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Full text of "Les oiseaux de la province le Quebec"

^.^.^^^ 











FORTHE PEOPLE 

FOR EDVCATION 

FOR SCIENCE 






LIBRARY 

OF 

THE AMERICAN MUSEUM 

OF 

NATURAL HISTORY 





Boundat; 

Â.M.N.H. 

1914 



Li:s 



OIS F. AUX 



I>K I.A 



PRoxixci^: \)\i orr:iu<:c 



PAR 



C.-K. DIONNIC 

Maître es Arts, Conservateur du Musée Zoologiquc de l'Université I.aval, 

Membre associé de 1' " America» Ornithologist Union ", de la "National 

Oeopraphic Society " Washington, etc Auteur de " Les Oiseaux 

du Canada", du "Catalogue (annoté) des Oiseaux de la 

Province de Québec", de "Les Mammifères 

de la Province de Québec". 




/ ^-' 



9 



qup:bec 

DUSSAULT (S: PrOILX 
1906 



LES OISEAUX 
DE LA PROVINCE DE QUEBEC 



vrrTTi i: 



Planche I 




Î'^'S- I- — Milouin aux yeux rouges. 2. — Plongeon à collier. 3. — Canard du La- 
Ijrador. 4.— Milouin à tête rouge. 5.— Bernache du Canada. 6.— Canard Pilet. 



LK: 



-.D 



O I s E A U X 



DK LA 

PROX'INCE DK QUEBEC 

PAR 

C.-K.. DIONNE 

Maître ès-Arts, Conservateur du Musée Zoolos^ique de l'Université Laval, 

Membre associé de 1' " American Ornitliolo^ist l'nion ", de la " National 

Géographie Society " WasIiinRton, etc. Auteur de " Les Oiseaux 

du Canada", du "Catalogue (annoté) des Oiseaux de la 

Province de Québec", de " Les Mammifères 

de la Province de Québec". 




QUEBEC 

DUSSAULT & PrOULX 
1906 



.'t. (o'i)!^! '^ irixcJt ^ 



PREFACE 



En 1883, je publiais un volume sur les Oiseaux 
du Canada, mais plus particulièrement sur ceux de la 
province de Québec. C'était à cette époque, comme 
c'est encore aujourd'hui, le seul ouvrage technique 
français publié avec une classification, une nomencla- 
ture et une description de tous nos oiseaux connus, et 
malgré certaines inexactitudes incontrôlables dans le 
temps, l'édition s'est écoulée rapidement et il 3' a bien 
des années déjà qu'elle est épuisée. 

Cro3'ant donc qu'un ouvrage de ce genre, mais se 
rapportant aux seuls oiseaux de notre province, pour- 
rait contribuer à répandre, au sein de notre popu- 
lation, la connaissance de nos oiseaux, et servirait en 
même temps à lui faire aimer et protéger ceux qui 
sont utiles, je me suis décidé à l'entreprendre. 

Depuis cette date, les oiseaux de l'Amérique du 
Nord ont été plus étudiés, leur parcours géographique 
est devenu par suite de plus en plus localisé à mesure 
qu'ils étaient mieux connus. Toutefois il y a encore 
beaucoup à faire en ce sens. 

La classification a été remaniée ; de plus, un grand 
nombre de noms, tant génériques que spécifiques, ont 



VI 



été substitués à ceux qui existaient déjà et même 
quelques-uns de ces noms récemment restaurés ont 
dû, un peu plus tard, disparaître à leur tour pour faire 
place à ceux qui existaient déjà, ou encore à d'autres 
plus anciens, d'où il découle que cette nomenclature 
subit de continuelles modifications. 

Quant à la distribution des oiseaux dans la pro- 
vince de Québec, il faut reconnaître que bien peu de 
chose a été fait, et qu'un grand travail reste encore à 
faire. Ce travail ne peut s'effectuer que par la coo- 
pération d'un certain nombre d'amis de la science, 
malheureusement trop rares chez nous. 

Lorsque j'ai publié, en 1889, un catalogue des 
oiseaux de la province, je disais : " Le nombre encore 
si restreint de personnes qui s'occupent d'ornithologie, 
ne m'a pas permis de rendre ce catalogue aussi com- 
plet que je l'eusse désiré quant à la distribution des 
espèces qui fréquentent les différentes localités de la 
province, à la date de leurs pontes, de leurs migrations 
etc. ; et il s'écoulera encore un bon nombre d'années 
avant que nous puissions avoir des données à peu près 
complètes sur ce sujet." 

Ce qui était vrai alors l'est encore aujourd'hui, 
car c'est à peine si quelques listes locales ont été pu- 
bliées depuis et il reste encore à explorer un vaste 
champ sur lequel nous n'avons aucune donnée orni- 
thologique. 

La classification et les nomenclatures latine et 
anglaise adoptées dans ce volume, sont celles de 
l'Union des Ornithologistes Américains, avec les chan- 
gements successifs opérés depuis la seconde édition du 
catalogue de l'Union, jusqu'à présent. 

Le No placé à la suite du nom latin de chaque 
oiseaux réfère à celui du catalogue de l'Union. 

La description de chaque oiseau a été faite sur les 
spécimens de la collection de l'Université Laval, de 
la mienne et de quelques autres particulières, et afin 



— VII 



qu'elle fût aussi exacte que possible, je l'ai comparée 
et iiKMiic c()ni])létce, lorsfpril y a eu lieu, avec celle des 
excellents ()U\ raines du Dr Coues et de Ridj^wa}-, La 
phi])arl des petites clefs ou caractères distiuctifs des 
ordres, familles, etc., sont emj)ruutces à ces ouvraij^es. 

A la suite des descri})tious techniques de chaque 
oiseau, j'ai cru utile d'indiquer, eu peu de mots, sou 
parcours j2^éoj^rai:)hique dans sa j)lus grande étendue, 
d'après les données les plus récentes. 

Et, pour notre province, j'ai donné cette dis- 
tribution aussi complète qu'il m'a été possible de la 
faire d'après quelques imprimés, notes manuscrites, 
observations personnelles de quelques amis, ainsi que 
les miennes. Je regrette toutefois que le peu de ren- 
seignements à ma disposition ne m'ait pas permis 
d'étendre ces observations à un plus grand nombre 
de localités dans lesquelles la plupart de nos oiseaux 
peuvent sans doute se rencontrer, observations qui 
auraient pu très probablement amener la découverte 
de quelques espèces non encore signalées chez nous. 

Dans rénumération des différentes localités où 
nos oiseaux se rencontrent, je n'ai tenu aucun compte 
du groupement de ces lieux en rapport avec leur 
situation géographique, et cela afin d'éviter des répé- 
titions inutiles. 

On trouvera, dans l'introduction, des détails suffi- 
sants pour rintelligence des descriptions et une petite 
esquisse de l'anatomie et de la physiologie de l'Oiseau, 
avec de grandes lignes sur ses mœurs en général, 
extraites de mon premier ouvrage. 

J'ai donc essa^'é de rendre ce volume aussi inté- 
ressant et aussi utile que possible en 3- consignant en 
outre un bon nombre de détails de mœurs qui contri- 
bueront sans aucun doute à faire aimer d'avantage ces 
charmants petits êtres de la Nature, dont l'étude est, 
comme je le disais dans "Les Oiseaux du Canada" 
" une des plus attrayantes de toute la création." En 



— VIII — 

effet, '* elle nous fait admirer une sagesse et une Provi- 
dence infinies dans ces délicates et frêles créatures, 
aux mouvements vifs et gracieux, aux couleurs bril- 
lantes et variées, et dont le chant suave et harmonieux 
nous captive sans cesse. Quel est celui qui n'aime à 
voir revenir avec le printemps, au moment même où 
la nature se réveille, cette multitude de chantres ailés 
qui animent nos forêts et nos bocages et les égaient de 
de leurs merveilleux concerts ! " 

C.-B. DiONNE. 

Québec, septembre 1906. 




I X T KOI) rCT loX 



L'< )rnithologie a pour objet l'étude et la connaissance 
des Oiseaux ; elle embrasse cette ^^rande catégorie du règne 
animal qui constitue la classe la plus considérable en es- 
pèces parmi les animaux vertébrés. Kn effet, le nombre 
d'espèces d'Oiseaux connus s'élève maintenant à au moins 
treize mille. 

L'Oiseau, par son apparence extérieure et les carac- 
tères de son organisation, est très facile à reconnaître ; il 
suffit, en effet, d'une simple inspection pour le ranger 
immédiatement dans sa classe. 

On définit ordinairement les Oiseaux, des animaux 
bipèdes, ovipares, à circulation et respiration doubles, et 
de plus, organisés pour le vol. Mais la meilleure définition 
que l'on en puisse donner, et la plus caractéristique, c'est 
qu'ils ont \i\ peau garnie de plumes. 

L'Oiseau à l'extérieur offre un tronc ou corps propre- 
ment dit, un cou, une tête, une queue, deux membres 
antérieurs développés en ailes et deux autres postérieurs 
servant à la station terrestre, (i) 



(i) Les personnes qui désirent avoir une plus ample connais- 
sance anatomique et physiologique de l'Oiseau peuvent consulter 
l 'introduction de mon ouvrage sur les Mammifères de la province, car 
je ne mentionne ici, à bien dire, que les caractères de l'Oiseau qui 
diftèrent de ceux du Mammifère, laissant de côté les caractères 
communs aux deux classes, afin d'éviter des répétitions. 



INTRODUCTION 



La tête, quoique petite^ est généralement proportionnée 
au volume du corps, et s'articule avec la colonne vertébrale 
par un seul condyle. Le crâne, comme celui des Mammi- 
fères, se compose de plusieurs os ; mais ils se soudent tous 




12 II lO 

Fig. I. — Description d'un Oiseau. 

I Front ; 2 Couronne ; 3 CEil ; 4 Occiput ; 5 Dos ; 6 Croupion ; 7 Queue ; 
8 Couvertures intérieures de la queue ; 9 Rémiges ; 10 Tarse ; 11 Pouce ; 12 
Doigts antérieurs ; 13 Abdomen ; 14 Couvertures des ailes ; 15 Poitrine ; 16 
Gorge ; 17 Oreilles ; 18 Menton ; 19 Bec. 

■ Remarque. — La longueur d'un oiseau se mesure depuis l'extrémité du 
bec à celle de la queue ; celle de l'aile, depuis sa courbure jusqu'à l'extrémité 
de la primaire la plus longue, et enfin, celle du bec, sur le sommet de la man- 
dibule supérieure ou culmen, depuis la base, à l'origine des plumes, jusqu'à 
son extrémité, en tenant compte de la convexité de la mandibule. 

ensemble de très bonne heure, à l'exception de cette partie 
qui sert au mouvement des mâchoires. La face est ex- 
trêmement petite et occupée en grande partie par le bec 
qui est de forme très variée et de substance cornée. Le bec 
est formé de deux parties principales distinctes appelées 
mandibules^ l'une supérieure et l'autre inférieure ; le 
dessus de la mandibule supérieure, sur la ligne médiane, 



INTRODUCTION 3 

depuis la base jusqu'A rextréniité, se iioniiiie niliitt 11. vSoiis 
la maiulibule inféiitnic il existe une i)rotiibérance ou anjjle 
j>lus ou moins (lévelopi)^ cjui se nomme x'o/iys. Dans les 
descriptions ornitlioloj;i(jues cette ajjpellation s'étend dej)uis 
cet endroit jusqu'au bout de la mandibule. Le point de 
jonction des mandibules ù leur base se nomme commissu- 
re ; d'ordinaire elle s'étend cl toute la lon<^ueur du bec. Les 
bords des mandibules ou la partie tranchante, se nomment 
toiniiDU. \\\\\\\\ on appelle /onniis, l'espace qui est compris 
entre le bec et l'ccil. Le bec sert à l'Oiseau d'orj^ane de 
préhension. La mandibule .supérieure, qui est unie au 
front et dans laquelle sont percées les narines, offre peu de 
mobilité, mais l'inférieure s'articule facilement. 

Le cou, presque toujours en rapport avec la lon<;ueur 
des pattes, se compose d'un grand nombre de vertèbres 
disposées les unes à la suite des autres et très mobiles dans 
leurs articulations, de sorte que l'Oiseau a la faculté de le 
reployer sur la partie supérieure du corps et de retourner 
la tête en arrière. 

Les vertèbres dorsales sont soudées les unes aux autres 
et sont complètement immobiles, excepté près du coccyx, 
afin de permettre les mouvements de la queue. 

Le sternum auquel s'attachent les muscles abaisseurs 
et releveurs de l'aile, est très développé et ossifié sur toute 
son étendue, et, pour donner plus de puissance à ces 
muscles, il présente dans son milieu une crête saillante en 
forme de carène, appelée brcchct. Les côtes, au nombre de 
sept à onze, sont osseuses sur toute leur longueur. 

Les membres antérieurs, conformés pour le vol, sont 
munis d'une double clavicule dont l'une se nomme os cara- 
.coidien ; ils offrent un hiimcriis qui forme le bras, un avant- 
bras et une main allongée qui montre un doigt et les ves- 
tiges de deux autres ; ils portent sur toute leur longueur 
.une rangée de pennes élastiques et immobiles afin qu'elles 



4 INTRODUCTION 

aient la force nécessaire pour supporter le poids de l'Oiseau. 
Les membres postérieurs sont spécialement destinés à 
la progression terrestre. Ils se composent à\\\\fèmiir pour 
la cuisse, d'une rotule libre pour le genou, d'un tibia et 
d'un péroné pour la jambe ; le tarse et le métatarse y sont 
représentés par un seul os, toujours désigné sous le nom 

de tarse, et terminé par trois ou 

^*' " ^ '^^ -^ quatre doigts munis d'ongles. Les 

, ,„ tendons des muscles fléchisseurs 

(i'fi des doigts sont disposes de telle 

a j^M sorte que le simple poids du corps 

ml ^^ l'oiseau les fléchit et leur fait 

ff^M serrer mécaniquement la branche 

içjSr sur laquelle ils se posent. C'est 

2 ^l pour cela que l'oiseau peut dor- 
-^ ^Ê mir perché, en conservant son 

3 »^^^.^ équilibre. 

Fig. 2. Tarses et doigts. a Tarse réticulé ; b Tarse et doigts scutellés 
en avant ; i Pouce ou 1er doigt, toujours situé postérieurement ; 2 Doigt anté- 
rieur interne ou 2e doigt ; 3 Doigt ant. médian ou 3e doigt ; 4 Doigt ant. 
externe ou 4e doigt. 

La peau se recouvre de plumes implantées d'arrière en 
avant ; ces téguments analogues au poil des Mammifères, 
mais d'une* structure plus compliquée, sont formés d'un tube 
corné ouvert à l'extrémité, et d'une tige ou tuyau, garni 
sur les côtés de barbes qui elles-mêmes se ramifient en bar- 
bules. Les grandes plumes des ailes et de la queue se nom- 
ment pennes ; celles de cette dernière sont aussi désignées 
sous le nom de rectriccs^ et celles des ailes portent encore 
le nom de rémiges. Parmi les rémiges, on appelle /;/;;/ rt-z- 
res les pennes, qui adhèrent à la main et qui sont les plus 
longues ; secondaires celles qui tiennent à l'avant-bras, et 
tertiaires celles qui naissent à l'humérus. Les rangées de 
plumes qui recouvrent le bras et la base des rectrices sont 




INTKoDrCTION 5 

appelées ('(>// :■(■/ /il/ fs ou tcitnns ; elles prennent aussi le 
nom de siapii/nircs sur les épaules. 

Les plumes se renouvellent ;\ des époques déterminées, 
c'est ce qu'on appelle la nnu\ et leur succession amène 
quelquefois de grands chanj^ements dans leurs teintes. Le 
plumage des mâles offre presque toujours des couleurs plus 
vives que celui des femelles. Chez quelques espèces, le 
plumage d'hiver diffère entièrement de celui d'été ; chez 
quelques autres et particulièrement chez les Oiseaux de 
proie, la différence des jeunes et des adultes offre des varié- 
tés telles que souvent elles font croire à des individus 
d'espèces différentes. Le plumage des Oiseaux aquatiques 
est serré et enduit d'un liquide huileux qui le rend impé- 
nétrable à Teau. 

Le sens du toucher chez les Oiseaux est presque nul, car 
leur corps est recouvert de plumes ; leur bec, leurs doigts 
et leurs jambes, vu la matière cornée qui les enveloppe, 
sont à peu près dépourvus de sensibilité. 

Leur goût est peu développé, puisque la langue est 
dure et cartilagineuse, et que la plupart avalent leur nour- 
riture sans la mâcher et souvent sans la diviser. 

Le sens de l'odorat est très faible ; l'appareil olfactif 
se montre par deux petites ouvertures placées à la partie 
supérieure du bec. Cependant les espèces carnassières 
paraissent avoir l'odorat très fin, surtout les Vautours qui 
éventent de fort loin les cadavres. Cette assertion est toute- 
fois contredite par quelques naturalistes qui prétendent 
que c'est la vue qui les guide dans la recherche de leur 
nourriture. 

L'œil de l'Oiseau est admirable ; il est grand et disposé 
de manière à pouvoir distinguer également bien les objets 
de loin et de près ; il existe chez lui un petit appareil nom- 
mé pcigni\ qui manque chez les Mammifères, et qui semble 
être destiné à approprier l'organe de la vue aux distances. 



6 INTRODUCTION 

Outre les deux paupières ordinaires, une troisième, demi- 
transparente,est placée dans l'angle intérieur et peut s'étendre 
comme un rideau au-devant de la cornée ; elle se nomme 
membrane clignotante et sert à atténuer la trop grande 
intensité des rayons lumineux. 

Le sens de l'ouïe est moins compliqué que celui des 
Mammifères ; l'oreille n'offre à l'extérieur qu'une ouver- 
ture sans conque pour réunir et concentrer les sons ; cepen- 
dant les Oiseaux de nuit ont une valvule membraneuse qui 
semble tenir lieu de conque. 

L'organe respiratoire offre une conformation toute 
particulière. Les poumons, simples, adhérents aux côtes 
et aux vertèbres dorsales, sont enveloppés d'une membrane 
percée de trous, qui laisse pénétrer l'air dans plusieurs cavi- 
tés placées dans la poitrine, le col, l'abdomen, les os longs 
et même à l'intérieur des plumes, de sorte que l'Oiseau est 
tout imprégné d'air. Aussi il a été constaté que l'Oiseau 
consomme deux fois et demie plus d'oxigène qu'un Mam- 
mifère d'égal volume ; l'air en le traversant de part en part 
diminue de beaucoup la pesanteur spécifique de son corps, 
ce qui lui permet de s'élever et de planer avec aisance dans 
les airs. 

La circulation est double chez l'Oiseau et n'a rien de 
bien remarquable ; le cœur offre deux ventricules et deux 
oreillettes. Le sang est rouge et plus riche en globules que 
celui des Mammifères ; il circule avec une telle vitesse que 
le pouls compte jusqu'à iio et i6o coups à la minute ; c'est 
ce qui assure à l'Oiseau le degré de chaleur nécessaire pour 
résister aux plus grands froids. 

Le régime des Oiseaux varie ; les uns sont granivores, 
les autres carnassiers, et un grand nombre se nourrissent 
d'insectes ou de baies ; tout, dans leur organisation, dénote 
leurs habitudes, de sorte qu'à la vue d'un oiseau, il est facile 
de connaître la nourriture dont il fait usage. Leur esto- 



1 \|'K'( il)l ( TK »\ J 

111:1c est ordiii.'iirciiRiii conipo.^îC de trois parties ; le jahot^ 
(|iii est iiii renlleiiient de l'iesopha^^'e, est un réservoir où 
s'accunnile la nourriture ; le 'rcutriculc succcnturic ou deux- 
ième dilatation de l'iesophaj^e, où les aliments s'imbibent 
de riiumeur sécrétée par les jrlandes nombreuses qui le , «gar- 
nissent ; enfin \q j^csicr^ tapissé à Tintérieur d'un cartilaji^e 
solide et armé de deux muscles vigoureux, destinés à broyer 
les aliments chez les espèces qui se nourrissent de substan- 
ces dures et difficiles à digérer. Pour en faciliter la tritu- 
ration, r( )iseau, chez les granivores surtout, a soin d'avaler de 
petites pierres en même temps que sa nourriture. Chez ceux 
qui vivent de chair, les muscles du gésier sont minces et 
iiieml)raneux. 

L'intestin qui fait suite à l'estomac, est court et se divise 
en intestin gros et en intestin grêle, dans lequel les aliments, 
après s'être dépouillés de leurs sucs nutritifs, se mêlent aux 
urines et sont expulsés avec elles par le cloaque^ espèce de 
poche commune aux matières fécales. 

Le foie est très volumineux et remplit une partie du 
thorax, aussi bien que la partie supérieure de rabdomen. 

Au-dessus du coccyx, il existe deux glandes qui sécrè- 
tent une humeur huileuse, dont l'Oiseau se sert pour lubri- 
fier ses plumes et les empêcher d'être pénétrées par l'eau. 
Ces glandes sont plus développées chez les Palmipèdes et 
chez ceux qui vont souvent à Peau. 

On sait que la voix des Oiseaux est très forte, compa- 
rativement à leur taille ; cette propriété est due à la quantité 
d'air contenu dans le corps de l'animal et à la disposition 
de l'appareil vocal. Le canal aérien se compose de deux 
larynx : l'un supérieur, qui surmonte la trachée-artère, est 
fort simple et participe peu à la production de la voix, puis- 
que les organes essentiels ou cordes vocales manquent et 
que les cartilages sont rudimentaires ; le larynx inférieur, 
au contraire, est placé à la bifurcation des bronches et est 



8 INTRODUCTION 

admirablement constitué pour la production des sons ; la 
partie supérieure de chaque bronche porte deux membra- 
nes ou cordes vocales que peuvent tendre des muscles d'au- 
tant plus nombreux que l'Oiseau est meilleur chanteur. Il 
en existe cinq paires chez les Pinsons et les Fauvettes. 
Ces muscles sont rudimentaires ou en nombre inférieur 
chez ceux qui ne chantent pas. 

Le nid des Oiseaux chez les grandes espèces est en 
général, de structure grossière ; quelques branches d'arbres 
forment la charpente extérieure sur laquelle ils ajoutent un 
peu d'herbe, quelques feuilles ou de la mousse ; tandis que 
chez ceux de petite taille, sa construction est une vraie 
merveille, à part quelques exceptions. C'est particulière- 
ment dans les Passereaux que brille la prévoyance des 
parents pour assurer à leur progéniture un berceau solide, 
chaud et moelleux. Aussi quelle activité ne déploient-ils 
pas ! Que de voyages, que de fatigue pour accumuler ces 
légers matériaux qui doivent servir à la confection du nid ! 
Petites racines, tiges flexibles, herbes, filaments cotonneux, 
mousse et quelquefois la boue, tout vient tour à tour s'y 
ajuster avec un art admirable ; l'ensemble est parfaitement 
consolidé, chez certaines espèces, avec la salive que sécrètent 
en abondance au printemps de petites glandes situées sous 
la langue. Ce nid est tapissé à l'intérieur de laine, de 
crins et de plumes. 

Quelquefois leurs nids sont construits à terre ; mais le 
plus souvent, ils sont liés solidement à la bifurcation d'une 
branche d'arbre, et dissimulés sous les feuilles. La pluj)art des 
Echassiers, des Gallinacés et des Palmipèdes font leurs nids 
à terre, dans une dépression de terrain ou une anfractuosité 
de rocher ; quelques brins d'herbes, de petites racines et de 
feuilles sèches leur suffisent alors pour en garnir le fond. 
Cependant certaines espèces aquatiques se déplument l'ab- 
domen pour préparer le berceau de leurs jeunes, mais il en 



INTKOnrCTIDN 9 

est d'autres qui dc'posent leurs œufs siuiplenicut sur la terre 
nue sans aucune préparation préalable. 

La ponte a lieu aussitôt que le nid est terminé. Tu 
grand nombre nVn font (prune dans l'année, d'autres en 
font deu.\ et même trois, mais ce dernier cas est rare. L'é- 
poque de la ponte varie suivant les latitudes chez les mêmes 
espèces ; elle est plus précoce dans le sud et plus tardive dans 
le nord. Sous notre latitude, elle s'efïectue entre la mi-mai 
et la première partie de juillet, sauf quelques exceptions. 

Le nombre d'(eufs varie beaucouj) suivant les espèces; 
ainsi certains palmipèdes n'en pondent qu'un, roiseau-mou- 
clie deux, rarement trois, tandis que le Troj^lodyte en pond 
jusqu'à huit à dix, et les Gallinacés de quinze à vin^t. 

Un certain de^^ré de chaleur est nécessaire à l'éclosion 
des œufs ; pour cela la mère les recouvre de son corps pen- 
dant plusieurs jours consécutifs, et, afin qu'ils aient plus de 
chaleur, elle se déplume l'abdomen. Durant cette période, 
chez les espèces monoo^ames, le mâle lui apporte sa nourri- 
ture ou partage avec elle les soins de Tincubation et, chez 
les chanteurs, il se pose souvent sur une l)ranche à proxi- 
mité du nid, et il distrait par son chant, les ennuis de sa 
compagne. La durée de l'incubation n'est pas la même 
pour tous les Oiseaux : ainsi, pour l'Oiseau-mouche, elle 
est de douze jours seulement ; pour les Serins, de quinze à 
di.x-huit jours; de vingt-et-un jours pour les Poules; de 
vingt-cinq jours pour les Canards, et de quarante à quarante 
cinq jours pour les Cygnes. 

Le moment de l'éclosion est hâté par les efforts du 
petit qui brise l'enveloppe de sa prison, à l'aide d'un mar- 
teau dont son bec est provisoirement armé. 

Dans les espèces monogames, les petits naissent faibles 
et peu couverts de duvet ; leurs parents les nourrissent dans 
le nid jusqu'à ce qu'ils soient en état de pourvoir eux-mêmes 
à leur subsistance. Chez les espèces polygames, au cou- 



lO INTRODUCTION 

traire, les petits naissent couverts de duvet, et sont assez 
forts pour courir et prendre les graines que la mère leur 
montre du bec ; de plus, la femelle seule couve, pourvoit à 
sa propre nourriture et à l'éducation des jeunes. 

Les Oiseaux montrent une rare sollicitude pour leurs 
petits et les défendent contre les agresseurs au péril même 
de leur vie. 

L'affection des lieux chez certaines espèces d'oiseaux 
est digne de remarque, et s'ils ne sont molestés, ils revien- 
nent pendant plusieurs années consécutives, faire leur ponte 
dans le même nid. 

L'instinct chez l'Oiseau est très borné, cependant la 
plupart n'en sont pas moins remarquables par la singula- 
rité des actes qu'ils accomplissent. Ainsi nous voyons, au 
printemps, le jeune Oiseau se construire instinctivement 
et avec les mêmes matériaux, un nid absolument sembla- 
ble à celui dans lequel il est né, et qu'il n'a peut-être jamais 
revu après l'avoir quitté. Cette particularité, comme bien 
d'autres, est tellement remarquable pour tous ceux de 
la même espèce, que, dans les mêmes circonstances, un œil 
un peu exercé peut, à l'examen d'un nid, reconnaître l'es- 
pèce qui l'a construit. 

Mais il est dans les mœurs des Oiseaux quelque chose 
qui surprend, qui étonne davantage ; ce sont ces voyages 
périodiques qu'ils entreprennent à des époques déterminées 
de l'année ; ces époques sont si précises pour la plupart, 
que nous pouvons spécifier la date de leur arrivée ou de 
leur départ. Cet instinct remarquable qui porte les Oiseaux 
à changer de climat, fait qu'ils évitent le froid et se procu- 
rent plus facilement la nourriture dont ils ont besoin. Mais 
il est cependant plusieurs espèces auxquelles ce déplace- 
ment ne paraît pas offrir d'amélioration notable. Les 
Oiseaux n'émigrent pas tous de la même manière : les uns 
voyagent par bandes considérables, les autres en familles, 



i\'ik( )i)r( rii i\ 



I I 



quchiues-uns iiicine voyaj^cnl seuls. Presque tous exécu- 
tent ces uii<;rations pendant la nuit ; les uns se rendent 
d'une seule course ù l'endroit qu'ils se choisissent ; les 
autres, et c'est le plus ^rand iicinbrc, ne voyaj^ent que pa'r 
petites étapes. 




LES OISEAUX 

de la Province de Québec 



Les Oiseaux de la province de Québec se divisent en 
quinze ordres que l'on peut reconnaître aux caractères sui- 
vants : 

CLEF POUR LA DISTINCTION DES ORDRES 

A I. Pouce réuni au doigt antérieur interne par une palmure. 

Ordre Steganopodes. 
A 2. Pouce libre. 

B I. Narines en forme de tube Ordre Tubinares. 

B 2. Narines non tubulaires. 

C I. Bord des mandibules plus ou moins frangé ou denté en 

scie Ordre Anseres. 

C 2. Bord des mandibules ni frangé ni denté. 

D I . Jambes situées tout à fait à l 'arrière du corps, position 
presque verticale ; doigts palmés ou lobés. 

Ordre PvGOPODEs. 
D 2. Jambes situées près du milieu du corps, position pres- 
que horizontale ou doigts non palmés. 
E I . Doigts antérieurs distinctement palmés ; tarses plus 

courts que la queue Ordre Loxcitennes. 

E 2. Doigts antérieurs non distinctement palmés, ou tarses 
plus longs que la queue, ou encore bec très petit à ouver- 
ture très grande. 



14 LES OISEAUX 

F I. Partie inférieure de la jambe nue ou bec allongé et 
cannelé sur ses côtés ; doigts externe et médian libres 
entre eux. 
G I . Pouce long et inséré sur le même niveau des autres 

doigts. Lorums nus Ordre Herodioxes. 

G 2. Pouce, lorsqu'il existe, est petit et situé plus 
haut que les doigts antérieurs, ou taille petite ou 
médiocre. Lorums emplumés. 

H I. Si l'oiseau a plus de 3 pieds de longueur, le 
pouce est court et inséré au-dessus du niveau des 
autres doigts, s'il a moins de 3 pieds, le pouce 
est situé au même niveau des autres doigts. 

Ordre Paludicol^E. 

H 2. Oiseau jamais au delà de 3 pieds de longueur, 

plutôt beaucoup moins ; le pouce, lorsqu 'il existe, 

est court et situé au-dessus du niveau des 

autres doigts, ou bien ongles excessivement 

allongés et courbure de l'aile munie d'un éperon. 

Ordre Limicol^. 

F2. Partie inférieure de la jambe emplumée, ou doigt 

externe et médian réunis à leur base ; bec, s'il est 

allongé, n'est pas cannelé sur ses côtés. 

G I. Bec fortement crochu, muni de cire à la base de 

la mandibule supérieure Ordre Raptores. 

G 2. Bec modérément crochu, sans cire,, ou si elle 
existe, elle est molle et le bec est alors droit. 
H I. Pouce petit et plus haut que les doigts anté- 
rieurs ou bec sans cire molle Ordre Gallin^. 

H 2. Pouce et les autres doigts bien développés et 
tous situés au même niveau. 
I I. Bec avec cire molle à la base delà mandibule 

supérieure , Ordre Columb^î;. 

1-2 Bec sans cire. 

J I. Ailes très longues de 10 primaires ; queue 
de 10 tectrices ; ouverture du bec très grande 
ou bec long et délié. . . Ordre Macrochires. 
J 2. Ailes de longueur ordinaire, ouverture du 
bec pas très grande ou ailes de 9 primaires 
et queue de 12 rectrices. 
K I , Doigts 2 en avant ou s 'il y en a 3 , le doigt 



DK I.A 1M<( •\ l.\(. !■. m-, ol l.lilA 11^ 

exUinctsl uni au doi^t nicclian à la baseau 
moins jusqu'au milieu. 
L I. Rtctrices rigides et plus ou moins 
pointues ; hec plus ou moins taillé en 

forme (le ciseau (Jnlre l'ici. 

L 2. Kectiicts ni rij,Mdes ni pointues; bec 
non taillé en forme de ciseau. 

Ordre Coccvges. 
K 2. Doijjts ;•, en avant et i en arriîïre, le doigt 
externe et médian sont unis à la base seu- 
lement, mais jamais jusqu'au milieu ; 
jambes emplumées inféneurement ; tarses 
égaux ou plus longs que les dcngts laté- 
raux. 

Ordre Passeres. 



Ordre PYGOPODES — Palmipkdks ploxgkî'rs. 

Bec ordinairement pointu ou comprimé et aux bords tran- 
chants ; membres postérieurs ])lacés tout à fait à l 'arrière du corps; 
tarses plus ou moins comprimés ; doigts antérieurs totalement pal- 
més ou simplement lobés ; le pouce, lorsqu'il existe, est court et 
situé sur un niveau plus élevé que celui des autres doigts ; corps 
massif, de forme allongée et cylindrique ; ailes courtes et très étroi- 
tes ; queue courte à pennes rigides ou nulle, simplement rempla- 
cée par un petit faisceau de plumes décomposées. Plumage com- 
pact et impénétrable à l'eau, où le blanc et le noir dominent. 

Ces oiseaux sont faciles à reconnaître par leurs ailes 
courtes et leurs jambes situées à la partie postérietire du corps. 
Cette singulière disposition des membres, de ces oiseatix, en 
fait de bien pauvres marcheurs, comme la brièveté de leurs ai- 
les les rend également de mauvais voiliers ; aussi marchent-ils 
stir le sol avec beaucoup de difficulté, obligés qu'ils sont de 
se maintenir dans une position presque verticale en rapport 
avec l'axe du corps. Il stiffit souvent de la rencontre d'un 
petit obstacle pour leur faire perdre l'équilibre et les renver- 
ser. Leurs pieds semblent faits plutôt potir nager et plon- 
ger que pour la progression terrestre ; aussi de tous les pal- 



l6 LES OISEAUX 

mipèdes sont-ils ceux qui nagent et plongent avec la plus 
grande facilité. Ils peuvent demeurer sous l'eau un temps 
relativement long et parcourir rapidement, entre deux eaux, 
des distances considérables. L'eau paraît être leur élément 
essentiel ; c'est dans l'eau qu'ils prennent leurs ébats et qu'ils 
se reposent ; c'est dans l'eau qu'ils se procurent de la nour- 
riture ; c'est également dans l'eau qu'ils cherchent un refuge 
pour éviter un danger ou pour fuir un ennemi. Ils ne vien- 
nent à terre que pour les besoins de la ponte. Leur vol est 
pénible et peu soutenu ; leurs ailes semblent trop faibles 
pour soutenir le poids du corps ; ils rasent en volant la sur- 
face de l'eau ; cependant quelques espèces volent bien et font 
de longs voyages ; mais il en est d'autres, au contraire, qui 
sont incapables de s'élever de terre. Quelques espèces 
vivent isolément ou par couples, mais beaucoup recherchent 
la société de leurs semblables, et parmi ces dernières un 
certain nombre se rencontrent par milliers, et vivent 
en commun dans la plus parfaite intelligence. 

Ils nichent sur la plage tout près des eaux, ou plus 
particulièrement sur des îles désertes. Lorsque le moment 
de la ponte arrive, il est intéressant de voir cette multitude 
d'oiseaux nager vers l'endroit qu'ils ont l'habitude de choi- 
sir pour y élever leurs petits ; ils voltigent au-dessus de l'île 
dans une espèce de confusion apparente ; chacun cherche, 
dans une crevasse de rocher, dans une légère dépression de 
terrain ou dans la mousse, un endroit favorable pour y 
déposer ses œufs. Quelques espèces creusent à cette fin 
dans le sol, un trou de deux à trois pieds de profondeur ; 
d'autres ne se donnent pas le trouble de se rendre à terre, 
et placent leurs nids au milieu des joncs et autres plantes 
qui émergent de l'eau. 

Les jeunes vont à l'eau aussitôt qu'ils sont nés, et 
ils plongent et nagent aussi bien que leurs parents. 

Le changement de plumage à l'automne est souvent 
remarquable chez les adultes, et les jeunes se montrent aussi 
avec une livrée différente de celle des parents. Ils se nour- 
rissent de poissons, de crustacés, de mollusques et autres 
productions animales qu'ils trouvent dans l'eau, La plu- 
part ont un cri rauque et éclatant. 

Cet ordre se subdivise en deux sous-ordres. 



1)K LA l'RoVINCl-; DK QL'KBEC IJ 

ANAI.VSi; I»KS sous ORDRES. 

OiK'iK- nulle; (loipts munis d'une membrane lobée. ..Ponicn'HOES. 
^ueue courte à pc-nncs ri^niUs ; flf)ijîts antérieurs totalement pal- 
més CiiPPUi. 

Sous-ORDKK P( )I)ICIl'HI)KS — Grkuks. 

Tarses très comprimés latéralement, les quatre doigts munis 
d'une membrane lobée ; ongles très larges et très aplatis; queue 
nulle, simplement formée d un faisceau de plumes décomposées. 

F.\Mii,i.H PODICIPID-S: — Okkhks. 

Tète petite, ordinairement ornée au i)rintemps d'une huppe, 
formée de plumes allongées ; bec plus court ou plus long que la 
tète, droit d'ordinaire et pointu ou convexe surtout à l'extrémité ; 
queue nulle : tarses comprimés et scutellés ; quatre doigts lobés ; 
ongles obtus, très larges et très aplatis ; lorums nus ; ailes cour- 
tes, étroites et convexes, les tertiaires très longues. 

Les Grèbes .sont des oiseaux essentiellement aquatiques, 
qui préfèrent les eaux douces et tranquilles aux eaux salées 
ou ag^ités. Les lacs isolés et solitaires, bordés de plantes 
aquatiques, leur conviennent à merveille. Ils sont répan- 
dus sur presque tous les lacs et rivières du monde. Le plti- 
maj^e so\eiix et satiné des parties inférieures, le cou allongé 
et mince, la position reculée des membres postérieurs, avec 
des doigts munis d'une large membrane lobée, et l'absence 
de rectrices normales, caractérisent si bien ces oi-seaux qu'il 
serait difficile de ne pas les reconnaître. Ils volent très bien. 
A l'automne, ils émigrent vers des régions plus tempérées. 

Hors le temps de la migration, les Grèbes font peu 
usage de leurs ailes, puisqu'ils se tiennent presque constam- 
ment à Teau. Autant ils ont une apparence disgracieuse et 
embarrassée sur terre, autant ils sont agiles et élégants datis 
l'eati. 

Ces oiseaux ont la singulière habitude, lorsque quelque 
chose les effraie, de se renverser en arrière en s'enfonçant 
immédiatement .sous l'eau. 

Les Grèbes se nourrissent de petits poissons, d'insectes 
aquatiques, de petits crustacés, de vers, de petits mollusques, 
d'œufs de poissons, de petites grenouilles et de têtards de 
ces dernières, et quelquefois de matières végétales. Ils ont 
aussi l'habitude d'avaler des plumes d'oiseaux, ainsi que je 
l'ai assez souvent constaté chez le Grèbe cornu, et chez le 

(2) 



I8 LES OISEAUX 

Grèbe à bec bigarré ; ces plumes m'ont paru être celles de 

leur propre espèce, dans plusieurs cas. 

Ces oiseaux nichent au bord de l'eau ; leurs nids sont 
presque toujours situés au milieu des joncs ou autres plan, 
tes aquatiques qui flottent sur l'eau ; ils y amassent des lier- 
lies sèches et autres débris de végétaux, pour cette fin- 
Leurs œufs, au nombre de deux à huit, sont souvent à sur- 
face rugueuse. 

Genre -ffiCHMOPHORUS, Coues. 

Bec très délié, plus long que la tête, droit ou à peine courbé 
et pointu ; tarses de même longueur que le doigt médian, l'ongle 
compris ; ailes assez longues, cou presque aussi long que le corps, 

^chmophorus occidentalis, (Lawr.) (i) Coues, 1. 

I/C Grèbe de l'ouest. 

Wkstern Grèbe. 

Adultes^ 9 . (2) Huppe peu apparente. Parties supérieures d'un 
noir ardoisé, plus foncé sur la tête et le dessus du cou, qui est d'un 
noir de suie, avec les plumes du dos marginées de grisâtre; les côtés 
de la tête et du cou au-dessous des yeux, et toutes les parties infé- 
rieures, d'un blanc satuié, lavé de noirâtre sur les côtés du corps ; 
base des primaires et la plupart des secondaires, blancs, avec plu- 
sieurs des premières d'un brun chocolat ; iris rouge carmin. Lon- 
gueur 24.00-29.00 ; ailes 8.07 ; bec 2.60-3.05 ; (3) 

En hiver la tête et le dessus du cou sont semblables au dos. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un gris noirâtre en- 
fumé, et le reste du plumage blanc. 

Ce Grèbe habite l'ouest de l'Amérique septentrionale 
depuis le Mexique et la Basse Californie jusqu'à la Rivière 
Rouge et le sud de l'Alaska, à l'est jusqu'au Minnesota et 
au Manitoba ; il niche depuis le Dakota et le nord de la 
Californie, en allant vers le nord, et se voit, en hiver, depuis 
la Colombie Anglaise jusqu'au Mexique et à la Californie. 

Cet oiseau, dans notre province, ne se voit qu'acci- 
dentellement. Couper dit en avoir acheté un sur le marché 
de Québec, et quelques années plus tard, il constate le fait 



(i) La parenthèse indique que l'auteur dont elle renferme le nom, 
tout en étant le premier qui ait décrit l'oiseau, n'est pas celui qui fait autorité 
quant à la nomenclature adoptée. 

(2) ^=Mâle, Ç=Femelle. 

(3) Les mesures sont en pouces et centièmes de pouces, et sont, pour la 
plus grande partie, celles que Mr. Ridgway a adoptées. 



liK I.A l'KOVIN'CK DK QUKHKC IÇ 

«liic ciiiclqucs spcciniciis sont lues j);irf()i.s prùs (k- Mi»nircal. 
{Ot/f. \af. & Sport.) 

Ce sont lA jus(jii';\ prociii ics seuls iiulividns rencontrés 
chez nous et tlont la ])réscnce a été sis^nalée. Cet oiseau est 
commun clans l'ouest du Canada. 

Ce (îrèl)c niche au milieu des plantes aquatitjues (jui 
émerj^cnt de l'eau ; il réunit un certain nombre de joncs et 
autres herbes sèches, sur lestpiels il pond de trois à cinq œufs 
d'un blanc sale, faiblement lavés de bleuâtre, et à surface 
crétacée. Ils sont presque toujours teintés de jaunâtre .sale, 
conséquence de leur séjour prolon<;é sur ces sub.stances véjj^é- 
tales en décomposition. Ils mesurent 2.40 x i-55- I-*^ ponte 
a lieu vers la fin de mai. 

Cette espèce couvre ses (tufs avec des herbes lors- 
qu'elle {juitte momentanément son nid. 

Genre COLYMBUS. Linné. 

Bec é^al <>u plus court que la tète ou les tarses, de grosseur 
moyenne, et plus ou moins comprimé ; tarses plus courts que le 
doigt médian, l'ongle compris: tète, au printemps, ornée d'une 
huppe ; cou beaucoup jjIus court que le corps. 

SOITS GKNRE COLYMBUS. 

Hec à peu près aussi long que la tète ; ailes plus de six pouces 
de longueur. 

Colymbus holbœllii, (Rkixii.) Kidc.w. 2. 
Le Grèbe à cou rouge. 

HoLiîii;[,i/s (iKinu;. 

Adultes ^Ç. Huppe de longueur moyenne. Parties supé- 
rieures d'un brun noirâtre, plus foncé ou noir sur le dessus de la 
tète et du cou, avec de légers rellets verdâtres, particulièrement 
sur ces deu.x derniers endroits ; les côtés de la tète et une tache sur 
la gorge, gris cendré ; le reste du cou d'un roux brun vif; primaires 
et couvertures des ailes d'un brun chocolat ; secondaires blanches, 
terminées pour la plupart, de brunâtre ; dessous du corps d'un blanc 
satiné, nuancé de grisâtre ; iris rouge carmin. Longueur 18.00 -- 
20.50 ; ailes 7.65 ; bec 2.02. 

A l'automne, le rou.x du cou est remplacé par du cendré brun, 
avec quelques traces de la teinte primitive ; la gorge et les côtés 
de la tète, sont blancs et le dessous du corps, cendré clair. 

Les jeunes leur ressemblent à cette époque de l'année, mais 
ils sont sans trace de roux sur le cou. 

Cette espèce habite toute l'Amérique du nord, y com- 



20 LES OISEAUX 

pris le Groenland et se trouve aussi dans l'est de la Sibérie, 
et au sud, jusqu'au Japon, mais elle paraît être irrégulière- 
ment distribuée ; elle émigré à l'automne dans les Etats- 
Unis du milieu et du sud. 

Ce Grèbe se voit peu souvent sur les eaux de notre pro- 
vince et durant ses migrations seulement. Quant à moi 
je n'ai vu encore que trois spécimens dont deux tués près 
de Québec (i) au printemps, et le troisième, abattu dans 
l'automne de 1902, à la pointe aux Esquimaux, sur la côte 
nord du St-Laurent, par Mr. J. Beetz. Un seul a été tué à 
Godbout d'après Mr. Comeau (2), et Mr. Wintle (3) dit qu'il 
est rare et de passage à Montréal, et qu'un spécimen a été 
capturé en mai 1890, en bas des rapides Lachine. 

Il fait son nid avec des herbes aquatiques qu'il place 
entre les plantes qui flottent sur l'eau, et il pond de trois à 
six œufs d'un blanc sale, faiblement teintés de brun jaunâ- 
tre pâle, et également recouverts d'une croûte crétacée. 
Ils mesurent 2.35 x 1-25. La ponte a lieu vers la mi-juim 

Ce Grèbe a aussi l'habitude de couvrir ses œufs avant 
de s'éloigner du nid. 

vSOUS-GENRE DYTES, KAXJP. 

Bec beaucoup plus court que la tête ; ailes ne dépassant pas. 
six pouces de longueur. 

Colymbus auritus, Linn. 3. 

I/C Grèbe cornu. 
HoRNED Grèbe. 

Adultes ^ 9 . Huppe très développée. Cette dernière ainsi 
que toute la tête et le haut du cou sont d'un noir verdâtre lustré ; 
une bande d'un jaune brunâtre au-dessus de l'oeil s'élargissant en 
arrière sur la huppe, plus foncée ou d'un brun roux, entre le bec et. 
l'œil, ainsi qu'à l'extrémité de la huppe ; dessus du corps et du cou, 
brun noirâtre, avec les plumes du dos bordées d'une teinte plus 
claire ; le reste du cou et le haut de la poitrine, d'un roux brun vifr, 
secondpires blanches ; dessous du corps blanc satiné, lavé de roux 
brun sur les côtés; iris rouge carmin. Longueur, 12.50 — 15 25; 
ailes, 5.75 ; bec o 90. 



([) Les expressions suivantes : près de Québec, dans les environs ou dans 
Québec, doivent s'interpréter dans le sens d'un rayon de cinq à six lieues, à. 
moins d'indications contraires. 

(2) List of birds ascertained to occur within ten miles from Point de- 
Monts. Parue dans le Bull Nutt. Orn. Club. 

(3) Wintle, E. D. Birds of Montréal. 



DK I,A l'KOVINCl-. DK QUKBKH 21 

Kn hiver jeunes et adulti'S ont k-s parties supérieures d'un 
brun de suie ou d'un noir prisâtrc, avec le dessus de la tète plus 
foncé, ft sont prives de huppe : le dessous, les côtés de la tête de- 
puis les yeux et le reste du cou sont hlancs, maculé de cendré 
sur le devant et les côtés du cou vers la liase. 

Le Cîrèbe cornu habite toute l'Amérique septentrionale 
et se rencontre aussi dans le nord de riùiro])e et de l'Asie, 
niche depuis le nord des hUats-l'nis jusque dans les régions 
arctiques, et se voit, en hiver, depuis le Maine et la Co- 
lombie AniL^laise, au sud, jusqu'au j^olfe du Mexique et au 
sud de la Californie. 

Ce (irèbe ne paraît pas être commun dans la province 
quoique toutefois on le rencontre de temps à autres, sur les 
grèves de Heauport, à l'embouchure de la rivière St-Charles, 
à. l'île d'Orléans, etc, surtout à l'automne. Mr. Wintle dit 
qu'il est de passaj^e à Montréal, qu'il est rare au printemps 
et commun à l'automne, et que probablement quelques uns 
nichent dans le district de Québec. Un individu a été 
abattu aux îles de la Madeleine en 1887 {Bishop) (i). 

Comme les précédents, ce (îrèbe installe le berceau de 
sa famille dans les herbes qui flottent sur l'eau. Sa ponte 
est de trois à sept œufs d'un blanc sale, faiblement teintés 
de brun jaunâtre pâle. Ils mesurent 1.70 x 1.20. La 
ponte a lieu en juin. 

Il couvre, lui aussi, ses œufs avec des herbes lorsqu'il 
s'absente du nid. 

Genre PODILYMBUS, Lesson. 

Bec fort, plus court que la tOte. très comprimé latéralement ; 
culmen convex vers le bout ; sans huppe. 

Podilymbus podiceps, (Linn.) Law r. 6. 

Le Grèbe a bec bigarré. 

PlED-HILLKD GrKBE. 

Adultes (J 9 • Tète sans huppe. Parties supérieures d'un 
brun noirâtre, plus intense sur le dessus de la tète et du cou ; des- 
sous du corps d'un blanc grisâtre lustré, plus ou moins maculé de 
brun et de noirâtre ; le cou, les côtés de la tète au-dessous des yeux, 
brunâtres ; une tache allongée, noire, sur le menton et la gorge ; 
bec bleuâtre sale, traversé vers le milieu par une bande noire ; iris 
brun. Longueur 12.00 -- 15.00 ; ailes 4.50 -- 5.00. 



(i) Cité par Mr. Macoun dans son Catalogue of Canadian Birds. 



22 LES OISEAUX 

En hiver les adultes ont le menton et la gorge d'un blanc sale; 
les parties supérieures plus claires et le dessous du corps hlanc, 
teinté de brun sur les flancs, le cou et la poitrine ; cette teinte est 
plus claire sur ces deux derniers endroits ; la bande noire du bec 
disparaît. 

Les jeunes de l'année leur ressemblent, mais les côtés de la 
tête et le haut du cou sont maculés de brun et de blanc. Le bec 
est plus petit et la bande noire n'existe pas non plus. 

Le Grèbe à bec bigarré est distribué depuis la Répu- 
blique Argentine, le Brésil et le Chili, au nord jusque dans 
les possessions britanniques, à l'exception des régions gla- 
ciales, niche dans la partie nord de sa distribution, et se 
voit, en hiver, depuis le New-Jersey, l'Illinois et le stid de 
la Californie, en allant vers le sud. 

Ce Grèbe est commun dans la province et niche à quel- 
ques lieues au nord de Québec. J'ai souvent obtenu des jeu- 
nes ne pouvant encore voler, ayant été capturés au lac St- 
Charles. A l'automne on le voit sur la côte de Beaupré, à 
Beauport à l'île d'Orléans et ailleurs. M. Wintle le men- 
tionne comme commun et de passage à Montréal, et il croit 
que quelques-uns nichent sur les lacs des environs ; M. Ce- 
rneau dit qu'il n'est pas rare au printemps et à l'automne à 
Godbout. 

Cet oiseau place son nid au milieu des herbes aqua- 
tiques qui émergent de l'eau ; il y accumule des joncs, des 
roseaux et autres débris de végétaux, ainsi que de la boue ; 
le tout est mélangé et entassé de manière à lui donner 
beaucoup de solidité. Ce nid est gros et ressemble à une 
petite île flottante. Il pond quatre ou cinq œufs semblables 
à cetix des précédents, mais un peu plus salis de brun jau- 
nâtre pâle. Ils mesurent 1.70 x 1.18. La ponte a lieu à 
peu près à la même époque que celle des précédents. 

Il fréquente les lacs entourés de bois et de grandes 
herbes. 

Sous-ordre CEPPHI — Plongeons, Macareux, etc. 

Queue courte, à pennes rigides ; quatre doigts ; ceux d'en avant 
totalement palmés. 

Ce sous-ordre se divise en deux familles caractérisées 
d'après le nombre de doigts. 



DK LA I'I<<>\1\< !• !.!■ OUKIiKC 23 

ANAI.NSI-; 1>I-.S lAMII.I.ES. 

Doigts quatre f'iAVim.i: 

Doij^ts trois Ai.ciD.v. 

Famii.m; GAVIIDiE — I'longeons. 

Cou lon;4; corps aplati lu dcssuns ; bec aussi lonjj que la tête, 
fort, ilroit. coiupriuié et se terminant en pointe ; ailes f(jrles et rai- 
lles ; tarses très comprimes et réticulés ; cjuatre (loijjts, ceux de 
devant entièrement palmés. ])ouce muni d'une membrane à l'inté- 
rieur ; ongles moilérément larges ; queue courte, à pennes rigides, 
composée de dix rectrices. 

Los Plongeons se distinguent des Grèbes par une taille 

plus forte, un h-jc droit, rol)Uste et taille en pointe, des d(M<^ts 
antérieurs complètement réunis par une palmure membra- 
neuse. Ces oiseaux se tiennent presque toujotirs à l'eau ; 
ils préfèrent les eaux salées aux eaux douces. Toutefois 
nous en rencontrons une espèce qui fréquente également 
bien ces deux endroits. Ils sont remarquables pour leur 
vigueur et leur force physique ; ils nagent et plongent 
avec beaucoup d'aisance et de vivacité et il peuvent parcou- 
rir de grandes distances sans même en paraître fatigués. 
On a estimé la vitesse dans l'eau du Plongeon à gorge 
noire à pas moins de huit milles dans une heure. Ils 
sont très habiles à se soustraire au plomb meurtrier du 
chasseur ; aussi faut-il un nemrod expérimenté et bon tireur 
pour les abattre ; c'est en s'enfonçant sous l'eau qu'ils évi- 
tent la charge du fusil. Dès qu'ils aperçoivent l'éclair de feu 
et avant que le plomb ne les atteigne, ils sont déjà disparus. 
Ils nous arrivent de bonne heure au printemps pour s'en 
retourner tard à l'automne. Les sexes sont semblables, mais 
le mâle est plus gros que la femelle. Les jeunes ont un plu- 
mage différent de celui des adultes. Leur cri est fort et 
éclatant. 

Ils se nourrissent .surtout de poissons, mais aussi de 
mollusques, de crustacés, de batraciens, de sangsues et 
autres substances animales qu'ils trouvent dans l'eau. 

Leurs nids sont situés tout près de l'eau dans une dé- 
pression de terrain ; des herbes ou feuilles sèches en gar- 
nissent parfois le fond. Ils pondent deux ou trois œufs 
brunâtres. On donne le nom vulgaire de Ilitart à tous 
les oiseaux de cette famille. 



24 LES OISEAUX 

Genre GAVIA, Foster. 
Caractères semblables à ceux de la famille. 

Gavia imber, (Gunn.) Allen, 7. 

I/e Plongeon à collier. 

LooN ; Great Northern Diver. 

Adultes S 9. Parties supérieures d'un noir lustré avec taches 
blanches sur le dos et les ailes ; ces taches deviennent plus gran- 
des sur ces dernières; tète et cou d'un noir profond avec des reflets 
verts et violets; le cou est traversé par deux bandes blanches, rayées 
de noir, et en forme de croissant, la première occupe le devant 
du cou et la seconde, plus grande, s'étend particulièrement sur ses 
côtés ; elle est interrompue en avant et en arrière ; dessous du corps 
blanc; bec et pieds noirs; iris rouge carmin. Longueur 2800- 
36.00; ailes 14 06 ; bec 3.07 ; 

Les jeunes sont d'un gris brunâtre en dessus, avec les plumes 
du dos bordées d 'une teinte plus claire; les parties inf érieui es, depuis 
le bec, blanches, avec les côtés de la tête ordinairement maculés de 
gris cendré ; bec petit et d'un blanc bleuâtre ; iris brun. 

Le Plongeon à collier habite la partie septentrionale 
de l'hémisphère nord, ne nichant pas an sud, sur notre con- 
tinent, plus loin que dans le nord des Etats-Unis, et au nord, 
jusqti'en dedans du cercle arctique ; il émigré à l'automne 
dans les Etats-Unis jusqu'au golfe dtt Mexique et à la Basse- 
Californie. 

Il est commun dans notre province, et un bon nombre 
nichent sur les lacs ; quelques-uns font leurs nids sur les 
bords du lac St-Charles au nord de Québec. Mr. Wintle le 
mentionne atissi comme commun à Montréal, mais de pas- 
sage seulement et dit que quelques-uns peuvent y nicher. Il 
est également commun à Godbout et niche stir les lacs 
de l'intérieur ( Comeaii ). Il se voit aussi à Anticosti 
{Schwitt) (i). 

(I) Schmitt, Dr. J. Monographie de l'île d' Anticosti. 

Ce Plongeon fait son nid sur la terre nue dans une 
légère dépression du sol, sans même prendre le soin d'y 
apporter quelques débris de végétaux pour en garnir le fond. 
Il pond deux œufs, rarement trois, d'un brun olivâtre oti 
verdâtre foncé, avec taches et points de brun très foncé. 
Ils mesurent, 3.52 x 2.27. La ponte a lieu au mois de 
juiu. 

Le Plongeon à collier se rencontre aussi bien sur les 
lacs qtie sur le fleuve ; sa forte taille et plus particulière- 



DK I.A PROVINCK DK QUKBKC 25 

ment riiabilctc qu'il déploie i\ éviter le i)loinb du chasseur 
peu expérimenté le met en évidence, et beaucoup de per- 
sonnes le connaissent ])arfaitement sous le nom vnl^^iire de 
Huart. vSa force physiciue est remaniuable ; il peut jiar- 
courir à la najj^e des distances considérables sans se fatiguer 
beaucoup ; de même aussi, il exécute au vol de lon^^s 
voyaj^^es, ce (jui étonne pour un oiseau aussi pesant et avec 
des ailes si courtes. Sa voix est forte et perc;antc. 

Lorsque le Huart est à l'eau, il ne laisse apercevoir que 
la tête et le haut du cou hors du liquide, le corps reste sub- 
merj^é. 

Le Huart ne se nourrit pas toujours exclusivement du 
poisson des lacs sur le bord desquels il niche durant cette 
période, il parcourt quelquefois de grandes distances pour 
aller pêcher la proie qu'il consomme ; ainsi, il est à ma con- 
naissance personnelle, et cela pour l'avoir constaté maintes 
fois dans mon jeune âge, à St-I)enis de Kamouraska, que 
cet oiseau, assez commun à cet endroit, et qui niche sur les 
lacs à une distance de cinq à six lieues du fleuve, se ren- 
dait chaque matin à ce dernier et s'en retournait le soir, 
-souvent à la nuit tombante, ce qu'on remarquait par le cri 
qu'il faisait entendre de temps en temps. Je ne puis dire 
néanmoins si tous exécutaient chaque jour de tels 
voyages ou bien s'il n'y en avait qu'un certain nombre qui 
voyageait ainsi, mais ce qui est certain c'est que nous en 
entendions bu que nous en voyions chaque jour. Il y a de 
<:ela plus de trente années et il est probable que ces voya- 
_ges se font encore régulièrement. Hors le temps de la 
ponte cet oiseau se tient constamment au fleuve. 

Gavia arctica, (Linn.) Allen, 9. 

Le Plongeon à gorge noire. 

Bl.'VCK TllROATED LOOX. 

Adultes (? 9. Parties supérieures d'un noir bleuâtre pro" 
fond et lustré, maculé de blanc sur le dos et les ailes corunie danS 
l'espèce précédente ; tête et cou, en avant et sur les côtés, noirs ^ 
reflets violets et pourprés, se chanrjeant .«graduellement en un cen- 
dré bleuâtre clair sur le dessus de la tète postérieurement et le der- 
rière du cou ; les côtés de ce dernier sont rayés de blanc et de noir! 
un petit croissant, rayé de blanc et de noir, sur le devant du cou : 
le reste des parties inférieures, blanc ; bec noir ; iris brun roux- 
Longueur 26.00 - 29.00 ; ailes 12.55 • bec 2.60. 



LES OISEUAX 26 

Les jeunes ont une couleur moins foncée ; le devant du cou 
est blanc grisâtre, finement maculé de brun ; le dessus du dos noir 
brunâtre, avec les plumes marginées de gris bleuâtre ; le dessus de 
la tête et du cou d'un brun grisâtre ; dessous du corps blanc ; le 
bec d'un gris bleuâtre ; pieds noirâtres; iris brun. 

Le Plongeon à gorge noire habite la partie septentrio- 
nale de l'hémisphère nord. En Europe, il niche dans l'in- 
térieur de la Norvège, la Suède et jusque dans la Laponie. 
Il est commtm dans l'Amérique arctique où il niche ; en 
hiver, il se voit au sud jusque dans le nord des Etats-Unis, 
à l'est des Montagnes Rocheuses, sur les lacs Stipérieur et 
Erié entre autres. 

On le voit qtielquefois sur les côtes du Labrador, mais 
il est apparemment commun sur les bords de la baie d'Hud- 
son où il niche {J?. Bell) (i). 

Dans la province, il n'y a qti'au lac Mistassini où quel- 
ques-tms nichent (y. M. MacoiDi)^ (2) qu'il a été remar- 
qué, mais il doit pourtant se rencontrer sur le littoral dtt 
fleuve et dti golfe St-Laurent. 

Il niche à terre ati bord des lacs oti sur quelqttes peti- 
tes îles situées au milieu de l'eau ; quelqttes herbes sèches 
tapissent l'intérieur du nid, dans lequel il pond deux œufs 
d'un brtm olivâtre, mactilés de brunâtre. Ils mesurent 
3.10 X 2.00. 

Gavia lumme, (Gunn.) Allen, 11. 

I/e Plongeon à gorge rousse. 

Red Ti-H<o^TED Loon. 

ÀdulteA $ 9- Tête et cou d'un gris bleuâtre, avec une large 
bande d~un roux marron vif sur le devant du cou ; sommet de la tête 
et nuque d'un noir verdâtre, cette dernière, rayée de blanc ; dessous 
du corps blanc ; le reste des parties supérieures, noir brunâtre 
foncé, à reflets verdâtres, et maculés de nombreuses petites taches 
blanches, et de forme ovalaire ; bec et pieda noirs ; iris rouge car- 
min ; Longueur 24.00 - 27.00 ; ailes 1 1 00 ; bec 2.25. 

Les jeunes sont d'un brun cendré en dessus avec nombreuses 
petites tachei> blanches ; la couronne et le dessus du cou gris bleuâ- 
tre ; des.sous blanc teinté de cendré clair sur la gorge ; celle-ci ne 
porte aucune trace de roux ; le bec est en partie d'un blanc bleuâtre. 

Le Plongeon à gorge rousse est un habitué des 
régions arctiques de l'hémisphère nord ; il niche depuis le 



(i) Cité par M. J. Macoun. 
(2) Cité par M. J. Macoun. 



l.H I.A 1-K()V1NCK 1»K gCKHKC 27 

X(Mivcau-Iiruiis\vick jusqu'au C.rocnlaud c-l à la baie d'IIud- 
sou/ot ^ l'ouest, dans l'Alaska; à l'automne il émi^'re jus- 
que dans les Htats-Tnis du centre et à la Californie. 

Ce riou}jjeou est commun à (iodbout (Conirnn), et se 
voit à Anticosti vers le commencement de mai {Sc/niiiN). 
Il est ciMumun sur la côte nord et sur les îles du fleuve et 
du j^jolfe St-Laurent où il niche ainsi qu'au Labrador. Au 
printemps et à l'automne, (jnekines individus sont tués assez 
.souvent près de yucbec. 

Il pond deux ceufs qu'il dépose sur la terre nue à 
l'exemi)le du Phnic^-eon i\ collier. Ils sont d'un brun olive 
foncé t)U brun verdàtre, avec cpielques taches de noir brunâ- 
tre. Ils mesurent 2.90 x i-75- I^^» ponte a lieu à la fin 
de mai ou en juin. 

Hamii.i.k ALCIDiE— Macakki-x, Pincoiins, ktc. 

Hec très vari.thle. (ordinairement .semblable à cehii des plon- 
geons, mais quelquefois très comprimé latéralement ; tarses médi- 
ocrement comprimés, terminés jjar trois doij,^ts simplement, et en- 
tièrement palmés ; ongles plus ou moins comprimés ; ailes courtes 
et fortes ; queue courte. 

L'absence du pouce, chez ces oiseaux, avec les doigts 
antérieurs palmés, et la disposition des jambes, qui néces- 
site une position verticale, les distint>;uent ai.sément des 
autres familles de palmipèdes, et leur donnent en même 
temps un aspect vraiment sino^ulier. Ils sont en partie 
mio^rateurs et ils vivent en .société, du moins au moment 
de la ponte, et quelques espèces se voient en nombre con- 
sidérable ; leur vol est fort, mais d'ordinaire peu soutenu ; 
il s'effectue presque toujours en ligne droite et en rasant 
la .surface de l'eau ; quelques espèces cependant ne volent 
qu'avec peine ou même pas du tout. Ils .sont confinés aux 
régions boréales ; la plupart ont un cri rauque et éclatant ; 
ce sont des oiseaux taciturnes et silencieux ; ils sont exclu- 
sivement marins. 

Le changement de plumage est souvent remarquable 
et les jeunes se montrent avec une livrée différente de celle 
des adultes. Les jeunes dans le nid sont recouverts d'un 
duvet épais et soyeux. 

Leur nourriture consiste principalement en poissons, 



28 



LES OISEAUX 



crustacés, vers aquatiques et autres animaux qu'ils trouvent 
dans l'eau. 

Ils nichent sur les îles, dans des trous qu'ils creusent 
sous terre, entre les fentes de rochers, ou encore dans un 
simple enfoncement du sol, sans même, le plus souvent, se 
donner le trouble d'y réunir quelques feuilles ou herbes 
desséchées. 

sous-FAMiLLE FRATERCUU N.^ — Macareux. 

Bec toujours très comprimé, presque aussi haut que long, 
muni à la base d'une peau membraneuse, épaisse et nue, en forme 
de rosette ; il est en outre garni à la base d'appendices accessoires 
qui disparaissent après la saison des amours ; la portion terminale 
du bec est cannelée, excepté chez les jeunes ; ongle intérieur très 
arqué et plus gros que celui des autres doigts. 

Genre FRATERCULA, Brisson. 

Paupières surmontées d'un appendice corné ; bec très com- 
primé presque aussi haut que long, avec des sillons obliques sur 
les côtés des deux mandibules, formant un angle à leur point de 
jonction ; tarses scutellés en avant. 

Fratercula arctica, (Linn.) Schaffer, 13. 

1/6 Macareux arctique. 

PUEFIN. 



Adultes,? ?. Parties 
supérieures, et une bande 
continue autour du cou, 
d'un noir bleuâtre ; des- 
sous du corps blanc, avec 
le menton, la gorge et les 
côtés de la tête, d'un gris 
clair ; paupières rouges, 
la supérieure avec une 
excroissance cornée d'un 
bleu grisâtre ; bec rouge, 
bleu et jaune ; pieds 
rouges; iris brun. Lon- 
gueur 13.50; ailes 6.50; 
bec 1.60- 1.90 ; son épais- 
seur à la base 1.40. 
Fig 3. Le Macareux arctique. 

A l'automne, l'excroissance cornée et le cercle rouge des pau- 
pières disparaissent, la rosette de la base du bec devient plus 
petite et plus pâle, le cendré est obscurci par du brun. 




UK i.A l'koxiNci-. i»i-; gL'KHEC 29 

Les jfunes ont le bec beaucoup plus petit et k-ur livrée est 
d'un cendré noirâtre, la face est cendrée et le ve-iilre l)lanc. 

lui duvet, ils sont d'un brun noirâtre avec le dessous du corps, 
depuis la poitrine, blanc. 

La mue des plumes et du bec a lieu en août ou septembre. 
La chute des plumes des ades, empêche ces oiseaux de voler 
pendant un certain temjjs (jui n'est d'ailleurs que de peu de durée. 

Ce Macareux, viilt^aireiiient appelé Perroquet de nicr^ 
habite le littoral et le.s îles de rAtlantiqne nord, et .se ren- 
contre j)ar milliers dans tons les endroits qu'il frcciuente. 
Kn Kurope, il niche depuis l'Ano^leterrc juscjne sur les 
côtes de la Xorvèj.^e, et, en Amérique, depuis la baie de 
Fundy, au nord jusqu'au Groenland. Kn hiver il se ren- 
contre au sud ju.squ'au Lonj^^-Island. 

Il se voit en quantité au Labrador et sur les îles du 
fleuve et du trolfe St-Laurent, entre autres sur les îles (ian- 
net, et stir le rocher aux ( )i.seaux. Brew.ster ( i ) dit aussi qu'on 
le rencontre en grand nombre sur le rocher aux Oiseaux, à 
la baie du Naufrage, Anticosti, à l'île aux Perroquets près 
du havre de Mingan. Il n'est pas commun à la Pointe de 
Monts, mais il abonde sur les îles Mingan oii il niche par 
mWWexs {Courait). Il couve en grand nombre à la baie 
des Oiseaux. Il s'en fait une grande destruction sur la 
côte nord du golfe (îles Mingan), au moyen de vieux filets 
de pêche dont, le soir, on recouvre leurs terriers {Sc/miilt). 

Cet oiseau niche également sur les îles et le littoral 
des mers arctiques ; il pratique, pour cette fin, dans le sol, 
un trou de deux oti trois pieds de profondeur, et y dépose un 
œuf, rarement deux, d'un blanc sale, quelqtiefois teinté de 
brun roux. Il mesure 2.50 x 1.75. La ponte a lieu d'or- 
dinaire tard en juin ou en juillet. 

Lorsque cet oiseau est à terre, il se tient debout dans 
une position verticale, ou couché sur le ventre ; on peut 
alors facilement le tuer, car il est peu farouche. Si on 
essaie de s'en emparer, il entre de suite dans son trou s'il 
en est à proximité, au lieu de se jeter à la mer ; alors en 
enfonçant le bras dans ^ retraite, on le capture aisément, 
avec la main. 



(i) Cité par M. J. Macoun. 



30 LES OISEAUX 

SoUS-FAMILLE P H ALERIN.Ï; — GuiLLEMOTS. 

Oti^le du doigt intérieur peu différent de forme et de taille des 
autres doigts ; sans peau nue ou rosette à la base du bec ; angle 
du menton ou gonys, beaucoup plus près des narines que de l'ex- 
trémité du bec ; narines nues ; sans blanc à l'extrémité des secon- 
daires. 

Genre CEPPHUS, Pallas. 

Bec plus court que la tète, droit, quelque peu recourbé au bout, 
de même longueur que les tarses ; sans carène à l'extrémité de la 
mandibule supérieure ; plumes des lorums s'avançant à angle aigu 
sur la mandibule supérieure ; tarses réticulés, un peu plus courts 
que le doigt médian, l'ongle excepté. 

Cepphus grylle, (Linn.) Brehm, 27. 

lie Guillemot noir. 

Black Guillemot. 

Adultes S Ç . Plumage noir de suie, avec de légers reflets 
verdâtres sur la tête et le cou ; ailes également noires et miroir 
blanc; ce blanc occupe la moitié terminale des grandes couvertures 
alaires dont la base est noire ; pieds rouges ; iris brun. Longueur 
13 00 ; ailes 5.50 - 6.25 ; bec 1.30. 

En hiver, le dos est noir, maculé de blanc, avec la tête, le cou 
et le dessous du corps blancs, tachetés de noir. 

Les jeunes sont semblables, mais le miroir de l'aile est entre- 
mêlé de noir. En duvet, ils sont d'un noir de suie uniforme plus 
pâles ou grifcâtres en dessous. 

Le Guillemot noir habite les côtes et les îles de l'A- 
tlantique nord, et se voit en Europe depuis la côte nord de 
l'Atlantique et du Danemark jusqu'à l'océan Arctique ; 
il demeure en permanence sur celle du nord de l'Irlande, 
niche dans les Hébrides et sur les côtes de l'Ecosse comme 
sur celles de Norvège. Dans l'Amérique dti Nord, il se 
reproduit depuis le Maine, où il se montre au mois de juin 
en nombre considérable sur les îles des environs, jusque dans 
les mers Arctiques. On le voit en hiver au sud jusqu'à 
Philadelphie. 

Ce Guillemot que l'on connaît chez notis sous le nom 
de Pigeon de mer^ est très commun sur les rives et les îles 
du bas du fleuve et du golfe St-Laurent pendant tout l'été, 
jusqu'à Kamouraska, qui serait sa limite stid-ouest dans la pro- 
vince à cette époque de l'année, et il niche en quantité sur 
les Pèlerins, à St-André de Kamouraska. D'après Bishop, 
il couve en très grand nombre sur la plupart des îles de la 



1)1-; I.A l'RoMNCK liK gUÉBI'X 3I 

MadclciiR-. Il est commun j)tii(laiit tout l'cté et il niche 
non seulement ù (ioclbout, mais même sur les Iles situijes à 
rembouchure du Saj^uenay ( C onirnu). Cet oiseau est com- 
mun pendant toute Tannée et niche dans les falaises de l'île 
(Anticosti) (Sc/ifni//). Très souvent à rautomne les chas- 
seurs le tuent sur les fjrèves près de (Jnébec et de nie (!'( )r- 
léans. 

Il niche particulièrement sur les îles, dans les icnies 
des rochers ou dans un enfoncement du sol. Sa ])onte est 
de deux ou trois ceufs d'un blanc l)leuâtre ou blanc ver- 
dâtre, avec taches irré<j^ulières de brun noirâtre. Ils mesu- 
rent 2.40 X 1.60. La ponte a lieu vers la fin de juin ou au 
commencement de juillet. 

Il se nourrit de petits crustacés, de vers aquatiques et 
surtout de petits poissons. 

Cepphus Mandtii, (Licht. ) Hoxap. 28. 

I^e Guillemot de Mandt. 

M.\NDT'S GriLLKMOT. 

.Vchilles $ 9. Pluinau^e .seniblal)le à celui du précédent avec 
cette différence que le blanc du miroir de l'aile sétend jusqu'à la 
base des plumes. A peu près de même taille que celle du précé- 
dent, avec un bec un peu plus robuste. 

Cet oiseau fréquente les réj^ions arctiques des deux 
continents, où il se voit en nom])re considérable. Kn Amé- 
rique, il descend au sud, en hiver jusqu'au ]\Ia.s.sachusetts 
et au New-Jersey; niche depuis le Labrador et la baie 
d'Hudson, au nord, jusqu'à la partie .septentrionale du 
Groenland, et .se voit à l'ouest sur les côtes de l'Alaska et 
au sud, en hiver, jusqu'à Norton Sound. 

Il abonde dans les détroits et les mers arctiques depuis 
l'île Melville jusqu'à la baie d'Hudson [Richardson) (i), 
ainsi que sur la côte est du Labrador, de même qu'au fort 
(ieorge dans la baie James [Packard) (2). 

Il niche en colonies et par milliers, et il pond ses œufs 
dans une crevasse de rocher, souvent d'accès difficile, sans 
même prendre le soin d'y réunir quelques brins d'herbes 
ou de la mousse. Ses œufs ressemblent beaucoup à ceux 
du précédent. 



(i) Richardson. Hauna Boreali .\niericana. 
(2) Packard, .\. The Labrador coast. 



32 LES OISEAUX 

Sous FAMILLE ALCIN.Î; — PiNGOUIN. 

Narines entièrement cachées sous les plumes du front ; secon- 
daires largement terminées de blanc. 

Genre TJEIA, Brisson. 

Bec aussi long que les tarses et beaucoup plus court que la 
tête, droit, et plutôt robuste ; tarses entièrement réticulés, à peine 
plus courts que le doigt médian sans l'ongle. 

Uria troile, (Linn.) Lath. 30. 

1/6 Guillemot ordinaire. 

MURRE. 

Adultes $ 9. Epaisseur du bec à l'angle ou gonys, moins 
d'un tiers de la longueur du culmen. Tête et cou d'un brun en- 
fumé et velouté ; le reste des parties supérieures noirâtre ; le 
dessous du corps, l'extrémité des secondaires et parfois une ligne 
en arrière de l'œil, blancs. Longueur 1500-17.00; ailes 8.00; 
bec I 81. 

En hiver, adultes et jeunes ont le menton, la gorge et les côtés 
de la tête, blancs, teinté de brun sur ces deux derniers endroits. 

Les jeunes, en duvet, ont une livrée d'un brun grisâtre enfumé, 
et le ventre blanc. 

Cet oiseau habite le littoral et les îles de l'Atlantique 
nord, oii il se montre très commun en certaines localités, 
et, sur les côtes de l'Amérique septentrionale, il se voit au 
sud en hiver, jusqu'à la partie méridionale de la Nouvelle- 
Angleterre ; il niche depuis la Nouvelle-Ecosse, les îles de 
la Madeleine, au nord jusqti'au Groenland. Il est commun 
à la baie d'Hudson, d'après Richardson. 

Le Guillemot ordinaire se rencontre en grand nombre 
dans le fleuve et le golfe St-Laurent pendant tout l'été, 
mais plus particulièrement au moment de la ponte 011 des 
dixaines de milliers peuvent être vus en certains endroits, 
nichant tout près les uns des autres et vivant entre eux 
dans la plus parfaite harmonie. Brewster dit qti'il niche 
dans le golfe St-Laurent sur le rocher aux Oiseaux et les 
îles aux Perroquets ; il est très commun à Godbout durant 
certains hivers, tandis que dans d'autres, il ne s'en voit 
aucun {Comeaîi\ et M. le Dr Schmitt dit aussi qu'il est très 
commun en hiver à Anticosti, que le plus grand nombre 
arrive à l'automne, et que quelques-tms nichent à la baie 
des Oiseaux. 



1)1-: I.A l'ROVINCK DK QUKBKC 33 

A rc.\cinj)k- des précédents, ce (liiilleinot, que l'on 
nomme vulj^airement Mnrfnrf/t\ niche dans des anfrac- 
tuosités de rochers ou dans une légère dépression de terrain. 
Il pond un œuf variant du bhanc de crème au blanc pur, 
ou j^risâtre, bleuâtre, ou encore d'un blanc verdâtre de 
diverses teintes, irré»;ulièrenient tacheté de brun et de noir ; 
quelques-uns même sont d'un blanc immaculé. Il mesure 
3.25 X 2.00. La ponte a lieu vers la fin de juin. 

Il se nourrit de poissons, de vers aquatiques, de petits 
crustacés, etc. 

Cette espèce fait entendre un cri (pii ressemble beau- 
coup à la prononciation du mot anglais Munc ; de là le 
nom qu'on lui donne dans cette langue. 

TJria lomvia, (Lixx. ) Hrvaxt, 31. 

Le Guillemot de Brunnich. 

BlUNNlCU'S MURRE. 

Adultes $ 9- Epaisseur du bec à l'angle, plus d'un tiers de 
la lonj^'ueur du cnlnien ; bec plus robuste que le précédent. TCte 
et cou d'un noir de suie velouté ; le reste du plumage est semblable 
à celui du précédent. Longueur 15.50 ; ailes >!5.24 ; I)ec 1.45. 

Les adultes, en hiver, tt les jeunes ont la même livrée que celle 
de l'espèce précédente. 

Le (luillcmot de Brunnich habite les côtes et les îles 
de l'Atlantique nord et l'est de l'océan Arctique, se voit au 
sud en hiver, sur les lacs du nord de New- York et sur les 
côtes du Xew-Jer.sey, et niche depuis le golfe St-Laurent et 
les îles de la Madeleine jusqu'au (rroenland. 

Cet oiseau se montre parfois en grande quantité dans 
le bas du fleuve, sur les côtes ouest et sud du Labrador où il 
demeure pendant toute l'année, et où il niche {Packard ), 
ainsi que sur le grand rocher aux Oiseaux, îles de la ^La- 
deleine {Bis/iop). 

Il pond un œuf fort ressemblant à celui de son congé- 
nère. Il mesure 3.16 x 2.03. 

Cette espèce et la précédente nichent toutes deux 
sur les mêmes îles. A l'automne de 1894, des cen- 
taines d'individus ont émigré vers le sud-ouest jusqu'aux 
environs de Québec et même beaucoup plus loin sur le 
fleuve ; c'était, de mémoire d'homme, la première fois qu'on 

3- 



34 LES OISEAUX 

voyait ces oiseaux devant la ville et en nombre aussi con- 
sidérable. Au commencement de janvier, il n'y en avait 
plus un seul ; ceux que les chasseurs n'ont pu tuer, sont 
:morts de faim et de froid ; plusieurs ont été trouvés 
^égarés, dans les champs et dans la forêt, même à une dis- 
tance de plusieurs lieues du fleuve. Depuis cette époque, 
nous avons presque chaque automne la visite de ces oiseaux, 
mais en bien moins grand nombre. On lui donne égale- 
ment le nom vulgaire de Marnictte. 

Genre ALCA, Linné. 

Bec plus court ou à peu près aussi long que la tête, très em- 
plumé jusque vers la moitié de sa longueur; très comprimé laté- 
ralement; mandibule supérieure très convexe, sillonnée chez les 
adultes ; narines linéaires très emplumées ; tarses scutellés en 
avant ; queue courte, et pointue. 

. Alca torda, Linn. 32. 

1/6 Pingouin cottimun. 

Razor-bilI/Ed Auk. 

Adultes ^9. Tête, cou et parties supérieures d'un noir 
lustré avec reflets de noir brunâtre, sur la tête, le devant et les 
côtés du cou ; le reste des parties inférieures, l'extrémité des 
becondaires et une ligne entre le bec et l'œil, blancs; bec noir 
traversé vers le milieu par une étroite bande blanche ; iris noir 
bleuâtre. Longueur 15 00-18 00; ailes 8.00-8.50; bec 1.25. 

En hiver, toutes les parties inférieures, les côtés du cou et de 
la tête, depuis l'œil, blancs, et sans ligne blanche sur les lorums. 

Le«ï jeunes leur ressemblent ; mais le bec est plus petit, non 
sillonné et sans bande blanche. En duvet, ils sont d'uu brun de 
suie, plus pâle ou blanchâtre sous le ventre. 

Le Pingouin commun que l'on appelle vulgairement 
Godd^ fréquente les côtes et les îles de l'Atlantique nord 
011 il se montre très commun. Sur le continent américain, 
on le voit accidentellement au sud en hiver jusque dans la 
Caroline du Nord. 

Cet oiseau est commun dans le fleuve et le golfe St- 
Laurent 011 il niche en grand nombre sur quelques-unes des 
îles, mais je ne crois pas qu'il remonte le fleuve à cette épo- 
que plus loin que Kamouraska ou St-André. Il niche en 
quantité sur les îles des Pèlerins vis-à-vis cette dernière 
paroisse. Il est également très commun et niche sur les côtes 
ouest et sud du Labrador {Packard)^ de même que sur les 



DK I-A l'ROVINCK DK QUKBKC 35 

îles Oaniiet, sur la côte du Labrador {Macoini) { i ). Mais il est 
assez rare à Anticosti et se voit seiilciiR-nt en aiitoinnc, 
{Si/inii/i). 11 n'est jxis commun à (iodbout, mais il niche 
sur les îles Minjjau {Comcau). Ce Pin<>^ouiu niche sur le 
rocher aux Oiseaux en compaj^nie des (îuilleniots, et se voit 
aussi sur t|uelcjues-unes des îles de la Madeleine. 

Cet oiseau pond ordinairement un (cuf blanc teinte de 
jaune crème ou de l)leuàtre, pointillé et tacheté irréj:;^uliére- 
meut de brun foncé et de noir, qu'il dépose dans une fissure 
de rocher ou autre enfoncement (luelconquc. Il mesure 
3.06 X i.^<). La ponte a lieu en juin ou en juillet. 

Genre PLAUTUS, Brunnich. 

De grande taille ; bec aussi lontj que la tète ; mandibule infé- 
rieure avec nonilireust-S carènes : ailes rudinientaircs, impropres au 
vol. 

Plautus impennis, (Li.\.\.) .bi i.i.xstr. 33. 

Le grand Pingouin. 
Great Auk. 

Adultes <? Ç . Plumage noir, avec les côtés de la tète, le 
devant et les côtés du cou, d'un brun noirâtre soyeux ; extrémité 
des secondaires, une grande tache ovalaire entre le bec et l'œil, 
et le dessous, depuis la f^orge, blancs ; bec noir, ses sillons blan- 
châtres. Longueur 28. 00-30 oo ; ailes 5.75 ; bec 3. 15-3.50. 

Son œuf, qui est semblable à celui du précédent, me- 
sure 4.67 X 2.91. Il était également déposé dans une anfrac- 
tuosité de rocher. 

Cet oiseau, qui fréquentait autrefois en grand nombre, 
les côtes de l'Atlantique nord et qui, en Amérique, se 
voyait depuis le Massachusetts jusque près du cercle 
arctique, est considéré maintenant comme éteint. Le der- 
nier spécimen qui a été trouvé le fut en novembre 1870, 
près de vSt-Augustin, au Labrador, d'après M. R. Deane (2), 
et quoiqu'il fût dans un triste état, il a cependant été vendu 
en Europe au prix élevé de $200. 

Il n'y a actuellement dans l'Amérique septentrionale 
que si.x spécimens de ce rare oiseau, distribués dans les mu- 
sées suivants : l'Institution Smithsonienne l'Académie de 
Philadelphie, le Muséum d'Histoire Naturelle de New- York, 



(i) Mac lun, Jo'in. CUalogiie of Canadian Birds. 
(2) .American Xaturalist. Vol. VI. p. 368. 



36 LES OISEAUX 

celui de Cambridge, le Collège Vassar, Pauglikeepsie, et 
dernièrement le Muséum Tliayer à Lancaster, Mass., s'est 
enrichi d'un spécimen, ainsi que de trois œufs achetés en 
Europe. Les trois premiers musées possèdent chacun un 
œuf. 

En Europe les derniers individus trouvés, le furent sur 
une île rocheuse près des côtes d'Irlande en 1844. Il y a envi- 
ron une soixantaine de peaux, dans les différents musées de 
l'ancien continent, plusieurs œufs, quelques squelettes 
plus ou moins complets, ainsi que beaucoup d'os isolés. 
Voilà tout ce qui reste de cet oiseau maintenant disparu. 

sous-famille; ALLIN^ — Mergules. 

Angle du menton beaucoup plus près de l'extrémité du bec 
que des narines ; bec très court ; culmen très recourbé vers la 
pointe ; secondaires terminées de blanc. Taille petite. 

Genre ALLE, Liuk. 

Bec très court et large ; mandibule supérieure très recourbée; 
secondaires terminées de blanc ; taille très petite ; ailes moins de 
cinq pouces de longueur. 

Aile aile, (Linn.) Stejneger, 34. 

1/6 Mergule nain. 

DOVEKIE. 

Adultes S 9 • Plumage noir bleuâtre lustré avec le dessous 
du corps, depuis la poitrine, blanc ; plumes des scapulaires bor- 
dées de blanc ; secondaires terminées de blanc ; bec noir; iris brun. 
Longueur 7.25 - 9.15 ; ailes, 4.50 -4.75 ; bec, o 50. 

En hiver, le dessous, depuis le bec, les côtés du cou et de la 
tête au-dessous des yeux, sont blancs. 

Ce petit oiseau habite les côtes et les îles de l'Atlan- 
tique nord, et l'est de l'océan Arctique ; il niche en quantité 
dans les hautes latitudes boréales et se voit au sud, en 
hiver, sur le continent américain, jusqu'au New-Jersey. 

C'est particulièrement sur les îles et le littoral de la 
côte nord du fleuve que cet oiseau se montre en hiver, et il 
abonde dans certaines localités. Il est commun à Anti- 
costi, arrive en septembre et part au mois de mai suivant 
{Sch^nitt). Il l'est également à Godbout certains hivers, 
arrive de bonne heure en décembre, et y demeure jusqu'en 



DK LA l'K(i\INCI'. I)K QUKHHC 37 

février ; il y a des hivers uii il est rare et iiicnie ne se 
montre pas du iont ( Ctvft eau). M. Wintle le mentionne 
comme accidentel A Montréal. Il se montre anssi acciden- 
tellement :\ Québec, i\ l'antomne, et on un- dit qu'il est 
commun à cette époque à Rimouski. 

Cette espèce, qui se tient presque toujours à la mer, 
niche dans des anfractuosités de rochers, situés à proximité 
de l'eau, et pond un œuf d'un bleu verdâtre pâle, sans 
tache. Il mesure 1.65 x 1.25. La ponte a lieu dans la 
première moitié de juin. 

Sa nourriture consiste en petits crustacés, vers aqua- 
tiques, et autres petits animaux marins. 

Ordri- LOXCxIPEXNES— Palmipkdks 
longipenxks. 

Bec comprimé, droit ou courbé au l)out ; mandibules à bords 
lisses et trancliants ; quatre doigts, quelquefois trois ; le pouce, 
lorsqu'il existe, est petit, libre et situé sur un niveau plus haut 
que les doigts antérieurs ; ces derniers sont palmés ; ailes très 
longues et pointues, dépassant souvent le bout de la queue ; 
jambes courtes situées vers le milieu du corps. Les se.xes sont 
semblables. 

Les Longipennes sont faciles à reconnaître par le déve- 
loppement extraordinaire de leurs ailes et par leur corps élé- 
gant et léger où, chez les adultes, dans presque tous les cas, 
le blanc domine. Leurs pieds courts les rendent peu pro- 
pres à une marche rapide ; mais en revanche ils se soutien- 
nent avec aisance au-dessus de l'onde, pendant des journées 
entières, nageant à peine quelques instants pour se reposer. 
Aussi, hors le temps de la ponte, ils quittent peu la haute 
mer ; toujours en mouvement, souvent ils ne s'arrêtent 
même pas pour prendre leur nourriture qu'ils saisissent en 
volant, à la surface de l'eau. Leur vol est puissant et 
étendu ; ils se balancent dans l'air et impriment à leurs 
ailes des mouvements légers et gracieux ; aussi de tous les 
oiseaux ce sont ceux qui volent avec le plus d'aisance pou- 
vant se maintenir dans les airs presque sans efforts. Ils sont 
d'un naturel criard et vorace et se précipitent sur tout ce 
qu'ils rencontrent : pois.sons frais ou gâtés, chair palpitante 
ou corrompue, mollusques, vers marins, crustacés, etc., tout 



38 LES OISEAUX 

alimente leur voracité. Les petites espèces mangent beau- 
coup d'insectes, de vers, de crustacés. 

Quoique ces oiseaux détruisent un grand nombre de 
poissons, ils peuvent, suivant les circonstances, nous être 
d'une certaine utilité en dévorant les cadavres de poissons 
et autres matières animales jetées sur le rivage par les flots. 

Ces oiseaux sont répandus sur toutes les mers et les 
grands fleuves du monde. Ils nichent près de l'eau, dans 
une dépression du sol, au milieu de l'herbe ; de petites bran- 
ches, des herbes sèches et autres débris de végétaux forment 
le fond de ce nid, grossièrement construit. 

Le changement de plumage à l'automne est notable, 
et les jeunes ont aussi une livrée différente de celle de 
adultes. 

Les Longipennes qui se rencontrent chez nous se divi- 
sent en deux familles. 

ANALYSE DES FAMILLES. 

Bec recouvert d'une sorte de cire qui s'étend au delà de la 
moitié de sa longueur et qui paraît comme surajouté ; mandibule 
supérieure terminée par un crochet, également comme surajouté. 

Stercorariid.e. 
Bec solide et uni dans toute son étendue, formé d'une seule 
pièce ; mandibule supérieure terminée par un onglet aigu. 

Larid.E. 

. Famille STERCORARIIDiE — Labbes. 

Mandibule supérieure terminée par un crochet qui paraît 
comme surajouté, et recouverte à sa base jusqu'au delà de la moitié 
par une espèce de cire, à l'extrémité de laquelle sont percées obli- 
quement les narines, qui se trouvent ainsi situées plus près de 
l'extrémité du bec que de la base. Tarses et pieds forts, scutellés 
en avant, ongles recourbés, forts et pointus ; rectrices centrales 
allongées chez les adultes. Les jeunes sont presque toujours diffé- 
rents des adultes quant au plumage. 

Les Stercoraires oit Labbes, sont des oiseaux éminem- 
ment rapaces ; intrépides et courageux, ils attaquent et 
poursuivent souvent les Sternes et les Mouettes afin de les 
contraindre à lâcher les proies qu'elles saisissent, pour 
s'en emparer avant même qu'elles ne tombent à l'eau. De 
là l'opinion fausse qui leur attribue la coutume de se nour- 
rir des excrémests de ces oiseaux. Indépendamment de 
cette habitude de vivre en parasite sur ces oiseaux, les 



DK I,A PROVIN'CK DK OIKHI-X' 



39 



L.iM)t..>. >c iiuiirrisscnt encore de poissons, de crustacés et 
autres niatiùres animales ([u'ils recherchent eux-mêmes. 

Ces oiseaux vivent isolément, hors le temps de la ponte. 
Ils habitent l'hémisphère nord, quoi(|u'il \ .n'f ci rt.iincs 
espèces qui fréquentent les mers du sud. 

Des cas de mélanismc, se rencontreni iiequemmcni 
chez quelcpies esjjèces, qui sont sans doute une condition 
normale cliez eux. 

Genre STERCORARIUS, Brisson. 

Pieds fijrts ; tarses plus lonj^s que le doiiît nicdian avec 
l'ono^le : i)riniaires de couleur uniforme, sans blanc à la base; 
taille moyenne ou petite ; rectrices centrales chez les adultes, très 
lonjîues, dépassant de beaucoup les latérales ; plumaf^-^e de couleur 
ardoisée ou noirâtre, souvent mélanj^é de blanc ou de jaunâtre 
chez les .idultes, et rayé chez les jeunes. 

Stercorarius pomarinus, (Tkmm.) Vikili.. 36. 

Le Labbe pomarin. 
PoM.AKINK Ja}'C,i;k. 

Adultes <?9. vSommet et côtés de la tête jusqu'au des.':ous 
des yeu.K, les parties supérieures et les couvertures inférieures de 
la queue, noirâtres ou noir ardoisé ; le reste de la tète le cou, avec 
la nuque et les parties inférieures, blancs, teinté de jaunâtre pâle 
dans la rég'ion des oreilles. Lonj^^ueur 20.00-23.00 ; ailes 13.50- 
1400; rectrices centrales S. 00-9. 00 ; bec 1.45-1 75. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un brun noirâtre, avec 
les plumes du dos bordées de brun jaunâtre pâle, et maculé de 
cette même teinte sur le croupion et les couvertures supérieures 
de la queue ; la tète, le cou et les parties inférieures d'un brun 
jaunâtre pâle, rayé partout transversalement de brunâtre ; rectrices 
centrales non allongées. 

Les individus adultes de teinte noirâtre ont le plumage en 
entier, d'un brun noirâtre ou ardoisé, noir sur le dessus de la 
tète et plus clair sur l'abdomen. 

Les jeunes de cette teinte sont d'un noir ardoisé, avec les par- 
ties inférieures plus ou moins rayées de brun jaunâtre. 

Le Labbe pomarin fréquente, en été, les mers et les 
grandes étendues d'eau de la partie nord de l'hémisphère 
septentrional, et se montre plus commun dans l'ancien con- 
tinent que dans le nouveau ; à l'automne, il émigré au sud 
jusqu'en Afrique et en Australie. Sur notre continent, on 
le voit, en hiver, au sud sur les grands lacs et le littoral 
des deux océans. 



40 I.ES OISEAUX 

Cet oiseau n'est pas commun sur notre fleuve et ne se 
voit que de passage seulement. M. Comeau le mentionne 
comme rare. 

Cette espèce se confectionne un nid grossier avec 
de la mousse et des herbes sèches qu'elle place, dit-on, 
sur de petites îles, dans les marais solitaires. Ses œufs, au 
nombre de deux ou trois, sont d'un brun olivâtre ou verdâ- 
tre, tachetés et pointillés irrégulièrement de brun et de noir. 
Ils mesurent 2.35 x 1-65. 

On dit que cet oiseau vit en parasite sur la Mouette à 
trois doigts ; mais il attaque aussi les autres espèces de plus 
grande taille. 

Stercorarius parasiticus, (Linn.) Schaff. 37. 

Le I/abbe parasite. 

Parasitic Jaeger. 

Adultes $ 9. Parties supérieures d'un noir brunâtre foncé ou 
ardoisé, et noir sur les ailes et la queue ; les côtés de la tête, depuis 
les yeux, tout le cou et les parties inférieures, d'un blanc pur, 
teinté de jaunâtre sur les côtés du cou ; rectrices centrales dépas- 
sant de trois à quatre pouces les latérales. Longueur 15 50, 21.00; 
ailes 12 67 ; les plus longues rectrices 5.40 ; bec 1.27. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un brun foncé, avec les 
plumes du dos bordées de brun jaunâtre pâle ; la tête et le cou 
striés de brun noirâtre et de brun jaunâtre pâle; cette dernière 
teinte domine ; dessous rayé de noirâtre et de brun jaunâtre pâle. 

Les adultes dans leur livrée de mélanisme sont d'un brun 
noirâtre ou ardoisé, plus foncé sur la tête, les ailes, et la queue, et 
plus clair aux parties inférieures. 

Les plumes des parties inférieures chez les jeunes, sont bordées 
de brun jaunâtre pâle ; le milieu du cou, strié de blanchâtre et les 
parties inférieures raj'ées de cette même teinte, à l'exception de la 
poitrine. 

Comme le précédent, le Labbe parasite habite, en été, 
la partie septentrionale de l'hémisphère nord, se rend au 
sud, en hiver, dans l'ancien continent jusque dans l'Afrique 
méridionale, niche dans les hautes latitudes boréales et, 
sur notre continent, en hiver, on le rencontre depuis New- 
York, les grands lacs et la Californie jusqu'au Brésil. 

Trois spécimens ont été tués à l'île d'Anticosti 
{Schmiti). Il est plutôt rare, six ont été tués dans une 
journée en mai 1874 à Godbout {Comcati). Un spécimen 
a été vu près du havre de Mingan {Brcivstcr). 



DK LA rUOVINCK DE QUICHKU 41 

Cette espèce est un peu plus coimnune que la préc(j- 
dente sur le tleuvc lors de ses migrations, cl il est à ma con- 
naissance personnelle que plusieurs individus ont <:té tu(js 
dans le bas du fleuve depuis un certain nombre d'années. 

Cet oiseau niche ;\ terre dans une IcjrC^re dcjpression de 
terrain ; le nid est placé dans riierlx', dans la mousse 
ou encore dans les bruyères, sur des îles ou sur le bord des 
lacs ; il est composé de feuilles et d'herbes sèches ; ses œufs, 
au nombre de deux ou trois, sont d'un olive verdâtre ou 
brunâtre, avec taches de brun et de noir. Ils mesurent 
2.30 X 1.65. 

Stercorarius longicaudus, \'ieill. 38. 

Le Labbe à longue queue. 

LONO-TAILED JeAGER. 

Adultes ^9- Tarties supérieures de couleur ardoise foncé, 
changeant au noir brunâtre foncé sur les ailes et les rectrices lalé 
raies ; sommet et côtés de la tête noir de suie ; le reste de la tête 
en dessous des yeux, le cou avec la nuque et la région des oreilles, 
d'un jaune paille, moins intense sur la gorge ; poitrine blanche ; 
le reste des parties inférieures d'un gris ardoisé uniforme se chan- 
geant parfois au blanc sous le ventre; tarses d'un bleu de plomb 
foncé. Longueur 20.00-23.00; ailes 12.25 : ^^s plus longues rec- 
trices 12. S9; bec 1.19. 

Les adultes dans leur cliangement de plumage, et les jeunes 
ressemblent beaucoup aux précédents, aux époques correspon- 
dantes. 

Le Labbe à longue queue habite aussi, à l'exemple du 
précédent, la partie septentrionale de l'hémisphère nord, 
niche dans les hautes latitudes boréales, et se voit en hiver, 
au sud, dans le notiveati continent, jusqu'au golfe du 
Mexique. 

Cet oiseau se voit accidentellement stir le St-Laurent. 
Je ne connais jusqu'à présent qu'un seul spécimen que 
A. Lechevalicr a ttié sur la côte nord du vSt-Laurent, et qui 
est conservé ati mtisée zoologique de l'I'niversité Laval. 

Il pond ses œufs dans tine légère dépression de terrain, 
sur quelqties feuilles et herbes .sèches, qu'il amasse à cette 
fin ; mais quelquefois aussi il les dépose sur la terre nue. 
Ils ont à peu près la même cotileur que ceux dti Labbe pa- 
rasite, et mesurent 2.10 x 1.50. 



42 LES OISEAUX 

Famille LARID JE — Goélands et Sternes. 

Bec droit dans toute son étend'ïe ; mandibule supérieure re- 
courbée à l'extrémité, rtcou verte d'une seule pièce, dans laquelle 
sont percées des narines linéaires et oblongues ; queue carrée ou 
presque carrée, rarement fourchue ou terminée en pointe. Sexes 
semblables. 

Les jeunes se montrent toujours avec une livrée différente de 
celle des adultes. 

Ces oiseaux sont ordinairement communs, quoique 
toutefois certaines espèces soient rares. Ils sont cosmopo- 
lites et on les rencontre sur toutes les mers, fleuves et 
grands lacs du monde, mais plus particulièrement sur les 
rivages des mers du nord. 

Ils nichent sur le sol, dans un nid grossier construit 
en grande partie avec des petites branches, des feuilles 
sèches et de l'herbe. 

Leur nourriture principale consiste surtout en pois- 
son qu'ils capturent, soit en nageant, soit au vol en le 
péchant lorsqu'il apparaît à la surface de l'eau ; ils mangent 
aussi des mollusques, des crustacés, des vers, des insectes^ 
ou toutes autres matières animales, qu'elles soient fraîches 
ou corrompues. 

Les jeunes prennent ordinairement deux ou trois ans 
avant de revêtir le plumage des adultes ; leur livrée est 
presque toujours brune à leur premier automne. 

On donne ordinairement aux petites espèces de Goé- 
lands, le nom de Mouettes ou encore celui de Mauve. 

Sous FAMILLE LARIN.-B — GOELANDS. 

Epaisseur du bec à l'angle, plus grande qu'à l'endroit des 
narines ; bout de la mandibule supérieure très recourbé ; angle de 
la mandibule inférieure toujours apparent et souvent très pro- 
noncé. 

Genre PAGOPHILA, Gunn. 

Bec très court, beaucoup moins long que la tête; queue car- 
rée ; tarses plus courts que le doigt médian, l'ongle compris ; pouce 
petit mais bien développé ; jambes et pieds très courts. 

Pagophila alba, (Gunn.) Coues, 39. 

La Mouette blanche. 

IVORV GULL. 

Adultes $ Ç . Tout le plumage d'un blanc pur, avec la tige des 
primaires jaune paille ; bec d'un brun verdâtre, jaune au bout et 



DK i.A rkoNiNCK m-: oi'khi:c 43 

>ui >«.s bonis; pieds noirs; iris brun; paupières rouges. Lon- 
gueur 15.00-19.50; ailes 13 25; bec 1.40. 

Les jeunes sont blancs, maculés de noir brunAtre sur les scapti- 
laires et les couvertures des ailes, avec une tache brune A l'extré- 
mité des rémiges et des rectrices ; le dessus du cou est maculé de 
brun grisâtre foncé ; les cAtés de la tète, le front et le menton sont 
lavés de cette dernière teinte. 

La Mouette blaiiclie liabitc les mers arctiques et se voit' 
en Aincrique, pendant l'hiver, ju.squ'aii Labrador, à Terre, 
Neuve, sur les «grands lacs, dans le nord des Ivtats-Unis e 
la Colombie anglaise. Richardson dit que ce (ioéland se 
trouve dans le détroit de Davis, la baie de I^affin et autres 
endroits du nord du continent, et qu'il niche en j^rand 
nombre dans les hautes falai.ses trouées qui forment Textré- 
mité du cap l'arry, à la latitude 70°. 

Cette ]\Iouette est un des rares visiteurs du fleuve et du 
golfe St- Laurent. Je n'ai eu connaissance jusqu'à présent 
que de quelques spécimens qui ont été tués sur la côte nord 
(lu fleuve, dont l'un à la rivière P>ec-vScie. M. Comeau la 
donne comme très rare, et dit qu'une a été tuée à la Pointe 
de Monts, en avril 1877, et I\L le Dr Schmitt ne mentionne 
qu'un spécimen qui a été abattu à Anticosti. 

Klle niche très loin dans le nord, et place son nid quel- 
quefois à terre, mais le plus souvent sur des rochers 
escarpés ; il est construit avec des herbes sèches, de la 
mousse et quelques plumes d'oiseaux. Elle pond trois 
œufs d'un olive jaunâtre, avec de petites taches éparses de 
brun foncé de diverses nuances. Ils mesurent 2.45 x 1.70. 
Tva ponte a lieu en juin ou en juillet. 

Cette espèce est remarquable pour son appétit vorace ; 
elle .se .£j^oro;e des débris de cadavres de toutes sortes, mais 
surtout de ceux de phoques et de baleines. 

Genre RISSA, Stephens. 

Bec fort, plutôt court ; tarsts plus courts que le doigt médian 
sans Longle ; pouce rudimentaire ou manquant; queue carrée ou 
légèrement échancrée ; ailes longues et pointues, la première pri- 
maire étant la plus longue. 



44 IvES OISEAUX 

Rissa tridactyla, (Linn.) Bonap. 40. 

I/a Mouette à trois doigts. 

KiTTIWAKE. 

Adultes ^ 9- Toute la tête, le cou. le croupion, l'extrémité 
des secondaires, les parties inférieures et la queue, d'un blanc pur ; 
manteau gris perle foncé ; les cinq premières rémiges terminées 
de noir ; le bord extérieur de la première presque tout noir, ce 
noir continue en décroissant rapidement jusqu'à la cinquième; 
bec jaune clair nuancé d'olivâtre ; jambes et pieds noirâtres ; pouce 
manquant. Longueur 16.00-17.78; ailes 12.25 : ^^^c 1.40- 1.50. 

En hiver, l'occiput, la nuque et les côtés de la poitrine sont 
nuancés de gris bleuâtre foncé, teinté de gris de plomb foncé en 
avant et en arrière de l'œil. 

Les jeunes ressemblent quelque peu aux adultes en hiver, 
mais le bas du cou est traversé en arrière par une bande noire ; les 
quatre premières rémiges presque toutes noires extérieurement ; 
les petites et moyennes couvertures des ailes, les tertiaires, à l'ex- 
ception de leurs bords, noirs ; une large bande noire transversale 
à l'extrémité de la queue ; bec noir. 

La Mouette à trois doi.çts habite l'Atlantique nord et 
les régions arctiques et niche depuis le golfe St-Laurent en 
allant vers le nord ; à l'automne, elle émigré au sud jus- 
qu'aitx grands lacs, à Long Island et dans le centre des 
Etats-Unis. 

Cette espèce se montre commune dans le bas du St- 
Laurent et à Québec ; chaque atttomne, nos chassetirs en 
tuent quelques-tmes stir les grèves de Beauport, sur la côte 
de Beaupré et à l'île d'Orléans. Elle est rare et de passage 
à Montréal ; un spécimen a été tué à la fin d'octobre 1891, 
au Lac St-Pierre {JVintlé). Elle niche en quantité et 
arrive tard en avril ou de bonne heure en mai, et demeure 
jtisqu'en décembre et se voit en troupes immenses à God- 
bout {Comeaii). Elle couve en grand nombre à la baie 
des Oiseatix, Anticosti {ScJimiti)^ ainsi que sur le rocher 
aux Oiseaux, dans le St-Laurent. 

Elle niche de préférence sur des rochers escarpés, si- 
tués souvent au-dessus de l'eati ; des joncs, des herbes sèches 
en plus ou moins grande abondance garnissent le fond dti 
nid. Elle se sert du même nid pendant plusieurs années 
consécutives et le répare chaque fois. Ses œufs, au nombre 
de deux oti trois, rarement quatre, sont d'tm brun jaunâtre, 
gris brunâtre ou encore gris verdâtre pâle, avec taches irré- 



DK r.A PROVIN'CK DK QUKBF.C 45 

j^ulières de brun et de lilac. Ils inesurciit 2.25 x 1.61). La 
ponte a lien en jnin. 

Genre LARUS, Linné. 

Bec fort plus ou moins robuste, plus court que les tarses, plus 
haut qut* lar^e et comprimé sur toute son étendue ; culiueii un peu 
plus (les deux tiers de la lun^^ueur des tarses ; pouce petit, mais 
l)ien iléveloppé ; ailes au repos, dépassant l'extrémité de la queue, 
la première ré'uige étant la plus lon<,me ; queue carrée de moyenne 
longueur. 

Larus glaiicus. r.Krxx. 42. 

I/C Goéland a manteau glauque. 

CtLAUCOUS CiULL. 

Adultes i 9- Manteau d'un bleu perle pâle; le reste du plu- 
m: i^e blanc ; rémiges d'un gris perle très pâle, blanchissant vers 
l'extrémité ou bien toutes blanches; bec jaune avec une tache 
n uge vermilUni vers le bout de la mandibule inférieure ; pieds 
iriuuâtres ; iris jaune. Longueur 26.00 - 32.00 ; ailes 17.99; queue 
7.40- S. 50 ; bec 2.52. 

lùi hiver, la tète et le cou sont rayés de gris brunâtre pâle. 

Les jeunes ont le bec de couleur chair pâle, avec la pointe 
noire ; le i)lumage est d'un blanc sale maculé de gris brunâtre, se 
transformant parfois en brun plus foncé sur le dos. 

Ce Goéland habite le littoral des mers de l'héniis- 
plière nord ; à l'automne, en Amérique, il émij^re au sud 
jusqu'à Long Island, les grands lacs de l'intérieur et la baie 
de San-Francisco ; il niche depuis le Labrador en allant 
vers le nord. 

Cet oiseau ne .se voit que durant ses migrations sur le 
St-Laurent, et encore il n'est pas commun. En octobre 1884, 
j'ai fait l'acquisition d'un spécimen de cette espèce sur le 
marché de Québec, et je n'en ai pas vu d'autres depuis. Il 
est plutôt rare, et se voit ordinairement en février, mars et 
avril à (îodbout [Co»u'ai(). Assez rare à Anticosti, ce 
Goéland nous arrive à la fin d'août ou au commencement 
de septembre et ne s'en va que le printemps suivant 
{Sc/uiiiii). M. Wintle le mentionne comme rare et de pas- 
sage à Montréal. 

Il place son nid dans l'herbe au bord de l'eau ou sur 
de petits rochers, et le construit avec des herbes sèches ou 
de la mousse. Ses œufs, au nombre de deux, rarement trois, 
sont d'un gris brunâtre foncé ou gris pâle ou encore d'un 



46 LES OISEAUX 

blanc perlé, avec de petites taches de brun clair et de noir. 
Ils mesurent 3.00 x 2.15. La ponte a lieu en juin. 

Larus leucopterus, Faber, 43. 

Le Goéland à ailes blanches. 

ICELAND GULL. 

Adultes $ 9. Plumage absolument semblable à celui du pré- 
cédent. De taille plus petite. L,ongueur 24.00 - 26.00 ; ailes 15.41; 
queue 6.41 ; bec 1.67. 

Semblable à celle qui précède, cette espèce habite les 
régions arctiques en été, et dans l'Amérique du Nord, elle 
émigré au sud à l'automne jusqu'au Mas.sachusetts, sur les 
grands lacs et dans le centre des Etats-Unis. 

Ce Goéland ne se montre pas commun sur le fleuve et 
le golfe St-Laurent. Il est rare en automne, se voit quelque- 
fois en hiver à Anticosti {Schniitf)^ et d'après M. Comeau 
il n'est pas commun non plus à Godbout. Je ne me suis pro- 
curé jusqu'àprésent qu'un seul spécimen tué sur la grève de 
Beauport ; c'est le seul que je connaisse qui ait été abattu ici. 

Il niche dans les mêmes parages que ceux du précé- 
dent et fait son nid avec les mêmes matériaux ; il pond 
deux ou trois œufs également de mêmes teintes, mais plus 
petits. Ils mesurent 3.00 x 2.10. La ponte a lieu vers la 
mi-juin. 

Larus marinus, Linn. 47. 

1/6 Goéland à manteau noir. 

Great Black-backed Gull. 

Adultes ^9. Plumage blanc avec le manteau d'un noir 
ardoise foncé ; primaires en partie noires, terminées de blanc, la 
première et la seconde blanchâtres à la base, puis noires et ter- 
minées de blanc ; les autres rémiges avec une large tache terminale 
blanche; iris jaune ; paupières d'un rouge vermillon ; bec jaune 
chrome, avec une tache de vermillon vers le bout de la mandibule 
inférieure. Longueur 28.00-31.00; ailes 17.60 - 19.50 ; bec 2.40- 
2.60. 

En hiver, la tête et le cou sont maculés de brun foncé. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un brun noirâtre, avec 
les plumes bordées de brun jaunâtre pâle ; les rémiges noirâtres 
terminées par une petite tache blanchâtre ; la queue noirâtre, tra- 
versée par une bande subterminale, grisâtre foncé ; la tête, le cou 
et les parties inférieures, blancs, rayé de brun grisâtre sur la 
première et le dessus du cou, nuancé ou maculé de cette même 
teinte aux parties inférieures ; le bec est en partie noir. 



1)K I.A PkOVINCK DK QUEBEC .} 7 

L'j Goéland à inantean noir habite T Atlantique nord 
en été, niche en jj^raïul nombre sur les côtes de Norvège, 
sur celles des lies Hrilanni(|ues et de l'Hcosse, et se voit 
en Aniériciue, au sud, en hiver, jusque sur les grands lacs 
et dans le centre des Ktats-Tnis; il niche depuis la Xou- 
velle-ICcosse jusqu'au (irocnland. 

Cet oiseau se nicjutre assez coniniun sur la rive nord 
dans le bas du St-Laurent, et il n'est pas rare de le voir 
remonter le fleuve à l'arrière-saison jusqu'à Québec et 
mcMue i)lus loin. D'après le Dr Schmitt, il est commun 
à Anticosti où quekiues-uns couvent vers la fni de juin, et 
M. Comeau dit qu'il est assez commun à Oodbout, qu'il 
disparaît en janvier et février, et qu'un nid a été trouvé 
sur les Sept-Iles; M. Wintle le mentionne comme rare et 
de passage à Montréal. 

Il consti;uit un gros nid d'un diamètre de deux pieds 
environ, avec des herbes aquatiques desséchées et de la 
mousse, qu'il pose dans un enfoncement profond du sol. 
Ses œufs, au nombre de deux ou trois, sont de teinte va- 
riable, on en rencontre de blanc l)leuàtre, de gris olive et 
de brun jaunâtre foncé, irrégulièrement tachetés et poin- 
tillés de brun roux et de lilas de diverses teintes. Ils me- 
surent 3.00 X 2.15. La ponte a lieu dans la dernière moitié 
de juin. 

Le Goéland à manteau noir se nourrit de poissons, de 
petits quadrupèdes, de cadavres, d'œufs et de jeunes oiseaux, 
particulièrement de Guillemots, qui sont si communs dans 
les parages qu'il fréquente. 

Ce Goéland est le plus gros et le plus puissant de sa 
famille, et comme il est très vorace, on comprend qu'il 
exerce beaucoup de déprédations parmi les jeunes oiseaux de 
mer et les ceufs de ces derniers. Voici comment Audubon 
s'exprime à l'article de ce tyran : " Dans les hautes régions 
de l'air piquant et raréfié, bien loin au-dessus des redouta- 
bles écueils qui bordent les côtes désolées du Labrador, 
plane fièrement sur ses ailes qu'on dirait immobiles le Goé- 
land tyran, semblable à l'aigle, tant son vol est calme et 
majestueux. Déployant son immense envergure, il se meut 
en larges cercles, sans perdre de vue les objets au-dessous 
de lui ; rauques et puissants, ses cris retentissent et portent 
l'épouvante en bas, parmi les multitudes emphimées. 



48 LES OISEAUX 

Maintenant il prend son- essor, effleure les rochers de 
chaque baie, visite les petites îles et s'élance vers la terre 
couverte de bruyères et de mousses, du milieu desquelles 
peut-être le cri du Tétras ou de quelques autres oiseaux est 
parvenu jusqu'à lui. Tandis qu'il passe ainsi au-dessus des 
flots bouillonnants, des lacs, des marais, les parents qui l'ont 
aperçu , se préparent à défendre leur couvée encore sans 
plumes, ou à la dérober par la fuite, au bec cruel du ravi- 
seur. Même le peuple des eaux, effrayé, rentre à son appro- 
che plus profondément sous les ondes ; les jeunes oiseaux 
deviennent silencieux dans leurs nids, ou cherchent à se 
cacher dans les crevasses des rochers. Les Guillemots, les 
Fous n'osent regarder en haut, et les autres Goélands, inca- 
pables de se mesurer avec un adversaire si redoutable, lui 
font place lorsqu'il s'avance. Là-bas, là-bas, parmi les 
vagues écumantes, il a vu flotter le cadavre de quelque 
monstre de l'abîme, et c'est vers cette riche proie qu'il se 
précipite. Il s'abat sur l'énorme baleine, redresse vivement 
la tête, ouvre le bec, et plus perçants, plus triomphants que 
jamais il envoie ses cris au travers des airs. Alors il se pro- 
mène à son aise sur cette masse en putréfaction, et quand 
il s'est assuré que tout va bien, commence à tirailler, à 
déchirer, engloutissant morceaux après morceaux. . . . Mais, 
comme tous les gloutons, il aime la variété, et le voilà qui 
se dirige vers quelque île bien connue, où il doit trouver 
des milliers d'œufs et de jeunes oiseaux. Là, sans miséri- 
corde, il brise les coquilles, en avale le contenu, et dévore 
à loisir les pauvres petits sans défense. Ni les cris des 
parents, ni leurs efforts pour repousser le destructeur, ne le 
peuvent émouvoir, et il ne s'arrête qu'après avoir satisfait 
de nouveau la voracité de son appétit (i). 

Larus argentatus, Brunn. 51. 

I/e Goéland argenté. 

Herring Gull. 

Adultes <J 9 . Manteau gris perle; reste du plumage d'un 
blanc pur, avec l'extrémité des pennes alaires blanche, précédé 
d'une bande noire sur les primaires ; le noir de la première rémige, 
dans lequel se trouve une tache blanche vers le bout, occupe en- 



Ci) Audubon. Trad, de Bazin. vScènes de la nature dans les E. U. Vol 2- 
195- -97- 



OK I.A PROVINCE DE QUKBKC 49 

viron la moitié* de sa longueur totale, puis il décroît rapidement 
pour se terminer sur la sixième ; bee jaune chrome luisant, avec 
une tache rouj^e vermillon vers le bout de la mandibule inférieure; 
paupières jaunes ; pieds de couleur chair pâle ; iris jaune. Lon- 
gueur 22.50-26.00 ; ailes 17.24 ; bec 2.25. 

Hn hiver, la tète et le cou .sont rayés de brun foncé. 

Les jeunes ont une livrée d'un brun foncé, plus ou moins ma- 
culée de blanchâtre ; les rémiges et les rectrices sont noirâties ; 
jdustard le blanc finit graduellement par dominer et le gris perle 
du manteau .se dessine de plus en plus. 

Les jeunes, en duvet, sont d'un blanc grisâtre avec le dessus du 
corps maculé de gris 1)1 us foncé; la tète est maculée de noir; le 
dessous du corps est sans tache excepté à la gorge. 

Le Goéland argenté habite tout riiéniisplière nord et, 
dans l'ancien continent, il se montre commun sur les côtes 
maritimes de la Hollande, de la Belgique, de la France, de 
la (irande-Hrctagne, de 1' Kcos.se, des Hébrides, etc. En 
Américjue, il niche depuis le Maine, les grands lacs et la 
Colombie britannique en allant vers le nord, mais plus parti- 
culic^rement sur les îles et les rives du fleuve St-Laurent, à 
Terrc-Xeuve et au Labrador. Kn hiver, on le retrouve au 
sud jusqu'au golfe du Mexique, à Cuba et à la Basse-Cali- 
fornie. 

On rencontre ce Goéland en quantité sur les deux rives 
du St-Laurent, ainsi que dans tout le Dominion ; c'est le 
plus commun de sa famille. 

Il niche à terre et quelquefois sur un arbre ; son nid 
est construit avec les mêmes matériaux que cetix des pré- 
cédents. Cependant il y a des exemples 011 les œufs ont été 
déposés sur la terre nue, dans une légère dépression du sol. 
Sa ponte est de deux ou trois œufs, variant du blanc bleuâtre 
à l'olive brunâtre ou jaunâtre, avec des taches irrégulières de 
brun de diverses nuances. Ils mesurent 2.80 X 1.95. La 
ponte a lieu en juin. 

Je ne crois pas que le (xoéland argenté niche dans les 
environs de la ville puisqu'on ne le voit pas en été, cepen- 
dant ]\I. W. Baillairgé me dit qu'on le rencontre pendant 
tout l'été sur les grèves de St-Michel de Bellechasse. M. 
Wintle dit qu'il ne niche pas à Montréal. 

Il est commun, au printemps, sur le fleuve devant Qué- 
bec, sur les grèves de Beauport, à l'embouchure de la 
rivière St-Charles, à l'île d'Orléans, sur la côte de Beaupré, 

(4) 



50 LES OISEAUX 

etc. Mais c'est surtout à l'automne qu'il se montre ici le plus 
commun à l'époque où les bandes d'éperlans {Osmerus vior- 
dax) remontent le fleuve. On peut alors le voir se balan- 
cer dans l'espace au-dessus de l'eau, se transporter d'un 
endroit à l'autre, souvent sans mouvement apparent des 
ailes, puis tout-à-coup se précipiter sur le petit poisson qui 
se montre à la surface de l'eau ; d'autres fois, c'est en 
nageant qu'il s'empare de sa proie. 

Le Goéland argenté vit de poissons surtout, mais il 
mange aussi quelquefois de petits quadrupèdes, des œufs, 
de jeunes oiseaux et toutes sortes de matières animales 
même en décomposition. 

Larus delawarensis, Ord. 54. 

Le Goéland de Delaware. 

RiNG-BILLED GULL. 

Adultes $ 9- Tarses plus longs que le doigt médian, l'ongle 
compris. Plumage blanc et manteau gris perle; primaires noires 
vers l'extrémité, avec une tache subterminale blanche sur les deux 
premières. Comme chez le précédent, le noir des rémiges occupe 
la grande partie de la première, puis il décroit rapidement pour se 
terminer en une petite tache sur la cinquième ; bec jaune verdâ- 
tre traversé vers le bout par une bande noire ; paupières d'un rouge 
vermillon; iris jaune pâle. Longueur iS. 00-20. oo ; Ailes 13.60- 
15.75 ; bec I. 55-1. 75. 

En hiver, la tête et le dessus du cou sont maculés de brun 
foncé. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un brun foncé, avec 
les plumes bordées de gris bleuâtre ou blanchâtre ; la tête, le cou 
et les parties inférieures sont mélangés de blanc et de brun foncé ; 
les primaires noires ; une large bande subterminale noire sur les 
tectrices, dont l'extrémité est blanche ; bout du bec noir. 

Le Goéland de Delaware se rencontre dans toute l'A- 
mérique du Nord et niche depuis les Etats-Unis en allant vers 
le nord, mais surtout dans l'intérieur. En hiver, il se voit 
au sud jusque dans le golfe du Mexique. Il niche par mil- 
liers dans le Dakota et plus au nord. 

Il est rare et de passage à Montréal {lVint!e)\ mais il 
est commun et niche sur le lac Mistassini {Macoiui)^ de 
même qu'à Terre-Neuve en été, et se montre assez rare à 
Anticosti {Schmitt). Quoique cette espèce soit générale- 
ment commune dans l'Amérique du Nord, elle ne se voit pas 



DE LA l'RoXINCE DE Ql'ÉREC 5I 

souvent aux alentours de Québec ; je ne l'ai vue que quel- 
quefois seulement. 

Cette Mouette niche à terre dans l'herbe ou sur des 
rochers et pond deux ou trois œufs variant du grisâtre au 
brunâtre, macules de brun et de lilas. Ils mesurent 2.75- 
1.70. La ponte a lieu au commencement de juin. 

Larus atricilla, Linné, 58. 
La Mouette rieuse. 

I,.\if.iiiN(. CiiLr,. 

Adultes (? 9 • Toute la tête et le haut du cou d'un noir ardoi- 
sé ; manteau ^ris de plomb, avec du noir sur les six premières rémi- 
ges qui sont terminées de blanc ; le reste du cou, les paupières, lecrou- 
pion, les parties inférieures, la queue, le bout des secondaires et des 
tertiaires, l)lancs ; une teinte rosée se voit sur la poitrine et sous le 
ventre ; le noir (jui occupe presque toute la première primaire dé- 
croit rapidement jusqu'à la sixième où il finit; le reste des pri- 
maires et les autres rémiges sont de la même teinte que celle du man- 
teau ; bec, pieds et bord des paupières rouge carmin ou rouge brun. 
Longueur 15.00-17.00; ailes 13.00; queue 5.06 ; bec 1.75. 

En hiver, la tète et le cou sont blancs, maculés de brun gri- 
sâtre sur les côtés de la première et à l'occiput. 

Les jeunes ont toute la tète, le cou, la poitrine et les parties 
supérieures d'un gris brunâtre, plus intense à l'occiput et sur le 
dessus du cou ; le manteau est d'un brun grisâtre avec les plumes lar- 
gement bordées de gris jaunâtre pâle ; le dessous du corps, le men- 
ton et la gorge, sont d'un blanchâtre pâle, plus ou moins teintés 
de gris surtout à la poitrine ; rectrices d'un gris clair vers la base ; 
le reste noir terminé de blanc ; paupières blanchâtres. 

Cette Mouette habite l'est de l'Amérique du Nord, par- 
ticulièrement les côtes maritimes et niche depuis le golfe du 
Mexique, au nord, jusqu'au Maine et à la Nouvelle-Ecosse. 
En hiver, elle se voit au sud dans les Antilles, le Mexique, 
l'Amérique centrale et le nord de l'Amérique du Sud. 

Elle se montre accidentellement à ^Montréal ; un jeune 
a été tué en octobre 1888, au lac St-Louis {ll'inf/c). Jus- 
qu'à présent, c'est le .seul spécimen de cette espèce dont la 
présence ait été constatée dans notre province. 

Elle niche par milliers sur les îles du golfe du Mexi- 
que et des environs. 

Cette espèce fait son nid à terre, au milieu d'une touffe 
d'herbe et le construit avec des herbes marines et autres ; 
5a ponte est de trois à cinq œufs variant du grisâtre terne 



52 LES OISEAUX 

au brun verdâtre, maculés de brun et de lilas. Ils mesu- 
rent 2.25 X 1.60. ha ponte a lieu au commencement de 

Le cri que fait entendre cet oiseau lorsqu'il est excité, 
ressemble assez au rire prolongé d'une personne, et c'est 
pourquoi on lui a donné le nom qu'il porte. 

Larus philadelphia, (Ord.) Gray. 60. 

Le Goéland de Bonaparte. 

Bonaparte 's Gull. 

Adultes S Ç . Toute la tête et le haut du cou d'un noir bleuâ- 
tre ; le reste de ce dernier, les parties inférieures, la queue et le 
croupion blancs, teintés de rose sur la poitrine et sur le ventre ; 
manteau gris perle pâle ; première rémige blanche avec le 
bord extérieur et le bout noirs ; deuxième rémige blanche avec 
le bord extérieur ou intérieur, ou même quelquefois les deux côtés, 
vers l'extrémité, ainsi que le bout, noirs ; les rémiges qui suivent 
ont également le bout noir et le côté intérieur cendré ; le reste des 
autres rémiges, est de cette dernière teinte et également noir vers 
l'extrémité, avec la pointe cendrée ; bec noir ; pieds rouges. Lon- 
gueur 12.00—14.00; ailes 10.25 ; bec 1.20. 

En hiver, toute la tête et le cou, sont blancs, teinté de grisâ- 
tre sur l'occiput et de brun foncé à la région auriculaire et en avant 
de l'œil; pieds de couleur chair pâle; le reste du plumage ne 
change pas. 

Les jeunes ont le bec de couleur chair pâle, dans sa plus grande 
partie, ainsi que les pieds ; les parties supérieures sont d'un gris bru- 
nâtre avec les plumes du dos et des scapulaires d'un brun grisâtre, 
terminées de jaune brunâtre pâle ; une partie des couvertures su- 
périeures des ailes, la plus grande partie des rémiges intérieures, 
et le croupion, d'un gris bleuâtre; les petites couvertures des ailes, 
d'un gris brunâtre foncé ; le bord extérieur des deux premières ré- 
miges, noir sur presque toute leur étendue ; toutes les rémiges sont 
noires vers le bout et terminées de blanc ; toutes les parties infé- 
rieures avec les côtés de la tête, du cou et la queue, blancs ; cette 
dernière porte une bande subterminale noire, avec l'extrémité des 
pennes, blanche. En hiver, la tête et le cou sont blancs, avec une 
tache auriculaire d'un brun foncé ; le manteau et presque toutes les 
rémiges, d'un gris bleuâtre ; ces dernières sont terminées de noir ; 
les petites couvertures des ailes, surtout celles du centre, sont d'un 
brun foncé. 

Le Goéland ou Mouette de Bonaparte fréquente toute 
l'Amérique septentrionale et niche dans la partie nord depuis 
les Etats-Unis jusqu'à la baie d'Hudson, Manitoba et à 
l'Ouest jusqu'au Yukon. En hiver, il se rencontre depuis. 



I)K LA PROVINCK DK QUEBEC 53 

le M;iinf cl la Colombie britanniciuc juscju'à la liiiiitt- sud 
des Ktats-Unis. 

On le mentionne comme très commun sur le> lacs et 
les marais depuis le Manitoba en allant vers le nord, et sur 
ceux de la Colombie anglaise. 

Cette espèce, qui a une distribution <;énérale, n'est pas 
rare du tout sur le St-Laurent, et chaque automne il s'en 
tue un certain nombre sur les trrùves aux environs de Qué- 
bec, sur celle de la côte de Beaupré, à IMle d'( )rléans, à St- 
Michel, à St-Denis de Kamouraska, à l'IleA'erte, Rimouski, 
etc. M. Wintle la mentionne comme commune et de pas- 
saji^e à Montréal ; elle se trouve à Anticosti en été (.SV// //////), 
ainsi qu'à (lodbout, où elle arrive en mai (Conirau). 

Klle place son nid à terre dans les buissons, sur des 
endroits élevés, ou encore sur un tronc d'arbre, dit-on, et 
le construit avec de petites branches et des herbes ; ses 
œufs, au nombre de trois ou quatre, varient du verdcàtre au 
gris brunâtre, maculés de brun et de lilas ; ces taches sont 
ordinairement plus groupées vers le gros bout. Ils mesurent 
1.90 X 1.30. La ponte a lieu vers la fin de juin. 

Elle mange de petits coléoptères, des crevettes et de 
petits poissons ; on la voit souvent dans les champs labou- 
rés cherchant des larves d'insectes et des vers. 

Genre XEMÂ, Leach. 

Pouce petit mais bien développé ; queue très échancrée ou 
simpleuient fourchue : bec plus des deux tiers de la longueur des 
tarses. 

Xema sabini, (S.vb.) Leach. 62. 

Le Goéland de Sabine. 
Sabine Gull. 

Adultes $ Ç. Bec et pieds noirs, le premier terminé de jaune 
chrome ; tête et haut du cou d'un ardoise foncé ou plombé, bordé 
en dessous par un étroit collier noir ; manteau gris bleuâtre foncé; 
rémiges noires, les cinq dernières mélangées de blanc et de gris 
de plomb ; reste du plumage blanc ; queue fourchue. Longueur 
13.00-1400: ailes 10.10-11.15; queue 4.50-5.00 ; partie fourchue 
0.60-1.00 ; bec i.oo. 

En hiver, la tête et le cou sont blancs, lavés d'un noirâtre 
plombé sur le derrière de la tête, du cou et à la région auriculaire. 

Les jeunes ont toutes les parties inférieures, la queue et sts 
couvertures supérieures blanches, avec une bande transver- 



54 LES OISEAUX 

sale noire vers l'extrémité des rectrices, qui sont terminées de 
blanc ; manteau et en général les parties supérieures d'un gris 
brunâtre, chaque plume étant plus foncée vers le bout et termi- 
née de brun jaunâtre pâle. 

Ce Goéland habite les régions arctiques en été et, dans 
l'Amérique du Nord, niche en quantité sur les marais 
depuis le Groenland et l'Alaska en allant vers le nord ; à 
l'automne, il émigré sur les grands lacs, le lac Salé et dans 
les états de la Nouvelle-Angleterre. Il se voit accidentel- 
lement dans le Kansas, les Bahamas et le Pérou. 

Comme ce Goéland habite la baie d'Hudson, le Groen- 
land et le Labrador en été, et qu'à l'automne il émigré au 
sud jusque sur les grands lacs et dans la Nouvelle-Angle- 
terre, il doit donc, pour effectuer ces voyages, passer à tra- 
vers notrfe province ; voilà pourquoi je le mentionne comme 
pouvant se rencontrer dans nos parages, lors de ses migra- 
tions. 

Il niche dans une légère dépression de terrain, et 
construit un nid avec des herbes sèches et de la mousse; 
quelquefois même il le place tout simplement au milieu de la 
mousse dans une cavité du sol ; il pond trois ou quatre œufs 
d'un brun verdâtre, maculés de brun plus foncé. Ils mesu- 
rent 1.78 X 1.26. La ponte a lieu en juin ou juillet. 

Cette espèce se nourrit, dit-on, particulièrement de vers 
et d'insectes, qu'elle trouve dans la vase des endroits maré- 
cageux ou humides. 

S0US-FAM11.1.E STERNIN^— Sternes. 

Epaisseur du bec à l'angle moindre que vers le milieu des nari- 
nes, bout de la mandibule supérieure droit ou légèrement recour- 
bé ; bec petit, étroit et pointu, angle de la mandibule inférieure 
peu apparent ; ailes extrêmement longues, étroites et pointues. 
Quelques espèces ont les plumes de l'occiput et de la nuque al- 
longées. 

Les Sternes se nourrissent de petits poissons, d'insec- 
tes, de vers, de jeunes grenouilles, de crevettes, etc. 

Genre STERNA, Linné. 

Queue fourchue ; tarses plus courts que le doigt médian, 
l'ongle excepté ; épaisseur du bec à la base moins d'un tiers de la 
longueur de la mandibule supérieure ; gonys plus long que le 
doigt intérieur sans l'ongle. 



I)K I,A PROVIN'CK DE QUKBF.C 55 

SODS-GRNRK THALASSEUS, HoiK. 

Quelle beaucoup moins lonj^ue que la nioilit* de l'aile ; la par- 
tie fourchue moins d'un cinciuiènie de sa lonji^ueur totale; plumes 
de roccij)ut courtes ; bord intérieur des rémiges entièrement j^ris 
ou anloisé. 

Sterna caspia, I'am.as, 64. 

La Sterne Caspienne. 
Casiman Tkrn. 

Adultes (? 9 • Parties supérieures d'un gris perle pâle, lilan- 
cliissant sur la queue, avec tout le sommet de la tête jusqu'au 
dessous des yeux et la nuque d'un noir lustré ; rémiges d'un gris 
perle foncé ; le reste du j)lumage blanc ; bec rouge corail, avec 
l'extrémité noirâtre ; pieds noirs. Longueur 19.00-22.50 ; ailes 
15.00-17.40; queue 5.30-6.75; l'échancrure 0.75-1.60; bec 2.48- 
3.10. 

Les adultes après la ponte ont le dessus de la tête mélangé de 
blanc et. en hiver, ces parties sont rayées ou pointillées de blanc 
grisâtre. 

I^e.s jeunes ont le dessus du corps d'un grisâtre pâle, plus ou 
moins maculé de brun foncé ; le dessus de la tète blanc grii^âtre ; 
l'occiput et la petite huppe noirs, mélangé de blanc grisâtre anté- 
rieurement ; une tache brunâtre vers l'extrémité intérieure des 
rectrices ; reste du plumage blanc pâle ; bec roux orangé pâle. 

Cette espèce, qui est la plus grosse de la sous-famille, 
est presque cosmopolite. Daus l'Amérique du Nord, elle 
niche depuis les régions arctiques, au sud, jusqu'à la Vir- 
ginie, le lac Michigan, le Texas, le Nevada et la Californie, 
où elle se montre plus ou moins commune. 

D'après M. Wintle, cette Sterne aurait été rencontrée 
deux fois dans le district de Montréal. Une a été tuée dans 
le bas du fleuve St-Laurent, au printemps de 1900, et j'ai 
également vu une autre peau de cet oiseau, il y a déjcà plu- 
sieurs années, provenant aussi du même endroit. 

Elle niche isolément et pond deux ou trois œufs d'un 
blanc grisâtre ou vert jaunâtre, avec taches de brun et de 
lilas de différentes teintes, qu'elle dépose dans un enfonce- 
ment du sol sur la terre nue. Ils mesurent 2.66 x 1.80. La 
ponte a lieu en juin ou juillet. 

SoUS-GENRE STERN.\. 

Ailes moins de douze pouces de longueur ; manteau d'un gris 
bleuâtre ; queue particulièrement blanche et beaucoup de blanc 
au bord intérieur des rémiges. 



56 LES OISEAUX 

Sterna hirundo, Linné, 40. 

I/a Sterne commune. 

COMMON TERN. 

Adultes $ Ç . Dessus de la tête et nuque noires, à reflets ver- 
dâtres ; parties supérieures d'un gris perle foncé, avec le croupion 
et la plus grande partie de la queue d'un blanc pur ; parties infé- 
rieures d'un blanc grisâtre ; première primaire noire extérieurement ; 
rectrice latérale blanche au bord intérieur et brun foncé à l'ex- 
térieur ; bec rouge vermillon vif, noir au bout. Longueur 13.00- 
16.00; ailes 9.7.S-II-75; queue 5.00-7.00 ; partie fourchue 3.50; 
bec 1.25- 1.50. 

En hiver, le bec et les pieds sont moins rouges ; toutes les par- 
ties inférieures sont blanches, et le dessus de la tête est mélangé de 
blanc. 

Les jeunes ont le front, les lorums, les parties inférieures, les 
■couvertures supérieures de la queue, le bord intérieur des rectrices 
et l'extrémité des secondaires, blancs; le reste des parties supé- 
rieures, d'un gris pâle ; région des yeux, occiput et nuque, d'un 
^noirâtre pâle ; la couronne est mélangée de noirâtre et de blanc gri- 
sâtre. 

Cette Sterne habite l'hémisphère nord, niche, en Amé- 
rique, depuis les régions arctiques jusqu'à la Floride et le 
Texas, et se voit au sud, en hiver, depuis les Etats-Unis 
jusqu'au Brésil. Elle est une des plus communes et se 
montre aussi bien sur les lacs et autres étendues d'eau de 
l'intérieur que sur les côtes maritimes et celles du St-Eau- 
rent. 

Cette espèce est très commune sur le fleuve St-Eaurent; 
elle niche sur plusieurs des îles du fleuve et se voit en grand 
nombre au Eabrador et sur les îles de la Madeleine ; elle a été 
remarquée sur les Mille-Iles oii un nid fut trouvé par M. 
Young en juin 1895, d'après M. Macoun. Elle se voit 
en été et en automne, et quelques couples couvent sur l'île 
(Anticosti), mais un bien plus grand nombre sur les îles 
dénudées de Mingan oii l'on trouve leurs nids sur la 
terre {Schmitf). Nous la voyons au printemps, mais sur- 
tout à l'automne, oîi elle se montre très commune, sur les 
grèves de Beauport, de la côte de Beaupré, à l'île d'Or- 
léans, à St-Michel de Bellechasse, etc. 

Comme les espèces précédentes, elle niche à terre, 
sur des herbes desséchées qu'elle amasse à cette fin, mais 
quelquefois sur la terre nue ; sa ponte est de trois ou quatre 
œufs d'un brun jaunâtre pâle, teintés d'olivâtre et maculés 



DM I,A PROVINCK DE QUKBKC 57 

<lc brun foncé on de noirâtre. Ils mesurent 1.57 x i.2u. 
La ponte a lieu en mai ou en juin. 

Sterna paradisaea, Urinn. 71. 

I/a sterne arctique. 

AkCTic Tkkn. 

Adultes S 9- Dessus (le la tète et uufjue d'un noir verdâtre 
lustré ; plunia>;e d'un jïris perle foncé, plus clair sous le corj)S et 
blanchissant sur le menton et la gorge ; le croupion, les couvertu- 
res de la queue avec celte dernière, l'extrémité des secondaires et 
le bord de l'aile, d'un blanc pur; rectrice extérieure blanche en 
dedans et noir «^risàtre en dehors ; bec et pieds rouge carmin ; 
pieds i)etits et faibles. Lonj^ueur 14.00 - 17.00 ; ailes 10.00 - 10.75 ; 
queue 6 50 - S. 50 ; écliancrure de la queue 4.00 - 5.00 ; bec 1.25. 

lùi hiver, le front et la couronne sont blancs, cette dernière est 
rayée de noir, ce noir devient plus intense à mesure qu'il de.scend 
sur la nuque, qui est noire; les parties inférieures sont 
■d'une teinte plus blanchâtre ; le bec et les pieds sont moins rouges. 

Les jeunes ont la couronne d'un noir terne, j)ointillé de blanc; 
ces points sont disposés en séries qui s'étendent jusqu'aux yeux, 
sur la région des oreilles et sur la nuque; le dos est d'un gris 
bleuâtre clair, avec les plumes terminées de Idanc jaunâtre ; la 
plupart de ces plumes portent un croissant d'un brun noirâtre vers 
l'extrémité, ce croissant est plus petit sur le dos et plus grand sur 
les couvertures des ailes ; le front, les couvertures supérieures de 
la queue et toutes les parties inférieures, blancs, teintés de bru- 
nâtre pâle sur les parties antérieures. 

Cette Sterne habite l'hémisphère nord et niche depuis le 
Massachusetts, au nord jusqu'au Groenland et à l'ouest 
jusqu'aux îles Aléoutiennes et l'Alaska. En hiver, elle se 
voit dans les Ktats-l'nis du centre jusqu'à la Californie et 
la \'irginie. 

D'après M. Wintle, elle serait rare et de passage à 
Montréal ; ^I. Comeau dit qu'elle est très commune à 
Godbout dans certaines places où elle niche, qu'il en a tué 
seize d'un coup de fusil ; elle arrive de bonne heure en juin. 

Cette espèce a les mêmes habitudes que la Sterne com- 
mune, mais elle se voit beaucoup plus au nord et elle est 
aussi plus rare. 

Ses œufs, au nombre de deux ou trois, sont difficiles à 
reconnaître de ceux de la précédente. Ils mesurent 1.65 
X 1.15. La ponte a lieu dans la première partie de juin. 



58 LES OISEAUX 

Sous-genre STERNULA, Boie. 

Queue environ la moitié de la longueur de l'aile et échancrée 
jusque dans la moitié de sa longueur ; ailes moins de sept pouces 
de longueur. 

Sterna antillarum, (Less.) Coues, 74. 

I/a petite Sterne. 

Least Tern. 

Adultes ^Ç. Parties supérieures, y compris la queue, d'un 
gris perle pâle, avec le dessus de la tête, la nuque et une ligne du 
bec à l'œil, d'un noir verdâtre lustré; une bande sur le front, se 
dirigeant sur les côtés de la tête au-dessus des yeux et les parties 
inférieures, blanches ; bec jaune vif ; pieds jaune orangé. Lon- 
gueur 8.50-9.75 ; ailes 6.60; queue 3.50; partie fourchue 1.75 ; bec 
1.20. 

En hiver, le front, les lorums et la couronne, sont d'un blanc 
grisâtre, l'occiput et la nuque noirâtres, le bec et les pieds jaune 
pâle. 

Les jeunes ont les plumes des scapulaires marginées de brun 
foncé, avec la tige des primaires plus foncé ; les petites couvertu- 
res des ailes d'un ardoise foncé ; le reste du plumage semblable à 
celui des adultes en hiver. 

Cette petite Sterne habite l'Amérique septentrionale 
depuis le nord de l'Amérique du Sud oii elle est très com- 
mune, au nord jusqu'à la Californie et la Nouvelle-Angle- 
terre, et se voit accidentellement au Labrador, quoique Au- 
dubon la mentionne comme très commune à cet endroit^ 
où elle niche sur les côtes. 

Je me rappelle avoir vu, il y a quelques années, un 
spécimen de cette espèce, qui avait été tué près de Québec. 

Elle pond de deux à quatre œufs qu'elle dépose sur la 
terre nue, dans un enfoncement du sol ; ils sont d'un ver- 
dâtre pâle ou jaune brunâtre, irrégulièrement maculés de 
brun clair. Ils mesurent. 1,25 x 0.95. La ponte a lieu 
en juin. 

Genre HYDROCHELIDON, Boie. 

Bec plus court que la tête et plus long que le doigt médian, 
l'ongle compris ; queue un peu plus d'un tiers de la longueur de 
l'aile; la partie fourchue environ un cinquième de la longueur 
totale ; rectrices extérieures larges et arrondies au bout ; ailes 
très longues et pointues ; membrane interdigitale très échancrée, 



DE LA PROVINCE DE QUEBEC 59 

Hydrochelidon nigra surinamensis, ((îmi.i..) Stejn. 77. 

La Sterne noire. 

Hl.AL K l'i-KN. 

Adultes S 9- Toute la tOte, le cou et les parties inférieures 
d'un noir unifor.iie, avec les couvertures inférieures de la queue 
blanches : parties supérieures d'un pris de plomb uniforme. Lon- 
gueur 9.00- 10.25 ; ailes S.25 ; queue 3.75 ; i)artie échancrée 0.90 ; 
bec i.io. 

Kn hiver, le front, le cou et les parties inférieures, blancs, tein- 
té de brun foncé autour des \eux et sur les oreilles ; le dessus est 
plus prde, i)lusieurs i)liimes du dos sont bordées de blanchâtre ; les 
petites couvertures des ailes à leur partie antérieure sont d'un noir 
grisâtre ; le reste tst semblable au i)lumage de printemps. 

Les jeunes ont le front d'un blanc grisâtre, plus foncé sur la 
couronne et noircissant sur la nuque et à roccii)ut ; un croissant 
noir en avant de l'œil ; petites couvertures des ailes d'un noir gri- 
sâtre ; plumes du dos et des scapulaires bordées de brunâtre pâle. 
Le reste du plumage est semblable â celui de l'hiver. 

Cette Sterne habite les zones tempérée et tropicale de 
l'Amérique ; elle niche dans l'intérieur depuis la Californie, 
le Kansas et Tlllinois jusqu'à l'Alaska, à l'est, jusqu'au 
Nouveau-Brunswick ; en hiver, on la rencontre au sud des 
Etats-Unis, jusqu'au Chili. 

Deux spécimens, un jeune et un adulte, ont été tués 
en automne sur les trrèves de Beauport, il y a déjà un cer- 
tain nombre d'années et depuis je n'en ai plus revu ; ils sont 
conservés au musée de l'Université Laval. 

Cette espèce niche en colonies et construit un nid avec 
des herbes sèches, qu'elle place dans les joncs ati bord des 
marais, mais elle pond souvent ses œufs sur des amas d'her- 
bes en décomposition qui flottent sur l'eau. Sa ponte est 
de deux à quatre œufs, d'un brun olive ou verdâtre, avec 
nombreuses taches, de différentes grosseur, de brun pâle ou 
de brun noirâtre. Ils mesurent 1.35 x 0.95. La ponte a 
lieu en juin. 

Ordre TUBINARES— Palmipèdes à narines 
tubulaires. 

Bec formé en apparence de plusieurs pièces distinctes et sépa- 
rées par de profonds sillons, à extrémité renflée et crochue ; nari- 
nes tubulaires s'ouvrant à l'extrémité de deux tubes courts et sail- 



6o LES OISEAUX 

lants ; pouce petit ou simplement remplacé par un ongle rudimen- 
taire ou nul parfois ; pieds ordinairement courts ; doigts antérieurs 
totalement palmés ; queue ordinairement courte ou de moyenne 
longueur ; ailes d'ordinaire longues, fortes et pointues, de dix pri- 
maires résistantes. Plumage serré et enduit d'une humeur huileu- 
se . 

Le caractère principal et essentiel qui distingue cet 
ordre d'oiseaux repose dans la forme tubulaire des narines, 
qui sont situées dans une rainure creusée sur la mandibule 
supérieure. Leurs ailes longues et fortes assurent à ces 
oiseaux une grande puissance dans le vol ; aussi, hors le 
temps de la ponte, ne viennent-il que bien rare- 
ment à la côte ; ils sont essentiellement pélagiens et se 
rencontrent à toute distance sur l'onde, mais partictilière- 
ment à la haute mer. On les voit sans cesse planer au-des- 
sus de la surface de l'eau, ne se reposant que quelques ins- 
tants sur les vagues. Leur pi Limage est serré et enduit 
d'un liquide huileux qui le rend impénétrable à l'eau. 
Quelques espèces ont la faculté, lorsqu'elles sont irritées, 
de dégorger sur l'ennemi, par les narines et par le bec, un 
liquide huileux. 

Leur nourriture consiste en poissons, crustacés, cépha- 
lopodes, zoophites, vers, chair de cétacés et autres matières 
animales, qu'ils capturent à la surface de la mer, en tombant 
dessus du haut des airs. Ces oiseaux nagent bien, mais ils 
ne peuvent plonger. 

Les œufs sont peu nombreux et il se rencontre des 
espèces qui n'en pondent qu'un seul ; les nids sont grossiè- 
rement faits avec de petites branches, des herbes, etc ; 
quelques-unes ne prennent pas même la peine dé réunir 
des débris de végétaux et elles déposent leurs œufs sur 
le sol nu ou dans une fente de rocher. 

Deux familles se rencontrent dans notre faune. 

ANALYSE DES FAMILLES. 

Narines placées à l'extrémité de deux tubes distancés l'un de 
l'autre. Diomedeid.k. 

Narines placées à l'extrémité de deux tubes adossés l'un à l'au- 
tre. Procellariid.E. 

Famille DIOMEDEID^ — Albatros. 

Bec robuste, droit, plus long que la tête, fortement recourbé 
et crochu au bout ; narines s 'ouvrant à l'extrémité de deux tubes 



DK I,A PROVINCK DK QUÉBEC 6l 

trùs courts, situés sur la mandibule supérieure et distancés l'un 
de l'autre ; ailes trOs longues et étroites ; pouce rudimentaire. 

Les Albatros sont ceux des oiscnux de j^^randc taille, (jui 
s'éloij^nent le plus des côtes ; doués d'une grande puissance 
dans le vol, ils aiment à se balancer au-dessus des vagues 
et ri en suivre les ondulations lorsqu'ils sont en quête de 
nourriture. On peut les voir voler et se diriger, sans le 
moindre effort apparent, à Tencontre des vents les plus 
forts. Ils se nourrissent le plus communément de mollus- 
ques, de céphalopodes et de poissons ou de toute chair 
animale vivante ou morte, qu'ils trou\cnt à la surface de 
l'onde. 

Les Albatros fréquentent particulièrement les mers 
des pays tropicaux. 

Nous n'avons dans notre faune qu'un seul genre repré- 
sentant une espèce qui a été rencontrée accidentellement 
dans la province. 

Genre THALASSOGERON, Ridgway 

Bec étroit en dessus et de couleur noire, avec une bande lon- 
gitudinale jaune sur la mandibule supérieure, depuis la base jus- 
qu'à l'extrémité. 

Thalassogeron culminatus, (Gould), Ridg. 83. 

I<'Albatros à nez jaune. 
Vkllow-noseo Aluaïros. 

Adultes (? 9 • Parties supérieures d'un noir ardoisé, avec la 
tête et le cou blancs, parfois teintés, de gris de plomb ou gris cendré, 
sur le dessus de la tête et du cou, avec une tache noirâtre en avant 
et en arrière de l'œil ; croupion et parties inférieures, blancs ; queue 
d'un brun grisâtre ; dessus de la mandibule supérieure jaune. 
Longueur 35.00-37.00; ailes 17.75-21.00; queue 8.00-9.00; 
bec 4.35-4.50. 

Le musée de l'Université Laval possède nu spécimen 
de cette espèce, qui a été tué le 20 août 1885, à l'embouchure 
de la rivière Moisie, sur la côte nord du St-Laurent. C'est 
le seul exemple, en notre province, de la présence de cet ha- 
bitant de l'océan Indien et du Pacifique sud et c'est la troisiè- 
me fois qu'il fait son apparition sur le continent américain. 

Cet oiseau ne pond qu'un œuf d'un blanc sale, à peine 
maculé de gris bleuâtre; il mesure 4.18x2.63. Son 



62 LES OISEAUX 

nid est construit avec des herbes et de la boue réunies et 
tapissé à l'intérieur d'herbes molles et de plumes d'oiseaux. 

Famille PROCELLARIID JE — Puffins et Pétrels. 

Bec ordinairement plus court que la tête et très recourbé au 
bout ; narines s 'ouvrant à l'extrémité de deux tubes réunis et pla- 
cés en avant du front sur la mandibule supérieure ; pieds courts ; 
pouce petit et situé plus haut que les doigts antérieurs ; queue 
courte ou de longueur moyenne ; ailes longues, fortes et pointues. 

Ces oiseaux se tiennent constamment éloignés de terre ; 
ils sont des plus marins ou de ceux qui s'aventurent le plus 
loin sur la mer. Leur vol est fort et résiste au vent ; mais 
lorsque l'ouragan se déchaîne, il arrive quelquefois, dit-on, 
qu'ils viennent se réfugier sur les vergues des navires, afin 
de se reposer, ce qui leur a fait donner le nom ^l Oiseaux de 
tempêtes. Les Pétrels ne plongent pas et ne nagent que 
fort rarement ; mais ils ont la singulière faculté de courir 
sur l'onde les ailes déployées. 

Leur nourriture consiste en vers marins, etc ; ils se 
rassasient aussi volontiers de la chair des cétacés dont ils 
trouvent les cadavres à la surface de la mer, ou encore de 
toute autre matière grasse. 

Ils nichent dans des trous de rochers escarpés. Lors- 
qu'ils sont surpris, ils dégorgent contre l'assaillant, une li- 
queur huileuse qu'ils ont toujours en abondance dans l'es- 
tomac et qui l'aveugle momentanément. 

Ces oiseaux nourrissent leitrs jeunes dans les premiers 
jours de leur éclosion, avec un liquide huileux que ren- 
ferme leur estomac. 

SoUS-FAMILLE FULMARIN^— FULMARS. 

Ailes plus de sept pouces de longueur ; narines séparées par 
une cloison mince, beaucoup plus étroite que l'orifice des narines 
et n'atteignant pas même leur extrémité. 

Genre FULMARUS, Stephen. 

Bec plus court que les tarses et environ aux deux tiers de la 
longueur de la tête, très gros, surtout à la base ; commissure très 
courbée ; tubes nasaux proéminents, longs et se prolongeant pres- 
qu'à la moitié du bec ; ailes de longueur moyenne atteignant le 
bout de la queue. 



DK LA TRUVINCK UK yiÉlU-X 63 

Sous-GRNRE Kl" KM ARTS. 

Bec court et robuste, sa jjIus grande épaisseur éj^ale presque 
la moitié de sa longueur ; rectrices quatorze. 

Fulmarus glacialis, (Linn.) Stkimi. 86. 

Le Fulmar. 

iM I.MAK. 

Adultes (? Ç . Tête, cou et ])arties inférieures, blancs ; le reste des 
parties sui)érieures, gris bleuâtre i)erlé, avec les rémiges d'un brun 
cendré foncé ; bec jaune, teinté de vert foncé sur le dessus et à la man- 
dibule inférieure ; iris brun. Longueur i S. oo- 20.00 ; ailes 12.50- 
13-75 ; bec 1.45 - 1.58 ; sa plus grande épaisseur 0.63. 

Des cas de mélanisnie .se rencontrent chez ces indivi- 
dus ; leur livrée est alors d'un <i^ris enfumé uniforme. 

Cet oi.seau habite l'Atlantique nord oii il se montre 
très commun ; il se voit en Amérique, au .sud, en hiver, jus- 
que sur les côtes de la Nouvelle-. Vns^leterre et niche depuis 
la baie d'Hudson et la partie sud (hi Groenland, en allant 
vers le nord. 

Le nombre prodigieux de Fulmars, dit Davie, dans quel- 
ques-unes des localités du Groenland, où il niche de préfé- 
rence, est quelque cho.se d'étonnant ; ils s'y voient par 
myriades sur les récifs inaccessibles des endroits monta- 
gneux des côtes et déposent leur unique œuf dans les 
crevasses de ces rochers ( i ). 

Un individu dans sa livrée de mélanisme a été tué sur 
les grèves de Beauport, il y a quelques années ; il fait 
partie de la collection ornithologique de mon ami M. R. 
Lavoie, de l'Islet. C'est le seul exemple connu jusqu'à 
présent de sa présence chez nous. 

Son œuf est blanc, à surface rugueuse et mesure 
2.90 X 2.00. La ponte a lieu en juin. 

Ces animaux se nourrissent de tout ce qu'ils peuvent 
rencontrer de matières animales et surtout des cadavres de 
baleines, de phoques, etc., qu'ils trouvent flottant sur l'eau. 

Le Fulmar notirrit son jeune durant les premiers jours 
de son existence, en dégorgeant dans son. bec un liquide 
htiileux que renferme son estomac et qui est de couleur 
d'ambre clair. 



(i) Davie. Xests and eggs of North American Birds. 



64 LES OISEAUX 

SOUS-FAMILLE PUFFININ^— PUFFINS. 

AilCvS plus de sept pouces de longueur ; narines séparées par 
une cloison épaisse, aussi large ou même plus que l'orifice 
des narines et se rendant jusqu'à leur extrémité ou bien près de là. 

Genre PUFFINUS, Brisson. 

Bec délié, presque aussi long que la tête et des deux tiers de 
la longueur des tarses, plus haut que large à la base, comprimé 
sur tout le reste de son étendue et tiès recourbé à son extrémité ; 
bout des deux mandibules très courbé vers le bas ; tube nasal 
court et tronqué obliquement au bout ; narines visibles en dessus; 
ailes longues et pointues, excédant la queue ; pieds gros ; doigt 
extérieur aussi long que le médian ; son ongle beaucoup plus petit 
que les autres ; queue beaucoup moins longue que la moitié de 
l'aile, légèrement arrondie ou quelque peu graduée. 

PufBnus gravis, (O'Rielly) Salvin. 89. 

1/6 grand. Puffin. 

Greater Shearvvater. 

Adultes S' 9. Parties supérieures d'un brun grisâtre enfumé, 
uniforme sur la tête et le derrière du cou et plus foncé sur le 
dessus du corps, oii les plumes sont bordées de cendré brunâtre 
pâle et de cendré blanchâtre ; toutes les parties inférieures depuis 
le bec et les côtés du cou s 'étendant en arrière vers la base, blancs, 
avec de largts taches isolées brunâtres sur les côtés du corps ; 
primaires et queue d'un noir brunâtre; couvertures supérieures 
de la queue en partie blanches, les inférieures, d'un brun grisâtre, 
mélangées de blanc ; bec noirâtre ; le côté extérieur des tarses et 
le doigt extérieur brunâtres ; les autres doigts, les palmures et le 
côté intérieui des tarses, d'un roux jaunâtre clair ; iris brun. 
Longueur 19.00- 20.00 ; ailes 11.50- 13.00 ; bec i.So- 1.S5. 

Cet oiseau, qui habite l'océan Atlantique, se rencontre 
parfois en nombre immense, dans ces parages où, quand il 
cherche sa nourriture, on peut le voir, de son vol léger et 
gracieux, effleurer la crête des vagues à la manière des pe- 
tites espèces de Pétrels. 

Un spécimen de cette espèce, qui se trouve au musée 
de l'Université Laval, a été étiqtieté par M. Uechevalier 
comme ayant été capturé par lui-même ati Labrador en 
octobre 1872. C'est là, à ma connaissance, le seul spé- 
cimen rencontré sur nos rives. 

On connaît peu de chose de ses habitudes de nidifi- 
cation et de l'endroit où il niche ; on dit cependant qu'il 



DK LA PROVINCE DK QUÉBEC 65 

fait sa ponte an rinx-iilaïul cl sur les îles de l'Atlantique 
nord. 

Son (enf est d'un blanc sale ou hlanc jaunâtre et 
mesure 2.75 x 1.85. 

Sois- FAMILLE PROCIXLARI I NMv — Petrk LS. 

De petite taille ; ailes de sept pouces ou moins de longueur ; 
tarses aussi longs ou plus longs que le doigt médian avec l'ongle. 

Genre PROCELLARIA. Linné. 

Hec petit et court, comprimé, moins de moitié de la longueur 
de la tête ; ailes dépassant la queue ; cette dernière carrée ou 
légèrement arrondie ; tarses deux fois la longueur du calmen. 

Procellaria pelagica, LixxÉ, 104. 

Le Pétrel pélagien. 
Stokmv Pétrel. 

Adultes <? 9- Plumage d'un noir brunâtre lustre, moins foncé 
ou gris de suie en dessous ; couvertures supérieures de la queue 
blanches, avec les plumes terminées de noir; région anale rayée 
de blanc, bec et pieds noirs. Longueur 5.50 5 75 ; ailes 4.50-4.90 ; 
queue 2.40-2.60. 

Le Pétrel pélagien habite l'océan Atlantique nord, par- 
ticulièrement le littoral de l'ancien continent et se voit au 
sud jusqu'en Afrique. Sur le continent américain, il se mon- 
tre à Terre-Neuve et niche sur les îles des environs ainsi 
que sur l'île St-Paul dans le golfe St-Laurent. 

M. le Dr Schmitt dit qu'il se rencontre de préférence 
au large de la partie sud et de la partie est de l'île d'Anti- 
costi. 

Il niche dans un trou de rocher et pond un œuf blanc, 
avec de petits points en cercle, de brun roux, vers le gros 
bout. Il mesure 1.05 x 0.80. La ponte a lieu en mai ou 
juin. 

Genre OCEANODROMA, Reichenbach. 

Bec beaucoup plus court que la tète, assez gros et environ les 
deux tiers de la longueur des tarses, très crochu et à pointe aiguë; 
tube nasal n'atteignant ])as la moitié de la longueur du bec ; ailes 
de longueur moyenne, dépassant la queue ; la deuxième primaire 
étant la plus longue ; queue fourchue ; jambes courtes. 

5 



66 



LES OISEAUX 



Oceanodroma leucorhoa, (Vieill.) Stejn. 106. 

I/C Pétrel de I^each. 

IvEÀcH Pétrel. 

Adultes (? Ç . Plumage d'un noir de suie uniforme, plus clair 
en dessous, avec la base des rectrices grisâtre et les couvertures 
supérieures de la queue blanches ; bec et pieds noirs ; iris brun. 
Longueur 7 50- 8.90; ailes 6.00 --6.30 ; queue 3.50-4.00, la partie 
fourchue 0.80 ; bec 0.67. 

Le Pétrel de Leach habite 
le nord des océans Atlan- 
tique et Pacifique où il se 
voit par milliers sur certaines 
îles et côtes ; à l'automne, 
sur notre continent, il émigré 
au sud jusqu'à la Virginie 
et la Californie. Du côté de 
l'Atlantique, il niche depuis 
le Maine en allant vers le 
nord. 

Il a été vu dans différents 
endroits du golfe St-Laurent 




x^ 



FiG. 4. Le Pétrel de Leach. 



et quelques-uns nichent sur le grand rocher aux Oiseaux, 
l'île Bryon et probablement sur d'autres îles du groupe de 
la Madeleine {Macouji). Le Dr Schmitt le mentionne com- 
me commun à Anticosti ; ainsi qu'à Godbout, d'après M. 
Comeau. Il est à ma connaissance que quatre individus 
ont été tués en différents temps, à l'automne, sur les grèves 
de Maizerets et de Beauport. 

Ce Pétrel pond un œuf qu'il place dans une anfrac- 
tuosité de rocher ou à terre sous les branches inférieures 
des arbres. Cet œuf est blanc, quelquefois avec un cercle de 
points rouges vers le gros bout ; il mesure 1.34 x i.oo. La 
ponte a lieu en juillet. 

Lorsque cet oiseau est irrité, il lance sur son assaillant, 
avec son bec, un fluide huileux et rougeâtre dans le but de 
l'éloigner. 

Il fréquente de préférence la haute mer et se montre 
par bandes, quoiqu'on le rencontre cependant seul. On peut 
le voir voler, sans mouvement apparent des ailes, pendant 
tout le jour, effleurer les vagues de la mer, ou suivre toutes 



DK LA PROVINCE DE QUÉBEC 67 

leurs ondulations et cela sans jamais toucher Peau. Par- 
fois il s'élî^vc dans l'air, bat vivement des ailes, puis il 
plane pendant quelques instants dans toutes les directions 
et descend ensuite pour contiiuier son vol au-dessus des flots. 

Sous-famille OCEANITIN.-E. 

Secondaires dix ; jambes et pieds très longs ; ongles larges et 
obtus, pouce très petit. 

Genre OCEANITES, Keyserling et Blasius. 

Bec court, comprimé et faible, moins de moitié de la longueur 
de la tête ; ailes très longues, première primaire beaucoup plus 
courte que la troisième ; ongles plats, larges et obtus. 

Oceanites océaniens, (Kuhl.) Liciit. 109. 
I/C Pétrel de Wilson. 

Wilson's Phtkei.. 

Adultes $ 9- Plumage d'un brun de suie foncé, un peu plus 
pâle en dessous ; ailes et queue noires avec les couvertures des 
premières d'un gris pâle; couvertures supérieures de la queue, 
côtés du croupion et base des rectrices, lilancs ; Ijec et pieds noirs ; 
palmure portant une tache jaune ; queue carrée ou légèrement 
écbancrée. Longueur 7.00-7.25; ailes 5.70-6.20; queue 3.00- 
3-25- 

Le Pétrel de Wilson habite le nord et le sud de l'At- 
lantique, niche en février et mars dans l'hémisphère 
sud et, en été, émigré plus au nord, jusqu'à Terre-Neuve, 
011 il se montre commun. On dit qu'il niche sur plusieurs 
des îles le long des côtes, particulièrement au Port-au-Port. 

Il est assez rare ; ce Pétrel se rencontre très irrégu- 
lièrement le long de la côte, à Anticosti {Sc/iniitt). 

Il niche dans une anfractuosité de rocher et, à l'ex- 
emple des autres espèces de sa famille, il ne pond qu'un seul 
œuf blanc. Il mesure 1.25x0.90. 

Ordre STEGANOPODES—Palmipicdes 
totipalmes. 

Bec long, ni membraneux ni lamelle, muni d'une poche plus 
ou moins volumineuse en dessous et susceptible de se dilater ; nari- 
nes petites ; les quatre doigts bien développés et entièrement réunis 
entre eux par une membrane ; pouce semi-latéral, fort et inséré plus 
bas que chez les autres palmipèdes. 



68 LES OISEAUX 

La réunion du pouce au doigt intérieur par une mem- 
brane est le principal caractère de ce groupe d'oiseaux qui 
jouissent de la faculté de percher sur les arbres. 

Leur nourriture consiste essentiellement en poissons 
qu'ils pèchent à la surface de l'onde en plongeant ou en- 
core qu'ils poursuivent sous l'eau ; peu d'oiseaux détrui- 
sent autant de poissons que ces palmipèdes. Quoiqu'ils 
nagent' et volent très bien, ils ne s'aventurent jamais bien 
loin sur la mer ; c'est au bord de l'eau qu'on les voit le plus 
souvent. 

Ils nichent tous dans le voisinage des lieux qu'ils fré- 
quentent, soit à terre, soit sur les rochers, ou encore dans des 
buissons, à peu de distance de terre et se construisent des 
nids grossiers avec des herbes, de petites racines ou des 
branches d'arbres. 

Cet ordre se divise en trois familles dans notre faune. 

ANALYSE DES FAMILLES 

Bec conique, très épais à la base, légèrement courbé vers le bout, 
mais non crochu. Sulid.ï;, 

Bec crochu à la pointe ; tarses de longueur moyenne, beaucoup 
plus longs que le pouce, l'ongle compris ; ailes et queue de lon- 
gueur ordinaire. Phalacrocoracid.e. 

Bec crochu à la pointe ; tarses très courts, à peine aussi longs 
que le pouce, l'ongle compris: ailes et queue excessivement 
longues. Fregatid.e. 

Famille SULIDiE — Fous. 

Bec plus long que la tête, fendu au-delà des yeux, fort, épais 
à la base, droit, conique, à bords rentrants et dentelés ; mandibule 
supérieure fléchie à l'extrémité; ailes allongées, terminées en 
pointe et à pennes résistantes ; narines basales ; sac gulaire peu 
développé et emplumé en grande partie sur ses bords ; queue 
graduée ou pointue. 

Les Fous vivent par bandes considérables, se nourris- 
sant de poissons qu'ils pèchent en tombant dessus du haut 
des airs ; ils ne plongent pas et ne poursuivent pas leur 
proie sous l'eau comme le font les Cormorans ; ils possèdent 
un vol fort et vigoureux. On leur a donné le nom de Fous 
à cause de leur apparance stupide et de la facilité avec la- 
quelle ils se laissent attraper par les chasseurs. 



DK I.A PRO\ INCK DK Ql'ÉBI-X 69 

Genre SULA, Brisson. 
Mômes caractères que ceux de la famille. 

SODS-GBNRE DYSPORl'S, ILLIGER. 

Base de la mandibule inférieure et côtés du menton et de la 
gor^e, très eniplumés. 

Sula bassana, (Linx.) Boik, 117. 

Le Fou de Bassan. 
Ga.nnkt. 

Adultes Ç S . Plumage blanc, lavé sur la tète et le cou de jau- 
ne brunâtre ; primaires noirâtres ; bec grisâtre teinté de verdâtre ; 
lornms et sac gulaire noirâtres ; iris blanc. Longueur 30.00-40.50 : 
ailes 19 50 ; queue 10,00 ; bec 4.00. 

Les jeunes sont noirâtres, rayés et maculés de blanc, avec les 
rémiges et les rectrices noirâtres ; â deux ans, ils sont blancs avec 
les couvertures des ailes maculées de blanc et de noir. 

Cet oiseau est très commun sur le littoral de Tocéan 
Atlantique septentrional ; il niche depuis la Nouvelle-Kcos- 
se et les îles Britanniques en allant vers le nord, et cmijrre 
au stid jusqu'au golfe du Mexique et dans le nord de l'A- 
frique en" hiver. 

Il niche par centaines d'individus sur les rochers, en 
compajj^nie des Goélands, des Cormorans et d'autres oiseaux 
marins, surtout à Tîle St-Kilda, là où les rochers atteignent 
une altitude de 1400 pieds, aux îles Farce et sur celles des 
côtes de l'Islande, d'Ecosse, de Norvège et des Hébrides. 

Il abonde sur le rocher aux Oiseaux dans le St-Laurent 
où il niche en très grand nombre. Il niche également sur 
la côte sud du Labrador ainsi que sur les îles de la Made- 
leine. Il est très commun dans le bas du fleuve et le golfe 
St-Laurent et se trouve aussi à Anticosti d'après M. le Dr 
Schmitt. M. Comeau nous dit qu'il l'a vu nicher en quan- 
tité à la partie ouest d'Anticosti ; M. Wintle le mentionne 
comme rare et de passage à Montréal. 

Son nid, qui est grossièrement fait avec de la boue, des 
herbes marines, etc. atteint une épaisseur d'une dizaine de 
pouces avec un diamètre de dix-huit environ ; il pond un 
œuf blanc à surface crétacée. Il mesure 3.00 X 1.92. La 
ponte a lieu en juin. 

Lorsque ces oiseaux sont à terre, s'ils sont inquiétés 
par l'homme, ils deviennent comme affolés par la peur et 



70 LES OISEAUX 

se conduisent de telle sorte qu'ils ont mérité le nom qu'ils 
portent. 

Famille PHALACROCORACID-a:.— Cormorans. 

Bec aussi long que la tête ; mandibule supérieure terminée en 
pointe et crochue à l'extrémité ; ouverture se prolongeant jusqu'au 
dessous des yeux qui sont entourés d'un espace nu ; narines obli- 
térées etjsituées dans une longue rainure ; sac gulaire petit, à peine 
extensible ; ailes courtes, raides et fortes ; queue longue, arron- 
die et à rectrices rigides ; tarses courts ; doigt médian beaucoup plus 
court que le doigt extérieur ; corps compact et pesant. 

Ces oiseaux habitent l'embouchure des grands fleuves 
et les bords de la mer ; ils vivent en société ; ils nagent et 
plongent avec une grande facilité et poursuivent le poisson 
sous l'eau avec une vitesse étonnante. On dit qu'ils sont 
susceptibles d'un certain degré de domesticité et qu'en 
Chine on les emploie à pêcher au profit de leurs maîtres ; 
dans ce cas on a soin de leur passer un anneau étroit autour 
du cou afin de les empêcher d'avaler le poisson qu'ils cap- 
turent, car leur voracité est proverbiale. Leur vol est ra- 
pide et soutenu, mais leur démarche sur le sol est lente et 
embarrassée. 

Ces oiseaux se nourrissent exclusivement de poissons 
et en détruisent un nombre incalculable. Lorsqu'ils sont 
à terre, ils prennent une position presque verticale, car leurs 
jambes sont situées très à l'arrière du corps, et la queue 
leur sert de point d'appui pour se maintenir dans cette situa- 
tion. Ils nichent sur les rochers et quelquefois sur les 
arbres. Le nid est grossièrement construit avec de petites 
branches ou de petites racines d'arbres entremêlées d'herbes 
marines ; leur ponte est de trois à cinq œufs. 

Genre PHALACROCORÂX, firisson. 

Caractères semblables à ceux de la famille. 

Sous-GENRE PHALACROCORAX. 

Bec robuste ; onglet de l'extrémité de la mandibule supérieu- 
re, plus ou moins arqué, fortement recourbée et occupant un tiers on 
plus de la longueur du culmen. 



DK I.A PROVINCK DK QUKRIX 71 

Phalacrocorax carbo, (Linn.) Lkacii, 119. 

I,e Cormoran ordinaire. 

CORMOKANT. 

Adultes (f 9 . Queue de (luatorze rectrices. Plum.ijïc d'un 
noir verdàlrc lustré, avec le dos et les couvertures des ailes d'un 
gris bron/é, chaque plume étant bordée de noir ; une petite huppe 
au printemps et de petites plumes eflllées et soyeuses, d'un blanc 
d'argent, sur les côtés de la tète et recourbées en arrière ; une 
tache blanche sur les flancs; rémiges et rectrices d'un gris noirâ- 
tre ; sac gulaire jaune avec une large bordure de blanc en arrière ; iris 
vert ; pieds noirâtres. Longueur 34.00 - 40.00 ; ailes 12.00- 14.00 ; 
queue 7.25 - 7.75 ; bec 2.;,o- 2.S5. 

Après la ponte la petite huppe, les plumes effilées des côtés de 
la tète et la tache blanche des flancs disparaissent. 

Les jeunes ont les lorums et le sac gulaire jaunes ; le bec 
brun grisâtre ; le sommet de la tète et le dessus du cou d'un noir 
brunâtre : les parties supérieures d'un gris brunâtre, avec les plu- 
mes bordées d'une teinte plus foncée ; les parties inférieures blan- 
châtres, avec la gorge teintée de brunâtre et les flancs de noirâtre. 

Cet oiseau habite le littoral de l'océan Atlantique sep- 
tentrional. A l'automne, sur notre continent, il émigré au 
sud jusque sur les côtes des Etats-Unis. 

Il niche en bandes dans les parties septentrionales de 
l'Europe et de l'Asie, et, dans l'Amérique du Nord, depuis 
le Massachusetts et la baie de Fundy, jusqu'au Groenland ; 
il se voit en grand nombre sur les rochers et îles des côtes du 
Labrador et de Terre-Neuve. 

Cet oiseau est assez commun à Anticosti {Schtm'it) ; 
mais il est rare à Godbout {Co))ieai()^ et M. Wintle le men- 
tionne également comme rare à Montréal ne se voyant qu'au 
moment de ses migrations. 

Son nid est situé dans une crevasse de rocher élevée ; il 
est composé de petites branches d'arbres et d'herbes mari- 
nes ; Ses œufs, au nombre de quatre ou cinq, sont d'un vert 
bletiâtre pâle à surface crétacée. Ils mesurent 2.50 x 1.40. 
La ponte a lieu à la fin de mai ou en juin. 

Phalacrocorax dilophus, (Swains.) Nutt. 120. 

1/6 Cormoran à aigrettes. 

DOUBLE-CRESTED CORMORANT. 

Adultes ^9- Queue de douze rectrices. Plumage d'un noir 
verdâtre lustré ; le dos et les ailes d'un gris cuivré, avec les plumes 
bordées de noir ; sac gulaire et espace nue de la région de l'œil, 



72 



LES OISEAUX 




FiG 5. Tête de Cormoran à aigrettes. 



jaune orange ; une peti- 
te rangée de plumes al- 
longées et eifilées, blan- 
ches, sur les côtés de la 
tête en arrière et au-des- 
sus de l 'œil, avec une pe- 
tite huppe noire de cha- 
que côté de la tête. Ces 
deux sortes de plumes 



disparaissent après la ponte. Longueur 29.00 - 33.50 ; ailes 12,50; 
bec 2.25. 

Les jeunes sont d'un brun foncé uniforme, plus clair en des- 
sous et sans plumes allongées à la tête, 

Ce Cormoran habite l'est de l'Amérique du Nord et se 
retrouve aussi dans l'intérieur du continent ; il niche depuis 
la Nouvelle-Ecosse et le nord du Dakota, les grands lacs, le 
Minnesota, en allant vers le nord. A l'automne il émigré 
dans les Etats-Unis du sud, jusqu'au Mexique. 

Il se voit en grand nombre sur les côtes et les îles du 
Labrador, dans le bas du fleuve et le golfe St-Laurent, oii il 
niche en compagnie du précédent. Il remonte souvent le 
fleuve, à l'automne, jusqu'à Québec et même plus loin. 

Un jeune a été tué en octobre 1892, près de l'île Jones, 
sur le lac des Deux-Montagnes {JViiitlé). Un autre spé- 
cimen a été tué en mai 1882 à Godbout {Comeaii). Il est 
assez commun et couve sur l'île au sommet de la falaise 
de la baie des Oiseaux, à Anticosti {Schmitt). 

Il construit un nid avec de petites branches et des her- 
bes marines qu'il place à terre, sur des rochers ou entre 
les branches inférieures des arbres. Sa ponte est de deux 
à quatre œufs, d'un vert bleuâtre pâle, recouvert d'une cou- 
che crétacée ; ils mesurent 2.40 x 1.45. La ponte a lieu en 
juin. 

Famille FREGATID-ffi— Frégates. 

Bec plus long que la tête, fort, droit, très recourbé au bout ; nari- 
nes courtes, basales ; ailes très longues ; queue très fottrchtxe, plus 
longue que les ailes ; tarses très courts ; ongles aigus, le médian 
pectine ; sac gulaire petit, palmures petites ou très échancrées. 

Ces oiseaux fréquentent les mers des contrées tropi- 
cales. 

Genre FREGATA, Brisson. 

Caractères semblables à ceux de la famille. 



DK LA PROVINCE DE QUÉBEC 73 

Fregata aquila, Linn. 128. 

La Frelate marine. 
Man o'-Wak Biki). 

Adulte i . Plumage noir à reflets verts et pourprés, plus 
clair sous le ventre ; plumes des scapulaires allonj^ées et lancéo- 
lées ; queue très longue et tics fourchue, plus de moitié de sa 
longueur totale. Longueur 37.50-40.00; ailes 22.00-27. 10 ; queue 
14. 25-19.25. 

La 9 est d'un noir moins foncé avec du blanchâtre au cou 
et la poitrine. 

Les jeunes ont les parties antérieures et le ventre blancs, 
le reste du plumage est semblable à celui de la 9 ; sans plumes 
allonj^ées sur les couvertures des ailes et à peine quelques légères 
traces lustrées sur le dos. 

Cet oiseau, qui habite la zoue torride, s'égare acciden- 
tellement ju.sque sous notre latitude. C'est ainsi qu'en août 
18S4, M. Conieau en a tué un à Godbout. 

Il niche sur les arbres, les arbrisseaux ou sur les rochers ; 
son nid est composé de petites branches et d'herbes sèches. 
Il pond un œuf blanc, rarement plus, à surface lisse. Il 
mesure 2.75 x 1.75. La ponte a lieu en avril. 

Cet oiseau se nourrit exclusivement de poissons qu'il 
pêche à la surface de l'eau en tombant dessus du haut des 
airs. Il a aussi l'habitude, à l'exemple des vStercoraires, de 
tourmenter, en les poursuivant, les Goélands, les Sternes et 
autres oiseaux plus faibles, afin de les forcer à dégorger le 
poisson qu'ils capturent. 

Le corps élancé de cet oiseau et ses ailes démesuré- 
ment longues lui assurent un vol puissant en même temps 
qu'une grande facilité pour se soutenir dans les airs, aussi est- 
il dans son élément lorsqu'il plane au-dessus des eaux, ce 
qu'il fait avec grâce et majesté, pouvant se déplacer avec 
une vitesse à nulle autre semblable ; voilà pourquoi on Ta 
comparé aux vaisseaux de grande vitesse. Mais s'il vole 
et plane avec aisance, d'un autre côté, il marche difficile- 
ment sur le sol, nage peu souvent, et il est privé de la 
faculté de pouvoir plonger. 

Ordre ANSERES— P.\lmipèdes lamellirostres 

Bec ordinairement large, garni de lamelles ou de petites dents, 
régulièrement disposées sur ses bords ; tarses courts et comprimés, 
terminés par quatre doigts ; doigts antérieurs palmés ; pouce libre 



74 LES OISEAUX 

et placé plus haut que les autres doigts ; ailes de longueur moyen- 
ne et étroites ; queue ordinairement courte et très fournie en plu- 
mes. 

Ces oiseaux vivent pour la plupart par bandes et fré- 
quentent les bords de la mer, des fleuves, des lacs, des 
marais et des grandes rivières de tous les pays, particuliè- 
ment ceux de la zone tempérée. Ce sont d'excellents 
nageurs et la plupart d'habiles plongeurs; ils ont en géné- 
ral un vol rapide et soutenu, pouvant parcourir de longs 
espaces sans se reposer. 

Leur plumage est serré et enduit d'un suc huileux 
qui le rend impénétrable à l'humidité. 

A part les plumes ordinaires, ils sont encore pourvus 
d'une épaisse couche de duvet, qui les garantit des varia- 
tions atmosphériques et des atteintes du froid. Leur nour- 
riture consiste en poissons, mollusques, vers, crustacés, 
insectes, herbes aquatiques et terrestres, graines, glands, etc. 

Le plus grand nombre de nos espèces nichent près des 
lacs, des marais ou des rivières de l'intérieur ; les autres ne 
s'éloignent pas de leur élément favori et vont déposer leurs 
œufs dans des cavités de rochers situés dans le fleuve ou 
sur ses rives. Les uns sont monogames et les autres polyga- 
mes. 

La chair de la plupart d'entre eux est excellente et 
très estimée des chasseurs. 

Famille ANATID.S1 — Canards, Oies, Cygnes. 

Bec fort, ordinairement plus large vers l'extrémité, presque 
toujours déprimé, et pourvu de lamelles sur ses bords ; mandibule 
supérieure recouverte d'un épiderme ou peau molle, terminée par 
un ongle obtus, arrondi ; corps compact, pesant, aplati en dessous ; 
tête grosse ; yeux petits ; ailes moyennes, fortes et pointues, sur 
lesquelles se voient de grandes taches différentes du fond et à cou- 
leurs brillantes, appelées miroirs. 

Dans notre province, presque tous ces oiseaux sont 
passagers ; ils nous arrivent de fort bonne heure au prin- 
temps et s'en retournent très tard à l'automne ; cependant 
quelques-uns passent l'hiver dans le bas du fleuve ; ils 
vont presque tous nicher vers le nord sur le bord des lacs ou 
des rivières de l'intérieur. 

Ils nichent à terre dans les joncs, les plantes aquati- 



DK LA l'KOVINCK DK QUKBFX 75 

qiics ou pnrtois dans des troncs d'arbres ; leurs nids se compo- 
sent ^éucralcnicnt de tij^a\s (riicrbcs, de feuilles et de peti- 
tes branches réunies entre elles, avec de la plume ou tapis- 
sés d'une épaisse couche de duvet qu'ils s'arrachent du 
corps. Les petits éclosent couverts de duvet et marchent 
au sortir de leur coquille. 

S0US-F.\MILLE MERGIN.K— Harles. 

Bec prC'le, étroit, plus ou moins cylindrique et termine par 
un onglet crochu, recouvrant le bout de la mandibule supérieure 
et muni de lamelles dentiformes dirigées eu arrière. 

Les Harles se nourrissent surtout de poissons, et aussi 
de petits animaux aquatiques. Lorsqu'ils fréquentent les 
lacs ou rivières, ils détruisent le poisson en quantité. 

Genre MERGANSER, Brisson. 

Tête ordinairement ornée d'une huppe ; bec plus long que les 
tarses, dentelures des deux mandibules très prononcées et très in- 
clinées en arrière à leur extrémité ; pouce lobé ; (jueue arrondie. 

Merganser americanus, (Cass.) Stejn. 129. 

I/e Harle d'Amérique. 

A.MKKicAN Merganser. 

Adulte (?. Une petite huppe à l'occiput ; narines situées vers 
le milieu du bec. Tête et haut du cou noirs, à reflets verdâtres ; 
parties supérieures d'un noir lustré, se changeant au cendré sur le 
croupion et la queue ; bas du cou et parties inférieures blancs, tein- 
tés de roux saumoné ou blanc de crème ; dessus de l'aile en partie 
blanc, traversé par une bande noire ; bec et pieds rouge vermillon ; 
iris rouge carmin. Longueur 25.00 - 27.00 ; ailes 10.50 - 11.25 ; bec 
1.90- 2.20. 

La Ç est plus petite, et elle est également munie d'une huppe 
qui est même un peu plus longue que celle du <j . La tête et le 
haut du cou sont d'un brun roux, blanchissant sur le menton et la 
gorge ; les parties inférieures, d'un roux saumoné pâle, avec le 
bas du cou en avant et les côtés du corps, lavés de gris foncé ; 
les parties supérieures grisâtres ; le blanc des ailes n'apparaît que 
sur les secondaires et les grandes couvertures dont la base est 
noire ; iris jaunâtre. 

Le Harle d'Amérique, connu vulgairement, comme les 
deux autres espèces qui suivent, sous le nom de Bec-scie^ 
habite l'Amérique du Nord ; il niche au sud jusqu'aux limi- 



76 LES OISEAUX 

tes nord des Etats-Unis, et se distribue dans ces derniers 
Etats en hiver. 

Il est commun et de passage à Montréal {Wi7itle\ et 
assez commun à Godbout ( Comeati). Mais il est assez rare 
et se voit en été à Anticosti {Sch})iitt). 

Ce Harle se montre assez souvent sur nos lacs et riviè- 
res en été et, près de Québec, les chasseurs en tuent quel- 
ques-uns chaque automne sur les grèves de Beauport et 
celles des environs, à l'île d'Orléans et ailleurs. 

Il niche dans un trou d'arbre, dans une fente de rocher 
ou à terre ; le nid se compose de mousse, de feuilles, d'her- 
bes et de duvet. Ses œufs, au nombre de six à dix, sont 
d'un blanc jaunâtre ; ils mesurent 2.70 x 1.80. La ponte 
a lieu vers la mi-juin. 

Merganser serrator, (Linn.) Schaff. 130. 

I<e Harle à poitrine rousse. 

Red-breasted Merganser. 

Adulte $ Huppe occipitale allongée ; narines situées plutôt 
vers la base du bec. Tête et haut du cou d'un noir verdâtre, suivi 
d'une bande blanche qui entoure ce dernier ; bas du cou et poitrine 
d'un roux brun, rayé de noir ; reste des parties inférieures, blanc, 
lavé de roux saumoné ; dessus du corps noir avec le croupion et 
les côtés du corps finement raj'és de gris blanchâtre et de noirâ- 
tre ; dessus des ailes en partie blanc ; iris rouge carmin ; pieds 
rouges. Longueur 20.00 - 25.00 ; ailes, 860 - 900 ; bec 2.50. 

La 9 ressemble beaucoup à la précédente, maison peut toujours 
la reconnaître par la position des narines qui sont placées près de 
la base du bec. 

Ce Harle habite en été la partie septentrionale de 
l'hémisphère nord, se montre également commun en 
Europe, en Asie et dans l'Amérique du Nord. En hiver, 
sur notre continent, on le retrouve dans les Etats-Unis. 

Il est commun et de passage à Montréal {IVhitle)^ et 
très commun à Godbout {Comeaii). Il arrive le long de la 
côte en mai, à Anticosti, et disparaît presque aussitôt, pour 
ne se montrer de nouveau qu'en septembre ; il fait sa ponte 
dans l'intérieur de l'île {Schmiti). 

Il niche sur nos lacs de l'intérieur et se montre 
commun à l'automne sur nos grèves près de Québec, sur 
la côte de Beaupré, à l'île d'Orléans et ailleurs. 



DK I,A l'ROVIN'CE DE QUEBEC 77 

Son nid est placé près de l'eau au milieu des grandes 
herbes ; il est fait avec de la mousse, des feuilles sèches, 
des plumes et du duvet qu'il s'arraciie de la poitrine. Ses 
œufs, au nombre de six à douze, sont d'un brun jaunâ- 
tres clair ou d'un fauve vcrdâtrc. Ils mesurent 2.57 
X 1.70. 

Genre LOPHODYTES, Reichenbach. 

Dentelures des deux mandibules courtes, émoussées et peu ou 
point dirigées en arrière ; bec plus court que la tète ; queue de moi- 
tié la longueur de 1 "aile ; narines situées près de la base du bec. 

Lophodytes cucullatus, (Li.NN.) Reicii. 131. 
Le petit Harle. 

HOODKD MeRCANSER. 

Adulte $. Tête ornée d'une huppe semi-circulaire, très déve- 
loppée et très comprimée. Tète, haut du cou et parties sujjérieures 
noirs, avec une grande tache triangulaire blanche, bordée de 
noir sur la huppe ; le reste du cou, la poitrine et le ventre, blancs, 
teinté de brun roux sur les côtés du corps et finement rayé ou 
ondulé de noir ; le noir du dos se prolonge sur les ( ôtés de la poi- 
trine en deux bandes en forme de croissant ; miroir de l'aile blanc, 
avec une bande transversale noire ; bec noir ; iris jaune. Longueur 
17.25 - 19.25 ; ailes 7.50 - 7.90 ; bec 1.50. 

La 9 a le dessus du corps, la tête, le cou et la poitrine d'un 
brun grisâtre, plus foncé ou noirâtre sur le dos ; la huppe, qui est 
moins développée, est d'un brun roux ou brun canelle ; le reste des 
parties inférieures blanc, teinté de brun roux sur les côtés du 
corps. 

Les jeunes lui ressemblent. 

Ce petit Harle est distribué dans toute l'Amérique du 
Nord jusqu'au Mexique et à Cuba ; il niche dans presque 
tous les endroits qui lui conviennent. A l'automne il émi- 
gré au sud. 

Ce Harle est beaucoup moins commun que ses deux 
congénères aux alentours de Québec et ne se voit que de 
passage seulement. M. Wintle le mentionne également 
comme rare et de passage à Montréal. 

Il fait son nid dans un tronc d'arbre creux situé au 
centre de la forêt ; il en garnit le fond d'herbes molles, de 
feuilles, de plumes et de duvet, et pond environ dix à dou- 
ze œufs blancs ou faiblement teintés de fauve. Ils mesu- 
rent 2.00 X 1.75. 




78 LES OISEAUX 

Lorsque les jeunes sont sortis de leur prison, les pa- 
rents les transportent à l'eau avec leur bec. 

SOUS-FAMILLE ANATIN^— CANARDS DE RIVIÈRES. 

Bec large, aplati, souvent plus large à 
l'extrémité qu'à la base ; les deux man- 
dibules lamellées sur leurs bords ; l'infé- 
rieure cachée en grande partie par la su- 
périeure, lorsqu 'elles sont fermées ; tarses 
courts, scutellés en avant ; lorums emplu- 
més ; pouce petit, non lobé et situé plus 
haut que les autres doigts. 
FiG. 6. Canard sauvage. 

Ces Canards habitent les eaux douces de préférence 
aux eaux salées. Ils se nourrissent de vers, d'insectes, de 
petits mollusques, de plantes, de graines aquatiques et ter- 
restres, de glands etc. Ils pondent en général de six à dix 
œufs. Leur vol est rapide et vigoureux. De tous les Ca- 
nards, ce sont ceux dont la chair est la plus estimée. 

Quelques espèces placent leurs nids dans des troncs 
d'arbres creux, mais la grande majorité font ces nids à ter- 
re, dans l'herbe près des lacs, ou autres étendues d'eau ; 
quelques herbes desséchées, des tiges flexibles, des feuilles, 
et souvent de la plume qu'elles s'arrachent delà poitrine, en 
forment le fond. 

Genre ANAS, Linné. 

Bec plus long que le doigt médian, l'ongle excepté ; largeur de 
la mandibule supérieure vers le bout, plus d'un tiers de la lon- 
gueur totale du bec ; ailes plus de huit pouces de longueur, miroir 
d'un vert bronzé ; scapulaires et les plus grandes tertiaires, larges, et 
sans bandes médianes colorées, chez l'adulte $ . 

Anas boschas, Linn. 132. 

1/6 Canard ordinaire. 

Mallard. 

Adulte $ . Tête et haut du cou d'un vert foncé et lustré, sui- 
vi d'un collier blanc ; le reste du cou et la poitrine d'uM brun roux 
pourpré, s 'étendant sur quelques scapulaires et sur les côtés du 
corps antérieurement ; parties inférieures et le reste des scapulaires 
d'un gris blanchâtre, finement rayés ou ondulés de noirâtred ; es- 
sus du dos noirâtre, finement ondulé de gris : croupion, couvertu- 
res supérieures de la queue et région anale noirs, à reflets verdâ- 
tres, la plupart des rectrices blanchâtres ; miroir d'un beau violet 



DE I.A PROVINCE DE QUEBEC 79 

métallique, bordé antérieurement par deux bandes, une blanche et 
une noire ; une autre bande noire, terminée de blanc, vers son extré- 
mité postérieure; bec jaune verdâtre ; pieds routes; iris brun. 
Longueur 22.00 - 25.00 ; ailes io.chj - i 2.00 ; queue 3.00 - 4.00 ; Ijec 
2.00 - 2.20. 

La 9 est rayée sur tout le corps de brun foncé et de brun jau- 
nAtre ; ces raies sont plus fines sur la tête et le cou, et plus lar- 
ges sur le dessus du corps où le brun foncé domine ; le devant du 
cou est plutôt d'un brun jaunâtre clair, ainsi que le dessous du 
corps ; miroir semblable au précédent. 

Les jeunes ressemblent à la 9. 

Ce Canard habite le nord de riicniisphùre septentrio- 
nal, et niche, en Aniériqne, au sud jusque dans le nord des 
Etats-Unis. En hiver il se rend jusqu'à Cuba, à Panama 
et dans les Antilles. 

Ils se rassemblent à rautomne en vastes bandes aux 
environs de la rivière Ste-Claire, Ontario, pour se nourrir de 
riz sauvao^e (.)f(TC //wra ////). 

Quelques-uns sont abattus chaque automne sur les grè- 
ves de l'ile d'Orléans et sur la côte de Beaupré. Il est rare 
et de passage à Montréal ( // Intlc). 

Ce Canard, très commun autrefois, est actuellement 
considéré comme rare dans la province, quoiqu'il s'en ren- 
contre encore quelques petites bandes dans certains endroits 
et durant leurs migrations seulement. 

Il vit de tous fruits, glands, grains et graines, petits 
reptiles, batraciens, petits quadrupèdes, insectes, vers, et 
même au besoin, de poisson gâté. 

Il niche à terre dans les grandes herbes près d'un lac 
ou d'une rivière ; le nid est construit de matières végétales 
et de plumes ; sa ponte est de six à dix œufs, d'un blanc 
jaunâtre pâle ou d'un vert olivâtre; ils mesurent 2.30 x 
1.35. La ponte a lieu en mai ou juin. 

Ce Canard est la souche de toutes nos variétés domes- 
tiques, et celui qtie les chasseurs estiment le plus pour sa 
chair. 

Anas obscura, Gmel. 133. 

Le Canard noir. 
Black Duck. 

Adulte j . Plumage d'un brun foncé presque noir sur le des- 
sus de la tète, du dos et des ailes ; chaque plume est bordée de 



8o LES OISEAUX 

brun roux, avec de petits traits noirâtres à la tête et au cou, où le 
brun roux domine, surtout au menton qui est à peine rayé ; miroir 
violet, terminé de noir; ailes à reflets verdâtres ; bord de l'aile, 
et ses couvertures inférieures, blancs ; iris brun. Longueur 21.00- 
24.50, ailes 10.50 - 11.50 ; bec 2.00 - 2.35. 

La Ç ressemble au <? , mais ses teintes sont plus pâles. 

Les jeunes lui ressemblent. 

Le Canard noir se voit dans l'est de l'Amérique sep- 
tentrionale, à l'ouest jusqu'à la vallée du Mississippi, et au 
nord jusqu'au Labrador ; il niche depuis le centre des Etats- 
Unis, jusqu'à la baie d'Hudson. 

Il est très commun sur presque tout son parcours et se 
voit aussi bien dans l'intérieur que sur les plages mariti- 
mes ; il niche sur le bord des lacs et des rivières. 

Il est commun dans toute la province en été, mais sur- 
tout à l'automne ; quelques-uns hivernent même, sous notre 
latitude, ainsi que je l'ai déjà constaté. M. Comeau dit 
qu'il est assez commitn à Godbout et il niche sur les lacs ; 
M. le Dr Schmitt le mentionne comme très commun de 
mars à octobre, à Anticosti, où quelques-uns passent l'hi- 
ver. A Montréal, M. Wintle le trouve commun en été. 

Il s'en tue un bon nombre chaque automne sur les 
grèves de la côte de Beaupré, à l'île d'Orléans, ainsi que 
dans plusieurs localités sur les bords du St-Laurent. 

Il niche à terre dans l'herbe au voisinage des marais, 
des ruisseaux et autres pièces d'eau ; le nid est composé 
d'herbes et de tiges flexibles entrelacées ensemble ; il en 
garnit le fond de plumes qu'il s'arrache de la poitrine. Ses 
œufs, de dix à douze, varient du brun jaunâtre pâle au ver- 
dâtre. Ils mesurent 2.30 x 1.70. La ponte a lieu en mai 
ou juin. 

Le Canard noir se nourrit de jeunes grenouilles, de 
têtards, de sangsues, d'insectes de toutes sortes, de glands, 
de faînes et autres fruits durs, de grains et de graines de 
toutes espèces et quelquefois de petits mammifères. Lors- 
qu'il se trouve à l'eau salée, il vit particulièrement de mol- 
lusques. J'ai souvent trouvé, en bon nombre, dans son 
estomac, de petits bivalves surtout de jeunes Mytihis ediilis. 
Sa chair est une des mieux estimée. 

Le Canard noir place son nid quelquefois à une grande 
distance du fleuve, et aussitôt que les jeunes peuvent cou- 



iiK, I.A l'KOVINCl-: DK Ql'KHKC 8l 

rir facilement, la iiicrc les y coiuhiit à travers la foret et les 
champs, ainsi que je l'ai déjA observé autrefois ;\ vSt-Denis 
de Kaniouraska ; de plus j'ai souvent entendu répéter ce 
fait que l'on avait ainsi trouvé des nichées émij^rant au 
fîeuvc, les petits étant encore incapables de voler. 

Genre CHAULELASMUS, Bonaparte. 

Hec plus court (jue le doij^t tuédiau saus l'ouj^le et aussi long 
que la tète, avec de nombreuses et délicates lamelles, plus de tren- 
te, visibles du dehors ; narines situées près de la base du bec ; distan- 
ce du bout antérieur de la narine à l'extrémité de la mandibule supé- 
rieure plus de trois fois celle du même point jusqu'aux plumes les 
plus près de la base ; queue courte, de seize rectrices rondes ou 
pointues ; ailes terminées en pointe ; la première primaire étant 
la plus longue. 

Chaiilelasmus streperus, (Lixx.) Iîoxai-, 135, 

Le Canard chipeau. 
Gauwai.l. 

Adulte (j . Tète et cou d'un blanc brunâtre, plus foncé 
sur la couronne et la nuque, rayé et pointillé de noirâtre ; poi- 
trine et dessus du corps antérieurement, noirâtres, avec des ondula- 
tions semi-circulaires blanchâtres ; reste du dos d'un noirâtre fon- 
cé, avec les couvertures supérieures et inférieures de la queue noi- 
res ; dessous du corps blanc, finement rayé de grisâtre sur ses 
côtés; moyennes couvertures des ailes, vers le centre, d'un brun 
roux vif; les petites couvertures antérieures sont d'un gris bru- 
nâtre et les postérieures noires ; rémiges et rectrices noirâtres ; 
miroir blanc ; bec bleuâtre; iris brun. Longueur 19.25-21.75 ; 
ailes 10.25 - I i.oo ; bec 1.60 - 1.75. 

La 9 a la tête et le cou finement rayés de brun noirâtre et de 
blanc brunâtre, plus grisâtre sous le menton et la gorge ; le reste 
des parties supérieures et inférieures avec raies et taches des mê- 
mes teintes, mais plus foncé sur le dos et le croupion, et blanchâtre 
vers le milieu du ventre qui est sans taches ; les ailes sont peu diffé- 
rentes de celles du S , avec peu ou point de brun roux. De taille 
plus petite. 

Les jeunes lui ressemblent. 

Cette espèce habite rhémisphère nord ; elle niche, en 
Amérique surtout dans les Pltats-Unis, depuis le Kansas et 
la Californie, au nord jusqu'au Manitoba et dans l'Assini- 
boine ; en hiver on la retrouve au sud dans le ]\rar>land 
jusqu'à la Floride. 

Un individu de cette espèce, qui a été acheté sur le mar- 
6 



82 I.ES OISEAUX 

ché de Québec, est conservé au Musée de l'Université-Laval. 
M. Wintle rapporte que le 7 avril 1896, il en a acheté un 
sur le marché de Montréal, et M. W. Baillairgé m'a dit 
avoir vu un jeune, qui venait d'être tué sur la grève de 
la Rivière-du-Loup, à l'automne de 1903 ; il l'a reconnu 
par le miroir blanc de ses ailes, m'a-t-il dit. Ce sont les 
seuls qui ont été jusqu'à présent observés dans notre pro- 
vince. 

Il niche à terre et quelquefois sur un arbre ; son nid 
est fait avec des herbes sèches et des plumes que l'oiseau 
s'arrache de la poitrine. Ses œufs, au nombre de huit à 
douze, sont d'un blanc de crème. Ils mesurent 2 09X 1.57. 
La ponte a lieu en juin. 

Il vit d'herbes, de graines, de toutes espèces de grami- 
nées, de faînes, de glands, de têtards, de petits poissons, etc. 

Genre MARECA, Stephens. 

Bec plus court que le doigt médian, sans l'ongle, et plus court 
que la tête, plutôt haut et étroit à sa base ; lamelles grosses, dont 
moins de quinze sont vues du dehors, distance du bout antérieur 
de la narine à l'extrémité de la mandibule supérieure, moins de 
trois fois celle du même point de départ aux plumes les plus rap- 
prochées ; queue pointue, de quatorze rectrices et moins longue que 
la moitié de l'aile ; narines situées près de la base du bec ; moyen- 
nes et grandes couvertures des ailes, blanches. 

Mareca americana, (Gmel.) Stephens, 137. 

Le Canard d'Amérique. 

Baldpate;. 

Adulte <? . Tête et haut du cou blanchâtres, finement pointil- 
lés de noir avec le dessus de la première blanc, et une large tache 
d'un vert métallique sur ses côtés, en arrière de l'œil ; partie anté- 
rieure de la poitrine et les côtés du corps d'un brun viné, finement 
ondulé de noirâtre sur ces derniers ; reste du dessous blanc ; dessus 
du corps antérieurement et les scapulaires finement ra3'és de brun 
roux et de noirâtre ; grandes et moyennes couvertures des ailes 
blanches ; petites couvertures grises ; miroir d'un vert lustré, pré- 
cédé et terminé par une bande noire ; iris brun ; bec et pieds 
d'un bleu grisâtre. Longueur 18.00 - 22.00 : ailes 10.25 ■ ii-oo ; 
bec 1.30 - 1.50. 

La Ç a la tête et le cou blanchâtres, rayés de brun foncé ; le 
reste des parties supérieures, d'un gris brunâtre foncé, irréguliè- 
rement rayé de blanc obscur et de brun jaunâtre pâle ; la cou- 
leur vinée du $ est en partie cachée par du brun et du blan- 
châtre ; les ailes diffèrent peu des précédentes. 



DK LA PROVINCE DE QUÉBEC 83 

Les jeunes j; lui resseinhlcnt, mais leurs teintes sont j)lus 
prononcées, particuliL-rement sur Its aiks. 

Cette espèce habite l'Aniérique du Nord, et uiclie sur- 
tout depuis le nord des ICtats-Tnis jusqu'aux ré<!:ious arcti- 
ques, et se distribue en hiver au Ciuatémala et îl Cuba. 

Ce Canard est «généralement considéré connue peu 
commun dans la province, cependant je l'ai vu assez sou- 
vent à l'automne sur le marché de Québec. M. Wintle 
le mentionne comme rare et de passajj^e à Montréal. 

Il niche à terre dans le voisinat^^e des marais ou autres 
étendues d'eau ; son nid est construit avec des joncs et au- 
tres plantes flexibles ; des plumes et du duvet, que l'oiseau 
s'arrache de la poitrine, en garnissent le fond. Sa ponte 
est de six à douze œufs, d'un blanc de crème. Ils mesu- 
rent 2.15 X 1.50. 

Il se nourrit des mêmes aliments que ceux du précé- 
dent auxquels il ajoute des feuilles et des racines de plantes 
iquatiques. 

Genre NETTION, Kaup. 

Bec très étroit, le dessus et ses bords sont en ligne droite 
■dans sa moitié terminale ; largeur de la mandibule supérieure vers 
l'extrémité moins d'un tiers de la longueur du bec ; ailes moins 
de huit pouces de long. 

Nettion carolinensis, (Ct.mel.) Baird, 139. 

I/a Sarcelle à ailes vertes. 

GREEX WINGED TEAL. 

Adulte (j. Tête avec une petite huppe. Cette dernière et le 
haut du cou sont d'un brun roux vif, plus foncé sur le front et noir- 
cissant sur le menton, avec une bande d'un vert métallique lustré, 
depuis l'oeil, et se dirigeant en arrière sur la nuque ; bas du cou, 
côté de la poitrine, du corps, une partie des couvertures des ailes 
et le dessus du corps antérieurement, finement ondulés de noirâ- 
tre et de blanchâtre, avec quelques taches allongées de noir sur 
les couvertures des ailes ; les primaires et le reste des couvertu- 
res, sont d'un gris brun foncé, ainsi que les tertiaires ; un croissant 
blanc sur les côtés de la i)oitrine ; cette dernière et les parties infé- 
rieures, d'un blanc jaunâtre, plus foncé antérieurement, avec nom- 
breuses petites taches circulaires noires sur la poitrine ; miroir 
d'un vert métallique brillant, précédé d'une bande de brun roux ; 
les plumes au-dessous du miroir sont noires et terminées de blanc ; 
couvertures inférieures de la queue d'un blanc de crème, avec une 
tache allongée, noire, au centre et sur les côtés ; bec noir ; iris brun ; 



84 LKS OISEAUX 

pieds d'un gris brun. Longueur 12.50- 15.00 ; ailes 6.25 - 7.40 ; bec 
1.40- 1.60. 

La 9. qui n'a pas de huppe, a les parties supérieures d'un 
brun foncé, avec les plumes bordées de brun jaunâtre pâle ; la tête 
et le cou sont rayés de brun roux pâle et de brun foncé ; cette der- 
nière teinte domine sur le dessus de la tête et à la région des 3^eux, 
de manière à former une espèce de bande à travers l 'œil ; les parties 
inférieures sont blanches, lavées de jaune brunâtre, avec nombreu- 
ses taches noirâtres moins apparentes sous le ventre ; ailes peu dif- 
férentes de celles du J" , à l'exception des scapulaires. 

Les jeunes sont peu différents de la Ç . 

La Sarcelle à ailes vertes est commune à toute l'Amé- 
rique septentrionale ; elle niche surtout depuis le nord des 
Etats-Unis jusqu'au Groenland et dans l'Alaska ; à l'autom- 
ne, elle émigré au sud jusqu'au Honduras et à Cuba. 

Dans la province, elle se montre assez commune en été 
dans certains endroits, mais particulièrement à l'automne. 
M. Wintle la mentionne comme rare et de passage à Mont- 
réal et M. Comeau dit qu'elle est également rare à Godbout, 
et elle niche à Manicouagan. Elle se voit aussi, mais rare- 
ment, sur le côté sud d'Anticosti, en été, d'après M. le Dr 
Schmitt. 

Il s'en voit assez souvent sur les grèves de Otiébec à 
l'automne, à l'île d'Orléans et sur la côte de Beaupré, mais 
je ne crois pas qu'elle y niche. Elle fréquente atissi bien 
les petits étangs qtie les grandes étendues d'eau. 

Cette espèce niche à terre dans des touffes d'herbes 
près de l'eau. Son nid est également construit avec des 
herbes de diverses sortes. Ses œufs, au nombre de huit à 
douze, sont d'un brun jaunâtre pâle, tirant parfois sur le 
verdâtre ; ils mesurent 1.80 x 1.28. La ponte a lieu à la 
fin de mai ou en juin. 

Sa nourrittire consiste en graines de toutes sortes, her- 
bes, insectes aquatiques, etc. 

Genre aUERaUEDULA, Stephens. 

Ailes moins de huit pouces de longueur ; scapulaires et ter- 
tiaires lancéolées, avec bandes d'un jaune chamois ou blanchâtre 
chez les adultes ; miroir vert ; petites couvertures des ailes d 'un 
bleu ciel. 



I)K I.A PROVINCE DE QUÉniX 85 

Qiieiquedula discors. (Li.nn.) Stkimikns. 140. 

La Sarcelle a ailes bleues. 
Hi.ue-wixi;ki> Ti:ai.. 

Adulte cf. Tète et cou d'un jîri.s île |)louil) foncé, presque 
noir sur le dessus de la première, et à rcllets pourprés ; un crois- 
sant hlanc entre le bec et l'œil ; bas du cou et reste des parties 
inférieures d'un brun roux clair, avec nombreuses petites taches 
de n<iir ; une partie des couvertxires des ailes d'un Ijleu ciel, les 
autres noirâtres , l)ordées de l)run roux clair ; rémij^es et tectrices 
noirâtres, lisérées de brun roux ; une tache blanche sur le côté du 
croupion ; miroir d'un vert lustré, précédé d'une bande blanche ; 
croupion noirâtre ; couvertures inférieures de la queue noires ; bec 
d'un noir j^risâtre ; iris brun ; pieds jaunâtres. Longueur 14.50 - 
16.00 ; ailes 7.00 - 7.50 ; bec 1.40 - 1.60 ; queue .v50. 

La Ç a les parties supérieures d'un brun foncé, avec les plu- 
mes bordées de brun jaunâtre pâle ; la tête, le cou et les parties 
inférieures, d'un blanc brunâtre pâle ou d'un brun jaunâtre pâle, 
rayé sur les deux premières de brun foncé et maculé de la même 
teinte sur le reste du corps, excepté au menton qui est blanchâtre ; 
miroir et petites couvertures des ailes semblables au J . 

Les jeunes resseml)lent à la 9 , mais ils n'ont point de taches 
sous le ventre. 

Cette Sarcelle se rencontre dans l'Amérique septen- 
trionale, surtout à l'est des Montagnes Rocheuses. Elle 
niche dans le nord des Etats-Unis et jusque dans les hautes 
latitudes. En hiver on la rencontre dans les Indes Occi- 
dentales, dans l'Amérique centrale et le nord de l'Améri- 
que du Sud. 

Cette espèce est ordinairement assez commune dans la 
province ; mais elle est un peti plus rare qtie la précédente 
dans nos parages et se voit de passage ; c'est surtout à 
l'automne que nous la voyons en plus grand nombre près de 
Québec, et ce sont des jeunes pour la plus grande partie. 
Elle est commune et de passage à Montréal {IVhiilc) ; mais 
elle se montre rarement quoique plus souvent que la précé- 
dente à Godbout [Co))U'au). 

Son nid est placé à terre, au centre d'une touffe d'her- 
bes ; il est construit comme ceux des précédents et tapissé 
à l'intérieur de plumes qu'elle s'arrache aussi de la poitri- 
ne. Ses œufs, au nombre de six à dix, sont sembla])les à 
ceux de l'espèce qui précède, mais ils sont de teinte plus 
claire. Ils mesurent 1.90 x 1.35. 

Elle se nourrit des mêmes substances qtie celles de la 
précédente. 



86 LES OISKAUX 

Genre SP ATTILA, Boie. 

Bec étroit à la base et très large vers le bout ressemblant à une 
spatule, et beaucoup plus long que la tête ou les tarses ; lamelles très 
nombreuses et bien visibles ; queue courte, à rectrices terminées 
en pointe ; pieds petits et d'un rouge orangé. 

Spatula clypeata, (Linn.) Boie, 142. 

1/6 Canard souchet. 

Shoveller. 

Adulte $ . Tête et cou d'un vert foncé et lustré ; la poitrine, les 
scapulaires extérieures et une tache à la base de la queue, sur ses 
côtés, blanches; le reste des parties inférieures d'un brun roux 
foncé et lustré ; milieu du dos noirâtre ; couvertures des ailes 
d'un bleu ciel ; miroir vert métallique, précédé d'une bande blan- 
che ; croupion, couvertures supérieures et inférieures de la queue, 
d'un noir verdâtre lustré, avec une bande grisâtre à la base des 
couvertures inférieures; bec noirâtre; iris jaune ; pieds orangés. 
Longueur 17x0 - 21.00 ; ailes 9.00 - 10.00 ; bec 2.60 - 2.90. 

La Ç a les parties supérieures d'un brun foncé, avec les plu- 
mes bordées de brun jaunâtre pâle ; la tête et le cou sont finement 
rayés de brun et de jaunâtre pâle ou jaune blanchâtre ; le dessous du 
corps est maculé des mêmes teintes, mais le jaunâtre pâle domine ; 
les ailes sont comme chez le ^, mais sans scapulaires blanches, le 
bleu est plus pâle et entremêlé parfois de blanchâtre. 

Les jeunes ^ ressemblent à la 9 , mais leurs teintes sont plus 
prononcées et l'abdomen est teinté de brun châtain. 

Le Canard souchet habite l'hémisphère septentrional ; 
il se montre en Europe et en Asie, excepté dans l'extrême 
nord, et se voit aussi dans le nord et le centre de l'Afrique. 

On dit que ce Canard a une distribution plus étendue 
que celle de tous ceux de sa famille. On le rencontre en 
effet dans toute l'Amérique du Nord, et il niche dans l'in- 
térieur depuis le Texas, au nord jusqu'à l'Alaska. A 
l'automne il émigré jusque dans l'Amérique centrale. 

Ce Canard est généralement peu commun et de passa- 
ge seulement, dans les environs de Québec ; quelques indi- 
vidus sont tués de temps à autre en automne sur nos grè- 
ves. M. Wintle le mentionne également comme rare et 
de passage à Montréal. 

Il place son nid, qui est construit avec des matériaux 
semblables à ceux des précédents, dans des endroits maré- 
cageux et d'accès difficile. Ses œufs, de six à dix, sont 



DH I.A l'ROVINCK DE QUÉBFX 87 

d'un j^ris venUUre ou bleuâtre. Ils niesureut 2.10 x 1.50. 
La ponte a lieu ù la fui de mai ou en juin. 

Cette espèce fait usa^c des mêmes sortes d'aliments que 
ceux du Canard mallard ; toutefois elle mange peu de grai- 
nes aquatiques. 

Genre DAFILA, Stephens. 

Bec plus court (juc- la tOte et plus long que le doigt médian, 
l'ongle excepté, aux bords presque parallèles ne s "élargissant que 
très peu vers le bout ; onglet petil ; queue cunéiforme chez, les adul- 
tes et de seize rectrices. 

Dafila acuta, (Linn.) Boxai-. 143. 

Le Canard pilet. 

PiNTAII.. 

Adulte (? . Tète et haut du cou d'un brun foncé, avec de 
légers retlets verts et bronzés ; bas du cou sur le devant et sur les 
côtés, blancs ; ce même blanc monte sur le cou en arrière, et 
est séparé à cet endroit par une bande médiane noire ; poitrine et 
ventre blancs, teintés de brun rouille; reste du cou en arrière, le 
dessus du corps antérieurement et les flancs, finement ra\és ou 
ondulés de noir et de blanc rectrices centrales noires, très allon- 
gées et lancéolées, les autres grises ; couvertures de l'aile d'un gris 
brun; miroir d'un vert métillicjue. à reflets bronzés, bordé en avant 
par une bande de brun roux, suivie d'une autre noire, terminée de 
blanc ; quel(|ues scapulaires sont d'un noir velouté, bordées 
de gris blanchâtre ; bec noir ; iris brun. Longueur 26.00 - 30.00; ailes 
10.25 " I ' 20 ; queue 7 25 - 9 50 ; bec i .85 -2.15 

La 9 a la tête et le cou blanchâtres ou d'un blanc jaunâtre, 
marqué de petits traits noirâtres, plus foncés sur le dessus de la 
tète; ces traits deviennent plus fins ou disparaissent même sur le 
menton ; les parties supérieures et les côtés du corps sont d'un 
brun foncé, avec les plumes bordées de blanc jaunâtre ; les parties 
inféri-ures b'anchâtres teintées de brun foncé ; ailes plus brunâtres 
que clitz le ^ ; queue sans rectrices allongées Plus petite cpie le 
^ . Longueur 21 00 - 23 50 ; ailes 9 60 - 10. 10 ; queue 4.50 - 5.00 ; 
bec 1.80 - 2.10. 

Les jeunes ^ ressemblent à la 9, mais le blanc jaunâtre du 
dessus est plutôt rayé transversalement. 

Comme le précédent, ce Canard habite riiémisplière 
septentrional, se rendant au nord jusqu'au Groenland et sur 
les côtes des régions arctiques. Sur le continent américain, 
il niche deptiis le nord des Etats-Unis en allant vers le 
nord, et émigré au sud, à rautomne. jusqu'à Ctiba et Pana- 
ma. 



88 LES OISEAUX 

Ce Canard est assez commun dans les environs de Qué- 
bec, particulièrement à l'automne, sur les grèves de la côte 
de Beaupré, à l'île d'Orléans, etn. Ce sont les jeunes de cette 
espèce que nos chasseurs tuent le plus souvent après le Ca- 
nard noir et qu'ils appellent Canard gris. Je l'ai souvent 
remarqué autrefois à St-Denis de Kamouraska. Mais il est 
rare et de passage à Montréal ( Wintle\ et également rare 
à Godbout {Comeau) ; de même que sur Pile d'Anticosti où 
il couve {Schjnitt). 

A l'exemple des précédents, il niche à terre dans des 
touffes d'herbes ; son nid est tapissé à l'intérieur de plumes ; 
ses œufs, au nombre de six à douze, sont d'un vert olivâtre 
ou olive grisâtre pâle ; ils mesurent 2.20 x 1.52. La ponte 
a lieu en juin. 

Cette espèce se montre très friande de tédards, de faî- 
nes, de sangsues, etc. 

Genre AIX, Boie. 

Tête ornée d'une huppe ; bec plus court que la tête, pas plus 
long que les tarses et très haut à la base ; onglet recouvrant tout le 
bout de la mandibule supérieure et très recourbé vers le bas ; la- 
melles petites, peu nombreuses et distancées ; queue de seize tec- 
trices larges et arrondies au bout. 

Aix sponsa, (Linn.) Bonap. 144. 

Le Canard huppé. 

WOOD DUCK. 

Adulte $ . Tête et huppe d'un vert métallique à reflets pour- 
prés et violacés, avec du blanc sur le menton, la gorge, le haut du 
cou en avant et sur ses côtés en forme de croissant ; une ligne 
superciliaire, une autre en arrière de l'œil, s'étendant sur la nu- 
pue, avec une bande sur les côtés de la poitrine, blanches ; cette 
,. dernière bande est suivie en arrière par une autre noire ; bas du 
cou et poitrine d'un brun roux pourpré et lustré, avec de nom- 
breuses petites taches triangulaires blanches ; ventre blanc ; par- 
ties supérieures noirâtres ; avec des reflets pourprés, bronzés, bleus 
et verts ; miroir vert à reflets bleuâtres et terminé de blanc ; côtés du 
corps finement rayés ou ondulés de blanc jaunâtre et de noirâtre ; 
plumes des flancs très élargies et terminées par de jolies l)andes 
noires et blanches ; queue noirâtre avec une tache d'un. brun roux 
viné et lustré sur ses côtés à la base ; bec varié de blanc, de lilas, 
de rouge orangé et de jaune, avec le bout noir ; iris rouge carmin. 
Longueur 18.00 - 20.00; ailes p. 00; bec 1.40. 



DK I.A PROVINCE DE QUÉBEC 89 

La ç (lui n'a pas de huppe, a la tête et le <<>u d'un brun 
foncé, plus noirâtre et à rdlets i)r<)n/.é.s sur la preniière ; une tache 
autour «le l'ctil, le menton et la ^or^e, blancs ; les parties suj)érieu- 
res noirâtres, avec des rellets bron/.és et pourjjrés sur les ailes et les 
scapulaires ; la poitrine brunâtre tachetée de brun jaunâtre pâle ; 
le ventre blanc avec quelques taches de brun jaunâtre pâle ; bec 
noirâtre. 

Les jeunes lui ressemblent. 

Le Canard huppé habite la réj^ioii tempérée de rAiné- 
rique du Xord ; il niche depuis la Floride jusqu'au Labrador 
et la Colombie britannique ; î\ rautomne il .se dirige dans 
les l'Uats-l'nis du .sud jusqu'à Cuba. Il s'égare accidentel- 
lement en Europe. 

Ce Canard n'est pas commun à Québec, cependant les 
chasseurs en tuent de temps à autre lorsqu'il émigré ; 
mais il est commun en été à Montréal (//'/;///<•). 

La 9 place le berceau de sa famille dans un arbre 
creux oti sur un tronc d'arbre, le nid est composé de petites 
branches et d'herbes de différentes sortes ; il est garni à l'in- 
térieiir de plumes. Klle pond de huit à quinze œufs, d'un 
brun jaunâtre clair. Ils mesurent 2.00 x 1.50. La ponte a 
lieu en mai. 

Lorsque les jeunes peuvent aller à l'eau la mère les y 
transporte un à un avec son bec. 

Ce Canard fréquente particulièrement les lacs et autres 
étendîtes d'eau entourés de forêts, se nourrissant d'insectes, 
de petits mollusques, de petits reptiles, de batraciens, de 
têtards, de faînes, de glands, de baies, et quelquefois de 
racines de joncs. 

Ce joli Canard est, sans contredit, le plus beau et le 
plus élégant de tous ceux qui nous visitent durant l'été. 
Une particularité de mœurs qui le distingue de la plu- 
part des autres Canards, c'est qu'il a l'habitude de per- 
cher sur les arbres, ce qui lui a valu le nom vulgaire de 
Canard l)ra)icJiu qu'il porte. 

vSoUS-FAMILLE FULIGULIX-K— CANARDS DE MER. 

Pouce lobé ou muni d'une membrane très large, bien appa- 
rente ; pieds plus forts que chez les précédents et situés plus à l'ar- 
rière du corps ; le cou est ordinairement plus gros et plus court. 

Ces Canards fréquentent plus particulièrement les 



90 I,ES OISEAUX 

eaux salées et y demeurent presque toujours hors le temps 
de la ponte, époque où ils se retirent d'ordinaire sur les 
bords des lacs ou des rivières de l'intérieur ; toutefois cer- 
taines espèces ne se déplacent pas et nichent sur les rives 
et les îles des eaux qu'elles fréquentent en été. 

Ces oiseaux se nourrissent presque exclusivement de 
poissons, de vers, de mollusques, etc. 

La chair de la plupart d'entre eux est ordinairement 
peu appréciée. 

Genre AYTHYA, Boie. 

Onglet de la mandibule supérieure distinct, étroit et recourbé, 
moins d'un tiers de la largeur du bec à cet endroit ; plumes du front 
s 'avançant à peu près à égale distance de celles des côtés du bec ; 
tête et cou noirs, bruns ou d'un brun roux ; côtés du corps et dos 
finement rayés ou ondulés de blanc et de noir ; miroir blanc ou 
gris ; région anale noire ; bord de l'aile blanc. 

SOUS-GENRE AYTHYA. 

Bec beaucoup plus court que le doigt médian, sans l'ongle et 
pas plus large au bout qu'à sa base ; sa plus grande largeur égale 
presque la moitié de sa longueur ; bout modérément déprimé ; 
onglet recourbé ; tête et cou d'un brun roux chez le $ . 

Aythya americana, (Eyt.) Baird, 146. 

Le Milouin à tête rousse. 
Red head. 

Adulte $ . Tête et partie supérieure du cou d'un roux brun 
vif à rt-flets bronzés; bas du cou, poitrine, dos antérieurement et 
postérieurement, les couvtrturts inférieures et supérieures de la 
queue, noirs ; ventre blanc ; dos, au centre, scapulaires et côtés du 
corps, finement rayés ou ondulés de blanc et de noir ; miroir d'un 
gris cendré ; iris d'un jaune orangé. Longueur 17.00-21.00; ailes 
8.50 - 9 25 ; bec 2 05 - 2.25. 

La Ç a la tête et le cou d'un brun grisâtre, plus foncé en des- 
sus ; le reste des parties supérieures, d'un brun foncé; plusieurs 
plumes sont terminées d'une teinte plus pâle ; le dessous est blan- 
châtre, maculé de brunâtre, particulièrement sur la poitrine, les 
côtés du corps et à la région anale. 

Les jeunes res.semblent généralement à cette dernière. 

Le Canard à tête rousse se rencontre dans toute 
l'Amérique septentrionale où il est assez commun, surtout 
dans l'intérieur ; il niche depuis la Californie et le Maine, 
jusque dans les latitudes boréales ; en hiver il se voit au 
sud, dans les Etats-Unis. 



DE I.A PROVINCE DE QUÉBEC 9I 

Ce Canard est plus on moins rare dans le bas dn flen- 
ve St-Lanrent ; nuis il est connnnn et de passade à Montréal 
{ll'int/r)\ il se voit rarement à Anticosti, d'après le Dr. 
Schmitt. Il est éj^alement rare aux environs de Qnébec. 

Il niche à terre dans l'herbe, au bord des marais, et 
construit un nid avec des herbes sèches de différentes sor- 
tes et des jilumes; ses œufs, au nombre de sept à quatorze, 
sont d'un blanc de crème ; ils mesurent 2.40 x 1.70. La 
ponte a lieu à la fin de mai ou en juin. 

Cette espèce niante des têtards, de petites salamandres, 
des lézards, des mollusques, des glands, des faînes, de l'her- 
be, etc. 

Aythya vallisneria, (Wii.s.) Bon:, 147. 

Le Milouin aux yeux rouges. 

CaNVAS liACK. 

Adulte j. Tète et haut du cou d'un brun roux foncé, plus 
intense ou presque noir au sommet de la première et près du Ijec ; 
milieu du dos, cou\trtures des ailes et flancs, finement rayés ou 
ondulés de noir et de blanc ; le reste du cou, des parties supérieu- 
res, la poitrine et les couvertures de la queue, noirs ; dessous du 
corps blanc ; iris rouge; bec noirâtre; pieds d'un gris bleuâtre. 
Longueur 20.00 - 21 50 ; ailes 8 75 - 9.25 ; bec 2. 10 - 2.50. 

La 9 a la tète, le cou et la poitrine d'un brun de terre d'ombre, 
avec le devant du cou et la partie antérieure de la tète, blanchâtres ; 
le reste du plumage également brun, avec le bout des scapulaires 
et les flancs finem:;nt rayés de blanchâtre. 

Les jeunes lui ressemblent. 

Cette espèce habite l'Amérique septentrionale ; elle ni- 
che surtout dans l'intérieur depuis les Etats-Unis jusqu'à l'o- 
céan Arctique ; à l'automne, elle se répand au sud dans les 
Etats-Unis et même jusqu'ati Guatemala. 

Ce Canard niche sur le bord des lacs, des rivières et 
des marais de l'intérieur. 

Il se montre rarement au.x alentours de Québec ; je n'ai 
vu jusqu'à présent que quelques spécimens tués en au- 
tomne. M. Wintle le mentionne également comme rare 
et de passage à ^Montréal. 

Son nid, qui est situé à terre au milieu d'une touffe d'her- 
be, près de l'eau, est construit avec les mêmes matériaux 
que ceux des précédents ; ses œufs, de si.x à di.x, sont d'un 



92 LES OISEAUX 

brun jaunâtre pâle, tirant sur le verdâtre, ou d'un brun gri- 
sâtre ; ils mesurent 2.35 x 1.70. Il niche en juin. 

La cliair de ce Canard est très estimée des chasseurs 
surtout lorsqu'il se nourrit d'une plante sauvage que l'on 
nomme Valisnérie ( J^alisneria spiralis) ; elle acquiert alors 
un goût tout particulier qui la fait préférer à celle de beau- 
coup d'autres espèces ; à part cette particularité elle n'est pas 
meilleure que la chair d'un bon nombre de Canards. Il 
aime aussi à se nourrir d'une autre plante marine, la Zostera 
maritima. A part ces végétaux, il mange également bien 
d'autres substances végétales et animales communes aux 
autres espèces de Canards. 

Sous-genre FUIvIGULA, Stephens. 

Bec aussi long que le doigt intérieur, l'ongle compris, et plus 
large vers le bout qu'à la base ; tête et cou noirs chez les adultes 

Ces espèces vivent d'écrevisses, de petits poissons, de 
mollusques, d'herbes, etc. 

Aythya marila, (Linn.) Boie, 148. 

1/6 Morillon à tête noire. 

SCAUP DUCK. 

Adultes $ . Tête, cou et poitrine noirs, à reflets verts sur la 
première ; dos et couvertures des ailes finement ra3-és en zigzags ou 
vermiculés de blanc et de noir ; le croupion, la queue et ses couver- 
tures noirâtres ; miroir blanc, terminé de noir ; reste des parties 
inférieures blanc, se changeant au grisâtre vers la région anale ; 
bec bleuâtre ; iris jaune. Longueur iS.oo- 20.00 ; ailes 8.25 -9.00 ; 
bec 2.03, 

La 9 , a la tête, le cou, et la poitrine brunâtres, plus foncé sur 
la pre.nière, avec une tache circulaire blanche près du bec ; le ven- 
tre blanc ; la région anale grisâtre ; le reste des parties supérieures 
noirâtre, avec de légères traces d'ondulations plus claires; ailes 
peu différentes de celles du <? . 

Les jeunes i diffèrent peu de la 9. 

Cette espèce habite la partie septentrionale de l'hé- 
misphère nord et niche loin dans le nord ; en hiver on la re- 
trouve au sud jusqu'au Guatemala, au Japon, en Chine, à 
Formose et sur les bords de la Méditerranée. 

Ce Canard est commun et de passage à Montréal, 
( rF?"«//<;') ; mais il est assez rare, et se voie seulement au 



DK I.A l'KUVlNCK DK QUEBEC 93 

printemps à Aiilicosti [Si/un ilt). Il est coniniuii sur nos 
grèves aux alentours de Québec, lors de ses migrations. 

Il niche î\ terre près des rivières, des lacs et des étangs ; 
le nid est construit avec des herbes varices et garni îl 
l'intérieur de plumes ; les œufs, de six à douze, sont d'un 
grisâtre pâle ou d'un gris olivâtre ou verdâtre. 

Ils mesurent 2.50 x 1.7 1. La ponte a lieu en juin ou 
juillet. 

Aythya affiiiis, (Kvt.) Stkjx. 149. 
I/C petit Morillon. 

Li:SSER SCAll' DfCK. 

Cette espèce ressemble à celle qui i)récède, avec cette difîé- 
rence (jne le noir de la tête a des rellets pourprés au lieu de re- 
flets verts; elle est aussi plus petite. Longueur 15.00- 16.50; 
ailes 7.8 1 bec 1.75. 

Ce petit Canard se rencontre dans toute l'Amérique 
septentrionale, niche depuis le Dakota nord et la Colom- 
bie, en allant vers le nord et, à l'automne, il émigré jus- 
qu'au Guatemala et aux Antilles. 

Il est beaucoup plus rare dans le voisinage de Québec 
que le précédent quoiqu'il s'y voie pourtant presque à cha- 
que automne. M. Wintle dit qu'il est commun et de passa- 
ge à Montréal ; il est assez commun en octobre, à Godbout, 
d'après M. Comeau ; mais il est plutôt rare à Anticosti, 
quelques-uns couvent sur l'île et y passent l'hiver 
{Si/iffi///). 

Ses habitudes de nidification sont identiques à celles 
du précédent ; de même ses œufs, au nombre de dix, sont 
semblables. Ils mesurent 225 x 1.58. La ponte a lieu 
en juin. 

Aythya collaris, (Doxov.) Ridgw. 150. 

I^e Morillon à collier. 

RiNG-NECKED DUCK. 

Adulte ^ . Plumage noir à reflets violets et pourprés sur la 
tête et le cou, avec un collier d'un roux brun qui entoure ce der- 
nier vers le milieu ; le menton et le reste des parties inférieures, 
depuis la poitrine, blancs, finement rayé ou vermiculé de noir sur 
les côtés du corps et le bas ventre ; miroir gris ; région anale noire ; 



94 LES OISEAUX 

bec avec bandes transversales, de noir, de gris de plomb et de gri- 
sâtre ; iris jaune. Longueur 15 50 - 18.00 ; ailes 8.00 ; bec 1.75 - 
2.00. 

La ç a la tête, le cou et les parties supérieures d'un brun 
foncé, blanchissant autour du bec ; sans collier ; un cercle blanc 
entoure l'oeil ; la poitrine et les flancs sont d'un brun foncé ; le 
reste des parties inférieures blanc. 

Les jeunes ressemblent beaucoup à la ç . 

Ce Canard habite l'Amérique du Nord ; il niche depuis 
la limite nord des Etats-Unis jusque dans les régions boréa- 
les, et, en hiver, il se rencontre au sud jusque dans les Indes 
Occidentales et le Guatemala. 

Cet oiseau semble être rare dans notre province ; quant 
à moi je n'en ai vu encore que deux individus sur le mar- 
ché de Québec, en automne. Il l'est également et de pas- 
sage à Montréal ( IVintlé) ; M. Comeau dit n'en avoir tué 
que deux à Godbout. Un seul a été abattu en mai 1892, à 
Anticosti {ScJuuitt). 

Il niche à terre ; son nid est construit avec des herbes 
sèches et garni de plumes ; ses œufs, au nombre de six à 
douze, sont d'un gris olivâtre ou d'un brun jaunâtre pâle ; 
ils mesurent 2.25 x 1.60. La ponte a lieu en juin. 

Genre CLANGULA, leach, 

Bec plus court que la tête, très épais à sa base ; narines situées 
plutôt dans la moitié terminale du bec; distance de l'ouverture 
antérieure des narines à l'extrémité de la mandibule supérieure, 
moindre que celle, à partir du même point, à la base des lorums ; 
queue moins ae deux fois la longueur des tarses ; une tache blan- 
che entre le bec et l'œil chez les $ . 

Les Encéphales se nourrissent de crevettes, de petits 
poissons, de mollusques bivalves, à l'eau salée ; d'herbes, 
de grains, de petits poissons, de mollusques fluviatiles, 
de jeunes grenouilles, de têtards, d'écrevisses, lorsqu'is 
séjournent sur les eaux douces. 

Clangula clangula americana, Faxon, 151. 

1/6 Bucéphale d'Amérique. 

American golden-eve. 

Adulte $ . Tête grosse; cette dernière et le haut du cou sont d 'un 
noir verdâtre lustré, avec une tache ronde près du bec ; bas du cou 
et le reste des parties inférieures, blancs ; parties supérieures noi- 



Dl' I.A l'RUVINCK I)K (^UKHKC 95 

Tes. avec une bande blanche sur l'aile, le blanc de l'aile, est formé 
avec les petites et les jjrandes couvertures, ainsi (jue de plusieurs 
secondaires ; quelques scapulaires sont blanches au bord intérieur ; 
bec noir; iris jaune doré : pieds d'un jaune oranj^é. Lonj^ueur 18.- 
50- 20.00; ailes 9. CM); bec 1.95. 

La 9 à la tète et le haut du cou d'un brun foncé, avec un cercle 
blanc autour du cou ; le bas de ce dernier, la poitrine et les côtés 
sont grisâtres, maculés de blanchâtre : le ventre est blanc ; le reste 
des parties supérieures noirâtre ; les plumes du dos sont terminées 
de grisâtre; ailes noirâtres avec le blanc plus restreint, se voj'ant 
seulement sur les couvertures et les secondaires. Un jjeu plus pe- 
tite que le J . 

Les jeunes, en général, lui ressemblent. 

Ce Hiicéphale habite l' Amérique du Nord et niclie de- 
})iiis le Maine et les possession.s britanniques en allant vers 
le nord, où il se montre commun ; à l'automne il émij^^re 
au sud ju.squ'à Cuba, quoique cependant il y en ait (|in hi- 
vernent dans le bas du fleuve St-Laurent. 

Il n'est pas rare dans notre province et j'ai .souvent 
occasion d'en voir plusieurs chaque automne sur le marché 
de Québec ; mais ce .sont surtout des jeunes. Il est commun 
et de passage à Montréal {Jrinl/e)\ on le voit pendant 
toute l'année et assez commtin, à Godbotit {Comeaji); ainsi 
qu'à Anticosti où ces Canards, sauf à l'époque de nidifica- 
tion, vivent ensemble (Sc/nni/f). 

Cette espèce, à l'exemple dti Canard huppé, place son 
nid dans un tronc d'arbre et y ama.sse des feuilles, des 
herbes et de la mou.sse ; elle en tapi.sse l'intérieur de ses 
propres plumes qu'elle arrache de sa poitrine. 

Ses œufs, de six à dotize, sont d'tm cendré verdâtre ou 
d'un vert grisâtre. Ils mesurent 2.35 x 1.7 1. La ponte a 
lieu en mai ou juin. 

Clangula islandica, (Gmel.) Bonap. 152. 

I/C Bucéphale d'Islande. 

BAKROWS (".OLDEN-RVK. 

Adulte $. Tète grosse; cette dernière et le haut du cou, 
d'un noir bleuâtre à reflets violets et pourprés, avec une tache tri- 
angulaire entre le bec et l'œil ; le bas du cou et le dessous du corps 
sont blancs ; le reste des parties supérieures noir, avec une grande 
tache blanche sur l'aile, traversée par une bande noire; quelques 
plumes des couvertures de l'aile terminées de blanc; bec noir ; 
iris jaune doré. Longueur 20.00 - 22.00; ailes 9.17 ; bec 1.75. 



96 LES OISEAUX 

La ç ressemble beaucoup à celle du précédent, mais elle s'en 
distingue par la bande blanche de l'aile, qui est interrompue par 
une petite bande noire ; le bec est maculé de rougeâtre. 

Les jeunes lui ressemblent. 

Le Bucépliale d'Islande habite le nord de l'Amérique 
septentrionale et se rencontre également en Islande et au 
Groenland ; il niche depuis le fleuve St-Laurent, en allant 
vers le nord, et, au sud, dans les Montagnes Rocheuses^- 
jusqu'au Colorado. Il est commun, surtout sur le fleuve 
pendant ses migrations d'automne, alors qu'il se dirige vers 
New- York, l'Illinois, etc., pour y passer l'hiver. Mais, à 
l'exemple du précédent, quelques individus demeurent 
pendant toute l'année sur le St-Laurent. 

Il paraît être plus commun dans le bas du fleuve que 
vers l'ouest de la province, puisqu'à Québec je ne l'ai vu 
que rarement, en automne. Un individu aurait été abattu 
à la baie de Missisquoi, Lac Champlain, d'après le Can. Nat. 
Sport. Il est commttn à Godbout durant toute l'année et il 
niche près des eaux douces ; il demeure dans le bas du fleu- 
ve pendant tout l'hiver {^Conieaii) ; se montre assez commun 
à Anticosti toute l'année excepté en été, quelques-uns cepen- 
dant couvent sur l'île {Schmitt). Je me suis procuré, il y a 
un certain nombre d'années, plusieurs spécimens qui avaient 
été tués aux Pèlerins, îles situées vis-à-vis la paroisse de 
St- André de Kamouraska, et il semblait ne pas y être rare ; 
mais je ne sache pas qu'il remonte régulièrement le fleuve 
en été plus loin que cet endroit. 

A l'exemple du précédent, il niche dans un tronc d'ar- 
bre creux, et construit son nid avec de petites branches, des 
tiges flexibles et des herbes sèches ; il y ajoute aussi des plu- 
mes. Ses œufs, au nombre de six à dix, ne diffèrent pas de 
ceux des précédents. Ils mesurent 2.30 x 1.70. La ponte 
a lieu en juin. 

Genre CHARITONETTA, Stejneger. 

Narines situées plutôt dans la moitié de la base du bec ; distan- 
ce du bout antérieur des narines à l'extrémité de la mandibule 
supérieure, plus longue que celle du même point, à la base du bec ; 
tête grosse, ornée d'une forte huppe chez les $ et avec une grande 
tache blanche en arrière de l'œil ; queue plus de deux fois la lon- 
gueur des tarses. 



DK I.A PRU\INCI-: I)K guKBix 97 

Charitoiietta albeola, (Lixx.) Sti.jn. 153. 

Le petit Buccphale. 

HUFFt.F.-lIKAD. 

Atlulte ci . Tète et haut du cou d'un vert foncé métallique, â 
reflets viokts et pourprés, avec une lar^e tache trian^îulaire blan- 
che en arrière de l'ail, s'étcmlant sur la huppe ; bas du cou, parties 
inférieures, ct)uverlures des ailes, sect)ndaires et scapulaires exté- 
rieures, blancs: le reste des parties supérieures, noir; iris brun ; 
bec noir. Lon^^ueur 12.25 - i.v.so; ailes 5.90- 6.50: bec 0.95- i.oo. 
La 9 est plus petite que le <? . 

La 9 a la tète, le cou et les parties supérieures Jd 'un brun de 
suie, avec une tache sur l'aile et une autre dans la^ré;.^ion de l'o- 
reille, blanches ; le dessous du corps blanc, teinté degnsâtre sur la 
poitrine, les lianes et à la région anale. 

Les jeunes lui resseml)lent d'une manière générale. 

Le petit Biicéphale se rencontre dans toute rAniérique 
septentrionale ; il niche depuis le Maine et le Montana jus- 
qu'aux régions boréales et dans TAla-ska. A Pautomne, il 
émigré jusqu'au Mexique et à Cuba, 

Cette espèce est assez commune à Québec en automne 
surtout, lors de ses migrations ; mais ce sont presque tou- 
jours des jeunes que Ton rencontre. M. Wintle la mention- 
ne comme commune et de passage à Montréal ; elle est 
rare et se voit en automne à C^odbout {Coficau). 

Ce petit Canard fait également son nid dans un arbre 
creux qu'il garnit d'herbes et de plumes ; il pond de huit à 
quatorze œufs, variant du brun jaunâtre pâle au blanc de 
crème, lavés parfois d'olive grisâtre. Ils mesurent 2.00 x 
1.45. La ponte a lieu en juin. 

Genre HARELDA, Stephens. 

Bec plus court que la tète, à peu près de la même longueur que 
les tarses et haut à la base ; onglet large ; narines situées à la base 
du bec ; quatorze rectrices. celles du centre très allongées chez les 
adultes J" ; région anale blanche ; l'extrémité de la partie emplu- 
méedes loruins descendant obliquement sur les côtés du bec jus- 
qu'à la commissure. 

Harelda hyemalis, (Lixx.) C. L. I}rehm, 154. 
Le Canard à longue queue. 

Old-Socaw. 

Adulte c? en été. Tète, cou et poitrine d'un brun chocolat 
presque noir, avec le dessus et le derrière de la tête noirâtres ; une 



98 LES OISEAUX 

grande tache d'un gris argenté sur les côtés de la tête, blanchissant 
autour et en arrière de l'œil ; dessous du corps, depuis la poitrine, 
blanc, teinté de gris cendré sur les côtés du corps ; le reste des par- 
ties supérieures et les rectrices centrales, noires, avec du brun roux 
sur les scapulaires et le dos antérieurement ; bec noir, traversé par 
une bande d'un jaune orangé, vers l'extrémité ; iris rouge carmin. 
Longueur 20.75 ' 23.00 ; ailes 8.50 - 9.00 ; rectrices du centre 8.00 - 
8.50 ; bec i.io. 

Adulte $ en hiver. Tête, cou et haut de la poitrine, blancs, 
avec une grande tache brune sur les côtés du cou ; une autre tache 
d'un blanc grisâtre sur les joues ; les scapulaires et les côtés du 
corps sont d'un blanc bleuâtre ; sans teinte de roux nulle part. 

La 9 en été, n'a ni rectrices ni scapulaires allongées ; la tête 
et le cou sont d'un brun grisâtre foncé, blanchissant i^ur le menton, 
avec une tache blanchâtre sur les côtés du cou et une autre de mê- 
me couleur autour de l'œil ; les parties supérieures sont d'un brun 
foncé ; le dessous du corps est blanc ; l'iris jaune. 

La 9 en hiver a les parties inférieures, la tête et le cou, blancs, 
avec le dessus de la tête brunâtre et la poitrine grisâtre ; les parties 
supérieures sont d'un brun noirâtre. 

Les jeunes lui ressemblent dans cette livrée de l'hiver. 

Ce Canard habite riiémisphère nord où il se montre 
très commun ; il niche dans les hautes latitudes boréales. 
Il est commun sur les côtes de l'Alaska, dans différentes 
partie de l'Islande, et il demeure en permanance au Groen- 
land, de même que sur les îles Aléoutiennes et Prybilofs. 
Sur notre continent, il émigré à l'automne dans les Etats- 
Unis. 

Ce Canard qtie l'on nomme vtilgairement Kakaivi^ est 
très commun sur le parcours du fleuve et du golfe St-Laurent 
lorsqti'il émigré. Cependant tm bon nombre hiverne dans 
le bas du fictive. Il est commun et arrive en septem- 
bre à Anticosti, passe l'hiver et part à la fin d'avril {Schmitt). 
Il est très commun en hiver à Godbout, oii les plus grosses 
bandes se voient en décembre, janvier et février; il se 
montre assez commun en été, aussi on croit qu'il niche à cet 
endroit {Comcaii). M. Wintle le mentionne comme rare et 
de passage à Montréal. Il se voit assez souvent à l'autom- 
ne surtout sur les grèves de Beauport, de la côte de Beau- 
pré, de l'île d'Orléans, etc. 

Pendant ses migrations, il se voit fréquemment avec 
une livrée mélangée de blanc, de noir et de roux plus ou 
moins foncé. 



DH LA IMtOVINCK DK OrEnKC 99 

11 niche à terre au bord des lac» ci autres étendues 
d'eau, sous les buissons ou dans les jurandes herbes ; s(jn nid 
est fait avec des herbes sèches, et souvent, du duvet et des 
plumes d'oiseaux. 'Ses œufs, au nombre de six à douze, 
sont d'un vert pois tirant sur le grisâtre, ou d'un brun jau- 
nâtre pâle, variant à l'olive jaunâtre pâle. Ils mesurent 
2.05 X 1.50. La ponte a lieu en juin. 

Cette espèce se nourrit de mollusques, de petits pois- 
sons, d'herbes et de racines. 

Geore HISTRIONICUS, Lesson. 

Bec très petit, plus court que la tête ou les tarses, [)lus haut 
(jue large à la hase : otiglet recouvrant tout le bout de la mandibule 
supérieure ; narines placées dans la partie basale du bec ; distance 
de leur extrémité postérieure aux plumes de la base du bec égale 
ou plus grande que la longueur même des narines. 

Histrioniciis histrionicus, (Linn.) Boucard, 155. 

Le Canard histrion. 

HAKLKoriN" DlCK. 

.•\dulte ^ en hiver. Plumage d'un cendré bleuâtre foncé, à 
reflets pourprés, plus intense ou presque noir à la tète et au cou ; 
une large l)ande sur les côtés de la nuque et du corps postérieure- 
ment, d'un brun roux vif; une tache entre le bec et l'œil, une autre 
ronde sur les côtés de la tète, avec une troisième allongée sur les 
côtés du cou, un collier à la base de ce dernier interrompu en avant 
et en arrière, un croissant sur le côté de la poitrine en avant de 
l'aile, ainsi que des bandes et taches sur les ailes, blancs ; miroir 
vert bleuâtre foncé ; presque tout le blanc des parties antérieures 
est bordé de noir. En été ses couleurs sont beaucoup plus ternes, 
les parties inférieures sont d'un l)lanc grisâtre, maculé de gris 
brunâtre; iris d'un brun roux. Longueur 15.00 - 17.50; ailes 7.40- 
8 00 ; bec 1.05 - 1. 10. 

La 9 est d'un brun foncé, presque noir sur les ailes et plus 
pâle en dessous ; les plumes sont terminées de gris blanchâtre ; une 
tache blanchâtre entre le bec et l'œil, et une autre de même teinte 
sur l'oreille. 

Les jeunes lui ressemblent. 

Le Canard histrion, vultrairement connu dans le bas 
du fleuve sous le nom de Camw dr roclu\ habite la partie 
septentrionale de l'hémisphère nord et, en Amérique, il 
niche au sud jusqu'à Terre-Neuve, dans le nord des Monta- 
gnes Rochetises, la Sierra Nevada, le Yukon, l'Alaska, le 
Labrador, la baie d'Hudson, le Groenland et, en Europe, 



lOO LES OISEAUX 

dans l'Islande. Durant l'hiver, sur le continent américain, 
il se répand jusque dans les Etats-Unis du centre et la Ca- 
lifornie. 

Il fréquente particulièrement la côte nord du fleuve, 
et Turner l'a rencontré en quantité au Labrador. Il est 
également commun dans le district d'Hudson ; mais il est 
rare en été à Anticosti d'après le Dr Schmitt ainsi qu'à 
Godbout, où il se voit seulement pendant la dernière partie 
d'avril et de bonne heure en mai {Corueaii). Cette espèce, 
peu commune sur la côte nord, tend à devenir de plus en 
plus rare. 

Ce Canard niche à terre et quelquefois, dit-on, dans un 
arbre creux ou dans une fente de rocher près des lacs ou 
des rivières ; le nid est composé d'herbes et de feuilles entre- 
mêlées de plumes et de duvet que l'oiseau arrache de sa 
poitrine. Il pond de six à huit œufs, d'un brun jaunâtre 
pâle ou teintés de verdâtre ; ils mesurent 2.30 x 1.60. La 
ponte a lieu en juin. 

Lorsque la 9 laisse son nid pour quelques instants, elle 
recouvre ses œufs avec les plumes qui se trouvent dans le nid. 

Il se nourrit principalement de crevettes, de petits 
poissons, d'œufs de poissons, d'insectes aquatiques, de mol- 
lusques, etc. 

Genre CAMPTOLAIMUS, Gray. 

Bec presque aussi long que la tête et plus long que les tarses ; 
pas plus haut que large à la base et élargi vers le bout ; narines 
basai es ; miroir blanc. 

Camptolaimus labradorius, (Gmel.) Gray, 156. 

1/6 Canard du I/abrador. 

Labrador Duck. 

Adulte $ . Tête, cou, poitrine, couvertures des ailes et secon- 
daires, blancs ; un collier vers le bas du cou, une bande sur la cou- 
ronne et la nuque, et le reste du plumage, noirs, avec quelques- 
unes des longues vScapulaires d'un gris perlé ; rémiges et rectrices 
d'un noir brunâtre ; iris d'un brun roux ; pieds d'un bleu grisâtre. 
Longueur 18.00- 23.75 ! ailes 8.50 - 8.90 ; bec 1.60 - 1.70. 

La Ç est d'un gris brunâtre uniforme, avec les ailes d'un gris 
de plomb ; les secondaires l:)lanclies ; les primaires noirâtres et les 
tertiaires d'un gris d'argent bordées de noirâtres. 

Les jeunes $ lui ressemblent, mais ils ont le menton, la gorge 
et les grandes couvertures des ailes, blancs. 



1)1-: I.A l'R< iVIXCI". Iil'. ori'.HKC loi 

# 

Cf C.iii;ii(l se- niouliail liè.s ckhiiiuiii ;inli(.-lni.s sur les 
côtes (le rAtlanticiiie nord ; il nichait depuis le Labrador en 
allant vers le nord et se rendait an snd jusrjn'au New- 
Jersey, au Lonj^-Island et sur les {grands lacs; mais il est main- 
tenant considéré comme éteint, vu qu'il n'a pas été capturé 
ni vu depuis 1S75, 

Il n'y a aucun doute (ju'il fréquentait les rives du vSt- 
Laurent, au moins durant ses mij^rations. Nous n'avons 
qu'un seul fait de la présence de cette espèce, dans notre 
province, mentionné par le Dr Hall dans sa liste des oi- 
seaux du district de Montréal, publiée dans Can. Xnf. 
and Gcol.y c'est celui d'un adulte S qui fut tué dans la 
baie de Laprairie au printemps de 1862. 

La société d'Histoire naturelle de Montréal possède un 
jeune de cette espèce ; c'est le seul musée de la province où 
cet oiseau se voit. 

Nous ne savons rien de ses habitudes de nidification 
ni de la teinte et du nombre de ses œufs. 

Genre POLYSTICTA, Eyton. 

Largeur du bec à la base l)eaucoup moindre que la moitié de 
salong'ueur ; miroir à couleur foncée, violet ou violet bleuâtre chez 
le $ et bordé en avant et en arrière par une bande blanche. 

Polysticta stelleri, (Pallas,) Grav, 157. 

L Eider de Steller, 

Stf.i,i,i:r's DrcK. 

Adulte $. Tète et haut du cou d'un blanc satiné, teinté de 
vert olivâtre sur les lorums et à l'occiput ; un espace autour de 
l'œil, un collier au bas du cou et une tache allongée sur le menton 
et le devant du cou, s'unissant au collier, noirs ; milieu du dos, 
scapulaires, tertiaires et secondaires, d'un noir bleuâtre à reflets 
pourprés, avec le bord interne des tertiaires et de petites raies sur 
les scapulaires, d'un blanc satiné ; cou\ertures des ailes et côtés du 
dos, blancs ; miroir violet foncé ou bleuâtre et lustré, terminé de 
de blanc ; le reste des parties inférieures d'un brun fauve passant 
au noirâtre sur le ventre et à la région anale ; bec et pieds d'un 
bleu grisâtre. Longueur 16.00 - iS.oo ; ailes <S.oo - 8.50 ; bec 1.40- 
I 45- 

La 9 a la tète et le cou d'un i)runâtre clair, maculé de brun 
plus foncé; le reste des parties supérieures d'un brunâtre foncé, 
mélangé de brun jaunâtre, avec les couvertures des ailes noirâtres, 
terminées de gris brunâtre : les tertiaires en partie noirâtres ; la 



I02 LES OISEAUX 

poitrine d'un brun de rouille, irrégulièrement tachetée ou rayée de 
brun noirâtre ; le ventre d'un brun uniforme. 
Les jeunes lui ressemblent. 

Cet Eider habite les régions arctiques et sous-arctiques 
des mers de l'hémisphère nord. Il se montre très commun 
sur les îles Aléoutiennes et sur les côtes nord-ouest de 
l'Alaska ; il niche par milliers sur celles de la Sibérie. 

Au printemps de i900,M. Comeau a eu l'obligeance de 
me montrer un spécimen $ qu'il venait d'abattre à God- 
bout ; c'est la première fois que cet oiseau est remarqué dans 
notre province. 

Il niche à terre et parfois, dit-on, sur des rochers inac- 
cessibles ; son nid est fait avec de l'herbe, de petites bran- 
ches et garni de plumes qu'il s'arrache de la poitrine ; il 
pond de sept à neuf œufs, d'un olive verdâtre pâle ou olive 
jaunâtre. Il mesurent 2.30 x 1.62. La ponte a lieu en juin. 

Genre SOMATERIA, Leach. 

Plumes des lorums s 'avançant jusqu'à l'orifice ou même au 
delà des narines ; les plumes du front sont séparées de celles des 
lorums par la continuation de la peau membraneuse de la mandi- 
bule supérieure qui s'avance beaucoup à cet endroit; tertiaires 
recourbées vers le bout en forme de faucille. 

Les Eiders se nourrissent particulièrement de mollus- 
ques, de crustacés, des œufs de ces derniers, de ceux de pois- 
sons, de petits poissons, etc. 

Sous-genre SOMATERIA. 

Plumes des côtés du bec ou des lorums s 'avançant sur les côtés 
de la mandibule supérieure au delà ou au moins jusque sous le 
bord postérieur des narines et beaucoup plus loin que celles du 
front. 

Somateria mollissima borealis, C. L. Brehm, 159. 
VBider du Nord. 

Greenland Eider. 

Adulte $ . Plumage blanc, teinté de jaune crème sur la poi- 
trine; rémiges, croupion, queue et parties inférieures, depuis la 
poitrine, noirs ; dessus de la tête et nuque d'un noir bleuâtre lus- 
tré, avec du blanc au centre de cette dernière ; une large tache ver- 
dâtre sur le dessus du cou. ne s 'avançant pas sous le noir des côtés 
de la tête; bec recouvert à la base en dessus par une membrane 
charnue, qui s'avance sur les côtés du front à angle aigu, d'un 



I)K LA PROVINCE DK QUEBEC I03 

oranjjé jaunâtre: iris jaune. Lonj^fucur 24 00 ; ailes ii.o); (|ueiie 
4.00 ; bec depuis les narines 1.30- 1.50. 

La 9 a le pluina;,'e varié de noir, de brun roux et de brun jau- 
nâtre ; la tète et le cou paraissent comme rayés ; le bec e5t plus 
petit que celui du ^ . mais il offre les mC-mes caractères de 1 espèce. 

Les jeunes ont en général le même plumage que cette dernière. 

Cet Ivider ]i;i])ite le nord de Tlùirope, le nord et l'est 
de l'Amérique, y compris le Groenland, ne dépassant pas 
vers le sud, sur notre continent, en été, la limite sud du 
Labrador, et émio^rant à l'automne au sud jusque dans la 
Xonvelle-Anj^^leterre. 

D'après le Dr Schmitt, il est assez commun à Anti- 
costi et arrive en septembre ; il part à la fin d'avril ou au 
commencement de mai et il couve sur les îles Mingan. 
J'ai reçu deux spécimens de ce Canard dont l'un, l'an der- 
nier, fut tué à la Pointe aux Esquimaux, et l'autre, à la 
Rivière Bec-Scie, il y a quelques années. 

Il niche à terre, souvent dans des crevasses de rochers, 
au bord de l'eau ; le nid est construit avec des herbes marines 
auxquelles il ajoute du duvet qu'il s'arrache de la poitrine 
et du ventre, et souvent en si grande quantité que les œufs 
disparaissent sous ce duvet. Ces derniers sont au nombre 
de six à dix et varient du brun jaunâtre pâle au brun ver- 
dâtre pâle. Ils mesurent 2.97 x 2.01. 

Somateria dresseri, vSharpi . 160. 

L'Eider d'Amérique. 
American Eider. 

Adulte $. Plumage exactement semblable à celui du précédent, 
avec cette différence toutefois que la teinte verdâtre de l'occiput 
s'avance sur les côtés de la tête au-dessous du noir, et l'angle for- 
mée par la peau membraneuse du bec qui s'avance sur les côtés du 
front est plus obtus, il est plutôt large et arrondi au bout. De même 
taille que son congénère. 

La 9 ressemble à celle du précédent, mais elle s'en distingue 
par la forme plus obtuse de l'angle des côtés du front. 

Cet Eider, vulgairement appelé Afoyac ou A/oitniac^ 
comme le précédent et celui qui suit, est distribué sur le 
littoral de l'Atlantique, depuis le Maine jusqu'au Labrador 
sud, à Terre-Neuve, ainsi que sur les îles et les rives du St- 
Laurent, où il niche en quantité. A l'automne il émigré 



I04 LES OISEAUX 

jusqu'au Delaware et sur les grands lacs ; cependant un cer- 
tain nombre hiverne sur les bords du St-Laurent. 

Cet Oiseau couve en grand nombre sur les îles Mingan 
oii a lieu malheureusement une grande destruction d'œufs 
{Sclnnitf)\ ]\I. Comeau dit qu'il est plutôt rare à Godbout 
et se voit pendant toute l'année. Il est plus ou moins com- 
mun sur le fleuve qu'il remonte en été jusqu'aux Pèlerins 
où il niche. Deux jeunes ont été tués à ma connaissance 
sur les grèves de Beauport, il y a quelques années. M. Win- 
tle dit qu'il se voit accidentellement à Montréal ; un jeune 
y a été abattu. 

L'Eider est recherché pour le riche duvet qu'il porte 
et que l'on nomme édredon. 

La 9 se confectionne un nid moelleux avec de la 
mousse, des herbes sèches et du duvet, qu'elle s'arrache de 
la poitrine ; elle place son nid dans une anfractuosité de 
rocher, et y dépose de quatre à dix œufs, d'un brun verdâtre 
pâle, uniforme et à écaille lisse. Ils mesurent 3.00 x 2.00. 

Sous-genre ERIONETTA, Coues. 

Bec très renflé à la base comprimé supérieurement et recouvert 
à cet endroit d'une membrane charnue qui s'étend sur ses côtés ; 
plumes du front s 'avançant sur la mandibule supérieure beaucoup 
plus loin que celles des lorums et de l 'orifice postérieur des narines. 

Somateria spectabilis, (Linn.) Leach, 162. 

L'Eider remarquable. 

KiNG ElDER. 

Adulte $ . Sommet de la tête et nuque d'un cendré bleuâtre ; 
le reste de la tête, le cou, la poitrine, une large bande sur l'aile, la 
partie antérieure du dos, et une tache à la base sur les côtés de 
la queue, blancs, teinté de jaune crème sur la poitrine et de verdâ- 
tre sur les côtés de la tête ; une étroite petite bande noire à la base 
du bec, sur le front ; une autre de même couleur, sur la gorge en 
forme de V ; reste du dos, des ailes, et des parties inférieures depuis 
la poitrine, noirs ; bec rougeâtre ; iris brun. Longueur 22.00 ; 
ailes I i.oo ; queue 4 00 ; bec en dessus 1.25. 

La 9 ressemble généralement à ses congénères, mais 
son plumage est plutôt d'un cendré jaunâtre, rayé de brun 
foncé et son bec est un peu plits gros ; la disposition des 
angles formées par les plumes du front est différente aussi. 

L'Eider remarquable habite la partie septentrionale de 
l'hémisphère nord, niche, en Amérique, depuis le Labrador 



i)i-. i,A PRoviNCK nn gi'KHKc 105 

jusciu'aii Ciiocnlaïul cl dans les rcj^ions arctiques; il cini}j;re 
au sud à Tautomne jusque dans la Nouvelle-Anjj^leterre et 
quelquefois sur les <i^rands lacs de l'intérieur, au New-Jersey 
et, sur la côte du Pacifique, jusqu'aux Iles Aléoutiennes. 

Dans le bas du fleuve, où (jUcUiues-uus nichent, il se 
montre assez coniniun, mais en bien moins j^raud nombre 
que celui qui précède. Il est assez commun à Anticosti 
{Sc/imiff) ; mais M. Comeau le mentionne comme rare à 
Godbout où il niche. 

11 niche à terre dans une dépression de terrain ; son 
nid est fait entièrement avec du duvet que l'oiseau s'arrache 
de la poitrine et du ventre ; ses œufs, au nombre de six à 
dix, varient du gris olive clair uniforme au vert grisâtre. 
Ils mesurent 2.S0 x 1.85. La ponte a lieu à la fin de juin 
ou en juillet. 

Genre OIDEMIA. Fleming. 

Bec renllé à la base ; narines .situées au milieu du bec ou même 
au delà ; dislance du bord postérieur de la narine à l'angle du bec 
égale ou plus .i,frande que celle du bord antérieur de la narine à 
l'extrémité de la mandibule supérieure ; plumes du menton s 'avan- 
çant presque vis-à-vis Jes narines. 

Les Macreuses vivent surtout de mollusques, d'insectes, 
de petits poissons, d'œufs de ces derniers, de crustacés, de 
plantes marines, etc. 

SOUS-OKKRE OIDEMIA 

Distance du bord antérieur de la narine aux premières plumes 
du front plus grande que celle du même point au bout du bec ; 
longueur de la commissure moindre que celle du doigt intérieur 
sans l'ongle ; plumage noir chez le J ; narines médianes ; queue 
de seize rectrices. 

Oidemia americana, vSw aixson, 163. 
La Macreuse d'Amérique. 

Ameuic.vn' Scotkr. 

Adulte $. Plumage en entier d'un noir lustré; bec noir 
avec une tache d'un jaune orangé à la base en dessus ; iris brun. 
Longueur 17.00-21 50; ailes S. 25-9. 50 ; bec i. 65-1. 80. 

La Ç est d'un brun de suie, plus pâle en dessous et blanchâtre 
sur la gorge et les côtés de la tOte ; elle est un peu plus petite. 

Les jeunes lui ressemblent. 



Io6 LES OISEAUX 

La Macreuse d'Amérique habite le nord de l'Amérique 
septentrionale, niche depuis le Labrador, la baie d'Hudson 
et les îles Aléoutiennes en allant vers le nord ; en hiver on 
la rencontre au sud jusqu'à la Virginie, les grands lacs, le 
Colorado et la Californie. 

Elle est commune sur le St-Laurent surtout à l'époque 
de ses migrations et les chasseurs en tuent quelquefois à 
l'automne, près de Québec, lorsqu'elle se dirige vers le sud. 
Elle est assez rare et arrive à la fin de mai ou au commen- 
cement de juin à Anticosti et reste environ un mois 
{ScJimitt). Elle est commune à Godbout et se voit de bonne 
heure en avril jusqu'en novembre {Co))ieaii). Mais elle est 
rare et de passage à Montréal d'après M. Wintle. 

Elle niche à terre, près de l'eau ; son nid est construit 
avec de l'herbe, des plumes et du duvet ; ses œufs, au nombre 
de six à dix, sont d'un brun jaunâtre pâle ou brunâtre 
pâle. Ils mesurent 2.50 x i.6c. La ponte a lieu en juin. 

Sous-genre MELANITTA, Boie. 

Longueur de la commissure plus grande que celle du doigt 
intérieur sans l'ongle; plumes des lorums s 'avançant plus loin 
sur les côtés de la mandibule supérieure que celles du front ; miroir 
blanc ; queue de quatorze rectrices. 

Oidemia deglandi, Bonap. 165. 

I/a Macreuse veloutée. 

WHITE WINGED SCOTER. 

Adulte $. Plumage noir lustré, plus pâle en dessous, avec 
une tache blanche sous l'œil; miroir blanc ; iris jaune ; bec noir, 
avec le bout orangé ; pieds orangés. Longueur 19.75-23.00 ; ailes 
10. 65- 11.40; bec 1,40-1.70. 

La Ç est d'un brun de suie, moins foncé en dessous, avec une 
tache blanchâtre sur les lorums et une autre semblable en arrière de 
l'oeil. 

Les jeunes lui ressemblent. 

La Macreuse veloutée habite l'Amérique du Nord, 
niche depuis le Labrador, le Dakota nord et la Colombie 
britannique en allant vers le nord ; elle se voit en hiver au 
sud, dans les Etats-Unis du centre, le sud de l'Illinois et 
de la Californie. 

Cette Macreuse est commune sur le St-Laurent, mais 
surtout durant ses migrations. On en tue souvent sur nos 



DK I.A PROVINCE DK QUÉHKC IO7 

grèves près de (Jiiébec, à raut(Jiiine. Hllc est coinniune 
toute l'année, les plus grandes bandes se voient en avril et 
novembre, à ()oc\hoiit (Commit). VMe est de passage :\ 
Montréal {Win/If). Assez coniniune î\ Anticosti ; elle 
arrive et nous cpiitte comme la précédente (Sc/iw///). 

Cette espèce niche îl terre, souvent dans les buissons et 
quelquefois à des distances considérables de la mer ; son nid 
est composé de petites branches, de mousse, d'herbes diverses, 
et tapissé de plumes ;\ l'intérieur. vSes (eufs, au nombre de 
six à onze, sont d'un brun jaunâtre pale on verdâtre. Ils 
mesurent 2.75 x 1.90. 

SOUS-GENRK PIvLIONlvTTA, K.M'P. 

Bec aussi lonp que la tète, renflé en dessus à la base et sur les 
côtés ; phnnes du front s 'avançant plus loin sur la mandibule supé- 
rieure que celles des loruuis ; sans miroir blanc ; narines situées au 
delà de la partie médiane ; queue de quatorze rectrices. 

Oidemia perspicillata, (Lixx.) Stkphexs, 166. 

La Macreuse a large bec. 
Surf Scoter. 

Adulte (?. Plumage noir à reflets bleuâtres, un peu i)lus jxlle 
en dessous, avec une grande tache sur le dessus de la tête et une 
autre sur la nuque, blanches ; iris d'un jaune pâle ; bec en grande 
partie blanc, rosé et orangé, avec une tache noire et ronde sur les 
côtés à la base de la mandibule supérieure ; pieds orangés. Lon- 
gueur 20 00-22 00; ailes 9 25-9.75 ; bec i. 30-1. 60. 

La Ç est d'un brun de suie, blanchissant sous le corps, avec du 
blanchâtre sur les lorums et â la région auriculaire; sans blanc à 
la nuque ni sur le dessus de la tète ; le bec et les pieds sont noirs, 
le premier est plus petit que celui du ^. 

Cette Macreuse se voit dans le nord de l'Amérique 
septentrionale, niche depuis la limite nord des Etats-Unis 
en allant vers le nord, et, en hiver, elle se rencontre au sud 
jusqu'à la Virginie, les Carolines. la rivière Ohio et le sud 
de la Californie. Elle se voit accidentellement eu Europe. 

Elle se montre commune sur le fleuve et le golfe St- 
Laurent, où un certain nombre niche ; à l'automne, quel- 
ques-unes sont abattues aux alentours de Québec. 

M. Comeau dit qu'elle est très commune à Godbout 
depuis avril jusqu'à novembre, et le Dr Sclimitt la men- 
tionne comme assez commune à Anticosti. Elle est rare 
et de passage à Montréal ( H'in/Ic). 



Io8 LES OISEAUX 

Elle niche à terre au milieu de longues herbes et pond 
de cinq à huit œufs, d'un brun jaunâtre crème. Ils me- 
surent 2.40 X 1.70. La ponte a lieu dans la dernière partie 
de juin. 

Genre ERISMATURA. Bonaparte. 

Queue graduée, plus longue que la moitié de l'aile, de seize à 
vingt rectrices, raides, linéaires lancéolées ; onglet petit, étroit, à 
peine visible vu en dessus ; tarses courts ; doigt extérieur plus long 
que celui du milieu ; tête petite ; cou gros. 

Erismatura jamaicensis (Gmel.) Salvad. 167. 

I/C Canard roux. 

RUDDY DUCK. 

Adulte (J. Parties supérieures, cou et côtés du corps d'un 
roux brun lustré ; côtés de la tête, depuis le bec et le menton, blancs ; 
dessus de la tête jusqu'au dessous des yeux et occiput d'un noir 
lustré ; reste des parties inférieures d'un blanc grisâtre, maculé de 
brun foncé et de noirâtre ; iris d'un brun roux ; ailes et queue noirâ- 
tres ; pieds d'un gris bleuâtre. Longueur 13 50-16 00 ; ailes 5 75- 
6.00 ; bec 1. 50-1. 60. 

La Ç a le dessus de la tête et la nuque d'un brun foncé ; les 
parties supérieures brunes, finement maculées et ondulées de noi- 
râtre ; le dessous du corps plus terne, rayé de brun foncé et souvent 
de brun jaunâtre ; la légion anale blanche. 

Les jeunes ressemblent à la 9 . 

Le Canard roux se rencontre dans toute l'Amérique 
du Nord et niche sur presque tout son parcours, mais par- 
ticulièrement dans le nord des Etats-Unis en allant vers le 
nord ; à l'automne, il émigré au sud jusqu'au Mexique, aux 
Antilles et dans l'Amérique centrale. 

J'ai souvent eu occasion de voir cette espèce offerte en 
vente sur le marché de Québec, à l'automne, mais ce n'était 
que des jeunes. 

Son nid, lorsqu'il en construit un, se compose de joncs 
et autres tiges de plantes aquatiques, avec des herbes plus 
fines ; il est souvent placé si près de l'eau qu'il flotte parfois 
comme celui des Grèbes. Il pond de cinq à quatorze œufs, 
d'un blanc jaunâtre pâle à surface finement granulée. Ils 
mesurent 2.40 x 1.75. La ponte a lieu en juin. 

Il se nourrit, lorsqu'il est sur les eaux douces, de racines 
et de feuilles d'herbes, et, à l'eau salée, de mollusques, de 
petits crustacés, de petits poissons, etc. 



DK I.A l'ROVINCK DK QUEBEC I09 

Sous-i AMii.i.K A.\Si:Ri:t.i;— Oies. 

Hgc ortliiiiiireiiient court, haut, terminé par un onpiet larjje et 
recourbé ; cou plus lonj,' (jue chez les précédents ; ailes j^énérale- 
ment plus lonj^ues, atteij^nant 1 extrémité de la (jueue ; tarses entiè- 
rement réticulés, plus longs que le doigt médian, l'ongle excepté. 

Le pliiiiinii^e de ces oi.seau.x est presque toujours plus 
terue que celui des Canards ; leurs jambes, plus lonj^ues et 
situées vers le centre du corps, leur permettent de marcher 
plus facilement qu'eux ; aussi on les remarque très souvent 
à terre, car ils aiment i\ marcher sur le sol. Ils vivent et 
émigrent par bandes. Lorsqu'ils .se po.sent, une .sentinelle 
est postée pour veiller à la sécurité du troupeau et, si un 
danjrer le menace, elle pousse un cri et toute la bande 
s'envole. 

Les deux sexes s'occupent également de l'éducation 
des jeunes. 

Leur nourriture se compose surtout de matières végé- 
tales, tels que grains, graines et herbes. 

Genre CHEN, Boie. 

Bec très fort, pas plus long que la tête ; plumage blanc chez 
les adultes, avec primaires noires ; lamelles de la mandibule supé- 
rieure visibles en dehors. 

Chen hyperborea nivalis, (Forst.) Ridgw. 169a. 
L'Oie blanche. 

GRr:.\Ti:R S.n'(^\v Goose. 

Adultes <? 9 • Plumage d'un blanc pur, teinté parfois de rouille 
à la tète ; primaires noires, à base grisâtre; bec d'un rouge rosé 
avec l'onglet blanc ; iris brun ; pieds d'un rouge pâle. Longueur 
30.00-3S.00; ailes 17.42 ; bec 2.63. 

Les jeunes ont la tète, le cou et les parties supérieures d'un 
grisâtre pâle ; les plumes du dos sont bordées de blanchâtre ; le 
croupion, la queue et les parties inférieures, sont blancs ; le bec et 
les pieds sont noirâtres. Plus tard ils deviennent blancs avec la tète 
et le cou teintés de rouille. 

L'Oie blanche que l'on appelle communément Oir 
sauvasse, habite l'est de l'Amérique du Nord ; elle niche 
dans les régions arctiques et émigré, en hiver, au sud parti- 
culièrement sur les côtes de l'Atlantique jusqu'à Cuba. 

L'Oie sauvage se montre très commune et souvent en 



IIO LES OISEAUX 

bandes considérables au printemps et à l'automne dans cer- 
tains endroits sur nos grèves, notamment à St-Joacliim, là où 
j'ai vu des bandes de trois à quatre mille individus, sûr l'île 
d'Orléans et jusqu'à la batture aux Loups-Marins. Assez 
souvent, lorsqu'elles émigrent, nous en voyons passer des 
bandes bien près de la ville. Elle est rare et de passage à 
]\Iontréal {JUntle). Un individu a été tué à Godbout : 
{Co))icai(). Elle est assez rare en été à Anticosti. {Schniiti). 

On connait peu de chose des habitudes de nidification 
de cette espèce. Elle construit cependant un nid avec des 
herbes qu'elle pose à terre, et ses œufs, au nombre de cinq 
à huit, sont de couleur crème. Ils mesurent 3.40 x 2.40. 

L'Oie sauvage se nourrit d'herbes, de graines et de 
grains de toutes sortes, etc., surtout de ceux de graminées 
qui, chez nous, croissent dans des endroits vaseux sur les 
bords du fleuve et, d'après Audubon, des baies de VEmpe- 
triim nigriim^ là où cette plante croît. Chez plusieurs spé- 
cimens que je me suis procurés en automne à St-Joachim 
j'ai invariablement trouvé dans le jabot, qui en était rempli, 
des grains que j'ai cru être ceux de la ZizaJiia aqiiatica. 

Elle émigré aussi bien le jour que la nuit. 

Cette Oie est d'un naturel très farouche et les chas- 
seurs ne peuvent que difficilement l'abattre. Son cri est 
fort et éclatant. 

Quoique ressemblant fort à notre espèce domestique, 
elle n'en est pas cependant la souche, car c'est à l'espèce 
sauvage d'Europe, (A. Jerus) que nous devons l'origine 
de l'Oie domestique. 

Genre ANSER, Brisson. 

Bec plus court ou pas plus long que la tête, très robuste, plus 
haut que large à la base ; lamelles de la mandibule supérieure, visi- 
bles du dehors ; bec plus faible que chez le genre précédent et plus 
déprimé ; plumage jamais blanc. 

Anser albifrons gambeli, (Hartl.) Coues, 171a. 

Iv'Oie à front blanc d'Amérique. 

American white-fronted Goose. 

Adultes $ Ç . Tête et cou d'un brun grisâtre foncé, avec une 
bande blanche sur le front, à la base de la mandibule supérieure et 
bordée en arrière de noirâtre; dessus du corps d'un gris cendré 
foncé, avec les plumes terminées de gris pâle postérieurement, et 



DK LA l'k<>\ iNCK UK J^L'EBEC I l l 

lie brun à ia j)artie antérieure ; (ouvertures supérieures de la queue 
blanches ; parties inférieures d'un blanc grisâtre, maculé de 
noir ; région anale et lôtés du croupion, blancs ; grandes couvertu- 
res des ailes d'un gris cendré et terminées de blanc ; secondaires 
noirAtrts bordées de blanc; bec rose avec l'onglet blanc; pieds 
jaunes. Longueur 27.00-3000; ailes 14.25-17.50; bec 1.80-2.35. 
Les jeunes ont le front brunâtre. 

Cette Oie habite toute l'Anicrique du Xord et uiclie 
dans les ré*jions arctiques ; en hiver elle se rencontre au 
sud jusqu'au j^^olfe du Mexique et à Cul)a. Ivlle n'est pas 
coniniune sur les côtes de l'Atlantique, même durant ses 
migrations. 

Klle se montre accidentellement dans la province. A 
l'automne de 1.S70, une a été tuée au lac Jacques-Cartier, 
et elle est conservée au musée de l'Université Laval. M. 
Wintle dit en avoir vu trois sur l'île de la Paix, Lac St- 
Louis, près de Montréal. 

Cette ( )ie niche ci terre ; son nid e.st composé d'herl)es 
sèches, de plumes et de duvet ; les œufs, au nombre de 
quatre à neuf, sont d'un brun jaunâtre pâle, teintés d'olive. 
Ils mesurent 3.00 x 2.05. La ponte a lieu eu juin. Sa 
nourriture consiste en faînes, glands, herbes, coquilles de 
petits mollusques etc. 

Genre BRANTA. Scopoli. 

Bec et pieds noirs ; têle et cou noirs, avec un croissant blanc 
sur ce dernier ; région anale blanche ; lamelles de la mandibule 
supérieure visibles seulement près de l'angle du bec. 

Branta canadensis, (Linx.) BaxnisteRj 172. 

La Bernache du Canada. 
Canada Goose. 

Adultes <Î9. Plumage d'un brun grisâtre foncé, avec les 
plumes bordées de gris plus pâle ou de blanchâtre ; tête et cou 
noirs, avec une large tache blanche sous la gorge se dirigeant sur 
les côtés de la première; reste des parties inférieures d'un gris 
brunâtre clair, blanchissant postérieurement ; couvertures supé- 
rieures de la queue blanches et croupion noirâtre. Longueur 35.00- 
43.00; ailes 15.60-21.00; bec 1.55-2.70. 

Les jeunes ressemblent aux adultes. 

La Bernache du Canada, vulgairement appelée Outardi\ 
habite toute l'Amérique du Nord ; elle niche depuis le nord 



112 LES OISEAUX . 

des Etats-Unis, à l'exception dn Dakota nord et du Minne- 
sota, dans les possessions britanniques en allant vers le 
nord ; en hiver elle se voit dans le sud des Etats-Unis 
jusqu'au Mexique. 

L'Outarde est très commune dans notre province au 
moment de ses migrations et c'est ordinairement par ban- 
des de plusieurs individus que nous la voyons ; cependant 
il arrive bien souvent qu'elle se montre en troupes consi- 
dérables, se répandant aussi bien dans les champs que sur 
les grèves, tels que sur l'île d'Orléans, sur les grèves de St- 
Joachim, sur plusieurs des îles du St-Laurent ainsi que dans 
plusieurs autres endroits sur le littoral sud du fleuve entre 
autres à St-Denis, à Kamouraska, à l'Ile- Verte, à Rimouski, 
etc. 

Elle est commune et de passage à Montréal {JViiiile). 
Elle est commune et arrive à Godbout à la fin de mars 
et part en novembre, niche à Natasquan (yComeaii). Elle 
est très commune et couve à l'intérieur de l'île (x^nticosti) 
dans les hautes herbes {Schmitt). 

Elle niche à terre dans une déclivité du sol ; quelques 
petites branches, de l'herbe et du duvet composent le nid 
qui est gros ; sa ponte est de cinq à sept œufs d'un brun 
jaunâtre pâle ou brun verdâtre. Ils mesurent 3.50x2.50. 
La ponte a lieu à la fin de mai. 

Sa nourriture principale consiste en herbes marines et 
terrestres. 

L'Outarde que tout le monde connaît, nous arrive 
vers la fin de mars ou au commencement d'avril, elle sé- 
journe quelques temps sur nos grèves et se rend ensuite 
plus au nord pour y faire sa ponte ; elle se montre de nou- 
veau en septembre pour nous quitter fort tard à l'automne. 

La migration de ces oiseaux a lieu aussi bien le jour 
que la nuit, et les bandes, qui à l'ordinaire, ne se composent 
pas d'un grand nombre d'individus, sont presque toujours 
disposées, soit sur un front étendu, soit en triangle ou en V 
renversé, ou bien encore sur une seule ligne, à la file. Lors- 
que ces oiseaux se déplacent pour se poser dans un endroit 
peu éloigné, ils s'envolent en masse ; mais si le vol est de 
quelque durée, ils finissent par se mettre à la file. 

Pendant les migrations d'Outardes, on remarque que 



i)K i.A i'k()\iNCi-: i)i-; orKBKC 113 

ce sont les adultes (|ni se- i)lacciit à l'avaiU, et ([ue c'est un 
vieux mâle qui dirij^je la bande, lequel de temps à autre 
lance son cri sonore de //of/Â- lu))ik\ (jui peut être entendu 
i\ une Jurande distance. Lors(ju'il est fatij^aié il cède sa j)lace 
;\ un autre et il vient prendre rang i\ la lile. 

J'ai souvent été témoin autrefois de cette migration 
d'Outardes à St-Denis, lors(ju'elles s'envolaient vers des 
contrées plus chaudes ; elles (piittaient les rives du fleuve 
pour se dirijj^er vors le sud-ouest dans la direction des «grands 
lacs et, au printemps, elles nous arrivaient du même en- 
droit. D'ordinaire, elles passent il une bonne portée de 
fusil, mais il arrive aussi qu'elles sont si haut qu'on les 
aperçoit à peine. 

L'( )utarde est très farouche et lorsqu'elle .se po.se à terre 
on remaniue toujours que des sentinelles veillent sans cesse 
à la .sécurité de la bande ; si un dan^^er la menace, un cri 
d'alarme se fait entendre et toutes s'envolent. Elle ne fait 
aucun cas des troupeaux de la ferme qui peuvent circuler 
au milieu de la bande sans lui faire peur ; toutefois son ins- 
tinct très dé\eloppé, lui fait discerner les animau.x innof- 
fensifs de ceux qui peuvent lui nuire et, si un chien ou 
autre carnassier tente de l'approcher, l'alarme est de suite 
donnée et toute la bande s'envole. 

Leur ouie est si fine qu'elles peuvent distinçruer avec une 
sûreté surprenante les bruits divers qui leur parviennent, et 
que, "sans s'y tromper, dit Audubon, elles reconnaissent 
à quelle sorte d'ennemi elles ont affaire. Rien qu'en en- 
tendant casser une branche sèche, elles disting^uent avec 
un tact exquis si c'est un homme ou un cerf qui s'approche. 
Une douzaine de tortues se jettent-elles à l'eau, un alligator 
se laisse-t-il pesamment choir dans le marais, elles ne s'en 
occupent pas ; mais voilà que là-bas, bien loin, arrive pres- 
que imperceptible, le bruit de la pagaie d'un Indien qui 
par mégarde a heurté contre les flancs de son canot ; aussitôt 
l'alarme est donnée, et toutes tournent leurs regards vers 
le lieu d'où ce bruit s'est fait entendre, elles surveillent en 
silence les mouvements de leur ennemi." Pour tuer cette 
espèce, le chasseur doit donc employer certaines ruses, s'il 
veut avoir quelques succès, comme celles de se cacher dans 
des trous creusés sur les grèves où autres endroits qu'elle 
S 



114 LES OISEAUX 

fréquente ou bien encore la guetter au passage, dissimulé 
à l'ombre des haies ou de quelques rochers ; mais ce qui 
réussit le mieux est de se servir d'Outardes apprivoisées qui, 
par leurs cris répétés, attirent vers elles et vers le chasseur, 
les individus sauvages de leur espèce. 

Branta bernicla glaucogastra, (Brehm,) Cours, 173a. 

I/a Bernache commune. 

Brant. 

Adultes $ 9 . Tète, cou et haut de la poitrine, noirs, avec une 
tache blanche rayée de noir sur le côté du cou ; dessus du corps 
gris brunâtre, avec les plumes du dos terminées de gris plus pâle ; 
couvertures supérieures de la queue blanches ; rectrices, rémiges et 
couvertures des ailes noirâtres ; reste des parties inférieures d'un 
gris cendré, blanchissant en arrière ; bec et pieds noirs ; iris brun. 
Longueur 23.50-30.50; ailes 12 50-13.60; bec i. 20-1. 50. 

Les jeunes ressemblent aux adultes, avec cette différence que 
le noir est moins intense, et que du blanc se voit à l'extrémité des 
couvertures alaires et des secondaires ; la tache blanche du cou est 
plus petite. 

La Bernache commune habite l'est de l'Amérique du 
nord, niche dans les régions arctiques et se voit en hiver au 
sud dans les Etats-Unis à l'est du Mississippi. 

Elle niche en grand nombre sur les îles et le littoral de 
la baie d'Hudson et des mers arctiques, au Spitzberg et au 
Groenland ; on la voit rarement dans l'intérieur. 

Cette espèce est très commune sur le St-Laurent à 
l'époque de ses migrations de printemps et surtout d'autom- 
ne ; mais on la voit particulièrement là où l'eau est salée. 
Je l'ai souvent vue autrefois en nombre immense sur le 
fleuve en automne surtout, dans l'anse située entre St-Denis 
et Kamouraska, couvrant un espace de quelques milles de 
longueur. Il devait y en avoir des milliers et des milliers 
qui se pressaient les unes à côté des autres, faisant retentir 
l'air de leurs cris assourdissants. Elle est maintenant presque 
toute disparue de ces lieux. Le plus loin qu'on la voit en 
remontant le fleuve est la Bathirc aux Loitps-Marins ; c'est 
là approximativement sa limite sud-ouest sur le St-Laurent. 

Elle se querellent souvent entre elles. Cette espèce se 
tient presque constamment à l'eau, et est très farouche ; 
elle se laisse difficilement approcher par le chasseur, ce n'est 



DK LA i'rovincp: dk quehkc 115 

qii'a\cc les plus jurandes prccantioiis et en se cachant sur 
quelques pointes de rochers (|ui s'avancent dans le Hcuve, 
(pril réussit à en abattre quelques-unes. 

Klle niche h. terre sur la i)la»(e et dépose de (piatre à six 
œufs dans un nid senil)lai)le à celui de la précédente ; ces 
œufs sont (grisâtres ou d'un blanc sale finement j^ranulés. 
Ils mesurent 2.70 x 1.80. La ponte a lieu tard en juin. 

Klle se nourrit surtout de plantes marines auxquelles 
elle mêle des parcelles de coquilles. 

Sous- FAMILLE CVGNIN-H— Cygnes. 

Bec aussi long que la tête, haut et comprimé à la hase ; cou très 
long, aussi long ou niOme plus long que le corps ; lorums en ])ar- 
tie nus ; narines médianes ; queue courte. 

Les Cygnes sont les plus gros de tous nos palmipèdes. 
La longueur de leur cou, la facilité avec laquelle ils le 
ploient et les courbes les plus gracieuses qu'ils lui font 
prendre, leur donnent, en nageant, cette souplesse et cette 
élégance que l'on chercherait en vain chez les autres na- 
geurs ; mais, d'un autre côté, la nature leur a refusé l'avan- 
tage de plonger ; aussi sont-ils parfois la proie des Aigles, 
au.x .serres desquels ils ne peuvent .se soustraire. Ils sont 
monogames et .se soumettent facilement à la captivité. 

Genre OLOR. Wagler. 

Oiseaux de grande taille ; plumage hlanc ; ailes très longues et 
amples ; queue courte ; tar.ses plus courts que le doigt médian avec 
l'ongle et entièrement réticulés. 



Olor columbianus, (Ord,) Stejx. 180. 

1/6 Cygne d'Amérique. 

WlIISTLINO S\\".\N'. 

Adultes (? Ç. Plumage en entier d'un blanc pur, avec la tê- 
te parfois légèrement lavée de rouille ; hec noir, ordinairement 
avec une tache jaune en avant des yeux ; pieds noirs ; iris hrun. 
Longueur quatre pieds et demi; ailes 21.00-22.00; envergure 
sept pieds ; bec 3.S0 - 4.20. 

Les jeunes sont d'un gris cendré, avec la tète et le haut du cou 
teintés de rouille. 



ii6 



LES OISEAUX 




FiG. 



Le Cygne d'Amérique habite toute l'Amérique septen- 
trionale ; il niche loin dans le nord, sur les î!es et au bord 

des petits lacs des ré- 
gions arctiques. 

On dit qu'il niche 
hur tout le parcours de 
la rivière Yukon et 
particulièrement à son 
embouchure et dans 
les marais des environs; 
on dit également qu'à 
ces derniers endroits 

7. Le Cygne d'Amérique. Jg ^ dépOSC SCS œufs 

au milieu d'une petite touffe d'herbe, si près de l'eau, que, 
lorsqu'elle est sur son nid, ses pieds reposent dans l'eau. 
A l'automne il émigré au sud jusqu'au golfe du Mexique. 

Ce bel oiseau ne nous visite qu'accidentellement ; de sa 
présence dans nos parages, nous n'avons encore que l'exem- 
ple d'un seul individu, capturé à Sorel, dans l'automne de 
1878, et qui fait partie de la collection zoologique de l'Uni- 
versité Laval. 

Sur les îles de la baie de Franklin et sur celles de 
l'océan Arctique, cette espèce construit un gros nid avec de 
la mousse et des herbes de différentes espèces. 

Ses œufs, au nombre de deux à sept, sont d'un blanc 
sale, plus ou moins lavés de brunâtre. Ils mesurent 4.00 
X 2.72. Sa ponte a lieu en juin ou juillet. 

Il se nourrit d'insectes, de mollusques, de céleri sau- 
vage et autres plantes. 



Ordre HBRODIONES — Kchassiers hérodions 



De haute stature ; corps comprimé ; jambes, cou et bec en gé- 
néral très longs ; tête avec des espaces nus ; doigts longs et grê- 
les, jamais entièrement palmés ; pouce plus ou moins long ; bec 
ordinairement en forme de coin, fort et aigu à l'extrémité ; ailes 
de longueur moyenne, larges et molles. 

Ces oiseaux, aux mœurs farouches, mélancoliques 
et solitaires, se tiennent toujours au bord des lacs, des rivières 
et des marais, ou dans les plaines humides ; on les voit ton- 



DK I.A l'KUNIN'CK DK QUEBEC I IJ 

jours seuls, souvent le corps supporté sur uu seul jncd, ;it- 
tendaut, clans une immobilité complète, qu'une proie vien- 
ne i\ j)asser ; alors d'un coup de bec, ils la saisissent et l'ava- 
lent toute ronde, puis ils rentrent dans leur état d'immobi- 
lité ordinaire et cela durant des heures ; mais ils pèchent 
aussi parfois leur proie en marchant au bord de l'eau, y 
entrant quelquefois jusqu'à mi-jambe à cette fin. Lorsqu'ils 
sont repus, ils vont souvent dij^érer en silence sur cpielque 
arbre voisin, j)our recommencer leur pèche lorsque la faim 
se fera sentir. Leur démarche est <rra\c et lente. 

Ils se nourrissent de poissons, de {grenouilles, de mol- 
lusques, d'insectes, de crustacés, et mèuie à l'occasion, de 
petits mammifères, etc. Au moment de la ponte et du- 
rant leurs mitrrations, ils se réunissent d'ordinaire en trou- 
pes. Us nichent sur les arbres ; quelques-uns cependant 
font leurs nids à terre ; ce nid est composé de petites bran- 
ches, de joncs, de roseaux et d'herbes de diverses sortes, le 
tout entrelacé. Les petits naissent faibles et leurs parents 
leur apportent la nourriture jusqu'à ce qu'ils soient en état 
de voler. 

Sofs-OKDRE H ERODII— HÉRONS, Butors, etc. 

Pouce in.séré au luGme niveau que les doigts antérieurs ; bord 
intérieur de l'ongle du doigt médian distinctement pectine. 

F.\^[iLLE ARDEIDiE — Hérons, Butors, etc. 

Bec jjIus long que la tête, conique, pointu, comprimé, fendu 
jusqu'au dessous des yeux ; plumes molles, en général allontrées 
sur la nuque, le dos et la poitrine, particulièrement durant la saison 
de la ponte : lorums nus ; ailes amples et molles ; queue courte. 

Sors-F.AMiLi.R BOTAURINMv— Butors. 

Dix rectrices très courtes, à peine plus raides que leurs couver- 
tures ; ongles allongés, légèrement recourbés ; doigt extérieur plus 
court que l'intérieur. 

Genre BOTAURUS, Hermann. 

Bec un peu plus long que la tête et plus court que les tarses ; 
ces derniers scutellés en avant ; sans plumes allongées sur la tête ; 
ailes plus de neuf pouces et demi de longueur. Jeunes peu diffé- 
rents des adultes. 



Il8 LES OISEAUX 

Botaurus lentiginosus, (Montagu,) Stephens, 190. 

1/6 Butor d'Amérique. 

American Bittern. 

Adultes (? 9 . Parties supérieures variées de blanchâtre, de 
noir et de brun jaunâtre de diverses nuances ; ces dernières nuances 
dominent ; une tache allongée, d'un noir velouté, sur le côté du cou 
près de la tête ; couronne d'un brun terne ; queue brune ; rémiges 
d'un noir ardoisé ; cou et parties inférieures de couleur ocreuse ou 
d'un brun jaunâtre, rayé de brun plus foncé ; menton blanc, séparé 
au centre par une bande de brun jaunâtre ; bec noir et jaunâtre ; 
jambes verdâtres ; iris jaune. Longueur 24.00-34.00; ailes 9.80- 
12.00; bec 2.50-3.20. 

Les jeunes ont une livrée d'un brun jaunâtre plus foncé et le 
noir des côtés du cou est plus restreint et moins prononcé. 

Le Butor habite la zone tempérée de TAiiiérique du 
Nord, il niche depuis le centre des Etats-Unis jusque dans 
les possessions britanniques et à la baie d'Hudson ; à l'au- 
tomne il émigré dans le sttd des Etats-Unis, jusqti'au Gua- 
temala et dans les Antilles. 

Il est assez commun et cotive sur l'île d'Anticosti 
{Schifiitt). Il est rare à Godbotit, mais commun à Mani- 
cotiagan [Co7neau). Il est commun et niche à IMontréal 
{Wùitle). Il n'est pas rare non plus aux alentours de Qué- 
bec où il niche, particulièrement vers le nord. 

Cet oiseau se rencontre toujours isolé de ses sembla- 
bles, même pendant la ponte et fréqtiente les savanes, les 
endroits marécageux et sauvages, recouverts de hautes her- 
bes sotivent d'accès difficiles ; il niche à terre dans ces en- 
droits solitaires ; son nid est composé d'un amas d'herbes 
de différentes sortes ; ses œufs, ati nombre de trois à cinq, 
sont brunâtres, lavés de gris et sans tache. Ils mesurent 
1.95 X 1.50. La ponte a lieti dans la première moitié de 
juin. 

Il vit surtout de grenouilles qu'il capture très habile- 
ment et mange aussi de petits poissons et des invertébrés. 
Son cri est rauque et ressemble en quelqtie sorte att son 
que produit un maillet que l'on frappe sur un piquet de 
clôture. 

Genre ARDETTA, Gray. 

Taille très petite; ailes moins de six pouces de longueur; 
sexes et jeunes Jplus ou moins différents de couleurs; bec délié ; 



DK LA rROVlNCl-: 1>K QUEBEC II9 

tarses à peu près de mCrae lonj^ueur rjne le doigt médian, l'on^^le 
compris. 

Ardetta exilis, ((i.MEi..) (îrxKi.. 191. 

Le petit Butor. 

I,KAST HlTTKKN. 

A<liilte cf • Sojumet de la tète, dos, scapulaires, croupion et 
queue d'un noir verdâtre lustré, avec ledcrnCre du cou. la j)Iupart 
des couvertures des ailes et le bord extérieur des remises intérieu- 
res, d'un brun roux vif; les jjarties inférieures, les côtés du cou et 
le front, d'un jaune brunâtre, niélati<xé de blanc sur la ligne média- 
ne du cou ; une tache de brun noirâtre sur les côtés de la poitrine ; 
lorums et jambes d'un vertjaunâtre ; doigtset iris jaunes. Longueur 
I2.00 - 14.25 ; ailes 4 30-5 25 ; bec i .60- 1.90. 

Le noir de la couronne et celui du dos chez le i est remplacé 
en tout ou en partie cht/, la 9 P'^r du Ijrun roux pourpré ; les plu- 
mes des scapulaires portent une bande d'un blanc brunâtre sur 
leurs bords. 

Les jeunes ressemblent à la 9 avec cette difïérence que les 
plumes du dos et des scapulaires sont terminées de jaune brunâtre 
clair. 

Le petit Butor haijite la zone tempérée de TAiiiérique 
septentrionale et se retrouve au sud, sous les tropiques, 
ju.squ'au Brésil. 

( )n le mentionne comme commun dans les Etats-Unis, 
spécialement dans l'est. 

Le petit Butor ne paraît pas être commun dans la pro- 
vince ; ^L Wintle le mentionne comme rare à Montréal, et 
je n'ai vu, jusqu'à présent que quatre spécimens tués dans 
les environs de Québec à l'automne ; ce sont les seuls faits 
que je connaisse de sa présence dans nos parages. 

Il installe son nid à terre au milieu d'une touffe d'her- 
be, dans les buissons ou sur un amas de joncs ou autres 
herbes aquatiques qtii flottent sur l'eau. Il pond de trois à 
cinq (eufs blancs, faiblement teintés de verdâtre oti de blanc 
bleuâtre. Ils mesurent 1.20 x 0.90. La ponte a lieu en 
mai. 

Sa nourriture consiste en colimaçons, limaces, têtards, 
jeunes grenouilles, lézards et quelquefois de petits mam- 
mifères. 

Il fréquente le bord des eaux, les marais et les endroits 
boueux, recouverts d'herbes, et c'est là aussi qu'il niche ; il 



I20 LES OISEAUX 

est solitaire et demeure constamment caché dans les hau- 
tes herbes ; il pourrait sans doute être plus commun qu'on 
le croît généralement, vu qu'il se tient toujours caché au 
milieu des grandes herbes aquatiques, et qu'on ne peut 
l'apercevoir à bien dire que lorsqu'il vole. 

SOUS-PAMILLE ARDEIN^ — HÉRONS 

Queue de douze rectrices, larges et raides ; doigt extérieur 
aussi long ou même plus long que le doigt intérieur ; ongles plu- 
tôt courts et très recourbés. 

La plupart de ces oiseaux varient extrêmement dans 
leurs couleurs suivant les saisons ; les belles plumes effilées 
qui ornent certaines parties du corps au moment de la 
nidification, disparaissent aussitôt qu'elle est passée et tout 
leur plumage devient plus terne. La couleur du bec, des 
lorums et des pieds est très variable, et se remarque non 
pas seulement suivant l'âge ou les saisons, mais même avec 
les individus. 

Lorsque le moment de la ponte arrive les Hérons se 
réunissent en bande plus ou moins considérables et choisis- 
sent alors un endroit solitaire recouvert de grands arbres 
pour y faire leur nid en famille sur ces arbres ; cet endroit 
se nomme Hc7'onnière. 

Ils se servent de ce même nid pendant plusieurs 
années consécutives s'ils ne sont pas molestés. 

Genre ARDEA, Linné. 

Bec plus court que les tarses, plutôt long et étroit ; jambes et 
cou tiès longs ; tarses plus longs que le doigt médian avec l 'ongle ; 
ailes plus de dix sept pouces de longueur ; tête au printemps 
avec plumes allongées et ornée à l'occiput de deux plumes étroites 
et très longues ; scapulaires lancéolées et allongées ; bas du cou en 
avant également avec plumes allongées et lancéolées. 

Ardea herodias, Linn. 194. 

Le grand Héron bleu. 

(iREAT Bl.UK HeRON. 

Adultes (? 9 • Plumes de l'occiput allongées dont deux très 
longues ; celles des scapulaires et du bas du cou également très 
longues et lancéolés. Parties supérieures d 'un bleu ardoisé ou gris 
bleuâtre, avec les scapulaires d'un gris perle foncé et les primaires 
noires ; cou d'un gris pourpré, rayé sur la ligne médiane de noir, 



!>!•: LA l'kOVlNCK DK QVKnh'.C 121 

tif Wlaiic tl (le brun roux, blanchissant surit nutiton. les joncs et la 
tôte ; occiput et côtés de la couronne noirs ; plunRsdu bas du cou 
et dessous du corps noirs, rayé de blanc; région annale blanche : 
I)lunKS des jambes et bord de l'aile d'un brun roux; iris jaune; 
bec jaunâtre, noircissant sur le dessus de la mandibule supérieu- 
re; lorums bleuâtres; pitds noirâtres. Longueur 42 oo - 50. cx) ; 
ailes 17.90-1^85; bec 4.30-6.25; tarses 6.00 - S. 00. La 9 est 
plus petite que le <? . 

Les jeunes sont d'un p:ris bleuâtre, avec tout le dessus de la 
tête et la nutjue noirâtres ; le menton et la j^or^e blancs. Ils sont 
dépourvues de plunies allonpfées â l'occijjut, à la poitrine et sur 
les scapuhiires. 

Le Héron bleu se rencontre dans toute TAmcrique 
septentrionale, depuis les régions arctiques, excepté Tex- 
trènic nord, jusque dans les Antilles et le nord de l'Amé- 
rique du vSud ; il niche sur presque toute cette étendue, 
dans les localités qui lui conviennent. lin hiver, il émigré 
dans les Ktats-Unis. 

Il n'est pas rare sur les o rêves près de Québec, surtout 
à l'automne; on le trouve fréquemment à cette époque sur 
celles de Maizerets, de la côte de Beaupré, de vSt-Joachim, 
de l'île d'(,)rléans et dans beaucoup d'autres endroits de la 
province. Il est également comtuun à Montréal d'après 
M. Wintle. Mais M. Comeau dit qu'il est rare à Crodhout, 
et le Dr vSchmitt le mentionne aussi comme rare à An- 
ticosti. 

Ce Héron est connu chez nous, de même qu'aux l'Uats- 
Unis, sous le nom vulgaire de Griie. 

Le Héron bleu niche sur de grands arbres en société 
des oiseaux de son espèce et même d'espèces différentes, 
s'il s'en rencontrent. Chaque couple se construit un gros 
nid d'environ un pied d'épaisseur, avec de petites branches, 
et des herbes de difïérentes sortes. Sa ponte est de trois à 
six œufs, d'un bleu verdâtre uniforme. Ils mesurent 
2.50 X 1.50. La ponte a lieu à la fin de mai ou en juin. 

Les arbres sur lesquels nichent les Hérons sont pres- 
que toujours situés au milieu de marais solitaires ; ces oi- 
seaux trouvent dans ces lieux déserts, non seulement une 
sécurité presque entière, mais encore ils y rencontrent de 
de la nourriture, dans les petits poissons, les grenouilles et 
autres petits animaux qui vivent dans ces endroits maré- 
cageux. Cependant il y a des héronnières qui sont sittiées 



122 LES OISEAUX 

dans des localités plus sèches, comme il se rencontre aussi 
quelques Hérons qui nichent à terre et isolément. Dans les 
contrées dénudés d'arbres il font leurs nids sur les rochers. 

Audubon qui a eu occasion de voir plusieurs héron- 
nières dans les Carolines, là oii les Hérons de toutes sortes 
sont extrêmement nombreux ainsi qu'en Floride, du moins 
au temps où il vivait, s'exprime ainsi : 

'' Représentez-vous une étendue de quelques cents acres 
couverte d'énormes cyprès dont les troncs s'élèvent à une 
hauteur d'environ cinquante pieds avant d'y pousser des 
rameaux, et qui croissent au milieu des eaux boueuses et 
infectes ; leur cime large et touffues s'entrelacent et semblent 
vouloir isoler les cieux de la terre. A travers cette sombre 
voûte pénètre à peine un rayon de soleil ; dans cet endroit 
fangeux gisent de vieux troncs d'arbres qui disparaissent 
sous les lichens et les herbes qui s'entrelacent, puis dans 
les lieux plus profonds s'épanouissent des nymplacés et au- 
tres plantes aquatiques. On voit aussi des batraciens et le 
serpent mocassin qui se glisse dans le marais comme pour 
se dérober à votre vue ; des centaines de tortues effra^'ées 
se laissent choir de dessus les troncs d'arbres flottants com- 
me si elles étaient tuées au fusil, et des alligators au regard 
perfide se laissent également choir dans ce marais fangeux. 
L'air est imprégné de miasmes putrides, au milieu desquelles 
s'agitent et bourdonnent des milliers de moustiques et autres 
insectes. Le croassement des grenouilles, les cris rauques 
des Anhingas et ceux des Hérons, font une musique digne 
d'une scène de ce genre. Enfoncé dans la boue jusqu'aux 
genoux, vous déchargez votre fiusil sur un des nombreux 
oiseaux qui nichent au-dessus de votre tête, et aussitôt des 
cris assourdissants se font entendre, de telle sorte que si 
vous avez un compagnon à vos côtés vous ne pouvez l'en- 
tendre parler. 

" Les oiseaux effrayés fuient et s'entre-croisent dans une 
confusion indescriptible ; les jeunes également effrayés 
cherchent un asile plus sûr, ils perdent l'équililjre et vien- 
nent tomber dans le marais infect, faisant, de leur poids, 
jaillir l'eau fétide en même temps qu'une pluie de feuilles 



1)1. I.A l'kOVIXCK DK QUKBEC 123 

détachées des arbres tombent ;in->->i dans l'eau et vous ne 
demandez qu'i\ fuir (i) ". 

Si le Héron bleu nVst pas nioiesié il ie\ient ciiaijue 
année faire sa ponte an même endroit. 

Le Héron bleu est excessivement farouche et défiant, 
il voit et entend :\ des distances considérables et, à moins 
de circonstances favorables, il e.st très difficile de l'appro- 
cher. Hors le temps de la ponte il se tient i.solé de ses 
semblables. Il peut mantrer à toute heure du jour ; à cette 
fin, il parcourt lentement le bord des eaux et si doucement 
qu'on ne l'entend même pas ; parfois il s'arrête, allonj;e le 
cou et semble inspecter les environs ; s'il n'aperçoit rien qui 
puisse l'effrayer il replie son lonjj;- cou entre ses deux ailes, 
puis le corps supporté sur une seule jambe, il attend patiem- 
ment qu'un poisson ou une grenouille se montre à la sur- 
face de l'eau ; il demeurera dans cette posture un temps très 
long si rien n'attire son attention. 

Il se nourrit de poissons, de grenouilles, de lézards, de 
couleuvres, de petits oiseaux, et même de musaraignes, de 
campagnols et de jeunes rats. 

Genre HERODIAS. Boie. 

Ailes moins de dix sept pouces de longueur; plumes des sca- 
pulaires très allongées, dépassant même de beaucoup l'extrémité 
de la queue, à l'époque des amours; tête dépourvue de plumes 
allongées. 

Herodias egretta, (Omi.l.) Cai:. 196. 
ly'Egrette blanche d'Amérique. 
.\merican f;gret. 

Adultes $ 9. Plumes des scapulaires, pendant la saison delà 
ponte, très allongées et disposées en faisceaux, dépassant de beau- 
coup l'extrémité de la queue ; plumage entièrement bhmc tn tou- 
tes saisons ; bec, lorunis et iris, jaunes ; jambes et pieds noirs. 
Longueur 37.00 -41.00 ; ailles 14. 10 - 16. So ; bec 4.20-4.90. La 9 
est un peu moins longue. Les jeunes sont semblables, mais ils 
sont dépourvus de plumes effilées. 

L'Egrette blanche ou grand Héron blanc habite les 
régions tropicales et tempérées de l'Amérique ; elle niche 

(I) Audubon, Birds of X. A. Vol. IIL p. 90. 



124 LES OISEAUX 

dans toute l'Amérique du Sud et au nord jusqu'à la Virginie, 
le sud de rillinois et la Californie; en hiver, elle se voit 
depuis le sud de la Californie et le golfe du Mexique en 
allant vers le sud. 

Sa nourriture est la même que celle des précédents. 

Une Egrette blanche a été remarquée par ]\I. Comeau à 
Godbout en 1882. Deux de ces oiseaux ont été vus ici ; dont 
un fut tué, à l'automne de 1889 à Beauharnois, et un autre 
a été abattu dans l'été de 189 1 à l'île aux Noix, dans la 
rivière Richelieu, à quarante miles au sud-ouest de Mont- 
réal {Wintle). 

Elle niche le plus souvent à l'extrémité des grands 
cyprès qui croissent au milieu des marécages ; mais quelque 
fois aussi elle place son nid sur les branches inférieures des 
arbres ou dans les buissons, à peu de distance de l'eau et 
pond de trois à cinq œufs d'un vert bleuâtre uniforme. Ils 
mesurent 2.20 x 1.50. La ponte a lieu vers la mi-avril. 

Cet oiseau était autrefois très commun et nichait en 
quantité sur les énormes rochers de la Floride, mais le mas- 
sacre que l'on en a fait pour se procurer ces beaux fais- 
ceaux de plumes d'un blanc si pur, pour en orner les cha- 
peaux des dames, l'ont fait en grande partie disparaître de 
ces lieux. 

Genre FLORIDA, Baird. 

Bec délié, très aigu ; ailes moins de onze pouces de longueur. 
Chez les adultes, tête avec des plumes allongées et décomposées ; 
celles des scapulaires et du bas du cou allongées et linéaires lan- 
céolées ; couleur bleue ou blanche ou toutes deux sur le même 
individu. 

Florida cserulea, (Linn.) Baird, 200. 

1,6 petit Héron bleu. 

LiTTLE BlUE HeP.ON. 

Adultes <? 9. Plumage d'un bleu ardoise foncé, avec la tête 
et le cou de couleur marron ou roux pourpré ; bec et lorums bleus; 
iris jaune; jambes et pieds noirs. Longueur 20.00-29.50; ailes 
9.00 - 10,60 ; bec 2.70 - 3.30. 

Les jeunes sont ordinairement d'un blanc pur, avec les pennes 
alaires les plus longues terminées de gris bleuâtre foncé. 

Le petit Héron bleu habite Test des Etats-Unis, depuis 
le New-Jersey et l'Illinois, au sud jusque dans l'Amérique 



DK I.A PROVINCK DK QUEIUX I25 

centrale, les Antilles, la (inyane t-t la C<»l<inil)ic. à rmust 
jusqn'au Kansas et au N(;braska. 

On m'a apporté, en octobre iSNi, un jt-uiR- oiseau de 
cette espèce qui était venu se faire tuer sur les bords du 
St-Laurent. Ce spécimen, qui fait partie de la collection 
d'un amateur de (Québec, est le seul cas que je connaisse 
de sa présence chez nous. 

Il niche souvent en j^rand nombre dans les arbres ou 
arbustes au-dessus des marécai^es ; ses œufs, de deux à (piatre, 
sont d'un vert bleuâtre uniforme. Ils mesurent 1.73 x 1.25. 
La ponte a lieu dans la dernière partie d'avril ou au com- 
mencement de mai. Il se nourrit presque entièrement de 
petits poissons et parfois de grenouilles et d'insectes. 

Genre BUTORIDES. Blyth. 

Ailes pas jjIus de huit pouccs de longueur ; bec plus long que 
les tarses; jambes courtes; plumes de l'occiput allongées et lancéo- 
lés, non décomposées ; sans blanc nulle part. 

Butorides virescens, (Linn.) Ronap. 201. 

Le Héron vert. 
Grehn IJeron. 

Adultes i 9- vSommet de la tète, occiput et les longues plu- 
mes efiilés du dos, d'un vert foncé ou d'un vert noirâtre lustré < 
celles du dos ayant une apparence bleuâtre, le reste de la tète et le 
cou d'un brun roux vif, mélangé de brun et de blanc sur la ligne 
médiane du cou ; couvertures des ailes d'un vert métallifjue foncé, 
bordées de brun jaunâtre ou de blanchâtre ; parties inférieures gri- 
sâtres, avec la ventre mélangé de blanc ; bord de l'aile blanc ; bec 
d'un noir verdâtre ; lorums et iris jaunes ; jambes d'un jaune ver- 
dâtre. Longueur 15.50 - 22.50 ; ailes 6.50 - 8 00 ; bec, 2.00-2.55. 

Les jeunes sont dépourvus de plumes allongées et leur plu- 
mage est plus pâle ; le sommet de la tète, antérieurement est rayé 
de brun rouille ; les parties inférieures sont blanches, mélangées 
de brun foncé et de brun jaunâtre ; les côtés de la tète et le cou sont 
rayés de brun jaunâtre sur un fond brun rouille. 

Ce Héron habite les Etats-Unis, depuis TOrégon et 
même le sud du Canada, au sud jusque dans le nord de 
l'Amérique méridionale et les Indes Occidentales ; il sé- 
journe même en permanence dans ces deux derniers endroits. 

Comme les précédents, c'est également près des marais, 
des étangs, des cours d'eau, bordés d'arbres et de hautes 
herbes qu'on le rencontre. 



126 LES OISEAUX 

M. Wintle a vu quelques jeunes de cette espèce et un 
adulte, qui a été tué en mai, à une quarantaine de milles de 
Montréal. 

Il place son nid, à l'exemple de ses congénères, dans 
les branches d'un arbre ou d'un arbuste, ordinairement près 
de l'eau, mais il est quelquefois situé à une grande distance 
de la plage. Ses œufs sont au nombre de trois à six, d'un 
verdâtre pâle uniforme; ils mesurent 1.37 x 1.14. La 
ponte a lieu en avril. 

Il vit surtout de petites grenouilles et aussi de petits 
poissons, de larves aquatiques de différentes espèces. 

Genre NYCTICOBAX, Stephens. 

Bec plus long que la tête et à peine plus court que les tarses ; 
sans plumes allongées ni à l'occiput ni sur les ailes, à l'exception 
de deux ou trois plumes longues et très étroites à l'occiput ; sca- 
pulaires larges et sans plumes effilées ni décomposées ; tarses un 
peu plus longs que le doigt médian ; plumes du cou longues et 
molles. 

Nycticorax nycticorax naevius, (Bodd.) Zeledon, 202. 

I/C Héron de nuit. 

Black-crowned Night Héron. 

Adultes $ 9 . Tête sans huppe, avec deux ou trois plumes 
blanches linéaires très longues sur l'occiput, imbriquées l'une dans 
l'autre de manière à n'en laisser apercevoir qu'une seule, longues 
de huit à neuf pouces, et d'un blanc pur ; dessus de la tête, le dos, et 
les scapulaires d'un noir verdâtre lustré ; le reste des parties supé- 
rieures, des ailes et de la queue, d'un gris cendré foncé, teinté de li- 
las sur le dessus du cou ; le front, les côtés de la tête, le menton, 
la gorge et les parties inférieures, blancs, lavé de jaune crème ; 
côtés du cou d'un gris cendré ; iris rouge ; pieds jaunes ; bec 
noir. Longueur 23 00 - 26.00 ; ailes 11.00 -12.00; bec 2.80 - 3.10. 

Les jeunes n'ont pas de plumes allongées à l'occiput ; ils sont 
d'un brun grisâtre en dessus, maculés de blanchâtre et de blanc 
jaunâtre ; les parties inférieures sont blanchâtres, rayées de bru- 
nâtre, presque blanc sur le menton et sur la gorge ; sans aucune 
trace de noir verdâtre aux parties supérieures. 

Le Héron de nuit, nommé vulgairement Qtiac^ habite le 
continent américain à l'exception toutefois des régions arcti- 
ques. A l'automne, lorsque le froid se fait sentir il s'en- 
vole vers des régions plus chaudes. 



Dl<; LA PROVIN'CK DK QUEBEC 127 

M. W'intlc le incntiomic connue cuiniiiuii aux alentours 
de Montréal, et il l'est éj>;^nlenient, dans les environs de 
Québec, mais c'est surtout A l'autonine, (ju'il se voit le plus 
fréquemment. Les chasseurs en tuent plusieurs clia(|ue 
année sur les j^rèves de la côte de Beaupré, à Mai/.erets et 
à l'île d'( )rléans. Il se voit aussi dans plusieurs autres loca- 
lités de la province où il se montre plus ou moins commun. 

Il v avait autrefois à quelques milles de Québec une 
héronnière située dans une sa\ane appelée /fo/s de Sni)ilc- 
Clairi\ actuellement disparue, où j'ai vu bon nombre de Hé- 
rons faire en commun leurs nids sur les arbres. Il y a 
quelques années un chasseur m'a apporté plusieurs Hérons 
qu'il m'a dit avoir tués à cpielques lieues au nord de la \ille, 
dans un endroit près d'un lac, au centre de la forêt où ils 
nichaient. J'ai vu autrefois à St-Denis de Kamouraska, 
une héronnière située sur une haute montao^ne boisée appe- 
lée Cap an Diable, dont la base, du côté nord, est bai- 
gné par les eaux du vSt-Laurent. J'ignore si cette héron- 
nière existe encore. M. Comeau nous dit qu'il est rare à 
Godbout, mais il se montre commun à IVIanicouagan, à 
trente milles à l'ouest de (jodbout. 

Il pond de trois à cinq œufs, d'un vert bleuâtre pâle ; 
ils mesurent 2.00 x 1.45. La ponte a lieu eu mai ou en 
juin. 

Ces oiseau.x nichent en commun sur de grands ar- 
bres, souvent au milieu de marais d'accès difficile. On 
dit qu'en certaines localités, ils font leurs nids à terre, dans 
des endroits marécageux. Ils se réunissent quelquefois 
par centaines dans ces héronnières pour y élever leurs petits 
et on a souxent remarqué trois ou quatre nids sur le même 
arbre. 

C'est surtout à la tombée de la nuit que le Ouac visite 
les étangs, les grèves et autres endroits marécageux ou 
humides pour y chasser le petit poisson ou le batracien dont 
il se montre très friand ; il mange aussi des crustacés, des 
têtards, des insectes aquatiques, des sangsues et quelquefois 
de petits mammifères. 

Pendant le jour on peut souvent le voir perché sur un 
arbre, dans la forêt, et y demeurer durant plusieurs heures 
s'il n'est déraniré. 



128 LES OISEAUX 

Ordre PALUDICOL^ — Echassiers paludicoles 

Bec rarement plus long que la tête, souvent d'égale longueur 
ou même plus court ; jambes et cou très longs ; doigts, en général, 
très longs et effilés, quelquefois munis d'une petite membrane sur 
leurs bords, mais jamais palmés ; pouce le plus souvent bien déve- 
loppé et articulé, situé plus haut que les autres doigts, mais quel- 
quefois il est court ou même nul ; ailc^ généralement courtes, con- 
caves et presque arrondies, parfois armées d'un éperon corné ; queue 
très courte et peu fournie en plumes. 

Ces oiseaux vivent pour la phipart solitaires et se 
tiennent presque toujours cachés au milieti des joncs, des 
roseaux ou autres plantes aqttatiques qtti croissent sur les 
bords de la mer, des fictives ou des marais qu'ils fréquen- 
tent ; leurs doigts allongés leur permettent pour la plupart 
de marcher sur les herbes aquatiques qui flottent sur l'eau ; 
un bon nombre sont habiles à courir, quelques-uns même 
à plonger ou à nager ; leur vol s'exécute péniblement, et 
beaucoup préfèrent se sauver en courant pour se cacher 
dans les herbes plutôt qtie de prendre letir essor ; lorsqu'ils 
volent ils laissent leurs jambes plus ou moins pendantes au 
lieu de les maintenir allongées à l'arrière dti corps comme 
le font les précédents. 

Leur nourriture, qu'ils recherchent ordinairement le 
soir et le matin, se compose de matières animales et végé- 
tales. 

Ils nichent à terre et se construisent des nids gros- 
siers avec des feuilles et des tiges d'herbes desséchées ; ces 
nids sont presque toujotirs situés au bord des eaux dans les 
endroits qu'ils fréquentent, surtout cetix qui sont recouverts 
de hautes herbes. 

Sous-ORDRE RALLI — Râles, Gallinules, Foulques. 

Taille moyenne ou très petite ; pouce allongé, inséré presque au 
même niveau des autres doigts ; doigt médian presque aussi long 
que les tarses. 

Famille RALLIDiE — Râles, Gallinules, etc. 

Taille moyenne ou petite ; ailes ni longues ni pointues, moins 
de dix pouces de longueur ; tête entièrement emplumée, queue 
toujours très courte, ordinairement de dix à douze rectrices molles, 
presque cachée sous les plumes des couvertures caudales. 



Planche II 




Fi£( I. — Grand alque. 2. — Mauhèclie à ])()itrinc rousse. 3. — Sanderling. 4. — Cour- 
lis (le la haie d'Hudson. 5. — Grand héron hUu. 6. — Râle de la Caroline. 7. — Butor 
d'Aniériquc. 8. — Bécasse d'Amérique. 



DH LA PROVINCE DE QUÉBEC 129 

Ces oiseaux sont tiniidcs et solitaires, ils se tiennent 
prescjne toujours cachés dans les longues herbes sur les 
bords des fleuves, des lacs et des marais. Leurs ailes cour- 
tes et rondes ne leur permettent pas de voler avec beau- 
coup de facilité ; aussi leur vol est-il vacillant et de courte 
durée. Mais s'ils volent mal, d'un autre côté, ils courent 
vite et avec aj^ilité ; leur corps mince et grêle, leurs tarses 
allongés, rendent facile ce mode de locomotion ; lors- 
qu'ils courent ils se tiennent la tête et le cou fortement 
penchés en avant. Ils sont méfiants et si rusés qu'ils 
échappent facilement aux poursuites du chasseur et met- 
tent souvent en défaut la sagacité des chiens. Ils nichent 
à terre dans un nid grossier fait avec de petites branches,. 
des joncs et des herbes sèches. Leurs œufs sont nombreux. 
Les petits naissent forts et couverts de duvet. 

Sous-famille RALLIN.îî — Rales. 

Corps très comprimé ; queue très courte et relevée ; ailes extrê- 
mement courtes et rondes ; vol faible et vacillant ; plumes des 
flancs ordinairement allonj^ées ; celles de la tète s 'avançant jusque 
sur le bec ; sans plaque frontale ; jambes nues inférieurement ; 
doigts longs et libres, sans lobes ni palmures. 

La tête petite de ces oiseaux, le cou mince et long, 
les jambes longues, leur donnent une certaine élégance 
surtout si l'on tient compte que leurs mouvements sont 
vifs et gracieux ; ils sont d'une nature taciturne et crain- 
tive et ils aiment la solitude ; leurs habitudes sont crépus- 
culaires et nocturnes. Ils se nourrissent de petits animaux 
tels que vers, insectes, larves, petits crustacés, petits mollus- 
ques, qu'ils capturent sur la terre ou dans l'eau, ainsi que 
des graines de végétaux qui croissent dans les marais qu'ils 
fréquentent. 

Genre RALLUS, Linné. 

Bec délié, comprimé, plus long que la tète et recourbé, avec une 
longue cannelure dépassant la moitié du bec et dans laquelle sont 
percées des narines linéaires subbasales ; pouce n'atteignant pas 
la moitié des tarses. 

Rallus virgianus, Linx. 212. 
Le Raie de Virginie. 
Virginia Rail. 

Adultes ^9- Taille petite. Parties supérieures d'un olive 
9 



130 LES OISEAUX 

brunâtre ou d'un brun jaunâtre, avec de larges raies noirâtres ; 
plumes des couvertures alaires d'un brun roux vif; le sommet 
de la tête et le dessus du cou d'un brun foncé uniforme ; parties 
inférieures d'un roux vif ou d'un roux canelle, plus prononcé 
sur la poitrine, blanchissant sur la gorge et le ventre ; une ligne 
brunâtre traverse l'œil et une autre, superciliaire, d'un roux vif; 
bord de l'aile et flancs noirâtres rayés de blanc ; jambes, bec et iris 
bruns. Longeur S 12 - 10.50 ; ailes 3.50 - 4.25 ; bec 1.45 - 1.60. 

Les jeunes diffèrent peu des adultes et leurs teintes sont moins 
vives. 

Le Râle de Virginie habite la zone tempérée de l'Ame 
rique du Nord ; niche depuis les Etats du milieu et la Cali- 
fornie, vers le nord, jusque dans la Colombie britannique et 
le Labrador ; à l'automne il émigré au sud jusqu'au golfe 
du Mexique, à Cuba et au Guatemala. Il est plus commun 
dans l'est que dans l'ouest. 

Mr Wintle dit qu'il est commun en été à Montréal. 
Mais il ne se montre pas commun sur les grèves des en- 
virons de Québec. 

Cette espèce fréquente particulièrement le bord des 
eaux douces ; elle niche dans des touffes d'herbes qui crois- 
sent au bord des étangs et des marais et pond de six à douze 
œufs, d'un blanc jaunâtre crème, avec quelques taches de 
brun roux et de lilac foncé. Ils mesurent 1.25 x 0.90. La 
ponte a lieu au commencement de juin. 

Genre PORZANA, Vieillot. 

Bec gros, droit, haut, comprimé à la base, plus court ou pas 
plus long que la tête, avec une large cannelure et des narines 
linéaires oblongues, percées près de la partie médiane du bec ; 
tarses plus courts que le doigt médian l'ongle compris. 

SOUS-GENRE PORZANA. 

Secondaires sans blanc ; ailes plus de quatre pouces de lon- 
gueur. 

Porzana carolina, (Linn.) Baird, 214. 

I^e Raie de la Caroline. 

SoRA Rail. 

Adultes <?Ç. Parties supérieures d'un brun olive, mélangé 
de noir, avec de nombreuses stries et taches de blanc ; bord de l'aile 
et flancs, largement rayés de blanc et de noirâtre ; face, menton et 
gorged'un noir uniforme ; dessus de la tête d'un brun olive, séparé 
au milieu par une bande longitudinale noire ; reste de la tête, cou 



DK I.A PROVINCE DP: QUEBFX 13I 

et j) )itrinc, d'un ^ris de plomb; ventre l)lanchâtre ; iris liruii. 
Longueur 7.S5-«; 75 ; ailes 4.15-4.30; bec 0.75-o.yo. 

Ia-s jeunes ont le menton et la gorge blanchâtres ; la face et 
une lii^ne superciliaire brunA.tres ; le reste de la tôte, le cou et la 
poitrine d'un Ijrunàtre clair. 

Le Râle de la Caroline habile aussi la zouc tempérée 
de r.Vnîériqiie septentrionale ; il niche dans le Canada et 
le nord des lUats-Unis, et, en hiver, on le rencontre au sud 
jusque dans les Indes Occidentales et le nord de l'Améri- 
que du Sud. 

Cet oiseau fréquente également les marécages d'eau 
salée et ceux d'eau douce, mais il préfère ces derniers 
pour y faire sa ponte. Dans notre pnjxince il est assez com- 
mun en été, mais .se voit surtout à l'automne sur les grèves 
de l'île d'Orléans, celles de Québec et de la côte nord 
jusqu'il vSt-Joachim et ailleurs. Il est commun en été à 
Montréal ( // 'i)itle) ; et rare à Anticosti {ScJimi(t'). 

Il niche à terre dans une touffe d'herbe ; le nid est 
composé de tiges de grandes herbes à l'extérieur et d'herbes 
fines à l'intérieur. Sa ponte est de huit à seize œufs, 
d'un brun jaunâtre ou blanc de crème foncé, avec taches 
de brun rou.x et de lavande, plus nom])reuses au gros bout. 
Ils mesurent 1.25 x 0.90. La ponte a lieu en mai ou au 
commencement de juin. 

Sous-GEVRE COTURXICOPS, Con.\parte. 
Secondaires blanches. 

Porzana noveboracensis, (Gmel.) Baird, 215. 
Le Raie jaune. 
Yellow Rail. 

Adultes $ 9. Tête, cou, poitrine et parties supérieures d'un 
roux ochreu.x ou jaune brunâtre, avec de larges raies de noir et 
d'étroites bandes blanches semi-circulaires sur le dessus du corps ; 
flancs noirâtres, rayés de blanc ; dessous du corps d'un jaune 
brunâtre pâle, plus clair sur le ventre ; région anale variée de noir, 
de blanc et de roux. Longueur 6.00-7.75; ailes 3.00-3.60 ; bec 
0.50-0.60. 

Les jeunes différent peu des adultes. 

Le Râle jaune habite la zone tempérée de l'Amérique 
du Nord, depuis la Nouvelle-Angleterre et la Nouvelle- 



132 LES OISEAUX 

Ecosse, jusqu'à la Californie et la Colombie britannique, 
au sud en hiver, jusqu'au golfe du Mexique. 

D'après Couper cet oiseau se rencontrerait dans notre 
province, et M. Wintle croit que quelques spécimens ont 
été tués dans les marais entre Sorel et Boucherville et 
qu'il est possible que quelques-uns y nichent. 

Il niche à terre ; son nid est composé d'herbes comme 
ceux des précédents ; il pond, dit-on, six œufs et probable- 
ment plus, d'un brun jaunâtre pâle, maculés de brun roux 
surtout au gros bout. Ils mesurent i.ii xo.80. La ponte 
a lieu en juin. 

Semblable à ses congénères, le Râle jaune fréquente 
les marais et autres places d'eau recouvertes de hautes 
herbes ; il est très farouche et se tient presque toujours 
caché. 

Sous-FAMiLLE GALLINULIN.5Î — Gallinules. 

Front recouvert d'une plaque cornée nue, étant un prolonge- 
ment du bec qui se dilate à cet endroit ; doigts grêles, libres ou à 
peine marginés ; bec droit, assez fort ; corps peu comprimé. 

Ces Oiseaux, que l'on appelle vulgairement Poules 
d'^emi^ ont un vol plus étendu que les précédents, mais 
comme eux ils se servent rarement de leurs ailes ; ils sont 
d'excellents coureurs et, à l'exemple des Râles, lorsqu'ils 
prévoient un danger, ils préfèrent employer ce mode de 
locomotion pour se cacher dans les hautes herbes plutôt 
que de s'envoler. 

Genre GALLINULÂ. Srisson. 

Bec pas plus long que la tête, épais à la base, comprimé, fort, se 
terminant en pointe ; pieds gros et forts ; tarses assez courts, peu 
comprimés; doigts très longs, maginés sur leurs bords: l'exté- 
rieur plus long que l'intérieur ; le doigt médian, sans l'ongle, plus 
long que les tarses ; ailes amples, courtes et arrondies ; queue 
courte et également arrondie, à pennes larges. 

Gallinula galeata, (Light.) Bonap. 219. 

liZ. Gallinule de la Floride. 

Florida Gallinule. 

Adultes $ 9 . Plumage d'un gris de plomb foncé, plus intense 
sur la tête et plus pille ou blanchâtre sous le ventre, et teinté d'o- 
live verdâtre sur le dos ; le bord de l'aile, les couvertures inférieu- 
res de la queue, sur les côtés, et les rayures des flancs, blancs ; bec, 



1J1-. I,.\ PROVINCK DE QTKHbX 133 

plaque fruntali: et un cercle au bas île la jamhe, d'un rouge vermil- 
lon vif, le premier est terminé île jaune verilâtre ; tarses et doi^its 
verdàtres. Lonjj^ueur 12.00-14.50; bec, depuis la pointe jusqu'à 
l'extrijmité de la plaque cornée. 1.70-1.S5. 

I{n hiver, le ventre est lavé de blanc. 

Les jeunes ont la plaque du front plus petite et moins colorée ; 
le bec brunâtre et les parties inférieures teintées de blanchâtre ; la 
gorge est blanche quelquefois. 

La Gallinule de la Floride ha])ite la zone tempérée de 
l'Aiiiériquc du Nord, depuis le Canada, le Manitoba et les 
Carolines, au sud jusqu'au Brésil et au Chili. 

Elle se montre commune à Montréal en été et plus 
nombreuse à Tautomne ( Il 'iutlc). A Québec, on la ren- 
contre assez souvent à l'automne, et quelquefois au prin- 
temps. Elle est assez rare en été à Anticosti {Schmilt). 

Elle niche dans les joncs ou autres plantes aquatiques 
dans le voisinage des marais, des étanp^s et des lacs ; son 
nid est construit avec des plantes et des herbes sèches ; ses 
œufs, au nombre de sept à treize, sont d'un brun jaunâtre 
ou d'un jaune crème, maculés et tachetés de brun plus ou 
moins foncé; Ils mesurent 1.80x1.25. La ponte a lieu 
en juin. Elle vit d'herbes, de graines, d'insectes aquatiques, 
de limaces et de limaçons. 

Sous-F.\MiLLE FULICIX-E — Foulques. 

Bec se dilatant sur le front en une large plaque cornée et nue ; 
doigts antérieurs bordés d'une large membrane lobée ; pouce très 
comprimé et également lobé ; corps déprimé. 

Les Foulques fréquentent les eaux douces aussi bien 
que les eaux salées ; elles sont éminemment aquatiques, et 
elles nagent avec beaucoup d'aisance ; on les rencontre sur 
les marais, les lacs et autres places d'eau. Leur vol est plus 
rapide que celui des Râles. 

Genre FULICA, Linné. 

Tarses robustes, plus courts que le doigt médian, avec de lar- 
ges scutelles ; narines linéaires, situées vers le milieu du bec ; 
ailes arrondies, amples, de longueur moyenne, les deuxième et troi- 
sième rémiges sont les plus longues ; queue très courte et de 
douze rectrices. 



134 LES OISEAUX 

Fulica americana, (Gmei..) 221. 

La Foulque d'Amérique. 

American Coot. 

Adultes $ Ç . Plumage de couleur ardoise foncée plus intense 
sur la tête et le cou, et plus clair en dessous, teinté d'olivâtre 
sur le dos; bord de l'aile, extrémité des secondaires, région anale 
et le bord extérieur de la première primaire, blancs ; rémiges d'un 
brun noirâtre ; queue noirâtre : bec blanc ou de couleur chair ; 
pieds d'un vert jaunâtre pâle; iris rouge carmin ; plaque du front 
et une tache vers l'extrémité des deux mandibules, d'un brun fon- 
cé. Longueur 13.00 - 16.00 ; ailes 7.25 - 7.60. 

En hiver, le ventre est lavé de blanchâtre et la plaque cornée 
du front est plus petite. 

Les jeunes ont plus de blanchâtre aux parties inférieures et la 
plaque frontale est rudimentaire ; le bec est de couleur chair et 
teinté d'olive. 

La Foulque habite l'Amérique du Nord, depuis le 
Groenland, où elle se voit accidentellement, et l'Alaska, au 
sud jusqu'au Mexique, l'Amérique centrale et du Sud, ainsi 
que dans les Antilles. 

Cette Foulque n'est point rare aux alentours de Qué- 
bec où quelques-unes nichent, à l'île d'Orléans et sur la 
côte de Beaupré, à l'automne surtout, ainsi que dans plu- 
sieurs autres endroits. Elle se voit pendant tout l'été à 
Montréal {IVintlc) ; mais elle est rare à Anticosti {Schmiti.) 

Cette Foulque, que l'on nomme fréquemment Poule 
(Vemi^ nage et plonge très bien ; elle fréquente, comme ceux 
de sa famille, les bords des lacs, des étangs et des rivières. 

Elle niche également au milieu des herbes qui bor- 
dent les eaux ; son nid est composé d'herbes et de joncs ; 
il est placé si près de l'eau qu'il flotte parfois. Ses œufs, 
aux nombre de six à douze, quelquefois seize, sont grisâ- 
tres ou d'un blanc de crème, finement pointillés de brun 
foncé et de noirâtre. Ils mesurent 1.80 -x 1.40. 

Elle se nourrit de feuilles, d'herbes, de graines, de pe- 
tits poissons et d'insectes ou autres petits invertébrés. 

Ordre LIMICOL^ — Echassiers limicoles- 

Bec de longueur et de forme variables, presque toujours grêle 
et ordinairement recouvert, en partie du moins, d'une peau molle, 
souvent membraneuse ; lorums et tour des yeux emplumés ; ailes 



DK I,A l'ROVINXE DE QUEBKC 135 

presque toujours longues, déliées, aplaties, très jî'^«'^du<!;es et poin- 
tues, à primaires étroites et raides. toutef<»is ces ailes sont courtes et 
arrondies elle/ cjuelques espèces ; secondaires très allongées ; queue 
ordinairement cf)urte ; jambes lonj^ues et prèles; doigts assez, 
courts, au nombre de (juatrc. (pielcpiefois trois ; le pouce, lorscju'il 
existe, est toujours court et situé plus haut que les doigts anté- 
rieurs, ne touchant pas sur le sol et pourvu d'un ongle très petit. 
ou bien les ongles des doigts sont excessivement allongés et les 
ailes sont armées d'un éperon ; iris presque toujours brun. 

Ces oiseaux sont ordinairement de petite taille, n'ayant 
jamais plus de trois pieds de longueur, presque toujours 
beaucoup moins ; ils vivent à terre dans les lieux découverts 
des plaines, des coteaux, des plajj^es de la mer, des fleuves, 
des rivières et des lacs. Leur nourriture, qu'ils recherchent 
en grande partie le matin et le soir au crépuscule, consiste 
en œufs de poissons, vers ou autres petits animaux mous, 
qu'ils trouvent à la surface de la terre, au bord des eaux 
ou qu'ils retirent de leur trou en y enfonçant le bec. Ils 
piétinent pour la plupart la vase des endroits boueux afin 
de faire sortir de leur demeure les vers qui s'y cachent. ^ 

Ils nichent presque tous à terre dans un nid grossier, 
formé de quelques herbes et feuilles sèches, ou simplement 
dans une cavité du sol. Les petits naissent couverts de 
duvet et sont capables de marcher aussitôt sortis de l'œuf. 

Cet ordre, très nombreux en espèces, se divise dans 
notre faune, en plusieurs familles que Ton peut reconnaître 
par les caractères suivants : 

ANALYSE DES FAMILLES. 

A I. Doigts distinctement munis d'une membrane lobée sur leurs 

bords ; tarses très comprimés Phalaroi'odid.k. 

A 2. Doigts libres, sans membranes lobés; tarses ordinairement 
peu comprimés. 

B I. Devant des tarses recouvert par une rangée de scutelles 
transversales continues. 

C I. Bec délié, à extrémité plus ou moins arrondie ; mandibule 
supérieure plus longue que le doigt médian sans l'ongle. 

SCOLOPACID.Î?. 

C 2. Bec fort, mandibule supérieure arquée vers le bout, sa 
partie nue plus courte que ie doigt médian sans l'ongle ou 

bien, pointu et taillé en coin au bout Aphri/.id.k. 

B 2. Devant des tarses recouvert de petites écailles irrégulières 

ou hexagonales ; bec plus court que les tarses, non comprimé, 



136 LES OISEAUX 

la partie antérieure de la mandibule supérieure plus ou moins 
distinctement arquée Charadriid^. 

Famille PHALAROPODID^— Phalaropes. 

Ailes pointues ; queue courte et arrondie ; bec droit, rétréci 
vers la pointe ; doigts antérieurs réunis par une demi-palraure et 
bordés jusqu'à l'ongle par une membrane lobée ; pouce assez allongé 
et grêle. 

Ces oiseaux s'aventurent souvent sur les eaux pro- 
fondes où ils peuvent nager, grâce à cette particularité 
d'organisation de leurs doigts ; aussi les voit-on voguer sur 
les lacs ou sur l'océan avec une agilité et une grâce admi- 
rables, faisant la chasse aux annélides et aux insectes qui 
flottent à la surface de l'eau. 

Les mâles s'occupent en grande partie du soin de l'incu- 
bation, ainsi que des jeunes. 

Les Phalaropes habitent les régions boréales, et fré- 
quentent les bords de la mer, des étangs et des marais salés, 
de préférence aux eaux douces près desquelles on les voit 
peu souvent. Leur nourriture consiste en vers marins, 
insectes aquatiques, petits crustacés et autres petits inver- 
tébrés marins. 

A l'automne, ils émigrent au sud, dans des contrées 
plus chaudes. 

Genre CRYMOPHILUS, Vieillot. 

Bec large, aplati, quelque peu élargi vers le bout, à peine plus 
long que la tête ou les tarses ; narines sub-basales ; ailes longues 
et pointues ; queue longue, arrondie ; rectrices du centre plus lon- 
gues ; membrane des doigts dentelée. 

Crymophilus fulicarius, (Linn.) Stejn. 222. 

1/6 Phalarope roux. 

Red Phalarope. 

Adulte 9 • Parties inférieures, les côtés du cou et les couver- 
tures supérieures de la queue, d'un brun roux pourpré, avec une 
tache blanche sur les côtés de la tête ; dessus du corps varié de 
noirâtre et de brun jaunâtre ; la face et le dessus de la tête noirâ- 
tres ; une large bande blanche sur l'aile ; dessus du cou d'un brun 
roux, lavé de gris de plomb ; rémiges brunâtres ; couvertures des 
ailes d'un cendré foncé ; bec jaunâtre, à extrémité brune ; pieds jau- 
nâtres. Longueur 7.50-8.75; ailes 5.25-5.50; bec 0.80-0.95. Le 
$ est un peu plus petit. 



I)K I.A l'KoVINCl". 1>K QrKlUa' I37 

Le <f a le dessus de la tête et du cou rayé de brun jaunAtre 
pâle et de noirâtre ; le blanc des côtés de la tête est plus restreint 
€t moins apparent ; le hrun jaunâtre du dos est plus intense. 

Kn hiver toute la tête, le cou et les parties inférieures sont 
blancs, avec du noirâtre sur les côtés de la tête et le derrière du 
cou ; le dos devient d'un gris cendré. 

Le Phalarope roux habite le nord de riiomi.splicre 
boréal ; il niche dans les rcj^fions arctiqnes et émij^re au sud 
à rautonine, sur notre continent, dans les Ktats-Unis du 
centre, la vallée de l'Ohio, mais particulièrement sur le 
littoral des mers. 

Il n'est pas rare à Godbout en septembre [Comeau) ; 
mais il est rareii Anticosti {Sc/jw///). On le voit assez souvent 
sur les grèves aux alentours de Québec, à l'île d'( )rléans et 
sur la côte de Beaupré, lors de ses migrations d'automne. 
Je l'ai rencontré aussi à St-Denis de Kamouraska. 

Il niche dans une légère dépression de terrain ; son nid 
est composé de mousse et d'herljes sèches ; il pond trois ou 
quatre œufs d'un brun jaunâtre clair, teintés de verdâtre et 
maculés de brun de diverses nuances. Ils mesurent 
1.24x0.90. La ponte a lieu en juin. 

Les mœurs de cet oiseau sont essentiellement mari- 
times ; on le voit presque toujours sur l'eau nageant souvent 
à de grandes distances de terre, à la recherche de petits 
vers marins et d'insectes qui flottent sur l'eau et dont il fait 
spécialement sa nourriture. 

Genre PHALAROPUS, Brisson. 

Bec long, délié, presque c\ lindrique et à peine élargi vers le 
bout ; ailes moins de quatre pouces et demi de longueur ; tarses 
moins de un pouce de long ; membrane latérale des doigts largement 
dentelée ; palmure s 'étendant jusqu'à la seconde articulation entre 
le doigt médian et celui du i)ord. 

Phalaropus lobatus, (Lixx.) Salvad. 223. 

Le Phalarope hyperboréen. 

NORTHKRN i'HALAROPK. 

Adulte <? . Parties supérieures d'un gris de plomb foncé, avec 
le dos mélangé de brun roux clair ; poitrine et côtés du cou d'un 
brun roux clair et vif; une bande sur l'aile et le reste des parties 
inférieures, blancs, teinté de cendré sur le bas et les côtés de la 
poitrine ; bec et pieds noirâtres. Longueur 7.00-S 00 ; ailes 4.00- 
4.45 ; bec o.So-0.90. 



138 LES OISEAUX 

La 9 a des couleurs plus foncées ; la poitrine et les côtés du 
cou sont d'un brun roux, sans teinte de gris cendré. En hiver le 
front, une ligne superciliaire, les côtés du cou et les parties infé- 
rieures, blancs ; le dos est plus gris et sans trace de brun roux ; utle 
tache noirâtre en avant de l'œil ; dessus de la tête grisâtre ; côtés 
de cette dernière, depuis l 'oeil, mélangés de noirâtre et de blanc gri- 
sâtre. 

Les jeunes ont le dessus de la tête d'un brun noirâtre ; le dos 
et les scapulaires noirâtres, avec les plumes bordées de brun jau- 
nâtre ; les lorums et le dessous blancs, la région des oreilles noi- 
râtre. 

Le Phalarope hyperboréen habite la partie septen- 
trionale de l'hémisphère nord et niche dans les latitudes 
arctiques ; à l'automne, il émigré au sud jusque sous les 
tropiques. En Amérique, il se rencontre également stir le 
littoral de l'Atlantique comme du Pacifique, mais il est 
plus commun dans ce dernier endroit lors de ses migrations. 

Cooper dit que ce Phalarope est quelquefois commun 
ati Labrador ; le Dr Schmitt dit qu'il se voit très irréguliè- 
rement à Anticosti ; M. Comeau l'a rencontré à Godbout, 
et moi je ne l'ai vu qu'une seule fois à Qtiébec ; M, Wintle 
le mentionne comme rare à Montréal. 

Il pond trois ou qtiatre œufs, d'un cendré jaunâtre ou 
verdâtre, avec nombreuses taches de brun de diverses 
teintes ; il les dépose sur de l'herbe sèche et de la mousse, 
qu'il place sans ordre dans une cavité du sol ; ils mestirent 
1.20 XO.80. La ponte a lieti en juin ou juillet. 

Ce petit Phalarope nage avec élégance et on le voit 
fréquemment enfoncer son bec dans l'eau afin de capturer 
de petits invertébrés marins. 

Genre STEGANOPUS, Vieillot. 

Bec grêle, long et cylindrique ; ailes plus de quatre pouces et 
demi de longueur ; tarses plus d'un pouce de long; palmure du 
doigt médian avec l'extérieur, n'atteignant pas la seconde articula- 
tion ; membrane latérale des doigts étroite, continue ou à peine 
dentelée. 

Steganopus tricolor, Vieill. 224. 

lyc Phalarope de Wilson. 

Wilson's Phalarope. 

Adulte 9. Dessus de la tête d'un gris cendré bleuâtre pâle, 
passant au blanc sur le dessus du cou sous forme d'une étroite 



I)K I.A PROVIN'CK DK QUEBHC I39 

bande ; parties infcriturfs l)lanches, teintées de brun roux clairet vif 
sur la ^oryfe et les côtés du cou. où cette teinte devient d'un brun 
roux pourpré et plus foncé; une bande d'un noir profond sur les 
côtés de la tète, ilepuis l'œil, descendant sur les côtés du cou. en 
arrière ; reste des parties supérieures d'un j^ris cendré, avec du brun 
canelle foncé sur les couvertures des ailes et le lias du cou ; crouj)i(»n 
et couvertures supérieures de la queue blanchâtres ; rémiges d'un 
gris foncé; bec et pieds noirs; iris brun. Longueur 9.40-10.00; 
ailes 5.20-5.30; bec 1.30 1.35. 

Le i est plus petit et ses couleurs sont j)lus pâles, le noir et 
le brun roux du cou sont à peine luaniués. 

Ivn hiver, les parties sujjérieures sont d'un gris cendré avec les 
plumes ordinairement bordées de blanchâtre ; une ligne snperciliai- 
re, les couvertures supérieures de la queue et le dessous du corps, 
blancs, lavé de gris pâle sur le haut et les côtés de la poitrine. 

Les jeunes ont le dessus de la tète, le dos et le dessus des ailes, 
d'un noir Ijrunâtre. avec chaque plume lisérée de brun jaunâtre 
pâle; les couvertures supérieures de la queue sont blanches ; cette 
dernière est d'un cendré clair ; une petite bande au-dessus de l'œil 
et les parties inférieures blanches, lavées de brun jaunâtre pâle sur 
le cou. 

Le Phalarope de Wilson haljite la région tempérée de 
rAinériqiie du Nord, particulièrement dans l'intérieur ; à 
l'automne il émigré jusqu'au Brésil et à la Patagonie. 

Ce Phalarope n'est pas commun dans notre province. 
Il est très rare à Anticosti {Sc/inii/l) ; peu commun à God- 
bout {Cotncau). Quant à moi je ne l'ai pas encore vu aux 
alentours de Québec. 

Il place son nid au milieu d'une toufïe d'herbes dans 
des endroits humides ; il y accumule des herbes sèches ; sa 
ponte est de trois ou quatre œufs brunâtres ou d'un brun 
jaunâtre pâle tirant sur le verdâtre, abondamment pointillés 
et maculés de noir et de brtin. Ils mesurent 1.30x0.90. 
La ponte a lieu à la fin de mai ou au commencement de 
juin. 

C'est le $ qui s'occupe du soin de trouver un endroit 
propice pour y placer le nid, et une fois les œufs pondus, 
il les couve [Daz'ii'). 

Famille SCOLOPACID^ — Uécassixes, 

MArHHCHES, ETC. 

Tète erapluraée jusqu'au bec ; ce dernier, droit ou souvent 
courbé vers le haut ou vers le bas, en général très long, souvent 



140 LES OISEAUX 

plus long- que la tête, à extrémité molle et obtuse ou dure et poin- 
tue, à rainure se prolongeant souvent au delà du milieu ; commis- 
sure relativement courte, dépassant à peine la base du bec ; na- 
rines courtes et étroites ; ailes ordinairement longues, déliées et 
pointues, mais parfois courtes et rondes ; queue toujours courte et 
molle ; tarses scutellés en avant et en arrière, réticulés sur les 
côtés, à l'exception des Courlis, où ils ne sont scutellés qu'en 
avant ; doigts libres ou réunis à la base par une petite membrane. 
Sexes presque toujours semblables. 

T-a 9 est ordinairement plus grosse que le <? , 

Ces oiseaux sont généralement de taille moyenne on 
petite ; ils fréquentent presque tous les bords de la mer 
ou des rivières, les marais ou les terrains humides ; les uns 
sont solitaires et les autres vivent en troupes, surtout au 
moment de la migration. Leur nourriture, qu'ils cherchent 
particulièrement le matin et le soir, consiste en vers, anné- 
lides ou autres petits animaux à peau molle, qu'ils trouvent 
souvent en fouillant avec leur bec dans les terres vaseuses 
ou humides. 

Ils déposent leurs œufs, qui sont ordinairement au 
nombre de quatre, dans une légère dépression du sol ; quel- 
ques brins d'herbes, des feuilles sèches ou de la mousse, en 
forment le fond. 

Genre SCOLOPAX, Linné. 

Bec près de deux fois aussi long que la tête, droit ; jambes 
entièrement emplumées ; tarses courts et robustes ; sommet de la 
tête avec bandes transversales ; ailes amples, de longueur moyenne ; 
première rémige plus longue que la deuxième, et pas plus étroite 
que les autres ; bord extérieur des rémiges tacheté. 

Scolopax rusticola, Linn. 227. 

I/a Bécasse d'Burope. 

EUROPEAN WOODCOCK. 

Adulte $. Parties supérieures variées de brun, de roussâ- 
tre, de jaunâtre pâle et de noir, avec quatre bandes transversales 
noires sur le sommet et en arrière de la tête ; la partie médiane du 
dos et les scapulaires sont marqués de larges taches irrégulières 
noires ; rémiges noirâtres, avec nombreuses bandes transversales 
de roux canelle au bord extérieur ; une étroite bande noirâtre du 
bec à l'oeil ; parties inférieures d'un gris fauve, rayé transversale- 
ment de brun foncé ; gorge blanche ; rectrices noires, terminées de 
cendré et rayées de roux sur le bord extérieur. Longueur 13 50 ; 
ailes 8.00 ; bec 3.00-3.25. 



DK LA PROVINCE DE QUEBEC 



141 



La Ç est plus grosse que le <? , et ses teintes sont un peu plus 
grisâtres. 

Cette Bécasse appartient à raucieii continent et se voit 
accidentellement dans Test de TAmérique dn Nord. 

KUe est larj^enient distribuée dans l'ancien monde, et 
elle niche en j^rand nombre, en Suède, en Xorvèj^e et en 
Laponie, ainsi que dans le nord de la Russie. 

Vn individu de cette espèce a été tué à Cliamblv en 
novembre 1882, d'après Couper. 

Cette Hécasse niche h terre et pond quatre œufs d'un 
blanc jaunâtre pâle, maculés de gris cendré, de roux et de 
brun jaunâtre pâle, particulièrement au gros bout. Ils 
mesurent 1.74 x 1.25. 

Cette espèce a des habitudes plutôt nocturnes que 
diurnes et se nourrit particulièrement de vers de terre qu'elle 
retire des endroits boueux. 

Genre PHILOHELA, Gray. 

Ailes courtes et arrondies ; les trois premières rémiges extérieu- 
res beaucoup plus courtes et plus étroites que la quatrième ; rémi- 
ges sans bandes ; jambes courtes et entièrement emplumées ; tarses 
plus courts que le doigt médian, l'ongle cotujjris ; bec beaucoup 
plus long que la tête, droit, épais à la base, et ponctué au bout ; 
sillons de la mandibule supérieure atteignant presque le bout du 
bec; tète grosse ; oreilles situées presque sous les yeux, qui sont 
placés à l'arrière de la tète, vers l'occiput. 

Philohela minor, (Omel.) Gray, 228. 

La Bécasse d'Amérique. 
American W'oodcock. 

Adultes S Ç. Parties supérieures variées de roux, de cendré 
pâle et de noir, cette dernière couleur est plutôt sous forme de 

grandes taches irrégu- 
lières ; couronne avec 
bandes transversales 
noires, alternant avec 
le roux ; ailes brunâ- 
tres ; dessus de la tète 
d'un cendré canelle ; 
une bande du bec à 
l'œil et une autre dans 
la région des oreilles, 




Fig. 8. 



Tête et rémiges primaires de la 
Bécasse d'.\raérique. 

noires ; parties inférieures d'un roux brun blanchissant sur la gor- 
ge ; queue noire, tachetée sur le bord des rectrices et terminée de 
roux. Longueur 10. 50-1 1.75 ; ailes 4.S0-5.70; bec 2.50. 



142 I.ES OISEAUX 

Cette Bécasse habite l'est de l'Amérique septentrionale, 
au nord jusque dans les provinces britanniques, à l'ouest 
jusqu'au Dakota, au Nébraska, etc. Elle niche sur tout sou 
parcours. A l'automne,sous notre latitude,elle émigré au sud. 

Cette espèce est rare à Montréal ( VVintlé) ; mais elle 
n'est point considérée comme telle aux alentours de Québec, 
quoiqu'elle soit irrégulièrement distribuée; chaque automne 
nous en voyons un certain nombre sur le marché. 

Elle niche dans un enfoncement du sol, sous des ar- 
bustes ou au milieu des broussailles ; sa ponte est de quatre 
œufs d'un roux de diverses nuances. Ils mesurent 1.50 x 
1.15. La ponte a lieu vers la fin de mai. 

Sa nourriture consiste surtout en gros vers de terre 
qu'elle retire adroitement de leurs trous. 

La Bécasse fait son apparition chez nous, au mois 
d'avril et se répand dans les buissons ombragés et humides 
cil elle paraît se plaire davantage ; elle fréquente aussi à 
cette époque de l'année les bois touffus, mais plus tard elle 
se voit souvent dans des endroits découverts, les pâturages 
et les champs en culture. Ses habitudes sont nocturnes ; 
elle ne vole qu'au crépuscule et durant les nuits peu som- 
bres, alors qu'elle recherche sa nourriture. Si, pendant le 
jour, on la force de s'envoler de l'endroit où elle se trouve, 
elle s'élève alors verticalement jusque au-dessus des arbres, 
prend une direction horizontale et descend se cacher dans 
le buisson voisin. Son vol rapide et erratique, produit un 
espèce de sifflement occasionné par la rapidité avec laquelle 
se meuvent les ailes. Il faut un œil bien exercé pour 
l'abattre. Sa chair est très recherchée des gourmets. 

Lorsque la Bécasse prévoit un danger pour ses jeunes 
elle les transporte entre ses pattes dans un endroit plus sûr' 

Genre GALLINAGO, Leach. 

Partie inférieure de la jambe nue ; sommet de la tête avec ban- 
des longitudinales ; bec beaucoup plus long que la tête, droit, mou 
à l'extrémité, chagriné et cannelé supérieurement; ailes plutôt 
courtes et arrondies. 

Gallinago delicata, (Ord.) A. O. U. Liste, 230. 

I<a Bécassine de Wilson. 

Wilson's Snipe. 

Adultes $ Ç . Parties supérieures variées de noir, de brun 



DE LA PROVINCE DE QUEBEC I43 

jaunâtre et de bai clair ; cette dernière teinte Imrde le bord extérieur 
des couvertures alaircs, formant coinnic deux bandes sur les scapu- 
laires ; dessus de la tète noir avec une bande médiane et lony^itudi- 
nale de jaune brunâtre ; une li^^ne brunâtre du bec à l'œil ; cou et 
poitrine maculés de brun, de blanchâtre et de jaune brunâtre; 
menton blanchâtre ; dessus blanc rayé de noirâtre sur ses côtés ; 
queue ra\ée de blanc et de brun châtain; yeux reculés jusqu'au 
dessus des oreilles. Longueur 10. 50-1 1.50; ailes 4.75-5.25: bec 
2.50. La 9 est plus petite. 

La Bécassine de Wilson habite rAmérique du Nord, 
et niche depuis le nord des Ktats-Unis, en allant vers le 
nord ; à l'automne, elle émigré au sud jusqu'au golfe du 
Me.xique, la Californie, les Antilles et le nord de l'Amérique 
du vSud. 

Cette espèce, qui est commune aux environs de Québec 
où quelques-unes nichent, est beaucoup plus nombreuse que 
la précédente, mais de di.stribution également irrégulière et 
plus étendue. Klle est commune et de passage à Montréal 
{Jl'inl/i-)\ aussi à Anticosti, du commencement d'août à 
la fin d'octobre {Schmili) ; mais elle est rare et de passage 
à Godbout {Comeau\ 

Elle niche dans l'herbe, dans une légère dépression de 
terrain ; sa ponte est de trois à quatre œufs, variant de l'olive 
grisâtre au brun verdâtre, avec points et taches de brun 
roux et de brun noirâtre, surtout au gros bout. Ils me- 
surent 1.50 X i.io. La ponte a lieu dans la première partie 
de juin. 

Elle vit surtout de vers de terre, de sangsues, d'insectes 
et des racines succulentes de certaines plantes. 

Cette Bécassine se voit sur les grèves ou dans les 
prairies humides ; elle vit isolée d'ordinaire ou par petites 
bandes et est essentiellement erratique, se déplaçant sans ces- 
se. Comme la précédente, il faut un œil exercé pour l'abattre, 
car son vol rapide et en zigzag en fait un des oiseaux les 
plus difficiles à tuer. 

Genre MACRORHAMPHUS, Leach. 

Les deux mandibules sillonnées sur une grande partie de la 
longueur ; la supérieure cliagrinée au bout ; jambes nues ; tarses 
plus longs que le doigt médian, l'ongle compris ; doigts antérieurs 
avec une petite palmure basale ; queue de douze rectrices, rayées 
transversalement. 



144 LES OISEAUX 

Macrorhamphus griseus, (Gmei,.) Leach, 231. 

I/a Bécassine rousse. 

DOWITCHER. 

AdultCvS ^Ç. Dos et croupion blancs, tachetés de noirâtre; 
queue rayée de blanc et de noirâtre ; le reste des parties supérieures 
varié de noir, de jaune brunâtre et de jaune blanchâtre ; cette der- 
nière couleur se remarque principalement sur le bord des scapulai- 
res ; parties inférieures et côtés du cou d'un brun roux vif, maculé 
de noirâtre, excepté sur la gorge et le milieu du ventre ; une bande 
étroite, noirâtre, du bec à l'œil ; une bande superciliaire d'un jaune 
brun; rémiges noirâtres. Longueur lo.oo-ii.oo; ailes 5 65; bec2.30. 

En hiver, le plumage est d'un grisâtre foncé, avec les plumes 
en dessus, noirâtres au centre et bordées de blanchâtre ; le dessous 
est plus pâle, lavé de gris sur la poitrine et souvent faiblement 
teinté de brun roux. 

La Bécassine rousse habite l'Amérique du Nord, parti- 
culièrement dans l'est, et niche dans l'extrême nord ; en 
hiver on la retrouve ati sud depuis le golfe du Mexique 
jusque dans le nord de l'Amériqtie méridionale. 

M. Wintle dit qu'elle se voit en petites bandes stir la 
rivière Richelieu, près de St-Jean ; mais qu'elle est rare près 
de Montréal, stir les bords du fleuve. Nous en voyons 
quelques-unes sur les grèves de Maizerets à l'époque de la 
grande mer de la fin de mai. M. Comeau dit qu'elle se ren- 
contre à Godbout durant ses migrations. 

Elle niche au bord des marais, des lacs ou atitres en- 
droits près de l'eati ; son nid est construit avec de la mousse, 
des fetiilles ou de l'herbe desséchée. Sa ponte est de qtiatre 
œtifs verdâtres ou d'un brun jaunâtre pâle, maculés de brun 
foncé. Ils mesurent 1.70 x 1.12. La ponte a lieu entre la 
mi-juin et la mi-jtiillet. 

Genre MICROPALAMA, Baird. 

Bec légèrement élargi à la pointe, qui est chagrinée en des- 
sus ; ailes longues et pointues ; la première primaire étant la plus 
longue ; queue environ la moitié de la longueur de l'aile ; jambes 
très longues ; tarses aussi longs que le bec ; doigts antérieurs réunis 
à la base par une petite palmure, 

Micropalama hymantopus, (Bonap.) Baird, 233. 

I^a Maubèche à longs pieds, (i) 

Stilt Sandpiper. 

Adultes $ ? . Parties supérieures variées de gris pâle, de brun 
(i) Nos chasseurs donnent le nom d'Alouettes à toutes les Maubèches. 



I)K I.A PROVIN'CK DE QUEBEC I45 

jaunâtre pâle et de noir, cette dernière couleur est jjIus accentuée 
sur les scapulaires et le dos. avec les plumes des couvertures dts 
ailes grisâtres, lisérées de ffris plus clair ; primaires noirâtres â 
extrémité noire: dessus de la tète noirâtre, rîiyé de hlanciiâtre ; 
couvertures supérieures de la (jucue hlanclies, rayée» de brun noirâ- 
tre ; région auriculaire d 'un brun roux, avec une tache semblable 
sur les côtés de la tète vers l'occiput ; une lijfne noirâtre du bec à 
l'oeil ; reste de la tète et cou d'un blanc sale, rayé de brun noirâ- 
tre ; reste des parties inférieures blanchâtre, rayé transversale- 
ment de noirâtre; bec et pieds noirs. Longueur 10. 00-11.00; ailes 
6.50; queue 2.50; bec 1.50-1 70 

Ivn hiver, les adultes sont d'un gris cendré en dessus, avec ou 
sans trace de noir et de brun roux ; les plumes sont ordinairement 
lisérées de blanc ; une ligne superciliaire et les parties inférieures 
blanches, rayé de grisâtre sur la poitrine, les côtés du cou et sur 
les couvertures inférieures de la queue. 

Les jeunes ont le dos et les scapulaires d'un brun noirâtre,, 
avec les plumes bordées de blanc iaunâtre ; les couvertures des ailes, 
bordées de brun jaunâtre pâle et de blanc : le dessous d'un blanc 
sale ; poitrine et côtés plus ou moins lavés de brun jaunâtre et fai- 
blernent rayé de grisâtre ; les jambes sont ordinairement d'un jau- 
ne verdâtre pâle. 

Cette Maubèche se voit dans l'est de l'Amérique du 
Nord, niche depuis le nord des Etats-Unis jusque dans les 
régions arctiques et émigré, en hiver au sud, jusque sous les 
tropiques. Je n'ai encore rencontré qu'un seul spécimen 
de cette espèce que je me suis procuré à l'automne, sur le 
marché de Québec, il y a une dizaine d'années et que ^L le 
Dr Dwight jr, a eu l'obligeance d'identifier. 

Elle niche à terre dans une légère dépression du sol ; 
son nid est composé d'herbes et de feuilles sèches ; elle 
pond trois ou quatre œufs variant du fauve clair au grisâtre, 
maculés et pointillés de brun roux au gros bout. Ils me- 
surent 1.40 X i.oo. La ponte a lieu en juin. Elle se nourrit 
de petits vers, de petits mollusques et de substances végé- 
tales. 

Genre TRINGA. Linné. 

Bec droit, gros, à peu près la longueur de la tète ou même plus 
long, avec de profondes cannelures sur les deux mandibules, 
s 'étendant jusqu'au bout ; ailes longues et pointues ; la première 
primaire la plus longue ; queue plutôt courte et presque carrée ; les 
deux rectrices centrales à peine plus longues que les latérales. 

Tous ces petits oiseaux, ainsi que ceux des genres qui 
10 



146 LES OISEAUX 

suivent, se nourrissent à peu près des mêmes aliments : tels 
que vers, insectes, petits mollusques, petits crustacés, etc. 

Tringa canutus, Linn. 234. 

La Maubèche à poitrine rousse. 

Knot. 

Adultes S' 9. Parties inférieures, avec les côtés de la tête et 
•du cou, d'un brun roux vif, blanchissant vers la région anale ; 
parties supérieures d'un gris clair, variées de noir et de brun roux 
pâle ; croupion et couvertures supérieures de la queue,* blancs, rayés 
et maculés de brun foncé ; rectrices et secondaires d'un gris cendré 
bordées de blanchâtre ; primaires, bec et pieds noirâtres ; doigts 
libres. Longueur lo.oo-ii.oo; ailes6.5o; bec 1.40; queue 2.60. 

En hiver, les parties supérieures sont d'un gris uniforme, fai- 
blement rayé de brunâtre ; le dessous blanc, tacheté de brun sur 
la poitrine, le devant du cou et la gorge. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un gris cendré, avec 
chaque plume bordée de blanchâtre, cette bordure est précédée d'u- 
ne autre bande brunâtre ; le dessous blanchâtre ; le cou et la poitrine 
sont maculés de brunâtre. 

Cette Maubèche est presque cosmopolite ; elle habite les 
régions arctiques en été, et se voit au sud en hiver, sur 
notre continent, jusque dans l'Amérique méridionale et 
plus particulièrement sur les côtes de l'zVtlantique. Elle 
niche dans les régions arctiques depuis la pointe Barrow et 
la baie d'Hudson, au nord ; mais aucun œuf authentique 
n'existe dans les collections iyReed\ Cependant un œuf 
obtenu par le Lient. Greely, dans le voisinage du fort Con- 
ger est décrit comme étant d'un vert pois clair, très poin- 
tillé de brun. Il mesure i.iox i.oo. 

Le Dr Schmitt mentionne cette espèce comme rare à 
Anticosti, et M. Wintle dit également qu'elle est rare et de 
passage à Montréal. 

Quant à moi je n'en ai vu que trois spécimens tués 
près de Québec, et M. W. Baillargé en a remarqué deux à 
St-Michel de Bellechasse dans l'automne de 1900. C'est 
la plus grosse de toutes nos Maubèches. 

Genre ARQUATELLA, Baird. 

Bec plus long que la tcte, très délié, droit ou légèrement 
arqué ; les deux rectrices centrales de la queue plus longues et plus 
effilées que les autres ; tarses plus courts que le bec ou le doigt mé- 
dian, l'ongle compris; doigts très longs et marginés ; pouce très 
court ; ongles à pointe émoussée. 



DK I.A PROVINCE DK QUEBEC 147 

Arquatella maritima, (Hrunn.) Coues, 235. 

I^a Maubeche pourprée. 

PL'RPLK SaNDI'II'KR. 

Adultes i 9. Parties supérieures noirdtres. rayé sur la t^te 
de brun jaunAtre clair, et irrégulièrement maculé sur les scapulai- 
res de brun jaunâtre pâle, avec les plumes terminées de blanchâtre ; 
primaires d'un noir de suie ; secondaires presque toutes blanches ; 
les paupières, une ligne au-dessus de l'œil et le dessous, blancs, 
avec la gorge et la poitrine rayées de brun et teintées de brun jau- 
nâtre, nuancé ailleurs de gris f(jncé ; queue noirâtre ; croupion et 
couvertures supérieures de la queue, d'un noir brunâtre uniforme. 
Longueur S. 00-9. 50 ; ailes 4.85-5.40 ; bec 1.20. 

ICn hiver, le dessus est d'un noir de suie à reflets violets et 
pourprés ; presque toutes les plumes du dos et des scapulaires sont 
Dordées de gris de plomb ; les parties inférieures sont blanches, 
avec la poitrine d'un gris foncé, maculé de brunâtre sur les côtés 
du corps. 

Les jeunes sont noirâtres en dessus, avec les plumes des scapu- 
laires et celles des couvertures des ailes, bordées de gris jaunâtre 
pâle ; les parties inférieures sont fortement maculées de cendré et 
de noirâtre. 

Cette Maubeche niche dans les latitudes arctiques de 
l'hémisphcre nord et, en Amérique, elle émigré à l'automue 
dans les Etats-Unis du centre et les g-rands lacs. 

On la rencontre quelquefois à l'automne aux alentours 
de Québec. Elle est rare à Anticosti {Sc/nnift)^ ainsi qu'à 
Montréal {ïl'int/c). 

Elle niche dans un enfoncement du sol ; le nid est 
construit avec quelques brins d'herbes sèches ; sa ponte est 
de quatre œufs d'un fauve grisâtre, maculés de brun et de 
gris foncé. Ils mesurent 1.40 x i.oo. 

Genre ACTODROMAS, Kaup. 

Bec droit, faible, de même longueur que les tarses ; ces derniers 
pas plus longs que le doigt médian, l'ongle compris ; doigts longs, 
déliés, quelque peu marginés ; narines placées près de la base du 
bec : ailes longues et pointues ; rectrices centrales dépassant de 
beaucoup les autres. 

Actodromas maculata, (\'ieill.) Coues, 239. 

I/a Maubeche à poitrine cendrée. 

Phctor.vl S.a,ndfifer. 

Adultes $ 9 • Parties supérieures d'un brun foncé ou noirâtre, 
avec chaque plume bordée de cendré jaunâtre ou de brun roux ; 



148 LES OISEAUX 

queue presque noire, terminée de blanchâtre ; cou, côtés de la tête, 
du corps et haut de la poitrine, blanchâtres, teintés de cendré jau- 
nâtre et striés de brun foncé ; menton et reste du dessous blancs ; 
couvertures supérieures de la queue noirâtres ; bec et pieds ver- 
dâtres. Longueur S. 00-9. 50; ailes 5.00-5.50; bec 1.10-1.20. 

En hiver, le brun foncé des parties supérieures est moins in- 
tense. 

Les jeunes diffèrent peu des adultes ; les teintes claires du des- 
sus sont d'une nuance plus rousse et les scapulaires sont terminées 
de blanc ; la poitrine et le cou sont teintés de brun jaunâtre et avec 
des raies étroites et moins distinctes. 

Cette Maiibèche habite toute l'Amérique du Nord et 
niche dans les régions arctiques ; en hiver, on la retrouve 
dans les Etats-Unis, au sud, jusque dans l'Amérique méri- 
dionale. 

Elle est commune depuis la fin d'août jusqu'à la fin 
de septembre à Anticosti {Schmitt)^ ainsi qu'à Montréal 
d'après M. Wintle. Mais elle n'est pas commune à God- 
bout et se voit en automne {Comeaii). 

Cette Maubèche, que l'on appelle Alouette de prés^ 
parcequ'elle a l'habitude de fréquenter les prairies et les 
champs ensemencés, se montre commune surtout à l'au- 
tomne, aux alentours de Québec, à Maizerets, sur la côte de 
Beaupré, et ailleurs. 

Son nid est construit avec des herbes sèches et posé 
dans un enfoncement du sol, au milieu de l'herbe ; sa ponte 
est de quatre œufs grisâtres oti d'un fauve verdâtre, maculés 
de brun. Ils mesurent 1.40x1.00. La ponte a lieu en 
juin. 

Au printemps, le $ jouit de la faculté de distendre 
considérablement sa gorge, de telle sorte qu'elle atteint 
souvent la taille de l'oiseau même. Nelson dit qu'alors il 
s'élève dans l'air, et se laisse choir à terre avec cette espèce 
de ballon suspendu à son cou. 

Actodromas fuscicollis, (Vieill.) Bonap. 240. 

La Maubèche à croupion blanc. 

White rumped vSandpiper. 

Adultes (? 9 • Partie supérieures d'un cendré brunâtre, avec 
chaque plume largement bordée de roux jaunâtre, particulièrement 
sur la couronne et sur le dessus du corps ; cette teinte est plus 
intense et plus vive sur les scapulaires ; petites couvertures des 



1)K l.A l'Ki)\lNCK DK QUHBI'X I49 

ailes d'un cendre f)riinâtre funcé. plus clair sur le bord des plumes ; 
primair.'S d'un brun foncé; couvertures supérieures de la queue 
i)lanches et croupion d'un noir brunâtre ; rectrices d'un cen<lré 
grisâtre, bordées de blanc; celles du centre d'un noir brunâtre ; 
une ligne superciliaire et les parties inférieures, l)lanches, avec les 
côtés de la tète, du cou, la gorge, la poitrine et les côtés du corps, 
rayés de l^runâtre, ces raies sont plus distinctes sur la poitrine, 
plus grandes et plus éparses sur les côtés du corps. Longueur 
6.75-S.oo ; ailes 4 90-5.00 ; bec 0.90-1.00. 

Hn hiver les parties supérieures sont d'un gris brunâtre presque 
uniforme. 

Les jeunes ont les scapulaires noirâtres, marginés de roux et 
de blanc, et la poitrine teintée de brun jaunâtre. 

La Manbèche à croupion blanc se voit dan.s Test de 
l'Aniérique du Xord, niche depuis le Labrador et le sud 
du Groenland, en allant vers le nord. En hiver on la ren- 
contre depuis le centre de l'Amérique du Sud jusqu'aux 
îles Falklands. Elle se voit accidentellement en Europe. 

Elle est commune à Montréal ( // 'i)itlc) ; assez commune 
à Anticosti {Sclnnitl) ; mais un seul individu a été tué à 
Godbout, d'après M. Comeau. On rencontre assez souvent 
cette espèce à l'automne aux environs de Québec, associée 
aii.x petites espèces de Maubèches. 

Elle niche dans un enfoncement du sol ; le nid est 
^construit avec des feuilles et des herbes sèches ; sa ponte est 
de trois ou quatre œufs, d'un olive clair ou olive brun, fine- 
ment maculés de brun roux, surtout au gros bout. Ils 
mesurent 1.35 xo.go. La ponte a lieu vers la fin de juin. 

Actodromas bairdii, (Coues,) Sclat. 241. 

La Maubeche de Baird. 
Baird's S.\ndpiper. 

Adultes (? 9 • Parties supérieures d'un noir brunâtre, plus 
clair sur le dessus du cou, avec chaque plume bordée de brun jau- 
nâtre clair, cette bordure devient plus large et presque blanche à 
l'extrémité des scapulaires; couvertures supérieures de la queue 
très allongées, noires au centre, avec les latérales blanches et ma- 
culées de noirâtre ; parties inférieures et une ligne superciliaire, 
blanches, lavé de brunâtre clair sur le devant du cou, strié et macu- 
lé de brun grisâtre foncé sur la poitrine. Longueur 7.00-7.60 ; 
ailes 4 60-4.85 ; bec o 90-1.00. 

Kn hiver, les parties supérieures sont d'un brun grisâtre tirant 
sur le brun jaunâtre ; les plumes du croupion et celles du centre 
des couvertures supérieures de la queue sont d'un noir brunâtre, 



150 LES OISEAUX 

marginées de brun jaunâtre pâle ; les parties inférieures blanches, 
avec les côtés du cou et la poitrine teintés de brun jaunâtre pâle. 
Les jeunes ont le dessus de la tête rayé de noirâtre ; les parties 
.supérieures d'un brun jaunâtre pâle, tirant sur le grisâtre, avec les 
plumes des scapulaires noirâtres au centre et bordées de blanc ; le 
reste peu différent des adultes en hiver. 

Cette Maubèche habite l'intérieur de l'Amérique du 
Nord, quoiqu'elle se rencontre parfois sur les côtes de 
l'Atlantique. 

Elle niche dans les régions boréales, l'Alaska, etc., 
et, en hiver, on la retrouve au sud jusque dans le Mexique, 
l'Amérique centrale et du Sud. 

Elle est rare dans la province, et le seul cas de sa pré- 
sence chez nous est celui d'un spécimen tué par M. Wintle, 
le 17 septembre 1892, sur le fleuve entre St-Lambert et 
Laprairie. 

Son nid est composé d'herbes et de feuilles sèches, et 
placé à terre ; elle pond quatre œufs, variant du brun jau- 
nâtre pâle ou grisâtre, avec taches, de brun roux de diverses 
nuances. Ils mesurent 130 x 0.90. 

Actodromas minutilla, (Vieill.) Coues, 242. 

I/a Maubèche de "Wilson. 

Least Sandpiper. 

Adultes 9 <? . Parties supérieures avec chaque plume noirâtre 
au centre, bordée de jaune rouille vif et terminée de cendré ou de 
de blanc, secondaires et grandes couvertures des ailes terminées 
de blanc ; rémiges noirâtres avec la tige blanche dans sa plus 
grande partie ; rectrices grises, bordées de blanchâtre, les centrales 
presque noires et ordinairement lisérées de roussâtre ; une ligne 
brunâtre du bec à l'œil ; gorge et poitrine d'un blanc grisâtre, 
rayé de brun foncé ; le reste du dessous blanc ; bec noir ; jambes 
d'un brun verdâtre. Longueur 5.00-6.75 ; ailes 3.50-3.75 

En hiver, le dessus est d'un gris brunâtre rayé de noirâtre ; le 
brun foncé de la poitrine est moins intense. 

Les jeunes sont peu différents des adultes en été ; les scapu- 
laires sont terminés de blanc. 

Cette petite Maubèche, qui se voit accidentellement en 
Europe, habite toute l'Amérique du Nord, et niche depuis 
le nord des Etats-Unis, en allant vers le nord ; en hiver elle 
se voit dans le sud de la république voisine et dans toute 
l'Amérique méridionale. 



ÛK I.A l'ROVIN'CK DK QUKBEC 151 

Mlle est très coniiminc sur les rives du St-Laurent au 
iiioment de ses mij^ratious, surtout à l'autoinue ; elle arrive 
sur nos j^rèves vers la fin d'août. 

Kl le niche dans une léj^ère cavité du sol ; le nid res- 
semble à celui des esjx^ces précédentes ; sa ponte est de 
quatre œufs orrisâtres ou brunâtres pâles, avec taches de 
brun roux foncé. Ils mesurent 1.15x0.85. La ponte a 
lieu vers la fin de juin. 

Cette espèce, qui est la plus petite de nos Alouettes, se 
plaît particulièrement sur les grèves dans les endroits va- 
seux ; on la rencontre fréquemment en compagnie de la 
Maubèche semipalmée. 

Genre PELIDNA. Cuvier. 

Ailes de longueur moyenne ; tertiaires allongées ; queue de 
longueur ordinaire, les rectrices du centre étant les plus longues ; 
bec fort, beaucoup plus long que la tète, légèrement arqué ; man- 
dibule supérieure plus longue que les tarses, et plus des deux tiers 
de la longueur de la queue ; tarses moins de une fois et demie la 
longueur du doigt médian, sans l'ongle ; doigts plutôt longs et très 
peu marginés. 

Pelidna alpina sakhalina, (Vieill.) 243a. 

IfA Maubèche à dos roux. 

R E U lî AC K E D Sa N Dl'I l'K R . 

Adultes <J 9- Parties supérieures d'un brun roux vif. chaque 
plume porte au centre une tache lancéolée noire ; la plupart sont 
terminées de blanchâtre ; croupion et couvertures supérieures de la 
queue noirâtres ; rémiges noirâtres ; rectrices et couvertures des 
ailes d'un gris cendré ; parties inférieures blanches, avec l'abdomen 
noir au centre ; côtés de la tète, cou et poitrine, finement rayés de 
brun foncé. Longueur 7.60-S.75 ; ailes 4.60-4.95; bec i. 40-1. 75. 

ICn hiver, les parties supérieures sont d'un gris cendré, rayé 
de brun foncé, avec peu ou sans traces de roux ; le dessous blanc, 
avec peu ou point de noir sous le ventre et lavé de cendré antérieu- 
rement ; les stries sont moins apparentes. 

Les jeunes leur ressemblent. 

La Maubèche à dos roux habite presque toute l'Amé- 
rique du Nord, et se retrouve aussi dans l'est de l'Asie ; 
elle niche dans l'extrême nord et émigré dans les Etats- 
l^nis en hiver. 

Elle est commune et de passage à Montréal {ÎVinllc). 
Je l'ai rencontrée quelquefois sur les grèves à l'automne, 



152 LES OISEAUX 

près de Québec, et plusieurs fois sur le marché de cette 
ville. 

Bile niche dans une déclivité du sol, près des lacs et 
autres étendues d'eau ; des feuilles et herbes sèches compo- 
sent le nid ; les œufs, au nombre de quatre, sont d'un brun 
jaunâtre pâle ou d'un fauve verdâtre, avec taches et points 
de brun roux, surtout au gros bout. Ils mesurent 1.43 x 
i.oi, La ponte a lieu à la fin de juin. 

Genre EREUNETES, Illiger. 

Ailes moins de quatre pouces de longueur ; doigts antérieurs 
gros, marginés et palmés à la base ; bec droit, aussi long que la 
tête ; ailes longues et pointues ; tarses plutôt plus longs que le doigt 
médian, l'ongle compris. 

Ereunetes pusillus, (Linn.) Cass. 246. 

I^a Maubèche semipalmée. 

Semipalmated Sandpiper. 

Adultes S' 9 . Parties supérieures mélangées de noir, de brun 
roux et de cendré clair ou blanchâtre, chaque plume est noire au 
centre, bordée de roux et terminée de blanc ; croupion et couver- 
tures supérieures de la queue noirâtres au milieu ; rectrices laté- 
rales d'un gris cendré, celles du centre, noirâtres ; dessous blanc, 
rayé de noirâtre sur la poitrine et les côtés de la tête depuis les 
yeux ; une ligne superciliaire blanche. Longueur 5.50-6.50 ; ailes 
3-2S-3-75.; bec 0.84. 

En hiver, les parties supérieures sont d'un gris presque uni- 
forme, avec des traces de brun roux sur le dos ; les stries de la 
poitrine sont plus effacées. 

Les jeunes ressemblent aux adultes de l'hiver, mais la poitrine 
est presque immaculée. 

La Maubèche semipalmée habite toute l'Amérique du 
Nord, mais surtout l'est, depuis les Montagnes Rocheuses 
jusqu'à l'océan Atlantique ; elle niche depuis le nord des 
Etats-Unis, le Labrador et la baie d'Hudson, en allant vers 
le nord ; en hiver elle se voit au sud dans les Antilles et 
l'Amérique méridionale. 

Semblable à la Maubèche de Wilson, en compagnie de 
laquelle on la rencontre fréquemment, elle se montre très 
commune dans toute la province au printemps et surtout à 
l'automne, et .se voit parfois en bandes considérables, sur 
nos grèves près de Québec et ailleurs. 



1)K l\ l'ROVINCK l)K gUKHKC 1.53 

Klle niche dans un Ic^jer cnfonccnic-nt du sol entre les 
herbes; le nid ressemble à celui des j)récédentes ; ses < en f s, 
au nombre de trois ou quatre, varient du j^risâtre au ver- 
dâtre fauve, avec taches de brun on de noirâtre, tellement 
rapprochées que ces taches en recouvrent parfois presque 
toute la surface. Ils mesurent 1.20 x o.So. La ponte a 
lieu .111 c(»nnnfncemenl de juin. 

Genre CALIDRIS, Cuvier. 

Ailes longues et pointues ; doigts trois ; pouce nul ; bec gros, 
droit, à peu près aussi long que la tète ; narines situées près de la 
base du bec ; queue courte ; rectrices centrales allongées; jambes 
nues, environ les deux tiers de la longueur des tarses ; doigts courts 
et niarijinés. 

Calidris arenaria, (Linn.j Lkach, 248. 

Le Sanderling. 

S.\NI>EKLING. 

Adultes (? 9 • Tète, cou et parties supérieures variées de noir, 
de cendré clair et de roux clair ; les plumes du dos et des scapu- 
laires sont noires au centre et bordées de roux ou de cendré ; 
bord extérieur et bout des primaires d'un noir brunâtre foncé ; le 
reste cendré pâle ; secondaires en partie blanches ; croupion, cou- 
vertures supérieures de la queue et les rectrices du centre, noir- 
âtres, terminés de blanc cendré; les autres rectrices d'un cendré 
clair ; toutes les parties inférieures blanches et sans taches ; bec et 
pieds noirs. Longueur 7.00-S.75 ; ailes 4.70-5.00 ; bec, 0.95-1.00. 

Kn hiver, les parties supérieures sont d'un gris cendré pâle, à 
peine rayé de gris cendré plus foncé ; les petites couvertures des 
ailes plus foncées. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un cendré clair, maculé 
de noir et de blanchâtre et sans trace de roux, la teinte blanchâtre 
Se voit à l'extrémité des plumes. 

Le Sanderling est presque cosmopolite et se voit dans 
tout l'hémisphère nord ; il niche en dedans du cercle arcti- 
que. Dans l'Amérique, en hiver, il se rencontre depuis la 
Californie et le sud de la Caroline jusqu'au Chili et à la 
Patagonie. 

Cet oiseau se montre commun, surtout en automne, 
sur les côtes de l'Atlantique, sur le littoral du fleuve et dti 
golfe St-Laurent. 

Quelques Sanderlings cotivent sur l'île dans les savanes 
qui sont voisines de la mer {Sc/i»iit/) ; il se voit à Godboiit 



154 I<ES OISEAUX 

dans sa migration d'automne {Comcaii) ; M. Wintle dit qu'il 
est commun et de passage à «Montréal. Il est phis commun 
en automne sur les grèves près de Québec, qu'au printemps. 
Il niche à terre, dans une dépression du sol ; le nid est 
construit avec des feuilles sèches et de l'herbe ; ses œufs, 
au nombre de deux à quatre, sont d'un brun verdâtre ou 
cendré, avec taches de brun de différentes teintes. Ils me- 
surent 1.41 X o.Qi. La ponte a lieu vers la fin de juin. 

Genre LIMOSA, Brisson. 

Ailes longues et pointues ayant plus de sept pouces de lon- 
gueur ; bec plus long que la tête et les tarses, quelque peu recourbé 
vers le haut, avec le dessus de la mandibule supérieure aplati au 
bout, cannelé sur les deux mandibules, à extrémité lisse et dure ; 
queue courte; doigts courts, gros et marginés, l'extérieur réuni 
au médian par une petite palmure ; tarses scutellés, en avant et en 
arrière, et réticulés sur les côtés. 

Les Barges se nourrissent de petits mollusques, de petits 
crabes, de vers et d'insectes aquatiques. 

Limosa fedoa, (Linn.) Sabine, 249. 

I^a Barge marbrée. 

Marbled Godwit. 

Adultes (? Ç . Plumage roux ou d'un roux cannelle pâle, ordi- 
nairement plus intense aux parties inférieures et sous les ailes, 
avec la tête et le cou rayés de brun noirâtre ; le reste des parties 
supérieures maculé et rayé également de brun noirâtre ; croupion, 
et couvertures supérieures de la queue, avec les rectrices, rayés 
transversalement de noirâtre ; poitrine et côtés du corps rayés de 
brun noirâtre; bord de l'aile d'un brun roux; primaires rousses 
avec le bord extérieur des premières, noirâtres ; bec faiblement 
recourbé vers le haut, et de couleur chair. Longueur 16.50-20.50 ; 
ailes 8.50-9.00; bec 3.50-5.00. 

Les jeunes ont les parties inférieures immaculées et la teinte 
rousse est plus foncée. 

La Barge marbrée se voit dans l'Amérique du Nord, et 
niche dans l'intérieur, depuis l'Iowa et le Nébraska, au 
nord, jusqu'au Manitoba et la Saskatchewan. En hiver, on 
la retrouve dans les Etats-Unis du sud, en allant vers le sud. 

Un spécimen a été tué sur le lac St-Pierre, au prin- 
temps ( Wintle). Un autre a été abattu sur les grèves de 
Beauport, il y a une dixaine d'années. 



DK I.A rkoVINCK 1)K QUEBEC 155 

Cette Barge se rencontre d'ordinaire par petites bandes 
près des marais, snr les rives sablonncnscs on bonenses des 
lacs, des riviùres et antres étendnes d'can. 

Klle niche à terre, dans nne déclivité dn sol ; le nid, 
qni est placé dans le voisinage de l'eau, est construit avec 
des herbes st^ches ; sa ponte est de trois on quatre (eufs, 
d'un brun jaunâtre crème ou d'un olive brunâtre, (jueUiue- 
fois même noirâtres, avec taches de jaunâtre et de brun 
foncé, de diverses nuances. Ils mesurent 2.27 x 1.60. La 
ponte a lieu vers la mi-juin. 

Limosa haemastica, (Linn.) Couks, 251. 

La Barge de la baie d'Hudson. 

Hl'usonian Godwit. 

Adultes <J 9 . Parties supérieures noirâtres, irrégulièrement 
variées de roux, de brun jaunâtre pâle ou de blanchâtre, avec la tète 
et le cou d'un brun roux pâle, rayé de noirâtre; croupion et 
axillaires noirâtres ; une bande transversale sur les couvertures 
supérieures de la queue, blanche; parties inférieures d'un roux 
ferrugineux ou roux brun vif irrégulièrement ra3-é de nombreuses 
barres de brun noirâtre foncé ; chaque plume porte plusieurs de 
ces petites barres ; primaires et rectrices noirâtres, avec du blanc 
à la base. Longueur 14.00-16.75; ailes S. 10-8. 60; bec 2.S5-3.45. 

En hiver, les parties supérieures sont d'un gris brunâtre uni- 
forme ; la tête, le cou et les parties inférieures sont d'un blanchâtre 
sale, plus ou moins lavé de gris brunâtre aux parties antérieures. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un gris brunâtre pâle, 
les plumes du dos niarginées de brun jaunâtre pâle et précédé 
d'un croissant brun foncé ; le dessous est d'un jaune brunâtre 
tirant sur le gris, plus foncé sur la poitrine et blanchâtre sous le 
ventre. 

Cette espèce habite l'est de l'Amérique septentrionale ; 
elle niche dans les régions arctiques et se distribue à l'au- 
tomne dans Cuba, l'Amérique centrale et jusque dans le 
sud de l'Amérique méridionale. 

Klle est rare et de passage à Montréal {îViittle) ; elle 
l'est également aux environs de Québec où quelques spéci- 
mens sont quelquefois tués à l'automne. 

Son nid est placé à terre dans une faible cavité du sol, 
dans les marais ou au bord de l'eau ; il est construit avec 
des herbes sèches et des fetiilles ; sa ponte est de quatre 
œufs d'un brun olive très foncé, maculés de brun plus foncé ; 



156 LES OISEAUX 

ils mesurent 2.20 x 1.42. La ponte a lieu dans la première 
partie de juin. 

Genre TOTANUS, Bechstein. 

Axillaires blanches ou raj-ées de blanc et de brun noirâtre ; 
jambes très longues ; bec très grêle, droit ou peu fléchi vers 
le haut, plus long que la tête et le doigt médian, avec l'ongle ; ses 
cannelures n'atteignant pas sa partie médiane ; tarses plus d'une 
fois et demie la longueur du doigt médian, l'ongle excepté. 

Les Chevaliers, comme la plupart des petits oiseaux de 
rivage, vivent de petits crustacés, de vers, de larves, d'in- 
sectes, etc. 

Totanus melanoleucus. (Gmel.) Vieill. 254. 

1/6 grand Chevalier à pieds jaunes. 

Greater Yellow-Legs. 

Adultes (? Ç . Tête et cou rayés de blanc ou de blanc grisâtre 
et de noir ; dessus du corps d'un cendré brunâtre, maculé de noir 
et de blanc ; ces taches sont disposées en séries sur chaque plume ; 
la plupart des couvertures supérieures de la queue, blanches ; par- 
ties inférieures blanches, rayées de brun noirâtre sur la gorge et 
la poitrine ; ces raies sont triangulaires sur les côtés du corps et 
sur les flancs ; queue semblable au dos, avec nombreuses bandes 
transversales blanches ; primaires noirâtres ; bec noir ; pieds jaunes. 
Longueur 12. 15-15.00; ailes 7.50-7.75 ; bec 2.20-2.30 

En hiver, les parties supérieures sont plutôt d'un gris cendré, 
sans trace de noirâtre, avec les mêmes taches et stries blanchâtres ; 
les taches des parties inférieures sont plus éparses et moins pro- 
noncées ; le ventre est blanc 

Les jeunes ressemblent aux adultes en livrée d'hiver, mais ils 
ont le dos plus foncé et les taches de blanchâtre sont teintées de 
brun jaunâtre. 

Cet Oiseau habite toute l'Amérique du Nord, et niche 
depuis l'Iowa et le nord de l'Illinois, en allant vers le nord ; 
à l'automne, il émigré au sud jusqu'au Chili et à la Répu- 
blique Argentine. 

Il e.st commun et se voit depuis la fin d'avril à la fin 
de septembre ; il couve sur l'île d'Anticosti {Schmitt) ; il est 
commun au printemps et à l'automne, àGodbout(C^;«^^z<), 
de même qu'à Montréal ( Wiiitle). Les chasseurs en tuent 
un certain nombre chaque automne sur les grèves de Beau- 
port, de la côte de Beaupré et dans plusieurs endroits sur 
la rive sud du fleuve, surtoitt en bas de Québec. 



1)K LA l'KOVIN'CE I)F. QUÉHKC I57 

Il établit son nid à terre, au ixjrd de l'eau ; il se com- 
pose d'herbes sùches ; sa |X)nte est de trois ou quatre œufs, 
d'un blanc j^risâtre ou brun jaunâtre, avec taches de brun 
foncé de diverses teintes, particulièrement au gros bout. 
Ils mesurent 1.70 x 1.25. La ponte a lieu en juin. 

Ce Chevalier est très farouche ; il est toujours un des 
premiers :\ jeter sa note d'alarme à l'approche du chasseur 
ou d'un danjj^er quelconque. 

Totanus flavipes, (C.mii..) \'ii.ii.i.. 255. 

Le petit Chevalier à pieds jaunes. 
Yeli.ow-Legs. 

Adultes c? Ç. Pluuia^e exactement semblable à celui du pré- 
cédent à toutes les époques de l'année ; mais de taille plus petite ; 
jambes épfalement jaunes. Longueur 9.50-1 i.oo ; ailes 6.10-6.65 : 
bec 1. 30-1 55. 

Ce petit Chevalier se rencontre ; dans toute l'Amérique 
du Nord ; il niche depuis le nord des Etats-Unis jusque 
dans les régions arctiques. En hiver, on le retrouve dans 
le sud des Etats-Unis. 

Il ne paraît pas être aussi commun dans notre province 
que le précédent ; il est même assez rare sur les grèves de 
Québec au moment de ses migrations. Il est rare et de 
passage à Montréal {U'ini/c)^ ainsi qu'à Godbout {CcDicmi) ; 
a.ssez rare à Anticosti d'après le Dr Schmitt. 

Il niche dans une légère dépression de terrain ; son nid 
est construit avec des herbes sèches ; il pond trois ou quatre 
œufs, variant du fauve clair au grisâtre, et même au brun 
clair, maculés de brun et de noir. Ils mesurent 1.60 x 1.20. 
La ponte a lieu en juin. 

Genre HELODROMAS. Kaup. 

Bec un peu plus lonj^ que la tète, droit, très grêle ; canne- 
lures se prolongeant au delà de la moitié de sa longueur ; jambes 
assez courtes; tarses beaucoup moins d'une fois et demie la longueur 
du doigt médian avec l'ongle ; queue arrondie et rayée de blanc. 

Helodromas solitarius, ( WiLi^r) Sharpe, 256. 

Le Chevalier solitaire, 

wSoLIT.-VRV San DPI TER. 

-Adultes ,?9- Parties supérieures d'un brun olive foncé et 



158 LES OISEAUX 

lustré, rayé de blanc sur la tête et le cou, et finement maculé du 
même blanc sur le dessus du corps ; queue et couvertures supé- 
rieures rayées de blanc et de noir ; le blanc domine sur les rectrices 
latérales ; parties inférieures blanches, rayées de brun noirâtre et 
teintées de brunâtre sur le devant du cou ; rémiges noirâtres ; bec 
noirâtre ; pieds d'un verdâtre pâle. Longueur 7.50-8.60 ; ailes 
5.00-5.40; bec 1.15-1.30. 

En hiver, les parties supérieures sont d'un cendré foncé, avec 
les taches et les raies moins distinctes, ainsi que celles du devant 
du cou. 

Les jeunes sont d'un brun grisâtre en dessus, tacheté de brun 
jaunâtre pâle ; les côtés de la tête et du cou sont d'un brun gri- 
sâtre presque uniforme. 

Cet oiseau habite l'Amérique du Nord et il niclie par- 
ticulièrement au nord des Etats-Unis, en allant ver le 
nord ; à l'automne, il émigré au sud jusqu'au Mexique,saux 
Antilles et dans l'Amérique méridionale. 

Le Chevalier solitaire, communément appelé Alouette 
solitaire^ se montre assez commun en été, mais surtout à 
l'automne. Il est assez rare à Anticosti au printemps 
{Sclimitt) ; assez commun à Godbout oii il niche {Co?neau). 
M. Wintle dit qu'il est rare et de passage à Montréal. 

Cette Alouette niche à terre ; ses œufs sont grisâtres, 
teintés de roux avec taches de brun noirâtre. Ils mesurent 
1.32 X 0.90. La ponte a lieu vers la mi-juin. 

Cette espèce, aux habitudes solitaires, se plaît surtout 
dans les prairies et les bois humides. Toutefois elle se 
rencontre de temps à autres sur les rives du fleuve. Elle 
est très habile à capturer les insectes au vol, surtout les 
petites espèces de libellules. 

Genre BARTRAMIA, Lesson. 

Bec droit, plus court que la tête, et beaucoup plus court que 
les tarses ; ces derniers beaucoup plus longs que le doigt médian 
avec l'ongle ; queue graduée et longue, plus de la moitié de la lon- 
gueur totale de l'aile. 

Bartramia longicauda, (Bechst.) Bonap. 261. 

I/a Maubèche à longue queue. 

Bartramian Sandpiper. 

Adultes $ 9 . Parties supérieures noirâtres, variées de brun 
jaunâtre pâle ou de blanchâtre, cette teinte borde les plumes ; le 
noir domine sur le dos et sur la couronne, qui est séparée au centre 



DK I,A l'KOVINCK DK QUEBEC I59 

jiar une étroite bande de hrun jaunâtre pAle ; cette teinte est plus 
accentuée sur les ailes et le dessus du cou ; queue d'un jaune bru- 
nâtre pâle, à l'exception des rectrices du centre, qui sont d'un ^ris 
cendré, foncé, rayé de hrun noiiâtre et terminées de Ijlanc ; rémi- 
ges noirâtres ; bord intérieur de la première avec une larj^e bande 
blanche, rayée de noirâtre, décroissant j^raduellenient sur les autres 
pennes ; parties inférieures d'uii blanc sale ou Idanc jaunâtre pâle ; 
cette teinte est plus apparente sur le devant du cou et sur la poitri- 
ne, (|ui sont rayés de noirâtre; axillaires et bord de l'aile blancs, 
rayés de noir ; bec jaune, à extrémité noire ; pieds jaunâtres pâles. 
Longueur 11.00-12.75; ailes 6 50-7.00 ; bec 1.10-1.15. 

Les jeunes sont d'un brun jaunâtre plus foncé, avec les raies 
du devant du cou et de la jjoilrine moins apparentes ; le dessus du 
dos est d'un brun noirâtre. 

Cette Maiibùchc habite presque toute l'Amérique du 
Nord à Test des Moutaj^ues Rocheuses ; elle niche à peu près 
partout où elle se trouve, mais plus particulièrement vers le 
nord. A Tautomne, elle émigré jusque dans le sud de TAmé- 
rique méridionale, et se voit accidentellement en Europe. 

P^le a été vue à Montréal et à Godbout. Ce sont les 
seuls individus rencontrés dans la province jusqu'à présent. 

Elle niche à terre dans les lieux qu'elle fréquente, 
et son nid est composé d'herbes sèches ; sa ponte est de 
quatre œufs d'un brun jaunâtre pâle ou grisâtre, avec de 
nombreuses taches de brun jaunâtre. Ils mesurent 1.79 x 
1.30. La ponte a lieu eu juin. 

Cet oiseau se nourrit de sauterelles, de coléoptères et 
atitres insectes, de vers et de graines. 

Cette Maubèche préfère les terrains secs et montagneux, 
les vieux pâturages et les champs de chaumes aux plages 
de la mer ou cours d'eau, sur le bord desquels elle se voit 
bien rarement. 

Genre TEYNGITES, Cabanis. 

Bec plus court que la tète, très délié, aplati et pointu, cannelé 
sur presque toute sa longueur ; culmen plus court que le doigt 
médian, l'ongle compris ; plumes du front s'avançant sur la man- 
dibule supérieure et la recouvrant à sa base ; bord intérieur des 
rémiges maculés. 

Tryngites subruficollis, (\'ieill.) Ridgw. 262. 

La Maubèche à poitrine jaunâtre. 

BUFF-BREASTED SaNDPIPER. 

Adultes (?9. Parties supérieures d'un noir brunâtre, avec 



l6o LES OISEAUX 

de légers reflets verdâtres, et variées de brun jaunâtre, chaque 
plume est marginée de cette teinte ; parties inférieures d'un brun 
jaunâtre pâle uniforme, à l'exception de la poitrine qui est maculée 
de noirâtre ; couvertures inférieures des primaires et bord interne 
des rémiges, blanchâtres, pointillés et maculés de noirâtre ; pri- 
maires et secondaires d'un brun cendré à l'extérieur et terminées 
de blanc; iris brun; bec d'un brun noirâtre; jambes d'un vert 
jaunâtre. Longueur 7.00-8.90 ; ailes 5 10-5.50; bec 0.75-0.80. 

En hiver, les teintes sont moins prononcées; la couleur jaunâtre 
qui borde les plumes des parties supérieures est remplacée par du 
blanchâtre, ayant l'apparence de stries semi-circulaires, et les 
parties inférieures sont moins jaunâtres. 

Les jeunes ressemblent aux adultes en hiver, mais le bord inté- 
rieur des rémiges est plus étroitement et plus finement maculé. 

Comme la précédente, cette Maubèclie habite l'Amé- 
rique du Nord, particulièrement dans l'intérieur, et se voit 
quelquefois en Europe. 

Elle niche loin dans le nord, sur les côtes arctiques, 
dans les régions de la rivière Yukon, MacFarlane et An- 
derson. En hiver, on la retrouve au sud jusque dans l'Amé- 
rique méridionale. 

Elle est rare chez nous ; une a été tuée à Godbout par 
M. Comeau, et une autre fut abattue à Longueuil, d'après 
M. Wintle. 

Son nid est construit avec des feuilles et des herbes 
sèches et placé sur le sol ; ses œufs, au nombre de quatre, 
sont d'un blanc grisâtre, avec taches et points de brun et 
de châtain. Ils mesurent 1.45 x 1.05. 

Genre ACTITIS, lUiger. 

Ailes ayant moins de quatre pouces et demi de longueur ; bec 
droit et étroit au bout, à peu près la longueur des tarses ou de la 
tête, et cannelé aux trois quarts de sa longueur ; tarses aussi longs 
que le doigt médian avec l'ongle ; parties inférieures maculées. 

Actitis macularia, (Linn.) Nauman, 263. 

I<a Maubèche tachetée. 

Spotted Sandpiper. 

Adultes $ 9. Parties supérieures d'un brun grisâtre à reflets 
bronzés, avec des stries irrégulières noirâtres, longitudinales sur 
la tête et le dessus du cou, transversales et plus grandes sur le reste 
du dessus du corps ; une étroite bande au-dessus de l'œil, et toutes 
les parties inférieures, blanches, avec de nombreuses taches rondes 



I>K I.A PROVINCE DK QUÉBEC l6l 

et noires, plus grandes chez la 9 et plus petites chez le S ; rectri- 
ces terminées de Manc, à l'exception de celles du centre ; celles du 
bor 1 sont rayées de blanc ; primaires noirâtres ; bec de couleur 
chair avec le bout noir. Lonj^jueur 7.00-8 00 ; ailes 4.05-4 60 ; bec 
o.90-r.o5. 

lîn hiver, le dessous est blanc, teinté de gris brun sur la poitri- 
ne et les côtés du corps ; le dessus est d'un gris olive uniforme, à 
l'exception des ailes qui sont plus ou moins rayées de noirâtre. 

Les jeunes ont les j)arties inférieures entièrement blanches ; le 
dessus du corps peu lustré ; les couvertures des ailes et de la queue. 
avec les scapulaires, sont rayées de i)run jaunâtre et de noirâtre. 

La Maubùclie tachetée liabite tonte l'Amérique du 
Nord depuis la baie d'Hudson et l'Alaska en été ; au .sud, en 
hiver, jusque dans la partie méridionale du Brésil ; elle 
niche sur presque tout son parcours. 

Cette Maubèche, vulci^airement appelée Alouette brayile 
quein\ est commune en été et niche non loin de Québec^ 
ainsi qu'à Montréal, à Godbout, à Anticosti, et dans beau- 
coup d'atitres endroits de la province. 

Klle place son nid à terre dans les joncs ou autres 
grandes herbes, sur quelques petites îles oti encore dans les 
touffes d'herbes des prairies au bord des lacs ou rivières, et 
quelquefois à de grandes distances de l'eau ; il est construit 
avec des herbes sèches et de la mousse. Elle pond de trois 
à cinq œufs, de couleur crème ou d'un brun jaunâtre pcâle, 
a\ec taches et points de brun noirâtre. Ils mesurent 
1.30 X i.oo. 

Elle se nourrit de petits invertébrés à l'exemple des 
précédents. 

Cette espèce se distingue facilement des autres Mau- 
bèches, par l'habitude qu'elle a de hocher continuellement 
la queue, et par son adresse à se dérober aux potirsuites du 
chasseur, en se cachant derrière une motte de terre, une 
roche, etc. Lorsqu'elle vole, elle fait entendre ces notes : 
ttvV, zi'//, qu'elle prononce avec rapidité. 

Genre NUMENIUS. Brisson. 

Ailes de longueur moyenne, au moins huit pouces ou plus de 
longueur ; bec plus long que la tète, recourbé vers le bas ; jambes 
robustes ; doigts courts et gros, marginés sur leur bords. 




l62 I.ES OISEAUX 

Numenius longirostris, Wils. 264. 

I/C Courlis a long bec. 

LONG-BILLED CURLEW, 

Adultes <? 9 . Parties supérieures d'un noir brunâtre, varié 
-de brun cannelle ou de brun jaunâtre ; cette dernière teinte est plus 
-accentuée sur les couvertures des ailes ; dessus de la tête varié de 

brun cannelle et de noirâtre, sans 
aucune distinction débande ; secon- 
daires et queue d'un brun cannelle, 
ra3'é transversalement de bandes 
noirâtres régulières ; primaires noi- 
râtres à l'extérieur et d'un brun 
cannelle, varié de noirâtre, à l'inté- 
rieur ; parties inférieures d'un brun 
cannelle pâle, blanchissant sur la 
gorge et rayé de noirâtre sur le cou 
et le haut de la poitrine, à l'excep- 
Figr. 9. Courlis à long bec. ^j^„ ^^ menton, se transformant en 

bandes transversales sur les côtés du corps ; sans blanc sur le crou- 
pion, la queue et les ailes ; bec noir avec la plus grande partie de 
la mandibule inférieure de couleur chair pâle ; jambes noirâtres. 
Longueur 20.00-26.00 ; ailes lo.oo-ii.oo; bec 2.30-8.50 ; tarses 2.25. 

En hiver, le plumage diifère peu de celui de l'été. 

Les jeunes ressemblent à ceux de l'hiver, mais le bec est plus 
petit et plus droit. 

Ce Courlis habite la région tempérée de l'Amérique du 
Nord ; il niche depuis les Etats-Unis du sud, dti côté de 
l'Atlantique, au nord et dans l'intérieur, jusqu'au Manitoba 
et à la Colombie anglaise ; en hiver, on le rencontre au sud 
dans le Guatemala, Cuba et à la Jamaïque. 

M. Wintle dit que quelques spécimens sont parfois 
offerts en vente sur le marché de Montréal à l'automne. 

Il niche à terre dans une légère cavité du sol, quelques 
brins d'herbes composent le nid ; sa ponte est de trois oti qua- 
tre œufs d'un fauve verdâtre, avec nombreuses taches variées 
de noir brunâtre. Ils mesurent 2.50 x 1.80. 

Cette espèce se nourrit surtotit de petits crabes, de vers, 
d'insectes et de mollusques. 

Numenius hudsonicus, Lath. 265. 

Le Courlis de la baie d'Hudson. 

HUDSONIAN CURLEW. 

Adultes s Ç. Parties supérieures d'un noir bruaâtre, varié 
de brun cannelle ou de jaune d'ocre et de blanchâtre ; dessus de la 



DE LA PROVINCE DK QUÉBEC 163 

tcted'un brun noirâtre, avec une bande longitudinale blancliAtre 
au centre et une autre senildable. au-dessus des yeux ; queue d'un 
brun grisâtre, avec bandes transversales noirâtres ; primaires bru- 
nâtres, avec le bord interne rayé de brun cannelle ou de jaune d'o- 
cre ; secondaires d'un brun noirâtre ; parties inférieures d'un brun 
jaunâtre pâle, blancliissant sur le menton et sous le ventre, fine- 
ment rayé de noirâtre sur le cou et la poitrine ; ces raies deviennent 
plus larges sur les côtés de la poitrine et du corps ; bec et pieds 
noirâtres. Longueur 16.50-18.00: ailes 9.00-10.25; bec 3.00-4.00 ; 
tarses 2.25-2.30. 

Le Courlis de la baie d'Hudsoii habite l'Amérique du 
Xord et niche dan.s les hautes latitudes boréales, dans le 
voisinaj;e de la rivière Anderson, dans diverses parties de 
l'Ala-ska ainsi que sur les terres arides des plages de l'océan 
Arctique, Il émigré au stid, à l'automne dans les Antilles, 
TAmérique centrale et une partie de l'Amériqtie du Sud. 

Il est, en général, peu commun dans la province et ne 
se voit que durant ses migrations ; quelques-uns sont tués 
parfois sur les grèves près de Québec. Il est rare et de 
passage à Montréal {ÏVini/e). Il l'est également à Godbout 
{Conii'ciu), et assez rare à Anticosti {Sc/i)nit/). 

Il niche à terre ; quelques brins d'herbes et des feuilles 
composent le nid, dans lequel il dépose trois ou quatre œtifs 
d'un cendré jaunâtre ou d'un brun fauve, avec taches de 
brun noirâtre. Ils mesurent 2.27 x 1.57. 

Sa nourriture consiste surtout en vers, petits mollus- 
ques et baies. 

Numenius borealis, (Forst.) Lath. 266. 

Le Courlis du nord. 

llsKiMo Cl"ri.i;\v. 

Adultes ,?9. Parties supérieures d'un noir brunâtre, varié de 
brun cannelle pâle ou de jaune d'ocre, avec le dessus de la tète rayé 
de brun cannelle et sans bande bien définie ; queue rayée transver- 
salement de noirâtre et de brun cannelle, lavée de roux ; primaires 
et une partie des secondaires d'un brun enfumé ; parties inférieures 
d'un jaune d'ocre, tirant quelque peu sur le roux, avec nombreuses 
stries noirâtres, excepté à la gorge et au milieu du ventre ; ces 
stries sont plus grandes et prennent la forme d'un V renversé sur la 
poitrine et les côtés du corps ; bord intérieur des rémiges noirâtre ; 
bec noir, avec la base de la mandibule inférieure d'un jaunâtre 
pâle : pieds d'un noir verdâtre. Longueur 12.60-14.50 ; ailes S.oo- 
8.50 : bec 2.25-2.50; tarses 1.70-1 80. 



l64 LES OISEAUX 

Cette espèce, que l'on nomme vulgairement Corbigeaii^ 
ainsi que la précédente, habite l'est de l'Amérique du Nord ; 
elle niche dans les régions arctiques et émigré à l'automne 
dans l'x\mérique centrale et jusque dans le sud de l'Amé- 
rique méridionale. 

Ce Courlis est plus commun que l'espèce précédente 
et se voit fréquemment sur les grèves et dans les champs 
non loin de Québec, notamment à St-Valier et ailleurs ; il 
est même commun dans certains endroits de la province du 
côté sud du fleuve, et je l'ai vu autrefois en grandes bandes 
dans les champs, à St-Denis de Kamouraska, lors de ses 
migrations d'automne. Il est commun en août et septem- 
bre à Godbout {Coineaîi). Mais il est rare à Anticosti 
[Sc/uriiit)^ de même qu'à Montréal {Wintlé). 

Son nid est construit avec des herbes, des feuilles et 
de la mousse, et situé dans une légère dépression de terrain. 
Il pond trois ou quatre œufs d'un fauve clair, teintés d'olive, 
de verdâtre ou de gris et même de brun, avec nombreuses 
taches de brun chocolat foncé et de brun sépia. Ils me- 
surent 2.00 X 1.43. 

Ce Courlis vit de sauterelles, de vers de terre, de baies, 
etc. 

Famille CHARADRIIDiE— Pluviers. 

Bec plus court que les tarses et également plus court ou au 
moins, pas plus long que la tête, non comprimé, la partie anté- 
rieure de la mandibule supérieure plus ou moins arquée ; ailes 
longues et pointues, atteignant ou dépassant même le bout de la 
queue ; cette dernière est courte et presque carrée, de douze rec- 
trices ; cou court et gros ; tête grosse ; taille moyenne ou petite. 

Les Pluviers sont en général des oiseaux de petite 
taille, se nourrissant d'annélides, de mollusques, de vers et 
d'insectes aquatiques, qu'ils recherchent sur les bords de la 
mer, des fleuves, dans les marais et autres endroits fangeux ; 
cependant quelques espèces fréquentent des localités sèches. 
A l'exemple des précédents, ils piétinent le sol pour en faire 
sortir les vers qui s'y cachent. 

Genre SQUATAROLA, Cuvier. 

De.ssus tacheté et pointillé ; dessous noir au printemps ; tarses 
beaucoup plus longs que le doigt médian avec l'ongle ; axillaires 
d'un noir de suie ; pouce petit mais bien distinct. 



DI-: LA PK()\I\CI, I)K QUKHi:C !''" 

Squatarola sqiiatarola, (Lixx.) 270. 

I<c pluvier a ventre noir. 
Hl.ACK-BELLIKD PlOVIÏR. 

Adultes t? 9. Parties supérieures irréjjulicreuient maculées de 
noirâtre et de blanchâtre ou de gris cenilré ; couvertures supé- 
rieures de la queue en partie blanches ; i)arties inférieures, avec les 
régions des yeux et des oreilles, d'un noir uniforme : le front, une 
ligne superciliaire, les côtés du cou et de la poitrine, la région 
anale, les couvertures inférieures de la queue et les jambes, blancs ; 
queue rayée de blanc et de noir ; primaires d'un brun foncé, noir- 
cissant au bout ; bec et pieds noirs. Longueur 10-50-12.00; ailes 
7.50 ; bec i.io. 

Rn hiver, les parties inférieures sont blanches ou blanchâtres, 
rayé et maculé de brun grisâtre sur le devant du cou et sur la 
poitrine ; le blanchâtre des parties sui^érieures est remplacé par du 
grisâtre. 

Les jeunes ont les parties supérieures maculées de jaune doré ; 
les'pieds d 'un bleu grisâtre; le reste, semblable aux adultes en hiver. 

Ce pluvier, qui est presque cosmopolite, se rencontre 
dans le nord et le sud de l'Afrique, l'Australie et le nord de 
la Russie, mais il habite particulièrement l'hémisphère 
nord. Kn Amérique, il émij^re au sud, en hiver, depuis le 
o^ulfe du Mexique ju.sque dans l'Amérique méridionale. Il 
niche à la baie d'Hudson et sur plusieurs endroits des ré- 
gions arctiques. 

Le Dr Schmitt dit qu'il est assez commun à Anticosti, 
mais il est plutôt rare à Godbout, d'après M. Comcau ; de son 
côté, ]\L Wintle le mentionne comme commun à Montréal. 
^iCe Pluvier se montrait plus commun autrefois sur les 
i^rèves de Québec qu'actuellement, pendant ses migrations, 
cependant les chasseurs en ttient encore un certain nombre 
chaque année. 

Comme tous ceux de sa famille, il niche à terre dans 
une légère cavité du sol ; le nid est construit avec des 
feuilles sèches et de l'herbe ; ses œufs, au nombre de trois 
ou quatre, sont d'un olive jaunâtre plus ou moins foncé, 
avec taches de noir brunâtre. Ils mesurent 2.04x1.43. 
La ponte a lieu en juin. 

Genre CHARADRIUS. Linné. 

Parties supérieures maculées ; dessous noir au printemps ; 
pouce nul ; [axillaires d'un gris enfumé. 



i66 



LES OISEAUX 




Charadrius dominicus, Muller, 272. 

I/C Pluvier doré d'Amérique. 

American Golden Pi^over. 

Adultes ^9. Parties supérieures maculées de noir, de jaune 
doré et de blanc, mais le jaune doré domine ; ces teintes sont moins 
intenses ou presque grisâtres, sur le dessus du cou ; région axillaire, 

bord de l 'aile et couver- 
tures inférieures des ailes, 
d'un gris enfumé; toutes 
les parties inférieures, 
avec les côtés de la tête, y 
compris les j^eux, sont 
d'un noir brunâtre, uni- 
forme et lustré ; le front 
et une ligne au-dessus des 
yeux, blancs ; queue rayée 
de gris brun et de gris 
plus pâle ; bec et pieds 
noirs. Longueur 9.50- 
10.80 ; ailes 6.S0-7.40 ; bec 
o.So-i.oo. 

En hiver, les teintes 
des parties .supérieures 
sont moins prononcées, et 
ces' parties sont maculées 
de grisâtre et de noirâtre, 
avec du jaunâtre parfois; la queue est d'un brun grisâtre foncé, 
sans bandes transversales bien prononcées, mais les rectrices sont 
lisérées de blanc ou de jaunâtre ; les parties inférieures sont d'un 
blanc grisâtre, raj'é de lorun grisâtre foncé sur les côtés de la tête 
et la gorge, et maculé de la même teinte sur la poitrine, les côtés 
du cou et du corps. 

Les jeunes leur ressemblent d'une manière générale, mais "ils 
sont plus ou moins maculés de jaune en dessus comme en dessous. 

Le Pluvier doré se rencontre snr presque tout le conti- 
nent américain, à l'exception des côtes de la mer de 
Behring ; il niche dans les régions arctiques et, en hiver, 
il se distribue au sud jusqu'à la Patagonie. 

M. Comeau dit qu'il est assez commun en septembre 
à Godbotit ; il en est de même à Anticosti, à l'automne, 
d'après le Dr Schmitt, et à Montréal diirant ses migrations 
{ÎVintle). 

Ce pluvier est beaucoup plus commtm que le précédent, 
stir les grèves des environs de Québec, à l'automne surtotit, 
et il s'en tue un bon nombre chaque année. 



Fig. 



10. Le Pluvier doré d'Amérique 
(Plumage d'automne). 



m-' 



I A PROVINTF. DK Or^HKC l()J 



Il nielle Cil «juaiuiir >ui i(.'>ri)iL'> c-i k-s lii^ mo iim^ 
arctiques ; son nid est placé à terre dans une léj^ùre dé])res- 
sion du sol ; il est construit avec des herbes et des feuilles 
sèches; ses œufs, au nombre de quatre, sont d'un brun 
jaunâtre ou j^^risâtre, tachetés et pointillés de noir brunâtre 
surtout au gros bout. Ils mesurent 1.90 x 1.30. 

Genre OXYECHUS, Reichenba-;h. 

Parties su|)érieuri.s non maculées ; ventre blanc ; queue lon- 
gue, au moins aussi longue (jue la moitié de l'aile; croupion et 
couvertures supérieures de la (jueue d'un brun roux ; poitrine tra- 
versée p.'ir deux bandes noires. 

Oxyechus vociferus, (Lixx.) Reich. 273. 

Le Pluvier kildir. 

KlI.DKKR. 

Adultes (? 9 • Parties supérieures d'un brun grisâtre, teinté 
d'olivâtre, avec le croupion et les couvertures supérieures de la 
queue, d'un brun orangé ou d'un brun roux ; parties inférieures, 
un collier sur le derrière du cou. une bande à travers l'œil et le 
front, blancs ; une bande pectorale, un collier autoiir du cou et la 
partie antérieure de la couronne, noirs ; primaires noirâtres, avec 
une tache blanche au "Ijord extérieur sur la plupart des plumes ; 
secondaires presque toutes blanches à la base et à l'extrémité; 
queue en partie d'un brun orangé, avec une bande subterminale 
noire ; base et extrémité des rectnces blanches ; les latérales portent 
plusieurs bandes transver.«-ales noires ; iris et bec noirs ; paupières 
d'un roux orangé. Longueur 10. 00-11.25 ; ailes 6.20-6.75 ; queue 
3.60-4.10; bec 0.70-0.90. 

Les jeunes ont le dessus du corps plus pâle, avec les plumes 
plus ou moins marginées de brun roux ; les bandes noires sont 
remplacées par du gris. 

Ce Pluvier habite en été, la zone tempérée de l'Améri- 
que du Xord ; il niche au nord jusqu'à Terre-Xeuve et 
Manitoba ; à l'automne, il émigré ati sud, jusque dans les ' 
Antilles, l'Amérique centrale et le nord de l'Amérique du 
Sud. 

Il est commun à Montréal [llin//(-)\ il niche à God- 
bout et n'est point rare {Coturaïc)^ mais il est rare à 
Québec, où je n'ai vu jusqu'à présent que quelques spéci- 
mens, tués sur la grève. 

Cet oiseau fréquente les champs, aussi bien que les 
crrèves et les cours d'eau. 



l68 LES OISEAUX 

• 

Il niche dans nn petit enfoncement du sol, près de 
l'eau, sur quelques brins d'herbes qu'il réunit à cette fin ; 
ses œufs, au nombre de quatre, sont d'un fauve verdâtre, 
avec nombreuses taches de noirâtre. Ils mesurent 1.55 x 
i.io. La ponte a lieu à la fin de mai ou en juin. 

Ce Pluvier a l'habitude de répéter souvent les notes 
suivantes : kiJdir^ kildir^ durant le jour et même pendant la 
nuit, lorsqu'elle est peu sombre ; voilà pourquoi on lui 
donne ce nom. 

Genre .ffiGIALITIS, Boie. 

Parties supérieures non maculées ; ventre blanc ; tarses moins 
de deux fois la longueur du doigt médian, sans l'ongle ; poitrine 
avec bande noire, grise ou de couleur rouille, quelquefois inter- 
rompue sur le devant dans sa partie médiane. 

-Œgialitis semipalmata, Bonap. 274. 

I/C Pluvier semipalmé. 

Semipalmated Plover. 

Adultes <î Ç . Parties supérieures d'un brun cendré ; le front, 
les parties inférieures, un collier autour du cou, l'extrémité des 
grandes couvertures des ailes et une partie des secondaires, blancs ; 
la partie antérieure de la couronne, les lorums et une bande pec- 
torale se dirigeant en arrière sur la partie inférieure du cou, noirs ; 
primaires noirâtres; bord des paupières orangé; bec grêle, d'un 
jaune orangé, avec le bout noir ; jambes jaunâtres. Longueur 
6.50-7.50 ; ailes 4.65-5.00 ; bec 0.4S-0.55. 

Chez la 9 le noir est moins intense. 

En hiver, tout le noir est remplacé par le brun grisâtre. 

Les jeunes ont les parties supérieures plus grisâtres, avec 
chaque plume bordée de brun jaunâtre clair ; le noir de la cou- 
ronne et celui de la poitrine est remplacé par du blanc, chez les 
plus jeunes, et les parties supérieures sont maculées de gris, de 
noir et de brun. 

Le Pluvier semipalmé se rencontre en quantité dans 
toute l'Amérique septentrionale ; il niche dans les régions 
arctiques et émigré à l'automne sous les tropiques jusqu'au 
Brésil et au Pérou. 

Il est commun à l'automne à Montréal, à Québec, ainsi 
que dans plusieurs autres localités. De tous nos Pluviers, 
c'est celui qui se voit en plus grand nombre. 

Il niche à terre dans une légère dépression du sol ; son 
nid est construit avec des herbes et des feuilles sèches. Ses 



Dr: i.A i>K()\-iNCK DK QUÉnRC 169 

(Liit.s, lie (k-iix il (lUaiiL-, xMii ilun cciulrc jaunâtre ou vcr- 
dâtre, avec taches et points de ])run de diverses teintes, ils 
ressemblent beaucoup :\ ce\ix du précédent. Ils mesurent 
I. V X 0.90. 

Ce Pluvier est connu de nos chasseurs sous le nom de 
C 011 hlmu. 

-Sgialitis meloda, (Oud,) Boxa p. 277. 

Le Pluvier criard. 

IMlMNG l'i.OVKK. 

Adultes $^. Parties supérieures d'un <îris cendré pâle; le 
front, les côtés de la tête, les lorunis, un collier sur le dessus du 
cou et les parties inférieures, blancs ; la partie antérieure <le la 
couronne et un collier au bas du cou, interrompu devant et derriè- 
re, noirs ; secondaires, la plujiart des jj^randes couvertures des ailes, 
couvertures supérieures de la queue et rectrices à la base, blanches ; 
ces «lernières noircis.'^ant au Ijout ; les latérales sont toutes blan- 
ches ; bec jaune, avec le bout noir. Longueur 6.25-7.50 ; ailes 4 50 
4.S0 ; bec 0.45-0.50. 

Le noir de la partie antérieure de la couronne est reni])lacé 
chez la 9 par du brun foncé. 

En hiver, le plumaj^e ressemble à celui du printemps, mais le 
noir et le brun foncé sont remplacés par du g^ris brunâtre. 

Les jeunes leur ressemblent, cependant les plumes des parties 
supérieures sont bordées de brun jaunâtre pâle ou de blanchâtre. 

Le Pluvier criard habite Test de TAmérique du Nord, 
particulièrement sur les côtes de l'Atlantique ; il niche 
depuis les Carolines, au nord, jusqu'à Terre-Neuve ; à Pau- 
tomne, il émigré au sud, jusque dans les Antilles. 

Il niche en quantité sur les îles de la Madeleine. 
C'est le seul endroit de la province où, jusqu'à présent, il a 
été remarqué. 

A l'exemple de ses congénères, il niche à terre dans 
une légère dépression de terrain, et pond quatre œufs d'un 
brun jaunâtre pâle ou grisâtre pâle, avec petites taches de 
noir. Ils mesurent 1.25 x 0.95. 

On dit que pendant l'incubation des œufs, cette espèce 
ne les couve que durant la nuit, les journées sombres ou 
de pluies, et que, à part ces moments, elle demeure dans le 
voisinage du nid, ne cessant de veiller avec beaucoup de 
sollicitude sur ses œnifs. 



I/o LES OISEAUX 

Famille APHRIZID^ — Tourne-Pierres. 

Bec plus court que la tète ; mandilude supérieure arquée vers 
le haut et plus courte que le doigt médian, l'ongle excepté, ou 
pointue, tronquée et en forme de coin au bout ; jambes courtes. 

Sous-famille ARENARIIN.î; — Tourxe-Pierres. 

Mêmes caractères que ceux de la famille. 

Genre ARENARIA, Brisson. 

Jambes courtes et grosses ; tarses pas plus longs que la man- 
dibule supérieure ; queue courte et peu arrondie ; bec comprimé et 
pointu à son extrémité, avec ses bords droits ou même quelque peu 
concaves ; ailes longues et pointues. 

Arenaria interpres, (Linn.) Vieill. 283. 

I/a Tourne-Pierre à poitrine noire. 

TURNSTONE. 

Adultes $ 9. Tête, menton, dessus et côtés du cou, blancs,^ 
rayé de brun noirâtre sur la couronne et la nuque ; poitrine d'un 
noir profond ; cette couleur monte sous forme de bande sur les 
côtés du cou ; une tache irrégulière en avant et au-dessous de l'œil, 
et les côtés de la tête, noirs ; reste du dessous du corps, dos et 
croupion, blancs ; bas du cou en arrière et dessus des ailes d'un 
brun roux, avec de grandes taches de noir ; rémiges noirâtres ; une 
bande blanche sur l'aile; queue brunâtre, blanche à la base et à 
l'extrémité ; pieds orangés ; bec noir. Longueur 9.00-9.90 ; ailes 
6.00 ; bec 0.80-0.90. 

En hiver, le roux brun des parties supérieures disparaît pour 
faire place à une teinte brunâtre, avec les plumes bordées et termi- 
nées de bruu ocreux ; le noir de la poitrine et du cou est remplacé 
par du blanc, maculé de noir brunâtre. 

Les jeunes leur ressemblent à cette époque de l'année. 

Le Tourne-Pierre est cosmopolite et est largement dis- 
tribué sttr le littoral des mers arctiques des deux continents. 
En Amérique, il fréquente particulièrement les bords de la 
mer quoiqu'il se voie aussi sur les rives des grands lacs et 
des rivières de Tintérieur. 

Il niche d'ordinaire deptiis la baie d'Htidson jusque 
stir les terres désertes des côtes arctiques, dans la région de* 
la rivière Anderson, sur les îles Franklin, les baies de Liver- 
pool et sur les côtes dti Groenland ; à l'automne il émigré 
dans les Etats-Unis. 



!))•• I \ l'kc i\i Ml" ni' ()T'rr.Kr i;i 

11 est assLV. cuniiiiiin en aoiii ei --rjjU-mDrc a Aiiiicosii 
(.SV// /;////), ainsi qu'à (îoclboiit en septeni1)re {C<)nimu). 

Il est rare et de passajje ù Montréal ( // 'intli'). Il ne se 
montre pas commun sur nos grèves, cependant quelques- 
uns sont tués chaque automne sur celles de Bcauport. 

Comme son nom l'indique, il retourne souvent les 
cailloux ou les petites pierres qu'il rencontre sur la plage, 
sous lesquels se trouvent d'ordinaire de petits mollusques, 
des vers, de petits crustacés, des œufs d'invertébrés. On le 
rencontre parfois en compagnie des Pluviers. 

Il fait son nid dans une dépression du sol ; il y amasse 
quelques brins d'herbes sèches pour en garnir le fond ; ses 
œufs, au nombre de deux à quatre, sont d'un cendré ver- 
dàtre, irrégulièrement maculés et pointillés de brun jau- 
nâtre et de brun roux foncé. Ils mesurent 1.58 x 1.15. 
La jxjute a lieu en juin ou juillet. 

Ordre GALLIN^ — Gallinacés. 

liée court, fort, à mandibule supérieure voûtée ; narines per- 
cées dans un espace membraneux et recouvertes par une écaille 
cartilagineuse ; jambes emplumées ; tarses courts ; doigts antérieurs 
ordinairement réunis à la base par une petite membrane ; pouce 
presque toujours situé plus haut que les autres doigts ; ongles 
obtus, peu recourbés ; ailes courtes, fortes et concaves ; formes 
ramassées ; vol bruyant, peu élevé et de peu d'étendue. 

Les Gallinacés sont répandus sur presque toute la 
surface du globe, mais on les rencontre plus particulière- 
ment en Asie et en Amérique ; les zones torrides et tem- 
pérées sont les endroits qu'ils préfèrent davantage ; cepen- 
dant quelques espèces se plaisent surtout sous une tempé- 
rature froide, même glaciale, et aussi loin que le voyageur 
a pu pénétrer dans le nord, il a rencontré des Lagopèdes. 

D'une nature sauvage, ils vivent pour la plupart dans 
les forêts ou dans des montagnes à demi boisées ; cependant 
il y en a qui se rencontrent dans les champs, d'autres habi- 
tent les plaines arides, et enfin, un certain nombre sont 
voyageurs. 

Ces oiseaux sont essentiellement terrestres et ne per- 
chent que fort rarement ; c'est sur le sol qu'ils font leurs 
nids, comme c'est également sur le sol qu'ils recherchent 



172 LES OISEAUX 

leur nourriture. Leur mode de progression habituel est 
dans la marche qu'ils préfèrent au vol, lequel est générale- 
ment peu élevé, bruyant, de peu d'étendue et s'exécute 
d'ordinaire en ligne droite. Ils grattent souvent la terre 
soit pour y chercher des vers, des graines, ou bien pour se 
rouler dans la poussière. 

r^ ■'-- Ils se nourrissent de vers, d'insectes, de petits mollus- 
ques, de larves, de bourgeons de conifères, de graines de 
toutes sortes, d'herbes et de feuilles. 

Les Gallinacés sont sauvages et querelleurs, même les 
plus pacifiques. C'est surtout chez le <? que se manifeste 
cette passion ; il ne peut souffrir de rival dans son domaine. 
Ils se livrent des batailles sanglantes où souvent le plus 
faible succombe ; ils se battent à coups de bec et d'éperons. 
On peut facilement se faire une idée du naturel belliqueux 
de ces oiseaux par notre Coq domestique. 

Ils portent tous la tête haute et tous ont une démarche 
fière et imposante ; le J" se distingue presque toujours par 
quelques attributs particuliers. Le plumage, chez la plu- 
part d'entre eux, brille par l'éclat des plus riches métaux 
et des pierres précieuses ; chez un bon nombre d'espèces, le 
S est armé d'un éperon de nature cornée, situé au-dessus 
du pouce et dont il se sert pour attaquer ou pour se défendre. 

Ils sont presque tous polygames ; la 9 pond un grand 
nombre d'œufs et les couve seule. Les petits naissent 
couverts d'un épais duvet et courent aussitôt qu'ils sont nés ; 
ils prennent d'eux-mêmes la nourriture à l'appel de la mère 
qui la leur montre du bec. 

^Le nid est situé à terre dans un léger enfoncement du 
sol, et grossièrement construit avec des herbes, de la mousse 
et des feuilles. 

C'est dans cet ordre que se recrutent les oiseaux les 
plus utiles à l'homme puisqu'ils fournissent à sa table ses 
mets les plus délicats. Un certain nombre, tels que le Coq, 
le Dindon, les Faisans, etc., sont acclimatés dans toutes les 
parties du monde. 

Sous-ordre PHASL\NI — Tétras, Gelinottes, etc. 

Pouce petit, court, beaucoup moins de moitié la longueur des 
doigts latéraux, et inséré plus haut que les doigts antérieurs. 



dk la provinck dk quebec 1 73 

Famii.1.1. TETRAONID^— Tétras, Célinottks, etc. 

Tarses sans éperon ; tcte complètement emplumée, à l'excep- 
tion, toutefois, d'un petit espace superciliaire nu, verruqueux et de 
couleur rou>;e ; queue non vout<:!-e ; corps massif; ailes courtes et 
concaves. 

Ces (fiscaux habitent les jurandes forêts on les plaines; 
ils sont .sédentaires on tont an pins, ne s'écartent qne rare- 
ment et par accident des endroits oii ils vivent d'ordinaire 
et ponr y chercher de la nonrritnre. 

Sous-F.\.MiLi.E TETRAONIX.-H — (.ulinottf.s, ktc. 

Tête entièrement emplumée, à l'exception d'un espace nu au- 
dessus de l'œil; fosses nasales très emplumées ; tarses [)lus ou 
moins garnis de plumes, qui recouvrent quelquefois les doigts 
jusqu'aux ongles. 

Genre CANACHITES, Stejneger. 

Tarses très emplumés ; doigts complètement nus ; queue un 
peu plus courte que les ailes ; sans espace nu sur les côtés du cou ; 
sourcils nus et rouges ; plumage jamais blanc ; ailes moins de 
huit pouces de longueur. 

Canachites canadensis canace, (Lixx.) Norton, 298c. 

Le Tétras du Canada. 

CANADI.A.N SpRUCE GrOUSE. 

Adulte i . Parties supérieures variées ou plutôt ondulées de 
noir lustré et de grisâtre, souvent de brun jaunâtre, particulière- 
ment sur les ailes ; rectrices noires, avec une bande subterminale 
de brun orangé ; parties inférieures noires, avec les plumes large- 
ment terminées de blanc sur la poitrine et le ventre, et en forme de 
coin sur les côtés du corps ; de petites taches de blanc .se voient 
sur la gorge, dans la région des oreilles et des lorums ; plumes 
des couvertures inférieures de la queue, avec de grandes taches 
terminales de blanc. Longueur 14.70-16.20; ailes 6.50-7.35 ; 
queue 5.00-5.75. 

La Ç est rayée en dessus de noir, de gris et de brun jaunâtre 
d'ocre, mais le noir domine ; les parties inférieures sont rayées de 
noir et de brun jaunâtre antérieurement, de noir et de blanc sur le 
reste du dessous, où ces marques sont plus grandes 

Les jeunes dififèrent peu de la Ç . 

Le Tétras du Canada, vulgairement appelé Perdrix de 
savane^ se rencontre dans l'est du Canada, ati sud jusque 



174 LES OISEAUX 

dans le nord de la Nouvelle-Angleterre, le nord de New- 
York, et au nord, jusqu'au Labrador, mais elle est de dis- 
tribution irrégulière. 

Cette espèce est rare à Montréal et à Godbout ; elle est 
également rare dans les bois aux environs de Québec, mais 
on la rencontre fréquemment plus au nord, ainsi que dans 
d'autres endroits boisés de la province, et elle se voit pen- 
dant toute l'année. 

Vers la fin de mai ou au commencement de juin, la 9 se 
construit un nid avec des feuilles, de petites branches sèches 
et de la mousse, qu'elle pose à terre sous un tronc d'arbre 
renversé ou au pied d'un conifère touffu ; elle pond de huit 
à quatorze œufs, d'un brun jaunâtre pâle ou d'un brun 
roux, irrégulièrement maculés et pointillés de brun de 
diverses nuances. Ils mesurent 1.68 x 1.25. 

Tous les Perdreaux ont un merveilleux instinct, dit-on, 
pour se soustraire à l'approche d'un danger qui les menace : 
tandis que la mère s'éloigne, les ailes traînantes, comme si 
elle était blessée, les jeunes se blottissent dans quelques 
cavités, sous des troncs d'arbres ou autres endroits ; ils 
prennent dans leurs pattes une feuille sèche, s'ils en ren- 
contrent, et se tournent sur le dos ; ils demeurent dans cette 
position jusqu'à ce que le danger soit j^assé. 

Cette perdrix se plaît particulièrement dans l'épaisseur 
des bois de sapins et de mélèzes {^Epinettes)^ et se nourrit 
de graines, de baies, de bourgeons, d'insectes et de feuilles. 
Pendant l'hiver, elle vit surtout de bourgeons de conifères ; 
aussi sa chair a-t-elle un goût particulier qui ne plaît pas à 
tout le monde. Même en été, elle est bien inférieure à 
celle de la Perdrix des bois francs. 

Cette sous-espèce a été séparée de l'espèce principale, 
C. canadensis., laquelle habite le Labrador et la région de la 
baie d'Hudson. Toutes deux ont les mêmes habitudes de 
nidification et leurs œufs sont en tout semblables ; de plus, 
il serait très difficile de les distinguer l'une de l'autre, car 
elles ont à peu près la même couleur de plumage ; cepen- 
dant la nôtre serait plutôt d'un brun rouille que d'un brun 
jaunâtre en dessus. 




DK LA PROVINCE DE QUÉBEC I75 

Genre BONASA. Stephens. 

Tète avec une petite huppe ; parties inférieures des tarses com- 
plètement nue; queue molle et arrondie, presque aussi longue (|ue 
les ailes, et de dtx huit rectrices larjjes ; côtés du cou avec une 
touffe de plumes allonj;ées, molles et larjjes. 

Bouasa umbellus togata, (Ijnn.) Riix.w. 300u. 

La Gelinotte du Canada. 

Canauian Klifki) Gkulsk. 

Adulte <? . Parties supérieures variées de nt)ir. «le roux brun 
et de brun Kri-'^^i^rt^ : scapulaires et couvertures des ailes avec taches 
oblongues de brun jaunâtre pâle ou de blanchâtre ; croupion et 
couvertures supérieures de la queue, avec taches ovales de gris 

blanchâtre ou de jaunâtre pâle ; 
queue grise, teintée parfois de brun 
jaunâtre, avec plusieurs petites ban- 
des transversales noires et en zigzag; 
une large bande noire vers l 'ex- 
trémité, précédée et suivie d'une 
bande terminale plus étroite, d'un 
)^ gris clair ; tout le gris de la queue 
est marqué de points ou de petites 
Fisr. II Tête de la Géiniuuc taches irrégulières de noir ; parties 
du Canada. inférieures variées de blanc et de 

brun jaunâtre pâle, avec de larges bandes d'un noir brunâtre, plus 
grandes sur les flancs ; gorge d'un brun jaunâtre pâle, maculée de 
noirâtre ; touffe de plumes des côtés du cou, variant du roux clair 
au noir profond â l'extrémité et lustré ; couvertures inférieures de 
la queue d'un brun jaunâtre, terminées de blanc. Longueur 15.50- 
19. ce; ailes 7.00-7.50; queue 5.50-7.00. 

La 9 ressemble au S quant au plumage, mais elle est un peu 
plus petite, et les touffes de plumes sont moins développées. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un brun pâle, avec de 
grandes taches de brun jaunâtre pâle et de noir; la tête est d'un 
brun jaunâtre pâle, maculé de noir sur le sommet ; les côtés du 
corps et les flancs, avec de grandes taches noires. 

Cette Gelinotte, que Ton nomme vulgairement Perdrix 
de bois Jranc^ est très commune et habite nos forêts, parti- 
culièrement celles de bois francs. On la rencontre dans 
tout le Canada, depuis la Xouvelle-Ecosse jusque dans la 
Colombie anglaise et, au sud, jusque dans le Maine et le 
territoire de Washington. 

Sa nourriture consiste en graines et baies de toutes 
sortes et aussi en feuilles de diverses plantes ; en hiver, 
elle se nourrit des fruits du tilleul, du hêtre, de l'érable, etc. 



1/6 LES OISEAUX 

En hiver, pour se dérober aux poursuites de son ennemi 
ou pour se soustraire à un froid excessif, elle s'enfonce, dit- 
on, dans la neige molle, et y demeure un temps assez long. 

En mai ou au commencement de juin, elle se construit 
un nid à terre, qu'elle place sous les branches touffues de 
quelques conifères ; il est composé de feuilles et de petites 
branches sèches. Ses œufs, de huit à douze, sont d'un brun 
jaunâtre sale, uniforme ou de couleur crème plus ou moins 
foncée. Ils mesurent 1.60 x 1.20. 

La chair de cette Gelinotte est très appréciée, et chaque 
automne beaucoup sont vendues sur les marchés. 

En avril, sous notre latitude, la Perdrix commence à 
battre^ comme le disent les chasseurs et les bûcherons, en 
se frappant avec force le corps de ses ailes. Cette singulière 
habitude de se battre les flancs, à la manière du Coq domes- 
tique, ne s'accomplit qu'au moment des amours et par le $ 
seulement. Dans les premiers jours, il répète cette manière 
d'agir le matin à l'aurore et le soir au crépuscule, mais à 
mesure que la saison avance, il la répète plus fréquemment 
pendant le jour. A cette fin, il choisit un tronc d'arbre 
renversé sur lequel il se pose ; il hérisse ses plumes, ouvre 
la queue en éventail et incline la tête en arrière, puis, les 
ailes traînantes, il se promène in se pavanant sur le tronc 
de l'arbre. Quelques instants après, il s'arrête, ses plumes 
se couchent sur le corps, il redresse la tête et, avec ses ailes, 
il commence par se frapper bruyamment les côtés du corps, 
très lentement d'abord, puis augmentant en vitesse jusqu'à 
ce que le bruit vibre dans l'espace, comme celui du roule- 
ment d'un tonnerre lointain. Lorsque le temps est calme, 
ce bruit peut être entendu à une distance de cinq à six cents 
pieds ; il retentit d'une telle manière qu'on pourrait croire 
cette Perdrix beaucoup plus éloignée qu'elle ne l'est en 
réalité. Lorsque ces oiseaux sont nombreux, il est inté- 
ressant d'entendre ce singulier roulement qui nous arrive 
de toutes les directions de la forêt. 

A cet appel, la 9 arrive les ailes déployées, se balan- 
çant la tête et le corps de droite à gauche. 

Dans ces moments d'excitation, cette Perdrix n'est pas 
farouche du tout et elle fait peu de cas de la présence de 
l'homme ; elle semble même ne pas le remarquer. Aussi 



Planche III 




pig. I. —Lagopède (les saules. 2.— Pigeon voyageur. 3.— Buse pattue. 4.— Hi- 
bou mac-ulé. 5.— Vautour noir. 6.— Chouette épervière. 



II!' I \ !'k'( »\i \ci' 1)1' < )ri"l:i-"(' 177 

(juclcjucs chasscui> pnjhiLiii-ii.s paiiois cic celle circonstance 
pour cti faire un massacre. 

( )n (lit que la Perdrix de sava^ie joue le même rôle au 
])rintemj)s. 

Genre LAGOPUS. Brisson. 

Hec court, ^arni de plumes à peu près jusqu'au milieu de la 
mandibule supérieure ; sans pluti>es allongées ni sur le dessus de 
la tète ni sur les côtés du cou ; tarses et doij^ts entièrement recou- 
verts de plumes décomposées ; queue courte, arrondie ; un espace 
nu au-dessus des yenx ; ongles larges et obtus ; plumage blanc en 
hiver. 

Lagopus lagopus, (Linx.) Stejx. 301. 
Le Lagopède des saules. 

WII.LOW TTARMICAN'. 

Adulte (^ en été. Toutes les parties antérieures avec la tête et 
le deh>ous du corps d'un brun orangé ou d'un brun roux vif, à l'ex- 
ception du milieu du ventre, des cuisses et de la région anale, qui 
sont blancs, rayé de noir sur les côtés du corps et sur les flancs ; 
lavé de gris ardoise sur la partie antérieure du ventre ; rémiges et 
une partie des couvertures des ailes, blanches ; reste des parties 
supérieures d'un brun roux, et irrégulièrement rayé de brun jau- 
nâtre pâle et de noir ; la plupart des plumes sont terminées de 
blanc ; l'espace papilleux au-dessus des yeux est d'un roux vif ; iris 
brun. Longueur 14.00-17.00 ; ailes 8 00 ; queue 5 50. 

Adulte Ç en été. Parties supérieuies irrégulièrement rayées 
et maculées de noir et de brun jaunâtre pâle ; le noir domine et 
plusieurs plumes sont terminées de blanc ; primaires, secondaires 
et plusieurs plumes de couvertures des ailes, blanches ; parties 
inférieures d'un blanc jaunâtre pâle, rayé de noir. 

Les jeunes ont le dessous d'un blanc sale, avec les côtés du 
corps et la j)oitrine d'un brun jaunâtre, rayé de noir ; le dessous 
varié de noir et de brun jaunâtre d'ocre. 

lîn hiver c? et Ç .sont entièrement d'un blanc de neige, avec 
les rectrices noires. 

Au printemps, dans le changement du plumage, la tète et le 
cou deviennent d'un brun roux vif; le dos, les scapulaires et le 
croupion portent quelques plumes de brun foncé et sont rayés de 
n<iirâtre. 

Le Lagopède des saules, vulgairement nonmié Perdrix 
blancln\ habite la région septentrionale de l'hémisphère 
nord, et se montre très commun ; il vit en famille et se 
voit en bandes pendant tout Thiver, mais au printemps 
ces oiseaux se séparent par couples pour la ponte. 

12 



178 LES OISEAUX 

En Amérique, il niche en quantité dans les vallées des 
Montagnes Rocheuses du nord, ainsi que sur toute l'étendue 
des régions arctiques du continent. En hiver, on le ren- 
contre, dit-on, en grand nombre dans les massifs de saules 
•et de bouleaux nains qui croissent sur les bords des lacs et 
des rivières de ces contrées inhospitalières, oii il se nourrit 
des bourgeons d'arbrisseaux qui s'y trouvent, ce qui, à 
<:ette saison de l'année, constitue son unique nourriture. 

Quand les froids sévissent avec trop de rigueur ou 
lorsque les Lagopèdes sont poursuivis par le chasseur ou 
par des animaux de proie, on dit qu'ils cherchent un abri 
et un refuge en s'enfonçant dans la neige molle. 

Lorsque la nourriture leur fait défaut par suite du ver- 
glas qui recouvre les arbres, ce qui les empêche d'atteindre 
les bourgeons ou autres graines qui y adhèrent, ou encore 
pour éviter un froid excessif, ils émigrent alors en quantité 
vers le sud. C'est ainsi que dans notre province, cette 
espèce se montre parfois très nombreuse en hiver, et on la 
tue en grand nombre dans la région du Saguenay et sur la 
côte nord du fleuve. 

Cette Perdrix se montre bien rarement plus au sud, 
cependant quelques-unes ont été tuées au nord à quelques 
lieues de Québec. On m'en a même apporté une en jan- 
vier 1905, qui a été abattue à Charlesbourg. Elle est rare 
à Montréal ( Wintlé) ; très abondante à Godbout, dans la 
première partie de certains hivers, tandis que dans d'autres 
•on ne la voit pas du tout ; elles arrivent d'ordinaire vers le 
premier décembre, et quelques-unes demeurent jusqu'au 
premier de mai ; elles sont toujours plus abondantes en 
décembre {Comemt). M. Comeau dit qu'il en a tué six cents 
dans une année, avant le 25 de décembre. 

Elle niche vers la fin de mai ou en juin ; son nid est 
placé à terre, dans une légère dépression du sol, et construit 
avec des feuilles, des herbes sèches, et parfois des plumes 
qu'elle s'arrache du corps ; ses œufs sont au nombre de huit 
à seize, d'un brun jaunâtre pâle, avec nombreuses taches ou 
marbrures de brun foncé ou de noir. Ils mesurent 1.75 x 1.22. 

La Perdrix blanche se nourrit en été, de baies, de 
fruits, de bourgeons, de feuilles de diverses herbes et 
arbustes, ainsi que d'insectes. 



DK LA PROVINCE OK QLEUKC I 79 

Lagopus rupestris, (f 'MKL.) Lkach, 302. 

Le lyagopcde des rochers. 
Rock I't.vrmkian. 

Adulte i. Hec petit et j^rcle. l'.irties supL-riciires jçrisâtrcs, 
grossicrc-ment rayées ou venuiculées de brun noirâtre, avec les 
plumes des scapulaires marf|uées de grandes taches noires au cen- 
tre ; tlessus de la tète noirâtre, avec les plumes terminées de bru- 
nâtre ; reste de la tOte varié de blanc et de noirâtre, le premier 
domine sur les joues, le menton et la jjor^e ; une petite bande du 
bec â l'œil et la ciueue, noires ; poitrine et côtés du corp."? rayés de 
noirâtre et de brun de terre d'ombre pâle; ces raies sont plus 
petites et moins apparentes sur les côtés du corps ; le reste du 
dessous est blanc ; primaires, secondaires et une partie des cou- 
vertures des ailes, blanches. Longueur 14.00-15.00 ; ailes 7.00- 
7.50 ; queue 4.50. 

La 9 a le plumage d'un brun ocreux. vif, irrégulièrement 
maculé de noir en dessus et raj'é du mC-iue noir en dessous, 
avec les primaires, les secondaires et la courbure de l'aile, blanches. 

En hiver, tout le plumage est blanc, avec les rectrices et une 
petite bande du bec à Tceil, noires, dans les deux sexes. 

Cette espèce habite TAmcrique arctique en général, à 
l'exception de l'extrémité septentrionale, depuis l'Alaska 
jusqu'au Labrador, le Groenland et les îles Aléoutiennes. 
Dans la province, elle se voit à l'île d'Anticosti, ainsi que 
dans la partie est des côtes dti golfe St-Laurent ; ]\I. le Dr 
Schniitt dit qu'elle est assez commune à Anticosti, et s'y 
trouve à toutes les époques de l'année. Elle est si peu 
faroirdie que sa chasse n'offre, dit-il, aucun attrait pour le 
chasseur qu'elle regarde sans s'envoler. 

Quoiqu'elle se voie parfois en compagnie de la précé- 
dente, elle ne s'enfonce pas toutefois aussi loin dans les 
forets du nord en été. 

Elle a les mœurs de sa congénère et niche également 
à terre. Ses œufs ressemblent à ceux de la précédente 
quoiqu'ils soient moins maculés et un peu plus petits. Ils 
mesurent 1.70 x 1.18. 

Genre FEDKECETES, Baird. 

Queue beaucoup plus courte que les ailes et aiguë ; les deux 
rectrices du centre beaucoup plus allongées que les autres ; sans 
touffes de plumes sur les côtés du cou ; un espace nu au-dessus de 
l'oeil et de couleur orangée ; tarses entièrement emplumés jusqu'à 
la base des doigts ; ces plumes sont longues et ressemblent beau- 
coup au poil des animaux. 



l8o LES OISEAUX 

Pediœcetes phasianellus, (Linn.) Elliott, 308. 

I/a Gelinotte à queue aiguë. 

Sharp-tailed Grouse. 

Adultes $ 9 ■ Parties supérieures variées de noir, de brun 
jaunâtre et de blanc ; cette dernière couleur se voit sur les couver- 
tures des ailes, les scapulaires et le bord extérieur des rémiges qui 
sont noirâtres ; parties inférieures blanches, avec de nombreuses 
taches noirâtres en forme de V renversé sous le ventre, se rédui- 
sant graduellement en petits points sur la gorge qui est blanche 
et teintée de brun jaunâtre; plumes des jambes d'un gris brun 
foncé ; iris brun. Longueur 15.00 - 19.00 ; ailes S. 50 - 9.00 ; queue 
4.00-5.50. 

La 9 est plus petite, les plumes centrales de la queue sont 
plus courtes. 

Les jeunes ont les parties supérieures brunâtres, variées de 
noir et de blanc ; le dessous d'un blanc sale, avec la poitrine et les 
côtés du corps maculés de noirâtre ; les rémiges semblables aux 
adultes. 

Cette Gelinotte habite l'Amérique britannique, an nord 
jusqti'ati fort Simpson, an fort Résolution et dans les régions 
environnantes du grand lac de l'Esclave, au sud, jusqu'à 
Moose Factory, le lac Winnipeg et la rive nord du lac Supé- 
rieur. 

Elle fréquente atissi bien les prairies que les forêts, 
et elle est très commune en certains endroits. On voit 
ces Perdrix en petites bandes, et presque toujours à terre, 
mais lorsque la neige recouvre le sol, elles se perchent sur 
les arbres. Elles cherchent également un abri dans la 
neige contre le froid ou pour éviter un danger. Au prin- 
temps, elles se séparent par couples. 

Cette Perdrix se rencontre parfois au Lac St-Jean. Il 
est à ma connaissance personnelle que quelques-unes y ont 
été tuées. 

Elle niche à terre dans un léger enfoncement du sol ; 
son nid, qui est ordinairement caché sous les buissons, est 
formé d'herbes de différentes sortes et tapissé de plumes à 
l'intérieur ; ses œufs, au nombre de six à quatorze, sont 
d'un brun jaunâtre foncé, avec de nombreux points et taches 
de brun plus foncé. Ils mesurent 1.70 x 1.25. La ponte 
a lieu dans la première moitié de juin. 



DK I.A PROVINCK DK QUÉBEC iHl 

OkDRK COLl'MIi.K — PiGKON'S, COLOMHHS. 

Tête très petite ; bec médiocre, droit, convexe ;\ l'extr^rniité, 
(luelqiie peu comprimé dans toute sa longueur, muni à sa b.ise 
d'une membrane molle et renllée, dans laquelle s'ouvrent les 
narines ; doij^ts quatre, trois en avant et un en arrière, jjresque 
toujours librtrs entre eux : pieds courts ; tarses ordinairement plus 
courts que les doij^ts. 

Ces oiseatix vivent par couples et se uourrisseiit pres- 
que entièrement de graines, de baies et autres fruits. 

La plupart nichent sur les arbres et s'y posent. Leur 
ponte n'est que de deux (uufs l)lancs et se renouvelle plu- 
sieurs fois pendant l'année. Les detix sexes prennent part 
à l'incubation. Les jeunes naissent aveuj^les et très faibles ; 
leurs parents les nourrissent en dégor<^eant dans leur bec, 
des aliments réduits à l'état de bouillie, jusqu'à ce qti'ils 
soient capables de voler et de se pourvoir eux-mêmes de 
nourriture. 

Tous ces oiseaux ont des mœurs sociables et douces, 
et ils aiment la société de leurs semblables. 

Leurs ailes longties et fortes, leur permettent d'entre- 
prendre pour la plupart de lointains voyages. Ils ont la 
faculté de faire pénétrer de l'air dans leur jabot et de pro- 
duire des sons particuliers que l'on appelle roucoulements. 

Famille COLUMBIDiE— Pigeons. 

Ailes fortes, allong^ées et pointues ; queue variable, carrée ou 
graduée, jamais fourchue, composée de douze à quatorze rectrices, 
rarement de seize et exceptionnellement de vingt ; doigts situés à 
peu près sur le nrOme niveau : tête très petite ; cou assez long. 

Cette famille, qui compte environ trois cents espèces, 
n'est représentée dans notre faune que par les deu.x qui 
suivent. 

Genre ECTOPISTES. SwaiQson. 

Bec petit ; queue graduée, presque aussi longue que les ailes ; 
rectrices étroites et terminées en pointe ; ailes pointues ; tarses 
courts, emplumés dans leur partie supérieure et sur le devant. 



l82 LES OISEAUX 

Ectopistes migratorius, (Linn.) Swains. 315. 

1/6 Pigeon voyageur. 
Passenger Pigeon. 

Adulte $. Parties supérieure.s et toute la tête, d'un bleu 
grisâtre, teinté de gris olive sur le dos et les ailes, avec quelques 
taches de noir sur ces dernières ; parties inférieures depuis le bec, 
d'un brun roux pourpré, plus pâle et se changeant graduellement 
au blanc sur le bas ventre et la région anale ; dessus et côtés du 
cou à reflets dorés, violets et pourprés, de diverses nuances ; les 
deux rectrices centrales noirâtres, passant au gris sur les suivantes, 
puis blanchissant sur les latérales ; toutes les rectrices portent une 
tache noirâtre au bord intérieur, cette tache est précédée d'une 
autre rousse, à l'exception de celles du centre ; bec noir ; iris rouge 
orangé. Longueur 15.00-17.00; ailes 8.00-8.50 ; queue 8.20-8.75. 

La 9 . qui est plus petite que le $ , lui ressemble, mais elle a la 
tête et le dessous d'un gris jaunâtre, blanchissant sous le ventre ; 
les reflets métalliques du cou sont moins prononcés. 

Les jeunes qui ressemblent quelque peu à la Ç , ont la tête, le 
cou, les scapulaires, les couvertures des ailes et la poitrine macu- 
lés de blanchâtre ; le roux qui borde les rémiges est plus apparent. 

Le Pigeon voyageur habitait autrefois par bandes 
innombrables, tout l'est de l'Amérique du Nord jusqu'à la 
baie d'Hudson, et à l'ouest jusqu'aux prairies. Il ne se voit 
plus maintenant, et bien rarement que dans la vallée dti 
haut Mississippi. Quelques couples nichent probablement 
encore dans les régions boisées depuis le nord des Etats- 
Unis jusqii'à la baie d'Hudson et au Manitoba. 

Les Pigeons voyageurs nichent en société sur les arbres 
et posent leurs nids quelquefois à une grande distance de 
terre et, lorsqu'ils étaient abondants, il n'était pas rare de 
rencontrer au delà de cinquante nids sur le même arbre. 
Le nid se compose d'un certain nombre de petites branches 
sèches entre-croisées. Sa ponte est de deux œufs blancs, 
quelquefois d'un seul. Ils mesurent 1.50 x i.oo. 

Le Pigeon voyageur, mieux connu sous le nom de 
Tourte^ était autrefois très commun dans la province, du 
moins en certaines localités, à tel point qti'il dévastait les 
moissons, causant ainsi aux cultivateurs des dommages 
considérables. J'ai souvent entendu dire que les Tourtes 
étaient tellement nombreuses qu'elles s'abattaient par ban- 
des innoinbrables dans les champs de grain qu'elles abî- 
maient ; aussi prenait-on tous les moyens possibles pour les 



DK LA PROVIN'CK DK QUÉBEC I-Sj 

dctruire, soit en les appâtant sous de j^^r;m<lfs uts soit en 
les tuant au fusil. 

Maintenant, et depuis un l)on nombre d'années, elles 
sont, cl bien dire, totalement disparues de notre province ; les 
derniers spécimens que je me suis procurés ici remontent à 
plus de vinj^t ans ; ils avaient été tués dans la forêt en 
arrière de Cliarlesbourg, et depuis, il ne m'a plus été possi- 
ble de m'en procurer. Pourtant la Tourte se voyait encore 
en Jurandes bandes jusqu'en 1875, dans plusieurs paroisses 
du côté sud du fleuve, entre autres à Trois-Pistoles, St-Pas- 
chal, vSt-Philippe de Xéri, Mont-Carmel, vSt-Nicolas, etc. 
On m'a dit même que dans cette dernière paroisse en 1875, 
dans un seul coup de rets, on en avait capturé plus de dix 
douzaines ; cette capture était sans doute extraordinaire, 
et ceci n'arrivait pas souvent même dans le temps où elles 
étaient si nombreuses, mais ce fait n'en prouve pas moins 
leur j:i^rand nombre encore à cette époque. 

Comme cette espèce marche à grands pas vers son 
extinction et ne sera plus bientôt qu'une chose du passé, il 
sera sans doute intéressant de reproduire ici ce que dit 
Audubon, sur son nombre prodigieux, sur ses habitudes et 
le massacre que l'on en a fait aux Etats-Unis. \'oici ce 
qu'il dit : 

" La grande force de leurs ailes leur permet de par- 
courir et d'explorer, en volant, une immense étendue de 
pays dans un très court espace de temps. Cela est prouvé 
par des faits bien connus en Amérique. Ainsi des pigeons 
ont été tués dans les environs de Xew-Vork, ayant le jabot 
encore plein de riz qu'ils ne pouvaient avoir pris, au plus 
près, que dans les champs de la Géorgie et de la Caroline. 
Or, comme leur digestion se fait assez rapidement pour 
décomposer entièrement les aliments dans l'espace de douze 
heures, il s'ensuit qu'ils devaient, en six heures, avoir par- 
couru de trois à quatre cents milles ; ce qui montre que 
leur vol est d'environ un mille à la minute. . . 

" La multitude de ces pigeons dans nos forêts est véri- 
tablement étonnante ; à ce point que moi-même, qui ai pu 
les observer si souvent et en tant de circonstances, j'hésite 
encore et me demande si ce que je vais raconter est bien un 
fait ; et pourtant je l'ai vu, je l'ai bien vu, et cela dans la 



184 LES OISEAUX 

compagnie de personnes qui, comme moi, en restèrent frap- 
pées de stupeur. 

" Pendant l'automne de 181 3, je partis de Henderson 
où j'habitais, sur les bords de l'Oliio, me dirigeant vers 
Louisville. En traversant les landes qu'on trouve à quel- 
ques milles au delà de Hardensbourg, je remarquai des 
pigeons qui volaient du nord-est vers le sud-ouest en si 
grand nombre, que je n'avais jamais rien vu de pareil. 
Voulant compter les troupes qui pourraient passer à portée 
de mes regards dans l'espace d'une heure, je descendis de 
cheval, m'assis sur une éminence, et commençai à faire 
avec mon crayon un point à chaque troupe que j'apercevais. 
Mais bientôt je reconnus qu'une pareille entreprise était 
impraticable, car les oiseaux se pressaient en innombrables 
multitudes. Je me levai, comptai les points qui étaient 
sur mon album ; il y en avait 163 de marqués en vingt-et- 
une minutes ! Je continuai ma route, et plus j'avançais, plus 
je rencontrais de pigeons. L'air en était littéralement 
rempli , la lumière du jour, en plein midi, s'en trouvait 
obscurcie comme par une éclipse ; la fiente tombait sem- 
blable aux flocons d'une neige fondante, et le bourdonne- 
ment continu des ailes m'étourdissait et me donnait envie 
de dormir. 

" Je m'arrêtai, pour diner à l'hôtel de Young, au con- 
fluent de la rivière Salée avec l'Ohio ; et de là, je pus voir 
à loisir d'immenses légions passant toujours sur un front 
qui s'étendait bien au delà de l'Ohio, dans l'ouest. . . . 

" Je renonce à vous décrire l'admirable spectacle 
qu'offraient leurs évolutions aériennes lorsque, par hasard, 
un faucon venait à fondre sur l'arrière-garde de l'une de 
leurs troupes ; tous à la fois, comme un torrent et avec un 
bruit de tonnerre, ils se précipitaient en masses compactes, 
se pressant l'un sur l'autre vers le centre ; et ces masses 
solides dardaient eu avant en lignes brisées ou gracieuse- 
ment onduleuses, descendaient et rasaient la terre avec une 
inconcevable rapidité, montaient perpendiculairement de 
manière à former une immense colonne ; puis, à perte de 
vue, tournoyaient, en tordant leurs lignes sans fin qui re- 
présentaient la marche sinueuse d'un gigantesque serpent. 

" Avant le coucher du soleil, j'atteignis Louisville, 



DK LA PROVINCK DK QUKHEC 1H5 

tloi^iicc de Ilarsdcnbour^ de ciiuiiuinlc-ciiKi iiiillcs ; les 
pigeons passaient toujours en même nombre, et conti- 
nuèrent ainsi pendant trois jours sans cesser. Tout le 
monde avait ]>ris les armes.. . Des multitudes furent dé- 
truites. . . 

" Il ne >ei.i peut-être pas hors de propos de donner ici 
un aperçu du nombre de pigeons contenus dans l'une de 
ces puissantes agglomérations,et de la (juantité de nourriture 
journellement consommée par les oiseaux qui les c<Mnpo.sent. 
Cette recherche nous prouvera une fois de plus avec quelle 
étonnante bonté le grand Auteur de la nature a su pourvoir 
au besoin de chacun des êtres qu'il a créés. — Prenons une 
colonne d'un mille de large, ce qui est bien au-dessous de 
la réalité, et concevons-la passant au-dessus de nous, sans 
interruption, pendant trois heures, à raison également d'un 
mille par minute ; nous aurons ainsi un parallélogramme 
de cent quatre-Ningts milles de long sur un de large. vSup- 
posons deux pigeons par mètre carré, le tout donnera un 
billion cent quinze millions cent cinquante-six mille pi- 
geons par chaque troupe ; et comme chaque pigeon con- 
somme journellement une bonne demi-pinte de nourriture, 
la quantité nécessaire pour subvenir à cette immen.se mul- 
titude devra être de huit millions sept cent douze mille 
boisseaux par jour. . . 

" vSuivons-les jusqu'aux lieux qu'ils ont choisis pour 
leur nocturne rendez-vous. J'en sais un, notamment, digne 
de tout votre intérêt : c'est sur les bords de la rivière Verte 
et, comme toujours, dans cette partie de la forêt où il y a 
le moins de taillis et les plus hautes futaies. Je l'ai par- 
couru sur un espace d'environ cinquante milles, et j'ai 
trouvé qu'il n'avait pas moins de trois milles de large. La 
première fois que je le visitai, les pigeons y avaient fait 
élection de domicile depuis une quinzaine, et il pouvait 
être deux heures avant soleil couchant lorsque j'y arrivai. 
On n'en apercevait encore que très peu ; mais déjà un 
grand nombre de personnes, avec chevaux, charrettes, 
fusils et munitions, s'étaient installées sur la lisière de la 
forêt. Deux fermiers du voisinage de Russelsville distante 
de plus de cent milles, avaient amené près de trois cents 
porcs, pour les engraisser de la chair des pigeons qui allaient 



l86 LES OISEAUX 

être massacrés ; çà et là on s'occupait à plumer et saler 
ceux que l'on avait précédemment tués et qui étaient véri- 
tablement par monceaux. La fiente, sur plusieurs pouces 
de profondeur, couvrait la terre. Je remarquai quantité 
d'arbres de deux pieds de diamètre, rompus assez près du 
sol ; et les branches des plus grands et des plus gros avaient 
été brisées comme si l'ouragan eût dévasté la forêt. En un 
mot, tout me prouvait que le nombre des oiseaux qui fré- 
quentaient cette partie des bois devait être immense, au 
delà de toute conception. A mesure qu'approchait le 
moment où les pigeons devaient arriver, leurs ennemis, suf 
le qui-vive, se préparaient à les recevoir. Les uns s'étaient 
munis de marmites de fer remplies de souffre ; d'autres, de 
torches et de pommes de pin ; plusieurs, de gaules, et le 
reste, de fusils. 

" Cependant le soleil était descendu sous l'horizon, et 
rien encore ne paraissait ! Chacun se tenait prêt, et le regard 
dirigé vers le clair firmament qu'on apercevait par échappées 
à travers le feuillage des grands arbres . . . Soudain un cri 
général à retenti : " Les voici ! " Le bruit qu'ils faisaient, 
bien qu'éloigné, me rappelait celui d'une forte brise de mer 
parmi les cordages d'un vaisseau dont les voiles sont ferlées. 
Quand ils passèrent au-dessus de ma tête, je sentis un cou- 
rant d'air qui m'étonna. Déjà des milliers étaient abattus 
par les hommes armés de perches ; mais il continuait d'en 
arriver sans relâche. On alluma les feux et alors ce fut un 
spectacle fantastique, merveilleux et plein d'une magnifique 
épouvante. Les oiseaux se précipitaient par masses et se 
posaient où ils pouvaient, les uns sur les autres, en tas gros 
comme des barriques ; puis les branches, cédant sous le 
poids, craquaient et tombaient, entraînant par terre et écra- 
sant les troupes serrées qui surchargeaient chaque partie des 
arbres. C'était une lamentable scène de tumulte et de con- 
fusion. En vain aurais-je essayé de parler, ou même d'ap- 
peler les personnes les plus rapprochées de moi. C'est à 
grand'peine si l'on entendait les coups de fusil ; et je ne 
m'apercevais qu'on eût tiré, qu'en voyant recharger les 
armes. 

" Personne n'osait s'aventurer au milieu du champ de 
carnage. On avait renfermé les porcs, et l'on remettait au 



nK I.A PROVINCE DE QUÉBEC 1S7 

leiulcmaiii, pour ramasser morts et blesses ; mais les pij^eons 
venaient toujours, et il était plus de minuit, que je ne 
remarquais encore aucune diminution dans le nombre des 
arrivants. Le vacarme continua toute la nuit . . . lùifin, aux 
approches du jour, le bruit s'apaisa un peu ; et lonj^temps 
avant qu'on ne pût distinj^^uer les objets, les pij^jeons com- 
mencèrent à se remettre en mouvement dans une direction 
tout opposée ù celle pur où ils étaient venus le soir. Au 
lever du soleil, tous ceux qui étaient capables de s'envoler 
avaient disparu. C'était maintenant le tour des loups, dont 
les hurlements frappaient nos oreilles : renards, lynx, cou- 
guars, ours, ratons, opossums et fouines bondissant, courant, 
rampant, se pressaient à la curée . . . 

" Alors, eux aussi, les auteurs de cette sanglante bou- 
cherie, commencèrent à faire leur entrée au milieu des 
morts, des mourants et des blessés. Les pigeons furent 
entassés par monceaux ; chacun en prit ce qu'il voulut ; 
puis on lâcha les cochons pour se rassasier du reste." (i) 

Audubon nous dit encore qu'en 1805, il a vu des 
voiliers ayant une cargaison complète de pigeons, venir 
les décharger sur les quais de New-York où ils se vendaient 
un centin la pièce, et qii'en mars 1830, ils étaient si abon- 
dants sur les marchés de cette ville, qu'on en rencontrait 
partout. Kn Pennsylvanie, il a connu un individu qui en 
prit près de cinq cents douzaines en un seul jour. D'après ce 
qu'on vient de voir de ce nombre prodigieux de Tourtes, on 
comprend difficilement qu'elles soient disparues presques 
totalement dans un si court espace de temps. Il n'y a aucun 
doute que les terribles massacres que l'on en a fait et surtout 
les déboisements successifs des forêts où elles allaient nicher 
et se reposer, ont contribué à en diminuer graduellement le 
nombre jusqu'à sa disparition. 

Genre ZENAIDURA. Bonaparte. 

Bec faible et délié, beaucoui) plus court que la tête ; ailes poin- 
tues ; queue graduée, aussi longue que les ailes, plus ou moins 
terminée en pointe et de quatorze tectrices. 



(i ) .\udubon, Trad. de Bazin. Scènes delà nature dans les E.-U. Vol. i, 
pp. 198-207. 



loo LES OISEAUX 

Zenaidura macroura, (Linn.) Ridgw. 316. 

La Tourterelle de la Caroline. 

MOURNING DOVE. 

Adulte c? . Partie.s supérieures d'un cendré bleuâtre, plus pur 
sur le sommet de la tête et teinté d'olive brunâtre, avec quelques 
taches noires et rondes sur les scapulaires et les couvertures des 
ailes ; reste de la tête, cou et parties inférieures, d'un brun pourpré 
ou vineux, plus pâle sur le gorge et le front, blanchissant sur le 
menton et se changeant au brun jaunâtre crème sous le ventre 
et à la région anale ; côtés du cou à reflets métalliques dorés et 
d'un rouge de rubis; une tache d'un noir velouté sur l'oreille ; 
rectrices centrales semblables au dos ; les autres d'un bleu cendré 
à la base, traversées par une barre noire et terminées de blanc ou 
teintées de cendré ; bec noir ; pieds d'un rouge carmin. Longueur 
II. oo - 13.00 ; ailes 5.70 - 6. 10 ; queue 5.70 - 6.50 ; bec 0.50 - 0.55. 

La 9 est plus petite et ses teintes sont plus brunes ; le dessous 
est d'un brun grisâtre et les reflets métalliques du cou sont peu 
_ apparents. 

T,es jeunes sont d'une teinte plus pâle encore. 

La Tourterelle de la Caroline habite la région tem- 
l^érée de l'Amérique septentrionale depuis la Nouvelle- 
Angleterre, le Manitoba et la Colombie britannique, jusqu'à 
Panama et aux Antilles. 

Elle s'égare parfois au nord jusque dans notre pro- 
vince. C'est ainsi que trois spécimens ont été tués à 
Godbout, un à St-Joachim, et un atitre, près de Québec, 
ce dernier à l'automne de 1887. 

De bonne heure au printemps, elle se construit un nid 
grossier, composé de petites branches et de quelques brins 
d'herbe ; elle le pose soit dans l'angle de detix branches 
horizontales d'un arbre, soit dans un tronc d'arbre, dans des 
buissons ou encore à terre dans la prairie, et fait ordinaire- 
ment trois pontes dans la saison ; elle commence la pre- 
mière vers la fin d'avril et, en septembre on a trotivé des 
œufs frais. Ses œtifs, ati nombre de deux, sont blancs. Ils 
mesurent 1.12x0.82. 

Pendant la ponte et l'incubation des œufs, le ^ fait 
entendre un roucoulement doux et mélancolique, qtt'il 
répète durant tout le jour à sa compagne. 

Cette gentille Tourterelle, qui est commtme aux Etats- 
Unis, fréquente les endroits découverts, les champs de 
grains, les forêts, aux bords desquelles elle se plaît tout par- 



DE KA PROVINCE DE QUÉBEC IS9 

ticulicrciiiciit. Sa nourriture consiste eu j^rains, graines et 
baies de diverses sortes. Elle se tient plutôt à terre que 
sur les arbres ; elle court le lonj^ des haies, et marche avec 
beaucoup d'aisance et de léj^èretc. vSou vol est très rapide 
et soutenu ; lorsqu'elle s'envole de terre ou d'un arbre, le 
battement de ses ailes produit une espèce dr ^ifTlement (jui 
se fait entendre à une bonne distance. 

Ordrf. RAPTORES — OiSKAUx pf. prou:. 

Bec robuste et crochu, muni à la hase d'une membrane nom- 
mée cire, dans hiquelle s'ouvrent les narines ; pieds gros, très forts, 
de trois doigts en avant et un en arrière, armés d'ongles puissants, 
acérés et ordinairement rétractiles ; ailes généralement longues et 
vigoureuses. 

Les Oiseaux de proie ou Rapaces ne vivent que de 
rapines et, le plus souvent, de chair palpitante ; leur naturel 
est farouche et sanguinaire. Ce caractère les rend si into- 
lérants qu'ils ne peuvent souffrir dans leur canton aucun 
oiseau de leur espèce ; aussi vivent-ils toujours isolément 
ou par couples, à l'exception du \'autour. Ils sont doués 
d'une vue perçante. Ils se précipitent à l'improviste sur 
leur proie ou bien ils l'attaquent hardiment en fondant sur 
elle avec toute la puissance de leur vol, faisant usage de 
leur bec et de leurs ongles formidables, pour s'en assurer 
la capture. Ils sont la terreur des oiseaux comme des 
petits quadrupèdes. 

Petits mammifères, oiseaux, rçptiles, poissons, insectes, 
cadavres, etc., voilà ce qui satisfait leur appétit vorace, et, 
si la nourriture est abondante, ils s'en repaissent à un tel 
point qu'ils ont souvent beaucoup de difficultés à s'élever 
de terre ; mais d'un autre côté, leur estomac est bdti de telle 
sorte qu'ils peuvent supporter un jeûne très long. Les uns 
sont diurnes et les autres nocturnes. 

On rencontre les Rapaces sur presque toute la surface 
du globe ; ceux qui, en été, habitent les régions froides émi- 
greut à l'automne vers des contrées plus chaudes, cepen- 
dant un certain nombre se déplacent peu et se plaisent au 
milieu des neiges de l'hiver. 

La 9 , qui est presque toujours plus grosse que le S 



IÇO LES OISEAUX 

niche sur des rochers souvent inaccessibles ou sur des arbres, 
à une grande distance du sol ; quelquefois cependant, le 
nid est posé sur les branches inférieures d'un arbre, ou bien 
dans un arbre creux ; il s'en rencontre même qui nichent 
sur la terre ou dans un trou pratiqué dans le sol. 

Leurs nids sont d'une structure grossière, et sont cons- 
truits avec des petits bâtons, de petites branches, de la 
mousse et des herbes sèches ; leurs œufs sont peu nom- 
breux. 

Nous sommes d'ordinaire sous l'impression que tous 
les Oiseaux de proie sont nuisibles à l'agriculture, parce 
qu'ils détruisent beaucoup d'oiseaux domestiques et autres ; 
c'est une erreur, car ces rapaces sont, pour la plupart, très 
utiles, puisqu'ils se nourrissent principalement de petits 
mammifères et d'insectes. Les quelques rares poulets ou 
autres volatiles qu'ils peuvent dérober par accident, sont 
entièrement compensés par le grand nombre de petits ron- 
geurs qu'ils détruisent et qui causent à l'agriculteur des 
torts considérables, qui, pour ne pas être toujours en 
évidence, n'en sont pas moins réels. 

Cet ordre se subdivise en trois sous-ordres : 

ANALYSE DES SOUS-ORDRES D 'OISEAUX DE PROIE. 

Tête entièrement nue ou recouverte en partie de duvet chez les 
jeunes ; narines percées longitudinalement ; pouce situé plus 
haut que les autres doigts. Sarcorhamphi. 

Tête emplumée ; yeux situés sur les côtés de la tête ; cire nue ; 
doigt extérieur non réversible, excepté dans le genre Pandion. 

Falcones. 

Tête emplumée ; yeux situés en avant ; cire cachée sous les 
plumes de la base du bec. Striges. 

Sous-ordre SARCORHAMPHI— Vautours. 

Tête dénudée ; narines grandes, percées longitudinalement ; 
doigts munis d'ongles faibles et émoussés au bout, une petite 
palmure à la base des doigts extérieur et médian. Pieds non 
adaptés pour saisir des proies. 

Famille CATHARTID-S:— Vautours. 

Tête et cou plus ou moins nus ou recouverts en partie de 
duvet ; yeux à fleur de tête ; bec fort et crochu au bout ; oreilles 



I)K LA PROVINCK DK QUEBEC I9I 

petites ; ailes ordinairement lonj^ues et fortes ; pieds jjctits et 
faibles ; pouce situé plus haut que les doigts antérieurs ; ongles 
peu recourbés et obtus. 

Les \';iutoiirs vivent en petites bandes ; leur vol est 
embarrassé, mais ils ont la faculté fie s'élever ;\ une jj^rande 
hauteur, d'où ils embrassent, de leur vue perçante, une 
grande étendue de terrain. S'ils aperçoivent un animal 
mort, ils descejident en tournoyant pour s'en repaître, car 
ils ne se nourrissent que de cadavres, même putréfiés, et ils 
en perçoivent les émanations de très loin. 

Dans les pays chauds, oii ils sont plus communs (pie 
dans la zone tempérée, ils rendent réellement de grands 
services en faisant disparaître les cadavres, dont la décom- 
position répandrait des miasmes putrides. 

Lorsqu'ils sont repus, ils paraissent lourds et passent 
ordinairement la plus grande partie du temps à digérer, 
dans l'inaction, la tète penchée en avant et les ailes à demi 
ouvertes, n'ayant pas même conscience le plus sotivent de 
ce que se passe autour d'eux. 

Ces oiseaux ont tin aspect stupide et hideux, et répan- 
dent une odeur nauséabonde. 

Les \'autours nichent d'ordinaire sur des rochers 
escarpés ; leur aire se compose de gros bâtons entre-croisés, 
sur lesquels ils ajoutent des feuilles, de la mousse et quel- 
quefois de la boue. Ils pondent rarement plus de deux œufs. 

Genre CATHARISTA, Vieillot. 

Tète et partie supérieure du cou nues ; narines relativement 
étroites ; ailes assez courtes et rondes, atteignant à peine le milieu 
de l.i queue ; les quatrième et cinquième rémiges sont les plus 
longues ; queue courte. 

Catharista urtibu, (\'ip:ill.) 326. 

I/C Vautour noir. 
Black Vulture. 

Adultes <? 9. Tout le plumage, y compris la peau de la tête 
et du cou, noirâtres, avec quelques reflets verdâtres ; primaires 
d'un gris blanchâtre à la base, avec la tige des plumes blanches ; 
bec noirâtre, avec le bout jaunâtre ou blanchâtre ; iris brun ; pieds 
d'un jaune grisâtre. Longueur 23.00-27.00; ailes 16.50-17.50 ; 
queue 7.50-S.50 ; bec 0.90-0.95. 

Les jeunes ont le plumage moins lustré. 



192 LES OISEAUX 

Le Vautour noir habite toutes les régions tropicales et 
tempérées du continent américain, se voit au sud, jusque dans 
la République Argentine, le Chili et, au nord, dans les deux 
Carolines et la vallée inférieure du Mississippi. 

Un individu a été tué le 28 octobre 1895, sur les grè- 
ves de Beauport, alors qu'il était occupé à dépecer un cada- 
vre. C'est le seul spécimen qui, jusqu'à présent, a été 
remarqué dans la province. 

Il niche dans des troncs d'arbres creux, dans des sou- 
ches et même à terre, quelquefois aussi sur un rocher. Ses 
œufs, au nombre de deux ou trois, sont d'un blanc bleuâtre 
ou verdâtre, pointillés et maculés de brun foncé. Ils mesu- 
rent 3.10 x 2.00. 

Sous-ordre FALCONES — Faucons, Aigles, 
Buses, etc. 

Tête entièrement emplumée ou au moins dans sa plus grande 
partie ; bec fort, à pointe très crochue ; yeux placés sur les côtés 
de la tête et enfoncés dans l'orbite ; narines situées dans la cire ; 
pouce bien développé et inséré au même niveau des doigts anté- 
rieurs ; pieds forts, doigts non recouverts de plumes ; ongles recour- 
bés et forts, adaptés pour saisir des proies. Oiseaux diurnes. 

Famille FALCONID-Œ — Faucons, Busards, 
Aigles, etc. 

Bec fort et crochu, presque toujours courbé dès sa base ; yeux 
surmontés d'un sourcil saillant, les faisant paraître comme enfon- 
cés dans leur orbite et non entourés d'un disque de plumes rayon- 
nées ; ongles forts, arqués, très aigus. 

Ces Rapaces sont diurnes et chassent surtout le matin 
et le soir, quoiqu'ils peuvent se voir aussi bien à toutes les 
heures du jour. Ils se nourrissent de proies vivantes, telles 
que lièvres, écureuils, souris, mulots, taupes, perdrix, pou- 
lets, canards, poissons, gros insectes, etc. Il est rare que 
ces oiseaux dévorent leurs proies à l'endroit même où ils 
les capturent ; ils les transportent presque toujours à une 
distance plus ou moins grande. 

Ils sont doués d'un vol rapide et puissant auquel ils 
joignent la force et le courage ; ils peuvent s'élever jusque 
dans les hautes régions de l'atmosphère et découvrir, grâce 



DE I.A PROVINCK DK QUÉBFX 1 93 

à leur vue iK'uétrante, le petit rongeur nui <c cnclic d.-ms un 
sillon ou parmi les touffes d'herbes. 

A cette puissance clans le \ol, ce> «»i-^c.iii\ j'm-ik iii miu 
telle précision dans la capture de leur proie, qu'ils tombent 
d'un trait sur elle et l'enlèvent dans leurs serres sans même 
toucher le sol la plupart du temps, et avant même que la vic- 
time, bien souvent, ne perçoive le danger. On les voit quel- 
quefois planer dans les airs c\ des hauteurs considérables, 
exécutant lentement et avec aisance des mouvements circu- 
laires, agitant à peine les ailes et portant leurs regards de 
tous côtés. 

Ils fréquentent de préférence les forêts, les buissons^ 
les champs, les marais et autres endroits humides ; quelques- 
uns, parmi les petites espèces surtout, pénètrent même jus- 
qu'au centre des villes. 

Leur voix est rauque et forte. Ces oiseaux ne sont pas 
tous strictement migrateurs quoique la plupart se déplacent 
plus ou moins à l'époque des migrations. 

Ils nichent sur les arl)res, sur les rochers on nnclcjnefois 
à terre. 

Sors-i'AMiLLE ACCIPITRIX.K — Autours, Bises, Aigles, etc. 

Narines non circulaires, ni linéaires et obliques ; l'extrémité 
postérieure étant située plus haut que la partie antérieure, et sans 
tubercule osseux au centre. 

Genre CIRCUS, Lacépède. 

Face entourée par deux espèces de rosettes formées de i)luniejs 
courtes et raides, à peu prés comme chez les hiboux ; ailes très 
longues ; narines oblongues, ovales ; tarses longs et déliés, plus 
longs que le doigt médian avec l'ongle ; ongles très longs, effilés 
et recourbés. 

Circus hudsonius. (Lixn.) Vieill. 331. 
I/e Busard des marais. 

M.\RS1[ Hawk. 

Adulte <?. Plumage d'un cendré bleuâtre ou gris bleuâtre, 
parfois lavé de roux, avec le dessous, depuis la poitrine, blanc, et 
plus ou moins tacheté de brun ; occiput rayé de blanchâtre et 
teinté de brun roux ; couvertures supérieures de la queue blanches 
dans les deux sexes ; queue d'un gris bleuâtre, terminée de blanc, 
avec le bord intérieur des rectrices blanchâtre, et traversée par cinq 



194 LES OISEAUX 

à sept bandes noirâtres, la dernière plus large et plus foncée ; les 
cinq primaires extérieures pour la plupart noirâtres ; iris et pieds 
jaunes. Longueur 19.50-24.00; ailes 12.90-16.00; queue 8.70-10.50. 

La 9 qui est plus longue d'un pouce et demi, a les parties 
supérieures d'un brun noirâtre, ra3'é de brun roux sur la tête et le 
■cou, et maculé de cette même teinte sur les couvertures des ailes ; 
la queue est d'un brun foncé, traversée par six ou sept bandes régu- 
lières noires ; le brun foncé devient plus clair sur les pennes exté- 
rieures ; tout le dessous est d'un blanc roux, teinté de jaunâtre et 
maculé antérieurement de brun roux foncé excepté sur le menton 
-et à la gorge. 

Les jeunes ont le dessus d'un brun noirâtre foncé, ra)-é sur la 
'tète^et le cou, et maculé sur les couvertures supérieures des ailes, de 
brun roux ; queue traversée par quatre grandes bandes noires ; 
couvertures supérieures de la queue blanches ; rosettes de la face et 
région auriculaire d'un brun foncé ; plusieurs primaires bordées de 
gris ; les parties inférieures sont d'un brun roux, plus foncé anté- 
rieurement et rayé sur la poitrine et les côtés de brun plus foncé. 

Le Busard des marais habite toute l'Amérique du 
Nord ; il niche sur toute cette étendue, depuis le Texas 
jusqu'à la baie d'Hudson ; en hiver, on le rencontre au sud 
jusque dans les Bahamas, Panama et Cuba. 

M. Comeau dit qu'il est assez commun à Godbout en 
'été, et M. Wintle le mentionne comme commun en été à 
Montréal. On le voit souvent à cette saison aux environs 
de Québec, et ailleurs. Il couve dans les bois en arrière 
de Charlesbourg. 

Il place son nid à terre et le construit avec de petites 
branches sèches et de l'herbe, lui donnant un diamètre d'en- 
viron douze pouces, sur une épaisseur de trois à sept potices ; 
il pond de quatre à sept œufs, d'un blanc bleuâtre pâle, 
ordinairement uniformes. Ils mesurent 1.80 x 1.40. La 
ponte a lieu à la fin de mai ou au commencement de juin. 

Il se nourrit surtout de petits rongeurs, aussi de lézards, 
grenouilles, petits serpents ou couleuvres, gros insectes et 
quelquefois de petits oiseaux. C'est un grand ennemi des 
mulots et des souris, lesquels forment plus de la moitié de 
sa nourriture totale. 

Cet oiseau se reconnaît aisément par le blanc des cou- 
vertures supérieures de la quetie, qui est visible à tous les 
âges, et qui peut s'apercevoir même à une bonne distance 
lorsque l'oiseati vole. 



DK I.A PROVIN'CK DE QUEBEC I95 

Le Busard des marais, (pii est un de nos rapaces les 
plus communs, se rencontre fréquemment au bord des 
marais, des ruisseaux, dans les buissons, aussi l)icnque dans 
les prairies humides ou autres endroits marécageux. Il 
n'est pas rare de le voir parcourir les champs, raser les 
clôtures, ou bien planer i\ une j^^rande hauteur, exécutant 
de j^rands cercles par la simple inclinaison de ses ailes et 
de sa queue. Il nous arrive en mai et part tard à rautomne. 

Dans plusieurs endroits de la province, on donne il cet 
oiseau le nom de Cossatù: 

Genre ACCIPITEB, Brisson. 

Quatrième et cinquième rémiges les plus longues, première 
très courte ; lorunis très emplumcs ; tarses très déliés ; doigts longs 
et également déliés ; taille moyenne ou petite. 

Sous-genre .\CCIPITER. 

Partie nue des tarses en avant, plus longue que le doigt mé- 
dian ; ailes moins de douze pouces de longueur. 

Accipiter velox, (Wils.) Vigors. 332. 

I/'Epervier brun. 

Sua k l'-si 1 1 nn e n 1 1 aw k . 

Adulte S . Parties supérieures d'un gris bleuâtre, plus foncé 
sur le dessus de la tète, et quelque peu embruni sur les ailes et la 
queue ; plumes de la nuque blanches à la base ; scapulaires avec 
de grandes taches blanches en partie cachées ; primaires avec ban- 
des transversales noirâtres sur le bord intérieur, blanchissant à la 
base ; queue avec bandes transversales noirâtres et terminée de 
blanc ; dessous blanc, rayé transversalement de roux excepté au 
menton et à la gorge, oii se voient quelques petits traits de noirâ- 
tre ; côtés de la tète, depuis les yeux, d'un brun roux, rayé de 
brunâtre ; couvertures inférieures de la queue blanches, cette der- 
nière, légèrement échancrée ou carrée ; bec noir ; pieds, iris et cire 
jaunes. Longueur lo.oo-i 1.50 ; ailes 6.10-7. 10 ; queue 5.80-6. 10. 

La 9 est un peu moins bleuâtre en dessus et de taille un peu 
plus forte. Longueur 12.50-14.00 ; ailes 7.80-8.80 ; queue 6.60- 
8.20. 

Les jeunes sont d'un brun foncé en dessus, avec les plumes 
bordées de brun rouille, plus ou moins mélangé de taches blanches 
sur les scapulaires ; dessous blanc, plus ou moins teinté de brun 
jaunâtre et rayé longitudinalement presque partout de brun foncé 
ou de brun roux. 



196 LES OISEAUX 

L'Epervier brun, que l'on nomme vulgairement Emé- 
rilloti^ habite toute l'Amérique du Nord et se retrouve, en 
hiver, au sud, jusqu'au Guatemala et à Panama. 

Il niche sur toute cette étendue, mais plus particulière- 
ment dans le nord des Etats-Unis et dans le Canada. 

Cet oiseau, qui est un des plus communs de sa famille^ 
se voit pendant tout l'été dans la province. 

Il place son nid sur un rocher, aii centre de la forêt, 
mais plus souvent sur un arbre, et presque toujours posé 
sur des conifères ; il est situé à une distance de dix à soixante 
pieds du sol et se compose de branches sèches et de feuilles 
entrelacées ; sa ponte est de trois à cinq œufs, d'un blanc 
bleuâtre ou grisâtre, avec points et taches de brun de di- 
verses teintes. Ils mesurent 1.50 X 1,16. La ponte a lieu 
ordinairement en mai ou au commencement de juin. 

Cet Emérillon se nourrit principalement d'oiseaux, 
depuis les petites espèces jusqu'à celles du pigeon domes- 
tique ; il est très friand de jeunes poulets et rôde souvent 
autour des habitations dans le dessein d'en enlever quelques- 
uns ; s'il réussit dans sa tentative, il reviendra tous les jours 
jusqu'à ce qu'il ait tout détruit ; il cause donc des torts con- 
sidérables au cultivateur lorsqu'il se montre commun ; il 
mange aussi quelquefois des reptiles, des insectes et de 
petits mammifères. Il se pose souvent sur les arbres dans 
les villes pour y chasser les moineaux. 

Cet Oiseau est plein d'audace, en même temps que 
doué d'une grande force musculaire ; il terrasse même des 
oiseaux de taille plus forte que la sienne et souvent, il vien- 
dra enlever sa proie sous les yeux même de l'homme sans 
s'inquiéter de sa présence. 

Accipiter cooperi, (Bonap.) Gray. 333. 

I/'Epervier de Cooper. 

Cooper's Hawk. 

Adulte $ . Livrée semblable à celle du précédent, mais le des- 
sus de la tête est noirâtre ; ses côtés sont lavés de gris l)leuâtre ; 
les taches blanches des scapulaires sont plus petites et plus rares ; 
la queue est quelque peu arrondie. Longueur 14.00-17.00 ; ailes 
8.85-9.40; queue 7.S0-8.30. 

La 9 a les parties supérieures moins bleuâtres. Sa longueur 
est de 18.00-20.00; ailes lo.io-ii.oo ; queue 9.00- 10.50. 



DK I.A rk()\!V' ' !'I-: QL'KHKC 



197 



Les jeunes ressemblent l)i.aiic.)up .1 ceux de l'espèce précé- 
dente. 

Cet oiseau habite la /onc teini>érée de rAmériqiie du 
Nord et se uiontre, eu hiver, jusque daus le sud du Mexicjue ; 
il niche ])art<nit où il se voit eu été. 

M. Wiutle le uieutionne coniuie rare et de passaj^^e 

-^ÀîjTrr ^ Montréal, et je n'ai 

<rii^^f^^ÊSÊMÊÊ^S^?^'^?P^~ constaté que deux fois 

. 'jji'^- vjiâ^^^^^^^^^ ' - sa présence aux alen- 

^-^Ê^ <^ f^ •^Z tours de Québec. - 

jjT , /■ ^^ niche dans de 

•■ \i ÎT" ^ ' /l> ^ S^rands ar])res à une dis- 

vT X. ^^- 7IJ /^^-^v^ tance de dix à cinquante 

^^-^ ^^r X pieds de terre, et utilise 

"*=^*^^ quelquefois pour cette 

Fig. 12 Bec et doigts de l'Epervier de Couper. ^^^ ^^ yieux uids de 

corneilles ou d'oiseaux de proie qu'il répare, s'ils .sont 
détériorés. Il pond de quatre à six œufs d'un bleuâtre pcâle 
ou d'un blanc bleuâtre, parfois à peine maculés de brun 
roux pâle. Ils mesurent 2.00 x 1.50. La ponte a lieu en 
mai. 

Cet oiseau se nourrit des mêmes animaux que le 
précédent, toutefois, comme il est de taille plus forte, il 
chasse souvent de plus gros gibiers, tels que lièvres, per- 
drix, poules, pigeons, etc. 

Semblable à son congénère, cet Epervier est doué 
d'une grande force ; il fait également preuve de beaucoup 
d'audace, et comme lui, il n'hésite pas à venir enlever une 
poule sous le nez de son propriétaire. 

SOUSGENRE .ASTUR, L.\CÉPi:DE. 

Partie nue du tarse en avant, plus courte que le doigt médian ; 
ailes plus de douze pouces de lon<jueur. 

Accipiter atricapillus, (W'ils.) Seebohm, 334. 

L'Autour à tête noire. 
Americ.vn Goshawk. 

Adultes (? 9 • Parties supérieures d'un gris bleuâtre, avec la 
tige de plumes noires; dessus de la tête noir, avec les plumes 
blanches à la base ; une grande tache noirâtre dans la région des 
oreilles ; queue semblable au dos, traversée par quatre bandes 



198 LES OISEAUX 

larges, noirâtres ; parties inférieures blanches, finement rayées 
transversalement et en zigzag de brun ardoisé ; presque chaque 
plume, surtout celles de la poitrine, porte un trait noirâtre au 
centre; bec bleuâtre foncé; iris jaune; pieds jaunes. Longueur 
du $ 22.00; ailes 12.00-13.25; queue 9.50-10.5; 9 24.50; ailes 
13.50-14.25 ; queue 11.50-12.75. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un brun grisâtre foncé, 
maculé de brun jaunâtre ou de blanchâtre, avec la queue d'un brun 
grisâtre plus clair, terminée de blanc et traversée par cinq bandes 
de brun foncé, la plus rapprochée de la base est la moins apparente ; 
parties inférieures blanches, lavées de brun jaunâtre, avec taches 
oblongues, linéaires lancéolées, de noirâtre ; ces taches sont plus 
grandes sur les côtés du corps et plus larges que longues sur les 
jambes. 

Cet Autour habite l'est et le nord de l'Amérique sep- 
tentrionale, niche surtout au nord des Etats-Unis, et, en 
hiver, il se voit au sud jusque dans les Etats du centre ; 
cependant nous en voyons même qui hivernent sous notre 
climat. 

M. Wintle le mentionne comme commun et de passage 
à Montréal et M. Comeau dit qu'il n'est pas rare à Godbout, 
mais d'après M. le Dr Schmitt il serait assez rare à Anti- 
costi, et s'y verrait pendant toute l'année. On en tue assez 
souvent à Québec surtout à l'automne et en hiver, de même 
que dans les paroisses environnantes. 

Il niche dans les grands arbres, ordinairement dans des 
conifères ; son nid est gros et se compose de petites bran- 
ches, de joncs, de l'écorce fibreuse des arbres et aussi d'her- 
bes sèches ; ses œufs, au nombre de deux ou trois, sont 
d'un blanc bleuâtre, parfois maculés de brun jatmâtre. Ils 
mesurent 2.30 x 1.70. 

Cet Autour se nourrit particulièrement d'oiseaux tels 
que perdrix, canards, oiseaux de basse-cotir et autres ; il 
mange aussi des lièvres, des écureuils ainsi que d'autres 
petits mammifères ; il est intrépide et vorace, et exerce 
plus de rapines dans les basses-cours et parmi les perdrix 
qu'aucun autre oiseau de proie ; il poursuit sa victime jus- 
que sous les yeux du fermier dont la présence ne le dérange 
nullement. 

Genre BUTEO, Cuvier. 

Ailes plutôt longues et pointues, plus de quatre fois la lon- 
gueur des tarses ; les quatre premières primaires échancrées au 



DK I.A l'KC)\INCI-: DK QUKHEC 199 

bord intérieur ; taille médiorrc et j^^raiule ; tarses scutellés au 
moins sur le devant, eniphunés supérieiirtnient et en avant ; pieds 
plus ou moins robustes. 

Biiteo borealis, ((iMr-i..) \iki.l. 337. 
La Buse a queue rousse. 
Rkh-tailed IIawk, 

Adultes S 9. Tarties supérieures d'un brun noirâtre, diver- 
sement variées de roux jaunâtre, de j^ris et de blanchâtre; queue 
en dessus d'un roux cannelle vif, terminée de blanc, avec une 
bande subterminale noire ; le dessous de la queue est d'un blan- 
châtre perlé, teinté de roux : ses couvertures caudales sujK'rieures 
blanches, ravées de roux cannelle et de brun foncé : parties infé- 
rieures d'un blanc jaunâtre, rayé de brun noirâtre sur la j^orge et 
les côtés de la poitrine, ces raies deviennent plus larges et i)lus 
nombreuses à cet endroit, de manière à former un espèce de bande 
transversale ; une autre bande transversale plus large, de brun 
foncé, sur le ventre ; le reste du dessous est rayé de brun roux, à 
l'exception des couvertures inférieures de la queue et d'une partie 
delà poitrine; primaires noirâtres â l'extérieur, les quatre pre- 
mières atténuées ; iris brun ; pieds jaunes. Longueur du <? 19.00- 
22.50; ailes 13.50-1600; queue S. 50-10. 00. 9 23.00-25.00; ailes 
15.25-17.75 ; queue 9 50-10 50. 

Les jeunes ont les parties supérieures semblables à celles des 
adultes, mais la queue est d'un gris clair â peine teinté de roux, 
avec de huit â dix bandes transversales de brun foncé ; le dessous 
est presque tout blanc, faiblement teinté de jaunâtre ; la bande 
abdominale est réduite à de grandes taches ; une série de petites 
taches entoure la gorge ; les jambes sont ordinairement maculées. 

La Buse à queue rousse habite l'est de TAmérique du 
Nord jusqu'aux prairies, et au nord, jusqu'à la latitude 60° 
et se voit au sud en liiver, jusque dans l'est du Mexique ; 
elle niche sur tout son parcours à l'exception de la partie 
sud. 

Klle est rare et de passage dans Montréal {ll'in(/i')\ 
également rare, mais demeure toute l'année à Anticosti 
{Sc/imiit). A Québec, cette espèce se voit surtout à l'au- 
tomne et il s'en tue quelques-unes chaque année. 

Cette Buse se nourrit particulièrement de petites es- 
pèces de mammifères, de reptiles, de batraciens, d'insectes 
et quelquefois d'oiseaux, mais rarement de ceux de la basse- 
cour. 

Klle niche sur de grands arbres dans l'épaisseur des 
forêts ; son nid est gros, et se compose de petites branches. 



200 LES OISEAUX 

de mousse, d'herbes de diverses sortes. Elle pond deux ou 
trois œufs blancs ou teintés de bleuâtre, souvent maculés 
de roux et de brun de diverses teintes. Ils mesurent 
2.36 X 1.80. La ponte a lieu ordinairement en avril et mai. 

Buteo lineatus, (Gmel.) Vieill. 339. 

I/a Buse à manteau roux. 

Red-shouldered Hawk. 

Adultes S Ç . Toute la tête, le cou et les parties inférieures 
d'un brun orangé ou d'un brun roux, strié de noirâtre sur la tête 
et le cou, et raj-é ou maculé de blanchâtre postérieurement ; reste 
des parties supérieures, d'un brun roux, avec les plumes d'un 
brun foncé au centre ; les petites couvertures des ailes sont d'un 
brun orangé vif; rémiges noires, avec bandes ou taches blanches ; 
les quatre premières primaires atténuées ; queue noirâtre, avec 
bandes blanches ; poitrine ordinairement maculée de blanc ; Lon- 
gueur du ^ 17.50-19.50; ailes II. 25-13. 50; queue 8.00-9.70. 9 
19,00-22.00; ailes 13.35-14.25 ; queue 9.00-10.00 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un brun foncé, avec 
peu ou point de brun orangé sur l'aile ; la tête, le cou et les parties 
inférieures d'un blanc pâle ou blanc jaunâtre, rayé longitudinale- 
ment de brun foncé ; rémiges et queue noirâtres, les premières 
tachetées à la base et à l'extérieur, de brun jaunâtre ; la dernière 
rayée transversalement de nombreuses bandes étroites de brun 
grisâtre pâle ou de brun jaunâtre pâle. 

Cette espèce est distribuée dans l'est de l'Amérique du 
Nord jusqu'aux Prairies à l'ouest, et, au sud, jusqu'au 
Mexique et le golfe de ce nom. 

Elle est assez commune en été aux environs de Québec, 
et probablement dans beaucoup d'autres endroits de la 
province ; M. Wintle la mentionne comm.e commune à 
Montréal. 

Cette espèce niche dans les épaisses forêts et place son 
nid à l'extrémité de grands arbres. Il est construit avec 
de petites branches, des feuilles, des herbes et d'écorce 
d'arbres. Sa ponte est de trois ou quatre œufs blancs ou 
d'un blanc bleuâtre, plus ou moins maculés et pointillés de 
brun de diverses teintes. Ils mesurent 2.15 x 1.75. La 
ponte a lieu en avril ou mai. 

La Buse à manteau roux se nourrit particulièrement 
de petits mammifères nuisibles, tels que mulot, souris, etc., 
ainsi que de grenouilles, d'insectes, de petits serpents, de 



I)|. ( \ l'Riivivi 1 m- ( »rj' lu-'C 2<>I 

vers, (l'a rai»; nées, cl tiiieiejiiciuis u uiscaiix ; elle nt- cIkissc- 
pas les oiseaux de basse-conr. On constate que les mulots 
et les souris forment plus de la uKntié de sa nourriture. 

Soi'SGKNRK TACIIVTKIORCIIIS, Kai'P. 

Les trois primaires extérieures échancrées vers le bout, du 
côté intérieur. 

Buteo swainsoni, P.<>n ai». 342. 

La Buse de Swainson. 

vS W A I NSO N s H A VS K . 

Adulte S . Très variable dans ses teintes. Parties supérieures 
ordinairement d'un brun grisâtre, ou d'un brun foncé, avec les 
plumes bordées parfois de brun roux ; queue traversée j)ar plusieurs 
i)aiides de brun foncé, diminuant en intensité vers la base jusqu'à 
s'effacer presque à la dernière ; couvertures supérieures de la queue 
variées de blanc et de brun roux, avec bandes noirâtres : front, men- 
ton et Jîorge blancs ; poitrine rousse ou d'un roux cannelle, avec 
un trait noir au centre des plumes ; reste des parties inférieures 
d'un blanc jaunâtre, plus ou moins tacheté ou rayé de brunâtre, 
mais ces taches manquent parfois ; iris brun ; pieds et cire d'un 
jaune chrome. Longueur 19.50-20 00 ; ailes 14 40-1600 ; queue 
8 00-9 00 

La 9 a les parties inférieures, à l'exception du menton et de 
la gorge, plus foncées et la poitrine plutôt d'un brun grisâtre, le 
reste du plumage peu difîerent de celui du $ . Longueur 21.00- 
22.00; ailes 14.75-17.25: queue 9.00 - 10.00. 

Des cas de mélanisme se rencontrent chez cette espèce, et les 
individus se montrent alors avec une livrée d'un brun de suie 
uniforme, avec quehjues taches ou bandes de rouille ou de blan- 
châtre sur les couvertures inférieures de la queue 

Les jeunes sont d'un brun noirâtre en dessus, varié de brun 
jaunâtre ; la tète, le cou. la courbure de l'aile et les parties infé- 
rieures sont d'un brun jaunâtre clair, plus ou moins tachetés de 
noirâtre. 

La Buse de Swainson habite le centre et l'ouest de 
l'Amérique du N^ord, depuis la vallée du Missi-ssippi et la 
baie d'Hudson, jusqu'aux côtes du Pacifique, et niche sur 
presque toute cette étendue. En hiver, elle se voit au sud 
jusque dans la République Argentine. 

M. Wintle dit que quelques spécimens ont été abattus 
à Montréal. 

Elle niche sur les arbres, sur des rochers et quelquefois 
à terre ; son nid est composé de petites branches, de feuilles 



202 LES OISEAUX 

et d'herbes liées ensemble. Les vieux nids de corneilles ou 
de gros oiseaux de proie lui conviennent à merveille. Elle 
pond de deux à quatre œufs blancs, maculés et pointillés de 
brun roux et de brun foncé. Ils mesurent 2.21 x 1.70. La 
ponte a lieu vers la fin de mai. 

Cette Buse se nourrit de reptiles, de petits mammifères, 
de batraciens, et quelquefois d'oiseaux ; elle mange beau- 
coup d'insectes, surtout des grosses sauterelles si communes 
dans l'ouest. 

Elle ne semble pas molester les oiseaux de petite taille ; 
on cite comme exemple que des petits oiseaux avaient ins- 
tallé le berceau de leur famille sur le même arbre où l'une 
avait établi son nid, et que d'autres avaient même fixé le 
leur aux parois extérieurs du sien, sans qu'elle songeât à 
les inquiéter en aucune façon. 

Buteo platypterus, (Vieill.) Faxon, 343. 

Iva Buse de Pensylvanie. 

Broad-winged Hawk. 

Adulte $ . Parties supérieures d'un brun foncé, plus intense 
sur le dos, avec les plumes bordées d'une teinte plus pâle ; primai- 
res et secondaires noirâtres au bout et extérieurement, avec beau- 
coup de blanc au bord intérieur ; queue noirâtre, terminée de blanc 
et traversée par de deux à quatre larges bandes d'un gris brunâtre 
clair ou de blanc brunâtre ; parties inférieures variées de blanc et 
de brun fauve ou de roux terne, par bandes transversales, cette 
dernière couleur domine antérieurement, et le blanc est plus pro- 
noncé aux parties postérieures ; région anale presque toute blan- 
che ; côtés du corps et jambes rayées de blanc et de brun roux ou 
de fauve ; la plupart des plumes ont la tige noire. Longueur 
du S 13.25 - 15.00 ; ailes 9.85 - 10.70 ; queue 6.50 - 7.00. Ç 16.00- 
18.00; ailes II. 00-11. 40; queue 7.00-8.00. 

La 9 est peu différente du $ . 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un iSrun noirâtre, 
mélangé de fauve, de brun jaunâtre pâle ou de blanchâtre, cette 
dernière teinte borde les plumes ; côtés de la tête et parties infé- 
rieures d'un blanc pâle ou d'un brun jaunâtre pâle, avec taches 
allongées de noirâtre, plus grande sur la poitrine, les côtés et les 
flancs ; queue d'un brun grisâtre, terminée de blanc et traversée 
par six ou sept bandes noirâtres. 

Cette Buse se voit dans l'est de l'Amérique du Nord, 
depuis le Nouveau-Brunswick jusqu'aux prairies à l'ouest, 
et la région de la Saskatchewan, au sud, jusqu'au Texas, au 



DE LA PROVINCE DE QUÉBEC 203 

Mexique, dans rAinériquc centrale et le nord de l'Amé- 
rique du Sud, ainsi que dans les Antilles. 

On la rencontre assez souvent surtout à rautonme aux 
environs de (Québec et dans les paroisses environnantes, et 
M. Wintle dit qu'elle est commune en été à Montréal. 

Cette espèce niche dans de grands arbres au centre 
d'épaisses forêts ; son nid est construit avec de petites bran- 
ches sèches, de l'écorce fibreuse des arbres, de petites racines 
et de la mousse. Semblable à l'espèce précédente, elle 
s'empare aussi des vieux nids de corneilles ou d'oiseaux de 
proie, pour y faire sa ponte, qui est de deux à quatre œufs, 
d'un blanc grisâtre, avec points et taches de brun foncé, 
et de brun jaunâtre. Ils mesurent 1.90 x 1.54. La ponte 
a lieu vers la fin de mai. 

Cette espèce se nourrit principalement d'insectes, de 
mulots et autres petits mammifères, ainsi que de grenouilles, 
de vers et quelquefois de petits oiseaux. 

Genre ARCHIBUTEO, Brehm. 

Tarses entièrement emplumésen avant et sur les côtés jusqu'à 
la base des doigts ; ailes très longues. 

Archibuteo lagopus Sti-Johannis, (Gmel.) Coues, 347a. 

La Buse pattue d'Amérique. 

American Rough-leoged Hawk. 

Adultes ^ 9- Parties supérieures d'un l)run foncé, avec les 
plumes plus ou moins bordées de blancbàtre et de roux ; tète et 
cou blanchâtres rayes de l)run roux et de noirâtre ; queue ordinaire- 
ment blanche dans sa partie l)asale, terminée de blanc jaunâtre, et 
traversée vers le l)Out par une large bande subterminale grisâtre 
ou noirâtre, précédé d'ordinaire par plusieurs autres de brun foncé, 
plus étroites, irrégulières et souvent interrompues ; bord extérieur 
des primaires noirâtre; l'intérieur avec le dessous des rémiges, 
blancs, rayé de noirâtre sur la plui)art ; toutes les parties inférieures 
sont d'un blanc jaunâtre pâle, avec taches de brun foncé, se rap- 
prochant sur la poitrine, de manière à former une espèce de bande ; 
une large bande de même couleur traverse l'abdomen ; gorge striée 
de brun foncé ; iris brun ; pieds jaunâtres. Longueur du J, 19.00- 
22.00; ailes 15.75-16.80; queue 9.00-10.00. Ç, 21.50-23.50; 
ailes 16.15 -18.00; queue 9.00 -11.00. 

Les jeunes res.semblent assez aux adultes, mais ils pont, en 
général, plus roux et les bandes du dessous se réduisent en séries 
de grandes taches plus ou moins nombreuses. 



204 LES OISKAUX 

Cet oiseau se présente qiielqiiefois avec ini plumage 
d'un noir de suie uniforme plus ou moins foncé, à l'excep- 
tion de la base de la queue qui est blanche. 

Cette Buse varie beaucoup dans la couleur de son 
plumage, et est par conséquent très difficile à décrire, mais 
on peut toujours la reconnaître par ses tarses emplumés. 

La Buse pattue habite toute l'Amérique du Nord, et 
niche particulièrement au nord des Etats-Unis ; à l'automne, 
elle émigré au sud jusque vers le centre des Etats de la 
république voisine. On la dit plus nombreuse dans l'est 
près des côtes que dans l'intérieur. 

Cette Buse se voit assez fréquemment dans la province 
surtout à l'automne et chaque année quelques individus 
sont tués aux environs de Québec. Elle est commune et 
de passage à Montréal ( Wintlé) ; plutôt commune et nichant 
à Godbout ; sa migration vers le sud, commence à la fin 
de septembre et se continue jusqu'en novembre ; pendant 
cette période un grand nombre passent constamment à cet 
endroit {Conicmi). Elle est assez commune, certaines 
années, à Anticosti {Schmiti). 

Elle niche dans les arbres de grande taille, qui croissent 
surtout au bord des rochers ; son nid est composé de petites 
branches, d'herbes de toutes sortes, de mousse, etc. ; sa 
ponte est de deux à quatre œufs blancs ou teintés de bleuâtre 
pâle, avec taches et points de brun foncé. Ils mesurent 
2.21 X 1.78. La ponte a lieu en juin. 

Cette espèce se nourrit presque exclusivement de petits 
mammifères, de grenouilles, etc. Elle fréquente le bord 
des lacs, des rivières, des étangs et autres endroits maréca- 
geux. 

La forte taille et la pesanteur de cet oiseau rend son 
vol moins rapide et ses mouvements plus lents que ceux de 
ses congénères ; voilà pourquoi cette Buse est inhabile à 
capturer les petits oiseaux qui lui échappent lorsqu'elle 
essaie de s'en emparer. 

Genre AQ,UILA, Brisson. 

Bec gros, long, très fort ; ailes longues et pointues, très fortes ; 
queue de longueur mo^'enne, arrondie ou graduée ; plumes de 
l'occiput et du dessus du cou lancéolées et pointues ; tarses entière- 
ment emplumés jusqu'à la base des doigts. 



I)K I.A PROVINCK DK QUEBEC 205 

Aqiiila chrysaetos, Sprunc.i.i, 349. 

L'aigle dore. 

(loi.DKN ivAilLK. 

Adultes <? 9 . Plumage d'un brun foncé, avec de léj,ars reflets 
pourprés en <lessus, phisclair sur la tète, le cou. les couvertures des 
ailes et les jambes, et plus foncé ou noirâtre sur les ailes, la queue 
et le dessous ; les plumes de la tète et du cou, avec celle des jambes 
sont l)<)rdécs de roux jaunâtre doré ; queue blanche à la base ; bec et 
iris brun ; cire tt pieds jaunes. Lonj^ueurdu $ 30.00-35.00; ailes 
23.00- 24 70 ; envergure u à 7 pieds ; queue 14 00 - 15.00. Celle de 
lîi 9 . 35 00 -40 00 ; ailes 25.00 - 27.00 ; envergure 7 a t yi pieds ; 
queue 1 5 00 - 16 00. 

Les jeunes sont plus foncés que les adultes, avec la moitié ou 
même les trois quarts de la queue, depuis la base, blanche, le roux 
jaunâtre n'existe pas sur la tète, le cou et les jambes. 

L'aigle doré est distribué dans toute l'Amérique septen- 
trionale, nin.^i c[ue dans le nord de l'ancien continent. 

Il niche particulièrement dans les réj^ions montagneuses 
de certains endroits des Etats-Unis et du Canada, et se 
montre plus commun dans les Montagnes Rocheuses et près 
des côtes du Pacificiue que dans l'est. 

L'Aigle doré n'est pas absolument rare dans notre 
province, et presque chaque automne j'ai occa.sion d'en voir 
quelques-uns qui sont tués non loin de Québec. M. Wintle 
le mentionne comme rare et de passage à Montréal, et M. 
Comeau dit qu'il n'est pas particulièrement rare àGodbout, 
qu'il en a tué trois, et qu'il sait que six ont été pris au 
piège ; de son côté, ^L le Dr vSchmitt le donne comme assez 
rare à Anticosti. 

Il niche .sur le bord des rochers escarpés ou quelquefois 
stir de gros arbres, et on dit que, dans les montagnes de la 
Californie, où il se montre commun, il niche sur les arbres. 
Son nid, que l'on nomme airc\ est très gros et se compose 
de petites et movennes branches entre-croisées, auxquelles 
il ajoute des herbes desséchées. Sa ponte est de deux, quel- 
quefois trois œufs blancs avec taches de brun roux et de 
lilac. Ils mesurent 2.90 x 2.50. La ponte a lieu en mai. 

L'Aigle est renommé pour sa force et son audace, aussi 
ne vit-il que de grosses proies qu'il capture vivantes, et qui 
se composent de mammifères et d'oiseaux, tels que lièvres, 
jeunes chevreuils, agneaux, ratons, spermophiles, dindons, 



2o6 LES OISEAUX 

perdrix, canards, et autres oiseaux aquatiques et terrestres ; 
à leur défaut il se nourrit de chair putréfiée. Cet oiseau 
est donc nuisible ici, mais dans l'ouest où les spermophiles 
et les lapins abondent, il a sans doute son utilité puisqu'il 
en détruit un grand nombre. 

On dit qu'il vit très vieux et on cite à l'appui de cette 
assertion des exemples de longévité remarquable. 

Les histoires d'enlèvements d'enfants par des aigles, 
cités dans des auteurs européens, ont pris sans doute origine 
dans l'esprit trop fécond de certaines personnes, et il ne 
faudrait y croire qu'avec réserve, car je doute fort qu'un 
aigle puisse s'élever de terre avec un enfant d'un an. Il 
peut arriver cependant qu'un enfant de quelques mois, 
laissé sans surveillance, puisse être enlevé par un de ces 
rapaces affamés. D'ailleurs il y a plus d'un demi siècle 
que l'on ne mentionne plus de cas de cette nature, et les 
Aigles ici comme dans l'ancien continent ont encore le 
même naturel carnassier et sont aussi forts et aussi féroces 
aujourd'hui qu'ils l'étaient alors. 

Genre HALI^ETUS, Savigny. 

Bec fort ; ailes pointues et longues, très fortes ; queue ronde, 
de douze rectrices ; tarses nus dans leur moitié inférieure. 

Haliaeetus leucocephalus, (Linn.) Boie, 352. 

I/'aigle à tête blanche. 
Bald Eagle. 

Adultes $ 9. Plumage d'un brun noirâtre, avec les plumes 
plus ou moins marginées de blanchâtre ; tête, cou, queue et ses 
couvertures supérieures, entièrement blancs ; bec, cire, tarses et 
iris, jaunes. Longueur du $ 30.00-35.00; ailes 20.00 - 25.90 ; 
envergure sept pieds; queue 11.00- 15.25. 9 34.00 - 43,00 ; ailes 
23.50-28.00; envergure sept à huit pieds; queue 12.50-16.00. 

Les jeunes d'un an sont d'un noir presque uniforme, avec les 
plumes blanches à la base, le blanc apparaissant çà et là à travers 
le noir ; iris brun ; pieds jaunes. 

Ceux de deux ans ont les parties supérieures mélangées de 
gris brun et de noirâtre, avec quelque peu de blanc ; queue et par- 
ties inférieures mélangées de blanc. 

Cetjoiseau n'est adulte qu'à la troisième année. 

L'Aigle à tête blanche habite toute l'Amérique du 
Nord, depuis le cercle arctique et le Labrador, au sud 



DE LA PROVINCE DE QUEBEC 207 

jusqu'au Mexique. Il niche sur toute cette étendue dans 
les endroits qui lui convient. 

J'ai occasion a.ssez souvent de voir, à Tautoinne surtout, 
quelques spécimens de cette espèce, tués non loin de Ouébec, 
mais ce sont en ^^rande partie des jeunes. M. W'intlc le 
mentionne comme rare et de passaj^e à Montréal, et M. 
Comeau dit qu'il niche à Godbout, qu'il y est a.ssez commun ; 
il arrive en mars, dit-il, et y demeure jusqu'en décembre et 
jan\icr ; le Dr Schmitt le mentionne comme assez rare à 
Anticosti où il niche sur les arbres. 

La ? place son nid, qui est très f^ros, à l'extrémité de 
grands arbres ou sur des rochers déserts, s'il ne se trouve 
pas d'arbres dans la localité et le construit avec les mêmes 
matériaux que celui du précédent ; elle pond deux œufs 
blancs, rarement trois ; ils mesurent 2.75 x2.io. 




lin Jj. Aigle à tête blanche. 

L'Aigle à tête blanche se nourrit surtout de poissons, 
mais il donne aussi la chasse aux bandes d'oies, de ber- 
naches, de canards et autres gibiers. Il se repaît également 
de cadavres d'animaux, lorsque la faim se fait sentir, et il 
poursuit quelquefois TAigle-Pêcheur pour s'emparer du 
poisson que ce dernier va chercher sous l'eau. 

Lorsqu'il se rencontre dans l'intérieur, il se nourrit 
d'agneaux, de faons, de jeunes porcs, etc. 

Audubon nous fait une peinture frappante des mœurs 
de l'Aigle à tête blanche, lorsqu'il se prépare à donner la 
chasse au Cvgne, un de ses mets favoris : 



2o8 LES OISEAUX 

'' La grande force, l'audace, le courage et le saug froid 
de l'aigle à tête blanche, joints à la puissance de son vol 
sans rival, en font un type éminemment remarquable parmi 
ses frères. Si, à toutes ces qualités, s'unissaient quelques 
dispositions généreuses, il pourrait alors être vanté comme 
un modèle de noblesse. Et cependant le caractère féroce, 
dominateur, tyrannique, qu'il déploie le plus souvent dans 
ses actions, est celui qui convenait le mieux à son état, et 
que le créateur, dans sa sagesse, à dû lui donner, pour le 
mettre mieux à même de remplir le rôle qu'il lui • avait 
assigné. 

" Pour vous donner une idée du naturel de cet oiseau, 
permettez-moi, cher lecteur, de vous transporter sur le 
Mississipi. Laissez votre barque flotter doucement au cou- 
rant des ondes, tandis qu'aux approches de l'hiver s'avan- 
cent, sur leurs ailes sifflantes, des bataillons d'oiseaux 
d'eau qui désertent les contrées du Nord, et cherchent une 
meilleure saison, sous des latitudes plus tempérées. Regar- 
dez : là, tout au bord du large fleuve,raigle, dans une attitude 
droite, est perché sur la dernière cime du plus haut des 
arbres, son œil étincelant d'un feu sombre, domine sur la 
vaste étendue ; il écoute, et son oreille subtile est ouverte 
à. chaque bruit lointain, et de temps à autre il jette un 
regard au-dessous sur la terre, de peur que même le pas 
léger du faon ne lui échappe. Sa femelle est perchée sur 
le rivage opposé, et si tout demeure tranquille et silencieux, 
elle l'avertit par un cri de patienter encore. A ce signal 
bien connu, le mâle ouvre en partie ses ailes immenses, 
incline légèrement son corps en bas, et lui répond par un 
autre cri qui ressemble à l'éclat de rire d'un maniaque ; puis 
il reprend son attitude droite, et de nouveau tout est rede- 
venu silence. Canards de toute espèce, sarcelles, macreuses 
et autres, passent devant lui en troupes rapides et descendent 
le fleuve ; mais l'aigle ne daigne pas y prendre garde, cela 
n'est pas digne de son attention. Tout à coup, comme le 
son rauque du clairon, la voix d'un cygne a retenti, distante 
encore, mais se rapprochant. Un cri perçant traverse le 
fleuve, c'est celui de la femelle, non moins attentive, non 
moins alerte que son mâle. Celui-ci se secoue violemment 
tout le corps, et de quelques coups de son bec aidé par l'action 



DK I.A PROVINCK DK QUEBEC 209 

des muscles de la peau, arraujii^e en un instant sou pluuiaj^e. 
Maintenant le blanc voyageur est en vue ; son long cou de 
neige est tendu en avant, ses yeux sont sur le qui-vive, 
vigilants comme ceux de son ennemi ; ses larges ailes sem- 
blent supporter difficilement le poids de son corps, bien 
qu'elles battent l'air incessamment il paraît si fatigué dans 
ses mouvements, que même ses jambes sont étendues au- 
dessous de sa queue pour la seconder dans son vol. Il 
approche néanmoins, il approche ; et l'aigle l'a marqué pour 
sa proie. Au moment où le cygne va dépasser le sombre 
couple, complètement préparé pour la chasse, s'élance le 
mâle en poussant un cri formidable ; le cygne l'entend, et 
il résonne plus sinistre à son oreille que la détonation du 
fusil meurtrier. 

" C'est le moment d'apprécier toute la puissance dont 
l'aigle dispose : il glisse au travers des airs semblable à 
l'étoile qui tombe, et, rapide comme l'éclair, il fond sur sa 
tremblante victime, qui, dans l'agonie du désespoir, essaie 
par diverses évolutions d'échapper à l'étreinte de ses serres 
cnielles. KUe monte, fait des feintes et voudrait bien 
plonger dans le courant ; mais l'aigle l'en empêche ; il sait 
depuis trop longtemps que par ce stratagème elle pourrait 
lui échapper, et il la force à rester sur ses ailes, en cher- 
chant à la frapper au ventre. Bientôt tout espoir de salut 
abandonne le cygne ; déjà il se sent beaucoup affaibli, et 
sa vigueur défaille à la vue du courage et de l'énergie de 
son ennemi. Il tente un suprême effort, il va pour fuir. , . 
Mais l'aigle acharné, de ses serres le frappe en dessous au 
bord de l'aile, et le pressant avec une puissance irrésistible, 
le précipite obliquement sur le plus prochain rivage. 

" P^t c'est à présent, lecteur, que vous pouvez juger de 
la férocité de cet ennemi si redoutable aux habitants de 
l'air, alors que, triomphant sur sa proie, il peut enfin res- 
pirer à l'aise. De ses pieds puissants il foule son cadavre, 
il plonge son bec acéré au plus profond du cœur et des 
entrailles du cygne expirant ; il rugit avec délices en sa- 
vourant les dernières convultions de sa victime, affaissée 
maintenant sous ses incessants efforts pour lui faire sentir 
toutes les horreurs possibles de l'agonie. La femelle ce- 
pendant est restée attentive à chaque mouvement du mâle, 

14 



2IO LES OISEAUX 

•et si elle ne l'a pas secondé dans la défaite du cygne, ce 
n'était pas faute de bon vouloir, mais uniquement parce 
qu'elle était bien assurée que la force et le courage de son 
seigneur et maître suffiraient amplement à un tel exploit. 
Maintenant la voilà qui vole à la curée où il l'appelle ; et 
dès qu'elle est arrivée, ils fouillent ensemble la poitrine du 
malheureux cygne et se gorgent de son sang " (i). 

Sous-famille FALCONIN^— Faucons. 

Narines petites, circulaires, avec un tubercule osseux au centre, 
ou bien, étroites, verticales et obliques, l'extrémité postérieure 
située plus haut que la partie antérieure ; bec avec une dent sur le 
bord de la mandibule supérieure vers le bout ; extrémité de la man- 
dibule inférieure tronquée ; ailes fortes, longues et pointues ; queue 
courte ; pieds plutôt courts et forts. Ces oiseaux sont de taille 
uioyenne et petite. 

Genre FALCO, Linné. 

Mêmes caractères que ceux de la sous famille. 

Sous-GENRE HIEROFALrCO, Cuvier. 

Tarses très emplumés en avant et sur les côtés dans les deux 
tiers de la moitié supérieure. 

Falco islandus, Brunn. 353. 

I/C Faucon blanc. 

White Gyrfalcon. 

Adultes $ 9. Parties supérieures d'un blanc pur, mais sou- 
vent avec de petits traits noirâtres sur la tête et le dessus du cou ; 
reste des parties supérieures rayé transversalement de noir ardoisé ; 
dessous également blanc, avec ou sans taches, excepté sur les cou- 
vertures inférieures de la queue, ain.si que sur les jambes, qui sont 
presque toujours d'un blanc immaculé. Longueur du $ 21.00- 
22.50; ailes 14.00-1475; queue 8 50-9.50. Celle de la Ç, 23,00- 
24.00 ; ailes 15.50-16.50 ; queue 9.00-10 00. 

Les jeunes ont les parties supérieures rayées longitudinalement 
de noirâtre, et les inférieures ordinairement rayées de cette même 
couleur. 

Le Faucon blanc habite les régions arctiques, y com- 
pris l'Amérique arctique et le Groenland, se rendant parfois 
au sud, en hiver, au Labrador et dans le nord du Maine. Il 



( I ) Audubon. Traduction de Bazin. Scènes de la nature dans les Etats- 
Unis. Tom. 1er, pp. 7.3-76. 



DK LA PROVIN'CK DK QrEHHC 211 

niche au (irocnlaïul, où il est conimun, dans rAnicriciuc 
arctique et sur les iles de la nier de Hehrinj^. 

Deux individus ont été vus par M, Comeau à Godbout 
en 1.S85, dont un fut tué; un autre a été abattu par M. le 
Dr Tremblay, sur la côte nord, il y a quelques années ; il 
y en avait deux m'a-t-il dit ; M. Wintle dit que quatre 
spécimens ont été achetés sur le marché de Montréal par 
M. Kuetzino;, Le Dr Schmitt le mentionne comme rare à 
Anticosti. 

Il niche sur le bord des rochers escarpés ; le nid est 
construit avec de petites branches et des herbes desséchées ; 
sa ponte est de deux ou trois œufs d'un blanc de crème, 
ivec taches de brun roux. Ils mesurent 2.20 x 1.80. 

Sa nourriture consiste principalement en lao^opèdes, 
perdrix, lièvres, et rongeurs de moyenne et de petite taille ; 
ainsi que des canards, des oies et autres oiseaux de mer ou 
de grè\e. 

Falco rusticolus obsoletus, (Gmkl.) Stejx. 354b. 

Le Faucon noir. 
Black Gvrfai.con. 

Adultes $ 9 . Parties supérieures noirâtres, faiblement rayées 
de g^ris bleuâtre sur le dos et le dessus des ailes ; ces marques sont 
souvent peu apparentes ; le dessus de la tète et du cou sont maculés 
de blanc, mais la teinte noirâtre domine souvent ; parties infé- 
rieures blanches avec nombreuses taches de noirâtre ; ces taches 
sont souvent si rapprochées que le dessous paraît parfois entière- 
ment noirâtre, à l'exception des couvertures inférieures de la queue 
qui sont toujours maculées de blanc ; côtés du corps, avec nom- 
breuses bandes ou taches noirâtres ; les cuisses également mar- 
quées de noirâtre. Longueur du $, ailes 14.00-14.60; queue 14- 
75-16.25. Celle de la 9. ailes 14.75-16-25; queue 9.60-10.00. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un brun grisâtre et les 
plumes plus ou moins marginées d'une teinte plus pâle ; les taches 
noirâtres du dessous sont ordinairement aussi larges, ou même plus 
que le blanc ; parfois le dessous est d'un noirâtre uniforme. 

Cette variété habite le Labrador et se voit au sud, en 
hiver, jusque dans le nord de la Nouvelle-Angleterre; elle 
se montre accidentellement au Long Island. 

M. le Dr Schmitt dit qu'on en voit quelques-uns chaque 
été à Anticosti. Plusieurs individus ont été tués aux 
alentours de Godbout {Comeau). Deux ont été abattus en 



212 LES OISEAUX 

1876, dans le voisinage de Maizerets ; ils sont au musée de 
l'Université-Laval. 

Il bâtit son nid avec des herbes marines et des plumes, 
et le pose d'ordinaire sur des rochers ; ses œufs sont peu diffé- 
rents de ceux du précédent. Ils mesurent 2.26 x 1.77. 

Cette espèce se nourrit des mêmes proies que celles du 
Faucon blanc. 

Sous-genre RHYNCHODON, Nitzsch. 

Tarses pas plus longs que le doigt médian sans l 'ongle, souvent 
plus courts ; première rémige plus longue que la troisième. 

Falco peregrinus anatum, (Bonap.) Blasius, 356. 

I/C Faucon pèlerin. 
DUCK Hawk. 

Adultes ^ Ç. Parties supérieures d'un noir ardoisé ou d'un 
cendré bleuâtre foncé, avec les plumes faiblement bordées d'une 
teinte plus claire, et un peu plus foncé sur le dessus de la tête ; 
parties inférieures blanches ou d'un blanc jaunâtre crème, rayé 
transversalement de noirâtre, à l'exception de la gorge et de la 
poitrine qui sont immaculées ou avec quelques rares traits noirâ- 
tres ; le blanc jaunâtre monte sur les côtés de la tête et sépare en 
deux une tache maxillaire noire ; primaires noirâtres à l'extérieur, 
tachetées de blanc ou de blanc jaunâtre au bord intérieur ; queue 
et ses couvertures supérieures régulièrement rayées de noir et de 
gris cendré, avec le bout de la première terminé de blanc ; iris et 
pieds jaunes. Longueur du $ 15.50-18.00; ailes 11. 30-13. 00; queue 
6.00-7.50. Celle de la Ç j8. 00-20. 00; ailes 13.00-14.75; queue 
6.90-9.00. 

Les jeunes sont d'une teinte plus foncée que les adultes ; le 
dessous est d'un jaune d'ocre, rayé longitudinalement de noirâtre, 
à l'exception du menton ; sans traces de bleuâtre sur le dessus du 
corps, dont les plumes sont bordées de roux brun ; les bandes et 
taches claires des ailes et de la queue sont d'un brun roux ; la tête 
et le cou sont maculés de jaune d'ocre; la tache maxillaire est 
noire. 

Le Faucon pèlerin habite toute l'Amérique du Nord et 
niche sur tout son parcours, particulièrement dans les 
régions montagneuses ; à l'automne il émigré au sud jus- 
qu'au Chili. 

J'ai rarement vu cet oiseau aux environs de Québec, 
mais je crois qu'il niche dans les montagnes, au nord de la 
ville, car je me suis procuré iin jeune tué à cet endroit vers 
la mi-juillet, il y a quelques années ; M. Wintle le men- 



DE LA PROVINCE DE QUEBEC 213 

tionnc coinine rare et se voyant en été. Il se voit acciden- 
tellement à Godbont {Conieau). 

Il niche dans nn arbre crenx on snr qnelqnes rochers 
escarpés. Son nid se compose de tiges de grandes herbes, 
d'herbes pins fines et de fenilles. Il pond trois on qnatre 
œnfs d'nn blanc de crème on d'nn brnn ronx, avec des 
taches et des points de brnn roux plus foncé et aussi de 
couleur chocolat. Ils mesurent 2.05 x 1.60. La ponte a 
lieu en juin. 

Cet oiseau fréquente de préférence les lacs, les rivières 
et les rives du fleuve, on se trouvent des canards et autres 
oiseaux aquatiques ou de rivage, etc. et dont il se montre 
très friand. 

Doué d'une grande force pour sa taille, il poursuit sa 
proie avec acharnement et il finit presque toujours par s'en 
emparer, même quand elle est plus grosse que lui ; aussi 
est-il la terreur des oiseaux des localités qu'il fréquente. 

Sous-OENRE TINNUNCULUS, Kaup. 
Tarses à peine plus longs que le doigt médian. 

Falco columbarius, Linn. 357. 

I/C Faucon des pigeons. 

PiGEÛX HawK. 

Adulte $. Parties supérieures d'un gris bleuâtre, avec un 
trait noirâtre au centre de chaque plume ; dessus du cou maculé 
de blanchâtre et de brun jaunâtre pâle ; rémiges noirâtres avec 
nombreuses taches de blanchâtre sur le côté intérieur ; queue ter- 
minée de blanc grisâtre, avec une large bande subterminale noire, 
traversée par trois autres bandes plus étroites de même couleur ; 
les bandes alternantes sont semblables au dos et sont plus étroites ; 
parties inférieures d'un brun jaunâtre pâle ou blanchâtre, raj'é de 
brun foncé, avec le menton, la gorge et le front blancs ; iris brun ; 
pieds jaunes. Longueur du $ lo.oo-ii.oo; ailes 7.40-7.S0 ; queue 
4.65-5.20. Celle de la 9, 12.50-13.25 ; ailes 8.35-8.60 ; queue 

5-30-5-50- 

La 9 a les parties supérieures brunâtres presque unifor- 
mes, avec le sommet de la tOte rayé de noirâtre ; la queue est 
semblable au dos, terminée de blanc et traversée par quatre bandes 
étroites de blanchâtre ou d'un blanc ocreux ; les taches des rémiges 
sont d'un blanc ocreux ; les parties inférieures comme chez le $ , 
mais variant du blanchâtre au brun jaunâtre vif. 

Les jeunes ressemblent beaucoup à la 9.iiiais ils sont plus 



214 LES OISEAUX 

foncés et le dessus est quelquefois marqué de jaune d'ocre; la 
queue est d'un brun foncé, terminée de blanc et rayée de roux. 

Le Faucon des pigeons habite l'Amérique du Nord et 
niche particulièrement au nord des Etats-Unis ; à l'automne, 
il émigré au sud, jusque dans les Indes Occidentales et le 
nord de l'Amérique méridionale. 

Ce petit Faucon, que l'on nomme aussi Emèrillon^ se 
rencontre assez souvent aux environs de Québec, au prin- 
temps et à l'automne. Il est rare et de passage à Montréal 
{]Vintle\ mais il n'est pas rare à Godbout {Comeau). Il 
est assez rare et se voit en été à Anticosti {Schmitt). 

Il niche indistinctement dans une fente de rocher, dans 
un trou d'arbre ou sur les branches ; son nid est construit 
avec de petites branches, de la mousse, etc. Sa ponte est 
de quatre œufs d'un brun cannelle, maculés de brun foncé. 
Ils mesurent 1.50 x 1.22. 

Ce petit Faucon se nourrit d'écureuils, de campagnols 
ou autres petits mammifères, mais particulièrement d'oi- 
seaux, ainsi que de gros insectes. Il est très hardi et il 
attaque souvent des oiseaux de taille plus forte que la sienne, 
il terrasse même une perdrix ; il mange aussi de jeunes 
poulets. 

SOUS-GENRE CERCHNEIS, BOIE. 

Bec petit ; tarses plus longs que le doigt médian, l'ongle excep- 
té ; sexes très différents de teintes. 

Falco sparverius, Linn. 360. 

1/6 Faucon épervier. 

American Sparrow Hawk. 

Adulte $. Couronne et couvertures supérieures des ailes d'un 
cendré bleu, avec une tache sur la première, le dos, le croupion et 
les couvertures supérieures de la queue, d'un roux cannelle vif; 
quelques raies noires se voient sur le dos ; queue semblable au dos, 
terminée de blanc, avec une large bande subterminale noire ; rémi- 
ges noires, lisérées de gris pâle, avec nombreuses taches blanches 
au bord intérieur ; une tache maxillaire allongée, une autre dans 
la région des oreilles, avec trois autres autour de la nuque, noires ; 
parties inférieures blanches, teintées de roux cannelle et plus ou 
moins maculées de noir ; iris brun ; cire et pieds jaunes. Longueur 
du $ 8 75-10.60 ; ailes 6.55-8.05 ; queue 4.20-5.45. Celle de la ç 
9.50-12.00; ailes 6.90-8.15 ; queue 4.50-5.60. 

Le cendré bleuâtre du $ est remplacé chez la J par du roux 



DE I,A PROVINCE DK QUÉBEC 215 

cannelle, et rayé transversalement de noir, ainsi (jue sur le ilos ; le 
dessous est niarfjué de nombreuses haudes brunes ; la queue est 
rayée alternativement et d'une manière irrégulière, de brun roux et 
de noir. 

Les jeunes lui ressemblent. 

Le I-'aucon cpervicr lialjite rAincriquo du Nord, à 
l'est des Montagnes Rocheuses, et au nord, juscju'A la baie 
d'Hudsou ; eu hiver, il se voit au sud, depuis le centre des 
Ktats-Unis, jusque dans le nord de l'Amérique méridionale. 

Cet Oiseau est rare à Montréal en été ( H 'intU% ainsi 
qu'à Godbout {C(»ficau)\ a.ssez rare à Anticosti (Sc/imi//). 
Il est assez commun au printemps et à l'automne aux 
environs de Québec. 

Il niche dans un arbre creux, dans une anfractiiosité 
de rocher ou l)ien, il utilise de vieux trous de pics ; sa 
ponte est de quatre ou cinq œufs, d'un blanc de crème ou 
blanc jaunâtre, avec des taches et des points de brun roux 
et de roux cannelle. Ils mesurent 1.33 x 1.07. 

Il se nourrit de mulots, de souris et surtout d'insectes, 
particulièrement de sauterelles et aussi de petits oiseaux. 
Lorsqu'il aperçoit une proie, il a l'habitude de s'arrêter au 
dessus et d'agiter vivement les ailes, avant de se précipiter 
sur elle. 

Sous F.^MiLLE PANDIONIN.-K— Balbusards. 

Bec sans dent ni échancrure ; pieds très gros et forts ; ongles 
très gros et tous d'égale longueur; doigt extérieur réversible; 
ailes très longues et pointues ; queue courte. 

Genre PANDION, Savigny. 

Mêmes caractères de la sous-famille. 

Pandion haliaetus carolinensis, (Gmel.) Ridgw. 364. 

Le Balbusard d'Amérique. 

American Osprey. 

Adulte (?. Parties supérieures d'un brun foncé uniforme avec 
de légers reflets pourprés sur le dos et les ailes ; les plumes sont 
plus ou moins bordées de blanc : rémiges noirâtres ; queue d'un 
brun foncé avec des bandes d'une teinte plus foncée etterminéede 
blanc ; de grandes taches blanchâtres se voient au bord intérieur 
sur les rectrices latérales ; tète, cou et parties inférieures, blancs ; 
la couronne, le dessus de la tète et du cou. rayés de noirâtre ; la poi- 
trine est plus ou moins maculée de taches de brun noirâtre sous 



2l6 LES OISEAUX 

forme de bande; le blanc est plus ou moins lavé de jaune à cer- 
taines places ; une bande noirâtre sur le côté de la tête à la région 
auriculaire; iris jaune ; bec noirâtre; pieds d'un bleu grisâtre. 
Longueur 20.75-25.00 ; ailes 17.00-21.00 ; envergure 65.00 ; queue 
7.00-10.00. 

La 9 est semblable, mais les taches de la poitrine sont plus 
nombreuses. 

Les jeunes ont toutes les plumes du dessus du corps bordées 
de blanc et le dessous est lavé de jaunâtre. 

Cet oiseau que l'on appelle Aigle-Pêchetir^ habite 
l'Amérique du Nord depuis la baie d'Hudson et l'Alaska, 
et émigré au sud en hiver, dans les Antilles et le nord de 
l'Amérique du Sud. Il niche particulièrement dans la 
partie nord, et se montre commun surtout sur le littoral des 
mers, au bord des fleuves, des lacs ou autres étendues d'eau. 

Il n'est pas absolument rare dans les endroits qu'il 
affectionne, surtout sur les rives du fleuve ; il se montre 
assez commun en été à Anticosti {Schniitt). Quelques cou- 
ples nichent à Godbout [Coineaii). Il est commun et de 
passage à Montréal {Wintle). M. R. Lavoie me dit qu'il 
est commun à la Baie des Chaleurs, cependant en 1882, je 
ne l'ai rencontré à cet endroit qu'à de rares intervalles. 

Il niche presque toujours près de l'eau, dans un arbre 
creux ou quelquefois à terre, et souvent en société ; le nid 
est composé de grosses et de petites branches entremêlées 
de grandes herbes aquatique, de touffes d'herbes fines 
et autres matériaux. Ce nid est très gros et très épais ; il 
atteint souvent un diamètre de quatre pieds. Ses œtifs, au 
nombre de quatre, sont d'un blanc de crème, maculés de 
brun roux oti de brun foncé, quelques-tins même sont sans 
taches. Ils mesurent 2.40 x 1.75. La ponte a lieu vers la 
fin de mai. 

Le Balbusard n'est pas agressif et souffre volontiers 
d'autres oiseaux près de lui, sans leur chercher querelle. On 
cite l'exemple d'un couple de Mainates bronzés qui avait 
établi domicile entre les branches du nid de cet oiseau, et, 
sur un des côtés du même nid, d'un couple d'hirondelles 
bicolore qui y avait également fixé le leur, et l'Aigle- 
Pêcheur les laissait agir en toute sécurité, sans s'occuper 
aucunement d'eux. 

Ses grandes et fortes ailes lui permettent de se maintenir 



DH I,.\ l'ROVINCl-: 1)1-; QUÎîBEC 21 7 

et de se balancer dans les airs avec la plus jurande aisance 
à la recherche de poissons, sa nourriture exclusive ; dès 
qu'il en ai)ert;<Mt un à la surface de Teau, il fond sur lui 
avec la rapidité d'une flèche et l'enlève dans ses serres pour 
le déguster sur un arbre voisin ou sur un rocher. Il s'en- 
fonce nicnie jusqu'à un pied de profondeur sous l'eau, pour 
aller saisir sa proie. Cependant il arrive parfois (jue l'Aiji^le 
à tête blanche é])ie le moment où il pêche un pois.son pour 
se lancer à sa poursuite et le forcer ainsi à lâcher sa jnoie, 
pour s'en emparer lui-même, 

Sous-ORDRK STRIGES — Hihoux, CHOurn'TES, etc. 

Taille ordinairement robuste et raccourcie ; plumage moelleux ; 
tête très j^frosse ; bec court, courbé dès sa base, comprimé, crochu, 
garni d'une cire molle qui est cachée par des plumes ; yeux dirigés 
en avant, entourés d'un cercle de plumes effilées, raides, formant, 
par leur rayonnement circulaire, un disque plus ou moins complet ; 
tarses et doigts emplumés ; doigt externe versatile ; ongles rétrac- 
tiles, très forts, très acérés. Se.xes presque toujours semblables. 

Ces oiseaux sont les seuls de leur classe qui ont une 
conque auditive très grande, qu'ils peuvent ouvrir et fermer 
à volonté, mais cette conque ne fait pas saillie comme celle 
des mammifères. 

Les Hiboux, à raison de leurs gros yeux à pupille 
dilatée, de leur rétine très impressionnable à la lumière, 
ne voient bien que le soir au crépuscule et durant les nuits 
peu sombres; cependant quelques espèces voient assez 'bien 
pendant le jour. Ils chassent de petits quadrupèdes, des 
oiseaux, des reptiles, de gros insectes, etc., qu'ils vont saisir 
à l'improviste, favorisés par les ténèbres et par leur vol 
silencieux. Pendant le jour, ils se tiennent blottis dans des 
trous. Si, pour une raison majeure, un de ces nocturnes se 
montre à la lumière qui l'éblouit et le rend presque aveugle, 
cette apparition est une fête pour tous les Passereaux de 
l'endroit qui viennent à l'envie lui donner des coups de bec 
et d'ailes, jusqu'à ce qu'enfin, barrasse et traqué sans merci, 
l'oiseau de ]\Iiner\e regagne machinalement le bois, remet- 
tant au soir le soin de sa vengeance. 

Quoiqu'ils se nourrissent parfois d'oiseaux et visitent 
de temps à autre la basse-cour, on doit cependant considérer 



2l8 LES OISEAUX 

les Hiboux comme des oiseaux utiles à peu d'exception 
près, car ils détruisent en quantité de petits quadrupèdes 
nuisibles. 

On désigne en général les Hiboux sous le nom de 
Chats-huants ou de Chevêches ; mais ce sont plus particu- 
lièrement les espèces qui n'ont point sur la tête de touffes 
de plumes allongées. 

Les Hiboux habitent les bois, les forêts sombres, les 
rochers, les cavernes, les ruines isolées, quelques-uns même 
se retirent dans des trous. Leurs habitudes nocturnes, 
leurs cris stridents et lugubres ainsi que leur vol silencieux, 
ont contribué à les faire considérer comme des oiseaux de 
mauvais augure. 

Ils construisent des nids grossiers avec des branches 
entre-croisées et les tapissent à l'intérieur d'herbes sèches, 
de plumes, ainsi que d'autres matériaux. 

Famille BUBONID^ — Hiboux, Chouettes, etc. 

Doigt intérieur plus court que le doigt médian ; première rémi- 
ge plus courte que la troisième, et une ou plusieurs des rémiges 
extérieures échancrées ou atténuées au bord interne. 

Genre ASIO, Srisson. 

Disque facial bien développé formant une collerette complète ; 
touffes de plumes du dessus de la tête plus ou moins développées ; 
narines percées au bord de la cire ; bec plutôt faible ; ailes pointues, 
environ deux fois la longueur de la queue ; pieds emplumésjusqu'au 
bout des doigts ; conque auditive très grande. Taille moyenne. 

Asio wilsonianus, (Less.) Coues, 366. 

I/C Hibou à oreilles longues. 

American long-eared Owl. 

Adultes $ 9. Touffes de plumes de la tête très apparentes. 
Parties supérieures finement bigarrées ou vermiculées de brun 
noirâtre, de brun jaunâtre pâle et de blanc grisâtre ; la première 
teinte domine ; parties inférieures également variées de blanchâtre, 
de brun jaunâtre pâle et de brun noirâtre ; cette dernière teinte est 
plutôt sous forme de taches sur la poitrine, et de stries sur le ventre 
et les côtés du corps; rémiges d'un brun noirâtre, raj'ées de brun 
jaunâtre, se transformant en grisâtre vers le bout ; queue d'un 
brun noirâtre, ra3'ée de brun jaunâtre vers la base, se transformant 
également en grisâtre vers l'extrémité ; le dessous des tectrices est 
plus clair ; disque facial en grande partie d'un brun jaunâtre, avec 



DE LA PROVINCK DR QUEBEC 219 

du noir autour (k-s yeux, et entouré d'une bande noirâtre (jui est 
maculée de blanchâtre ; iris jaune. Lonj^ueur 13.00-1^.00; ailes 
II. 50-12. 00; queue 6 00-0.20. La 9 est un peu plus grosse. 

Ce Hibou habite la région lempérce de T Amérique du 
Nord ; il se montre commun et niche sur tout son parcours, 
et émigré à l'automne, au sud ju.squ'au Mexique. 

Il ne se montre pas commun près de Québec en été. Il 
est rare et de passage à Montréal {lViH//f)^(it se voit rare- 
ment il Ciodbout {Conçu h). 

Comme les Hiboux sont des oiseaux nocturnes et qu'ils 
se tiennent pendant le jour cachés dans l'intérieur des 
forêts, il peut très bien se faire qu'ils soient plus communs 
qu'on ne le croit d'ordinaire. 

Il se montre commun dans certains endroits des Htat.s- 
Unis et il affectionne particulièrement les sapins, les pins 
et autres arbres de cette nature, pour y construire son nid 
ou pour se reposer durant le jour. 

Le nid est grossièrement constrtiit avec de petites 
branches à l'extérieur et des herbes à l'intérieur ; il est 
placé sur les arbres et parfois dans un arbre creux oti même 
à terre. Le Hibou s'empare quelquefois de nids abandonnés 
d'oiseaux. Ses œufs, au nombre de trois à sept, sont blancs. 
Ils mesurent 1.55 x 1.25. La ponte a lieu vers la fin de 
mai. 

Il vit particulièrement de petits rongeurs, d'insectes, 
et rarement d'oiseaux. 

Asio accipitrinus, (Pall.) Newt. 367. 

Le Hibou à oreilles courtes. 

Short EARRi) ()\vi.. 

•Adultes $ 9. Touffes de plumes courtes ou peu apparentes. 
Plumage d'un brun jaunâtre pâle ou d'un jaune d'ocre vif, maculé 
de brun foncé, sous forme de bandes aux parties supérieures, 
à la gorj^e et à la poitrine ; ces bandes deviennent plus étroites et 
plus rares sur le reste des parties inférieures où le jaune ocreux 
domine, elles disparaissent sur les jambes et à la ré^ifion anale; 
face blanchâtre, avec du noir autour des yeux ; ailes d'un brun 
foncé, avec de larges taches de jaune ocreux ; queue régulièrement 
rayée de brun foncé et de jaune d'ocre; iris jaune. Longueur 
13.S0-16.75 ; ailes 11.80-1300; queue 5.S0-6. 10. La 9 est plus 
grosse. 

Les jeunes sont d'un brun plus foncé en dessus, et le jaune 



b 



220 i.ES OISEAUX 

d'ocre est plus roux sur tout le corps, avec moins de brun aux 
parties inférieures ; la face est presque noirâtre. 

Le Hibou à oreilles courtes se rencontre dans toute 
l'Amérique du Nord, mais il est plus commun dans les 
régions arctiques en été qu'il ne l'est dans les Etats-Unis. A 
l'automne, il émigré dans ces derniers états. 

M. Wintle dit que ce Hibou est commun et de passage 
à Montréal ; au contaire, à Québec on ne le voit pas bien 
souvent ; il niche cependant dans les bois des alentours, car 
un jeune de cette espèce a été capturé, en duvet, dans le 
bois de Gomin, il y a un certain nombre d'années déjà ; il 
est conservé au musée de l'Université Laval. Il est plutôt 
rare à Godbout où il niche (Comeati) ; mais il est assez 
commun en été à Anticosti {ScJwiitt). 

Il fréquente les endroits marécageux et autres de même 
nature où il chasse pendant la nuit et quelquefois le jour. 
Les petits mammifères nocturnes tels que souris, musarai- 
gnes, taupes et campagnols forment sa nourriture quoti- 
dienne. Il mange atissi des insectes, mais en moins grande 
quantité que le précédent et quelquefois de petits oiseaux. 

Il niche à terre dans l'herbe ; quelques branches, de 
l'herbe et des plumes composent le nid, mais il dépose 
parfois ses œufs simplement sur la terre nue. Il pond de 
quatre à sept œufs blancs. Ils mesurent 1.55 x 1.25. La 
ponte a lieu de mars à mai. 

Genre SYENIUM, Savigny. 

Tête grosse sans touffes de plumes allongées ; bec gros ; disque 
facial relativement petit, pieds gros, ailes rondes ; yeux d'un brun 
foncé ou presque noirs ; bec jaune. Conque auditive très grande. 

Syrnium varium, (Barton,) Preble. 368. 

I/a Chouette du Canada. 

Barred Owl. 

Adultes $ Ç. Parties supérieures d'un brun cendré, maculé 
ou rayé transversalement de blanchâtre, souvent teinté de blanc 
jaunâtre ; face d'un blanc grisâtre, avec d'étroites bandes concen- 
triques brunâtres ; parties inférieures blanchâtres ou d'un blanc 
jaunâtre pâle, rayé de brun transversalement à la partie antérieure, 
et longitudinalement sur le ventre et les côtés ; ailes d'un brun 
pâle, avec bandes blanchâtres ou de blanc jaunâtre pâle ; queue 



UK LA PROVIN'CK DK QUEBEC 221 

de niOmc (.ouleur, traversée par six à huit bandes blanchâtres 'ou 
d'un bbinc jaunâtre pâle. Longueur 19.75-24.00; ailes 13.00- 
14.00 ; (jueue «j.oo. 

Les jeunes difRirent peu des adultes, les bandes et taches sont 
plus grandes. 

La Chouette du Canada habite Test de TAniérique du 
Xord, ù l'ouest jusqu'aux Montagnes Rocheuses, et au 
nord jusqu'il hi Nouvelle-Pxo.sse et Ouébec. 

Nous la voyons frcqueninient surtout à rautomne aux 
environs et même dans la ville de Québec. Elle est com- 
mune toute l'année à Montréal {IVintlc)^ et se voit égale- 
ment pendant toute l'année à Godbout i^Comean) ; mais 
elle est assez rare en été à Anticosti {Sclimitt). 

Elle niche dans un arbre creux ou dans de vieux nids 
d'oiseaux de proie ou de corneilles ; elle pond deux ou trois 
œufs blancs. Ils mesurent 2.cxdxi.6o. La ponte a lieu 
dans le mois de mai. 

Cette espèce est nocturne et chasse rarement pendant 
le jour ; elle est peu farouche et fréquente d'ordinaire les 
endroits boisés, le bord des lacs et des rivières entourés de 
bois ; de plus elle se montre fréquemment dans les lieux 
habités par l'homme et se voit même dans les villes pour 
faire la chasse aux rats. Elle est de taille à capturer des 
perdrix et des lièvres, dont elle se nourrit. Elle mange 
aussi des souris, des écureuils et autres petits rongeurs, des 
écrevisses, des insectes, des grenouilles, etc. 

Elle visite assez souvent les fermes pour se nourrir des 
oiseaux de la basse-cour. 

Cette Chouette fait entendre pendant la nuit, un cri 
très fort qui ressemble assez au rire d'une personne, et que 
l'on peut traduire par ces notes, icaa/i, ivaaha ; ces notes 
répétées lorsqu'il fait nuit dans la forêt, ont quelque chose 
de sinistre pour ceux qui n'en connaissent pas la cause. 

On donne ordinairement aux Chouettes et aux Nyctales 
le nom de Chevêches. 

Genre SCOTIAPTEX. Swainson. 

Tête très grosse, sans touffes de plumes ; bec petit ; disque 
facial grand ; yeux petits ; ailes rondes ; pieds petits ; iris jaune ; 
conque auditive très grande. 



2 22 LES OISEAUX 

Scotîaptex nebulosa, (Forster,) Preble. 370. 

I/a Chouette cendrée. 

Great Gray Owl. 

Adultes (? Ç . Parties supérieures d'un brun grisâtre foncé, 
irrégulièrement maculées de blanc grisâtre, tendant à former des 
bandes transversales très irrégulières; parties inférieures d'un 
blanc grisâtre ou d'un gris pâle, maculé de brun grisâtre sous for- 
me de stries longitudinales antérieurement, et de bandes transver- 
sales sur le ventre et les flancs ; disque facial d'un blanc grisâtre, 
avec de petites bandes concentriques noirâtres ; ailes et queue sem- 
blables au dos, avec plusieurs bandes interrompues de blanc grisâ- 
tre ; ces bandes sont marbrées de brunâtre ; bec jaune pâle ; iris 
jaune. Longueur 2500-30.00; ailes 16.00-18.00; queue 11.00- 
12.50. 

La Chouette cendrée habite le nord de l'Amérique 
septentrionale et se montre au sud, en hiver, jusqu'aux 
limites nord des Etats-Unis. 

Elle se montre accidentellement en hiver à Montréal 
( IVintlé)^ et se voit quelquefois au nord de Québec, jusqu'à 
St-Joachim oii plusieurs spécimens ont été tués à ma con- 
naissance. 

Elle niche dans les arbres ; le nid est fait avec de 
petites branches, de la mousse et du duvet. Ses œufs sont 
au nombre de deux ou trois, et sont blancs. Ils mesurent 
2.16 X 1.70. La ponte a lieu en mai ou juin. 

Elle vit surtout de lièvres, de souris ou autres petits 
mammifères, de même que d'oiseaux. 

Genre CRYPTOGLAUX, Richmond. 

Conque auditive très grande ; tête très grosse, sans touffes de 
plumes ; disque facial complet ; les troisième et quatrième primaires 
les plus longues; pieds très emplumés jusqu'aux ongles; taille 
petite. 

Cryptoglaux tengmalmi richardsoni, (Bonap.) 371. 

I/a Nyctale de Richardson. 

Richardson's Owl. 

Adultes ^9- Parties supérieures avec les ailes et la queue 
d'un brun foncé, plus ou moins maculé de blanc ; ces taches sont 
plus petites et plus nombreuses sur la tête, plus larges et plus épar- 
ses ailleurs ; parties inférieures blanches avec taches allongées de 
brun ; disque facial en partie d'un gris blanchâtre avec du noir 



I)K I,A l'ROVINCE DE QUEBEC 223 

autour (les yeux. L<in;;ueur 9.00-1200; ailes 6.60-7.40; queue 
4.10-4 70. La 9 est un peu plus grosse. 

Les jeunes ont toutes les parties suj)érieures d'un hrun uui- 
fornie : les remises et les rectrices coniuie chez les adultes; les 
parties inférieures brunes antérieurement et d'un jaune d "ocre pos- 
térieurement, sans taches ; la face noirâtre avec du blanc autour 
des yeux. 

Cette Nyctale se voit dans le nord de l'Amérique septen- 
trionale ; à Tantonine, elle émigré an sud jusqu'à la frontière 
nord des Htals-Unis. 

Klle se montre peu souvent à l'automne et en hiver 
près de Québec. Elle est rare et se voit en hiver à Mont- 
réal (///'////<) ; a.ssez rare, elle se remarque pendant toute 
Tannée à Anticosti {Schniii/) ; à Godbout elle est commune 
pendant tout l'hiver {Comeau). 

Cette espèce habite les forêts et elle fait son nid sur 
les arbres ou dans un tronc d'arbre creux ; il est construit 
avec des feuilles et de l'herbe ; .ses œufs, au nombre de 
deux à quatre sont blancs. Ils mesurent 1.35 x 1.14. 

Cette petite Nyctale se nourrit principalement de petits 
mammifères et d'insectes, mais rarement d'oiseaux. 

Cryptoglaux acadica, (Gmkl.) 372. 

I/a Nyctale d'Acadie. 

S.WV-WHET OWL. 

Adultes $ 9 Parties supérieures assez semblables à la précé- 
dente, mais d'un brun un peu plus roux et avec moins de taches 
blanches ; ces taches se transforment en traits sur le dessus de la 
tête ; face d'un gris blanchâtre ; parties inférieures blanches, macu- 
lées de Ijrun roux vif ; pieds sans taches, teintés de brun jaunâtre ; 
rémiges et rectrices de la même teinte que le dos et maculées de 
blanc. Longueur 7. 25-H 50 ; ailes 5.25-5.90 ; queue 2.80-3.25. 

Les jeunes ressemblent à ceux de l'espèce précédente aux âges 
correspondants. 

La Nyctale d'Acadie est distribuée dans l'Amérique 
du Nord, de l'Atlantique au Pacifique ; elle niche dans le nord 
des Etats-Unis, le Canada et dans les Montagnes Rocheuses 
jusqu'au Mexique. En hiver, elle se voit au sud dans les 
Etats-Unis du centre. 

M. Wintle la mentionne comme commune pendant 
toute l'année à Montréal. Mais à Québec elle est plutôt 
assez rare ; elle doit nicher dans les environs, car j'ai tué 



224 LES OISEAUX 

des jeunes de bonne heure en septembre. A Godbout, M. 
Comeau dit qu'elle n'est pas très commune en hiver, et le 
Dr Schmitt dit qu'elle est assez rare à Anticosti. 

Cette espèce qui se tient également dans la forêt, niche 
dans des arbres creux, ou dans de vieux nids de hérons et 
autres oiseaux. Sa ponte est de quatre à six œufs blancs. 
Ils mesurent 1.20 x i.oo. 

C'est la plus petite de nos espèces de Rapaces nocturnes. 
Elle se nourrit de petits mammifères, de gros insectes et 
quelquefois de petits oiseaux. 

Son cri aigre et perçant, semblable au bruit que fait 
une lime sur les dents d'une scie, lui a valu le nom anglais 
qu'elle porte. 

Genre MEGASCOPS, Kaup. 

Narines grandes, ovales, ouverture située au bord antérieur 
de la cire ; oreilles visibles ; ailes longues, environ deux fois la 
longueur de la queue ; cette dernière est ronde et courte. Taille 
petite. 

Megascops asio, (Linn.) Stejn. 373. 

Le Hibou maculé. 

SCREECH OWL. 

Adultes <J 9 . Parties supérieures d'un gris brunâtre délicate- 
ment maculées de la même couleur, mais d'une teinte plus ou 
moins foncée, avec de fines stries irrégulières de noir, au centre 
des plumes, surtout sur le dessus de la tête ; bord extérieur de la 
plupart des scapulaires en partie blanc avec le bout noir ; une bande 
blanche sur le bord de plusieurs des couvertures extérieures des 
ailes ; rémiges noirâtres, avec le bord extérieur marqué de taches 
blanches ou de blanc jaunâtre ; le côté intérieur et les secondaires, 
avec bandes noirâtres foncées et plus claires ; parties inférieures 
maculées de blanc ou de blanc grisâtre, de brun jaunâtre pâle et 
de noirâtre, cette dernière couleur occupe le centre des plumes sous 
forme de petites bandes ; de fines raies ou ondulations transver- 
sales de noirâtre se remarquent aussi à ces endroits ; face d'un 
gris blanchâtre, avec de petites bandes concentriques brunâtres ; 
iris jaune. Longueur 7.50-10.00; ailes 6.00-7.10; queue 3.05— 
3 5io. 

Cet espèce est très variable dans ses couleurs ; elle se montre 
aussi avec un plumage d'un roux de rouille vif, avec quelques 
traits noirâtres, particulièrement en dessous où ils se transforment 
en petites bandes ; du blanchâtre se remarque aussi en cet endroit ; 
les ailes et la queue sont traversées par des bandes noirâtres. 

Cette variété de couleur n'est due, paraît. il, ni au sexe, ni à 



DK I.A PROVINCE UK QUÉBEC 225 

l'A^e. ni aux saisons; souvent aussi ils apparaissent avec un 
mélange de la couleur des deux individus à la fois. 

Cette Chouette, qui est coininune, liabite l'est des 
Etats-Unis, au nord, jusqu'aux provinces anglaises, au sud 
jusqu'à la (leorgie et, à l'ouest jusqu'aux prairies, et se voit 
accidentel leuR-nt en Atij^leterre. 

M. Winllc dit que cette espèce se voit quelquefois à 
Montréal et dans les deux phases de sou plumatre. 

Elle niche dans le creux d'un arbre ou dans une 
souche, parfois dans l'anj^le de vieilles granges ; son nid est 
construit avec de petites branches, des feuilles et des plu- 
mes ; ses œufs, de quatre à six, sont blancs. Ils mesurent 
1.40 X 1. 20. La ponte a lieu en avril ou mai. 

Elle se nourrit de petits mammifères, principalement 
de souris ou autres petits ronjj^curs, aussi de reptiles, de 
batraciens, d'insectes, de larves, d'écrevisses et de petits 
poissons, qu'elle pêche avec beaucoup d'habilité, et parfois 
de petits oiseaux. 

Genre BUBO, Duméril. 

Touffes de plumes de la tète très longues, ressemblant à des 
oreilles de mammifères ; narines ovalaires, situées dans le bord de 
la cire ; bec fort, noir, non caché par des plumes ; ailes plutôt cour- 
tes ; deux ou trois rémiges extérieures atténuées à l'extrémité et 
au bord intérieur; pieds très emplumés jusqu'aux ongles. 

Bubo virginianus, (Gmel.) Bonap. 375. 

Le Duc de Virginie. 

Great horned Owl. 

Adultes <?Ç. Parties supérieures, avec les ailes, délicatement 
vermiciiléesde noirâtre, de blanchâtre ou de grisâtre et de brun jau- 
nâtre pâle ; parties inférieures blanches finement rayées ou vermi- 
culées transversalement de noirâtre et teintées de brun jaunâtre 
pâle, avec des taches de noirâtre sur la poitrine, le dessus et les 
côtés du cou ; queue semblable au dos, avec des bandes transver- 
sales de brun roux et de noirâtre sur la plupart des rectrices ; les 
bandes de brun roux sont marbrées de brunâtre ; rémiges traver- 
sées par de larges bandes irrégulières noirâtres ; touffes des plumes 
de la tête noires et d 'un brun jaunâtre ; une tache noirâtre au-dessus 
de l 'œil ; gorge blanche ; bord du disque facial noir ; bec et ongles 
noirs; irisjaune. Longueur du <? 18.00-23.00 ; ailes 14.50-15.25 ; 
queue 8.25. 9 22.00-25.00 ; ailes 16,00; queue 9.00. 

Les jeunes ont une livrée d'un brun jaunâtre pâle ou de cou- 

15 



226 LES OISEAUX 

leur ocreuse, rayé partout de noirâtre ; les ailes et la queue sembla- 
bles aux adultes. 

Le plumage de cet oiseau est difficile à décrire, car il offre des 
teintes variant presque à l'infini. 

Cet Oiseau habite l'est de l'Amérique septentrionale ; 
à l'ouest jusqu'à la vallée du Mississippi et du Labrador 
à Costa-Rica. 

Il est commun dans le voisinage de Québec pendant 
toute l'année, mais surtout à l'automne et en hiver ; aussi 
à Montréal d'après M. Wintle. M. Comeau le signale comme 
plutôt commun à Godbout pendant toute l'année. Il se 
voit aussi à St. Denis où il niche, et se montre également 
dans un bon nombre d'autres localités. 

La 9 construit un gros nid, composé de petites bran- 
ches, de feuilles, de l'écorce fibreuse des arbres, etc. qu'elle 
pose dans l'angle de deux branches, à une distance de vingt à 
cent pieds de terre. Elle pond deux ou trois œufs blancs. 
Ils mesurent 2.25 x 1.85. La ponte a lieu en mars ou avril. 

Il se nourrit de lièvres, de ratons, de belettes, de souris, 
de mulots ou autres petits mammifères ; il mange aussi des 
reptiles, des poissons, des crustacés, des insectes et des 
oiseaux. 

Il est très friand des oiseaux de basse-cour, et il cause 
souvent des torts considérables aux cultivateurs, lorsqu'il 
se rencontre près des fermes. 

A l'exemple de l'Epervier brun, de celui de Cooper et 
de l'Autour à tête noire, il est un grand destructeur d'oi- 
seaux domestiques, il en tue souvent plus qu'il ne peut en 
consommer, se contentant presque toujours de ne manger 
que les têtes. 

Ce Hibou habite les forêts et fréquente surtout les 
bois voisins des lacs et des rivières, ainsi que les plaines 
humides. 

Il se tient caché dans l'épaisseur du bois pendant le 
jour oii il sommeille, mais s'il arrive qu'il soit dérangé de 
sa retraite, comme il voit très peu en pleine lumière, il 
cherche de suite un arbre ou une clôture pour s'y poser et 
attendre là, que les ténèbres soient venues pour se livrer à 
la chasse. Pendant ce temps, si des Corneilles, des Geais ou 
autres petits oiseaux l'aperçoivent, ils viennent tous à 



DK L.\ PROVINCE DE QUEBEC 22 7 

rciivie pour lui donucr des coups de bec et d'ailes, se tenant 
toutefois à distance de son bec et de ses griffes, jusqu'à ce 
qu'ctifin, le Hibou barrasse par ces volatiles, gagne le bois 
pour se caclier dans un fourré. 

Le Duc de Virginie est le plus remarquable de nos 
Hiboux, et un de ceux qui attire le plus notre attention 
par sa grande taille, ses grands yeux jaunes, ainsi que par sa 
tête ornée de touffes de plumes, ce qui lui dcmne une sin- 
gulière apparence; de plus, si l'on ajoute qu'il est nocturne 
et que le cri de //ou^ Innt^ qu'il fait entendre pendant la nuit 
dans la forêt est vraiment sinistre, on comprend facilement 
qu'il puisse inspirer une certaine frayeur aux personnes 
qui l'entendent pour la première fois ; aussi, bien des 
légendes ont été brodées sur ses exploits fictifs. Mais c'est 
surtout à propos de son congénère d'Europe, qui lui res- 
semble, que ces histoires ont été inventées par les, poètes et 
les romanciers. 

Bubo virginianus saturatus, Ridgw. 375c. 

Le Duc noirâtre. 
Dlskv Horned Owl. 

Adultes $ 9- Tout le plumage est beaucoup plus foncé que 
celui du précédent, avec peu ou point de brun jaunâtre ; la face 
est d'ordinaire d'un brun de suie, avec du gris blanchâtre. Même 
taille que le précédent. 

Cette Variété habite la côte du Pacifique, depuis la 
Californie jusqu'à l'Alaska, et se rencontre aussi au La- 
brador. 

D'après M. Wintle un de ces individus a été tué à 
Boucherville en février 1892. 

Ses habitudes et son mode de nidification sont les 
mêmes que chez l'espèce précédente. 

Genre NYCTEA. Stephens. 

Disque facial incomplet ; bec presque caché sous les plumes 
de sa base; pieds très emplumés jusqu'aux ongles; couvertures 
inférieures de la queue atteignant le bout des rectrices ; touffes de 
plumes de la tête rudimentaires ; les quatre plumes extérieures des 
rémiges atténuées au bord intérieur et au bout. 



228 LES OISEAUX 

Nyctea nyctea, (Linn.) Light. 376. 

Le Harfang. 

Snowy Owl. 

Adulte $. Plumage d'un blanc pur, plus ou moins marqué 
de taches ou de petites bandes de brun noirâtre, de forme et de 
grandeur variables ; ces taches sont plus petites sur la tête, et plus 
grandes ailleurs ; elles se voient surtout sur le dos, les scapulaires, 
les rémiges et la queue, mais le blanc domine pour la plus grande 
partie ; les parties inférieures sont quelquefois rayées transver- 
salement d'étroites bandes, sur le ventre, les côtés et les flancs. 
On rencontre des individus qui sont entièrement blancs, avec quel- 
ques rares taches de brun noirâtre vers le bout des rémiges, mais 
ils sont bien rares ; iris jaune, bec et ongles noirs. Longueur du 
$ 20.00-23.00; ailes 15.50-17.30; queue 9.00-9.70. Celle delà 9 
23.00-27.00; ailes 17.30-18.70; queue 9.70-10.30. 

La Ç est beaucoup plus maculée ou rayée que le <J et cela par 
tout le corps, ce qui lui donne une apparence beaucoup plus foncée, 
de telle sorte que parfois le brun noirâtre paraît l'emporter sur le 
blanc ; la face, le devant du cou supérieurement, le milieu de la 
poitrine et les pieds sont d'un blanc immaculé. 

Les jeunes sont plus maculés de brun que les adultes. 

Le Harfang, mieux connu sous le nom de Hibou blanc^ 
habite Le nord de l'hémisphère septentrional et niche en 
dedans du cercle arctique. En Amérique, il se voit au sud, 
jusque dans le nord des Etats-Unis et parfois jusqu'à la 
Caroline du sud, au Texas, à la Californie et dans les Ber- 
mudes. 

Pendant certains automnes, il se montre très commun, 
dans les environs de Québec, à St-Denis de Kamouraska, et 
dans plusieurs autres paroisses sur la rive sud du fleuve. 
M. Comeau le mentionne comme commun, mais très irré- 
gulier à Godbout. Il se voit souvent aussi en grand nom- 
bre sur plusieurs endroits de la côte nord. M. Wintle 
dit qu'il est commun à Montréal ; il en est de même à Anti- 
costi d'après le Dr. Schmitt. 

Il se nourrit de lièvres, d'écureuils, de rats musqués et 
autres petits mammifères, de canards, de lagopèdes et d'oi- 
seaux plus petits, ainsi que de poissons. J'ai trouvé un 
jour dans l'estomac de l'un d'eux, un pigeon de mer (C 
gryllé) presque en entier ; il ne manqitait que les ailes et 
une patte. 

Il niche à terre, et construit son nid avec de petites 



DK I.A PROVINCE DE QUEBEC 229 

branches, du foin, des herbes fines et de la mousse ; ses 
(L'ufs, au nombre de deux ;\ huit, sont d'un blanc lustré. 
Ils mesurent 2.25 x 1.75. La ponte a lieu en juin. 

Le Hibou blanc chasse aussi bien le jour que la nuit 
pour se procurer de la nourriture et lorsque la forC-t ne lui 
en fournit pas a.ssez, il s'approche des fermes dans l'espoir 
de rencontrer quelques proies ; c'est alors qu'on peut le 
voir perché sur le toit des granges, sur un arbre ou encore 
sur une clôture, attendant qu'une proie s'offre à sa vue. 
Dans ces circonstances il tombe souvent victime du plomb 
meurtrier, si un chasseur l'aperçoit. 

Genre SURNIA, Duméril. 

Tête sans touffes de plumes ; ailes de neuf pouces de lon- 
gueur ; queue graduée, plus des deux tiers de la longueur de l 'aile ; 
pieds emplumés jusqu'aux ongles, troisième primaire la plus 
longue. 

Surnia ulula caparoch, (Mull.) Stejx. 367a. 

La Chouette épervière d'Amérique. 

American IIawk Owl. 

.Vdultes $ 9 • Parties supérieures avec les rémiges et la 
queue brunes, maculées de blanc, sous formes de grandes taches 
sur les scapulaires et de petites bandes transversales sur les rec- 
trices ; dessus de la tète et du cou noirs, finement maculés de blanc ; 
une tache allongée noirâtre sur les côtés du cou vers la partie 
supérieure, avec une autre de même couleur, derrière les oreilles ; 
face d'un gris blanchâtre ; reste des parties inférieures, blanc, rayé 
transversalement de brun roux, plus ou moins foncé et souvent 
lavé de grisâtre sur la poitrine. Longueur 14.75-17.50, ailes 9.00 ; 
queue 6.80-7.00. 

Les jeunes sont d'une couleur moins vive, le blanc est moins 
pur et plu.s rare sur le dos ; le dessous est lavé de brun de suie sur 
la poitrine, les raies sont moins apparentes, plus larges postérieu- 
retnent et plus petites en avant. 

La Chouette épervière habite le nord de l'Amérique 
septentricnale et niche depuis le centre du Canada, au nord, 
jusque dans les régions arctiques. A l'automne, elle émigré 
au sud, jusque dans le nord des Etats-Unis. 

Klle se montre parfois commune à l'automne et en 
hiver dans le voisinage de Québec, à l'île d'Orléans et sur 
la côte de Beaupré. Elle est rare à Montréal iU'inf/i'), 



230 LES OISEAUX 

et commune à Godboiit {^Comeaii)^ ainsi qu'à Anticosti 
{Schniitf). 

La ? nielle sur les arbres, surtout parmi les conifères 
ou quelquefois dans un tronc d'arbre ; son nid se compose 
de branches, de feuilles et de grosses herbes ; elle pond de 
deux à six œufs blancs. Ils mesurent 1.50 x 1.20. La 
ponte a lieu en mai. 

De toutes nos Chouettes, elle est une de celles qui 
voient le mieux durant le jour, aussi préfère-t-elle ce temps 
pour chercher sa nourriture. 

Elle se nourrit de petits mammifères, de gros insectes, 
de petits oiseaux, et, pendant l'hiver, elle chasse aussi des 
lagopèdes. 

Ordre COCCYGES— Coucous, etc. 

Doigts deux en avant où, s'il y en a trois, celui du milieu est 
réuni à sa base avec le doigt extérieur au moins jusque dans sa 
moitié ; rectrices ni raides ni pointues ; bec non taillé en ciseau. 

Cet ordre se subdivise en deux sous-ordres. 

Doigt deux en avant et deux en arrière CucuLi. 

Doigt trois enjavant et un en arrière Alcyones. 

Sous-ordre CUCULI — Coucous. 

Deux doigts en avant et deux en arrière ; bec aussi long que la 
tête, comprimé, avec ses bords lisses et sans échancrure ; narines 
nues ; tarses presque ou aussi longs que le doigt antérieur le plus 
long, quelquefois plus long même, et nus dans sa plus grande 
partie, inférieurement ; doigts antérieurs libres. 

Famille CUCULID^— Coucous. 

Mêmes caractères du Sous-ordre. 

Les Coucous sont des oiseaux farouches qui vivent 
solitaires dans la forêt, et se montrent quelquefois dans les 
vergers, les bocages et les jardins ombragés ; leurs formes 
sont élégantes et leur vol est léger et rapide. 

Ils se nourrissent d'insectes, de larves, de vers et quel- 
quefois de baies. Ils ne dédaignent pas non plus les œufs 
de Passereaux, lorsqu'ils en rencontrent ; mais ceci ne sem- 
ble pas entrer dans leurs habitudes. 

Les deux espèces qui habitent notre province durant 



DK I.A l'ROVINCK DK QUKHKC 23 1 

l'ctc, font leurs nids snr des arbres, mais il arrive fjnekjne- 
fois aussi qu'ils pondent leurs œufs dans des nids étrant^ers, 
à l'exemple de leur conj^énùre d'Kurope. 

SorsFAMiM.K CoCCVZIN.lv — CoucoLs d'Amérique. 

Hl-c moins de moitié aussi haut que long ; queue graduée, un 

peu plus loii^Uf quL* l'aile et de dix rectrioes. 

Genre COCCYZUS, Vieillot. 

Bec pas plus long que la tète ; mandibule supérieure faible- 
ment recourbée vers le bas, dans la plus jurande partie de sa lon- 
gueur ; tarses plus courts que le doigt extérieur de devant, l'on- 
gle compris ; ailes pointues. 

Coccyzus americanus, (Lixx.) Bonap. 387. 
Le Coucou à bec jaune. 
Vkllow-billed Cuckoo. 

Adultes <î 9 • Parties sujjérieures d'un gris olive à reflets 
bronzés, avec la plus grande partie des rémiges d'un roux cannelle 
vif, au bord intérieur, et teinté de cette même couleur sur le côté 
extérieur ; parties inférieures blanches, lavées parfois de cendré 
pâle ; rectrices centrales semljlal)les au dos, le^^ autres noires, plus 
ou moins terminées de blanc ; mandibule supérieure et l'extrémité 
de l'inférieure, noires, le reste jaune. Longueur i [.00-12.70; 
ailes 2.61 ; queue 6.07. 

Les jeunes diffèrent des adultes par la queue, qui est d'un noir 
brunâtre, et par le blanc du dessous, qui est moins prononcé et 
plus restreint. 

Le Coucou à bec jaune habite l'est des Etats-Unis 
jusqu'aux prairies ; il niche depuis la Floride jusqu'au 
Xouveau-Brunswick, le Canada et le Minnesota. En hiver, 
on le rencontre au sud jusqu'à Costa-Rica et les Antilles. 
Il est généralement commun dans les endroits qu'il fré- 
quente. 

M. Wintle dit' qu'il est rare à Montréal, quelques spéci- 
mens ont été tués sur l'île. M. W. Baillargé en a tué un 
à St-Michel de Bellechasse, dans l'été de 1900 ; il avait 
encore dans son bec une chenille de l'espèce du ï'auessa 
auliopa. 

Il niche sur les branches inférieures des arbres, à une 
distance de cinq h. quinze pieds du sol ; son nid est composé 
de petites branches, de l'écorce fibreuse des arbres, 



232 LES OISEAUX 

d'herbe, de mousse et de quelques filaments cotonneux ; 
il pond trois ou quatre œufs, d'un vert bleuâtre uniforme. 
Ils mesurent 1.27 x 0.89. La ponte a lieu en mai ou juin. 

Ce Coucou pond souvent ses œufs à des intervales de 
plusieurs jours, de sorte qu'il arrive quelquefois que l'on 
rencontre dans un même nid, des jeunes oiseaux, en même 
temps que des œufs. Cette espèce dépose parfois ses œufs 
dans des nids étrangers, tels que dans ceux du Jaseur du 
Cèdre, de la Grive de la Caroline, du Merle etc. 

Les notes suivantes : cou^ coîi^ coii^ que cet oiseau répète 
lui ont valu le nom qu'il porte, et quelques personnes supers- 
titieuses croient, lorsqu'il les fait entendre, que c'est un 
présage de pluie, ou, ce qui est plus grave, un avant coureur 
d'un malheur quelconque. 

Coccyzus erythrophthalmus, (Wills.) Bonap. 388. 

I<e Coucou à bec noire. 

BLACK-BILTvED Cuckoo. 

Adultes $ 9. Parties supérieures d'un gris olive uniforme, à 
reflets bronzés ; parties inférieures blanches, lavées parfois de grisâ- 
tre sur les côtés du corps et sur la poitrine, et de gris jaunâtre sur 
le menton et la gorge ; rectrices avec un peu de blanc au bout à 
l'exception de celles du centre; bord des paupières rouges; bec 
noirâtre ; mandibule inférieure teintée de bleuâtre. Longueur 
II. 00-12. 70; ailes 5.12-5.65 ; queue 6.25-7.00. 

Les jeunes diffèrent peu des adultes, mais ils ont le dessus 
d'un brun pâle, avec de légers reflets bronzés, plus grisâtre sur la 
queue, et avec moins de blanc au bout ; le dessous est semblable 
aux adultes. 

Le Coucou à bec noir habite l'est des Etats-Unis 
jusqu'aux Montagnes Rocheuses, au nord, jusqu'au La- 
brador, au Manitoba et l'est de l'Assiiiiboine ; en hiver, il 
émigré dans l'Amérique centrale et du sud. 

On rencontre assez souvent cet oiseau aux alentours 
de Québec, et je me suis procuré plusieurs nids, des œufs, 
et des jeunes, qui ont été capturés dans la forêt à la Jeune 
Lorette. M. Wintle dit qu'il niche et qu'il est commun à 
Montréal. 

Cet oiseau a les mêmes mœurs que celles de son con- 
génère ; il niche également dans les arbres, et son nid est 
fait avec les mêmes matériaux ; ses œufs sont aussi de 



I)K LA l'ROVINCK DE QUÉBEC 233 

incnie teinte, mais ils sont i^lns petits et nn pen plus foncés. 
Ils mesurent 1.14x0.79. 

Comme la précédente, cette espèce dépose qnehiuefois 
ses œufs dans des nids étranj^^ers. 

Sous-ORDKK AI.CVONKvS — Martins-Féciikurs. 

Trois doigts situés en avant et un en ;irrière. 

Famii.i.k ALCEDINID^— Maktins-PÊcheurs. 

Tête grosse ; bec plus long que la tête, gros, fort et pointu, 
dont l'ouverture se prolonge jusque au-dessous des yeux, avec ses 
bords droits et lisses chez notre espèce ; narines basales atteignant 
les plumes du front ; pieds trùs petits et faibles ; tarses exlrCnie- 
nient courts, environ la moitié de la longueur du doigt médian et 
réticulés en avant ; doigt postérieur toujours très court ; ailes 
longues, de dix primaires ; queue courte de douze rectrices. 

Les Martins- Pêcheurs vivent solitaires; on les ren- 
contre au bord des rivières, des étants et des lacs ; ils se 
nourrissent d'insectes, de larves aquatiques et particulière- 
ment de petits poissons ; ils volent avec beaucoup d'agilité 
au-dessus des eaux et saississent, en plongeant, le poisson 
qui apparaît à la surface, puis ils vont se poser sur un 
arbre voisin, pour le déguster à leur aise ; d'autres fois, 
perchés sur une branche au-dessus du courant, ils attendent 
qu'un poisson se montre à découvert et dès qu'ils l'aper- 
çoivent, ils plongent avec tant de rapidité qu'ils le manquent 
rarement Ils ont parfois l'habitude de s'arrêter quelques 
instants au-dessus de leur proie et de battre vivement des 
ailes avant de s'en emparer. 

Genre CERYLE. Boie. 

Tête ornée d'une huppe ; ailes longues et pointues. 

Sous-GKNRE STREPTOCKRVLK, Bonaparte. 

Ailes plus de six pouces de longueur; tarses aussi longs que 
le doigt postérieur et beaucoup plus courts que le doigt intérieur. 

Ceryle alcyon, (Lixn.) Boxap. 390. 

Le Martin-Pêcheur. 

BlCLTEO IvlNGFISHER. 

Adulte $. Parties supérieures, une large bande pectorale et 
les côtés du corps, d'un bleu terne ou bleu de plomb, avec un 



234 LES OISEAUX 

petit trait noir au centre des plumes ; couverture? supérieures des 
ailes fréquemment pointillées de blanc ; rémiges et rectrices noires, 
avec les pennes de ces dernières marquées de petites taches blan- 
ches sur les deux côtés ; celles du centre sont plus ou moins tein- 
tées de la couleur du dos ; les rémiges sont en partie blanches 
du côté intérieur ; la paupière inférieure, une tache en avant de 
l'oeil, un large collier à peine interrompu en arrière et le reste du 
dessous, d'un blanc pur ; bec noir, plus pâle en dessous ; pieds 
noirâtres. I^ongueur ri. 00-14.00 ; ailes 6.00-6.50 ; queue 3.80 - 
4-30- 

La 9 a les côtés du corps et la bande de la poitrine d'un brun 
roux vif. 

Le Martin-Pêcheur habite toute l'Amérique du Nord ; 
il niche depuis le sud des Etats-Unis jusqu'à l'océan Arcti- 
que, et se rencontre en hiver, dans le sud des Etats-Unis, 
jusqu'à Panama et aux Antilles. 

Il niche dans un trou qti'il creuse lui-même sur une 
des rives escarpées et à pente inclinée, des lacs, des rivières ou 
cours d'eau ; ce trou, qui peut atteindre une profondeur de 
six à huit pieds, est percé en ligne droite ou légèrement 
courbée ; le fond en est élargi pour qtie l'oiseau puisse s'y 
retourner avec facilité ; le nid est ordinairement sittié à 
deux ou trois pieds du sommet de la rive. Le Martin- 
Pêcheur utilise quelquefois pour cette fin de vietix nids 
d'hirondelles qui nichent également dans des trous, et qu'il 
agrandit selon ses besoins. Il pond de cinq à huit œufs, 
d'un blanc lustré. Ils mesurent 1.35 x 1.05. La ponte a 
lieu en juin. 

Tout le monde connaît le Martin-Pêcheur, qui est com- 
mun dans notre province ; en effet, il n'y a pas de rivières, 
de lacs, d'écluses de moulins où l'on ne rencontre au moins 
un cottple de ces oiseaux. On le voit presque toujours per- 
ché sur une branche sèche sittiée au-dessus du courant, 
attendant là, immobile, qu'un poisson se montre à la surface 
du liquide. Dès qu'il en aperçoit un, d'un vol rapide, il va 
le chercher sous l'eau et vient le dégtister sur sa branche. 
D'autres fois il recherche sa proie en voltigeant au-desstis 
de l'eau, et aussitôt qu'il la voit, il se précipite sur elle. 

Le Martin-Pêcheur à la faculté de rejeter par le bec, 
les matières non digérables, comme les écailles de poissons 
et les petits os, ainsi qtie l'attestent ces résidtis que l'on 
trouve au fond de son nid. 



DK LA PROVINCE DK QUEBEC 235 

Lorsque cet oiseau ne peut capturer de poisson, sa 
nourriture principale, il manjj^e d'autres petits animaux tels 
que serpents, lézards, ^grenouilles, écrevisses, sauterelles, 
etc. 

Ordre PICI— Pics. 

Ce groupe, dans notre faune, renferme des oiseaux dont les 
doiprts sont disposés par paires, l'une située en avant et l'autre en 
arrière ; les phalanges hasales des doigts sont courtes ; les ailes 
de dix primaires, avec leurs couvertures assez courtes ; la queue de 
douze pennes rigides et accuminées : le bec droit ou peu courbé, 
fort, dur, pointu ou tronqué, à mandibules égales ; la langue ordi- 
nairement extensible ; les tarses courts ; les ongles gros, assez 
forts et crochus ; l'iris généralement brun. 

Famille PICIDJE— Pics. 

Mêmes caractères que ceux de l'ordre. 

Cette disposition des doigts, chez les Pics, leur permet, 
aidés de leur queue comme point d'appui, de se maintenir 
verticalement sur les arbres et d'y marcher avec facilité ; 
aussi sont-ils tous d'excellents grimpeurs. Ils vivent dans 
les forêts solitaires et sont craintifs et rusés ; le moindre 
bruit les effraie et il est souvent impossible de les approcher, 
quoiqu'il y en ait cependant qui soient peu farouches. Ils 
se nourrissent d'insectes et de larves qu'ils cherchent pres- 
que toujours sous l'écorce et au cœur des arbres en prati- 
quant un trou pour les y atteindre ; quelques-uns toutefois 
mangent des baies de temps à autre. 

Doués d'un instinct particulier pour découvrir ces 
parasites des arbres, ils commencent par frapper l'écorce de 
deux ou trois coups de bec, puis ils prêtent l'oreille ; si rien 
ne décèle la présence de quelque proie, ils vont à un autre 
endroit, frappent de nouveau et, s'ils entendent remuer, 
alors à coups de bec, ils percent un trou jusqu'à l'habitation 
de la larve ou de l'insecte qu'ils retirent avec la langue. 
Ces oiseaux nichent dans des troncs d'arbres creux. 

On donne le nom vulgaire de Pique-bois à toutes les 
espèces de Pics. 

Genre DRYOBATES, Boie. 

Bec fort, droit et tronquée au bout, plutôt large que haut à 



236 LES OISEAUX 

la base ; langue très extensible ; doigts quatre ; plumage blanc et 
noir ; le premier domine aux parties inférieures. 

Dryobates villosus leucomelas, (Bodd.) Ridgw. 393a. 

1/6 Pic chevelu du Nord. 

Northern Hairy Woodpecker. 

Adulte $ . Parties supérieures noires, avec une grande tache 
allongée blanche sur le dos, et de nombreuses petites taches 
de même couleur, sur les rémiges et les couvertures supérieures des 
ailes ; toutes les parties inférieures, une bande superciliaire et une 
autre au-dessous de l'oeil, sur les côtés de la tête descendant sur le 
cou, blanches : une bande d'un rouge écarlate traverse l'occiput ; 
rectrices centrales noires, les latérales blanches. lyongueur lo.oo- 
11.00 ; ailes 5.02-5.40 ; queue 3.60-3.80. 

La 9 est semblable au S , mais le rouge de l'occiput est rem- 
placé par du noir. 

Le Pic chevelu du Nord habite le nord de l'Amérique 
septentrionale, et se voit en hiver, au sud, jtisqu'atix limites 
nord des Etats-Unis. 

M. Wintle dit que ce Pic est rare et de passage à Mont- 
réal, et M. Comeau le mentionne comme assez commun à 
Godbout durant toute l'année. A Québec, il se voit aussi 
pendant toute l'année, mais il semble être plus commun 
à l'automne et en hiver. 

Il niche dans les forêts au nord de la ville ; son nid 
est situé dans un tronc d'arbre creux, ordinairement dans 
un arbre sec ou en partie desséché ; le trou pratiqué à cette 
fin peut avoir une profondeur de huit à quinze pouces ; il 
est situé d'ordinaire à dix ou vingt pieds dti sol. Il pond 
de trois à six œufs, d'un blanc pur et lustré. Ils mesurent 
à peu près 0.95 xo.70. La ponte se fait de bonne heure au 
printemps. 

Ce Pic fréquente souvent, à l'automne, les bocages et les 
vergers pour en extraire des larves qui ont établi domicile 
dans le tronc des arbres. Il est peu farouche et se laisse 
souvent approcher de près, mais il a soin de toujours se tenir 
du côté opposé de l'arbre, et, si on traverse de son côté, il passe 
immédiatement de l'autre, tout en contintiant à rechercher 
des larves d'insectes. 



DK I.A PROVINCE DE QUEBEC 237 

Dryobates pubescens medianus, (S\v. ) Hui wst. 394c. 

Le Pic tninule du nord. 

NoRTUKKN DOWNV WooDl'ECKKK. 

Ce petit Pic n'est qu'une miniature «lu précédent, avec cette 
différence (juc les rectrices extérieures sont rayées de noir. Lon- 
gueur 6.25-7.C10 ; ailes ^40-4.05 ; queue 2.25 - 2 90, 

Le Pic niimile habite l'est de rAmériqiie du Xord 
jusqu'aux prairies et au sud, jusqu'au ceutre des Etats-l'uis. 

Il est couiuiuu pendaut toute rauuée à Moutréal 
(//V////^), aiusi qu'à Québec, au uord de la ville, sur la côte 
de Beaupré, à l'île d'Orléans, etc. Il est assez commun à 
Godbout toute l'année {Conirai()^ de même qu'à Anticosti 
{Si/iwf'//). 

Comme le précédent, il niche dans un arbre creux ; 
en mai, il pond quatre ou cinq œufs, d'un blanc pur et 
lustrés. Ils mesurent 0.80x0.58. 

Ce Pic est le moins sauvage et le plus sociable de toutes 
nos espèces. A l'exemple du précédent, il vient souvent 
visiter les arbres de nos jardins et de nos vergers. On le 
rencontre parfois en compagnie des Mésanges et des Sittelles. 

Genre PICOIDES. Lacépède. 

Bec large et très aplati, aussi long que la tête, fort, droit ; trois 
doigts ; une tache jaune sur la couronne chez le <? . 

Picoides arcticus, (Swains.) Grav, 400. 

Le Pic arctique. 

Arctic three-toed Woodpecker. 

Adulte S . Parties supérieures d'un noir bleuâtre uniforme, avec 
de petites taches blanches sur les rémiges ; couronne d'un jaune 
doré ; une bande blanche sur le front, s 'étendant sur le côté de la 
tête en avant de l'œil et sur les côtés du cou ; parties inférieures 
blanches, avec les côtés du corps et les flancs, rayés transversale- 
ment de noir ; rectrices centrales noires, les latérales blanches avec 
du brun roux vers le bout. Longueur 9.50-10.00 ; ailes 4.85-5.25 ; 
queue 3.60. 

La 9 est semblable au S , mais elle a la couronne noire. 

Le Pic arctique habite le nord de l'Amérique septen- 
trionale, de l'Atlantique au Pacifique et, depuis les régions 
arctiques, jusque dans le nord des Etats-Unis. 



238 LES OISEAUX 

M. Comeau dit qu'il n'est pas rare à Godbout, et M. le 
Dr Schmitt le mentionne comme assez commun à Anticosti. 
Il se voit assez souvent en hiver dans la forêt aux alentours 
de Québec et particulièrement en arrière de Charlesbourg, 
à Lorette, sur la côte de Beaupré ; de même qu'à Montréal 
d'après M. Wintle. 

Il niche dans un arbre creux, à une distance de cinq à 
six pieds du sol ; ses œufs, au nombre de quatre à six, sont 
d'un blanc d'ivoire. Ils mesurent 0.95 x 0.71. Il niche en 

Ce Pic se plaît particulièrement dans les forêts des 
régions montagneuses. 

Picoides americanus, Brehm, 401. 

1/6 Pic d'Amérique. 

American three-toed Woodpecker. 

Adulte <? . Ce Pic, qui ressemble fort au précédent, a le dos 
noir, rayé transversalement de blanc ; la tache jaune de la cou- 
ronne est entourée de petits points blancs ; les taches blanches des 
ailes sont nombreuses et plus petites ; la queue est noire avec les 
pennes extérieures terminées de blanc roussâtre ; une bande blanche 
depuis les lorums descend sur les côtés du cou. Même taille que 
le précédent. 

La Ç est privée de jaune sur la couronne, qui est noire et parfois 
pointillée de blanc. 

Le Pic d'Amérique habite le nord de l'Amérique 
septentrionale, à l'est des Montagnes Rocheuses, et depuis 
le nord des Etats-Unis jusqu'aux régions arctiques. 

Ce Pic se voit à Québec dans les mêmes régions que le 
précédent, mais il est beaucoup plus rare, et je ne l'ai ren- 
contré qu'en hiver. Il est rare et de passage à Montréal 
( Wiiitlé) ; mais le Dr Schmitt dit qu'il est assez commun 
toute l'année à Anticosti. 

Il a les mêmes mœurs et le même mode de nidification 
que le précédent ; ses œufs sont d'un blanc lustré. Ils 
mesurent 0.93 x 0.70. 

Genre SPHYRAPICUS, Baird. 

Langue à peine extensible; sillon nasal s 'étendant sur la 
mandibule supérieure jusqu'à la moitié ; bec aussi long que la tête, 
plus faible et pas aussi taillé en coin que celui des précédents ; 
plumage varié de jaune et de rouge. 



DK I.A PKOVINCF. DK QUEBEC 239 

Sphyrapicus varius, (Lixn.) Haiki», 402. 
Le Pic maculé. 

VKLI.oW llKI.I.IKU \\o(jD1'KCKKK. 

Adulte i. Parties supérieures variées de blanc et de noir, 
teintées parfois de jaunâtre ; ailes noires, avtc une large bande 
blanche sur les couvertures ; rémiges taclietées «le blanc ; queue 
noire, plusieurs rectrices maculées de blanc ; couronne, menton et 
gorge d'un rouge écarlate ; une étroite bande à travers l'œil et la 
poitrine, noire; une autre bande de même couleur, part du bec, 
borde le r«>uge de la gorge et s'unit au noir de la poitrine; une 
étroite bande superciliaire et une autre. dei)uis le bec, descendant 
sur les côtés de la tète et du cou, au dessous de l'œil, blanches; 
le rouge de la couronne est bordé j)ar une bande noire ; reste des 
parties inférieures blanc, pres(|ue toujours lavé de jaune souffre 
et maculé de taches noirâtres, en forme de flèches, sur les côtés du 
corps et les couvertures inférieures de la queue; bec brunâtre; 
pieds d'un gris verdâlre. Longueur 775-8.75; ailes 480-500; 
queue 2 90-3.20. 

La 9 a la gorge blanche, et le rouge de la couronne est plus 
restreint, ou bien il manque quelquefois. 

Les jeunes ont des teintes plus pâles et ont une apparence plus 
brunâtre ; le rouge et le noir sont peu apparents ou manquent 
mCme, et sont alors remplacés par de petites taches grises et 
brunes. 

Le Pic inactilc habite l'Amériqtie du Xord à Test des 
Montagnes Rocheuses et niche depuis le Massachusetts, eu 
allant vers le nord ; en hiver, il se voit depuis les Carolines 
et rillinois jusque dans les Antilles, le Mexique et Costa- 
Rica. 

Ce pic se montre fréquemment dans certains endroits 
de la province et près de Québec pendant Tété, mais surtout 
au printemps et à l'automne, où il visite alors les arbres des 
jardins et des parcs de la ville ; il se voit atissi à Tîle 
d'Orléans, ainsi que sur la côte nord en arrière de la ville. 
Il est commtin en été à Montréal, il niche sur l'île {îVi>i/U') ; 
M. Comeau en a tué un à Godbout en 1884. 

Il niche dans un arbre creux surtout dans un bouleau ; 
son nid est ordinairement sittié à une quarantaine de pieds 
du sol ; il pond de cinq à sept œufs d'un blanc lustré. Ils 
mesurent 0.85 x 0.60. La ponte a lieu en mai ou juin. 

Cet oiseau, ainsi que tous ceux du genre, se nourrit 
aussi bien de baies que d'insectes et, dans les endroits où il 
se montre commtin, il cause des dommages à certains arbres 



240 LES OISEAUX 

en enlevant Técorce pour se nourrir du suc qu'elle contient 
et de la partie interne et molle de cette même écorce. 

Genre CEOPHLŒUS, Cabanis. 

Tête ornée d'une huppe très distincte ; bec noir. De grande 
taille. 

Ceophlœus pileatus abieticola, Bangs, 405a. 

1/6 Pic du nord à huppe écarlate. 

Northern Pileated Woodpecker. 

Adulte $. Plumage général noir, avec les moustaches, le 
sommet de la tête et la huppe, d'un beau rouge écarlate ; menton, 
gorge, une ligne superciliaire, une bande depuis les narines, pas- 
sant sur les côtés de la tête au-dessous de l'œil et descendant sur 
les côtés du cou, blancs ; bord de l'aile et une large tache vers la 
la base des rémiges, blancs, parfois teinté de jaune souffre ; plu- 
mes des flancs et du ventre plus ou moins terminées de blanchâtre. 
Longueur 15. 15-19 00 ; ailes 8.90-10.00; queue 6.60-7.40. 

La Ç est semblable au $ , mais les moustaches et la partie 
antérieure de la huppe sont d'un noir brunâtre. 

Ce Pic habite les régions boisées de l'Amérique 

du Nord, depuis le sud des monts Alleghanies, en allant 

vers le nord, et il est généralement considéré comme rare. 

On le voit peu souvent dans la province ; M. Wintle 

le mentionne comme rare à Montréal, J'ai occasion d'en 

voir quelques-uns presque cha- 
que année, qui sont tués dans 
les forêts à Charlesbourg,sur la 
côte de Beaupré, à St-Joachim, 
etc. 

Il niche dans un tronc d'ar- 

bre creux, à une distance de 

Fig. 14. Pied du Pic du Nord de vingt à cinquante pieds du 
à huppe écarlate. sol. L'ouverture du trou a 

environ huit pouces de diamètre et une profondeur de deux 
pieds. Il pond de quatre à six œufs, d'un blanc lustré. 
Ils mesurent 1.35x1.05. 

Ce Pic est très farouche et on ne peut l'approcher 
qu'avec les plus grandes précautions. 

Genre MELANERPES, Swainson. 

Bec déprimé à la base et comprimé pour le reste ; mandibule 
supérieure avec un sillon très court ; narines placées dans une rai- 




DK LA PROVINCE DE QUEBEC 24 1 

nurt* et non cachées sous les plumes du front ; doij^ts latéraux 
de devant et de derrière d'éffale longueur. 

Melanerpes erythrocephalus, (Linn.) vSwains. 406. 

I/e Pic a tête rouge. 

KKi)-iu:Ani:i> Woodi'kcker. 

Adulte cT ■ Toute la tête, le cou et la partie supérieure de la 
poitrine, d'un rouj^e écarlate ; ordinairement bordé de noir sur la 
jH)ilrine ; le reste des parties inférieures, la partie postérieure du 
d(js, le croupion, les couvertures supérieures de la queue et le» 
secondaires, blancs, ordinairement teinté de roux ocreux sur le 
ventre ; les plumes l)lanclies des ailes portent un trait noir an 
centre; dos antérieurement, reste des ailes et queue d'un noir 
bleuâtre lustré. Lonj^ueur 9.25-9.75 ; ailes 5 30-5.70 ; queue 3.60 - 

3-75- 

La Ç est semblable au i , mais ses couleurs sont un peu moins 
vives ; les secondaires intérieures sont plus ou moins maculées de 
bandes transversales noires. 

Chez les jeunes, le rouge des adultes est d'un gris foncé, rayé 
de noirâtre ; le rouge apparaissant quelque peu çà et là ; les secon- 
daires sont traversées vers le bout par une ou plusieurs petites 
bandes noires ; les couvertures des ailes, les scapulaires et le dos, 
sont grisâtres et rayés de noirâtre. 

Le Pic à tête rouge habite les Etats-Unis, et les pro- 
vinces britanniques, à l'est des Montagnes Rocheuses ; il est 
rare ou accidentel à Test de la baie d'Hudson ; à l'automne^ 
il émigré dans le sud des Etats-l'nis. 

Il se voit accidentellement dans la province ; je n'ai vu 
encore que deux spécimens tués près de Québec, et un 
autre à St-Augustin, Portneuf ; il est rare à Montréal en 
été ( !l 'intU'). 

La 9 fait son nid un peu partout, mais elle choisit de 
préférence l'intérieur d'un arbre ; elle pond cinq ou six 
œufs d'un blanc lustré. Ils mesurent 0.99 x 0.78. La ponte 
a lieu en mai ou juin. 

Ce Pic fréquente le bord des forêts, les petits bouquets 
d'arbres et même les arbres isolés, aussi bien que les grandes 
forêts. Là où il se montre comnnni, on dit qu'il pille et 
détruit en grand nombre les nids d'hirondelles \ front blanc. 
On le dit au.ssi d'une grande prévoyance, pour les mauvais 
jours, emmagasinant des sauterelles et des fruits durs dans 
les crevasses des arbres et ailleurs ; il se nourrit de baies, 
de glands, aussi bien que d'insectes. 

16 



242 LES OISEAUX 

Genre CENTURUS, Swainson. 

Bec à peu près aussi long que la tête et comprimé ; ses carènes 
latérales se rendant presqu'au bout ; narines en partie cachées par 
les plumes ; doigt postérieur latéral plus court que le doigt anté- 
rieur du même côté ; dos, scapulaires et ailes rayées de blanc. 

Centurus carolinus, (Linn.) Bonap. 409. 
Le Pic de la Caroline. 

Red-bellied Woodpecker. 

Adulte S . Dessus de la tête et du cou d'un rouge écarlate ; 
dos et ailes, avec de fines raies transversales de blanc et de noir ; 
côtés de la tête et parties inférieures, d'un blanc grisâtre, ordinai- 
rement teinté de jaune .«e changeant au roux sur le ventre, avec 
taches, en forme de flèches sur les flancs et à la région anale ; rec- 
trices noires ; les latérales rayées de blanc ; celles du centre variées 
de blanc ; primaires avec une tache blanche vers la base ; iris rouge. 
Longueur 9.00-10 10 ; ailes 4.85-5.50 ; queue 3.50-3 95. 

La Ç ressemble au $, mais le rouge n'existe que sur la nuque, 
celui de la couronne est remplacé par du gris cendré. 

Les jeunes ont une livrée moins vive, le rouge de la tête est 
peu apparent ou il est remplacé par du gris ; la teinte rouge du 
ventre est également remplacée par du gris. 

Le Pic de la Caroline habite l'est des Etats-Unis, à 
l'ouest jusqu'aux prairies ; il niche depuis le golfe du 
Mexique, au nord, jusqu'à la Virginie et dans la Vallée du 
Mississippi jusqu'au Canada. 

M. Wintle dit que M. Kuetzing rapporte que cette 
espèce se trouve dans les Cantons de l'Est, mais il ne l'a 
pas vue près de Montréal. 

Comme ses congénères, il niche dans un arbre creux, 
et pond de quatre à six œufs, d'un blanc lustré. Ils me- 
surent 1.00x0.75. La ponte a lieu en mai. 

Ce Pic est peu farouche ; il fréquente en hiver les 
jardins et les bosquets en compagnie du petit Pic, mais au 
moment de la ponte il recherche les endroits solitaires et 
boisés des forêts. 

Genres COLAPTES, Swainson. 

Bec faible et légèrement recourbé ; mandibule supérieure sans 
sillon ; l'extrémité peu ou point tronquée ; ailes longues et poin- 
tues ; rémiges rougeâtres ou jaunâtres en dessous ; parties infé- 
rieures avec nombreuses taches circulaires noires. 



DK LA PROVINCE DE QUEBEC 



243 



Colaptes auratus luteus, I5ax(.s, 412a. 

Le Pic doré du Nord. 

NORTIIKRN l'I.ICKKK. 

Adulte s . Parties supérieures d'un brun oliv;ltre, rayé trans- 
versalement de noir, avec les couvertures supérieures de la queue 
et le croupion, blancs ; dessus de la tète et du cou d'un j^ris cendré, 
avec une tache rouge allongée traversant la nuque ; rémiges et 
rectrices noires en dessus, avec le dessous et la tige d'un jaune 
doré ; gorge, menton, côtés delà tête, et la partie antérieure de la 
poitrine d'un brun lilas ; moustaches et un croissant sur la 
poitrine, noirs ; le reste du dessous,d 'un jaune crème, quelque peu 
lavé de brun lilas. avec un grand nombre de taches circulaires 
noires. Longueur 12 oo- 12 75 ; ailes 5.50 - 6.60. queue 4.00 - 4.95. 

La 9 ressemble au c? , mais la tache noire maxillaire est d'un 
brun lilas 

Cette variété habite le nord et Test de l'Amérique 
septentrionale jusqu'aux Montau^nes Rocheu.ses. 

Le Pic doré, vulgairement appelé, Pivat't ou Poule de 
bois^ est commtm atix alentours de 
Québec durant l'été, ainsi que dans 
beaucoup d'autres localités de la pro- 
vince. Il est commun à Montréal 
( Wifitle) ; assez commun à Godbout 
( Conieaii) ; à l'île d ' A n t i c o s t i 
(Sc/inii/t) ; mais il est rare au lac 
Mistassini {Macouu). 

Il niche dans un arbre creux ou 
autre trou qui lui convient ; ses œufs, 
au nombre de six à dix, sont d'un 
blanc lustré. Ils mesurent i.io x 
0.90. La ponte a lieti en mai ou au 
commencement de juin. 

Le Pivart est un des plus élé- 
gants, en même temps qu'un des plus 
beaux oiseaux de nos bois. Il a la 
faculté de se poser sur les branches 
des arbres à la manière des Passe- 
reaux. Il descend souvent à terre 
pour y chercher des fourmis, dont 
il est très friand, et qti'il semble préférer à toute autre notir- 
riture. Il mange aussi d'autres insectes et même parfois 
du blé d'iude, du raisin, etc. 




Fi&- 15 — Le Pic doré du 
.>BU^ ^nord. 



244 LES OISEAUX 

Cette variété a été séparée du C. aiirahis^ qui se trouve 
maintenant dans le sud de l'Amérique du Nord. 

La seule différence qui les distingue entre eux, c'est 
que notre Pivart est de taille plus forte que celui du sud ; 
cependant il s'en rencontre qui sont d'égale taille et même 
plus petits, et vice versa^ de sorte que cette distinction 
serait plutôt fictive que réelle. Il en est de même pour le 
grand Pic, la Perdrix de savane, etc., dont les différences 
si peu sensibles ne devraient pas justifier de telles créations 
de variétés. 

Ordre MACROCHIRES— Engoulevents, Mar- 
TiNETvS, Oiseaux-Mouches. 

Ailes très longues, de dix pennes ; queue de dix rectrices ; 
ouverture du bec très grande, profondément fendue ; ou bien bec 
très long et faible, langue extensible. 

Cet ordre qui se subdivise en trois sous-ordres, ne comprend 
que quatre espèces dans notre faune. 

analyse; de ces sous-ordres. 

Secondaires plus de six ; doigt médian beaucoup plus long que les 
latéraux et bord intérieur de l 'ongle pectine. Caprimulgi. 

Secondaires plus de six ; doigt médian pas plus long que les doigts 
latéraux ; ongle non pectine. Cypseli. 

Secondaires six seulement ; bec aussi long ou plus long que la tête. 

Trochiw. 

Sous-ordre CAPRIMULGI — Engoulevents. 

Bec court, doigt médian plus long que les latéraux, et côté 
intérieur de l'ongle pectine ; commissure plus ou moins hérissée 
desoies ; plumage tacheté ; plumes molles ; secondaires plus de six. 

Famille CAPRIMULGID^— Engoulevents. 

Bec très petit, déprimé, triangulaire lorsqu'il est vu en dessus, 
avec une large ouverture se prolongeant jusque au-dessous des 
3'eux, et ordinairement pourvu de soies à la base ; narines basales, 
rondes et parfois tubuleuses ; tête grosse, aplatie ; oreilles et yeux 
gros ; ailes plus ou moins allongées et pointues, de dix primaires 
et plus de neuf secondaires ; queue de dix pennes ; pieds extrême- 
ment petits ; tarses courts en partie emplumés ; doigts antérieurs 
réunis à leur base par une membrane ; le quatrième pouvant se 



DK I.A PROVINCE DK QUKBKC 245 

porter plus uu luuins sur le côté. IMuma;^c mou el so\cux ; iris 
brun. 

Les Capriinul}.:^i(lés ont beaucoup d'analo^^ie avec les 
Martinets et les Iliroudelles, mais ils s'en distinguent par 
la présence de soies à la base du bec, caractère que n'ont 
point ces derniers. 

Les Engoulevents ont des habitudes nocturnes ; ils se 
tiennent cachés pendant le jour, dans des troncs d'arbres 
creux, sous l'écorce à demi détachée d'un arbre ou autres 
endroits obscurs. Lorsque le soleil baisse à l'horizon, ils 
sortent de leur cachette, pour faire la chasse aux insectes 
crépusculaires et nocturnes qu'ils recherchent et rencontrent 
dans l'air ; aussi les voit-on sans cesse voler d'un endroit à 
un autre, parcourir l'espace en tout sens, poursuivant les 
insectes, soit en rasant la cime des arbres, soit en s'élevant 
dans les couches supérieures de l'atmosphère. 

Ces oiseaux ne prennent pas la peine de faire de nids ; 
ils déposent leurs œufs dans un léger enfoncement du sol, 
au pied d'un arbre, dans des broussailles ou autres endroits 
qui leur conviennent. 

Le Dr Coues dit que ces oiseaux ont la singulière 
habitude de transporter dans leur bec, leurs œufs ou leurs 
petits, lorsqu'ils les croient en danger, comme le fait un 
chat pour ses petits. 

Genre ANTROSTOMUS, GouJd. 

Tarses plus courts que le doigt du milieu, et emplumés en 
avant presque jusqu'aux doigts ; première rémige plus longue que 
la quatrième ; plumage très mou ; queue arrondie ; soies de la com- 
missure longues. 

Antrostomus vociféras, (Wils.) Bonap. 417. 

I/'Engoulevent criard. 

Whii'POorwill. 

Adulte i . Dessus marbré de gris, de noir, de blanchâtre et de 
brun jaunâtre, le gris domine ; rayé longitudinalement de noir sur 
la tète et le dos, avec quelques taches de noir sur les scapulaires ; 
rémiges noires, avec nombreuses taches de roux fauve vif; sans 
blanc sur les rémiges ; rectrices du centre marbrées de gris ardoisé 
et de noir ; les trois latérales en partie noires, avec une tache blan- 
che allongée au bout ; une bande blanche sur la gorge ; parties 
inférieures noirâtres, finement maculées antérieurement de gris 



246 LES OISEAUX 

cendré, et marbrées postérieurement de gris et de fauve ; lorums 
et région des oreilles, d'un brun foncé. Longueur 9.50-10.00 ; ailes 
5.80-6.70; queue 5.10-6.50. 

La 9 est semblable au $ , mais le blanc de la poitrine et celui 
de la queue est remplacé par du brun jaunâtre. 

I^' Engoulevent criard habite l'est de l'Amérique du 
Nord, depuis les possessions britanniques, au sud, jusqu'au 
Guatemala et, à l'ouest jusqu'aux prairies ; à l'automne, il 
émigré au sud. 

M. Wintle dit que cette espèce est rare et de passage 
à Montréal. 

Cet Engoulevent niche à terre dans la forêt, au milieu 
de feuilles sèches ou du bois à demi pourri ; sa ponte est de 
deux œufs, d'un blanc grisâtre, ou de couleur crème, mar- 
brés de brun pâle et de gris, et faiblement teintés de lilas. 
Ils mesurent 1.50 x 0.85. La ponte a lieu à la fin de mai 
ou au commencement de juin. 

Cet oiseau ne commence sa chasse aux insectes ailés 
que lorsque le soir est venu et, à l'encontre des habittides 
de son congénère, on ne le voit pas voltiger au-dessus des 
villes ; il préfère les endroits déserts, l'atmosphère des 
champs et des forêts à celle des cités. 

Genre CHORDEILES, Swainson. 

Commissure sans soies longues ; queue légèrement fourchue ; 
ailes très longues et pointues. 

Chordeiles virginianus, (Gmel.) Swains. 420. 

I/'Bngoulevent d'Amérique. 

NiGHT-HAWK. 

Adulte <?. Parties supérieures variées de brun, de gris, de 
jaunâtre et de noir, cette dernière couleur domine ; rémiges brunes, 
avec une grande tache blanche vers le milieu, traversant les cinq 
primaires du bord ; secondaires terminées de blanchâtre ; queue 
noirâtre, avec bandes traversales, marbrés de blanc et de brun 
foncé, et une tache blanche vers l'extrémité ; des.sous depuis la 
gorge, ra)^é transversalement de noirâtre, de blanc et de fauve 
pâle, avec une large bande blanche à travers la gorge. Longueur 
9.00; ailes 7.30-8.25 ; queue 4.30- 4.75. 

La 9 est semblable au 3' , mais le blanc de la gorge est rem- 
placé par du brun jaunâtre, et celui des rectrices n'existe pas chez 
elle. 



DK LA PROVINCK UK QUKHEC 24/ 

Les jeunes sont maculés avec plus de profusion et les taches 
sont plus petites. 

I/Ivii.i;oulevcnt crAinériqiic, que Ton appelle vul^aire- 
nicnt MiiNoiiir dr marinj^ouins^ habite l'est et le nord de 
rAiné'riqiie septentrionale, ù l'ouest, jusqu'aux prairies et 
au centre de la Colombie britannique, au nord jusqu'au 
Laljrador ; à l'automne, il émigré jus(|u'au Mexique et dans 
le nord de l'Amérique du Sud. 

Il n'est pas rare au lac Mistassini et il y niche (/. M. 
Macoun). Il est commun à Montréal pendant tout l'été, 
et niche sur les toits recou\erts de graviers. {Il 'in tic) ] il 
l'est également à Godbout {CoNunii) ; as.sez commun en été 
à Anticosti {Si/ifni/t). Il est commun il Québec pendant 
tout l'été. " 

Il niche à terre dans une légère dépression du sol, 
dans des lieux découverts, parmi les pierres, au milieu des 
endroits ravagés par le feu, sur des rochers ou encore sur 
les toits plats de constructions recouvertes de graviers. Sa 
ponte est de deux œufs d'un blanc grisâtre, marbrés et 
tachetés de gris plus foncé. Ils mesurent 1.20 x 0.85. 

Tout le monde connaît cet Engoulevent aux habitudes 
nocturnes qui se montre le soir au crépuscule, et qui n'attend 
même pas toujours que le soleil disparaisse à 1 horizon pour 
commencer à prendre ses ébats dans les airs, puisque, assez 
souvent durant les journées sombres, nous le voyons appa- 
raître de bonne heure dans l'après-midi. Pendant la belle 
saison, on peut le voir voltiger la nuit au-dessus des villes, 
ainsi qu'à la campagne, lorsque les nuits sont peu sombres, 
jetant de temps à autre son cri aigre et perçant. A l'au- 
rore il va se reposer dans les taillis, les troncs d'arbres 
vermoulus ou tout autre endroit obscur. 

Il est intéressant de voir les diverses évolutions que cet 
oiseau exécute dans l'espace : par moments, il rase le toit 
des maisons ou la cime des arbres, puis, d'un trait, il s'élève 
jusque dans les hautes régions de l'atmosphère, et il glisse 
ensuite comme une ombre dans l'espace, ou bien il exécute 
divers mouvements, semi-circulaires, mille courbes bizarres, 
pour se précipiter comme une flèche, vers la terre, saisir 
l'insecte ailé qu'il vient d'apercevoir ; et de nouveau, il 
monte pour recommencer les mêmes évolutions. Ses ailes 



248 LES OISEAUX 

très longues et résistantes lui rendent faciles ces mouvements 
qu'il exécute avec la plus grande aisance. C'est durant ces 
évolutions aériennes qu'il rencontre les insectes ailés dont 
il se nourrit, et qu'il capture de la même manière que les 
Hirondelles. 

Sous-ordre CYPSELI — Martinets/ 

Ailes longues et pointues ; pieds extrêmement petits ; doigt 
médian pas sensiblement plus long que les doigts latéraux ; ongles 
non pectines ; commissure sans soies perceptibles ; plumage uni- 
forme ; bec court ; secondaires plus de six. 

Famille MICROPODID^— Martinets. 

Ailes extrêmement longues, déliées et pointues ; secondaires 
excessivement courtes ; bec très petit, aplati et triangulaire vu 
en dessus, à commissure s 'ouvrant jusque au-dessous des yeux ; 
queue de dix rectrices ; pieds petits et faibles ; doigts antérieurs 
libres, le postérieur fréquemment situé plus haut que les autres ou 
versatile ou encore dirigé de côté ; ongles forts, recourbés et non 
pectines. 

Cette famille ne comprend dans notre faune, qu'un 
genre représenté par une seule espèce. 

Ces oiseaux se nourrissent d'insectes ailés qu'ils cap- 
turent dans l'espace en volant, à la manière des Hirondelles. 

Sous FAMILLE CH^TURIN^. 

Tarses non emplumés ; doigt postérieur parfois versatile, avec 
le nombre ordinaire de phalanges ; queue courte ; tige des rectri- 
ces terminée en pointe raide. 

Genre CH^TURA, Stephens. 

La première primaire étant la plus longue ; queue très courte, 
légèrement arrondie, tige des rectrices raide, dépassant les barbu- 
les et terminée en pointe sous forme d'épine ; tarses plus longs 
que le doigt médian. 

Chaetura pelagica, (Linn.) Stephens, 423. 

l,e Martinet des chemines. 

Chimney Swtft. 

Adultes ^9- Parties supérieures d'un brun de suie foncé, 
avec une légère teinte verdâtre ; parties inférieures plus pâles, 
plutôt grisâtres antérieurement ; ailes noires. Longueur 4.75 ■ 5.50 ; 
ailes 5.00-5.25. 



DK LA PROVINCE DE QUEBEC 249 

Le Martinet des clicmin<:!'es, on comme on Tappelle 
ordinairement Ilirondellr dfs iluminî'cs ou Ramoneur^ 
habite Test de l'Amcri(ine du Nord, à l'ouest jusqu'aux 
prairies, et niclie depuis le j^olfe du Mexicjne justpi'au 
Labrador et au pays des fourrures ; \ l'automne, il émigré 
au sud, jusqu'au Mexique, et se montre commun sur pres- 
que toute cette étendue. 

Il est commun à Montréal, à Québec, dans ses environs 
et dans presque toutes les paroisses sud du fleuve. ^L 
Comeau dit qu'il est rare à (îodbout, il est aussi assez rare à 
Anticosti, d'après le Dr Schmitt. 

Le >Lartinet niche dans des cheminées abandonnées 
et dans celles où il n'y a point de fumée en été. Le nid 
est composé de petites branches sèches d'égale grosseur, que 
l'oiseau détache lui-mcMue des arbres, qu'il entrelace et fixe 
entre elles avec une sorte de glue que sécrètent en abon- 
dance au printemps, de petites glandes situées près de la 
langue ; c'est également avec cette salive glutineuse qu'il 
fixe son nid aux parois intérieures de la cheminée. Le nid 
a l'apparence d'une petite plateforme semi-circulaire. Il 
pond de trois à cinq œufs blancs ; ils mesurent 0.75 x 0.50. 
La ponte a lieu en mai ou juin. 

Avant les constructions de cheminées en Amérique, 
le Martinet plaçait son nid dans le tronc des arbres creux, 
ou dans une fissure de rocher, ce qu'il fait encore quelque- 
fois, bien c[u'il trouve plus commode de nicher à l'intérieur 
des premières. 

Le Martinet, quoique commun encore aujourd'hui 
dans la ville, l'est cependant beaucoup moins qu'il ne l'était, 
il y a plus d'une trentaine d'années. Cette diminution est 
probablement due à ce que, ne trouvant pas d'endroits 
suffisants pour y faire son nid, il a dû se choisir d'autres 
localités. 

Il y avait autrefois au commencement de St-Sauveur, 
au pied du cap, une longue cheminée abandonnée, seul 
vestige resté debout d'une manufacture détruite par le feu, 
qui servait d'asile pour le moins à des centaines de Mar- 
tinets ; il était vraiment intéressant de les voir, à la tombée 
du jour, de tous les points se diriger vers cette cheminée, 
y entrer, les uns à la suite des autres, se succédant sans in- 



250 LES OISEAUX 

terruption jusqu'au dernier. De bonne heure le matin ils 
en sortaient dans le même ordre. 

Le Martinet, à l'exemple des Hirondelles, sillonne 
l'air en tous sens, poursuivant les insectes ailés, son unique 
nourriture, jusque dans les hautes régions de l'atmosphère, 
émettant de temps à autre un petit cri entrecoupé et aigu]; 
ses ailes très longues et raides lui permettent de se main- 
tenir dans l'espace avec beaucoup de facilité, aussi passe- 
t-il, pour ainsi dire, la plus grande partie du jour au vol. 

" Le vol de cette hirondelle, dit Audubon, rappelle 
celui du martinet d'Europe ; mais il est plus vif, quoique 
bien soutenu. C'est une succession de battements assez 
courts, si l'on en excepte pourtant la saison où l'heureux 
couple prélude aux amours : car on les voit alors comme 
nager tous les deux, les ailes immobiles, glissant dans les 
airs avec un petit gazouillement aigu, et la Ç ne cessant de 
recevoir les caresses du <?. En d'autres temps, ils planent 
au large, à une grande hauteur, au-dessus des villes et des 
forêts ; puis, avec la saison humide, reviennent voler à ras 
du sol, et on les voit écumer l'eau pour boire et se baigner. 
Quand ils vont pour descendre dans un trou d'arbre ou une 
cheminée, leur vol, toujours rapide, s'interrompt brusque- 
ment comme par magie ; en un instant ils s'abattent en 
tournoyant et produisent avec leurs ailes un tel bruit, qu'on 
croirait entendre dans la cheminée le roulement lointain du 
tonnerre. Jamais ils ne se posent sur les arbres ni sur le 
sol. Si l'on prend une de ces hirondelles et qu'on la mette 
par terre, elle fait de gauches efforts pour s'échapper et peut 
à peine se mouvoir. J'ai lieu de croire que parfois, la nuit, 
il arrive au parents de s'envoler et aux jeunes de prendre 
de la nourriture : car j'ai entendu le froii-frou d'ailes des 
premiers et les cris de reconnaissance des seconds, durant 
des nuits calmes et sereines." (i) 

Il nous arrive de bonne heure au printemps pour ne 
nous quitter qu'en septembre. Il est si sûr de la force de 
ses ailes et de la précision de son vol, qu'il boit et se baigne 
même en volant, comme le font les Hirondelles et les En- 
goulevents. 



(i) Audubon. Traduct. de Bazin. Scènes de la Nat. dans les E U. Tom. 
ler p. 256-57. 



VV. LA PROVINCE DE QUÉBEC 25 1 

SOUS-ORDRK TROCIIILI— OISHAUX-MOL'CIIKS. 

Secondaires six ; bec aussi long ou plus long que la tête, délié, 
ouverture peu fendue ; plumage plus ou moins à reflets raétallic[uts. 

I'amii.i.k TROCHILID-S— ( )iseaux-Mouches. 

Hec ordinairement droit, loiij^ etdéliC, en forme d'alC-ne et sans 
échancrure ; langue longue et très extensible ; primaires dix ; pieds 
très petits ; ongles gros et recourbés. 

Cette famille, qui appartient exclusivement à l'Amé- 
rique, comprend les oiseaux les plus petits comme les plus 
brillants en couleurs. Ils sont répandus du nord au sud 
du continent. Mais l'endroit où ils sont le plus nombreux 
est vers l'équateur et particulièrement dans la Nouvelle- 
Grenade. On en compte actuellement près de cinq cents 
espèces, dont une seule visite notre climat, pendant les 
chaudes journées de l'été. 

Les Oiseaux-Mouches sont doués d'un vol rapide et 
peuvent se transporter d'un endroit à un autre avec la 
vitesse d'une flèche. Leur nourriture consiste en petits 
insectes qu'ils trouvent sur les fleurs, ainsi que du suc de 
ces dernières. 

Genre TROCHILUS, Linné. 

Ailes moins de deux pouces et quart de longueur ; gorge chez 
le S , rouge ou d'un pourpré métallique brillant. 

SotJ.s-GENRE TROCHILUS. 

Rectrices terminées en pointe, excepté les deux du centre ; 
celle du bord pas plus courte que les centrales, et pas plus étroites 
que la seconde ; sommet de la tête verdàtre, semblaole au dos ou 
d'une teinte foncée. 

Trochilus colubris, Lixx. 428. 

Le Colibri à gorge rubis. 

Rl'BV-TlIROATKD HlMMINGBIRI). 

Adulte i. Parties supérieures d'un vert doré métallique; 
ailes et queue d'un brun violet, cette dernièie échancrée ; parties 
inférieures blanches, avec les côtés du corps verts ; gorj^^e miroitant 
d'un rouge de rubis ; queue échancrée. Longueur 3.07 - 3.25 ; ailes 
1.60 ; queue 1.25 ; bec o =55 - o 65. 

La 9 a la gorge blanche, pointillée de brun et la queue arron- 
die au bout. 

Les jeunes ressemblent à la 9 • 



252 LES OISEAUX 

Le Colibri habite l'est de l'Amérique septentrionale et, 
à l'ouest, jusqu'aux prairies ; il niche depuis la Floride, 
jusqu'au Labrador ; à l'automne, il émigré au sud, jusqu'à 
Cuba et au Mexique. 

Ce petit Oiseau, que l'on appelle Oiseau-Mouche^ se 
montre assez commun à Québec en été, et il niche dans les 
bois des alentours, ou j'ai déjà vu plusieurs de ses nids. M. 
Wintle dit qu'il est commun à Montréal en été, qu'il niche 
dans les jardins de la ville et le parc du Mont Royal. Il 
se montre accidentellement à Anticosti {Sch?mtt). 

Il pose son nid, petite merveille de construction, sur 
une branche d'arbre d'environ un pouce de diamètre ou 
quelquefois plus ; il le construit avec des filaments coton- 
neux ou avec l'écorce fibreuse et molle de certains arbres. 
Aux parois extérieures, il fixe des parcelles de mousse ou 
de lichens, dont la teinte grisâtre ou verdâtre ressemble 
à la couleur de la branche sur laquelle il est placé ; ce 
gentil petit nid a plutôt l'apparence d'une loupe tronquée 
que d'un nid réel. C'est dans ce petit chef-d'œuvre qu'il 
dépose ses deux œufs blancs, mesurant tout au plus 0.50 
X 0.35. La ponte a lieu en mai ou juin. 

Notre Colibri est le plus petit et le plus brillant de tous 
nos oiseaux. D'une extrême agilité, il semble ne point 
connaître le repos et voltige sans cesse d'une fleur à l'autre, 
pour se nourrir du suc qu'elles renferment ou des petits 
insectes qui s'y trouvent, et qu'il retire avec sa langue exten- 
sible et filiforme. Doué d'une grande puissance dans le vol, 
comparativement à sa petite taille, il se transporte d'un 
endroit à un autre avec une vitesse vraiment étonnante ; 
ses petites ailes se meuvent avec tant de rapidité qu'elles 
produisent même une espèce de bourdonnement lorsqu'il 
passe. 

Cependant, quelque fort qu'il paraisse être, j'en ai vu un 
un jour, si embarrassé dans des toiles d'araignées que le 
pauvre petit animal, épuisé par les efforts qu'il avait faits 
pour recouvrer sa liberté, pouvait à peine se remuer. Etant 
entré dans la maisonnette d'un jardin de la ville, il avait 
essayé d'en sortir par une fenêtre dont les vitres étaient 
recouvertes de toiles semi-séculaires d'araignées de l'espèce 
Tegenaria medicinalis. Ses petites ailes étaient si bien 



DK I.A PROVINCE DE QUÉBEC 253 

enveloppées et abîmées par ces toiles, qu'il serait sans 
doute mort (répuisemcut ou de faim, si je ne l'avais retiré de 
sa mauvaise position. 

Audubon, toujours intéressant dans ses belles descrip- 
tions de la nature animée, nous trace le tableau suivant 
de roiseau-Mouche, " Kst-il un homme qui, voyant cette 
mij^nonne créature balancée sur ses petites ailes bourdon- 
nantes, au sein des airs où elle est suspendue comme par 
maj;ie, voltigeant d'une fleur à l'autre, d'un mouvement 
aussi j^racicux qu'il est vif et léj^er, poursuivant sa course 
d'un bout à l'autre de notre vaste continent, et produisant, 
}xirtout où elle se montre, des ravissements toujours nou- 
veaux ; est-il un homme, je vous le demande, cher lecteur, 
qui, ayant observé cette étincelante particule de l'arc-en- 
ciel, ne s'arrête pour admirer et ne tourne à l'instant sa 
pensée pleine d'adoration vers le tout-puissant Créateur, 
vers celui dont chacun de nos pas nous découvre les mer- 
veilleux ouvrages, dont les conceptions sublimes nous sont 
manifestées de toutes parts dans son admirable système' de 
création ? Non, sans doute, un tel être n'existe pas ! Tous, 
par un touchant efïet de sa bonté, il nous a trop bien doués 
de ce sentiment si naturel et si noble — l'admiration. 

" Le soleil, revenant vers nous, n'a pas plutôt ramené 
le printemps et réveillé la vie dans ces millions de plantes 
qui vont épanouir feuilles et fleurs à ses fécondants rayons, 
qu'on voit s'avancer, sur ses ailes féeriques, le petit oiseau- 
mouche, visitant avec amour chaque calice embaumé qui 
s'entr'ouvre, et, tel qu'un fleuriste soigneux, en retirant les 
insectes dont la présence, fatale aux éclatantes corolles, les 
eût bientôt fait se pencher languissantes et flétries. Se 
balançant dans l'air, on le voit plonger son œil attentif et 
brillant jusque dans leurs plus secrets replis, tandis que du 
bout de ses ailes, aux mouvements aériens, et qui \ibrent 
si rapides et si légères, il évente et rafraîchit la fleur, sans 
en ofïenser la structure fragile, et produit un délicieux 
murmure, bien propre à bercer et engourdir les insectes 
qu'il endort. Alors, pour s'en emparer le moment est 
propice : l'oiseau-mouche introduit dans la coupe fleurie 
son bec long et délicat, projetant sa langue à double tube, 
d'une sensibilité exquise, et qu'imprègne une salive gluti- 



254 LES OISEAUX 

neiise ; il en touche chaque insecte l'un après l'autre, et le 
retire de son lieu de repos, pour être aussitôt englouti. 
Tout cela se fait en un moment ; et l'oiseau, quand il quitte 
la fleur a si peu sucé de son miel liquide, qu'elle doit, je 
l'imagine, regarder ce larcin comme un bienfait, puisqu'il 
l'a délivrée, en même temps, des attaques de ses ennemis. 

" Les prairies, les champs, les vergers et même les plus 
profonds ombrages des forêts sont visités tour à tour ; et 
partout le petit oiseau trouve plaisir et nourriture. La 
beauté de sa gorge, son éclat éblouissant, désespèrent véri- 
tablement toute comparaison : tantôt elle étincelle des 
reflets du feu, et l'instant d'après passe au noir de velours 
le plus foncé ; en dessus, son corps élégant resplendit d'un 
vert changeant, et quand il fend les airs, c'est avec une 
prestesse, une agilité qu'on ne peut concevoir ; quand il se 
meut d'une fleur à l'autre, en haut, en bas, à droite, à gau- 
che, on dirait un rayon de lumière. C'est ainsi qu'il remonte 
jusqu'aux parties nord les plus reculées de notre pays, sui- 
vant avec grand soin les progrès de chaque saison, et se 
retirant avec non moins de précaution aux approches de 
l'automne. 

" Que ne puis-je, cher lecteur, vous faire partager les 
transports que j'ai éprouvés moi-même en épiant leurs évolu- 
tions que l'œil suit à peine, en contemplant leurs tendres 
manifestations, alors qu'en un couple charmant deux de 
ces délicieux petits êtres, vrais favoris de la nature, se don- 
nant l'un à l'autre des preuves de leur mutuel amour ; que 
ne puis-je vous dire comment le mâle gonfle ses plumes et 
sa gorge, et semblant danser sur ses ailes, tourbillonne 
autour de sa femelle si délicate ; avec quelle rapidité il 
plonge vers une fleur et revient le bec chargé, pour l'offrir 
à celle dont la possession est l'unique objet de ses désirs ; 
comme il semble plein d'extase lorsque ses caresses sont 
bien reçues ; comme il l'éventé de ses petites ailes, ainsi 
qu'il évente les fleurs, et lui donne dans son bec l'insecte ou 
le miel qu'il n'a été chercher que pour lui plaire ; comme 
ses attentions sont accueillies avec bonheur ; comme bientôt 
après est scellée l'heureuse union ; comme le mâle alors 
redouble de courage et de soins ; comme il ose même donner 
la chasse au gobe-mouche tyran, et ramener grand train 



DE I.A PROVINCE DE QUEBEC 255 

jusque chez eux le Martin et l'< )iseau bleu ; et comme enfiu 
sur ses ailes retentissantes, il revient tri<jnij)liant et joyeux, 
auprès de sa compa*;ne chérie ! Lecteur, toutes ces marques 
de sincérité, de fidélité et de courage, preuves certaines 
pour la femelle des soins qu'il lui prodig^uera pendant qu'elle 
couvera ses œufs, tout cela a été vu, tout cela je l'ai vu ; 
mais je ne peux le peindre ni le décrire. 

" S'il vous était donné de jeter seulement un rej^ard 
sur le nid de l'oiseau-mouche et de voir, comme je l'ai vu, 
les deux jeunes nouvellement éclos, ^uère plus gros qu'un 
bourdon, nus, aveugles et si faibles qu'ils peuvent à peine 
lever leur petit bec pour recevoir la nourriture de leurs 
parents ; s'il vous était donné de voir ces parents pleins de 
crainte et d'anxiété, passant et repassant à quelques pouces 
seulement de votre visage, allant se poser sur une branche 
que NOUS touchez presque de la main, et attendant avec tous 
les signes du plus violent désespoir, le résultat de votre 
inquiétante visite ; ah ! vous comprendriez l'angoisse pro- 
fonde d'un père et d'une mère menacés de la mort imprévue 
d'un enfant bien-aimé ! Kt quel plaisir de voir, en vous re- 
tirant, l'espérance renaître au cœur des parents, lorsque, 
après avoir examiné le nid, ils trouvent que vous n'avez 
point touché à leurs nourrissons." (i) 

Ordre PASSERES— Passereaux. 

Pieds courts ou médiocres, de trois doigts en avant et un 
en arrière ; ce dernier, dont l'ongle est aussi long ou plus long 
que celui du doigt médian, existe toujours, et ne se tourne pas de 
côté ; doigt externe et médian unis à base ; jambes emplumées 
inférieurenient ; tarses égaux ou plus longs que les doigts laté- 
raux ; ongles grêles et recourbés, mais non crochus. 

L'Ordre des Passereaux est sans doute le plus considé- 
rable en espèces, et il renferme des oiseaux de petite et de 
moyenne taille, aux formes élégantes, aux mœurs fort 
douces, qui volent très biqn, et dont la livrée, pour la plu- 
part, est ornée de couleurs brillantes et variées. 

Ils habitent les forêts, les buissons, les haies, les bo- 
cages, les \ergers ou les champs. Les uns se tiennent 



(i) Audubon. Traduction de Bazin. Scènes de la Nature dan.s les Etats- 
Unis. Tome 1er, pp. 97-101. 



256 LES OISEAUX 

constamment sur les arbres, tandis que les autres se plaisent 
à marcher sur le sol ; leur mode de progression s'exécute 
pour la plupart par de petits sauts. On rencontre parmi 
eux des chanteurs remarquables. 

Ces Oiseaux se nourrissent de graines, de baies, d'in- 
sectes, de larves, de vers, d'araignées, etc., quelques-uns de 
poissons et d'oiseaux. La plupart sont monogames et se 
construisent des nids, presque toujours d'un travail admi- 
rable, avec des herbes sèches, de la laine, des tiges d'herbes, 
du duvet cotonneux ; ils les garnissent parfois à l'intérieur 
de crins, de plumes, etc. 

Les petits naissent faibles et les parents les nourrissent 
pendant quelques temps dans le nid. 

Cet ordre se divise en deux sous-ordres que l'on peut 
reconnaître aux caractères suivants : 

Tarses cylindriques ou arrondis en arrière, entourés par une 
simple enveloppe cornée, divisée en scutelles antérieurement et 
sur le côté extérieur ; cette enveloppe entoure parfois tout le tarse 
et les bords se joignent sur le coté intérieur de ce dernier par 
une espèce de suture. Cette suture se transforme souvent en une 
bande à cet endroit, ou bien elle est située postérieurement, ou 
même elles existent simultanément aux deux endroits. Cet 
espace est lisse, réticulé ou granulé. Clamatores. 

Tarses comprimés postérieurement, en forme de carène effilée, 
ou bien l'ongle du pouce est droit et plus long que ce dernier ; la 
membrane qui enveloppe le tarse est divisée en deux ou trois seg- 
ments longitudinaux qui peuvent se partager en segments trans- 
versaux, ou scutelles, ou se fondre en plaques continues. Oscines. 

Sous-ordre CLAMATORES — Passereaux criards. 

Les muscles vocaux du larynx inférieur sont si peu développés 
chez ces oiseaux, qu'ils offrent plutôt l'apparence d'une masse 
charnue que de muscles distincts, tels qu'ils existent chez les 
chanteurs. Les rémiges primaires sont au nombre de dix, dont 
la première atteint au moins les deux tiers de la longueur de la 
seconde, si elle ne l'égale ou même la dépasse. 

Ces oiseaux se tiennent toujours sur les arbres et ne 
descendent à terre qu'accidentellement. 

Leur nourriture consiste en insectes ailés qu'ils captu- 
rent d'ordinaire au vol. Un certain nombre cependant 
mangent quelquefois des baies. 



^ 



Planche IV 




P"- " ■ ^■■^vw.^- ..>■..■.- ---r-^ 



Fig. i.) — Martin-Pêcheur. 2. — Coucou à bec jaune. 3. — Mouclicrollc de la 
Caroline. 4. — Engoulevent criard. 5. — (U-ai l)ku. 6. — Colibri à gorge rul)is. 



ÙE LA PROVINCK DK Ql'KHKC 257 

I'amillk TYRA^NID^— Molciikroli.ks. 

Ikc très larjje à la base, déprimé, se terminant en pointe où 
la nianilil)iik- supirieure se courl)e brusquement, avec une échan- 
crure ver,s le bout ; soies recouvrant la base du bec et s 'entremêlant 
avec les plumes du front ; primaires dix ; la première jamais très 
courte ; une ou plusieurs pennes fréquemment atténuées au bord 
intérieur à l'extrémité ; pieds courts et faibles ; doijjt intérieur et 
médian complètement lil)res enlr>- env; partie postérieure des 
tarses non réticulée ; iris brun. 

Ces oiseaux se nourrissent d'insectes qu'ils attrapent au 
vol ; toujours perchés en embuscade, sur la branche la plus 
élevée d'un arbre, ils attendent qu'une proie vienne à pas- 
ser ; alors, ils se lancent à sa pourstiite, l'en^^ouffrent dans 
leur laro;e bec, fort bien approprié à ce fleure de capture, et 
reviennent se poser de nouveau au même endroit ; cependant 
un certain nombre manp^ent parfois des baies, probablement 
lorsque les insectes font défaut. 

Quoique ces oiseaux soient dépourvus d'un chant réj^u- 
lier, ce qui contribue beaucoup, ainsi que leur immobilité 
sur les branches, à leur donner un caractère de mélancolie, 
plusieurs ont un cri qui n'est pas désagréable ; mais en 
général ce cri est entrecoupé et strident. Comme tous les 
insectivores, aussitôt que la belle saison est passée, ils s'en- 
volent vers des régions plus tempérées. 

Ils se construisent des nids artistement faits, qu'ils 
posent sur des arbres ou des arbrisseaux. 

Genre TYRANNUS. Cuvier. 

Bec lartj^e à la base ; sa largeur à l 'endroit des narines, beaucoup 
plus g^iande que deux fois la distance de ces dernières à l'extré- 
mité <lu bec ; ailes longues et pointues, quelques rémiges du bord 
sont brusquement atténuées du côté intérieur. 

Tyrannus tyrannus, (Linn.) Jordan, 444. 
Le Moucherolle de la Caroline. 

KlN(,IÎIRD. 

Adultes <? 9. Parties supérieures d'un cendré noirâtre pres- 
que noir sur la tète, qui porte une tache d'un rouge de feu, entremêlé 
de blanc et de jaune, en partie caché au centre de la couronne ; 
parties inférieures blanches avec la poitrine d'un cendré bleuâtre ; 
ailes noirâtres marginées de blanchâtre ; queue noire, largement 
terminée de blanc ; rectrices extérieures quelquefois bordées de 

17 



258 LES OISEAUX 

blanc ; bec et pieds noirs. Longueur 8.00 - 9.00 ; ailes 4.45 - 4.75 ; 
queue 3.40-3.75. 

Les jeunes n'ont point de tache rouge sur la couronne, et leur 
livrée est plus pâle. 

Le Moucherolle de la Caroline, mieux connu chez 
nous sous le nom vulgaire de Tritri. habite l'Amérique du 
Nord, et niche depuis le golfe du Mexique, au nord, jusque 
dans les possessions britanniques. Il se montre commun 
sur toute cette étendue excepté à l'ouest des Montagnes 
Rocheuses où il est rare. 

On le voit fréquemment durant tout l'été, dans les 
arbres de nos jardins, de nos bocages et de nos vergers, aux 
alentours de Québec, comme dans toute la province. 
Mais, il est assez rare à Anticosti, d'après M. le Dr Schmitt. 

Il niche sur les arbres à la lisière du bois ou dans les 
vergers, les jardins, les arbres et arbrisseaux qui bordent 
les chemins ; le nid est situé dans l'angle de deux branches 
ou sur une branche horizontale ; il est gros et se compose 
à l'extérieur de petites branches, de petites racines et est 
tapissé, en dedans, de crin, d'herbes fines, de laine et de 
plumes. Il pond de trois à cinq œufs, de couleur crème, 
maculés de brun et de lilas. Ils mesurent 0.95 x 0.70. La 
ponte a lieu en juin. 

Le Tritri est le plus gros et le plus connu de nos mou- 
cherolles ; il n'est point solitaire comme la plupart de ceux 
de sa famille ; on le rencontre bien dans les bois, à la lisière 
des forêts, mais il se plaît surtout autour des habitations, et il ' 
vient souvent installer son nid sur un arbre près de la ferme 
sous les regards même de l'homme. 

Non seulement le Tritri rend des services inapprécia- 
bles au cultivateur en détruisant beaucoup d'insectes nuisi- 
bles, à l'exemple de tous les insectivores, mais encore en 
protégeant la basse-cour contre certains maraudeurs ailés, 
tels que oiseaux de proie, corneilles, etc. Il les attaque 
avec toute la violence et l'acharnement dont il est capable 
et il réussit presque toujours à les mettre en fuite. C'est 
surtout durant la saison des œufs que le Tritri se montre 
le plus agressif, mais il devient, à son tour, la victime de 
l'Oiseau-Mouche qui finit par l'éloigner de son canton. 



DR LA PROVINCE DE QUÉBEC 259 

Genre MYIARCHUS. Cabanis. 

Rc-ctrices en partie rousses ; parties inférieures d'un cendré 
uniforme, dans sa moitié antérieure ; le reste d'un jaune jiAle ; 
queue carrée, à peu près de la longueur de l'aile. 

Myiarchus crinitus, (Lixn.) Lkach. 452. 

Le Moucherolle à huppe. 

Ckkstki) Fi.vcatchick. 

Adultes <? 9- Parties supérieures d'un brun j^risâtre, teinté 
d'olive et plus foncé sur la tête ; ailes noirâtres ; primaires n>ar- 
^"inées des deux côtés de brun roux ; secondaires et couvertures 
des ailes lisérées de blanc ou de blanc jaunâtre ; queue d'un brun 
foncé en dessus, avec toutes les pennes, excepté celles du centre, 
d'un brun roux au bord intérieur ; Ror<;e et haut de la poitrine 
d'un gris cendré, foncée ; reste des parties inférieures d'un jaune 
souffre, vif. Longueur 8.50-9.00; ailes 3.90- 4.40 ; queue 3.50 - 4,20. 

Les jeunes sont peu différents des adultes, cependant le brun 
roux est plus intense. 

Ce Moucherolle, habite l'est des Etats-Unis et le sud 
du Canada, à l'ouest ju.squ'au Manitoba et aux prairies; il 
niche .sur tout son parcours et au sud, jusqu'à la Floride ; 
eu hiver, il se voit depuis le golfe du IMexique, au sud, 
jusque dans l'Amérique centrale et Costa Rica. 

M. Wintle le mentionne comme commun en été dans 
le district de Montréal. 

Il niche dans un tronc d'arbre ; le nid est composé de 
petites branches, de petites racines et d'herbes de toutes 
sortes qu'il y accumule ; on ditqtie des morceatix de peau de 
serpents sont invariablement trouvés dans le nid. Sa ponte 
est de quatre à six œufs, d'un brun jaunâtre très pâle, raves 
lonijitudiualement et maculés de brun foncé et de pourpre. 
Ils mesurent 0*85 xo.65. 

Cet Oiseau se tient dans les forêts. Il est d'un naturel 
querelleur et son cri est aigre. 

Genre SAYORNIS. Bonaparte. 

Ailes plus de trois pouces et quart de longueur ; plumage sans 
rouge nulle part et sans stries inférieurement ; tête avec une petite 
huppe érectile. 



26o LES OISEAUX 

Sayornis phœbe, (Lath.) Stejn. 456. 

Le Moucherolle brun. 

Phœbe. 

Adultes <? 9 . Parties ^périeures d'un brun olivâtre, plus 
foncé sur le sommet de la tête ; un anneau blanchâtre entoure l 'œil ; 
ailes et queue noirâtres, cette dernière faiblement échancrée ; 
rectrices latérales et quelques secondaires bordées de blanchâtre ; 
dessous blanchâtre, plus ou moins lavé de jaune pâle particulière- 
ment sous le ventre ; côtés de la poitrine teintés de gris olive ; 
troisième et quatrième rémiges d'ordinaire les plus longues. Lon- 
gueur 6.25 - 7.00 ; ailes 3.25 - 3.55 ; queue 3.00 - 4.00. 

Très variable dans ses teintes. A l'automne, sa livrée 
devient plus foncée. 

Ce Moucherolle habite l'est de l'Amérique dti Nord, 
depuis le Mexique et Cuba, au nord, jusque dans les pro- 
vinces britanniques, et à l'ouest jusqu'aux Montagnes 
Rocheuses ; à l'automne, il émigré ati sud jtisqu'ati Mexique 
et à Cuba. 

M. Wintle dit qu'il est commun en été à Montréal, 
mais on le voit assez rarement à Québec. 

Il niche dans des crevasses de rochers, ou entre les 
racines d'un arbre renversé, dans de vieux ponts en bois, 
sur les solivaux de vieilles constructions, etc. Le nid est 
construit avec de la botte mélangée de mousse et d'herbe, 
et est garni de pltimes en dedans ; sa ponte est de qtiatre ou 
cinq œufs blancs, faiblement pointillés parfois de brun roux. 
Ils mesurent 0.75 x 0.55. 

On voit ce Moucherolle presque toujours perché sur 
une branche sèche, à la lisière du bois ou sur tin arbre 
isolé, dans le but de donner la chasse aux insectes ailés 
aussitôt qu'il les aperçoit. Au printemps et en été, il fait 
entendre un petit cri mélancolique et plaintif que l'on a 
traduit par Piiwit. 

Genre NUTTALLORNIS, Eidgway. 

Tarses plus courts que le doigt médian avec Pongle; première 
rémige beaucoup plus longue que la quatrième ; primaires dépas- 
sant les secondaires plus de deux fois la longueur des tarses ; bout 
de l'aile dépassant la moitié de la queue ; une tache d'un blanc 
cotonneux de chaque côté du croupion. 



I)K I.A l'ROVINCE DE QUÉBEC 201 

Nuttallornis borealis, (S\v.) 459. 
Le Moucherolle aux cotés olive. 

( )I.1VHSU)KD I-LYCATCJIF.R. 

Adultes (î 9 . Parties supérieures d'un brun olivâtre foncé ou 
ardoisé, un peu plus foncé sur la tête, dont les plumes sont pres- 
que noires au centre ; ailes et queue noirâtres ; couvertures alaires 
terminées de brun i^risâtre ; tertiaires bordées de blanchâtre ; par- 
ties inférieures blanches, teintées de jaunâtre ; côtés du corps et 
flancs d'un brun grisâtre, cette teinte s'avance quelquefois sur les 
côtés de la poitrine jusqu'.â se rencontrer presque, avec quelques 
stries plus foncées d'ordinaire. Longueur 7.00-7.90; ailes 3.90- 
4.50; queue 2.80-3.50. 

Ce Moucherolle habite toute rAmérique du Xord ; il 
niche depuis le centre des Etats-Unis et la Californie, en 
allant vers le nord ; à l'automne, il émigré au sud, ju.sque 
dans TAmcrique centrale et la Colombie. 

M. Wintle dit qu'il est rare à Montréal et niche dans 
le parc Mont-Royal, et M. Comeau le mentionne comme 
éo^alement rare à Godbout ; il en est de même à Anticosti, 
d'après le Dr Sclimitt. Jusqu'à présentée n'ai rencontré que 
trois spécimens dans les bois près de Québec et un autre 
que j'ai tué en juillet 1890, sur le cap Tourmente, à 
St-Joachim. 

Il niche ordinairement dans des conifères souvent à 
une çrrande distance du sol. Le nid est composé de petites 
racines et de petites branches, j^arni de mousse à l'intérieur ; 
il est très plat ou peu profond. Sa ponte est de trois à 
quatre œufs de couleur crème, maculés de brun et de lilas. 
Ils mesurent 0.85 x 0.65. La ponte a lieu en juin. 

Genre COXTOPUS. Cabanis. 

Tarses plus longs que le doigt médian avec l'ongle ; primaires 
dépa.ssant les secondaires moins de deux fois la longueur des 
tarses ; bout de l'aile n'atteignant pas le quart de la longueur de 
la queue : première rémige beaucoup plus courte que la quatrième ; 
sans tache blanche cotonneuse sur les côtés du croupion. 

Contopus virens. (Linn.) C.\b. 461. 

Le Moucherolle verdatre. 

Wooi) Pkwek. 

Adultes S 9- Parties supérieures d'un brun olivâtre, avec le 
dessus de la tête plus foncé : menton, gorge, milieu de la poitrine 



202 LES OISEAUX 

et du ventre, région anale avec les couvertures inférieures de 
la queue, blanchâtres, lavés de jaunâtre ; les côtés d'un brun olive 
pâle ; ailes et queue noirâtres, avec quelques secondaires bordées 
de gris blanchâtre, la plupart des couvertures des ailes sont ter- 
minées de cette même teinte. Longueur 7.10-7.90; ailes 3.90-4.50; 
queue 2.S0-3.50. 

Le Moucherolle verdâtre habite l'est de l'Amérique du 
Nord, à l'ouest jusqu'aux prairies, et, au nord, jusque dans 
le sud du Canada ; en hiver, il se voit au sud jusqu'à l'est du 
Mexique et au Guatemala. Il niche depuis la Floride jus- 
qu'à Terre-Neuve. 

M. Wintle mentionne ce petit Moucherolle comme 
commun en été à Montréal. Il est également commun 
dans les environs de Québec en été, il visite même les parcs 
et les jardins de la ville. Je l'ai rencontré plusieurs fois 
dans différentes paroisses, et notamment à St-Denis. 

Il niche sur un arbre, à une distance de six à cinquante 
pieds du sol ; le nid est construit avec des plantes fibreuses 
et des herbes, et recouvert de lichens ; il est plat et ressem- 
ble beaucoup à une excroissance végétale sur une branche. 
Sa ponte est de trois ou quatre œufs de couleur crème, 
tachetés en cercle vers le gros bout, de brun roux et de gris 
lilas. Ils mesurent 0.80 x 0.55. La ponte a lieu en juin. 

Ce petit Moucherolle fréquente les vergers, les jardins, 
les petits bouquets de bois, les arbres isolés et les grands 
bois. On le voit souvent perché sur une branche sèche, 
dans une position presque verticale, prêt à se lancer à la 
poursuite d'un insecte ; puis, de temps en temps il fait 
entendre son petit cri mélancolique, que l'on peut traduire 
par ces notes : Pi-e-oui., qu'il prononce lentement. 

Genre EMPIDONAX, Cabanis. 

Ailes moins de trois pouces et quart de longueur ; plumage 
sans rouge ni stries aux parties inférieures. 

Empidonax flaviventris, Baird, 463. 

I<e Moucherolle à ventre jaune. 

Yellow-bellied Flycatcher. 

Adultes $ 9 . Parties supérieures d'un vert olive clair ; ailes 
et queue noirâtres ; extrémité des couvertures des ailes d'nn olive 
jaunâtre pâle, formant deux bandes obliques sur l'aile ; quelques 



DK I,A PROVINCE DK QUÉBPX 263 

secondaires bordées de cette mOnie teinte ; parties inférieures d'un 
jaune soufre pille, teinté sur les côtés et la poitrine de la raCme 
couleur que celle du dos. Longueur 5.10- 5.80 ; ailes 2.55 - 2.75 ; 
queue 2. 10 - 2.30. 

Les jeunes sont plus pAles, l'olive jaunrUre des ailes est d'un 
hrun ocreux. 

Cet Oiseau habite l'est de l'Ainérique du Nord, 
jusqu'aux prairies ; il uiche depuis le nord des Etats-Unis 
juscju'au sud du Labrador, et se voit, en hiver, au sud 
jusque dans l'est du Mexique et dans l'Amérique centrale. 

Il est commun au lac Mistassini et il y niche (/. M. 
Macou)i\ mais il est rare en été à Montréal {IVintlé). 
l'Iti^alcmcnt rare à Godbout {Conicau)^ et assez rare à Anti- 
costi, {Si/iniit/). Il est rare aussi aux environs de Québec. 

11 niche sur les branches inférieures des arbres près de 
terre, ou môme stir le sol, ou encore entre les racines d'un 
arbre renversé et situé ordinairement dans des endroits 
humides. Son nid est construit avec de la mousse et des 
herbes fines ; il est gros et profond. Sa ponte est de quatre 
œufs, d'un blanc de crème ou blanc jaunâtre, pointillés et 
maculés vers le gros bout, de brun roux et de gris. Ils 
mesurent 0.65 x 0.50. La ponte a lieu en juin. 

Cet oiseau fréquente les forêts, les savannes et les 
buissons. 

Empidonax traillii alnorum, Brewster, 466a. 

Le Moucherolle des aulnes. 
Alder Flvcatchkr. 

Adultes $ 9- Parties supérieures d'un olive brunâtre, plus 
clair sur le croupion et plus foncé sur la tcte ; ailes et queue noi- 
râtres ; les deux bandes des ailes et le bord des secondaires d'un 
blanc grisâtre, teinté de jaunâtre brun ; parties inférieures blan- 
ches, teintées de jaunâtre postérieurement et d'olive grisâtre sur 
les côtés, cette dernière teinte traverse même la poitrine ; man- 
dibule supérieure noire, l'inférieure d'un jaunâtre pâle. Longueur 
5.50 - 6. oo ; ailes 2.60-2.75; queue 240-260. La Ç est un peu 
plus petite. 

Ce Moucherolle habite l'est de l'Amérique du Nord, 
à l'est du Mississipi et au nord, jusqu'au Nouveau-Bruns- 
wick et à la Nouvelle-Angleterre ; à l'automne, il émigré 
au sud jusque dans l'Amérique centrale ; il niche depuis le 
nord des Etats-Unis en allant vers le nord. 



264 LES OISEAUX 

Il est rare dans Montréal iWintlé)^ et se montre acci- 
dentellement à Godbout, quoiqu'il soit assez commun à 
Anticosti. Cette espèce est assez commune en été dans nos 
bois aux alentours de Québec. 

Cet oiseau place son nid dans l'angle de deux branches, 
et à une distance d'une huitaine de pieds du sol. Il le cons- 
truit avec des matières végétales fibreuses et des herbes ; l'in- 
térieur est tapissé de crin et de fleurs de chardon ; sa ponte 
est de trois à quatre œufs, d'un blanc de crème ou d'un brun 
jaunâtre pâle, ordinairement maculés au gros bout de brun 
roux. Ils mesurent 0.73x0.53. La ponte a lieu en juin. 

Comme son nom l'indique, ce petit MoucheroUe fré- 
quente de préférence les endroits où croissent en abondance 
des aulnes et des saules qui bordent les rivières, les cours 
d'eau, les lacs ou les endroits marécageux. C'est là aussi 
qu'il niche. 

Empidonax minimus, Baird, 467. 

I<e petit MoucheroUe. 

Least Flvcatcher. 

Adultes $ 9 . Cette espèce ressemble fort à la précédente, 
mais ses parties supérieures sont plutôt d'un olive grisâtre, qu'o- 
live brunâtre; les parties inférieures sont blanches, teintées de 
jaunâtre et souvent lavées de cendré brun antérieurement ; les 
bandes des ailes, le tour des yeux et les plumes des lorums, sont 
d'un blanc grisâtre uniforme. Longueur 4.90-5.50; ailes 2.30- 
2.60 ; queue 2 10- 2.40. La 9 est un peu plus petite. 

Ce petit MoucheroUe habite l'Amérique du nord à l'est 
des Montagnes Rocheuses ; il niche depuis le nord des 
Etats-Unis jusque dans l'intérieur du Canada ; à l'atitomne, 
il émigré ati sud jusque dans l'Amérique centrale. 

Il place son nid dans l'angle d'une branche d'arbre à 
une distance de quatre à vingt pieds de terre ; il le construit 
avec des plantes fibreuses, des herbes fines, du fil, et des 
toiles d'araignées ; sa ponte est de trois à cinq œufs, d'un 
blanc de crème pâle. Ils mesurent 0.65 x 0.50. 

Il est rare en été à Montréal et niche stir l'île {Wintlê). 
Un individu a été tué à Godbout {Comemi). Je l'ai vu 
assez souvent aux alentours de Québec, ainsi qu'à Saint- 
Joachim, sur le cap Tourmente et au Petit-Cap. Il est 



DK LA PROVINCK DK QUÉBEC 265 

facile à reconnaître par son petit cri, que l'on peut rendre 
par ces notes : tchébec^ tc/ié/ur, qu'il répète deux ou trois fois 
avec vivacité. 

Ce petit Moucherolle fréquente la lisière des bois, les 
bosquets, les jardins, les vergers, ainsi que les arbres et les 
arbrisseaux qui bordent les chemins, plutôt que les grands 
bois. 

SOUS-ORDRK OSCINKS — PASSERE.A.UX CHANTEURS. 

I.e larynx inférieur chez ces oiseaux est muni d'un appareil. 
comi)()s6 de quatre ou cinci paires de muscles bien développés, qui 
les rendent susceptibles d émettre des sons divers plus ou moins 
harmonieux, be nombre des primaires est de dix, avec la pre- 
mière très courte et souvent même peu apparente, ne paraissant 
n'y avoir en réalité que neuf primaires bien développées, si l'on ne 
tient compte de cette rémij^e bâtarde. 

La plupart de ces oiseaux se font renianjuer par la 
beauté et la flexibilité de leur chant, qui nous captive tou- 
jours, et qu'ils font entendre particulièrement au printemps 
à l'époque de la ponte et de l'incubation des œufs; de plus 
un grand nombre possèdent des couleurs brillantes. Pres- 
que tous marchent en sautillant sur le sol ; ils vivent isolés 
ou \x\r couples, quoique certaines espèces se voient par 
bandes. La grande majorité préfèrent aux champs les forêts 
ou la lisière des bois. 

.A.NALVSE DES FAMILLKS DE PASSEREAUX CHANTEURS. 

A I. Moitié postérieure du tarse non comprimée, mais arrondie et 
divisée en segments distincts ou en scutelles, semblable à la 

moitié antérieur Alaudid.î; 

A 2. Moitié postérieure du tarse comprimée, avec deux plaques 
latéiales se réunissant en arrière en une carène effilée, et pour 
la plupart sans division. 

B I. Primaires apparentes, 9 ; la loe, très petite ou rudimen- 
taire, l'extrémité du bec non crochu. 

C I. Bec de forme variable, mais avec l'ouverture jamais 
deu-x fois la longueur du culmen ; primaire extérieure, jamais 
plus de deux fois la longueur de la dernière. 
D I. Bec de forme conique, s'il est grêle, l'angle du gonys 
est situé plus en avant que les narines. 



266 LES OISEAUX 

E I. Bec sans échancrure et sans soies à la commissure. 

ICTERID^. 

E 2. Bec échancré et avec soies à la commissure. 

F I. Narines cachées par les plumes du front ou ter- 
minées en pointe antérieurement, avec une écaille 
distincte ou une membrane cornée comme suspendue 
au-dessus, ou encore à angle distinct à la base du bec 

sur ses bords Fringillid^. 

F 2. Narines nues,airondies antérieurement, sans écailles 
ni membranes distinctes en-dessus, et bord du bec 

sans angle à la base Tanagrid^ 

D 2. Bec non conique ; angle du gonys ne dépassant pas les 
narines. 

E I. Tertiaires non allongées, le bout n'atteignant pas 
l'extrémité des primaires les plus longues ; ongles du 
pouce beaucoup plus court que le pouce même. 

Mniotiltid^. 

E 2. Tertiaires beaucoup allongées ; leur extrémité se 
rendant presque jusqu'au bout de la primaire la plus 
longue ; ongle du pouce presque aussi long ou plus 

long que le pouce même Motacillid^. 

C 2. Bec très court, très large à la base et très fendu, ouver- 
ture plus de deux fois la longueur du culmen ; ire primaire 
plus de deux fois la longueur de la dernière... Hirundinid^ 
B 2. Primaires lO ; Ire bien développée, ou extrémité du bec 
crochu. 
C I. Tarses distinctement scutellés. 

D I. Bec modérément ou très légèrement crochu au bout. 
E I. Tarse pas plus long que le doigt médian, l'ongle 
compris ; bec court ; déprimé, sa largeur à la base dépas- 
sant la longueur du gonys Ampelid^. 

E 2. Tarse plus long que le doigt médian, l'ongle com- 
pris, ou bec long, non déprimé, plus étroit à la base que 
la longueur du gonys. 
F I. Bec non crochu à l'extrémité. 
G I. Rectrices de forme ordinaire. 

H I. Plumes des narines dressées ou dirigées en 
arrière. 

I I . Soies de la commissure bien développées ; 
ailes 3)^ pouces ou plus MiMiDiE. 



DE I.A PROVINCK DE QUÉBEC ' 2'i7 

I 2. Soies de la coininissure peu ajjparentes ; ailes 

moins de .v'2 pouces Tkoglodvtid.k. 

Il 2. Plumes des narines dirigées en avant. 
I I. Ailes plus de 4 pouces de longueur. 

CORVID.E. 

I 2. Ailes moins de 4 pouces de longueur. 
J I. Hec plus ou moins conique et sans 6chan- 
crur'î. 

K I. Ik'C délié, au.ssi long que la tête, queue 

beaucoup plus courte que l'aile. .Sittid.k. 

K 2. Bec plus fort, beaucoup plus court que la 

tète ; queue égale ou plus longue que l 'aile. 

Parid.îî. 

J 2. Bec très grêle et échancré Sviaiid.k. 

G 2. Rectrices raides et pointues à l'extrémité. 

Certhiid.i;. 

F 2. Bec légèrement crochu au bout Vireonid^. 

D 2. Bec fortement crochu et avec une dent Laniid.E. 

C 2. Tarse non divisé en scutelles à l'exception de l'extrémité 
de la partie inférieure. 
D I. Ailes moins de 3 pouces ; jeunes non tachetés. 

Svlviid.î;. 
D 2. Ailes plus de 3 pouces ; jeunes tachetés. . . .Turdid-E. 

Famille ALAUDIDiE — Alouettes. 

Bec moyen, non échancré ; narines en parties cachées par de 
petites plumes serrées ; ailes longues et pointues ; première pri- 
maire très courte ou manquant ; la troisième est la plus longue ; 
tarses .scutelles ; doigt postérieur très allongé, ongle droit et 
tranchant. 

Les Oiseaux qui composent cette famille vivent sur le 
sol et ne perchent que rarement ; ils fréquentent les champs 
et les endroits découverts, et se posent quelquefois sur les 
clôtures ou autres objets offrant une surface large. 

Ils nichent à terre dans une petite dépression de ter- 
rain ; le nid est construit sans art, avec des herbes sèches. 

Leur nourriture consiste en graines et vermissaux. 

Genre OTOCORIS. Bonaparte. 

Bec plus court que la tète, comprimé, conique : narines 
recouvertes par des plumes; queue moyenne, presque carrée; 



268 . LES OISEAUX 

une petite touffe de plumes allongées au-dessus de chaque oreille, 
de manière à figurer deux petites cornes, et que l'oiseau relève à 
volonté. 

Otocoris alpestris, (Linn.) Bonap. 474. 

I<' Alouette ordinaire. 

HORNED LARK. 

Adulte ^. Parties supérieures d'un brun viné ou brun can- 
nelle foncé, plus accentué sur la nuque; les petites couvertures des 
ailes, et les couvertures supérieures de la queue, avec des raies sou- 
vent peu apparentes, d'un brun foncé ; queue noire, avec les rectri- 
ces latérales bordées de blanc, celles du milieu d'un brun cannelle 
avec le centre noirâtre; rémiges d'un brun enfumé, lisérées de 
brun cannelle pâle ; parties inférieures blanches et côtés du corps 
lavés de brun cannelle et quelque peu maculé de cette même 
teinte sur la poitrine ; menton, gorge, une ligne superciliaire, une 
autre à travers le front et sur les côtés de la tête, d'un jaune souf- 
fre ; partie antérieure de la couronne, une bande, depuis le bec, 
s'étendant sur les côtés de la tête au-dessous de l'œil et un crois- 
sant sur la poitrine, noirs. Longueur 7.50-8.00; ailes 4 20-4.60; 
queue 2.70-3.10. 

La 9 est un peu plus petite et ses teintes sont moins vives. 

En hiver les deux sexes, ont une apparence plus sombre et le 
noir est plus ou moins voilé par du gris blanchâtre. 

Les jeunes ont les parties supérieures variées de noirâtre et de 
brun grisâtre clair, avec la poitrine et les côtés du corps lavés de 
jaune brunâtre et maculés de noirâtre ; sans noir à la poitrine ni 
ailleurs. 

L'Alouette ordinaire, que l'on appelle vulgairement 
Ortolan^ habite le nord et l'est de l'Amérique septentrio- 
nale, le Groenland, ainsi que le nord de l'ancien continent; 
elle émigré au sud, à l'automne, dans l'est des Etats-Unis, 
jusqu'aux Carolines, l'Illinois, etc.; elle niche sur les côtes 
de TerreNetive, du Labrador, sur les rives de la' baie d'Hud- 
son, et dans le Keewatin. 

M. Wintle dit que cette espèce est rare et de passage 
à Montréal. Elle est commune et niche sur les îles ro- 
cheuses de la baie James, depuis Moose Factory jusqu'au 
golfe de Richmond ; mais elle n'a pas été vue dans l'inté- 
rieur du Labrador {Spreadboroitgh) (i). Elle est assez 
commune aux environs de Otiébec, ainsi que dans plusieurs 
paroisses, à l'époque de ses migrations. M. Comeau dit que 



(i) Cité par M. J, Macoun. 



DK I.A l'KOVINCE DE QUÉBEC 269 

les premicres Alouettes arrivent à (iodbout vers le 21 avril, 
((iraprùs cela elles deviennent communes pendant l'espace 
de trois semaines, puis disparaissent, et le Dr Schmitt dit 
qu'elle se voit en petites troupes ù Anticosti, au commence- 
ment de mai ; ces troupes sont beaucoup plus importantes 
à la mij^ralion crautomue. 

l^lle niche dans une cavité du sol, ordinairement au 
milieu d'une touffe d'herbe ou encore, comme le dit Audu- 
bon, entre les mousses et les lichens verts, blancs et de 
toutes teintes qui recouvrent les plataux déserts du Labra- 
dor ; son nid est fait avec des herbes sèches et ^arni de 
plumes à l'intérieur. Sa ponte est de quatre ou cinq œufs 
«grisâtres, faiblement teintés de verdâtre, avec taches et 
points de brunâtre et d'olive foncé. Ils mesurent 0.92 x 0.65. 

Sa nourriture consiste en graines d'herbes, de fleurs, 
de petites plantes, de vers et d'insectes. Elle est très habile 
à capturer ces derniers au vol et les poursuit souvent à une 
distance considérable. 

L'Ortolan se plaît dans les champs, les prés, sur les 
rivages des mers, les bords des fleuves et des rivières. 

J'ai vu cette Alouette en quantité autrefois, à St-Denis 
de Kamouraska, au printemps et particulièrement à 
l'automne, se répandant par petites bandes, dans les champs 
de chaume et de pâturage, pour y chercher sa nourriture. 
Au printemps, on la rencontrait souvent associée aux bandes 
d'oiseaux blancs. Elle est peu farouche et préfère se sauver 
en courant sur le sol, ce qu'elle fait avec beaucoup de 
célérité, plutôt que de s'envoler, mais si le danger devient 
imminent, toute la bande s'envole et, après quelques évolu- 
tions dans l'espace, elle vient de nouveau s'abattre au même 
endroit. 

Cette Alouette aime à se reposer sur les souches, les 
rochers ou les clôtures, et lorsqu'elle est posée sur ces der- 
nières, si on tente de s'en approcher, elle s'envole et va se 
placer à quelques pieds plus loin, sur la même clôture ; on 
peut ainsi lui faire répéter plusieurs fois ce même exercice 
avant qu'elle disparaisse, si on a la précaution d'avancer 
lentement. 

L'Ortolan fait souvent entendre, lorsqu'il est inquiété, 
un petit cri assez fort et clair que l'on peut rendre par ces 



270 LES OISEAUX 

mots : Pip^pip ; au printemps le $ est doué d'un gazouil- 
lement doux et court qu'il module surtout lorsqu'il vole. 

Otocoris alpestris praticola, Henshaw, 474b. 

I<' Alouette des Prairies. 

Prairie Horned Lark. 

Adulte $ . Plumage semblable à celui de la précédente, mais 
plus pâle ; le jaune souffre de la gorge, du front et des côtés de la 
tête est plutôt d'un jaune blanchâtre. lyongueur 7.00- 7.50 ; ailes 
4.00 - 4.30 ; queue 2.90- 3.10. 

La 9 a une livrée un peu plus pâle, et les jeunes ont une teinte 
très foncée. 

Cette variété niche dans la vallée du Mississippi, depuis 
l'Illinois, au nord, jusqu'au Manitoba, et à l'est jusqu'aux 
Etats-Unis du centre ; à l'automne, elle émigré dans la Caro- 
line du sud et au Texas. 

Cette Alouette se voit souvent aux environs de Québec, 
au printemps et à l'automne, souvent associée à la précé- 
dente, mais je ne l'ai pas remarquée ni à St-Denis de 
Kamouraska ni dans d'autres paroisses environnantes. 

Bile niche à terre dans les prés ou les champs cultivés, 
souvent dans les champs de blé ; le nid est construit avec 
des herbes sèches et garni à l'intérieur de crin ou de plu- 
mes ; ses œufs, au nombre de trois ou quatre, sont d'un 
brun jaunâtre pâle, tirant sur l'olive, et profusément maculés 
de brun. Ils mesurent 0.83 x 0.60. Elle fait ordinaire- 
ment deux pontes dans la saison, la première a lieu en mars 
ou avril et la seconde en juin ou juillet. 

Famille CORVIDiE — Corneilles, Pies, Geais, etc. 

Bec fort, plus court ou aussi long que la tête, se terminant en 
pointe et ordinairement échancré ; narines cachées par une touffe 
de soies longues, à l'exception de deux genres étrangers à notre 
faune ; ailes plus de quatre pouces de longueur ; première primaire 
courte, ordinairement la moitié de la seconde en longueur ; plusieurs 
rémiges du bord plus ou moins sinuées en dedans ; queue générale- 
ment arrondie, de douze pennes ; tarses scutellés en avant, séparés 
sur les côtés, du reste des enveloppes, par une rainure nue ou 
remplie de petites écailles. 

Ces oiseaux sont de moyenne et de forte taille et vivent 
d'ordinaire en société ; leur régime est omnivore. Ils parais- 



DK I.A PROVINCE DE QUÉBEC 27 1 

sent fort inutiles en général. A l'automne, certaines espèces 

éiniiifrent plus au sud, (l'autrcs deuieureut toute ranncc au 
milieu (le nous. 

Ils uichenî. sur les rochers ou il la bifurcation des 
branches supérieures des arbres, 

Sois-FAMiLLE GARRULIN.E — Pies et C.eais. 

Rec et pieds noirs et assez grêles ; ailes très courtes et rondes, 
dépassant à peine les couvertures de la queue ; celte dernière de 
même lonj^ueur ou j)lus lonj^ue que les ailes ; iris brun. Sexes 
peu (liflêrents. 

Genre PICA, Brisson. 

Queue très longue ; narines cachées par des plumes en forme 
de soies ; tête sans huppe ; ailes et queue à reflets métalliques. 

Pica pica hudsonia, (Sa h.) Jordan, 475. 

La Pie d'Amérique. 
Amkkican MAGI'IE. 

Adultes <J 9- Queue étagée, très longue. Parties supérieures, y 
compris toute la tête, le cou, la poitrine et les jambes, noirs, à 
reflets verdâtres, pourprés et violets, particulièrement sur la queue 
et les ailes ; parties inférieures, depuis la poitrine, scapulaires et 
côté intérieur des primaires, blancs ; bec et pieds noirs. Longueur 
17.40-21.75; ailes 7.30-8.40 ; queue 9.30-1 1.95. 

La Pie d'Amérique habite l'ouest de l'Amérique du 
Nord, depuis les prairies jusqu'au Pacifique, et depuis l'A- 
laska jusqu'à l'Arizona et le Nouveau Mexique. 

En 18S3, un individu a été tué à Chambly, à environ 
vin^t milles au sud est de Montréal, et M, D. Denne en vit 
un autre qu'il ne ptit tuer {U^inile'). 

Cette espèce niche dans les buissons ou les arbrisseaux 
à peu de distance de terre ; son nid est gros, compo.sé de 
grosses et de petites branches à l'extérieur et couvert en 
dessus en forme de toit, avec une ouverture sur les côtés ; 
l'intérieur est tapissé de boue et d'herbes fines ; il atteint 
une épaisseur de deux à trois pieds avec un diamètre de 
dix-huit pouces environ ; sa ponte est de quatre à huit 
œufs, d'un blanc grisâtre très maculés de brun. Ils mesurent 
1.30 X 0.90. La ponte a lieu en avril ou mai. 

Cette Pie est bien connue, potir son naturel hardi et 
sou penchant à dérober des objets brillants pour les cacher. 



272 LES OISEAUX 

Elle s'apprivoise très facilement et se montre si familière 
qu'elle devient même nuisible pour ceux qui la gardent. 
Sa nourriture consiste en grains et graines de toutes espè- 
ces, insectes, larves, vers, etc. 

Genre CYANOCITÏA. Strickland. 

Tête ornée d'une huppe ; ailes et queue bleues ; bec et pieds 
noirs. 

Cyanocitta cristata, (Linn.) Strickl. 477. 

Ite Geai huppé. 

Blue Jay. 

Adultes (? 9 . Parties supérieures d'un bleu pourpré, vif; 
ailes et queue d'un bleu de cobalt brillant ; avec les grandes cou- 
vertures des ailes, les secondaires et les rectrices rayées transver- 
salement de noir et terminées de blanc, à l'exception des rectrices 
du centre ; lorums, une bande sur le front et un collier à la poi- 
trine, remontant sur le cou, pour se terminer, en s 'élargissant, en 
arrière de la huppe, noirs; bec et pieds noirs. Longueur ii.oo- 
12.50; ailes 5.00-5.70 ; 5-05-5-7o. 

Le Geai bleu habite l'Amérique du Nord à l'est des 
Montagnes Rocheuses et, depuis la baie d'Hudson, au sud, 
jusqu'à la Floride et l'est du Texas. 

Cet oiseau est assez commun pendant toute l'année 
dans la forêt aux alentours de Québec et plus commun 
dans beaucoup d'autres endroits de la province. Il est 
commun, mais de passage à Montréal ( Wmtle). Il demeure 
toute l'année, mais il n'est pas très commun à Godbout 
[Comeau). Ce geai arrive en mai à Anticosti, et part en 
octobre. Il y est commun pendant certaines années et rare 
en d'autres {Schmiti). 

Il niche sur les arbres dans la forêt et parfois dans 
les bocages, les vergers ou sur les arbres qui bordent les 
chemins ; son nid est gros et se compose de branches, de 
petites racines, d'herbes et de laine ; le tout est grossière- 
ment entrelacé. Il pond de quatre à six œufs, d'un brun 
olive, avec nombreuses taches de brun olivâtre plus foncé. 
Ils mesurent i.io x 1.80. La ponte a lieu à la fin de mai 
ou en juin. 

Le Geai bleu habite les forêts et se voit quelquefois 
dans les vereers et les bocaees : il se nourrit de noix, de 



I)K I.A PROVINCE DE QUÉBEC 273 

grains et de jj^raines de toutes sortes, de baies, dMnsectes, de 
clicnilles, de petits lézards, d'œiifs et de jeunes oiseaux dans 
les nids. 

Les formes élégantes et sveltes de cet oiseau, ainsi que 
la beauté de son plumage, en font un des plus beaux vola- 
tiles de nos forêts ; son vol est lent et peu élevé d'ordinaire ; 
sa voix est peu agréable à entendre, mais il a la faculté 
d'imiter à s'y méprendre le cri de quelques oiseaux. Son 
aversion pour les hiboux est telle, qu'il ne manque aucune 
occasion de les poursuivre et de les harceler lorsqu'il le 
peut. Cette haine st- manifeste même envers les oistauv 
de proie de jour. 

Le Geai bleu est rusé et farouche et ne se laisse pas 
aisément approcher dans la forêt. Cependant on le capture 
facilement dans les pièges ou trappes qu'on lui tend. 

Lorsque cet oiseau se montre commun à proximité des 
champs de grain, il cause, dit-on, plus ou moins de dom- 
mages aux moissons. Toutefois, il n'y a pas de doute que 
l'on a dû exagérer les torts qu'on lui impute, comme on a 
également dii grossir le nombre d'œufs et de jeunes oiseaux 
qu'il peut manger dans un saison. D'après un examen du 
contenu de près de 300 estomacs de ces oiseaux, on a cons- 
taté qu'ils ne renfermaient en moyenne qu'un quart de 
matières animales, et les trois autres quarts consistaient en 
fruits et graines de toutes sortes, dont la plupart étaient 
des graines et fruits sauvages inutiles ou même 'nuisibles. 

Genre PERISOREUS, Bonaparte. 

Couleur ardoisée ou grisâtre en dessus, grisâtre ou brunâtre 
en dessous ; tête en partie blanche chez les adultes. 

Perisoreus caiiadensis, (Lixx.) Bonap. 484. 

I/C Geai du Canada. 
Canad.v Jav. 

Adultes <? Ç. Parties .supérieures d'un gris foncé uniforme, 
avec la nuque et la partie postérieure de la couronne, noirâtres; ailes 
et queue d'un gris de plomb ; parties inférieures d'un gris brunâtre 
clair ; tnenton, gorge, côtés de la tète, front et partie antérieure de 
la couronne, blancs ou blanchâtres ; bec et pieds noirs. Longueur 
II. 00-1200; ailes 5,60-5.90 ; queue 5.65-6.35. 

Les jeunes sont d'un brun ardoisé uniforme, le blanc se dessine 
plus tard. 

18 



274 • LES OISEAUX 

Le Geai du Canada, que l'on connaît sous le nom vul- 
gaire de Pie^ habite le nord de New- York, de la Nouvelle 
Angleterre, du Micliigan, ainsi que le Canada, en deçà des 
Montagnes Rocheuses, au nord jusqu'aux régions arctiques. 
Il niche dans le Maine, en allant vers le nord. 

Ce Geai est généralement commun dans nos bois, mais 
à l'exemple d'un bon nombre d'oiseaux il y est irrégulière- 
ment distribué. Il se montre parfois commun pendant cer- 
tains automnes aux environs de Québec, tandis que dans 
d'autres, nous n'en voyons aucun. Dans l'automne de 1904, 
il s'est montré nombreux, non seulement à Québec même, 
mais encore dans un grand nombre de paroisses des envi- 
rons. Je n'ai pas d'exemple qu'il niche dans les bois des 
alentours. 

Il est rare et de passage dans le district de Montréal, 
( Wintlé). Assez commun toute l'année à Godbout ( Comeau)] 
il est commun pendant toute l'année à Anticosti {Schmiti). 

Il niche dans les buissons ou sur des arbres à peu de 
■distance du sol. Le nid est construit avec de petites bran- 
ches, de la mousse, des herbes, et garni de plumes d'oiseaux ; 
ses œufs, au nombre de quatre ou cinq, sont d'un gris clair, 
teintés de jaunâtre et finement maculés, surtout au gros 
bout, de gris ardoisé et de brun. Ils mesurent 1.17 xo.8o. 
La ponte a lieu en mars ou avril. 

Il se nourrit de toutes sortes de graines, de baies, 
d'insectes, de vers et même de la chair d'animaux. 

Ce Geai est plus commun que le précédent et se voit 
en bandes à l'automne et en hiver, mais il ne se montre 
qu'irrégulièrement dans nos parages ; il fréquente alors les 
bocages, les jardins, les buissons, aussi bien que les grands 
bois, faisant presque toujours entendre son caquetage habi- 
tuel. Il est peu farouche, peu défiant, et ne fuit pas la 
présence de l'homme ; il se fait capturer dans toutes sortes 
de pièges qu'on lui tend. Je me rappelle qu'un jour on 
avait tendu une ratière, avec un morceau de chair pour 
appât, et que peu après, un geai s'y était fait prendre ; quand 
on voulut le sortir de sa prison, il s'échappa, laissant toutes 
les plumes de sa queue dans la main de l'homme qui essayait 
de le retenir ; le lendemain, il se faisait capturer de nou- 
veau dans le même piège. On le voit souvent en hiver 



DK LA PROVINCE DE QUEBEC 275 

autour de la cabane du hûclieron, pour cueillir les miettes 
de son repas ; il ne se ji;êne nullement, lorsque la nourriture 
se fait rare dans la forêt à cette époque de l'année, d'enlever 
des lambeaux de chair au gibier que le chasseur suspend 
autour de sa cabane. 

Le vol de la Pie est bas, léger et ressemble beaucoup 
à celui du Geai bleu, mais il est moins assuré. Lorsqu'elle 
se pose sur un arbre, elle choisit d'ordinaire les branches 
inférieures, et elle saute de branche en branche, jusqu'au 
sommet, puis elle va se poser de nouveau sur un autre arbre 
voisin, pour y renouveler le môme exercice ; elle traverse 
ainsi la forêt. Elle n'oublie pas non plus de visiter, en 
même temps, les buissons et les arbres isolés qui se rencon- 
trent sur son passage. 

SOLS-FAMILI.E CORVIN-K — CORNEILLES. 

Ailes longues et pointues, plus longues que la queue ; la pointe 
est formée par les troisième, quatrième et cinquième rémiges ; 
jambes fortes ; iris brun. 

Genre CORVTJS, Linné. 

Ailes de neuf pouces ou plus de longueur ; plumage noir chez 
les espèces d'Amérique ; bec comprimé, plus haut que large. 

Corvus corax principalis, Ridgvv. 486a. 

Le Corbeau du Nord. 

NORTIIKKN RAVICN. 

Adultes $ 9 • Entièrement noir à reflets pourprés et violets ; 
plumes de la gorge étroites, raides et lancéolées ; bec et pieds noirs. 
Longueur 22.00-26.50 ; ailes 16.50-18.00 ; queue 9.20-10.50. 

Le Corbeau habite le nord de l'Amérique septen- 
trionale, au sud jusqu'à la Colombie britannique, le nord 
du Michigan, le Nouveau-Brunswick, le Maine, le New- 
Jersey et la Caroline du Nord. 

Dans la province, le Corbeau est plutôt distribué sur la 
côte nord du St-Laurent et au Labrador. Il est commun 
toutefois sur les îles de la ^L^deleine. Assez commun à 
Anticosti pendant toute l'année {Sch??iitt) ; commun à 
Godbout et y demeure également toute l'année {Comcati). Il 
est un rare visiteur des alentours de Montréal {IVintlé). Il 



276 LES OISEAUX 

se montre accidentellement à Québec ; un individu a été 
tué non loin de la rivière St-Charles, il y a une dizaine 
d'années, et un autre en arrière de Charlesbourg, un peu 
plus tard. 

Il niche ordinairement sur des rochers inaccessibles ou 
sur des arbres d'accès difficile, quelquefois aussi sur de petits 
conifères ; son nid est construit avec de grosses branches 
entrelacées et tapissé de grosses herbes. Il se sert du même 
nid pendant plusieurs années consécutives et le répare s'il 
est détérioré ; sa ponte est de quatre à sept œufs, d'un vert 
olive clair, ou vert bleuâtre, avec taches et points de brun 
verdâtre ou pourpré. Ils mesurent 1.90 x 1.25. La ponte 
a lieu en avril ou mai. 

Le Corbeau fréquente ordinairement les montagnes, 
ainsi que les rives rocheuses des laôs, des rivières et des 
fleuves. Il est doué d'un vol puissant et, lorsque le temps 
est calme, il aime à s'élever dans les airs à une grande hau- 
teur, parcourant l'espace pendant des heures avant d'opérer 
sa descente sur le sol. 

Il vit en bandes et son régime est omnivore ; il mange 
divers petits mammifères, des œufs, des poissons, des cha- 
rognes, des mollusques, des insectes, des vers, des fruits 
durs de différentes espèces, ainsi que des baies. Lorsqu'il 
s'empare d'un gros mollusque, il s'élève quelquefois de 
terre à une certaine distance, et le laisse choir sur un 
rocher, afin que la coquille s'étant broyée dans sa chute il 
puisse en manger le contenu. Sa vue est pénétrante, mais 
son odorat est bien faible. 

Corvus brachyrhynchos, C. L. Brehm, 488. 
La Corneille d'Amérique. 

American Crow. 

Adultes (? Ç . Plumage entièrement noir, comme chez le pré- 
cédent, mais sans plumes de la gorge raides ni lancéolées. Lon- 
gueur 17.00-21.00; ailes II. 90-13. 25 ; queue 6.90-8.00. 

La Corneille habite toute l'Amérique septentrionale, 
à l'exception des régions arctiques et du sud de la Floride. 

M. Wintle dit qu'elle est très commune et se rencontre 
pendant toute l'année à Montréal. Elle est également 
commune aux alentours de Québec, dans les paroisses 



DK I.A PKOVINCK DE QUÉBKC 277 

situées sur le littoral du fleuve et ailleurs. A l'autouiue 
surtout, elle se voit en grandes bandes, particulièrement 
au niotnent de sa inijjration. Cependant il y en a un cer- 
tain nombre qui hivernent dans les bois, notamment en 
arrière de Charlesbourg, :\ vSl-Joacliim, à la Malbaie, ainsi 
que dans d'autres localités. Mais la presque totalité émigré 
plus au sud. Klle est commune à Godbout en été, quelcpie- 
fois en hiver {Ov/im/t), et assez commune h Anticosti 
{Sr//w///). 

IClle niche à la cime de grands arbres, surtout dans des 
sapins ou autres conifères, soit dans la foret, soit sur des 
arbres isolés ; son nid est gros et ordinairement composé 
de petites branches et de petites racines entrelacées ; ses 
œufs, au nombre de quatre i\ sept, sont d'un blanc bleuâtre 
ou verdàtre, avec taches et points de brun et de lilas. Ils 
mesurent 1.60 x 1.15. La ponte a lieu en 'avril ou mai. 

Klle se nourrit de petits poissons, de petits mollusques, 
de lézards, de petits reptiles, de mulots, de sauterelles, de 
larves d'insectes, de vers, d'araignées, d'insectes, d'œufs 
d'oiseaux, de jeunes oiseaux, de grains et de graines de 
toutes sortes, de feuilles de sapins, etc. Elle ne dédaigne 
pas non plus les animaux morts, surtout au printemps lors- 
qu'elle ne trouve pas de nourriture suffisante. 

La Corneille, que tout le monde connaît, n'est pas 
aimée d'ordinaire, parce qu'elle cause des dégâts dans les 
champs de grains à l'automne, et parce que, au printemps, 
elle mange des jeunes pous.ses de céréales, ou qu'elle 
dérobe quelquefois de jeunes poulets dans les basses-cours, 
et mange aussi de jeunes oiseaux sauvages dans leurs nids 
ainsi que des œufs ; si on ajoute qu'elle n'a rien de bien 
attrayant pour le cultivateur, à cause son plumage, de son 
chant ennuyeux et de sa chair qui ne se mange pas, on 
comprend facilement qu'elle puisse être détestée ; aussi 
essaie-t-on de la tuer chaque fois que l'occasion s'en pré- 
sente ; mais la chose n'est pas toujours facile à faire, car la 
Corneille est fine et méfiante, elle ne donne pas facilement 
dans les pièges qu'on lui tend, on dirait même qu'elle sait 
découvrir les intentions hostiles de son ennemi. Elle est 
sans cesse sur le qui vive, et observe celui qui tente de 
l'approcher ; s'il se baisse près de terre où s'il se dissimule 



278 LES OISEAUX 

derrière une haie, elle ne le laisse pas approcher, jette son 
cri d'alarme et s'envole, entraînant avec elle toutes celles 
des alentours ; mais d'un autre côté, si cette personne n'a 
pas de fusil et ne fait pas mine de l'apercevoir, elle peut 
alors passer bien près de la Corneille sans la faire fuir ; de 
même aussi, cette dernière semble moins craindre l'approche 
d'une personne dans une voiture, car elle ne redoute nulle- 
ment la présence des animaux domestiques. 

Un coup de fusil tiré au milieu d'elles suffit pour les 
faire disparaître d'un endroit et pour plusieurs heures, tant 
elles redoutent l'odeur de la poudre ; aussi, il y aurait long- 
temps qu'elles seraient anéanties par l'homme, si elles ne 
mettaient à son profit cette méfiance naturelle dont elles 
sont si hautement douées. 

Cependant, la Corneille n'est pas uniquement nuisi- 
ble comme on le croit, elle a aussi son utilité relative, et 
nous devons le reconnaître dans le fait qu'elle détruit un 
nombre considérable de sauterelles, de criquets, de vers, de 
chenilles et autres larves d'insectes, sans compter des mulots 
et divers petits quadrupèdes, lorsqu'elle en rencontre. 
C'est à la recherche des insectes que nous la voyons si 
souvent dans les champs, qu'elle parcourt en tous sens, 
de sa démarche fière et imposante. Aussi, l'examen de 
nombreux estomacs de cet oiseau a prouvé que les deux 
tiers de leurs contenus renfermaient des matières animales 
et l'autre tiers des matières végétales, sur lesquelles il faut 
faire, le plus souvent, la part de graines inutiles ou 
nuisibles. 

Le plus grand tort que l'on impute à la Corneille est 
celui de manger des œufs et de jeunes oiseaux, ainsi que 
de jeunes volatiles domestiques, qu'elle enlève quelque- 
fois ; mais il n'y a pas de doute que l'on a dû exagérer de 
beaucoup les dommages qu'elle cause ; Audubon, Coues et 
autres naturalistes, tout en admettant les torts qu'elle cause 
à l'agriculture, sont cependant d'avis qu'elle est plutôt utile 
que nuisible. La Corneille est très friande de poissons et 
on la voit fréquemment à basse marée rechercher sur la 
plage, cette nourriture, ainsi que de petits mollusques. 

Elle affectionne surtout les lieux où l'on tend des pêches 
pour le poisson, car c'est là qu'elle peut plus facilement se 



DK LA PROVINCK DK QUéllEC 279 

procurer ce qu'elle cherche. Son instinct hi j^uide en lui 
faisant connaître le moment où la marée l)aissante laissera à 
clécou\ert des poissons. C'est alors (jue, sans jamais se 
tromper, elle se dirij^e de tous les points vers la mer ou 
le fleuve, parcourant ainsi parfois des distances considé- 
rables pour y arriver. 

Je me rappelle, avoir maintes fois constaté ce fait autre- 
fois à St-I)enis de Kamouraska. Des centaines de Cor- 
neilles nichaient dans les forêts montagneuses du sud à une 
distance de quatre ou cinq lieues du fleuve, et chaque jour 
des quantités considérables entreprenaient au fleuve ces 
voyages qui correspondaient toujours avec la marée bais- 
sante. Une grande partie se reposaient dans les bois envi- 
ronnants la grève ; d'autres plus pressées, allaient se poser 
sur les grandes perches de la pêche, attendant là le retrait 
des eaux, pour commencer leur frugal repas. 

Famili.k ICTERIDiE — Etourneaux, Orioles, etc. 

Primaires neuf ; tarses scutellés en avant et sous forme de 
plaques en arrière ; bec long, égal ou plus long que la tête, très 
aigu, un peu conique, sans échancrure, à commissure angulée et 
sans soies à cette commissure ; ongles forts, peu recourbés ; ailes 
plus ou moins pointues ; queue plutôt longue et arrondie. 

La couleur noire prédomine d'ordinaire chez les indivi- 
dus de cette famille ; elle est souvent à reflets métalliques 
et contraste avec le jaune et le rouge qui se voient chez 
quelques individus. Cette famille, qui appartient exclusi- 
vement au nouveau continent, se rapproche beaucoup des 
Fringillidés et des Corvidés, avec lesquels elle a plusieurs 
caractères zoologiques communs. Les oiseaux qui la com- 
posent vivent ordinairement en troupes. Ils sont voyageurs 
et nous arrivent tous de bonne heure au printemps, pour 
s'en retourner très tard à l'automne. Leur nourriture con- 
siste en grains, graines, baies, insectes, vers et limaces. Ils 
aiment beaucoup à marcher sur le sol. La 9 est générale- 
ment plus petite que le <?. 

Ils se construisent des nids grossiers qu'ils posent, pour 
la plupart, sur les branches des arbres ; quelques-uns cepen- 
dant font des nids suspendus dont la texture est admirable. 



28o LES OISEAUX 

Plusieurs d'entre eux possèdent un chant agréable à en- 
tendre. 

Genre DOLICHONYX, Swainson. 

Rectrices très aiguës au bout ; tarses plus courts que le doigt 
médian avec l'ongle. 

Dolichonyx oryzivorus, (Linn.) Swains. 494. 
Le Goglu. 

BOBOLINK. 

Adulte $. Couleur générale noire, avec le dessus du cou d'un 
blanc de crème ou blanc jaunâtre et les scapulaires blanchâtres ; 
la partie postérieure du dos, le croupion et les couvertures supé- 
rieures de la queue sont d'un cendré blanchâtre; la partie anté- 
rieure du dos est raj^ée de brun jaunâtre pâle. Longueur 6.30-7.60 ; 
ailes 3.70-4.00; queue 2.60-2.90. 

La 9, qui est un peu plus petite, est d'un jaune brunâtre, plus 
foncé en dessus, rayé de noir aux parties supérieures et sur les côtés 
du corps ; ailes et queue brunes bordées de jaunâtre ; dessus de la 
tête noirâtre, divisé au centre de la couronne dans le sens de la 
longueur, par une bande de brun jaunâtre et une autre parallèle 
au-dessus de l'œil, de teinte un peu moins foncée. 

En hiver le <? ressemble à la Ç , mais sa livrée est plus foncée. 

Les jeunes ressemblent beaucoup à la Ç . 

Le Goglu habite l'est de l'Amérique du Nord ; niche 
depuis le New-Jersey, au nord jusqu'à la Nouvelle-Ecosse 
et le Manitoba et, à l'ouest jusqu'à l'Utah et au Nevada ; 
à l'automne, il émigré jusque dans l'Amérique du Sud. 

Cet Oiseau se montre généralement commun dans la 
province et il y niche. Il est très commun en été à Mont- 
réal {Wmtle)^ et plus ou moins commun aux environs de 
Québec, surtout dans les paroisses environnantes et 
ailleurs, mais de distribution irrégulière. 

Il niche dans l'herbe des champs, dans une dépression 
de terrain, souvent dans un enfoncement fait j)ar les pieds 
des bœufs ou des chevaux ; son nid est construit avec des 
herbes sèches, placées en cercle et sans art. Sa ponte 
est de quatre à six œufs, d'un blanc grisâtre, maculés et 
pointillésdebrun, degriset de lilas. Ils mesurent 0.84x0.62. 
Le nid de cet oiseau est difficile à trouver, non-seulement 
parce que il est bien dissimulé dans l'herbe, mais encore, 
parce que quand la 9 le quitte, elle marche sous l'herbe à 



I)K I.A l'KOVIN'CK DK QUÉBEC 28 1 

une certaine distance avant de s'envoler ; elle cvrcntc 
le même détour lorsqu'elle veut y arriver. 

Cet oiseau, que tout le monde connaît, habile les i)rai- 
ries et les terres cultivées. Sans a\oir la douceur et l'har- 
monie du chant de certains oiseau.x, il possède cependant, 
par la rapidité de ses notes, un ramaj^e qui le fait apprécier. 
I)ans le sud des Ktats-Unis, où il .se voit par bandes nom- 
breuses, il cause quekiuefois des déj^ats dans les plantations 
de riz, mais ici nous n'avons pas à redouter ces choses ; du 
reste, il se montre en nombre trop peu considérable pour 
causer des dommag^cs sensibles dans les champs de ^rain, 
et les services qu'il rend à l'aj^riculture, au printemps et en 
été, par le j^rand nombre d'insectes, de chenilles et autres 
larves d'invertébrés qu'il détruit, compensent de bc.iiuoup 
les céréales qu'il peut manorer à l'automne. 

Genre MOLOTHRUS, Swainson. 

' "**" Bec beaucoup plus court que la tOte ; son épaisseur à la base, 
atteint la moitié do la longueur de la mandilnile ; queue plus 
courte que l'aile, presque carrée; tarses pas ])lus courts que le 
doigt médian ; pieds robustes. 

Molothrus ater, (Bodd.) Grav, 495. 

L'ètourneau ordinaire. 

CoWltlKl). 

Adulte <? . Toute la tète et le cou d'un brun ferrugineux ; le 
reste du corps noir à reflets violets, pourprés et verdâtres ; bec et 
pieds noirs. Longueur 7.75-S.25 ; ailes 4.00-4.60; queue 2.90- 
30.S- 

La 9 '1 une livrée d'un gris brunâtre uniforme, plus foncé aux 
parties supérieures, plus pâle sur le menton et la gorge, et plus ou 
moins rayé sur le dos et la poitrine d'une teinte un peu plus 
foncée. 

Les jeunes sont d'un gris brunâtre en dessus, avec les plumes 
bordées de brun jaunâtre clair, et des stries de gris brunâtre peu 
apparentes; le dessous est d'un bruu jaunâtre terne, avec stries 
d'un gris brunâtre pâle. 

L'Ktourneau ordinaire habite l'Amérique du Nord, 
depuis l'Atlantique ju.squ'à l'est de la Californie, et depuis 
les provinces britanniques, au sud, en hiver, jusqu'au 
Mexique. 



282 LES OISEAUX 

Il se montre commun en été à Montréal (/F//?//^) ; 
mais il ne l'est pas aux environs de Québec, je n'en ai vu 
jusqu'à présent que quelques-uns. 

L'oiseau que l'on désigne chez nous, sous le nom 
d'Etourneau, et qui se voit par petites bandes au printemps 
et à l'automne, est le Mainate couleur de rouille. 

A l'exemple du Coucou d'Europe, l'Etourneau ne fait 
pas de nid ; il va furtivement déposer un ou plusieurs œufs 
dans des nids étrangers, comme ceux de Grives, de 
Pinsons ou de Fauvettes, lorsque les possesseurs en sont 
absents. Ses œufs sont blancs, tachés et pointillés de brun 
ou de brun jaunâtre. Ils mesurent 0.85 x 0.64. 

L'Etourneau se nourrit de larves, de vers, de saute- 
relles et aussi de graines. 

Genre XANTHOCEPHALUS, Bonaparte. 

Première rémige plus longue que la quatrième ; plumage du,? 
noir, avec la tête et le cou jaunes ; Ç noirâtre. 

Xanthocephàlus xanthocephalus, (Bon.) Jordan, 497. 
I/'Etourneau à tête jaune. 

Yellow-headed Blackbird. 

Adulte (J . Plumage d'un noir lustré, avec la tête, le cou et le 
haut de la poitrine d'un iaune orangé ; un espace noir autour de 
l'œil ; une grande tache blanche sur les ailes ; bec et pieds noirs. 
Longueur 10.60-11.10; ailes 5 65-5.80; queue 4.50-4.85. 

En hiver, le jaune du dessus de la tête est entremêlé de bru- 
nâtre. 

La Ç est d'un noir brunâtre, avec la gorge et la poitrine d'un 
jaunâtre pâle ; cette teinte est entremêlée de blanc ; sans blanc 
sur l'aile. Elle est de taille plus petite que le $ . 

Les jeunes $ ressemblent d'abord à la 9 , mais leurs teintes 
sont plus accentuées. 

L'Etourneau à tête jaune habite l'Ouest de l'Amérique 
du Nord, depuis le Wisconsin, l'Illinois et le Texas, jus- 
qu'aux côtes du Pacifique, et depuis la Colombie britan- 
nique et la rivière de la Saskatchewan jusqu'à la vallée de 
Mexico. 

Il se montre accidentellement dans la province ; M. 
Comeau en a tué un à Godbout en septembre 1878. 

Il niche au milieu des marais ; son nid est gros et 
construit avec de grosses et de fines herbes, liées ensemble ; 



DK LA PROVINCE DK QUÉBEC 2.S3 

il est fixé solidcincnt A rextrcniité des roseaux, des joncs 
ou autres touffes de orrandes herbes qui croissent dans ces 
marais. vSa ponte est de quatre à six œufs, d'un blanc 
grisâtre, finement pointillés et tachetés de brun et de gris. 
Ils mesurent 1.05x0.70. La ponte a lieu en juin. ^^|MH 
Comme les précédents, cet oiseau vit en troupes et 
fréquente les endroits marécageux, recouverts d'arbris- 
seaux. 

Genre AGELAIUS. Vieillot. 

PremiC^re réinijït: plus Lourte que la quatrième ; plumage du i 
noir ou avec du rouge sur les ailes ; la 9 noirâtre, plus ou moins 
striée de blanc. 

Agelaius phœniceus, (Linn.) Vieill. 498. 

L'Etourneau a ailes rouges. 

RKH-WINCKH Bl.ACKr.IRI). 

Adulte i . Plumage d'un noir lustré uniforme, avec les peti- 
tes couvertures des ailes d'un rouge écarlate et terminées d'une 
large bande d'un jaune brunâtre ou blanchâtre. Longueur 10.60- 
II. 10: ailes 5.65-5..S0; queue 4.50-4.85. La Ç est plus petite. 

La 9 est rayée en dessus de brun noirâtre pâle et plus foncé, 
tendant à former une bande étroite médiane sur la tète, avec nom- 
breuses stries brunes ; côtés de la tète, gorge et petites couvertures 
des ailes teintés de rougeâtre ou de fauve, les parties inférieures 
plus claires. 

Lesjeunes ^ ressemblent d'abord à la 9 . "i^^is ce n 'est qu 'au 
troisième printemps qu'ils re\ètent la livrée et le beau rouge des 
ailes des adultes. 

L'Etourneau à ailes rouges habite l'est de l'Amérique 
du Nord jusqu'aux Montagnes Rocheuses et, depuis le 
golfe du Mexique, au nord, jusque dans les provinces bri- 
tanniques ; à l'automne, il émigré dans le sud des Etats- 
Unis. 

Il se montre en quantité à Montréal et niche sur l'île 
( Il 'intle). Il est très rare à Godbout {Co)iica2i)^ et rare aussi 
au.x alentours de Québec, mais il est commun au lac Saint- 
Charles, où je me suis procuré plusieurs nids et œufs, il y 
a un certain nombre d'années. M.W. Baillargé m'a dit que, 
jusqu'à ces dernières années, im bon nombre de ces oiseaux 
nichaient à vSt-Michel de Bellechasse, près de la rivière 



284 LES OISEAUX 

Boyer. On le voit encore dans d'autres paroisses sur le 
côté sud du fleuve. 

Il niche au milieu des marais ; le nid est grossièrement 
construit avec des roseaux, des joncs ou autres herbes et fixé 
à l'extrémité de grandes herbes ou arbrisseaux, et même 
dans des arbres à une certaine distance de terre ; on en a 
trouvé aussi sur le sol. Sa ponte est de trois à quatre 
œufs d'un blanc bleuâtre, maculés de brun noirâtre et de 
brun pourpré. Ils mesurent i.oo x 0.70. 

Dans les endroits où cet oiseau se montre commun, il 
cause parfois des dommages aux moissons en automne, 
mais au printemps et pendant l'été, il détruit beaucoup 
d'insectes et de larves. 

Il vit également en bandes et se plaît au bord des lacs, 
des rivières et dans les marais. 

Genre STURNELLA, Veillot. 

Queue moins des deux tiers de la longueur de l'aile ; rectri- 
ces terminées en pointe ; ailes courtes ; tertiaires allongées ; bec 
plus long que la tête, délié ; plumes du sommet de cette dernière, 
plus raides qu'ailleurs ; pieds gros. 

Sturnella magna, (Linn.) Swaixs. 501. 
I/'Btourneau des prés. 

Meadow L,ark. 

Adulte $ . Parties supérieures noirâtres, ra3'ées de brun roux 
et de jaune brunâtre ; couronne noirâtre, avec quelques stries fines, 
plus foncées et divisée au centre par une étroite bande, avec une 
autre superciliaire, blanchâtres ; les côtés de la tête également 
blanchâtres ; une bande noirâtre en arrière de l'œil ; bord de l'aile, 
une bande du bec à l'œil, et toutes les parties inférieures d'un 
jaune brillant, avec un croissant noir sur la poitrine ; côtés du 
corps et couvertures inférieures de la queue, blanchâtres, raj'és de 
noirâtre ; rectrices noirâtres, rayées de brun ou de gris ; quelques- 
unes des latérales sont blanches ; rémiges noirâtres, avec une partie 
des secondaires, des tertiaires et des couvertures, rayées de brun 
ou de gris. Longueur 10. 00-11 ; ailes 4.50 ; queue 3.50. 

La 9 â une livrée un peu plus pâle. 

Les jeunes ont des teintes moins accentuées et le noir de la 
poitrine est à peine perceptible. 

L'Etourneau des prés habite l'est de l'Amérique du 
Nord, à l'ouest, jusqu'aux prairies ; il niche depuis le golfe 



DK LA PROVIN'CK DK QUÉBKC 285 

(lu Mexique, au uord, jusqu'il la Nouvel le- Kcossc et le Ma- 
uitoba. A l'automne, il émij^re dans les Etats du Sud, 

Il est rare dans le district de Montréal. M. W.-A. 
( )swald nie dit que depuis (jnelques années, il s'en rencontre 
dans certains endroits du comté des Deux-Montaj^nes. Un 
individu a été tué, il y a quelques années, à la Jeune-Lorette ; 
il fait partie de la collection de M. R. Lavoie. 

Le nid est construit avec des herbes sèches, qu'il 
place dans les champs au centre d'une touffe d'herbes dont 
le sommet est entrelacé de manière à former une voûte au- 
dessus du nid. 

Sa ponte est de quatre à six œufs blancs, maculés de 
brun roux et de pourpre. Ils mesurent i.ioxo.So. La 
ponte a lieu en mai ou juin. 

Comme son nom l'indique, cet oiseau se rencontre 
dans les prés et les champs cultivés et se voit bien rare- 
ment dans la forêt ; il se montre très commun dans un 
grand nombre de localités des Etats-Unis. 

Lorsqu'il est sur un arbre, il se voit presque toujours 
sur les branches supérieures ; c'est là aussi qu'il fait entendre 
sa chansonnette ; sa voix est forte, agréable à l'oreille et 
ses accents sont doux, tendres et quelque peu mélancoliques. 

Il se nourrit de graines de toutes sortes, d'araignées, 
de vers et de tous les insectes qu'il peut trouver dans les 
herbes. 

Genre ICTERUS, Brisson. 

Bec plus court ou pas plus long que la tête ; queue presque ou 
aussi longue que les ailes ; ces dernières ordinairement pointues ; 
tarses pas plus longs que le doigt médian, l'ongle compris. 

Sous-GKNRE YPH.^NTES, Vieillot. 

ICpaisseiir du bec à la base moindre que la moitié de la longueur 
du culmen. 

Icterus galbula, (Linx.) Couks, 507. 

I/'Oriole de Baltimore, 

Bai.timork Okiole. 

Adulte $ . Toute la ttte, le cou et le dos. noirs ; reste des parties 
inférieures, le croupion, les couvertures supérieures de la queue, 
les petites couvertures des ailes et une partie des rectrices, d'un 
beau jaune orangé ; reste de la queue noire ; ailes également noires, 



286 LES OISEAUX 

avec quelques secondaires, les tertiaires et les grandes couvertures, 
plus ou moins bordées et terminées de blanc ; bec et pieds d'un 
noir bleuâtre. Longueur 7.00-8.15 ; ailes 3.50-3.90 ; queue 2.85- 
3.35. La Ç est plus petite. 

La 9 a les parties supérieures d'un olive jaunâtre, indistinc- 
tement strié ou maculé de noir ; le croupion d'un orangé d'ocre 
pâle ; les ailes noirâtres avec deux bandes obliques blanches, et la 
plupart des plumes bordées de blanchâtres ; rectrices centrales 
noirâtres, les autres olivâtres ; les parties inférieures d'un orangé 
pâle plus ou moins entremêlé de blanchâtre, avec peu ou point de 
noir antérieurement. 

Les jeunes S diffèrent peu de la 9 ; ils n'ont point de noir 
sur la gorge ni sur la poitrine. 

Iv'Oriole de Baltimore habite l'Amérique du Nord, à 
l'est des Montagnes Rocheuses ; niche depuis le sud des 
Etats-Unis, jusqu'au Nouveau-Brunswick et la Saskat- 
chewan, et émigré à l'automne, dans le Mexique et jusqu'à 
la Colombie. 

M. Wintle dit qu'il est commun à Montréal et qu'il 
niche dans la ville. Il y a une quinzaine d'années, le Rév. 
P. Carrier m'a expédié deux nids et des œufs de cet oiseau, 
qui avaient été recueillis dans les alentours du Collège 
St-Laurent, près de Montréal. 

Je n'ai vu, jusqu'à présent, que deux individus tués 
près de Québec. 

Il niche sur les arbres, ordinairement sur un orme ou 
autre grand arbre ; le nid, qui est artistement construit, est 
suspendu aux branches ; il est de forme presque cylindrique 
et ressemble plutôt à un sac ou à un hamac ; sa profondeur 
peut atteindre une dizaine de pouces ; il est composé de 
l'écorce fibreuse de petits arbrisseaux et de grandes herbes, 
de ficelles et de filaments de toutes sortes, le tout entrelacé 
de manière à former une espèce de sac très résistant, dans 
lequel il pond ses quatre ou cinq œufs blancs, maculés de 
brun noirâtre et de grisâtre. Ils mesurent 0.92 x 0.62. La 
ponte a lieu tard en mai ou en juin. 

L'Oriole de Baltimore, qui n'acquiert ses brillantes 
couleurs que la troisième année, est un des oiseaux les plus 
beaux de nos forêts. 

Il se nourrit principalement d'insectes, de larves, de 
vers, aussi de graines, de baies et autres fruits mous, tels que 



DH I.A PROVINCE DE QUÉBEC 287 

fraises, cerises, mures, etc. Sa voix est forte et ressemble 
plutôt à un sifflement mélancolique. 

Genre EUPHAGUS, Cassin. 

Bec délié, plus court (juc la iCtc ; ailes pointues ; queue beau- 
coup plus courte (jue les ailes, prescjue carrée. 

Euphagus carolinus, (Mtll.) 509. 

Le Mainate couleur de rouille. 

RUSTV JiLACKl'.lKU. 

Adulte s . Plumage noir à reflets ; iris d'un jaune blanchâtre ; 
bec et pieds noirs. Longueur 8.20 - 9.75 ; ailes 4.25 - 4.75 ; queue 
3.65-4.20. 

Kn hiver, le ^ a le plumage maculé de rouille en dessus, anté- 
rieurement et de brun jaunâtre en dessous, surtout au.x parties 
antérieures. 

La 9 est d'un brun ardoise foncé, sans aucun lustre et les par- 
ties inférieures sont plutôt d'un gris de plomb. 

]\\i hiver, la 9 est lavée de rouille en dessus et de brun jaunâ- 
tres en dessous. 

Les jeunes ressemblent à la 9 à cette époque de l'année, mais 
leurs couleurs sont plus pâles. 

Le Mainate couleur de rouille habite l'est de l'Amé- 
rique du Nord jusqu'aux prairies ; il niche depuis le nord 
de la Nouvel le- Angleterre, le nord du Michigan et des 
Adirondacs, en allant vers le nord. A l'automne, il émigré 
dans les Etats-Unis du sud. 

Cet oiseau niche en quantité dans quelques endroits 
des îles de la ^Madeleine. Il est assez commun à l'automne 
à Anticosti {Schmiit) ; accidentel à Godbout {Comeau). 
"SI. Wintle le mentionne comme très commun et de passage 
à Montréal. Il est également commun et niche au Lac 
Mistassini {J. M. Macouii). 

Il se montre commun au printemps et surtout à l'au- 
tomne aux environs de Québec, dans les paroisses environ- 
nantes, de même que dans plusieurs autres sur la rive sud 
du fleuve. 

Il niche en société entre les buissons qui croissent dans 
les marécages, ou sur les arbres, à peu de distance de 
terre ; le nid est gros et construit avec de petites branches, 
des herbes, plus grosses à l'extérieur et plus fines en dedans. 
Il pond de trois à cinq œufs, d'un vert bleuâtre pâle, maculés 



288 LES OISEAUX 

de brun et de gris. Ils mesurent 0.96 x 0.71. La ponte 
a lieu en mai ou juin. 

Cet oiseau se nourrit principalement d'insectes, de 
chenilles, de sauterelles, de vers, de baies, de grain et de 
graines. 

Ce Mainate est connu dans la plus grande partie de la 
province sous le nom d'Etourneau, ainsi que l'espèce sui- 
vante. 

Genre aUISCALUS, Vieillot. 

Queue plus longue ou plus courte que l'aile et étagée ; bec fort, 
aussi long ou plus long que la tête ; ailes relativement courtes. 

Sous GENRE QUISCALUS. 
Queue pas plus longue que l'aile ou même plus courte* 

ftuiscalus quiscula aeneus, (Ridgw.) Stejn. 511b. 

I<e Mainate bronzé. 

Bronzed Grackle. 

Adulte 3' ■ Toute la tête, le cou et la poitrine d'un beau bleu 
d'acier, lustré ; reste du corps noir à reflets bronzés, cuivrés, ver- 
dâtres et pourprés ; ailes et queue noirs à reflets pourprés et violets. 
Longueur 12.00-13.50 , ailes 5.45-5-95 ; queue 5.25-5 90. 

La 9 , qui est plus petite, est semblable au $ , mais elle a peu 
de reflets métalliques. 

Les jeunes ressemble à la Ç , mpis ils sont sans reflets métal- 
liques. 

Le Mainate bronzé habite l'est de l'Amérique du Nord, 
à l'est des Montagnes Rocheuses ; il niche depuis le golfe 
du Mexique jusqu'à la baie d'Hudson et le Labrador, et 
émio^re à l'automne dans le sud des Etats-Unis. 

M. Comeau dit qu'il est rare à Godbout et s'y voit 
parfois en petites bandes, mais M. Wintle le mentionne 
comme très commun en été à Montréal, nichant même 
dans la ville. Il est assez commun à Québec, au printemps 
et à l'automne ; quelques-uns nichent près de la ville et dans 
les paroisses environnantes. 

Il niche sur les arbres, dans les buissons ou dans un 
trou d'arbre. Le nid est de structure grossière et composé 
d'herbes, de petites racines rendues solides avec de la boue, 
et tapissé d'herbes fines, de crin et de laine ; sa ponte est de 
quatre à six œufs d'un verdâtre clair ou d'un bleu enfumé, 



Planche V 




Kijr. i._Goglu. 2.— Chardonneret jaune. 3.— Gros Bec de pins. 4.— Petit 
'inson à couronne rousse. 5. — Plectroplianc de ncii^'c. 6. — Pinson niverolle. 



DK I.A PROVIN'CK DK QUÉBEC 2<S9 

diversement maculés de hnm. Ils mesurent 1,20x0.82. 
La ponte a lieu en mai ou juin. 

Il vit de j^rain, de j^raines, souvent nuisibles, de che- 
nilles et autres larves, de divers insectes, d'écrevisses, de 
cerises sauvag^es, etc. 

Famii.i.k FRINGILLIDJE, Pinsons, CÎros-Iîkcs, etc. 

Cette famille, cjui est sans doute la plus nonihreuse en espèces, 
peut se reconnaître par les caractères suivants: bec court, 
fort, se teruiinanl brusquement en pointe, à comnussure annulée à 
la base ; narines ordinairement nues, toujours situées près de la 
base du bec et suf)érieurement ; ailes et cpieue déformes varial)les, 
la première de neuf primaires et la dernière de douze rectrices ; 
tarses scutellcs en avant et recouverts sur les côtés d'une pla(iue 
sans division, s 'unissant en arrière en forme de carène ; bec et 
pieds ordinairement noirâtres ; iris généralement brun. 

Les oiseaux de cette «jurande famille ont des habitudes 
diverses. Ainsi plusieurs vivent dans la société de leurs 
semblables, tandis que d'autres demeurent isolés ou par 
couples ; les uns se plaisent dans les forêts, mais le plus 
o^rand nombre fréquentent les champs, les jardins, les haies 
d'arbrisseaux, les buissons ou la lisière des bois. Tous 
aiment plus ou moins à se poser et à marcher sur le sol, ce 
qu'ils font en satiti liant pour la plupart. 

Ces oiseaux, parmi lesquels on compte un grand nom- 
bre d'excellents chanteurs, nous arrivent presque tous de 
bonne heure au printemps, et nous quittent pour le sud que 
tard à l'automne ; quelques espèces même sont sédentaires. 

Les Fringillides nichent ordinairement à terre ou sur 
les arbres et arbrisseaux à peu de distance du sol ; leurs 
nids sont en général d'un travail bien moins soigné que 
ceux des insectivores. Un certain nombre font deux pontes 
dans la saison. 

Tous les Fringillides sont granivores et se nourrissent 
de graines et de baies de toutes sortes, mais ils mangent 
aussi et en grand nombre des insectes, des vers, des chenilles 
et autres larves, des araignées, etc. Au printemps et en 
été surtout, ils en détruisent en grand nombre, tant pour leur 
propre compte que pour celui de leurs petits, qu'ils nour- 
rissent exclusivement d'insectes et surtout de larves, durant 
leur première période d'existence. 

19 



290 LES OISEAUX 

Genre HESPEEIPHONA, Bonaparte. 

Epaisseur du bec à la base plus considérable que la longueur 
du ponce, l'ongle compris, et plus des trois quarts de celle des 
tarses. 

Sous GENRE HESPHERIPHONA. 

Extrémité des quatre primaires intérieures de forme normale. 

Hesperiphona vespertina, (Cooper,) Bonap. 514. 

Le Gros-Bec à couronne noire. 

EVENING GROSBKAK. 

Adulte S. Partie antérieure de la couronne, avec une ligne 
superciliaire, d'un jaune doré ; reste de la couronne, ailes et queue 
noires ; côtés de la tête, cou et dos au milieu, d'un olivâtre très foncé 
se changeant graduellement au jaune citron sur le reste des parties 
inférieures ; une partie des scapulaires et le croupion, d'un jaune 
citron ; une partie des grandes couvertures des ailes, et presque 
toutes les tertiaires, blanches ; bec d'un jaune verdâtre et très gros. 
Longueur 7.00-8.50 ; ailes 4.20-4.50 ; queue 2.75-3.20. 

La Ç a la tête et le haut du cou d'un cendré brunâtre ; menton 
et gorge d'un blanc grisâtre, bordé sur les côtés par une série de 
stries noirâtres ; reste des parties supérieures et inférieures d'un 
cendré jaunâtre, plus foncé sur le dos, blanchissant sous le ventre 
et irrégulièrement lavé de jaune ; queue noire largement terminée 
de blanc ; ailes noires avec une tache sur les primaires et le bord 
extérieur de la plupart des tertiaires, blancs. 

Les jeunes ressemblent à la Ç , mais leurs teintes sont moins 
prononcées ; le bec est brunâtre ou de couleur corne ; les stries des 
côtés de la gorge sont à peine apparentes ; le dessous est plutôt 
jaunâtre, avec peu ou point de gris. 

Le Gros bec à couronne noire habite l'Ouest des Etats- 
Unis et des Provinces britanniques, à l'est, jusqu'au Lac 
Supérieur, au nord, jusqu'à la Saskatchewan, au sud, en 
hiver, jusqu'à la vallée du Mississippi. 

M. Wintle mentionne cet oiseau comme rare et acci- 
dentel à Montréal ; plusieurs ont été vus, dit-il, sur les ter- 
rains du Collège McGill, par le Dr Harrington, le 28 jan- 
vier 1890 ; quatre furent remarqués à Laprairie, et deux 
autres à Lachine pendant le même hiver. Le premier qui, 
à ma connaissance, a fait son apparition dans les environs 
de Québec, fut tué le 11 mars 1890, à la Jeune Lorette. 
Plus tard, le 24 novembre 1903, quatre individus ont été 
tués à l'Ange-Gardien et, en décembre, trois autres ont été 
abattus à Ste-Foy. 



DE I.A PROVINCE DE QUEBEC 29 1 

Il niche dans les buissons on snr les arbres à peu de 
distance du sol ; le nid est construit avec de petites bran- 
ches, de petites racines, et tapissé i\ Tintérieur, de crin, de 
l'écorce fibreuse des arbres et quelquefois de mousse ; sa 
ponte est de trois à cinq œufs, d'nn blanc verdâtre, maculés 
de brun. Ils mesurent 0.90 x 0.65. La ponte a lieu en 
mai ou juin. 

Le nom de cet oiseau indiquerait qu'il ne se montre ou 
ne chante que le soir, ce qui est erroné, car il se voit et se 
fait entendre cj^alement à toutes les heures du jour, mais 
son chant est peu aj^réable à l'oreille. 

Sa nourriture consiste en graines de pins et autres, 
quelquefois en insectes et larves de ces derniers, surtout 
de grosses fourmies. 

Genre PINICOLA, Veillot. 

Narines petites, plumes de la base du bec le recouvrant pres- 
que jusqu'au milieu de la mandibule supérieure, queue plus 
courte que les ailes ; pieds petits. 

Pinicola enucleator leucura, (Muixkr,) Richmond, 515. 

Le Gros-Bec des pins. 
PiNE Grosbeak. 

Adulte $. Livrée d'un beau rouge carmin, avec les plumes 
du dos noirâtres au centre ; bas ventre et région anale, d'un gris 
cendré ; ailes et queue noirâtres, lisérées de rose ; secondaires 
bordées de blanc ; deux bandes d'un blanc rosé sur les ailes ; bec 
et pieds noirs ; lorums noirs. Longueur 8.25-9.00 ; ailes 4.50- 
5.00 ; queue 3.70-4.45. 

La 9 est d'un gris cendré, plus foncé sur le dos et plus pâle 
en dessous, avec la tète et le croupion d'un jaune brunâtre ; ailes et 
queue lisérées de blanc. 

Les jeunes ressemblent à la Ç , mais ils sont d'une teinte plus 
pâle ; les bandes des ailes sont d'un brun jaunâtre pâle. 

Ce n'est qu'à la troisième année que le jeune $ revêt la livrée 
de l'adulte. 

Le Gros Bec des pins habite l'est et le nord de l'Amé- 
rique septentrionale, depuis la Nouvelle-Angleterre et le 
Minnesota, en allant vers le nord, à l'automne, on le voit 
dans le sud de la Nouvelle-Angleterre, l'Ohio et, acciden- 
tellement, plus au sud. 



292 LES OISEAUX 

Le Rév. C.-J. Young- a trouvé cet oiseau commun aux 
îles de la Madeleine, en juin 1897. M. le Dr Schmitt dit 
qu'il est assez commun pendant toute l'année à Anticosti ; 
de même à Godbout d'après M. Comeau. Il est commun 
en hiver au lac Mistassini (/. M. Macoîin)^yi.'\N\\\\X^ dit qu'il 
se montre également commun à cette saison de l'année à 
Montréal, et qu'il visite souvent, dans la ville, les endroits 
où il trouve les fruits du Sorbier d'Amérique {iMasquabitta)^ 
qu'il mange. On le rencontre fréquemment dans les bois 
aux environs de la ville en automne et en hiver, ainsi que 
dans d'autres endroits de la province. 

Son nid, qu'il place sur des conifères, est construit 
avec de petites racines et de petites branches, et garni à 
l'intérieur d'herbes et de lichens ; sa ponte est de trois ou 
quatre œufs, d'un bleu verdâtre pâle, maculés de brun foncé, 
avec de faibles traces de lilas. Ils mesurent i.oo x 0.70. 
La ponte a lieu en mai ou juin. 

Il se nourrit des fruits de conifères, surtout de ceux de 
pins, aussi des graines de bouleau, de l'aulne et des baies. 

Cet oiseau se voit toujours en bandes et fréquente de 
préférence les forêts et les bouquets de bois où croissent des 
conifères. Il est peu sauvage et s'apprivoise facilement ; il 
devient même familier au point de venir prendre sa nourri- 
ture dans la main qui la lui offre; son chant est doux et 
peu soutenu. 

Genre CARPODACUS, Kaup. 

Première rémige plu.s longue que la quatrième ; épaisseur du 
bec à la base égale, ou plus grande que la longueur de la man- 
dibule supérieure ; bec petit ; queue échancrée et plus courte que 
les ailes ; sommet de la tête avec plumes érectiles. 

Carpodacus purpureus, (Gmel.) Gray, 517. 

Le Pinson pourpré. 

Purple Finch. 

Adulte $. Couleur générale d'un rouge' cramoisi ou rouge 
rose, plus intense sur la couronne et blanchissant sous le ventre 
et à la région anale ; dos rayé de brun foncé ; ailes et queue noi- 
râtres, lisérées de rouge, avec deux bandes obliques rouges sur les 
premières. Longueur 5.50-6.25 ; ailes 3.15-3.40 ; queue 2.30-2.50. 

La 9 est d'un brun olivâtre en dessus, moins intense sur le 
croupion et ra3^é de brun foncé ; le dessous blanc, avec de larges 



DK I,A PROVINCK DE QUÉBEC 293 

raies de brun olivâtre, excepté au milieu «lu ventre et A la région 
anale ; une ligne au-tlessus et en arrière «le l'œil, avec une autre 
maxillaire, blanch Aires. 

Les ieunes ressemblent A la 9. niais le jeune ^ à son premier 
printemps, a la gorge et la poitrine faiblement nuancées de rose. 

Ce n'est qu'A sa troisième année que le jeune <? acquiert les 
couleurs des adultes. 

Le Pinson pourpré, viilj,i^airenient appelé Oiseau rou^(\ 
habite l'est de l'Anicriqne du Nord, à l'ouest jusqu'aux 
prairies; il niche depuis les Ktats-Unis du centre jusqu'au 
Labrador et à la baie d'IIudsou et émigré, en hiver, dans 
les Etats-Unis. 

Il est commun dans nos bois en été et il y niche, de 
même qu'à Montréal et dans un grand nombre d'autres 
localités. M. Wintle dit que quelques-uns passent l'hiver 
dans les bois ; mais je n'ai pas d'exemple qu'il ait été vu ici 
à cette saison, quoique l'on m'en ait apporté très à bonne 
heure en mars. 

Il place son nid ordinairement sur des conifères dans 
la forêt ou quelquefois dans les vergers ; il le pose à une 
mo\enne distance du sol. Le nid se compose de petites 
racines, de tiges d'herbe, de parcelles d'écorce et autres 
matières fibreuses végétales, ainsi que d'herbes molles ; le 
tout est garni de crin à l'intérieur ; ses œufs, au nombre 
de quatre ou cinq, sont d'un bleu verdâtre, maculés de 
])run foncé. Ils mesurent 0.85 xo.65. La ponte a lieu en 
juin. 

Sa nourriture consiste en graines de toutes sortes, 
céréales et insectes ; il mange aussi au printemps, des fleurs 
de pommiers, de pruniers, etc., et lorsqu'il se montre en 
grandes bandes, il peut causer des dommages considérables 
aux arbres fruitiers en fleurs, de même que dans les champs 
d'avoine à l'automne. 

La belle livrée de cet oiseau en fait un des plus beaux 
ornements de nos forêts et de nos bocages. Ses notes 
quoique courtes, peu fortes et douces, sont répétées avec 
vivacité ; elles ont un charme tout particulier. Outre ce 
chant, il possède encore un doux gazouillement qu'il 
module à demi voix pendant plusieurs minutes. Cet oiseau 
est peu sauvage et aime le voisinage de l'homme. 



294 LES OISEAUX 

Genre LOXIA, Linné. 

Mandibules allongées, comprimées et courbées en faulx, se 
croisant à la pointe ; ailes longues et pointues ; queue courte et 
fourchue. 

Loxia curvirostra minor, (Brehm,) Ridgw. 521. 

1/6 Bec-Croisé d'Amérique. 

American Crossbill. 

Adulte $. Plumage d'un rouge brique ou rouge pâle, plus 
foncé sur le dos, avec les ailes et la queue noirâtres ; sans bande 
blanche sur les premières ; couvertures inférieures de la queue 
ordinairement grisâtres. Longueur 5.50-6.25 ; ailes 3.20-3.60 ; 
queue 1.85-2.40. 

La Ç, qui n'a pas non plus de blanc sur les ailes, est d'un 
olive verdâtre sale en dessus, ra5^ée de brun grisâtre, avec le crou- 
pion et la tête plus jaunâtres ; le dessous gris, avec la plupart des 
plumes terminées de jaune ; cette teinte domine à quelques endroits; 
ailes et queue noirâtres. 

Les jeunes sont d'un grisâtre sale ou d'un olive pâle, plus clair 
en dessous, strié partout de noirâtre, à l'exception des ailes et de 
la queue. 

Le jeune $ après sa première mue se montre avec un mélange 
de rouge brique surtout aux parties antérieures ; il devient adulte à 
sa troisième année. 

Le Bec-Croisé d'Amérique habite le nord de l'Améri- 
que septentrionale, niche dans les Alléghanies et, depuis le 
nord de la Nouvelle-Angleterre, en allant vers le nord ; en 
hiver, on le rencontre dans les Etats du centre, et acciden- 
tellement, plus au sud. 

Il est commun et de passage à Montréal {Wùttle)^ 
ainsi qu'aux environs de Québec, certains hivers. Il y a 
quelques années, un chasseur du lac St-Charles m'en a 
apporté plusieurs douzaines qu'il avait tué devant sa grange, 
durant une journée en hiver. L'espèce qui suit s'y trouvait 
en nombre à peu près égal. M, W. Baillargé m'a dit en avoir 
vu ttne forte bande en juillet, à St-Michel de Bellechasse, 
ce qui ferait croire que ces oiseaux nichent dans les bois à 
cet endroit. 

Il niche ordinairement stir des conifères ; le nid est 
composé de petites branches, de mousse et garni à l'inté- 
rieur de crin, de plumes, etc. Ses œufs, au nombre de trois 
ou quatre, sont d'un blanc verdâtre, maculés de brun et de 



DK I.A l'ROVINCK DK QUÉBEC 295 

lavaiulo. Ils niesiirciit 0.75 x 0.57. La ponte a lieu en 
mars ou avril. 

A voir la singulière conformation du bec tle cet oiseau, 
ainsi que de celui qui suit, on serait tenté de les prendre 
tous deux pour une anomalie; mais, destinés il se nourrir 
principalement de j^raincs de coniteresou autres fruits durs, 
il leur fallait être pourvus d'un organe tout spécial pour ce 
genre de nourriture. Comme les Sittelles, le Bec-Croisé 
parcourt en tous sens les branches des arbres, pour y cher- 
cher des graines. 

Loxia leucoptera, CxMKi.. 522. 

Le Beç-Croise à ailes blanches. 

.WniTK-\viNf,i:n Ckosshill. 

Adulte (î Plumage d'un beau rouge rose ou rouge cramoisi, 
noircissant sur le dos, avec le bas-ventre et les couvertures infé- 
rieures de la queue, blanches, rayés de noirâtre ; ailes et queue 
noires, plus ou moins lisérées de blanc, avec deux bandes obliques 
blanches sur les premières. Longueur 6.00-6.50; ailes 350; 
queue 2 60. 

La Ç est d'un olive verdâtre ou grisâtre, plus foncé sur le dos, 
rayé de brun foncé, avec le croupion d'un jaune safran ; le dessous 
semblable, mais plutôt d'une teinte ocreuse, avec taches peu appa- 
rentes plus foncées ; le bas-ventre est grisâtre, les plumes des cou- 
vertures inférieures de la queue sont noirâtres et bordées de blanc ; 
ailes et queue comme chez le <? . 

Les jeunes ressemblent beaucoup à la 9 et sont striés partout ; 
mais le jeune J , à son premier printemps, laisse voir quelques 
traces de rouge, et ce n'est qu'à son troisième, qu'il revêt la livrée 
adulte. 

Le lîec-Croisc à ailes blanches habite le nord de l'Amé- 
rique septentrionale ; il niche dans les Allcghanies et, depuis 
le nord du Maine, en allant vers le nord ; en hiver, on le 
rencontre au sud dans le centre des Etats-Unis. 

Le Rév. C. J. Voung dit qu'il a vu cet oiseau en quan- 
tité au mois de juin 1897, sur les îles de la Madeleine, et 
"M. le Dr Schmitt le mentionne comme assez commun 
pendant toute l'année à Anticosti ; de même à Godbout, 
d'après M. Comeau, mais de distribution irrégulière ; il l'a 
trouvé très commun en juillet 1S81, tandis qu'en juillet 
1882, pas un seul ne s'y trouvait. 

Il est commun et de passage à Montréal (//'/;///(). Il 



296 



I.ES OISEAUX 



se montre parfois commun en hiver dans les bois des alen- 
tours de Québec, surtout à Lorette, à Charlesbourg et sur 
la côte de Beaupré, où je me suis procuré plusieurs spéci- 
mens en automne et en hiver. Je crois que cette espèce 
est pour le moins aussi commune ici, si non plus, que la 
précédente ; j'en ai tué quelques-uns dans le bois Gomin en 
juin, ces^années dernières et je crois qu'il y niche. 




Fig. 16. Le Bec-Croisé à ailes blanches. 

Il niche dans les mêmes lieux que le précédent et son 
nid est construit avec les mêmes matériaux ; ses œufs sont 
d'un blanc verdâtre, maculés de brun et de lavande ; les 
taches sont plus nombreuses que chez ceux de son congé- 
nère. Ils mesurent 0.80 x 0.56. 

Il fait sa ponte en hiver ou très à bonne heure au 
printemps ; M. Van Bruyssel, ancien consul de Belgique, 
m'a apporté, en 1900, un jeune qui avait été trouvé le 15 
février dans la forêt à Shawinigan ; ce jeune me paraissait 
avoir environ huit jours. 

Genre ACANTHIS, Bechstein. 

Bec très aigu ; ailes moins de trois pouces et demi de longueur ; 
queue au trois quarts de la longueur de l'aileet échancrée ; plumes 
nasales apparentes. 

Acanthis linaria, (Linn.) Bonap. & Schleg. 528. 

I/C Sizerin à tête rouge. 
Redpoll. 

Adulte $. Parties supérieures rayées de brun jaunâtre clair 



1)K I.A l'UOVIN'CE dp: QUÉBEC 297 

et (k- lirun foncé, avec le croupion blanchiUre, teinté de rose ; cou- 
ronne d'un roujre cramoisi ; les joues et une étroite bande frontale, 
d'un hlanc jaunâtre ; menton noir; jçor^e tt poitrine d'un rouge 
rose ; ventre hlanc rayé de brun sur les côtés ; réjjion anale blanche, 
parfois teintée de rose et quelque peu rayée de brun ; ailes et queue 
noirâtres, liséréesdc blanchâtre, avec deux bandes de blanc jaunâtre 
sur les premières. Lonj^ueur 4.50-5.00; ailes 2.S0-305; «lueue 
2.20-2.50 

La 9 a le dessous d'un blanc jaunâtre sale, lavé de brun gri- 
sâtre et rayé de brun foncé sur les côtés ; peu ou point de rouge 
rose sur la poitrine, celui de la couronne est moins intense et plus 
restreint ; sans roupie sur le croupion. 

Les jeunes ressemblent à la Ç , mais leur livrée est plutôt d'un 
brun jaunâtre. 

Le Sizerin à tête rouge habite la partie septentrionale 
de riicini.splière nord et niche en dedans dn cercle arctique. 
En Anicricpie, il se \oit au sud, en hiver, jusqu'à New- York, 
au Kansas et dans le nord de la Californie. 

Il est très commun en hiver à Godbout ; de grandes 
bandes se voient constamment presque chaque jour 
{Cofficau)] ainsi en hiver à Montréal, il se voit en bandes 
depuis le 25 octobre jusqu'au 29 avril [ÏVint/e). Quelques- 
uns nichent sur les îles de la Madeleine {Rêv. C. J. Yoîing). 
Il se montre commun à Oucbecet se voit par petites bandes 
à l'automne et au printemps ; il est également commun 
dans un bon nombre de paroisses des alentours de la ville 
et sur la rive sud du fleuve aux mêmes époques. 

J'ai vu autrefois en quantité ce petit oiseau à St-Denis ; 
il faisait son apparition à l'automne et disparaissait en hiver, 
pour se montrer de nou\eau de fort bonne heure au prin- 
temps, alors que la neige recouvrait encore presqu'entière- 
ment le sol, faisant quelquefois société avec les oiseaux 
blancs ; en avril, il nous quittait pour aller faire sa ponte 
au nord. 

Ce gentil petit oiseau, qui a aussi son petit ramage, est 
d'un naturel gai, alerte et peu farouche ; il se laisse facile- 
ment approcher et si on le force de s'envoler, il revient 
presque aussitôt au même endroit. 

Il niche sur les arbres à peu de distance de terre ou 
dans les buissons ; le nid est gros et construit avec des tiges 
d'herbes et des herbes fines, ordinairement garni déplumes. 
vSa ponte est de cinq ou six œufs d'un vert bleuâtre, quel- 



298 LES OISEAUX 

que peu maculés de brun roux. Ils mesurent 0.65 x 0.50. 
La ponte a lieu en mai. 

Il vit particulièrement de graines de toutes sortes, de 
de bourgeons, de baies, de petites feuilles succulentes et, à 
l'occasion, d'insectes et de larves. 

Acanthis linaria holbœllii, (Brehm,) Dubois, 528a. 

I^e Si^erin de Holbœll. 

HOLBGELL'S RedPOLL. 

Cette variété ressemble à l'espèce précédente quant au plu- 
mage, mais elle est de taille plus forte. Longueur 5.00-5.05 ; 
ailes 2.85-3.05 ; queue 2.25-2.45. La 9 est un peu plus petite. 

Cette variété habite la partie septentrionale de l'hémis- 
phère nord près du littoral de la mer. En Amérique, elle 
se rend au sud, en hiver, jusque dans le nord de New- York 
et du Massachusetts. 

Cet oiseau se voit accidentellement dans la province, 
en compagnie du précédent. Ridgway dit que cinq ont été 
obtenus près de Québec, et Coues le mentionne également 
comme se voyant à Québec. 

Ses œufs ressemblent à ceux du précédent, mais ils 
sont un peu plus gros. 

Genre ASTRAGALINUS, Cab. 

Bec pointu, commis,sure fortement angulée ; couleur jaune, 
olive, noire et blanche ; sans rouge, ni stries. 

Astragalinus tristis, (Linn.) Cab. 529. 
I/C Chardonneret jaune. 

American Goldfinch. 

Adulte S . Couronne noire ; livrée d'un jaune brillant, blan- 
chissant sur les couvertures supérieures de la queue ; ailes et 
queue noires, avec deux petites bandes blanches sur les premières 
et une tache de même couleur à l'extrémité intérieure des rectri- 
ces ; couvertures inférieures de la queue blanches ; bec et pieds 
couleur de chair. Longueur 4.45-540; ailes 2.60-2.90; queue 
1.80-2. 10. 

En hiver, le noir de la tête disparaît ; le plumage est d'un 
jaune brunâtre en dessus avec le dessous d'un brun blanchâtre ; de 
légères traces de jaune se voient sur tout le corps ."surtout aux par- 
ties antérieures. 



UK I.A PROVIN'CK DK QUEBEC 299 

La 9 a les parties supérieures olivâtres, sans noir sur la lou- 
ronne, le dessous est d'un blanc grisâtre sale, plus ou nuiins teinté 
de jaunâtre ; les ailes et la queue sont brunâtres, lisérées de 
blanchâtre. Plus petite que le (^ . 

Ivn hiver, sa teinte est plus brunâtre, le blanc des ailes et de 
la queue est plus considérable et teinté de jaune brunâtre. 

Les jeunes sont semblables à la Ç dans sa livrée d'hiver, 
mais d'une teinte plus brunâtre et ordinairement lavée de brun can- 
nelle ; le liséré des ailes est plutôt d'un brun jaunâtre pâle. 

Le Chardonneret jaune habite l'Anicnque du Xord, à 
l'est des Montaoncs Rocheuses et, depuis le Labrador et le 
Manitoba, en allant vers le sud. A l'automne, il émigré 
dans les Etats-Unis. 

Il est commun à Gaspé, mais nulle part commun dans 
le golfe St-Laurent {lircu's/cr). i\L le Dr Schmitt dit qu'il 
est assez commun tout l'été à Anticosti, et M. Comeau le 
mentionne comme généralement commun à Godbotit. Il 
est très commun en été à Montréal et niche dans le parc 
Mont-Roval ; il se voit depuis le 7 avril jusqu'au 18 no- 
vembre {irintlc). Il est également commun aux environs 
de Québec, ainsi que dans toutes les paroisses environnantes 
et celles du côté sud du fleuve. 

Il niche sur les arbres ou dans les buissons, à une dis- 
tance de trois à quarante pieds du sol ; le nid est bien fait 
et construit solidement avec des fibres de végétaux, de 
rherbe,de la mousse,de fines écorces d'arbres et des filaments 
cotonneux ; ce gentil petit nid est garni à l'intérieur de 
fleurs de chardon. Sa ponte est de trois à cinq œufs, d'un 
blanc bleuâtre. Ils mesurent 0.65 x 0.50. La ponte a lieu 
en juillet ou en août. 

Sa nourriture consiste en graines, principalement celles 
du chanvre, de laitue, de so/cil {Hclianthus afiniius) et de 
chardon ; il mange aussi, à l'occasion, des insectes. 

Le Chardonneret jaune est un joli petit oiseau que tout 
le monde connaît. Son chant doux, agréable à l'oreille et 
la beauté de son plumage en font un des plus beaux orne- 
ments de nos forêts et de nos bocages. 

Il est naturellement porté à vivre dans la société de 
ses semblables et même pendant la ponte, il se voit encore 
par petites bandes, et si l'une de ces bandes passe là où un 



300 LES OISEAUX 

des siens est posé, le cri de ce dernier attire ces oiseaux qui 
viennent s'abattre près de lui. 

Son vol est ondulé ; il s'élève et descend alternative- 
ment après chaque coup d'aile, ce qui est caractéristique 
chez lui et en cela, il ressemble à celui du Chardonneret 
d'Europe. 

Il affectionne beaucoup le chanvre et partout où cette 
plante croît, on est toujours sûr d'en rencontrer quelques- 
uns qui viennent se poser sur les tiges de cette plante, afin 
d'y chercher des graines ; pour les atteindre, il se pose sou- 
vent la tête en bas. Dans ces moments, il est tellement 
occupé à sa besogne, qu'on peut l'approcher de bien près, 
avant qu'il s'envole, comme j'ai bien des fois constaté ce 
fait à St-Denis de Kamouraska. 

" Ces oiseaux, dit Nuttall,sont essentiellement nomades 
et errants ; ils vivent toujours en bandes et ne se séparent 
guère, même au temps des amours. Au retour du prin- 
temps on les voit se dépouiller de leur humble vêtement 
d'hiver et les <J revêtir une livrée d'or. Ils se réunissent 
alors en grand nombre sur les branches d'un même arbre 
et fout retentir l'air de leurs chants de joie, véritables con- 
certs, où chacun s'efforce de surpasser son voisin, par la 
variété, la douceur et la gaieté de son gazouillement. Ils 
sont si habiles à varier leurs intonations que parfois l'on 
dirait que leur chant flotte sur la brise lointaine et semble 
être aussi faible que le bourdonnement de l'abeille, puis il 
éclate en un crescendo aussi retentissant que celui du 
serin. . . Lorsqu'ils visitent nos jardins à la recherche de 
graines, on dirait qu'ils ont conscience du petit larcin qu'ils 
veulent commettre, car ils font alors entendre un petit cri 
plaintif de iné-hi^ 7nè-bi^ avec cette autre note de tshivii^ 
tshivii. Ce sont encore ces mêmes notes qu'ils font en- 
tendre et qu'ils répètent à chaque coup d'aile dans leur vol 
onduleux. 

" Le voisinage de nos maisons et de nos jardins a pour 
eux un attrait tout particulier. En effet,on les voit souvent, 
à la fin de l'automne, rechercher, dans ces endroits, diverses 
graines, qu'avec beaucoup d'habilité, ils détachent des 
plantes. Il est si gentil de les voir suspendus la tête en 
bas pour saisir les graines dont ils se nourrissent. Comme 



DK LA PROVIN-CK DK QUKBEC 30I 

le Chardonneret triùiropc, il aime tout particulièrement les 
jj^raines de chardon et cjnelques autres de cette famille de 
composée ". ( i ) 

Genre SPINUS. Koch. 

Ikc trCs pointu ; ailes longues et pointues ; t.irse il peu près 
aussi lonj; (jue le doigt luétlian, l'ongle compris ; j)lumage rayé 
partout ; sans rouge. 

Spinus pinus, ( WiLi.s.) Stkin. 533. 

Le Chardonneret des pins. 

PiNK SiSKIN. 

Adultes ^9. Plumage strié partout de noirâtre et de brun 
olive en dessus, de brun et de blanchâtre ou blanc jaunâtre en 
dessous ; une tache sur les primaires, la base des secondaires et 
celle de la cjueue, d'un beau jaune soufTre ; le reste des ailes et de la 
queue, noirâtre, liséré de jaunâtre ou de blanchâtre ; tout le plu- 
mage au printemps est plus ou moins lavé de jaunâtre, particulière- 
ment sur le croupion; queue échancrée. Longueur 4.50-5.25; 
ailes 2.75-2 90 ; queue 1.S5-1.95. 

Les jeunes sont semblables, mais ils ont une teinte plus fauve. 

Cette espèce varie dans son plumage, mais la coloration jaune 
des ailes et de la queue ne change pas. 

Le Chardonneret des pins habite l'Amérique du Nord ; 
il niche depuis le nord des Etats-Unis et dans les Allégha- 
nies, en allant vers le nord, ainsi que dans les Montagnes 
Rocheuses, au sud, jusqu'au nouveau Mexique ; en hiver, il 
émigré dans les Etats-Unis. Cependant il niche plus parti- 
culièrement dans les provinces britanniques. 

Il est assez commun pendant toute l'année à Anticosti 
{Sc/nnitt)^ et Krewster l'a trouvé par bandes à la baie Ellis. 
Bishop dit qu'il est un des plus communs sur les îles de la 
^L^deleine. M. Comeau le mentionne généralement comme 
commun à Godbout. Il se montre commun à ^Montréal, en 
hiver (/fV/z/A-). Chaque automne nous en voyons quelques 
petites bandes aux environs de Québec et même dans les 
jardins et les parcs de la ville. Il est commun ailleurs 
aussi et il passe l'hiver dans la forêt. 

Il niche sur des conifères et particulièrement sur les 
pins ou les cèdres. Le nid est construit avec de petites 
racines, des herbes sèches et garni de crin à l'intérietir. 



U) Nuttall, Manual of Oruithology of the U. S. and of Canada, p. 595-96. 



302 I,ES OISEAUX 

Ses œufs, au nombre de trois à cinq, sont d'un blanc ver- 
dâtre, maculés de brun roux. Ils mesurent 0.68 x 0.48. 
La ponte a lieu en mai ou juin. 

Sa nourriture consiste surtout en graines et quelques 
insectes. Son chant ressemble beaucoup à celui du précé- 
dent. 

Genre PASSER, Brisson. 

Bec court un peu bombé, incliné à la pointe ; dessous de la 
mandibule inférieure légèrement convexe ; une tache d'un brunâtre 
clair à la base des rémiges ; ailes et tarses médiocres ; queue 
échancrée. 

Passer domesticus, (Linn.) Koch. 

I/C Moineau domestique. 

HouSE Sparrow ; English Sparrow. 

Adulte (J . Parties supérieures d'un brun roux, raj'é de 
noir, avec le dessus de la tête et la nuque d'un gris cendré, foncé ; 
petites couvertures des ailes et une tache sur le côté de la tête en 
arrière de l'œil d'un brun roux vif ; parties inférieures d'un brun 
cendré clair, avec la gorge, le menton et les lorums noirs ; ailes 
noirâtres lisérées de brun roux, avec une bande oblique blanche ; 
pieds de couleur chair. Longueur 5.50-6.25 ; ailes 2.85-3.00 ; 
queue 2.35-2.50 

La 9 a des couleurs moins vives ; les parties inférieures sont 
d'un cendré clair ; sans noir à la gorge ni au menton et sans 
trace de brun roux vif. 

Les jeunes ^ ressemblent à la Ç . 



Le Moineau d'Europe a été importée Québec en i! 
et s'est multiplié rapidement ; il est si nombreux qu'on le 
voit en troupes considérables dans les villes et même dans 
les campagnes oii il cause, dit-on, des dommages apprécia- 
bles, soit dans les granges l'hiver, soit dans les champs, au 
temps des semailles et de la moisson. 

Quoique granivore, il détruit pourtant un bon nombre 
d'insectes ; mais les services qu'il rend compensent-ils les 
dommages qu'il cause ? L'opinion contraire est soutenue 
par des naturalistes compétents. 

La 9 , dans les villes, niche sous les gouttières des toits 
ou dans des trous de muraille et à la campagne, sur les 
arbres. Elle fait plusieurs pontes par année, ordinairement 
trois. Ses œufs, au nombre de quatre à six, sont d'un cen- 
dré brunâtre, maculés de brun. 



DK LA l'ROVINCK DE QUEBKC 303 

Le Moineau est naturellement querelleur et chasse de 
son canton les oiseaux plus faibles cjne lui. De plus, il ne 
se gêne pas de s'emparer des petites maisonnettes que, dans 
les cités, l'on érige pour les Hirondelles; ou encore, il ira 
parfois pondre quelques œufs dans des nids étrangers, ainsi 
que je l'ai observé dans un nid de Fauvette jaune, mais 
ceci ne semble pas entrer dans ses habitudes. 

Cependant en dépit de ces petites violences, de ces 
petits rapts, ne nous fait-il pas plaisir de retrouver, lorsque 
la terre est ensevelie sous un linceul de neige et que toute 
trace de végétation a disparu, que nos boc iges sont mornes 
et silencieux, ne nous fait-il pas plaisir vraiment de retioii- 
ver encore au milieu de nous, ces chers petits êtres qui, par 
leur pétulance et leur gaîté, semblent nous faire oublier la 
monotonie des sombres jours de Thiver ? 

Genre PASSERINA, Vieillot. 

Bec très petit et conique ; ailes très longues et pointues ; 
première et deuxième rémiges les plus longues ; ongle du doigt 
postérieur très long, peu recourbé ; gonys droit et très court. 

Passerina nivalis, (Lixx.) \'ii.iij.. 534. 

Le Plectrophane de neige. 
Snowflake. 

Adulte $ . Plumage d'un blanc pur avec le dos et les scapu- 
laires noirs, rayé de blanc ; ailes et queue noires, a\ec la plupart 
des secondaires, la base des primaires et les trois rectrices exté- 
rieures, blanches ; bec jaunâtre à extrémité noire; pieds noirs. Lon- 
gueur 6.50-7.00 ; ailes 4.20-4 50; queue 2.80-3.15. 

En hiver, toutes les parties supérieures sont lavées de brun 
jaunâtre ou de rouille, avec une bande sur la poitrine et les côtés 
du corps, également teintés de cette même couleur. 

La 9 a â peu près la même livrée que le (? à l'arrière saison, 
mais elle est plus grisâtre, le noir est moins intense, avec moins de 
blanc aussi sur l'aile et le dessus du corps est strié de noir. Elle 
est plus petite que le <? . 

Le Plectrophane de neige, vulgairement nommé Oiseau 
blanc^ habite la partie septentrionale de Thémisphère nord, 
et niche dans les régions arctiques. Dans l'Amérique du 
Nord, il émigré, à l'automne au sud, jusque dans le nord des 
Etats-Unis,et quelquefois dans la Georgie,le sud de l'Illinois, 
le Kansas et l'Orégon. 



304 LES OISEAUX 

Il est assez commun à l'île d'Anticosti {Schmitt)^ et 
très commun en hiver, il se voit en grandes bandes à God- 
bout où on le rencontre jusqu'au milieu de mai {^Comeati). 
Il est abondant en hiver à Montréal et arrive vers le milieu 
d'octobre en grandes bandes ; je les ai vus depuis le 19 
octobre jusqu'au 26 avril {IVintlé). 

Il se montre en grandes bandes au printemps et à 
l'automne dans les environs de Québec, sur la côte de 
Beaupré et surtout à l'île d'Orléans. 

Il se voit aussi en grand nombre, dans presque toutes 
les paroisses en descendant le fleuve sur la côte sud. 

Il nous arrive de bonne heure en mars, séjourne au 
milieu de nous jusqu'à la fin d'avril et se dirige ensuite 
vers le nord pour y faire sa ponte. En septembre, il nous 
revient pour nous quitter très tard à l'automne ; cependant 
quelques-uns passent l'hiver dans certaines parties de la 
province. 

Il niche à terre, souvent au milieu d'une touffe d'herbe; 
le nid est construit avec des herbes et de la mousse, et 
garni de plumes. Sa ponte est de quatre ou cinq œufs, 
d'un blanc verdâtre, maculés de brun jaunâtre et de lilas. 
Ils mesurent 0.90 xo.65. 

L'Oiseau blanc fréquente les champs, le bord des lacs, 
des rivières et des fleuves, mais il ne se voit pas dans la 
forêt. Toutefois il se pose volontiers sur les arbres ; son 
vol est ondulé, ordinairement peu élevé et soutenu ; il 
voyage en bandes et demeure d'ordinaire peu de temps au 
même endroit. Son chant est court et doux, mais son cri 
d'appel est fort et perçant. 

Il se fait, chaque année, une grande destruction 
d'Oiseaux blancs, et pourtant leur nombre ne semble pas 
diminuer. Le mode le plus en usage à la campagne de le 
tuer est de l'attirer avec un appât ; à cette fin on sème sur 
la neige, une longue traînée de graines de mil et on le tire 
au fusil. 

Cependant, à l'île d'Orléans, là où ils sont très nom- 
breux, on ne les tire pas au fusil, afin de ne pas les effrayer, 
mais on les capture vivants au moyen de fils tendus aux- 
quels sont attachés des crins à nœuds coulants et fixés sur 



DK I.A rKOVINCK DK QUEUKC 305 

(les appâts; en se posant à cet endroit, les oiseaux se font 
prendre ù ces crins par les pattes ou le cou. 

Il se nourrit de g^raines de différentes sortes, de très 
petits mollusques et d'insectes. 

Genre CALCARIUS, Bechstein. 

Bec un i)eu plus gros que dans le j^enre précédent ; j^onys 
plus court que le pouce, I Ongle excepté, et moins long que l'épais, 
seur du bec; pouce avec l'ongle plus long que le doigt médian^ 

Calcarius lapponicus, (LiNx.) Stejx. 536. 

Le Plectrophane de I/aponie. 

Lai'I.anp L<>n<;si'UK. 

Adulte (T. Toute la tète, le menton, la gorge et le haut de la 
poitrine, d'un noir profond, avec un large collier de brun roux foncé 
sur le dessus du cou, une bande d'un brun jaunâtre ou blanch- en 
arrière de l'œil ; reste des parties supérieures d'un brun fjncé, rayé 
de brun jaunâtre ou de blanchâtre ; ailes et queue noirâtres ; les 
premières lisérées de brunâtre pâle ; une tache blanche à l'extré- 
mité des rectrices latérales ; grandes couvertures des ailes bordées 
de roux brun foncé ; reste des parties inférieures blanc, rayé de 
noir sur les côtés du corps ; bec jaune avec bout noir. Longueur 
6.IO-6 90 ; ailes 3 60-3.90. 

La 9 a le noir des parties antérieures plus restreint et inter- 
rompu, ou en partie voilé par du gris; le reste du dessus est sembla- 
ble au J , et le dessous peu différent. 

Kn hiver, le c? ressemble beaucoup à la 9 flu printemps ; le 
noir est également voilé par du gris, et ses teintes sont moins 
vives. 

Les jeunes ont le dessus d'un brun jaunâtre, largement strié 
de noir ; le dessous d'un brun jaunâtre pâle, strié de noirâtre 
antérieurement. 

Le Plectrophane de Laponie habite les régions arctiques 
des deux hémisphères en été et, dans l'Amérique du Nord, il 
émigré, au sud en hiver, jusque dans le nord des Etats- 
Unis, et quelquefois à New- York, dans l'Ohio, l'Orégon, le 
Kansas et le Colorado. 

^L Comeau dit que de grandes bandes se voient à 
Godbout pendant la dernière partie d'avril et y demeurent 
jusqu'au milieu de mai. Ils sont alors très abondants. M. 
Wintle le mentionne comme rare en hiver à Montréal, et 
dit que cette espèce se trouve quelquefois avec les oiseaux 



3o6 LES OISEAUX 

blancs. Il se voit à Québec, à l'île d'Orléans et ailleurs, 
associé aux oiseaux blancs, mais il n'est pas commun. 

Il niche à terre dans la mousse ou dans l'herbe, à l'exem- 
ple de son congénère ; son nid est construit avec des herbes 
sèches et garni de plumes ; il pond de quatre à six œufs 
grisâtres, beaucoup maculés de brun chocolat. Ils mesu- 
rent 0.80 X 0.60. La ponte a lieu en mai, juin ou 
même en juillet. 

Sa nourriture consiste en graines de diverses sortes et 
insectes. 

Genre POŒCETES, Baird. 

Tarses plus longs que le doigt médian avec l'ongle ; ailes plus 
longues que la queue ; plumage strié en dessus, sur les côtés du. 
corps et sur la poitrine, courbure de l'aile d'un brun roux. 

Poœcetes gramineus, (Gmel ) Baird, 540. 

I/e Pinson à ailes baies. 

Vesper Sparrow. 

Adultes $ 9. Parties supérieures rayées de brun grisâtre, de 
noirâtre et de gris pâle ; les raies sont plus étroites et plus rappro- 
chées sur la tête et le cou ; une ligne superciliaire blanchâtre ; 
ailes d'un brun noirâtre ; primaires lisérées de blanc grisâtre, 
secondaires et plusieurs des couvertures bordées et terminées de 
blanc et de brun ; les petites couvertures sont d'un brun roux vif ; 
parties inférieures d'un blanc pâle, avec nombreuses stries d'un 
brun grisâtre foncé sur la poitrine, les côtés de la gorge et du 
menton ; queue noirâtre, bout des rectrices latérales, et le côté 
extérieur de la première, blancs; mandibule inférieure d'un jaunâtre 
pâle, la supérieure noire ; pieds d'un jaunâtre pâle. Longueur 
5-50-570; ailes 2.95-3.40 ; queue 2.40-2.75. 

Les jeunes sont semblables aux adultes, mais les teintes sont 
moins prononcées. 

Le Pinson à ailes baies habite l'est de l'Amérique du 
Nord, jusqu'aux prairies à l'ouest et niche, depuis la Vir- 
ginie, le Kentucky et le Missouri, au nord jtisqu'au Mani- 
toba et au Nouveau-Brunswick ; à l'automne, il émigré 
dans les Etats-Unis du sud. 

M. Wintle le mentionne comme commun en été dans 
le district de Montréal, nichant sur l'île. Il est rare aux 
alentours de Québec ; je n'en ai vu encore que quatre 
spécimens. 



DK LA PROVINCE DE QUÉBEC 307 

Il niche à terre dans l'herbe des prairies ou dans les 
pâtiiraj^cs ; son nid est construit avec des herbes sèches et 
garni de crin. Il pond quatre ou cinq œufs, d'un blanc 
verdâtre pâle, maculés de brun roux de diverses teintes. 
Ils mesurent 0.80 x 0.60. La ponte a lieu en mai ou en juin. 

Cet oiseau fréquente les endroits déserts, les j:)rairies, 
les champs cultivés et les pâturages, et il niche dans ces 
lieux. ( )n dit que cet oiseau a l'habitude de chanter le 
soir et lorsque le temps est sombre alors que tous les autres 
se taisent. 

Genre PASSERCULUS, Bonaparte. 

Bec délié, allongé ; gonys droit ; ailes courtes et rondes, plus 
longues que la queue ; pieds robustes; doigt médian avec l'ongle 
pas plus court que le tarse ; queue arrondie avec la pointe des 
rectrices aiguës. 

Passerculus sandwichensis savanna, (Wils.) Ridgw. 
542a. 
Le Pinson des prés. 

S.\V.\NNA SpARROW. 

Adultes <? 9 • Parties supérieures d'un gris brunâtre, strié 
partout de noirâtre, de brun roux et de gris blanchâtre ; ces stries 
sont plus larges sur le milieu du dos et plus étroites sur le cou et la 
tOte ; couronne séparée au centre par une étroite bande d'un blan- 
châtre obscur ; ailes noirâtres, avec plusieurs rémiges et couver- 
tures bordées de brun roux ; queue noirâtre à rectrices assez étroites 
et pointues, sans blanc sur les latérales ; bord de l'aile et une 
étroite bande superciliaire, jaunes, sans brun roux sur les petites 
couvertures de l'aile; parties inférieures blanches, teintées de 
jaunâtre, avec de nombreuses stries noirâtres, excepté au milieu 
du ventre et à la région anale ; pieds de couleur chair. Longueur 
4.85-550; ailes 2.60-2.90 ; queue 1.90-2.20. 

Les jeunes sont semblables aux adultes, mais la teinte claire 
des parties supérieures est remplacée par du brun jaunâtre pâle ; 
les stries des parties inférieures sont moins prononcées ; ordinaire- 
ment sans ligne jaune au-dessus de l'oeil. 

Le Pinson des prés habite l'est de l'Amérique du Nord 
jusqu'aux plaines à l'otiest et niche depuis le centre des 
Etats-Unis, au nord, jusqu'au Labrador et dans la région de 
la baie d'Hud.son; à l'automne, il émigré dans les Etats du 
sud. 

Cet oiseau se montre très commun sur les îles de la 



3o8 LES OISEAUX 

Madeleine et niche dans les champs i^Bishop)^ ainsi que sur 
les îles recouvertes d'herbes et le littoral du golfe St-Lau- 
rent iyBreivster'\ Il est assez commun à Godbout {Co))ieau)^ 
et se voit aussi sur les îles et le bord de la baie James. Il 
est très commun en été dans la province. 

Il niche dans l'herbe des champs ; son nid est construit 
avec des herbes sèches et placé dans un petit enfoncement 
du sol ou il est caché dans une petite touffe d'herbe. Sa 
ponte est de trois à six œufs d'un blanc grisâtre ou verdâtre, 
maculés de brun clair et de lilas, surtout au gros bout ; ces 
taches sont très nombreuses. Ils mesurent 0.76 x 0.54. La 
ponte a lieu en mai ou juin. 

Cet oiseau est certainement un des plus communs que 
nous ayons ici en été. Il fréquente particulièrement les 
champs, les prairies et les pâturages, de préférence aux 
grands bois ; on le trouve dans les terrains secs, les endroits 
marécageux et sur les rives du fleuve. Je l'ai vu en quan- 
tité à St-Denis de Kamouraska et dans les paroisses avoisi- 
nantes, et j'ai maintes fois trouvé son nid. Son chant quoi- 
que court et faible n'est pas dépourvu d'un certain charme. 
Lorsqu'on le force de s'envoler, il a pour habitude, si le 
danger n'est pas pressant, de courir sur le sol. 

Il se nourrit de graines de toutes sortes, d'insectes, etc. 

Genre AMMODRAMITS, Swainson. 

Bec allongé et délié ; ailes courtes et arrondies, un peu plus 
longues que la queue ; cette dernière très arrondie, avec les rec- 
trices étroites, raides et aiguës ; pieds gros ; doigt médian avec 
l'ongle, pas plus court que le tarse. 

Ammodramus nelsoni subvirgatus, (Dwight,) Norton, 
649a. 

I/C Pinson à queue aiguë. 

ACADIAN SHARP-TAILED SpARROW. 

Adultes ^Ç. Parties supérieures d'un olive grisâtre, avec 
quelques taches de noirâtre et de blanc grisâtre sur le dos et les 
couvertures des ailes; couronne d'un brun verdâtre, avec une 
large bande médiane d'olive grisâtre foncé; une bande superci- 
liaire et les côtés de la tête d'un orangé brun, renfermant une 
tache de gris olive sur les oreilles ; parties inférieures d'un blanc 
sale ; poitrine et côtés du corps teintés de brun jaunâtre pâle, avec 
quelques stries peu apparentes de brun foncé ; ailes et queue bru- 



DK I.A PROVINCE DE QUEBPX 309 

nés. lisérées de brun jaunâtre pAIe ; quelques tertiaires noires au 
centre; rectrices étroites et pointues. I.oiii^ucur 520-5.90; ailes 
2.30-2.50; queue 2.00-2.20. 

Les jeune.s ont le de.s.sus de la tète et le dos rayés de noir, sur 
un fond d'un brun ocreux p;lle ; ks parties inférieures d'un brun 
jaunâtre très pâle, rayé de noirâtre sur la poitrine. 

Le Pinson à qiiene ai^iië liahite les côtes de la Noii- 
velle-Anj^lcterre et du Xonveaii-Hrunswick, et niche au bord 
des endroits marécageux ; à l'automne, il émigré au sud 
jusque dans les Carolines. 

Il se voit à la Rivière-dn-Loup, à l'Ile-Verte et proba- 
blement dans d'autres localités sur la côte sud du fleuve, 
là où l'eau est salée. Je l'ai souvent rencontré autrefois 
sur les grèves de St-Denis de Kamouraska où il venait cha- 
que printemps élire domicile dans les grandes herbes mari- 
nes qui croissent sur le rivage. \'oici ce que j'écrivais en 
18S3, lorsque je signalais pour la première fois sa présence 
dans notre province : 

Ce Pinson jusqu'à ce jour, n'a pas été introduit dans 
notre faune; nos naturalistes canadiens ne soup(;onnaieut 
pas même son e.xistance dans notre pays. En 1877, j'en ai 
tué quelques individus sur les grèves de St-Denis de Kamou- 
raska, lieu convenable à sa nourriture et à ses habitudes. 
Ces grèves, qui ont une étendue considérable surtout à basse 
marée, sont recotivertes en partie de plantes aquatiques et 
terrestres, où l'on voit souvent, à peu de distance les tines 
des autres, de petites et même de larges flaques d'eau vaseu- 
se ; autour de ces mares, il faut cheminer avec prudence, 
autrement on s'expose à faire tnie connaissance plus intime 
avec la boue qu'elles contiennent, et souvent cette boue est 
presque liquide à plusieurs pieds de profondeur. C'est au 
bord de ces étangs que vit cet oiseau. Il est peu commun 
et d'un naturel farouche. Son unique chant se réduit à 
ces faibles notes : Piclic-cJic-ioiip^ qti'il répète à de longs 
intervalles, en accentuant la dernière note. 

Il niche à terre ; .son nid est composé d'herbes sèches, 
et sa ponte est de quatre ou cinq œufs blanchâtres, avec 
nombreuses petites taches de brun roux. Ils mesurent 
0,76 X 0.58. La ponte a lieti en juin. 

Il se nourrit de très petits mollusques, de crevettes, d'in- 
sectes marins et de graines d'herbes aquatiques et terrestres. 



3IO LES OISEAUX 

Genre ZONOTRICHIA, Swainson. 

Bec de moyenne grosseur, conique, à commissure peu angulée ; 
ailes de trois pouces ou plus de longueur, avec deux bandes ; 
les primaires les plus longues sont les deuxième, troisième et 
quatrième ; queue plus ou moins arrondie ; tarse égal au doigt 
médian, l'ongle compris. 

Zonotrichia leucophrys, (Forst.) Swains. 654. 

lyc Pinson à couronne blanche. 

White crowned Sparrow. 

Adultes/ 9. Couronne noire, séparée par une bande blanche au 
centre et par deux autres latérales, également blanches, se réunis- 
sant toutes trois sur l'occiput ; plumage d'un cendré brun, passant 
au blanchâtre sur le menton et le milieu du ventre ; lavé de brun 
TOUX sur les côtés, les couvertures inférieures et supérieures de la 
queue ; milieu du dos rayé de brunâtre et de blanchâtre ; ailes 
brunâtres avec deux bandes obliques blanches, bordées de brun 
roux sur les secondaires et de blanchâtre sur les primaires ; queue 
brune, lisérée de brun clair ; bec et pieds rougeâtres. Longueur 
6.50-7.50 ; ailes 3 00-3.30 ; queue 2.80-3.20. 

Le noir de la tête est remplacé chez les jeunes, par du brun 
roux, et le blanc, par du brun clair. Le gris est lavé de brun, et 
les parties supérieures sont plus brunâtres. 

Le Pinson à couronne blanche habite l'Amérique du 
Nord et niche en grand nombre au Labrador, à la baie 
d'Hudson, quelquefois dans la Nouvelle-Angleterre, dans 
les Montagnes Rocheuses et le Sierra Nevada. En hiver, 
il se voit au sud jusque dans le Mexique et même plus loin. 

Il est as5.ez rare en été à Anticosti {Schmitt). M, Comeau 
dit qu'il niche à Godbout, et qu'il n'est pas commun ; mais 
il l'est au lac Mistassini d'après M. J.-M. Macoun. Il est 
rare et de passage à Montréal ( Wintlc). Il est plutôt com- 
mun au printemps et à l'automne à Québec, ainsi que dans 
plusieurs paroisses des environs, je l'ai vu souvent par 
petites bandes à St-Denis, à l'époque de ses migrations. 

Il niche à terre, dans l'herbe ; le nid est construit avec 
de grosses herbes sèches et garni à l'intérieur d'herbes 
fines et de crin. Sa ponte est de quatre ou cinq œufs, d'un 
bleu verdâtre pâle, maculés de brun roux et de grisâtre. 
Ils mesurent 0.80 x 0,60. La ponte a lieu en juin. 

Ce Pinson est un des plus gros de son genre et aussi 
un des plus beaux ; il se voit d'ordinaire par petites bandes. 



DE LA PROVINCE DR QUKBIX 3II 

et fréquente les buissons, les haies d'arbrisseaux et'la lisière 
du bois. Il possède un chant très doux, qui consiste en six 
ou sept notes, d'un accent plaintif, qu'il répète à de courts 
intervalles. 

Il vit de graines de diverses plantes, de baies et 
d'insectes. 

Zonotrichia albicollis, (Gmel.) vSwains. 558. 

I/C Pinson a gorge blanche. 

WUITK TIIKOATHI) Sl'AKROW. 

Adulte <^ . Couronne noire, séparée au centre par une bande 
d'un blanc gVi âtre ; une autre superciliaire, jaune des narines à 
l'œil et, d'un blanc grisâtre en arrière; parties su pcrieures rayées 
de noir, de brun rou.x et de blanc fauve; croupion d'un brun cendré, 
sans stries; ailes noirâtres largement bordées de brun roux, avec 
deux bandes obliques blanches ; bord de l'aile jaune ; rectrices noi- 
râtres ; parties inférieures blanches, teintées de brun sur les côtés du 
corps et de cendré sur la poitrine ; gorge blanche. Longueur 
6.30-7.65; ailes 2.S0-3 15 ; queue 305-335. 

Le.s couleurs de la 9 .«^ont un peu plus ternes, le noir de la tète 
est moins prononcé, et le blanc grisâtre est plus pâle ; le jaune est 
moins vif ; le blanc de la gorge est moins apparent. 

Les jeunes sont striés en dessus de brun jaunâtre et de noi- 
râtre, sans bandes de la tète bien distinctes; le jaune est peu ou 
point apparent; les parties inférieures sont d'un blanc sale, lavé de 
jaune brunâtre et strié de noirâtre, excepté sous le ventre. 

Le Pinson à gorge blanche habite particulièrement 
l'est de l'Amérique du Nord jusqu'aux plaines ; il niche 
depuis la partie nord des Ktats-Unis jusqu'au Labrador et 
le pays des fourrures; à l'automne, il émigré au sud, depuis 
le centre des Ktats-Unis, en allant vers le sud. 

M. le Dr Schmitt dit que cet oiseau est assez commun 
de mai à octobre à Anticosti, et M. Comeau le mentionne 
comme le plus commun des Pinsons à Godbout, nichant 
partout. Il est commun au lac Mistassini (y.-.I/. Macoicn)^ 
de même qu'à Montréal, et niche dans le parc du Mont 
Royal, d'après M. Wintle. Il se montre commun pendant 
tout l'été à Québec et dans les alentours, de même qu'à St- 
Denis et dans les paroisses environnantes et autres. 

Il niche à terre ou quelquefois entre les branches d'un 
arbre renversé, souvent à la lisière de la forêt, ou dans des 
buissons. Son nid est gros et construit avec de grosses 



312 LES OISEAUX 

herbes à l'extérieur et de plus fines à l'intérieur. Sa ponte 
est de quatre ou cinq œufs, variant en couleurs, mais ordinai- 
rement blancs ou d'un blanc bleuâtre, très maculés de 
brun de diverses teintes. Ils mesurent 0.85 xo.62. La 
ponte a lieu en juin. 

Il fréquente la lisière des forêts, les bocages, les ver- 
gers, les haies et les champs. On lui donne le nom vulgaire 
de sijfleur à cause de son chant qui ressemble à un siffle- 
ment clair et quelque peu plaintif, que les anglais ont rendu 
par ces notes: soiv-wheat peabody^ pcabody^ pcabody. 

" A l'aurore des beaux jours du mois de juin, dit 
Maynard, quand encore un nuage empourpré est suspendu 
aux cimes des montagnes sur lesquelles les fougères au 
délicat feuillage, toutes brillantes de gouttelettes de rosée, 
se balancent au-dessus des ruisseaux toujours en éveil, quand 
les feuilles récemment écloses étalent au-dessus de nos têtes 
leurs teintes les plus éclatantes, c'est à ce moment qu'il est 
surtout délicieux d'entendre les roulades du Pinson à gorge 
blanche. Ce chant se compose de sifflements doux et pro- 
longés, répétés à diverses reprises et quelque peu mélanco- 
liques, mais aussi très agréables. Notre petit musicien 
gazouille non-seulement durant les heures plus fraîches du 
matin, mais le soleil du midi le trouve encore occupé à 
nous faire entendre ses mélodies. Puis lorsque le soleil à 
son déclin, descend vers l'horizon ces oiseaux deviennent 
plus silencieux, mais ils recommencent leur concert au 
retour de la fraîcheur du soir. Ainsi chantent-ils tout le 
long du jour, mais même parfois il leur arrive de faire écla- 
ter leur chant au milieu des ténèbres de la nuit. Surtout 
quand l'astre des nuits fait étinceler le sommet dénudé de 
nos montagnes et que ses rayons argentés se glissant à 
travers les plus épaises forêts, vont illuminer la demeure du 
Pinson à gorge blanche, c'est alors que son chant a un char- 
me tout spécial et dont rien ne peut égaler la beauté." (i) 

Genre SPIZELLA, Bonaparte. 

Bec petit, conique ; plumage sans jaune ; sans stries en des- 
sous chez les adultes ; queue longue et échancrée ; ailes moins 
de trois pouces de longueur, les plus longues plumes des ailes 
sont, depuis la deuxième à la cinquième. 



(i) Maynard. Birds of Eastern North America, p. 99. 



DK LA PROVINCK DR QUÉBEC 313 

Spizella monticola, (Gmel.) Haird, 559. 

Le Pinson de montngne. 

TUKK Sl'AKROU 

Adultes (î 9. Couronne (liui l)ruii roux, avec une ligne super- 
ciliairc d'un l)lanc grisâtre; dos et soapulaires d'un brun roux, 
rayé de noir et de grisâtre; cou et croupi(ni d'un brun grii-âtre 
ainsi (jue les côtés de la tète; ailes et queue brunes, bordées de 
roux l)run pâle, avec deux bandes oblicjues blanches sur les pre- 
mières ; grandes couvertures et tertiaires bordées de brun roux 
vif; parties inférieures d'un blanc sale, teinté de cendré antérieure- 
ment, avec une tache brune au centre de la poitrine ; le reste lavé 
de brunâtre, excepté au milieu du ventre ; bec noir en dessus et 
jaune en dessous. Longueur 6.00 - 6.50 ; ailes 2.80 - 3. 10 ; queue 
2.60 - 2.90. 

Les jeunes ont le sommet de la tète brunâtre, rayé de noi- 
râtre ; la bande superciliaire, les côtés de la tète et du cou sont 
d'un blanchâtre sale, finement rayé dune teinte plus foncée; 
poitrine d'un brun jaunâtre sale, rayé de noirâtre et teinté de 
rouille sur les côtés. 

Le Pinson de niontacjne habite l'est de l'Amérique du 
Nord, jusqu'aux prairies à l'ouest, et niche au nord des 
Etats-Unis jusqu'aux côtes arctiques. A l'automne, il 
émigré dans les Carolines, le Kentucky et l'est du Kansas. 

Cet oiseau se montre accidentellement à Godbout (C(>- 
7fu\iii). Mais il est tout à fait commun au lac Mistassini et 
y nichait en 1885 (/. J/. Macoun). M. Wintle dit qu'il est 
commun et de passag^e à Montréal, qu'on le voit dti 7 au 28 
avril, et depuis le 25 octobre jusqu'au 7 novembre. A 
Québec, il se montre commun pendant ses migrations de 
printemps et surtout celles d'automne. 

Il niche à terre dans une dépression du sol, dans la 
mousse où quelquefois sur les arbres ou arbustes ; son nid 
est composé d'herbes et tapissé de plumes ; il pond de trois à 
quatre œufs d'un blanc verdâtre, abondamment maculés 
de brun roux. Ils mesurent 0.80x0.55. La ponte a lieu 
en juin. 

Cet oiseau fréquente les petits bouquets de bois, les 
buissons, les haies d'arbustes. Il est un de ceux qui notis 
quittent le plus tard à l'automne et qui nous arrivent le 
plus à bonne heure au printemps. 

Il se nourrit de grains de diverses espèces de plantes 
et parfois d'insectes. Son chant est clair et fort. 



3^4 LES OISEAUX 

Spizella socialis, (Wils.) Bonap. 560. 

Le petit Pinson à couronne rousse. 

Chipping Sparrow. 

Adultes i 9 , Dos et scapulaires rayés de noir, de brun roux 
et de brun grisâtre, avec le croupion cendré ; couronne d'ua brun 
roux ; front noir, divisé au centre par une petite ligne blanche ; 
une ligne superciliaire d'un blanc grisâtre, et une autre à travers 
l'œil, noirâtre ; deux petites barres blanchâtres sur les ailes qui 
sont brunes, ainsi que la queue, et bordées de brun roux sur les 
premières, particulièrement sur les scapulaires et les secondaires ; 
parties inférieures, côtés de la tête et du cou, d'un cendré clair 
presque uniforme et sans tache, blanchissant sur la gorge; bec en 
été noir ; pieds d'un jaune pâle. Longueur 5.00-5.85 ; ailes 2.55- 
2.90 ; queue 2.20-2.60. 

En hiver, les teintes sont plus pâles, avec les parties inférieures 
lavées de brun ; la couronne est ordinairement striée de noir ; le 
bec est d'un brun cannelle. 

Les jeunes ont les parties supérieures, y compris la couronne, 
brunâtres, rayées de noirâtre; une ligne superciliaire d'un blanc 
jaunâtre pâle, avec de fines stries de noirâtre ; poitrine et côtés 
striés de noirâtre sur un fond blanc grisâtre. 

Le Pinson familier habite l'est de l'Amériqne du Nord 
à l'est des prairies ; il niche depuis le golfe du Mexique, au 
nord, jusque dans l'intérietir du Canada et Terre-Neuve. A 
l'automne, il émigré au sud jusque dans l'est du Mexique. 

Ce petit oiseau se montre commun aux alentours de 
Québec pendant tout l'été ; plusieurs mêmes nichent sur 
les arbres des jardins de la ville ; il nous arrive à la fin 
d'avril et s'en retourne vers la mi-septembre. Je l'ai ren- 
contré dans quelques paroisses non loin de Québec, mais je 
ne l'ai pas vu à St-Denis, ni dans les paroisses des alentours. 
En 1882, je l'ai remarqué à Gaspé, mais il n'y était pas 
commun. M. Wintle dit qu'il est très commun à Montréal 
en été, depuis le 23 avril jusqu'au 28 septembre. 

Il place son nid sur les arbres ou arbustes, dans les 
vergers, les jardins ou dans les haies d'arbrisseaux ; il est 
composé d'herbes sèches et tapissé de crin. Sa ponte est 
de quatre ou cinq œufs, d'un vert bleuâtre, maculés de 
brun noirâtre, en cercle ati gros bout. Ils mesurent 0.70 x 
0.52. La ponte a lieu en mai ou juin. 

Ce petit Pinson est un de nos hôtes les plus familiers 
dtirant la belle saison ; en effet, dans toutes les localités oii 



ÙF. I,A PROVINCK DK QUEBEC 315 

il se rencontre, on est toujours sûr de le voir dans le voisi- 
nage de riiomnic, et il vient nicher sur les arbres ou arbris- 
seaux des parcs ou jardins des villes, et, à la campagne, il 
séjourne dans les vergers et dans les haies d'arbustes aux 
alentours des habitations. Il est si peu sauvage qu'il se 
laisse approcher de très près avant de s'envoler. Il aime 
beaucoup à marcher sur le sol à la recherche de graines et 
d'insectes qu'il trouve dans l'herbe. 

Perche au sommet d'un arbre, il fait entendre en tout 
temps pendant le jour, sa petite cliansonnette, peu harmo- 
nieuse et qui se compose de quelques notes, qu'il répète 
avec rapidité en augmentant le ton, et qu'Audubon com- 
pare au son que produit deux cailloux que l'on frappe avec 
force l'un contre l'autre. 

Spizella pusilla, ( Wii.LS.) Bon.^p. 563. 

T,e Pinson des champs. 

FlELD SfARROW. 

Adultes <? 9 • Dos et scapulaires d'un roux brun foncé et 
d'un roux brun plus pâle, rayé de noirâtre ; couronne d'un brun 
roux pâle avec trace plus ou moins distincte d'une digne médiane 
grisâtre ; côtés de la tùte et du cou grisâtres, avec une bande sur 
l'oreille de brun roux pâle ; parties inférieures blancbâtres, sans 
taches, teintées de brunâtre pâle sur la poitrine et les côtés ; ailes 
bordées de brun roux clair, avec deux bandes blanches ; sans 
ligne blanchâtre ni noire à la tête ; bec d'un rougeâtre pâle. Lon- 
gueur 5. 10 - 6.00 ; ailes 2.45 - 2 70 ; queue 2.50 • 2 80. 

Les jeunes ont une livrée plus pâle ; les parties inférieures 
sont rayées de noirâtre, surtout à la poitrine ; le dessus de la tête 
est d'un brun roux plus ])âle. 

Le Pinson des champs habite l'est de l'Amérique du 
Nord à l'est des prairies, et niche depuis le golfe du Mexi- 
que jusqu'au sud du Manitoba et à Québec. A l'automne, il 
émigré dans le sud des PUats-Unis. 

M. Bishop dit qu'un couple a été rencontré sur les îles 
de la Madeleine, et ]\I. Wintle le mentionne comme rare en 
été à Montréal. Je n'ai pas encore vu cet oiseau près de 
Québec, mais il peut très bien s'y rencontrer. 

Il niche dans les buissons ou à terre, dans une touffe 
d'herbe ; le nid est construit avec de l'herbe, des feuilles et 
tapissé de crin ; ses œufs, au nombre de quatre ou cinq, 



3^6 LES OISEAUX 

sont d'un blanc bleuâtre pâle, maculés de brun jaunâtre 
et de gris pourpré. Ils mesurent 0.65 x 0.50. La ponte 
a lieu en mai ou juin. 

Ce petit oiseau fréquente les buissons, le versant des 
montagnes et les champs. 

Genre JUNCO, Wagler. 

Bec petit ; ailes plutôt long^ues ; primaires dépassant de beau- 
coup les petites secondaires intérieures ; queue à peu près la lon- 
=gueur de l'aile, légèrement échancrée, avec les rectrices latérales 
en grande partie blanches. 

Junco hyemalis, (Linn.) Sclat. 567. 

I/e Pinson niveroUe. 

State colored Junco. 

Adulte $ . Plumage d'un gris ardoisé ou noir ardoisé, un peu 
plus foncé sur la tête, avec le dessous, depuis la poitrine et deux 
ou trois rectrices latérales, blancs ; sans stries nulle part ; bec 
couleur de chair. Longueur 5.50-6.25; ailes 3.00-3.25; queue 
2.68 - 2.90. 

La 9 a les parties supérieures moins foncées et lavées de gris 
brunâtre. 

A l'automne le $ ressemble ordinairement à la 9 en été. 

Les jeunes sont striés en dessus de noirâtre et debrnn rouille ; 
les parties inférieures sont rayées de noirâtre et de brun ocreux, 
excepté au ventre et à la région anale, qui sont d'un blanc sale ; 
plus tard la teinte ardoisée apparaît, mais elle est lavée de bru- 
nâtre ; les secondaires intérieures sont bordées de brun roux. 

Le Pinson niverolle habite l'est de l'Amérique du 
Nord, à l'ouest jusqu'aux prairies ; il niche depuis le nord 
de New-York, les Alléghanies et le nord de la Nouvelle- 
Angleterre, en allant vers le nord. A l'automne, il émigré 
au sud jusqu'au golfe du Mexique. 

Il est irrégulièrement distribué et il niche sur les îles 
de la Madeleine {Bishop). Le Dr Schmitt dit qu'il est 
commun à Anticosti de mai à octobre, et M. Comeau le 
mentionne comme très commun à Godbout ; il l'est 
également en été, sur les bords du lac Mistassini {/. M, 
Macoiin). M. Wintle dit qu'il est très commun à Mont- 
réal depuis le 29 mars jusqu'au 25 octobre et qu'il niche 
.au parc Mont-Royal. Il est également très commun et se 
voit par bandes au printemps et à l'automne, près de Québec 



I)H I.A PROVINCE DE QUEBEC 317 

et dans les paroisses voisines ; il ne se voit pas ici en 6i6. 
Cependant j'en ai vn en jnillet dans les bois an nord de 
Québec et le lonj; de la rivière Montmorency, de sorte qu'il 
doit nicher dans nos forêts ;\ quelques lieues de distance de 
la ville. Je l'ai vu autrefois très couiuiuu A St-Denis de 
Kaniouraska, au printemps et à l'automne. 

Il niche à terre, dans l'herbe, à l'abri d'une petite 
roche, d'une souche, ou bien sous les racines d'un arbre 
renversé ; le nid est construit avec des herbes sèches et du 
crin ; sa ponte est de quatre ou cinq (eufs blancs, ou d'un 
blanc verdâtre, maculés de brun roux sur toute sa surface 
ou en cercle vers le gros bout. Ils mesurent 0.80 x 0.55. 
La ponte a lieu à la fin de mai ou en juin. 

Cet oiseau qui voyage toujours par petites bandes est 
facile à reconnaître par sa couleur foncée et les deux 
plumes latérales de la queue qui sont blanches et se voient 
bien lorsqu'il vole. Il a un joli petit ramage qu'il fait enten- 
dre au printemps. 

Il fréquente les endroits recouverts d'arbustes, la lisière 
des bois, les champs, les jardins, le voisinage des lacs, des 
rivières etc, mais on ne le voit pas au cœur des forêts. 

Il est peu farouche et se nourrit de graines et d'insectes. 

Genre MELOSPIZA. Baird. 

Bec de grosseur moyenne et conique ; ailes courtes et très 
arrondies, dépassant à peine la base de la queue ; les troisième, 
quatrième et cinquième primaires sont les plus longues ; queue 
doublement arrondie, rectrices latérales beaucoup plus courtes que 
celles du centre ; pieds de grosseur mo3enne. 

Melospiza cinerea melodia, ( W'ils.) Ridgw. 581. 

I/C Pinson chanteur. 

SONG Sl'ARROW. 

Adultes <r 9- Couronne d'un roux brun foncé, strié de noi- 
râtre, bordée et séparée au centre par une bande grisâtre ; dos et 
scapulaires rayés de noir, de roux et de gris cendré ; dessus du 
cou et croupion d'un brun grisâtre quelque peu rayé de brun roux ; 
ailes et queue brunâtres lisérées de brun roux ; parties inférieures 
blanches, avec nombreuses taches noires bordées de brun sur la 
poitrine, les côtés du corps et à la région maxillaire, où elles 
forment, par leur réunion, une bande qui descend de chaque côté du 
menton ; sur la poitrine les taches sont rapprochées de manière à 



3l8 I,ES OISEAUX 

former une grande tache au centre. Longueur 6.00-6.75; ailes 
2.45 - 2. So; queue 2.58- 3.02. 

Les jeunes sont semblables, mais leurs teintes sont moins 
prononcées. 

Le Pinson chanteur habite l'Amérique du Nord à l'est 
des prairies ; il niche depuis la Virginie jusqu'au Manitoba 
et au Nouveau-Brunswick ; à l'automne, il émigré jusque 
dans le sud des Etats-Unis. 

Il n'est pas rare à Godbout d'après M. Comeau et M. 
J.-M. Macoun le mentionne comme commun au lac Mistas- 
sini. M. Wintle dit qu'il est très commun en été dans le 
district de Montréal. Il est également commun et très 
répandu non seulement aux alentours de Québec, mais enco- 
re dans toutes les paroisses environnantes et ailleurs. 

Il niche dans les buissons à la lisière des forêts, mais le 
plus souvent dans l'herbe des champs, dans les prairies, 
les pâturages, sur le revers d'un fossé comme au milieu 
d'un champ, à l'abri d'une touffe d'herbe, d'une motte de 
terre. Son nid est construit sans art, avec des herbes sèches, 
et quelquefois du crin à l'intérieur. Sa ponte est de trois à 
cinq œufs blancs ou d'un blanc verdâtre, avec taches de diver- 
ses grandeur et des points de brun de différentes teintes ; ces 
taches sont quelquefois très rapprochées sur quelques-uns, 
tandis qu'elles sont très éparses sur d'autres. Ils mesurent 
0.80x0.60. Il fait deux et quelquefois trois pontes dans la 
saison ; la première a lieu en mai et la seconde en juillet. 

Le Pinson chanteur, que l'on appelle vulgairement 
Rossignol^ ne se voit pas en bandes et se rencontre toujours 
isolément ou par couples ; il nous arrive avec les premiers 
jours d'avril, passe l'été au milieu de nous et, tard à l'au- 
tomne, il s'en retourne. En cela, il est un des premiers à 
nous apparaître au printemps et un des derniers à nous 
quitter à l'approche de l'hiver. 

Il affectionne particulièrement les jeunes taillis, les 
vergers et les arbrisseaux qui croissent le long des haies, et 
ne se rencontre que bien rarement dans la forêt. Quoiqu'il 
soit d'un naturel peu sauvage, il ne se voit qu'accidentelle- 
ment dans les jardins des villes ; il lui faut l'espace et le 
grand air des champs. 

Le Rossignol est un de nos plus fameux musiciens ; 



DK I.A PROVINCE DK QUEBEC 319 

sa voix limpide et mélodieuse qu'il fait entendre pendant 
toute la belle saison, mais surtout au printemps et à l'au- 
tomne, a (juclquc chose (jui entraine, qui captive et fjue 
Ton est toujours avide d'entendre. Perché au sommet d'un 
arbrisseau ou sur une clôture il fait, depuis l'aurore jusqu'à 
la tombée de la nuit, retentir l'air de ses merveilleuses rou- 
lades qu'il finit parfois sous la feuilléc. 

Il se nourrit de j^raines de toutes sortes et d'insectes; 
il capture quelquefois des mouches au vol. 

Voici ce que dit Nuttall du Rossignol : " A son arrivée 
au milieu de nous, on dirait que l'incertitude de la tempé- 
rature le rend mélancolique et lui inspire des modulations 
toutes particulières, plus graves et plus tendres qu'à l'ordi- 
naire. A mesure qu'il répète son chant printanier, ce chant 
produit sur notre oreille un effet de plus en plus harmonieux. 
Tour à tour rêveur et gai, ses notes semblent être tantôt 
un adieu plaintif à la saison qui s'en va, tantôt un cri de 
joie à l'approche des beaux jours de l'été. 

" Quand approche l'hiver, ses modulations se font 
encore plus touchantes, c'est l'adieu du musicien ailé aux 
beautés du paysage et de la belle saison qui s'écoule. Sa 
voix est comme adoucie par la tristesse qui s'exhale à l'aspect 
silencieux et morne de la nature. Bien que le chant du 
Rossignol soit peu remarquable par sa souplesse, il devient 
cependant plus fort et plus brillant lorsque l'été arrive. 
L'Oiseau prélude ordinairement par ces notes : tsJi^ tsh^ 
tshCy ti\ ts/iéti\ tslii'ti qu'il accompagne de quelques trilles 
tremblantes. Certains Rossignols excellent dans ce chant 
et le modulent de temps à autre avec des variations d'un 
effet fort agréable. D'ordinaire, si l'on attache peu d'atten- 
tion à l'aimable chansonnette, toujours si douce et si gaie, 
de notre petit musicien, c'est qu'elle nous est familière et 
que nous avons sans cesse ce petit oiseau sous nos yeux." (i) 

Melospiza lincolnii, (Aud.) Baird, 583. 

I<e Pinson de Lincoln. 

LlN'COLN Sl'.\KRO\V. 

Adultes (ÎÇ. Parties supérieures d'un brun grisâtre strié 
de noir et de brun, avec de fines raies noires sur le dessus de la tcte 

(i) Nuttall. Manual of the Ornithologry of the U. S. and of Can., p. 56^64. 



320 LES OISEAUX 

qui est d'un brun roux, et séparée au centre par une ligne grisâtre ; 
parties inférieures blanches, lavées de jaune brunâtre sur les côtés 
du corps, du cou, à la région anale et sur la poitrine, sous forme 
de bande, avec nombreuses stries noirâtres sur ces difEérents 
endroits ; une étroite bande superciliaire cendrée, une autre d'un 
brun foncé, en arrière de l'œil, et, une troisième de cette dernière 
teinte, sur les oreilles ; ailes et queue noirâtres plus ou moins lisé- 
rées de brun roux. Longueur 5.25 - 6.00 ; ailes 2 30 - 2.65 ; queue 
2.30 • 3.00. 

Les jeunes ont une livrée plus pâle, et les stries moins pronon- 
cées. 

Le Pinson de Lincoln habite l'Amérique du Nord, et 
niche depuis le nord des Etats-Unis jusqu'aux régions 
arctiques. En hiver, on le retrouve au sud jusqu'à Panama. 

M. Comeau a tué un de ces oiseaux à Godbout. Il se 
montre accidentellement près de Québec ; je n'ai tué qtie 
trois spécimens jusqu'à présent. Quelques-uns nichent sur 
les îles de la Madeleine, d'après le Rév. C. J. Yoimg. 

Il fait son nid à terre avec des herbes sèches, et pond 
trois ou quatre œufs qui ressemblent fort à ceux du Rossi- 
gnol, mais ils sont plutôt d'un blanc verdâtre, avec nom- 
breuses taches et points de brun roux et dé gris. Ils me- 
surent 0.80x0.58. La ponte a lieu à la fin de juin ou en 
juillet. 

Ce Pinson fréquente les buissons et le bord des bois ; 
il a l'habitude de se dérober sous les arbustes en courant, 
sur le sol, comme le fait un petit mammifère, au lieu de 
s'envoler, de sorte qu'il peut se trouver dans certains en- 
droits sans que l'on soupçonne même sa présence 

Melospiza georgiana, (Lath.) Ridgw. 584. 

lyc Pinson des marais. 

SWAMP SpARROW. 

Adultes J" 9 . Couronne d'un roux brun vif, avec le front 
noirâtre ; ce dernier est séparé par une petite ligne grise au 
centre ; dcvssus du cou rayé de noir sur un fond cendré ; dos et 
croupion d'un brun foncé, rayé de noir, particulièrement sur le 
premier où ces raies sont plus larges ; une ligne superciliaire, 
côtés de la tête, du cou et parties inférieures, d'un gris cendré, 
blanchissant sur le milieu du ventre et à la gorge, teinté de brun 
jaunâtre sur les côtés et les flancs, avec stries presque effacées de 
brun plus foncé ; une ligne superciliaire, pieds d'un jaunâtre pâle. 
Longueur 5.25-6.00 ; ailes 2.30-2.50; queue 2.40-2.70. 



DR I.A PROVINCK DE QUEBEC 32 1 

Les jeunes sont plus striés de noirAtre en dessus, avec le dee- 
sous antérieurement et les côtés éjjalement striés. 

Le Pinson des marais habite rAnicricinc du Nord, à 
l'est des prairies, et niche depnis le centre des Etats-Unis, 
an nord jnsqn'an Labrador et à la baie d'IIndson. Kn 
hiver, il se voit depnis le Massachnsetts jnsqn'an j^olfe dn 
Me.\ic|ne. 

D'aprùs Andnbon, cet oisean serait conunnn an La- 
brador. Il n'est pas rare anx îles de la Madeleine {Jiishop). 
Très coninmn snr l'île d'Anticosti ; il niche à cet endroit 
{/ire'U'sicr)^ et se montre accidentellement à Godbont [Co- 
ntcau). Il est commnn en été dans les marais anx environs 
de Montréal {IVifitlr). An printemps de 1878, j'en ai tué 
plnsienrs spécimens an pied dn versant nord des hantenrs 
de Ste-Foy, mais je ne l'ai vn nnlle part aillenrs. 

Sou nid est posé à terre et constrnit avec des herbes 
sèches ; sa ponte est de trois à cinq œnfs, d'un blanc ver- 
dâtre, avec nombreuses taches de brun roux. Ils ressemblent 
à ceux dn rossiornol et mesurent 0.80x0.55. La ponte a 
lieu en juin. 

Cet oisean fréquente les endroits marécageux ou hu- 
mides, le bord des lacs et des rivières solitaires, recouverts 
de buissons et de grandes herbes et se montre assez rare- 
ment à découvert. 

Sa nourriture consiste surtout en graines d'herbes 
aquatiques ; il mange aussi des insectes qui fréquentent ces 
endroits humides. 

Genre PASSERELLA, Swainson. 

Bec plutôt petit, conique ; ailes longues et pointues, atteignant 
le milieu de la queue, les deuxième, troisième et quatrième rémiges 
sont les plus longues ; pieds et ongles très gros ; doigt médian et 
ongle à peu près la longueur du tarse. 

Passerella iliaca. (Merrem,) Swains. 585. 

I/e Pinson fauve. 
Fox Sr.vRRow. 

Adultes $^. Couleur générale d'un roux brun ou roux de 
rouille, plus pur et plus roux sur le croupion, les ailes et la queue, 
varié de brun grisâtre sur le dos, la tête et le cou ; parties inférieures 
bliinches, avec de grandes taches dt* brun roux sur la poitrine et les 



322 LES OISEAUX 

côtés du corps ; ces taches sont plus rousses antérieurement ; cou- 
vertures des ailes terminées de blanchâtre, formant ainsi deux 
bandes obliques ; mandibule supérieure noire, l'inférieure presque 
toute jaune ; pieds d'un jaunâtre pâle. Longueur 6.20 - 7.50 ; ailes 
3.30'- 3.70; queue 2.S0-3.15. 

Les jeunes sont peu différents des adultes. 

Le Pinson fauve habite l'est de l'Amérique du Nord, 
à l'ouest jusqu'aux prairies, et niche depuis le sud du Ca- 
nada, en allant vers le nord, et, au Nord-Ouest jusqu'à 
l'Alaska ; à l'automne, il émigré dans le sud des Etats-Unis. 

M. Brewster l'a rencontré nichant en grand nombre 
sur les îles de la Madeleine, à Anticosti et partout sur la 
côte nord du golfe ; Couper le mentionne comme nichant 
également en quantité depuis Mingan jusqu'au détroit de 
Belle-Isle ; M. Wintle dit qu'il est rare et de passage à 
Montréal. Je l'ai vu assez souvent aux environs de Québec 
au printemps et à l'automne. 

Il niche ordinairement à terre et quelquefois dans les 
buissons ; le nid est construit avec des herbes sèches, de la 
mousse et des plumes, et caché sous les branches horizon- 
tales des sapins ou autres conifères ; ses œufs, au nombre 
de quatre ou cinq, sont d'un vert bleuâtre pâle, avec taches 
et points de brun roux ou de brun chocolat. Ils mesurent 
0.94x0.68. La ponte a lieu en juin. 

Il se notirrit de graines et d'insectes qu'il recherche 
souvent sous les feuilles mortes. 

Cet oiseau possède un chant très agréable qui ressemblé 
quelque peu à celui d'une Grive ; l'éclat, la pureté de ses 
notes, ainsi que l'ampleur de sa voix, le placent sans peine à 
côté de nos meilleurs chantres ailés. 

Genre PIPILO, VeiJlot. 

Bec de grosseur ordinaire ; ailes courtes et très arrondies ; 
queue longue, arrondie ou très graduée ; pieds gros et forts ; tarse 
égal ou plutôt plus long que le doigt médian avec l'ongle ; ongles 
forts et très recourbés. 

Pipilo erythrophthalmus, (Linn.) Vieill. 587. 

I/C Pinson aux yeux rouges. 

TOWHEE. 

Adulte S . Couleur générale d'un noir lUvStré, avec les parties 
inférieures, depuis la poitrine, blanches, et les côtés du corps d'un 



ÙK I.A PROVINCE DE QUÉBEC 323 

brun roux ; quelques primaires et secondaires plus ou moins bor- 
dées de blanc ; région anale d'un l)run fauve; trois ou quatre 
rectrices latérales avec une tache blanche ;\ l'extrémité au bord 
intérieur, décroissant sur celles du centre ; le bord extérieur de la 
rectrice latérale entièrement blanc ; pieds d'un jaunâtre pâle ; iris 
roujje chez l'adulte, blanc tle crème chez les jeunes, et ordinaire- 
ment chez, les adultes en hiver. Longueur 7.50-8.75 ; ailes 3.30- 
3.75 ; queue 3.55-4 10. 

La couleur noire du <? est remplacée partout chez la 9 par un 
beau brun, le reste est semblable. 

Les jeunes ont les parties antérieures et le dos d'un fauve pâle, 
rayé de noirâtre, les ailes et la queue peu difTérents des adultes. 

Ce Pinson habite TAniérique du Nord à l'est des prai- 
ries ; il niche depuis le golfe du Mexique, au nord, jusqu'au 
Manitoba, et se voit en hiver dans les Etats-Unis du centre, 
en allant vers le sud. 

Un couple de ces oiseatix a été remarqué par Neilson 
au Cap Rouge, au printemps de 1879. 

Il niche ordinairement à terre, quelquefois dans les 
buissons à peu de distance du sol ; son nid est composé 
d'herbes sèches de toutes sortes, de feuilles et de petites 
racines. Sa ponte est de quatre ou cinq œufs, d'un blanc 
rosé, ordinairement avec de petites taches de brun roux. 

Sa nourriture consiste en vers, insectes et graines qu'il 
trouve parfois sous les feuilles desséchées, en grattant sur le 
sol. 

Genre ZAMELODIA, Coues. 

Bec très gros, avec la mandibule inférieure aussi épaisse ou 
même plus que la supérieure ; angle de la commissure bien pro- 
noncé et situé loin de sa base; première rémige plus courte que 
la quatrième ; queue plus courte que les ailes, carrée ou à peine 
arrondie ; pieds courts et forts. 

Zamelodia ludoviciana, (Linn.) Stejn. 595. 

Le Gros-Bec à poitrine rose. 

ROSK liRKASTKI) CiKOSliHAK. 

Adulte i. Toute la tête, le cou, le menton, la gorge et les 
parties supérieures, noirs, avec quelques taches de blanc sur le 
dessus du cou et sur les couvertures des ailes ; poitrine et couver- 
tures inférieures des ailes d'un beau rouge carmin ; le reste des 
parties inférieures et le croupion, blancs ; ailes et queue noirâtres, 
cette dernière avec une tache blanche à l'extrémité intérieure des 
trois rectrices latérales ; primaires traversées vers la base par une 



324 I^ES OISEAUX 

large bande blanche; bec jaunâtre pâle. Longueur 7.00-8.00; 
ailes 3.90-4.15 ; queue 3-25 -3-55- 

La Ç est d'un brun olivâtre en dessus, rayé de noirâtre, avec 
une ligne médiane sur la couronne et une autre, superciliaire, 
blanches ; les parties inférieures blanches ; sans rouge à la poi- 
trine, ra3'é de noirâtre, sur cette dernière, ainsi que sur les côtés 
du corps, et plus ou moins teinté de brun jaunâtre ; couvertures 
inférieures des ailes d'un jaune safran. 

Le jeune $ a les ailes et la queue comme chez l'adulte ; la tête, 
le cou et le dos bruns, rayés de noir, avec la poitrine et les couver- 
tures inférieures des ailes plus ou moins teintées de rouge rosé. Il 
atteint son plumage adulte à la troisième année. 

Le Gros-Bec à poitrine rose habite l'est des Etats-Unis, 
à l'ouest jusqu'aux prairies ; il niche depuis le centre des 
Etats-Unis et l'Ohio, au nord, jusqu'au Manitoba et à la 
Nouvelle- Ecosse. En hiver, il se voit au sud, jusqu'à Cuba, 
l'Amérique centrale et le nord de l'Amérique méridionale. 

M. Wintle dit qu'il est commun au printemps aux alen- 
tours de Montréal, lors de ses migrations. Il se rencontre 
dans les bois au nord de Québec, mais il n'est pas commun ; 
le Dr Schmitt le mentionne comme rare à Anticosti. 

Cet oiseau fréquente la lisière des forêts, le bord des 
ruisseaux, des rivières et des lacs entourés d'arbrisseaux. 
Il se fait remarquer par la beauté et l'ampleur de son chant. 

Il se nourrit de graines, de baies, d'insectes et de vers. 

Genre GUIRACA, Swainson. 

Bec gros,' angle de la commissure très prononcé et situé loin 
de sa base ; ailes longues et pointues, se rendant près du milieu 
de la queue, les rémiges les plus longues sont les deuxième, 
troisième et quatrième ; queue carrée, plus courte que l'aile ; doigt 
médian avec l'ongle, plus long que le tarse. 

Guiraca caerulea, (Linn.) Swains. 597. 

I/C Gros-Bec bleu. 

Blue Grosbeak. 

Adulte $. Plumage d'un beau bleu d'outremer uniforme, 
plus foncé Ou noirâtre sur le milieu du dos ; plumes de la base 
du bec noires ; les ailes et la queue noires, lisérées de bleuâtre ; 
mo3'ennes et grandes couvertures des ailes terminées de brun roux,, 
de manière à former deux bandes obliques ; couvertures inférieu- 
res de la queue terminées de blanc ; bec de couleur corne. Lon- 
gueur 6-35-7.50 ; ailes 3.50 ; queue 2.82. 



dp: la province de qukbec 325 

ICn hiver, le bleu est plus ou moins obcurci par du brun clair. 

La 9 est (l'un brun fauve, plus p;\le en dessous ; les ailes et la 
queue sont noirâtres, avec parfois de léj^ers reflets bleuâtres sur 
leurs bords, les premières avec bandes transversales de brun fauve ; 
bec et i)ieds bruns. 

Les jeunes $ ressemblent à la Ç, mais ils sont d'un fauvt- pins 
ocreux ; j)lus tard ils se montrent avec un mélange de bleu. 

Le Gros-Bec bleu habite le sud et l'est des Etats-Unis ; 
il niche depuis le gfolfe du Mexique, au nord, jusqu'il la 
Pennsylvanie et rillinois et se montre accidentellement 
dans la Nouvelle-Angleterre. 

Le 7 mai 1862, un couple a été remarqué à Mille 
Vaches dans le bas St-Laurent par ^L Peverly. (i) 

Il niche dans les buissons, sur le bord des routes ou à 
la lisière des forêts ; son nid est fait avec de petites racines, 
de petites branches, de l'herbe et parfois des feuilles, avec 
quelques crins, à l'intérieur ; ses œufs, au nombre de trois 
ou quatre, sont d'un blanc bleuâtre, sans tache. Ils mesu- 
rent 0.S5 X 0.65. La ponte a lieu en juin. 

Cet oiseau se nourrit "de différentes sortes de graines, 
et parfois d'insectes. > 

Il possède un chant doux et prolongé, qu'il répète avec 
célérité, et qui ressemble quelque peu à celui du Pinson 
pourpré ou à celui du Gros-Bec à poitrine rose. 

Genre CYANOSPIZA, Baird. 

Bec relativement plus petit que chez les genres précédents, et 
mandibule inférieure plus épaisse que la supérieure ; les quatre 
primaires e.xtérieures sont les plus longues ; queue un peu plus 
courte que l'aile. 



Cyanospiza cyanea, (Linn.) B.vird, 598. 

I/e Pinson indigo. 

Indic.o Buntinc. 

.\dulte $ , Livrée d'un beau bleu indigo, plus intense sur la 
tète et la gorge ; le reste du corps teinté de verdâtre ; ailes et queue 
noirâtres, li.sérées de bleu verdâtre ; une petite bande noire du bec 
à l'œil. Longueur 4.75 - 5.75 ; ailes 2.60 - 2. So ; queue 2.20 - 2.50 

La Ç a les parties supérieures brunes, quelque peu grisâtres 
sur le croupion ; le dessous d'un brun jaunâtre pâle, blanchissant 



(l'i Canailiati Naturalist and Geologist. Vol. VII. 



326 LES OISEAUX 

sur le ventre et à la région anale, avec stries plus ou moins appa- 
rentes sur la poitrine et les côtés du corps ; ailes et queue noirâtres, 
lisérées de bleuâtre ; couvertures des ailes terminées de brun roux. 
Les jeunes $ ressemblent à la Ç , mais plus tard ils se montrent 
avec des traces de bleu. 

Le Pinson indigo habite l'est des Etats-Unis, à l'onest 
jusqu'aux prairies, et niche au nord, jiisqu'au Manitoba et 
à la Nouvelle-Ecosse ; à l'automne, il émigré dans le sud 
des Etats-Unis. 

Il est assez rare aux environs de Qtiébec ; je ne me suis 
procuré jusqu'à présent, que quelques spécimens à la Jeune- 
lyorette ; j'en ai tué un à St-Joachim en août 1890 et un 
autre à St-Denis de Kamouraska quelques années avant, 
mais M. Wintle dit qu'il est commun en été à Montréal, 
qu'il niche dans le parc du Mont-Royal, et qu'il l'a vu 
depuis le II mai jusqu'au 13 août. 

Il niche sur des arbrisseaux et constrtiit son nid avec 
des tiges d'herbes à l'extérieur et le tapisse d'herbes plus 
fines et de crin. Sa ponte est de qtiatre œufs, d'un blanc 
bleuâtre pâle et sans taches. Ils mesurent 0.75x0.55. La 
ponte a lieu en juin ou au commencement de juillet. 

Ce joli petit oiseau fréquente les buissons, la lisière 
des forêts, les jardins, les vergers, les petits bouquets de 
bois, les haies d'arbrisseaux. Il vit de graines de toutes 
sortes et d'insectes, à l'exemple des précédents. 

Il possède un chant qui n'est pas désagréable à entendre 
et qui se compose de huit à dix notes et, perché ati som- 
met d'un arbre, l'oiseau répétera sa chansonnette à de courts 
intervalles, pendant une heure environ. 

Famille TANAGRIDJE— Tangaras. 

Bec renflé, presque droit, avec soies à la base de la commis- 
sure ; mandibule supérieure légèrement échancrée sur ses bords 
vers la pointe, avec un lobe médian aigu. 

Les Tangaras sont des oiseaux qui habitent les forêts et 
se nourrissent d'insectes et de baies. Le plumage, chez les 
<? , a des couleurs éclatantes où parfois le rouge domine. 
Cette famille, quoique nombreuse, n'est représentée dans la 
province que par les deux espèces suivantes. 



DK I.A PROVINCK DK QUÉBEC 327 

Genre PIRANGA. VieiUot. 

Ik'C Kr*^'*^' niculéréinent lon^; et oïdinairenient Ochancré vers le 
bout, avec une ou plusieurs dents sur le hord cle la mandibule 
supérieure j)rùs «lu centre ; soies de la base du bec bien dévelop- 
pées ; narines basales ; ailes longues et pointues, plus de trois 
pouces de longueur ; queue plus courte que l'aile et écliancrée ; 
tarse pas plus long que le doigt médian. 

Piranga erythromelas, \'ii.ii.i.. 608. 

Le Tangara écarlate. 
ScARi.uT Tana<.kr. 

Adulte i . Tout le plumage d'un beau rouge écarlate, à l'ex- 
ception des ailes et de la queue qui sont noires ; bec et pieds de cou- 
leur corne. Longueur 6.50 - 7.50 ; ailes 3.55 - 3.90 ; queue 2.S0- 
3-25- 

La 9 a les parties supérieures d'un vert olive clair et le des- 
sous d'un jaune verdâtre clair ; les ailes et la queue noirâtres et 
bordées d'olive. 

Les jeunes S qui d'abord ressemblent à la 9 . se montrent plu» 
tard avec un plumage varié de rouge, de verdâtre et de noir. 

Le Tangara écarlate habite l'est des Etats-Unis, an 
nord, jusqu'au sud dit Canada et, à l'ouest, jusqit'aux prairies ; 
à l'automne, il émigré au sud dans les Antilles, l'Amérique 
centrale et le nord de l'Amérique du Sud. 

Il est peu commun aux alentotirs de Québec. M.Wintle 
le mentionne comme commun et de passage au printemps, 
à Montréal, mais il ne l'a pas remarqué en automne. 

Il niche dans les forêts, sur les branches inférieures 
des arbres, souvent sur des pins et quelquefois dans les 
vergers ; son nid est composé de tiges d'herbes, de l'écorce 
fibreuse des arbres et de petites racines ; ses œufs, au nombre 
de quatre ou cinq, sont d'un bleu verdâtre, avec taches et 
points de brun de di\erscs teintes. Ils mesurent 0.95 x 
0.65. 

Ce bel oiseau fréquente les forets épaisses et se ren- 
contre souvent dans les lieux humides ou marécageux, 
mais on le voit aussi dans les bocages et les vergers. 
Sa voix est forte et peut être entendue à une grande 
distance ; elle rappelle quelque peu celle dti merle, mais elle 
est moins belle. 



328 LES OISEAUX 

Piranga rubra, (Linn.) Vieill. 610. 

I<e Tangara vermillon. 

SUMMER TanAGER. 

Adulte ^ . Plumage d'un rouge rose ou vermillon, plus foncé 
en dessus, ainsi que les ailes et la queue, dont les pennes sont 
brunes à l'intérieur ; bec et pieds d'un jaunâtre pâle. Longueur 
7.00-7.95 ; ailes 3-55-3-95 ; queue 2.80-3.15. 

La Ç est d'un olive brunâtre terne en dessus et d'un jaune 
brunâtre terne en dessous. 

Les jeunes 3- ressemblent d'abord àla J; leur plumage devient 
ensuite varié de rouge et de vert, mais sans noir. 

Cette Ç a quelque ressemblance avec celle de l'espèce précé- 
dente, mais ses teintes sont plutôt ocreuses que verdâtre. 

Les jeunes S ressemblent à la Ç , mais plus tard ils se mon- 
trent avec un mélange de rouge, de vert et de jaunâtre. 

Le Tangara vermillon habite l'est des Etats-Unis et, à 
l'ouestjusqu'aux prairies; il niche depuis le golfe du Mexique 
jusqu'à New- York et au Kansas, et quelquefois plus au 
nord. En hiver, il se voit au sud dans les Antilles, l'est du 
Mexique, l'Amérique centrale et le nord de l'Amérique du 
Sud. 

M. Wintle rapporte que d'après M. Kuetzing, huit 
individus ont été tués sur l'île de Montréal, et qu'un autre 
a aussi été vu il y a plusieurs années. Lui-même croit en 
avoir vu un en mai 1885 à St-Bruno. 

Il niche sur les branches inférieures des arbres, dans 
la forêt, le long des routes, ou à la lisière des bois ; son 
nid est composé de tiges d'herbes, de l'écorce fibreuses des 
arbres et de feuilles ; il est très mince. Ses œufs, au nombre 
de quatre ou cinq, sont d'un vert bleuâtre clair, avec des 
taches et des points de brun roux. Ils mesurent 0.94 x 0.64. 
Ils ressemblent fort à ceux du précédent. La ponte a lieu 
en juin ou au commencement de juillet. 

Ce Tangara n'est pas aussi sauvage que le précédent 
et se voit souvent dans les bocages, les jardins et les endroits 
déserts. 

Son chant ressemble à celui du précédent, mais ce Tan- 
gara est plus musicien et ses notes paraissent plus naturelles. 

Famille HIRUNDINID.ffi — Hirondelles. 

Bec court, déprimé, très large à la base, la commissure se 
prolongeant jusqu'au des.sous des j^eux ; narines basales, arron- 



Planche VI 




Fi?. I.— Ilir.mdclle (k- rivage. 2.— Hiroiukllc (ks granjjcs. 3._ri„son chan- 
teur. 4.— langara écarlate. 5.— Jaseiir (k- Bohême. 6.— \'iréo aux yeux rouges. 



DE LA PROVINCK DE QUÉBEC 329 

(lies ; ailes très longues, algues, de neuf pritnaires ; la première 
égale ou dépassant la seconde et plus de deux fois la longueur de la 
dernière; (jueue ordinairenu-nt très fourcluie, de douze i>ennes ; 
tarses soutellés. généralenjeiit jjjus courts cjue les doi^jts latéraux ; 
doigt externe S(»udé à sa l)ase avec le médian ; bec et pieds noirs ; 
iris brun. 

Cette famille, anisi que celles des Cypselidœ et des Caprimul- 
gidtr, formaient autrefois le groupe des Fissirostres. 

Les Hirondelles sont les oiseaux les plus répandus et 
le.>^ mieux aimes de tous ceux qui nous visitent durant la belle 
saison. Leur vol gracieux, leur ao^réable j^azouillemcnt, 
leur sociabilité et surtout les services immenses qu'elles 
rendent à Taj^riculture, les ont fait considérer de tout temps 
comme les amies de l'homme ; aussi aime-t-il, au printemps, 
à voir leur retour lui annoncer celui de la belle saison. Les 
Hirondelles, de leur côté, se plaisent dans les lieux habités 
par lui, tant à cause du nombre prodigieux d'insectes 
qu'elles y rencontrent, attirés par la présence des animaux 
de ferme, que potir la facilité qu'elles trouvent à bâtir leurs 
nids sous le toit des maisons et des granges. 

A raison de leurs pieds grêles et courts, les Hirondelles 
sont peu propres à la marche ; leur allure est lente et indé- 
cise. Mais eu compensation elles sont bien constituées 
pour le vol ; leurs ailes longues et pointues, font qu'elles 
volent avec une aisance et une facilité remarquables,aussi les 
voit-on durant des heures entières, se balancer avec grâce 
au-dessus de nos têtes, décrivant mille contours fugitifs, 
mille courbes bizarres, et lançant de tous côtés leurs cris 
joyeux. L'air est leur véritable élément, elles mangent, se 
désaltèrent et même se baignent en volant. 

Leur nourriture consiste exclusivement en insectes 
ailés qu'elles happent au vol dans leur large bec ; elles les 
recherchent, suivant la diversité du temps, soit dans les 
hautes régions de l'air, ou dans les couches inférieures de 
l'atmosphère, variant ainsi leurs évolutions selon la direc- 
tion de l'insecte qu'elles poursuivent. On estime que les 
Hirondelles peuvent faire facilement de 300 a 400 lieues en 
24 heures. 

Dans les premiers temps de la colonie, elles plaçaient 
le berceau de leur famille dans des anf ractuosités de rochers 
oti dans des arbres creux. 



33*^ LES OISKAUX 

Les nids sont construits pour la plupart avec de la terre 
délayée, quelques brins d'herbes et des plumes d'oiseaux 
à l'intérieur ; d'autres n'emploient point de boue et se con- 
tentent simplement d'un peu de paille et des plumes ; leurs 
œufs sont ordinairement de quatre ou cinq en nombre. 

A la fin de l'été, lorsque le moment de la migration 
arrive, on voit alors les Hirondelles se réunir en bandes et 
garnir les fils télégraphiques ou le toit des granges, puis 
après quelques jours de réunion comme pour se consulter 
sur le long voyage qu'elles ont à faire, elles prennent leur 
essor pour des contrées plus chaudes. 

Genre PROGNE, Boie. 

De grande taille. Bec long et fort, à commissure très recour- 
bée ; culmen convexe ; narines circulaires ; pieds gros et forts ; 
tarses plus courts que le doigt médian avec l'ongle ; ongles beau- 
coup recourbés ; queue fourchue. 

Progne subis, (Linn.) Baird, 611. 
I^'Hirondelle pourprée. 

Purple Martin. 

Adulte (?. Tout le corps est d'un beau bleu d'acier à reflets 
violets ; ailes et queue noirâtres avec de légers reflets bleuâtres ; 
queue échancrée. Longueur 7.25-8.50 ; ailes 5,65-6.20 ; queue 
3.00-3.40. 

La Ç est d'un brun grisâtre foncé, teinté de bleu d'acier sur 
la tête et le dos ; parties inférieures d'un gris foncé blanchissant 
en arrière ; la tige des plumes est noirâtre. 

Les jeunes lui ressemblent. 

L'Hirondelle pourprée habite la région tempérée de 
l'Amérique du Nord et niche dans tous les Etats-Unis et 
la partie tempérée du Canada ; en hiver, on la retrouve au 
sud- dans l'Amérique méridionale. 

Elle est commune à Québec comme à Montréal et 
niche dans ces localités. 

Elle place son nid dans des trous, sous les corniches 
des toits ou dans de petites boîtes qu'on lui érige ; il est 
construit avec de la paille, des herbes fines, des plumes et 
quelquefois de la boue ; ses œufs, ordinairement quatre 
ou cinq, sont d'un blanc lustré et très pointus à un des 
bouts. Ils mesurent 0.95 x 0.65. La ponte a lieu en juin. 



DE LA PROVIN'CE DK QUEBEC 33 1 

Cette Hirondelle (jui iiich.iit autrefois dans des arbres 
creux, dans des trous creusés par les pics, ou autres cavités, 
semble se plaire dans Irx y]]]>-< qu'elle li ibid- de préférence 
à la campaj^ne. 

Douée d'un j^rantl c<niia*;e, elle luonirc beaucoup de 
ténacité il conquérir ce qu'elle croit être son bien. Elle 
a beaucoup d'antipathie pour les oiseaux de proie, les cor- 
neilles, les chats, les chiens, etc., qu'elle poursuit de ses 
cris bruyants ; elle se fait également remarquer par ces 
mêmes cris lorsqu'elle se trouve dans la société de ses 
semblables. 

Genre PETROCHELIDON, Cabanis. 

Bec relativement gros et épais ; ailes moins de cinq pouces de 
longueur : queue ordinairement courte, carrée ou faiblement échan- 
crée ; tarses empUnués supérieurement ; couronne et dos d'un 
noir bleuâtre ; gorge et côtés de la tête d'un brun roux. 

Petrochelidon limifrons, (S.\y,) Cassin, 612. 

L'Hirondelle à front blanc. 
Cliff Swai.low. 

Adulte (? . Dessus de la tète, dos, scapulaires et une tache sur 
la gorge, d'un noir bleuâtre lustré, quelque peu strié de blanc sur 
le dos, avec le front blanchâtre ou blanc brunâtre et le croiipion 
d'un roux cannelle clair ; dessus du cou d'un gris brunâtre ; ailes 
et queue noirâtres, peu lustrées ; menton, gorge et côtés de la tête, 
d'un roux brun ; le reste du dessous d'un brun grisâtre, blan- 
chissant sur le ventre, et teinté de roux sur les côtés et les couver- 
tures inférieures delà queue, dont quelques unes, les plus longues, 
sont d'un brun grisâtre, lisérées de blanc. La tache bleuâtre de 
la gorge s'étend parfois sur le menton ; bec noir ; pieds bruns. 
Longueur 5.00-6 oo ; ailes 4.05-4.55 ; queue 2.00-2.20. 

La 9 e.st moins lustrée que le i . 

La livrée des jeunes est plus terne, sans bande blanche sur le 
front et sans tache bleuâtre sur la gorge ; cette dernière, ainsi que le 
menton, sont souvent maculés de blanc ; la plupart des plumes du 
dos sont bordées de blanchâtre. 

L'Hirondelle à front blanc est très commune et habite 
toute l'Amérique septentrionale, au nord, jusqu'à la limite 
des forêts, et niche au sud, jusqu'à la vallée dtt Potomac et 
de l'Ohio, le sud du Texas, le sud de l'Arizona et la Cali- 
fornie. A l'automne, elle émigré dans l'Amérique centrale 
et du Sud. 



332 LES OISEAUX 

Elle est commune à Montréal, niche sur l'île, et se voit 
depuis le 19 avril jusqu'au 4 septembre "( IVintle). M. Comeau 
l'a remarquée à Godbout. Elle se montre très commune 
dans les paroisses environnantes de Québec, à St-Denis, dans 
celles des alentours et probablement sur toute la côte sud 
du fleuve. Elle est également très commune depuis Québec 
jusqu'à St-Joachim et sans doute plus bas. 

Elle niche en colonies sous le rebord des toits, à l'angle 
d'une console ; elle construit son nid avec de la boue qu'elle 
va chercher dans les marais voisins, et elle y ajoute 
quelques brins de paille pour la rendre plus solide ; l'inté- 
rieur est garni de plumes. Sur le côté extérieur du nid, 
elle ménage une ouverture qui est ordinairement de forme 
allongée. Sa ponte est de quatre ou cinq œufs d'un blanc 
de crème, avec des points de brun roux. Ils mesurent 0.80 
X 0.55. La ponte a lieu en juin. 

Cette Hirondelle est une des plus communes et il n'est 
pas rare de voir, à la campagne, toute une série de nids fixés 
sous les corniches et les larmiers des maisons et des 
granges. Ces nids sont souvent situés si près les uns des 
autres qu'ils se touchent et sont, chaque printemps, réoc- 
cupés par leurs anciens propriétaires qui les réparent s'il sont 
détériorés. Cette espèce autrefois fixait son nid aux rochers 
ou autres endroits solides. A la fin de l'été, lorsque les 
jeunes peuvent voler, on peut voir ces Hirondelles garnir 
en rang serré les toits des granges ou les fils télégraphiques, 
puis après quelques jours de réunion, s'envoler vers des 
contrées plus tempérées. L'arrivée de cette Hirondelle, 
au printemps, réjouit toujours le paysan, qui aime à la voir 
vivre près de lui dans une espèce de demi domesticité 
et à entendre le doux gazouillement de ces petites amies. 

Genre HIRUNDO, Linné. 

Bec de taille ordinaire, à commissure droite ; queue très four- 
chue, jusque près de la moitié de sa longueur totale ; les rectrices 
du bord rétrécies dans leur partie terminale. 

Hirundo erythrogaster, Bodd. 613. 
I/'Hirondelle des granges. ^ 

Barn Swallow. 

Adulte S. Parties supérieures d'un bleu d'acier lustré, avec 



les aiKs el i;i iiut-ue noirâtres, l;iii)ieMKiil iL-iiilcfs <ie la couleur du 
dos; <iueue très fourchue ; toutes les pennes, à l'exception de celles 
du centre, portent une tache blanche vers le bout au bord intérieur ; 
front, menton et K^rj^e d'un brun roux foncé ; reste des {jarties 
inférieures d'un blanc roux ou cluUain clair, avec un collier inter- 
rompu sur la poitrine, tl'un bleu d'acier ; couvertures inférieures 
de la queue, d'un brun roux. Lonjjueur 5 75-7 75 ; ailes 4.60- 
4.90 ; queue 3 70-4.10. 

I.a 9 est semblable au <? , mais sa livrée est moins vive. 

Les jeunes lui ressemblent ; mais ils sont peu lustrés ; le plu- 
mage est plus obscur et la queue est à peine fourchue. 

L'Miruiuk-llc des "granges habite l'Aiiicrique septen- 
trionale et niche depuis le Mexique, an nord, jusqu'au pays 
des fourrures. A l'automne, elle émigré jusque dans l'Amé- 
rique centrale et l'Amérique du Sud. 

Cette Hirondelle se montre commime dans les paroisses 
environnantes de Québec, à St-Joachim, à l'île d'Orléans, 
à St-I)enis et probablement dans toutes les paroisses de la 
côte sud du fleuve. M. Wintle dit qu'elle est commune à 
Montréal, et qu'elle se voit depuis le 19 mai jusqu'au 20 
août. Elle est rare à Godbout {Comcau)^ ainsi qu'à Anticosti 
{Schmiil). 

Semblable à la précédente, elle construit sou nid avec 
de la boue et quelques brins d'herbes ou de paille qu'elle 
fixe aux chevrons à l'intérieur des granges ou autres cons- 
tructions, ainsi que dans les fentes de rochers, dit-on ; l'inté- 
rieur est garni de plumes ; ses œufs sont au nombre de 
quatre ou cinq et fort ressemblant à ceux de la précédente. 
La ponte a lieu à la fin de juin ou au commencement de 
juillet. 

On la voit revenir chaque printemps au même nid pour 
y faire sa ponte. 

Comme la précédente, cette Hirondelle est très com- 
mune dans certaines localités à la campagne ; elle vit égale- 
ment dans une espèce de demi-domesticité avec l'homme qui 
la protège à cause des services qu'elle lui rend par le grand 
nombre d'insectes ailés qu'elle détruit. 

De son côté, elle aime le voisinage des habitations de 
la ferme, non seulement pour les insectes qu'elle v trouve, 
mais encore pour la protection qu'on lui accorde et la faci- 
lité qu'elle a de fixer son nid à l'intérieur des granges. 



334 » LES OISEAUX 

L'Hirondelle des granges est une de celles qui volent et 
se soutiennent dans l'espace avec le plus de grâce et d'aise, 
et dans son vol de bas en haut, comme dans ses mille évo- 
lutions aériennes, elle exécute tous ses mouvements avec 
une parfaite aisance, et semble à peine faire des efïorts pour 
les accomplir. 

Elle glisse dans l'air avec la plus grande rapidité et rase 
parfois la surface de l'eau, soit pour y boire ou pour s'y 
baigner. 

De toutes celles qui nous visitent, cette Hirondelle est 
bien certainement la plus élégante et celle dont le chant 
est le plus agréable à entendre. 

" Dès le commencement d'avril, dit Maynard, avant que 
la neige soit complètement disparue, on aperçoit le matin 
deux ou trois Hirondelles des granges perchées sur le toit 
de quelques constructions. lueurs plumes dressées sur leur 
corps pour se protéger contre le froid, les font ressembler 
à de petites boules. Plus tard dans la journée, on en voit 
quelques-unes voltiger çà et là dans l'air limpide. Et lors- 
que le printemps est arrivé, on les voit par centaines pour- 
suivre les petits insectes et faire diverses évolutions aussi 
rapides qu'élégantes. De toutes les espèces de cette famille, 
les Hirondelles des granges, sont les plus gracieuses et 
chantent le plus délicieusement. Tout le long de l'été elles 
voltigent au-dessus des prairies verdoyantes et autour des 
fermes, faisant entendre continuellement des gazouillements 
sonores comme si elles regorgeaient de bonheur et d'allé- 
gresse. S'élançant dans les granges par les grandes ouver- 
tures, elles les remplissent de leurs mélodies enchanteresses, 
et réjouissent de leur ramage leurs compagnes qui gardent 
le nid de terre habilement fixé aux poutres supérieures. 
Les femelles regardent d'un œil attentif à travers les plumes 
de l'intérieur du nid et font entendre aux moissonneurs de 
superbes mélodies pendant que ces derniers travaillent à 
mettre le foin en grange. " (i) 

Voici maintenant ce que dit Audubon de cette Hiron- 
delle : 

" Il est un plaisir bien peu goûté, jouissance cependant 
que j'ai souvent savourée, et que je ne manque jamais de saisir 

(i) Maynard, Birds of Eastern North America, p. 74. 



dp: i.a provinck dk quebec 335 

toutes les fois qu'elle se préseute. Tout est plein de vie : 
les chaleurs de Tété ont fait mûrir les plantes des champs, 
les fruits de nos verj^ers sont tout juteux, et dans nos jardins, 
les fleurs ont revêtu leur plus somptueuse toilette, leurs 
plus vives couleurs. Toute souriante, la nature semble 
jeter un maternel rej;^ard de complaisance et d'admiration 
sur cette riche parure dont elle a couvert' le sol. Accom- 
paj^né de ses robustes i;ars dont il dirij^e les travaux, le 
laboureur, levé avec l'aube, promène sur ses champs, jusqu'à 
l'heure où midi vient lui commander un peu de repos, les 
durs instruments de son état tout à la fois si humble et si 
grand. Les actives abeilles ont abandonné le calice des 
fleurs odorantes, (pii, ])enchéessur leur tige paraissent acca- 
blées par la chaleur du jour. Les troupeaux recherchent 
les frais ombrages et sont mollement étendus sous quelque 
arbre au luxueu.x feuillage, pendant que les laboureurs assis 
dans riierbe épaisse, au bord d'un clair ruisseau, prennent 
leur frugal repas, se contentant pour toute boisson d'étan- 
cher leur soif dans l'onde cristalline qui murmure douce- 
ment à leurs pieds. Maintenant tout est repos ; un calme 
sommeil vient clore les paupières, la nature elle-même veut 
s'associer à l'universel silence. Mais, voici renaître le bruit 
et la vie, l'heure de l'assoupissement a vécu, et c'est avec 
un regain de force que chacun reprend sa tâche. 

" Regardons ensemble cette hirondelle qui passe au- 
dessus de nos têtes ; comme elle glisse rapidement tout 
autour de nous, elle va, revient, et dans son vol, toujours 
gracieuse, elle fait entendre son gentil ramage, et semble 
nous conter tout son bonheur. Voici qu'elle vient d'entrer 
dans la grange. Suivons-la dans ses quartiers d'été et, 
couchés dans le foin vert à l'odeur forte et pénétrante, 
contemplons en silence tout son petit manège. Mais voyez 
donc : à tous les chevrons du toit, un nid est suspendu ; que 
dis-je un nid, c'est deux, c'est trois, c'est plusieurs nids et 
toute la bâtisse est pleine d'hirondelles et de chants joyeux. 
Heureuses et douces créatures ! Ici c'est une mère amou- 
reusement penchée sur ses œufs, et cueillant au bec de son 
compagnon, les insectes que celui-ci est allé lui chercher. 
Puis son devoir de nourricier accompli, l'oiseau gazouille un 
instant avec sa compagne et s'éloigne bientôt en quête de 



336 LES OISEAUX 

nouvelles provisions. Plus loin, c'est encore un nid, mais 
celui là tout plein du joyeux babillage des petits, qui 
lissent gravement leurs plumes toutes neuves, secouent 
leurs ailes d'un petit air d'importance et guettent l'arrivée 
du père et de la mère, — Les voici ! Et comme d'un seul élan 
tous les petits becs sont grand ouverts pour la becquée ; 
quelle riche provende ! quel festin ! — Ouvriers de la onzième 
heure, retardés par la chute d'un nid devenu trop vieux ou 
attardés en chemin, un autre couple est laborieusement 
occupé ici à disposer en rangs pressés, sur le flanc d'une 
poutre, la terre humide mélangée de brins d'herbes. Il se 
fait tard, la saison s'avance, mais ils se hâtent tellement 
qu'ils viendront sans peine à bout de leur entreprise. 

" Je voudrais pouvoir compter tous les hôtes de la 
grange, aussi je vais d'abord dénombrer tous les petits, puis 
j'ajouterai deux fois le nombre des nids. — Là ! c'est fait ! 
Ils sont plus d'un cent ! 

" La nuit s'annonce, le soleil disparu à l'horizon s'est 
éteint dans une frange de pourpre qui s'en va mourante. 
Soigneusement, le maître est venu fermer les grandes portes 
de la grange. Les dernières hirondelles qui gagnent leur 
gîte rentrent par contrebande, se faufilant sous le toit, là ou 
quelques planches trop courtes laissent pénétrer un peu 
d'air dans les fenils. L'obscurité n'est pas encore assez com- 
plète dans le vaste bâtiment pour les empêcher de trouver 
leur nid. Maintenant perchée sur le bord, chaque hiron- 
delle procède à sa petite toilette du soir. La paix, l'har- 
monie régnent dans chaque famille, et c'est sans querelle, 
sans piailleries que chacun prend le repos qu'une longue 
journée de labeur lui fait doublement goûter. Comme eux, 
je vais m'endormir dans la fraîcheur des foins coupés pour 
rêver aux aimés qui tout là-bas m'attendent, me désirent. 

" L'orient est tout rose, rose aussi toute la nature, l'air 
est calme, pur, délicieux. Comme chassés du nid, les 
oiseaux s'envolent rapidement ; la grange est bientôt pleine 
de leur gai ramage. Joyeux, ils vont reprendre leur joyeuse 
besogne. Qu'heureuse est leur vie ; comme est délicieux 
le monde qu'ils habitent. Ici c'est un petit chanteur qui, 
tantôt dressé sur l'extrême bord de son nid, d'un air espiè- 
gle, semble défier au chant son voisin, et jette à plein gosier 



1)1. I.A l'ROVIN'CK DH gilCHKC 2>2>7 

les notes les plus h;tuU-s <lc son répciLoitc, i;mi<'it la tête 
penchée vers sa douce conipaj^nc, semble ])rêter une oreille 
attentive au tendre gazouillement qu'elle fait entendre 
pendant qu'elle couve, avec une inlassable sollicitude, ses 
petits œufs gris perle. Les vaillants ont déjà quitté la 
grange, ils tournt»>cnt dans les champs, dans les vertes 
prairies, sur le bord du ruisseau et je vais suivre leur vol. 
L'herbe est encore tout humide, une dernière goutte de 
rosée tremble au bord de chaque feuille et le soleil dans 
toute sa gloire monte rapidement dans le ciel bleu, tandis 
que la nature comme pour un royal époux déploie devant lui 
sa merveilleuse parure. Les laboureurs s'en vont à leurs 
travaux observant les hirondelles dans leur vol ; elles s'élè- 
vent bien haut dans l'espace et leur promettent une belle 
journée. Des insectes sans nombre bourdonnent partout \ 
comme l'oiseau ils sont en quête de leur déjeuner et glissent 
rapidement dans l'air frais et embaumé. D'un imperceptible 
mouvement de sa queue l'hirondelle les suit, elle s'appro- 
che, et, c'est fait : l'un après l'autre les petits insectes sont 
gobés par l'oiseau qui, sans effort, monte, descend, vole ici 
à gauche ou à droite en des courbes savantes, s'élance 
ailleurs et disparaît en un clin d'œil. Qui pourrait calculer 
dans une heure le nombre de ces évolutions si compliquées ; 
je n'en sais rien ; mais ce que je sais fort bien c'est que ce 
nombre doit être fort élevé, car à vitesse ordinaire, l'hiron- 
delle couvre un mille dans une minute. 

" ^Laintenant sur le bord sablonneux d'un lac ou d'une 
rivière elle prend ses ébats, elle sautille légèrement, bat des 
ailes, trempe le bout de ses fines pattes dans l'eau, y plonge 
avec volupté le bec et relève la tête, semblant déguster en 
vrai gourmet un vin des meilleurs crus, lisse soigneusement 
ses plumes, puis d'un vol rapide regagne son nid cueillant 
au passage les insectes qu'elle rencontre. Mais son nid est 
peut être inachevé ; peut-être encore a-t-il besoin d'urgentes 
réparations ; voyez-la alors transporter une boulette de terre 
ou saisir une plume abandonnée là par une oie stupide ou 
un orgueilleux coq ; à défaut de plume elle s'emparera d'un 
brin de foin pour l'incorporer à la terre humide et donner 
plus de solidité à son manoir. 

" La matinée s'avance, la chaleur est accablante, les 

22 



^T,8 LES OISEAUX 

animaux ont l'air abattu, l'hirondelle toujours légère, in- 
différente, passe et repasse au-dessus des troupeaux cachés 
sous les arbres et fait justice de quelques mouches impor- 
tunes. Bientôt elle va rejoindre ses petits perchés sur une 
clôture ou leur enseigne à conserver leur équilibre sur une 
branche légère. Là, en famille, on commère^ on caquette, 
on becquette ; mais tout à coup comme pris de remords à 
la pensée de tout ce temps perdu, l'oiseau s'élance dans les 
airs et continue sa chasse. 

" Jeunes et vieilles, les hirondelles se sont assemblées 
sur le toit de la grange. Les rayons du soleil ont l'air 
moins brillants, l'automne s'avance et après lui, les froids 
de l'hiver. Bientôt le faîte de la bâtisse est tout grouillant 
d'hirondelles, car les voisines, perdues çà et là, sont venues 
au conseil. C'est alors peut être que les vieux parents 
expliquent aux petits tout abasourdis qu'il faut s'enfuir 
bien loin, car le froid engourdit les insectes et fait mourir 
les oiseaux. Il faut donc courir ailleurs, chercher le bien- 
faisant soleil. La conversation semble devenir générale, 
questions et réponses s'entrecroisent et sans doute il y a 
bien des choses à dire, car de jour en jour le ramage de- 
vient plus fort. Des éclaireurs s'élancent en avant en- 
seignant aux novices la course à suivre. Survienne une 
nuit légèrement froide, le lendemain plus piquante, c'en 
est assez ; et par un gai matin, la troupe s'élève droit au- 
dessus des arbres et s'élance en avant. Le grand voyage de 
la migration est ouvert ". (i) 

Genre IRIDOPROCNE, Coues. 

Queue non fourchue, mais simplement échancrée, plumage en 
dessus lustré ; dessous blanc. 

Iridoprocne bicolor, (Vieill.) Coues, 614. 

I/'Hirondelle bicolore. 

Tree Swallow. 

Adulte $. Parties supérieures d'un bleu verdâtre lustré; 
ailes et queue noirâtres, avec de légers reflets verdâtres ; parties 
inférieures entièrement blanches ; lorums d'un noir profond. 
Longeur 5.00-6.25 ; ailes 4.50-4.80 ; queue 2.30-2.50. 

(i) Audubon, Ornithological biography, vol, II, pp. 413-415, 



DE LA PROVINCE DE QUEHKC 339 

La 9 est moins lustrée que le <? . 

Les jeunes sont d'un brun ardoisé en dessus et sans reflets. 

L'Hirondelle bicolore habite rAmérique septen- 
trionale, et niche depuis le pays des fourrures, au sud, jus- 
qu'au Xew-Jersey, la vallée de IHJhio, le Kansas et le 
Colorado ; elle se voit en hiver, depuis la Caroline du sud et le 
golfe du Mexique, au sud, jusque dans les Antilles et le 
Guatemala. 

Cette Hirondelle est commune h Québec et dans les 
parois-ses environnantes ; elle est également commune à 
Montréal, d'après M. Wintle et se voit depuis le 7 avril 
jusqu'au 13 septembre. M. Comeau dit qu'elle se montre 
très commune à Godbout, et le Dr Schmitt la mentionne 
comme assez commune à Anticosti. 

Elle niche dans un arbre creux, dans un vieux nid de 
pics, dans des fentes de rochers ou encore dans de petites 
maisonnettes qu'on lui érige dans les villes, et oii 
elle vient invariablement pondre ses œufs. Plusieurs 
nichent dans des trous au-dessous du gazon qui recouvre 
les murs de la ville ; son nid est composé d'un peu de paille 
ou d'herbes, avec quelques plumes d'oiseaux ; sa ponte est 
de cinq à six œufs blancs. Ils mesurent 0.75 x 0.52. La 
ponte a lieu en juin. 

Cette Hirondelle fréquente de préférence le voisinage 
des endroits marécageux, et se montre particulièrement 
dans les villes. Elle n'a pas le vol aussi léger ni la voix 
aussi agréable que la précédente. 

Genre RIPARIA, Forster. 

Tarses ayant une petite touffe de plumes à la partie inférieure, 
près de l'articulation du pouce; parties supérieures, d'un gris bru- 
nâtre. 

Riparia riparia, (Lixx.) Sh.vrp et Wvatt. 616. 

I/'Hirondelle de rivage. 

Bank Swallow. 

Adultes (? Ç . Parties supérieures d'un gris brunâtre, plus 
foncé sur la tète ; ailes et queue noirâtres ; dessous blanc, nuancé 
de brun sur les côtés du corps, avec une bande pectorale d'un gris 
brunâtre. Longueur 4.75 - 5.50 ; ailes 3.70 - 4.25 ; queue 2.10 - 2.25. 



340 LES OISEAUX 

Les jeunes sont peu différents; les secondaires, les couvertures 
des ailes et les plumes du croupion, sont plus ou moins terminées 
de blanchâtre. 

L'Hirondelle de rivage habite l'hémisphère nord ; en 
Amérique, elle niche depuis la limite septentrionale des 
forêts, au sud, jusque dans le centre des Etats-Unis ; en 
hiver, on la retrouve dans les Antilles, l'Amérique centrale 
et le nord de l'Amérique du Sud. 

Elle est très commtme dans les environs de Québec et 
elle niche sous les rebords des fortifications dans la ville, 
sur les bords presque perpendiculaires de la rivière Lairet, 
sur ceux de la rivière Montmorency, à l'île d'Orléans, à 
Lévis, à St-Michel et dans d'atitres endroits ; M. Wintle dit 
qu'elle est commune à Montréal, et M. Comeau l'a remar- 
quée à Godbout. 

Elle niche dans des trous qu'elle pratique elle-même 
dans le sable sur le versant de qttelques rivières, montagnes 
et autres endroits en pente où la terre peut facilement se 
prêter à ce genre de travail ; ce trou peut avoir depuis un 
pied jusqu'à trois de profondeur ; au fond, elle amasse des 
herbes et des plumes pour son nid. Sa ponte est de quatre 
à six œufs blancs. Ils mesurent 0.70x0.50. La ponte a 
lieti en juin ou en juillet. 

J'ai souvent vu cette petite espèce en grandes bandes 
de plusieurs centaines d'individus, alors qu'elle se disposait 
à émigrer vers le sud, à l'automne ; son vol est très gracieux 
et très léger. Cette petite espèce recherche la société de 
ses semblables. 

Famille AMPELID^ — Jaseurs. 

Bec court, très déprimé, large à la base, avec une échancrure à 
la pointe et s 'ouvrant presque jusqu'au dessous des yeux ; doigts 
médian et externe unis à leur base ; tarses écailleux en avant. 

Ces oiseaux aiment la société de leurs semblables, ex- 
cepté au moment de la ponte où ils vivent alors par couples. 
Ils se tiennent sur les arbres et ne descendent que bien 
rarement à terre ; un certain nombre habite les bois, d'autres 
se plaisent à la lisière des forêts, parcourent quelquefois les 
bocages, les haies d'arbrisseaux et les arbres isolés. Ils se 



DK LA PROVINCK DE QUEBEC 34I 

nourrissent de baies et d'insectes qu'ils attrapent souvent 
au vol de la même manière que les Moucherolles. Ils sont 
d'une nature peu farouche et ils s'apprivoisent facilement ; 
ils n'ont ;\ hien dire aucun chant et, ne font entendre qu'un 
gazouillement j)rolon^é ; de là sans doute le nom de 
Jaseur qu'ils portent. 

SoL-s-rAMiLM-: AMPELIN.î;. 

Tcteornéed'une huppe ; bec comme ci-dessus ; narines basales, 
presque entièrement cachées par des plumes veloutées ; ailes lon- 
ffues île dix primaires ; première très courte ou rudimentaire ; bout 
de l'aile formé par la deuxième ou troisième rémiges ; les secon- 
daires et quelquefois la {jueue sont terminées par des appendices 
cornés, rouges ; queue courte, carrée ; pieds faibles ; tarses plus 
courts que le doigt médian ; iris brun ; bec et pieds noirs. 

Ce n'est qu'au deuxième printemps que les jeunes portent du 
rouge aux ailes. 

Genre AMPELIS, Linné. 

Bec court, large et aplati, avec une échancrure vers l'extrémité 
des deux mandibules ; commissure très grande ; ailes longues et 
pointues, plus longue que la queue ; cette dernière est carrée ; fosses 
nasales recouvertes par les plumes courtes et veloutées du front ; 
tarse plus court que le doigt médian avec l'ongle. 

Ampelis garrulus, Linn. 618. 

Le Jaseur de Bohème. 

BOHKMIAN W.VXWIXG. 

Adultes s 9- Couleur générale d'un cendré brunâtre, plus 
clair ou même d'un gris plus cendré sur le croupion et les parties 
inférieures ; menton, gorge, une bande au front se prolongeant sur 
les côtés de la tête à travers l'œil jusfju'à l'occiput, d'un noir de 
velours ; la jjartie antérieure de la huppe, les joues et les couver- 
tures inférieures de la queue, d'un roux brun ; une tache près du 
bec et la paupière inférieure, blanches ; queue cendrée, noircissant 
vers l'extrémité des rectrices qui- sont terminées par une bande 
jaune ; ailes noirâtres ; primaires terminées à l'extérieur de jaune 
ou de blanc ; secondaires également terminées de blanc et munies, 
pour la plupart, d'un appendice corné rouge, ayant l'apparence de 
cire à cacheter. Longueur 7.40-S.75; ailes 4.40-460; queue 
2.75- 2.90. 

Les jeûnes sont d'un gris brunâtre sale faiblement teinté 
d'olive, plus pâle ou blanchâtre en dessous, et rayé de brunâtre ou 
de grisâtre terne ; les ailes et la queue sont brunes et sans appen- 
dices cornés rouges. 



342 I,ES OISEAUX 

Le Jaseur de Bohème habite la partie nord de l'hémis- 
phère septentrional. En Amérique, il niche dans les 
régions arctiques, jusqu'à la limite nord des Etats-Unis ; 
il se voit en hiver, au sud, jusque dans le nord des Etats- 
Unis ; il est irrégulièrement distribué dans la Pennsylvanie, 
l'Illinois, le Kansas, le sud du Colorado et le nord de la 
Californie. 

M. Wintle dit qu'il est rare en hiver à Montréal, qu'un 
grand nombre a été remarqué par M. Kuetzing en 1863, 
mais qu'il n'en a pas vu lui-même, ni a entendu dire qu'on 
en ait remarqué depuis. Couper dit qu'il se voit quelque- 
fois, pendant les hivers rigoureux, en petites bandes dans les 
bois des alentours de Québec. 

Dans l'hiver de 1890, je me suis procuré six individus 
qui avaient été tués au Chateau-Richer, et depuis je n'en 
ai vu que deux autres, quelques années plus tard ; il doit 
sans doute se rencontrer dans nos bois à cette époque de 
l'année. 

Il niche sur les arbres à peu de distance du sol ; son 
nid est composé de petites racines d'herbes et de mousse ; 
sa ponte est de quatre ou cinq œufs, d'un blanc bleuâtre, 
maculés de lilas et de brun noirâtre. Ils mesurent 0.95 x 
0.70. Ea ponte a lieu en juin. 

Ses mœurs sont semblables à celles de son congénère. 

Ampelis cedrorum, (Vieill.) Gray, 619. 

I/C Jaseur du cèdre. 

Cedar Waxwing. 

Adultes ^9- Tête, huppe et cou, d'un brun roux olivâtre, 
passant insensiblement au cendré brun sur le dos, et au cendré 
clair sur le croupion ; menton d'un brun roux foncé, se fondant 
avec la teinte de la poitrine qui est la même que celle du cou ; 
cette teinte s'étend sur le reste des parties inférieures où elle 
devient jaunâtre dans la région du bas ventre et blanche sur les 
couvertures inférieures de la queue ; une bande d'un noir velouté 
sur le front, se dirigeant en arrière <à travers l'œil ; paupière infé- 
rieure et une ligne maxillaire, blanches ; queue d'un gris cendré, 
noircissant vers le bout, qui est terminé par une bande jaune ; ailes 
noirâtres, avec presque toute les secondaires et souvent les rectri- 
ces, terminées d'un appendice corné rouge, comme dans l'espèce 
précédente ; quelques primaires sont lisérées de gris blanchâtre. 
Longueur 6.50-7.50 ; ailes 3.60-3 90 ; queue 2.30-2.60. 



DE LA provixcp: dk quehec 343 

Les JL-uncs sont d'un gris liriinàtre pâle, teinté d'olive, plus 
foncé en dessus, et rayé de brunâtre plus foncé ; ailes et cjueue 
brunes, sans appendices cornés. Ils ressemblent beaucoup à ceux 
du précédent. 

Le Jascur du cèdre habite toute la rc^^iou teuipérée 
de l'Amcrique septeutriouale ; il uiche depuis la moitié 
nord des Etats-Unis, en allant vers le nord. A l'automne, 
il émijj^re au sud ju.squ'au Guatemala et dans les Antilles. 

Il est a.ssez commun à Godbout, toute l'année {Comcaii)^ 
mais il est rare à Anticosti {Sclnnitl). M. Wintle dit qu'il 
est très commun à Montréal pendant toute l'année et qu'il 
vient dans la ville, en hiver, pour .se nourrir des fruits du 
sorbier {Mascouabimx). Il se montre également commun 
en été dans Québec et aux alentours, stir la côte de Beau- 
pré, à St-Joachim, à l'île d'Orléans et ailleurs. Mais je ne 
l'ai vu qu'une seule fois en hiver; il doit sans doute .se ren- 
contrer dans les bois à cette époque de l'année. 

Il niche sur les arbres ou arbrisseaux, à une distance 
du sol variant de quatre à huit pieds ; son nid est gros et 
se compose d'écorces fibreuses d'arbres, de petites racines, 
de petites branches, de tiges de grandes herbes, d'herbes 
fines et de mousse. Ses œufs, au nombre de quatre ou 
cinq, sont d'un gris bleuâtre pâle, avec taches de brun 
noirâtre. Ils mesurent 0.85 x 0.60. La ponte a lien en juin. 

Le Jaseur du cèdre a un caractère mélancolique et 
silencieux, ne faisant entendre pour tout chant que cette 
faible note si^ zi^ zi. Il recherche la société de ses sem- 
blables, et on le voit toujours en bandes plus ou moins 
nombreuses. Son régime semble être plutôt frugivore 
qu'insectivore ; atissi voit-on cet oiseau, d'une gourmandise 
sans exemple, consommer en peu de temps une quantité 
prodigieuse de baies de toutes sortes. Au printemps, il ne 
dédaigne pas non plus les fleurs des arbres fruitiers. 

Cependant, au printemps et en été, lorsque les fruits 
ne sont pas murs, cet oiseau se nourrit d'insectes ailés, qu'il 
capture au vol à l'exemple des Moucherolles. Quoiqu'il 
ne possède point autant d'habileté et de souplesse que ces 
derniers dans la poursuite de leurs proies, il réussit cepen- 
dant à s'en emparer. Presque toujours perché sur la branche 
la plus élevée d'tm arbre à la lisière de la forêt, ou sur des 



344 ^ES OISEAUX 

arbres isolés, on peut le voir, tournant lentement la tête de 
tous côtés, inspectant les alentours, afin de découvrir quel- 
ques proies et, dès qu'un insecte se montre, se lancer à sa 
poursuite, suivant dans l'espace toutes les sinuosités que 
trace cet insecte dans sa fuite pour échapper à son ennemi. 
Aussitôt qu'il s'en est emparé, il retourne se poser de nou- 
veau,à son point d'observation,sur la même branche d'arbre. 

Lorsque ces oiseaux visitent, en grandes bandes, à l'au- 
tomne, les vergers et les jardins, ils causent des dommages 
considérables par le grand nombres de baies qu'ils mangent, 
au grand mécontentement de l'horticulteur. De plus, le 
Jaseur est peu farouche, et si on le chasse d'un endroit oii il 
trouve de la nourriture, il reviendra l'instant d'après conti- 
nuer ses déprédations. 

Son vol est doux et ondulé. 

Dans certains endroits de la province, on donne au 
Jaseur du cèdre les noms vulgaires de Huppé et de Rècollet. 

Famille LANIIDiE — Pies-Grièches. 

Cette famille offre à la fois les caractères des Oiseaux de proie 
et des Passereaux ; elle tient des premiers par un bec gros, fort, 
comprimé, échancré et très crochu, .avec une dent vers la pointe ; 
et des derniers par des pieds assez grêles, des ongles peu forts, une 
taille assez petite et un bec sans cire à sa base. Ailes et queue 
rondes, la première de dix primaires et la seconde de douze rec- 
trices ; une toufïe de plumes en forme de soies à la base du bec, 
couvre les narines ; tarses scutellés en avant et sur le côté exté- 
rieur, et ayant à peu près la longueur du doigt médian ; les doigt 
latéraux sont à peu près égaux ; iris brun ; bec et pieds noirs. 

Les Pies-Grièches, à l'exemple des Oiseaux de proie,ont 
un naturel sanguinaire et un appétit Carnivore. Elles sont 
querelleuses et méchantes, et toutes aiment à se battre, soit 
entre elles, soit avec d'autres oiseaux ; intrépides et coura- 
geuses, elles ne craignent pas d'entrer en lutte avec des 
oiseaux de plus forte taille qu'elles, et les terrassent très sou- 
vent. Elles vivent de petits mammifères et de petits oiseaux, 
qu'elles empalent en les fixant adroitement aux épines des 
buissons, après les avoir tués à coups de bec, car elles ne 
peuvent se servir de leurs ongles qui sont trop faibles pour 
cet usage ; elles mangent aussi des sauterelles,des coléoptères 
et autres insectes. 



D1-; I.A l'KOVlNCK I)K OUKUI-X' 345 

Les ries-(îrièchcs liahiuiil lc> l()icl.>. el lo bouquets 
(le bois,niais se licuuent le plus souveut à la lisière des fcjrêts. 
Perchées sur les plus liautes brauches des arbres, elles eu 
scruteut les aleutours et, si elles aper(;oiveut une proie, elles 
se précipitent sur elle. On les voit aussi, quelquefois per- 
cliées en embuscade sur les arbres isolés des champs et 
même des villes. Leur chant quoique peu hanuonieu.x, 
n'est pas toutefois dépourvu d'ag^rément ; on dit même que 
certaines espèces imitent a.ssez bien le chant de quelques 
oiseaux, dans le but sans doute, de les attirer près d'elles 
pour s'en emparer. 

Ivlles nichent sur les arbres et leurs nids sont, en «j^énéral, 
bien faits. 

Genre LANIUS. Linné. 

Pointe de l'aile formée par la troisième, quatrième et cinquième 
rémiges. Les autres caractères sont semblables à ceux de la 
famille. 

Lanius borealis, \'ii:ri.i.. 621. 

La Pie-Grièche boréale. 

Northern Shrikk. 

Adultes S ?• Parties supérieures d'un cendré bleuâtre clair, 
blanchissant sur le croupion et les scapulaires ; une large bande 
noire part du bec. traverse l'oeil et descend sur le côté du cou ; elle 
est bordée de blanchâtre ; parties inférieures blanches, finement 
rayées ou vermiculées transversalement de brun ; une étroite 
bande l)lanche sur le front ; ailes et queue noires ; une tache vers 
le milieu des primaires et l 'e.xtrémité des secondaires, blanches ; 
queue arrondie, avec presque toutes les pennes largement termi- 
nées de blanc ; bec et pieds noirs. Longueur 9.00-10.25 ; ailes 
4.40-5.25 ; queue 4.30-4-70- 

Les jeunes sont plus brunâtres ; le dessus est d'un brun gri- 
sâtre ; la bande des côtés de la tête est d'un brun noirâtre ; les 
ailes et la queue sont d'un noir moins pur ; le dessous est plus 
foncé avec des raies plus larges de gris brun, excepté au menton 
et sur les couvertures inférieures de la queue. 

La Pie-Grièche boréale habite le nord de l'Amérique 
septentrionale, et niche au nord des Etats-Unis ; en hiver, 
on la retrouve au sud dans la partie nord des Etats-Unis 
jusque vers le centre. 

M. Wintle dit que cette espèce est commune en hiver 
à INIontréal, qu'elle se voit depuis le 20 octobre au 1 1 avril. 



346 



LES OISEAUX 




Elle se montre à Godbout {Comeaii), et se voit assez rare à 
Anticosti, {Schmitt). Elle n'est pas considérée comme rare 
dans les environs de Québec ; mais on la voit surtout à 
l'automne et au printemps ; elle est plus rare en hiver. 

Elle niche sur les arbrisseaux ; le nid est gros et se 
compose d'herbes de différentes sortes, de petites branches, 
de petites racines, de chatons, etc.; ses œufs, au nombre de 
quatre à six, sont d'un blanc grisâtre ou gris verdâtre, avec 
taches et points de brun jaunâtre ou de brun clair. Ils me- 
surent 1.08 X 0.75. La ponte a lieu en mai. 

Cette Pie-Grièche a entièrement les mœurs des Oiseaux 
de proie et, comme eux, elle vit de rapine. Souvent on la 
voit perchée à la 
cime d'un arbre, et 
là, attendre patiem- 
ment qu'une proie 
s'offre à sa vue. 

Pendant l'hiver, 
elle quitte quelque- 
fois les bois pour ve- I^igr- 17 La Pie-Grièche boréale. 

nir, attirée par la présence des moineaux, se percher au 
sommet des grands arbres de nos jardins ; gare alors à 
l'imprudent qui passe à proximité de son bec, car il est 
bientôt capturé. 

La Pie-Grièche se nourrit de sauterelles et autres gros 
insectes, de petits mammifères et de petits oiseaux. Lors- 
qu'elle s'est procuré un de ces vertébrés, elle a l'habitude 
de l'empaller, après l'avoir tué ; elle cherche alors une 
épine ou une petite branche sèche, puis, après plusieurs 
coups de becs appliqués sur le corps de l'animal, elle finit 
par l'enfoncer sur l'épine. Si elle n'en trouve pas, elle 
fixera le petit animal par le cou, dans l'angle d'une branche, 
comme je l'ai déjà quelquefois remaïqué. 

Quelques auteurs affirment que la Pie-Grièche ne trans- 
porte sa proie qu'avec son bec, que ses doigts sont trop 
faibles pour lui être utiles, cependant j'en ai vu une un jour 
passer près de moi, tenant dans ses pattes un moineau qui 
jetait des cris de détresse. Elle a donc assez de force dans 
ces faibles membres pour retenir captif un oiseau de cette 
taille et s'envoler avec sa proie vivante. 



DK LA l'kOVINCK DK gUKBI-X' V)7 

Lanius liidovicianus eKcubitoridcs, (Sw.j lOi i>, 622. 

La Pie-Gricche a croupion blanc. 
WmrE-RUMi'ED Shkikk. 

Adulte.s (^9. Parties .suj)érieures d'un j^ris ardoisé clair, 
avec les ailes et la queue noirts ; croupion, une tache vers le centre 
des rémiges, le bout des secondaires et des scapulaircs, blancs ; 
rectrices larjrenient terminées de blanc, excepté celles du centre; 
une bande noire sur le front, descendant sur le côté de la tête à 
travers l'teil, jusque sous les oreilles ; dessous blanc et sans stries, 
teinté de j;ris sur les côtés du corps ; bec et pieds noirâtres. 
Lonjifueur8.oo-io.oo; ailes 3 75 - 4. lo ; queue 3.75 • 4-30- 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un gris plus foncé, 
avec le croupion et les scapulaires d'un blanc sale ; le dessous bru- 
nâtre, rayé d'une teinte i)lus foncée ; la bande du front et les côtés 
de la tète, noirâtres. 

La Pie-Cirièclie à croupion blanc haljite rAnicriqnc du 
Nord h Test des prairies, et niche an nord jusqu'au Manitoba 
et dans les plaines de la Saskatchewan. Kn hiver, on la 
retrouve au sud ju.'^qu'au Mexique. 

^L Wintle dit qu'elle est commune et niche dans les 
limites de la ville de Montréal. Je ne l'ai pas encore remar- 
quée aux environs de Québec ; mais elle devrait pourtant 
s'y rencontrer. 

Klle niche de préférence dans des buissons épineux ; 
son nid est gros et composé de tiges d'herbes, d'herbes 
sèches, etc., et de plumes; sa ponte est de quatre ou cinq 
œufs d'un blanc grisâtre ou d'un gris verdâtre, avec taches 
et points de brun jaunâtre ou de brun clair. Ils mesurent 
0.95 X 9.72. La ponte a lieu en mai. 

Cette variété a les mêmes habitudes que l'espèce pré- 
cédente. Cependant, il est constaté qu'elle se nourrit d'in- 
sectes, surtout de sauterelles et de criquets, plutôt que de 
petits oiseaux et de petits mammifères. 

Famille VIREONIDiE— Viréos. 

Bec fort, plus court que la tète, comprimé, échancré et crochu 
à la pointe ; soies à la base de la commissure ; doigts unis entre 
eux à leur base ; tarses égaux ou plus longs que le doigt médian, 
scutellés en avant ; ailes de longueur ordinaire, de dix primaires ; 
la première à peu près la moitié de la seconde en longueur, ou 
plus courte, ou même paraissant manquer. 



348 LES OISEAUX 

Ces Oiseaux ont beaucoup de ressemblance avec les 
Fauvettes, mais on peut facilement les distinguer de cette 
famille, ainsi que de celles dont les doigts sont également 
unis à leur base, par la forme caractéristique de leur bec. 
Leur plumage en dessus est plus ou moins olivâtre, et par- 
fois teinté de gris ou de plombé. Les sexes sont semblables. 

Ces Oiseaux sont éminemment insectivores, quoique 
quelques-uns mangent parfois des baies, et sont presque tous 
des chanteurs remarquables ; ils nous arrivent avec la saison 
des chaleurs et s'en retournent aussitôt qu'elle est passée. 

La 9 se confectionne un gentil petit nid semblable à 
ceux des Fauvettes ; elle le suspend à la jonction des bran- 
ches d'arbres. 

Genre VIREO, Vieillot. 

Ailes égales ou plus longues que la queue, la troisième ou qua- 
trième rémige la plus longue ; queue courte, presque carrée, et à 
pennes étroites. Taille petite. 

Sous-genre VIREOSYLVA, Bonaparte. 
Ailes sans bande de teinte plus claire. 

Vireo olivaceus, (Linn.) Bonap. 624. 

I/C Virée aux yeux rouges. 

Red-eyed Vireo. 

Adultes i 9 . Parties supérieures d'un vert olive, avec la cou- 
ronne d'un gris cendré pâle et bordée de chaque côté par une ligne 
noirâtre ; une bande brune traverse l'œil ; une ligne superciliaire 
et toutes les parties inférieures blanches, teinté d'olive sur les 
côtés du corps et les couvertures inférieures de la queue ; cette 
dernière, ainsi que les ailes sont brunes, bordées d'olive à l'exté- 
rieur et de blanchâtre en dedans ; axillaires et couvertures infé- 
rieures delà queue, blancs, ou légèrement teintés de jaune soufre ; 
première primaire non apparente ; bec brun ; pieds bleuâtres ; iris 
rouge. Longueur 5.50-6.50; ailes 3.10-3.30; queue 3.15-3.30. 

Les jeunes sont peu différents des adultes. 

Le Viréo aux yeux rouges habite l'Amérique du Nord 
à l'est des Montagnes Rocheuses ; il niche sur presque tout 
son parcours, au nord, jusqu'au Labrador, le Manitoba et 
la Colombie britannique. En hiver, on le retrouve au sud, 
depuis la Floride et jusque dans le nord de l'Amérique 
méridionale. 



uK I.A l'KOVINCK DK QUKBKC 349 

Il est très coimmin :iux alentours de Montréal et niche 
dans la ville (/( 7////^). Il est coniniun dans les bois aux 
alentours de Québec et niche quelquefois dans la ville. Je 
l'ai observé aussi dans quelcjucs-unes des paroisses plus 
éloi^^jnées. 

Il place son nid sur un arbre et le suspend i\ l'ang^le de 
deux branches ; il est artistement construit avec des fibres 
d'écorces et autres végétaux, des filaments cotonneux, des 
herbes sèches, du crin, de petits morceaux de papiers, etc. 
Ses œufs, au nombre de quatre ou cinq, sont blancs, macu- 
lés de brun noirâtre. Ils mesurent 0,80 xo.55. La ponte 
a lieu en juin. 

Ce \'iréo fréquente les bois, les ver<^ers, les bocages ; il 
fait entendre presque continuellement sa petite chansonnette 
et cela pendant tout l'été. 

Il vit d'insectes qu'il capture de la même manière que 
les moucherolles, mais à l'automne, il mange aussi parfois 
des baies. 

Vireo flavoviridis, (Cass.) Baird, 626. 

I/C Viréo jaune-verdatre. 

Vkllou-c.kken \'ireo. 

Adultes $ Ç. Cet oiseau ne diffère du V. olivaceus que par 
une teinte d'un jaune olive brillant des côtés du corps et des flancs, 
le jaune se rencontrant presque sur la poitrine ; les axillaires et les 
couvertures inférieures de la queue sont d'un jaune souffre. Lon- 
gueur 6.25-6.75 ; ailes 2 S0-3.20; queue 2.05-2.50. 

Ce Viréo se voit depuis le sud du Texas, au sud, jusque 
dans l'Amérique méridionale. 

Un spécimen a été tué le 13 mai 1883, à Godbout, par 
M. Comeau. C'est le seul qui ait encore été remarqué dans 
la province. 

Le nid et les œufs ressemblent à ceux du précédent. 

Vireo philadelphicus, (Cass.) Baird, 626. 

Le Viréo de Philadelphie. 
Philadelphia Vireo. 

Adultes (? 9 • Parties supérieures d'un vert olive grisâtre, 
passant au cendré sur le dessus de la tête ; une ligne superciliaire 
blanchâtre; parties inférieures d'un jaune soufre très pâle, plus 



350 LES OISEAUX 

intense sur la poitrine, blanchissant sur le menton et le ventre, et 
faiblement teinté d'olive sur les côtés ; ailes et queue noirâtres sans 
bande apparente sur les premières, lisérées toutes deux d'olive ver- 
dâtre ; sans fausse primaire apparente. Longueur 4.80 ; ailes]2.5o- 
2.75 ; queue 1.90-2.20. 

Le Viréo de Philadelphie habite l'est de l'Amérique 
du Nord, se rendant au nord jusqu'à la baie d'Hudson ; il 
niche depuis le Maine, le New-Hempshire et le Manitoba, 
en allant vers le nord. En hiver, il se voit au sud, jtisqu'à 
Costa Rica et Panama. 

Un individu a été tué à la baie James en 1860 {Packard). 
Le Dr Dwight l'a rencontré dans les bois des environs 
de Tadousac, il y a une dizaine d'années, et il dit qu'il y 
est plutôt commun. 

Il niche sur les arbres ; son nid, semblable à ceux des 
autres Viréos, est suspendu ; il est composé d'herbes, d'écorce 
de bouleau, etc. Les œufs ressemblent à ceux dti Viréo 
aux yeux rouges. Ils mesurent 0.70 x 0.50. 

Vireo gilvus, (Vieill.) Bonap. 627. 

1/6 Viréo gris-olive. 

Warbling Vireo. 

Adultes ^9. Ce Viréo qui ressemble au philadelphictis, est 
plus ou moins lavé d'olive jaunâtre sur les côtés du corps; la 
première ou fausse primaire atteint environ le tiers de la longueur 
de la seconde. Longueur 5.00-5.50; ailes 2.65-2.95; queue 2. 10-2.40. 

Les jeunes ont le sommet de la tête et le dessous du cou d'un 
brun jaunâtre tirant sur le grisâtre ; le dos, les scapulaires et le crou- 
pion sont d'un jaune grisâtre ; les parties inférieures sont blanches, 
teintées de jaune pâle sur les couvertures inférieures de la queue. 

Le Viréo gris-olive habite l'Amérique du Nord, à l'est 
des prairies et niche, au nord jus- 
qu'au Labrador. A l'automne, il 
émigré au sud. 

M, Wintle le mentionne comme 
rare et il n'a vu que deux individus 
tués sur l'île de Montréal, Un 
spécimen a été tué il y a quelques 
Fig. 18. Le Viréo gris-oiive. années dans les bois au nord de 
Québec, c'est le seul exemple de sa présence près de la 
ville. 




DK I,A I»R0VINCP: DK QUEBEC 35I 

Il niche sur les arbres, à la manière ordinaire de ces 
oiseaux. Son nid ressemble beaucoup à celui du Viréo 
olive, mais il est plus petit ; ses ceufs sont blancs, avec 
quehiucs taches de brun roux au ^ros bout. Ils mesurent 
0.72 X 0.52. La ponte a lieu en juin. 

Ce charmant petit oiseau est un chanteur remarquable 
et fait entendre fréquemment ses notes douces et tendres, 
alors même qu'il recherche les insectes sur les arbres. Il 
fréquente les bords boisés des rnisseau.x et des cours d'eau ; 
il vient parfois visiter les arbres des bocages et ceu.x des 
vergers. 

Sous-genre LANIVIREO, Uaird. 

Ailes avec deux bandes obliciues distinctes, de couleur plus 
pâle. 

Vireo flavifrons, \ ii.ii.i.. 628. 

IvC Viréo a front jaune. 

YKLI.OW-THRO.'VrED VlKEO. 

Adultes (? 9. Partie.s supéiieures d'un vert olive, y compris 
le dessus de la tête, passant au j^ris cendré sur les scapulaires, le 
croui)ion et les couvertures supérieures de la queue ; ailes et queue 
noirâtres, les premières avec deu.x bandes blanches et la plupart des 
secondaires lisérées de blanc ; menton, gorg^e et poitrine d'un 
jaune brillant ; reste du dessous blanc, nuancé d'olive sur les 
côtés antérieurement et de gris de plomb, postérieurement ; un 
cercle autour de l'œil, une ligne superciliaire et une autre au 
front, jaunes ; lorums noirâtres ; sans primaire bâtarde apparente. 
Longueur 5.00-5.85 ; ailes 3.00-3.20 ; queue 2.00-2 30. 

Le Viréo à front jaune habite l'est des Etats-Unis, à 
l'ouest ju.squ'aux prairies et, au nord jusqu'au Nouveau- 
Brunswick, Ontario et au Manitoba ; il niche depuis la 
Floride et le golfe du Mexique, en allant vers le nord. En 
hiver, on le trouve au sud, jusqu'à la Colombie. 

M. Wintle rapporte que M. Dunlop en a tué deux spéci- 
mens en mai 1883, dans les bois d'Hochelaga. 

Son nid, qui ressemble à ceux des précédents, est com- 
posé de fines écorces de bouleau, d'herbes, etc.; l'extérieur 
est orné de lichens fixés avec des toiles de chenilles ou 
d'araignées ; ses œufs, au nombre de trois à cinq, sont d'un 
blanc rosé, avec nombreuses taches de brun roux. Ils 
mesurent 0.80x0.60. La ponte a lieu en juin. 



352 • IvES OISEAUX 

Ce Viréo habite les forêts et fréquente aussi les bos- 
quets, les vergers et les jardins. 

Vireo solîtarius, (Wils.) Vieill. 629. 

Le Viréo à tête bleue. 

Blue-headed Vireo. 

Adultes ^9. Tête et dessus du cou d'un cendré bleuâtre, 
passant au vert olive sur le reste des parties supérieures ; ailes et 
queue noirâtres, presque toutes les pennes sont lisérées de blanc 
ou de blanc olivâtre ; les premières avec deux bandes obliques de 
cette même couleur ; paupières et une petite bande du bec à l'œil, 
blanches; parties inférieures blanches, teintées d'olive jaunâtre 
sur les côtés et de jaune pâle sur les couvertures inférieures de la 
queue ; bec et pieds de couleur plombée. Longueur 5 00-6.00 ; 
ailes 2.90-3.00; queue 2 10-2.20. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un brun grisâtre anté- 
rieurement, avec le dessous du corps d'un blanc jaunâtre pâle. 

Le Viréo à tête bleue ou Viréo solitaire, habite l'est de 
l'Amérique du Nord, jusqu'aux prairies et, au nord, jusqu'à 
la baie d'Hudson et au fort Simpson ; il niche depuis la 
Nouvelle-Angleterre et le nord des grands lacs, en allant 
vers le nord ; à l'automne, il émigré au sud. 

Il se montre rarement dans la province ; M. Wintle dit 
qu'il n'en a rencontré que deux, et je n'en ai vu, jusqu'à 
présent, que quatre spécimens que j'ai tués dans les bois au 
nord de Québec, dont un sur le Cap Tourmente à St- 
Joachim. 

Il suspend son nid, comme le font ceux de sa famille, 
à l'angle de deux branches, et il le place souvent sur un 
pin ou un sapin ; l'extérieur est souvent recouvert de toiles 
d'araignées, auxquelles il fixe de la mousse et des lichens. 
Les œufs, ordinairement quatre, sont blancs, faiblement 
lavés de crème et pointillés de brun roux. Ils mesurent 
0.80 X 0.60. La ponte a lieu en juin. 

Cet oiseau, aux mœurs solitaires et farouches, fréquente 
les forêts. Il possède, lui aussi, un chant qui n'est pas 
désagréable à entendre. 

Famille MKIOTILTIDiE— Fauvettes. 

Une description des caractères négatifs du bec de ces oiseaux, 
comparés à ceux des autres familles qui leur ressemblent, les fera 
mieux reconnaître que celle du bec lui-même, qui ne peut que diflS- 



Planche VII 




Fig. I. — Grive rousse. 2. — Grive polyglotte. 3. — Tiroglodyte aedon. 4. — Fau- 
vette jaune. 5. — Fauvette à queue rousse. 6. — Fauvette à croupion jaune. 



I)K I.A PROVINCE DK QUEBEC 353 

ciletnent Otre décrit ; chez cette famille, le l)cc. qui est délié et 
pointu, n'est ni conique, ni aplati, ni crochu au bout; il est sans 
lobe, sans dent et sans échancrure ; il nest pas non plus annulé ; 
lan^ïle du ^jonys ne dépasse ])as les narines; les ailes sont plus 
lonjjues «jue la (jueue, excepté cher, le genre (leothlypis et un 
autre étranger à notre faune, de neuf jjriniaires ; les tertiaires ne 
sont pas alion^iées ; rectrices douze ; tarses scutellés ; ongle du 
pouce plus court que ce dernier. 

Ces Oiseaux, sont tous de petite taille et à couleurs 
brillantes, pour la plupart ; le nombre de neuf primaires, 
avec les caractères ci-haut mentionnés permettent de les 
distiuL^uer sans peine des autres familles de même taille et 
du même nombre de primaires chez les oiseaux chanteurs. 

Cette nombreuse famille est, sans contredit, celle dont 
les couleurs sont les plus vives et les plus variées ; l'élé- 
gance de leurs formes et la vivacité de leurs mouvements, 
font, de ces timides habitants des bois, un des groupes d'oi- 
seaux les plus charmants. Toujours cachées sous le feuil- 
lage qui les dérobe à nos regards, les Fauvettes décèlent 
leur présence par leurs chants sonores et mélodieux qui 
nous captivent sans cesse. Leur voix retenti.ssante anime 
les solitudes les plus sombres et les forêts les plus sauvages, 
aussi bien que les bosquets et les jardins. 

Elles ont des habitudes diverses : ainsi, les unes vivent 
solitaires, s'enfoncent dans les forêts, tandis que d'autres 
préfèrent nos bosquets, la lisière des bois, les arljres isolés, 
et les haies d'arbrisseaux ; plusieurs même se plaisent dans 
nos jardins et dans nos vergers. Leur séjour au milieu de 
nous ne dure que pendant la belle saison. j\Iais ces moments 
sont les plus heureux de leur vie, puisque pour elles c'est 
la saison des amours, de la gaité et du chant. C'est aussi 
le temps où elles se parent des couleurs les plus vives. 

Leur genre de notirriture consiste en insectes et larves 
de toutes sortes, qu'elles trouvent sur les arbres, dans les 
Ijuissons, dans l'herbe et quelquefois à terre. 

Comme tous les autres insectivores, les Fauvettes 
méritent hautement notre protection pour les services 
immenses qu'elles rendent à l'agriculture. 

l^lles placent leurs nids, qui sont presque toujours d'un 
travail admirable, dans les grands arbres, les arbrisseaux 
et quelquefois à terre ; ils sont faits avec des herbes, des 



354 LES OISEAUX 

feuilles sèches, de petites racines et des filaments cotonneux ; 
un bon nombre les garnissent à l'intérieur de crins ou de 
poils d'animaux. 

Genre MNIOTILTA, Vieillot. 

Bec presque aussi long que la tête et délié ; tarse pas plus 
long que le doigt médian, l'ongle compris ; pouce long avec l'ongle 
gros. Plumage rayé de blanc et de noir. 

Mniotilta varia, (Linn.) Vieill. 636. 
I/a Fauvette noire et blanche. 

Black and white Warbler. 

Adulte $ . Parties supérieures raj^ées de blanc et de noir ; le 
sommet de la tête noire, séparé au centre par une bande blanche 
et une autre de même couleur au-dessus de l'œil ; ailes et queue 
noirâtres, lisérées de gris clair sur les premières, avec deux bandes 
obliques blanches ; une tache blanche au bord intérieur et vers 
l 'extrémité des rectrices latérales ; dessous blanc, rayé de noir 
sur la poitrine et les côtés du corps. Longueur 4.55 - 5.50 ; ailes 
2.60- 2.90 ; queue 1.95 - 2.25. 

La 9 est semblable au $ , mais ses teintes sont plus pâles, le 
dessous est plus blanc. 

Les jeunes lui ressemblent. 

Cette Fauvette habite l'est de l'Amérique du Nord 
jusqu'aux prairies ; elle niche depuis le golfe du Mexique, 
jusqu'à la baie d'Hudson ; en hiver, on la retrouve depuis 
la Floride et le golfe du Mexique jusque dans le nord de 
l'Amérique du Sud. 

Elle est rare aux îles de la Madeleine {Bis/ioJ)) ; deux 
spécimens ont été vus à la Baie du Renard, à Anticosti 
{Brewster). M. Wintle dit qu'elle est rare en été et com- 
mune lors de ses migrations, à Montréal. Elle est peu 
•commune dans les environs de Québec, cependant on en 
voit quelques-unes chaque année au printemps et à l'au- 
tomne. 

Elle niche sur le sol, dans la forêt, et son nid est cons- 
truit avec des herbes sèches et l'écorce fibreuse des arbres ; 
il est placé sous un tronc d'arbre renversé, ou à l'abri d'une 
souche. Ses œufs, au nombre de trois à cinq, sont blancs, 
tachetés de brun roux. Ils mesurent 0.65 x 0.50. La 
ponte a lieu en juin. 



DK I.A PROVINCE DR QUEBEC 355 

Cette l'^aiivette est très active et {grimpe en tous sens 
sur le tronc des arbres à la manière des Sittelles et des 
Grinipereaux. 

Genre HELMINTHOPHILA. Kidçw. 

îîec délié et très pointu, sans soies apparentes à la base ; tarse 
plus long que le doigt médian avec l'ongle; ailes pointues, plus 
longues que la queue, cette dernière est presque carrée. 

Helmiiithophila rubricapilla, (Wils.) Ridgw. 645. 

I/E Fauvette de Nasbville. 
Nashvillk Wakulkk. 

Adulte (? . Parties supérieures d'un vert olive, plus brillant 
sur le croupion et les couvertures supérieures de la queue ; tète et 
côtés du cou d'un gris cendré, avec une tache d'un brun roux, en 
partie cachée, au centre de la couronne ; ailes et queue noirâtres, 
sans taches ni bandes et liséréesde vert olive; un cercle blanc entoure 
l'œil ; sans ligne superciliaire ; parties inférieures d'un jaune bril- 
lant, moins prononcé sous le ventre et teinté d'olive sur les côtés 
du corps. Longueur 4.20-5.00; ailes 2.30-2.45 ; queue 1.85-1.90. 

La 9 a des teintes plus pâles, la tête est moins cendrée et la 
tache de brun roux est plus petite ; le dessous est plus pâle ou 
blanchâtre sous le ventre. 

Les jeunes ont toutes les parties supérieures d'un olive verdâ- 
tre, un peu plus pâle antérieurement et sans tache rousse sur la 
couronne ; le dessous du corps est d'un olivâtre clair, avec le ven- 
tre et la région anale d'un brun jaunâtre très pâle ou blanchâtre. 

La Fauvette de Nashville habite l'est de l'Amérique 
du Nord, jusqu'aux prairies à l'ouest ; elle niche depuis 
New- York et Tlllinois, au nord, jusqu'à la baie d'Hudson 
et le Labrador ; à l'automne, elle émigré au sud jusqu'au 
Mexique et au Guatemala. 

Elle est peu commune aux alentours de Québec, je 
n'en ai vu encore que deux individus, tués en juillet 1878 ; 
j'en ai tué une autre à St-Denis en juillet 1873. Elle est 
rare et de passage à Montréal, M. Kuetzing dit qu'il l'a 
trouvée commune, nichant dans les endroits marécageux de 
l'île de Montréal {U'intlc). 

Elle niche à terre, ordinairement sur le versant d'une 
montagne ou d'une colline ; son nid est construit avec des 
feuilles, de l'écorce fibreuse des arbres, parfois des feuilles 
de pins, et garni d'herbes fines et de crin ; il est quelquefois 



356 LES OISEAUX 

caché sous une touffe d'herbe ; ses œufs, au nombre de 
trois ou quatre, sont blancs, finement maculés de brun roux 
vif. Ils mesurent 0.60 x 0.45. La ponte a lieu en juin. 

Helminthophila celata, (Say,) Ridgw. 646 

La Fauvette à couronne orangée. 

Orange-crowned Warbler. 

Adulte $ . Parties supérieures d'un olive verdâtre pâle, plus 
brillant sur le croupion et faiblement teinté de gris antérieure- 
ment ; une tache d'un orangé brun, en partie cachée, sur la cou- 
ronne ; ailes et queue noirâtres, lisérées d'olive verdâtre ; paupiè- 
res et une ligne superciliaire, jaunâtres ; parties inférieures d'un 
jaune pâle, plus clair sur la gorge et le ventre, blanchissant à la 
région anale et teinté d'olive sur les côtés du corps, avec quelques 
stries peu apparentes de grisâtre. Longueur 4.60-5.30; ailes 
2.31-2.50; queue 190 - 2.10. 

La Ç est un peu plus pâle, la tache orangée de la couronne 
est moins visible. 

Les jeunes ressemblent à la 9 , mais ils n'ont point de couleur 
orangée sur la couronne. 

La Fauvette à couronne orangée habite l'Amérique du 
Nord, surtout dans l'intérieur, et niche depuis le nord des 
Etats-Unis jusqu'au Yukon, à la baie d'Hudson et aux 
environs de la rivière Mackenzie. En hiver, on la rencontre 
depuis le golfe du Mexique, en allant vers le sud. 

Je n'ai encore rencontré qu'un seul spécimen de cet 
oiseau, le 13 mai 1890, dans le bois DeBlois, au nord de 
Québec ; M. Wintle en a tué un le 21 mai 1890, au Mont- 
Royal. 

Elle niche à terre dans un trou ; son nid est fait pres- 
que entièrement avec de grosses écorces fibreuses d'arbre, 
de l'herbe et des tiges d'herbes, garni de crin et de poil 
de mammifères ; le nid est ordinairement caché dans une 
touffe d'herbes et situé, le plus souvent, sur le penchant 
d'une colline ; sa ponte est de trois ou quatre œufs, d'un 
blanc de crème, avec taches de brun roux. Ils mesurent 
0.64 XO.45. La ponte a lieu en juin. 

Helminthophila peregrina, (Wils.) Ridgw. 647. 

I/a Fauvette du Tennessee. 

Tennessee Warbler. 

Adulte $. Parties supérieures d'un olive verdâtre, plus pur 



DK I,A PROVINCK l'h ol KliKC T,S7 

et plus brillant sur le croupion ; dessus de la tète et coti, d'un ^ris 
cendré pur ; ailes et queue noirâtres, lisérées d'olive verdAtre clair ; 
une li^ne superciliaire. les paupières et les parties inférieures 
blanchâtres, teintées de gris cendré sur les lianes, les côtés de la 
poitrine et du cou ; les côtés du corps sont parfois nuancés d'olive 
jaunâtre Longueur 4.75 ; ailes 2.55 : (jueue 2.00. 

La 9 ressemble au i , mais le pris cendré de la tète est 
souvent nuancé d'olivâtre, le blanc des parties inférieures est plus 
ou moins teinté d'olive jaunâtre. Les jeunes lui ressemblent, 
cependant les parties inférieures sont plus fortement teintées d'olive 
jaunâtre, et toutes les parties supérieures, de vert olivâtre. 

La Fauvette du Tennessee habite l'est de l'Anicriquc 
du Nord et niche, depuis le nord de New- York et le nord 
de la Nouvelle-Angleterre, jusqu'à la baie d'Hudson ; à l'au- 
tomne, elle émigré au sud, dans l'est du Mexique, jusqu'à 
Costa Rica et la Colombie. 

Elle n'est pas rare au lac Mistassini (/. Âf. Macoun). 
Un seul spécimen a été tué à la baie du Renard, Anticosti 
{Brezi's/cr) ; M. Wintle dit qu'elle est commune et de pas- 
sage à Montréal. Je ne l'ai vue qu'une seule fois dans les 
bois des environs de Québec, vers la fin de mai 1886 et, sur 
une petite bande de sept individus, dont cinq furent tués, 
il n'y avait qu'une seule 9. 

Elle niche sur les branches inférieures des arbres et 
dans les buissons ; le nid se compose d'herbes et d'écorces 
fibreuses et est tapissé de crin ; les œufs sont d'un blanc pur, 
avec quelques taches de brun roux. Ils mesurent 0.62 x 
0.45. La ponte a lieu en juin. 

Genre COMPSOTHLYPIS. Cabanis. 

Bec court ; plumage varié ; dos bleuâtre, avec une tache jaunâ- 
tre ; .gorge jaune : taille petite. 

Compsothlypis americana usneae, Brewster, 648a. 

La Fauvette d'Amérique. 
Northern Parula Waruler. 

Adulte $. Parties supérieures d'un bleu cendré clair, ainsi 
que les côtés de la tête et du cou ; une tache d'un jaune verdâtre 
sur le milieu du dos ; ailes et queue noirâtres, lisérées de bleuâtre, 
avec deux bandes obliques sur les premières et une tache vers 
l'extrémité intérieure des trois rectrices latérales, blanches; pau- 
pières et ventre blancs, lavé de bleuâtre et de brun roux sur les 



358 LES OISEAUX 

côtés du corps ; menton, gorge et poitrine d'un jaune doré, teinté 
d'orangé brun vit, sur le haut de la poitrine ; une bande noirâtre, 
souvent mélangée de brun orangé, traverse la gorge. Longueur 
4. 12 -4.97 ; ailes 2.20-2.45 ; queue 1.60- 1.90. 

Les couleurs de la Ç sont moins prononcées que celles du $ ; 
la tache du dos et celles de la poitrine sont peu apparentes. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un bleu grisâtre, teinté 
de verdâtre ; le blanc du dessous est lavé de jaunâtre et le jaune de 
la poitrine est peu apparent ou en partie voilé par du gris clair, 
les taches blanches des rectrices et les bandes des ailes sont plus 
étroites. 

La Fauvette d'Amérique habite le nord et l'est des 
Etats-Unis et le sud du Canada ; à l'automne, elle se voit au 
sud, depuis le golfe du Mexique, en allant vers le sud. 

M. Wintle la donne comme commune et de passage à 
Montréal, tandis qu'à Québec, elle n'est pas commune, 
mais on la voit fréquemment plus au nord dans les forêts. 
Brewster l'a rencontrée à la baie du Renard, Anticosti. 

Elle niche dans des endroits marécageux, sur un arbre 
desséché, recouvert de mousse longue et fibreuse. Elle fixe 
cette mousse par les deux bouts à l'arbre, et elle fait son nid 
à l'intérieur, en y ajoutant des herbes et quelques crins ; le 
nid est ordinairement situé à une distance de trois à trente 
pieds du sol ; ses œufs, au nombre de quatre à six, sont 
blancs ou d'un blanc de crème, avec taches de brun roux 
et de roux cannelle, surtout au gros bout. Ils mesurent 
0.65 X 0.45. La ponte a lieu en juin. 

Genre DENDROICA, Gray. 

Bec délié; queue carrée ou échancrée, d'ordinaire beaucoup 
plus courte que l'aile, cette dernière, est pointue; les première et 
deuxième primaires sont les plus longues ; rectrices avec tache 
blanche au bord intérieur et vers le bout, à l'exception de Vœstiva. 

Sous-genre PERISSOGLOSSA, Baird. 

Bec très pointu, sensiblement recourbé vers le bout. 

Dendroica tigrina, (Gmel.) Baird, 650. 

I/a Fauvette du Cap May. 

Cape May Warbler. 

Adulte $ . Parties supérieures d'un olive verdâtre ou jaunâtre, 
maculé de noirâtre sur le dos ; couronne noirâtre, interceptée de 



DK I.A l'K<»\lN\K DK QUKIlEC 359 

])etites lijjnes brunes ; une tache d'un hrun oraiijjé dans la TC%\on 
(les oreilles; les côtés du cou, une ligne au-dessus de l'œil, le 
croupion et toutes les parties inférieures, d'un jaune brillant, 
blanchissant sous le ventre et ;\ la réjfion anale , Jîorge, p<jitrine et 
côtés du corps, rayés de noir; ailes et queue bordées d'olive, avec une 
larije bande blanche sur les premières et une tache de la mcMiie cou- 
leur sur le côté intérieur et vers le bout des trois rectrices latérales ; 
bec et jjieds noirs. Lonjjueur 4.70- 5.65 ; ailes 2 S5 ; queue 2.15. 

A l'automne, les couleurs deviennent un peu moins vives, et 
sont quelque peu voilées de grisâtre et d'olive. 

La 9 est semblable au S , mais elle n'a pas de noir sur la tête, 
ni de tache orangée sur l'oreille ; le dos est plutôt d'un olive grisâtre 
et le dessous, d'un jaune moins vif ; les stries noires sont moins 
nombreuses ; le blanc de l'aile et de la ijueue est j)lus restreint. 

Les jeunes sont d'un olive verdâtre sale en dessus, jaunissant 
sur le croupion, avec les parties inférieures d'un jaune blanchâtre 
sale ; rayé de brunâtre sur la poitrine et les côtés du corps, avec 
peu ou point de blanc sur les ailes qui sont lisérées de jaunâtre. 

La Fauvette du Cap Ma>- habite l'est de l'Amérique 
du Xord, à l'ouest jusqu'aux prairies ; elle uiche depuis le 
uord de la Nouvelle-Augleterre et le Mauitoba, eu allant 
vers le uord, jusqu'au territoire de la baie d'Hudsou. A 
l'automne, elle émij^re au sud d ins les Antilles. 

Cette espèce est peu commune d'ordinaire et d'une 
distribution plus locale que les auties espèces. 

Je n'ai pu, jusqu'à présent me procurer que trois spé- 
cimens, dont deux tués aux alentours de Québec, en 1878, et 
l'autre beaucoup plus au nord, quelques années plus tard, 
M. Wintle la mentionne comme rare, quelques individus ont 
été tués à Montréal. 

KUe niche à l'extrémité des branches des arbres et de 
préférence dans des conifères ; son nid est fait avec de petites 
branches, de petites racines, de l'herbe, des toiles d'arai(.çnées 
et du crin à l'intérieur ; ses oeufs, au nombre de quatre ou 
cinq, sont blancs, tachetés de brun roux et de lilas. Ils 
mesurent 0.65 x 0.45. La ponte a lieu en juin. 

Sous-OENRE DENDROICA, Grav. 
Bec moins pointu et pas sensiblement courbé vers le bout. 

Dendroica aestiva, (Gmel.) Baird, 652. 
I<a Fauvette jaune. 

Ykllow Warbler. 

Adulte (?. Parties supérieures d'un vert olive jaunâtre bril- 



360 LES OISEAUX 

lant, en dessus, avec la tête et les parties inférieures d'un jaune 
doré ; rayé de brun orangé sur la poitrine et les côtés du corps ; 
ailes et queue noirâtres, largement bordées de jaune ; bec de cou- 
leur plombée. Longueur 4.50-5.25; ailes 2.35-2.65; queue 
i.So- 2.10. 

La Ç est plus pâle et peu ou point striée sur la poitrine et les 
côtés du corps. 

Les jeunes lui ressemblent, mais ils sont encore plus pâles, le 
dessous est d'un jaune blanchâtre. 

La Fauvette jaune habite toute l'Amérique du Nord et 
niche sur presque tout son parcours ; à l'automne, elle émigré 
au sud dans l'Amérique centrale et le nord de l'Amérique 
du Sud. 

Cette espèce est commune aux environs de Québec et 
plusieurs nichent même dans la ville ; elle se montre com- 
mune dans plusieurs des paroisses environnantes et autres, 
sur la côte sud du fictive, notamment à St-Denis, à Kamou- 
raska, à la Rivière du Loup, etc. M. Wintle la mentionne 
comme très commune à Montréal, nichant également dans 
la ville. M. Brewster dit qu'elle est plutôt très commune 
à la baie du Renard, Anticosti, quoique M. le Dr Schmitt 
la donne comme assez rare dans l'île. Elle se trouve aussi à 
Gaspé, où je l'ai vue dans l'été de 1882. Elle est commune 
aux îles de la Madeleine [Bishop)^ de même qu'au lac 
Mistassini {/. M. Macoun)^ mais M. Comeau dit qu'elle 
n'est pas très commune à Godbout. 

Elle se construit un petit nid, artistement fait, avec des 
fibres de végétaux, du duvet cotonneux, des herbes fines, de 
petites branches et du crin. Ses œufs, au nombre de quatre 
ou cinq, sont d'un blanc grisâtre, avec taches de diverses 
grandeurs, de brun et de lilas. Ces taches sont ordinaire- 
ment disposées en cercle près du gros bout. Ils mesurent 
0.65 X 0.50. La ponte a lieu en juillet. 

Cette jolie Fauvette est tme des plus communes entre 
toutes celles qui notis visitent durant la belle saison, comme 
elle en est aussi la plus familière, puisqu'elle semble faire ses 
délices au milieu de notis. En effet, elle vient fixer son 
nid sur les arbres et arbrisseaux des jardins, des vergers, 
dans les haies d'arbustes qui bordent les chemins et les 
cours d'eau, dans les arbres isolés des villes comme dans 
ceux de la campagne. On la trouve également dans les 



1)1-. J,A l'kiAi.NLl. 1)1: ijlhiUx J'»! 

buissons et à la lisière des forêts. Douée (riine j^^rande 
activité, elle est sans cesse occupée à rechercher des insectes 
sur les arbres, voire même dans les ji^adeliers et autres sous- 
arbrisseaux des jardins, faisant en même temps, retentir l'air 
de sa joyeuse chansonnette. 

Durant Tépoque de l'incubation et de l'élevage des 
petit.s, cette Fauvette redoute l'approche de l'homme ; la 
présence de ce dernier, près de son nid la rend inquiète, 
elle devient plus ai^itée, sautille d'une branche à l'autre et 
fait entendre continuellement son petit cri plaintif de />//- 
/>//, tant que le danger dure ; puis elle monte à l'extrémité 
supérieure de l'arbre et se laisse choir de branche en branche 
jusqu'à terre, s'éloignant, les ailes traînantes, ne sautillant 
que sur une patte, de manière à lais.ser croire qu'elle est 
blessée, et cela pour attirer son ennemi vers elle, afin de 
l'éloigner du nid. Lorsqu'elle croit que le danger est passé, 
elle saute lestement sur un arbre et revient vers ses (cufs 
ou ses petits. vSi le même danger se renouvelle, elle recom- 
mence le même stratagème, et on peut ainsi lui faire 
exécuter cette ruse, plusieurs fois de suite. 

Il se rencontre quelques autres oiseaux qui, à l'exemple 
de la Fauvette jaune, emploient les mêmes ruses pour éloi- 
gner l'ennemi de leurs nids. 

Dendroica caerulescens, (Gmel.) Baird, 654. 
I,a Fauvette bleue à gorge noir. 

HLACK-THROATEI) Hi.uh W'aruler. 

Adulte $ . Parties supérieures d'un bleu ardoisé, faiblement 
rayé de noirâtre sur le dos, chez les adultes très vieux ; côtés de la 
tête, du cou, le menton, la gorge et la poitrine, d'un noir lustré, 
ce noir s'étend sur les côtés de la poitrine et du corps ; reste du 
dessous l)lanc ; ailes et queue noirâtres, lisérées de l)leuâtre ; une 
tache blanche sur les primaires vers la base et une autre, de même 
couleur, à l'extrémité intérieure des rectrices latérales. Longueur 
4.60 - 5.40 ; ailes 2 40 - 2 60 ; queue 2 00 - 2.20. 

A l'automne, les parties supérieures deviennent teintées d'olive 
verdâtre et le noir est mélangé de blanc. 

Le jeune i ressemble à l'adulte en hiver, avec le dessous blanc 
parfoi.s ; le bleu est lavé d'olive. 

La 9 a les parties supérieures d'un vert olivâtre ou d'un vert 
grisâtre, teinté parfois de bleuâtre ; les parties inférieures sont 
d'un jaunâtre terne. 



362 LES OISEAUX 

On peut toujours reconnaître cette espèce, par la tache blanche 
des primaires qui existe chez tous les individus et à tous les âges. 

Cette Fauvette habite l'est de l'Amérique du Nord, et 
niche depuis le nord des Etats-Unis jusqu'au Labrador. En 
hiver, on la retrouve au sud, depuis le golfe du Mexique, le 
Guatemala et les Antilles. 

Cette espèce est peu commune et se montre dans les 
grands bois au nord de la ville, à plusieurs lieues de dis- 
tance. M. Wintle dit quelle est commune à Montréal 
durant ses migrations, quelques-unes y nichent probable- 
ment. Elle se montre accidentellement à Goàhont (Comean). 

Elle niche dans des sous-arbrisseaux ; son nid est cons- 
truit avec de l'écorce fibreuse des arbres, de petites racines, 
de petites branches et garni de crin, il est quelquefois recou- 
vert au dehors de substances cotonneuses ; ses œufs, au 
nombre de quatre ou cinq, sont d'un blanc jaunâtre ou ver- 
dâtre, plus ou moins tachetés de brun roux pâle. Ils me- 
surent 0.65 X 0.50. La ponte a lieu en juin. 

Cette espèce fréquente les forêts marécageuses oii elle 
semble se plaire davantage. 

Dendroica coronata, (Linn.) Gray, 655. 

lya Fauvette à croupion jaune. 

Myrtle Warbler. 

Adulte $. Parties supérieures d'un bleu ardoisé, rayé de 
noir, avec le croupion et une tache au centre de la couronne, d'un 
beau jaune pur ; une autre tache de même couleur sur les côtés de 
la poitrine ; ailes et queue noirâtres, lisérées de bleuâtre, avec 
deux bandes blanches sur les premières et une tache sur les rectri- 
ces latérales comme chez les précédentes ; côtés de la tête noirs, 
avec les paupières et une ligne superciliaire, blanches ; parties infé- 
rieures blanches, avec de grandes taches de noir sur la poitrine et 
les côtés du corps, voilant presque le blanc. Longueur 5.00 - 6.00; 
ailes 2.75 - 3.00 ; queue 2.30. 

La Ç est semblable au S , mais ses couleurs sont moins inten- 
ses et moins vives ; le dessus est lavé de brunâtre 

Les jeunes ont les parties supérieures brunes, quelque peu 
rayées de noirâtre ; le dessous blanchâtre, également rayé de noirâ- 
tre ; le jaune du croupion est plus restreint, mais il existe tou- 
jours et à tous les âges, avec de légères traces du même jaune, sur 
la couronne et les côtés de la poitrine. 

En hiver, les adultes ont les parties supérieures teintées de 
brun foncé et le dessous lavé de brunâtre clair. 



I-l. I.A PROVINCK DE QUÉBKC 363 

La l'auvette ;\ croupion jaune liabite l'est de l'Amérique 
du Nord, et niche depuis le nord des ICtats-l'nis, en allant 
vers le nord. A l'automne, elle émigré dans le sud de la 
Nouvellc-Anj^letcrre et la vallée de l'Ohio, au sud, juscpie 
dans les Antilles, le Mexicpie et l'anama. j^ '^ 

I'',lle se montre commune aux lies de la Madeleine en 
été {/>is/jo/>) ; assez commune i\ Anticosti en été {Sc/iniiét)^ 
et plutôt commune aussi en été, à Godbout {Cowt'au). Klle 
est commune à Québec au moment de ses mij^ations et se 
voit par bandes ; elle arrix'e de Ix^nne heure à rautomne et 
nous quitte très tard. J'ai trouvé quelques individus en 
juillet, sur les bords de la rivière Montmorency et plus au 
nord, dans les montagnes, à une distance de six ou sept lieues. 
J'ai lieu de croire qu'elle niche dans ces endroits. M. Wintle 
dit qu'elle est très commune durant ses migrations ; il l'a 
observée au printemps depuis le 3 au 19 mai, et à l'automne 
du S au 10 octobre. 

Klle niche sur les branches inférieures des arbres et de 
préférence sur des conifères, à une distance de huit à dix 
pieds du sol ; d'ordinaire le nid se compose de petites 
branches, de végétaux à fibres molles, d'herbes, etc. Sa 
ponte est de trois ou quatre œufs blancs, avec taches de 
brun et de lilas. Ils mesurent 0.70 x 0.50. La ponte a lieu 
en juin. 

Cette espèce, qui vo)'age par petites bandes au moment 
de ses migrations, nous arrive très à bonne heure au prin- 
temps et disparaît ensuite pour aller plus au nord )• faire sa 
ponte. De bonne heure à l'automne, elle se montre de nou- 
veau pour nous quitter très tard. Je l'ai souvent vue vers 
la mi-octobre fréquentant les jardins et les parcs de la ville. 

Dendroica maculosa, (Gmel.) Baird, 657. 

La Fauvette à tête cendrée. 

Magnolia Wakuler. 

Adulte (? . Dessus de la tête d'un gris cendré; paupières et 
une bande en arrière de l 'œil, blancs; lorums, côtés de la tête et dos, 
d'un noir profond ; le dos est quelquefois teinté d'olive verdàtre ; 
ailes et queues noirâtres, lisérées de g^ris ; couvertures des ailes 
bordées et terminées de blanc sous forme d'une large bande ; une 
grande tache vers le milieu et sur le côté intérieur des rectrices 
également blanche, à l'exception de celles du centre; croupion et 



364 LES OISEAUX 

parties inférieures d'un jaune brillant, avec de grandes taches noires 
sur la poitrine et sur les côtés du corps ; couvertures inférieures de 
la queue blanches. Longueur 4.35-5.00 ; ailes 2.25-2.45; queue 
1.85-2.05. 

La 9 ressemble au <? , mais ses couleurs sont moins vives, le 
noir du dos est mélangé d'olive grisâtre ; celui des côtés de la tête 
est à peine sensible ; les taches noires du dessous sont plus petites 
et plus rares ; les ailes portent deux étroites bandes blanches. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un olive grisâtre, plus 
gris sur la couronne ; les côtés de la tête, sans noir ; le croupion et 
les parties inférieures sont jaunes et sans taches, parfois teinté de 
grisâtre en dessous ; deux bandes blanches sur les ailes. 

La Fauvette à tête cendrée habite l'est de l'Amérique 
du Nord, à l'ouest jusqu'aux Montagnes Rocheuses ; elle 
niche depuis le nord de la Nouvelle-Angleterre, le nord de 
New- York, et le nord du Michigan, jusqu'à la baie d'Hud- 
son, et dans les AUéghanies, au sud, jusque dans la Pennsyl- 
vanie ; à l'automne, elle émigré dans les Bahamas, Cuba, 
et dans l'est du Mexique jusqu'à Panama. 

Cette espèce est commune à la baie EUis et à celle du 
Renard, Anticosti, ainsi que le long de la côte nord du 
St-Laurent {Brewster\ mais M. le Dr Schmitt dit qu'elle . 
est assez rare à Anticosti ; M. Comeau la trouve très com- 
mune à Godbout et la plus commune des Fauvettes de l'en- 
droit en été, et elle niche dans ces parages. Elle est plutôt 
commune dans les bois au lac Mistassini (y. M. Macotm). 

Cette Fauvette se montre assez commune dans nos 
bois, aux environs de Québec et elle y niche ; j'ai vu assez 
souvent des jeunes pouvant à peine voler, ainsi que des 
nids. M. Wintle la mentionne comme commune et de pas- 
sage à Montréal. 

Elle niche sur les branches horizontales des conifères, 
à une distance de cinq ou six pieds de terre ; le nid est 
composé de petites racines, de tiges d'herbes, d'herbes 
molles et est garni de très petites racines de couleur noire 
ressemblant à du crin ; ses œufs, au nombre de quatre, sont 
blancs ou d'un blanc de crème, avec taches de brun roux. 
Ils mesurent 0.65 x 0.47. La ponte a lieu en juin ou juillet. 

Cette espèce se plaît dans les bois de conifères et dans 
les saules qui bordent les rivières ou quf croissent dans des 
endroits marécageux. 



DK I.A PROVINCE DK QUÉHEC 365 

Dendroica pennsylvanica, (Linn.) Hairh, 659. 

La Fauvette de Pennsylvanie. 

ClIKSTNl T SIDKl) WaUIîI.KR. 

Adulte s Dessus tle la lètc d 'un jaunt rlair ; dos ra\ 6 de noir 
et de jaune verdâtre ; dessus du cou rayé de noir et de ^ris cendré ; 
aiks et queue noir.Atres cette dernière et les primaires sont lisé-rées 
de jj^ris clair, les tertiaires lisérées de jaune clair, avec deux bandes 
d'un jaune hlanchâtre : une tache blanche sur les rectrices latéra- 
les, comme chez, les précédentes ; côtés de la tCle, du cou et les 
parties inférieures, blancs, avec une bande d'un brun roux foncé 
sur les càUs de la i)oitrine et du corps ; loruius, région maxillaire 
et une bande au-dessus de l'œil, noirs. Longueur 4.60-5.25 ; ailes 
2.40-2.65; queue 1.95-2.10. 

La 9. quoique semblable, est plus olivâtre en dessus, le noir 
des côtés de la tète est beaucoup plus pâle ; le brun roux du des- 
sous est plus restreint. 

Ives jeunes ont les parties supérieures d'un vert jaunâtre 
uniforme et légèrement strié de ])run sur le dos ; le dessous est 
entièrement blanc, avec ou sans traces de brun roux sur les côtés 
corps ; les côtés de la tète, du cou et les lianes sont d'un gris cendré 
uniforme; un anneau blanc entoure l'oeil; les bandes de l'aile 
sont teintées jaune soufre. 

La Fauvette de Pennsylvanie habite l'est des Etats-Unis, 
à l'ouest jusqu'aux prairies ; elle niche dans le centre des 
Etats de l'est et rillinois, au nord jusqu'au Manitoba et au 
Xouveau-Brunswick. A l'automne, elle émigré dans les 
Bahamas, l'est du Mexique, l'Amérique centrale et Panama. 

Cette espèce se voit assez fréquemment dans nos bois 
près de Québec et sur toute la côte de Pjeaupré, où elle 
doit nicher, puisque je l'ai remarquée en juillet et en août. 
M. Wintle la mentionne comme commune en été à Mont- 
réal, nichant dans le parc Mont-Royal. 

Pwlle niche dans les buissons à quelques pieds de terre ; 
le nid, qui est bien dissimulé dans les arbres, se compose de 
tiges d'herbes, d'herbes fines et de quelques filaments coton- 
neux et est tapissé de crin ; il est fait plus grossièrement 
que celui de la Fauvette jaune, quoiqu'il lui ressemble à 
l'extérieur. Ses œufs, au nombre de quatre, sont blancs ou 
d'un blanc de crème, avec taches de brun et de gris. Ils 
mesurent 0.65 x 0.50. La ponte a lieu en juin. 

On dit que des œufs d'Etourneaux sont fréquemment 
trouvés dans le nid de cette Fauvette. Elle fréquente de 



366 LES OISEAUX 

préférence les petits buissons et le versant des montagnes 
ou des collines. 

Dendroica castanea, (Wils.) Baird, 660. 
I/a Fauvette à poitrine baie. 

Bay-breasted Warbler. 

Adulte $ . Couronne et nuque d'un brun roux foncé, avec le 
front et les côtés de la tête, noirs ; une tache d'un blanc jaunâtre 
sur les côtés du cou ; le reste des parties supérieures d'un gris 
olive, rayé de noir ; ailes et queue noirâtres, lisérées de gris bleuâ- 
tre, les premières avec deux bandes obliques blanches et la dernière, 
avec une tache de même couleur sur les rectrices latérales, comme 
chez les précédentes ; menton, gorge, côtés de la poitrine et du 
corps, d'un châtain plus clair que celui de la couronne ; reste des 
parties inférieures, blanc, lavé de jaunâtre. Longueur 5.00-6.00 ; 
ailes 2.75-3.00 ; queue 2.15-2.25. 

La Ç est plus olivâtre en dessus ; le brun roux est plus étroit 
et moins apparent ne laissant souvent que de faibles traces. 

Les jeunes $ ressemblent à la 9 , mais le dessus est d'un vert 
olive au lieu d'olive grisâtre, rayé de noir ; croupion et couvertures 
supérieures de la queue grisâtres, également rayés ; le dessous est 
d'un brun jaunâtre pâle, lavé d'olive sur les côtés ; les flancs sont 
fortement teintés de rouille ou de châtain pâle. 

La jeune 9 ressemble au jeune <?, mais ses parties supérieures 
sont plutôt d'un vert olive uniforme et parfois avec de légères 
traces de stries sur le dos et ordinairement sans teinte bien apparente 
de rouille sur les flancs. 

La Fauvette à poitrine baie habite l'est de l'Amérique 
du Nord jusqu'aux prairies, à l'ouest ; elle niche depuis le 
nord des Etats-Unis, au nord, jusqu'à la baie d'Hudson ; en 
hiver, on la retrouve dans l'Amérique centrale et l'Amérique 
du Sud. 

Elle est rare aux alentours de Québec ; je n'ai vu, 
jusqu'à présent, que cinq spécimens. Elle est rare à Mont- 
réal et niche sur l'île {Wmtle\ et se montre accidentelle- 
ment à Godbout [Comeau). 

Elle niche sur des conifères dans des endroits maréca- 
geux ; son nid est construit avec l'écorce fibreuse des arbres, 
de petites racines, de petites branches et des feuilles de pins ; 
le nid est ordinairement situé entre cinq et vingt pieds du 
sol ; ses œufs, au nombre de quatre, sont blancs, avec nom- 
breuses taches de brun, de roux et de grisâtre. Ils mesurent 
0.70 XO.50. La ponte se fait en juin. 



DK I.A PROVINCE DE QUÉBEC 367 

Dendroica striata, (Im)RST.) Haikd, 661. 

La Fauvette rayée. 

Ukack roLL Wakhler. 

Adulte <? . Parties supérieures rayées de noir et de pris blan- 
châtre, teinte d'olive, avec tout le dessus de la tète d'un noir 
lustré; aik-s noirâtres, avec deux bandes blanches; pritnaires 
lisérées de jaune verdâtre ; tertiaires bordées extérieurement <le 
blanc ; rectrices noirâtres, lisérées de pris bleuâtre, avec taclies 
blanches, comme chez les précédentes ; les côtés de la tète, depuis 
les yeux, et toutes les parties inférieures, blancs ; une série de 
.stries noires part du bec, desceml sur les cotés de la gorpe et du 
cou, pour se continuer plus larpe sur les côtés du corps, jusqu'à la 
queue ; mandibule supérieure noire ; l'inférieure et les pieds, cou- 
leur de chair ou jaune pâle. Longueur 5.00-5.75 ; ailes 2.80-2.90 ; 
queue 2.05-2.25. 

La 9 diffère du <? par les parties supérieures, qui sont plutôt 
rayées d olive verdâtre et de brun foncé, y compris le dessus de la 
tète ; les parties inférieures sont blanches. teintées de jaune verdâ- 
tre particulièrement sur la poitrine ; les stries sont plus fines et 
plus rares. 

Les jeunes ressemblent à la 9 . le dessus est également d'un 
olive verdâtre, avec quelques vStries, particulièrement sur le milieu 
du dos ; les parties inférieures sont d'un jaune olive ou d'un jaune 
soufre sale, avec peu ou point de stries ; couvertures supérieures de 
la queue d'un olive verdâtre. Le jeune de cette espèce se distingue 
de celui de ]a. m s/anen, aux époques correspondantes, par ses parties 
inférieures qui sont plutôt teintées d'ohve jaunâtre que de brun 
jaunâtre pâle, et aussi, par l'absence de jaune ocreux ou de brun 
roux, sur les côtés de la poitrine et du corps, ainsi que par les cou- 
vertures inférieures de la queue qui sont blanches. 

La Fauvette rayée habite Test de rAmérique du Nord, à 
l'otiest jusqu'aux Montao^ues Rocheuses ; elle niche depuis le 
nord des Etats-Unis, au nord jusqu'au Labrador et l'Alaska ; 
à l'automne, elle émigré dans le nord de l'Amérique du Sud. 

Elle est très commune sur les îles de la ^Ladeleine et 
niche partout {Bishop). Brewster dit que cette Fauvette est 
la plus commune aux îles de la Madeleine, et qu'elle est 
assez comnnme à Anticosti aussi bien qtie sur la rive 
nord du St-Laurent. Elle n'est pas rare non plus au Lac 
Mistassini (/. M. Macoun\ mais se montre rarement à 
Godbout {Conicau). Il en est de même aux environs de Qué- 
bec. Cependant j'en ai tué cinq un jour d'automne, il y a 
une quinzaine d'années, et j'en ai vu quelquefois depuis, 
mais bien rarement. M. Wintle dit qu'il voit cette espèce 



368 LES OISEAUX 

de passage seulement au printemps et qu'il ne l'a pas remar- 
quée en automne. 

Elle niche sur des pins, à peu de distance de terre ; 
son nid se compose de petites racines, de petites branches, 
de grandes herbes, de lichens et, à l'intérieur, de plumes 
d'oiseaux. Sa ponte est de quatre ou cinq œufs blancs, 
avec nombreuses taches de brun roux. La ponte a lieu en 
juin. 

Durant sa migration, cette espèce fréquente les vergers, 
les buissons marécageux et les bois peu fournis. 

Dendroica blackburniae, (Gmel.) Baird, 662. 

I^a Fauvette de Blackburti. 

Blackburnian Wakhler. 

Adulte $ . Parties supérieures noires, rayées de blanc sale ou 
de blanc jaunâtre sur le dos ; une tache oblongue sur le dessus de 
la tête, une étroite bande superciliaire, les côtés du cou, le menton, 
la gorge et la poitrine d'un beau jaune orangé; une tache noire 
traverse l'œil et s 'étend sur les oreilles, se prolongeant, plus étroite 
sur les côtés de la poitrine ; reste du dessous d'un blanc jaunâtre, 
avec stries noires sur les côtés du corps ; ailes et queue noirâtres, 
lisérées de verdâtre sur les primaires ; rectrices extérieures presque 
toutes blanches ; une large bande blanche sur les ailes. Longueur 
4.25 ; ailes 2.50-2.80; queue 1.90-2. 10. 

La Ç a une livrée moins brillante ; les parties supérieures sont 
d'un brun grisâtre foncé, teinté d'olive et rayé de noirâtre ; le 
beau jaune orangé du $ est simplement d'un jaune pâle; ailes 
avec deux bandes blanches. 

A l'automne, les couleurs sont moins vives et moins pures 
dans les deux sexes. 

Le jeune $ à l'automne, ressemble à la 9 , mais il est plus 
foncé en dessus ; le dessous postérieurement est d'un jaune pâle. 

La jeune ? ressemble au jeune $ , mais elle est plus brune 
en dessus, le dessous est parfois d'un brun jaunâtre très pâle et les 
stries des côtés sont d'un brun grisâtre terne. 

La Fauvette de Blackburn habite l'est de l'Amérique 
du Nord, à l'est des prairies ; elle niche depuis le sud des 
Alléghanies, le Massachusetts et le Minnesota, au nord, 
jusqu'à la baie d'Hudson et au Labrador. 

Cette belle Fauvette n'est pas commune dans nos bois 
aux alentours de Québec. M. Wintle la mentionne comme 
commune au printemps du 10 au 24 mai, à Montréal ; M. 
Comeau dit qu'elle est plutôt rare à Godbout. 



DK I.A l'kOVINCIv DK QUEBEC 



369 



Ivllc niche (le prcfcrence (laii> des coniftïres, souvent à 
une^raiule distance de terre ; le nid, qui est artistenient fait, 
est composé tle petites racines, d'écorce fibreuse, de tiges 
d'herbes et d'herbes fines, l'intérieur est garni de crin ; sa 
ponte est de trois ou quatre œufs, d'un blanc verdâtre, avec 
des taches et des points de brun roux et de gris lilas. Ils 
mesurent 0.70 x 0.45. La ponte a lieu en juin. 

Cette espèce est sans aucun doute la plus belle de toutes 
celles cpii nous visitent pendant l'été. 

Dendroica virens, ((iMi'L. ) B.vikd, 667. 

L«i Fauvette a poitrine noire. 
Black-throated green Warhler. 

Adulte S . Parties supérieures d'un vert olive, avec le fronts 
une ligne superciliaire et les côtés delà tête, d'un beau jaune doré ; 
ailes et queue noirâtres, avec deux bandes Ijlanches sur les pre- 
mières et bordées de blanchâtre ; rectrices extérieures presque 
toutes blanches; menton, gorge et poitrine d'un noir lustré, se 
prolongeant, sous forme de stries, sur les côtés du corps ; reste du 
dessous blanc, teinté de jaunâtre. Longueur 4.35-5 40 ; ailes 2.40- 
2.55 ; queue i 90-2.05. 

La 9 ressemble au (? , à l'exception du noir de la poitrine qui 
est intercepté ou en partie voilé par du jaune. 

A l'automne, le noir, chez le ^, est mélangé de jaunâtre. 

Les jeunes sont semblables à la 9 . mais le noir est plus res- 
treint, ou il manque même, à l'exception de quelques stries sur les 
côtés ; ils sont plus teintés de jaune en dessous. 

La Fauvette à poitrine noire habite l'est de l'Amérique 




Fig. 19 — La Fauvette à poitrine noire. 

du Nord, à l'ouest jusqu'aux prairies, et niche depuis le 
Conuecticut, la Caroline du sud, dans les Alléghanies et 

24 



2,yo LES OISEAUX 

] 'Illinois, au nord, jusqu'à la baie d'Hudson. En hiver, 
elle se voit dans le sud des Etats-Unis, à Cuba et à Panama. 
Cette Fauvette est commune dans nos bois. 

Elle niche d'ordinaire sur les pins ou autres conifères, 
souvent à une distance considérable de terre ; quelquefois le 
nid sera placé sur des branches horizontales à quelques 
pieds à peine du sol ; il est composé de petites branches, 
d'écorces fibreuses, d'herbes sèches, de laine et de plumes, 
le tout entrelacé de crin et de duvet de végétaux. Sa ponte 
est de trois ou quatre œufs blancs, avec des taches brunâtres 
et de lilas. Ils mesurent 0.60 x 0.50. La ponte a lieu en 
juin. 

Cette Fauvette fréquente de préférence les bois de pins 
et autres conifères. 

Dendroica vigorsii, (Aud.) Stejn. 671. 

I/a Fauvette des pins. 

PiNE WaRBLER. 

Adulte S . Parties supérieures d'un olive jaunâtre vif, }' com- 
pris les côtés de la tête et du cou ; ailes et queue noirâtres, les 
premières avec deux bandes blanches et une tache de même couleur 
sur les rectrices latérales ; une ligne superciliaire et les parties 
inférieures d'un jaune brillant, blanchissant en arrière, teinté de 
brun sur les côtés, qui sont souvent parsemés de petites stries bru- 
nes. Longueur 4.95-5.60 ; ailes 2.70-3.00 ; queue 2. 10-2.45. 

En hiver, le $ est plus brun en dessus et plus brillant en 
dessous. 

La 9 lui ressemble, mais ses couleurs sont moins vives ; le 
dessus a parfois une apparence de gris olive et le dessous d'un 
jaune blanchâtre ou grisâtre. 

Les jeunes ont le dessus d'un brunâtre terne uniforme, le 
dessous d'un brun grisâtre très pâle, et les couvertures des ailes, 
lisérées de brunâtre pâle. 

La Fauvette des pins habite l'est des Etats-Unis, à 
l'ouest jusqu'aux prairies ; elle niche deptiis le golfe du 
Mexique jusque dans le sud des provinces britanniques ; à 
l'automne, elle émigré au sud, depuis le golfe et jusque dans 
les Bahamas. 

Cette petite Fauvette est rare dans la province. 

Elle niche ordinairement dans les pins et presque tou- 
jours à une grande distance du sol ; ses œufs, au nombre 
de quatre, sont d'un blanc terne, avec taches de brun et de 



DK LA PR(A'INCK DK QUEBEC 37 1 

lilas, surtout vers le }^ros bout. Ils inesureiit 0.65 x 0.50^. 

Counne sou uoui riudiquc, cette espèce frétiueute de 

préférence les forêts où le pin et autres conifères dominent. 

Dendroica palmarum hypochrysea, Kiix.u. 672a. 

La Fauvette a couronne rousse. 

VKI.I.OW I'AI.M W'AKUI.hK. 

Adulte c^ . l'arties supérieures d'un olive brunâtre, passante 
l'olive jaunâtre sur le croupion et les couvertures supérieures de la 
queue ; couronne d'un brun roux vif; dos avec traits bruns presque 
ertacés ; une li<,nie suj)erciliaire et les parties inférieures d'un jaune 
brillant, rayé (le brun roux, particulièrement sur les côtés du corps ; 
ailes et (jucue noirâtres, lisérées de jaunâtre ; couvertures des ailes 
terminées par une teinte plus pâle, mais sans former de bandes 
blanches ; une lar<^e tache blanche à l'extrémité des deux rectrices 
latérales ; paupière inférieure jaune. Longueur 4.90-5.75 ; ailes 
2.50-2. So ; queue 2.25-2.55. 

La 9 est peu différente du $ . 

Les jeunes ont le dessus varié d'olive et de V)run grisâtre, ra\é 
de noirâtre ; les couvertures inférieures de la queue jaunes ; dessous 
d'un blanc brunâtre et rayé de noirâtre. 

La Fauvette à couronne rousse habite l'est de l'Amé- 
rique du Xord ; elle niche dépuis le Nouveau Brunswick et 
la Nouvelle Ecosse, en allant vers le nord ; à l'automne,elle 
émigré au sud, jusqu'au golfe du Mexique. 

Elle se montre rarement dans la province. 

Elle niche à terre dans des endroits déserts, ordinaire- 
ment à la lisière des forêts ou des buissons, dans des endroits 
marécageux ; le nid est composé de tiges de grandes herbes, 
de petites racines d'herbes, de feuilles de pins et tapissé de 
crin ; ses œufs, au nombre de quatre, sont d'un blanc de 
crème, avec taches de brun et de lilas. Ils mesurent 0.65 
X 0.50 La ponte a lieu en juin. 

Genre SEIURUS, Swainson. 

Ailes pointues, beaucoup plus longues que la queue ; cette der- 
nière presque carrée ; tarse plus long que le doigt médian, l'ongle 
compris ; dessus olive, dessous blanc ou d'un brun jaunâtre pâle, 
avec nombreuses taches de brun. 

Seiurus aurocapillus, (Linn.) Swains. 674. 

La Grive couronnée. 

OVE.N-IilRD. 

Adultes S 9. Parties supérieures d'un vert olive uniforme^ 



372 LES OISEAUX 

avec une large bande d'un orangée brun sur la couronne, et bor- 
dée latéralement par une bande noire ; parties inférieures blanches, 
avec nombreuses taches noirâtres sur la poitrine, la partie anté- 
rieure du ventre et les côtés ; une ligne maxillaire noirâtre ; un 
anneau blanchâtre entoure l'œil ; ailes et queue noirâtres sans 
tâches et lisérées de la même teinte du dos ; pieds de couleur 
chair. Longueur 5.40 - 6.50 ; ailes 2 75-3.00 ; queue 2.00 - 2.25. 

Les jeunes ont le dessus d'un brun fauve, le noir et l'orangé de 
la couronne sont peu apparents ; le dessous est d'un brun jaunâtre 
pâle, avec de petites taches ou stries de noirâtre. 

La Grive couronnée habite l'est de l'Amérique du 
Nord et à l'ouest, jusqu'aux Montagnes Rocheuses et niche, 
deptiis le centre des Etats-Unis, au nord, jusqu'au Labrador 
et l'Alaska. En hiver, elle se retrouve dans la Floride, les 
Antilles, le sud du Mexique et l'Amérique centrale, jusqu'à 
Panama. 

Cette Grive est assez commune dans la province. 

Elle niche à terre dans une dépression du sol, au milieu 
des feuilles mortes, au pied d'un arbre ou sous un arbre 
renversé ; le nid est construit avec des feuilles, des herbes, 
des ,tiges d'herbes, des fibres de l'écorce de vigne sauvage 
ou autres, et souvent tapissé de crin. Le nid affecte une 
forme toute particulière, il est recouvert en forme de toit, 
avec une ouverture située plus ou moins sur le côté, res- 
semblant ainsi en quelque sorte à un four. De là le nom 
anglais qu'on donne à cet oiseau. Sa ponte est de quatre 
à six œufs blancs, avec traces de brun roux et de lilas. Ils 
mesurent 0.80 x 0.60. La ponte a lieu en juin. 

Seiurus noveboracensis, (Gmel.) Bonap. 676. 

IVa Grive des ruisseanx. 

Water Thrush. 

Adultes $ Ç . Parties supérieures d'un brun olive foncé, avec 
une ligne superciliaire jaunâtre ; une autre, brune, traverse l'œil ; 
parties inférieures d'un blanc jaunâtre, avec nombreuses taches 
noirâtres, excepté au milieu du ventre et à la région anale ; ces 
taches sont très petites sur la gorge, et deviennent plus grandes 
sur la poitrine et les côtés du corps ; pieds bruns. Longueur 5.50- 
6.00; ailes 2.75-3.C0; queue 2.25. 

lyes jeunes ont les plumes des parties supérieures terminées de 
fauve clair et le dessous, avec taches plus effacées. 

La Grive des ruisseaux habite l'est des Etats-Unis et 
niche, depuis le nord de ces derniers états, jtisqu'à la baie 



1)1. i.A i'i<<t\i\i I-. lu, Ml i-.iJi.L 373 

(rilmlson et Tcrrc-Xeiive. lùi hiver, elle se voit an siid 
jusque dans les AntilUs, l'Aiiu'i idut- ccnfr.ilf r\ It- nonl de 
TAmérique du Sud. 

Cette Gri\-e est ])cu cumuiuiKj iiau> la i>r')\incc. 

Cette espèce niche ù terre dans une dépression du sol, 
ou entre les racines d'un arbre ; le nid est construit avec des 
feuilles, des herbes et de petites racines. Ses œufs, au nom- 
bre de quatre ou cinq, sont blancs, avec nombreuses taches 
de brun roux et de lilas. 

Cette Cirive se voit souvent au bord des ruisseaux, des 
rivières et dans tout autre endroit humide ou marécageux ; 
son chant est assez agréable à entendre quoique aigu. 
Comme la précédente, elle aime beaucoup à marcher sur le 
sol, au bord des cours d'eau ou des étangs. 

Genre GE0THLYPI8. Cabanis. 

Ailes de formes varialiks, i>ointuc.s et beaucoup jikis longues 
que la queue, ou arrondies, à peine ou pas plus longues que cette 
dernière, qui est carrée ou quelque peu arrondie et sans tache de 
blanc ; dessus olive ou olive verdàtre, avec du jaune en dessous ; 
jambes fortes et de couleur pâle. 

SOOS-GENRK OPORORNIS, Baird. 

Ailes pointues et plus longues que la queue ; première rémige 
plus longue que la cinquième, quelquefois la plus longue des 
rémiges. 

Geothlypis formosa, ( Wils.) Ridgw. 677. 

I/a Fauvette du Kentucky. 

Kentlckv Warbler. 

Adultes ^Ç. Parties supérieures, d'un olive verdàtre clair; 
couronne noire, avec une ligne superciliaire d'un jaune brillant qui 
entoure l'œil en arrière; une bande noire part du bec et s'étend 
sur les côtés du cou ; ailes et queue sans taches, bordées d'olive ; 
pieds couleur de chair ; parties inférieures d 'un jaune brillant, teinté 
d'olive sur les côtés. Longueur 5. 00-5. 85 ; ailes 2 55-2.80 ; queue 
1.90-2.20. 

A l'automne les plumes noires de la couronne se bordent de gris. 

Les jeunes ont des couleurs moins vives, les parties supérieures 
sont d'un brun olive, y compris le dessus et les côtés de la tète ; le 
dessous est d'un olive pâle plus jaunâtre aux parties postérieuies. 

La Fauvette de Kentucky habite l'est des Etats-Unis, 
jusqu'aux prairies à l'ouest ; elle niche depuis le golfe du 



374 LES OISEAUX 

Mexique, au nord, jusqu'au sud de la Nouvelle-Angleterre 
et du Michigan, A l'automne, elle émigré dans les Indes 
Occidentales, l'est du Mexique et l'Amérique centrale 
jusque dans l'Amérique du Sud. 

Un couple a été vu près de Québec par M. Neilson, du 
Cap Rouge, dans la première partie de juillet 1879. 

Elle niche à terre, dans les buissons ; son nid est gros 
et se compose de feuilles, de parcelles d'écorces, de petites 
racines, d'herbes et de crin ; ses œufs, au nombre de quatre, 
sont blancs, maculés de brun roux et de gris. Ils mesurent 
0.70x0.55. La ponte a lieu au commencement de juin. 

Cette Fauvette fréquente de préférence les buissons, 
les bosquets et les vergers. 

Sous-GEMRE GEOTHLYPIS, Cabanis. 

Ailes rondes et à peine ou pas plus longues que la queue ; pre- 
mière rémige plus courte que la cinquième. 

Geothlypis philadelphia, (Wils.) Baird, 679. 

I^a Fauvette de Philadelphie. 

MOURNING WaRBLER. 

Adulte $ . Parties supérieures d'un olive brillant, passant au 
cendré sur la tête et le cou ; ailes et queue sans taches, bordées 
d'olive ; plumes du menton, de la gorge et de la poitrine, noires, 
bordées de gris cendré, toutes noires chez les plus âgés, eta^-ant 
l'apparence d'un oiseau portant un crêpe; sans blanc autour des 
yeux ; parties inférieures d'un jaune clair ; mandibule inférieure 
et pieds, de couleur chair. Longueur 4.90- 5.75 ; ailes 2.30- 2 55 ; 
queue 2.00- 2.25. 

La Ç a des teintes plus pâles, le menton et la gorge sont d'un 
blanchâtre terne ; la poitrine est d'un gris cendré terne, ou d'un 
brun grisâtre. 

Les adultes, en hiver, ont le cendré des parties antérieures 
teinté d'olive, le dessus plus brunâtre. 

Les jeunes ressemblent à l'adulte ?. mais ils sont plus lavés 
de brunâtre ; la gorge et la poitrine sont plus teintés de jaunâtre. 

La Fauvette de Philadelphie habite l'est des Etats- 
Unis jusqu'aux prairies ; elle niche depuis les localités 
montagneuses de la Pensylvanie, la Nouvelle-Angleterre, 
le nord du Michigan et le Nébraska, en allant vers le nord. 
En hiver, on la retrouve dans l'Amérique centrale et le nord 



ùK I.A PROVINCE DE QUEBEC 375 

<le rAniérique du Stul. l'.llc se voit accidcntclleincnt au 
Groenland. 

Cette cspt^CL- est comiuimc mii les îles de la Madeleine 
et se voit accidentel lenicnt ;"\ Montréal et à Québec. 

l'^lle niche dans la forêt, sur les arbres, tout prùs de 
terre, ou encore dans une léi^ùre cavité du sol, au centre 
d'une touiïe d'herbe ; son nid est construit avec des feuilles 
sèches, de l'écorce fibreuse des arbres, des herbes et du crin. 
Sa ponte est de quatre œufs blancs, avec taches de brun 
rou.x. Ils mesurent 0.71 x 0.54. La ponte a lieu en juin. 

Geothlypis trichas brachidactyla, (S\v.) P.\LMHK,681d. 

La Fauvette trichas du nord. 

X()kti[i:kn Vki.i.ow-tiikoa r 

Adulte $. Parties supérieures d'un vert olive foncé plus 
intense sur la couronne et le dessus du cou ; ailes et queue sans 
taches, lisérées de la couleur du dos; une lar<?e l^ande noire tra- 
verse le front et s'étend sur les côtés de la tète eu enveloppant 
l'œil, cette bande est bordée en arrière par du gris ; bord de l'aile 
et parties inférieures d'un jaune brillant, plus pâle ou blanchissant 
sous le ventre, et teinté d'olive brun sur les côtés du corps : bec et 
pieds noirs Longueur 4.40-5.65 ; ailus 1.90-2 20; queue 1.S5-2.20. 

Les teintes de la 9 sont plus pâles, le laune est moins vif, et 
ordinairement plus restreint ; la bande noire et le gris du <? sont 
reni{)lacés che/ elle par les couleurs du dos. 

Les jeunes ressemblent à la Ç , mais ils ont les partit s supérieu- 
res plus brunâtres et les parties inférieures d'un olive jaunâ- 
tre pâle. 

Kn hiver, le noir du ^ se voile en partie des mêmes teintes qui 
l'avoisinent. et les parties supérieures sont plus ou moins lavées de 
brun. 

La Fauvette trichas habite Test des Ktats-Unis, depuis 
le New-Jersey, jusqu'à Terre-Neuve et à l'ouest jusqu'à la 
vallée du Mississippi. En hiver, elle se retrouve au sud, 
jusque dans les Rahanias et le Mexique. 

Elle fait son nid à terre dans les buissons; il se compose 
d'herbes et de crin ; il est souvent recouvert en toit, comme 
celui de la Grive couronnée ; ses œufs, au nombre de quatre 
ou cinq sont blancs, avec des taches de brun roux et de 
brun foncé,surtout vers le gros bout. Ils mesurent 0.69 x 0.52. 
La ponte a lieti en juin. 

Cette jolie Fauvette est la plus commune, chez nous, 
après la Fauvette jaune, et on la rencontre partout ; il n'est 



^f'J^i LES OISEAUX 

pas de savanes, de buissons, si petits qu'ils soient, de haies 
d'arbrisseaux, de vergers, etc., qui n'en renferment au 
moins quelques couples. Elle est d'une gaieté et d'une 
agilité remarquables et est sans cesse occupée à explorer son 
petit canton, à la recherche de larves et d'insectes. 

Lorsque le $ commence sa chansonnette, il s'élève 
parfois à quelques pieds au-dessus des hautes branches et 
se laisse retomber ensuite, pour la terminer sous la feuillée. 
Sa chanson, qu'il répète trois ou quatre fois avec précipi- 
tation, peut se rendre à peu près par ces mots : sit-sn-huit^ 
sit-su-huit. 

Cette Fauvette est une des plus terrestres, aussi la voit- 
on souvent se poser à terre ; son allure ressemble beaucoup 
à celle d'un Troglodyte et, si l'on n'y regarde de près, on 
peut la confondre facilement avec cet oiseau. Elle se plaît 
sur les branches inférieures des arbres et ne s'élève que bien 
rarement jusqu'aux supérieures. Elle est peu farouche et 
se laisse approcher de bien près, puis, sans se précipiter, 
elle s'éloigne en sautant de branche en branche, souvent 
même en continuant sa chansonnette déjà commencée. 
Comme elle se cache toujours dans le feuillage, elle fait 
quelquefois entendre son chant où sa note d'alarme près de 
nous, sans que nous puissions l'apercevoir d'ordinaire. 

Genre WILSONIA, Bonaparte. 

Bec rappelant quelque peu par sa forme, celui des Moucherol- 
les ; ailes pointues, première rémige plus longue que la cinquième; 
queue étroite, carrée ou légèrement arrondie, pas plus longue que 
l'aile ; doigt médian sans l'ongle, à peu près les trois cinquième de 
la longueur du tarse ; dessous jaune. 

Wilsonia pusilla, (Wils.) Bonap. 685. 

I/a Fauvette de Wilson. 

Wilson's Warbler. 

Adulte $. Parties supérieures d'un olive verdâtre, avec la 
couronne d'un noir lustré ; ailes et queue noirâtres, sans taches et 
lisérées de la couleur du dos ; le front, une ligne superciliaire, les 
côtés de la tête et les parties inférieures, d'un jaune brillant, teinté 
d'olive sur les côtés du corps ; mandibule supérieure noire, l'infé- 
rieure d'un brun pâle. Longueur 425-5.10; ailes 2. 10 -2. 15; 
queue 2.05 - 2 25. 



DK I.A l'ROVIN'CK DK QUKRKC 377 

La 9 et les jeunes ont des couleurs moins vives, le noir de la 
couronne est plus (jhscurci ou niaïuiue parfois, et est remplacé par 
les couleurs du dos. 

La l<"aiivcttc de Wilson habite Tcsl de rAinérique du 
Nord, à Touest jiiscjue dans les Moiita*jnes Rocheuses ; elle 
niche particulièrement au nord des I{tats-Unis jusqu'au 
Labrador, la baie d'Hudson et l'Alaska. En hiver, elle se 
voit au sud dans l'est du Mexique et l'Amérique centrale. 

Cette espèce est ])eu commune dans la province. 

Klle niche à terre dans les buissons, au bord des étanj^s ; 
le nid est caché sous des' branches d'arbres et se compose 
d'écorce fibreuse, d'herbes, de feuilles et de fibres de 
vétrétaux ; ses œufs, au nombre de quatre ou cinq, sont 
blancs, avec taches de brun roux. Ils mesurent 0.60 x 0.50. 
La ponte a lieu en juin. 

Wilsonia canadensis, (Linn.) Couks, 686. 

I/a Fauvette du Canada. 
Canadi.xn Warbler. 

Adulte (?. Parties supérieures d'un cendré bleuâtre, avec les 
plumes de la couronne noires, bordées de gris cendré, celles du 
front sont pres(jue toutes noires ; une ligne au-dessus de l'œil, les 
paupières et les parties inférieures sont d'un jaune brillant, avec 
une série de taches noires à travers la poitrine ; ces taches remon- 
tent sur les côtés du cou jusque dans la région des oreilles qui sont 
noires ; lorums noirs ; couvertures inférieures de la queue blan- 
ches. Longueur 5.00 - 575 ; ailes 2.50 - 2.65 ; queue 2,20 - 2.40. 

La Ç ressemble au ^ , mais ses teintes sont moins vives, le 
noir de la tète et du cou est en partie voilé ; les taches de la poitrine 
sont plus rares et peu apparentes ; le jaune est plus pâle. 

Les jeunes lui ressemblent, mais le dos est quelquefois teinté 
d'olive ; il en est de même pour les adultes à l'automne. 

La Fauvette du Canada habite l'est de l'Amérique du 
Nord, jusqu'aux prairies à l'ouest ; elle niche depuis le 
Massachusetts, New- York, le Michigan, au nord, jusqu'au 
Labrador et à la baie d'Hudson. Jin hiver, elle se retrouve 
dans l'Amérique centrale, et le nord de l'Amérique du Sud. 

Cette espèce est en général peu commune. 

Klle niche à terre ou tout près du sol, dans les buissons, 
souvent entre les racines d'un arbre ou dans une touffe 
d'herbes ; le nid qui est toujours dissimulé au milieu des 



37^ LES OISEAUX 

objets qui l'environnent, est difficile à découvrir, et se com- 
pose de feuilles, d'herbes sèches, de l'écorce fibreuse des 
arbres, de quelques petites racines et de crin. Ses œufs, au 
nombre de quatre ou cinq, sont blancs, avec taches de brun 
roux, et de gris lilas. Ils mesurent 0.68 xo.50. La ponte 
a lieu en juin. 

Cette espèce fréquente les buissons et les endroits 
marécageux ; elle se tient plus particulièrement dans les 
grands arbres et souvent à leur sommet. 

Genre SETHOPHAGA, Swainson. 

Bec déprimé et large à la base ; semblable à celui des Mou- 
cherolles ; plumes de sa base dépassant les narines ; ailes poin- 
tues, pas plus courtes que la queue, cette dernière plutôt longue 
et presque disposée en éventail, avec les rectrices un peu plus 
élargies vers le bout. Plumage avec plus ou moins de roux et de 
noir chez les $ . 

Sethophaga ruticilla, (Linn.) Swains. 687. 

I^a Fauvette à queue rousse. 

American Redstart. 

Adulte ^. Plumage d'un noir bleuâtre lustré, avec les côtés 
de la poitrine, la moitié basale des primaires et des secondaires, et 
plus de la moitié de la longueur des rectrices depuis la base, et les 
couvertures inférieures des ailes, d'un beau rouge orangé ; rectri- 
ces centrales et la partie terminale des autres, noires, ainsi que le 
reste des ailes ; ventre et région anale, blancs. Longueur 4.75 - 
5.75 : ailes 2.40- 2.55 ; queue 2.30-2.45. 

lyC noir du J" est remplacé chez la J par un olive grisâtre en 
dessus et par du blanc grisâtre en dessous, et le rouge orangé par 
du jaunâtre clair aux parties correspondantes ; le reste des ailes et 
de la queue sont d'un brun noirâtre. 

Le jeune $ ressemble d'abord à la Ç , mais il a une apparence 
plus brunâtre en dessus, le brun noirâtre des ailes est plus foncé, 
et les côtés de la poitrine sont plus roux. Il ne revêt sa brillante 
livrée qu'à son troisième printemps. Après sa première mue, quel- 
ques plumes noires se voient çà et là aux parties antérieures et sur 
le dos. 

La Fauvette à queue rousse ou, Moucherolle doré, 
habite l'Amérique du Nord, particulièrement à l'est des 
Montagnes Rocheuses ; elle niche depuis le centre des Etats- 
Unis, au nord, jusqu'au Labrador et dans l'Alaska. A 
l'automne, elle émigré au sud, dans les Antilles, le sud du 



DK LA PROVINCE DK QUÉBEC 379 

Mcxicine, r.\iiicri(}ue centr.ile et le nord de rAinori(ine du 
Sud. 

Cette l'auvette est coinnuiiie en été dans la province. 

Hlle nielle sur les arbres ou dans les buissons, à une 
distance de quatre à trente pieds de terre ; le nid est com- 
pact et artistenient construit avec des fibres de plantes, des 
herbes sèches et des herbes plus fines avec du crin pour en 
j^-arnir Tintérieur. Ses œufs, au nombre de quatre ou cinq, 
sont blancs, avec taches de brun cannelle et de ^ris lil.is. 
Ils mesurent 0.65 xo.50. La ponte a lieu en juin. 

Il est intéressant d'observer cette charmante peiilc 
créature, lorsque par une belle journée d'été, le ^ étale au 
soleil la belle livrée rouge flamme et noir bleuâtre dont il 
est revêtu. \'oyez comme il ouvre en évantail et ferme 
alternativement sa queue, quand il cherche des insectes sur 
les arbres, ou lorsqu'il veut plaire à sa compagne. Il n'est 
jamais si gai ni aussi pétulant que lorsque le soleil darde 
ses rayons sur son joli plumage ; on dirait qu'il a conscience 
que ces flots de lumière lui donnent un cachet plus intense 
d'intérêt et de beauté. 

Il n'a pour tout ramage que ces notes ouizzi^ oiiizzi^ 
qu'il répète à quelques secondes d'intervalle. 

Famii.i.k MOTACILLID^— Motacillides. 

Bec plus court que la tOle, très t^rêle. droit, pointu et échancré 
au bout ; ailes plus longues que la queue, de neuf primaires ; la 
première aussi longue que la deuxième ; queue allongée à peu 
près égale à l'aile; jambes longues et déliées; tarses scutellés, plus 
longs que le doigt médian, l'ongle compris ; doigt intérieur fendu 
dès sa base ; doigts extérieur et médian unis à leur base ; ongle 
du doigt postérieur long et recourbé, excepté dans un genre étran- 
ger à notre faune. 

Ces oiseaux sont insectivores et se tiennent d'ordinaire 
dans les champs, les prés et les terres labourées ou ense- 
mencées ; ils aiment à marcher sur le sol pour y chercher 
de la nourriture. Ils ont l'habitude, lorsqu'ils sont à terre 
de remuer constamment la queue de bas en haut. 

Genre ANTHUS, Bechstein. 

Bec plus court que la tête, à peu près aussi haut que large à 
la base, quelque peu échancré au bout ; ailes plus longues que la 



3^0 i.ES OISEAUX 

queue, le bout étant formé par les quatre premières primaires ; 
plumage ordinairement strié. 

SOÙS-GENRE ANTHUS. 

Tarses plus longs que le pouce, l'ongle compris; côté inté- 
térieur de la rectrice latérale en grande partie noirâtre. 

Anthus pensilvanicus, (Lath.) Thienem. 697. 

I/a Farlouse d'Amérique. 

American Pipit. 

Adultes S' 9. Parties supérieures d'un gris brunâtre teinté 
d'olive, avec presque toutes les plumes du dessus de la tête et du 
dos, noirâtres au centre ; ailes et queue noirâtres, lisérées de gris 
brunâtre pâle ; moyennes et grandes couvertures des ailes bordées 
et terminées de cette même teinte ; rectrices extérieures presque 
toutes blanches ; parties inférieures, paupière et une ligne super- 
ciliaire d'un jaune brun pâle ou jaune d'ocre variable, plus pâle 
sur le menton et la gorge, rayé de noirâtre sur la poitrine, les 
côtés du cou et du corps. Longueur 6.00 - 7.00 ; ailes 3.20 - 3 50 ; 
queue 2 65 - 2.85. 

Les jeunes ont les parties supérieures d'un gris brunâtre terne 
le dessous du corps d'un blanc brunâtre, avec de larges taches 
noirâtres sur la poitrine. 

La Farlouse d'Amérique, vulgairement appelée Alotiette 
pipi^ habite l'Amérique du Nord; elle niche dans les régions 
arctiques et dans les Montagnes Rocheuses, au sud, jusqu'au 
Colorado. En hiver, on la retrouve dans les états voisins 
du golfe, le Mexique et l'Amérique centrale. 

Bile est généralement commune au printemps et à 
l'automne. 

Elle niche à terre dans l'herbe des champs, sur le bord 
des marais. Son nid est fait avec des tiges d'herbes sèches 
et de la mousse ; ses œufs, au nombre de quatre à six, sont 
d'un gris foncé, avec nombreuses taches de brun et de 
noirâtre. Ils mesurent 0.75 x 0.55. 

Cette espèce se voit par bandes et fréquente particulière- 
ment les champs de chaume, les terres labourées, les prai- 
ries et les pâturages, même dans le voisinage des animaux 
de la ferme. P^lle aime aussi à courir le long des cours 
d'eau et des grèves pour y chercher de très petites coquilles. 
Elle mange aussi des insectes, des vermisseaux et de petites 
graines ; elle déploie beaucoup d'adresse à capturer des 
insectes au vol. 



DK I.A PROVINCE DK QUÉBPX 381 

l'AMILI.l'. MIMID^— OISKAIX MoyiKUKS. 

Tarses scutellés, à écailles distinctes; queue étajjée, égale ou 
plus loii},Mie (jue les ailes ; ces dernières courtes et arrondies ; pre- 
mière primaire courte ; bec presque aussi long (jue la tOte et st)uvent 
courbé ; soies de la commissure bien développées ; doigt intérieur 
fendu dès sa base. 

Ces oiseaux fréquentent particulicrcnient les l)uis.s(jns 
et les taillis et se tiennent d'ordinaire près du sol. Ce sont 
des chanteurs par excellence et beaucoup jouissent de la 
faculté d'imiter le chant de certains oiseaux. Ils sont 
insectivores et frugivores. 

Genre MIMUS, Boie. 

Bec beaucoup plus court que la tète, avec échancnire vers le 
bout, gonys droit ou légèrement fléchi ; ailes et queue rondes, cette 
dernière est plutôt longue et graduée ; tarse plus long que le 
doigt médian l'ongle compris ; scutelles des tarses très distinctes. 

Mimus polyglottes, (Lixn.) Bonap. 703. 

La Grive polygotte. 

MOCKING-UIRD. 

Adulte S . Parties supérieures d'un gris cendré, avec les ailes 
et la queue noirâtres ; plusieurs couvertures alaires terminées de 
blanc ; une grande tache blanche sur les primaires vers la base ; 
les deux rectrices latérales ])resque toutes blanches ; parties infé- 
rieures d'un blanc sale, teinté de grisâtre sur la poitrine. Lon- 
gueur 9.00- 10.00 ; ailes 4.10-4.90 ; queue 4.50- 5.75. 

La 9 est un peu plus petite et sa livrée est moins claire et 
moins pure ; le dessus du corps est teinté de brunâtre. 

Les jeunes ont les parties supérieures plus brunâtres que la Ç 
et la poitrine est maculée de noirâtre. 

La Grive polyglotte, communément appelée Oiseau 
Moqueur^ habite les Etats-Unis, au sud, jusqu'au Mexique ; 
elle est rare et distribuée irrégulièrement depuis le Mary- 
land, au nord, jusqu'au Massachusetts. Elle se rencontre 
aussi dans le New-Jersey et l'Illinois, le sud de la Californie 
et les Bahamas. 

M. le Dr Schmitt m'a montré un spécimen tué le 8 
août 1903 à Anticosti, et M. Comeau m'a dit qu'il eu avait 
tué un à Godbout dans le même été ; ce sont les seuls faits 
connus, de sa présence dans notre province. 



382 LES OISEAUX 

Elle niche sur les arbres ou les arbrisseaux, à peu de 
distance du sol ; le nid est composé de petites branches, 
de petites racines, de tiges de plantes, et garni à l'intérieur 
de crin ou de poil d'animaux et de filaments cotonneux. 
Ses œufs, au nombre de quatre ou cinq, sont d'un bleu 
verdâtre, avec taches de brun jaunâtre et de roux. Ils 
mesurent 0.95 x 0.71. Elle fait deux et quelquefois trois 
pontes, dans le sud des Etats-Unis. 

Elle fréquente les forêts peu touffues, les champs, les 
haies d'arbrisseaux, les routes, les vergers, et elle niche 
sur les arbres dans ces endroits ; elle est peu farouche et 
vient quelquefois placer son nid sur un arbre jusque sous 
les fenêtres des habitations. Sa nourriture consiste en 
insectes, larves, vers et baies ; elle se nourrit aussi, dit-on, 
d'oranges et autres fruits de cette nature. 

L'Oiseau-Moqueur est un chantre remarquable ; il 
possède une voix pleine, forte et hautement musicale, capa- 
ble d'exécuter les modulations les plus variées. Il jouit en 
outre à un degré supérieur de la faculté d'imiter le chant 
des autres oiseaux. Voici ce qu'en dit Audubon : 

" Ce n'est pas les doux sons de la flûte ni les hautbois 
que j'entends, mais bien des notes plus mélodieuses ; la 
musique de la Nature elle-même. La suavité de son chant, 
la gradation des modulations, le brillant de l'exécution et 
l'étendue de sa voix, sont incomparables. Il n'y a pro- 
bablement aucun oiseau dans l'Univers qui possède toutes 
les qualités musicales de ce roi du chant, et il n'y en a pas 
dans le monde qui puisse rivaliser avec lui." Puis, parlant 
des qualités mimiques de cet oiseau, il dit : " Son pouvoir 
imitatif est étonnant, il imite avec facilité le chant de ses 
frères des forêts et des eaux, ainsi que le cri de plusieurs 
quadrupèdes." (i) 

Genre GALEOSCOPTES, Cabanis. 

Bec plus court que la tête, avec une échancrure ver.s le haut ; 
gonys plus fléchi que chez le genre précédent ; scutelles des tarses 
presque effacées ; ailes et queue rondes, cette dernière est graduée 
et plutôt plus longue ; couleur d'un gris ardoisé en dessus. 



(i) Audubon. Ornithological biography. Vol I, p. 109 et 113. 



DK I.A PROVINCE DE QUÉBEC 3.S3 

Galeoscoptes carolinensis, (Linn). Cah. 704. 

La Grive de la Caroline. 
Catiuru. 

Adultes i 9- Livrée d'un pris ardoise foncée, plus claire en 
dessous, avec le dessus de la tète et la queue, noires ; couvertures 
inférieures de cette derniùre d'un brun roux ; bec et pieJs noirs; 
ins brun. I.on^'ueur S.oo - 9 3.S : «liles 3-45 " 3 75 : ^1"*^ 3 7° - 4-25- 

Les jeunes ressemblent aux adultes, mais leur teintes sont 
plus pâles ; le noir de la couronne est j)eu apparent, et les parties 
inférieures sont il peine maculées d'une teinte plus foncée ; les cou- 
vertures inférieures de la queue sont d'un brun roux. 

Le Grive de la Caroline que l'on appelle aussi Merle 
ihat^ habite l'Amérique du Nord et niche depuis le ^olfe 
du Mexique, au nord jusqu'à la Saskatchewan. A l'automne, 
il cmi,o;re au sud, dans les KtaLs-Tnis du sud, à Cuba et 
l'Amérique centrale, jusqu'à Panama. Il se montre com- 
mun à Montréal en été, et il niche dans le parc du Mont- 
Roval {]Vintle). Il est peu commun aux alentours de 
Québec. Cependant je l'ai rencontré assez souvent sur les 
bords de la rivière Lairet et dans les arbustes qui croissent 
sur le versant nord des hauteurs de Ste-Foy. Il niche dans 
les buissons, sur les branches supérieures des arbres ou dans 
les vertj^ers ; le nid est construit avec de petites branches, 
des feuilles, des herbes sèches, et aussi des fibres de végé- 
taux. Ses œufs, au nombre de quatre ou cinq, sont d'un 
vert bleuâtre uniforme. Ils mesurent 0.95 x 0.70. La ponte 
a lieu vers le commencement de juin. 

Il se nourrit de fruits et de baies de toutes sortes, de 
vers et d'insectes. 

Cet Oiseau se plaît dans les endroits marécageux ou 
humides des forêts peu fournies et des buissons, sur le bord 
des ruisseaux ou des rivières. 

Son chant, quoique bien inférieur à celui du précédent, 
n'est pas sans avoir un charme tout particulier ; ses trilles 
qti'il répète, perché stir un arbrisseati, offrent des variations 
et des tons plus doux que la plupart de ceux de nos chantres 
des bois. 

Il imite aussi à s'y méprendre le miaulement du chat 
domestique, voilà pourquoi on lui donne le nom vulgaire 
qu'il porte ; il a également, mais à un faible degré, la faculté 
d'imiter le chant de quelques oiseaux. 



384 IvES OISEAUX 

Genre TAXOSTOMA, Wagler. 

Bec de forme et de longueur variables, parfois plus court ou 
plus long que la tête, droit ou courbé, pieds gros et forts ; scutellés 
sur le devant ; ailes et queue rondes, cette dernière plus longue ; 
première rémige très petite, égale ou à peine plus longue que le 
tarse. 

Sous-GENRE TAXOSTOMA. 

Tarse plus long que le culmen ; gonys beaucoup plus court 
que le doigt médian sans l'ongle ; queue excédant l'aile de pas 
plus que la longueur du tarse. 

Taxostoma rufum, (IvInné,) Cabanis, 705. 
I/a Grive rousse. 

Brown Thrasher. 

Adultes <? 9 • Parties supérieures d'un brun roux vif et 
uniforme, avec deux bandes blanches, précédées de noirâtre sur 
les ailes ; parties inférieures blanches, plus ou moins teintées de 
de brun roux et de brun jaunâtre pâle, avec nombreuses taches bru- 
nes lancéolées, sur les côtés du cou, la poitrine et les côtés du 
corps ; ces taches sont plus larges et plus allongées sur ces deux 
dernières parties ; gorge, milieu du ventre et couvertures inférieu- 
res de la queue sans taches ; bec long, recourbé, noir en dessus 
et jaune en dessous ; iris jaune. Longueur 10.50-12.00; ailes 
4.10-4.60; queue 5-oo-5-75- 

Les jeunes ont des teintes moins prononcées. ♦ 

La Grive rousse habite l'est des Etats-Unis, à l'ouest 
jusqu'aux Montagnes Rocheuses ; elle niche depuis le golfe 
du Mexique, y compris l'est du Texas, au nord, jusqu'au 
Canada. En hiver, elle se voit depuis les états du sud, en 
allant vers le sud. 

Elle est commune en été à Montréal ; un nid a été 
trouvé au parc du Mont-Royal, mais elle n'a pas été remar- 
quée en automne {Wintle). 

Elle niche dans les buissons à peu de distance de terre, 
ou sur le sol ; le nid, qui est gros, est grossièrement cons- 
truit avec de petites racines, des parcelles d'écorce, des 
feuilles, du crin et quelques plumes d'oiseaux. La ponte 
est de quatre ou cinq œufs, d'un blanc verdâtre, avec de 
nombreux points de brun roux. Ils mesurent 1.08 x 0.80. 
La ponte a lieu à la fin de mai ou au commencement de 
juin. 

Cette Grive fréquente les buissons, les taillis et la lisière 



Planche VIII 




Fig. I. — Grimpercau (rAmcri(|uc. 2. — Sittcllc de la Caroline. 3. — ]\Tcrle d'A- 
inéri(|ne. 4. — Mésange à tête noire. 5. — Grive de Swainson. 
Nota — Le.s gravures sont reproduites de divers auteurs. 



DK LA PROVINCE DE QUÉBEC 385 

des forêts, et se voit peu souvent au milieu des g^rands bois. 
La douceur et la uiclodic de son chant la place sans jK-ine 
parmi les premiers chantres ailés. C'est ordinairement le 
matin et le soir que, perchée au sommet d'un arbrisseau, 
elle répète ses délicieuses notes. 

Famille TROGLODYTID^— Troglodvtes- 

Bec Rrêle, sans t'rliaiuTure, de inuitié ou aussi long que la tCte, 
droit (Ml faiblement arfjuO ; soies de la comuiissure peu apparentes ; 
narines ovalaires ; ailes courtes et rondes, moins de trois pouces 
de longueur et de dix primaires, la première trCis courte ; tarses 
longs, scutellés en avant et parfois en arrière ; doigt médian, réuni 
à la base au doigt intérieur ; (jueue courte, carrée ou ronde. 

Les Troglodytes fréquentent ordinairement les lieux 
obscurs, les trous, les cavernes et cjuelquefois les endroits 
marécageux, le bord des ruisseaux, à la recherche d'insectes 
dont ils font leur nourriture exclusive. Ils portent la 
queue relevée. Leur chant est en général fort et strident. 

Genre TROGLODYTES, Vieillot. 

Taille petite ; bec délié et recourbé graduellement vers le bout, 
ou parfois droit ; queue à peu près de même longueur que l'aile ; 
sans ligne superciliaire bien apparente ; ailes, queue et flancs rayés 
transversalement. 

Troglodytes aedon, Vieillot, 721. 

I/C Troglodyte aedon. 

IIorsK \Vri;n. 

Adultes $ 9- Parties supérieures d'un brun foncé, plus roux 
sur le croupion et la queue ; dessous variant du brun blanchâtre 
au blanc grisâtre souvent un peu plus foncé sur la poitrine et 
ondulé sur tout le corps d'une teinte plus brune, se dessinant plus 
particulièrement sur la queue, les ailes, les flancs et les couver- 
tures inférieures caudales, peu appréciables sur le dos et en des- 
sous. Longueur 4 25 - 5 25 ; ailes 1.90 - 2.15 ; queue 1.75 - 2.08. 
Les jeunes sont semblables aux adultes. 

Le Troglodyte sedon habite l'Amérique du Nord à l'est 
du Mississippi ; il niche depuis le golfe du Mexique, au 
nord, jusqu'au Manitoba et Ontario ; à l'automne, il émigré 
dans la partie sud des Etats-Unis. 

M. Wintle dit qu'il est rare à Montréal en été. Dans 
la première partie de juillet 1880, j'ai capturé une 9 qui 

25 



386 LES OISEAUX 

était venu faire son nid dans un trou pratiqué à un des 
angles d'une petite construction située dans le jardin du 
séminaire de Québec, c'est la seule fois que je l'ai vu ici. Le 
nid était construit avec du crin, quelques brins d'herbes et 
des plumes à l'intérieur ; il contenait neuf œufs. 

Il niche près des habitations, dans de petites cabanes, 
dans des trous d'arbres ou autre enfoncement quelcon- 
que, il y amasse de petites branches, des herbes sèches, du 
crin et quelques plumes. Ses œufs, au nombre de cinq à 
neuf, sont blancs, avec nombreux points de brun roux, qui 
recouvrent presque toute la surface, leur donnant une appa- 
rence d'un roux saumon foncé. Ils mesurent 0.65 x 0.50, 
Il fait d'ordinaire deux ou trois pontes dans l'été. 

Ce Troglodyte est peu farouche et fréquente le bord 
des forêts, les endroits marécageux, les bocages, les vergers 
et les jardins. Il se plaît autour des habitations et il y 
niche. Ce petit oiseau a un chant fort et aigu, qu'il 
exécute avec cadence et rapidité ; son vol est ordinairement 
bas et peu soutenu. 

Genre OLBIORCHILUS, Oberholser. 

Semblable au précédent, mais la queue est beaucoup plus 
courte que l'aile, un peu moins que les trois quarts. 

Olbiorchilus hiemalis, (Veillot,) Oberhol. 722. 

I^e Troglodyte d'hiver. 

WiNTER WrEN. 

Adultes $ 9 . Parties supérieures d'un brun roux foncé, plus 
clair postérieurement, finement rayé ou ondulé de brun noirâtre 
sur les rémiges, le dos et la queue ; ces raies sont peu apparentes 
sur le dos ; bord extérieur de plusieurs des premières primaires 
rayé de brun foncé et de blanc brunâtre ; parties inférieures d'un 
brun roux, plus pâle ou blanchâtre antérieurement, finement ra3'é 
ou ondulé de brun et de blanchâtre sur les flancs et le ventre. Lon- 
gueur 3.50-4.12 ; ailes 1.75-2.00; queue 1.15-1.40. 

Le Troglodyte d'hiver habite l'est de l'x\mérique du 
Nord ; il niche depuis le nord des Etats-Unis, en allant 
vers le nord, et au sud, dans les Alléghanies jusqu'à la 
Caroline du Nord, En hiver, on le retrouve dans le sud 
des Etats-Unis, en allant vers le sud. 



DK LA PROVINCK DK QUÉBKC 387 

Ce Tro^locK te est assez comimm dans la province. A 

l'exemple du précé- 
dent, il niche dans 
des trous d'arbres, 
de murs, de vieilles 
constructions, ou tout 
y^f^ autre enfoncement ; 
'^ son nid est fait avec 
^^ de petites branches, 

f ■ des herbes sèches, du 




-/ 



^P^ 



crin et des plumes ; 
ses œufs, au nombre 

IMK. .... U- 1 ,u,U„lytc d'hiver. ^^^ ^^^^,^^^^ ^^ ^-^^ ^^^^^ 

blancs, avec nombreux points de brun roux. Ils mesurent 
0.60 X 0.47. 11 fait deux pontes en été. 

Ce c^entil petit Troglodyte à un chant plus doux et 
plus harmonieux que celui du précédent. Il a la faculté 
de grimper sur le tronc des arbres. Il aime à se poser à 
terre ou sur les racines dénudées des arbres. 

Genre TELMATODYTES, Cabanis. 

Bec atteignant environ les deux tiers de la longueur de la 
tête ; dos rayé longitudinalement de blanc sur un fond noir. 

Telmatodytes palustris, (Wils.) 725. 

I<e Troglodyte des marais. 

LONH.-i5ILI.KD M.\RSH WrEN. 

Adultes <? 9. Parties supérieures d'un brun clair, plus foncé 
ou presque noirâtre sur la tète, le dessus du cou et le milieu du 
dos ; cette teinte est sous forme de bande longitudinale ; quelques 
raies ou taches blanches se voient sur le dos et les côtés de la tête 
en arrière de l'œil ; une étroite bande blanchâtre au-dessus de 
l'œil ; parties inférieures blanches, teintées de brunâtre sur les 
côtés, les flancs et à la région anale ; plusieurs secondaires noirâ- 
tres à l'extérieur ; queue rayée de brun et de noirâtre. Longueur 
4.25; ailes 1.S0-2.12; queue i. 60-1. 90. 

Le Troglodyte des marais habite Test des Etats-Unis 
jusqu'aux Montagnes Rocheuses, et niche depuis le golfe 
du Mexique, au nord jusqu'au Manitoba et à la Nouvelle- 
Angleterre. En hiver, il se retrouve dans le sud des Etats- 
Unis et Test du Mexique. 



388 LES OISEAUX 

Cet Oiseau se montre accidentellement à Montréal. 

Il niche dans les joncs ou autres grandes herbes aqua- 
tiques au bord des marais. Son nid, qui est gros, est com- 
posé de tiges d'herbes, d'herbes plus fines, de chatons de 
saules ou de peupliers et quelquefois de boue ; il est fixé 
aux grandes herbes et affecte la forme d'un globe, avec une 
ouverture sur le côté. Ses œufs, au nombre de cinq à neuf, 
sont d'un brun chocolat pâle, avec taches de brun plus 
foncé. Ils mesurent 0.65 x 0.45. La ponte a lieu en juin. 

Ce Troglodyte fréquente les marais salés, comme les 
eaux douces et se voit en colonies dans les endroits qu'il 
affectionne. Il grimpe quelque peu sur les arbres. 

Famille CERTHIID^— Grimpereaux. 

Bec aussi long que la tête, grêle, comprimé, plus ou moins 
arqué et pointu ; sans soies à la commissure ; narines découvertes ; 
ailes courtes, de dix primaires ; première très courte, atteignant à 
peine la moitié de la deuxième ; queue étagée, formée de pennes 
raides, usées et pointues ; tarses scutellés, plus courts que le troi- 
sième doigt avec l'ongle; ongles très recourbés et aigus. 

"^^ Ces oiseaux"; sont particulièrement insectivores. Ils 
grimpent sur le tronc des arbres et des grosses branches, 
et se servent de leur queue comme appui. 

Genre CERTHIA, Linné. 

Mêmes caractères que ceux de la famile. 

Certhia familiaris americana, (Bonap.) Ridgw. 726. 

1/6 Grimpereau d'Amérique. 
Brown Creeper. 

Adultes $ 9 . Parties supérieures d'un brun foncé, variées de 
brun plus clair, de blanchâtre et de roux, cette dernière teinte 
domine sur le croupion ; une ligne superciliaire et les parties infé- 
rieures blanches, teintées parfois de brun sur les côtés du corps et 
à la région anale ; ailes noirâtres, avec les couvertures et les rémi- 
ges terminées de blanc; deux bandes obliques blanches ou d'un 
blanc jaunâtre traversent les rémiges vers le centre. Longueur 
2, 00-5. 75 ; ailes 2,40-2.70 ; queue 2.30-2.90. 

Le Grimpereau d'Amérique habite l'est de l'Amérique 
du Nord et niche dans le nord des Etats-Unis, en allant vers 
le nord ; à l'automne, il émigré au sud. 



m-: I \ i'K-( »\iNci-: in (»ikhi-'.c" ■^Sq 

M. Winllc le mciilioiiiic coiuiik- (.ouiiniin c-l (k- p.i^- 
sage prC-s de Montréal. Je l'ai reniarqiic j)lusieiirs fois aux 
alentours de Québec et même dans la ville. 

Il niche entre les interstices de l'écorce qui se détache 
des vieux troncs d'arbre, particulièrement de ceux de coni- 
fères ; son nid se compose de petites branches, d'écorce, de 
mousse, de cocons et de toiles d'araiji^nées. Ses œufs, 
au nombre de cinq à huit, sont blancs, avec taches de brun 
roux ou de brun cannelle. Ils mesurent 0.58 x 0.47. La 
ponte a lieu en juin ou même à la fin de mai. 

Comme son nom l'indique, il grimpe sur les arbres 
pour V rliercher, sur l'écorce, des insectes et leurs larves. 

F.\MILLK SITTID^— SiTTELLHS. 

liée presque aussi lon>; que la tête, droit, grêle, pointu, en 
forme de coin ; narines rondes, recouvertes par les plumes du front ; 
rectrices courtes, d'égale longueur; ailes longues et pointues, de 
dix primaires ; première très courte ; tarses grêles, scutellés en 
avant, plus courts que le doigt médian, l'ongle compris. 

Les Sittelles vivent dans les bois et se voient souvent 
par petites bandes ; elles se nourrissent d'insectes et de 
larves qu'elles trouvent sur les arbres ; mais elles ont aussi 
l'habitude de manger l'amande de fruits durs, tels que 
noisettes, glands, faînes, etc. Pour parvenir à cette fin, 
elles fixent le fruit dans une crevasse d'écorce d'arbre ou 
autre endroit analogue et, à l'aide de leur bec, elles frappent 
sur l'enveloppe du fruit jusqu'à ce qu'elle cède et par cette 
ouverture, elles eu mangent le contenu. Elles grimpent 
en tous sens sur les arbres. Cette habitude que les Sittelles 
ont de frapper avec leur bec, l'écorce des fruits durs, leur a 
valu le nom anglais qu'elles portent. 

Genre SITTA, Linné. 
Caractères semblables à ceux de la famille. 

Sitta carolinensis, Lath. 727. 

La Sitelle de la Caroline. 

White-bre.vsted Xuthatcii. 

Adulte <? . Parties supérieures d'un bleu cendré clair, avec 
le dessus de la tête, la nuque et le dessus du cou d'un noir lustré ; 



390 LES OISEAUX 

ailes noirâtres lisérées de bleu cendré clair ; la plupart des rémiges 
sont terminées de blanc ; quelques primaires portent une tache 
blanche au bord extérieur; tertiaires noires à l'intérieur et d'un 
bleu cendré clair à l'extérieur; tectrices médianes semblables au 
dos ; les latérales noires, avec une tache blanche vers le bout ; la 
plus extérieure en grande partie blanche ; parties inférieures, côtés 
de la tête et du cou, blancs, quelque peu teintés de grisâtre ; cou- 
vertures inférieures de la queue maculées de brun rouille. Lon- 
gueur 5.25-6.15 ; ailes 3 50-3.75 ; queue 1.95-2.20. 

La Ç ressemble au ^, mais ses couleurs sont un peu plus 
pâles ; le noir du dessus de la tête est en partie voilé par les cou- 
leurs du dos. 

La Sittelle de la Caroline habite l'est des Etats-Unis 
jusqu'aux Montagnes Rocheuses et niche depuis le golfe 
du Mexique jusqu'au Canada. Elle demeure toute l'année 
dans presque toutes les localités oii elle se voit. 

Elle est commune à Montréal et rare à Québec. 

Cette espèce niche dans un trou d'arbre, dans la forêt, 
et choisit d'ordinaire quelques vieux nids de pics ; le nid 
est garni de plumes, de crin et de quelques brins d'herbes ; 
elle pond de cinq à huit œufs blancs, avec taches de brun 
roux et de lilas. Ils mesurent 0.80 x 0.60. La ponte a 
lieu vers la fin de mai ou au commencement de juin. 

Cette Sittelle est presque constamment occupée à 
rechercher sur les troncs des arbres, dans les crevasses de 
l'écorce, des insectes, des larves ou leurs œufs. Elle mange 
aussi des fntits durs dont elle perfore l'écorce après les avoir 
fixés dans un petit trou pour les maintenir en place. 

Sitta canadensis, Linn. 728. 

I/a Sitelle du Canada. 

Rf.d-breasted Nuthatch. 

Adulte ^. Parties supérieures d'un bleu cendré, avec le des- 
sus de la tête et une bande à travers l'œil, s'élargissant en arrière, 
d'un noir lustré, cette ban ie est séparée du noir de la couronne par 
une ligne superciliaire blanche ; parties inférieures d'un brun 
roux, blanchissant sur la gorge et les côtés du cou ; rectrices cen- 
trales semblables au dos, les autres noires ; les latérales avec une 
tache blanche vers le bout ; ailes noirâtres, lisérées de bleu cen- 
dré. Longueur 4.12-4 75 ; ailes 2.60-2.85 ; queue 1.50. 

La 9 a la couronne semblable au dos ; le noir des côtés de la 
tête est moins intense et le roux du dessous est plus pâle. 

Les jeunes lui ressemblent. 



DlC LA PROVINCK DK QUKBhX 39 ^ 

La Sittclle du Cnnadn hahite l'Amcriquc du Nord et 
niche depuis le nord de la Xouvelle-An^deterre, le nord de 
New- York et du Michij^an, en allant vers le nord ; au sud, 
dans les Alléj^lianies et les Montagnes Rocheuses. A l'au- 
tonine, un bon nombre éniij^^re dans le sud de la république 
voisine. 

Klle se montre plus ou moins commune dans nos boiâ 
pendant toute Tannée. 

Klle niche dans un tronc (rarl)re mort à une vin^i^taine 
de pieds du sol ; le nid est composé de quelques bribes 
d'écorce fibreuse et de plumes ; ses œufs, au nombre de 
quatre à si.\, sont blancs, avec de nombreux points et taches 
de brun roux. Ils mesurent 0.60 x 0.50. 

Ses mœurs sont semblables à celles de la précédente. 

F.\ MILLE PARIDiE, MÉSANGES. 

Bec plus court que la iCle, droit, comprimé, conique et sans 
échancrure ; narines petites, arrondies et cachées par les plumes du 
front ; tarses scutellés, grêles ; d'ijït externe uni à sa base avec le 
doigt médian ; ailes à peine, ou p i>i plus long-ues que la queue, de 
dix primaires ; première plus courte que la deuxième. 

Ces oiseaux sont quelque peu musiciens ; ils sont très 
actifs et d'ordinaire peu farouches. Ils pondent un bon 
nombre d'œufs. Leur nourriture consiste en insectes et 
graines; au besoin, ils ])eu\-ent manger de tout. 

Genre PARUS, Linné. 

Ailes et queue arrondies, cette dernière pas beaucoup plus 
longue que les premières ; narines entièrement cachées sous les 
plumes du bec ; couleur non voxantes. 

Sous GENRE PARUS. 

Tète sans huppe ; de couleur noire ou brune. 

Parus atricapillus, Lixx. 735. 

La Mésange à tète noire. 
CincKADKi;. 

Adultes S 9. Parties supérieures d'un cendré brunâtre nuan- 
cé d'olivâtre et quelque peu teinté de rouille sur le croupion ; toute 
la tète jusqu'aux yeux, la nuque, le menton et la gorge, noirs; 
côtés de la tète et du cou blancs ; reste des parties inférieures blan- 
châtres, lavé de brun roux sur les côtés ; ailes et queue brunes 



392 LES OISEAUX 

plus ou moins lisérées de gris blanc. Longueur 4.40-5.75 ; ailes 
2.55-2 75 ; queue 2.50-2.70. 

La Mésange à tête noire habite l'est de l'Amérique du 
Nord et niche depuis le milieu des Etats-Unis jusqu'au 
Labrador. A l'automne, elle se déplace peu vers le sud. 

Cette espèce est commune à Québec au printemps et à 
l'automne ; plus rare en hiver, elle disparaît en été. Cepen- 
dant je me suis procuré un nid avec des œufs à la Jeune 
Lorette, en 1880. Elle est commune en hiver à Montréal. 

Elle niche dans un tronc d'arbre ou d'arbrisseau, dans 
les bocages, les vergers, aussi bien que dans la forêt ; le nid 
abandonné d'un écureuil ou celui d'un pic lui convient ; de 
la mousse, du poil des mammifères, des herbes fines, quel- 
ques feuilles sèches et des plumes en tapissent l'intérieur. 
Sa ponte est de cinq à huit œufs blancs, avec des points 
de brun roux. Ils mesurent 0.50 x 0.45. 

La Mésange à tête noire est un des oiseaux familiers 
des forêts comme de nos vergers ; elle nous arrive en sep- 
tembre et se voit alors pendant tout l'automne dans les 
bosquets, les jardins et les vergers, inspectant chaque arbre 
pour y trouver des insectes dont elle se nourrit, jetant 
parfois un petit cri de qui es-tu^ ou de tchi^ di^ di^ di^ di. 
Pendant l'hiver, elle habite les forêts et le bûcheron ou le 
trappeur est toujours heureux de la rencontrer, car elle est 
l'un des rares oiseaux qui animent les bois silencieux à cette 
froide saison de l'année, tous ceux qui les embellissaient 
dans les beaux jours de l'été les ayant désertés. 

Parus hudsonicus littoralis, Briant, 740c. 

I<a Mésange du Canada. 

CANADIAN CpiCKADEE. 

Adultes $ Ç . Parties supérieures d'un brun cendré uniforme, 
plus vif sur le dessus de la tête et du cou, et faiblement nuancé 
d'olive ; menton et gorge d'un noir de suie ; côtés de la tête depuis 
les 3'eux, blancs, paSvSant au grisâtre sur les côtés du cou ; reste 
des parties inférieures, d'un blanc sale, avec les côtés du corps et 
les couvertures inférieures de la queue d'un brun roux ; ailes et 
queue brunes, lisérées de gris blanchâtre. Longueur 5.00-5.25; 
ailes 2.40-2.60 ; queue 2.30-2 75. 

La Mésange du Canada habite la partie est du Canada 
et le nord de la Nouvelle-Angleterre et de New- York. 



DE LA PROVINCK DE QUKHEC 393 

Elle est coimnunc à (jodboiit peiulant toute l'année 
{Comiau). M. Wintlc dit qu'elle est rare en hiver, l^lle se 
montre souvent i\ l'automne et au printemps en compaj^nie 
de la précédente, aux environs de Québec 

Ivlle niche éj^alement dans un tronc d'arbre et pond de 
six à sept œufs blancs avec taches de brun roux. Ils mesu- 
rent 0.60 X 0.45. 

Cette petite Mésange a absolument les mêmes mœurs 
que sa cousine. 

Famiij.k SYLVIIDiE Roitelets, etc. 

Bec très grêle, court, droit et légjèrement échancré Jl la pointe ; 
narines ovalaires. nues ou recouvertes par de petites plumes en 
forme de soies ; ailes pointues de dix primaires, première très courte; 
tarses scutel lès ou recouverts d'une enveloppe sans division et plus 
longs que le doigt médian, l'ongle compris. Taille très petite, 
moins de si.x pouces. 

Les Roitelets sont, après notre Oiseau-Mouche, les plus 
petits de nos oiseau.x. Ils sont élégants, agiles et gais, en 
même temps qu'ils sont d'agréables musiciens. Ils habitent 
les forêts et se nourrissent d'insectes et de vers. 

Sous-famille RIÎGULIN.(îî — Roitelets, 

Ailes plus longues que la queue, cette dernière faiblement 
échancrée ; narines cachées par de petites plumes ; tarses recouverts 
d'une enveloppe continue, excepté à la base; couleurs verdâtres ; 
couronne éclatante : iris brun ; bec et pieds noirs. 

Genre REGULUS, Cuvier, 

Tarses très grêles plus longs que le doigt médian avec l 'ongle ; 
doigts latérau.x presque égaux entre eux. 

Regulus satrapa, Light. 748. 

Le Roitelet huppé. 

GOLDEN-CRfJWNKD KiNGLET. 

Adulte $ . Couronne d'un beau rouge orangé, circonscrite de 
jaune et bordée de noir ; front et une étroite bande superciliaire, 
blanchâtres; parties supérieures d'un vert olive, plus brillant sur 
le croupion, teinté de cendré sur le dessus du cou ; ailes et queue 
noirâtres, lisérées de jaunâtre clair, avec deux bandes obliques sur 
les premières ; les tertiaires lisérées de blanchâtre ; une tache noirâ- 
tre sur les secondaires au bord extérieur et vers le centre ; parties 



394 



LES OISEAUX 



inférieures d'un blanc sale teinté de cendré ou de jaunâtre. Lon- 
gueur 3.75-4.55 ; ailes 2.10-2 25 ; queue 1.60-2.00. 

La 9 a la couronne jaune et sans rouge. 

Les jeunes lui ressemblent, mais la tache colorée du dessus de 
la tête est réduite ou même peu apparente. 

Le Roitelet huppé habite l'Amérique dti Nord et uiche 
depuis le nord des Etats-Unis, en allant vers le nord ; mais 

dans les Montagnes Ro- 
cheuses, il fait sa ponte 
au sud jusqu'au Mexique, 
et, dans les Alléghanies, 
jusque dans les Caro- 
lines. En hiver, il se 
distribue dans les Etats- 
Unis du sud, jusqu'au 
Guatemala. 

Il est commun à Mon- 
tréal et assez rare à Qué- 
bec, au printemps et à 
l'atttomne. 

Il niche sur les arbres 
et place son nid à l'inter- 
section de deux branches; 
il est gros et parfois en 
partie suspendu et se compose de mousse, de l'écorce fibreuse 
des arbres, de petites racines et de plumes ; ses œufs, au 
nombre de cinq à huit, sont blancs ou d'un blanc grisâtre, 
avec taches de brun pâle et de lilas. Ils mesurent 0.55 x 
0.40. La ponte a lieti en juin. 

Il se notirrit d'insectes et de larves de ces derniers. 
Ce gentil petit oiseau n'est pas farouche et se laisse 
souvent approcher de bien près avant de s'envoler. Son 
chant est agréable à entendre. 

Regulus calendula, (Linn.) Licht. 749. 

I/C Roitelet à couronne rubis. 

RUBY-CROWNED KiNGLET. 

Adulte <î . Couronne avec une tache, en partie cachée, d'un 
beau rouge écarlate, dont la base est blanchâtre ; parties supérieu- 
res d'un vert olive grisâtre, plus olivâtre sur le croupion et les cou- 
vertures supérieures, de la queue ; ailes et queue noirâtres lisérées 




Le Roitelet huppé. 



DK LA PkOVINCK I)K QUP:bKC 395 

dtr jaune clair, avec deux étroites batidcs oljlitjues sur les ailes ; 
les j)arties inférieures blanchAtres, teintées de jaunAtre ou de gri- 
sâtre. Lonjîueur ;> 754 <>o ; ailes 2.20-2 30; queue 1.85- i yu. 

La 9 lui ressemble, mais le rouge de la couronne est plus petit. 

Les jeunes n'ont pas de tache rouge sur la couronne, le rehte 
est semblable aux adultes. Cette tache n'apparaît qu'à la seconde 
année. 

Ce Roitelet ;\ la niciiie distribution ^idéographique que 
précédent. 

Il se montre commun au j^rintemps et à rautounic i\ 
Montréal et à Québec. 

Il niche sur les arbres, d'ordinaire dans des conifères ; 
son nid res.semble à celui du précédent ; ses œufs, au nombre 
de quatre h huit, sont d'un blanc de crème, finement poin- 
tillés de brun roux. Ils mesurent 0.55 x (X44 La ponte a 
lieu en juin. 

Ce petit oiseau a les mêmes mœurs que le précédent ; il 
est éj^alement peu farouche et se laisse approcher d'assez 
près a\-ant de s'éloijj^ner. 

I<.\Mii.i.K TURDIDiE.— Grives, Tr.vqukts, ktc. 

Bec médiocre, assez grêle, comprimé, terminé en pointe, à 
f)eine courbé et ordinairement échancré ; narines ovalaires ; soies 
à la base de la mandibule supérieure et à la commissure ; tarses 
allongés, grêles, recouverts d'une enveloppe continue, excepté, vers 
la base des doigts ; ailes plus ou moins pointues, plus longues que 
la queue ; primaires dix, première très courte. 

C'est dans cette famille, qui est nombreuse en espèces, 
que se recrutent les chantres les plus remarquables de la 
gent ailée. Tous ces oiseaux ont des habitudes solitaires, 
cependant quelques espèces voyagent en petites bandes. Ils 
habitent les buissons, les forêts, la lisière du bois et quelques- 
uns même, se rencontrent dans les jardins et dans les 
vergers. Leur nourriture consiste en insectes, vers, larves 
et baies de diverses espèces. 

Ils aiment à se poser et à marcher sur le sol, pour y 
chercher des insectes, etc., qu'ils trouvent sous les feuilles 
sèches dans la forêt, ou pour y chercher des vers qu'ils 
retirent adroitement de leurs trous. 

Ils nichent dans les buissons ou sur de grands arbres 
et quelquefois à terre, le nid est construit avec des feuilles, 



396 LES OISEAUX 

de la mousse, des herbes fines, de petites racines et par- 
fois avec de la boue. 

J^Sous notre climat, tous ces oiseaux sont migrateurs ; 
ils nous arrivent de fort bonne heure au printemps et s'en 
retournent en général tard à l'automne. 

SOUS-FAMTLLE TURDIN^Î)— GrIVES. 

Bec plus court que la tête, droit, subulé ; tarses recouverts 
d'une écaille continue, excepté vers la base des doigts. 

Genre HYLOCICHLA, Baird. 

Queue moins de trois fois la longueur des tarses ; parties infé- 
rieures plus ou moins maculées. 

Hylocichla mustelina, (Gmel.) Ridgw. 756. 

I/a Grive des bois. 

WooD Thrush. 

Adultes ^Ç. Parties supérieures d'un brun jaunâtre pâle, 
teinté d'olive sur le croupion et la queue, plus vif ou d'un beau 
roux cannelle sur le dessus de la tête et du cou ; parties inférieures 
blanches faiblement teintées de jaunâtre pâle sur la poitrine, avec 
nombreuses grandes taches noirâtres, excepté au menton, au bas 
ventre et à la région anale; région auriculaire d'un brun foncé, 
rayé de blanc ; bec d'un brun foncé, jaunâtre à la base ; pieds d'un 
jaunâtre pâle. Longueur 7 50-8.25 ; ailes 4.10-4.50 ; queue 3.00- 
330. 

Les jeunes ont les parties supérieures maculées ou striées de 
jaunâtre pâle ou de blanchâtre. 

La Grive des bois habite l'est des Etats-Unis jusqu'au 
prairies et niche depuis la Caroline du Nord, la Virginie, 
le Kentucky et le Kansas, au nord, jusqu'aux limites nord 
des Etats-Unis. A l'automne, elle émigré au sud, jusque dans 
le Guatemala et Cuba. 

Cette espèce se voit, dit-on, dans les cantons de l'est ; 
M. Wintle la mentionne comme accidentelle à Montréal, 
et dit qu'il a vu un spécimen capturé aux chutes Roxon, 
Québec. 

Elle niche sur les arbres, à une distance de cinq à dix 
pieds de terre ; son nid est composé de tiges d'herbes, de 
feuilles, d'herbes fines et de petites racines ; elle y ajoute 
quelquefois un peu de boue. Sa ponte est de quatre œufs, 



DK LA PROVINCE DK QUKBKC 397 

d'iui bien vcrdâtrc unifunne ; ils inesur«.-nt r.05 x().7'). I^a 
ponte a lieu ù la fin de mai ou en juin. 

Cette (irive habite les forêts, surtout les buissons et les 
bois humides et se voit souvent A terre cherchant sa nour- 
riture sous les feuilles sèches. 

La (jrive des l)ois po.ssède un chant (pii ne se compose 
que de quekiues notes, mais elles sont si douces, si pleines 
de mélodie cprclle .s'élève sans peine au-dessus des musi- 
ciens ailés de nos bois, à l'exception peut-être de l'Oi.seau- 
Moqueur. C'est ordinairement vers le soir que, perchée sur 
les branches les plus élevées d'un arbre, elle fait retentir 
les bois de sa mélodieuse voix ; l'abondance et la variété de 
ses modulations sont tout à fait impossibles à décrire. 

" Bien que composée d'un petit nombre de notes, dit 
Audubon, sa voix est si puis.sante, si distincte, si claire et si 
moelleuse, qu'il est impossible qu'elle frappe l'oreille, sans 
que l'esprit ne soit en même temps ému. Je ne puis com- 
parer ses effets à ceu.x d'aucun instrument, car je n'en con- 
nais pas réellement d'aussi mélodieux. Elle s'enfle peu à 
peu, devient plus sonore, puis jaillit en gracieuses cadences, 
et retombe enfin si douce et si basse qu'on dirait qu'elle va 
mourir." 

Hylocichla fuscescens, (Steph.) Ridgw. 756. 

I/a Grive de Wilson. 
Wilson's Thrush. 

Adultes $ 9 . Parties supérieures d'un brun roux clair nuancé 
d'olive, avec les ailes et la queue d'une teinte plus vive ; parties 
inférieures blanches teintées d'olive grisâtre sur les côtés, et de 
jaune brunâtre pâle, presque roux brun, sur la poitrine; maculé 
antérieurement de petites taches brunes, excepté au menton et au 
milieu de la gorge ; bec et pieds d'un brun jaunâtre pâle. Lon- 
gueur 6.50-6.70 ; ailes 3.75-4. 15 ; queue 2 90-3.25. 

Les jeunes ont les parties supérieures plus ou moins striées 
comme chez les précédents ; le reste est semblable aux adultes. 

La Grive de Wilson habite l'est de l'Amérique du 
Nord, jusqu'aux prairies ; elle niche dans et depuis la 
moitié nord des Ktats-Unis, jusque dans le sud des provin- 
ces britanniques ; à l'automne, elle émigré plus au sud. 

Cette Grive se montre commune dans la province. 



398 LES OISEAUX 

Bile niche à terre ou près du sol ; son nid est composé 
de parcelles d'écorce fibreuse, d'herbes, de feuilles, de tiges 
d'herbes et de petites racines. Ses œufs, au nombre de 
quatre ou cinq, sont d'un bleu verdâtre pâle, uniforme. Ils 
mesurent 0.90x0.65. La ponte a lieu en juin. 

Le chant de cette Grive rappelle celui de la Grive des 
bois, mais il est loin d'être aussi varié et aussi riche en 
mélodie. 

Hylocichla alîciae, (Baird,) Ridgw. 757. 

La Grive d'Alice. 

Gray cheeked Thrush. 

Adultes $ 9 . Parties supérieures d'un olivâtre clair uniforme 
ou d'un gris olive, avec les côtés de la tête grisâtres, presque uni- 
forme ; parties inférieures blanches, teintées de brunjaunâtre pâle 
sur la poitrine et les côtés du cou, avec taches triangulaires noi- 
râtres antérieurement, excepté au menton et au milieu de la gorge ; 
côtés du corps teintés de brun cendré ; sans cercle jaunâtre autour 
de l'œil. Longueur 7.00-7.75; ailes 3 75-4.40 ; queue 2.95-3.40. 

Les jeunes ressemblent aux adultes, mais les parties supérieu- 
res sont striées comme chez les précédents. 

La Grive d'Alice habite l'est de l'Amérique du Nord 
et niche depuis le Labrador jusqu'à l'Alaska ; à l'automne, 
elle émigré jusque dans l'Amérique centrale. Elle est com- 
mune dans le sud du Labrador (^Packard). 

Elle a été remarquée aux îles de la Madeleine {Bishop). 

Elle niche presque toujours à terre ; le nid est composé 
de tiges de joncs et autres plantes, de feuilles, d'herbes 
sèches et de parcelles d'écorce fine. On dit qu'elle cons- 
truit quelquefois son nid avec de la boue, comme fait le 
Merle ; ses œufs, au nombre de quatre, sont d'un bleu ver- 
dâtre, avec taches de brun roux. Ils mesurent 0.91 x 0.71. 
La ponte a lieu en juin. 

Hylocichla ustulata swainsonii, (Cab.) Ridgw. 758a. 

I/a Grive de Swainson. 

Olive-backed Thrush. 

Adultes $^. Parties supérieures d'un olivâtre clair uni- 
forme ; parties inférieures blanches, lavées de brun jaunâtre pâle 
sur la poitrine, la gorge, les côtés de la tête et du cou, et maculé 
sur toutes ces parties de taches triangulaires noirâtres, excepté au 
menton et au milieu de la gorge ; côtés du corps teintés de brun 



I)K I.A PROVINCE DK QUEBEC 399 

cendré: un cercle jaunâtre entoure l'œil. Longueur 6.35-7.55; 
ailes 3 S()-4. 10 ; queue 2..S0-3.10. 

Les jeunes res.semblent au. \ adultes, il l'exception des parties 
supérieures qui sont striées, comme chtz ceu.x (jiii précèdent. 

La (îrive de Swaiiisou habite l'est de rAtncric|ue du 
Nord et niclie particulièrement au nord des lUats-Unis, 
dans les réjj^ions montagneuses des Ktats du nord ; à l'au- 
tomne, elle émigré au sud jusqu'à Cul)a, au Guatemala et 
au Pérou. 

Cette Grive est peu commune dans la province. 

Klle fait sa ponte dans les buissons ou sur les arbres à 
peu de di.stance du sol, le nid se compose de feuilles, de 
petites branches, et de parcelles d'ccorce, elle y ajoute quel- 
quefois de la mousse ; ses œufs, au nombre de quatre, sont 
d'un bleu verdâtre, maculés de brun de diverses teintes. 
Ils mesurent 0.92 x 0.65. La ponte a lieu dans la pre- 
mière partie de juin. 

Cette Grive fréquente les bois et les taillis ; à l'exemple 
de ses congénères, on la remarque aussi très souvent à terre. 
Il paraît que son chant est très agréable à entendre. 

Hylocichla guttata pallasii, (Cab.) Fax. ^S: Allkx, 759b. 

La Grive solitaire. 

liERMIT ThRUSH. 

Adultes $ 9. Parties supérieures d'un brun olive passant au 
roux brun sur le croupion et la queue ; parties inférieures blanches 
teintées d'olive brunâtre sur les côtés du corps et de brun jaunâtre 
pâle sur la poitrine, la gorge, les côtés de la tète ainsi que 
du cou, avec de grandes et nombreuses taches noirâtres sur toutes 
ces parties, excepté au milieu du menton et de la gorge ; comme 
chez les précédentes, ces taches deviennent plus petites en se distri- 
buant sur les côtés de la gorge et du cou ; bec brun en dessus, le 
dessous et les pieds pâles. Longueur 6.50-7.25; ailes 350-3.75; 
queue 2.55-3.00. 

Les jeunes sont striés en dessus comme les précédents; le reste 
est semblable aux adultes. 

La Grive solitaire habite l'est de l'Amérique du Nord 
et niche dans le nord des Etats-Unis, le nord des Allégha- 
nies et autres régions montagneuses, au nord, jusqu'au 
Labrador ; à l'automne, elle émigré dans le sud des Etats- 
Unis. 



400 LES OISEAUX 

Cette grive est généralement commune dans toute la 
province. 

Elle niche à terre sur les branches inférieures des 
arbres ; le nid est composé de feuilles, de petites racines, 
d'herbes fines, de mousse et de parcelles d'écorce ; ses 
œufs, au nombre ordinaire de quatre, sont d'un bleu verdâ- 
tre uniforme. Ils mesurent 0.85 x 0.65. La ponte a lieu 
dans la première moitié de juin ou même en mai. 

Le chant de cette Grive ne se compose que de quelques 
notes et, s'il n'est point comparable en mélodie à celui de 
la Grive des bois, il a cependant un attrait tout particulier. 

Quand le matin, dès l'aurore, comme le soir au déclin du 
jour, la Grive solitaire lance ses joyeuses notes, on croit 
entendre les premières roulades de la musicienne ailée des 
bois ; sa voix quoique peu forte, est claire et rappelle le tim- 
bre argentin de la flûte ; voilà pourquoi, dans certaines loca- 
lités, on donne le nom de JiûteA cet oiseau. 

Cependant Audubon dit qu'elle ne chante pas, mais 
Samuel prétend qu'elle chante très bien et presqu'à l'égal 
de la Grive des bois. " Les habitudes, dit-il, le chant et les 
caractères généraux de cette grive sont presque exactement 
semblables à ceux de la grive des bois. Son chant lui 
ressemble tellement que j'ai toujours cru, en l'entendant, que 
c'était celle des bois. 

Genre MERULA, Leach. 

Queue plu.s de trois fois la longueur des tarses ; parties infé- 
rieures, chez les adultes, sans taches. 

Merula migratoria, (Linné,) Swains. 761, 

Le Merle d'Amérique. 

American Robin. 

Adulte $ . Parties supérieures d'un gris olive foncé, avec la 
tête et la queue noires ; ailes noirâtres bordées de gris clair ; des- 
sous d'un beau roux brun vif ; région anale et couvertures infé- 
rieures de la queue, blanches, avec taches de gris foncé ; menton 
et gorge rayés de blanc et de noir ; paupières, unetache en avant 
de l 'œil, et une autre à l 'extrémité des pennes latérales de la queue, 
blanches ; bec jaune avec le bout noir ; pieds d'un jaune brunâtre. 
Longueur 9.00 - 10.00 ; ailes 4.90 - 5.40 ; queue 4. 10 - 4.50. 

A l'automne, les parties supérieures deviennent ordinairement 
teintées de brunâtre, et la plupart des plumes du dessous se bordent 
de blanc. 



UK I.A PKOVINCK DK QUKBKC 40 1 

I^ 9 ressemble au S . mais ses teintes sont plus pâles, le roux 
des parties inférieures est hit-n moins vif, tt une partie des plumes 
sont lisérées de l)lanc ; la tête est moins foncée. 

Les jeunes, à l'automne lui ressemblent, mais les parties supé- 
rieures sont plutôt d'un j^ris brunâtre mélangé de blanchâtre; 
le dessous blanc plus ou moins lavé irrégulièrement de roux brun, 
avec nombrtuses taches de noirâtre. 

Le Merle dWinérique lialnte Test de rAinérùiiie du 
Nord jiiscju'au.x M<)nln}.;^nes Rocheuses, y compris l'est du 
Mexique et l'Alaska ; il uiclie depuis le centre des Etats- 
Unis, au nord, jtisqu'à l'océan Arctique. 

lui hiver, on le rencontre depuis le sud du Canada et 
les Ktats-l'nis du nord, en allant vers le sud. Il se montre 
accidentellenicnt en Europe. 

Il est plus ou moins commun partout dans la province 
et il V niche. Son nid est fait avec de la boue mélanc^ée 
de quelques brins d'herbes sèches ; il le place sur les arbres, 
dans la forêt, les vergers, dans l'angle des constructions, 
ou quelquefois à terre. Ses œufs, au nombre de quatre ou 
cinq, soi.t d'un bleti verdâtre uniforme. Ils mesurent [.i6 
X 0.80. Il fait deux pontes dans la saison, la première a lieu 
de bonne heure au printemps, en mai d'ordinaire, et la 
seconde en juillet. 

Sa nourriture consiste en vers de terre, larves, insectes 
et baies. 

Le Merle, qui nous est familier, est un des premiers 
oiseaux qui nous arrive du sud au printemps, pour ne nous 
quitter que très tard à l'automne ; quelques-uns même ne 
se déplacent pas, les sapins et autres conifères touffus des 
bois, leur servent de refuge pendant la saison froide de 
l'hiver. 

Vers la mi-avril, dès l'aurore d'un beati matin, nous le 
voyons perché sur les branches supérieures d'un arbre, au 
bord de la forêt ou sur un pommier dans un jardin, et là, 
lancer ati loin avec force et vivacité, ses joyeuses notes, qui, 
sans être ni belles ni mélodieuses, n'en sont pas moins 
agréables à l'oreille. 

Quoique le Merle soit farouche au printemps et à 
l'automne, il l'est beaucoup moins durant la saison de 
la ponte, et il vient nicher sur les arbres de nos jardins, 
dans les vergers et même dans l'angle de vieilles cons- 

26 



402 LES OISEAUX 

tructions, sous les regards de l'homme. Oui ne l'a vu au 
printemps, parcourir en sautillant les terres fraîchement 
remuées des champs et des jardins, et recherchant les 
larves et surtout les vers de terre dont il se nourrit et qu'il 
retire adroitement de leur trou sans les rompre. 

Les Merles voyagent en petites bandes ; leur vol est 
haut et de longue durée. 

Genre SAXICOLA, Bechstein. 

Ailes longues et pointues ; queue carrée, plus courte que l'aile ; 
tarse plus long que le doigt médian, l'ongle compris ; doigts laté- 
raux à peu^près d'égale longueur et très courts ; queue blanche à 
la base. 

Saxicola œnanthe, (Linné,) Bechst. 765. 
Le Traquet motteux. 

Wheatear. 

Adulte <?. Parties supérieures d'un gris cendré avec le front, 
une ligne superciliaire, les couvertures supérieures de la queue et 
les parties inférieures, blancs ; ces dernières sont teintées de brun 
jaunâtre antérieurement ; ailes, queue et une bande du bec à l'œil 
s 'étendant sur le côté de la tête, noires ; moitié des rectrices exté- 
rieures depuis la base, blanche ; bec et pieds noirs. Longueur 
5.50-6.50; ailes 3 75-4-15 ; queue 2 00-2.55. 

En hiver, le gris cendré du dessus devient brunâtre et le dessous 
d'un jaunâtre rouille terne. 

La 9 est d'un gris plus terne en dessus avec la bande des côtés 
de la tête brune ; le brun jaunâtre est plus pâle et le blanc moins pur. 

Les jeunes ressemblent à la Ç , mais le dessus est plutôt d'un 
brun olivâtre, les côtés de la tête, sans bande noire ni brune ; une 
ligne superciliaire et le dessous du corps d'un brun cannelle; les 
ailes et la queue sont iisérées de cette dernière teinte. 

Le Traquet motteux habite l'Europe, l'Asie, le nord 
de l'Afrique, l'Alaska, le Groenland et le Labrador, se voit 
aussi dans la Nouvelle-Ecosse, le Maine, le Long Island et 
les Bermudes. 

M. N. Comeau a tué deux spécimens de cet oiseau, 
dont l'un en mai 1884, à Godbout. Ce sont les seuls cas 
connus de sa présence dans notre province. 

Il niche dans les crevasses de rochers, ou autres endroits 
analogues. Le nid est construit avec des herbes sèches, de 
la mousse, du crin, de la laine, etc. Ses œufs, au nombre de 
quatre à six, sont d'un verdâtre pâle. Ils mesurent 0.88x0.60. 



DK LA l'KOVINCK DR QUÉBEC 403 

Qenre SIALA, Swainson. 

Hec de moitié la longueur de la tète, droit, jjros, plus larjje 
que haut à la base ; pieds courts, plutôt ^jros ; tarses pas plus lonjïS 
que le doi;ît médian, l'ongle compris ; doigts latéraux de longueur 
inégale ; ongles très recourbés, couleur bleu en-dessus. 

Sialiasialis, (Unxk,) Hai.dum. 766. 
Le Rouge-Gorge bleu. 

lU.VK UlUU. 

Adulte <? . Parties supérieure ; d'un beau bleu d'azur y com- 
pris les ailes et la queue, avec le bout des premières noirâtres ; par- 
ties inférieures d'un brun roux, avec le milieu du ventre et la 
région anale, blancs ; bec et pieds noirs. Longueur 5.70-7.00 ; ailes 
3.90-4.15 ; queue 2 60-2 90. 

En hiver, ses teintes deviennent plus pâles, le bleu est ordi- 
nairement lavé de brun roux, et le blanc du ventre est plus étendu. 

La 9 est d'un bleu plus pâle, mélangé de brun roux sur la 
tète, le cou et le dos ; le croupion, les couvertures supérieures de la 
queue et cette dernière, sont plus bleus que les ailes. 

Les jeunes sont d'un brunâtre foncé en dessus, striés de blan- 
châtre, avec de légères traces de bleu ; les ailes et la queue bleues ; 
le dessous blanc, maculé de brunâtre ou de brun grisâtre. 

Le Rouge-Gorge bleu habite Test des Etats-Unis, à 
l'ouest jusqu'à la base des ]\Ioutagues Rocheuses; il niche de- 
puis le golfe du Mexique, au nord, jusque dans le sud du Ca- 
nada. A l'automne, il émigré dans les états du sud et à Cuba. 

Cet Oiseau est commun à Montréal, assez commun à 
Québec et rare à Godbout. 

Il niche dans un arbre creux où dans une anfractuosité 
de rocher ; le nid abandonné d'un pic, lui convient à mer- 
veille. Il vient même placer son nid dans l'angle des vieilles 
maisons et des granges, ou encore dans de petites boîtes 
qu'on lui érige à cet effet. Le nid est construit avec des 
herbes et des plumes ; ses œufs, au nombre de quatre à six, 
sont d'un blanc bleuâtre pâle uniforme. Ils mesurent 0.80 
x 0.60. Il fait plusieurs pontes dans l'été, la première ayant 
lieu d'ordinaire à la fin d'avril ou au commencement de mai. 

Cet oiseau se nourrit de chenilles et autres larves, 
d'insectes et de baies. Il n'est pas farouche et se rencontre 
fréquemment dans les jardins, dans les vergers, les champs, 
à la lisière du bois ; son chant comme celui des oiseaux de 
sa famille est agréable à entendre. 



I N D E X 



Page 



Pac.r 



Acadian sharp tail. sparrow. 

Acanlhis linaria 

holbœllii.... 
Accipiter atricapillus 

" cooperi 

" velox 

Actitis macularia 

Actodromas bairdii 

" fuscicollis 

" maculata 

" rainutilla 

.Kchmophorus occidentalis.. 
-^gialitis nieloda 

" semipalraata 

Agelaius phœniceus 

Aigle à tète blanche 

" doré 

Aigle- Pêcheur 

Aix sponsa 

Albatros à nez jaune 

Alca torda 

Aider flvcatcher 

Aile allé 

Alouette branle-queue 

Alouette de prés 

Alouette des prairies 

" ordinaire 

Alouette solita ire 

Alouettes 

American bittern 

" coot 

" crossbill 

" crow 



308 American egret 123 

296 " eider 103 

298 " golden-eye 94 

197 " " plover 166 

196 " goldfinch 298 

195 " goshawk 197 

160 " hawk owl 229 

149 " long-eared owl.... 218 
14S " niagpie 271 

147 " merganser 75 

150 " osprey 2r5 

18 " pipit 380 

169 " redstart 378 

168 " robin 400 

2.S3 " rough-legg. hawk 203 

206 " scoter 105 

205 " sparrow hawk 214 

216 " three-toed wood- 

88 pecker 238 

61 " white fr. goose... iio 

34 " woodcock 141 

263 Amraodramus nelsoni sub- 

36J virgatus 308 

lôiJAmpelis cedrorum 342 

148 " garrulus 341 

270 Anas boschas 78 

268, " obscura 79 

158 Anser albifrons gambeli 1 10 

144 -Vnthus pensylvanicus... 380 

1 18 Antrostomus vociferus 245 

134 Aquila chrysretos 205 

294 Archibuteo 1. Sti-Johannis... 203 
276 Arctic tern 57 



4o6 



INDEX 



Arctic three-toed woodpecker 

Ardea lierodias 

Ardetta exilis 

Arenaria interpres 

Arquatella maritima 

Asio accipitrinus 

" wilsonianus 

Astragalinus tristis 

Autour à tête noire 

A3-thya affinis 

" americana 

" collaris 

" marila 

" valisneria 

Baird's saudpiper 

Balbusard dAiuérique 

Bald eagle 

Baldpate 

Baltimore oriole 

Bank swallow 

Barge de la baie d'Hudson... 

" marbrée 

Barn swallow 

Barred owl 

Barrow's golden-eye 

Bartramia longicauda 

Bartramian saudpiper 

Bay-breasted warbler 

Bécasse d'Amérique 

" d'Europe 

Bécassine de Wilson 

" rousse 

Bec-Croisé à ailes blanches.. 

" d'Amérique 

Bec-scie 

Bel ted kingfisher 

Bernache commune 

" du Canada 

Black and white Warbler 

" bellied plover 

" billed cuckoo ... 

" crowned night héron.. 

" guillemot 

" gyrfalcon 

" poil warbler 

" tern 

" throated blue warbler. 



Page Page 

237 Black-throated green warbler 369 

120 " " loon 25 

119 " vulture 191 

170 Blackburnian warbler 368 

147 Blue bird 403 

219I " grosbeak 324 

218 " headed vireo 352 

29S " jay 272 

I97| " winged teal 85 

93'Bobolink 2S0 

90 Bohemian waxwing 341 

93 Bonaparte's gull 52 

92JBonasa umbellus togata 175 

91 Botaurus lentiginosus 118 

149 Brant 114 

215 Branta bernicla glaucogastra 114 
206 " canadensis m 

82 Broad winged hawk 202 

285 Bronzed grackle 288 

339 Brown creeper 388 

155; " thraslier 384 

154 Brunnich's murre 33 

332 Bubo virginianus 225 

220 " " saturatus... 227 

95 Bucéphale d 'Amérique 94 

158 " d'Islande 95 

158 Bu ff-breasted saudpiper 159 

366;Buffle head 97 

141 Busard des marais 193 

140 Buse à manteau roux 200 

142; " " queue rousse 199 

144 " de Pennsylvanie 202 

295 " " Swainson 201 

294 " pattue d'Amérique 203 

75 Buteo borealis 199 

233 " lineatus 200 

114 " platypterus 202 

III " swainsoni 201 

354 Butor d'Amérique 118 

165 Butorides virescens 125 

232 Calcarius lapponicus 305 

126 Calidris arenaria 153 

30 Camptolaimus labradorius... 100 

211 Canachites canad. canace 173 

367 Canada goose m 

59 " jay 273 

36riCanadian chickadee 392 



INDEX 



407 



rAf.Ei 



Pa«.k 



Canadian rufled grouse 175 

spruce " 173 

warbler 377 

Canard à lon^m.- queue 97 

Canuni hrattihu 89 

Canard chipcau Si 

d'Amérique S2 

du Lal)rador 100 

histrion 99 

huppe M.S 

noir 79 

ordinaire 7S 

piltt 87 

roux loS 

souchet 86 

Canne de roche 99 

Canvas-hack 91 

Cape May warbler 35.S 

Carpodacus purpureus 292 

Caspian terii 55 

Catbird 3S3 

Catharista urubu 191 

Cedar waxwiu^ 342 

Centurus carolinus 242 

Ceophlœus pilea. abieticnla.. 240 

Cepphus gr^-lle 31 

mandtii 31 

Certhia faïuiliaris amer 388 

Cercle alcNon 233 

CluL'tura pelagfica 248 

Charadrius dotuinicus 166 

Cliardonneret des pins 301 

jaune 298 

Charitonetta albeola 97 

Chaulelastuus strept-rus 81 

Chen hyperburea nivalis 109 

Chestnut sided warbltr 365 

Chevalier solitaire 157 

Chickadee 391 

Chimney swift 24S 

Chippinp^ sj)arro\v 314 

Chordeiies virj^inianus 246 

Chouette cendrée 222 

du Canada 220 

épervière d'Auiér.. 229 

Circus hudsonius 193 

Clangula clangula atnerica.. 94 



Clangida islantlica 95 

Clifï swallow 33> 

Coccy/.us americanus 231 

erylhrophthalmus. 232 

Colaptes auratus luteus 243 

Colibri d ^oJ^Rt* rubis 251 

Colyuibus au ri tus 20 

holbœllii ,19 

Coniuion tern 56 

Conipsothlypis auier. usne;e. 357 

Contopus virens 261 

Cooper's hawk 196 

Corbeau du Nord 275 

Cormoran jl aigrettes 71 

" ordinaire 71 

Cormorant 71 

Corneille d'Amérique 276 

Corvus brachyrhyiicho.s 276 

" corax principalis 275 

Coucou à bec jaune 231 

" " noir 232 

Courlis à long bec 162 

" de la baie d'Hudson 162 

" du Nord 163 

Cowbird 281 

Crested flycatcher 259 

Crymophilus fulicarius 136 

Cryptoglaux acadica 223 

teng. richards.. 222 

Cyanocitta cristata 272 

Cyanospiza cyanea 325 

Cjgne d'Amérique 1 15 

Dafda acuta 87 

Dendroica festiva 359 

blackburniie 368 

" cerulescens 361 

castanea 366 

coronata 362 

maculosa 363 

palm. hypochrj'S. 371 

" pensylvanica 365 

striata 367 

tigrina 358 

vigorsii 370 

" virens 369 

Dolichonyx ory/.ivorus 2S0 

Double-crested cormorant. .. 71 



4o8 



INDEX 



PageI 



Page 



Dovekie 36; 

Dowitcher 144 

Dr3obates pub. medianus. .. 237 

" vil. leuconielas. .. 2361 

Duc de Virginie 225! 

" noirâtre 2271 

Duck hawk 212 

Dusk}- horned owl 227 

Ectopistes migratorius 182 

Egrette blanche d'Amérique 123 

Eider d'Amérique 103 

" de Steller 101 

" du Nord 102 

" remarquable 104 

Empidonax flaviventris 262 

" minimus 264 

" traillii alnorum. 263 

English sparrow 302 

Engoulevent criard 245 

" d'Amérique... 246 

Epervier brun 195 

" de Cooper 196 

Ereunetes pusillus 152 

Erismatura rubida 108 

Eskimo curlew 163 

Etourneau à ailes rouges 283 

" " tête jaune 282 

" des prés 284 

" ordinaire 281 

Euphagus carolinus 287 

European woodcock 140 

Evening grosbeak 290 

Falco columbarius 213 

" islandus 210 

" peregrinus anatum 212 

" rusticolus obsoletus... 211 

" sparverius 214 

Farlouse d'Amérique 380, 

Faucon blanc 210! 

" des pigeons 213 

" épervitr 214 

" noir 21 II 

" pèlerin 212 

Fauvette à couronne orange 356 

" " " rousse. 37 ii 

" " croupion jaune. . 362] 

" " poitrine baie, ., . 366) 



Fauvette à poitrine noire 369 

" queue rousse 378 

" " tête cendrée 363 

" bleue à gorge noire 361 

" d'Amérique 357 

" de Blackburn 368 

" de Nashville 355 

" de Pennsylvanie.... 365 

" ■ de Philadelphie 374 

" de Wilson 376 

" des pins 370 

" du Canada 377 

" du Cap May 358 

" du Kentucky 373 

" du Tennessee 356 

" jaune 359 

" noire et blanche.... 354 

raj'ée 367 

" trichas du Nord 375 

Field sparrow 314 

Florida crerulea 125 

" gallinule 132 

Fou de Bassan 69 

Foulque d'Amérique 134 

Fox sparrow 321 

Fratercula arctica 28 

Fregata aquila 73 

Frégate marine 73 

Fulica americana 134 

Fulmar 63 

Fulmarus glacialis 63 

Gadwall 81 

Galeoscoptes carolinensis.... 383 

Gallmago delicata 142 

Gallinula galeata 132 

Gallinule de la Floride 132 

Gannet 69 

Gavia arctica 25 

" lumme 26 

" umber 24 

Geai du Canada 273 

" huppé 272 

Gelinotte à queue aiguë 180 

" du Canada 175 

Geothlypis formosa 373 

" philadelphia 374 

" trichas brachidac 375 



INDEX 



409 



Pa(,r 



Page 



Glaucous gull 45 

Godii 34 

Goéland à ailes blanches 46 

" " manteau glauque. 45 

" " •' noir 46 

" argenté 48 

de Honaparte 52 

" " Dclaware 50 

" Sabine 53 

Goglu 280 

Golden crowned kinglet 393 

eagle 205 

Grand chcv. à pieds jaunes... 156 

" héron bleu 120 

" pinçouiu 35 

" puflln 64 

Gray cheeked Ihrush 398 

Great auk 35 

black-backed gull 46 

blue héron 120 

gray owl 222 

" horned owl 225 

" northern diver 24 

Greather sHearwater 64 

snow goose 109 

" yellow legs 156 

Grèbe à bec bigarré 21 

" " cou rouge 19 

" cornu 20 

" de l'ouest iS 

Green héron 125 

winged teal S3 

Greenland eider 102 

Grimpereau d'Amérique 368 

Grive couronnée 371 

" d'Alice 398 

" de la Caroline 383, 

" " Swainson 398; 

" " Wilson 397 

" des bois 396 

" " ruisseaux 372 

" polyglotte 381; 

" rousse 3S4 

" solitaire 399 

Gros-Bec à couronne noire... 290 

" " poitrine rose 323 

" bleu 324 



Gros-Bec des pins 291 

Crue 121 

Guillemot de Hrunnich 33 

" " Mandt 31 

" noir 30 

" ordinaire 32 

Guiraca c;erulea 324 

HaliiL-tus leucocephalus 206 

Ilarelda h\emalis 97 

Ilarfang 228 

Ilarle à poitrine rousse 76 

d'Amérique 75 

Harlequin duck 99 

Helminthophila celata 356 

" peregrina... 356 

" rubricapilla 355 

Helodromas solitarius 157 

Ilermit thrush 399 

Herodias egretta i 23 

Héron de nuit 1 26 

vert 125 

Herring gull 48 

Ilesperiphona vespertina 291 

Hibou à oreilles courtes.. .. 219 
" " " longues .... 218 

Hibou blanc 228 

Hibou maculé 225 

Hirondelle à front blanc. ... 331 

bicolore 338 

de rivage 339 

Hirondelle des cheminées 249 

Hirondelle des granges 332 

pourprée 3^1 

Hirundo erj'throgaster 332 

Histrionicus histrionicus 99 

Holbœll 's grèbe 19 

" redpoll 298 

Hooded merganser -jj 

Horned grèbe 20 

lark 268 

House sparrow 302 

wren 385 

Huart 25 

Hudsonian curlew 162 

godwit... 155 

Hydrochelidon n. Surinam... 59 
H3ioc3chla alici:e 398 



4IO 



INDEX 



Page! 



Pagk 



Hjiocychla fuscescens 397! 

" guttata pallasii. 399 

" mustelina 396 

" u. svvainsonii.... 3 S 

Iceland gull 46 

Icterus galbula 285 

Indigo bunting 325 

Iridoprocne bicolor 338 

Ivor}' gull 42 

Jaseur de Bohême 341 

" du cèdre 342 

Junco hyemalis 316 

Kakaii'i 98 

Kentucky warbler 373 

King eider 104 

Kildeer 167 

Kingbird 257 

Kitti wake 44 

Knot 1 46 

Labbe à longue queue 41 

" parasite 40 

" pomarin 39 

Labrador duck 100 

Lagopède des rochers 179 

" saules 177 

Lagopus lagopus 177 

' ' rupestris 179 

Lanius boréal i s 345 

" lud. excubitorides... 347 

Lapland longspur 305 

Larus argentatus 48 

" atricilla 51 

" delawarensis 50 

" glaucus 45 

" leucopterus 46 

" marinus 46 

" philadelphia 52 

Laughing gull 51 

Leach pétrel 66 

Least bittern 119 

" flycatcher 264 

" sandpiper 150 

" tein 58 

Lesser seau p Duck 93 

Limosa fedoa 154 

" hœmastica 155 

Lincoln sparrow 319 



Little blue héron 124 

Long billed curlew 162 

" " marsh wren 387 

" tailed jaeger 41 

Loon 24 

Lophodytes cucullatus 77 

Loxia curvirostra minor. . . 294 

leucoptera 295 

Macareux arctique 28 

Macretise à large bec 107 

" d'Amérique 105 

" veloutée 106 

Macrorhamphus griseus 144 

Magnolia warbler 363 

Mallard 78 

Mainate bronzé 288 

couleur de rouille.... 287 

Man-o'-war bird 73 

Mandt's Guillemot 31 

Mavge7ir de maringouins. . . . 247 

Maibled godwit 154 

Mareca americana 82 

Marmette 33 

Marsh hawk 193 

Martin-pêcheur 233 

Martinet des cheminées 248 

Maubèche à croupion blanc. 148 

" " dos roux 151 

" " longs pieds 144 

" " longue queue. . 158 

" " poitrine cendrée 147 

" " poitr. jaunâtre. 159 

" " " rousse.. . . 146 

de Baird 149 

" " Wilson 150 

" pourprée 147 

" seniipalmée 152 

" tachetée 160 

Mauve 42 

Meadow lark 284 

Megascops asio 224 

Melanerpes erythrocephalus. 241 

Melospiza cinerea melodia. . 317 

" georgiana 320 

" lincolnii 319 

Merganser americanus 75 

" serrator 76 



INDKX 



1 I I 



l'Ar.K 



l'AGi: 



Mergule nain 36 

Merle chat 383 

Merk- d'Amérique 4ck) 

Merula tni^îraloria 400 

Mésange à tCte noire 391 

" du Canada 392 

Micropalaina hyniantopus . . 144 

Milouin à tcte tousse 90 

aux yeux rouges... 91 

Minui.s polyfîiottos 381 

Mniotilta varia 354 

Mockin^hird 381 

Moitieau (louie.sti<iue 302 

Molotlirus attr 281 

Morillon à collier 93 

" tète noire 92 

Moucherolle à huppe 259 

" ventre jaune. 262 
aux côtés olive. 261 

brun 260 

de la Caroline... 257 

des aulnes 263 

" verdàtre 261 

Mouette à trois doigts 44 

" blanche 42 

" rieuse 51 

Mourning dove iSS 

warbler 374 

Murre 32 

Myiarchus crinitus 259 

Myrtle warbler 362 

Nashville warbler 355 

Nettion carolinensis 83 

Xight-hawk 246 

Northern flicker 243 

" downy " .. 237 

liairy woodpecker.. 236 
parula warbler ... . 357 

phalarope 137 

pileated woodpeck. 240 

raven 275 

shrike 345 

yellow throat 375 

Numenius borealis 163 

hudsonicus 162 

longirostris 162 

Nuttallornis borealis 261 



Nyctale d'Acadie 223 

de Richardson 222 

Nyctea nyctea 228 

Nycticorax nyct. n.x-vius 126 

Oceanites oceanicus ''7 

Oceanodronia leucorhoa 06 

Oideraia americana 105 

" deglandi 106 

perspicillata 107 

Oie â front blanc d'Amériq. iio 

" blanche 109 

Oiseau blanc 303 

moqueur 381 

mouche 252 

rouge 293 

Olbiorchilus liienialis 386 

Old squaw 97 

Olive backed Ihrush 398 

sided llycatcher 261 

Olor columbianus 115 

Orange crowned warbler 356 

Oriole de Baltimore 285 

Otlolan 268 

Otocoris alpestris 286 

" alpestris praticola. . 270 

Oularde m 

Oven bird 37 1 

Oxyechus vociferus 167 

Pagophila alba 42 

Pandion liai, carolinensis.... 215 

Parasitic jaeger 40 

Parus atricapillus 391 

" hudsonicus littoralis. 392 

Passenger pigeon 182 

Passer domesticus 302 

Pas.serculus sand. savanna.. 307 

Passerella iliaca 321 

Passerina nivalis 3^5 

Pectoral sandpiper 147 

Pediœcetes pha.sianellus. ... iSo 

Pelidna alpina .«îakhalina. . . 151 

Perdrix bla?iche 1 77 

de hais franc i75 

" savane I73 

Perisoreus canadensis 273 

Petit bucéphale 97 

•• butor 119 



412 



INDEX 



Page 

Petit chevalier 157 

" harle 77 

" héron bleu 124 

" morillon ■ 93 

" moucherolle 264. 

'• pinson couronne rousse 314 

Petite sterne 58 

Pétrel de Leach 66 

" " Wilson 67 

pélagien 65 

Petroclielidon lunifrons . . . . 331' 

Phalaçrocorax carbo 71 

" - dilophus 711 

Phalarope de Wilson 138' 

" hyperboreus 137 

" roux 136 

Phalaropus lobatus 137 

Philadelphia vireo 349 

Philohela minor 141 

Phœbe 650 

Pic à tête rouge 241 

" arctique 237 

" chevelu du Nord 236 

" d'Amérique 238J 

" de la Caroline 242 

" doré du Nord 243 

" du Nord huppe écarlate.. 240 

" maculé 239 

Pic minule du Nord 237 

Pica pica hudsonica 271 

Picoides americanus 238 

" arcticus 237 

Pie 274 

Pie d'Amérique 271 

Pie-grièche à croupion blanc 347 

boréale 345 

Pied billed grèbe 21 

Pigeon de mer . . . 30 

Pigeon hawk... ■ 213 

" voyageur 182! 

Pine grosbeak 291 

" siskin 301 

" warbler 370 

Pingouin commun 34 

Pinicola enucleator leucura. 291 

Pinson à ailes baies 306; 

" " couronne blanche.. 310! 
" " gorge blanche 311 



Page 



Pinson " queue aiguë 

" aux yeux rouges 

" chanteur. 

" de Lincoln 

" de montagne 

" des champs 

I " des marais 

" des prés 

" fauve 

" indigo 

" niverolle 

" pourpré 

Pintail '...... 

Pipilo erythrophlhalmus.... 

Pi ping plover 

Pique-bois 

Piianga erythromelas 

rubia 

Pivart 

Plautus impennis 

Plectrophane de Laponie. . . 

" " neige 

Plongeon à collier 

" gorge noire 

" " " rousse 

Pluvier à ventre noir 

" criard 

" doré d'Amérique. . . 

" kildir 

" semipalmé 

Podilymbus podiceps 

Polysticta stelleri 

Pomarine jaeger 

Poœcetes gramineus 

Porzana carolina 

' ' noveboracensis . . . . 

Poule d 'eau 132, 

Prairie horned lark 

Procellaria pelagica 

Progne subis 

Puffin 

Puffinus gravis 

Purple finch 

" martin 

" sandpiper 

Quac 

Querquedula discors 

Quiscalus quiscula îcneus.... 



308 
322 
317 
319 
313 
315 
320 

307 
321 

325 
316 
292 

87 
322 
169 
235 
327 
328 

243 

35 

305 

303 

24 

25 
26 

165 
169 
166 
167 
168 



39 
306 
130 
131 
134 
270 

65 

330 

28 

64 

292 

330 

147 
126 

85 
288 



INDEX 



4IS 



Pace 



T/VciK 



Rûle de la Caroline i;,o 

" Virginie 129 

" j ail ne 131 

Rallus virginianus 129 

Ramoneur 249 

Razor l)illecl auk 34 

Red backed sand piper 151 

" bel lied woodpccker 242 

" breasted niergan.«-er. . . . 76 

nulhatch 390 

' ' eyed vireo 348 

•' head 90 

" headed woodpecker 241 

" plialarope 136 

" shouldered hawk 200 

" tailed hawk 199 

" throated loon 26 

" winged blackbird 283 

Redpoll 296 

Regulus calendula 394 

satrapa 393 

Ricliardson's owl 222 

Ring-billed gull 50 

" necked duck 93 

Riparia riparia 339 

Rissa tridactyla 44 

Rock ptarmigan 179 

Roitelet à couronne rubis 394 

huppé 393 

Rose breasted grosbeak 323 

Rossignol 318 

Rouge- Oorge bleu 403 

Ruby crowned kinglet 394I 

*' throated humniingbird 25 1^ 

Ruddy duck loS 

Rusty blackbird 287 

Sabine gull 53 

Sanderling 153 

Sarcelle à ailes bleues 85! 

" " " vertes 83 

Savanna sparrow 307 

Sa\v-\vhet owl 223 

Saxicola fcnanthe 402 

Sayornis phœbe 260 

Scaup duck 92 

Scarlet tanager 327 

Scolopax rusticola 140 

Scotiaptex nebulosa 222 



Scrcech owl 225 

Seiurus aurocapillus. ...... 371 

noveboracensis 372 

Seniipalnialed plover 168 

sanJpiper. ... 152 

Setophaga ruticilla 378 

Sharp-sliinned hawk 195 

tailed grouse 180 

Shorteared owl 219 

Shoveller .................!!!1 86 

Sialia sialis 403 

Sijifleur 312 

Silta canadensis 390 

carolinensis 389 

Sittelle de la Caroline 389 

" du Canada 390 

Sizerin à tCte rousse 296 

de Holbœll 298 

Slate colored junco 316 

Snowflake 303 

Snow\- owl 228 

Solitary sandpiper 157 

Somateria dresseri 103 

mollis, borealis.. 102 

" spectabilis 104 

Song sparrow 317 

Sora rail 130 

Spatula clyp>eata 86 

Sphyrapicus varius 239. 

Spinus pinus 301 

Spizella monticola 313 

pusilla 315 

" socialis 314 

Spotted sandpiper 1 60 

vSquatarola squatarola 165 

Steganopus tricolor 138 

Steller's eider loi 

Stercorarius longicaudus 41 

" parasiticus 40 

" poniarinus 39 

Sterna antillarum 58 

" caspia 55 

" hirundo 56 

' ' paradisea 57 

Sterne arctique 57 

" Caspienne 55 

" commune 56- 

" noire 59. 



414 



INDEX 



PageI 



Page 



Stilt sandpiper 

Stormy pétrel 

Sturnella magna 

Sulabasatia 

Summer tanager 

Surf scoter 

Surnia ulula caparoch 

Swainson 's hawk 

Swanip sparrow 

Sj'rnium variura..... 

Tangara écarlale.....'-; 

" vermillon 

Taxostoma rufum 

Telmatodytes palustris 

Tennessee warbler 

Tétras du Canada 

Thalassogeron culrainatus . . 

Totanus flavipes 

" nielanoleucus 

Tourne pierre poitrine noire 

Tourte 

Tourterelle de la Caroline . . . 

Towliee 

Traquet motteux 

Tree sparrow 

' ' swallow 

Tringa canutus 

Tritri 

Trochilus colubris 

Troglodyte sedon 

" d'hiver , 

" des marais 

Troglodytes œdon 

Tryngites subruficollis 

Turnstone 

Tj'tannus tyrannus 

Uria lomvia 

" troile ,. 

Vautour noir 

Vesper sparrow 

Vireo flavifrons 

" flavoviridis.. '. 

" gilvus 

" olivaceus 

" philadelphicus 

" solitarius 

Viréo à front jaune 

" " tête bleuâtre 



144 " aux 3'eux rouges 348 

65 " de Philadelphie 349 

284 " jaune-verdâtre 349 

69 " gris-olive 350 

32S Virginia rail 129 

107 Warbling vireo 350 

229 Water thrush 372 

201 Western grèbe.. 18 

320 Wheatear 402 

220 Whippoorwill 245 

327 Whistling swan 115 

328 White breasted nutchatch... 3S9 

384 " crowned sparrow 310 

387 " gyrfalcon 210 

356 White rumped sandpiper 148 

173, " " shrike 347 

61 " throated sparrow 311 

157 " winged crossbill 295 

156 " " scoter 106 

170 Willow ptarmigan 177 

182 Wilson's pétrel 67 

18S " phalarope 138 

322 " snipe 142 

402J " thrush 397 

3131 " warbler 376 

338iWilsonia canadensis 377 

146 " pusilla 376 

258 Winter wren.. 386 

251 WOod duck •. 88 

" pewee 261 

" thrush 396 

Xanthocephalus xantho 282 

Xema sabini 53 

Yellow-bellied ÛN^catcher 262 

" " woodpecker.. 239 

" billed cuckoo 231 

" green vireo 349 

" headed blackbird 282 

legs 157 

" nosed albatros 61 

" palm warbler 371 

" rail 131 

" throated vireo 351 

" warbler 359 

Zamelodia ludoviciana 323 

Zenaidura macroura 188 

Zonotrichia albicoUis 311 

" leucophrys 310 



385 
386 

387 
385 
159 
170 

257 

33 

32 

191 

306 

351 
349 
350 
348 
349 
352 
351 
352 



ERRATA 

Page 22, ligne 36, après rigides, ajoutez : trois ou. 
" 129, " 37, lisez : virginianus. 



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