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Full text of "Les plantes a feuillage coloré : histoire, description, culture, emploi des espèces les plus remarquables pour la décoration des parcs, jardins, serres, appartements précédé d'une introduction par Charles Naudin"


;LES .^LMîflS 



■1PKUILLA«ES COLORÉ 



ëlft i. 1. ItU ÎCîbrarg 




Nortl? (Earolina ^tatf îîmtipraitg 

Spécial 

Colleotions 

SB431 

L68140 

v.l 



THIS BOOK MUST NOT BE TAI 
FROM THE LIBRARY BUILDD 



LES 



PLANTES 



A FEUILLAGE GOLORÉ 

TOME PREMIER 

ILLUSTRÉ DE 6o CHROMO -TYPOGRAPHIES ET DE 6o GRAVURES SUR BOIS 
PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION DE ,1. ROTHSCHILD 

DEUXIEME EDITION 




PARIS 

J. ROTHSCHILD, ÉDITEUR 

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGE 

43, RUE SAINT-ANDRÉ.-DES-ARTS, 4^ 



1867 



^' ^Zlf^Z ^£r/^^^i^^-^ ^ C~^t^:^^xy£^ 









LES 



PLANTES 



FEUILLAGE COLORÉ 



V 



IMPRIMERIE GENERALE DE CH. LAHURE 

KUE DE FLEURUS, 9, A PARIS 



Digitized by the Internet Archive 

in 2009 with funding from 

NCSU Libraries 



http://www.archive.org/details/lesplantesfeuill01lowe 



LES 



PLANTES 



FEUILLAGE COLORÉ 

HISTOIRE - DESCRIPTION — CULTURE — EMPLOI 

DES ESPÈCES LES PLUS REMARQUABLES POUR LA DECORATION 

PARCS — JARDINS — SERRES — APPARTEMENTS 

PRÉCÉDÉ d'une INTRODUCTION 



CHARLES NAUDIN 

Membre de l'Institut 
PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION DE J. ROTHSCHILD 

TOME PREMIER 

DEUXIÈME ÉDITION 
Revue et augmentée de nouvelles gravures 

ILLUSTRÉE DE 60 CHROMO-TYPOGRAPHIES ET DE 6o ORAVURES SUR BOIS 




^^^^S"" 



PARIS 



J. ROTHSCHILD, ÉDITEUR 

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE 
.0, RUE SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS, 4^ 

1867 



A MONSIEUR J. DECAISNE 



Membre de l'Iiislitut , Professeur de Culture au Muséum. 



Monsieur, 

En inscrwant votre nom en tête de ce livre, je n ai pas seulement 
voulu rendre hommage au Promoteur le plus éclairé de l' Horticulture 
française, fai voulu encore, autant que mes faibles moyens me le 
permettent^ ni acquitter de la dette que fai contractée envers vous. 
Par vos bienveillants encouragements, vous ni avez soutenu dans des 
moments difficiles ; par vos conseils, vous ni avez dirigé dans C ac- 
complissement de la tâche ardue que je me suis imposée, voulant 
présenter à mes lecteurs français un recueil que ses auteurs étran- 
gers semblaient Ji' avoir accommodé que pour le goût de leur nation. 
Si j'ai réussi, comme je l'espère, à vaincre les difficultés inhérentes 
à ce travail, je me plais à reconnaître que cest en grande partie à 
vous-même que je le dois. 

Permettez-moi donc. Monsieur, de vous en exprimer ici toute ma 
reconnaissance, et veuillez agréer les sentiments de profond respect 
avec lesquels fai l' honneur d'être 

Votre très-humble et très-obéissant serviteur, 

J. ROTHSCHILD. 



INTRODUCTION. 



Voici «ne branche nouvelle de Thorticulture d'agrément, une branche 
en quelque sorte née d'hier, mais déjà si riche et si brillante qu'elle a 
conquis la laveur universelle. 

Le recueil illustré que M. Rothschild a traduit de l'anglais avec le con- 
cours de plusieurs horticulteurs et dont les auteurs, MM. Lowe et Howard, 
sont des amateurs renommés delà Grande-Bretagne, aura en France, nous 
n'en doutons pas, le même intérêt d'actualité que de l'autre côté du détroit 
oii les plantes à feuillage coloré rivalisent dès à présent avec celles qui ne 
produisent que des fleurs. 

Ces dernières ont été pendant des siècles en possession d'une suprématie 
incontestée, ou plutôt elles régnaient seules dans nos jardins, suffisant par 
leur variété à tous les caprices de la mode. INIais avec le temps les goûts 
se modifient, de nouveaux besoins surgissent, et le luxe, essentiellement 
ennemi de l'uniformité, et toujours en quête des moyens de se satisfaire, 
devait tôt ou tard adopter des plantes si richement parées, quoique se 
recommandant à d'autres titres que leurs aînées. Comment en aurait-il été 
autrement, une fois la porte ouverte à cette multitude de nouveautés qui 
nous arrivent aujourd'hui de toutes les régions du globe? Par elles ont été 
révélés des genres de beauté que les anciens amateurs ne soupçonnaient 
pas; par elles aussi on est venu à comprendre que le mérite d'une plante 
n'est pas tout entier dans ses corolles; que ia noblesse du port, la grandeur 
et la forme du feuillage, et enfin les teintes insolites et souvent Irès-vives 
dont ce feuillage peut être peint, ont aussi leur valeur ornementale, et une 
valeur qui ne le cède pas, aux yeux de l'amateur éclairé, à celle des fleurs 
les plus brillamment colorées. De là des catégories nouvelles dans le jar- 
dinage d'agrément : les plantes de port majestueux qui ornent nos grands 



v,„ INTRODUCTION. 

jardins publics, les massifs de verdure perpétuelle, les longues guirlandes 
des végétaux grimpants, et enfin tes Plantes à feuillage coloré, qui sont 
peut-être; de toutes les acquisitions récentes de l'horticulture, les plus 
gracieuses et les plus justement recherchées. 

Le coloris du feuillage se rattache à deux origines bien différentes et 
donne lieu à deux groupes très-inégaux de valeur. Tantôt il est intime- 
ment lié à la nature de l'espèce, et, à ce titre, aussi normal que la teinte 
verte l'est dans la grande majorité des végétaux ; tantôt au contraire il 
résulte de l'altéralion des tissus, véritable infirmité qui réagit presque 
tonjours sur le développement de la plante. Dansie premier cas les teintes 
sont le rose, le rouge, le violet, le jaune vif, le blanc argenté; dans le 
second, c'est le blanc plus ou moins mat ou le jaune pâle, associés au 
vert naturel, qui est souvent lui-même affaibli. Rarement ce second mode 
de coloration peut se comparer au premier, et lorsqu'il se joint à un 
rabougrissement trop sensible de la plante il ne mérite plus de figurer 
comme élément de décoration dans les jardins. Il importe donc à l'amateur 
de savoir choisir entre les plantes colorées, de distinguer celles dont le 
coloris est normal de celles où il est le signe de l'affaiblissement ; et, parmi 
ces dernières, de reconnaître celles où la beauté des panachures n'est pas 
fâcheusement contrebalancée par l'infériorité du port. Mettre l'amateur 
novice à même de faire ce choit, tel est le but que se sont proposé les 
auteurs de ce recueil, et ils l'ont d'autant mieux atteint qu'ils ont été 
habilement secondés par le peintre qui leur a prêté son concours, et qui 
a su rendre, presque avec leur vivacité naturelle, les nuances vaiiées que 
le langage n'aurait pu exprimer. 

Ch. NAUDIN, 

Mcml)rp <]f! l'InslitMl. 




CALATHEA ZEBRINA (MARAIMA ZEBRINA) 



CALATHÉE ZÉBRÉ, (pl. 1. 



— MARANTACEES. — 



La magnifique plante qu'on voit ici représentée, appelée aussi 
Maranta zehrlna, est originaire du Brésil. Elle a été introduite en 
Europe en 1815. 

Température de la serre : en été, 18 à 24" centigrades; en hiver, 
12 à 16". 

Le Calathea zehrïna est un des grands ornements de nos serres 
eliaudes, où il trouve peu de rivauv pour la beauté du feuillage. 

I— I 



2 CALAÏHEA ZEBRINA. 

C'est une plante herbacée, vivace, dont les feuilles ont tle 0"'/iO 
à 0'",60 de long, sur 0"',15 à 0™,20 de large. Élégamment bariolées 
de banftes alternativement plus claires et plus foncées, et légère- 
ment teintées de pourpre en dessous, elles flattent encore l'œil par 
leurs reflets satinés. Prise dans son ensemble, la plante est trés-no- 
ble de port et digne de figurer aux premiers plans de la serre. Ses 
fleurs, quoique relativement modestes, méritent encore d'attirer les 
yeux : elles forment un épi où le pourpre et le blanc s'entremêlent 
de la manière la plus heureuse. 

Le Calathea zebrîna drageonnant naturellement du pied, on le 
multiplie par séparation des touffes, en ayant soin de ne pas rompre 
les racines qui adhèrent aux rejets. Ces rejets sont plantés en pleine 
terre ou en pots, dans un coin de la serre bien abrité contre les 
rayons directs du soleil. Si la chaleur est bien conduite, ils seront 
repris en un mois, et on pourra dès lors les traiter comme des plan- 
tes adultes. 

Le meilleur compost est une terre de qualité moyenne, formée 
par moitié de terre franche et de terre siliceuse ou terre de bruyère, 
avec luie légère addition de fumier de vache bien consommé et de 
terreau de feuilles. 

Si les plantes ont été mises en pots, donnez-leur tous les ans, au 
printemps, des pots plus grands, et arrosez copieusement pendant 
l'été, mais très-modérément en hiver. Elles végéteront d'autant 
mieux que la terre des pots sera plus échauffée ; le mieux, si on le 
peut, est de plonger les pots dans la tannée parcourue par les tuyaux 
du thermosiphon. Dans ces conditions, les plantes arriveront à une 
taille plus qu'ordinaire, et formeront des touffes de plus d'un mètre 
de hauteur et de largeur, qui exciteront l'admiration générale. 

On voit de très-beaux échantillons du Calathea zehrina dans 
les serres du Muséum d'histoire naturelle, ainsi que dans celles de 
({uelques riches amateurs. 






CROTON VARIEGATUM. 
Il 




CROTON VARIEGATUM (CODIffiUM VARIEGAÏUM) 
CROTON PANACHÉ. (PL. 2.) 



EUPHORBIACÉES. 



La plupart des espèces du genre Crotoii sont des arl)ust<.'S de serre 
chaude, à l'euilles persistantes. Une de ces espèces, le C. Tiglium. 
est célèbre en médecine ; ses graines, connues sous le nom de Grains 
(le Tif/y, sont un des plus puissants purgatifs gue Ton connaisse. 

Le Croton \>ariei:;ntun) a été introduit en Em-opc \('rs l'annéi^ 1 S04 . 



4 CROTON VARIEGATTJIM. 

Jl ost originaire de l'Inde orientale. Comme ses congénwes, il appar- 
tient, en liurope, à la serre chaude, où il veut une température de 
1 8 à 25" centigrades en été, de 1 2 à I G"^ en hiver. En bon sol, et avec 
les soins convenables, il s'élève à 3 mètres et plus. 

On le multiplie facilement de boutures en mars et avril. Les bou- 
tures se font en pots, l)ien drainés, dont le drainage (tessons ou 
«raviers) est recouvert d'une légère couche de mousse qui empêche 
[a terre d'en obturer les interstices. Sur ce lit de mousse, on dépose 
un compost de terre franche et de terre de ]>ruyère mêlées par par- 
ties égales, qu'on recouvre de sable pur, sur un doigt d'épaisseur. 
On arrose légèrement pour tasser le sable, et on pique les bou- 
tures. La section des rameaux bouturés doit avoir été faite très-nette, 
et on conserve entières les feuilles terminales. Tout étant ainsi dis- 
posé, on enterre le pot dans la tannée ou sur une couche chaude, et 
on le recouvre d'une cloche, avec la précaution de tenir les feuilles 
de la plante écartées du verre; on a soin aussi de l'ombrager par un 
treillis, une toile ou simplement une feuille de papier. En six semai- 
nes, les boutures seront assez enracinées pour pouvoir être trans- 
plantées, mais il faut toujours les tenir à l'ombre, jusqu'à ce qu'elles 
aient pris un peu de force. A chaque printemps, ajoutez du terreau 
de feuilles à la terre où seront vos plantes, mais ne les changez pas 
trop souvent de pots. Arrosages modérés, surtout en hiver. 

Cet arbuste étant un peiî divariqué et de port irrégulier, si 
on veut l'obtenir tout à fait beau, il fout pincer tous les ans les 
sommités des principales branches, et l'amener à former une tête 
arrondie et touffue', ce à quoi on arrive avec un peu d'adresse 
et de persévérance. 

Les feuilles du Croton variegatum ont de 12 à 16 centimètres 
de long, sur 3 à 5 de large, vers le milieu. Leurs bariolures et 
leurs marbrures jaunes sur fond vert les rendent très-belles. 11 
n'y a même pas de plantes panachées qui soient réellement supé- 
rieures à celle-ci, lorsqu'elle a pu se développer sous la pleine 
lumière du soleil; aussi conseillons-nous à tous les amateurs qui 
possèdent une serre chaude de se la procurer. Ses fleurs sont 
ini-j)iulies de vert et de blanc. 




DRAC^NA FERREA VEKSICOLOR. 




DRAC.ENA FERREA VERSICOLOR. 



DRAGONNIER ROUILLÉ DE PLUSIEURS COULEURS. (PL. 3.) 



LILIACÉES. — 



Les clragonniers {Dracœna) appartiennent à la serre chaude cl 
à la serre tempérée. Ce sont des arbres ou arbustes à feuilles 
persistantes, ordinairement sans ramifications et couronnés au 
sommet de la tige d'un faisceau de feuilles plus ou moins lon- 
gues et lancéolées. Le plus célèbre du genre est le dragonnier 



6 DRAC^NA FERREA VERSICOLOR. 

des Canaries [Dracœna draco), qui, avec les années, se ramifie 
et prend des proportions colossales. Celui qu'on voit figurer ici 
ne dépasse pas la taille d'un arbuste de 4 à 5 mètres; il est on- 
f^inaire de l'Inde et est, par conséquent, de serre chaude. En 
été, il veut une température de 20 à 27" centigrades, en hiver, 
de 10 à 15. La beauté du feuillage est assez bien exprimée par 
notre figure coloriée pour que nous n'ayons pas besoin d'en faire 
autrement la description. 

La propagation se fait de la manière suivante : on prend un 
vieux pied de ce dragonnier ; on en coupe la tige en tronçons 
de 2 à 4 centimètres, et on plante ces tronçons verticalement 
dans un pot ou dans une terrine remplie de terre siliceuse, qu'on 
tient légèrement humide , le pot ou la terrine étant d'ailleurs 
enterrés dans la tannée de la serre chaufFée à 25 ou 26°. Si l'opé- 
ration est bien conduite, les fragments sont enracinés en quel- 
ques jours, et ils commencent à pousser un ou plusieurs bour- 
geons. On peut aiissi bouturer tout d'une pièce la sommité 
détachée du tronc de l'arbuste, après en avoir enlevé les grandes 
feuilles. Le pied obtenu de cette manière est plus vite formé que 
ceux qu'on obtient de simples tronçons; cependant si ces tron- 
çons ont une certaine longueur (12 à 15 centimètres, par exem- 
ple), on obtient encore des plantes assez* bien formées dans l'an- 
née même. 

Ce petit dragonnier est peu disposé à se ramifier, et, lorsqu'on 
l'abandonne à lui-même, il ne pousse ordinairement qu'une tige 
simple. On peut l'obliger à pousser des branches, en retran- 
chant le bourgeon terminal, lorsqu'il est jeune. 

Les feuilles ont de 30 à 35 centimètres de long, sur 4 à 6 de 
large. Elles sont d'un vert-noir, très-richement bordées ou pa- 
nachées de rouge-carmin , et quelquefois entièrement rouges. 
Bien qu'assez commune, la plante est fort recherchée. 




C A L A D I U M BI C O L R S P L E N D E N S. 
IV 




CALADIUM BICOLOR SPLENDENS. 



CALADIUM BRILLANT DE DEUX COULEURS. (PL. k.) 



AROIDEES. — 



Une des plus belles plantes tVun genre renonnné pour la riche 
coloration du feuillage, et le contraste des nuances associées sui 
la même feuille. Tous les Caladium, à l'exception du C. virgi- 
nicum, qui est rustique dans le nord de la France, sont de 
serre chaude ou, au moins, de serre tempérée dans cette région; 
il y en aurait cependant plusieurs qui réussiraient en pleine terre 
dans les parties chaudes du midi, à condition d'y être abritées 
contre les ardeurs du soleil. Elles y seraient un des plus remar- 
quables ornements des jardins. 

Le Caladium bicolor splendens est originaiic de l'île de Ma- 



8 CALADIUM RICOLOR SPLENDENS. 

(lôre, d'où il a été importé en Europe (en Angleterre), vers 1773. 
Son feuillage est annuel, attendu qu'il périt tous les ans à l'au- 
tomne; mais la racine persiste sous le sol,, et repousse de nou- 
velles feuilles et des inflorescences après l'hiver. Les racines 
charnues sont, dit-on, comestibles. 

En été, température de 21 à 25" centigrades; en hiver, de, 
J2 à 15°. Ces chiffres annoncent suffisamment que la plante se- 
rait de pleine terre dans beaucoup de localités du midi <\<t la 
France. 

Ses feuilles s'élèvent à 60 centimètres, en moyenne; leur lon- 
gueur est de 25 à 30 centimètres, sur une largeur de 18 à 22; 
elles sont admirablement belles, lustrées, métalliques, et sur- 
tout vivement colorées de carmin dans le centre, qui contraste 
par là avec la brillante teinte verte du contour. Ses fleurs sont 
blanches. 

La propagation se fait par division des rhizomes, et aussi par 
les petits tubercules qui se détachent spontanément du pied. 

Les plantes restant à l'état de repos pendant l'hiver, il faut, 
au printemps, changer entièrement la terre des pots, et la rem- 
placer par un compost de terreau de feuilles, de limon et de 
fumier de vache bien développé. Les pots doivent être parfaite- 
ment drainés, et les tubercules plantés à fleur de terre. On 
chauffe convenablement (24 à 26"); mais on ne commence à 
arroser, et très-légèrement, qu'au moment où les premières feuil- 
les pointent à la surface de la terre; puis, on augmente gra- 
duellement la quantité d'eau, à mesure que la plante se déve- 
loppe. En octobre, ou même avant, on supprime les arrosages; 
les feuilles jaunissent et tombent, et la plante entre dans la pé- 
riode de repos. On la porte alors sur les rayons de la serre, 
dans un endroit où elle ne soit exposée ni à l'humidité ni à la 
gelée. En pleine terre, dans le midi, sa culture serait beaucoup 
simplifiée . 




PAVETTA BOllBONIGA. 




PAVETTA BORBONICA. 



PAVETTA DE BOURBON, (n. 5. 



RUBIACÉES. — 



Les Pnvetta sont très- voisins des Ixoro^ genre représenté dans 
nos serres par deux ou trois espèces. Ils sont originaires de la 
Chine, de l'Inde, de l'Afrique australe et des îles voisines de ce 
continent. L'espèce qui fait le sujet de cette note a été intro- 
duite de l'île Bourbon en Europe, en 1810. Elle appartient natu- 
rellement à la serre cliaude, sous nos climats, et demande une 
température de 22 à 32" centigrades en été, et de 10 à IG en hiver. 



10 PAVPyrTA IJORBONICA. 

Celle helle plante est rarement cultivée, peut-èlre paire que 
si's Heurs n'onl rien de remarquable; mais elle rachète ample- 
ment cette infériorité par son port distingué, et surtout par le 
coloris de ses grandes feuilles ocellées de blanc et parcourues 
par une nervure du plus l)eau carmin. 

On la multiplie de boutures détachées en mars, a\ant qu'elle 
n'entre en végétation, et qu'on plante dans du sable, en les 
recouvrant d'une cloche un peu élevée. On soutient avec des 
petits bâtons les feuilles conservées à la bouture, afin qu'elles 
ne s'affaissent pas dans les premiers jours. En cinq ou six se- 
maines, si la chaleur a été suffisante et l'opération bien con- 
duite, ces boutures sont assez enracinées pour pouvoir être mises 
en pots séparément. 

Pour l'empotage on se sert d'un compost formé, par parties 
égales, de terre franche et de terre siliceuse, et auquel on peut 
ajouter un peu de terreau de feuilles, mais point d'engrais sti- 
mulants. La plante étant de celles qui veulent beaucoup d'air et 
de lumière, on la mettra dans un endroit de la serre approprié 
à ces exigences. Plus le local sera éclairé, plus vives seront les 
macules de ses feuilles. 




BEGONIA REX. 
Var. Grandis. 

VI 




BEGONIA REX. Var GRANDIS. 



BÉGONIE ROYALE BÉANTE, (pl. 6 ) 



BÉGONIACÊES. — 



Superbe plante de serre chaude , qui jouit aujourd'hui d'une 
grande vogue, et qui compte un grand nombre de congénères 
dignes de lui être comparées. Cette belle variété a été obtenue de 
semis en 1858, par MM. Rollisson, père et fds, de Tooting, Angle- 
terre. 

C'est une plante herbacée de 30 à 35 centimètres de haut, for- 
mant une large touffe. Ses feuilles , cordiformes et à côtés inégaux , 
ont en moyenne 25 centimètres de long, sur 20 de large. Leur 
coloris, en dessus, est le vert olive tirant sur le brun, avec une large 
zone lilanche à contours irréguliers, qui sépare en deux comparti- 
ments la teinte verte, le compartiment extérieur formant une bande 
étroite le long du bord de la feuille. En dessous, elles sont unil'or- 
mément rouge-earmin. Les fleurs sont grandes, et de couleur 
carminée. 

De même qu<' la grande majorité de ses congénères, cl scntoul 



12 BEGONIA REX. VAR. GRANDIS. 

que le Bégonia rex dont elle est issue, cette variété appartient à la 
serre chaude, où elle reste en toute saison. En été, il lui faut une 
température de 20 à 27* centigrades; en hiver, elle se contente de 
18 à 20». 

Le meilleur compost qu'on puisse lui donner consiste en : terre 
franche une partie, terre de bruyère grossièrement tamisée deux 
parties, et terreau de feuilles une partie, le tout bien mélangé. On 
rempote en mars, et on donne de copieux arrosages en été , se con- 
tentant de bassiner légèrement la terre en hiver. Les pots doivent 
être drainés avec soin, à l'aide de tessons, sur deux ou trois centi- 
mètres d'épaisseur. 

La multiplication se fait ici au moyen de feuilles coupées en sept 
ou huit morceaux, plus ou moins, suivant leur grandeur. Ces frag- 
ments se plantent droits ou dans une position inclinée , même 
presque à plat, dans des pots ou des terrines bien drainés, et rem- 
plis, jusqu'à deux centimètres du bord, du compost indiqué ci- 
dessus, le reste étant occupé par une couche de sable pur, qu'on 
tient très-humide. La plantation faite, on la couvre d'une cloche 
qu'on ombrage d'une feuille de papier, et on place le tout sur un 
lit de tannée, ou mieux de sable, cliaufFé à 26 ou 27". En très-peu 
de jours, si l'humidité et la température ont été tenues au point 
convenable, des racines se forment à la partie inférieure de ces 
fragments bouturés , et bientôt on voit apparaître des bourgeons et 
des feuilles. Dès que ces dernières se sont développées, on enlève 
les plantes pour les mettre chacune dans un petit pot, qu'on enterre 
dans la tannée, et on commence dès lors à les habituer graduelle- 
mentau contact de l'air et de la lumière. Ces boutures reproduisent, 
en général, identiquement la variété. 

Il en est autrement des graines, quand on peut en récolter sur 
les plantes adultes. Celles-là donnent toujours ou presque toujours 
naissance à des variétés nouvelles, ce qui est un grand avantage 
pour l'amateur. On aura donc soin, lorsque les plantes seront en 
fleur, d'en assurer la fructification en les fécondant artificiellement, 
et d'en récolter les graines à leur maturité. Le semis se fait en 
terrines drainées, et sur terre de bruyère, d'ailleurs dans les mêmes 
conditions de chaleur et (rhuiniditè (pie la plantation des boutures. 




ANŒCTOCHILUS XANTHOPHYLLUS. 
VII 



ANOECTOCHILUS XAWTHOPHYLLLS. 
ANŒCTOCHILE A FEUILLE RAYÉE DE JAUNE. (PL. 7. 



ORCHIDEES. — 



Les Aîiœctochilus sont un magnifique genre crorcliitlécs, natives 
(le l'Inde, de Java et de Geylan, où elles croissent dans les liaies 
et sous les buissons. Les fleurs sont cependant insignifiantes, mais 
elles sont incomparables par la beauté des panachuies réticulées qui 
couvrent leur feuillage velouté et miroitant comme un métal. Dans 
quelques espèces, les feuilles présentent en outre une'large macule 
centrale autrement colorée que le reste du limbe. 

\] Anœctochilus xanthophyllus a été importé de Java en 1849, 
par MM. Veitch, d'Exeter; nous donnons la plante entière ci-contre. 

C'est une petite plante basse, rampante, à fleurs curieuses de 
forme quoique petites, attrayante au ]ilus haut degré par le coloris 
bizarre de ses feuilles. Ces dernières ne sont pas grandes; elles n'ont 
guère que 5 ou 6 centimètres de long, sur 4 à 4 et demi de large ; 
leur surface' ressemble à un velours de couleur foncée, avec des 
reflets métalli(iues; elle est veinée de jaune d'or, et présente en 



U ATVOECTOCJriLIlS X ANTHOPH YLLUS. 

oulrc (le chaque coté de la nervure médiane une large hande jaune 
plus ou moins piquetée de brun. Nulle description, au surplus, ne 
saurait donner une idée exacte de leur coloris, que la peinture elle- 
même ne rend qu'incomplètement . 

Cette jolie plante réussit bien avec une température estivale 
oscillant entre 31 et 32" centigrades *, cette température doit être 
en hiver de 15 à 20. 

On la multiplie par division de la tige en tronçons de quelques 
centimètres, contenant deux à trois nœuds ou articulations, qu'on 
plante dans une terre de bruyère très-sableuse, mêlée en outre de 
mousse hachée menu, et contenant quelques fragments de charbon. 
Les pots doivent être parfaitement drainés, et constamment recou- 
verts de cloches de verre, et on les tient dans un endroit ombragé 
de la serre. On doit, en arrosant, veiller à ce que les feuilles ne 
soient jamais mouillées ; en hiver il suffit que la terre soit simple- 
ment humide. On n'oubliera pas non plus d'essuyer tous les jours 
les verres des cloches, sans quoi l'eau qui s'y accumule finirait par 
tomber en gouttes sur les feuilles , ce qui les feiait jaunir. 




C R O T O N P I C T U M. 
VI II 




CROïON PICTUM (C0DI7EUM PICTUM). 



C ROT ON BIGARRÉ. t'L. 8.) 



EUPHORBIACÉES. 



Esprcc introduite do Tlndc orientale en Europe, en 1810. Elle 
appartient, comme le C. variegatuni (PI. 2), à la serre chaude, 
et conserve ses feudles en tout temps. Elle s'accommode d'une 
température estivale de 18 à 24° centigrades, et en hiver de 12 
à 16. 

Le Croton pîctnm avant ses branches un peu divariquces. \\ con- 



1G CROTON FICTUM. 

vient, si on veut lavoir d'une belle forme , de eouper tous les ans 
les sommités des principales branches, et de diriger , au moyen d'un 
treillis, les pousses latérales, afin de former une tète bien pleine et 
bien arrondie. 

Les feuilles ont de 15 à 20 centniiètres de long, sur 4 à 6 de 
large vers le milieu. Elles sont brillamment et irrégulièrement 
marbrées de rouge carmm vif, comme on le voit par la figure 
ci-jointe. L'arbuste n'est pas rare dans les collections, et, quoique 
peu élevé, il mérite d'être cultivé par tous les amateurs ayant imc 
serre chaude. 

Multiplication facile de boutures, qu'on détache en mars et avril, 
et qu'on plante dans des pots parfaitement drainés au moyen de 
tessons, sur une épaisseur de 2 à 3 centimètres, et recouverts d'un 
lit de mousse, afin que l'eau des arrosages n'y stagne pas un instant. 
On remplit le pot, jusqu'à 2 ou 3 centimètres du bord, avec un 
compost formé par parties égales de terre franche et de terre de 
bruvère; le reste est rempli de sable pur. Les boutures étant 
placées dans celte couche de sable, on donne un léger bassinage 
et on couvre d'une cloche. On ne doit pas négliger, et ceci s'applique 
à toutes les boutures, de faire des sections bien nettes, avec une 
lame affilée. Les boutures doivent être assez, éloignées de la cloche 
pour que leurs feuilles nen touchent point les parois, dont l'humi- 
dité les ferait jaunir et moisir, et, s'il le faut, on les tient à distance 
à l'aide de bâtonnets piqués dans le sable. Toutes ces précautions 
prises, on porte le pot sur la couche de tannée ou de sable échauffé, 
et on ombrage contre les rayons directs du soleil. En six semaines, 
ordinairement, les boutures sont reprises \ on les met alors dans 
des pots à demeure, et on les habitue graduellement à supporter 
le contact de l'air et de \\\ lumière. 

Quant à la culture proprement dite, elle est fort simple : on 
ajoute tous les ans, au printemps, un peu de terreau de feuilles au 
compost, et, s'il le faut, en empote dans des pots plus grands. 
Arrosages modérés dans les premiers jours ; plus copieux en été, 
mais très-ralentis en hiver. Il suffit, en cette saison, que la terre 
soit lègèrenn'ul hunnde. 




EGONIA REX. 
IX 




BEGOr^lA REX. 
BÉ60NIE ROYALE. (PL. 9. ) 

— BÉGONIACÉES. — 

Le genre de Bégonia , riche en espèces , tantôt sous-frutes- 
centes, tantôt herbacées et vivaces, souvent munies de rhizomes 
tuberculeux , a été ainsi nommé en l'honneur tle Michel Bégon , 
gouverneur de Saint-Domingue, et protecteur de la botanique, 
au dix -septième siècle. Ces plantes habitent presque toutes les 
régions chaudes de la terre : les Antilles, le Brésil, le Guatemala, 
l'Inde orientale, le Mexique, le Pérou, l'Afrique australe, la 
Chine, etc., affectant les plus grandes diversités de feuillage, de 
port et de taille. 

C'est une charmante série de plantes, belles par leurs feuilles ou 
par leurs fleurs. 

Le Bégonia rex^ qui tient un rang distingué dans l'horticulture, 
est originaire de l'Amérique équatoriale, et a été introduit en Eu- 
rope, en 1857, par M. Linden , de Bruxelles. 

1 — 2 



18 BEGONIA REX. 

Il appiirlicnt de dioil à la serre cluuule. I.a tenipératiiro, en été, 
doit être eomprise entre 21 et 27" oentigrades; en hiver, entre 
15 et 20. De même (jne heanconp d'autres plantes de rAmériqne 
équaloriale, amies de la demi-ombre et de l'iunnidité, il s'aeeom- 
mode parfaitement du régime de nos serres chaudes, où il n'est 
pas sujet à s'étioler. 

Les feuilles sont grandes, obliquement ovales; le fond de leur 
coloris est un vert foncé et bronzé, interrompu par une zone d'un 
blanc argenté, nettement tranchée, et qui se trouve à peu près à 
égale distance du Rord et du centre de la feuille. Le peu de vert 
(lui reste au centre forme comme une étode irrégulière à 5 ou 
7 branches. Le dessous de la feuille et les pétioles sont-^l'un vert 
rougeàtrc et hérissés de poils rouges. La tige est courte, pour ainsi 
diie à demi enterrée. 

Les fleurs sont simplement jolies, d'un blanc jaunâtre, sans rien 
de particulier. 

Un compost formé, par parties égales, de limon de rivière ou, à 
son défaut, de terre franclie, de sable siliceux et de terreau de 
feuilles décomposé, convient très-bien au Bégonia rex. La culture 
doit se faire en pots parfaitement drainés, plutôt petitstjue grands, 
car on croit avoir remarqué que plus les racines y sont à l'aise, 
moins les marbrures des feuilles sont vives et tranchées. 

La multiplication se fait au moyen des feuilles, soit coupées en 
fragments, soit bouturées entières. Dans ce dernier cas, on opère 
comme il suit : on tranche les principales nervures de loin en loin, 
et on pose la feuille à plat sur le sable humide du pot, en la main- 
tenant ferme au moyen de petites chevilles. On couvre d'une 
cloche, et on porte le tout sur une tannée chaude, dans un en- 
droit obscur de la serre. En très-peu de temps, des racines sorti- 
ront de chaque division de cette feuille, puis des bourgeons et des 
feuilles. On séparera alors les jeunes plantes pour les empotei- 
séparément, et on les habituera gi'aduellement à l'air et à la lu- 
mière ; mais comme leur croissance est rapide, il faudra faire de 
fréquents empotages. Si l'opération est bien couduite, en six mois 
elles seront adultes et formeront de superbes touffes de feuilles. 




(•^YANOPVIYLLUM MAGNIFICQM. 




CYANOPHYLLUM MAGNIFICUM. 



CYANOPHYLLE MAGNIFIQUE, (pl. 10. 



MÉLASTOMACÉES. — 



Superbe arbuste de la Nouvelle-Grenade, introduit en 1857 en 
Belgique, par M. Linden, et de là en France et en Angleterre, Il n'a 
pas encore fleuri en Europe. 

Comme plante à feuillage ornemental, cette belle mélastomacée 
tient un rang des plus distingués, mais il n'est pas possible d'en juger 
sur la planche ci-jointe, où, faute d'espace, les feuilles ont été ré- 
duites au tiers ou au quart de leur grandeur ; d'un autre côté la 
peinture ne saurait rendre les reflets métalliques et moirés de ces 
feuilles, l'artiste n'a pu qu'imiter leurs contours et rendre, par des 
teintes mates, le fond de leur coloris. 



20 CYANOPHYLLUM MAGNIFICUM. 

Le Cyonophrllum magnificiun s'élève droit, sur une seule tige, 
qui, selon toute vraisemblance, doit se ramifier à une certaine hau- 
teur. Ses feuilles, régulièrement ovales-lancéolées, ont de 40 à 50 
centimètres de longueur, sur 20 à 25 de large. Trois nervures prin- 
cipales, convergentes vers le sommet du limbe, se détachent, par 
leur blancheur, sur un fond vert bronzé et velouté, se reliant l'une a 
l'autre par des nei^vures transversales plus fines, parallèles, formant 
comme une double échelle qui monte de la base du limbe au som- 
met. Le dessous de la feuille est coloré de carmin uniforme et réti- 
culé par la saillie des nervures. Rien de plus majestueux que cette 
plante, lorsqu'elle est dans toute sa vigueur. Ses fleurs, dit-on, 
forment de belles panicules aux sommets de la tige principale et des 
rameaux, mais elles sont, prises isolément, de peu de durée. 

La plante demande, en été, une température de 22 à 28" centi- 
grades, en hiver, de 18 à 22. L'expérience a déjà fait reconnaître 
qu'elle se plaît dans un compost formé par parties égales de terre 
de bruyère et de terreau de feuilles, mêlés d'un peu de sable. On 
empote au printemps, dans des pots parfaitement drainés; on tient 
la plante dans un endroit éclairé de la serre, afin d'aviver les teintes 
de son feuillage, et on arrose abondamment pendant la période de 
végétation. Les arrosages doivent être modérés en hiver, sans être 
pourtant suspendus. On peut aussi bassiner légèrement les feuilles, 
le soir, mais seulement à l'époque où la plante est dans le fort de sa 
végétation. 

Nous avons dit tout à l'heure que le Cyanophyllmn s'élève 
sur une seule tige, qui indique jusqu'ici peu de tendance à se rami- 
fier. Si on voulait lui faire former une tête, il faudrait en pincer le 
bourgeon terminal ; il est vraisemblable qu'alors la sève empri- 
sonnée ferait développer des branches latérales. 

On le propage aisément de boutures, qu'on prend sur les rameaux 
latéraux lorsque les plantes en produisent. Ces boutures se font à 
chaud, dans des pots drainés, remplis de terre de bruyère, et recou- 
verts d'une petite cloche. On doit veiller à ce que les feuilles du 
fragment bouturé ne touchent pas aux parois de la cloche, dont 
l'eau les ferait jaunir et pourrir. 




FARFUGIUM GRANDE. 

XI 




EARFUGIUM GRANDE (SENECIO FARFUGIUINI). 
FARFUGIE GÉANTE, (pl. 11.)- 



— COMPOSEES. 



Voici une intéressante nouveauté. Elle nous vient du nord 
de la Chine, d'où elle a été rapportée par le célèbre voyageur 
Fortuné, en 1855. 

Elle appartient indifféremment à l'orangerie et à la pleine terre 
dans le nord de la France, mais elle devient plus belle dans le midi, 
en pleine terre et dans un site à demi ombragé. Ses grandes ieuilles 
cordiformes-arrondies, ou même presque réniformes, sont d'un 
vert clair, vif, maculé irrégulièrement de larges taches jaunes; 
portées sur des pétioles de 25 à 30 centimètres de long , elles 
forment de belles touffes arrondies du plus charmant effet dans les 



2-2 FARFUGIUM GRANDE. 

platcs-l)ancles d'un parterre ou sur les contours d'une pelouse, (les 
touffes ont quelquefois plus d'un mètre de largeur, 

La culture en est facile, attendu que, rustique comme elle l'est, 
elle brave aisément les froids de nos hivers. Sa racine vivace, à la 
manière de celle de notre tussilage indigène, est suffisamment abritée 
du froid par la terre qui la recouvre. Elle vient dans tous les sols, 
mais plus volontiers dans les sols argileux mêlés de sable. Si on la 
tient en pots, on lui donnera un compost formé de terre franche 
limoneuse et de terre de bruyère ou de sable. 

La nndtiplication se fait au printemps par éclats du pied , qui 
reprennent avec la plus grande facilite, soit en pleine tejH'e, soit 
sous châssis. Pour avoir la plante belle, il faut l'arroser de temps 
en tenqjs dans la période de végétation, à moins qu'elle ne soit 
exposée à la pluie. Dans le midi, où la chaleur et la sécheresse sont 
souvent prolongées, on lui donnera plus fréquemment de l'eau. La 
dose d'ailleurs dépendra du climat du lieu, et ce sera au jardmier 
d'en juger. 



^^.à^^MÊlÉài^^dèMàL 




EGONIA REX. 
Var. Isis. 

XII 




BEGONIA REX, Var. ISIS. 



BÉ&ONIE ROYALE, ISIS. (pl. 12.) 



BÉGONIACÉES. 



Adniiralile variété de ce splendicle Bégonia rcx dont nous avons 
parlé plus haut avec quelque détail. Elle provient d'un semis de 
graines de ce dernier, obtenues par MM. Rollisson, de Tooling, qui 
sont aujourd'hui les plus grands propagateurs de ce beau genre. 

On voit par la planche ci-jointe en quoi cette variété diffère du 
type. La zone Ijlanche s'est considérablement élargie, surtout aux 
dépens de la partie verte centrale, qui se trouve ici réduite à une 
sorte d'étoile irrégulière à neuf branches ; mais en s'élargissanl elle 
a pris une teinte à reflets métalliques, cendrés-verts, du plus cliar- 
mant effet. La bordure qui suit le contour du limbe est d'un vert 
bronzé, et elle est elle-même mouchetée de macules argentées. Le 
dessous de la feuille, ainsi que le pétiole, est rose carmin. 

Pour la culture et la propagation, nous renvoyons le lecleui- a 
Tartielc du Bégonia rex, Pl. 9. 




CISSUS DISCOLOH. 




CISSUS DISCOLOR. 



CISSUS DE DEUX COULEURS, (pl. 13.) 



AMPÉLIDÉES. — 



Cette superbe liane, qui représente dans les ombreuses forêts de 
l'île de Java notre vigne d'Europe, est pour ainsi dire trop connue 
pour qu'il soit nécessaire d'en faire ici la description. On la trouve 
dans presque toutes les serres chaudes, dont elle est un des plus 
beaux ornements, non par ses fleurs, qui sont rares et d'ailleurs 
insignifiantes, mais par le magnifique feuillage dont notre figure 
coloriée donne une image fidèle. 

Son introduction en Europe ne remonte guère qu'à une quinzaine 
d'années, et c'est aux Hollandais que nous en sommes redevables. 
MM. Rollisson lont importée en Angleterre en 1851 , et, de là, elle 
s'est largement répandue dans les serres chaudes du continent. 

Ses feuilles, longuement cordiformes et acuminécs, ont de 15 à 
20 centimètres de longueur, sur 8 à 12 de largeur. Leur coloris 
varie assez sensiblement d'un individu à un autre, et tous ne son! 
pas également beaux sous ce rapport . Ceux qu'on peut considérer 



26 CISSUS DISCOLOR. 

comine supérieuis à Ions les autres ont les feuilles marbrées de 
blanc pur , sur fond vert lustré ou carmin obscur ; l'essentiel est que 
les diverses teintes de la feuille contrastent vivement ensemble. 

La plante, avons-nous dit, est une liane dont les longs sarments 
grimpent promptement jusqu'au sommet des serres les plus élevées, 
lorsqu'elles trouvent des objets auxquels elles puissent s'accrocher. 
C'est à l'art de la diriger dans sa course désordonnée et de l'har- 
moniser avec son entourage. Avec de l'adresse, on en obtient les 
plus charmants effets. 

Sous notre ciel septentrional, la vigne de Java est nécessairement 
de serre chaude ; elle demande, en été, une température de 22 à 30°, 
en hiver, de 18 à 20. Ajoutons qu'elle aime la demi-ombre, et que 
les rayons directs du soleil font pâlir les teintes de son feuillage. 11 
faut éviter aussi d'en mouiller les feuilles, qui perdent, par le con- 
tact avec l'eau, leur lustre métallique. Un compost de bonne terre 
argileuse, de terre de bruyère et de terreau de feuilles ou de couches 
bien décomposé, le tout par parties égales, est la terre qui lui con- 
vient le mieux, au moins dans nos serres. On la met ordinairement 
en pleine terre dans les bâches de la serre ; mais on peut aussi la 
cultiver en pots, et alors on la ftiit grimper sur un treillage de fil de 
(ér fait exprès, et auquel on donne ordinairement la forme d'un 
ballon, qui ne présente bientôt plus qu'une masse arrondie de 
feuillage coloré. 

La multiplication est facile par voie de boutures. On y emploie les 
sommités des rameaux, qu'on tranche net au miHeu d'tm nœud. Les 
pots ou terrines, drainés avec le plus grand soin, sont remplis de 
terre de bruyère, avec ou sans addition de sable par dessus; on y 
pique les rameaux détachés, et on couvre d'une cloche après avoir 
mouillé la terre. Le vase est ensuite enterré dans la tannée, chauffée 
à 25 ou 27", et recouverted'une étoile ou d'une feuille de papier. Les 
jeunes plantes reprises, on les empote séparément, comme nous 
l'avons dit en parlant de la multiplication des Bégonias. 




DIEFFBNBACKIA SEGUIN A. 
Var. Maculata. 




DIEFFEINBACHIA SEGUINE. Var. MACULATA. 



DIEFFENBACHIE VÉNÉNEUSE A FEUILLE MACULÉE. (PL. Ik. 



AROIDEES. — 



Cette jolie aroïclcc, qui va ouvrir la marche à une brillante tribu 
de plantes à feuillage coloré, nous vient, comme la plupart de ces 
dernières, de la région équatoriale de l'Amérique du Sud. Son 
introduction en Europe remonte à l'année 1830. 

C'est une herbe à tige dressée, pouvant s'élever à 1 métré et plus, 
dont les longues feuilles ovales et lisses sont marbrées de macules 
blanches, de toutes formes et de toutes grandeurs, sur un lond veit 
clair. Cette brève description, aidée de la figure ci-jomte . sulfil 
pour donner une idée de l'elTet qu'elle produit dans une seire, el 



28 DIEFFENBACHIA SEGUINE. 

du lang qu'elle occupe dans la légion des feuillages panaches. 
Inutile de dire qu'elle est de serre chaude. 

Sa culture n'offre pas de difficulté, lorsqu'on peut lui procurer, 
pendant le temps de sa végétation, une température de 24 à 26" 
centigrades, avec une atmosphère un peu humide. Notons cepen- 
dant qu'elle ne doit pas être éloignée du vitrage de la serre, si on 
veut que ses couleuis soient vives et tranchées. Une bonne terre 
argileuse , mélangée par parties égales de sable fin et de terreau de 
feuilles décomposé , est le meilleur compost qu'on puisse lui procu- 
rer. On peut y ajouter de petits fragments de charbon. Il est bon 
d'éviter de mouiller les feuilles en arrosant, et cela est surtout 
essentiel en hiver;'il suffit, en effet, dans cette saison, qu'elles 
soient mouillées pour qu'on les voie jaunir et tomber prématuré- 
ment. Les empotages se font au printemps, en pots drainés comme 
il convient. 

La multiplication se fait de boutures, prises sur les rameaux d'une 
vieille plante. On les met séparément dans des petits pots remplis de 
terre de bruyère ou de sable et bien drainés, qu'on recouvre d'un 
verre à boire ou d'une petite cloche, après avoir mouillé la terre. 
Ces pots sont enterrés dans la tannée ou le lit de sable chauffé par 
les tuyaux du thermosiphon au degré convenable. En quelques 
semaines les plantes sont enracinées , et il convient alors de les 
empoter dans des pots plus grands, remplis du compost ci-dessus 
indiqué. Dès qu'elles sont reprises, on donne graduellement accès 
à l'air et à la lumière, comme nous l'avons déjà dit pour d'autres 
plantes. Lorsque les jeunes sujets ont cinq à six feuilles, on pince 
leur sommité pour les obliger à se ramifier ; sans cette précaution, 
ils croîtraient sur une seule tige élancée et grêle, d'un faible effet 
ornemental. 




BEGONIA KEX. 
Var. Nebulosa. 

XV 




BEGONIA REX. Var. INEBULOSA. 



BÉGONIE ROYALE NÉBULEUSE. (PL. 15.) 



— BÉGONIACÉES. — 



Encore un de ces beaux enfants de Bégonia rexî 11 a été obtenu 
de semis, en 1858, par les grands propagateurs de ces plantes, 
]M]VI. Rollisson père et fils, de Tooting. Aujourd'hui on le trouve 
dans toutes les serres de l'Europe. 

Ici, la zone blanche se trouve morcelée en grandes macules, 
ce qui permet à l'étoile verte du centre d'étendre ses branches 
jusqu'à la lisière de même teinte qui cn'cule le long du bord de la 
feuille, mais les places vertes sout elles-mêmes mouchetées de points 
blancs. Les taches blanches, à leur tour, sont piquetées de poils 
rouge carmin, couleur qui domine en dessous, et qui détemt même 
en une étroite mai'gination tout au bord du limbe. Les nervures de 
la face supérieure participent aussi à cette teinte carminée. 

Inutile de redire ici ce qui a été expliqué à Tarticle du Bégonia 
re.r, relativement à la culture et à la multiplication. 




SONBRILA MARGARITACEA. 
XVI 




'^^ 



SO^ERiLA IMARGARITACEA, 



SONÉRILIE PERLÉE (pl. 16.) 



MÉLASTOMACÉES. — 



Vraie miniature, mais qui est d'un grand efi'et dans la serre 
par ses feuillages colorés. Des perles d'un blanc de neige ali- 
gnées sur un fond vert foncé, avec la régularité des mouchetures 
de la panthère, sont une rareté dans le monde des fleurs. 

Cette charmante Mélastomacée, qui sous sa petite taille (elle 
n'a guère que 50 à 60 centimètres de hauteur) forme cependant 
de fortes touffes, est originaire de .lava. Gela revient à dire qu'elle 
veut en été une chaleur de 20 à 28 degrés; l'hiver, elle se contente 
de 15 à 18. Son introduction en Europe ne remonte qu'à 1848. 

Outre ses jolies feuilles, elle donne avec profusion des fleurs 
lilas qui ne sont pas non plus sans mérite. Ces fleurs présentent 
un caractère rare chez les plantes dicotylédones, celui d'avou' 
une corolle régulière à trois pétales, alternant avec trois étami- 



32 SONERILA M ARG ARITA CE A. 

nés. On sait que le nombre trois, clans les pièces de la fleur, est 
un caractère presque universel des monocotylédones. 

La multiplication se fait de boutures, au printemps. Les ra- 
meaux à bouturer doivent être coupes courts, c'est-à-dire n'avoir 
pas plus de deux à trois nœuds; on enlève les deux feuilles infé- 
rieures, et on plante dans le sable humide, le pot étant ensuite 
couvert d'une cloche et plongé dans la tannée. On ombrage con- 
tre les rayons du soleil, et on a soin d'essuyer de temps en 
temps l'humidité qui se condense à l'intérieur sur les parois de 
la cloche, parce qu'en tombant en gouttelettes sur les feuilles 
des boutures, ou simplement en rendant la petite atmosphère 
confinée autour d'elles trop humide, elle fait jaunir les plantes 
et les expose à pourrir. Dès que les boutures sont reprises, on 
les empote dans de nouveaux pots, remplis d'un compost de ter- 
reau de feuilles décomposé et de terre sableuse, on les couvre 
d'une cloche et on les met à l'ombre, en ayant soin de les habituer 
graduellement à supporter le contact de l'air et de la lumière. 

En mars, il faut rempoter dans des pots plus grands, c'est- 
à-dire proportionnés au volume des plantes, et comme la végé- 
tation marche alors avec rapidité, on fait un troisième rempo- 
tage en juin. Ari'osez alors modérément, mais tenez les plantes 
dans une atmosphère constamment humide. Quand la floraison 
sera aux trois quarts passée, enlevez toutes les fleurs, y compris 
les boutons, parce que l'excès de floraison aurait pour effet cer- 
tain d'épuiser la plante. Cependant, si vous avez eu soin de 
féconder adroitement quelques-unes de ces fleurs avec le pollen 
de leurs étamines, et que vous ayez réussi à faire nouer des 
fruits, conservez ces derniers pour en récolter les graines. Au 
moment de la plus grande lumière solaire, il faut tenir vos 
plantes dans un endroit ombragé, c'est-à-dire ne recevant que 
de la lumière diffuse. 

En hiver, donnez très-peu d'eau aux plantes, et le plus de 
lumière possible. Quand le soleil brillera, dans cette triste sai- 
son, exposez-les à ses rayons directs, en ayant soin de les re- 
tourner de temps en temps, pour que toutes les feuilles jouissent 
également des bons effets de cette lumière. 




M A K A N T A V7 A R S C E W I C Z I I. 




IMAIIAINTA VVAIlSCKWICZli (PHIIYNIUM WARSCEW IC/.ll). 
MARANTA DU WARSCEWICZ. (pl. 17.) 



MARANTACÉES. — 

Oiii^inairo de l'Amciiquo cenlrak', d'où il a été introduit en 
Europe, en 1854, par le voyageur Warscewiez, 

C'est une lorte plante herbacée de serre chaude, dont la tie^<' 
s'élève à 30 ou 40 centimètres, et qui produit une abondante 
provision de l'euilles, longues de 50 à GO centimètres, sur 15 à 
18 de large. Ces feuilles sont lisses, luisantes, d'un vert foncé 
en dessus, avec une double rangée de macules vert pâle, con- 
lluentes le long de la nervure médiane, et représentant, dans 
leur ensemble, une plume à bailjes déchicpietées. Le dessous est 
uniformément carmin obscur. Au total c'est une très-belle [)hiii!c 
d'ornement, tpii fait un digne pendant aux aiilies espèces Au 
même genre. 

I— :^ 



34 MARANTA WARSCEW ICZI I. 

Sa culture n'offre pas plus de dilTiculté que celle tlu Calatliea 
zebrina^ dont il a été question plus haut. Elle se résume comme 
il suit : température estivale : 18 à '25 degrés; température hi- 
vernale : 14 à 15; compost formé par portions égales de terre 
franche ou limoneuse, de terre de bruyère, de terreau végétal 
et de fumier de vache bien consommé. On peut ajouter au 
mélange des fragments de charbon. Drainage parfait du pot. 

La multiplication se fait à l'aide des turions qu'on détache 
du pied. On les plante dans des petits pots remplis du com- 
post ci-dessus ou simplement de terre de bruyère; on les re- 
couvre d'une cloche et on les enterre dans la tannée chaude. 
La repiise faite, on les empote dans des pots plus grands, et 
on les habitue graduellement à l'air et à la lumière. Arrosages 
copieux en été, pendant la végétation de la plante, très-mo- 
dérés en hiver. 




EGONIA MAESHALLII. 
XVIII 




BEGOÎJIA REX. Var MARSHALLII 



BÉGONIE ROYALE DE MARSHALL. ( pk. 18. 



— BEGON [AGEES. — 



Encore un splcndide Bégonia! mais celui-ci n'est plus de race 
pure : c'est un hybride issu du Begonin rex fécondé par le 
pollen du Bégonia splendida argentea. 11 provient des semis de 
M. R. Franklin, jardinier de M. .TamesGartli Marshall, de Leeds, 
(pu lui a donné son nom. 

D'après M. Fish, célèbre amateur anglais, le Bégonia Mars- 
hall serait le plus beau des hybrides produits [)ar le Bégonia 
rex; il passerait, sous ce rapport, avant le />V^'o///rt /r.r lui-même 
et avant sa variété Grandis. 

Les feuilles ont 18 à 20 centimètres de long, sur 14 à. 15 
de large. Une large zone argentée, à contours irréguliers, oc- 
cupe la plus grande partie du limbe, laissant au centre une 
étoile bronzée à branches très-inégales, et en dehors une bande 
marginale de même couleur, moncheté<», connue l'étoile elle- 
même, de inarhnnes blanches. Le dessons du Innbe est rose 



3G IJEGONIA MARSHALLII. 

carmin; le péliole, qui est de même nuance, est long de 30 
à 35 cenlimètres, et hérissé çà et là de longs poils blancs. 

La culture et la multiplication de ce bel hybride étant iden- 
tiques à celles du Bégonia rex, nous renverrons simplement le lec- 
teur à ce dernier. 

Faisons remarquer, en passant, que i'hybridité ofFre à Tama- 
leur une source inépuisable d'acquisitions nouvelles, et qu'en 
combinant avec art les espèces, on a chance d'obtenir des pro- 
duits qui leur sont supérieurs en beauté. L'hybride dont il est 
question ici en est une preuve saisissante. 




CALADIUM chant: NI. 

XIX 




CALADIUM CHANTINI. 



CALAOIUM DE CHANTIN. (pl. 19.) 



— AliOlDÉES. — 



Cette cliarmante aroïdée rappelle le nom de son introducteur, 
M. (lliantin, horticulteur parisien, à qui le jardinage d'agrément 
est redevable de beaucoup de plantes rares. Elle est originaire 
des boids de l'Amazone, dans l'Amérique du Sud, et ne date, 
chey, nous, que de l'année 1857. On comprend sans peine qu'elle 
appartient à la s<'rre chaude. 

C'est une forte plante, à lacines tuberculeuses, dont les feuilles 
sont en fer de lance on de flèche un peu large. Elles ont en 
moyenne 40 centimètres de long, sur -22 à 25 de laige, et sont 
par conséquent beaucoup plus grandes que le format de notre 
planche n'a permis de les représenter. Mais si cette planche est 



38 CALADIUM CHANTINI. 

infidèle par les proportions, elle est très-exacte ponr le colo- 
ris. On y voit que, sur le fond vert clair de la feuille, se dé- 
tachent des bandes du plus riche carmin, qui suivent les ner- 
vures principales, et qu'entre ces bandes le Tond est encore 
constellé de macules blanches, souvent elles-mêmes pointillées 
de rouge. Ces feuilles sont donc littéralement tricolores. 

La vase de rivière, ou, à son défaut, de la bonne terre ordi- 
naire un peu argileuse, de la terre de lirnyère, du terreau de 
feuilles et du fnniier de vache consommé, mêlés par parties (ga- 
les et additionnés d'un peu de sable, constitueront un bon 
compost pour cette plante, comme d'ailleurs pour toutes les aroï- 
dées exotiques. Ayez soin d'ajouter un peu de charbon au com- 
post, les couleurs des feuilles en seront considérablement avivées. 
Au printemps, dès qu'il s'y manifeste quelque mouvement de 
végétation, on enlève les tubercules de leur pot, et on en fait 
tomber toute la terre, sans endommager les racines ni les pousses 
commençantes; on supprime les racines mortes, ainsi que les tiges 
de l'année précédente, etc. 

Si quelque partie du tubercule était pourrie ou malade, on la 
retrancherait et on saupoudrerait la plaie avec un peu de chaux 
en poudre. Drainez fortement le nouveau pot; remplissez-le aux 
deux tiers ou aux trois quarts avec le compost susindiqué et 
placez-y le tubercule, n'ajoutant de terre que strictement ce qu'il 
faut pour le recouvru", après quoi donnez un léger arrosage pour 
tasser la terre, et portez le tout sur la tannée chaude. Lorsque les 
feuilles commenceront à se montrer, donnez un arrosage modéré, 
et à mesure des progrès , vous augmenterez graduellement la 
quantité d'eau. En automne, ralentissez insensiblement les arro- 
sages, et supprimez-les tout à fait quand les feuilles seront flétries. 

La multiplication se fait au moyen des turions qui sortent des 
anciens pieds. On les prend jeunes, et on les empote dans du 
sable presque pur; mais lorsqu'ils sont enracinés, ou les met dans 
le compost indiqué plus haut. Les arrosages à l'engrais liquide 
activeront uolableinent leur croissance. 




MARANTA REGALIS. 
Y Y 




MARAINTA REGALIS. 



NARANTA ROYAL. ( PL. 20.) 



— MARANTACÉES. 



Le Maranta royal ! Voilà un nom assurément bien appliqué, 
si on veut dire que la plante est cligne d'orner les serres d'un 
roi. Il suffit de jeter les yeux sur notre planche coloriée pour 
se convaincre que la qualification n'est pas usurpée. 

Comme beaucoup de ses congénères, le Maranta royal nous 
vient de l'Amérique équatoriale; c'est en 1854 qu'il a fait sa 
première apparition en Angleterre, d'où il s'est bientôt lépandu 
dans les serres du continent. 

Sa tige s'élève à 30 ou 35 centimètres. Ses feuilles, de forme 
ovalc-oblongue, ont de 20 à 24 centimètres de long, sur 6 à 8 
de lai'ffe ; elles sont carmin oliscur en dessous, vertes en dessus, 



40 iMARANTA REGALIS. 

avec deux bandos rost' carmin, parallèles, obliques, se répélant 
dans tous les intervalles des nervures. Lorsque les ("eudles eoninien- 
cent à vieillir, ces lij^nes colorées passent nisensdjlenient au l)lanc. 
Une seule plante peut portera la fois douze à quinze de ces feuilles. 
C'est, à tous les points de vue, une superbe acquisition. 

Cette plante, comme d'ailleurs la plupart des marantacées, se 
plaît dans un sol composé, par parties égales, de terre franche ou 
de limon de rivière, de sable et de terreau de feuilles, additionné 
de quelques iVagnients de charbon de bois. On doit éviter de la 
cultiver en pots trop grands, parce que, prenant trop de force, elle 
perdrait de la vivacité de ses teintes. On doit, par la même raison, 
ne pas l'exposer aux rayons directs du soleil, qui altérerait le ton de 
ses bandes. carminées, et les ferait trop vite tourner au blanc. La 
température doit être, en été, de 20 à 25" centigrades, en hiver de 
15 à 18. Inutile de répéter que les pots doivent être drainés avec 
soin, et qu'on n'arrose fortement que pendant la période de végé- 
tation. 

La multiplication se fait à l'aide des rejets du pied, qu'on éclate 
en autant de fragments qu'on peut en oljtenir ayant des racines. 
On les met dans des petits pots remplis de terre de bruyère ou de 
sable, on les couvre d'une cloche après les avoir arrosés, et on 
les chauffe, dans la bâche de la serre, à 24 ou 25". On a soin aussi 
de les ombrager pendant une quinzaine de jours, temps suffisant 
pour leur reprise. On les découvre alors graduellement, et on les 
empote dans de nouveaux pots. A p*artir de ce moment, on les 
traite comme des plantes faites. 




ANANAS SA S ATI VA VA RIE G AT A. 




ANANASSA SATiVA VARIEGATA. 



ANANAS CULTIVÉ PANACHÉ, (tl. 21.) 



— BROMÉLIACÉES. — 



C'est en 1715, à Rlchmoiid, pivs de Londres, chez, sir JMaltliew 
Dickson, que l'Anantis fructifia pour la première fois en Angle- 
terre, bien qu'il eût été déjà introduit dans ce pays dès 1690. Tout 
le monde sait quels progrès extraordinaires a faits sa culture tiepuis 
cette époque. Aujourd'hui on connaît, en Europe seulement, plus 
de trente variétés d'Ananas, dont, il est vrai, il n'y a guère que le 
tiers qui mérite d'êtrt- cultivé comme plantes à fruits. Il serait hors 
de [)r()p<)S de les nu'iitionner ici. 

La jolie variété panachée, dont la ligure ci-joinle représente une 
(euillo, paraît déjà assez ancienne, mais on ne sait si elle s'est pro- 
duite spontanément dans une serre d'I'.uiope. ou si elle a ete mi 
portée directenu'nl dAmèrupu'. Coinnie toutes les autres variétés 



42 ANANASSA SATIVA VARIEGATA. 

de la mcmc espèce, elle demande la serre chaude avec une chaleui 
estivale de 20 à 27 degrés en été, chaleur qui doit descendre, en 
hiver, à 15 ou 18. Un coup d'œil jeté sur la figure suffit pour faire 
reconnaître que la panachure, qui, ici, n'est point naturelle, mais 
le fait de rafïaiblissement de la constitution, consiste en bandes 
longitudinales d'un blanc jaunâtre, alternant avec des bandes d'un 
vert à peu près normal. 

Faites un compost avec deux tiers de bonne terre substantielle 
de jardin, un demi-tiers de fumier de vache décomposé, et un au- 
tre demi-tiers de terreau de feuilles, le tout additionné d'une petite 
dose de terre de bruyère qui contribuera, on le croit du moins, à 
conserver les teintes du feuillage, et même à les aviver. Drainez 
fortement le pot, et, au-dessus du drainage, étendez une couche de 
fi'agments de charbon. L'empotage se fait en mars; mais, pour avoir 
la plante tout à fait belle, il est bon de faire un second empotage 
en aoiit avec renouvellement de la terre. 

De même (jue les variétés communes d'Ananas, celle-ci se pro- 
page par les drageons qui naissent de l'aisselle des feuilles infé- 
rieures. Lorsqu'elles sont bien formées, on les plante en pots, dans 
le compost indiqué ci-dessus, et on les enterre dans la tannée 
chaude. On se contente de mouiller la terre au moment de la plan- 
tation, et pendant huit ou dix jours on n'arrose plus, ou seule- 
ment ce qu'il faut pour tenir la terre humide. Quand la reprise 
est faite, ce qui s'annonce par l'accroissement sensible des feuilles 
du cœur, on donne graduellement un peu plus d'eau, au fur et à 
mesure des progrès de la jeune plante. 

Cette variété, quoique de faible constitution, donne cependant 
un fruit, mais qui est toujours de qualité très-inférieure. Toutefois, 
au-dessus de ce fruit, il y a une couronne qui vaut la peine d'être 
conservée. On la détache de l'axe du fruit et on la plante comme 
bouture. En général, elle forme une très-belle plante. 




C A L A D ] U M A R G Y R I T E : 
XXII 




CALADIUM ARGYRITES. 



CALADIUM ARGENTÉ. (PL. 22.) 



— AROÏDÉES. — 



Originaire de la région de FAmazone, comme beaucoup (rautres 
espèces du. même genre, celte charmante petite Aroïdée a été mise 
dans le commerce en 1857 par M. Ghantln, horticulteur parisien. 

Elle est de serre chaude et vivacc. Ses feuilles, en forme de 
flèche, ont à peine plus d'un décimètre de long, sur cinq à six cen- 
timètres de large. Ainsi que le montre notre figure coloriée, elles 
sont délicieusement marbrées de blanc sur fond vert; on distingue 
même dans la couleur de ce fond des nuances plus claires et plus 
foncées, comme si certaines macules étaient encore à l'état rudi- 
mentaire. 11 serait superflu d'en dire davantage pour faire ressortir 
les beautés de la plante. 

La terre de bruyère, le terreau de feuilles bien consommé ei 
la vase.de rivière, par parties égales, formeront un bon compost 
pour celte espèce, comnie pour la plupart des Aroidées que l'on doit 



44 CALADIUM ARGYRITES. 

cultiver en pots. Ce (|ui est esseitiel, e'est que la terre eniplovée 
soit très-perméable, et que les pots soient bien draines par un lit 
épais de tessons. 

Vei's le commencement de mars, on examine l'état dans lequel 
se trouve le tubercule; à la première apparence de végétation, on 
le dépote et on enlève soigneusement toute la terre qui y est 
adhérente; s'il se trouve des racines mortes ou malades, on les 
retranche. Si même quelques parties du tubercule étaient pourries, 
on les enlèverait de même par une section faite dans le vif, et on 
recouvriiait la plaie d'un peu de chaux en poudre. Ceci fait, on 
empote la plante. On tasse un peu la terre du compost autour du 
tubercule, dont le sommet doit effleurer le niveau de la terre, ou 
en être à peine recouvert, et on enterre le pot, jusque près du 
bord, dans la couche de tan chauffée à 16 ou 18 degrés. On donne 
en même temps im léger bassinage, pour tasser la terre. Lorsque 
les feuilles connnenceront à pousser, arrosez de nouveau, mais 
très-modérément, avec de l'eau qui soit à la température du local, 
puis vous en augmenterez progressivement la dose, à mesure que la 
végétation avancera. La plante arrivée à toute sa croissance atteint 
rarement 30 centimètres de hauteur. 

En automne, aux premiers signes de décadence de la végétation, 
il faudra réduire la quantité des arrosages, et bientôt même ne plus 
arroser que juste assez pour tenir la terre légèrement humide, et 
maintenir les tubercules pleins et fermes. Par une dessiccation trop 
forte de la terre, ils perdraient leur eau de végétation, se rideraient 
et fhiiraient par périr avant le printemps. 

La multiplication se fait comme nous l'avons indiqué en parlant 
du CdUuliunt Chniitiiii, à l'aide des turions ou rejets, qu'on déta- 
che du pied-mère, et qu'on plante dans des petits pots, placés sur 
la tannée chaude. Lorsque ces boutures sont enracinées, on les 
empote dans des pots plus grands, et on les met au régime des 
plantes adultes. 




MARANl'A FASCIATA. 

XXIII 




MARAINTA FASCIATA. 



MARANTA A BANDELETTES. 



PI. 23.) 



— MARANTACÉES. 



Cette belle plante, également remarquable par sa forte taille, 
par la forme insolite de ses feuilles et par ses grandes macules pres- 
que blanches su)- fond vert foncé, est indigène du Brésil, d'où elle a 
été rapportée en 1857, par M. Linden, de Bruxelles. Elle appar- 
tient à la serre chaude sous nos climats du nord, mais il est vrai- 
semblable qu'elle réussirait en pleine terre dans les parties chaudes 
de l'Europe, moyennant de légers abris pendant l'hiver. L'exacti- 
tude de la figure coloriée ci-jointe nous dispense d'en donnei- une 
description plus détaillée, et nous reproduisons, comme aspect 
d'ensemble, le port du M<trnnta re^a/is, quoique la forme des 
feuilles soit plus arrondie. 

23 à 26 degrés de chaleur en été, 18 à 22 en hiver, semblent la 
température la plus convenable, dans nos serres au moins, où la 



k(] MARANTA FASCIATA. 

niante ncst pas endurcie par le contact de l'air extérieur. On no 
peut douter que, mise en pleine terre dans une localité oii le climat 
le permettrait, elle ne puisse endurer momentanément des tempé- 
ratures notablement plus hautes et plus basses. Elle réussit Irés-bien 
dans un compost formé, par portions égales, de terre franche ou 
de vase de rivière, de terre siliceuse et de terreau de feuilles dé- 
composé, à quoi on peut ajouter des fragments de charbon, qui ont 
la propriété d'aviver les couleurs du feuillage. On empote en mars, 
dans des pots parfaitement drainés, et on arrose abondamment 
pendant la période de végétation, très-peu, au contraire, pendant 
l'hiver. 

La multiplication se fait par éclats du pied, ou, si Ton veut, par 
les pousses latérales qui en sortent, et qu'on bouture dans des pots 
remplis de terre de bruyère et bien drainés, tenus sur la tannée ou 
dans une bâche chauffée à 25 degrés. On couvre d'une cloche, dont 
on a soin d'essuyer de temps à autre le verre à l'intérieur, pour que 
l'humidité ne fasse pas pourrir les boutures. Il est essentiel aussi 
d'ombrer les cloches, de manière à ce qu'il n'y entre que de la 
lumière diffuse. Les rayons directs du soleil seraient mortels aux 
jeunes plantes tant qu'elles ne sont que faiblement enracinées. On 
les rempote en pots plus grands lorsqu'elles sont reprises, et, tout 
en suivant les prescriptions que nous venons d'indiquer, on les ha- 
bitue graduellement au contact de l'air et à la lumière. 

Nous ne devons pas dissimuler que la plante est un peu difficile 
à multiplier par ce moyen, qui est d'ailleurs le seul possible aujour- 
d'hui. On triomphe cependant de toutes les difficultés, si on veille 
attentivement à ce qu'elle ne soit pas exposée à plus de lumière 
qu'elle n'en peut supporter, et si on a soin d'essuyer le verre qui la 
recouvre, toutes les fois qu'on le trouve chargé d'humidité. 




ANŒCTOCHILUS SETACEUS (AUREUS.) 
XXIV 




ANOECTOCHILUS SETACEUS. Var. AUREUS. 



ANŒCTOCHILE A SOIE JAUNE O'OR. (pl. 24. 



ORCHIDÉES. 



Charmante petite plante de Geylan, qui a été introduite en 1836 
en Angleterre, dans les jardins royaux de Kew. 

Ainsi que nous l'avons dit en parlant de \ Anœctochihis xantho- 
phjllus, les fleurs de toutes les espèces du genre sont petites et 
insignifiantes, quoique extrèijiement remarquables par leur struc- 
ture, mais les feuilles sont singulièrement belles par leur teinte 
insolite, le réseau de lignes jaunes ou orangées qui les parcour^mt 
dans tous les sens, et leur apparence veloutée. Le fond du coloris 
est un vert brunâtre, à reflets métalliques, qui miroite au soleil, et 
rien n'est beau comme la fine réticulation de la surface, lorsqu'on 
l'examine au microscope. Dans cette miniature d'Orchidée tout 
intéresse, jusqu'à sii taille exiguë, qui permet de la cultiver dans des 
boîtes de verre de quelques décimètres carrés de superficie. 

Dans son pays natal, \J. setaceiis croît sur le terreau végétal 



48 ANOECTOCHIUÎS SETACEUS. Var. AlJRKUS. 

qui s'accumule dans les anlVactuosités des roclies ombragées des 
hois, ce qui indique déjà les conditions principales de sa culture 
• dans nos serres. Ceux qui Tout cultivée ont reconnu qu'elle s'ac- 
commode, en lait de terrain, des débris à demi consommés de 
sphagnums, mélangés de petits tessons de poterie et de sable 
siliceux, le tout couvert d'une cloche ou d'une vitre, et abrité 
contre les rayons du soleil de midi. D'autres l'élèvent simplement 
sur du terreau de feuilles mélangé de terre de bruyère, soit à l'air 
libre de la serre aux Orchidées ou aux Fougèies, soit enlermée à 
part dans une de ces boîtes de verre dont nous venons de parler. 
Au total, sa culture pourrait se résumer ainsi : Chaleur de 25 à 28" 
centigrades en été, sol parfaitement drainé, lumière affaiblie, 
atmosphère humide et tranquille. On doit cependant arroser avec 
modération, parce que les racines tendres et charnues de la plante 
pourrissent très-facilement pour peu que l'eau séjourne autour 
d'elles. 

La propagation se fait au moyen de pousses qui sortent du pied; 
on ne doit les détacher de la plante mère que quand elles ont déjà 
quelques racines , ce cpii donne bien plus de chance à la reprise. On 
les met isolément dans de tout petits pots, bien drainés, et remplis 
de terreau de mousse mêlée de sable ou de terre de bruyère très- 
sablonneuse, qu'on humecte, et on recouvre le tout d'une petite 
cloche. On empote dans des vases plus grands, après la reprise, et 
l'on traite dès lors les jeunes plantes comme nous l'avons dit plus 
haut. En hiver la température ne doit pas descendre, d'une manière 
continue, au-dessous de 15 à 16 degrés centigrades. 




H Y D li A N G E A .1 A P O N 1 A V A K I E G A T A. 
XXV 




HYDRANGEA JAPONICA VARIEGATA. 



HORTENSIA DU JAPON PANACHÉ, (pl. 25.) 



— HYDRANGEACÉES. — 



Tout le monde connaît l'Hydrangéa ou Hortensia du Japon, 
sous-arbuste , demi-rustique sous nos climats, qui se ramifie à par- 
tir de la racine , et forme des touffes de 1 mètre de hauteur. Son 
beau feuillage, et surtout ses larges corymbes de fleurs rose-blas, 
lui donnent une valeur plus qu'orduKure pour l'ornementation de 
nos jardins, et, lorsqu'il est en pots, pour celle des péristyles et des 
terrasses de nos habitations. On a observé souvent que ses Heurs 
passent du rose au bleu, ce qui semble tenir à ce que le sol con- 
tient des principes ferrugineux. 

Une de ses phis remarquables variétés est celle dont le feuillage 
est panaché de blanc ou de l)la ne jaunâtre, et qu'on voit ici repré- 
sentée. Elle a été reçue du Japon, en 1843, par M. Van Houtfe. de 
Gand, qui Ta propagée tant en France et en Jîclgifpie (prcn Angle- 

1 — 4 



HO HYDRANGEA JAPOMCA VARIEGATA. 

terre. Nous devons faire observer que ce coloris des feuilles n'est 
point-^ci un état naturel pour la plante, mais un état morbide, signe 
indubitable d'un certain affaiblissement de la constitution, et qui 
expliquera une particularité de la culture dont il sera question plus 

loin. 

L'Hortensia du Japon résiste assez facilement aux hivers doux du 
nord de la France, moyennant une couverture de paille ou de 
feuilles sèches, surtout s'il est adossé à un mur tourné au midi ; il 
est mieux néanmoins de le cultiver en pots, et de le rentrer l'hiver 
soit en orangerie , soit dans un appartement, ce qui lui conserve 
sa verdure. La variété type, non panachée, se plaît dans une terre 
substantielle; mais s'il s'agit de la variété panachée, on la tiendra 
dans un sol maigre, surtout siliceux , parce que trop richement 
nourrie, elle perdrait presque entièrement sa panachure. La mai- 
greur du terrain ne doit cependant pas être poussée au point d'ar- 
rêter la végétation de la plante; c'est à l'amateur judicieux de 
savoir reconnaître le point qu'il convient de ne pas dépasser. 

On multiplie l'Hortensia de boutures prises sur le jeune bois, en 
mai ordinairement; ces boutures se plantent dans la terre de 
bruyère qu'on chauffe modérément et qu'on tient légèrement hu- 
mide. On a soin aussi de couvrir les boutures d'une cloche, et de 
les ombrager contre la lumière trop vive. En un mois, et quelque- 
fois moins, elles sont assez reprises pour être empotées séparément. 
Ainsi que cela se fait pour toutes les plantes qui ont été enfermées 
sous cloches, on ne les découvrira que peu à peu, pour les amener 
graduellement à supporter l'air et la lumière. 

Ajoutons que ces jeunes plantes ayant une croissance rapide, il 
faudra les empoter dans des pots de plus en plus grands à mesure 
qu'elles se développeront, sans jamais attendre qu'elles s'y ti'ouvent 
à l'étroit. Si l'on tient à ce que les jeunes plantes forment des touffes 
épaisses et bien feuillées, on en -pincera la sommité au-dessus de la 
quatrième feuille, pour les contraindre à se ramifier. 




M A R A K T A. P O R T E A N A. 
XXVI 




MARANTA PORTE ANA. 



MARANTA DE PORTE, {pl. 26.) 



MARANTACEES. — 



.Tolio plante importée du Brésil, en 1858, par M. Linden, liortl- 
culteur à Bruxelles, qui l'a reçue de M. Porte, voyageur botaniste 
bien connu. 

Comme toutes ses congénères, elle est vivace et de serre cliaude ; 
elle forme une toulTe compacte, d'un bel effel, surtout quand les 
mouchetures de ses feuilles sont un peu tranchées. Ces léudies sont 
en ovale allongé, lisses et luisantes en dessus, d'une belle teinte 
verte, sur laquelle se détachent des bandes ou macules oblongues 
d'un blanc gi^isàtre, qui suivent le fd des nervures latérales. Le 
dessous de la feuille est uniformément lilas-carmin plus ou moins 
vif et mêlé de vert. 

Même température pour cette plante que pour les autres Maran- 
tacées, c'est-à-dire de 20 à 28" centigrades en été, de 15 à 18" en 
hiver. La terre où on la plantera sera un compost formé par parties 



52 MARANTA PORTEANA. 

égales de terre franche sableuse ou de vase de rivière, de terre de 
bruyère et de terreau de feuilles, bien mélangés, avec addition de 
fragments de chaibon. On plante en mars, en pots bien drainés, et 
on donne des arrosages d'autant plus copieux et plus fréquents que 
la végétation est plus active. Comme toujours ces arrosages doivent 
être très-modérés en hiver. 

On la multiplie par les drageons ou rejets qu'elle pousse du pied. 
Ces drageons sont enlevés par une section nette faite à l'aide d'une 
serpette ou d'une lame de couteau ; on les plante dans des petits 
pots drainés, qu'on enfonce dans la tannée chaude, et qu'on re- 
couvre comme il a été dit en parlant des autres espèces du genre. 
Après la reprise , on empote dans des pots plus grands, remplis du 
compost indiqué ci-dessus, et on ne découvre les jeunes plantes que 
graduellement, pour les raisons déjà expliquées. 




APHELANDKA LROPOLDI. 
XXVII 




APHELANDRA LEOPOLDI. 



APHÉLANORIE DU ROI LÉOPOLD. (PL. 27.) 



— ACANTHACEES. — 



Charmant sous-arbuste du Brésil, introduit en Belgique en 1854, 
et de là, un peu plus tard , dans toutes les serres de l'Europe. Il est 
également remarquable par la distinction de son feuillage , admira- 
blement zébré de blanc, et par son inflorescence, qui est un grand 
épi terminal et compacte de curieuses bractées et de fleurs jaunes. 
Cultivé dans nos serres, \ Aphelundra Leopoldi a une tendance pro- 
noncéeà ne donner qu'une tige simple et sans ramification. 

On le cultive avec succès dans un mélange de terre tourbeuse et 
de terre franclie, additionné de terreau de feuilles et dune lorte 
proportion de salile et de terre siliceuse, qui a surtout pour effet de 



54 APHELANDRA LEOPOLDI 

rendre le compost léger et perméable à Teaii des arrosages. C'est 
déjà dire que les pots doivent être parfaitement drainés, au moyen 
d'une couche de tessons de 2 à 3 centimètres d'épaisseur et couverte* 
d'un i)eu de mousse, pour empêcher la terre de combler les inter- 
stices du drainage. En été, on donne de copieux arrosages; en hiver, 
on les interrompt en partie. Dans cette dernière saison, la tempéra- 
ture de la serre peut être abaissée à 12 ou 15° centigrades; en été, 
il est bon qu'elle se maintienne entre 22 et 28°. L'atmosphère de la 
serre doit être un peu humide, pendant tout le temps que la plante 
est en végétation. 

Tous les Aphelandras se multiplient de boutures, prises sur des 
branches latérales, quand on peut en obtenir par le pincement de 
la sommité de la tige. On les plante dans des petits pots remplis de 
sable humide, qu'on couvre d'une cloche et qu'on tient enterrés 
dans la tannée chauffée à 25 ou 26° centigrades. On ombrage ces 
boutures contre les rayons directs du soleil, et on a soin d'essuyer 
de temps en temps l'intérieur des (*loches pour en enlever 1 humi- 
dité. La reprise assurée, on empote les jeunes plantes dans des pots 
un peu plus grands, bien drainés et remplis du compost indiqué ci- 
dessus. On les tient à l'ombre quelques jours, puis on les découvre 
graduellement pour les habituer peu à peu à supporter le contact de 
l'air et la lumière. 




POTKOS ARGYRyEA. 

XXVIII 




POTHOS Al\GYRiEA. 



POTHOS ARGENTÉ, (pl. 28. 



— AROIDÉES (ORONTIACÉES). — 

Délicieuse petite plante, encore incomplètement connue, qui a 
été rapportée de l'île de Bornéo, en 1857, par M. Thomas Lohb, et 
qui n'a guère été cultivée jusqu'ici que par MM. Veitch, père et fils, 
horticulteurs à Chelsea, près de Londres. 

Elle est trapue et robuste sous sa petite taille. Par son port dressé 
et un peu sarmenteux et ses larges feuilles en ovale oblique, elle 
semble vouloir faire concurrence à la fois aux Bégonias et aux 
Anœctochilus. On en prendra d'ailleurs une idée assez juste en xc- 
^?kYà^n\\Q Dieffenbachia seguine, représenté ci-dessus, planche 14, 
ce qui nous a dispensé d'en donner une figure. Ses feuilles sont 
lisses, d'un vert foncé, avec de nombreuses et grandes macules irré- 



^6 POTHOS \RGYREA. 

i>ulières blanc argenté, nctlcnient anètées sur leurs contours. La 
plante n'a pas encore fleuri dans les collections. 

Les conditions de sa culture sont : température de 22 à 28" cen- 
tigrades en été, de 18 à 20 en hiver; beaucoup d'eau pendant la 
période de végétation ; très-peu au contraire pendant la saison 
Iroidc. La terre qu'on lui destine doit être un compost de terre de 
bruyère, de terreau de feuilles et de bonne terre franche ordinaire, 
mêlés par parties égales. On fera bien d'y ajouter des fragments de 
chaibon et un peu de sable siliceux. Il est parfaitertîent superflu de 
dire que les pots devront être parfaitement drainés. Les empotages 
se font en mars, au moment où les plantes donnent leurs premiers 
signes de végétation. On peut d'aillems tout aussi bien cultiver la 
plante en massifs, dans de grands vases ou des corbeilles ornemen- 
tales-, il est bon, dans ce dernier cas, de soutenir les tiges au moyen 
d'un fil de fer placé circulairement, et vers le milieu de leur hau- 
teur, afin qu'elles puissent retomber gracieusement à l'cntour. On 
doit éviter de tenir la plante exposée aux rayons directs du soleil, 
qui ont pour effet d'affaiblir la teinte des macules, et de les faire 
tourner au gris vei^dàtre. 

La multiplication se fait de boutures prises sur les pousses latérales, 
et plantées dans du sable humide, en pots drainés, couverts d'une 
cloche, ombragés et enterrés dans la tannée d'une bâche chauflee à 
25 ou 26" centigrades. Après la reprise, on empote les jeunes sujets 
dans le compost ordinaire, et on les habitue graduellement à résister 
à l'aelion directe de l'air et de la lumière. 




D R A C .« N A F E R R K A. 

XXIX 



% 




DRAC.ENA FERREA. 



DRA&ONNIER ROUILLÉ. ( PL. 29. 



LILIACÉES. 



Grand arbuste monocolylédoné, de la Chine méridionale, d'où il 
a été rapporté en 1771. Il s'élève droit sur une seule tige, ne se 
ramifiant que très-peu à la partie supérieure. Ses fleurs sont en 
panicules terminales, petites, blanches, insignifiantes. Leviai mérite 



58 DRAC.ENA FERREA. 

(le la plante est dans ses feuilles d'un pourpre foncé, sur les deux 
faces, ce qui en fait un objet remarquable dans une collection. 

Ce Dragonnior est de serre chaude. Il s'accommode d'une tempé- 
rature de 22 à 26° centigrades en été, de 16 à 20 en hiver. 

Tous les bonnes terres lui conviennent, mais, à cause de la né- 
cessité de le tenir en pots, dans les serres, on est obligé de lui 
donner un compost de terre franche, pour trois parties, et de terre 
très-siliceuse (de bruyère, par exemple), ou de sable pur pour une 
partie, le tout bien mélangé et additionné de charbon concassé. Les 
pots doivent être en outre drainés par une couche épaisse de tessons 
superposés, recouverte d'un lit de mousse de quelques millimètres 
d'épaisseur. On empote tous les ans au printemps, sans trop frois- 
ser les racines, tout en enlevant la vieille terre; après la reprise, 
on met la plante en plein soleil, pour que la lumière donne de la 
vivacité au coloris de ses feuilles. 

Une plante qui se ramifie si peu, ou qui même ne se ramifie pas 
du tout, ne saurait être multipliée de pousses latérales, comme 
beaucoup d'autres ; il faut aviser ici à un autre moyen. Ce moyen 
consiste à couper la tige d'une plante adulte à 1 ou 2 centimètres de 
terre, puis à diviser cette tige en tronçons de 4 à 5 centimètres, 
qu'on plante dans de la terre de bruyère, en terrines ou en pots. Ces 
morceaux, plantés debout, sont recouverts d'environ 1 centimètre 
de terre, puis on aiTose légèrement. Le vase est ensuite porté sur la 
couche de tannée, et enterré jusqu'au bord. Stimulés par une chaleur 
de 25 ou 26" centigrades, les tronçons ne tardent pas à émettre des 
racines, puis un bourgeon. On procède alors à leur cmpotage, dans 
des pots séparés, et remplis de terre substantielle ; on les couvre 
d'une cloche et on continue à les chauffer à la même température. 
Après leur reprise, on les découvre peu à peu, pour les habituer 
au contact de l'air. La sommité de la plante tronçonnée peut aussi 
aevMv de bouture ; on la plante dans un pot rempli de terre de 
bruyère, et on la recouvre immédiatement d'une cloche. Une fois 
reprise, on agit avec elle comme nous venons de le dire ci-dessus. 




ANŒCTOCHILUS STHIATUS. 

XXX 



ANŒCTOCHILUS STRIATUS. 
ANŒCTOCHILE STRIÉ, (pl. 30) 

— ORCHIDÉES. — 

Nous connaissons déjà ce curieux genre d'Orchidées, où toute la 
beauté de la plante se concentre sur les feuilles. Celle qui l'ait le 
sujet de cet article est originaire de Geylan et de Bornéo, d'où 
elfe a été importée en Angleterre en 1840. 

Malgré l'étroitesse de ses feuilles lancéolées, si on les compare à 
celles des JiiœctocJnlus sctaceus et xanthophyllus dont il a été ques- 
tion plus haut, cette jolie miniature ne leur est nullement inférieure; 
elle a même sur la plupart de ses congénères l'aTantage d'être très- 
distincte de toutes, comme espèce. Ses feuilles sont d'ini vert 
bronzé, finement réticulées de nervures entrecroisées, et parcou- 
rues dans toute leur longueur, sur la ligne médiane, d'une bande 
jaune, nettement tranchée, qui contraste vivement avec le fond du 
coloris. La plante reste toujours assez petite, et sa tige a une ten- 
dance prononcée à rester simple. 

11 est presque inutile de répéter pour cette plante ce que nous 
avons dit de la culture de ses deux congénères citées tout à l'heure. 
Rappelons sommairement que toutes ces plantes des forêts om- 
breuses de la région équatoriale vivant plus de l'humidité de l'air 
que de ce qu'elles tiient du sol, il faut leur donner une terre sdi- 
ceuse très-pauvre, très-légère, très-perméable à l'humidité, pro- 
priété qu'on accroît en la mêlant de mousse de marais [Sphagnum^; 
hachée menu. Les pots doivent en outre être fortement drainés, 
parce que, pour peu que l'eau y reste stagnante, ces plantes péris- 



60 ANOECTOCHILUS STRIATUS. 

sent. Endn rappelons encore que, poui' assurer autour d'elles l'air 
humide et calme dont elles ont besoin, on les tient habituellement 
à demi enfermées dans des caisses de verre, dans un endroit de la 
seire qui soit faiblement éclairé. Comme nous l'avons dit déjà, les 
conditions de leur culture sont identiques avec celles qui conviennent 
aux Fougères des pays chauds. 

La multiplication se fait à l'aide des rejets peu nombreux que la 
plante pousse du pied. Un moyen de hâter un peu la propagation 
consiste à coucher la tige sur le sol, en l'y maintenant à l'aide de 
crampons, ce qui lui fait pousser des racines à tous les nœuds en 
contact avec la terre, et, à chacun de ces nœuds, un bourgeon, 
dont on fera une plante distincte en tronçonnant la tige entre les 
nœuds. La sommité feuillée sert elle-même de bouture, et s'enra- 
cine sans grande difficulté, si on la tient dans les conditions de cha- 
leur, d'humidité, et de demi-ombre que nous avons fl^jà indiquées. 
Il va de soi qu'on doit la recouvrir d'une petite cloche pour hâter 
et faciliter sa reprise. 

On a observé, il y a quelques années, en Angleterre, un fait 
curieux, qui démontre que les idées que nous nous faisons du tem- 
pérament des plantes tropicales ne sont pas toujours justes. Un ama- 
teur ayant reçu, en septembre 1859, un pied àiAnœctochiius 
xanthophyllus , et n'ayant pas de serre chaude pour le loger, se 
contenta de le mettre dans une orangerie, simplement recouvert 
d'une feuille de papier dressée autour et au-dessus de la plante en 
forme de tente. La température y descendit plusieurs fois, en 
novembre et en décembre, à 1 et demi degré centigrade au-dessus 
de zéro, c'est-à-dire presque au point de congélation , et, cepen- 
dant, cette plante jugée si tendre n'en fut nullement endommagée. 
Ce fait, au surplus, rentre dans la catégorie de ceux dont on a ré- 
cemment parle, de la demi-rusticité d'une multitude d'Orchidées 
qu'on a jusqu'à ce jour cultivées en serre chaude, et qu'on réussit 
très-bien à faire fleurir sans autre chaleur que celle de nos cHmats, 
à la seule condition de les mettre à l'abri de la gelée pendant 
l'hiver. 




POINSETTIA PULCHERRIMA. 

XXXI 



POINSETTIA PULCHERRIAIA (KUPFIORBIA PULCHERRIMA). 
POINSETTIE MAGNIFIQUE. (PL. 31.) 



E'JPHORBIACEES. 



Celte remarquable Euphorbiacée, dont le nom fait déjà supposer 
la beauté, existe en Europe depuis une trentaine d'années. C'est un 
voyaj^eur français, M. Poinselte, qui Ta importée du Mexique, en 
1834, ce qui bii a valu l'honneur de la dédicace de ce nouveau 
genre par le botaniste qui en a fait la description. 

Le Poinsettia est un sous-arbuste rameux , à branches un peu 
divariquées, à feuilles ovales , plus ou moins lobées, dont les som- 
mités florifères sont entourées d'une épaisse couronne de bractées 
du rouge le plus vif, qui , ici , tiennent en quelque sorte lieu de co- 
rolle. Au premier abord, on croirait voir une énorme fleur louge, 
car cette couronne a quelquefois jusqu'à 30 ou 35 centimètres de 
large. Elle a toutefois un immense avantage sur les fleurs propre- 
ment dites, en ce qu'elle dure plusieui's mois, ce qui ne doit pas sur- 
prendre, puisque les bractées colorées sont au fond de véritables 
feuilles. On en cultive d'immenses quantités en Angleterre, où elle 
se vend sur les marchés aux fleurs de la capitale. Il en existe une 
variété à bractées blanches, c'est-à-dire décolorées, qui est très- 
belle la nuit, à la lumière. 

Son origine mexicaine en fait naturellement une plante de serre 
sous nos climats. Elle se plaît, pendant l'été, à une température de 
16 à 20" centigrades, en hiver de 10 à 14; mais, comme elle peut 
endurer momentanément des températures beaucoup plus basses, 
elle s'accommode assez bien du climat de l'Europe méridionale , 
partout du moins où la gelée ne se fait que rarement sentir en hiver. 

Le Poinsettia réussit dans la terre franche mélangée par tiers de 
terreau de feuilles et de terre siliceuse. Après la floraison, on rabat 
toutes les branches à 15 centimètres de terre , et on tient la plante, 
pendant environ deux mois, dans un endroit sec et frais. Au boni 
de ce temps, on la lempote dans de la terre neuve ; et on la sou- 
met à une température plus élevée , en l'arrosant légèrement 



6-2 POINSETTIA PULCHERRIMA. 

d'alîord, puis gradnclleniont un peu plus, à mesure que les nou- 
velles pousses font des progrès. Comme les belles rosettes de brac- 
tées rouges ne viennent qu'au sommet des branches , plus les 
branches seront nombreuses, plus l'effet produit sera grand. Si 
donc il ne se développait qu'un petit nombre de pousses, il faudrait 
les pincer de bonne heure, c'est-à-dire au-dessus de la troisième ou 
de la quatrième feuille, pour les obliger à se ramifier, mais il ne 
faudrait pas pratiquer l'opération sur des pousses déjà grandes, 
parce qu'on n'obtiendrait plus de floraison des faibles ramuscules qui 
pourraient encore se développer sur les tiges amputées. En même 
temps que la végétation se développe, on donne une direction con- 
venable aux tiges, c'est-à-dire qu'on les tient écartées également 
les unes des autres, au moyen de tuteurs, de manière à leur faire 
faire la gerbe, et par là procurer à toutes une égale dose d air et de 
lumière, deux choses nécessaires ici pour ol>tenir de belles rosettes 
colorées. On arrose d'ailleurs en proportion de la croissance , et 
même, pour bien faire, on mêle de temps en temps de l'engrais 
liquide à l'eau des arrosages. Il est bon aussi de seringuer de temps 
à autre le feuillage, pour en faire tomber les" araignées rouges et 
autres insectes qui auraient pu s'y établir. Enfin lorsque le temps 
est chaud, on donne beaucoup d'air aux plantes. Toute cette cul- 
ture a pour but de les renforcer, puisque, comme nous venons de 
le dire, elles sont d'autant plus lielles que leurs rosettes sont plus 
larges, plus fournies et plus vivement colorées. 

La multiplication se fait au printemps, à l'aide de rameaux qu'on 
coupe au ras du vieux l)ois, et qu'on bouture en terre de bruyère, 
après les avoir laissés exposés à l'air pendant trois ou quatre jours 
pour perdre un peu de leur sève. Ces boutures se font à chaud (18 à 
22° centigrades et se couvrent de cloches pour empêcher l'éva- 
poration de leurs sucs ; de plus on les lient à l'abri des rayons du 
soleil. Lorsqu'elles sont reprises, on les empote à part, et on les 
traite bientôt comme les plantes faites. On peut aussi tirer des 
boutures des vieilles tiges qu'on coupe après la floraison, et dont 
les tronçons reprennent encore moyennant une certaine chaleur 
du sol ; mais ces boutures sont plus difficiles à gouverner que celles 
qu'on tire de rameaux plus jeunes. 




M A R A N T A P A R D I N A. 

XXXII 




MARAINTA. PARDINA. 



MARANTA MOUCHETE, (pl. 32. 



— • MARANTACÉES. — 

Indigène de la Nouvelle-Grenade, eette belle plante a été intro- 
duite en Europe en 1855, par M. Linden, de Bruxelles. Elle est 
encore rare dans les collections, et même inconnue de beaucoup 
d'amateurs de feuilla<>es colorés. 

Elle est vivace et de serre chaude, comme ses congénères. Ses 
feudles en ovale allongé, ont de 25 à 35 centimètres de long, sur 
10 à 12 de large. Elles sont d'un vert léger, comme argenté, et 
présentent, de chaque côté de la nervure médiane, des sortes de 
macules quadrangulaires brunes ou presque noires. A ce caractère 
déjà singulier et très-recommandable, la plante ici en question 
ajoute l'avantage de produire un superbe épi de fleurs jaunes; 



64 MARANTA PARDINA. 

uiissl, sous ce dernier rapport, Temporte-t-elle sur loiiles les autres 
espèces de son genre. 

En été, elle veut une chaleur de 22 à 28° centigrades; en hiver, 
de 15 à 20. Elle se plaît comme ses congénères dans une terre mé- 
langée de terreau de feuilles et de sable sihceux, à laquelle on 
ajoute des fragments de charbon, pour favoriser la porosité du sol. 
On empote en mars, dans des pots un peu grands, mais avec la 
précaution de donner un fort drainage, attendu que rien ne nuit à 
ces plantes comme leau stagnante autour des racines. Les pots, 
autant que possible, sont plongés dans la tannée chaude, ce qui 
excite vivement la végétation. On arrose de plus en plus, à mesure 
que la plante fait des progrès, et, si on veut lavoir très-lbrte, on 
fait un second empotage en juin. Comme elle est sujette à être atta- 
quée par l'araignée rouge, il est bon de la seringuer de temps en 
temps, et de la tenir dans un air un peu humide. Normalement, 
les Marantacées devraient se reposer en hiver; si cependant on 
tient à en jouir dans cette triste saison, on peut les force?-, en don- 
nant une dose de chaleur plus grande que celle que nous avons 
indiquée plus haut, mais les plantes ainsi traitées ne valent jamais 
celles qui se sont reposées quelques mois. La période de repos 
devrait s'étendre du mois de décembre au mois de mars. 

La propagation du Maranta pardina est facile, attendu qu'il dra- 
geonne assez abondamment du pied. On tâche d'enlever ces dra- 
geons avec quelques racines, en les coupant au ras de la souche 
avec la lame d'un canif. Le bouturage se fait à chaud et sous clo- 
ches, comme nous l'avons dit en pai'lant des plantes de même 
famille décrites dans les pages précédentes. 




GKSNERA CINNABARIN 

XXXIII 




GESNERIA CINNABARINA. 



GESNERIE ROUGE CINNABRE 



PL. 33 ) 



— GESNÉRACÉES. — 



La famille tles Gcsnèracèes est un siiperl:)e groupe de plantes 
oinementales, ayant pour la plupart les fleurs du plus bel écarlate. 
On n'en compte pas moins de soixante à soixante-dix espèces ou 
variétés dans nos jardins. La plupart sont américaines. Celle qui fait 
le sujet de cette note est du Mexique, d'où elle a été introduite, il y 
a quelques années, par M. Linden, de Bruxelles. 

Comme toutes ses congénères, elle appartient à la serre chaude, 
et fleurit en hiver, c'est-à-dire du mois de décembre au mois d'a- 
vril. Ses feuilles sont largement ovales, ou plutôt cordiformes, hui- 
lées, vertes, mais couvertes d'une épaisse pubescence rouge car- 

I — Tj 



fi6 ('. I-: s N K R I A c: I N N A B A K I N A . 

min, qui Irur doiiiie lappaience crun velours de cette teinte. L;» 
ti^e, liaute de 30 à 35 centimètres, est bien garnie de feuilles, et se 
termine par une grappe de magnifiques fleurs rouge orangé. En 
somme, c'est une précieuse acquisition, comme fleur d'hiver, 
pour nos serres chaudes, et sa place est marquée dans toutes les 
collections. 

On emploie pour sa culture un mélange de bonne terre franche, 
de terre siliceuse, et de teireau de feuilles décomposé, par parties 
égales. La lige périt après la floraison, ce qui indique que la plante 
a besoin d'un certain temps de repos, pendant lequel û faut lui 
retrancher les arrosages, sinon totalement, du moins en grande 
partie; il suffit que la terre où elle végète soit légèrement humide. 
De plus, il convient de la mettre dans un endroit de la serre un peu 
sec et un peu froid, pendant deux ou trois mois. Pendant ce temps 
de repos, sa racine tuberculeuse se gorge de sucs, pour reprendre 
avec vigueur sa végétation lorsque le moment en sera venu. Cette 
lacme ressemble à celle du Gesneria zebrinn, plante bien connue 
de la plupart des amateurs. 

En mai, on fait à la fois le nouvel empotage et la multiplication. 
Les pots ayant été renversés sur la table aux empolages, on dé- 
barrasse la racine et ses tubercules de la vieille terre qui y est ad- 
hérente, et on la replante dans un pot, suffisamment drainé, et 
rempli du compost indiqué ci-dessus. Une forte plante donne or- 
dinairement cinq à six tubercules qui peuvent servir à la multiplier. 
On les détache du pied-mère, et on les plante à part, entiers ou 
coupés en trois ou quatre fragments. Chacun de ces fragments 
donnera une plante nouvelle, mais qui ne sera forte et ne fleurira 
bien que la seconde année. Le pied-mère, aingi que les bulbes 
plantés entiers, devront être rempotés en juillet, puis une troisième 
fois en septembre, parce que leur végétation est fort active et use 
vite la terre. Ainsi traités, ils fleuriront abondamment en hiver. La 
chaleur requise par cette espèce, comme par presque toutes les 
Gesnérocées, est de 22 à 28° centigrades en été, de 16 à 20 en 
hiver. 




PUNKIA S1E30LDIANA VARIEGATA. 

XXXIV 




?^s^=^^^^ 



FllNKIA SIRBOI.niI VARIEGAÏA. 



HÉMÉROCALLE DE SIEBOLD PANACHÉE. ( pl. Sk. 



LILI ACÉES. — 



Les Fu/t/iia sont des plantes vivaces et rustiques du Japon, 
aimant à la fois la chaleur et une terre un peu sèche. Leur nom 
leur vient de celui d'un botaniste allemand, Henry Funk. La plante 
en question ici a été introduite en Europe, il y a une trentaine d'an- 
nées, par le célèbre voyageur Siebold. Ses leuilles sont largement 
ovales, acuminées, lisses, à nervures un peu convergentes ; ses 
fleurs sont en épis, liliiformes, de movenne grandeur, et de couleur 
lilas ou lie de vin. La variété dont on voit ci-contre la figure se 
distingue du type en ce qu'elle est presque entièrement blanc- 
jaunâtre, le vert primitif n'occupant plus qu'une étroite lisière sur le 
contour du limbe. 

Le Fiuikid Sieboldii appartient a la pleine teric sous nos cli- 



08 FUNKIA SIEBOLDII VARIEGATA 

mats, mais il aime le soleil et se plaît surtout en terre un peu sèche ; 
cependant il ne réussit pas moins bien en pot, pourvu que ce pot 
soit bien drainé ; d'ailleurs en adoptant ce dernier mode de culture, 
on peut lui conserver son feuillage pendant l'hiver, au moyen d'une 
bâche ou d'une orangerie (un simple appartement ferait tout aussi 
bien), qui la mette à l'abri du froid, mais il faut alors le tenir près 
des vitraux ou des fenêtres, et l'arroser de temps en temps, quoique 
avec une certaine parcimonie. S'il s'agit de la variété à fleurs colo- 
rées, ce mode de culture sera surtout favorable, en ce qu'il tendra 
à blanchir davantage la couleur accidentelle du feuillage. 

Rien de plus facile que la multiplication des Funkia; elle se fait 
en automne par division du pied, de la même manière que celle des 
Hémérocalles. 




A.NŒGTOCHILUS HUBHO-VENIUS. 

XXXV 



ANOECTOCHILIJS RLBRO-VENIUS. 
ANŒCTOCHILE A VEINE ROUGE, (pl. 35.} 

— ORCHIDÉES. — 

Inutile de décrire longuement cette charmante petite orchidée; 
il suffit de jeter les yeux sur la figure coloriée qui la représente pour 
juger de sa physionomie et de sa beauté. Trois lignes pourpres, 
convergentes au sommet d'une feuille ovale couleur de bronze, sont 
le trait principal qui la distingue de ses congénères, dont elle a le 
tempérament et les appétits. Il serait donc superflu d'entrer dans 
le détail de sa culture, qui est absolument la même que celle qui 

convient aux Anœctochihis striatus, setaceus et œanthophyllus . 

Comme ce dernier, elle nous vient de Ceylan et de Bornéo. 

On la propage de même par les rejets enracinés qu'elle pousse du 

pied, et qu'on en détache par une section bien nette, en ayant soin 

d'avoir au moins une racine à chaque fragment. Malgré sa beauté, 

elle est encore fort rare dans les serres. 




PANDANUS JAVANICUS VARIBGATUS. 

XXXVI 




Ml, •• 



PANDANUS JAVANICUS VARIEGATUS. 



VAQUOIS DE JAVA PANACHÉ. PL. 36. 



— PANDANÉES. — 



Les Panda f/Ms, la plupart originaires de l'Afrique, de rinde et de 
la Malaisie, sont souvent de grands et beaux arbres, d'un aspect 
tout particulier et très-caractéristique. Leurs longues feuilles ensi- 
formes, ordinairement armées d'aiguillons sur les bords, forment 
comme un triple escalier tournant en spirale autour de la tige. Leurs 
fleurs sont peu connues, et leurs fruits le sont encore moins. Cesi 
surtout pour leur aspect imposant qu'on les cultive dans les seires 
chaudes. Les plus remarquables sont les suivants : 

Le Pandanns candelahrum, de la. côte de Guinée; le P. ania- 
ryllifolius, de l'Inde orientale; le P. fascicu/arrs, ,( le P. odn- 
ratiss/mus, de l'Inde; le P. spiralLs, de la Nouvelle-Galles du Sud, 



72 PAKDANUS JAVANICI'S VARIEGATIJS. 

elle P. nli/is, tic l'Ile Bourl)Oii, où il porte le nom tic Fatjuois. 
Toiilcs ces espèces soiil arljorcsccntes et s'élèvent au moins à 6 ou 
7 mètres. 

Celle dont nous avons à nous occuper ici est native de Java. Elle 
a donné naissance à la superbe variété panachée dont la figure ci- 
contre représente deux Iragments de feuilles. Son introduction en 
Europe ne remonte qu'à 1842. ' 

Les feuilles, dans cette variété, ont de 70 centimètres à un mètre de 
long; elles sont bordées d'aiguillons, ce qui, joint à leurs bandes 
blanches et à leur forme, leur donne des airs de ressemblance avec 
l'Ananas panaché dont nous avons parlé plus haut. Le port est d'ail- 
leurs excellent ; les feuilles sont nondjreuses, denses, rapprochées 
en une forte touffe; leurs panachures sont d'un blanc vif, qui tran- 
che nettement sur un fond d'un vert foncé. 

La multiplicatioi'i se fait au moyen des rejets ou drageons, plan- 
tés en terre de bruyère, dans des pots parfaitement drainés qu'on 
enfonce dans la tannée de la serre à nndtiplication chauffée à 24 ou 
25". Lorsque la reprise est complète, et que les racines de la bou- 
ture commencent à tapisser les parois du pot, on empote dans un 
compost de terre franche, de terre de bruyère, le tout par parties 
égales, bien mélangé et additionné de quelques fragments de char- 
bon. Excitée par la chaleur, la jeune plante marchera rapidement; 
il faudra l'arroser en proportion de ses progrès. On devra faire de 
nouveaux empotages, à mesure que les pots deviendront trop petits; 
et les pots devront toujours être parfaitement drainés. Si la tempé- 
rature est bien soutenue, et l'atmosphère de la serre un peu hu- 
mide, les plantes seront déjà très-fortes à la seconde année. La 
température estivale devra être de 20 à 28"; celle de l'hiver de 
1.3 à 15. 




PTERIS ARGYR^A. 
XXXVII 




PTERIS ARGYR.EA. 



PTÉRIDE ARBENTÉE. (pi.. 37.) 



POLYPODIACEES. — 



Tout le monde eonnatt les Fougères; tout le inonde sait qu'elles 
occupent un iani,f distingué dans le jardinage d'agrément, et que des 
serres sont construites exprés pour ces charmants végétaux, si gra- 
cieux par leur l'euillage, si variés de formes et déport, et dont quel- 
ques-uns rivalisent de grâce et de majesté avec les l^diniers Mais 
pendant longtemps <m n'y a connu d aiilie teinte que le vert, le ver! 
uniforme, lixiéc ordinaire du monde séi-élal. Il v avait donc là mi 
rIcsidrratunK une laciinr. r|ii(' ronri rllauMil los n]ii:i(<Mirs de hc^mx 



74 PTERIS ARGYR/KA. 

rciillliij^cs. Aiijotinl'luii cette lacune est remplie ; on possède pln- 
si<'iiis Jotii^ères à feuillage coloré, entre autres la superbe plante 
dont la fii^ure ci-jointe donne une idée. Elle a été introduite de 
rinde orientale en 1858, par MM. Veitch, célèbres horticulteurs 
établis à (^helsea, prés de Londres. 

(À'ite l)elle Fougère ne se recommande pas monis par son port et 
sa taille que par l'élégance et le brillant coloris de ses iéuilles, dont 
les pinnules, blanches au milieu, ne conservent la teinte verte pri- 
mitive qu'aux extrémités de leurslobes. Sa culture n'otlre pas plus 
de difficulté que celle des Fougères ordinaires du même pays: cha- 
leur tropicale ('24 à 28" en été, 15 à 18 en hiver), lumière affaiblie, 
atmosphère humide, sol parfaitement drainé. Le compost dont on 
se sert pour toutes ces plantes, ordinairement cultivées en pots, se 
compose de terreau de feuilles consommé et de terre de bruyère ou 
de sable siliceux par parties égales. La multiplication se fait par 
division du pied, quand il y a de nouvelles pousses à côté de l'ancien; 
il faut seulement avoir soin de les enlever avec des racines. On les 
plante en pots, dans le compost ci-dessus indiqué, on les tient très- 
ombragées, et on chauffe à 26 ou .27°. H est vraisemblable que la 
multiplication serait plus rapide par le semis des spores, si la plante 
en produisait, mais il paraît qu'elle n'a pas encore fructifié dans nos 
séries. 




MARANTA VITTATA. 

XXXVIII 




MARAINTA VU TAXA 



MARANTA A BANDELETTE. (Pi^- 38. 



— I\l AHANTACEES. — 



^ Oici le digne pendant des Maranta regalis, IM . pardina., Ca- 
lathea zebrina et autres Marantacées déjà décrites, qui nous ont 
apparu, chacune à leur tour, comme le nec plus ultra de lein' 
genre. Si nous avions à choisir entre ces brillantes l'ornu's ^égé- 
tales, peut-être celle-ci obtiendrait-elle la palme de la beauté. Quoi 
de plus attrayant, en effet, que ces doubles bandes d'un blanc pur 
qui s'en vont, obliquement et parallèlement les unes aux autres, th' 
la nervure médiane aux bords de la fronde, se détachant si net- 
tement des bandes vertes qui les séparent ? Mieux que sa congénère 
ci-dessus nommée, elle méritait la gracieuse épithète de zébrée ; 
mais, d'importation plus récente, elle a dû subir la loi de priorité, 
qui ne permet pas de débaptiser une plante |)our transférer son 
nom à une autre. 



76 MARANTA VITTATA. 

Elle est originaire des parties chaudes et boisées de l'Amérique 
équatoriale, d'où elle a été introduite il y a peu d'années en Europe, 
par M. Linden, de Bruxelles. Comme toutes les Marantacées, elle 
est de serre chaude sous nos climats, et veut une température de 
20 à 25" en été, et de 1 4 à 18 en hiver. 

Sa culture est absolument la même que celle de ses congénères; 
nous ne pourrions donc que répéter ici ce que nous avons dit aux 
articles des Marantacées désignées ci-dessus. Comme elles aussi, 
elle se multiplie de drageons qu'on sépare du pied-mère munis de 
quelques racines, et qu'on plante en pots drainés, remplis de terre 
siliceuse ou de sable pur, qu'on ombrage, et qu'on enfonce dans 
la tannée chaufFée à 24 ou 25°. On empote après la reprise, et on 
donne des arrosages proportionnés à l'activité de la végétation. 




THADESCANTIA OUORATISSIMA. 

XXXIX 




■r«4'^ili;:^s=f: 



TRâDESCâNTIA ODORATISSIMA (COCHUOSTEIMMA ODORATISS.). 



EPHEMERF TR ES - DO R ANTE. 



[PL. 39. 



COMMELYNÉES. — 



Les Commclynées, et en particulier le genre Tradescnntia. con- 
stituent une intéressante tribu de plantes ornementales, annuelles ou 
vivaces, toujours herbacées, les unes parfaitement rusticpies sous 
nos climats, les autres appartenant à la serre chaude, ayant gêné- 



7s TRADESCANTfA ODO R Aïl SS HI A. 

ralciiu'iit les fleurs bleues on bleu viohu-é. Les espèces rustiques 
nous viennent du Texas et de lAniérique du Nord ; les espèces plus 
délicates du Mexique, des Antilles, de l'Amérique centrale et du 
Drésil. 

Celle qui fait le sujet de cette note a été trouvée par hasard dans 
les serres de MM. Veitch, de Chelsea, près de Londres, sans qu'on 
sache encore de quel pays elle est originaire. La graine qui l'a pro- 
duite se trouvait sans doute dans la terre qui accompagnait un en- 
voi de plantes (rAmérlcpie, et elle aura germé en trouvant les con- 
ditions de chaleur et d'humidité qui lui convenaient. 

Quoiqu'elle n'ait pas d'état civil, c'est une très-belle plante de 
serre chaude par son feuillage d'un Vert vit" en dessus, d'un pourpre 
foncé en dessous, et aussi par ses fleurs d un bleu charmant. Elle se 
recommande donc doubicmcnl à 1 amateur. 

Elle se plaît à une tem[)érature de 22 à '28" en été, de 15 à 18 en 
hiver. On emploie à sa culture un compost formé de terre franche, 
de terreau de feuilles et de sable siliceux par parties égales. Les pots 
sont fortement drainés avec des tessons, et on donne de copieux 
arrosages dans la période d'activité de la végétation. Stimulée parla 
chaleur et l'humidité, la plante croît a\ec vigueur ; on ne doit pas 
lui ménager les empotages, toutes les fois que le pot où elle se 
trouve devient trop petit pour la contenir. 

Bien de plus facile que sa propagation parles nombreux drageons 
qu'elle pousse deson rhizome souterrain. On les détache avec la ser- 
pette, en leur ménageant quelques racines, et on les plante en petits 
pots bien drainés et remplis de terre siliceuse ou de sable pur. 
qu'on couvre d'une cloche ou d'un verre à boire, après les avoir ar- 
rosés. Cette plantation doit naturellement se faire à chaud, dans la 
serre à multiplication. Quand les jeunes plantes sont bien reprises, 
on les transplante dans le compost ci-dessus indiqué, et on les 
découvre peu à peu, pour les habituer graduellement à endurer le 
contact de l'air. 




ANŒCTOGHILUS LOWII. 
XL 




ANOECTOCHILUS LOVVII (MACODES MARMORATA) 
ANŒCTOCHILE DE LOW. (pl. kO.) 



— ORCHIDÉES. — 

Ce nouvel Âiiœctochilus est un digne rival de ceux dont nous 
avons déjà fait l'histoire ; peut-être même le leur trouvera-i-on 
supérieur par quelques points. Ses larges feuilles veinées et réticu- 
lées d'or rougeàtre sur Ibnd bronzé et velouté lui constituent, dans 
tous les cas , un mérite qu'on ne saurait lui contester. Et puis , il a 
pour lui une taille supérieure, et, ce qui n'est pas non plus un mince 
avantage, une constitution rol)uste qui en facilite singulièrement la 
culture. C'est en effet le moins exigeant de sa trihu, sous ce rap- 
port. 

Cette charmante orchidée est de Bornéo. Elle en a été rapportée 
en 1852, par MM. Low, père et fils, horticulteurs à Clapton, |)rès 
de Londres. 

Comme ses congénères, elle veut, en été, une tem|)érature de -îA 
à 28% se contentant de 16 à 18 en hiver. On la plantera dans un 
mélange de terreau de feuilles, de sable siliceux et de s|)liagnuni 
haché, auquel on ajoutera quelques fragments de charbon. I! sei ail 



«0 ANOECTOCHILUS LOWII. 

hon (le l;i iciiir dans une caisse vitrée, sur une des tal)lettes de la 
serre chaude , afin de lui ménager plus iacilenieht une atmosphère 
moite ; une simple cloche peut du reste en tenir lieu. 

De son rhizome s'échappent des jets qui, en s'enracinant dans le 
sol ^et on peut y aider en les couchant), servent à la multiplier. 
Quand des racines s'y sont produites , on les détache de la plante 
mère, et on les plante à part, dans le compost que nous venons d'in- 
diquer. On a soin de les couvrir et de les ombrager. Quand les 
jeunes plantes seront décidément reprises, on les découvrira peu à 
peu, comme il a déjà été dit pour les autres espèces du genre. Rap- 
pelons sommairement que tous les Ânœctochilus ne réussissent liien 
que dans une atmosphère à la fois chaude, hiunide et à demi om- 
bragée. 




OROTON VARIEGATUM A N G CT S T I F L I U 

XLI 




CROTON ANGUSÏIFOLIUM VARIEGATCM. 



CROTON A FEUILLE ÉTROITE PANACHÉE, (pl k\.) 



EUPHORBIACÉES. 



Nous avoas déjà paiU' de cette espèce (voir la pl. 2) ; il s'agit ici 
de sa variété à feuilles étroites, dont un coup d'œil jeté sur les deux 
planches coloriées fera saisir instantanément la did'érence. Dans 
celle-ci les feuilles se disluiguent |)ar un autre mode de panaeluires ; 
les bandes colorées étant toutes longitudinales, le long de la nervure 
et des bords de la feuille, sur laquelle se montrent en outre çà et là 
de petites macules ou ponctuations jaunâtres sur le fond vert foncé. 

Pour la culture et la multiplication de ce joli arbuste, nous ne 
pouvons mieux faire que de renvoyer le lecteui' à ce que nous en 
avons du en parlant du type de l'espèce. 

I— G 




C O N V A L L A R I A M A J A L I S . V A K 1 li G A T A. 
XLII 



CONVALLARIA MAIALIS VARIEGATA. 
MUGUET DE MAI PANACHÉ. ( PL. 42.) 

— LTLIACÉES. — 

Cette fois nous avons afiiiire à une plante indigène, le Muguet, 
cette gentille liliacée, dont les fleurs printanières embaument les 
vallées herbeuses de nos collines et les clairières de nos bois. Une si 
jolie plante ne pouvait être exilée de nos jardins, aussi l'y a-t-on 
introduite de bonne heure, et c'est là, par le fait du changement de 
lieu sans doute, qu'elle a donné naissance à la variété panachée dont 
on voit ici la figure. Comme dans le Roseau panaché, l'Ananas à 
feuilles rubanées, et généralement toutes les monocotylédones qui 
subissent ce genre de variation, les bandés colorées sont dans le 
sens des nervures de la feuille, et convergent vers son sommet. 
Leur teinte est le blanc jaunâtre, assez net pour trancher agréable- 
ment avec les parties de la feuille qui ont conservé leur couleur 
normale. 

La culture d'une plante si rustique ne saurait être liicn difficile ; 
elle se fait ad libitum en pleine terieou en pots, mais on doit tendre 
à se rapprocher des conditions naturelles qui lui conviennent, et qui 
peuvent se résumer ainsi : terre argilo-sableuse, un peu légère, 
humide mais parfaitement drainée, situation à mi-ombre. Si la cul- 
ture se fait en pots, on doit augmenter la proportion de sable dans 
la terre, et il est bon d'y ajouter quelques fragments de charbon. 
L'essentiel est que les pots soient parfaitement drainés avec des tes- 
sons, pour faciliter le passage de Teau. 



% 



84 COINVALLARIA MAIALIS VARIEGAÏA. 

La variété panachée réussit mieux en pots qu'en pleine terre, 
d'al^orfl parce qu'il est bon qu'elle ne soit pas trop nourrie, ce qui 
pourrait diniinncr la vivacité de ses bandes colorées, qui tourne- 
raient au vert, ensuite et surtout parce qu'on aura par là le moyen 
de la mettre à ral)ri du vent et des averses, deux accidents toujours 
l'àclieux pour les plantes dont le feuillage fait le principal mérite. En 
automne, quand les feuilles commenceront à jaunir, on enfouira le 
pot en terre, au milieu d'une plate-bande, d'où on le retirera vers la 
fin de février ou le commencement de mars, pour changer la terre 
du pot et renouveler le drainage. 

La multiplication n'offre non plus aucune difficulté. Elle se fait au 
moment de Tempotage, au moyen dé fragments de rhizomes qu'on 
détache du pied-mère et qu'on plante à part dans des pots. Ils don- 
neront naissance, dans l'année même, à des plantes suffisamment 
fortes, qui seront plus belles encore l'année suivante. 




C A L A D I U M P I C T U M. 




CALADIUM PICTUM. 



CALADIUM PEINT. (PL. 43.) 



AROIDEES. 



Si les Aroïdées ne brillent pas par leurs fleurs, tout le monde con- 
viendra du moins qu'ell'es sont au premier rang pour la beauté du 
feuillage. Nos espèces indigènes elles-mêmes, quoique relativement 
modestes si on les compare à celles des tropiques , ne sont pas dé- 
nuées d'intérêt sous ce rapport. L'Arum vulgaire de nos bois, plus 
connu sous le nom de Gouet et de Pied-de-veau ^ forme des touffes 
dont le vert foncé donne du relief à nos parterres, dans une saison 
où riiiver n'a pas encore abdiqué ses droits ; l'Arum d'Italie, 
presque aussi précoce, montre déjà sur son feuillage un vestige de 
ces bariolures colorées que nous retrouvons plus variées et plus vives 
chez les espèces tropicales. Et quoi de plus ornemental et de plus 
curieux que cet Arum criuitum et ce Dracuncuhis vulgavis de 
1 Europe méridionale, dont les énormes spathes, d'un brun luride. 



86 CALADIUM PICTUM. 

exhalent, pendant la floraison, une odeur cadavéreuse si prononcée 
qu'elle attire les mouches de la viande, mais qui rachètent ce défaut 
par Fampleur de leurs feuilles, ou les bigarrures de leurs tiges? A 
côté d'eux se présente une toute petite et gracieuse espèce , 
Vjérisaruîii^ dont la frêle hampe florale se termine par un godet réti- 
culé de pourpre, et elle est assez rustique encore pour braver nos 
hivers septentrionaux. Ainsi donc, dans cette brillante famille des 
Aroïdées, la coloration du feuillage, ou d'organes qui se rattachent 
aux feuilles par leur nature, n'est pas le privilège exclusif des espèces 
de la zone torride. 

11 faut convenir cependant que c'est entre les tropi(|ues, et sur- 
tout dans la zone humide et ombreuse qui avoisine l'équaleur, que 
les Aroïdées se montrent dans tout le luxe de leur coloration. Nous 
en avons vu des exemples dans les Coladium argjrites^ Bicolor, 
Cliantiiii^ dans le Dieffenbacliia, le Pothos argyrea ; nous en rever- 
rons de nouveaux exemples dans la suite de cette énumération de 
feuillages colorés; nous en avons une surtout dans la splendide 
espèce ici figurée, le Caladium pictum , introduit du Brésil en 
Europe, en 1850. 

Un simple coup dœil jeté sur la figure qui accompagne ce texte 
suffit pour donner une idée de la plante. Son feuillage, moyen si on 
le compare avec celui des autres espèces du genre, est irrégulière- 
ment marbré de blanc sur fond vert. Ce que la figure ne dit pas, 
c'est que les pétioles des feuilles sont souvent teints du plus beau 
pourpre. Ce beau feuillage persiste presque toute l'année, pour peu 
qu'on soutienne la chaleur autour de la plante, et qu'on lui donne 
de l'eau dans la proportion convenable. 

Le Caladium pictum a le même tempérament que les espèces ci- 
dessus indiquées. Il réussit bien avec une température estivale de 22 
à 27" centigrades; en hiver, 16 à 22* lui suffisent. On l'arrose co- 
pieusement en été, modérément en hiver ; l'engrais liquide, donné 
de temps en temps pendant la période de végétation, accroît remar- 
quablement sa vigueur. 

Pour les autres particularités de sa culture et sa nuiltiplication. 
nous renvoyons le lecteur aux articles des Caladium bicolor et Jr- 
gyrites. 




HOYA CAKNOSA VAKIEGATA, 
XLIV 



i 




HOYA CARNOSA VARIEGATA. 



ASCLÉPIADE CHARNUE PANACHÉE. (PL. kit. 



— ASCLÉPIADEES. — 



Le genre Hoja est représenté aujourd'hui dans les serres par plu- 
sieurs espèces qui tiennent un rang distnigué comme plantes grmi- 
pantes. Les fleurs sont petites, il est vrai, mais elles compensent ce 
détaut par leur nombre, la délicatesse de leur structure et souvent 
par leur brillant coloris. Qui n'a souvent admiré, par exemple, les 
H. bel la et imperialis ? Celle dont nous avons à parler ici leur cède 
peu pour la beauté des fleurs, mais, ce qui lui donne surtout du prix, 
c'est la panachure de son feuillage, qui en fait presque une excep- 
tion dans le genre. 

VHoja carnosa est originaire de 1 Inde. Ses tiges sarmenieuses et 
grimpantes, autant que la vivacité du coloris de ses feuilles, en lont 
le rival du Cissiis discolor, auquel on l'associe quelquefois pour la 



88 HOYA CARNOSA VARIEGATA. 

décoration des treillis et des colonnettes dans les serres chaudes. 
Ses fleurs sont en ombelles pendantes, et contiennent toutes une 
goutte de nectar sucré, destiné à appeler les insectes chargés d'opé- 
rer la fécondation. 

f.ette belle Asclépiadée ne demande pas une température très- 
haute; 18 à 22" centigrades en été, 10 à 15 en hiver, lui suffisent 
pour acquérir toute sa beauté ; aussi peut-on dire qu'elle appartient 
à la seiTe tempérée aussi bien, mieux peut-être, qu'à la serre 
chaude. Elle se plaîi dans un sol léger, siliceux, bien drainé; plus 
ce sol sera maigre, mieux lespanachures se conserveront. On y aide 
encore en la tenant dans des pots un peu étroits, où ses racines 
éprouvent quelque gêne. Un point essentiel est de ne pas arroser 
avec excès, et surtout de ne donner de l'eau en hiver qu'autant que 
cela est nécessaire pour conserver la terre légèrement humide. La 
plante, avec ses feuilles charnues, tient du tempérament des 
plantes grasses, et, comme elles, elle est sujette à pourrir si les 
arrosages sont excessifs ou donnés inconsidérément. Pour la voir 
sous son meilleur jour, on la fait grimper sur un treillis de fil de fer 
disposé en forme de ballon, qu'elle ne tarde pas à couvrir entièn-e- 
ment de ses feuilles. 

La multiplication n'offre aucune difficulté : elle se fait à l'aide de 
rameaux bouturés, et même de simples feuilles. Après les avoir dé- 
tachés de la plante, on les laisse exposés à l'air pendant un jour ou 
deux, pour les laisser dégorger un peu de la sève qu'ils contiennent 
et sécher les plaies faites par l'instrument ; on les plante ensuite dans 
un pot ou une terrine remplie de terre de bruyère seulement hu- 
mide, qu'on enfonce dans la tannée chaufTée à 22 ou 23". On arrose 
peu, tant que les racines ne se sont pas formées , parce que le plus 
léger excès d'humidité exposerait les boutures à pourrir. Si la cha- 
leur est suffisante, la radification se f\ut promptement et les plantes 
deviennent dès lors faciles à élever. On les plante à part, chacune 
dans un pot, dès qu'elles ont acquis un peu de force, et, à partir de 
ce moment, on les traite comme les sujets adultes. 




GRAPTOPHYLLUM PICT U M. 
XLV 




GR VPTOPHYLLUM PICTUM. 
&RAPTOPHYLLÉE PEINTE, (pl. «jS. ^ 



— ACANÏHACÉES. — 

Proche parente de \ Aphelandra Leopoldi dont il a été parlé ci- 
dessus (Pl. 27), la jolie Acanthacée qui fait le sujet de cet article est 
déjà une ancienne favorite de nos serres chaudes. Elle y date de 
1815, époque où elle nous a été apportée de l'Inde. 

C'est un arbuste de 2 à 3 mètres de haut, à feuilles hsses, vertes, 
portant, sur le milieu de leur lindje, une large macule d'un blanc 
jauncàtre, où l'imagination complaisante des jardiniers a voulu voir 
l'effigie d'une figure humaine. Nous n'affirmons pas que la ressem- 
hlancesoit complète, mais, ce que nous nous plaisons à attester, c'est 
que l'arbuste est distingué v\ très-ornemental. De nièn»e que le 



i)0 GRAPTOPIIYLLUIM PICTUM. 

Croto/i varieiratum, il niiiie le plein soleil ; ;i mi-ombre, les leinles 
(le ses feuilles perdraient de leur vivacité. 

Connue beaucoup d'autres Acànthacées de l'Inde, celle-ci se con- 
tente d'une température de 22 à 25" en été, et de 10 à 15" en hiver. 
Elle serait vraisemblablement de pleine terre dans les parties 
chaudes du midi de l'Europe, où nous ne sachons pas que la culture 
en ait été essayée. Dans les serres, on la cultive en pots ou en 
caisses, dans un mélange de terre argileuse et de terre de bruyère, 
auquel on ajoute une lionne dose de fumier de vache décomposé. 
Pour l'avoir tout à fait belle, il est bon de la tailler, afin d en régu- 
lariser la tête, et lui faire prendre une forme touffue. 

La multiplication se fait de boutures, prises sur de jeunes 
liranches, qu'on pique en terre de bruyère et qu'on recouvre d'une 
cloche. La terre doit être chauffée à 20 ou 22". Les boutures s'en- 
racinent d'ailleurs facilement ; dès qu'elles sont reprises, on les em- 
pote dans le compost indiqué ci-dessus, et on les découvre petit à 
petit, pour les habituer au contact de l'air. 




jL^w^ 



GALADIUM VSRSOHAPFELTI. 

XLVI 




CALADIUM VERSCHAFFFXTII. 
CALADIUM DE V E RS CH AFFELT. (Pl- 'iS.) 



— AROÏDÉES — 

Une nouvelle preuve de ce que nous disions plus haut de Tcxcel- 
lence des Aroïdées comme plantes à beau feuillage, nous est fournie 
par cette charmante espèce. Ici, ce ne sont plus des marbrures 
blanches, mais des macules rouge vif qu'on dirait produites par 
autant de gouttelettes de sang. Que de contrastes la nature ne 
sème-t-elle pas entre les êtres les plus voisins par l organisation . 

Comme beaucoup de ses congénères, le C. Ferschaffeltii est ori- 
ginaire de la région des Amazones; il a été lancé dans le commerce 
par un horticulteur parisien, M. Chantin, en 1857. 

Pour la taille et le port, c'est à très-peu près la répétition^ du 
C. pictum, dont il a d'ailleurs le tempérament. Il lui faut de même 
une température estivale de 22 à 27", et un temps de repos en 



92 CALADIUM VERSCHAFFELTII. 

hiver, avec 16 à 18". Sa culture suit d'ailleurs la même règle que 
celle des autres espèces du genre, savoir : compost de terre franche 
et déterre siliceuse, potsiortement drainés, et arrosages copieux pen- 
dant la période d'activité de la végétation. La multiplication se fait 
de même par le bouturage (\es rejets plus ou moins enracinés qu'il 
émet de sa souche. 




PTERIS ASPERICAULIS. 
Var. Tricolor. 




PTERIS ASPERICAULIS. Var. TRICOLOR 



PTÉRIDE A TIGE RUDE, A FEUILLES TRICOLORES. PL. kl. 



PÛLYPODIACÉKS. — 



Celui qui, il y a ciuquauie ans, aurait rêvé de Fougères tricolores 
aurait certainement passé pour un insensé ; tout au moins eùt-il été 
mis au niveau des chercheurs de la Rose bleue, de la Tulipe noiie 
et du Chou colossal. Eh bien, malgré les sages, la Fougère tricolore 
est inventée ; nous lavons vue de nos propres yeux, et pour preuve 
de son existence nous en donnons la figure coloriée ci-contre, qui en 
est une copie fidèle. Qu'on ne se hâte donc plus de déclarer une 
chose impossible par la seule raison qu'elle n'existe pas. L'impos- 
sible d'aujourd'hui sera peut-être la réalité de demain ; il ne se passe 
pas de jour que nous n'en voyions quelque exemple. 



(,4 PTERIS ASPERICAULIS. 

La Fougcvt' tricolore nous vient en droite ligne de rAmérique du 
Sud, et c'est M. Linden, directeur du jardin zoologiquc et botanique 
de Bruxelles, qui a eu Thonneur de l'introduire en Europe. 

Élégante de i'orines et de port, ses frondes pinnées sont parcou- 
rues par une large bande d'un blanc argenté qui occupe à peu près 
le tiers de leur largeur, et sur laquelle tranchent les nervures rouges 
des pinnules; le dessous présente une disposition semblable, mais 
avec d'autres couleurs ; le blanc pur y est remplacé par le rose, et 
le vert par un carmin foncé. C'est certainement de toutes les Fou- 
gères panachées celle qui produit le plus d'effet. Quelle autre rom- 
prait aussi bien qu'elle la monotonie de verdure d'une collection 
de Fougères ? 

Elle est de serre chaude, et, comme toutes les espèces de sa fa- 
mille, elle veut une lumière affaiblie et une certaine humidité dans 
l'atmosphère ambiante. Elle se plaît dans un compost de terreau 
de feuilles fortement mélangé de sable siliceux ou de terre de 
bruyère, en pots ou en caisses parfaitement drainés. 11 est néces- 
saire de la rempoter en mars, et souvent même une seconde fois 
en juin, parce que, si ses rhizomes éprouvent de la gêne dans un 
vase devenu trop étroit, elle languit et ne donne plus qu'un maigre 
feuillage. On profite d'ailleurs de l'occasion des rempotages pour 
la multiplier par division des rhizomes, en ne détachant, bien en- 
tendu, que ceux qui tiennent à une pousse déjà formée. En été, 
on donne de copieux arrosages, qu'on modère seulement en hiver, 
sans les supprimer, parce que si la terre où elle est plantée se 
desséchait elle périrait à peu près infailliblement. 

La multiplication par pousses enracinées l'cproduit identique- 
ment les couleurs du feuillage, mais on ignore encore si on oli- 
tiendrait le même résultat par le semis des spores. Ce résultat, 
cependant, est probable, attendu que les spores des variétés mon- 
strueuses de nos Fougères communes reproduisent généralement 
les monstruosités caractéristiques des plantes mères. Au surplus, la 
belle Fougère colorée dont il est question ici ne paraît pas avoir 
encore fructifié dans les serres ; si elle le fait un jour, il y aura 
grande chance pour que ses spores donnent naissance à de nou- 
velli's variations non moins ornenuMitales et curieuses. 




CRAT^GUS PRUNIFOLIA VAHIKGATA. 
XLVIII 



CRAÏiEGUS PRUiNlFOLïA VARIEGATA. 
AUBÉPINE A FEUILLE DE PRUNIER PANACHÉE. (PL. ^8. 



ROSACEES. — 



Nous avons afFaiio ici à un arbre rustique orij^inaire de rAnié-, 
rique du Nord, destiné aux jardins paysagers, dont il sera l'orne- 
ment sous le triple rapport de son feuillage, de ses fleurs et de 
ses fruits. 

C'est un arbre bas et buissomiant à tête toufTue, non épineux 
comme sa congénère TAulîépine de nos climats à feuilles ovales. 
Ces feuilles sont ici largement marbrées de blanc jaunâtre ; elles 
lui donnent un aspect des plus singuliers et des plus décoratifs. 

Rien d'ailleurs de plus facile que sa culture. A proprement 
parler il vient dans tous les sols, et même il est avantageux, au 
point de vue du genre d'ornementation qu'on veut obtenir ici, 
que le sol soit un peu maigre. Dans tous les cas, on doit s'abstenir 
de le fumer, parce que l'arbre trop richement nourri et trop vi- 
goureux tendrait à reprendre la teinte verte qui lui est naturelle. 

On peut à peine douter que le semis de ses pépins ne dût repro- 
duire dans un certain nombre d'individus, sinon dans tous, les 
panachures du feuillage qui font son principal mérite, et cette voie 
de propagation devrait être essayée ; toutefois, pour l'amateur 
auquel un petit nombre d'arbres pourront suffire, il sera plus 
simple de recourir à la greffe sur Aubépine. On y emploiera la 
greffe en fente ou en écusson indifféremment; seulement, il faudra 
faire attention à ne prendre pour greffes que des rameaux sui- 



90 CRAT/EGUS PRUiMFOLIA VARTEGAT A. 

lesquels les panachures seront bien prononeécs. On <^n<'(Te en lenle 
en février et mars, et aussi en septembre ; mais, dans cette der- 
nière saison, il vaudra peut-être mieux employer l'écussonnage 
h œil donnant^ qui donnera de fortes pousses l'année suivante. 

Mais les feuilles, avons-nous dit plus haut, ne sont pas le seul 
agrément de ce Cratregus américain ; au printemps, il se couvre 
d'une multitude de beaux corymbes de fleurs blanches, auxquels 
succèdent des baies d'un rouge assez vif à Tarrière-saison. Ces 
baies sont recherchées par les oiseaux frugivores, en particulier par 
les merles, les grives et les mauvis. A ce propos, l'auteur anglais 
de cet article nous raconte l'historiette suivante : 

« Un dimanche matni, à mon retour des offices, j'aperçus une 
bande de grives occupées à déjeuner sur mon arbre, comme elles 
le faisaient tous les jours depuis quelque temps. Je les laissai faire ; 
mais revenant une demi-lieiu'e après, je ne fus pas peu surpris de 
voir une de ces grives prise comme dans un piège, et se débattant 
vainement pour s'échapper. Mon étonnement fut bien plus grand 
lorsque, m'étant approché, je découvris qu'elle avait le bout de la 
queue engagé dans un petit glaçon qui entourait la branche de 
l'arbre. Voici ce qui était arrivé : Un rayon de soleil avait fondu 
momentanément le givre qui couvrait l'arbre ; puis le soleil ayant 
disparu, et une bise du nord assez froide ayant soufflé, l'eau qui 
coulait sur les branches se congela de nouveau, saisissant la queue 
de l'oiseau, trop occupé de ce qui était devant lui pour s'inquiéter 
de ce qui se passait derrière. De là la cruelle position dont, je dois 
le dire à ma louange, j'eus hâte de le délivrer, en coupant d'un 
coup de ciseau les malencontreuses plumes qui faisaient de lui un 
Absalon d'un nouveau genre. Après l'avoir réchaufTé quelques 
instants auprès du feu, je le remis en liberté, ne gardant, connue 
témoignage du fait, que les plumes coupées. » 

Nous n'ajouterons qu'une seule réflexion à l'historiette ; c'esl 
celle-ci : Si no>i è çero, è bene trovato. 




A.— EUONYMaS JAPONICUS AUREUS VARIEGATUS, 
B.— M ARA NT A M I G A N S. 

XLIX 



.--^ 



^^v 







MARANTA MICANS (PHRYNIUM MICANS). 
MABANTA BRILLANT, (pl. ^19 6 '. 



— MARANTACEES. — 



SiH' la même planche qui contient la figure du Fusain du Japon 
panaché, se voit aussi celle de la jolie Marantacée dont il va être 
question ici. 

Elle est, comme un si grand nombre de ses congénères, de TAmé- 
rique intertropicale, partant, de la serre chaude. Son introduction 
en Europe date de 1854. 

C'est la pluspetiteespèce du groupe, une espèce comparativement 
lilliputienne, charmante miniature dont le feuillage vert est traversé 



1. Voir la description fie la planche k9" au verso tic la rlesoriplion de la 
planche 50 (page 100). 

1—7 



98 MARAMA MICANS. 

dans toute sa longueur par une bande l)lanche à contours déchi- 
quetés. Sans exagération, on peut dire que c'est une perle dans son 
genre. 

Mais aussi sa culture n'est pas sans difficultés, et il faut une cer- 
taine attention pour la maintenir florissante. On y parvient en la 
plantant dans un sol très-léger, très-siliceux, composé de sable et 
de terre de bruyère, additionné d'un peu de terreau de feuilles et 
de quelques fragments de charbon. Les pots doivent être de petite 
taille, même eu égard au volume de la plante ; ils doivent être sur- 
tout parfaitement drainés , au moyen d'une couche de tessons re- 
couverte elle-même d'un lit de mousse. On met la plante sur un 
rayon près du vitrage, mais en l'abritant contre les rayons directs 
du soleil. Donnez en été des arrosages proportionnés à l'activité de 
la végétation ; en hiver, quand la plante se repose, contentez-vous 
d'entretenir la terre légèrement humide. 

La multiplication se fait à l'aide des pousses qui sortent du rhi- 
zome, autour du pied. Lors des empotages, au printemps, on les 
détache avec quelques racines, et on les plante dans des pots qu'on 
recouvre d'une cloche, et qu'on enfonce dans la tannée chauffée à 
24 ou 25". L'opération doit se faire dans un endroit un peu obscur 
de la serre. Les boutures reprises, on les empote de nouveau, en 
leur donnant tous les soins ultérieurs réclamés par le tempérament 
de la plante. 




DAPHNE MEZEHEUM VARIEGATUM. 

L 



DAPHNE MEZEREUM VARIEGATUM. 
DAPHNÉ BOIS JOLI PANACHÉ, (pl. 50.; 

— THYMÉLÉAGÉES. — 

Le Mézéréon est un sous-arbuste indigène, commun surtout dans 
les montagnes du centre et du midi de la France. Depuis des siècles 
usité en médecine, il a été plus récemment introduit dans les jar- 
dins, qu'il égayé de son feuillage, de ses jolies petites fleurs blanches, 
rosées ou violettes, et plus tard de ses baiesjaunes. Comme plusieurs 
de ses congénères, il est d'une rusticité à toute épreuve. 

La variété panachée, dont on voit ici la figure, nous vient d'An- 
gleterre, où elle a été obtenue de semis par un jardinier de Leeds, 
en 1856, puis, pour plus de sûreté, multipliée de greffes sur d'autres 
Daphnés, en ne prenant pour greffer que les rameaux les plus pana- 
chés. Comme la forme type, la variété panachée forme un petit 
buisson touffu, ou du moins qui le devient quand on l'assujettit à 
une taille raisonnée. Ses feuilles ovales, d'un vert pâle au milieu, 
sont largement marginées de blanc, avec des macules d'un vert 
foncé disséminées çà et là vers l'extrémité du limbe. 

La meilleure terre qu'on puisse lui donner est un mélange de terre 
franche fortement additionnée de terre de bruyère ou de sable si- 
liceux. Il faut éviter avec soin d'y ajouter des engrais quelconques. 
On a remarqué que ce Daphné vient mal dans les sols humides, 
comme aussi dans les villes enfumées du Nord. 

La meilleure manière de le multiplier est la greffe, soit en fente, 
soit en placage, ou toute autre. On prend pour sujet quelque autre 
Daphné, la Lauréole [Daphne laureola) par exemple. Cette greffe 
se fait en mars, un peu avant que la végétation ne commence. 



EVONYMUS JAPONICUS AUREO-VARIEGATUS. 

FUSAIN DU JAPON. PANACHÉ JAUNE D'OR. (PL. 49 Cf. ) 



— CÉLASTRINÉES. 



Le Fusain du Japon réussit dans tous les sols de qualité moyenne, 
pourvu que l'eau n'y reste pas stagnante. Dans toutes les régions 
maritimes, comme dans le midi de la France, il résiste aux plus 
rudes hivers, et il n'est pas rare de l'y voir fleurir et fructifier; dans 
le nord-est, pavs froid, il demande des abris, aussi est-il bon de 
l'abriter par un mur faisant face au midi. 

On la multiplie, soit de graines là où on peut en avoir de mûres, 
soit de boutures ou de coucliages. Les couchages se font en juin, 
dans une terre légère, qu'on tient constanmient un peu humide. En 
automne, les branches couchées sont ordinairement assez bien en- 
racinées pour qu'on puisse les séparer de la plante mère. Pour aider 
à leur enracinement on fait une entaille en dessous, sur le milieu de 
la courbure, afin d'arrêter la marche de la sève descendante dans 
le chicot, qu'on tient d'ailleurs écarté du reste de la branche, en in- 
sérant dans lentaille, longue de 2 à 3 centimètres, une petite pierre 
ou une brindille de bois. Les nouvelles plantes ainsi obtenues se 
plantent séparément ; on pourrait aussi attendre la fin de l'hiver 
pour faire cette transplantation. 

Pour faire des boutures, il est nécessaire de tenir quelque temps 
l'arbuste sous verre. Par là, ses rameaux s'étiolent, et ils acquièrent 
bien plus d'aptitude à s'enraciner. On en coupe de jeunes pousses, 
longues de 10 à 15 centimètres, et, après les avoir débarrassées des 
feuilles inférieures, on les pique dans des pots remplis de terre de 
bruyère, qu'on plonge ensuite dans la tannée chauffée à 18 ou 20". 
Les boutures ne tardent pas à s'enraciner, et, dès qu'elles sont bien 
reprises, on les empote à part, et on les tient encore quelque temps 
enfermées, puis on les découvre petit à petit pour les habituer gra- 
duellement à supporter le contact de l'air. S'il s'agit de la variété pa- 
nachée, on aura soin de prendre les boutures sur des rameaux pré- 
sentant au plus haut degré la teinte qu'il s'agit de reproduire. C'est du 
reste ce que le lecteur devine, sans qu'il soit nécessaire de l'en avertir. 




YUCCA FILAMENTOSA VARIEGATA. 

LI 




YUCCA riLAMENTOSA VARIEGATA. 



YUCCA FILAMENTEUX PANACHÉ, (pl. 51.) 



LILIACÉES. — 



Prévenons tout de suite le lecteur que c'est par erreur que la 
planche ci-jointe porte le nom de Yucca aloifolia. Cette dernière 
est une tout autre espèce que celle dont nous avons à parler ici. 

Qui ne connaît les Yuccas, ces superbes Liliacèes arborescentes 
de l'Amérique du Nord, qui seraient presque des palmiers si leurs 
' feuilles, au lieu de rester simples et de reproduire la forme d'une 
épée acérée, se divisaient en pinnules ou s'étalaient en éventail? 
Mais, telles qu'elles sont déjà, elles n'en forment pas moins à l'ar- 
buste une tête d'un aspect des plus singuliers. On sent, rien qu'à 
voir ces plantes, qu'elles tiennent déjà de la végétation tropicale, et 
cependant plusieurs d'entre elles sont encore rustiques dans le nord 
de la France, Sous le ciel plus lieureux du midi, elles deviennent de 
véritables arbres, rivaux des Palmiers de second ordre, qu'elles 
éclipsent d'ailleurs par la grandeur et la richesse de leurs inflores- 



102 YUCCA FILAMENÏOSA VARIEGAÏA. 

cences, et là, sous les puissants rayons du soleil, elles mûrissent 
des fruits, qu'on prendrait de loui pour de volumineuses bananes. 

Les Yuccas sont, à tous les points de vue, une des plus belles ac- 
quisitions de nos jardins d'agrément; aussi n'y a-t-il pas lieu de 
s'étonner s'ils jouissent de tant de faveur dans le public horticole. 
D'ici à peu d'années, ils joueront un grand rôle dans la décoration 
des jardins pul)lics de nos villes. 

L'espèce en question ici est originaire de la Virginie ; son arrivée 
en Eui'ope date de 1720, mais la variété panachée est beaucoup plus 
récente, et, il faut le dire, encore peu répandue hors des jardins 
d'Angleterre. On voit qu'ici la panachure consiste en deux larges 
rubans blanc jaunâtre qui courent le long des bords de la feuille, 
séparés l'un de l'autre par un ruban vert foncé. Le bas du limbe est 
légèrement teinté de carmin. 

Comme tous les Yuccas, celui-ci veut une terre riche, bien fu- 
mée, bien perméable à l'eau, et une exposition en plein soleil. On 
le multqDlie à l'aide des pousses latérales qui naissent sur sa tige, 
lorsqu'il est adulte. On les enlève par un coup de serpette donné au 
ras de la tige, et on les bouture en pleine terre, dans un endroit 
chaud, mais ombragé, où on leur donne quelques arrosages si le 
besoin s'en fait sentir. Ils s'y enracinent, et au bout d'un an ils sont 
assez forts pour être replantés à demeure. 




CORDYLINK (DRACyEiNTA^ IN DIVISA. 
LU 




CORDTLIINA I^D1VISA. 



CORDYLINE A FEUILLES ENTIÈRES. (PL- 52.) 



LILIACEES. — 



Voici assurément un des plus beaux arbres monocotylédonés qui 
aient été introduits dans rhorticulture depuis bien des années. 
Il est presque aussi beau qu'un Pahuier, et aussi grand qu'un Pal- 
mier de moyenne taille, dont il a à peu près le port. Ce qui le 
rendra surtout précieux pour nous, c'est sa rusticité, probable- 
ment assez grande pour qu'on puisse le cultiver à l'air libre dans 
le midi et l'ouest de la France. 

Ce beau Dragonnier est originaire de la Nouvelle-Zélande, où 
il croît sur des montagnes d'une certaine hauteur. Ce n'est donc 
pas trop s'aventurer que de le supposer rustique pour une notable 
partie de notre pays. 



104 CORDYLINA INDIVISA. 

Il s'élève sur une seule tige, à la hauteur de 6 à 7 mètres, se 
couronnant au sommet d'une énorme gerbe de feuilles linéaires, 
longues de 1"", 50 à 2 mètres, dont les inférieures retoniBent gra- 
cieusement autour de la tête. Ces feuilles sont d'un vert bronzé, 
mais sur leur fond se détache, en rouge carmin, la longue nervure 
qui les parcourt de la base au sommet. Cette ligne colorée s'accom- 
pagne de plusieurs auti'çs, alternativement blanches et rouges, 
courant parallèlement à elle, et sur toute la largeur de la feuille, 
qui devient parla rigoureusement tricolore. Les fleurs, en nombre 
inunense, forment une énorme panicule blanche, à rameaux étalés 
ou retomloanls. On peut juger par ce peu de mots si nous avons 
surfait son mérite, en l'annonçant comme une des grandes acqui- 
sitions modernes du jardinage ornemental. 

En pleine terre, sous un climat favorable, ce bel arbre réussira 
(hms tous les sols de qualité moyenne, à la condition qu'ils ne 
retiennent pas l'eau, dans les terres argileuses principalement. Là 
où il faudra l'abriter sous verre, c'est-à-dire en orangerie, on le 
plantera en caisse, dans un mélange de bonne terre franche, de 
terreau de feuilles et de sable siliceux, en proportions égales. On 
rencaissera tous les ans, en mars, avec renouvellement de la terre, 
connne on le fait pour les orangers, et on aura soin de bien drainer 
le récipient, et de donner de copieux arrosages tant que la plante 
sera dans ]a période de végétation. On tiendra l'arbre en plein air, 
comme les autres plantes d'orangerie, du commencement de mai 
à la fin de septendire, dans un lieu où il soit à l'abri des grands 
vents, qui pourraient fatiguer le feuillage. Mais, nous le répétons, 
c'est surtout à la pleine terre que ce superbe végétal nous paraît 
destiné, et c'est là qu'il acquerra toute la majesté de port dont il 
est susceptible. 

Sa multiplication s'est faite jusqu'ici de graines apportées direc- 
tement de la Nouvelle-Zélande ; mais comme quelques individus 
ont déjà commencé à donner des pousses latérales de leur pied, 
il n'est pas douteux que ces pousses ne puissent servir à la multi- 
plication, par voie de bouturage à chaud. Peut-être même se ra- 
mifie-t-il quelque peu par en haut, lorsqu'il est adulte, et ce sérail 
encore là un moyen de se procurer des boutures. 




P T E R I s C H K T 1 G A. 
Var. Aibo-lineata. 

LUI 




PTERIS CRETICA AI.RO-LINEATA. 



PTÉRIDE DE CRÈTE LIBNÉ DE BLANC, (pl. 53.) 



FOUGÈRES. 



Encore une Fougère panachée, et une charmante espèce. S'il 
est une plante cosmopolite au monde, c'est bien celle-ci : on la 
trouve clans l'Inde, le Bengale, l'Himalaya (où elle croît jusqu'à 
•2000 mètres au-dessus de la mer), à Java, Ceylan, les Philippines, 
les îles Sandwich, le Mexique, le Guatemala, la Perse, l'Afrique 
australe, l'Arabie, l'Abyssinie, le Caucase, la Sybérie, l'île de 
Crète, et enfin la Corse et Nice en France. Elle s'accommode, 
comme on voit, de tous les climats. 

La variété ici représentée, et désignée par quelques horticul- 
teurs sous le nom de bicolor, a été rapportée de Java en Angle- 
terre, en 1860. On voit, dans la figure très-exacte qui accompagne 
ce texte, que la couleur de ses frondes est le blanc lailcux. uiarginè 



106 PTERIS CRETICA ALBO-LINEATA. 

de vert à la face supérieure ; la lace inférieure est uniforménieni 
verte entre les deux lignes brunes des fructifications qui en suivent 
les bords. Elle réussit supérieurement dans la serre tempérée, ou, 
pour mieux dire, elle vient tout aussi bien, en serre chaude et en 
orangerie, à la condition d'être en lieu faiblement éclairé, et dans 
une atmosphère humide. Elle reste toujours basse, en ce sens que 
ses frondes ne s'élèvent guère qu'à 30 ou 35 centimèti'cs, et sou- 
vent même moins, mais elle fait des touffes bien fournies et bien 
pleines, lorsqu'elle est vigoureuse, et elle persiste très-longtemps 
dans cet état. 

Chose intéressante et curieuse, cette belle race panachée se 
reproduit identiquement par le semis de ses spores ; c'est-à-dire 
que tous les sujets que l'on en obtient sont pareillement panachés, 
sans qu'aucun letourne au type de l'espèce qui est uniformément 
vert. Le fait a été constaté par un amateur anglais, M. Crocker, 
qui en possède aujourd'hui plusieurs centaines. 

Sa nature n'a rien de particulier ; elle suit la règle de toutes les 
Fougères admises dans nos serres. 




DIOSGOREA DISCOLOH. 

LIV 




DIOSCOREA DISCOLOR. 



DIOSCORÉE DE DEUX COULEURS. [PL. 54.) 



DIOSCORÉACEES. 



La famille des Dioscoréacées , ou des Ignames, n'est guère 
connue que par les plantes alimentaires qu'elle fournit à l'agricul- 
ture des pays chauds, et par VIgnanie de Chine, introduite il y a 
quelques années eu Europe, et qui prospère encore sous nos cli- 
mats. Cette famille n'est cependant pas entièrement déshéritée de 
plantes d'ornement ; nous en avons la preuve dans celle dont on 
voit ci-contre l'image coloriée. Insignifiante par ses fleurs comme 
toutes les Ignames, elle se relève par le beau coloris de son feuil- 
lage, qui la met presque au niveau du Cissus discolor dont nous 
avons fait l'histoire un peu plus haut. 

(jomnie presque toutes les Ignames, c'est une pianLe a lige gniii- 



108 DIOSCOREA DlSCOLOR. 

pante, volubile, annuelle, à racine charnue et persislaiile, érnellani 
tous les ans de nouvelles tiges. Ses feuilles sont grandes, coidi- 
formes, lisses, d'un beau vert en dessus, avec une large traînée 
blanche vers le milieu, d'un rouge carmin uniforme et assez foncé 
en dessous. On en obtient de très-beaux effets en la palissant sur 
un treillis de fil de fer, en forme de globe ou de ballon . 

On la cultive en pots ou en caisses, dans une serre chaude, ei 
près des vitraux. Elle s'accommoderait de toute espèce de terre, si 
elle était en pleine terre, à l'air libre, sous un climat convenable ; 
mais dans nos serres, et pour des plantes en pots, la terre doit être 
plus légère et plus perméable à l'eau : aussi convient-il d'y mêler, 
dans une assez forte proportion, du terreau de feuilles et du sable 
siliceux, le reste se composant, pour un tiers, de bonne terre de 
jardin. On arrose copieusement pendant toute la belle saison, et 
lorsque les feuilles commencent à jaunir, à l'arrière-saison, on 
coupe les tiges au ras du sol, et on laisse le rhizome se reposer 
jusqu'au printemps suivant. En hiver, il suffit que la terre reste 
légèrement humide ; des arrosages trop abondants alors provo- 
queraient la pourriture de la racine. 

La plante est originaire de l'Amérique méridionale. Son intro- 
duction en Europe remonte à l'année 1820. 




MARANTA ALBO-LINïïATA 

LV 




m 



MARANTA ALBO-LINEATA. 



lARANTA LI&NÉ DE BLANC, (pl. 55.) 



MARANTACÉES. 



Peut-on considérer la jolie Marantacée ci-jointe comme une 
espèce différente du Maranta vittata dont nous avons déjà fait 
riiistoii^e? Les uns disent oui, les autres inclinent à n'y voir qu'une 
légère variante de cette dernière espèce. Entre deux opinions con- 
traires, et faute de preuves pour nous prononcer, soit pour Tune 
soit pour l'autre, nous nous bornerons à recommander aux ama- 
teurs de beaux feuillages une plante, qui, quelque nom qu'on lui 
donne, est une précieuse acquisition pour nos serres chaudes. 

Elle nous vient, comme ses congénères, des parties chaudes de 
l'Amérique du Sud. Sa culture est exactement celle du Calathea 
zebrina. des Maranta et de toutes les autres Marantacées de ce pays. 




TUSSILAGO FARPARA POLIIS VARIEGATIS. 
LVl 







TUSSILAGO FARFARA VARIEGATA. 



TUSSILAGE PAS D'ANE PANACHÉ. (PL. 56. 



— COMPOSÉES - ASTERACÉES. 



Quoique originaire de nos climats, et même fort commun dans 
les fossés humides, le vulgaire Tussilage, ou Pas d'Ane, comme on 
dit dans quelques-unes de nos provinces, va nous fournir un digne 
pendant du Faî-fughan exotique, aux macules jaunes, dont nous 
avons fait l'histoire (pi. 11). C'est qu'aussi la variété dont nous don- 
nons ci-contre l'image se fait remarquer par une richesse de coloris 
et une netteté de dessin qui ne sont pas communes. On voit que ces 
feuilles, dont le centre est normalement vert, sont largement mar- 
ginées de jaune, et qu'entre ce jaune et le vert du centre, il y a en- 
core une zone irrégulière d'un vert gris. Nous pourrions ajouter que, 
sur le bord même de la feuille, on voit courir un étroit liseré, dont 
la teinte approche de celle du carmin. En voilà plus qu'il n'en faut 
pour faire entrer cette jolie variation dans les jardins. 

Le Tussilage est rustique au plus haut degré. Dès le milieu de 
mars, et quelquefois plus tôt. il pousse de terre de courtes tiges co- 



M2 TUSSILAGO FARFARA VARIEGATA. 

tonncuses et blanchâtres, terminées par des fleurs jaunes qui ne sont 
pas sans agrément dans cette saison ; puis, quand les graines ont 
mûri, les feuilles à leur tour sortent déterre, et s'étalent au soleil. 
C'est le plus beau moment pour la variété panachée. 

Rien de plus facile que la culture du Tussilage ; il vient en toute 
espèce de terre, pourvu qu'elle ait de l'humidité. La multiplication 
se fait à l'aide de tronçons du rhizome. C'est la seule manière, du 
reste, de conserver pure la variété panachée dont il vient d'être 
question . 




HEDERA HELIX VAK.IBGATA. 

LVII 




HEDERA FOUIS VARIEGATIS. 



LIERRES PANACHÉS, (pl. 57.) 



— ARALIACÉES. 



Le Lierre ( luj des Anglais, au pluriel li^ies, du celtique /> qui 
signifie vert) est, dans nos climats septentrionaux, le seul repré- 
sentant de ces nombreuses araliacées des pays chauds, que nous ni- 
troduisons avec tant d'empressement dans nos serres, et à coup sur 
il n'est pas une des moins belles. De tout temps on a tenu en haute 
estime son épais et luisant feuillage, qui, bravant la rigueur des fri- 
mas, est pour les pays du nord presque le seul souvenir d'une saison 
plus douce. Longtemps on l'a abandonné aux seuls soins de la na- 
ture, qui étale avec profusion ses guirlandes vertes sur les rochers, 
les arbres des forêts et les ruines, et c'est là véritablement qu'il est 
à sa place. Sa sombre verdure s'aUie à une nature désolée, et uis- 
pirela mélancolie; aussi a-t-il été chanté par tous les poëtes, et le 
trouve-t-on associé aux philtres et aux enchantements de toutes les 
époques de crédulité La science moderne l'a dépouillé de ses pro- 



I — 



1K lîEDERA FOLIIS VABIEGATIS. 

priétés magiques, mais elle lui a laissé sa beauté, et aujourd'hui il 
occupe une place distinguée dans Thorticulture ornementale. 

Le Lierre habile des climats bien différents, car on le troure de- 
puis le nord déjà torride de l'Afrique jusqu'aux confins de l'Ecosse 
et de la Norwége ; mais suivant les lieux et les circonstances locales 
il prend des aspects différents : aussi en distingue-t-on un grand 
nombre de variétés. Il diffère même suivant qu'il est jeune ou 
adulte, qu'il rampe à terre, grimpe verticalement sur un appui, ou 
que, dépassant cet appui, il s'élance pour ainsi dire dans le vide de 
l'atmosphère, sous les bienfaisants rayons du soleil. Le Lierre vit 
ti'ès-longtemps et devient à la longue très-gros et très-grand. Tant 
(lu'il se traîne à terre, ses feuilles petites et lobées sont d'un vert 
terne et grisâtre et ses faibles tiges ne contractent aucune adhérence 
avec le sol ; grimpe-t-il sur le tronc d'un arl)re ou sur un mur, sa 
tige grossit, devient ligneuse et émet des milliers de radicelles qui 
l'attachent à son soutien ; en même temps ses feuilles grandissent et 
prennent cette belle teinte verte et luisante que tout le monde lui 
connaît. Lorsqu'enfin il est arrivé au sommet de ce soutien", ses 
rameaux se dressent et se tiennent fermes; ses feuilles perdent leurs 
lobes et prennent une forme ovale; mais aussi l'arbre entre dans 
une nouvelle phase de sa vie ; il fleurit et commence à se repro- 
duire. Il n'est personne qui n'ait remarqué, sur la fin de l'automne, 
les jolies ombelles fleuries du lierre, et plus tard ses corymbes de 
baies noires, si recherchées des oiseaux, auxquels elles servent de 
provende pendant la saison d'hiver. 

Cette belle liane joue un rôle considérable dans l'horticulture 
moderne. On s'en sert pour tapisser les murs et en masquer la nu- 
dité ; on la fait grimper au sommet des arbres, mais elle finit par les 
étouffer ; on l'emploie enfin à faire des bordures le long des massifs, 
en fixant à terre ses sarments. Le meilleur emploi qu'on en puisse 
faire est toujours la décoration des murs et des rocailles, et c'est là 
précisément que peuvent trouver leur emploi ces jolies variétés 
panachées de blanc et de jaune, dont nous donnons ci-contre la 
figure. 




ECRITES NUTANS. 

LVIII 




ECHITRS NUTANS (H.EMADICTION VENOSUM). 
ECHUES PENCHÉ. (PL. 58.) 



— APOCYNÉES. ~ 

Originaire de T Amérique centrale, X Ecliites nutans est pour nous 
une plante de serre chaude. Il est grimpant comme bon nombre 
d'espèces de sa famille, et il donne des fleurs blanches d'une odeur 
suave ; mais ce qui le recommande surtout, à notre point de vue 
particulier, c'est la gentillesse de son feuillage tout réticulé de vemes 
pourpres, et qui le cède à peine en beauté a celui des brillants ^«œc- 
tochilus dont il a été parlé plus haut. 

Qu'on ne s'y trompe pas cependant: pourètre digne de lui-même. 
\Echites nutans veut être cultivé avec soin; négligé, il perd presque 



H6 ECIHTES NUTANS 

entièrement les teintes Inillantes qui le distinguent lorsqu'il est 
entre les mains cVun habile jardinier. Nous allons révéler ici tous 
les secrets de sa culture. 

Le seul moyen de l'obtenir beau consiste à planter ensemble 
quatre ou cinq jeunes sujets, ou davantage, dans un même pot, bien 
drainé et rempli d'un compost de terre franche et de terre de 
bruyère; on enfonce ce pot dans la couche de tan, chauffée à 25 ou 
26°, et on le couvre d'une cloche, en ayant soin de tenir l'atmos- 
phère ambiante un peu humide. Les jeunes plantes poussent vigou- 
reusement; on les découvre alors peu à peu, et loisqu'elles sont tout 
à fait hal)ituées à l'air libre de la serre on les fait grimper sur un 
treillis de fil de fer en forme de globe ou de ballon, qu'elles ne tar- 
dent pas à recouvrir en entier. Il est bon de ne pas les laisser trop 
vieillir, parce qu'à la longue les feuilles deviennent coriaces, prennent 
une teinte jaune et perdent leur belle carnation rouge ; on remplace 
donc les anciennes plantes par de plus jeunes qu'on a eu soin de tenir 
toutes prêtes. 

La multiplication par boutures est difficile; il est rare en effet que 
les rameaux détachés s'enracinent, mais on supplée à cet inconvé- 
nient par la plantation de fragments de racines, longs de 6 à 8 cen- 
timètres, qui reprennent avec une grande facilité, pourvu que la 
couche sur laquelle on déposera les pots ou les terrines cjui les con- 
tiennent soit chauffée au degré convenable, c'est-à-dire à 25 ou 26". 

La floraison de YEchites iiutaus est assez rare dans les serres, mais 
précisément parce que, pour en obtenir un beau feuillage, on est 
obligé de renouveler les plantes, sans attendre qu'elles soient arii- 
vées à l'état adulte. 




CISSUS PORPHYROPHYLLUS. 
LIX 




CISSUS PORPHYROPHYLLUS. 



CISSUS A FEUILLES ROUGES. PL 59. 



— AMPÉLIDÉES. — 



Voici une autre vigne à feuilles colorées, et qui peut servn' tle 
pendant, mais sans Tégalcr, au somptueux Cissns discolor, dont 
il a été question plus haut. Elle nous vient en ligne directe de 
rinde, où elle a été découverte, il y a quelques années, par 
M. Thomas Lobb, botaniste-collecteur de la célèbre maison Veitch, 
de Chelsea, près de Londres. 

Ses feuilles sont largement cordiiormes, d'un vert d'émeraude 
dans le premier âge, et comme satinées; cà et là, mais principale- 
ment au voisinage des nervures, la face supérieure est maculée et 
ponctuée de rose carmin : la face inféiieure est uniformément d<- 



iS CISSUS PORPHYROPHYLLUS. 

couleur pourpre pâle. Cette curieuse vigne, qui peut être employée 
avantageusement à tapisser les murs dans la serre, à gnmper aux 
lieillis ou aux colonnettes, et à varier '.es feuillages colorés en se 
mêlant à d'autres espèces, a cependant un défaut, celui de croître 
avec lenteur, défaut d'autant mieux senti que son rival, le Cissus 
discolor^ plus brillamment coloré, croît au contraire avec une 
grande rapidité. 

En revanche, la culture en est des plus faciles. Elle réussit supé- 
rieurement dans un compost de terre franche et de terre de 
bruyère, avec des arrosages proportionnés à la végétation, et sous 
une température estivale de 18 à 22". Les boutures prises sur le 
jeune bois s'enracinent promptement, et donnent des plantes vi- 
goureuses. 




ALOCASIA METALLICA. 
LX 




ALOCASIA METALLICA (ALOCASIA CUPREA). 
ALOCASE CUIVRÉE. PL. 60. 



AROIDEES. 



S il pouvait rester des doutes sur rexcellence des Aroïdées, 
comme plantes à feuillage ornemental, ces doutes seraient levés 
à la seule inspection de la miraculeuse espèce dont nous avons à 
parler ici. Malgré Thabileté et les efforts du peintre, la figure ci- 
jointe, qui est censée en être l'image, ne représente que ses con- 
tours ; quant à ses teintes, nul pinceau au monde ne pourrait les 
rendre ; à peine même si la description détaillée en donnerait 
une idée. 

IjAlocasia métal lica vient des sombres vallées de la chaîne de 
Kina-Balou, à Bornéo. 

C'est une forte plante, qui, pour l'ampleur du feuillage,- rivalise 
presque avec la Colocase des anciens. Ses feuilles, taillées sur le 
patron ordinaire des feuilles d'Aroïdées, c'est-à-dire de figure à 



.# 



120 ALOCASIA METTALLICA. 

peu près ovale, présentent cette singularité qu'elles sont réellement 
peltées, par la réunion des deux lobes basilaires, ce qui semble 
reporter l'insertion du pétiole presque au milieu du limbe. Le nom 
de metallica, qui est ici bien appliqué, fait allusion au genre par- 
ticulier des reflets, vraiment métalliques, de ces feuilles, qui, vues 
de face, rappellent le poli et l'éclat du bronze, mais qui, semblables 
au caméléon, prennent toutes les teintes comprises entre le rouge 
et le bleu, suivant l'angle d'incidence du faisceau lumineux qu'elles 
renvoient à l'oeil de l'observateur. Le dessous des feuilles est uni- 
formément rouge carmin. Les pétioles sont d'un vert clair, et 
l'inflorescence d'un blanc lavé de rose. Tous ces traits réunis font 
de cette Aroïdée une plante unique dans son genre. 

Elle se plaît à une température estivale de 26 à 28", qui peut, 
sans inconvénient, s'élever à 30 ou 32 pendant le jour, sauf à redes- 
cendre à 20 ou 22 pendant la nuit. A cette forte chaleur, il faut 
ajouter une atmosphère humide et peu transparente, telle en un 
mot qu'on la fait artificiellement pour les Fougères et les Orchidées 
tropicales, en compagnie desquelles elle croît dans son pays natal. 
On la plante dans un compost formé par paities égales de sable 
siliceux et de terreau de feuilles, auxquels on ajoute un peu de 
vase de rivière, compost léger et bien perméable à l'eau. Les pots 
doivent être fortement drainés par une épaisse couche de tessons 
ou de gros gravier, qu'on recouvre d'un lit de mousse destiné à 
empêcher l'obtui-ation du drainage. 

La plante est de trop récente introduction en Europe pour y 
avoir produit des graines ; on est donc encore réduit au bouturage 
des drageons qu'elle émet de son rhizome, moyen lent, mais dont 
il faut savoir se contenter en en attendant un meilleur. Ce boutu- 
rage d'ailleurs n'offre pas de difficulté sérieuse ; il est purement et 
simplement la répétition de celui que nous avons décrit à maintes 
reprises pour les divers Caladiums dont nous avons parlé dans le 
cours de cet ouvrage. 



CONCLUSION ET ADDITIONS. 



Nous n'avons pas épuisé, bien s'en faut, la liste des plantes à feuillage 
coloré, ni celles dont le feuillage, sans prendre des teintes insolites, est 
cependant considéré, avec juste raison, comme hautement ornemental ; 
mais nous ne voulions pas non plus composer un livre trop volumineux 
et, par là, accessible à trop peu de lecteurs. Toutefois, pour ne pas laisser 
incomplet le sujet que nous avons entrepris de traiter, nous allons donner 
ici une liste des plantes à feuillage ornemental les plus intéressantes que 
nous avons dû laisser en dehors de nos descriptions, en les classant par 
catégories de culture, c'est-à-dire en plantas rustiques, demi-rustiques et 
de serre chaude ou de serre tempérée. 

Avant d'entrer en matière, faisons cependant observer que les plantes à 
feuillage peint ou panaché se répartissent naturellement en deux classes 
fort distinctes : celles chez qui la coloration est un phénomène normal, au- 
quel l'espèce tout entière est assujettie, et celles dont le feuillage n'est 
vraiment coloré que par décnloration, phénomène anormal qui n'affecte 
qu'un certain nombre d'individus dans chaque espèce, et qui est presque 
toujours le signe d'un état maladif. De là vient que, parmi ces dernières, 
il en est plusieurs que leur faiblesse, la pauvreté de leur feuillage ou leur 
lenteur à croître doivent rigoureusement exclure du jardinage ornemental; 
mais il en est aussi beaucoup qui conservent assez de vigueur pour y trou- 
ver une place honorable, et qui ne sont souvent pas moins belles ni moins 
estimées que celles chez qui le coloris insolite est un état parfaitement na- 
turel. Dans les pages précédentes nous avons décrit des plantes de l'un et 
de l'autre groupe; celles que nous allons signaler maintenant appartiennent 
principalement à celui des feuillages décolorés, et où les couleurs acquises 
sont presque toujours le jaune pâle, ou le blanc ; mais nous aurons soin de 
ne recommander que celles qui nous paraîtront vraiment méritantes, et 
cette précaution est d'autant plus nécessaire que les horticulteurs marchands 
livrent au commerce un« multitude de plantes panachées plus que mé- 
diocres. Le lecteur nous saura donc gré de lui signaler ici les meilleures, 
dans les catégories suivantes. 



A. PLANTES PANACHÉES RUSTIQUES ET DEIVII-RUSTIOUES. 

Acnriis grainirwus variegatus. — Charmante petite plante de Chine, 
haute de 0"'.20, à feuilles linéaires, rubanées de vert et de blanc, 

Agajxtinlius umhellatus variegatus. — Belle liliacée du Cap, à Heurs 
bleues, en ombrelles; à leuilles parfois rubanées de blanc. 



122 CONCLUSION ET ADDITIONS. 

Jgave americana variegata. — Tout le monde connaît cette gigaiiles(]ue 
amaryllidée du Mexique, dont les énormes hampes florales s'élèvent à 
6 ou 8 mètres. Les variétés panachées de jaune ou de blanc sont communes 
dans les jardins. 

Agrostis cnlnrata variegata. — Plusieurs graminées du même genre 
sont recherchées pour leurs feuilles rubanées de blanc. 

Jjuga reptans va?'iegata. — Plante indigène, de petite taille, à fleurs 
bleues ; sa variété panachée, rustique comme elle, est d'un bel effet en 
bordures, le long des pièces de gazon. 

Angelica syhestris \'ariegata. — Très-belle ombellifère de nos mon- 
tagnes, souvent employée pour décorer le bord des pièces d'eau. Sa va- 
riété panachée de jaune n'est pas sans mérite. 

Artemisia vulgaris aurea. — L'armoise à feuilles jaunes ou panachées 
de jaune est d'un bel effet dans les massifs ; elle est parfaitement rustique 
et ne demande aucune culture. 

Jrundo phragmites olbo-variegata. — Charmant roseau à feuilles ruba- 
nées de blanc pur, rustique, du plus bel effet au bord des eaux. Nous 
dirons la même chose du grand roseau de Provence [Arimclo donax) et du 
roseau de Mauritanie [J. mauritanien), dont on cultive aussi des variétés 
rubanées. 

Aspidistra lurida variegata. — Liliacée du Japon, à feuilles larges et 
fermes, ([uelquefois largement panachées de blanc et de jaune pâle. Très- 
propre à composer des massifs dans les plates-bandes. 

Auciiha Japonica. — Arbuste bien connu, dont la variété femelle, à 
feuilles marbrées de jaune, est cultivée dans tous les jardins. Depuis peu, 
la plante mâle a été introduite en Europe, et on obtient, par la fécondation 
artificielle, des fruits d'un rouge de corail qui doublent la beauté et la 
valeur de nos anciens échantillons. 

Bellis perennis variegata. — La pâquerette à fleurs doubles est une de 
nos plus charmantes plantes de pot; les variétés panachées sont peut-être 
encore plus attrayantes, mais elles sont aussi plus délicates et fleurissent 
moins facilement. La plupart de ces variétés nous viennent de Belgique. 

Calamagrostis- cnlorata. — Autre roseau à feuilles panachées qu'on peut 
réunir à ceux qui ont été indiqués ci^dessus. Comme eux, il se plaît au 
liord des eaux. 

Canna indica variegata. — A tous les mérites des balisiers, celui-ci 
joint celui d'avoir les feuilles rubanées de blanc; malheureusen)ent 
il n'est pas tout à fait rustique sous notre ciel et doit être abrité l'hiver. 

Carduus mariamis. — Le chardon Marie est une superbe plante de nos 
climats, dont les feuilles, élégamment découpées et épineuses, sont admi- 
rablement marbrées de blanc, et cela naturellement et non point par 
chlorose. Il est très-rustique et sa grande taille lui assigne sa place sur les 
pelouses et les talus des jardins paysagers. 

Centaurea candidissima et Centaurea dealhata. — Deux belles jîlantes 
rustiques, dont les feuilles sont blanchies par un épais duvet. Quoicpie ce 
ce ne soient point à proprement parler des plantes panachées, leur teinte 
insolite doit les faire classer ici. Elles sont du plus grand effet en bordures 
et en massifs. 



CONCLUSION ET ADDITIONS. 128 

Cineraria luaritima. — Plante non moins belle du midi de la France, où 
elle habite au voisinage de la mer. Par ses feuilles élégamment découpées, 
blanches et cotonneuses, et par ses corymbes à fleurs jaunes, elle tiendra 
toujours un rang distingué dans la Flore décorative. Elle est suffisamment 
rustique dan:^ le nord. 

('oni>nlviilu.s Cfieoriaii, C. ar^enteus, C . rantabricus. — Charmants li- 
serons du midi de l'Europe, à feuilles soyeuses, blanchâtres, luisantes, 
auxquelles s'ajoutent les fleurs rosées les plus gracieuses. Ce ne sont point 
des plantes panachées par chlorose, mais elles n'en sont que plus esti- 
mables. 

Elymus arcfuirins f;laucus. — Une de nos plub belles graminées indi- 
gènes, à feuilles naturellement glauques, parfois rubanées de blanc. Peu 
de plantes conviennent aussi bien pour les terrains sablonneux. 

Festnca glauca. — Graminée du midi de la France, à feuillage lin, 
toulfïi, très-glauque ; admirable en bordures le long des massifs. Elle 
pourrait servir également à composer des gazons et des pelouses dans la 
région méridionale, où les gazons du nord ne réussissent pas. 

Glechoma hederacea varie^ata. — Jolie variété panachée d'une plante 
commune, qui rampe sur leb talus desséchés des chemins et au pied des 
murs. Elle va de pair avec Vj/ui^u dont il a été parlé plus haut. 

Hydrani^cd Japonica, — Les Hortensias sont bien connus pour la beauté 
de leurs ombelles florales, roses, lilas, blanches, parfois bleues dans cer- 
tains sols On en connaît aussi plusieurs variétés panachées, blanches ou 
jaunes, qui sont d'un bel effet, quoique moins rustiques et moins vigou- 
reuses que le type. 

Iris fœddissiina — du midi de la France. Sa variété à feuilles rubanées 
de blanc est une plante estimable pour les jardins. Elle veut de copieux 
arrosages en été. Nous pouvons en dire autant des Iris marmornta et 
pseudo-acnrus, dont il existe aussi de belles races panachées. 

Myoporum punctatum. — Très bel arbuste de la Chine, à feuilles per- 
sistantes, vertes, ponctuées de jaune. Il veut être abrité en hiver. 

Myrtus communis. — La myrte, si rustique sur les bords de la Médi- 
terranée, demande des abris dans le centre et le nord de la France. Per- 
sonne n'ignore que c'est un des arbustes les plus attrayants de nos oran- 
geries : il a donné quelques variétés panachées de blanc, assez intéressantes, 
mais plus difficiles à conserver que le type. > 

Prunella ^'ulgaris variegata. — Labiée indigène, non sans mérite orne- 
mental. Sa variété à feuilles panachées va de pair avec Y /ijiigac\lé plus haut. 

Rnsmarinus officinalis. — Arbuste du midi de la France, à feuilles per- 
sistantes, et à fleurs bleues. On en connaît des variétés à fleurs panachées 
de jaune, qui ne valent pas le type de l'espèce. 

Similax asperifolia picta. — Liliacée grimpante et épineuse du midi de 
la France. On en possède une variété à feuilles marbrées de jaune qui 
n'est point sans mérite. Comme le type de l'espèce, elle est vivace et demi- 
rustique dans le nord. 

Trifolium rubru?n. — Trèfle à feuilles pourpre cl noir, à trois ou ciuij 
feuilles. C'est une curieuse variété, dans la<[uelle la macule brune envahit 
le limbe entier des folioles. Par sa singularité, cette plante, qui form»- 



124 CONCLUSION ET ADDITIONS. 

d'ailleurs de jolies touffes, bien fournies, mérite de prendre place dans les 
parterres. 

Yucca aloifolia, Y. filamentosa, etc. — Les Yuccas sont de superbes 
plantes, à l'état naturel ; superbes par leur feuillage et par leurs vastes 
panicules de fleurs blanches. A ces mérites de premier ordre, s'ajoute pour 
quelques-uns celui d'avoir des feuilles rubanées de blanc ou de jaune pâle ; 
mais ces dernières variétés sont moins rustiques que les autres, et surtout 
fleurissent plus rarement et plus difficilement. 



B. ARBRES ET ARBUSTES A FEUILLES PERSISTANTES PANACHÉES. 

Aristotelia Macjiti foliis rarie^alis. — Arbuste du Chili, demi-rustique 
dans le nord de la France, rustique dans le midi. Sa variété à feuilles 
panachées de blanc est moins robuste que la forme type. 

Buxus sempervirem orgentea. — Le buis panaché de jaune ou de blanc 
s'élève moins que la forme ordinaire. La variété blanche est ])lus belle que 
la variété jaune , mais elle est plus rare et peut-être aussi plus difficile à 
conserver 

llex aciuifoliuni (ilbn-niarginatiim. — Le hou,\ commun est incontes- 
tablement un des plus beaux arbres à feuilles persistantes qui existent 
dans le monde. Son feuillage ferme, luisant, d'une iuagnifique ver- 
dure et ses baies rouge corail, en font le plus remarquable ornement 
de nos jardins pendant l'hiver. Il a donne de nombreuses variétés, 
plus ou moins épineuses ou inermes et diversement panachées de jaune 
ou de blanc. La première de toutes en mérite, est la variété à feuilles 
marginées de blanc ; mais elle est assez rare. On recherche aussi les 
variétés mouchetées et marginées de jaune, qui sont beaucoup plus 
communes. 

Rhamnus alaternus variegatus. — Tout le monde connaît ce bel arbuste 
du midi de l'Europe, dont le feuillage toujours vert donne encore quelque 
animation à nos jardins au cœur de l'hiver. Il en existe quelques variétés 
panachées, mais d'un mérite douteux. 

Evonjmus Japonicus mriegatits. Inutile de faire l'éloge du fusain du 
Japon, charmant arbuste à verdure perpétuelle, et qui se prête si mer- 
veilleusement à \a formation des massifs dans les jardins pittoresques. Son 
premier mérite est d'être d'un vert foncé; mais cpielques pieds à feuillage 
marbré de jaune font un bon effet, disséminés cà et là dans les groupes. 
Cette variété est moins robuste que la forme type. 

Conifères à feuillage coloré. — Les arbres et arbustes de cette superbe 
famille ne semblent guère susceptibles de se panacher sans perdre en 
même temps toute leur vigueur, aussi rejette-t-on communément des plan- 
tations ceux qui présentent ce signe de débilité. En revanche, leur feuil- 
lage a souvent, à la face inférieure, des teintes argentées ou dorées qui en 
rehaussent grandement la beauté. Dans le nombre citons les Jbies e.rcclsa 
Finedonensis, le Cèdre du Liban argenté^ le Picea ainabilis, le Pinus .syl- 
vestris nrgentea, le Chamxc) paris spheeroidea variegata , le Juniperus 
Sabina fnliis variegatis, le Juniperus Virginiana aurea, le Thuia aurca, 
et enfin l'if commun ou Taxus baccata variegala. Ces trois derniers sont 



CONCLUSION ET ADDITIONS. 425 

pciit-ètie, de toutes les conifères, celles qui supportent le mieux l'accident 
des panacliures. D'autres conifères ont une teinte i^lauque très-prononcée, 
par exemple, le Cupiessus i:;lanra et le Ceclrus Dcndara. Rien de plus beau 
que le contraste de cette teinte glauque avec la sombre verdure des autres 
conifères. 



C. ARBRES A FEUILLES CADUQUES COLORÉES ET PANACHÉES. 

Le coloris du feuillage n'est pas exclusivement propre aux plantes 
herbacées ; plusieurs arbres à feuilles caduques nous en fournissent 
des exemples Un fait à noter, c'est qu'ici le coloris nouveau est presque 
toujours, sinon même toujours, le rouge sombre, descendant même 
parfois jusqu'au rouge noir. Dans ce groupe sont compris plusieurs de nos 
arbres indigènes, tels que le hêtre à feuilles pourpre^ le noisetier, le 
citnrme et quelques aulres qui revêtent accidentellement cette teinte. 

La plupart de nos arbres à feuilles caduques ont, en outre, le privilège 
de prendre, en automne, des teintes souvent très-vives et fort aimées des 
peintres de paysage. C'est ainsi que les cerisiers passent au rouge vif, le 
liétre et les érables au jaune clair, etc. , mais ces nouveaux coloris sont le 
signe de la décadence de la végétation et n'ont qu'une durée éphémère 
Dans ces mêmes arbres on observe aussi le phénomène de la panachure 
proprement dite. On en voit de fréquents exemples sur le Sureau {Sam- 
hucus nii^ra), dont il existe des variétés fortement panachées de blanc, le 
tilleul {Tilia Europsea), le chêne (Quercus), Vomie (JJlmus campcstris), le 
hêtre [Fagus sylvatira), le frêne commun [Fraxinus excelsior), \e cor- 
nouiller [Cornus mas), etc., dont certaines variétés ont les feuilles plus ou 
moins marbrées ou marginées de jaune pâle ou de blanc. 



/). PLANTES DE SERRE GHAUDE A FEUILLAGE COLORÉ OU PANACHÉ. 



Ainsi que nous l'avons dit plus haut, beaucoup de plantes de serre 
chaude ont le feuillage naturellement peint de couleurs autres que le 
vert; mais il en est aussi qui sont panachées par chlorose, et qui, à ce 
titre, sont inférieures aux premières. C'est dans les familles des Maranta- 
cées, des Aroïdées, des Orchidées, des Mélastomacées et des Bégoniacées, 
que se trouvent le plus grand nombre des espèces colorées; en dehors de 
ces familles la prédominance est aux feuillages panachés par décoloration." 
Nous citerons simplement pour mémoire, dans la première catégorie : 

Les Anœctocliilus Lowii, Ro.vburghii, intermedius, corclatus; les Macodes 
petoln, Feitddi, xanthnphyllus, Lobbii, pictus, argenteus, setaceus; les 
Bégonia alho-lineata, amabilis, arborescens, argentea, splendens, grandis, 
Griffithii, hederœfolia, Lazuli , Lcopoldi , Madame Wagner, Madame 
Jlicart, MedusBù, Prince Troubetzkoï, Queen Victoria, RoUissoni, Reichen- 
heimii, Rex Leopardi, Ricinifolia maculata, Roylei, rosacea, splendida, 
splendida argentea, Thwaitesii, Urania, Victoria, Virginia, Marshalli ; les 
Bertolonia maculata et marmorea ; les Caladium argyrites, bicnlor, Chan- 
tini, Houlletii, Bnlingii, marmoratum, Bara(pdnii, f-Vriglitii, picturatum ; 
les Cyanophyllum metallicum et magidficum ; les Maranta alho-lineata, roseo- 



120 CONCLUSION ET ADDITIONS. 

lineata, arundinnrea riibescens, fasciata, nietnlUco, micans, Ptirdina, Pnr- 
tcana^ piilchella, regalis, rariegata, vittrtta, ff^arsrewiczii, zebrina, birnlar, 
e.rimia ci xangiiinea. 

Dans la seconde catégorie, nous trouverons les Musa vitlata., bananier à 
feuilles panachées de blanc cendré, M. zebrina et M . Carend/s/iii ; le 
Yucca (juadricolor; les Hoya cariegataet picta, etquanlité d'autres plantes 
dont la nomenclature serait dépourvue d'intérêt. 



E. FOUGÈRES REMARQUABLES PAR L'ÉLÉGANCE DE LEUR FEUILLAGE, 
QUELQUEFOIS MONSTRUEUX. 



I,es unes sont de serre chaude ou de serre tempérée, les autres de plein 
air. Au premier groupe appartiennent : les ^diantum cuneatum ; Alsophila 
pruinnta ; Axplenium dimorpJium, /ucirli/m, preeniorsum, serra, viviparum, 
rachirhizum ; le Cyathen dealbata ; les Cheilanthes elegans, farinosa, deal- 
bata, argentca ; les Dickscmia antarctica et arborea; le Dennstxdtia adian- 
toides ; \es Dryinaria morbillosa et (/uercifolia ; les Davallia pnlyantha, 
dissecta, tejudfnlia, hispida, immersa; V Evpodium Katilfusii ; les Glci- 
r/ienia Iiecistojjhylla, dicarpa, rirci/ialis, seniivestita, s/jclimca:, rt/pr.sfrr.o, 
/ïabcl/ata, dichotoma; les Gyinnngrainmajavanica, clirysopb} lia; Lherminieri, 
Martensli^ sidpluirea, nchracen, pidcbella, argyrnphyUa, tartarca, calome- 
lanns, specinsa, Inûata; les Gofuophlebiurii pictnm, .subauriculatum, vcrru- 
rosum ;]' Hynienocdum rrinitwn , \ Hemidyctinn marginatutn -^ le Lithobrochia 
incisa; les Loituiria discolor et nuda; le Marattia purpurasccns ; lee 
Notnchlsena trichonianoides, pulveracea, invea, flavens, Honkeri ; le Nephro- 
diitm molle cor ymbi fer uni ; le Neplirolepis davalUoides ; \ Onychium auratum; 
les Olenndra neriiformis et articidata; les Platylonia flexuosa, terrdfolia, 
calomelanos ; les Pnlypndium plumula, effusum, musasfoliuni, Billardieri, 
nigre.sccns ; les Pldebodium aureuni et spnradocarpum ; les Pterix umbrosa, 
scaberula, aspericaulis, tricolor, albo-lineata, argyrasa ; les Platyceriiun 
grande et atcicorne, et enfin, les Selaginella Martensii, Galeottii, africaua, 
densn, denticulata, erythropus, dichrous^ ff^illdenowii, Lyallii, lepido- 
phylla, cuspidata,atroviridis etLobbii. 

Parmi les espèces rusticjues, la plupart indigènes, nous signalerons : 
V Allosorus crispus, ï Asplcniuni trichomanes incisam ; les Athpium FUix 
fsemina aquxforme, cor) mhiferum, depauperatum, multifidu/ii, plumosum, 
polycladojj, acrocladou ; \es£lecbnu/i/ spicans ramosum, cristaturn, concin- 
num ; le Cyrtomium falcatum ; le Laslrxa Fllix rtias cristata ; le Lycopodium 
dendroideum ; les Polipodium vulgare cambricuiii, cristatum, semilaceruni, 
Dryopteris, alpestre; les Pnlysticlium angulare cristatum , seniipinnatuni, 
proliferum; X Onoclea scnsibilis ; les Osmunda regalis claytoniana, cinnn- 
momea et graritis; le Struttiinpteris gcrmanica, et enfin les nombreuses 
variétés monstrueuses du Scolopeiulrinm vulgare connues sous les noms de 
rrispum, cristagalli, digitatum, endivixfolium, irregulare, marginatum^ 
nniltifidum, acrocladou, iiiultifido crispum, ranio-marginatum, raïuosutn 
majus, sagittatn-cristatum, Stansfieldii, subiiiarginafun/, suprasopori ferum, 
variabile. 

FIN DU TOME PREMIKK. 



INDEX. 



Pliinclies. 



Pages. 



Lettre dédlcatoire 

Introduction 

Alocasia metallica 

Ananassa saliva variegata 

Anœotochilus Lowii 

rubro-venius 

setaceus (aureus) 

slriatus. 

xanthophylhis 

Aphelandra Leopoldi 

Bégonia Marshallii 

Rex 

var. grandis 

■var. Isis 

var. nebulosa 

Caladium argy rites 

bicolor splendens 

Chantini. 

pictum 

Verschaffeltii 

Calathea zebrina 

Cissus discolor 

porphyropbyllus 

Convallaria maialis variegata 

Cordylina (Dracsena "l indivisa 

Cratfegus prunifolia variegata 

Croton pictum 

variegatum 

angustifolium variegatum-. . . . 

Cyanopbyllum magnificum 

Dapbne Mezereum variegatum 

Dieffenbacbia Seguine, var, maculata. . 

Dioscorea discolor • . . . , 

Dracaena ferrea , 

ferrea versicolor . . . 

Echites nutans 

Evonymus Japonicus aureus variegatus. 

Farfiigium grande 

Funkia Sieboldii variegata 

Gesneria cinnabarina 

Graptophyllum pictum 

Hedera foliis variegatis , 

Hoya carnosa variegata 

Hydrangea Japonica variegata 



LX 


119 


XXI 


41 


XL 


79 


XXXV 


69 


XXIV 


kl 


XXX 


59 


VII 


13 


XXVII 


53 


xvm 


35 


IX 


17 


VI 


11 


XII 


23 


XV 


29 


XXII 


43 


IV 


7 


XIX 


37 


XLIII 


85 


XtVI 


91 


I 


1 


XIII 


25 


t.IX 


117 


XLII 


83 


LU 


103 


XLVIII 


95 


VIII 


15 


H 


3 


XLI 


81 


X 


19 


L 


99 


XIV 


27 


LIV 


107 


X\IX 


57 


III 


5 


LVIII 


115 


XLix a 


100 


XI 


21 


xxxiv 


67 


XXXIII 


65 


XLV 


89 


LVII 


113 


XLIV 


87 


XXV 


49 



128 



INDEX. 



Maranta albo-lineata 

fasciata 

micans 

pardina 

Porteana 

regalis 

vittata 

Warscewlczii 

Pandanus Javanicus variegatus . 

Pavetta Borbonica 

Poinsettia pulcherrima 

Pothos argyraea 

Pteris argyraea 

aspericaulis, var. tricolor 

cretica, var. albo-lineata. 

Sonerila margaritacea 

Tradescantia odoratissima. . . . 
Tussilago Farfara variegata . , . 
Yucca filamentosa variegata. . . 

Conclusion et additions 



■•%^ 



FIN DE I. IPTOF.X 



J'hinclies. 


P;igrs. 


L\ 


109 


XXIII 


45 


XI.IX /) 


97 


XXXII 


63 


XXVI 


51 


XX 


39 


xxxvm 


75 


XVII 


32 


XXXVI 


71 


V 


9 


XXXI 


61 


XXVIII 


55 


XXXVII 


73 


XLVII 


93 


LUI 


103 


XVI 


31 


XXXIX 


77 


LVI 


111 


LT 


101 



129 



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Imprimerie générale de Cli. Laliure , rue de Fleurus, 9. :i Paris.