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Full text of "Les oeuvres dHorace, latin et françois ... de la version de M. de Marolles, abbé de Villeloin"

V 







LES 



ŒVVRES 

D'HORACE 

- _ y 

LATIH ET FfUWCOlS, 

CONTENANT 

LES ODES ET LES EPODES. 

De là Verfon de M. b E M A R O LL E s 
Jihbé de Villeloin. 







A PARIS, 

Chez Tovssainct Qvinet au Palais, en la 

Galleric des Merciers , fous la montée de la 

Cour des Aydes. 

M. D C. LU. 
AVEC PRIVIL&GE. VV ROY, 






II 



m • % 




SON ALTESSE ROYALE 

MONSEIGNEVR 

1EDVC 

D'ORLEANS 




0NSE1GNEVR 



Apres auoir publié quelques. 
oum 'âges fous les augures noms 

a iij 



E P I S T R E. 
du Roy & de la Reyne-, les obli- 
gations qu'a toute la France de 
rendre àvoflre Alteffe Royale les 
tres-humbles reffecs qui luy font 
deubs , & qui engagent chaque 
particulier de luy donner de tout 
fin pouuoir des marques de fa re- 
connoijfance & de fin rejfenti- 
ment, pour les biens quelle s'effor- 
ce continuellement de procurer à 
l'Eflat i m'ont fait prendre la bar» 
dieffe de luy prefenter l %r vnique 
Ad ufe lyrique des Latins qui com- 
mença de paroiftre en Italie y il y 
a prés de dixfêpt cent ans. Elle 
eft tyeftuè à la vérité d'vne m&de 
nouuelle , & quoy que ce ne foit 
pas auec tous les ornemens de fa 
iemejjè (car ils eftoientjî magni- 
fiques & fi pompeux qu'il ny en 



E F I S T R E. 
s point eu depuis qui les ait pu 
égaller) fi efc*ce que c'efi d'vne 
façon proportionnée a fa taille & 
à l'air de fon vifage. De forte 
que fi elle fè peut promettre de ne~ 
fire point méconnue de vojire Al- 
tejfe Royale qui aime toutes les 
belles chofes , & qui fè connoift 
parfaitement en toutes celles qui 
nous viennent de £ Antiquité , te 
ne defefpere pas quelle n'en /oit 
fupportée , & qu'elle ne trouue 
dans le public vn fauorable ac- 
cueil ', fous la protection devoflre 
grand nom. Certes , MO N- 
S E IGNE V R , te meftime- 
rois bien glorieux, fi par mes foins, 
iauois pu faire quelque chofè qui 
ne déplu fb pas à vofire Altejfe 
Royale x a quoy toutes les me^ 

a iiij 



E P I S T K E. 

uciilcuft's qualités de fbn efj>rit y 
& de fa perfonne m'ont forte- 
ment follicité , quand la gloire de 
fa haute naiffance , & tous les 
allant âge s d'vn beau naturel x 
joints à <vne genereufe bonté, (5 
à vne douceur fans exemple qui 
gagnent les cœurs de tout le mon- 
de , ne ni en aur oient pas fait 
conceuoir le deffein. Jiu re/te, 
MO NSEIGNEFR , nous 
regardons auec^ admiration <vo- 
fire prudence parmi les plus grands 
troubles des affaires : fi nous re- 
payons la vue fur ïhiftoire de 
'vos trauerfes , & de vos actions 
guerrières. , nous en fommes émer- 
ueillez>: nous ne fç aurions douter 
de la fermeté de voflre courage, 
& de la fincerité de vofire foy : 



E P I S T R E. 
La Renommée nous apprend que 
ryoftre confiance efi inébranlable, 
& qu'il n'y a point de maifonpar* 
ticuliere fur la terre , ou l'abord 
foit fi facile que dans vofire grand 
Tœlaù. Il n'y en a pas vne auff- 
fi, où la Concorde & ÏVnion con- 
iugale fleurirent dauantage que 
dans <voftre famille Royale, à la- 
quelle il femble que le Ciel pro- 
mette autant de Royaumes qu'il 
y a de te fie s couronnées qui la 
compofent. M. a is ce ri 'efi pas dié% 
âmes vulgaires a pénétrer dans 
les fecrets des Dieux : il fuffit d'en 
auoir entreueu des rayons , & 
d'auouer que tout ïefclai qui/vous 
enuironne , arrefie dans le reffec 
nos paroles & nos pensées , tf 
fait tomber la plume de la main 



EPISTRE 
À celuy qui a regret de ne fou- 
rnir dire qu'en des termes com- 
muns qu'il efl y 



MONSEIGNEVR, 



De voftre Ahejfe Royale. 



Le tres-hurable & tres-obeiflànt feiuiteut, 
Michel de Marolles 
Abbé de VUleloin. 






^9^® S«^t 5 ré *t^5ï SE !S!3? ^ 




f^skS> £i£> ëf3 vîjâS ^ 3f2> ^S» <HS <£&> ££> i*iS> ^*S 49 && 
*» m *& êU * fc : 9 ]& t ,& *» tu, & *& ^J?" w ^ 

PREFACE. 

Ncore qu'il y ait vnc fî 
grande quantité de Liures 
que les plus nombreufes 
Biblioteques,n en contiens 
nent pas la moitié de ceux 
quiontefté imprimez depuis deux cent 
ans; fi eft-ce qu'à proportion que les 
lettres font chéries , la foule en augmen- 
te deioureniour. Et comme le public 
les reçoit encore affez fauorablemcnt, 
plufieurs qui prétendent à la gloire de 
bien efcrire 5 nefela(lent point suffi d'en 
compofer , fe perfuadans que fi leurs ou- 
tirages ne font pas fi bien receus d'a- 
bord, la pofterité leur fera iuftice. Mais 
en connoififons nous beaucoup dans 
tous les ficelés > 

Qui nayent f<u eprouué l'Empire de U 
mort , 
Pour parler aux termes du Poète? com- 
bien yen a- t~il quiayentpafleles mon- 
tagnes &: les mers ? ou qui foient venus 



P R E V A C E. 

iufquesànous? Contcroit-on beaucoup 
de Virgiles & cTHoraccs, depuis l'heu- 
rcttx regne d'Augufte ! le (çay bien que 
quelqu'vn me dira ce quvn autre bel . 
cfprit dit autresfois à ce dernier. 

Sint Mdcccnates j, entnt tibi> flaccç M&- 
rones: 
Mais pour ne fe point flatter , quoy 
qu'on puifle mettre en ce nombre là 
quelques-vns des Noftres que i'eftime 
infiniment , &: qui fans doute , efcriuent 
pour Feternitc 5 il faut ncantmoins 
auoiier , qu'il y en a toufiours eu fort 
peu. 

Au refte la Fortune des liures etica- 
pricieufe } &: nous en pourrions nom- 
mer quelques-vns qui ont eu moins de 
yie que leurs Autheurs^quoy qu'ils ae 
fufTent pas déniiez des grâces de l'élo- 
quence 5 auec beaucoup de fçauoir en 
des fujets importans. Mais enfin nous 
en fommes venus en vn temps y où parmi 
force perfonnes de mérite , qui font di- 
gnes de l'eftime de tous les fiecles; il 
femble qu'on ait perdu le gouft de la 
belle poëfie,pour en écouter vne infâ- 
me qui ne deuroit charmer que les âmes 
vulgaires : & les grands vers font fi peu 



P R fe F A C E. 

tonfiderez, qu'à peine trouue c-on au- 
jourd'huydes perfonnes qui leslifenr. 

De faueur de Grands pour les geng de 
lettres > encore qu'il y aille de leur glbi- 
ïCy on s'en aperçoit rarement : & i'eit 
ay mermes connu quelques -vns de 
beaucoup de mérite qui font morts dans 
la dernière necelTité. le ne voypasaufïi 
qu'on eftime dauantage vn fçauant hom- 
me que le plus ignorant de fon ficelé, 
s'il n'a plus de richefTes,ouplus de cré- 
dit à la Cour. Ce qui eft tellement vray^ 
que pour fe conferuer en quelque répu- 
tation dans les Prouinces, il fefaut bien 
eimpefcher d'y paroiftre plus adonné à 
leftude, ou plus éclairé que les autres 
hommes: car fi onne le fait pafler pour 
auoir l'cfprit vn peu troublé, on penfe- 
ra luy faire beaucoup de grâce de le 
fbuffrir fans le perfecuter : du moins 
enay je connu qui ont porté cefauora- 
ble jugement de leur pays. De forte que 
fi Paris où toutes les belles chofes du 
monde fe rencontrent , ne droit de fa 
grande multitude, des perfonnes éprou- 
uées qui compofent tant d'illuftres 
Académies pour toute forte de feien- 
ces, & de profeflions, iepe>n»fe qu'il fau- 



Préfacé» 
«Jroit appréhender le retour do la barba- 
rie des Goths > & des Vandales. 

Ilcft donc vray que la feule efperan- 
ce d'aquerir vn peu de gloire , multiplie 
le nombre des liures: mais elle faitref- 
fcmbler ceux qui les font,à ces chiens de 
ehafle qui pourfuiuent auec beaucoup 
d'ardeur , vne proy c fugitiue fans y pou- 
uoirataindre, &:de fait bien fouuent ils 
n'attrapent que du vent : car cette gloi- 
re où ils afpirent, qu'eft elle autre cho- 
fe qu'vn peu de vapeur mufquée 3 com- 
me tout le bien de la chafle n'eft au plus 
à ces pauures animaux qu vne légère fu- 
mée des entrailles &: du fang de la befte 
qu'il <? ont prife de force? 

Ilfautauouerrieantmoins que ce peu 
de gloire a des charmes puiflans, puis 
qu'elle engage tant d'honneftes gens à 
fa recherche : mais s'il eft fi malaifé d'en 
approcher par les belles routes ; com- 
ment y pourroit-on prétendre par des 
fentiers dificiles& peu battus? fi pour y 
eftre guidé par toute la compagnie des 
Mufes, on n'y arriue que fort malaife- 
ment; feroit-ilpofliblc qu'il y euft lieu 
d'y afpirer fous la conduitte des moin- 
dres feiences ? le fçay le peu d'eftime 



Préface, 
qu'on fait d ordinaire des verfions quel- 
quesbonnes qu' elles puiflent eftre:com- 
me lî pour les grands ouurages , il n'y 
falloir pas plus d'art > que pour traduire 
vne page ou deux de l'hiftoirc de Guil- 
laume de Nangis, ou du Moine de faint 
Gai. Les élégantes 6c les fimples tradu- 
ctions, font à peu près mifesen pareil- 
le considération : on confond celles qui 
font exactes auecles négligées :■& ceux 
qui font capables d'en bien iuger par la 
connoifTance qu'ils ont de l'vnè & de 
l'autre langue , ne les regardent prefque 
iamais,» ou bien ils ne s'en vantent pas^ 
ôc fur tout , quand ils en ont profité, de- 
peur d'ôter quelque chofe à la réputa- 
tion de leur fçauoir . De forte que rare- 
ment , ils en parent-leurs bibliothèques., 
Se on diroit qu'ils auroient peur de fe 
faire grand tort s'ils auouoient , qu ils en 
ont quelquesfois befoin . 

le nefçay fi dans l'ouuragc que ie pre- 
fente au Public, qui eft de cette qualité^ 
i'auray fait quelque chofe qui ne deplai- 
fe pas : ou fi i'auray reiifli dans le def- 
fein que i'ay eu d'expliquer nette- 
ment vn Autheur dificile pour ceux qui 
ne font pas encore accoutumez à fon fti- 



Préface. 

le qui a beaucoup de phrafes Grecques, 
&: qui s'exprime en diuers endroits, &c 
fur tout dans les difeours , aucc vue ma- 
nière de parler obfcurc: Mais ic puis 
bien dire que ry ay pris de la peine: par- 
ce que i'ay elTay é d'en conferuer la grâce 
par vne exprelîion p tire & fidelle, en de- 
meurant neantmoins dans les termes 
dVne exa&e ver (ion. 

Vn plus habile home que moy , en fe- 
ra peuteftre quelque iourvnc autre en 
vers, qui fera beaucoup plus admirée: 
mais îe fuis bien trompé fi auec l'elcgan- 
ce, elle peut garder autant de fidélité^ 
& fi elle ne perdra rien des beaux tours, 
& des penfées de cet excellent Au- 
theur. Pour moy ,fans m'enchanter de 
mon propre ouurage,car il ne m'appar- 
tient pas d'en parler, i'auouë franche- 
ment que i'aimerois toufiours mieux: 
vne belle tradu&ion en profe de quel- 
que Poète que ce fuft , pourueu qu'elle 
fuft exa&e , qu'vne merueilleufe para- 
phrafe en vers : & i'oferay bien dire que 
dans les beaux ouurages en noftre lan- 
gue , fi les pièces font vn peu longues , il 
fe trouucTouuent quelque chofe de 
plus ennuyeux dans la ledure quand 

elles 



Préfacé; 
Viles font en vers , que fi elles eftoïent on 
profe. Ce que i attribue en partie à cet- 
te mefurc & à ces rymes trop réglées de 
tioftrepoefie,& à vn certain défaut dç 
variété pour les termmaifons , & pour 
la cadaiice des périodes \ au lieu que 
dans la profe \ elle eft prefque irifinie, 
loint que l'expérience fait connoiilrc 
cette vérité. De forte qu on pourroit di- 
te de la poëfie Françoifece que nous 
apperceuons de la Mufîque ., qûela plus 
longue , n eft pas toufiouirs lameilleurc: 
car fi du plus bel air du monde |ôîi reci« 
toit plus de quatre couplets j ife penfe 
qu'il deuiendroit importun ; comme il 
s'eft rcmatqué fouueht dans ces dahecs 
magnifiques pour le diuçrtilTement des 
Roys , où les fpeûacles âccoïîipagnent 
les concerts des voix& desinftrumensl 
Que fi en traduifant dès vers en profe, 
on peut neantmeins conferuer le carra- 
ûere de là poëfie, fans en garder tout 
à fait le ftile ^ foit pour les rimes; foit 
pour rajancemerit de termes s il y auri 
fans doute quelque chofe digne dé plai- 
re y & de fe faire aimer : ÔC deùant des 
luges équitables , ie croy que Tauthori* 
té de leurs fuffrages appuyrôit forte- 

ë 



Préface. 
ment Toppinion que l'en ay. 

Ce n'eft donc point déinonterfîfort 
vn Poète comme on dit , quand on lcx~ 
priinc agréablement fans la contrainte 
forcée d'vne mefure étrangère : mais 
c'eft au contraire le çonferuer tout en- 
tier^ le faire paroiftre auec toutesfes 
forces fans luy rien oftet , &; fur tout en 
noftre langue qui femble auoir pour ce- 
la des beautez toutes particulières , pour 
les raifons que i'ay dittes autrepart. 
Ceux qui imitent, en peuuentvfer auec 
plus de liberté: mais quelle gloire y a- 
t-il fi grande d'imiter y quoy que tant de 
perfonnes s'en méfient ? Si noftre Poëte 
en efl crû les Imitateurs font des animaux 
fèruilesj &: le nombre en cft prefque infi- 
ni. Cependant les Traductions bien fai- 
tes 5 ne font ny copies 5 ny imitations: 
mais on peut dire en quelque façon 
quelles font les purs originaux, &quel- 
quesfois des corrections iudicieufeSj 
aux fautes des Autheurs que tout le 
monde n'apperçoit pas , lefquelles ne fe 
font auflî qu'en faueur de ceux qui n'en- 
tendent pas la langue dont elles ont eft é 
tirées. 

UAutheurque i'ay traduit , eft Tvn 



P F. E F A C E. 

des plus excellens que l'on pouuoit 
choifir dans toute l'antiquité profane. 
Il a donné fnjet à tous ces beaux cmblef- 
mcs qui portent lôn nom: &c depuispeu^ 
vn perfonnage de beaucoup de mérite 
&: d'érudition, en a drelTé vne dodtri- 
ne pour les mœurs, enrichie de figures^ 
qu il a dédiée au Roy. Auili peut-oit 
direauec beaucoup de vérité qu'Hora- 
ce a efté le plus fage & le plus fenten- 
tieux de tous les Poètes Latins* Mece- 
nas Chedalier Romain, à qui la cour- 
toifie , & là p oliteffe auoieilt acquis tant 
de réputation, Marcus Agrippa autant 
célèbre pour fon ilierite que pour fa 
condition , & l'incomparable & très- 
heureux Cefar Augufte , l'eurent en 
très-grande ellime^ &: l'aimèrent chère- 
ment, à caufe delà douceur de façon- 
iierfation, §£ des rares qualitez de fon es- 
prit. Ileftlefeul des Poètes lyriquesde 
la langue Latine , il paroifi tres-accom- 
pli en tout ce quil a eferit , s'eftant d'ail- 
leurs fait admirer pour fes difeours oii 
fermons, que d'autres appellent Satyres 9 
qu'ila remplis d' vne agréable diùerfité,; 
Aucun des anciens ,fiie ne me trompe, 
n'a lotie auec tant d'ornement qu'il & 

ë ij 



ï> R E F A C E. 

fait , la iuftice , la fidélité , la continen- 
ce , la frugalité > la modcftie , la patience 
dans la pauureté , ôc le mépris de toutes 
les chofes humaines. Perfonnen'a blaf- 
mé aucc plus de force, l'iniuftice, la per- 
fidie jlauariccj le luxe, &: toute forte 
de partions déréglées: Il ne s'en eft point 
trouué quiait excité à la vertu auec plus 
de véhémence j ny qui ait détourné du 
vice auec plus de grauité. le n'enfçay 
aucun qui aitdeploré auec plus de corn- 
miferationla calamité des guerres Ciui- 
lcs > ny qui ai t parlé de l'amour auec plus 
de dclicatefTe, ny dépeint plus agréable- 
ment les réjouy (Tances des feftins. Que 
fi vn Poète fe peut dire accompli en tou- 
tes fes parties , quand il méfie 1 vtile à l'a- 
greablc ; Certainement Horace de tous 
les Poètes Grecs &: Latins, fi on excepte 
vn feul Homère , doit eftre préféré à 
tous les autres , où la douceur & l'vtilité 
fe difputent fi licurcufement, &: auec 
tant dégalité la gloire de la préférence, 
que fi l'vne fc fepare de l'autre, chacune 
confideréeà part, eft capable darreftef 
trcs-agreablement fon Le&eur. 



&xtm£i du Vnuilegt du Roy. 

PAr graçe & Priuilege du Roy , donné 1 P*^ 
ris le 3. iour de Septembre 1651. Signé , Par 
le Roy en fon Confeil O L I E R > Il eft per- 
jnis a Touflainâ: Qmnet, Marchand Libraire 
à Paris , d'imprimer , vendre S£ diftribuer Les 
Oeuures d'Horace > ÔC ce pendant le temps de 
dix années 3 à compter du iour que chaque Lu 
lire fera açheué d'imprimer pour la première 
fois :Et defenfesfont faites à tous Imprimeurs, 
Libraires Se autres de l'imprimer, vendre & dir 
ftribuer fans le confemement dudit Quinety 
fur peine aux çontreuenans de confifcation des 
Exemplaires , de trois mil tiares d'amende , & 
4e tous defpens dommages & interefts * ainiî 
qu'il eft plus w long porté par Icjfàitesl^ra'çs. 

Achetée d'imprimer four la première f où te li. 
Mars 1 6 5 %. 



Les Exemplaires ont efté fournis*. 




CÔVnJ^ranchiJbrt'it le nompareilTixpracL 

LyiZ^enufejl naquit , jl vint au a 'ma Cefar, 

Sil obtit de mécène et Ikriime et la ci race. 

Son mérite enfutcaufe et nonpaslehaja 





LA VIE 

DHORACE 

TIRE'E DE SES OVVRAGES. 

E Poète Horace , donti'entre- L f *&» 
prcns d'écrire la vie , s'appelle luy- d *&&&• 
mefme Qv i n t v s en la 6. Saty- 
re du fécond liurc de Tes difcours. 
Touchant h bien cpmmun y Q^v intvs, les 

Secrétaires^ 
Demandent ton retour four les grandes af- 
faires. 
Tous les autres, l'appellent Horace : &luy- 
mefme en paroles exprefïes fe nomme de la 
forte fur la lin de l'Ode 6. du 4. liure des vers. 
fay du Poète Horace apris des vers par 
coeur. 
Plutarque dans la vie de Luçuile, luy donne 
le furnom de Flaccvs, & luy-mefme fe 
defignede la forte dans l'Epode^. 

SU y a quelque force en Came de Flaccvs* 
Et dans la 1. Satyre du fécond liure. 

Flaccvs ne dira rien fans fuiet a Ce far. 
Venufe qui eftoit vue Colonie confiderable Sa patrie. 

c iiij 



La vie d'.Ho race. 
des Romains du cofté de la Ppiïillç, eft>oit fk 
patrie, de laquelle il eu fl eu grand fujec def- 
crirc les louanges , s'il euft voulu faire vne des- 
cription de la féconde guerre Punique : caries 
Venuûens tefmoigncfenc lçur fidélité enuç'fs- 
les Romains d vne façon tres-obligeante,quad, 
ils rècuéillireat les teliques du débris de la 
iournée de Cannes qui furent fauuées (bus la 
canduitte de Varrorï , felpn le te^oignag^ 
*ïeTite-Liue au 17. Mure de fon hiitoire,où Ù 
dit que la Colonie de Venufe demeura toufionrs 
fidelte & affeOionné'e au peuple Romain: Et Ho- 
race en parle de telle forte dans la 1. Satyre du 
fécond Hure des difcôurS, qu'il fait à$ezçôri- 
noiftre, que ny fa 'patrie 3 n'a point befoinde 
fon eftime, ny luy aufll, ne fe trouue point 
obligé de tirer fa gloire dé k réputation de Ve- 
ïïuCc. 
ïesparens. Il naquit dVn père Afrançhi, auec peu de 
bien, & de fort bàfTc conditibn. Surquoy il 
fera bon de lire la quatriefme & la fixiefme Sa- 
tyre du premier liure de ûs difeours , pour 
voir de quel pere, chacun doit fouhaiter d'e- 
ftreforti. Sa vie qu'on a vûmanufcritefur vh 
vieux parchemin , raporte que fon père eftoit 
Saulnier : mais il y auroit fujet d'en douter, 
puifque luy-mefme n'en dit rien , comme il n'y 
arpas'd'aparence qiril 1-euft voulu pluiloftdif- 
iimuler que tout le rèfte. 
le temps \\ eft certain qu'il naquit deux ans auant la 

r f****f m coniuration de OatitynaJ que Çiceron décou- 
' ' urit,'én l'année de (bnConfulat qui fut Lan 609. 

ck k fondation de Rome : c'eftà dire qu Ho- 



X. A VIE d'HoRACÏ. 

race vînt au monde fan * 688. de la fondation* 6j. ans 
de cette ville fous le Confulatde Lucius Aure- au ^ r la 
fius Cotta,& de Manlius Torquatus, ce que ^icfos- 
luy-mefme ne tefmoigne pas pour vne feule chrift. 
fois, comme lors qu'il dit en l'Ode n. du j. 
liure, que fa Tonne naquit aucc luy fous le 
Confukt de Manlius Torquatus : & dans l'E- 
p'Qde-13. il appelle Torquatus fin Confal* d'où 
l'on compte 49. années iufques au, Confulat de 
Quintus Lepidus & de Marcus LolHus qui eft 
iujftement le temps que luy- mefme a remarque 
en la dernière Epiftre du t. liure. Alors 
eftoient célèbres à Rome pour la po'ëfie, Ca>- 
tule , Licinius & Cinna : pour l'éloquence, 
Ciceron, Horteh{îus& Quintus Catulus : & 
pour la Philofpphie Varron , & Nigidius Fi- 
gulus. 

Eftant ieune enfant , il fut amené à Rome Sentnf**- 
par fon pçre ., pour y eftre inftruit aux Icien- ". 
ces libérales, fon père fourniflant à la dépence 
auec beaucoup de foin , comme Horace meûne 
le raconte amplement dans la 6. Satyre du 1. 
liure, & dans la féconde Epiftre du 1. liure, 
où il nous apprend qu'il vefquit à Rome 41. 
an, &c qu'il y apprit par cœur l'illiade d'Ho- 
mère, fans toutesfois qu'il apparoifte claire- 
ment (bus quels maiftres : quoy que dans la 
première Epiftre du fécond liure à Augufte , il 
tefmoigne qu'en fa ieuneftè les vers de Lucius SôMefimd* 
Andronicus le premier des Poètes Latins, luy a i*t**fi** 
ftireat di&ezpar le Grammairien Orbilius de 
Beneuent qu'il appelle en quelque, lieu outra- 
veux Çorrettcur. Get Orbilius vint à Rome fous 



L a v i e d'Hora c e. 
le Cphfulac de Ciceron, comme Suetonc l'a re- 
marqué en fa vie. Et Horace ayant en peu de 
temps beaucoup profité dans les lettres, car 
toutes chofeseftoient faciles à la beauté de foa 
efprit, s'en alla de Home à Athènes pour cou-, 
uerfer familièrement auec les Philofophes 
Grecs , & fur tout auec ceux de la Secte d'E- 
picurc , comme il fcmble le tefmoigner luy- 
incline par ces vers de raillerie. 

Tu me verrat poly en bon point & fans cure 
Jgnfftd tu m'appellera* vn pourceau d'Epi* 
cure. 
De là , il fe laiflk entraîner par l'orage des guer- 
res Ciuiles>qiii luy firent choifir le parti de 
Brunis & de Caffius, félon le tefmoignage de 
diuers Autheinrs, & entre autres de Sidonius 
Apollinaris qui parlant de lny dans vne Epiftre 
à Iulius Maiorianus a écrit ces vers. 

De Brute & de Cajfie ayant porté les dars 
jijant de ees guerriers fatuités étendar 
De tes vers nompareils \ rare & diuin Horace y 
Celuj-ld cft Autheur qui le fut de ta grâce. 

I) fe trouuaenla iournée des champs Philip- 
<+wfae. piens & eftoitalorsenla 2$. année de ion âge 
comme on le peut iuger de Tannée que mourut 
Brutus qui fut en cette mefme iournée que ic 
viens de dire fous le Confulat de Lepidus pour 
lafecondefois,&de Plancus, fe!on le tefmoi- 
gnage du 4.7. luire de 1 hiftoire de Dion: Se 
Horace mefme fe ibuuient de cette année là, 
quand il dit à la fin de l'Ode 14. du troifiefme 
liure. 



La v i e V H o R A c f. 

Car Reflets ïeune alors fom le Conful Tlanctu. 
îl eft croyable qu'il fut Tribun fous lauthorité 
deBrutus, puis que dans la 6. Satyre du i. Un. 
des difcôurs , il dit à Mecenas auoir exercé cet- 
tp charge. 

E fiant alors Tribun d'vne bande Romaine. 
Mais par TEpiftre qu'il écrit à Iule Flore, il 
montre qu'après cette malheureufe guerre, où 
il faillit à périr par la perte de la bataille, il s'a- 
donna auffi-toft à lapoefic, & dit en l'Ode 7. 
du fecondliure, qu'il perdit fon bouclier, 6c 
qu'il ne voulut plus retourner depuis à la guer- 
re. L'Autheur incertain de fe vie nous apprend 
qu'Augufte ayant fait Horace prifonnier de 
guerre, ne le conferuapas feulement à la re- 
commandation de Mecenas, mais qu'il le re- 
ccutenfonamitié.&luyfit part de fesfaueurs: Sa defa- 
Toutesfois Horace qui dit aflez clairement ttoudemi- 
qu'il fut dépouillé en cette guerre de tous (c% ****• 
biens paternels , n'y touche pas vn feul mot de 
la captiuité : ce qui iveft pas croyable qu'il euft 
voulu oublier , après auoir fi franchement 
auoiié toutes fes auantures qui luy pouuoient 
donner fujet de reconnoiflance aux biensfaits 
d'Augufte &c de Mecenas : ayant d'ailleurs ra- 
porté enlamefmeOde, &enla4.. duj. liure, 
de quelle façon il échappa la mort, comme il 
perdition bouclier ,& comme il fut fauué de 
la bataille. C'eft auffi en ce mefme endroit, où 
il parle du danger de fon naufrage , auprès du 
Cap de Palinure fur les coftes de Lucanie , Se 
<lu péril qu'il courut auprès de fa métairie, 
quand vn arbre qui tomba fur luy , faillit à le 



La vie d' Horace. 
tuer, dont il s'eft encore fouuenu dans les Odes 
15. & 17. du fécond liure, & dans la $. du 3. 
liuie. 
Sô* ami- XI ne fc vante point de l'amitié d'Augufte, 
*" **** parce que cela euft efté inciuil \ & au lieu de l'é- ■ 
<*H U J e ' Jeuer par des louanges indignes, afin qu'il n'y 
paruft point d'affe£tation,ilchcrchoit occafio 
d'en parler auec tous les ornemens de fon élo- 
quence, en nefaifantfcmblant que de les tou- 
cher légèrement, comme dans les Odes 1.11. 8c 
37. du 1. liure : dans la 7, du 2. & dans les 5. 4. 
5. & 11. du 3. SC autre part. Mais très diferte- 
ment & magnifiquement au 4. liure, que Sué- 
tone, Se les autres qui ont écrit de luy, ont 
cftirnéauoir efté formé par le commandement 
de l'Empereur, pour célébrer lcsloiianges de 
Tibère &dc Drufus fes beaux fils , lefquelles 
le Poète orna pourtant de telle façon qu'Au- 
gufte en remportait toute la gloire', ce. qui fe 
connoift aifement par les Odes 4. & 14. mais 
dans l'Ode 2. de cemefme liure , il tombe par 
vne occafion merueiileufe aux louanges de ce 
Prince , qu'il exprime plus ouuertement dans 
les cinquiefme & dernière ,& dans le poefme 
du (iecle, à quoy appartient auflî la 9. Epodc. 
Etcertes,cefçauant & excellent Poète abien 
deuint , que (es écrits viuroient long-ternes 
après luy: car on peut dire que corne Varius, à 
qui Horace donne la palme dans le genre Epi- 
* P***tO que , * fut effacé par Virgile, que noftre Pointe 
l fis*]* 2Lll0lt accoutumé de loiier auec luy; Ainfî le 
reiodfi A an ^beau de la Mufe Venufienne a offufqué 
1. /. toutes les autres lumières de la po'éfie Lyrique. 



La vis d'Hôïiacï. 
, Encore qu'il die peu de chofe d'Augufte // * Qn ** 
dans les deux liurcsdesdifcours; fi eft-ce qu'il d * si T* n C 
en parle dans la 5. Satyre du fécond liurc au 61. '- 
vers,& dans la 18. Epiftre. Mais dans la pre- 
mière Epiftre du fécond liure, que Suétone 
•appelle Egl ortie) comme Porphirion & Acron 
donnét le mefmc nom d'Eglogttes aux Satyres, 
il rend tant d'honneurs à Auguftç, qu'on n*jr 
peut rien âdioufter. Auflî ne peut on douter 
qu'il n'en ait receu beaucoup de marques de 
fa libéralité, dont il ne parle point toutesfois, 
parce que c'eftoit le moindre fujet qu'il puft 
auoir , pour donner des louanges à l'Empereur 
de rVniuers. Mais cecy luy fçmbloit digne 
d'Augufte, de le rcprefehter plus grand que 
l'enuie, & d'eftre receu par fes mérites % au 
rang des Dieux de la patrie encore qu'il ftift vi~ 
liant, après auoir échappé les périls d'vnefu- 
neufe guerre, outre qu'il le nomme Père des 
villes , Dompteur des vices, Reftaurateurdes 
bonnes couftumes, & l'Authcur Se le Prote- 
cteur des loix falutaires pour le bien public, 
comme il fe voit dans l'Ode 24. du $. liure; dans 
la dernière du quatriefme ,& dans la première 
Epiftre du fécond liurc. 

Pour le fujet de la libéralité de Mecenas qui S** "**~ 
luy fit part des biens de la grande fortune ) t,e *" ec 
où ks mérites l'auoicnc éleué pluftoft que & MîC€nm % y 
condition qûoy qu'elle fuft illuftre > nous 
voyons par les vers d'Horace , comme il fut 
receu en fbn amitié, il alloue franchement 
en la fixielmc Satyre du premier luire des 
difeours. Se en la G. da fécond liure > qu'il efl 



La vie d'Horace^ 

rcdeuablc de beaucoup de biens à la libéralité 
de Mcccnas, dont il vit content, & qu'il ne 
tient qu'à luy d'en reccuoir dauantaçe de (es 
faueurs s'il vouloit , mais qu'il en a ifuffifam- 
ment, d'où vient qu'il dit en la i. Epodc. 
Tes bien s- fait s , ttlujlre Mécène , 
M'ont fiffifimment enrichi. 
Et dans l'Ode 8. du fécond liure. 

TV; du puijfant arny^ te ne veux plus de biens 
le fuis djfcz, content de ma terre Sabine. 
Et dans l'Ode \6 du troifiefme liure. 

La pauurete pourtant > ne mefl point impor- 
tune 
ïaj ajfez, , puisque tay ce qui me fait befoin, 
Et bornant mes defirs a ma douce fortune y 
feftevs mon domaine plus loin. 
Outre ce qui fe trouue furcemefme fujet dans 
la 7. Epiftres il loue Mecenas auec beaucoup 
de refïèntimens de facourtoifie, Se célèbre (es 
vertus, qui pouuant conter desRoysde Tof- 
cane dans (a race, fc contenta neantmoins de 
la fimple qualité de Cheualier Romain ,fauo- 
rifa de tout fon pouuoir les gens de lettres de 
Ton temps , & rendit aux Mules , tous les hon- 
neurs imaginables. C'eft pourquoy le Poète 
en la 6. Satyre du premier liure des difeours, 
& dans les Odesi. Se 16. du premier liure des 
vers, dans les 16. & 29. du troifiefme liure, & 
dans la première Epodc , il l'appelle^ fecours, 
fa douce gloire , fon appuy , ér la moitié de fon 
ame, fans lequel il ne pourroit acbeuer fa vie, 
au auec beaucoup de peine. 
- Il veut honorer le iour de la naiflance de 



La vie d'Horace, 
Mecenas comme vn iour de feftc, parmi les fa- 
crifices , & parmi la réjouy (Tance desfeftins : 8c 
quoy qu'il (bit Fort concis en toutes fes paro- 
les, lï eft-cc qu'il eft plus étendu qite fon pro- 
pre Virgile , pour en faire les éloges, d'où il 
cft facile de iuger que ceux-là fe moquent de 
gayeté de coeur, qui s'imaginent que fous lé 
nom de MMtitrtu, Horace a voulu reprendre 
Mecenas, àcatifcdcfa molleflc, &quifeper- 
fuadent que fous le nom de Ljcymnie , il a vou- 
lu louer agréablement fa femme, dont ilapar- 
lé dans la i. Satyre, du premier liurc des dif- 
cours, & dans l'Ode il. du fécond liurc des 
vers. 

11 a donc vefeuauee Mecenas plufieurs an- 
nées dans la dernière familiarité : ce qui paroift 
en diuers endroits de Ces ouurages, & fur tout 
en ces vers. 

Lan fcpùefme s enfuit , & le hniBiefme ap- 
proche 

Depuis cjue Mecenas me conte entre les Jiens. 
Car certainement Mecetlas auoit accoutumé 
de fe diuertir familièrement auec Horaee , & 
fe cônfioit à luy de fes plus grands fecrets. 

Horace aubit vn petit domaine & vue me- S**J*m4s« 
tairie dans le territoire des Sabins, dontilfait ntt 
vne agréable defeription à Quintus dans la 16. 
Epiftre. Au refte il fe Voit aflèz par torts fes 
écrits , & particulièrement par la féconde Sa- 
tyre du fécond liure desdifeours, &par ladi- 
xiefme Epiftre à Ariftius Fufcus , afin de ne 
parcourir par tout le refte, comme ilferetiroit 
volontiers des bruits de la ville , pour faiure 



La vie ii'Ho race. 
les inclinations qu'il auoit à la folitudc: Se corn* 
rnc il vefquit de telle forte aux champs qu'il 
s'eftimoii heureux de demeurer en fon villa- 
ge, où il menoitvn train de vie commode à vn 
Poète & à vn Philofophe, tant il doit propre 
pour la iouyflance des véritables délices, Ce 
mettant à couucrt de l'enuic, & des inquié- 
tudes importunes. Ç'c& pourqtroy i'eftime 
qu'il mena vne vie libre, & exempte de toute 
charge publique , depuis que par les biens-faits 
deMecenas&d'Augufte, il eut dequoy fuffirc 
pour palier fa vie dans vne honnefte médiocri- 
té ce que luy-meftne dans la féconde Epiftre 
de fon fecondliureaditauji. vers. 

£)uil a ce qui fujft four vinre doucement. 
Qu'il»* Ceux qui ont ôppinion qu'il exerça l'Office 
fQint ejîê j e Notaire ou de Secrétaire, ne s'authori- 
fent pas ce me fembk fur vne aflez forte con- 
ie£fcurc par ces vers de la 6. Satyre du fécond 
liùre. 

Touchant le bien commun , Jguintc , les Se- 
crétaires 
Demandent ton retour pour les grandes af- 
faires. 
Carilpouuoit yauoir des affaires concernant 
le public qui n'efloient pas du fait d'Horace* 
comme celles qui donnoient des employs plus 
particuliers auprès des Dieux , tels que Mccc- 
nas, Agrippa, & Auguftc mefme: car Suéto- 
ne a obferué que l'Empereur fe voulut feruir 
d'Horace pour écrire des lettres, & qu'il ne 
le put obtenir. Iclaiflcà penfer s'il ne voulut 
pas cftre Secrétaire d'A ugultc > & qu'il le vou- 
lût 



Secreuire. 



La vie d Horace' 
lut bien eftre des autres ? mais quand il nous 
apprend luy-mefine , qu'il na pas le loifir de 
faire des vers , il n'allègue aucun empefehe- 
inent de charge publique , comme il fe voit en 
la féconde Epiftre du fécond liure au 65. vers: 
& ie trouue par Ces écrits , que le tempe qui 
îuy pouiioit refter des (oins qu'il deuoit à Ces 
amis, & fur tout à Annuité Se à Mecenas qui 
ne fe priuoit pas volontiers * de la compagnie, &? lit >7> 
il l'employoït à la po'éfie, & à l'eftude de la * 
Phiiofophie. 

C'elt auilî vn grand témoignage de fon fça*- £*&*& 
uoir , tte de toutes Ces belles qualitez , qu'il euft 
l'eftime Se la familiarité de ceux de fon fiecle, 
qui eftôient les plus recommandables,en ri- 
che(Te> , en doctrine , en vertu, 8>c en auto- 
rité. Auffiécriuoit-il familièrement à Marcus 
Vipfanius Agrippa, témoin l'Ode 6. dm. liu. 
& fut fi chéri de Claude beau fils d'Augufte, 
qu'il auoit affez de crédit fur fon efprit, pour 
luy fane des recommendàtions agréables pour 
les autres, comme il Ce peut voir parla 9. Epi- 
ftre dui. liure. Que diray je de Iule Anchoi- 
ne fils du Triiimuir , d'Afinius Pollio , de Va* 
i:ius, de Meffala,de Iule Flore, de>Torquar, 
de Maximus, cle Lollius D d'^lius , & des autres 
perfbnnages principaux de l'Empire, auec lef» 
quels il eftoit tres-familier, comme nous la- 
prenons de fes vers? Mais de qui pouuoit-il 
chérir dauantage l'aminé que de Virgile , qu'il 
appelle la moitié de fon ame? Auffi fut-ce par 
fon moyen , & par l'amitié que Va'rius luy por- 
toit, quil fut admis aux fronnes grâces de Me- f 



La va d'Horace. 
cenas. Ocft paurquoy dans la 5. Satyre du 
premier liure des dilcours , il appelle Vanus Se 
Virgile , 

Homme s pleine de candeur, & qut far les biens 

faits , 
Obligent qtïon les aimt. 
Il eut beaucoup d'eftime pour Valgiusqui fut 
vu Pocte célèbre de Ton temps, te (moin l'Ode 
5). du fécond liure, & Tibule qui en la pre- 
mière elegie de fon 4. liure , du qu'il n'y en a 
point eu qui ait approché Homère défi près 
queValgius. Oniuge auflî que Tibule luy fut 
amy, parla confolation qu'il luy écrit en l'O- 
de 3$. du 1. liure des vers, & par la 4. Epiftrc, 
dans laquelle , il luy parle comme a vn homme 
riche & puiflanc , & comme à vn iuge fincerc 
de fes Satyres, ou difeours, qu'il eft certain 
qu'Horace auoit eompofez eftaat dés- ja auancé 
fur l'âge. 

Ouide parle de luy aucc honneur , & l'ap- 
pelle nombreux , difant,^»'*/ arrtfte les oreilles 
des fçauans : mais Horace ne dit pas vn feul 
mot d'Ouide, non plus que de Ciceron qui 
eftoient de fon temps , dont ie me fuis fouucnc 
étonné : & n'en puis deuiner la caufe , fi ce n'eft 
qu'il ait eu peur de déplaire à Augufte qui pen- 
foit auoir fujet de ne les pas aimer. Mais il y a 
vn dénombrement d'autres perfonnages célè- 
bres de fon temps à la fin de la 10. Satyre, des- 
quels il fouhaite l'eftime > & l'approbation pour 
fes eferits. 
UnApint II n'y a pas grande apparence qu'Horace aie 
ffim*rjè. jamais çflté WAfié , puis que da^s toute* fes 



La vie d'HorAcje. 

Odes, & Epiftres & dans ks Difcours, où il 
parle de tant de chofes diueriès , il ne dit pas 
vn mot de fa femme , ny de (a famille , Sa dit 
exprelfcment à Mecenas dans TOde 8. du ?. 
liure, qu'il célèbre le iour des Calendes de 
Mars , encore qu'il ne foit pas marié. 

En plufieurs endroits s il nous apprend qu'il s * mcd *~ 
a mené vne vie douce ,& quil eltoit content 
de fa condition, en louant le repos, le repas, 
lajietteté de la table, ■& le bon vin auec (es 
amis , mefprifant le luxe & les trop grandes 
richefles, comme dans les 10, 14.15.&: 18. Epi- 
lires, dans les Odes 1. &i£. du premier liure 
des vers 5 & dans les fïxiefmes Satyres du p ré- 
silier & du fécond liure s des difcours. 

De cequ'il a eferit à Tabule qu'ileft vnpottr-S* taifo* 
ttiu d'Epiante , quelques vns infèrent qu'il 
ciloit gras: mais il dit en la ro.Epiftre quil 
#Hott le corps menu : De forte que nous pour- 
rions eftimer qu'il n'aurait dit le premier que 
par raillerie ,^i Suétone ne Fanoit pris ferieu- 
ïement , earplicant ce qui eft en la 20. Epiftre 
de fa taille qui eftoit petite. 

Il raporte luy-mefme en la cinquiefmc Saty- 
re dm.liu*re -qu'il efto-it'fuj et à vne de-fluxion 
fur les yeux, &c qu il fe feruoit de Collyres. Et 
dans la première Epiftre du 1. liure, il dit quil 
cft oit on fort n en l'Âge de 44. ans. 

On n'eft point en peine du temps qu'il a vef- Son âgt & 
eu: car Eufebe a remarqué dans fes Chroni-/* mot*. 
ques qu'ilmourut en la trente-quatrieime an- 
née de l'Empereur Augufte ag-éde jy.ans, ce 
que Suétone confirme clairement , quand, il 

1 *j 



La vie d*Ho RAdi! 
dit, qu'il mourut fous le Confulat dcC.Mar-* 
cius l enlorinus , & de Caius Afinius Gal- 
lus qui fut l'an 747. de la fondation de la 
ville, qui eft iuftement le nombre qui fe trou* 
liera, fi on adioufte fjt années à celle de la naifc 
fance d'Horace dont il a efté parlé cy-deflus. 
De forte que l'oppimon d'Acron, n'eft point 
diferente de la noftre : mais les lxxvii. an- 
nées qui fe lifent dans fon commentaire an 
lieu de lvii. ont etté mal écrites , Se ce 
que le do&e Iefuite Denys Petau a mis dans 
fa C hronologie , à la fin de fon Liure de la 
do&rine des temps, parlant d'Horace, quoy 
quil ne foit pas fujet à fe tromper , femblc 
neantmoins s'eftre doublement trompé en 
ce (ujet. iom le 1 onfulat de Paulm Fabius 
JMaxtmw , & de ^j^£ltiu Tubero, dit il, qui 
eft l'an 74. de la tondation de Rome , Lé 
Poète Horace mourut d Rome Agé de cinquan- 
te ms car cela contrarie & à Fauthohté 
d'Eufebe , & à celle d'Horace mefme , qui dit 
cflre né fous le Confulat de Torquatus , qui 
cftoit Tan 68c;. de la fondation de Rome. Or 
de cette année miques à fan 743. il y a feloa 
luy melme 54. ans, ce qui me donne oppinion 
que cet Authcur affez confiderable par tous 
les beaux & grandsouurages qu'ila donnez au 
public, fe poinroit bien eftre mefpns quand 
il a écrit cjh Horace mourut dgc àe cinquante 
ahSy ou il faudioit quil euft efté perfuads 
de fuiuie dans (a Chronologie pour ce re- 
gard d autres iondemens que ceux que fay liai- 

UlSr 






La vie d'Horaci. 1 
îlnefctrouue rien du genre de la mort, &r 
nous pouuons croire qu elle fut naturelle Se 
commune, toutesfois (î elle arrmafous le Con- 
fûlat de C enforinus & de Gallus , comme il eft 
croyable > il y a cela de particulier que ce fut 
en la mefme année que mourut Mecenas au 
raportde Dion,en laquelle le Calendrier ayant 
cfté reformé par lauthorité d'Auguflfe, cet 
Empereur donna fon nom au fixiefme mois 
que nous appelions le mois dAoufi. 

Il ne fe promet pas feulement d'vne façon SsfUà.f. 
poétique vne durée & vne gloire immortelle 
pour l'excellence de fes versdansrOde5o. du 
troificfme liure : mais dans l'Ode 4 du mefme 
liure , il dit qu'il aefté chéri des Mufes dés fon 
enfance ,& dans l'Ode 20. du fécond liure, il 
(c vante qu'il fera changé en cigne pour vo- 
ler par tout l'vniuers > & qui! deuiendra im- 
mortel. 

Au refteie m'eftonne qu'on fe mette en pex- L* Sf ^* 
ne de rechercher de quelle Seéfce de Philofo- *£?■ do z 
phes il eftoit , puis qu'il parle ainfi luy-mefme rm€ * 
de fon indiference pour ce regard dans fa pre- 
mière Epiftrc à Mecenas. 

fentens a mon oreille , vne voix bourdonner 
Qui me dit tous les tours > qu'il eft temps de 

donner 
Repos au vieux cheual , de peur que fans re- 

fourfe 
¥otoj]if il ne demeure > au milieu de la courjè, 
Il eft vray > tay quitte , comme luy tom ces 

ieux 
le eherche maintenant d'vn dejfein courageux 

ï iij 



La vie d'Horace, 

Ce qui efi plus feant à des gens de ma forte 
Et qui pltu de plaifir ^ & de repos aporte. 
Vert fais proutfwn y pour m en feruir après , 
Non pis que i'aje vn Maifire on vn Autheur 

exprès 
G)ue te ni oblige à future : mais defftu la le- 

Bure 
le façonne mes mœurs 3 fans forcer ma na- 
ture. 
Tantofl te me roidis fur t antique vertu 
Xante fi , ie marche au train quAriJltppe A 

battu. 
Libre félon le temps , de tous foins ie préfère 
Le foin de mon efiude , Otuant tout autre af 

faire. 
Comme la nuift efi longue a celuy qui atent 
Son hofieffe au logis , qui le trompe pourtant, 
Vjltftcit Quelques-vns neantmoins ont eftiméqu'Ho- 
^chademi- race eftoit Achademicienjfur ce qu'il a dit luy- 
&* f niefme en la féconde Epiftredu fécond linre, 

Ghte Ion bonnes Achademies dï Athènes , luy dan~ 
lièrent vn peu p'us de feience , que la ville de 
Rome , pour 'le rendre capable de connoifire le 
bien dïauec le mal y & pour chercher le vray 
parmi les bou des Achademiciens ; mais que la rt- 
Sùl eflott gneur du temps le^leua de ces lieux. D'autres 
jpr«r/r». Qm maimcnu qu ^ e ft olt a e la Scfte d'Epicu- 
re , fur ce que luy- mefme s'appelle pourceau dn 
troupeau dEpicure, à la fin de la 4. Epiftre à 
Tihule , & fur ce qu'il ne s'épargne point à re- 
commander les plaiiirs de la vie, quand il n'au- 
roit point dit vers la fin de la cinquiefme Saty- 
re. 6)ue le Juif circoncis le croje tant qu'il vgh- 



La vu d'Ho&acs. 

ira , te ne me le perfuaderaj iamaù : car tay 
*prù que les Dieux viuent Jhqjfoucj , & que fi 
la nature fait icj bas quelque chofe de merueil- 
leux y les Dieux qui ne s* attrifient de rien , ne 
tenuoyent point du Ciel fupre'me, & en la neuf- 
iriefme Satyre, le nay point du toutdeReliaïon, $''1 e fî oit 
dit- il, en parlant des luifs qu'il appelle écourtez, (*?* R ' i,m 
en fe mocquant d'eux. Mais quand il dit qu'il g$Qn * 
n'a point de Religion, c'eftà dire à l'égard des 
luifs, ou de religion qui reflemble à celle des 
luifs. Ioint qu'au lieu où 1? Poète dit qu'il n'a 
point de Religion , ce n'eft que pour fe debar- 
rafler d'vn importun, dont il fe fèntoit per- 
fecuté. 

La variété des Odes & de toutes lespoefîes 
d'Horace eft merueilleufe,fon choix dans les 
paroles eft nompareil , & fa douceur ne fe peut 
affez admirer. Toutes fes penfées font délica- 
tes, & ne dit iamaisrien que de fort à propos, 
méfiant dans les fujets qui! traittedes fent en- 
ces graues & quelquesfois des difgrellîons ex- 
cellentes, comme celles des Danaides, de la 
belle Europe, d'Alcée & deSaphon,des Ifles 
heureufes, de la mort d'Afdrubal, de Regu- 
lus , des Géants , de Bellerophon , de Phaëton, 
de Danae, Se autres fables ou hiftoircs qu'il 
touche en diuers endroits auec vn artifice mer- 
ueilleux. 

Quintilien dit qu'entre les Lyriques , Hora- 
ce eft quafi le feul digne d'eftre leu , parce 
qu'il s'éleue quelquesfois & eft plein de naïue- 
tez plaifantes , Se d'vn agrément perpétuel, 
outre qu'il cil heureufement hardy dans vne 

ï iiij 



Les A*- 
fbeursqmi 

ont écrit 
fur fit 
iunrtigts. 



La vie d'Horace? 

grande variété de termes > & de façons de par- 
ler ingenieufes: d'où vient que Tondu de luy. 
aflez ordinairement. 

QhU e(t le plus heureux des Poètes lyriques. 
Dioracdcle Grammairien , & quelques an* 
très anciens , ont écrit qu'il a employé dans 
fes po'efîes vingt & vne manière de faire des 
vers : &c il a imité Lucilms dans fes Satyres, 
quoy qu'il le reprenne d'eftreobfcur. Et Quin- 
tilien maintient qti'e-n ce genre d'écrire , il a 
efté le plus pur & le plus iudicieux , ayant auffi. 
cela de particulier qu'en faifant femblant de 
railler, il reprend les vices de fon temps: ce 
qui touche bien dauantage que fi on en par- 
loit plus ouuertement félon le dire de Perfc. 
Horace deuant moy , malgré les mal contens* 
A mis fur le -papier les vices de fon temps : 
Il déchire en raillant la nobleffe Romaine 
Rien ne demeure exempt du tarrent de fa 

veine» 
Au refte entre ceux qui ont éçrk des com- 
mentaires & des obferuatiom iur Horace, 
Denys Lambin de la ville de Montre iiil fur là 
mer , &c Profeffeur du Roy dans les lettres 
Grecques, eft àmonauisle plus considérable 
de tous, &: nous luy auons l'obligation de 
beaucoup de corrections importantes qu'il a 
flûtes aux anciennes éditions , & aux copies 
nianufcriptes des ouuragcs de cet Aatlieur 3 où 
s'.eftoient gliflées beaucoup dç fautes c]ui ea 
corrompoient tout à fait le fens. Il faut néant- 
moins cpnfeflbc que ceux qui Font deuançé 
di^ns fon deflfem luy ont auffi beaucoup ferai; 



La vie d'Horace.' 
&peut eftre qu'il en feroit malaifement verni 
à bout fans les écrits d'Helenius,d'Acrou , de 
Porphirion , & de vieux Commentateur entre 
les Anciens : & fans le fecours des notes & ob- 
feruations, d'yEmilius , de Iulius Modeftus, 
de Terentius Scaurus, & d'vn certain Dio- 
medes fur les Odes. Peut eftrc dis-je qu'il y 
auroiteu de la peine, fans les commentaires de 
George Fabrice , de Kemnice, de Chriftofle 
Landin, de François Luy fin, de Iacques Gri- 
feuille,& de Iafon de Nores de Tlfle de Cy- 
pre fur Fart poétique: d'Erafme de Roterdam, 
d'Aide Manuce, de Cœlius 5Lhodiginus, d'An- 
ge Politian, de Coccius Sabbcllicus , de lean 
Baptifte Pie , & de Jacques delà Croix de Bo- 
logne , de Pierre Criuit, de Henry Glarean, de 
François Robortèl , d'Afcentius Badins ; &de 
plufieurs autres qui auoient écrit deuant luy. 
Mais de fon temps & depuis fa mort, plusieurs 
ont encore exercé leur (çauoir fur ce mefme 
Autheurqui aefté l'admiration de tous les fie- 
cles : & entre autres nos fameux , & prefque 
incomparables en fçauoir & en éloquence , Iu- 
les Scaliger, Adrian Turnebus, & Marc An- 
toine Muret, Iacques Cruquius des pays-bas 
Profefleur à Bruges, Ianus Doufa Hollandois, 
Lypfe , Laçuinus Torrentius de la ville de 
Gand fécond Euefque d'Anuers, Rutgjeiiius, 
Pierre Nannius , Daniel Hcinfius , Thomas 
Bernardinus Parthenius : Federicus Cerutus 
qui en a fait vne paraphrafe Latine , aufii bien 
que Eilhardus Lubinus, Tretterus, à caufe de 
fon mcrucillcux Indice, comme celuy d'En- 



La vie d'Horac!.' 
threus fur Virgile, &celuy de Daniel Parîus 
fur le Lucrèce , & Iean Bond Hollandois, fans 
plufieurs autres qui ne font pas venus à ma 
connoiflanec. Iean Benoift Do&cur en Mé- 
decine & Profcfîeuren langue Grecque dans 
l'Académie de Saulmur , dit auffi dans la pré- 
face de fa verfion Latine de Lucian > qu'il a tra- 
duit les Odes d'Horace en vers Grecs, où il a 
gardé la mefme mefure & pareil nombre de 
vers, ce qui eft vn labeur autant pénible &C 
inutile , comme il eft ingrat. 

Nous en auons auffi quelques tradudtions 
en noftre vieille poéfie, qui pour auoirvne fi 
grande rudeffe & impropriété de termes , par- 
mi beaucoup de façons de parler tres-embar- 
xafTées qu'il feroit malaifé de les entendre fans 
le fecours du Latin > fi eft ce qu elles marquent 
toufiours aucunement l'érudition de ceux qui 
lesontfaitesauftiledc leur temps pour l'intel- 
ligence de ce grand Poète 5 dont ie raporteray 
quelques exemples dans mes remarques fans 
y oublier les noms de plufieurs Autheurs,qui 
en diuers endroits de leurs ouurages fe font 
efforcez délimiter. 



JLES NOMS DES AVTf-ÏEVRS 
anciens & modernes & de quel- 
ques amis , citez ou defignez 
dans les remarques de ce Liure. 



A Cron, 
JTjLAnacYeon^ 




443. %*9 




50S 


V .Agneau* 




410 


•Apollodore * 




394- 454 


.Ariflote^ 




4% 


.Athénée ^ 




$r* 


.Auluo-elle « 




475- 515 


^Aujone y 


B 


44* 


Baudoin ., 




?9* 


du Bellay * 




413.414.4^0.^2, 


BienuenH* 


G 


345 


Catulle y 




47* 


Celfus y 




509 


Cheualier £ % Ameau% 


* 3> 


34** 


Chapelain > 




4*7 


Ciceron^ 




4*7- P3 



Cldudxdn^ 


'«t**. 4» 


Collctet > 


371. 46 <5 


Cotin , 


4V- 4 V 


Croix du Mutine % 


34* 


Çrucmim > 


414 


D 




T>eny$ d'HdllicdrnajJc * 


354.385- 3 8 7 


Diogenes Laertius ^ 


419 


Dion Ca&us) 

E 

Erdfmey 


4** 


339 


Euftdtw , 


34i. 3J7- 384 


F 




JFeflus , 


408 


Flomsy 


374. 46S 


G 




Qombdud y 


396 


Qombermlle> 


pref. 


Gournay* 


457 


Greroirt dç Nd%ian%e , 


388 


H 




Hermoldus BdrbdruSj 


487 


Hérodote 9 

I 


3^3.395,421 


IttJptCt 


403 


luftin , 


4^9 



Iwendt 418.434,493.506. <frz. fif.yio 



t 

tamlin] 339- 3ft-399- 4 02 " 4¥" 44f45# 

464.506.513 

Ldmoy , 3*9 
Z««û»m Torrentitts, 464. 491. voy Sfett 

rentius. 

Luc de la Porte 3 34* 
i«c<fw, 350. 360. 373. 374. 3?& 414.447* 

500.514. 516. î-o 

Zwowr, 350.479-485 

M 

Macrohe* 4 S 5 

Malherbe, 417.46* 

«ta Mares. j 394 

^iarwault i 4;*t 

Martial , 5 xi 

Ménage 3 4x^.499 

MezertaCj 4°^ 

JHwufot , 341 

Montagne^, 39^ 

Morin, 4°9-4 10 

N 

tfger. 399 

Noyers, 4 1 ® 

o 

Onufre» 5 zo 



r ^tduertijfement touchant les fautes furuemë* 
en Itmprejùon de ce "\>olume. 

ON ne fçauroit iamais apporter tant de 
loin à l'édition d'vnouurage qu'il n'y de- 
meure toujours bien des fautes, comme ie nd 
doute point qu'il ne s'en rencontre encore 
vn nombre dans celuy-cy,foitdans l'orthogra- 
phe > foit dans les mots , quelque diligence que 
i'aye appottée dans la correction des épreuue^: 
comme en la page 4:1. ligne 7. où Ton a mis 
Dtodeme pour Diomede. 

La page 89 où dans la ligne 18. on a mis pro- 
jpertté au lieu de pofterite, doit eftrc entière- 
ment refaite pour vne faute lî notable. En là 
page 123. ligne 1;. au lieu de rûfjffent lifez ;##- 
gffiv* " • P a o ei 7 z ligne h. v*am liCcz nam , pag, 
I S i . ligne 1 . T)i que Née ré de qui là voix efifi net-^ 
te Je ha fie, lifez Jik Neeré de qui UDoix efiji 
Dette , quelle fè hafie\ &c. 

Page 4.73. ligne iy. cft-cc & propos lifet eft-ci 
k ce propos, &c ligne xù.pajfez, lifez paijfez,: & ain- 
fi des fautes qui fe rencontreront poffible en 
beaucoup d autres lieux que ie n ay pas aper- 
ceu'és, pour n'auoir ofé relire la plus part des 
feuilles tirées de peur d'y en trouuer , qui 
tn'auroient affligé fans y pouuoir aporter de 
remède. 



LES 



LÈS 



ODES 

ET LES . 

EPODES 

D'HORACE- 




Q HORATII FLACCI 

ODARVM SEV CARMINVM, 
LIBER PRIMVS. 

AD MECOENATEM. Ode. I. 

Alias alia dele&anc, Horacius vcro, 

Po'crac nomcn , praefertim 

Lyrici, afFe&at. 



10, 



fi t^^Muê ECOEN <4S ,atauis édite reaibns y 
&\ &Y*2tt 3 ^ ^ pr&fidium (fr dulce decus mtumi 
S FvS^ *? Suntqttos curnculo puluerem Oljm- 
ffi >v >cT fl t picum 

Cclleçffe iuuat : nteiaque feruidis 
EttitatA rôtis , pa/mayue nobilisy 
Terrarum Dominos eue ht t ad De os. 
Hune y fi mobilïum turb* Quiritium 
Certat iergeminis tollere honoribm : 
iHum y fi proprio eondidit horreo 
Jguidcjkid de Ltbycis verritur areis, 
Gaudentem patrios findere fkreulo 
jtgYos : Attaltci* condimmbus 




LIVRE PREMIER. 
DES 

ODES D'HORACE. 

A Ù £ C E H A S. Odè I. 

J?ue les inclinations des hommes font dtffercnUs 9 

& que celle du Pctte efi d'écrire dzs 

vers Lyriques. 

Mécène, forticUrace Royale, 
ma prote&ion , & mi douce 
gloire -, Il y eh a qui fe plaifer-t 
dans vn char à fe couurir de H 
pouflîere des ièûx Olympiques* 
& la borne étiitéc par les roues légères > auflî 
bien que la noble palme, fait hiphter les Sei- 
gneurs delà terre aufeiourdesDiGiix. Tan- 
dis que la foule du peuple intonitant s'efforce 
par de triples honneurs d'éleuerceluy-cy , 6c 
que cet autre amâffe en (on grenier toute là 
nioiflbn qui Te nettoyé darié lès àirçs de Lybie> 
ne détourne point de fçnHeirem,auec toutes 
les riche (Tes d'Âtale > celùy qui fe plaift à culd- 
ûer les champs dé fes pères, pour aller, con>*&£ 




Si 



4 C A R M I N V M L I B. I. 

NumcjHtim dtmoueas , vt trabe Cyprt* 
My-ionm pauidm nanta fecet mare. 

15. LuBantem lcarïis finHibus Africum 
Aleicaiormttticns, ocium & opptdt 
Lavtdat rttra Cm: rnox refiat rates 
£hta$M , indoetlù pauperiem patu 

FJ} qui nec -veteris pocula M^iCt , 
10. jV 'jc parrem folido demere de die 

S permit, n«nc vmdt membra fit* arbuto 
Stratus, nunc ad aqu& Une caputfacrt- 

Multos Cafîra ittuant , & Uttto tub* 
Permtfttu fonitus , bellaque matrtbus 
25. Detejlata- Manet fitb loue frtgtdo 
Venator , tenera conmgis tmmemor : 

Set* vifa eft catulis cerM fidelibut , 
Sett rttpit teretes Marfa «per pUgas. 
Me doElarum heder* pr&mia frenttum 
Dis mifcentfrperis: me geltdum nemus, 

Nympharumque leues cum Saisis Chtri 
Secernunt populo : fi neque tibias 
Euterpe cohtbet , nec Pelyhjmnia 
Lejboum refugit tendert barbiton. 

3h ggfdfi me Ljrkû vMïbns infères , 
Sttbtimifiriam fidtrtt vertice. 



J° 



Odes d'Horace. I iv. I. / 

vn Nocher timide dans vn vaiffeau de Cypre 
fendre la mer* de Negrepond. Le Marchant De M'$rZ 
craignant le vent Africain quUuitte contre les "'• 
flots de la mer Icarienne , eftime le repos de la l 5- 
maifon , & loue le bon heur des campagnes qui 
font proches de fa ville: puis auiîî-toft il ra- 
commode fes vaiffeaux brifez , ne fe pouuant 
accoutumer à la pauureté. Il y en a d'autres 
qui fe laiffent charmer par la vieillefTe des vins 
Mafîiques > & qui fe diuertiffent a retrancher *o. 
vne partie du iour par la débauche , tantoU 
couchez fous les vertes feiiillées , Se tantoft 
fur le bord d'vne agréable fource qui pouffe 
desruiffeaux facrez. Plufieursfe rangent aucc 

f>laifir dans les armées, & font rauis du (on de 
a trompette , méfié auec celuy des clerons : Se 
la guerre que les Mères deteftent, font leur i;, 
principal foucy. Le ChafTeur qui met en ou- 
bly les tendrefTes de fa femme, demeure ex- 
pofé au froid , & aux autres iniures de l'air , foie 
qu'vne bifche s'offre à fes chiens fidèles, foit 
qu'vn fanglier du pays des Marfes ait rompu 
les toiles tendues autour de fon enceinte» Mais 
les lierres qui couronnent le mérite des fça- 
uantes teftes, me donnent place au rang des 50. 
Dieux fuprémes : Se le frais des bocages, Se les 
troupes légères des Nymphes Se des Satyres, 
me feparent du peuple, fi Euterpe ne me dé- 
fend point de toucher à fçs fluftes,ou fi Po- 
lymnie ne me refufe point de mettre des cor- 
des à mon luth Lefbien, Que Ci tu n\e reçois au $5* 
nombre des Poètes Lyriques -, ie frapperay les 
eftoiles de mon front glorieux. 

A iij 



Car m i w y m Lib. I 



ra. 



Aî> AVGVSTVM C1SAREM. 
Ode II. 

$n vindi&am ïulij Carfaris occifî multse tem- 
pcflatcs Pop Romàno i^mittuntur. Vnica 
Jmperij fpes- in Augufti incolumkatç con- 
fticuitur. 



ï 



Ant Jatis terris niuis y atcjue dir& 
Grandinis mifîî Pjtter Cf rubente 
Dextgrafacras iaculatus arecs , 
Terrait vrbem : 
£. Terruit gentesn graue ne rediret 

S&culum Pyrrhtt , noua monftrà quefit 9 
Qynne quant P rot eus pecus egit altos 

Vifire mentes: 
Tifiium cfr fumma genus h<tfn vlmo • 
Nota qu& fedes ftterat colnmbis : 
j&t fuperietlo pauiddt natarunt 

<±Aic]Uore dam<*. 
Vidimus feuum Tibçrim y retortis 
Littore Etrufco violenter vndis , 
Sj. ire deiettum monument a régis > 
TempUque fcjlœ : 
[lié dvim fi nhxïum cjtierenti 
Jattat vltorem : vams, & fini (Ira 
Z?abitur rtpa ( loue non probante ) 
l&. p^xorius awnis. 

jfudiet dues acuijfe ferrum* 
Jgvo graues Perfe mèlms périrent : 
JLuditt fugnas > vittç parentum 



Odes d' Ho il a ci. Liv. I, 



A AVGVSTE CESAR. Ode II. 

Que tous les Dieux font en colère contre les Ro- 
m Ain s 4 caufe de la mort de Ce far tué dans le 
Sénat : & que fv nique ejperance de C Empire 
confijle au bon-heur d'Augufte. 

Maintenant le Pcrc de toutes -choies, a 
. verfé fur la terre a fiez- de neige & de 
greile horrible : & frappant les forterelFes fa- 
crées de fa main flamboyante , il a ietté leffroy J. 
dans le cœur de la ville : ila fait craindre aux 
peuples le retour du ficelé infortune dePyr- 
rhe qui fe plaignit de voir des monftres d'vnc 
forme nouuelïe , quand Prothée mena tout 
fon troupeau marin furies hautes montagnes. 
Alors les poiiïbns s'arrefterent à la cime des IOl# 
ormes , où eftoit auparauant le feiour des * oy- Colomba* 
feaux, Se les daims peureux, nagèrent fur les 
flots amoncelez. Nous auons veu le Tybre auec 
fes eaux troubles qu'il faifoit rcbrouiïcr du 
bord Tofcan auec beaucoup de violence pour 
aller abbatre les tombeaux des vieux Roys , & *5* 
les temples de Vefta ; tandis que le fteuuc trop, 
épris d'amour pour fon époufe llie, feprome- 
toit de vâger fes plaintes , forçoit le bord qui le 
prcfïbit du cofté gauche, & s'échappoit hors de 
fes limites, quoy que Iupiçer n'en fuft;pasd'a- 
uis. Vn iour la rare ieunefle entendra , comme 10 , 
les Citoyens ont aiguifé le fer contre cux-mef- 
mes^w lieu de s'en (eruir beaucoup plus vrilc- 
ment pour faire périr les Perfes indomptez: 
elle entemira parler des fangian tes batailles qui 



8 Ca RM INVM L I B. L 

Rara iuuentus. 
lj. ^J^ m vocet Diutim populus mentis 
lmperi rébus } prece yua f Minent 
Virgines fanFia minus audientem 

Carmina f^eflam ? 

Cui dabit partes fcelus expiandi 
30. Jupiter? tandem veniat , prccamur % 
jNube candentes humeros amtFlus 

Augur Apollo. 
Sine tu mauis , Erycina ridens , 
Jguam locus circumuolat , & Cupido: 
35% Sine negleFlum genus & nepotcs 
Refpicis autor , 

Heu nimis hng$ fatiate ludo , 
J>)uem iuuat clamor, gakdtcjue Uues > 
Acer çfr Mauri peditis cruentum 
40. Vultus tn hoflem: 

Sine mutata iuuenem figura 
Aies in terris imi taris 3 alm<t 
Films M<*i<t > patiens vocari 
Çœfaris vltar; 

4/. Serus in cœlum redeas > âiucfut 
L<*tus interfis populo Quirini : 
Tsieue te noftris vitiis iniquum 

Ocior aura 
Tollat. hic magnos potius triumphos , 
50. Hic âmes d ci pater atque princeps: 
JS/eu fwas Aiedos esjuttare multas 
Te dtice , Cœfer* 



Odes d'Hor a ce. Li v. I. 9 
ont efté données par là faute de nos Pères. Du- 2 j* 
qiicleft-ce des Dieux, que le peuple doit im- 
plorer fecours pour l'Empire qui va périr? De 
quelles prières les feintes Vierges , importune- 
ront-elles Vefta qui nefeoute plus nos vœux? 
A qui eft-çe que Iupiter donnera la charge 
d'expier noftre crime } Enfin , Apollon qui jq. 
connois les chofes futures, nous te prionsde 
venir fous vn nuage qui couure tafplendeur. 

Maisfbitquetu nous veuilles honorer de ta 
prefence,gracieufeErycinc* que les grâces & Tenmt 
l'amour enuironnent: foit que tu regardes ta jç. 
pofterité negligéc,*& tes petits fils, Autheur de Msrs. 
la nation Romaine, rafïàfié d' vn ieu ( helas ) de 
trop longue durée, qui te plais au bruit de la 
guerre , aux armets étinçelans, & au regard fu- 
rieux du foldat Maure, quand il enuifàge fbn 40. 
c n nemi couuert de fang : foit , ô noble fils * de Mercure. 
Maye, que venant auec des ailes fur la terre» 
après auoir changé ta forme diuine en celle 
d'vn ieune homme , tutrouucs bon d élire ap- 
pelle vangeur de la mort de Cefar; ne retourne 4f» 
point au Ciel que fort tard : aflifte long-temps 
de tes faneurs le peuple * de Romule , &c ne Cois Oe QHtri* 4 
point tellement fafché contre nos vices , que tu 
nous fois enleué, & qu'vn vent de colère te dé- 
robe trop toft à nos fouhaits. Aimepluftoft icy 
bas les grands triomphes qui te font préparez., , ^ 
aime-y le nom que tu portes de Père & de Prin- 
ce des Peuples & des Nations: & con&ruant 
le tiltre de Chef glorieux de cet Empire, ne fbuf- 
fre point, Cefar, que les Medes montent à che- 
ual, fans que nous en foyons vangez. 



19 Carminvm Lib. I. 



Ode IIL 

Nain Virgilium Athenas vehenti incolumi- 
ratem precatur : deinde in hominum to- 
meritatem audaçiamque yehementer m- 
furgit. 



s 



le te Dîua pùtens Cypri , 
Stc fratres Helcua , lucidA fidert* 
Ventorur^cjue regat pAter y 

QbfiriUù diit y prêter Upyga , 
j. Nauis y . cjua tibi creditum 

Debes Virgilium y finibus Atticiz 
Redda* incolumem , precor> 

Et feruej Anima dimidium me&. 
Ilti robur & as triplex 
10. Ctrcapedtis erat> qui frAgilem truci 

Commift pelag* rAtem 

7? rimas y ne.ç timuit pracipiut» Africum* 
Decertantem ACjuilenibus , 

Nec tri fie s HyAdAs, neç rabierp Natil 
fe Jfyto n*n arbiter Adria 

Maïar y tùllere feu ponere vult frétai* 
Quem mortis timuit gradum , 

Quificcis oculis mùnftra natantia , 
Qui vidit mare turgidum y & 
20. Infâmes fcopuhs AcroçerAunia ? 

JVe quicquam Deus abjçidit 

Prudens Qçeano dtJfociAbili 
Terras* fi tamen impi& 9 



0t>ïs d'Horace. Liv. h it 



$VR LE SVIET DE VIRGILE 
s'en allant à Athènes. Ode IIJ. 

Mfoubditc 4 Virgile vn hon voyage : & delk , il 

prend occajion de bUfmer l'audace 

des hommes. 

O Nature qui nous dois répondre de Vir- 
gile confié en ta garde, que la puiflante 
peciïc de Cypre,auec les frères d'Helenc,deux 
Àftrcs lumineux, gouucrnent heureufement 
ton voyage j & que le Père des vents te condui- j% 
fe, les tenanstou^ enfermez dans leur Cauemc> 
excepté * celuy qui foufle du cofté de la Pouille. l\t*£yit» 
Ce font les prières que ic fais, afin que tu le 
rendes fauf fur les bprds de i' Attique, Sç que ta 
çonferues chèrement la moitié de mon ame. i®* 
Geluy-là portoit vn dur plaftron & vn triple 
airain autour de fa poi&rine , qui abandonna 
le premier vn freflc vaifTeaua lancer impitoya- 
ble^ qui n'eut point de frayeur duroide Afri- 
cain combatant auec les Aquilons , ny de la 
trifte conftellation des Hyades,ny * des Autans ïj- 
enragez, ne çoiftioiflant point qu'il y ait de fou- Ventt * 
fies fur la mer Adriatique plus puiflans pour éle- * ty 
uerfes vagues, ou bien pour les calmer. Quel 
genre de mojrt a pu redouter celuy qui auec - 
des yeux fecs a veu dans leau des monftres 
Bydeux, la mer bouffie , de les rochers * de 2 ci. 
Ceraune qui font des Efcueils très -dange- -*"'**<*- 
iciixl La prudence de Dieu a feparc en s i\w r ******** 



Il Carminvm, Li b. I. 

< ^J>n tangenda rates tranfiliunt Véulé* 
IJ. *Audax omma perpeti 

Gens bumana ruit per vetitum ne foi. 
Attàax Inpeti genns 

Içnem fraude mala gentibns intulit. 
Pojf ignem éetherea domo 
3 Q * Subduttum^ macies & noua febrium 

'Terris incubutt cohors : 

Semo tique pripu tarda neceffitas 
Lethi corripuit gradum. 

Expertns vacttum Ddtdalus atra 
55* Pennts non homtni datis. 

Perrupit Acheronta Herculeus labor 
NU mortalibus arduum eft. 

Cœlttm ipfum petimus ftultitia : neque 
Ter noflrum pattmur feelus 
4°- Iracunda Iouem ponere fulmina. 



AD L. SEXTIVM CONSVLAREM. 
Ode IV. 

Amcenitate veris deferipta, & communi mo- 
riendi confuecudinc propofîta , tanquam 
Epicureus ad vitam voluptuofarn Sextium 
hortatur, 

SOluitttY acris byems grata vice veris & Fa- 
uoni : 
Trahnntcjtie ficcas machina carinas. 
Ac neque iam ftabuiis gandet peau , ant arator 
tgni, 



Odes d'Horace. Liv. I. i$ 
la terre de l'Océan qui eftoit infociable: 4es 
nauires impies ont patte au delà des mers donc 
il ne faloitpoint approcher. Le genre humain 15- 
fe précipite hardiment à fouffrir toutes chofès 
au trauers des horreurs & des abominations 
qui luyfont interdites. La race audacieufede 
lapet apporta le feu au monde par vne trom- 
perie maligne. Mais ce feu du Ciel n'eut pas jo* 
efté fi- toft dérobé, que la maigreur,& vne nou- 
uelle cohorte de maladies, s'épandit fur la ter- 
re, &c la tardiue neceflité de mourir hafta le pas 
de la mort , autrefois plus éloignée qu'elle n'eft 
à prefcnt. Dédale éprouualevuidedel'airauec 55* 
des ailes qui n'eftoient point données pour lv- 
fage de 1 homme. Hercule par vn labeur inouy, 
força la porte des Enfers. Il n'y a rien de trop 
haut pour les créatures mortelles. Nous cher- 
chons mcfmesle Ciel par des voyes que noftre 
fotife nous fuggere: & nous empefehons par 
noftre faute, que Iupitcr ne quitte point les fou- 40, 
dres qui portent les marques de fon courroux. 



A LVC1VS SEXT1VS PERSONNAGE 
Confulaire. Ode IY- 

Du retour du Printemps çfr de la condition mor- 
telle de tous les hommes , qui deur oient fajfer 
leur vie dans les plaifirs innocens. 

AV retour gracieux du Printemps & de 
Zephire,le rudeHyuerie diffipe, &des 
machines roulantes fur le bord des eaux y en- 



14 Carminvm Ltb. I. 

Nec pïœra çaxts albtctnt priants. 
$ # lam Cytb'eréta Ooros ductt Venus 7 imminente 
LunA : 
lanilétcjue Nymphû Gratid décentes 
jiiterno terrain quAtittnt pede : dûm granes Cj* 
clopum 
Vulcanus ardens vrït officinas. 
Nnnc decet aut viridi nitidufn càput impedire 
myrto 
*°» Ant flore , terr* qncm ferunt folutdt. 

Nunc & in vmbrojîs, Fauno decet immoUre 
lucù) 
Sine pofcAt aonarn , f'ue malit hœdum. 
Patiida mors étquo pulfat pede paHpernm taber- 
nas j 
Re^umejue turres. o béate Sextiï 
$* Vit a fumrna breuis jpem nos vetat incheare Ion- 
gain 
Iam te prernet noie , fabnUque titanes 9 
Et do mus txilis Piutonia i quo flmul mcaris > 

Non régna vint fortiere talis , 
Ncc tenerum Ljcidam mirabere , quo calet ik- 
nentus 
*&• Nhtiç omnis* & ^hox virgines tepebuni* 



Od*s D'HokAtî. tiv. ï. ij 
irainent les barques feiches. Dé-ja le troupeau 
ne fe plaift plus à l'eftable , ny le Laboureur au- 
près du Feu. Les prairies ne blanchiflènt plus * 
parles gelées du matin:* Cytheréemenelebalpv**/. 
au clair de la Lune : & les traces partes fai- 
fans compagnie aux Nymphes qui le tiennent 
parla main,frappcnt en cadence la terre de leur 
pied, tandis que Vulcain plein d'ardeur, cm- 
brafe les Vaftes fournâifes des Cyclopes. Il eft 
maintenant fort à propos de lier autour de (à 
tefte parfumée vne couronné de myrthe ver- 
doyant, ou de fleurs que ndus prefèntcle fein io. 
de la terre qui fe découure. Il eft bon de faire 
des facrifices à Faune dans les boccagcslb*- 
bres,(bit qu'il demande vne brebis , Toit qu'il 
aime mieux vn cheurcau. La mort pafle ren- 
uerfcd vn j)icd égal les cabanes despauures Se 
les tours des Roys. O bien-heureux Sextius, 15. 
la courte durée de noftrc vie nous défend dé 
conecuoir de longues cfperances : La nui& 
tenueloppfcra bien-toft, & tu ne pourras cui- 
ter les Enfers dont l'on conte tant de fables , ny 
la vaine maiion de Pluton, où dés que tu feras 
Vncfoisarriué,ne penfe plus obtenir par le fort N 

des dcz la Royauté du vin , ny admirer la ten- 
dre beauté de Lycidas qui brufle aùiourdhuy 10* 
* tout le monde , &c par qui toutes les filles fen- Têu* les km» 
liront biciMOÛ vn doux feu dans le fein- ******. 



iG C ARM I NVM LlB. I. 



AD PYRRHAM. 
Ode V. 

Horatius ex Py ri hae illecebriS tanquam è nail- 
fragio enatauerat , cuius amore irretitos, 
affirmât cfle miferos. 

QVis multa gracilis te puer in rofk 
Perfufuslicjuidû vrget odoribus > 
Grato Pyrrhafub antro? 
jCai flânant religas comam 
y Simples munditiis ? heu quoties fidem 
Mutatofque de os flebtt , & afpera 
tligris AcjHora ventis 
Emirabitur infolens, 
gui nunc te fruit ur credulus aurea: 
10. gui femper vacuam > fimper amabtlern 
Sperat> nef dus aura 
Fallacls. mtfen quibus 
Intentât* nites. me tabula facer 
Votiua paries indicat vuida 
IJ. Sufpendijfe potenti 

Fejtimcut* mfiris Dck 



A PYRRH£. 



Obis d^Horàci. Iiy. Y. if 



APYRRHE, OdcV, 

J>hte ceux ù font malheureux qui font touchez, de 
fon amour, çfr Pue pour l#j> il s'en : ëftf*uue cïm~' 
♦ me U vn Naufrage. 

PYrihe,qui eft ce Mignon parfumé qui tt 
tient embralfée parrny tant de rofes dans 
vn antre gracjjfHli ? à qui ferres- taies cheuê^x 
clorez eftant.fi propre auec de .{impies ha- %> 
bits ? helas combien, de fois fe plaindra-t-il de 
la foy violée , ôc des Dieux changez , admirant 
cpmmc vne chofe eftrange la met Courroucée 
par des vents furieux, luy quiiouy t maintenant 
de ta beauté, & qui pour eftre vn peu trop cré- 
dule , efpere que tu ne logeras ïamais d'autre %% 
amour en ton çœuç,&vqu'e tu feras toujours 
aimable, ignorant que lesiaueurs'des Dames 
font plus trompeufes & plus inçonftantes que 
le vent ? Ceux là font bien malheureux, à qui tu 
parois beile fans que tu leur fois connue. La fà- 
crée paroy qui foutiét le tableau de mon vœu, 
tefmoigneque i'y ay appandu mes veftement$, i* % 
humides en l'honneur du puiflant Dieu de la 
Mer, 



1% C A R M I N V M L I B. I. 



AD AGRIPPA M. 
Ode VI. 

Variustragœdiographnsbellaab Agrippa gcfta 
decantabit , Horatius vero conuiuiis tantum 
& monbus defcribendis aptus Se idoneus. 

SCriberis Variofortis , & hoftium 
VtÛor , Afœonij carminis alite , 
Quam Yemcumcjue ferox nauibus aut equis 

Miles te duce gejferit. 
\ N*s> -dg r ipp a > fie que hétc dicere> nec grauem 

peleidœ fiomachum , cedere nefcij> 
Hec curfns duplicis fer mare Vljjfth 

Nec fétuam Pelopis domum , 
Conamur tenues grandia : dum pudor* 
io. Jmbellifque Ijta mufa potens vetat 
laudes egregij Cœfarù & tuas 

Culpa deterer* ingeni. 
Quis Martem tunica tettum adamantine 
Digne feripferit ? *ut puluere Troico 
JSltgrum Aderionem? aut ope Palladis 

Tydidem fuperis parem } 
Tïos conuiuia , nos prœlia virginunt, 
Settis in iuuenes vnguibus acrium 
Cantamns , vacui, fme qmd vrimur 7 

2ion prêter folithm Unes. 



Odes d'Horace^ Lxy. t. i$ 



A VIPSANIVS AGRIPPA. Ode VU 

G)ue Varim chantera les guerres acheuêes par 

Marcus agrippa 3 mais que peur luy qui nefc 

pas capable défi grandes chofesjlfe contentera de 

célébrer les louanges des feflins & de ïamotir. 

VArius cfcrira de ta valeur & de tes vi- 
ftoires remportées furies Ennemis ; il en 
parlera en vers qui efgaleront là Majefté de 
ceux d'Homère: il dira tout ce que le braue 
Soldat a fait fous ta conduite* à cheual ou dans Parterre cm 
les Vaifleaux. Mais nous autres , généreux ?* r mer% 
Agrippe , nous ne pouuons ny chanter ces cho- 5* 
feslà, ny comme nous fommes petits, effayer 
mefmes de célébrer dans nos ouurages le véhé- 
ment courroux de l'implacable * fils de Pelée, D'Agile. 
ny les voyages par mer de* l'artificieux Vlifte, Df * ® **^** 
iïy l'horrible maifon de Pelops •> tandis que la 
pudeur, &quc laMufequi atoutpouuoirfur IO * 
vne Lyre peu glorieufe, empefche d'amoin- 
drir par les defaux de Tefprit les louanges qui 
font dues à l'inuincible Cefar,& à ta vertu. Qui 
parleroit auec aflez de mérite du Dieu de ia 
guerre armé d'vne Cuirafle de diamant ? ou de *j. 
Merion tout rioir de poudre au fiege de Troye? 
ou de Diomede égal aux Dieux par le fecours 
dePallas? Nous Faifons des chançonsaboire, 
& nous en faifons des combats des filles qui 
auec des ongles roignez , font fi cruelles contre 
les ieunes gens , foit que nous ayons du loifir de 
refte,foit que nous bradions d'amour, toujours 
au/fi léger $ que de coutume. 

Bij 



ox Caîimihym tIB.Î. 



AD MVNATIVM PLANCVNÏ 

Confularcnr Ode. VII. 

Alij alias laudant -ciuiratcs &: regioncs , Ho- 
ratius vero rcliquis anteponit Tibur , vbi na- 
tus cfl: Planais, que ni ad diluendas vino cu- 
ras cohortatur. 



LAudabunt alij claram Rhvdon , aut Mity- 
lenem , 
Aut Ephefum , bimarifue Corinthi 
Mœnia : vel Baccho Thebat> vel Apolline Del- 
pbos 
lnfignes , aut Tbâjfala Tempe. 
¥• S'unt cjHibus vnum opm eft , int#iï& Palladà 
vrbem 
Carminé perpetuo celebrare , C^ 
VrMque decerptamfronti prâtponere cliuam* 

Plurimmi in lunonis honorent , 
AptumdicitequisArgosy ditefque Myccnas. 
10. j\4e nec tam patiens Laccd<tmon> 

JSIec tam Larijfe pcrcufîit campus opim& % 

Jghtam domus Albunea refonantisy 
Et prœceps Anio> & Tiburni lacns, & vdti 
Àdohtlibuôpomaria riuis. 
iy j^lbus vt obfcuro deterget nubiU cetlo 
Sttpe Noms y netjue parturit imbres 
terpetnos : jic îh faptens finir e memenfr 

Triftitiam^viu^HeAabores 
Molli Fiance mt/o. feu te fulgenti* Jignis 



Odes d'Horace. Liv. I. ii 



4 MVNATIVS PLANCVS 
perf$nnage Coniulaire. Ode VII. 

J^hfe chacun a fes inclinations -particulières , & 
quelafienne eft d aimer le feiourde Ttuolj- 



D 



'Autres lauërôt*réclatante Rhode,ouMn l*f *&**[** 



tylcne, ou Ephefe, ou les murs de Corin- 
the jfîtueé entre deuxMers,ou Thebes renom- 
mée par les p referais de Bacchus ,ou Delphes 
honorée par la prefence d'Apollon, ou Tempe 
les délices de Thelîalie. Il y en a qui veulent 
feulement honorer dans leurs ouurages k ville 
de Mincrue de qui la pureté n'a iamais cfté vio- 
lfe,& qui préfèrent la branche d'oliue à toutes 
lesautresbranches du monde. Pluiîeurs difent 
en l'honneur de Iunon les auantages d'Argosfî 
propres nourrir des.cheuaux., & donnent des 
louanges à la riche Mycenes. Mais ny la patien- 
tcLacedemone,nyles çharnps abondants deLa- 
riflè , ne me charment point à Teigal de la mai- 
son d'Albunée qui refbnnedVn doux murmu- 
re, de l'Anion dont le cours eft précipité, du 
bois de Tiburne, & de Ces iardins moites à eau? 
le des ruifïeaux qui coulent au trauers. Comme 
le vent de Midy nettoyé fouuent le Ciel de 
lobfcurité des nuages qui le couurent, Se ne 
donne pas toufiours des pluyes : Ainft , o 
Plancus , comme bien auifé, fouuieps-toy de 
chafler l'ennuy de ta tefte , & de mettre fin aux 
trauaux de la vie aucc le bon vin , foit que 
1 armée te retienne (bus Tefclat de fes eniei- 

B îij 



io, 



il Carminvm Lib.1. 

10. Caflra tenent , feu dcnfa tenebit 

Tiburis vmbra tui. Teucer ïalamwa patreinquï 

Çhtum fu ne y et y tamen vda Ly&o 
Tempora pvpulea fertur vinxiffecoronk , 
Sic triftes ajfatm amrcos : 
H* J& nos CHnc i î4e f eret melior fortuna parente,' 
jbtmus 9 o focij comitefcjue. 
JMil defperandum Teucro duce çr aufpice 7V«- 
cro : 
Certm enim promifit Apoilo 
Ambiguam tellure noua S alamin* futnram* 
JO. O fortes pe)oraque pœjfî 

Jbfecunfœpeviri,nuncvino pellite curai: 
Cras tnaens iterabimus &quor* 



AD LYDI AM. Ode VIII. 

ïuuenem Sybarin Lydiae amorc perditum. Se 
voluptatibus colliquefaéhim notât. 



L 



Ydia, die , per omnes 

Tedeosoro y Sybarin car preperes amande. 
Perdere \ car apricum 

O.dcrit campum 5 patiens pulueris atque folisl 
fi Cur neque m Ht tari s 

Inter aquaUs équité t, Gallica me lupatis 
Temperet ora fr&nis \ 

Cur timet ftanum Tiberim tanoerc ? cm oli- 

< * • i Ci 

1 • *n 



Odes d'Horace. Liv. I. 25 

gncs , foit que les ombres efpaifïès de Tiuoly 20. 
t'obligent à iouyr de leur fraifeheur. Qnand 
Teucer fut contraint de quitter Salamine pour 
fuyr la colère de fon pere,il ne laifTa pas,dit-on, 
de mettre au tour de fa tefte vne couronne de 
peuplier trempé dans le vin , vfant de ce langa- 
geàfes Amis preflèz de trifteffe. Allons, mes 25J 
compagnons, en quelque lieu que nous meine 
la fortune plus douce que mon père. Il ne faut 
point defefperer, puis que Teucer marche a 
voftre tefte, il ne faut rien craindre auffi fous le 
bon-heur de fa conduitte: car Apollon qui ne ih 
trompe iamais m'a promis que nous trouuc- 
rions vne autre Salamine dans vne terre nou- 
uelle. Braues guerriers quiauezfouuentendu- 30, 
réaueemoyde plus grandes miferes que cel- 
les cy,cha{fez maintenant toutes vos inquiétu- 
des par le vin, Demain nous nous remettrons 
en haute mer pour continuer noftre voyage» 

ALYD IE. Ode VIII. 
// parle agréablement en paroles couvertes d'vn 
ieune homme appelle Sjbaris abandonne aux 
plaifîrsde l'amour. 

LYdie,ieteprie par tous les Dieux, de me 
dire pourquoy tu te haftes fî fort de perdre 
Sybaris épris de ton ampur 1 Pourquoy a-t'il 
maintenant tant d'auerfion du champ de Mars, c 
quoy que la pouflierc & l'ardeur dirSoleilne 
luy donnent guère de peincîPourquoy fon hu- 
meur guerrière ne le fait-elle point montera 
cheual auec ceux de fon aage &c de fa condi- 
tion? que ne luy fait-elle drefler des cheuaux 

B iiij 



*4 Carminvm Lib. h 

Sanguine vipcriYio 
SX Cantius zitAO.Hecjue iam Uuida gfftat armts 

Jfcrachia : fcpe difto, 

Stpe trans fine m iaculo noktlis expcdito ? 
J&uid latet* vt marin*, 

Filium dtcunt Thttidis fub lacrymofa T.roia- 
iL Twera, ne virtlis 

Quitus in c&dem & Lycias proriperet cate>~ 



Ad thaliarchvm, 

Ode IX. 



Quo ftidgis fouit hvcms , eo maçis voluptat 
induieendum. 



•o 



V 



Ides vt alta (let ùiuè candidum 
SoraBre : riec iam fufîi néant onnt 
Syluœ laborantes : velu que 
Flumina conflttertnt acuto ? 
e 9 Dijfc/ue jrigus , ligna fiper foco 
Larve reponens : attju-e bemonius 
Deprome cjuadrimum Sa bina 
O Tbaliarche merum dicta , 
Permute Dtuis cetera: qui fmul . 
io. Strauere ventos tcjuore féru i do 
' Deprdtantes , ntc cuprejfî y 
Nec veteres êgttantur w&ih 



O.D es d'Horace. L i v. I. 25 

Çaulois, leur donnant lecaueçon ôc leur met- 
tant vn mors piquant a la- bouche* Pourquoy 
àpprehcnde-t-il de toucher à for du Tybre? 
pourquoy a-t-il plus de foucy d'éuiter l'huile iay 
iîpropreàlaluitte,que d'cftre frotté du fang 
d'vne vipère lEt pourquoy fes bras ne font-ils 
pltisliuides pourauoir porté les armes, ayant 
acquis tant de réputation en iectant le palet 
ôc lançant leiauelot? Qui l'oblige d'cftre ca- 
ché,comme on dit * que le fat autresfois * le hls jtcbifa 
de Thetis,fur le point de la ruine déplorable de 
Troye, de peur qu vn habit malle le faifaat ij* 
connoiftre , on fc-euft contraint daller à la guer- 
re contre iesLycicns? 



A THALiAR CH E. Ode IX, 

£hrt d * autant plus que fllyuer efl fafçheux , il 
faut penfer dauantaae à Je bien dîner tir", 

TV vois comme le Mont de Sora6te nous 
paroi&delbincouuert de Neige, comme 
les fore fis qui en font chargées n'en peuuent 
qualî plus porter la pefanesur.,, & comme les 
riuieres font arreftées par les glaces qui les 
refferrent. £)iflippe la violence de ce froid^a ï? 
mettant beaucoup de bois au feu,o Thaliar- 
che , &c tire le vin de quatre * feinlles fans epar- Dé f *• * n 
gner la pippe fabine. Remets aux Dieux le foin nees ' 
de toutes les autres chofes. Dés qu'ils ont cal- 
mé la furie 4jè$ vçnts qui fe battent durâojtla I0 
têmpcftc,ny lesCiprés, Xlf les vieux ùaïfncs 



%6 Carminvm Lib. I. 

Jgutd ft futurum crat , fttge qutrere : & 
Quem fors dierum cuncjHe dtbit > lucro 
jt a Appone : nec du le es amores 

Spcrne puer, neque tu chorexs : 
Donec vtrenti camties abejt 
JMorofA^tiunc & campus & arç<z> 

Leue faite fub nottemfufurri 
ÏQ. Compofita repetantur hor*: 

Jslunc & Utentis proditor tntimo 
Graws puelU rifm ab angulo, 

Pignufque direptum Ucertis, 
jiut digito maie pertinaci. 



AD MERCVRIVM. Ode X, 

Quem laudat à facundia 5 à parentibus , à paix- 
ilrx&lyraeinuentione, à maximain furan- 
do calliditate , atque ah iis,quibus fungicur 
muneribus. 

MErcuri , facunde nepos ktlantu •> 
Qui fer os cultusheminum recentum 
Voce formafti catus , & décora 
More palœftra: 
V Te cAnAm> magni huis & deorum 
Nuncium, curu&que lyrt, parentem 
Callidum, cjuicquid pUcuit iocofo 

Condere furte. 
Te boues olim n'vfi reddidiffes 
%q. ? er dol " m *mota<s:> puerum mintei 
Voce dttm terrer, vtduus pharetra, 
Rtflt hp&U* 



Odes d'Horace. Ltv. I. 27 
fâuuages , ne font plus agitez. Ne t'informe 
point de ce qui doit arriuer le lendemain, & 
mets a profit tous les iours que la fortune te 
donne, fans mefprifer durant taieunefle ny les 15, 
bals, ny les charmes de l'amour, tandis que la 
chagrine vieilleflè eft, éloignée de la fleur de 
ton aage. Que maintenant le champ de Mars 
fbitouuert à certaines heures pour les exerci- 
çes,aufîî bien que les théâtres & les cirques, & 
qu'il fè face de doux murmures quand la nuiâb 
approche. Que le ris gracieux trahifle encore 2Q. 
la ieune fille qui fe cache en vn petit coin, &c 
que par vne violence agréable , le gage s'arra- 
che d'entre (es bras , ou fe tire de fon doigt qui 
ne s'oppiniafïre pas trop pour le retenir. 



A MERCVRE. 
Ode. X. 

ELoquent Mercure , petit fils d'Atlas qui par 
ta voix & par le noble exercice de laluitte, 
as fi bié trouuc l'art de changer les mœurs fau- 
uages des hommes qui ne faiibient que denai- 
ftrcje diray à ta gloire que tu es l'Ambaflàdeur 
du grand Iupiter, & de tous les Dieux : tu es 
l'Inuenteur de la Lyre qui (è courbe en deniy 
rond: tu caches fînemét les vols que tu fais pour 
donner du plaifir. Apollon qui d'vne voix me- 
naçante, s'efforce de te faire petir, quand tu n'es 
qu vn Enfant, lî tu ne luy rends fes boeufs que 
tes artifices ont détournez de fon troupeau , fe 
voie encore detrouiTé de fes flèches, & ne s'en 



i<jC 



28 Carminvm Lib. Ï-. 

JVujn & Atrtdxs duce te fuperbos , 
Jlto dtues Priamus relitto^ 
tj» Thejfalofcjue tqnes (fr tniqua Troi<& 
Caflrafefelitt. ' 
Th fias lœtis animas reponts 
Sedtbm : vir caque leuem coi'rces 
Aarea turbam, fuperis deorum 
Gratn$& iwù>* 



AD LEVCONOEN Ode XI. 

Hortatuu Leuconocn 3 omi(ïk futurorumcura^ 
voluptati indulgcre, argumente* à vitce bre- 
uitate & cclcrkate tiuâo. 



TV ncqu&jierisfiire (ntfa) quemmthi, quem 
ttbi 
Finem dij dederint , Leuconoè : n.ec Babylonios 
Tentarïs numéros : vt menus cjuicsjuid erit pati 
(Seu plures hyemes , feu trtbuit lufiier vltimam y 
6)u<z nunç oppo/kis débilitât pumicibus mare 
Tyrrhenum )Japias y vina ligues : &.fpacto breui 
Spem longdm rejeces. dum i&quimur y jugent in- 

vida 
tALtas. carpe diem> quam minimum Credula pv 
fiero. 



Odis d'Horace. Liv. I. if 

fiât que rire. Cefutfoustaconduitteque le ri- 
che Priamfortit de lafortercffe d'Ilion, & qu'il 
trompa les fiers Atridesjes feux Theflaliens,& 15* 
lesgardesdu Camp ennemy desTroyens.Tu 
mets les âmes piéufes dans leur feiour heu- 
reux^ auec ta verge d'or , tu faÎ3 arranger les 
troupes légères , Agréable aux Dieux fupréraes 
& aux Dieux des Enfers. 



A LEVCONOE. Ode XL 

Joëlle ne penje qu'a bien pajfer fin temps fans fe 
mettre fort en peine de l'Avenir. 

LEuconoc, ne te mets point en peine dé coiv- 
noiftre (il ne le faut pas fçauoir ) quelle fin 
les Dieux veulent preferite âmes jours, & aux 
tiens. Ne tente point le fort des nombres baby- 
loniens, pour apprendre à mieux fupporter 
quelque trauerfe qui nous arriue. Soit quelu- 
piter te donne plufieursHyuers ,ou queceluy- 
cy qui amortit les flots de la MerTyrehenne *] 
contre les rochers quileurfbntoppofez,foit le 
dernier de ta vie, fi tu es fage^fay couler le vin 
dans le s grands vaijfeaux, & retranche talongue 
attente dans vn court efpace. L'aage enuieux 
s'efehappe , tandis que nous parlons. Iouy du 
iourprefent, fans te fbucier beaucoup dulenr 
demain. 



30 Carmimvm Lib. I, 



AD AVGVSTVM. Ode XII. 

Collaudatisdiis 5 heroibus, virifque aliauot çk< 
VS^tandem ad diuinas Augufti laudes 
defeendit. 

QVem virnmantherea lyra , velacri 
Tibia fumes celebrare Clic} 
Ciïuem devin ? enins recinet iocof* 
Nomen imago, 
5* Ant in <vmbrofîsHeliconis oris, 
Am fnperPindo.gelidone in Hamoï 
Vnde vocalem tenter e infequHU 

Qrphea fyln<e 5 
Ane materna rapidosmorantem 
I0 ' Flnminnm lapfa, celerefqne ventes 
Blandnm & auritas fidibns canorti 

DucerequercHS. 
jQnidprins dicam folitis parentnm 
Laudibuiï qui res hominnm aedeorum * 
Ij • Chù mare & terras, variifqne mundnnt 
Tempérât koris ? 
Vnde nil mains generatnr ipfo, 
Nec vivet qnicqnam Jimile ant fecnndumi 
Proximos illi tamen occnpanit 
20# Pallas honores. 

Prdiis andax, neqne tefilebo 
Liber y & finis immica virga 
Belluismec te metnende certes 
Phosbefagim. 



*% 



Odes d'Horace. L iv. I. $i 



A AV GVSTE. Ocfc. XII. 

Des louanges des Dieux & des Héros , four venir 
a parler de celles £ Augure. 

OClion , quel Héros, ou quel homme fa- 
meux entreprens-tu de célébrer fur la ly- 
rc,ou fur la flufte éclatante } de quel Dieu veux 
tu parler, dont le nom ibit répété* par l'ima- L*Ech$ À 
ge enioiiée de la voix,foitfur les coftes ombrcu- 5. 
fes d'Helicon, foit furies cimes de Pinde,ou fur 
l'Heme froidureux 3 De-la, les forefts ont fuiuy 
Orphée de leur bon gré,charmées par les dou- 
ceurs de fa voix: & la force de l'art de*fa mère & e / 4 MfSt 
eut tant de pouuoir qu'il retardoit , par fon fi^ne. 
moyen le cours des riuieres rapides, & laie- 10» 
gereté des vents : & comme fî les chefnes euf- 
fent eu des oreilles, il les attiroit par l'harmonie 
de fon luth. Y a-t-il quelque fuiet qui m'oblige 
de parler,auant que de donner les louanges qui 
font dues * au Père de l'Vniuers , à la fupréme ( . (e 
Puiflànce qui gouuerne les hommes ôc les 
Dieux „qui régit la mer & la terre , & qui tem- 
père le (monde par les faifons diuerfes? D où 
vient qu'il n'y a rien qui puiflTe eftre engendré 
plus grand que luy,ny qui l'égale dans la vie,ou 
qui le puifTe féconder. Toutesfois après luy, 
Pallas mérite les honneurs qui approchent le s 
fiens de plus près. le ne te pafferay point auffi *** XQm 
fous filence, Bacchus, dont la hardieue eft a{fez 
connue, ny toy,* vierge ennemie des beftesfau- 
uages,ny toy, redoutable Apollon, auec tes 



ji 'Carmî'nv^ Liî. T. 

*j- Dkétm & ^Ictden , puerofque Led£-, 
Ha»c cqtitSy tllum fuperare pugnis 
JM obtient : quorum fimuïalb* nantis 

Stella refnljtt, 
T) ] c fuit fax ù agnatus bumor: 
3°- Confident ventt : fngtuntque nubes : 
Et mwa.x ( quod frvoluere ) ponto 

Vnda recumbtt. . 
Ro?nulnm pojlhos pritu , an quietum 
Pompili regnum memorem,an fuperbos 
1 je, Tarquini fa fies , dubito>an Catonis 
Nobile letbum. 
Rcquhim> & Scauros>ammAque mdgnt 
Prodigum Paulum , fuperante Pceno > 
Gratta infrgni referàm camœna , 
4^>» Fabritiumque. 

Hunc\& incomptis Curium capillis 
Vtilem bello tulît , & Camtllum 
S tua paupertas, & auïttu apto 
Cum lare fvtndm* 
45- Crefcit occulto velut arbor duo 

FamaJMarcelli: micàt interemnes 
luliumfdm, velutinter ignés 

Luna minores. 
Gtntis humant pater atque cuftos D 
50. Ortt Saturnoy tibi cura magm 
C&fàrU fatis data : tu fecundo 

Cafkre règnes. 
lïlefeHPartbos Latio imminentes 
Egeritiufto Dcmwustriumpho, 
*/ Sine fitbicttos Ortentis orts 

Seras & lndos : K 

Tcmimrlaturn reget aquus orbemt 



traus 



Odes d'Horace. 1 iV, I. A 
traitfs dont les coups fon certains le parlcray 25. 
' jmefme d'Alcide, &c des enFans de Lede, i'vn 
excellent au màneige descheuaux, ôc l'autre 
à l'exercice de l'efciime > aufli-toft que l'eftoi- 
le feraine apparoift aux Matelots, Tonde agi- 
tée découle des rochers * les Vents s'appai- 30, 
fent, les nuages fe diflipeïit, & le flot de la 
hier irritée s'abbaiïîe fous leur bon plaifir. 
Apres ceux-cy , ie doute fi ie parleray premiè- 
rement deRomulus, ou du règne paifible de 
Pompilius, ou des fuperbes faifceaux dcTar- *j o 
quin,ou de la généreuse mort de i aton. le 
feray des vers (iiblimes de Regulus , & de$ ^^ 

Scaures. I'efcriray magnifiquement * de Pau- p au t Etoiï&tk 
lus qui fut fi prodigue dVne ame hautaine, 
quand les Carthaginois furent vi&oirieux : ie 
ne tairay point la gloire de Fabrice. Ce fut la 4°° 
durepauureté,& le fonds paterne^auec l'hum- 
ble toid d'vne maifon médiocre qui mit çeluy- 
cy au i.our, auflî bien que Camille & Curius 
aux cheueux mal peignez , qui eut tant d'a- 
uantages pour la guerre. La renommée de ^|J 
Marcellus croift: comme vn arbre qui vient in- 
iènfiblement a la perfedion de fon accroiffe- 
ment. L'Aftrc de Iules , brille entre tous les 
autres comme la Lune entre les moindres feux. 
Père, & Prote&eur de la race humaine , qui ri- Ift 
res ton extraûioh de Saturne, tu as efté chargé 
par les deftinées, du foin de garder le grafîd 
Cefar. Tien la première place à régir l'Empi- 
re du monde, Cefar y tiendra le (econdrang* 
Soit que parvne îufte victoire * il ait mené cri 
Triomphe les Parthes qui faiioient mine deié 
ictter dans l'Italie , foit que fur les frontières fà 

G 



34- C A R M I N V M L I B. L 

Tugraui chtth quattes olympttm > 
Th parnm cafiis tmmtca mutes 
Fnlm%na lnc*s. 



AD L YDIA M. Ode XII L 

Molette feït Telyephum riualcm fibi à Lydia 
ànteponi. 

V^ Ctruictm rofeam ; &çerea Telephi 

Lauda* brachia , va , meum^ 
Feruens dtfjiciUbtle timetiecurè 

[O. Tmcnec mens mihi , nec c$lor 

Certafede mmet : humor & ing™**^ , [ 
Fnrtim labitur , argnens 

thsam lentis penitm macérer ignibt**- 

Vror , feu tibi candi do s 
I* » Tnrpa^Hnt humer os immodicAfner$ 
Rix* : fi** puer furens 

Jmprefi$ memorcw dente labris notam. 

Non y fi me fais atêdias , +» 

Speres perpetunt»* du Ida barbare 
Ladentem ofcula , ?m Ktn m 



Opes d'Horace. Liv.Î. î$ 

de l'Orient , il ait fubiugué les Seres , & les In- 
diens , il eft fi plein de luftice , qu'il régira heii- 
reufement le monde au deflbus de toy , tandis 
que tu feras trembler le Ciel fous la pefanteur 
de ton char , & que tu lanceras tes foudres 
vangeurs fur les bois fâcrez , fouillez par quel- 
que impureté. 



A LYDIE, Odé XIII. 

il fe fafche que Telephe foit mieux venu auprès 
d'elle ync luy. 

LYdie,quand tu parles auec tant d'eftime du 
col de Tdephe > qui a la couleur des rofès* 
"quand tu fais des louanges de fes bras de cire, 
ha 1 mon cœur s'alume de colère, & ma bile s'é- 
chauffe d'vne rage implacable. Alors ny ma y 
pcnfée,ny la couleur de mon vifage,ne dem-eu- 
ïét point en vn mefme eftat, &c vne eau décou- 
le à la dérobée le long de mes ioiies 3 qui donne 
bienvneprèiiueafTeurée du feu. 1er qui me mi- 
lle au dedans. le brufle, (bit que les débats eau- 
fez par les excez du vin,ayent terni l'éclat de tes 10* 
épaules qui ont la blancheur de la neige , fait 
que ce garçon dans la paffion qui le tranfporte, 
ait de Ces dents imprimé vne marque fur tes le- 
Ures pour te faire louuenir de luy . Non non; (I 
tu me crois,il ne faut point que tu èfperes d a- 
ùoir pour vn amoureux confiant celuy qui aueç 
tant d'inhumanité blefle la douceur des bai- 
fers^que Vw£u* % détrempez dâs la cinquzefms 

e ij 



H< 



xo, 



36 Carminvm tlB.t 

Jghnnt* parte fut nedarts tmbuit. 
Fœltces ter & ampltus > 

tytio s irrupta tenet copula , nec malis 
Dtuulfus querimontis 
Supremacttiusifoluetamor die. 



AD REMPVPLICAM BELLVÎVÎ 
Ciuile prceparantem. Ode XIV. 

ON avis j réfèrent in mare tenoui 
Fluttus , cjttidagis ? forttter occupa 
' Tortum : nonne vides vt 
Nadum remiaio lattu > 

5. Et mal tu céleri faucius Afcico , 

JLntenn&que gemant ? acfnefunibus 
Vix durare carina 
Pspnt imperiofius 

tALcjH$r?non tibi funt intégra lintea, 
10. Non dii y quos iterum preffa voccs mil*. 
G>HamHis Pontka pinus y 
SjIha plia nobilts > 

lattes &genus & nomen inutile* 
NU pittis timidm nautta puppifas 
lf< Fidit. tn , nift venus 

JDebes ludibrinm , cane. 

Toupet follicitum qu& mihi tétdium 1 
N^ncdefiderinm^curaque non Unis > 
Jnterfttfa nitentes 
tà Fins tjtiçra Cjcltdas. 



Odes d'Horace, Liv .1. 37 
partie de Ton ncdar. Ceux li font trois fois 
heureux , 5c encore dauantage , qui font 
étraints par vn lien quincfe peut rompre , Se 
dont l'amour eft incapable de fedifîôudreauat 
le dernier icur , par des picoterics malignes, 10, 



 LA REPVBLIOyE QJ I SE' 

prépare à h guerre Ciuile. Ode XIV. 

ONauire, des vagues mutuelles te repowf- 
feront-clles en pleine mer? ha! mifera- 
ble que fais-tu l entre courageufement dans 
le port. Ne vois-tu pas comme ton flanc cft 
dénué de rames , & comme ton maft cft froifie j, 
parla roideurdVn vent AffricainVt.es anten- 
nes gemiflent , §C a peine ton grand corps fera- 
t-il capable de reiifter fans cordages X Timpe- 
rieufe furie de la mer. Tu n'as plus de voiles 
entières , ny de Dieux que tu puifle encore in- jq m 
uoquer après le débris 4e ton maft ,quoy que 
fille d'vne foreft illuftre , ôc faite des pins qui 
çroiffent au Royaume de Pont , tu te vantes 
de la gloire de ta race ôc d'vn nom inutile. Le 
timide Nocher ne fe fie point aux pouppes en- 
richies de peintures. Garde toy bien dVne *£• 
nouuelleentrcprife fur mer , fi tu n'y veux de- 
uenirle ioiiet des vents au milieu de la tempe- 
fte. Tu me caufois naguère beaucoup de fblii- 
citudes & d'ennuis , $c tu es maintenant mon 
principal foucy Se mon plus cher defir; éuitc les 20, 
Cycladcsblanchiffàutes femées autrauersdes 
eaux. 

C iij 



C A R. M I N V M L I B. I. 



Z0. 



NEREI VATICINIVM DE RVINA 
Troyac. Ode XV. 



P 



Aflor qtium traheretper fréta nauibm 
Idxis Helenamperfidushofîitam, 
Jttgrato celeres obruit otio 
Tentas , vt caneretfera 

î* ^ ère tu fat a. Aida ducu Mi âomum* 
Quant rnulto repetet Gracia milite , 
Coniptratd tuas rumpere nuptias , 
Et regnum Priami vêtus. 

Eh eu quantus equis, quantuéddejlvirù 
i 0* Suder : quanta moues fanera Dardant 
Genti ! iam galeam Pallas & <egidd 
Currufque & rabiem parât. 

Nequicquam, Veneru prœftdio firox* 
PeBescafariem : grataquafœminU 
l k. ImbeHi citbara carmina diuides. 
Kequicquam thalamo graues 

IlAftas , & calami fpicula Gnojli] 
Vttabts yfirepmtmque > &celeremfequi 
Ai^em : tamen heu férus adultères 
Crincs puluerc collines, 

Non Laertiaden > txi/îum tUé 
GentH , nm Pjlium #ep™ reffki* l 



Odes d'Houàcç. Liv. L \% 



DIVINATION DE N E R E e; 

touchant l'embraferoent , & la mine 

deTroye. Ode, "XV. 

QVand dans les vaifleaux qui furent fàbrï- 
quey àcs bois du Mont-Ida , le perfide 
Berger rauiflbit Hélène qui l'auoit receu en fa 
maifbn;Nçrec afToupitpar vn calme incom- 
mode la légèreté des vents , pour faire vn récit 
de lamentables deftinées. Tu menés , dit il , j>" 
chez toy fous de mauuais prefages , ce que la 
Grèce te redemadera auec vne armée puifTan- 
te,apres s'eftre liguée pour défaire tô mariage, 
& renuerfer l'ancien Royaume de Priam. Hé- 
las ! Combien de peines , êc de fueurs fe prepa^ ie« 
'icnt pour les cheuaux Se pour les hommes? côr 
bienémouueras-tu d'accidens funeftes parmi 
la nation Dardaniennc > Pallasapprefte des-ja 
fon armet,fbn cgide,fes chariots,& fa rage.De- 
uenuficr par le fecoursde Venus, tu peigne- 
ras inutilement tes cheueux , tu feras en vain 
refonner des chanfons agréables aux Dames, 
fqrvn luth quine s'accouftume point au bruit *5' 
de la guerre, & m&laifement tu cuitçras fur ton 
lid les pefantes haches , le fer pointu des ro- 
feaux de crête , le fracas des armes , & la prom- 
ptitude d'Ajax dans (es pourfuites guerrières. 
le te.pjains toutesfois, de ce que fur le tard tu to% 
noirciras de pouffiere tes cheueux *emprûtez. 'M*t**H*> 
Ne prens tu point garde au * filsdcLaerte >\x?ujfe f . 
ruine de ta patrie > Et ne vois- tu p is Neltpr de 

C ïïij 



4° C A R M l K V M L I B. h 

V) g:nt impart td/ tcSéUdmtmw 
TcfiCer^tie y & S tendu* , faens 

l<. VttgnA : fine opHf eftimpcritareecjuif f 
Non anrtoapiger : Aierionem cjuocfuc 
Nofces. ecce furit te repertre atrox 
Tydides >meher pâtre: 

jQf<tem tu , cerupu vti vallis in alter/i 
jo. Vtfum parte luptim graminù immemor? 
Shblimi fvvjes , mollis anhettttt , 
Konbocpo/licitys tut. 

I^acunda diem proferet îlio , 
Mœtronifquc Phrjgum claJJis K sfcbilUL 
?5- P°fi C€Yt as hyemes vrefrîtichaicus 
Ign& 1 ' liacat. dçmos. ) 



AD AMICAJVL Ode XVI. 

Palinodiamcanit. Namveniam petit à puclta. 
quamlambis laeferat ; culpamque transfert 
in irjiiu 3 cuius vim indomitam defenbit» 



o 



Matre pnkhra fJi/t pulchrior , 
Jp^ftf* criminojis cunque voles modam 
Fonts lambis : pue jlamma , 
S'me mari Ubet Aàriano. 
r. Non Diwlymene , non adytif quatit 
Msnttm fiiCèrdatum incoU Pythtm » 



Odes d^Horace. Lïv. I. 41 
File? des-ja les vaillants Teucer deSalamine, 
$C Stenele fi habile au meftier des armes, te 
po.urfuiuent de près : ou fi l'on a befoin d'vn 15. 
cocher diligent pour conduire auccvne adret- 
Ce nompareille des cheuaux atteliez, tu cor- 
noiftras auffiMerion en leur compagnie. Voi- / )iAk l 
ey le véhément D iodeme , plus redoutable que *'&*^ 
fan père, qui cft dans vneimpatieîice enragée 
detctrouuer. Mais comme yn cerf qui ^ou- 
blie de paiftre dans lavalée quand il a veule 30J 
loup d'vn^utrç çofté, tu prendras lafehement 
lafuittcdeuantluy,ne pouuantquafi refpirer, 
encore que tu^n'eufie pas fait de telles promet A ///&-, 
fes à celle que tu ayme fi chèrement. La colère J"*y* 
(TAchile éloignera le dernier iour de Troye Se +* 
des Dames de Phrygic : & * après vn certain ji f tn fa 
nombre d'hyuers, le feu Grec hruflera les niai- ans. 
fons d'Ilion. 



PALINODIE. Ode. XVI. 

// sexeufe entiers vne fille de Vauoir ojfenfes 

par deux fois. 

■ 

O Fille plus belle que ta mere n'eft belle, 
tu feras périr cojçnme il te plaira les vers 
iniurieux que fayeferits , fbitque tu les met- 
tes au feu, foit que tu lesiettes dans la mer. 
Certes il n'y a rien qui égale les trilles mouue- 
ments de la colère qui çaufe plus de troubles 5? 
que,* Cibellç, Apollon & Bacchus nenpor- oindjmen*. 
cent dans lesefpritsdc leurs Preftres, quand 



4z Carminvm Lib. I. 

Non Liber ecjue : non acuta 
Sic gemmant Corjbantes dra , 

Triftcs vt ita : cjuos neque Noricus 
t • Deterret enfts , nec mare naufiaoum , 
Nec fdtnus ignû , nec tremendo 
Iu^ïter ipfe ruens tumnltH* 

Tertur Promethens addere princ'tpi 
Limo coaclus p articulant vndique 
fr ¥ Dejeilam, (fr infani Leonis 

Vtm flomacho Appofvijfe nojlro. 

lr<t Thyeften exitio grani 
Stranere : & altis vrbibus vttimt 
Stetere captft cur périrent 
*C, Fnnditusy imprimeretqHe maris 

Hoftile aratrttm exercitm infolens. 

Compefce mentem. me cjueque peVtorU 
TentAuit in dulci itiftenza 
TeYHor y & in celcres iambos 

•/• Mifo furentem : nunc ego mitibm 
Mut are qu&ro triftia : dum mihï 
Fias recavitatù amtea 
Qpprobriiéy ammumque Yeddj&> 



Opes d'Horaci. Liv. I. 4$ 
î!s font au lieu le plus faint de leurs temples. Et 
lesCorybantcs ne redoublent point fi fort le 
bruit aigu de leurs Cymbales , quand elles font 
agitées , que cette eftrange paflîon fait de tem- 
pertes , faiis qu'elle puiflTe eftre appaifée , ny par 
îeffroy de l'efpée * noricienne , ny par Thor- Bausrôtf*. 
reur de 1$ mer, où il fe fait tant de naufragcs,ny 10* 
par l'apprehcnfion du feu cruel,ny par la crain- 
te de Iupiter mdtme auec (es foudres terribles 
qui menét vn bruit affreux. On dit que Prome- 
thée fut contraint de tirer de toutes les créatu- 
res vne parcelle de chaque chofe, pouradioti- 
ter au premier homme qu'il auoit paiftri de 
boue , & qu'il mit dans noftre fein la violence 15. 
du lion enragé, Auflî pouuons non$ bien dire 
que la colère afaitçomberThiefte d'vne chute 
mortelle. C'eft par la colère que l'orgueil des 
plus grandes villes a efte enfin renuerfé : & par 
elle , des armçes vi&oricufes, ont infolemment iq, 
enfoncé la terre fur le débris des murailles , du 
foc de leurs ch^rués ennemies. Modère t5 cou- 
rage. Cette méfiée ardeur, eflaya bien de me 
poffeder quandi'eftois icune , de me fit impru- 
demment tomber dans la frenefie des vers mc- 
difants: mais ieveux maintenant changer l'a- 
mertume de mon fiel en la douceur du miel, 
pourucu que tu me deuienne amie , 8c que tu 
me rende ton cœur, quand ie n'eferiray plus 
de chofes qui te puiflent fafchen 



%f 



44 Carminvm Lib. I 



V 



AD TYNDARIDEM. Ode XVII. 

Inuitat cam in Lucrerilcm , multa oftenden* 
commoda quxcx copercipiet. 

Elox amœnum fitp* Lucre ttlem 
Mutât Lycto Faunns : & igneam 
Défendit aftatem capellis 
Vfcjue mets , pluuiofjue ventos. 
5- Impune tHtum per nemm arbutos 
Outrant latentes, £r thyma deui& 
Olentis vxores mariti : 
Nec vïrides metuunt colubros , 
Nec Martiales hœdilia lupos : 
IO. Vt cuncfHe dulci Tyndari fifiula 
Vallès s & Vfiice cubantis 
Lenia perfonuere Jàxa. 
I)i me tuentur : dis pi eta* mea 
Et Mufa cordi eft. bine ttbi copi* 
3 5* Manabïi ad plénum beniono 

Ruris bonorum opulenta cerné* 
Hic in rsdufla va/le, canicule* 
Vitahis afttu :■ & fide Teia 
Dices hiborantes in vno 
.2.0* Penehpen vitreamejtte Circen. 

Hic innocenta pocula Lesbif 
Duces fitb vmbra : nec Semeleim. 
Cnm M arte confundet Thyonem 
Pralia : nec metues protcruum 
*5* Svjbcfta Cyrum , ne maie difpari 
Jt; continentes iniiciat manm : 
Et feindat bœrentem ceronam 
irinibtt* ,immeritamque vejlem* 



Odes d'Horace. Liv, I. 4> 



A TYNDARIDE. Ode XVII. 

Des louanges du Mont- Lucretil dans U terri- 
toire des Sabins. 

F Aune, âuecla légèreté qui l'accompagne, 
change fouuent Ton Lycée auéc mon Lu- 
cretil délicieux, Se défend toujours mes che- 
tires du graad chaud de TEfté 8c des vents plu- 
uieux. Les femmes du * puant mary , fe prome- 5. 
nent fans danger dans les bois , où elles cher- &* ***• 
chentl'arbou{ïe& le thimquiy font cachez. O 
Tyndaride , les cheureaux ne craignent, ny les 
couleuures vertes, ny les loups de Mars, quand io é 
les vallées &c les rochers polis d'Vftique qui 
baille infeiifiblement {es codes, refonnent à la 
douce mélodie de laflufte ruftique. Les Dieux 
me tiennent en leur garde : & ma pieté aulïi 
bien que ma Mufe font agréables aux Dieux, 
De la,te viendront à fouhait les riches hôneurs gc 
de noftre viliage. Icy dans le creux d'vn vallon 
écarté,tu éuiteras les ardeurs de la Canictilc:& 
fur la lyred'Anacreon, tu diras les amoureuses 
peines qu'eurent pour *vnfeul Pénélope & la ?o*rVtifiè, 
belle Circé. Deçà tu apporteras fous lafraif- *o* 
cheur de l'ombre le vin Lefbié qui ne fait point 
de mal,où*Chionéc fils deSemele,n'aurapoinr , , 
de querelles à démêler auec Mât*s:& là tu n'au- 
ras point de peur que durât tes foupçons, le de- , 
fiant Cyrus iette cruellement (qs mains légères f * 
fur toy qui n'es point fa pareille,pour rompre la 
guirlande qui ueflTerre tes cheueux , & poux de* 
chirer wnYeftçmcnt fansl'auoir merué. 



àfG Carminvm Lib. I. 



AD QVINTILIVM VARVM. 
Ode XVIII. 

Vin um modéra tcfutnptum exhilarat animum* 

at hauftumimmoderatc,furorem 

concitac. 



N 



VlUrh Vare Jhcra vite prius feuerïs ar- 
borent 

Circa mitefolum Ttburis , çfr tnœnia Catili. 
Siccis omnia namdura DeUipropoftiit : neque 
Jldordaces aliter diffugiunt fbllicitudines. 
î* Styi* P°fi vin À graucm milititon aut pauperiem 
crepAt ? 
JQuis non te potius > Baccbe pâter , teque deceris 

Venus ? 
jit ne qui* modiei trànftliat mUnerA Libéria 
Centaurea monet cum Lapithis rixa fuper meri 
DebeUata : monet Sithoniis non leuis Euius: 
20. £hmm fas atque ne fa exiguo fine l'tbidinum 
Dtfcernunt midi, non ego te candide Bajfareû 
Inuitum quatiam : nec variis objtta frondibus 
Sub diuum rapiam. fixa tene cum Berecynthio 
Cornu tjmpœna , qu* fubfequitur cacus amer 
fui y 
if. 3BÉ toUens vtcukm plus nimio &loria verticem % ] 
Antniqne fides prodiga , ferlucidior vitro ± 



O D H S D'HoR A^CB. L I V. I. 4jr 



A QJINTLLIVS VARYS, 
Ode XVIII. 

De fvfigc du vin pris modérément, & avec excez,* 

VArus , ne planjcc point d'arbre autour des 
bonnes terres de * Tiuoli, ny aux enuirôs TjU&l 
des murailles de Catile , auantlcbois de la vi- 
gne dedié a Bacchus : car à ceux qui nar- 
roufent point leur gorge feièhe,ce Dieu pro- 
met toute forte de maux : & fans luy , les foins 
mordants ne fe peuuent éuiter. Qui fe plaint -j 
des fatigues de la guerre ,'& de la dure pauure- 
té, après qu'il a beu du vin 2 5c qui ne te vou- 
droit point louer, Père Bacchus, & toy gra^ 
cieufe Venus? mais il fe faut bien garder de paf- 
fer les bornes en beuuant auec excez. La que- 
relle des Centaures auec les Lapitlies , au fujet 
du vin, nous en aduertit a(Tcz; * Euius luy mef- b^^j 
me qui elè en fi grande vénération parmi les 
* Sithoniens, nous en donne auffi debonsad- LesTr*ctt* 
uis, quand ces peuples dans l'appétit déréglé IO# 
qui les pofTede, ne mettent aucune différence, 
entre les chofes permifes & celles qui »e le soc 
pas.Pour moy,fincere *BafTarée,iene teprouo- ^Htrtnom 
queray point contre ta bonne volonté , & ie ne de Batthusl 
diuulgueray point indifercttement tes myfte- 
res cachez fous diuers feuillages. Retien le ru- 
de tambour auec le cornet * Berecinthien : l'a- %$**&& 
ueugle amour de foy-méme,le fuit, aufli bié que x j % 
la gloire qui cleue trop haut fa tefte vaine, * de yuiàt. 
cette foy plusluisate que le verre, quidécouurc 
indiferettemét les fecrets qui lui ont efté côfiez. 



4$ C A RMINVM L IB. I, 



DE GLYCERA. Ode XI X. 
Se illius amorc vri. 

M A ter fend Cupidwum , 
ThebantzcjHe iubet me Semeles putr f 
t Et UfcittA licentia 

Finitis dnimum reddere amoribus. 
$• y rit me Glycera nitor 

Splendentis Pario marmore fur lus • 
Vrit grata proteruitas , 

Et vultm nimium lubricm afpici. 
Jn me tota ruens Vemu 
J0 k Cyprum defermt , nec putitur ScythoU 

Et verfis animQfum equis 

P>arthum dicere > nec qu& ml Attinent, 
Hic viuum mihi cefpitem , hic 
Verbenas pueri pomte , thuraqtte , 
je. Bimi cum patera meri. 

Maftata veniet lenior hofiia. 



AD MECOENATEM. Ode XX. 

Inuitat Mecœnatemad conuiuium minime 
fumptuofum. 



y 



lie potabis médias Sabinum 
Cantbaris , Grtca quod ego ipfe tefta 

A 



Opes d'Hora cl Liv. L 1$ 



A GLYCE1E, Ode XIX. 
J££il brujle de fin Amour. 

A rigoureufcMçrc des Amours, &*TEnF£t *«flr*#- 
deScmele de la ville de Thebes, auffitien 
quelaLicécc quinaift de POifiueté, me carrai* 
,gnent de rendre mon cœur aux délices d'oùie 
lauois retirée le me fens brufler de la blancheur 5; 
de Glycere, qui éclatte auec plus de pureté qu« 
^e marbre de Pare. Son agréable* dédain, <k M*tith 
fonvifage dangereux à regarder, m'ejtnbralênc 
4'vne ardeur exceffiue. Venus fe iet tant toute 
dans mon fein , a quitté fa demeure de Cypre, içv 
Se ne me permet nullement de parler des Scy^ 
thes , ny des Parthes <|ui fignalent leur valeur 
en tournant la bride à leurs cheuaux, ny de 
tout ce qui n'apartient point a la gloire de fort 
Empire. Enfans, mettez icy yn gazon verc> 
apporte^ moy de la veruçine , & de l'encens, 
auec vne talTe de vin de deu* années :q»;ànd ïji 
i'auray prefenté mon hoftie,la Belle que i'ayme 
ircuiendra plus douce auprès dehioy. 



A MECÉNAS, OàcXX. 
Tohy X'tnmter X vn Couper de peu de de pence» 

TV boiras chez moy dans de petites coupes 
du vin Sabin,qui n eftpas de grand prix><3< 
43uei'auûisjui$dansvne terrine de Grèce pou| 

P 



cO Carminvm Lib. L 

Conditam lent : datus in theatro 
fytmm tibi plaufiu> 
, Care A4ecœnas> eqves : vt paterne 
Fluminis rip& ^fimul & soco/h 
Redderet laudes tibi Vatican* 
Montis imago. 
C&cubum > & prœlo domitam CaUnê 
XO. Tu biles vuam , me a nec Falem& 
Tempérant vîtes , neqne Formiani 
PqchU colles. 



ÏN DIANAM ET APPOLINEM 
Ode XXL 

Hortatur virgines Se pueros ad eanendas 
eorum laudes^ 



D 



lanam tenerœ dicite virgines , 
Intonfum pueri dicite Cynthium , 
Latonamcjue jhpremo 
DileElam penitm loui. 
5' Vos Utam fisiuiis > & nemorum coma, 
^>f4(tcHn^He aut gclido^pr ominet *Algido » 
Ntgrù aut Brymantht 

Syluis * aut viridis Cragi i 
Vos Tempe totidem tollite laudibtts , 
ÏQ. Hatalemquè , mares , Delon sfpollims j 
InfignemfijHe pbaretra , 

Fraternaqne hnmerum lyra. 
Hic bellnm lachrymofum > hic rwferam fam$m 
FcfîemqHc * populo & principe Çajkrt> in 



d k s dHoracè. L i V. L ji 

le garder , quand on te donna i ant d'aplandif- 
femens aiuheatre>ô mon cher Meccne,content 
par vnc infîgne modeftie de ta dignité de Che~ 
ualier:de forte que l'Echo du Mont-Vatican rj 
qui fait vne image ènibiiée de la voix, rendit 
tes louanges, fur lesriues du fleuue paternel, 
Mais tu boiras chez toydu vin deÇécuhe' 5 & 
du iusdes raiiîns foulez dans les preflbirs de 
Calene, te pouuant auflî afleurer,que ny les vi- l0 
gnes de Falerne , ny les colines Formiaaes , ne 
rempliffent point mes vaifieauxo 



DE DIANE ET D'APOLLON, 
Ode XXL 

PArleè nous de Diane, vierges tendres: chari- 
tez les louanges d'Apollon aux beaux che- 
ùcux que Cynthe reuere, ieunes garçons, & 
h'oubliez point Latbne chèrement aimée de 
Iupiter le plus grand des Dieux. Parlez nous c, 
donc de celle quifeplaift le long des riuiê?;es ? 
& fous les feuillages des bois,foit qu'ils éleuent 
leurs cimes dâs le frais fejbur d'Algide, ou dans 
les fonlbres fôrefts d'Erirnanthe , ou fur les co- 
lles verdoyantes * des Monts de Lycie. Y oui heCri^i. 
autres garçons, éleuez auec des louanges pa- 
reilles la belle vallée dé Tempe, & cette Delos {$. 
îïfameufe parla naifranced'Apcl!on 3 de qui les 
épaules font ornées de la trouiTc & delaîyrë 
qui luy fut donnée * par (on frère Ge'Dicii P*rM&Mf& 
émit par vos prierez, éloignera du peuple Se de - 
la perfonne de Cefar ? iâ guerre lamentable , la 



>J2 CARM1NTM LlB.L 

fer pu AtcjHe Britannos 

Fejir* motus aget precc. 



ÀD ARISTlVM. Ode XXII. 

Vitae integritas vbique tuta cft > iclque fut* 
exemplo probat. 



i 



Nteger vit et , fcelerïfque purus 
•. Non effet Mauri ïaculis , titane atch % 
TV^c venevatis grautd* Jagntu , 
JFff/ce y fharetra : N 
r. 5/^ p*r 5jwj irer aftuofa> 
Stue ftlluYM per inhofpttalem 
CaHcafum > wl qu£ loça fabtHofus 

Lambit H -jdafpes. 
Ntmcjue me fylua lupus in Sabina , 
lt>. Dum meam canto LaUgen > & vltrA 
Terminum curù vagor expcditks, 

Fugit inermem. 
G)u&le portevtum necjxe militarïs 
j)auwa in latts alit efculetis , 
*j. Nec Ittba tellus centrât > leonttm 
Arida nutrix. 
Pone fne pigrù vbi nulla campis 
jirbor aftma revrettur aura : 
Jgvod latus mnndi nebuU , malufquê 
23. ÎHfitir vrget : 

Pone fnb enrru nimtnm propinqni 
Solis y in terra dqmtlus negata : 
DMce ridentem LaUgen amab** 
Dnlcc loqHentem. 



Odes dHoragi. Liv. I; 5$ 

fciiferable famine , & la pc (te , pour les enuoyer 15 * 
aux Perfes, &c aux * Bretons. Anglais^ 

A ARISTYS FVSCYS. Ode XXII, 
De Pâme tranquille dans C innocence delà vie. 

*1H Vfcus , ecluy de qui la vie eft innocente , ôc 
Jk <£ui fe peut dire exempt de crimes , n'a point, 
befoin des jauclots du Maure , ny de Ton arc, ny 
de fa trouflé chargée de flèches enuenimées, 
foit qu'il marche au trauers des Syrtes bouil- 
lantes d'yne ardeur exceffiue > fait qu'il fe ren- |% 
contre entre les roches inhabitables du Cauca- 
fe,& dans les lieux qu'abrcuue l'Hydafpe dont 
Ton compte tant dcfables v : car dernièrement, 
tandis que ie chinois les perfections de maLa- 
lagc,& qu'auec vn efprit deliuré d'inquiétudes 
i'errois hors duchemin dans la foreft. Sabine, 
vn grand loup s'enfuit de moy , quoy que ie ne 10Z 
fufle point arme, ta guerrière * Dauniç n'auoit L* peUMH 
point nourry dans fes vaftesforeftsvn monftre . 
iî terrible, ny les * terres de luba qui portent 15. 
des lions parmy leurs fecherefTes , n'en ont ia~ L* M'**ri* 
niais produit vn femblable. Mçine mpy dans *"#*& 
les champs parefleux où il ne fe trouue pas vn 
arbre que réiouyiTe le doux air de J'Eftp > & où 
leclimat incommode jVetfe continuellement 
de la neige ôc des frimars; ou bien laifTe moy ZQ> 
dans ces pays où le char du Soleilpour eftre 
trop proche de la terre ne fouffre pointde mai- 
ions, i aimeray toujours ma Lalage auec la dou- 
ceur de fes foufris,ie Taimeray toufiours auec la 
douceur de fon parler. 

D iij 



io. 



54 Carminvm l ï b. ï. 



I 



AD C H L O E N. Ode X XII I. 

Non eft cur Chloë viri contaâum fugiat,quum 
fît iam viri potens Se aetate macura. 

VItas hinnuleo me fimilis Chloé , 
fyuarenti quidam mont ib as auiû 
Jldatrem , non fine vano 

\y4urarum cr fyln& metn* 
u N'en feti mobilibus veris inhorruit 
Aduenws foltis , feu virides rubum 
'Dimonere Ucertdt : 

Et corde & genibus tremit. 
Atcjut non eao te>> tioris vt afperA? 
Oetulufue leo , frangere perfequor* 
Tandem defme matrem 
Tempefliua, fequi vira. 



AD :■ VIRGILIVM. Ode XXIV. 

Qm mortem Qnintilij deflebat immodcratc< 

QVis defiderie fit pudor aut medus 
Tarn chart capitis ? pr&cipt lugubres 
Camus Mdpomene , cm liquidant pater 
V-ocem cmn chitara dsdit* 
y Er?o Quint ilium perpewus fopor 
Fr\etî~cui pudor, & inftitU foror 
Incoxrupta Fides, nudaque Veritas , 
GnAndo vlium innenieMparem l 



Odes'e'HorAcs. Liv. I. J5 



A CHLOE'. Ode XXIII. 

I 

<$#r ce quelle ri a rien a craindre >fttis quelle efi e?t 
♦ 01 g e de fe marier* 

TV me fuis , Chloé , femblable a vn Faon de 
biche* qui cherche fur les monts écartez (à 
mère craintiue , npn fans la vaine apprehenfion 
des moindres haleines , & des branches des ar- 
bres: carfoit que les feuilles tremblantes fie- 5^ 
mifïènt au retour du Printemps, fbit que les le- 
2ars faffent tant fbit peu remuer les buifïbns , il 
tremble de cœur & de genoux. Chloé , ie ne te 
pourfuis point cotnme vn tygre furieux , ny le* 
comme vn lion de Genilie, pour te déchirer. 
Enfin, cefTe de fuiure ta mère, puis que tu peux 
fuiure vn mary» 



A VIRGILE. Ode XXIV. 
Regrets de la mort de Jguintilim Varm] 

QVelle honte, ou quelle borne y a-t-ilpour 
le regret cTvnçtefte fi chère \ Melpome- 
ne,qui tiens de ton père la lyre & la netteté de 
la voix, ordonne fur ce fujet des chants funè- 
bres. Vn fommeil perdurable a donc afibupi 
Qumtilius? Quand eft-ce que la pudeur , & la 
foy incorruptible, fœur de la Iufti C e,aueC la ve- 
nté toute nue luy trouueiont foft pareil • H cil 

D iuj 



Ï3. 



Ju C A R M I N V M I, I B. I, 

JMxlîis Me lonis \febilii occidn : 
N'dli fletitior cjuam tibi^ l^irgili. 
Th frtiftra pttts (beu) non ita creditunz 

Pofcis J^wnttlium Deos f 
C)nid fi Tbreicio blandtus Orpheo 
uiudttam mederere arboribns fidem » 
Z{» Non van& redeat fanants imagtni , 
£htam virga femel korrida 
Non lents prectbus fat a recludere % 
JSIigrô compulerit Mercunus gregt. 
Euruin. Sed leuius fit patient ta * 
%$ % £hticquid corriger* èft nefa*. 



AD LYDIAM, Ode XXV, 

ïnfultat ei, quodiam vctula, meritoab &m* 
tajribus {pernitur. 



p 



Arcim ittnVvte quatiunt feneftra* 
^Ittibus crebris iuuenes proterui* 
JSlec tibi fomnos adirnunt : amatque 
lanua limen, 
Si JE** pr'tus fnultum faciles mouebat 

Cardtnës : audis minus & minus iam $ 
Jl4e txo l<wîgd<i pe/éunte noUes 

Lydia dormis ? 
Inuiceîri motcbos anus arrogantes 
10» Ftcbis in folo leuis ^ntjipértn^ 

Th ratio bacchante ntagis fub inter* 
lumA venta : 



Odes d'Hsrag*. Liv. L 5? 
mort regreté des gens de bien : Mais, Virgile,il i4| 
n'eft point fi fort à déplorer pour tous les au- 
tres que pour toy. Helas ï tu demandes en vain 
Quintilius , que ta pieté ne fçauroït obtenir des 
Dieux , encore que tu touches la lyre plus dou- 
cement qu'Orphée qui obligeoit les. ambres à 
l écouter i Le fang ne retourne plus à lombre *f* 
vaine que Mercure auec fa verge terriblc,a vnc 
fois rangée au nombre des morts : car les priè- 
res ne le flechifTent pas aifément pour changer 
Tordre des deftinées. Ç'eft à 1& vérité vnc cho- 
fe bien dure à fuppoter: mais nous adoucirons 
par noftre patience , ce qui a cft pas en noftre IQ* 
gouuoir de changer. 



A L^DIE. Ode XXV. 

// luy fait raillerie de fon koe , (fr de cs^ quelle 
efi méprisée des ieunes gens. 

LEs ieunes fous ébranlent moins que de cou- 
tume par des coups redoublez tes feneftres 
fermées: ils n'interrompent plus ton {pmmeil: 
Se ta porte aime fi chèrement le feiïil on elle s'at- 
tache qu'elle ne s'en fepare plus , corne elle fai- $jj 
foit autresfpis quand elle fe mouuoit fi facile- 
ment fur les gonds qui la foultiennent. Auffi 
és-tu moins importunée dé iour en iour, de ces 
Belles paroles. Eft-c'é donc de la forte , Lydie, 
que tu pafTes les nuits entières à dormir , tandis 
que ton feruiteur fidelle périt du mauuais trai- 
tement qu'il reçoit de ta froideur î Mais deue- iél 
ûuè vieille à ton tour, ou tùplureras tes fier* 



58 Carminvm Lib. I. 

J>hiHm tibi flagrant amor> cr hbtde > 
J^ujt folet nJAtresfurian equorum* 
\J # S&uiet circA iecur vlcerofinm^ 
Non fine que fin : 
LéttA quodpubes ederA vtrenti 
GAudeat* pullamagis atcjvte myrte: 
ji ridas frondes hjemis fodaU 
Xn. Dedicet Hebro. 



AD MVSAM, DE ,£LlO LAMIA* 
Ode XXVI. 

Non cîccctMufârumcultorcscuris & mœror^ 

bus cfle obnoxios. Poêta fuura Lamiam 

Mufe Pimplcae commendat. 

MVfis Amiens , triftitiAm & metm 
Tradam proteruis in mare Creticum 
Port Are ventiszquis fub ArElo 
Rex gelidd meWAtur or<$, 
]. Jg^d TiridAtem terreat vntee 
Sécants, o qu& fontibus integris 
G andes 9 Apricos neBe flores , 
Nette meo LAmia coronam 
I > impie A dulcis. nil fine te mei 
IO# Fojfunt honores* hune fidtbus houm , 
Hune Lesbiofkcrare plettr* 
Tcque tuafquc decet ferons* 



Odes d'Horace. I iv. I. 39 
Amans, abandonnée mifcrablement en quel- 
que coin écarté durant la nuid , quand la bife 
fpuffle plus fort , & qu'il n'y a point de Lune au 
Ciel. Alors l'ardeur amoureufe,&: la mefme ra- 
ge qui tranfportc d'ordinaire les iuments, for- ij# 
çenera autour de ton cœur blefïë, & tu nous fe- 
ras ouïr tes plaintes. Mais parce quclagaye ieu- 
nefïc fe plaift dauantage au lierre verdoyant, & 
au myrrhe brun;clle côfacre les feuilles fâches* 
à l'Hcbre de Thrace confident de l'Hyuer. iqÏ 



DE /ÊLIVS LAMIA. Ode XXVI. 

JP*'# veut louer ce perfonage , après stfire de* 
liuré de toute forte de fonds . 

AMy des Mufes, ie bailleray latriftefîe Se 
la crainte aux vents kgçrs, pour les por- 
ter dans la mer de Crète, fans me mettre eu 
peine quel Roy fe fait redouter dans les pays 
froids fous la conftellation de l'ourfè , & fans d 
me foucier de ce qui peut troubler Tiridate. O 
douce Pimplée , amie des pures fources, fay 
des bouquets de tes fleurs qui naiflentau So- 
leil, fay vne couronne pour mon cher Lamic: 
fans toy mes propres honneurs nemeferuenr 
de rien. Il fiait bien à toy & à tes fœurs de ce- ia* 
îebrer celuy-cy furvntonnouueau, &dc con- 
façrerfeslotianges fur le luth Lefbien, 



6o CàKjMikvm Lib.I. 



AD SODALES CONVIVAS. 
Ode XXVII. 

Ne inter potanchim rixentur 8c poculis ipfis. 
pugnent barbaroxum maie. 



N 



dus in vfum UtitU fcyfhis 
Pugnare , Thracum eft : tolltte barbarwft 
Morem , verecundumque Bacchum 
Sànguineis prolnbete rjxis. 
à Vin» & lucernis Medm açtnaces 
Jmmane quAntum difçrepatïimpiHM 
Ltmîc clamorem fodales , 
Et cubito remanete preffo. 
Vultis ftHcr't me quaque fumere 
lô» Tartem fœlerni ? dicat. Qpuntt^ 
ï 7 rater MegilU , quo beatus 
Kulnere , qua pereat fagitta* 
Cejfat vtltsnta* ? non alla bibâm 
Mer cède. qu<z te cnnqtu dowat Venu4. 9 
tj 4 Non erubefeendis adurit 

Igmbmi inqenmque femper 
jfmore peccas» qutcquid ha.be s , Agé». 
Depone tuîis auribt^.ah rnifir* 
Quanta laboras in Charybdi , 
10* ®tf?J* P uer weli&re flamba Is 

Qu£ fagAy qui s te folnere The faits 
Jtfagtts venen'ts , qu'ts poterit Deus ? 
Vix îïligatum te trifarmi 
Pegafm e^pedut Chim<tr&* 



Opes d'Horâci. Liv: L Gï 



À SES COMPAGNONS. OdeXXVlfc 

// les reprend des guère/les qu ils fi faifbient tn 
bzuuiiM, & de ce qn ils fi battoientk coups dt 
verre , put si l s'efforce d'apprendre du frère ds 
Megile le nom de celle qu'il ayme. 

COmbatre à coups de verres qui ne femblct 
eftrencz que pour la ioye^eftvne coutume 
de la Thrace.Oftez ctet vfage barbare, & chipée 
chez que Bacchus ne perde point fa modeftiè 
par des querelles fanglantes.Sansinemir le vin j£ 
& les flambeaux qui éclairent aulc feftins,ïbm: 
Fort differens destoutelas des Medes: adoùdf- 
fez, mes co'mpagnôs,la tude impiété de cesek- 
imeurs, & preflez vos coudes fur la table. Vou- 
lez-vous auffi me faire part de ce vin de Faier- 
iie ? Que le frere de Megille d'Opuntie me die, lot 
par quelle playe il a eu le bbn-heur de périr > &: 
par quelle flèche il aeftébleifé. N'as- tu pas en 
volonté de me rapprendre* Sieftcc queienc 
boiray point qu'à cette condition. De quelque 
Venus que tu ibis épris , elle ne te brufle point $jk 
<d'vn Feu qui te fafïè rougir: & toufîourétués 
amoureux d vn noble fujet. Mais quoy que c'en 
foit>tu peux hardiment eii confier le fecret à des 
oreilles fidelles. Ha ! malheureux Enfant digne 
d'vnc plus excellente flame.Das quelleCaribdc 
te trouues-tu embarraflé \ qu'elle Sorcière t'en zë* 
jpourradeliUrer* quel Magicien, voire iDefme 
Jquel Dieu fera capable de te guérir de cernai 
auec toutes les herbes de Theflalie? Pegaze au- 
ïoit à peine la puiflance de te xetirer des lien* 
«fe cette triple Chimie. 



Ci Carminvm Lib. I. 



ODE. XXVIII. 

Inducitur Architas Philofophus & Geometra 
muta: cuidam refpondens, qnod omnibus 
fît moricndum, petenfquea nauta ne fînat 

■ corpus fuum jaccrc in littore infcpultum. 

TE maris çfr terra , numercque carentis aren& 
Menforem , cohibenty Arcbyta, 
Tnlueris exigni prope lutin paru* M atinum 
Munera. nec qnicquam tibi prodeft 

| % Aerias tenta ffe domos, animoqnc rotHndum 
PcrcttrriJJe polum* moritptro. 
Occidit dr Pelopis genitor, conuina deorttm .* 
Tithonnfqne remotm in auras : 

Et louis arcanis Mines admijftu. habentquâ 
le. Tartara Pantboiden y itcrum Orco 

Demijfum : quamuis cljpeo Troiana refixê 
Tempera teftatvs , nihil vitra 

Nemos atque entem morti concejftrat atra : 
Indice te non fordidus antor 
15. JNatura y veriqne. Sed omnes vna manet nox» 
Et calcanda fernel via lethi. 

Bant altos Fnria torn* Jpcflacula Marti ; 
Exitio eji atiidis marc nanti*. jj 



Odis d Horace". Liv. I. 6j 



A ARCHYTAS. Ode XXVIIL 

Cet Archytas efi introduit parlant* vn Marinier 
pour luy dire qu il faut que tous les hommes 
meurent vne fois : & le prie fur la fin , dé pari- 
cher vn peu de terre eu de fable fur fon corps, 
pvur luy rendre les derniers honneurs de Ufi- 
pulture. 

TOy qui mefurois lamer, la terre , & les fa- 
bles quinefe peuuent»nombrcr> Archy- 
te,vn peu de poudre te renferme auprès des co- 
lles de Maftine. Mais puis que tu deuois mou- 
rir , il ne t'a feruy de rien d'auoir tenté les mai- 5.' 
(bns de l'air > & d auoir parcouru en e(prit tou- 
tes les Sphères celcftcs.Le père * de Pelops qui j ant4 ig 9 
fut receu à la table des Dieux mourut bien auf- 
fh ditArchyte, èc Tithon qui fut éleué au delïus 
de l'air , & Minos qui fut admis aux fecrets de 
Iupitcr,ne furent point exemps de la mort. Les io,] 
Enfers ont Py tagore defeendu vne fecôde fois 
dans leur abyfme profond,bien que par le bou- 
clier détaché de la colomne d'vn temple* il euft 
donné des preuues qu'il viuoit du temps de la \ 

guerre de Troye > n'ayant rien laifTé a la trifte 
mort que des nerfs & de la peau. Ce persônage 
au refte eft recommendable à tdn propre iuge- 
meitt 5 pour n'auoir point efté mediore enl'eftu- i£ 
de des chofes naturelles , & en la recherche du 
vray . Mais vne nui£t funefte doit arriuer à tous 
les homes, ôc chacû doit feuler vne fois le che- 
min de la mort. Les furies do lient les vns a l'im- 
piûoyabte * Mars pour luy feruir de fpe&acie. Al a guerre 



<?4 Carminvm Lib.I. 

Atifi* ftnum M iuuenum dcnfantur funera 
rtullum 
&0. Sétua caput Proferpina fugit. 

]\4e quoque dèuexiirapidtis cofnes Qrionù > 

Illyricis Notus obruit vndis. 
\At tu nauta , vag<z ne parce malignus arcn& 

OJJibus & capiti inhumato 



* 



r articulant dare : Jtc , quodcunqùe mînabitur 
Eu rus 

Fluftibus Hefperiù , Venufinét 
Plettantur Jjlut , te fifpite : tnultaque merces, 

Vnde pote fi , tibi defluat aqu* 



Ab loue , Neptufiocjue facri cuftode Tarenti. 
30-, Néglige immeritU nocituram 

Pofi modo te natis ftaudem committere. for* 

fi* 

"Débita iura vicefjue fuberbk 

Te maneant ipfurn. precibus non lïwquàY inul- 
tis : 
$• Teque piacula nuïla refluent. 

Jjhtanquam fefiinas {non efi mora longa) /#'* 
cebit 
îriïc&Q urfultieft curràs* 



la 



Ot>fe$ d'Horace. Liv. I. <fj 
La mer eft fouuent le tombeau des auares 
Nauchers : les funérailles des ieunes &: des 
vieux s'amoncellent, Se fe meflent enfèmble: 
8c pas vne tefte ne peut échapper la rigueur de j& 
Profcrpinc. Vnfurieux yent dcMidy accom- 
pagnant l'eftoile d'Orion quieftoit fur fon pan- 
chant, m'a précipité dans les eaux Illyriques. 
Mais toy Marinier , ne fois pas fi cruel que de 
me dénier vil peu de fable épanché fur ma tefte 
ôc fur mes os j puis qu'ils ne font point inhu- 
mez. Ainfi quand les fbuffles de l'Orient mè- Jj* 
nacerontles flots Hefperiens, puiffe-tu échap- 
per les dangers de latempefte : que les forefts 
de Venufe en portent toute la peiné : que tù eii 
rcçoiiic vne grande recbmpence dé l'équitable 
Iupiter,& de Neptune gardien des fa'crezmuî's 
de Tarente , qui te la peuuent donner. Mais fi .g* 
tu ne fais point difficulté de commettre vne 
offenec qui nuira peut- eftre vn iour à tes enfans 
fans l'auoir mérité, que le iiiefme chaftimenc 
&le mépris que tu fais des loix ,t'arriue à ibn 
tour :queie ht fois point laifïéauec des prières 
en la bouche fans eftre vangé , & que nul facri- 
ficc ne te puifTe expier. Encore que tu ayes 
beaucoup de hafte ( le retardement n'eft paî 35; 
long) après que par trois fois tu auras ietté de 
la poudre fur mof -, il te fera permis de couriîi 
ôc d'acheuerton voyage. 



? 



C6 Carminvm Lib.I. 



A D I C C I V M. Ode XXIX, 

Minmi cft & monftri fimile , Iccium Philofb- 
phum,ftudio intcrmiflb >ad milidam tr2.1v 
fifle, dmitiarum cupiditatc. 

ICciy beatis nunc Arabum ixuidcs 
Gazais: & acrem mîUtiam paras 
Non ante deuiïiis S ab&& 

Rtgibus: horrïbilique Medo 

* € 2^eBis catenas. qu& tïbï virginutâ 

Spetifo necato barbara feruiet ? 

Puer qnis ex aula capillis 

Ad cyathum ftatnetur vnBis > 

D gBus fagiîtas tendere Sericas 
jr> # Arcti paterno ? qms neget ardftis 
Pronos relabi pojfe rtuos 

Monteuse & Ttberim reuerth 

tguum tu coemptos vndique nobiles 
Libros Tan<zti<> Soc aticam & domain 
\t jMMt* r * loricis îberis , 

pêlUctm mciiora, tendis î 



Odes d'Horace* Liv. I. 6f 



A I CCI VS. Ode XXIX* 

// sejlonne comme cTvn prodige , que cet Iccim 

dit quitté feftude de la Philofephe fonr 

sHer m U guerre. 

ICcius , tu portes maintenant enute aux heu- 
reufes richefles des Arabes , tu prépares vnç 
rude guerre auxRoys des Sabèens,qui n'ont 
îamais efté domptez, & tu fais des chaifnes 
pour les Medes cruels. Quelle Dame des na- Ç 
rions barbares fera tbn efclaue, après la mort 
de fon mary tué dans le coimbat? Quel beau 
fils de cour du pays des Seres, auec fes cheucux 
parfumez,, te prefentera la coupe 1 &c fçaurà 
décocher de bonne grkee des flèches fur les 
arcs de fes pères? Qui niera que les rùiîîeaux lé. 
qui defeendent des hautes montagnes, ny puif- 
fent remonter, Se que le Tybrc ne retourne 
pointducoftédefafource , puis que tu t'effor- 
ces de changer l'efcole deSocratc,& les no- 
bles liures de Panece que tu aubis acheptez de 
toutes parts , auec des cuiraecs * Iberoifes, r 5- , , 
après auoir donné de bien meilleures cfperan- D 'W<V m * 
ces de toy î 






61 G AkMIN VM L IB. I. 



AD VENERE M. Ode XXX. 

Rogac Vcnerem vt in xderti Gly cer* fibi dedi- 
catam veniac. 

OVcmu , regina Cnidi P/tpbique t 
Speme dilettam Cjpron , & VQCtotif 
Thnre te multo Cljcera décorum 

Transfer in &dem. 
Feruidus tccum puer , & folutis 
Gratta, z,oni$ iproperentcfue Nymphe* 
JEtparum cornu fine te Iuuentas , 
MercmïHpiHe. 



AD APPOLLINEM. Ode XXXt 

Non diuitias petit ab Apolline , fed vt fit mens 
fana in corpore fànd. 



Q 



Vtd dedicatum pofeit jipollinem 
Vates ? quid orat, de patera nounm 
Fttndens licjuorem ?non opimM 
Sardinia fegetes feracù : 
f. Non aftnofit grata Ctlabri* 

Arment a t non turum, aut cbur Indicntn I 
Non rtsra que Liris ejftieta 
JMordet a<jua, y taciturnus amnis. 
Fremant Calena fiilce , quihns dédit 
10, Fortuna , vitem ; dînes & anreis 
MercAtor exficcet culullis 
Vin* Syri reparata merec 
Du é*rw iffu : ^mppx ter & cpêttT 



Obes d'Horàcï. Liv. I. €9 



A VENVS, Ode XXX. 
Quelle vienne * la Chapelle de Glycere. 

O Venus, Reine de Cnide & de Pàphos, 
quitte ta chère Cypre > Se vien chez Gly- 
cere dans fa belle Chappelle, ou elle t'inuite 
auçç beaucoup 4'cnccns. Vien y en diligence: 
* Se auec toy l'Enfant qui brufle les cœurs , les 5* 
Grâces decin#es , les Nymphes, Mercurç > Se Le ?'***■ 
la Ieunefle qui fans toy a peu de charmes pour ■ -* 
te faire aymer. 

A APOLLON Ode X£XI. 

// ne Iny demande point de richejfes * mais vnâ 
vie gaye & tranquille. 

QVe demande le Poète à Apollon à qui on 
dédie vn temple? Que fçuhaitte-t-il par 
fes prieres,en verfant la tafle pleine de vin nou- 
veau? Cène font point des moiflbns abon- *" 
dantes de la fertile Sardaigne -, ce ne font point 
les troupeaux nombreux de la chaude Calabre* 
ny lor,ny l'yuoire des Indes , ny les champs 
paifibles que Liris abreuue de Ces eaux tran- 
quilles. Que ceux-là taillent les vignes auec la 
ferpç dç Calenc , à qui la fortune en a donné a- 
bondamment. Que le riche Marchand qui eft Ia ; 
cher aux Dieux, puis que trois ou quatre fois 



JO C ARMINVM LlB. L 

Anno rcuifens dtquor Atlanùcum 
CJ. Impttne. me pafcunt oltuét , 

Aie cicborea , leuefque maint* 
Frui paratis &valtdo mihi 
Latoe dones , Cr (precor ) inteçra 
Cum mente 3 nec turpem feneElam 
10 ' Dcgere> nec cithara caremen . 



AD LYRAM. Ode XXXII. 

Âlloquitur Lyram, c^mque pofeit vtfibiadfîk 
& fecum cancre non definat. 



p 



Ofcimus, Jl quid vacui fub vmbra 
Lufimus tecum , cjuod & hune in annum 
VitiMi & } dures : âge , die Laiimun 
Barbite carmen : 
5. Lesbio primum modulate ciuiz 

Jguiferox bello tamen inter arma * 
Sine iattatam religaret vdo 

Liît or e nmim : 
Liberttm çfr Mufas^ Vencremque , & itik 
10. Semper h&rentem puerum canebat : 
Et Ljcum»mgris oculis y nigr&qu* 

Crine décorum. 
O decus Photbi , & dapibta fupremï 
Crœta teftudo huis > laborum 
ïj. Dulce Unimex, mihi cnnqne [dut 

RttC VWAVfi» 



Odes d'Horace. Liv. Î. j\ 

Tannée, il voit la mer Atlantique fans domma- 
ge de fa fortune & de fa perfonne, defleche das 
des coupes d'or, le vin achepté pour desmar- 
chandifes de Syrie. Pour moy ie nky point de 15. 
peine à me nourrir doliues , de chicorée , ôc de 
^îauucs laxatiues. O filsdeLatone, ie re prie 
que ie iouyflfe en fânté de corps &c d efprit,des 
biens qui me font acquis , & que ie ne pafle 
point ma vieillefle dans Toifi^eté , ny fans eltre *<*- 
#até par la douce harmonie de tonluth. 



A SA LYRE. OdeXXXH. 

SI durant noftre loifir , nous auons chanté 
quelque çhofe aueç toy , fous les ombrage* 
frais, nous fouhaittons qu'il viue cette année, Se 
plufieurs autres aprçs celle-cy. Courage donc, 
mon luth s recite nous auec tes accords vne 
po'éfie latine , ayant efté touché premièrement J. 
par Alcée ce braue Ciroyc de Lefbos, qui dans 
les armées où il fignaloit fouuét fon courage, &C 
dans le port 011 il arreftoit fes vaifTeaux agitez 
par la tempeftc,chantoitBacchus,les Mufes, 
Venus, l'Enfant quieft toufiours àfçs coftés,& I $- 
Lycus de qui les yeux noirs & la cheueleure 
brune , donnoient de grands auantages à fit 
beauté. O gracieufelyre 5 ornement d'Apollon, 
& les délices de la table du grand Iupiter , ie te 15. 
faluè comme le plus doux allégement de mes 
peines, en quelque temps que nmplore ton ie- 
cours. 

E iiij 



s 



10. 



** Ca MivvmL ib .|. 

Ne plus aequo dolent fik: .• a 'i 

L *f* prattiteat fide. 

m&m temifiome L da 

Olo <» • fed prius slppulù 

S*ho mittere cum Eco. 
Grata det^jt ^'^ "' 



©BES DlHoRACE. L*V. I 



73 



A ALBE TIBVLLE. Ode XXXIIL 

J%£il ne fe fafche point , ft (jljcere luy dénué vm 
riuéû qui fqit plus ïenne qw luy. 

NE t'afflige point trop , Tibulle, en te fou- 
uenant de l'inhumaine Glycere , & ne fay 
point de triftes élégies à, fon fujet pour eftre de- 
venue infidelle, qu^nd vn plus ieune que toy 
luy femble auffiplus digne d'auoir part en {es 
faueurs. Lycods remarquable pour la petiteUe /; 
de fbn front, brufle d'amour pour Cyrus, tan- 
dis que Cyrus porte toutes fes inclinations à la 
rigoureijife Pholoé. Mais les chéures feront 
pluftott acouplées auec les loups *d'Apulie que La Vow&u 
Pholoé s'abandonne à vn fi lafche adultère. 
Venus l'a trouué bo de la, forte , qui fç pl^ift par ip, 
vn jeu cruel, à mettre fous vn joug cTerain,des 
* vifâges,& dçs cœurs qui ne fe peuucnt allier, Formes. 
a caufe de leur inégalité. Etiediray demoy- 
mefme 3 que comme vnc fort belle fille eut de 
l'amour pour moy *, Myrtale affranchie me re- 
tenoit dans Ces doux liens , quoy qu'elle fuft i* 
plus acariaftre que le flot de la mer Adriatique, 
«juifaiclefeindè laCaiabre. 



74 Carminvm Lib. I, 



AEX SEIPSVM. Ode XXXIV. 

Qnçm pœnitetquodEpicurcos fcquutus,pa : 
rum Itudiofe Deos coluerit. 

PArctu deortim cultor & infrequcns* 
Ivfanientis dnm fapiemtiét 
Confultus erra y nunc retrorjum 
Vêla dare j atque iterare cnrfnt 

y Cogor rcliEtos. tiamque Diefpiter 
Jgni corufco nubtla diuidens* 
rierHmque per purum taxantes 

Egi't eqHos> volucretnquc cHrrumt 

J$no bruta tellm , çr vaga ftaminA , 
%P\ £)uo StjXy & inuifi horrida T*nAri 
Scdes , Àtltoteufaue finis 

Conmtîtnr. valet ima fummU 

Mutarc y & infignem atténuât Bftéé* 
Obfcura promens, bine apjcem rœpax, 
^J- Fortuna cum ftridtre acuto 

Sujlnlit , hic fofaijfe gatidei* 



Odes d'Horacl Liv. I. 7$ 



P.E SOY-MESME. Ode XXXIV, 

Ilfe répend de n'auoir pas honoré les Dieux auto 

ajfez, de foin y quand il s'adonnoité laftttc 

Epicurienne. 

L'Eftude que i'ay faire dVne fagefTe infeii- 
fée , m'auoit rendu fi peu foigneux d'hono- 
ré r les Dieux , que ie les adorois rarement. 
Mais a prefenc que ie reçonnois ma faute , ie 
nie trouue contraint de tourner mes voiles au 
rebours , & de recommencer la courfe que i a- 
uois delaifTée, Car le grand Iupiter qui en- j; 
trouure les nuées par vnfeu eftincelant, agite 
toufiours fon char leçer , & (es cheuaux ton- 
nans parmy le ferain de l'air, dont la pefante 
mafTe de la terre, les riuicres errantes, leStyx, io» 
l'exécrable horreur du Tenare, & les bornes 
Atlantiques , font ébranlées iufques aux fon- 
dements. Auffi eft - il certain que Dieu a la 
puifïince de changer toutes * les parties de Pv- tontes cfo< 
niuers,& de mettre les plus baffes en la place/*'- 
des plus hautes , il appetifTe les grandes comme 
il veut, &il fait paroiftre les obfcures- La for- i$ m 
tune qui fait (es rouages auec beaucoup de 
bruit, fait defeendre celuy-cy du faille delà, 
gloire , & éleue cet autre aux donneurs. 



j6 C A R M I N V M L I E. 1. 



AD FORTVNAM. Ode XXXV. 

Obfecrat eam 3 vt Caefaremconferuetin Bri- 
tannos iturum. 

ODiua, gratum cjUét régis Antium, 
Pr<tjens vel imo tôlière de gradn 
JMortale corpus > vel fuperbos 
Vertere fuyieribm triumph&s : 
f\ Te pauper ambh foUtcita prece 

Ruris colonns : te dominant dtquoris , 
JjhsicuncjHe Brihjna lacejftt 
Carpathium pelagus carina. 
Te Dacus ajper , te prof» g* Scyth<t y 
16. VrhepjHc 5 genteftftte , & L atium ferox , 
Regumcjne mitres bàrbarortsm , <ST 
Vurpxrei metuunt tyranni.^ 
Iniuriofb ne pede proruas 
Stantem columnam : neu populos fréquent 
1$. Ad arma ceffantes , ad arm/t 

Concitet : impcr'mmque frangat. 
Te femper anteit f&ua NeceJJitas, 
Clanos tribales & cuneos manu 
Gejlans aliéna : nec feuerns 
1Q. Vnau abeft, liquidumcjue plumbunix 

Te fpes Cr albâ rara ftdes coin 
Velata panno : Ne c comitem abnegat * 
Vtcnncjue mutata potentes 

Vefle domos inimica linqui*. 
2.5. At vulgus infidnm & meretrix retra 
Perinra cedtt : deffugitint cadis 



©des d'Hora ci. Liv. î. y? 

A LA FORTYNE. OdeXXXV. 

// la prie de garder Ce far qui va faire la guer- 
re en la grande Bretagne. 

ODeefle qui régis l'agréable ville d'Antie: 
qui peux, ou éleuer ce corps mortel , dix 
degré le plus bas , au throfne de la gloire , ou 
changer les triomphes fuperbes en des pompes y 
funèbres. Le pautire Laboureur des champs, 
te follicite par fes prières : Se quiconque dans 
vne nauirc Bithyniennc, fait voile fur la mer de 
Carpathe, te eonfidere comme la Reine des 
eaux. LeDace te craint auec toute farudeffè, 
auffi bien que les Scithes vagabonds, les Vil- *<*• 
les, les Nations , lafiere*Latic , les Mères des tuUe. 
Roys barbares , & les Tyrans ornez de la pour- 
pre. I)epeur que d'vn pied malin, tu ne renuér- 
fes la colomnc qui eft debout , & que le peuple \c] 
s'amafTant en foulle pour prendre les armes, y 
excite mefmes les plus parefïeux , & fa(Te tôb«r 
l'Empire*, L a dure neceffité marche deuant toy, 
qui porte de gros doux & des coins de fer en fa 
main d'erain. Le croc terrible ny le plomb fon- xqI 
du , ne font pas loin de ta fuitte. L'Efpcrance te 
reuere , & la Foy rare couucrte d'vn drap biac, 
ne dédaigne point de fe rendre ta compagne, 
toutes les fois que changeant de robe , tu t'éloi- 
gnes des Palais des Grands,dont tu deuiens en- 
nemie. Mais le vulgaire infidelle , & la Cour- %jl 
tifane parjure tournent le dos: & les faux Amis 
fe retirent auffi , quand les tonneaux font éjpai- 



7* Carminvm Lib. L 

Cutn face ftecatis amiçi > 

Ferre iugum pâmer dolcfi. 
Serues itttrum C&farem in vlttmos 
50. Orbs Britannos^ & iuuenum récent 
Examen Eois timendum 

Parvbus , Oeeanoque rnbro. 
Eheu cicatricttm & [céleris pndet , 
FratrumcjHe, ejuid nos dira refngimus 
5J. */£tat ? quid intaïïum nefajti 

Liquimus* vnde rnanus iunentui 
Tidettt deornm c&ntinuit ? cjHtbus 
Pepercit aris ? o vtinam noua 
Incude dtffingas retnfum in 
40; MaJpigetM Arabcfqne ferrum. 



AD POMPONIVM NVMIDAMc 
Ode XXXVI. 

Ob cujue exHifpania reditum gaudio exultât. 



E 



T thurc (fr fidtbiu ÏHHAt 
Placare , & vituli ptngaine débit* 
Cnflodes Numida Devs : 

Jgtti nnne Hejperia fofpes ab vUmê'% 
r ; Charis mnlta fodaltbns , 

NtiUi plara famen ditiidit ofcnU 
£)ufrn dnlci Lamidt : memor 
AÏÏ& non ait* rege pHcrtia , 
jMutauj^ue fimul togt. 
1Q. Crejfa n§ carcat pulçhra dits notai 



Odes d'Horace. LiV. I. j$ 

fez iufques à la lie,ne pouuans fupporter le ioug 
de la nccefiné. Garde encore vne fois Ccfar qui 
s'en va faire la guerre aux ? Bretôs, les derniers AngUlu 
peuples du mô de, & preferue le nouuel Eflfain 30. 
de (es ieunes guerriers , de qui la valeur eft re- 
doutable en Orient , &c fur les bords de la mer 
rouge. Ha ! i'ay honte de parler des playes que 
nous auons reeeues : ie nofe rien dire du crime 
que nous auons commis , ny de la perte de nos 
frères dans la guerre ciuile. Dequoy nous fom- JJ* 
mes nous éloignez , faifant nous mefmes lari- 
gueurde noftreâge* quauons nousobmis, de 
l'impiété la plus noire, fans l'auoir tenté? De- 
quoy s'eft abfienuë la main de la ieunclfe, pour 
la crainte des Dieux'Quels Autels a-t-clle épar- 
gnez?veille le Ciel,que tu rèicttes furies Mafla- 43* 
getes & fur les Arabes , le fer qui vient d'eftre 
aiguiféfur vne enclume nouuelle. 



A POMPONE NVMIDE. Gdc XXXVL 

Il Je refioujt de [on heureux retour de (Ejpagne. 

IE veux appaiferlès Dieux aueede Tencensj 
auquel ie ioindray les accords de ma lyre , &c 
le fang d'vn ieune Taureau que ie leur ofFri- 
ray en facrifice, puis qiuls ont conferué Numi- 
de retourné fain de la * dernière Hefperic. A- DnUutdi 
près vn fi long voyage, il a donné mille embraf tz[t*z** t 
fades à (es bons Amis, mais beaucoup plus à (on 5* 
cherLamie qu'à tous les autres, fe fouuenant 
d'auoir pafle fon enfance auec luy fous vn mef- Mtijtrè 
me *Regét,& d'auoir pris la robe virile en mef d*ufcok. 
me temps. Que cette belle iournée ne fe paflTs i© 3 



I<* CarMinvm Lib.I. 

Tftu prompt* modus amph*r<t, 

Neu rnorcm in Sdium fit réunies pednms 
Neu multi Damalts mert 

Bajfum Thr&cid vincat amjflide * 
*/* Neu de fin t c pu lis rofi. 

Neu viuax Apium*> neu breue lilium. 
Omncs in Damalin putres 

Déponent oculos : nec DamMls non» 
Diuelletur adultéra f 

Lafciuis ederis ambitiojîon 



iOo 



AD SODALES. OdcXXXVII. 

Quos horutur ad indulgendum Gcnio ob vi- 
ftoriara A&iacam. 

. y^Lf^nc eft bibendnm , nunc pede libéré 
X*\ Pulfknda te/lus ; nunc Salîaribus 
Qrnare puluinar deorum 

Tcmpm erat dapibu s , fbdales. 

5. Antehac ne fat deprofocre Cacubum 
CcUis auitis y dum Capitoliù 
Regina démentes ruinas* 

Funus & imperio parabat, 

Contaminât o cnm grege turplum 
IQ# Morbo virorum : qutdlibet impotent 
Sperare , fortunaque dulci 
Ebria. Jid minuit furèrem 

Vi + 



'Odes d'Hokacï, Liv.I. ti 

donc point/ans eftre marquée auec delà erayè: 
qu'il n'y ait pbiht de reîafchea, faire marcher 
promptement la bouteille^qu'il n y ait point de 
repos à nos pieds ,iïon plus qu'à ceux des Sà- 
îiens:que Damale qui boit beaucoup de vin, ne 
Surmonte point Baflus à vuider * lesAmyftidès n> 
idVn feul trait comme lesThracesrque les rofss Gf fà*t ?* 
feemaquent point aux fèftiris> non plus aiîel'a *,**'? *** 

1 r "if J e * dV'^t' 

che qui conferue vne longue vie , & le lys qui j0 r^ f p iir ï. 
dure peu de téps.Tousarrefteront leurs yeux a- tuitere fut 
moureux fur la nôpareille Damaleimais Dama- I e v**4**r*ï 
le ne fera point arrachée d'entre les bras de fôn dvn JtH 

* a Q r 1 r ■ • - 1 4>- -• \\ trait, 

îcune * Amant, & lelerrera plus ctroircrnent NHmt de a 
'que le lierre n'émbrafle les arbres qu'il étrairù. 4$. 



A SES COMPAGNONS. Ode XXXVII. 

Il témoigne 'fa ioye four la viBoire $sÎHguJlû 
en la butai tU jîttiaqm. 3 ao^^— 

C'Eftauiourd'huy qu'il faut boire, mes C6- 
pagnons,nous deubns battre maintenant 
la terre d'vh pied libre: & le temps requiert dé 
nous présentement 3 que nous ornions l'acmi- 
doir des Dieux de viandes exqiiifes Se bienia- 
preftées. C'eftoitn'agucre vn crime de tirer le 5, 
vin de Gctube des ccliers de nos Ah£êftres,tàn- 
dis qu viié * Reine inséfée bràflbit les ruines du cleofatrk, 
Capitole , & confpiroit les funérailles de l'Em- 
pire,auec le troupeau infâme de certains hom- iQi 
mes effeminez <k diflolus, ofant tout efpcfer 
par fori incontinence,enyurée qu'elle eftôit ÏÏc$ 

P 4 



Ci Carminvm Lii.I. 

Vtx vna fofpes naitt* ab igmbus : 
JVlentemque lympbatam AdareottC& 
I$» Rcdevit in vergs ttmorcs 

Cdjsr, ab hait a volantem 

Remis adurgens (ace* pi ter velut 
Molles coïts •'bas , aut leporem citus 
Venator in carnpts muait s 
zo. t^monïd) daret vt catenû 

Fatale monflruw. cjua generofitti 
Perire quarens 5 nec muliebriter 
Expawt enfem > nec latentes 
Clajfe cita reparamt orat» 

i$* Aufa & iacentem vifere regiam 
Vultu fereno fortis >& afperas 
Trattare ferpentes : vt atrum 
Corpore combibertt venennm : 

Délibérât a morte ferocior : 

JO» S<tuù Liburnts feilteet inuidens > 

Priuata deduci fnpe<bo 

Non humilU mulier triumpho. 



AD MINISTRVM. Ode XXXVIII. 

Vult famulum fuum nihil aliud àdhibere ad 

extremum conuiuij apparatum quam 

myrtum* 



p 



Erficos odi puer apparatus: 
1>t$licent nex& phjlira coron* t 



Ôdês d'Horace. L îv ï. 85 
profperitez de fa fortune. Mais vnc nauire 
a peine échapée cPes flamcs , diminua fa fu- 
reur : & Cefar affujetit a de véritables crain- "15* 
tes,fon efprit étourdi des fumées rnareotiques, 
quand à force de rames , il courut après celle 
qui voloit fur la mer, pour s'enfuir de l'Italie, 
comme fEfpreuier qui vole après les timides 
colombes , ou comme le vifte chafieur qui fuie 
vn Heure dans les plaines d'Emonie couuert'es loi 
de neiges, pour mettre das les chaifnes lé moh- 
ftrefataî quicherchoitàperir d'vne genereufè 
mort. Elle ne sVffroya point de refpée, comme 
les autres femmes : & s'eftant fait équiper a la 
haftevnenouuelle flotte, elle ne chercha point 
Vn bord caché: mais elle a veud vnvifagefe- 2^ 
rain là defolation de fa maifon royale, & a tou- 
ché hardiment les ferpens terribles , pour en 
prendre tout le venin par leur piqueure mor- 
telle: car elle deuint plus fiere par la reiblution 
qu'elle auoit prife de mourir , & comme elle 
n'auoit rien de bas dans le cœur, auffi ne vou- 
lut elle iamais qu'on fentraifnaft à Rome dans 2°° 
de petits vaiiïeaux , comme vne femme vul- 
gaire , pour feruir à la pompe d'vn fuperbe 
triomphe, 



A SON GARCOR Ode. XXXVHL 

J>)t£U ne vînt pas de grands aprets pour 
[on repas. > 



G 



Arçon , ie hay tous ces aprets à la Per- 
fienne. Les couronnes liées de la délicate 

Fij 



84 Cakminvm Lib. I. 

Jliittc fcflarii ro/k quo locvrum 

Sera morctur. 
S iw pli ci myrto nihtl allaborcs 
Seduliu euro y neque te mimftrum 
Dedccet myrtm , r.Cjue me , Jiib ar&4 

Vite bibentem. 



Finis Libii L Carminum^ 




Odes d'Horacî. Liv. I. Sç 
peau d'vn tilleul ne m'agréent nullemét. Ceffc 
de conformer dauantage des lieux oùnaifïcnc 
les rofes tardiucs. ïe ne veux point que tu te 
mettes en peine de rien, adjoufter au fîmplc 
myrthe pour l'ornement de ma table. Le myr- 
the ne fiait point mal ,à toy qui eft mon valet, 
tiy à moy qui boi fous la treille. 



fin du I. Liure des Odes cffloracê* 




F ir) 



u 




ODARVM 

LIBER SECVNDVS. 

AD C. ASSINIVM POLLIONEM. 
Ode I. 

Pollionem monetvt tragœdiarum fcripturam, 
tamifper intermittat , dum Refpublica fit. 
çompoflta. Deindc commendat illius fcripta. 



10. 



^Nv, 



?^tffl^^ Otnm ex Metsllo confule cimcum* 
Bçllicjue eau fa, & vitia, & mo- 

dos , 
' Ludumque Fortune , grauefque 

Principûamicitias, & arma, 
Nondum expiatis vttcïa cruo'nbm^ 
Vericuloft plénum opus ale£ , 
TraÙau : çfr incedis fit ignés 
Snppojiios cintri dolofo. 
Tnulum feuera mnpi tragœdi<t 
Défit iheatrù : mox ïbi publicM 
Res ordinaris , grande mnnm 
iecrôpie repeus czthnmo > 



*7 




LIVRE SECOND 

\ DES 

ODES DHORACE. 

A ASINIVS POLLION. 
Ode I. 

// donne des lo h ange s auxouurages de Po Mon tou~ 
chant CHijloire de la guerre C tuile. 

Vand tu traitt.es des moune- 
ments de la guerre Ciuile depuis 
le Confulat de Metelle,& que tu 
en dis les caufes, les vices , & les 
intriguesrquâdtu parles des ieux 
de la fortune , des amitiez dou- 
bles des Princes, & des armes qui ne (ont pas 
encore purifiées du f#ng de nos maflfacres •, ton 
ouurage eft périlleux, 8c tu marches fur des 
feux cachez fous vne cendre trompeufe. Que 
la Mufcdela tragédie feuere, s'abftiennc vu 
peu de monter fur le théâtre. Apres que tu au- 
ras écrit le projet de tonHiftoire des grandes 
expéditions de l'Empire, tu reprendras le Co- 
.thurne d'Atenes , pour continuer le deflem de 

F iiij 




IQ, 



S$ C A RM IN VM LlB II. 

lu fient Wffftû pr<tfidium rets % 
J5> confulivtt Pellio turtét : 
15» Cm Laurw ^ternos hênores 

Dalmaticapeptrif tttumplw. 
l#m nunc tnin&ct murmure commun 
Pcrfîringà auras* iam h tut ftrcpmtt: 
lêœ fulg$r armerur» fugaces 
Wa TTtvr&t tyu&s , t^ùitumcfu» vultm y 

jtuiir* magnes tatn videur duces 
lié» iudec9rê gutuere firdtdos : 
Etcm&& terrarumfu[w[ia % 

^ rater AîYùCem anirnum C*texû\ 
*j* $ttn& 1 & De&rum (tfttfquis amitiar 
J$$ps> inulm cejferat iiçpêfffS 
Tellure : vifterum nepetes 
Ktttftlit inferm Jugttriha* 
JjfrtU non hatine fknguinç péugui&T 
}<S> €&mpm [epulchrii iwpia pratia 
T*jt*tn*% audwtmqm Médis 
Hefêtrt* £mitHr$ rmmt 

JS&Î g ur g' s > **** î** 4 fi****** lugubre 

î<war,£. be(b? aucÀ mare Dau%i# 
S3r Non decalcrauerç cades ? 

G£u.& cqrejt ara cmur* &effir$t 

$çdt. ne rclifiiù Muffa prvctâç **Ç&: 
€$# rçtra&p mutera xamaz. 
Mtwrn Dw*e$£&h *ntr& 
4^ Jj^xz m$dçs kniêr* pic8&h. 



Odes d'Horace Iiv. IL 8^ 
tes nobles inclinations , Pollion de qui l'élo- 
quence eft ta protection des Accufcz,de qui les 
çonfèih font écoutez du Sénat , & à qui les lau- *5 \ 
riers delà viiïoirc ont acquis des honneurs im- 
xnortcls par le Triomphe Dalmatique. Des- ja, 
tu frappes les oreilles du bruit menaçant ècs 
trompettes ; lçs clairons font ouyr des ja. leurs 
murmures : l'éclat des armes étonne Ws che- *°. 
uaux peureux, & le vifage des Cheualiers» Il 
mefemblequeraperçoides-ja les grands Ca- 
pitaines fouilles d'vne pouffîerç qui i/eft point 
malfea^nte, & que toutes les çhofes du monde 
font affilie trie s, excepte le courage inflexible de 
Catô* lunç,ou celle 4c touteslcsDiumités qui ifc. 
fut la plus fauorable aux Africains, s'eiloit reti- 
rée de leux païsjfansi'auoir pu vangenmais elle 
prefenta en offrande moituaire aux cendres de 
ïugurtha la poûerité des, vainqueurs^ Quel j®. 
champçngrair(leduJàagdes.Latin5> n^ donne 
point de preuues par Tes tombeaux , des eôbats 
impies qui s'y font donnez, aufîï bien que da 
bruit fameux delà ruine de l'Italie , entendu 
iufquçs au pay&des M,edes2 Qjiels gouffres, ou «. 
quelles rinieres, aç fe ib&t poinç apperceues 
dvne guerre fi lamentable ^quelle mer iî â 
poimchagédeeauleur par îes.mafïàcres de la 
Nation Romaine * quelle Région n*a point cfté 
ïougie de naftre sagl Mais 3 à Mpiè trapJhaEdie* 
âpres auoir quitte ks|eux,depeurq.ue tu te re- 
mettes à diéker des vers lugubçes a |els,q^eceex 
qui furet intiétez par Simonidcdj: F 1% cfeCce» 
cherche auec nioy , fous l'antre *■ de la fille de °* renm - 
Dione des airs animes gai varias daux arche t^ 4% 



5>o Carminvm Lib. II. 



AD C. SALLVSTIVM CRIPSVM 
Ode U. 

Proculejum laudat obliberalitatcminfratres. 
Contcmpms pecuniae iblum regem efficit 
ôc beat uni. 



N 



Vllm argcnto^plar eft , attaris 
Abditét terrw ïnimice lamn& 
Crifpê Sallnfli , ni fi tempera ta 
Splendeat vfu. 
S' Viuet extento Vroculeim &uo, 
JVotus m fratres animi paterni i 
lllnm aget penna metuente folm 

Fdm* fuperfles. 
Latius règnes > auidum demanda 
lo ' Spiritum 3 quam fi Libyam remous. 
Gadibus iungM: ^jr vterque Pœnas 

Semiat vni. 
Crefcit indxlgsns ftbi dirus hy drops : 
Nec fitim pellit , ni fi C/ivfà morbi 
15. Fugerit venis> & acjUofm œlbo 
Cor pore languir* 
Redditum Cyri folio Phraaten y 
Diffidens plebi 5 numéro beato- 
rum exïmit vin tu : popHlumque faljis 
20. Dedocet vti 

Vocibus : retjmtm gr dtadema tHtum 
Deferens vni , propriamcjxc Uurum , 
£>uiftjHis régentes oculo irretorto 
îpeflat acerttos. 



Si 



Odes b' H or a 'ce. Liv. IL 91 



A CRISPE SALVSTE. Ode IL 

// loué d'abord la libéralité de Vromléius entiers 
Je s frères : puis il montre que celuy qui peut re- 
primer Jk conuoitife , & mejprifer les ricbejfesi 
fi peut dire plus heureux quvn Roy. 

N 

OCri{pe Salufte , ennemi des lingots ca- 
chez; fous terre par les Auares ; l'argent 
n'a point d'éclat ny de beauté, s'il ne luit par vn 
vfage modéré. Proculeïus célèbre pour l'affe- 5* 
ftion paternelle qu'il portoit à Tes frères , viura 
plulîeurs fiecles. Sa renommée perdurable re- 
louera d'vne aifle forte pour l'empefcher de pé- 
rir. En domptant ton efprit auide , tu régneras 
dans vue plus grande eftendue de pays , que Ci 
tuioignoisla Libye aux Gades qui en font fort io« 
éloignées , ou fî l'vne & lautre Ca.rthagç eftoit 
atfujettie fous ton Empire. L'hydropique cruel 
à foy-mefme, quand il flatte fon appétit , aug- 
mente Ces peines , & n'efteint point fa foif , fi la 
caufe de fon mal n'eft éloignée de (es veines, &C t * 
fi Ton ne chafle de fon corps * a tenue , la lan- q h ^^. 
gueur aqueufe qui le rend parefleux. La Vertu 
qui n'eft iamais dans les fentimens du vulgaire, 
retranche du nombre des heureux , Phraate 
remonté au throfne de Cyrus, ôcaprend au 
peuple mefme de n'vferplus d'vn faux raifon- 
nement , donnant l'Empire afïèuré 3 le Diadef- 2©« 
me certain , & le laurier immortel , a ccluy-là 
feul qui regarde d'vn ceil inuariable les trefors 
amaflez, 



$1 C A R M I N V M L I B. I ï- 



AD DE LI V M. Ode H I. 

Moderate fcrcnda vtraque eftfortuna, qumrç 

omnibus impendeat arqua moriendi 

conditio. 



Tfn Quam mémento rébus in arduis 
J* JL-JS eruare mentem > nan ficus ac boni* 
j4b infilenti temperatam 
Ldtitia: monture Deliy 

S* Seu tnœftus omni tempore vixeris , 
Se h te in remoto gr aminé, per dtes 
Feftcs reclinatum bearis 
Interiore nota Falerni* 

JÇhi-4 pinus ingens : albaque populus 
U>- Vmbram hofpitalem conficiare amant 
Ramis y & oblicjuo laborat 

Lympha ftigax trepidare rino. 

Hue vin* , & vngttenta , & niminm brcue% i 
Flores amœn<z ferre tube rofi : 
*5 # bum resy & ata$y & firorum 

fila trium fattuntur atrœ. 

Cèdes coemptis fijtibus , & doma> 
Vtliacfut jiauHS cjuam Ttberis lanity 
Cèdes* & extrnïïis in altum 
*0- Dîuitits potietur hêtres. 



Odbs d'Horace. Liv, IL £$ 



A DELIVS. Ode lit 

Jjh£il ne faut point sejleuer en profperité , nj 
abbaijfer fon courage en #duer]ite\mais quil 
faut mener vne douce vie ,puis que la condi- 
tion de mourir eft égale a tout. 

DElius qui dois mourir vn iour; {ôuuien* 
coy dans les rencontres difficiles de gar- 
der vne ame égale , comme dans la profperité, 
tu la dois tempérer d'vne ioye qui ne foit point 
demefutée , foit que tu viues toufiours dans U 5. 
trifteffe, foit que. lesiours deFefte,tu te ref- 
jouy(Tes fur l'herbe à l'efcart, enbeuuant du 
meilleur vin de Falerne,oùle grand Pin & le 
peuplier blanc ,femb lent prendre plaifir d'al- 
lier enfemble l'ombre hofpitaliere , auec leurs io, 
rameaux : & où l'onde fuiarde trembldtted'vîi 
murmure agréable, &fe peine de couler daiis 
vn ruiffeau tortueux. Commande qu'on ap- 
porte en ce lieu-làdes vins,des parfums, & des 
rofes qui charment les fens, quoyque leur du* 
xée foit trop côurte,tandis que tes richeflès t'en ij» 
donnent le pbtiuoir ,&que la fleur de ton âge 
le permet 5 ou que le fil noir des trois foeursle 
peut fbuffrir. Tu quitteras vniour tes boccages 
que tu as acquis auec tant de foin: tu laide ras ta 
tnaifon, &c tes champs humeâez par les eaux 
dorées du Ty bre > & ton héritier iouyrà de tes 
jichefles amoncelées. Il n'importe nullement, 1©* 
£juc tu fois ne opulent de l'antique maiiûtt 



94 Carmxnvmlib.it, 

Dtuefne , prtfco natus ab Inacho , 
Ntl tnterejh , & inftma 

De qente , fub dio morcris , 

VtlUma ntl mifcrantis Orci. 

*£• Omncs eodem cogimur. omnium 
Ver fat ht vma: fer tu s , octus 
Sors exitura , ^* nos in aternum 
Exiltum impofitura cjmbœ* 

AD XANTHIAM PHOCEVM. 
Ode IV. 

NoncftcurXanthiaserubefcat quod Phyllidà 
ancillam amet > quiltn miiltiS magnis viris 
idem vfu vencrit. 

NE fit ancilU tibi amor pudori , 
Xanthia Phoceu , prius infolentem 
SeruA Brifeis niueo colore 
Moult <dchi//em: 

5* jiiouit Aiacem TeUmonc natum 
Forma captiua iominum Tecmejft : 
•Arfit jitrides medio in triumpho 
Vtrgine rapta: 

Barbara poftcjuâm cecidere turma 
10 « Thejfah vi&ore^ & ademptm Hctior 
Tradidit fijps leutora tolli 
Pergama Gratis. 

2$efctM an te gêner um beati . . 



Odes d'Horace, Liv. ÎI. 95 
d'Inache , ou que tu fois verni pauure , de la lie 
du peuple , pour eftre expofé a toutes les iniu- 
res de l'air; puis qu'il faut que tu fois Vi&i- 
ine de 1 'impitoyable Pluton. Nous fommes 
rous contraints de venir à vn mcfmc but. Xc 
fort de tous les hommes roulé dans vn mef- icj 
me cornet, en eftietté pour chacun de nous, 
ou pluftoft,ou plus tard, pour nous faire des- 
cendre dans la barque fatale &pournousen- 
uoyerxUns vneternelexil. 



A XANTE PHOCEE. Ode IV- 

C^utl ne doit point auoir de honte , pour aimer . 
Ja fermante, puis qu'il a cela de commun auev 
plujieurs grands perfonnages de (antiquité. 

QVe l'amour que tu portes à ta fertiante, ne 
te fàfle point rougir, Xante Phocee. Bri- 
feis qui n'eftoit que de la mefme condition, 
émût bien autrefois par la blancheur de fou 
raint Achile infenfible aux traits de l'amour, La 5- 
beauté de l'efclaue TecmefTe, toucha le cœur 
d'AjaxfonMaiftre filsdeTelamon. Agamem- 
non au milieu de ion triomphe , brufla bié d'vn 
mefmcfeu pour vne fille qu'il enleua, quand 
plufîeurs troupes barbares , tombèrent par la io- 
main * du Theflalien vainqueur, & quand IcfA&tU. 
vaillant Heétor fut enleué aux Troyens,lai£ 
fant aux Grecs fatiguez les * Pergames beau- tt s mura iU 
coup plus faciles à renuerfer qu'elles nettoient lesdt Trcjé. 
auparauant. Tune fçaispasûles heureux pa- 



9 G Carminvm Lib.I! 

Phjlltdis faux décorent parentes. 
'5* Rcrnum certc genus Cr pénates 
Aîœret imquos. 

Crede non illam tibi de fceleffa 
Vlcbe deleftam: ne que fie fidelem^ 
Stc iucro auerfam potuiffe nafet 
Vf* Matre pudenda. 

BrAchia & vultum , teretefque fur as 
Jnteger laudo. fuge fufpicari , 
Chïhs oftauum treptdauit <ttas 
Claudere luftrttm* 



IN LALAGEN. Ode V. 

PulcherrimaLalage eft virgo viro irrimatura^ 
ergo ab eius cupiditate eft mens reuocandà. 



M 



Ondurn fubafta ferre ïttgum valet 
Ceruice : nondum mnnia comparu 
*s£quare , nec tauri mentis 
t m In Venerem tolerare pondus. 

Circa virtnies eft anmus tua 
Campos iuuencât , nunc fluniis grauefô 
Solantis tftum, nunc in vdo 
Lad ère cum vitulis filïSé 
XO. Prétgeftientis. toile cupidincm 
immitis vha : iam tibi liuidos 
Diftinouet autummts racemos 
lurpurco vsrms celorc : 

fatÀ 



Oçis d'Horace. Liv. IL 97 
pents de la blonde Philis , ne te voudront point 
honorer de la qualité de leur gendre. Certes *$« 
corne elle eft (ortie de maifon royale, elle pleu- 
re de ce que les Dieux dolneftiques luy {ont fi 
fort contraires. Ne crôy point que celle que 
tu aimes > {bit reconnue de la plus abjeéle po- 
pulace: ne t'imagines point qu'vne Amante Ci 
fidelle,&iî psil intereffée,puiffe eftre venue 
d'vne mère fans honneur. le loué innocem- Z®> 
ment Ces bras , fon vifage , & Tes ilmbes ronde- 
lettes. Garde-toy bien de foupçonner de la 
tnoindre licence, celuy de qui l'âge auancé a 
quafî* fermé lehuictiefme luftre. 4°« 4n $* 



DE L AL AGE. Ode V. 

£h*jl faut retirer fon cœur de l'amour £vm 
fille trop ieune. 

S On col qui n'eftpas dompté, ne luy permet 
pas encore de porter le ioug : elle ne peut 
encore égallerles deuoirs de celuy qu'on luy 
deftinc pour Amant, ny fouitenir le poids du 
Taureau qui fe rué dans leplaifirqueluy fug- 
gère (on amoureufe paffion. Le cœur de ta 5* 
Genifle,la porte autour des champs verdoyâts, 
tantoft elle foulage fon ardeur le long des ri- 
liieres,& tantoft elle s'échappe dans vne humi- 
de faulcaye , pour ioiier auec les bouuillons; 
Repouffe l'enuie de goutter du raifui quin'eft 
pasmeur. Bié-toft l'Automne diuerfifié de cou- iq, 
leur pourprée, émaillera les grappes liuidcs, 

G 



98 C A R M i v v m Li b. II. 

Jam te [ecjuetur. currit enïm ferox 
ts£tas : cr illi , cjuos tibi dempferït , 
*5* Apponet Annos. tam proterna 

Fronte pcret Lai âge mantum. 
Diie&A , quantum tion Pholo'ê fuoax> 
j^on Chloris : albo fie hnmero mtens^ 
Vt pura notlurno remdet 
1C * Luna mari > Cnidiufcjue Gjges 9 

Jpvem fi pHcIUrum ixfereres cboro, 
Adiré farces falleret hofpïtes 
Dijcrimen obfcurum , fo utis 
Crinibtts ambigtioque vultH. 



AD SEPÏIMIVM. Ode VI. 

Optât haberc Cux fene&utis fedem Tibur &C 

Tarcntum , quorum laudat araœ- 

nitateai. 



s, 



Eptimi Gades aditure mecum , & 
Cantabrvm indoBum iu^ra ferre xcftrd 
Harbarœs Syrtes, vbi Mœur* favper 
nALfiuat vrida : 
5» Tibur Argeo pofitum colono> 
Sit meœ fedes <vtinam feneBœ ' 
Sit modus UJfe maris , & viarum* 

Milttï&cfHe. 
Vnde fi Parcœ prohibent iniquœ y 
io. Dula pellms ombus Gâte fi 



Odes ï)'Horac!, Liv.IL 99 
Alors, elle te fuiara par tout : car laieunefîe 
bouillante s'enfuit bien vifte , & luy donnera 
des ans qu'elle t'aura oftêz. Alors, dis-je, Lala- ïf\ 
ge d'vn front audacieux demadera vnmary El- 
le s'efUmera dauantage que kfugîtiue Pholoé, 
& fe tiendra plus aimable que Chloris, ne por- 
tant pas moins de fpiendçur fur fes blanches 
épaules, que la Lune en fâkparoiftre fur la mer 
durant vne nui,£t ierâine. CarenefFet Laîage -w! 
eft plus belle qUe Gyges de Gnide , que tu ne 
fçaurois mettre en vne compagnie de filles, 
que par ie peu de differéce qu'il y auroit à cau- 
fe de fa cheueleure éparfe, & de fon vifage arri- 
jbigû 5 il trôperoit admirablement tous ceux qui 
ie verrorét auee des yeux parfaitemét éclairez, 



A SEPT1M1VS, Ode VL 
îl louï la beauté du fays de Tarente ç£r dt Tivoli* 

SEptime, qui ferois auec moy le voyage de * Cadei, 
Caliss'ileftoit necefllire , qui me tiendrais 
compagnie chez le Cantabrequinefçait point 
fubirle iôug de noftre Empire, &quipafTerois 
aubefoin iufques aux Sirtes de Barbarie > où 
bouillonne tôufiôuçs Tonde Maure : Que Ti- ïi 
uoli fondé par vne Colonie d'Argos , foit lefe- 
iour de ma vieilleflè : que cette ^iile férue de 
borne à mes peines eftant laffé de lamrr>dù 
chemin , & de la guerre. Que fi les * deftinéeS %é. 
s'y oppofenr, firay furies douces dues du Ga- Lc>t*rji*t** 
leze^oùles brebis font couvertes de peaux poar 

G ij 



IOO CàR7v£INVM Lib. IL 

f lumen, & rrgnata petam Laconi 

Rura PhaUnto. 
Me terrarum mifa prêter omnes 
j4nçrulus riait % vbt non Hymetto 

t$* MelU decedunt , viridtfque certat 

Bacca Venafro : 

Ver vbi longum > tepidafaue prabet 

Jupiter brumxs : & arnicas Aulon 

Ferttli Baccho, minimum Falernis 

2,6. Inuidet vuts. 

lllë te mecum locus & befita 
Poflulant arces: ibi tu calentem 
Débita fp*rges lacbryma fauilUm 
Vatis Amicu 



AD POMPEIVM. VARVMc 
Ode VII. 

Cui reditum gratulatur in patriara. 

OSape mecum tempus in vltimum 
DeduBe , Bruto militi<z duce > 
Jguis te redonmit Quiritem 

Dits patriis» ltaloque ccelo$ 
f. Pompei , meorttm prime fodalium ? 
Cum quo mor antem Cape diem mer* 
Fregiy coronatus nitentes 

jMalobatbro Sjrio capilloSè 
Tecvm Philippos & celerem fugam 
*©• Senfi reliiïa nen bene parmuU , 

Jguumfrstfta virtus^ & minace^ 
Turpe folum tetigerc mcntt. 



Odes d'Horaci. Erv. II. îar 
conferuer leur laine , & ie >verray * le pays qui c ' e ft ï**a 
fut autresfois régi parle Lacedemonien Pha- renU \ 
lante. Ce coin de terre me refiouyt entre tous 
les autres , où le miel ne fe troupe pas moins 
excellent que fur le Mont-Himettc, où la bon- 15* 
té de loliue verdoyante , le peut difputer à 
celle de Venafre > où lupiter donne vn long 
Printemps & de tiedes Hiuers , & où le Mont- 
d'Aulon amy des prefens de Bacchus ne porte 
point d'enuie aux vignobles de Falerne. Ce l&] 
beau lieu, & ces collines fertiles , te deman- 
dent auçc moy : & là , tu arrouferas fans doute 
de tes lances , les cendres encore fumantes de 
çon * Amy qui fit des vers. H*r*ce+ 



A POMPEE VARE. Ode VIL 
Auquel il fouhaitte vn bon retour*. 

O Pompée le plus cher de mes compagnos,' 
mené fouuent auec moy dans le péril fous 
la charge de Brutus qui commandoit dans l'ar- 
mée-, qui t'a redonné pour Citoyen aux Dieux 
de la patrie , & au Ciel d'Italie > Tay pafle auec $\ 
toy plufieurs iournées à charmer nos feucis 
par le vin, portant vne couronne fur desche- 
ueux parfumez d'vn précieux onguent de Sy- 
rie. Iéprouuay auec tôy les champs Philip- 
piens , & la fuitte foudainc , biffant mon bou- ï§* 
çiier mal à propos, quand nous perdifines cqq~ 
rage , & quâdles fiers foldats touçherét de leur 
menton la terre fouillée denoike fang» Mais, 

G iij 



|01 C A R M î K V M L IB. IL 

Sed me per bofles Mercurtus celer 
Denfo fàmfnttM fs/flulit aï-c : 
tj> Te rurfm in hélium reforbens 

Vnda fretû ttilit <tf}uofis- 
Ergo obltgatam redde loui dapem t 
Longae/ue fefpitn militU lattu 
JUepone fub laurn me a : nec 
j3^ Parce cadls tiln deftinatis. 

Qbliuïofo Uniœ Aiajfico 
Ctbcria expie : fonde capadbus 
Vnguenta, de conchis : qttis vdo 

Deproperare apio coronas u 

%$> Cnratue myrto ? quem Venus arbitrum 
Dicendi ? non ego fanitts 
S.acchabor Maints, recepto 

Dnlce mihi far ère eji amko^ 



IN î V L I A M BARINEN. 
Ode VIII. 

Ncneft çur Banni iuranti credatur , quum esc 
periuriis ptilchrior exoriatur. 

VLla fi iurls tïbi peierati 
Pœna , Banne , nocmffet vnqmm : 
Dente fi nigro fieres » vel vno 

7*nrpîor vn ui : 
Crederem. fed tu fimul ebljgafii 
■ Rerfidum votis captity enitcfiis 
Pttlchripr multo, imenMmqvu pf'ùdiï 
PMic& cnr&. 



©des d'Horace. Liv. II. iaj 
le diligent Mercure m'enleua tout tremblant 
d'entre les ennemis, dans vn air épais : &c pour 
toy, le flot t'ayant rehumé dans fcs gouffres 
boiiillonnans , te pouffa derechef dans les ora- i/- 
ges de la guerre. Prefente doncà Iupiter les of- 
frandes qui luy font dues:& comme il y a gran- 
de apparence que tu lois las de toutes les fati- 
ques de la guerre,vien te repofer fous mon lau- 
rier, & n'épargne point les tonnes que ïe t'ay 10. 
deftinées. Empli les nobles bouteilles, de vin 
Mâffique, qui caufe l'oubli des peines, & répéd 
les parfums des larges coquilles. Qui fe hafte 
icy de faire des chapeaux d'Ache humide en- 
tremeflé de myrthe S Qui fera celuy que Venus ig£ 
choifîra pour eftre l'Arbitre de labeuuerie l le 
#e veux point eftre plus fage que le peuple * E- Btccbiftig. 
donié en faisat la débauche. Ce m'eft vnc chofe 
bien douce déboire auec plus d'excez que de 
coutume , puis que ie voy mon Amy de retour.. 



CONTRE BARINE. Ode VI IL. 

£hïil ne faut point adioufter foy an ferment de 

Barine , par ce que les Dieux ne punirent 

iam&is les panures des Belles. 

IE te croirois, Banne, fi la peine de ton pariiir 
re euft iamais efté capable de te nuire, ou par 
la perte d'vne dent gaftée , ou par vn ongle mal 
propre. Mais de ce que tu as engagé tatefte 
perfide à de grands ferments, tu n'en patois 
que plus belle , & tu deuiens lapaifion de tous 

G iiij 



10- 



*:■ 



xo 



I04 C A R M T N V M L I B. IL 

Expedit matrss ancres opertos 
Filière, CT toto tactturna noBis 
Signa cum cœl 0i qciiAacjue ai ho s 

Morte carentes* 
Ridet hoc (tncjuam ) Venus ipfa , rident 
Stmplices nymphe , férus & Cupido y 
Stmper ardentes açuens Jagittas 

Cote cruenta. 
Adde , quod pubes tibi crefeit omnist 
Seruitus crefiit noua : nec priores 
lmpidt tettum domina, relmquunt 

Sape minati. 
Te fuis matres metuunt iuuencis > 
Te fèves parci : mïferœcjHe nuper 
Virgines nttptœ , tua ne retardet 

Aura maritos. 



AD V A L G I V M. Ode I X. 

Yt tandem aliquando mortem pucri fui MyftiS 
deflere definat. 

NOn femper imhres nubtbpts htfp'dos. 
Manant in agros^ aut mare Cafpium 
Vexant maquales proçelU 

Vfquc : nec Armeniis in orû , 
Amice Vtlgi , ftœt glacies iners 
jÙtenfis per omnes : aut^ aqutlonib^ 
Qxerceta Garqani laboranty 
Et foliw viduantur ornt. 
Th femper yrges fiebilibus modk 



Qdes d'Horace. Liv. IL i©5 
îcsieunes gens. Tu feras bien de tromperies 
cendres de ta mère , les fîgnes de la nui£fc taci- 10. 
turne , aueç tout le Ciel , & les Dieux exempts 
des glaces de la mort. Venus fe mocque elle 
mefme de cela, les Nymphes les plus fimples 
s'en mocquent auflî , & le cruel Amour qui ai - 15. 1 
guife Ces ardentes flèches fur vne pierre tainte 
de fàng. Adioufte que le nombre des ieunes 
gens augmente tous les iours , pour te faire l'a- 
mour , 6c qu'on te fait inceflamment des offres 
de nouueaux feruices,fans que les premiers Ga- %& 
lans qui çç menaçoient fouuent de te quitter, 
abandonnent pour cel^ le logis de leur fiere 
Maiftrefïè. Les Mcreste craignent pour leurs 
Enfans:les Vieillards ménagers te redoutent:& 
les Dames nouucllement mariées,apprehédent 
que tQ air agreable>n'arrefte leurs ieunesMaris. 



A VALGIVS. Ode I X. 
Qu'il cejfe de fleurer lamortiïvv Enfant. 

LEs pluyes ne tombent pas toufiours des 
nuées fur les Champs * heurtez ,ny les ora- A taufe du 
ges ne troublent pas toufiours la mer Gafpien--' r9 f* % 
ne. La glace parcfTeuffe , Amy Valgius , ne cou- 
ure pas en tous les mois de l'année les coftes 
de T Arménie, ny les rangées de chefnes du 
Mont Gargannefbnt pas éternellement tour- 
mentées parles Aquilons , ny les frefnes fauua- 
gesne font pas toufiours dépouillez de fçuilîes. 
Cependant tu fais inceflamment des plaintes 



ïo6 Carminvm Lib. II. 

IO. Myflen ademptum : nec ttbi vefpero 
Survente décédant amoreSy 

Nec raptdum fngiente folem. 
\j4t non ter &uo fttnÏÏHS amabilem 
Tlorauit omnes Anùlochum feriez 
*/* Jlnnos: nec impubem parentes 

Troibn y aut Phryqi* forores 
Fleuere fèmper. define molUHtn 
Tandem querelarum : & potins noua 
Cantemus ^iuqnfii troph&a 
AO, Cœfarû, çr rigidum Kipbaten y 

Ji/ledumque flumen genùbns additum 
Vitlis, minores voluere vortices: 
Intraque pr&fcriptum Gelonos 
Exigptis equitare campis. 



I©. 



AD LICINIVM. Ode X. 

Mediocritas in vtraque fortuna eft feircnck- 

Rettius vines , Licini , necjue dttum 
SempeKvrgendo : necjue dnm procelltë 
Cautm horrefets > nimium premendo 

Lit m s imqtêum. 
Anream qmfquis med ocritatem 
iydigit , tums caret obfoleû 
Sordibtts tetliy caret inuidenda 

Sobrius aula* 
S&pitts venus alitatnr ingens 
Finus : & celfz grauïore caft 
Décidant turres : feriuntcjue fmnmos 

Fulmina, montes. 



Odes d'Horace. Liv. IL 107 
pour la more de Myfte, fans que le fouuenirde io. 
tes amours te quitte tatfoir peu, ny quand TE- 
iioile du (biffe leue, ny quand elle fuit le Soleil 
rapide qui Amené le tour. Le vieillard Neftor qui 
yefquit trois âges d'hommes , ne verfapas des 
larmes toutes les années qui luy refteret de vie 
pour fon aimable Antiloque, ny les parens du 15. 
ieune Troïle,ny fesfœursPrinceflès *de Phri- DeTreje* 
gie,ne le pleurèrent pas toujours après fa mort. 
CefTe enfin de continuer tes foibles plaintes, &c 
chantons pluftoftlesnouueaux trophées de Ce* 
far Augufte : côme le roide Niphate, &c le fleu- V?* 
lie des Medes ioint aux Nations vaincues , font 
rouler leurs eaux plus baffes que de couftume: 
& comme les Gelons ne montent plus à cheual 
que dans les bornes étroittes qui leur font pre- 
scrites dans vn petit pays. 



A L1CINIVS. Ode X. 

Que dans Cvne& dans l'autre fortune il faut gar- 
der la médiocrité auec vn courage érnL 

TV viuras beaucoup mieux, Lioimus, en ne 
fendant point toufiours la haute mer-, & 
li'aprochant point de trop près le riuage^quand 
tu crains la fureur des vagues. (Quiconque che- 5* 
rit la precieufe médiocrité, vh en afleurance 3 & 
fans ordures das (a petite maifon. Le Sobre n'a 
point de palais qu'on luy puifle enuicr. Le plus 
fouuent vn grand Pin eft agité par les vents , les 10, 
hautes tours tombent d'vn lourde chute , & les 
foudres frappent les fommetsdes Monts. Vu 



ISS C A R M I N V M L I B. If. 

Sperdt infeflù , metuit fecundû 
Àlteram fortem bene prsparatum 
ij. Peflus. informes hyemes reducit 
Jupiter , idem 
Summouet. non , ft maie nunc, & olïrn 
Sic trit. quondam cithara tacentem 
Sufeitat mufam , necfue femper arcum 
£0. Tendu Apollo. 

JLebm énguftis animofus tique 
Fortis apparu fapienter idem 
Çontrahes vento nimium fecundo 
Turglda, veU. 






AD CL. HIRPINVM. Ode Xi. 

Oraiffis curis viucndum eft hilariter. 



Q 



Vid bellieofus Cantaber, & Scythes 
Hirpine jQ^jnti^ cogite t y Adria 
Diuiftis obtecioy remhtas 
€)uétrere : nec trépides in vfum, 
5". fefièntis <mi pâma, fugit rétro 
heuis inuemus* & décor arida 
Petknte Ufciuos amores 
Canitie , facilemque fomm+m. 
Non femper idem pribus eft honos 
IO* Vernis > neque *vno Luna rubens nitet 
Vulttt* quid éttern'ts minorem 
ConfiHi* Animnm fatigas ? 
Cur nmfnb alta vel platano, vel hà$ 
Pinu iaeentesfic tenter*, & refit 
tj. Cams 'edorati capillos , 

Dun* licet , Ajfyriaque n*rde» 
Pattmus vnSi ? di£j*t &*** 



Odes b'Ho r a ce. Li v. IL tô9 

coeur bien préparé , efpere dans l'aduerfité, & 
craint vn autre fort dans la profperité. Vnmef- 
me Iupiter amené, & chafle les Hyuers mal *' 
Jjlaifans. Si maintenant vne chofe eft mal faite, 
elle ne le fera pas vne autre fois» Apollon auec 
ïa lyre excite par fois fa Mufe qui garde le fi- 
lence , &: n'a pas toufiours fon arc tendu. Daiis 
vne fortune ferrée , montre toy fort , & coura- 
geux : & lafche mefmes ta voile, il tu es fage 
quand elle eft enflée d'vn vent trop fauorabïe. 



as. 



A QJINTVS HYRPINVS. 
Ode XL 

Il faut quitter toute forte de fouets y four viure 
ioyeufement. 

QVinttis Hyrpinus , ne t'ihforme point des 
defTeins duguerriet*Efpagnol,ny duScy- Cdnta- 
the (eparé de nous par la mer Adriatique, & ne *'«• 
te mets point trop en peine pour l'vfage de cet- 
te vie, qui fe contente de peu. La ieunefle polie j t 
s'enfuit, & la beauté nous tourne le dos,tandis 
que l'aride vieillefTe, chafTe les gayès amours 2c 
le doux fommeil. Vn mefme honneur ne dure 
pas toufiours aux fleurs du Printemps, ny la Lu- 10. 
ne vermeille ne luit pas toufiours d'vn mefme 
vifage. Pourquoy trauailles-tu ton efprit par 
des applications eternelleslPourquoy auec nos 
cheueux blancs parfumez de rofes &denard f r 
d'A{Tyrie,ne beuuôs nous point, puis qu'il nous 
eft permis>étédus fans cérémonie fous quelque 
haut plane ou fous ce pim* Euius diflîpe les fouh Bdcctm* 



iO. 



no Carminvm lib.II 

Curas edaces. cjtits puer ecyus 
Refttnçuet arder.tis Falerni 
l'ocala pr&tercuy.te lympha? 
jQtiU deutum fcortum elictet domo 
Ljdcn? ebuma, dtc ag e , cum lyr* 
M muret) tncomptum Lac&n& 
Adêre comam reltgatA nodum. 



AD MECOENATEM. Ode XII. 

Res graucs Se tragicae carmini lyrico non con- 
ueniinu. Horatius praeter Lycymniac for- 
mata Se rcsamatoriasnihil canet. 

NOUs long* fera belîa Numantia , 
Neç durum Annibalcm ->nec Siculum mare 
Tœne purpureum fanguine , mollibus 

^ptari cithare modts : 
Nec fizuos Lapithas i (fr minium mero 
H ' ylcttm , domitofcjue Hercule a nuùté 
Teliuris iuuenes^ vnde periculum 

Fulgens contremuit domus 
Saturni veteris. tucjue pedeflnbus 
Dices htfioriis prœlia Cœfaris 
MecœtiAs melius, duttaque per via& 

Reoum colla minantium. 
Me dulces dornin<z Mufa Lycymnià 
Cantus 9 me voluit dicere lucidum 
Fulgentes oculos y & bene mutuis 

Fidttm peiïus amortbus: 
£>uam nec ferre pedem dedecuit choris * 



Odes dHorAce. LiV. IL Mit 
cîsqui rongée noftrcvie. Quel garçon nous aa 
promptement mettre au frais dans ceruifïeau 
ces flaccons de vin de Falerne ? Qui tirera Ly- j#, 
de de fa maifon détournce,pour te venir diuer- 
tir auec nous 3 Di luy donc , qu'elle Te hafte de 
venir auec fa lyre d'yuoire , & fes cheueux lie* 
d'vn noeud fans artifice à la Laconienne. 



A MECENAS, Ode XII. 

Que les [mets qraues ne Je doiuent point traiter en 
'vers Lyriques : cjue Mécène décrira mieux en 
profe qu en poc fie les allions mémorables d'~4u~ 
çvfte : & que pour luy > tl ne peut chanter autre 
chofe que la beauté de Lycymnie. 

NE conçôi point le deflein d'ajufter aux foi- 
bles tons de la lyre les longs combats de 
l'opiniâtre Numance , ny le fier Annibal , ny la 
merde Sicile tainte du fang des Carthaginois, y.' 
ny les cruels Lapithes, & le Centaure Hylée 
qui fut pris de trop devin, ny * les Enfans de UsQtknt9. 
la terre domptez parla main d'Hercule, dont 
le péril fit trembler * la brillante maifon du^e CitL 
vieux Saturne. Mécène, tu diras beaucoup 
mieux dans le ftile ordinaire de lhiftoire, les 10- 
combats fameux de * Cefar , & lesRoys me- #J&P&* 
nez en triomphe, de qui l'orgueil femble en- 
cor menacer dans les fers. Quant 1 moy, la 
Mufe ordonne que ie fade de douces chanfbms 
pour ta MaiftrefTe Lycymnie , de qui les yeux *p 
font auffi éclatans que fon cœur eft fidelîe pour 
mériter les reïlèntimésd Vne mutuelle amour: 
à qui iamais il narriua de mettre le pied de 



Ht C A R. M t N V M LlB. II, 

Nec certtrt ioco , nec dure brtchia. 
Ludentem nitidts virgimbus, facro 

^fc Diana célébrés die. 

Num tu, qua. tenuit diues j4ck&mtries± 
Autpinguu Phrygi* Mygdonias opes, 
FermutAre velis crine Ljcjmni* ? 

Flenas Atn Arabum domts ï 

3,0. T)um fragrantia detorcjuet Ad o feula 
Certticem, aut factli fttfiti* tiegat 
J?u* pofcente magu gaudett ertpi : 
Interdum rApere occupée 



IN ARBOREM, CVIVS CASY 
repemino parne oppreflus fucrat. 
r Ode XIII- 

Nunquamhomini faris ecttum eft quid caucrç 
debcat. Sapphonis & Alcxi laudes. 

I LU nef 4o tepofuit die , 
QHtçunque primum & fitcrileg* m*ntt 
pitduxit arbes, in nepotum 

Pernkiem, opprobriumque pagt. 
5, lllnm cJrpArtnti-s crediderim fui 
Fregiffe ceruicem , & penetralia 
Sp*rfjfe notlurno cruore . 

Hojbitts : ills venenA Okbtcti 
Ft ^c^d vftuAm toncipimr nef m .^^ 



Qtfks d'Horace. Liv.IL ïfk 
Imauuaife grâce dans la dâce,ny de faire de baf- 
fes railleries ,ny de bailler par ieu d'vne façon 
defàgreable, la main aux chaftes Pucellcs,le ïol 
lourde la fefte de Diane. Voudrois-tu achepteï: 
pour vn feul cheueu de Lycytanie tout ce que 
poffedoit le pùiflànt Achemene , ou toutes les 
richeffes de l'opulente Phrygie, bu les maifons 
des Arabes pleines de trefors, quand elle tour- *5\ 
nefatefte aiikbaifers que l'amour *a(faifonné **?!***** 
de Ces charmes? ou bien quand elle les refiifc 
par vne douce colcrc,quoy qu'elle fouhaite da- 
uantage que fon Amant, qu'ils luy (oient rauiè, 
& quelle fe hafte par Fois elle-niefme de les rà- 
iiir a celuy qui règne dans fôn cœur 2 



CONTRE VN ARBRE D V CHAMP 

Sabin qui faillit à le tuer en tombant. 

Ode XIII. 



c 



Que C homme neft iamais ajfez, ajfeuré de ce qu'il 
d&it entier , enfuitie dequoj il prend occafion de 
célébrer les louanges deSaphèn & d'Aide. 

E fut en vniour malheureux, Arbre dara- 
_ nable que tu fus planté en ce lieu-cy pat 
vne main facrilege , au dommage de lapofteri- 
té,& à la hôte du village. le croirois volontiers, j>, 
bois funefte > que celuy qui te planta dans ma 
terre pour tohiber fur la tefte innocente de ton 
Maiftrc , auoit rompu le colàfon père, & fait 
rougir du fang de fon hofte le Heii le plus fecrec 
de famaifon,àlafaueurdelanùi&i ou qtuls'e- 
ftoit ferui des venins Colchiques , & de tout ce *0« 
gui fe peut conceuoir de plus abominable, la- 



10 



i r4 ; Carminvm Lib. IL 

Traftàuit: agro qui ftatuit meo 
Te trifte lignum , te caducum 
In domini caput immerentis. 
Chiià qui fine vitet, nunquam homini fitit 
Cautum efi in horas. nautta Eojporum 
1$. Pœnus perborrcfcit , neque vitra 

Cœca ùmet aliunde fat a. 
Miles fagitta* & celerem figam 
parthi : catenas Parthus , & ltalum 
Robur. fed improuifa letbi 
10. Vis rapuit rapt et que gentes. 

jguampenefurua, régna Proferpin<c> 
Et iudicantem vidimus tj£acum , 
Sedefq^e defcriptas piorum , & 
&£oliis fidibus querentem 
*5- Sapphopuellis de popularibus: 
Et te fonantem plenius aureo 
Mc&e pleBro dura nauis* 

Dura fugét mala> dura belli. 
Vtrnmque facro d'tgna filentio 
30 . Miranmr vmbrœ dicere : fed magit 
Pumas & exattos tjrannos 

Denfum humerts bibit aure wlgus. 
Quidmirum? vbi Mis carmimbus ftupens 
Hjlmittit atras bellua centiceps 
35. Aures , & intorti capilis 

Eumenidum recreantur angues. 
Jjhtin & Prometheus, & Pelepis parens 
Dulci laborum decipitur fono : 
Nec curât Orion leones 
4 . jiut timides agit are lyncat* 



Odes d'Horace. I îv. IL ït$ 
fnais home ne s'apperçoit allez de ce qu'il doîç 
fuir à toute heure. Le Nocher Carthaginois 
s'effroye de paffer das le deftroit du Bofphore, ij. 
Se ne craint point d'ailleurs les dangers qui lûy 
font inconnus. Le foldat redoute les flèches, &C 
lafuittefoudaine du Parthe,& leParthe appre- 
héde la force,& les chailhes * du Romain :mais De tué* 
la violence de la mort a raui tous les peuples, & lt€n% 
les rauira toufiours. O qu'il s'eneft peu fallu *ft 
que ie n aye veu l'Empire de la noire Profcrpi- 
ne , Eacus qui faitle métier de luge en ce pays- 
îà,le (èjour des amespicufesfeparé de C horrible 
demeure des mefchants-> Saphon qui fe plaint fur %$\ 
la lyre ^Eolienne des filles de * fon pays , & toy De Lêsith 
Alcée qui de ton archet d'ôr, fais refonner fur 
tes cordes auec beaucoup de pompe , les durs 
trauaux de la marine,de la guerre, & de la fuit- 
te après la déroute d'vne bataille. Les ombres j©^ 
s'émerueillent auec vn facré filence , que l'vn & 
l'autre , difent des chofes dignes d'eftre ouïes: 
f mais les âmes vulgaires fe prefient des épaules, 
pour écouter bienpluftoft des récits de batail- 
les , & de Tirans chafTez. S'en faut-il étonner ? 
puis que la befte a cent teftes rauie parla dou- 
ceur de ces vers abbaifTe bien fes oreilles font- 
bres pour les écouter? & que mefmes les fer- 15» 
pens tortillez dans les cheueux * des Etimeni- $»rtes. 
des prennent plaifir de s'y rendre attentifs? Voi- 
re Promethéc , & le père * de Pelops trouuent Tant*lt* t 
quelque relafche à leurs peines par la mélodie 
decesfbns:& Qrionqui y prette l'oreille ,n'a 
plus de foucy de chafler dans les Enfers, aux 
lions ôc aux onces peureux» 4©» 

H il 



i\C 



C arminvm Lie. II 



AD POSTHVMVM. Ode X IV, 

Vita breuis , & mori neccfle eft, 

T7 H*n fugaces, Toflhume, ?oflhumc % 
H Labuntnr anni : nec pietas moram 
Rvçns & infianti finetta 
Afferet > indomiuque morti. 
IJon fi tri cents cjuotqttot eunt die S, 
Amice, places tllachrjmabilem 
pltitona tauris: qui ter-amplum 
Geryonem Tityoncjue trifti 
Compefcitv»da>fcilicet omnibus, ^ 
io gmcuncjue terra munere vefctmnr, 
Enawganda: fiueregesy 
Sine inopes enmus coloni. 
Fruftra entente Marte carebimus* 
FrÂttifi** ranci futtibus AdrU: 
Fruftra fer amumnos nocentem 
Corportbus metmmus Auftrum. 
Vtfendns ater famine languido 
Cïtytts erra» s , <sr Tïanat genns 
Infâme y damnatttfcjue longi 
io Sifjphus Solides laboris. 

Ltnquenda te/lus , & domns >& placent 
Vxor: neque harum cjuas colis *rbornm 
Te, prêter ïnuifas cuprejfosi 
Vlla brenem dotnmum fîcjuetur* 

zi. Atf*™'* h « res CACfiha di g? i9r > 

Seruata centum clambus: & mère 

Tinget pammentum [nperbnm 

pontificum fotiorc axni** 



Odes d'Horace. Liv. IL 117 



A POSTHVME. Ode XIV. 

£hte la mort ne fi peut éniter. 

TTElas , Pofthume , Pofthume , les ans fugi- 
JLltifs s'écoulent, & la pieté n'aporte point 
de retardement aux rides ,ny aux approches de 
Ja vieillotte , ny à la mort indomptable : non pas 
mefmes, cher amy, quand tu facrifierois par £ 
iour trois cent taureaux au dur Pluton qui ren- 
ferme Titie & Gerion au triple corps, de fes 
eaux mornes , que nous autres qui viuons des 
prefents de la terre,auons tous à pafler,fbit que *$ 
nous fbyons Roys ou pauures Laboureurs. En 
vain nous éloignerons nous des cruautez de 
Mars, & des flots qui fe brifent cotre les écueils 
de la mer Adriatique,quand elle eft en furie: en 15. 
vain durant les Automnes, craindrons-nous les 
fouffles pernicieux des vents de Midy : Il nous 
faudra voir vn iour le Noir Cocyte qui erre 
d'vn cours languiflant : il nous faudra voir la 
race infâme de Danaus & Sifyphe fils d ? Eole, 1% 
condamné à vn long trauail. Il faudra quitter 
fes terres, fa maifon & fa chère femme: &de 
tous ces arbres que tu as plantezjl n'en reftera 
pas vn feul que le funeftre Cyprès , pour fuiure 
ionMaiftre qui aura peu duré. Vn plus digne 
héritier boira tes bons vins de Cecuî?e enfer- 
mez fous cent clefs : & il taindra iè fuperbe 
plancher , d'vn autre vin plus exquis que celuy 
qui fe boit auxfeftins des Pontifes. 

H iij 



H 



ii8 Carminvm Lib. IL 



IN 5 V I S£CVLI LVXVM, 
Ode XVI. 

IAn% patte* aratro ingéra régi et 
Moles relinc/uent : vndique latins 
Extenta vifenwr Lucnnê 

Stagna lacu : platanufque cœlebs 

Jo Euincet vîmes: tum viclaria> O* 
JWyrtuS) çfr omnis copia narium, 
Spargent oliuetis odorem^ 
Fertilibtts domino priori. 

Tum jpijfa ramis laurea feruidot 
10.. Excludet iftm. non tta Romuli 
Prafcriptum & intonfi Catonis 
jittfpiciis y veferumqta norma. 

Triuatus illis cexfu* erat breuu % 
Commune magnum, nulla decempedis 
le JMetata priuatis opacam 

Porticus excipiebat slrElom 

Nec fortuitum fpernere cefpitem 
JLeges fmebanty oppida pub lie a 
SumptH iubentes & deorum 
2,0* Templa nom decorare fax$. 



Odes d'Horace. Liv. II. 1131 



CONTRE LE LVXE DE SON 

temps. Ode XV. 

LEs Baftimens royaux, tailleront déformais 
peu d'arpens de terre à labourer , & on 
verra par tout des Etangs, auec vne plus grade 
étendue que le Lac de Lucrin. Le plane folitai- 
re,furmontera les ormes à qm les vignes font $1 
données pour compagnes. Alors les violettes , le 
myrthe , 8c toutes les fleurs odorantes, épan- 
dront leurs agréables parfums dans les campa- 
gnes doliuiers fi vtilespar leur abondance a 
leur ancien poflefTeur. Le laurier aux feuilla- 
ges épais rabbatra les coups de la chaleur. Ce- loi 
la n eftoit point en vfage du temps de Romule, 
8c de Catonaux longs cheueux : Et chez nos 
Percs qui ne tenoient point cette règle , les 
reuenus eftoient petits pour le particulier, mais 
ils eftoient grands pour le public. Nulle ga!- i$l 
lerie de dix pieds de large pour prendre la 
fraifeheur du Nort, ne fe faifoit point en ce 
temps-là pour des perfonnes priuées. Lesloix 
ne foufFroient point qu'on fiftmefpris du pre- 
mier Gazon qui s'offroit à la rencontre; mais 
elles ordonnoient bien de baftir des villes aux 
frais publics, 8c d orner de pierres nouuelles iq, 
les temples des Dieux. 



H iiij 



S 



10: 



UO C A R M I N V M L IB. II. 



AD GROSPHVM. Ode XVI. 

Omnescxpetunc animi tranquillitatem , qu^ 
nequediiiitiis,neque honoribus poteft aç* 
quirijfed cupidicates tantum coërcendo. 

OCium diuos regat in patenti 
Prenfus ts£g<to , fimul atra nubes 
Çendidit Lunam > neque certa fulgent 
S y de r a nantis: 

O.cium bello furiofk Thrace* 
Qcium Medi pharetra decori , 
Çrefphçy von gemmis , neque pur fur a vé- 
nale y nec aura. 

Non enim gaz,& 5 neqne conjularis 
Summouet îiflor miferos tumultes 
Mentis y & curas laque at a circum 
Tetta volantes. 



Vinitur paruo bene , cm paternum 
Splendet in menfa tenui faltnum : 
l $* 2iec leues fimnos timor aut cupide 
Sordidus an fer t. 

Jjjhtid bretti fortes iacul^mur éM* 
Multa ? quid terras alto calentes 
Sole mutamus ? patrie quis exul 
S$ quoquefugiti 



O des d'Horace. Liv. IL ut 



A GROS P H E. Ode XVI. 

Jguele repos de fe/prit eft defiré de tout le mon- 
de , çfr quil nés acquiert point parles riche jf es j 
& par la iouyjfance de s honneurs : mais par la 
vertu ,& par la modération de fe s appétits» 

V 

GRofphe, Auflî - tofl: qu'vn nuage obfcur ca- 
che la Lune : & qu'il ne paroift point au 
Ciel de certaines Eftoiles qui éclairent aux 
Nochers s Celuy qui fe trouue furpris au mi- 
lieu de la mer Egée,prie les Dieux de luy don- 
ner le repos. La fiere Thrace demande le re- 5« 
pos,quand elle eft en guerre: Les Medes qui fe 
parent de leur troufTe ,1e demandent; tout de 
mefme. Cepçdant il ne fe peut achepter ny par 
I'or,ny par les pierreriçs,ny par la pourpre: car 
ny les riches threfôrs, ny *rHuiflîer Confulai- ^ t \^ €Ht ; 
re, nepeuuent ofter de la penfée les troubles 
miferables qui l'agitent, ny chaffer les foucis 
qui voltigent dans les Palais lambriflez. Celuy* 
là de peu de chofe vit en homme de bien , qui 
voit reluire fur fa petite table, la faliere de (es 
pères , & à qui la crainte, & le defir auare n'en- 15. 
îeue point le gracieux fommeil Pourquoydas 
le pende temps que nousfommes robuftes, yi- 
fops-nous à tant d'objets différents * pourquoy 
changeons-nous de demeure, pour aller en des 
terres échauffées par vn autre Soleil? qui fe 
£uitfoy-me{meeftantbânide fon propre pays? 20. 



ie>. 



ii* Carminvm Lib. II. 

Scandit œraras vitiofa naues 
Cura: nec tnrmas equiîHm relinquit^ 
Ocyor ceruis , & agente ntmbos 
Oc y or Euro. 
2 5 # Lttttu in prœfens animm , quod vitra cjt 
Odcrit curare: <2r amara Uto 
Temperet rifu. Nùil eft ab omni 

Tarte beatum* 
Jibftulit clarum cita mors Achillem. 
3$- Longa Tithonum minuit fenefttu : 
Et mihi forfan > tibi quod negarit> 

Porriget hora. 
T e g re £ es ce vtum SicuUque circun* 
Mugiunt vaccx, tibi totlit hinni- 
35- -—tum apta quadrigis equa, te bis Afw 
JMurice tinÉla 
Veftiunt lava : mihi parua rura & 
Spiritum Graiét tenuem Camœnœ, 
Parca non mendax dédit y Gr malignum. 
k<v Spernerc vulgw* 



AD MECOENATEM ;£GROTVM. 
Ode XVII. 

Quo mortuo negat fe velle viuere. 

CVr me qaerelis exanimat tuis ? 
Nec dis amicum eft > nec mihi > te prim 
Obire , MeccenaSy mearnm 
Grande decrn columenque rerum* 
jih! te meœjî partem mimœ tapit 



Odes d'Horaci. Ltv. II. i2.j 
%,e fouci vicieux monte fur les vaiffèaux armez 
de proues d'airain f : Scplus vifte que les cerfs, 
Çc que le vent d'Oriet qui pouffe les nuages, il 
n'abâdône point les troupes de Caualerie. L'ef- i j. 
prit qui iouytd'vneaifeprefente, doit abhor- 
rer l'inquiétude de ce qui eft au dclà> & tempé- 
rer beaucoup d'amertumes par vn agréable (bu- 
ris. Il n'y a rien qui foit heureux de tout point : 
vne prompte mort rauit le fameux Açhile : vne j© tt 
longue vieillefle mina Tithon : & peut-eftre 
que le temps m'accordera , ce qu'il te voudra 
refufer. Cent troupeaux de vaches Siciliennes 
rugiflènt autour de toy : des iumens hennif- 
(ent pour ton profit , capables qu'elles font 
de porter des cheuaux pour la guerre , & 35* 
pour les chariots : des laines taintes deux 
fois dans la pourpre Affricaine,feruiront à te 
faire des habits. Et pour ce qui me touche ,1e 
Deftin qui ne fe trompe iamais , m'a donné vne 
petite terre, auec vn peu de cet efprit délicat 
des Mufes.de la Grèce, 8c du mefpris pour le 40, 
vulgaire impertinent & malicieux. 



A MECENAS MALADE AVCVVEL 

il ne Veut point furuiurc s'il venoit à mourir. 

Ode XVIL 

POurquoy m 9 affaflînes-tu de tes plaintes! 
Ce n'eft point vne chofe qui plaife aux 
Dieux , ny qui me foit agréable que tu meures 
deuant moy,Mccene, ma plus grande gloire, & 
le ferme fuport de mon bien. Ha 1 fi la violence 5^ 



ï*4 Carminvm iib.IL 

Jlfaturior vis , quid moror altéra , 
Nec charus aque, nec foperfles 
lnteger . ? Me die s vtramque 

Ducet ruinant : non e^o perfidum 
10. Dixi facramentum. ibimus , tbimm t 
ftcttnque procèdes , fupremum 
Carpere iter comités paraît. 
# ^ 
J\4e nec Chimars fpirittu igné et , 
Nec fi refurgat centimanus Gyges 9 
IU JD'iuellet vncjuam. fie potentï 

Infini* placitumqnç Parti*. 

Seu Libra , feu me Scorpitu <*fpici$ 
Formidohftis , pars violentior 
Natalis hor<t,feH tyrannus 
20. HtfperU Caprkornm vnd&i 

Vtrumque nofirum inçredibili mod& 
Confentit afrrum, te louis impio • 
Ttiteld Sfiturno refulgens 
Eripnit , volucrifque fati 

15. Tardauit alas> quum populus free/Hett s 
Lttum theatris ter crepuit fonum • 
Jlde truncm iliapfus cerebro 
Sufiulerat* nifi Fahkhs ifium 

D extra velajfet, Mercurialium 
30, Cttfios virorum. reddere viBtmai 
i/£demcjue votiuam mémento : 
Nos bumilem feriemtts agnam. ; 



10 



Odes d'Horace. Liv. IL iij 
de la mort te rauit â Comme tu es la moitié de 
mon ame, ieneme feray plus iî cher que de 
couftume : &ne te furuiuant point tout entier, 
pourquoy demeurer ay- je après toy l'autre 
moitié de moy-mefme ? Ceiour là fans doute 
apportera la ruine à tous les deux. le nay point 
fait vn ferfrient trompeur , nous irons , nous 
irons te faire compagnie , & nous fommes près 
de marcher après toy, de quelque façon que tu 
nous veuilles deuancer dans la dernière voye. 
Iamais le fouffle de l'ardente chimère , ne feroic 
capable de m'arracher d'auprès de toy> non pas 
mefmes GyaS quand il viendroit à renaiftre 
auec {es cent mains, tant ieme trouue obligé 
d'obeyr aux arrefts ât la luftice toute puifïàn- 
te , & de lmuiolable Deftin. Soit que la balan- 15J 
ce aitfonaipecfurmoy, auffîbien que le formi- 
dable Scorpion qui prend vn grand afeendant 
fur ma natiuité , foit qut le Capricorne Tyran 
des eaux d'Hefperie me regarde ; nos Ailles fe *°* 
raportent enfembte d'vne manière incroyable. 
La proteâion de Iupiter t'a garenti de la cruel- 
le influence de Saturne>& a retardé les aifWdc 
la prôpte Deftinée 5 quâd le peuple qui eftoit en 2 r. 
foule au theatre,y fit entendre par trois fois vnc 
grande acclamation de ioye en tafaueur.I'eufle 
efté tué par le tronc d'vn arbre qui tomboit fur 
matefte,fi Faune protecteur des âmes Mercu- 
riales , n'en euft détourné le coup de fa main, jo« 
Souuien toy de luy prefenter des vi&imes 8c de 
luy dédier vn temple. Pour moy quinefuisfas 
fort puijfant , ie me contenteray de luy offrir le 
facrifice d'vne teune brebis . 



n6 Carminvm Lib. il. 



Ode XVIIL 

Rc tenui fe contentum dicit , vbiafij cnpidira- 
ubiisfuis &C diuitiisftudent, quafiperpetuO 
vidturi. 



N 



On ebur , neque aureurn 
Mea renidet in domo lacunar ; 
TQon trabes Hymettia 
Premunt coiumnas vltima recifas 
S* Africa : ne que Attali 

Ignotus hêtres regiam occupant: 
jNec Laconicas mihi 

Trahunt honeftœ purpuras clientà. 
yftfides & ingem 
*°* Ecnigna vena efl \ pauperemque diues 

Me petit- nihilfupra 

Deos laceffo: nec potentem amicum 
Largiora ftagito , 

Satis beatus vnicis Sabinis. 
*5* Truditur die s die > 

Noudicjue pergunt interire Lundi : 
Tu fecanda marmora 

Lee as fub ipfiiin funus : & fepulchri 
Immemot , flruis domos : 
10. Marifque Baiû objirepentis <vrges 

Summouere littora, 

Parum hcuples continente ripa. 
£htjd quod vfyue proximos 

Reuellis aari terminas , & vltrA 
Ij* Limites clkntium 



Odes d'Horace. Liv. II. 12,7 



DE SOY-MESME. Ode XV III. 

Jj)ttilfe contente dépendu lieu que les autres hom<* 
mes ne cejfent défaire de grandes defpences , & 
d'amajferdes richejfes fans p enfer * la mort. 

L'Yuoire 6c les lambris dorez, nereluifènt 
point en ma maifon, des * traînes appor- *«•***« 
tées du Mont-Hymette, ny font point foufte- 
nues fur des colomnes de marbre tirées des 
frontières de l'AfFrique : & comme héritier y* 
incônu de l'opulence d'Atale,ie n'occupe point 
fes calais : ny mes feruantes honneftes , ne me 
filent point des laines de pourpre * de Laconie: Sfarthù 
mais ie me rends foigneuxde garder ma foy, & 
i'ay vne veine d'efpritafTez abondante:& quoy zo. 
que ie fois pauure , le Riche ne laiffe pas de me 
rechercher. le ne preffe point trop les Dieux 
par des prières importunes : &ie ne demande 
point au riche Amy de plus grandes cômoditez 
que les miennes,dont ie fuis contét,auec ma pe- 
tite & vnique terre de Sabine. Vn iour pouffe I$« 
rautre^&lesnouuellesLunesviénétcôtinuelle- 
mét à défaillir. Tu fais feier les marbres» quand 
la mort te preffe de partir;& tu baftis des maisos 
uns te fouuenir du Sepulchre. Tu contraints 2.0, 
le riuage de fe retirer des murs de Bayes, où la 
mer fait trop de bruit , n'ayât pas affez de bord. 
Qnpy } ton auarice te fait faulter , de ce que tu 
arrache les bornes qui feparent les champs de 
tes voifîns, &c de ce que tu éloignes les limites 2^* 



ii8 Carminvm Lib.1L 

Salis auarus ? pellunr pâte r nos 
In finn ferens deos 

Et <vxor & vtr y fordidofque natos. 
Nnlla certior tamen 
$0. Rapacis Or ci fine deftinata, 

^yîula diuitem manet 

Herum. quid vitra, tendis? &qtta telhu 
Pauperi recluditur 

Regumque pueris : bec fatelles Orci 
^j. Callidum Promethea 

Reuexit mro captns. hic [uperbum 
Tantalum atque Tantali 

G en us co'êrcet : hic leuàre funZlnm 
Pauperem labortb HS > 
4°- t^ocatHs atque *** vocatus md'<t. 



I N BACCHVM. Ode XIX. 

Bacchi laudes eius numine plenus canic 
poëta. 

Bjtcchum in remotis carmin* rupibiu 
Pidi docentem ( crédite pofier ; ) 
Njmphafqpte die ente s > & aures 
Capripedum Satyromm acutas. 
Eti(£) recenti mens trépidât mettt » 
K Plenoque Bacchi pettore turgidum 
L&tatur euœ , parce Liber , 

Parce , gravi metnende thyrf$ % 
Fai peruicaces cft mihi Tbjadat, 



de 



Odes d'Horace. Liv. IL 129 
de tes vaflaux? La femme & le mary qui em- 
portent dans leur fein les Dieux de leurs peres^ 
auec leurs pauures enfans , font chaflèz de leur 
pays. Si eft-ce que le Seigneur opulent, n % à 
point de palais plus afieuré que Tabyfme des 
Enfers, où toutes chofes font entrainéespar 3°* 
vne fin certaine. La terre ouure également fon 
fein au pauurc Se aux enfans des Roys. Et le 
Naucher de Pluton qui ne s'eft point laiiî'é cor- 
rompre par les prefents pour repafler le rufé 35, 
Promethée , re (Terre le fuperbe Tantale &c fa 
pofterité: Ôc foit qu'il écoute les prières du pau- 
ure , foit qu'il ne les écoute pas , il le retire des 4#< 
ïniferes de cette vie. 



A BACCHVS, Dde XI X. 

£ht il luy eft permis de chanter les loùœnqes d$ 

Bacchm 3 comme ejlaxt ému gr rempli acjk 

diuine fureur. 

I'Ay veu dâs des roches écartées Bacchus qui 
enfeignoit à faire des vers, croys-moy pd- 
fterité: & les Nymphes qui aprenoient fous luy 
rf eftoient pas moins attendues , que les oreilles 
aiguës des Satyres aux pieds de cheures. Euoé, f à 
rnô efprit eft tout ému d'vne nouuelle crainte; 
& ma poitrine pleine de la diuinké bacchi- 
que , pouffe vne acclamation confufe de ioye. 
Pardonne, * Liber, pardôiie moy par leThyrfe BMktii, 
maieftueux qui te rend fi redoutable. Il m'eft 
permis de chanter l'agitation des * Thyades c£ S**cb*ntih 

ï 



I3<> C ARMIHVM Lll. II 

10. Vinique fontem, lattis & vberes 
Cantare riuos > atcjue nantis 
Lapjk cauis iterare mella. 
Tas & bcata coniugis additum 
Stellis benorem , teiiacjue Penthei 
tp JDisietta non leut rutna> 

Thracis & exitium Lycurgi* 
Th flettis *mnts> tu mare barbarum: 
Tu feparatis vutdus in wgis 
Nodo cotrces viperino 
to. Btfton'tdum fme fraude crines : 

Tu y qnum parentis régna, per arduum 
Cohors gigantum fcanderet impia , 
Rhœcum retorfifti leonis 

Vnguibu* borribilique mal a : 
25. jQuamcjuam cboreis aptior & iocis 
Ludoque diflfte , non fat idonens 
Pugn& ferebaris :fed idem 
Pacts eras mediufque bellL 
Te vidit infons Cerberus aureo 
jo. Corna décorum 9 leniter atterens 
Caudam & recedentis trilingui 
Qre pedes tetigitquc crura. 



AD MECOENATEM. Ode XX, 

Horatius in Cygnum Vcrfus , ptr vniucrfum 
pcruolabit orbem , vnde fibi promittit fuse 
poefeos immortalitacem, 



N 



On vfitata aut tenui ferar 
Penna , biformis per liqmdum ather* 
Vates : neque tn terris merabçr 



DdIS D 3 HoRiÇL JLjv. II. îil 

Montées , ïa fontaine de vin , les féconds ruif» lo. 
féaux de laid: , &c le miel qui diftile des troncs 
des arbres creux. On me donne congé de cé- 
lébrer * l'honneur de ton heureufe épôufe £**'*&*»« 
cleuée aii rang desÈftoiles,les ruines de la îtxai- *? j A ~ 
ïon de Panthéc , & la fin malheureufe de Ly- 
curgue de Thrace. Tu détournes le cours des , î' 
riuieres, & tu domptes la mer des Barbares. 
E fiant tout moite de vin fur les monts écartez, 
tu refïerre dVn nœud de Vipère fans faire mal, 
lescheueuxéparts des * Byftonides. Quand ^°' /r 
I armée impie des Géants, montoitauroyau- 4 € ^ au f iMé 
ime de ton perc par vn chemin difficile , ce fut 
toy qui aucc des ongles^de lyon & vne mâchoi- 
re horrible, repouffas l'énorme Roequfc. En- ij, 
«core que tu fufïès en réputation d'eftre plus 
propre à la dahee , aux ris, Se aux jeux, que 
pour les exercices militaires 3 fi eft-cc que te r 
liant le milieu entre les deux , tu eftois vtile Se 
en paix & en guerre. Cerbère te vit dans les 
Enfers fans t>e blefTer , orné que tu eftois de tes 
cornes d'or: 11 te flatta doucement de la queue: • * 
& de fa langue triple , il te lécha les jambes 6c 
les pieds auant ton départ. 



A MECENE. Ode XX, 

£)ue fon nom fera immortel. 

E ne feray point porté dVn vol orainaïre.ny 
d'vne aifle foible parle vuidederair, fii'ajr 
doublement mérité le nom de Poète, Ienefe- 
ray point vne plus idngue demeure fur la terre: 



i 



iji CarminvmLxb. IV. 

Longius: inuidiaque maior 

y. Vrbes relin quant, non ego p ah per uns 

San<ruisparentum> non ego, quem vocas 

Dtlecle > Mecœnat , obtbo , 
jSJec Stygia cobtbebor vnda. 

îam iam refidunt cruribus afpera 
10. Pelles: & album mut or in al item y 
SupernA : nafcwturqne Unes 

fer digitos humerofque pluma* 

Um VdtddUo ocyor Icaro 
Vifam gementis littora Bofpori 9 
*5> Syrtefque Getulas canorus 

Mes >Hyperboreofque campos. 

Me Colchus 3 & qui dijfimulat mertirto 
Marfa cohertis Dacus, & vltimi 
Nofcent Geloni : me peritus 
ZO. Difcetlber, Rhodanique potor* 

Abftnt inani funere tutnU : 
Luttufque turf es & querimonU. 
Compefce cUmorem , acfepulchri 
Mitte fuperuacuos honores. 



Finis Libri IL Carnxintiiri. 



Odes d'Horace, Liv. IL ijj 
& plus grand que l'enuie , i'abandonneray les 
villes. Il eft vray que ie fuis forti de parents £ 
pauures. Mais puis que tu me fais l'honneur de 
m aimer, mon cher Mécène, ie ne fbuffriray 
point l'iniure de la mort,nyiene feray point 
renfermé par les eaux du Stix. Des-ja vne rude 
peau s'eftend le long de mes jambes : ie me i©J 
trouue des-ja changé pa,r le haut en forme 
d oyfeau blanc : & de plumes molles naifTent 
autour de mes doigts <Sc fur mes épaules. Enfin 
deuenu plus léger qu'Icare fils de Dédale , S>C 
fait vn oyfeau mélodieux, i'iray voir les nua- 
ges du Bofphoregemifïant : le verray les Syr- jj^ 
tes de Getulie, & les plaines Hyperborées. le 
feray regardé par les Colques , & par les Daces 
qui font femblant de ne craindre point les 
troupes Marfiennes : & les Gelons me connoi- 
ftront , quoy qu'ils foient à vn des bouts de la i* £ r p4€ „ i 
terre. * L'Ibère expérimenté par vn long vfa- 2Q 
ge apprendra mon nom , aufïibien que * celuy u Gah- 
qui boit des eaux duRholne, Queïesverslu- lois. 
gubres s'abfentent de mes funérailles vaines: 
que les larmes honteufes , & les trilles plaintes 
s'en éloignent. Aurefte, étouffe tes regrets, Sç 
ne te donne point de peine des inutiles hon- 
neurs de la fcpulture. 



Fin du IL Lmrê des Odes dtHw&ce* 



13 4 




ODARVM 

LIBER TERTIVS. 
ODE I. 

Vitabeatanon opibus aut honoribus,fedani' 
mi tranquillitatc cfficitur. 



iO 




Di profanum vulgus *& arceo. 
Fauete linguis. carmina nonprim 
Jlndita , Muf^fum Jkcerdos , 
Virginibpu puerifque canto. 
Regum timendorum in prgprios 
grèges, 
Reges in ipjbs imperium efl lonis , 
Clari oiganteo triumpho t 
Canita fapercilio moncnîis* 

Eft vt vir viro latius ordinet 
jirbafia, fulcis : hic generofwr 

Defcendm in campnm petit or : 

Montons bic > meliorque fgm* 



m 




LIVRE TROIS^ME 
DES 

ODES D" HORACE 

ODE L 

guc ce tiefk point parles honneurs % ny par let 
rkhejfes que la vie efl rendue heureufe , mak 
par la tranquillité de lefprit. 

E hay le vulgaire profane , & ie 
le chafle loin demoy : ne faites 
point de bruit : le Prcftre des 
Mufês, chante aux garçons, &C 
aux filles , des vers qui ne furent 
iamais ouys. L'Empire des Roys 
redoutables , s'eftend fur leurs propres fujets* fi 
mais ces Roys-là mefmes font aiTuietis à l'Em- 
pire de Iupiter glorieux par le triomphe des 
Géants , faiiànt trembler toutes chofes de fon 
* fourcil. Il fe peut bien faire qu'vn homme ait Clin ff ml. 
plus d'efpace qu'vn autre pour arranger (çs 
plans : que celuy-cy plus adroit à faire des bri- 10. 
gués, defeende au champ de .Marsique cet au- 
tre cherche par vne bonne vie,vnereputatio 

I iiij 




MjS C A RMï\'V M LlB. III 

Contcndat: illtturba clttnttum 
Sit mator: v&cjua lege necejjitas 
Jj, Sortititr inftgnes cr imos : 

Qrnncs capax monet vma nomen. 

DiflriUus enfis eut fuper impia 
Csvnice pendet , non Stcuù dapes 
Dulcem élaboraient faporem , 
10. &ùn auium cithar&cjue cantm 

Somnani redttcent. fgmnus agreflhtw^ 
I^enis virorum non htimiles domes 
Fafiidit , vmbrofamque ripam, 
Non Zcphiris agitata Tempe. 

ijf. Dejîderantem ejued fatis <?/?, neque 
'THmultuoJumfo lit citât mare , 
JSIec finus ArBuri cadentis 
Impnusy aut orienta Hœdi : 

Won verberatét grandine vinea , 
Jfi« zundufque mendax : arbore nnnc aqttas 
Guipante > nunc torrentia agros 
Sydera , nunc hjemes iniqnas. 

Contracta pifçes œquora fentittnî , 
I-aclis in altum molibus. hue frequens 
35, Cimenta démit tit redemptoy 

Cttm famultt > domtnufque terra 

Baftidiofas* fed t'tmor & mina 
Scandant eodem qtéo dominas : ntqnt 
Decedit arata itiremi, & 
40. p-ofi equitem ftdet atra cum. 



Ode? d'Horace. Liv. III. 157 
plus pure : qu'il y ait à la fuitte dé celuy-cy, vne 
plus grande foule de Cliens*, La fatale necefii- 15, 
té, iette également au fort, les grands &c les pe- 
tits , & fon vrne remue tous les noms dans ton 
large cfpace. A celuy qui voit vne efpéc {ur fà 
tefte impie , les mets Siciliens ne fçauroienc 
apporter aucun alïaifonnement qui luy femble 
doux. Les chants des oy féaux, ny l'harmonie 20, 
des luths, ne luy peuuent ramener le gracieux 
fommeil qui ne dédaigne point les humbles 
toich des personnes ruftiques , ny le bord des 
riuieres où il y a derombre,ny les vallons de 
Tempe refiouys par les haleines de Zephire. 
La mer tempeftueufe n'inquiette point celuy t$° 
quine defireque leschofesfufRfantes aux be~ 
foins de la vie:ny les orages excitez par les con- 
stellations du cocher celefte quand il fe couche, 
& des cheureaux quand ils s'éieuent , ne trou- 
blentpointfon repos, non plus que les vignes 
battues de la grefle,& le champ qui trompe j . 
Tefperancede fbnmaiftre,quandles plans dar- 
bres en iettent la faute aux eaux , ou à la feichc- 
refTe des Aftres bruflants ,ou bien à la rigueur 
des Hy tiers. Les poiffbns fentent la mer rctref- 
fie par les grandes malles qui s éleuent du fons. 
La le Maiftrc entrepreneur obeyfïantauSei- ( «e 
gneur de la place, qui y donne la terre à bon 
marché, fait ietter force pierres de taille par les 
manœuures. Mais la crainte ,& les menaces, 
vont bien trouuer ce Seigneur où il efi:&les 
{ombres inquiétudes, ne s'efloignent point des 
vaifïeaux armez de proues d'airain , & fe met- 40, 
ccut en croupe derrière les Cheualiers. Que Ci, 



138 Garminvm L I B. III 

Jjhtod fi dolentem nec Phrygius lapis 
]SJec purpurarum fydere clarior 

Dtlenit vfus y nec Falerna 

Vttis y Achtmeniumquc coftum : 
*>* Ctiy inuidendis pojîibus çfr no ho 
Sublime ritu moliar atrtttm ? 

Cur valle permutem SabinA 

Diuitias operojiores? 



AD A MIC O S. Ode II. 

Pueri à teneris annis paupertati 3 militiaî , èi 
vitae laboriofae , funt afïuefaciendi. 



A 



NguftAm y dmici , pauperïem patï 
Robuftm acri rnititia puer 
Cond'.fcat: & Parties féroces 
Vexet ecjues metuendus hdfté» 
5. Vitamine fub dio & trepidis aoat 
In rébus, itbtm ex mœnibus hofitcis 
Adatrona, bellantis tyranni 

Profpiciens > & adulta virço y 
Sufpiret : Eheu, ne rudis agrninum 
lo# S pan fus laceffat régi m afperum 
Taclu leonenty cjuem cruenta 
Per médias rapit ira c&des. 
Dulce & décorum eji pro patria moru 
Alors & fugacem perfequitur virum : 
K t Nec parcit imbellis iunentA 

PoplittbtiSy timidocjue tergo % 
Virtus , repulft nejliajordid* , 



Oses d'Horace. Liv. III. ijj 

îiy la pierre de Phrygic 5 ny l'efclat de la pour- 
pre plus brillant qu'vnAftre, ny le vin de Fa- 
îernc,ny 1 onguent dePerfe n'adoucilïent point 
lesfouciscuifansiPourquoym'éleueray-jevne ^ m 
fale dvne Archite&ure nouuelle fur des pila- 
ftres dignes de l'enuie 2 Pourquoy voudrois-je 
changer ma vallée Sabine aux plus grandes ri- 
cheflès l 



A SES AMIS. Ode IL 

Quil faut des le bas âge accoutumer fis en fans 
d la pauuretf, a la guerre > & au tranaiL 

A Mis , que l'enfant robuftc aprenne de bon 
heure par le pénible exercice des armes a 
fouffrir l'eftroitte pauureté : 5c que deucnu 
Cheualier redoutable ,ilpre(fe de la lance les 
Parthes inhumains : qu'il paflfe la vie alerte , & 
qu'il cherche les occafions perilleufes. Que la 
femme d\\ Tiran qui fait la guerre , foupire 
auec fà fille en âge d'eftre mariée , le voyant du 
Haut des murailles ennemies , & qu'elle die en 
s'écriant. Helas l ie crains que mon royal ef- 
poux qui ne fçait pas encore toutes les'rufes 
des combats > attaque la furie de ce lyon dange- 
ieux,que la colère emporte au trauers de l'hor- 
rible tuerie 1 C'cft vne ehofe bien douce, &c ho- 
norable de mourir pour la patrie. La mort prc£ 
fe le fuyard , & n'efpargne ny les jarrefts> ny le 
dos timide de la poltronne icunefle. La Vertu 
qui n'a point appris à fouffrir quelque honteux 



io« 



14® Car min vm Lib. IIL 

lntaminâîis fielaet honortbus : 
liée fumtt aut pontt fecures 
ao, Jirbitrio pepularis astrœ. 

Virtm , recludens tmmcrttis mort 
C^lum , neaata tentât iter via : 
Coetufque bulgares & vdam 

Spernit humum fu oriente pennrt. 
ty Eft & fideii tut a [vient io 

Mer ces ; vetabo , qui Cereris Jasrum 
Vulgarit arcan<t >fitb tfdem 

Sit trabibus , fragilemque mecum. 
Soluat fafelum. fipe Diefpiter 
}Q, Negletim y incefto addidit tntegrum. 
Raro antecedentem feeleftum 
Beferuh psde pœna claude. 



VIR VIRTVTE PRADITVS NÏHIL 
extimefeit. Oratio Iunonis dz Troia cueiTa> 
de bello Troiano finito 5 deque Irapeno 
Koni. àTroknisinicium capturo. 



Ode III. 



1 



Vflum & tenacem propofiti virum , 
Non ciuium arÀor praua iubcntium , 
7^o n vultus inftantis tjranni 

Mente quant foUda : ne que *4ufîer : 

$• Dhx tnqmet't îurbidus Adriœ , 

Nec fuiminantis magna lou'4 muntu* 



Odes d'Horace. Liv. III. 141 
refus , éclate d'vnc gloire toute pure , & ne 
prend point les haches, ny ne les quitte point 
auffi félon les caprices du vent populaire. Elle iq£ 
ouurele Ciel à ceux qui n'ont point mérité la 
mort, où elle tente vn chemin par des lieux 
inacceifibles : & d'vne aille prompte, elle quit- 
te auec mefpris les affemblées vulgaires, & la 
terre humide : Au refte , comme on doit au fi- ij, 
lence fidelle , vne certaine recompenec , l'em- 
pcfcheray que ecluy qui diuulgue les fecrets 
myfteres de Ceres , ne demeure auec moy fous 
vn mefme toift, & qu'il lafche au vent le frefle 
vaifTeau , où ie me feray embarqué. Souuent 
Iupiter méprifé , enueloppe l'innocent auec le }G« 
coupable ,'& rarement la peine qui cloche du 
pied , quitte le méchant qui Ta deuance de (es 
crimes. 



L'HOMME VERTVEVX NE DOIT 
rien craindre. Difcours de Iunon touchant 
la ruine de Troye, &c l'eftabliflement de 
l'Empire Romain, qui prit fon origine des 
Troyens. Ode III. 

NY vne pernicieufe ardeur dés peuplés qui 
fe portent à la fedition,ny la prefenec d'vn 
Tiran redoutable , ny la furie des Vents de Mi- 
dy qui exercent vn puiffant Empire fur la mec $• 
Adriatique facile à fe troubler , ny la grande 
main de Iupiter foudroyant, ne fçauroiét ébran- 
le r l'homme iufte de fon fïege , & rie ne le peut 
faire châger ? tant il eft ferme dans fa refokmo, 



«41 Carmikvm L i b> 1 1 L 

Si fraflus tlUbatur orbis , k 

Impauidum fcnent ruina. 
Hac arte Pollux^ & vagns Hercules 
!0 * Innixus^ arces artigh igneat* 

Qhos inter Augufttt* recumbens 
Purpureo btbit ore netlar. 
Hac te merentem Bacche pater tut 
Vexere tigres , indocili iug> m 
15. Collo trahentes : hac £)uiriym$ 

Martis equis Acheronta fugity 
Cratum elocjunta confiliantibus 
lunone diuis : llion y llion 
Fatalis inçeftnfijHe index 
i°- Et mulier peregrina vert h 

In puluerem , ex quo deflituit deos 
JMercedc pa&A Laomcdon: mihi 

Caft&que damnatum Minerut \ 

Cum populo & duce fraudulcntè* 
*5' /*«* nec Lacan*, fplendet adultère 

Famofiu hofpes , nec Vriami domus \ 

Feriura pugnaces Achiuos v 

Hetïoreis opibits refringit : 
Noftrifajue, duïïnm feditionibus 
3*' Bellum refedit: protinus & grau es 
Iras , & innifum nepotem , 

Troica que m peperitfacerdos t 
Marti redonabo. illum ego lucidas 
lnire fides , ducere nettaru 
f J . Succès , & adfcribi quiet* 

Ordinibus patiar deorum* 
Pum lonqtts intcr feuiat llion 
JRomamcjue pontus> qualtbet exules 
In parte régnant 9 beau: 



Ô DE S d'Ho k ACS. L IV. III. 14$ 

Si * T Vniuers mis en pièces deuoic tomber dis u ciel 
vnc defolation horrible , fes ruines le frappe- 
roient, fans qu'il en fuft effrayé. Par ce moyen, 
Pollux,& le vagabôd Hercule,font montez aux *<*• 
Palais flâboyans desEftoiles,bù Auguftc aflis au 
milieu d'eux , boit le ne&ar de fa bouche pour- 
prée. Par le meime chemin , Perc Bacchus, tes 
mérites ont forcé tes Tigres au col imdompcé 
de te tirer dsns ton char vtttoricux: & parlà,fur 
lescheuauxde Mars, * Quirina éuité l'Ache- Romulw. 
rô. Apres que I unon eut tenu ces gracieux pro- ij. 
pos aux Dieux aflemblez au Confeil. Vn * luge P*r$s. 
fatal &inceftueux, *auecvne femme eftrange- Hèlent. 
re,a réduit Ilion en poudre , Céfupcrbe Ilion zo. 
qui auec tout fon peuple , & fon Prince trom- 
peur, fut liuré au pouuoir de la chafte Mineruc 
& de moy , depuis que Laomedon eut trompé 
les Dieux du loyer qu'il leur auoit promis. 
Maintenant* l'hoftc fameux de l'adultère de 2 « 
Sparthe , ne montre plus l'efclat dont il cftoit Pétrit. 
enuironné,ny la maifbn pariure de Pria,ne mec 
plus les Grecs belliqueux en déroute parlefe- 
cours d'He&or : & laguferré tirée en longueur 
par nos diuifions^s'appaife tout d'vn coup. De- ; fl i 
formais ie donne à Mars les reflèntimens de mô 
cœur allumé de courroux,auffi bié quc*mô pe- ^mnluf. 
tic fils né dVne preftrefïè de race Troyenne,cc 
qui me le faifoit haïr. le permettray déformais 
qu'il monte au fejour lumineux , qu'il boiue du 
ne6tar,& qu'il foit mis au râg des Dieux. Pour- 3c. 
ueu qu'entre * Ilion & Rome, il y ait vne lôgue r rm 
hier qui fe courroufle aifément \ que ces 1 annis 
régnent heureufemet en quelque autre endroit 
du monde que ce foit. Pourueu que les cxoi*- 



T 44 Carmin vii* Lib. Ht 

4°- Dum Prtann Paridtfjue bujfo 

In fuit et armentum, & catulos fer<c 
Cèlent inultA : ftet Capitolium 
Fulgem , tnumphatîfcjtie poflit 
Roma ferox dare mm Medù. 

45" Horrenda late nomen in vltimas 
Extendat oras : cjua medipu liquor 
Seccrnit Eurcpen ab j4frt> , 

Qua tumidus rigat artta Ntlus ï 

Aurum irrepertum, & fc melitu fitutÀ 
' ■ Jgmtrn terra celât y fpemere fortior, 
J$H*m cogère kumanos in vfus , 
Qmncfacrum rapienie dextra. 

Jjhticunqtêe mundi terminus ebftitit. 
Hune tangat *rmu 3 vïfer't çejliens 
55* J>)ha parte debacchentur tgnes \ 

Jvua, nebttU pluuiique rores. 

Sed betlicofis fat a Quiritibus 

Hac lege dico> ne nimium pij y 

Rebufcjtte f dente s , Mit* 

6°* TeÛa velint reparare Troie, 

Troidt renafeens alite lugubri 
Fertuna trifti clade iterabitur, 
Dncente viûriçes cateruas 

Coniuge me louis & for or ci 
€$• Ter fi refurgat murus ahenens 
Autore Phœbo , ter pereat me if 
Excifus Argiuis: tervxor 



Odis d'Horace. Iiv. ÎIÏ. 14.5 
peaux de beftail , fe promènent fur les cendres ^ J 
<de Priam,& de Paris,<Sc que les animaux fauua- 
ges y'puiflènt mettre leurs petits faons en feure- 
té*, que le Capitole demeure debout auec fa 
gloire, 8c que Rome fuperbe , donne des loix * jux P«r^ 
auxMedesfubiuguez: que iettant l'effroy pai ;*b** 
toutes les Natiôs , elle porte fon no iufques aux +5- 
dernières bornes du monde , où la mer fepare 
l'Europe de rAffrique,& * où le Nil arroufe les cV// h 3~ 
champs cultiuez de l'abondance de fes eaux./jv^- 
Elle fera beaucoup plus forte en mefprifant for j o« 
qu'elle ne conoift point dans les entrailles de la 
terre, où il ferait à fouhaitter qu'il fuft toujours 
caché, pluftoft que d'eftre employé à de mau- 
uais vfages, par des mains profanes qui rauagéc 
toutes chofes,(ans épargner les facrées. Qujelle 
fafle fentir par tout l'effort de fes armes , pour 
connoiftre par <vne louable curiofité les régions SS" 
bruflantes , Se celles où fe forment les bruines 
&les pluyes. l'explique donc maintenant les 
Deftinées aux braues Romains. Que pour ne 
paroiftre point touchez dVnetrop grade pieté, 
ou que pour prendre trop de confiance fur la 
profperité de leurs affaires,ils ne penfent plus à 60» 
reparer les ruines de Troye,dont ils font fortis. 
La fortune deTroye renaifsâte fous vn mauuais 
augure , fera détruite vne féconde fois , par des 
troupes viâtoriéufes qui marcheront fous ma 
conduite, honorée que le fuis de la qualité d'é- 
poufe &c de fœur de Iupiter. Si fon mur d'airain, 6j c 
de l'ouurage d'Apollon, fereleue par trois fois, 
il fera par trois fois renuerfépar mes fîdellcs ; , 

*Argiens, & par trois fois la femme ca£titt«i £#*»#**♦ 

K 



?°. 



Ï46 C A R M I K V M L 1 B. I I L 

Capta virum puerofjUi plant. 
Non'h&c iocofc conuemunt lyra. 
J£y Mu fa tendts ? define perutcax 
i\e ferre frmoncs deorum^ çr 
Aligna no dis tenu are parais. 



ODE IV. 

Poëtafe a mulris pcricnlis Mufarum ope ère-* 
ptum fuiflcdicir 3 omnibiifque malè ceflifîe* 
qui aduerfum Dcos aliquid moliri volue- 
rint. 

DEfcende cœlo , & die , âge, ttbia 
Reg>na> longum-> C-alliope melos y 
Seu voce nunc maui* acuta , 

S en fidibus , citharaue Phœbi* 

5. tsfttditis ? œn me lu dit amabilts 
infant a, ? audire 9 & videor pios 
Errare per lue os , amœn<t 

fyiies & aquA fubeunt & aurai 



Me fabuloft Vulture in Appulo > 
lQ t AUricis extra limen Apulia , 
Ludo y fatiqatnmcjuc fomno , 

fronde noua puerum palumbeS 

Texercy mirum quod foret omnibus * 
^uicun^ue celft ntdum *Acheronti<t , 
jj, Saltufquc Bantinos > çjr aruum 

Pingue ttnent humilU Ftrtnti : 



Odes dHôràcè. LiVoIII. ïaj.7 
pleurera foii mary &c fes enfans. Mais ces cho- 
ses ne fiaifent pas bienàvne lyre emoùée. O y ? 
Mufe , où veux- tu aller) Quitte le haut deffcin 
que tu as entrepris, & cefle de nous raporter 
les difcours des Dieux, amoindrifïant de gran- 
des chofes par vne foiblc expreffion. 

A CALL10PE. Dde IV. 

Jj)fie par l'aide des Mufes y il efl échappé de phi- 
fieurs dangers , & que tous ceux qui ont osé en- 
treprendre quelque chofe centre les Dieux , s'en 
fo?2t mal trouuez,* 

DEfcen du Giel , Calliope ReinedesMu- 
fes, & di nous fur laftufte vne longue & 
melodieufechànfoiijou ,fi tu l'aimes mieux, 
auec la netteté d^ta voix , ou fur le luth d'A- 
polon. N'entendez-vous point des Ions \ où lv 
bien vne aimable folie, ne fait-elle point illu- 
ïion à mes fens? Il me femble que quelque cho- 
ie vient à mes oreilles, & que Ton marche dans 
les bois fàcrez,où des eaux,& des haleines dou- 
ces, fe gliîfent auec la pieté qui y refide. Sut 
vne montagne des frontières de la Poiiille 3 ap- x ^ 
pellée le Vautour, où la terre eft fort fertilé 5 me 
trouuant vn iour las du jeu & du fommeil,com- 
rnei'eftois Enfant, des ramiers dont on a conté 
beaucoup de fables, me couronnèrent d'vn 
feuillage vert:& ce qui defaoit donner le plus 
d'eftonnement à tous ceux qui demeurent dans 
le niddelahauteAcherontée, parmi les boca- |*£ 
ges de Béte , &: autour des graffes câpagnes qui 
font proches de Ferente fituéçmi bas de la vl&U 



Î48 Carminvm LtbIIL 

Vt îuto ab atris cor porc vi péris 
'Dormircm cr vrfis : vt premerer fier* 
Laureque , collataque myrtà , 
1&* Non fine dis ammofus ïnfans. 

Vefler* CamcenA > vefier in ardues 
Tollor Sabtnos: feu mihi frtgidum 
P rené fie > feu Ttbur fupinum , 
Sett liquida placuere Bai*. 

àj*. t r eftris amicum fontibus & choris y 
Non me Philippis ver fa actes rétro > 
Dénota non extinxit arbos , 
Non Sieula Palinurus vnda* 

Vtcunque mecum vos eritisy liben s 
$<>• Inpimentem nauita Bofporum 
Tentabo , & arentes arenas 
Littorii <djfyrij > vtator* 

Vifam Britannos hojpitibtu fëros > 
Et Utum equino JknvHinc Concanuni : 
15* L Vtfa™ pharetratos Gelonos , 

Et Scythicum inmolatm amne?** 

Ves Cjtfarem altum* militiafimut 
Fejfas cohortes abdtdit oppidis % 
jlq. Finire qn&rcntem Ubores 
Pierio reercatis antre. 

JTqs Une conftlwm & dette % & dm 



Odes d'Horace, t iv. III. 143? 
ne,eftoit que das la grande ieunefle que i'auois> 
i'cuffe efté aflez hardi pour dormir en feureté 
cotre le venin des Vipères , & lafurie des Ours 
qui eftoient en ce lieu-la, & que ie mettois au r 
tour de ma tefte vne trèfle de myrthe, &de 
laurier facré : maisil eft vray que cen'eftoitpas 
fans vne particulière faueur des Dieux. le fuis %o t 
à vous , ô M ufes > ie vous appartiens , (bit que ie 
xnetrouue éleué fur les hautes montagnes dc^ 
Sabins>foit que le frais dePrenefte m'arrefte,oii 
que ie me plaife dauantage fur la cofte pendan- 
te de Tiuoîi , ou bien auprès des eaux de Bayes. 
Comme ie fuis ami de vos fontaines , & de vos 2j* 
dances > l'armée qui tourna le dos dans les 
champs Philippiens, ne m'a point fait périr, nô 
plus que l'arbre maudit qui faillit à me tuer , 8c 
Palinure qui fut fur le point de me noyer dans 
la mer Sicilienne. Tant que vous ferez auec 
moy, ie tenteray volontiers , comme vn bon Pi- 
lote, l'entreprife du bouillonnant Bofphore , Se 3®» 
comme voyageur , i iray hardiment dans les fa- 
bles arides des coftes d'Aflyrie. Ieverray fans 
pcriUes* Bretons cruels àleurshoftes,les Con-^#/W'§ 
caniens quife réjouylTent de boire du fang de 
cheual, les Gelons qui portent toujours leuif • *' 
carquois,& * le fleuue de Scythie.Si-toû que le te TanàUl 
grand Cefar cherchant vn peu de repos, a mis 
dâs les places en garnifon,fes troupes fatiguées 
des trauaux de la guerre,vous le réjouy (Tez par 40. 
les belles chofes qui fortent de *fantre Pierien: V*»ttedes 
Se comme vous cites pleines de bonté, vous luy ***/**• 
donnez toufioujr&des confeils accompagnez de 
douceur,& vous c&es rauies d!aife,quand yous 

K lij 



ija Carminvm Lib.IIL 
G attdctis aima, fimiu vt trnptos 
Titan* s tmmanemqrte turmam 
Fulmine fuftulerit caduco , 
-\S* JQj<} terram inertern , qui mare tempérât 
Ventofum % <ST vrbes> regnaque tri fit A , 
Diuofque, mortalefqne tnrkas 
Impçrio régit vnus arjpio, 
Magnum tlla terrorem intulerat loui 
$3o Fidens , iuuentm horrida , brackijs : 
Fratrefque tendentes opacô 
Pelion impofmjfe Oljmpa. 
Sçd qnid Typhœm , & validas Àiimatî 
j£ut quid minaci Porphyrion flatti y 
SJ* ' Jgxid RhœcHs > euulfifque truncis 
Enceladus iaculator audax 
Contra fonantem Palladis agida 
Pojfent mentes ? foinc auidus fletit 
Vulcanus , hinc matrona Inno , & 
Ç 0t Nunquam humeris pofiturm arcum 

Qui rore ptero Caflalia lauit 
Crtnes folutos , qui Lycia tenet 
Dumeta , natalemque fyluam 
Delius & Patareus j4 polio. 
<£<•, Vis confili expers mole mit fua: 

Vtm temperatam di quoque prouehunt 
Inmaius : idem odere vires 

Omne nefas antmo mouentes* 
Te fit s me arum centir.tanus G y as 
70. Sententiarum noms , & intégra 
Tentator Orion Diana , 

V irvinea â^mitus (aaitta. 
LiieVca monflris terra dolet fuis: 
M^retcpie pœr:zs fulmine luridum 



Odes d'Horace. Liv. III. 151 
Jcsauez donnez. Nous fçauons bien corne re- 
poufïà rudement* les Titans, & comme tua de LesGe*nts 
ion foudre lancé contre terre, vne troupe énor- 
me de Geats, * celuy qui régit auec autât de iu~ imiter. 
ftice que de puifsace abfolu'é, la terre immobi- a? 
le, la mer venteufe , les villes, le trifte royaume 
des Enfers, les Dieux, Se les foules diuerfes des 
mortels. Cette ieunefïe horrible s'affeurant fur e^ 
la force de fes bras, donna beaucoup de crainte 
àlupiter, quand auec vne intelligence de frères 
parfaitemét vnis , elle s'efforça de mettre Pelio 
fur l'Olympe couuert de bocages épais. Mais. 
que pourroient contre l'Egide fonnante de Pal- 
las auec toutç leur violence, Typhée,le robufte 
Mimas, Porphyrion * a la ftature menaçante, A famine» 
Rhoëque , & le hardifrondeur Encelade, auec **"**$& 
des trocs d'arbres arrachez 3 D'icyJ'auide Vul- 5 /• 
çainrefiftoitcourageufemét:&delà * Iunon la l* Matra* 
royale fe tenoitferme,fecondée par Apollon le **• 
Delien,& le Pataréen.quin'abandôneraiamais ' 
fon arc,qui laue fes cheueux épars.des eaux pu- 
res de la fontaine Caftalie, 8c quitiét en fa pro- 
te&iô les bocages de Lycie>& laforeft où il na£ 
quit. La force fans confeil tombe d'cllc-mefme £j o 
fous fon propre poids: mais les Dieux font croï- 
ftreen mieux vne force condukte parla raifon, 
& haïfTent celle qui n'entreprend que dqs ai- 
dions noires. Gyas auec fes cent mains eftvn 
tefmoin confiderable de ce que ie dis , aufîî 
bien quOrion abbatu par vne fliche virginale 
pour auoir attenté à la pudicité de Diane. La 
Terre fe plaint de fe voir iettée fur fes pro- 
pres monftres, 5c s'afflige que fes enfansfoienc 

K iiij 



ï/1 C A R M I N V M L I B. I II. 

7 S- -A'fijfos ad Orcum : nec peredn 

Impofttam celer ignis *s£tnAm : 
Incontinente nec Tityi tecur 
Rclincjuit aies , necjunÏA additm 
Gifles : amatonm trecentdt 
So. 'Pevithoum cohibent cMctiét. 



Ode V. 

Diui Augufti laudes , Crafll vituperium, Re« 
guliconftantia, &adPœnos reditus, 

COelo tonantem credidimm louent 
Regnare' prœfens diuus habebituf 
jûuguflns , adietlis Britanms 
Imperio > grambufque Perjis. 

5* Jliilejhe Crajfi, cornu ge barbara 
Turpis maritus vixit? & hoftium 
( Pro curia , inuerftque mores ! ) 
Confenuit focerorum in armis, 

Suh rege Medo , Marfes & Appulus* 
lo ° Jînciliorum , nominïs & togœ 
Oblitus^ &tern&que Keft<e* 

Incolumi loue , & *vrbe Rom* ? 4 

Hoc cauerat mens prouida Reguli, 
Biffent ientis condittombus 
iy Fœdis , & exemple trahenii 

Pernkiem veniens m œuum : 



Odes d'Horace. Liv. III. i/j 

précipitez par le tonnerre dans les noirs abyf- 75, 
mes de l'Enfer , fans que la viuacité du feu 
puifte ronger le Mont-Etna qui les accable, 
ny que l'oyfeau laiiïe le foye de l'effronté Ti- 
tye, à l'impudence duquel > il a efté donné pour 
gardien : & cent chaiiiies attachent cruelle- g ^ 
ment l'amoureux Ferithous. 



Ode V. 

Louanges £ Augufie , on il eft parlé de la confiance 
de Regulm , csr defon retour a Carthage. 

NOftre créance a toujours efté que Iupitcr 
règne au Ciel, parce que de là il nous fait 
entendre fon tonnerre. Mais Auguftefera tenu 
pour va Dieu vifible après auoir afliiietiàcet 
Empire les Bretons, &lesPerfes qui nous ont 
efté fort incommodes. Etdefait lesfpldatsde 5J 
Craflus, depuis leur défaite, n'ont-ils pas mené 
vne vie honteufe chez ces derniers , s'eftans al- 
liez à des femmes eftrangeres ; EtleMarfe, & 
l'Apulien oublieux des rondaches fatales, aufli io, 
bien que de leur réputation , des dignitez de la 
robbe , Se des feux éternels de Vefta , fins que 
Inpiter 8c la ville de Rome fuflent endomma- 
gez, ne vieillirent- ils pas dâs le feruice du Roy 
des Medes,portans les aiefmes armes que leurs 
beau-peres ennemis des Romains > 4 O Gourdu 
Sénat i ô mœurs que vous eftes changées '.cer- 
tes Tefprit preuoyat de Regulus s'en eftoit bien 
apperceu,quand il ne fut point d'auis de côfcn- 
tïrà des conditions honteufes, ny de faire va l ^ é 
exemple pernicieux, quicauferoitauec leteps 



i{4 Carmimvm lib.IIL 

Si non periret immtferabtlis 
Caprtua pubcs. S ton a eno PttnicU 
i Ajfîxa delubris . <Jr arma 
10 Mdîtibus fine c&de ( dtxït ) 

JDirepta vidi : vidi ego ciptium 
Retort a terqo brachia liber o : 
Portafcjue non claufiu , & arua 
Adarte coït popnlata nofiro. 

Z< 9 jiuro repenfas fcilicet acrior 
Miles redibit. fiagitio additis 
Dammtm. ne que ami ffo s colores 
Lana refert medteata fuco : 

Nec vera virtw > qnum femel excidit \ 
3°» Curât repont detertortbns. 

Si pugnat extrtcata denfts 
Cerna plagis x erit tlle fortis 

Gkù perfidisfe credidït hoftibus: 
Et Marte pœnos proteret altero , 
G)iti lora reftritlis lacenù 
"" Senjit iners* timmtquc m orient. 



35 



Hic vnde vitam famerel infeius > 
Pacem duello mtfcxit- o pudor ! v 
O marna Carthago probrojîs 
40. Jilttor ltaliét ruinis ! 

Tertur pudicét conixgU ofculam , 
Paruofyue natos vt capitis rninor % 
Ab fe remowjfe, & virilem 



Odes d'Horace. Liv. III. ts$ 
vne grande perte , filaieunelfecaptiue ne pe- 
rillbit fans mifericorde. l'ay veu , dit-il, les ar- za r 
mes & les enfeignes arrachées fans effufion de 
fangjd'entre les mains de nos foldats, appédues 
dans les Temples d'Afrique. Tay veu des bras 
de Citoyens libres attachez derrière le dos, les 
portes de Carthage toutes ouvertes pour mar- 
quer lafeuretéde cette ^*/^,&:lesméfmes* châps, Les e4m " 
cultiuez,quiauoiét efté rauagez par nos armes. ??/*!* 
Au refteilya grande apparence quelefoldat * 

racheté au poids de l'or s'en retournera bien *" 
plus courageufementau côbat, qu'il n'y auoit 
efté la première fois. Si vous en vfez de la forte 
vousadiouftezle dommage à l'infamie. La lai- 
ne qui a efté vnc fois tainte, ne réd iamais nay- 
uement les premières couleurs qu'elle a per- 
dues: & quand la vraye vertu eftvne fois abba- 30. 
tué, elle ne fe reftablit iamais en ceux qui fe font 
laifîez corrompre par les yices. * Il eft vray que 
fi la biche entre au côbat après s'eftre dépêtrée 
des filets qu'on luy auoit lédus-, celuy - là fe peut 
bic dire vaillant qui s'eft abandoné au pouuoir 
des ennemis : &c celuy qui afentifes bras ferrez 350 
des durs liens qui le rendaient inutile , ôc qui 
s'eft trouué faifî des appréhendons de la mort, 
foulera fans doute aux pieds les Carthaginois 
dans vne féconde bataille. Ainfi ce foldat ne 
(cachât de quel cofté il peurroit afieurer fa vie, 
confondroit la paix auec la guerre. O honte 1 6 40, 
fameufe Carthage accreué par lesinfames rui- 
nes de l'Italie ? On dit que Rcgulm fe fentant a- 
moindri par Peftat de fa captiuité , ne voulue 
point reccuoir les baifersde fa femme pudiques 



Ire**?. 



Ij5 C A RM IN V M LlB. II T. 

Torttité bum% fofnijfe vtiltum 3 

45- Donec labantes cenfilio patres 

Firmaret autor nuncfuam alias data, 
Intercjue mœrentes amicos 
Eçregws properaret extiL 

j4tc]Hi fciebat quafibi barbarus 
50. Tortor pararet. non aliter tamcn 
Dimouh obfiantes propinqtios y 

EtpopHlnm redittis morantem^ 

£)uam fi clientum longa negotia 
Bttudicata lite relincjHeret -> 
5$. Tendens Vcncfranos in agraf, 

j4ut LaceddtmontHtn Tarentnm* 



AD ROM A NO S. Ode VI. 

De moribus fui feculi corruptis. 

DTLUUa Maiorptm immeritus lues 
Romane , done c templa refeceris » 
ts£deft]tie labentes deorum , cr 
Fœda nigro finiulacbra furno* 

T^is te minorem cjuod geris, impera$ % 
Jrlmc omne principium , hue refer exitum , 
ùt multa neqjeÛi dederunt 
Hefpertx mala luEtuofi. 



Odes d'Horace. Liv. III. ijj 

foy de Ces petits enfans, & que d'vne ame genc- 
reufe,il arrefta fon regard fixe contre terre, iuf- 
ques a ce que par vn confeil fans exemple, il 
euft fait prendre vne ferme refolution au Sénat 45. 
qui eftoit chancelant, &c qu'au milieu de fes 
amis affligez,il fe fuft détermine par vnc valeur 
incomparable à vn illuftre banniîrement. Or il 
fçauoit bien les tourmens que luy preparoit le fàf 
barbare Tyran. Toutefois il ne Te défit point 
autrement de Ces proches qui s'efforçeoient de 
le retenir , ny du peuple qui retardoit fon re- 
tour, que fi après auoir iugé les procez des par- 
ties qui le venoiétfollidter,ileuft quitté le Coin 
de trauailler à de longues & ennuyeufes affai- 
res,pôur aller fe diuertir aux châps de Venafre, 55* 
ou bien fe promener à Tarentequi fut autre- 
fois habitée par vne colonie de Lacedemoniés. 



AVX ROMAINS. Ode VI. 
Il reprend les mœurs corrompues de fin temps. 

O Romain , tu porteras la peine de la faute 
de tes Pères fans Tauoir mérité, iufquesi 
tant que tu ayes rebafti les temples ruinez des 
Dieux , & reblanchi leurs (îmulacres enfumez. 
De ce que tu t'abbaifles au deflbus de leur di- 
tiin pouuoir, tu exerces l'Empire du monde. 
Auflieft-ce delà, que fe tire le principe de tou- 
tes chofes , & il faut que tu y raportes la fin de 
tes nobles entreprifes. Quadles Dieux on tefté 
Négligée, ils ont enuoyé beaucoup de maax à 
l'Italie, qui en a Yedfclong-téps depuis des lar- 



1^8 Carmtnvm Lib. 117, 

%*m bit Monœfcs, çr Pacori manus 
là. Non aufpicatcs contudit ïmpetus 
Noflros : Cr adieajfe pr&dam 
Terquwus ex t guis renidct. 
T étne occupatHm feditiontbus 
Deleuit vrbem Dacrss & ^£thiops : 
|r Hic clajfe formidatus > ille 

Mijfilibus mclior fagittts. 

Fœcunda culp* ftcuU , nuptia* 
Primum inquinauere , & genus y & domùs. 
Hoc fonte deriuata cladcs 
£o. ^ n pàtriam populumque jluxit. 

Motus doceri gaudet lonicos 
Jldatura virgo , & fingitur artibus 
lam nuncy & inceflos amores 
De tenero meditatnr vnguL 

Xj, Afox iuniores cjuœrit adulteros 
lnter mariti vina : necjue cligit • 
Cui donet impermiffa raptim 
Gaudia , lumimbus remous : 
Sed iujfa coram non fine confcio 
20, Surgit ïnarttQjfeu vocat inftttor % 
Seu nauis Htfpanœ, magifter, 
Dedecorum pretiofus emptor* 

N on bis iuuentus orta parentibus 
Jnfecit a^uqy fanouine Vunico : 
fâ* Pjrrhunoque & ingentem cecidit 

Antiochum , Sinnibalemque dirfifé: 
Sèd ru flic or Mm m a feula militum 
Proies y SabelUs doffa Ugontbm 



Odes d'Horace. Liv. III. 159 
îmesameres. Les armées deMonefe , &dePa- 
corc,nous ont dé-ja repouffé par deux fois 3 & fc 10* 
glorifier de s'eftr e parées de nos dépouilles. Le 
Dace & l'Ethiopien , ont quafî deftruitla Ville 
pleine de feditions, celuy-cy redoutable dâsfes 1^ 
vaifleaux de guerre, &c cet autre beaucoup plus 
adroit que le dernier a décocher des traits. Les 
temps qui (ont gros de vices, ont premiereméc 
fouillé les mariâges,les f aces>& les maifons. De lui 
«tte fburce, les calamitez font découlées fur la 
patrie Se fur le peuple. La fille qui a pafTé l'âge 
de l'enfance, eft bien aife d'aprendre à dancer 
à l'Ionienne , &c conduit fes pas auec mefure fé- 
lon toutes les règles de Fart: elle s'inftruit aux 
amours deshonneftes déslatendrefle de l'âge. 
Puis quand elle eft prOmife , elle cherche des '££ 
Amants plus ieunes qu§ (on iiiary parmy les fe- 
ftips de les nopees , & ne fait point de choix 
quand les flambeaux font étaints pour prendre 
à la dérobée des plaifirs illicites: mais du côfen- 
te ment de fon mary mefme,ellefeleueduli<5fc 
deuant tout le monde , auffi-toft que l'appelle, iq, 
bu le fa&eur , oti le maiftre de quelque vaifleati 
d'Efpagne qui trafique à "ordinaire dételle m ar* 
chandtf'e , & achepte bien chèrement l'infamie 
du deshonneur. Cette valeureufe ieuneflé qui 
taignit autresfois la mer du fangdes Carthagi- 
nois, &c qui fit tomber Pyrrhus fous l'offortde i<] 
fes armes,auffi bien que le grand Antiochus, & 
le cruel Annibal, n'eftoit point fans doute for- 
tied'vne parété femblable a celle-cy,mais dvn 
sag mâle de guerriers rùftiques, inftruits à tour- 
ner les guerets auec labcchs Sabine, & à por- 



Mj# Cârminvm L i b. III. 

Verfare olcbxs , e~ /?*/<rr4! 
4<S, Matrts ad arbitrittm recifos 

Portare fptjles* fol vbi montium 
Mutaret vmbras , cr iuga demeret 
Bobus fatigatis > amtcum 

Tempus agens abeunte curru, 
4j. Damnofa cjutd non imminuit diesf 
ts£tas parentum , peior auû , tultt 
r Nj)S necjuiorcs , mox daturos 
Progeniem vitiofiorem* 



AD AS TE RIEN. Ode VII. 

Confolatur cam de viri fuiabfentia mœftam, 

monetque , vt fidem conjugalem ci 

dàtam feruec. 

QVtà fies Afterie, c/uem tibï candidi 
Primo reftituent vere pauonu , 
Thjna merce beatum 
Confiante iuuenem fids 

S* Gygen? IRe notis aBtis adOricurn t 
Poft infana Caprœjydera , frigide 
Nolles non fine mnltis 

Infomnis lachrjmis aait. 

Atcjui fo/licitx nuntitss hofpiu, 
10. Sufpirare Chloen> & miferam îhh 
Dicens ienibm vri , 

Tentât mille vafer moâù, 

m 



Oi)E$ d'Horace. LiV. lit. x6t 
ter des fagots au gré des Mères feueres, quand 4.0, 
îe Soleil le retirant fur fônchar, pour laiflèr 
venir le temps amy du repos, faifoit changer 
les ombres des montagnes , & oftoit le ioug 
aux bœufs fatiguez du trauail de la iournée* 
Ainfi qui à t-il que le temps ruineux fr'endoro- 4î« 
triage points L'aage de nos pères eftoit pire 
que celuy de nos Anceftres : le noftre eft enco- 
re plus mauuais : & de nous, il fbftirabien-toft 
vne pofterité beaucoup plus corrompue que 
nous ne fommes à prêtent: 



A A ST ERIE. Ode VIL 
ïl là ton foie JCv'ne abfence* 

ASterie , pourquoy pleures-tu le iciinë 
Gyges éprouué par vne fidélité confian- 
te, qu'vn vent fauorable te ramènera vers le 
Printetaps , enrichi de beaucoup de raretez de 
Bithynie ? Se voyant pouffé par vn vent deMi- 
dy dans le port d'Oçique , après le coucher de 
la Cbnftellation de là chéùrê celefte qui excite 
des tèmpefles, il paflé les froides riuidts fans 
dormir , mais non pas fans verfer beaucoup de 
larmes. LeMeffagerfinet de Chloéfonhoftef- 
fe toufîours pleine d'inquiétudes à fon fujer> 
s'efforce dé l'attirer par mille iniientions, luy 
difant que Chloé foûpire , & qu'elle brufle 
malheureufement de les feux, Il luy raporte 

jL» 



to. 



î 6l C A R M I K V M L I fi. 1 t I» 

Vt Prœtum multer perfida credulum 
Falfis imputer it crimintbus , nimz* 
15. Cafio Bellerophonti 

JMaturare necem^ refert. 
Narrât ptne datum Pelé* Tartaro , 
Magxcjfam Hippolyten du m fu gît abjlinens * 
Et peccare docentes 
£0. Faflax ht (loriot monet': 

Fruflra. nam fcopulis furdior /cari 
Voce s audit adhnc intcver. at> ttbi 
Ne v ici nu s En t peu s 

Plus iujio placeat , caue : 
*5* ^uamkis non alius fieffere equum JlienS 
±/F-Cjue €onfpiatur gramine JMartto •" 
Nés cjwfquam cttm <tque 
"Tufio denatat alueo. 
Prima ncÛe domum claude : neque in vitâ 
JOi Sub cantn queruU defpice tibia: 
Et te ftpe vocanti 

Daram tdîfficilis mane. 



AD MËCOENATEM. Ode VIII. 

Quimi vxorem non habeat^ijiilominus Ka- 
lendas Martiascur celebret , Meccenas mi- 
rari non débet. 

AK Artiis cœlebs quid agam Kalendû y 
JL £)uid velwt flores , & acerra thuri$ 
jPlena, mtraris , pofttufque carbo m 
CeJpttt'VWO) 



Odhs d Horace, Liv. 1IL ioj 
fur ce propos l'hiftoire de la femme infidclle de 
Prœtus 5 qui excita fon mary trop crédule à faire «, 
mourir le chafte Bellerophôn pour des crimes 
fuppofèz. Illuy fait le conte de Pelée qui fut 
fur le point de périr , pour s'eftre voulu défen- 
dre par vne grande modeftie des pourfuittes 
amoureufes dHippolite du pays dès Magne- 
ïiens. Et comme il eft vn trompeur, il luy dit *$ 
bien d'autres chofes qui apprénent à mal (aire. 
Toutesfois c'eft en vain : car plus feurdqu'vn 
fcfcueil de la mer Icai iéne , il oit fes paroles fins 
rien perdre de>fon intégrité. Mais prend bieii 
garde pour toy , que le voifin Enipée ne te plai- 
fe dauantage, qu'il ne feroit à defirer, quoy %}* 
qu'on ne puifle voir performe plus adroit que 
luy à tourner Vn cheualdans le champ de Mars, 
hy qui luy puifte eftre comparable à tràueifer 
leTybredlanage auecvne grande promptitu- 
de. Ferme laporte de ta maifon ; di que la nui et 
eft venue :n"e regarde point en laruequâd tu en- 3&? 
tedras le fon dvneflufte plaintiuei& môtre toy 
difficile à celuy qui t'appellera fbuuet insefible. 

A MECENE. Ode VIII. 

£hte Mécène ne fe doit point étonner , de ce qne le 
Tcè'te, célèbre le iour des Calendes de 2ldars>en** 
core qutl nefoitpoint marie. 

DOcfce Mecenè,qui fçais les grâces de l'vn-é 
& de l'autre langue: tu t'cmerufcilles de ce 
que ie célèbre le iour des Calendes de Marsâ 
encore que ie lie fois point marié ; & tu me ai *> 



i^4 Carminvm Lib. III» 

Dofle fcrmones vtnufcjuc linçua : 
Voueram dulces cpuLis çr album 
Ltbero caprum^prope funeratus 

Jirboris Ulu. 
Hic dies, anno rcdeunte feflus : 

IQ # Corticem aftrittum pice dimouebit 
jimphordifitmum btbere inftttm& 

Confule Tullo. 
S urne 2Wec&na& cyathos amici 
S ojpitû centum: & vigiles lucern M 

iy Profer in lucem : procul omnis ejîa 
Clamor Cr ira. 
Mitte ciniles fuper vrbe curas. 
Occidit Daci Cotifonis agmen : 
Medm wfeflus fibt luttuofis 

io# Dijfidet armis : 

Seruit Hifpana vêtus heflis or& 
Cantaber , fera domitus catena : 
lam Scythœ laxo meditantur arctt 
Céder e çampis. 

2.?. Negligens ne qua popnlm laboret « 
Parce priuatm nimium cauere: c£- 
Dont pr&fentis râpe Utm bora } aa 
Linqne jettera* 



Odes d'Horace. Liv. III. xS$ 

mandes , ce que veulent dire ces fleurs , cetera 
fenfbir plein d'encens, & ce charbon amafle ^ 
fut ce gazon ? Fauois dédié à Bacchus ces doux 
jncts auec * vn chéur eau blanc , quand le faillis ****. 
d'^ftre tué par vn arbre qui tomba fur moy. 
Toutes les années en cette fefte-cy,onotera 
l'efcorceenduittedepoixàla pippe quia com- xo* 
mencé de s'enfumer dés le Confulat de Tullus. 
Prend cent verres en main, mon cher Mecenç, 
pour boire à la faute de ton amy . Fay durer cet- 
te réjouyfïance toute la nui& à la clarté des 
flambeaux : & que le bruit, <k la fafèherie s'é- \^ 
carte loin de nous. Chaffe auflî tous les foucis 
de la grandeur deTEftat , 5c des affaires publi- 
ques. L'armée de Cotifon Prince des Dacesa 
efté taillée en pièces : 8c le Mede incommode 
à foy-mefmc, fe déchire par Ces propres ar- 
mes qui luy font funeftes. Le Cantabrois no- 10? 
ftre ancien ennemy des coftes de rEfpagne , eft 
enfin réduit dans la feruitude, après auoirefté 
dompté fous k chaifhe qui l'attendoit. Mainte- 
nant les Scythes qui n'ont plus leurs arcs ten- 
dus , nous abandonnent la campagne. Mais if. 
puisque tu veux demeurer dans vne condition 
priuée,netemets pas trop en peine descala- 
mitez publiques. Reçoiles faueurs que l'occa- 
fion te prefente , & quitte les affaires ferieufes. 



h ii) 



f 66 Càrmïnvi* L i b. III. 



AD L YDIA M. Ode IX. 

Jpialogns eft de praercriris amoribus, cifdcm- 
que renouandis 

H R A T I V s. 

DOnec gratus erarn ttbi, 
Nec qmfcjHAm pottoY brachia candide 
Ceruiei ïuuenU dabat> 

Perfornm vigui rege beatior. 

L YDIA. 

C. Donec von alin maç^u 

Arfifli , ne que erat Ljdia pofi Chloeni 
jtyulti Lydta nominis 

Bfimana vigui cUrior Ma. 

HO R A TirS. 

Me nunc Threffa C-:loe régit , 
tfi> Dttlces dofta modo s , & citharœ feiens i 

PrD qua non metuarn mori, 

St par cent animt fata Jkperfiiti* 

L Y D I A, 

Me t orvet face mutua 

Thurim Calaù filnu. Ornithi > 
•15 Pro quo bis patiar mori , 

Si parcen? pttero fat a faperftiti» 



Ox>es d'Horace, Liv. III. \(>i 



% 



A L YD I E. Ode IX. 

Dialogue y touchant fis vie : lles amours qu'il A r&~ 

n ou ue liées auec Lydie* 

HORACE. 

TAndis que i'eftois en ces bonnes grâces, 8c 
quVn plus ieune, & plus fauorifé que tï\oy 
n'enlaflbit point Ces bras autour de ton beau 
fcin, i'ay vefcu plus heureux que le Roy des 
Perfes. 

LYDIE. 
Tandis que ton cœur ne fut point embrafe 5* 
£ fort d'vn autre feu que du mien , & que Ly- 
die ne fut pas moins chérie que Chloé; Lydie 
en grande réputation , a vefeu aucc plus de 
gloire, que n'en eut iamais la Romaine Ilie. 
HO KA C E. 
Chloé que nous deuons à laThraçe, me pof- 
fede maintenant par les charmes de fa voix , & 10* 
de fon luth, qu'elle fçait toucher admirable- 
ment : & ie ne craindray point de mourir pour 
elle, fi les Deftinées veulent épargner fa vie 
pour la laiflèr immortelle après moy. 
LYDIE, 
Calaïs fils. d'Ornithe Thurien , me brufle 
d'vne flame mutuelle, pour qui iç fouffrirois l 5* 
deux fois la mort, fi les. Deftinées veulent ef- 
pargner fa ieuneiïe poux le laifïbc immortel 
après moy. 

L iiij 



K>8 Carmin vm Lib. II L 

HO R A T I F S. 

Jgjitd fi prifca redit l r emu? 

OidnElofûjUi tuoo cogtt ahcneo ? 
Si fiiiHA excutitur Chlcç? 
xa* Reietl&qtte patet tanna Lydix? 

L TD 1 A. 

J>ïvA.Mquam fydere pitlchrior 

1 lie e(l>> m leuior cortice> & improbo 

Jracundior Adria : 

Tecnm viuere amern* tecum obeam libens* 



î 



IN LYCEN, Ode X. 

Lycen monet 3 vt pofïta duritie fibi fup 
plici parcat. 

IIJ Xtremum Tanaim fi biberes Lyce , 
-jS&ho nupta viro , me tamen afpera* 
P erreBum an te fores obiieere incolis 
Plorares Aqiiihnibm* 

|. Andis €jU0 firepïtu ianH.a> quo nemm 
inter pnlchrA fitum teffa remugiat 
Ventù ? & pofitas vt glaciet nines 
Pur a numine Itfptter? 

Ïk? ratant Veneri pone fuperbiam i 
ïo - AV enrrente retrs fnnis eat rota» 



Odes d'Horace. Liv. JIL 169 
HORACE. 

Que feroit-ce, (înoftre première amour de- 
uoit renaiftre au monde ? &c fi par fon moyen 
nous eftions réunis enfemble fous * vn ioug Ceftiâtrê. 
çl'erain ? fi la blonde Chloé eftoit çhaffée? & fi JVj*** 
la porte eftoit ouuerte à Lydie reiçttée 3 
L Y DIE. 

Encore qu'il {bit plus beau qu Vn Aftre , & 
que tu (ois plus léger qu'vn écorfe, & plus co- 
lère que la mer Adriatique fi facile à fe trou- 
bler, ie voudrois viure en ta compagnie, ÔC 
acheuer mes iours auprès de toy . 



io< 



A L Y G E. Ode X. 

Qu'après auoir quitte fa rigueur, elle [oit tou- 
chée c£vn peu de bonté pour luj. 

LYce, (î tu beuuois des eaux du Tanaïs, à 
l'extrémité du monde auprès d'vn mary 
cruel, ie pefe que tu verferois des larmes quel- 
que impitoyable que tu (ois, de me voir couché 
deuant ta porte, expofé aux rigueurs de THy- 5. 
uer. N'entends tu point le bruit que fait le yent 
autour de * tesfencftres &dans le bocage qui Detaporte^ 
entoure ta belle maifon: & Iupiter ayant ren- 
du l'air le rain , ne vois tu pas comme il fait gla- 
cer la neige tombée de toutes parts ? Quitte ce 
fier orgueil fî defagreable à la belle Venus , de- 
peur que la corde venant a rompre, les roués 10. 
de ton char ne te faflént rouler en arrière. Ton 



ijo Carminvm Lib. III. 
Non te Penelopen dtffictlern proeù 
Tyrrheniu gênait parens. 

O , cjuamtiù necjue te tnnnera , nec prêtes^ 
Nec tinttw viola pallor amantïum , 
'5* Nec vir Pieria pellice faucim 

Chyum y fupplicifau tnU 

Parcas , nec rigida ntollior Efîulo, 
Nec JUauris animum mitior anouibné* 
Non hoc femper erit limints an$ aqtiâ 
xo. Cotlejits patiens lattu . 



AD MERCVRIVM. Ode XL 

Mercurium rogat , vt cantus fibi didtet, quibus 
animum Lydes fle&atin ciusamprem, pro- 
pofitaDanaidum fabula. 

MErcttri ( nam U docïïls magiftro 
Mottit jimphion lapides , canendo ) 
Tnque teftp<do , refonare feptem 
Ca/lîda nertiis: 

( Nec loquax olim , ne que oratA •> nunc & 
Diuitum menfis & Arnica t emplis ) 
Dicmodosy Lyde âjmbm objUnatas 
Appltcet anres. 

££*&> vclmUtis equa trima campis > 



Odes d'Horace. Liv. IIL 171 
père Xyrrenien ne t'a point engendrée comme 
vue autre Pénélope , fans auoir de coplaifapce, 
pour les amoureux ponrfuiuans. O cœur inhu- j. 
main plus incapable d'eftre amolli que les chef- 
nés durs , & plus infenfible à la douceur que les 
ferpens de Mauritanie \ quoy que > ny les prc- 
fens, ny les prières, nyla pâleur des Amans en- 
tremeflée de la couleur des violettes , ny ton 
mary blefTé d'amour , pour ta riuale Pierie , ne 
te fçaiuoient fléchir , au moins lois touchée de 
pitié pour ceux qui te demandent grâce. Il ySS 
n'arriuera pas toulîoursqueie languifle à vne 
porte, endurant comité ie fais la pluye& le 
froit. 



A M ER'CYR E. Ode XI, 
■ 
Il le prie de luy infpirer des vers capables dta- 
mollir le cœur de Ljde , çfr fait vne élégante 
description de U fable des Danaides. 

ME rcure > (car Amphion qui apprit de toy 
fart de bien chanter , emiit les pierres 
par la douceur de fes airs : ) & toy,fçauante Ly- 
re à fept cordes qui refonnes auec tant.d'har- 
monie , &dont les charmes auffi bien que les. 
tons,eftoient autresfois inconnus, mais qui font 
maintenant chéris aux Temples, & aux tables 
des Grands , fay nous des accords qui attirentà 
les ouyr ks oreilles obftinées de Lyde. Elle bô- 
dit en fe ioiiant comme vne cauale de trais ans 
dans vnepraine fpatieufe : &c comme elle n'cli 



5- 



17* Carmimvm Lïb. III. 

10. Ludit exultim : metuttque tanoi , 

Nxptiarum expers , & adlmc proteruQ 

Cruda marito. 
Tu pet es ttg^es , comité [que fylu as 
Ducere , ey rtttos celeres morari* 
*$■ Cejfit immanis ttbi blandicnti 
lanitor aul<t 
Ccrbertts, qttamuis fnriale centum 
Muniant dnanes caput eiiu , atqne 
Sfiritus teter faniefque manet 
20. Ore trilingui. 

£fa*n & Ixion Tttxofque vulm 
Ri fit inuito: Jietit vrna panlum 
Sicca 3 dum grato Danai pnellai 
Carminé mulccs. 
M' Audiat Lyde feelm atque notas 

Virgtnum pœnas> & inane Ijihphd 
Dolium fnndo pereuntis imo , 

Straqtte fata , 
£)va mènent culpas etiam fub Qrco* 
3©. Jmpidr,: vnam quid potuere mains y 
ImpUfponfis potueïe duro 

Perdere ferro. 
Vna de mnltis face nuptiali 
Digna i periurum fuit in parentem 
35. Splendtde mendax , cr in omne virg» 
Nobtlis étuum : 
Sur ce (qu£ dixit i nue ni marite ) 
Surge y ne lonqtts ttbi fomnm , vnde 
Non times , detur: focerum & fceleftx* 
40. Falle forores. 

Quét y velut nabi 4 vttulos le&n<t , 
Smaulos ( eheu ) lacérant, ego itlts 



Odes d'Horace. Liv, III. 17$ 

point inftruitte auxloix du mariage , & qu'elle 
cft encore vn peu reuefche à l'ardente folie qui 
transporte le cœur des Amans, efye apprehen- 10; 
de qu'on la touche.Tu peux attirefcles Tygres, 
& les forefts après toy , & arrefter le cours des 
riuieres. Le Cerbère affreux portier de l'immé- 1/. 
fe palais des ombres, eede à la douceur de tes 
airs , quoy que fa tefte furieufe , foit armée de 
cent ferpens , & que de fa gueule à trois lagues, 
forte vne efcumeinfe£fce, &vne haleinedete- 
ftable : voire Ixion Se Titye , en ont ietté quel- 10 ^ 
quesfouris forcez. Et tandis que tu charmois 
les Danaïdes de tes vers gracieux , leur cruche 
demeura feiche vn peu de temps. Que Lyde ijj 
apprenne le crime , la peine , le tonneau défon- 
cé, d'où Teau s'écoule aufli-toft quelle y eil ré- 
pandue , & les tardiues Deftinées qui exercent 
auffi les chaftimens des crimes dans les Enfers. 
Ces * cruelles filles (car pouuoient-elles corn- impes* 
mettre vne plus noire mefehanceté? ) ie dis dec 30. 
ces filles cruelles , ont pu mafTacrer leurs maris. 
Vne feule d'entre plufîeurs, digne à la vérité du 
flambeau nuptial,qui mentit glorieufement cô- ^ 
tre la tefte pariure de fon père, & qui par vne 
aéfcion fi noble , mérite que fon nom ne meurâ, 
iamais. Leuc-toy, dit- elle à fon icune efpoux, 
leue-toy depeur d'eftre furprispar vnlôg fbm- 
meil dont tu ne fçaurois te défier. Trompe ton 
beau-pere,& mes fœurs abominables qui maf- 40. 
facrent leurs maris , helas 1 comme des lionnes 
cruelles qui defehirent des bouuillons. Pour 
tnoy quiay plus de tendrefTeque cesinhumai- 
nes,iene te veuxny tuer,ny te retenir an pnso. 



î74 Carmxnvm Lib. III. 

JMollioYy nec te fertam> nec intr* 

C laujlra tetuba. 
45* Me pater fouis oneret catenis y 

J^uod viro de mens mi fer o peperci: 
Aie vel extremos Numidarum m agres 

Clajfe relent. 
I , pedes c/uo te raptunt & aura : 
5^' Dum fauet nox & Venus : i ftcundo 
Qmine : cy noflri memorem fepuUhro 

Sçulpe querelam. 



AD NEÔBVLEN. Ode XII. 

Neobule Hcbri adolefcentis amore captai 
vitam agit inertem & defidiôfàm. 



M 



Iferarum eft> ne que amori dare Utdurn , 
Necjue dulci mala vino lauere : aut ex* 
metuentes jtotràk verbera lit- 
guœ. 



Ttbi qttalum Cythereœ puer aies % 
Tibi telas > cperofkque Minerua 

Studium aufert , lieobule > LipArài nïtQT 
Hebri> 

Eques ipfo melior Bellerophonte : 

Ne que pugno > ne que fegni pede viBus , 

Sïmul vnBos Tibtrinis humeras Imit in Vn* 
dis: w 



Odes d'Horàcï. Liv. III. ijj 
r j4pres cecy , que mon Perc me charge s'il veut 4J; 
de chaifnes cruelles ? pour auoir efté touchée de 
pitié , à caufe de mon mary que i'ay voulu fau- 
uer : ou qu'il me iette en quelque vaillèau pour 
me bannir au de îà du pays des Numides. Va 
où tes pieds, & les vents t'emportent, tandis r$, 
que la nui£b Se l'A ftre de Venus, te font fauora- 
blés : va- t'en auec vn bon prefage, Se graue ina 
plainte fur mon tombeau pour vue mémoire 
éternelle» 



A N E O B V L E. Ode XII. 

Que pour auoir efle touchée £ amour pour le im^ 

Hcbrm > elle s'efi abandonnée à la Pârejfs 

& a tojfmeté. 

LE propre des filles malkeureufes, eftdeiic 
permettre point de jeux, à l'amour , de né 
noyer point fts maux dans la douceur du vin, 
ou de fe tourmenter cruellement dansl'apre- 
îiention d'eftre reprife de fon Oncle. Le fils 
ailé de Cytherée, te vient enleuer ton panier; £ 
où tu ferres tes laines, Neobule,& la rare beau- 
té du ieune Hebrus de l'Ille de Lipare , te vient 
arracher d'entre les doigts la toile , Se tous les 
beaux ouurages de l'induftrieufe Mincrue, Il 
eftplus adroit à cheual que ne fut iamais BeL 
lerophon : &iainais il n'a efté vaincu aux com- 
bats dei'efcrime, ny à la courfe légère quand 
il s'eft kué dans le Tybre âpres s'eitre frotte 



\-}6 Carminvm Lib. lit: 
*° • Catus idem per apertum fugtentes 
j4gitato grege ceruos tacnUri , & 
Celer alto Uùtantcm fruuceto excipere A- 
prum. 



AD FONTEM BLANDVSIA: 
Ode XIII. 

Sacrificium fonti promittit, eiufque amœni- 
tatem fummopere commendat. 

OFons BUnâuJid) jplendidior vitro* 
Dfilci digne mero* non fine fioribm > 
Cr*s donaberis bœdo: 

Cni frons turgida cornibm 

Primù , çjr venerem & pr&lia deftinat* 
Fruflra : nam gelidos infictet tibi 
Rnbro fanquine riuos 

Lafani foboles gregis. 



bo, 



Te flagrante atrox hera Canicule 
Nefcit tan gère •: tu frigus amabilc 
Fejfîs v orner e tauris 

fra.be s , & pecori vage. 

Fies nobilium tu quoejuc fontium % 
- Me Mcente captif tmpofitam iliçeni j 
Ij • S axis : vnde loquaces 

Lyr/ipkx dijiltunt tut* 



les 



Odes d'Horace^ I tv. III. 177 
les épaules de l'huile des Atletes. Il eft aufîi IO# 
fort habile a décocher furies hardes de certe 
fuyans par la plaine : & auec vne diligence in- 
croyable, il fe trouue a la rencontre des fan- 
gliers qui fe cachent dans les épaiffes brofïàil- 
les des forefts. 



A LA FONTAINE BLANDVSIE. 
Ode XIII. 

O Fontaine Blândiifie, plus éclatante que 
le verre , digne d'vn vin délicieux , non 
fans eftre enrichie de fleurs. Demain turec^* 
liras l'offrande d'vn bouc a qui les cornes naif- 
fantes qui font dé ja groffir le front , demajî* 
dent en vain le combat, Se les délices de Ve- $• 
nus. Car cette élite du troupeau lafeif , rougir 
fa bien- toft de ton fâng tes ruifleaux gçjek 
L'ardeur de la Canicule ne te fçâuroit appro- 
cher. Tu prefentes le frais agréable aux tâu- 10, 
reaux laiTez du trauail de la charrue , & au be- 
ftail errant, le parleray iî dignement de toy, 
que tu feras miie au rang des plus fameules 
fontaines 5 fans oublier l'yeufe verdoyant plan-» 
té fur la roche creufe , d'où découlent tes eaux 1$» 
fcjuifemblent parler en naiîïànt. 



M 



i-3 Carmihvm Lib. III 



AD POPVLVM ROMANVM. 
W)dc XIV. 

Hxc Ode laudes commet Angnfti , ex Hi- 
(jpania deuiûis Cantabris, 
rcnertentis. 

HErculû ri tu modo dit! us , o plebs 9 
Morte venaient petit/Je laurum y 
l&fiir, Ihfpana re petit pénates 
Victor ab or a. 

fé Vnico çMtdcns mtdier marito 
Prodeaty iufeis operata diuis: 
Et for or clari duci* : & décor & 
Supplice vitta 

Viroimm maires ^ tuuenumcjue nupèr 
ÏO. Sofpitum . vhs ô puert , cr puclU 

Jam virum experts , maie nominaiu 
Par cite verbis. 

Elle dies vere m&i fejlus atrtâ 
Eximet curas : eoo nec tumultum , 
tï ^L ec n}0Yî P er vtm inettiam 9 tenentz 
Cœjare terras- 

î y teîe vnguentum puer> (y coron/iè% 
Et cadum Marfi memorem duellit 
Svartactim fi qna powit vagantem 
zo. E&lUn tejta. 



Odes d'Horace. Liv. III. 17$ 



AV PEVPLE ROMAIN. 

Ode XIV. 

'Contenant les louanges £ Augure à fin retour 

ïi'Ejpagne. 

O Peuple ; Cefar qtii cherche à ce qu'on dit 
le laurier qui ne s'acquiert jamais qu'au 
péril de la vie, retourne victorieux comme 
Hercule des confins de fEfpagne, & renient en c £ 
fa maifôn. Que * la Femme qui fe contente û'vn Litiiè. 
feul mary aille au d.euant après auoîr prefenté 
Tes offrandes aux iuiles Dieux , * auffi bien que oBauic^ 
lafœur du glorieux vainqueur ,& les Dames 
ornées d'vn atour de fuppliantes , auec les Mè- 
res des gracieufes Pucelles, &C des ieunes Guer- 
riers qui font de retour échappez des périls de 
la guerre. Vous garçons, & vous filles quiaUez 10 * 
dé-ja éprouué les traits d'Amoiir , dont vos 
tœurs ont eftébleflèz , abftenez-vôus de dire 
des chofes trop hardies. Ccîbur que ie veux 
célébrer, Comme vne fefte folemnelle, oftera 
démon efprit toutes les noires fumées de Ces 
inquiétudes; &c ie ne craindray iatliais des trotl- ip 
blés , ny des morts violentes , tandis qiie Cefar 
tiendra l'Empire de iVhiuérs, C'a garçon, de- 
mande des parfums , des chappeaux de fleurs, 
ôc du vin qui remette en nbftre fouuenir le ttps 
delaguerre des Marfes,ou quelque tonneau 
s 11 s en peuttrouuer qui ait échappe ta mam 
de Spartactis,quand il eftoit vagabond^*rf?#te *9> 

M i; 



iSo Carminvm Lib. I1L 

Die & argutd properet Ne<tr& 
'Mjrrhïnnm nodo cobtbere crincm : 
Si per inutfium mora tanttorem 
Ftet> abtto. 

îy I^emt albeficens animos çapi/ltit 
Littum çfr rix<t cupidos proteru<t. 
Non ego hoc ferrem caltdus iuuentA 9 
Con fttle Plancç. 



IN CHLORIM. Ode XV. 

Vt iatn vctula petulantiae & libidini modum 
conftiruat. 



v 



y Xor pauperis ibici , 

Tandem ne quitta fige modutn tu 4 , 
Famofifique laboribus. 

Mmhto pr opi or de fine faner i 
c. Jnter ludere vtrgines , 

Et fit lits nebulam fipargere cœndidis. 
Non y fi quid Pholoen fiatis y 

Et te, Chlori, decet.filta reiïim 
Expugnat inuettum domos > 
ÎO. Pttlfb Tbyas <vti concitata tjmpano\ 

Jllam cogit amor Nothi , 

Laficwœ fitmilern ludere cœpreœ : 
Te lanœ prope nobilem 

Tonfic Luceriam > non cithare , dtçent% 
I). Nec flos purpureus rofie y 

Nec foti vstHlam face tenus çaÀu 



Odes d'Horace. Liv. III. iSr 

t Italie. Di que Neere de qui la voix eft fi nette* 
fe hafte auflî de tortiller fes cheueux blonds, & 
de Us arrefter d'vn nœud pour venir icy : & fi 
le portier de mauuaife humeur, te penfe retar- 
der tant foit peu, rcuien auflî-toft fur tes pas. 
Les cheueux blancs adoucirent les efpritsqui 
ayment les débats, &les querelles importunes. 
Mais quand i'eftois animé d'vne verte ieunefte, 
ie m'en ferois bien défendu fous le Confulat de 
Plancu s 



A CHLORIS. Ode XV. 

// luy dit y que puis qu'elle efl vieille , il efl temps 
quelle mette fin à fin incontinence. 

ENfin, femme du pauure Ibicus , preféjti des 
bornes à ta mauuaife vie, & à des pratiques 
infâmes qui te donnent beaucoup, de peine. 
Puifque la mort te muguette de fi pres,cefïe de j. 
ioiier entre les filles,& d'épandre vn nuage fur 
le front des eftoiles riantes : fi quelque chofe 
fiait bien àPholoé,iln'cn eft pasainfide toy, 
Chloris. Ta fille comme vue Thyadequâdelle i ,' 
eftagitée parle fon du tambour , force la porte 
des îeunes gens de bien meilleure grâce que tu 
ne fçaurois faire. L'amour de Nothus qui la 
poflede,la contraint de folâtrer comme vne 
cheure. La laine qu'on tond auprès de la no- 
ble * Lucerie , fiait bien i tes vieux ans , & non cv ^ v * e 
pasleluth,nylesrofes pourprées, ny les poin- pj^ienf 
fbns de vin délicieux, qui ne font pas encore 
épuifez iu^qucsàlalye. r 5 è 

M ii] 



if 4 C A RM IN V M LlB. III. 



AD MECOENATEM. Ode XVI, 

Auro omnia patent. Hcratius vero contentuî 
cft fua forte , vnde beatus exfiftit. 

INcltffim T^anaen turris ahenea, 
Robuft<zque fores , & v'gilum canum 
Tri fi es excabtdt mumerant fatis 
Notturnis ab adultsris : 

$• Si non Acriftum^ virginù abdit<t 

Cjtflodem pauidum Jupiter & Venus 
Rififfent : fore entm ttttum iter çr patent» 
Conuerfo in prectum deo* 

Aurum pe-r médias irejate/lites, 

ïp. Et perrurnpere amat Jaxa> potent'tHS 

î&u fulmine o. eoncïdit augura 

jirgmi doptus , ob lucr%m 

Demerfa excidio. difjidit vrbium 
fartas vir Macedo , & fhbruit œmufas 
K Reaes muneribus. munera nauium 
Sœuos tllaqw ant duces. 

Crefcentem fequitur cura pecuniam* 
Maiarumcfue famés* iure perhorru'k 
Late confjjicuum tollere verticem* 
20. Mec&nas* equitum decus. 

£)uanda quifque fibl plura negauerit ê 



Odes d'Horace. Liy. III- x$$ 



A MECENE. Qde XVI, 

JjhSil ny a rien au monde , qui ne fi puijfe gagne.?* 
par les richejfes, & par les prefien^ 

LA tour d'erain, les portes renforcées, & le 
guet importun des chiens vigilans,afleu- 
jroient affes Danaé dans la prifon, contre les 
furprifes no&iu:nes des adultères 5 fi Iupiter &C $1 
Venus ne fe fuifent point moçque^ djAcrife 
Geôlier aprehenfif de fa fille captiue: parce que. 
le chemin deuoit eftre ouuert,& fe rendre feur, 
quand le Dieu fe changeroit en trefor de grand 
prix, pour iouyrdefoii amour. L'or pafleau 
trauers des gardes>& brife les rochers, auec vn l & 
plus violent effort que le tonnerre. Le gain fut 
caufe que la maifon du * diuin Amphiaràs, pe- Du dtuin 
rit malheureufement. Le Prince des Macedo- dcUGrae.. 
niens faifoit ouurirles portes des villes par les 
prefens, dont fis mulets ejloienj: cbarge^&ç il ren- 
uerfoit par Cqs largeflc s l'orgueil des Roys emu- 
lateurs de fa gloire. Les dons tendent ^uflî des ! 5* 
piegesiné^itablcsaux Corfaires inhumains, Le 
fbuci &c la faim auide depoffeder, fuit lçsri,- 
cheflès au pris qu'elles augmentent. Mécène, 
l'ornement des Cheualiers Romains, fayerfion 
que i'ay toufiours eue de leuer ma tefte au dc£ 
ius des autres, aefté bien fondée, qi:oy queie 
fois connu de beaucoup de monde, auec quel- **?* 
que forte d'eftime. Tant plus chacun fe déniera 
de commodités, tant plus il en remportera dç 

M uiy 



i?4 Carminvm lib. III. 

ji Dis plura feret. ml cuptentium 
Nudiu caflra peto : ejr transfaaa dïuitum 
Partes linyuere ncftio , 

25. ContemptA dominas fplendidior rei, 

J^u am fi t quiccjuid arat non piger sfppultx 
Occultare meis djcerer horreis y 
• Magnas inter opes inops- 

Thy& riuus acjtttt , fyluaque iugerum 
30. Taucorum , & fegetis certa fides me& 
Fulgentem 5 imperio fertilis jûfiic<t 
Fallit forte beatior. 

fynancfuam nec Calabr '& mclla ferunt apes <> 
Nec Lœftrygonia Bacchtu in amphora 
35- Langncfcit mibi , nec pin gui A Gallicis 
Crefcant vellera pafiuis : 

Importuna tamen pauperies abefl: 
Nec , fi plura wlim , tu dare denegss. 
Contraïlo melius parua cupidine 
4 . VeViigalia porrigam j 

Ghtam fi Mjgdoniis regnum Halyattui. 
Çampis continuera* Multa petentibus 
Défunt muha. bene efl y cui Deus obtulit 
"jParca y quod fatis eft> manu. 



Odes d'Horace. Liv. III. 1S5 
la bonté des Dieux. le me retire nud , au camp 
de ceux qui ne défirent plus rien :& comme vn 
fugitif du parti des riches, ie m'efforce de l'a- 
bandonner, plus magnifique Seigneur du bien 25. 
que ie mefprife, que fi i'eftois en réputation de 
ferrer en mes grenier?, tous les bleds qu'atnaffe 
le laborieux villageois des champs de l'Apouil- 
le necefîiteux de toutes chofes parmi les gran- 
des richefTes. Leruifleau dvne fontaine pure, 
vn bois de peu d'arpens, & 1 e reuenu certain de 3&« 
mes bleds, rendent ma condition plus heureu- 
fe , que fi i'auois l'empire de l'abondante Afri- 
que. Mais quoy que les abeilles delaCalabrc 
ne me donnent point leur miel : quoy que Bac- 
chus ne languifTe point pour moy dans les ton- 
nes Formiennes, autresfois fi chéries des Le- 
ftrigons originaires de Sicile,& que les beftes à 
laine ne s'engraiflent point pour mon profit das 35* 
les pafeages des Gaules, fi eft-ce que la pauure- 
té * importune eft éloignée de chez moy. Et** r <"* w# 
quand ie fouhaitterois plus de biens que ie n'en € ' 
ay,ie penfe,illuftre Mécène, que ta bonté ne çje 
les voudroit pas refufer. Mais mon ambition 
demeurant reilerrée comme elle eft , il me fera 40* 
plus facile de payer mes petits deuoirs, que fi ie 
potiuoisioindre aux campagnes de Phrygie,le 
Royaume des Lydiens. Beaucoup de chofes 
manquent à ceux qui en demandent beaucoup, 
&: celuy-là fe porte bien,a qui Dieu dVne main 
çcharfe donne ce qui fuffit, 



30* 



i?6 Carminvm Li8.nr 



A ALLIVM LAMIAM. Ode XVII. 



Lamiar nobilitatem laudar, deinde admoncï. 



vt diem crafiinuxn hilaritcr exigat. 



M 



Li , vetu/îo nobslis ah Lamo , 
J ( Jjtefndo & priores hinc Lamias ferfitit 
DçneminatoSy cr nepotum 

Per memores oenus omxefaftos). 



j4utore ab Mo. ducis oriqincm , 
Qhï Formiartsm mot ni a dicitur 
F r inceps y & innantem Marie a, 
Littoribus tenuijfe Lirin, 

late tyranntts. cras foliis nemas 
Alultis & alqa, littus inutil* 
Dentijpt tempe/las ab Euro 

Sternet: acjti<z ntfi fa/lit attonr 

Jifinopt comîx. dam p*t£S , aridum 
Componr liçnttm : cras genium mero 
Cnrabts 5 çr forco bimeftri > 

Çum fdmtilis eperum foltiîis* 



Odks d'Horace. Liv. III. 187 



A £LIE LAMIE. Ode XVII. 

$1 loue la Noblejp de ce fçrfonnage , & le follic^ 
te de -pet? fer à Je bien dïuerùr le lendemain 
qm fcmbloti dekùir efire fltfuieux. 

TT^ Lie gui tires la NobleflTc de ton QXtr^ 
-ZX-idlion du vieux Lame , dont i on diç que 
les anciens Laîniesopt pris leur nom aucc tou- 
te leur pofterité qui fe trouue eferite dans les 
mémoires des Fartes; tu prends ton origine î # 
de celuy qui fut Prince des Formiens &qui 
dans vne allez grande étendue de pays 3 tint 
fous fa pui(Tancele Lyris qui coule le long des 
bords de Manque. Demain forage excité par 
vn vent Oriental ,femera de feuilles toute la 
foreft> Se couurira d'alçe inutile tout le riuaçc 10* 
de la mer , fiie ne fuis trompé par la voix de la 
vieille corbeille qui prefage la piuye. Com- 
mande qu'on te faffe promfion de force bois 
fec, tandis que le beau temps le permet. De- 
main auec tes valets qui n'auront point dç be- 
fongneàfaire,tu traiteras le Génie auec le bon. ty* 
vin , 6c de la chair délicate d'vu cochon de 
deux mois. 



i88 Carmin v m Ltb. III. 



AD FAVNVM. Ode XVIII. 

Deum fylueftrem, infernum & peftilcntem,' 
precatur, vt pcr fuos tranfiens agros fibi 
fuifque fit propirius. 

FAtine , Nympharum fugientum Amator y 
Ter meos fines & Aprica rur* 
bénis incedas , abeapjue parais 
ts£quus alumnis ; 

5. Si tener pleno cadit hœdus anno 9 
Larga nec défunt Veneris fodali 
Vin a craterœ, vêtus ara multa 
Fumât dore , 

tudit herbofo pecus omne campo % 
*©• Jjjhium tibi Non a redeunt Décembres , 
Feftus in pratis vacat ottojo 
Cum boue pagus. 

lnter audaces lupus errât aqnos , 
Spargit agrefles tibi fjlua froides % 
tj. Gaudet tnuifam pepulijfe fojfor 
Ter pede terram» 



Opes d'Horace, Liv. III. 189 



A F AVN E. Ode XVIII. 

// le prie de naporter point de dommage a fis 
terres quand tl y viendra pajfer , & cjutl fi 
fiuuienne des offrandes qutl luy prefinte ton* 
tes les années. 

F Aune amoureux dçs Nymphes Fuyardes, 
marche doucement dans mes terres, & ne 
gafte point mes champs découuerts au Soleil. 
Ente retirant 3 nefay point de mal âmes petits 
troupeaux , fi vn tendre chéureau tombe égor- j^ 
géen ton honneur à la fin de Tannée , fi le vin 
ne manque point à la tafle compagne * des de- De Vtnwt\ 
lices, & fi ton vieil autel fume de beaucoup de 

Î>arfums. Au retour des Nones de Décembre* 
e beftail fe ioue pour l'amour de toy dans les 
champs herbeux, & tout le village chôme ta 
fefte , aucc le bœuf ocieux qui fe promené dans 
les prez. LelouppafTeautrauersdes Agneaux 
deuenus fi hardis qu'ils n'en ont point de peur: 
Le bois épand pour toy des feuillages rufti- 
ques: & le laboureur fe refiouyt de frapper \fo 
par trois fois de fon pied la terre qu'il pourrou 
haïr , a eau fi du trauail continuel quelle exige d$ 
fis bras. 



\ 



ino C A R M I K V M L IB. Il I. 



AD TELEPHVM. Ode XIX. 

P.cprchcnditcumiocofe,quod, vetercs hiftô 
ïias defenbens ; ci ncçligat^qux ad iuciuv 
de viuendum pertinent. 

QVAYtUtm diftct ab Jnacho 
Cvilrvs, pro patna non timidus mort. 
Narras, & tenks jiéïaci, 

Et fagnjttè facro bcllafub Mo : 
tyto Chïum pretio cadum 

Mcrumur* quts aquam temperet ignibas, 
Ovo pr&bente domum , & quota 
P e'ionis caream frteoribus , laces. 

Va l'un* pr opère r?buœ : 

Da noBis média , da , puer , augHris 
Jllptrena. tribus aut neuem 

JWifcentur cyathts pocula commodis. 

Qtù Mu fis amat impares , 

Ter-r.os ter cyathos attonitus petet 

Vates. très prohtbet fupra 

Rixarum mçttieftsi tanacre Gratin 



Jeudis iunfta fororibiis. 

Infini re iuuat : cur Berecyntbi<t 
Çcjfant ftamwa ttbiœ ? 
Xq. Cur pendet tacita fiftula cum Ijra? 

Parcentes ego dexterat 
Qdl. fpartre rofis : audiat inuidfis 



10 



Odes d'Horace. Liv. III. $i 



 TELEPHE fOVR BOIRE A 

la famé de Murène. Ode XIX. 
// le reprend de ce que four eftre trop adonne d 

feflude des anciennes hifloires>il ne fi diker- 

tit pas ajfe& d 'ailleurs. 

TV nous racontes, Telephe, combien il y 
a eu de temps depuis Inache, iufquesail 
règne de Codais qui ne craignit point de mou- 
rir pour la patrie. Tu nous deleripts la race 
d'Eacus, & tous les combats fameux qui fe dô- 
nerent aux pieds * des murs de Troye: maisru Onmê* 

d- \ i ' \ C mur aillai 

is point a quel pris il raut que nous ^. ; 

àcheptions le vin de Chio, ny qui nous ààiv^^ 
«chauffer l'eau d u bain , qui nous prêtera le lo- * 
gis où nous pourrons nous défendre contre * Vresi Pi- 
le froid , & à quelle heure nous y deuonsfoup- */»*«*• 
per. Garçon, donne le vin de la n-ouuelle Lune, lo * 
donne le vin de minuit,& celiiy encore de l\Au- 
gur Murène iverfc dans trois verres propres, 
ou dans neuf tout au plus. Le Poète qui ayrïie 
les Mules dont le nombre eft impair, s'eftonne 
de la multitude des grands coups à boire, Se t$l 
prend par trois fois les trois coupes pleines de 
vin: mais de peur de querellesj'vne des graCes 
iointe à les deux foeurs qui font nues, défend 
d'en prendre plusde trois. Il rrteplaift^wde 
faire le fou. Pourquoy la trompe Rerecinthié- 
ne , ne fe fait-elle point ouyr ? & pourquoy la iqI 
flufte muette eft elle pendue auec la lyre qui 
lie refonne point 1 le fuis ennemi des mains qui 
sis font point Lberales:femepax tout des rofes, 



i?i Carminvm L i fi. 1 1 1, 
Dément cm fl répit um Lyctts : 
Et vicina feni non habilis Lyco. 

*5- Spijpt te nïtidum coma y 

Pfiro te fimilem Telephe Vefpcro , 
Tempefttua petit Chloc : 

Me tentas Glycerœ torret amor mek. 



AD PYRRHVM, Ode X X. 

Ne formofurh Nenrchum à fua meretriculà 
abftrahar. 

NOn vides y quant o moue as periclo > 
Pjrrbe , GetuU catulos le&n* ? 
Dura pojï paulo furies inaudax 
P r&U a rapt or: 

f* jQrmm per oh fiantes iuuenum cateruas 
Jbit infipiem repetens Nearchum : 
Grande certamsn , tibi prœda cedat 
Aiator , an tilt. 

Intérim dum tu celeres faaittas 

ci 

IO. Promis , hxc dentés aouit timendost 
jirbiter puç n4Z p°f^ff e nu do 
Sub ped* palmam 

Fertur , & Uni recréa re vento 
Sparfum odoratis humerum capi/lis : 
if* Oualis aut Nireus fuit , aut aqtiojk 
Raptus ah Ida. 

& 



Opes d'Horacb. Lrv. III, 195 
0-nefpargnerien. Que fenuieuxLycus entende 
le bruit dcleïpcré que nous faisôs^ que la voi- 
iîne de ce vieillard qui cft trop ieune pour Juy,y 
{bit àttétiue. Chl'oé en âge de te plaire s'offre à 1 fa 
toy, Telephe> de qui la belle tefte 3 auee ta pro- 
preté nompareille, te fait refsébler au bel Aftre 
dufoir. Po.urmoyic iiiefens confumer apetic 
Feu de l'amour languiilant de Glycere. 



A PYRRHVS. Ode XX. 

Jl donne auis* Pyrrhus cjuHneflpas moins dan* 
gerettx de fieparer Nearcbe divne fiiRe cjh il ai- 
moit efue fi onramffoit h vne lyonne Je s petits 
lyonceaux. Pyrrhus efi comparé au rauijfeur , là 
fille à la lyonne > &Nearcheaux lyonceaux^ 

PYrrhe, ne vois- tu pasauec quel péril tu peu- 
fes oRer leslyonceauxàvne lyonne de Ge~ 
tulie ? tu n r en feras point pluïloft le Rauiiïeur^ 
que tu nefuyes le dagereux combat auec beau- 
coup de crainte. Quad elle ira chercher \t beau 
Nearche, parmi la foule desieunes gés qui s'é- $• 
forcerôt de luy refifter, il y aura vn grael débat 
entre vous deux à qui reportera le prix de la vi- 
ctoire. Et tandis que tu décocheras tes flèches 
légères, elle aiguiferâ fes dents redoutables. On 10; 
dit que le iuge de la bataille, en âuoit mis la pal- 
me fous fes pieds, permettant aux douces halei- 
nes, de fe iôiierdasfes cheueux parfumez pour 
les faire voltiger fur fes épaules, comparable en pjfê 
beauté à ce Nirée fi fameux du temps de la merre 
de Troye > ou bien à ceîuy qui -pour fes charmes 
fut raui fur le Mont-Ida, d'où naiiTent pïtifieuri 
fources qui le rendent délicieux. 

N 



1^4 C A R M I N V M LlB. III 



AD AMPHORAM. Ode XXI. 

Iocofe eam admonet , vt vinum vetuftum iit 
Coruinigratiam effundat , vndc , occafione 
oblata, vini laudes commémorât. 



o 



Nata mecum confule Aîanlio> 
Seu tu qnerelas > fiue geris tocos , 
Seu rixam , & infanos amores>> 
Seu facilcm pia te (la fomnum : 
5« jghtoçunque lettum nomme Jliajficum 
Semas , moueri dtona bono die s 
Dejcende , Coruwo iubcnte , 
Vromere languidiora vira. 
7ï&n ille , quanquam Socraticis madet 
lo* Sermonibus y te neçltgiî horridus : 
Narratùr & prifct Catonis 
Sœpe mero caluijfe virtus. 
Tu Une tàrmentum tnçrenio admoues 
"Plerumque duro : tu [apientium 
|r Curas & arcanum ioccfo 

Confilium retegis Lyéto : 
Tu fpem reducis menttbus anxils » 
Vtrefque : & addis cornua pauperi , 
Pofi te ne que iratos trementï 
10 Regum api ces f nequc militum arnï** 

Te Itber , & fi Uta aderit Venus , 
Segnefque nedum foluerç Gratiœ, 
f^tuœque producent lucerna , 

Uum redtens fugat aflra Pbçèfas* 



Odis d'Horace. Liv. ï 1 1. 195 

A SON AMPHORE. Ode XXL 

H l exhorte fUifamment a ver fer de fon bon vin 
four boire à la fahtê de Coruinns. 

O Tonne débonnaire, née auec moy fous le 
Confulat de Manlius:foit que tu excites 
des noifes ou des jeux,.foit que tu ptouoqueS 
les debats 5 ou les folles amours,ou bien le doux 
fommeihde quelque nom que foit marqué fex- J» 
cellent vin Mafîique que tu côferues ? digne cer- 
tainement deftre remuée à quelque bon iour; 
defeen du haut lieu ou tu es gardée , pour verfer 
lentement de tapreciçufe liqueur au cornman- 
dément de Coruin. Encore qu'il {bit abreuiié 
de la doctrine de Socrate , ie penfe qu'il n'aura roi 
pas tant de feuerité qu'il te veille négliger : & 
on dit mefme que bien fouuent la vertu de l'an- 
cien Catbn s'échauffa par le vin, Tu dônes vne 
douce torture à l'efprit greffier : tu découiires 
les Concis Se lesfecretsdes fagesparvne ioyeufe ij. 1 
vapeur-.tu rendsfefpoir & les forces aux cœurs 
affligez , & tiiprettes vn courage inuincible au 
pauure , quand il s'eft muni de ton pouuoir : de 
forte qu'il ne craint ny la grandeur des Roys en 
colère > ny les armes des lbldats. Le bon Bac- 10 1 
chus père de la liberté , accompagné de la 
ioyeufe Venus , fî elle prend la peine d'y venir, 
auec les Grâces pareffeufes à rôpre le nœud des 
amitiez , & la clarté viue des flambeaux , te fe- 
ront durer iufques au leuer du Soleil qui cha£ 
fera les Eftoilcs de la pointe de fes rayons, 

N ij 



T<)<j Carminvm L i b. 1 1 1. 



IN D I A N A M. Ode XXIL 

ÏDiaiiîc , cuius officia célébrât, pinum villa: fli£ 
immincatem confecrat. 



MOntium euflos nemerumcjue virgo y 
Qtfà laborantes vtero pue lias 
Ter vocata mais , adimifque letbo 
Dîna trtformis: 

/• ïmmlnchs v'tlU tua pinits efio : 

Quam per exaÛos ego l&tm annos , 
Verris Miquum meditantis illum 
Sanouine donem. 



AD PHIDILEN. Ode XX lit. 

Dij ptuis manibus & confeientia vira: benc 
a&x funt colendi. 



COelo fnpinat fi tuleris manu* 
Nafcente Luna > ruftica Pbidile, 
Si thure flacaris & borna 

Fruge Lares > auidaque perça s 

5. Nec pefiilentem fentiet dfricnm 
Fœtandéi vitis , me fterilem ftges 



©des d'Horace. Liv. III. 157 



A DIANE. Ode XXII. 

// confhcre à cette Deejfe> vn Vin qui eftoit pro- 
che de fa mat [on des champs. 

Vierge gardienne des. monts 8c des bois? 
DeefTe qui portes trois noms comme ta. 
puifïànce efl: triple , qui écoutes les Pucelles 
preflees d'vn mal de flanc qui les fait crier , en 
t'appellant par trois fois àleurfecours,& qui 
^esenleues à la mort. Que le pin qui panche fur 
niamaifbn des champs, te foit agréable. le fe- 
ray ioyeuxde le confacrer en ton honneur par 
le fang d'vn verrat qui le regarde de trauers, 
pour luy dôner toujours quelque coup de det* 



A PHIDILE. Ode XXIII. 

21 s efforce de luy perfuader qù il faut feruir [es 

Dieux auec des mains pures , & auec 

vne bonne confeience* 

SI tu leucs tes malins au Ciel quand la Ifine Ce 
renouuelle,ruftiquePhidile : fi auec de l'en- 
cens, & auec des fruits de l'année , &C le facrifi- 
ce d'vne truye gourmâde, tu te rends, les Lares 
fauorables , ny ta vigne fertile ne s'apperceura 
point du vent pernicieux qui nous fonde du co- 
ite de l'Afrique, ny tes bleds ne fe {Sentiront 
point de la rouille , ny tes tendres noumllons, 

N iij 



ï5>8 Carminvm L i b. III. 

Rabioincm , aut d:tlces alumni 
Pomifcro <naue tcmpus anno. 

Nam 5 qu& niuali pafcitur Alojdo 
*2* Dettota, cjucrats intcr (jr Hicesi 
Aut crefctt Albanis in herbis 
Villima y pontificum fecnres 

Ceruice tin cet* te nihil attinet 

ci» 

Tentare multa c&de btdentittm> 
Cj. Paruos coronantem marino 

Rare deos ,fragitique mjrt&. 

Immunis aram fi tetigit rnanus , 
jVon fttmptuofa blandior hoftia , 
Jidollibit anerfos Pénates 
20 . Farre pio , & faite nte mica* 



IN DIVITES AVAROS 
Ode XXIV. 

INtaBis opulentior 
Thefaaris Arabum , & dtuitls îndid , 
Cœmentis licet occupes 

Tjrrhenum omne mis & mare PontkHm' 
Si fiqit adamantines 

ù itmmis vertiabus dira necejfitas 



Odes d'Horace. Xiv. III. 199 
ne (c trouueront point incommodez dans h 
faifon qui apporte les maladies auec les fruits. 
Car la Vi&ime déuoiiee qui paift fur le Mont- ici 
Algide couuert de neiges 3 entre les yeufes & les 
chefnes , ou qui s'engraiflè dans les herbages 
d'Albe , fera rougir de fon fang les haches des 
Pontifes. A toy qui couronnes tes petits Dieux \$\ 
de romarin, & dé frêle branche de myrthe, il 
n'eft point du tout necefCiire que tu épanches 
le fang de beaucoup de ieunes brebis , pour les 
auoir fauorables. Si ta main innocente a tou- 
ché les Autels, vne riche hoftje ne fera pas plus *| 
agréable aux Pénates pjoujles appaifer,sils te 
font contraires, quvne fainte galette paiftriç io- 
de fine fleur de froment, Sç de fel qui pétille 
dans le feu. 



CONTRE LES AVARES- 
Ode XXI Y. 

£hte rien ne les peut garentir delà mort ,& que 
les Scythes ^& les Getes qui traînent leurs mai- 

fons en des chariots , & qui labourent m corn- 
mun , font -plu* heureux queles Romains , qui Je 

font laijfez* corrompre par tous les vices. 

ENcore que tes biens furpafifent les, trefofs 
des Arabes & des Indiens opulens , oà Von 
n'a point touché : encore que tu occuppes de 
tes édifices toute la mer Tyrrhene, & la mer 
Pontique \ fi la cruelle neceflîté du deftin y en- 
tôce les doux de dianuiit,tu oe chafferas point 

N ni) 



loo Ca'RMisvm Lid. III. 

CUhoï: non anmiptm met:/. 

Non mortis léHp&ù expédies caput. 
CttmpeQres meluis $cythx 9 
10. (Quorum planftra vagas rite trahunt do* 

mos ) 

V'tHHftt \ XSr rifïdi Getdt , 

ItiirnetatAqitihHs iugerji ^ libéras 
Urugei & Cererem frunt : 

Nec ctdtttrd placet lonrior annua \ 

ij. Deft4nBHmcjiît laUribu* 

n^LejHdli recréât forte vkarim. 1 
JJlic maire carentibus 
Frimgnis rnulier tèmptrat innocens ; 

Nec detata régit virum 
i<*« Coninx , nec nitido fidit adultéra, 
Dos eft magna y parentium 

Virtus , & metttens alterim viri 

Certo f céder e café tas : 

Et peccare ne fus , aut przùum efi mori. 
£c, O qmfijuis v&iet tmpias 

C&des , & rabiem tôliers ciuicam : 

Siquétret, pater vrbium 

Sttbfcrtbi fatuis , ïndomstam atidcat s 
J^efrmare licentiam 3 
> 1 Claris poft genitis , quatenus , heu nef m l 

Virtuîem incolamcm odirnus 3 

SubUtam ex octdis e^u^rtmni inttidi* 



Odes d'Horacs. Liv. III. aoi 
la crainte de ton cœur > ôc tu ne pourras iamais 
çxemprer tatcftedesliensde la mort. Lçs Scy- 
thes qui font toufiours en campagne , & de qui 
les chariots trainent les mailbns errantes, viuct 
plus heureufemét, de mefme que les Getescn- iou 
durcis au ftoit,à qui les pièces de terre,sâs eftre 
limitées apportent des bleds,&: desfruits indif- 
féremment pour tout le monde, parce que cha- 
cun en prend autant qu il çn a befôin : ny le la- k, 
bourage dVn lieu ne leur eft point agréable, s'il 
pafle au de là d'vne année : & vn autre qui préd 
fa place , fe réjouy t de cultiacx le champ aban- 
donné par vn fort égal. Là vue femme de dou- 
ce humeur traitte humainement lesenfans de 
fon mary,qui ont perdu leur mère: elle n'entre- 
prend ppint de luy cômander, pour auoir apor- 
té de grands biens à fa maifon : ny auffi ne met- xo 
elle point fa confiance en quelque beau galand 
qui luy fade l'amour. La vertu des païens, & la 
çhafteté qui répugne à prendre vn autre mary, 
à caufe de la foy promife , eft vn grand dot : & 
violer cette foy parmy eux , eft vn crime qui ne 
fe peut expier que par la mort. O quiconque Jç, 
voudra ofter les meurtres impies.ou la rage des 
guerres Ciuiles; comme vn bon père 4es villes, 
s'il cherche que fou nom foit écrit au pied des 
ftatu'ës;ilfaut qu'il ait alfez de courage pour ré- 
primer la licence indomptée de (es paffiôs, afin 
d'eftre en vénération à fa pofterité : dautant (ô î®- 
malheur déplorable! ) que nous haillons la ver- 
tu prefente, &c que nousja cherçhôs d'vn cœur 
cnuieux ii éloignée de nous , qu'il n'eft pas en 
jioftrc pouuoir de lareconnoiftre. Quel eft fef* 



202L CARMINVM LlB. III. 

Ghiiâ tri fies quertmomt y 
Si non fupvlicio culpa redditur ? 
2 c . JQ^iÀ leçc-s fine moribus 

Van<t proficiunt ? fi , neque fermais 
Tars indu fa caloribns 

Mandi , nec Bore<e finitimum latus , 
Durât étcjue folo niues 
iqo. Mercatorem abigunt? horrida callidi 
Vtncunt dtquora namt& \ 

Magnum pauperies opprobrium inbet 
JjhiidHis & facere & pati> 

Virtutifque viam defèrit ardu a. 
45* V*l nos in Capitolium , 

/9m. clamor vocat & turba fauentium: 
Vel nos in mare proximum 

Gemmât^ lapides >aunim çfr inutile, 
Summi materiam mali , 
Jî?« Mittamus. federum fi bene pœnitet> 

Eradenda Cupidinis 

Praui funt elementa: & tenert, nimk 
Mentes ajperioribus 

Formanddt, fludiis* nefeit equo rudis 
TJ) JHœrere ingenuus puer, 

Venariqne limety ludere doÛtor , 
$eu Grœcv iubeas trocho , 

Seu malts vetita legtbns aléa. 
£hum periura patris fides 
6o- C on for t em focium f allât & hofpitem : 

Indignoque pecuritam 

H&redi properet : feilicet improb<t 
Çrefcunt dutitia : tamen 
Çurta nefeio qutd femper abefi rei* 



Opes d'Horace. Liv. III. *c$ 
fet des triftes plaintes , fi le crime n'eft arraché 
par la peine? A quoy feuient les loix qui font 35* 
vaines fans les bônes mœurs, fi la partie c}u mo- 
de enclofc entre les bouillîtes ardeurs de la tor- 
rîde y & fi le codé qui approche les froides ré- 
gions de Borée , & les neiges endurcies fur la 40. 
terre ,ne font point capables d'empelcherque 
le marchand ne continue (es deiTeins de voya- 
ger? & fi les mers affreufes font furmontées par 
l'adrcfle des Matelots? La pauureté qu'on tient 
pour vne grande infamie , commande de tout 
faire, & de tout endurer, &c contraint en quel- 
que façon de quitter le chemin difficile de la 
vertu. Ou portons au Capitole parmi les accla- 4J» 
mations & la foule du peuple qui nous y appel- 
le , ou lettons dâs la mer la plus proche, les per- 
les, les pierreries, & l'or inutile, matière de nos 
plus grands malheurs. Sinousauonsvnverita- "jo. 
ble repentir de nos crimes , nous deuons arrar 
cher de nos cœurs, les racines delaperuerfe 
çonuoitife, & former nos amestendres à des 
€xercices forts. Le noble Enfant ne fe peut te- r< % 
nir ferme àchcual, s'il n'a point apris d'y mon- 
ter, &iiapeurdecouriràlachaflè, beaucoup 
plus propre au jeu du fàbot venu de la Grèce, 
ou fi tu l'aimes mieux, beaucoup plus inftruit 
au jeu des dez, que les loix nous ont fi fouuenc 
deffendus.Quad la fo y pariure d'vn père auare, 
trôpe fon confrere,fon hofte, &c fon côpagnon, 6<r* 
s'épreiTantd'amafïer de l'argét pour vn indigne 
héritier, (ileftvray que les richefTes quis'ac- 
quierët par de mauuaifes voyes s'augmétét ain- 
fijil maque pourtât toujours ie ne fçai quoi aux 
Lies qui scblent couzsjïceux qmen$Qt-pa(fione&- 



194 Carminvm L i a. 1 1 1. 



IN BACCHVH, Ode XXV. 

Bacchï inftin&uconcitatus noua qifcedamcar- 
mina Lyrica de Augufto eft dictunis. 



Q 



Vo me Bacche rapts Uti 

Plénum ? quœ tn nemora , aut quos aror 
in fpecus 
Velox même noua ? quib^s 

Antrù^egregij Cœjàris audiar 
£ *s£temu?n méditons decus 

Stellis inferere & confilio louis ? 
Dicam injigne , recens > adbuc 

Indï?ittm ore alto* non ficus in tuais 
Exfomnu fiupet Ettiat > 
IO # Hebrum projpictens , & niue candJdam. 

Thracen , ac pede barbaro 

Luftratam Rhodcpen. vt rn'wi deuio 
Râpes & vacuum nemm 

Mlruri libet ! O Naiadum- potens , 
yr Baccharum^ue , <valentium 

Procerœt manibm vertere jraxinos : 
NU parupim aut bnmili modo y 

Nil mortelle loquar. dnlce penculum ep 
O Lendte , Je qui deura 
*o. Ctngentem viridi tempora pampino* 



Odes d'Horace. Liv. I II. ioj 



A BACCHVS. Ode XXV. 

// fe propofe de dire des chojei yiouueïïes & 
inouïes , eftarit infptït par Macchus. 

EN quelle part meràuis-tu, Bacchus, aprss 
que ie fuis rempli de ta*diuine fureur? en 
quels bois , ou eu quels antres fuis-je emporté, 
deuenu plus léger que de couftume , & pofledé 
d'vn efprit nouueau ? dans quelles catiernes, en $. 
méditant quelque chôfe de grand , feray je en- 
tendu portant îufqu'au Giel Interne! honneur 
de Cefâr pour le loger entre les Eftoiles, & 
dans le Palais de Iupiter î le veux dire vne cho- 
fenompareille, & nouuelle qui n'aiamaiScfté 
dicte par vne autre bouche. A in fi vne Menade 
reuenue de ion fommeil , s'érnerueille fur le r ® # 
haut des montagnes de voir THebre^laThra- 
ce couuerte de neige , & le Rhodope où fe re- 
marquent les pas des barbares, O qu'il me 
plaift d'admirer les roches & les foreftsfolitai- 
res en me détournant des chemins fréquentez? 
O Dieu puifiànt que relièrent les Nayades 8c 
les Bacchantes qui de leurs mains vigoureufes ij. 
peuuent abbatre les frefnes éleuez *, ie ne diray 
rien de bas , ny d'vn fujet vulgaire : ie ne di- 
ray rien de mortel. * O Leneen , le danger cft ç e fi vn mm 
bien doux,defuiure vnDieu quienuiremnefa JeBœccku*. 
c«fte de pampres vers, £3» 



îoi CarMinvm Lib. III. 



AD VENERE M. Ode XXVI. 

Senc&ute iam confechis, lyrse & rebus a m* 
toriis valedicic. 

\y lxi puellU nuper idoneus^ 
Et militaui non fine oloria : 
Hune arma defunUtfmcjue beïlo 
Barbiton htc paries habebtt, 

5- Làuum marina qui Veneris latiu 
Cxflodit. hic , hic ponite iucida 
Funalia 3 & vcïïes , cr arcus 
Oppojïtis foribm minaces. 

y cjtta beatam diua te ne s Cyprum 5 & 
Jo. Memphim carentem Sythonia mue > 
Regina , fvMimi flagello 

Tange Cleèn Jemel , arrogantem. 



AD GALATEAM NAVIGATVRAM, 
Ode XXVII. 

Dehortàtur eam praecipuc ab exempta 
Europe. 

IMpios parra recinentis omen 
Ducat y & pragnans canis > aut ab àgré 
Raua decurrens lupa Lanuuino* 
Fœdaquc vnlpes ; 



Odes d'Horace, Liv. III. 207 



A VENVS. Ode XXVI. 

// veut dire adieu à tmtes les délices y & mejfmeï 
À lapoh'fte, puis quileff défia venu fur l'âge. 

I'Ay vefeu iufquesicy capable de rendre fer- 
mée aux Dames: & ie n'ay point combatii 
fans auoir acquis de la gloire. Mais enfin, cette 
paroy qui regarde le codé gauche de Venus 
née de la mer, tiendra mes armes & mon luth §. 
quittes déformais de la guerre qu'ils ont foute- 
nu'ë auec aflez d'hoîinear. Mettez > mettez eil 
ce lieu-là, les flambeaux luyfans, les machines 
pour forcer les places , & les arcs tournez dV- 
11e façon menaçante contre les portes qui leur 
ont efté fermées. O Deeflè Reine de Theureu- io« 
fe Cypre, Se de Memphis qui n'eft point fujette 
aux neiges de làThrace*, touche vne fois l'ar- 
rogate Chloé de ta verge diuinc pour la chaflier. 



A G AL A T E E. Ode XXVII. 

// s 'efforce d 'empefeher qu'elle ne sexpojefurla met 
à l'exemple de U belle Europe. 

QVe le malheureux prefàge de la Mezaiv* 
ge qui repette fouuent Vne mefme chan- 
son , vne chienne emprainte , vne louue a la 
peau de couleur de raue qui defeend de champ 
JLanuuin,& vne renarde pleine, meinent les 



îc8 C A R M I W V M L I fi. 1 1 1. 
ç. Rumpat & ferpcns itcr infiitHtMm , 

Si per obliquant fimilu fiigitta 
Territit nuvwos. roc eut amebo 

P roui dm aufpex ? 
A'- tecjuam [jantes répétât paiudes 
IO. Jmbrium ditttna auis imrmnentum / 
Ofcir.cm coruum precc fufntabo 

Solts ab or ta. 

Su licet fel'tx vbicuvque mauis-y 
Et memor noflri Cafatca VÎMM : 

?j\ Teque rec Uuas vetet tre picus > 
Nec vaga corniw 
Sfd vides quanto trepidet tumultu 
Promis Qrion<> ego, qu'ai fit ater 
j&drîa , 770/// , fwus : C7~ quid albus 

20. Peccet lapix. 

Hoftium vxores pueriqne czees 
Sevtiant motus orientis Hœdi , çfr 
tALquoris nivri {remitum, & tremebttï 
Ver b ère rip.u. 
25. Sic ç^ Europe nïuemn dolofo 

Credadit tauro lattis, & fatentem 

BeRuis pontum , mediafque fraudes 

P a Huit audax. 



30 



Nuper in pratis fludiofa forum, & 
Débita, Njmphis optfex corona> 
Ncfte fublnfri , riwi aftraprœter 
Vtdiî & vndiis. 
Qu& fmul centum tetigit potenteni 
Qpfidù Creten, Pater reliUum 



iucchahs 



Odes fc'H or À et. Livv III. 20$ 
snéchans que leur paffion tranfporte à des en- 
treprifès cruelles. Que le ferpent interrompe fl 
pour eux (on chemin entrepris^ fi en fe tortillât 
comme vn cep de vigne^il a par fes'mpuuémens 
obliques épouuànté les * beftesde l£ur attirail, à* folk* 
Pour qui auray-je de la peur , elftartt vn Deuin mséhi 
Fort éclairé ? Allant que î'oyfeau qili preïagela 
pluye s'en retourne aux eaux dormantes des 
ïnarets , i'émouueray par mes prières le fimftre 10* 
Corbeau du coïlé que Le Soleil le leue. Sois 
heureufe par tout , Galatée 3 fans me perdre en 
tô fouiienif:& que le finiitre Pic-vert > & laCor- *Jf 
neillc vagabonde, ne te défendent point d'aller 
où il te plaira. Mais ne vois-tu pas de quelle 
façon Te trouble Orion qui s'approche de foii 
touchant ? le connois bien le fein noir de la mer 
Adriatique , & ie n'ignore pas eh qiiby pèche 
d'ordinaire le vent de Calabre quand il paroift 
leplusferain. 0ue les femmes & les enfansdes *vi 
cnnemis 5 fentçnt les orages obfciirs qui s'émeu* 
lient au leuer de la conftellation des chéureaux* 
le fremi(Tëment de la mer troublée , & les ïitxz4 
ges tréblans fous la violence de,fes coups, Aiqfi ijî 
la belle Europe , fe confia fut le Taureau trora- 
peur,& pallie d'eifroy pour auoir efté trop har- 
die fe voyant engagéepar fes rufes au milieu dé 
la mer pleine de ftionftres. Au lieu que n'ague- 
res fur le foir elle eftoit fciçnèiife de cueillir des 
fleurs dans lesprairies,pour faire des coin oncs |Sf|' 
àuxNymphesj rien né fe dëconuréiiiaintenant 
à fa vue que des Eftoiles & de l'eau. Àuffi-roit 
qu'elle eut ataint le Royaume de Crète célébré - J 
par les cent villes qui k rendent puisant *> O 

O 



1IO CarminVM LIB. III 

35- Ftli* ncmen, piaafjne > dixit 
Vitta furore , 
Vnde ? cjiio vent ? lents vna mors cft 
Viroinum culp&. viçtlanfne ploro 
Tnrpe commijfum? an vitiis carentem 
4©. Ludit imago 

Vana, cjua porta fuuiens thnrnà 

S omnium ducit ? meliufne fuHus 

Ire ter lonqos fuit , an récentes 

Carpere flores ? 

4y Si cjuis infamem mU>t nunc iuuencum 

Dedat ïrat& , lacerare ferra y & 

Frangere enitar modo mxltum amAti 

Cornua tauri. 

Impudent liqui patrios pénates y 
5°' Impudent Qrcum moror. o d.eorum 

Si qui s hœe audis , vtinam inter errent 

Nuda leones! 

Jintequttm turpù macies décentes 

Occupct matas, tener&que fuccus 

cj. Defiuat prœdœ > Jpeciofa qu&ro 

Pafcere tigres* 

Vilis Europe pater vrget abfens : 
Gfaid mori cejfas ? potes hac ab ârnù 
Pendulum z>ona bene te feqtiHtét 
6o, L&dere colium. 

Siue te rupes & acuta lethe 
Saxa deleÈlant: âge > te prose !U 
Cnde veloct : nifi hertle mauts 
Car f ère penfwn , 



Odes d'Horace. Liv. îtl. îH 
ition pcre, dit-elle, helas 1 c'eftlefeulnom que 
tu laifTes à ta fille. O pieté vaincue par la fureur! $d 
d'où fuis- je partie ï oùfuis-je venue? vne mort 
efttrop peu de chofe pourleS fautes d'vne fille. 
Suis-jeéueillée, &pleuray-je vne vilaine a&iô? 
bu bien fuis- je exempte de vices î &vneitaage 4^ 
vaine qui ameine les fonges par la porte d'y uoi- 
te fe mocque-t-dle de moy ? m'a-t-il mieux va- 
lu de trauerfer de grandes mers que d'amaffer 
des fleurs nouuelles? Si dans la colère où ie fuis, 4J° 
quelquVn m'amenoit rinfameTaureau,ie m'é- 
Forcerais de le trancher en pièces auec le fer, 8C 
i'arracherois les cornes à cet infolent Animal 
que i'aimois n'aguere auec tant depaffion. f ay 
quitté les Dieux du pays, auec la modeftie,&: ie 
retarde de mourir fans pudeur! O fi quelqu'vn 58; 
..des Dieux écoute ce que ie dis ! puifTay- je errer 
toute nue entte les lyons. Allant que la mai- 
greur difforme fe foit emparée de mon beau vi- 
rage, ôc que l'enbonpoiht échappe à vne proye 
délicate, ie veiix que lesTygres niedeudrent fa 
auec les refies de ma beauté. Le père abfent de 
la chetiue & malheureufe Europe, femble la 
prefier ainfi. Pourquoy tardes tu de mourir? 
tu peux bien ferrer ton col auec ta ceinture , 6c 
l'attacher à ce frefnc fatuiage^^r étouffer ta vie, 
corne mie mérites: ou fi cette roche & tes pôin- &0» 
tes de cailloux , te plaifent dauantâgè *, ils te fe- 
ront aufii fauorables pour àuacer ta mort.Cour 
rage , pretipite toy dans \t rapide courant de 
ces eaux, fi ce n'eft que tu aymes mieux filer 
pour quelque maiftreffe, en qualité de feruate> 
bu que tu fois dônee pour concubine à quelque 

g ij 



111 C A RM IN V M LlB- II & 

£>J. Rcoius fanqtt's > dominacjne tradi 
Ilarbarx pellex. slderat cjnerenti 
Perfidum ride us Venus , (£• remijfo 
Filins arcu. 



Mox vbi In fit fiitis, Abfùneto 
( Dixit) irarum , calid&cjuc rixt , 
Ghwm tibi inuifus Ucerauda reddet 
Cornua tattrus. 



70, 



? 



Vxor t7iuicli louis ejp nef ci s 
Adïîte fwaulîHs: be ne ferre maonam 
y, Difce fortttnam : tua ftÛus orbis 
Nomina dncet. 



AD LYDEN. Ode XXVIIL 

Hortatur Lydcn , diem Neptuno facrum in 
potu & cantu hilariter tranfîgere. 



F 



] Efce cjuid potins die 

Neptuni faciam? prome reconditnm 
Lyde ftrenud C &cubtim : 

MunitdtcjHe adhibe vim fapienti&. 
y. Ihclinare m en die m 

Sentis : ac 5 veluti flet volucris dies , 
Farcis deripere horree 

Cejfantem Bibtili Confulis amphoram* 
ISLos cantabimus inuicem 
10. Neptunum , & viridts TXertidum comas : 
Th cmha reewes Ijra 



Odes d'Horace. Liv. III. 215 
Dame eftrangere , quoy que tu fois de fang £j a 
royal. Venus qui eftoit prefente , quand Euro- 
pe faifoit Tes plaintes contre fon Amant infidel- 
îe, s'en prit à rire auec fon fils qui tenait fon arc 
détendu. Puis quand elle eut allez ry : ne te faf- y®. 
çhe point fi fort, luy dit-elle ,& celle d'aban- 
donner ton courage à vn fi grand dépit, quand 
le Taureau fujet de ta haine, & de ta colère, 
aura mis Ces cornes entre tes mains pour les b ri- 
fer en mille pièces. Ne fçais-tu pas que tu es de- 
uentië femme de l'inuincible Iupiter? Quitte 
ces foûpirs inutiles, Sçappren cofpme il faut yr. 
foutenir vne grande fortune. Ton nom aura la 
gloire d'eftre porté par l* vne des trois parties dç 
FVniuers. 



A LYDE. Ode XX VIII. 
J%£ilf*Ht. célébrer avec ioyela fefte de Nepwnel 

QVe dois- je f£ïre pour le mieux en ce iouc 
de fefte dédié à Neptune \ Valeureufe 
]Lyde 3 apporte nous du vin de Cecube, & prêt- 
re de nouuclles forces à cette fagefle quiteréd 
G recommandable. Tu t'aperçois bien que le 
iour s'abbaifïè : & ccpendant,comme fi les heu- 
res qui s'efcoulent, demeuroient fermes ; Tu 
ne te haftes point de tirer du haut celier , le vin 
que conferue la tonne depuis le Confulat de, 
Bibulus. Nous chanterons tour à tour les loua- 
ges de Neptune & desNereides aux cheuelei*- 
res vertes, Fay relbnner fur la lyre courbe* 

O îij 



io. 



*J- 



%H C A R M I N V M L ID. III. 

Latonam, c celens fpicu!a Cynth t <t: 
Sfi?nmo carminé , ojtit Cm don 

Ftdgcntefitte tcnet Cjcladts y & Papbon 
lunElts vifit oloribus. 

Vicetttr meriu Nox quoque ntnU. 



AD M E CO E N A T E M. 
Ode XXIX. 

Inuitat cum ad cœnam hilarem, publias ca- 
ris omifïïs. 

TTrrhena regum pro génies > tibi 
Non ante verfo lene merum cado 
Çum flore , Adccœnas, ro forum , cr 
Vrejfà tuis Balanus capillis 

j» lAmdudtim apud me eft. eripe te mor<t;. 
Ne femper vdum Ttbur & cs£fol<c 
Déclin & contempler is arnum , or 
Telegoni iuga parricida. 

Fdftidiofam défère copiant & 
10, M oie m propinquam nubibm Ardnii* 
Omitte mirari beat* 

Fumum & opes ftrepitumqtie Rom a, 

Tlerttmcjue grata dinitibm vices , 
Alundaque parne fnb Lare p^perum 



Odes d'H oraci, L i v. ni. n j 
les mérites de Latone , & les traits de Diane 
fi prompte à la courte : & pour la fin de nos 
chançons , celle qui tient fous fa prote6tion, 
Gnide , & les îlluftrcs Cyclades , & qui vifite 
Paphos dans fon char tiré par dos Cignes , fera 
le fujetdenosvers. La nui£t fera auffi célébrée, 
auec vne poefie (ombre, digne de fa noirceur. 



A MECENE. Ode XXIX 

// imite Mecenas à prendre quelques repas chez, 
luy > quil efpere ne luy eftre point defagrea- 
blés , par ce que les riches Je plaifent quelques - 
fois * neftre pas fi bien traitez, que de coutu- 
me) & te conuie de quitter les fouets qui tra- 
uai lient fefprit , & d ^abandonner pour quel-* 
que temps le feiour de la ville» 

RAce des Roys de Tofcane , lllufire Mécè- 
ne, i'ay pour toy depuis long-temps vn 
poinçon de bon vin qui n'a point encore efté 
mis en perce ,auec des rofês , & des parfums 
d'huile de * Balane pour tes cheueux. Que rien De Mira- 
ne t'empefche de venir donc promptemét, fans ****$*, 
t'amufer à contempler à toute heure Tiuolià 5* 
caufe de (es eaux,le châp d'Efuie couibé agréa- 
blement en peme tout autour, & là colline de 
Tufcule,autresfois habitée par Telegon qui tua 
*fon père. Quitte auflî cette abondance qui do- Vlijfe. 
ne du dégouft , auec cette maffe hautaine de lo# 
lheureufe Rome, quis'éleue quafi iufques aux 
nues: çefïè d'admirer fa fumée >(cs riche fle$, &C 
fon bruit. Souuentlç change eft agréable aux 

O inj 



%}<* Carmihvm L ib. III. 
fj- CûQna, fine auUts CT ofiro^ 

SolUcitam explicaere f routent. 

lam clartiê oçcultum ^ndramedes p*t?r 
Qfiendit tgnem : iam Procyon furit , 
Et [le lia vefani Lsconis x 
10; Sole d:es referente ficcos. 

lam paftor vmbras cnm grege langttidù. 
Riuumqué fr'JfUi qkark ; & horridi 
Dumeta Syluani : caret que 
Ripa vagis taciturrta ventis. 

%j. Tu ciuitatcm qui s deceat fiât us > 
Curas y & vrb.ifollicims, times 
J>hiïd Seres (jr regnata Cyro 

Rattra parent , Taxai/que diftars* 

Trudens futuri temporis exitum 
7jt Caligimfa noBg premit Deus : 
Ridetque , fi mortalis vitra 

Fas trépidât, quod adeft^ mémento 

Çomponere aquus: catera fiuminis 
Rttn feruntur , mine medio alueo 
U & Cum face de lobent û> Etruf- 

cum in mare y nmc lapides adefos* 

Stirpefque raptat , & pecta & domos 
Voluentis vna , non fine moçtium 
Çlamore , victnœque fylua ; 
4®' jQ^fm v - ra dduuies quiet os 

Irritât tmnes. illç potens fui 



Odes d'Horace Liv. III. i\j 
fiches : & des tables propres (bus le petit toidt 
des panures , fans la magnificéce des tapis & de l v 
la pourpre , leur déplailént fî peu, quelles ont 
piefmes effacé par laioyCjl'ennuy quiparoiifoit 
fur leur vifage. Dé ja* le père lumineux d'An- ceftu Roy 
dromede découure fon feu qui cftoit caché. f J , ê0m 
Dé-jala canicule s'échauffe? aufîî bien que TE- c ^ 
ffoile du lyon furieux • & le Soleil nous ameine 
les iours fecs. Le Berger fatigué du chaut, cher- 
che dé-ja. les ombres & les ruifîeaux , auec fon 
troupeau langui flànt:Iife met à couuert fous les 
guidons heriffez de Syluain: & les riuages taci- 
turnes ne s'aperçoiuent pas des moindres ha- 
leines de. vent. Tu te mets enpein#dereftat *5' 
des affaires: &c toufiours en fouci pour la gloire 
de Rome, tu appréhendes quelque chofe de fi- 
ni fere : & tu veux fçauoir les deflèins des Seres, 
ôc quelles cpnfpirations peuuent faire contre 
l'Empire, les Ba&resde l'ancienne dominatioa 
de Cyrns, & les peuples infociabies qui de- 
meurent le long des nues du Janaïs. Dieu tout }<*• 
fage entieloppal'auenir d'vnenui&obfcure, & 
fe rit iî l'homme mortel fe fouçie pour lçs cho- 
fes futures au delà de ce qu'il doit. Souuié-toy 
ûvfcr du prefent aucç vne apie égale. Le refte 
eft porté comme vn fie une , tantofts'écouiant 
doucement dans fon canal pour aller tomber 3i« 
dans la mer Etj:urienne $c t&ntoit entraifnant 
auec furie des roches minées, des troncs d'ar- 
bres,des troupeaux,& des maifons>n6 fans que 
les montagnes ôc les forefts voifînes retentifsét 
d Vn grarid bruit, quand vne rauine d'eaux qui ^°* 
vient tout à coup, rend furieufes les riuieresîes 



n8 CuminvmLib.IR 
Lttufcjve de art , eut licet , in diem 
Dfxijpr , vixi : cra6 vel atra 
N ube polum pater occupato y 

4J» Vel foie pur o: non tamen trritum 

^uodcumque rétro efl , efficiet : ne que 
Uiffinget* infect umque reddety 

Jhtodfugiens fcmel hora vexit. 

Fortuna fouo Uta negotio, & 
Jô* Ludum v folcntem ludere pertinax , 
Tranfmutat incertos honores , 

T^jtne mihi , nunc alij ben'tgna. 

I ait do manentem : fi celeres quant 
Pennas , refigno qu<z dédit > & rnc<i 
S5* Virtute me inuoluo , probamque 

Pauperiem fine dote qu&ro* 

Non efl meum , fi mugiat A fiels 
Malus proceAis , ad mi feras preceî 
DeQurrere:& votis paetfci , 
£ ^ Ne Cyprin Tyritque mevees. 

Addant auaro diuitias mari. 
Tune me bi remis pr&fidio fcaphdt > 
Tutttm per *s£gzos tumultm 

Aura feret , geminufqm PoUttë* 



Odes d'Horace. Liv. III. 2;$ 

pluspaifibles. Celuy-làviuraioyeux&: maiftrc 
de fes volontcz qui pourra dire chaque iour, 
iayvefcu. Que Iupiter couure demain le Ciel 
d'vnn uage (ombre, ou qu'il y faffeparoiftre vn 4^ 
Soleil radieux, il ne peut faire que ce quieft 
p aile n'^itpoint efté , ny iamais il ne peut chan- 
ger, ny empefeher que n'ait eftéfait, ce que 
le temps qui fuit a vne fois emporté. La fortu- 
ne qui fe refiouyt des ad uerfitez cruelles quel- jo> 
le enuoye, & quis'opiniaftre toufiours à ioiier 
vn ieu non accoutumé, change les honneurs 
incertains, tantoft bénigne pourmoy, & tan- 
toft pour vn autre, le la loué fi elle eft perma- 
nence; iî elle ébranle d auprès de moy Ces ailes 
légères, ie rends librement ce qu'elle ma dôné, 
& ie m'enueloppe dans ma propre vertu,cher- jj. 
chant I3, pauureté des gens de bien fans aucun 
dot. Ce n'eft point à moy de recourir aux foi- 
bles prières quand les orages caufez par les 
vents d'Afrique font mugir les mats des vaii- 
feaux : py de negotier par mes vceux , que des <fc % 
marchandifes apportées de Cypre & deTyr, 
n'enrichijTent point la. mer auare. Quand ie 
m'expoferay a fes dangers ; vn bon vent , & la 
diredion fauorablc du jumeau Pollux, me 
porteront eu {eureté dans vn efquif de deux 
rames , parmy les agitations de la mer Egée. 



21» GARMIKVM L I fi. 1 1 1. 



AD MELPOM ENEN MVSAM- 
Ode XXX. 

Horatias Lyricos vctTus fcribendo xternam 
gloriam cft confccutus. 

EXfêi Monimenttifp. &re pérennité* > 
Regaliqtie futé pyramidttm altitis : 
J2*£?d nec iwl?cr edax , aut Aqmlo impotent 
Pojfit dirutre, 0Mt innumerabtlù 
$. Annoram Certes , & fuga tempornm. 

Non omnis moriar: multaquc pars mei 

Vitabit Lib'ttinaw- vfqne ego pofiera 
Çrefcam lande recens , dam C apitolium 
Scandet cnm taçita virgine pontifex. 
10. Dicar,qua violent abfireptt Au f Jus y 

Et, qttït pauper aqu& Itaunus agreftium. 
JRegnauit populornm 5 ex humilipotens 
"Princeps i/Eoltum çarmen ad halo t 
Deduxiffe modef* fume fnperbiam 
ir. Jjhitfitam meritùi ffr mihi Delphica 
JUauro. cinge volens Melpomene tomam* 



Finis Libri III. Carmlnum. 



Odes d'Hôràce. Liv. III. lit 



A MELPOMENB, Ode XXX, 

Le Poe se à fait danantage pour immortalifet 
fon nom y ecrimnt des vers Lyriques , que s il 
eufl obtenu des pyramides er des fiâmes de 
bronzée , ayant efte le premier des Latins qui 
ayent imite Us Grecs en ce genre de po'èjie. 

I'Ayfaitinonitionumen! plus durable que le 
bronze, & plus haut que les pyramides ba- 
fties par vne fcmptuofcé royale i que ny la $. 
pluye ruineufe , ny la furie des vents , ny la fuit- 
te innombrable des années', & la fuitte du 
temps, ne pourront démolir. le ne mourray 
Jjoint tQut entier: 8c vne bonne partie de ce Veùititl 
que ie fuis, éuitera l'Empire de * la mort. le nit 
troiftray toufiours dans vn âge de ieunerte, par 
la louange qui me fuiura , tant que le Pontife 
montera au Capitole auec la Veftalc qui gards 
le fîlence. On dira demoy que deuenupuif- ib» 
fant, d'vne baffe extra&ion, i'ay efté le pre- 
mier qui a tranfporté 1 la po'ëfie des Italiens les 
vers * Grecs cofnpôfcz à la manière de ceux &lùnil 
d' Alcée , où le roide Aufide mené beaucoup de 
bruit, 5c où Daune auec la pauureté de (es 
eaux règne fur les peuples champeftres. O l $l 
Melpomene, reçoi la gloire que tes mérites 
t'ont acquife , & cein de ton bon gré, matefte 
du laurier Delphique. 

Fin du H L Ljure des Qdes d'Horace, 



lit 




ODARVM 

LIBER QVARTVS. 
AD VENEREM. Ode h 



Hôratius iam ea cft setate, vt a rébus amato 
riis & carminibus ludicris alieno efïc ani- 
tao debcat , & tamen Ligurlfai vefano amà 
îc torrctur. 



ÏO. 




Ntermipi VentU diu, 

Rurfiu beUa moue s. parce, prie- 
cor >precor. 
Non fum cjualis eram bon* 
Sab regno Cjn*r* % defwc dul 
cium 
Mater f<zua Cttpidinum , 

Ctrca luftra decem pfterc mollibm 
Iam dnrum imper lis. Abr 

Jguo bland& iuuem?» te rcuocanî preces 
Tempcfimius m domo 

Paulin purpuras aies cloribusy 
Ccmmcjfaberc Jl4aximi> 



21J 




LIVRÉ QVATRIESMB 
DES 

ODES D HORACE* 

A V E N V S. Ode I. 

Que fon âge vn peu àuancê ne luy permet plut 
d'eflrc amoureux , nj de faire des vers en- 
ioùez> , çf? touîesfois cjuil ejt encore touché de 
quelque pajfîon pour Ligurin. 

Envs , tu nie Hures donc là 
guerre, long-temps après auoir 
quitté les armes \ ha 1 de grâce 9 ië 
te prie de m'efpargner > ie ne fuis 
plus tel que i'eftois (bus le doux 
Èm pire de Cynare. CefTe rigoureufc mère des 
amours* de fléchir par les tendreflès vneame 
endurcie , ayant preîqueataint le * dixiefme lu- jo, «*/. 
ftre. Va-t'en où t'appellent les prières flaceufes 
des ieunes gens. Il eft bien plus à propos que tu 
inontes fur ton char tiré par des cignesatellez 
de pourpre ,& que tu te rendes aucc ta prom- 
ptitude ordinaire enlamaisôde Paul Maxime* 




5« 



101. 



1*4 CarMinvm Lib. IH. 

Si torrere tecnr quarts tdoncum. 
Nomque & rjobilts cr dépens, 
Et pro follicitis non tacitus rets, 
ly Et centum puer artifan , 

L*te figna feret mtlttidt tut. 
Et quandocjuc potenttor 

Largis munertbus riferit amuli , 
Albonos prope , te , Ucus 
2©. Ponet marmoream fub trabe CypriÀ, 
lllic plurimo naribus 

Duces thura : lyraque & BerecynthiA 
Deleft obère tibia 

Miftîs carmintbus , non fine fifiula. 
2 5* lllic bis pue ri die 

Numen cum teneris virginibus tuum 
Loudontes , pede ctnâido 

In morem S'àlium ter quotient humurn, 
Me nec fxmina , nec puer 
30 • lam, nec jpes animi credula mutai, 

Nec certare iuuM mère: 

Nec vincire noms tempora fioribus. 
Sed cur > heu, Ligurine , eut 

Manot rara meàs lacbryma pet gends t 
%y Cur facunda parttm de cor 

In ter verba cadit Ungua filent ïo ? 
NoÙurms te ego fomniis 

lam captum teneo , Um vplucrem fequôf 
Te per gramina Mortij 
40. Çampi , te per tiquas, dure, yolubiles. 



oii 



Ooips d'Horace. Lxv. IV, ïîj 
où tu paieras beaucoup mieux le temps, fi tu 
veux brufler vn cœur qui s'embrafe aifémenc 
de tes feux. Et puis Maxime eft ieune & beau, 
èc perfbnne de condition, fans eftre muet pour 
la defenfe de ceux qui l'aiment : & comme il eft i$l 
inftruit en cent belles chofes, il portera en tous 
lieux la liurécde tes armes. Au refte fi dauan- 
turk il cft content ayant trouué plue defaueur 
auprès de fa Maiftrefle que fon Riual auec tous 
(es prefèns, il t'cleuera vne ftatuc de marbre *°* 
fous des poutres de * cèdre, auprès des lacs ' iftâieC Jj 
d'Albe , où tu auras force parfums, auec le di- * 
uertilïement des beaux vers raeflez aux^ons de 
la lyre & de la flufte Bereeinthienne , fans y ou- 
blier la mélodie du flageolet champeftre Là *)• 
les garçons Sclestendres pucelles,te donnans 
des louanges deux fois le iour, frapperont trois 
fois la terre de leurs pieds nuds,à la manière 
des Saliens. Pour moy,ny les garçons ny les. fil- 
les, ne me font plus agréables , ny ie ne me flat- j ] 
te plus de lefperance d'eftre aimé de ceux que 
i'aime, ny de la gloire de vaincre à coups de ver- 
res, ny d'enuirôner mes temples de fleurs nou- 
uelles» Mais lielas , pourquoy , Ligurin , potir- 
quoy des larmes degoutent-ellcs le long de mes 
iouës ? pourquoy ma langue aflfèz diferte s'ar- 35, , 
refte-t-elle par vn filence mal feant au milieu 
d'vn difeours? Dé-ja ie te tiens pris dans les 
fonges que ie fais la nuid : ie te fui défia dans le 
champ de Mars, où tuprensla fuitte en cou- 
rant,au trauers des herbes : ie te fui, cruel, dans 4r! 
les eaux roulantes, oà m u isttes four te m* 
frmfckir* 



lld Càrminvm Lib. IV. 



AD ANTONIVM IVLIVM, 

M. Antonij Triumuiri filium. 

Ode IL 



Antiques Poetas imitari pcriculofum eft. 



p 



\lndamm c/Hifi/ais fludet dmuUri , /- 
ule , ceratis ope Dœdalea 
Nititnr permis , vitreo datant* 
Nomina ponto. 
f. Monte decurrens velttt amnis , imbres 
Jguem fuper notas aluere ripas y 
Ferttet, immenfufque mit prof undt 

Pindarus ore, 
Laurea donandus Apottinari , 
10* S en per audaces noua dithjrambos 
Verba deuoluit, numérique fertnr 

Lege folutis : 
S eu deosy regefque canity deorum 
Sanguinem : per qms ceciderc tuftà 
lj # Morte Centauri > cecidit tr entend* 
Flamma Chymara : 
Siue 5 c[ nos Elea domnm reducit 
Palma cœlefles- pugilemue equunwc 
Dixit>& centum potiore fignv 
*0* Munere donat: 

Flebili fponfe wnenemue raptwn 
Plerat : & vires ammum^ne moref- 
-%hç mnos educit in afira , nigra- 
~%Ht innida Ont. 



Odbs d'Horaôb! Liv. IV. zij i 



A ANTOINE IVLES FILS DE 
M. Antoine Triumuir. Ode 1 1. 

Des louanges de P indtrc & du dejfein de celi* 
brer en vers lyriques U viiï&ire de Cejkr. 

I Vies, quiconque s'efforce d'imiter Pindarc* 
fe veut fouftenir fur des ailes attachées aueC 
de la cire par vne inuention de Dédale, pour 
donner (on nom à quelque mer * de couleur de ° 0ir **fi 

verre. Comme vn fleuue que des pluyes font t" re *** 

a j rr j r L j> ****** l* 

enfler au deiius de les nues , en tombant d vne verr€% 

montagne, Ainfi Pindare éleuefbn éloquence e 
quin'apointdebornes:il fe précipite enrou- 
lant dVn langage profond : ôc il eft digne d'e- 
ftre honore du laurier d'Apollon, foit que d'vn î0 ; 
dityrambe audacieux, il fafïe découler des pa- 
roles nouuelles , fur des vers & des mefures li- 
bres, foit qu'il chante les Dieux , & les Roys du 
fang des Dieux , par qui les Centaures ont efté jj é 
iuftement punis, Se les flammes de l'horrible 
Chimère, ont efté étaintes : foit qu'il célèbre 
ceux que la vi&ôire d'Elidc , en les ramenant à 
la maifon,rend comparables aux Dieux: foie 
qu'il deferiue la valeur des guerriers qui ont 
eu fauantage aux combats à cheual, ou bien 
aux exercices de l'efcrime, & qu'il les honore 
de prefens qui valent mieux que centftatues: ïq} 
foit qu'il exprime les larmes d'vne Dame affli- 
gée pour la mort de fon Amant en la fleur de fa 
ieuneiïe : ou foit eafin qu'il éleue aux Aftres les 



ii8 Carminvm Lu, 1Y, 

zy M*lt* Dirccum leuat aura, cygnum , 
Tendit y Antont , quoties in altos 
Nubitim trattus : ego , apis M*tin* 
More modoque > 

Gmta, carpèntis thym* per Uborem 
JO. PlurimHm y circa nemus, vnidiqHC 
Ttburis ripas , operofa paruns 
Carmina fingo. 

Concines maiorc PoëtA plcïtro 
C*forem> qmndoque trahet féroces 
55. Perfrcrum cliuum, mérita decorns 
fronde , Sicambros z 

Quo nihil maius> meliufue terris 
pata donattere> bonique diui> 
îlec dabunt : quamuis redeant in MTHtff 
4 o. Tempora prifinm. 



Concines Utofque dies, O* vrhû 
Publicum Indum* piper impetrate 
portis Avguft* reditu forumqm 
Littbns orbnm. 



4S* Tarn me a (fi quid loquar tudiendum ) 
Vocis accedet bona pars: &b fil 
P nicher, laudande* canam, rxcept% 
G&fin fotliXy 



Odes d'Horace. Liv. IV. ±19 
forces, l'efprit,& les mœurs du fiecle doré, ôc - v 

qu'il les *enlçue au noir Empire de Pluton. ^ 
Certes, Antoine , vn grand air foutient le vol * De l] n( [ dm 
du cygne Thebain, toutes lesfoîs qu'il fe porte rt. 
dans les nues. Pour moy , comme l'Abeille des 
montagnes de Calabre , qui par vn grand tra- 
uail s'exerce à piller les douces fleurs duThim, 
au tour des bois Se des riues humides de Tiuo- ; 
li,ie compofe félon mon petit pouuoir des vers 
laborieux, tandis que dans les nobles poëfies 
que tu fais,tu chanteras d'vn air plus fublime la 
gloire du grand Cefar,& que tu parleras des 
ornemens de facouronne triomphale que fçs 
mérites luy ont acquife,quand ilentraifnera les fl 

fiers Sicambres après foy parlaruefacrée. Ia- 
mais les Deftins n'ont rie dôné à la terre de plus 
grad,ny de meilleur que lui:ni iamais les Dieux 
auec toute leur bonté, ne fçauroient rien don- 
ner qui luy puifTe rcfTembler,encore que le téps 
auquel nous viuons, feduft changer au vieux 
fiecle dor. Tu chanteras les feftes & les réjouît 40. 
fànces publiques qui fe feront par toute la ville, 
pour l'heureux retour de rinuincibleAugufte, 
obtenu par nos vœux , & tu n'y oubliras point 
le barreau dénué de procez. Alors fi ie dis quel- *? % 
que chofè quifoit digne d'eftreouy,vne bonne 
partie de ma voix remplie dejes louanges , fera 
iointe à la douceur de la tienne , & ie chante - 
ray auectoy, 

£)ue leSoleilefl heaume ce tour a de charmes: 

La louange efl bien dut a cet illuflre tour. 

Tuifljue Cefar efl de retour, 

Mlençn iuf^aa Ciel la gloire de fis armes. 

P iij 



£}• C À R M ï N V M LlB. IV 

Tu que dum procedis , lo triumphe > 
jO. Non femel diccmus , lo triumphe , 
Ctfiittis omnù : dabimufquc dwis 
ThurA benignU. 

Te decem tauri> totidemque tacca, 
Me tener foluet vitulus reltlia. 
$;• Matre > qui largis tuuencfcit hcrbis 
In mca vota,. 

Tronte curuatos imitatus ignés 
Tertium Lun& referentis ortum > 
J2£4 notam duxit , niuepu videri s 
%ol Cetera juin tu \ 



AD MELPOMENEN. OdelIL 

Natus eftHoratius adartcm Poëticam, cuius 

bénéficie immortalem glonam 

eft confeciuus. 



Q 



Vtm tu Melpomene femel 

Nafcentcm placido lumine viderù 3 
lllum non Ubor Ifîhm'iUt 

CUrabit pugilem s non equpu impiger 
£ Curru ducet Achœico 

Vittorem: neque res kellica Délits 
Ornatum foliis ducem , 

Jgftod rcgum tnmidas contuderit minas , 
Oftendet Capitolio: 
io; Sedi qu& Tibnr aqua fertile perfuunty 



Odes ©'Horace. Liv. IV. 251 
Quand il pafTera dans les rues, nous ferons auf- joi 
files acclamations de fon Triomphe : & toute 
la ville ne dira pas pour vne feule fois ; O glo- 
rieux Triomphateur , nous fomracs rauis de cé- 
lébrer tes vi6toires 5 & nous allons offrir de l'en- 
cens aux Dieux pleins de bonté. Pour tojr, dix 
Taureaux , & autant de vaches t'acquiteront 
de ton vœu: & en mon particulier i'ofrriray viï ee 
Veau feuré de fa mère , qui deuient bouuillon, 
ens'egayant dans les prairies fpacieufes, &c qui 
reprefente fur fon front les feux recourbez de 
la Lune, quand elle eften fon troifiefme iour; 
au refte>il eft blanc comme la neige,où il décou- 
urefa marque , Se roux de poil par tout le reile &o, 
du corps. 



A MELPOMENE, Ode III. 

£)u il eft ne a la poèfte, & que far fon moyen il 
doit y acquérir vne réfutation & vne oloire 
immortelle. 

MElpomene, celny que tu as veu vne fois 
d'vn œil fauorable en fa naiffance , le la- 
beur des Iftmies ne le rédra point célèbre pour 
exceller au combat des * Ceftes : ny le prompt o« Us ?h~ 
cheual , ne l'entrainera point fur vn char * d' E- Z tles * 
lide,apres auoir gagné la vi£fcoire: ny vnea£tiô 5* 
memorableàlaguerre>neleferapointmonter ? 
au Capitole, en Triomphateur glorieux orné 
de feuillages * de Delphes, pour auoir dompté oe lauriers* 
le fier orgueil des Roys. Mais les eaux qui bai- 10. 
gnentle fertille terroir de Tiuoli,&les cheue- 

P iiij 



H% Car m in v m Lib. IV". 

Etfpijfd ncmerum com<t , 

Fingent t^£olio carminé nobilem. 
Rtm* principe vrbium 

Dignatur foboles inter amabiles 
*/• Vatum p$nere me choros : 

Et iam dente minus mordeor inuido. 
O , teftttdinU aurea 

Dulcem cjua ftrepitum Vieri tempera* l 
O y mutis quoqpte pifcibm 
*&• Donatura cygni >fi libeat> fonum ! 
Tctum muneris hac tui efl y 

£h*od monfiror digito prAtereuntium 
&oman<t fidicen lyra : 

J£uodfpire> gr place o (fi pUceo) tnttm efl. 



AD VRBEM ROMAM, 
Ode IV. 

De indole Drufî, eiufque inftitutione fub 
Auguftp. 

i /^\ Valent mimftruw fulminis alitem , 
[ \^f Cui Rex deorwn regnnm in ânes vagat 
Permiftt, expertm fidelem 

Jupiter in Ganymedc fiano) 

E Olitn ittuentas & patrim vigor 
JSlido laborum propulit infeium : 
fTçrmque iam mmbu remotù ». 
Jnfolitos docuere w[us 



Opes d'Horace- Liy. IV. *$} 
feures épaifïes des forefts, l'ennobliront de la 
gloire des vers compofez à la manière de ceux 
4'Alcée.Romeprincefle dcsyilles,&les enfans 
4e Rome daignent bien me mettre aujourdhuy 
au rang de l'aimable compagnie des Poètes. De i£ 
la vient que i'enfens beaucoup moins lesmor- 
fures de i'enuie. O diuine Piéride, qui rends 
beaucoup plus douce l'harmonie de mon luth 
dor:ô Mufe, qui peux donner s'il te plaift lefon 
des cignes aux poiflbns muets , ie fuis redeua- %é* 
ble à ta bqnté, de ce que ie fuis montré au doigt 
par tous ceux qui paiïent, comme le feul qui ait 
feeu iotier iufques-icy de la lyre Romaine. Et 
de ce que ie refpire, 6c que ie fais quelque cho- 
fe qui peut plaire, fî ie fais quelque chofe qui 
plaifc s ie le tien de ta pure libéralité» 



A LA VILLE DE ROME. 

Ode IV. 

De la ieunejfe de Drujîu & de fen inftitution 
fam jifig&jle. 

TE1 quel'oyfeau qui porte le tonnerre, que 
IupiterRoy des Dieux, aéprouué fidellc 
au fujet de Ganimede,& qui luy a donne l'Em- 
pire fur tous lçs autres oyfeaux ; cette aigle que 
chaflTa autresfois de fon aire,la. IeunefTe &c la Yi- 
gueur paternelle , n'eftant pas encore accou- 
tumée à la peine; comme elle eftoit encor ti- 
mide /après que les nuages furent écartez, les 
douces haleine^ du Printemps,rendirent capa* 



2J4 Carwinvm Lib. IV. 
Venti pauentem : mox in ouilia 
1©. JDemiftt hoftem vitiidus impetus : 
Nunc in reluttantes dr/tcones 

Egit a?nor dapis atque pttgn* : 
Qualemue Utis caprea pafcuû 
Intenta , fulut matris ab vbere 
l# Jam laElc depulfum leonem , 

Dente nouo peritura, vidit: 

Videre Rhœti bellafnb Alpibm 
JDrnfum gerentem & Vindeltci , quibm 
Jldos vnde deduÛm per ornne 
ZO* Tempm slmaz^onia fecttri 

Dextrœr obarmet , qu&rere difluli : 
(Nec fcire fus efl omnia ) fed dm 
Lateque vittriçes c<tteru<z 
Conflits iunenis remft& 

*5 # Senfere , quid mens rite , quid indoles 
Nfttrita fauflis fub penetralibm 
Pojfety quid Augnfli p citer ma 
In pueros animus Nerones. 
Fortes creantnr fortibiu > & bonis: 
3°- Efl in iuuencûy efl in equù patrttm 
Virtns: nec imbellem féroces 

Progenerant aqmU columbam. 

Dottrina, fed vim promonet infltam * 
Rettique cultm petlora roborant. 
$5, Vtcunque defecere mores > 

Dedecorant bene nata culpa. 
Quid debeas, o Rôma> Neronibns , 
Tcftis MetAUYttm finmen , & Jfdrabtl 



Odes d'Horace. Liv. IV. 235 
ble de fotiftenir des efforts extraordinaires: que 
depuis vne ardeur violente , fit fondre fur les io, 
troupeaux,côme vn ennemi cruel, & que main- 
tenant l'auidité de paiftre,8de defir de cobatre, 
pouffe à faire la guerre aux dragons qui s'effor- 
cent de luy refifter ; ou tel quvn lyonceau éloi- 1* 
gné de la mamelle de fa mère au poil roux , qui 
voit la cheurette attendue dans les pafeages dé- 
licieux, deuant périr entre Ces dents qui ne font 
que de naiftre. Tel ont vu Drufus bataillant 
fous les A lpes, les Rcthiens 5 Se les Vindeliciens 
pour qui fay diferé de rechercher, d'où leur eft 10. 
venufvfaçe de s'armer toufiours aux combats 
de la haçhç des Amazones (auffi n'eft-il pas loi- 
fible de fçauoir toutes chofes)mais leurs armées 
ayat efté long-temps vi&orieufes , & puis vain- 
cues parradrefled'vn*icune guerrier,ont fen- €*&Qr#> m 
ti, de combien de chofes eft capable vn bon ci- *"*' 
prit , &c vn beau naturel , éleué fous d'heureux z ^ 
pre/ages dans vne maifon ilîuftre,&: ce que l'af- 
fection paternelle d'Augufte auoit pu infpiret 
de force,& de courage, aticœurdesieunes Ne- 
rons. Lesforts font engendrez des forts & des 
bons. La force & la vigueur des pères reluit je, 
aux ieunes taureaux , & aux cheuaux , & les ai* 
gles vaillantes, ne font point éclore des colom- 
bes craintiues.Mais * le fçauoir auance a fa per- ta nourri- 
fe&ion le bon naturel que nous auons:Sç les ap- ture. 
plications foigneufçs aux chofes de la iuftice, ôc 3 J* 
de l'équité, fortifient nos cœurs: & parle de- 
faux des bonnes mœurs , les vices corrompant 
les chofes les mieux nées. O Rome,de combien 
es-tu redeuable aux Nerons? Le Metaure,& 



1)Ç CarminvmLib. IV, 

Vcui^HS) & pulcher fugatU 
40. 11U dits Latio tcnebrû, 

Jvui primas aima ri fit adorea , 
Dsrus per vrbes A fer vt halos ; 
Cett fiamma per tcdas , vel Hurut 
Pcr Siculas eyuitanit vndas. 

45* Pofi hoc fecundis vfcjue labcrihtu 
Romand pubes créait: çfr impie 
Vafiata Pœnorum tumultu 
Fana deos habuere reftos, 

n Dixitqtic tandem pcrfidus Annibal t 
$ 0m Ccruiy luporum prada rapacium , 
SeBamur vltr$> qu.os opimus 

Fallere & effugere eft triumphus.. 

Cens , quét cremato fortis ab Ilio 
laftata Tttfiis tquortbits > facra y 
ÎS* Natofyue > maturofque patres 

Pertnlit jûuf&nias ad vrbes* 

Vnris vt ilex tonfa bipennibw 
]\!igr& feraci frondis m Algido, 
Per damna 3 per cœdes > ab ipfo 
60. Dttcit opes animttmquc ferre \ 

Nên Hjdrafetto corppre firmior 
Vinci dolentem créait in Herculemt 
Monfirumue fummifere Colchi 
Mdius , Echionitue Theb&. 
*$• Mcrfîs profnndo , pnlchmr tucttit: 



Odes d'Horace. Liv. IV. i$j 

Àfdrubal furmonté 3 en rendront témoignage 
auffi bien que ce beau iour qui après auoir chaf- 
le les ténèbres de l'Italie , fut le premier qui pa- 
rut fi riant par l'abondance des bleds qu'il ap- ^ 2 
porta parmi la gloire des armes, quand l'impi- 
toyable * AfFricain , eut couru toutes les villes aM^U x 
d'Italie,comme vn feu qui s'épand dans vne fo- 
reftde pins, ou comme vn vent d'Orient qui 
parcourt légèrement fur les flots Siciliens.De- 4|2 
puis cet exploit, la ieunefle Romaine , crut fans 
cefTe par des trauaux qui ontmerueilleufeméc 
reiiffi : & les temples rauagez par la fureur des 
Carthaginois, ont receu leurs Dieux en la met 
me place d'où ils auoient efté enleuez. Enfin le / i 
perfide A nibal dit à Ces gens. Nous fommes des 
cerfs, &proyede loups rauiflans qui pourfux- 
lions volontairement ceux que ce nous (^roic 
vn grand triomphe de tromper,& de les éuiteç 
par la fuitte.La natiô valeureufè qui après Penh» 
brafement de Troye , a tranfplanté dans les vil- 
les * d'Aufonie , les Dieux agitez fur la mer de d'Its/Jéï 
To(cane,auec les enfans,& les vieillards, eftcô- ^ 
me vneyeufe taillée par les haches au dur tri- 
chant, (ur la cime du Mont-Algide fernlleen 
bocages,laquelle ne laifle pas de croiftre,en dé- 
pit des dommages qu'elle a (bufferts, & reparc 
fe$ richeffes par les mefmes coups du fer qu'elle £ ô l 
areceus. L'Hydre qui luypeut-eftre auffi com- 
parée , ne crut point auec plus de force , eftanc 
mifeen pièces, contre Hercule qui fe fafehoit 
deftre vaincu,ny Golchosny Thebes conftrui- 
te par Echion gendre de C admtu >n ont rien pro- 
duit déplus merucilleux. Précipite ce peuple ■ 6jl 



*3& CÀRMIKVM LlB. IV, 

Luftere , multa proruet integrum 
Cum Uude vittorem : geretque 
PrtliA coniugibus loquenda. 

Carthagini iam non ego nuntios 
70. Mrttam fuperbos : occtdit , occidit 
Spes omnis , & fortuna noftri 

'Nomimjy Afdrubale intcrempto. 

N/7 Claudia Kon efficient m Anus: 
J>ht?s & benigno numtne Jupiter 
7 J. "Défendit , & cura fagaces 

Expédiant per acuta belli. 



AD A V G V S T V M. Ode V. 

Vt tandem in vrbcm redeat, 

Dluis orte bonis* cptime RomnU 
Cuftos gentts , abes iam nimmm diu : 
Mdtumm reditum pollicitus patrum 
SanBo concilio , redi. 

f. Lucent redde tu* % dux bone , patria : 
J»ftar verts enim vultus vbi tuus 
jiffulfit populo y gratior it dies, 
Et files melius nitent. 

Vt mater iuuenem , quem Notns inuida 



Odes d'Horace. Liv, IV^ i$ 9 

au fonds de la mer, il en reuiendra plus frais Se 
plus beau. Refifte-luy,il abbacra fon Vainqueur 
auec dautant plus de gloire , que ce Vainqueur 
n'aura rien perdu d'abord : & il acheuera des 
exploits dont les femmes mefmes entretien- 
dront la pofterité. le n'enuoiray plus déformais 70. 
à Carthage de Meflagers * fuperbes. Toute no- Ouglctie** 
ftreefperaceeftabbatuë:& le bon-heur de no-^»' , /«w* 
ftre réputation eft par terre, puis qu'Afdrubal a & ê$fi, z 
efte tué. Certes , il n y a rien que ne fade la va- 
leur des Claudiens , qui font fous la prote&ion 
fauorable de Iupitcr , &c dont vne foigneufe 7/, 
adrefTe,ne vienne à bout contre les plus fub- 
tiles rufes de la guerre. 



A AVGVSTE, Ode V. 

Il prie ^iugujle de haflerfon retour* Rome où il 
eji dejire de tont le monde. 

P Rince le meilleur du monde , qui tires ton 
extraction des Dieux bien-faifans, prote- 
cteur de la nation Romaine \ il y adé-jatrop 
long-temps que dure tonabfence, après auou* 
promisàlafainte aflemblée des Sénateurs que 
tu reuiendrois bien-tofl:; hafte ton retour. O 5* 
bon Empereur, rend la lumière à ta Patrie. Car 
dés que ton vifage éclaire le peuple , comme va 
beau Printemps, lesiours s'écoulent beaucoup 
plus agréablement , & les Soleils luyfent auec 
vne plus grande pureté. Comme la mère fou- 
haite le retour de fon fils, qu vn vent de Midy 



*4o Carminvm Lib. IV. 

E°- FUttt Carpathij trans maris aqttora 
Cantlantem fpatte longius annuo 
Dftlci diflinet à domo, 
Vêtis , emimbufijue* & prec'ibns vocal* 
Curuo nec faciem littore dimouet : 
*j . Sic y deftderiis tfta fideltbns , 

Gu<trit pàtria Ctfarem. 

Tutus hos etenvn rùra perambnlat : 
Hntrit rura Ceresy almaqne Fauftitas: 
Pacattsm volttant per mare nauitd : 
<Ï0. Cnlpari mctuit fidesi 

Nullis pollnitur cafia domus flùprù : 
Mo s & lex maculofum f edommt nef m ! 
Laudantur fimili proie puerperœ : 

Culpam pœna premit cornes* 

M* Jjhfj* Parthum paueat ? qui* gelidum Scythen ? 
J>htis y Germania ejuos horrida parturit 
FœtPtty incolumi Cajare ? quis fer* 
Bellum cnret Iberia ? 

Condit quifquc diem collibm in fuis j 
30. £t vitem vidua* ducit ad arbores: 
Hinc advina redit Utns, & ait cri* 
Te menjis adhtbet deum. 

Te multa prece y te profeqùitHr mère 
Defufo pateris : & Laribus tanin 
35. Mtfcet numen y vti Gracia Caftoris* 
Et magni memor Herculù* 
Longas vtinam du* boncferw 

arreftc 



Odes b'FÎokÀcÉ. Liv^ IV. ïp 

ârrefte de Ces fouffles furieux au de là des mers toi 
de Càrpathe , & l'empêche de reuoir de plus 
dVne année le doux lieu de fa nàiflancc, fans 
que la bône femme fe puilfe empêcher de tour- 
ner toufiours (es yeux ducofté du bord ,& de 
faire mille prières: ainfi la patrie touchée d'vne tf. 
afFeétion fidelle pour Cefar , fouhaitte paflîon- 
iiement fon retour. Car en la prefence de Ce* 
far,lebœuffe promené en feureté;Ceres nour- 
rit la campagne , & l'abondâte Félicité la main- 
tient : les Matelots voguent légèrement fur la 
mer paifible: la foy craint d'eftre aceufée de blâ- %& 
tnepour auoir e fié violée : la maifon chafte n'eft 
point fouillée d'impureté: la Loy &c les bonnes 
mœurs,ont depté les vices : les femmes en cou- 
the font louées d' auoir mis au monde des en- 
fans femblables à leurs pères : &c le chaftiment 
fuit deprésle delid. Au refte qui craindra le i^ 
Parthc 3 oule Scythe gelé? qui redoutera les gés 
que met au monde la rude * Germanie ? & qui AUmagnt. 
fe mettra en peine de la guerre contre la fiere 
E(pagne,tant que Cefar fe portera bien ? Cha- 
cun Voit fermer le iour fur fes collines, &en- 30» 
toure de vignes les arbres qui en font dépouil- 
lez. Delà 3 il retourne ioyeux à Ces repas: & pour 
les fécondes tables, il ce rend des honneurs di- 
uins. Là il te fbllicire par beaucoup de vœux 
& par le vin répandu des tafles profondes, mê- 
lant ta diuinité auec les Dieux domeftiques , à 35 ♦ 
l'exemple de la Grèce qui célèbre ainfi lame- 
moire de Caftor& du grand Hercule. Puifle- 
tu donner à l'Italie les longues feftes qu elle 
elpere de ta bonté j 6 Prince débonnaire. Ce 



14* C A RM IN V M LlB. IV, 

Prœfles Hefperta , dicimm intégra 
StCCi mane dte> dtctmm vmdt , 
40. Cnrn Sol Oceanofubeft. 



r -1 



AD APOLLINEM ET DIA- 
NA M. Carmen faeculare. 
Ode VI. 

Dltte, <juem proies Niobœa magna 
Findtcem ItngUA , Titjopjue raptor 
Senftt, & Trot a prope viftor ait* 
Phthius Achille s , 

Cdteris maior , tibi miles impar : 
Filim quamnis Thetidis marina 
Dardanas turres quateret tremendé 
Cnfpide pugnax. 

llle y mordaci velut iîïa ferr* 
*•• ^Pinns , aat impttlfa cuprejfns Enr$ p 
Frocidit late , pofuitque collnm in 
Phluere Tencro. 

llle non inclttfiu eqno MinerHA 
Sacra mentito , maie feriatas 
*/• Troas, & Utam Friami çhonii 
Falleret anlam : 

9edpalam çtpis granit (hw ne fa* h$u\ 



OfcES d'Horace^ Liv. IV. 1 145 

font les fouhaits que nous auons en la bouche 
dés le matin pour tout le long de la iqurnée 
quand nous n'auons point beu : Ôc c'eft ce que 4«C 
nous difons le foir eftans tous moites de vin, 
quand le Soleil s'eft caché fous l'Océan; 



A APOLLON ET DIANE: 
Ode VI. 

Pour célèbre? les louanges de tvni & de tamrù * 

Divinité. 

ODieu de qui les enfan.s de Niobe ont fen- 
ti k vengeance d'vné langue hatitaihej . 

auffibienquele rauifTeurTityc, ôc * lePhtien P kM T JÂ 
ALi-r r ji j ******* *Q 

Achilc qui rut quad vainqueur de la grande T^eJJaUe. 

Troye. Cet Achile le plus vaillant des Grecs, * 
inais de forces inégales aux tiennes, quoy que 
fils de Tethis qui a l'Empire de lamer,cut aifèz 
de valeur pour ébranler de fa lance les tours * VeTriji* 
JDardaniennes. Il tomba pourtant fur vn large 
efpace , ôc verfa fon col dans la pouffiere de 
Troye : comme vn pin frappé qui tombe fous jq± 
la mordate hache, ou comme vn Cyprès quVn 
Vent Oriental arrache auec vn grand effort. Il 
cft bien certain qu'il nefefuft iamais enfermé 
dans lecheual qui fut prefentéà Minerue,dans 
la fainte d'vn voeu , pour tromper les Troyens, Ij» 
ôc tout le palais de Priam qui ne penfoieiit 
qu'aux dances ôc aux diuertiffemens, ôc qui 
sabandonnoient mai à propos dans l'oyfiueté. 
Mais impitoyable & cruel aux vaincus, (i'ay 

eu 



144 CarminvmLib. I V« 
Hefcios fdri pueras Achiuis 
Vrcrct fammû > etiam latentes 
10. Mat ris in altto : 

Ni , tuis vitttu Venerifque grau 
Voc'tbpUy diuum pater annuijfet 
Rébus ts£ne<t pottore duBos 
-Alite muroS. 

if. DoBor arguufidicen Tbalia 

Thœbe , qui Xantho lauis amne crines : 
D/tunia défende decns Camœna > 
Ltnis Agjcu. 

Spiritum Phabus mihi , Phœbus arttm 
JO. Carminis* nomenque dédit Poète. 
Virginum prima , puerique cUris 
Patrtbus ortii 

Delidt ttiteîa deœ, fugaces 
Lyncas & ceruos cohibentis arm j 
35. Lesbium feruate pedem , meiquc 

Polliçis ifttim : 

Rite Laton* puerum ctncntes? 
Rite crefcentem face noÛilucam^ 
Profperam frugum y celer emque f>ron$$ 
40. Voluere menfes. 

Nuptà iam dices> Ego dis àmicum* 
S&culo feflas réfèrent e faces* 
Rsddidi çarmen , docilis madomm 
Vêtis Hqtaîu 



Odes d'Horace. Liv. IV. 2,45 

horreur de le dire ) il euft bruflé dans les flam- 
mes * argiucsles petits enfans auberceau, & Grecques. 
ne fe fuft point caché pour en étouffer plufieurs 
dans les flancs maternels , fi le père des Dieux 10 - 
vaincu par tes prières, & parcelles de Venus, 
n'euft accordé à la fortune d'Enée, des murs 
fondez (bus vn plus heureux prefage. O Apol- 25. . 
lonioiieur de flufte , quienfeignes Thalieaue,c 
fa belle voix , &c qui laues tes cheueux dans les 
eaux de Xante, Imberbe Diuinité qui portes 

* vn furnom des facrifices que tu reçois dans Jgytus. 
les chemins publics 5 deffen l'ornement de la 
Mufe Latine: car c'eft Apollon qui m'infpire 30, 
l'art de faire des vers , & qui me donne le nom 

de Poète. Filles qui tenez le premier rang en- 
tre toutes les autres, & vous Enfans lortis de 
pères illuftres, que * la Deefle de Dele qui bief- Diane. 
fe de fon arc les cerfs & les onces fuyars, tient 
en fa protection, maintenez les mefures du vers jr 

* Lefbien, &les accords que mes doigts font De Safhe t 
fur la lyre. Chantant comme il faut des airs en 
l'honneur du grand fils de Latone , & recitant 

à propos les louanges de celle qui de fon flam- 
beau nocturne donne des clartez inégales , qui 
verfe des influences fauorables pour les moif- 
fons, & qui roule auec beaucoup de prompti- 
tude dans la carrière des mois \ O belle fille, 4«u 
quand tu feras iointe à vn mary,tu diras vn iour. 
l'ay appris par cœur des vers du Poète Horace: 
i'en reciceray quelques-vns qui font agréables 
aux Dieux après la reuolution d'vn fiecle qui' 
nous donne des ioursde fefte. 



i4<£ Car min vm lïb. IV. 



AD L. MANLIVM TORQVATVM 
Odç XII. 

Omnia tempore mutantur , iucundc igitur 
viuendum cil. 

D If *&*+*****, vedeunt iamgramina campis 
Arboribnfque corn*. 
Mutât terra vices , & decrefcentia ripa* 
Ffamina fratereunt. 

j. Gratta cumNymphis geminifyue firoribns audn 
Dficere nuda choreu 
Immortalia nefperes monet arums, & almnrn 
J>>U4 rapit hora diem. 

~ ^ Frigora mitefcunt Zephiris : ver proterit tf/faf 



10. 



Interitura y fimul 
Pomifer autumnus fruges ejfaderit: & mox 
Brama recnrret iners. 



Damna tamen celeres reparant cœleftia fana : 
- - JMoSy vbi decidimus 

guopim f^£neas^uo Tulltts dmes y & Ancus % 
Palais & vtpbra furnus. 

gu'tsfcitan adiiciant hodierna craftina fummû 

Tempora Difuperi ? 
CunUa m anus mtpdas fugtent bétredis> arnica 
m î €^2? dedens anime. 



Odes d'Horace. Liv. IV. 147 



A MANLIVS TORQJATVS. 
Ode VII. 

Ghte fui [que tontes chofes changent par le temps* 
il faut que dans le peu de vie qui nous refie 9 
nom iouy fiions des pUifîrs innocens. 

LEs neiges fe font retirées,les herbes retour- 
nent fur les champs , & les arbres repren- 
nent leurs vertes cheueleures. La terre chan- 
ge fes viciffitudes , & les riuieresqui decroif- 
fait s'écoulent paifiblement. La Grâce nue en* 5. 
treprend de mener le bal auec les Ny mphes> 3c 
auec fes deux fœurs. Ne t'imagines pas qu'il y 
ait rien au monde d immortel, dequoy l'année 
mefmes te donne auis , auffi bien que l'heure- 
foudaine qui nous rauit la beauté duiour. La 
froidure eft adoucie parles Zephirs : le Prin- 
temps eft chaffé par l'Efté qui doit périr au 10? 
mefme moment que l'Autumne qui apportQ 
les fruitsjes aura épadus fur la terre: puis l'Hy- 
uer parefTeux reuient. Toutesfois les promptes 
Lunes reparent les dommages du Ciel. Mais 
pour nous autres>dés que nous fommes tombez 
au lieu 3 où {ont le pieux Enée,le riche Tullus,&: iÇ 
le bon Ancus, nous ne fommes plus que des om- 
bres^ de la pouffiere. Quifçait li les Dieux fu- 
premes , ioindronr les heures de demain au nô- 
bre de celles qu'ils nous ont données aujour- 
d'huy \ Tout cç que tu auras départi à tes che- ic 
res inclinations, échapera les mains * auaresde Ami% 

QJiij 



M8 CarminvmLib.IV. 
gwmfcmelocctderis, & de te fplendtda Minoi 

t\certt arbitria y 
Non , Torquate % gentis y non te facunltia , non tt 

Refit net fie tas. 

*f. lnfernis ncquc enim tenebris Diana pttdicum 
Ltberat Htppoljtum : 
Nec Lctbaa valet The feus abmrppere charo 
Fincnla PiritboQ. 



AD MARTIVM CENSORINVM. 
Ode VIII. 

Nihil eft , quod homincs magis immortales 

reddere poflîc , quam Po'êtarum 

carmina. 

DOnarem pateras y gratac/ae commodus* 
Cenfirine , meis <zra fodalibus : 
Donarem tripodas , pr^mia fortium 
Graiorum: ne que tH pejfima munerum 
$* Ferres : dinite me filicvt arttum > 

jQuas aut Parrafim protulit, aut Seopas ,- 
Hic faxo , liquidis tlle coloribus 
Solers nprnc hominem ponere , nunc denm. 
Sed non h&c mihi vis : non tïbi talmm 
10» Res eft aut animus deliciarum egens. 

Gaudcs carmtnibus : carmtna pojfumtif 
Donare & pretium dicere mmerts. 



Odes d'Horace. Ltv.IV. 149 
ton héritier. Qoand tu feras mort vne fois , Se 
quand auec fon équité inuiolable , Minos aura 
prononcé*fur toy fa fentenee; tanobleflc Tor- 
quatus, ny ton éloquence, ny ta pieté, ne te 
feront pas reuenir. Car ny Diane n'a peu de- 25, 
Jiurer le charte Hippolite , des ténèbres de 
l'Enfer , ny Thefée n'a pas efté aflez fort pour 
rompre les chaifnesàfoncher Pirithous. 



A MARC CENSORIR Ode VIIL 

Que pour immortalifer fa mémoire , & la van- 
ger de l'oubli , il ny a point de pnïjfance com- 
parable à celle des beaux vers. 

CEnfarin ,ie ferois libéral à mes compagnôs 
pour leur faire des prefens de riches cou- . 
pes, & de belles figures de bronze :ie leur don- 
nerois encore des trépieds auflî magnifiques 
que ceux qui furent tant eftimez des Grecs, 
pour feruir de reçompence au mérite des gra- 
des a&ions: Sç tu ne receurois point de moy des - 
pièces de peu de prix , fi i'eftois riche en ouura- 
ges faits de la main de Parrhafius, ou de Scopas, 
çeluy-cy excellent à tailler en pierre, & cet au- 
tre à colorer en platte peinture>tâtoft vn home, 
êc tantoft yn Dieu. Mais ie n'en ay pas le moyé: io< 
&puis tu ne manques pas de ces chofes-là , 8c 
ton elprit n'a nullemét befoin de ces délices Tu 
prends plaifir aux vers, nous t'en pourrons do- 
ner Se t'en dire le prix pluitoft que la valeur 



2{0 C A R M I M V M L I B. I V. 

Non inctfà nstts marmora publias , 
Pcr cj!4& fpiritus & vite redit borna 

*$• Pof} mortem ductbus : non celeres fug<£ > 
Rciettdque retrorfum sltinilalis min a , 
J^on incendia Carthaoints tn/piàt > 
Eius , qui do*nita nomen ab ^4frica 
Lucratifs rediit , clanus indicant 

ÎO. Laudes , cfuam Calabr.c Piérides: neque s 
Si charte fdeant cjuod bene feceris , 
Mcrcedem tuleris. quid foret /lia 
Jiiauortifcjue puer y fi taciturmtas 
Objlaret merïtis inuida Romuli ? 

IJ. Ereptum Styviis fluBibus çy£acum 

Jftrtusy & fauor, & lingua potentium 
V r Atum diuittbus confecrat infulis. 
Dignum laude virum Mu fa vetat mort* 
Cœlo Mu fa beat, fie louis tnterefl 

30» Optatis epulis impioer Hercules: 

Clarum Tyndarida fidus ab infinis 
Jjïufffai eripiunt aquoribus rates : 
Ornatus viridi tempora pamptno 
Lifar <votA bvnos ducit ad exitm* 



Opes d'Hor aci. Liv. IV. 15T 
des marbres qui portent des inferiptions pu- 
bliques, qui redonnent en quelque façon Fef- 15. 
prit & la vie aux braues Capitaines après leur 
mort , mais qui ne fçauroient exprimer les dé- 
routes des ennemis qu'ils ontmisenfuitte, ny 
lesfieres menaces d'Anibal tournées en fumée, 
ny les embrafemens de la perfide Carthage; 
car pour en dire la vérité, ils ne font point fi ca- 
pables de faire connoiftre les louanges qui font 
dues au mérite de celuy qui pour auoir dompté 20a 
TAfFrique, en remporta le furnom> * que les Qeft £*- 
Mufes de Calabre: &ne faut pas que tuefpe- w*W. 
res de recompence, pour auoir fait de belles 
a&ions , fi les beaux vers n'en difent rien. Que 
feroit-ce * du fils d'Ilie & de Mars,fi le filence Jj Km *' 
enuieux de la gloire de Romule s'oppofbit à fa 
valeur ? La force, la faneur, &c la langue des 25. 
grands Poètes, ont confacré dans les Iflcs for- 
tunées le iufte Eacus retiré * de Tonde Stygien- Des E»- 
ne. La Mufç empefche de mourir le perfon-/"^* 
nage qui eft digne de louange : la MufeTéleue 
iufqu'au Ciel. Ce fut ainfi que le preux Her- jo* 
çuleprit fa place à latabledelupiter. Ainfi les 
Tyndarides qui font vne conftellation brillan- . 
te retirent les vaiffeaux brifez du profond des 
jners. Ainfi Baccus qui orne ion front de beaux 
pampres vers , conduit nos voeux à vne heu- 
re ufe fin, 



*$1 C A R M I N V M L I B. I V 



AD LOLLIVM, Ode IX. 

Scripra fua nunquam interibunt: virtus , fine 
carminum ope , obliuione deletur. Lollij 
laudes ille cantabit , cuius vircutes ctiam 
célébrât. 



N 



E forte crédits interiîttra , cjua 
Longe tfonantem natus ad Anfidamy 
j^jtn ante vuhatat per artes 

Verba hqnor [ocianda chordis : 



5? Non , fi priores M éton'ms tenet 

Sedes Homerus , Tindaric<t latent x 
Ce&que > & Alcœi minaces , 

Stefichorique grattes camœndt : 

Nec , fi quid olim lufit Anacreon , 
to. DeUuit dttas. fptrat adhuc amor , 
ViuHntcjHe commtjfi calores 
tALolia fidibus puelU. 

Non fola comptes arfit adulteri 
CrineS) & aurum vefttbtts illitum 
*$• MinêtS? regale/que cultus 

Et comités y Hélène Lac*na. 

Trimufne Teucer tela Cydonio 
Direxit arcn : non femel Iltos 
Vexât a : non pugnauit in gens 
10. Jdomenens Sthenelufuc foins 



Odes d'Horace. Liv. IV. 253 



A LOLLIVS. Ode IX. 

J>)ue fes eferits ne périront iamaù* & que la 
vertu fans le fecours des Pcï'tes fer oit mife en 
oubli. IL promet aujfi de chanter les louanges 
de LolliuS) dont il célèbre dé-ia quelques vertm* 

A Fin que peut-eftre tu ne t'imagines pas 
que pour auoir pris naifsâce fur les bords 
d'Aufide qui fait ouyr (on bruit loin d'icy , mes 
paroles périront vn iour,aulieu d'eftre allo- 
uées aux cordes de la lyre , par vn artifice qui 
n'a point efté publié iufques à prefent : fi Ho- U 
mère le Meonien 5 tient la première place entre 
les Poètes, ce n'eft pas a dire que les vers de 
Pindare,& de Simonide de lifte de Cée,(bient 
inconnus, 6c qu'on n'ait point ouy parler des 
Mufes graues de Stefichore, & des poefies me- 
naçantes d'Alcée. Et fi le temps a fait périr %q2 
quelques vers enioiiez d'Anacreon , les feux de 
Sapho font encore viuans, &c fon amour fait 
ouyr fes foûpirs fur les cordes de la lyre. Hélè- 
ne de la ville de Sparthe, ne fut pas la feule qui 
brufla pour les cheueux bien peignez de * fon De?*ril 
galand adultère, ny qui fe laifik gagner par les 
riches veftemenstifï'us d'or, par vne magnifîcé- ij, 
ce royale,& par vne grande fuitte de gens : Ny 
Teucer n'apas efté le premier qui d'vn arc Cy- 
donien, ait décoché des traits : ny les murailles 
d'Ilion n'ont pas efté battues pour vne feule 
fois : le grand Idomenée } & Stenelle> n'ont pas z©* 



25+ Car m i n v m Lib. IV, 

Dicenda Mufis prtlta. non ferox 
HcElor y vcl acer Detphobm graves 
Excepit iiïus pr* pudicis 

Çoningibus puerifquc primas. 

ï$* Vixere fortes ante Agamemnona 
Multi : fed omnes tllacrymabiles 
Vrgentury ignoticjue long* 

Notte y carent quia vatefacre. 

Paulum fepult* diftat inertie* 
JO. Celata virtus. non ego te mets 
Chartis inornatum fileri, 
Tottte tnos patiar labores 
Impune, Lof/i, carpere linidat 
Obliuiones. cfi animus tibi 
35, Rerumquc prudens, & fecundù 

Temporibm dubiifque reftus, 

Vindex auara fiakdis, & abJUnens 
Ducentis adfe cunïïa pecunit, 
Confulque non vnius anni> 
4°' Sed quoties bonus atque fidm 

Index honefium pr&tulit vtili, & 
Reiecit alto don* nocêntium 

Vultu: & per obftantes caterum 
Explkuhfua viïïor armé. 

4/» Non pojfidentem malta vecaueris 
ReBe beatum : reftius occupât 
Nomen beati , qui deorum 
Muneribut fopientcr vti} 



Oôes d'Horace. Liv. IV. 155 
efté les feuls qui aycnt fait des combats dignes 
d'eftre chantez par les Mufes : ny le fier He- 
ctor, & le vaillant Deiphobe n'ont pas efté les 
premiers à receuoir des coups au combat pour 
leurs enfans, &c pour leurs efpoufes pudiques: 
plufîeurs hommes valeureux , ont vefeu de- ^ 
uant Agamemnon : mais tous fans eftrc plaints 
font enueloppez dans robfcurité dVne longue 
fruidfc, parce qu'ils ont eu faute de quelque Poè- 
te facré qui ait célébré leurs belles a&ions. La $0] 
vertu qu'on ne publie point, diffère peu delà 
pareffe enfeuelie dans vn filence éternel, le me 
louuicndray de te rendre dans mes vers , les 
honneurs qui te font deubs , & ie ne fouffriray 
point, Lollius, que tant de trauaux que tu as 
endurez , demeurent impunément rongez par 
les dents enuieufes de l'otibli. Tuas vnefprit 35J 
prudent aux affaires, & il paroift toufîours égal 
aans la profperité,&:dans les occafions péril - 
leufes : il eft vangeur de l'auare impofture, fans 
felaifTer éprandre parle defîr de l'argent, qui 
attire tout àfoy : & Conful, non pas d'vne an- 
née feulement , mais pour tout autant de temps 4©» 
que tu as de probité & de foy, & que par vn iu- 
gement fain, tu préfères l'honnefte àl'vtilei tu ' 
rejettes d'vn vifage altier,lesprefensde ceux 
qui peuuent nuire,& tu prends tes armes vidfco- 
rieufes contre les ennemis qui s'oppofent a ta 
valeur &c au bien de l'eftat. Tu ne fçaurois fans 4$î 
te méprendre appeller heureufe la perfonne 
quipoffedede grâds biens. Le nom d'heureux 
appartient bien pluftoft à celuy qui fçait vfer 
Jpmdçmmêt desprefens que luy font les Dieux: 



1$6 C ARMI N V M LlB. IV, 

Duramcjue ca/lct paupcriem pati> 
î°* TciHpjue letho fltgiîtum timct : 
Non ille pro charù *m : cis> 
Aut ptttriA timidus pertre. 



AD L1GVRINVM PVÈRVM 
fpeciofum. Ode X. 

Futurum dicit, vt Ligurinum fax aduerfus 

amatorcs arrogantiar pœnitcat, cum 

flos gratis (ux exaruerit. 

OCrudeli* adb H c , & Veneris muneribus pa- 
ïens, 
Jnfperat* tua quptm veniet pluma fuperbU , 
Et , qua nunc humeris inuolitant > deciderint 
coma y 

Nunc & qui color ejl punicea flore prier rofe, 
Mutâtes Ligurinum in faciem verterit bifpï- 

dam , 

Dices : Heu (queties te in JpecuU vider ts alté- 

rum) 
£u* mens efi hodie , enr eadem non puero fuit ? 
Vel cur hii animis incolumes non reâeunt gen*? 



H m 



Obis d'Horace. Liv. IV. 157 
qui peut fupporter la dure pauureté: & qui c 0t 
appréhende le vice comme vn mal plus funefte 
que la mort, fans auoirpeur deperir^pour fes 
chers Amis ou pour la patrie. 



A LIGVRIN. Ode X. 

Jguil ioujrjfe des grâces de fa béante, tandis quil 
efi ieune , ou bien quil sajfeure de s'en repen- 
tir, quand Une fera plus temps* 

O Cruel, caftu n'as point encore changé 
d'humeur, tu es bien puiflànt pour te 
faire aimer parles dons que tu as receus delà 
Reine des Grâces. Mais quand le duuet ines- 
péré, fera Venu fur le fujet de ton nobtc or- 
gueil : quand ces cheueux fi propres qui volti- 
gent fur tes efpaules feront vne fois tombez: Se 
quand cette couleur vermeille qui furpafïè 
maintenant fur ton taint le pourpre de la ro- 
fe, fera changée , de forte que le beau vifage y 
de Ligurin deuiendra rude &c deffeiché; Hé- 
las, diras-tu toutes les fois que tu te regarderas 
dans le miroir, ou tu verras vne autre perlon- 
nc, quelles font aujourdhuy mes inclinations? 
pourquoy ne les ay- je pas eu femblables quand 
l'eftois ieune } ou pourquoy dans cette belle 
humeur, mes joués ne reprennent-elles point 
auffî cette mefme fleur de beauté qu elles a- 
uoient autresfois ? 



R 



258 Carminym Lib. IV. 



AD PHYLLIDEM. Ode XI. 

DienataîiMeccenatis, quicratld. Aprilij, in- 
uitat cam ad cpulas. 



E 



St mihi notium fuperantis annutn 
Plexus Albani cadus eft in horto * 
l'bjlliy neftendis apium coronis , 
£/? hedera vis 
$• JMulta^ tjua crwes religata fnlges. 
Ridet argento domus : ara caftts 
Vint/a verbenis , auet tmmolato 

Spargier aono. 
Cunïïa feftwat manus : hue & Mac 
l0m Curjïtant mift<t pueris pue/U : 

Sordtdum flamme trepitant rotantes 

Ver tic e fumum. 
Vt tamen voris cjuibus aduoeeris 
Gaudiis: Idus tibi fant aoenda> 
I j. Qui dies menfem Feneris marina 
Ftndit JÎprilem : 
lure folennis mîhi , fantlïerque 
Pane natali proprio , quoi ex hac 
Luce Mecœnas meus ajfluentes 
Zq, Ordinat annos. 

Telepbum, quem tu petis , eccuptuit 
Non tu œ fort ù iuuenem pue /la 
JDiues 0- lafciua : tenetque grata 
Compede vinïlum. 
2 5* Terret amlvjltu Vhatton auaras 



Odes d'Horace. Liv. IV. ££ 



A P HIL LI & Ode XL 

// inuite Vhilis à célébrer auec luy le tour de Is 
naijfance de Mecenas , & luy donne aduis 
quelle ne doit plus p enfer 4 Tele~phç , parce 
qu'il en aime vne autre. 

PHilis, i'ay vn tonneau de vin Albanc quî 
pafïè neuFannées;i'ay dans mon jardin peur 
faire des couronnes , de Tache , &: du lierre en 
abondance , qui te parent fi fort quand tu en fc 
fais des guirlandes à te£ cheuëux. Toute la mai- 
fon rit fous l'argçnt : l'Autel entouré de chalte 
verueinc, femble fouhaitterd'eftre arrofé du 
fang d'vn agneau immolé : chacun fe hafte de 
mettre la main àfœuure: les filles courent c'a i^» 
&là meflées auec les garçons: & les flammes 
qui roulent vne fumée épaifle, tremblent en 
leurfbmihet. Afrnneantmoins que tu fçaches, 
pour quelles feftes fet'ayinuitée, tu n'ignores 
jpas que tu as les Ides à célébrer , qui partagent 
en deux Je mois d'Auril dédié à Venus fille de 3^ 
la mer. G'eft vn iour que ie tiens plus folénel & 
plus faint pour moyque mon propre iour natal, 
parce que de luy > mon cher Meccne, Commen- 
ce la courfedefes ans, Aurefle vne fille riche 
& de gaye humèur^oflede entièrement le \zi\~ iqÎ 
ne Telephe que tu d^fires, c[uoy qud ta condi- 
tion ne toit pas égale a la fienne , Ôc elle le tient 
captif d'vne chaifne qui luy eft* agréable. L'errr- i^ 
brafement cîe Phaêton doit çpouuntKerles e£ 

R ij 



ï6o C Â R M I M V M L I B. I V. 

Spcs: CT exemplum graue prabet aies 
Tegafiis , tirrenum equitem granatus 
Bellcrophontcm : 

Scmper vt te digna fequare : & y vitra 
JO. Jgtfdm licet fperare, nefas putando* 
Dtfparem vites. agè iam meoram 
Finis amorum * 

( Non entra poflhac alla caleho 
Fcemina ) condifee modos , amenda 
55* Voce quos reddas. minnumur atra 
Carminé enra. 



S' 



AD VIRGILIVM. Ode XII. 

Dcfcribit veris aduentum , & Virgilium zà 

eonuiuium fub conditionc 

inuitat. 



IAm veris comités y qu* mare tempérants 
Impellunt animât lime* ThracU: 
lum neeprata rigent, neç fluuij firepunt 
Hjberna ninc tnrgidi. 

Nidam pontt, Itp flehiliter gemens 
JnfœlixaHÙy & Cecropia domm 
&£ternum opprobrinm , qnod maie barbarM 
fLcçnm tji vit* libidines, 



Od?s d'Horace. Liv. IV. i€v 
perances auares, ôc le Pegafe ailé qui ne peut 
fbuffrir fur fbn dos la charge de Bellerophon 
qui n'eftquVn Cheualier terreftre, te donne 
vne exemple de grands poids, pour ne fuiure 
iamais que des chofes proportionnées à ta con- 
dition, &c n'cfperer rien audelàdece que tu j 0l 
dois, de peur de Rengager aucc quelquvn qui 
ne fuft pas ton pareil. Courage donc , Phillys, 
la dernière de mes amours: (car déformais ie 
ne veux plus brufler,pour d'autres femmes, 
que pour toy,) appren des vers que tu nous 
reciteras de ta voix charmante. Les noirs fouçis 35' 
font diflipez p^r ie récit des beaux vers. 



A VIRGILE. Ode XII. 

Il deferit ta venuï du Printemps : puis il inui- 
te Virgile a prendre vn repas chez, fay, a con- 
dition que pour fa part > il apportera vne; bai* 
(le de parfums. 

L Es vents de Thracc amis du Printemps, qui » 
rendent la mer paifible, fouflent doucement 
dans les toilles. Les prez ne font plus endurcis 
par le froit, ny les riuieres enflées par les neiges 
de l'Hyuer ne mènent plus de bruit. * L'oy- L *&J r ** 
feau infortuné qui fe plaint ince (Tarn ment de e e ' 
la mort d'Ithys , haftit fan nid , Se Progné de- ^ 
meure toufiours l'éternel opprobre de la 
roaifon de Cecrops , pour s'eftre vangée mal 
à propos de la barbare infolence des Roys. 

R iij 



l6l C A R M I M V U tlB. IV- 

Dtcunî in tenero gramine fin gui um 
**' Cttftedcs ouium carmina fiflula J 

Delcclanfque dettm 5 cm peau & niari 
Colles AfcadiA placent. 

Adâuxere fitim temporœ, Virgili: 
Scdi preffum Califat* duccre Liberum 
*£ S * ffp* > Muenum nobilmm cltens , 
Ndrdo vinci merebere* 

N^rdi paruus onyx eliciet cadum y 
Qui nunc Sulpitiis decubat horreis % 
Spes donare noua* largus , amaraquâ 
Curarum eluere ejficax. 

Ad qut fi proféras gaudia , cum tua 
Velox ?nerce vent, non ego te mets 
Immunem medttor tingere poculis, 
Plena dtues vt in domo. 

Zj. Verumpone moras, & ftudium lucri» 

'Rigrorumque memor* dum licet\ igniûm» 
M* fie finit ttiam confiliû breuem. 
Dulce efi defipere in hco. 



20* 



I> 



Odes d'Horace. Liv. IV. x6$ 
Ceux qui gardent les gras troupeaux de bre- 10J 
bis , fe repofans fur l'herbe tendre , fbnnent 
pluficurs airs ,fur le pipeau champeftre, & eu 
donnent de la ioye au Dieu qui aime le beftail, 
& les noires collines d'Arcadie. Ce beau 
temps, Virgile, amené la (bif:mais fi tu déli- 
res goufter du vin de Calene, il ne fera point 
refufé au feruiteur des ieunes Princes , pour- ij** 
uû que tu nous apportes, de ton huile de* fen- Pt<M<* r <*» 
teur. Vnephiole d'onice pleine de ce parfum, 
tirera vn muy tout entier hors de mon celier 
Sulpitien pour donner libéralement des espé- 
rances nouuelles, ôc pour effacer puiflammçnt 
lçs amertumes des foucis cuifans. Que f* tu te x&% 
^cux hafter de prendre ces plaiiirs , vieil icy en 
diligence auec ta bonne odeur. Car encore 
que te fois comme vn riche dans vne maifon 
pleine , ie n'entens nullement te donner de 
mon vin , fi tu penfes venir chez moy les mains 
vuides. Mais fans diferer dauantage , quitte 2 5v 
pour vn peu de temps le defir du gain:& te fou- 
uenant des torches noires de la mort, puis que 
tu en as le loifïr, méfie vnpeude folie, parmi 
tes ferieufes penfées. // ne faut pas toufîours 
tftre fage: ècectt. vne çhofebiendouçcdefo- 
laftrer àptopqs. * 



R iiij 



i<?4 C A RM IN V M LlB. IV. 



IN LYCEN MERETRICEM 
vetulam. Ode XIII. 

Infultat ci mordaciflimc, quod iam anus fa- 

<fta& libicîinc flagrans contemni- 

tur à iuuembus. 

r À Vd'tuere , Zjtfr, 23/ *»*4 vota: Di 

jLJLyiudiuere , Lyce ', fis arnts > & tamen 
Vis for mo fa, vider i, 

Ludtfque dr bibù impudens : 

il Et cautu tremulo pota Cupidinem 
Lentum follicitat* Me virentis & 
Dottœ pfallere Cbiœ 

Pulchris excubat in genU* 

Importunus enim tranfuolat aridat 
ÏQ* Jguercu*, & refugit> te quia luridi 
Dçntes > te quia, rug& 

Turpant, & capitis mues. 

Née Çoa, referont iam tib't purpura * 
Nec clari lapides tempo ra , qu<t femel 
ÏkI Notis condïta faftù 

Indnfit volucris dies. 

JVtto fuait Venus ? ( heu) quone colar deetns ? 
6)140 motus ? cjutd habes îlliit* , tllms , 
*j3.</^ fpirabat amores ? 
to. jQhz ptqfarpHcrat tnihi^ 



Odes p'Horacb. Ljv. IV. 16 $ 



A LYCE. Ode XIII. 

Il fe mocque d'elle a caufe de fa vieille Jfe qui ne 
l'empefche -point de faire C amour > enfe ren- 
dant mejprifable > & ridicule à tous les ieu^ 
nés gens. 

LEs Dieux, Lyce , ont ouy mes vœux : Ly- 
ce,ilsont ouy mes prières. Tu deuiens vieil- 
le, & tu veux neantmoins paroiftrc belle, ioiiât 
ôc heuuant comme de coutume auec vnc ef- 
fronterie nompareillc. Quand tu 3S beu , tu ré- S* 
vieilles par vn chant tremblotât l'amour qui ne 
Jangtiit pas moins chez toy , qu'il eft éucillé fur 
les ioues vermeilles delaieunc * Chioifequi DeCiJledt 
chante agréablement. Il s'enuole pa,r delfus les chf0 - 
chefnes fecs : & fans s'arrefter en aucun lieu , il 10. 
te fuit toufiours parce que tu as les dents iau- 
nes , &c que les rides de ton vifage &les nieges 
de ta tefte , t'ont fort enlaidie. Certes ny les ve- 
ftemens de pourpre de l'Ifle de Cos , ny l'efclat 
des pierreries , ne te ramèneront plus le temps IJ» 
que les iours qui s'écoulent fi promptement, 
ont vne fois enregiftrez dans les faftes,àla vue 
de tout le monde- Ou eft-ce que ta beauté s'en 
eft allée ? helas , où c'en eft fui ton beau teint? 
que font deuenues tes agréables démarches? 
Que te refte-t il maintenant de celle que tu 
eftois? de celle -là qui ne refpiroit qu'amour? 
qui m'auoit comme (eparé de moy-mefme i Se zo» 
cjue ie tenois pour la plus heureufe, & laplus 



z<t Carmînvm Lib. IV. 

Fœlix poft Cynaram , notaque* <$r arttum 
Gratarum féicies? Jed (ynara, bnues 
Ami os fat a, de de ru nt y 
Seruatura dtu pare m 
Cornicis va?iU ternporibus Lycenz 
Pejfnt vt iuuenes wfere fern>di > 
Miilu* non fme rifu , 

Dilapjkm in aneres facem. 



AD AVGVSTVM. Ode XIV. 

A Senatu populoque Rorûano honores Au- 

gufto tribui non poflum, qui virtutes 

eius xquare valcant- 

QV<z cura pdtrum, quétue £)fùritwm % 
PlenU honorum muneribus , tuas 
sjugftftc, virtutes in <tuum 

Per titulos memorefyue faftos 

5- lÂLtervtîJ o y qua Sol habitables. 
Jllaflrat oras , maxime Prinàpum, 
Quern leqis expertes Latina 
" Vindelicï didicere nuper 

Qufd Marte pojfîs. milite nam tu» 
*.°* Dru fus G tiaunosi implacidum genus 9 
Brennofcjue veloces , & arces 
Alpibns impofitas tremendis 

. , Deiecit acer plus vice [imvlicu 

Maior Heronum mox graue prçlium 






Odes p'Horaci. Liv. IV. 267 
excellente perfonne du monde après Cynare > 
Qif eft deuena ce vifàge fi plein d'atraits ? Mais 
les Deftins ont donné peu d'années à Cynare, 
& ils ont gardé Lyce fort long-temps pour ef- 
gallerlavieillcfTe de la Corneille, afin de don- 
ner aux ieuncs gens dans l'ardeur qui les po(Te- 
dc le plaifîr de voir vne torche reduitte en 
cendre. 



£ AYGVSJE. Ode XIV, 

J>{ue toits les honneurs que le Sénat & le pu* 
pie rendent à Augufte , ne peuuent égafar fes 
yertus: que les victoires de fis beaux fils font 
partie de la gloire de fin Empire : & que tou- 
tes les nations le rentrent fur le trofne , oà il 
efl élené, 

AVec quel fouçy, le Sénat 8c le peuple, 
pourront-ils à force d'honneurs Se de pre^ 
fens ecernifer tes veirtus par dés inferiptions 8c 
des mémoires illuftres, qui fe liront à perpétui- 
té dans les liures des Fafles? O le plus grand yj 
Prince quelç Soleil éclaira iamais , fur la terre 
habitable; *Les Vindeliciensquionttoufiours Les Cri* 
ignoré les loix Rpmaines , ont apris depuis peu féns. 
ce que tu pouuois par les armes, quand Drufus i$- 
auec fa valeur & auec le courage de tes foldats 
défit plus d'ync fois les Genaunois implaca- 
bles. & les Brencois légers, & quand il rentier- 
îi plusieurs fortereffes bafties fur les affreux 
ibmme'ts des Alpes. Le plus grand des Nerons> 



16? C A R M I N V M L I P. IV- 

î j. Commifit y immanefque Rhœtos 

jiutfiçiis pepulit ftcundh , 
SpeBavdus in cert aminé A4*rtio y 
Dénota, morti peflora libéra 
Quantis fattgaret rninis : 
Ifi. lndomitas prope qnalts vndAt 

JLxercct sixfter> Tleiâtdum choro 

Scindente nubes , impiçer hoftittm 

Vcxare turmas, cr fiementem 

Alittere equum medios per ignés* 
15. Sic taurïformLs voluitur *Aufidvu , 
£)Hi régna Dauni pr a finit Appuli , 
JguHmfieuity horrendamque cultis 
Diluuiem meditatw agris : 

Vt barbarorum Claudius agmin4 
}Q. Terrât a vafto diruit impetu: 

Trimofcjue & extremos metendo , 

Strauit humum , jine clade viÛor } 
TV copias , te confilium y & tuos 
Trabente diuos. nam tibi , quo die 
55 . Portas AUxandria fupplex , 

Et vacuam patefecit aulam , 

Tortuna lufiro profpera tertio 
BcIU fecundos reddidtt ex 1 tus , 
Laudemcjue & optatum perattU 
40. Imper iié decpu arrogauit. 

Te Cantaber non ante domabtlà y 
Medttfcjue* & lndm: te profngpu Scythes 
J[4iratur a tutela prtfens 
Italie 5 dominfique Rorn& 3 



Odes D'MoiÂct Liv. IV. i6y 
donna incontinent après vnefanglante batail- 
le, ScchatTàhcureufement de leurs frontières, \Ç 
les * Rheticns cruels y s'eftant fait remarquer Les Gri+ 
Ibuuent dans les combats De combien demi-/*»'- 
feres, preflbit-il le courage des foldats deuoiiez 
àvne mort volontaire pourfuiuant (ans rekf- 
che les troupes ennemies, &faifàntpa(Ter au xàl 
trauers des feux Ion cheual qui enfrcmiiToit 
d'horreur,à peu près comme vn vent furieux de 
Midy qui agite les flots indomptez, quand la 
compagnie des Pléiades fepare les nuées. Et iy. 
tout de mefmc que * rÀufideaufrontdeTau-/'o^w/^ 
reau, qui arroufe les campagnes de la Poiiille, 
dans le Royaume de Daunej quand il deuient 
furieux , & qu'il iette vn déluge horrible dafrs 
les plaines cultiuées*, Àinfi, Claude rentierfapar 30- 
vn violent effort les bataillons armez: & fans 
perdre aucun des fiens , il tailla en pièces les 
premiers, & les derniers,dont il fit vne moiflbn 
furieufe , & demeura vi&orieux , tandis que f u 
l'affiftois de troupes , de confeils , &: de faneurs 
des Dieux. Car dés le iour mefmes qu'Alexan- **, 
drie fe voyant réduite en l'eftat de fupplianre, 
te donna l'entrée de fon port , & te fit ouurir la 
porte de fon palais abandonné, la fortune te fut * 
û fauorable, qu'elle te rendit heureufe la fin de 
la guerre , au bout du * troiûefme luftre , & te de if. *r.s« 
donna libéralement la louange & la gloire fou- 40* 
haitéc après Teftabliflement de ton Empire ab- 
folu. * Le Cantabrois qui iufques-là, n'auoit^/^^ 
point efté dompté, le Mede, l'Indien, & Le Scy- 
the errant, t'admirent fans cefle , ô Diuinité tu- 
telaire de l'Italie , Se de Rome qui cû la Prin- 



17 o Carminvm L i b. IV. 

4J. 7V , fontium cjui celât origines , 

Nilifftjne, cr Ijtcrj te rapidiu Tigris \ 
7V, bclliioÇus qui remotis 

Objhcpit Ocetinm Britannis : 

Xe<t non p du entû funera GalLi&> 
JÔ. 'DurA^ue icllui audit Iberut : 
Te cade gnudentes Sïcambri 

Cornpefitis veneràntUr armis. 



AVGVSTI LAVDES. Ode XV. 

PHœbut volentem fr&lia me loqui, 
ViBas & vrbes > increpuit , Ljra : 
JSe paruà Tyrrhenum per <zquor 
Vêla darem. tua Cœjar <£tas 

$• Frttges & agris retmlit vberes y 

Et fi en a, nojtro refttîutt loui , 
Direpta Parthomm fuperbis 

Poftïbus: cr v'acuum d&ctlU 

lanurn Ghtir'mi cUufit : & ordinem 
ICL ReBnm , <r vaganti jr^ena Ucentia 
Jmecit : amouitque culpas : 
Et veteres reuocatùt artes , 

Per quM Latinum nomen, & ItaU 
Creuere 'vires , f arnaque , & ïrnperi 
15. Perrciïa watefias ad ortum 

Salis > ék Hefperio cnbiti. 



Obus d'Horace. Liv. IV. 171 
refTe des nations. Le Nil qui cache les fources 45- 
de les fontaines,le Danube, Se le Tygre rapide, 
te reuerent: l'Océan plein de monfti.es, qui 
borne les cofte$ reculées de la grande Breta- 
gne, s'aperçoit de ton pouuoir : la Gaule qui ne 
s'époutiante point de la mort, & TEfpagne infa- jo, 
tigabfeâu trauail, écoutent ta parole : èc les $i- 
cambriensquife plaifent auxmafTacres , âpres 
s'eftre engagez par les traitez de paix de met- 
tre bas les armes, te rendent leurs refpecs. 



Les lovanges D'avgvstë. 

Ode xv. 

COmme ie voulois mettre fur la lyre de$ 
pièces de guerre, & de villes conquifes; 
Apollon en me reprenant auec beaucoup de 
feuerité m'auertit que ie ne me deuois pas ex- 
pofer fur la merTyrrhene auec vn petit vaif- 
ieau. Ton âge, Cefar nous adonnélesmbif- y* 
ions abondantes, a rendu à * nôftrelupiterles A* ''1*?$- 
fen(eigne$ arrachées des fuperbes poteaux des to/e - 
Parthesj a fermé le temple delanus baftipar 
* Quirin pour n'y auoit point de guerres par paf-Rom^» 
tout L'vniuers v a mis vn bon ordre, & vnfrain le. 
à la licence débordée , a ofté les vices,& a refta- 10. 
bli les arts anciens,bar lefquels le nô Latin s'eft 
rendu fi rccommeiidable. Les forces d'Italie 
font accrues : & la renommée , & la Majefté de t >. 
l'Empire, fe font étendues depuis les detnieres 
bornes * de rHefperie,oùle Soleil fe couche, n e {*£/p^ 
iufqiijts aux climats, d'où il feleue. Tandis que ç* €% 



272, Carminvm Lib. IV. 1 
Cuflode rernm C&fare , non fur or 
Cmtlis , aut va eximet oîium ; 
Non ira , cjha procudtt cnfes* 
%o. Et mi feras inimicat vrbes. 

Non y qui preftindum Danubium bibunt, 

Edifta rttmpent Inlia; non GeM, 
Non S ères , infidine Perfe , 

Non Tanaim prope flnmen orti. 

*/• Nofijjue & profeftis lucibus , & facris> 
Inter iocofi munera Liberiy 

Ctsm proie y matronifque noflris * 
Rite deos pritis apprecati* 

Virtute funStoSy more patrum , duces y 
30. Ljdis remijlo carminé tibiis y 

TroiamcjHe , & Anchifen , alm& 
Progeniem Vcncris canetmu. 



Finis Libri IV* Carmînum. 



Cefar 



Odes d'Horace. Iiv. IV. 317 
Cefar aura foin de noftre protection , ny la fu- 
reur des guerres Citiiles , ny la violence , ny le 
courroux qui afilelesépées, & qui fait que les **<> 
villes s'émeuuent impitoyablemét les vues con- 
tre les autres , ne ferontpoint capables de nous 
ofter le repos. Ceux qui boiuent des eaux du 
Danube profond, ny les Getes, ny les Seres, ny 
les Perfes infidelles , ny ceux qui font nez le 
long des riues du Tanaïs , n'enfiraindront point 
lesloix * Iuliennes. Et pour nous autres , aux De 
iours de fefte , & aux iours ouurkrs , parmi les ^ * 
dons ioyeux de Ëaccus , après aùoir prié les : r 
Dieux, félon la vieille couftume , nous chante- 
rons auechos enfâns &nbs femmes 3 des vers 
à l'ancienne mode , ioints à la flufte Lydienne, $q] 
qui parleront des Capitaines célèbres par leur 
valeur , de Troye , d'Anchife , & de la racç 
de la diuine &c féconde Venus, 



fin du IV. Linre dcsOdesÂHoràcê* 



*74 




E P O D O N 

LIBER- 

AD MECOENATEM. Epod. 



Horatius ibit cum Mccœnate ptoficifcentc ac| 
bellum A&iacum contra Antonium. 




Bis Libumis ïnter ait a nauium> 
lAmice, propugnacttla* 

flf| |^P Parafas omne C&faris pericktftm 
|§|J|@ Subite, Mecmnas , tM. 

£ht}d nos ? cjuibm te vit a fit foperjlite 
Iucunda: fi contra > grattis ? 

Vtrumne iujfi perfequemnrotium 
Non dulce> ni te cum fimtili 

JÏn h fine laborem mente laturi, de cet 




LIVRE 

DES EPODES 

DHORACE. 

A M E C E N A S. Epode I. 

Il s'offre a Mécénat four ï accomfagner d U 
guerre Atliœque, non tant four croire que fa 
prefence luy fera vlile^ que four ce qn il aura 
moins de fiucj de fa vie O" de fa fknti. 

On cher Mécène > tu iras dans 
des Efquifs de Liburne entre les 
grandes NauireSjOii font cléuces 
les Forterefles d'vne puiflfante 
armée Naualle, prépare à fou- 
tenir au péril de ta vie tous les 
dangers aufquels Cefar fe veut expofer. Que 
fera-ce de nous cependant, à qui la vie lie peut 
eftre agréable , fi tu n'es en parfaite famé? 
maisie ne latiédroispas fuppor table , fi tu nous 
venois à manquer. Serons-nbus perpétuelle- 
ment en repos par les ordres qu'on nous en a 
donnez ! Certes il n'y a rien qui me puifle plai- 
re hors de tap'refëtice :oubiénferây-je capable 

S ij 




* 



*7 5 Epodon L i b e KÎ 

io. £)m ferre Ken molles viros ? 

Terewtu : & te vel per Alpium iuga 7 
1 nhojpttalem & CaHcajltm t 

Vcl Qccidentis vfipèê ad vltimptm finnm t 
JFom fcquemur psQore. 

jr, Rogesy tuum labore cjuidinuem me$ , 
Imbeflis , ac firmiu parum t 
Cvmes minore fun, fatums in mettt * 
à)m maior abftntes habet : 

Vt aftidens imphmibus pu/lis auis , 
ZO. Serpentium allapfiis tt?net 

Jldœgis relillis : non, vt adfo, auxili 

Laturaplm prafentibite. 
Lïbenter hoc & omne militabitur 

Bellfim in tu<z jpem gratis : 

25. Non vt ittuencis illigata pluribn* 
Aratra nitantnr meiâ : 

Tecuftis CaUbriâ ante Jjdœs fernidum 
Lucana mmet pafcua: 

Nec vt fnperni villa candens TttftuU 
jo* Circaa tangat mœnia. 

Satis fnpercjue me henignitas tua 

Dttatiit. kand paranero t 
G)uod aut) auanu vt Chrêmes > terra prtmAm* 
Difcïnftm aut psrdam vs ncpQSé 



EPODES d'HoRAC!. *jf 

de fuporter cette fatigue aucc autant de coura- 
ge quil eft de la bien-feance aux gens qui ne 
font point tout à fait amollis parles delicatef- 
Ces ? Ouy nous la fupporterons , &C auec beau- j^ 
coup de cœur. Nous te fuiurons partout, foie 
dans le rudepaflage des Alpes , foit parmi les 
roches inhabitables du Caucafe, ou iufqu'au 
dernier fein de mer, ou le Soleil fe couche. Si *$« 
tu demandes à quoy ie te pourray feruir par 
toutes les peines que ie fçauiois prendre , n'e- 
fiant poinçhomme de guerre, & n'ayant pas 
beaucoup de force : Si ie t'accompagne, iefe- 
ray moins en crainte que fi i'eftois abfènt de 
toy . Ainfi l'oyfeau demeurant auprès de Ces pe- 
tits,à qui les plumes ne font pas encore venues, 
appréhende les furprifes du ferpent : mais foa io* 
apprehention ^â bien plus grande,quand il s'é- 
loigne d'eux , quoy que fon fecours ne leur fer- 
uiroit de guère dauantage , s'il leur eftoit tou- 
jours preient. I'iray donc volontiers à cette 
guerre, & ie me trouueray en tous fes combats, 
dans l'efperance que i'ay , par ce moyen, de me 
confèi :ucr en tesbonnes grâces : non point pour j* 
attacher mes charrues à vn plus grand nombre 
de bœufs, ou pourauoir des pafeages das la Lu- * 
canie,afin d'y meaer mon troupeau de Calabre 
auant le letier de la Canicule, ou pour faire que 
mô village quieftfurlehautde la Colline Tuf- 
culane, touche aux murailles baftiesparlefite 
de Circé. Tes biens-faits,*7to/?rc Mécène, m'ont $®l 
fuffifamment enrichi,& mefmes au delà de mes 
fouhaits. Iamais ie aamartèray des biens pouc 
les enfouir en terre, corne l'auare Chremes,ou 
pour les diiîiper corne vn prodigue * deceint. ?$***♦ 



2.7 8 Epodon Liber 



VITA RVSTICiE LAVDES, 
Epod. II. 



B 



Vmu$ ille y qui procul negotiis s 
( Vt prifca cens mortalium ) 
Paterna rura bobus exercet fais,, 
Solutus omni fœnore. 
5* Ne que excuamr clafiico miles truci 9 
Neque horret iratum mare : 
Forumque vitat , & fuperba ciuium 

Votentiorum limina, 
Ergo aut adulta vitium propagine 
îô » Alt as maritat populos : 

Inutile faut rjfklcè ramos amputans > 

Feliciores ïnferit : 
Aut in reduiïa valle mugientittm 
ProfpeÛat errantes areges : 
ly Aut prejfa pnris mella condit amphoris : 
Am tondet infirmas oues* 
Vel y quum décorum mitibus pomis capufr 

Autumnus aruis extsilit , 
l r t gaudet infttiua decerpens pyra^ 
lo. Certantem & vuam purpura : 

J£#a muneretur te Priape , & tepater 

Sjtudne , tutor finium. 
Libet iacere , modo [ub dntiqua ilice » 
Modo in tenaci gr aminé. 
25. JLabwtur altis intérim* ripts aquœ? 
£}uer>;.ntur in fy lui s aues: 
Eo'rstèfque Ijmphis obftrep'dnt manantibm '* 



Ë PO DJE S d'HoRA C E, lyy 



iOVANGES DE LA VIE RVSTIQVE, 
Epode II. 

CEluy-lacft bien-heureux qui éloigné des 
affaires mondaines , fans cftrc chargé de 
debtes, cultiue auec fes bœufs , les champs de 
fes pères, à la façon des Anciens: quin'eft point p 
xéueilléparle rude bruit de la trompette pour 
aller à la guerre, qui n'a point horreur de la mer 
en furie , & qui éuite le barreau , &c le fuperbe 
fueil des riches Citoyens. Ou il marie les bran- 10* 
ches de la vigne, qui font venues à leur maturi- 
té, anec les hauts peupliers, & retranche delà, 
ferpe les rameaux inutiles pour en plâter d'au- 
tres plus propres à porter du fruit: ou il regar- 
de paiftre dans vne longue vallée fes troupeaux 
mugifïans : ou il renferme en des pots neufs le i|% 
miel épraint des ruch®€:ouil tond fes brebis de- 
biles:ou quand l'Automne éleue dans les chaps 
fa tefte parée de pommes \ comme il fe plaid. a 
cueillir la poire qu'il auoit entée , & le rai/în de 20* 
qui la beauté ne le cedepoinr à lapourprc,il 
t'en fait des prefens,ô Priape,& à toy aufïî, père * 
Siluain, en reconnoiflance de ce que vous auez 
fi bien gardé les limites de fes champs, de k& 
bois,& de fes jardins. Tantoft il fe plaift d'eftre 
couché fous vn vieux chefne, & tâtoft fur l'her- 
be menue qui s'attache fortement à la terre, 
Cependant les eaux tombent des hautes mon- Z A 
taignes :lesoyfeaux fe plaignent dans les bois* 
& les fontaines qui font ouyr vn agréable mur- 

S iiij 



zSo Epodon Liber. 

Somnos cjuod inuitet Unes , 
jit tjuttm tonant'ts annns bybemta huis 
$*>. hnbres niuepjHe cctnparat : 

Jlut trudtt acres bine & bine mnlta cane 

sfpros in ob (tantes plagas , 
j4t4t amite leui rara tendit retia , 

Tarais edacibus dolos. 
35* ¥ auidumque leporem , çfr aduenamUqueo gruem. 

IuCHxdA captât pr&mia. 

£)ms nan malarum^ efUM amor curas habet $ 

JFIœc inter oblinifcitur} 
£)uodfi pudica mulier in part cm iuuet 
40. Domum atque dulces liberos: 

(Sabina qualts , attt perufta [olibm 

Fermcis vxor lAppult) 
Sacrum vetuftis extruat lignis fecum » 
Lajfi fub aduentum viri : 
4£- Claudenfijue textis craùbus l&Htn peCHS, 
Dijicntaficcet vbera : 

]Et horna dulci vina promens dclio, 

Dapes inemptas apparet; 
Non me Lucrina itmerint conchylia? 
50. JMaoïfpte rhombm y aat fcari. 

Si cjuos Eois intonata fluflibus 

Hycms ad hoc vertat mare. 
Non vifra anïs defcendat in ventrem meum 9 

Non attaçcn ï&nicus 
>> % Ittcundiory quant leïia de pinguifomis 

Oliua ramts arborum, 
jim berba lapatbi prata amantis* & g ra ^i 

JkfalM Jklubres corpori : 



Epodes d'Horace," iSi 

mure inuitent au doux fommeil. Mais quaden 
la faifon d'Hy uer, le tonnant Iupitcr nous don- j J 
ne des pluyes & des neiges; ouilpouflc deçà 
Se delà, dâs les toiles les fangliers furieux à for- 
ce de chiens couras ; ou il tend aux griues gour- 
mandes des rets déliez fur vne perche polie, * 
pour les furprendre dans les piège; sou bien par Î5 # 
le moyen d'vn laflet, il attrape auec beaucoup 
de plaifir le Heure craintif, & la grue pafïagere. 
Qui parmi ces agréables diuertiflemens , n'ou- 
blie point les inquiétudes de l'amour l Que fi 
d'ailleurs vne femme pudique fe porte de fon 
cofté au bien de la maifon, Se a la nourriture té- 4®» 
dre de fes chers enfans,telle qu'vne Sabine, ou 
la femme d'vn laboureur de la Poiiille brufléc 
au Soleil, qui auec de vieux bois aiance le feu 
iacré, quand elle preuoit le retour de fon mary 
qui reuient bien las, ou qui enfermant le gay 4Î # 
troupeau dans vn haye tifiuë comme vne pallifc 
iade, en defleiche les mamelles pleines de lai £t: 
& qui après auoir tirédutôneau des vins* dV- D ^ ne * n " 
ne feiiille , aprefte le repas de viures qu elle n'a * ee * 
point achcptezil'huyftre pefchée dans le lac de 
Lucrin , ny le turbot,ny le Scarre âclicienx$\ la \°* 
tempefte caufée par les vents d'Orient, enonç 
ietté quelques- vns dans noitre mer d'Italie, ne 
me feroiét point fi agreables,& ie ne trouuerois 
pas fi bon ne dans mon eftomach la poule d' Af- 
frique,ny le francolin d'Ionie, que ié ferois l'O- J5* 
iiue que mes doigs auroient cueillie aux vif- 
queufes branches des arbres, ou que l'ozeille 
qui aime les prez, Se les mauues fi falutaires au 
corps quand il eftindiipofé , ou la brebis égoiv 



6o. 



282 Epodon Liber, 

Fe 1 aona feftis cafa Tcrmtnaltbm , 

Vtl hœdus ereptus Inpo. 
Hxi ir.tcr cpuLtz , vt maat paflas oues 

t r tderc préparantes domum ! 
Vidcrc fcjfos vomcrem inuerfnm bottes 
, C ollo trahcrtcs lan^mdo: 

>' Tojitcfojuc vernas , ditis examen donna* 
CiYcum renidentes Lares ! 
H*c vbi locjHutm fœnerator AlphtHSy 

lamiam futures rufticus* 
Omnem reiegn Idibus pecnniam : 
£)uf,rii K&kndiâ ponere. 



10. 



AD MECOENATEM. Epod. III. 

Allium detcftatur , quod apud Mecœnatem 
edera^cuius aeftu torquebatur. 

PArentù olim fi quis impia manu 
Sentie outtur fregcrit : 
£dat cicutis allium nocentitit* 

O dura, mcjforum Ma ! 
Qtud hoc venenum f&uit in prœcordiis ? 

Num vipcrinus hi(t cmor 
Jncoflus herbis me feftllit? an malas 

Cansdia trattautt dapes ? 
Vt Argonautas prêter omnes cAndidum^ 

À4cdea mirât a efi dncem , 
Jgnota tauris illigatumm i#ga > 

Perunxit hoc Iafonem : 
Hoc dtlibiiùs vit* dont s pellicem » 



Epo des d'Horace. 28.5 

gée aux feftes de Terme diuinicé champeftre, 
«pu le cheureau arraché d'être les dents du loup. 6oi 
Q quelplaifiron prend entre ces repas, de voir 
reueni r à la maifon les troupeaux repus! de voir 
les bœufs laflféz trainer d'vncol languiflant la 
çharruë à l' entiers , & la foule des valets d'vnc 6j, 
maifon opulente, arrangez autour des tables 
riantes ! En diiant cecy, l'vfurier Alphius reprit 
en diligence tout l'argent qui !uy eftoit deub 
au iour des Ides,pour deuenir Villageois : mais JQ* 
il chercha puis après aie remettre aux Calen- 
des d'vn autre mois. 



A MECENAS. EpodelII. 
// detefîe le goufl de Cail. 

SI dVne main impie , quclquVn veut fuffb- 
quer (on père vieux , qu'il luy faffe manger 
de l'ail plus dangereux que la ciguë. O dures 5* 
entrailles des moifïbnneutsl quel eftcepoifbn 
quimebrufledans le corps? du fangde vipère 
boiiilly auec ces herbes , ne m'a.uroit-il point • 
Caufé ce tourment? eu bienCanidie, neinV 
t'elle point apprefté ce mauuais repas ï Quand 10- 
Medée eue admiré entre tous les Argonautes 
les grâces & la beauté de celuy quieneitoitle 
chef , fans doute quelle frotta de gouttes d ail, 
Iafoiî qui deuoiteombatre contre les Taureaux 
indomptez : &pour fe vanger de faRiuale, elle 
en parfuma Les dons qu'elle luy fit , en partant 
quand elle s'en alla , tirée far fon char par des 



20. 



184 E 4 o r> o n Liber. 

Serpente fagtt alite. 
7\^ec tanttts vncjuam fjderum infedtt vapor 

Sitictilofie, Apultdt : 
'Nec manus humeris efficacis Herculis 

lnarfit tfluofitts. 
u4t y Ji cjpiiâ vncjuam taie concupiueris 

locofe Aiecœnas , precor 
Afanttm pue lia fuauïo opponat tuo , 

Extrema & in Jponda cubet* 



AD VOLTEIVM MENA M, 

libertum Pompeij Magni. 
Epod. IV. 

LVpis & agnis quanta for 'tito obtigit * 
Tecum mihi difcordia eft A 
Jbericis perufts funibus latus^ 
Et crura dura compede. 

$* Licet fuperbus ambules pecuni^ 
Fortuna non mutât genus. 
Videfnc^facram metiente te viam 
Cum bis ter vlnarum toga, 

Vt or a vertat hue & hue euntium 
Xô- Liberrima indignation 

S.eflus flagellis hic triumuiralibus % 
Praconis ad fafiidium % 

jirat Falerni mille fundi ingéra ? 



Etôces d'Horace. 2^ 

ferpcns ailez. Certes iamais vne fi grande ar- 1/ 
deur deTEftc^ne prefla la Poiiille altérée auec 
rant de véhémence, ny le prefent de la chemife 
qu'on fit au vaillant Hercule, ne le brufla Ja- 
mais fi cruellement. Que fi tu fouhaites iamais 
qu'on te férue vne telle viande,diuertifïantMe- 20^ 
cene,ie te prie de trouuer bon que la fille qui t* 
aimes mette fa main au deuant de tes baifers,& 
quelle repofe furie bord du li£b. 



CONTRE MENAS AFFRANCHI 
du grand Pompée. Epode IV. 

// fait vne rude inueÛiue contre (arrogance de 
cet homme , pour auoir changé de condition. 

IL y a autant de difeorde entre nous deux, 
qu'il y a peu d'intelligence entre les lotsps &C 
les agneaux. Toy de qui les flancs ont efté en- 
foncez à force d'auoir efté battus de* fouets De gtmt 
d'Efpagne,&: de qui les jambes ont cftéfroif-^/Mf**' 
fées pour auoir long-temps traifiié des cepss 
encore que l'argent te fafie tenir vn rang bien 5. 
haut , fi cft ce que la fortune ne change point 
ton extraction. Ne vois-tu pas comme Findi- • 
gnation naïfue de tous le s pafians leur fait tour-» 
nex le vifage fur toy , pour te regarder marchât 
dans la rue facrée, auec vne robbe de fix aulnes 10. 
de long } Enfin celuy qui fut déchiré à coups de 
fouet , iufques à laffer la main du crieur public , 
par iugement des * Triumuirs > laboure main- c . € r 0,€mf 
tenant mille arpens de terre autour de Falerne, o/fi c j 9ts j 
Tvn des meilleurs fonds du mode : il fe fait voir /*/;<*, 



1$6 E P o à O N L I B E P.. 

Et j4ppiam mannis terit : 

*5* •£ediltbt4pjue r/ianvus in primis cques? 
Othone contempto, fedct. 

G) nid attinel tôt oranAHium grdttï 
Roflrata duct pondère 

Contra latrones atque feruilem manum 
20. Hoc hoc tnbuno milttum ? 



IN CANIDIAM VENEFICAàî 

Epod. V. 



A 



T o deorum quicquid in cœlo régit 
Terras & humanum genus> 



uid ifie fert tumultus ? qui d omnium 
Vulttis in vnum me traces ? 



5, per liberos te , fi vocata partubns 
Lticina verts affntt: 

Per hoc inane purpura, decus preCor a 
Per irnprobaturum hœc louem. 

£)md vt nouer c a me intHeris^ mit vit 
19 • Petitaferro betlua î 



Epodes d'Horace, 287 

dans la rué Appienne tiré furfon char par de 
petits cheuaux qui ne feruent qu'aux gens de 
délices : & deuenu Cheualier de grande im- 
portance , il occupe les premiers fieges , fans fe 
mettre fort en peine de la loy d'Othon quieîi 
défend l'abus. Que feït-il de mener tant de 
grandes nauires chargées de forts efprons,con- 
tre des Corfaires,& contre vue armée feruile, 
ficeluy-cy, celuy-cy conduit la flotte, &: s'il c& 
Tribun des foldats ? 



20. 



CONTRE LA SORCIERE GANIDIE. 

Epode Y. 

// fait parler vn certain enfant* que quelques Sor~ 
cteres faifiient mourir de faim , l'ayant enfer- 
me en terre iyfquau menton , afin que de fil 
mon elle s Çp" de fin fiye-, elles compofajfeni vh 
breuuaqe d'amour. Il deferit premièrement Us 
prières de C enfant , & pni/s fin imprécation con~ 
ire les Sorcières. 

* £*\ ^* eu * ^ u Ciel °l u * rc giAcz la terre , & o um r# 
V>/ le genre humain 1 Que veut dire ce tu- i*yj*d* 
inulte? & d où vient que tout le monde tourne ?!*?* "" , 
iur moy feul des regards furieux ? Ha femme , ie -^ V*™' 
te prie par tes Enfans , fi Lucinc implorée aux ' 
vrais accouchemens , s'eft trouuée aux tiens : ie 
reconiurepar cet ornement de la pourpre qui 
éclate vainement fur moy,& parlupiter qui ne 
doit point aprouuer toutes ces chofes : Pour- 
quoy me regardes-tu comme vne Maraftre? ou \ iq« 
comme vne befte farouche attaquée par le fer? 



i?X E p o d o n Liber.' 

Vt h&c trementi que fins ore , confiait 

Infianibus raptts puer t 
lmpubc corpus , quale poffet impia 

Mollire Thracum peftora: 

15. Canidia breuibus intplicata viperis 
Crines & incomptum caput y 
lubet fepulcbris capnficos erutas y 

ïubet cuprejfos funèbres. 
Et vnfta turpts oua rana fanauine , 
*o. Plumamque nofturnaftrigis, 

Herbafcjue , quas ïokos atque Iberid 

Mittitj venenorum ferax , 
Et ojpt ab ore rapta ieiun& canù> 

Flammis aduri Colchicis. 

*S* At expedita Sagan a per totam domutrt 
S par gens Auernales aquas , 
Horret capillis , vt marinas* afperis , 
Echinas, aut cmrrens aper. 

AbaEla mulla J r eia confcièntia , 
30. Ligonibus duris butnum 

Exhauriebaty ingemens laboribus : 

Quo poffit infoffus puer 
Longo die bis terne mutât* dapii 

Inemori Jpeïïaculo: 

35* Quum prominer et ore y quantum extdnt AquA 
Sufpenfa menio corpora : 
Exfutla vu msdulU , & aridum iecnr , 
Atnoris effet foQulnm ; 

Aiaflî-toft 



F p ode s d'Horace. ijfo 

Auflî-toft que l'enfant eue fait cette plainte 
d'vne voix tremblante, il s'arrefta ferme :&fes 
ornemens ayans efté arrachez de force , fon 
'corps qui n'auoit point encore ataint l'âge de 
puberté parut tel qu'il pouuoit amollir le cœiK" 
le plus impitoyable de la Thrace. Canidie qui 15J 
portoit Ces cheiieux rétrouflez iiiefc des tiens 
de petites vipères fit brufler dans des flammes 
* magiques des figuiers fauuages àfrachèz de edehif «à/, 
quelques fepultures, des Cyprès qui auoierit 
feruia des funérailles, des œufs trempez dans 
du ftng * de grenouille , le plumage d'vne che- o* de et a* 
ueche qui ne vole que la nui6fc, des herbes qui f ***l 
nous font enuoyées d'Iolque , & du terroir dl- z0 ' 
berie fertile en venins , 5ï des os arrachez de la 
gueulé d'vne chienne affamée. Mais tandis qu£ 
la diligente Sagane aroufoit toute la maifbn ^/J 
d'vne eau puifée aulacd'Auerne , fescheueux 
fe drefferent comme des alefhesd'vn herifloh 
de mer 3 ou comme le poil d'vnfânglierpour- 
fuiuiparleschafïeurs. Vejequi pour eflre tout ç 
noire de crimes , ne reflentoit iamaisde remors 
de confdence, fe donnoit bien de la peine à iqI 
vuider auecdesbefches & des pelles vnefofTe • 
qu'elle faifoit, où Tenfant enfouy puft mourir 
de faim, en regardant deux ou trois fois le iour 
plufieurs fortes de viandes qu'on luy deuoic 
prefenter,pour alonger fon tourment, tandis 
que fonvifage feroithôrsde terré autant qu il 
fercit hors de l'eau, c'eft à dire iufqu'aumen- J$ r 
ton, pour ne fe pas noyer*, afin que fa moelle 
eftant tirée de ks os, & fon foye arraché de (on 
fehi; la (breierc en puft faire vne boiilbu da- 

T 



190 Epodon L i b é r., 

lnterminato cjuum fcmel fixa çtbo 
4*' Intabutjfent pupuU. 

JSIon defutjfe maftuU Itbidinis 

Arimincnfcm Foliam , 
Et otiofa credidit Neapolis > 
Et omne vicinum oppidum : 
4Ϋ Quœfidera excantata voce Thejfala, 
LuYiAtncjue ccelo diripit. 

Hic irrefeclum faua dente h ut do 

Canidia rcdens pollicem , 
Jgtnd dîx'tt ? aut cjuïd tacnit ? O rebas mets 
$©# Non infidèles arbitrai 

Nox , & Diana* cjha fîlentium régis y 

Arcana quum finnt facra , 
Nunc > nunc adefle ; nunc in bofiiles domùS 

Iram aîque numen vertite. 

55. Formidolofdt dùm latent fj lui s fera 9 
Dtilci fopore languide > 
Senem (quod omne s ridcant) adulterurn 

Latrent Suburana canes 
J<lardo perunÛum : qnale nec perfeftius 
go. Afea labo rat unt manus. 

Quid accidit ? cur dira barbare mintiî 
Venena, Me de a valent , 

Jgttibtss fuperbam fngit vit a pellicem 9 
Jtdagni Creontis filiam y 
£t] J?Humpalla> tab\> munns imbutum* nouatt 
lncendio nuptam abjlulit ? 
Atqui nec berba nec latens in afperis 
RadirX fefellri mt Uck* 



EpoDes d'Horacl .291 

mour, quand v'ne fois Tes prunelles feroient def- 
feichées 5 les ayant arreftées fixes fur les mers 4c. 
defFendus. Naples où règne foyfiueté, a crû 
auili bien que tous les lieux d'alentOu^qtie Fo- 
lia de la ville de Rimini pofledée d'vne mafle 
^rdeur enuers les autres femmes, '& qui d'vne 4^4 
Voix de Magicienne de Theiïalie, charme les 
«Aftres, ScarracBe la Lune de fon Ciel, ne dé- 
faillit point en ce lieu-la. Maisicy, la cruelle 
Canidie rongeant fon pouce rononé de fort 
jpres d'vne dent liuide; que dit-elle , ou que ne . , 
dit-elle point? O fidelles témoins des chofes $Q* 
que ie fais en fecr et, dit- elle,Nui£t Se Diane qui 
pgis le ftience pendant que nous célébrons nos 
myfteres cachez. Venez, venez promptemenç 
à mon fecours : tournez voftre couroux , &c vo- 
ft re diuine puiflknce cotre les maifons qui nous 
font ennemies. Tandis que les animaux fauuâ- *•£ 
ges 3 langui(ïans par le fcrnmeil, le cachent pour 
dormir dans l'ëpaifle horreur des forefts 3 Se 
que les chiennes de* Suburre abboyoient après c*eft vn, 
l'Adultère vieillard ( dont tout le monde fera 1»A &° m 
des railleries) eftant parfumé d'vne cdmpoiî- meo * ide - 

excellente , que ie nen ayiamaisfcuc de ^ es ^ mmti 
meilleure, qu'en eft-il arriué? D'où vieut que déUmhi^u 
n'ont point îcy de force les deteftables venins 60, 
de la barbare Mcdée, par îefquels s'eftant van- 
gée de* fa Riualefuperbe, fille du grand Creô, Crevfa. 
elle prit la fuitte après quelle eut fait périr la 6j, 
nouuelle époufe de îafon&zns yp fatal embra- 
fement , parle prefent d'vne îobfeé ernpoifon- 
ncc. Or il n'y a point d'herbes ny de racines en 
quelque lieu qu'elles puiÛent cftre cachées,dôe 

T ij 



t$ï Epodûn Libe 

Indormit vnilts omnium cubtltbus 
ÇQ. Obliutone pellicum. 

'jih , ah , folutm ambulat venefiçê, 

Scientioris carminé. 
J\Jon vfitatis Vare potionibn* 
( O multa fietnrum caput ! ) 

7J. Aà me recurres: nec voçata mens tuA 
Adarfis redibit vocibus. 

JMaïus parabo , maim infundam tïbï 

Faftidienti poculum. 
PriufcjHe cœlum fidet inferius mari, 
So. Tellure porretlafupers 

£)uam mn atnore fie mso flagres, vti 

Bitumen atris ïgwbut* 
Sub bœc puer y tam non> vtante, moftibttè 

Lenire verbis impiat j 

&5* Sed dubim vnde rumperet filentmm » 
Mifit Thjefieas preces : 

Venena > magnum , fus nefafijue , mn valent 

Conuertere humanam vicem. 
Diris agam vos : dira detefiatio 
~$o 9 Nnila expiatur vtcïima. ■ 

J>)uini vbi périr e tujfus expirauere , 
Kotturmu occurram furor : 

Petam^ue vttltus vmbra cttruis vnguibm 
( Jgua vis deorum efi mamum) 
5 j # JEp mepiietis ajfidens fr<x,ÇQrdiis % 



E P O D E 9 dHôRACI. 2.5x5 

îe n'aye fait l'efprcuue. Cependant il dort en 
des lits frottez de l'oribliance de toutes celles 70, 
qui l'ont aimé. Hal il marche deliurédefes 
liens par les enchantemens d'vne plus fçauantc 
Sorcière. OVarus,qui dois verfer beaucoup 
de larmes , tu reuiendras vers rrxoy par la force 
de plufîeurs breuuages qui ne font point accou- 
tumez: & ton ame appellée par des paroles 75" 
auffi puisantes que les enchantemens des Mar- 
fes,ne reprendra plus fonfiege ie prepareray 
vne boirfbn plus forte : ie t'en verferay vne plus 
forte puifquc tu me dédaignes : & pluftoft le 
Ciel s'abbaifTera au defïbus de la mer,& la ter- S©* 
te fe hauflera au defTus des Eftoiles , que tu rie 
fertiles de mon amour, ainfî que le Bithume das 
les feux noircis de fa propre fumée. Sur ce pro- 
pos l'enfant nVfant plus de paroles douces 
pour attendrir le coeur de ces inhumaines fu- 
ries , mais comme il balançoit par où il rom- $$* 
proit fon fîjencc, enfin il pouffa ce,s impréca- 
tions qui ont quelque chofe de celles de Thie- 
fte contre fon frère. Les enchantemens empoi- 
fonneurs, dit- il, peuuent bien confondre les 
adions bonnes & mauuaifes , mais, ils ne fçau- • 
roient changer le fort de la condition humaine. 
le vous chargera^ d'imprécations. Vn crime fî 
deteflable &c fî cruel que le voftre , ne fe peut 9° • 
expier par aucune victime. Et quand ie feray 
contraint de mourir : apresauoir expiré , ie de- 
uiendray pour vous vne fureur nocturne : Se 
mô ombre par le pouuoir des Dieux infernaux» 
retournera pour vous déchirer ie vifageaueq 
des ongles crochus, le tn arrefter&y au fans de gfjj 

T uj 



%$4, EroDoN Liber. 

Pauore fomrîos auferam. 

Vos turba vicatim hinc çfr hinc faxis petenj 
ContHvdct e^fcœnas amis* 

pôfi infepulta memlra différent lupi 9 
ïiO» Et EfquilinA alites. 

JSleqne hoc parentes , heu mihifuperftitcs % 
Êjfugerit fpeElaculum. 



10 



Ï 3 N CASSIVM SEVERVM, POETAÎ^ 
maledicum &£ peculantem. Epod. VI. 

QVid immerentes hofpites vexas > canis* 
Io-nattift aduerfum lupos ? 
G) vin hue mânes* jl potes , vertis minât , 

Et me remorfurum petù? 
Kam. quali* aut M oh (fus * aut fulutts Lacon* 

(Amie à vis paftortbus) 
j4oam fer altos aure fublata mues s 

G)H<tCHncjue pr<zce dit fera. 
Tu y ejuum îimenda voie ccmplefli nemusy 

Proteiïnm oiorarls cibum. 
Cane , caut : riamque in malos afperrimus 

Parât a totlo ce mu a , 
Qualis Ljcambdt fpretus in(ido gêner , 
Aut acer hoftis BupaU. 
An , fi quis atro dente me pîtiuevit % 
InultHS vtfiebo puer? 



E po des d'Horace. i$j 

vos cœurs troublez, i'enleueray voftre (ômmcil 
par la frayeur, &c vne foule de peuple, vous 
pourfuiura de cofté & d'autre, & de rué en rue 
à coups de pierres , & vous aflbmmera d'vnc 
grefle de coups, abominables vieilles que vous 
eftes. Puislcsknips&lesoyfeauxcarnaciersdu l Qq $ 
Mont-Efquilin, emporterôt vos mébres priuez 
delafepulture:&ce fpe&acle ne fera point ofté 
à la vue de mes parens qui me doiuent furuiure, 
helas l pour en AHoirvne bien trifte confolation* 



CONTRE CASSIYS SEVERVS: 
Poète medifant. Epode VI. 

MAftin qui as peur des loups , pourquoy 
tourmente-tu de tes abbois les pafl'ans 
qui ne font point de mal? que ne tournes-tu, 
deçà tes vaines menaces , Se que ne viens-tu 
m'attaquer , fi tu ne crains point que ie te mor- 
de ? Car tel quvn dogue d'Epirc, ou qu'vn chic £ 
de Sparthc au poil roux , chere protection des 
?ergers,i'iray l'oreille haute parmi les grandes 
neiges,apres quelque befte que ce foit qui cou- 
re deuant moy. Mais toy quand tuas rempli 
tout le bois d'vnevoixpeureufe^tut'amufesà * toi 
fentirle manger qu'on te iette. Garge, garde, 
parce que i'éleue mes cornes contre les mef. 
chans , & ils éprouuent bien que ie leur fuis va 
ennemi dangereux, tel que le fut au perfide 
Lycambe * fon gendre mcfprifc, ou tel que * dntyf*** 
l'Aducrfaireopiniaftre de Bupale. Si quelquVa *''****• 
m'attaque dVne dent noire , dois-je pletuej: *& 
comme vn enfant fans eftre vangé î 

X iii] 



^G Epcdon Liber. 



AD POPVLVM ROMANVM. 
EpoJ. VII. 

Exccratio bcliiciuilis gefti bine B.ruto &c Caf- 

f\Oy îlUnc O&auiano , M. Antonio , & M. 

Lepidû ducib.us. 

QVo , quo fcelejbi ruitis ? aut car dexteris 
Slptantur en fi s conditi ? 
Tammne campis atc/ue Neptuno fiiper 
Tufiim efi Latin? fanvainis ? 
5# Kon , vtftiperbas inmd& Carthaginis 
Romanus arces vreret : 
IntaUus mî Britannus vt defienderet 

Sacra catenatus via: 
Sed vt y fiçundnm vota Parthorum , fua 
10. Vrbs me periret dextera. 

Neque hic lupis mos, ne c fait lecnibm 

f^nquam^ nifi in dijpar genus. 
JctiYome c&ctu , an raptt vis acrior ? 
j4n adpa ? refpGnfttm date. 
1* Tacent: & ora pallor albtts inficit, 
- ' Alentefque perculfiz ftupent. 

Sic efi. acerba fata Romanos agunt* 

Scelufque fraternœ necis : 
Vt immerentts ûaxit in terrain Rewi 
SQ- Stcer ntpQttbtis cruor* 



Epcdïs DHoRACt lc,j 



A V PEVPL£ ROMAIN, 
Epodç VIL 

peteftàtionde la guerre Cimlle contre Brutm & 
Cajfius fous le Triamuirap. 

OV courez-vous , médians , où courez- 
vous? ou pourquoy remettez- vous à la 
main vos épées qui font encore au fourreau? Y 
â-t-ileupeu de fang latin répandu fur la terre 
& fur la mer ? non , afin que le peuple Romain ^ 
mift en cendres les fuperbes fortereiTes de l'en- 
uieufe Carthage , ou que * le Breton à qui nous ?AngUm r 
rfauons point encore fait la guerre, defcendift 
çnchaifné le long de la rué facrée pour eftre 
mené en triomphe : mais afin que Rome pe- ioJ 
rift par fa propre main félonies vœux des Par- 
thes. Cette coutume ne fut iamais entre les 
loups & les lyons, fi ce n'eft contre desefpe- 
ces différentes. Eft- ce vne fureur aueuglequi 
nous emporte? ou vne force plus grande? ou fi 
c'eft quelquefaute énorme* refpondés. Ils fè ^15, 
taifènt: vnepafleur s'épand fur leur vifàgc, 8c 
leur efprit eft frappé d'étonnement II eft vray. 
LesrigOureufesDeftinées, &le crime du mai- 
facre dVn frère agitent de telle forte les Ro- 
mains que le fang (àcré de l'innocent Remus 5 a 2®, 
coulé par terrç iufques à la pofterité. 



298 Epodom Liber. 

■ — *. 

AD AN Y M LIBIDINOSAi 
Epod. VUL 

ROgffi Ion go putid^m te fteulo , 
Vires tjutd eneruet mext ? 
Qjdum fit ttbi dens ater , (fr rugis veW$ 
Frontem feneÛus exttret, 

$• Hietqut turpis inter Arides ttAtes 
Podex > velut crudt huis. 

Sed incitât me peBus , &* mAmmdt put/es, 
Equina ejuales vbera : 



10. 



Venter que mollis, çfr fémur tnmentibui 
Exile farts additum. 

Ejlo beétta : funus atque imagines 
Vacant triumphales tuum : 

Tîec fît mérita, qtt& r^tundioribui 
Qnufia bύcis ambulet. 

ic. J^nid? cjuod Itbelli Stoici inter ferico? 
Jacere puluill&s amant? 

Jlliterati num minus ne rut rigentl- 

Jliinufue languet fafcinum ? 
Quod vt fuperbo proueces ab inguine, 
10. Ors allaborandum efi ttbi. 



Epodes d'Horace, 299 



CONTRE VNE VIEILLE IMPV- 
clique. Epode VI, II. 

Cette pièce a desfallete&furlafin que la modeftie 

nopu à empefcbés d'exprimer auec l& 

ndiueté de/on vraj fins. 

NE rougis- tu point dans le grand âge au- 
quel tu vis , & dans l'horrible puateur qui 
te fuit, de me demander ce qui diminue mes 
forces? ayant les dents noires , le front fillonné 
de rides par la vieillcflè , & par derrière > entre 
tes cuifles feiches , vn vilain trou qui n'eft pas e % 
moins béant que celuy dVne vache à qui lçs 
cruditez de l'eftomach , ont caufé quelque de-' 
bilité.* Mais ce qui me donne de ramour,eft ta cVy? vn$ 
belle poi£trine, tes mamrnelles pendantes, zo- **•***?*- 
me celles dVne jument , ton ventre mol , & ta 1****** 
cuiffe grefle fupportée par des iambes bouffies. 10 * 
Parmi tout cela ncantmoins fois riche, & de 
bonne maifon, fi ru veux: que deuant ta pompe 
funèbre, marchent les images triomphales de 
tes nobles Anceflres : & qu'il n'y ait point de ma- 
riée au iour de fes nopees 5 qui aille par la rué* ♦ 
chargée de perles plus rondes que les tiennes* 
Qnoy ? que pour toutes ces belles chofes, les H- *$? 
ures des Stoïciens aiment a ic repofer entre tes 
oreillers de iûycl Les gens qui ne font pas fi let- 
trez,fe mettét-ils moins en belle humeur ï Mais 
deuient-on moins languUÏant auprès de toy, 
quacjpoureftreprouoqué contre les fentimes» 
ilfaut que par le mépris quô fait de tes careffeSj, . 
tu einployes encore les charmes de ta voix. loi 



joo Epodon Liber! 



AD MECOENATEM, Epodc IX. 

Prjrfentit voluptatem, quarn percipietex Au- 

gufti vi&oria aduerfus Antonium 

& Cleopatram. 

QVando repoftum Ctcubum adfeftas étapes* 
VtÛore Uîhs Cœfare, 
Tecumfub alto, (fie I oni gratnm) dom* 3 
Beau Aiecœnas , bibam , 

f* Sortante miflum tibiù carmen lyra , 
Hac Dorium, illis bar b arum? 
Vt ntiper* a&iu quant freto Neptunius 
^Dux ftigit vftis nanibas , 

JMinatus vrbi vincla , cfu& detraxerat 
10. Semis amiens perfidts. 

Romanus (eheu pofierl negabitù ) 
Emancipâtes fœmint , 

« Fert vafltim & arma miles > & Jftadonibm 
Seruire rugojis potefl : 
fcf* Interne figna , turpe, militaria 
Sol afpicit conopeum. 

Ad hune f remente s vénérant bis mille equn. 

Gallis canentes C<tfarem : 
Hofliliumque nawum porta latent 
lo. Ptippes finiftrorfum ctta. 

Io trmmpbe , tn mararis. awreas 



Epodes d'H o r a c i 301 



A C1LNIVS MECENAS. 
Epode IX. 

Il s imfurïne le plaifir qu il receura quand Augnfle 
triomphera d'Antoine & de CUopœtre. 

HEureux Mécène > quand eft-ce que par la 
vidloire de CeGirji'auray laioyefousle 
bon plaifir des * Dievtx , de boire auec toy dans ° e lu t lttr * 
* ra belle maifon, iiu vin de Cecube gardé Ta haute 
pour les fefiins des grandes feftes, en recitant m<tt i on - 
desversfurlalyre, & fur les fluftes,les vnsen 5* 
ton dorique , 6c les autres en ton* phrygien, Barè*re. 
Comme demierement,quand*le Capitaine qui SextéFomZ 
fe difoit fils de Neptune, fut chafledcla mer,?^- 
après que (es vaifTeaux furent bruflez, quoy 
qu'il nemenaçoit la ville de rien moins, que 
des fers qu'il auoit otez aux efclaues rebelles, 10. 
donc il s'eftoit fait Amy } Enfin le foldat Ro- 
xhain fournis au joug* d'vne femme ( le pourez- #*£&*/*- 
vous croire pofterité ? ) porte fon rempart & trtt 
fes armes, & peut obeyr à des Eunuques ridez: 
& le Soleil regarde parmi les enfeignes militai- ' l S* 
res,le pauillô infâme pour empefcherles mou- 
cherons. Les Gaulois ne ponuans foujfrir fa honte > 
l'abandonnèrent là-deflus,& firent tourner ce- 
lle àdeux mille cheuaux contre luy, enfaueur 
de Cefar, dont ils chantèrent les louanges: 8c 2( ** 
plufieurs légers vaifleaux de la flotte ennemie, 
ie couurirent du cofté gauche du port , pour ne 
lepasfuiure. O glorieux Triomphateur, tuai- 



*oi Epodom Liber. 

Currtu , & mtci' ^ a* boues. 
lo triuripbe , nec luqttrthino parem 
Belle reportafli aucun, 
X$. Necjue Africano : eni fuper Carthaginem 
Vtrtus fepulchrum condidit. 

Terra mari que vitlus hofli* , Pumco 

Lugubre mutauit fœgum. 
Aut ille centum nobtlem Cretam vrbïbfiS 
5©. Ventis îturus non fuis , 

Exercitatas aut petit Sjrtes Noto y 

*Aut fertur incerto mari» 

Cap aci ores affer hue puerfcyphosj 
Et Chia vin a , aut Lesbta : 
3 3. Vel> quod fluentem naufeam coirceat 3 
jMetire nobù C&cubum. 
Curam metumcjue C&faris rerum iuuat 
Dulce Liao foluereo 



IN MiEVIVM POETA 
cui naufragium precatut;. 
Epod. X. 

MAla foluta nauis exit alite* 
Ferens olentem A4*uium. 
Vt horridU vtrumque verberes lattes, 

Aufler> mémento flutlibw* 
Niger rudentes Eurus , inuerfo mari , 

FraRofque remos différât. 
Infurgat Aqutlo , quantus altis montibm 
Frangh trementes iltces» 



if 



Epodes dHorAci. jp{ 

reftes les chars do r, & les icuncsgenifTcs pré- 
parées pour le facrifice. Certes nul triomphe 
ne nous a iamais ramené de Capitaine victo- 
rieux de la guerre Iugurtinc,qui luy puifïc eftre 
comparé, il n'en a point ramené de l'Affricaine 
qui luy fbit égal, non pas mefmes celuy, à qui fa 
propre valeur baftit fonTepulchrc des ruines 
de Carthage. L'ennemy vaincu par terre & par 
*ner,changea fa cotte d'armes rouge,en vn faîe 
de deiiil : & déliant aller en l'Ifle de Crète ce- }<* 
lebre par cent Villes , le vent qui luy eft contrai- 
re, le iette ou dans les Syrtes fbuuent battues 
de l'orage , ou le pou(Te fur vne mer incertaine 
Icy garçon , apporte-nous de grands verres, 8c 
donne nous à boire des vins de Chio,ou de Lef- 
bos, ou de Cecube qui empefche le mal dé $5 
cœur. Il faut par le bon vin, effacer Lesfoucis 
de Cefàr, &c luy oter la crainte qu'il a pour 
les affaires publiques. 



Contre mevivs avqve! 

il fouhaite la tempelte , & le naufrage. 
Epode X. 

LA nauire qui porte le puant Meuiu$, de- 
mare du port fous vn finiftre prefage. Vents 
de Midy , fouuencz-vous de battre fes flancs 
des vagues horribles que vous excitez fur la 
mer: Que l'Eure ebfcur par les tempeftes qu'il 
apporte, brifefes cordages, & iette fes rames 
dansles flots émus : que le violent Aquilon s'y 
éleue aufîi auçç autant de furie qu'il en exerce 



>4 Epo DOK LlBS ft« 

Nec fnius atra notte amicum appareat, 
! lO. C)ha triflts Orton cadtt. 

Quietiore nec feratur ac]Hore 9 
^Qptam Graia vi&ortim manns : 
Quum Pallas vfio vertit iram *b Mo 
Inimpiam Aiacis réitem, 
1 /• O quAnlus inftat natthù fndor tnis , 
Ttbicjue pallor lutens* 
Et Ma non virilis eiuUtio y 

Preccs cr auerfium ad Iouem , 
Jonius vdo cjuttm remngtens finut 
*&• Noto carinam rupent- 

Opim* qtiod fi pr&da chyho littorc 

Porrefta mer go s inneris ; 
Libidinofus immolabitur caper, 
Et agna tempe ftdtibm. 



AD PETTIVM CONTVBERNALEM. 
Epod. XL . 

Âmore Lycifci occupatus non poteft operatn 
conferrc ad verfus facicndos, 

PEtti j nihtl me ^ficut antea , inuat 
Scnbere verficulos , 
Amore percnlfam arani: 
jitnore^ qui me , frotter omnes> expetit 
S* Molltbns in pueris , 

Aut m puellù vrere. 
Hic tertïm December , ex quo defiiti 
Inachia furere , 

Syluù honorem decutit. 
*©. Heu me , per vrbem ( nam pndet térAi malt) 

fur 



Epodes d'HoràcEo joj 

fiîr les hautes montagnes, d'où il renuerfeles 
chefnes après les auoir ébranlez: Se que pen- 
dant la nuid: obicure,il ne luy àpparbiflè aucun 
Aftre fauorable, que le tiifteOrion fur lepoinc *©* 
qu'il fe couche. QjVil ne trouue point la mer 
plus tranquille quelle Ib fut à l'armée victo- 
rieufedes Grecs, quand après l'embrafemisnc 
d'Ilion, Pallas tourna fon courroux contre la 
nauire de l'impie Aiax Oilée. O quelle fueur, l y 
'Se quelle iaune pâleur fe prépare pour tes Ma- 
telots, Se pour ton vifage 1 Quels cris qui ne fen- 
tent point le courage d'vn htimme 1 Se quelles 
prières à Iupiter qui n'en tiendra point de con- 
te, quand le Goulfe mugiflant de la mer Io- 
nienne fous la furie des moites vents de Midy, ià> 
aura brilé ton vaifïeau ! Que fi tu es ietté fur le 
courbe riuage, comme vne grade proye aux 
plongeons pourlettrferuirdepafture -, ie veut 
immoler aux tempeftes vn bouc Se vne brebis. 

»■ i ■» i ! iii i . . . i . , ^. 

A P E T X I V S. Epode XI. 

£uefkant amoureux Une fe feut adonner a faire 
Ûes vers. 

Î^Ettius, ie ne m'aime plii£ à faire des vers 
X me fenrant cruellement blefle d'amour ? 
mais d'vn amour qui m'a choifi entre tous les 
hommes , pour me brufter du feu de toutes les £ 
belles perfonnes. C'eft icy le troifiefme Décem- 
bre qui a dépouillé les forefts de leur honneur, 
depuis que i'ay ceflë de foufFrir pour la belle 
înachie. Kelas (car i'ay honte d'vn fi grand j0. 

V 



5?<î Epodon Liber,' 

Fabula quanta fui ! 

C onnimorpim & pœnïtet : 
In queis amantem cr langttor & filentium 
Arguit y & latere 
u ê T eût tu imo fpiritus. 

Contracte lucrum ml valere candiduni 
Pau péri s inaeninm 

£)pierebar , applorans tibi ; 
SimPtl calentis inuerecttndùs Dcus 
2t>. Feruidiore mero 

Arcana promorat loco. 
fyaodfi meis in&ftuet prjtcordiis 
Libéra bilis, vt h&c 

Inarata ventis dïuidat 
25. Fomenta , vulnus nil malnm tenant ta j 
Dejinet imparibm 

Certare fummotus pudor. 
Vbi h&c feuerus te palam landaueram $ 
litjfas abire dvmnm y 
30. Ferebar incerto pede 

j4d non amicos ( heu ) tniki pofles , & (hett) 
Litnina dura , qnibm 

Lumbos ç*r infregi latus. 
t Nttnc gloriantis quamhbet muliercnUm 
j j. Vincere mollitia, 

Amor Lycifci me tenet : 
Vnde expedire non amicorum qneani 
Libéra conftlia , 

Non contumeliét qrattes : 
40* Sed altus ardor aut puelU candid&> 
Aut teretis pueri , 

Longam renodantis comam* 



E p o d e s d'Horacb, 5 07 

rnal) quel plaifir n'ay-je point donné a route 
la ville de Rome! le me repens bienauffide 
xn'eftre trouué en beaucoup d'atfemblées, Se 
de collations, où ma langueur, mon filencc, 
Se mes foùpirs tirés du fonds de l'eftbmach,ont *Jv 
fait connoiftre que i'eftois amoureux, le me 
plaignais à toy en verfant des larmes, quel ef- 
prit éclairé du paimre n'eft iamais eftimé eu 
comparaifon du gain , fl-toft que durant la vio- 
lence de mon feu , le Dieu fans pudeur auoic 
déplacé mes plus fecrettes penféesparlepou- «£$• 
noir du vin fumeux. Que fi ma bile s'irrite 
âiiec liberté, qu'elle épande aux vents, ces in- 
grats remèdes d'amour qui n'allègent point la 
blefïeure: ma honte ne debatrâ plus rien àuec 
Ceux qui ne font point mes pareils. Dés que 
i'eus loué toutes ces chofes en ta prefence, 
âuec mon humeur ferieufe: eftànc comirian- ijfi 
dé de m'en retourner chezmoy,i'eftois por- 
té d'vn pas incertain, hà,ienem'en (buuiens 
que trop , vers des maifons qui ne m'eftoient 3°«r 
point amies, vers des auenues de logis, helas; 
qui me furent bien dures où l'eus les reins 
brifés, & les colles rompues. Maintenant Ta- Jft 
mour de Lycifque qui fe glorifie de vaincre 
toutes les femmes par fa douceur jj mepofledé 
li fort , que ny les auis finceres de mes amis , ny 
l'aigreur desiniutes n'aiîroient pas la force de 
me dégager de Ces liens. Mais bien quelqu'au- 4° 
tre feu qu'vne aimable perfonne qui tortille fe$ 
longs cheueuxauec des rubans jpourroit allu- 
mer en mon cœur. 



o3 Epodon Liber. 



INANVM LIBIDINOSAM, 

qux fe ab co fubigi cupiebar. 

Epode XII. 

QVid tibi vis mulier ni gris dignijfîma bar- 
ris ? 
Alunera cur mibi> quidue tabellas 
Mïttis y nec firmo iuueni > neejue naris obefe ? 
Namqite fagacim vnus odoror, 

5* Voljpus , an gravis hirfutis ckbet hircus H$ 
alts > 
£)uam canis acer , qbi Uteat fus* 
£)*Us fudorvietis&quam mains vndique tnem- 
bris 
Crefcit odor> cfuùm pêne feinta 
Indomitam properat rabiem fedare $ neque 
illi 
l Q * lam manet humida creta , colorque 

Stercore fucatus crocodili : iamque fuband* 
Tenta cubilia teftaque rttmpit. 

Vel mea quum fzttis agitât faftidia verbis: 
lnachia langues minus ac me. 

*j< Jnachiam ter noïle potes : mihi femper ad 
vnum 
Mollis opHs.percat maie , qu<t te 
Leftia , quarenti tanrum monftrauit iner- 
tem> 



E V O P E s d'H orac e , 



}G3 



A VNE VIEILLE PVANTE QVï 

defiroit d'eftre careflee de luy, 

Epode XII. 

QVc veux-tu de moy , femme plus digne 
dVftre aimée des Elephans noirs que des 
hommes } Pourquoy me fais-tu des prefens 3 Se 
pourquoy te donnes-tu la peine denicfcrire 
des lettres, qui ne fuis nyaflezieune pour toy, 
ny affez braue pour te faire feruiçe , ny d'vne 
narine à ne rienfentin Gar pour m apperce- ^ 
uoir d'vn * polype > ou d'vn bouc puant qui re- Ceflvn vim 
pofe fous des aixelles velues, i'ay l'odorat plus l***™** 
exquis qu'vn chien de chafle qui découure auec 1 m v ' en * 
le nez la bauge d'vn fànglier. Quelle fueur de- 
teftable découle de toutes parts le long de fes 
chairs mollafTes \ quelle mauuaife odeur eft cel- 
le qui croift autour de fès membres débiles, 
quand vne autre partie qui fe découure la fait 
impatienter d appaifer fa rage imdomptée? 
quand il ne luy demeure plus rien fur le front, xo ] 
de fon* humide craye,& de la couleur côpofée De fo* 
du fien de crocodile quelle employé pour fe/*^« 
farder? & qu'à force de s'agiter comme vne 
grofle truye ,elle romples rideaux & les trin- 
gles de fbalidfc? aujbien, quand auec des parol- 
les aflez aigres a elle reprend ainfîie dégouft que rj. 
i'ay à fon fujet ; Tu es fans doute beaucoup O»*****- 
plus généreux auec Inachie que tu n'es pas auec ' ?"* 
moy. * Que Leibie puifle mourir miierable- (§d e mià 
ment qulm'a montré vnlafchç en me doariant dejftm, 

V iij 



5^0 E?odom Liber. 

Quant mibi Cou* adcjfct AmyntM: 

Cuius in indomito conftantior inqtiïnc nerims y 
*? # ^lHf' m noua collibus arbor inh&rgt. 

JMuricibus Tyriù itérât* vellera lan<t 
Cui properabdntur ? tibi nempe. 

Ne foret squales inter conniua , mdffs quen? 
Diligent mulierfu* > qu*m te. 

K - Q $ g° }i0 * felixy quamtu fugis , vt pauet acres 
Agita lupos, c*pre<tque le cm s. 



H 



AD AMICOS COMICOS, 
Vt hyemem hilariter traducant. 

Epod. XI IL 

Or rida tempe fia* cœlum contraxit> & irn~ 
bres 

Niuejque deducmt louem* Nunc mare > nunc 
fylù* 
Thréicio Aquilone fonant. rapiamus amici 
Occafwnem de die : dumque virent gennAy 
e. Et decet , obdutta foluatur fronte fenelitis. 

Tu vina Torquato moue Confule prejfa meo, 
Cetera rnitte loqui. de m hdtc fortaffe bemgna 

Reduce tin fedem vice. Nunc &r Achœmeni* 
Perfundi nardo iuuat> & fide Cyllenea 
I©. Jheuare diris peftora [olUcttudinibus. 



E r o d e s d'Horace. jïI 

la connoiiïàncc, au lieu que ie demandois vn 
Taureau de grande force , quand Amyntas qui 
eftoit à mon feruice auoit quelque chofe de 
plus ferme que n'eftvn ieunc arbre planté fur 20» 
le haut d'vne colline. Pour qui eftoit-ce que 
fe preparoient les laines taintes. deux fois dans 
la pourpre de Tyn pour toy certes, afin qu'il 
n'y euft perfonne entre tes pareils, que fan 
Amie cherift dauantage que toy. O que ie nx'e- ^j\ 
iiimc malheureufe de ce que tu me fuis,çommc 
vne brebis fuit les loups cruels, & comme les 
cheureiiils qui ont horreur des lyons , pren- 
nent la fuitte deuant eux. 



A SE S AMIS. Epode XIIL 
^h il faut pajfer l'Hytter ioyeufement* 

L'Horrible faifon couurele Ciel : les neiges, 
& les pluyes attirent Iupiter icy bas : & la 
mer &c les forefts retentirent par les foufles 
d'Aquilon qui tirent, du cofté de la Thraçe. 
Chers Amis vfons de ce iour, & tandis que 
nous auonslcsgenouxfermes,& que l'occafion • 
s'en prefente , chafïbns loin de nous les cha- / 
g rins de la vieille (Te qui nous rident le front. 
Toy , garçon apporte nous des vins foulez au 
preflbir dés le Confulat de mon cherTorqua- 
tus : du refte, ne te mets en peine de rien. 
Peut eftre que par vn retour fauorable, Dieu 
reftablira toutes chofes en leur place. MM* il 
fait bon maintenant fe frotter du nard de Perfe, 10. 

V iiij 



§n Epodon Liber. 

Nobilis Vt grandi cectn t Centaurns alumno, 
Imucle mortalU , dea nate puer Tberide, 

Ternanct AJfaraci telLu : quam frtgida parut 
Fmdunt Scamandri fiumina , Ikbricus & Si' 

5 5* Vnde t'thi Ycditnm certo fubtemine Parc et 

Rupere : nec mater domum carnU te rcuehtt 

Jllic omnt malum vino cantucjue leuaro, 
Deformis œgrimonia date t'b u s alloquiis. 



AD MECOENATEM, 
Epod. XIV. 

Phrynes amore détenais Iambos promifïçs, 
non poteft ahfoluere. 



M' 



Ollîs inertia enr tantam diffuderit imU 
Obliuioncmfenfibus , 
Pocula Lethdtos vt fi ducentia fomnos 
Arente fauce traxertm , 
J' Candide Mecœnxt > occidis fkpe rogando: 
Dcus de us nam me vetat 
Inceptos > olim promtjfum carmen , lambo: 

Ad vmbilicum addmere* 
3$$n aliter Samio dïcnnt arfijfe BathjlU 
!£• A» acre ont a Teimn : 

Jgw perfapt caria tafindinc jicmt amonm^ 



Epodes b'Horace. 315 

&{bulagerles cœurs de leurs cruels foucispar 
Je fon de la lyre de Mercure > comme le chanta 
autçesfois le noble Centaure * à fon fameux àAct)JU m 
nourrifïbn. O enfant inuincible , né mortel de 
la Deefle Tethis, tu es , dit- il, attendu de la ter- 
re d'Aflarace couppée par les eaux froides du 
petit Scamandre,& par le doux Simois,doulcs 15 • 
Parques ont tranché ton retour 5 ourdi(ïant la 
trame de ta vie , & ta * mère bleue ne te rame- TkttU. 
nera pas à la maifon. Là > donne allégement à 
tous les maux par le vin & par la mufique , qui 
font des charmes bien doux contre les fouçis 
cuifans. 



A MEC EN A S. EpodcXIV. 

J?ye t amour de Phryné eft caufe qnil n acheté* 
joint les ïamjbts quil amit promis. 

* /^Andide Mécène, tu me fais mourir en Fm»^*- 

V^-/me demandant ibuuent 5 pourquoy la c ' rfi 
molle oyfiueté répand dis le fonsde moname, 
vn oubli iî profond, qu'il femble que i'aye aual- 
lédvne gorge alteréedes breuuages puifesau 
fleuue Lethé qui calife Içfommeil, & la perte $• 
du fbuuenir. Car vn Dieu puijptnt, vn Dieu qui 
me déclare la guerre , m'empefche d'acheucr les 
vers que i'auois autresfois promis, &c me dé- 
fend de côtinuer les ïambes que i'ay commen- 
cez. Ainfi Anacreon que l'on dit qui brufla dV- IQ* 
ne pa0km véhémente pour Batyie de Samps, 
pleura fouuenc fur la iyrç, fon ardeur amou- 



3*4 E P O D O N L I B I BL. 

Non elaboratum ad pedem. 

Vreris ipfe mi fer. quod fi non pulcbrïor tank 
Accendtt obfejfam lit on , 

'5' Caude forte tua : me libertin* , ne que v*9 
Contents Phrjne macérât. 



AD NEiERAM A M I C A M, 
de cuius periurio conqucritur. 

Epod. XV. 



N 



Ox erat, & coelo fulgebat Lunafîrenû 
lnter minora fydera , 
Jguttm tu , magnorum numen Ufura Bcorum y 
In verba iurabas mea y 
5* jérElitis y atcjue edera procera afiringitur ilex > 
Lentis adhdtrens byacbiù : 
Dum pecori lupus > & nantis infeftut Orion 

Turbaret hybernum mare y 
Intonfofjtte agitaret Apollinis aura capi/los K 
10, fort hune arnorem mutuum. 

Qdolitura mea multum virtute Ne&ral 

Nam, fi cjutdin Fl*cco viri eft> 
Non feret ajfiduas potiori te dare nottes* 
tt qu&ret ïratus parem. 
15* Nec femel ojfenfa cedet confiant** forma %t 
Si certus intrarit dolor* 



E v ode s d'Horace. 31 j 

ïcufe , d'vn vers qui n'eftoit pas aflez peigné, 
pour n'y auoir point apporté la dernière main. 
Tubruflestoy-mefmesmalheureufement.Que 
fî vn plus beau feu n'a iamaisembrafé la ville 
de Troye affiegée^réiouy-toy de ton fort. Phry- 1 J, 
né affranchie qui ne fe contente pas d'vnfeul> 
me confume nuid &c iour. 



A N EE RE. Epodc XV. 
Il fe plaint quelle ne luy garde pas fa foy, 

IL eftoit nuid , & la Lune éçlatoit au Ciel Se- 
rain entre les moindres feux , quand fans 
crainte d'offencer les Dieux puiflans, en me te- 
tenant ferré plus étroittement de tes bras (bu- e 
pies, que le lierre n'emb rafle l'yeufe qui en eft 
entouré, tu iurois fur mes paroles , que tandis 
que le loup feroit ennemi des brebis , & que 
l'eftoile d'Orion côtraire aux nochers troubie- 
roit la mer durant le rudeHyuer,& que le vet le* 
feroit voleter les longs cheueux d'Apollon, 
noftre amour feroit réciproque. O Neerc, qui 
auras vn iour beaucoup de regret d'auoir abufé • 
de mon affedion : car s'il y a quelque chofe de 
fort dans, l'ame de * Flaccus,ilne fbuiFrira û- d f Hor*ce*. 
mais que tu donnes toutes les nuids à quel- ij- 
qu'vn que tu chéris dauantage que luy . Mais il 
en cherchera vne autre de qui les affedions ré- 
pondront aux fiennes. Si vue certaine douleur 
l'cnuenime, fa confiance ne cédera iamais à ta 
beauté qui fera vne fois criminelle. Mais toy 



y6 E t» o d o N L I B E R." 

*dt tu > quïcunque es fœliciêr , atqtte meo nUnï 

Superbns incedis malo , 
Sis pécore & multa diues tellure licebit > 
1°« Ttbtqne P atteins fluat % 

Nec tePythagor* fa liant arc an a renaù* 

Formaque vincas Nirea ; 
Eheu tranjlditos alto mœrebis amores : 

*dft ego vicijfim rtfero* 



AD POPVLVM ROMANVM. 
Epod. XVL 

V 

Commiferatio cft Reipublicae p mr ciuilij 

bcl!a. 



A 



Ltera iam teritur bellis ciuilibus atas : 
Suis & iffr Roma viribus mit. 



Quam neque finitimi valuerunt perdere Afarf 
Minacis aut Etrufc* Porfena manus , 

5. ts£muU nec virtus CapuA , nec Spartacus acer, 
^Ohifque rébus infdelis Mlobrox , 

Nec fera Cétrulea domuit Germania puhe> 
P arentibufque abominatus Annibali 

Impia perdemus deuotifanguinis <ttas : 
IO * Fenfque rurfus occupabitnrfolum* 



Epobes d'H GRACE. 317 

qui que tu fois plus heureux que ie ne fuis, qui 
te glorifies de mon mal , fi tu es riche en beftail 
& en terres labourables,fi le Paftole roule pour zé, 
toy fon fable d'or, fi tu n'ignores point les fe- 
crets de Pithagore reuenu au monde , &c fi tu 
furmontes Nirée en beauté ; Helas l il ne fau- 
dra pas moins que tu pleures tes amours tranA 
ponces autre part, & i'enriray à mon tour. 



AV PEVPLE ROMAIN. 
Epode XVI. 

Il f: fUint des mîfires causées par la guerre 
Cimlc* 

\7 N autre âge fè confomme encore auiour- 
dhuy dans les guerres Ciuiles: &Romc 
mefmes eft à la veille de tomber fous fes pro- 
pres forces, quoy quelle n'ait pu fevoirabba- 
tyc , ny par les Marfes fes voifins , ny par l'ar- 
mée de Porfenna qui la menaçoit iufques dans #; , 
(es portes , ny par la valeur de Capou'é concur- 
rente de fa gloire, ny par l'inhumain Spartacus, 
ny par les * Allobroges infidelles dans leur // efittnd 
humeur toufiours encline à lanouueauté. En tous les 
ce temps auquel règne l'impiété; pour expier G****** 
par noftrc fang le crime de nos Anceftres, nous 
perdrons celle que la* rude Germanie n'a pu L ^n im ^ 
dompter auecfa ieunefTc aux yeux bleus, non gneenfait 
plus qu'Annibaldctefté dans fa propre famille: vmtpatM* 
ôc fon terroir fera repeuplé d'animaux fauua- 10. 
ges, dont ilauoit efté purgé quand elle fut ba- 



jiS Epodon Liber. 

Barbarus > hen ! ancres infiflet viElor , & v? 
bem 
Eques fixante verberabit vngula', 

Jgptdtque carent venus & folibus , offa Qui- 
rini 
(Ncfiu videre) difsipab.it infolens. 
, 5* Forte > quid expédiât, communiter, aut melïcr 
pars 
M^lts carere:qu<zritis laboribus. 

Ntilla fit hac potior fentenùa^ ( Thoc&orum 
Velut profugit exécrât a ciuitas> 

dgros *tque tares proprios > habitandaquz 
fana 
20. Apris reliquit tfr rapacibus lupis : ) 

Ire y pedes quocunque ferent , quocunque pcr 
vndas 
Notus vocabit , aut proteruus Africus. 
Sic placet ? an melsus quis habet fuadere ? fe- 
cunda 
Ratem occupare quid moramur alite? 

ij. Sed iurernus in hœc: Simul ifnis faxa rena* 
rint 

Vadis leuata , ne redire fit nef as : 
Neu conuerfa domum pigeât dare linted , quart* 
do 
Fadus Matina lauerit eacmnina : 

In ni are feu ce l fus procurrerit Apenninust 
io.- Neuarive monftra lunxeritlibidine 



Ëpodes d'Horace. 519 

î&ie. Helas le barbare vainqueur, foulera (es cè- 
dres aux pieds : les Cheualiers en courant fur 
les ruines de la ville, les feront refonnerfous 
l'ongle de leurs cheuaux: & l'infoknce desfol- 
dats paffera iufqu'à vn fi grand excez., que par 
vn fpe&acle funefte,elle épadra les os de * Qui- Rêmutè. 
rin épargnez des vents, & d'vne longue fuitcc 
d'années. Peut-eftre me demanderez-vous tous IJ. 
en commun,ou du moins la "meilleure partie de 
Vous, ce qu'il feroit bon de faire pour éuiter ces 
cruelles miferes.Enquoy,il me (èmble qu'il n'y 
a point de meilleur auis à prendre, quedefaîre 
commecette * ville des Phocéens, quis'enfiut j J L $i 

. r . , . „ f J 1 1 V- te* Phocéens 

après auoirrait des imprecatios etrages, lailsat „„ f Vint ^ 
aux fangliers,& aux loups raui(Tans,fes champs, Marjeille. 
(es foyers , Se fes temples -, & nous en aller par 20. 
tout où nos pieds nous pourront porter, & où 
nous appellent fur les eaux les vents de Midy, &C 
le dangereux Africain. Cette penfée eft elle 
bonne ? oubiena-t-on quelque chofe de meil- 
leur a dire pour en prendre confeil l Pourquoy 
diferons-nous dauantage à nous embarquer 
fous vn prefage fauorable } Mais faifons vn fer- 25. 
ment à peu présences termes. Qinlnousfoit 
permis d'entendre feulement à noftre retour, • 
quand les rochers fouleuez dufonsdela mer, 
nageront fur les caux:& n'ayons point de re- 
gret de tourner nos voiles du cofté delà mai- 
fon , dés que le Pau lauera les foumets de Mâti- 
ne qui eft vne môtagne de la Calabre,ou fî-toft 
que l'Apennin s'ira précipiter au fons de la 
mer,ouqucparvnepaflioninouye,vnmerueil- 30. 
leux amour auraproduit des monftres diuers, 



$2.0 ErODOtf L t B E R. 

Mirus amor : iuu:t vt tigres fubfiiere ter- 
nis , 

Adulteretur & columba miluio : 
Credula nec flaues ttmeant arment* leoncs* 

Ametque falfa Unis hircus étquora. 

i 55* Hdtc , & quét poterunt reditus abfiindere duh 

CâS y 

Eamus omnis execrata ciuitas : 
Aui fars indocili melior grege. mollis & ex- 
fpes 
Inominàta perprimat cubilia. 
Vos , qui bus eft virtus > muliebrem têllite lu- 
ttant, 
40. Etrufca prêter & volait littora. 

-** Nos manet O ce anus circumuagus : arua> beat À 
Petamus arua. dinites & infulas ; 

Reddit vbi Cererem tellus inarata quotannis* 
Et imputata fioret vfque vinea: 

fa Cerminat & nunquam fallentis termes oliuàl 
Suamque pulla ficus ornât arborem : 

Mella caua manant ex ilice : montibus altk 
Lcnis crêpante Ijmpha deftlit pede* 

lllic iniujfe ventant ad multtra capelU l 
JP» Refertque tenta grex amicus vbera t 

Nec vefpertinus circumgemit vrjus ouile » 
Nec intumefçit alta viperis humus. 

de forte 



E po des d'Horace? jki 

de forte que les cerfs ferôt agréables aux amou- 
reufes Tygrefles,& la Colombe (e ioindra aucc 
le Milan : ou bien au mefme moment que les 
troupeaux crédules n'auront plus de crainte ' 
des lyons roux, & que le bouc fans poil, aimera 
les eaux falées. Enfin après que toute la ville ad- jj 4 
ra vfé de cette imprecatiô, afin de luy oftei Bcf- 
perancç d'vn retour agréable gallons nous-en 
tous tant que nous fommes, ou la meilleure , îk 
plus faine partie du peuple ( car la petite popu- 
lace, qui n'a ny coUrage,ny efpoir de quelque 
chofe de meilleur, peut n'abandonner pas>(î el- 
le veut,(ès miferes,& prefTer de fon fardeau.fes 
liétsinfortunez.) Mais vous de qui les fentimeS 
font plus généreux, éloignez de voftre bouche 
les plaintes féminines, Se palfez en diligence aii 40. 
delà des riuages Etrufcques.LàJe vafte Océan, 
nous tend les mefmes bras dont il embrafle 
toute Ja terre. Allons , allons , en d'autres pays: 
fcherchôs ces champs heureux, ôc ceslflesopu- 
lentes,oùla terre fertile fanseftre labourée, red 
tous les ans vne abondante moifton, & où la vi- 
gne fleurit fans eftre taillée :où les oliuiers bour- 45, 
geonnent fans iamais tromper l'efpetançe,où la 
figue brune donne de l'ornement à l'arbre qui 
la porte,où le miel fe tire des chefbes creux, Se 
oùdu haut des tertres éleuez l'eau des fontai- 
nes tombe d'vnc chute bruyante. Làlesche* jq, 
ures viennent de leur bon gré pour eftre tirées: 
& le troupeau amy s'y preiénte auec Ces rettes 
plaines de lai<5t. L'ours n'y gronde point fur le 
fbir autour des bergeries , ny la terre ne s'y en- 
fle point du venin des vipères. Comme nous 

X 



5 il Epodon L i b ! R. 

Pluraquc fœltces mirabimur: vt necjue Urgit 
jiqnofus Eurus arua raclât imbribus* 

55- Pinguia nec ficcis vrantur femina flebis : 
Vtrumquc rege tempérante cœlitum. 

Non hue Argùo contenait rémige ptnns : 
Neque impudica Colchû tntultt pedem ; 



éO 



fîon hue Sidonij torferunt cornua nauté % 
Laborioja nec c oh or s FLjJfei. 

N h lia nocent pec§ri contagia, nuRins ajlri 
Grcgem aftuofa torret impotent ta. 

Jupiter Ma pi a fecreuit littora genti , 
Vt inquinautt are tempué aurenm : 

*î # &£re y dehinc ferr& duranit ftetila: quorum 
Piis feennda va te me datnr faga. 



ËPÛDES- b'Hd&ÀCE.' < 325 

ferons parfaitement heureux en ce lieu-la, nous 
y admirerons entre autres fingularitez ? comme 
les haleines humides des vents d'Orient,, n'y 
chargée point les campagnes de groflès pluyes, 
&c comme les fécondes moifïbns ny foilt point 55. 
brufléesparles gazons defTeichcz,rânt le Roy 
du Ciel y apporte vn tempérament égal 1 la fei- 
chereflè,& à l'humidité. Là les vaifïeaux n'ont 
jpoint efté pouflez à force de rames , comme le 
fut autresfois la nauire des Argonautes , ny vne 
Medée impudique n'y mit iamais le pied. Les 
Matelots * Sydoniens, nVnt point tourné les tjrît'n%^ 
cornes de leurs antemnesvers ce beau fejour, 
ny les coippagnons des tràuaui d'VHife n'y ont 60* 
point abordé. 11 n'y à point de maladie qui y 
rafle mourir le beftail : nul afpècdes Aftres ma- 
lins,n'y fait point périr les anïrnaûxd'vne ardeur 
cxcefliue. Enfin lupiteir, mit a part fce Kon pays, 
pour les gens de bien , dés que par l'erain îl eut 
corrompu lâgc doré. Depuis il endurcit les fie- 65* 
clés par l'erain Se par le fer,dont neantmoins, il 
fera facile aux perfbnnes vertueufes d'éuiter la 
rigueur; par les bons confiais dète fuitte que i@ 
leur donné. ♦ 



n 1) 



524 ÊPODON L I B £ R* 



AD CANIDIAM. 

Epod. XVII. 

P^tit tim vt fibi ignofcat , cuius fc veneficiis 
fuperatum fingit. 



IAfn tam efficaci do manus Jcientiè 
Supplex 3 (^ oro régna fer ProfcrpinXi 
Per & Diana nen mouenda nnmtna, 

Ter atcjut libros carminum vahntium 
5. Refixa cœlo dettocare fydera, 

Canïdia para vectbtts tandem facris % 

Otumcfue rétro foluê* folue turbinem. 
Jidouit nepotem Telephtîs Nereium , 
In quem fuperbm ordwarat agmina , 

f o. Mjforum , çfr in quem tela acuta torferai. 
Vncere matres Ma addittum feris 
Alitibm* atque canibm homictdam Heftorem* 

Toflcjuam reliais mœnibus rtx procidit 
( Heu ) permcacis ad pedes *Acbilei. 
ij. Setofa duris exuere peftibus 

Laboriofi rémiges Vtyjfei , 

Violente Circe > m$mbra : tune mens & fin m 

Relaws, 4tq$t$ notm in vnltns honçr. 



Epo©is j^HonÀffE. 1 ytç 



A CANIDIE. Epod. XVII. 

il la prie de luy pardonner de ce qu'il a parte' contre 

elle auec vn peu trop de liberté : toute s fois en 

faifantfemblantde Cappaifer* ill'ojfence bean- 

coup plu* oHtrageufcment qtiilriaaoitfait a&~ 

par a nant. 

ENfîn, enfin, ie donne les mains a la force de 
ton fçauoir , Canidie : ie m abbaifle deuant 
toy, &ic te prie par le royaume de Proferpine, 
par la diuinité redoutable de Diane qu'il ne 
faut pas fafcher , & par les vers qui peuuent 
attirer en bas les feux du Ciel , de ne proférer j % 
plus de paroles façrées. Tourne, tourne, d'vn 
autre cofté ton fabot qui pirouette fort vifte. 
Telephepût bien émouuoir le courage du pe- 
tit * fils de Nerée, quand il enuoya fièrement d*j{ckile. 
vne armée de Myfiens,& qu'il décocha contre 10. 
luy des traits aigus. Les Dames d'ilion embau- 
mèrent le corps d'Hc£tor vainqueur de tant de 
guerriers, qui fut abadôné aux beftes fauuages, 
aux chiens,&: aux oy feaux de proye 3 depuis que » 
le Roy Priam eut quitté fes murailles pour fe 
venir ictteraux pieds de l'impitoyable Achile. 
^cs compagnons des voyages du laborieux i/ # ' 
Vlifle , dépouillèrent bienleurs membres de la 
dure peau,& de la fbye,dont ils furent reueftus 
parle pouuoir de Circéqui le permit de la for- 
te , faQS leur dénier qu'ils repriffent leur efpritj, 
leur ton de voix, §c l'honneur du mefine vifage 

X îij 



î\i î P O O N LlBER- 

Dedi fati* fnpercjue pœnârmm t:bi y 
\Q- Amata nantis multum & tnftitoribus. 

Fugit tHUentat, & Uerec**d*s color 

%eltquit ojfa pelle ami TU lurida. 

Tuis capilhu albus cfî odoribju 
Nttllum 4 Ubore me redmat otium* 

^5» Vrget diem wpXi & die s nottem: ne que efi 
Leuare tent4. Jpirito prac&rdi*. 

Ergo Hegdtum, vincor , vt credam tnifer 9 
Sabe/ta peBus increpare carmina % 
Cafutque Aiarfa dijfdire ntnia. 

V** JÊPi4 4mflitft vu ? 5 mare & terra , ardeo , 
J^Juantum neque atro delibutus Hercules 
NeJSi cmere* nec Sicana feruida 

Virens in %/Etna fiamma. tu > donec gmU 

lniuriêfu aridus ventis ferar t 
55* Cales vernis officina Colchicù. 

i J&jf f in * s K a W quod me manet ftipendiurn $ 
Effare: tttJfaA cum fide pœna* Inam : 
Taratus expiare , [en popofeeris 

Centum iuaeneos , fine mendaci IjrA 
40* Voles fonari ; tu pudica 5 tu proba 

T crambulabu afirafydus aureum. 
Infamis Hèlent Cafior ffinfa v*ee> 



Epodïs d'Horace. $17 

qu'ils auoientauparauant. le t'ayafTezfatisfait, 
$c au delà des peines que i'endure , beauté che- 2^ 
rie des Matelots & des Fa&eurs. Ma ieunefïe a 
pris la fuitte : &c la feule pudeur qui m'en refte, 
laifle mes os couuerts d'vne peau liuide. Mes 
cheueux ont blanchi par la force de tes parfuns. 
Il ne me refte pas vn moment de loifir après le 
trauail,pour prendre vn peu de repos. La nuiét zj. 
preflele iour ,& le ionrfuitla nuiétdc fipres, 
que ie n'ay quafi pas le temps de rcfpirer. le 
fuis donc maintenant aflez miferable pour cftre 
obligé de croire , ce que ie ne pou.uois. me per- 
fiiader autresfois, que les charmes Sabelliens^ 4 * I# 
peuuent troubler les cœurs, &c que le funèbre 
chant des Marfes peut mettre vne tefte en piè- 
ces. Que veux-tu davantage ho mer, o terre, ie }a. 
me Cens tellement brufler, que le feu d'Hercule 
caufépar le fang noiraftre dé Ne(Tè, & laflame 
^urieufe du Mont-Etna, ne me feroient point 
fouffrir vne pareille douleur. Iufques à tant que 
ie deuiéne yne cèdre feche pour cftjre emporté 
par les vents outrageux, tu ne cefleras iarnais de ^e 
me brufler, boutique de poifons Colchiques. 
Quelle fin y aura-t-il à ces maux ,\ ou qu'elle re- 
compence exiges-tu de moy ? parle,ie fouffrirai 
çonfîamment les peines que tuas ordonnées, 
preft de purger mon offence,foit que tu me de- 
mandes centieunes Taureaux, foir que tu défi* 
rcs , que nous chantions fur vne lyre menteufe, a q # 
que tu es pudique comme tu es bonne , &c que 
tu es changée enAftrcpour te promener entre 
les feux du Ciel. Caûor offencé par Hplene 
des-honorce comme vne infâme , & le frère dtt v 

X iiij 



$îS E P o o O N L r B E R.' 

Eratercjtte maom Cafloris , vilïi prcce 
jidempta vati reddidere Inmwa. 

*e Et tu (potes nam) folue me demcntia. 
O ncc paternis obfoleta fardtbus , 

TJec in fepulchris pauperum prudens an m 
Jsjouendtales dippare puluercs* 

Tsbi hofpitale pcftus , ty fur a m au us : 
50. Tuufyue venter partum eim : & tuo 

Cruore rubros obftetrix pannes lauit y 
VtCHmque finis exfilis puer fera. 



CANIDIiE RESPONSIO , QVA 

oftcndit, fe nullïs prccibus exorari porte, 
quoniam fua veneficia diuulgauerac Poe ta. 



Q 



Vid obferatis auribus fundis preces ? 
Non fax** nudis furdiora namtis 



55-* Neptunns alto tundit Hybernus faU. 
Inulms vt tu riferis Catyttia 

Vuhata , fœcrum liberi Cupidinisf 
Et Efqu Uni Pcntifex venefict 

lmpune vt vrbem nom'tns împleris meo jj, 
6o. Quid pr derit dttajfe l J clignas anus* 
Velocwfuç m/fîuijfe toxkum , 



Eï>odes d'Horaci* Jlf 

grand Caftor 5 vaincus par les prieres,rendirent 
la vue au Poète dcuenu aucugle , pour auoir 
traité leur fœur dans Tes vers,auec vne fi grande 
indignité. Deliure-moy donc tout de mefine de 45 J 
ta rage , puis que tu en as le pouuoir , ô vieille 
* illuftre qui n'es point fouillée de l'ordure de prudente* 
tes parens,& qui ne fçais point difpercer les cè- 
dres des pauures dans leurs tombeaux , neuf 
iours après leur mort. Certes tu as le coeur ten- 
dre, & tes inains font pures , ton ventre fécond joj 
pour mettre des enfans au monde , occupe iuÉ- 
nfamment vne fage femme, à lauer les draps 
tain<5ts de ton fang , toutes les fois que déliuréc 
de cet eftat , u\ fors du lift comme vne perfon- 
ne bien forte. 

RESPONSE DE C4MDIE P AR 

ou elle montre quelle ne peut eftre fléchie par les 
prières , ny appaisée par la raifon à caufe que le 
Po été auoit r eue lé fes fecrets abominables . 

POurquoy épanches -tu des prières en des 
oreilles bouchées \ Le tempeftueux Neptu- *e 
ne, ne choque point en haute mer des rochers t 
plus fourds aux Matelots quelles font fourdes 
à tes difeours. Auras-tu fait des railleries de 
nos fecrets * nq<5hirnes dédiez au libre Amour, Cotjttie»*. 
fans que nous en (oyons vangées? & comme iî 
tu eftois le Pontife du Mont-Efquilin , où il fc 
fait tant de fortilegcs,auras-tu impunément re- 
pli toute la ville de mon nom ? Que te feruira- <f<x 
c- il d'enrichir de prefens les vieilles Sabines, Se 
de mélanger vn poxfon plus prompt , fi vne de- 



3p EpodonLibiiu 

Si tardiora fat* te votis manent ? 

1 ngrutA mtferê vit a duccnda, eft , in hoc % 

Noms vt vfjue fnppetas doloribn*. 

$$• Optât ejuietem VelopU infidus pster , 

Egmi bénigne 7*dnt*lHê femper dapis : 
Optât Promet hem obligtttu <*///>> 

Optât fîèpremo cellocarc Sifyphm 
In monte faxum ; fed vêtant leges louU. 
7$* Pôles modo altis de filtre turrihm , 

Modjy en je petlns Horico reeludere : 
Frmftraéjne vincla gfitturi innelles tuo> 
Faftidiofa trijfas dgrimonia. 

VeB&bor humer ù tune ego inimiCH e%ves. k 
2j. Me&que terra cedet infolenttA. 
An y qn* mener* cercat imagines* 

Vt ipfe nofti enriofuê , & polo 
Deripere Lnnam vocibns pojfftm meis : 
Pojfnm crematos excitare mortnos t p 

$0- Dejîdertque temperare pocnlum ; 

Plorem artù, in te nil habentis exitm l 



E P O D e s d'H o r à c e. 3JJ 

#inéc plus tardiue que tes fouhaits , te doit ar- 
riuer ? Ta vie s'alongera, pour te faire plus mife- 
rablc, & pour te rendre çontinuellçmeiit fujet à 
de nouucllcs douleurs. L'infidelle Tantale pe- C$, 
re de P.elops toufiour$ neceffiteux dVne vian- 
de qui luy eft libéralement offerte , fbuhaite le 
repos. Proijiethée attaché pour l'oyfeati qui le 
ronge , le fouhaite tout de mefme : Se Sifyphe 
s'efforce d'arrefter fur le haut delà montagne 
te rocher qu'il y porte inceflamment. Mais les 
loix du * Deftin ne le fauffrent pas. Tantoft tiity'"** 
voudras te précipiter des hautes tours, en bas, 7°« 
tantoft te percer le feindVne dague afilée : Se 
tu noueras çn vain yn laflfet autour de ta gorge, 
te fentant preffé du dur ennuy que caufe la tri- 
ftefTe. Alors ie me feray porter fur tes épaules 
ennemies comme fur vn çheual : & ie feray ce- 75. 
4er la terre a mon admirable pouuoir. Si donc 
ie puis faire mouuoir des images de cire , com- 
me ta curiofité s'en eft fibienapperceuë,iî ie 
puis arracher la Lune de (on Ciel par la force 
de mes enchantemens, rappeller au iour les 
cadaures qui ont eftébruflez, & préparer vn 8o« 
fereuuage d'amour -ne pleureray-jepas de re- 
gret Se de dépit, fî mes charmes demeurent ' 
inutiles à ton fujet l 



;jt E p o d o h L r 



B E R 



CARMEN * S^CVLARE* 

Pro imperij Romani in- 

çolumitatc 



PHoebe , fylnarum.qHe potens THana^ 
Lttcidum cœli decus , o colendi 
Semper> culti^ date, qu<z precamur 
Tempore facro : 
5' J!t*? Stbjllini monuere ver fus y 
Vtrgines lestas , puerofque caflos , 
Du y qttibHS feptem placuere colles > 

Dicere carmen. 
Aime Sol , curYH nitido diem qui 
Io. Promis çfr cela* > aliufque & idem 
Nafcerié ; pojfis nihil vrbe Romt 

Vifere mains* 
Rite maturos aperire partus 
Lents Ilitbja , tuere matres : 
*S* Sine tu Lucina probas vocari , 
Seu genitall*. 
Diua,producasfobolem> patrumqu* 
Profpercs décréta piper iugandis 
Fœminis, prolifque nout feraci 
10. Lege marita* 

Certrts vt denos decies per annos 
Or bis & cantus référât que luàos* 
Ter die cUro, totiefque grata 
Notte ftequentes. 
*5' Vojque veraces cectntjfc ParcA * 

Ghiod femtl diÛnm ejt > fiabiltfque nrum 



ï? o u i s dHorace, 35j 



î-iTMNE T> V SIECLE , FOFR 

U gloire & pour la profperité de 

(Empire Rom Ain, 

O Apollon, & Diane puifTantc Diuinité des 
forefts,brillansornemensdu Ciel, clignes 
de nos refpccs & de nos adorations*, oârroyez- 
nous les chofes qu£ nous vous demandons en 
ce* faint temps, auquel les vers des Siby les ex- s*cri m 
citent les belles filles 8c les chaftes garçons à 5. 
chanter vne Hymne aux Dieux qui aiment les 

* fept collines. Soleil débonnaire qui de ton Rom*. 
char lumineux nous donnes le iour,& qui nous 10. 
loftes quand tu te caches à nos yeux 5 naiffant 
toufiours autre que tu n'eftois,& toufioursle 
rnefme ; puifle-tu ne rien voir au monde de 

plus grand que Rjome. O *Ilithyequiasvneïï Oh Lutine. 
grande douceur à préparer les voyes des en- 
f antemens, quand ils font venus à leur maturi- 
té, prefèrue les Mères , foit que tu te plaife d'e- 15. 
flre appcllée Lutine , ou que tu affe&es dauan- 
tage le nom de Génitale. O Dcefle , fai croiftre 
en pofterité la nation Romaine , & fauorife les 
décrets du Sénat, au fu jet des femmes à marier, 
&c touchant la loy qui concerne leur fécondité. 20- 
Nous te prions que le fiecle qui fuitl'efpace 

* de dix fois dixannées, nous ramené fès chans Les antres 
&c fes ieux célèbres qui durent trois belles iour- **{*** d$x 
nées,& autant de nui&s agréables. Et vou%f'"**f €m . 
Parques, véritables en tout ce que vous dities, 
ioignez les bonnes Deftinéts à celles qui font aj, 



5?4 E P O D O N L I B I R, 

Terminpu feruct , bona iamperailU 

f un cite fat a. 
Fertilis frnmm pecorsfijue tcllus 
3 0, Sp'tcea dfinet Cererem corons. 

Nutriant fœtus & *cju<t fainbres* 
Et louis aur<t. 

Condito mitù placidufcfne telo 
Supplices aptdi pH§ros Apollo: 

35* Syderum regina bicômis audi 

Lnna puellas* 

Rom a fi vcftrtiin eft opns > Iliaque 

Ltttus Etrttfcttm ienuere turm<t y 

luffa pars mutare lares & vrbem 

40. Sofpite cttrfit : 

Cui per ardentem fine fraude Troiam 
Cajtus tALneas patria fuperfies 
Liberum muniuit iter > daturns 

Plura relitlis : 
AS* Di probos mores docili iituent*, , 
D t feneftuti placiddt cjttietem , 
RomuU genti date remque prolem- 

que çfr decus omne. 

Quique vos bobus veneratur albis 
50* Clams Anchifa Venerifqne fan guis l 
Imperet be Hante prior , iacentem 

Lents in hoftem. 
lam mari terraque manus potentes 
JMedus Albanafcjue timet fecures , . 
55. lam Scytht refponfa petunt , fuperH 
Nuper & Indu 



E po des d'Horace. 3jy 

dé ja pa{Tées>& que le terme fixe des chofes, 
conferueinuiolablementeequcvous auez vne 
Fois ordonné. Que la terre foifonnante en moif- 
fons y &c en beftail , prefente vne couronne def- 3® 
pics à Cercs, & que lcseawx faliitaires , & les 
douces haleines de l'air fafsétrticurir Tes fruits- 
O doux & paifible Apollon , quand tes flèches 
feront remifes dans ton carquois, écoute les 
prières des garçons :& toy Lune, Reine des 
Eftoilesquiportesdeux cornesfurlefront,en- $j* 
ten auflî les prières des ieunes piicclles , fi Ro- 
me cft voftreouurage,& fi des troupes Troyen? 
ries font venues prendre port fur les nuages 
Tofcans : car vne partie de ces gens- là reccut 
le commandement de changer de ville & de 40 
pays,eftant échappée de Beaucoup de périls 
dans vn long voyage : Sclechâfte Enée furui- 
uantàlaruinede fa patrie, luyouurit vn che- 
min libre, & fans danger au trauers des feux de 
Troye , & fit efperer dàuatage de chofes a ceux 
qui Tauoient fqiui que ce qu'ils auoient laifle. *> ! 
O Dieux donnez de bônes mœurs à la icunefie 
docile :ô Dieux ne déniez point le repos à U 
paifible vieillcfle:départcz les honneurs , les ri- 
cheflès, & la fécondité à la nation Romaine : Se j a 
que le noble fang d'Anchifê &c de Venus qui 
vous reuere auec les Taureaux blâcs qu'il vous 
prefente en facrificc , règne victorieux fur len- 
nemy qui luy fait la guerre , & qu'il fe ijionftre 
doux au vaincu. Le Mede redoute maintenant 
par terre & par mer les puiflans bras des Ro- 
mains , &c les haches d'Albe : Les Scythes n*a<- jj. 
gueres fx fuperbes, & les Indiens demandent 



5?^ Epodon Liber." 

Jam fides y & pax , & bonor, pudorquc 
Trifcuiy & ncglcfta redire vtrtus 
Audet : Apparetcjtte beata pleno 
60 . Copia cornu. 

Augur CJr fnlgente decerus arcu 
Phœbus , acceptufyue nouem Camcsnis^ 
Qui falutari leuat arte fejfos 
Corporis artus % 
65. Si Talatinas videt aquus arces 9 

Remque Romanam , Latiumque feVx \ 
Alterum in lufirum > mcliufque femptr 

Prorooet &uum. 
QtiAcjue Auenltnum tenety Algidumquc 
7°* G)uindecim Diana preces virorum 
Cureta & vous pnerorum arnicas 

Applicet aures. 
Htc louem fentire , Deofque cunttos, 
Spern bonam certamc/ue domum report 9 £ 
75» Défias & Phœbi cborui & Dianz 
Dicere laudes* 



Finis Libri Epodoa 



rcponfc 



Hontt> 



£ PO DES V HoRAfcï. 337 

rcponfe à nos portes. A cette heure là foy , la 
paix, l'honneur , l'antique * modeflie , la vertu 
çiépriféc, & l'heureufe abondance qui nous 
monftre fa corne pleine de tous les biens du 6o. 
monde retournent hardiment. Lecliuin Apol- 
lon orné de Ton arc luyfant , qui eft fî agréable 
aux neuf Mufes,8c qui par vn art falutaire gué- 
rit aucc tat de bon-heur les maladies du corp.s, 
s'il voit d'vn œil fauorable les fortereffes du If, 
Mont-Palatin, & l'eftat des affaires Romaines, 
auec l'heureux champ latin , qu'il étende fa du- 
rée iufqu à vn autre luftre , & qu'il en accroiiïb 
laprofperitc. Que Diane qui tient fous fapuif- 
fance Algide, & le Mont- Auentin, aitfbucidesl jq* 
* quinze hommes choifis pour ion feruice 3 & f// /**^i 
qu'elle prette vne attétion fauorable aux vœux ****** !e *\ 
des enfans. De moy qui tiens la place d'vri {^hlts, 
chœur inftruit pour dire les louanges d'Apol- 7 j* 
lbn & de Diane , ie remporte au logis vne bon- 
ne efperance auec certitude, que ces chofes 
font approuuées de lupiter , & dé tous Içê 
Dieux 



tih dà Linn des Epodes dîHemcêi 



« 



& A ^ 5' ^* ? f 3' : 3* s> i s 3; 3* 3? 3* ^ s? 

<?•£ '•'l*) gj lfi lilS fiiï (ji& (21& k f , v «ïi^ StS> tefîy <^^ IS»S ^i. v -» tf ffr 1 \3i§> 



*£*=. ?*•/ ,«-i»j vrf -> ci'*' >r^~; v^*.- _ -f^ if . s*p c*^ \z+~> Ç£5i »rf» i^v^ 
*i* *jj» W* «j£» *fc *t* *£ . «£»• *£ . rjp *£ +& ,£ ^ # te 

LETTRE 

A MONSIEVR 

DE LAVNOY D. en Th. 

SVR LES REMARQUES 

de la Tradu&ion des ocuures 

d'Horace. 




ONSIBVRj 

Puis que l/om eftes iauti que 
ic mette des Remarques fur ma Verfion iHo- 
race qui fut le diuertijjèment de ma dernière 
campagne , four parler en termes de guerre, 
al/ngrdnd Théologien comme *> ous j pendant 
le je jour de quatre mois que ie fis F JEfté dernier 
en noflre Proumce de Touraineite les fer ay 
les plutfuccinfôes qu'il me fera pojïible , k pro- 
portion que tournage qui efl dé-}a fous U 
preffe % auancera par la diligence de mon Im~ 
primeur. Comme ily a mille belles chofes à di* 



**9 

fcfiir ccfujcïy& quilfè rencontre Iwe tn« 

finit é de lieux dijiciles > i'ay grand peur quel- 
les feront encor *Jfe2i longues , & que te fa- 
tisferay mal-aisément a 1/oflre atente 5 & à 
celle du public* le me doute bien quand elles 
feront imprimées quil m en remendra beau- 
coup d'autres en i esprit > que le ferou rauy d'y 
auoir employées , aufii bien que de meflreem- 
fefch'e d'y laiffer des fautes que 1/ous pourrez^ 
itpperceuoir dans ma Verfwn > comme il eji 
bien croyable quelle nen fer a put exempte 5 non» 
plus que tous les autres ouurages de cette qua~ 
lit é i entre lefquelsie comprens Ces do Bes com- 
mentaires de plufieurs Ecrwains fameux >td$ 
que Lambin , Turnebe , Erafinc, Scatiger , Le- 
uinus Torrentius 5 & le rcjle des fçauans Cri- 
tiques qui fe reprennent fi fouuent les yns les 
autres pour l'intelligence des anciens \Au- 
ïheurs quils nous ont donnes^ auec beaucoup 
de belles cbferuatwns ± mais il ne fera plws 
temps. Et quand taurois parfaitement rciifîi 
en mon defjew 3 quelles louanges m en pour- 
vois -Je promettre en ce temps ~cy de ceux mef- 
mes qui s r y entendent le mieux f On ne je l>an- 
ie quafi iamais Jl auoir leu des Ver fions ,& f 
en s'en donne quelquefois la peine 5 cela ne 
faffe que bien rarement le fecret du cabinet , 
depeur d en laiffer des confequences à tirer qui 
ne fer oient pM ajfez mantageufes pour la re* 

Yij 



putationduffauotr. Mais de s Ver fions de s V oh 
tes y & fur tout des Poètes tels qu'Horace > 
dont tes grâces font tellement attachées aux 
mots > & autour des l>ers quil ejl comme im- 
pofible de les enfcparer\ qui fe perfuade quon 

y ? Ht f] e f axrc 9* f ty*' c ^ ( f € de boni C'eflde la 
forte que ten ay fouuent ouy parler > auant que 
dyauoir employé du temps- +Aufi ne me fuis je 
put flatté d'y ne opinion fi auantageufe:& après 
ma fatisfaElion particulière j te nay cherché 
en te labeur que Futilité de ceux qui ricntcn* 
dent pas fi finement le Latin que l>ous y & 
aufjuels le fçœy bien que les pensées de ce 
grand Poète ne font pas fi familières > ny fi 
faciles à demejler de beaucoup de phrafes Grec* 
ques 3 <& de façons de parler obfcures a no~ 
fire é?ard , quon fe le pourroit imaginer- Si 
quelqu'un eji capable d'en tu^cr fainement; 
te fcay , Monfieur, que ceji 1/n efynt comme 
le Coffre qui toint la conrtoifie & la douceur 
auec ~ïne grande érudition > & qui enrichit tous 
les tours defes beaux ouurages 3 & de fe s gran- 
des recherches la République des lettres 3 oh ceux 
qui fe paf tonnent le plm de la connoiffance des 
excellentes ~ïente%^ en trouvent beaucoup qui 
leur ef oient cachées: de forte que l'on peut dire 
que 1/ons nécriue^rien qui ne foit Ittile aux 
fins fçauans , 0* dont naît toufwurs infini* 

ment profité. 

Voftre,&ç. 



M* 




RE MARQVES 

SVR LES ODES 

D'HORACE. 




Vstativsch fon premier îi- 
ure fur Mlliade d'Homère , dit 
que Code eft vne Poëfîe propre 
à chanter, dont le fujet doit eftre 
haut & fublime : toutesfois Ho- 
race n'a pas laiffe dy méfier vn genre moins 
cleué , en quoy il a parfaitement reliffi. 

Nous en auons quelques Traductions en 
vers du ftile de l'autre fiecle , qui pour eftre 
rudes, & mefmes difîciles a entendre fi on n'y 
apporte vne grande attention, ne laiflent pas 
de nous donner en quelques endroits, des mar- 
ques de l'érudition de leurs Autheurs. La pre- 
mière que fen ay vue eft de Iacques de Mon- 
dot du Pu y en Velay , Religieux de l'Ordre S. 
[Benoift au Monafterc de la Chaife-Dieu en 
Auuergne, qui fit imprimer à Lyon Tan 1579* 

Y H) 



34t R ï M A R Qjy ¥ s 

fa Vcrfîon des Odes & des Epodcs dont le corcv* 
mencement efttel. 

Mon Me cène , du [acre tige 
Ijftt des Rojs qui four veftige 
De leur nom Vont fuit glorieux 
Reietton de la viue fiante 
Des Etrufques , Cil que te chante y 
Et d'où s'écoule tout mon mieux. 
Antoine du Verdict* ficur de Vaupriuas , &C 
François de la Croix du Maine > ont remarqué 
en leurs Bibliothèques des liures François im- 
primées à Lyon & à Paris Tan 1584. que lac- 
ques Pelctier du Mans > Mathématicien , Mé- 
decin, Se Poète y auoit recueilly dans Tes œu- 
ures poétiques imprimées à Paris chez Vafco- 
zan Tan iH7- trois Odes d'Horace , dont ie 
»'ay rien pu trouucr. 

Depuisî Luc de la Porte Parifien Douleur en 
Droi(5b, ôc Aduoc^t, fit imprimer à Paris l'an 
1584. fa Traduction en vers de toutes les ceu- 
ures d'Horace , dont ie rapporteray quelque 
exemple en mes Remarques fur la féconde Pat- 
tic de cçt ouurage. 

Enfin Robert ôc Antoine le Cheualicr d'A- 
gneaux de Vire enNoimandie > publièrent au£ 
fivneTrodudionen vers de ce mefme Poète 
Lan 1588. laquelle ils dédièrent au Roy Henry 
III. après vue autre de Virgile qu'ils luy pré- 
sentèrent Tan 15*2. Voicy quelques vers d# 
commencement de leur Horace. 

Mécène ,qui prens ta Naiffance 
De Rojs a jeux , ma deftnee ? 



*VR lei Odes d'Horace. 34.J 
Mon honneur , & ornement doux. 
Les vns fe plaifcnt entre tous 
Dans vn char cueillir la fondrière 
Par l'Olympienne carrière^ 
Et la borne que roide fuit 
La roue & la palme qui fuit 
Noble prix , (heur de la vitioire-j 
Eleue aux Dieux de ceux la gloire. 
Qui font au monde les Seigneurs , &C. 
Outre ces vieux Authenrs^ie n'oubliray pas da-c 
mes Remarques les noms de ceux qui ont imité 
ou Traduit quelques Odes de cet cxcellét Poè- 
te, comme Pierre de Ronfard, Ioachim du Bel- 
lay,Nicolas Rapin , Philippes des Portes s le 
Cardinal du Perron & autres, fans parler d'v- 
ne Verfîon en proie des Odes & Epodes qui 
fut imprimée àParis en 165 ^.fi on la peut appel- 
1er Verfion, parce qu'elle n'eft pas faite auec 
tout le foin 6c auec toute d'intelligence qui 
auroit efté à defîrer. Le commencement de 
fou ouurage eft tel. Ne portez, point d ? enwe 7 
dit-il y 4 ceux qui touchez, de vanité dans les ieux 
Olympique s, traînez, par des cheuaux dans vn char^ 
fe plat fent a faire voler la pouffer e 3 & par vn in- 
duflrieux artifice & conduite approcher la carriè- 
re fans la toucher pour emporter le prix delà cour- 
fe & fe fignaler , &c. ScdansTOde 11. dui. li«< 
ure de cette belle pièce, ouie tombé d'abort, 
apresyauoir remarqué des ftancesentiereméc 
oubliées comme il fait en beaucoup d'autres 
lieux, il dit fur la troiûefmc. Mon lala , les 
loups les plus rauijfans , & les montres les plut 
effroyables me voyant ienfuyent^ §c pour la fia. 

Y iiij 



544 RZMARQVFÎ SVR LE I. LlV. 

h cheriray toufiQHrs & cha>tteray mon lala> in- 
nocent, pour le Latin dulce ndentem La'agen 
Amabo , duke locjucntem. Mais il le faut exeufer 
puis qu'il a cru bien faire, dans l'opinion qu'il 
tuoit (ans doute d'entendre bien cet Autheur, 
âuec tous les feins qu'il y auoit pu apporta : & 
certes fi on n'yreiuTn pas toujours comme il 
|eroit à fouhaircr, le penfe que les trinques 
ne doiuencpas vferde toute leur feuerité pour 
condamner tout à fait vn o.uurage de cette qua- 
lité, où ie voy à toute heure que les plus grands 
hommes & les plus confondiez dans la con- 
noiiïànce de l'antiquité font repris dans leurs 
Commenteurs de l'aiioir mal entendu, &mai 
expliqué. 



m 



Sur la fi ode du L Liure. 

li /~\ Mécène fertide race Royale. Ce per- 
Vyr fonnage aflez recommandable pour 
l'affection qu'il porcoic aux gens de lettres du 
temps d'Auguftc eftoit de la famille des Cil- 
niens , laquelle tirait fon extraction des Roys 
dEtrurie, comme l'a aufÏÏ remarque Proper- 
ce qui dédia fon troifiefme Liure à ce Mece- 
nas> où il a mis ce vers 

Jïdecenas E^nes Etrufcti de fanouine Revum. 
Son père s'appelloit Menodo.re , fon Ayeu! 
Mcnippe , & fon bifiyeui Cecinna Roy des 
Çtruriens , s'il en faut croire quelques Inter- 
prètes. Noftre Poète parle de iuy en pluficurs 



des Odes d'Horace. 34J 

endroits &luy dédie 7. Odes. y EpodeM. Sa- 
tyres ôc$. Epiftres. 

1. Sorti de race Royale , Se non pas/Jm de Roy s 
tes Ayeuls comme il y a au Latin , parce que 
fini fuppofe nécessairement £ Aywls ^ ce qui 
jieferoit pasfuportableennoftre langue. 

Nicolas Rapin Poi<5fceuin grand Preuoft de 
la Conneftablie qui a imité cette Ode, par- 
lant au Duc de Suiily la commence ainfi. 
Race des Dhcs de Flandre , tlluflre de Bethune* 
O (honneur & fappuy de ma faible fortunes 
Il fa trouue des <rens qui n ont autre plaiftr 
Jpuà bien courre la bagne & £<vn noble 

defir * 
Tiquer bien vn cheual , rompre bien vnelance* 
£t fatre en vn tournoy paroifire leur vail~ 

lance , { 

S'eflimans plus que Roy s , quand de Chômeur 

cprfc • *i 

En fitueurd'vne Dame , ils emportent le pris, 
ôcc. 
Depuis ,1e Cardinal du Perron l'a auflîimitée 
en cette forte. 

Race de tant de Roys viuans dedans FHi~ 

ftoirey 
Mécène > œil des neuf fmrs > mon fupport & 

ma gloire. 
Les vns aiment auoir leur char ambitieux 
Ombrager l'air de poudre en fuyant la bar- 



rière 



Et la palme riante au bout de la carrière* 
Noble prix des vainqueurs* les met dedans 
les Cienx* 



346 Remarques svr le I. Liv. 
5. Dans vnchar. Du Latin Cumculo que d'au* 
très auroient voulu traduire dans la carrière* 
parce que le mot renient à l'vn & à l'autre : 
mais ie ne fuis pas de leur auis à caufe de ce qui 
fuit Afcta-que ferHidis euitata rotu: 

3. Des leux Olympiques. Ces jeux furent infti- 
ïuezpar Hercule depuis qu'il eut vaincu Au- 
geas, & deftruit la ville d Elide. Toutesfois Pa- 
terculus en attribue l'origine à Iphitus Elecn. 
Les fameufes Olympiades ont pris de là leur 
origine & leur nom. 

<*. Fait monteriez Seianeurs de la terre au feionr 
des Oïeux > c elt a pire , les égale aux Dieux , ou 
les rend comparables aux Dteux ' mais l'autre 
cxprefîîon a quelque chofà de plus noble Se 
plus poétique , & fe peut auffi bien fouffrir que 
le f$ns de ces paroles qui font en fuitte me Diis 
mifcent fuperis > &£ cet autre encore, fubltmi 
fermm Cidera vertice. 

8. Par de triples honneurs* Par les honneurs des 
grandes charges de Rome , comme d'Edi- 
le > de Prêteur , &c de Conful qui fe donnoienc 
parles fuffrages du peuple , qu'il appelle Jguj- 
rites du nom de lytnnn, c'eft à dire,Romulus 
premier Roy des Romains. 
9. Dans les aires de Lybte. Parce que cette Pro- 
uince de l'Afrique eftoit tres-fertile en bleds. 
aires qui traduit parfaitement areis fignifie 
proprement la place où Ion bat le bled. 
11. Atale, C'eft le nomd'vn Roy de Pergame, 
ôc félon d'autres de toute l'Afie , qui fut vn 
Prince tres-puiiïant, Se fit le peuple Romain 
fon héritier. 



Des Odes d'Horace. ^47 

ty Vaijfeau de Cjpre Pour quelque vaiflcait 

que ce foit , & dit <fc Cy/?n? , parce que cette lfle 

produifoit abondamment des arbres propres à 

faire des vaifTeaux. 

14. La merde Negrepûnt. Il y a au Latin Myr* 
toum mare , qui eft vn nom tiré de Mynom co- 
cher d'Oenomaus , d'autres l'appellent Myr~ 
tile fils de Mercure : mais parce que Myrtoe 
fait vne prononciation des-agreable, i'ay mieux 
aimé traduire de Negrepont qui eftvn autre 
nomde la mefme mer, emprunté dp cette lfle 
fi fameufe autresfois 5 appçllée£^^. 

if. Vent Africain. C'eftvn vent qui vient du 
cofté de l'Occident d'Hyuer , nos Matelots 
l'appellent Sndoeft. 

15 . Mer Icariennc* Elle fait partie de la mer 
Egée , auiourdhuy fArchtpelague, & prend ion 
nom d'Icare fils de Dédale qui fe noya de- 
dans. 

1 8 . Ne fe pouuant accoutumer a la pauuretc\ 
le mot inâocdis qui eft au Latin, fignifie pro- 
prement qu'il n'eft pas capable d'eftre in- 
ftruit à fouffrir la pauureté , mais nofëre ex~ 
prefîion eft plus Françoife , 8c rtuient mieux ce. 
fne femble au fens de l'A ut heur. 

1 % Jpui Je laijfent charmer par la vieille jfe de§ 
vtns Magiques , a plus de force que le Lacin nec 
fpemit, mais il n'en fera peut eftre pasiugé de 
plus mauuaife grâce ,'cftant vne chofe allez fur- 
prenante de fe lailfer charmer par la vieilieffe, 
filon n'y adioûtoit incontinente; vins Map* 
ficjpies qui eftoient d'autant plus recommanda- 
klcs qu'ils auoieut d'antiquité ^ ce qui me faic 



348 REMARQUES S V R LE I. L I V. 

croire que les anciens auoient d'autres inuen- 
tions que nous n'auons pas pour conferuer fi 
long-temps le vin en fa bonté. 

19. Mujficjucs eftvnnom de certaines monta- 
gnes dans la Campanic , auiourdhuy Monte 
A'Iarfo , ou Monte Dragon e. 

xi. Des vaijfiaux facrez,. Car les anciens te- 
poient que toutes les fontaines auoient quel- 
que choie de (acre , comme dans le quatriefmc 
Liurc des Georgiques de Virgile , 
Triftis ad extremt facrum caput ajlitit am~ 

ni s. 
14. Pays des Mar/es eftoit ioignant lesSamni- 
tes & les Peligniens. Les peuples en eftoienc 
belliqueux &c grands chafieurs. 

31. Mejeparent du peuple. Ç'eft à dire des fen- 
timens vulgaires: car les grands ouurages qui 
ie font dans la retraite par vne longue médita - 
tion , éleuent en quelque façon les beaux ef- 
prits au dellus du refte des hommes , & les 
exempte mefmc en ce monde des loix de la 
mort. 

34. Luth lefbien. C'cft àcaufede Sapho & 
çT Alcée de Tlfle de Lefbos, de qui la poefic Ly- 
ri que aprisfon origine, Lesbos s'appelle au- 
iourd'huy Metelin. 

36. "De mon front glorieux qui rcuient bien au 
fens de futtimi vertke quoy qu'il ne rende pas 
la propre lignification des mots, qui n'euftpas 
eftéfupportable en François. 



dès Odes d'Horace. 



340 



Sur l'ode II* du I. Liure* 

I. T E père de toutes chofes. Le Latin porte féli- 
JL^lciriét/f^r^paroùlePoëtcentédlupiter. 

2. De fa main flamboyante. C'eft à çaufe de* 
foudres que Iupiter lance de fa main, appel- 
iez par Pindare traits de feu lancez» de fa main* 

3. Les forterejfes façries. Le Capitole ou les 
temples des Dieux. 

6. DePyrrhe. Les fables ont dit de cette fem- 
me , qtfaue c fon mary Deucalion , elle repara 
lés ruines du gtre humain qui périt par le délu- 
ge, dot le Poète fait icy vne agréable defcriptiô. 

ï o. Des oy féaux. Il y a colombes au Latimmais 
c'eft vne eipece pour tout le genre. 

1 4. Du bord Tofcan. Car le Tybre tombe dans 
la mer Tyrrhene fur les frontières de la Tofca- 
nc,ou dcTEtruric. 

ij. Les tombeaux des vieux Roy s ou le palais de 
Numa qui n'eftôit pas loin du bord de la riuie- 
re non plus que le temple de Vefta que ce Roy 
fit baftir tout auprès. 

17. Defwépoufe llic : Carie Poète veut que 
Iules Ccfar & toute la famille des Iules , foient 
décendus de cette llic femme de Mars, ou du 
Tybre , ou comme d'autres l'aiment mieux du 
petit Amené ou Teueronc qui tombe dans 
le Tybre. Cette Ilie ouRhee Siluie eftoit fille 
de Numitor fils de Procas , & fut preftreflè de 
Vcfta, 



j;o Remarques svr. ie I. Liv. 

19. J>htoy cjue Inciter nen fott pa* dauis. Le 
Poercpourfauonfer Augufte attribue la caufe 
du débordement du Tybre au maflacre de Ce- 
far forty du fang d'ilie femme de ce fléuue, qui 
l'obligea après la mort de (on petit fils d'en té- 
moigner ion reflentiment à la ville de Rome. 

24. La rare teunejfe C'eft à dire la pofterite 
Romaine qui ne fera pas finombreufe qu'elle 
euftefté, fans les horribles maflacres qui fe fi- 
rent durant les guerres Ciuiles, voyez fur ce 
fujetle 7. Liurede Lucain. 

22 . Les Perfes^ou les Parthes ou les Medes,car 
ces noms eftoient fouuent confondus par les 
anciens. Le Poète confidere ceux-cy comme 
les plus redoutables ennemis de l'Empire Ro- 
main. 

27. Les famées vierges. Cefontles Veftalcs 
qu'il appelle [aimes à caufe de leur pureté, en 
gardant le feu facré de la DeefTe Vefta , qui 
eftoit adorée par les Romains comme la Pro- 
te6fcrice des Foyers. 

3} . Gtaciekfe Erycine , ou riante Erycine qui eft 
vne Epithete qu'Homère donne aflez fouucnt 
à Venus, Tvnedes Prptc&ncesde Rome pour 
eftre mère d'Enée, de qui les Romains font 
defeendus , & font quelquesfois appeliez de 
(on nom, comme dans le Lucrèce que i'ay tra- 
duit. 

v£neadum genitrix hominum dinumque vq™ 

Itiptas , Aima, Venus. 

On dit Venus Erycine, à caufe d'vn fien fils 

appelle Erix > ou à caufe d'vne montagne 

cjui porte le mefme nom 3 où elle eftoit honorée; 

\ 



dés Odes d'Horace. ^ 

?6. Autheur de la nation Romaine. Il entend 
ftlars père de Romulus qui fonda la ville de 
Rome. 

43. O noble filsde Maye ', c'eft Mercure,& par 
Mercure le Poète entend Jugufle, qu'il fuppo- 
fe eftxe vn Dieu qui pour vn temps s'eft rcueftu 
d'vn corps mortel. 

45. Ne retourne point au Ciel que fort tard. C'eft, 
vne manière de loiicr bien obligeante > à peu 
près femblable à celles que i'ay Traduites au 
commencement des Gcorgiques de Virgile, & 
du 1. Liurede Lucain dédié a Néron, où cet 
Autheur écrit 

- — te cum fiatione peraFla 

jiftra petes ferm> pralati regia cœli 

Excipiet gaudente polo—— 

50. D e père & de Prince des peuples. Augufte 
auoit mérité cet éloge par fa prudence, & par 
les biens-faits : & fi toutes les Telles courons 
nées prenoient de bons confeils, elles s'effor- 
ceroient & pour la Majefté de leur Empire , Se 
pour leur propre gloire, defe rendre dignes? 
àYntcl honneur. 



Sur Vode II L du I. tiure. 

I»T) Vivante Deejfede Cjpre. C'eft Venus,par- 
A ce que lifte de Cypre luy eftoit particu- 
lierement dédiée >& le Poète l'inuoquepour 
eftre fauorabie au voyage de Virgile , parce 
que Venus eftoit fille de ia mer. 



35* Remarques svrieI. L i v. 

Le Cardinal du Perron qui a Traduit cette 
Ode , la commence de cette forte. 
A:njila L>eejfe Cyprinc 
Fille de (écume marine , 
A/nfi les celé fie s 'iumeaux 
yl (1res adorez, fur les eaux, 
jfinfi des vents fhumtdc perâ 
Ton cours heureufement tempera. 

1. Les frères d'Hélène, Caitor & Pollux qui 
naquirent jumeaux auec Hélène & Clitemne- 
ftre femme d'Agamemnon, enfans de Iupiter 
& de Lcda , lefquels ontvneconftellation aii 
Ciel 

4. Celuj qui foufle du cofié de la Poi?i/le, c'eft le 
vent fflpjrgt que i'ay mieux aimédefigner par 
le lieu de fa naiffance que d'employer fon nom 
dans la Verfion 5 à caufe qu'il n'eft pas beau, 

6. De Vtrgile Horace qui eftoit amy de Virgi- 
le comme il paroift bien par cette Ode 3 luy en a 
dedicvdeux ou trois. 

9. Vn dur plafiron reuient bien au Rohuràw 
Latin , quoy qu'il nerehde pas la propre lignifi- 
cation du mot qui veut dire vn cbefne, ou dii 
bois dechefne qui eft fort dur. 

14. Hjades vne confteilation pluuieufe,dôt le 
nom Grec eft tiré de for effet. LesHyadesqui 
font cinq en nombre ëltoient fœurs des fèpt 
Ployades > & toutes filles d'Atlas &c d'i£tra , le$ 
premières qui a force de pleurer Hyas leur frè- 
re tué par vn ferpent, furent rangées par Iu- 
piter entre les feux du Ciel. 

14. Autans vents de Midy qui apportent les 
pluyes, que nos Matelots appellet vent de Sud. 

ij. Met 



SES OtfE'5 D'HéRÀCL {$ 

. t$. Mtr -ddriavque, ou merfiiperieure, aii- 
iourdhuy le goulfe de Venife. 

10. Rochers de C eratt> e.oii d crauccrat*mem*Q$ 
font montagnes dcfTEpire,ainfi appellées à Câu- 
fe de leur hauteur , qui les rendiujetesà eftrç 
Frappées de là foudre, t/atitres les appellent 
feulement Cerannes 5 comme Virgile au 5. Litige 
de l'Enéide, 

Prouehimnr pela 00 vïcina teràùnià w$t& , 
Et difent que ces roches ou montagnes font e$ 
Scythie. 

14. Nattires impies>patcc qu'elles ont en quel- 
que façon négligé & méprifé le çonftîl de$ 
Dieux. 

25. La race audàcieufe de lapet ou hardie , c'eft 
Promethée qui fût aîTcfe hardi pour dérober le 
feu de Iupiter. C'eft pourqudy tous les hom- 
mes eh ont fbuffert beaucoup de peiiies , & lu f 
mefmes en fut griéuement puni. La moralité 
de cette fable eft fort confiderable 3 & par Ikpei 
quelques- vns ont voulu entendre iapiiet Tvn 
desenfans deNoé. 

5 2. La Tftort autres 'f "ois plm éloignes de riolu quelle 
nefi k prefent'i rément bien à ce que nous îifons 
dans les Saintes Efcritures > qu'au dëfliis de la- 
phet & de Noé la vie des hommes eftoit beau- 
coup plus longue qu'elle n'eft àprefenr. 

34. Dédale tout le mondefçau lafahlèdëcé 
Dédale qui fe fit des ailes pour voler au Ciel 
àuec fon fils Icare. 

39. N oit* empefchmts par neftre fafne->&c.Qat en 
effet nousfommes caufe nous-mefmes par nos 
péchez, que Dieu ne leue point fes féaux d« 



354 R e m A R qv; e s s v r l i I. L i tri 
defTus nos tcftcii Cette fcntencc à mon aui$ cft 
digne d'vn Chrefticn, 



Sur ïode I V. du I. Liure. 

10. T^\ E fleurs que nombre fente lefcin de la ter* 
JlJ re qui Je découvre , rend afTcz heureufe- 

ment le fens des paroles Latines , encore qucl- 
les ne foient pas tournées dans leur propre iî- 
gnification qui ne reiïilirok pas fi bien en na- 
ître langue. 

11. A Faune Denys d'Halicarnafle dit que Fau- 
ne qui fut Roy des Aborigènes d'Italie & fils de 
Mars , fut honoré par les Romains comme 
vne diuinité du pays , quelques-vns veulent 
que ce Faune (bit le mefmc que Pan. Virgile 
parle de luy en fon feptiefmc Liure de l'E- 
neide. 

Jit Rexfoûicitué mdnftrù , oracula Fauni 

Fatidici genïttris adit— 
18, Par le fort de s dez» ta royauté du vin. Car 
les anciens faifoient auffides Royspourla dé- 
bauche, aufquels tous ceux quieftoientaflîs a 
table rendoient vne parfaite & prompte obeyt 
fance , &c ne beuuoient point (ans fa permiflion. 
Noftre coutume des Roys de la febue a fuceede 
a cet ancien vfage* 



dès Odes d'Horace» 



Î5S 



Sur Vodc V. du l. Liurel 

14. T A /acre paroy qui fouflieut le tableau de 
\~jmon vœu. Ceft à dire la paroy d*vn tem- 
ple fur le bord de la mer , où ceux qui auoienc 
éuité le naufrage appandoient leurs vœux : car 
la fuperftitiondes Payens leur fuggeroit aufll 
la deuotion des voeux ou des exvoto* comme 
la pieté Chreftienne les a permis , pour le cul- 
te du vray Dieu. 



Sur l'ode VI. du I. Livre. 

i . "T 7 Arim écrira de ta valeur , &Cc. La con- 
V ftru£tiondes paroles Latines n'eft pas 
fans difficulté, & fouffre des fensaiïèz diffé- 
rents, & vn peu trop fubtils comme celuyde 
Pafferat & de quelques autres , mais i'ay efté 
de Fauis de Lambin qui m'a femblc le meil- 
leur. 

8. Vhorrible mai [on de Pelops, à caufe des 
crimes de Tantale père de Pelops, d'Atréc &c 
de Thicfte, aflez connus de tout le monde, fans 
parler d'Agamemnon &c d'Oreftede lamefme 
Famille qui périrent mal-heureufement , &par 
tant de tragédies qui ont efté faites fur ce 
fujet. 

loi Sur vne lyre peu guerrière. Il entend 

Z ij 



}\t RbUrqves svii LF I. Liv. 
fur la fienne qui ne fc plaifoit nullement à écri- 
re de !a guerre , ny des grands exploits , ou du 
moins qui n'en vouloir pas écrire de longs ou- 
tirages , comme il nous paroift aflez par tous 
ceux que nous auonsde luy. 

15. De Merion. Homère donne de luy des 
témoignages îlluftres dans ion Illiade, en le fin- 
faut paroiftre fduuent auprès d'Idomcnée, 
comme fon fidelle amy & compagnon qui le 
guidoit dans les combats 

î6. Diomede égal aux Dieux par le fecours 
de Fallu. Il eftoit fils de Tydée , & fit des 
a étions fi mémorables durant le fiege deTroye, 
comme de blefler Venus à la main , & Mars au 
genou félon le témoignage d'Homère au cin- 
cjuiefme liure de fon Illiade, que Pindare a 
parlé de luy comme d'vn homme que Mineruo 
auoit dépouillé de tout ce qu'il auoit de mortel, 
1^. Nqhs faifons des ch an fins à boire. Tau- 
rois pu traduire , nous chantons les feftins , com- 
me il y au Latin, nos conuinia ; mais il n'aurait 
pas efté fi agréable, &neferoit pas fi bien re- 
uenu à noftte vfâge. Et puis il mefemble que 
chanter les feftins & faire des chanfons à boire 
eft quafi la mefme choie. 



Sur l'Ode VIL du I. Livre* 

ï. T 'EfcUtante Rhodes. Il y a au Latin C/4- 

JLJram Rhodum> parce qu'elle eft toufiours 

eclairéepar les rayons du Soleil , dont le Go- 



DES OdhS p'HoRAÇ!.' tfj 

îofle qui eftoit vne des mcrueillcs du inonde, 
luy a donné beaucoup de réputation. 

1. Mitylene^ft, la ville principale de Lefbos, 
aujpurdhuy Metelin. 

1. Ephe ftyvillt dans TAfie mineure baftie par 
les Amazqnçs &C célèbre par le temple de 
Diane. 

1. Corinthe s ville fituée fur l'Iftme a l'entrée 
du Peloponefc entre les deux mers, Ionienne 
&Egée 

5, Thebcs, ville de la Beotie baftie par Cad- 
mus peçe de Semelé qui fut mère deBacckus. 

3. 'Dçlphes , fut célèbre par les oracles d'A- 
pollon. 

4. Tempe \ eft vne vallée agréable dans 1^ 
Theflalie , m ttauers de laquelle pafle le fleu- 
ue Penéc. 

9, Argos^ ville du Peloponefe où fç nouç* 
riflpient de fort beaqx cheuaux. 

9. Mycenes, ville du Peloponefe capitale du 
Royaume d'Agamemnon. 

10. Laçedemone , autrement SparfikejVillç, 
du Peloponefe. 

il Larijfe, ville de Macédoine fituée fur 
le Golfe Pelafgien. Euitatius dit quelle s'appel- 
loit autresfois Argos , ^jourd'huy Lartz J z J o. 
Tputesfois il y a vne autre LarifTe fituée dans 
la. mefme contrée fur les bords de Penée > quei- 
quesfois appelléc Argijfa, ou Argura. On a re- 
marqué encore vne autre Lanffe auprès du 
Mont-Ofla : vne autre en Syrie, vne autre dans 
le Peloponefe autour d'Elée, Se vne autre en 
Lydie. 

Z iij 



J5& RlMARQVH SVR LI I. Liv. 

n. Anton ou Anienc, aujourd'huy Tetterc- 
xc, flcuue qui naift au territoire des Gabicns 
proche d'Albc félon Strabon: & delà parles 
Marfes , il coule a Tiuoly pour fe rendre dans 
le Tybreà trois milles de Rome. Pline 1. 3. ch. 
it. met fà fourec en la montagne des Treba- 
niens , où il reçoit les eaux de trois lacs auprès 
dvn lieu appelle SubUcHS-> aujourd'huy So//*™. 
Mais Tacite les appelle les cftancs ou marcts* 
Simbrittiens , quand il parle de la fontaine que 
l'Empereur Claude amena à Rome. Simbrinie* 
félon Petrus Marfus eft vne riuiere desEqui- 
colcs qui eft au deflus de Tiuoli , fou eau eft 
fortfroide. Il fut appelle Anien, du nomd'A- 
nius Roy des Tofcans qui s'y précipita de de- 
fefpoir , pour n'auoir pu ataindre vn certain 
Cethegus qu'il pourfuiuoit à çaufe qu'il luy 
^uoitenleué fa fille. 

1$. Albnnée, C'cftoit vn boisfacré où il y 
auoit vne fontaine portant le mefme nom. 

15. Ttburne. Fut ceJuy qui ietta les pre- 
miers fondemens de Ttbnr ou de Tiuoly. 

21. Ttnolj ou Tybur ville du Latium, au- 
près du petit Anie ouTeuerone,àfêize milles 
de Rome, fur vne haute croupe de montagne 
au dertbus de laquelle eft la fontaine Albunce. 

ii. SaUmine. C'eftoit vne Ifle où regnoic 
Telamon pere de Teucer tk d'Ajax , auprès 
d'Eleufis , où l'armée Nauale de Xerxcs fut de- 
faite par Themiftocle. Il y eut vne ville du 
mefme nom bathe par Teucer dans Mie de 
Cyprc. 



bks Odes d'Horaci, 1 # j 



Sur Vode VI IL du L Lime. 



9. TTX E toucher 4 l'or du Tybre> eft de meil- 
X^leure grâce à mon auis que d'auoir tra- 
duit de toucher au Tybre iaune , encore qu'il y 
ait au Latin Timet flauum Tiberim tangere* 

14. LefilsdeThetù. C'eftAchile que fa mè- 
re cacha fous vn habit de fille, afin de n'eftre 
pas connu dans l'Ifle de Scy re , où il fut décou- 
uertparvne inuention dVlifle. 

16. Les Ljciens<> (ont mis en cet endroit pour 
Us Troyens, aufquels ils donnèrent fecours 
contre les Grecs. 



Sur l'Ode IX. d» I. linre. 

1. Ç*Oratte, eft vne montagne de la Tçfcane 
Oaflez près de la Flaminie , au jourd'huy, 
morne di S. Silueflro^ & monte di S. Treflo. 
Virgile en parle dans (oa onziefme liure de 
l'Enéide. 

Summe denmpinfti euflos SoraElis Apolfr. 
8. La pippe Sabine. Il y a au Latin Sabina 
diota, qui eftoit vne forte de vaiffeau à deux 
ances r mais on traduit ces noms anciens com- 
me on peut 3 & il eft indiferent de dire , pippe, 
tonneau , poinçon , muy , ou barril. 

2 iiif 



j6$ Remvrqvcs svr le 1. Liv. 



Sur ÏOde 2C. du I. Lime. 



ï. "1 Jt Ercure petit {H* d Athu , parce qu'il 
JL VjLcft 6Js de Mayc fille d'Atlas, il y a vue 

peinture de fa mullance dans les tableaux de 
Philoftrate, 

i$. Les fiers Atrides. Agamemnon & Me- 
nelas enfans d'Atrée qui ne connurent poinc 
Priam fous la conduite de Mercure , quand il 
vint trouuer Àchile pour obtenir le corpj 
d'He&or. 



Sur l'ode XI. du I. Liure, 



.. T E fort des nombres Babyloniens. le croy 
JLiquele Poète aicyéçard aux points, & 



que le Foete aicyegard aux pi 
au nombre de la Geomcnce , par lefquels les 
Babyloniens qui eiloiem auflî de grands Ma- 
thématiciens pretendoient tirer de grandes 
connoiflfances dsTauenir. 

9. loui du prefint y &c. Eft vne maxime 
Epicurienne, obfèruée de tout temps par les 
ieunes gens qui ayment leurs plaiius, Ôc qui 
n'ont l'cfpnc touché d'aucune pieté. Le Poète 
qui eftoit dans ces mefmes fentimensles auoic 
dé-ja confeilleza ThaliarchefurlafinderOde 
précédente. 



o 



des Od m a' H© & A ce. 3É1 



$ur ïade XII. dn L &uve, 

5 f T ^TElicott. C'eft vnc montagne de Çco^ 
JL JLcie célèbre par le fejour des Mufes &C 
d'Apollon. 

6. Ptnde , eft vne montagne d' Arçadie, tou- 
tesfois quelques-vns veulent que ce fbit vn 
fleuue : mais il y a vnc montagne de vne riuie- 
XÇ de ce mefme nom. 

6. VHeme froidureux. C'eft vne montagne 
proche de Rhodope en Thrace , célèbre par 
les facrifices de Bacchus Se par l'étouïdiflê- 
ment des Menades. 

57. 1 eferay desvers fublimesdeRegulus^ Ces 
vers fe pcuuenc voir dans l'Ode 5. du $. Liure. 
Tout le monde cft aftez informé par l'Hiftoire 
des belles allions des illuftres Romains que le 
Poète nomme après celuy*cy,pour venir à par- 
ler fi dignement qu'il fait de la gloire d'Augu- 
(te , qui doit tenir le fécond rang dans l'Empire 
{Urvniuers après iupiter, ce quidonnafujetà 
Virgile de faire ces vers fi fameux, Hotte pluit 
tota, #;c. que i'ayainfî traduits dans mon, Vir- 

// pleut tonte la nuiU , mais le matin les ieux" 
Eclairez, du Soleil qui commence a reluire , 
Redoublent leur éclat par celuy de fe s feux* 
Ce far & Jupiter mt partage î Empire. 
f6. Les Seres font peuples d'Ethiopie.» ôC 
félon Orofc peuples des Indes, 



}6i Remarques svr. li I. Liv 



Sur l'Ode XI IL du I. liure. 

2- /~*0l de Telephe qui a la couleur des ro- 
\^Jfes , façon de parler pour exprimer vnc 
beauté, dont Virgile s'efloit auffi feruienfon 
i. Liure de l'Enéide , en parlant de Venus. 

Dixit : & auertsns rofea ceruice refulfit. 

\6. Dans la cincjuiefme partie de fon NtÛar % 
c eft a dire de Tes délices qui n'ont rien au delà 
que le regret & l'çnnuy. 



Sur l'Ode XIV. du J. liure. 

ï. f*\ Nauire. Il entend la Republique : Se 
V^/ Quintilien eftime que cette Ode cft 
vne perpétuelle allégorie d'vnc nauirc expo- 
fée fur mer au milieu de la tempefte. 

10. De Dieux que tu fwjfes inuec/uer. Les 
anciens faifoient des représentations de leurs 
Dieux furlapouppc de leurs nauircs , & leur 
rendoient quelque forte de vénération reli- 
gieufe, 6c appelloient fouuent ces nauires du 
nom dts Dieux. Les Chreftiens y font qucl- 
quesfois reprefenter des faints & leur en don- 
nent les noms. 

10. Les Cyclades , font des Ifles dans les 
mers Ionienne, &Egée, en nombre de 5 j. d'au- 
tres difent 54. Apollonius les appelle Mweides^ 



des Odes d'Horace. $&y 

&: Caftaldus, Ifole de Archipelago : on les ap- 
pelle Ciclades y non pas à caufe de leur rondeur^ 
mais pour ce qu'il eft neceflaire de faire beau- 
coup de tours pour y aborder , à caufe des pro- 
montoires & des rochers malaifez qui font 
alentour. Virgile dit quelles font éparfes dans 
îa mer. 

Sparfafjue per &quor Cycladas , 0- crebris le- 
gimm fréta concita terris. 



Sur Tode XV. du I. Liure. 

z. T E perfide Berger. C'eft Paris qui fuç 
-Lmourri parmi des Bergers,à caufe du lon- 
ge de fa mère Hecube , qui crût par ce moyen 
cuiter lArreft des deftinées touchant la ruine 
de (a maifon & de fon Eftat. 

j. Tierce , Dieu Marin perc de Tethis , vé- 
ritable en toutes fes prédictions. Hcfiode dit 
qu'il eftoit fils de Pontus. 

7. Pour défaire ton mariage , le mariage, 
ou pluftoft le double adultère de Paris auec 
Hélène femme de Mcnelas. 

10. La nation Dardanienne , c'eft a dire 
Troyenne , qui portoit le nom de Dardanus 
l'vn de fes anciens Roys qui viuoit du temps 
de Moyfe félon la remarque de quelques-vns. 

11. PalLu apprejfe dé~ia fon armet , fon e ri- 
de , &c. c'eft à dire fon cafque & fon bouclier, 
parce qu'elle eftoit en cole re contre lesTroïcoâ 
à caufe du iugement de Paris, 



364 R E M A R QV E S S V R LE I. L I V. 

14. La promptitude d'Atax , parce qu'il 
n'y auoit perfonne C\ léger A la equrfe qui le 
purt: cuiter , quand il auait entrepris de le 
pourfuiure. 

19. Tes cber:cux empruntez,. le n'ay t fc 
mettre adultères comme le Latin le porte, quoy 
qu'en ce lieu-là ie pente que le Poète a eu plu$ 
cjégard aux cheueux naturels d'yn adultère 
qu'a des cheueux empruntez , parce que la tra- 
duction de cheueux adultères euft efté rude 
pour ne dire pas tout à fait infupportable en 
no lire langue. 

24. Sien-le célèbre d^ns l'Iliade d'Home- 
re , ôc l'vn de ceux qui le renferma dans le che- 
nal de Troye fut fils de Capanée , & grand 
amy deDiomede. 

z6. Merton compagnon d'Idomence , & 
celuy qui conduifoit dans les bataillons , fes 
cheuaux &c fon chariot Iliacl 5- 

28. Diomede , de non pas Dtodeme fils de 
Tydée > qui receut de Minerue des faueurs lî 
particulières, quand il blefla Mars & Venus 
au fiege de Troye. 



Sur l'Ode XVI. du J. Luire. 

I. f^\ Fille plu* belle cfue ta mère. Quelle Da- 
\~J me n'auroit point cette louange agréa- 
ble } 

5. Cibelle. Il y a Dindymene ati Latin quieft 
la mcfme que Cibcle > qui prit le furnom d'vne 



des Odes d'Horate. jtff 

montagne de Phrygie appellée Dindyme , où 
elle Te fie rendre des honneurs dîiïins par les 
Corybantes* Il y a en cet endroit au Larinvne 
Hipperbate afiez difficile àdémefler. 

S>. L'épée Noricienne , pour toute £>rte de 
bonnes épées à caufe que dans le pays des No- 
riciéns , que Ton tient élire la Bauiere , il Ce fai- 
ioit des épées dVne trempe rnerueilleufc. 

1 ; . Promette de qui nous auons dé. ja par- 
lé fut fils de laper & de Clymenc. On a créa 
à caufe de l'excellence de fonefprit, qu'il fit vxi 
homme du limon de la terre, & qu'il forma 
fonefprit des parcelles de tous les autres ani- 
maux, ayant pris la colère du lyon,Fâiudité cki 
pourceau, larufe du renard, & ainfi du fefe. 

17. La colère a fait tomber Thyefîe. Parce 
que ce Thyefte auoit couché auec la femme de 
fon frère Atrée, qui fut fi malheureux que dé 
manger fes propres enfans que fon frère auoit 
fait apprefler pour fa table comme va mets 
délicieux. 

1 S . Ont enfonce' la terre far le débris des mu- 
railles y c'ell à dire, ont labouré dans lefpacc 
où il y auoit autresfois des villes bafties , l'ex- 
preffion françoife répond allez heureufement 
au Latin. 

lmprimèretque mûris koflile aratrnm exercî- 
tPts infolens. 

25. Changer (amertume de mon fiel en la 
douceur du miel. Le Latin qui ne parle que de 
changer Jjes chofes trilles ou rudes en chofes 
douces, n;iuroit pas allez de iuflefïèen noftre 
langue» 



$66 Remarques str. ii I. Lit- 



Sur ÏOde XV IL du I. Lwre. 



2.. *X~]Aune auec la légère te qui Caccornpaant % 

X car de traduire/* fifte Faune , oulepropt, 
ou le léger Faune 5 pour rendre mot à mot Felox 
Faunus , euft efté de fort mauuaife grâce en no- 
lire langue, ce qui doit feruir d'exemple pour 
faire connoiflre qu'il y a plus de difficulté que 
Ton ne penfe à faire vnc Verfîon agréable & îu- 
fte , &c que l'inuention des tours & des belles 
manières de s'exprimer eft quelquesfois aflei 
malaifée à rencontrer. 

2. Change fouuent fon Lycée auec mon Lu* 
cretil) quoy que la conftrudtion Latine fcmblc 
dire tout le contraire , mais il faut de neceflité 
traduire de la forte pour refpondre au fens de 
l'Autheur , qui eft fouuent difficile à trouuer. 

2. lycée y eft vne montagne d'Arcadie, où 
Ton faifoit des facrifices à Faune & à Pan, Diui- 
nitez adorées par les bergers. 

2. Lucretily eft vne montagne au pays des 
Sabins où Horace atioit vn village , dont il par- 
le en cet endroit. 

9. Loups de Mars. Ce n'eft pas du mois 
de Mars , mais confacrez au Diett Mars. 

iï. Vftique, eft vne montagne aux pays des 
Sabins, qui tombe doucement en pente com- 
me vn homme couché. 

1 3 . Anacreon Poète Lyrique qui eftoit dV- 
ne ville appeliée Tcïe> d'où vient que fouuent 



&ES Odes d'Horace, ^7 
il cft appelle Têtus : & icy Horace parlant de & 
lyre dit feulement fide Teia. 

if. Le défiant Cjrus. CeCyrusdeuoiteftrc 
le riual d'Horace , ou le mary de Tyndaride> 



aîiMi 



Sur Voie XVIIL du t. liure. 

i. /~^j4tile fut frere de Tybur qui baftit vnè 
V->ville de ce mefme nom , le Poète vfant 
icy d'vne licence mettant vn frere pour l'autre* 
Virgile en parle dans le liure n* de (on Enéide, 
où il dit que Catile abbatït le magnanime lolas» 
& tua le grand Herminie, ôc dans le 7. liure, 
Catile & le fort Cor as , dit-il , deux ieunes hom- 
mes de Grèce çfr frères iumeaux quittèrent les 
murailles de Tybur , dont la nation a retenu le 
nom de leur frere Tyburte. Ces déux-cy tenant 
l auant garde sexpofoient au deuant des traits , & 
parmi les fins grands périls , comme deux Cen~ 
taures engendrez* de la nui 9 quand ils dépen- 
dent du fbmmet de quelque haute montagne* 
laiffant Omole & Otris couuertes de neiges 9 & 
courant de telle roideur que la grande foreft 
leur fait place , & les halliers froijfez, , fe ren~ 
uerfent auec vn bruit nompareiU 

3- ££u} narroufent point leur gorge feiche* 
c'eft à dire , qui ne boiuent que fort peu de 
vin, ou qui font fobres. Le i-'oéte vfe de la 
mefme façon de parler dans la 3. Epiftre dm. 
liure à Mecenas. 

8. La querelle des Centaures auec les Lapi~ 



5^8 R E M ÀRQVF S SVR 1 E I. LlV. 

thés. Quand aufcftindcs nopccs de Pirithous 
fils d'Ixion & de Die, les Centaures après auoir 
bien beu, voulurent rauir les femmes des La- 
pithes. 

9. EuinSi eft vn nom de Bacchus a caufe 
du mot Ettoé dont les Bacchantes fe feruoieiH 
dans les réjouyflTances de leurs folemnitez 

ir. Baffaree , vn autre nom de Bacchus , ti- 
ré d'vne forte de vertement, dont les Badau- 
des preftreftes de ce Dieu eftoieiit reiieftuc?, 
d'autres difent fes nourrifTes autrement appel- 
les Ljdes,Macettes, & Mirnalones 

15. Cornet Bertcinthien > t'eft a dire Phry- 
gien, à caufe de Berecinthe qui eit vne mon- 
tagne de Phrygie , où Cibelc & Bacchus 
eftoient reuerez. 



Sur rode XIX. du J. Hure. 

1. A rtgoureufe mère des amours , ou la 
-^cruelle mère des amours : car «n effet 
Venus eit vne mère bien cruelle de beaucoup 
d'affe&ionspaffionnées qui lafuiuent. 

5. La licence qui naifi de (oyftueié , au lieu. 
de licence lafcine comme il y a au Lathi, ce qui 
rendroit fort mal le fens de l'Autheur, qui veut 
dire que là licence eft vn effet de ToyAuetéou 
dVn grand loifir. 

6. Le marbre de Pare. C'eftvn marbre blanc 
dont l'Ifle de Paros qui eft vne des Cycladesi 
aujovud'huy appclléç Poltn eft fort abondante. 

7. Sofi 



DÏS OôES Û'HORÀCE. lia 

7. Son agréable dédain , ou dépit, ou malï- 
et, pour répondre au Lzûn grata proteraitas, 
qui plaifl dauantage anxieunes gens, que tou- 
te cette pudeur, & grande retenue" qui Te re- 
marque en plufîeurs. 

8. Son vijkge dangereux à regarder, reuient 
bien a mon auis au Latin , & vu l tm tiitiium 
iHbricut ajpki , voulant dire qu'il n'y a pas 
moyen de fe tenir & de ne pas tomber, quand 
on s arrefte tant foitpeu a la confiderer , pour 
dire quelle cil parfaitement aimable. 

iï. Ny de tout ce fui nàparuent psiht % la 
gloire de fin Empire , traduit le fens de necqtt% 
ml attment, qui eflvne expreffion imparfaite, 
Scvnpcu trop générale pour fignifier ce eue 
le Poète veutdirc. i 



Sur l'Ode JTJC. du L Lime. 

%. ^TNe terrine de Grèce, ou crache , ou 
V quelque autre vaifTeàude terre. 
$. Content par vne hifigne modefiie de ta di- 
gnité de Chevalier, au lieu de mettre ilmple- 
ment Meeene Cheaalier comme il y a au La- 
tin , mais cela eufl eflé de mauuaifc grâce : de- 
fortç que i'ay iugé à propos d expliquer .en peu 
de paroles laforce du mot Eques enceîieu-la; 
car en effet le Poète l'a mis expiés pouf mar- 
quer la modefiie de Mecenasqui s'eftoit con- 
tenté d'e/lre Cheualicr , fans prétendre à de ; 
plus grandes dignitez, ny mcfmes d'eftre ad> 

A* 






570 Rkmàrqjtes svr le I. tiv. 

tnis en l'ordre des Sénateurs. 

6. L" écho du Mont-Vatican , qui eftoit pro- 
che du Théâtre de Pompée fur le bord du Ty- 
bre 3 lePoete s'eftant contenté de dire, locoja 
Vattc&ni montis imaoo, que nous aiions rendu* 
qui fait vne image enio'ùie de la voix. 

6- Du fleuue paternel, c'eft à dire du Ty- 
bre qui prend Ton origine de l'Etrurie ou de 
la Tofcane, dontMeccnas eftoit venu. 

9. Du vin de Cecube. Ce vin eft remarqué 
pour cftre bon , par Mhenéc eh fon 1. liure. 1! 
fe cueilloir dans la Campanie, aujourd'huy le 
Royaume de Naples. 

9. Prcjfoirs de Calene. Le vin de Calcne eft 
auffî recommandé par Athénée, & s'appelloic 
Calene du nom d'vne certaine ville. 

10. Falerne. Vne contrée delà Campanié 
auprès de Puzzol ainfi appellée du mont de 
Falerne qui eft au delfus, où croiflbient des vins 
tres-excellens- 

11. Formtane> vne ville des Latins auprès 
de Gayette , autour de laquelle il croillbit auffi 
de fort bons vins. 



Sur l'Ode XXL du I. Liure. 

x« f^Ynthe. Ceft vne montagne dans Tlflc 
%^j de Delos où naquit Apollon. 
6. Algide eft vne montagne dans le ter- 
roir Tufculaaç diftant de quinze rail de Ro- 
iiic. 



bss Odes d'Horace, 375 

7, Erymanthe Montagne en Arcadie où fc 
nourrirent force fanoliërs 

8. £>** monts de Lycie. Le Latin met *#*■ 
vïridi* Gravi , mais 0/?c* quieft vn vilain nom 
& peu connu, m'a oblige de le ranger en mar- 
ge , & de l'exprimer par le pays où il eft, & me 
contenter de dire, ou fur les cçjles verdoyantes 
des monts de Lycie., 

15. Bretons. C'eftoient les peuples de U 
grand* Bretagne , aujotird'huy l'Angleterre 
& l'EfcofTe % Sc ie ferois bien marry de traduire 
les j4nglois , félon la penfee de quclques-vns> 
parce que les Anglois font venus long-temps 
depuis les Bretons , comme il ne faut pas dire 
François pour Gaulois, ny Alernans pour Ger- 
mains ou s'il en faloit vfer de la forte, ilfau^ 
droit auiïl changer les furnoins des Princes qui 
leur ont efté donnés de ces nations fubiuguéesj 
Se au lieu de Britannkm & de Germamçm , il 
faudroit dire Analicm &C Allemanicks > qui fe- 
roient de joues dénominations pour écrire 
l'Hiftoire des enfans de l'Empereur L lande* 
&de Drufus. r 

Moniteur Colleter qui excelle à faire de 
beaux vers comme en beaucoup d'autres cho- 
fes, a rendu ainfi cette Ode que i'ay bien voulu 
raporter toute entière > parce qu'elle eft digne 
cie fa belle veine & de ce fujeè. 



M i} 



37 1 Remarques svr le I. Liv. 

HYMNE DE DIANE ET D'APOLLON 

Traduit de l'Ode d'Horace 21. du 

1. Liure. 

Vierges au teint vermeil & vous tennis 
garçons] 
Célébrez, à t emtt dans vos fainïies chanfons 
Les Grâces de la fœur , £r les beautez, du frère* 
£)ue ■iane&Pkœbtis far vous fattentnos fensi 
Que leur mère Latonne , & Jupiter leur père 
Soient les diuins obiets de vos diuins accens. 
Si Diane fe plaift dans les hautes fore f s 
Ghti pénètrent le Ciel , ou le touchent de prés ; 
Si feau qui les humetie embeHit leurs feuil- 
lages ; 
Si le chaud Erimanwe , <? I Algide fi lieux » 
Si U bois de Ljcie eft fi cher à fes vœux , 
Chantez, ces claires eaux y & ces mornes ombra- 

S'il nef rien di fi beau ejue ce noble verger 
On dans la Thejfalie Apollon fut Berger, 
Si Tempe le rauit aujji bien que Pente, 
Chantez, d'vn ton dtuers et s diuerfes beautez, ; 
Et puifcjue le laurier y croift de tous coflez, , 
*dyez,~en de fa main la te fie couronnée. 

Chantez, divnair charmant ,& d'vn vers fans 
égal 
Delos qui de ce Dieu fut le beau lift natal, 
Oà de Mercure il eut le carquois & la Ijre. 
Le bruit de vos chanfons volera iufqu aux Cieuxî 
Et vous aurez, f honneur Âanoir charmé deux 



des Odes d'Ho^acl $7$ 

Le Dteu de la lumière , & le Dieu du bien dire* 

Mais pour le facré prix de vos nares chan> 

fins , 
Vierges an teint vermeil > & vous ieunes gar- 

fins y 
Ces lieux exaucèrent voflre prière faintke. 
Et tandis que Ce far , çfr le peuple Romain 
Seront exempts de guerre , & de pefie , & de faim. 
J^e Perfe & le Breton en fentiront Cattainte. 



Sur l'Ode XXII, du I. liure. 

2. ' f^E* iMelots du Maure. Les Maures 

JL/qui font les peuples de Mauritanie, 
dont les Royaumes de Fez & de Maroch font 
partie, eftoient en réputation de lancer adroi- 
tement le Iauelot. 

S . Syrthes bomllantes d'vne ardeur exceffmt. 
Les Syrthes font bancs delà mer Méditerra- 
née fur les coftes d'Afrique , aujourd'huy , Sec- 
ché di Barbaria ou Bflxos de Barbaria , elles 
font appellées bouillantes , à caufe qu'elles ap- 
prochent de la 2one torride. Lucainfait vne 
élégante defeription de ces Syrthes , dans fon 
?.liu.apresSalufte,& quelques autres Anciens, 

7. Caucafe s eft vne partie du Mont-Tau- 
rus entre le pont Euxin &: la mer Cafpie. Pline 
I. C. ch, 17. dit que Caucafe fignific bbne de 
neige. 

% Hydajpes , fl^uue de Mefopotamie qui 
tombe dans le Tigris dont Ion conte tant de fa- 

A a iij 



374 RzMAfcciyE* svr le L Liv. 
ble s > &non pas Amplement fabuleux, comroe 
le porte le Latin , parce que ce feroit encore 
vne plus grande fable, puifque l'Hydafpe eft 
Vn véritable Hernie, & qu'il n'y a pas moyen 
de donner autrement vn bon fens aux paroles 
del'Autheur. 

i+. ta guerrière DaunU. C'eft la Fouille 
appelléc Dattnie> du nom d'vn certain Dan- 
nus qui enauoit efté Roy,& parce que cette 
Prouince portoit de bons foldats , le Poète luy 
donne l'Epithete <\z guerrière. 

15. Juba Roy de Mauritanie ou de Numi- 
die , qui tailla en pièces l'armée de Cefar com- 
mandée par {on Lieutenant Curion, dont par- 
lent Florus "& Cefar luy- meime aux. libre de 
la guerre Ciuilc , mais plus amplement Se plus 
élégamment que tous le Poète Lucain, fur la 
fin de i^on 4. Uurc. 



Sur Code XXIII. du I. Lïure. 

S. Ç^Emblable À vn faon de biche. On diroit 
i3que cette comparaifon eft tirée du Can- 
tique de Salomon > tant elle a de raportà ce 
qui s'y dit de l'amante & de l'époux. 

10. Geiulie , eft vne Prouincc de l'Afrique, 
auprès des Syrtes entre. Carthage &c laNurni- 
die, où eft la ville de Madaure: elle porte 
force lyons. 



B 



es Odes o'Horaci. 57$ 



Sur ïode XXIV- du I. Liure. 

%. X A Elpomene, qui tiens de ton père , de 
JVllupiter père des Mtifcs. Cette Ode 
eftmerueilleufement ingenieufe pour donner 
des louanges à Virgile , en plaignant la mort : de 
Quintilius Varus qu il ne fçauroit r appellcr 
<k7 Enfers encore qu'il touche la lyre plus dou r 
cément qu'Orphée qui s'efforça d'en retirer 
fôn Euridice ayant en quelque façon fléchi le 
cœur des puiflfances infernales par fon har- 
monie , Se par les charmes de fa voix. 



Sur l'Ode XXV, du I. JJure. 

Es sennes fols yêcc. Le tour de cette 
Ode eu aflez délicat, Se difficile à ren- 
dre , mais il n'y a rien que de facile pour l'in- 
telligence dufens,. 



L; 



Sur l'ode XXV h du L Liure» 

4, QAns me mettre en peine quel Roy fe fait 

^■redouter dans les pays froids font la con- 

ftellation de l'ourfe. Horace pouuoit bien auoir 

ce fentiment là de fon temps > quand tout le 

A a iiij 



5^6 Remafoves syr leI. Liv. 
Septentrion n'cftoit occupe que par des barba- 
res : mais puis que des Reines illuftres dans ces 
derniers fiecles ont adouci la rigueur de cette 
çonfleilation par l'edù-nc qu'elles font de tou- 
tes les belles chofes, &par les doucesinfluen- 
ces qu'elles verfent de tous coftez, foit qu'on 
les confidere ornées de toutes les grâces qui les 
Font prefque adorer fur le throfne par leurs 
bien-faits aux gens de mérite, foit qu'on les 
admire à caufe des lumières de leur eiprit qui 
leur donnent l'amour & Teftime des Mufes; 
nous auons bien fujet d'en parler autrement. 

5. Tiridate , quelques-vns lifent Adtthrida- 
te. Le premier eftoit Roy d'Arménie , & le fc- 
cond Roy de Ponte. 

9. Pimple , eft vne montagne de Macédoi- 
ne confacrée aux Mufes, d'où elles ont.cfté 
appellécs PimpUes ou Piœpleïades. 

iï. Le luth Lefbien. Le luth de Sapho &C 
d'Alcée qui eftoient de Tlfle de Lefbos. 



Sur l'Ode XXVII. du J. Liure. 

U, T)v^r quelle playe il a eu le bon heur de pe- 
A rir , il eft: aifé de voir qu'il parle des 
jplayes que fait l'amour, mais comme tout le 
(ens de cette pièce eft fort délicat, auffi n'eft- 
i\ pas bien facile de le comprendre d'abord 
dans le Latin. 

19. Dans quelle Carib.de ? dans quel perib 
faiiant allufion au danger qu'il y a d'apro- 



bes Odes d'Horace. $7? 

cher de cet ecueil qui eft dans le deftroit de 
Sicile. 

14. Pegafe , c'eft le cheual ailé qui porta 
Bellerophon quandil combatit la Chimère qui 
eftoitvnmonftre horrible , fille de Typhon & 
d'Echidne, & qui auoit trois telles , ÎVne de 
lion , l'autre de cheurc , & la troifiefme de dra- 
gon. Ce Pcgafe eftoit fils de Neptune Se de 
Medufe. 



Sur l'Ode XXVIII. du I. Liurt. 

2. À Rrchjte ou Archytas de la ville de Ta* 
JLXrente futvnPhilofophe & Géomètre 

de grande réputation , ce qui ne le priua point 

de l'honneur des emplois &c des charges plus 

importantes dans fon pays , comme le fait bien 

connoiftre vnc excellente lettre que Platon luy 

efcriuit qui fe voit dans fes œuures. 

$. Mdtine ou Mâtine ,cft vne montagne 

delà Poiiille auprès de laquelle cet Archytas 

fut inhumé. 

j. D'auoir tenté les maifons de l'air, c'eft à 

dire, de s'eftre éleué en elprit au deflus des 

chofesterreftres. 

8. Ttthon fut fils de Laomedon , & après 
vne très-longue vie il fut changé en cigale. 

9. Mîhos* fut Roy de Crète & conferoit 
toutes les années auec Iupiter ,pour aprendte 
de luy l'art de régner ; de forte qu'il fijt égale- 
ment honoré & chéri de fes peuples. 



578 Remarques svr le I. Liv. 

10. Pythagore> qui enfeignoit l'opinion dhc 
la tranfmigration des ames,difoit auoir efte Eu- 
phorbe durant la guerre de Troye , Bc que de- 
puis il eftoit more plufieurs fois, & que plu-, 
iieurs fois il eftc.it retourné au monde. 

22. Dans les eaux I /lyriques > c'efi: à dire, 
dans la mer Adriatique, furie bord de laquel- 
le cft vn chameau appelle Ferm*> d'où Archy- 
tas fut appelle Ftrman. 

16. Les forefts de Vernis. Ces forefts font 
dans la P ouille. 

29. Tarevte , ville principale de la grande 
Grèce dans la Pouille au fonds d'vn Golfe de 
mefme nom 3, à trente- deux mille de Brun- 
dufe. 

57. Apres que par trois fois tu auras ietté 
de la -pondre. Ce nombre lignifie non feule- 
ment vne certaine perfection , mais encore il 
eft myfterieux en beaucoup de rencontres, & 
fur tout aux çhofes de pieté & de religioji. 
Oeft encore vne cérémonie parmi nous de iet- 
ter par trois fois de la terre fur les corps des 
morts quand on les enferme dans le fepul- 
chre. 



Sur l'oie XXIX du l. Ziure. 

l, ^T" 1 / 7 " portes enuie aux riche ff es des Ar&- 
JL bes. Ces richefles confiftoient princi- 
palement en parfums , & en bois aromatiques. 
En ce temps-là , Augufte auoit déclaré la guei> 



pes Odes d'Horace. 579 
jfeauxParthes &aux Arrabes. 

3 . Sabeens qui ri ont iamais e fit domptez, , non 
à la vérité par les Romains, mais ilsTaiioienc 
bien cfté par Alexandre le grand. 

14. Pœnece. C'eftonvnPhilafQphe de lafe- 
<fte Stoïcienne. 



Sur l'Ode XXX du I. Liure. 

1. f^Niàe , vne ville de Carie, où Vemt£ 
VJeftoit particulièrement honorée. Pau- 
fanias, injitticù. 

1. Tapbos , ville de Cypre fous la prote- 
ction de Vénus appellée Pdepafes > limée ci> 
yn lieu cleué fur le bord de la mer. 

4. Dans fa belle Chappelle. Car c'eft ainfi 
qu'il faut traduire adem decorœm , qui fignifie 
proprement vn temple ou quelque lieu faind 
quand ce mot fc troune au lingulier, comme 
éedes en plurier fignifie vnematfon. Les anciens 
auoientdes Chapnelles en leurs maifons, où. 
ils adoroient leurs Dieux qu'ils appelloient fa- 
miliers. Le mot de C^^ppeltez tiré (on origine 
de la refïemblance du lieu ou Ion gardoitau- 
tresfois la Chappe de faint Martin , que nos 
anciens Roysfailoicnt porter ata guerre com- 
me vn eûendar de bon augure , &c ceux qui 
gardoient cette Chappe, Cappam fantti Mar- 
tini TuronenfiS) s'appelloient Cappe/lani> & le 
pauillonoùelle eftoit enfermée s'appclloitd/?- 
pe/Unia. Mais l'vfagc employé maintenant le 



380 Remarqvm SVR L! I. Liv. 
nom de Chappclle> pour traduire Sacellum , ou 
bienvn Oratoire, ou quelque autre lieufacré, 
comme celuy queie viendc remarquer. 

4.. Où elle t'tnuite auec beaucoup d'encens, 
c'eftàdirepar les facrifices les plus ordinaires 
des anciens , qu'ils auoient fans doute imité 
de la religion des Iuifs. 

j. Les Grâces deceintes. C'eft X caufe qu'el- 
les font libérales > & que fans la libéralité, il eft 
malaifé d'eftre gracieux*, aufïî les tenoit-on fil- 
les de Venus &: de Bacchus ou de Liber , au- 
trement le père de la liberté, &c de U libé- 
ralité 

7- La ieuneffe fut adorée comme vne Deef- 
(c , & eftoit fille de Iupiter & de Iunon. Les 
Grecs Tappelloient Hebè qui eft la puberté, & 
Homère la fait femme d'Hercule, parce que 
la ieuneffe eft bien alliée auec la force d'vn 
grand guerrier. 



Sur l'Ode XXXI. du I. Liure. 

X. A Po/lonàqui on dédie <vn temple* Augu- 
jfjLfte fit baftir & dédier ce temple d'A- 
pollon dans le Palais, auprès d'vne grande ôc 
fomptueufe Bibliothèque, de laquelle Horace, 
parle luy-mcfme en fpn Epiftre à Iules Flore. 
Et tangere vitet feripta , PaUtinns qmeum* 
que recepit Apollo. 
£t au 1. liure des Epiftres dans celle qu'il adrc£ 
fç à Augufte> 



jdes Odes d'Horace. $8i 
Si tnunus Apolline diqnum , nilcomplereltbris. 
Voyez auflï Suétone clans la vie d'Augufte, Se 
remarquez la dédicace des Temples que les 
Gentils auoient imitée des cérémonies des 
luifs. 

î. £hie fotthaite-ttl par fes prières ? Il par- 
le du Poète qui ne fbuhaite quvn peu de gloire 
auec vnc vie douce 6c tranquille , qui eft le plus 
grand & le plus auantageux partage des gens 
de lettres. 

5. En ver font latajfe pleine de vin notifie au» 
Les pnmices du vin cftoient offertes aux Dieux 
immortels : & auec le vin les Gentils faifoient 
leurs principales, oblations, Ôc de ce qu'ils en 
prenaient vn peu fur la bouche , ils appelloient 
cette cérémonie libation. 

4-- Sardagne. Ifle confîderable de la mer 
Mediterranécaujourd'huy Sardegnahjçttc aii 
Roy d'Èfpagne. 

5. Calabre y eft vne Prouincc d'Italie, du 
codé de la Poiïille Joignant les Btutiens , la 
grande Grèce , &c les Salencins. On f appelloit 
anciennement Peucetia & Majfapia , félon le 
témoignage de Solin. A cette heure fous le 
nom de Calabrois, font contenus les Dauniens> 
les Iapiges , & les Salentins. 

ft Uywire des Indes : car a qui eft-ce que 
font inconnus les elephans des Indes > Virgile 
au 1. des Gcorgiques. India mittit ebttr. 

7. LeLiris, ccft vnfleuue de laCampanic, 
il en fera parlé fur l'Ode 17. du 3. liure> aujour- 
d'huy Gœrilhan* 

5, Laferpc de Cdem> à caufe du yigno- 



*3i RlMAR Q^V F. S JVH II T. Liv. 
t>le de Calene donc il a efté parle fur l'Ode lô. 
de ce liure. Calene eftoit auprès de Falcrnc » 

15 £hï ejl cher aux Duux-, voulant dire 
que les Dieux aiment ceux , aufqucls ils en- 
uoyent la profpcrité : &c de fait fans vneparti- 
ticulierc foueur du Ciel, il feroît difficile de 
paflTcr & de repafïer tant de Fois fans faire nau- 
frage , vne grande mer comme celle des Indes. 



Sur Fode XXXlh du L Liure. 

5. A Lcee Citoyen de Lejbos. Le Latin ne 
JLjLnoinmc $3LSj4lcce $ mais il eft entendu 
fous le nom de litoyen de Lejbos , que i'ay crû 
dcuoir exprimer plus clairement. Ce Poète 
célèbre dans l'antiquité, a chanté des fujets d'a- 
mour, & à commencé à faire des versJiyriques 
aueelafameufe Saphon. 

11. De qui les yeux noirs çfr U cheueleure 
hrtine. Les yeiix & les cheueux noirs ëftoienc 
eftimez par les anciens ,c'eft pourquoy Hora- 
ce ditluy-mefme en fa grande Epiftrc aux Pl- 
ions. Speftandum nigrts oculis tiigroquc cafiUo } 
Se Anacreon veut que Bathyle foit dépeint 
auec des yeux Se des cheueux de lamefmc cou- 
leur. 



des Odes d'Horace. fît 



Sur Code XX XI IL du I. liure, 

i. KT^JImJk. Ceft ce fameux Tibulle dont 
1k nous auons beaucoup de belles Elégies, 
auquel noftre Poète àdrelTe encore la 4.Epiftre 
de ion premier liurc, ce qui fait bien voir com- 
hie ils cftoient amis, l'a y mis Tibulle, au lietf 
d* Albin*, qui eft au Latin, parce que l'vn 5C 
l'autre eft d'vne mefme perfonne , & le nom de 
Tibulle eft pltj^ beau & plus connu que celujf 
d'Albi*s. 



Sur l'Ode XXXIV. du L Liure* 

i, r^'ffy* figéjp infevp'cy c'eft à dire de là 
X^Philofophie d'Epicure , qu'il appelle 
infevfée , à caufe qu'elle enfeignôitàmefprifer 
les Dieux ,quoy que le Poète ne fuft pasd'àil- 
leurs fort enclin à les honorer , comme luy- 
mefme le témoigne autre part : mais en cela, 
il veut paroiftre conforme aux fentimens du 
vulgaire, qui pour n'auoir pas dauantage de 
j>ieté dans le coeur auoif beaucoup plus de fu- 
perftition : car ie tien qu'Horace eftoit dans les 
fentimens de la Se&e d'Epicure , qui ne recon- 
noiflbit point d'autres Dieux, que le monde* 
lis Atomes , & le hafart. 
y Le grand inciter* il y a au tarin Piejpiter 9 



584 Remarqves SVR tÈl. LiV. 

qui eft proprement a dire Iupitcr père du iour 
& de la lumière. 

io. Le Sttx. Paufanias écrit beaucoup de 
chofes du flcuue Stix dans Ton Arcadic. Les 
Poètes l'employent d'ordinaire pour vn fleuue 
des Enfers, & difentqucles Dieux craignent 
de iurer par fes eaux & de faufTcr leur ferment. 
Voyez Euftatius fur Homère, Scruius & mon 
Commentaire fur Virgile , & Arnobe parlans 
fur cefujer. 

10. Tenare * zboit vne ville de Laconie où 
il y âuoit vne porte des Enfers : les autres di- 
fent que Tenare eft vn Promontoire dans le 
Peloponcfe , où il y a vn antre affreux. 

11. Bornes .Atlantiques , ce font les coftes 
d'Afrique , où eft le Mont-Atlas. 

ij. Dieu a la puijpin e de changer toutes cho- 
fes. Si Horace a toufîours éfte de ce fendillent, 
on peut dire qu'il neftoit point du tout Epicu- 
rien. La pieté Chreftienne , & la droite raifon, 
nousperfuadent lamcfme ôppinion. 

1/. La fortune qui fait fes rauages auec 
beaucoup de bruit. Ce que le Poète dit de la 
fortune, eft véritable de Dieu Tout-puilTant 
& tout bon , & en cela il fait voir que fon ôppi- 
nion de lexiftence des Dieux, n'eftoit pas fort 
épurer* 



Sfiï 



des Odes d'Horace. 385 



Syr ÏOde XX XV. du I. Liurt. 

t. /*^\ Deejfc qui régis t Agréable Antie. IÎ 
\^J entend la fortune, que Pindare appel- 
le fille de lupiccr libérateur, & gardienne des 
villes. Le mefmela fait l'vne des Parques, &c 
dit qu'elle eft beaucoup plus puifTantc que Ces 
fours. Saftatu'ë qu'onadoroità Smirne eïtoit 
reprefëiïtée foutenant le Ciel de fa telle > Se 
portant d'vne main la corne d'Amaltée. 

1. Antieou Antium , fondé làncfëkuiiimettl 
par Afcagne Solin ch. 8. aujburd'Ruy Anz*o 7 
bien qu'il n'y ait plus rien des anciennes mar- 
ques iinon vn chafteau bafti fur Vn coin des 
vieilles ruines appelle Neptmo. Denis d'Hali- 
carnafTe réfère fon origine avnfils d'VlifTe ÔC 
de Circé , qui la baftit fur vn petit prbmontoi- 
re ou pointe de rocher à $1. milles Se demie 
d'Ortie félon Strabon. Cette ville fut la capita- 
le des Volfqùés, elledeùint colonie Romaine 
l'an 18$. mais elle fe reuolta Tannée fuiuantê, 
& rentra dans l'obcydaiice des Romain» 
Tan 417. 

8. Carpœtbe, t'eft vn golfe dans vne Ifle de 
TAfie , qui fait appeller vrîe nier de fon nom. 

9. Daces , font lis peuples de Tranfiluanie* 
Wàllachie, ScMoldaùtë. Les Grecs les appela 
lôient G êtes. 

9. Scythes. Peuples de l'Europe qui fcft! 
au Septentrion de la Thrace. 



33 r > Remarques svr le I. L i y. 

10. Latie ou Latium* vnc Prouincc d'Ita- 
lie , qui contenoit quatre peuples principaux, 
les Latins, les VoHqucs, lcsEques , & les Hcr^ 
niques. Aujourd'huy, il eft réduit à ce qu'oit 
appelle la campagne de Rome. 

16. La dure Ncccfiué , c'eft àdir<? le Deftin, 
ou la Neccllué de la mort , ou la mort mcfme, 
ou l'vne des Parques , d'autres appellent cette 
Neceffitc la merc des Parques. Platon au der- 
nier liure de fa République, attribué à la Ne- 
ceflitc , comme aux Parques , le fufeau , la que- 
nouille, le crochet, le deuidoir. Le mefme 
Platon dans Ion Timée tire le principe & l'ori- 
gine du monde, de la conioncïion de l'enten- 
dement & de la ncceiTité. 

21. Lafoj rare , voulant dire quil y en a 
feu au monde. 

28. Les faux amys fe retirent * c'eft a dire, 
ceux qui font pluftoft amis de noftre fortune 
que de noftre vertu , le nombre en eft aftez 
grand en tous les ficelés , & en tous les pays. 

30. Bretons les derniers peuples du mord?. 
Les Angiois & les Efcoflois dont Virgile parle 
enfapremiere Buccolique , & penitus toto di- 
wfos orbe Britannos. 

31. Redoutable en Orient , aux Parthes , aux 
Medes , aux Perfes , aux Arabes. 

40. Mœjfagettes. Ces peuples eftoientvoi- 
fins des Goths , on les appelle aufli Vifigoths & 
Oftrogoths, c'eftàdire Goths d'Occident & 
d'Orient. Strabon dit qu'ils habitoient au de* 
là ée ta mçr Ca(pie auprès des Sacces. 



des Odes d'Horage, 387 



Sur l'ode XXXVI. du I. Lïure. 

I. ï E veux appœifer les Dieux avec de tenk 
-I cens. Toujours l'encens eftoit employé 
aux facrifices , comme ie l'ay remarqué fur l'O- 
de 50. à quoy ils ioignoient iouuenrle (on des 
fluftes , ou la mélodie de quelque aune in- 
ftrument. 

4. Dernière Hejperie. Ceft l'Efpàgnc qu'il 
appelle dernière JLeJfierie,à la différence de là 
première qui eftoitï Italie. 

10. Marquée avec de la Çrœye, c'eft à dire 
<de blanc, en fignede réjouyflànce. Le mot de 
Çraye eft venu de Crète , par£e que le paysetl 
cft fort fertile. 

11. Saliensy c'eftoit des Preftres de Mars, 
inftituez par Ntima,lefquels en certains temps 
de Tannée chantoient des vers & dançoiénten 
iTiefme temps. Voyez Denjs d'Halicarnaile 
dansfon z. Hure. 

14. Les Amyfiides , ie ii'ay point voulu tra- 
duire ce mot exprés parce qu'il eft fingulier 9 3t 
que nous n'en auons point de propre qui luf 
réponde en noftre langue, pour dire degran- 
des taflTes d'vne certaine forme , pour eftre vui~ 
dées d'vn feul trait, comme ie l'ày remarqué 
dans la marge du texte. 

18. Leurs yeux tumureux , lafcîfs, âtiiroif* 
efté peut-eftre plus propre pour répondre àiï 
Latin putreis oculos > ftiais ie n'aime pas ce mot 

Bb" il 



jS3 Remarques svr le I. LiV. 

qui bailleurs ne me femble pas fort honneftei 



Sur ïodc XXXVII. du I. Liurc. 

3. 'slcoudeir des Dieux , ouleli&de table, 

JL/où les Dieux eftoient affis , quand ils 
reccuoient les offrandes des moi tels. Les Ro- 
ïpains auoient accoutumé deleurenprefenter 
toutes les fois qu'il eftoitarriuc à la Republi- 
que quelque profp'erité. 

10 Certains hommes effeminez, (frdijfolus ,c'e- 
Jftoient ces vilains Eunuques dont parle S. Gré- 
goire de Naziâzc , qu'il appelle hommes entre 
les femmes , & femmes entre les hommes , tou- 
jours prépares àtotite forte d'infamie, &d'inv» 
pureté. Ils eftoient perfides, trompeurs, au- 
dacieux, impudents ,8c noircis d'vne infinité 
de crimes. Voyez ce que dit Lucain de ceux 
de la Reine d'Egypte , dans les j. & 10. liures 
de fon noble poëfme. 

14. Des fumées Mareotiques. c'eft a caufe 
dvn vin d'Egypte qui croift dans les vignobles 
proches d'vn marefts appelle Mareotis. Athé- 
née dit que ce vin croift auprès d'Alexandrie, 
où il y a vne fontaine dumefme nom quiluy 
fut donné d'vn compagnon de Bacchus appel- 
le Maro. Strabon parle de ce vin en fon 17. 
iiure. 



DES OPIS D $ Ho RACE. j$£ 



Sur Tode XXXVI IL duLLttire, 

ï v A Pr*/?.r 4 U Perfuwtie* Car les Pcrfes 
JLJLcftoicntfortfomptucux en leurs repas, 
félon le témoignage d'Hérodote en faCatr 
liope. 

2. Les couronnes. Les anciens aupient IV- 
fàgc des couronnes de fleurs pendant les fe- 
oins , pour leur feruir de remèdes contre le 
mal de tefte, autant que pour pardi^rc plus 
agréables. Celles de lierre , de myrthe \ 8c d'à- 
cfrc marine eftoient le plus en vfage ,parmy les 
rofes 3 les violettes, le laurier > 1 amaranthe, le 
fyfj &c le narciflfe. 



Bj> a 



h 



?9=> 




REMARQVES 

SVR LE II. LIVRE 

DES ODES 

D'HORACE 



Sur Forte L du II. Liure. 




;#J Epuis le Çênfîttdt de Metelk. 
\ Ilyavn peu de difîculté tou- 
chant ce Conlulat : caries vns 
veulent que ce foit celuy de 
* Metellus Celer, & de Lucius 
Àffranius en Tannée 69;. de la fondation de 
Rome, àquoy l'opinion de Lambin femble fe 
raporter : les autres eftiment que le Poète en- 
tend le Çonfulatde QjCecilius Metellus Nu- 
midicus, auec M- Iunius Silanus en Tan 643. 
félon la fupputation du très doûë Efcrinain 
CarolusSiecnius enfon liurc des Faites. Mais 



dss Odes d'Horace. 591 

celuy qui a entendu ce p adage des mouuemens 
CtuÛs c an fez» par Mete/lus 3 monftre bien qu'il 
n'eft pas fort verféenla connoidance de l'Hi- 
ftoire, Se qu'il pouuoit Ce mefler de tout autre 
métier que de traduire quelques OÂcs d'Hora- 
ce , en quoy il a trcs-mal reiidî. 

$. Les amitiez, doubles des Princes , c'efl: a 
dire faujfe s & incommodes , ôcqui ne font ami- 
tiez qu'en apparence. 

9. La Mufe de la tragédie feuere. C'eft à 
caufe que Pollion à qui cette Ode eftadredee, 
çompofbit des Tragédies aulïï bien que l'Hi«* 
ûoirc delaçmerre Ciuile. 

12- Cothurne d'Athènes. Par le Cothur- 
ne, il entend les Tragédies , & les Poètes Tra- 
giques, & entre autres Thefpis, Aefchile, So- 
phocle , & Euripide qui eltoient Athéniens. Il 
y au Latin Cecropio Cothurno y parce que Ce- 
crops fut Roy d'Athènes. Le Cothurne eftoic 
vn brodequin dont fe feruoient les, A&eurs 
des Tragédies. 

1,5. Triomphe Dalmati^ue. Parce que la 
ville de Salone qui eft en Dalmatie fut con- 
quife par Pollion, à qui on décerna les hon- 
neurs du Triomphe pour la gloire de (on expé- 
dition. I'ay mis Oalmmque 8c non pas des Dal- 
mates , pour empefeher l'equiuoque de celuy 
qui elt triomphateur , de Pollion, ou des Dal- 
inates. 

17. Tléia tu frappes les oreilles du bruit 
menaçant , c'eft à dire que Pollion écrit ion 
Hiftoire de la guerre, auec tant d'éloquence 
qu'il femble qu'on entend dé-ja le bruit des 
trompettes. Eb àaj. 



J5>i Remaries $vr le IL Liv. 

^ 21. Poufstere qui nefl point mal- fiante, c'eft 
a dire fort fiante : Car ïamais les guerriers ne 
font ïamais ii parez que quand ils (ont couu'crts 
de la pouffierc du champ de bataUle , & routes 
du lang des ennemis. 

14.. Excepté le courage inflexible de Cation* 
reuientaflez bien ce me fembleau Latin. Fré- 
ter atrocem animum Cafionù. Enfuitte der##- 
tfa terrarum fnbafta , puifque rien n'y peuc 
cftre mieux oppofé que l'inflexibilité dn coura- 
ge : & file terme d'atrocem auoit vne autre li- 
gnification que d 'inflexible en cet endroit,^ ne, 
la tiendrois point du tout iufte , ny digne du 
grand iugement d'Horace. Montagne em- 
ployé ce pafiage au rang de ceux qu'il a çhoifis 
des anciens pour louer leieune Cathon , & le 
riiet incontinent après celuy de Virgile , bis 
dantem iura Cathonem : mais il fepourroitbien 
eftre trompé dans riotelligence decet Emifti- 
chetîré du8 liure de l'Enéide : cariln'y a pas 
grande apparence que le Poète amy d'Augufte 
euft. voulu honorer d'vne fi grande louange le 
plusgrâd ennemi des Ce fats: & il eft beaucoup 
plus croyable que Virgile pour fe mocquer de 
Cathon'j kiy donne vue autho rite imaginaire 
dans les Enfers : car l'oppinion des peines in- 
fernales paflb.it dans l'eipritdela Cour d'Au- 
gufte pour vne pure Chimère: iouu qu'il s'e~ 
ltoit abftenu de le nommer à defiein entre hs 
Hluftres Romains qu'il a remarquez fur la fia 
de ion 6. liure de l'Enéide. 

25. lugurta. Roy des Numides qui e flan g 
fKt pnfonnicr de guerre par les Romains , fii; 



Vis Odis d'Horach. 595 

tue en prifon: c'eft pourquoy le Poète adiou- 
te que la pofleritédes vainqueurs , fut prefentie 
* fes cendres en offrande mortuaire: mais il fe 
rencontre en cet endroit vne grande faute 
d'imprçfïion flon ne la corrige : car au lieu, de 
fofterite on a mis projpertté. 

3J. Nation Romatne. Le Latin porte T)au~ 
vienne , qui fe prend proprement pour la Poiiil- 
le , dent vn certain Daunus fut Roy : mais icy 
Dauni<t cades fe doit entendre pour les maffa- 
cres delà nation Romaine. 

58. Par Simonides , n'eftpas au Latin, mais 
il y eft fous-entendu, & il auroit cfté de fore 
mauuaife grâce de traduire Cea N&ni&<> pour 
dire mot à nw>t poèfie lugubre de Cée. Or Oe 
cftvnc lflcdelamer Méditerranée auprès des 
Baléares. 

$5>. Dion'ee, c'eft Venus qu'Homère appel- 
le fille de Dione, dans le 5. de Tllliade, où il 
parle de {ablefllircàla main, par Diomede. 



Sur Iode IL du II. Liure. 

ï. /*~^fofp£ Salufle y efl ce fameux Hiftoriea 
V-yde la coniuration de Catilina,&: de la 
guerre de Iugurta,dont nous auons quelques 
Verfions en noftre langue , Se fur tout de Ieau 
Baudoin, à qui la France eft redeuabîedetant 
d'autres ouurages confiderables, fans auoir eu 
beaucoup de foin de luy donner moyen de vi- 
UXCy dans l^pauurçté pu nous Tauons vu rc- 



5 f 4 Rkmar oy f.s s v r l j IL L i v. 
duit, comme h luy, & les kmblabîes , de qui 
le nom doit cftre en vénération* nettoient pal 
dignes d'vn plus doux traitement en trauail- 
lant pour Iagloirc de la patrie, & pour l'vrili- 
té publique, tandis que des Harpies cruelles 
qui dcfalent toutes chofes,font fourfertes eu 
h\ iouyflancc paiiible de biens mahicquis. Vu 
autre appelle des Mares a auilî traduit l'Hiftoi- 
rc de Salufte qui fut; imprimée a Paris eu Tan 

II. Gades , ville d'Efpagnc baftïe par les 
Carthaginois, aujourd'huy Calu. Ptolomco 

6 Apollo.dore l'appellent Gadira. 

il. iJvne çfr C autre Carthave , tant celle 
qui eft en Afrique que celle qui cft en E (pagne, 
iurnommée Spartica. 

\6. Corps atténué , il y a au Latin pafte ou 
blanc 5 mais ny l'vnny l'autre mot ne fe peut 
employer de bonne grâce en cet endroit, par- 
ce qu il finiroit la période d'vn m.auuais fon. 

17. La vertu cjui neft iamaU , &c toute la 
conftruétion de cette période , ePc dificile à 
faire au Latin, c'eftpourquay elle fouifre des 
fens forts difFerens. 

17. Phraate. C'eft le nom d'vn Roy de 
Perte qui remonta furie throlne de Cirus. 



Sur l'ode III, du II. Lime. 



12. f~\ V tonde fuyarde tremblote d'vn mur- 
\Jr mnre y &c. i'ay connu quelques per- 



des Odes d'Horace, Î5>$ 

fbnnes fi préoccupées de la beauté du Latia 
d'Horace , que fur le propos de la troificfme 
ftancede cette Ode*, elles n'ont pu s'imagine^ 
qu'il fuft au pouuoirdes langues inférieures &C 
nommément de la noftre , de traduire a^rea- 

•i 

blcment 5 ^#4E obliquo laborat lymplpa fttgax tre- 
fidare riuo> comme s'il y auoit quelque diuinc. 
énergie cachée en ces paroles quinefe puft ex- 
primer, ou comme fi noftre langue auoit moins 
jde priuileges que toutes les autres, défaire 
connoiftre fes forces quand on fçait l'art de 
s'enferuir. 

16. Le fil noir des trois fœurs, c'eftàdire la 
Vie des hommes , comparée à vn fil noir parce 
qu'elle eft pleine de miferes : Se par les trois 
Jœtirs> le Poète entend les trois parques , Clo- 
tho y Lachefis , & Atropas , quHefiode dit 
eftre filles de la nuiefc. 

18. Par les eaux dorées du Tjbre^ Au lieu 
de donner à cette riuiere Tepithete de taune^ 
à caufe de fa couleur, pour traduire , fldHHi 
Tjberis , mais cela n'euft pas efté de fort bonns 
grâce. /■ 

it. lnache> fut Roy des Argiucs, & père de 
la belle Io, dont il eft parlé fur l'Ode 19. duj. 
luire. 

16 . Le fort de t&us les hommes roule dans 
*un mefme cornet , &c. pour traduire omnium^ 
verfatur vrna , comme il y a en la i. Ode du 3. 
liure, omne capax mouet omne nomen y Se Vir- 
gile dans le 6. de l'Enéide parlant deMinos. 
JOuétfitor Mines vmAm mouet: ce qui fait ai - 
lufion à v$c coutume des Anciens qui decer- 



J9<£ RlMÀRQjyES SVR t! IL I iv a 
noient les recompences & donnoient les iu^ 
gcmcnscnicttant le fort. Ronlaid aimitcce-\ 
Cy dans fon Ode u. du i. liurc où il die 

Le Deftin & U V Arque noire 

En tous âges filent nos yeux 

Jeunes & vieux > ils metnent hoire 

Les flots du lac oublieux. 
Et M de Gombaud dans vne pièce qu'il a faitç 
pour le feu Roy après vne grande maladie, a 
dit ce me femble admirablement fur ce mefmç 
fujet, c'eft à dire ,auecla politefle , & la ma- 
gnificence qui luy font ordinaires. 
l 'alloû fans murmurer oà vonù les plus grandi 

Roys. 
0h ceux dont la valeur rengeoit tout à fis lois. 
Ont vu tomber leur gloire , G* leurs dépouilles 

vaines : 
Çà font faits f pareils tant d'humains fidiuers: 
Au repos de toutes les peines : 
jiu rendez-vous de VVmuers. 



Sur Code IV* du IL Liurc. 

;. YJRifeis, efteelle-là mefme qui cftant r^- 
JL/uie par Agamemnon, donna.fujet à cet- 
te grande colère d'Achilc, quieft fi bien dé- 
peinte dans le premier liure de lllliade , 8c 
dans les Epiftres heroïdes d'Ouide , où il y çn 
a vne très agréable de cette Brifeis. 

Ronfard a imite cette Ode dansla cinquief- 
mc de fon fécond liurc , où il die 



S) es Odes d'Horace 597 
Si îtyme depuis naguère - 
Vne belle chambrière 
He ! qui moferoit bUffneY 
. De fi bajfcment aimer t 
Et£lus bas, 

Achile l'effroy de Troy^ 
De Brijèù fut la proyè, 
Dont fi bien il s**chauffd 
^ue férue- elle triompha. 

Aïax eut pour fa maifireffe 
Saprifonniere Tecmejfe y 
Bien quilfecoùajl au bras 
Vn bouclier à fept rebrat* Sec. 
6. Tecmeffe, qui pour fa beauté fut aimée 
d'AjaxleTelamonien, dont elle eut vn fils ap- 
pelle Eurifate. 

5. Comme elle s fi fortie de maifon royale, 
n'eft dit que pour exprimer l'imagination de§ 
Araans, qui fe flatent toufiours au fujet des 
chofes qui les paflionnent le plus. 

24. Le huiEbiefme luftre > c'eft à dire qua- 
rante ans s car chafque luftre eftoit de cinq 
années. 



Sur Vode V. du IL Livre, 

î. ÇO# col ne fi pas dompté. Cette Ode cft 
ijvne perpétuelle allégorie à vne genilTe 
qui n'a point encore efté mife fous le ioug, au 
refte elle ne contient pas Vne dificuké dans la 
de licateflè de fou fens > de fur tout dans la der- 



59^ Remarques svr le II. L i v. 

rc fiance qui femblc auoir quelque chefe 
de merueilleux. 

Ronfard a imité cette Ode dans vn recueil 
qui (e trouuea la fin de Tes œuurcs , où il par- 
le ainfî d'vnc icunc fille qui auoit vn Amant. 

Ta geniffe ncjl ajfez* drue 
-Atten que fes ansjbient venus* 
Ne forte *jfeX> à la charui', 
Ne pour le Taureau qui fe rue 
Lourdement aux ieux de Venu*. 

slins méfiée mec les veaux 
Follatre dvne courfe vife 
Ou deffom les Saules nouueaux 
Se veautre a (ombre auprès des eaux 
Les famés du Soleil suite. 

lamals n endure qu'en la touche 
Fuyant a bons comme vn cheureau 
Comme vn leune cheureau farouche 
Jjhtj furie Printemps s efsarmotiche 
Par le tapie àvn vert preau 5 &c 






Sur Iode VL du 1 1- Liure. 



i. f~^Jntabre, peuple d'Efpagne qui fut mal 
V^/aifc à réduire fousleiouç de l'Empir- 



mal- 
Empire 
Romain. 
3. L'onde Maure , la mer de Mauritanie. 
j. Tiuoly ou Tybur , Tay parlé de ce lieu-là 
furvne Ode du j. liure. 

10. Galère, vn fleuue dans le territoire de 
Tarente. Quelques- vns l'ont appelle Ear$t4t> 



dès Odes b 3 Horace. 399 
d'autres Galeus. Niger luy donne le nom de 
Balada. Il y a vue petite ville frtuée tout au- 
près , aujourd'huy Galaja. 

1 4. Htmette , montagne de TAttique , d'au- 
tres difent de Sicile. Hérodote l'appelle Hy 
mefftu. 

\6. Venafre , ville de la Campanie > au- 
jourdhuy le Royaume de Naples,où croif- 
fent de tres-excellcntes oliues. 

j8. Aulon y montagne proche deTarente, 
fertile en bons vins qui nt le cèdent point à 
ceux de Falernc. 



Sur fode VI ï. du II. Lwre. 

t. Ç\ Pompée. Ce Pompée eft le nom dVn. 
^-^ Capitaine particulier. 

8. Précieux oneuent de Syrie. Car les hora- 
mes propres de 1 antiquité auoient accoutume 
de fe parfumer la tefte auec des onguents de 
Syrie, que le Poète appelle en cet endroit Ma- 
lobathrum y qui eftoit vn certain onguent qui fe 
compofoit de feuilles dVnc plante fans racine, 
qui croiffoit en des lieux taarefeageux des 
îndes. 

9. Les champs Philippiens > où Caiîîus 8$ 
Brutus furent défaits. 

9. La faite foudaine. Le Poète qui h'eft 
point glorieux n'atend pas qu'on luy reproche 
îk fuitte , ôc auou'ë franchement qtfe pour fe 
iàuuer plus vifte* il quitta fon bouclier 3 ce qui 



4&p Remarques $vk le II. t r^ 
n'eftoit pas feulement vne a&ion honteufe par- 
mi les Romains , mais encore digne de blafmc 
& de punition. Il en parlera encore dans l'O- 
de 4 du pliure. Voyez auiïi fur ce propos la 
14. Odcdui liure,la£. Satyre du i.liure , &t 
TEpiftre a Iules Flore du 1. liurc. 

11. Les foldats touchèrent de leur menton y la 
terre, &c. c'eft adiré tombèrent par terreoù 
baiferent la terre : mais il faloit traduire , Turpc 
folwm tetigerç mento. 

19. Vïen te repofer fous mon laurier. Parce 
que le laurier eftoiteftimé contre le danger de 
la foudre, ôc que le laurier n'eft pas moins la 
recompence des Poètes que des guerriers. 

II. Vin Maflic/ue. Pline loué ce vin dans 
fon 14 liure ch. 6. èc croift en ces montagnes 
de la Campanie qui s'appelloient Maffiqucs. 
Aujourd'huy Mijfîco auprès de Gaurano du 
coftéde Puzzoles. 

22. Des larges coquilles, defquelles Ce fai- 
foient des vafes où Ton renfermoit des on- 
guents précieux. 

25. Pour eftre l'arbitre de U betiuerie , ou 
de la débauche , comme celuy qu'il appelle Roy 
en l'Ode 4. du 1. liure , nec régna vint fortiere 
tAlù, àquoy nousauonsfubftuucnosRoysdë 
U febue. 



Sur 



des Odes d'Horace. 401 



Sur rode VI II. du II. Liurc 

| 

i. ÏE te croirois , Barine. Le fens de cette 
JLpiecc qui n'eft que de pure galanterie , ne 
Reçoit point de dificulté , après fa verfion. 
Quelques vnsneantmoins ont voulu entendre 
d'vne autre Façon que moy , le dernier vers de 
cette Ode, itid ne retardet aura maritos. Mais 
l'explication que i'ay fuiuie qui eft celle de 
Lambin, m'a fémblé là plus belle ôc là plus 
iudicieufe. 



Sur Code IX du IL Liure* 

i. \ KEr Cafyienne <> ou mer Cafpie y eft vng 
jLVJLmer en Scythiè autrement appelles 
Ilircane, ou mar de Baçhat*. 
,7. Mont Gargàn , eft datis la Poiiille, ou 
danslalapigie. 

14. Antiloquey fils de Meftor, de qui la mort 
eftracontée par Homère dans fon OdilTee. Il 
en eft auflî parlé dans les plattes peintures de 
Philoftraté : & Pindare dit quil fut tué en vou- 
lant faiiuer fon père dans le péril. 

16. Trdile , fils de Priam, de qui Virgile à 
parlé dans fon i. de l'Enéide, Infelixptter œt~ 
que impar congrejfm Achilli. 
2.0 • Niphate , fleuue de la Mefopotamie ,oU 

Ce 



401 RïMARQV^Ç SVR LE II. LlV. 

de 1 Arménie. Scruius a remarqué fur Virgile, 
qu'il cft incertain fi c'<eft vn fleuuc ou vne mon- 
tagne. L'epithete de Riçidum Ntphatem , ne 
nous enéclaircit guère aauantage, 

21. Le fieuue des Medes , de qui le propre 
nom eft Mcdus , qui donne ecluy que porte le 
p^ys, comme il eft facile de connoiftrepar le 
i$. liure de Strabon, où il parle des riuieres 
que trauerfa Alexandre le grand : car ce fleuuc 
n'eft point ny l'Araxe > ny le Tigre , ny l'Eufra- 
te, comme d'autres fêle font imaginez. 

23. Gelons , peuples de la Scythie>& non 
delà Thracc comme die Viuius. 



Sur Fode X du II. Liure, 



5« T A precieufe médiocrité, Cette loiïangd 
J^de la médiocrité, ne peut partir que des 
fèntimens dvn fort honnefte homme :& Pin- 
dare , dit qu'vne fortune médiocre eft long- 
temps fleuriflante, Se quVne fortune exceflîuc, 
eft plus fujetteà la Tirannie, qu'elle n'eft pro- 
pre à de bons Citoyens. Le Poète l'appelle 
Aureàm mediocritAtem > que nous auons tra- 
duite precieufe, parce qu'en effet les familles 
& lesProuinces où règne la médiocrité, font 
hetireufes , & ont le luftre de l'or en toutes lc$ 
parties qui tes concernent , fans fouffrir l'hor- 
reur de la pauuretc. 

15. Chajfe les Hyuers malplaifans. Cette fai- 
fon a elle bien dépeinte auec les trois autres 



bEs Odes d'Horace. 4c$ 
pur M. de S. Amant dans Ces 4 . Baflàns qui font 
autant de chefs-d'œuures > outre l'excellente 
description qu'il en fait dans vn Epiftre qu'il 
luy adrefle fur vri voyage de la (ereniffime Rei- 
ne de Pologne. Et pour ne demeurer pas in- 
grat des témoignages d'amitié que fay receué 
d'vne personne que i'honore infiniment, ie ne 
craindray point encore de dire que M. de Iuf- 
fac Gouuerncur de la Tour du H^ure \ Gentil- 
homme trcs-accomply par fà naiflance, par fon 
efprit , & par fon courage , en a fait vn Crayon 
très- agréable dans vne elegie que i'ay vue de 
luy , laquelle il commence ainfi. 

Dans Cajfreufe faifon, que les Vents gros Jlq~> 

rages 
Nous laijfent en toits lieux des marques de 

leurs rage s y 
£)ue les ajpres frimas font far tout des ef« 

* forts \ 
£t qu'vn froii rig&urïux vient Jaifr tous les 

corps y 
g)uand toute la campagne efi fierile & de- 

ferte 
Quand la nature panche au moment de f 
perte y &c„ 



Sur Iode XI. du IL Ziure* 

i. T*\ V guerrier Èfpagnol y ou Çantahrois, 
JL/qui audit efté furmonté par Agrippa. 
Les anciens Autheurs donnent d ordinaire des 

Ce ii 



404 Remarques jvr le II. Liv. 

cpuhctes de valeur militaire aux hommes de 
cette nation. 

6 La teuneffe polie s'enfuit. L'epithete de 
-polie eft fort iudicieufe , auflï bien que le font 
celles qu'il donne à la vieillefle , aux amours, 
«Scaulomcil. Aurefte,/^ teuneffe se> fait , ex- 
prime bien ion peu de durée , &C en mcfmc 
temps labrieuetéde nosiours. 

16. Nard fljlffjjriti c'eft de l'onguent par- 
Fumé de Syrie, dont il a efté parlé fur l'Ode 7. 
de ce liure, Ni tentes malobathro Sjno captllos. 
z 5* J%&!*tt*fi k a ft e de venir aueç fa lyred'y- 
noire. Tay traduit cecy félon l'explication de 
Crucquius , parce quelle m'a femblé plus belle 
8c plus naïueque celle des autres interprètes. 
Et voicy comme Ronfard l'a rendu dans la 10. 
Ode du l. liure. 

Fat rafraifibir mon vin , de forte 
Jj^fjlpàfft en froideur vn glaçofc 
fat venir leanne quelle apporte 
Son luth pour dire vne ckançon : 
Nous ballerons tons trois au fin : 
Et dy a Barbe quelle vienne 
Les cheueux tors à la façon 
D*vne folaflre Italienne. 



Sur Voie XI L an I J. Liure. 

i; 'y^tVmance* ville d'Efgagne deftruitepar 
xN Scipion l'Africain 14* ans apres la rui- 
ne de Cannage. 



dis Odes d'Horace. 405 
1, La mer de Sicile tainte été fang des Car- 
thaginoù. Dqillius fut le premier des Romains 
qui gagna la vi&oire contre les Carthaginois, 
&c qui en remporta l'honneur du triomphe. 
Polybe 1. 1. & Tite-Liue 1. 17. 

13 . Lyctmme ou Lycinnie , de qui les yeUx y 
&c. Toutlerefte de cette Ode quieft de pure 
galanterie ,ne fouffre plus de dificulté après la 
verfîon pour en bien prendre le fens qui eft afc 
fez delieat. 

\6. Achemene. Platon dans, fon Alcibiade 
écrit que les Roys dePerfe, ont tiré leur ori- 
gine d'Achemenes. 



Sur Wc XIII. du 1 1. Lturt. 

In À Rbr* dannable. Il parle encore de c^t 

JL-L arbre qui faillit à le tuer, dans l'Ode 17 . 
de ce mefme iiure a & dans la 4. & la S. du 
3. liure. 

8. Venins Colchiques , venins tres-dange- 
seux faifant allufîon à ceux de Medée Elle 
d*Oeta Roy de Colchos. 

14. Le deflroit du Bofphore^ c'eftà dire du 
Bofphore de Thrace , où eftoit Bifance , au- 
jourd'huy Conftantinople, on appelle ce de- 
flroit la mer de Calipoli. 

if. Saphon. Elle eftoit de lifte de Lefbos, 
& fit des vers auec tant de réputation, que 
quclques-vns ont efté appeliez de fon nom. Le 
Poète prend icy occafton de chanter les loiian- 

Cc iij 



406 Remarques svr le II. Liv 
gcs qui luy font ducs, auiïi bien que d'Alcée 
de lamc'me Ifle de Lcfbos A qui Ton doitlin- 
lr:ntion des vers lyriques. 

2,6, Eumendes , les trois furies infernales 
Aledlo , Mcgcrc , & Tifyphone, vangereflès 
des MalTacrcs & des crimes. 



Sur l'Ode XIV. du IL Hure. 

1. TTEte Poflhume , cette Ode que Ton \ 
A. Aremarqué que le Poète pourtoit auoiç 
imitée d'Anacreon, Ta efté cllc-mefme a(Tcz 
heureufement par lcfieur de Meziriac qui la 
commence de cette façon. 

JHelas ! les ans f ai tifs , s écoulent fans refource* 
Et rien neflfaffifant de retarder leur courfe % 
Jïîefme la pieté , ne nqus garentit pas 
De Cage qui fans ceffe , 
Nous pour fuit & nous preffe , 
Et nom guide a la mort plus vifle que le pas. 
6. Au dur Pluton , ou qui ne pleure Jamais, 
comme dit le Latin illacrimabilem Platona. mais 
dur exprime fuffilamment la force de l'autre 
mot. 

n. Soit que nous fojons Roys ou panures La- 
boureurs. Le Poète dit qu'il n'y a point de con- 
dition qui nous exempte de la neceflité de mou<r 
ïir, ce que M. de Scudery perfonnage dvne 
gencrofité confommée ) & célèbre par le grand 
nombre des beaux ouurages,en vers, & en pro- 
ie qu'il a donnez au public, a dit magnifique- 



ces Odest>*Horàcï. 407 
ment dans vn recueil de ks illuftres poefies. 
Mais les feueres loix des fieres Deftwées 

Ont ainfi réglé tes Années* 
Elles à fui les Dieux ne fi aur oient refifter* 
Il neft rien que le fin ne dompte: 
Nous luy pouuons céder fans honte* 
Puis qu'enfin tout luy cède* & me fine Iupiter. 

25. Auxfeftinsdes Pontifes. Ils onttoufiours 
efté en réputation d'eftre fomptueux, & M. de 
Meziriac qui a traduit cette Ode», rend ainfî 
ces paroles. 

Et ce vin délicat que tu tiens comme efclaue 
Sous cent clefs enferme dans le fins de ta cam 
Vn plus digne héritier de boire iamais lai , 
Uépandra par fa file 
D'vne main libérale * 
Imitant les fefiins de nos riches Prélat*. 



Sur Vode XV. du IL Lture, 

î. Es baftimens royaux* c'eflrà,dire (bm- 
A-fptueux * & plus conuenables i des Roy* 
qu'à des Citoyens. 

2. laifferont peu £ arpents de terre a labou* 
rer * pour marquer leur étendue demefuréc. 

?. Lac de Lucrin. On Tappeiloit auiîî mer 
morte auprès du Golfe d'Auerne. Pline liure j, 
ch. 5. &ij. Encore moins* dit-il* parleray-ie des 
grands rampars & des grands ponts qui furent 
faits pour feparer le lac de Lucrin * dauec la mtr 
Tjrrhenne. 

Çc iiij 



4oS Remarques svr le II. Liy. 

4. Plane fol/taire. A caufe que les Anciens 
ne plantoient point de vigne tout autour , com- 
me aux pied des ormes. Toute cette Ode 
marque bien les ientimens du Poète contre le 
luxe de Ton temps, auquel celuy d'aprefent a 
beaucoup de rapport:. 



•w 



ïode XVI. du IL Liure, 



1. *\ yT Er Egée. Aujourd'huy î ArchipelacjM 
jLVJLon l'appelle Egée* à caufc des Ifles 
qui y font femées , comme des chéures dans 
vne rafe campagne, ou bien à caufc qu'yEgée 
Reine des Amazones y périt, ou parce qu'A- 
gée père de Thefée s'y précipita. Feftus. Nico- 
las Rapin auoit traduit cette Ode qu'il com- 
mence ainfi. 

Le Marinier fvrpris d'vn grand orage 

En pleine mer , defire le repos 

S'il voit cacher fous vnfombre nuage 

La Lune aux Matelots* 

14.. La faliere de fes pères , eft mife eç ccç 
endroit la pour toute forte de meubles. 

18. VonrcjHoy changeons nota de demeure ? cVç- 
Le Poète qui iuge cela de ruauuais fens , a cau- 
cîe la brieueté de la vie, me confirme dans l'op* 
pinio.n que îaytauhours eue, que pour trou- 
lier la fageffe &C le repos, il ne fc faut point 
éloigner du lieu , où noftre fortune , & noftrc 
condition nous attache. 

3^. Rugijfent, liiez mugijfent. 

37. Vn peu de cet efpnt délicat des Mu fes 



des Ode$ d'Horace. 409 
de U Grèce. Ce fouhair cft d'auffi bonne grâce, 
comme Texpreflion en eft agréable , fî elle tra- 
duit aucc allez d'élégance fpiritum grai<& te- 
nticm Camena. 



Sur l'Ode XV IL du IL Liure. 

I. TH\ E tes plaintes, à caufe que Meccnasfe 
JL>^plaignoitdansfâ maladie , & qu'il n'eft 
rien de plus fenfîble au coeur de celuy qui aime, 
que de voir fon ami en danger de mourir. 

17. Soit que la balance ait fon afpecfar moj* 
&c. Le Poète fait icy voir la connoiflfance qu'il 
auoit en TAftrologie parlant de la fympathie 
de ion humeur auec celle de Meccnas, Pour 
moyien'ay iamaiscftéperfuadé qu'il y fallufl 
donner beaucoup de créance : & ie ne voy pas 
auffiquelon y piaffe raifonner fur de grands 
fondemens-.i'auoué neantmoins que beaucoup 
d'excellens perfonnages de noftre temps s'y 
font adonnez, &c qu'ilsy ont apporté de gran- 
des lumières (oit par leurs écrits, foit par leur 
dode conuerfation , tels que Me0îre Nicolas 
Bourdin Marquis de Vilaines dans fon liure de 
l'Vranie, ou du qttadripartit dePtolomée quil 
a traduit & commentera l'éloquence & l'é- 
rudition paroiflfent auantageufement, fans par- 
ler des belles chofesquei'ay entendues fur ce 
fujet de la bouche diferte de M. le Comte de 
Pagan, de qui l'eiprit n'eft pas moins éclairé 
pour les grandes Spéculations, que la nature & 



4'fr Remarques svr le II. Ltv. 
eu peu de foin de luy confcruer ce qui luy re~ 
ftoitdc vuécorporelle, après auoirperdu l'vn 
de Ces yeux d'vne raoufquctadc au fiege de 
Montauban Tan 162.1, 

23. La protection de Jupiter t'a garent i de 
ta cruelle influence de Saturne 11 femble que 
le Poète (bit perfuadé des admirables effc£ls 
de l'Aftrologic ,ou bien il en fait femblanten 
faueur de Mecenas qui en auoit peut-eftre 
meilleure oppinion que luy , quoy que de très- 
hpnneftes gens l'admettent au rang des feien- 
ces naturelles, ôc qu'ils nous donnent encore 
tous les iours aflez de témoignages de l'eftirae 
qu'ils en font, tels que le fçauant & illuftre I. B. 
Morin ProfeflFeur du Roy en Mathématiques, 
M. l'Abbé de Tlfle Mariuault , de qui la naif- 
fânee, la do&rine , & la pieté font également 
recommendables, les fleurs Goyfel , & l'A- 
neau , aflez connus par toutes les belles & ra- 
res obferuations qu'ils ont faites, auflî bien 
que le généreux M. des Noyers Secrétaire des 
cômmandemens de la Sereniffime Reine de 
Polongne,quefonefpric &fa vertu ont éleuc 
à l'honneur des bonnes grâces de cette grande 
Princefle. 



Sur ïode XV II L du II. Hure. 

$. *HT*Ra$ncs apportées du Mont-Hymtte , le£ 

X quelles font de bois d'Errable félon 

quckjucs-vns , & félon d'autres , ce font do 



dis Odes d'Horaci. 4U 

grandes pièces de marbre , comme Lambin en 
eft d'auis. Hymette cil vne montagne de l'A- 
frique. 

/. vitale Roy de Pergame qui fit le peuple 
Romain fon héritier, comme Iulius Florusla 
écrit en fon 58. liure, & icy le Poète touche 
couuertement l'aiiarice des Romains , qui n'af- 
fuiettilTbient pas feulement les Roys par la for- 
ces des armes, mais encore par Us rufes &: par- 
les fineflès. 

8. Aies feruantes honneftes , c'eft à dire les 
femmes de mesferuitcurs, ou pluftoft, les fism- 
liics de mes Clicns, & de ceux qui me vifitent 
fouuent. 

10. Jj)Hoy que ie fou fauure. Les Poètes, 
nyles gens de lettres ne font iamais guère ri- 
ches , parce que leur principal foucy eft de fer- 
uiraux Mufes qui font toufiours pauures, & 
non pas de croiftre en biens , où d'auancer leur 
fortune , {bit dans la cour , foit dans les affaires, 
dont le fuccez de la recherche eft d ordinai- 
re incertain. Cependant il feroit iufte que 
les puiflkns ne les abandonnaflfent pas com- 
me ils font aflez fouuent dans la dernière nc- 
ceflîté, fans s'apperceuoir qu'il y va de leur 
propre honneur , & de la gloire mefme de leur 
Eftat. 

* 2 - Riche amy. Il entend Mecenas. 

1 7. Th fais feier des marbres quand la mort 
¥ P re JT € > & c - Nous voyons arriuer cela tous les 
iours : & c'eft vne chofç étrange que les hom- 
mes ne ^auroientdeuenirfages par des exem- 
ples qui fe paflènt tous les iours dcu&nt eu*. 



4U Remàrc^vïs svr le II. Liv. 

Cccy a auflîcfté imité par Ronfarddans la 4^ 
Ode du i. lune. 

£r toj vieillard du fepulchre oublieux 
G)ui iufaue au Ciel éteues en maints lieux\ 
Marbre fur marbre & iaprefjuc mort tafehes 
Fendre les rocs que tu bailles par tafehes. 
La terre nefl pat pleine 
Seulement de ta peine , 
Mai* les poijfons aufft 
Sentent fotu tes ouurages 
Bajiis à leurs r tu âge s , 
Leur manoir rétrecj. 
10. Bayes , c'eft vn lieu plein de délices dans 
la Campanie auprès de la ville de Naples. 



Sur Vode XIX. du IL Liure. 

I, T'^y veu dans des roches écartées , &c. Les 
JL Poètes, les Diuinatcurs, les y urongnes, & 
les amoureux, croyent voir bien fotiuent des 
chofes qui ne font point: C'eftpeuteftreainft 
qu'en cet endroit, Horace s'imagine de voir 
Bacchusquienfeigncàfaire des vers, 

5. Euoe* C'eft vne voix des Bacchantes: 
& Paufanias dans Ces MefTeniaques écrit que 
de là il y a vne montagne proche de ilthonie, 
appcllée Euan. 

8. Le Thyrfsy eftoit vn grand bafton en- 
touré de pampre que les preftrefles de Bacchus 
portoient , quand elles celebroient les feftes 
de ce Dieu. 






dès Odes t>* M or a ce? 415 

tj. Ton heureufe epouje , Ariadnc fille de 
Minos qui fut abandonnée par Thefée, &r*> 
eeu'é aux bonnes grâces de Bacchus, qui mit 
Ùl couronne au nombre des Eftoiles. 

14. Panthee , Roy de Thebes qui Fc moc- 
quoit des facrifices de Bacchus, & en fut gric- 
uement puny. Ouidi Metam.$. 

16. Lycurejue , Roy de Thrace , fils de 
Dryas qui perdit le iugement pour s'eftre niec- 
qué des diuines Orgies : quelques autres difent 
mefmes qu'il fut tué de la propre main de Bac- 
chus. 



Sur l'Ode XX. d» II. Liurè. 

ti ÇV/ iay doublement mérite le nom de Poïte* 

v3parce qu'il a fait des vers lyriques & des 
fatyriques. loachim du Bellay a traduit le com« 
mencement de cette Ode. 

D'vne aile accoutumée & baffe > 

le niray far ce grand ejpace. 

Demi oyfeau , & ne fuis pas 

Tour plus long-temps viure icy bas 

Vainqueur des enuies ciuilesy 

le laijferay les grandes villes. 

4. P lui grand que Cenuie. Le Poète qui voit 
tien que Venuie ne fçatirôit furmonter fa gloi- 
re , fe donne icy des louanges de bonne grâce 
comme il fait encore en la dernière du 5 . liure, 
à l'exemple de quelques-vns qui lauoientde- 
uancé, tels que Theognisqui fe promet l'im- 



■ 

4*4- Remarq^svr leII. L. des Odes d'H. 

mortalité, après auoir parcouru toute la terre 

& la mer fur les ailes de la renommée , en quoy 

ilaeftéfuiui par Ouidc, Lucain &c vne infinité 

d autres. Sans parler de noftre Ronfard qui 

di<£ta ces vers peu de iours deuant {a mort, 

Ceft fait> iaj deutdi le cours de mes Dejlins> 

J'ay vefcH , taj rendu mon nom ajfez* inftgne 

JUa plume vole au Ciel pour eftre quelque figne 

Loin des appas mondains qui trompent les plus 

fins. 
J 6. Les pleines hyperborées , les pays du Nom 
20. L'Ibère expérimente. Le Poète inexpli- 
qué point dequoy Tibère ou rEfpagnolcft ex- 
périmente : mais peut- eftre qu'il entend au 
Incticr de la guerre , ou bien à celuy de la naui- 
gation , par lequel nous decouurons les mœurs 
& les coutumes de diuerfês nations. 

11. Que les vers lugubres. Du Bellay â tra-^ 
duitecs paroles comme cecy. 

Les pleurs [oient loin de mon cercueil 9 
Les vaines larmes & le demi : 
Cejfe toute complainte folle 
^iux morts inutile & frimlle* 



4*5 




REMARQVES 

SVR LE III. LIVRE 

DES ODES 

DHORACE. 



Sur ÏOde J. du IIÏ. Liure. 



i. 




E hay le vulgaire prefane. Il 
fait allufïon à cette coutume 
des Anciens, de ehafTcr des 
cérémonies facrées, ceux qui 
n'yeftôient pas inities. Auflî 
n'eft-cc point à ceux qui n'ont 
aucun gouft de la po'ëfie, de lire lesouurages 
des Poètes, & fur tout dans le genre fublime» 
comme ceux que nous auons traduits. C'efl: 
pourquoyie ne m'eftonne nullement que tou- 
te forte de gens, n'y prennent point deplaifir, 
êc que beaucoup ne préfèrent yne infâme poé- 



4i 6 Rimar QVF s s va L I III. Ll V. 
jfie , à rout ce qui ic lit de plus beau & de plus 
digne d'admiration des Àutheurs anciens & 
modernes, fans parler d'vnc vingtaine d'iiiu- 
ftres qui flcurifTent encore de nos iours auec 
beaucoup de gloire & de réputation parmi 
ceux qui en fçauent mieux iuger. Nicolas Ra- 
pin a imité cette Ode qu'il commence ainfi. 
le hay le vulgaire çfr te le veux fuir 
Soyez, attentif s y fi me voulez, ouyr 
le chant eray des vers fur vn point 
Rtche de toUs c/ue la France n a point. 
Les Roy s fur leurs gens ont le fupreme lieu y 
Mais contre les Roy s l'Empire neft qri* DieH 
jgui les Géants fiait faire trembler y 
Et de fon œil le tonnerre ajfembler. 
3. Le Preflre des Mufes. Les grands Poè- 
tes font confïdercz comme les Preftres des Mu- 
fes & d'Apollon, parce qu'ils font capables de 
leur concilier l'eftime 8c la vénération des 
âmes les plus farouches. 

6. Les Roys affuietis a f Empire de îupiter 
Le Poète Veut enfeigner à ceurf qui gouuer- 
ncntlcs peuples, que leur pouuoirn'eft point 
tellement abfolu qu'il ne (bit aiTuieti a l'Empi- 
re de Dieu qui fçait abbaiiter quand il luy plaift 
l'orgueil dcspuifTants : ce qu'il prouue par l'e- 
xemple dès Géants qui furent exterminez 
quand ils eurent l'audace dé faire la guerre à 
Iùpiter. 

14. La fatale necefftté ïette également au fort y 
&c. rcuient à ce qu'il auoit dé-ja dit en la 3, 
Ode du i.liure. 
Omnes eodem coeimur > omnium ver faturvrrta. 

J Car 



de s, Odes d'Horace. ^\j 

Car en effet les grands Se les petits meurent 
également, & rien ne peut fléchir les rigueurs 
de la mort. 
Le pauur'e en fia cabane , ou te chaume lecouttre 

Efi fini et a fies loir 
Et la garde c/ui veille aux barrières du Lonurc 

N'en défend point nos Rojs. 
17. A celuy qui voit vne cpée nue fin r fia 
te fie. Il n'y a point de feftins,ny deréjonyf- 
lances qui lii.y puiflent plaire. Icy le Poète à 
égard à cette Hiftoire très connue de Damocles 
courtifan flateur de Denys le Tiran, dont par- 
le Ciceron eh Ton cinquiefme liuredes Tuicu- 
lanes. 

33. Les poijfons fientent la mer retrejjie. Pour 
dire que le iuxe cle quelques pciiffans paffa Cx 
àuant,que pour agrandir des terraifes ou des 
auenues de leurs magnifiques palais, ils pre- 
noient de l'efpacedans la mer, où ils faiibienc 
ietter des fondemens. 

. 35. Le Matfire Entrepreneur du Latin Rc- 
demptor , qui fignifie proprement celuy qui en- 
treprend vn grand ouurage à Tes frais Se def- 
pens , moyennant vne certaine recompencè. 
Ce mefme mot eft employé dans fEpiftre alu~ 
les Flore du 1. Hure des Epiftres. 
Feflinat C ait dm mulis^ (J etHhfiijue Redemptor. 
41. La pierre de phrjgie> le î^oëte entend 
des colomnes Phrygiennes dont ie feruoienç 
les Anciens, pour appuyer & pour orner les 
fales de leurs fomptueuxbaftimens. 

M 



4iS Remarques svr le III. I iy. 



Sur l'Ode II. du III. Liure. 

j. f~\ FUI p«J[c la vie à Verte, du Latin fub 
V^ die Se non pas fub dm* , comme li- 
fent quelques-vns. 

15. Cejl vne chefe bien douce & honorable 
de mourir -pour la patrie. Cctce fentenec qui a 
elle ioiicc de tous les anciens, fevoit élégam- 
ment exprimée dans Pindare , quand il dit que 
le généreux Citoyen qui combat pour la pa- 
trie , laifle ifo famille & à fa pofterité vnc gran- 
de gloire v4ant &c mourant. Lucien dit en 
quelque enefroit quelefeul nom de la patrie, 
rend vaillants les plus timides : ne fc pouuant 
rien imaginer déplus beau qu'vn guerrier qui 
meurt pour la patrie entre ceux qui combatent 
au premier rang, félon Tauis de Tyrteus. Et 
Homère, c'eftvn bon augure , dit il, de voir 
quclqu'vn qui prenne les armes pour le falut 
de la patrie. Mais tous les ficelés ne font pas 
fertiles en hommes qui ayent ce fentiment bien 
graué dans le cœur. 

16. Jjhti diuulgue les mj fier es de Ceres. 
C'eftoit vn grand crime de les diuutguer : mais 
il ne faut que lire la 6. Satyre de Iuuenal, pour 
voir de quelle forte ils fe celebroient. 

31. La peine qui cloche du pied. Voulant 
dire que le chaftimcntne fuit pas toufîours de 
prés les crimes, & qu'il ne faut pas /eftonner, 
fi Dieu le difere quelquesfois fi long-temps, 



^ des Odes d'Horace.' 1\à 

rôuresfois il n eït que diferé, & quoy qu'il eu 
foit, cette fentence d'vn 'autre Payen qui fre- 
inent à la doftrine Euangelkjuc que nous pro- 
férons , eft cncor véritable. 

Scquitur faperbos vltor 4 tergo Deus. 
Au rcftc Ronfarda imité cccy dans l'Ode |. dé 
ton 5. liure. 

Car lupiter le Philieh 
Jgue/quesfoù auec le pire 
Pumt le iufie, & peu foutent 
Qn voit la van gère jfè peine 
Souffrir comme hoiteufe & vaine 
Le méchant s'échapper deuant. 



Sur l'ode III, du lit. Liure, 

2. ~N Es peuples qui fe portent 4 Ufedttion. 

-i-^Le Latin porte, des Citoyens qui com- 
mandent des chofis mauuai fes , ayant égard aux 
Eftats Démocratiques 5 Du le peuple cft abfo- 
lumenc le maigre, comme il cftoit autrefois 
à Athènes, mais cela n auroit pas efté bien con- 
nu parmi nous. 

7- Si l'vniuers mit en pièces , ou le Çieli 
&c. car il s'eft trouué des f hilofophes qui ont 
cru que le Ciel conflruit de certaines pierres 
lumineufes deuoit Vn iour tomber en ruine. 
Anaxagoras fut Tautheur de cette opinion^ 
comme il fc voit dans Diogenes Laertius. 

9. Par ce moyen, potlux , 8c cou. par cette in~ 
Mention , oii par ces vertus > ou par ces voyes i 

£>d ij 



420 Remarques svr le III. tiv\ 

car tour cela rcuient au mefme Cccy fc rapor- 
rc a ce que dir Paufanias dans Ton Arcadie, que 
les premiers hommes à cau(ede leuriufticc & 
de leur pieté , furent cftimez dignes d'eftre r j- 
ceus au nombre des Dieux immortels, tels 
qu'Ariftée fils de Cyrenne , Bacchus fils de S . 
inelé , Hercule fils d\Alcmcne , Amphiaras fiU 
d'Oïdcc, & Caftor & Pollux qu'il appelle fils 
de Clitcmneftre, mais qui font enfans de Iu- 
piter &deLeda. 

9. Vagabond Hercule* à caufe d'vne infini- 
té de lieux où il fut par le commandement 
d'Euriftéc, pour y acheuerdes exploits nom- 
pareils. 

il. De fa bouche pourprée y c'eft à dire ver- 
Tneille, pour en dépeindre l'éclat &labeauté. 
14. Tes Tjgres. Les Poètes ont faint que 
les Tygrcs tirent le char de Bacchus, parce 
qu'il n'y a point de férocité comme celle des 
Tygres qui ne foît adoucie parles charmes du 
Vin. 

15. Jguirin a éuité î Acheron. C'eft à dire 
Romule a cuite la mort , & fut mis au nombre 
des Dieux immortels : car les Apothcofes,qui 
eftoient les canonifations des illuftres Payens, 
fe faifoient pour honorer le mérite &c la vertu 
de ceux qui auoient obligé les peuples à les ai- 
mer. Romulus receut ce mefme honneur, dit 
le Poète, après que la colère de Iunonfucap- 
paifée, contre là poftenté desTroyens. 

21. Eut trompe les Dieux , c'eft à dire Ne- 

1>tune & Apollon, qui auoient bafti les raurail- 
es deTroye. 



ces Odes d' Horace. 411 

55. le donne k Mars, c'eftà due à la con- 
sidération de Mars qui cftoitfils delunon, &c 
pcredeRomulus. 

60. A référer les ruines de Troye. Veil- 
lant dire qne fi les Romains eufTent penfé à re- 
b* for la ville de Troye, ils auroient attiré fut 
eux la colère des Dieux, parce que cette ville 
fut entièrement ruinée par kur diuin pouuoir. 
6p. Maïs ces chofes ne fiatfent pœ* bien, 
&c. Il finit la première Ode du fécond liure 
auec vne penfée femblable à celle-cy , après 
auoir traitté l'vne & l'autre , d'vne manière 
héroïque. 



Sur Code I V. du IIL Liure. 

t. ' i"\ Efcen du Ciel 9 CaUiope* Caries Mufes 
JL>* ont auffi leur demeure au Ciel comme 
filles de lupiter : c'eft pourquoy Homère & 
quelques autres Poètes les appellent Olympia- 
des y auflî bien que Piérides , Heliceniades , & 
Lebethrides. H y a diuerfes oppinions tou^ 
chant le nombre des Mufès: car lcsvns com^ 
me Ephorus dans le $. liure d'Arnobc contre 
les Gentils, veuHent qu'il n'y en ait que trois: 
Mnafeas dit qu'il y en a quatre : Myrtile en 
mctfèpt: Crates maintient qu'il y enahuiit, 
6c Hefiodc en conte iufques à neuf. Le fens 
des paroles du Poète fe prendicy diuerfements 
car il y en a qui referét à la mufe le verbe du La-v 
tin AnditU ? comme s'il partait à toutesles Ma- 

Dd iij 



4-12. Remahqv.es jvr tt III. Liv. 
fes, mais il y a bien plus d'apparence, delera,- 
porter aux amis d'Horace, & de Ji'ç^pliquçi 
comme fay fait. 

6. siuec la pieté yui y refide , au liçu de di- 
re les bois pieux : car il eft quelquesfois à pro- 
pos comme en cet endroit de changer repithe- 
te cnlubftantif : I'cnayvfédela meirne forte 
en la première Ode du i. liurc , où l'ay traduit 
tenert con<ug?s immemor le chafleur met en ou- 
bli les iend^effes de fa femme ^ au lieu de oublie 
fa femme délicate , qui eut efté de mauuaife 
grâce. 

io. Sur vne montagne des frontières de la 
Touille, &c. eft le commencement d'vnc pé- 
riode continuée dans trois ftanecs dont la con- 
flruétion eft fort dificile , & la phrafe fi dife- 
tçotc de noftre façon de parler, que fion l'euft 
voulu fuiure mot à mot, il n'y a point d'énig- 
me au monde qui puft contenir dauantage 
d'obfcuritc Là vne epithete eft éloignée de (on 
fubftantif de quatre vers entiers, & les verbes 
y font tellement cnueloppez les vus dans les 
autres, qii'e pour en faire vne bonne verfion on 
ne fçait quafi par lefquels on doit commen- 
cer. 

ir. "Dont on a conté beaucoup de fables , re- 
nient à Tepithete de fabuloft palumbes, qui eifc 
cetadieft.f fi éloigné du fubftantif, & qu'il fa- 
loin bien s'ahftenir de traduire par fabuleux-, 
comme en vu autre endroit fabule fm Hidafpes. 
Icftime que par les Ramiers dont le Poète par- 
le en cet endroit ,il entend les oy féaux qui ti- 
rent le char de Venus. 



des Odes d'Horace. 415 

14. Acherontée ou Acherencie , eft vne fore 
petite ville de la Lucanic , fîtucc fur vne mon- 
tagne , comme vn nid d'oyfeau. 

15. Bente , eft vne ville delà Poiiille , autour 
de laquelle , il y a des pafeages fort fertiles. Pli- 
ne en parle Hure 5. ch. 11. 

16. Ferentey eft auffi vne ville de U Poiiille, 
fîtuée en bas-lieu. 

iS. Laur^r Jkcrê > c'eft à dire au Dieu 
Apollon, qui le deftinoit pour vne marque 
d'honneur aux Poètes fameux , auffi bien que 
les branches de myrthe & d cimier. 

22. LesSakir;s> eftoient proche de Rome, 
defeendus de Sabus fils de Sagus, qui fut vu 
faint &c deuot facrificateur. Ce Sagus chatte 
par Iupiter Belus vinttrouuer lanus en Italie, 
quiluyfit part de fa Seigneurie , &C luy donna 
legouuernement de cette contrée qui prit fon 
nom de luy. Pline liure 3. ch. 11, tire ce mot 
de la Religion & du feruice diuin , où ils excel- 
lèrent entre tous les hommes. Les Sabws félon 
quelque s -vn s > dit Pline, furent Appeliez, Seuins 
à caufe de la Religion & au feruice diuin > £vn 
met Grec Sebomat, qui fanife reuerer les Dieux 
& leur eftre deuet. On appelle encore aujour- 
d'huy ce pays Sautne , de l'ancien nom des 
Sabins. 

25. Prenejît, ville du Latium , aujourdhuy 
TiUjlrine , appartenant à la maifon des Co- 
lomnes , & qui eft Euefché. Elle eft à 15. milles 
de Rome, en pays mpntueux, 5c fur vne cre- 
fte clcuée, à caufe dequoy Virgilq l'appelle 
haute qumque àlmm Premfie vin: Se de UFc- 

Dd iiij 



4*4- Remarque? s v k le III. Liv* 
ftùs, veut tirer l'origine dé ion nom. Pr&nefls 

diElaef} >quia is locus qno condita ejl , montibiu 
-pr&Jtet. 

23. Tivoli ou Tybur, autre ville du Latium 
auprès du petit Ame 3 ou Teueroné dont iay 
parle autre part. 

24. Bayes, Heu de délices auprès de Na- 
pies 3 vis à vis de Puzzol. 

26. L'armée qui tourna le dos , &fc. Voyez 
ce qu'il dit en l'Ode 14. du 1. liure & 7. du 1. 
enTEpiftr-eà Iules Flore liure 1. &en la 6. Sa- 
tyre du 1. liure. 

27. L'arbre maudit* C'eftde cet arbre donc 
il parle en la 15. &en la 17. Ode du 1. liure. 

28. Palinure , vn promontoire de la Luca- 
rne allez proche de Velie , du nom de ce Pilote 
du vaiflèau d'Enée , dont il eft parlé au 5 Se 6. 
liures de l'Enéide , portu/que require Velinos. 

30. Bofphore, voyez ce que i'en ay dit fur 
l'Ode 13. & dernière du 2. liure. 

33. Bretons, ou Angloù. Voyez aufïi ce que 
i'en ay dit fur l'Ode du 1. liure, le Poète les ap- 
pelle cruels a leurs hofles , mais on pourroic 
bien dire en ces derniers liecles qu'ils ont efte 
tres-cruels à leurs Roys. 

34. Concaniens , ce font peuples de la C^n- 
tabrie félon le témoignage de Ptolomée en fa 
description del'Efpagnc Tarraconnoife. 

41. Les belles chofe s qui fartent de V antre 
Pierien, c'eft à dire de l'antre des Mules ,par 
Ja pôcfie & parles beaux vers. 

45. "Pleines de bonté, c'eft la traduction du 
Latin Alm&i que ie penfe eftre allez à pro- 



des Odes d'Houaci. 4*j 
fos en cet endroit là. 

H- V Egide y c'eft le bouclier dont Pâllas 
fe fert dans les combats, 

56. Le hardi frondeur. C'cft vn terme du 
temps qui traduit aiïez heureufement le laçu- 
lator audax du Latin. M. Ménage personna- 
ge cîe beaucoup d'érudition, nous en donne 
f origine dansfon do&e & curieux liure de l'o- 
rigine de la langue Françoife. 

57. L'avide Vulcain , eft vn epithete qui 
çonuient bien au feu fous le nom de Vulcain. 

J9. lunon la royale, eft plus beau que /#- 
non la matrone , comme il y a au Latin, ayant 
égard à ce qu'elle prefide aux accouchements. 

64. Le Patareen, à caufe de Patarc ville de 
Lycic , où Apollon eftoit particulièrement re~ 
ueré, on l'appelle ï)elien à caufe del'lfle de 
Delos, où ilnafquit. 

76. La viuacite dit feu, répond afTez bien 
au Celer ignis du Latin, qui fait vne belle & ra- 
re peinture en peu de mots du chaitiment des 
Géants. 

77. De F effronté Titje, ou dîjfolu, ou im- 
pudique , parce qu'il voului violer la pudicité 
de Latone, à caufe dequoy il ftft fi rudement 
chaftié dans les Enfers. 

80. Virithom, fils d'Ixion ôc de Die vou- 
lut enlcucr Proferpine des Enfers. 



4i6 Remarques s vit le III. Lit. 



Sur l'ode V. au IIL Liurc\ 

i. m y\fOftn créance a t ou /jours eflé. Le fens 
JL^I de cette Ode eftobfcur: elle commen- 
ce par les louanges d' A ugufte pour venir à cel- 
les de Regulus ? où le Poète rcleuc l'a£Hon ge- 
nereufe que fit cet excellent homme citant 
prifonnier de guerre des Carthaginois, pour 
faire dauantage remarquer l'infamie de Craf- 
fus & de toute Ton armée , quand les Parthcs 
en furent vi&orieux. 

2. Augufte fera tenu pour vn Dieu vifible> 
comme Iupitcr qui cft inuifible , ne fe fait con- 
noiftre que par fes tonnerres qu'il faitouyr s à 
quoy fe raportent bien ces paroles de Lucain. 

Fer fulmina tantum 

Sciret ad^uc filum cœlo regnare Tonantem» 
Au refte vifxble en ce lieu-cy , vaut mieux que fi 
i'auois mis la propre fignifîcation du mot La- 
tin prafens dimu > quoy qu'il reuienne au mef- 
me fens. 

3. Affmetit 4 cet Empire les Bretons er les 
Per/èsy c'eft à dire dans le deffein de les aflu- 
jetir , parefe qu'ils n'eftoient pas encore fournis 
à l'Empire Romain. 

10. Les rondaches fatales , ce font les Anci- 
lies qui eftoient de certains boucliers ronds 
faits comme ceux que portoient les Saliens 
Preftresde Mars. 
15. L'ejprit preuoyant de Régulas, pour dire 



dis Odes d'Horace. 41-7 
Marcus Atilius Régulas. Cetexccllenthomme 
fut Je premier des Capitaines Romains, qui 
auecvne flotte qu'il mena en Afrique, encore 
que les tourmentes de mer l'euflent fort en- 
dooimagéc , gagna fur Amilcar 63. vaifleaux 
longs , emporta deux cent villes & prit deux 
cent milles prifonniers. Mais comme il eftoit 
abfent, fa femme &c Tes cnfms furent nourris 
aux dépens du public à caufe de leur extrême 
pauurcté. Enfin ce braue Capitaine fut luy- 
mefme réduit dans les fers, eftant tombé vif 
entre les mains de fes ennemis , par la trahifoa 
de Xantippus Laccdemonien quin'eftoit quVn 
(bldat mercenaire. Mais quoy qu'il fuft captif, 
eftant venu à Rome en qualité d'Ambaflfa- 
deurde la part des Carthaginois pour deman- 
der Felchange des prifonniers, après auoirfait 
ferment de retourner, s'il ne pouuoitrien ob- 
tenir , il empefcha le Sénat d'entendre aux 
conditions de la paix dont il eftoit le porteur. 
Et cet iiluftre perfonnage, s'eftant bouché les 
oreilles, Se fermé les yeux pour ne point en- 
tendre les prières, ny voir les larmes de fa 
femme & de (qs enfans, s'en retourna àCar- 
thage , où il fut rigoureufement tourmenté par 
des veilles & des douleurs infuppprtablcs, en- 
fermé qu'il fut dans vnecaiflede bois percée 
de doux. Cicerondefcript cette Hiftoire dans 
fon 5. liure des Offices approchant de ce que ie 
la vien de raconter. La.conftancc de ce Re- 
gulus dans les tourmens, a bien du raport. 'à, 
Celle qui eft dépeinte auec tant de grâce par 
ces quatre vers de M. Cçtin. 



4*8 Remarques svr li III. Liv. 

Comme s'ils habitaient en des corps tmpaffi- 
blés > 

On ne les void iamais aux plaintes recou- 
rir : 

A leurs propres tourments ils font tous infcnfi* 
blés 5 

Et comme Jpettateurs Je regardent mourir. 

25. Il y a grande apparence que le foldaty &c. 
cccy fe dit auec ironie. 

16. Si vous en vfez, de la forte , &c. fc dit 
ferieufement. 

? t. // efl vray que fi la biche entre au combat: 
ç'eft a dirç , celtty qui efl peureux > & ce qui fuie 
éft encore vnc ironie, fans quoy il feroitmal- 
aifé de comprendre le fens de l'Autheur , qui 
d'ailleurs eft affèz dificile à biçn prendre dans, 
tout ce difeoursde Regulus. 

55. Venafre, eft vne ville de la Campanic 
comme nous l'auons remarqué fur l'Ode S. du 
2. liure. 



Sur tode VI- du II h Livre. 

1. f*\ Romain , tn porteras la peine de la fax- 
V^/ te de nos pères. Cette Ode qui eft plei- 
ne de fentimens contraires a ceux des Epicu- 
riens , a efté imitée par Nicolas Rapin qui l'ac- 
commodant à foji temps 3 la commence ainfi. 

Pauure François, tu porteras la peiné 
Des maux commis par tes Predecejfeurs 3 
Et laijferas à tous tes Sttccejfeurs 



des Odes d'Horace, 4*9 
t)e ton Eflat la grandeur incertaine. 

Si tu ne mets la main aux feints oùurages 
Tour rebâtir les temples ruinée* 
Et chaftier les mutins objtinez*y 
Jjïue tes Otez, remplirent de carnages. 

5. De ce que tu tabbaijfes au dejfous de leur 
diuin pouuoir,ôcc. Il cftvray que les Empires 
du monde ne fleurifTeht, qu'à proportion que 
ceux qui les gouuernent s'abbaiflènt au def. 
fous de la Diuinité , comme ils ne font que Mi- 
mitres de fes ordres éternels. 

9. Monefe & Pacore. il cft croyable que 
Tvn & l'autre eftoient fils d'Orodes Roy des 
Parthes, qui après la mort de Iules Ccfar pen- 
dant les troubles de la Republique, fe iette- 
rentdansla Sy^ie^arles perfuafions de Labié- 
nus. Pacore fut tué en vne bataille qui luy fut 
donnée par Vchtidius, & Monefe fe réfugia 
auprès d'Antoine , pour le fecourir contre 
Phraàtes , qui auoit receu le Royaume d'Oro- 
des par la mort de Pacore, mais ce fut aueevri 
fuccez malheureux aiiraport de Dion, & de 
luftin. 

il. Panes de nos dépouilles , il y a propre- 
ftient de nos petits coliers, mais c'eft vne par- 
tie pour le tout. Caries Romains Se les Par- 
thes mefmes faifoient gloire de fe parer de 
colliers d'or, tels qu'en portoient d'ordinaire 
tes Gaulois de marque , dont parle Claudiaii 
au 2. litire des louanges de fon Stilicoh , en fai- 
sant vne defeription de la Gaule. 

G allia crine ferox , euinïïaque torque décore, 
Binaque gejk tençm Ànimofo pethre fattor. 



450 Remarqvf. s svr le III. LiV. 

14. Le Dace. Suétone dans ion Augufte 
dit que ce Prince repoufla les incurfions des 
Daces, & Virgile ne les obmet point dans la 
defcnpnon du triomphe d'Augufte. 

IndomittqHC Dacœ \ cr fontem indignatus 
Araxes. 
Les Grecs les àppclloient Getes , & mainte- 
nant les pays que tenoient à lors ces peuples, 
font la Tranfiluanie, la Walachie & la Mol- 
dauie. 

14. L'Ethiopien. Il efl: croyable que le Poè- 
te entend en cet endroit l'Egyptien, & qu'il 
veuille toucher l'Hiftoirc de la guerre contre 
Antoine & Cleopatrc. 

21. Dancer k [Ionienne , c'eft à dire dVne 
façon lafciue , parce que de tous les Grecs 
Asiatiques , les Ioniens eftoient les plus fujets à 
leurs plaifirs, & les plus adonnez aux délices 
s'il en faut croire Valere Maxime au 6 ch.de 
fbn 2, liurc. 

35. Pyrrhus* fut le Roy des Epirotes qui s'e- 
ftant alïcuré du fecûurs des Tarentins qu'il 
auoitàfa deuotion, porta fes armes contre les 
Romains ,épouuanta le Conlul Leuinus auprès 
d'Heraclée par la terreur de (es elephans,& 
Vint camper à vingt milles de Rome , où il 
rendit gratuitement à Fabriciusles prifbnniers 
qu'il auoit faits : mais enfin il fut furmonte par 
Curius & par Fabricius , & fe réfugiai Tarcn- 
te , & de là pafTa en Sicile , d'où il retourna en 
Italie, ôc vintàLocres ,où il pillale temple de 
Proferpine *, &c finalement eftant repafiTé en 
Grèce, il fuc tué dvne tuile quiluy tomba fur 



d e s Odes d'Horace. 4$ir 

fa tefte, comme il vouloic entrer de force dans 
la ville d'Argos. 

*é. Antiochm Roy de Syrie , qui fe fiant 
en la grandeur de Tes richcflTes déclara la çuer- 
re aux Romains, fous-pretexte de reprendre 
fur eux la ville de Lyfimachic, que fes anee- 
ftres aiioienr fondée dans la Thrace,& s'em- 
para aiïfii toft de la Grèce , &c de toutes les 
ïfles. Eflant en Eubée, il deuint fi noncha- 
lant, Se fi efféminé par l'exccz de toute force 
de délices , qu'il abandonna cette 1 fie au pre- 
mier bruit de l'arriuée d'Acilius Glabrio. Tou- 
tesfois il fe fâifit du deftroit des Termopylesi 
maiseilant repouffede ce lieu là, il s'enfuit en 
A fie , & fut vaincu par LuciuSi£milius Regiî- 
lus en vne bataille, où il auoit donné la con- 
duite de fon armée à Anmbal Enfin, il rendit 
à Scipion l'Africain > fon fils qu'il auoit pris fur 
mer: en remerciement dequoy , Scipion luy 
confeilla de demander l'amitié des Romains. 
Mais Antiochus ayant méprifé l'auis de Sci- 
pion, liura le combat à Lucius Scipion auprès 
du mont de Sipyle , & quand il fut vaincu , fon 
defaftre le fit reléguer au de là du mont de 
Taur, où il fut tué par les compagnons de fes 
débauches qu'il auoit frappez cftant yure. 

37. Anmbal fils d'Amilcar, après la more 
de fon percdefola dans fix mois la ville de Sa- 
gonte alliée des Romains. S'eftant ouuert vn 
partage au rrauers des Alpes , il fe ietta dans 
l'Italie , où il furmonta Scipion fur les bords 
du Ticin, Sempronius Longus auprès de Tre- 
bie , Flaminius en la déroute de Tïafimene > 5c 



kf± Remarques svr le III. Liv.~ 
Paulus & Vairon en la iournée de Cannes. 
Mais fur le poinc qu'il fè pouuoit rendre mai- 
ftre de la ville , il fe détourna en la Campanie, 
oùil enerua fes forcespar les délices. Et com- 
me îlfe hit campé à trois milles de Rome , il en 
fut incontinent délogé par des tempeftes & 
des violences fi grandes ; qu'il luy fut impofii- 
blc de les furmonter. Premièrement ayant 
eftélafie par Fabius Maximus, en fécond lieu, 
repouffé par Valerius Flaccus, puis chaiïé par 
Gracchus Se par Marcellus , de là rapellé ca 
Afrique, parle Senarde Carthage, & finale- 
ment vaincu par Scipion , il fc réfugia entre les 
bras d'Antiochus Roy de Syrie qu'il rendit en- 
nemi des Romains. Mais ce Prince ayant efté 
pareillement défait , Annibal le retira en la 
Cour dePrufias Roy de Bithinie, où de peur 
d'eftre liuré en la puifîance des Romains, il 
aualla dupoifon qu'il tenoit caché (pus la pier- 
re d'vne bague dont il mourut, & fon corps 
Fut inhumé à Lybifla & mis dans vn fepulchre 
de pierre. 

40. Jguandlc Soleil fe retirant fur fon thar> 
c'eft à dire furie foir , defeription reuenant à 
peu près 1 celle de Virgile far la fin de la fécon- 
de Buccolique. 

Las ! ie voj les Taureaux raportër leurs char- 
rue 
Retournant du trauail fur le ioug fujpexdue, 
Et le Soleil du foir fe retirant labas 
' Fait que la nui£î auance y & redouble fes 



pas. 
Et "cet autre encor de la l Eglogue. 



Tien 



des Odes d'Horace.' 4^ 
Tien voj> comme de loin fument les çaemi-* 

nies 
Et tombent des liants monts les ombres re~ 
doublées. 
Ou celle-cy 

tenons nota > le Soleil des cimes reculées 
De ces monts éleuet, , descend dans nos vallées 
JDe'-îa tous les Bergers ont quitté leurs hameauiï 
Et l'on entend far tout le [on des chalumeaux. 



Sur ïoic VII. m III. littre* 

§. \\Ithinie , Prouiftce voifine de la Trbade 

J3quiprit fonnbm desThines delà ThraU 
te ic'eftpourquoy le Poète l'appelle feulement 
Thina y cc qui s'explique bien clairement par 
ce vers de Claudian. 

Thjni Tbraces erant, qtt€ nunc Bithynia fer- 
tur. 

f. Port Dorique. C'eft vil port d'vriè ville 
de l'Epire proche de la Macédoine , autresfois 
baftie parles Colques félonie témoignage dé 
Pline. 

6. De la chèurè frelefte > qui font les Hya- 
des, ou la conftellation des cheureaUx qui fe 
lenc cnuiron les Calendes d'O&obre. 

ïjo La femme infidelle de Prœtm. Homère 
rappellc./£#ta#dâsfôn 6.ddrilliade,& Suidas, 
& les autres luy donnent le nom de Sienob&c» 
qui fut éprife d'amour pour Bellerophon , &C 
ijui ne layant pu corrompre , l'accufa ^rerg 

Ee 



4M R F. MARQUES SVR Lfc III. L I V. 

fonmary qui leuft fait pcrir fansle fccours de 
Neptune perc de Bcllerophoo : car il lenlcua 
par le moyen du Pcgafe qui eftoit vn cheual 
ailé. Iuuenal rapene cette fable dans la io. 
Satyre, &: Appollodorc dansfbn i. liurc. 

i<S. Hjppottts du pays des A4ag*efiens. Pin- 
dare l'appelle Crttcû & porta le nom d'Hyppo- 
iite qui eftoit celuy de Ton père: elle fut fem- 
me d'Acaflc Roy de cette partie de la Theffa- 
lie àppellée Macnefie, & deuint éperdument 
amourcuie de Pcléc,qui pour ncluy auoir point 
voulu complaire l'accula au Roy fonmary, de 
l'auoir voulu des-honorer. Acafte s*en vou- 
lant vanger,fansle tuer, l'abandonna tout en- 
dormi parmi les Centaures, où les Dieux pre- 
nant foin de le conferuer a caufe de fa vertu, 
luy enuoyerent Vulcain qui luy donna vne ei- 
pee, dont il tua les Centaures qui fe ietterenc 
fur luy : 6V quand il fur de retour en Theflàlie, 
il déclara la guerre à Acafte, &: prit la ville diol- 
que, ce que Pindare nous apprend en deux 
endroits de fes]Memces. 



Sur l'ode. VIII. du II L Lwre. 

i. "• Es Calendes de Mars. Elles eftoientee- 
X-debrées parles femmes , comme celles de 
Décembre l'eftoient par les hommes à caufe 
des Saturnales. Feftus dit que la caufe de cet- 
te fefte des Calendes de Mars , venoit dec© 
cp'en ce iour là, le temple de Iuuoa Lucinc fui 



des Odes d'Horace. 435 

dédié, &: que Mars eft fils de limon. Et cette 
fefte appartenoit encore aux hommes mariez, 
pour auoir les Dieux fauorables dans l'eftatdù 
mariage. 

11. AU pippe , le Ladn dit Amphore , rbais 
nous n'aiions point de mot quireuienne pro- 
prement a l'Amphore des Romains : de forte 
que nous y pouuons quafi fubftituer telle me- 
fure que nous Voulons Comme de pippe, de 
tonne, de tonneau, de rhuy,ou depoinfotl. 

il. Le Confulat de Tulhu. C'eft à dire , de 
Lucius Volratius Tullus qui fut Conful auec 
M. ^milius Lepidus , l'an 687. de la fondation 
de Rome, pour marquer la vicîllefïc du vin 
dont Horace parle en cet endroit. 

13. Pourboire * lafantédeton 'amy. Parce 
iju il auoit échappé vn grand péril , ce qui 
ne fe pouuoit traduire plus Heureufement. 

18. CQtifon T rince des Dœces. Suétone l'ap* 
pelle Roy des G êtes , mais Pline accorde ce 
différent, qui dans fofl 4I liurc, ditque lesGe- 
tesfbntappellei Daces par les Romains. 

21. Les C ' mnmbrois , fontpeuples de TE (pa- 
gne qui furent les derniers vaincus par les Ro- 
mains i on îes appelle autrement Aftures. 

16. jMaù puis que tu veux demeurer dans 
vne condition priuée , &c. Cette verfiofi expli- 
que aflez clairement à mon auis là difficulté 
qui fe rencontre en cet endroit pour la con- 
ftru&ion du Latinu 



ÈC ij 



4j6 Rbmarqves svr le III, LiV\ 



Sur Voie I X. du III. Liure. 

i. ' | A Andis que iefiois , &c. Voici lVnique 

A Dialogue des Odes d'Horace , qui a 

tant de grâce en fa langue, qu'il n'y a prefquc 

Êoint de verfion qui puiffe approcher de fa 
eàuté. Cette forte de Dialogue s'appelloit 
Amaebée^oii le couplet de ecluy qui parle le 
dernier furpafTetoufiours le premier. Nicolas 
Rapin a effaye de le tourner en vers de mefmc 
mefurc que ceux du Latin , & le traduit ainfL 

Ghtand ïefioi carefie de vous 
JEt qu aucun ne touchoit voftre teton que moj 
P enfant efire feul entre tons 
ïay vefiu plus heureux* voire que rieft le Roy. 

6)*and tefioi feule voftre amour, 
£t qnencor de ce feu d'Anne ne fiiez* épris, 
Mon nom fins célèbre en la Cour 
Emportoit de Caffandre en tout honeur le fris. 

Four vraj 9 Anne a prefent mepUifi 
j)u doux fin de fa lyre, & de fin œil acorf* 
Pour qui > tant fin amour me plat fi , 
tencourroy librement vne cruelle mort. 

François efi ores monfiucy , 
ISIos cœurs font réunis d'<vn fauorable accord, 
Pour luy tant ie l'efitme aujfi 
Deux fois silfepouuoit tendureroy la mort, 

Mais quoy ? fi le premier defir 
Nous rangeott derechef fous le toug*HMni 
Laijfant d'Anne le donx faifir* 



des Odi$ d'Horace. 457 
Voftre huis donc me fer oit libre comme tefien? 

Françoù eft ieune & gratieux 
Seau comme efl le Soleil voue colère çfr ialotul 
Mais encor aimeroi-ie mieux 
Supporter veftre amour pour mure prés devousî 
Mais depuis Marie de Gournay le lars fille dal- 
liance de Michel de Montagm: , c^lle de toutes 
les Dames fçauantes , dont nous auons vnplus 
iufte volume, & diue-rfîfié de plus de matiè- 
res (bit de vers, (bit de profç, la rendu comme 
cecy. 

Tandis que mon Amour, tenfitmoit confâmenh 
Tandis quvn ieune amy brauant ma ialoufîe 
Ne prejfoitton beaufiin ttvn molembrajfement, 
ïay flory plus heureux quvn Monarque d*Afie* 

D tuant que ton ejprit tachaft fa loyauté* 
Deuant quil eu fi chéri £vne aueugle folie 
Chloéplus que Lydie , illuftre de beauté, 
J'ay furmonté t éclat de la Romaine Ilie. 

Chloé Grecque fans pair me poffede a fin tour 
Par fin luth , & fa voix qui rauiffent f oreille: 
Et mourrois volontiers viElimc de C amour 
Pour conferuer mourant cette ieune me rue i Ile. 

Calai 1 Thurien épris de mes appas , 
Par vn reuers gentil de fis attraits me bleffe % 
Et fouffrirois deux fois la rigueur du trejpae*. 
Pour fauuer du tombeau cette belle ieuneffe. 

£jhtoy fi (amour premier rejfufcitant fin fefè h 
Ramenait fous ton ioug mon ame reuoltée ? 
Jgftoyfi ma pajfion eiernifknt fin vœu> 
Ma Lydie eftreceueçfr ChUi reiettée? 

Encor quilfiit pbu beau quvn Afire au front 
des deux 



4\1 Remarques svr le III. Liv. 

T*vj plia léger quvn hege çfr pins mutin qut 

tende > 
le veux ronler mes tours aux p,r;fèns de tes yeux 3 
le veux que mon cercueil tes obficjues féconde. 

fc. La Romaine Ilie. C'cit cette Ilie femme 
du Tybre, qui donna de l'amour à Mars, Se 
qui fut mère de Romulus &c de Remus. 



Sur l'Ode JC. du II L Liure* 

*• Ç*I tu bcuuols des eaux de Tandis , c'eft 1 
Ofdirefi tu eftois en Scythie , ou dans ic 
pays des Sarmates. 

10. La corde venant a rompre , Sec. Ce lieu 
cftoit dificile a expliquer, mais la verfion le 
rend clair, faifanr allufion à ces chariots de qui 
fos roués fuiuent les traits qui les guident, quâd 
Ils ne font point rompus : mais s'ils viennent à 
fe rompre en montant , elles font précipiter 
çout l'attirail dans la vallée. 

i}. O cœur inhumain > Sec. Toutcecy cftoit 
tres-dificile à traduire, parce que la conihu- 
dtion du Latin eft vn peu embari afl'éc,iQion no* 
façons deferire & de parler. 



Sur l'oAe XL du II 1. Lime» 

L (T^^r Amphion qui apprit , &rc Cecy Ce 
\««/do:t lire enp^rcnthefe i & le Poète par- 



des Odes d'Horace. 4^ 

liant a Mercure inucnteur de la lyre , ne luy de- 
mande rien, qu'il ne luy puifle facilement ac- 
corder. Pour ce quieftdelafabled'Amphion, 
elle eftaffez connue, & comme au fonde fa ly- 
re il rebaftit les murailles de Thebçs. Voyez 
fur ce fujet les plates peintures de Philoftrate: 

5. Lyre à fept cordes. Ondifoit neantmoins 
que celle dont Mercure fut inuenteur n'en 
auoit que trois, mais quç celle d'Apollon en 
eut fept, ayant égard à vn pareil nombre de 
planettes, dont le Soleil eft comme le Roy; 
mais icy le Poète parle félon Fvfage des Ro- 
mains qui s'en feruoient comme nous pour- 
rions faire, pour la mufique des temples, &ç 
pour celle desfeftins. 

11. Encore vnpett rettejche-, &c. n'eftokpas. 
facille k trouuer pour exprimer auecvn peu de 
grâce le Latin, adkttc preteruo crttda marito. 

13- Tu peux attirer les Tygres : car la lyre 
de Mercure n'eft pas moins puiflante que celle 
d'Orphée, ou bien le Poète veut dire que la 
lyre d'Orphée , ne tut que celle-là mefmç donc 
Mercure auoit efté finuenteur. La defçiiptiou 
qu'ilfaiticy des effets de la lyre ,eft élégance. 

30, P'vam du Latin y liCcz^am. 

3$. Vne fenle d'entre plujimrs. C'eft Hy« 
permneitre, l'vne des cinquante filles, de Da- 
naus, qui épargna Lyncée fon mary ïyn des 
cinquante fils d'Egyptus, dont il fefit des no- 
pees célèbres, comme l'Hiftoirç en eft allez 
connue. 

34- Jtyi mentit glorieufement > parce qu'elle 
auoit promis à ion père , auflî bien que (c$ 

Ee iiij 



440 R EM A RQ^V F S S V R LE III. L XV. 

fœurs, qu'elle fc deferoit de ion mary. 



Sur l'Ode XII. du III. Liure. 

2. TH\ E #* #<>j*r point fis maux , ou bien dq 

&S ne lauer point Ces mmx dans le vin, 
pour traduire plus fidellemeat lauere vino ma- 
Uy mais noyer fe s maux eft plus naturel enno- 
ftre langue , que layerfis maux* 

3. Veftre reprife de fon oncle : car félon la 
coutume Romaine les oncles aupient vnc gran- 
de au&orité fur les enfans de leurs frères, com- 
me en eftant les tuteurs naturels : de forte que 
comme ils auoient droit de les reprendre , ils 
vfoient fouuent de leur iunfdi&ion : & de 
leur feuerité aflez ordinaire, eft venu le pro- 
He.rbe , patrna Itngtta 5 pour dire lingua obiur- 
gatrice. 

5. Te vient enleuer le panier, &c. Il n'y a 
rien de plus ipji que cette penfée du Poète, 
pour dire que l'amour fait tout oublier , & tout 
abandonner. 

J. Ton panier , du mot Latin Grains , qui 
iîgnific proprement vn panier ou petite cor- 
beille dozier , où les femmes mettoient kur 
laines , & leurs fufeaux. 



des Odes d'Horace. 44* 



Sw l'Ode XIII. d» III, Liure. 

X. ^JOOnteine Blandujîe, elle eft dans le pays 
JL dcsSabins. Ronfard a imité cette Ode, 
dans la 9. de fon fécond liure où il parle ainfià. 
Vnefonteinc quil airnok. 

O fonteine Sellerie 

Belle fonteine chérie 

De nos Nimphes quand ton eau, 

JLes cache au fonds de ta four ce 

Fuyantes le Satyre au 

Qui les pourchaffe a la courfe 

hifqùau bord de ton ruijfeau. 
2. Digne £vn vin délicieux : car les an- 
ciens ne donnaient pas feulement des génies 
aux hommes, mais encore aux fleuues, aux fon- 
teines , aux villes Se aux pays, & les hono- 
roient aueç du vin , & auec des fleurs. 

15. Tu feras au rang des plus fameufes fontei- 
nes y &ç. Voici comme Ronfard a rendu cette 
ftance du Latin 3 fies nobilium tu, quoque fon-» 
tium* 

lo , tu feras fans cejfe 

Des fonteine s la Princejfe 9 

Moj célébrant le conduit 

Du rocher percé qui darde 

j4uec vn enroiié bruit 

Veau de ta four ce iaz*ard# 
G)ni trepillante fefuit^ 



44* Rhmarqves jvme III. Liv. 



Sur l'Ode XIV. du III. Liurr. 

ï* /^*E/kr retourne victorieux. Augufte au 
V^/rapori de Suctone fit deux guerres con- 
tre les Eftrangcrs , la première en Dalmatis 
quand il eftonicune,& la féconde dans l'Ef- 
pagne Cantabnque après quil eut vaincu An- 
toine. Eftautpaflccn Efpagne pour cette der- 
nière il y hit long-temps malade à Taragonne, 
&là,il exerça la puiflance du Confulat l'année 
727. delafondationdelaville : &les deux an- 
nées fuiuantes, il termina heureufement cette 
guerre par Tes Lieutenans. Horace en cette 
Ode célèbre la réjouyfïance de fon retour, 011 
il !e compare à Hercule qui après auoir tué 
Gerion , s'en retourna victorieux en fon pays. 

11. AbfteneiL- vous de dire des chofes trop 
hardies , des paroles de licence > comme il eftoic 
aflez-ordinaire pendant les triomphes : car fay 
leu maie nominatis parcite verbis , félon l'auis 
de Lambin , &c non pas maie ominatis > &cc° 
comme il fe trouue en plufieurs éditions. 

18, La guerre des Marfes , pour la guerre 
qui fut appellée Italique ou Sociale : on la nom- 
me Marque , parce qu'elle fut premièrement 
émeue* par les Marfes Jbus leur chef Popedius 
pour fe rendre maiftre delà Republique Ro- 
maine Tan 661. de la fondation de Rome. 
Vingt deux ans après cette guerre > vne autre 
guerre appellée ùcrmlc fut iufeitée par les fa- 



des Odes d'Horace. 44.5 

étions de Spartacus , d'Oenomaus, Se d'Ori- 
xus oui n'eftoient que des Gladiateurs, auec 
d'autres de pareille cftoffe en nombre de 74, 
qui s'échappèrent a Capoué, & ouurirent les 
prifons, quand Lentulus y voulut donner le 
fpe&acle de quelques ieux. Mais enfin ce qui 
cftoit refté de cette armée rebelle depuis Ja 
mort de Spartacus > s'épandit par toute l'Italie, 
&fut neantmoins défait auec les reliques de 
la coniuration de Catiiina , par C. Oclauius 
père d'Augufte Cefar, comme le raportc Sué- 
tone. 

22. Ses cheueux blonds , ou de couleur de 
myrrhe, ou entre le noir & le blond félon IV 
llisd"Acron& dePaphyrion. 

28. Souô le Confnlat de Plancus. C'eftàdi- 
re de L. Munacius Plancus , & de M. y£miliu$ 
Lepidus fan 711. de la fondation de Rome. 
Horace eftoit alors âgé de 13 ans puis qu'il na- 
quit- (bus le Çonfulat de ManliusTorquatus qui 
fut fan 6*8. de la fondation. Toutesfois Lam- 
bin eft d'auis, qu'au lieu âcPUncm il faut lire 
Tu/ltUyceftà dire, L. Vuicatius Tullus qui fut 
Conful auec Augufte l'^n de la fondation 

7 2 0» 



Sur l'Ode XV. du III. Lture. 

14. T A noble Lucerie. CTeft vne ville des 

JLjDauniens dans la Poiijlle , où les brebis 

portoient les meilleures laines d'Italie félonie 



444 R E M A P QJ£ ES S V R LE III. L I Y* 

tcfmoignagc de Pline en fon liure 8. ch. 48. 



Sur l'Ode XVL du IIL Liure. 

U TT A tour d'eraiti. Par cette pièce qui eft 
JLjfans doute l'vne des plus belles &c des 
plus fentençieufes de ce liure , le Poète montre 
la force & la puifTance de l'or, il fait voir en- 
fuite que les grandes richeffes , ne fe peu- 
uent pofleder fans de grandes follicitudes , mec 
le principal bon heur de la vie dans la médio- 
crité , & finalement, il tefmoigne d'eftre con- 
tent des biens d'vne honnefte fortune , dont il 
a les obligations toutes entières à Mecenas : car 
il y a grande apparence qu'il écrit cecy pour 
trleuer la prudence ôc la libéralité de Mecenas. 
Pour l'Hiftoire d'Acrife Roy des Argiens & 
frère de Prœtus, qui n'eut quvne fille vnique 
appellée Danaé, de laquelle deuoit fortir vn 
fils qui le chafïèroit de lonRoyaume,& qui 
pour éuiter l'effet de lapredi&ion de l'oracle 
fit baftir vne taur d'erain , où il renferma (à 
fille > afin que n'eftant abordée d'aucun hom- 
me elle fut contrainte de garder fa virginité, ic 
croy que perfonne ne l'ignore- Nicolas Ra- 
pin qui a traduit cette Ode , la, commence 
ainfi. 

Dans vne tour d'erain , Danae renfermée 
Soju des hujs renforcez* > oà cent dogues fai» 

foient , 
Vn tri fie corps de garde > ejloit ajfez* armée 



t> t s Odes d'Horace. 44^ 
Contre ceux qui la courtifoient. 

M*i* Venus , & lupin fe mocquertnt d'A- 
crife ? . 

'jfjfeurezj d'y entrer librement ,fans danger, 

Quand ce Dteu qui tes Dieux , & les hom* 
mes tnaiflrife 

En or fin Je veudroit changer > &c. 

H; Du dmtn Amphiaras* Le Latin ne porté 
que Auguris Argtutt mais i'ay crû qu'il feroit 
de meilleure grâce de nommer dans la verfiorti 
ecluy que le Pocte ne fait que deiîgner. Cet 
Amphiaras fut vn grand deuin du temps de la 
guerre de Thebes, fils d'Oiclcc qui eut pour 
femme Eryphile fœurd'Adrafte, de laquelle 
il eut vn fils appelle Alcmeon qui tua fa mè- 
re , parce quelle fut caufe que le diuin Am- 
phiaras ayant cfté contraint d'aller à la guerre 
de Thebes , tomba dans vnabyfme , & enfuite 
Alcmeon deuint furieux. Cecy fe voit ample- 
ment dans Paufanias > Stace , Se Philoftrate. 

14. Le Prince des Macédoniens. C'cft Phi- 
lippe Roy de Macédoine pere d'Alexandre le 
grand * qui conquit par fon or toutes les villes 
de Grèce 5 fuiuant l'oracle d'Apollon Pythiea 
qui l'auoitauerti de combatreauec des lances 
d'or & qu'il remporteroit la vi&oire. 

16. Des pièges inéuitables aux Cor/aires, I'ay 
fuiui en cet endroit l'explication d'Acron fur 
ces mots munera nauium faues illaqueant du* 
ces, que Lambin & Torrentius expofent d'au- 
tre façon. Mais enfin tout cela veut dire , qu'il 
n'y arien de fi faint, que l'or nepuifle violer, 
ny rien de fi puiffant qu'il ne puifie furmoncer, 



44 6 RSMARQJTES SVR U III. llV, 

& fui tout parmi les Romains, de quilugurta 
en parlant de leur ville, difoit qu'elle eftoit à 
vendre s'il y euft eu vn âchepteur. 

12. Tant plus il en remportera. Cette fen- 
tence digne dcfEuangile reuient à ces paro- 
les du Seigneur, cherchez premièrement le 
Royaume de Dieu , & les autres chofes ne 
vous manqueront point. 

54. Leftrigons, qui eftoient des gens tres- 
cruels en Sicile, vinrent dans cette parcie de 
la Campanie , ou efîoit Honnie , depuis appel- 
lée Formie dans vn territoire qui portoit d« 
fort bon vin, Homère parle de la cruauté de 
ces peuples dans fon 10. liure de l'OdiiTée. 

41. Que fi te pouHois ioindre aux campagnes 
de Phryyie le Royaume des Lydiens : car c'eft 
ainfi qu'il a fallu traduire le Latin, Quam fi 
Mygdomû regnum Alyattici campis continuem y 
pour le tendre intelligible , explicant campis 
Aiygdomis par campagnes de Phrygie* qu'il ap- 
pelle Mygdomennes , à Caufe que les Mygdo- 
niens vinrent de la Macédoine des Confins de 
la Thrace , pour habiter vne bonne partie de la 
Phrygie , 2>C Reonum Alyatuci par Royaume des 
Lydiens , parce quAliattes père de Crœfusfuc 
Roy de ce pays-là comme teiïnoigne Hérodo- 
te en fôn 1. liure, quoy qUe d'autres cftunent 
qu'Aliattes eftoitfilsde Crœfus. 

Leluy-l* fe porte bien , c'eft à dire, a t$ut Ce 
qui luy eft vtile. Cette fentenec des Stoïciens, 
xeuiencà ce que le Poète auoit dit de luy-mef; 
xrie en lai. Ode de ce liure. 

Defiderantem quodfatù eft. 



des Odes t>' Horace, 44.^ 



Sur l'Ode XV IL du III. LiuYe. 

1. 7C Lte qui tires la nohlejfe de ton extra* 
jL Ujffion de Lamie. La famille des JE liens 
qui fut illuftre fans eftre patricienne , fut mar- 
quée par diuers furnoxns : elle s'allia dans le* 
plus nobles maifons, 5c ioiiit de tous les hon- 
neurs de l'Empire , iufques à luy donner fina- 
lement des Princes fameux, tels que furent les 
Antonins. Entre les plus anciens furnoms 
quelle porta furent ceux de Vœtm > Ccettss> Tu- 
bero> Gallm , Sulo , Frœcommus^ Lamia , ce der- 
niei* qui vint de Lamus fils de Neptune, autres- 
fois Roy des Leftrygons. Maisilferoitmalaifé 
d'afieurer qui fut ce Lamie , dont il eft parlé en 
cette Ode. L'Hiftoire de ce temps remarque 
vn L. i£lius Lamia, qui fut Confulauec M. 
SeruiliusGeminus en l'année 7 5 5. Il y eutaufll 
vn Quintus i£lius Lamraïqur eut charge dans 
la guerre Gantabrique fous l'Empereur Augu- 
lie , Se de celuy4à, il poutroit eftre que lé 
Poète veut parler en cet endroit, comme il a 
fait dans les Odes 16, & 56. du 1. Jiure. 

7. Le £*m,fleimedelaCampanieaujonr~ 
d'huy GariglianO) arroufeMintume 5 oùeftoit 
hosiorée Marica mère du Roy Latin. Lucaia 
parle de ce fleuue dans fbn 2. liure. 
'ISJ^jBurn&que editor aura 

Sarnpu & vmbrofz Lim fer régna Marlcd 

FefiinU imfptlfas aguis* 



448 Remarqv;zs svr le III. Liv. 

7. Manque ou Marica^ eft vne foreft ou 
vne Nymphe de ce mefmcnom, fut enfeuelie 
auprès de Minturnc , où eft l'embouchure du 
Liris , de laquelle Virgile parle en fon 7. de 
L'Enéide ,difant qu'elle eftoit mère de Latin. 

Hune Fauno , & Njmpha genimm Lanrenu 
MaricA. 



Sur l'Ode XVI IL du III. Liure. 

1. *TlAuïje amoureux des Nymphes fuyarde fi 
JS Toutes ces fortes de Dieux que les An- 
ciens adoroient fous les noms de Panes , de 
Faunes, de Syluains, de satyres, & de Silè- 
nes , eftoient d'amoureufe complexion , dont 
parle mefmc S. Augultin en fon 15. liure delà 
Cité de Dieuch. 15. que d'autres ont connus 
/bus les noms d'Incubes 6c de Sucubes. 



Sur l'Ode XIX. du III. Liure; 

1. ï-T^Etepbe. Aeron appelle ce Telephe,Poe- 
JL te compagnon d Horace > & fon riual en 
l'amour de Lydie dont il eft parlé en l'Ode 15. 
dm. liure. 

1. Depuis Inache iupjuau règne de Codrtts, 
Le premier fut Roy d'Argos , &le fécond d'A- 
thencs , & de cecy l'on peut ïuger que Tjle- 
phe, écriuoitde l'antiquité des Grecs. 

;. La 



PES Odt's d'Hoéaci. 44 j 

$. La race <£Eacm> qui fut la plus illuftre 
de coûte la Grèce, car Eacus qui eftoic fils.dc 
ïupicer &c d^gine > donna commencement ï 
cette grande famille des Eacides qui duraiuf» 
ques à l'Empire des Macédoniens Se des Ro- 
mains. 

4. Murs de Troye où murailles facrées d'I* 
lion , à caufe qu elles furent balhes par Neptu- 
ne & par Apollon , ou bien à caufe quelles 
renfermoient beaucoup de temples des Dieux. 

O pâma, Dïuntn domm lltum* & indjtà 

bello i • 

JMœnia Dardanidum--— . ,.. - r 

5. yindeChio. Les Romains louoieht en- 
tre tous les vins , ceux de Chio pour les viné 
Grecs, & ceux de Fàlerné pour les vins d'I- 
talie. 

11. VAugur Murène* Il y auoit en ce 
temps-la vn Lucius Licinius Varron Murena* 
dont il efl croyable que le Poète parle en cet 
endroit , Se peut eftre qu'on le fit Âugur* 
quand il compofa cecy» 

14. Verfe dans trois verres propres , &c. A u~ 
fone citte ce partage dans Vne Epiftre qu'il a 
éérite du nombre ternaire à Symmachus : Se 
Turnebc enfomj. liure chap. 17. nous fait re- 
marquer que les Romains poUr honorer leur$ 
amis ou leurs maiftreflès abfèntes beuuoienc 
autatde fois qu'il y aupitde lettres en leur no. 

Rbnfard dans vné pièce qu'il intitule le Yoyte 
ge d'Arcueil , dit fur vn pareil fujec. 

Or, chers amis quon nwblïç 
De Garnit 

F£ 



450 Remarques svr le III. Liv. 

Le nom qui vos cœurs Ita 
JVuon vutde autant cette couppe 

Chère troupe 
£hte de lettres tl y a. 
Neuf fois au nom de Cajfandre 

le vois prendre 
Neuf fois du vin du flacon 
i/tfm de neuf fois le hotre 

En mémoire 
Des neuf lettres de fon nom- 



Sur l y Ode XX .du III. Liure. 

15. T^T^'^- Homère dit qu'il fu-t le plus 

JL^l beau dc£ Grecs après Achile. 

16. Ida , c'eft vne montagne de la Troade 

célèbre parle rauiflement de Ganimede &c par 

le iugement de Paris Le Poëie l'appelle Jqueu* 

fe> à caufe de plulieurs fonreines qui en for- 

tent d'où naiflent les fleuues Scamandfe Se 

Simois. 



Sur l'ode XXL du III. Liure. 

l^JOOus le Confulat de Mânlhts. l'ay dé ja 
Oreraarquéle temps de ce Confulatquifuc 

en l'année 688. delà fondation de Rome que 

oaquit noftre Poète. 

$> De quelle nom que [oit marqué U vin 



dès Odes d Horacb. 4^1 

Majftefue: car on le marquoit félon les diuers 
Ccnfulats , & on le logeoit en quelque lieu 
haut contre la coutume qui fe pratique en ce 
temps cy. 

7. Coruin. Il y agrande appa^e-nee que le 
Poète veut icy parler de M. Valerius MeflaU 
Coruinus, perfonage célèbre du temps d'Au- 
gufte, qui fut Conful Tan 712. &c qui trio-m- 
pha de la Gaule quatre années après Ion Con^ 
fulat. 

11. La vertu de l'ancien Caton. Lambin ai- 
me mieux entendre cecy de Caton d'Vtiqué 
qui ainioit le bon vin, &c qui s'enyuroit mefme 
quelques fois, que de Caton le Gcnfeur : de 
forte que le terme d'ancien lie fe doit pas 
tant raporter àrâgcqu'à la feuerité des mœurs 
de Cator) ; &c fur ce que quelqties-vns vou- 
loient obietter à la vertu de ce perfonage le vi- 
ce de trop boire , Senequea écrit que l on ren~ 
droit pluflofi ce vice honorable > que d'eftimer 
Caton digne de blafme. 



>Shy l'oie XXII. du I IL liure, 

3. TTSEeJfë qui porte trois noms y ccd a difd 
Jl^ de Lune au Ciel, de Diane fur 'la terre* 
& de Proferpine aux Enfers. Elle eft prife auC 
fî fort fouuent pour la mefme que Lucine. 
C'eft pôurquoyle Poète luy dit quelle eft m- 
uoquée parles pucelles qui font preflees d'vn 
inal de flanc > cela dit d'vn air emoîié pour ex- 

pf i,- 



^2 RîMARQVES SVR LE 1 1 1. L I V.' 

primer l'cftat des filles, quand elles font de- 
Uenuës enceintes, & quand elles font prefte* 
d'accoucher. 



Sur l'Ode XXIII. du III. Liure. 

i. "O Vftiqu't Phidile . il eft croyable que le 
JLvPoëte parle icy à fa ménagère des 
champs. 

9. Le mirit Algtde. Nous en auons parle 
fur l'Ode 21. du:, luire. 

il. Albe, Alba longa, maintenant Albano à 
feize milles de Rome fur le grand chemin 
d'/\ppius qui aboutit à la porte Capene , au 
jourd'huyde S. Sebaftien. Cette ville futba- 
ilie par Afcagne , & ruinée par Tuilus Hoftilius 
troifiéme Roy des Romains. Il n'y refte plus 
maintenant qu'vn chafteau appelle SaueUo> ôc 
là auprès vne fort petite ville à main gauche. 
11 y a vne montagne du mefmenom, ou eftoic 
le cempledelupiterbafti par Tarquinius Prif- 
cus, où fe celebroient tous les ans les ferics 
Latinefc Les généraux d'armée y menoienc 
auffi leurs triomphes, quand ils auoienc méri- 
té cet honneur 



dïs Odi$ d' H ô b. a c yJ 4;$ 



Sur îode XXIV. h ULLiure. 

'4. T A mer Thyrrehenne , ou mer de To£ 
JL/cane , autrement la mer inférieure ap- 
pelle Lyguflique. 

4. La mer Comique y traduifant mare Ton* 
ticum y au lieu de Apnlicum au Pmiimmi OU 
fublicum , félon quelque&editions. 

5. .SW f/<w# de diamant , c'eft à dire immttd- 
blés y fur ce que rien ne peut empefcher les 
auares d'eftre faifis des frayeurs de la mort. 

9 . Les Scythes. Voyez l'Ode $5. du.i liurc, 
& 14. du $. où il a efté remarqué qu'ils fout 
proches des Gethes & des Dates La deferi* 
ption que le Poète fait icy de leur façon de vi- 
urc, & de leur manière de cultiuer la terre, 
eft élégante , quoy que dificile à exprimer, Sç 
fert pour reprendre le luxe, &: les mauuaifcs 
çiœurs des Romains. 

27. Vn bon père des villes* qui eft h plu$ 
grand éloge qu'on puiffe donner à vn Prince» 
& deuant l'Empire des Cefars, aucun de la 
Republique ne fut honoré dq ce titre , que Ca- 
mile & Ciceron. 

$1. Nom hàijfons U vertu f refente. Gela 
eft encore vray parmi nous : &c s'il y a nation 
au monde qui fe blafmc elle-mefme fans fujee, 
& de gayeté de cœur , c'eft la Françoife : & ie 
ne voy rien de plus fréquent parmi ceux qui 
font d^uantage les importans que de <iire> 

Ff iij 



454 R E M A RQ.V E S SVR LE III. Ll V. 
nous ne Comme s pas fige* > notu fommes tuf on - 
flans y nous du On S peu de mn d'rjprjt : mais tous 
ceux qui parlent de la lortc s exceptent pour 
l'ordinaire eux-mc(mes de ce nombre là: de 
forte que fi tous en font crus, ie penfe qu'il n'y a 
point de nation au monde , où il ie trouue tant 
d'habiles gens. 

41. La pauureté qnon tient pour vne grande 
infamie \ cela fe dit félon les fenrimens du vul- 
gaire qui met la vertu au deflbus des richefles, 
& qui luit de tres-mauuaifes routes par les auis 
d'vne fi mauuaife confeillere. 

45", Portons au Capitole, &Tc. c'eftadirenos 
richefles fuperfluês pour le bien public, ou 
pour les necefÏÏtez prelfantesdereftat: cefen- 
iiment eft généreux 6c digne d'vn bon Ci- 
toyen. 



Sur toie X XV. du III. Lmre. 

9, *^T N e Menade > Il y a au Latin Euias qui 

V vient d Euius Tvn des furnoms de Bac- 

chus : mais Eutade n'euft pas eité vn beau nom. 

Ces femmes s'appelloient auiîî Thiades &c Baf- 

farides. 

10. Hebre^ fleuue de la Thrace i qui porte 
l'or, aujourd'huy Adanja. Dans l'Ode 15. du 
i.liurç il l'appelle confident de l'Hyuer. 

u. Rhodope^ mont de la Thrace dont parle 
Virgile dans fon Silène. 

Orphée efi admiré de Rhodope & dlfmare. 



des Odes d'Horace. 4$$ 

14. Naïades, Ce font les Nymphes amycs 
de Bacchus, parce que l'eau doit tempérer 1* 
force du vin. 



Sur ïode XXV h dut II. LWf. 

4. TL J£ On luth, en Latin TUrbiton* vn cer* 
XVJLtain inftrument dont félon quelques- 
vns, Therpandrefutinuenteur, félon d'autres 
Anacreon. Le Poète nomme ce luth au rang 
de Ces armes qu'il appand au temple de Venus 
maritime > ou née de la mer, félon ce que dit 
le Poète. 

Mtlitat emnis amans > & habet fua cajlré 
Cupido. 

10 Memphis la plus celcfcre ville de l'Egy- 
pte après Alexandrie , où Venus auoit vn tem- 
ple, félon le tcfmoignage de Strabon en fon. 
17-liure. 



Sur l'Ode XXVII. du III. Liure. ■ < 

ï. {^\ V* le mal-heureux prejage* Le coniH 
V^ mencement de cette Ode, eft iug& 
dificile par quclques-vns , & lcft en effet , mais 
la verfîon en ofte toute la dificulté. 

1. La Mélange. Ceft vn oyfeau qui fc } 

mettoit par les Anciens entre ceux de mauuais T. 

augure , & ie croy que c'elt le mefrae que no- I, 

Ff iiij 



0^6 Remarques svr iî III. Liv. 
ftre Autheur appelle Parraine Pline die qui 
fi'apparoift que depuis le leuer de la Canicule, 
iuiques à Con coucher. 

j. Champ Lanuutn , ie ne fçay s'il ne veut 
pomt dire Lauinien^ ou Lanuuien > ou Laurent 
ttn-y mais on lit dqns Capitolinqs, que l'Em- 
pereur Antonin le débonnaire, nafquit en vn 
village appelle Lannuina % toucesfois d'autres 
Jifent Laurinaou. Lauria. 

6. C&mme vn fep de. vigne* C'eft ainfi que 
i'ay traduit le (imilis fagittt de l'Autheur, fc- 
lon l'explication de Lambin qui Ta tircd'vnc 
authorité de Pline auliure 17.cn. 11. où il em- 
ployé i-e terme de Sagitta , pour dire vn fep ou 
vne branche de vigne. 

ij. ji in fi la belle Europe. L'hiftoire d,e lu* 
pirer& d'Europe fille d'Agenor, que le Poète 
deferit icy auec. beaucoup d'éloquence , eft af- 
fez connue de tout le monde, & fur tout de- 
puis que nous aiions en François les Metanjor- 
phofes d'Ouide traduites par Nicolas Re- 
noiïard, qui de ion temps à peuiouyr de toute 
la iktisfa&ion qu'on fe peut promettre d'vn 
labeur comme le fien. 

J4t Crète célèbre par cent villes. Virgile en 
parle de la mefme façon au 1. liure de l'Lneide, 
ctraum vrbes habitant. 

41. Par la porte d'ytsoire , d'où fbrtent tous 
les fonges faux , comme Virgile l'a dit à la fin 
du 6* liure de l'Eueide après Homère. 

Ontrouue en ce fetonr les deux pertes du 
Comme 
Tdr êù le fonge pajfe allant au llVz de Ihemms* 



dis Odbs d'Hoïiàci. 4j7 

lïvne ejt de corne trouble , & P autre luit aux 

yeux 
Conftruite d'extrement d'yuoire Jpecieux* 

Le finge véritable ouurant fis ailes fombres 
Sort de celle de corne , ixjpiré far les ombres : 
L'ejfein des fin ges faux par les Mânes inflruitt* 
G aigrie celle d'juoire, affuble de la nuitt. 

Î7» Le père abfent , &ç Le fe$s de cecy 
çft malaifé à prendre dans le Latin , mais la ver- 
iîon en ote toute la dificulté. 

75. Femme de tinuincible Jupiter. Europe 
deuenuë femme de Iupiter Roy de Crète , qui 
la rauit dansvn vaifieau appelle Taureau, fé- 
lon la vérité de l'hiftoire, 6c en eut trois en- 
fans, Minos,Rhadamante, Se Sarpedon. 

75. Par l'vne des trou parties de l'Fniuers, 
car alors il n'y en auoit que trois de connues» 
l'Europe , l'A fie , & l'Afrique. 



Smy l'Ode X XVI IL du II L Liwe. 

2# T -4 f e ft e d* Neptune , arriuoit enuiron 
JLila fin du mois d* Aouft , & Pline en par- 
le en fonliureiS. ch. 13. 

7. Du haut celier: car depuis Tannée 6oo. 
de la fondation de la ville , ceux qui vouloieot 
garder le bon vin plufieurs années , le met- 
roient en lieu haut félon le tefmoignage de Pli- 
ne en {bnliureij. ch- 14. &Iiure 14. ch. 4» 

8. Confulat de Bibultu. Marcus Calpurnins 
BibuliiSjfut Çonful,auec Caius Iuîius Ce&r 



4^8 Rrmar^f^ svr le III. Liv. 
Tan 694.. de la fondation de Rome. 

II. 'De Diane ^ le Poète die Cynthie , mais 
c'eftla mcfme que Diane qui s'appelle Cyyithte y 
d'vnc montagne de Delos qui le nomme Cyn- 
the , où elle s'exer^ok à la chaile. 



Sur l'Ode XXIX. du III. Ziurc. 

4- T5 Alane> eftvne forte de gland pourfaire 
JDde l'huile de fenteur , donc Pline a parlé 
en (on 11. liurech. 2.8. 

9. Tufcule, fut autresfois baftie par Tele- 
gonusfils d'Vliflfe 6c de Circé. 

2j. Syluam^ il faut entendre fous ce nom, 
là toutes les efpeçes de Cheurepieds , comme 
les Satyres , les Faunes , &c les Panes, 

27. Les Seres* font peuples de l'Ethiopie, 
& félon Orofe, ils font Indiens. 

28. Baffres. Ce font ceux de la ville de Za- 
riafpe fur le fleime de Ba&ra, Pline liure 1 8 . ch. 
7. le pays de Ba&reseft tres-ahondant. 

jo. Die fi tout juge entteloppa L auenir d'vne 
niiitl oh faire. Et cependant combien dans 
tous les fiecles s'eft-il trouué de Philofop.hes 
&c de Mathématiciens qui fe font efforcez d'y 
pénétrer ? mais tout cela fort inutillement, &C 
les plus iudiçieux s'y font rarement amufez. 
Noftre Poète, & tout ce que i'ay leu de plus 
lolide dans l'antiquité profane, eft contraire à 
cette ibrte d'eftude , qui eft pluftoft l'effet dvn 
efprit fàperftitieux , que dvn cipnt éclaire. 



£>bs Odes d'Horace. 4^9 

44. Jgue Jupiter couure demain, &Cc. Tou- 
te la fin de cette Ode eft parfaitement grauc, &c 
ileftmalaiféd'y confiderer les vertueux fenti- 
mens du Poète fans les eftimer : il y regarde la 
bonne &c lamauliaife fortune auec indifercn^ 
cc,&prefere à toutes les richefles dumonde„ 
la pauureté des gens de bien, s'enueloppanç 
dans fa propre vertu. 



Sur ÏOàe XXX. du III. Liure. 

I. T'Aj fait mon monument plus durable que 
Xle bronz,e. Les grands Poètes connoiiïent 
bien le mérite de leurs ouurages , 8c il me fem- 
ble qu'on ne les doit point blafmer quand l'op- 
pinion qu'ils en conçoiuent les en fait parler vn 
peuauantageufêment: on peut voir fur ce fu- 
jetles louanges que Virgile fe donne à luy-mef- 
me au commencement de fon 3. 1 des Georç. 
&c Ouide à la fin de fes Metamorphofes où il 
dit, 

langue opus exegi y quod nec louis ira y nec 

t^nes 
Nec poterit ferrum , nec edax obolere vetu- 

RoniardTa imité de cette forte en la dernière 
de fes Odes. 

Plus dur que fer tay bafii cet ouuragc 
£hte tan qui roule, immortel en fes pat, 
J>)ue l'eau, le vent, ou le brujlant orage 
De Jupiter ne ruront point * bat) 



r ^6 o Remar Q^v es s y * 1 1 III. L i v«- 

£h*rid Cennemy des hommes , le tr'Jpas 
jM affouppira cCvn fomme dur , à (heure 
S cm le tombeau tout £ ^utheur n'ira pat 
Reflant de luy la part qui eft meilleure. 

Toujours y toujiours fans que iamaU ie meurt 
le voleray cigne par VVniuers 
Eternifant les champs où. ie demeure 
De mes lauriers honorez, , & couuers 
four Auoir ioint les deux harpeurs diuers 
Au doux babil de ma lyre dyuoire 
C£hc tay rendm Vandomois par mes vers. 

Sus doncjue , Mufi y emporte au Ciel la gloire 
JQue t *ay gagnée annonçant la viïïoirc* 
Dent a bon droit ie me voy iouyffant 
Et de mon nom , confacre la mémoire 
Serrant mon front d l vn laurier verdijfant. 
Mais voici de ia façon que Ioachim du Bellay 
Va traduit. 

fay paracheue de m M main 

Vn ouvrage plus dur qu'airain y 

Vn ouuragc duquel t audace 

JJ orgueil des pyramides pajfe : 

J£ue (eau rongearde y ny (horreur 

JDe^ la S cy tienne fureur y v 

£)ue des ans l'innombrable fuitt$_ 

2^7 du temps la légère fuite* 

]\fe pourront renuerfer abat. 

l^out entier ie ne mourray pas* 

De moy la meilleure partie 

De la mort fera garentie , 

Et d'vn Içs toufiours fe futuant 

A moy te Jeray fitrutuant? 
Tous ces vers la poureftrede Poètes de cran- 



des Odes o'HoiAct 46Ï 

tîe réputation ne font pas fort admirables; & 
ce que Rohfard dit furie mefme fujet en l'Ode 
il. du 1. liuré n'eft guère meilleur. 

Voyant C Aigle : mais ny les ans 

Ny ï audace des vents nuifhns , 

Ny la dent des pluyes qui mord 

Ne donne aux >vers doftes la mort, 

Par eux la parque eft devancée 

Ils fuyent (éternelle nuïB 

Toujours feuriffans par le fruit 

Jjhtê ta Mufe ente en leur pensée* 
Ainfi Malherbe a crû que fcsPo'éfies ne péri- 
froient iamais , quand il a dit, 

Apollon % fortes ouuértes 

Latjfe indifètemment cueillir 

Les belles feuilles toufiours vertes 

£hii gardent les noms de vieillir , 

Mais fart de faire des couronnes 

N'efl pas feeu de toutes perfonnes* 

Et trois eu quatre feulement 

Au nombre defquels on me range 

F euuent donner vne louange 

£hii demeure éternellement. 
Mais ic ne fçay fi pour conceuôit Vhe û grande 
oppinon de fes vers, il ne fatidfoit point y mêler 
vn peu moins de prôffe rittiée quil n en paroift 
eh ccux-cy , & fur tout aux quatres derniers* 
ÔÙ, trois ou quatre feulement, 5c au nombre def* 
quels y fi ie ne me trompe ,ne font pas trop de 
la bell e Po'ëfie. 

M. Triftan Lhermite qui fçait l'art d'en fai- 
re de fi beaux , au commencement de cette 
Ode héroïque à M. fc M^refchal de Schom- 



\6i Rëmarq^svr le III. L. des Odesd'H. 

bcrg iur le combat de Locate, où il célèbre 
aucc beaucoup de magnificence les louanges 
qui (ont dues a la valeur de ce grand Capitaine* 
ne dit- il pas en parlant de foy mefme , 
Tes héroïques auantures 

J%)mc les Mufes vont mettre au tour 

Donneront aux races futures 

De la merueille çr de l amour: 

Vne ardente & claire planette 

Ne fçanroit foujfrir quon me mette 

uiu rang des vulgaires Autheurs , 

Ma plume a des traits infaillibles * 

Etfçait des fecrets enchanteurs > 

Par qui tes miracles vif blés. 

S'ils ne trounent des infenfbles 

Trouveront des Adorateurs. 

9. Tant que le Pontife montera au Capitule 
auec la Veftale: caries Romains eftoient per- 
suadez au temps d'Horace, que le Capitole & 
la Religion Romaine dureroient autant que le 
monde. Il ne Te faifoit point aurti de prières pu- 
bliques que IesVeftales ny flirtent employées, 
en gardant le filence : mais les ouurages de no- 
ftre Poète ont bien, parte la durée de ce Capi- 
tole & de la Religion des Romains. 

jo. Aufide, fleuue de la Fouille , aujour- 
cVhuy fOfanto , Tite Liue l'appelle Canna, ce 
fleuue eft le feulau raport de Polibe qui diuife 
l'Apennin. 

11. Davne, ne fe doit point prendre icypour 
Vrïfleutie félon la penfée de Porphyrion,mais 
pour la Prouince de la Poiiille appellée Uaunie y 
du nom de Daunus qui, en fut Roy fils de Pi.- 
lumne & de Danac. 



4 6j 




REM ARQ VES 

SVR LE IV. LIVRE 

DES ODES 

DHORACE. 




Sur Vode L du I V. Lînrc* 

Om le doux Empire de Cjnare^ 
il y a au Latin bond fitb regno Cy- 
*arœ , mais i'ay changé Tepi- 
thete de Cynare pour la don- 
ner à fbn Empire , eftant de 
meilleure grâce de dire en noftre langue le 
doux i mptre de Cjnare . que l'Empire de la 
bonne , ou de la douce Cynare, foit qu'il en par- 
le ferieufement , ou qu'il cnfaflc-vne raillerie 
comme il y a grande aparence, parce qu'il ap- 
pelle autre part cette femme auare. 

Sjucm Jis wmnntm Cjn*r& pUcviflk rtpaci- 



4^4 Remarques svr le IV. Liv. 

5. Rtgoureufi mère des amours. Le Poète 
yadioufte au Latin Tcpirhccc dedoux, maisic 
l'ay obmis à deflein , parce qu'il n'efloïc pas nc- 
ceflaire de le conferuer , puis qu'il rendoit la 
période moins belle. Ces paroles font les 
mefmes que du 1. vert de l'Ode 1?. du 1. 1. 

il. Paul Maxime y c'eft à dire Paultis Fa- 
bius Maximus fils de Paulus, ou de Qointus, 
qui fut Conful quatre années après que cette 
Ode fut faite >8c qui fut fort cheri d'Auguftc, 
dont Ouide parle en la 6. Elégie defon^ liurc 
de Ponto. 

11. Cï'gnes atteliez, de pourpre. I'ay fuiui cri 
cecy lefens que Lambin fcmble aprouuer da- 
vantage que les autres qu'on pourroit donner 
au purpureis ates oUrétu du Latin, que lesvns 
difent auoir efté corrompu^ qu'au lieu de pur- 
pureis il faut lire marmoreis pbur dire éiuifs : 
les autres , expliquent les çignes de couleur de 
pourpre à caufe de leur bec & leurs pieds. 
D'autres veulent qu'ils foient de pourpre à cau- 
{c qu'ils tirent le char de leurmaiftrefle quieft 
de cette couleur, &c Porphirion explique ce 
purpureis pour pulçbrû employant l'authontc 
de Virgile félon le fens de SeruiUs , lumcnquc 
iuuenta purpûreum , en quoy il fc trouuc du 
fentimenc dcLcuinusTorrcntiusE. d'Anucrs, 
& de quelques autres , mais ie croy que la pch- 
féc que i'ay fuiuic , cft de beaucoup la meilleu- 
re pour la verfion. 

*5. Comme il efl inftruit en cent belles cho~ 
fesy eft beaucoup meilleur que fi feufle rendu 
le Latin mot à mot , ce qu'il faut foigneufcmënc 

iuitét 



pes Odes d'Horace 4*ç 
iuïtcï pour faire vnc vcrfïon exa&equi confi- 
ftc à rendre les beautezd'vne langue ,auec les 
bcautezde celle en laquelle on traduit. 

16. La Iturêe de tes armes, eft plus beau fe* 
lori noftre vfage que de mettre les enfeignes de 
ta milice^ en quoy comme en mille autres lieux, 
on pourra voir que pour prétendre d la fidélité 
delà traduction , ie tafche de rendre les grâces 
dVne belle langue ,par les grâces d vne autre 
qui n'eftpeut eftre pas moins belle. Se qui fe 
polit de iolir eniour. 

28. S Miens y Preftres de Mars appeliez Sa- 
liens , à caufe de leurs cérémonies qu'ils fai- 
foient en faultant. 

3$. Pourqtioy Ligurin, il parlera encore de 
luy en l'Ode u. de ce mefme liurc. 



Sur l'ode XL dn IV. Liufc. 

t. tries ou Iule fils de Marc Antoine fur- 
Anbmmé Affricafius fut Cdnfdi auec Q, 
Fabius Maxixnus en Tan 743-.de la fondation, 
de Rome» 

i. Pindaret eftoit delà ville de Thebes, Se 
l'on peut dire félonie témoignage de Qginci* 
lien qu'il eft le Prince des Poètes lyriques , (bit 
que Ton confidere fon inuention , (oit que 
l'on regarde fes figures, fes fèntences, & la 
magnificence de fon ftile , qu Horace eftime, 
qu'on ne petit égaler : mais fa mddeftic qui le 
fou parler delà forte nempcfchepas qii'ohB? 



A&6 R E M A R QJV F S S V R LE IV. L ! vl 

le tienne point inférieur à Pindare. M Colle* 
tet allez connu par (es beaux ouuragcs en po'é- 
iîe cV en profe a rendu ainfi le fens du com* 
mcnccmcnt de cette belle Ode. 

Quiconque prétend d'imiter 
Les beaux monuemens de Pindare* 
Bien loin de le fuiure , il s'égare 
lufjues a fe précipiter ; 
Dedans les routes éternelles 
Il vole fur les mefmes aifles 
Qtii portèrent Icare an Temple du Rêvant 
Et fondant aux rayons de la famé celeflc , 
// tombe comme Imj d'vne cheute funefte, 
Et nomme comme luy les ondes de fin nom* 

Tel quvn torrent impérieux 
Défend du fommet des montagnes: 
Et pour inonder les campagnes 
Joint fe s eaux * celles des Cieux > 
Defdaignant fes bornes pre frites 
Il va chercher d'autres limites. 
Et force Ia nature en changeant de fe'iour ; 
Tel efi ce grand Poète a la Afuje féconde , 
// bruit> il change, il force, il remplît tout le monde% 
Et fa gloire sépand auffi loin que le iour. 

ïo. Dithyrambe , eftoit vne forte de vers 
lyriques qui fe faifoient en l'honneur de Bac- 
chus, comme nous dirions peut eftre aujour- 
d'huy deschançons à boire. Toutesfois il n« 
nous en refte point du tout d'exemple des La- 
tins >quoy que Ciceion témoigne en quelque 
part que c eftoit de fon temps le genre le plus 
commun de faire des vers. On pourra voir fur 
se fujet le 4. eh. du.i. liutc 4e Turnebus, & 



ixjfi Odçs d'Hor A es. . 4^7 
Tzetfces en fa préface fur Lycophron. Noftic 
Ronfard nous a laifle vne pièce dans Ces œu- 
ures laquelle il intitule Dithyrambes à la Pom« 
jpc du bouc de Iodelle Poète tragique qui cont- 
inence ainfi. 

Tout rany dejprit ie forcené 

Vn nouue lie fureur me mené 

JD'<vn faut de courfe dans les bok 

Jach Iach\ ïoy la vois 

Des fins vineufts Thyades 9 

2c voy les folles Menades 

Dans les Antres trépigner 

Et de fèrpens fe peigner 

jfach lach Euoe 

Eu ce' lach lach 

Je les oj 

le les voy 

Comme m tr/tuers dvne nui 

D'vne cadance menuï 

Sans ordre , ny fans compas * 

Laijfer chanceler letirs pas. . . 

13. Les Roy s du fangdes Dieux, tels qu'Her- 
cule, Iafbn, Perfée, Bellerophon, Ènée, Rq- 
mule, &c. 

25, dgne Thebain , ccft a dire le Poète Pin- 
dare de la ville de Thebcs : caries Poètes faqi 
bien fouuent appeliez cignes, 
jiinfi tous nos cignes célèbres 
S'efforcent fàr leurs ornements 

D * affranchir les emnements 

De la puiffance des ténèbres. 
Comme a dit dans vne defes Odes lé hmmt 
Autheur du poefmc taitç attendu . dé la ptsh 
celle d'Orléans. Gg ij 



4 68 Rem-arqves s vu le IV. Liv, 

Au rcfb il y a au Latin Dtrceen, icaufe que 
Lycus Roy de Thcbes, ayant répudié (a fem- 
me Antiope , épouia Dircé : & cependant An- 
tiope ayant cité connue de lupirer , & fc trou- 
vant perfecutée par Dircé, ic fauua au monr 
de Cithcron , où elle enfanta Zethus Se d'Am- 
phion 5 qui cllansdeuenus grands, tuèrent Ly- 
cus leur beaupere & pour vanger leur mete, 
ils attachèrent Dircé à la queue d'vn cheual in- 
dompté, qui après Tauoir entraifnée en diuers 
lieux, les Dieux eurent pitié de fa mifcre, & 
la changèrent en vnc fonteinc qui porte fon 
nom auprès de Thebes. 

$6. Les Stcambres , peuples de la Germa- 
nie que Drufus fubiugua auec les Chcrufccs 
& lesSueues : puis Augufte les fit palier dans 
la Gaule auflîbicn que lesSueues, félon le té- 
moignage de Flo&us au 4. liure. Nous appel- 
ions aujourd'huy Gmldres le pays des Sicam- 
briens. 

44. Le barreAtideKU* deprocez,. Soitacau- 
fe des feftes, foitàcaufcdc la douceur ,& de 
laprofperité du règne d'Auguûe. 



Sur ÏOde III. du IV. Liure. 

l * A À &P omene > A dit autre part Euterpe 
jLVJ ou quelque autre des Mufes, & d'or- 
dinaire les Poètes prennent les Mufes allez in- 
diferemment, quoy qu'à chacune d'elles foient 
attribuées des occupations* 6c des inclinations 



dis Odes d'Horace. 469 
tliferentes Vndc nos meilleurs Poètes en par- 
lant de (à Mufc l'appelle , 
Ma Mdpomene en verue fans pareille. 

$. Le labeur des /fîmes* eftoitde certains 
combats dans des chariots , qui furent intimez 
par Sifiphe, pour le corps noyé de Meliçerte, 
qui fut apporté en l'Iftme de orinthe {!>ar vn 
Dauphin. Le prix de ces combats eftoit dV-? 
ne couronne de pin. 

6. Vn char tCElide. Le Latin porte Achài- 
que , qui l'employé pour lftmie/ue, ou pour le 
terme dont ie me fuis ferui , comme du plus 
connu , en ayant vfé de la mefme forte deux 
lignes après , où i'ay mis de Delpbe pour Delien 3 
en parlant du laurier qui couronne la tefte du 
Triomphateur. 

11. A la manière de ceux d'Alcee> i'cxpli-* 
que ce que le Poète enueloppefous les termes 
de Delio carminé , pour dire Sapphico, ou AU 
càico félon Lambin. 

23. Le feul qni ait fçett ioiier iufques kvde 
la lyre Romaine: car Horace eft le feul Roete 
lyrique des Latins : & luy-mefmc en parle en- 
core en la 19. Epiftredu 1. liure comme il a dé- 
jà fait en l'Ode 50. duj liure. 



Sur l'Ode IV. du IV. Liure. 

ï. '"T^Elque toyfeau> ÔC ce qui fuit iufques a 

JL la quatriefmc ftance de cçtte Ode , eft 

vne longue y ôc dificile^Hypperbate , qu il cft 



47o Remarque 1 ^vr l! IV. Liv. 
rnalaifé d'expliquer bien nettement dans la 
traduction. 

4. Au furet de Cani-nede. Tout le monde 
fçait la fable de ce Ganimede qui fut cnleue 
par vn aigle fur le montlcfa. 

6. J£f' ^ chaffa autre s fois de fort aire. Oi\ 
dit que les aigles eprouuant leurs petits, les 
chaflent de leur nid ou de leur aire quand ils 
n'ôtpasla forcodefuporterlesrayôsdu SoIeiL 

17. Les Rhtttcns. Aujourd'huy les G^ifons 
proches des Vindeliciens que Seruius eftime 
cftre les Liburnicns 3 dont parle Virgile au 1. 
de l'Enéide, atcfite intima tutus régna Ltbum$- 
rum, Scraporte ce lieu d Horace. 

28. hunes Nerons , c'efl: à dire les enfans 
de Tibère Néron, & de Liuie qui deuint fem- 
me d'Augufte du contentement de fon premier 
mary, & qui eftoit greffe de fîx mois quand 
Âuguite la prit. Le premier de ces ieuaes Ne- 
rons fut Tibère Claude Néron qui depuis fut 
Empereur, & le fécond s appella Néron Clau- 
de Drufus qui mourut en Allemagne pendant 
fon Confulatl'an 744.de lafondatiô de la vi'lc. 
*7- D& combien es tu redeuable aux Nerons? 
c'eftà dire à la famillç Claudiennc quiauoitle 
furnom des Nerons, &c particulièrement à 
Caius Ctaudius Ncron , <Sc à Marcus Liuius 
Saiinator qui triomphèrent d'A r drubal. Ce 
Claudius Néron qui campa dans la Poinlle 
proche d'Annibai, ayant laifïe vne partie de 
fon armée pour garder (es tranchées alla au de- 
uant d'Afdrubal frère d'Annibal auec l'éli- 
te defesfbldaçs: 6c qujnd il fut arriuë auprès 



des Odes p'Hoïiaci. 47t 
de Sienne , & du fleuue Metaure il fe ioignit 
auec Liuius Salinator : & tous deux cnfemble, 
vainquirent Afdrubal. Néron retourna dans 
fon camp auec vnc pareille diligence qu'il en 
çftoitparti pour aller à cette glorieufe expédi- 
tion , ietta la tefte d'Afdruhal aux pieds du 
rampart de fon frère , qui ne s'en fut point 
plu(k>ftaperceu qu'il auoiiad'eftre vaincu pax 
le mal heur de Carthage. 

}S. Metaure , cil vne riuiere de l'Ombrie 
félon Strabon, & félon d'autres de la Marche 
d'Ançone, aujourd huy Métro. 

)6. Aufonie* fe prend icy pour toute l'I- 
talie : mais par l'Aufonie , on entend particu- 
lièrement cette partie de l'Italie ,où eftBene- 
uent y & Cales > & c'eft proprement la terre des 
Auronces, contre les Campaniens &les Volf- 
ques ioignant la mer. 

5 8. Algtde , nous auons pa>rlé de cette mon- 
tagne fui; i Ode u. du i. liurc. 



Sur l'oie V. du I V. Lime* 

u TyRince débonnaire qui tires ton extratâïon 
Jt des Dieux bien- faifans. Augufte ayant fak 
çfperer vn prompt retour dVne expédition 
qu'il auoit entreprise; le Poète compofa cet- 
te belle Ode en fon honneur, pour luy te£ 
moigner fon impatience. Il luy dit qui! tire 
fonextra&iondes Dieux bien faifans, à caufe 
de la famille des Iules qui le glonfioit d'eftre 



- t 



47* Remàrcvts svr le IV. Lrv. 

forticdu fang de Venus par la pofterite d'E«» 
nec à laquelle il auoit cfté adopté. Nicolas Ra- 
pin en a fait vnc imitation , parlant ainiî au 
koy Henry le Grand 

Henry la fauuegarde , & feurete de la France 
VoH4 efles de nos yeux abfent trop longuement 
Apres auoi v promis à vojlre Parlement 
gué nous Aurions en bref l'heur de vojlre pre- 
fence* 
Venez, & reportez, la lumière amiable 
A vos fans Citoyens : car quand vous parcijftz, 
Comme vn nouueau Printemps , vou* nom re% 

iouyjfez, 
Les tours en font plus clairs , & l'air phu agréa- 
ble. y 
Et vn de nos vieux amis le franc Gabcrot qui 
aime le bon Horace , parce qu'il a fait tant de 
beaux vers à la louange du vin quil ne fçau? 
ro.it haïr, a encore effayé de l'imiter en cette 
forte parlant au feu Roy Louys XIII. 

Nom fommes ennuies d'vne fi longue abfence 
Grand Roy qui de ton peuple is le ferme foutten 
Toy qui de tant de Roy s tiens ta haute naiffanec* 
Fay nous dsvn prompt retour > fenttr f aimable 
bien > &c. 
4. La fainïle, affemblée des Sénateurs. C'efï 
3,i mefme epithete que Virgile donne au Senac 
dansfbni. liure de 1 Enéide, 

Jura magiflratufque legunt 3 fanElumque fi* 

naium. 

Car en effet le Sénat doit eftre iaint , & s'il cil 

iafte & incorruptible , il cft digne de cette 

qualité. Quintilicu en la ji?. déclamation* ap- 



dis Odis ©' Horacï. 47 j 

pelle le Sénat fanB f fftmum ordtnem , Symma^ 
chus, partent meliorem humant generis , Caflîo- 
dpre reuerendum cœrum, 6c en l'Epiftre r$. or- 
namentum c&terornm ordinum : Ennodius c«- 
ronam curi& Se Epi&ete omamentum vrbù* 

i©. Carp^the, c'eft vne iflc, entre Rhodes 
& Crece ou Candie en tirant vers l'Egypte, & 
la mer qui en eft proche eft appcllée de fan 
nom : mais icy le Poète l'employé pour toutes 
Us mers. 

16. Souhaite paffionnement /on retour. Il 
parle du peuple Romain qui fouhaite le retour 
d'Augufte , qui eft la plus grande louange qui 
fepuifTe donner àvnbon Prince, parce qu'on 
ne peut dire que fon retour eft defiré qu'on ne 
fuppofe en mefmc temps que fes vertus Se Ces 
grandes qualitezle font aimer. 

17. En la prefence de Cefar^ te bœuf fe pro- 
maine en feurete\ c'eft à dire que les Regimens 
& les gens de guerre qui l'cnuironnent , ne 
ruinent point le pauure peuple, Se que fans 
piller ou mettre en prifon les bœufs du labou- 
reur on luylaifle le pouiioir, Se la liberté de 
cultiuer la terre, Se de faire croiftre fes bleds. 
Aufîi eft-ce à propos que Tityre dans Virgile 
en parlant d'Augufteadit. 

C eft la que t'eus de luj cette reponfe cy 
Pajfez, comme deuant vos troupeaux fans foucy. 
Allez, mes chers enfans , allez, par vos cam- 
pagnes^ 

Et couplez, vos taureaux 9 anec leurs corn- 
pagnes. 

Mais cecy Se ce qui fuit a encore efté imite par 




474- Remàhqvbs sva lh IV. Liv. 
Ronfard dans fen Ode i.da 5. hure, où il di% 
au Roy Henry 1 1 

Par toy tu fou aux Indes fe ruï 
La n autre franche de peur 
P*r toy Jlvh paijtble labeur: 
Le bœuf fume fous la char ruï: 

Par ta y l'abondance ayant pleine 
Sa "rojfe corne de tout fruit. 
Enrichit la françoiji phitne. 
Par toy le méchant craint la peine 
L? voleur la croix qui lefuit,$£c. 

tf% Qui craindra le Panhe ? &c. cecy en- 
core a efté imité par Ronfard dans la mefme 
Ode. 

Mais ores que tu Ces qui efl-ce 
Qui pallira craignant C A* oloU r 

Ou CEfhagMoU hardie ffe 

La. Flandre ou la blonde ieunejfe 

Du Rhin indocile a nos loix ? &C. 

2.6. Germanie , l'Alcmagne fait yne partie 
de cette grande P#ou'nce quis'eftendpit bien 
loin au de là de l'Elbe, & eftoit ditiifée en hau- 
te & en baffe , ou eu première & en féconde 
Germanie , comme il fe voit au 1^. liure d'Am- 
inian Les Alcmans eftoienr Limitrophes des 
Gaulois , des Rhctiens ou Grifons , &C des 
Bourguignons l'ay encore parié de cecy fuç 
l'Ode 11. du r. liure. 

51. Et pour les fécondes tables . il te rtpd des 
honneurs dimns. C'eiloit vne coutume entre 
les Anciens, qu'après la première table, ils eu 
Biettoient vne féconde qu'ils chargeoient de 
fruits > fur laquelle ils verioient le vin en i'hon- 



des Odes d'HoracS, 47? 
tieur des Dieux, ce qui m'a femblé tres-digne 
de remarque. Il en eiè parlé dans le u ch du 
il. liurede Pline ,& dans le 9. du 19. d'Aulu- 
gelle , où à la fin du repas , dit-il , on meflc 
auec le bon vin les agréables deuis: car par le 
repas ou les viandes qu'ils appelaient edulia, 
ils entendoient les premières tables , & par le 
vin ils entendoient les fécondes , qui eft la re- 
marque de Seruius fur ce vers du u liure de 
l'Enéide. 

PoftcjHflm frima quies epnlis mexftqtie re- 
mot*. 
Etce que Virgile dit encore au 2. des Geor- 
giques. 

Non eoo te menp , & Dits accepta fecundis 

Tranfierim Rhodia , 
Se doit référer à cet honneur qui fc rendoit 
aux Dieux dans les libations du vin, félon la 
coutume des Grecs, laquelle auoit paflTé dans 
l'Italie , & fe pratiquoii parmi les Romains. 
C'eftoir aufli aux fécondes tables oùl'onbeu- 
uoitlesfantez,&on lesbeuuo.it autant de fois 
qu'il y auoit de îettresaux noms de ceux que 
l'on voulait honorer de fonfouuenir. 



Sur fode VI. du IV liure* 

1. "fckT/tffo j fille de Tentale , fœur de Pclops, 
-L il femme d'Amphion Roy de Thebes, 
qui pour auoir ofc préférer fa beauté & fa fé- 
condité à celle de Latone> eut le deplaifirdc 




4? 6 Remar^vis syr le IV. Liv. 
voir périr deuant elle quatorze cnfans qu'elle 
auoit, fes garçons par les flèches d'Apollon, 
& fes filles par les traits de Diane : puis elle 
fut changée elle-mefme en rocher fur le mont 
de Sipylequi eft en Phrygie. Ouide en def- 
cript amplement la fable en fon 6. liure des 
Metamorphofes. 

1. Le ranifletir Tityc , eftoit fils de Iupi- 
tcr&dela Nymphe Elara > qui pour auoirefté 
cachée fous terre pour éuiter la cokre de lu- 
non, mit au monde fon enfant d'vne prodigieu- 
fe grandeur , à caufe de quoy il fut eftnné en- 
fant de la terre. Et pour auoir ofé attenter à 
la pudicité de Latone, à la perfuafion de Iunon, 
il fut tué félon les vns par les flèches d'Apollon, 
& félon les autres parles foudres de lupiter. 
Voyez Higinus & Appollodore. 

4 . Le Phtien Achile , parce que ce grand 
& fameux Héros naquit à Phtic ville de fhef- 
falie auprès de Pharfale. 

f. c De force* inégales aux tiennes , parce 
qu'il ne prit pas la ville de Troye , & qu'il fut 
caufe de fa prife ayant tuéHe6tor. 

z6. Xante , autrement le Scamandrc , ri- 
uiere de Phrygie qui fort du mont Ida > & pat 
fe à Troye , où fe ioint aufïi le Simoïs. 

27. Imberbe dinmité \ c'eft pour traduire 
le leuis Avyen du Latin , que les vns lifent 
Ageu> les autres Agilen* ou Agilteie> comme 
qui voudtoit dire qui prejîde aux chemins* 
niais comme Avycu , n'auroit pas cfté beau 
dans la verfion , l'en ay mis la fignificationpar 
circonlocution , qm porte vn furnom des fa- 



dés Odes d'Horàgi. 477 

erifices que tu reçoit dans les chemins publics: 
en quoy i'ay fuiui la penfée de Lambin. 

28. De la Mufe Latine ou Italienne , ou 
Daunienne, comme porte le Latin, pat où le 
Poctc s'entend foy-mefme. 



Sur Vode VIL du 1 V. twe. 

*j. JLnya rien d'immortel au monde , c'eu 
1 à dire que toutes chofes meurent : & pour 
en parler en termes plus magnifiques. 
Les feiences n exemptent paâ 
D'vn fatal denoir qu il faut rendre * 
D'Empedocle on a vu la cendre , 
Et d'Heraclite le trejpas. 
Ces grands flambeaux de la nfituri 
Sont tombez, dans la fefulturc 
Et de leur éclat neft refit 
Jguvn peu de bruit & de fumée 
Par les foins de la renommée 
Qui veille pour C antiquité. 
Ce font des vers que M. Cotin employé dans 
vndofte liure qu'il a eferit de l'ame immortel- 
le , après ces trois autres fiances qui m'ont fem- 
blé libelles, que i'ay crû qu elles apporteroient 
vn grand ornement au fujet dont il s'agit* 

Achille eftùit <£vne beauté 
Et d'<vne valeur fans féconde 
Et deuant qu'il parut au monde 
Jupiter (auoit redouté: 
Il craignit de perdre fa foudre f 




4?8 Remàrqveç svr 12 IV. Liv. 

£ t la crainte le fit re foudre 
j4 quitter ï amour de Thetis 
Car le fih dïvne telle mère 
Sur les peuples ajfuietis 
Deuoit régner mieux que fou père. 
En natffant tl receut des deux 
La viUoire pour [on partage 
JÇhn lny donna tant aauantage 
Sur (À fie & [es demy Dieux: 
Il fut plus grand que la fortune 
Et malgré Mars , malgré Neptune 
La gloire par tout le fuiuit j 
Mais enfin il accrut le nombre 
De ceux que la parque rauit 
Et nef plus maintenant quvne ombre* 

Ces deux Riuaux de l'vniuers 
Ces deux Chefs ialoux de la terre 
Qui mirent tout le monde en guerre 
Pour mettre tout le monde aux fers } 
Le grand Cefar , le grand Pompée 
JDe qui la foudroyante efpée 
Ne trouua rien dé gai à foy 
Tombèrent fow la défit née 
Et d*eile receurem la loy 
Que far tout ils auoient donnée. 

13* Les promptes Lunes reparent les domma- 
ges du CieU c'eftàdire que les mois s'écoulené 
promptement , & que la vie eft bien courte, 
comme le Poète en fait icy vne élégante des- 
cription. Ce qui xeuient bien à ces vers dç 
Catulle. 

Soles occidere & redire poffunt 
Nobùt cnmfemel occident breuù Ih$ 



©fis Odes p'HokAt!. 479 

Nex ejl perpétua vna dormienda. 

15 Tullu* & le bon j4kcpu , eftoient les 
troificfme Se quatriefmé Roys des Romains. 
Lucrèce parle de ce dernier fur la fin de Ton 5. 
liure, oùilluy donne tout de mefnie l'epithc- 
tc de bon. 

16. Hipptlite, fils de Thefée&d'vne Ama- 
zone appdlcc Hippôlite , de qui Diane fut 
éprife d'amour, aufil bien que Phèdre femme 
de Theféc, qui ne pouuant corrompre la pu- 
dicitc le fit mourir & Diane ne le pût iamais fai- 
re rcuenir au monde , ou fi elle le fit par le 
moyen d'Efculape quienfut chaftiéde Iupiter* 
& qu'elle lu y donna le nom de Virbius , ce 
m'eftpas 1 opinion de noftrt P©ëte« 



Sur l'Ode VI IL du 1 V. Liure. 

3. *~T* Repieds * dont les anciens faifoienttanti 
JL d'eftatfoit que ce furent des omettes à 
ïriettre de l'eau, (oit que ce fuiTent des vaif- 
feaux facrez, où mefmement des càfïbletres 
à bruflcr des parfums, tarit y a qu'il y en auoit 
de plufieurs fortes ; & outre qu'on les em- 
ployoit foiiuent pour l'ornement des temples, 
ils feruoient encore de prix pour les guerriers 
quis'eftoient fignalez par quelque belle aéfcion^ 
Comme il fe voit en diuers lieux dans Homère, 
&dans les 5. & 9. liures de l'Enéide. Adiou- 
tonsàcela qu'ils eftoient aufli recommanda- 
blés pour leur pefftûtcui:, comme aous voyons 
«Un* Ouids, 



- • t 



480 REMARQVES 5VR LE IV. L I V, 
Et trtpodes feptem pondère & arte pares. 
6. Parrhafuu , vn peintre celcbrc de la ville 
d'Athènes, ou félon d'autres de la ville d'E- 
phefe. Xenophon parle de luy &c Pline Uurs 
3j.chap. 6. & 10. 

6. Scopas , vn ftatuaire donr parle Paufa- 
nias dans Ces Corinthiaqucs, & dans Ces Atti- 
ques, & Cicciondans fouj.liurede ladiuina» 
tion. 

18. Celuj qui p nur avoir dompte C Afrique* 
en remporta le fur nom. Ccft Publius Corne* 
lius Scipion l'Africain qui fut eftime fils de Iu- 
piter, parce qu'vn ferpent parue dans le XiQt 
de fa mère vn peu auant quil fuft conçeu: 8c 
qu'eftant petit enfant , vn dragon fe tortilla au- 
tour de (on col qui ne luy fie point de mal Ert 
la déroute de Cannes ; il arrefta par fon autho- 
rité la plus illuftre noblcfTc qui vouloir aban- 
donner l'Italie. En Tâge de i^.. ans il prit Car- 
tilage la Nctifuc en Efpagne , d'où il chafîa Af- 
drubal& Maç*on frères d'Annibal. il contra- 
tSfca amitié aucc SiphaxRoy des Maures, rc- 
ccut Maflinifla en ion alliance, retourna vi- 
ctorieux en fa maifon , après auoir cfté crée 
Conful auant l'âge ,pafla en Afrique aucc vne 
armée Naualle , do t (on Collègue luy laiiïa 
l'entière conduitte, renuerfa en vne nui<5fc le 
camp d'Annibal &c de Siphax, furmonta An- 
nibal qui auoit elle raptllc d Italie , impofa det 
îoixaux Carthaginois vaincus. Ppil cftant de 
retour àRome comme il fut aceufé de concul- 
fions,ilchoifitvnbanni(fement volontaire, ou 
a acheua le refte de fa vie, & CAchargea à la 

îemind 



bbs Odes d'Horacl 1 48* 

femme comme il eftoit au liét de la moft, : de 
ne permettre iamais que (on corps fuft porté 
à Rome. 

10. £hte les Mufes de Calabre, c'eft à di- 
re Ennius qui eftoit d'vne ville de ce pays-là, 
& qui fut particulièrement chen de Scipion 
l'Africain, duquel auflî il auoit écrit les belles 
adtions dans Ces liures des Annales , Se fut efti- 
rné le plus grand Poète Epique de fon temps, 
comme Pacuue aquit dans la Tragédie vne 
grande reputation,5c Cecilius das la Comédie. 

25. ^£acus , fils de Iupiter Se d'Egine , qui 
pourauoirefté vn Prince équitable fut établi 
iuge dans les Enfers auec Minos Se Rhada- 
inante auflî fils de Iupiter Se d'Europe. 

3Î. Les Tyndarides, c'eft Caftor Se Pollux* 
4ont le premier eftoit fils de Tyndarus, Se le 
fécond de Iupiter, d'vne me (me mère qui fut 
Lcda y Se Tvn Se l'autre frères d'Helene & de 
Clitemneftre. 



Sur tode IX. du IV. Liuré. 

i 

o. T Ollim , c'eft à dire Marcus Loliids qui 
JL-ifut donné pour gbuucrncuf à Caius Ce^ 
far fils d'Augufte, allant en Arménie , où il 
fut Tribun des foldats , comme depuis il fut ho- 
noré de la dignité de Conful en 752. de la fon- 
dation de Rome. Le Poète luy adrefte cette 
Ode, $e deux Epiftres , comme nous le ver-< 
ronsenfonltett. 



481 R E M A R Q^V E 5 ^TR tl IV. L I V. 

t. Afifidc y fleuue dclaPoiiillc. Tite-Liué 
1 appelle Canna. , ce fleuue eft le fcul au rapore 
de Polybe qui diuife l'Apennin. 

5. Par vn artifice qui na peint eflé publie. 
Le Poète faiticy voir qu'il fe croit eftre le pre- 
mier qui ait écrit en Latin des vers lyriques, 
comme il auoit de ja fait en la dernière Ode 
du 3. liure j&^danslQde 3. de ce 4. hure. 

6. Homère le Moeonien^ oul'aueuglc , delà 
uaifïance duquel les Lydiens fc youloient ho- 
norer. 

7. Simenide de flfle de Cee. l'en ay parle 
fur lai. Ode du 1 liure. 

8. Stefuhore* premièrement appelle Tifim 
félon Suidas, & depuis Stejichore , parce qu'il 
fut le p.emierqui inuenta les concers auec la 
lyre ,ileftoit d'Himere ville de Sicile. Quinti- 
lien en parlant de luy , dit qu'il fbutient auec 
la lyre la dignité du poefme Epique: & Pline 
en (on 10. liure chap 19. a remarqué que com- 
me il eftoit encore petit enfant vn roflîgnol 
chanta fu r fa bouche. 

9. % T oiftes menaçantes d Alcù , parce qu'il 
efcriuoit hardiment contre les Tirans. Nous 
auons remarqué quelque chofe de luy furl'O* 
«le 13. du 2 liure. 

9. Anacreon , de qui Von peut dire que h 
Mufc fut toute enioiiée : du Ouide de luy , 
Jguid , ntfi cum mnlto Vencrcm çenfundert 

Baccho 
Nos âocHit lyrici Teia Mufa finis ? 
11. Les feux de SapVe font encore vindns;> 
c'eft à dire les feux de ion amour» Ronfaid a 



dès Odes d'Horace, ~48j 
Voulu imiter tout cccy dans l'Ode- *& de foni* 
liure, où il dit, 

L'audacieufi encre d*Alcée 9 

Par les ans neft point effacée 

Et viuent encores les fins 

£)uc (amante bâillon en garde 

A fa tortuï babillarde 

La campagne de fis chançons , 
Mon grand Pindare vit enc&re 
Et Simonide , & Steficbore , &t. 
Hélène de la ville de Spartbe > ou de Lacede-^ 
mone , & ce. qui fuit a encore efte imité dç 
Ronfard. 

Melene Grecque eflant gagnée 

D'vne perruque bien peignée 

D'vn magnifique acoutrement 

Ou d*vn Roy trainant grande faite 

N'a pas eu la poitlrine cuite 

Seule d'amour premièrement. 
Et le refte du melme ftile qui fuft eftimé enfoii 
temps. 

46. Le nom d'heureux , Sec. Le Poète ache-* 
ne icy vne pièce excellente par vne fentence il-» 
îuftre tirée d'Epicure mais digne de Chryfip 
pe. Vne gaye pauurete vaut de grandes riehejfes* 



Sur l'Ode X. du IV. Liure. 

Ù éT\ Cruel. Le Poète exprime d'abord l'afe 

V-x fedion qu'il porte à Ligurin , qui lùy 

sftoit ce qu'Alexis eftoit à Virgile fous k nom 

Hh ij 



4S4 RlMAlK^VES SVR LE IV. L I V. 

de Corydon. Ronfarda imité cette Ode dans 
la fienne de fon 3. liurc. 

leune beauté > mais trop outrecuidée 
Des prefens de Ffam , 

Jghsand tu verrat ta pean toute ridée 
Et tes chetieux chenus , 

Contre le temps , & contre toi rebelle 
Diras en te tançant 

J>h4e ne penfois-te alors que ïeftois belle 
Ce ejue te vay penfant? 
Et ce qui fuit , où il entremefle beaucoup de 
chofes qui ne font ny de l'air, ny de la penféc 
d'Horace. 

2. Le dnaet injf>ire\ au lieu du terme de pin* 
fnesy dont fc fert le Poète qui feroit barbare en 
François pour entendre le poil qui naift fur 
(es ioiiès & autour de fon menton, 

j. Sur lefuiet de ton noble orgueil y pour ré- 
pondre au tuéb fuperbU , du Latin qui eft vn peu 
bien concis pour cftrc intelligible en noftre 
langue, fi on n'y euftadiouftéy#r le fuiet pour 
dire fis belles iouès. 



Sur Tode XL du I V. Liurc. 

t. \Tl» Albane. Pline en fbn 6. chap, du 
V 14. liure, donne le troifiefme rang au 
vin Albane entre les bons vins,& dit que le 
plan en fut apporté de certaines montagnes de 
Sicile. 
14. Les Idcs> cft vn mot de l'ancienne lai*- 



©es Odes d'Horace. 485 

guc desEtrufques qui fîgnifie proprement dr 
ni fon ou feparation 3 comme les Ides partagent 
le mois en deux parues égales. Macrobe ex- 
plique en fon premier liure des Saturnales, 
pourquoy les Ides d'Auril font dédiées à 
Venus. 

16. AhyîU a pris fon nom de Venus , que 
Us Grecs appellent Aphroditk. 



Sur l'Ode XII. d» I V. Lmre. 

I. À Virgile. Il y en a beaucoup qui font 
JlJL perfuadez que ce Virgile n'eft point le 
Poète > mais beaucoup d'autres ne font pas de 
leurauis, &C ie penfe queloppinion des der- 
niers eftla plus foucenable. 

2. Les vents de Thrace. Ce (ont bien ceux* 
là mefmes qu'on appelle A qnîlons & Boree : 
xnais c'eft en Hyuer, car en Efté ou dans la 
belle faifcn , ils prennent le nom d'Ethefiens* 
fuiuant l>u£torité de Lucrèce en fon 6, liure, 
çùildit, 

Inde faci fequitur calor aridus & cernes vn* 

Tnluerulenta Ceres , & Eté fa fiabra Aqui- 
lonurn. 

y UoyfiaH infortuné. La fable des filles de 
Pandion Roy d'Athènes , & de Teréeeft con- 
nue de tout le monde : & par le 6. lmre des 
Metamorphofes d'Ouide , on' voit queTerée 
fut changé en Pupu , vne des filles de Pandion 
en Roffignol, l'autre en Hy rondelle , ëc Ten- 

Hh iij 



\%$ REMARQV!S 5VR U IV, LlV. 

fant Ithis en Phaifm,ou en Chardonneret. Le$ 
deux filles de Pandion s'appelloient Philomel- 
le & Piogné. 

6 Cecrops, qui eftoit Egyptien de nation 
baftitvne ville dansl'Atpque quil appclla Ce- 
tropie , qui depuis fut Athènes. C'eft pour- 
quoy les Athéniens font quelquesfois appel- 
iez Cecropiens, Se Athènes eftappcllce la ville 
de Cecrops. 

12.^ Les noires collines cCjircadie , à. caufe 
des bocages épais dont elles font couuertes. 

15. Des ieunes Princes , de Claudius & de 
Drufus, félon Lambin, ou de Caius & de Lucius 
Cefors fils d'Auguftc , félon Torrentius Eucf- 
que d'Anuers. 

18. Celier Sulpicien. Il y auoit à Rome de 
ces Celiers publics qu'on appelloit Horrea> 
parce qu'on y faifoit aufîi bien des magafins de 
vincominedebled, & portoient les noms de 
ceux qui les auoient baftis. 

27. Méfie vn peu de folie, comme s'il n'y 
auoit rien de plus fol qued'eftre trop ferieux: 
& certes > il femblc qu'il n'y ait point de plus 
grande folie que celle de n'en vouloir point 
auoir du tout , & de ne proportionner point 
fes diuçrtifleiriens à la vanité des chofes hu- 
maines. 



Sur Code XIII. du IV. Lime. 

Tce^ nous auons vu ce que le Poète a 
êàit de l'orgueil de cette femme, quand 



î> ï s Odes û'HouAcl 48? 
il en eftoit touché d amour , dans 1 Ode to. du 
3. liurc, & ce qu'il luy auoit alors fouhaité luy 
arriue maintenant. Philippes des Portes en a 
fait vnc agréable imitation , laquelle fe trou- 
ue dans fesœuures & la commence ainfi. 

Enfin mes vœux font exaucez, , 

Lyce ': tes beaux ieurs font pajfez, 3 

Th démens laide & contrefaite 3 

Le temps ton vifage a changé \ 

Et ce cjfn me rend mieux vangé 9 

Tu fais l a ieune & la doucette. 
Et plus bas, 

Maintenant ce Dieu glorieux 

Courtife Amaranthe aux beaux jeux 

Des grâces l'aimable compagne 

Tes carcans ne l'emeuuent point 

Ni ton contrefait enbonpoint* 

JNi ton rouge, & ton blanc d'EJpdgne» 
Lyce ne pers plus déformais 

Le temps & le fard que tu mets 

A couurir ta face ride* 

Ton poil n en fera moins grifon: 

Pour reuoir ta ieune faifon 

Il faudroit les arts de Mede'e* 

13. Pourpre de flfle de Cos y c'eft a dire bel- 
le par excellence. Toutesfois Hermolaus Bar- 
baruss'eft efforcé de montrer qu'il y a faute en 
tous les liurcs où fetrouue Coaveftes, 8c qu'il 
faut lire Cm veftes. 

if. Us ont garde Lycefort long-temps. L'Ab- 
bé de Thyron a imité agréablement la fin de 
cette Ode. 

Mais les Ditux qui ne i Aiment pas 

H h iiij 



488 Remar Q^v es svh le. IV. Liv> 
Lycc> te font vivre icy bas 
-Autant quvne vielle Corneille 
jifin cjite l'Amant s'effroyant 7 
Voye fa faute en te voyant 
Surpris de honte & de merveille. 



Sur l'Ode XIV. du I V. Liure. 

8. Y Es Vindeliciens. Ce font peuples de ta, 
1 jfeçQfldc Rhetie ou du pays des Grifons. 

lo. Les Genaunois ou Genauois^ ou Geron- 
vois y ce font les mefmes que Pline appelle 
Leuni , qui font dans l'Efpagnc Taraconnoife. 

tu Brencou ou Breunois , certains peuples 
d'Alemagne , il faut lire au Latin BrencBs au 
iieu de Brennos. 

14. Le plus grands des Nerons. Tibère Clau- 
de Néron qui fut fuccefleur d'Augufte à l'Em- 
pire & frère de Drufus plus ieune que luy , qui 
mourut en la fleur de fon âge. 

il. Les Pléiades , vne certaine conftellation 
que les Latins appelloient ^rg///'*, & que le 
vulgaire nomme la Poupmerc* 

46. £e NU , Pv.n des plus grands fleuues 
du monde , & qui après auoir trauerfé toute 
l'Ethiopie vient tomber par l'Egypte dans la 
nier Méditerranée. Le Poète dit qu'il cache, 
fes fonteines : c'eftà caufe que fa fource cil in- 
connue. Voyez fur ce lujet le 10. liure de 
JLucain. 

46. Le Danube , le plus grand fleuue de 



d?s Odes d'Horace. 489 
l'Europe , ayant prés de fept cent lieues de 
long. On lu y donne aufji le nom d'I/ler, il 
tombe dans le pont Euxin, 

46. Le Tygre> fleuuc de la Mefbpotamie 
qui fciointàrEufrate pour aller tomber dans 
le fein Perfique. 

49. La Gaule qui ne s^épeuuante point de la 
mort. Aritfotc écrit au $. Hure des mœurs des 
hommes que les Celtes , ou les Gaulois ne 
craignent ny les tremblemens de terre, ny 
les tempeftes de mer ; dont parle encore i£liau 
au 12. liuredefa diuerfe hiftoire : Ccfar dans 
le 6. liu. de fa guerre Ciuile dit que les Druides 
(ce font les Gaulois) fe perfuadant que les 
âmes ne meurent point , font non feulement 
valeureux 5 mais encore exempts des craintes 
de la mort : &: Lucain au 1. liure de fa guerre de 
Pharfale, en parlant à ces peuples les appelle 
heureux dans l erreur de leur eppinion fom la 
froideur des climats quils habitent , puifque la 
crainte de la mort , la plus violente de toutes les 
craintes > ne peut rien dans leur imagination* 
ce qui fait quils fe précipitent auec tant de ge- 
nerofté dans les périls, regardants la mort fans 
itonnement , Cir tenans a infamie depargner vne 
vie qui doit retourner. 

51. Les Sicambriens* peuples de l'ancien- 
ne Ga^ule 5 aujourd'huy ceux des pays de Guel- 
dres , entre la Meufe & le Rhin : quelques- vns 
neantmoins ont écrit qu'ils occupoient le Com- 
té de Zutphcn: depuis les Sicambriens ont 
cfté appeliez François* 



490 Remarq^svr le IV. t. des Odesd'H* 



Sur ïodc XV. du IV. Liure. 

p. À Fermé U temple de Iamu. Ce temple 
XjL bafti par Rcmulus ne s'eftoit point 
ferme iufques à l'Empire d'Augufte depuis le 
règne de Numa. Virgile parle de ce temple en 
{on 7. liure de l'Enéide ou d'vn autre pareil 
que lanus baftit luy-mefme fur vne montagne 
appellée de (on nom, lequel fut ouuert par vn 
effet de la colère de lunon contre les Troyens, 
qui fe yinrent établir en Italie fous la conduitte 
d'Enée, ce qui s'exprime par ces quatre vers 
employez pour la defeription d'vne figure que 
i'aymife au commencement du 7. liure de ma 
vcrfîon de 1 Enéide. 

Latin aime la paix, & refufe la guerre 
Tour fermer fon Empire à des maux inconnusy 
lp.non pour fj porter defeend dejfus la terre^ 
Et brifi de fa main les fortes de lamu. 



Vin de s Remarque s fur les Odes d'Horace, 



49 1 




REMARQ VES 

SVR LE LIVRE 

DES EPODES 
D'HORACE. 

L vsibvrs Grammairiens font 
en peine de trouuer pourquoy 
ce Hure eft appelle des Epedes ; 
car il eft certain qtïEpode ne fe 
prend pas icy au mefme fens que 
dans Pindare qui diuife Ces po'éfies en Stro- 
phes , Antiftrophes & Epodes : ce que nolire 
Ronfard a voulu imiter en quelques-vnes de 
Ces Odes comme dans celle quiladrefle à Mi- 
chel de l'Hofpital. Quelques~vns penfent que 
ce luire eft appellée des Epodes , à caufe de Fin- 
égalité des vers,& que les petits y acheuent 
toufiours le fens des plus longstcc qui s'appelle 
Epode. D'autres veulent que ce foit parce fcjuil 
faloit toufiours deux perfonnes pour ench&rv; 




49- Remarques jvr liLivRe 
ter les vcrs,& que ce lu y qui recitoit les plus 
courts s'appelloit Epodos , comme ecluy qui 
marquoitla cadence, & les accents ou les pé- 
riodes du récit. Il s'en trouueaufïi qui appel- 
lent les Odes de ce liurc Epodes , parce qu'elles 
font les dernières: & Leuinus Torrentius E. 
<TAnucrs,eft perfuadé que ce titre aefte don- 
ne a ce liureàcaufe des enchantemens dont il 
y eft parlé, & que le mot Grec Epodos, (léni- 
fie tncantator. Tant y a quil eft dificile d'en 
donner vne raifon qui fatisfafTe plainemenc. 
Plufieurs neantmoins appellent Odes lespo'é- 
fiesde ce liure 3 mai$ fay fuiui l'vfage le plus 
receu. 



Sur la J. Efode. 

I. T Iburne. C'eft vne ville vers la Dalmatic 
JL-ifelon Strabon , mais s'il en faut croire 
Zozime il y en auoit vnc autre de ce mefme 
nom en Italie , où fe fabriquoient des vaifTeaux 
qu'on appelloit Libnrniens , defquels Vegece 
fait vne ample defeription dansfon 4. Imre de 
re militari : ceux qui feruirent dans l'armes 
Nauale d'Augufte contre M. Antoine, ertoient 
de diuerres grandeurs : mais la plus parc 
cftoient beaucoup plus petits que les moin- 
dres de l'armée d'Antoine. 

4. Mon cher Mécène. Cette familiarité 
n'eftoit point inciuile parmi les anciens : & les 
grands, félon la remarque de Turnebe eftoient 



des Epodès d' Horace. 49 j 
appeliez les ami* dçs petits qui leur faifoient 
la cour. D'où vient que Iuuenal dit en fa 5. 
Satyre. 

Et à magno femper timtamm Amke. 
Et en la 6^ Satyre. 

Magnos vifurm Amicos. 

Comme Horace luy-mefme en l'Ode \%, dit 
2. liure appelle Mecenas y^ puiffant amy. Oit 
peuciey donner auisau LeÊtsur qu'il n'y a pas 
grande apparence que Mecenas fe foit trou- 
uc à la bataille d'A&ie, ayant la charge cn.ee 
temps- là de Prcfed de Rome &c de toute l'Ita- 
lie, comme Dion le femble marquer ca fon 
51. liure. Et certes Virgile qui parle en ce ren- 
contre du feul Agrippa , qu'il compare en quel- 
que façon à Augufte ,n'y auroitpas oublié fon. 
Mecenas , s'il y eut elle. Il y a donc grande 
apparence qu'Horace n'en a parlé que dans 
l'oppinion , quil y deuoit aller, comme il die 
autre part d'Augufte. 

Serues iterum C&farem in vltimas 
OrbU Britannos. 
Qupy que Cefar n'ait iamaisefté dans la gran- 
de Bretagne. 

3°« Lv fils deCircé. C'eft Telegôn qui 
baftit la ville de Ttrfcule , dontnous auons par- 
lé fur l'Ode 19 duj. liure. 

34., Vn prodigue diceinÛ OU vn franc débm- 
ché : car ceft proprement ce que veut dire le 
Nepos du Latin en cet endroit là: & c'eft vue 
ehofe allez remarquable que le meime mot 
qui lignifie neueu ûh petit fils entre les anciens, 
/îgnifie aulïi débauché, comme Ci d'ordinaire 



494 Remarques svr lï Livrl. 
les ncucux nettoient iamais afïèz fages ny alïci 
retenus au iugement de leurs ayeuis, &c non 
pas de leurs oncles: car 'Repos chez les bons 
Authcurs, ne fignifie iamais neueu , au fens 
que nous le prenons. 



Sur la II. Efode. 

3. T Es champs de [espères. Ce terme a bcatl- 

jLfCOiip de force : car en effet c'eft vn grand 
bonheur dccultiuer les champs qui viennent 
de la fucceflion de fes pères , & non pas de fon 
père qui les auroit peut eftrc mal aquis. 

M. de Racan Gentilhomme de qui la naif- 
fance, la réputation & le mérite font égale- 
ment connus, faitvne excellente peinture fur 
ce fujet de la vie champeftre , dont voici quel- 
ques ftances que fay bien voulu raporter d'en- 
tre celles qui (ont dans fon agréable Tirfïs. 

O bienheureux celuy qui peut de pi mémoire 
Effacer pour iamais ce vain efpoir de gloire y 
Dont l'inutile foin trauerfe nos plaijîrs , 
Et qui loin retiré de la foule importune * 
Viuant dans fa maifon content de fa fortune? 
ji félon fon pouuoir me fur é fes deftrs. 

Il laboure le champ que labour oit fon père 
Il ne s'informe point de ce quon délibère 
Dans ces graues confeils d'affaire s accablez,: 
Il voit fans intereft la mer grojfe d'orages 
Et nob férue des vents les fwiftres pre fages , 
Jgue pour le foin qutl a m faim de fes bleds, j. 



dés Epodej d*Hor a c eJ 49j 
R§y de fis pajfîons il a ce quil defire 
Son fertile domaine e fi fin petit Empire , 
Sa Cabanne>fon Louufe, ér fin Fontainc-bleatt 
Ses champs , & fis Jardins , font amant de Pro- 
vinces 
Et fans porter enuie a la pompe des Princes 
Se contente chez, luy de les voir en tableau. 
Il voit de toutes parts combler d'heur fi fit* 
mille , 
La iauelle à plein poing tomber fins la faucilh, 
Le vandangeur ployer fim le faix des panier s* 
Etfemble qua fenuy , lés fertiles montagnes. 
Les humides valons , & les grajfes campagnes 
S 9 efforcent a remplir fa caue & fis grenters. 
Et plus bas. 

Tantofi il fi promeine aulongde fis for.teiùesl 
De qui les petits flot; font luire dans les pleines 
L'argent de leurs ruijfeaux parmi l'or des motf 

fins , 
Tantofi il fi repofi auecque les Bergères 
SHir des Uil s naturels de mouffe & de fougères 
gui nont autres rideaux que (ombre des buifi 
fins y &c. 
7. Le fuperbe fiiiil des riches Citoyens , ou 
des gens puiflans , ce que le Poète dit pour éui- , ^ 

ter la fatigue de leur aller donner le bon iour, 
pour des inter efts mercenaires, à quoy les gen& 
de lettres ne fe peuuent affilie ttir, comme lès 
ambitieux qui fe veulent enrichir. 

21. Priape , eftoit adoré par les anciens 
comme le Dieu tutelairc des jardins. Nous 
en parlerons fur la 8. Satyre du 1. liure auflS 
feicn que de Siluain fur la 1. Ejpiii du 1. iiu. 



496 Remarques sva le Livré. 

iG. Les oj féaux Je plaignent dans les bois: 
car ils chantent de telle forte qu'ils femblent 
fe plaindre. Virgile vfant du mefmc terme 
dans Ton Tityrc, oùMelibée luy parle en cet- 
te forte. 

Tandis que des ormeaux aux cimes fecoùées 
La tourte & le ramier de leurs voix enrouées* 
Agréables oy féaux que tu vas chtrtjfant y 
Iront fans nul relafche à fenuy gemtjfant. 

49. Lucrtn, Lac appelle mer morte y au- 
près du Golfe d'Auernc. Pline 1. 5. ch. j. & 15. 

54. Le Francolin £lonie , qui reuient i 
(Attagen Ioniens du Latin, que Pline préfère 
à toutes les autres viandes dans fon 48. chap. 
du 10. liure,& dont parlent Aul. Gel.l. 7. cH. 
M}. Iulius Pollux 1. 6. ch. 10. & Martial qui le 
confidere auffi entre les mets plus exquis. 
lnîer Jkpores fertur alitum primas 
loniearum guftm Attagenaruin. 



Sur la III. Bfodeï, 

S. /^sfnidie, ou Gratidie de la ville de Nd- 
V— /pics , eft le nom d'vne fameufe Sorciè- 
re de ce temps-là , dont il fera parlé fur la fia 
de ce Hure , 8c dans la 8. Satyre du 1. liurc. 



Sut 



dis Epodes d'Horace, 497 



Sur la I V. Efode. 

x. TL74 grande apparence que le Msenas 
JLcontre qui cette Epodca efté cbmpofée» 
eftlemefme dont Pline écrit au 18. chap.du $5* 
hure de Ton hiftoire , où parlant des Affranchie 
quieftoientdeuenus puiflâns,ilnomttïe M&ntâ 
êc Menecrates y Affranchis de Sefcte Pompée. 

2. Entre tes loups & les agneaux. L'anti- 
pathie eft fi grande entre ces animaux fc qu'A* 
riftote, Se Pline, ont remarqué que hiefmes 
leurs peaux ne peùuent demeurer enfemble. 

3. Fouets dEfyagne , qtù eftoient faits de tes 
Genêts dont l'Efpagnt abonde comme Pline 
mefmçsla remarqué en fon liûr'eisr.ch. 11. 8c 
dans le 8. ch. du $1. liûre, il appelle la Gartha* 
ge d'Efpagne , Carthage des genêts, à la diffé- 
rence delà Carthage d'Afrique. 

6. La fortune ne change point ton extraBionz 
car parmi les Romains vn affranchi conferuok 
toujours cette qualité quelques richefles qui! 
puft auoiraquifes , & chacun demeuroit dans 
(on ordre: mais il n'en eft pas ainfipatmi nous* 
OÙ la fortune qui n'a point de bornes , n'en mer % 
point atifli à l'ambition, & parle moyen des 
grandes richefles , ceux qui les ont acquifes 
iniuftemfcnt , eftant nez de la lye du peuple» 
après auoirachcptéles grandes terres, paflenc 
auec vn peu d'aide de ceux qui dreflent des 
généalogies , pour eftrcdcfcendus de leurs aa* 
ciens poflèfleurs. 

Ii 



498 Remarques svr le Livre. 

8. Vne robe de fie auhies de long^ cltpout 
marquer le vain orgueil de celuy , denr il par- 
le Toutesfois cela monitre de quelle forte 
eftoient les habits des perfonnes de condition, 
& comme ils les portoienc trainans en terre 
pour auoir plus de grauité. 

n. Triumvirs. Le Poète n'entend point 
icy parler des trois hommes qui compoferent 
le Triumui'at après la mort de Iules Lefar, 
mais bien de certains Officiers de luflice qui 
eftoient comme des Geôliers de pnfonsjqui 
auoient la charge de shaÛier les iarrons fk les 
autres mai-faiûeurs. 

14. La Rue Antenne , eftoit vn grand che- 
min hors la ville de Rome , par lequel on pou- 
uoit aller à Faicrne >dontilefticy.parlé. 

ij. Par de petits chenaux , encore qu'il y 
ait au Latin Appiam Manttis périt, comnie qui 
diroit il marche dans la voye Àppienne au ce des 
cheuaux de fomine , ou de bagage > ou :âe louage? 
ou félon quelques-vns de petites bounques, iî 
cft ce que le Poète hcfe fert pas tant icy de es 
terme pour dire des cheuaux de louage, que pour 
dire de petits cheuaux ai fez, . 

tk\ La loy d'Qthon. Cette loy fur faite 
parLucius Rofcius Othopour empefeher que 
dans les théâtres, les affranchis fc miflent lur 
l'vn des quatorze d^gres qui eftoienr aiFeftex 
pour les ordres des Sénateurs Se desChcua- 
ïiers. 

20. Si celuy cy ctluy-cy , c'eft à dire Mainas 
*nji eftoit corfaire, &c tut tres-mal choifi pouc 
all^r faire la guerre aux Pyçatcs. 



Bes Epqjdes d'HoXacs, 499 



i^^r^ 



Sur là V. Efode. 

y . f\ Kfument de la pourpre. Cet ornement 
V>/cftoi£ pour les enfans de condition ÔC 
non pas pour ceux du peuple, dont Macrob* 
dit beaucoup de belles chofes au 6. ch. de ibiî 
i. liure des Saturnales. On oftoit aux enfané 
des Romains la robe de l'enfance appellée Pré- 
texte , pour les reueftir d'vne autre qu'ils ap- 
pelloient Virile en l'âgede 17. ans 8c non pâ$ 
ae 14. comme faeent Lambin. Ceue Prétex- 
te eïloït donc pour les enfans nobles aôn <Ae 
marquer par fa couleur de pourpre, la piideuir 
qu'ils deuoient auoir : & la figUîrë d'vn cœur 
qu'ils portoient pendue au col , laquelle Us ap- 
pelloient BulU , eftoit pout lelir donner lapen- 
fée d'eftre véritablement des hommes > s'ilé 
auoient du cœuri & peut eftrc que de là eft 
aufli venu le protierbe homo Bftf/a, àiiffi bien 
que le terme de; Bulles comme l'a remarqué 
M. Ménage perfdhhage de beaucoup de fça- 
uoir & démérite 5 dans fdn liure des origines 
de la langue Frânçoife au il dit que Bulles vie#- 
hent de Bull* à caufe des féaux peivd&ns qu< 
les Authènrs de la bafle latinité ont âinfî a#i 
pelles pour la reflemblence aux Bulles qui pen- 
doieht au col des enfans Romains. 

H. folyuc <? lberie. Le premier cft vue 
ville de TheiTalie ou l?Xon abo-rda atlec Med<*$ 
co-mmele dit Oiiiiè. 

ti îj 



5co Remarqvej svrl! Livrée 

ViQqt Jolcbiacos tetigtt cum comuge portH*. 
Le fécond, cft vnc ville de la Pontiquc, où 
Virgile mefme tcfmoignc qu'il fcpcfchc force 
poilons. 

15. ^Arrachez, de U gueule dvne chienne 
affamée , à cailfedesmauuaifes qualitez dont la 
faliuedes chiens cft emprainte quand ils font 
affamez. Lucain parlant de fon Èri&odans Je 
6. liure de fon illuftre poefmc fcmblc dire 
quelque chofe d'aprochant. 
MorfufjHe Inporum 

Expettat ficcis raptura è fanethm artw* 
Mais toutes ces chofes là font fort vaincs, Se 
Ton voit bien mefme que le Poète qui les ra- 
conte > ne les croit nullement & qu'il s'en mo« 
fque, comme il le fait affez paroiftre en la der- 
nière Epode, & dans la 8. Satyre du 1. liurc 
des difeours. 

aj. Sagane , celle-cy , & VéU* qu'il nom- 
me incontinent après \ fcmblent n'eitre confé- 
dérées en cet endroit que comme des feruantes 
deCanidie , telles qu'Amaryllis dans la Phar- 
maceutric de Virgile , & Fotis dans Apulée qui 
cftoit la feruante de Pamphilc. 
; 43. Naple* oàregntCotÇiueté. Voila vn étran- 
ge éloge de la ville deNaples, à quoy fe ra- 
porte bien ce que dit Ouide en fon 6. luire de 
la Metamorphofe. 

Et in ou* mitant 

ParthcnopettyO' ab hu Cttme*, tempUSibylU. 

5$. Les chiennes de Saburre Saburre eftoic 

vne rué de Rome dans la féconde région , qui 

fut appelles de U force , du nom d'vne Tribu 



des Epodis d Horace. $qi 
Romaine. C'cftoit en cette rué là , où demeu» 
roient des femmes débauchées, delà lye du 
peuple. 

76. Enehdntemens des Marfis. Ces en» 
chantemens efloient en auflî grande réputa- 
tion que ceux de Theflalie: car le pays des Max-» 
fes cftoit en Italie , ce que la Theualie eftoit en 
Grèce: & certes Circén'a pas efté moins celé * 
bre que Medée. C'eft pourquoy Tibulle les 
ioint fort à propas l'vne auec l'autre dans ce 
vers. 

JguidqMdhabtt Circi , qmdquid MedeA ve* 

neni. 
Au refte les Marfes ont pris leur nom de Mar- 
fus fils de Circé. Voyez Pline liure iy ch. t. 
& Aulugelle liu. 16. ch. n. 



Sur la VL EPodc. 



U \/[ dftin qui at peur des loup t. Horace 
XYAcommencc ainfi fon inue&iue contre 
Caffius Scuerus qui du temps d'Augufte , eftoit 
vn célèbre Orateur, dont parle Quintilien eu 
fon dixiefme liure , & Pline en fon 7. ch. u. ce 
fat luy quiaceufa d'eftre empoifonneur entre 
les plus puiflans de Roms, Nonius Afprenas 
alié à la famille des Cefars, qui en vn feul fe- 
ftin empoifonna cent trente perfonnes. Ron? 
fard efcriuant contre vn Miniftre .Proteftant, 
commence fpn poefrac: de la mefmç façon. 
Jgtoj tn iappes Maftin , afin de rnejfrojer 

li ii| 



jot RnUK^.VH» 5VR LE Livrh. 

Qus m éfiié »y fonder , try mo'Ure , nabboycrf 

$ rnâ^ç'i; JL Epire on vn ihien drSrarthe> 
c'eftoient les cfpcccs de chiens qui eftoient 
jtermt les ancien* en plus grande recommenda- 
lion. Virgile en Ton 3. liu. des Georg les nom- 
jfDc enfemble. 

Pilûcts Sfârtét CMttloS) Açrtmcptc Molojfum^ 
Pafcefero pt^a./<ti. 

i£ hjiamhe. L'antiquité a fait mention 
àt plofieiirs Poètes célèbres pour la medifan- 
Ce, entre lefquels furent Theon , Zoïle, Ti- 
niori y Avéhiloquc, & Hipponax. Vn certain 
Lycambe émeut la colère de cet Archiloque, 
parce qu'il ne luy voulut pas donner fa fille en 
mariage : & B.up.Vc de Mfle de Chio fils d'An- 
therinus, qui crtoit Statuaire, d'autres difene 
peintre , échaufa la Bile d'Hippottax de Milet, 
pour Tanoir peint auec toute fà laideur,& pour 
auoir laide fon portrait dans fa boutique pour 
exciter la raillerie de tous les paflans à fon fujet* 
Voyez Pline au 5. ch. du 36. liure. 



Sur la VIL Ef>ode u 



5. T 'Enuieufe Çmthêfi 1 car cette \ 
-*^ jours efté enuieufe de la 



ville ûfOu- 
e de Ro- 
me, qui eft vn effet de l'imprécation que Di- 
don fit en mourant. 

----- Ntillm amor populu *> nec fœdera fuvtô. 
Voyez Pomporius Mêla ait u liure chap. 7. & 
Saluian liure 7. 



©* s Epod.es d'Horacb. 50$ 



Sur la VIII. Epode. 

6. X T Ache à qui les cruditez, de Ceftomach, 
V &c. a efté exprimé le plus modefte- 
mentquc i'ay pu dans vn vilain itijet : & en ce- 
la i'ay fuiuile fensde Lambin qui ne tient pas 
comme Leuinus Torrcntius que le Poète em- 
ployé icy le terme de Crud& bonis, au mefme 
iens qu'il a fait en parlant d'vnecauale en l'O- 
de XI. du j.liiU'c. 

NHptiarum expers> & adhtiCfotens 
Cruda martto. 

11. Les images triumphales , telles qu'on 
les portoit aux funérailles des perfonnes de 
condition , auffi bien des femmes comme 
des hommes, ce qui fait voir , que celle dont 
parle icy le Poète cftoit de quelque famille il- 
luftre. ' 

15. Les Hures des Sto ; tiens: car les ancien- 
nes courtifanesfaifoient femblant d'aimer auf- 
fi la vertu , Se mettoient fur des carreaux de ve- 
Iolix les ouurages des Phirofophes pour mon- 
trer qu'elles en failoient grand eftat : mais fo;is 
des paroles vn peu obfcures , le Pô'éte enferme 
vn fens qui n eft pas fort honnefte : & fi ie n'ay 
pas affev5té vne fi grande fidélité en la verfion 
dç la fin de cet Ode , on verra bien que ie l'ay 
fait exprés, pour le fujet que i'en ay eu, 

Il iiij 



jfô4 Rhmar^vss syr lé Livre. 




Sur U IX. EpocU. 

4. T" T Ettreux Mécène. La première pièce 
A JLde ce liute fut çompofée durant les 
préparatifs de la bataille Nauallc contre An- 
toine, îlfemble que celle-cy lefutenfuitte de 
lavi&oire, & que la dernière Qde du t. Hure 
regarde le triomphe apresj'expcdition de cet- 
te, guerre. 

j. Ta belle mai/on > au lieu de haute maifon^ 
comme il y a dans le Latin, faifant peuteftre 
allufion à cette haute tour de Mecenas qui 
eftoit dans fes jardins , dont il femblç qu'il ait 
parlé en l'Qde 19. du 3. liurç. 

6. En ton Dorique oh en ton Phrygien. Pour 
entendre çecyil faut remarquer que les Grecs 
auoient trois fortes de tons en leur mufique, 
le Dorique , l'Eolique > & l'Ionique , & que les 
Etrangers ou barbares enauoientde deux for- 
tes , le Phrygien & le Lydien, mais que les plus 
recommendables des vas & des autres, eftoienc 
le Dorique , & le Phrygien , la lyre afteftée 
pour le Dorique , & la flufte pour le Phrygien. 
Or i ay traduit Phrygien » Se non pas Barbare* 
parce qu'en effet le Poète a entendu parler du 
ton Phrygien, & il n'a employé le terme de 
Barbare , que pour le fi grutier comme dans 
l'Ode 4. du 1. hure. 

Barbara pofîquam oecidtre turm<t. 
Pourdirç Phrjgie. 



DES El 5 ODES d'Hq'HACS.' 50^ 

8. Le Capitaine qui fe difoit fils de Neptu- 
ne* Scaliger entend cecy de M. Anroine , fans 
confiderer le temps dont parle le Poète: mais; 
Torrentius a bien remarque dans fon com- 
mentaire comme il fe trompe lourdement: Se 
luy , & Lambin , par ce Capiraine fils de Ne- 
ptune , entendent Sexte Pompée , qui auoit 
tenu tout l'Empire de la mer. Iointque FHi- 
ftoire nous apprend que Sextus fe glorifiant de 
fes victoires, & fur tout d'auoir affilie ti la Si- 
cile, voulut fi bien paroiflre fils de Neptune, 
qu'il fe fit habiller d'vne robe bleue, & fit pre- 
cipitier en guife de vi&imes des cheuaux & 
des hommes viuans dans le deftroit de Sicile, 
témoin Dion , & Pline en fon 16. ch. du 9. liure 
où il dit qu'en la guerre de Sicile l'Empereur 
Augu fie fe promenant fur le bord de la mer, vn 
poijfon qui fortit de l'eau fe vint ietter 4 fis pieds. 
Surquoy les Deuins efians interrogez, , rebondi- 
rent que cefioit vn prefhge que le père Neptune 
reiettoit Sexte Pompée pour adopter jiugufle : & 
que ceux qui tenoient pour lors la mer en fuie- 
tion fe ranger oient fous fis pieds. Et neantmoins 
on eu fi dit quen ce temps la Neptune auoit ado- 
pté Sexte Pompée , tant il efioit heureux fur l* 
mer. 

14. Peut obeyr a des Eunuques ridés , il par- 
le d'Antoine, & de ceux qui le fuiuirent en 
Egypte , quand il fe 4ai(îk éprendre d'amouc 
pour Cleopatre, & qu'il fe fournit honteufe- 
ment à l'autorité de certains Eunuques tels 
que Photin , Mardion , & quelques autres que 
Velleïus, Pluie, & Orofe nomment en diucis 



$n£ Remarqvrssv.* le Livre 

endroits de leurs hiftoires. 

16. Le pavillon tnfame. Les Latins appcF- 
loient ce pauilfon Canapeum > qui vient du nom 
Grec qui lignifie vn voile ou vn rideau pour 
empefeher tes moucherons. Les Alexandrins 
en furent inuenteurs, contre les incommodi- 
teztrcs-grandes qu'ils reccuoient de ces petits 
animaux qui naiftent des marefeages du Nil, & 
de la mer qui en eit proche. Properce & luuç-t 
nal parlent de ces pauillons : le t. au 5. liurc. 

Fœdaque Tarpeio Canopea tendere Saxo. 
Et le fécond en la 6. Satyre. 

Vt tefludineo ùbi Lent nie Canopeo , &c. 

18. Les Gaulois ï Abandonnèrent ld de (fus * 
e'eftàdire, quils quittèrent Antoine, à caufe 
de fon infamie pour fuiure Augufte > en quo^ 
le Poète rend vn témoignage fort honorable» 
du courage &de la vertu de cette nation. 

15. Cctuy à cjm fa propre valeur, &c. Çc 
lieu eft tres-dificilc , & s'entend diuerfement 
par Tumebus, Lambin & les autres. Mais 
après l'auoir bien examiné, ien'ay point dou- 
tes que le Poète n'ait voulu parler de Scipioa 
l'Africain > en quoy ie me fuis rencontre de 
loffpinion de Torrentius E. d'Anuers. 

li. Saye ou Set en , eftoit vn vdtement mi- 
litaire , d'où vient le root de Sagatns , pour dire 
vn fbldat, a la diference de To^ttm > pour dire 
vu Citoyen. • 

}{. Vins deCbioeti de L'fbos, ou vins d'ou- 
tremer qui eftoieiu en (i grande eftime parmi 
les anciens Romains , qu'on n'en donnoit qu'v- 
11e feule fois à chaque repas tcfmom Pliai lin. 



des Epqdes d'Horace. 507 
44. chap 14.. & Gellius liure 1$. chap. J. 

36. Cecube, eftoit aufti vne forte de vin re- 
cqmmandable parmi les anciens félon le tef- 
moign^ge de Pline , mais il dit que de Coi\ 
temps, il n'eftoit plus tant eftimé. Voyez ce 
qu'il en écrit au 6. chap. du 14. liure. 



Sur U JC. Epoàe. 

i. T E puant Mcttiiis. C'eft celuy-là mefme 
JLidont parle Virgile en fa j. Eglogue fous 
le nom de Menalcas. 

£)uiconcjHû nen veut point au malhenrenx 
Bauie 
Qu'il fejfc eflat des vers de f importun Mcuie : 
Et par mefme moyen , que fotu de me fines iougs 
Jl mette les renards , & cjîtil traje les bottes* 
Tous les Grammairiens difent que ce Meuius 
eftoit arrogant Se iniurieux,& qu'il eftoit au- 
tant odieux à Horace , comme Virgile luy 
eftoit cher. 

14.. Contre la nattire de Cimp ; e Aiax Oilce $ 
c'eft à dire Aiaxfilsd'Oiléc , Tvn des fameux 
Héros de la guerre de Troye, mais qui fut il 
enragé qu'après laprife, & l'embrafement de 
cette ville, il viola Caflandre dans le Temple 
deMinerue: t'eft pourquoy cette Deefle qui 
ne luy voulut point pardonner, le fit périr fur 
les coftes d'Eubée contre les rochers Caphar- 
rez. Surquoy il fera bon de voir la peinture 
qu'en a fait Philoftrate auec les commentaire* 



508 Remarques svr le Livre. 

deBlaifc deVigenere. l'zyàkdc Vtmpie Ata*? % 
& non pas de la vautre impie d" Atax comme 
il y a au Latin , parce que Tepiteche fc dit im- 
proprement de la nauire, quoy quelapo'èiic 
fuporçe cette licence, 6c la rende mefme agréa- 
ble en Latin. 



Sur la XL Epode. 

17. * y Ejprit éclaire' dm panure > nefl iamaiê 
JLjefiimi en comparaijhn du gain. Ana- 
ereon fe plaint que dans l'amour , il n'y a point 
de naiflance, de fageflfe, & de modeftie qui 
fc puiiïent comparer aux biens de la fortune: 
deforte que cetVeftpas d'aujourd'huy que les 
riçhefîes font en fi grande vénération : ôc que 
l'argent eft préféré à toute la fagefle du monde, 
15). Le Dieu fans pudeur , c'eft Bacchus, 
tcwtesfois quelques-vns , comme l'Euefquç 
dAnuers, veulent que le terme inuerecunduty 
qui eft au Latin,{îgnifie Valdeverecundus , par- 
ce que dans l'Ode 27 . du 1. Hu. le Poète a die. 

Verecundumcjue Bacchttm 

S angttineis prohibett rixU* 
Et dans Ouide. 

T t yt % C ii m jî#t cornibus aftœt 

Virgineum captif eft. 

28. Des que tem liHt toutes ces chofes y $£c> 
suffi bien que les deux lignes au deffiis auecce 
qui fuit ,cft tees-dificile a expliquer bien net- 
te me tu. 



des Epodes d'Horace. 509 
40. G)uvnc aimable ptrfonne. Iay change 
tn cet endroit à dclTein la propre fignification 
de ce vers. 

Akî teretis pneri, longafn renodantis comam. 
Comme ie l'ay fait â deflein en d'autres ren- 
contres pareilles. 



Sur la XI L Ef>ode> 

1. /^\ Ve veux-tu de moj. Il y a des Grani- 
V^f mairiens qui tiennent que cette Ode 
a efté faite contre Gratidie,à laquelle le Poè- 
te fbuhaitepluftoft des Elephans que des hom- 
mes pour des raifbns de raillerie qu'il eft; aifé 
de deuiner. 

5. Polype, c*efl:vn vilain mal qui vient & qui 
s'engendre dans les narines , femblable a la 
chair d'vn poiffon qui porte le mefme nom 
dont parle Celfus en (on 6. liure chap. 8. 8c qui 
caufcvne grande puanteur. 

7. £h*ellc fîteur dete fable, & ce qui fuit, 
n'eft pas facile à traduire ayant égard au 
fens du 8. vers qui n'a pas toute l'honneftetc 
qu'il feroit à délirer, non plus que deux ou 
trois autres , & fur tout le quinziefme que i'ay 
obmis à delTein , ayant tafehé de rendre la ver- 
ûoti des autres fuportable fans changer la pen- 
fée de l'Autheur, comme ne l'a pas fait auffifur 
le mefme endroit dans fon do<&e commentai* 
*e,Lauinus TorremiusE, d'Anucrs. 



5io Remarqves sva le Livrs. 



Sur la XI IL Epodr. 

2. A Turent Jupiter icy bsu* Les Anciens 

JLJLs'imaginoient que Iupiter defeendoit 
du Ciel parmi les tempeftes , pour chaftier 
l'impiété des hommes ,, d'où vient que Virgile 
aur desGeorg. dit, 

Ipfe pater média nimborum in nube corufea 
Fulmina molitur dextra. 
Er dansvnc Eglogue, 

Iupiter & Uto defeendet plnrimus ïmbri. 
Et Pétrone, 

SAnguineo^ut reetns defeendit lupiter imbrt* 

5. Les chagrins de la njietllejfe. Il y a dans 
le Latin quelque forte d obfcûrité 3 qui eft 
eclaircie par laverfion. 

6. Le Confulat de mon cher Torquatui* C'eft 
le Confulat de la naiflance d'Horace , comme 
nous Tauons remarqué dans (à vie , & comme 
il en parie encore luy-mefme dans les Odesj^. 
& xi. du }. liurc. 

9. Nard d* Perfe, il y a au Latin Achève- 
nt* nardoi parce qu'Achemenesauoit efte Roy 
de Perfe > comme il a cfté remarque fur l'Ode 
U duj. liure 3 & fur la dernière du u 

10. Lyre de Mercure , il y a au Latin fide 
CjfteM*,pAïcc que Mercure qui en auok efté 
•Tinucnteur , fut appelle Cylkneen , du nom d'v- 
ne montagne , où ilauoit efte noiury . 

lu Le noble Centaure. C'eft Chiron qui fut 



bis Epodes d'Horacî; ktt 
célèbre pour fa fageiîe , & qui eut foin de con- 
duire la ieunefle d'Achile , comme il auoitfait 
celle de Iafon /d'Hercule , & d'Efculape fur les 
montagnes de ThcfTalic. 

i$. La terre et d ffaraffe^ € eft à diréTroye, 
dont Virgile s'eft fouucnudansfon 6. liuredc 
l'Enéide. 

^Jfarajfe rfr Darda* le fondateur de Troyc. 
Etdanslei.oùlupîter parle ainiî à Venus, 
Telle eft mon ordonnance: vne faifon viendra, 
£hte Cantique tnatfon djiflar.ajje tiendra 
D'vn pejant ioug d'acier par force ajfuietie 
La glstre de M y et ne , & l'audace de Phtù. 
14. Scamandre* autrement le Xante ,1'vn 
des deux fleuues dt Troye dont Homère a 

Farlceiidiuers endroits, & dit aii \u liure de 
Iliade que plusieurs boucliers & plusieurs ac^ 
mets font tombez dans le Shnoïs Se dans le di- 
fcin Scamandre. 



Eu* la XI V. Epode. 

5» T Ethe, fleuue des Enfers félon les Poètes, 
JL-rfqui caufe l'oubli > mais félon la vérité, 

c'^ft vnflèuuc dans la Magnefie, quîcoule dans 

Je Méandre, auprès d'Ephefe félon le tefinoi* 

gnage de Strabon. 

7* Les Ïambes que i'ay cemmenetz,. Iliem- 

ble que le Poète parle icy'd'autres vers , que de 

ceux qui nous font reftez de luy e$ ce genre 

là, contre Canidie. 



jxi Remàkqves svr le Livre, 

8. M'cmpgfche d'achever > fkc. Il y a au La- 
tin ad vmbUicutn adducere , qui cft vnc façon 
de parler pour dire vn ouurage complet , parce 
que s'il eftoit roulé en volume, comme c'eftoic 
la coutume des anciens, il auoit quelque forte 
de reflemblance au nombril d'vne perfonne, 
d'où vient que Catulle dit, 

Charu regtét , nouilibri 

Noai vmbilici. 
Et Martial. 

Liber vmbilicis cultiu , atque membranis. 
Et pour montrer que ad vmbUicum adducere* 
c'eft 1 dire ackeucr, Martial nous le montre af- 
fezpar ce vers* 

lam feruemmuâ vfijue ad vTnbilicum* 

9. Batjle* fut vn ieunc homme aimé d'A- 
nacreon /dont il parle fouuent dans fes vers , il 
fut aufli chéri de Polycrate Tirande Samos* 
quiluyfitdrcfler vne ftatu'êauec l'habit & les 
ornemens d'Apollon laquelle fut long-temps 
depuis gardée à Rome, &a donné fujet à lu- 
ucnal d'en parier eu cette forte dans (a 13. Sa- 
tyre. 

- Ntillurn diferimen habendum efl 

Effigies inter veftras , flamant que Batbj/li. 
Mais pluficurs penfent que luuenal parle icy 
de ce Bathylle qui du temps d'Auguftefut vn 
excellent baftekur, &c celuy-là mefmc qu'il 
nomme dans la $. Satyre. 

-— —Molli foltante Bathyllo» 



SHr 



bjesEpodes'd' Horace. 51$ 



L 



Sûr la XV, Efoit. 

$ T Es Dieux puiflatts , il enteiid Vernis > & 
JL^Cupidon , qui font quafl les fëuls que 
tonnoirtent les amans. 

20. Le Paflole> fleuiie de Lydie, qui auoit 
ides fables dôreï. 

22. Njree, quiefloit le plus beau des Grecà 
pendant la guerre dé Troye. Le Poëce compa- 
re Nercc à Nirée, à caufe de la beauté & dé 
la reffemblatace du iiom. 



Sur U XV L Èpoéi 

ï. "\7 'N autre âge J} çonfomme. îi y "ciirr.u- 
V très fois plufieurs (éditions a Rlitiiçl 
mais pas vne guerre Ciuile déliant Mariiis & 
Sylla. Depuis la première qui fut excitée par 
Caius Marins en Tannée 66$. de la fondation 
de Rome, iufques du temps que M. Antoine 
fut vaincu par Augufte , il y en eut plufieud 
en 57. années , aiiec peu de rélafche pour la Ré- 
publique , & Augufté en acheua cinq luy fcul, 
citant Venu about de la dernière en la 4 an- 
née de fdn Confuiat. C'eftpourquoy le Poète 
quieftoitde Ce temps- là, s'en voyant accablé, 
& croyant que c'eftoit vne fatalité du génie dti 
pays , conseille la fait te ou là retrait èl à fëxèlfff- 



5H Remarqves svr le Livré 
pic de cette Col.onie des Phocéens qui vint m- 
trcsfois de llonie lur les frontières de la Gaule?, 
pour demeurer en la ville de Marfeille, dont 
Lucain a parlé amplement au $ .liure de fa guer- 
re de Pharlale , après Hérodote en fbn i. liure. 
3. Ny par les Afarfes* Il entend la guerre 
âcs aflbciez émue par les Maries fous la con- 
duite de Popedius , en la 661. qui fut beaucoup 
plus funefte a l'Italie que la guerre Ciuile, com- 
me Pline l'a remarqué au 2. liure chap. 183. 

4 l'orfenna , Roy des Tofcans dont Thiftoi- 
re le lit amplement dans le 2. liure des Anna- 
les de Tite-Liue , & Virgile en parle au 8. de 
fbn Enéide. 

Nec non Tarquinium Abietlum Forfînna m- 

kebat 
-/feapere-* — 

j. Capout concurrente de fa gloire , cette 
ville a pris fon nom de Capys I'vkj des compa- 
gnons d'Enée, ou du lieu champîeftre où elle 
eftfituée comme dit Tite-Liue en fon 3.1iure> 
laquelle fut non feulement la capitale des vil- 
les delà Campanie, mais encore de toute l'I- 
talie après Rome dont elle fut concurrente 
auffibien que lafameufe Carthage. 

5. L 'inhumain bparthacu* , nous auons par- 
lé de luy fur l'Ode 14. du 3. liure. 

6. Les Alhbroges . ce font les peuples de Sa- 
uoye &c de Dauphiné le long du Rhofne , 8c 
autpur de Lion , que Tite-Liue maintient 
en fon 11. liure n'eftre point inférieurs * en ri- 
chefTes & en réputation aux autres peuples des 
Gaules. Le Poète les appelle $nfidelU]s> corn- 



des Epodîes d'Horace. jxj» 
me d'autres les ont appeliez légers , parce 
qu'ils, n'ont -pas eflé fort cpnftans à demeu- 
rer dans l'obcyflance des Romains, dont ils 
£b font toufiours efforcez de fecoiier le ioug. 
Au refte les tumultes Gaulois n'eftoient pas 
moins à craindre aux Romains, que ceux <fl- 
îalie,ou queles rcuoltes des Carthaginois Se 
des Illyriens. Sii'eufTe traduit les Sauoyarsoû. 
les Dauphinois > au lieu JC ÂUobr t oges* faurois fui- 
ui l'exemple de perfonnes de beaucoup de ré- 
putation qui en vfent delà forte : mais encore 
que ie leur défère beaucoup, fi ell-tc qu'eii 
cela ie n'ay pu me ranger de leur oppinion, non 
plus que démettre Allemagne pour Germante* 
<[uoyque ce dernier ferok beaucoup plus fu- 
portable: &ainfi de plufieurs autres noms de 
peuples qui fe font changez , ou multipliez 
dans ces derniers (îedes, parles Dominations 
diuerfes, & parlés langues Tudefques , Fla- 
mandes , Sclauonnes , Turques & Perfanet : de 
vne infinité d autres, qui nous obligeroit , fi 
nous àuibns à fuiure cette règle , d'employer 
beaucoup de noms barbares , lèfquels nous 
aurions mefmes delà peine à prononcer. 

7* Sa ieunejfe aux yeux bleus. Tacite en 
parlant des peuples de la Germanie dit la me£ 
me chofe. Omnibus truces & c&rulï ocr4i y ru-* 
iiU coma ,magna corporà , & Iuiienal en la 14. 
Satyre. 

Ctrula quis fiupuit Germant lumina , fiauam 
Cafariem , & maâiâo torquentem cornua circef 
JNempe quod hac Mis natura ejî l omnibtu vna* 
17* FtlU des Phocéens , appellée me fin* 

Kjc ii 



$\6 Rnuàovis svr i! Liviii 
Phocis quicitaufli le nom d'vne ProuincC ail* 
près du Parnaflc, dont parlent Hérodote, &C 
Strabon lin. 4. Athénée liure 1 ;. Se Titc-Liuc 
luire 54.. & Lucain lin. 5. vne Colonie de ces 
gens-là, vint demeurer àMaifèille. 

28. Le Pau ou fErtdan, fleutte aflez rc- 
holnmé pour cftre le plus grand des fleuues 
d'Italie, il prend fa fource au motit Vezule, 
aujourd'huy le mont de V%*>\ au Marquifat de 
Saluées : & parce qu'il produit la poix , laquel- 
le félon Pline cftoit appelléc Pade , en langue 
Gauloife \ le nom de Padm , ou de P<w> fur 
donné au fleuue qui fort du pied de cette mon- 
tagne. 

28. Màtinè , vn moht ou promontoire de 
IaPouilk,ou félon d autres de laCalàbre. 

<9« Matelots Sidomens ou Tjricns^ le Pos- 
te fait icy allufion au voyage des Argonaute$>3c 
àlaconqueitedela toitbnd'or. 



Sur la XVII. Epode, 

3 . T À diuiniti redoutable de Diént , cîle eftoit 
Attelle ifon feuletneftt £ontf e les animant, 
mais aufli contre les hommes qui l'auoient of- 
foncée comme Orion , Adxon , & Niob.e. 

S. Telephey fut Roy des My liens > Se fils 
d'Hercule &c d'Auge fille d'Alée : voulaiitem- 
pefcher les Grecs depafïèr, allafttà la guerre 
de Troye , il fut griefuement blefle par Aehile, 
& Kepùciamaiseftrc guew cjue parle mcfmc 



DES ErOBES ù'HoRACI, 517 

fer quilauoit bleflé , toutesfois Vautres affeu- 
rent que ce fut par le moyen d'vne herbe apr 
pellée Achileon\ parce qu elle futtrouuée par 
Achile , dont parlent piofeoride liu. 4. & Pli- 
peenfbn iç. liure. 

28. Charmes Sabelliens, ou parce que Ca- 
nidie dont il parle eftoit Sabellienne, ou du 
pays des Sabins , ou par ce que les Sabellien$ 
cftoient proches des Marfes qui eftoient de cé- 
lèbres enchanteurs, comme il a efté remarqué 
furla 5. Epode* £t certes les Marfes &iesSa- 
belliens font d'ordinaire ioins enfembie, com- 
me dans Virgile au 1. des Çeorg. 

H&c gemti acre virum Marfos fHbemqtse Sa- 
bellam 

Extttltt 

Et dans la 3 . Satyre de Iuuenal. 

Tr#nft&ttu fabita ad Marfos menfamqm Sd* 
bellam. 
Mais noftre Poète dans la 9. Satyre du 1. liurç 
de Ces difeaurs , montre comme les femmes Sa- 
bclles eftoient Sorcières. 

Sabella, quodfuero cecinit diuina mot a anm 
vma. 

Le chiffre 451. qui eu marqué en marge ns 
fignifie rien , & c'eli vne f^ute d'inxprelïion. 

$0. O mer> o terre , te me fen$ tellement bru* 
1er. Tour ce lieu a efté imité par Ronfard ç^ 
fon Ode 10. du 3. liure. 

O terre y orner, Ciel e'pars, 
Je fuis en fen de toutes pars , 
Dedans & dehors mes entrailles : 
Fne ardente chaleur me poind 

Kk iij 



Çl8 Rem^RC^VES SVR L! LTVR4 
PIh4 fort quvn Marefilhal ne tomt 
Le fier tout rouge en fes tenailles. 

La chemifie qui c'corcha 
JHercul fi t&fii qud la toucha 
N'égale point la famé mienne , 
Ny le Vefimte > tout le chaud , 
N y tout le feu que vole en \iaut 
La fournatfe Sicilienne. 

î 1 - £l!lj Venx-tH dauantage? &c. cecy cft 
encore imité par Ronfard. 

Jf£ue veux- tu plus l di que veux- tu ? 
Ne m as-tu pas afifiez» battu ? 
Veux- tu qu'en cet âge iê meure 
Me veux-tu brufier? &c. 
37. le fuis preft de purger mon offience , cecy 
3 donné encore fujet Ronfard de ces deux 
fiances qui tradtiifent aflez naïuement fept vers 
dé fuite du Latin de rioftre Autheur. 

le fuis apprefié fi tu veux 
De te fiacrifier cent bœufs y 
j&fin de dès-enfer ton ire : 
Ou fi tu veux, auec les Dieux-, 
le i enuoiray la haut anx Cieux 
Par le fin menteur de ma lyre. 

Les frères d * Hélène fa fichez, 
Par les ïambes defilachez, 
Contre leur fiœur par Stefichorc 
<A la fin luy ont pardonné 
Et pleins de pieté redonné 
L'vfage de la vue encore. 

44 Rendirent la vue au Voue deuenu auew- 
gle , c'eft au Poète Stefichore que Ronfard 
vient de nommer dans fa verfion,qui fut aucu- 



©h s Epodes d'Horaci. 519 
glé en punition d'auoir médit d'Helene fœur 
de Caftor & de Pollux : mais après s'eftre re- 
connu, & après auoir demandé pardon de fa 
faute , il reuit le iour, félon letefmoignage de 
Platon dans fon Phedrus. Nous auons dit 
quelque chofe de ce Poète Sicilien fur l'Ode 
5. du 4. liure. 

48. Neuf tours après leur mort. Les An- 
ciens faifoient des neufuaines pour préparer 
toutes les chofes necefTaires aux fepultures, & 
appelloient cette neufuaine facret , qu'ils fai- 
•fbient i'efpace de neuf iours , auant que de 
renfermer les ce-ndres du dcfundfc. Seruius' fur 
ce vers du 5. de l'Enéide. Prœtereafî nonadiem % 
&c. cite ce lieu d'Horace, &dit que le corps 
du defun£fc demeuroit fept iours à la maifon, 
qu'au 8. il efloit brulîé, &au 9. enfeueli:& 
les exercices ou les jeux qui fe faifoient en 
l'honneur des morts s'appelloient Neuendiales. 
Toutesfois Acron fernblen'eftre pas d'accord 
de cette opinionrdifant que les corps n'eftoient 
pas plus de trois iours dans la maifon , &c qu'a- 
près le troifiefme iour , on les mettoit au feu, 
s'authorifant de ce vers de Virgile. 

Tertio, lux gelidam caIo dimouerat vmbrAm. 
Et qu'en fuitte les cendres eftoient mifes dans 
le tombeau, autour duquel fe faifoient les com- 
bats des Gladiateurs &les autres cérémonies* 
ce qui me femble beaucoup plus croyable que 
îapénféede Seruius. 

56. Secrets noElurnes , ou Cotyttiens> qui 
s'appellent ainfi de Çotys , ou Cotytte qui 
eftoit vne DeefFede Timpudicité, adorée par- 

Kk liij 



J10 R E M A B QV E <: SVR LE LlVRï 
Qjilcf Thraces, les Ccnmhiens > Se les peu- 
ples de Mlle de Cliio Iuucnal parle dcccnorxi 
là dans fa t. Satyre. 

Taltit feercts. coluerunt frein t&dtl 

Ccecropiam foliti Bapt* Lijptre Cotytto. 

Tontcsfois au lieu de Cotyrtta dans Horace, 

plufieurslifcnt Cocjtia, Venant de Cocyre pouç. 

dire infernal, ce qui femblcroit mieux conuc* 

rir a vne Sorcière que l'autre ephhete: mais 

ceux qui fpnt d'auis contraire ,'obfement que 

toutes les Sorcières font impudiques , ÔC 

qifainfi on doit lire Cotjttta. 

79- R % apeller an tour les Cadauves , par la 
Necrom.entic. Voyez ce que dit Lucain fur ce 
fujet>en parlant d'Er-i&o,Sç dcScxtus fils de 
Pompée en fontfjiure. 

Si. Ne pteureray~ie p<u de regret? Scç. pour 
traduire le dernier vers de cette Epode, fur 
lequel Lambin, & Torrentius ont efent de fi 
longs commentaires, à caufè de la façon de par- 
ler du Roëte en cet endroit qui leur a femblç 
clifiale. 



Sur lilymne du Sieçk* 

NOus aprenonsde Politien, d'Onufre, de 
Sigonius & de pinceurs autres ce que 
c'eft que fierté* & les ieux feculiers J en quel 
temps lis furent inuentez, &aucc quelles cou- 
tumes & cérémonies ils furent célébrez. 11. y 
faut neantmoins oblevuer* entre autres chofes 



DE S Ep OP 1 S D* HoRA C 1. JH 

Que les garçons & les filles de naiflance libre, y 
çhantoient des Hymnes & des airs en l'hon- 
neur des pieux, pour les inuiter à prendre en 
leur prote&ion l'Empire Romain. Ccftpour- 
quoy ce poefmequieft de cette qualité a efte 
intitulé fort à propos Hymne dn fierté, en fa- 
ueur d'Augufte fous le Confulat de Caius Fur- 
nius êc de G.Iunius Silanus, c eft à dire larç 
7}6. de la fondation de Rome > Horace eifcnt 
âgé de 48. ans. 

2. Bri liants ornement du Ciel. Virgile les 
appelle Clarijfima mundi lamina : car le So- 
leil & la Lune, Apollon & Diane, Liber & 
Ccres, ne font que les mefmes diuinitez confé- 
dérées endiferens regards. 

4. En cefa'wtï temps , oxxet^ce temps facré, 
a caufe des cérémonies facrées dont l'inftru- 
#ion s'apprenoit àcs liures des Sibiles félon 
les diueries necçflitez , & fur tout pour la célé- 
bration des jeux appeliez feculiers y qui furent 
instituez fous le Confulat de Marcus Valcrius 
&de Spurius VirginiusTan 217. de la fonda- 
tion de Rome. 

6. Les belles filles & les chaftes garçons. Il 
faloitqu'ily en euft trois fois neuf de chaque 
fexe, & des plus honorables familles de la ville, 
qui chantpicntdes Hymnes en Grec, 8c en La* 
tin en l'honneur des Diçux Protecteurs. 

7. Lesfept colmes y çeftà dire Rome qui a 
fept colines dans l'enceinte de fes murs, dont 
Virgile aparlé en (on 6. dcfEneidc. 

Septem qu<e vna fibi mnro cirçumdcdit areth 
Et Martial. 



5ii Remarqvessvr le Livre 
Jtîtnc ftptem dominos videre colles 
Et totam Itcet tfltmare Romam. 
Ces montagnes font la Quirinalc , la Vimfnalc* 
l'Efquilinne , la Ccclienne , la Palatine , la Tar- 
pcïcnne ou la Capitoline , & l'Auentinc, auf- 
quelles on adioufta la petite Celienne , la Iani- 
cule,&la Vaticane. loachim du Bellay acom- / 
pris les fept premières dans le quâtriefme fon- 
nçt de ks antiquitez de Rome , qui cft tel. 

Celle qui de fon chef les Eftodes paffoit 
Et <JC*vn pied fur Thetis ^( autre deffous (Aurore 
D'vne main fur le Scythe , & (autre fur le More 
JDe la terre > (je du Ciel la rondeur c$mpaffoit, 

Jupiter ayant peur Ji plu* elle croijfoh> 
jghie (orgueil des Géants fe releuaji encore ', 
L'accabla fous tej monts , ces fept monts qui font 

ore 
Tombeaux de la grandeur qui le Ciel menaçoit. 

Il luy mett fur le chef la croppe Saturnale : 
^Puù dejfus (eflomac ajjtt la fymrinale : 
Sur le ventre il planta (antique Palatin: 

Meitfur la dextre main la hauteur Celienne? 
Sur la fiyiefire ajfit (efchine Exqudienyie: 
Viminal fur vn pied: fur (autre ( Auentin. 

14. Iluhye y la raefme que Lucine, ou que 
la Deeiïè Génitale qui prépare auec douceur 
les voyes de l'enfantement, d'où le nom dlli- 
thye aeftétiré, comme eeluy de Lucine vieno 
del&lumiere, parce quelle met lesenfans au 
iour quand elle les met au monde. 

19. Touchant la loy qui concerne leur fecon^ 
dité> ce lieu eftdificilc & fon intelligence de- 
penddefçauoir que les Romains eftoient fore 



dïs Epodes d'Houac!, 5^j 

fbigneux de célébrer des mariages pour le bieia 
de la République , ôc pour laccroidcment de 
h pofterité C'eft paurquoy le plus grand foin 
des Cenfcurs eftoit celuyd'empefcher, qu'il y 
euft des Citoyens qui vefquifTent dans le Cé- 
libat. La loy de cette inftitution dont parle 
* Ciceron>& Aulugelle au 6. chap. du i.liure, 
fut rcnouuelléc par Augufte après la grande 
perte d'hommes que fit la République par les 
guerres Ciuilçs, & publia la loy Iuliapour le 
mariage. 

il. Le fiecle de dix fois dix années* d'au- 
tres toutesfois veulent dix fois onz,e: Se au lieu 
de Certm vt denos decies fer annos orbis , & 
cantus y lifent Certm vndenas decies per annos 
orbis > vt cantm* & Lambin & "ïorrentius ibnç 
de cette opinion , voulans que le Siècle Ro- 
main fuft de cent dix ans , au lieu de cent ans, 
mais i'ay mieux aimé fuiiux loppinion la plusi 
commune, 

2y. Vous Parques véritables , &c. Ce lieu 
qui eft dificile eft fuffifamnxcnt éclairci parla, 
verfion , félon lefens de Lambin que i'ay fui- 
ui , & qui m'a femblé le meilleur. Sa remarque, 
eft très-longue & très conlîderable fur ce fujet, 
mais il feroit ennuyeux Se inutile de la rapor- 
ter icy > puis quelle fe peut voir aiféinent dans 
lesdiuerfes éditions de cet Autheur. 



Fin des Remarque s far les Eped$sctI£Qr&:c* 



4? m m A ft * 9* : & 9' i ^ ^ 5* ^ 9s 9* $ 

*fc sfe $fo <ît$ sfa & «fe STe> sr* ïffi ste èv -stâ ift fr?> •** 

£4* ?& ?& » W 6i9 *fS> eiS> . *4S> SU3 . 4à$ rt*S> Glt> .-14) «g {k vH9 

^ ^ ^ .y ♦£ #£ ^ : .^ *^ : ^ ^ ijj*. i^ a ^ .fc, 

TABLE 

2>£S NOMS ET DES 

matières contenues dans le premier 
Tome dçsOeuures d'Horace. 



AChe, 105.2/9 Africains, 89.319 

Achemene, iij. Afrique, 117.14f.15;. 

40J 185. 197. 281 

Acheron, 145.420 Agamemnon, 9/255 

Acherontéc, 147.41$ Agieu, 476 

Achile, 15.41.93.143. Ajax, 39. 9/305. 364, 

JIM- Wr^| 5°7 

Acoudoir des Dieux, Ail, 283 

588 Aire, 346 

Acraucerauniens, u. Albane, 159 

353 Albe, 199. 12;. 335.4 e * 

Acrife, i8j Albuntc, 21.358 

Acron, 44; Alcée, 71. 115. 2x1.255» 

Adriatique, 1r.75.1c9. 255. 382. 469. 4S2 

rï7. 141. 169-3*3 Alcide, 33 

Aduenir obfcur, 458 Alexandrie, 269 

iEIiens, 447 Algidc, 51. 199. 237. 

yElius lamia, 59. 187 337-570. 452. 471 

Aolienne, *it 5 Allobroges, 317. 514 



TABLÉ. 

Alpes, 135. 167.277 Apulie, 73. voy Poiiil- 

Alphi'us, 283 le. 

Amazones, 155 Apulien, ijj 

Amour, 10^79 Apiuil, ij.9. 485 

Alnpluaras, 18c. 4+5 Aquilon* 11. 10;. 30$. 

Amphioh, 171 S 11 

Amphore, 195 455 Arabes, Éy.yjMij.ï^ 

Amyntas, 311 379 

Amyftidcs, 81.387 Arbre, 113. 405.414 

Anacreon, 45. 253.315. Aixadic, 26$ 

366. 40*. 4jf. 481. A rchipelaque, 347 

508 Alchitas, 6j.37^ 

Aftaxagoras, 419 Argicns, 145 

Anchiiè, 27;. 33/ Argonautes, 313 

Ancilies, 42S Argos, iî. 99.357 

Andromède, 217 Ariadne, 413 

Aflcus, 247.475 Ariftius Fufcus, 53 

Anion, *M)8 Àriftole, 489 

Annibal, 111,1/9*237, Arménie* 10$ 

251.517. 431 Arnobc, 384,421. 

Anrie, 77-385 Afdrubal, 237. 47* 

Antiloque* 107 Afinius Pollio, 87.89 

Antiochus, 159.431 ÀflTaraee, 3 13 

Antoine, Iules* 227 Affiric, 109. ià$ 

Atore des Mufes* 424 Aftcric , t6i 

Apollodore, 35» 4.434 Aftrologic, 409 

Apollon, 11.2!. 23.31. Atafe, 3. 127.346. 411 

41. fU *9. 71. 109. Atlantiques, 75 

14J. 243. 24/. 271. Atlas, 27 

3 I 5-53ï- î37-4^û.42f Atlethes, 177 

521 Atrides, 29.360 

Apotheofes, 420 Attagen, 4916 

Appitone, 287,^8 Auique, n. 



i 



T A 

Auarcs, 5?i. 199 

Aucntin. , 337 

Aufide, 2/3.269.462. 

482 

Augufte, 7.31.107.143- 

îy, 179.229. 235. 139. 

267. 271. 3/1. 361. 

426. 442. 47 1 -475- 

Augur, 191 

Aulon montagne, 101. 

399 
Aulugelle, 475. 5 13 
Aufone, 449 

Aufonie, 237.471 
Autans, ,1[ -35^ 

Aatumne > 97. 147.179 

B 

BAcchus, 21.31. 4\ 
47- 49- él - 7K* 
129.143. 165.18j.205. 

251. 273. /oS 

Bacchantes, 129.20/ 

Barres, 2.17.458 

Baifcrs, 35 

Balane, X15.458 

Barbarie^ 59 

Barine, 105 

BafTarée» ^7.368 

BaflTus, 81 

Baftimens, 407 

Batylct i 1 }'} 1 * 



191 



380 
131 



BLE. 

Bayes, 127. 149. 41a. 

424 
Bellcrophon, 163.261. 

* 435 

Bente, 1 47 -4*3 

Berccinthîon, 47 

Berecinthienne, 

115.368 
Bibliothèque, 
Bibulus, 
Biftonides, 
Bithinic, 77.161. 415 
Bithume, 29} 

Blandufie, 177. 441 
Bofphore, 115. 133. 149. 

405. 424 
Bouche, 420 

Brencois, 267.488 
Bretagne, 271 

Bretons, /3. 79.149, 

*55- *97- 37*- 386. 

414.426 
Brifeis, 9/. 396 

Brutus, 101 

Bulle, 499 

Bufale, 29/ 



CAlabrc, 69-73*' 
185. 209. 1/1. 
277^319.381 
Çalatho , voj Cotittav 



T A 

Calais, 167 

Calendes, 163. 434 

Calene, 51.381 

Calis, 99 

Calliope, 147. 411 

Camille, 33 

Canicule, ï77- 2 77 
Canidie,28;.i87.i8^, 

Canopeum, 506 

Cantabre, 99-398 
Cantabrois, 165. 169. 

.4M 

Capitule, 81. 145-. 203. 

211. 231. 345. 454. 

462, 
Capouc, 3 17. 514 

Capricorne, 125 

Caribde , 61.376 

Caron, 129 

Carpathe, 77.241.385; 

. 475 

Carchage, 9i.i5j.235>. 

2/1. 297. 303. 394. 
497.50* 

Carthaginois, .33. 115. 

15f.1j9.237 
Cafpie, 105.401 

Caffius Seucrus , 29J 
Caftalic, 151 

Caftor, 241.327. 329. 

,35* 
Cathpn, 89.115*195» 



BLE. 
392. 4/1 

Catulle, 478 

Catyle, 47-^7 

Caucafc, J3, 277; 

373 
Cecrops, i.6\.^ÎS 

Cecube, $*)'i*f. 

Gee, 89«*J$ 

Cçlfus, S09 

Celier, 4J7. 486 

Cenforin* 24^ 

Centaures, 47. m. 227. 

313.367.j10 
Cephée, 217 

Ceraune, n-35$ 

Cerbère, 131. 17 5 

Ceres, 141.241. 337. 

418 
Cefar, 9.53*51.83.111. 

149. 179. 205. 229. 

241.271. 273. 27J. 

Celles, 231 

Champs de Mars, 23. 
j 27.13j.163.225 
Chançons a boire* 

Chappelle> 375) 

Çhar> 346 

Chafïèur, 5 

Gheuaux, J64 

Cheureau blanc, 16/ 
Chimère, éî.227 





TABL 




Chio, 


191 


Cotinthe, 


M. 3|7 


Chioife, 


265 


Corneilles, 


209. 167 


Chionce, 


45 


Coruin, 


*95 4P 


Chloé, J5.161 


.167.169. 


CorfaireSjig 


3.287.445 


19$. 207 




Cos, 


16 S 


Chloris, 


99. 1S1 


Cothurne, 


87. 39* 


Chrêmes. 


177 


Cotitto, 


519510 


Chrifippe, 


4^3 


Cotifon, 


165.435 


Cibclc, 


41.564 


Couronnes, 


389 


Ciceron, 


4*7 


Crage, 


iM7* 


0^,45.277.325.493. 


Crafius, 


*;$ 


501 




Crates, 


4 2t 


Claude, 


269 


Crayc, 


387 


Claudian, 


4^9-45? 


Créons 


29I 


Claudiens* 


1 239 


Crète, 


209. 305 



Ckudienne famille, CrifpeSalufte, 91. 393 
470 Critiques, 319 

Claudius, 486 Croix du Maine, 342 

Cleopatre, 81.301 Crucquius, 414 

Clients, 137 Curius, 33 

Clio, 31 Cycladcs, 37.nj.362 

Cocite, 117 Cyclopes^ 15 

CodruS, 19t. 44S Cydonien, 253 

Colchiqifes, 113.327 Cygne, 464.467 

Colchos, 337.405 Cygne Thebam, 229 
Colques, 133 Cymbales, 43 

Colombe, 321-346 Cynthe, 51.37° 

Coltys, 519 Cynthie, 4/8 

Concanicns, 149.424 Cyuarc, 223.267. 46$ 
Conful, 546 Cypre, 3, 49. 69.207. 

Confulat* 390 219. 347 

Corbeau, 2^9 Cyrus, 45. 73.91. 217. 

Conbamhes, 4} 367 

Cytheréc, 



Cytherce, 



TABLE. 

ij.175, Dircéen, 



D 



DAce, 77-ÏJ3-159- 
16/. 385. 430 

Daims, 7 

Dalmarique, 89. 391 
Bamale , 81 

Daanoiles, 4^7 

Danae, 183.444 



Dithyrambes 
Diuination, 



Dogue, 



468 
466 

52 
502 

435 



Dorique, 
Drufus, 235,267. 48$ 
Dyndimene, 364 
JDuuet, 484 

E 



Danaïdes,i7i. 175.297 T^Acus, nj.iip.2ji. 
Danaus, 117 JLj 449.481 



Danube, 271.273.488 Echion, 
Dardanienne, 39. 245 Echo, 



Dard 



anus 



363 



Daune, 221.269. 462 
Daunie, j 5 . 5 7 4 

Daunienne, 393 

Dédale, 13.135. 227.353 
Deefle de Cypre , n 



Edile, 

Edonien, 

Egide, 



237 

31.51.370 

346 

103 
1/1.41; 

309 



fcgipte, 

Elcphans, 

Elide, 2.31. 346.469 
Deiphobe, iff Emonie, 83 

Dele, 24J Encelade, 15c 

Delien, 151.469 Enchantemens, joi 

Delos, 51 Ence, 245.247.335 

Delius, 95 Enfers, 15.11j.129.131. 

Delphes, 2î. 231. 3^7 1 51.153.175 
Démocratiques, 419 Ênipée, 163 

Deftin, 123.125. 229 269 Ennius, 251 481 

Deftinées, 167.17$ Entrepreneur, 415 
Deuin, 209 Eole, 117 

Diane, 5rcr1j.151.19j. Ephefe, 2.1.357 

215.291.32^337^3, Ephorus, 411 

516 Epicure* 383.418 

Diomede, 41. 556.364 Epodes, 491 

Dioviéç, 89. 393 Eprcùier, 8j 





TABLÉ. 


£]iyrc, 


*95 


402 


El!X, 


?;° 


Folie, 4 8<ï 


Erycine, 


9 35° 


Formianc, jl. iSj. 1^7 


Erymamhc, 


5 l o7* 


57o 


Etperancc, 


. 77 


la Fortune, 75 77. 219.' 


Gfquiî'iij 


19/^19 


J*J 


Efté, 


247,28; 


Fouet d'Efpagnc, 497 


:Efule, 


*'/ 


Foy, 77.38^ 


Eutcrpe, 


5 


Francolin, 281. 49* 


Ethiopien, 


t/9. 430 


Frondeur, jji. 425 


Etna, 


«532 5*7 


Fuitte, 399 


Etrufques, 


3^ 


G 


Eubéej 


3^7 


/^^Adcs, 91.394 
VjGalathée , 207. . 


Euïus, 47. '09. 368 


Eumenides* 


115. 406 


209 


Eunques, 


5°J 


Galeze, 99. $98 1 


Euoé, 


119. 412 


Ganimede^ 253 


Eure, 


30) 


Gargan, 105.401 


Europe, 145.109. m. 


Gaules, 271.489.514 


45 6 -457 




Gaulois, 25. 301. 429, 


F 




506 


IpAbles, 
JL Fabrice, 


422 


Geaiirs, 131. 13 j.151 


■yî 


Gelons, ïqj* 135.149. 


Fa&euis, 


5*7 


402 


Falerne, 51 


.185.570 


Genauncis, 267.488 


Faftes, 


187.267 


Génie, 187 


Faune, if-4f 


189.3/4. 


Geniilè, 97 


3S6.448.497 


Génitale, 333 


félicite, 


241 


Gcrion, 117 


Fe rente, 


147- 413 


Germanie, 141. 3174 


Telle, 


?3 


474.515 



Fcftiris, 356-407 Gethcs, 201.273.430 

Flaccus, 315 Gctulic, j543j.193.374 

flcuue des Medes, Gias> "j?*^ 1 



Giges, 



f Al 

99.16I 

Glicçre, 49-7J!?j 
Gnide, e999.1iN.57 ^ 

Gractsjj. 69.11,5.24.7. 

Grèce, 203 

Grecs* 249 

Grofphe, izi 

Guérie Ciiiile, 8^-/13 
Guerre Marfïque, 4 42 
H 

HEbre, 59.175.? £5, 
+54 
He&or, 95 1^ 3x55 
Helçne, 11.39.143:255. 

327. 365 ^83.519 
Helicori, 3 1 .3 6 1 

Hcme, 31,561 

Herciile,i; 111 143 179 

141.1(1. 28?. 3*7.4*0 
Hefpagne, 67 J59.165. 

179.241. 171.185 
Hefpàgnol, 169. 40 3 
Hefperiè, 79.125,271. 

587 : 

Hefperierçs, 65 

Hidalpes, J5-573 

Hidrêj; 237 

Himetce, toi. 127.399 
Hiperborées, 135 

Hiperitinertrç, 439 
Hirondelle, 485 

Hirpinus, 109 

Homère, ijtâÇtéffâ 



t Ê 

3^4- 39*- 4*3- 4 2 ' 

433. 44^. 450.401 

Horace* 167. 159.24:1 

Hyades, 11.352.4^ 

Hylce, ni 

Hymne. }iùft\ 

Hyppolite, 163. 249/ 

434-479 
Hyuer^n^o. 109.1370 

247e 261.28* 
I 

IAïiis , £7 

ïambes, ver?, jix 
Ianus* âc,q 

Iapet, i^5;3 

lapigdj iï.jj* 

lbejre, i^. 414 

lbcroifes, (-y 

Icare i K3 

Ida, 39 '.193.450 

Idê^ i^.^» 

{dôiiienéë, 25J 

Ieimeile, 69.109 îjj-î , 

350 .380.464.j1j 
Iëùxfe£ùlièrsf 521 

lllon, 29. 41.143. 253* 

ïlithie, 333. 5 li 

Illiriqùés, £5. 378 
Inache, ?}>*$*?%p 

Inachièj ^5 $§ 

Il ïj 



TABLE, 
îndes, 69 Laomedon, 14$ 

Indicns,55. 199 i69-3$5 Lapithcs, 47-U5 

Iolque, 289. 499 Lares, 197 

Ionic, i;:i Lariflc, 2T -357 

Ionienne, 159 Latie, 77 337 

Iphicus, 346 Latins, 89.271 

Mes, 311 Latone, 51.115. 24c 

Iitmies, 13T.469 Laurier, 413 

Italie^ 83 155.1/9.137. Leda , 35.5/2 

237 171 Leneen, 20; 

Italiens, 221 Lefbie, 309 

luba, 53. 374 Le/bien, 245 

Iugurtha, 89.591 Lefbos, 71.115.348 

Iules, *J. 127. 273.465 leftngons, 185. 44É 

Iulius Florus, 411 Lethe, 3 13. 511 

limon, 21. 89. 141.14;. Leuconoc, 29 

151.425 Libation, 381 

Iupiter, 9 . 13.29^1. (Sf;. Liber, 129 

71. 7J. 100. ioi. io$rf Libitinc, 221 

J25. 135. 14.1. 14/. 153. Liburnc, 27;. 492 

169.183. 2>9. 233. 2.51* Licence, 49. 36S 

281.31^.337.349.510 Licin, 107 

Iupiter Capitolin, 271 Licurgue , 131 413 

Ixion, 173 Lierre, $> 81. 2;^ 

L Ligurin, 225.1)7.485 

LAcedemone, 21. Lipare, 175 

357 Liris, 69.187.381.447 

Lacedemoniens, 1/7 Liures des Stoïciens, 

Laconie, 117 503 

Laconienne, ni Lollius, 155. 255. 48* 

Lalage, 53. 97. 99 Loup, 189.366.497 

Lame, 187 Loy d'Othon, 287. 

Lamie, 79.187. 447 498. 523 

Lanuuin, 207^456 Lucanie, 277 



T A B 

Lucerie, * 8 «443 

Lucine, 187.335 522 

Lucrctil, 45- 4 66 

Lucrin lac, 119. 281. 

407. 496 
Lune, 139- 231.355- 
Luftre, 22;. 537 

Luth > 5,59 ? 7 I -34 8 -37<î- 

455 
Luxe, 119.417 

Lybie, 3-9 1 34^ 

Lycambe, 295.J02 
Lyce, 265.267.486 
Lycée, 4J-3^ 

Lycidas, 15 

Lycie, S lA S l 

Lyciens, 2.5,359 

Lycimnie, 111.405 
Lyciique, 307 

Lycons, 73 

Lycus, 7 I - I 93 

Lyde, m. 171. 173. 213 
Lydie, 23.5j.j7.167. 

169 
Lydienne, 273 

Lydiens, 185.446 

Lyre, 71.u1.i71.191. 233. 

253.271.30T.31j.327. 

35X-459 5'° 

M 

MAredoniens , 183 
Magiciénes, 191 
Magnefiens , 163 

Malobacrum, 399 



L!, 

Manlius, 105.247.450 
Manni, 49* 

Marcellus, 35 

Mareotiques, 3^8 
Mariages , 523 

Marica, 187.448 

Mars, 9.45.63.117.143- 

251 3<;i. 410 
Marfeiile, 5 T 4-5 l6 

Marfcs, j iJ3 r 79 tyh. 

317.327. 34 8 »44 i -5 of - 

Marfiennes, 135 

Marfus, 3J 8 

Maflagetes, 79. 38$ 
Mafïïqiies, 5.103.195. 

Maftin, 299. y oj 

Matelots, 241 3*7kf.*f 
Mâtine montagne, 63. 

3«9'377-;* 6 
Maure, 9- 53- 95> 373- 

■#« 
Mauritanie, 171 

Maxime, 22; 

Meccnas, 3.49.111 ^3- 

\y. 135. 16}. 165 18?. 

215 !59<27F.*8$,i85. 
30 .313.344.369.409 

49M°4 
Medée, 283291.323. 

foi 
Medes, 61. 67.89.107. 

Ui.iv3-^J-^9«3JS 
'Ll iij 



TAB 
Médiocrité, 402 

Mçgilc, 6\ 

Melpomcne, 55. 221. 

î *$*• J7Jv4^8 
Me.irtphis, *o7-4îS 
Menades, 4.05. 4^4 
Menas, 497. 49 S 

Menecràtes, 497 

Mer Adnatique, n. 
73. 109.117. 141*169. 

Mer Atlantique, 71 
Mer Cafpiç, 165 401 
Mer Egée, 40S 

Mer Ecrurienne, 21? 
Mer Icarienne, j.165. 

Mer Indienne, 381 
Mer Ionienne, 305 
fyter Politique, 199. 

M"£ Sicilienne, 14g 
Mer Tyrrhenienne, 

Mercure, $.27. jr. 57. 

69. ro*. 17 f. Jtyj/i, 

3(30 
Mercuriales, 115 

Me non, 4M5 6 

Meiïàîa, 451 

Metàurus fl. i$j. 471 
Metelic, 87 

Mcuius, $?hi°7 



L E. 

Miccncs, zr. 3^ 

Mig4pniê«S| 44(1 
M mm, i^i 

Mmeme, 21.14;. 17^- 
Minos, ^4? 577 

Mirtale, 73 

Mirthe, 85 

Mirthoe, 5-}47 

Mifiens, 32.Ç 

Mifte, iç37 

Mitylepe, 21,357 

Mnafeas, 41 

Monefç, 159.429 

Montlda, $9 

Ja Mort, If. 139 

Mu^atiusPlancus, zr 
M^rena, J?i-449 
Murs de Trqye, 442 
Mufes, 9. 59.; 1. 123.109. 
1j1.S7.89. 155.147- 

337-J7ï-4i^4"-4 s A 
N 

NAples, 29-^00 

Nard, 109.311. 
404.510 

Nauhc, 5 7.362^ 

Nayades, 2o;.4J5 

Nearche, 1.95 

Neceflité, 385 
Necrc^mâtitie, 510 

Ne&ar, 37,36 ^ 

Ncere, 315 

î^egrepoiu, 5 547 



T A B 

Neobule, 175 

Nepos, 493 

Neptune, 650113.319. 

410 
Nerée, 59.181.353.515 
Néréides, 213 

Nerqns, 2jy.167.47p. 

488 
NefTc, 327 

Neftoj, 3^ io 7 

Nil, 14?. 271.488 

Nimphes^ . 1 jio; .119. 

189. 209.247 
I^iobc, 243. 47; 

Niphace, 107. 401 

Nirée, 19$. 3*7.5*3 
Nombres Babylonics, 

;6o 
Nombril, 512 

Noricicn, 43. 3 6 y 
Nothus., 18 1 

Nouemdiales, 519 
Noyers, 410 

Nuina, 349 

Numancc, m. 404 
Numide, 79. 175 

O 

OCeaç, 13,321 
Ode, 341 

Oliue, 281 

Olympe, 151 

Olympiades., 346 
Olympiques^ 336 
Onces, iij 



L E. 

Oncle, 175 

Onde, 440 

.Onguent, ^55*399 

O pUntic, 61 

Orient, 35 
prion, (^«Uj.ijt.icj. 

305.ÎU 
O miche* 167 

Orphée, 3VJ7 

Othon, 4^8 

Ours, 1451 

P 

PAcore, 159.429 
Pa&ole, 317-515 
Palatines , 337 

Palinodie, 4t 

Palmure» 149.424 
Pallas, 51.59. ^51. 505. 

363 
Pancce, ^7-379 

Panthée, 151.415 

Paphos, ^215.379 
Pare, 368 

Paris, 39.145- *4J-$£> 
Parques, 315. 335. 395- 

Parraiïus, 249.480 
Parthes^5.49.i39.24i« 

*7^97 
Patareen, 151. 4.2.5 

Patrie, 418 

Pau, 319-5I5 

Paul Maxime,22}.464. 
Paulus , 35 

Ll iiif 



TA 

Paimreté, 4^4 

Fcgazç, (fi.161.377 
Peine, 4.8 

Pelée, 163 

Pelion , 151 

Pelops, 63. h;. 531.355 
Pénates, 199 

Pénélope, 45. 171 

Pergamcs, 9$ 

Perle, 311 

Perfcs 5 7.53.i;9.iç3.i67 

Perfienne, 83 

Pettius, 30/ 

Phaeton, 259 

Phalante, loi 

Pheacien, 41J 

Phidile, 197.451 

Philis, 97.z59.161 
Philippiens, 10,-149 
Philippe, 445 

Phocée, 95 

Phocéens, 319. 514.515 
Pholoé, 73.99.181 
Phraate, 9139+ 

Phrygic, 41.107. 113 .139. 

185. 4x7 
Phryné, 31; 

Phtie , 476 

Phtien, 243 

Pic veut , 1 209 

Pierie, 171 

Piéride, 253 

Picrien, 149 



BLE. 
Pilé, 4! 

Pjmplcs, 59.37^ 

Pinde, 31.361 

Pindarc, 227.253.401, 

48.434.46; 
Pippe Sabine, 359-45/ 
Pirithous, 153.249 42/ 
Pnhagore, 63.317.378 
Plancus , 181.445 

Plane, 119.408 

Pleyades, 4 S8 

Pluton, 15. 95. 117.12P 

406 
Poètes, 5. iji. 191.233. 

Hï*J3-*5J*4H 

Polhon, 87. 391 

Pol!ux,i43.zi9.35i.4i9 
Polymnie, 5 

Poiybe, 309.509 

Pompée, ^85. 399 
Pompée Vare, 101 
Pompilius, $3 

Pôpone Numide, 79 
Pont, 37. 115 

Pôtife, 117. 199.21.329 
Porc, 49 

Porphyrion, 151 

Porphirion, 443 

Porfenna, 3x7.514 
Porte du Saune, 456 
Pofthume, 117.4 ^ 
Poiiille, n.73. 1 47.1 8/. 

28m8j.3J2 
Pourpre, 487.495) 



TABLE. 

Prêteur, 346 Remus, 297 

Prélats, 407 République, 37 

Prenefte, *49«4 2 3 Retiens, 1^5,267 .470 

Preflre, 155 RheaSyluia, 349 

Prétexte, 499 Rhodes, 2.1^35^ 

Priam, 29.143.14c. 243. Rhodope, 2©5.4y4 

325 Remini, 291 

Priape, 279- 49/ Robe, 458 

Printemps, 13.5j.105;. Roeque, 39***$ 

247.261 Romains > 115 i^^.i^. 

Proculeius, 91 179.297. 301-317.3330 

Prodigue, 493 33$. 4* 8 

Praetus, 1^3-433 Rome, 83. 14;. 145.21/, 

Progné, 261 217.233.235 297.303. 

Promethce,43. 115.129. 317.3^3.3^5- J^-i 

331.35^.36/ Romulus^^ï. 119-145.' 

Proferpine, 6511J 251.319. 34.6.361.420 

Prothée , 7 Rofnc, 133 

Pucclles, 113.225. 335 «Roy, 40© 

Pyrrha, 7* 1 7-549 Royauté du vin , 1$ 

Pyrrhus, i;9- I 93-43° Roys, 135.2.31.349.5/4* 

Q_ 416 

Valus, 440 S 



Q 



Quinrilius Va- Ç*Âbeens, 67.37? 

rus, 47,55.57 w3sabelliens, 3x7.517 

Quirin, 9.271.346.420 Safoin, nj 

Quintus Hrrpinus,i©9 Sabine, j3.127J59.281* 

R 139^59 

REdemptor, voyez, Sabmes , 3 29 

entrepreneur. Sabins, 425 

Regulus, 35-153.15/. Sabot, 203 

4*6- 4*7 Sagane, 289.500 

Reines du Septem- Sagefle, 38$ 

uion., 376 SaUmiac,- 23,41,318 



TABLE. 
SahenS581.115.387.465 Sidonicns, 313 

Salière, 408 Siècle, 520.52! 

Saluftê, 91- 373-59J Siluain, 117.179.45$ 
Samos, 3 M Simois, 313 

Sapho, 115.153. 405. 48! Simonidé, 89.15j.393. 
Sardagnç, 69.581 481 
Saturne, ni. 125 Syrie, 101 

Satyres, yu$ Sifyphe, 1*7. ;3' -469 

Saye, 506 Sithoniens, 47 

Scamaftdre, 3 l h5 lt Socrate, 67- 19/ 

S carre , 181 Soleil, 1.43.431 

Scaures, 33 Sora&c, 2 5 4 1 

Scypiô l'Africain, 480 Sorcières, 517 

Scopas, 249. 480 Sort, 354. 360. ;9J 
Scorpion, 115 Sparthe* 117. 143. 153- 

Scythe, 109. 141.269 195 
Scythes, 49.79.165. Spartacus,i79. 517 4+î 

i01.335.3Sj.455 ? ji 4 
Scythie, 149. 45S Stenelle, 41.253.36+ 
Scraelc, 45-49 Sthefichorc, 481. 5 iS 

Sénat, 153.157.471 Sux, 7PH-3?4 

Sep. de vigne, 456 Sthigienné, 2jS.i5ï 
Septinaius, ^9 Suburre, 191.500 

Ssrcs, 35.67. 173.3(51, Sulpicien, iëi 

45* Syrthes, 5*.95>- I 33-375 

Semantes, 411 T 

SextcPompée,30i.50j HpAbleau, îs$ 

Scxtitis, 13 JL Tanais, 1*9.349. 

Sibaris, z$ . 117 , 

Sibiles, 333 Tantale, 63.119.331 

Sicambres, U9« 468 Tarente, 6j.1j7.378 
Sicambriens, 17 1.489 Tarqum, 33 

Sicile, 111,185 Tafle, 3^ 

Siciliennes,, 11} Taureau, £7.109.21! 



t À B t E. 

TccmefTe, 95:397 Tirans, ^J-i^t 

Tclamon , 95 Tiridâtej, jp 

Xclegon, 215 Tirteus, 44C 

Tedcphe, $tA^k$t. Tirrhené, 4fô 

259.32/» 362.44S.516 Titans, i$x 

Tempe, %t,)tt}y Tûhon, 6)*U).y^7 

Tenant 75384 Tûycj 11^155.17^14!. 

Ternaire* 449 42;. 47 5 

U Terre, 1 51 Tiuoli > 23. 47*95M4>» 

Terrine* 369 215^229* 231.358.39$,, 

Terme, iS j 427 

Tethis^ I5.i4j.3i3 Tonscît* Mufiquc,504 

Teucef, £3,41. 25$. $58 Torquat, 247.149.j1u 

Tcuerone, 349.3/8 510 

Thaliarchc, 25 Tofcanc, 215.217 

Thalie* i.45 Tragédie* 87,311 

Thebes, 2r.49.237 Trépieds, 4751 

Theognis, 413 TriumpharcÙ£, ijt 

Therpandre* 455 Triumuirs, 285.49Ï 

Thcfée, 149 Troilc, 107,401 

ThefTalie, 21. 61. 291 Troyc, 25.39.41,63,143* 

Thieftc, 43. 293. $6$ H$' l 9 l - l }7*i4h*?ï 

Thrace, 59.61.121. 131. 315.421 

167.205.207.311 Trois, 37$ 

Thraces , fci Tullus, 165. 147. 4;^ 

Thyades, 129.181 443 

Thyrfç, 129.412 Tufcule, iîj. 277.458 

Tibulfe, 753S3 Tyr, 216.311 

Tiburne, 21.358 Tybrc^.i*. 67,93*163. 

pg rc ^ 175.4^439 i7J}5°-349JJ9J7« 

Tiens, 271.489 39J 

Tilleul, 85 V 

îindarides, 43251.37$ *\7Algiu$, 10$ 

4 S * V Va'riug, 355 193s 



T A 

Vatican > 51 

Vaultour mont. 147 
VejoSorciere,iS 9.500 
Venafre, 101. 157.399. 

428 
Venins* 405 

Vent Afriquain, 5.11. 

37- 2.19.237.31^ 
VentdeMidy, 65.141. 

161. 169. 269.305.305 

319 
VentOriental,i2j.i87. 

237.281.323 
Vents de Thrace,26i. 

485 
yenus^5.3 5 . 47 .4 9 ^, 

69. 75.105. 169.175. 

177.183. 191.207.213. 

213.241.259.293,335. 

551.368.j13 
Venufe , 65 

la Vertu* J39 

Vefta, 7^-155 

Veftale, 221.350.462 
Vieille impudique , 

299.309 
Vicruftique, 279 

Vin Albane, 259.484 
Vin de Calent 51.263. 

J7<^ 



BLE. 
Vin de Cecube, $t.8i. 

117.213. 301.370 
VindeChio, 191.303. 

44 c ^-;o6 
Vin delicieux,235.2^ 7 . 

441-4^8 
Vin deFalerne, 93. 139 
VinLefbien, 4; 303 
Vin Maffique, 5.103. 

I95-348. 400 
VinSabin, 49 

Vipères, 149 

Virgile, 11. 55. 57.161. 

269 
Viuius, 402 

VMè, 39 323.325 

Vœu, 3JJ 

Vilique, 4f. 166 

Vulcain, ij.151.425 
Vulgaire, 41; 

X 

XAnte, ^45.476 
Xante Phocée, 95 
Y 

Y Voire, 381 

Yeufe, 177*199 
Yeux noirs, 382 

Z 
H^Ephire, 13. irf> 



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