uns d' aus fait une maison 

il la lait bien a son enfant, 
2064 et son autre conquerrement. 

Il marient molt bien lor filles. 

Il ne prisent mie deus billes 

Saint Antoinne, ne son pooir. 
2068 Trop conquièrent, trop ont avoir, 

trop sovent desoivent la gent. 

Mais je lo c'on pregne l'argent 

des porceaus et des confrairies, 
2072 et soit commandé en parties 

es prodomes et es loaus; 

que les deniers et les porceaus 

ait l'on Saint Antoinne promis; 
2076 a l'uevre dou mostier soit mis 

li argens c'on i fait belle oevre. 
Truandise, quant se descuevre, 

doit on haïr et mesprisier. 
2080 Saint Antoinne doit on prisier, 

et bien servir et bien requerre : 

aidier puet en ciel et en terre. 

A Saint Antoine, a son mostier, 
2084 la le doit l'en aler proiier; 

la est ses cors, la est s'englise, 

et la fait on lou biau servise, 

2055 A. que celés autres genz ne font ; 2056 A. vm.mars ; 2057 A. lor p. ; 
2059 A. et m. revendent; 2060 A. et despendent, B. — 1 ; 2061 A. ml't sont 
m. et cocon ; 2062 A. sont dans, B. mot illisible après uns ; 2063 A. il lesse 
bien, B. il les lait, ses enfans ; 2064 A. et a son autre conquérant ; 2069 A. 
manque ; 2070 A. mesige B. pregnent ; 2072 B. et sen commandet on 
partie; 2073 A as P-» as !• J 2074 A. qui 1.; 2075 A. ont a.s-a p.; 
2076 A. en luevre ; 2077 B. on il f. ; 2078 A. qui se desc. ; 2081-84 B. 
manquent; 2083 A. mestier ; 2085 B. ait s. c. ; 2086 B. font on. 



LA BIBLE 75 

mais cist truant ont trop guillei, 
2088 trop sont de lor barat privei. 

Certes, porvrement se revenge 

Sains Antoinnes quant ne s'en vange. 
Des converses et des nonnains 
2092 ne sui je mie trop certains 

que j'en saiche dire vertei. 

Li plus saige sont esgarei 

de feme jugier et reprendre, 
2096 por ce dout je molt a enprendre 

de dire lor vie et lor estre. 

Onques femme n'ot, ce cuit, mestre; 

nuls ne la poroit maistroïer; 
2100 sil qui muez la cuide gaitier 

il pert lou sens et la vëue, 

que il meïsmes l'ait tolue 

ou il la cude bien tenir. 
2104 Nuls ne pot onques aemplir 

voloir de femme. C'est folie 

de serchier lor estre et lor vie 

quant li saige n'i voient goûte. 
2108 Femme ne crient, femme ne doute ; 

femme ne fut onques vencue, 

ne apertement conëue : 

quant li oeul plorerct li cuer rit, 
21 12 pou pense a ce que ele dit. 

[Ains nulle ne sot duel avoir. 

Molt lor pert bien de lor savoir. 

Quant que elle a set ans amé 
21 16 ait elle en un jor oblïei. 

Femme est lou jor de sant talens, 

plus est legiere que n'est vens], 

molt muet sovent son coraige. 
2120 Tost ait decëu lou plus saige ; 

2087 A. cil tr. ; 2090 A. quil ne sen v. ; 2092 A. ne cuit je pos estre c. ; 
2096 A. mont, B. doi je m. et enp. ; 2098 A. ce cuit not m. ; 2099 A. 
devroit m. ; 2100 A. aguetier ; 2102 A. il meismes li a tolue, B. et quil 
perdue; 2103 A. cil cuide bien tenir, — 2; 2104 A. nuns ; acomplir ; 
21 11 A. cuers ; 21 12 A. quele me dit; 21 13-2 118 A. manquent; 2 114 B. 
lor savoir; 2115 B. quant quelle ait en.vii.ans ame. 



76 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

[car lou vie fait elle suer, 
et lou jone sens froit trambler, 
et lou cowart fait elle herdi. 

2124 II est ensi con je vos di : 

cil qui muez s'en cuide garder, 
nuls ne l'en poroit desevrer, 
pues qu'elle lou vorroit tenir, 

2128 c'a merci nou face venir]. 

Quant moi membre de Salemont, 
de Costantin et de Sanson, 
cui femmes engegnairent si, 

2132 molt me truis d'elles abahi. 
Je saroie ançois dou soloil 
tout l'estre, dont molt me mervoil, 
et lou covine de la lune, 

2136 que j'en pëusse conoistre une. 
On aprent bien estrenormie, 
nigromance, et géométrie, 
et ars de lois et de fisique, 

2140 et divinitei, et musique, 

mais de femme n'i ait parolle ; 
je n'en vi onques nulle escolle 
dont li maistre ne fussent fol. 

2144 Se je longuement en paroi 
je reserai por fols tenus, 
mais, quant je m'i sui enbatus, 
dire m'estuet ce que j'en sai, 

2148 si que tout en sui en esmai. 

Qui fist nonnain, qui fist converse 
molt fist ordre fiere et enverse. 
Comment tient nette sa maison 

2152 femme sens loaul conpagnon ? 
Quant on la tient et on la garde 
n'est elle mie si cowarde, 



2121-28 A. manquent; 2125 B. oil qui maus ; 2126 B. neisen ; 
2129 A. Salemon, B. semble de; 2132 A. esbahi ; 2137 A. ice aprent 
astr. ; 2140 A. divinitez ; 2141 A. oi parole; 2144 A. emparol ; 2146 A. 
m. puis que mi, B. me suis ; 2148 A. se je touz ; 2152 A. son loial. 



LA BIBLE 77 

ne por paor ne por manasse, 
2156 que elle teil tresgit ne face 

que nuls ne s'en apenseroit. 

Ja fait li colons ce qu'il doit 

quant il ait son ni ou mostier; 
2160 ne se sot mie bien gaitier 

qui femme cuida ordeneir, 

ne bien tenir ne bien gardeir. 

Une costume, sens raison, 
2164 ont les nonnains et li colon : 

ne tiennent pas lor maison nette ; 

teius est lor costume et lor dette. 

En leu qu'on netement ne tient, 
2168 ou om ne dotte Deu ne crient, 

la comment puet avoir église ? 

Deus ! que de gent en iteil guise 

se perdent, et lor cors destruent ! 
2172 Assez chantent et asseiz bruent 

nonains, et de jor et de nuit; 

el travail n'ait gaire de fruit : 

sens fruit est oevre ou il n'ait foi. 
2176 Li faus fruis, ensi con je croi, 

ne valt rien, que Deu n'i entent; 

bone poire se prise et vent. 
De cuer de foi, c'est veriteiz, 
2180 fut fais li tenples et fundeiz : 

li boin cuer, se sont li mostier ; 

mais Deus rait molt un net leu chier 

qui en son non est honoreiz, 
2184 et por lui netement gardeiz. 

Mais ou lieu ne seit pas l'église, 

ains est et fondée et assise 



2155 A. que por p. ; 2157 A. que ja nus hom ni penseroit ; 2158 B. 
li colons la f. ; 2160 B. ne se seit mie ; 2161-2 A. manquent ; 2161 B. cuidet ; 
2166 A. la c, la d. 2168 B. ne om ; 2169 A. las; 2170 A. las; 
2173 A. sil na foi ou chant et el bruit; 2174 A. ou tr. ; 2175 A. est ore ; 
2176 A. se il na charité en soi, B. li faus bruis; 2177 A. quant d. ; 
2178 A. B. labone, A. huevre; 2179 A. de cuer et de corz cest vertez ; 
2182 A. deus ra bien le leu net chier; 2183 A. en son leu; 2186 A. mais 
sele est f . 



78 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

ens es cuers de la bone gent. 
2188 Bone costume bon droit rent; 

des boins sont li boin droit rendu, 

et li leu netement tenu. 

Je n'aim pas ou mostier la plume 
2192 dou colon, por l'orde costume, 

ne point de femme reonniée, 

se la costume n'est changiée 

dont l'airme est en si grant doutance. 
2196 Car de malvaise acostumance 

rent on lou det, qui pas n'aquite 

ainz encombre. N'est pas madite 

dette qui n'aquite, ains encombre, 
2200 ne nuls for Deu n'en seit lou nombre? 

Por coi ? que c'est dete qui troble : 

quant on la rent et croist et doble ; 

c'est bien dette desconëue 
2204 qui double quant on l'ait randue. 

Bien doient avoir grant paor 

de tel dete li randeor; 

et molt est folle la costume 

2208 qui art, et esprent, et eslume 
quant on la dete paie et rent, 
et lou detor tient si et prent 

qu'il est mors se Deu ne l'en trait. 
2212 Nen est mie bien fors de plait 

femme qui en teil dette chiet, 

mais je dout molt qu'il ne lor griet 

se je m'en vois per la vertei. 
2216 Asseiz lor ai dit et mostrei. 

Se j'ai blasmei lou fol usaige, 

les bones n'i ont nul damaige. 

2187 A. ou bon cuer ; 2192 A. de colomp ; 2193 A. ne poil de f. 
rooingnie ; 2194 A. changie ; 2196 A. por la m. a. ; 2197 A. le droit qui en 
aquite ; 2198 A. bien est maudite ; 2199 A. que de ce que rendent encombre ; 
2200 A. nus forz nombriers nen set ; B. ne seit ; 2201 A. por ce que cest 
rente q. t., B. por coi ceste dete q. t. ; 2202 A. B. on la tient, A. et ele 
double ; 2203 A. descovenue ; 2206 B. de tel rendent li r. ; 2208 A. alume ; 

2209 B. lou randeor tient si et pr. ; 2210 A. rent si esprent, B. et lou 
detor si esprent, — 7 ; 22 11 A. qui est m. ; 2212 A. ne rest mie tôt hors de 
pi. ; 2213 B. droit, -7 ; 2214 A. que trop ne li gr. ; 2217 B. lor faus us. ; 
2218 A. li homme. 



LA BIBLE 79 

Je sai bien que la bone vaut : 
2220 en celi nulle rien ne faut. 

La bone, c'est une merveille, 

nuz trésors ne s'i aparoille. 

Puez qu'ele en Saint Eglise met 
2224 lou cuer fin et loaul et net 

et elle tient sa maison nete, 

dont rent elle Deu iteil dette 

con li rendit la Magdaleinne. 
2228 Se fut dette fine et certeinne ; 

selle dette fut bien randue, 

et veraiement conëue : 

se fut li boins repentemens. 
2232 Li termes ne fut mie lens, 

que elle en ot isnel mérite, 

que de toz ces péchiez fu quite. 

Qu'elle de ci boin cuer plorait 
2236 que Damedeus li perdonait : 

bone fu l'uevre et bons li termes, 

molt vindrent de boin leu les lermes. 

Sa paor et sa repentance 
2240 nos ont donei grant espérance ; 

sa repentance et sa paors 

doit conforter les pecheors. 
De bones i ot il asseiz 
2244 dont Deus fu servis et ameiz : 

molt fut vallans l'Agicïenne, 

et Sainte Fois, et Sainte Elainne, 

(et la veraie Katherine, 
2248 Sainte Agathe et Seinte Crespine). 

Les bones ne puet on prisier ; 

Deus n'ot onques avoir tant chier, 



2220 



A. celui; 2221 A. est oultre amerveille ; 2224 



44*v> n.. iciui ; 2221 i\. esi ouure amerveme ; 2224. t\. e 
et c. ; 2230 A. voirement requeneue ; 2232 A. fu pas trop lenz ; 2234 B 
saquite ; 2235-6 A. intervertis ; 2236 A. (35) dieus erraument li perdona 
2237 A. lore fu bone; 2238 B — 1 ; 2240 A. nos doit doner ; 2242 A 
doivent c. p. ; 2243 A. des b. ; 2245 A. legiptienne ; 2247-8 B. manquent 
2249 A. pueent pr. 



8o LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

ne riens qui fut en tout lou monde, 
2252 con il ot la vierge et la monde 

ou il lou sanc et la char prist, 

dont il les faus Ebrieus desdist 

et aemplist les prophecies 
2256 qui de lui furent replanies. 

Et de celé virge pucelle 

nos vint la grant joie novelle 

qui tous jors novelle serait, 

2260 dont il des poinnes délivrait 
les grans lignies d'Abraham. 
Del pechié nostre peire Adam 
furent tuit dampnei sens merci, 

2264 mais Deus traist la pitiet de li 

et la force et la veritei 

dont il furent resucitei. 

Por li doit on plus honorer 
2268 totes les bones et ameir : 

molt doit [on] amer les meillors 

et bien repanre les peors. 
Sor les devins, sanz deviner, 
2272 voldrai adroitement parler. 

Mais la gent ne sevent pas tuit 

que devins est, si con je cuit : 

li devin, ise sont li mestre 
2276 de cel art qui fait lou sens nestre 

et l'entendue soverainne 

ou est divinitei certainne. 

Qui en cel art entent et oevre 
2280 sachois nostres sires li oevre 

grant partie de ses secreiz. 

C'est li ars sor toz honoreiz, 

2251 A. de rien quil ait ; 2252 A. il a, le monde ; 2253 A. la char 
et le sanc; 2254 B. et il les faus arbres desd. ; 2255 A. acompli, B. — / ; 
2256 B. aemplies ; 2258 A. celé joie nov. ; 2260 A. de vielle painne d. ; 

2261 A. la grant lignie ; 2263 A. quil fussent dampne s. m. ; 
2266 A. délivre; 2268 B. toz; 2269 B. — 1; 2270 A. ml't repenre ; 
2273-4 B. intervertis ; 2273 A. les genz ; 2274 A. qui est devins ; 2275 A. 
icil devin ce ont ; 2276 A. dont cil ars q. ; 2278 B. cest la d. ; 2279 A. qui 
en celé ent. et huevre ; 2280 A. nostre sire ; 2281 B. granz ; 2282 A. de toz 
hon. 



LA BIBLE 81 

[ce] est veraie lettraure, 
2284 c'est la coronee escriture 

dont conoissenf joie sens fin 

sil cui nos appelons devin. 

C'est li ars qui l'orne corone; 
2288 qui sa vie et son cuer li done 

son tens ne puet mal enploïer. 

Teil art fait lengue desploïer, 

et lou sens et la foi doubleir : 
2292 sil puet saurement parleir 

qui en teil art despent sa vie 

nettement, sens ypocrisie. 
Teil soloient li devin estre 
2296 que li boin clerc et [li] boin mestre 

lisoient por Deu purement, 

et en verai entendement 

tenoient escolles loaus. 
2300 Or les vos ont si desloaus 

que ne béent mais qu'a l'avoir, 

et comment il puissent avoir 

ou rentes ou richesces granz. 
2304 Isil perdent molt bien lor anz 

et lor grans travals, et lor tans 

ont il perdu, si con je pans. 

Sil devin de ce qu'il ne font 
2308 nos parollent si en parfont 

chascun semble Dyogenés, 

Aristotes et Socratés. 

Bien ont lor lengues agusies, 
2312 qu'il ont les parolles pusies 

es escris de la veritei. 

De ceu ne sont il pas blasmei ; 

2283 A. ce est la vr. 1., B. — 7; 2284 A. qui la c. ; 2285 A. ou 
quenoissent ; 2287 A. lame ; 2288 A. i done ; 2289 A. mieus emp. ; 2290 A. 
cil ars ; 2293 A. cel art ; 2294 A. ni remaint s. yp. ; 2296 A. et li b. ; 
2297-8 B. manquent ; 2298 A. vraie ; 2299 A. trovoient, B. escolle loaul ; 
2300 A. voit on si, B. sil desloaul ; 2301 A. fors qua ; 2302 A. comment 
il le p. 2303 A. ou croces ; 2304 A. icil, tanz, B. et sil ; 2305 A. et 1. 
travail et 1. porpans ; 2307 B. nos font; 2310 A. ou aristote ou d. ; 
2317 A. aguisiees ; 2312 A. puisiees. 



82 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

s'il nos mostrent la droite voie 
2316 je ne di pas c'on ne les croie. 

Il parollent et bien et beal ; 

il contrefont lou bureteal, 

selon l'escriture devine, 
2320 qui gitet la blanche farine 

fors de li, et retient lou bram. 

Des lou tens nostre peire Adam 

ne furent amonesteor 
2324 ne si faul, ne si tricheor. 

Ypocrite est et traïsons. 

Certes, en ces religions 

ait molt d'ipocrites abbeis. 
2328 C'est uns vices desespereis. 

Il en ait molt en l'ordre noire, 

et en la blanche, c'est la voire. 

Et li evesque, et li legait, 
2332 isil sevent tout lou barat. 

Molt parollent parfondement 

des decreiz et dou testament. 

Il font ausi con les coutieres 
2336 qui dégoûtent per les cherrieres : 

les ruées lèvent et natoient, 

c'est veriteiz, et tuit lou voient. 

Que la chenal ressoit [la] plue 
2340 et l'augue gite fors et rue ; 

elle se gaste et se porrist, 

et les cortis moille et norrist. 

Certes, li preocheires faus 
2344 est ausi comme la chenaus, 

qu'il se destruit et il se gaiste 

et les autres preoiche et aiste 



2315 A. se il most ; 2318 A. resemblent I. b. ; 2321 A. de lui, 
bren ; 2324 A. faus ; 2325 A. Ypocrisie et tr. ; 2327 A. mont ; 2329 B. il en 
an ait, + 1 ; 2332 A. trop de b. ; 2333 B. parfondemenz ; 2334 B. des 
testamenz ; 2335 A. autel, goutieres ; 2338 A. ce set en bien ; 2339 A. 
cheneus retient, B. — 1 ; 2340 A. eve ; 2341 A. gaste et por ; 2342 A. 
mont bien nor. ; 2344 A. autez ; li chenaus ; 2345 A. qui.... qui, B. que se ;. 
2346 A. et les autrui proesces haste, B. proichet. 



LA BIBLE 83. 

de ceu dont il n'ait nul talant. 
2348 Lou bien desploie, et lou mal prant ; 

n'ait mie bone conoissance 

quant il de la bone semance 

qu'i/ nos espant point ne retient : 
2352 de lui gaires ne li sovient. 

Tant per sont de visces chargié 

qu'il ne doutet lait ne pechié ; 

chescun jor vodroient Deu vendre, 
2356 et les autres jugent a pandre. 

Per Dieu ! sil devin qui devinent, 

qui lor oevre follement finent, 

por preochier et por parler 
2360 ont fait tout lou siècle enverser, 

trop per est lor guille embrasée 

et de covoitise alumée. 

Or siglent il a plainne voille ; 
2364 mais il contrefont la chandoille, 

qui se gaiste quant elle alume. 

Entre lou marteil et l'anclume 

sont sil devin, qui bien nos dïent 
2368 et os destruent et occïent. 

Il sont comble d'ipocrisie, 

et d'orguel, et de simonie, 

et d'autres visces encombrei, 
2372 et sens foi et sens loautei. 

Molt sont malement decëu, 

et bien ont lor travail perdu 

et lor biaus mos et lor biaus dis 
2376 que il recordet es escris. 

Quant la chandoile est alumée, 

tant luit, tant s'art, qu'elle est usée; 



2350 B. sentance ; 2351 B. espoint ; 2352 B. meismes ne,+ i; 
2354 A. tort ne pechie ; 2357 A. por d. ; B. devienent ; 2358 A. laidement 
f. ; 2360 A. lor voi toz le siècle amuser ; 2363 A. siglent a la p. ; 2365 A. q. 
en alalume ; 2367 A. le bien d. ; 2368 A. euls d. ; 2371 B. encombreiz ; 
2372 A. s. charité, B. foiz, loauteiz ; 2374 A. ml't ont ; 2375 A. les, les. ; 
2378 A. tant art tant luist quele est gastee. 



84 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

toute s'art que point n'en remaint; 
2380 molt flaire mal quant elle estaint. 

C'est semblance des ypocrites : 

quant il ont les parolles dites 

qui bones sont, il n'i ont preu — 
2384 bien les a noeiz au droit neu 

sil qui les tient et qui les boute. 

Ypocresie rien ne doute ; 

quant tout lou bien ont desploïé 
2388 en aus retiennent lou pechié, 

qui molt lor porait en la fin ; 

se seivent tuit li boin devin. 

Li exemple bien lor repreuve 
2392 de la chandoile ; bien lor prueve 

en coi lor oevre doit fineir. 

En la fin se doit on mireir. 

S'il ont les langues bien parlans 
2396 et les oevres re-sont puans 

per foi ! l'uevre se jugera, 

ja la lengue riens n'i vadra : 

l'uevre porte son jugement, 
2400 se savons nos certainnement. 

Lou plus certain de mes chapitres 

covient gésir sor les legitres 

qui devienent faus plaidoor 
2404 et de bone oevre tricheor, 

et les poins faus traient des boins. 

Je sai bien s'uns rois ou s'uns coens 

savoit des lois et des decreiz 
2408 il en seroit plus honoreiz. 

La sont li point, et li bia dit, 

et li biau mot, et li escrit 



2379 A. tant sart ; i rem. ; 2380 B. flairent ; 2384 B. b. 1. aveiz endroit 
veu ; 2389 A. purra ; 2390 A. sevent bien; 2391 A. cil essamples ; 
2392 A. et puis lor prove ; 2394 A. se doivent mirer ; 2396 A. les langues ; 
2398 A. lores s. j. ; 2399 A. aporte ; 2400 A. ce sachiez bien apertement ; 
2402 A. torner; 2406 B. et sai, A. se uns rois ou c. ; 2408 A. ml't h. ; 
2409 A. la sont li dit. 



LA BIBLE 85 

don l'on doit pueble governeir 
2412 et droiture et raison gardeir. 

Tieus mestiers avient bien a prince ; 

cil natoie, lève et rince 

lou boin vaxeaul, et molt l'amande. 
2416 Mais ja nus hom qui soit n'entende 

a malvais vaxeau faire net — 

fous est qui son travail i met. 

Li malvais vaxeaux tost enpirewi 
2420 quan c'on i met, ici se mirent 

tuit sil qui folle gent anmusent 

es bones escoles, et usent 

lor tens por tricherie aprendre. 
2424 Legierement puet on entendre 

lor poins, lor dis et lor mos faus. 

De ceu dont on doit estre saus 

se perdent tout apertement — - 
2428 sil reportent lor jugement. 

Cist chapitres fut faiz sens glose, 

mais il ferait une fort glose 

es lengues fauses deslïées, 
2432 qui devraient estre liées 

de ceu que j'oi dire es decreiz. 

Ses teig je por désespérez, 

qu'iZ n'ont et paor et vergoigne. 
2436 Si sovent vont il a Boloigne 

es lois por les cors maintenir — 

plus les en voi janglans venir 

que estornels n'est en geolle. 
2440 Toute lor guile et lor parolle 

241 1 A. en doit, coroner ; 2414 A. cil netoie laigue et raince, B. cil 
n. lame et r., Turin, levé et r. ; 2416 A. natende ; 2418 A. avoir i. m. ; 
2419 A. tôt empirent; 2421 A. qui foloient et musent; 2424 B. bien 
entendre ; 2425 A. lor d. lor m. et lor p. f. ; 2426 B. om. on, loaus ; 
2428 A. cil respitent lor j. ; 2429 A. s. lose ; 2430 B. chose ; 2431 A. au 1., 
B. desloaus ; 2432 A. deussent, B. loaus ; 2433 B. de ceu quil nat ordre 
en decreiz ; 2434 A. ceus tieng ; 2436 A. cil seignor ; 2437 A. as lois, 
B. es lais ; 2438 A. jenglos ; 2439 A. que nest est en jaiole ; 2440 A. toute 
lor huevre tieng a foie. 



86 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

vers la tricherie se trait. 

Il prennent bien de deus pars plait — 

ce n'est pas loiz, ainz est desloiz; 
2444 ce ne truevent il pas es lois. 

On trait de la mine l'argent, 

don l'on fait maint biau vassal gent 

et mainte oevre et belle et chiere, 
2448 et lou verre de la fouchiere, 

dont on refait maint biau vassal 

qui sont et cleir et net et bial, 

et des hauz livres honoreiz 
2452 c'on apelle lois et decreiz 

nos traient engig et barat ! 

Deus ! con il sont destroit et mat 

as cors, ou il n'esploitent rien ! 
2456 et quant il sont plus ancien 

lors ardent il de covoitise. 

Bien ont folle costume aprise : 

tous jors vuellent vivre de tort ; 
2460 bien quierent et chescent lor mort — 

por mors teg je et por péris 

tansfaus plaidoiors lowaïs. 

Qui ait avoir trop bien s'en aide, 
2464 mais l'euvre est trop cruals et laide 

quant li avoirs le droit encombre. 

Molt vuellent bien savoir le nombre 

c'on lor donrait, soit tors ou drois; 
2468 trop per est li baras destrois. 

Li uns sor l'autre ait grant envie; 

li loiers et la simonie 



2441 A. vers tr. se retrait ; 2442 A. ils pr. de d. le plait ; 2443 A. beslois ; 
2444 B. on pas en lois ; 2445 A. de minière ; 2446 A. m. vessel dargent ; 
P. d. on nous f. m. v. g. ; 2447 A. autre oevre ; 2448 B. et en après 
d. 1. f. ; 2449 A. dont je revoi mainz b. v., P. faict aussi m. v. ; 2450 P. 
qui moût sont net et clairet bel; 2451 B. hai deus des 1. ; 2453 P. 
trayons ; 2454 A. estroit ; 2455 A. en ce dont il ; 2456 A. corn il ; 
2458 A. maie c. ; 2459 B. ovrei de t. ; 2460 A. quil quierent por voir lor 
mort ; 2462 A. les faus pledeors loeiz ; 2463 A. et qui au voir amon san 
aide; 2464 A. ml't cruieus ; 2465 A. li autres; 2468 A. ml't par, lor b. ; 
2470 A. ne la s. 



LA BIBLE 87 

les ait liez et encombreiz — 
2472 s'uns loaus en estoit troveiz 

l'on devrait de lui faire faiste. 

C'est tormens, c'est une tenpeste 

quant il assemblent en un leu 
2476 ou il cudent faire lor preu. 

De ceu font il plus lor damaige 

dont il cuident estre plus saige — 

trop sont et soutil et agu, 
2480 mais lor boin sens ont il perdu. 

Atant aimment tort comme droit : 

mais que il îacent lor esploit 

ne lor chaut de quel part il pendent. 
2484 Molt [a] envis lou lor despendent. 

Il sont cosson et guilleor, 

et trop herdi demandeur : 

et avoir et provendes quierent ; 
2488 covoitous sont, et trop conquièrent — 

molt per aimmenf rente d' englise, 

mais pou lor membre de servise ! 
Molt devraient boin fruit porteir, 
2492 et lor oevre si aaismeir 

qu'elle fust chiere et honorée. 

Et boin cuer et bone pensée 

ont il quant il sont escolier; 
2496 molt feraient il a prisier 

se lor sens estoit atorneiz 

selonc lois et selonc decreiz ; 

c'est clergïe loaul et fine. 
2500 Molt sont sil en folle doctrine 

qui puisent malvaise science 

en fontainne de sapience ; 

2472 A. sus ; 2473 A. f. de lui feste ; 2474 A. uns torm. une temp. ; 
2475 A. daus oir quant il sont en leu ; 2476 A. quant il ; 2479 A. il s. et 
ag. ; 2484 A. mes a enviz, B. — 1 ; 2485 A. coquin et jangleor ; 2487 A. et 
provendes et av. ; 2490 A. ml't pou, dou s. ; 2492 A. esmerer ; 2494 A. 
bon senz et b. p. ; 2496 A. proisier ; 2497-8 A. intervertis ; 2498 A. es 
bones lois et es decr. ; 2501 B. pensent. 



88 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

ne sont mie bien abevrei, 
2504 il boivent ou rusiaul troblei. 
* * * * 

augue douce enmi la meir, 
et si rai je oï conteir 
c'on trait triacle d'un serpent 
2508 qui molt ait grant mestier sovent 
a ceaus qui sont envenimei. 
Sil sont malement bestornei 
qui ou [sen] puissent la folie. 

2512 Es lois apregnent tricherie : 
sor les poins et sor les biaus dis 
que il conoissent [es] escris 
baratent lou siècle et engignenf. 

2516 II ne conpassent pas ne lignent 

lor oevre si con il devroient 

et con il es escris lou voient 

Or sachiez que bone clergie 
2520 est en teil gent morte et perie : 

por c'est perdu quant c'om i met 

que li vaseau ne sont pas net. 
Des fesicïens me mervoil ; 
2524 de lor oevre et de lor consoil 

rai je, certes, molt grant mervoille. 

Nulle vie ne s'aparoille 

a la lor, trop per est diverse 
2528 et sor toutes autres perverse. 

"Mires" les nomme li communs, 

mais je ne cuit qu'il en soit uns 

que om ne doie bien douter. 
2532 II ne vodroient ja trover 

nul home sens acun mehaig. 

Maint oignement font et maint baing 

2503 A. ni ; 2505 A. aiguë douce torne a amer ; 2507 A. 
de serpent; 2509 B. & ceaus; 25 11 B. — ; ; 2512 B. se lor apr. ; 

2513 A. por, por, P. per, per; 2514 B. quil, om. es; 2518 A. enz es 
decrez v. ; 2520 A. mate et p. ; 2522 A. et li v. met. ; Entre 2522 et 2523 
B. ajoute 2 vers : cest niant ce est sens péril sist sont cest de raison 
parti ; 2527 B. & la loi, denverse ; 2528 B. diverse ; 2529 A. bien 1. n. li 
communs nons, B. nomment; 2530 A. qui ne soit hons ; 2531 A. qui ne 
les doie ml't d., B. doient ; 2534 A. oingment. 



LA BIBLE 89 

ou il n'ait ne sens ne raison — 
2536 sil aeschappe d'orde prison 

qui de lor mains puet eschapeir. 

Qui bien seit mentir et guilleir 

et faire noble contenance 
2540 tout ait trovei ; mais la créance 

que les gens ont lor fait grant bien. 

Teil mil se font fesecïen 

qui n'en sevent nés plus que gié; 
2544 li plus maistre sont molt chergié 

de grant ennui, q'il n'est mestiers 

dont il soit tant de mensongiers. 

Ja ocïent molt de la gent ; 
2548 ja n'ont ni ami ne parant 

que il volsissent troveir sain ; 

de ceu resont il trop vilain. 

Molt ait ordure en ces liiens 
2552 qui en mains de fesicïens 

se met ; por coi ? il m'ont au 

entre lor main — mais il ne fu 

onques nulle plus orde vie. 

2 556 Je n'aim mie lor conpaignie, 

se m'ait Deus, con je sui sains — 

honis est qui chiet en lor mains — 

per foi ! quant je malaides sui 
2560 moi covient soffrir lor ennui. 

Qui les oroit con il orinent, 

con il mentent, con il devinent, 

con il jugent lou penseret 
2564 per mos qui ne sont mie net ! 

En chescun home truevenÊ toche : 

se il ait fièvre ou toz soiche 

2535 A. sanz, B. raisons ; 2536 A. ordre ; 2538 A. fet ; 2540 A. ont tr. 
fors la cr. ; 2541 A. lor fait a bien ; 2542 A. tex m. ; 2543 A. ne s. voir 
ne que gie ; 2544 A. changie ; 2545 A. envie ; 2546 B. que donc, om. de ; 
2547 A. il oc. ; 2548 A. il nont ne ami ; 2549 A. cui il vousissent ; 
2551 A. dordure ; 2552 A. fis., B. que est en m. ; 2553 A. se met pars els 
il mont eu ; 2554 A. mains onques ne fu ; 2555 A. ce cuit nule pi. ; 

2557 A. si mait d. quant ; 2559 A. fui ; 2560 A. covint ; 2561 A. quant il ; 
2563 A. pasceret ; 2564 A. par moi ; 2565 A. teche, B. suns chescuns 
home ; 2566 A. sil a fièvre ou la touz sèche, B. ou il. 



90 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

lor dïent il qu'il est tesiques, 
2568 ou enlunduz, ou ydropiques, 

melancolious, ou fious, 

ou corpeus, ou palasimous. 

Qui les oroit de colérique 
2572 despondrë, ou de fleumatique ! — 

li uns ait lou foie eschaufei 

et li autre ventosetei ! 

Trop per sont lor oevres repotes, 
2576 et lor parolles si enpotes 

n'i ait se viloignie non. 

Et per ' fi ' commence lor nom : 

Fisicïen sont apellei, 
2580 sens ' fi ' ne sont il pas nommei 

Por c'ait ' fi ' au commencement 

de lor nom que sens finement 

de ' fi ' doit toute lor oevre estre, 
2584 et de ' fi ' doit phisique nestre. 

(Sanz ' fi ' ne les puet on nommer 

ainsic ne s'i doit nus fier.) 

De fi, phisique me défie ; 
2588 fous est qui en teil art se fie 

ou il n'ait rien que n'i ait ' fi ' — 

dont sui je fous se je m'i fi. 
Uns bons truans bien enparleiz, 
2592 solement qu'il soit bien leitreiz, 

feroit folle gent herbe pestre. 

Tuit sont phisicïen et mestre ! 

Li uns de l'autre molt bien guille 
2596 la ou il sont en bone vile, 

que li millor fisicïen 

prisent celui qui ne seit rien. 

2567 A. tisiques ; 2568 A. enfonduz ; 2569 A. melcncorious, 
B. frous ; 2570 A. palasineus ; 2571 B. fleumatique ; 2572 A. pledoier, 
B. despongre ou de tesique ; 2574 A. ventousete ; 2575 A. enpostes ; 
2576 A. repostes; 2578 A. par ce; 2581-2 P. manquent; 2581 A. por ce, 
B. p. ceu ; 2582 A. por le vilain definement ; 2583 A. om. fi, P. de fy doit 
toute ordure naistre ; 2584 P. et de fy fisique doit estre ; 2585-6 B. P. 
manquent; 2587 B. et de fi, + / ; 2589 P. qui n'y ait; 2591 A. souz tr. ; 
2592 A. ne mes quil soit un pou 1. 



LA BIBLE 91 

Li maistres les mavais consent, 
2600 por coi ? por engignier la gent ; 

et por ce qu'il lou teigne en pais 

li rasches consent lou punaix 

et li pugnais lou raches bien — 
2604 ne se desconfortet de rien, 

por coi ? que l'uns et l'autre put ! 
Muez fusse je pris a Barrut 

que fisicïen me gardassent 
2608 un an antier et governassent. 

Trop sont costous, et trop se vendent, 

et les millors maingiers deffendent; 

je lor las quite lor piletes, 
2612 certes, qu'elles ne sont pas nettes ! 

S'il revienent de Monpallier 

lor laituaire sont molt chier ; 

lors dïent il, ce m'est a vis, 
2616 qu'il ont gingebret et pliris, 

diadragagant et roset, 

penidium et violet — 

dou dyarodo julii 
2620 ont il maint prodomme menti ! 

Trop sont prisié, trop sont loei. 

Il a gengibre et aloei 

en lor dyamargariton, 
2624 ce dient, mais un graiz chappon 

ameroie plus que lor boistes, 

trop sont et coroses et moistes. 
Sil qui revient dever Salerne 
2628 nos vent vecies por lanterne : 



2599 A. li miaures le pooir consent ; 2600 A. por ce ont il et lor et 
largent ; 2601 A. li t. pais ; 2602 A. rachous ; Entre 2602 et 2603 A. ajoute : 
et li pugnais bien lo rachat certes trop i a de barat ; 2603 A. li rachaz 
le punais ml't bien; 2605 B. li uns, ont. et; 2606 A. ainz, B et batuz ; 
2608 B. antier me gov. ; 2610 A. morsiaus ; 261 1 A. claim ; 2613 B. 
revient; 2614 A. leituaire ; 2616 A. gigimbrat ; 2617 A. et diadragam et 
rosat ; 2618 A. et penidoin et violât; 2619 A. do diadaro julii, B. dois d. 

vili ; 2621 A ame ; 2622 A. il a gigimbre et aloe, B. gengibrett a lamatt 

aloei ; 2623 A. digargariton ; 2624 A. cras ch. ; 2625 A. am mieus ; 
2626 B. escroses ; 2627 A. et cil qui vient ; 2628 A. lor vent vecie. 



92 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

il done noir brun et sidoine 

por espices de Babiloine, 

que s'uns hom en pesse lou col 
2632 il avrait si lou ventre mol 

que maintenant l'estuet honir. 

As boins maingiers me vuel tenir, 

es boins clers vins et es fors sauces — 
2636 trop sont, voir, les lor oevres faces ! 
Il ne sont mie tuit igaul : 

li boin fisicïen loaul, 

li boin home, li bien lettrei 
2640 ont maint verai consoil donei ; 

mainte gent qui se desconforte 

en lor consoil molt se conforte. 

(Quant uns hom a paor de mort 
2644 grant mestier a de bon confort.) 

Li bon consoil ont confortei 

maint prodome desconfortei, 

et quant bone oevre est conëue 
2648 bien doit estre chiere tenue. 

Mais per toutes ses bones viles 

ont si espandues lor guilles 

le guilleor, li mensongier, 
2652 que li prodomme en sont moins chier. 

Sovent se voient et s'asemblent 

mais lor oevres prou ne se semblent ; 

les oevres sont bien départies. 
2656 Les roses deleiz les orties 

ne perdent mie lor biautei, 

ne lor odour, ne lor bontei. 

J'ai vëu deleiz l'ortïer 
2660 florir et croistre lou rosier : 

se les orties sont poignans, 

et annuouses, et puans 

2629 A. il vendent orbrun et syphoine, B. il donet ; 2630 A. espèce ; 
2634 A. sainz m. mestuet ; 2635 A. et as cl. v. et as f. s. ; 2636 A. que 
trop par sont lor; 2639 A. li prodomme; 2641 A. maintes genz, descon- 
fortent ; 2642 A. se reconfortent ; 2643-44 B. manquent ; 2648 A. devroit, 
chier ; 2653 A. et ass. ; 2654 A. m. les huevres pas ne se s., B. les semble ; 
2656 A. selonc ; 2658 A. flairor ; 2659 B. otuier. 



LA BIBLE 93 

les roses sont belles et chieres. 
2664 Les bones oevres, les entières, 

les veraies, et les loaus 

sont ausi comme li metaus 

qui se soivre dou mâchefer. 
2668 Molt sont bien conëu li verr 

qui font la soie : c'est a dire, 

que malvaise oevre ni enpire 

la bone oevre de nulle rien. 
2672 Li loaul clerc fisicïen 

doient estre molt honorei, 

et chier tenu et molt amei. 

Lou boin, lou loaul ai je chier 
2676 certes, molt, quant j'en ai mestier; 

molt désir je c'on lou m'amoint : 

quant maladie me destroint 

grant confort et grant bien me fait. 
2680 Mais quant m'anfermetei me lait 

et je ne sent ma maladie, 

lors voldroie c'une galie 

l'en portaist tost ver Salon ique, 
2684 et lui, et toute sa flsique ; 

lors vuel je qu'il tegnet sa voie 
2686 se droit, que ja mais no revoie ! 

2664 A. et ent ; 2667 A. sevra dou malves fer; 2670 A. la m., nenp. ; 
2674 A. et ml't servi et m. a. ; 2675 A - li b - l°ial ai ge ml't ch. ; 
2676 A. om. molt ; grant mest ; 2677 A. et ml't désir quen ; 
2680 A. et quant menfermetez ; 2683 A. droit v., B. salatique ; 
2684 A. la faut ses sans et sa fisique ; 2685 A. F. vueil que il ; 2686 A. F. 
si loing, ne le voie. 



III. 

L'ARMEURE DU CHEVALIER. 

Molt ai alei, molt ai venu, 

molt m'ait ma volantei tenu, 

molt m'ait penei et travillié. 
4 Molt ai de penseir grant merchié, 

qu'en une forest suis entreis 

ou j'ai uns forastriers troveis 

trop ombraiges et trop divers, 
8 et puez portent tuit en travers 

lor chaperons por agaitier. 

Nuz hom ne se puet d'aus gaitier : 

touz jorz agaitent, il ne finent, 
12 et ce qu'il ne veient devinent. 

Se sont gent noires et défaites, 

et ont lor robes contrefaites — 

tuit resemblent ors en estant ! 
16 Dieu merci ! Il en [i] ait tant 

d'un drap vestu molt noir et lait 

si velu, que tout m'unf défait. 

Lou chapiron desoz la boiche 
20 m'ont si cosu que il i toiche. 

Sens parler m'estuet ici estre 

trois jors, ce me dient li mestre, 

et trois nuiz m'afiert sens mot dire. 
24 Or me consout Deus nostre sire, 

T. 1-26 manquent; 2 Ar. tant.... batu ; Pasquier, batu ; 3 Ar. tant; 
4 Ar. m'It de panser a grant merchie ; 5 B. quant u. f. ; 8 Ar. et si port ; 
9 Ar. esgaitier ; 12 Ar. om. il ; 13 Ar. genz ; 14 Ar. a unes robes cont. ; 
16 B.-i ; 17 Ar. de drap sont v. n. e. 1., C. et noir e 1. ; iq B. lor ch., 
C. li ch. desour; 20 C. moult sont cosu, B. 2 fois il; 21 Ar. ensi estre; 
22 B. C. nos d. 1. m. ; 23 Ar. t. n. sera. 

94 



L'ARMEURE DU CHEVALIER 95 

qu'il m'ont atorné comme mort! 

Ne sai s'il me font droit ou tort. 
Por mon coraige conforteir 
28 m'estuet iteil chose penseir 

que m'esbate ma continance. 

C'une molt belle remembrance 

s'est entrée dedens mon cuer ; 
32 si ne poroit estre a nul fuer 

que pensers me fust defenduz : 

en pensant me suis deffenduz 

ver celui qui ja ne voldroit 
36 que mes pensers alaist a droit. 

Por lui grever, por moi aidier, 

m'estuet une chose traitier 

qui molt iert legiere a entendre, 
40 et si me porroit bien deffendre 

ver celu qui m 'assaut sovent. 

Et quant li hom en bien entent 

plus en est ses cuers a grant aise ; 
44 molt m'atrait doloi et mesaise 

folle pensée quant je l'ai. 

Bien cui que tant com je vivrai 

me covient a selui combatre 
48 qui chascun jor me vuet abatre. 

Mais armëure me covient 

fort et dure; bien m'en sovient 

que il m'ait mainte foi trové 
52 flobe et cowart et desarmé. 

Or me doint Deus teille armëure 

que soit fors et tenans et dure, 



26 C. si mont fait ; 28 Ar. en tel chose ; 29 Ar. conciance, B. me bâte, 
C. qu'il me bâte, T. eslece ma consience ; 30 Ar. T. ont. c' ; 31 Ar. est 
entr. ; 32 Ar. ce ne ; 33 Ar. fut ; 34 Ar. combatuz, C. manque ; 35 Ar. a 
celui; 39 Ar. C. est; 40 Ar. man por.; 42 Ar. que quant; 43 Ar. ml't an 
est ; 44 Ar. me fait d. ; 46 Ar. sai ; C. om. que, viverai ; 48 Ar. autre 
chose ne sai quam face, C. de jor en jor me v. a. ; 49 Ar. covint ; 
50 Ar. sovint, Ar. C. me; 51 Ar. maintes, Ar. C. foiz ; 52 Ar. floible, 
C. foible ; 53 Ar. tel, C. telle ; 54 Ar. C. qui s. 



96 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

que cil np la puisse empirier 
56 qui m'ait trovei fable et lenier. 

Es Armes dont armeir me vuel 

n'a covoitise, ne orguel, 

ne desmesure, ne bonbance. 
60 Molt par ait sutif remembrance 

Sains Poz qui ces Armes escrit ; 

bien les nos mostre, et bien nos dit 

la vaillance de l'Armaure. 
64 Bien doit estre entière et sëure 

et fine et fors et esmeree ! 

Deus l'ait toute faite et contée 

a ceals qui sont de sa partie. 
68 Tuit devrions avoir envie 

qu'elle fust en nos cuers escrite. 

Ensi com Sains Pois [la] nos dite 

en mon cuer l'ai bien recordee ; 
72 mais s'elle iere dite et mostree 

molt seroit chiere entre les boens, 

qu'empereres ne rois ne cuens 

ne nuz hom ne la puet avoir, 
76 ne per engig, ne por avoir, 

se Deus et Raisons ne li donne. 

Ma conscience me sermonne 

que je la die es entendans; 
80 mais molt dout des desconoissans, 

ou li boin dit sont si perdu 

comme li ors en la palu : 

tous [jors] i soit, n'i vaut il rien. 
84 Et por ceu sont celei maint bien 

qu'on n'ose dire ne mostreir, 

qu'a ennviz puet on mais troveir 

55 Ar. me puisse, B. C. engignier ; 56 Ar. C. floible, C. lanier ; 58 Ar. C. 
ot ; 59 Ar. C. bobance ; 60 Ar. sotil, C. soutil ; 61 Ar. pos, C. pouz, Ar. escrist ; 
62 B. C. lou nos m. e. b. lou dit ; 65 Ar. esmaree ; 66 B. ovrée ; 67 B. por, 
Ar. ces, C. ceus ; Entre 66 et 67 Ar. intercale deux vers : a ces qui sont de 
pacience, et qui sugnent sa sapience ; 68 Ar. t. an. dev. ; 69 Ar. fut ; 70 Ar. 
ainsinc, B. — 1, deite, Ar. ditte ; 71 C. la b. ; 72 B. m. celle, Ar. ère., C. ceille 
i est d. c. m. ; 74 Ar. om. qu' ; 75 Ar. nuns h. ; 76 Ar. por argent n. p. a., 
C. manque ; 77 Ar. ou rais ; 78 C. continence ; 79 B. lou, C. as ent ; 
80 Ar. C. les; 82 Ar. con mest ; 83 B. — i, C. tout jors, ne vaut; 
86 Ar. om. qu'. 



L'ARMEURE DU CHEVALIER 97 

qui entende ne qui reteigne. 
88 Or pri je Deu qu'il me manteigne 

mon esperite, et ma science, 

et mon cuer et ma remembrance, 

que mis me suis en avanture 
92 de raconter ceste Ermâure. 

Et si je nul ami avoie, 

molt volantiers li prieroie 

que il s'armast sens demorer, 
96 ensi con je me doi [armer] 

se Deus lou me vuet consentir 

et mon penser en bien tenir. 

Et a toz [ceus] qui bien entendent 
100 pri je, por Deu, que il n'atendent 

sens ses Armes lor enemis. 

Li jugemens est toz asis 

que sil des boins sevrei seront 
104 qui ces armes ne porteront : 

ceste Armàure vie do ne, 

et li jugemenz abandone 

es enemis les desarmeiz. 
108 D'armëure vuel estre armez 

qui a l'orne la vie garde ; 

molt me demoret, molt me tarde 

que je soie armeiz en teil guise 
112 com li sautiers la nos devise. 

Sil des ordres bien s'en devroienf 

armer qui ont sautier ou voient. 

Se toute ne la puez avoir, 
116 molt me doit doneir grant pooir 

la desierrance que j'en ai ; 

mon cuer en teil voie métrai 

87 B. et q. r. ; 88 B. C. m 'enseignement et ma doctrine; 
91 Ar. car mis; 92 Ar. recorder; 96 Ar. vuil ar. , B. doie, — 2, C. manque; 
97 C. veust ; 99 B. — z; 101 C. ses en.; 102 Ar. iert, essis, C. tout; 
103 Ar. savrez ; 106 Ar. B. C. lo, lou, le jugement ; 107 C. as e. ; 
108 Ar. B. C. de ces armes, B. mee vuel armer; 109 Ar. B. que; 
110 Ar. ml't ml't dem. ; 112 Ar. l'escripture le dev., B. C. lou, le n. ; 
113 Ar. se savroient, C. se; 114 Ar. en lescrit lo. v., C. ou sentier les v. ; 
115 Ar. et se je n., B. si; 117 Ar. li dessarrance, jam., C. je lai; 
118 Ar. joie 



98 LES ŒUVRES DE GUIOÏ DE PROVINS 

que j'en arai une partie. 
120 En boin cuer et en bone vie 

me mete Deus, et en teil voie, 

ou il me tiegne et il me voie. 

Qui bone voie tient s'esploite ; 
124 or me doint Deus tenir la droite, 

et tant faire que j'a lui vigne 

et que ensemble lui me tigne ! 

Que j'ai molt mon jevent usei 
128 et pou fait de sa volentei, 

s'en ai plorée mainte larme ; 

or me cornant a lui sens terme, 

et toz jors a lui me cornant. 
132 Ces Armes que je li demant 

sont de vertuz fors et entières ; 

chauces i ait nobles et fieres 

dont les mailles sont bien sodées. 
136 Molt atant sil riches sodées 

qui bien les puet sor lui lassier. 

Mais ne sont de fer ne d'assier 

ains vallent muez asseiz que d'or : 
140 molt par i ait riche trasor ! 

D'une vertu sont, voirement, 

que Deus aimme molt en la gent : 

li escrit de la veritei 
144 la nos apeille Chaiteé. 

Ensi com l'en s'arme defors 

cuevrent près de demi lou cors. 

Chauces bien faites por armer 
148 doient près dou sinteur fermer ; 

près dou sinteur doient venir, 

et l'orne garder et covrir 

119 C. aie; 122 Ar. ou il m. v. ; 123-4 C. manquent; 
125 A. om. )\ B. je; 126 Ar. et que sanz terme me retiegne ; 127 Ar. 
auques ai mon jovant huse, C. car; 128 Ar. ma; 129 Ar. si an ai plore ; 
130 C. convient; 131 C. conviant; 132 C. déviant; 133 Ar. fors et entiers; 
134 chieres ; 136 Ar. bones ; 140 Ar. tressor ; 141 Ar. vertuz ; 142 B. C. je 
aimme; 144 Ar. las n. chasteté, B. charitei, C. le non apelon chaaté ; 
145 Ar. ainsin ; 146 Ar. covenroit près de lui 1. c, B. covient ; 148 C. 
couvient, ceintur, Ar. centur ; 149 Ar. les m. 



L'ARMEURE DU CHEVALIER 99 

toz ses membres jusc'a la terre, 
152 c'anemis nou puisse conquerre 

ne par desoz envenimeir; 

por ceu, les devons appelleir 

Chaiteé, nate, fine et pure, 
156 selonc la devine escriture. 
Encontre les temptations 

nos covendroit tes Espérons 

qui fussent poignant et agu. 
160 D'une molt très belle vertu 

c'anemis ne seit engignier 

sont fait. Mais mervoille sont chier ! 

Molt est riches sil qui les ait 
164 fors et sëurs ; ja ne fuirait 

desconforteiz ni entrepris : 

molt doute peu ses enemis. 

Li Espérons sont Patience ; 
168 si doit avoir molt grant fiance 

qui fermement les puet chaucier, 

c'anemis nou seit enchaucier 

tant durement que ja l'ateigne. 
172 Pou lou prise, molt le desdogne 

li hom qui bien est patiens : 

fors est encontre lui toz tens, 

que ja ne se sejornerait 
176 por grant richesce, se il l'ait, 

ne pavretei ne mescheance 

ne li ploie sa contenance. 

La force et la vertu li done 
180 Patience qui l'esperonne, 

por ceu apel par raison fine, 

celonc l'escreture devine, 

152 B. non puet, C. que, nés puit ; 153 Ar. environer, C. desour ; 155 Ar. 
chasteté, C. chatee, Ar. sainte f., C. nete et f. ; 157 B. la temptation ; 
158 B. as esp. ; 158 Ar. tranchant ; 161 Ar. seust ; 162 Ar. f. a mervoilles, 
C. merveilles ; 163 Ar. riches est ; 164 Ar. ne serai ; 165 Ar. C. ne entr. ; 
166 Ar. les en; 167 Ar. cil; 170 Ar. om. c', Ar. B. C. engignier; 
171 Ar. si dur., la tigne, B. je lou tegne ; 172 Ar. desdoigne, 
C. les, les desdeigne ; 173 C. lest p.; 174 C. tout t.; 175 Ar. jaii.sol 
jor nés ioira ; 176 Ar. ont. se, B. que il ait, C. se il a. ; 177 Ar. provete ; 
178 Ar. conscience; 181 Ar. om. ceu, B. p. c. di je, C. apel je, + r. 



oo LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Patience les Espérons. 

184 Contre les anemis fêlions 

devons toz jors esperonner; 
premièrement doit on armer 
les chambes c'on ne fait le cors; 

188 mais il par est dou tôt estors 

qui dedens l'Abert se puet mettre. 
Si com nos tesmoigne la leitre 
c'est des vertus la soveroinne. 

192 Fors est de travail et de poinne 
cil qui l'Abert puet endouceir; 
nule chose ne puet douteir : 
bien est armeiz, bien est sëurs, 

196 com s'il estoit toz clos de murs. 
L'Abert vos sai je bien nommer, 
c'est Fois, que nos devons garder. 
Foi devons garder et tenir, 

200 et Fois nos redoit maintenir. 
Fois est la dame des vertuz ; 
cil ne puet estre confunduz 
qui aimme Foi et tient et garde : 

204 de nulle rien qui soit n'ait garde. 
Molt joste sil sagurement 
qui son haberc sor lui fort sent, 
plus que ne fait li desermeiz. 

208 Ahi ! com cil est bien armeiz 
qui teil haberc portet sor soi 
qui tous est fais de bone foi. 
Cestu ne puet fausser nulle arme ; 

212 molt per est fous qui ne s'an arme. 
Fors et dures en sont les mailles : 
bien puet soffrir toutes batailles 



183-202 Ar. manquent; 183 C. esperonne ; 187 C. gembes ; 189 C. aubert ; 
190 C. le tesm. ; 191 B. les, s., C. de ver; 193 C. endosser; 196 B. mur, 
C. ont. toz; 197 B. et l'abert, + 1 ; 200 C. re nos doit; 201 B. li digne; 
204 Ar. C. ra g. ; 205 Ar. m. j. bien cil sûrement, C. seurement ; 
206 Ar qui ai haubert fort et luisant ; 207 B. desermer ; 208 Ar. est cil, 
B. il, C. cil iert ; 212 B. C. manque. 



L'ARMEURE DU CHEVALIER 101 

sil qui en teil haberc se met ; 
216 per tout se trueve fort et net; 

pou doute malvaise parolle, 

et anveouse gent et folle, 

encuseors, et maldisanz. 
220 Les saiges clers, les bien disans 

ois dire que tout puet soffrir, 

ne rien ne li doit avenir 

dont il ne soit plus fors asseiz; 
224 que la sainte deviniteiz, 

qui me donet molt grant confort, 

lou nos tesmoigne si a fort. 

Cestu vos claim Habert doblier, 
228 que doblet quant il est mestier ; 

cestu ne puet arme malmetre ; 

en cestu nos devons tut mettre ; 

de cestu se doit hom armeir — 
232 qui de boin cuer i vuet entreir 

troveir lou puet a sa mesure. 
La sainte devine escriture 

qui l'Aberc nos appelle Foi 
236 nos devise, si con je croi, 

quels est l'Espée, et de quel taille. 

C'est uns bastons faiz por bataille; 

c'est uns bastons molt droituriers. 
240 Douteiz doit estre, et fors et fiers, 

sil qui sor lui porte l'Espee : 

c'est une arme molt redoutée. 

C'est li plus droituriers bastons; 
244 molt doit estre boins champions 

li hom qui teile espee porte. 

Ceste n'est pas foble ne torte, 

216 Ar. forz, C. nest ; 217 Ar. paroles; 218 Ar. enviouses genz, foies, 

B. aneouse, C. envenimeuse ; 219 B. encuseor, maldisant; 220 Ar. lisanz ; 
221 Ar. qui, om. tout, B. sovrir ; 222 Ar nule riens ne li pot venir; 
224 B. C. et la s. ; 226 Ar. le tesm. se mi confort; 227 Ar. claim je h., 

C. cestui h. vos cl. ; 228 C. a mes. ; 231 Ar. Ion, C. hons ; 232 C. cuers ; 
235 B. appellent ; 238 Ar. nos devisera jai sanz faille ; 239 B. om. 
bastons; 240 C. sor touz doit; 242 C. fort red. ; 243 Ar. cest .i-ml't dr. ; 
245 Ar. cel esp., C. tel; 246 Ar. floible, C. floibe. 



io2 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

mais droite et clere et esmolue, 

248 fors et trenchans et bien ague. 
Iceste Espee ait non Droiture — 
molt avient bien a l'Armëure. 

Qui bien la tient bien [puet] atandre 
252 ses anemis : a soi défendre 

force li done et hardement. 

L'escreture, qui pas ne ment, 

de l' Espee tant nos devise 
256 qu'elle fut faite por justice. 

En l'Espee ait signe de crois; 

bien doit avoir sëure vois 

li hom qui tient l'Espee droite; 
260 se tout trueve la voie estroite 

ne se doit pas desconforteir, 

c'anemis ne puet encombreir 

home qui moinne droite vie. 
264 Sa parolle doit estre oie, 

et honorée, et traite avant ; 

sil puet bien parleir fièrement 

qui tient l'Espee droituriere; 
268 sàurement son droit requière 

par tout, que bien faire lou puet. 

Li Sire dont Droiture muet 

lou doit maintenir par toz leus — 
272 de ceu ne soit nuz hom doteus — 

par tous leus lou doit maintenir. 

Telle Espee fait boin tenir; 

molt la doutet nostre anemi. 
276 Et ceu savons nos bien de fi 

qu 'espee fu faite premiers 

por droit maintenir; droituriers 

doit estre sil qui tient l'espee ; 
280 por ceu la nos ai apellee 

249 C. ara dr. ; 250 Ar. savient m. b. ; 251 B. — 1 ; 252 Ar. et lui, 
C. et soi ; 256 Ar. C. par ; 260 Ar. si, C. treuve tost ; 262 Ar. nu, 
B. nou ; 264 B. C. ma parole ; 266 Ar. C. om. bien, seurement ; 
270 Ar. C. sires; 271 C. la d., tout 1., Ar. maint, quanquil puet; 
272 Ar. et de ce ne doit iai nus duel, C. de coi, deceus ; 273 C. la d. ; 
274 Ar. C. tel; 277 B. qui esp., om. f u ; 278 Ar. por maintenir toz 
droituriers ; 280 C. om. ait, Ar. ai. 



L'ARMEURE DU CHEVALIER 103 

Droiture. Qui Droiture tient 

nulle chose for Deu ne crient, 

nule chose for Deu ne doute. 
284 L' Armëure n'ai je pas toute 

devisee, qu'asseiz en faut. 

Li fellon cop viennent de haut : 

plus sont doutei que sil de jus ; 
288 or nos covient mettre a desuz 

teil chose qui nos gart lou chief, 

c'autrement nos seroit molt grief 

de combatre a l'anemi ; 
292 se nos n'avons lou chief garni 

tost nos ferroit a descovert. 

Un Hiaume fort, cler et apert, 

avons a boin merchié trovei ; 
296 bien lou nos ait fait aduré 

nostre maistre, qui cler i voit. 

Et sil Haumes douter ne doit 

orguel, ne persécution, 
300 anemi, ne temptation. 

Sil Hiaumes est d'Umilitei 

toz fais. Selonc divinitei 

c'est une vertu qui molt vaut ; 
304 iceste doit om mettre en haut. 

Tous jors doit monter sil qui l'ait — 

nostre sire bien lou mostrait, 

qui montait par humilitei 
308 en sa divine poëstei. 

Humiles fut bien entre nos; 

Humilitei nos ait rescous 

des mains aus morteus enemis. 
312 Molt nos fut Deus verais amis 

qui se livrait por nos a mort : 

il nos savait de nostre tort : 



286 Ar. col ; 288 Ar. C. om. a. ; 290-565 C. manquent ; 291 Ar. a comb.. 
nos henemis ; 292 B. nos l'avons; 296 B. aovrer ; 297 Ar. maistres, bien 
i v. ; 298 Ar. icist h. ; 301 Ar. cist h. ; 304 Ar. cestu doit l'on mostrer e. h. ; 
305 B. om. V ; 306 Ar. sires ; 307 Ar. quil m. ; 309-10 Ar. manquent ; 
311 B. montez en. ; 312 B. om. nos, — / ; 314 Ar. sauva. 



104 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

lors nos mist en la droite voie. 
316 Humilitei rescost la proie; 

Humilitei nos délivrait 

de la mort qui toz jors dur rai t. 

De l'Eaume sont signor et mestre 
320 en cui Humilitei puet estre : 

Hiaume ont eslit et fort et cler. 

Mais qui bien vuet un home ermer 

Escu li covient par raison. 
324 Molt illuminent li blason 

armes, et donewt conoissance. 

Escu nos traite par semblance 

Sains Pois d'une vertu si fine 
328 que la clartei tout illumine 

l'Armëure. Icest Escuz 

serait ici très chiers vëuz : 

tuit sil qui bien avront ovré 
332 seront de lu illuminei. 

Nés li forfait molt s'i atenvent ; 

et tuit sil qui raison entendent 

ont espérance en la vertu 
336 dont Sains Pois nos trait ait l'Escu. 

Ja sens escu ne iert sëurs 

chevaliers, tant soit fors ne durs : 

li escuz doit soffrir les cols. 
340 Molt est sil orguillous et fols 

qui les grans cols morteiz ne dote. 

Je ne di pas que ja soit route 

ceste Armâure por nul col, 
344 mais li Escuz doit pendre a col, 

por atendre, et por retenir 

ce que li cors ne puet soffrir. 



315 Ar. a la, B. sa ; 316 B. reçoit ; 319 Ar. dou aimme ; 320 Ar. naistre ; 
321 Ar. h. avons et f. et c. ; 322 Ar. vot bien; 324 Ar. enlumine 
lo baron; 325 Ar. es armes done conissance ; 327 B. om. si, — 1 ; 
328 Ar. clartez, enlumine ; 330 Ar. serai si treschier venduz ; 
332 Ar. enluminez ; 333 Ar. nois, Ar. B. atendent ; 335 Ar. une esparance 
est la vertuz ; 336 Ar. traite l'escuz ; 337 Ar. niert bien s. ; 340 Ar. li hons 
est tenuz ml't por fox ; 343 Ar. celé arm. ; 344 Ar. au col ; 345 Ar. ont. et. 



L'ARMEURE DU CHEVALIER 105 

Li apostres nos ait trovei 
348 Escu bien fait, et bien ovrei, 

ce nos mostre raisons et drois 

qu'il est asëurs et adroiz. 

Les Armes enlumine mont : 
352 il n'ait si biaul escu ou mont; 

fors est, nuz ne lou puet percier. 

Ensi l'oi Saint Pol tesmoignier, 

très est de vertu entérine : 
356 selonc l'escriture devine, 

en cest Escu n'ait fust ne fer. 

De l'orde fumée d'infer 

nos doit escremir et deffendre. 
360 Bien puet ses enemis atendre 

qui ait en lui ceste vertu — 

ne puet avoir si fort escu. 

Sainz Pois nos ait l'Escu traitié, 
364 et porvëu, et enseignié 

si fort, qu'il n'ait mie doutance 

de dens et de glaive et de lance ; 

l'arme defent et assâure 
368 et la vie qui toz jors dure. 

C'est Pitiez, la digne, la sainte, 

qui mainte malice ait estainte : 

sil ait fort escu joint au cors 
372 qui pis est et misericors ; 

por coi ? que Deus li est escus. 
Molt per est fors ceste vertus ; 

se Pitiez et Mercis n'estoit, 
376 por Dieu ! li siècles que feroit ? 

Pitiez brisait d'infer les portes 

ou les armes estoient mortes 



350 Ar. qui est, B. aseur, adroit; 351 Ar. ml't ; 352 B. se 
biaul; 353-4 Ar. manquent; 354 B. ensi loti[?J; 355 B. om. de, 
vertuz ; 361 Ar. ou lui ; 362 Ar. don sainz pos traita lescu ; 
363-368 Ar. manquent ; 369 Avant ce vers Ar. donne ces deux vers : 
ceste vertu vuil je nommer molt la doit Ion bien recorder ; 369 B. et d. 
et s.; 370 B. maint; 371 Ar. ml't ai; 372 Ar. q. pidoas. + z; 375-6 
manquent Ar. 



io6 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

se Merci et Pitieiz ne fust : 
380 por ceu di que n'ait fer ne fust 

en cest Escu, et s'est molt fors. 

Pitiez est li plus grans confors 

que nos atendins a la fin ; 
384 or redïent li bon devin 

que ja pitié ne troverait 

sil qui pitié en son cuer n'ait : 

ne puet estre frans ne gentis 
388 s'il n'est misericors et pis. 

A Pitié, a Miséricorde, 

PArmàure forment s'acorde : 

sens Pitié ne puet estre entière. 
392 Molt a ceste Armâure chiere 

li sire de eu elle muet 

et qui toute doneir la puet 

a ceaus qui en lui ont créance, 
396 qui ont fine et bone science. 

Qui de ces armes ait envie 

avoir en doit une partie. 

Deus mete en nous ceste vertu 
400 dont Sainz Pois nos ait trait l'Escu. 

mais une Lance nos covient, 

c'est uns bastons qui molt avient 

es Armes, et forment i ciet. 
404 Sil ne baise, sil ne deschiet 

en cui Deus ait le vertu mise 

ou sainz Pois ait la Lance prise. 

Sainz Pois ait la Lance trovee 
408 fort et droite, si esprovee 

qu'elle ne faut n'elle ne tort : 

sil qui ne conoisseni lor tort 

en avroient molt grant mestier. 
412 Bien doit on teil Lance prisier 

380 Ar. dis ni ai f. ; 381 B. cest m. ; 383 Ar. en 1. f. ; 
386 Ar. en soi ne ai ; 387 B. — ; ; 388 Ar. se nest ; 389 Ar. B. e pit. e. m. ; 
390 Ar. a l'arm. + /; 392 Ar. ml't est, B. m. a.; 395 Ar. a ces; 
396 Ar. fine amor et b. s. ; 397-8 Ar. manquent; 397 B. des armes, — / ; 
407 Ar. nos ai lance ; 408 Ar. f. e. dure ; 409 Ar. m. n'. 



I 



L'ARMEURE DU CHEVALIER 107 

qui ne ploie ne qui ne brise. 

De la vertu qui plus desprise 

orguel et outraige est la Lance. 
416 Sil ne verse, sil ne balance 

qui ceste vertu puet avoir ; 

je le vos fais a toz savoir, 

bien puet et soffrir et dureir 
420 et bien entendre et andurer. 

[Ceste Lance est de vertu 

qui ait mon orguel abatu ;] 

c'est la vertu c'ait non Mesure. 
424 Sil vit, et croist, et monte, et dure 

qui ceste vertu ait en lui. 

De ceste Lance certains sui 

qu'elle est contre orguel aguillons. 
428 Lance, ce est douteiz bâtons; 

aguillons est encontre orgoel 

ceste Lance, por ce la vuel 

torneir contre nos anemis. 
432 Boin baston nos ait Sainz Pois pris : 

nulle vertu n'est plus veraie; 

li sire vuelle que je l'aie 

de cui elle descent et muet. 
436 Sens Mesure nuz hom ne puet, 

c'est voirs, nulle oevre maintenir 

qui a grant bien puisse venir. 

De la lance fait on compas, 
440 on en mesure haut et bas ; 

en la rigle trueve om mesure : 

on en rigle, on en mesure 

les terres et mainte riche oevre. 
444 Mesure mostre molt et oevre 

416 B. si ne bal. ; 417 B. vertu averont ; 418 B. tuit cil qui ceste 
vertu ont ; 419 Ar. b. p. s. et endurer ; 420 Ar. toz les cous c'on li 
puet doner ; 421-2 Ar. manquent; 423 Ar. quex est la lance cest mesure; 
424 Ar. cil v. et monte et trait e. d. ; 425 Ar. vertu ai esleue ; 426 Ar. 
intercale et qui ou soi lai retenue ; 426 Ar. de ceste vertu certains sui ; 
427 Ar. intercale certainement dire le puis ; 428 Ar. cest ml't ; 429 Ar. 
contre ; 430 B. lou v. ; 431 B. tomei ; 432 Ar. quis ; 434 Ar. 1. s. lo vuet ; 
437 Ar. nulle oevre cest voirs m. ; 439-40 Ar. manquent ; 441 Ar. de la 
lance fait Ion mes ; 443 Ar. maint baie o. ; 444 Ar. ml't aovre. 



108 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

maint bel art et maint bel engig ; 

en Mesure n'ait point de fin : 

tant par est et fine et entière 
448 toz jors durrai, tous jorz iert chiere. 
Molt enlumine l'Armàure ; 

iceste Lance et asâure ; 

tuit la devons près de nos joindre 
452 por bien aguilloneir et poindre 

nos anemis qui nos debotent. 

Molt l'aïssent et molt la doutent, 

mais Deus la garde, Deus la tient, 
456 nulle vertu plus ne maintient. 

Devant ses euls serait Mesure 

al grant jor, qui pas n'asegure 

ceaus qui contre Mesure vont. 
460 A icel jor jugié seront 

li faus et li demesurei ; 

de ceu soient tuit apensé 

cil qui oient ceste Armàure, 
464 dont la Lance trait de Mesure 

li apostres qui tant fut clers. 

Que ont, per tous ses dis nompers, 

Saint Pol en une auctoritei ; 
468 que tuit li autre sont nomei 

en lor parolles, en lor dis, 

mais Sainz Pois est comme rabis 

de bien dire ; quant on recorde 
472 les escris, ou Deus molt s'acorde, 

Saint Pol n'i oi gaires nommeir : 

quant j'oi de l'Apostre parleir, 

lors sai je bien que c'est Sainz Pois 
476 qui les boins cuers met en repols. 

445 Ar. engin ; 448 Ar. tôt tans d. tôt tans iert ch., B. tous est chiere, — 1 ; 
450 Ar. escure ; 453 B. nos an. arrier de boute ; 454 B. m. laidement et 
m. 1. boute ; 455 Ar. garde et dex 1. t. ; 456 B. vertus ; 457 B. 
dev. cest jor ; Ar. eaz ; 458 Ar. a gr. ioie qui pas na se hure, 4- 1 ; 
460 Ar. en icel j. ; 462 B. soiez ; 463 Ar. dient c. mesure ; 464 Ar. a 
mesure ; 466 Ar. qui fu ; 467 Ar. B. sains pois, Ar. de une a. ; 
468 Ar. ou tuit ; 469 B. parolle et en lor dit ; 470 Ar. rubiz ; 473 B. s. pois 
ni ot. nommei ; 474 Ar. q. de lap. oi p. ; 475 Ar. peus ; 476 Ar. mat en 
repous. 



L'ARMEURE DU CHEVALIER 109 

Li suen bon mot, li suen boin dit 

donet as entendans délit. 

Molt adouce les grans paors, 
480 molt conforte les pecheors : 

maint pecheor mal esperei 

fussent, ce cuit, desesperei 

se ne fust ses [granz] sens agus. 
484 Tant fut clers, tant fut agus 

que sui dit sont illuminei 

sor les autres et coronei. 

Ses Armes que j'ai ci escrites 
488 sont des vertus toutes aslites; 

mais une vertu me conforte 

qui trestoutes ses Armes porte. 

Les homes, les Armes sostient ; 
492 molt est bone, molt i avient — 

la Sainte escriture et la voire 

nos fait certainement a croire 

que c'est des vertuz la plus chiere 
496 et sor toutes autres lumière. 

Es Armes done molt grant force : 

tout autreci comme l'acorse 

tient l'arbre sain et en verdure 
500 tient ceste toute l'Armàure 

en sa force et en sa vertu. 

Quant li hom cuide avoir perdu 

son cors, et il cuide estre mors 
504 ceste est si fine et si fors 

que de la mort lou gete et trait 

et la bone fin li atrait. 

Iceste vertuz porte fruit 
508 que l'aimme et l'omme a Deu conduit. 

477 Ar. sien, sien ; 478 Ar. es ent. ; 480 Ar. et conf. ; 481 Ar. 
espaonte; 482 Ar. desconforte; 483 B. ce ne f. otn. granz, — 1 ; 484 Ar. H 
pluisor an fuissent perduz, B. t. f. aveus ; 485 Ar. H, sien dit ; 487-8 Ar. 
manquent ; 490 Ar. B. que ; Ar. les ar. ; 491-2 Ar. manquent ; 491 B. et les 
ar, + j ; 493 Ar. om. et ; 497 Ar. done grant conforte ; 498 Ar. lescorce ; 
504 Ar. et tant fors ; 506 Ar. revenir a deu lo fait ; 507-516 Ar. manquent. 



no LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Iceste tient sa droite voie, 

que nulle part ne pent, ne ploie ; 

ceste délivre home encombré, 
512 ceste lou moinne a savetei. 

Iceste porte l'orne a guie, 

et croist et esloigne sa vie. 

Nulle ne puet teil faix porter; 
516 vertu ne puet on tant loer : 

por coi ? c'est celle qui tout porte. 

Sanz li, si com raisons aporte, 

ne puet estre nostre Armâure 
520 fors ne entière ne sàure. 

Ja sens Chival n'iert honoreiz 

nuz prodons, tant soit bien armeiz. 

S'il vient entre ses anemis 
524 sor teil Chival doit estre assis, 

qui soit fors et saurs, et teix 

que de ses anemis morteiz 

lou puisset traire sens péril. 
528 Assez est plus honorez cil 

qu'est a cheval que cil a pié, 

por c'ai Chival sainz Pois traitié 

a celui qui mestier en ait. 
532 Qui Charitei en son cuer ait 

n'est pas a pié, elle lou porte. 

Nulle vertu si ne conforte, 

ne si n'aface lou pechié. 
536 Molt descombre home chargié 

et relieve les abatus, 

et les navreiz et les férus 

garit et saine de lor plaies. 
540 Sor toutes les vertuz veraies 

511 B. cest; 516 Ar. doit ont; 517 Ar. tant porte; 518 Ar. 
raison, B. et que trestoz bien nos enorte; 520 Ar entiers; 
521 B. chivals; 523 Ar. les enemis; 525 B. quil soit; 526 B. qui; 
527 B. lor puisset eschaper de mort; 528 B. Plus se trueve honorei 
et fort; 529 B. a grant besoig que sil a pie; 530 Ar. om. ai (habet) s. p. 
cheval tr. ; 531 Ar. ai a cel. q. point nan a.; 533 Ar. quale lo porte; 
534 Ar. ne nesfacit si 1. p. ; 536 Ar. m. descharge, B. et descom. 



L'ARMEURE DU CHEVALIER m 

est Charitei la coronee ; 

c'est voirs, Deus l'ait si honorée, 

qu'elle est en lu et Deus en li ; 
544 et por ce sai et por ce di 

que la ou Chariteiz se met 

qu'elle fait molt lou vasiau net. 

Tout voint, tout pesse Chariteiz. 
548 Molt doit estre sil conforteiz 

qui l'ait en soi, que Deus i est ; 

et saichiez que boin sont li taist 

dou vasiaul ou Chariteiz entre— 
552 ja en faus cuer ne en faus ventre 

n'anterait nul jor Chariteiz. 

N'est pas a pié, bien est monteiz 

qui en son cuer Charitei ait, 
556 que Charitei si tresdroit vait 

qu'elle ne ploie ne ne tort. 

Et sacheis que sil vit a tort 

qui ce ne croit; n'il ne voit goûte 
560 qui ceste parolle ne doute. 

Chariteiz les péchiez estaint 

et la veraie fin ataint; 

bien porte celu et sostient 
564 cui elle s'arme garde et tient. 
A bone fin, et a droit port 

vuellet Deus que Chariteiz port 

ceaus qui ceste Armàure oront, 
568 et qui de boin cuer l'entendront. 

Car des bons dis li bien descendent 

es cuers de ceaus qui les entendent; 

por coi ? par foi ! que li boin dit 
572 viennent tuit dou Saint Esperit, 

et li biau mot, qui que les die. 

L'escriture qui ne ment mie 

543 Ar. est en soi ; 544 B. Et por ce pri ; 546 Ar. om. qu' ; 547 Al. et 
passe; 549 A. en lui; 550 Ar. test; 554 Ar. ml't doit estre cil confortez; 
556 Ar. car ch. ; 557 Ar. q Ue nulle part ne point ne tort ; 559 Ar. om. n' ; 
560 Ar. redoute, om. ne; 561-570 Ar. manquent; 564 C. reprend; 
569 B. des biens dis. 



ii2 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

puet estre el malvais parchamin, 
576 que sont maint clerc et maint devin 

qui ne font rien de ceu qu'il dïent. 

Lou bien desploient et deslïent, 

molt lou mostrent et dïent bel ; 
580 mais quel que soient li vasel, 

les parolles dedens sont saintes. 

D'ordes serpillières destaintes 

trait on drap de bone color. 
584 Li solous, qui rent la chalor, 

en un vil leu lut bien et raie, 

por ce, n'est mie moins veraie 

ne sa chalor ne sa bonteiz. 
588 La certainne deviniteiz 

nos ait ceste Armàure ovree 

que je vos ai ci devisee. 

Sachiez que sil en bon point sont 
592 qui desirier et talant ont 

de ces saintes Armes avoir. 

En boin désir, en boin voloir 

norrist li biens, et la bone oevre 
596 dont Deus son cuer et ses oeus oevre. 

[Or ait Deus pidié de nos armes, 

et si nos doingt toutes ses Armes ! 

Dites ' Amen ! que Deus lo face ' ! 
[600] 4 La douce Virge per sa grâce 

nos doint tele Armëure tenir, 

que nous puissons trestuit venir 

a la grant cort de paradis ; 
[604] 8 et nos gart de nos henemis 

tant que nous sûmes en cest monde ; 

et nos gart de la mort seconde ! 

575 Ar. en m. c. et m. ; 576 Ar. B. C. qui s. ; 577 Ar. de quanquil 
dient ; 579 B. molt lor mos. ; 583 Ar de bêle col., B. tient on trop de b. ; 
585 Ar. leu descent et r. ; 587 Ar. clartez, C. biautez; 588 Ar. li cert, 
T. saintime; 590 C. je vos a ci.; 591 Ar en pris sont, — /, T. sont en 
b. p. ; 592 Ar ne talant; T. talent on; 593 C. hautes arm., T. porter; 
594 T. et désir del bien enorter ; 595 T. si en orist toute bone oevre ; 
596 Ar. Ses eaz et son cuer. Fin de B. C. T. ; Ar. ajoute 16 vers; v. 
introd., />. xi. 



L'ARMËURE DU CHEVALIER 113 

La mort que je vos ai nommée, 
[608] 1 2 que mort seconde est apelee, 

ce est d'infer la grant dolor. 

Or deprions lo Creator, 

et la douce Virge Marie 
[612] 16 que nos moint en sa compaignie !] 



NOTES. 



I. CHANSONS. 

I. 

27—29. M. Baudler imprime, telle quelle, la leçon de U. 
Cependant celle de C. est bien supérieure et convient mieux au 
contexte : "on continue souvent de jouer en risquant, avec 
l'espoir de rattraper ses pertes." 

35. EU, c.à d. amors. 

34 — 40. Je comprends ainsi : " L'Amour me fait trembler, moi 
qui suis un amant loyal ; car en toute chose j 'ai agi selon 
' droiture.' J'aurais préféré avoir à montrer des fautes; j'eusse 
été ainsi exempt de peines." 

II. 

J'ai imprimé les strophes dans l'ordfe que nous donne le 
ms. C. C'est également l'ordre qu'a adopté M. Baudler. 

26, 27. Ces deux vers sont évidemment corrompus. Bartsch 
et M. Baudler ont proposé des émendations que je n'ai pas cru 
bon d'adopter. 

33. Por ceu de C. (" malgré cela ", cf. Ch. iii, 5) est mieux, 
comme sens, que par ceu de U. qu'imprime M.B. 

III. 

On pourrait risquer l'hypothèse, en se fondant sur les deux 
premières strophes, que cette chanson a été composée en Terre- 
Sainte. 

23, 24. Ces vers sont peu satisfaisants. La leçon de C. 
semble indiquer que le texte est ici corrompu. 

V. 

24. M. Baudler lit : a gent qui soit nen a nul altre don, ce qui 
n'est guère satisfaisant. 

114 



NOTES 115 

II BIBLE. 

7. 1ère, c.à d. iert, confusion fréquente. 

8. Pour les cas d'hiatus, v. introd. p. xlvii. 

9. Losangier , B., simple faute de lecture due, sans doute, au 
v- 5- 

14. Raison rendre signifie : " rendre a chacun son dû, rendre 
justice " cf. Livre des Manières v. 77. 

A chascun deit rendre raison 
et dreit tenir sanz acheison; 
cf. aussi v. 295 du même poème. 

16. Se mirer arrive, par un passage de sens tout naturel, à 
signifier simplement " trouver un enseignement " dans qqch. 
cf. v. 549. 

39. " C'est par bêtise qu'il veut qu'il soit question de lui." 

40, 41. Cf. Li proverbe au vilain xxx, éd. Tobler : ades 
brait la pire ruée dou char. 

54. Pour cet emploi de l'indicatif, qui a un peu dérouté B., 
cf. le v. 171. 

55, 56. Pour la rime v. introd. p. xlii. Appelloient : " on les 
appelait." 

60. Au moyen âge, on attribuait l'invention du nom de 
" philosophe " à Pythagore; v. Jean de Salisbury, Polycraticus 
VII, iv. V. aussi Leroux de Lincy, Livre des prov. fr. pp. xvi 
ss., où l'on trouvera une liste de noms de " philosophes," tirée 
de Guillaume de Tignonville, bon nombre desquels ne sont pas 
plus connus que Cliges et Ostes de notre texte. 

71. Aujourd'hui St. Trophime : Trôphimus> Trophe, comme 
Chnstôphorus>Christophe. 

73. Generaus nons paraît être un latinisme : nomen générale. 
Toutefois la confusion entre général et généreux a été faite au 
moyen âge ; v. les exx. de Godefroy, s.v. General. 

77. Schulz, s'étonnant de voir figurer Cléon parmi les philo- 
sophes, se demande s'il ne faut pas lire Caton. Peut être; mais 
il ne faut pas chercher trop de précision dans ces souvenirs 
d'école. D'autre part, il y a bien un poète grec qui s'appelle 
Cléon. Il est mentionné par les scholiastes d'Apollonius de 
Rhodes comme étant l'auteur d'un poème sur les Argonautes. 



n6 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

82. Cliges [?]. On trouve un Clichon parmi les quatre 
maîtres du jeune Alexandre. V. P. Meyer, Alexandre le 
Grand, etc., I, p. 122. 

88 et suiv. . Peut-être une allusion à la mort de Socrate ou 
de Boèce. 

89. Oirs : pour la graphie, v. Introd. p. li. 

98. Pour la leçon de B., v. Introd. p. liii. 

113. Avuglées : ce mot signifie-t-il " trahies trompées," 
comme dans les exemples du Lai du Conseil et du Prestre qui 
abevete cités par Godefroy? Ou bien " privés des ' lumières ' " 
dont parle le poète au v. 384? 

115. Cf. vv. 263 et ss. Le sujet de plorent est belles maisons. 

132. Dans la formule : Si Deus m'ait, les mss. donnent tantôt 
la forme tonique si, tantôt la forme atone se, qui se confond avec 
se<si. 

139. Ce vers, dans les deux mss., me paraît receler une faute 
commune. Il est sans attache avec ce qui précède également 
dans A. et dans B. A modifie le vers 137 pour exprimer avec les 
deux vv. 137, 138 une pensée générale, mais il laisse 139 dans 
son isolement. La correction est facile. 

147 ss. M. Ch. Langlois, La vie en France. . ., pp. 25 et 
42, voit ici une allusion au thème souvent traité des complai- 
sances coupables de femmes nobles envers les jeunes gens le leur 
" maisniée." Cela est très possible, mais on ne voit guère 
comment Guiot a pu faire pareille allusion " sauves lor 
honors " ! 

157. Loz : lisez los " réputation, gloire." Etre au desoz a 
comme pendant être au dessus; on n'y sent déjà plus l'image; 
témoin ce passage, et, pour être au desstis, les Chansons d'Adam 
de la Halle, éd. Berger, ch. X str. 2, et XI str. 3. 

160. Pour la construction cf. vv. 2124, 25. 

171. Fu : pour l'indicatif cf. v. 54. Pour la graphie ui — u v. 
Introd. p. li. 

174. Estapes et crevices : " des soliveaux et des écrevisses "; 
une allusion, à ce qu'il semble, à une version de la fable des 
Grenouilles qui demandent un roi où une écrevisse aurait 
joué le rôle du " hydrus " de Phèdre. Je ne trouve pas de 
version semblable dans les fabulistes latins du moyen âge que 
j'ai consultés. Les " hydrus," les *' magnus serpens," les 
" coluber " abondent : d'écrevisses — point. Dans Hervieu, Fab. 
lat. II, p. 389 c'est une cigogne, et p. 312, un brochet (lucius) ; 



NOTES 117 

de sorte que l'écrevisse, a priori, n'est pas impossible, car notre 
fable a subi bien d'autres modifications : tantôt ce sont des 
fourmis qui sont mangées par des serpents (Herv. iv, pp. 177, 
334), tantôt des poussins par un milan (ib. p. 178). En ce qui 
concerne PÉcrevisse, son rôle dans le monde des fables n'est ni 
grand ni très honorable. Elle paraît une fois dans les fables de 
Jean de Capoue, où elle donne à l'Oiseau un conseil pour faire 
tuer son vieil ennemi le Serpent. L'Oiseau obéit ; le Serpent 
est dévoré — l'Oiseau aussi; (Herv. iv, 6. 490). 

Je ne sais que faire de la variante de B. La leçon des, c.à d. 
avec l'article, qui se trouve dans les deux mss., confirme 
l'hypothèse d'une fable connue. La correction, " [cari 
d'estoupes et d'autres rinces " proposée par M. Ch. Langlois, 
La Vie en Fr. pp. 43, 44, ne me paraît pas heureuse ; v. plus bas. 
Pour l'assonance v. Introd. p. xliii. 

175. A. relie ce vers au suivant. Mais le sujet de jont est 
indéfini : " ils font," presque " on fait," sens très admissible 
en v.fr; cf. vv. 56, 543; cf. aussi Erec v. 291, "Par la cort en 
font grant murmure/' et l'usage latin et italien. Sont .... 
rois de B. serait une faute unique contre la déclinaison. 

176. Pour A. ce sont les Allemands et les Tiois qui font 
maintz empereurs et rois. Cette leçon, comme beaucoup 
d'autres dans A., est très bonne en apparence. Elle est adoptée 
par M. Langlois (op. cit., p. 43) qui reproduit l'explication de 
Schulz ; ce dernier y avait très bien vu une allusion aux 
querelles entre Philippe de Souabe et Othon IV. On aurait donc 
la leçon dont voici une paraphrase : " Nous avons tort de les 
appeler ' princes.' Les Allemands et les Tiois font beaucoup 
d'empereurs et de rois de(s) soliveaux et d(es) écrevisses." 
Ou bien, selon M. Langlois, qui a vu que le vers 
173 ne doit pas rester isolé de ce qui suit : " car les 
Allemands et les Tiois font beaucoup d'empereurs et de 
rois d'étoupes et d'autres chiffons ! " Pour une allusion 
historique, destinée sans doute à être comprise, ces deux 
leçons manquent un peu de clarté. Je considère que Tiois de 
A. a été amené par Alemant. En effet ces deux noms de peuples 
sont souvent confondus. Chrétien de Troyes, qui en sa qualité 
de romancier ne se pique pas de précision géographique ou 
historique, ne fait aucune distinction entre eux; cf. Cliges v. 
2653 : s'an iront an tiesche terre La fille l'anpereor querre . . . 
Car V anperere d' Alemaigne Est m. riches et m. poissanz. 
La même confusion se trouve vv. 2701 ss., 3524 ss., 3557 ss., où 
les soldats de l'escorte de l'empereur Alis sont appelés tantôt 



n8 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Tiois, tantôt Allemant, selon les besoins du vers. Même les 
vers 2965 ss. où les deux noms sont réunis dans un même vers 
nous montre l'identification des deux peuples. Le Rendus de 
Moiliens, au contraire, Car. XXII (éd. Van Hamel), les distin- 
gue. Dans ses voyages à la recherche de Charité, il parcourt 
d'abord les pays des " Hongres," "de la gent grif oigne," des 
" Constantinoblois," des Alemans, de " chiaus de Sassoigne," 
des Lombards et de la crasse Bouloigne et ensuite va visiter 
Yrois, Escot, Danois, Frison, chil de Hollande, Tyois, Brabant, 
Avalois (? Néerlandais), Flamant et la gent Vermande. C'est 
que le Rendus est précis dans sa géographie. Pour lui les 
" Tiois " sont un peuple du bas-Rhin, et le nom correspond 
étymologiquement, et, grosso modo, ethniquement à l'anglais 
" Dutch." Guiot veut être précis lui aussi. Il y a donc deux 
allusions historiques : la première, aux troubles en Allemagne 
déjà indiqués, la seconde, à l'état tourmenté de l'Angleterre sous 
Jean-sans-Terre. Je comprends donc ainsi : " On a tort de les 
appeler des princes ; de nos jours les empereurs et les rois sont 
faits de soliveaux et d'écre visses. Je vois les Allemands et les 
Anglais, comme ils sont tiraillés par les princes, et je vois que 
les autres le sont assez aussi : le monde est plein de peuples 
affolés par les méchants princes qu'ils ont." 

181-7. " Les chevaliers aussi sont complètement perdus; leur 
époque est finie .... Quant aux délateurs et aux flagorneurs, 
ceux-ci subsistent encore." Il y a opposition évidente entre : 
" cil ont perdu lor tens " et " cil ont passé." Un exemple de 
perdre son tans au sens de " mourir," se trouve dans Godefroy, 
tiré de la Chanson d'Antioche VIII, 855. Cf. aussi l'expression 
fréquente issir del tans c.à d. " mourir." Le sens des dérivés 
bien connus du mot passer : repasser, respasser, justifie le 
sens de " subsister," " survivre," que je donne au mot simple. 

Il y eut, en effet, à la fin du Xlle siècle, grâce au contact 
des troupes européennes avec les orientaux, des changements 
notables dans la tactique militaire ; v. Delpech, La tactique au 
XlIIe siècle, ii, p. 325 (Paris, 1886). Pour l'importance des 
pièces de tir et des machines de siège dans l'armée de Philippe 
Auguste v. Lavisse-Luchaire, Hist. de Fr., III ; p. 247. 

197. Mors ; pour le sens, cf. v. 226. 

202. Terrien de A., à moins qu'il ne cache le mot enterin, n'a 
pas de sens ici. Ce mot signifie en français " ayant des terres" 
et en fr. ancien " terrestre " et " terreux." Ce sont les quasi- 
synonymes libéral et doneor, qui ont amené la retouche. 

205, 206. Pour la Ille pers. du sg. en -ent v. Introd. p. lv. 



NOTES 119 

207. Le premier ex. de cette expression que donne Littré, 
s.v. Figue, est tiré de Montaigne. 

212. Aserveti manque dans Godefroy; il paraît synonyme de 
acuiverti que nous donne A., et doit signifier " réduits à l'état 
de serfs." 

213. " Plus que ceux à qui on impose les ' tailles.' " 

214. J'imprime la leçon de A. qui donne cependant joent et 
non pas jueent. Cette dernière forme ressemble davantage, 
paléographiquement, à viennent de B. Je n'ai rencontré nulle 
part ailleurs l'expression jouer a toutes failles. On peut 
conjecturer qu'il y a une allusion à ces jeux à rebours où le 
gagnant est celui qui a perdu le plus de points, dits communé- 
ment " à qui perd gagne." Godefroy donne, s.v. Failles, 
l'expression ferir a failles, qui paraît signifier " donner des 
coups qui ne portent pas "; " S'en ist li dus o -x- batailles Qui 
ne sevent ferir a failles," Athis, Ars. 3312 fo 98^. 

216 — 226. Passage un peu alambiqué qui a dérouté les scribes. 
En voici une courte paraphrase : " Dans leurs actions les 
princes manquent-ils à ce que l'on attend d'eux ? Non. Car 
des hommes 'faillis' ne font jamais rien 'à droit.' Si, au 
contraire, le ' failli ' fait chose qui vaille, c'est alors qu'en 
réalité il manque à ce que l'on attend de lui — c'est alors qu'en 
vérité il ' faut.' Malheureusement, nos princes ne démentent 
pas leur réputation en ' faillant ' de la sorte. Je serais bien 
content de les voir ainsi ' faillir,' cela me redonnerait de la vie." 

222. Nule rien a un sens positif ici : " quelque chose." 

230. On est tenté de voir une faute commune et de lire qui ou 
en pour il. Solas aux deux scribes a paru jurer avec déport. 
L'emploi " courtois " de ce mot ne leur était pas familier. 
Dans B. il amène confort, dans A. il est remplacé par joie. 

239. Faire honor et faire bien signifient, en somme, " être 
généreux," cf. w. 252, 3. On sait que faire le bien est fréquent 
aux sens de " faire un don," cf. pour notre auteur v. 1795, et 
de " faire l'aumône " cf. Le garçon et l'aveugle, éd. M. Roques, 
v. 1. 

244. Honir, lui aussi a son sens spécial que je n'arrive pas à 
saisir parfaitement; cf. v. 211. Honir qqn. ou lui faire honte 
(v. 262), dans le langage spécial des trouvères de cour, paraît 
signifier " ne rien lui donner," " l'éconduire." 

246. Tenir cort, expression fréquente que l'on traduit souvent 
par " serrer de près," a dû à l'origine se dire d'une façon de 



120 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

tenir un cheval, c.à d. à bride ou à licou raccourcis, pour lui 
laisser le moins de liberté possible. 

248. Cf. v. 115. 

275, 6. Cf. Esther c. 1. v. 4, où il est dit que la " cour " dura 
180 jours. Schulz, op. cit. p. 128, fait remarquer que Arnold 
von Lùbeck, dans sa chronique, fait une comparaison entre la 
cour de Frédéric Barberousse, dont il sera question plus bas, et 
le festin d'Asuérus. 

277. Ferri : Frédéric ier, qui en 1184 réunit à Mayence une 
cour de 40,000, selon d'autres de 70,000 chevaliers. 

285, 6. Ces deux vers se trouvent dans le passage cité par 
Pasquier; v. note suivante. L'identité de début des vv. 285 et 
287 a trompé le scribe de B. 

285 — 296. Ce passage a jadis provoqué l'admiration d'Estienne 
Pasquier. Il le cite en entier dans l'amusant chapitre xxv du 
livre VI de ses Recherches. Voici comment il en parle : 
" Au demourant, encores que ce soit hors de propos, si est ce, 
que ayant recité quelques vers de ce gentil Moine, [Hugues de 
Berzé pour Pasquier] encores ne veux-je oublier ceux-cy où il 
se plaint que tout alloit de mal en pis : Car paraventure ailleurs 
ne trouveray-je lieu pour les employer." Suit la citation, et, 
pour finir, ces paroles : " Fut il jamais une plus hardie et 
plaisante hyperbole? " 

298, 9. Le passage me paraît altéré dans les deux mss. Il 
est d'ailleurs assez étrange. J'ai corrigé dans le sens des vers 
499 ss, dont notre couplet semble être une anticipation. 

300. La leçon de A. paraît ici plus satisfaisante, car on ne 
voit guère ce qui est le sujet de vaut, mais il est fort possible 
qu'elle ne soit qu'une simplification de celle de B., et qu'il faille 
lire : " li siècles, trop est vis et ors " au vers suivant, en 
faisant siècles sujet de vaut. 

313 — 475. Pour l'identification des nombreux personnages 
mentionnés ici par Guiot je me suis servi de l'excellent travail 
de M. Baudler. J'y renvoie le lecteur qui y trouvera nombre 
d'intéressants détails sur le rôle joué par ces personnages dans 
le mouvement littéraire de leur époque, détails que je n'ai pas 
cru devoir rapporter dans la liste des noms propres. 

319. Li jones rois : surnom bien connu du fils aîné d'Henri II, 
Henri Court-Mantel. 

321. M. Baudler défend la leçon escharz (eschars) de A., en 
affirmant que le courage militaire n'est pas une vertu aux yeux 



NOTES 121 

de Guiot. M.B. attache trop d'importance aux plaisanteries de 
Guiot aux vers 1700, 1714-22. Un coup d'oeil aux vv. 330 et 
430, pour ne mentionner que ceux-là, suffit pour faire justice 
de son objection. En outre, notre leçon se justifie par le fait 
que pour Guiot conarz : Richarz faisait une meilleure rime que 
eschars : Richarz; ce qui paraît avoir échappé à M. Baudler. 

343. Enploiez : fréquent dans ce sens; cf. Adam de la Halle, 
Chanson ix, str. 2 (édit. Berger) : 

Mais li dons est grans, 

Saiges doit estre et -vaillans 

Li on a eux on l'enploie. 
Cf. aussi Auc. et Nicolette (éd. Suchier) ii, 36. 

350. Guiot écrit peu de temps après la 4e croisade, 1203-1204. 
Cf. vv. 776, 777. 

360, 1. J'écarte la leçon de A. (et de Turin), admise- par M. 
Baudler, pour les raisons suivantes. Io : à cause de la forme 
tesmoigne qui deviendrait une ie pers. au lieu d'une 3e. M. B. 
explique la présence de l'e par le groupe de consonnes qui le 
précède ; mais ce groupe n'est en réalité qu'un groupe graphique 
et n'exige aucunement une voyelle d'appui. Ho : le vers 361 
serait ridicule. IIIo : A. et Turin ont une faute commune au 
v. 362 qu'ils semblent (avec des pour les) rattacher abusivement 
au v. 361. Je reconnais l'étrangeté du v. 361 tel que le donne 
B. ; mais, à la rigueur, on peut supposer une ellipse : 
" Certes, le siècle témoigne bien de ce qu'il était et [qu'il 
était] un des meilleurs ". Si cette interprétation ne satisfait pas, 
il serait facile de lire fut pour et, ce qui donnerait un texte 
irréprochable : ce serait encore une faute commune aux deux 
mss. 

386. Joffrois de Chandei : non identifié. M. Baudler lit 
Condé avec A., et pense à Condé-en-Brie (Marne). On peut 
penser également à la petite ville du Vieux Condé sur l'Escaut, 
près de Valenciennes, lieu d'origine d'une maison fameuse; v. 
St. -Allais, Nobiliaire vol. xx, p. 72. 

414 (A). Cf. ces vers de la Complainte de Jherusalem contre 
la cour de Rome (ms. Moreau 1727 f. 99) : 

Que li legas soit confondus 

et de sa gloire sospendus 

ne ja isse honores de l'an ! 
L'expression issir del tans est plus fréquente et signifie, 
également, " trépasser "; cf. Raoul de Cambrai v. 3896 : Qui la 
chai bien est del tans issus. 



122 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

446. Ni au vers 429 ni ici, il n'y a de variantes. S'agit-il du 
même personnage, ou bien y a-t-il plutôt une faute commune ? 

464. C'est plutôt truis qu'il faudrait lire, avec A., comme 
au vers 2132 ; cf. v. 496. 

484. Le sujet de ont, dans B., paraît être les ' seigneurs ' sus- 
nommés. 

495. Cf. Cliges 5377 : Se nel feisons sagement Aie somes sanz 
recovrier. 

499 et suiv. Le premier ait est subjonctif, le second indicatif. 
On comprendra : " Qui que ce soit qui ait des richesses, celui-là 
certes n'en a point qui n'en jouit pas." Pour la pensée cf. 
Guillaume d'Angleterre (éd. Fôrster) vv. 933, 934. 

505. Se, des deux mss. doit être considéré comme la forme 
atone de si<sic. 

507. N J manque aux deux mss. C'est évidemment une faute. 
Selui (celui) se trouve comme cas sujet à partir du Xlle siècle; 
v. Nyrop " Gram. histor. II, p. 394. Couper se lui, en faisant 
de se une conj., serait aller contre les deux mss. 

513. La leçon de B., qui pourrait choquer un scribe, est con- 
forme à la manière de Guiot; cf. v. 1823. 

Pour la pensée, cf. Besant de Dieu vv. 969-976. 

522. Une allusion à un dicton connu : cf. Tobler, Li proverbe 
au vilain, xx : Plus a li deables, plus convoite. T. renvoie à 
Leroux de Lincy, Prov. fr. I, 9 : Plus a le diable, plus veut 
avoir. 

526. Autre locution proverbiale, qui signifie, à peu près, 
" permettre c'est autoriser." La phrase est intéressante en tant 
qu'elle indique nettement la valeur des deux mots. Cf. Tobler 
op. cit. vi. " Asez otrie qui se taist." T. renvoie à Leroux de 
L. II, 175. Pour la même pensée sous une forme dévote cf. 
Livre des Manières, vv. 855, 856 : Quar dou jet et de la consence 
sera égal la pénitence. 

527. Littré, s.v. Ecorcher, cite Benoît, II 7372 : Autresi fait il 
faute et force qui tient le pié cum qui escorce." Godf. Compl., 
s.v. Escorcher, donne assez escorche qui le pié tient, tiré du 
ms. B.N. L 14961. fo. 183 vo. 

528—540. Passage difficile. N'arrivant pas à y voir clair 
j'imprime la leçon de B., telle quelle, ou à peu près. Quelques 
remarques de détail : au v. 533 il serait plus naturel de lire 



NOTES 123 

ou (<aut) conte; seignor semble avoir son sens de " seigneur," 
tandis que sire, qui le suit presque immédiatement, signifie 
" maître." Il y aurait un moyen un peu hardi de se tirer 
d'affaire; ce serait d'entendre tout comme>tollit, et de lire la 
tout : " les juifs arrivent chez le seigneur ou chez le comte. Le 
maître ("ou le seigneur] leur confie le capital et prend, ou si 
l'on veut, leur arrache l'intérêt et les disciples prêtent alors a 
des tiers." Il y aurait opposition voulue entre prendre et 
tolre : ce dernier signifie en effet " prendre avec violence " — 
ici, " avec rapacité." Lou pour la serait une faute commune due 
au scribe qui n'aurait pas compris tout. Seule difficulté, s'en 
veut : " si l'on veut "; serait-ce d'une bonne langue en v. fr? 
Pourquoi pas ? 

V. pour une autre mention de la pratique de prêter aux Juifs 
les w. 970, 971. 

543. Saront, indéfini : " on saura." 

547, 8. Cf. Matth. XXIII, 13. La leçon de A. est ici plus 
naturelle. 

549. Se mirer; cf. v. 21. 

557. Les Romans, c.à d. le pape et son entourage, vv. 621-786. 
C'est là aussi, en passant, que Guiot traitera des légats ; vv. 667 
et ss. 

563. Des clers, c.à d. du clergé séculier et des chanoines; w. 
925-1043. 

593. Reson : "Justice," cf. v. 14; tôt de bout, signifie, non, 
comme le dit Godefroy en citant ce passage, " tout de suite," 
mais bien, " pleinement," " franchement," " entièrement." Cf. 
Cliges v. 4432 : espoir le me done tôt, Meis ce me resmaie de 
bot, où le savant éditeur traduit " gànzlich." On trouvera deux 
autres exemples chez Littré, s.v. Debout. 

595. Estendre : v. Ducange, Extendere : "aestimare," "appre- 
tiare," mot qui se trouverait uniquement dans des textes 
anglais. Godefroy donne estente : " arpentage." 

628. Il y a 3 autres exemples dans Godefroy du mot estache, que 
nous fournit A., au sens de " appui." Mais la leçon de B., plus 
simple, est aussi celle de l'extrait de Pasquier. 

632 — 654. On a dit de ce passage (cf. Hist. litt. xvi, m, 112 
que c'était la première mention qui ait été faite en occident de 
l'usage de l'aiguille aimantée. Cette assertion ne paraît guère 
fondée. Alexandre Neckam, dans son De Natura Reru n II, 
ch. xcviii (p. 181 de l'édit. Wright, Rolls séries, 1863), composé 



124 EES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

selon toute probabilité avant la fin du Xlle siècle, et bien connu 
à l'époque où écrit Guiot, en fait la description suivante : 
Nautœ etiam mare legentes, cum beneficium claritatis solis in 
tempore nubilo non sentiunt aut etiam cum caligine noctur- 
narum tenebrarum mundus obvolvitur et ignorant in quem 
mundi cardinem prora tendat, acum super magnetum (var. 
magnatem) ponunt, quœ circulariter circutnvolvitur usque dum, 
ejus moto cessante, cuspis ipsius septentrionalem plagam 
respiciat. Sic et prœlatus in hoc mari suos subditos dirigere 
débet ut ratio ejus Aquiloni Mi sese obviât (var. objiciat) de 
quo scriptum est : ' Ab Aquilone pandetur omne malum.' 
L'exhortation aux prélats, le mot ' Aquilon ' qui a très bien pu 
suggérer 1' " Aiguillon " de Guiot (v. 729) et d'autres ressem- 
blances de ce passage avec celui de notre texte, rend assez 
vraisemblable l'hypothèse que Guiot, en l'écrivant, a eu sous 
les yeux le livre de Neckam. Wright, op. cit. pp. xxxv — 
xxxix, donne une série de passages tirés d'auteurs du XHIe 
siècle où il est question de l'aiguille aimantée. Il cite notam- 
ment celui du Trésor de Brunetto Latini, qui, chose intéressante 
à remarquer, a pour source évidente le texte de Guiot. 

636. Je ne comprends pas bien l'expression es garder lor (ou 
le) droit point. 

645. Ténèbre doit être une faute pour tenerge (ou tenegre, 
avec influence de niger)<*tenebricus. Dans un des textes cités 
par Godefroy, s.v. Tenegre, ce dernier mot figure comme un 
substantif : tenegre ne timbre ; il s'agit là sans doute d'une con- 
fusion analogue à celle du scribe de B. 

648. Assarrer (esserrer<*exiterare), moins fréquent que 
esgarer, a pu fort bien être remplacé par celui-ci indépendam- 
ment dans A. et dans Pasquier. On pourrait en dire autant de 
la substitution de obscure à tenerge au vers 645. 

664. Ce vers paraît signifier : "la religion chrétienne a 
changé de nature, est devenue une religion à rebours " car le 
père [le pape et la cour de Rome] tue se enfants [ruinent ou 
oppriment les églises]. On pourrait songer à interpréter : " Ce 
n'est plus le tour de la religion; son tour est fini " ; mais la pre- 
mière interprétation s'accorde mieux avec la pensée du poète 
aux vv. 660, 661. 

Faire le tour se trouve au sens de " faire volte-face " ; donc : 
" changer de disposition, de manière d'être," dans Caritê 
CXXIII : 

O carités revien, ravole, 
Et rapareille a Diu s'escole 



NOTES 125 

Car si desciple ont fait le tour : 

Lampes sont sans fu et sans oie, 

Langues de prélat sans parole. 
où Van Hamel traduit par " changer de disposition " ? 

679. Desapertir ne se trouve pas à l'infinitif dans Godefroy. 
H y a un exemple du participe qui semble signifier "en désarroi, 
bouleversé." 

687. Ou c.à d. o<hoc ; lis. oi<audio. 

688. Ici et au vers 700 se est la forme atone de si. 

691, 2. J'ai de graves doutes sur l'authenticité de ces deux 
vers, qui ne se trouvent que dans A. : ils ne sont pas nécessaires 
au sens et le premier est fort bizarre. Il paraît signifier : " il ne 
doit pas s'enrichir en vieillissant." Il est vrai que la rime et 
l'étrangeté même des vers auraient pu les faire omettre par B. 

694. Guiot, ou plutôt les mss., ne se trompent-ils pas en 
faisant porter au pape une couronne de plumes de paon. Je 
crois, qu'ici encore, il y a faute commune, et qu'il faudrait lire 
flabelle. Le pape portait en effet dans certaines cérémonies solen- 
nelles un éventail en plumes de paon, mais je ne sache pas qu'on 
lui ait jamais fait porter une couronne. 

On avait donné au flabellum, à l'origine simple chasse- 
mouches ou éventail, une signification emblématique. D'après 
Macri, Hiero-lexicon, s.v. Flabellum (cit. Moroni. Diz. Storico- 
Eccl.), les ocelles nombreux signifieraient les yeux des fidèles 
qui observent attentivement le pape, ou bien (ceci ressemble à 
l'idée de Guiot), les nombreux yeux qui lui sont nécessaires 
pour surveiller les affaires de l'église. Ajoutons que l'usage 
de couronnes en plumes de paon existait bien au moyen âge. 
Le pape Urbain III (Moroni op. cit. vol. xxxvi, p. 113), faisant 
gré à une demande d'Henri II d'Angleterre, envoya une 
couronne royale de plumes de paon, tissée en or, pour couronner 
vice- roi d'Irlande Jean, fils du roi. 

697, 8. L'ordre de A. est ici plus naturel si on lit couronne, 
celui de B. si on lit flabelle. 
700. Lis : si li. 
706. Avugleiz; cf. v. 113. 
715. Acorper, c.à d. acoper : " achopper." 

739. Il vaut mieux considérer ait comme étant de l'indicatif, 
avec A. ; cf. v. 600. 

741. Es c.à d. as (aux); v. Introd. p. 1. 



126 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

763. Cf. Leroux de Lincy, Prov. fr. II, 180. Il ne sort du sac 
que ce qu'il y a. Oudin, Curiosités françaises, p. 491. 

777. V. Introd. p. xx. 

791. Science : cf. Armëure v. 396. 

808. " Nous devons penser, puisque nous sommes à découvert, 
à suivre, les bonnes traces, le long des droits chemins car. . . J' 
L'image est d'un troupeau qui avance tout en broutant l'herbe 
a côté de la route. Tout cela a disparu dans le remaniement 
effectué par A. A ce que, cependant, dans le sens de " parce 
que," est étrange. A a peut-être été amené par penser, du vers 
précédent, et aurait remplacé por. A serait donc une faute 
commune aux deux mss. 

822. Cf. Armëure v. 124. 

836. Guiot a peut-être écrit tant vilain morsel. Dès les plus 
anciens textes " tant " avec signification numérique, ainsi que 
le nom qu'il qualifie, s'écrit tantôt au sing., tantôt au plur. Il 
en est de même de " maint," dont on a négligé la valeur 
exclamative, et dont l'origine est peut-être à chercher dans une 
fusion de l'ail. " manch " et de " tant." 

S36— 838. " Dieu, que de morceaux peu propres ils avalent, 
lorsque, pour s'éviter des dépenses, ils ruinent des maisons 
pauvres." Cf. Besant de Dieu v. 641 [d'un évêque] : 
E manga eyi ses priories 
E en ses povres abeïes, 
E od cels qui ostels li durent 
Qui par estoveir le recurent. 

844. Après cette kyrielle de reproches des vers 839-844, à 
l'adresse des évêques et des archevêques, Guiot s'arrête : " c'est 
peine perdue, dit-il en substance, ils sont vieux et ont l'oreille 
trop dure pour m'entendre." 

855, 56. Ces deux vers semblent être mis dans la bouche des 
" clers " parvenus aux honneurs ecclésiastiques, qui " fuient, 
guilent et mentent." Sont-ils des réponses à des sollicitants? 
Et que veut dire " chacier son pris " ? 

891, 92. Ces deux vers, qui manquent à B., pourraient bien 
être interpolés. Us rendent les vers 893, 894 inutiles et même 
maladroits. 

901. Aie; cf. vv. 495, 665. 

911, 912. Encore deux vers qui sont un peu suspects. Ils 
semblent trop éloigner le v. 913 du v. 908, car nul autre mestier 
se rapporte évidemment à mentir et à guiler. 



NOTES 127 

914. Ce vers, si la leçon est bonne, signifie sans doute : 
" celui qui est le plus habile dans le métier du mensonge, celui- 
là a le plus d'influence à la cour [épiscopalel." 

918. A première vue il semblerait que c'est 1' ' avoir ' qui 
est la ' source des péchés ' ; mais cette pensée ne convient 
guère à Guiot, et les w. 920-924 nous prouvent qu'en réalité 
c'est de Rome qu'il s'agit. Cf. aussi vv. 771, 772. Je lirais 
volontiers au v. 916 la ne vaut comme au v. 923. 

947. Cf. pour la construction v. 1519; et Armëure, v. 518. 

950. Désespère de A. est presque certainement d'un remanieur. 
Se fondant sur la leçon de B. on peut lire : li vaillant, li bienëuré 
(ou bienôuré). 

952. L'expression criement honor est étrange; il faut peut- 
être lire aimment avec A. 

957. Forgegié c.àd. "forjugié"; v. Introd. p. li. 

967, 8. Cf. pour la signification de attendre les termes les 
vv. 807, 8 du Livre des Manières : Estre usurer et termeiant Ce 
est mestier a reckeant (recréant). Termeier signifie " prêter à 
échéance," et les termes sont les jours d'échéance, où on devait 
payer sous peine d'être destraint. 

969. C'était, à ce qu'il semble, une spéculation assez fréquente 
au moyen âge. Pour un autre exemple d'un prêtre "accapareur" 
cf. Rutebuef, Montaiglon et Raynaud, Fabliaux, III, fab. 82. 

Asseiz ot robes et derniers 
Et de bleif toz plains ces greniers 
Que li prestres savoit bien vendre 
Et pour bien la vendue atendre F ?] 
De Pâques à la Saint Rémi. 

973. C'est itieus gent qu'il faut lire, avec A. 

980. Li se rapporte à Deus et doit signifier " vis-a-vis de 
Dieu." On s'attendrait plutôt à lor. 

981. L'orthographe raignes<*retinas est intéressante. Il y 
a évidemment influence graphique de regnunKregne, prononcé 
rêne. 

982. Troveront : non pas " considéreront " comme on pourrait 
être tenté de traduire, mais bien " découvriront." De même 
aux vv. 2549, 82. Cf. vv. 2049, 2568. 

984. Regardent est au subjonctif et ja est emphatique : 
" qu'ils regardent donc seulement. . . ." 

989» 997- Pour les formes citein, citain v. Introd. p. lii. 



128 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

999, iooo. Ces vers qui manquent à B. sont ici nécessaires. 
L'omission s'explique par le fait que le v. iooi commence par 
le mot mais. 

1012. " Celui que ni esprit ni naissance ne dirigent." 

1019. Faut-il voir, dans les deux mss.,une lacune après le vers 
1020 ? Nous avons vu que le ms. original de la famille A. B. 
était peut-être lacunaire dans deux autres endroits; v. Introd." 
p. xxxvii. A la rigueur on pourrait supposer une ellipse et com- 
prendre : " même le fils du roi s'il la faisait, serait ' vilain ' " — 
interprétation à laquelle on ne peut guère opposer que des 
raisons subjectives. 

1031. " Dans le monde, toujours prêt à voir le mal en tout." 
M es croire : très attesté au sens de "se méfier " " soupçonner," 

1045. M. Ch. Langlois (op. cit. pp. 32, 33) exagère l'impor- 
tance de ce vers. L'expression en maintes cors [lis. en maiyite 
corfj, ne signifie guère autre chose que en mains leus; c'est une 
expression où l'idée de cour n'existe pour ainsi dire plus, c'est 
du langage. " usé." Cf. ces vers de Guillaume à' Angleterre 
(vv. 1600 ss.) : 

Se tu ves an autrui servise 
et tu iers povres, trestuit cil 
qui te verront te tandront vil, 
que povre sage hui est li jorz 
tient an por fol an totes corz. 
qui ne sont q'un développement du proverbe " Vis est tenu 
partout qui riens n'a : Leroux de Lincy, Pr. fr. II, 333. 

1056. Abaïes, c.à d. abahies, esbahies. 

1057, 8. " • C'est par les abbés qu'elles sont détruites ' disent 
ils, pourquoi donc se moquent-ils de moi ? Que serait-ce si 
j'étais vraiment abbé de Cluny ou de Cîteaux ! " Cf. v. 1068. 

1060. Les exemples de re avec des substantifs sont rares en 
dehors de quelques mots bien conus comme " derechef," etc. ; 
v. Nyrop. Gramm. historique III, § 489. Il y a cependant un 
exemple chez Froissait tout à fait semblable au nôtre. Il est 
cité par Meinecke, Das Pràfix Re im Franzôsischen. (Diss. 
Berlin, 1904) p. 32; 

S'il vos plaist, je saray les noms 

d'entre vos deux et les re-noms 

des deux dames.— Poésies, éd. Schéler, vol. iii, 
p. 57, v. 144. 
Comme on le voit, l'artifice poétique, peu louable d'ailleurs, est 
pareil dans les deux exemples. 



NOTES 129 

1065. Obedianciers ; v. Ducange s.v. Obedientia. Ils étaient 
chargés de la gérance d'une " grange " etc., ou de faire rentrer 
les revenus des terres appartenant au monastère. On donnait 
quelquefois ces charges à ferme. C'est peut-être une allusion à 
cette pratique qu'il faut voir ici. 

1091. Doze de A. est plus vraisemblable. V. Introd. p. xvi, 
note . 

1095, 6. Le passage est un peu elliptique. Il y a peut-être 
une allusion à des faits de la vie de Guiot que nous ignorons. 

1104. Gent a ici son sens de " bande de soldats." 

1109 et suiv. Ces vers signifient, semble-t-il : " Un couvent 
où l'on tient ses engagements peut livrer avec succès une grande 
bataille [car chefs et subordonnés c.à d. abbés, prieurs et 
cloîtriers, font tous leur devoir], mais aujourd'hui on fait peu 
de cas des engagements pris." La bataille serait la vie monas- 
tique avec toutes ses exigences, avec l'observance entière de la 
règle. B. semble ici corrompu. 

1113. Signor : dans le sens fréquent de " complètement 
heureux." Cf. la note de Tobler, Li Proverbe au -vilain, 170, où 
l'on trouvera d'autres exemples de cet emploi. 

1139. Appellet : lis. appelle on, ou bien, avec A., apele l'en. 

1167, 8. Ces vers se rapportent dans B. aux abbés, prieurs et 
obédienciers qui s'enrichissaient aux dépens des maisons qui 
leur étaient soumises ; tandis que les vers qui suivent se rappor- 
tent à la vie misérable des cloîtriers, du nombre desquels était 
Guiot. La leçon de A. laisse le v. 1171 trop isolé. 

1170. " De peur d'être privés de nourriture." 

1171. On ne saurait dire laquelle des deux leçons est la 
bonne. La désinence -ornes semble être assurée pour le futur 
au vers 799. 

11 73. " Dans les statuts du chapitre général de Cîteaux il est 
souvent question des conspirations formées par les moines contre 
leurs abbés," Lavisse, Histoire de France, III, i, p. 350. Ce 
vers nous montre qu'il en était de même à Cluny. 

1187, 8. La leçon de A. est préférable à cause de la rime. Cf. 
Introd. p. xlv. 

1190. " Et il est vrai que j'ai été dans l'ordre." La suite des 
idées, que A. a entièrement transformée, paraît être la suivante : 
" Ce n'est pas parce que j'ai été Cistercien qu'on se moque de 
moi, c'est parce que je ne l'ai été que quatre mois. On dit que 
je m'y suis mal conduit; mais si j'étais resté deux ou trois ans 



130 LES OEUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

à Clairvaux jamais on n'aurait eu l'idée de me ' rampogner.' 
J'en vois tant [à Clairvaux] qui se conduisent mal [et dont 
personne ne se moque]. Du reste, celui à qui chaque jour est 
un jour d'épreuve, doit bien parfois se montrer sous un très 
mauvais jour." 

1203. A noter la forme partai qui est du scribe. 

1207. Cf. au v. 1173. 

1210. Y a-t-il jeu de mots : lor, l'or? 

1222. Il faut entendre ce vers au sens figuré, mais l'expression 
doit conserver assez de son sens propre pour donner du relief 
au vers suivant. La citation qui suit, tirée du Gemma Ecclesi- 
astica de Giraldus Cambrensis, Distinctio II, cap XXXIV, donne 
une explication édifiante de notre expression, avec une ample 
exégèse. "Ad hœc etiam audiant prœlati, qui par se vel per 
suos ovium tantopere indulgent tonsioni, quœ tonsoribus ovium, 
in quibus subditorum depilatores dantur intelligi, accidere 
soient, sicut in genesi legitur. " Laban in tonsione ovium 
suarum amisit societatem Jacob/' Item, " Judas, cum iret ad 
tondendas oves obviam habuit Thamar nurum suam cum qua 
fomicationem commisit." Item, sicut legitur in Regum, 
" Absalon in tonsione ovium conjurari fecit, quo interfici jussit 
fratrem suum Amon." Item, " Nabal, vit stultus, in tonsione 
ovium negavit exennia David, cujus comminationis timoré 
mortuus est. Si ergo temporalium tonsores ovium sic tempora- 
liter puniti sunt, quanto magis spiritualium tonsores ovium, vel 
potius excoriatores, œternas ubi spiritus simul et corpora crucia- 
bantur pœnas timere possxint." Quelques " exemples " de 
" tondaisons spirituelles " suivent ce passage. 

1227, 28. Ces vers font difficulté. Parroches paraît suspect, 
et que serait une maisiere frouche ? D'autre part la leçon de A. 
est évidemment une lectio facilior et n'a guère de sens. Je 
propose de lire : Par tout, en viles et parroches, ont terres, 
maisieres et frouches. L'original de A. B. aurait été trompé 
par le sens que comporte le mot vile de " propriété rurale " et 
aura fait entre ce vers dans l'énumération des richesses des 
Cisterciens. Nous sommes éclairés sur le mot frouches par les 
articles Frostium, Fraustum, dans Ducange. Dans un. des 
textes qu'il cite il est même question de " qtwddam frostium 
nostrum situm in parochia de Guarranda." " C'était de la terre 
en friche, ou bien de la terre " en gast." On trouvera d'autres 
formes du mot chez Ducange. M. Meyer-Liibke, Etymo- 
logisches Wôrterbuch ne donne qu'un type *Froccus (dont on 
ignore d'ailleurs l'origine), et ne parle pas de notre mot. Il 



NOTES 131 

faudrait pour celui-ci un type *frôcca, *frôccia ou, à la rigueur, 
*frôccium. La série, " terres, maisieres (habitations), et 
jrouches," forment une série très acceptable et on aurait ainsi 
une place pour y mettre " les brebis et les béliers, les taureaux 
et les vaches qui mugissent à faire peur." Notons que les deux 
mss. donnent i a tant au vers 1230. 

1231. A. semble avoir introduit les truies à cause de son mot 
essouent (il distingue soigneusement u et n) qui ne se trouve 
pas dans les dictionnaires mais qu'on doit lire essaient et 
rattacher au latin sûbare. 

1234. Sois (soz) " toits à cochons." Sur ce mot qui est très 
vivant dans les patois modernes (cf. Atlas Linguistique, Carte 
Ecurie) v. Antoine Thomas, Essais d'Etym. fr. I, p. 385. 

1235. Les Granges (établies d'après Guiot dans les églises, 
v. 1226) contenaient en effet des étables et des écuries en même 
temps que des granges proprement dites, v. Ducange : Grangia. 

1251. "A s'emparer de tout le pays qu'ils voient de leur 
abbaye." 

1259, 1268. Laissa c.à d. laissai. 

1263. Guiot a dû écrire confes, avec gaaignie en trois syllabes. 
Quant au sens du passage, si sil se rapportait aux Cisterciens 
en général, les "confesseurs" seraient les supérieurs, qui, ayant 
une vie pleine de douceurs, ne sont pas véritablement morts au 
siècle. Les martyrs seraient les cloîtriers, moins heureux. Mais 
sil par sa position semble bien se rapporter à clostriers, ce 
qui fait difficulté. Quoi qu'il en soit des confesseurs, les 
martyrs sont évidemment des cloîtriers qui mènent une vie 
pénible; ils sont " engigniés " s'ils comptent sur des récom- 
penses futures de leurs peines, car le martyre subi sans résigna- 
tion ne vaut rien. En effet les cloîtriers ne sont pas résignés ; 
cf. aux vv. 1260, 61. 

1264. Sur la cupidité des Cisterciens cf. ces deux strophes du 
Discipulus Goliœ Episcopi de grisis monachis (Poems attrib. to 
Walter Mapes, édit. Wright (Londres, 1841)). 

Duo sunt qui nesciunt satis detestari, 
Quœ exosa sentio cœlo, terrœ, mari, 
Quibus omnis regio solet devastari 
Quibus nullo studio potest obviari : 

Pestis animalium quœ " shuta " vocatur 
Et Cisteriensium quœ sic dilatatur : 
Duplex hoc contagiutn arbem populatur — 
Quod sit magis noxium prorstis ignoratur. 



132 LES CEUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Cf. aussi Walter Mapes, De Nugis Curialium I, c. XXV, édit. 
Wright (Londres, 1850), et Spéculum Stultorum, p. 84, édit. 
Wright (Londres, 1872). 

1271. Aux jours où les moines étaient indisposés, soit par la 
saignée périodique, soit par la maladie, ils avaient droit à une 
pitance plus copieuse et surtout plus savoureuse que d'ordinaire. 
C'est la saignée, la minutio sanguinis, qui est appelée ici 
" enfermerie." On la considérait comme un plaisir, et c'était 
une punition sévère que de s'en voir privé. V. Ducange : 
Infirmariae. 

1273-1275. Ne sachant que faire du texte de B., j'ai corrigé. 
Ce serait pour que le vin mauvais passât inaperçu qu'on l'aurait 
donné à ceux qu'un rude travail avait mis en nage. Escumé 
est attesté par Godefroy au sens de " ruisselant de sueur " : 
" N'i a si bon cheval n'ait la croupe escumee ; Gui de Nanteuil, 
1401. 

1284. Ce vers se rapporte à vie du v. précédent ; enflé signifie 
" plein d'orgueil." 

1286. Partir le jeu signifie ici " assigner le parti que l'on doit 
prendre," non, comme d'habitude, " donner le choix entre deux 
partis." 

1292. Tirant; le français paraît avoir abandonné l'emploi du 
verbe tirer dans le sens de " chercher à s'accaparer d'une chose." 
L'expression " tirer la couverture à soi " peut très bien être une 
nouvelle formation. L'italien populaire connaît ' tirare ' au 
sens de " marchander," et l'espagnol ' tirar ' : " apropiarse o 
comerse alguna cosa." 

1293. A Maie geyit : " comme des brigands," cf. Montaiglon 
et Raynaud Fabliaux III, p. 228 : forment doute la maie gent 
Que ne li toillent son argent. 

1298. Le texte se comprend, mais il est fort probable qu'il 
faille lire : ne per engig ne per avoir, en rattachant ce vers au 
suivant. 

1303. Ait, subjonctif. 

1304. Je ne comprends pas bien ce vers, et la suite me paraît, 
également, peu claire. 

1313. Ont fait : "on a fait," comme font : "on fait" au v. 175. 
Le Cardinal en question serait Gui de Parai, " ancien abbé de 
Cîteaux, dont la carrière en cour de Rome fut si brillante sous 
Innocent III : légat en France et en Allemagne, évêque de 
Palestrina, archevêque de Reims. Il est mort le 30 juillet, 1206 " ; 



NOTES 133 

v. Ch.-V. Langlois, op. cit., p. 55, note. Il fut fait cardinal 
en 1200. M. L. renvoie pour Gui de Parai à Hist. Litt. XVI, 
p. 499, et mentionne en outre un autre cardinal cistercien, Girard 
abbé de Pontigni, mort " vers 1210." 

1353-8. Ces vers sont-ils une digression, ou considère-t-il les 
Cartusiens comme de véritables emmurés ? Toute la suite des 
idées est difficile à saisir. Cf. la note suivante. 

!359- Qu'on lise sil avec B., ou que avec A., il y a évidemment 
trouble dans les deux mss. On est tenté de croire à une lacune, 
où le poète aurait parlé d'une maison des Cartusiens autre que 
celle de la Grande Chartreuse. Mais, dans ce cas, où repren- 
drait-il le fil de son discours, car il est certain que plus loin, il 
est question de l'ordre en général ? Cette incertitude rend très 
peu sûre la ponctuation du passage. Le fait que B. met Char- 
trouses au pluriel (w. 1327 et 1441) semble indiquer que Guiot 
a dû parler de plus d'une maison. 

1362. Mostrees et parées; Godefroy, s.v. Parer, ne nous 
éclaire pas sur le sens qu'il faut donner à ce mot ici. Mais il 
donne le mot Parée : " préparatifs faits, pour la réception des 
hôtes." Dans Ducange, s.v. Paratœ, on trouve les expressions 
parare hospitium, mansio parata, mansionaticos parare, dans 
lesquelles le verbe parare a un sens technique : " préparer pour 
recevoir des invités." Il est évidemment question dans notre 
passage du mot latin francisé. Cf. sur l'hospitalité des monas- 
tères, w. 1499 et suiv. 

1367. Amendé a ici sa signification fréquente : " améliorer sa 
condition matérielle, s'enrichir." Cf. v. 1702, etc. 

1370. Cf. v. 1451. Le nombre des animaux domestiques 
permis à chaque maison de Chartreux fut établi par le chapitre 
général de l'ordre convoqué en 1141 par St. Anthelme. On leur 
permettait 1200 brebis ou chèvres, 110 vaches, 32 bœufs, 20 
veaux, 6 mulets, 12 chiens. 

1371. Il y avait chez les Chartreux " termes des moines " : 
lieu où la promenade et la récréation étaient permises aux 
religieux, et " termes des possessions " : les terres qui, par une 
ordonnance faite au commencement de l'ordre, étaient réduites 
à l'étendue nécessaire à l'alimentation du monastère. Cf. Helyot 
t. VII, p. 385. 

1392. C'est Inde qu'il faut lire. Cf. la rime princes : crevises, 
v. 173. 

1398. On peut peut-être comprendre : "et cela continue à se 
faire chez eux depuis longtemps [qu'ils refusent de la viande 



134 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

aux malades]." Si on lit se longuement dure quel serait le 
sujet de dure ? Malades, au vers 1399, ne serait guère possible. 
1404. Guiot se trompe. C'est St. Paul qui le dit aux Corin- 
thiens : Cor. I, c. x, vv. 25, 27. 

1408. Fust; lis. fu, avec A. 

1417. Cf. pour ce sens spécial de désirer, Mort Aym. de Narb. 
v. 2449 : La char manjuent et lo sanc boivent, plus que vin le 
désirent. 

1422. Ait; ici pour ai. 
1435. £5; c.à d. as : aux. 

1437. B. ne connaît pas dans son dialecte ni enseing ni 
repreing, de là son changement du texte. 

1441. Ne faudrait-il pas lire des Chartrouses? Cf. au v. 1359. 

1444. Lis. ceste. 

1452. C'est une exagération. La fondation de l'ordre des 
Grammontains est de 1083. Il leur était défendu, selon la règle 
que formula définitivement en 1141, Etienne de Lisiac, 4e prieur, 
de posséder des terres ou du bétail, de se mêler de commerce ou 
de prendre de l'argent pour des messes. Cette règle, telle que 
la formula Etienne, étonna et attira à la fois par sa sévérité. Le 
goût de l'époque était aux austérités et à l'ascétisme. " En 
moins de 30 ans, dit Helyot (t. VII, pp. 406-7), on fonda plus de 
60 maisons en divers lieux, principalement en l'Aquitaine, en 
l'Anjou et dans la Normandie." 

1461. Commandises; v. Ducange, s.v. Commendisia. C'était 
d'abord l'action de mettre sous la protection d'un seigneur ou 
d'un monastère, moyennant une prestation annuelle, une terre 
que l'on ne pouvait surveiller soi-même. Le nom s'est appliqué 
ensuite à la somme payée pour une telle protection. 

1463. Comme le dit Walter Mapes,De Nugis Curialiuml,x.x.vi, 
" conservationem interius arcanam tenent, prœter episcopum et 
summos principes non admittunt quempiam." 

1464. La leçon de A. s'accorde mieux avec le v. 1509 que 
celle de B. 

1465. Cf. vv. 1547, 78. La règle des Grandmontains, très 
sévère pour les religieux, l'était beaucoup moins pour les 
convers. Ceux-ci, chargés de toute administration temporelle, 
de l'exploitation des terres, etc., devinrent fort riches et com- 
mencèrent à s'immiscer dans les affaires spirituelles. Quelques- 
uns arrivèrent même à exercer l'office de correcteur. Cet état 



NOTES 135 

de choses provoqua la rivalité dont parle Guiot. En 1185 les 
convers mirent en prison (cf. v. 1570) Guillaume de Treynac, 6« 
prieur, et voulurent le déposer. Au bout de trois ans le pape 
Lucien III le réintégra, mais les querelles continuèrent, avec des 
trêves plus ou moins longues, jusqu'à la fin du XHIe siècle. 
Cependant, comme il sera question plus bas des convers, il est 
possible que nous ayons ici une allusion à une autre querelle 
qui " vint se greffer sur celle des convers et des clercs," et qui 
partagea l'ordre en deux camps opposés : les fratres Gallici 
d'une part, les fratres Anglici de l'autre. Les fratres Gallici 
s'efforçaient à enlever à la maison de Grandmont, qui était dans 
le territoire de Henri II, la suprématie de l'ordre. En 1187 
Philippe Auguste conclut un accommodement entre les deux 
partis. Cf. Guibert, Destruction de l'ordre de Grandmont (Paris, 
1877), P- 54 et suiv. 

148g. Tôt, de A, est peut-être préférable. 

1490. As ; c.à d. es. 

1494. Se; lis. si. 

1501. A., avec par, nous instruit sur le sens qu'il faut donner 
à de. Hosteil; v. Ducange, s.v. Hospitalis ; c'était la partie du 
monastère réservée aux hôtes. 

1509-11. Malgré la maladresse évidente de ces vers, il se peut 
fort bien qu'ils soient authentiques. La rime en un mot 
identique et la répétition du verbe savoir ont pu pousser A. à 
corriger. 

1514. Ce n'est pas un reproche que Guiot leur fait; mais 
signifie " malgré cela." 

1545. Crollent : " font boucler "; cf. b.all. krul, anglais curl. 
Ce mot manque au Dict. Etym. de M. Meyer-Lûbke. 

1552. Guibert, op. cit., p. 54, cite, à ce propos, Fleury, 
Histoire Ecclés. t. xvi, p. 74 : " suivant leurs occupations ils [les 
convers] demandaient qu'on leur célébrât l'office divin quelque- 
fois plus tôt, quelquefois plus tard que la règle ne l'ordonnait. 
Si les moines de chœur le refusaient, ils se fâchaient contre eux, 
et ne leur donnaient point les choses nécessaires à la vie, qu'ils 
ne pouvaient recevoir que de la main des frères lais." Cf. aussi, 
W. Meyer (aus Spier), De scismate Grandimontanorum (vier 
lateinische Rhythmen von 1187) dans : Nachrichten von der 
Kôniglichen Gesellschaft der Wissenchaften zu Gôttingen, 1906, 
Heft 1, p. 49 et suiv. 

1554. Amandent; cf. v. 1367 et note. 



136 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

1561, 62. Ces vers, qui manquent à B., n'ont guère d'autre 
défaut que d'être inutiles. Observons cependant que A. a 
changé signor en graingnor au v. 1563, taudis que les vers 1564, 
65 semblent exiger signor. De mot barbaran, qui contient une 
allusion évidente aux " barbes " des vers 1539-1545, ressort plus 
dans B. que dans A. On sait que l'on appelait les convers 
" fratres barbati "; cf. Ducange, s.v. Barbati, où l'on trouvera 
deux textes sur l'insolence des convers Grandmontains. 

1574. V. Leroux de Lincy, I, p. 150, pour un autre exemple 
de ce dicton. 

1579. Les chanoines de Prémontré portaient une robe de laine 
blanche et un scapulaire de même couleur. Cf. Carmina 
Burana, xvii. 

Dicuntur Norpertini [lis. NorbertinU 

et non Augustini 

in cano vestimento 

novo gaudent invento. 

1591. Paraît être une expression proverbiale, dont je ne con- 
nais pas d'autres exemples. Chapel signifie " abri de branches, 
hangar," v. Godef. ; cf. Ducange, s.v. Capellus. On comprendra 
donc : " s'ils ne sont pas encore dans le dénûment complet ils 
font tout ce qu'ils peuvent pour y parvenir." Notons cepen- 
dant que A. donne cil. 

1601. Je ne saurais dire à quel incident il est fait allusion ici. 
Je n'ai pu consulter Winter, Fr., Die Pràmonstraten im uten 
Jahrhundert (Breslau, 1865). 

1611. La correction, si simple, paraît s'imposer. 

1613. Sermon : latinisme, incompris par A. Cf. " Monas- 
terium sub sua tuitione et sermone jubeant gubernare," 
Ducange, s.v. Sermo ; cf. aussi l'emploi analogue de Verbum. 

1615. Chapes: forme orientale de chapeaus ; de là, différence 
de genre de l'adjectif dans A. et B. et, pour les besoins du vers, 
dénomination différente de l'étoffe. Les chanoines réguliers de 
St. Augustin portaient par dessus leurs vêtements blancs une 
longue cappa noire munie d'un capuchon de même couleur dont 
ils se coiffaient pour sortir ; Wetzer et Weste, Kirchen-Lexicon 
II, p. 1830. Si nous conservons la leçon de B. il faudrait 
entendre chapes comme " capuchons " ou simplement " couver- 
ture de tête." Partout ailleurs B. écrit -iaus, ou -ials pour -ellos. 
Il est donc plus que probable que la forme chapes se trouvait 
déjà dans 1' original de B. et que celui-ci a compris " cappas " 
malgré le genre de l'adjectif. Quant aux noms wallebrun et 






NOTES 137 

isanbrun, ils sont fréquents et signifient tous deux un tissu 
assez fin de couleur noire. Les deux mots sont souvent réunis 
et on n'arrive pas à saisir ce qui les distinguait. V. Ducange, 
s.v. Isembrunus, Galabrunus. 

1629. Selon la légende, St. Augustin apparut, en 1121, à St. 
Norbert, fondateur de l'ordre des chanoines de Prémontré, et 
lui montra sa règle, écrite en lettres d'or. 

1635. Dont il a été question v. 989 et suiv. 

1636. Il y a un jeu de mots sur réguler et reculer, j'ai donc 
gardé l'orthographe de B. 

1648. Schulz, op. cit., p. 147, cite à propos le Spéculum Stul- 
torum, p. 97 : 

Qui duce Bernardo gradiuntur, vel Benedicto, 
Aut Augustino sub leviore jugo, 
Omnes sunt jures 

1672. Tens de A. est peut-être à préférer. 
1676. Ai; c.à d. a. 

1680. Jambais; c.à d. gambais : "des fèves en gilet de laine" ; 
expression pittoresque pour qui connaît l'intérieur velouté de 
la " robe " de certaines fèves. 

1682. Moilliez de A. donne peut-être un meilleur sens, et 
d'autre part Guiot fait rimer irié avec gié w. 1067-8. 

1684. Lisez : as buez; es pour as, et réciproquement, est 
fréquent dans B. 

1687. Peut-on donner a maintenant le sens de " sans discon- 
tinuer " ? Cf. l'exemple de Renaud de Montauban dans 
Godefroy : 

Florant, brace levée, va baisier son enfant 
Et puis trestoz les autres cent fois de maintenant. 
Cf. aussi les expressions modernes " de suite " et " tout de 
suite." 

1689. A noter le jeu de mots. 

1700. Siet; cf. Raoul de Cambrai (Ane. Textes), v. 7471. 

il doute le paumier 

et ces covinnes malvoisement li siet. 

1702. Amendent; cf. vers 1367, note. 

1712. Il font. . . . : " On s'en sert [contre les Turcs"! comme 
d'un château ou d'un mur." 

M 



138 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

1718. De se; c.à d. " de ne pas les attendre." On pourrait lire 
et si, car se pour si dans B. est fréquent. 

1726. Sainne : cf. Cligés, v. 278, Au mer qui ne lor fu pas 
sainne. 

1741. Raisons, comme ailleurs : " justice." Le mot justice 
au moyen âge contient à un degré beaucoup plus sensible que 
de nos jours l'idée de punition. Justisier c'est " punir," et 
le justiceor, c'est souvent " le bourreau." 

1762. Ventre; cf. Armëure, v. 554. Fermer semble signifier 
ici " donner de l'assurance à." 

1764. Pour l'idée cf. Armëure, vv. 263, 264. 
1780-82. Pour trois vers presque verbalement identiques v. 
Armëure, vv. 122-124. 

1792. Sem; c.à d. sen. Guiot semble attacher à ce mot une 
idée de prudente administration des affaires. Il y a un rapport 
étroit entre ce vers et les deux qui le suivent ; cf. aussi v. 1753. 

1795. Pour le sens de biens [il se peut très bien que A. donne 
ici la bonne leçon avec bien : rienl cf. v. 239, note. 

1803. Si vienent est une erreur de lecture du scribe de B., et 
qu'il faille lire vivent, l'erreur a dû exister dans l'original de 
A., qui, lui, nous donne vont. Ce serait ainsi un nouvel indice 
de la parenté des deux mss. 

1808. Le vers intercalé par B. est évidemment faux car chez 
lui il n'y a pas de rime à mer. 

L'Hôpital, à son origine [fondé en 1065] n'avait d'autre fonction 
que de recevoir et de soigner les pèlerins des deux sexes tombés 
malades à Jérusalem. Il se composait alors d'une compagnie peu 
nombreuse de frères laïques. Lors de la conquête de la ville 
sainte par les chrétiens, en 1099, beaucoup de croisés entrèrent 
dans l'ordre, qui, ainsi agrandi, prit sur lui de veiller à la 
sécurité des pèlerins pendant tout leur séjour en Terre-Sainte. 
Pendant le 12e siècle l'ordre prit une telle extension que de 
nombreux hôpitaux affiliés furent fondés dans les villes de la 
côte méditerranéenne : au 13e siècle leurs revenus atteignaient 
un chiffre 15 fois plus grand que ceux du roi de France. C'est 
vers la fin du 12e siècle, après la conquête de Jérusalem par 
Saladin en 1187, que les frères hospitaliers, abandonnant l'exer- 
cice de l'hospitalité, s'adonnèrent presque exclusivement au 
métier des armes. 

1837. B. paraît ne pas connaître le mot abet. Pour le verbe, 
il écrit au v. 1840 habiter. 



NOTES 139 

1844. Pour le sens de aler par le droit on pense à l'expression 
aler parmi le voir; cf. Ivain, v. 526 : 

Parmi le voir, ce sachiez bien, 

m'an vois par ma honte covir ; Ivain, 526 

ou parmi la verte ;ci. v. 2215 de notre poème. Si le parallèle était 
juste, aler par le droit signifierait " agir ou vivre selon le droit." 
Mais il est difficile de séparer aler du v. 1844 de ira du v. 1845. 
On doit plutôt comprendre : " Nous devons beaucoup redouter 
le droit, car c'est selon le droit que l'on disposera de nous, — c'est 
le droit qui veut que chacun s'en aille devant le grand tribunal ; 
mais ceux-là seront condamnés à une mort infâme dans 
lesquels le Droit aura trouvé le tort." 

1860 et suiv. Voyez sur ce passage Lavisse, Histoire de 
France, III, 1 (Luchaire), p. 352. 

I 875, 76. Les deux vers que donne ici B. sont, à un mot près, 
une répétition des w. 1863, 64. Ne comprenant pas bien lor 
touche j'ai cru bon de prendre la leçon de A. Quant à l'épisode 
en question, que l'on chercherait en vain dans les évangiles 
canoniques, on le trouvera conté tout au long dans un texte 
publié par Méon, Nouveau Recueil, II, p. 202. 

1913, 14. Ces vers, fournis par A., ne sont pas indispensables; 
si on les admet dans le texte, il faudrait écrire qui au vers 1916. 
Avec la leçon de B. traverse a comme sujet sous-entendu li 
hospitaus. Traverser signifie " changer de direction, de ligne 
de conduite," cf. la variante de A. au vers 1282; cf. aussi 
Partenop. 2202 (cit. Godefroy) : 

Ici traverse l'aventure : 
Dont ert soes et ore est dure. 

1915. Traverser et tumer; l'image parait être d'un cheval 
qui " se traverse " en se cabrant. 

1920. Cf. pour la construction les w. 54, 171, etc. 

I 9 2 7. 35- La ligue des Capuchonnés fut formée au Puy-en- 
Velai à la fin de l'année 1182 et au commencement de l'année 
suivante. Elle avait pour but, l'établissement d'une paix 
générale visant à la suppression de tout acte de violence ; on 
cherchait ainsi à mettre fin au pillage des routiers, Basques, 
Arragonais et Brabançons qui infestaient les régions environ- 
nantes, aussi bien qu'aux exactions des seigneurs. Cette ligue 
avait un caractère religieux très marqué qui se traduisait dans 



140 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

ses règlements, et était à l'origine essentiellement pacifique.! 
Chaque adhérent se confessait avant de jurer la Paix et payait 
à la confréries une cotisation, de douze deniers à son admission 
et de 6 deniers chaque année à la Pentecôte. Il abjurait en 
outre le jeu et la taverne, ne portait plus ni couteau à pointe 
ni vêtements civils3 et renonçait aux jurons indécents. Il était 
prescrit que chaque dimanche et jour de fête les membres de la 
ligue assisteraient à la messe et aux heures de jour, et suivraient 
les processions revêtus de leurs capuchons, signe distinctif de 
leur association et qui donnait à leur habillement un certain 
caractère monacal. Ces capuchons étaient en toile ou en laine 
blanche, garnis de deux rubans qui tombaient, l'un dans le 
dos, l'autre sur la poitrine. Celui de devant portait une image 
en étain représentant la Vierge avec l'enfant Jésus, et l'inscrip- 
tion : Agnus dei qui tollis peccata mundi dona nobis pacem. 
Les membres de la ligue formaient, comme le dit Mr. Luchaire, 
" une franc-maçonnerie très étroite dont les membres se juraient 
un dévoûment absolu. Quand un Capuchonné avait tué quel- 
qu'un par hasard, si le frère du mort était de la confrérie il 
devait aller chercher le meurtrier, le mener dans sa propre 
maison et, oubliant son deuil, lui donner avec le baiser de la 
paix, à manger et à boire." 

Aussi ne tardèrent-ils pas à acquérir une réputation de 
sainteté, et des miracles se produisirent sur les tombes de 
certains d'entre eux, morts par la main des routiers. C'est pré- 
cisément ce sentiment de fraternité et d'égalité qui leur valut 
par la suite l'hostilité du haut clergé et des nobles, et qui 

1. M. Luchaire, dans la Grande Revue, no. du 1er mai 1900, (v. aussi 
dans Lavisse Hist. de Fr., vol. 3, i, pp. 301-4) ne tient pas compte de 
cet aspect clérical et pacifique du mouvement. Le chroniqueur anonyme 
de Laon dit expressément (v. Historiens de Fr., vol. XVIII, p. 705, 6) 
que la grande majorité des gens qui affluèrent au Puy pour prendre 
part à la " Paix de la Vierge " ne voulurent pas porter ni capuchon ni 
enseigne, " préférant marcher en ennemis contre les ennemis de la 
Paix." Et, plus bas, ce sont les " caputiati sine chapiron " qui, stimulés 
par les exploits des jurés de l'Auvergne qui avaient fait grand carnage 
de routiers, s'attaquèrent à un certain Curberand, chef de bande, tuèrent 
jusqu' à neuf mille de ses hommes et emportèrent triomphalement sa 
tête au Puy. Il est vrai que le chroniqueur Geoffroi, prieur de 
Vigeois (v. ibid, p. 219), dans son récit, pourtant très détaillé, ne fait 
pas cette distinction. 

2. Confratria, Geoffroi de Vigeois. 

3. V estimenta togata. M. Luchaire traduit : " vêtements efféminés." 



NOTES 141 

finalement provoqua leur suppression. Leur ligue fut traitée de 
secte, et leurs doctrines égalitaires de présomptueuse et subver- 
sive hérésie. Leur mouvement s'était étendu à la Bourgogne, 
voire même au territoire royal, mais ils ne surent résister aux 
mesures rigoureuses que prirent pour les détruire les représen- 
tants de l'ordre établi. 1 

Quel rôle joua Durand Dujardin le charpentier dans la 
formation de cette ligue? Il est difficile de s'en faire 
une idée précise à cause du désaccord complet des chroni- 
queurs. Selon une croyance générale, propagée sans doute 
par les sectaires eux-mêmes, Dieu apparut à Durand et lui 
donna une image de la Vierge avec l'inscription " Agnum Dei, 
etc." C'est le récit de Rigord (v. Duchesne, Hist. Fr. Scrip- 
tores, vol. v) et du continuateur anonyme de la chronique de 
Robert du Mont St. Michel. Mais ceux-ci diffèrent entre eux 
sur plus d'un point : Rigord prête à l'évêque du Puy le premier 
rôle dans la formation de la ligue et fait de Durand un simple 
instrument, l'anonyme, au contraire, fait agir l'évêque à l'initia- 
tive de Durand. Pour le chroniqueur de Laon ce soi-disant 
miracle (sur lequel d'ailleurs il donne de tout autres détails) 
n'est qu'une duperie habilement agencée par un chanoine du 
Puy : le chanoine est le vrai fondateur de la ligue, Durand un 
bonhomme simple d'esprit et fort pieux. Robert, moine 
d'Auxerre, ne parle ni de l'évêque ni du chanoine, ni d'un 
miracle quelconque : Durand, selon lui, prétendait avoir été 
chargé par Dieu de prêcher la paix et, en peu de temps, réunit 
un nombre infini d'adhérents. Le chroniqueur Geoffroi, prieur 
de Vigeois, est contemporain des événements et a évidemment 
observé les Capuchonnés de très près. Son récit est fort 
intéressant par les détails qu'il donne sur l'habillement et les 
pratiques des assermentés, et paraît être en général digne de foi. 
Selon lui Durand " vir vultu abjectus sed simplex et timoratus " 
se serait rendu, dirigé par Dieu, auprès de l'Evêque du Puy et 
l'aurait averti de la nécessité de rétablir la Paix. L'humilité de 
son aspect provoqua l'étonnement de l'évêque et le mépris du 
vulgaire, mais il réussit cependant à réunir quelques centaines 
d'adhérents qui devinrent, après Pâques de l'année 1183, un 
"nombre innombrable" — " numerus innumerus ." C'est Durand 
qui alors établit les règlements de la ligue, mais c'est à la suite 
de la prédication de l'évêque, aux fêtes de l'Assomption de la 

1. V. pour les détails de cette suppression dans l'évêehé d'Auxerre, 
Luchaire, op. cit., p. 304, et la Chronique d'Auxerre, dans Historiens d? 
la Fr., vol. XVIII, pp. 729, 30. 



142 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

même année, qu'une foule de nobles, d'évêques, de moines et 
même de femmes, prit joyeusement les enseignes de la paix. 
Guiot est seul à faire de Durand un habile escroc s 'enrichissant 
de la crédulité du vulgaire ; son récit est évidemment inspiré du 
même esprit rationaliste que celui de l'anonyme de Laon, et, 
comme celui-ci, vise à détruire la croyance à l'origine miraculeuse 
d'une secte que l'on avait fini par considérer comme hérétique 
et dangereuse. i 

1936 et suiv. Voir, pour la fondation des hospitaliers de St. 
Antoine, Dom Maillet-Guy dans le Bulletin de la société 
d'archéologie . . . de la Drome, années 1907-08. Voici les faits 
qui nous concernent plus immédiatement. En 1083 le corps de 
St. Antoine se trouvait dans l'église de la Motte, petite localité 
du Viennois, où, selon la tradition, il avait été transporté de 
Constantinople par Jocelin, seigneur du pays. Il s'y trouvait 
depuis un temps assez long pour que le nom du lieu, déjà à cette 
époque, ait été changé en St. Antoine, nom qu'il porte encore 
aujourd'hui. Peu après cette date une colonie des Bénédictins 
de Montmajour fonda un prieuré à la Motte; cet établissement 
fut confirmé en 1090 par l'archevêque de Vienne. Ce fut en 1095, 
au plus tôt, que Gaston, seigneur dauphinois, et son fils Gérin, 
ayant été guéris du feu de St. Antoine grâce aux saintes 
reliques, consacrèrent vie et biens au service du Saint et aux 
soins des malades atteints du mal. D'autres se joignirent à 
eux et l'hôpital fut fondé. 

C'était à l'origine une corporation uniquement laïque bien 
qu'elle n'ait pas tardé à avoir des prêtres parmi ses membres. 
11 Près de cent vingt ans, dit Dom Maillet-Guy, il n'y a à St. 
Antoine qu'une seule église, celle des Bénédictins (cf. Guiot vv. 
2033, 2083), où le personnel tout entier de l'hôpital doit se rendre." 
Les hospitaliers, chez qui le nombre des prêtres augmentait 
d'année en année, cherchaient à se soustraire à l'autorité du 
Prieuré et parvinrent, en 1209, malgré l'opposition persistante 
des Bénédictins, à obtenir d'Humbert, Archevêque de Vienne, la 
permission de construire un oratoire sous le nom de Notre 
Dame. L'oratoire devait être de petites dimensions, et ne devait 
contenir qu'un seul autel pour la célébration de toutes les 
messes ; tous les droits de l'église mère étaient expressément 
maintenus. Cette mince concession n'aurait pu suffire aux 
besoins religieux de la confrérie, qui prenait de plus en plus un 
caractère monastique, et qui fut, en 1247, définitivement soumise 

1. V. pour une autre étude sur Durand Chapuis, Legrand d'Aussy 
dans Notices et Extraits des Mss, v, p. 290. 



NOTES 143 

à la règle de St. Augustin. Mais malgré l'importance toujours 
croissante du nouvel ordre, le différend avec les Bénédictins du 
prieuré durait toujours, ceux-ci ne cessant de faire valoir leur 
autorité et de réclamer une part aux produits des quêtes des 
hospitaliers. La querelle ne prit définitivement fin qu'en 1297, 
quand le pape Boniface VIII transféra à ces derniers le prieuré de 
St. Antoine, avec tous ses droits et ses appartenances, leur ordon- 
nant de payer aux Bénédictins de Montmajour, en compensation, 
une pension annuelle de 1300 livres. 

Il convient peut-être de modifier un peu le récit de Dom 
Maillet-Guy en tenant compte des abus qui s'étaient introduits 
dans l'hôpital, et qui excitèrent l'indignation de notre poète. 
En effet, nous savons qu'en 1231, seize ans avant que les hos- 
pitaliers eussent reçu la règle de St. Augustin, un légat du pape, 
probablement Gautier de Marris, évêque de Tournai, avait 
formulé des statuts pour régler la vie en commun de la confrérie. 
Il se peut fort bien que l'extension des abus signalés par Guiot 
ait dans une certaine mesure provoqué ce règlement. 

1957. S'tievre; c.àd. celle du prieuré bénédictin, car, comme 
le dit Guiot, les convers n'ont encore ni église ni chapelle. 

1967, 68. Pour la rime, v. Introd., p. xliii. 

1980. Contraitas ; c'est un emploi plaisant du suffixe 
-ai(<attus) qui sert à désigner les petits des animaux. Con- 
trairaz, donné par Godefroy, et qui provient de A., est à rayer 
de la lexicographie. 

1992. Tig; celle-ci est pour notre scribe la forme du présent; 
je ne saurais dire quelle était pour lui la forme du prétérit, qu'il 
faudrait introduire ici. 

2001, 03. Ces vers doivent être compris comme une parenthèse ; 
ce qui nous est indiqué du reste assez clairement par les mots 
avant et icelui, c.à d. " le vilain " mutilé par la justice. 

2006. La " truandise " consistait à s'enrichir en faisant croire 
que ces bandits, sortis estropiés des mains de la justice, étaient 
atteints du feu de St. Antoine. On les guérissait, on criait au 
miracle, les malades accouraient et les revenus augmentaient. 

2007, 09. Vertuz signifie " miracles," et sains cors " le corps 
saint " — ce qui a échappé à M. Langlois, qui a été, à propos de 
ces vers, plus dur pour Guiot qu'il n'aurait dû l'être ; v. op. cit. 
p. 32. 

2010, 11. Oille<ol\am. Cf. Li Prov. au Vilain, 160 : Il pert 
bien aus tez quel li pot furent. V. la note de Tobler à ce 



144 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

passage. Il cite, entre autres, le proverbe latin : Ex testa 
qualis fuerat dinoscitur olla. Cf. aussi Armëure, 552. 
2017,18. Lis. fostise -.truandise. 
2027. Lis. as. 

2027. Cette exploitation des reliques, qui consistait à les pro- 
mener d'un endroit à l'autre, était souvent pratiquée au moyen 
âge. V. Guibert de Nogent, Gesta Dei per Francos I, c. v: 
(Opéra, édit. d'Achery, p. 375) ; cit. Franklin, La vie privée en 
France au temps des premiers Capétiens, vol. i, p. 7. 

2088. " Ils s'entendent trop bien au sujet de leurs trom- 
peries." 

2113-28. Les vers 2111, 12 et 2119, 20, qui se trouvent égale- 
ment dans A. et dans B., rappellent les vers suivants du Roman 
de Troie : 

A femme dure dueus petit : 

A l'un ueil plore, a Vautre rit. 

Moût muent tost li lor cor âge, 

Assez est joie la plus sage. 
(Vv. 13441-44 de l'édition Constans ; 13415-18 Joly). Les vers 
2113-16, qui ne se trouvent que dans B., ne sont autre chose que 
les vers 13445-48 du Roman de Troie dont on n'a fait que trans- 
poser les couplets. La version qu'en donne M. Constans (v. 
aussi Chrestomathie de l'ancien français, p. 67) est la suivante : 

Quant que ele a set anz amé 

A elle en un for oblié : 

One nulle ne sot duel aveir. 

Mont lor pert bien de lor saveir : 

[/a n'avra tant nul for mesfait 

Chose ne rien qui tant seit lait, 

Ço li est vis, qui que les veie, 

Que l'on ja blasmer les en doie.l 
Faut-il croire que Guiot a plagié Benoît de Sainte-Maure, ou 
bien est-ce le scribe de B. qui aura fait une interpolation? 
Faut-il rétablir l'ordre des vers tel que nous le donne le Roman 
de Troie ? Les vers 2121-28, qui manquent également dans A, 
sont-ils aussi interpolés ? Autant de questions auxquelles il 
est malaisé de répondre avec conviction vu l'état défectueux de 
la tradition manuscrite. 

2130. V. Tobler, Kaiser C. als betrogener Ehemann, Jahrbuch, 
xii, p. 104, et Fôrster, Cligés, Introd., p. xix. 

2158, 62. La clef de ce passage, qui est corrompu dans les deux 
mss., nous est donnée par le prétérit sot que nous fournit A. 



NOTES 145 

(v. 2160), mais qui chez lui est inintelligible. La suite des 
idées, à partir du vers 2149, paraît être la suivante : " Celui qui 
fit l'ordre des nonnes et des converses fonda une institution 
contre nature. En effet, comment la femme livrée à elle-même 
peut-elle vivre sagement alors que celle qui est sous une stricte 
surveillance parvient toujours à faire des folies ? Le pigeon (qui 
proverbialement salit les églises) agit selon sa nature en y faisant 
son nid, mais il était bien naïf celui qui pensait pouvoir faire 
tenir des femmes dans les ordres." 

2160. Se gaitier, que les deux scribes semblent avoir mal com- 
pris, arrive à signifier " s'apercevoir, se rendre compte de 
qqch."; cf. Le Rendus, Car. xx. 6 éd. Van Hamel : 

et ele ne se sot gaitier 

por coi li fait senlant si lait. 
Mais le passage suivant du Philomena, v. 874 : 
Mal s'i sot Tereus gaitier 
Quant a garder li commanda, 
[c.à d. " il prit mal ses dispositions "], nous fournit un sens plus 
voisin du nôtre; v. aussi Philom., v. 1342. 

2164. Cf. Leroux de Lincy, Prov. fr., I, 125 : 

Qui veut tenir nette sa maison 
N'y mette femme prêtre ne pigeon. 

2165. L'interprétation que donne M. Langlois, op. cit., p. 64, 
serait aussi erronée que celle qu'il reproche à VHist. littéraire. 
M. L. interprète " leurs cœurs." On doit plutôt comprendre, 
plus littéralement, " ils ne maintiennent pas la pureté [L'Hist. 
litt. dit " propreté "] dans leurs couvents. Cf. v. 1742 ss. 
Guiot ajoute plus bas, v. 2179 ss. : " Il est vrai que c'est le 
coeur fidèle qui est le véritable temple de Dieu, mais cependant 
Dieu aime aussi qu'un lieu qui est honoré en son nom soit pro- 
prement [c.à d. purement] tenu." 

2166. Costume, en plus de sa signification de " habitude," 
signifie aussi " chose due " ou " chose rendue habituellement." 
Dete, lui aussi, a deux sens : " chose que l'on doit " et " chose 
que l'on rend, ou qu'on a rendu." Cette double sémantique, 
dont le poète ne se préoccupe guère, nuit à la clarté des idées; 
cf. plus bas, v. 2188. 

2176. La correction est facile et s'impose ; sans elle le v. 2179 
n'aurait guère de sens. 

2188. Ex consuetudine constat jus. Il va sans dire que le 
lien qui unit ce vers au suivant n'est que verbal. Tout le passage 



146 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

est rendu obscur par l'emploi des mots dete, droit, costume, 
acostumance, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre. 

2197. Aquiter et encombrer sont souvent opposés dans les 
textes à propos du paiement de dettes. Cf. Livre des Manières, 
v. 712 ; Prov. au vilain, 122 ; Rustebuef, De la Griesche d'Yver, 
v. 74 ss. 

2202. Je corrige tient en rent. A. fait la faute inverse au.v. 
2210. 

2208. Eslume. Godefroy donne deux exemples de ce mot, mais 
dans les mss. lorrains, es- étant souvent remplacé par a- [cf. 
Armëure, v. 498 : acorse (écorce), v. 587 : aface (efface)], on 
trouve aussi, par graphie inverse es- pour a- ; cf. Orson de 
Beauvais (G. Paris), Introd., p. x. 

2228. Pour le sens de dette, voir v. 2166, note. 

2297. Lisoient : cf. Ducange, s.v. Légère. 

2303. Croces de A., c.à d. " des évêchés," est une leçon 
attrayante mais pas plus assurée que celle de B. 

2304. Anz de B. est étrange avec tans dans le vers suivant. Ne 
faudrait-il pas lire : aanz, ahanz ? Tanz (<tempus) : granz, de 
A., serait une négligence unique chez Guiot; cependant pour- 
pens que nous donne A. au v. 2305 est assez séduisant. 

2316. Cf. le passage de V Armëure vv. 574-89. 

2318 et suiv. Schulz, op. cit., p. 189, cite Rayn. Lex rom. II, 
189 : semblans es a barutel — -Reten lo lach e laissa'l ben, mais ne 
trouve pas de passage semblable dans la Bible. 

2325. Le vers est étrange. Faut-il lire : Ypocrisie est et 
traïsons, en faisant une crase à la 4e syllabe ? 

2339. Pour le genre fém. de chenal, dont il n'y a pas d'ex, 
dans Godefr.,v. l'article 1568, Canalis, dans Meyer-Lùbke, Etym. 
Worterbuch. 

2384. Cf. Lou jeu li a fait au droit neu : Mont. Rayn.FabJ.IV, 
148. 

2389. Pora ["fut. de porirl de B. serait une allusion à la 
" chenal " ; purra [de puirj que nous donne A. se rapporterait à 
la " chandelle." 

2399. Cf. Tobler, Prov. au vil. iii, 7 : L'uevre se prueve; v. 
Adam de le Halle, Canchons et Partures, édit. Berger, p. 105, où 
l'éditeur a réuni sous diverses formes de nombreux exemples de 
cette pensée. 



NOTES 147 

2404. Les legitres sont à la fois ceux qui enseignent le 
droit, et ceux qui l'exercent ; v. Ducange, Legista. 

2414. Cf. Armëure, v. 548. 

2420 et suiv. La leçon de B., où il est question de ceux qui 
enseignent le droit, va mieux avec les vv. 2416, 17. 

2428. Cette allusion évidente au vers 2399 a été méconnue des 
éditeurs de la Chrestomathie de Bartsch. 

2429, 30. Il y a divergence entre les deux mss., B. donnant 
glose au premier des deux vers, A. au second. A lire lose avec 
A. au v. 2429 le mot mais n'aurait guère de raison d'être, car il 
n'y aurait pas opposition d'idées, mais continuation d'une même 
pensée dans les deux vers. Je lis donc glose dans chaque vers, 
lui donnant d'abord le sens de " glose," ensuite de " critique," 
" réprimande." La rime identique suffirait pour expliquer la 
gêne des scribes. Mais on pourrait à la rigueur conserver au v. 
2430 la leçon chose de B. et l'entendre comme un postverbal 
de choser signifiant " réprimande." La place importante que 
tenaient les gloses dans l'enseignement du droit au moyen âge 
est bien connue. Le perfectionnement que les professeurs de 
l'école de Bologne apportèrent à cette méthode leur valut le nom 
de Glossateurs. 

2431, 2, 3. A en juger d'après le v. 2433 l'original de B. était 
ici difficile à déchiffrer. J'ai donc adopté la leçon de A. qui est 
supérieure comme sens. Desliées = bien pendues, et liées = 
attachées. Il y a un petit jeu de mots sur les deux sens de 
desliées. On peut hésiter sur la ponctuation, le vers 2433 se 
rattachant tout aussi bien à ce qui le suit qu'à ce qui le pré- 
cède. 

2436. Bologne-es-lois, pour distinguer Bologne de Boulogne 
(Pas-de-Calais). 

2437. Cors : nous avons évidemment à faire à un Cursus, 
terme universitaire. On trouve cursus theologicus dans 
Ducange, s.v. Cursor. Pour le sens de maintenir, cf. l'expres- 
sion " maintenir le siècle " : un veil chanu Qui a le siècle 
maintenu Quatre vinz ans ou près de cent : Besant de Dieu, 
v. 910. 

2448. On connaît l'emploi poétique du mot fougère au sens 
de " verre à boire." 

2451. Deus de B. semble avoir été appelé par Deus du v. 2454. 

2455. As cors: Cursus ou *curtes? Cursus convient mieux 
aux deux vers qui suivent. 



148 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

2463. Ait; indicatif. 

2485. Le sens semble exiger jugleor qui est la variante de 
Turin. B. donne ailleurs guilleor où A. nous donne jogleor, 
v. 124. Cf. au sujet de la vénalité des avocats, Le Dit des 
Avocats : Rom. XII, p. 215 et suiv. Pour mettre fin à leur 
avidité, plusieurs conciles (Monpellier 1162, Tours 1163, Paris 
1212) interdirent aux moines et aux chanoines réguliers l'étude 
du droit civil ainsi que celle de la médecine, disciplines plus 
lucratives, partant plus populaires, que celle du droit canonique. 
Cf. Hist. litt. IX, p. 218 ; Lavisse (Luchaire) Hist. de Fr. III, 
i, 329- 

2505. Remarquons qu'il y a ici divergence entre les mss. 
[Turin donne convertie en amer], qui sont cependant d'accord 
pour donner (v. 2506) " et si rai je oï conteir," dont la traduction 
naturelle est : " et j'ai entendu dire aussi." Etant donné le 
caractère conservateur du ms. B., il est a peu près assuré qu'il y 
avait ici une lacune dans le ms. dont paraît descendre notre famille. 
Cette lacune aurait été comblée par A., qui, nous le savons, ne 
craint pas les remaniements. Le couplet qui manque a dû 
contenir plus ou moins amplifié l'équivalent de ces mots : "on 
dit que l'on trouve." Que la légende de sources d'eau douce 
trouvées dans la mer existait, c'est ce que nous prouve la jolie 
strophe qui suit. Elle est tirée du Recueil de Chansons 
pieuses du XUIe siècle, publié par Edw. Jârnstrôm (Helsingfors, 
1910). C'est une série d'épithètes de la Vierge : 

Rose cui nois ne gelée 
Ne fraint ne mue colour, 
Dedenz haute mer salée 
Fontenele de douçour, 

Clere en tenebrour, 

Joiouse en tristour, 

En flamme rousee. [P. 44, pièce XII.] 

C'est à l'obligeance de M. Artur Lângfors que je dois la connais- 
sance de ce texte. 

2507. Triade : " Dicamus igitur quod tyriaca potest primo 
modo dici quasi tyrie caro : quoniam in ipsa ponitur caro 
tylie •/" serpentis femine taliter nominati : que etiam vipera et 
chidua ab autoribus nuncupatur : propter quam precipue 
carnem tyriaca ponitur valere contra venena prœsertim 
animalium venenosorum : Nicolai Prsepositi, Dispensarium, 
fol. lxiii v» (Lyon, 1536). 

2512. On trouvera, inversement, loi por lor dans B., v. 2527. 






NOTES 149 

2522. Je ne sais que faire des deux vers étranges ajoutés 
par B. 

2523-2686. On peut consulter sur les médecins et la médecine 
du moyen âge : C. Vieillard, Gilles de Corbeil, essai sur la société 
médicale et religieuse au xii« siècle (Paris, 1909). 

2544. Chergié de grant ennui — à cause du nombre de charla- 
tans. 

2551. Ce vers paraît se rattacher à l'idée déjà exprimée au v. 
2536, et on est étonné de l'étrange traduction Liien : " intestin " 
du glossaire de la dernière édition de la Chrestomathie de 
Bartsch. Pour d'autres exemples du mot liien, où le sens côtoie 
toujours l'idée de " entrave," ensuite " rapport, relation " v. 
Cliges, v. 67S3 ; Tobler, Prov. Vil. 133 et note; Rom. xli, p. 230 : 
Poème contre les femmes, v. 82 ; Livre des Manières, v. 420. 

2552. Qui, etc. : " Quant on se met." 

2554. Mais est adv. 

2563. Penseret ou pasceretl Le sens probable est celui de 
" malade " ou de " maladie." 

2570. On est tenté de voir dans corpeus le mot cuerpous [selon 
M. Fôrster de cor et pulsus] de Cliges, v. 3025 ; mais il s'agit 
là d'une maladie : " de quinancie et de cuerpous " tandis que 
dans notre passage le mot est adjectif. Peut-être faut-il 
remonter à un type *corposus? Notons que corporosus est 
attesté au sens de " corpulent " ; corposus serait donc une forma- 
tion possible. 

2571, 72. On connaît la quadruple division des tempéraments 
de l'homme en : Sanguinei, Cholerici, Flegmatici, Melancholici ; 
cf. Flos Medicinœ Salerni w. 1167-97, édit. Renzi, Collectio 
salernitana, I (Naples, 1852). 

2574. Ventosité : Quatuor [morbi] ex vento veniunt in ventre 
retento : spasmus, hy drops, colica, vertigo— quatuor ista; cf. 
Flos Medic. Sal. 

2575. Enpotes [empostes] : selon la Chrest. de Bartsch, "trom- 
peuses." Mais un coup d'œil aux exemples de Godef. suffit pour 
prouver que le mot signifie plutôt " sale," " vilain," interpréta- 
tion qui convient parfaitement au v. 2578 de notre texte. Cf. 
aussi Miserere 136, 8, où il est question d'une composte 
emposte. Godefr. traduit par " impotent " (!), et, pour notre 
exemple, "trompeur." 

2580. Fi : il y a dans les Recherches d'Estienne Pasquier(l. vi, 
c. xxv), un chapitre fort amusant, intitulé " De ces mots, de 



150 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Fy entre les François, et de Physicien usurpé pour Médecin par 
noz ancestres," et qui commence : " On dit en commun Proverbe 
que les paroles ne puent point." Après avoir constaté que chez 
Terénce le mot " Phi " n'exprimait que l'étonnement, il fait 
remarquer que le mot est " dégénéré de cette ancienne noblesse " 
et ne s'applique qu'aux choses les plus sales. " Et c'est pour- 
quoy nos appelions Maistre Fify celui qui se mesle du mestier 
de curer nos latrines. Mot qui a esté de toute ancienneté ainsi 
usité entre nous, comme vous entendez des vers que je vous 
reciteray maintenant." Suit alors la remarque que " Physicien" 
signifiait encore " médecin " au temps de la Farce de Pathelin, 
et enfin ces mots : "Or comme ainsi soit qu'ils fussent ainsi 
appelez des le temps mesmes de S. Louys, Hugues de Bercy, 
Moine de Saint Germain les Prez en sa longue satyre ou il taxe 
tous les Estats souz le titre de la Bible Guiot après n'avoir par- 
donné aux Advocats, tombant dessus les Médecins, voicy com- 
ment il les paye en l'orthographe qui s'ensuit." Dans sa 
citation on remarque les particularités suivantes : les v. 2581, 82 
manquent ; 2583, 84 : De fy doit toute ordure naistre, Et de fy 
Fisique doit estre ; 2585, 86 manquent. Sauf ces lacunes la cita- 
tion va du v. 2579 au v. 2590. Les v. 2583, 84 sont plus forts 
chez lui que dans nos mss., quant aux vv. 2585, 86, ils sont 
presque certainement une interpolation de A. 

2592. La leçon de A. est ici préférable; cf. v. 2639. 

2603. Lis. rachat. 

2609. " Ubi indigentia non oportet laborare " et " Dum dolet 
accipe " sont, selon Jean de Salisbury (Metalogicus, 1, 4), les 
deux règles que les médecins observent le mieux. On peut citer 
à ce propos les sages conseils du Flos Medicinœ : 

Est Medicinalis Medicis data régula talis 
Ut dicatur : da\ da\ dum profert languidus : ha\ ha\ 
Dum dolet infirmus Medicus sit pignore firmus 
Instanter quœrat nummos vel pignus habere. 

2612. L'école de médecine de Montpellier était aussi fameuse 
que celle de Salerne. Il faut croire que son prestige était grand 
même auprès de sa rivale car le compilateur du Flos Medicinœ 
de Salerne en appelle à son autorité : 

Quidquid enim scribam probat ars et opus medicinœ 
Est que mihi testis mons physicus pessulanus ; vv. 1425, 26. 

2614. Les électuaires étaient souvent, en même temps que des 



NOTES 151 

médicaments, des friandises que l'on servait comme dessert. Le 
Pliris archonticum était un électuaire aromatique, employé dans 
les mêmes cas que le diamargariton, lequel paraît avoir été plus 
coûteux ; cf. Aegidius, De Comp. Med. III,v, 247 : Nobilibus 
Diamargariton stia dona ministrat; Se Pliris axe volans medio 
mediocribus offert; cit. San Marte, p. 331. Pour ses propriétés 
v. Flos Medecinœ, v. 1497 ss. 

2616. Ne faudrait-il pas lire qu'i ont! Ce qui rendrait plus 
faciles les vers 2619, 20. 

2617, 18. Rosat, Violât : il faut sous-entendre sans doute 
" sucre." Le sucre rosat s'employait surtout dans les troubles 
gastriques, le sucre violât dans les affections des organes respira- 
toires v. Flos Medicinœ v. 1131 et suiv. 

2619. Nicolaus Prepositus distingue trois espèces de " diar- 
hodon " : le diarhodon proprement dit, le diar. abbatis, et le 
diar. Julii. C'est ce dernier qui semble être le plus important 
des trois. Il contient jusqu'à 45 ingrédients dont de la limaille 
d'or et d'argent, des perles, de l'ambre, du miel et un nombre 
infini d'épices. Pour les propriétés du diarhodon v. Flos 
Medicinœ, v. 887. 

2623. Dyamargariton ; la poudre de perles jouait un très 
grand rôle dans la composition des électuaires. Nicolaus Pre- 
positus donne la recette de deux sortes de diamargariton : 
" calidum" et "frigidum" ; il entrait dans tous les deux du gin- 
gembre et de l'aloès ; v. Flos Medic, v. 889. 

2629. Noir brun (B.) et or brun (A.) me sont inconnus l'un et 
l'autre. Sifoine (A.) : " ellébore " est peut-être la bonne leçon. 
Mais on pourrait voir dans sidoine de B. le mot cydonea, autre 
forme de cotonea "coing." On trouve mentionné comme 
purgatif radix citoniorum dans De Renzi : Coll. Salernitana V, 
p. 231. 

2631. Cf., pour un autre exemple de l'expression passer lou col. 
Mort Aym. de Narb. (Ane. Textes), v. 2005. Les morteus plaies 
en a fait aesmer [var. meciner~\, Dedenz tochier, et defors adeser, 
Et un petit l'en fist lo col passer, Et puis drecier et en estant 
lever — Ez vos lo conte gari et respassé ! Le sens semble être 
" prendre une gorgée." 

2667. Mâchefer. La Chrestomathie de Bartsch relègue ce mot 
aux variantes. Pourquoi ? Notons que le premier exemple qu'en 
donne le Dict. Général est de Villon. 



152 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



III. 

L'ARMÈURE. 

22. Li mestre : il s'agit sans doute d'une pénitence imposée 
à Guiot par les supérieurs du monastère. 

149. Sinteur, c.à d. cinteur : "ceinture." On est tenté de 
voir dans ce mot, qui manque à Godefroy, le cas régime du mot 
cintre (<cîntor avec traitement irrégulier de la ie voyelle), 
malgré l'étymologie officielle qui voit en ce dernier mot un 
postverbal de " cintrer." 

170. Engignier des mss. est une faute évidente. 

333. Atendent des mss. ne donne pas de sens. 

366. Dens de glaive : " coup," " contusion." Ce mot ne 
serait-il pas apparenté à l'anglais dent, dint, v. nor. dynte et 
suédois mod. dial. dunt, qui tous ont la même signification? 

368. Faut il lire " a la ■vie ? " 

444. Oevre : " expose," " présente." 

466. Avec la leçon de B. on comprendra : " Car on accorde a 
St. P. une autorité unique à cause de ses paroles nonpareilles 
puisque, etc." Cet emploi indéfini de la 3e personne du pi. : 
cmt- on a, est affectionné par le poète, cf. Bible, vv. 175, 543, 
1081, 1313. 

518. Pour la construction, cf. Bible, vv. 947, 1519. 

[599 — 614]. Pour ce qui est de l'authenticité de ces vers v. 
Introd. p. xl. 

Après la mise en page de mon texte, j'ai eu l'occasion de 
m'occuper du ms. Moreau 1727 de la Bibliothèque Nationale. 
Là j'ai trouvé une copie du texte de l'Armëure du Chevalier 
faite par Sainte-Palaye sur le ms. G.I. 19 (L V 32) de la biblio- 
thèque de Turin, manuscrit disparu, on le sait, et que nous 
désignons par la lettre T. Je donne ici les variantes que nous 
offre cette copie, découverte malheureusement trop tard pour 
être utilisée dans l'établissement du texte. 

1-26 manquent. 28 a tel. 29 eslece. 30 ont. c. 31 om. s'. 33 
men soit defensus. 34 me vuelh traire en sus. 35 de celi. 37 
de l.g. ; haitier. 40 ensi me vorai je défendre. 42 car qant ; a 
bien. 45 ceste p. 46 je sai bien tant que. 50 me s. 54 t. et f. 
55 ne me puist engignier. 60 tant par. 61 q. l'armeure esist. 
62 et bien le n. m. et d. 64 doit bien. 65 et roide et f. 66 trovée. 
67 deveriens. 69 soit. 70 e. que; le nos d. 71 et en mon lai 



NOTES 153 

b. r. 72 et s'ele est bien d. 73 sera. 75 le. 76 par savoir. 
78 tesmogne. 79, 80 manquent. 82 con est 1. o. ens el p. 83 ne 
vara rien. 84 son nele m. b. 85 ne l'ose d. n. m. 85 mostrer. 
91 car mis. 92 recorder; aventure. 94 li mostreroie. 96 vuelh. 
99 i ent. 100 qu'il ni entendent. 101 les en. 105 iceste a. me d. 
108 de tez armes. 109 ki az âmes les vies g. 110 et m. m. t. 
ni ke j'en. 112 ke li spastiers le vos d. 114 ki es lettres les v. 
115 toutes; les puis. 116 m'en; espoir. 117 con j'en. 122 ke ilh. 
m. t. 123 bien s'esploite + 1. 125 k'a lui parv. 126 et ke sens 
terme me retiengne. 127 quanque en ma jovente ai usé. 131 et 
cors et ame a li c. 132 les a. 134 chantes ja [sic]. 136 dont 
chil at. bonnes s. 140 m. i par a. 144 e. con same d. — 1. 146 
cuevre. 147 chantes par bien fait et p. a. 148 del chanter. 149 
cantor. 151 des le chanto près de la t. 152 ke e. ne puist. 153 
desus. 154 le devons nos ap. + 1. 155 et p. et f. 156 l'escr. 
devine. 159 poindans. 161 sot. 162. est ch. 164 f. ne s. ; sera. 
167 c'est p. 168 ki doit ; sofïrance. 169 le seit chachier. 170 
om. c' ; ne le seit enchauchier. 171 si d. 175 ja ne se soi esjoira. 
178 conscience. 181, 2 manquent. 183 de teiz armes tos nos 
armons. 184 nos e. 185 tout jors esproner; —1. 186 devons a. 
188 chil ; destors. 193 ki tel a. 194 n'estuet d. 196 encloz d. 
197 voi ge. 206 f. s. 1. s. 210 si touz est fait. 211 celui. 212 
m. est cis f. 213 fortes; en barré. 216 le tr. 219 les mesdisans. 
220 ne s. c. ne b. 221 ordene con tant en p. s. 224 et la s. 225 
ml't me done. 226 si affort. 228 et d. ; on na m. 229 ame. 230 
toz. 231 nos devons a. 236 le d. 237 om. et. 239, 40 inter- 
vertis. 241, 42 intervertis. 241 kî s. 1. p. tel. 246 celé n'est ne 
floibe. 247 esmolus. 249 cest; —1. 252 et lui d. 259-66 
manquent. 269 car b. 271 tôt tans. 272 dotans. 273 en t. lies. 
274 celé ; bien t. 280 vos. 281 que. 285 anseiz en i f . . 287 om. 
de ; — 1. 288 vos ; om. a. 289 vos garde ; + 1 290 meschief . 
291 a nostre e. 293 en d. 294 se lerme clert fort et ap. 296 f. 
et ovré. 297 cler i v. 298 icles elmes d. n. d. 304 cesti devons 
bien m. 305 d. menbre. 306 seignor ki le m. 308 majesté. 
309 humeles fu ilh mit entre n. 311 nos m. 312 fu ores vraisa. 
313 ki p. n. s. 1. 315 et nos mist. 318 todis dura. 319 el mont 
sont chil sangnor et m. 321 el mont elliet et sui teler. 322 ki 
un home vuet. 325 des arme et donne c. 326 nos retrait p. s. 
329 chis e. 330 de tel clarté v. 331 tout. 333 li forfaiteur ml't 
s'i amendent. 334 tôt chil qui a r. 335 desperance; om. en. 
336 a trait. 337 n'iert bien s. 339 l'escu doit retenir les cols. 
343 nul cop. 344 m. 1. e. i parvant trop. 349-52 manquent. 
353 riens n. 1. p. 355 fors est de v. 357 fus. 361 ki l'escu a 
de tel v. 362 plus f. 365 nule d. 366 de dart de quarel ne de 1. 

N 



154 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

368 de la grant mort q. Entre 368 et 369 : ceste vertu vuelh je 
nomer ml't le doit on bien ramembrer. 370 dolor. 371 ml't a 
fort escut a son col. 373 car dix. 374 fols c. v. 376 pechieres 
q. f. 379 n'avenist se p. re. f. 382 nos est mon grant c. 383 
entendons en 1. f . 384 nos client. 385 no tr. 386 e s. c. p. 389 
et m. 395 qui ont a lui entente. 396 fin ; atente. 404 n'abaisse. 
409 ne ploie ne ne t. 412 ml't d. 417 c. v. averont. 418 tôt 
chil qui ceste vertu ont. 419 puent atendre et endurer. 420" et 
bien soffrir et bien durer. 421 de grant vertu. 422 si a maint 
orguel abatu. 423 kez est la v. c'est m. 424 chil vient. 426 
d. c. vertu. 428 1. est uns ml't d. 432 quis. 433 vraie; —1. 
437 nule bone enure [sic] m. 438 powist v. 439 de lance f. o. 
bon c. 441 en la lance. 442 oir menesterire o. e. m. 443 et 
terres. 446 a ml't bêle f. 447 et dure et ent. 448 tôt tans dura 
toz tans iere c. ; + 1. 449 ml't en abelist 1. 450 icele. 454 le 
heent ml't le redotent. 456 ceste v. ml't bien m. 457 d. s. cous. 
458 al jor qui nului n'asëure. 459 iront. 460 a ce j.; — 1. 462 
soient assëuré. 465 ml't f. c. 466 qu'il est; nunpers. 467 sains 
pois a u. a. 469 parole et en. 470 om. est ; ravis. 471 de b. d. 
et de bien mostrer. 472, 3 manquent. 476 a repoz. 477 bel m. 
479 adolchist. 481 p. esporventé. 482 je croi. 484 sages et 
conëus. 488 de v. 489 encore une me reconf. 490 les a. 491 
et ame et cors d'ornes s. 492 et m. av.; — 1. 493 om. et. 494 
sëurement. 498 la scorce. 499 t. l'arbre en sève et en v. 504 
ceste vertus par est s. f . 508 ki l'orne et ses âmes conduit. 509 
ceste t. ades droite v. 510 ki de nului ne p. n. p. 512 Pameine. 
513 en guie. 514 alonge. 516 doit nus t. 1. 522 li p. ja n'iert 
si monteiz. 523 contre. 527 le puisse délivrer de mort. 528 pus 
se trueve honores et fort. 529 al grant besoing de cels a piet. 
530 por cha sains pol cheval tr. 533 celé l'enporte. 534 nule si 
biele si la conforte. 535 netoie. 540 vraies ; — 1. 542 de la tant 
h. 543 k'ilh est e. 1. e. ilh e. 1. 544 vos raconte et di. 547 et 
passe. 548-53 manquent. 556 car c. 559 ne ne v. g. 560 
redote. 561 estraint. 562 vraie ; atrait ; — 1. 564 la cui ame 
garde ele tient. 565 bon port. 566 mete d. cui cor. port. 567 
et ki ; aront. 568 le tenront. 570 bien ent. 571 por ce ke li b. 
d. 573 bon mot ki ki le die. 575 en m. p. 576 il sont. 581 
1. p. dieu si s. s. 582 d'orde sarpelhiere destraintes. 583 bêle c 
584 luor. 585 en vilain liu luist b. e. r. 586 ne por ce pas ne se 
délaie. 587 color, clarté. 588 saintime d. 591 sont e. b. p. 593 
s. a. porter. 594 et désirs del bien enorter. 595 si enorist tote 
b.o. 

Parmi toutes ces variantes il n'y a que celle du v. 108 qui 
pourrait nous amener à établir une parenté quelconque entre le 



NOTES 155 

ms. T. et les mss. de Paris. Si nous avons affaire à un manu- 
scrit indépendant nous serons obligés, chaque fois qu'il y aura 
divergence entre les autres manuscrits et que telle ou telle leçon 
se trouve appuyée par le ms. T., d'accepter cette leçon comme 
bonne et de l'admettre dans le texte. Le cas se présente assez 
rarement. Voici tous les changements qui paraissent néces- 
saires : 

v. 126. Lis. : et que sans terme me retiegne (Ar. T.). 

v. 127. Lis. : qu'auques ai (Ar. T.). 

v. 368. Admettre après ce vers le couplet ' ajouté ' par Ar. T. : 

Ceste vertu vuil je nommer, 
Molt la doit l'on bien recorder. 

421, 22. Leçon de T. [?]. 

466, 67. Leçon douteuse. 

527-29. Lis. : lou puisset eschaper de mort. 
Plus se trueve honorei et fort 
a grant besoig que sil a pié,. 






GLOSSAIRE. 

Le glossaire est, sauf erreur, en même temps qu'un lexique, un répertoire 
complet des formes. Chacune d'elles est accompagnée d'au moins un renvoi. 
Les renvois précédés de A ou de C se rapportent respectivement aux vers de 
1' Armëure et des Chansons, les autres à ceux de la Bible. Les substantifs 
figurent sous la forme du cas régime singulier; cette forme, ainsi que celle 
de l'infinitif mise en tête des verbes, se trouve entre parenthèses [ ] lorsqu' 
elle ne se présente pas dans les textes. 

A, prép. marquant : I, position : lieu, Abat v. Abet. 

temps, condition, état, etc., 70, 86, Abatre, A 48; -u, 1466; -us, A 539. 

279 375, 408; accompagnement, 1680, Abbé, Abé, 114, 1125, 1142 ; -éz, -éiz, 564, 

1761 ; instrument, 292, 1099, C II, 10 ; 1043, 1056, 1057, 1267, 1311, 1601, 

manière, 1389, 2000, 2031, 2363; 2327; âbbes, âbes, sg. suj., 1059, 1060. 

moyen, 2010; appartenance, 1827; Abelestrier : arbalétrier, 1183. 

ressemblance, 1293, C V, 16; II, des- Abert, 189 v. Haberc. 

tination : lieu, personne, 7, 102; but, [Abet], [Abat]: fraude, ruse, abas, 

1119, 1251; fonction, 683, 1096, 1097, 2044; abes, 1837. 

1377, 1650, 2615, A 513 ; en composi- Abeter : duper, 1840. 

tion avec " jusque," 574 ; III, avec [Abevrer] : abreuver; -éi, 2503. 

régime indirect d'un verbe, 501 ; idem, Abstinance, 1401 ; Estinance, 1885. 

avec sens plus adverbial, 96, 97; IV, [Acenser] : donner à ferme; -ent, 2028. 

avec un verbe, formant un tout verbal Achater, 967 ; -e, 993 ; -ent, 868 ; -erai, 

transitif, 1158, 1873, 1992; V, avec q m 30 

l'infinitif, 42, 584; VI, dans des locu- Acointance : commerce, fréquentation, 

lions adverbiales : place, 698, 730, ^526 

811; manière, 173, 218, 1005, 1186, [Acointier] , faire connaitr e; ind. prés. 

1189, 1212, 1289, 1389, 1646, 1691, j acoint ^ 

1733, 1816, 1842, 2022, 2031, 2484, A ^ ' \ ^ ; ^ ^^ 

36, A 226, A 558, C I, 53, C II, 15, . , , , 

' ' ' ' convenir a; s adonner a, approuver, 

C II, 24. Avec article: al, au, 382, ^^ A m . ^ 1536> 

512; pi., as, es, 45, 1614. 1622 

Aaismer [aësmer] : diriger vers un but, A ^ . ach e 715 . 

2492. 
... , . ., ,. ,. , , . ... .„. Acorse : écorce, A 498. 

[Abahir]: étourdir; abahi, 464; -s, 104; 

-es, 1056; autre forme de Esbahir. Acostumance : coutume, redevance due 
[Abaïe]; -s, 1055, 1596, 2035. *P aT une coutume, 2196. 

[Abaissier]; -ent, 1317; abassa, 1456; Acun v. [Aucun]. 

-iée, 765. Ades : de suite, C II, 13 ; toujours, C 
[Abandoner] ; -e, 106 ; -éiz, 1028 : sans II, 20. 

retenu. [Adoucier] : mitiger; -e, A 479. 

*57 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



[Adrescier] : faire prendre une direc- 
tion; -e, 1012; réfl. -ent, 842. 

Adroit, 815; -s, -z, 1650, A 350. 

Adroitement, 1500. 

Aduré : de bonne trempe, A 296. 

Aé, s. m. : existence, C III, 15. 

Aemplir : remplir, exécuter, 2104 ; 
-issent, 1277; prêt, iii, -ist, 2055; 
-ie, C I, 42. 

Aeschappe v. Eschaper. 

[Afacer] : effacer; -e, A 535. 

Afaire, s. m. : genre d'existence, manière 
d'agir, 938, 1120, 1801. 

[Aferir] : convenir; afiert, A 23. 

[Afermer]; -e, 60. 

Affechier (affichier) : déclarer, 376. 

[Afïer] : certifier; ind. prés, i, afi, 1652. 

[Afoletir]<follet : mystifier; afoleti, 
2025. 

Agaitier : guetter, A 9 ; -ent, A 11. 

Agolloigne v. Agulloigneir. 

[Agréer] ; -e, C III, 6. 

Agu : pointu, A 159 ; -e, A 248 ; affiné, 
perspicace, 87, 2479; -s, A 483. 

Aguille, Agulle, 637, 647. 

[[Aguillon], [Agullon] ; -s, 729, A 426. 

Agulloigneir, Argoilloneir, Aguilloneir : 
aiguilloner, 3, 732, A 452; ind. prés, 
iii, agolloigne, 1290. 

[Agusier]; agusies : affilées, 2311. 

Ahi, Aï, interj., 112, A 208. 

[Aibre] : arbre; -s, 145. 

Aide, 1420. 

Aidier, 2082; ind. prés, iii, aide (réfl.), 
2463, aïde C IV, 8 ; vi, aident, 1475 ; 
subj. prés, iii, aït, 132,. 

Aigle, 701. 

Aimme : âme, A 508. 

Ains, Ainz, prép. : avant, 46; adv., 
plutôt, 1300 ; avec nég. : jamais aupara- 
vant, 1944 ; avec " que " : avant que, 
849; plutôt que, 205. 

Ainsi, Ainsic, Ansi, Enci, Ensi, 26, 
717, 1096, 1478, 1884, 2586. 



Aiques v. Auques. 

Airme v. Ame. 

Aise, 947, 1075. 

Aispre : rude, 1375. 

Aisseiz v. Assez. 

Aïssent v. Haïr. 

[Aister] : hâter, stimuler; -e, 2346. 

Al v. A. 

Aler, 606; ind. prés, i, vois (m'en), 
2215; iii, va, 649; C V, 40; vait, 776, 
1891 (s'en), 1973 (en), C IV, 15; vont, 
625 ; fut. iii, irait (s'en), 1845 ; subj. 
impf. iii, -aist, A 36; impérat. ii, va 
(t'en[t]), C II, 43; alei : fini, perdu, 
495; -eiz, 901. 

Aloei : alots, 2622. 

[Al] : ail; -s, 1356. 

Altre v. Autre. 

Alumer, -eir, 385; -ée, 2377; enflammer, 
-éi, 667; -é, 2362; illuminer, -éi, 385; 
v. neutre, -e, 2365. 

[Amander, Amender], act. : améliorer; 
-e, 2415; faire fructifier, -ent, 1702; 
réfl. : s'améliorer, -ent, 22; s'enrichir, 
-é, 1367 ; neutre : s'améliorer, -e, 1446 ; 
-ent, 106; -eront, 108. 

[Amant]; -s, -z, 59, C IV, 22. 

[Amaor] : qui aime; -s, 67. 

Ame, Aimme, Airme, Arme, Erme : 
âme, 1876, 2195, A 508, C III, 22; 
-s, 1130. 

Amen, A [599]. 

[Amener]; -eine, C I, 11; -oint, subj. 
prés, iii, 2677. 

Amenuisement, -usement : rapetisse- 
ment, 288, 289. 

Amer, Ameir, 2268; ind. prés, i, aim, 
1366; iii, aimme, -et, 1168, 1358 
(réfl.), 1885; vi, -ent, 230; -oit, 62; 
prêt, iii, -ait, 316; -eroie, 1280, 2625; 
aint, subj. prés, iii, C IV, 24; -é, -éi, 
1754, 2115; -éiz, 2244; -ée, C III, 8; 
-ées, 1538. 



GLOSSAIRE 



159 



Amerous : amoureux, C IV, 35. 

Ami, 1071; -s, 417. 

Amie, 1971, C II, 44. 

Amoine 0. Aumosne. 

Amonesteir : admonester, 829 ; -ent,580. 

Amonesteor : qui admoneste, 2323. 

Amor, f., 1214; -s, C I, 17 (gén. pi.); 

C IV, 29. 
Amordre : allécher, 1508. 
Ampire v. Enpirer. 
An, 2608; -s, 1091; -z(?), 2303 
An p. En, On. 

[Ancestre]; pi. ancessor, 251. 
Ancien : âgé, 240. 
Anclume : enclume, 2366. 
Ançois : plus tôt, 2133. 
Ancors i\ Encor. 
Andurer : endurer, A 420. 
[Anel] : anneau; -eals, 2050. 
Anemis v. Enemis. 
Anfance, 102. 

Anfermetei : indisposition, 2680. 
Angoissous : dur, parcimonieux, 143, 

498. 
[Anmuser] : occuper avec des riens; 

-ent, 2421. 
Année, 2057. 
Annuous, Anuous : déplaisant, 1079 ; 

-es, 2662. 
[Anoiantir] : anéantir; pep. passé, -is, 

103. 
Ant v. En. 

[Antandre] v. Entendre. 
Anterait v. Entrer. 
Antier v. Entier. 
Anuous v. Annuous. 
[Anvëous] : envieux; -e, A 218. 
Anvie v. Envie. 
[Apareillier s'] : se comparer; aparoille, 

2222. 
[Apeler, Appeler]; apel, ind. prés, i, 

A 181; -e, -eille, -et, 173, 1139, A 

144; -ent, 627; -oient, 56; -éi, 2579. 



[Apenser, s',] : avoir Vidée de qqch.; 

-eroit, 2157 ; être apensé de : réfléchir 

à, A 462. 
[Apersoivre] : remarquer : -oivent, 871. 
Apert : à découvert, évident; -e, 1154; 

-es, 874; accompli; apers, 404; habi- 
lement adjusté (?) A 294; en ap. : 

clairement, 551. 
Apertement : clairement, visiblement, 

867. 
[Apeticer] v. intr. ; -era, 290. 
Aplaignier : caresser; -ent, 1545. 
[Aporter] ; -e, 1679, A 518 {enseigne) ; 

-erent, 746. 
Apostole : le pape, 621, 758 ; -s, 686, 

713, 783. 
Apostre, A 474; -s, .4 347. 
Aprendre : apprendre, enseigner, 2423 ; 

aprent, 2137; -egnent, 2512; -ist, 

prêt, iii, CI, 18; -is, 1582. 
Apres, adv., 567; prép., 1683. 
[Aquiter] : décharger, affranchir; -e, 

2197. 
Araigne, Yrangne : araignée, 1892, 1866. 
[Araster] v. neut. : se fixer; -eirent, 

745. 
Archevesque, 820, 895, 2016; -s, 561. 
[Ardre] : brûler; ind. prés, iii, art, 

1486; vi, ardent, 2457; -ans, pcp. 

prés., 1155; ars, pcp. passé, 170. 
Ardure : feu, passion, C I, 25. 
Argent, 309; -s, 8. 
Argoilloneir v. Agulloigneir. 
Arme, C V, 30; -es, A 57, etc. 
Armer, A 57, etc. ; -e, A 145; -ast subj. 

impf. iii, A 95; -éz, A 108. 
Armëure, Armâure, Ermâure, A 49, A 

92, etc. 
Arrière : en arr., C III, 36. 
Art : branche d'études, science, 1020 ; 

-s, 2141 ; machine, engin, 632 ; objet 

d'art, A 445; -s, 652. 



i6o 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



As v. A. 

[Asavorer] : goûter; -éi, 1705. 

[Asegurer] v. [Assaurer]. 

Asembler, Assembler : réunir, amasser, 

196; -e, 503; -oient, 1176; neut., -ent, 

1360. 
Aservetir : réduire à l'esclavage; -i, 212. 
[Asëur] : rassuré; -s, A 350. 
Asis, -es, v. [Asseoir]. 
Aslites v. [Eslire]. 
[Asne] : âne; -s, 1215. 
Assaillir, Assallir : attaquer, 14 ; -aut, 

ind. prés, iii, A 41; -i, pcp., 797. 
Assarreir [esserrer] : perdre le chemin, 

648. 
[Assaser] : rassasier; -éiz, 521. 
[Assaurer] : rassurer; -e, A 367. 
[Asseoir] : établir, instituer; assis, 1633, 

-e, 1302; -es, 90, 1144 (rassises). 
Assez, Asseiz, Aisseiz : suffisamment, 

adv., 526(?), 527(?); pronoun, 522, 

2216 ( ?) ; pas mal, considérablement, 

adv, 1369; avec comparatif, 685; 

pron., 570; avec de : bon nombre, 178. 
Assier : acier, A 138. 
[Assoter] : assommer ( ?) ; cf. " affoler " 

en v. f r. ; -e, 769. 
[Atachier] : fixer; -iée, 628. 
Ataindre, C I, 21 ; -aint, A 562 ; -eigne, 

A 171. 
Atant : autant, adv., 2481. 
Atendre, Atandre, 968, A 251; atent, 
.ind. prés, i, C V, 21 ; iii, A 136; iv, 

-dins, A 383; -roie, 1717; -dent, 

subj. prés, vi, A 100. 
[Atenvir] : affaiblir, atténuer; -vent, 

A 99. 
[Atiser, Atisser] : tisonner; -ent, 1338 ; 

exciter; -e, 1290. 
Ator ; estre de bel ator : porter de 

beaux habits, 1604. 
Atorneir : prendre, donner une tour- 
nure, 1120; -éiz, 2497; -é, C II, 37. 



[Atraire] : provoquer, attirer; atrait, 
1411, A 44. 

Au, Aus, v. A. 

Auci v. Ausi. 

Aucun, Acun, adj. : quelque, touj. av. 
nég., 516; -e, 892. 

Augue : eau, 639. 

Aumosne, Amoine : aumône, 544, 991. 

Auques, Aiques : un peu, adv., 182, 
1106. 

Aùr : destinée (heureuse) , 956. 

Aus : eux, 68 ; os, 2368. 

Ausi, Auci: de même (en comparant), 
1872; avec "con, comme," 502, 1865. 

Autre, 740, 1049; -s, 178, 273. 

Autrement, 1559. 

Autrui, dat. et gén. de Autre, 517, 
1294. 

Avant, adv. ; temps, 185 ; lieu, 921. 

Avenir: arriver (d'un événement), 554; 
ind. près, iii, avient, 505; -enra, 296; 
convenir; avient, 2413. 

Aventure, Avanture : fortune, C I 22 ; 
événement, 319; en av. : pour tenter 
sa chance, C I 28; se mettre en av. : 
se risquer, A 91. 

[Aver] : avare; -s, 322. 

Avoi, interj. de regret, 478. 

[Avoier] : guider; -e, C IV 19 ; -ent, 
624 (réfl.). 

Avoir, v. act., impers., auxil., 497; 
ind. prés, i, ai, 1054; iii, a, ai, ait, 
499, 237, 189; iv, avons, 792; v, avez, 
-eiz, 477; vi, ont, 17; impf. i, -oie 
123; iii, -oit, 64; vi, -oient, 1229; 
prêt, i, oi, 1204 ; iii, ot, 387 ; vi, orent, 
395, C II 17; fut. i, avrai, arai, C 
III 1, A 119; iii, avra, -ait, arait, 
976, 1346; vi, avront, aront, 1073, 
C I 57; cond. i, aroie, 1564; vi, -ent, 
1432; subj. prés, iii, ait, 1101; vi, 
aient, 849; impf. i, àusse, 1195; iii, 
ëust, 658. 

Avoir, subst., 92; -s, 118. 



GLOSSAIRE 161 

Avuec, 2053. Bien, sbst., 59, 239 (v. note) ; -s, 1795. 

[Avugler]; -éiz, 706; -ées, 113; v. note. Bienfait: bonne action, 1882. 

[Bille]; -s, 2066. 

Baillie : juridiction, 1550. Blaimer, Blaismer, v. Blasmer. 

Baing: bain, 2532. Blanc, 1616; -che, 1187; -s, 1509. 

Baisier, s.m. C II 25. [Blandir] : flatter; ind. prés, i, -is, 
[Baissier]; baise, ind prés, iii, A 404. 1034. 

Barat, -ait : trafic, pratique fraudu- Blasme, Blaisme : blâme, 35, 38. 

lente, manœuvre louche, 708, 1288, Blasmer, 29; -e, 1333; -éi 1746; éiz, 

1970; -s, 1121, 1944. 150; ée, 1005. 

Barate : commerce malhonnête, 994. Blason, A 324. 

[Barater] : exploiter; -ent, 2515 ; trafi- Bleif : blé, 292. 

quer, -ent, 966. [Bleseier], se : se faire mal; -ent, 841. 

Barbaran, 1563; v. note. [Bobant] : faste; -s, 869. 

[Barbe] ; -s, 1541. [Bocage] : lieu boisé ; -s, 265. 

Barbis : brebis, 614. Boche, Boiche : bouche, 1656, A 19. 

Baron : grand seigneur, homme noble Boen, Boin, v. Bon. 

et courageux, 142, 353; -s, 116, 303. Boiste : boîte ; -s, 2625. 

Bas, adj., 1008. [Boivre] : boire; boivent, 1272; bovoie, 
Baston, C V 30; -s, A 238. 1686. 

Bataille, 1108; -s, 4 214. Boivre: boisson, 1684. 

[Batre]; battent, 1601; batront, 291; Bon, Boen, Boin, 24, 144, C II 17; -s, 

-oient, 1560. 116; -e, 144; -es, 267. 

Beal v. Bel. Bonbance : vie fastueuse, A 59. 

[Béer] : aspirer à; ind. prés, iii, bée, Bontei, 1257 ; -eiz, A 587. 

497; vi, -ent, 241, 2301. Borce : bourse, pécune, 1707, 2039; -s, 
Bel, Beil, Beal, Bial, Bia, Biau, Biaul : 1383. 

beau, noble, 248, 389, 1604, 2409, Bout; tôt de b., 593; v. note. 

2450; biaus, biauz, 19, 285; belle, Bouteir : pousser, heurter, 731; -e, 

307; -es, 115. Adv., 253; bien et 1172. 

bel, 452, 2317. Bos : bois, 1310. 

Bêlement, Bellement: largement, noble- [Bovier] : bouvier; -s, 734. 

ment, 1499, 1701. [Braire] : crier; brait, 40. 

Bendeir : nouer d'un ruban, 1542. Bram : son, 2321. 

Besoig : besoin, avoir b., 1431; fatigue, [Brisier]; -e, A 413; -ait, prêt, iii, 

1889. A 377. 

Beste : bête, 1454 ; -s, 807. Bruell : bosquet, C II 2. 

[Bestorner] : dévoyer; -éi, 1809. Bruire, Brure : faire du bruit; jaser, 
Biautei : beauté, 2657. 1378 ; bruit, brut, ind. prés, iii, 973, 

Bible, 2, 5, 8, 44, 47, 487, 584, 591; 1871; vi, -ent, 1065. 

v. introd., p. xxiii. Bruit : bruit; scandale, 1518, 1874. 

Bien, adv.; manière, 21; quantité, 123; [Bruller] : brûler; -éi, 166. 

pour appuyer, ou pour attirer l'atten- Brun : obscur, noir, 1616, 2629 ; -e, 645. 

tion, 214, 595. [Brunet] : foncé; -ete, f. 634. 






i62 LES CEUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

[Buef]: bœuf; -z, pi., 1231. [Chançon]; -s, C V 33. 

Bureteal : bluteau, 2318. Chandoile, -oille : chandelle, 1479, 2364. 

[Burre] : beurre; -s, 1410. Chanoine, -oinne, 929, 997, 1612, 1625, 

1635, 1651, 1691; -s, 563, 569, 1579, 

C : ce, cela, 220, 652; s', 1466. 1641 

C: que (rél.), 259. ^^ ^ mo 

C : que (conj.), 205; car, 506; rempla- „. . .,,.-, 

+ . j » ca* Chanter, -eir, 209, ind. prés. î, chant, 

çant " quand, 646. _, _ J ' r ' 

r. r- ■ o C V 38 ; -ent, 973 ; -erai, C II 3. 

Ca, Cai, v. Sa. rn ., icrii ,.„ 

Campenelle : clochette, 2034. 



Chapeil : 1591 ; -es, 1615 ; v. notes. 
Chapelle, 2033. 



Car, Quar, 598, C V 12; si" seulement/, r/ 

„ jjj „„ [Chaperon], Chapiron, A 19; -s, 1929. 

r, -, „ [Chapistre, -itre], -s, 595, 787. 

Ce: ce, pron. atone, 11; v. Se, Ceu, ~, n 

t t t > ^. Chappon, 2624. 

Ice, Iceu, le, C. " , ', 

Ceas, Ceaus, Cel, Celi, Celui, v. Cil. ^enal : car dm al, 666, 1313. 

Celeir, Celer, v. Saleir. [Charger, Chergier], -lé, 1216; -u», 
„ , . on- 54 °5 chana, 1001. 

Celener v. Sallerier. __ . . , 

r, , , Chantai, -e, 1434, A 532, etc.; -éiz, 

Celonc r. Selonc. 

Cent, Sant, 276, 2117; -s, 1452. 

r, -, , „, „ TT , . Chascun r. Chescun. 

Cerne: piège en cerceau (?), C II 14. 

Certain, 2401 ; -s, 232 ; -aine, -ainne, Chasteil : château, 428 ; -ials, 932. 

-einne, 628, 723, 2228. [Chastelain] : châtelain, seigneur qui 
Certainement : assurément, 2400. possédait ou qui occupait un château 

Certes: assurément, 113; sertes, 676. et qui y administrait la justice au 
Cest, Ceste, Cestu, Cestui, v. Cist. nom du roi ou d'un haut feudataire; 

Ceu, pron., forme tonique de ce, 217. -s, 231, 399, 446. 

Chacier [Chescier] : chasser, chercher [Chastïer, se] : se corriger, -e, 891 ; 

à atteindre, 737; chescent, chessent, -ent, 1757. 

1254, 1487 ; -ié, 856. Chateil : capital, 534. 

Chainge : échange, 1151. Chauces, A 134. 

Chaingier, Changier : changer, échan- [Chauciée] : chaussée, -s, 682. 

ger, 716, C V 23 ; -ié, 284 ; -iéz, 344 ; Chaucier : chausser, A 169 ; -iet, pcp. 

iée, 2194. passé, 1644. 

Chair, Char : chair, 1396, 1401. Chaut v. [Chaloir]. 

Chair [Cher] : char, 40 ; -s, 1574. [Chaut] : chaud, -z, 1275 ; -des, 1537. 

Chairait v. Cheoir. Cheance : fortune, 1278. 

Chaitëé : chasteté, A 144. [Chece] : châsse, -s, 2032. 

[Chaloir] v. impers, ind. prés, iii, Chenal, f. : gouttière, 2339; -aus, 2344. 

chaut, 2483. Chëoir : choir, tomber, 715; ind. prés. 
Chalor : chaleur, 1411. iii, chiet, 2213; vi, -ent, 718; fut. 

[Chambe] : jambe; -s, 4 187. iii, chairait (cherra), 1089. 

Chamin : chemin, 738; -s, 811. [Cherriere] : rue, route, -s, 2336. 

[Champion] ; -s, A 244. [Cherroi] : chariot; -s, 1247. 

Chancenette : chansonnette, C II 43. Chers v. Chair. 



GLOSSAIRE 



163 



Chescun, Chascun : chaque, chacun, 
663, 2309; -s, 1079; -e, 596. 

Cheval, Chival, 1965, A 521. 

Chevalier, 181, 212, 457, 1704; -s, 427, 
472. 

Chevallerie, 1709. 

Chiche: avare, 512, 934. 

[Chief]: chef, -s, 1107; tête, A 292. 

Chier : estimé, cher, chéri, précieux : 
86, 185, 1583; -e, 922; -s, 1131; 
acheter cMere, C III 30; comparer, 
C IV 11; avoir chier, 1661; tenir 
chier, 1754; -s, 1994; -e, 2648. 

Chierement : affectueusement, 1115. 

Chierté : privation, 1324. 

Chose, 1220 (avec nég. : rien), 1671, 
1745. 

Ci, Si : ici, 364, 897, 1151 ; pour " Si " 
(sic), 2235. 

Ciel, 2082. 

Ciet v. Seoir. 

Cil, Sil : ce, celui-là; ces, ceux-là, 16; 
cel, rég. atone, sg., 86; celui, selui, 
rég. tonique, dir. et indir., 865, 1158, 
1737; ceaus, ceas, pi. rég., 363; fém. : 
celé, celle, selle, 625, 628, 631; celi, 
rég. indir. sg., 220, C II 4; celles, 
1184; cf. Icil. 

[Cimitiere]; -s, 1233. 

[Cinture] ; -s, 2051. 

Cist : ce. ...-ci, celui-ci, ces. ..-ci, ceux-ci, 
384, 2087, 2429; cest, rég. sg. atone, 
958; cestu, cestui, rég. sg. tonique, 
949, A 229; ces, ses, pi. rég., 365, 
932; fem., ceste, 8; f.pl., ces, ses, 
989, 1146; cf. Icist. 

Citain : d'une ville, 997 ; -einnes, 989. 

[Cité] : ville, -eiz, 932. 

[Clamer] quite : abandonner toute pré- 
tention à qqch, ind. prés, i, claim, 
1737; appeler, A 227. 

Clartei, A 328. 

Cler, Cleir : clair, 693 ; -s, 657 ; -e, 655, 
A 247 (fourbie). 



Clerc : moine (distingué des chanoines 

et des convers), 928, 1022, 1546, 1572, 

1945; -s, 563, 1570; ecclésiastique, 

847, A 576; étudiant, 2296; -s, 1776; 

savant, 2672 ; -s, 45, A 465, A 484. 
Clergïe : science, 2499. 
Clergie, -iét : clergé, 925, 961, 2015. 
Cloche, 1964. 
Clore : enfermer, 807 ; clos, A 196 ; 

close, 795. 
Closon : enceinte, 803. 
Clostre: cloître, 1281, 1517. 
Clostrier : cloîtrier, 1113, 1164, 1283, 

1319; -s, 1097, 1259. 
Coens v. Conte. 
Coi : quoi, 66, 1919 (rél), 2393 (inter- 

rog.), v. Por coi. 
Coig : coin, 128. 

Cointe : renseigné, 650; rusé, 1970. 
[Coitier] : serrer de près., -e, 416. 
Coitous : ardent, C IV 14. 
Col : eau, gorge, 1965, 2631. 
Col- coup, A 343; -s, 1717. 
[Colée, Collée] : coup, -s, 603. 
Colérique, 2571, v. note. 
Colon : pigeon, 2164 ; -s, 2158. 
Color : couleur, A 583. 
[Colp] : coup; cols, 1717. 
Com v. Con. 
Combatre se : se battre, 294 ; ind. prés. 

i, -bat, 1077; vi, -bâtent, 1719; fut. 

iii, batront, 1788; cond. i, -batroie, 

1698. 
Comble : rempli, 670. 
[Combler] : remplir, -éi, 1605. 
[Commander] : commander, confier, 

recommander; cornant, ind. prés, i, 

A 130 ; -e, 1415 ; -ent, 1553 ; -é, 2072. 
[Commandement]: ordre (du pape), -s, 

659, 1573. 
[Commandise], -s, 1461, v. note. 
Comme, dans des comparaisons, 50. 
Commencement, 2581. 



164 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



Commencier, Comencier, 2, 1552; ind. 
prés, iii, -e, 2578; fut. i, -erai, 559. 

Comment, Cornent, 108, 310. 

Commun, 38; -s, 1708, 2529 (subst.). 

Communal, 1794. 

Compareir : payer, C IV 11. 

Compas v. Conpas. 

Con : comme, que (en comparaison : si 
con, ainsi con, tel con, etc.), 159, 482, 
1442; 502, 717; prem. terme d'une 
compar. corrél, 520; combien, comme, 
113, 114; quand, 2557, 2561 (?); 
manière : comment, 1244. 

Conëu v. Conoistre. 

Confessor : confesseur, 1262, 1263. 

[Confondre], confonde, 1292. 

Confort : soulagement, secours, conso- 
lation, 1420, 2644, 2679, C II 17; 
résignation pieuse, 804. 

Conforter, -eir : consoler, encourager, 
2242, A 27; -e, 2642 (réfl.), C III 19; 
-éi, -éit, 2645, C IV 10. 

[Confrairie] -s, 1923. 

[Confondre] ; -f unduz, A 202. 

Congié, -iét : congé, 1424, 1426. 

[Congreer] (concreer) v. neutre : pous- 
ser; ind. prés, iii, congrie, 1042. 

[Conissant], Conoissant, adj. et subst. : 
qui sait apprécier, 120; -s, 355. 

Conoissance : connaissance, 1525 ; juge- 
ment, 2349; signe distinctif, A 325. 

Conoistre : connaître, juger, apprécier, 
36; ind. prés, iii, -oist, -oit, 268, 987; 
iv, -oissons, 1175; vi, -oissent, 105; 
pcp. passé, -eu, 2668; -z, 1951; -e, 
2110. 

Conpaignie : compagnie, société, 1004, 
1344. 

Conpagnon, 2152; -s, 1270. 

Conpas, Compas : règle, A 439 ; a droit 
conpas : avec régularité, proportion, 
1389. 

[Conpasser], -ent, 2516. 



Conquerre : acquérir, amasser, 1251 ; 

ind. prés, vi, -ierent, 936; prêt, iii, 

-ist, 1933; pcp. prés., -erant, 2026; 

passé, -is {conquis), 751. 
Conquerrement : biens acquis, 2064. 
Conscience, A 78. 
Conseiller, Consillier, Consoillier, 832; 

-oient, 194 ; parler en secret, C V 31 ; 

réfl. : prendre conseil; conspirer, 766 ; 

-e, ind. prés, iii, 741. 
Consentir v. act. : approuver, accorder, 

A 97; consent, ind. prés, iii, 1567. 
Consoil : conseil, 739 ; façon de penser 

ou d'agir, 1421, 2524; concile, con- 

sols, 768. 
Consoillier : conseiller (subst.), 910. 
Consoilloour : conseilleur , 192 ; -sil- 

lieres, suj. sg., 1179. 
[Consoler]; subj. prés, iii, consot, con- 

sout, 784, A 24. 
Conte : comte, 261 ; coens, cuens, 

quiens, 324, 455, 2406. 
Contenance : maintien, conduite, 839 ; 

-s, 1533. 
Contenir se : se conduire; -tienent, 

-tiennent, 1701, 1727; se contenir, 

126. 
Conter; raconter, énumérer, 70; -a, 

1993 ; -eroie, 1225 ; -ée, A 66. 
Continance : privation, restreinte (état 

de), A 29. 
Contrait : contrefait, estropié, 1983 ; -s, 

1943; -e, 1977; -es, 1976. 
[Contraitat] : petit " contrait "; -s, 

1980; v. note. 
Contre, 93; vers, 642; à l'occasion de, 

C II 1. 
Contrée : pays, C III 2. 
[Contrefaire]: imiter; -font, 2318; 

-faites : de déguisement, A 14. 
Convaint v. Covenir. 
Conveir v. Convers. 
Convenant, Covenant : accord, 1658, 

1685; -s, 1663. 



GLOSSAIRE 



rô 5 



Convent, Covent, -ant : engagement, 

991; -s, -z, 1110, 1112; monastère, 

1109. 
Convers, Conver, -veir, 573, 1553, 1556, 

1560, 1561, 1569, 1937, 1967; -e,2149; 

-es, 577, 2091. 
Cop : coup, A 286 ; cf. Col. 
Coraige : disposition, humeur, 1326 ; 

cœur, A 27 
Corone : couronne, 415, 694. 
[Coroner] : glorifier, exalter; -e, 2287 ; 

-éi, 923; -ée, 2284. 
[Coros]<Corrosum ( ?) : pourri, dégoû- 
tant; -es, 2626. Cf. Ducange, s.v. 

corrositas : " putridine aut corrosi- 

tate." 
Corpe : faute, 1095 ; -s, 1068. 
Corpeus : corpulent (?), 2570. 
Corpus Domini : l'hostie, 1223. 
Corresous : courroucé, C IV 6. 
[Corroussier] ; -ent, 1062. 
Cors : corps, 454. 
Cors (cursus) : cours, 2437. 
Cort : cour, 245; -s, 117; -z, 911. 
Cort : court; tenir cort, 246; -s, 1112; 

-z, 912. 
[Cortil] : jardin attenant à une maison; 

-z, 2342. 
Cortois : courtois, noble, 65. 
Cortoisement : honnêtement, 1692. 
Coson, Cosson : courtier, homme <f 

affaires, 1245, 2061, 2485. 
Costous : coûteux, 2609. 
Costume, Custume : habitude, pratique, 

1890; -s, 1575; redevance, chose due 

par coutume, 2166; usage (juridique), 

2188. 
[Couart] v. Cowart. 
Couchier, 1539 (neutre); -ent (réfl.), 

1285. 
[Coudre] ; cosu, A 20. 
[Coutiere] (gouttière) : larmier d'une 

maison; -s, 2335. 



[Covenir] : falloir; covient, -vaint, 42, 

C IV 10; fut. iii, covendrait 833; 

cond. iii, -oit, 1667. 
[Coverner] r. Governeir. 
Covert v. Covrir. 
Coverture : dissimulation, 530. 
Covine, -inné : système, organisation, 

genre de vie, 986, 1335, 1447; -s, 

1443. 
[Covoiter] : convoiter; -e, 520. 
Covoitise : cupidité, avidité, 668. 
Covoitous : avide de gain, 1749. 
Covre : cuivre, 1906 ; -s, 1909. 
Covrir : cacher, dissimuler, 41 ; ind. 

prés, iii, cuevre, 722 ; vi, -ent, 1531 ; 

pcp. passé, covert, 1509; -e, 1153; 

cuvertes, 873. 
Cowart, Couart : poltron, 2123 ; -s, 322 ; 

f., -de, 2154. 
Crassance : progrès, avancement, 1786. 
Créance : foi, croyance, 17, A 395. 
[Creanter] : autoriser, ind. prés, iii, -et, 

526. 
Créature, 1488, avec nég. : personne. 
[Crembre] : craindre; ind. prés, iii, 

crient, 1014; vi, criement, -mment, 

835. 
[Crestiien] : chrétien ; -s, 46. 
Crestïentei, 664, C II 28. 
[Crever], -éiz, 705. 
[Crevice] : écrevisse; -s, 174. 
Criemment, Crient, v. [Crembre]. 
[Crier] : accuser publiquement; -ei, 

1745. 
Criminal, -s, 711. 
Croire, 1946, 4 494; ind. prés, i, croi, 

26; iii, croit, 760; vi, -ent, 168; 

subj. prés, iii, croie, 2316; avoir 

confiance, 1356; croit, (réfl.), 1358; 

je me croi, C I 17 ; je me fie. 
Crois v. Croix. 
Croistre : pousser, grandir, 2660 ; ind. 

prés, iii, croist, 1042; act., 4 514. 



i66 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Croix, Crois, 1761 ; être en la cr. : être rien; avec article : dou, du, 1, 1670 ; 

torturé, 1100. del, 2262; des, 177, 850, etc. 

Croller, v. neutre : bouger, 790 ; -e, Debonaire : gracieux, bon, 242. 

654. [Débouter] : pousser à bout; -ent, 1047. 

[Croller]; -ent, 1545; v. note. Deçà, Deçai, Desai, 400, 473, 1808, 
Crual, Crueil, Cruiel : cruel, méchant, 1812. 

1151, 1755, C V 28; -als, -aus, -els, [Dechëoir], dechient, ind. prés, .vi, 551. 

200, 875, 1145, C III 26 (f. sg.). Deciple, Disciple, 536, 1403; -s, 532. 

Crualtei : cruauté, 748. Décliner, neut. : baisser; -ent, 1471. 

Crui : cru, 172. [Deçoivre], Desoivre : tromper, 2048 ; 
Cude, -ent, v. Cuidier. ind. prés, iii, déçoit, 1386; vi, desoi- 

Cuer, 387; -s, 828; bonne disposition, vent, 2069; impf. iii, decevoit, 1932; 

2494. pcp. passé, decëu, 800; -z, 2008. 

Cui, cas indirect de qui; réj. d'un [Décret] au pi. : le droit canonique; 

verbe, 677; après prép., 561; avec -eiz, 2334. 

sens génitif, 1949, A 564. Dedens, Dedans, adv. 1504; prép. 589. 

Cuidier [Cudier] : s'imaginer, supposer, Défaire [Desfaire] : mutiler , avilir ; -ait, 

croire, 592; ind. prés, i, cui, cuit, 1997, A 18; -e, 1619, -es, A 13. 

cuz, 124, C I 21, A 46; iii, cuide, [Deffendre] : protéger; defent, ind. 

cude, 1835, 2103 ; vi, -ent, 525 ; prêt. prés, iii, A 367 ; interdire; -dent, 

i, -ai, C II 13; iii, -a, 2161. 2610; -du, 954; -uz, 4133. 

Cuire; ind. prés, iii, cuit (réfl.), 1479; [Défier]: inspirer de la méfiance; ind. 

pcp. prés., cuissans, 585; passé, cuit, prés, iii, défie, 2587. 

166; -e, 2011. [Defoller] : fouler aux pieds; -ent, 676. 

Cure; avoir c. : se soucier, 1140. Defors : dehors, 1501. 

Cusine : cuisine, 1336. [Dégoûter] : dégoutter; ent, 2336. 

Custumes, 1575, v. Costume. Dehaitié : souffrant, 1073. 

Cuvertes, 873, v. Covrir. Delà, 1529, 1808, 1811. 

Delaiier : retarder, C V 27 ; deleant, 
D', 1039, v. De. C V 40. 

[Dait]: dette; -s, 1835; v. Det. Deleiz, : à côté de, 2656. 

Daite, v. Dette. Délit : plaisir, A 478. 

Damaige : détriment, 1007 ; -s, 200. Delitous : agréable, délicieux, C IV 21. 

Dame [Damme] : dame, C III 25; -s, Delivreir : libérer; -e, A 511; prêt, iii, 

151 ; maîtresse, A 201 ; -s, 1129, 1157. -ait, 2260 ; subj. prés, iii, -e, 1181 ; 
Damedeus : le bon Dieu, 2236, C V 29. faire abandonner ( ?), 1308. 

Dampner : damner; -é, 161. Déluge, 602. 

Darriere : derrière, 921. [Demander], demant ind. prés, i, A 
Davant, 1774; v. Devant. 132; -e, 995; -ent, C V 9; demant, 

De : de, avec, à cause de, concernant, impérat. ii, C V 37. 

en vue de, 39, 51, 939, 1047, 2088 Demandeur : quêteur, 2486. 

etc. ; dans une comparaison, 473 ; de [Démener] ; -eine C I 4. 

bout, 593 (v. note) ; de voir, 296 ; de Demesurei v. Desm. 

rien, 2604 ; de nule rien, 2671 : en Demi, A 146. 



GLOSSAIRE 



167 



Demorée : séjour, C III 13. 

[Demorer] : tarder, A 95 ; ind. prés, iii, 

-et, 1260; vi, -ent, 676; séjourner, -e, 
1880; -é C III 2. 

[Denier] : (au pi.) argent, 971. 

[Dent], A 366, v. note. 

Départie : séparation, C I 48. 

[Départir] ; départies : distinctes, 2655. 

Déport : amusement, 230. 

[Depriier] : supplier; -ons, A [610]. 

Derendre : jeter le froc, 1064. 

Des : dès, 380, 2322. 

Des r. De. 

Desai, 1808; v. Deçà. 

Desapertir : déconcerter, bouleverser ( ?), 
679. 

[Desarmer, -ermer]; -é, 52; éiz, A 107, 

[Descendre]; descent, ind. prés, iii, 
A 435 ; -dent, A 569. 

[Deschëoir] ; -chiet, ind. prés, iii, A 404. 

Desclos: ouvert; -e, 796; exposés, 809. 

[Descombrer] : décharger; -e, A 536. 

[Desconfire] : malmener, mettre à bout 
de ressources; -is, 100, 1051. 

[Desconforter] se : perdre courage, être 
gêné ; ind. prés, iii, -e, 2641 ; vi, 
-ent, 2604; subj. prés, iii, desconfort, 
1106; -éi, 2646; -éiz, A 165. 

[Desconoistre] ; desconëue : méconnais- 
sable, 2203. 

[Desconoissant] : peu éclairé; -s, A 80. 

[Descorder] se : différer; -ent, 1621. 

Descovert (à) : à découverte, A 293. 

[Descovrir] se : s'exposer, se dévoiler; 
ind. prés, iii, -cuevre, 37; vi, -ent, 
1532; pcp. descoverte (act.) 1464. 

[Desdeignier] : dédaigner; -ogne ind. 
prés, iii, A 172. 

[Desdire]: réfuter; prêt, iii, -dist, 
2254; défendre; pcp. passé dit, 959. 

[Deservir] : mériter : -i, C V 12. 

Désespérance : irréligion, 1030. 



Desespereir : désespérer, perdre la foi, 

930, 1325; prêt, iii, -ait, 1883; pcp. 

passé, -éi, 156, 496; -éis, éiz, -éz, 

1027, 2328, 2434. 
[Desëuré] : malheureux, C III 33. 
Desevrer : détacher, réfl. 2126. 
Deshonor, 1548. 
Desierrance, Desirrance : envie forte, 

désir: 1419, A 117; C I 12. 
Désir, A 594, C IV 30. 
[Désirer]; ind. prés, i, désir, 2677; 

-ans C IV 12. 
Desirier : désir : A 592, C II 38. 
Desirous : désireux, C IV 13. 
[Desliier] : délier ; -lient, 4 578 ; -iées, 

2431. 
Desloaul : faux, infidèle, 1037; -aus, 

130. 
[Desloi] : infidélité, fausseté ; -z, 2443. 
[Desmesuré] : qui dépasse les bornes ; 

-z, 931. 
Desoivre, -oivent v. Decoivre. 
[Desonoré]; -z, 999. 
Desordenement : désordre, 1577. 
Desous, Desoz; au d., 157, 1078. 
[Despecier] se : s'effriter; ind. prés, 

iii, -pièce, 1904. 
Despendre : dépenser, 253 ; ind. prés. 

iii, -spent, 506; vi, -spendent, 951. 
Despens : dépense, 838. 
Desplaire, 1851. 
Desploier : délier, 2290 ; répandre, -e, 

2348 ; -ent, A 579 ; -e, 2387. 
Despondre : discourir, 2572. 
Desprisier : déprécier, 31 ; mépriser, -e, 

A 414. 
Desraison (à) : injustement, C I 46. 
[Desteindre]; -taintes, .4 582. 
Destorbier : embarras, C V 25. 
Destraindre : contraindre, faire souffrir, 

C I 31 ; ind. prés, iii, -aint, -oint, 

C IV 16, 2678. 
Destre; a d., 730. 



i68 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



Destroit : serré, avare, 234; -e, 1155; 

-s, 2468; abattu, affligé, 1219, 2454; 

sévère, 1335 ; se mettre en destroit : 

se priver de liberté, 1357. 
Destruire, Destrure, 1119, 1593; ind. 

prés, iii, -struit, 770, 2345 (réfl.); vi, 

-struent, 837; prêt, i, -strus, 1093; 

fut, vi, -struiront, 1163; subj. prés. 

iii, -strusce, 779; pcp. passé, -struit, 

1586 (réfl.); -es, 1057. 
Desus, -uz, 640, A 288 (a d.). 
Desvoier : s'égarer, 825; -ent, (réfl.), 

1224. 
[Deswuidier] : dévider; -e, 1866. 
Det<debitum : dette, 2197 ; v. Dais. 
Dete, Dette, Daite, 1833, 2166, 2201. 
Detor : débiteur, 2210. 
Deu, Dieu, 10; voc. 426; Deu merci, 

444, A 16; Deus, 23; voc. 119. 
Deus, Deux, 434, 1617. 
Devant, Davant, 1393, 1774; (temps) 

1229. 
Devenir, 691 ; -viennent, 2403 ; fut. iii, 

-venra, 295; vi, -venront, 1164; 

subj. prés, vi, -viegnent, 1088; pcp. 

passé, -u, 282; -s, 308, 478. 
Dever : du côté de, 2627. 
Devin : maître en théologie, 1476, 2275, 

2286, 2295, 2307, 2357, 2367, 2390, 

A 576; -s, 579, 2271, 2274; divin; -e, 

774. 
Devinaille : invention, 592. 
Deviner : inventer, 2271 ; -ent, 2357. 
Devinitei, Div-; théologie, 2140; éiz, 

A 224; divinité, 2278. 
Deviser : expliquer, ind. prés, i, devis, 

805; iii, -e, A 112; combiner; -éz, 

1901 ; -ée, A 590. 
Devoir, auxil. ; ind. prés, i, doi, C 18; 

iii, doit, 210; iv, devons, 715; vi, 

doient, doivent, 16, 843; fut. i, 

dovrai, 32; iii, -ait, 678; cond. iii, 

-oit, 656, devroit, 209; vi, -oient, 

767; subj. prés, iii, doie, 29; impf. 



iii, dëust, 690 ; verbe act : devoir; 

doit, 259; doient, 1855; exiger, 

réclamer; doit, 744, 1436. 
[Dévorer], -ent, 671. 
Di, Die, Dient, etc., v. Dire. 
[Diable, Dyable]; -s, 522, 658. 
Diadragagant : médicament émollient à 

base d'adragante, 2617; v. Flos 

Medicinae, v. 925. 
Differance, 1623. 

Digne, 256, A 367 ; -s, 415 ; juste, 1402. 
Dire : dire, parler, raconter, nommer, 

11, 51; ind. prés, i, di, 221, 518, dis, 

152; iii, dit, dist, 548; iv, disson, 

887; vi, dient, 1055; prêt, iii, dist, 

1404; fut. i, dirai, 560; iii, -ai, 1243; 

iv, -ons, 489 ; subj. prés, i, die, 1421 ; 

iii, 1355 ; impérat. ii, di C II 45 ; 

v, dites, A [699]; pcp. prés., diant, 

1657 ; passé, dit, 897 ; -s, 438 ; -e, 587 ; 

-es, 2382. 
Disciple, 536, v. Deciple. 
Dit: mot, sentence, récit, etc., 24; -s, 

15. 
[Ditier] : dicter, composer; -e, 70. 
[Divers] étrange, farouche, mauvais, 

A 7; -e, 2527; es, 578. 
Doble: double; -s, 1271. 
Doble, 2202; v. Doubleir. 
Doblier : à double tissu, A 227. 
Doctrine: étude (?), 2500. 
Dognent, Doignent, Doingt, Doint; v- 

Doner. 
Doit s.f. : fontaine; -z, 771. 
Dolent, C IV, 28; -s, C IV 6. 
Dolerous : douloureux, C II 36. 
Dolor: douleur, C III 8; -s, C II 42. 
Dolz v. Douz. 
Don v. Dont. 
Don, 195. 
Donc, 509, v. Dont. 
Doneor : aimant à donner, généreux, 

202.. 



GLOSSAIRE 169 

Doner, Doneir, 4, 195 ; ind. prés, iii, Droiturier : juste, vrai, équitable, 738 ; 

done, 881; vi, -ent, 257; impf. vi, -s, 607; -e, 6, 137. 

-oient, 118; prêt, iii, -a, -ait, 1930, Duc, 261; -s, 357. 

1931; vi, -erent, 1571; fut. iii, -rait, Duel: chagrin, C IV 34; deuil, 2113. 

2467; cond. i, -roie, 1070; iii, -roit, Dui : deux, 293, v. Deus. 

1406; subj. prés, iii, dogne, 205, Dur, 235; -e, 1072; -es, 585. 

doigne, 1417, done, 1985, doignt, Durement: fortement, 464; avec vi- 

A 598, doint, 1782; impf. iii, donaist, gueur, A 171; avec difficulté, 845. 

992; pcp. passé, -éi, 492; -ée, C III Dureir : durer, subsister, 907; -e, 818; 

16; -ées, 882; -éz, C III 35. -ent, 228; prêt, iii, -a, -ait, 276, 

Dont, Donc, 129, 1947; d'où ?, 1408; 1897; fut. iii, durrai(t), 4 318,4 448. 

donc, 2590; alors, 2226. Durtei, 1206. 

Doraure : dorure, 1907. [Dyable] v. [Diable]. 

Dorer; -éi, 1911. Dyamargariton, 2623; v. note. 

Dormir, 1666. Dyarodo, 2619; v. note. 
Dortour : dortoir, 1516. 

Doteus : craintif, A 272. Eaume v. Hiaume. 

Dotte, 2168, v. Douter. Eglise, Englise, 71, 941; -s, 965. 

Doubleir, C II 42; -e, doble (neutre), Eil, [el]; autre chose, 1502. 

2202, 2204. El, Ou : en le, 128, 1053. 

[Douloir] : souffrir; duet, ind. prés, iii, Ele, Elle, 276, 1446 ; -s, 578 ; el, C II 

C II 29; réfl. : se lamenter; duell 26. 

ind. prés, i, C II 4. Embleir, Enbleir : voler, enlever, 704, 

Doutance : crainte, 280. 878 ; -ei, 448. 

Doute: crainte, 111; doute, 642. [Em-, Enbraser]; -é, 668; -ée, 236. 

Douter, -eir : craindre, hésiter, 761, Empereor, 277; -s, 175, 362; -ères, 313. 

806 ; ind. prés, i, dout, 1034 ; iii, -e, Em-, Enpirier : (neutre) rétrograder, 

dotte, 1006, 2168; iv, -ons, 1527; vi, baisser; (act.) abîmer, 107; -e, 583, 

-ent, -et, 835, 2354; fut. iii, -erait, 1752 (ampire) ; -ent, 106. 

644 ; pcp. prés, -ans : circonspect, [Emplir] : remplir; -issent, 1277. 

690; réfl., -ent, 236. En, An, pron., 74, 683. 

Douz, Dous, Douls, Dolz : doux, C III En, Ant, adv., 1141, C II 43. 

6, IV 2, IV 8, V 13; -ce, 2505. En, prep., 30; en apert, 551; en 

Doze : douze, 1071. destroit, 1357 ; en travers, 1560 ; en 

Drap, A 17 ; h-abit, robe, -s, 1090. estant, 1675 ; en parfont, 2308 ; av. 

Droit : juste, précis, 636 ; droit, 831 ; article : El, Ou, Es. 

-e, 30; sbst. : le Juste; -s, 1848; a En v. On. 

droit, adv. : comme il convient, 218. [Enbatre] s' : s'engager dans une voie; 

Droit : droit, ce qui est dû, 260 ; ce -us, 2146. 

que l'on paye, 2189; droit, justice, Enbleir, v. Embleir. 

51, 62, 1297; un droit, 2188; -s, Enbrase, v. Embraser. 

1473. Enchaucier : poursuivre, A 170. 

Droit, adv. : directement, 2686. Enci, v. Ainsi. 

Droiture: probité, 59; justice, A 249. [Enclore]: enfermer; -clos, 1836. 
O 



170 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



[Encombrer] : embarrasser , charger, 

gêner ; -e, 2465 ; -é, -éi, 155, A 509 ; -z, 

1162 ; augmenter (d'une dette) ; -e, 

2198. 
Encontre : contre, A 157. 
Encor, -e, Ancors, 132, 350, 1509. 
Encuseor : délateur, 186 ; -s, A 219. 
Endemaim : lendemain, C I 24. 
[Endetter] s'; -e, 1834. 
Endouceir : endosser, A 193. 
Endurer, C I 26; -é, C III 3; subst., 

C I 30. 
[Enemi], -s, 806; Satan, -s, 1599. 
Enfant, 1116; -s, -z, 286, 660; -fes, 

1478. 
Enfance, C I 18. 
[Enferm] : malade; -s, 1435. 
[Enfermerie] : saignée; -s, 1271. 
[Enfleir]; -eiz, 1284, v. note. 
Enfundu : malade de l'enfontëure 

(genre d'hydropisie), v. Godefr., 

s.v. En fondu; -z, 2568. 
Engegnairent, 2131, v. Engignier. 
Engegneor : ceux qui font les machines 

de guerre, 184. 
Engendreor : celui qui engendre; -s, 

152. 
Engendrëure : génération; -s, 147. 
Engig : artifice, 1298 ; œuvre d'art, 

A 445. 
Engignier : tromper, 1840 ; -e, 1387 ; 

-ent, 2515; prêt, vi, -airent, 2131; 

-ié, -éy, 800, 926. 
[Enlosangier] : enjôler; -ent, 2046. 
Enlumineir : illuminer, donner de F 

éclat à; -e, A 351; -éi, 1912. 
Enmi : au milieu de, 2505. 
Enmureir, 1353. 
Ennuble : nuageux, 1506. 
Ennui, Enui, 2545, A III 3. 
[Enparlei] : éloquent, hâbleur ; -éiz, 

2027, 2591. 
Enpirier v. Empirier. 



Enploier, 2289; -e, C IV 32; -iéz, pcp., 
343. 

[Enpoignier] ; -e, 1478; -iée, 1480. 

Enpoindre : frapper, 731. 

[Enporter]; -ent, 681. 

[Enpot] (enpost) : trompeur; -es, 2576. 

Enprendre : entreprendre, 2096. 

[Enquerre] : demander; pcp. passé, -is, 
1407. 

Ens : dedans, 2187. 

Ensegnement, 25. 

Ensegnier : indiquer, 831 ; ind. prés, i, 
-seing, 1437; -ié A 364. 

Ensemble, 504; avec, A 126. 

Ensi v. Ainsi. 

Entendement : intelligence, discerne- 
ment, 2298. 

Entendre, Entandre : comprendre, dis- 
cerner, apprécier; écouter avec atten- 
tion ; à, en : s'occuper de, se donner 
la peine de: 98, 596 (subst.), 945; 
ind. prés, iii, entent, 26; vi, -endent, 
21 ; -oient, 96 ; -dront, A 568 ; subj. 
prés, iii, -ende, 2416; vi, -endent, 
142; pcp. prés., -ans: éclairé, 608, 
A 478. 

Entendue : discernement, 2277. 

Entente : application, énergie; -s, 1250. 

[Ententif] : absorbé, appliqué; -s, C II 
12. 

Enterain : intègre; -ne, 394. 

[Enterin] : sans alliage; -e, A 355. 

[Entier], Antier, 2608; -s, 812; -e, 
1505 ; consciencieux; -es, 2664 ; sin- 
cère, -e, C III 32. 

Entor : autour, 698. 

Entr', Entre : entre, parmi, 124, 126. 

[Entremeller] : mêler, mélanger; -ent,, 
1273; -a, 1002. 

[Entremetre] s' : prendre part à; -ent, 
1321. 

Entrepris : poussé à bout, 188, A 165. 

[Entrer]; -e, 1167; pcp. passé, -eiz, 30; 
anterait, f . iii, A 553 ; réfl., -ée, A 31. 



GLOSSAIRE 171 

Enui v. Ennui. [Esfroier] ; -ent, 1252. 

[Envellir] : vieillir; -issent, 846. Esgardeir : noter, remarquer, 1428 ; 

Envelopeir, [Envoleper] : envelopper, -ent, 636; -ez (impératif), 306. 

enrouler, 1541; -éiz, 1092. [Esgarer]; -éi, 2094; -éiz, 177. 

[Envenimer] : empoisonner, A 153 ; -éi, [Esjoïr s'] : se réjouir; -i, prêt, iii, C 

2509. V 14. 

[Envers] : à rebours, contre nature ; -e, [Eslire] ; pcp. passé, -it, 493 ; aslites : 

1280, 2155. choisies, A 488. 

Enverser : renverser, 2360. Esloignier, 9. 

Envie, Anvie, 64, 1315. [Eslumer] : flamber (?) ; -e, 2207. 

Envis : difficilement, 140 ; a envis : de Esmai : effroi, 2148. 

mauvais gré, 2484; difficilement, A [Esmarrir]; esmarri : affligé, 1285. 

86. [Esmeré] : à l'épreuve ; -e, A 65. 

[Envoiier] : envoyer; envoi, ind. prés. [Esmerillon] : émerillon, 702. 

i, C II 44. [Esmiier] s' : s'émietter ; -e, 1904. 

Envolepeiz, 1092, v. Envelopeir. [Esmolu] : émoulu ; -e, A 247. 

[Enwagier] : mettre en gage; -ié, 1607. [Esnesce] : ânesse; -s, 1235. 

Ermàure v. Armàure. [Espandre] : répandre; ind. prés, iii, 

Erme v. Ame. espant, 2351; -u, 611; -ues, 2650. 

Errer : voyager; -ant, 1246. Espee : épée, A 237, etc. 

Es : en les, 19. Espérance, 2240, C IV 30. 

Es v. As: aux, 1614. [Esperdre] : ruiner; -us, 366; éperdu, 

Esbahi, 179. 181. 

[Esbatre] : égayer; -e, subj. prés, iii, Espéré ; mal esp. : désespéré, A 481. 

A 29. Esperit : esprit, 23. 

Eschainge; -s, 307. Esperite, A 89. 

Eschapeir, 2537; aeschappe, 2536; [Esperon]; -s, A 158. 

-eroient, 160. Esperonner, A 185; -e, 416, A 180. 

Eschaquier : échiquier, C II 41. [Espice]; -s, 2630. 

Eschars : avare, 169. Esploit : avantage, profit, 2482. 

Eschauféi, 2574 Esploitier : tirer un avantage; -ent, 

Esclot : trace, empreinte; -s, 810. 2455; réfl. : profiter, avancer; -e, 

Escole, Escolle, 2142; -s, 2299. 519, 1781. 

Escoher : étudiant, 2495. Espoir : peut-être, 484, 525. 

[Escorcbier], -e, 527; -ent, 206. Espoir, C V 23; -s, IV 8. 

[Escouter], -ent, 610. Esposer : épouser; -airent (prêt, vi), 

Escremir: garer, A 359. 1127; -ée, C III 24; -ées, 1134. 

[Escrire] ; pcp. passé, -it, 494 ; -s, 20 ; [Esprendre] : s'enflammer; ind. prés. 

-e, 588. iii, esprent, 2208. 

Escrit : écrit, écriture, 987 ; -s, 821. [Esprover] : se rendre compte; -ai, C 

Escriture, 60 ; -s, 55. II 10 ; -ée : éprouvée, A 408. 

Escu : bouchier, 330. Esprueve : épreuve, 1199. 

Escumé : ruisselant de sueur; -z, 1275. [Estable], adj. : ferme; -s, 657. 

Esfroi : agitation, C I 13. [Establir]; -i, 1919; -ies, 1130. 



172 



LES ŒUVRES DE GU10T DE PROVINS 



[Estaindre] : éteindre; ind. prés, iii, 
-aint, (neutre) 2380, (actif) A 561; 
-tainte, A 370. 

Estallon : étalon, 141. 

Estape : poteau, souche; -s, 174. Mot 
germanique, cf. v. néerl. stappe ; v. 
Verwijs et Verdam, Middelnederl. 
Woordbk., s.v. Stap, 4, 6, où l'on 
trouvera les deux significations que 
donne Godef. du mot "estape." 

Esteir, lais ester : je laisse aller, 555 ; 
ind. prés, iii, estait: va, 1887; en 
estant : debout, 1675 ; pcp. passé 
esté : été, 189 ; estoie, 1423 ; -oit, 61 ; 
-oient, 87. 

Estendre, 595, v. note. 

Estinance : abstinence, 1885. 

Estoile, Estoille, Stole, Stoile, 622, 625, 
646, 655; -es, 717. 

Estordre v. neutre : se dégager, 1124, 
1189; -tors, pcp. passé: hors de dan- 
ger, 188. 

[Estornel] : étourneau; -s, 2439. 

[Estovoir] : falloir; ind. prés, iii, 
estuet : il faut, 2. 

Estraigement : d'une façon effrontée, 
1954. 

Estrainge : effronté, sans scrupule, 1152. 

Estre, subst. : manière d'être, condi- 
tion, etc., 43, 1333. 

Estre v. 109 ; ind. prés, i, sui, suis, seux, 
30, 104, C IV 7; ii, es, 1179; iii, 
est, 84; iv, somes, sommes, sûmes, 
284, 735, A [605]; v, estes, 113; vi, 
sont, 18 ; impf . estoie, estoit, estoient 
v. Ester; iere, impf., A 72; prêt, i, 
fui, 1092, fu, 1201; iii, fu, 81, fut, 
65, fuit, 415; vi, furent, 46; fut i, 
serai, 1721; iii, -a, -ait, 487, C III 
39; iere, 7, iert, 5; iv, seromes 799; 
vi, -ont, 185 ; cond. i, seroie, 1350 ; 
iii, -oit, 100; vi, -oient, -ïent, 237, 
1184; subj. prés, i, soie, 1512; iii, 
soit, 759; v. soiez, C III 26; vi, 



soient, 897; impf. i, fusse, 1197; iii, 

fust, 343, fut, 1454; vi, fussent, 161; 

pcp. passé, esté ; v. Ester. 
Estreloi : crime, forfait, C I 16. 
Estrenormie : astronomie, 2137. 
[Estroit] : étroit; -e, A 260. 
Esvellier : éveiller, 1806. 
Et, conj., 1, 3. 
Euls, Eus, Euz, v. Oeul. 
Euvre v. Uevre. 
Evesque: évêque, 819, 859, 896, 2015, 

2331; -s, 562. 
[Evesqué] : évêché; -s, 1312, 2028. 
Evre v. Uevre. 
Exemple 4; -s, 15; parabole, 2391. 

Fable, 1992. 

Fable v. Foible. 

Faille: faute, manque, 220, 1699; faire 
faille : faire défaut, 1733 ; joer a 
totes failles (?), 214. 

Faillir, Fallir : manquer, tromper, 
tromper l'espérance, faire défaut, 
dégénérer, s'abîmer, se fausser, 225 ; 
ind. prés, iii, faut, 217, 1111 (en f.) ; 
vi, fall-, faillent, 216, 1825; fut. iii, 
faudra, fadrait, 288, 289; cond. i, 
fauroie, faudroie, 1733, 1735 ; subj. 
prés, i, faille, 591 ; pcp. passé, failli, 
223; subst. -s, 218. 

Faire. I, Trans. (a) : faire, rendre, 
218; ind. prés, iii, fait, 144; vi, font, 
175; impf. iii, faisoit, 1019; vi, 
-oient, 1559; prêt, i, fis, 1094; iii, 
fist, 748; vi, firent, 252; fut. iii, 
ferait, 2430; vi, -ont, 187; cond. i, 
-oie, 1429; iii, -oit, 1687; subj. prés, 
iii, face, 1383; vi, facent, fasc-, 1495, 
2482; impf. iii, feïst, 239; vi, -ïssent, 
1980; impératif, v, faites, 480; pcp. 
passé, fait, 207; -z, -s, 1944, 2180; 
-te, 1620; -tes, 1234. (b) : Prendre 
l'allure de, 933. (c), réfléchi, 1275 ( ?) 
1937. II, Avec l'inf., 1384. III, 



GLOSSAIRE 173 

Intrans., 2335; feraient à proisier, [Fier]: rude, pénible, difficile, redou- 

2496 : mériter l'estime. IV, Pour table, atroce ; -s, A 240 ; -e, 1506, C 

remplacer un antre verbe, 1116. V. V 5; -es, 575. 

Impersonnel, 1688. Fièrement : rudement, vigoureusement. 
Fais, Faix : fardeau, 1320, A 515. 1711, 1719, A 266. 

Faiste v. Feste. Fièvre, 2566. 

Fait: action, 775; -z, -s, 222, 953. Figue; faire la f., 207. 

Farine, 2320. [Fille] -s, 2065. 

Fauce v. Faus. [Filler] : filer; -e, 1866; -éi, 1867. 

Faucement : faussement, C IV 26. Filz, Fiz : fils, 319, 1019. 

Fauceté, 2013. Fin, subst., 161. 

[Faukon] -s, 701. Fin : sincère, véritable, 162 ; -e, 6. 

Fa ni, Faus: faux, 579, 2324; f. pi., Finement: fin, 2582. 

fauces, fauses, 147, 2431. Finer, -eir : achever; -ent, 2358; pren- 
Fausser, A 211; fut. iii, faucerait dre fin, 678; -ent, 1472. 

(neutre), 643. Fious : qui a le fi (espèce de ladrerie) 
Fautre: feutre, matelas (?), 1218. [?], 2569. 

Fellon : vil, méchant, traître, 167, 235, Fis-, Fesicïen, Fesecïen, Phisicïen : 

C I 47, et<;. ; -s, A 184. médecin, 2542, 2579, 2594; -s, 2523. 

Feloignie, -oignoie, -onie : bassesse, mé- Fisique, Phisique : médecine, 2139, 

chanceté, 12, 510, 781. 2584. 

Feme, Femme, 2095 ; -s, 2049. [Flael] : fléau; -s, 292. 

Fenir : finir, 1261. [Flairer] : sentir, intr. ; -e, 2380. 

Fer, A 138, etc.; -s, 635; entraves, Fleumatique : d'un tempérament carac- 

1570. térisé par un excès de flegme, 2572. 

[Ferir] : frapper; se fièrent : se fêtent, Florir : orner, 47 ; fleurir, n. 2660 ; 

1294; cond. iii, ferrait, A 293; pcp. -issent, C II 2. 

passé, féru, 128 ; -s, A 536. [Flor] -s : la fleur, 377. 

[Fermail] : boucle; -aus, 2051. Foble v. Foible. 

Fermer: donner de l'assurance à, 1762. Foi, 54; -s, -z, 1474, 2375; per foi, 93. 

[Ferré] : garni d'une boucle; -ées, 2051. Foible, Foble, Flobe, Faible, Fable : 
Feste, Faiste : fête, 245, 2473 ; -s, 252. faible, 796, 986, A 52, A 56, A 246. 

Festu : fétu, 638 ; -z, 640. Foie, 2573. 

Feu, Fou, 1338; -s, 171. Foire, 1221; -es, 1248. 

[Fève] -s, 1680. Fois, Foiz, 892, 1188. 

Fi; syllabe, et interj. de dégoût, 2578, Fol: fou, insensé, déréglé, 121; fols 

etc. fous, 509, 1718; folle, 615; -es, 1048. 

Fi ; de fi. : en vérité, assurément, 2587, Folie, Follie : sottise, folie, sotte action, 

A 276. 34; -s, 1595. 

Fiance : confiance, A 168. Follement : sottement, 37, 611, 2358. 

[Fichier] : fixer; -iée, 638. Foloiier : faire des folies, s'égarer, C 
Fier se, 2586 ; ind. prés, i, fi, 2590 ; V ; ind. prés, i, -oi, C I 20 ; V 15. 

iii, -e, 509; fut. i, -erai, 134; cond. i, [Fonder]; -eiz, 2180; -ée, 2186. 

-eroie, 1352. Fontaine, -ainne : source, 918, 2502. 



174 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



For : four, 291, 2042. 

[Forastrier] : forestier; -s, A 6. 

Force, 2265. 

Forest : forêt, A 5. 

Forfait, A 333. 

Forge, 135; -s, 130. 

[Forgegier] (forjugier) : bannir; -ié, 

957. 
[Forgier]; for je, 138; -ié, 131. 
Forme : modèle, 653. 
Forment, adv. quantitatif, 1046. 
Fors, for: adv., dehors, 1503; f. de, 

1253; prép., excepté, hormis, 1239; 

fors que, 1734. 
Fort, fém., 803; fors, fém. pi., 1537; 

adv. C II 29 
Fou v. Feu, Fol. 
Fouchiere : fougère, 2448. 
[Franc] : noble, généreux; -s, A 387, 

C V 35. 
Franchement, 1203. 
Franchise, 1257. 
Fraternitei, 1211; -z, 1279. 
Freire: frère, 397; -s, 338. 
Froit: froid, 2122. 
[Fromage, -aige] -s, 1410, 2052. 
Frouches, 1228, v. note. 
Fruit, 145; -s, 2176. 
Fuer : taux; à nul f., A 32: à aucun 

prix. 
[Fuire]; fuent, 264 (tr.), 854 (intr.) ; 

fut. iii, fuirait, A 164; vi furont, 

1713; cond. i, furoie, 1716. 
Fust : bois, A 357. 

[Gab] : plaisanterie; gas, gais, 84, 1089. 
[Gaber] : se moquer de, railler; -ée, 

902; -éiz, 1058. 
[Gaignier] : gagner; -iéi, 1263, v. note. 
Gaire, Gaires : guère, 1332, 1889. 
Gaiste v. Gaster. 
Gais v. Gab. 
Gais : bavardage, 367. 



Gaitier : surveiller, protéger, 2100 ; réfl. 

2160 (v. note), A 10. 
Galie : espèce de bateau; 2682. 
[Garçon] -s, 286. 
Garde; avoir g., A 204. 
Garder, -eir : garder, protéger, sur- 
veiller, observer; réfl., se" garder, 

s'abstenir, 807; -e, 2153; -ent, 813; 

-oient, 48; -erai, 1739; subj. prés. 

iii, gart, 23, C III 36 ; -essent, 2607 ; 

-éiz, 2184. 
Garir : défendre, 1394 ; guérir, C V 3 ; 

ind. prés, iii, -it, A 539 ; pcp., -i, 224. 
Garni : muni, A 292. 
Gas v. Gab. 
[Gaster] se : s'user; gaste, gaiste, 2341, 

2345. 
Ge, Gié, Je, 11, 132, 1054. 
[Gement] v. [Jument]. 
[General] -s, 73; v. note. 
Gengibre : gingembre, 2622. 
Gent: joli, 2446; C II 9; adv. 70; 

noble, -z, 317 (?). 
Gent, 54 ; -s, 7 ; maie gent : brigands, 

1293 ; gent : compagnie de soldats, 

1104; gent, genz avecnég. : personne, 

947, 1519. 
Gentil : bien né, 1010 ; -s, -z, 1000, A 

388. 
Gentilesce : noblesse, 996. 
Gëolle : cage, 2439. 
Géométrie, 2138. 
Gésir : coucher, être couché, 1218 ; ind. 

prés, vi, gisent, gissent, 1337, 1591 ; 

impf. gisoient, 89. 
Geteir, -er, 762; ind. prés, iii, gite, 

-et, 1419, 2320; vi, -ent, 1253; gete- 

roit, 613; getées, 1141. 
Geu : jeu, 1286. 

Gëuner, Jëuner, 1665, 1875; -é, 1879. 
Gié : je, v. Ge, Je. 
[Gigue] : violon; -s, 208. 
Gingebret : médicament et friandise à 

base de gingembre, 2616. 






GLOSSAIRE 175 

Gisent, Gissent, Gisoient, v. Gésir. Guiler, Guiller, -eir : duper, ruser, 125, 

Gite, Gitet, Gitent, v. Geteir. etc.; -e, 2595; -ent, 854; prêt, -ait, 

Glaive, A 366. 1935; -ant, 2021; -éi, 2087. 

[Glorious] : glorieux; -e, 347. [Guinple] : morceau de toile ou de soie 

Glose : glose, 2429 ; [réprimande, 2430]. avec lequel les femmes s'entouraient 

Glout : avide, 536. le visage; -s, 2050. 

Gote, Goûte : goutte, 709, 2107. Guise : façon, guise, 1128 ; -s, 872. 

Goule : gueule, 1973. 

Governeir [Coverner], 2411; -ent, 1289; Ha! Hai ! 661, 882. 

-assent, 2608. Haberc, Habert, Abert : haubert, A 

[Governëor], -ères, 1180. 206 > etc - 

Grâce, Graice, 946, A [600]. Haïr > 29 5 md - prés, i, he, C III 13; 

Grain 144. heit, 1469; vi, aïssent, A 454. 

Graindre : plus grand, C I 24. Hardement, Herdement : bravoure, 

1720 1787 

[Grainge] -s : entreprise agricole d'un ' 

monastère, 1226; v. note au v. 1235. Hardi ' Herdi ' 50 ' 2026 - 

rn ■ . , 7 - ■ . t „ w „ Haut; -s, 305; -z, 2451; -e, 447; -es, 

[Graingier]: religieux charge de lad- 2&2; de fa ; ^ A ^ 

mimstration d'une grange; -s, 1288. Hautegce ; noUesse> 995 

Graine, Grainne, 311, 1040. He lag , ^ m 33 

Grais, Graiz : gras, 1967, 1983, 2624. Heit p jj aïr 

Grant, 4; -s, -z, 82, 117. Herbej 2593 

Gre; de son g.: librement consenti, Herbergeor : hospitalier, 201. 

C II 25; mal g. mien: malgré moi, Herdement: bravoure, 1720. 

C II 34. Herdi r. Hardi. 

Grever : charger, peser, ennuier; C I Hermite, 1242. 

40 ; ind. prés, iii, grieve, 1670 ; [Herpe] : harpe; -s, 208. 

greueroit, 1714; subj. prés, iii, griet, Hiaume, Haume, Eaume, A 294, A 

2214 ; pcp. passé, éz, -éiz, 540, C III 319 ; -s, A 298. 

31. Hoi v. Hui. 

Grief : difficile, pénible, A 290. t Hoir ] : descendant, héritier ; -s, 553. 

Grijois: grec, 57, 66. [Homecide], Homicide, 1391; -s, 759. 

r/ -, , n , Hom, Hon, 325, 1345 ; hons, 501 : home, 

[Grondre] : murmurer, gronder; -e ' ' * ' • * •"""■"• 

, , • , .... .. homme, ome, omme, 28, 1418, 1763, 

(subj. près, m), 44. ig68; ^ ^ 

Gros, 396; -ses, 882. Honeste : WraWe , 63 . 

Guerre: lutte, 1465; brigandage, 1998. Honestéi : honorabim 996 . 

Guerredon: récompense, C I 57. Honestement : honorablement, 992. 

[Guerroiier]; -e, C IV 9; -ent, 1953. Honir , ^^ ^ m . ^ 244; 

Guie : <7^e, 4 513. euphém pQur Cûcare) 2633 

Guier: guider, 816. Honor) 239; . s> m 

Guile, Guille : ruse, fourberie, duperie, Honorer, Onoreir, 1956, C IV 14; 

387; -s, 268. . oient> 204 . éi> 19Q . ei ^ 3()5 . ^ 

Guileor, Guilleor : fourbe, 122,2485 (?). 2493; -ées, 114. 



176 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Hons, 501, v. Hom. Irous, Iroz : en colère, 600; triste, 

Honte : déshonneur, 262 ; chose dés- 1348. 

honorable; -s, 560. Ise v. Ice. 

Hospitalitei, 1802; -z, 1799. Isil v. Icil 

Hospitaul, Ospitaul : hôpital, 1943 ; Isnel, -eil : rapide, 1592. 

-als, 682 ; ordre des hospitaliers, leur Iteil : tel, 991 ; -s, 295. 

hôpital à Jérusalem, 571, 1793, 1810, Ivre, 1687. 

1850, 1911; -aus, 1816, 1894, 1899. j> . j e> 2 o. 

Hospitelier : hospitalier, 1805; -s, 1789. j a . j a di s , 274; avec nég. : jamais, 100; 

Hosteil : annexe réservée aux hôtes simple renforcement, (a) d'un nég., 

d'un monastère, 1501. 28, 160, etc., (o) d'une affirmation, 

Hosteir, 1295, v. [Osteir]. 2 00, 398, etc.; admettons que, quoi- 

Huevre v. Uevre. que) 984j 2 158 ; ja mais : jamais plus, 

Hui, Hoi : aujourd'hui, 214, C II 40. 435 ) 2686, jamais, 134. 

Humiles : humble, A 309. j a Iee : gelée, C III 12. 

Humilitei, Umilité, 1770, A 301 ; -z, Jambais : pourpoint rembourré porté 

1759. sous la cuirasse, 1680. 

Jambe : jambon; -s, 2052. 

I, adv. : y, 22; avec "avoir," 233; av. [Jangler] : bavarder; -ans, 2438. 

"est," 488; pron. 704, 2222. Jangleor : jaseur, C V 25. 

Iauz v. Oeul. Jarcir : scarifier, 2001. 

le', Ice, Ise, Iceu : ce, 280, 1020, 1174, J e v . Ge. 

2275. Jes : je les, 1028, 1438. 

Ici, 994. Jëuner v. Gëuner. 

Icil, 243; icelui, 2002; icelle 988; cf. Jevent v. Jovent. 

Cil- Joer, Juer : jouer, 1656, C 127; jueent, 

Icist, 819; icist pour icest, 1562; icest 214. 

pour ices, 1617; iceste, 2034; cf. Joie 247. 

Cist. Joindre : attacher, adjoindre, A 451 ; 

Igaul : pareil, 2637. réfl. ind. prés, iii, joint, 635 ; pcp. 

Igaulment : sans intermittence, C IV passé, joint, A 371. 

16. [Joint] : adapté; -e, 726. 

Il: il, 189; ils, 53; eux, 1239; im- Joious, C IV 7. 

personnel, 408. Joïr : jouir, C IV 11 ; pcp. prés, joianz, 

[Illuminer] : donner de V éclat à; -e, C IV, 35 ; réfl. ind. prés, iii, jot, 

A 328; -ent, A 324; -éi, A 332. 500. 

Infer : enfer, A 358. Jone : jeune, 240, 2122 ; -s, 319, 349. 

Ipocrisie v. Ypocrisie. Jor : jour, 663 ; -s, 276 ; toute jor : 

[Ipocrite] -s, v. Ypocrite. toute la journée, 292 ; ja jor (avec 

Iqui : ici, 457. nég.) : jamais, 100; hui est li jors : 

Ire : colère, 12. de nos jours, 901 ; tous jors, 2259. 

[Iréi] : en colère ; -eiz, 1681 ; mais v. [Joster] : jouter; -e, A 205. 

note. Jovent : jeunesse, 229. 

Irié : en colère, 1067. Jueent v. Joer. 



GLOSSAIRE 



177 



Jugement, 1846; -z, A 106. 

[Jugeor] : juge; -ieres, 1180. 

Jugier : juger, condamner, punir, 158 ; 
-e, 601, 1477 (réfl.) -ent, 2356; -era, 
2397 (réfl.); pcp. passé, -ié, A 460; 
-iéz, 539. 

[Juïf]; -s, 523, 531, 971. 

Julii v. Dyarodo. 

[Jument], [Gement]; -s, 1370, 1451. 

Jurer, C I 23. 

Jus; de j. : d'en bas, A 287. 

Jusc', Jusqu', Jusque, 334, 574, 1553. 

Justice: punition, 269; -s, 871. 

K' : que, conj. 298. 

Kant v. Quant. 

Ke v. Que; qui, C IV 32. 

Kel que : quelconque, C I 15. 

Ki v. Qui. 

L', article et pron. m. et f., 43, 60, 71, 
627 ; l'avoir mauvaise : être mal loti, 
1347; pron. m. dat., 1417. 

La, lai, adv., 222, 2007. 

Labor, 1274. 

Laboreir : labourer, 1371; travailler, 
-ent, 1374. 

Lac, 380. 

Laidement : honteusement, avec igno- 
minie, 1472, 1847. 

[Laire] : céder, léguer, quitter, permet- 
tre; lait, 534; cond. i, lairoie, 1392. 

Lairon : larron, 1881. 

Lais v. Laissier. 

Lais, Las: hélas! 424, C I 3. 

Laissier : laisser, abandonner, s'abs- 
tenir de, 153; ind. prés, i, lais, las, 
555, 2611; vi, 1318; prêt, i, 1205. 

Lait, Leit : ignoble, honteux, laid, 919, 
A 17; -s, 1036; -de, 634; -es, 1145. 

Lait : punition, action honteuse, 857, 
2354. 

[Lait] : lait; laiz, 1410. 

Laituaire : électuaire, 2614. 

Lance, A 366. 



[Langaige] : langue; -s, 1528. 

Langue, Lengue, 828; -s, 2395. 

Languir, C II 18. 

Lanterne, 2628. 

[Large]: généreux; -s, 325. 

Largement : généreusement, 1985. 

Larme, Lerme, C III, 10; -s, 1259. 

Las r. Lais. 

[Lasser]; -ez, C III 39. 

Lassier : lacer, A 137. 

Latin, 57. 

Laver, 1540; ind. prés, iii, levé, 2414; 

vi, -ent, 2337. 
Le v. Lou. 

Lealment : loyalement, C I 37. 
Leans : là dedans, 2044. 
Légat, -ait, -aut, 707, 896; -s [ligals], 

562. 
Legier, Ligier : facile, 1295; -e, A 39; 

léger (moralmt.), -e, 2118; de 1. : 

facilement, C IV 7. 
Legierement : facilement, 1891, 2424. 
[Legistre] : légiste ; -s, 2402 (v. note) ; 

logistres, 581. 
Leial v. Loal. 
Leiauté v. Loaultéi. 
Leiçon : leçon, 1772. 
Leitre p. Lettre. 
Leitréiz r. Lettré. 
Lenier : lâche, mou, A 56. 
[Lent]; lens, 2232. 
Lermes v. [Larme]. 
Les, art. et pron., 18, 46, 56, 802. 
Les : à côté de (al.), 811. 
Lesche : lâche, 122. 
Lettràure : étude, instruction, 2283. 
Lettre: écriture, 1776; écriture sainte, 

A 190. 
Lettréi : instruit, 2639 ; leitréiz, 2592. 
Leu, Lieu : lieu, place, moment pro- 
pice, 382; -s, 489. 
Lez : auprès de, C II 44. 
Li, art. m. s., 57; pi., 22; f.s., 645. 
Li, pron. dat. m., 694; f., 259, 
Libéral : généreux, 202. 



i 7 8 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



[Liier], part, passé, lié, 859; -iéz, 1600; 
liées, 2432. 

Ligals v. Légat. 

Lignaige, 1008. 

Ligne, 1388. 

[Ligner]; -ent, 2516. 

Liiens, 2551, v. note. 

Lion, 50. 

Lire : lire, faire un cours, 943 ; lisoient, 
2297. 

Livre, s.f., 2047. 

[Livre] s. m. ; -s, 2451. 

[Livrer] se; -ait, prêt, iii, A 313. 

Lo v. Lou. 

Lo v. Loer. 

Loal, Loaul, Leial, [Leal] : honnête, 
juste, véritable, etc., 607, 2152, C V 
16; -s, C V 17, 129 (loaus). 

Loaultéi, Loautéi, Leiauté : bonne foi, 
honnêteté, 1256, 2372, C II 48. 

Loer : louer, conseiller, 877, A 516 ; 
ind. prés, i, lo, 1374; vi, -ent, 55; 
pcp. passé, -éi, 2621. 

Logistres v. Legistre. 

Loi, 94 ; -s, -z, 2443, 2444 ; religion, 53 ; 
race, C V 11; coutume, 1482; pi. : 
étude du droit, 2139; droit civil, 
2407. 

[Loier] : gain, salaire ; -s, 2470. 

Loig : loin; au loig, 1835. 

Loisir; à 1. : à volonté, C II 24. 

Lon, Lonc; adj. : loin, C III 1, etc.; -s, 
-z, 1185, C V 2; adv. 1941; prép. : 
selon, C II 3. 

Longuement, Longement, 1103, 2020. 

Lor, pron. poss. m. et f. sg. et pi., 71, 
151 ; pron. pers. cas oblique pi. m. 
et t., 125, 199; le lor: leur sub- 
stance, leur argent, 838. 

Lor v. Lors. 

Lorain : " courroie façonnée qui orne 
le poitrail et la croupe d'un cheval, 
et qui sert en même temps à main- 
tenir la selle," 981. 



Lors, Lor : alors, 267, 647. 
Los, Loz : renommée, 157, 395. 
Losangier : flatteur, faux, 186 ; -e, 5 ; 

-s, C I 47. 
Lou, Lo, Le, art. et pron. m. sg. rég., 

13, 124, 152, 466. 
Loz v. Los. 
Lowaïs [loeïz] : mercenaire, intéressé, 

2462. 
Lui, Lu, pron. m. rég. indir. , 24, 35 ; 

dir., tonique, A 37. 
[Luire], Lure, 1209; ind. prés, iii, luit, 

lut, 1905, A 585; lusans, 1543. 
Lumière, 1485; -s, 384. 
Lune, 646. 
Luxure, 1412. 

M' : me, 2. 

M' : ma, 2680. 

Ma, 1076. 

Mâchefer, 2667. 

Madite v. Maudire. 

[Maigre] -s, 691. 

[Maille]; -s, A 135. 

Main, 2554; -s, 1018. 

Maingier : manger, 1499 ; ind. prés, iii, 

-jue, 1655 ; vi, -juent, 841 ; -erent, 

1404. 
Maingier : repas, 1515 ; appétit, 1399 ; 

-s : choses à manger, 1276. 
Maint, 662; -s, 999; -e, 576; -es, 586. 
Maintenant : tout de suite, 1686 (v. 

note), 2633. 
Maintenir : soutenir, observer, 1050, 

2437 (suivre des cours, v. note) ; 

-tient, -taint, 528, C IV 8; -tienent, 

524; -tenoient, 94; manteigne, A 88; 

mantenissent, 1918. 
[Maire] v. [Marc]. 
Mais, Mas, Maix, Mes, 6 C IV 10, 

1464 ; désormais, 175 ; av. nég. : plus, 

245 ; jamais, 244 ; maix que : sauf, 

97, pourvu que, 2482; ne pouvoir 

mais, 1319; v. Ja. 



GLOSSAIRE 



179 



[Maisiere] : habitation; -s, 1228. 
Maison, 1329; maison religieuse, 1895; 

-s, 115. 
Maistre, Mestre : maître, savant, 529, 

794; -s, 1459; fém. maîtresses, 1129. 
Maistrement : savamment, 1932. 
Maistroïer : commander, gouverner, 

2099; -e, C IV 16. 
Mal adv. 1193 ; adj. : mauvais, 735 ; 

méchant, 1755; -e, 1293; mal cuer, 

1683; mal gré v. Gré; subst., 572; 

-s, -z, 1202, C IV 24. 
Malade, Malaide, 1219; -s, 1391. 
Maladie, 2678. 
Maldit, etc., v. Maudire. 
Maleïçon : malédiction, C I 54. 
Malement, Mallement : durement, la- 
mentablement, 284, 539. 
[Malëuré] : malheureux; -e, C III 4. 
Malice : méchanceté, 771. 
Malicious : méchant, 743. 
Malmetre : détraquer, abîmer, A 229. 
[Malparlier] : médisant; -e, C III 38. 
Malvais, Mavais : mauvais, 88; -e, 311. 
Malvaisement, Mav- : mal, 813, 1913. 
Manasse : menace, 2155. 
Manate, s.f. : aimant, 633. 
[Mander] : envoyer; mant, ind. prés, i, 

C II 45, v, 34. 
Manière : manière, coutume, genre de 

vie, 847, 966, 975. 
[Manoir] : demeurer; maint, ind. prés. 

iii, C IV 31. 
Manteal, -eil : manteau, 1767, 1773 ; 

-eaus, 1761, 1769. 
Manteigne, Mantenissent, r. Maintenir. 
Mantir v. Mentir. 
Mar : interjection de regret, 271. 
[Marc, Maire] : marc ; le marc d'argent 

pesait 245 grammes et valait 10 sous 

(45 frs. env.) ; -s, 1968. 
Marenier : marin, 624 ; -s, 644. 
[Marier], -ent, 2065; -ées, 1133. 
Marteil : marteau, 2366. 



Martir : martyr, 1262. 

Martire : martyre; -s, 1266. 

Mat : triste, renfrogné, 2454 ; mes : 

abattu, C IV 6. 
Matière, 588. 
[Maudire]; ind. prés, iii, -dit, 547; 

pcp. passé, maldit, 954; madite, 

2195; prés., maldisanz, A 219. 
Màur : digne, sage, 1021 ; -e, 839. 
Mavais v. Malvais. 
Me, 23. 
Mëaille : maille, monnaie, en valeur la 

moitié d'un denier, 1958. 
Medixant : médisant, C IV 34. 
Mehaig : défaut physique, 2533. 
Meillor v. Millor. 
Meir, Mer, Merr : la Méditerranée, 

350, 400, 1790; mer, 2502. 
Meire : mère, 337. 
Meïsmes : même, 820. 
Meïst v. Mettre. 
Melancolious : mélancolique, qui a un 

excès de bile noire; cf. fleumatique, 

colérique, 2569. 
[Meller] : mêler ; -eiz, 1682 ; mais v. 

note. 
Mellors v. Millor. 
[Membre]; -s, A 151. 
Membreir, v. impers. : souvenir, 883; 

-e, 271. 
Mençonge, Monçonge, 587, 1991. 
Meneour : mineur, 183. 
Mener, Moneir, 254, C IV 4; ind. 

prés, iii, moinne, 1763; vi, -ent, 

1247; menoit, 63; subj. prés, iii, 

moint, .4 64. 
Menjuent v. Maingier. 
Menoiier : manier; -ent, 1223. 
Menoie, v. Monoie. 
Mensongier, 1662; -s, 2546. 
Mentir, Mantir, 48, 125; ind. prés, i, 

ment, 1823; iii, A 254; vi, ent, 854; 

subj. prés, i, mente, 591 ; menti, 513. 
Merchëant : marchand, 1221. 



180 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Merchié [marché]: affluence, foule, A fut. i, métrai, A 118; cond. iii, 

4; a bon m., A 295. metroit, 1405; subj. pr. iii, mette, 

Merchis : marquis, 368. mettet, 822, 1780; subj. impf. iii, 

Merci; Dieu m., 444; miséricorde, meïst, 732; pcp. passé, mis, 504; -e, 

pitié, 480; -s, A 375; soumission (à 780; -«s, 1143; mettre de l'argent: 

une dame), 2128. l'employer à qqch, mis, 1900; -e, 

Mérite : récompense, 2233. 1958. 

Merr v. Meir. Meuz, Mielz, Muez : mieux, plutôt, C 

Merveille, -elle, -oille, 398, 2221; -s, I 21, C II 24, 172. 

598; adv. étonnamment, 1972. Mi : mes > c as- suj., 371. 

[Mervillier] se: s'émerveiller, s'éton- Mie - second élément d'une négation, 

ner; ind. prés, i, -oil, 740. ^ 4 - 

Mervillous : extraordinaire, admirable, Ml€n v - Gre. 

599- -e 269 -^ : m ^ e > 508 i " e > l 935 - 

Mes -.'mes, 417; mon, 1354. Millor > [Meillor], [Mellor] : meilleur, 

Mes v. Mais, Mat. 903 5 *. *™> 361. 

Mesaise: désagrément, 1076, A 44. Mine > 2445 - 

Meschëance : malheur, A 177. [Mire] : médecin, 2529. 

Mescroire: abandonner la foi, 927; tMireor] : miroir; -s, 9. 

-ent, 1032; prêt, -cruit, 1883; être Mirer ' " eir ' Se : Se mirer > P rendre 
soupçonneux: -ent, 1031; v. note. exemple, s'instruire, 16, 1766; subj. 

,, „ , . ^ ; _ _ prés, vi, -ent, 21. 

Mesestance : qene, inconvénient, C I ,,. 

Miséricorde, A 389. 
15. 
r _ r ,, . , , . . . [Miséricort] : miséricordieux; -s, 879. 

[Mesfaire] : /cnre une mauvaise action; ,, . . .„„. olof . 

L „ J 7 ' Moi : moi, me, 1074, 2129. 

-fis 1095 
_, „'. '. Moie : ma, 1095; mienne, C IV 30. 

Mesfait : cnme, 1998. [Moillier] : mouiller; -e, 2342. 

[Mesprendre] v. neutre: se tromper; [Moinne] : m0î>le; . B> 564> 1043j 1050) 

mespns, 1386. m0t l860j 1975 

Mesprisier : mépriser, 2079. Moinnent ». Mener. 

Mesprison : parole outrageuse, C I 50. Moins 806. 
[Messe]; -s, 1236, 1368. M i s 1192 . 

Mestier: métier, vocation, 542, 913; [Moiste] : fade; -s, 2626. 
-s, 545; avoir mestier: être utile. Mol: mou 122. 
768; être nécessaire, 2644; être m., Molle: moule 653. 
même sens, 898 ; av. m. : av. besoin, M ollin : moulin, 2042. 
A 531 - Molt : beaucoup, très; adv., 13, 65; 

Mestre v. Maistre. pron., 503; molt de, 931; adj., 72. 

Mesure, A 233; modération, A 423. Mon, 23. 
[Mesurer]; -e, A 440. Monçonge v. Mençonge. 

[Métal]; -aus, 1893. Monde: le monde, 43; -s, 935; cf. 

Mettre : mettre, 817, 1775 (réfl.) ; ind. Mont, 
pr. iii, met, 39; vi, mettent, 639; Monde: pur, 1158. 
prêt, iii, mist, 1630 ; vi, mirent, 1570 ; Moneir v. Mener. 



GLOSSAIRE 



181 



Monoie, [Menoie] : monnaie, 2053 ; -s, 

129. 
Mont (montem), 414; Grand mont, 566, 
1443, 1444, 1489, 1491, 1534, 1571; 
-s, 681. 
Mont (mundum) : le monde, 179, 325, 
751, 872, 1210, 1237 (tout le m.), 
1722, 1895; -s, 342. 
Mont (mundum ou montem) : beau- 
coup, 565. 
Monte : les intérêts, 534. 
Monter, 1317; -e, A 424; -ait, prêt, iii, 

A 307; -eiz, A 554. 
Morciaus v. [Morsel]. 
Morir: mourir, 1393; ind. pr. i, muir, 
C II 21; vi, muèrent, 1472; morrai, 
fut. i, C V 6; vi, moront, C IV 34; 
mort, 229; -s, 197; -e, 2520; trans. 
tuer, 799; -s, 90. 
[Morsel] : morceau (à manger) ; -aus, 

836, -ciaus, 1690. 
Mort, sbst. f. 416; s.m., A 25. 
[Mortel]; -eus, -eiz, A 311, A 341. 
Mostier : église, chapelle, 1516 ; monas- 
tère; -s, 972, 1098. 
Mostrer, -eir : montrer, démontrer, 11 ; 
-e, 1741 (réfl.); -ent, 1381; -a, -ait, 
prêt, iii, 1878, A 306; mosterai, fut. 
iii, 34; -éi, 1587; -ées, 1362. 
Mot, 618; -s, 20, 99. 
Mouton : bélier; -s, 1230. 
Movoir, réfl., 790; ind. prés, iii, muet, 
623 ; neutre : provenir, muet, 10 ; 
mue vent, 24. 
[Mu] : muet; -e, 1656. 
Muer: changer; -e, 2119; -ent, 630. 
Mueble : bien meuble; -s, 862. 
Muet v. Movoir. 
Muez v. Meuz. 

Mur : mur de fortification, 1712 ; -s 

1349. 
[Murer]; -e, 1357. 
Murmure : dissension, 1207. 



[Murtrir] : assassiner; pcp. passé, -is, 

750. 
Musique, 2140. 



N' : ne, 5. 

Naist, Nasqui, v. Nestre. 
Nate v. Net. 
Natement v. Netement. 
. Natoiier : nettoyer; -e, 2414; -ent, 
2337. 
Nature, 1012. 

[Na%Ter] : blesser; -eiz, A 538. 
Ne, Nei : ne, ni; et, ou, dans des 
phrases négatives, 8, 29; dans une 
comparaison, A 187, C II 5. 
Nei v. Nestre, Ne. 
Nen, autre forme de Ne, 263. 
Nés : ne les, 91. 
Nés : même, A 333 ; nés que : pas 

même autant que, 1215. 
Nestre ; naître, 541 ; prêt, iii, nasqui, 

337; vi, nesquirent, 227; née, 72. 
Net, Nat : propre, pur, 738 ; -e, -te, 

1492, A 155; -es, 1131. 
Netement, Nette-, Nate- : proprement, 

purement, 1643, 2167, 2294. 
Neu : nœud, 2384. 
Ni : ni, 702; ne (?), 2670. 
Ni : nid, 2159. 
Nice, Nisce : grossier, ignorant, 121, 

449. 
Nigromance : nécromancie, 2138. 
No v. Nou. 

Noble, Nouble, 428, 459; -s, 45. 
Noblement, 940. 
[Noer] : nouer; -éiz, 2384. 
Noir, [Nor], 1625, 2629 ( ?) ; - 8 , 1090 ; 

-e, 1696; -es, A 13. 
Noia : neige, C III 12. 
Nom v. Non. 
Nombre : chiffre, 2200. 
Nomer, -eir: nommer, 364, 1136; -e, 

2529; -erai, 28; -éi, 491; -éiz, 61. 
[Nomper] : nonpareil ; -s, A 460. 



i82 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Non, Nom, 58, 1807; -s, 65. Oindre, 2002. 

Non, 216; se non, 2577. Oïr : ouir, entendre, 1728 (subst.), 

None, 574. 863; ind. prés, i, oi, ois, 125, A 221; 

Nonnain [Nonain], 2149; -s, 577, 1975, iii, ot, C I 34; vi, oient, A 463; 

2091, 2164, 2173. prêt, i, oï, 70; fut. v, oreiz, 578; 

[Norrir] : nourrir; ind. prés, iii, -ist, cond. iii, oroit, 2561 ; pcp. passé, oï, 

2342; neutre: croître, -ist, A 595. 363; -s, 487; -e, 1764. 

Nors v. Noir. Oirs v. Ort. 

Nos : nous, 149 ; nos, 1055. Olleit [oeillet] : ocelle, 696. 

Nostre : notre, 157 ; -s, 688. Om, Orne, Omme v. Hom, On. 

Nou, No: ne le, 525, 1811. [Ombraige] : obscur, triste; -s, 266; 

Nouble v. Noble. louche, A 7. 

Novel [Nouvel] : nouveau, récent, C II On, Om, En, 173, 381, 535(?), 906; 

i; -le, 2034; -es, 1184. l'on, 213. 

[Nuef] : neuf; -z, 1573. Onor : honneur, 352. 

Nuire, 1609. Onoreir v. Honorer. 

Nuit, 1100; -s, 645. Onques ; avec ne: jamais (dans le 

Nul: nul, personne, 64; nuls, nus, passé), 171. 

nulz, nuz, 9, 497, 1355, 1672; nulle, Opitaul v. Ospitaul. 

54; -s, 941; affirm., A 93; nulle Or, Ore; à présent, maintenant, 23, 

rien: quelque chose, 222; nullui, cas 445; -es, 911; orent (sic), 483. 

rég. : personne, 885. Or, subst. 680; -s, 8. 

Oraur : oratoire, 2037. 

O : avec, 1485. Orcirrais v. Ocire. 

[Obediancier] -s, 1065; v. note. Orde, Ordes, v. Ort. 

Obéir, 1956. Ordeneir : soumettre à une règle, 2161 ; 

Oblïer: oublier, C II 30; subj. prés, i, -ei, 1634. 

obli, 582; impérat. v, -ez, C III, 25; [Ordoner]; ordone, 1771. 

pcp. passé, é, -éi, 1810, C III 5. Ordre s.f. : ordre, ordre religieux, 

Ocire: tuer, 1418; ind. prés, i, oci règle monastique, 596; -s, 18; par 

(m'), C V 4; iii, ocist, -it, 660, 988; ordre, 605. 

v, -ïez, 663; vi, occïent, orient, 2368, Ordure: saleté, malpropreté, 977, 2551. 

2547; prêt, iii, ocist, 747; fut. ii, Ore, -s, v. Or. 

orcirrais, 662; pcp. passé, occis, 1721. Ore, Oure : office divin, 1729; heure, 

Odour : odeur, 2658. 1734, C V 3; -s : heures, 1731. 

[Oef] : œuf ; pi. oez, 1679. Oréi ; bien oréi (ëuré ?) : bienheureux, 

Oeul, Oil, Uell : œil, 371, 823, C II 7 ; 950. 

euls, eus, euz, oeus, iauz, 699, 1777, [Oreille], [Oroille], -s, 597, 609. 

A 596, C II 10, 692. Orent v. Or. 

Oevre v. Uevre, [Ovrer], Ovrir. Orgoil, Orgoel, Orguel : arrogance, 781, 

[Offrir]; offrent, 1498. 1316, 1365; -s, 198. 

Oï [ahi] interj. de compassion, 476. Orgoillous, Orguilloz, -ous : arrogant, 

Oignement : onguent, 2002. 934, 1455, A 340. 

Oille : pot de terre, 2011. Orible : horrible, 1. 



GLOSSAIRE 



183 



[Oriner] : examiner les urines; -ent, 

2561. 
[Orison] : oraison, 'prière ; -s, 786. 
Ors : ours, A 15. 
Ort : sale, ignoble, 156 ; ors, oirs, 89, 

1576; orde 1039; ordes, ordres (sic), 

1144, A 582. 
[Ortie] -s, 2656. 

Ortïer : la plante de l'ortie, 2659. 
Os : eux [-même], 2368. 
Oscur : indigne ( ?) ; -s, 148. 
[Oser]; ind. prés, iii, -e, 247; iv, 

-ommes, 1171; vi, -ent, 1551; subj. 

impf. vi, -aisent, 91. 
Ospitaul, Opitaul, v. Hospitaul. 
[Oster] : ôter ; -oient, 1433 ; pcp. passé, 

-eiz, 720; hosteir, 1295. 
Otroie v. Outroiier. 
Ou : oui, 687. 
Ou, adv. : où, 131 ; pron. : auquel, dans 

lequel, etc., 16. 
Ou : v. El. 
Ou, conj., 146. 
Outraige, A 415; -s, 199. 
Outre : au delà de, 350 ; adv., 378. 
[Outroiier] : permettre; ind. prés, i, 

outroi, 1787; iii, -e, 526. 
[Ovrer] : travailler (tr. et intr.) ; oevre, 

136 ; -é, A 331 ; ée, A 589. 
Ovrier : ouvrier, 133 ; -s, 136. 
Ovrir : ouvrir, montrer, 42 ; oevre, 

ouvre, 2280, A 444. 
Pacience, Patience : résignation, 17, 

789. 
Païen, 685; -s, 45. 
[Paiier] : payer ; -e, 2209. 
Pain, 1254. 
Painne v. Poinne. 
Pais : pays, 317. 
Pais : paix, 2601. 
Pais v. Pas. 

Palasinous : paralytique, 2570. 
Pallais, 249. 
Palu : bourbier, A 82. 



Pandre, Pendre : pendre, dépendre, 

pencher, 2356, A 344; ind. pr. iii, 

pent, A 510; subj. prés, iii, -det, 

2043; vi, -ent, 2483; -ue, 1965. 
[Panir] : dépouiller; -iz, 1011. 
Panre, [Penre], Prendre, [Prandre], 

886, 889; prant, prent, 38, 2348; 

prennent, pregnet, 653, 2442; prêt. 

iii, prist, 2253 ; fut. iii, penrai, 35 ; 

cond. i, penroie, 1424; subj. prés, iii, 

pregne, 2070; impf. vi, preïssent, 92; 

pris, 664; -e, A 406. 
Pans v. Penseir. 
Pansé : pensée, C III 21. 
Pansif, Pensif : chagrin, souffrant, 

1219; -s, 1348. 
Paor, Paour : peur, frayeur, 110; -s, 

2241. 
Papelon •. papillon, 1483. 
Par : part, 1406. 
Par v. Per. 
Paradis, 936. 
Parant, 2548. 
Parantei, 1526. 
Parc, 808; -s, 12. 
Parchamin, A 575. 
Pardon, Perdon, 1882, C I 49. 
[Parer]; -ées, 1362, v. note. 
Parfait, 1037. 
Parfondement, 2333. 
Parfont ; en p. : avec profondeur, 2308. 
[Parlant] : causeur, bavard; -s, 1527. 
Parleir, -er; 363, 557; ind. prés, i, 

paroi, 2144; vi, -ollent, 1515; fut- 

-erai, 27; -erons, 574. 
[Paroil] : pareil; -le, 281. 
[Paroir] : paraître; ind. prés, iii, pert, 

1909; id. impers., 1599. 
[Parole], Parolle, 2141; -e, 585. 
[Parroche] : paroisse; -e, 1227. 
Pars v. Parc. 
Part : part, 505 ; côté, parti, 1484 ; -s, 

2442. 
Partie, 2281; -s, 1542. 



i8 4 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

[Partir]: -partager; ind. prés, iii, part Perdre: perdre, détruire, 1593; ind. 

687; vi, -ent, 2018; pcp. passé, parti, prés, iii, pert, 552; vi, -dent, 852; 

1286, v. note; réfl. : se séparer; part, -dront, 1729; -droie, 124; -du, deu, 

1916; prêt, i, parti, 1255; partai, 127, 300. 

1203 ; pcp. passé, parti, 1186 ; -s, 756. Péril, A 527. 
Pas, Pais, Pes, avec nég., 5, C IV 18, [Périr]; pcp. passé, -is, 2461; -ie, 2520. 

1370. Permi : parmi, 1248. 

[Passer]: passer, dépasser; pesse, 2631 Perrier : qui fait jouer les "perrieres " 

(v. note), A 547; passent, 1315; -éiz, (machines d'attaque pour lancer des 

1091; survivre, éi, 187 (v. note). pierres), artilleur, 184. 

Pastor : berger, 814. Persécution, A 299. 

Pasture : pâture, 817. Pert v. Paroir, Perdre. 

Patience v. Pacience. [Pervers]; -e, 2528. 

[Patient]; -s, A 173. Pes v. Pas. 

Pau, 1644, v. Pestre. Pesance : ennui, 1053. 

[Pecheor] : pécheur; -s, 2249. [Pesant] : lourd, gênant; -s, 603, 1528. 

Pechié : péché, 510; -z, 89; dommage, Peschier : pêcher, 1122. 

739. Pesse v. Passer. 

Peire : père, 660 ; le pape, 621 ; -s, 720. Pestre : paître, 2593 ; pcp. passé, pâu : 
[Pendre] v. Pandre. repu, 1644. 

[Pener] : harceler; -éi, A 3; -éiz, 1044. Petit: peu, 704. 
Penidium, v. Littré, s.v. Penide : Pëussent, Pëust, v. [Pooir]. 

sucre d'orge, 2618. [Pevrée] : poivrade; -s, 1537. 

Penitance, -ence, 1054, 1771. [Pevrier] : marchand de poivre et 

[Penre] v. Panre. autres épices; -s, 2046. 

Pensée: pensée, souci, 2494; -s, 1282. Philosophe, 58; -s, 56, 61. 
Penseir, 808; ind. prés, i, pans, pens, Phisicïen v. Fisecien. 

2306; iii, -e, 2112; -era, 1345; inf. Pie : pied, 1102; à p., A 529. 

comme sbst. : pensée, A 4 ; -s, A 33. Piere, 634. 
Penseret ?, 2563. Pignier : peigner, 1540. 

Pensis v. Pansif. [Pilete] : pillule; -s, 261. 

Peor, Poor, Poiour : pire, 109, 904, [Pi] : bon, clément; -s, 879. 

1940; -s, 905. Pis, 684. 

Per, Par, 33, 395; per tout, 554, per Pitié, -iét, Pidié, 1074, 1217, A 599; 

trestout, 583. -s, -z, 1430, A 369. 

Per, renforçant (1) une parole, molt [Plaidoior] -oor : avocat, 2403; -s, 2462. 

p. 515 ; tant p. 290 ; trop p. 961 ; (2) [Plaie] ; -s, A 539. 

une phrase, 1612, A 188. Plain : plein, 669; -s, 773; -ne, 711. 

Per, partem, per lui : à part lui, 1329. [Plaindre] v.n. et réfl. : pleurer, se 
Percier : percer, A 353. plaindre; ind. prés, i, plain, 153; iii, 

Perde : perte, C I 29. plaint, C I 51 ; vi, plaignent, 1546. 

Perdon v. Pardon. Plaine-, Plainnement : pleinement, en- 

[Perdoner] : pardonner; prêt, iii, -ait, tièrement, 1645, 1735. 
2235. Plaint : plainte, C IV 29. 



GLOSSAIRE 185 

[Plaire]; plait, plaist, 1052, C IV 7 ; pueent, 109; impf. i, pooie, 1394; 

-ront, 586; -subj. prés, iii, plasse, prêt, iii, pot, 2104; fut. iii, porra, 

1512. C II 49; iv, porons, 1124; vi, -ont, 

[Plaisant], [Plaixant] : agréable; -s, 33, 19; cond. i, -oie, 1631; iii, -oit, -roit, 

C IV 21. 508, 1308; vi, -oient, 107; subj. prés. 

Plait : cause, plaidoirie, discussion, 39, iii, puisse, -et, A 55 ; iv, -ons, A 602 ; 

2212, 2442; -z, 1299. vi, -ent, 544; impf. i, pëusse, 2136; 

Plantéi, a grant pi. : en abondance, iii, -ust, 704; vi, -ussent, 703. 

1212. Pooir : pouvoir, force, 658, A 116. 

Pliris : sorte d'électuaire, 2616, v. note. Poon : paon, 695. 

[Ploiier] : plier, s'écarter; -s, A 178, Poor v. Peor. 

A 510, A 557. Por: pour, 3, 66; malgré, 1875, 2155, 

[Pion] : plomb; -s, 308. C II 33, C III 5 ; por coi : pourquoi, 

[Plor] : pleur; -s, 1259. pour cela(t), 66, 227; por pou que: 

[Plorer] : pleurer; -e, C I 51 ; -ent, 115, peu s'en faut que, 1064; por que: 

prêt, iii, -ait, 2235; -ée, C III 10. parceque, 907. 

Plue : pluie, 2339. Porait v. [Puir]. 

Plume, 695. Porceil : pourceau, 2057 ; -eals, -eaus, 

Plus, 36. 1962, 2071. 

Plusors : la plupart, 850. [Porchascier, -chescier, -chessier] : cher- 

Po v. Pou. cher à procurer, briguer, aller en 

Pocresie v. Ypocrisie. quête; -ent, 1076. 

Poestei : puissance, A 308. Porches : profit d'une quête, 1369. 

Poig : poing, 1836. [Porpenser] : se proposer; -éi, 490. 

Poignant : piquant, A 159 ; -s, 2661. [Porré] : soupe {aux poireaux) ; -z, 1276. 

Poindre: piquer, 3 ; ind. prés, iii, point, [Porrir] : pourrir; ind. prés, iii, -ist, 

736. 2341 (réfl.). 

[Poinne], Painne : peine, tourment, [Porc] -s, 614. 

1860; -s, 1189. Port, A 565. 

Point : point, endroit précis, 636 ; [Porte] -s, 42. 

carré, C II 41 ; condition, état, situa- Porteir, -er, 694, 2491 ; ind. prés, i, 

tion, 736, 1069, 1255, 1304 (?) ; mot port, 1090; -e, et, 145, 1964; -ent, 

piquant, 2409; -s, 2405; avec nég., 2032; -eront, A 105; subj. prés, iii, 

499 - port, A 566 ; impf. iii, -aist, 2683. 

Pointe, 641. [Porvëoir] : pourvoir ; -u, A 364 

Poire, 2178. Porvrement : pauvrement, 2089. 

[Poison] : soupe ( ?) ; -s, 1536. [Possession] -s, 1598. 

[Poisson] -s, 1269. Pot v . Pooir. 

Poivre, 2047. Pou> Po . peu> 477j 841 

[Pollain] : poulain; -s, 141. Pout : pot, 294. 

[Pont] -s, 682. Povre: pauvre, 1252; -s, 266. 

[Pooir] : pouvoir; ind. prés, i, puex, [Premerain] : premier; -e, Cil. 

puez, puis, 153, 255, 376; iii, puet, Premier, 1424; -e, 1137; -s: la pre- 

9; iv, poons, 793; v, poez, 297; vi, mitre fois, 1993. 



i86 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



Premièrement, A 186. 

Prendre v. Panre. 

Prëoichent v. Proochier. 

Près (de) compar., A 146; place, A 451. 

[Prester] : prêter; -ent, 971 ; -é, C III 

23. 
Preu v. Prou. 
Prevoire v. Provoire. 
Pri v. Proiier. 
Primes : tout d'abord, 745. 
Prince, 88; -s, 104. 
Prior : prieur, 1114; -s, 1080. 
Pris : valeur, estime, renommée, 140, C 

V 36. 
Prise : prise, droit de prélèvement des 

denrées, etc., 1495; -s, 1249. 
Prisier : estimer, apprécier, 32; -e, 2178 

(réfl.), -ent, 2066; -ié, 1606; -z, 1723. 
Prison : emprisonnement, 2536 ; prison, 

C V 18. 
Privéi : intime, 2088 ; v. note. 
Prodom, Prodon : homme honnête, 

honorable, 311, 1243; -s, 460; -e, 

-me, 485, 902; -s, 1849. 
Proesce : bonté, générosité, 387, 394 ; 

-s, 852. 
Proie, A 316. 

Proiere : prière, C III 34. 
Proiier : prier, 2084 ; ind. prés, i, pri, 

1414; iii, proie, C IV 26; vi, -ent, 

1166; prieroie, cond. i, A 94; -et, 

pcp., C V 39. 
[prometre] -ent, -tent, 1660, 1664; 

-irent, 1665 ; pcp. passé, -is, 1826. 
[Proocheor] : prédicateur; -eires (cas. 

suj. sg.), 2343. 
Proochier : prêcher, 2359 ; ind. prés, vi, 

prëoichent, 1921 ; prooichet, 2346 ; 

pcp. prés., proïchant, 2029. 
[Prophecie] -s, 2255. 
[Proposer] : exprimer l'intention; -éi, 

1826. 
Prou, Preu : (1) adj. noble, bon, pré- 
cieux, etc 119; -s, -z, 139, C V 



35; suffisant, 1672; suffisamment, 
2654; (2) subst. : profit, avantage, 
1052. 

Prover : prouver, 1296; ind. prés, i, 
pruix, 1020 ; iii, prueve, 2392 ; réfl. : 
se révéler comme...., prueve, prove, 
1200, 1913; prêt, i, -ai, 1193;_-éi, 568, 
1036; -z, 1198. 

[Provende] : prébende, bénéfice ecclé- 
siastique; -s, 965. 

Provoire, Prevoire : prêtre, rég. sing. 
et suj. pi., 928, 1222. 

Prueve : preuve, 220. 

[Publer] : peupler; -éiz, 1982. 

Pucelle : jeune fille, vierge, 2257 ; -s, 
1128. 

Pueble : peuple, 2025. 

Pugnais, -z , Punaix : puant, 1679 ; 
punais, 2602, 2603. 

Puez, Pues, Puis, Puiz : puis, 641, 648, 
1077; p. que: puisque, dès que, 136, 
2127. 

[Puïr] : puer; ind. prés, iii, put, 2605 ; 
fut. iii, porait, 2389; subj. prés, iii, 
puent, 1086 ; -ant : puant, répugnant, 
dégoûtant, 1, 978, 1088; -s, 545. 

Punaix v. Pugnais. 

Pur, 1022. 

Purement, 2297. 

[Pusier] : puiser; puisent, puissent, 
2501, 2511; -ies (fém.), 2312. 



Qu', conj. : que, 97; car, puisque, 68; 
afin que, 544. 

Qu', pron., 193. 

Quanque, Quant que : tout ce que, 484. 

[Quant] : combien ! ; -s, 1990. 

Quant, comparatif : que (la totalité de), 
1462; corrél., C V 2. 

Quant : quand, lorsque, 303, etc. ; puis- 
que, 1844. 

Quar v. Car. 

Quatre, 293. 



GLOSSAIRE 187 

Que, conj., 123, ete. ; pour que, 658; de [Rechaingier] ; -ent, 630. 

sorte que, de façon à ce que, 29, 161 ; [Reçoivre] : recevoir; ressoit, 2339 ; 

car, 10. pcp. passé -eus, 2000. 

Que, pron. rel. et interrog. 11, etc.; Recordeir : rappeler, apprendre, 1135; 

que de!, 2170; nom. 35, 148, etc. -e, A 569; -ent, -et, 1023, 2376; in- 

Quel, 275; quels, queius, queus, 307, scrire, -ée, A 71. 

408, 1068. [Recroire se] : renoncer; subj. pr. iïi, 
Quel que, Kel que : quelconque, quel- -croie, C IV 25. 

que, 485, A I 15. [Redoter] : radoter; -outent, 846. 

Querre : chercher, demander, mendier, Redouter, C I 36 ; -ée, A 242. 

802; ind. prés, i, quier, 558; iii, Refrettour, Refroitor : réfectoire, 1273, 

quiert, 259; vi, quierent, 260. 1678. 

Qui : qui, qui ?, celui qui; qui que, av. Regarder, 1778 ; -ent, 984. 

subj. : quiconque, 44, A 573 ; qui Regart : regard, C V 13. 

(seul), même sens, 499; qui, avec Règle, 1629, r. Rigle. 

indic. : quand on, 58, 2552 ; avec Réguler : régulier, 1636. 

condit. : si Ton, 158, 613 ; sens analo- Reigne : règne, 358. 

gue, 2561, 2571, A 297, A 322. [Relever]; -lieve, ind. pr. iii, A 537. 

Quiens v. Conte. Religion, 672 ; vie monastique, 1425 ; -s : 
Quinze, 1967. monastères ( ?), 2326. 

Quite : acquitté, 2234; clamer quite, r. Relure : reluire, 1208. 

Clamer. [Remaindre] : rester; ind. prés, iii, 
R' pour Re, 370 ; avec un subst., 1060, - ai "t, 2379. 

v. note. Cf. Re. Remanant : reste, C II 27 

Raangler : suppurer, 2003. Remembrance : souvenir, 101 ; idée, A 
Rabis : rubis, A 470. 30. 

[Rachat]: teigneux -es, 2602; -es (pour Remuer: changer, déplacer, 716; -ent, 

-at), 2603. 629 (réfl.), -ant, 1087; -s, 719 (neu- 

[Raigne] : rêne; -s, 981. tre). 

[Raiier] : rayonner ; -s, A 585. Rendus, 1356. 

Raison: justice, raison; parole, 10, C Rendre, Randre, 14, 946; ind. pr. iii, 

V 20; -s, 193. rent, 617; prêt, iii, -it, 2227; pcp. 

Raïz : racine, 1613. passé, -u, 2189 ; -ue, 2204 ; réfl. : 

Randeor : qui fournit une rente, 2206. entrer dans un ordre monastique ; 
Randre r. Rendre. -ent, 1704; -us, 1639. 

[Raner] : suivre de nouveau; subj. prés. [Renon] : renommée; -s, 1458. 

iv, rannions, 810. [Renouveller] ; -ent, 537. 

[Ranponer] : railler; -éiz, 1191; -ognéiz, Rente: revenu, 2489; -es, 1923. 

1197. [Renverdoiier] : reverdir; -e, C IV 2. 

Raonde : ronde, à la r., 698. [Reoignier, Reonnier] : râper; -ent, 206; 
Rasches r. Raches. tonsurer, -iée, 2193. 

Re, avec verbe : de même, aussi, 76 ; Repaire : retraite, demeure, 248. 

d'autre part, de son (leur) côté, 57. Repanre, 2270, v. Reprendre. 

[Reangle] : suppuration; -s, 2005. Repentance : repentir, 2239. 



188 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Repentement : repentir; -s, 2231. Rigléi : soumis à une règle, régulier, 

[Repentir se]; repent, 894; -ent, 853. 1633; -éiz, 569, 1641. 

[Replanir] : remplir; -ies, 2256. [Rigler] : mesurer; -e, A 442. 

[Replanter]; -ent, 1523. [Rincer]; -e, 2414. 

Repondre se: se cacher, 834; -nnent, Ri re , 209; ind. prés, iii, rit, 2111. 

265 ; pcp. passé : obscur, louche, [Robe] ; -s, A 14. 

repotes, 2575. Roche: rocher, 1880. 

[Reposer] neutr. : se reposer; -e, 1672. R gi r . rougir, 2003. 

Repoz, Repols : repos, 1677, A 476. Rq^ 261 ; -s, 175. 

Reprendre, Repanre : reprendre, corn- j^i (mot germanique) ; de moi ne sai 

ger, 13, 2270; ind. prés, i, -preing, nul roi . ce que j e va j s devenir, C 

1438; iii, -ent (réfl.), 893; vi, -egnent j 9 

1237; pcp. passé, repris, 1187. j^ . sillon> m 

[Reprover]: reprocher; ind. prés, iii, rompre]; i n d. prés, iii, ront, 1867, 

-preuve, 2391; -éi, 590. 1890 . routej pcp f ( A 342 

Requerre: prier, 2081; subj. prés, iii, j-j^-j. _ Sj 2 656. 

-quiere, A 268. Roset : rosat, s.d. sucre rosat, employé 
[Rescourre] : délivrer; -cost. prêt. 111, ^ ^ affections de VttUmM et de 

A 316; -cous pcp., A 310. l'intestin, 2617. 

[Resortir]; -ort, 1488. . M 7„ 

t, 1 #j 1. ^ ooq 4. ■ Rosier, 2660. 

Respondre de qqch. , 833; faire une _ ', „ . , . ,.,. 

, v , '' [Rostir] : rôtir; pcp. passe, -îs, 755. 

réponse: -spont, 1084. ^ ' , .* -r, 

_ . . . n T Rote : bande, 1195 ; v. Rompre. 

Restorer : rattraper (ses pertes), Cl — ., . . ',„ 

Rubiz : rwèîs, 613. 

29. 

_. ., r-D • i Ruée : roue, 40. 
Ressoit v. [Reçoivre]. _ , nnnrr 

[Resuciter]; -ei, 2266. L ; . 

Retenir, .4 345; -tient, 2321; -tiennent, ^er] : 7 e*er; -e, 2340 

523; -teigne, 4 87. Rusiaul : nnwea», 2504. 
Retor : retour, 1603. 

[Retrait] : gm s'es£ reiiVé des ordres; S' : se, pron., 22. 

-s, 1300; -te, 1978; -tes, 1975. S': ri, conj., 53. 

Revendre, 967; -ent, 2060. S' : si (sic), et, et aussi, 81. 

[Revengier se] : revendiquer ses droits; S' : sa, 352. 

-e, 2089. S' : ce, 1466. 

[Revenir]; -vient, -vaint, 2627, C IV Sa, 34. 

15 ; -viennent, 2613. Sa, Sai : ça, 473, 667. 

[Revoir]; subj. prés, i, -voie, 2686. Sac, 762. 

Riche, 120; -s, 196. [Sachet]: petit sac; -as, 2043. 

Richesce, 356; -s, 851. Sagurement v. Sâurement. 

Rien : chose, quelque chose, 96 ; -s, 222 ; Sai v. Sa, Savoir. 

av. nég. : personne, -s, 693, 2251 (?); Saige : savant, prudent, sensé, 22; -s, 

rien, 218. 320. 

Rigle, Règle: règle, règle monastique, Sain, 2549; -s, 2557; -ne, 1015 (pure ?), 

1385, A 441. 1726. 



GLOSSAIRE 



189 



Saint, -s, 2009; -e, 1434; v. Liste des 
noms propres, s.v. Saint. 

Saisir, 1296; -i, 1569. 

Saler, -eir, Seler, Celeir, Celer : celer, 
cacher, 41 (réfl.), 210, 1390, 1520, C 
II 35; -éz, III 37; -ées, 1361. 

[Salé], -ées, 2052. 

[Sale] : salle; -s, 263. 

[Sale] : sale; -s, 264. 

[Sallerier], Celerier : cellérier, 1382 ; -s, 
1267, 1287. 

Salver : sauver, C I 33; -ée, C III 22. 

Sambelin : zibeline, martre, 979. 

Sanc : sang, 2253. 

Saner : guérir, C I 33 ; saine, ind. pr. 
iii, A 539. 

Sans v. Sens. 

Sant v. Cent. 

Santé, C III 7. 

Sapience : sagesse, 67. 

Saroie, Saront, v. Savoir. 

[Sauce], -s, 1537. 

[Sauf], -s, 2426; saves, 151. 

Saur : sûr, 955 ; -s, 1350 ; -e, A 520; 

Sàure-, Sëurement, Sagurement : sûre- 
ment, 1765, 2292, A 205. 

Saut, 1429. 

Sautier : psautier, 984 ; -s, A 112. 

[Sauvaige] : sauvage; -s, 1530. 

Sauver, 1807; savait, prêt, iii, A 314. 

Saves v. [Sauf]. 

Savetéi : sauveté, A 512. 

Savoir, 700; ind. prés, i, sai, 126; iii, 
seit, 335; iv, savons, 546; v, -eiz, 
482; vi, sevent, seivent, 816, 2048, 
savoit, 1934, -oient, 193; prêt, iii, 
sot, 2113; fut. vi, saront, 543; cond. 
i, saroie, 884; subj. prés, i, saiche, 
1511 ; v, saich-, sachiez, sachois, 280, 
287, 2280; vi, saichent, -ient, 575, 
1758; pcp. passé, sëu, 750. 

Savoir, sbst. : sagesse, 1589, 2114. 

Science, 791. 

Se, pron. réfl., 16. 



Se: si conj., 123; se tout: bien que, 

A 260 ; se non : excepté, C V 32. 
Se: si (sic), dans des invocations, 684; 

et, et aussi, etc., 700, 1494; telle- 
ment, 1105, 1165, 2686. 
Se: ce, 5. 

[Sec]; fém., Soiche, 2566. 
[Second]; -e, A [606]. 
[Secorre] : secourir; subj. prés, iii, 

-corre, 1730. 
[Secret]; -eiz, 2281. 
Seculeir: séculier, 925, 929, 1635. 
[Secund] : second; -s, 552; -de, 1138. 
[Sëel] : sceau, enseigne; -auz, 1930. 
Seignor v. Signor. 
Seignoris : seigneurial, C II 9. 
Seinte v. Noms propres. 
Sejorneir, 2004; ind. prêt, i, sesjornai, 

1194; réfl. : se délasser, fut. iii, -erait 

A 175. 
Seler v. Saler. 
Selle v. Cil. 

Selonc, Celonc : selon, 49, A 182. 
Sem, Sen : raison, bon sens, 1792, 2511 ; 

cf. Sens. 
Semance, 2350; -ence, 144. 
Semblance : apparence, 1624 ; image, 

2381. 
Sembleir : sembler, ressembler, 727 ; -e, 

2309; -ent, 1339; subj. impf. iii, 

-aist, 622. 
Semence ». Semance. 
[Semer]; -e, 311; -ment, 1040. 
[Semondre] : inviter; ind. prés, iii, 

semont, C IV 19; vi, -onent, -onnent, 

258, 1396. 
Sen v. Sem et Sens. 
[Senefiier] : signifier; -e, 1769. 
Senestre : gauche, 730. 
Sennéi : avisé, 1753. 
Sens : sens, intelligence, sentiment, 123, 

C II 13; direction, 626; cf. Sem, 

Sen. 



igo LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

Sens, Senz, Sans, Sanz, 12, C I 40, Signorie, Seignorie : autorité, 861, C I 

672, 2271. 45. 

[Sentir]; ind. prés, i, sent, 2681; iii, SU v. Cil. 

sent, A 206. Silence, 1514. 

[Seoir] convenir; ind. prés, iii, siet, Simonie, Symonie, 669, 1150. 

ciet, 1700, A 404; être assis: siet, Simple, 1946; -s, 2049. 

2185. Sinteur : ceinture, A 149. 

Serchier : examiner, 85 ; fut. iii, -erai, Sire v. Signor. 

486. [Sodée] : solde; -s, A 136. 

Sermon : protection, patronage, 1613. [Soder] : souder; -ées, A 135. 

[Sermonner] ; -e, A 78. [Soduant]<souduire : fourbe; -s, 1927. 

Serpent, 2507. [Soffler] : souffiler; ind. prés, vi, et, 

[Serpillière] ; -s, A 582. 1338. 

Servir, 1955 ; -ent, 1099 ; pcp. passé, -is, Soffrir : supporter, endurer, tolérer, 

2244. 1299; cond. i, -eroie, 1640; souferte, 

Servise : service religieux, 942. 2020. 

Ses: son (c. suj.), ses, 222, 603; Ces, Sogit, Sosgit, Sougit : soumis, en sub- 

2234. jection, 514, 1572, 1950. 

Ses v. Cist. Soi, 517. 

Sescors : secours, 798. Soiche v. Sec. 

Sesjornai v. Sejorner. [Somme] : charge; -s, 1246 

Set : sept, 2115. Soie, 2669. 

Sëurement v. Sàurement. [Soit]: toit à porcs; -s, 1234. 

[Sevrer] : séparer; ind. prés, iii, réfl., Soivre v. Sevrer. 

soivre, 2667; sevrei, A 103. Sol: seul, 1337; -s, sous, 1336, 1342. 

Si : si, aussi, tellement !, de telle Solas : plaisir (de société) , 230. 

manière, ainsi, etc., 121; si corn: Solement, Sollement : seulement, 1239; 

autant que, ainsi que, C IV 14 ; dans av. que : pourvu que, 1783. 

des invocations, 132; et, et aussi, et Soloil : soleil, 2133; -ous, A 584. 

en effet, 178; cependant, 887; cf. Se, [Soloir] : avoir coutume de; ind. prés. 

S'. i (avec sens d'imparf.), suel, suell, 

Si pour Se (ce), 1058, 1989; pour Ci, 1366, C II 5; impf. iii, -oit, 1236; 

1151; pour Se (conj.), 2011. vi, -oient, 2295. 

Sidoine, 2629, v. note. Soltil, Soutil, Sutil : subtil, 87, 2479; 

Siècle, [Sicle] : monde, 1; -s, 103. -s, 880, -z, 1927; sutif, f., A 60. 

Siet v. Seoir. Son, adj. poss., 382; v. Ses, Sui. 

[Sigler] : naviguer; ind. prés, vi, -et, [Soner] : prononcer; -ne, 58 ; signifier, 

2363. -ne, 57; faire du bruit, -nent, 1231; 

Signe, 676, A 257. sonner, -ant, 2030. 

Signor, Seignor, Seingnor : seigneur, Songe, 1992. 

409, 533, 1949; voc. Seigneur ! 1068; Sor : sur, au sujet de, etc...., 27; dans 

maître, 794; -s, 911; heureux, 1113; une comparaison: au dessus de, plus 

Sire (cas. suj. sg.) : Seigneur, 310; que, 598. 

maître, seigneur, 529. [Sorboivre] : boire à l'excès; -ent, 844. 



GLOSSAIRE 



191 



[Sordre] : jaillir; -ent, 772. 

[Sormaingier] : manger à V excès ; -main- 
juënt, 844. 

Sorpeliz : surplis, 1614. 

Sosgit v. Sogit. 

Sospir : soupir, C IV 29. 

[Sospirer] : soupirer; ind. prés, i, sos- 
pir, 249. 

[Sostenir] : soutenir; -tiennent, 1320. 

Sot v. Savoir. 

[Souef] : doucement; -eiz, 936. 

Souferte v. Soffrir. 

Sougit v. Sogit. 

Sous v. Sol. 

[Sovenir] : souvenir (v. impers.) ; -vient, 
-vaint, 2352, C IV 3. 

Sovent, 505. 

[Soverain] : souverain; -aine, -oinne, 
2227, A 191. 

Soz : sous, 1591. 

Stole v. Estoile. 

Subtilitéi, 85. 

Suel v. Soloir. 

Suen : sien, A 477. 

Suer, 2121. 

Sui : ses (cas. suj. m.), 1691. 

Sus : sus, contre, 777. 

Sutif, Sutil, v. Soltil. 

Symoniaul : simoniaque, 1038. 

Symonie v. Simonie. 

T : te, C II 43. 

[Taille] : imposition levée sur les serfs; 

-s, 213. 
Taist, [test] : tesson, 2010, .4 550. 
Talant, Talent : désir, bon plaisir, 

humeur, 1646, 2022 ; -s, 2117. 
Tans v. Tant, Tens. 
Tant adv., de quantité, 94, 246, 882; 

durée, 1194; adj., -s, 2462; pron. 

255 ; tant i a, 1084 ; tant de, 54. 
[Tarder] impers. ; -e, A 110. 
[Taster] : faire f expérience d'une 

chose; -é, éi, 970, 1706. 
Teg, Teig, v. Tenir. 



Teil, Tel, adj., 95, 333, 2040; telle 973 
(v. note) ; teils, teis, teius, teiz, teus, 
tes, 73, 344, 371, 427, 482, 1556, 2166 
(f. sj.) ; avec un chiffre, 2542; pron., 
1173. 

Temple, Tenple : temple; ordre des 
templiers, 571, 1695; -s, 2180. 

Templier, 1703, 1724, 1729, 1766, 1779. 

Temptation, A 300; -s, A 157. 

[Tenant] : solide, résistant; -s, A 54. 

Tençon : querelle, C V 22. 

[Tendre]; subj. prés, vi, tendent, 609. 

Ténèbre : obscur, 645, v. note. 

Tenir : tenir, posséder, suivre, con- 
sidérer, 250, 1104 (réfl.) ; ind. prés, i, 
teng, teig, teg, tieg, tig, 464, 617, 
1158, 1873, 2434, 2461; iii, tient, 
taint, 527, C IV 1; vi, tienent, tien- 
nent, 246, 912; impf. vi, tenoient, 
2299 ; prêt, i, tig, 1992 ; iii, tint, 275 ; 
vi, tindrent, tiendrent, 251; cond. i, 
tenroie, 224; subj. prés, iii, tegnet, 
teigne, 2601, 2685; pcp. passé, tenu, 
243; -s, 2145; -e, 1453. 

Tenpeste : tempête, 2474. 

Tens, Tans : temps, époque, saison, 86, 
182, C II 1. 

[Terme] : époque fixée pour le paye- 
ment d'une dette, etc. ; -s, 968 ; sens 
t. : pour toujours, A 130; chez les 
Chartreux : la terre assignée à une 
maison de moines, 1371, v. note. 

Terre : la terre, 2082 ; pays, 348, 1253 ; 
-s, 1228. 

Terrier : rempart, 330. 

[Tesique] : phtisique; -s, 2567. 

Tesmoig : témoin, 1856 ; réputation, 
1432. 

Tesmoignier : certifier, déclarer, 1409 ; 
ind. prés, iii, -oigne, 360. 

Testament: le nouveau testament^.), 
2334. 

[Testemoinne] : témoin; -s, 1049. 

Tiers, 552; -ce, 1139. 



192 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



Tirant : avide, 1292, v. note. 

[Tirer]; tire, 1172. 

Toche [teche] : tache, 2565. 

[Tochier] : toucher ; toiche, ind. prés, 
iii, A 20; touchiée, 637. 

[Toelle] : linge de maison; -s, 2050. 

[Toldre] : enlever; ind. prés, iii, tôt, 
205 (tout, 535 ?) ; vi, tollent, 1671 ; 
pcp. passé, tolut, 417; -ue, 2102. 

[Tondre]; -ent, 1222. 

Tor, 664, v. note. 

Tordre, v. intr. : se tordre, dévier, 606 ; 
tort, ind. prés, iii, A 409; pcp. f., 
torte, A 246. 

Torment : tourment, 1204; tourmente, 
-s, 2474. 

Torneir : tourner, diriger, changer, 
1925; ind. prés, iii, -e (réfl.), 641; 
fut. i, -erai (neut.), 555; -éi, 921, 
1304 (sens ?) ; -éiz, 102. 

Tort, 64; -s, 197; a tort, 173. 

Tost : vite, 36. 

Tout, Tôt, adj. 27; pron. neutre, sj. 
et rég. sgg., 300, 484; adv., 102; 
tous, toz, 90, 158; tous jors, 699; toz 
tens, A 174; tuit, tut, 16, 551 (adv.) ; 
toute, 2014, 1673 (sans art.), 641 
(adv.); toute jorn, 292; toute voie, 
C IV 12; toutes, totes, 7, 2268; a 
tôt : avec, 1680; dou tout, del tout : 
complètement, 1027, A 188, C V 18 ; 
cf. Per. 

Toz : toux, 2566. 

[Traïr]; ind. prés, iii, traït, 770; vi, 
-issent, 674. 

Traire : extraire, tirer, avancer, 543 ; 
ind. prés, iii, trait, 2211; vi, traient, 
2053; prêt, iii, traist, 2264; subj. 
prés, iii, traie, C V 36 ; réfl. : s'avan- 
cer, marcher, trait, 2441; pcp. passé, 
très, A 355; fém., traite, 2012. 

Traïson, 1152, C V 26; -s, 1148. 

Traitier : décrire, traiter de, A 38 ; -e, 
ind. pr. iii, A 326; ié, A 363. 



Trambler, 2122. 

[Transglotre] : engloutir, avaler; ind. 
prés, iii, -glout, 769 ; vi, -glotent, 836. 

Trasor : trésor, A 140. 

Travail : tourment, peine, travail, tra- 
cas, 1053, A 192; -als, 2305. 

Travillier : harceler; neutr. et réfl., 
peiner, 1862 (neutre) ; -ent, 1061, 
1887 (réfl.); pcp. passé, -ié, A 3; 
-éiz, 1862. 

Travers, en tr. , adv. A 8 ; aller en tra- 
vers : s'égarer, 1562. 

[Traverser] : aller de travers; -e, 1915. 

Trecherie v. Tricherie. 

[Trenchant]; -s, A 248. 

Trente, 1091. 

Très, A 160. 

Très v. Traire. 

Tresbuchier : se précipiter, 983. 

[Tresgeter] : changer (par un tour d' 
escamotage, ou de magie) ; pcp. passé, 
-éiz, 149. 

Tresgit, postverbal du précédent : tour, 
(d'escamotage), 2156. 

Tresmontainne : l'étoile polaire, 627. 

[Trésor], -s, 2222. 

Trestout, renforcement de Tout : tout, 
sans exception, 698 adv. ; -z, adj. 
1089; -tuit, adj. 924; -toutes adj. 
598; per trestout, 583. 

Triade : thériaque, 2507. 

Tricheor : fourbe, 2324. 

Tricherie, Trecherie : fourberie, 782, 
2423. 

[Troble] adj. : trouble; -s, 1272. 

[Trobler] : troubler, brouiller; ind. prés, 
iii, troble, trouble, 619, 1122; pcp. 
passé, -ei, 2504; -ee, 1123. 

Trois, 1128; troi (cas. suj.), 160. 

Trop, adv. ; s'emploie, à peu d'excep- 
tions près, avec une nuance péjora- 
tive, 154, 157 ; trop per, 961 ; avec 
comparatif, 1229; avec idée d'excès, 
873 ; trop de, 417. 



GLOSSAIRE 



193 



[Trouser] : préparer, accomoder ; -e, 
1328. 

Trover, -eir : trouver, inventer, découv- 
rir, 2532, 2549; ind. prés, i, trues, 
trois, 496, 2132; vi, truevent, 2444; 
prêt, iii, trova, 1929; fut. iii, -erait, 
1848; vi, -eront, 982; pcp. passé, -éi, 
249; -éiz, 2472; -ée, 1936; -ées, 2049. 

Truant : imposteur, charlatan, 1242, 
1937; -s, 1928; adj. 1986; -de, 1169. 

Truandie, Truandise : imposture; le 
revenu que Ton en tire, 1995, 2018, 
2078. 

Tu, 662. 

[Tumer] : tomber (?) ; -e, 1915. 

Uell v. Oeul. 

Uevre, Oevre, Euvre, Evre, Huevre : 
œuvre, ouvrage, action, objet tra- 
vaillé, 135, 139, 721; œuvre (d'une 
église), 1957, 2076; -s, 2396. 

Uit: huit, 291. 

Umilitéi r. Hum-. 

Un, 164; -s, 358; pi. 1579, A 6; -e, 2; 
une même, 1482; unique, A 467. 

Usaige, 2217. 

[User] : passer; -ent, 2422 ; -é, A 127 ; 
-ée : épuissée, 23. 

Usure, 529; -s, 524. 

[Usurier], -s, 531; -iez, 1990. 

Uz : prêt, 537. 

Va o. Aler. 

[Vaiche, Vaige] : vache; -s, 1231, 1370. 

Vaillance : valeur, A 63. 

Vaillant, Vallant, Valant : courageux, 

estimable, noble etc...., 119, 189, 

242; -s, 233. 
[Vaincre]; voint, ind. pr. iii, A 547; 

vancu, 799; (moralemt.), 88; -e, 2109. 
Vaint v. Venir. 
Vair : fourrure de prix, de couleurs 

variées, 979. 
Vaireiz, Vairois, v. Veoir. 



[Valoir]; ind. prés, iii, valt, vaut, 222, 
300; vi, valent, vallent, 684, A 139; 
fut. iii, vadra, 2398; vi, -ont, vau- 
dront, 980, 2056 ; cond. vi, valdroient, 
172; subj. prés, iii, valle, 219; pcp., 
valut, C IV 31. 

Vais v. Clairvaux. 

[Vangier] se; ind. prés, iii, vange, 2090. 

Vanjance, 880. 

Vante, 969. 

[Vanter]; -ent, C V 26. 

Vaseau, Vasiau, Vasiaul, Vassal, Vasel, 
Vaxeau, Vaxeaul : vase, 2415, 2417, 
2446, 2449, 2522, A 546, .4 551; -s, 
2419. 

Vauve : veuve, 352. 

Vavass-, Vavessour : qui tient un 
arrière-fief, 191; -s, 197. 

[Vecie] : vessie; -s, 2628. 

Vellier: veiller, 1667. 

Velu, A 18. 

Vendange, 2041. 

Vendre, 2355; ind. prés, iii, vent, 993; 
vi, vendent, 673 ; impf . iii, -oit, 1931 ; 
pcp. passé, -u, 1607. 

Venir, 2128; ind. prés, iii, vient, vaint, 
915, C IV 17; vi, -ent, -nent, 533, 
625; impf. iii, venoit, 1408; prêt, iii, 
vint, 1589 (?), 2258; vi, -drent, 2238; 
subj. prés, i, vigne, A 125 ; pcp. 
passé, venu, 666; -s, 1999. 

[Vent], -s, 1871 

Ventosetéi : flatulence, 2574. 

Ventre, 1168. 

Vëoir, Vëor, 91, 693; ind. prés, i, voi, 
177; iii, voit, 554; v, vëez, 719; vi, 
voient, 623 ; impf. i, vëoie, 225 ; prêt, 
i, vi, 114; iii, vit, 347; v, veïstes, 
1987; vi, virent, 371; fut. v, vairez, 
vairois, 1104, 1314; subj. prés, i, voie, 
1183; iii, voie, voiet, 525, 822; impf. 
v, veïssiez, 1940; vi. veïssent, C H 
7; part, passé, vëu, 188; -s, -z, 365, 
1952; -e, 1454. 



194 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



Vëoir, subst. : la vue, 863. 

Ver v. Vers. 

Verai : vrai, fidèle, 2298 ; -e, 1926 ; -es, 
2665. 

Veraiement : fidèlement, 2230. 

Verdure, A 499. 

Vergoigne, 111. 

Veritéi, 594; -z, 1138; v. Vertéi. 

Vermine, 773. 

Verr : ver, 2668. 

Verre, 2448. 

Vers, Ver, prép. : vers, envers, 468, 
601. 

[Verser], v.n. ; -e, A 416. 

Verte, Vertéi: vérité, 589; -z, 1161. 

Vertu: propriété, 633; miracle, -z, 
2007; vertue, A 141. 

[Vestir] : vêtir; vestu, 1643. 

Vëue : la vue, 2102. 

Viande : nourriture, 1170. 

Viauz, v. [Vie]. 

Vice, 772; -s, 52. 

Viconte, 458; visquiens, 393. 

Vie, 63. 

Vie : vieux, 2121 ;— z, 77. 

[Vieil]; viauz, 691; vielles, 1144. 

[Viele] : vielle; -s, 208. 

Vierge, Virge, 2252, 2257. 

[Vif] : vivant; vis, 350. 

Vil : méprisable, 1954 ; vis, 301 ; tenir 
vil : mépriser, 1240. 

Vilain, Villain, subst. : homme du 
peuple, 998; -s, 1003; adj. : bas, 
méchant, triste, etc., 143; -e, -aigne, 
312, 1013; -es, 148. 

Vile: ville, 576; -s, 267; -s, 2649; pro- 
priété rurale, 1227. 

Vilment : pauvrement, tristement, 270. 

Viloignie : grossièreté, action basse, 33. 

Vin, 1269; -s, 1272. 

Violet : violât, 2618 ; v. note. 

Vis v. Vif, Vil. 

Vis : avis, 139, 1341. 

Vivandier : qui tient une bonne table, 
1653. 



[Vivier] -s, 773. 

Vivre, 270; ind. prés, vi, vivent; impf. 
vi, -oient, 49; cond. i, -roie, 226. 

Voie : voie, chemin, 30 ; toute voie : 
tout de même, C IV 12. 

Voille : voile, 2363. 

Voint v. Vaincre. 

[Voir] adj.: vrai, -e, 6; -s, 750; la 
voire, 1695; adv. d'affirmation, voir, 
513; de v., 296; voire, 293. 

Voirement : vraiement, 168. 

Vois, Voix, Voiz : voix, 916, 917, 1762. 

Volantiers, -entiers, 635, 1696. 

Volentéi, Volantéi, 447, A 2. 

[Voler]; voilent, 718. 

[Voloir]; ind. prés, i, vuel, 11; iii, 
veult, vuet, 535, C IV 5 ; vi, vuel-, 
vuellent, 945, 1296; impf. iii, voloit, 
C II 26; vi, -oient, 1427; fut. i, 
vodr-, voit-, voldrai, 13, 47, 2272 ; iii, 
-ait, 1842; iv, -ons, 557; vi, -ont, 
1556; cond. i, -oie, 150; iii, -oit, 99; 
vi, -oient, 238; subj. pr. iii, vuelle, 
-et, A 434, A 566 ; impf. i, volsisse, 
622; iii, -ist, C I 31; vi, -issent, 90. 
Le futur s'emploie comme un auxili- 
aire pour exprimer une simple inten- 
tion. L'impf. du subj. est plutôt un 
optatif; le conditionnel conserve bien 
le sens primitif du verbe. 

Voloir subst. : désir, volonté, 2105, A 
594. 

Vos : vous, 114. 

Vostre, C I 45. 

[Vudier] de : devenir vide; -e, 317. 

Vut, [Vuit]: vide, 1873; -z, 317; -de, 
1865. 

Wallebrun : gallebrun, 1615 ; v. note. 

[Ydropique], -s, 2568. 

Ypocresie, -crisie, Ipocrisie, Pocresie, 

1149, 1888, 2294, 2369. 
Ypocrital, adj. : hypocrite, 1886. 
Ypocrite, [Ipocrite], 1241; -s, 2327. 
Yrangne v. Araigne. 



LISTE DES NOMS PROPRES. 

Abes v. Ebbes, A. Biaugeu, 408 : Beaujeu (Rhône). Hum- 

Abraham, 2261. bert II, baron 1187 à 1174 (+ àCluny 

Adam, 2262, 2322. 1193) et Humbert III (t 1189), son 

Alexandre, 272. fils et successeur, sont l'un et Vautre 

Allemagne, 2023. chronologiquement possible. La fille 

Allemands, 176. du premier épousa Renaud de Xevers 

Amauri, 346; roi de Jérusalem, 1162 à dont il est question v. Ifi3. 

1173. Berars de Marseille, 396 : Barrai, der- 

Amiez de Monfacon, 453 : Amédée II, nier vicomte de M. ; t 1193. 

seigneur de Montfaucon (Doubs) Bernart d'Armagnac, 379 : Bernard IV 

comte de Montbéliart (Doubs); t comte d'Armagnac, 1160 à 1190 env.; 

après 1188. prit part à la 3e croisade. 

Anglais, 176. Bernars de Saint Vallery, 373 : Bernard 

Anceri de Monraeil, 463; Anséri sei- III de Saint-Valéry; mort av. le 

gneur de Montréal (Yonne); i 1192. 21 oct. 1190, peu de temps après son 

Antioche, 1963. retour de St.-Jean-d'Acre. 

Aquitainne, 333. [Bertrand de Verdun] v. Guis de 

Aristippe, 79. Verdun. 

Aristote, 75, 2310. Boèce, 81. 

Arles, 70. Bologne, 2436. 

Arragon, le roy de, 336 : Alphonse II; Borbon, 432 : Bourbon VArchambaud 

t 1196. (Allier), duché-pairie qui relevait du 

Arthur, 271. comte de Champagne. Il s'agit d' 

Aymon de Marigny v. Haimmes. Archimbaut VII, 1116 à 1171, et d" 

Ayman (Aymon) de Verton, 443, [?]. Archimbaut VIII, seigneur de 1171 

Azuerus, 275. à 1172. 

Bourgogne, 112, 1522; le comte de, 332 : 

Babylone, 2630. Othon II, comte de la Haute Bour- 

Barral de Marseille v. Berars. gogne (+ 1200). Il avait épousé Mar- 

Bartholomier de Vaignorri, 423, Bar- guérite, fille de Thibaut V de Blois 

thélémi de Vignory (Haute Marne) ; (v. 327). 

mort en Terre-Sainte 1191. Bourguignons (Grammontains) , 1524. 

Barut, 2606. Brienne, ceux de, 466 : Erard 11, comte 

Bauduins de Hainou, 437 : Baudouin V de Brienne (Aube), père de Jean 1er., 

de Hainaut, le Courageux, dont la roi de Jérusalem et empereur de Con- 

fille Isabelle épousa en 1189 Philippe stantinople (t 1237), et de Gautier 

Auguste. III, successeur de son père au comté 
195 



196 LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 

de Brienne. Erard 11 mourut en Cortenai, li chastelains de, 446; cf. v. 

1192, Gautier III en 1205; le frère 429. 
d' Erard II, André II, seigneur de 

Ramérupt (t 1189) peut aussi con- Droon d'Amiens, 444 : Dr eue ou Dr eus 

venir au point de vue chronologique. d'Amiens qui prit part à la Se croi- 

Broies, ceux de, 467; Broyés (Marne) sade. 

une des plus importantes seigneuries Durand Chapuis, 1928 ss. 

de la Champagne. Diogène, 78, 2309. 

Challon, li quiens de, 354 : Guillaume Ebbes de Charenton, 411 : Charenton- 

II, comte de Chalon-sur-Saône (1168 du-Cher (Cher); peut-être Ebbes 

à 1203). Il prit part à la 3e croisade. VII > cetui aui aid a à détruire les 

Champagne, 476. Cottereaux en juillet 1183. 

Chartreuse, 566, 1327, 1359, 1441. Ebrieus : Hébreux, 2254. 

Chasteildun, lou viconte de, 458 : pro- Ecosse, 1963. 

bablement Raoul, vicomte de Château- Espagne, 1521, 2024. 

dun (Eure-et-Loire), qui prit part a Estainnes dou mont Saint Jehan, 414 : 

la 3e croisade. M ont-Saint- Jean (Côte d'Or, arr. 

Cîteaux, 565, 1060. Beaune-en-montagne) ; les renseigne- 

Clairvaux, 1192, 1201. ments manquent sur ce personnage. 

Clarambaut de Chappes, 468 : Clarem- Esteine le Sansserois, 465 : Etienne 1er, 

baut de Chappes (Aube). Clarem- comte de Sancerre (Cher), qui fut 

baut II est mentionné (1170 et 1173) plusieurs fois en Palestine et mourut 

comme ayant fait des dons à l'abbaye au siège de St.-Jean-d'Acre, av. h 21 

de Larivour. Clarembaut III mourut oct - 119 °- 

en 1201f, Clarembaut IV en 1205. M. Esteines de Borgoigne, 359 : Etienne II 

Baudler, sans doute avec raison, comte de la Haute Bourgogne, 

penche pour le premier. vicomte d'Auxonne, qui épousa la 

Clermont en Basegni, 433 : Clef mont fille du duc de Lorraine (v. 357). Il 

(Haute-Marne), dont les seigneurs prit la croix en 1171 et mourut en 

étaient vassaux des comtes de Bour- 1197. C'est sa fille Béatrice, ajoute 

gogne. M. Baudler, qui épousa Simon de 

Cleobolus, 88. Joinville et devint mère du chroni- 

Cleon, 77. queur. 

Clermont, li quiens de, 326 : Raoul 1er Eu, li conte d', 407 : les trois comtes 

le Roux, comte de Clermont (Oise) ; d'Eu (Seine-lnf.) dont il peut être 

mort pendant la famine devant St.- question sont: Jean, lllfi — 1176, 

Jean-d'Acre, av. le 13 juillet 1191. Henri 11, 1176—1183 et Raoul 1er, 

Cliges, 83. 1183—1186. 

Cluny (Cleni, Clini), 1060, 1655, 1657. Eudes, li Champenois, 470 : Eudes 1er 

Conrais, li merchis, 368 : Conrad, mar- le Champenois, seigneur de Cham- 

quis de Montferrat, assassiné en 1192 plitte (Haute-Saône) de 1189 à 1200. 

après avoir été élu roi de Jérusalem. Il était fils de Hugo 1er de Cham- 

Constantin, empereur, 2130. pagne, seigneur de Troyes, Bar-sur- 



LISTE DES NOMS PROPRES 197 

Aube et Vitry, qui, le croyant adul- part aux 3e et 4 e croisades et mourut 

térin, refusa de le reconnaître. Son en Palestine en 1805. 

fils, Eudes II, prit la croix en 1201 Geoffroi de Lançon, 392 : Lançon 

et mourut en 1204. Il se peut, à la [Bouches-du-Rhône) [?]. 

rigueur, qu'il sait question dans notre Geoffroi de Pons, 442 : Geoffroi III de 

passage de ce dernier Pons [Charente-Inf .) ; t 1191. 

_ _„ 7 , Gerars de Rançon, 412 : on trouve chez 

Far, 473 : le phare de Messine; cf. » . . , 

tes chroniqueurs contemporains de 
Baudler, op. cit., p. 48, note. , , * . *Z _ . , 

,, . ., „ „,„ „ ,,, . „ fréquentes mentions dun Geoffroi de 

Fem, lenipereor, 313: Frédéric Bar- ' * . ". 

Rançon [Haute- Marne) qui prit part 

à la 2e et à la 3e croisade. 

comte 

de Vienne et de Mâcon, de 1156 env. 

à 1184. 
Goberz d'Aispremont, 436 : Gobert d' 

Aspremont (Ardennes), qui prit part 

à la 3e croisade. 
Grandmont, 566, 1444, 1489, 1492, 1534, 

1571. 
Griffons : Grecs, 777. 



berousse, t 1190; sa cour à Mayence 

277. 
_. .' . .. . Â .„ , M . , .„ Gerars de Viainne, 333 : Gérard 
Flavigni, cil de, 406 : des trois familles ^ T7 - 7 %tA j 

de ce nom, de la Picardie, du Cam- 
brésis et de la Champagne respective- 
ment, M. Baudler penche pour celle 
de la Champagne [Marne, arr. Eper- 
nay, ca. Arize). 
Fousigney, Hanris de, 405 : Henri, 
baron de Faucigny [Savoie) ; t 1196 

env. Sa femme était soeur de Guil- _ 
, **.«,/•.,, Guillaumes de Mandeville, 388: Guil- 

laume 1er de Genève (v. 351). 



France, 112, 315, 1522, 1579, C iii, 16. 



laume de Magneville [Manche), comte 



-p, . cIEssex et d'Aumâle; partit pour la 

-r, , , , . „ . Terre-Sainte avec Philippe de Flan- 

Irederic v. hem. : \f 

dres en 1177; mort à Rouen, 1189. 

Gachier v. Gaucnier. Q n trouve concurremment pour ce 

Gascogne, 1521. nom ^e lieu les graphies latines, 

Gascons, 378. Mannavilla, ilandevilla et Magna- 

Gauchier, de Salins, 375 : Gauchier III, villa. 

seigneur de Salins [Jura) de 1133 à Guillaumes li gros de Marseille, 396 : 

1175 env. Guillaume de Marseille, frère de 

Genauve, li grans quiens de, 351 : Barrai, f 1191. 

Guillaume 1er, comte de Genève de Guillaumes de Merlo, 419 : Guillaume de 

1175 à 1195 env. MtUo [Oise) ; prit part à la Se croi- 

Geoffroi de Bretagne, 323 : Geoffroi II, sa de; f après 1198. 

duc de Bretagne, 3e fils d'Henri II Guillaume de Monpalier, 425 : Guil- 

(T Angleterre; f 1186. l aume m , seigneur de Montpellier; 

Geoffroi de Chandei [?] 386; v. note. f 1202. Sa fille épousa Barrai de 

Geoffroi de Charelan [?] 413. Marseille (v. 396). 

Geoffroi de Joinville, 471 : on peut Guioz, C I, 51. 

choisir entre Geoffroi III le Gros, Guis de Chasteillon, 369: Guy II, 

t 1184, Geoffroi IV Valet, le Jeune, seigneur de Châtillon [Marne), Trois- 

mort devant St.-Jean-d'Acre en 1191 sy, Montjay et Crécy; époux d'Alice, 

et Geoffroi V Trouillard, qui prit nièce de Louis VII; + av. 1178. 



igS 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



Guis de Monjai, 430 : Guy 111 de 
Châtïllon, seigneur de M ont jay -la- 
Tour (Seine-et-Marne), fils du 'précé- 
dent; t 1191, devant St.-Jean-d'Acre. 

Guis de Trichasteil, 461 : Gui de Thil- 
Châtel (Côte-d'Or), personnage peu 
connu. 

Guis de Verdun, 460 : une erreur, selon 
M. Baudler, pour Bertrand de V. 
M. B. renvoie à Ambroise, Estoire 
de la guerre sainte, v. 4723. Ber- 
trand de V. était ami de Richard 
Coeur-de-lion. 

Haimmes de Maregney, 421 : probable- 
ment Marigny-le-Châtel (Aube). 

Hanris li quiens de Bar, 474 : Henri 
1er, comte de Bar-le-Duc; t devant 
St.-Jean-d'Acre, 1191 env. 

[Hanri Court Mantel], li jones rois, 
319 ; + 1183. 

Hanris, li riches rois, 318 : Henri II 
d'Angleterre; t 1189. 

Hanris, li quiens de Champagne, 324 : 
Henri 1er, comte de Ch. et de Brie; 
t 1180. Il était frère de Thibaut le 
Bon (v. 327), et d'Etienne de San- 
cerre (vv. 465, 466) ; sa femme était 
la fameuse Marie de France, fille 
d'Aliénor d'Aquitaine et de Louis 
Vil. 

Hanris, li jones quiens, 349 : Henri 11, 
le Jeune, comte de Champagne, 
t 1197. Il était devenu roi de Jéru- 
salem en 1192, grâce à son mariage 
avec Isabelle, 2e fille du roi Amauri 
1er. 

Hanris de Fousigny, 405 : Henri, baron 
de Faucigny (Savoie) ; t 1196 env. 
Sa femme était soeur de Guillaume 
1er de Genève (v. 351). 

Herviers de Donsy, 440 : Hervé 111, 
baron de Donzy (Nièvre), t après 
1187. 



Herviers de Verzon, 431 : Hervé de 
Vierzon (Cher). On connait un 
Hervé de V. qui épousa Mathilde, 
fille du comte de Clermont, Raoul 1er 
le Roux (v. 326). 

Horace, 82. 

Hues de Chasteil, 390 : sans doute le 
père du poète Hugues de Berzé, 
Hugues III, seigneur de Berzé-le- 
Châtel près de Mâcon. 

Jaikemon, 370 : Jacques d'Avesne-sur- 
Helpe (Nord) ; prit part à la Se 
croisade; t 1191. 

Jérusalem, 1791. 

Jésus Christ, 784, 1403. 

Joffrois v. Geoffroi. 

Juliu, Julius César, 272, 749. 

Lanceloi [Lancelot] dou lac, 380. 
Loregne, li grans dus de, 357 : Mathieu 

1er, duc de Lorraine, 1189 à 1176. 
Lowis, li rois, 314 : Louis Vil, le 

Jeune; t 1180. 
Lucain, 78. 

Masconois, le comte du, C V 33; v. 
Introd., p. 

Matheus de Bologne, 331 : Mathieu 1er 
d'Alsace, comte de Boulogne, fils 
posthume de Thierry de Flandres et 
frère de Philippe (v. 329) ; t 1173. 
C'est à son mariage avec Marie, fille 
du roi Etienne de Blois et de la 
comtesse Mahaud de Boulogne, qu'il 
doit son nom de comte de Boulogne. 
Rien n'empêche cependant, de voir 
ici le second mari de Marie, Mathieu 
II, qui mourut en 1180. 

Morises de Creon, 402 : Maurice II de 
Craon (Mayenne) ; prit part à Se 
croisade; t 1196. 

Mayence, 279. 



LISTE DES NOMS PROPRES 199 

Milles de Chaalons, 475 : Milon, vidante Precïens : Priscien, 79. 

de Châlons-sur-Marne, seigneur de Prémontré, 567, 1588. 

Nogent-sur-Seine; t 1191. Raimmons Berengiers, 328 : Raymond 

Montpellier, 2613. Berengier, frère d'Alphonse II d' 

Arragon; devint comte de Provence 

Noiers, nouble chasteil de, 428 : .1/. en 1168. 

Baudler mentionne un Clarembaut de Raimmons d'Ango, 420 : selon toute 

Noyers qui prit part à la Se croisade probabilité ce Raymond d'Anjou 

et renvoie en outre à Lavisse : His- (Dauphiné) dont parle M. Antoine 

toire de France, t. III i, p. 321, où Thomas, Francesco da Barberino et 

il est question de Hugues de Noyers, la litt. provençale en Italie, pp. 130- 

évêque (FAuxerre. 1^3 (cit. Baudler). Cf. Langlois, 

Noirons : Néron, 753. op. cit., p. 1^5, note. 

Raimmons de Toullouse, 341 : Raymond 

Oisi, li signor d', 409 : surtout Huon V de T <>ulouse, t 1191>. 

III d'Oisy (Nord), seigneur de Raous de Couse y> 410 : Raoul ler de 

Montmirail, Châtelain de Cambrai, Coucy-le-Château (Aisne), seigneur 

l'un des plus anciens truvères et de MaTh > ™> rt devant St.-Jean-d' 

maître de Conon de Béthune, son Acre ' 1191 ' 

parent. Il fut le premier mari de Raous de F <>uchieres, 383 : Raoul II, 

Marguerite, fille de Thibaut de Blois har ° n de Fou 9'^es (Isle-et-V Haine) , 

(v. 327), qui épousa en secondes noces 115 ^ a 1196 ' 

Othon II de Bourgogne (v. 332) ; Raous de Melion ' 391 : Raoul de Mau ' 

t 1191 env ^ on ' baron de Châtillon-sur-Sèvre; 

Ostes 76 1 >ri *' l >art à ^ a ^ e croisade et mourut 

Oudes v. Eudes. a P rès lm - 

Renart de Jëoigny, 456 : Renard IV, 
comte de Joigny (Yonne), seigneur 

Perse, 1280. de Cézy, Château-Renart (Loiret), 

Phelippes, li quiens, 329 : Philippe d' etc.; il prit part avec son frère 

Alsace et de Flandres, comte d' Renart III à la 2e croisade; t 1179. 

Amiens et de Vermandois; mort de Renaus de Moucon, 328 : Renaud II le 

la peste au siège de St.-Jean-d'Acre, Jeune, comte de Mousson (Meurthe), 

1W1 - 1150 env. à 1170. 

Pierefons, li quiens de, 441 : peut-être Renaus de Nevers, 403 : sans doute 

Nevelon 111, comte de Pierrefonds Renaud, fils de Guillaume III de 

{^ ise )- Nevers et Auxerre, et de son chef 

Piere de Cortenai, 429 : Pierre de comte de Tonnerre; mort devant St.- 

France, ler de Courtenay (Loiret), Jean-cTAcre, 1191. 

Montargis, Conches, etc.; frère de Retrou dou Perche : Rotrou 111, comte 

Louis VU; t 1183 env. du Perche, qui épousa la soeur de 

Pise > 1996 - Thibaut V de Champagne (v. 327). 

Pitagoras : Pythagore, 83. U mourut en 1191, peu de temps 

Platon, 74. apres son ar^ée en Terre-Sainte. 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



Richars, li rois, 321 : Richard Coeur- 
de-lion; t 1199. Sa largesse, comme 
sa bravoure, était proverbiale. 

Robers de Sabruel, 372 : Robert III de 
Sablé (lai. Sabolium) du dép. de la 
Sarthe; prit part à la Se croisade; 
t 1196. 

Romains, 557, 742, 757, 760, 1033. 

Rome, 661, 710, 764, 769, 770, 771, 780, 
915, 1567, 1578. 

Romulus, 747. 

Saint Antoine 573, 1938, 1953, 2067, 
2075, 2080, 2090; 1950, 1984, 2083. 

Saint Augustin, 1629, 1647, 1689. 

Saint Benoît, 1385, 1388, 1649, 1689. 

Sainte Agathe, 2248. 

Sainte Catherine, 2247. 

Sainte Crispine, 2248. 

Sainte Foi, 2246. 

Sainte Hélène, 2246. 

Sainte Marie, A [611]. 

Sainte [Marie] l'Egyptienne, 2245. 

Sainte [Marie] Madeleine, 2227. 

Saint Gilles, 472. 

Saint Jean, 1793. 

Saint Laurent, 755. 

Saint Martin, 1648. 

Saint Orner, li chastelains de, 399 : 
Guillaume IV, châtelain de Saint- 
Omer (Pas-de-Calais). Mort en Terre- 
Sainte, 1191. 

Saint Paul, Poz, Pois, 754, A 61, A 70, 
etc. 

Saint Pierre, 754, 1070. 

Saint Pol, li quiens de, 450 : Hugues 
IV comte de St.-Pol-sur-Ternoise 
(Pas-de-Calais) ; t à Constantinople 
1205. 



Saint Trophe, l'église, 71 : St. Tro- 
phime d'Arles. 

Salerne, 2627. 

Salomon, 888, 2129. 

Salonique, 2683. 

Samson, 2130. 

Sénèque, 75. 

Socrate, 77, 2310. 

Stace, 81. 

Symons de Commercis, 418 : Simon de 
Commercy (Meuse). Nous manquons 
de renseignements sur ce personnage. 

Syrie, 348, 1710. 

Terence, 74. 

Thiebaus, li quiens, 327 : identifié par 
M. B. avec Thibaut V le Bon, comte 
de Blois et de Chartres, sénéchal de 
France en 1151f.; t le 20 janvier, 1191. 

Torainne, li visquiens de, 393 : Ray- 
mond II, vicomte de Turenne; prit 
part à la 3e croisade; t 1190. 

Trianeil, cil de, 451 : Traînel (Aube) ; 
surtout Anseau ler } bouteiller de la 
Champagne; f après 1181. En lllfi 
il alla en Terre-Sainte avec son frère 
Garin, seigneur de Marigny-châtel; 
(t après 1182). Dans Longnon, Rôles 
des fiefs (cit., Baudler) on trouve les 
graphies: Triaignel, Triangnel et 
Trieignel. 

Tristant, C II 48. 

Troyes, 468. 

Tulles : Cicéron, 82. 

Tur : les Turcs, 1711. 

Virgile, 76. 

Yde [lis. Inde], 1392. 



INDEXE COMPLET DES RIMES PAR VOYELLES 
ACCENTUÉES RAMENEES AU TYPE FRANCIEN. 1 



A, 35, 289, 295, 485, 501, 61,3, 763, 1001, 
1243, 1345, 1455, 1529, 1811, 181,5 
1877, 1883, 1897, 1929, 2235, 2259, 
2397, A 163, A 175, A 305, A 317, 
A 385, A 531, A 555. 

abes, 1059. 

ables, 657. 

ac, 379. 

ace, 2153, [A 599]. 

aces, 81. 

âge, 1007, 2119, 2217, 2477. 

âges, 199, 265, 1409. 

ai, 27, 429, 445, 555, 559, 1193, 17S9, 
2147, A 45, A 117, C II ii. 

aide, 2463. 

aie, A 433, A 585. 

aies, A 538. 

aille, 219, 591, 1699, 1733, A 237. 

ailles, 213, A 213. 

ain (\-anum), 143, 981, 997, 2549; ains, 
231, 1017, 2091, 2557. 

aindre : eindre, C I iii, iv. 

aine (l-ana), 311, 398, 627, 728, 827, 
1015, 1039, 1725, 2277; aine: eine, 
2227, A 191, C I i, ii. 

aine : ene, 333. 

aing, 2533. 

aingne, 324, 2023. 

aingnent, 1545. 

aingne : eingne, A 171. 

aint, C IV, iv, v. 

aint : eint, 2379, A 561. 

ainte : einte, A 369. 

aintes : eintes, A 581. 



aire, 241, 247, 543, 937, 1851. 

ais, 133, 1319, 1679, 2601. 

aise, 1075, A 43. 

aissent, 1317. 

aistre v. estre. 

ait, 39, 775, 857, 1323, 1411, 1469, 1891, 
1983, 1997, 2211, 2441, 2679, A 17, 
A 503. 

aite, 1619, 1977, 2011. 

aites, 1975, A 13. 

aiz, 1299, 1943, 1997. 

al, 571, 1037, 1313, 1755, 1793, 1965, 
2637. 

aies, 263. 

ans, 129, 711, 875, 1145, 1201, 1815, 
1893, 2299, 2343, 2425, 2665 ; dis : 
ellos 2073; (ellos : ellos 1961). 

am, 2261 ; am : en, 2321. 

âmes, 1131. 

an, 413. 

ance<l. antia, entia entium 67, 101, 
279, 339, 791, 963, 1041, 1053, 1277, 
1401, 1513, 1525, 1579, 1623, 277/, 
1785, 1885, 2195, 2239, 2349, 2501, 
2539, A 29, A 59, A 89, A 167, A 177, 
A 325, A 365, A 395, A 1,15 CI i, ii. 

ande, 1169, 11,15, 1799; ende, 2415. 

andent, 1557 ; andent : endent, 1553 ; 
endent, 21, 105, 609, 1413, 2059, 21,83, 
2609, A 99, A 569. 

ange, 1151. 

ans, 1309. 

ant, 119, 1087, 1229, 1245, 1675, 1685, 
1747, 1947, A 15, A 131, C V v. 



1. Les numéros imprimés en italique indiquent une rime riche. 
201 
Q 



202 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



ant: ent, 1115, 1203, 1657, 1685, 1985, 
2063; 2021 (talent: guilant), 4 265, 
C II vii. 

ent, 25, 37, 69, 269, 287, 309, 505, 611, 
617, 679, 867, 893, 991, 1203, 1339, 
1363, 1499, 1567, 1577, 1645, 1719, 
1735, 1819, 1823, 1913, 1933, 2069, 
2177, 2187, 2209, 2297, 2333, 2347, 
2399, 2^27, 2U5, 2507, 2547, 2581, 
2599, A 41, A 141, A 205, A 253. 

anz, 273, 285, 355, 603, 689, 869, 1155, 
1527, 1927, 2303 (v. note), 2395, 2661, 
A 79, A 219. 

anz : enz, 585, 659, 1451, 1543. 

enz, 7, 1109, 1871, 2117, 2231. 

enz : ens, A 173. 

ar, 475. 

arde, 2153, A 109, A 203. 

ardent, 813. 

aime, A 211. 

[armes, A 597.] 

ars, 169. 

art, 455, 687, 2005. 

arz, 321 (v. note). 

as, 83, 367, 1089, 1369, 1389, A 439. 

as : ars, 1967. 

assent, 1495, 2607. 

aste, 2345. 

at, 707, 2327, 2453, 2617. 

ate, 993. 

atent, 965. 

atre, 293, A 47. 

aus, 129, 711, 875, 1145, 1201, 1815, 
1893, 2299, 2343, 2425, 2665. 

aus : eaus (alis : ellos), 2073. 

auses, 2625. 

aut, 221, 1107, 1265, 1429, 1889, 2219, 
A 285, A 303. 

autre, 1217. 

auz, 327. 

az, 1979. 

é, 155, 189, 385, 447, 491, 495, 567, 589, 
667, 901, 949, 969, 1035, 1125, 1211, 



1433, 1497, 1587, 1605, 1691, 1705, 
1745, 1753, 1809, 1813, 1815, 1831, 
1857, 1867, 1879, 1911, 1925, 2087, 
2093, 2115, 2215, 2265, 2313, 2371. 
2503, 2509, 2573, 2579, 2621, 2639, 
2645, 2657, 2673, A 51, A 127, A 143, 
A 295, A 301, A 307, A 331, A 347, 
A 461, A 467, A 481, A 485, A 512, 
C II iv, III i, ii, iii. 

ée, 2361, 2377, 2493, A 65, A 71, A 241, 
A 279, A 407, A 541, A 589, [A 607], 
C III i, ii, iii. 

ées, 113, 881, 1133, 1361, 1537, 2051, 
4 135. 

eaus, 1961. 

eche, 2565. 

egne, 357. 

eil, 739, 2133, 2523. 

eille, 397, 741, 1173, 2221, 2525. 

eilles, 597. 

eine (1. êna, cena), 1859; v. aine. 

eing, 1437. 

eint, 2677. 

el, 389, 451, 461, 1501, 1591, 1767, 1797, 
2057, 2317, 2449, A 579. 

ele, 2033, 2257. 

eles, 1131, 1183. 

em : en, 1791. 

emblent, 1359, 2653 

ence v. ance. 

emble, 503. 

ende, endent, v. ande, andent. 

endre, 1397, 595, 889, 945, 967, 1063, 
2095, 2355, 2423, A 39, A 251, A 359. 

ene, 2245 (?) ; v. aine. 

enge, 2089. 

ens, 477, 2305, C II i. 

ent v. ant. 

entent, 853. 

entes, 1923. 

entre, 1167, 1973. A 551. 

envent : endent, A 333. 

enz v. anz. 



INDEXE 



203 



er. S, 15, 51, 195, 209, 253, 363, 399, 
549, 557, 647, 677, 693, 703, 715, 727, 
761, 807, 829, 877, 883, 907, 929, 
1119, 1135, 1295, 1307, 1325, 1353, 
1375, 1427, 1519, 1541, 1635, 1669, 
1765, 1807, 1839, 1843, 1861, 1875, 
2003, 2121, 2125, 2161, 2267, 2271, 
2291, 2359, 2393, 2411, 2491, 2505, 
2531, 2537. 2585, 2667. A 27, A 85, 
A 95, A llf7, A 153, A 185, A 193, 
A 197, A 231, A 261. A 321, A 357, 
A 419, A 473, A 515, C I iii, iv, II v. 

ère, 337, 655, 673, 753, 783, 1069; erre, 
1253, 2081. A 149. 

erent, 745 

erme, A 129. 

ennes, 2261, 2237. 

erne, 2627. 

ers, 1561, 1569, A 7, A 465. 

erse, 1279, 9149, 2527. 

erses, 577 

ert, 551, 1399, A 293. 

erte, 1153, 1463, 2019. 

ertes, 873. 

erz, 403. 

es, 77, 2309. 

esces (1. Ttias), 851, 995, 1011. 

escent, 841. 

esque, 819, 895, 2015. 

esques, 561. 

esses (1. issas), 1235. 

est, 2009. A 549. 

este, 255, 2473. 

estre, 729, 1333, 1509 ; estre : aistre, 
793, 1381, 2097, 2295, 2583, A 21, 
A 319 ; aistre, 541, 2275, 2593. 

et (het : set), 1469. 

et (<1. 7), 2223, 2417, 2521, 2563, A 215, 
A 545. 

ete, 633, 1833, 2165, 2225. 

etent, 1659 

êtes.. 2611. 

être, 1775, A 189, A 229. 

eu v. ou. 



eus(els), A 525. 

eure v. oure. 

eus v. ous. 

euse v. ouse. 

eve, 351. 

ez, 149, 177, 305, 481, 521, 569, 705, 
719, 931, 999, 1027, 1043, 1057, 1091, 
1137, 1161, 1197, 1275, 1311, 1601, 
1633, 1641, 1759, 1837, 1849, 1901, 
1981, 2027, 2043, 2179, 2183, 2243, 
2281, 2327, 2407, 2433, 2451, 2471, 
2497, 2591, A 5, A 107, A 207, A 223, 
A 523, A 547, A 553, A 585. C III 



i, 211, 223, 277, 345, 375, 405, 409, 421, 
433, 439, 463, 479, 615, 797, 975, 1075, 
1185, 1285, 1651, 1817, 1919, 2025, 
2123, 2131, 2263, 2589, 2619, A 275, 
A 291, A 543, C V i, ii. 

ible, 1. 

ice, 771. 

ice : ince, 173. 

iche, 511, 933. 

ide : inde, 1391. 

ie, 33, 63, 347, 509, 669, 781, 865, 891, 
1003, 1117, 1149, 1205, 1283, 1305, 
1315, 1331, 1343, 1375, 1421, 1549, 
1709, 1763, 1769, 1903, 1971, 2105, 
2293, 2369, 2469, 2555, 2587, A 67, 
A 119, A 263, A 397, A 513, A 573, 
[A 611], C I v, vi. 

ies, 1055, 1595, 2035, 2071, 2137, 2255, 
2511, 2519, 2655, 2681. 

ié, 131, 283, 859, 919, 925, 961, 1073, 
1101, 1215, 1263, 1281, 1425, 1607, 
1801, 2353, 2387, 2543, A 3, A 363, 
A 529, A 535. 

ée, 637, 2193. 

ées, 2311, 2431. 

ef, A 289. 

en, 239, 299, 515, 685, 1095, 1321, 1491, 
1731, 1795, 2455, 2541, 2597, 2603, 
2671, A 83. 



204 



LES ŒUVRES DE GUIOT DE PROVINS 



iene, 465; cf. aine; A 125. 

ienent, 523, 625, 1701, A 87 

iens, 45, 581, 2553. 

ïent, A 577. 

ient, 527, 1013, 1159, 1757, 2167, 
2367, A 49, A 281, A 401, A 
A 491, A 563, C IV i-iii. 

ier, 5, 31, 85, 153, 185, 375, 423, 
737. 767, 825, 831, 865, 909, 939 



2351, 
^55, 



607, 



1515, 1539, 1551, 1653, 1661, 


1667, 


1673, 1703, 1805, 1917, 1941, 


2079, 


2083, 2099, 2159, 2181, 2249, 


2289, 


2495, 2613, 2651, 2659, 2675, 


A 9, 


A 37, A 55, A 137, A 161, A 169, 


A 227, A 353, A 441, C II vi 


, C V 


iii, iv. 




iere, 921, 1485, 1505, 1743, 2447, 


A 267, 


A 391, A 447, A 495, C III iv, 


V. 


ierent, 1293, 1921, 1959, 2487 




ieres, 384, 1179, 2045, 2335, 2663, 


A 133. 


iers, 427, 531, 545, 811, 971, 1097 


, 1267, 


1287, 1789, 1989, 1993, 2545, 


4 239, 


A 277. 




iert, 2213. 




iet, 403. 




[ieuz, 691.] 




iez, 343, 539, 1599, 1681. 




igné, 1387. 




ignent, 2513. 




igné, 207. 




il, 107, 505, 1009, 1239, 1855, 


1953, 


1969, A 527. 




ile, 387, 471, 575, 1935, 1987, 2555. 


iles, 267, 2649. 




illes, 2065. 




impies, 2049. 




in, 161, 979, 1475, 1647, 2041, 


2285, 


2389, A 383, A 445, A 575. 




ince, 2413. 




ine, 773, 985, 1335, 1447, 2249, 


2319, 


2499, A 181, A 327, A 355. 




inent, 1471, 2357, 2561, A 11. 




ins, 1689. 




ique, 2139, 2571, 2683. 





iques, 2567. 

ir, 41, 47, 125, 249, 553, 651, 863, 1261, 
1393, 1631, 1665, 1693, 1955, 2103, 
2127, 2437, 2633, A 97, A 149, A 199, 
A 221, A 273, A 345, A 437 [A 603], 
C II iii, iv. 

ire, 13, 583, 757, 943, 1171, 1417, 1445, 
1751, 2669, A 23. 

irent, 2419. 

is, 139, 313, 317, 349, 417, 683, 751, 
805, 855, 953, 1097, 1187, 1341, 1407, 
1581, 1721, 1737, 1829, 1899, 2075, 
2615, A 101, A 165, A 431, A 523, 
[.4 603], C II ii. 

ise, 779, 941, 1029, 1127, 1143, 1181, 
1225, 1257, 1289, 1301, 1367, 1461, 
1727, 1773, 1957, 1995, 2017, 2085, 
2169, 2185, 2457, 2489, A 111, A 255, 
A 311, A 405, A 413; ises, 871, 989. 

isent, 1337. 

ist, 547, 747, 1403, 1629, 2253, 2341. 

it, 23, 493, 787, 897, 953, 987, 2111, 
2409, A 61, A 477, A 571. 

ite, 587, 1241, 2197, 2235, A 69. 

ites, 2381, A 487. 

itres, 2401. 

i[u]s, 879, A 387. 

iz, 19, 99, 103, 487, 613, 755, 1613, 
2375, 2461, 2513, A 469. 

o, 1373. 

oble (ouble), 619, 1121, 2201. 

obles, 1271. 

oche, 1963. 

oches, 1227. 

oent : oient, 55. 

oi, 53, 93, 159, 765, 1481, 1565, 1787, 

1863, 2175, A 209, A 235, C I i, ii, 

II vii, V i, ii. 
oie, 29, 123, 225, 525, 733, 821, 1351, 

1423, 1511, 1639, 1697, 1715, 1779, 

2053, 2315, 2685, A 93, A 121, A 315, 

A 509, C IV i-v. 



INDEXE 205 

oient, 95, 117, 167, 203, 237, 623, 1031, ondre, 833. 

1165, 1223, 1251, 1559, 2337, 2517, one, 57, $15, 2287, A 77, A 106, A 179. 

A 113. onent, 25 t, 1231, 1395. 

oies, 467. onge, 1991. 

oile, 622, 2363. ons, 73, 115, 193, 303, 307, 341, 377, 

oindre, 731, 2001, A 451. 475, 489, 579, 701, 777, 785, 801, 887, 

oine : one, 2629. 1081, 1147, 1269, 1457, 1523, 1535, 

oing, 1431, 1835. 1597, 1741, 1869, 1895, 2325, .4 157, 

oingne, 111, 205, 331, 359, 1477, 1521, A 183, A 243, A 427. 

2435. ont, 17, 179, 187, 325, 435, 483, 565, 

oinnes, 563, 1051 717, 847, 947, 957, 1083, 1141, 1163, 

oint, 499, 635, 735, 1255, 1303, 1821. 1207, 1237, 1439, 1443, 1489, 1533, 

ointe, 650, 725. 1555, 1571, 1575, 1611, 1617, 1723, 1827, 

oir, 91, 297, 497, 513, 699, 789, 1297, 1853, 1937, 1949, 2055, 2307, A 103, 

1383, 1U1, 1503, 1589, 1625, 1777, A 351, A 459, A 567, A 591. 

2067, 2113, 2301, A 75, A 115, A 417, onte, 261, 457, 533. 

A 593. onz, 341, 681. 

oire, 927, 1221, 1695, 1945, 2037, 2329, ophe, 71. 

A 493. ôr, A 139. 

oirs, 1459. ôr (our), 109, 183, 191, 201, 251, 291, 

ois, 65, 175, 319, 469, 2443, C V v. 663, 903, 923, 1113, 1273, 1547, 1563, 

oistes, 2625. 1603, 1637, 1677, 1939, 2205, 2323, 

oit, 61, 217, 233, 259, 713, 759, 815, 2403, 2485, A 583 [A 609]. 

1019, 1219, 1357, 1385, 1405, 1435, 6rce, A 497. 

1841, 1931, 2157, 2481, A 35, A 297, ôrde, A 389, A 471. 

A 375. ordent, 1023, 1621. 

oite, 519, 1781, A 123, A 259. ordre, 605, 1123, 1189, 1507. 

oivent, 843. ôrent (ourent), 675. 

oivre, 2047. orge, 137. 

oiz, 917, 1099, 1473, 1649, 1761, 2031, ôrs, 1233, 1905, A 145, A 187, A 371, 

2467, A 257, A 349. A 381, A 503. 

çl, 121, 449, 2143, 2631, A 343. ôrs (ours), 151, 361, 849, 2241, 2269, 

ois, 1717, A 39. A 479, C II vi. 

oie, 2141, 2439, A 217. ôrt, 229, 803, 1005, 1105, 1175, 1419, 

olea, 1047. 1487, 1847, 2459, 2643, A 25, A 225, 

ombre, 2199, 2465, A 511. A 313, A 409, 557, A 565, C II iii. 

orne, 661, 915. ort, 245, 1045. 

om(m)es, 1247. ôrte, A 245, A 489, A 517, A 532. 

on, 49, 141, 215, 235, 335, 353, 369, 391, ortent, 2641. 

401, 411, 431, 443, 453, 671, 695, 899, ôrtes, A 377. 

1483, 1803, 1881, 2061, 2129, 2151, ôrz, 89, 197, 301. 

2163, 2535, 2577, 2623, A 299, A 323, ôrz, 911, 1111, 1583. 

C I v, vi, V iii, iv. os, 395, 809, A 475. 

onde, 43, 697, 1157, 1291, 2251, [A 605]. 6s (ous), A 309. 



206 



LES ŒUVRES DE GUIOÏ DE PROVINS 



ose, 795, 1671, 2429. 

ostes, 2575 ; otes : ostes, 75. 

ou, 419, 437. 

ou (eu), 163, 381, 407, 905, 1052, 2383, 

2477. 
ouche, A 19. 
ouïe, 653. 

oure (eure), 1727, C I v, vi. 
ous (eus), 599, 743, 1079 ( :ours), 13iV, 

2569, A 271, C IV i-v. 
ouse (euse), 1327. 
out, 535, 593, 769, 1033. 
oute, 641, 709, 1195, 2107, 2385, A 283. 

A 341, A 559. 
outent, 835, 845, A 455. 
ouz, 157, 1077. 



u, 87, 127, 171, 181, 243, 271, 281, 329, 
425, 665, 749, 799, 959, 1177, 1465, 
1643, 1999, 2189, 2373, 2379, 2553, 
Al, A 81, A 159, A 335, A 361, 
A 399, [A 421], A 501. 

ue, 1453, 1655, 2039, 2101, 2109, 2203, 
2229, 2647, A 247. 

ûent, 629, 1085, 1449. 

ueil, 371, 823, 1783, A 57, A 429, C II i. 

uens (ons), 2405, A 73. 

uer, A 31. 

ues, 1473, 1683. 

uet, 9, 631, 913, A 269, A 393, A 435, 
C II v. 

ueve, 1199, 2391. 

uevent, 629. 



uevre, 135, 721, 1025, 1365, 1379, 1467, 
1627, 1887, 1909, 2013, 2077, 2279, 
A 443, .4 595. 

uevrent, 1531. 

uge, 601. 

ui, 315, 517, 885, 1191, 1329, 2559, 
A 425. 

uide, 1865. 

uie, 2339. 

uient, 837, 1065, 2171. 

uire, 1593, 1609 ; uire : ure, 1207, 1377. 

uit, 145, 165, 973, 1479, 1517, 1585, 
1749, 1873, 2173, 2273, A 507. 

urne, 1915, 2191, 2207, 2365. 

un, 459, 1615. 

une, 645, 2135. 

uns, 1707, 2529. 

ur, 955, 1021, 1711. 

ure, 59, 529, 817, 839, 977, 1139, 1207 
(v. supra), 1377 (v. supra), 1397, 
1493, 1907, 2283, A 53, A 63, A 91, 
A 155, A 233, A 249, A 367, A 423, 
A Ul, A 449, A 457, A 463, A 499, 
A 519, C I iii, iv. 

urent, 227. 

ures, 147. 

urs, 1349, A 195, A 337. 

us, 79, 275, 537, 639, 1355, A 287, A 483, 
A 537. 

usent, 2421. 

ust, A 379. 

ut, 2605. 

uz, 365, 1951, 2007, 2145, A 33, A 201, 
A 329, A 373, A 537. 



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ANATOMICAL SERIES 

No. I. STUDIES IN ANATOMY from the Anatomical Depart- 
ment of the University. Vol. iii. Edited by the late 
Professor Alfred H. Young, M.B. (Edin.), F.R.C.S. 8vo, 
pp. ix, 289, 23 plates. 10s. net. 1906. 

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BIBLIOGRAPHICAL SERIES 

No. I. CATALOGUE OF THE CHRISTIE COLLECTION. 
Comprising the Printed Books and Manuscripts bequeathed 
to the University of Manchester by the late Richard Copley 
Christie, LL.D. Compiled under the direction of Charles 
W. E. Leigh, Librarian of îhe University of Manchester. 
Half-buckram, Cr. 4to, pp. xvi. 536, with 2 plates. £1 is. 
net ; 50 Copies on hand-made paper bound in half-morocco, 
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BIOLOGICAL SERIES 

No. I. THE HOUSE FLY. Musca domestica (Linnaeus). A 
Study of its Structure, Development, Bionomics and 
Economy. By C. Gordon Hewitt, D.Sc, Dominion Ento- 
mologist, Ottawa, Canada, and late Lecturer in Economie 
Zoology in the University. 8vo, pp. xiv. 200, 10 plates. 

1910. \Out of Print. 

CELTIC SERIES 

No. I. AN INTRODUCTION TO EARLY WELSH. By the 
late Professor J. Strachan, LL.D. 8vo, pp. xvi. 294. 
7s. 6d. net. 1908. 



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CELTIC SERIES 

No. II. THE LANGUAGE OF THE ANNALS OF ULSTER. 
By Tomas Ô'MÂille, M. A., Professor of Irish in University 
Collège, Gahvay. 8vo, pp. xiii. 220. 7s. 6d. net. 1910. 

No. III. A GLOSSARY OF MEDIEVAL WELSH LAW 
BASED UPON THE BLACK BOOK OF CHIRK. By 
Timothy Lewis, M. A., Lecturer in Welsh and Comparative 
Philology in University Collège of Wales, Aberystwyth. 
8vo, pp. xxii. 304. 15s. net. 1913. 

CLASSICAL SERIES 

No. I. THE RIDDLE OF THE BACCHAE. By G. Norwood, 
M. A., Professor of Greek in University Collège, Cardifï, 
and late Assistant Lecturer in Classics in the University. 
8vo, pp. xx. 188. 5s. net. 1908. 

No. II. THE AUTHORSHIP OF THE PLATONIC EPISTLES. 
By R. Hackforth, M. A., Fellow and Classical Lecturer of 
Sidney Sussex Collège, Cambridge, and late Assistant 
Lecturer in Classics in the University. Cr. 8vo, pp. ix. 199. 
6s. net. 1913. 

COMPARATIVE LITERATURE SERIES 

No. I. CASTELVETRO'S THEORY OF POETRY. By H. B. 
Charlton, M. A., Assistant Lecturer in English Language 
and Literature in the University. Cr. 8vo, pp. xvi. 221. 
5s. net. 1913. 

ECONOMIC SERIES 

No. I. THE LANCASHIRE COTTON INDUSTRY. By S. J. 
Chapman, M. A., M.Com., Stanley Jevons Professor of 
Political Economy and Dean of the Faculty of Commerce 
in the University. 8vo, pp. vii. 309. 7s. 6d. net. 1904. 
(Gartside Report, No. i.) 1905. 

No. II. COTTON SPINNING AND MANUFACTURING IN 
THE UNITED STATES OF AMERICA. By T. W. Uttley, 
B.A., Gartside Scholar. 8vo, pp. xii. 70. is. net. 
(Gartside Report, No. 2.) 1906. 

No. III. SOME MODERN CONDITIONS AND RECENT 
DEVELOPMENTS IN IRON AND STEEL PRODUCTION 
IN AMERICA. By Frank Popplewell, B.Sc, Gartside 
Scholar. 8vo, pp. xii. 126. is. net. 



MANCHESTER UNIYERSITY PRESS 5 

ECONOMIC SERIES 

(Gartside Report, No. 3.) 1906. 
No. IV. ENGINEERING IN THE UNITED STATES. By 

Frank Foster, M. Se, Gartside Scholar. 8vo, pp. ix. 106. 

is. net. 
No. V. THE RATING OF LAND VALUES. By J. D. 

Chorlton, M. Se. Demy 8vo, pp. viii. 177. 3s. 6d. net. 

1907. 
(Gartside Report, No. 4.) 1907. 
No. VI. DYEING IN GERMANY AND AMERICA. By 

Sydney H. Higgins, M.Sc., Gartside Scholar. Demy 8vo, 

pp. xiii. 112. is. net. 
No. VII. THE HOUSING PROBLEM IN ENGLAND. By 

Ernest Ritson Dewsnup, M. A., Professor of Railway 

Economies in the University of Chicago. Demy 8vo, pp. vii. 

327. 5s. net. 1907. 

(Gartside Report, No. 5.) 1907. 
No. VIII. AMERICAN BUSINESS ENTERPRISE. By 

Douglas Knoop, M. A., Gartside Scholar, Lecturer in 

Economies in the University of Sheffield, and late Assistant 

Lecturer in Economies in the University of Manchester. 

8vo, pp. viii. 128. is. 6d. net. 

(Gartside Report, No. 6.) 1908. 
No. IX. THE ARGENTINE AS A MARKET. By N. L. 
Watson, M. A., Gartside Scholar. 8vo, pp. viii. 64. is. net. 

(Gartside Report, No. 7.) 1908. 
No. X. SOME ELECTRO-CHEMICAL CENTRES. By J. N. 
Pring. D.Sc, Gartside Scholar, and Lecturer and Demon- 
strator in Electro-Chemistry in the University. Demy 8vo, 
pp. xiv. 137. is. 6d. net. 

(Gartside Report, No. 8.) 1909. 

No. XL CHEMICAL INDUSTRY ON THE CONTINENT. By 
Harold Baron, B.Sc, Gartside Scholar. Demy 8vo, pp. xi. 
71. is. 6d. net. 

No. XII. UNEMPLOYMENT IN LANCASHIRE. By Professor 
S. J. Chapman, M. A., M.Com., and H. M. Hallsworth, 
M.A., B.Sc, Professor of Economies, Armstrong Collège, 
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omies in the University. 8vo, pp. xvi. 164. 2s. net, paper, 
2s. 6d. net, cloth. 1909. 



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(Gartside Report, No. 9.) 1910. 
No. XIII. THE COTTON INDUSTRY IN SWITZERLAND, 
VORARLBERG AND ITALY. A Technical and Economie 
Study. By S. L. Besso, LL.B., Gartside Scholar. 8vo, 
pp. xv. 229. 3s. 6d. net. 

(Gartside Report, No. 10.) 1913. 
No. XIV. THE GERMAN COTTON INDUSTRY. ByR.M.R. 
Dehn, B.A., Gartside Scholar. Demy 8vo, pp. viii. 102. 
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No 1. CONTINUATION SCHOOLS IN ENGLAND AND 
ELSEWHERE. Their place in the Educational System of 
an Industrial and Commercial vState. By Michael E. 
Sadler, M. A., LL.D., Vice-Chancellor of the University cf 
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cf Education in the University of Manchester. 8vo, 
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No. II. THE DEMONSTRATION SCHOOLS RECORD. No. 
I. Being Contributions to the Study of Education from 
the Department of Education in the University. Edited 
by J- J- Findlay, M. A., Ph.D., Sarah Fielden Professor of 
Education in the University. 8vo, pp. viii. 126. is. 6d. 
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No. III. THE TEACHING OF HISTORY IN GIRLS' 
SCHOOLS IN NORTH AND CENTRAL GERMANY. A 
Report by Eva Dodge, M. A., Gilchrist Student. 8vo, 
pp. x. 149. is. 6d. net. 1908. 

No. IV. THE DEPARTMENT OF EDUCATION IN THE 
UNIVERSITY OF MANCHESTER, 1890-1911. 8vo, 146 
pp., with 12 plates. 2s. 6d. net, cloth. 1911. 

Published in commémoration of the twenty-first anniversary 
of the Education Department. 

No. V. OUTLINES OF EDUCATION COURSES IN MAN- 
CHESTER UNIVERSITY. 8vo, pp. viii. 190. 3s. net. 

1911. 



MANCHESTER UNIYERSITY PRESS 7 

EDUCATIONAL SERIES 

No. VI. THE STORY OF THE MANCHESTER HIGH 
SCHOOL FOR GIRLS, 1871-1911. By Sara A. Burstaix, 
M. A., Head Mistress, Spécial Lecturer in Education in the 
University. Svo, pp. xx. 214, 18 plates. 5s. net. 1911. 

No. VII. THE DEMONSTRATION SCHOOL RECORD, 
No. II. The Pursuits of the Fielden School. Edited by 
Professor J. J. Findlay. 8vo, pp. xxxvi. 284, 8 plates. 5s. 
net. 1913- 

ENGLISH SERIES 

No. I. THE LITERARY PROFESSION IN THE ELIZA- 
BETHAN AGE. By Phœbe Sheayyn. M. A., D.Lit., Spécial 
Lecturer in English Literature and Senior Tutor for Women 
Students in the University. 8vo, pp. xii. 221. 5s. net. 

1909. 

No. IL BEOVYULF : Edited, with Introduction, Bibliography, 
Notes, Glossary, and Appendices, by W. J. Sedgefield. 
Litt.D., Professor of English Language in the University. 
Second édition, revised and enlarged. Svo, pp. liii. 271. 
9s. net. I9Ï3- 

No. III. PATIENCE: A West Midland Poem of the Four- 
teenth Century. Edited with Introduction, Bibliography, 
Notes, and Glossary, by Hartley Bateson, B.A., Faulkner 
Fellow. Cr. 8vo, pp. x. 150. 4s. 6d. net. 1912. 

No. IV. THE EARLY LIFE AND DEVELOPMENT OF 
GEORGE ELIOT. By Mary H. Deakix, M. A., formerly 
John Bright Fellow. With au Introductory Note by C. H. 
Herford, Litt.D., Professor of English Literature in the 
University. 8vo, pp. xviii. 188. 6s. net. 19*3- 

Nos. V and VL THE POETICAL WORKS OF WILLIAM 
DRUMMOND OF HAWTHORNDEN. With "A Cypresse 
Grove." Edited, with Introduction, Bibliography, Icono- 
graphy, and Notes, also a List of Variants in the différent 
éditions hitherto published, by L. E. Kastner, M.A., Pro- 
fessor of French Language and Literature in the University. 
Illustrated by 29 Collotype plates. Two vols., 8vo, pp. 
cxliv. 688. 21s. net. 1913. 

No. VIL THE PLACE NAMES OF CUMBERLAND AND 
WESTMORLAND. By Professor W. J. Sedgefield. Demy 
8vo, pp. xlviii. 208. 10s. 6d. net. 1915. 



PUBLICATIONS OF THE 



FRENCH SERIES 

No. I. LES OEUVRES DE GUIOT DE PROVINS. Edited 
by John Orr, M. A., Lecturer in French Language and 
Literature in the University. [In the Press. 

No. II. LES POEMES DE JEAN DE LINGENDES. Edited 
by E. T. Griffiths, M. A., Lecturer in French Language 
and Literature in the University. [In the Press. 

GERMANIC SERIES 

No. I. VOWEL ALLITERATION IN THE OLD GERMANIC 
LANGUAGES. By E. Classen, M. A., Ph.D., Lecturer 
in English Language in East London Collège and late 
Assistant Lecturer in English Language and Literature in 
the University. 8vo, pp. xvi. 90. 3s. 6d. net. 1913. 

HISTORICAL SERIES 

No. I. MEDLEVAL MANCHESTER AND THE BEGIN- 
NINGS OF LANCASHIRE. By James Tait, M.A., Professor 
of Ancient and Mediaeval Histoiy in the University. 8vo, 
pp. x. 211, with 3 Illustrations. 7s. 6d. net. 1904. 

No. II. INITIA OPERUM LATINORUM QUAE SAECULIS 
XIIL, XIV., XV. ATTRIBUUNTUR. By A. G. Little, 
M. A., Lecturer in Palseography in the University. 8vo, 
pp. xiii. 273 (interleaved) . 1904. [Out of print. 

No. III. THE OLD COLONIAL SYSTEM. By Gerald 
Berkeley Hertz, M. A., B. CL., Lecturer in Colonial History 
in the University. 8vo, pp. xi. 232. 5s. net. 1905. 

No. IV. STUDIES OF ROMAN IMPERIALISM. By W. T. 
Arnold, M. A. Edited by Edward Fiddes, M. A., Lecturer 
in Ancient History in the University, with Memoir of the 
Author by Mrs. Humphry Ward and C. E. Montague. 
With a Photogravure portrait of W. T. Arnold. 8vo, pp. 
cxxiii. 281. 7s. 6d. net. 1906. 

THE MEMOIR MAY BE HAD SEPARATELY, PRICE 
2s. 6d. NET. 

No. V. CANON PIETRO CASOLA'S PILGRIMAGE TO 
JERUSALEM IN THE YEAR 1494. By M. Margaret 
Newett, B.A., formerly Jones Fellow of the University. 
8vo, pp. viii. 427, with 3 Illustrations. 7s. 6d. net. 1907. 



MANCHESTER UNIYERSITY PRESS 9 

HISTORICAL SERIES 

No. VI. HISTORICAL ESSAYS. Edited by T. F. Tout, 
M. A., F.B.A., Bishop Fraser Professor of Mediaeval and 
Ecclesiastical History in the University, and Professor 
James Tait, M. A. 8vo, pp. xv. 557. 6s. net. Reissue of 
the Edition of 1902 with index and New Préface. 1907. 

THE INDEX CAN BE PURCHASED SEPARATELY, 
PRICE 6d. NET. 

No. VII. STUDIES SUPPLEMENTARY TO STUBBS* CON- 
STITUTIONAL HISTORY. Vol. I. By Ch. Petit- 
Dutaiixis, Litt.D., rector of the University of Grenoble. 
Translated from the French by W. E. Rhodes, M.A., 
formerly Jones Fellow of the University, and edited by 
Professor James Tait, M. A. 8vo, pp. xiv. 152. 4s. net. 

Second Edition, 191 1. 
See also Nos. XXII. and XXIII. 

No. VIII. MALARIA AND GREEK HISTORY. ByW.H.S. 
Jones, M. A. To which is added the History of Greek 
Therapeutics and the Malaria Theory by E. T. Withington, 
M.A., M.B. 8vo, pp. xii. 176. 5s. net. 1909. 

No. IX. HANES GRUFFYDD AP CYNAN. The Welsh text 
with translation, introduction, and notes by Arthur Jones, 
M. A., Lecturer in Modem History in Birkbeck Collège, 
London, and late Assistant Lecturer in History in the 
University. Demy 8vo, pp. viii. 204, with 3 Illustrations. 
6s. net. 1910. 

No. X. THE CIVIL WAR IN LANCASHIRE. By Ernest 
Broxap, M. A. 8vo, pp. xv. 226, 6 plates. 7s. 6d. net. 

1910. 

No. XL A BIOGRAPHY OF THOMAS DEACON, THE 

MANCHESTER NON-JUROR. By Henry Broxap, M.A. 

8vo, pp. xix. 215, 2 plates. 7s. 6d. net. 1911. 

No. XII. THE EJECTED OF 1662 : Their Predecessors and 

Successors in Cumberland and Westmorland. By B. 

Nightingale, M. A., Litt.D. Two volumes, 8vo, pp. xxiv. 

1490. 28s. net. 1911. 

No. XIII. GERMANY IN THE NINETEENTH CENTURY. 

Lectures by J. Holland Rose, Litt.D., Professor C. H. 

Herford, Litt.D., Professor E. C. K. Gonner, Litt.D., and 

M. E. Sadler, M.A., C.B., LL.D. With a Prefatory Note 

by Professor T. F. Tout. Demy 8vo, pp. xxi. 142. 2s. 6d. 

net. Third Edition. 1915- 

See also Nos. XXIV. and XXV. 



io PUBLICATIONS OF THE 

HISTORICAL SERIES 

No. XIV. A HISTORY OF PRESTON IN AMOUNDERNESS. 
By H. W. Clemesha, M. A. 8vo, pp. xii. 344, 5 maps. 
7s. 6d. net. 1912. 

No. XV. A SHORT HISTORY OF TODMORDEN. By J. 
Holden, M. A. Crown 8vo, pp. xiv. 242, with 25 illustra- 
tions. Cloth, 2S. net; or cloth extra, 2s. 6d. net. 1912. 

No. XVI. THE LOSS OF NORMANDY, 1189-1204. Studies 
in the History of the Angevin Empire. By F. M. Powicke, 
M. A., Prof essor of Modem History in the Queen's Univer- 
sity, Belfast, and late Langton Fellow and Leeturer in 
History in the University of Manchester. 8vo, pp. xx. 604. 
With 6 maps. 15s. net. 1913- 

Nos. XVII and XVIII. IRELAND UNDER THE COMMON- 
WEALTH, Being a Sélection of Documents relating to the 
Government of Ireland from 1651-1659. Edited, with 
Historical Introduction and Notes, by Robert Dunlop, 
M. A., Leeturer in Irish History in the University. Two 
vols., 8vo, pp. ccliv. 753. 25s. net. 1913. 

No. XIX. THE NAVAL MUTINIES OF 1797. By Conrad 
Gill, M. A., Leeturer in Economie History in the University 
of Belfast, late Assistant Leeturer in History in the Univer- 
sity of Manchester. 8vo, pp. xx. 410, with 2 maps. 10s. 6d. 
net. 1913- 

No. XX. CHRONICA JOHANNIS DE READING ET 
ANONYMI CANTUARIENSIS. Edited with Introduction 
and Notes by Professor James Tait, M. A. 8vo, pp. xii. 394, 
with 2 plates. 10s. 6d. net. 1914. 

No. XXI. THE PLACE OF THE REIGN OF EDWARD IL 
IN ENGLISH HISTORY. Based upon the Ford Lectures 
delivered in the University of Oxford. By Professor T. F. 
Tout, M. A., F.B.A. 8vo, pp. xvi. 422. 10s. 6d. net. 1914- 

No. XXII. STUDIES AND NOTES SUPPLEMENTARY TO 
STUBBS' CONSTITUTION AL HISTORY. Vol. IL By 
Charles Petit-Dutaillis, Litt.D., Rector of the University 
of Grenoble. Translated by W. T. Watjgh, M. A., Leeturer 
in History in the University of Manchester, and edited by 
Professor James Tait, M. A. 8vo, pp. viii. 170. 5s. net. 

1914. 

No. XXIII. STUDIES AND NOTES SUPPLEMENTARY TO 
STUBBS' CONSTITUTIONAL HISTORY. Vols. I. and IL, 
Consisting of Nos. VIL and XXII. of the Historical Séries 
in one vol. 8vo, pp. xx. 316, 9s. net. 1914- 



MANCHESTER UNIYERSITY PRESS u 



HISTORICAL SERIES 

No. XXIV. GERMANY IN THE NINETEENTH CENTURY. 
A Second Séries of Lectures containing contributions by 
Professor A. S. Peake on Theology, Dr. Bernard Bosanquet 
on Philosophy, and F. Boxa vu on Music. With a Prefatory 
Note by Professor T. F. Tout, M. A., F.B.A. 8vo, pp. xxi. 
124. 3s. 6d. net. 1015- 

No. XXV. GERMANY IN THE NINETEENTH CENTURY. 
Consisting of Nos. XIII. and XXIV of the Historical Séries 
in one vol. 8vo, pp. xxiii. 266, 6s. net. 1915- 

No. XXVI. THE INCENDIUM AMORIS OF RICHARD 
ROLLE OF HAMPOLE. Edited with Introduction and 
Notes by Margaret Deaxesly, History Mistress in the 
Manchester High School for Girls. 8vo, pp. xxiii. 284, 
with a plate. 10s. 6d. net. IQI5- 

No. XXVII. BELGIAN DEMOCRACY, ITS EARLY HIS- 
TORY. Being a translation of " Les Anciennes Démocraties 
des Pays Bas." By H. Pirexxe, Professor of Mediseval 
and Belgian History in the University of Ghent. Translated 
by J. V. Saunders, M. A. Cr. 8vo. 4s. 6d. net. 1915. 

No. XXVIII. A SHORT HISTORY OF MANCHESTER. By 

F. A. Bruton, M.A. [In the Press. 

MEDICAL SERIES 

No. I. SKETCHES OF THE LIVES AND WORK OF THE 
HONORARY MEDICAL STAFF OF THE ROYAL 
INFIRMARY. From 1752 to 1830. By E. M. Brockbank, 
M.D., M.R.C.P. Crown 4to (illustrated), pp. vii. 311. 15s. 
net. 1904. 

No. IL PRACTICAL PRESCRIBING AND DISPENSING. 
For Médical Students. By William Kirkby, sometime 
Lecturer in Pharmacognosy in the Owens Collège, Man- 
chester. Crown 8vo, pp. iv. 194. 5s. net. 

Second Edition, 1906. 

No. III. HANDBOOK OF SURGICAL ANATOMY. By 

G. A. Wright, B.A., M.B. (Oxon.), F.R.C.S., Emeritus 
Professor of Systematic Surgery, and C. H. Preston, M.D., 
F.R.C.S., L.D.S., Lecturer on Dental Anatomy in the Univer- 
sity. Crown 8vo, pp. ix. 205. 5s. net. Second édition. 

1905. 



PUBLICATIONS OF THE 



MEDICAL SERIES 

No. IV. A COURSE OF INSTRUCTION IN OPERATIVE 
SURGERY in the University of Manchester. By William 
Thorburn, M.D., B.S. (Lond.), F.R.C.S., Professor of 
Operative Surgery in the University. Crown 8vo, pp. 75 
(interleaved) , 26 Figures in the Text. 2s. 6d. net. 1906. 

No. V. A HANDBOOK OF LEGAL MEDICINE. By W.' 
Sellers, M.D. (London), Professor of Forensic Medicine in 
the University. With 7 Illustrations. Crown 8vo, pp. vii. 
233. 7s. 6d. net. 1906. 

No. VI. A CATALOGUE OF THE PATHOLOGICAL 
MUSEUM OF THE UNIVERSITY OF MANCHESTER. 
Edited by J. Lorrain Smith, M. A., M.D. (Edin.), Professor 
of Pathology in the University of Edinburgh ; late Professor 
of Pathology in the University of Manchester. Crown 4to, 
1260 pp 7s. 6d. net. 1906. 

No. VIL TEXT BOOK ON DISEASES OF THE HEART. 
By Graham Steell, M.D., F.R.C.P., Emeritus Professor of 
Medicine in the University. Crown 8vo, pp. xii. 389, n 
plates (5 in colours), and 100 illustrations in the text. 
7s. 6d. net. 1906. 

No. VIII. JULIUS DRESCHFELD. IN MEMORIAM. 
Médical Studies by his colleagues and pupils at the Man- 
chester University and the Royal Infirmary. Impérial 8vo, 
pp. vi. 246. With 44 Plates. 10s. 6d. net. 1908. 

No. IX. HANDBOOK OF INFECTIOUS DISEASES. By 
R. W. Marsden, M.D. Crown 8vo, pp. vi. 296. 5s. net. 

1908. 

No. X. LECTURES ON THE PATHOLOGY OF CANCER. 
By Charles Powell White, M. A., M.D., F.R.C.S., Spécial 
Lecturer in Pathology in the University. Impérial 8vo, pp. 
x - 83, 33 plates. 3s. 6d. net. 1908. 

No. XL SEMMELWEIS : HIS LIFE AND HIS DOCTRINE. 
A chapter in the history of Medicine. By the late Professor 
Sir William J. Sinclair, M. A., M.D. Impérial 8vo, pp. x. 
369, 2 plates. 7s. 6d. net. 1909. 

No. XII. MODERN PROBLEMS IN PSYCHIATRY. By E. 
Lugaro, Professor of Nervous and Mental Diseases in the 
University of Modena. Translated from the Italian by 
David Orr, M.D., Assistant Médical Officer and Pathologist 
to the County Asylum, Prestwich; and R. G. Rows, M.D., 
Assistant Médical Officer and Pathologist to the County 
Asylum, Lancaster. With an Introduction by Sir T. S. 
Clouston, M.D., late Physician Superin tendent, Royal 
Asylum, Morningside, Edinburgh. Impérial 8vo, pp. viii. 
305, 8 plates. 7s. 6d. net. Second Impression, 1913. 



MANCHESTER UNIYERSITY PRESS 13 

MEDICAL SERIES 

No. XIII. FEEBLEMINDEDNESS IN CHILDREN OF 
SCHOOL AGE. By C. Paget Lapage, M.D., M.R.C.P., 
Lecturer in Diseases of Children in the University. With 
an Appendix on Treatment and Training by Mary Dendy, 
M. A. Crown 8vo. Second édition in préparation. 5s. net. 

No. XIV. DISEASES OF THE NERVOUS SYSTEM. By 
Judson S. Bury, M.D. (Lond.), F.R.C.P., late Professor of 
Clinical Medicine. Demy 8vo, pp. xx. 788, with 216 Illus- 
trations. 15s. net. 1912. 

No. XV. THE CLINICAL ANATOMY OF THE GASTRO- 
INTESTINAL TRACT. By T. Wingate Todd, M.B., Ch.B., 
F.R.C.S., Professor of Anatomy in the Western Reserve 
University, Cleveland, U.S. A. ; late Lecturer in Anatomy in 
the University of Manchester. Crown 8vo, with 32 illus- 
trations. 6s. net. 1915- 

PHYSICAL SERIES 

No. I. THE PHYSICAL LABORATORIES OF THE UNI- 
VERSITY OF MANCHESTER. A record of 25 years' 
work. Demy 8vo, pp. viii. 142, with a Photogravure, 
10 Plates, and 4 Plans. 5s. net. 1906. 

This volume contains an illustrated description of thePhysical 
Electrical Engineering, and Electro-Chemistry Laboratories of 
the Manchester University, also a complète Biographical and 
Bibliographical Record of those who hâve worked in the Physics 
Department of the University during the past 25 years. 

No. II. LABORATORY EXERCISES IN PHYSICAL 
CHEMISTRY. By J. N. Pring, D.Sc, Lecturer and 
Demonstrator in Electro-Chemistry in the University. 
Crown 8vo, pp. xiv. 164, with 27 diagrams. 4s. net. 

1912. 

PUBLIC HEALTH SERIES 

No. I. ARCHIVES OF THE PUBLIC HEALTH LABORA- 
TORY OF THE UNIVERSITY OF MANCHESTER. 
Edited by A. Sheridan Delepine, M. Se, M.B., Ch.M., 
Director of the Laboratory and Proctor Professor of Com- 
parative Pathology and Bacteriology in the University. 
Crown 4to, pp. iv. 451. £1. is. net. 1906. 



14 PUBLICATIONS OF THE 

THEOLOGICAL SERIES 

No. I. INAUGURAL LECTURES delivered during the Session 
I 9°4-5» by the Prof essors and Lecturers of the Faculty of 
Theology, viz. : — 

Prof. T. F. Tout, M.A. ; Prof. A. S. Peake, D.D. ; Prof. 
H. W. Hogg, M.A.; Prof. T. W. Rhys Davids, LL.D. ;- 
Rev. W. F. Adeney, D.D. ; Rev. A. Gordon, M.A. ; Rev. L. 
Hassé, B.D. ; Rev. Canon E. L. Hicks, M.A. ; Rev. H. D. 
Lockett, M.A. ; Rev. R. Mackintosh, D.D. ; Rev. J. T. 
Marshall, D.D. ; Rev. J. H. Moulton, D.Litt. 
Edited by A. S. Peake, D.D., Dean of the Faculty. 
8vo, pp. xi. 296. 7s. 6d. net. 1905. 

No. II. THE ARIAN MOVEMENT IN ENGLAND. By Rev. 
J. Hay Colligan, M.A. Crown 8vo, pp. x. 176. 3s. 6d. net. 

1913- 

LECTURES 

No. I. GARDEN CITIES (Warburton Lecture). By Ralph 
Neville, K.C. 6d. net. (1905.) 

No. IL THE BANK OF ENGLAND AND THE STATE. 
By Sir Feux Schuster. 6d. net. (Ï905-) 

No. III. BEARING AND IMPORTANCE OF COMMERCIAL 
TREATIES IN THE TWENTIETH CENTURY. By Sir 
Thomas Barclay. 6d. net. (1906.) 

No. IV. THE SCIENCE OF LANGUAGE AND THE STUDY 
OF THE GREEK TESTAMENT. By James Hope Moulton, 
M.A., Litt.D. 6d. net. (1906.) 

No. V. THE GENERAL MEDICAL COUNCIL : ITS 
POWERS AND ITS WORK. By Sir Donald Macalister. 
6d. net. 1906. 

No. VI. THE CONTRASTS IN DANTE. By the Hon. 
William Warren Vernon, M.A. 6d. net. (1906.) 

No VIL THE PRESERVATION OF PLACES OF INTEREST 
OR BEAUTY. By Sir Robert Hunter. 6d.net. (1907.) 

No. VIII. ON THE LIGHT THROWN BY RECENT IN- 
VESTIGATIONS ON ELECTRICITY ON THE RELATION 
BETWEEN MATTER AND ETHER (Adamson Lecture). 
BySirJ.J. Thomson, O.M., D.Sc, F.R.S. 6d.net. (1908.) 

No. IX. HOSPITALS, MEDICAL SCIENCE, AND PUBLIC 
HEALTH. By Sir Clifford Allbutt, K.C.B., M.D. 
6d. net. (1908.) 



MANCHESTER UNIYERSITY PRESS 15 

LECTURES 

No. X. ENGLISH POETRY AND GERMAN PHILOSOPHY 
IN THE AGE OF WORDSWORTH (Adamson Lecture). 
By A. C. Bradley, Litt.D. 6d. net. (1909.) 

No. XI. THE EVOLUTION OF SURGERY. By William 
Thorburn, F.R.C.S. 6d. net. (1910.) 

No. XII. LEIBNIZ AS A POLITICIAN (Adamson Lecture). 
By Sir A. W. Ward, Litt.D., F.B.A. 6d. net. (19"-) 

Nos. XIII and XIV. OLD TOWNS AND NEW NEEDS, by 
Paul Waterhouse, M.A., F.R.I.B.A., and THE TOWN 
EXTENSION PLAN, by Raymond Unwin, F.R.I.B.A. 
(Warburton Lectures) . ivol. lllustrated. is.net. (1912.) 

No. XV. UNIVERSITY EDUCATION FOR WOMEN. By 
Mrs. Henry Sidgwick, Litt.D. 6d. net. (1913O 

No. XVI. THE DISTINCTION BETWEEN MIND AND ITS 
OBJECTS (Adamson Lecture). By Bernard Bosanquet, 
M.A., F.B.A. Cr. 8vo, cloth. is. 6d. net. (i9!3-) 

No. XVII. EDUCATION AS THE TRAINING OF PERSON- 
ALITY. An Inaugural Lecture. By H. Bompas Smith, 
M. A. 6d. net. (i9*3-) 

No. XVIII. LECTURES ON HOUSING (Warburton Lectures). 
By B. Seebohm Rowntree and A. C. Pigou. Cr. 8vo, cloth. 
is. 6d. net. 1914. 

Publications relating to the University of 
Manchester. 

CALENDAR OF THE UNIVERSITY OF MANCHESTER. 
Issued at the beginning of each Session. Demy 8vo, cloth. 

Session 1904-5 - 3s. od. net. 

Session 1905-6 - 3s. od. net. 

Session 1906-7 - 3s. od. net. 

Session 1907-8 - 3s. od. net. 

Session 1908-9 - 3s. od. net. 

Session 1909-10 - 3s. od. net. 

Session 1910-11 - 3s. od. net. 

Session 1911-12 - 3s. od. net. 

Session 1912-13 - 2s. 6d. net. 

Session 1913-14 - 2S. 6d. net. 

THE OWENS COLLEGE, ITS FOUNDATION AND ITS 

GROWTH AND ITS CONNECTION WITH THE 
VICTORIA UNIVERSITY. By Joseph Thomson. With 
7 illustrations. Demy 8vo, pp. xvi. 671 18s. net. 1886. 



i6 PUBLICATIONS OF THE 

THE UNIVERSITY OF MANCHESTER MEDICAL SCHOOL. 
pp. 56, with 17 illustrations. Cloth 6d. net. 

THE UNIVERSITY MAGAZINE. Published fortnightly during 
Term. 3d. each number. Annual subscription, 2s. 6d v or 
3s. 4d. post free. 

A SELECTION OF VERSES FROM *' THE MANCHESTER" 
UNIVERSITY MAGAZINE," from 1868 to 191 2. Edited 
by H. B. Charlton, B.A., and O. C. de C. Ellis, B.Sc., 
with. a Préface by Sir Alfred Hopkinson, Vice-Chancellor 
from 1898 to 1913. Crown 8vo, pp. xvi. 235. 4s. 6d. net. 

1913- 

STUDIES FROM THE ANATOMICAL DEPARTMENT. 
Edited by the late Prof essor A. H. Young, F.R.C.S. Demy 
8vo, paper covers. 

Vol. I. Pp. iv. 257, with 7 plates. 7s. 6d. net. (1891.) 

Vol. IL Pp. vi. 257, with 6 plates. 7s. 6d. net. (1900.) 

For Vol. III, see page 3. 

STUDIES FROM THE BIOLOGICAL LABORATORIES. 
Vol. I. Pp. viii. 330, with 14 plates, edited by Professor 

Milnes Marshall. 7s. 6d. net. (1886.) 

Vol. IL Pp. iv, 268, with 15 plates, edited by Professor 

Milnes Marshall. [Out of print. 

Vol. III. Pp. viii. 288, with 16 plates, edited by Professor 

S. J. Hickson. 7s. 6d. net. (!895-) 

Vol. IV. Pp. viii. 233, with 22 plates, edited by Professor 

S. J. Hickson. 7s. 6d. net. 1899. 

STUDIES FROM THE PHYSICAL AND CHEMICAL LABO- 
RATORIES. Vol. I. Pp. viii. 320, illustrated. Edited by 
Professors A. Schuster and H. B. Dixon. 5s. net. (1893.) 

EXAMINATION PAPERS SET FOR THE VARIOUS 
DEGREES AND SCHOLARSHIPS OF THE UNIVER- 
SITY are now published annually, starting from Session 
1911 — 1912, at the following priées : — 

Scholarships and Prizes ... Price 6d. net; Post 2d. 
Faculties of Law, Music and Theology 
Entrance Scholarships - - - - 
Faculties of Art and Commerce - 

(in one volume) 
Department of Education - 
Faculty of Medicine - 



6d. „ 


„ 2d. 


6d. „ 


„ 2d. 


1/- „ 


„ 6d. 


4 d. „ 


„ id. 


1/- „ 


„ 2d. 



MANCHESTER UNIYERSITY PRESS 17 

Faculties of Science and Technology - „ 1/- „ „ 4d. 

(1911 — 1912 only, in one volume) 

Faculty of Science - - - - ,, 6d. „ ,, 3d. 

Faculty of Technology ... „ 6d. „ „ 3d. 

THE REGISTER OF GRADUATES OF THE UNIVERSITE 
OF MANCHESTER UP TO JULY, 1908. 2s. 6d. net; 
cloth, 3s. 6d. net. 



Publications of the John Rylands Library 

CATALOGUE OF THE PRINTED BOOKS AND MANU- 
SCRIPTS IN THE JOHN RYLANDS LIBRARY, MAN- 
CHESTER. 1899. 3 vols. 4to. 31s. 6d. net. 

CATALOGUE OF BOOKS IN THE JOHN RYLANDS 
LIBRARY . . . PRINTED EN EXGLAND, SCOTLAND, 
AND IRELAND, AND OF BOOKS IN ENGLISH 
PRINTED ABROAD, TO THE END OF THE YEAR 1640. 
1895. 4*0, pp. iii- 147. ios. 6d. net. 

THE ENGLISH BIBLE IN THE JOHN RYLANDS LIBRARY, 
1525 to 1640. With 26 facsimiles and 39 engravings. 
[Printed for private circulation.] 1899. Folio, pp. xvi. 275. 
In levant Morocco, 5 guineas net. 

THE JOHN RYLANDS LIBRARY. ... A brief historical 
description of the Library and its contents, with Catalogue 
of the sélection of early printed Greek and Latin Classics 
exhibited on the occasion of the visit of the Classical 
Association. . . . 1906. 8vo, pp. 89. Illus. is. net 

THE JOHN RYLANDS LIBRARY. . . . Catalogue of an 
Exhibition of Illuminated Manuscripts, principally Biblical 
and Liturgical, on the occasion of the Church Congress. 
1908. 8vo, pp. vi. 82. 6d. net. 

THE JOHN RYLANDS LIBRARY. . . . Catalogue of an 
Exhibition of original éditions of the principal works of 
John Milton arranged in célébration of the tercentenary of 
his birth. 1908. 8vo, pp. 24. 6d. net. 

THE JOHN RYLANDS LIBRARY. . . . Catalogue of an 
Exhibition of the works of Dante Alighieri [with list of a 
sélection of works on the study of Dante]. 1909. 8vo, pp. 
xii. 55. 6d. net. 

THE JOHN RYLANDS LIBRARY. . . . Catalogue of an 
Exhibition of original éditions of the principal English 
Classics [with list of works for the study of English litera- 
ture]. 1910. 8vo, pp. xvi. 86. 6d. net. 



PUBLICATIONS OF THE 



A CLASSIFIED CATALOGUE OF THE WORKS ON 
ARCHITECTURE AND THE ALLIED ARTS IN THE 
PRINCIPAL LIBRARIES OF MANCHESTER AND 
SALFORD, with Alphabetical author list and subject 
index. Edited for the Architectural Committee of Man- 
chester by Henry Guppy and Guthrie Vine. 1909. 8vo, 
pp. xxv. 310. 3s. 6d. net, or interleaved 4s. 6d. net. 

THE JOHN RYLANDS LIBRARY. ... An analytical cata-" 
logue of the contents of the two éditions of " An English 
Garner," compiled by Edward Arber (1877-97), an <i r e- 
arranged under the editorship of Thomas Seccombe (1903-04). 
1909. 8vo, pp. viii. 221. is. net. 

BULLETIN OF THE LIBRARY. 

Vol. I. (1903-08). 4to, pp. 468. 6s. net. 
Vol. IL, No. 1 (October, 1914). Ryl. 8vo, pp. 98, 1 plate. 
6d. net. 

AN ACCOUNT OF A COPY FROM THE FIFTEENTH 
CENTURY [now in the John Rylands Library] of a map of 
the world engraved on métal, which is preserved in 
Cardinal Stephen Borgia's Muséum at Velletri. By A. E. 
Nordenskiôld (copied from " Ymer," 1891). Stockholm, 
1891. 4to, pp. 29, and facsimile of map. 7s. 6d. net. 

CATALOGUE OF THE COPTIC MANUSCRIPTS IN THE 
JOHN RYLANDS LIBRARY. By W. E. Crum. 1909. 
4to, pp. xii. 273. 12 plates of facsimiles, in collotype 
1 guinea net. 

CATALOGUE OF THE DEMOTIC PAPYRI IN THE JOHN 
RYLANDS LIBRARY. With facsimiles and complète 
translations. By F. Ll. Griffith. 1909. 3 vols. 4to 
3 guineas net. 

1. Atlas of facsimiles in collotype. 

2. Lithographed hand copies of the earlier documents. 

3. Key-list, translations, commentaries, and indexes. 
CATALOGUE OF THE GREEK PAPYRI IN THE JOHN 

RYLANDS LIBRARY. By Arthur S. Hunt. 
Vol. I. Literary Texts (Nos. 1-61). 1911. 
4to, pp. xii. 204. 10 plates of facsimiles in collotype. 
1 guinea net. 
Vol. IL Non-Literary Documents. [In Préparation. 

Vol. III. Non-Literary Documents. [In Préparation. 

CATALOGUE OF AN EXHIBITION ILLUSTRATING THE 
HISTORY OF THE TRANSMISSION OF THE BIBLE. 
Arranged for the Tercentenary of the Authorised Version. 
With plates in facsimile. Demy 8vo. 6d. net. 

CATALOGUE OF AN EXHIBITION OF MEDIEVAL MANU- 
SCRIPTS AND BOOK COVERS. Arranged for the 
occasion of the Manchester Meeting of the Historical 
Association. Demy Svo. 6d. net 



MANCHESTER UNIYERSITY PRESS 19 

THE JOHN RYLANDS LIBRARY. A Brief Historical 
Description of the Library and its contents, with Illustrated 
Catalogue of a Sélection of Manuscripts and Printed Books 
exhibited in the main Library, with Plates. Demy 8vo. 
6d. net. 

THE MODERN GREEK AND HIS ANCESTRY. By Professor 
Albert Thtjmb. Reprinted from the Bulletin. 8vo, paper 
covers. 6d. net. 

THE ORIGIN OF THE CULT OF DIONYSOS. By Dr. J. 
Rexdel Harris. Reprinted from the Bulletin. 8vo, paper 
covers. 6d. net. 

BIBLIOGRAPHICAL NOTES FOR STUDENTS OF THE 
NEW TESTAMENT. By Professor A. S. Peake. Reprinted 
from the Bulletin. 8vo, paper covers. 3d. net. 



The John Rylands Facsimiles. 

A séries of reproductions of unique and rare books in the 
possession of the John Rylands Library. 

The volumes consist of minutely accurate facsimile pro- 
ductions of the works selected, preceded by short biblio- 
graphical introductions. 

The issue of each work is limited to five hundred copies, 
of which three hundred are ofïered for sale. 

1. PROPOSITIO JOHANNIS RUSSELL, printed by William 

Caxton, circa a.d. 1476. Reproduced from the copy pre- 
served in the John Rylands Library. . . . With an introduc- 
tion by Henry Guppy. 1909. 8vo, pp. 36, 8. 3s. 6d. net. 

2. A BOOKE IN ENGLYSH METRE, of the Great Marchaunt 

man called " Dives Pragmaticus ". . . . 1563. Reproduced 
in facsimile from the copy in the John Rylands Library. 
With an introduction by Percy E. Newbery ; and remarks 
on the vocabulary and dialect, with a glossary by Henry C. 
Wyld. 1910. 4to, pp. xxxviii. 16. 5s. net. 

3. A LITIL BOKE the whiche traytied and reherced many gode 

thinges necessaries fer the . . . Pestilence . . . made by 
the . . . Bisshop of Arusiens. . . [Londou], [1485 ?] Repro- 
duced in facsimile from the copy in the John Rylands 
Library. With an introduction by Guthrie Vine. 1910. 
4to, pp. xxxvi. 18. 5s. net. 



PUBLICATIONS OF THE 



Miscellaneous. 

BRITAIN'S CASE AGAINST GERMANY. An Examination 
of the Historical Background of the German Action in 1914. 
By Ramsay Muir, Professor of Modéra History in the 
University. Cr. 8vo, pp. x. 198. Paper covers, 2s. net ; 
cloth, 2s. 6d. net. 1914. - 

A POCKET SYNOPSIS OF THE FAMILIES OF BRITISH 
FLOWERING PLANTS : Based upon the System of Engler. 
By W. B. Grove, M. A., Lecturer in Botany at the Bir- 
mingham Municipal Technical School. Paper boards. is. 
net. 1915. 

THE ELLESMERE CHAUCER : Reproduced in Facsimile. 

Price ^50 net. 
LE PELERIN DE VIE HUMAINE. (Privately printed for the 

Roxburghe Club). 

TRANSACTIONS OF THE INTERNATIONAL UNION FOR 

CO-OPERATION IN SOLAR RESEARCH. 

Vol. I, First and Second Conférences. Demy 8vo, 260 pp. 
and plate. 7s. 6d. net. 

Vol. II, Third Conférence. Demy 8vo, 244 pp. 7s. 6d. net. 

Vol. III, Fourth Conférence. Demy 8vo, 232 pp. 7s. 6d. net. 

Vol. IV, Fifth Conférence. Demy 8vo, pp. — . 10s. net. 
EXCAVATION OF THE ROMAN FORTS AT CASTLESHAW 

(near Delph, West Riding), by Samuel Andrew, Esq., and 

Major William Lees, J.P. First Intérim Report, prepared 

by F. A. Bruton, M. A. Demy 8vo, pp. 38, 20 plates and 

plans, is. net. 
EXCAVATION OF THE ROMAN FORTS AT CASTLESHAW 

(near Delph, West Riding), by Samuel Andrew, Esq., and 

Major William Lees, J.P. Second Intérim Report, prepared 

by F. A. Bruton, M. A. Demy 8vo, pp. 93, 45 plates and 

plans. 3s. 6d. net. 
THE ROMAN FORT AT MANCHESTER. Edited by F. A. 

Bruton, M. A. Demy 8vo. 6s. net. 
THE ROMAN FORT AT RIBCHESTER. Edited by J. H. 

Hopkinson, M. A. Demy 8vo. 6d. net. 
THE MOSTELLARIA OF PLAUTUS. Acting édition with a 

translation into English verse. Edited by Professor G. 

Norwood, M. A. is. net. 



MANCHESTER UNIYERSITY PRESS 21 

THE BOOK OF RUTH (Unpointed Text). and edn., 8vo, half 

cloth. gd. net. 
THE BOOK OF AMOS (Unpointed Text). 6d. net. 
THE BOOK OF JUDGES (Unpointed Text) . is. net. 

THE SECOND BOOK OF KINGS. Cap. 15— Cap. 17. (Un- 
pointed Text.) 4d. net. 

SCENES FROM THE RUDENS OF PLAUTUS, with a Trans- 
lation into English verse. Edited by Prof essor R. S. 
Conway, Litt.D. 6d. net. 

THE POEMS OF LEOPARDI. By Francis Brooks, M.A. 
3s. 6d. net. 

A TARDINESS IN NATURE AND OTHER PAPERS. By 
Mary Christie. Edited, with Introductory Note and 
Memoir, by Maud Withers. Crown 8vo, 331 pp. 3s. net. 

MUSICAL CRITICISMS. By Arthur Johnstone. With a 
Memoir of the Author by Henry Reece and Oliver Elton. 
Crown 8vo, 225 pp. 5s. net. 

MANCHESTER BOYS. By C. E. B. Russell. With an Intro- 
duction by E. T. Campagnac. Crown 8vo, pp. xvi. 176, 19 
plates. 2s. 6d. net. Cheap édition, is. net. 

MANCHESTER BANKS : ANALYSIS OF THE PUBLISHED 
BALANCE SHEETS FOR 1908, 1909, 191°, 19". and *9"- 
By D. Drummond Fraser, M. Corn. is. net each. 

MATERIALS FOR THE STUDY OF HEBREW COMPOSI- 
TION. Adapted and arranged by M. A. Canney, M. A., 
Prof essor of Semitic Languages and Literatures. One vol. 
pp. viii. 52, interleaved. Paper covers, is. net. 

JOURNAL OF THE MANCHESTER ORIENTAL SOCIETY, 
No. 1, 191 1. Pp. xvi. 162, with 8 illustrations. Paper 
cover, 5s. net. 

JOURNAL OF THE MANCHESTER EGYPTIAN AND 
ORIENTAL SOCIETY. 8vo, paper, 5s. net. Published 
annually, beginning with the year 1912-13. 

THE POETRY OF CATULLUS. A Lecture by Professor D. A. 
Slater. 6d. net. 

THE REPAYMENT OF LOANS OF LOCAL AUTHORITIES 
and of Commercial and Financial Undertakings. By E. 
Hartley Ttjrner, A.C.A. Demy8vo,536pp. Cloth, 21s. net. 



22 PUBLICATIONS OF THE 

LIST OF PAST AND PRESENT MEMBERS OF THE 
UNIVERSITY SERVING WITH H.M. FORCES IN THE 
WAR. Oblong, 4*0, paper covers. 6d. net. 

ADDRESS PRESENTED TO THE UNIVERSITY OF 
LOUVAIN BY THE UNIVERSITY OF MANCHESTER. 
Written at the request of the Senate by Prof essors R. S. . 
Conway and W. B. Anderson. Crown 8vo, paper covers. 
6d. net. 

MUSEUM HANDBOOKS 

W. E. HoylE. Handy Guide to the Muséum [15] id. 

W. E. Hoyle. General Guide to the Natural History 

Collections (Illustrated) [26] 6d. 

S. J. Hickson. Outline Classification of the Animal 

Kingdom [14] New (4th) Edition, interleaved 

6d. each, 5/- doz. 
F. E. Weiss. Outline Classification of the Vegetable 

Kingdom [5] (out of print) 2d. 

S. J. Hickson. Catalogue of the Embryological Models 

[40] 2S. 

H. Bolton. Catalogue of the Type Fossils [6] (out of 

Print) 2S. 

— Supplementary List of Type Fossils 6d. 

W. E. Hoyle. Catalogue of the Muséum Library [12] ... 2s. 6d. 
J. C. Melvill and R. Standen. Catalogue of the 

Hadfield Collection of Shells (Part I.) 2 Plates [n] 

{Out of print) is. 

J. C. Melvill and R. Standen. Catalogue of the 

Hadfield Collection of Shells (Parts II & III.) 3 

Plates [16] 2S. 

J. C. Melvill and R. Standen. The Marine Mollusca 

of Madras, Marine Shells from Lively Island, Falk- 

lands, etc. [24] is. 

C. D. Sherborn. Index to the " Systema Naturse " of 

Linnaeus [25] 3s. 6d. 

H. Bolton. Nomenclature of the Seams of the Lan- 

cashire Lower Coal Measures [22] is. 

B. Hobson. Corrélation Tables of British Strata [34] ... 5s. 

H. Bolton. The Palseontology of the Lancashire Coal 

Measures (Part I.) [50] is. (Parts II. and III.) [56] 

{Out of print) 

J. C. Melvill. A Brief Account of the Cosmo Melvill 

Herbarium [54] 6d. 

F. E. Weiss. Chapters from the Evolution of Plants [64] 6d. 
W. H. Pearson. Catalogue of Hepaticœ (Anacrogynae) 

in the Manchester Muséum [67] 6d. 

Margaret A. Murray. The Tomb of Two Brothers, an 

account of two mummies unrolled at the Muséum 

in 1908 [68] 5S- 

A. S. Griffith. Catalogue of Egyptian Antiquities [70] is.6d. 



MANCHESTER UNIYERSITY PRESS 23 



MUSEUM LABELS 

The following setr. of Labels hâve been published by the 
Muséum, and may be had at the priées affixed on application 
to the Keeper, post free if cash is sent with order : — 
Descriptive Labels of the Sub-classes and Orders of 

Mammals, on sheets about 10 inches by 8 inches 15s. 
The Families of Mammals, according to Flower and 

Lydekker, in £-inch block letters, red ink 10s. 6d. 

The Families of Birds according to the British 

Muséum Catalogue, in similar style ios.6d. 

The Principal Families of Fishes, according to 

Boulenger, Camb. Nat. Hist., in similar style ... 10s. 6d. 
Map of the World, illustrating distribution in space 

and time (per hundred) 5s. 

The Principal Divisions of Coleoptera, in labels 4 

inches long, red or black [29] 3d. 

The Principal Divisions of Lepidoptera, in similar 

style [35] 3 d. 

The Families of Worms, in similar style [32] 6d. 

The Principal Divisions of the Cœlenterata [61] is. 

The Principal Divisions of Amphibians and Reptiles 



Notes from the Manchester Muséum 

1— T. H. Huxley. Suggestions for a Natural History 

Muséum in Manchester [17] 6d 

2 — Thomas Hick. On Rachiopteris cylindrica Will. [18] 6d. 

3— S. J. Hickson. On the Ampullae of Millepora [19] ... 6d. 

4 — H. Bolton. Descriptions of Brachiopoda and Mol- 

lusca from the Millstone Grit, etc. [20] is. 

5— H. Bolton. Palaeontology of the Manx Slates [27] ... is 
6 — A. C. Seward. Notes on some Jurassic Plants in 

the Manchester Muséum [30] (out of print) 

7— W. Boyd Dawkins. On the Cairn and Sepulchral 

Cave at Gop, near Prestatyn [36] (out of print) ... 6d. 
8 — F. E. Weiss. On Xenophyton radiculosum (Hick) [37] is. 
9— W. E. Hoyle. British Cephalopoda [39] (oui of print) 6d 
10— W. Boyd Dawkins. The Red Sandstone Rocks of 

Peel (Isle of Man) [41] is 

11— W. Boyd Dawkins. Carboniferous, Permian and 

Triassic Rocks of the Isle of Man [42] 6d. 

12— W. Boyd Dawkins. On Bigbury Camp and the Pil- 

grim's Way [43] is. 



24 MANCHESTER UNIYERSITY PRESS 

13 — W. E. Hoyle. The Use of Muséums in Teaching 

[44] (out of print) 

14 — W. E. Hoyle. The Type Spécimen of Loligo 

eblanse [45] 6d 

15 — J. R. Hardy. The Macro-Lepidoptera of Sherwood 

Forest [46] (out of print) 

16 — W. Boyd Dawkins. Discovery of an Ossiferous 

Pliocène Cavern at Doveholes [47] is. 

17 — W. Boyd Dawkins. On the Discovery of Elephas 

antiquus at Blackpool [51] 6d. 

18 — W. E. Hoyle. A Diagnostic Key to the Gênera of 

Récent Dibranchiate Cephalopoda [52] is. 6d. 

19 — Theophilus D. Pinches. The Hymns to Tammuz [55] 3s. 6d. 

20 — W. E. A. Axon. Votive Rag-Branches and Prayer- 

Stick [58] is. 

21 — W. E. Hoyle. The Education of a Curator [60] ... 6d. 
22 — R. Standen. Glue and Turpentine Cernent for Alco- 

holic Mounts [65] 6d. 

Reports on the Progress of the Muséum 

1889-1914 (Published Yearly) (each) 6d. 



PQ 


Guiot, de Provins 


H83 


Les oeuvres de Guiot de 


G8 


Provins 


1915 





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