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Full text of "Les prairies d'or"

HANDBOUND 
AT THE 



UNIVERSITY OF 
TORONTO PRESS 



COLLECTION 
D'OUVRAGES ORIENTAUX 



PUBLIEE 



FAH LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE. 



SE VEND A PARIS 
CHEZ BENJAMIN DUPRAT, LIBRAIRE, 

RUE DU CLOÎTRE-SAINT-BENOÎT, N° 7 ; 

A LONDRES 
CHEZ WILLIAMS AND NORGATE, 

l4, HENHIETTA STREET ( COVENT-GAKDEN ). 



PRIX: 7 fr. 50 c. 



ClÉTÉ ASIATIQUE. 

MACOUDL 



LES PRAIRIES D'OR. 

TEXTE ET TRADUCTIOIN 

PAR 

C. BARBIER DE MEYNARD ET PAVET DE COLRTEILLE. 



TgME DEUXIEME 




PARIS. 

IMPRIMÉ PAH AUTORISATION DE I/KMPEHiaiH 

A L'IMPRIMERIE IMPÉRIALE. 



M DCCC LXIIl. 



il f f '• 



v« 



AVERTISSEMENT. 



Il sulïit d'examiner la table des matières qui termine 
ce volume pour se convaincre qu'il ne présente pas par- 
tout le même degré d'intérêt. D'une part, de précieux 
renseignements sur des tribus dont l'origine est encore 
peu connue, des extraits d'ouvrages presque aussi anciens 
que la conquête musulmane et perdus aujourd'hui, une 
description fidèle des contrées visitées par l'auteur; de 
l'autre, des dynasties fabuleuses, des anachronismes qui 
font sourire, des contes puérils à la place des faits his- 
toriques que le titre semblait promettre; tout cela rédigé 
avec précipitation et sans ordre, dans un style tantôt 
prolixe, tantôt concis jusqu'à l'obscurité. Voilà ce qu'on 
trouvera dans le présent volume dont nous ne voulons 
nullement dissimuler les imperfections. Serait-il juste 
cependant de reprocher à Maçoudides erreurs qui étaient 
celles de son siècle, et doit-on condamner, pour quel- 
ques défaillances, une entreprise conçue avec grandeur 
et exécutée avec un zèle qu'on ne saurait trop appré- 
cier? Agrandir les horizons de l'histoii-e, l'alfranchir des 
entraves que le koran et la tradition prophétique lui 
imposaient, surmonter les dédains et les préjugés du fa- 
natisme nuisuhnan pour révéler à ses coreligionnaires 
l'existence de peuples séparés à jamais de l'islam par le 



1! AVERTISSEMENT. 

sang, le langage et l'idéal religieux, tel était le but que 
Maçoiidi s'efforça d'atteindre dans les deux grands ou- 
vrages perdus pour nous, dont les Prairies f/'or n'offrent 
que l'esquisse. Un dessein aussi vaste était entouré d'é- 
cueils contre lesquels l'amour de la science et la sincé- 
rité ne trouvaient aucune sauvegarde. Personne assuré- 
ment n'irait chercher dans leschroniques contemporaines 
de Charlemagne ou des croisades le récit des révolu- 
tions qui agitèrent les premiers siècles de l'hégire. Si 
des fastes de Ninive et de Babylone, si des exploits 
d'Alexandre et de Rome les Arabes n'ont conservé qu'un 
souvenir confus , des noms méconnaissables et quelques 
légendes ridicules, a-t-on le droit de se montrer plus 
sévère? L'origine même de ces fables et leurs transfor- 
mations échappent le plus souvent à nos recherches. Sans 
doute les développements que l'auteur leur avait don- 
nés dans ses Annales historiques nous auraient mis sur 
la voie d'un problème où d'ailleurs la curiosité seule 
trouve à se satisfaire. Dans la rédaction rapide et désor- 
donnée des Prairies d'or, il est jjIus difficile d'en suivre 
la trace, et tout au plus peut-on se laisser guider par de 
vagues analogies. Ainsi le récit fabuleux de l'expédition 
d'Alexandre dans l'Inde, les prodiges qui signalent la 
fondation d'Alexandrie, sont peut-être une image affai- 
blie des rêveries des rhéteurs alexandrins, auxquelles 
l'imagination d'un peuple enfant a prêté de nouvelles 
fictions. Dans la description non moins bizarre des ob- 
sèques du conquérant macédonien , nous retrouvons l'ins- 
])iration sentencieuse et mystique des néoplatoniciens. 
L'intérêt que Maçoudi accorde aux persécutions des 
premiers chrétiens, les détails circonstanciés qu'il nous 
donne sur les conciles, la connaissance à peu près exacte 



AVERTISSEMENT. in 

qu'il a (les dynasties byzantines nous révéleraient, s'il ne 
l'avouait lui-même, ce qu'il doit aux Melkites établis en 
Orient. Sa mémoire, sa curiosité toujours en éveil ob- 
viennent au défaut de documents écrits, et la science 
trouve plus à glaner dans ces fréquentes digressions que 
dans le sujet principal. 

Mais en nous conduisant dans le Caucase, il nous 
ramène sur le solide terrain de l'histoire et de l'ethno- 
graphie; les légendes et les fables font place à la réalité, 
et la vérité historique pénètre, à la suite des armées 
musulmanes, dans ces montagnes inaccessibles. L'im- 
portance de ce chapitre a été signalée depuis longtemps , 
et il est un de ceux que les savants et les voyageurs ont 
le plus volontiers mis à contribution. Sans négliger les 
relations dues à Reineggs, Jean Potocki et Dubois de 
Montperreux, nous avons consulté de préférence l'ou- 
vrage de C. D'Ohsson sur les peuples du Caucase et le 
travail de Klaproth. Ce savant, qui a laissé aussi une re- 
lation fort curieuse de son voyage dans le Caucase, a 
traduit dans le premier volume de son Magasin asiatique 
tout ce morceau, moins quelques hors-d'œuvre que la 
science pouvait laisser de côté sans regret. C'est donc à 
ce travail que nous avons eu recoiu's toutes les fois que 
nos copies nous inspiraient des doutes sur l'orthographe 
des noms propres et leur signification actuelle. Pour 
l'histoire de l'ancienne Perse, nous avons trouvé dans le 
commentaire d'Ibn Badroun un auxiliaire d'autant plus 
utile que les noms iraniens ont été mutilés à l'envi par 
les copistes. Avec le sans gêne ordinaire des compilateurs 
musulmans, Ibn Badroun s'est emparé du texte des 
Prairies d'or, oubliant presque toujours d'en citer l'auteur 
et l'abrégeant î\ sa guise. I^e contrôle sévère a[)[)orté jiar 



IV AVERTISSEMENT. 

M. Dozy à la révision du texte et les notes cxcellenles 
qui l'accompagnent ont facilité notre tâche clans ce 
morceau important. Pour la description de l'Lgypte, 
Makrizi nous a offert dans son Kitab el-Méwaïz des frag- 
ments épars mais fidèles du chapitre xxxi, et nous ne les 
avons pas négligés. Si l'édition publiée à Boulak ne mé- 
rite pas toujours une entière confiance, en revanche les 
renseignements donnés par Makrizi sont venus plus 
d'une fois éclairer un passage d'une interprétation dou- 
teuse. Nous devons mentionner pour ce même chapitre 
le premier des deux volumes du Nodjoiini ez-zdiireh par 
Abou'l-Mehaçin , dont la publication est due à feu 
M. Juynboll et à M. Matthes. On trouve , au début même 
de cette chronique, plusieurs citations littérales de Ma- 
çoudi; par exemple, la comparaison du sol de fEgypte 
avec la perle, l'émeraude, etc. une partie du curieux 
colloque entre Ahmed ben ïouloun et le vieux Copte, 
un fragment sur les crues du Nil et enfin la liste des 
Pharaons donnée in extenso p. 60 et suiv. Ce passage, 
coUationné soigneusement par les éditeurs , nous a fourni 
de bonnes leçons pour tous les noms que les copistes 
avaient transcrits à l'aventure. 

Sans nous départir d'une extrême réserve dans le choix 
des variantes et des annotations, nous avons cru pou- 
voir, dans deux ou trois occasions, éclaircir à faide de 
pubhcations récentes le langage de Maçoudi, lorsqu'il 
n'offrait pas une clarté suffisante. Quelques erreurs qui 
avaient échappé à notre attention dans le tome premier 
ont été corrigées à la suite de la liste des variantes: elles 
nous ont été signalées par plusieurs de nos collègues 
avec une sollicitude que nous nous emprossons de re- 
connaître. Nous devons surtout des rcmercîments à 



AVEirnSSEMENT. v 

un fonctionnaire éminent du Gouvernement ottoman, 
S. E Ahmed Véfyk, ancien ambassadeur à Paris, quia 
pris la peine de revoir le texte du tome premier sur une 
ancienne copie qui lui appartient, et de nous en faire 
connaître les principales variantes. Le concours que ce 
savant nous a généreusement oilert pour la suite de 
notre travail nous est d'autant plus précieux qu'une de 
nos meilleures copies, celle que nous désignons par U, 
ne va pas au delà du chapitre xxxii. Nous devons aussi 
des remercîments à M. Derenbourg, correcteur à l'Im- 
primerie impériale, qui, non content de lire attenti- 
vement les épreuves de notre travail, a bien voulu 
mettre à notre disposition la connaissance spéciale qu'il 
avait acquise avant nous du texte de Macoudi. Nous 
sommes heureux de témoigner ici des services que nous 
a rendus la bienveillante collaboration de notre prédé- 
cesseur. 



LIVRE DES PRAIRIES D'OR 

l]T DES MirVES DE PIERRES PRÉCIEUSES. 



CHAPITRE XVII. 

I.lv MONT CAUCASE ( EL-KABKH ) ; HENSEIGNEMENTS SlIK LES PEU- 
PLADES QUI l/HAP.ITENT, SUR LES ALAINS (eL-LAn), SUR LES 
KHAZARS, SUR LES TRIBUS TURQUES ET BUL(;ARES ( RORfilIOz) ; 
DESCRIPTION DE BAB-EL-ABWAlî (dERBENd); LES ROIS ET LES 
PEUPLES DU VOISINAGE. 

Le Kabkh est une grande chaîne de montagnes (|ui ren- 
lerme, dans sa vaste étendue, un nombre considérable de 



2 LES PRAIRIES D'OR. 

U^wA* iixJ c?5^^ (jIm».)^ liLX^ IgJ x«| J^ x^l y^xw_5 yUj| 

A.J lAijLàv»^^ AjJlftl i liU gOtîi J^r?- t^ ^S^y-â^Ji (ji îi>U 

LL aK-s»! (j^ l_>LJ! tK«> ts*^^^ (3^?^^' <-.'w»> a »- j^^yOl ^\ 

royaumes et de tribus : en effet, on n'y compte pas moins de 
soixante et douze peuplades, qui ont chacune leur chef et 
parlent une langue qui leur est propre. Ces montagnes sont 
sillonnées de gorges et de vallées; c'est à la tête de l'un de 
ces défdés que se trouve la ville de Bab-el-Abwab , bâtie par 
Kosroës Enouchirwân, sur un point intermédiaire entre le 
pays montueux et la mer des Khazars. Le même souverain 
construisit cette célèbre muraille qui , d'une part , s'avance 
dans la mer, jusqu'à une dislance d'environ un mille des 
côtes, et, d'autre part, s'élève sur les sommets abruptes des 
montagnes et descend dans leurs gorges profondes, sur une 
longueur de quarante parasanges, jusqu'à ce qu'elle abou- 
tisse à une place forte nommée Tabarestân. De trois milles 
en trois milles à peu près, suivant l'importance de la route 
sur laquelle elle s'ouvrait, il plaça une porte de fer, près de 
laquelle il installa, dans l'intérieur de l'enceinte, une peu- 
plade chargée de veiller à sa garde et à celle de la mu- 
raille. Ce rempart devait opposer une barrière infranchis- 
sable aux allaqnos des tribus voisines du Kabkh, telles que 



CHAPITRE XVII. 3 

U ^^ v^^^'^ V^^' J-:? ^J>^>^ i^ ajIju: Js^I jU-^ 
4^j xjvJjvkÀla.»... < ll ^W aJI ^^ajw ^^JJI oUJji I j^jc» (j^ 

J^^j.^!^ jlJl iji^ij V^^^'^ vWl? iiijjjjdl ^jJsil 

les Khazars, les Mains, les Turcs, les Serirs et les autres 
peuplades infidèles. 

Pour visiter les sommets escarpés des monts Kabkhs et 
les parcourir dans leur longueur et leur largeur, il faudrait 
bien deux mois ou plus. Quant aux tribus qui habitent ces 
cantons, le Créateur tout-puissant pourrait seul les énu- 
mérer. Un des délilés de ces montagnes vient aboutir à la 
mer des Khazars, près de Bab-el-Abwab, ainsi que nous 
venons de le dire; un autre aboutit à la mer Mayotis, citée 
plus haut dans cet ouvrage et dans laquelle débouche le 
canal de Constanlinople. Sur cette mer est située la ville 
de Trébizonde, où se tiennent tous les ans plusieurs mar- 
chés que fréquentent un grand nombre de négociants mu- 
suhnans, roumis, arméniens et autres, sans compter ceux 
qui viennent du pays de Kechk (Circassie). 

Lorsque Enouchirwân eut achevé de bâiir la ville de 
Bab-el-Abwab et ce rempart (|ui s'étend à la fois dans les 
eaux de la mer et sur la terre, en suivant les replis des 
montagnes, il y établit des peuplades avec leurs chefs, à 



4 LtS PHAIHIES D'OH. 

I<v«j^ i^\j-^ A-4.J J-«>^ 1^5^^^ ^j*.UÎI çj^ U! liJU^ (jjJ^t 

vilol* /o *.A-ii:>^5 Jot» ww«*s». (^ l«x,». *i «x,».^ ^s-çsmL> wy.X^ Jo 

2«i JLxAJ x-tfw! J! iiiUii^ AXJiJjf^ (j'j>j-«' ^ «J^ ^^ **^ 
(^yyJiSs^ (^js^'^'i A-À-iw ^^_(&j o<j»pi |jub ^ iXaIL^j (^^^x^MiJLi 

chacun desquels il assigna un rang, un titre et un terri- 
toire distincts, comme l'avait fait Ardechir, fils de Babek, 
en classant les princes du Khoraçân. Parmi les princes re- 
connus en cette qualité par Enouchirwân dans les cantons 
voisins des pays musulmans, du côté de Berdâh, il y en 
avait un qui, portant le nom de Chirwân, lequel s'appli- 
quait aussi au royaume qu'il gouvernait, prenait le titre 
de Chirwân Chah; depuis lors, on a appelé Chirwân tous 
ses successeurs. Aujourd'hui, l'an 332, ce royaume a en- 
viron un mois d'étendue, parce que ses possesseurs se sont 
emparés de plusieurs cantons qu'Enouchirwân ne leur avait 
pas assignés, et les ont réunis à leurs domaines. Le prince 
régnant de nos jours est, à ce qu'il paraît, un musulman 
nommé Mohammed , fds de Yezid, qui descend très-réel- 
lement de Bahram Djonr (Gour), auquel le chef des Se 
rirs rattache lui même son origine. Quant an chef actuel 



CHAPITUE XVH. 5 

JwA^Ljwt jjj (j^ OOjJl î«Xi5 ^j ^jLwî^^ t-^Twlo JJJn.5^ 
^«^-^ *^^-:?)-t> (jJ -^-^ kiUjff *Xi^ b^i (J-. t_>L»*j| jjyg,*i6 tj>^ 

Js-À-« jL»»xJl kiLXj lj,Àiai i^l^ *xs^ t_>!_jjillj vW' Sj^i *•** 

JUj gOCll J^x> (j-« t5>*-^ ''^^ u'jD^ ^^^ ^-3 yU^ijtX^ 
i iJ(Qrl nù^ ^ ^^Js. .xi^ »l-i (jl^i' ^«N> W^î^j'^'u!/^'^ ^ 

JytXl_5 »>^i\sp,\ l^ JUj 4.^;-s».Î iOSjf <_^ ^-»^î^ u'^^ t^^^jJl '*Xiû 

du Rhoraçàn, il compte parmi ses ancêtres Ismaïl , fils 
d'Ahmed, dont la généalogie remonte incontestal)lement 
jusqu'à Bahram Djour. Mohammed, fils de Yezid, qui porte 
le litre de Ghirwàn, s'est emparé de la ville de Bab-el- 
Abwab à la mort de son gendre, nommé Abd-Allah, fils 
de Hicham , descendant d'un Ansar, qui en tenait de ses 
ancêtres la souveraineté : sa famille s'était installée dans 
ces contrées, lorscjuc Moslcmah, fils d'Abd-el-Melik, et 
d'autres émirs musulmans les avaient envahies, dans les 
premiers temps de l'islam. 

Près de ce royaume (le Ghirwàn) , il y en a un antre ([ui 
se rattache aussi aux monts Kabkhs; on lui donne le nom 
de Làïrân, et son roi porte le titre de Lâïràn-(]hah, Il est 
sous la domination du Ghirwàn, (jui l'a subjugué de nos 
jours, ainsi qu'une troisième principauté, celle do Mou- 
kaniob (Mougàn). T.e boulevard principal du Ghirwàn osl 
I.» principauté des Lakz (Lesghis), tribu Ircs-nombrcuse (pn 
habifc les sommets les pins inaccc^ssibles de ces montagnes. 



LES PRAIRIES D'OR. 

ii jo.^t \^h ^Isij «-jljtCyj iijiji ji J>a4^1 i*Xi&^ ci>>X.>olxil^ 

*Jà-ftj a^^î (jw« »mt Jj«i-t*^jj ij^'^F'j XviU* ijjiS'^ ^ 
cii.JLtf ^ ^j'^j--*j ojjj«iî tX^y î*>^-* t-^-^^j ^t?^'-? *;-?-=^ 

Il y en a parmi eux qui sont infidèles et ne reconnaissent 
pas l'autorité duChirwûn;on les appelle Doudaniyeh (tribu 
Lesghi deDido). Ils sont païens et complètement indépen- 
dants; dans leurs mariages et dans leurs transactions com- 
merciales, ils observent des usages étranges. 

Il y a dans ces montagnes des vallées, des gorges et des 
défilés habités par des peuplades qui n'ont pas de commu- 
nications entre elles, à cause de l'âpreté du pays, dont les 
pics inaccessibles se perdent dans les nues, de ses fourrés 
épais et inextricables, de ses torrents impétueux qui se pré- 
cipitent des hauteurs et de ses rochers gigantesques. Le 
premier Chirwân avait étendu sa domination sur plusieurs 
principautés de ces montagnes, que Kosroës Enouchirwân 
avait données en apanage à d'autres chefs ses vassaux. 
Mohammed, fils de Yezid, les a réunies à son royaume; 
telles sont les principautés de Khoraçân-Chah et de Zadân- 
Chah. Nous dirons plus bas comment ce même Mohammed 
s'est rendu maître du pays de Chirwân; car, auparavant, lui 
et sou père ne possédaient absolument que Lairân. 



CHAPITRE XVII. 7 

Ikkiû jj yi>^ ^jLaaw^aIo tj^X^ j#?^' J-*— *■ i> i^^*iy^ ^■^ <^^J 
tjUJî^,jv«î ^J^ t^JJl d^UI ^•fi o^i-l (jjI yûj i^.MiM> c^^i 

i jV^ dix» LgÀSwM*J ^il tl-«^3 r»l»i **A^ (ij'^i (J^-^^ W*^'^^ 

Le Chirwân a pour voisin, dans les monts Kabkhs, le 
roi de Tabarestân, qui, de nos jours, est un musulman fils 
delà sœur d'Abd-el-Melik, autrefois émir de Bab-el-Abwab; 
les tribus auxquelles il commande sont les plus rappro- 
chées de cette ville. 

Les habitants de Bab-el-Abwab ont à souffrir du voisinage 
d'une principauté appelée Djidân, qui est sous la domina- 
tion du roi des Khazars, et dont la capitale était autrefois 
une ville appelée Semender (Tarkhou), à huit journées 
de Bab-el-Abwab. Actuellement elle est encore habitée par 
une population khazare; mais depuis qu'elle a été con- 
quise, dans les premiers temps de fislaniisme, par 5u- 
leïmân, lils de Babiah el-Baliili, le siège de l'empire a été 
transféré à Amol, qui en est éloignée de sept journées et 
où les rois des Khazars font aujourd'hui leur résidence. 
Cette ville est coupée en trois parties par un grand llcuve, 
qui descend des plateaux élevés du pays des Turcs , et dont 
un bras se dirige vers le territoire des Bulgares, pour se 



8 LES PRAIRIES D'OR. 

Àj^ys^ j...^\ IJvA \xjMy i (jUjl=s- iLÀj*xII &ù^^ ij*^}^ 

dDJlls û^-^aJI Ut_5 ii-AJoûlia.^ i^^jUI^ j^jIxoâJIj ^.fc^^t 
dJu» vil^AJLî jUi».î iijOlp c^LiJit Î<X^ (j-« ij-> U\* jS^XJLu. j 



jeter dans la mer Mayotis. Amol est bâtie sur les deux rives 
du fleuve, au milieu duquel se trouve une île qui contient 
le siège du gouvernement; le château du roi est situé à 
l'une des extrémités de l'île, qui est reliée par un pont de 
bateaux avec l'une des deux rives. La population se com- 
pose de musulmans, de chrétiens, de juifs et de païens. Le 
roi, sa cour, et tous ceux qui sont de race khazare, prati- 
quent le judaïsme, qui est devenu la religion dominante 
dans cet État, depuis le khalifat d'Haroun er-Rechid: beau- 
coup de juifs sont venus s'établir chez les Khazars, de toutes 
les cités musulmanes et des pays de Roum, parce que, de 
nos jours, l'an 332, Armanous, roi de Roum, a persécuté 
les Israélites de son empire pour les convertir au christia- 
nisme. Nous parlerons plus bas, dans cet ouvrage, des rois 
de Roum, de leurs entreprises , et de ce prince en particulier, 
ainsi que de ceux qui partagent avec lui les soins du gou- 



CHAPITRE XVII. 9 

î*x_*' ^J|*.-^J j.jlJ>, jj dLL« :>_5-^^ (ji^j Ujuc^j U ^^Jj 

^^Irs»- <X.>>| ,j J^j (J*'JtJ-J ^iAJ^*'»« (*4^ 0*'^"'^>^ iCAAiûlii (j-« 

«X_À^Î yi )i\ Lijî bjJi u «..^-tt»;*. j^ ♦^^"H^^ Jljoi (j-« J.X9 

vernenient. Un grand nombre de juifs a donc abandonné 
le pays de Roum, pour se réfugier chez les Rhazars ; quant 
à l'histoire détaillée de la conversion des princes khazars 
au judaïsme, nous n'en dirons rien ici, ayant déjà traité ce 
sujet dans nos précédents ouvrages. 

Les païens domiciliés dans cette contrée sont de plu- 
sieurs races, parmi lesquelles il y a des Esclavons et des 
Russes, qui sont relégués dans un des deux quartiers de la 
ville; ils brûlent leurs morts, en mettant sur le même bû- 
cher leurs bêtes de somme, leurs armes et leurs parures. 
Quand un homme vient à mourir, sa femme est brûlée 
vive avec lui; mais si c'est la femme qui meurt la première, 
le mari ne subit pas le niême sort. Lorsque quehpi'un 
meurt célibataire , on lui donne une épouse après son décès. 
Les femmes désirent ardemment être brûlées avec leurs 
maris pour entrer à leur suite dans le paradis. Cette cou- 
tume, comme nous l'avons déjà fait remarquer, a lieu dans 
l'Inde, où, toutefois, la femme n'est brûlée avec son mari 
qu'autant qu'elle y consent elle-même. Les musulmans do- 



10 LES PRAIRIES D'OI\. 

S^^ dLUS «Xi^ A.^ii (j^**^' *^^' ^'^ ^ c^Uilj JvJi 

Jfcj*-* jo»^.aJ^ «(Xj^j (J*,U ^i J^^jy~l viLA^ tji lij^AJijCjli Lj^ 
^f^ d.Ut «jl;^ y^ ^jlj ^jîii'ij *Xrj-l**iij (jjjJI jl^t 

(jl^ ^x) Ajl^ Ajj^ (jJJ «Xç-{ _j,;&^ (0-fr*-* 5*Xiû IàXj^ ^ »»jj)^li 
^j^ j^j_ji^À-« »^-X>*fc^ 4J iy«^^ (jvl»*«.li t^ tjy.js^ jj^ dJ-Xi 

iniuenl dans le pays des Khazars, parce que ce sont eux 
qui composent la garde royale : ils sont connus sous le nom 
de Lariçiyeh. Originaires des environs du Kharezm, ils sont 
venus s'établir dans le royaume des Khazars , peu de temps 
après l'apparition de l'islamisme , en fuyant le double fléau 
de la guerre et de la peste ; ce sont des hommes très-coura- 
geux et sur la bravoure desquels le roi des Khazars se re- 
pose en toute confiance dans les guerres qu'il entreprend. 
En se fixant dans son empire, ils ont stipulé, entre autres 
conditions à leur avantage, qu'ils auraient le libre exercice 
de leur religion, qu'ils pourraient bâtir des mosquées, que 
la prière leur serait annoncée publiquement, et que le vézir 
serait toujours choisi parmi eux. Celui qui occupe de nos 
jours ces hautes fonctions est eflectivement un nmsul- 
man nommé Ahmed, fils de Kowaïh. Il a été convenu que 
toutes les fois que le roi des Khazars serait en guerre avec 
les musulmans, ceux qui servent dans sou armée se tien- 
draient à l'écart et ne combattraient pas leurs coreligion 
naires, mais (piiis marcheraient contre tous les infidèles. 



CHAPITRE XV il. H 

A. ^.àjo yLÀot kxxAv s[*à..i V^i U^^ U^ JJ"^*^ iUktf jî:> f^_j 

,j ^j*iw-aJj -^Xam^I i\-x.ij^ V^^^ ^ îjàULiij (ft-S^' i_jV:sivj 

Aujourd'hui sept mille d'entre eux forment les archers à 
cheval du roi : ils portent la cuirasse, le casque et la 
cotte de mailles; il y en a parmi eux qui sont armés de 
lances et équipés comme le sont d'ordinaire les musul- 
mans. Ils ont aussi des juges de leur religion. Au surplus, 
c'est une règle invariable dans la capitale des Khazars qu'il 
y ait en tout sept juges : deux pour les musulmans, deux 
pour les Khazars , qui décident d'après la Torah ; deux pour 
les chrétiens, qui décident d'après l'Evangile, et un pour 
les Slaves, les Russes et les autres païens; ce dernier juge 
d'après la loi naturelle, c'est-à-dire d'après les inspirations 
de la raison. Quand il se présente un cas grave (jue leurs 
juges ne savent pas décider, les parties se réunissent chez 
les kadis musulmans, leur défèrent la cause et se soumettent 
à la décision , qui est confornie à la K'gislalion do l'islamisme. 
Seul, parmi les souverains de ces contrées orientales, le roi 
des Khazars enirelient des (roujies à sa solde. Tous les nui- 
sulmans qui sont établis dans le pays sont connus sous la 
dénomination dv lAiririycli . bien (|u'ils soient d'origine dil- 



12 LES PRAIRIES D'OR. 

OjmJ^ SjUiî^ J^W- '>^-^'* /O.^J ^À^l^ >i*X*J Si^Xj (jl Ijj^lr» 

^jyil dX« ^ UjUiwI 0^^ (^ij-x-JL! Jlï Ailla /<s4j JvA^ ^j 
"3 ya^ CsySf <j ^jlïlsS. iJjli jj_j 2^-:^^ tilA^ <^*N? tj y^-^ y^ 

férente. Quant aux Russes et aux Slaves, qui pratiquent l'i- 
dolâtrie, ils peuvent aussi entrer dans les troupes du roi ou 
faire partie de sa maison. En dehors des Lariçijeh, il faut 
encore compter un certain nombre de musulmans , négo- 
ciants ou artisans, qui ont émigi'é récemment, à cause de 
la justice et de la sécurité dont on jouit dans cet empire. 
Outre une grande mosquée, dont le minaret domine le 
château royal, ils y possèdent plusieurs auti^es mosquées 
d'une moindre importance, auxquelles sont annexées des 
écoles où les enfants apprennent à lire le Koran. Si jamais 
les musulmans et les chrétiens se coalisaient, ils feraient 
certainement la loi au roi. 

Ce que nous avons dit jusqu'à présent ne s'applique pas 
au roi des Khazars par excellence, c'est-à-dire au khakân; 
car il faut savoir que dans ce royaume le khakân est un 
personnage qui doit toujours rester entre les mains d'un 
prince qui exerce de fait l'autorité et dans le palais duquel 
il réside; confiné dans les appartements intérieurs, dont il 
no sort pas, il ne sait pas monter à cheval et ne se montre 
jaujais aux courtisans et au peuple. Vivant au milieu de son 



CHAPITRE \VII. 13 

\JLJI A-fcc*«^î ^Jjùilî <ao UvoUioj <\w«)1jI>^ y^^ ^*^^ Ijr^^ 
*i ^3j Lçjj AKj>i _jjû <j_jj Lç^^ »_^XxAi /o^ftA-î' «î^-l^^ ^/3 AkxJij 

harem, il ne gouverne pas et ne prend aucune part aux 
affaires de l'État. Malgré cela, l'autorité du prince qui gou- 
verne serait nulle, s'il n'avait pas avec lui le khakàn dans 
sa capitale et dans son palais. Quand les Khazars souffrent 
de la disette, ou qu'un autre malheur Irappe leur pays, si 
les chances d'une guerre tournent contre eux et se déclarent 
pour une nation ennemie, si enfin un désastre quelconque 
vient fondre sur eux à l'iniproviste, le peuple et les grands 
se portent en foule chez le roi et lui disent : « Nous n'augu- 
rons rien de bon de ce khakàn, dont le règne ne nous fait 
présager que des désastres ; mets-le donc à mort, ou livre- 
le-nous pour que nous le fassions périr. « Quelquefois le roi 
le leur abandonne, et ils le tuent, ou bien il se charge lui- 
même de cette exécution; parfois aussi, ému de pitié pour 
son infortune, il le défend en disant qu'il n'a commis aucun 
crime qui le rende digne d'un châtiment. Je ne sais si cette 
institution remonte aux leiiq)s anciens ou si elle est nou- 
velle; mais l'usage de choisir toujours le khakàn parmi les 
membres d'une des f)lus illustres familles semble démon- 



14 LES PRAIRIES D'OR. 

wJljtïil :>y^ Jw«.^ (^^^ U^^ |OHgJ Ojj^l j^l i JvJft (^ 

_^^ Awmma.^ ^UaJ^ ^^J!^ S^H^^ o|^-L« I^Xa :>^i<MJ{ ^jMiJtX)^ 

trer qu'autrefois la royauté était héréditaire dans cette même 
famille. 

Les Rhazars ont une grande quantité de barques, avec 
lesquelles ils naviguent sur une rivière qui se jette , au-dessus 
de leur ville, dans le grand fleuve qui la traverse; sur les 
bords de cette rivière, que l'on appelle Bartas, habitent 
plusieurs tribus turques qui ont des demeures fixes et ap- 
partiennent à lempire des Khazars. Les établissements 
qu'elles occupent relient entre eux le royaume des Khazars 
et celui des Bulgares , d'où vient cette rivière , sur les eaux 
de laquelle se croisent les embarcations des deux peuples, 
en descendant ou en remontant le courant. Barlas, ainsi que 
nous l'avons dit plus haut, est proprement une peuplade 
turque campée sur les bords de cette rivière, qui lui a pris 
son nom; c'est de son territoire que sont exportées les peaux 
de renards noirs et rouges appelées généralement bartaçiyeh. 
Il y a de ces peaux, surtout les noires, qui valent jusqu'à 
cent dinars et plus; les rouges sont d'un prix moins élevé; 
les premières sont portées par les rois des Arabes et des 
Persans, (|ui s'en parent avec complaisance et qui les esli- 



CHAPITRE XVII. 15 

iiA^\is^\ <_«Jl*AJi otX^j ^^yilA^ ^'j^ J^ U^"**^ *^ U**^ CJ^ 
(jwJaxi ^y.^ (j^ ^i"^ lW-*-? «^-^a-su* J!>=^ j^ ti^' «i^ i_j--Jt 

•^^ Ji /o.-^ ^OoLsJC» J._j|yiJi^ (iJl^J^i (j^ ty ^j çjLJI 

nient plus que la martre zibeline, l'hermine et les autres 
fourrures de ce genre. Ils s'en font faire aussi des bonnets, 
des khaftans et des pelisses; à peine existe-t-il un roi qui ne 
possède pas une pelisse ou un khaftan doublé de peaux de 
renards noirs de Bartas. Le fleuve des Khazars, dans la par- 
lie supérieuie de son cours, se décharge par un bras dans 
un des golfes de la mer Nitas, qu'on peut nommer la mer 
des Russes, car ils sont les seuls qui y naviguent, et ils ha- 
bitent sur l'une de ses côtes : ils forment une nation nom- 
breuse, qui ne reconnaît ni autorité ni loi révélée; plusieurs 
de leurs négociants entretiennent des relations commerciales 
avec les Bulgares. Les Russes possèdent, dans leur pays, une 
mine d'argent semblable à celle qui existe en Khoraçân, 
dans la montagne de Bendjhir. 

La ville des Bulgares est située sur la côte de la mer 
Mayotis ; ces peuples, (|ui sont d'origine turque, habitent, 
si je ne me trompe, le septième climat. Il y a conlinuel- 
lemenl des caravanes (|ui vont de clioz eux clans le Klia- 



16 LES PRAIRIES D'OR. 

^oA^tMk^ iCjLfvXS^ (jvAAjj (jvÂjJ iU.w J^J I*Xj6 lÀJCij ^ys^yxi] 
^ i iiAÀAkjviiMJiJl à^ JJ.XJ dlUi I «Xiûj ^^ (*4^^ ^^i 

rezm, en passant par le Khoraçân, ou qui reviennent de ce 
royaume; mais, comme la route traverse les campements de 
tribus turques nomades , elles sont obligées de prendre une 
escorte. Actuellement, en 332, le roi des Bulgares est un 
musuliîian qui s'est converti à l'islamisme, à la suite d'un 
songe, sous le règne de Moktader-billah, après l'an 3io. 
Un de ses fils a fait le pèlerinage, et, lors de son passage à 
Bagdad, il a offert au khalife un étendard, des fourrures noires 
et de riches présents. Ces peuples se sont bâti une grande 
mosquée. Leur roi fait des incursions sur le territoire de 
Constantinople, à la tête de plus de cinquante mille cava- 
liers; de là ses hordes dévastatrices se rendent jusqu'à Rome, 
puis dans les provinces de l'Espagne méridionale et sur les 
terres des Bordjâns (Bourguignons), des Galiciens et des 
Francs. Cependant, pour atteindre Constantinople, ce 
prince n'a pas moins de deux mois de route à parcourir à 
travers des pays cultivés et déserts. L'an 3 1 2 , une expédi- 
tion musulmane sortit de Tarsous, sur les confins de la 
Syrie, sous le commandement de l'émir des frontières, l'eu- 



CHAPITRE XyU. 17 

*^\j^ ^j-* ''(^«^ ^j^ c^♦^ ci"b"^^ ^J}j)jjtW ^:>\=^ JJi jyxjii] j^^\ 
/oxJ îj * Ia.J>^ iL) L«\,Aj_j j.*isft <^àS) iijLw (\jv^a3iaJ i _j (^A.-oLAwJi 

IaÀ*»_5 ^ ci^ J^^ î*>^^ t^^^iJL /«s^JLs ^ji ji^j^j-^i-lj J^_5 Js.^jJ 

(j^ 'O^'ir-AJi :>UiJL) (jmuJI S<XjtX.vw ioc\À^ i^^lo.g iC«t j.^^oi^ 



nuque Temel, surnommé ez-Zulfi. Celte flotte, composée 
de vaisseaux de Syrie et de Basrab, après avoir parcouru le 
canal de Constanlitiople et un autre canal de la mer de 
Roum qui n'a pas d'issue, aborda au pays de FeiicdiyeJi (Ve- 
nise?). Là une troupe de Bulgares s'avança à la rencontre 
des musulmans, et leur offrit ses services, en disant que 
leur roi se tenait à une petite distance, ce qui prouve la vé- 
rité de notre assertion, que la cavalerie des Bulgares pousse 
des partis jusqu'à la mer de Roum. Plusieurs d'entre eux 
s'embarquèrent sur les vaisseaux des habitants de Tarsous, 
qu'ils accompagnèrent dans leur retour. Les Bulgares for- 
ment une nation grande, puissante et J)elliqueuse, qui a 
subjugué tous les peuples ses voisins. Un cavalier bulgare, 
parmi ceux qui ont embrassé l'islamisme avec leur roi, 
lient tête à cent ou même à deux cents infidèles. Sans la 
force de leurs remparts, les habitants de Constantinople el 
les peuples de ces contrées, qui Irouvcnl un asile; assuré 
ji. a 



18 LES PH A FUIES D'OIV 

i^^j J._A..Mi^ (ji^txii^ ^Jy*a.£'^ ii! A..^.À-« ^ÀA-e ii ^.JiA»*Ji 

iCjlfiij,X5i A.^J J^J (_!»»■■*•> (O-t'-^'^ (S^ ^^^•^^ c:>5i> SvAaS *>^I 

derrière les murs dos villes fortifiées, ne pourraient actuel- 
leinont résister aux attaques de ces redoutables ennemis. 
Dans le pays des Bulgares, les nuits sont extrêmement 
courtes pendant une partie de l'année; on prétend même 
que personne n'a le temps de faire bouillir sa marmite 
avant le lever de l'aurore. Dans nos ouvrages précédents, 
nous avons expliqué ce pbénomène par la forme sphérique 
de la terre; c'est pour la même raison que, dans les régions 
polaires, il y a six mois consécutifs de nuit auxquels succè- 
dent six autres mois de jour, ce rjue les astronomes, dans 
leurs tables, attribuent aussi à la configuration sphérique 
de la terre. 

On comprend sous la dénomination générique de Russes 
une infinité de peuplades : la plus nombreuse, appelée 
Loudaaneh (Lithuaniens), fait le commerce avec l'Espagne, 
Rouje, (^onstantinople et les Khazars. Après l'an 3oo, 
cinq cents vaisseaux russes environ, montés chacun par 
cent lionnnos, entrèrent dans le (anal de la mer Nitas, fjui 



CMAPlTIiK XV 11. W) 

«iXJi u^ -^-^ CJ-*J )— ^*^^' *i^-J^ CJ-» •'y^. (:^ UJ5'^'*^r! ^r'^J'i-Ji 

(jf-i^ *-j ^ftS^i^ (i' jj—^^ J-S-' cj^' Jw^aX! -«^Lii i*kiù *X;5T Lfvj 

jjt (jA<5)Jî t-Ajiwo »^ij3 L^i ^S^ jy*"^^ (^ tiJ^M J«*«*-»« ^ 

coniiuunique avec la mer des Khazars; là se tient un poste 
de Khazars fortement retranchés, chargés de barrer le 
passage à (luironque vient de la mer Nitas et à ceux qui 
viennent de l'intérieur des terres, où il y a un chemin 
qui mène, par eau, de la mer des Khazars à la mer Nitas. 
Or il faut savoir que les Gouz, tribu nomade turque, vien- 
nent établir leur canipement d'hiver dans ces cantons. 
Comme il arrive souvent que la rivière qui relie le lleuve 
des Khazars au canal de la mer Nitas est complètement 
gelée, les Gouz, ne craignant pas sa profondeur, passent 
avec leurs chevaux sur la glace Irop épaisse pour se rompre 
sous leur poids, et ils pénètrent dans le pays des Khazars. 
Plusieurs fois déjà ils ont forcé le poste chargé de les re- 
pousser, et le roi des Khazars s'est vu obligé de marcher 
contre eux, pour les cmpèch'-'r de passeï' sur la glace et pré- 
server son royauiiK! de leur invasion; Télé, les Turcs ne 
sauraient franchir un pareil obstacle. Les vaisseaux russes, 
étant donc arrivés au poste '|ui i-ardc l'entrée fin canal, en 



^0 LES PRAIRIES D'OR. 

^^!kuiXj^ jy=Lj,^j ^jyks^<X^£ â^-gj S ^•ij'^^^.^ 3ip!5XiAJ \^j[X^. 

(j-« ii.A_jUli.ji vil-AJ ^ /vj«XxAaL^ I ^jIas'^j v^àJÎ (_a«2jS; l_jAAaj)_j 
*_AA^3 ■«'Uj l^vloft wgj yà>^ J^^\ ikAj>X^ t_^i vgnÀJl «-*Aa^ y^J 

voyèrent demander au roi la permission de traverser par 
eau son royaume et d'entrer dans le grand fleuve des Kha- 
zars , d'où ils devaient descendre jusqu'à la mer de ce nom, 
qui baigne les côtes du Djordjân , du Tabarestân et d'autres 
pays barbares que nous avons nommés; ils s'engageaient, 
en retour, à donner au roi la moitié de tout le butin qu'ils 
pourraient faire sur les habitants de ces parages. Ce prince 
ayant consenti à ce qu'ils demandaient, ils entrèrent dans 
le canal , d'où ils pénétrèrent dans le bras du fleuve qu'ils 
remontèrent jusqu'au fleuve lui-même : ià ils en descendirent 
le cours, traversèrent la ville d'Amol, et arrivèrent enfin à 
l'endroit où il se décharge dans la mer des Khazars. De la 
ville d'Amol à son embouchure, la masse de ses eaux est 
considérable. Alors les vaisseaux russes se répandirent sur 
cette mer. Des détachements de cavalerie se lancèrent contre 
le Djîlân, le Deïlem, le Tabarestân, attaquèrent Abeskoun, 
ville située sur la côte du Djordjân, envahirent les pays du 
naphte (Bakou) et poussèrent leurs ravages dans l'intérieur 



CHAPITRE XVII. 21 

iLSÀù (jw«_j^ ^j..£?Jî iiXiù Ji (jl.^\j^i! :i%j (j^ J-V^j' ^^^J 

isXiù J_5-=»- (J-* ^«j <^ij.s».\^ c:>|^lx.J! c:-<oUi_5 ji_j^i)î ci«-tf\^j 
^UJ! j,î (j->ii <>olï %.^^ KjjJij lX-^'=7» J.* Vjr=*- f*-^-^ c:a.j1sC» 

Ai^Lo aj^^aJ,! (jîjij-i aJCU? (j^ iUoljuJI Jo*.l^ <Ji \^^\^ 
*>^.*~«jj Lj'a?^ i-yX* yfej ^^-*-* Jva^Î (_^_j .aIoIààJÎ (j^ ^y*-^ 

J-*-JiJ U-j?;-" fi"\r-f!^ <^\Âjj>\j^ J.)._j ^^ 'jj^-^-j «jUJvJî 

de rAzerbaïdjàn; car le district d'Ardehil, dépendant de 
i'Azerbaïdjân, qu'ils visitèrent, est éloigné de la mer d'au 
moins trois journées. Ces barbares répandirent des torrents 
de sang, réduisirent en esclavage les femmes et les enfants, 
et portèrent partout le pillage, la ruine et l'incendie. Tous 
ces parages retentirent alors de cris et de gémissements; car 
jamais les populations n'avaient été attaquées par mer, et 
leurs côtes n'avaient été fréquentées que par des bâtiments 
de commerce ou des pécheurs. Tout en guerroyant avec les 
habitants du Djîlân, du Deïlem, et avec le général (jui com- 
mandait les forces dTbn-AlM"s-Sadj , les liusses poussèrent 
jusqu'à la côte du naphte, connue sous le nom de Bakou, 
<jui fait partie du royaume de (]hir\vàn. Au retour de ces 
expéditions, ils descendirent dans des Iles éloignées de (juel- 
ques milles seulement de la côte du naphte. Ali, fils d'el- 
Heïtem, était alors roi de Cliirwân; il arma des troupes 
qui montèrent sur des baïques et sur de petits bàlinu nts 
de commerce, et se dirigèrent vers ces îles. Mais les Ilusses 



22 LES PRAIRIES D'OR. 

5«X_* li «^.aJL^s ^_j_4^ U^A^^' f*^'^ ^y (ij^S (:3V^'^i^ (j^ 

i^^ 2y <_A^5)v-« iJ jijj.isi. tiLA^j xs-J-aA^S; IowaIawI U» (_^ /o-jIàxJÎ^ 

i\.ffJià£. m) AjL* (j\..twM*4l t_^ ylS^J kil-Ji '^^^ *:>l.ft V4J i>JL>j.3 



^'î^.iw*!! Uji^j-s^i js^^Vj j^ '^j'^^' ^^^-^ [«y^î ^■^y^^ UXs*. jj^ 






A._^.„ jr,Â./o i>.jSjS j^> c^^l^*^'^ H«mÀ.J{ I_^.ui^ UkXJi ij)*^. »^^ 

lesallaquèrent, et des milliers de musulmans furent tués ou 
noyés. Après ce succès, les Russes se livrèrent, pendant plu- 
sieurs mois, à la piraterie, sans que personne osât traverser 
la mer pour courir sur eux; les habitants de ces côtes, qui 
sont très-peuplées, se contentèrent de se fortifier chez eux 
et de se mettre, autant que possible, à Fabri de toute pour- 
suite. Loisqu'ils se furent gorgés de butin , les barbares, fati- 
gués de cette vie, retournèrent à l'embouchure du fleuve et 
envoyèrent un message au roi des Khazais avec la part des 
dépouilles qu'ils étaient convenus de lui donner. Ce prince 
ne possède pas de vaisseaux, et ses sujets n'ont pas l'habitude 
de la navigation; autrement les fidèles seraient exposés aux 
[dus grands dangers. Cependant les Lariçyeh et les autres 
musulmans établis dans ces contrées, instruits de ce qui 
s'était passé, dirent au roi: « Laisse -nous tirer vengeance 
de ce peuple qui a ravagé le j)ays de nos frères, a répandu 
leur sang et a Iraîné en esclavage leurs fenmies et leurs en- 
tanis. >> r.e roi, ne pouvant les retenir, lit savoir aux Russes 



CHAIMTUE XVll. 23 

Uo *l-li %^ i^^j<y^:^<^ A.>^^Xiaj l_^s-jJ»._5 (j_j-t»^i jS^^A^ 

J'^J>wi*.lj ^.<,-A-k£ /^7:v,,tw»(*il M\ jjioj ^ -l»! «xJïAj /o-gÀV <-r'y=*- 

Jli b^-^si U Ji Si_^ iv_À^I dLb (j^ 0*5/^ <iï^ ^^ ^' 

qu'ils allaient t'tre attaques. En effet, les musulmans se ras- 
semblèrent et vinrent au-devant d'eux en descendant le 
fleuve. Lorsque les deux partis s'aperçurent, les Russes 
quittèrent leurs vaisseaux. Les musulmans étaient au nombre 
d'environ quinze mille hommes pourvus de chevaux et bien 
équipés, painii lesquels on comptait beaucoup de chrétiens 
établis à Aniol. Après une lutte acharnée, qui ne dura pas 
moins de trois jours. Dieu donna la victoire aux musul- 
mans; les Russes lurent passés au hl de l'épée ou périrent 
dans les flots; cinq mille environ purent s'échapper et pas- 
sèrent avec leurs vaisseaux sur l'autre rive du fleuve, près 
du pays des Barlas; mais à peine eurent-ils mis pied à terre, 
qu'ils tombèrent en partie ."-ous les coups de ces barbares; 
d'aulres arrivèrent che/. les Bulgares, où ils lurent massa- 
ciés par les musulmans. On peut évaluer à peu près à trente 
ujille le nombre de ceux (]ui auraient été tués par les mu- 
sulmans sur les bords du lleuve des Khazars. Depuis l'an- 
née de le désastre, les Russes n'ont jamais renouvelé une 



2^4 LES PKAIUIES D'OU. 

y^- (j^ c*^J> 'J^ A^-*^ ^^ **AJUl » Jsjû bps Wij t5i>_j*-«*iî 
y^. H , (^^~ (j-« iÏAÀjdaÀLi^wJij! j^Ajà- j ^jrt»,iajU j-^<i <>*^^r; jtj-^ 
J^ï (j*_jj| o»._jl<J dU«X^5 dlJi u^>^^ UA^ia-AJj Q^iajU 

<î\_.toij lois? vAx^ »,.:S? ^j^^l.:s^JS (j_» Sj.^..} JwxaJC-j *i ^'s-^^ 
OsÀfi i^X— A.JI dl)«.J ij (j<iAAX*«JJ (J^JJ^' (^^=>\j.^ (j~» by.Ji U_5 
^^Lc <->li Jo^ iCjlj6'>AjtJl <X«-j ogI^j iià^^x^ iiÀ*iJl j /&.«<( iiîj.jLw 

entreprise si périlleuse. Nous avons rapporté cette histoire 
pour réfuter l'opinion de ceux qui prétendent que la mer 
des Khazars se relie à la mer Mayotis; puis, par cette der- 
nière mer et celle de Nitas, au canal de Constantinople; si 
une telle communication existait réellement, les Russes 
n'auraient pas manqué de passer par cette mer, où ils do- 
minaient sans partage, ainsi que nous l'avons dit plus haut. 
N'oublions pas, d'ailleurs, que le témoignage de toutes les 
populations riveraines était unanime sur ce point, que la 
mer des barbares n'a pas de canal de communication avec 
aucune autre; ce qui est d'autant plus facile à constater, que 
c'est une mer resserrée et dont le bassin est parfaitement 
connu. Le désastre essuyé par la llotte russe est connu de 
lout le monde dans ces pays, où personne n'en ignore l'é- 
poque; ce fut après l'an 3oo, mais la date précise m'a. 
échappé. Peut-être ceux qui prétendent que la mer des Kha- 
zars communique avec le canal de Constantinople enten- 
dent-ils, par mer des Khazars, la uuu' Mayotis el la mer 



CHAPITRE XVH. 25 

4MÎ^ Lajj^JI 4^ \j^^i ^y^i o^'^^^î k^Ji (jiXx^ ^^ ^^.^sL 

s- ^ I • 

oljy^ ».rs^.Ji J, Jo^UJî i«Xiû J.jUj^ !«XxAaJi -^a^aj cjIîj^Î 

Mitas, (jui est celle des Bulgares et des Russes. Dieu seul sait 
ce qui en est. 

La mer dos Khazars baigne la cote du Tabarestân, sur 
laquelle se trouve une ville appelée el-Houm; c'est un port 
peu éloigné du rivage cl situé seulement à une heure de 
marche d'Amol. Sur la côte de Djordjàn, qui est baignée 
par la même mer, on rencontre une ville appelée es-Sekoun 
(Abeskniin), distante d'environ trois journées de marche de 
Djordjàn. A ce bassin appartiennent encore le Djîlàn et le 
Deïlem ; entre ces deux provinces et Amol, il y a un mou- 
vement perpétuel de bâtiments de commerce qui vont et 
viennent avec des marchandises. D'autres bâtiments parlent 
des mêmes points de la côte pour se rendre à Bakou , où se 
trouvent des sources de naphte blanc et d'autre espèce; le 
naphte blanc n'existe, dit-on , au monde <pie sur la cote du 
royaume de (^hirwàn. Dans le terrain occupe par ces sources 
de naphte se lr(tu\e \\\\ volcan ou une source tb; Icu dont 
les éruplioiis ne cessenl j.imais, cl cpii lance en loni lcnq).s 



20 LES PrwMlWES D'OU. 

w^^tXj ii^iixjO l^À^ v^kaJCà Xaa*».]! J^^xai ^j^ t^lïjiiî jj vÀ^aj 

^>>^J.i^\ (joji (j^ ii-^.XAA3 :>'^3 ^j^ ^I^aJ! Js^rs- ^^.^.IsL ^A-iiJ 

j..^ ^•^^^ (i^» o*>^J ^■^A-^ JW»Î o^ «X£^JI^ f-f^**^ ^J^^ 

dans les airs des jets eiinaiiimés. En face de celte partie de 
la côle sont situées plusieurs îles : Tune d'entre elles, dis- 
tante de la terre ferme d'environ trois journées, renferme 
un grand volcan; à certaines époques de l'année, ses flancs 
mugissent et lancent des flammes (jui s'élèvent dans les airs 
à la hauteur des montagnes les plus escarpées, et projettent 
sur la mer une vive lueur que l'on aperçoit du continent 
à une distance d'environ cent parasanges. Ce volcan peut 
être comparé à celui du Djebel el-Borkân, situé en Sicile, 
laquelle fait partie du pays des Francs, et est située près de 
i'Ifrikivah, dans le Magreb. De tous les volcans du monde, 
le plus remarquable par ses mugissements terribles, par ses 
tourbillons de fumée noire et par ses éruptions fréquentes, 
c'est celui qui se trouve dans le royaume du Maharadja. Il 
Jaut mettre au second rang le volcan de la vallée de Bai- 
bout, {|ui s'élève non loin du pays d'Asfar et du Hadramaut, 
sur le territoire d'Ecb-Ghihr, entre le Yemen et l'Oman; on 
l'entend gronder comme le tonnerre à plusieurs milles de 
dislance; il lance des charbons gros comme des montagnes 



CUAPITUE XVll. 27 

l_i c:»;^! <^ *;^-^ W^J-3-^ t5*^5 j-W-3 W!>'=^^ Uà^ 

(jUryJi jUi».l UjIa3 i^ l^ii^ c-vA^ U_j (j^^^i ij^' ULJ-^-^ 
ilkAaj (jl>^:=- J.&-1**] i^KjU» ^_^J.^\ j^\j==^j.^:<i\ i*Xi£> j^ 

cl des quartiers de rochers noirs qui, après s'êlre élevés daus 
les airs, où on les aperçoit à une grande distance, retoinlnMil 
ensuite dans le cratère ou aux environs. Les chari)ons i|ue 
lance le volcan ne sont que des pierres qui ont été fondues 
en lave sous l'action pénétrante de la chaleur. Dans nos An- 
nales historiques, nous avons expiiciué l'origine de la Ibr- 
mation de ces foyers souterrains, et nous avons dit quelles 
sont les matières qui les composent. 

Il y a encore dans cette mer, vis-à-vis du littoral du 
Djordjân, d'autres îles où l'on prend une e.'-j)èce de faucon 
i)!anc, qui est de tous les oiseaux de proie celui qui répond 
le plus rapidement à la voix des cliasseurs cl (ju'on dresse 
avec le plus de lacililé. il a, toutefois, i\u défaut; comme 
les chasseurs qui le prennent dans les Iles ne le nourrissent 
que de poisson, lorsqu'il est soumis à un autre régime, il 
languit et perd de ses forces. Les véiilahles amateurs d'oi- 
seaux de proie dressés pour la chasse, parmi les Persans. 



28 LES PRAIHIES D'OR. 

^J^\ 3, o^^-A^i Jl (j^ iiî câijWJ' U^ V>*J'j ^^-^-^-^J fJ»^^ 

Lj-Lï lj5lvr»-l_5 Ul**==-i Iw-La.jÎ_5 l.<^À*«iO».5j Sijj^! ?-i-^' ^U 
L^A^ii^ ^j4^ jj^^-uJî j^ *[)aJÎ i5«^^ t5>*' "^^J '>»-*='lj; l^X^g^îj 

(^ii^^^iw ^j^ rA^-fc- lyS. {J^«s^ «Xï_j liJwij! i^J (J-» liû^l^ Uj 

Jlï Aji àjJiJ) d)^^ ^xjÇT x».^ cil aiU4i *iyi! -^3 ci^^Jl 
Ixjutîi cil -j^U^yî (j^ \-g-=»-|^^ Lf*"*^' à <-^'i-*it ii>l U^î »Pyj yî 

^jjXvwJ çj>Î3i oJ^li oi^'Jil ^W^i -*'l_^'îî «il ^J-:^ j-s»"! li '-^^■îv- 

les Turcs, les Roumis, les Indiens et les Arabes, s'accor- 
dent généralement à dire c[ue le faucon, dont la couleur 
liie sur le blanc, surpasse tous les autres par sa rapidité 
et sa be.auté; qu'il est plus vigoureux, plus hardi- plus fa- 
cile à dresser; qu'il est incomparable pour la puissance de 
son vol audacieux au plus haut des airs : cela tient, dit-on, 
à ce que cette espèce a le tempérament plus chaud que 
tous les autres individus de la même famille. On prétend 
encore que chez cet oiseau la nuance du plumage varie 
suivant les régions qu'il habite, et que c'est à la grande 
quantité de neige qu'il doit sa blancheur dans l'Arménie, 
le pays des Khazars, le Djordjàn, et dans les contrées voi- 
sines qui font partie du territoire des Turcs. Si l'on en croit 
la tradition, un sage d'entre les khakàns, ou princes sou- 
verains, auxquels tous les rois des Turcs rendaient hom- 
mage, a dit : «Les faucons de notre pays, lorsque leurs 
petits sont éclos dans le nid, sortent pour leur cheiclier de 
la pâture; s'élevant dans les régions les plus froides de l'air 



CHAPITRE XVIJ. â9 

-pi»X*Jl oî^wii (jà^Àj_j t$y^^' (j' '^■V^' 1!^ U-J lgJ'*Xxs viUUit) 

(jà-A-ji j[> »»>S! (^_j J<«o_jkXÎ ^y'^-*^ «XxxaJt (Jl -^j >^\b, Tr-^ 
■«^i_j,^i ^ V^-^ t^^*- (3-^^ 4)^ (^ aLwjI; 5*Xj (^ (-fjh.jC>\s 

jî ^^.=- AA-io <\.jl*>vj ^^Xfi «Xij AÀ^ (Ja.LaJÎ *Xx.J «Aioî fi3 

où l'atmosphère est froide et condensée, ils y saisissent tous 
les êtres qu'ils rencontrent et en nourrissent leur couvée. 
Les petits ne tardent pas à prendre des forces et à s'élancer 
eux-mêtncs à la poursuite de leur proie. On trouve souvent 
dans les nids de faucons des membres provenant de ces 
êtres.» Djalinous (Galien), en faisant remarquer que l'air 
est chaud et humide, ef que le froid n'y pénètre (juà la 
suite des vents qui souillent avec force à une grandi' liau- 
leur, ajoute que cet élément est doué d'une puissance pro- 
ductive et qu'il est peuplé d'habitnnls. JBelinas a dit aussi : 
« Puisque ces deux éléments, la terre et l'eau, ont leurs étreà 
créés et leurs habitants, il faut bien que les deux éléments 
supérieurs, la terre et le feu , aient aussi les leurs. » J'ai lu 
dans des mémoires, concernant llaroun er-Uechid, que ce 
prince partit un jour pour la chasse, sur le territoire de 
Mossoul , portant sur le poing un faucon blanc. Gomme 
l'oiseau commençait à battre des ailes, le khalife le lança; 
l'oiseau s'éleva en tournoyant dans l'air jusqu'à ce qu'on le 
perdîl de vue. Au monicnl où on i<' croNail pcidii, il se 



30 LES PP,AH\IES D'Uli. 

jjl^Au Wâ (^=1 RÂ^Ji':^ ^[fj^,t-X^ *U-^ii (jï (J'^ÛS- Qj. ^vWl 
LaAXiJi *t_5i-<,iî ^■6'*»)-J ^*^ rr-*^' ■*''>'ê^' «^ U^-Aa^ v'3^ ^^"^ W^^î^' 

montra de nouveau, ayant dans ses serres un animal qui 
tenait à la lois du serpent el du poisson, et qui avait des 
plumes en forme de nageoires. Recliid le lit mettre dans 
un vase. A peine de retour de la chasse, il convocjua les 
savants et leur demanda s'ils croyaient qu'il y eût des ha- 
bitants, dans l'air : «Emir des croyanls, dit Mokatii, nous 
tenons par tradition de ton aïeul Abd-Allah, iils d'Abbas, 
({ue l'air est peuplé de différentes classes d'individus : ceux 
qui habitent les régions les plus rapprochées de nous sont 
des êtres qui pondent el couvent dans l'air; les petits i^ont 
ensuite absorbés par les couches épaisses de l'atmosphère, 
où ils trouvent à se nourrir jusqu'à ce qu'ils se développent 
sous la forme d'un serpent ou d'un poisson pourvu de na- 
geoires et non de phunes véritables; c'est dans cet éiat qu'ils 
deviennent la proie des faucons blancs d'Arménie. » Le kha- 
life prit alors le vase qui contenait l'animal et le montra à 
toute l'assemblée : ce fut à cette épocpie qu'il accorda à 
Mokatii le droit d'enseigner publiquement. 

Plusieurs personnes, qui ont fait des observations en 
Egypte et dans d'autres pays, m'ont assuré avoir vu courir 



CHAPITRE XVII. M 

IjCj Ijfi^ lj<a^.i (jj^-S^Î (j-« (J>-^;? *^ t^"^ (^*w.J »-^^^»- _5'=?' iS 
^jw^ l^_ji»jçia_J ^.cw ^-Xi^ ^ÀiijiJià ijoj^i (S (ji^.'ii. 4^ c:.vx.ij 
J_yL) Ij^â <Xj«Xr|>- (->y> jji^iS <::iya ^\^^\ ï l^jù^p^^ i^-Wf 

L^j (jv.-A-AjLiI Q_jj.AaA,-xJi ;_jo cyJv.^ (jî AA-*ÀJiJi 5<X.iû ^^ 

dans l'air, rapides comme l'éclair, des serpents blancs qui 
souvent se précipilaienl sur la terre el y exterminaient les 
animaux. Il n'est pas rare non ])lus d'enlcndre dans le si- 
lence de la nuit un bruit senihlahie au f'rùlen)ent d'une 
étoile neuve et ([ui provient du vol de ces serpents à travers 
les airs; les gens simples et ignorants l'attribuent aux sor- 
cières qui traversent l'espace avec des ailes de roseau. Au 
surplus, on a beaucoup discuté sur ce sujet, el l'on a cherché 
à prouver que chacjuc élément produisait des espèces qui 
lui étaient propres; car il est naturel de supposer que la gé- 
nération des êtres a lieu dans les deux éléments légers, l'air 
et le feu, comme elle a lieu dans les deux éh'mcnts lourds, 
la tcire et l'eau. 

Non-seulement les sages, mais encore les rois, ont décrit 
le faucon avec beaucoup de détails et se sont étendus sur 
son éloge. Un khakàn des Turcs a dit : - Le faucon est un 
brave (pii met rcMinemien fuite. ^ Selon Kosroes flnonciiii- 
wàn, '< le l'.nnron rvst un ami (|(ii sail U^nporiscr au besoin 



32 LES PRAIRIES D'OR. 

i_>_ia>ij Aa-jIàj «XJt_j) liJJi^ Ajmi^3JL« (jvj U <Xxj_5 <X^ii_j^ 

(j-« ^i r».jîj.=^ ^^ ^^ <K,*^Â_j JNJIX^J <^j».5^ viisii 8v^ iC-jlxJi 

et ne perd jamais l'occasion quand elle se présente. » Un 
César a dit de cet oiseau que c'était «un roi généreux, ne 
prenant que ce qu'il lui faut et laissant ce dont il n'a pas 
besoin. » Les philosophes ont remarqué que les faucons les 
plus estimés pour la rapidité de leur élan , pour la vigueur 
avec laquelle ils attaquent leur proie, et pour la hauteur 
à laquelle ils s'élèvent dans les airs, sont ceux dont les 
pennes sont le plus longues et dont le poitrail est le plus 
large; ce sont, eu elfet, les plus forts et les plus légers. Il 
est certain que les oiseaux de proie, en général, qui sont 
capables d'aller à de grandes distances avec beaucoup de 
rapidité et d'impétuosité dans l'attaque, le doivent à la lon- 
gueur de leurs pennes et à la solide structure de leur corps. 
Si le faucon ne peut pas fournir une longue course, c'est 
qu'il a les ailes trop courtes et le corps frêle; dans ce cas, 
s'il a un trop grand espace à franchir, il est bientôt essouHié 
et perd haleine; aussi les oiseaux de proie n'altaquent-ils 
que les oiseaux qui ont des pennes très-courtes. Les indivi- 
dus de cette espèce, tels que les francolins, les cailles, les 
p<>rdrix et d'antres encore, ne pourraient jamais soutenir 



CHAPITr.E XVII. 33 

(j^^-jI-^v-mmI Je_5 ^jyls. ^^jjo^i ..Jlk^s l^iiy* <^jjAi r.T>-s*- 
*-^^-*»^ -^j-?. Sj^M^.^3 ^^, XjjÀj Uj_5 CjUi- (^jIc^aIo t^jjUJi 

(j^ y>^ iLïAiu^ d)^-JL» »SA*i^ Axl Hj^ ^ ^\ \S^ <Xjs^o 
iii^ :>j-A.Ji3^iL piil ^jJt_j ^^^1 JJJv ir^^ CJ-^^^'^^ *^ 



un vol prolongé. « Le faucon, dit Arisiogène, est un oiseau 
qui n'a pas de membrane adhérente aux poumons, ce qui 
contribue peut-être à fortifier ses meuibres, et à rendre son 
corps plus svelte et plus agile. C'est à la fois le plus faible 
et le plus courageux de tous les oiseaux de proie, sur les- 
quels il l'emporte, grâce ii la chaleur exceptionnelle de 
son tempérament. Nous avons constaté par nous-méme ((ue 
sa poitrine était tapissée de tendons entièrement dégarnis 
de chair. • Galien confirme la vérité de ces observations et 
ajoute : « Le faucon construit son nid dans des arbres au 
bois dur, au feuillage touffu, aux épines entrelacées et se 
croisant dans tous les sens; il trouve ainsi un abri contre 
la chaleur et le froid. Lorsqu'il veut fain; ses petits, il sp 
bàlil une maisonnette dont la toiture, impénétrable à la 
pluie comme à la neige, le garantit lui et sa couvée de toutes 
les injures de fair. » 

Suivant l'klliem, (ils de Moliarriz, le premier cjui prit le 
diverlissemnit de j.i (liasse :\\vc des oiseaux de proie fut 

II. S 



34 LES PRAIRIES D'OR. 

jj>i_j iXjl^î -IxId <îvaJ! wiui îiî_j »-ji_Àj >y_j 7" /~S? '^J (J-^^ *^ 
(_^ A^xJsi^ t_?l==»-lj ^i) ^r»- A_A.S»-U3 «Xj (Ji ijA^ 14" t^^J 
^.C ^4-^î J^^J ii^L^ U_5J ^^Ij il aK-:^ (jj^IvXj IftjlSo *XAJi 

L_iû<Xi».lî L^^aJI JixaJî jUaJ t-*~-3;5 cj-v.:^ i>i Uj-jj.A*wkj LilAJLî 

El-Harel, fils de Moâwiali, fils de Tawr el-Kendi, appelé 
aussi Abou-Kendali. 11 regardait un jour un chasseur qui 
venait de tendre ses filets pour prendi^e des moineaux; sou- 
dain un oiseau de proie, de l'espèce appelée ekder ou edjdcl , 
qui est- proprement le sahr (gerfaut), se précipita sur un 
des moineaux retenus dans le filet, le saisit avec ses serres 
et se mit à le dévorer, quoiqu'il vînt lui-même d'être {)ris. 
Le roi, très-étonné, se le fit apporter; il avait une aile cassée, 
mais n'en continuait pas moins à se repaître de sa proie. 
Placé dans un coin de la tente, il s'apprivoisa et ne chercha 
pas à s'enfuir. 11 mangeait ce qu'on lui jetait; mais lorsqu'il 
voyait de la viande , il se dressait pour la prendre à celui qui 
la tenait; il finit par répondre à la voix qui l'appelait et par 
manger dans la main. C'était à qui le porterait sur le poing. 
Un jour il vit une colombe, il s'envola aussitôt et la saisit. 
C'est alors que ce prince ordonna d'utiliser ces oiseaux de 
proie pour la chasse. Un autre jour, comme il était à la 
promenade, un lièvre sortit de son gîle; le gerfaul fondit 
sur lui el le pi il; dès lors le roi se ser\il de cet oiseau de 



C1IA1>ITHE XVII. 35 

<it l»_^ j—Ii-j ^La*** a] J^Aj f*J!;"^^ tîJ^X* (;^ U)w« yl iotXiû 
XjJÙ^'S j\^ j-jJa i*X_i£> JUli lj|_j— o dJi Js«3 (^aw tS^fi-'^ *i 
'^'A^î »ji^>>j (j-**^^ (Jîj.la3 l^i ^^)^,-AJL^ Xil -«^UwJi ^:=- jj 

proie pour chasser et tuer les volatiles et les lièvres; plus 
lard, les Arabes adoptèrent cet usage, et par la suite le ger- 
faut se trouva dans toutes les mains. 

Quant au faucon royal, voici ce que raconte Aristogène 
le Philosophe, dans un livre qu'un des rois de Roum avait 
envoyé en présent à El-Mehdi : «Un des rois de Rouni, 
appelé Ferian, vil un jour un faucon royal s'abattre sur un 
oiseau aqualique, le frapper, puis s'élever de nouveau dans 
les airs et renouveler plusieurs fois le même manège. 
« Certes, dit le prince, voilà un oiseau propre à la chasse; 
la force avec laquelle il s'est précipité sur sa proie jusque 
dans l'eaû prouve assez qu'il a été dressé; et la rapidité de 
son vol , en s'élevant dans les airs , montre que c'est un esclave 
échappé. » L'admiration du roi reduubla en voyant le faucon 
revenir à la charge; aussi fut-il le premier qui fit dresser 
ces oiseaux de proie.» 8âïd, (ils d'Obaïs, raconte, d'après 
llachem , hls de Khodaidj, que Constantin sortit un joui 
d'Ammoiiriyah pour chasser au faucon. F\'irvenu sur les bords 

3. 



;i6 LES PRAIRIES D'OR. 

j.\KS j»_yJl^iS? Jl i^j^^ ij^^^-^ ^•^ ^^ CS^"*' <.^''"^ *|>'*^L' 

^i^jJL* (Jijs^i/O i3L*(sA-^i Jo^^lo ^ A^ di.Ji> (Ji^li-jj) (VJviî>!_5.^L> 
(^iaÀjb,-y*ï >Ai»- f^J-^^ ii'_J.'^l b^i *XÀ£. <_>bJjS ! j«^^ (j^ i^ 

^wAjL.^a.jJî ^j.j«xi w£.làl!_j.jî)3 ^j-f-^" CJ-» (j'^' ^3 )«Xi£) 0.j^^-iû ^JJi 

(lu canal de Nitas, qui se décharge dans la mer de Roum, 
il le traversa et arriva à une vaste prairie, située entre le 
canal et la mer : il y \it un faucon royal se précipiter sur 
un oisea'u aquatique avec tant de rapidité, d'ardeur et d'au- 
dace, qu'il en fut chanjié; il ordonna donc de le prendre et 
de le dresser à la chasse, et il fut le premier qui utilisa, 
pour son plaisir, ces oiseaux de proie. Ravi aussi de la beauté 
de celte vaste prairie toute émaillée de fleurs, il s'écria, 
« Voilà un endroit fort par sa position entre une mer et un 
fleuve, suffisamment large et spacieux; c'est un emplace- 
ment convenable pour une ville; » et il y fonda Constanti- 
nople. Plus bas, dans cet ouvrage, en traitant des rois de 
Roum, nous parlerons de ce Constantin, fils d'Hélène, et 
de son histoire; ce même prince fut un des plus grands 
propagateurs de la religion chrétienne. Quoi qu'il en soit, 
c'est à ce que nous venons de raconter ([u'il laul attribuer, 
suivant plusieurs écrivains, la fondation de Gonslantinople. 
Ibn-CiaHr rapporte, d'après Abou-Zeïd el-Fihri , que, sui- 



J 



CHAPITRE XVll. 37 

^^=>yo ^^ *-«y^ â»X*k<J^Î i^.Là^ *^>ft-J' li (J>-'^5_j-ii.Jl c:jj1-^ 
U ^^ Jly> >Vj dLÎ*X.J iLtsx^ t5;-=»"' ^i^^y-'i */'* 'Vv^ ><^^^' 

l^[^Aijj dUll JJjsj cj-^^L- Sikii^lj Igjkx) (yv^Li AA^^jUaj wjUs 

vanl 1 etiquelte eu usage ù la cour des souverains d'Espagne, 
connus sous le nota de Lodarikeh, toutes les lois que le 
prince montait à cheval, des Jaucons royaux, dressés ex- 
près, suivaient l'armée elplanaient au-dessus de son escorte ; 
ils ne cessaient pas de voler alternativement vers la terre 
et vers le ciel , jusqu'à ce que lui-même mît pied à ten-e, car 
alors ils s'abattaient autour de lui. Un jour qu'un de ces 
rois, nonijné Azrak, était monté à ciieval , et que les laucons 
l'accompagnaient, suivant leur habitude, un oiseau étant 
venu à se montrer, un des faucons se précipita sur lui (;l le 
saisit. Le roi en lut charmé et les tit dresser pour la chasse ; 
ce prince fut le premier qui introduisit ce divertissement 
dans le Magreb et dans l'Espagne. 

Plusieurs auteurs, très-versés dans ces matières, disent 
(jue l'art de dresser les aigles noirs à la chasse a pris 
naissance dans le Magreb. Lors(|ue les Uoumis virent la 
Ibrce de ces oiseaux et la puissance des armes que la nalur»! 
leur a données, leurs sages ne purent .s'cMopêcher de dire 
(ju'ils étaient plus nuisibles cpintiles. Ou raconte (|u'un 



38 LES PRAIKIES D'015. 

ulJLi (^wM*.J <ji (_g*)s.^l wAa-Ajj IJ^ J^^^ LlÛj.Ai.j lifc^ifc. j,^jij 
»»Xjuo -JU^I j^jJi j.JUaJl Jj^^^j-iSi J.^*j l^i! AA^i 4-».a5^ 

(£^ ^ CJwAjy» L^j^Aà^J l^£:_j.^^ lj_i)j.M#>* (Js^ASJli Lg-L« ^Ij 
ijJSjsa-^ (jlia^s>-j.^vj bps «XÀ^ -^Mil Uj JjïAjij'j vilJJo ^j*.U 

César envoya en présent un aigle noir à un Kosroès, el lui 
écrivit que cet oiseau était bien supérieur au gerfaut dont 
il admirait iai'deur pour la chasse. Par ordre du Kosroès, 
i'aigle fut lancé contre une gazelle qui se nionlra là ])ar 
hasard, et la frappa à coups redoublés. Ce spectacle plut au 
prince, qui .s'en alla très-satisfait. Pour dresser l'aigle à la 
chasse on lui fit endurer la faim ; mais un jour il se préci- 
pita sur un fils du roi et le tua. « Ah! s'écria ce prince, le 
César nous attaque dans nos enfants sans mettre de troupes 
f^n campagne. » Le Kosroès , sans rien dire de ce que l'aigle 
avait fait, envoya à son tour un léopard au César, en lui 
disant qu'il était excellent pour chasser les gazelles el 
toutes les autres espèces de gros gibier. On ne se lassait pas 
d'admirer la beauté de ce léopard qui ressemblait beaucoup 
à un loup-cervier; mais comme on négligeait de le sur- 
veiller, il mit en pièces un des enfants du César. <> Pourcjuoi 
s'alïliger? dit ce prince; Kosroès nous a pris au piège, 
comme nous l'y avions pris nous-mêmes.» Nous ne pous- 
serons pas plus loin cette digression à hujuelle nous nous 
somnjcs laissé ru I ruiner à propos de la mer de Djordjàn 



CHAPITRE XVII. 39 

(j^Ajb^Jl ti)jAi bySi) *>jx IgJliU;!^ rj^.^^ u-^=*' :sl»Xii3 

(jl t^jî^ A)uûij »4xJ_jj o^j^ i"^-*-* »jJiyjS j, (j*^_j <\jl«v)s:i'j 

^LÎX^ (jv-)^ *_X*»Ji i<X-g-J kiU.^ J^ L^^ C5-^^*^ -J^^uJl »«SiÛ 

-^ cjj--£ (Vjv-t'ww-m (j^ (j-wi v'^— '^^'j v^-^' (^-^^ ij^-^^ 

(j^ fcJùiJl cUi î_j»il2J_5 Uû^jkSLu *Xj> ^i jJjUj jlgj!^ ''Sî^^'j 

et de ses îles; nous nous réservons de donner encore quel- 
ques détails sur les liiucons et les différentes espèces d'oi- 
seaux de proie, dans le cliapitre des rois grecs. 

Revenons maintenant à Bal) el-Abwab, aux peuplades 
qui avoisinenl la muraille, et à la description du Caucase. 
Nous avons déjà dit que de toutes les principautés qui se 
trouvent dans ces contrées, la plus redoutable par sa puis- 
sance était celle de Djidân; son roi est un musulman qui 
prétend appartenir à la famille arabe de Kahlàn; excepté 
lui, ses enfants et sa famille, il n'y a pas dans ce pays 
d'autres sectateurs de l'islamisme. De nos jours, c'est-à-dire 
l'an 332, il porte le titre de Selifàn, qui est commun, si je 
ne me trompe, à tous les souverains de ces provinces. Entre 
le royaume de Djidàn et Bab el-Abwab se trouvent des mu- 
sulmans, Arabes d'origine , qui ne parlent correctement (pie 
la langue arabe; ils vivent au fond des vallé(>s, dans des bois 
et des forêts; de irrandes rivièr(!s traversent leurs villages. 
Ils lial'ilcMl ( <• pays depuis le lenq)s où des bordes d'Arabes 



40 LES PRAIRIES D'OH. 

^_j,x^.ajC /e.^! ^\ (j\^.x~=»- iUk-C (j3j^W^ /e-<ri U,^-îi <t^;^^ 
^-^«.J A.iO?i ««X-tÛ J^J >il)>^ cKi S^X^^i vLjs:?Î -?>^ ^/^^ 

(J*lj| -?'_5 (^_A_5 ^ Ji_A_J kii_A.^ (jk)j^ AjXtf ^J /O1.J ^J^^jJ•^ 

1-4-) JL3L) aJi^j» J.,A4l^^^..«.Ji Jt.j Ltf /<k-(^aL xi»j y^^M ^^jS 

bédouins Tont envahi en conquéranls. Quoique voisins du 
royaume de Djidân,ils ont pu conserver leur indépendance, 
grâce aux remparts naturels que leur offrent leurs forêts et 
leurs fleuves; ils ne sont d'ailleurs qu'à une dislance de trois 
milles (le Bah el-Abwal), dont les habitants leur prêteraient 
main-forte au besoin. 

Non loin de Djidàn et sur la frontière du Caucase et de 
la principauté de Serir, se trouve un roi musulman qui 
porte, ainsi que tous les souverains du même pays, le titre 
de Berzbân ; sa principauté est connue sous le nom de El- 
Kerdj; les habitants sont tous armés de massues. 

On rencontre ensuite la principauté des Goumiks, peuplée 
de chrétiens qui ne reconnaissent pas de roi, mais obéissent 
à plusieurs chefs; ils sont en paix avec le royaume des 
Alans. 

Près des Goumiks, toujours dans la direction de la mon- 
tagne et du Serir, est situé le royaume des Zerikerâns (tribu 
moderne des Koubelchi) , mot persan qui signifie fabricant 
de cottes de mailles. En effet, la plupart de ses habitants 



ciiAPrrnK x\ ii. /ii 

(j.-M*i^ |.i^*XAj_j i_5i^3 tsij^*^^ y_^-l>-**-< iviixii cjbb:» ji |i^_5 

ij^ J i «Xiji iC.x3UuâÀJ) /jjiXj , vj«Xj 5u- (j^^jij l3'^-3 o>.^»*o<Î 
,_5-ïwj; jy-^ ^J"^ * <-J^ ''^ c_?1.ajSI 1«>3 ^j^ ^A.u» l.^ 

I4C0 ^^ (Jyuvt^j ^iCiri s^x-dj ^i J-^tv''' *^-^*^ {j^^^ t^UiTt 

(abriqucnt (les cottes do mailles, des étriers, des mors, des 
épées et d'autres objets de Ter. On compte parmi eux des 
musnlmai)s, des cliréticns et dos juifs. Leur pays est d'un 
accès très-diflicilo , ce qui les piolége contre les entreprises 
de leurs voisins. 

Cette province est limitrophe du Serir (aujourd'hui Da- 
f,'estàn) , dont le roi prend le litre de Filàn-dhali; il pro- 
lesse la religion chrétienne. Nous avons fait rcmar((uor, plus 
haut, qu'il descendait de Bahram-Gour. Voici à ([uelle occa- 
sion il l'ut surnomîné Sahih cs-Serir, possesseur du trône. 
Lorsque Ye/.dt'djerd, dernier roi de la dynastie des Sassa- 
nides, prit la liiiie devant Us Arabes, il envoya devant lui, 
sons la conduite d'un lionime de la race do Hahram-Gonr, 
son trône d'or et toutes ses richesses, pour les mettre en 
sûreté dans cette province, juscpi'à ce que hii-mème put s'y 
rendre. Ce prince ayant été tué dans le Khoraràn, sous \v. 
khalil'at d'Otmàn, (ils d'Ailàn, comme nous l'avons raconlé 
dans cet ouvrage, son messager s'établit dans le Serir, on il 



kl LES PUAI ÎU ES D'Ui;. 

^j 2:'*^-^^^^ J^-^ l^jj^^ y^Mi ^lu iUCli aJ^iû j.j( 

dLJi> j^.^xjj (jAsx» l^ JUj y^MÎ A_i>-tf ji:>^ jo^v*.]! iJ^À^ 
^ JOLàjc~> i^ÂJtXii &ùuî>j.xs- s '^\^j.^^^j j^*^ ^^ ivjl»»xJ5 
!<Xjû J, »J,i^'»A2.^ »._)>«». Ji t-v=»-Lo (^j_5 •^■^^j) v.<,Aji ^.^3.A«.j) 

(_>._J6 <Xi« w-2a.ii! fcli^i-lj l-i^À^ 4>s.i>-!a Jo 7f_J V^ *^' O—ïfcJ) 

s'empara du pouvoir royal, qui, par la suite, deviul hérédi- 
taire dans sa lainille; il lui doue nommé Sahil) es-Serir. 
Indépendamu)eul de la capitale qui s'appelle Houniradj, ce 
royaume renferme douze mille villages d'où le prince tire 
autant d'esclaves qu'il le veut. Le ])ays est d\in accès très- 
dilïicile, j^ràce à sa position sur une des brandies du Cau- 
case; aussi le roi a-t-il l'avantage dans ses excursions contre 
les Khazars, parce que ce peuple liabite en plaine, tandis 
que lui occupe la montagne. 

Le royaume des Alans conline au Serir; ses rois portent 
tous le litre de Kerkandadj, comme ceux du Serir portent 
le litre de Filàn-Ghali. La capitale du pays s'appelle Maas, 
mot (|ui signilie dévotion. On trouve encore dans cette con- 
trée des châteaux et des lieux de plaisance situés en dehors 
des villes, et où le roi se transporte de teuqis en iemps. 
Le roi des Alans et celui du Serir ont contracté une alliance 
dans ces derniers temps, en se donnant nmtuellemenl leurs 
sœurs en mariage. Après le trionq)he de l'islamisme, sous 
la dyuasiic des Abbassides, les ])rinces des Alans, fpii pra 



CHAIMTHE XVI i. 'i.'î 

l^jJoLx^i iOsAvLAxii aJ^oJî ^j j*'^KM,)i\ j^^lb Jsjo ^jîiMi iàyko 

^_À.-« /ft-f^i J^*KÀ.3i ^jl^ *Xi_5 j*,_j-M<A.Jî_5 iotâUv^î ^j^ /û^V-» 
ii^ ^ Sj.iaÀj_j ii*Ai ^ajÎ Jwfk^»- (;jvj3 (j~^^ <\J)-tf CiJ^-^J (*-V"^^ 

J^> (i' J^-^-^S cj-« y^l U^*^ •^W-j 'JoiAjiiî S*^-^ i 4-vij_5 
5Jsj& o».:^ jj-« «^ k.À.JLJi ô j^ ^^ iii /©.mJ i>-J^Î3 ^j -f^^i 

iJ^.jS?Ji »4Ki& j_^ aaàaJLI i^xiÀJî »^^_5 l,g.Ai ^j^ [j'^^ ^^ ^^}^ 
gs—ày-Ji oJv^ j^î (j-« l-^ia^_» j,^^làj i\_.'*X^ -PL.JL' (j-» ;^jvfi 

tiquaient la religion païenne, se convertirent au christia 
nisme; niais après l'an 3 20, ils abjurèrent leurs nouvelles 
croyances, et chassèrent les évèques et les prêtres que le 
roi de Rouni leur avait envoyés. Entre le royaume des Alans 
et le Caucase, il y a un cliàlcau et un pont construit sur 
une rivière considérahle. {a\ cliàtcau est apj)elé citâleau 
(les Alans; il a été bâti autrefois par un des anciens princes 
(le la Perse, Isbendiar (Islcndiar), lils de(iuclitasj). Il \ avait 
placé une i^^arde chargée de lernier aux Alans la roule du 
(laucasc. Or ces peuples irauraieiU pu y p.irxciiir (jii'en 
passant sur le pont (pii est dominé j)ar le cliàtcau ; celui-ci 
étant bâti sur un rocher inébraidable, il est impossible de 
s'en emj)arei' et mOnie d'y airiver, à moins (|ue icux (|ui le 
gardent ne s'y prêtent de bonne grâce. Du milieu de son 
«Miceinle, sur la partie la plus élevé<,' du roc her, jaillit une 
source d'eau douce; aussi esl-ce l'une des lorleresscs les 



44 LES PRAIIUES lYOW. 

fcjf»^ A.ya^i ^j^ oIÀ.«0) ^^ lijjjji3 (-J^yS- ^yJM\ ^ J Lj <XaA.4« ^_J 

(j-« c>ôl^_5 wÀAaJi iiJo^Kx 'rL)-^ lij^jjJî (^*o\s\ i^ ^J I »-> l*»*.] i 
JU>.yi (J«j.àJI i-Jy^'J ^-j^^j r»'_;J ■^ tâ*^' (<\Iàx!l «.AJjjiL iùtÀii 

î<\iû ^Ji J._A3^ C:5>-=^ i>J^Sy^ {^ vii-X-ii <>>.x& /J.J À.t<~*ww« ^\^ 
<Ji t-j^A-ii (jw« l^b iC^XJLJS s<Xiû jÎ C:^^'**'' '^^•^i 0^3^ j-ji*»*]i 

plus renoiniiiées du luoiule pour leur situation inexpu- 
gnabie. 1! en est souvejit question clans les poésies persanes, 
où l'on trouve des détails sur l'histoire de sa fondation par 
Isléndiar, fils de Guclitasp. Ce prince eut à soutenir de 
nombreuses guerres contre dilTérenls peuples de l'Orient; 
il pénétra jusqu'aux extrémités du pays des Turcs et détruisit 
la ville deSiir (ville de cuivre) , place presque inabordable, 
située dans une position qui semblait délier toutes les 
attaques et dont la Ibrce était devenue proverbiale chez les 
Perses. Ces hauts i'aits et les autres exploits d'isléndiar, dont 
nous avons parlé, se trouvent racontés en détail dans l'ou- 
vrage intitulé Kitah cl-Benkcch, qui a été traduit en arabe 
par Ibn el-Mokafl"à. Lorsque Moslemah, fils d'Abd-el-Melik, 
fils de Mervvàn , arriva dans le pays et ([u'il en eut soumis 
les habitants, il plaça dans le château une garnison arabe, 
dont les descendants gardent encore de nos jours ce poste 
importanl. Ea plupart du temps ils reçoivent leurs appro- 
visionnements, par terre, de 'rillis,(jui est située à cin(| joui- 



CHAPITHK XVn. 45 

jjvaJo ^j ..^.^5^ (jîï^i c-,*»s-U»_j t^-^'^-^i^ SyiaÀJLÎij (>^i^'^ c^ 
ii|^..v.4i (j^ à.wLa.»*) ^i^ 4Xj<X^ Ij*'^^ <!vje-^-o »i ^^i» U^J^ i-jUi 
viJj-o*xJi c>._^l.xaj lil AX-Aoi-jLo^i ^AûA^ li^^l^ iîUiJuîj 
iiii^ (J.J AJ l^Uajj^j j.jlHs;:Ji (iJu^^^ ÀX0-i?joLv ^S c^^l^ 

y* wjj^ (i)-*V* w*-f^i ii>Aw^.^'i /»->:> (iî âiliu-* \julàj isA>i 

nées de marche. Celle distance est occupée par les infidèles; 
mais un seul liomme, placé dans ce château, barrerait le 
passage à tous les rois infidèles, grâce à sa position pour ainsi 
dire aérienne, d'où il commande à !a fois la route, le pont 
et le fleuve. Le roi des Alans peut mettre sur pied Incite 
mille cavaliers; c'est un prince puissant, fort et ayant plus 
d'autorité que les autres princes. Son leiritoire olTre une suite 
non interrompue d'iïabitalions si rapprochées, (jue les coqs 
se répondent entre eux dans toutes les métairies, qui se 
touchent pour ainsi dire sur une grande étendue de pays. 
Dans le voisinage des Alans, entre le Caucase et la mer 
deRoum, on rencontre les Kachaks, cpii lonnenl un peuple 
assez policé, appartenant a la religion des mages. Il n'y a 
pas une seule tiibu, entre toutes celles qui peuplent ces 
contrées, où l'on lenconire un type plus parlait, un leint 
plus pur, des hommes plus beaux, des lemmes plus agréa 
hies. Nulle part l'homme n'a le port plus élancé, la taille 
plus s\elte, les hanches et le siège plus dévelo|)pés, les 



40 LES PU A HAIES D'OH. 

^^Ji ^-*^-j5 cjl-AjfcJl &«Xi& i.}-4^ à\-sj} -^V-AwiJ! (j-« /e..^AAj Iv 

formes mieux proportioiniées. Les femmes sont renommées 
pour le charme de leur commerce. Elles portent des vête- 
ments blancs, se couvrent de brocarts de Roum, d étoffes 
écarlatos ou d'autres lissns brochés en or. On fabrique dans 
ce pays une étoffe de lin qu'on appelle tala, plus Une et 
plus solide que celle qui est nommée dibaki; un. vêtement 
de cette étofl'e revient à dix dinars. On l'exporte dans les 
contrées voisines soumises à l'islamisme, où l'on en ren- 
contre également qui est fabriquée chez d'autres tribus; 
mais elle ne peut soutenir la concurrence avec celle que pro- 
duisent les Kachaks. Ces derniers sont bien inférieurs en 
puissance aux Alans, et ils ne pourraient jamais garder vis-à- 
vis d'eux leur indépendance, s'ils n'avaient pour les proté- 
ger des places fortes bâties sur le bord de la mer. Celte mer, 
sur laquelle on n'est pas d'accord, est, suivant les uns, la 
Méditerranée , et suivant les autres, la mer de Nilas ; toujours 
est-il c|ue les Kachaks entretiennent par eau des rapports 
avec Trébizonde, dont ils ne sont pas éloignés, puisque 



CriAlMTIiK XV II. kl 

aaxII ,^g«-jlj y5^ i^iJÎ I J^^^Àjj ^^Nj! ^j^ U^i i'_5 y!^i 

^fcwS-l iijIjJ! »*XAJt_. ^OCjLX^ »^M^= -^-^Î t|j U'*^^ >tA*J! 

(les vaisseaux leur apporloni dos mnrchaiulises decelle ville, 
et qu'ils y en expédient à leur tour. Quant à leur infériorité 
par rapport aux Alans, elle lient à ce qu'ils ne sont pas 
réunis sous un même sceptre; il est certain (|ue si tous ceux 
qui parlent leur langue lorniaient un corps de nation bien 
compacte, ni les Alans, ni aucun autre peuple ne j)our- 
raient rien entreprendre contre eux. Leur nom est i)ersan el 
signifie: orgueil, vanterie; en ellet, chez les Persans, le mol 
kecli s'applique à un bomme orgueilleux et superbe. 

Sur les cotes de la même mer et dans le voisinage des 
Kachaks habile un autre peuple dont le territoire est appelé 
hs-Sehd Boiddn, les sept pays. C'est uwq nation puissante, (|ui 
sait se faire respecter, et dont les établissements s'étendent 
au loin. Je ne possède pas de renseignements précis sur ses 
lois el sur .sa religion. 

On rencontre ensuite une tribu nond)reuse, dont le 
territoire est séparé de celui des Kachaks par un fleuve 
aussi considérable que l'Eupluale, et qui s(î jette dans la 
mer de Nilas,sur le bord de la(|uc!l(! est bâtie 'iVébizonde. 
Celte tribu , .q^pcjéc liciii, forme une trésbelh- race, f(ni 



^8 LES PRAIRIES D'OR. 

;^ »fr.- ^ i :>L£ J>-Ï3 l.^A^ (j^jJjLàjlaj^^ù/I (^*i.]| (j-« /Pj-^ 

ô yù-AÀJvAi»/* ^^iJi s *NJÛ ^_A_=». j iiji AÀ^ *Xi^! ^«XjI 3UÔ»Hil 

Jl_4-s- (JV.J J^3»'i-w iC../^^JS s*Xjû J^j_b jU)^i (j-«jl»*>^i! tilb 

I^JvAa» (^yt ^S^ )ijM> ^j^J yks. (jî J.À^1 ^j>^ 4^i-A» iajl-S- ^À^ 

est adonnée aux erreurs du paganisme. Un événement 
étrange se passe, dit-on, dans ces parages : tous les ans, des 
poissons viennent se mettre à la disposition des habitants, 
qui en dépècent une partie; plus tard, ils reviennent une 
seconde fois et leur présentent l'autre portion de leur corps 
dont ils s'approvisionnent; mais de nouvelles chairs ont 
déjà remplacé celles qui leur avaient été enlevées la pi'emièi'e 
fois. Ce fait est bien connu de tous les infidèles qui peu- 
plent ces contrées. 

Non loin de cette tribu, le long de la côte, entre quatre 
montagnes dont les cimes escarpées se perdent dans les 
nues , s'étend une plaine d'environ cent milles de surface , 
au milieu de laquelle est une cavité circulaire (ju'on dirait 
tracée au compas; elle ressemble à un puits creusé dans 
une roche vive; ce trou a près de cinquante milles de cir- 
conférence; il est coupé à pic, et ses parois offrent l'appa- 
rence d'un mur. Cet abîme a environ deux milles de pro- 
londotir, cl il csl impossible d'y descendis. L;i nuit, on y voit 



CHAPITRE XVll. ^<j 

<^^ u-îL^ f-«^' -^^ ^W:»^ (j-l^^ c^y^' ^^ (jH t^j^'^W»'^ 

^^ A«>j;il| JU4 wiLb *)j^j ».?^y CJ^ -Î^^^J /0-frAJi J^jjJi 

(J.4 iL>lgj jj y^X*i a^lAlxoi 4J J.AX:».! liî l^^ ijJiJIjiUJI 

brillerdes feux dans dilTérentes directions; le jour, ou y dis- 
tingue des villages au milieu desquels coulent des rivières, 
des terres cultivées, des hommes, des animaux; mais tous 
CCS objets, vus à une si grande distance, paraissent excessi- 
vement petits. On ignore entièrement à quelle race appar- 
tiennent ces hommes , puisqu'il leur est impossible de njon- 
ter à la surface de la terre, et qu'il n'existe absolument 
aucun moyen de descendre chez eux. Derrière ces ((ualre 
montagnes, tout à fait sur le bord de la mer, il y a une autre 
cavité peu profonde; elle renferme des bois et des fourrés 
peuplés d'une espèce de singes, à la taille droite, au visage 
arrondi, en tout très semblables à rhoniiiicsi ce n'est qu'ils 
ont le corps couvert de poils. Il arrive bien rarcni(>nt que 
ces singes se laissent tonibei- dans les j)iégcs que leur tendent 
les chasseurs; lorsqu'on en prend, on est étonné de leur 
intelligence el de leur linesse; bien (juils ne puissent pas 
s'exprimer par parohîSi ils conq)n'nnenl parlaitcnient tous 
les signes (pi'on l-ui- f;iit. Onelqnefois on en fait présent à 



50 LES PRAIIUE8 D'OR. 

jj Li UbJol^j.^ ^^ cjSiXXL ^4^3^ (^ pW-J»-5î ^^J>^* dUU^ 
Lg-À^o 3*>^A* <_jj.-ii.ii_5 J^Uil (j-« -_5,<v*J! 2ij>j.xjC_ iùalisi (j.^ i^yiJl 

A_À-o jJwLil tXî OwJé'l yU Ax^ (^vio IgJ ;|Aj^ A<wJo .X^lxls 
tjLxJil 5«S.^ jj bwii <Xï_5 :>5jJiJî jS JsJLgJl^j (^;.^aJî tiJjXo (j^ 

j AJ 5^-^i> ^J t5*^frAi5 <^ )j«i\..3j 0.^S». /j..AAaJj tXi^ vAii- 

Lbj yl-AÀ.«* jjl /J.J Àj^Uî-o Jw^li %-o /i^^i CJ-» (jo tv_5 /w<rylj 

l'un des princes voisins; on les dresse alors à tenir le chasse- 
mouche derrière le roi pendant ses repas, parce que ces 
animaux ont un instinct particulier pour discerner la pré- 
sence d'un poison dans les mets et dans les boissons. On 
leur présente donc d'abord des plats, afin qu'ils puissent les 
flairer; puis on leur en jette un morceau. S'ils en mangent, 
le roi ne craint pas d'en manger à son tour; mais s'ils le 
rejettent, ce refus indique clairement la présence du poison. 
La plupart des rois de la Chine et de l'Inde retirent des 
singes le même service. On verra plus loin dans cet ouvrage 
que les ambassadeurs de la Chine qui vinrent trouver El- 
Mebdi lui tirent connaître combien les singes étaient utiles 
à leurs rois au moment des repas. Nous devons aussi faire 
mention des singes du Yémen et de la plaque de fer sur 
laquelle Salomon, fils de David, écrivit le pacte qu'il fai- 
sait avec eux; nous parlerons de ce qui se passa entre les 
singes et un gouverneur de Moavvyah, fils d'Abou Sofiân , 
du rapport (ju'il en adressa à son maîire, cl de la descrip- 



CHAPTTr.K XVII. 51 

cjlis S^ra._jJî ^U^^ .:>^*XJiJ) jU*5 iUjj^l» <\i_j^*iS ^3^' c^^ 

*"^^^ S^^J -^^.^^ cj^ f>^^' ^*^ cj-« Iàxo^ u y^ A^ill (j-« 

lion qu'il lui douna du grand singe qui portait au cou la fa- 
meuse plaque. Il n'y a pas, en elTet, au monde d'espèce plus 
intelligente, mais en même temps plus malicieuse que celle 
du Yémen. 

Les singes vivent dans les pays chauds; on en trouve en 
Nubie et dans la haute Abyssinie , dans la dii ection des 
sources supérieures du Nil. Les individus qui appartiennent 
à cette espèce appelée nubienne sont petits de taille et de 
face; leur teint est noir clair comme celui des Nubiens. On 
en voit toujours chez les montreurs de singes, qui les font 
grimper au haut d'une lance. On en trouve une deuxième 
espèce dans les bois et les fourrés des régions septentrionales, 
dans la direction du pays des Slaves et des autres peuples 
de CCS contrées: à cette espèce appartiennent les singes dont 
nous avons parlé plus liant, et cpii ollVent tant de ressem- 
blance avec l'honinie. On en rencontre une troisième espèce 
dans les nombreuses criques que forme la mer de Chine 
sur les cotes du Zabedj et de l'empire du Muharadja, roi 
des îles. Les possessions de ce dernier, coniuie nous l'avons 

à. 



52 LES PHAIRIES D'OR. 

^^^-qXJî iUCtf ^j-Aj yûj (j^*^' ^i^ t5>'>! ^-^ u' V^' 

iij^^*-* çJCmJ! !«Xiû ,j 5j_j^-ï*^ ^JJ^' »«XÔj QAAoJi viiXo^ 

MtX^JI (j.» p-î_^5j (jU^^ ^^jA*i_5 jIaJ JUaw^ j^yS. ji ^J5^i 

Olj-A-Aw Js_dl (j.» y..A,?^.^S^i tXxftj^A-Ji»* Uûj^î ^HJ^^ S^iûj 

^.jlL*. Un» bj5i *>^j JvJLmJI ^J\J.^ j^j j.ui^ J"*«V ^5 U->^ 

déjà fait remarquer dans cet ouvrage, font face à la Chine 
et occupent une position intermédiaire entre ce royaume 
et celui du Balhara. Cette espèce de singes est très-connue 
dans ces' contrées , où elle est très-multipliée et où elle offre 
d'ailleurs un type parfait. Quelques-uns d'entre eux furent 
offerts à Moktadir-billah avec de grands serpents enchaînés. 
On en voyait qui portaient de la barbe et de longues mous- 
taches , car il y en avait de vieux et de jeunes. Ce présent , 
accompagné de plusieurs échantillons curieux provenant 
de la mer, fut apporté par Ahmed, fds de Helal, qui était 
alors émir d'Oman. Les marins de Siraf et d'On)àn, (jui 
font continuellement le voyage de Kalah et du Zabedj , 
connaissent parfaitement les singes de cette espèce et savent 
tous les stratagèmes qu'ils emploient pour pécher les cro- 
codiles jusqu'au fond de la mer. Ce fait prouve que El-Dja- 
hiz est dans l'erreur lorsqu'il avance que k^s crocodiles ne 
se trouvent ([ue dans le Nil d'Egypte et dans le Mehrân du 
Sind; au surpins nous avons déjà réfuté celle oipnion dans 



CHAPITUE XVII. 53 

^J.K^ y.J>^ iiXj^ té^'j li W*^ W^^ ii%X-fi t^wa^ ^ ij-*^ 

viUi (j^^jJÙ^jÎj -j,.) AÀAJ^ J»sÀ^ qAJ^ j._j-) kXxjj (J-^^ tS^'^' 

J^ (jLxiai ij»^ij yvAx^a- ^^ ^j Hj-f^ ^i ^A^'j Jl?^' 
l^ **^Jli! Jsjsîjl roià*}] jS^ùJ] j\^\^ jyji ^^*^. ^^-« ^^J> 
(^^Uji^ éyjits. y^ ijj^ 5*Xfi .Xs^îj ^^jlaj j, »:>yL!i JsAj Jsj^ 
Q<a-*jJi «i^î J^^ «J.AA3 jAiSjUi^ ij^yj,.^ <xXj iX a^-Ui^ft 

notre livre, et indiqué tous les endroits où vit le crocodile. 
Tous ceux qui ont visité le Yénien s'accordent à dire que, 
dans certains cantons, les singes se multiplient à l'inlini , 
comme, par exemple, dans le Wadi Nakhlah, qui est situé 
entre le pays de Djanad et Zebid , dont l'émir est aujour- 
d'hui , l'an 332, Ibrahim , fds de Ziad , maître d'el-Harmali. De 
ce Wadi à Zebid il y a une journée de marche, et une dis- 
tance plus grande jusqu'à Djanad. C'est une vallée resserrée 
entre deux montagnes, très-bien cultivée, parfaitement ar- 
rosée et produisant beaucoup de bananes. Les singes s'y mon- 
trent en grand nombre. Ils se divisent en plusieurs troupes, 
dont chacune esl conduite par un kazar : on appelle ainsi 
le mâle le plus grand et le plus Tort ([ui est à la tète des 
autres. La femelle met bas dans une seule portée jusqu'à dix 
ou même douze petits, comme la truie (|ui produit à la 
lois plusieurs cochons de lait. Klle porte une partie de ses 
petits comme une mère (jui lient ses enfants, tandis que 



54 LES PllAIlUES D'OR. 

jl^l^ J>aA!L A^jjJi^ jj*<b /0-^JÎ vilAÏKj ^ J-^lj (iiJi>3 j,_jil_5 
^/*^ y^'UfcJ (^•<!>" (-M^'3 (j-^''' "^A?^ (J^ /0|"AJ«^ ài^AÏ p-y-^^ ^3 

le mâle se charge des aulres. Les singes ont des réunions 
publiques et des assemblées où ils se réunissent en grand 
nombre, et où Ton entend le bruit sourd et confus de leurs 
entretiens; les iémelles y sont séparées des mâles, comme 
chez nou-s les femmes le sont des hommes. Quiconque a lo- 
reille frappée de ces conversations nocturnes dont il ne peut 
distinguer les interlocuteurs qui lui sont cachés par les mon- 
tagnes, les bois et les bananiers, ne saurait douter un instant 
qu'il n'y ait près de lui un rassemblement d'hommes con- 
sidérable; cette illusion se reproduit même pendant le jour. 
Il n'y a pas de contrée au monde où les singes soient plus 
beaux , plus malicieux et plus susceptibles d'être dressés que 
dans le Yémen : on les y appelle er-roabbah. Les mâles 
comme les femelles ont une chevelure abondante qui leur 
tombe sur les épaules et qui, chez quelques-uns, est de la 
couleur la plus foncée. Lorsqu'ils sont réunis, ils s'assoient, 
chacun suivant son rang, au-dessous du chef, et ils ont, 
dans tout ce ([u'ils font, une grande ressemblance avec les 
hommes. Parmi les cantons du Yémon les plus peuplés de 



I 



CHAPITRE XVII. 55 

^\jji> JU:>-^ <Sj^j^ <^ U^^^3 ''UjLo :>:^ (^jvj cjjU :>^X^ ^ 

U^*"*^^ a]j.à]! (jàAXÎi c>j_5 ^*Xj j»^ J^ j, ^^^i y_^xiJCij 
«yjîrJsJll wv3-lo^ iwk^Jl ^ (j^^ Vj^=^ tK>>5! i<>^ (j^ 
J_>^^! i<X_.gJ (^^^Ji »_jl_l35.jj »-^^ C5^"î*- roJi.^ (J^ CJ^^*^ 

^JO^^I ^j^ ^^~-*-^ *^ viLj|*x5^ ij^j ^Af?l^ (^-«v^î i -^j^y^^ 

singes, il l'aut tMicoro citer le terriloire cleMaieb, entre Sanaa 
et kaliiàn , où Ton en rencontre des nuées clans les montagnes 
comme dans les plaines, kahlàn est un des chefs-lieux lor- 
tifiés du Yémcn, où réside de nos jours un des rejetons des 
princes himiarites, Acàd, fils de Vàfour, roi du Yémen, qui 
ne se laisse voir à personne qu'à ses courtisans les plus in- 
times. Il a ù sa solde une armée d'environ cinquante mille 
hommes, tant cavaliers que fantassins, qui reçoivent chaque 
mois leur paye, et l'époque de cette paye est appelée en- 
nouzlet. Pour cela ces troupes descendent des mekhalifs ou for- 
teresses du Yémcn , et se réunissent à kahlàn. Quant à Açàd, 
postérieurement à l'an 290, il eut des guerres à soutenir contre 
les karniales et contre le possesseur tie El-Modadiarah, Ali 
fds de Fadl. Ce dernier était un personnage puissant dans 
le Yémen; mais il fut tué, et tout K? pa>s resta sous la domi- 
nation de son rival. On tioii\e encore des singes dans beau 
roup (raiilics cnchoits dn ^éiiicn, cl dans dilférenls lii-iix 



50 LES PRAIRIES D'OU. 

t^b (j^ j"*^ <i^ <^~*'*-^ (t«-9 *j ^^^^ ^j «^^^^^'^ ^J*UMfcAJl (j-« 

(le la terre; mais nous n'en parlerons pas davantage, parce 
que, dans nos Annales historiques, nous avons expliqué en 
détail pourquoi les singes se rencontrent plutôt dans telle 
contrée, que dans telle autre. Nous y avons aussi fait men- 
tion des nesiias (orang-outang?) et des arabids (au singulier 
irbid), espèce de reptile que l'on trouve dans le territoire de 
Hadjr du Yémamah. Le khalife El-Motewekkel , au commen- 
cement de son règne, avait demandé à Honein , fds d'Ishak, 
de prendre ses mesures pour lui envoyer des individus de 
ces deux dernières espèces ; mais Honeïn ne put faire parve- 
nir à Serramenra que deux ncsnas ; quant aux irbids, il fut 
absolument impossible de leur faire faire le voyage ; car il 
faut savoir cjue lorsque cet animal sort du Yémamah , une 
fois arrive à une distance parfaitement déterminée , il dispa- 
raît de la cage qui le renferme. Les habitanls du Yémamah 
se servent de Y irbid pour éloigner d'eux les serpents, les 
scorpions et tous les autres reptiles venimeux, comme les 
habitants du Sedjestân se servent du hérisson pour le même 



ClIAPirUE XVII. 57 

i^yS.^ iS~i tl-^5 cj^ *j-*^ <JU^ ^y^^ «xilla^ i^ (jvjwxJS 

ii^-U cjllil çiyi^ i*K»- ^^lî^i jMiS' j^yA}\^ t;^-Laill^ t^,uijlL 

<^_j,_lxAA3 is . g v I n .e. ci>LAiI ^^^ c.^j ^^_5 (jvoUaJI jjo^ J<ii>\ ^^ 

*JajiÀ*3 ^J^ *^* ijV-^ W^ ^-^-^r!^ 'V:?^'^"^' lià\Sb ^^ ylAAxJi 

usage; chez ces derniers il était (léfendu anciennement de 
tuer un hérisson. Le Sedjestân est un pays saJ)lonneux , 
dont la capitale du même nom a été bâtie par Doul-Kar- 
ncin dans un emplacement circulaire entouré de monticules 
de sable, llanqué de plantations de bois et de roseaux. Les 
vipères et d'autres espèces de serpents s'y multiplient telle- 
Hjentque, sans la présence des hérissons, la population se- 
rait détruite. C'est ainsi, qu'il existe dans le 8àid et dans 
d'autres contrées de l'Kgypte un petit animal appelé t'/arais 
(ichneunion), plus grand que le rat des champs appelé 
djourad et plus petit que la belette, au corps lougeàtre et au 
ventre blanc; sans lui les Egyptiens ne pourraient se dé- 
fendre d'une espèce de grands serpents nommés es-sadban. 
Ceux-ci enlacent l'ichneumon de leuis replis; mais il dé 
gage contre eux un vent ([ui lui est particulier, et ([ui Jâil 
(jue leur corps se brise. Du reste, dans les conirées orientales, 
la terre comme la mer, le; règne aninial comnu' le lègne vé 
gétal cl minéral , présentcul des caiaclércs (pii leur sont 
propres; il en est de iiiriiic d.iiis les régions occicicnlales. 



58 LES PRAIRIES D'OU. 

Uji XK3 U.J U <i) y^i ^.»-^j a_j,^ ^"«-f tS'^'^î o^2^^'' dj'^ 

(.IwwaJLj^ y*».iiAJ >i^J ^■ô'^'*^ dUL^ aWia» -bî l^^ iiJEXj» Jo 

,_K-X«S.l5 jV-ii i^X^j ^}.A<aJCj J\\i:>^ (J^î <_^;»-l.A=> 3t^ v,*JJ*>v5_5 

méridionales ou septentrionales. Nous avons traité ailleurs 
de la nature de chacune de ces quatre parties du monde : 
nous étendre davantage sur ce sujet nous détournerait de 
notre bi^t. Revenons donc maintenant à l'oi^jet de ce chapitre, 
c'est-à-dire à la description des peuples qui entourent la ville 
de Bab el-Abwab, de la muraille, du Caucase, du territoire 
des Rhazars et des Alans. 

Près de ces derniers et dans la direction de l'ouest habi- 
tent ({ualre tribus turques qui rattachent leur origine à une 
seule et même souche, les unes menant la vie nomade, les 
autres la vie sédentaire. Elles sont puissantes et belliqueu- 
ses; elles ont chacune leur clief et un territoiie de plu- 
sieurs journées de marche; une partie d'entre elles étend 
méjne ses possessions jusqu'à la mer Nilas. Elles poussent 
leurs excursions jusque sur les terres deRoum el les provinces ' 
voisiiKîs (le l'Espagne, et aucun des peuples de ces pays ne 
peut leur tenir lé!e. Du reste, elles vivent en paix avec le 
roi des Klia/.ars, doiU le territoire est limitrophe du leur, 



cil A PI TUE XV 11. 59 

I^aÀj Uvl^ <-«iii S-XjÛ J^i ^g^ vi)lju^ I4J JUj <X^i I^aAj ^• 

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J._tf)| ,_j^ j..==''^j ï-^**-^ ù-=rj (j"l; t^ fi-^*:-^ JJ»j o^^XjL vj?/^ 

et avec le roi des Alans. La première de ces tribus est ap- 
pelée Yadjni; vient ensuite la seconde, celle des Betljgards ; 
celle-ci a pour voisine la tribu des Bedjnaks (Petchénègues), 
la plus bellifjueuse de toutes, qui conilne elle-niênie à la 
quatrième, celle (.les Newkerdehs. Les rois de ces tribus 
mènent la vie nomade. Durant l'année 320, ou peu après, 
ils lurent en guerre avec les peuples de lioum. Ceux-ci pos- 
sèdent, sur la frontière de leurs ennemis, une grande ville 
grecque, nommée Walcndar, très-bien peuplée cl d'un accès 
diilicile, grâce à sa position entre les montagnes et la nier. 
Cette place était en état de résister à toutes les agressions des 
Turcs, auxquels la dilliculté du terrain .join le ù la bravoure 
de la garnison, interdisait l'entrée du pays de Roum. De 
graves dissentimenls avaient éclaté entre les quatre tribus 
au sujet d'un négociant nmsniman, natil" irArdebil, qui 
s'était établi (lie/, Tune d'elles, cl (pic les gens d'une autre 



()0 LES PRAIRIES D'OR. 

Jîj,^i)I l_j,j>l^3 AjjtXJî ^^4 Ij.a5Lj 5^*»j t3,jAia. IgJvSi S'^ r^l?^ 

j*XjJ_5 iiÀjtX^^jjS^ W^ (*>*^^ ^^3 -f^UiXJt (j.^ (0-^^ (j^ ^ 
jj*;lj u>.Ji ^U (j^ ^^ ^ ylM J.Ji (jl^_^-Ij J^ ■y^ (fr^r»-* 

A„4-J5 ol—*s>5j <-)j^] ^^j jj — U^L J_j-^ <^ '&jjaj<jù,\ (jM( 

Iribu avaient maltrailé. La garnison grecque de Walendar, 
profitant de l'occasion, envahit leurs établissements laissés 
déserts, traîna beaucoup de femmes en captivité et enleva 
de nombreux troupeaux. A cette nouvelle, les Turcs, qui 
étaient .tout entiers à leurs querelles, se réunirent, s'aban- 
donnèrent miiluellement le prix du sang versé et marchèrent 
en masse contre Walendar. Leur armée se montait à environ 
soixante mille cavaliers, bien qu'elle n'eût pas été appelée 
par une convocation régulière; autrement elle se fût montée 
au moins à cent mille. Romanus, qui règne aujourd'hui, en 
332, sur les Grecs, instruit de ce qui se passait, envoya 
au secours de ses sujets douze mille cavaliers convertis au 
christianisme, armés de lances à la mode arabe, auxquels 
il adjoignit cinquante mille hommes du pays de l\oum. Ils 
arrivèrent à Walendar en huit jours, établirent leur camp 
derrière la ville et se préparèrent à combattre l'ennemi. Au , 
moment où ce renfort parvint aux assiégés, ils se soute- 
naient, grâce à la force de leurs remparts, cpioiqu'ils eussent 
déjà perdu jjeaucoup de monde. Les quatre rois turcs n'eu- 



CHAPITRE WII. 61 

i tyl^ x>^il J^i ^^ pj^y^ Sj-AÎijUii c>jl<3 oo^jJi JJi i 

rent pas plutôt appris l'arrivée des chrétiens et des Grecs, 
qu'ils firent un appel à tous les négociants musulmans qui 
étaient venus visiter leur territoire de chez les Khazars, de 
la ville de Bab el-Abwab, de chez les Alans et d'autres lieux 
encore; ils convoquèrent aussi ceux de leurs propres sujets 
qui professent l'islamisme et qui ne marchent avec leurs 
compatriotes que pour faire la guerre aux infidèles. Lorsque 
les deux armées furent rangées en bataille et que, du côté 
des Grecs, les chrétiens se furent mis en première ligne, 
les marchands qui occupaient le front de l'armée turque 
vinrent au-devant d'eux et les engagèrent à rentrer dans le 
sein de l'islamisme, leur pronietlant, s'ils se rendaient, de 
le reconduire en pays musulman. Sur leur refus, l'enga- 
gement commença aussitôt. L'avantage resta aux chrétiens 
et aux Grecs, qui étaient du double plus nondireux que 
leurs cuncmis. Les deux armées passèrent la nuit sur le 
champ de bataille. Les qnalrr juiiircs avant tenu conseil 



02 LES PRAIRIES D'OR. 

(j° /o— ^Â.^y9 ^Là.> (j^ ii)^XJi ^J,A^iJ:5 5^J.^> ^jw* ™ -i». (^^ ^1 

entre eux, le roi des Bedjnaks demanda à êlre investi du 
commandement suprême pour le lendemain matin , ce qui 
lui fut accordé sans peine. Au lever de l'aurore, il disposa 
sur ses deux ailes plusieurs escadrons comptant chacun mille 
cavaliers. Lorsque toute l'armée fut entrée en ligne , les 
escadrons de la droite, fondant sur le centre des Grecs qu'ils 
assaillirent d'une grêle de traits, revinrent se former à la 
gauche; les escadrons de la gauche, s'ébranlant à leur tour, 
décochèrent également leurs flèches sur le centre de l'en- 
nemi et vinrent prendre la place des escadrons de la droite. 
Tandis que la cavalerie tournait sans cesse comme une 
meule et multipliait sans relâche ses décharges, le centre, la 
droite et la gauche des Turcs se tenaient immobiles. Les 
escadrons qui partaient de la droite commençaient par 
lancer leurs flèches sur l'aile gauche des Grecs; puis, ma- 
nœuvrant pour se porter à leur aile droite, ils arrivaient, 
tout en tirant, jusqu'au centre de l'ennemi. De leur côté, 
les escadrons de srauche décochaient leurs traits contre 



CHAPITRE XVII. 03 

is^^^3 i^j"^ »)^»^5 (i5 (s^^-i f»jiP' *-^y» ^^> â> i^j-Ji 
{jJiMs^ U ^^ l^ii c^Axll ^ jj^i)l^î UxLo y^^* c-'wXJiJi (jl 

-_j^l iCcj-'î» t-<-*A« (>-«i)J! ti^^-^ y(^i> IkKjs-Ij Ijui^ I4X (i)^l 
^\ju£> yoj (^'^î ^3-**'^^ i_^*v.Ji f»_5-wi «>s_=wij jUwJî_j (jsfyî 

jj6 4P-»- UL'I ^^Xav (j^ _j.^ HjxaJùiXi^ (•-?> '^'^ cMÀJ tMia. 

l'aile droite des Grecs et manœuvraient vers leur aile gauche; 
ils arrivaient également au centre, où se rencontraient dans 
ce va-et-vient non interrompu les escadrons de droite et de 
gauche. Lorsque les chrétiens et les Grecs virent que le 
désordre se mettait dans leurs rangs harcelés par des dé- 
charges perpétuelles , ils chargèrent en tumulteel marchèrent 
à la rencontre de l'armée turque, qui, jusque-là, n'avait pris 
aucune part au combat. Les escadrons de cavalerie légère 
s'ouvrirent devant les Grecs pour les laisser passer. Accueil- 
lis par une décharge générale, ceux-ci furent rompus et mis 
en déroute sous le choc de l'ennemi, c|ui avait su conserver 
son ordre de bataille. Ses escadrons, se lançant à droite et 
à gauche, tombèrent à coups d'épée sur les fuyards au 
milieu d'un nuai^e do poussière d'où s'élevaient des cris 
confus. Il y périt environ soixante mille Grecs et chré- 
tiens; leurs (adavres empilée servirent à escalader les mu- 
railles (le la ville, qui lut prise, et dont les habitants eurenf 
à subir un massacre de plusieurs jours, ou furent emmenés 



64 LES PRAIRIES D'OR. 

*Xjtj ti)^AJl I4ÀC '^f^3 ^^Xd»! (£^^ ULl l^-*3 J-#.xj oLaaéJI 

A-AÀAlAÀlaAMAji J^AW ^ ^>V^ ^^ Y^-^*^^ L^"^'^ ^V.A^ c\A*à.i\^ 

c 

i^^-^Aw^ U^ V'-5 ■*'^-^' i^AxJ» ^^^3 (*"ô^ «Xa-j ^^ l^jJUJ JM 
Jj.jJl (j^ b;-^'^ (j-« c:*[;U.i AjiJlVi^U iL^j.»^]^ ^j^J«Xjiil 

en captivité. Les Turcs en sortirent au bout de trois jours 
et se dirigèrent vers Constantinople. Après avoir égorgé 
ou fait prisonniers tous ceux qu'ils rencontrèrent sur leur 
route dans les campagnes, les prairies et les villages, ils 
arrivèrent sous les murs de cette ville, où ils campèrent 
environ quarante jours, échangeant les femmes et les en- 
fants tombés en leur pouvoir contre des étoffes ou des vê- 
lements de brocart et de soie; quant aux hommes, ils les 
passèrent tous au fil de fépée, sans faire grâce à un seul, 
et quelquefois n'épargnèrent même pas les femmes et les 
enfants. Ils poussèrent leurs incuisioiis dans ces contrées 
beaucoup plus loin, jusque dans le pays des Slaves et les 
terres de Roum. De nos jours, ils vont faire du butin jus- 
qu'aux frontières de l'Espagne, des Francs et des (îaliciens; 
(;n sorte que la route suivie par les quatre tribus turques 
nommées plus haut, dans leurs exjiéditions, se dirige cons- 
tamment vers Constantinople et les contrées les plus occi 
dentales. 



CHAPITRE XVII. . 65 

jLjsr^l W J^ U^^ ^^ (i-* ^' u' ^^ C:?^ t*^' *^^ 
dix» ^Jlj aj jsAa)! Jwy< y^-LâJC-« (O^j jo-ftA^j.^lûA'-*^ (j^' 

jlis?il| ool^«Xï^ (JVJJ.XÎI (^i> *X^^jÇ oyç» J-*i?>-* »iiA!Ll l*>>^ 

Revenons maintenant an Canrase, à la muraille, à la 
ville de Bal) el-Abwab et aux populations de cette région 
flont nous avons déjà décrit une grande partie. Près du pays 
des Alans habitent les Abkbazes, qui pratiquent la religion 
chrétienne et, de nos jours, obéissent à un roi. Leur ter- 
ritoire s'étend jusqu'au Caucase; mais ils ne peuvenl biller 
contre les Alans. Après les Abkbazes, se lrou\e la princi- 
pauté de Djouriah, habitée par la grande nation chrétienne 
des Khazrâns. Le prince qui la gouverne aujourd'liui s'ap- 
pelle Tabyî, et réside dans un endroit appelé Mcsdjcd de 
Doul-Karneïn (mosquée d'Alexandre le Grand). Les Ab- 
khazesetles Khazrâns payèrent lacapitation au gouverneur 
de Tiflis, depuis la conquèle de cette ville par les musul- 
mans et leur établissement dans ses murs jusqu'à l'époque 
du khalif"(! Motcvvekkel. Il y avait à Tiflis un homme du nom 
d'Ishak, (ils d'Ismaïl; aidé desmusulmans (pii l'enlouraieiil, 
il sut trion)pher des peuples voisins el les assujettir à son 
obéissance, les forcer à lui payer un tribut el à reconnaître 
u. 5 



(U> LES PRAIRIES D'OR. 

Ux-XJ J^A^i <iA.x.J (Jy^ A^^l (j-« tiJU* (j^ »j^l (^_j <X-Ail 

çj^ A^^l -«^«y^Uû (^^ (j*»j^^Àj J.XJ (Ji -!5Xwiwi)î i>!5X.j (J-» J^A3_j,jl^ 

sa suzeraineté. Cet état de choses dura jusqu'à ce que Boga, 
envoyé par Motewekkel, vînt camper devant Tiflis, qu'il 
battit sans relâche, et dont il s'empara de vive force. Alors 
il fit périr Ishak, dont la domination s'élendait sur toute la 
contrée. Le récit détaillé de ces événements serait trop long 
et déplacé, puisqu'ils sont bien connus des habitants de ce 
pays et de tous ceux qui s'adonnent à l'étude de l'histoire. 
Je crois que cet Ishak était d'origine koreichite et issu des 
Beni-Omeyyah, ou tout au moins un affranchi attaché à 
cette famille. Quoi qu'il en soit, les musulmans de Tiflis 
ont perdu depuis lors tout leur prestige , les principautés 
du voisinage se sont soustraites à leur obéissance, la plu- 
part des villages qui entouraient la ville se sont retirée de 
sa juridiction, et les communications entre elle et les pays 
musulmans ne peuvent avoir lieu qu'en passant chez tous 
ces peuples infidèles qui l'environnent de toutes parts. Tou- 
tefois, quoi(|ue entourés de si dangereux voisins, ses habi- 
tants ont conservé toute leur bravoure et leur grande énergie. 



CHAPITRE XVn. (M 

/jl,Vjj| jo*-J<Xj> ^j^ viUUJû I^À-Xau ^.A-Jii (j^ <Xi£. A.J wAi^ /jj 
<-^U .i5^»vj c>~)lj3 /o~«i^l ,j-» >->u<^ (^ y •wg.làJùw<w>o iiiJU,j6 J^^ 
^o-gJLxj ^^ ^ s .Xj, ^oLllJ^ cK^ vJ-* '-**''^' CJ^' (J^^^ CJ-» 
^«*»*Jj ÀXA^j J^^=»- («*fr^»^ /o..g->i.«J^ <\_^IaJU»i^ /o^iliV:^.! CJ^^ 

Près (lu royaunio des Khazrâns est la principauté de Sam- 
sakha, dont la population chrétienne, mélangée de païens, 
ne reconnaît pas de roi. Dans le voisinage de Sanisakha , 
entre Tiflis et le château des Alans dont nous avons déjà 
parlé, se trouve le royaume des Sanariens dont tous les 
souverains portent le titre de Koriskos. Ces peuples prati- 
quent la religion chrétienne; lf)ut chrétiens qu'ils sont, ils 
se vantent d'être Arabes , descendus de Nizar, fils de Màdd , 
fils de Modar, par une fraction de la branche d'OkaïL qui 
anciennement se serait établie dans cette contrée, où ils 
exercent actuellement une très-grande prépondérance. Ce 
qui semblerait confirmer cette assertion, c'est que j'ai ren- 
contré dans le pays de Mareb, dépendant du Yémen, des 
Okaïliles alliés à des Madliidjites, dont l(!s manières d'être 
sont en tout point semblables à celles de leurs frères du 
Caucase. Riches en chevaux, ils possèdent une puissance 
respectable. CesOkaïlites ^onl les seuls descendants de Ni/.ar, 
(ils de Màdd, établis dans le Yémen, avec les descendants 



68 LES PRAIRIES D'OR. 

txi^l liviû i /6^W JUj^ c5J^^*^ tUA=lJU^jU»x!l (j^ Wl?-=" 

j§3 iiAjlS^i iilCu; iiiCcî sjv-d» J^aoXj -oJ^jlcjJl^ viLJ\.**aJl^ 

d'Anmar, fils de Nizar, fds de Mâdd. Nous avons parlé antre 
part, d'après la tradition, de l'entrée de ceux-ci dans le Yé- 
men, des rapports de Djerir, fds d'Al)d-Allah, le Badjilite, 
avec le Prophète, et nous avons fait l'histoire de la tribu 
de Badjila. Les Sanariens prétendent, dans des récits très- 
détaiilés, qu'ils se sont séparés autrefois de ces Okadites dn 
Mareb que nous venons de nommer. 

Près du royaume des Sanariens on rencontre les Ché- 
kins, peuplade chrétienne, au milieu de laquelle vivent de 
nombreux musulmans, qui se livrent au commerce ou à 
difTérentes industries. Le roi des Chékins, à l'époque où 
nous composons cet ouvrage, s'appelle Adernerseh , fds de 
Hamam. Vient ensuite le royaume de Kilah , dont la capi- 
tale est occupée par des musulmans, tandis que la cam- 
pagne et les villages environnants sont habites par des chré- 
tiens. Le prince actuellement régnant s'appelle Anbacah le 
Borgne. Ce pays est un repaire de brigands, de misérables 
et de gens sans aveu. 11 louche au royaume de Moukân, 



CHAPITUE XVll. 69 

v_A.A.-w (j^j _j-i6 o\^ u!/^^ "^"^ *^ u'jL?^ c:AJ»_jJt IJsJb ^ 

4^ dLX^ l^ l<v^l (jj t^ aUi ^J\^J-^ dLU ^^1(5 -îoLI ij^ 

^Uj- xjtki JU^ gUJI J^fcjs? I^jco (jAo^t ^Ixl! a^\i ijS'^kj 
(^^' â> o^ls J>j*-Uw (j^ o|Jr^*« ^^ >^ (j*j^ ij^'^j'^ **^* ^' 

dont nous avons déjà parlé, et qui a été soumis parChirwan- 
Chah et annexé à son empire; mais il ne faut pas le con- 
fondre avec le pays du même nom qui est situé sur la côte 
de la mer des khazars. 

Mohammed , fils d'Yézid , Chirwan-Chah actuel , avait hé- 
rité de ses ancêtres le royaume de Laïràn-Chah; le Cliirwân- 
Chah appartenait alors à Ali, fils d'Haïtem. Après la mort 
d'Ali, Mohammed tua ses oncles, s'empara de Chirwàn- 
Chah, comme nous l'avons dit plus haut, et y ajouta les 
principautés décrites ci-dessus. Il possède dans le Caucase 
un château, appelé Kalât Tiar. C'est peut-être la place la 
plus forte qui existe au monde, si l'on en excepte toutefois 
le château de Dikdân, qui s'élève en Perse, non loin de Si- 
raf, sur le golfe Persique, dans un endroit connu sous le 
nom de Zidbad, dépendant du territoire d'Ahd-Allah , lils 
d'Amarah. On trouve dans le montle beaucoup de forle- 
resses auxquelles se rattachent des récits merveilleux ((ui 



70 LES PRAIRIES D'OR. 

A,(^.g>X>ij J^LAitet Is^AM^yo ^ ^-ÀAji «^^ /o^^'^S C:^ kÀ^mJ! dlJ^ 
jUi».! i, IàjU^j tj -0.^^^^ »X->I^'^_5 A-ftJjj^.:»- ij ^«-gJt} i\j>fc_5 

:>_^s>-_j^ (^ jU-iw! _j^ AO-ft^U oU=>_jl_j i^l+ii-i ty^ ^i^^ ^j 
kiUmL i^jjLi] ajIa^j i <!o:>îi^ yo aMI «XAAij5i> »Xij 

ont été recueillis par Abou'lHaçan el-Medaïni dans un livre 
spécialement consacré à ce sujet et inlilulé : Histoire des 
châteaux. On y lit sur quelques-uns de ces châteaux des 
détails peu connus que nous avons consignés nous-mêine 
dans nos Annales historiques. 

Voilà en gros la description de la ville de Bab el-Abwab, 
de la muraille, du Caucase et de ses peuplades qui habi- 
tent ces régions montueuses. Quant à ces tribus , nous nous 
sommes longuement étendu sur leur histoire , leurs mœurs, 
leur manière de combattre et les stratagèmes employés par 
leurs rois, dans nos Annales historiques, ouvrage consacré 
à l'histoire des générations passées et des royaumes qui ont 
disparu. Les descriptions et les récits que nous y avons 
donnés sont l'ondés sur la réalité, obtenus par l'observa- 
tion, et leur authenticité sera garantie par quiconque a vi- 
sité ces contrées. Obeïd-Allah , lils de Khordadbeh, dans 
son livre intitulé Les routes el les royaumes, indique soi- 
gneusement la distance qui sépare tel et tel point l'un de 



CHAlMTliK XVil. 71 

itASTlx»! :>>>o ^j-» c-iii! Jjk4.ij -x>>-o^ y! iJi *UJi i!5Xx) J.*ax^ 

»ijj U! ^J_5-j 1^^ ^r-^-*-# i*X;£>_j ^l^'ill J^ajs? JunJL* dUi (jl^ 
aXo^jcL* wv^ -xX^atA^ O^^-*^ W'''^**^ i\.u)Ltf o^'^i *|>^5 ^' (b«-^ 
:>L:^1^ iL£&_j tjîi (j*;^i (jl ili (jàJïAj IgiAOnj (jvj Irf iiÀjUx^ ^^ 

wU*X^Jj ^^V*ll i*X-ô 1^ j-*=^S C-jUj (j-»«*ï».I Aji ^^ «_5*>s-S».j 

l'aulre; mais il ne donne aucun renseignenienl ni sur les 
princes, ni sur leurs Etais. Celle science des dislances el des 
chemins ne peut être utile qu'aux expéditions el aux por- 
teurs de groups el de lettres. Le même auteur a relevé le 
chillre de Timpol foncier payé par les districts de l'Irak; 
mais il est à remarcpier que ce chiiTre monte ou baisse, aug- 
mente ou diminue selon les lenjps el les événeuienls. Ail- 
leurs, il dit que le monl El-Ardj , situé entre la Mecque el 
iMédine, se rattache aux terres de la Syrie. Cela suppose- 
rait donc que le Ardj s'étend jusqu'au Djebel el-Akrà, sui 
le leriitoire d'Anlioche, lequel, à son tour, va se réunir au 
Djebel el-Okkam; cette opinion est étrange. Il enseigne même 
que les dilïérentes parties du monde se touchent et tiennent 
enseud)le sans interruption et sans solution de continuité; 
mais que la surlace de la terre olIVe tantôt des dépressions, 
lantôt des renllemenls considérables. Quoi qu'il en soil , 
l'ouvrage de Miord.idbeh est le plus beau de tous ceux (|ui 
on! été composés sur ce sujet. Il en est de même de son 



72 LES PRAIRIES D'OR. 

^^ J^ iOçA£>m ^^1 j^ai (j^ ^J^ U5 ^j^i «i P<i\j^ 

a-^aA* (^j^ âiUxî àJi^j^ Ajj<Xi j^vlàtj AJC$o». oijsiaX) J«^j 
cjl^iiij vWî «JijSî'X^ *UlJ (j«)ÀÎi liJ^X.» (j^ AJLs_5 (J-» ^^jO|»Jû 
y.» (jS^^ c.!5>JL!|^ J^»^!^ ^j>^JIj J-Ji ^j,_j-N«*Jî ^j^ \jj.^sii Uj 
^j^ d)^X« c:ajL^ J^5 (^ t^j^ ^iJ! y^ dlJUJ^ l^À^a^! 

{j-^-sy^i j-^^i u^j3 o^^?k;^^^ u^Wî^ uir'^ ^^ 

livre sur la chronologie et les peuples anciens qui ont vécu 
avant l'islamisme. Ahmed, tils d'et-Taïb , l'ami d'el-Motaded- 
billah, composa pour ce prince un ouvrage sur le même su- 
jet, et qui traite de l'histoire du monde; il y est presque 
toujours en contradiction avec Khordadbeh ; aussi je serais 
porté à croire que ce livre lui a été faussement attribué, 
car sa science était bien supérieure à une pareille œuvre. 
Si Dieu, dans sa rare sagesse, sa toute-puissance et sa 
miséricorde envers ses serviteurs, n'avait pas secondé de sa 
grâce les souverains de la Perse dans la fondation de la 
ville de Bab el-Abwab , dans la construction de cette mu- 
raille qui se prolonge à la fois sur le continent, dans la 
mer et sur les montagnes, dans la création de différentes 
forteresses, dans l'établissement de plusieurs colonies sou- 
mises à des princes régulièrement constitués, il n'est pas 
douteux que les rois des Khazars, des Alans, des Serirs , des 
Turcs et des nations que nous avons nommées, envahi- 
raient le territoire de Berdàh, d'er-Ràn, de Beïlakân , de 



CHAPITRE XVII. 73 

f^yJ^>M*X\ ^}^ rjy^' J^V^J *jUftij oojJI I*>sj5 i j»5V^i)l out*» 
ilyuilj Cir^^^ i-L»***^ J^**J! c.UaJijîj ^^^4^ I»*^^ ^' :>L*jj 

«i*jt? yt <Ji i!iVJi j!5j ilwtîl Q*«ij J.<wJl /6-w^ -J^^i X »■:? 

l'Azerbaïdjân , de Zendjàn, d'Abhar, de Kazwin, de Flania- 
dân, de Dinaver, de Nehawend et les autres pays qui, par 
Koufah et Basrah, donnent entrée dans l'Irak. Heureuse- 
ment Dieu a opposé à leur barbarie ces barrières plus né- 
cessaires que jamais aujourd'hui que la puissance de l'is- 
lam faiblit et décline, que les Grecs l'emportent sur les 
musulmans, que la coutume du pèlerinage tombe en désué- 
tude, que l'on n'entend plus parler de la guerre sainte , que 
les comnmnications sont interceptées et les roules peu 
sûres; aujourd'hui que les diflérenls chei's des contrées mu- 
sulmanes s'isolent et se rendent indépendants dans leurs 
gouvernemenls, imitant en cela la conduite des satrapes 
après la mort d'Alexandre jusqu'au règne d'Ardéchir, hls 
de Babek, lils de Sassàn, qui rétablit l'unité dans le 
royaume, ht cesser les (hvisions intestines et rendit la sécu- 
rité aux peuples et la culture à la terre. Cet état de choses 
dura jusqu'au moment où Mohammed reçut de Dieu la 
mission de faire disparaître jusqu'au dernier les vestiges ch? 
l'inhdélité et d'abolir les doctrines erronées des nations; 
depuis lors la religion du Prophète a toujours été Iriom- 



74 LES PllAlUlES D'OU. 

Jo»<aJCj Uj (^.«jjJL o_jj*JLi àjlzSi j)^A*i^ (jvb,J 1 j_j.*<*j cjjvxii 

Uco kiUi (Ji£ UajÎ *xï Iaj ii liûp i /j.ff U.»d?^ '^■^ •^^■*^ 

phaute jusqu'à cette époque, en 332, où, sous le khalilal 
d'Abou-Isbak-Ibrahiai el-Moltaki-billah, les colonnes de 
l'islam sont devenues cbancelautes et il a été ébranlé dans 
ses fondations. Dieu est le seul dont on puisse invoquer le 
secours dans les calamités qui nous environnent. 

Nous aurions encore bien des choses à dire sur Bab el- 
Abwab ; telle serait , par exemple , la description des magni- 
fiques ouvrages en maçonnerie dépendants de la ville et éle- 
vés à l'endroit nommé Mas/ca/, par Kesra, lils de Kobad, fils 
de Firouz et père de Kesra-Enouchirwàn, ou celle des mu- 
railles que le même prince a fait bâtir clans le Chirwân , 
et que l'on appelle Sour et-Tin, murailles de mortier, ou 
celle du rempart de pierre connu sous le nom de Banncki, 
ou bien encore d'un autre qui s'étend jus(|u'à Berdâli. Mais 
nous supprimons ces détails, parce que nous les avons déjà 
donnés dans nos traités précédents. 

Le fleuve Kour prend son origine dans le pays des Khaz- 
ràns, dans le royaume de Géorgie, et, coulant dans le terri- 
toire des Abkhazes, arrive à la ville frontière de Tiflis, qu il 



CHAPITRE XVII. 7f> 

cjjLojjiAiaJi cjuiîj -o-^aJ!^ J^L<L5fc.i (J-» UvJi Lv (^ a*>s.^_5 jj*<L» 

J"\r^ uW^-? c-*^>^i «î^-^i» Jyà. j^. Jl J-*-*^ t^-sAOc/o ^j^ LiiJi) 

(jl^jjil i5^ ^j^ l^,y^ ^^ ^^ t^^ (J^-^^î' -^^ CiT* 0*3^' 
AAJ J>AS>- ivXiûj ulr' '^■^ '^ tS*^ <Jl^ cK«^ 0_)-«r! J^-r^-J 

,j*pi j^j-f^ ^joj^l |^;-. jjiav _5-tf>^ (jiyl :>>Uj xKAtili tj^ ^^Xi^ 
A_jJLîL> AA*a,*o (j^ LÀ-àAsj <-:^^^-^=*- ii^ ts"fr"*^-5 Uv'-? '^■^'^'^ 

divise en deux parties; il traverse ensuite la province des 
Siavordiens, peuple arménien, brave et puissant, comme 
nous l'avons dit dans leur histoire; ils ont donné leur nom 
aux haches dites siavordieunes, dont se servent les Siabihehs 
et d'autres troupes barbares. Le Kour poursuit son chemin 
jusqu'à ce qu'il arrive à trois milles de Berdâh, et passe de- 
vant iiardadj , l'un des districts qui en dépendent; arrive 
près de Sanareh , il reçoit l'Araxe, qui vient des environs de 
Trébizonde lui apporter le tribut de ses eaux. Les deux lleuves 
reunis se jettent dans la mer des kha/.ars. L'Araxe traverse 
le territoire do Beddin , patrie de Babek le Khorréinite, dans 
l'Azerbaïdjân, |)uis il coule devant une montagne appelée 
Djelx'l-ubi-Muura, (jui (ait j)artie du pays d'er-Bàn cl (|ui 
est habitée par une des tribus établies dans celle; conirée. 
Apres avoir passé à VarlAn, il arrive, coinmc nous lavons 



76 LES PRAIRIES D'OR, 

dit, à Sanareh, où il se jette dans le Kour. Au surplus, le 
eours de ces deux fleuves a déjà été décrit. Vient ensuite le 
fleuve appelé Esbid-roudj , mot qui signifie Jleuve blanc en 
persan, en accommodant toutefois au génie de la langue 
arabe l'ordre des mots qui, dans l'original, est ô/aficj^eaut?. 
L'Esbid-roudj prend son cours sur le territoire du Deïlem 
et coule au-dessous du château de Sallar, ainsi nommé du 
lils d'Aswar le Deïlémite, roi de ce pays, et qui aujourd'hui, 
à la date de la composition de ce livre, a étendu sa domi- 
nation sur l'Azei'baïdjân. Ce fleuve passe ensuite du Deïlem 
au pays des Djils, qui ont donné leur nom au Djilân (Gui- 
làn), après s'y être grossi par l'adjonction du Chahroud ou 
roi des fleuves, ainsi appelé à cause de la limpidité, de la 
clarté et de la pureté de ses eaux. Les deux fleuves réunis 
se jettent dans la mer des Djils, nommée aussi mer de Deï- 
lem, mer des Khazars et d'autres peuples encore qui habi- 
tent sur ses côles et que nous avons énumérés. C'est près 
de ces rivières que sont établies la plupart des tribus du Deï- 



CHAPITUE XVII. 77 

yj^ >KK^» ^ Syù^^ 'j?^"^ *^ (j!?*^^ S^i Jfc»^*^5 ^i'jUû 

g"j|yJî^ f>^^' «^^\ 4^aaJ X '^^. kJ-* Jj' f^j (iJ^ï'^'lj;-*»*^' 

jU^^I I^^JtJaj jl^jiil tyLi^ ^^^1 \^^ ^^JJI ^j JoL J^ 
J~jî^i)| (j--^iilj «iUi *jJJ> ^ (iy^^ ^^^f^^ j^-^^^^ ^i'^'-^s 

JjX* ^- ''^^Jy5C^i J^^ u-^^î->y>j b'-^ cjjI î;i^ Jî yK^wiil 

/oiN^^i^ <_j^xj| (i|^X« ^J~* ffi'^Xj (j^jjSj^ CX)'^^ &^ {jy^^y^^ 

lerii el du Djilàn qui ont paru dans ces derniers temps 
et ont étendu au loin leurs envahissements. 

Après avoir traité de la région du Caucase, des popula- 
tions qui habitent dans son enceinte ou dans ses environs, 
de la ville de Bab el-Abwab et de la tuer des Khazars, nous 
allons parler des rois syriens, qui sont les premiers souve- 
rains du monde dont les tables astronomiques et les an- 
ciennes chroniques fassent mention. Puis viendront les rois 
de Moçoul et de la ville de Ninive; puis ceux de lîabel, qui 
ont défriché les campagnes stériles, creusé des canaux, 
greifé les arbres fruitiers, aplani les montagnes et frayé les 
routes. Ils seront suivis des prenn'ers rois perses ou khô- 
dahân, c'est-à-dire seigneuis, juscpià Feridoun; des Askâns 
ou Sakans jusqu'à Dara.fils deDara, le mêmequeDareïous; 
des rois des satrapies ou Achgans, et enfin de la .seconde 
dynastie des souverains perses ou iSassanides. Nous nous oc- 
cuperons après cela des Grecs, des peuples de Roum, des 
princes des Arabes et des peuples l)arl)ares, du Soudan, de 



78 LES PRATHIES D'OR. 

fj\ ^^îj 4j^ (j*U!l -^ hjJ^\ jjj A.^ 2-'-^ ^^^-^ uk?^^ '^^^ 

jj ^j*,LiJi yjUj ._^.**i». ^^ dUi ^^ j^lj (j^ (0-^^^ iaAAJ (^t 
J..;»-; Ks-^M viiXo ^j^ J^jl ^JK» iUJUI tj_5^tj iLué'dî J^^^^i 

l'Egyple, d'Alexandrie et des autres contrées de la terre, si 
Dieu le permet. En lui seul réside la toute-puissance. 

CHAPITRE XVIII. 

ROIS SYRIENS; RESUME DE LEUR HISTOIRE. 

Un auteur, qui a étudié avec soin l'histoire des monar- 
chies, dit que les plus anciens rois, à partir du déluge, 
sont les rois syriens. Quant aux Syriens eux-mêmes , on 
n'esl pas d'accord sur leur origine, les uns les confondant 
avec les Nabatéens, les autres soutenant qu'ils sont frères de 
l^oudmach, fils de Nabit, d'autres encore défendant l'un de 
ces nombreux systèmes conçus au sujet des générations 
précédentes et des sièclçs passés. D'après la chronique des 
Syriens et des Nabaléens, le premier ([iii régna sur ces 
peuples ol qui se plaça la couronne sur la léle fut un" 
homme appelé Chouçân. Tous les autres princes de la 



CHAPITRE XVm. 79 

A-IL* ^^ (J^J^' ki3_j-L* Ai c:*i>\Ji3t^ iajuJi^ (JVjSjIjj-wJ! 

^X^ Ajf x»^ ^JJJ.ii>^ diAiû ^ji Jl aJ(^ ^^3 jjjj 8.xJ^ SiKxj 
^^ aJC» (j-Aji^. »^1 i ^^^j^^' j>i^^ ^^ ^^ (js-i^ 

terre reconnurent sa suprématie. H régna seize années , 
imillipliant partout les violences et les désordres et répan- 
dant des torrents de san<;. Son fils Berher monta sur le 
Irône et y resta pendant vingt ans, jusqu'à sa njorl. Ensuite 
vint Sen)a(;ir, (ils d'Août, qui régna neuf ans. Il eut pour 
successeur Ahrinioun, dont le règne dura dix ans. Ce 
prince établit des districts, créa des cités, et s'appliqua de 
toutes ses forces à bien administrer ses provinces cl à y 
faire fleurir l'agriculture. Lorsque l'empire fut p.uvenu à 
un haut degré de prospérité, grâce à une ex(('l!enle admi- 
nistration, un roi des Indes entendit parler de la puissance, 
de la force et de la richesse des Syriens, qui voulaient 
s'emparer de toute la terre. Or, ce roi avait pris par la force 
toutes les principautés voisines de ses États dans l'Inde, les 
avait forcées à reconnaître ses lois cl à subir sou joug. Son 
empire s'éteudaii , dit-on , des frontières du Sind et de l'Inde 
dans la direcliou des pays de lio^t, (!<• ^li/nin, de Laas, d<> 
Dawer, en suivant le llcuve lleruicnd . (pii arrose le .Sedjes 



80 LES PRAIRIES D'OR. 

i*Xi6j ^-(>^ ^!/* t^j' <^ ^yj-=?' islr^- u^"^^""*^ ^"^j^ 
i A^■U^^;JOo^ ^Ai^j >6i4jU;>-5 ^jbû*«cSî; JJ^Î ^.U^ â.A£.j^\ 

ia^MO «.^JLj o^ju^ iul.irJoj (^Jva^^ (j?ïÀS'i Rj^m* yS^^ o«J»yi t«Xi& 
XAj wo«Xj r^/J5 ^jL» ô^.«c>^î *XAaj!j jL»ylj r'^yj' '^^ y^^ 

J^^ Ll>^ t>^ *j^ csb <^^* U*^' (J^ ♦^^'*-^;^l^ ^JJL^' ,^^' 
til-ÀMi ^j^j ^)<>sjw« (^ 5*î*Xxx) yl j_5Îj (j^ (*-â"*-*J »^^-*^'j «3sji-*Jt 

Lg-tdifcjbî «X-jLgJl J_;ût Jv^al <_>*X*j *.*-^ U-J" • J V^-î^**''^^ 

tâii et ne se perd qu'après un cours de quatre parasanges 
dans cette région. Aujourd'hui, l'an 332, ses bords sont 
couverts de villages, de jardins, et de lieux de plaisance 
apparlenatit aux habitants du Sedjestàn; il est connu sous 
le nom de fleuve de Bosl; il est sillonné d'embarcations 
qui se rendent de celte dernière localité au Sedjestàn, char- 
gées de vivres et de toute espèce de marchandises. Le Se- 
djestàn est, par excellence, le pays des vents et des sables; 
il est renommé pour l'industrie avec laquelle on emploie 
le vent à faire tourner les meules et à tirer des puits l'eau 
dont on arrose ensuite les jardins; il n'y a peut-être pas 
d'endroit sur la terre où l'on sache aussi bien en tirer parti. 
On n'est pas d'accord sur Tendroit où se trouvent les 
sources du fleuve Hermend. Les uns croient qu'il sort des 
montagnes du Sind et de l'Inde; d'autres estiment qu'il vient 
du même endroit que le Gange, dans l'Inde, lequel passe 
à côté de la plus grande partie des montagnes du Sind. C'est 
un cours d'eau rapide et impétueux ; ses bords sont rougis 



CHAlMTr.E XVII I. 81 

,j*<_j^=>- JLr>-j_j iC_jiL£ jL^l^j A-Jli JUrs- >iliUiû_5 fciUiJL» 
y_ywv*«js» A-y^UjI ^!*xIa'I_5 iiAjUJi dUUri (^ «xà^Jî ^.^jyUi 

^ j.^Iâj ^'\aJ (j^ <_,o)vXjij O^ilfcjj ^wJÎ <_,olj^ (^»Xfifc-) (j-^ 

du sang de beaucoup de dévots indiens qui se mutilent avec 
le fer et s'engloutissent dans ses flots, poussés par leur éloi- 
gnement pour ce monde et le désir de le cjuitter. Ces fana- 
tiques remontent le Gange et arrivent à un endroit où se 
trouvent de hautes montagnes et des arbres séculaires sous 
lesquels des hommes sont assis. Des instruments tle fer, des 
épées sont placés sur ces arbres et sur des morceaux de bois. 
Les Indiens se rendent dans ce lieu des provinces les plus 
éloignées; ils y écoutent l(;s paroles de ces hommes pré])osés 
au culte du fleuve, qui leur prêchent le renoncement au 
monde et les exhortent à entrer dans l'autre vie. Alors ils se 
précipitent du haut des montagnes sur les arbres et sur les 
instruments de fer dont ils sont garnis: leurs corps, brisés 
par la chute, s'en vont en morceaux clans le fleuve. Ce que 
nous venons de rapporter fait partie des praticpies auxquelles 
les Indiens se livrent sur les bords de cette rivière. 

On trouve dans ce pays un arbre que l'on peut compter 
an nondire des merveilles de la n.ilnre et des prodiges du 
II. 



82 LES PIUIRIES D'OR, 

i^jyj\^^;é^\ (j^ (jjXj U (;)--*^Î (j-« -xXaaÏ^ bUaii (jbji)l 

l_i&wJO jj (Sy^-i ^"^ ^^V*»* ''^^ (J^'^' "i lJ^>*^ UnfcSwxi^ (-il.Ji 
/j_c <_.vAÀJ (^^i-ï»- I«Xr^ ^1_^J5 & JÀjj' (^«>JI jî*>oiil ^^ >Vxu» 

AxkJb oJ^3 tXJL^J yl i^^jij t5/^î '■^^^•^ i^J^i^-i dV^^ o»j^ 

règne végétal. Il s'épanouit sur la terre en rameaux entre- 
lacés de la plus belle venue et du plus riche feuillage, et 
s'élance dans les airs à la hauteur des palmiers les plus gi- 
gantesques; puis ses rameaux se recourbent, et, prenant 
une autre direction, viennent s'enfoncer dans la terre, où ils 
pénètrent peu à peu jusqu'à ce que les rejets souterrains, 
égalant en longueur la croissance des rejets qui s'élèvent 
au-dessus du sol, deviennent tout à fait invisibles; puis ils 
reparaissent en nouveaux rameaux, ([ui montent d'abord 
comme les premiers, redescendent ensuite et s'ouvrent un 
passage dans la terre sans qu'il y ail jamais la moindre dis- 
proportion entre les branches qui s'élèvent dans les airs et 
se développent dans l'espace et celles qui se dérobent aux 
regards dans les entrailles du sol. Toujours est-il que si les 
Indiens n'étaient pas chargés de les émonder et de s'en oc- 
cuper d'une manière toute spéciale, pour des motifs qu'ils 
rattachent à la vie future, ces arbres couvriraient le pays et 
l'envahiraient entièrement. Ils offrent au surplus beaucoup 
de particularités qu'il serait trop long de mentionner ici. 



i 



CIIXPITHK XVni. 83 

U^j lTJ^^ ^^ ci' L>-^ ér» W*.^ ^>^^ J^^Jbj jLiL=wî ^^1 

c!_^L Uioj U 5^ l^^MÀiî c_>*Xjtj <XÀ^i_5 ^;-!t^ ^i ^3 

(^j ^ ^ À* n Jlj JjpjJaJl A««i<XJ>j ;jj!^^i)i jj »,A*>*j^ lf^i\j^>L 

mais qui sont connues de tous les voyageurs qui ont visité 
CCS contrées, où ils ont vu de leurs yeux et recueilli de leurs 
oreilles tout ce qui concerne ce sujet. 

Les Indiens, comme nous venons de le dire, se sou- 
mettent volontairement à de cruelles tortures, dans la 
ferme persuasion où ils sont qu'ils jouiront, à un jour 
donné, dans la vie future, de toutes sortes de délices, en 
compensation des tourments qu'ils auront endurés, par 
avance, dans ce monde. Il en est parmi eux qui vont trouver 
le roi à son audience et lui demandent la permission de se 
brûler. Celui qui l'a obtenue parcourt les marchés, tandis 
qu'on lui allume un grand bûcher auprès duquel se tien- 
nent ceux qui sont chargés de l'entretenir. Cependant ce 
malheureux accomplit sa tournée, au son des tambours et 
des cymbales, qui ouvrent la marche; sur son corps sont 
des vêtements de soie qu'il met en pièces; autour de lui 
se tiennent sa famille et ses parents; sur sa tête couronnée 
de basilic et toute scal|)ée sont placés des charbons, du soufre 
<'! d(! la snndarnfpic. 'r.'iiidis f|iic Icschaiisse ronsnmenl ainsi 



84 LES PRAIRIES D'OR. 

Jj-xjljcJI (jiij3 Aa^ .c y^^ T-^ <î<-iUi> -^Ijjj (iy^ <îoooU&^ 

*_«« i^_j_.Lx.ii »j_^-iJL> ^i^^pJl i«x.ift (j^-»^-« '•^i u^^»""^' dûs cj^ 

«>^JL£ (jy^-?.^ (Jvi^J^ Ci>^ •^'^J (îtÀjèi^ CiOjJi l«X^ ^^ (J**!^^-? 

jiji^ iL^XJUl (..^-aJs^ ^iLÀ,,.iw^) ^^^ iS^i ^wiL^Î «X^ ^J'^^J 
y\jv-iwii| ^_5-j al^î ^^ t^i-^J^?^ -UilJi ^-i^ ''Sîiji' iojjIsjJî 
bj—Io (_j*»-_X_ÀJl ^ c2><X_Sfcl^ yU^I <_.«->■ (j^ (JJ-^ ^ J-5"^ 

c:a_a ■À^-rC^ O^'AJ AjU.i4(î (j-« l^lj.ftj l^,oî^jjjfc. .^Jcàm*3 *XJL<JÎ_j 

lentement et que l'odeur de cervelle brûlée se répand dans 
l'air, il poursuit son chemin tout en mâchant des feuilles 
de bétel et de la haie faoïifcl (noix d'arec). 

La feuille de bétel se trouve dans ces contrées et est en- 
core bien plus petite que la feuille du basilic. On la mâche 
avec un mélange de chaux humectée et defaoafel, drogue 
Irès-estimée chez les habitants de la Mekke , du Hedjaz et du 
Yémen , qui , de nos jours, l'ont substituée au mastic, et que 
les chasseurs emploient contre les gonflements morbides 
et les autres affections de ce genre. La feuille de bétel , mâ- 
chée ainsi avec la chaux, raffermit les gencives, resserre 
les alvéoles des dents, communique à l'haleine une odeur 
agréable, arrête les humeurs froides pernicieuses, excite 
l'appétit et possède la vertu d'un aphrodisiaque; elle donne 
aux dents la teinte rougeâtre des grains de grenade, pro- 
voque dans l'âme des mouvements do gaieté et de bonne 
humeur, fortifie le corps et répand au loin un parfum suave 
et délicieux. Les Indiens, tant les grands que le peuple, ont 



CllAPlTUE XVlll. 85 

J^>\J^£. (^j^ (^'^■^■^ }j-^^^-^ **^J Jj^ l^vLajJi JoJl^ to^U? 

^jlaij J~tf>li" «Xi /j-tf jUa^iiî jjUx (j^j (^jv-j i î tX-xj^ (j\.jyj>âj^ 

en aversion la blancheur des dents et fuient la société de 
ceux qui ne font pas usage du bétel. 

Pour en revenir à notre patient, lorsqu'il a parcouru 
toutes les places publiques et qu'il arrive au feu qui doit le 
dévorer, il ne paraît nullement troublé; sa démarche ne 
trahit pas la moindre inquiétude, ses pas ne sont point 
chancelants. Il en est quehjues-uns qui, étant sur le point 
de tomber dans le brasier devenu un immense monceau 
de charbons incandescents, saisissent un poignard, appelé 
chez eux cl-djeri, et se le plongent dans le cœur, f/an 3o/i 
je me trouvais dans le district de Saïmour, dépendant de 
l'Inde et faisant partie de la province de Lar f[ui se trouve 
dans les Elats du lialhara. Le prince (|ui y légnail alors s'ap- 
pcîlait Djandja. On y comptait environ ch'x nn'llc musulmans, 
tant de ceux que l'on appelle heïarireh, (|ue de natifs de 
Siraf, de l'Ouiân , de Basrah , de Bagdad et d'auties contrées, 
qui s'y étaient n)ariés et s'y étaient lixés définitivenjent. 
Parmi eux se trouvaient des négociants d'une grande distinc- 
lion, tels (|ue IMoura , fds d'Ishak es-Sandalouni , f|ui était 



86 LES PRAIRIES D'OR. 

(j«^ 5X-c>^ c:*_jÎ5^ j~,»»*-x_j -^*X«s»j ptfu/i)) ttX^j /j»^*Xj <Xa^) 
^Uî ^j^ bi l^ <ù-giî_ji*«i i UÀ.03 U ^^ oUo <Xi_5 A^jLoci 

j.,!^viLlj L^iaJià i^iâLXj _jjt>^ &*Lis lgJL« tJ«>«^ »<X»j j^ O^a-fjij 
^^_j-<& A-j ^y^JijJL» «jsJj ♦^^jiy *^jW> ^î_j-=»'5 o^*^ <i^ W*^"^J 
(^Aiw ^]5/-=*- i.M*jî (0-^v^-« CJ-» tîlAiS (^Ui îiij jIàjî j, i^MtXkj 

alors revêtu de la dignité de Hezmeh, Abou Seïd-Marouf , fils 
de Zakaria, etc. etc. Hezmeh signifie chef des musidmans: 
car, dans ce pays, le roi met à la tête des musulmans un des 
plus distingués d'entre eux, auquel il délègue la décision de 
toutes leurs affaires. Par le mot beïaçireh, dont le singidier est 
beïcer, on entend ceux qui sont nés dans l'Inde de parents 
musulmans et qui sont tous compris sous cette dénomination 
générale. Me trouvant donc à Saïmour, je fus témoin du fait 
suivant : un jeune homme du pays venait d'accomplir les 
tournées que j'ai décrites plus haut à travers toutes les places 
de la ville. Lorsqu'il fut arrivé près du bûcher, il prit son 
poignard et le plaça sur sa poitrine qu'il fendit. Puis , intro- 
duisant sa main gauche dans la plaie, il saisit son foie, en 
tira un bout, tout en causant avec ceux qui rentouraient, 
le coupa avec le poignard, le donna à l'un de ses frères, 
comme pour témoigner hautement de son mépris de la mort 
et du plaisir qu'il ressentait à quitter la vie, et se précipita 
dans le feu. Lorsqu'un roi vient à mourir dans l'Inde ou 
qu'il est tué, beaucoup de personnes se biûleiit volontaire- 



CHAPITRE XVIIi. 87 

J^Jv-a^lj \^j^-:^a}\ i^iJjLtf. (j^*>os9 XJ3I /e-^^-Jbi ,j*LJl ^j^ 

tr* ^l>-^'^ ij^jJ^aJ\ Lg-fr'v-vw (;^ ^/-^ ''i■^^^ jW^5 iXÂ^^ 

tK-A-Mj, ^ JLiL; Jsjk^I viJjX* (j>« dUii i JsJÛ ^J^^ iXÀ^I 

l^^w^i io^^ i^^^*^? *XÀ^I ^jo^l ^j^ *xXJî î J«.i5 cLU" kilX^ J^ 

(j-j o-il^ «JoUnAjj QjviAjj ^^JuLJl iU.up »JÛ^ i<X^ Lui» (Jî 

nient. On appelle ces victimes helanâjeriyeh, au singulier 
helandjer, comme qui dirait: amis sincères du défunt, mou- 
rant de sa mort el vivant de sa vie. On raconte sur le fana- 
tisme des Indiens nombre d'histoires étranges (jui font 
horreur à entendre; le récit des tortures et des supplices 
qu'ils ont imaginés fait réellement frissonner d'iiorrcur; au 
surplus, nous avons longuement traité de ces peuples dans 
nos Annales historic|ues. Nous allons maintenant revenir à 
ce roi de l'Inde qui marcha vers le Sedjestàn pour envahir 
le royaume des Syriens, et nous ne pousseioiis pas plus 
loin cette digression à laquelle nous nous sutnmes laissé en- 
traîner. 

Le roi en question portait le titre de Zenbîl, qui est resté 
commun juscju'à ce jour (332) à tous les souverains de 
cette j)arlie de l'Inde. Aj)rès avoir soutenu contre les Syriens 
une rude guerre (|ui se j)rolongea j)endant environ un an, 
et dans laquelle son adversaire lut lue, il s'empara de loutes 



88 LES PRAIRIES D'OR. 

U ^-*^-^ aJCLoj ^*»J! (^ (^»XÀ.^i ^sy^>'^^ (jjvAJIj^^^l kilXo 

ij» ràîwjtJl ^Ù-X^^ *-rS-^ wlî 'r^ ti{y^ O^**^ *-aJî jL**i Aaj 

dUU^ P^ «Xi JjUs (JÎ HjjAà f^\ ijiàj il Lw.il> -jj ci^li 

ses terres et de ce qu'elles renfermaient. Il fut obligé de 
céder, à son tour, aux armes victorieuses d'un roi des Arabes 
qui s'empara de l'Irak et rétablit l'empire des Sjfriens. 
Ceux-ci reconnurent pour souverain un d'entre eux appelé 
Tastar, fils du prince qui avait été tué. Il mourut lui-même 
après un règne de huit ans et eut pour successeur Ahri- 
mon, qui exerça l'autorité suprême pendant douze ans. Il 
fut remplacé par son lils Houria. Ce prince s'appliqua à 
faire prospérer l'agriculture, s'occupa du bien-être de ses 
sujets et multiplia les plantations. II régna vingt-deux ans 
et laissa le trône à Màroub. Celui-ci fit reconnaître son au- 
torité dans tout l'empire qu'il gouverna pendant quinze, 
d'autres disent pendant douze ans. Après lui le sceptre fut 
déféré à deux princes, Azour et Khalendjas, qui étaient 
frères, à ce que l'on prétend. Leur conduite fut irrépro- 
chable, et ils se prêtèrent mutuellement assistance. On ra- 
conte qu'un jour un de ces deux rois, étant assis dans son • 
palais, vit sur le sommet de l'édifice un oiseau qui y avait 



ClIAPlTTiE \\ m. 89 

^xj »jUaJi •«'U>-_5 r!^' CiA-t^-wj l^jt^-dj A-^si <îo ^^^ (j-y"^ 

déposé sa couvée. Ses batleinents d'ailes et ses cris perranls 
attirèrent l'attention du prince; il observa avec plus de soin 
et découvrit un serpent qui s'eftbrçait de monter en ram- 
pant pour dévorer les petits. Le roi demanda son arc, et, 
décochant une llèche au serpent, l'abattit et délivra les 
volatiles. Quelques instants après, l'oiseau vint en batlant 
des ailes, tenant dans son bec une baie et deux autres dans 
ses griiïes; puis, se plaçant en l'ace du roi, il les laissa tom- 
ber devant lui. Le roi, qui n'avait d'abord prêté qu'une at- 
tention légère, reij[arda ces fruits avec attention et dit : 
« Ce n'est pas sans intention (|ue cet oiseau nous a jeté ces 
baies; sans doute il a voulu nous récompenser de ce que 
nous avons fait pour lui. » Puis il les ramassa; mais il n'en 
avait jamais vu de sembla])les dans son pays, l n savant de 
sa cour, témoin de son élonnement et de sa sur[)rise, lui 
dit : « O roi, il faut conlier ces grains au sein de la terre, ()ui 
en fera sortir les propriétés cachées, en sorte (jue l'on 
puisse apprécier en toute connaissance de cause ce (|u'ils 
contienncnl tl'utile ou di; nuisil)l('. » Kii conséquence le 



90 LES PUAIUIES DOT.. 

^^^^ »^]jjj Jj"*^^ ôjSliJlj j_f tXi »J^^^ ^x^ '^ ^ *^i>5^ 

i\JcJLs». (^ t^jjii^ Us A>v*_5 xk^ <r^ '^L^''^ ^^•^î ,^^J^ u^3 

iCiuS -^l_5j ^ CA..:*-ljj *)s.^)b Ciù^j 5jAxi£ iiAji)i jj jUo Lt<i 
SjJi-vw -e-J L«L-A-^ >\w«l^ l^làA^^ U^ljui wç-l Uj^l» Ijj-Î t5|>* 

*-Jpj CJ^-is^ (J^^' C^ *-^-^^rV^ t^J-? A-*w5j li)».£»-_5 X)Js-AJ 

prince appela des cultivateurs auxquels il donna l'ordre de 
semer les grains et d'en observer le développement avec 
le plus grand soin. Ils furent donc semés; puis ils levèrent 
et se mirent à grimper autour des arbres; ensuite ils produi- 
sirent du'verjus qui se changea en raisin. Les cultivateurs 
n'y prêtaient qu'une médiocre attention ; mais il n'en était 
pas de même du roi. Lorsque le fruit fut parvenu à sa ma- 
turité, ils n'osaient même pas le goûter de peur qu'il ne 
renfermât un poison mortel. Alors le roi ordonna d'en ex- 
primer le jus et de le placer dans des vases, après en avoir 
retiré les grains; d'autres grappes furent laissées dans leur 
élat naturel. Après que ces raisins eurent été pressés dans 
les vases, que le jus en eut été clarifié, comme il s'en exha- 
lait un bouquet très-prononcé, le roi dit : « Amenez-moi un 
vieillard cassé par l'âge. » Cet ordre ayant été exécuté, on 
apporta de cette liqueur dans im vase; elle était couleur de 
rubis, d'un rouge étincelant, d'une teinte admirable. On en 
donna à boire au vieillard, qui n'en eut pas plutôt avalé le " 
tiers qu'il bondit, desserra ses vêlements, battit des mains, 



CHAPITRE XVIII. 91 

^^i^ij Jji*Ii^ c-^<Xj cjij^î ijsjû lilUî JUi i^i-ÀAj Aj^i 

,_,wUd_j ^lil ^^wiJ! (ji ^' >iUjb JsAil JUi j.b^ ii\.-iJi (j5l^ 

j^îj <!oi dUi^ J\>>J-Î> Vir*^ Cî;.-<iî '«^ ^^J^i J^ Oij;-iiJl 
A_^^J«L£Î_5 f»_j-J^Î ^^W-J A.«.><iîji> :>l>^ (OJ^^-fJî ^jllxLw_5 (jj>^ 

secoua la tète, sauta sur ses deux pieds, se démena gaie- 
ment, éleva la voix et se mit à chanter. Le roi dit : « Celte 
boisson fait perdre la raison ; mais comment croire qu'elle 
soit un poison mortel? Voyez comme ce vieillard a été su- 
bitement rajeuni, comme son sang est entré en ellerves- 
cence, comme ses forces ont été doublées, comme il a re- 
trouvé la vigueur de ses premières années. » Puis il lui en 
lit donner davantage; mais alors le vieillard s'assoupit, de- 
meura immobile et s'endormit : on le crut mort. Quand il 
revint à lui , il redemanda à boire en disant : « A peine avais- 
je avalé cette li([ueur cpie j'ai senti mes chagrins se dissiper 
et (|ue la tristesse m'a abandonné. Certainement l'oiseau 
a voulu vous récompenser largement ])ar h; <\^n\ d'un breu- 
vage si précieux. » Le roi, voyant le teint Henri du vieillard, 
la joie cpii avait inondé son cœur, la gaieté ([ui contrastait 
avec l'état si pénible de sa santé, à un âge où la pituite 
règne dans le corps, la facilité de sa digestion, le calme et 
l'à-propos de son sommeil, la disposition pleine d'entrain 
de son esprit , s'écria : " Voilà bien la plus précieuse de toutes 



92 LES PRAIRIES D'OR. 

o«>ÂJS'b!_j ki^j-Hî (-j[^ ^^<^ Jlïj kii-^i (j-« Rxi\jt}\ sjue j^\^ 

A_<l»î ii-AjU dl.m AkH.*JùwU (^^^ ^J-**^. ^ *JjJ i t_.yuw*il 

^^JsjjjU_j (^:>;J (jvj ^i aKs-:> Wy^3 J^*»^^ «XjUU ^ (sy^3 

les liqueurs. » Alors il ordonna de multiplier les plants de 
vignes, ce qui fut exécuté; mais il interdit au peuple l'usage 
du vin , eu disant : « C'est une boisson de roi qui a été décou- 
verte grâce à moi; je veux donc être le seul à en boire. » Il 
en but en elTet pendant toute sa vie. Plus tard, la consom- 
ma iion du vin se répandit dans toutes les classes. On pré- 
tend aussi que Noé fut le premier qui cultiva la vigne. Les 
détails relatifs au procédé par lequel Iblis la lui déroba à 
sa sortie de l'arcbe arrêtée sur le mont Djoudi seront con- 
signés, s'il plaît à Dieu, dans le livre de VOrùjine des choses 
et dans d'autres ouvrages. 

CHAPITRE XIX. 

ROIS DE MOÇOUn ET DI2 NINIVE, NOMMES AUSSI HOIS ASSYRIENS; 
APERÇU DE LEUR HISTOIRE ET DE LEURS ACTIONS. 

Ninive est située vis-à-vis de Moçoul, dont elle est sépa-- 
réc par le Tigre, entre Ferda et Mazenda, deux districts qui 



CHAPITRE XIX. 93 

^iÀj^ j^jviÀji iuA*! _i^^ tjsj5 \}j:^^ ^ tsy^i X*oyl\j^(j^ 

tiJLUÛj «X-;^»^^ AaA.C Jo <\ÀjtXil j.iûUb^ l^_^>_j ^^ ikjySi^ 

tîJUjJî vX^ii î^iû (Jî <^_jL»j /e-C ,;;^t y*»JjJ (JV«J O^Jt» (.J^ 

cLA.^ L(û;^-w j_j>^^ iCÀ-j4>m 5Juû Uj ^j-. Jj! ^Ki iU*J!^ 

ij»y^\jf Qj ,j-_j.-t*fcj ^ JUù i^Jl_5 iJ_^! 2si c:*JÎ:> «Xi (y\lÀft 
(ji Jub^ ^r^^ Vjt/"*" Wy-*^ <^^^^ lil-Uî îtX^J cjjL^ «jjfct 

<e>4AA£ IgJC^bls -^«s«^ ^■«wi s!^^î SiXjtj t5_^-^AJ dix» -0^' /y^rJl 

relèvent de la ville même de Moçoul. De nos jours, l'an 332 , 
ce n'est plus qu'un amas de ruines au milieu desquelles 
sont des villages et des terres cultivées. C'est à cette cité que 
Dieu envoya autrefois Jonas, fils de Mati. On y voit encore 
les traces d'une enceinte et l'on y trouve des statues de 
pierre surmontées d'inscriptions. Hors de la ville se dresse 
une émincnce sur laquelle on rencontre une chapelle et une 
source que l'on appelle la source de Jonas le prophète; la 
chapelle est le rendez-vous d'un grand nombre de dévols 
et de fidèles. La fondation de celte ville et de ses roinparis 
est due à un puissant roi cjui ne tenait aucun compte des 
autres souverains et de leurs peuples. On l'appelait Bas- 
sous, fils d(! Balous : son règne ne dura pas moins de cin- 
quanle-deiix ans, pendant lesquels il eut à soutenir de 
longues (•! sanglantes guerres conlre son adversaire le roi 
de Mixjoul qui, à celle épof|nf', élail, dit-on, Sahik, fils de 
Malik, originaiic du Yémen. Après Bcssous, le gouverne- 
ment de Ninive passa à niic princesse iK)min(''e Srmiram , 



94 LES PRAIRIES D'OR. 

A-^JCxî (j.» i\-A-M*j ^wStelj /e«^fi liAAAÎi (jL» Wîj a<Xs».i_5 ii*yjij 
*X^j (j.4jiii ti)j.A^ AaJÎ CiObs-Jj^ iCi-u» (^JtJji i^y* ^ If^^ y^ 

qui se maintint, au pouvoir pendant quarante ans, sans 
cesser de faire la guerre au roi de Moçoul. Son empire s'é- 
tendait des bords du Tigre aux frontières de l'Arménie, 
dans l'Azerbaïdjàn , atteignait les limites du Djezireh, le 
mont Djoudi, ie mont Titel, le pays d'ez-Zawzân et d'au- 
tres parties de l'Arménie. 

La population de Ninive était composée originairement 
de ceux que nous avons appelés Nabaléens et Syriens, les- 
quels ne formaient réellement qu'une seule race, se servant 
d'un seul et même langage, puisque les expressions usitées 
chez les Nabatéens sont les mêmes que celles des Syriens, 
moins quelques légères différences d'orthographe. Pour en 
revenir à cette grande reine, elle eut pour successeur El- 
Arsis qui était, dit-on, son propre fds. Son règne dura en 
viron quarante ans. Attaqué par les princes arméniens, il 
soutint contre eux la guerre avec des chances diverses jus- 
qu'au moment où , la victoire» s'étant définitivement déclarée 
en leur faveur, ils eurent alors à lutter contre les rois de 
Mocoul. 



CHAPITRE XX. 95 

^i^j> *-^»-s^' ^-^ s ^j^\ ij^^p. isy^ ^^ ij-* ^ 

<^ij-*.**m 4MI ,X-«x (jJ cic ^' (JV*-ii (jj t^ (^y*-Ji_^i JLï 

On croit que El-Arsis fut le dernier roi de Ninive; d'au- 
tres disent qu'après lui le trône fut encore occupé par vingt 
princes de sa race qui payaient un tribut aux rois d'Ar- 
ménie. Au surplus, nous avons raconte l'histoire de celle 
dynastie, de ses actes et de ses guerres dans nos Annales 
historitjues et dans notre Histoire moyenne. 

CHAPITRE XX. 

DES ROIS DE BABEL OU NABATÉeNS , ET DES AUXr.ES PP-INCES CONNUS 



sous LE NOM DE CIIALDEENS. 



Voici cequedilAboul-Haçan-Ali, filsd.IIorcïn, fils d'Ali, 
fils d'Abd-Allah , el-Mac^oudi. D'après l'opinion généralement 
répandue parmi les savants adonnés à des recherches cons- 
ciencieuses sur riustoire des dynasties, Ips phis anciens mis 
de Babel lurent les prenn'ers .ni Mioii(lc(|iii (ircui prospcrei 
l'agritidlure. Les rois de la j)roiiii(r(' (Ivnaslic perse leui 



96 LES PRAIRIES D'OR. 

^ijîjJtîL îjLgjJ^ÀXr^I ^^JJlyû^ iCUv (JvXaw ^j^ I_j.^ «Jik« y\<* 

j.J5i> (j.« Î^j-aJO c-jLa^I t«X_£Û (j-< :>jo l^ »j*XÀ,*«(j iXj«>§Aw^ 
l^jv^j iLvJ^5_5 <j^yi (j-)Àil tiJj.U bj5i> JsJLc ^^I^IjUi».! 

gjbcj ^_^x]| v^^^ ''^■* «i ci^^ ^'j> ouî^^JI J^U (j^ 

enlevèrent ensuite le pouvoir, comme ceux de Roum l'ar- 
rachèrent plus lard aux Grecs. 

Le premier roi de Babel fut Nemrod , surnommé le puis- 
sant [el-(]jehhar), qui resta sur le trône environ soixante ans. 
C'est lui qui creusa dans l'Irak de nombreux canaux déri- 
vés de l'Euphrate; on lui attribue, entre autres, le canal de 
Kouta , le principal de ceux qui arrivent à Koufah ; il est 
situé entre Kasr Ibn-Hobeïrah et Bagdad, et parfaitement 
connu de tout le monde. Plus bas, dans cet ouvrage, nous 
parlerons avec détail de ce qui concerne l'Irak, lorsque 
nous traiterons de la première et de la seconde dynastie 
perse, et des satrapes en général. Pour le moment, le but 
principal que nous nous proposons en écrivant est de 
donner un aperçu chronologique de l'histoire des diffé- 
rentes dynasties, et de remettre en ménioire ce que nous 
avons exposé dans nos précédentes compositions. 

Nemrod eut pour successeur Belous, qui garda le trône 
environ soixante et dix ans. Ce fui un prince puissant, aux 
allures pleines de violence et d'orgueil, dont' le règne fut 
ensanglanté par de longues guerres. Après lui, l'empire fut 



cil \ PITRE XX. 97 

(j-« 'j-^ jj*«ji*v^.»*< 5 iXxj kiiX« Aji o^}'^' vi ^^^ iiÂAw ioU» (j^ 

jj^-«w 5*Xxj vilX* ioo iU^w /wj-ifci (j-« ^.>^ viii 5»X*j liiX^ 

(3l 

gouverné par Fioiimnous, qui tyrannisa le monde pendant 
près de cent ans. 11 fui remplacé par Saousous, qui tint le 
sceptre pendant quatre-vingt-dix ans environ. Puis vint 
Kourouch, pendant près de cinquante ans; ensuite Azfar, 
dont le règne fut de vingt années. Il eut pour successeur 
Sanila, qui se maintint au pouvoir pendant quarante ans, 
ou plus encore, suivant d'autres. 11 fut remplacé par Bous- 
mis, dont la vie se prolongea pendant soixanle et dix ans. 
Son successeur Anious resta sui' le trône trente ans environ. 
Après lui Aflaous ne régna (|ue <juinze ans. Il légua la cou- 
ronne à Alhalous, (|ui la porta environ (juaranle ans. Ou- 
marnous, qui en prit possession après lui, la garda pendant 
près de trente ans et la transmit à Kelous, (jui en jouit pen- 
dant le même nombre d'années. A sa mort, Sibferous 
monta sur le trône et y resta quarante ans, ou même plus, 
suivant d'autres versions. Son successeur Marnous fut rem- 
placé, après un règne de Irentc ans, par Oneslalini, qui 



98 LES PRAIRIES D OR. 

kiLX-< <3 &j\:>jÀs- ^ ij*'j\i liJjA^ (j-* y^Lo S>]j.xs iU^ cjv'ïj;^ 

gouverna lui-même pendant quarante ans. Après lui, Ame- 
noutous exerça le pouvoir suprême pendant cinquante ans, 
et le laissa ensuite à Tebaoulious, qui en jouit à sou tour 
pendant. un autre demi-siècle. I! eut pour héritier Alâdâs, 
qui, après un règne d'environ trente années, laissa la cou- 
ronne à Atirous. Ce prince dirigea les affaires de l'empire 
pendant soixante ans et fut remplacé par Saouças, dont 
l'administration ne dépassa pas vingt années. Son succes- 
seur, Farbanous. tint le sceptre pendant cinquante ans, ou, 
suivant d'autres, pendant quarante-cinq ans seulement. A sa 
mort, Souça Adrinous monta sur le trône et l'occupa environ 
quarante ans. Un des rois perses vint l'attaquer jusque dans 
le cœur de son palais. Masrous, son héritier, régna pen- 
dant cinquante années. Après lui, Tàtàious exerça le pou- 
voir suprême une trentaine d'années; puis il le transmit à 
Tâtâous, qui le conserva pendant près de quarante ans. Le 
règne de son successeur, Afrous, eut la même durée. Laou- 
cis, qui le remplaça, gouverna pendant cinquante ans. 



CHAPITRE XX. 99 

8^-iio û«X*j vilX/» AJ' (j*,*XJi4l t— A.AJ ^) (_5«Xj! yi^^ iiÀAw (jvaAj 
»»«» i^ S*Xx_) tLLAwo AJ) di.Ji ^j^ Jo) J^y i\À.*w ^JjAAj uifcjL« 

d'autres disont pendant quarante-cinq ans seulement. En- 
suite vint Afrikris, auquel les uns atlribuent un règne de 
cinquante, d'autres disent de quarante-deux ans. Ensuite 
Mantourous deoieura vingt ans sur le trône, où il fut 
remplacé par Foulakasma , qui n'y resta pas moins de 
soixante ans. Durant un règne de trente-cinq, d'autres disent 
de cinquante ans, son successeur, Hankeles, eut à soutenir 
de longues guerres contre un des rois de Saba; c'est, du 
moins, ce qui est rapporté dans la Chronique ancienne. Puis 
vinrent successivement iMerdjed, qui régna trois ans; Mer- 
douh, qui régna quarante ans, ou moins, suivant d'autres, 
et Sendjarih, fjui tint le sceptre pendant trente ans; c'est 
ce prince (jui marcha contre Jérusalem. Il laissa la couronne 
à Nechouh-Menoucha, (jui la porta trente ans, ou moins en- 
core, dit-on, et la laissa à Bokht-Narar, le |)uissant, dont le 
règne lut de quarante-cinq ans. Apres Eermoudoudj , (|ui ne 
resta guère qu'un an sur le trône, vint lientasfour, dont le 
règne sf prolongea pendant soixaiilc ans, on moins, suivant 

7- 



100 LES PRAIRIES D'OR. 

fciLL* iO-J \jJi*S. J-«3 (:3^-*^ ij^ y^ ^y^y**XA di.)c« A^ dUi 

(-•<.■.»». -^O dLV.^ A,^' |>JCJ>_^ >1r*^ iùe^tMJ' iXawVaIsv^ dA<X« /oo <\À.w 

(3) 

^^Â.iU WM>.£ c^^ 9 XLw )iyii*^ iV*^ T"***^' JU d^X^ <0iO ^wÀ.4W 

'hÙ\jD^ jO^jUvwI 4_^ Uaj\ ^«Xii tyj,^i *i|^^4à ^^^_jJU«Jll Jlï 

d'autres. Mansous, son successeur, gouverna l'empire pen- 
dant huit années, ou même dix, à ce que l'on prétend. A 
sa mort, Maoûça ne garda le pouvoir qu'un an, ou moins 
encore, et fut remplacé par Dâounous, qui régna trente et 
un ans,' ou moins encore, suivant d'autres témoignages. 
Après lui vinrent successivement Keçerdjous, pendant vingt 
ans; puis Martiâçeh , pendant neuf mois, au bout desquels 
il fut tué; puis Fenhast, pendant quarante et un ans; puis 
Ihtarast, pendant trois ans, ou, suivant d'autres, pendant 
deux ans et deux mois ; puis Châriâs , pendant un an 
ou seulement neuf mois; puis Durions, pendant vingt, 
d'autres disent dix-neuf ans. Enfin les rênes de l'empire 
passèrent aux mains de Dàrou-Eliçâ, qui les dirigea l'es- 
pace de quinze ans, suivant les uns, do dix, suivant les 
autres. 

Les princes que nous venons d'énumérer, en indiquant 
la durée du règne de chacun d'eux , se trouvent nommés 
dans les anciennes chroniques. On leur doit l'érefction d'édi- 



CHAPITRE XX. 101 

'jjj-À-=»-j ji_j-Mi ijyj-J_j y^î l_j>jJ^-«j y^AxJî 'j*>yV<i (iy.J«>^-Ii 

V^JI aj^ \^S^\^ oys-Ji ly«43j u^^'^ J^ (^ ^^ 
c^wUJL <_>^ (:jsj|^ ^y<*^i iXjlsUi^ Jy^ii (j^ JJj>^^^ 

t_j^x4 U^ Wi)'y ^ ^^5 (j^ ^^j ^j^ JJT l^j^ yL«*j:)t 

fices importants, la fondation de plusieurs villes, rétablis- 
sement de nombreux districts; ils ouvrirent des canaux, 
plantèrent des arbres, creusèrent des puits, défrichèrent les 
terres et exploitèrent dans les montagnes les mines de fer, 
de cuivre, de plomb cl d'autres métaux; ils fabriquèrent 
des épées, préparèrent des ressources pour la guerre, ima- 
ginèrent des ruses et des stratagèmes pour les combats , 
créèrent un système militaire et un ordre de bataille régu- 
lier, avec un centre, une droite, une gauche, de* ailes, le 
tout en imitation des membres du corps humain: une classe 
d'hommes distincte était attachée à chacune d(; ces divi- 
sions, sans pouvoir être remplacée par aucune autre. Les 
drapeaux du centre j)crtaient l'image il'iin éléphant, d'un 
tenniii ou de tout autre animal aux proportions colossales; 
sur ceux de la droite et de la gauche étaient représentées des 
bétes féroces de grandeur naturelle et de dilTér(;ntes es- 
])èces. Quant aux drapeaux des ailes, ils avaient pour em- 
blèmes des bétes fauves de la plus petite taille , telles que des 
panthères, des loups, etc. etc. Sur les étendards des troupes 



102 LES PRAIRIES D'OR. 

Js_ij pUvJi (jjJj ïj.ùi^^ «^ÀAâJîj »;-4-5j (jbUJS^ iî_^**Jî 
dLXj c:;^ Cj5.>^ »U-iî ^J^JJ^Sy\ ^JÎT i AJviwIi l^l>^l 

»-_i_5 yLA-^u^^iJ ^LM»-ÀJi JL«.*Uv!_5 jjj^-mJI c:*l5_5i_5 tJjJaJl^ 

légères destinées aux embuscades on voyait des serpents, 
des scorpions, ou tout autre reptile aux allures cachées. 
Dans la peinture de ces drapeaux entraient le noir et cha- 
cune des* autres- couleurs, au nombre de six, quelques-uns 
disent de huit: le noir, le blanc, le rouge, le jaune, le vert, 
le bleu de ciel. Elles étaient réparties suivant les exigences 
de la nature du sujet: toutefois le rouge était généralement 
prohibé, sauf pour quelques légers détails de dessin dans la 
plupart des ligures d'animaux représentés sur les étendards. 
Sans doute , disent-ils , rien n'était plus logique que de teindre 
en rouge tous les drapeaux de guerre, puisque c'est la cou- 
leur la plus semblable au sang, et qu'il était d'ailleurs très- 
convenable d'adopter pour tous une seule et même nuance ; 
mais on ne le voulut pas, parce que cette couleur est deve- 
nue comme une livrée de cérémonie et de joie, tout à lait 
de mise dans les moments de réjouissance, qu'elle est spé- 
cialement affectée aux femmes et aux enfants, qu'elle est 



CHAPITRE XX. 103 

(j^JS j^l*M-« j-o.aJI (jwwsa. fj\j »iJJi> li)^- k_Ai5-^!^ Lgj ^j^yiÀii 

jl^^-^l (J-. dUi <x.>_j U_5 jl_j-ji/! t-wji^^ [^jjifà^ ^^bU^Jl^j 

X-xXjuj ^^\.j<^l\^ iijJus}]^ &y.*àJl^ Hj.^ ^j^ ^yj^ljSU. 

gaie et agréable à voir; il fallut donc y renoncer. Ils 
ajoutent que le sens de la vue est sympathique à la couleur 
rouge, puisque chaque fois que l'œil aperçoit cette couleur, 
sa pupille se dilate; et que, tout au contraire, lorsqu'il 
tombe sur la couleur noire, sa pupille, bien biin de se dila- 
ter, se contracte : ce qu'il faut attribuer, dans le premier 
cas, à l'alTinité qui existe entre la pupille de l'œil et la cou- 
leur rouge, et, dans le second cas, à l'antipathie (pii se 
trouve eu Ire cette même pupille et la couleur noire. Ces 
mêmes auteurs se sont livrés à des discussions approfondies 
sur le classement des couleurs telles (|uc le rouge, le noir, 
le blanc et autres, et sur les différents degrés d'intensité 
de la lumière; puis, abordant les problèmes les plus cu- 
rieux qui se laltachent à ce sujet, ils ont clierché a définir 
exactement les limites de cette affinité mystérieuse qui existe 
entre la pupille de l'œil et les couleurs rouge et blanche, 
comme aussi de celle antipathie qui lait que la pupille de 
l'œil repousse le noir entre toutes les couleurs, telles que le 
rouge, le verl, le j;iuu(;, b" blanc, (.'le. Une Ibis lancés dans 



104 LES PRAIRIES D'OH. 

ces observations, ils se sont élevés jusqu'à Texamen des 
corps célestes, comme le soleil, la lune et les cinq autres 
planètes, en constatant la différence de couleurs que pré- 
sentent leurs disques; puis ils ont passé aux autres globes 
aériens. Nous avons reproduit ces théories dans nos ouvrages 
précédents, et nous avons donné des détails circonstanciés 
sur les faits et gestes des rois de Babel dans nos Annales his- 
toriques et dans notre Histoire moyenne. Ces princes, sui- 
vant l'opinion de plusieurs auteurs, descendaient soit des 
Nabatéens, soit d'autres races étrangères. Il y en eut parmi 
eux qui subjuguèrent les rois des Perses, dont Baikh était 
la résidence. Au surplus, nous avons mentionné plus haut 
ce qu'il y a de plus important dans ces événements. Plus 
loin, dans cet ouvrage, nohs présenterons, si Dieu nous le 
permet, un résumé de l'histoire des Nabatéens et des diffé- 
rentes races qui en descendent. 



CllAlMTUE XXI. 105 

JJlm l^Ltoi lois», i^j^ L^w^î Ajwoyîj U^ ^;l»^ i l^Ujj 

cr«j-SJ^! y-£>^ pi5 ^^î Ajl A»CJj ^j^ /»-4>-* -5^ ^.^^ (*^" 
yû c:^^_^^aJ ^1 ^.^_L< xLjUa c^wt^i *>^J>^ -p^JOi ç-y^i^ 

ij^ Jji yû U.A^i yii ^y (^ pLw (^ pj5 (jj ' ^^-^ (^ j^î 



CHAPITRE XXI. 

r.OlS PERSKS DE LA PREMIERE EPOQUE; RÉSUME DE LEUR HISTOIRE 
ET DE LEUR RÈGNE. 

Les Persans, partagés entre diverses croyances, éloignés 
de leur pays natal ou disséminés dans leur patrie, mais 
très-attachés au maintien de leurs généalogies, cju'ils se 
transmettent de génération en génération et de père en fils, 
rapportent que leur premier roi lut keyomert. Là com- 
mencent Icuis divergences. Les uns croient (juc Keyomert 
était le fils aîné d'yVdam; d'autres, mais c'est la minorité, 
le considèrent comme le père du genre humain et le prin- 
cip(! de toutes les races; d'autres, enfin, l'identifient avec 
Omaïm, UlsdeLawed, lilsd'Aram, (ilsdeSem, lils de l\oé. 
En effet, Oraaim i'ut le premier parmi les enfants de Noé 
(|ui s'étahlil en Peise, contrée on résidait keyomert. Les 



106 LES PRAIRIES D'OR. 

dUj> Joûl Lfii i^à's.l] 4^<M*J! yl^j (O^Tr-S'» [•«^-*i'j S^AAi^ J^iûl 

c 
Ks-'^-*:» '^b^ yi_j<XjtJ|j kJûJlj »X*w.iI^ ^LxaJS ^^ !_jA*.S» 

(jj^-A<aJj ioiAXil <JS^e»-î t^jX«b A, S <XAi^).iî i)| ^ia^^aJ ii w^^l 
«XaAÀj tj fS\«>.4*' ^jI^'* ty)j>^ji (jwUiihSi ^U*».3iJl -i^j-o^j (€v*^.=7' M^ 

p 

5wj«X^ ù\Mt.i ^^jiA Sww<Xaj jCw*4^ ^^V.o Î^'v* «-.^AjiJ) ij ^^^x* 
!«X.i5 «^ij L^i iL$»^i iLiAxii ^.iLn-il j-w^lsJ ^^ Swjl^ «X*i*i 

Persans rejettent le déluge de Noé. On prétend que les peu- 
ples qui vécurent entre Adam et Noé parlaient le syriaque 
et qu'ils n'obéissaient à aucun roi, bien qu'ils habitassent 
le mêuie pays; Dieu sait la vérité, keyomert n'était donc 
que le premier et le plus puissant parmi ses contemporains. 
Voici le motif qui les détermina à choisir un roi et à se 
donner un chef. Ils reconnurent que la révolte, l'envie, la 
tyrannie et la haine sont innées chez l'homme, et que la 
crainte seule peut le ramener au bien. Examinant attenti- 
vement la création, les lois qui régissent le corps humain et 
l'honniie, être sensible et intelligent, ils virent dans le corps 
ainsi constitué un appareil de sens destinés à porter à une 
faculté particulière, dont le siège est dans le cœur, des no- 
tions qu'elle reçoit, qu'elle transmet et qu'elle répartit, 
malgré la diversité de ces notions. C'est à cette faculté que 
le corps doit son salut; si elle dépérit, tout le reste dépérit 



CFÎAPITHE XXI. 107 

b^j^ij Uy^î_j UA^àji oOi l_^tf_5 (^-JrS* J*^"^ (<N*^ fAX« (Jî 
0jj kii^t Ij^i /e-o^ii KÎ^j\yj (j^jMSji.\\ jj jj^-aJ^ IàxjI A-i^X?^ 

avec elle : la force et l'harmonie de l'organisme sont dé- 
truites. Ils comprirent que, si ce monde en miniature, c'est- 
à-dire le corps terrestre et mortel, doit son salut à cette fa- 
culté supérieure, de même une société ne peut vivre que 
sous l'égide d'un roi (|Lii la dirige et lui impose le respect 
de la justice et l'obt-issance aux lois dictées par la raison. 

Ils allèrent donc trouver Keyomert, lils de Lawed, lui 
exposèrent la nécessité pour eux d'avoir un roi équitable, 
et lui dirent : « Tu es le plus grand et le plus noble parmi 
nous, tu es le dernier rejeton de notre père commun et tu 
n'as pas d'égal dans ce siècle. Prends en mains la direction 
de nos affaires et deviens notre chel"; nous le ])romeltons en 
retour respect, obéissance et absolue soumission à tes ordres. » 
Keyomert, agréant leur demande, leur fit jurer, par les ser- 
ments les plus solennels, qu'ils lui obéiraient et renonce- 
raient à toute tentative de révolte. Après avoir placé la cou- 
ronne sur sa tête (et ce fut lui qui introduisit cet usage 
paiiiii les boriimcs), il leur adn'ssii le; discouis suivant : « l.a 



108 LES PRAIRIES D'OR. 

i_^ju»Aiî_5 Li.* J*XjtJl» Ijjiii yii.A*Jr ^^-»^_5 J-ci*.Ji f^ t5*>J' 
(J*(\juI f»X.3? »^-*<w*j| Ly**^ iy^^ii Lcis liywOj-V <J>? (fc*J (♦^J 

(jî Ij5^5i_5 iiAMjilîj ^jU>Jî jUi-î UjlxS'i JJi ^^ Ujoi *>J 
iotA,A]aS! <Xaw\jJ |«\.*iaJl «XÀ£ jj^x*M.JL >i^l (j>^ J^î _jjû i±>j^..ffS 
^jrtpjUJi ^Ji>M^J^ \*Sju\ ^j-t ^i i^ Lf 0*\^î ,Aaa.A^ l-<Ja-»*Jij 

tlurée du bonheur dépend de la reconnaissance qu'il ins- 
pire. Glorifions Dieu , remercions-le de ses bienfaits et de- 
mandons-lui qu'il les augmente. Implorons son aide dans la 
voie qu'il nous a tracée. Puisse sa sainte volonté nous ac- 
corder ^'intelligence qui fait régner l'ordre et l'harmonie 
clans le monde! Ayez confiance en notre justice, observez 
les lois de l'équité , et nous vous conduirons vers ie but glo- 
rieux auquel vous aspirez. Que Dieu ait pitié de moi et de 
vous ! » Keyomert associa constamment à son autorité les 
plus pures vertus, et sa justice assura le repos et le bonheur 
de ses sujets pendant tout son règne. Les Persans rattachent 
à l'usage de porter la couronne un sens mystérieux que 
nous passerons ici sous silence, parce que nous en avons 
parlé dans nos Annales historiques et dans notre Histoire 
moyenne. 

On l'apporte que Keyomert fut le premier qui prescrivit 
le silence pendant le repas. La nature, disait il, reçoit ainsi 
la pari qui lui est due, le corps prolite des aliments qu'il 



(.11 \PITRE XXI. 109 

Jt i>y^ (^*50^ ijy^^ -IjiIaJi _^À.o Js.sta.1 ^j.^ f^=^ ^!5X>o <5uJ 
Xjyj Uj I-^aavUj U IJsjLM ii>oUil ^Uàc^JI tj.. Sj^j JyJii 

i^ t5:>^i J^^.--^ i»>0 *^ÀJ5 »>^i AJtio'oJî ^j*JlJI -\3;L)Lo 

prend. Les esprits vitaux retrouvent alors le calme; chaque 
membre est apte à concourir, par l'absorption des sucs ali- 
mentaires, au bien-t'îlre et à la santé du corps; le foie et 
tous les organes de l'appareil digestif reçoivent leur nourri- 
ture, et toutes les fonctions de la vie sont régulières. Au 
contraire, si l'homme, quand il mange, est chstrait par une 
préoccupation quelconque, la digestion se trouble, les ali- 
ments sont inégalement répartis, et il en résulte un mélange 
et un trouble très-préjudiciables aux esprits vitaux et à la 
santé. A la longue, ce désordre doit amener une scission 
entre la faculté pensante et raisonnable cl le corps humain; 
la pensée l'abandonne et il devient incaj)al)le de se conduire 
avec discernement. Les Persans ont, en outre, sur les liens 
(jui unissent l'àme au corps, de mystérieuses théories qui 
ne peuvent trouver place dans ce livre. Nous les avons d'ail- 
leurs rapportées dans noire ou\rage intitulé le Secret de la 
rie et dans notre livre des Dcqrés , en distinguant l'àme par- 



110 LES PRAIRIES D'OR. 

iîULA-*ajiîl qwwÀJLJÎ^ ioiioUii ,j*k.A.ÀX5 b^Si *KÀ* ^Jl1j}\ cjUS" 

!*>V_A-« A-3) tl jJ.-J^J3 <_^iVt~r. C1>>.^aJj ^ 0**"^^^ wi*.Ji> M_5^ 

<î(Jl.>_jj_5 j..^ LK'l?^^' 3^J (j^'^' c:>Uj JJU (.:>-«.j AJÎj ,.^«*M,jJl 

lantederâme irascible, sensible, appétilive, etc. Nous avons, 
enfin, cité l'opinion de tous les philosophes, anciens ou mo- 
dernes, sur celte question. 

On n'est pas d'accord sur la durée de la vie de Keyomert; 
les uns croient qu'il vécut mille ans; d'autres, moins. Quant 
aux Mages, ils ont de longues légendes relatives à ce roi, 
qu'ils considèrent comme le père des hommes; ils disent 
qu'il germa, lui et sa femme, sous la forme d'une plante 
nommée reïas, et que leur nom était Chabeh et Menchabeh 
(c'est le Mechia et Mechiané du Boundéhech). Ils débitent, 
à ce propos, d'autres contes qu'on rougit de répéter, comme 
le récit de sa lutte avec le diable, etc. Keyomert habita la 
ville d'Istakhr, dans le Fars, et régna quarante ans, ou un 
peu moins. 

Son successeur fut Ouchendj (Houcheng) , fils de Ferwal , 
fils de Siaraek, fils de Yernik, fils de Keyomert. Ouchendj 
résida dans l'Inde, et son règne fut de quarante ans, ou d'une 



CHAPITRE XXI. lli 

l^5S\il c:;-, U)j|^ j ^1 ^^j v::,r,^U2Jlj c:,ii;i^ij c:,!^j<Xi,i 
<_^-aaw iUoiij ^ 1.4JUaÀ3!_5 iUoAÀj L,JUaJÎj L,jI;L«w4 l^xkï^ 

'.f'-'f^^ lià^ï^^U^i iijsjui (j-»jb^i (j^^UJi i ^yÇ, u 

W'»'^^^ »UX' ji^^j j^-»^.!! f^'j^ cijUS^i! Iol.«*AJÎ_5 kjl-^Jî 

durée moindre. Les avis sont partagés sur ce roi : les uns le 
disent frère de Keyomcrt, fils d'Adam, et les autres le don- 
nent comme fils de Keyomert. Il laissa la couronne à Tah- 
mourct (Tahomers), lilsde Nouhédjihân, fils d'Arlaklichad, 
fils de Ouchendj, qui habita Sabour. Sous ce règne parut 
Boudasf, fondateur de la religion sabèenne. Il proclama que 
la source de toute noblesse, le bien abs(jlu et le j)rii)cipe de 
la vie étaient dans les cieux, et que les astres, en se mon- 
trant ou en disparaissant, réglaient les destinées de ce 
monde. La sortie d'un astre hors de sa sphère, sa marche 
dans l'espace, sa jonction ou la séparation des astres sur un 
point de la sphère générale, déterminaient, selon Boudasf, 
tous les événenjcnts de ce monde, la durée de la vie, la com- 
position ou la dispersion des éléments primordiaux, l'achè- 
vement des formes extérieures, l'apparilion ou l'absorplion 
des mers, ('/était, enfin, dans les planètes et leurs sphères 
([u'il pl.icail le moteur suprême. Par ces doctrines, et d'au- 
tres encore (pic nous oniclloiis |)0iir éviter les longueurs. 



112 LES PRAIRIES D'OR. 

*-ftl7 t_>JsJC>ls jl:s?ill_5 ^l-LoXiwill «Xï». ^yS. âJus^ T r^ ^-^ 

JûA^ilj :>^J (^j (Ô^^^ (O^^ <i ^Aj[^^ yj.Àjly« iÏAjUaJl 

yli^Is A-_jUj ^ yl^ AJÎ J~*-*3 0«j^J Jv-V! y^j 5^ 5_j-s».l 
i5UX-« i2>^ cijJsj^.) XiL»^ tj J5J.AÀJÎ (jî (J*iIàjI (jw4 wwO c»»-£^i>j 

J^_A_J»j ii-À-Aw iijU c>— w viLAiû (ji Jî 5r JJ^ (j^-* t5>***^ 

il séduisit un grand nombre d'esprits faibles. On considère 
Boudasf comme l'auteur du sabéisme professé par les Har- 
raniens et les Kimariens. Cependant ces derniers forment 
dans le sabéisme une secte c[ui diffère de celle des Harra- 
niens; ils habitent entre Waçit et Basrah, dans l'Irak, non 
loin des étangs [Bataïh] et des marais. 

Après avoir régné trente ans (mais ce chiffre est contesté), 
Tahmouret mourut et eut pour successeur son frère Djem 
(Djemchid), qui résida dans le Fars. Une tradition place le 
déluge à cette époque; d'après une autre tradition plus 
accréditée, ce fui Djem qui institua le Nirouz (Nôrouz) et 
ses cérémonies, sur lesquelles nous aurons occasion de re- 
venir. Telle est l'opinion d'Abou Obeidah Màuier, fds d'El- 
Motanni, qui s'appuie sur le témoignage d'Omar-Kesra, per- 
sonnage qui dut à sa connaissance de la Perse et de ses rois 
le surnom d'Omar-Kesra. Djem mourut après un règne de 



CHAPITRE XXI. 113 

»tX*j i^-L« /ftJj iLjso_j-j^i ^ii^ /j_g,-lî_5 &_xÀj^l_5 ^LjUoÎI 

dlXo <»jl^ L.ï».L« ^^ <}oij W*^ ''^^ u*^-*^' '-^^j SiH*''' cj^ 
i»jc_j ij^^' i (3^^ -JuLw u>Jî (j^ xJLo (jîj iiA**«.Jî j-c-îis^i 

six cents ans, ou de sept cents ans et six mois. Il créa dif- 
férents arts, l)âtit de nombreux monuments, trouva des 
procédés nouveaux et voulut être adoré comme un Dieu. 

Il eut pour successeur Biourasp , fils d'Arvvadasp, fils 
deRidwan, fils de Habas, fils de Tah, fils de Ferwal, (ils 
de Siamek, fils de Bars (Farès), fils de Keyomerl. 11 est 
nommé aussi Dèhak, nom qui a été complètement modifié 
et que plusieurs Arabes prononcent Ed-Dabhak. D'autres 
le nomment Bohrasf, ce qui est une erreur: son véritable 
nom est Biourasp , comme nous l'avons adopté. Les histo- 
riens s'accordent à dire que Djem mourut par son ordre. 
L'origine de Biourasp est diversement rapportée : les uns 
le. croient de race persane, les autres de race arabe. Cette 
dernière opinion est adoptée par les Persans; ils disent que 
Biourasp était un magicien qui se rendit maître des sept cli- 
mats, qu'il régna mille ans et désola la terre par sa tyrannie 
et ses cruautés. Les légendes de la Perse entrent dans de 
longs détails sur ce roi et rapportent (|u'il est étroitement 



114 LES PHAIRIES D'OH. 

f^yMé^ J.5' ,_M^ J'^IaÏ^-U (^£ (J~*J (J*'y-*''' (J~* T^"*^ t-^iÛi <XJ5_J 

ii)U.^)l <îui *XÂi (^<XJ| »j.AJi !*Xi£) Jotrs- y^Jvj"'^ (jî *;^*^ 

l«X_iû tXjt-J 5ij|_5»j U> C^«*M.=»- (^ yljS»v_g.JLî »Wwu_5 A 1*X-A£ 

attaché par des chaînes de fer à la montagne de Donba- 
wend (Démavend), entre Rey et le Tabarestân. Biourasp 
est aussi mentionné par certains poètes arabes, anciens et 
modernes, entre autres par Abou Nowas, c(ui, en sa qua- 
lité d'affranchi de Saad el-Achirah le Yéménite, se glorifie 
de ce que Dahhak était originaire duYémen. Voici ce pas- 
sage : 

Un des nôtres fut Ed-Dalihak (jue les cliameaux et les animaux fé- 
roces servaient au milieu de leurs pâturages. 

A Biourasp succéda Aféridoun , fds d'Ankiad , fds de Djem , 
roi des sept climats. Ce fut Aféridoun qui s'empara de Biou- 
tasp et l'enchaîna au mont Donbawend , comme nous venons 
de le dire. D'après l'opinion des Persans, ou de ceux qui 
ont étudié leur histoire, comme Omar-Kesra et d'autres 
auteurs, Aféridoun institua une fête pour célébrer l'anni- 
versaire de la captivité de Dahhak. C'est ce qu'on nomma 
Mehrédjân, ninsi que nous le dirons plus tard, on citant dif- 



CHAPITRE XX [. 115 

JI.JU |tnJliJ^l » JsJÛ ^^3 ^_j^ ibjjj ^},\ oUi^ j^nAS^I IJvfûj JoLj 

«-jIa'xÎI oUii:> «J^lj ij^''*^'^^^ cX^l^j-A»*-^ iij_5^jjtLi iiÀj«xil 4j^ 

-0^ C^S*-^' JLAjii ^-.*-:S? ojJtJ c^-v^ ^^A^' 5<Xtf> ^^ ii,*^^^i 
A—gJ ^La^Î ^ }LkM*.]\ (J-. (^lïjî J, :iy^*l\^ (_gjUaÀJl SiXAOJij 
(J-» ^^Jà^J^i■) Ig-AJ i^i (jv^J ^S^Ji »*>^-^ (^ (j\**ôil| j.^ iil_5 
^j*.ljJ! ^j^j^ij >_^i^ 3'jtr^ ciVjU» <Xi ylxij_j ^*Xj^_j r»3.^j 

férenlos traditions sur co sujet. La capitale (rAféridoun était 
Babel; la conlrée qui porte ce nom le doit au village de 
Babel, situé sur lui des allluents (canaux) de l'Euphrate, 
à une heure de marche de la vilh; nommée Ponl-de-liabcl , 
ctdeNahr-cn-Ners, oîi Ton rabri([ue les étoiles tlites ncn/jc/j. 
Dans le même village se trouve le puits du prophète Daniel, 
que les chrétiens et les juifs viennent visiter à certaines 
fêtes de l'année. Le voyageur remarque dans le voisinage 
des monceaux de ruines et des débris d'édifices en forme 
de tertres. Plusieurs personnes croient que ces ruines re- 
couvrent les doxw anges Ilarout et Marout, mentionnés dans 
le Koran, d'après l'explication que le livre tlivin donne du 
nom de Babel. Aféridoun régna pendant cinq cents ans, el 
la durée de son règne a été exagérée ou diminuée par les 
auteurs. Il partagea la terre entre ses trois fils: c'est ce que 

8. 



116 LES PRAIRIES D'OR. 

^^ v.„i-^]âxîi <ii j*ib<ci*j| <_vjji^ (Ji -j^j — !|j -.L**_JI l-JLLîtri 

(>—s^j>-} W^^-^ iiJ^A.JÎ i>!5\A.à A — î tiJj-jJî ^jt-s- p._^iaJ^ 
<ji c:a„jLa.aï>1 J*-J^ ^^■' (j'^ J^-iy!^ (_/>iîaifc bj.jis ^■^9 (ja(UAÎ_j 

^«^IoUavÎ^ •^y?} ci' /i\\ai^l 1^^ iiil^i iÏAJUJ cjIaMI î*k^ ^j.» 

j— j-rtiiJIj »— ^^ UJ^ J^-'*'* ^-^ ^iXj M*Àji Ap^Xurs-^ f^^ 

dit un poète d'origine persane, qui vécut après la prédica- 
tion de l'islam, en parlant des trois fils d'Aféridoun : 

Nous avons, dans noire siècle, partagé notre royaume, comme la 
viande est partagée sur l'élal. 

Nous avons cédé le pays de Roum et la Syrie, jusqu'à rOccidenl, au 
vaillant Selm. 

A Touh, nous avons donné les Turcs qui obéissent à regret. 

Pour Iran, nous avons conquis le royaume de Perse, et nous l'avons 
comblé de nos bienfaits. 

Les faits qui précèdent ont soulevé des discussions. On 
croit, par exemple, que le pays de Babel fut donné àlredj, 
fils d'Aféridoun, mais que, Iredj ayant été tué par un de 
ses frères, du vivant d'Aféridoun, il ne put régner et ne 
doit pas être compté au nombre des rois. Nous rapporterons 
plus loin les circonstances qui prouvent que ce pays dépen- 
dait d'Iredj , et nous expliquerons comment l'usage ayant 
remplacé la lettre djim par un noan, on prononça Irân'-chehr ; 



CHAPITRE XXI. 117 

^J-l^-**' J-J^ (:J-^ ^>^ C:^* (-.«-«*^-*v; (^ <_,wiytAjLg ^ ii);^J ^ 

le mot chehr signifie royaume. Aféritloun eut pour succes- 
seur Alenouchelir, fils criràn , fils d'Aféridoun , ou, d'après 
une variante que nous avons expliquée ailleurs, fils d'Iredj, 
fils d'Aféridoun. Il régna à Ba])el pendant vingt ans et fut, 
dit-on, contemporain de Moïse, fils d'Amràu et de Youchâ 
(Josué), fils de Noun. Sur les guerres qu'il eut à soutenir 
avec Touh et Selm, ses deux oncles meuririers de son 
frère, on peut consulter nos ouvrages précédents. 

Le successeur de Menouchehr (ut Sehm, fils d'Abàn, (ils 
d'Ankiad, fils de Nouder, fils de Menoucliehr, qui régna à 
liabel pendant soixante ans ou davantage. Nous avons men- 
tionné, dans nos Annales historiques, les longues guerres, 
la vie et le gouvernement de ce roi. Le trône fut ensuite 
occupé par Firasiab (Afrasiab), fils de Basir, fils de Ray 
Arsân, fils de Yourek, fils de Saniasp, (ils de Basasp (Kr- 
chasp), filsd(; Nonli, (ils de Doiircliiiiii , (ils de Touli, (ils 



118 LES PRAIRIES D'OR. 

i^Okii cj^ A-^\ff t-A^i Lv (_^ ^IM>^ (jl^j <X>-J' ^-J^ (*~^* ^J-f^i 
^5 ii.ÀA« iijWxjji (j*.LU) (^y~* yAx.^ <XÀ£ *j-5^ RXmh \Ji ^ (^^1 

/vj IwÀawL^ /*J 33 iX^A^ v.,g,ib iMX^ (j-« CaAà. «xA-w v*wnfi 4^'->' 



d'Aféridoun. Firasiab naquit dans le pays des Turcs, ce 
qui fait dire à tort à un écrivain , auteur de chroniques et 
d'autres ouvrages, qu'il était d'origine turque. Firasial) gou- 
verna pendant douze ans les provinces qu'il avait conquises, 
et l'on px'étend qu'il vécut quatre cents ans. La douzième 
année de son règne , il fut attaqué par Zou , fds de Beliasf , 
{ils de Kemdjewher, fils de Herasf, fils de Raïdenj , fils de 
Roâ, fils de Basir, fils de Nouder (Nouzer), fils du roi Me- 
nouchehr. Après une lutte acharnée, Zou défit son rival, 
tua ses partisans et remédia aux dévastations commises par 
Fiiasiab. Le récit de ces événements et tout ce qui con- 
cerne les expéditions et les invasions réciproques des Perses 
et des Turcs, la mort de Siawukhs, l'histoire de Roustem, 
fils de Dasitàn , est raconté avec détails dans le livre intitulé 
Sehserân, traduit de l'ancien idiome de la Perse (pchlevi) 
en arabe, par Ibn el-Mokaffa. On trouve dans le même ou- 
vrage l'hisloire d'Isfendiar, (ils de Bostasf, (ils de Bohrasf, 



CHAPITRE XXI. 119 

çtij^yi jU^SXXm] ^jJ (j^^y? J^ 11.»-» (jo Uj *i (jvJCwi ^ f*^^ 
j__^ v_X-^-w ^— t'-*^ (^^"^^ CJ-*J^^ i^ '^^ <^-^ U/jI <Xij 

^jjI^L aJ y\^ ^ji J^jtj (j^i^,^ jlw ^J^^ jvij ^jlxp ^i^i 
^^J^! JX« ^j\^^ *UwJl t_^;.iS?J sUj yUvj *tMi ^ji t^ :>^ 

^^»cwwJ3 .Xjyî AX>_j4i iJ-^-S^ (>^'<^' k^ A**xs^^ Sj.Mé\s j^ AAji 

^j.4 Jl_j 1— g-Ao! ^j^ 1^^..^ A_Jl (J***^ C^(^ (^»XXa«( I4J JUj 

qui lut tué par Roustcm; le combat dans lequel Rouslem 
péril de la main de Baliman, (ils dlsfcndiar, et plusieurs 
autres épisf)des merveilleux de Thisloire primitive de la 
Perse. Les Persans font grand cas de ce livre, à cause des 
renseignements qu'il fournil sur Thistoire de leurs rois et 
les mœurs de leurs ancêtres. 

On croit (jue Keykaous fut le premier roi qui transporta 
sa résidence de l'Irak a iJalkli, qu'il enxahil le Vénien (juand 
il se révolta contre Dieu dans l'Irak et bâtit un édilice des- 
tiné à combattre le ciel. Le roi du \énu'n, à celle épocjue, 
était Cliammar, (ils de Yeràch; il marcha contre Iveykaous 
et le condamna à une rigoureuse caplivité; mais Soda, fille 
de Cliammar, s'élanl éprise du roi vaincu, adoucit son sort 
et celui de ses compagnons d'inloilunc, à l'insu de son 
père. Après quatre ans d'esclavage, Keykaous lui délivré 
par Uouslcir) , lils de Dasilan, (jui sorlil du Scdjeslàn avi.'c 



120 LES PRAIRIES D'OR. 

5^_**^|0i^ (j.5o ^j jj*.jIJLaJ> _j.jûj *>-AJ^ <X>- dlUJ (^ '^-^Ai 
Aj y3.A.C«.J îyl^ -^.xJ! *^yû_5 v^«-wl^^ i ^i.Ut cKx-4 c^^A^ 

OoJi I Jv~flJ i ^Livî^ii- 5^U1 ^j^j-A,i3 AA.CW.J dl)«X"S_5 i_ÀJI^ 

quatre mille soldats, et tua Ghammar, fils de Yerâch. Key- 
kaous rentra dans son royaume avec Soda dont les charmes 
l'avaient séduit, et elle lui donna un fils qui fut nommé 
Siawukhs. On connaît l'histoire de ce prince avec Firasiab 
le Turc , Taccueil qu'il reçut à sa cour, son mariage avec la 
fille de Firasiab, qui donna le jour à Keykhosrou; enfin, les 
événements qui amenèrent le meurtre de Firasiab par Key- 
kaous, celui de Soda par Roustem; la vengeance qu'en tira 
Siawukhs et la mort de plusieurs chefs turcs qui en fut le 
résultat. 

D'après les légendes locales citées par l'auteur du Seki- 
serân, Keykhosrou aurait eu pour prédécesseur sur le trône 
son aïeul paternel Keykaous. Keykhosrou , étant mort sans 
postérité, fut remplacé par Bohrasf (Lohrasp). Les rois de 
cette dynastie habitaient Balkh, siège de leur empire; le 
fleuve de Balkh (Oxiisj était nommé par eux Kalef, et il a 
conservé ce nom chez plusieurs peuplades éliangères du Kho- 
raçàn. Balkh perdit son rang de capitale lorsque la couronne 



CHAPITRE XXI. 121 

aJ^Kê A.^Xtfwj <^A-*JSjJ 5j.A*Jl (^yi.Nfcja-îj i^Ls'i^^xs dJil :>Ui 
O^a.-*-^ i j5i_5 Lû^i JjJa-j ,ja-*^lii /o-jx^ >i ool^j i^XjJl 

^^.AiwjSis *x_ï^ <\À-w Qj^-i^^ iùU *IX.« ^J^^ ^^jJLl^ j.:^!^ 
»Xxj Sjlij »Xiw! (j^^ &j\ia.s^\ ^ <t.^i^ ^j\^ U^ cih.>J| 5U« aX}CX^ 

passa à Houmayeh, fille de Bahman, fils d'Isfendiar, fils de 
Bostasf; car celte reine s'établit en Irak, dans le pays de 
Médaïn. 

Keykhosrou, fils de Siauukhs, fils de Keykaous, eut 
pour successeur Bohrasf (Lohrasp), (ils de Keyoudji, fils 
de Keymas, fils de Keynasin, fils du roi Kobad; il rendit 
ses Etats fiorissanls et gouverna ses sujets avec sagesse et 
justice. Deux ans après son avènement, les Beni-Israël 
furent persécutés par lui et dispersés sur la terre; mais il 
serait trop long de raconter ici l'histoire de ses rapports 
avec ce peuple. D'après certaines traditions locales, Boh- 
rasf hàlil Balkh la Belle, dont le territoire bien arrosé et 
couvert d'arbres et de prairies l'avait séduit. Son règne 
dura cent vingt ans. Les anciens chroniqueurs de la Perse 
ra(-ontent dans quelles circonstances il (ut tué par les 
Turcs qui étaient venus l'assiégei-, cl pai- cpii sa mort fut 
vengée. 

Pliiï^iciirs auteurs hicu iuslidils de riiisioii*- de la Perse 



122 LES PRAIRIES D'OR. 

^^v»wi_j (j«kXJ»_L! Ci^.-A_J -^i_5 *l^i ^_5 tâ*^^ ^3 iii.^ii ivXiû 

Os^^ l..<-^J)_5_j >5'^-^^' (j^ i4^.>-L> t*«i^l.o j' j":*/),;,} >^**».^ <Xjb^ 

X-jjls" y_.g_À>o ^•ij.j^ ijj^ii tii Joî^^l ^.■' IjLiLAg J^;?" ^\^ 

D*i*X.*il <->.AJ <ji ^jÎ^*«i) ^j i^ i_AA.iw cXjISj iljLiji l^^J jUij 

prétendent que Bokht-Nassar (Nebuchadnessar) lut le mer- 
zebâii de Bohrasf, dans l'Irak et FOccident, qu'il envahit 
la Syrie, prit Jérusalem et emmena les Israélites en capti- 
vité; du reste, l'histoire de ce chef en Syrie et en Occident 
est bien connue. On le nomme ordinairement Bokhl-Nassar, 
et les conteurs ou romanciers débitent une foule d'exagéra- 
tions sur son compte. Les astronomes , dans leurs Tables , et 
les historiens dans leurs Annales, en font un roi distinct 
et indépendant; mais, en réalité, il ne fut que le merzehdn 
des rois désignés ci-dessus , et ce mot signifie le chef d'une 
partie de l'empire, un général, un ministre, le gouverneur 
ou l'intendant d'une province. Après avoir conduit en Orient 
les tribus captives d'Israël, il épousa une jeune fille juive, 
nommée Dinazad (Hassada.**), qui fut, plus tard , la cause du 
retour des Israélites à Jérusalem; on dit, d'autre part, que 
Dinazad eut de BohrasI, lils de Youstasf, pkisieurs enfants. 
Mais tous ces événements sont diversemejil racontés. Ainsi, 



CHAPITHI': XXI. 123 

<îuUj ^»j' t^-**»^^' k-*.:s.lA» jj*._j.^\AJaj ^j! k>vj_j oi.*wU-jj />ji 
<-JUj t-^ra-lo (j^jù' ■?'jl_5 S^*^^ U-JJ-^J"^^^ '-^^^-^ *^^ «Xjsi./o 

d'après certains récits, Houmayeh était d'origine juive par 
sa mère; Bohrasf avait d'abord chargé Senjdarib, son lieu- 
tenant dans l'Irak, de faire la guerre aux juifs; mais, après 
l'insuccès de ce chel", il l'aurait remplacé par Bokht-Nassar. 
Nous donnerons plus loin d'autres détails sur Bokht-Nassar, 
lorsque nous raconterons le règne deBahman, hls d'islèn- 
diar, fds de Youstasf, fils de Bohrasf. Plolémée, l'auteur 
de l'Almageste, commence la chronologie de son livre à 
l'époque de Bokht-Nassar, le merzobàn de l'Occident; mais 
Taoun (Théon), (|ui a écrit le Canon asIiDnuniifjUi', prend 
pour point de départ le règne d'Alexandre, (ils de Philippe 
le Macédonien. 

Youstaf (Gustasp) régna après son père et résida à Balkh. 
Il était sur le trône depuis trente ans, lorsque Zeradeclil 
(Zoroaslre) , lils d'Kspimàn, se présenta devant lui. On dit 
que Zeradcclit était lils de Bourschasf, fils de Federasf, lils 
d'Arikdasf, lils (h; lledjdasf, lils dr- Jl.ikl.icli, (ils de lîalir, 



124 LES PRAIRIES D'OR. 

iU)^L o^^«i5 cjU^L i^bî t^ JJî '.,j«^:s^iî iSr^y^i (jW^^' 
^j^ c:^l_;L^Urî (j_A^.i-!_5 J^JU>Î SyûlAJî c:*|j^^L ^à^.}^ 

O'ij-^*- «i (j^^^ (»^i' cJj'«*-5 ky* "^y^ i^'-'^ (i^ l^w^ t5«^5 

fils de Arhadas, fils de Herdar, fils d'Espimàn , fils de Wan- 
dest, fils de Haïzeoi, fils de Ii edj , fils de Dourchirin, fils 
du roi Menouchehr; il était originaire de rAzerbaïdjân, et 
sou nomie plus ordinaire est Zeradecht, fils d'Espimàn. II 
fut le prophète des Madjous (Guèbres) et leur apporta le 
livre que le vulgaire appelle Zemzemeh, mais dont le vrai 
nom, chez les Madjous, est Bestah (Avesta). Zeradecht capta 
la raison de ses prosélytes par des miracles; il leur révéla 
les événements généraux ou particuliers qui se cachent dans 
la nuit de l'avenir. En d'autres termes, ses prédictions em- 
brassaient à la fois l'ensemble des événements futurs et les 
faits particuliers, comme la mort ou la maladie de telle 
personne en tel jour, la naissance de telle autre à telle 
époque, et d'autres prédictions du même genre. La langue 
du livre révélé par Zeradecht ne renfermait pas moins de 
soixante lettres, or aucun alphabet connu ne se compose 
d'un plus grand nombre de caractèixs. Les détails datis les- 



CHAPITRE XXI. 125 

Jo^ <-*lai». fi-^3 fi-^^^ \<y^ (j^ \ii,j^^ jji^s] t^lxMîjoLw 
o^-wilyj jjl^ i3A»(j.5ii3 (jU^i jUiw! LLjIaj i jJJi (_^2 Uaj! tXi 

C««JOft «J^MkjCji «.A^M^Ua j.AamJIjJI (^ ^^ ^X^» l«j \j\j^ ^ C>^^))j 

<Xa^j^ «X£^ Aaï <_^«XjL> *>J.r=>- v.jJt wii»& ^^i jj <_>Ia^Î IJsJÛ 

l*X_.i6 <Ji ^_j.4SJi_5 ,j*-j-jL!L îil.x-«i I4J JUj çjUiîi Î*X.££) ^j-« 
/o^ cX* AJ »Vam^ ^;^,«us! J^^yi v^'j ^J-^ oS/*ï? ^ c;oyi 

quels les Madjous entrent , à cet égard , sont reproduits dans 
nos Annales historiques et dans l'Histoire moyenne. Comme 
le peuple prononçait difficilement et ne comprenait pas les 
mots de ce livre, leur prophète, ainsi que nous le dirons 
plus loin, indépendamment des explications qu'il donna 
dans son livre, y ajouta un commentaire, qu'il expliqua 
ensuite par un second commentaire; le texte entier, tracé en 
lettres d'or, forme douze mille volumes. Il renferme des pro- 
messes, des menaces, des prescriptions et, en général, tout 
ce qui concerne la loi civile et religieuse; ce livre devint 
le code des rois perses, jusqu'à l'époque où Alexandre, après 
avoir tué Dara, jeta au feu une partie de l'ouvrage. Plus 
tard, lorsque, succédant aux chefs des satrapies, Ardéchir, 
fils de Bahek , monta sur le trône, l'usage s'introduisit de 
lire un des chapitres, qu'ils nomment isnad; encore aujour- 
d'hui , 1rs (iuèbres so bornent à réciter ce chapitre. Quant au 



I2(i LES PRAIRIES D'OR. 

,»«»,« 13 ^^w ^*"«w^ U»..ji> Vi U^».*wj ».A**fcÀJCJ) wA^m^ÀaJ KiiA^w fcA j 

kilJ jo tiJlAjii>j.^î '■^■=?' ^^^■*'*"9 (O^-*-* çy^^ ^$«^"-^3 2^_j^'** 
<Xa^ (jlx*<*j^j (6^*-* "^^j M^ tJ9^^!? î^jo «Xi^ ^\.*b lîJâÀsfc. 

livre primitif, il est nommé hestah. Pour en faciliter l'intel- 
ligence , Zeradecht composa un commentaire qu'on nomma 
zenda; il rédigea plus tard un autre commentaire qui fut 
nommé bazciid; enlin, après sa mort, les docteurs de cette 
religion donnèrent une glose et une explication nouvelle 
des deux commentaires précédents, c'est ce qu'ils nomment 
baridah (boundehech). Les Guèbres ne sont pas encore par- 
venus à retenir par cœur tous leui's livres révélés; aussi leurs 
savants et leurs hirheds se bornent à en apprendre des frag- 
ments, par exemple, un septième, un quart ou un tiers. 
Un de ces prêtres commence par réciter le fragment qu'il a 
retenu, un second reprend à son tour, puis un troisième, 
et ainsi de suite jusqu'à ce qu'ils aient complété leur récita- 
tion en commun. Ceci démontre qu'il leur est impossible 
d'apprendre cet ouvrage en entier; on cite cependant un 
guèbre dû Sedjestân qui, postérieurement à l'année 3oo de 
l'hégire, le i^écilait par cœur et intégralement. Youstasf régna 
cent vingt ans avant d'adopter la religion des Mages, puis 



CHAPITRE XXI. 127 

'■i^^ (J^ <^' (J<W ^^^^ U^* »lÀiA:>_5 ^ r^'*^ '^ U^"* <-^î/'**'^ 

il mourut. La prédication de Zeradecht dura trente-cinq 
ans, et il mourut âgé de soixante et dix-sept ans. Il fut rem- 
placé par Khanas (?) le Savant, originaire de l'Azerbaïdjàn, 
et le premier mobed qui reçut l'investiture des mains de 
Youstasf. 

La couronne passa ensuite sur la tête de Bahman, (ils 
dlsfendiar, fds de Youstasf, fils de Bohrasf; il lit la guerre 
à Rousteni, maître du Sedjestân, et le tua lui et sou père 
Dacitân. 

Ou dit que la mère de Bahman était une femme juive 
de la famille du roi Taloul (Saul), et que ce fut Bahman qui 
chargea Bokht-Nassar, son gouverneur dans Tlrak , de coni- 
haltre les Israélites, ainsi que nous l'avons dit déjà. Bahman 
mourut après un règne de cent douze ans. On prétend que 
ce fut sous ce roi que les Israélites, après une captivité 
de soixante et dix ans ;i B.divlnnf, relom lièrent à .lérusa- 



128 LES PRAIRIES D'OR. 

diXo a»>w« ^J\^^ Alli. jjs^^l JUjî:s ^J^^ J^}^-^^ ^ (j-* owl^ 

(_aJc-^5 li |*lft l*X-tf> (.r-^^j J^^î u^j^' d)yU (j^ u^^^yb 

^.Jij ^_d^jî_j .^_j^ (j.j> y^^^^p^l JLoii^ iv^iXAJi i^rjî^JS 



lem, et que Korech le Perse gouvernait alors l'Irak au nom 
de Baliman qui résidait à Balkh. On ajoute aussi que Ko- 
rech était né d'une femme juive et que Daniel le Jeune 
était son oncle; on évalue à vingt-trois ans la durée de son 
règne. Mais d'autres historiens ajoutent que Korech fut un 
roi particulier et indépendant de Bahman, qui d'ailleurs 
avait cessé de régner à cette époque, et ils le classent parmi 
les rois perses de la première époque. Cette opinion est loin 
d'être partagée par tous les historiens anciens. Quant à Da- 
niel l'Ancien, qui vécut entre Noé et Abraham, on lui attri- 
bue diflerentes sciences, des prédictions embrassant tous 
les siècles jusqu'à la (in des âges, et concernant les diffé- 
rentes monarchies du monde et les événements de chaque 
année, de chaque mois et de chaque jour, selon les preuves 
fournies par l'astrologie. On lui attribue aussi le liitab el- 
Djefr. Les Israélites, après leur retour à Jérusalem, retirè- 
rent la Torah et leurs autres livres saints de l'endroit secret 



CHAPITRE XX [. 129 

OyXj c:Aj\s^jl»*X.iXwi 0j (^ye\^ "^^V ''^?W~ t^-^JS-* /o>S LL<*Xi 

L^ U^3 l^iJ)ltf J-iûiJ x»uU--J! iO*-.^ oo\<j ^jiil dJ^ 
^1 ^iLL« aJ liiJi (^^A.^5! JysJj ÀÀ^ (j^-'-^-b' (j-fy-? W^' *^*i* 

jL»*XÀiA»i! ^ (jo^ (i^ l;'"^ {j-^ b''^ "^^^ '*^ '-^^ 4)"*^ U^^ "^^^^ 
^j U^M)'-^ /*4^^«J cj-« Jj^S ''^'■j î'i^.i'» Sjii <^-<^*^ U*L>'^'j 

t->b x)wj L^ ^xa.JS^j yU.»v^i3 JU^r" (jS ;^ (i^i çjUavLj 

^j «Xi^ cSyJ' vW*»*!^ S^ ^ j^^^^ (3-^ ^x^j dUi »Xxj 

OÙ ils les avaient enfouis , ainsi que nous l'avons raconté 
(t. F, p. 118). 

Houmayeh , fille de Bahnian , fils d'Isfendiar, connue aussi 
sous le nom de sa mère Clielirazad, régna ensuite el sou- 
tint plusieurs guerres contre les Grecs et d'autres peuples. 
Elle exerça le pouvoir, après son père, pendant trente 
ans ou plus longtemps, et gouverna son royaujue avec sa- 
gesse. Son successeur fut son frère Dara, (ils de Bahman, 
fils d'Isfendiar, et celui-ci, après avoir régné pendant douze 
ans à Babylone, fut remplacé par Dara, fils de Dara, fils 
de Baliman, fils d'Isfendiar, Ce roi, qui, dans l'ancienne 
langue de la Perse, est nommé Daraïous, fut tué, après un 
règne de trente ans, par Alexandre, fils de Philippe le Macé- 
donien. 

Voici encore une autre relation : Lorsque Menoucbehr 
fut vaincu par Firasial) le Turc, il s'enfuit et se retrancha 
dans les montagnes du Taharestàn ; puis il revint avec 
une armée non)breuse, attaqua Kirasiab, qui avait coDcpiis 

II. y 



130 LES PRAIKIES D'OU. 

jLo dJii yi^ Sy^l] ^joj\ Jl <-jj^ rf)Xi!:^\ (^vs i^J^^ ^|^*Jî 

-_fW-J liè^Xs».) t_>ljW4wK.â X}yÀ^ Uj_J (J'^'^Î ^v5 (_^ (^JvJjUÙL^ 

Ajj-iwI Lvj-«*)ij OJLH'^'^ Vb ^ J"^"^'-5 ^ ^j\m^ çjlA-wIwiJL 
vAjUaJÎ ^jvjtj.jL» (^i_j«.xiî (j.;?^^.^-iJi j^&-ls ^_^'yî gj-« <_>UawIjJ 

l'Irak, et le refoula clans le pays des Turcs. Menouchehr eut 
pour successeurs au trône deux frères, ou, selon d'autres, 
deux rois associés et unis par une mutuelle alliance qui 
rendirent à l'Irak son ancienne prospérité et remédièrent 
aux désastres de l'invasion. L'un se nommait Babmasf, 
fils de Kenjeher, fds de Warzak, fils de Houmasf, fiis de 
Wahadask, fils de Dous, fils de Menouchehr; l'autre était 
Kerchasf, fils de Yemar, fils de Tamahasf, fils de Achk, fils 
de Fersîn, fils de Iredj, fils de Menouchehr. Kerchasf sou- 
tint la lutte contre Firasiab, tandis que son allié, que les 
habitants de l'Irak nomment Zab, répara les dévastations 
commises par Firasiab dans ce pays. Il creusa le lit des 
deux fleuves, nommés, comme nous l'avons dit ci-dessus, le 
petit Zab et le grand Zab. Ils sortent de l'Arménie et se 
jettent dans le Tigre, le grand Zab entre Moçoul et el-Ha- 
diteh , l'autre dans le district d'es-Sinn. Zab laissa son nom 
à ces deux fleuves et à un troisième, qu'il dirigea vers le 



CHAPITRE XXI. 131 

AJuUa *XJLC dJyXj] j^\Mj Os«>. ^ I4XJÛ >i|r^_j ^y^ (iJ^ J"*^**^ O^ 

LJHui tjv»^^ i^L. J! ^^^AJ)^ dUlirî Jo^^ ;>>UJI i jjj-»<..^^5' 

Sawad de l'Irak; puis il créa sur son parcours trois districts 
{laçoudj], riches en fermes et en cultures, et y porta la ferti- 
lité au moyen de roues hydrauliques. Tous ces travaux exis- 
tent encore aujourd'hui. Lorsque l'aïeul de Keykhosrou, 
c'est-à-dire Firasiab, (ils de Bouclienk, fils de Nahet, fils 
de Nachmir, fils de Turk , fut tué à Serwerrân, dans l'Azer- 
baïdjân (ce Turk , qui est le père de tous les Turcs, était, 
dit-on , un des (ils de Yareb, fils de Touli, fils d'Aféridoun; 
nous avons déjà rapporté quelques opinions sur leur ori- 
gine), Keykhosrou étendit ses conquêtes jusqu'en Chine, et 
il y bâtit une grande ville, qu'il nomma Kenkedcr; elle de- 
vint la résidence de plusieurs rois de la Chine, qui ont, en 
outre, Anmou et d'autres capitales; cependant quelques 
auteurs identifient Kenkeder avec Anmou. On rapporte aussi 
que Keykaous fonda la ville de Kachmir, dans l'Inde, et que 
Siawukhs, du vivant do son père Keykaous, fonda la ville de 

9- 



132 LES PRAIRIES D'OR. 

V.JL.X-M» L4fo UûjJÎ -JsJUl «XJumJI ijpj\ (j~* yUï»-wjJtl iiJotX^ 

jj-jL\j_j cjUIjiJ) (j55\jCi».^Xj 5j^^i ^^ 50 *XJ U»j IgMOk-ww^y* 

^_jL*m b;5l>j U**jbl i ^^^^^ UJJv '^ Ij' 5*i^ UjIxS'I^ 

Mehredjàn, dans le Sind, dont il a été fait mention précé- 
demment. 

L'histçire détaillée de ces rois a été donnée dans nos ou- 
vrages précédents ; nous n'avons voulu présenter ici qu'un 
résumé rapide destiné à rappeler ce qui avait été développé 
ailleurs. Les différences qu'on a pu remarquer dans notre 
narration, les opinions opposées, les récits contradictoires 
que nous avons accueillis dans ce chapitre, prouveront sans 
doute au lecteur que nous n'avons rien négligé pour grou- 
per autour de notre sujet tous les systèmes qui ont été pro- 
posés. 

CHAPITRE XXII. 

DES CHEFS DES SATRAPIES QUI ONT RÉGNÉ EN PERSE ENTRE 
LA PREMIÈRE ET I.A SECONDE ÉPOQDE. 

On a longuement discuté la question de savoir si les 
chefs des Satrapies tirent leur origine des Perses, des Naba- 



CHAPITRE XXII. 133 

^ jlUL ^jX* (^j (jv^ijLii/i cil y^iU^s» iy^ ^j^^ U^ ^' 

tK y^ IJ^^^^J^^^ (jl«Xx4«*U^ y!*>s.$^ «Xjjl^j^ j^jjJî :>^ 

Cî)^V^ *jLiJ Jo^Xi ^jU^I /O^^L ^^.«W-) OUfcJi l*\-tf> (J^ dX« 

tr* ^j—f!^^ ''^-iSj' ^j^ <^yJ>-«5 *l*i^ (jjj <Xj^ (i^ *>^^ aaJI 

téens ou des Arabes. Au rapport de plusieurs historiens 
qui ont fait une étude particulière de l'antiquité, après 
qu'Alexandre, fils de Philippe, eut tué Dara, fils de Dara, 
chaque gouverneur s'empara de la province qui lui avait été 
confiée. Alexandre entra en correspondance avec ces chefs, 
dont les uns étaient Perses, les autres Nabatéensou Arabes. 
Sa politique tendit à les désunir et à les isoler, en encoura- 
geant leur usurpation locale, afin que l'empire, en proie à 
l'anarchie, ne pût retrouver l'unité dont il jouissait sous le 
pouvoir d'un roi seul et absolu. Cependant les chefs des Sa- 
trapies reconnurent pour la plupart la suprématie des Ach- 
gàns qui régnaient dans le Djébal , c'est à-dire dans le pays 
de Dinawer, de Nehawend et llamadàn, dans le Marabadân 
et l'Azerbaïdjàn. Comme les rois de cette contrée avaient 
le nom collectif d'Achgâns, on a compris parmi eux tous les 
chefs des Satrapies qui leur étaient soumis , et ou les nomma 
aussi Achgâns. D'après Mohammed , fils de Hicham el-Kelbi , 



134 LES PRAIRIES D'OR. 

Ijîi> fj-j \j\:> <JÎ (Jji)! ;j*^jiJl (j~» o«-^*w clt» 'i|^^'« (j-« ^■f^ 
Î^^Ki Oul^iîJi J^ ^ 1yl(5 kyJî J^ (i^_5 u'-?^^^' f^' 

Jv_x.>o (jWjI^ (>J^ r^*^^^ (j^ ^ri^' lil^-^.^ c>j6j xJi-N«wJl dUi 

bJ^ju» AjvXft jLii j»XjiX»viJi yl dUij /o-^"^ ^-^ ^^^ j»*>oJ 

»L,j^^3 A.=-y5j «KJCjus^-b ^^ ^Jijc«5 ***j>.b J^ dlX^jOsjXwi^I 

qui invoque le témoignage de son père et d'autres Arabes 
instruits, les premiers rois de la terre furent les Askians, 
qui appartenaient à la dynastie des rois perses de la pre- 
mière époque jusqu'à Dara, fils de Dara; nous les avons 
nommés plus haut. Puis viennent les Ardavâns, rois naba- 
téens, compris parmi les chefs des Satrapies; ils possédaient 
l'Irak, depuis le château d'Ibn-Hobeïrah , le littoral de l'Eu- 
phrate, el-Djamieïn, Soura, Ahmed- Abad et En-Ners jus- 
qu'à Hinniba,Tell-Fahar, Toufoufet d'autres localités de ce 
pays. Les chefs arabes descendaient de Modar, fds de Nizar, 
fils de Mâdd, de Rebiâh, fils de Nizar, et d'Anmar, fils de 
Nizar. C'est ainsi que les Nadrites, issus de Nadr, dans le 
Yémen, et d'autres branches issues de Kahtân, obéissaient 
à des rois particuliers. A défaut d'un roi unique, chaque 
peuplade s'était choisi un chef distinct. Alexandre, adop- 
tant le conseil que son maître et son ministre Aristote lui 
avait donné dans une lettre, noua des relations avec cha- 
cun de ces chefs, et leur laissa le pouvoir et le revenu de la 



CHAPITRE XXII. 135 

kiL-V_« (j^ diJi>_5 iLv-w Swii^ (*"V**'^ *Xui ^r>l^ (J**"^ (O-fr^'**' 

lilXo <îù^ <xnj -jj J^i i«x^ *Xj>-i (jsl-<i (^ *^U-< ''^^^^j» *^ 

À i^\-xJl «X-^^ v_Jul_^laJ! vi)_^^jL« ^^ Aj^X.AA^i^ j.A-<i:>ji 

d)^_Aw«_j ^jy*:5 c_>lr=-î^ <îJlL» Jl :>Ujl ^^^ (0-4^^ ^i^ (j^^ 

contrée où ils résidaient. Devenus indépendants , ils trans- 
mirent leur autorité à leurs enfants, et ceux-ci cherchèrent 
non-seulement à défendre le territoire qu'ils possédaient, 
mais à l'agrandir aux dépens du voisin. 

Plusieurs auteurs versés dans la connaissarce de Thistoire 
et de la chronologie ancienne assignent aux chefs des Sa- 
trapies une durée de cinq cent dix-sept ans, depuis le règne 
d'Alexandre jusqu'à l'époque où Ardéchir, fds de Bahek, 
conquit leurs Etats, fit périr Ardawân, roi de l'Irak, et s'em- 
para de sa couronne à la suite du combat singulier qu'il lui 
livra sur les bords du Tigre. C'est à partir de ce jour qu'Ar- 
déchir commença à régner, parce que cette victoire lui sou- 
mit tous les Satrapes et assura l'unité et la stabilité de son 
pouvoir. Parmi ces chefs, les uns périrent par son ordre, 
les autres se soumirent et reconnurent son autorité. Les chefs 
des Satrapies doivent donc être classés entre la dynastie de 
la première époque, dont nous avons parlé ci-dessus, et les 
rois d»; la seconde époque, c'est-à-dire les Sassanides. 



136 LES PUAIHIES D'OR. 

cyLAAis Ajv* ^*^ U«jr-*^5 J^•^■=*-^ li ^ v^^ »^ iSy*^ y^ (^ 

dL^5 sJotj dlJwo *.i" <xÀAw (jj^-s** »iU^ dlUi (j*.jUa5 ^jjS 
dLX^ aJj" Liv^jL (jvix«Jo :5:iVAj -^X-M^Ji aaA^ ^S^' J>^^ U^ 

Voici ce que raconte Abou Obeïdah Mâmer, fils d'el-Mo- 
tanni , le Yéménite , d'après l'autorité d'Omar-Resra , dans un 
livre qui. contient l'histoire de la Perse et de ses différentes 
dynasties, la vie et les paroles mémorables de ses rois, leur 
généalogie , la description des districts , des fleuves et des villes 
qui leur sont dus , la nomenclature des grandes familles , leurs 
titres particuliers, tels que les Chaharidjeh, etc. « Le premier 
des chefs de Satrapies fut Achk , fils de Achk , fils d'Ardawân , 
fils d'Achgân , fils de As le Héros , fils de Siawuch , fils du roi 
Iveykaous. Il régna pendant vingt ans , et fut remplacé par 
Achk-Sabour, fils de Achk , dont le règne dura soixante ans ; 
la quarante et unième année de ce règne coïncide avec la 
naissance du Messie, près dllia (Jérusalem), en Palestine. 
Puis régnèrent Djouderz, fils de Achk, fils d'Ardawân, fils 
d'Achgân, pendant dix ans; Nizer, fils de Sabour, fils de 
Achk, pendant vingt et un ans. On place à cette époque l'ex- 



CHAPITRE XXII. 137 

«_jj.iw_5 U.*vj J<AÀi iiÀAki (J>XJ;1j -<?S*Nfciî Ç-^>Àj;i »^»JtJ viUij ^rV^5 
iwii^ %.tt*^ jjXJ 0O JJ^y^ ''*-*^' J5-?^ (iJ^ jj^"* '^^^ jiX« iO^' 

AS»^ !*^<^ j^:3^^Jl*«*4Î Jtj AjkAW iJ^^i^ C2>^\!> (J**!i^O /yJ (j'j^j' 

v.jul_jiaii ti)_jX« ^^ ?rJ^ «i <-K^ *^^ 5*5 i U^»Xi U w^ wi».! 
^_g-Cit J^i^ij l-jUU»^ Itf Jol u^Ajl^ jo-4j«X^ y!^ bj5l> U» »jvi 

pédition de Titous, fils de Esfianous, roi de l\ome, contre 
Ilia-, il détruisit cette ville, dont les habitants furent égor- 
gés ou laits prisonniers, quarante ans après l'enlèvement 
du Messie. A Nizer, fils de Sabour, succéda son lils Djou- 
derz, qui régna dix-neul ans. Ses successeurs furent : Ners 
(Narsès), fds de Nizer, cjui régna quarante ans; le frère de 
Ners, Hormuz, (ils de Nizer, vingl-cinq ans; Ardawàn, fds 
d'IIormuz, fils de Nizer, quinze ans; son fils Kcsra, qua- 
rante ans; Balas (Palacli ou Vologèse), fils de Kesra, vingt- 
cinq ans ; Ardawàn , fils de Balas , treize ans. » 

Maçoudi ajoute : La citation qui précède provient d'une 
source différente, et ne s'accorde pas avec ce que nous avons 
dit plus haut. Il y a encore, relativement aux chefs des Sa- 
trapies, d'autres versions, où l'on abrège la durée de leur 
règne. Mais le système que nous avons exposé d'abord est le 
plus généralement accepté, en ce (|iii ronccrne l'évaluation 



138 LES PRAIRIES D'OR. 

d'une période sur laquelle les chroniques s'accordent si peu. 
D'ailleurs, nous avons emprunté ces renseignements à de 
savants auteurs persans , qui ont étudié leurs annales avec 
d'autant plus de respect que cette étude est la base de leurs 
croyances' et la règle de leur conduite; les autres peuples, 
au contraire, par suite des conti'overses religieuses, ne voient 
dans l'histoire qu'un simple récit. Les principaux traits de 
l'histoire et de la vie des chefs des Satrapies ont été racontés 
dans nos ouvrages précédents. 

CHAPITRE XXIII. 

GÉNÉALOGIE DES PERSES. OPINIONS DES HISTORIENS 



A CET EGARD. 



On n'est pas d'accord sur l'origine et la généalogie des 
Perses. Les uns disent que Farès était fils de Yaçour, fils de 
Sem, fils de Noé; de même que les Nahaléens descendent 
de Nabit, fils de Yaçour, fils de Sem, (ils de Noé. D'après 



CHAPITHE \\11I. 139 

jy^l> lÀji ^^ u'.?^' i*^J CV^ V^' **-^ CJ-* *J-^J ''^^ 

Lvjls ^1<*.4^ ^>^=*JJui;.£ ^js^iu ^ »xJ^ xilj ^y ^ *Um ^^jt 
Jutll (^ <-?lb-^ Jyu ^i i_5 iLy*_jjàJlj j-^l t^-«u^ \^^ 

(j-« ^^il ^jj^j-à-l jSij cK?^ fc^JoÀ- l*xi& i -v^yJi t-jl^pi'j 

cette opinion , qui a été adoptée par Hicham ben Mohammed 
sur l'autorité de son père et d'autres savants arabes , Farès 
et Nabil seraient deux frères dont le père commun fut Ya- 
rour. Les autres font descendre les Perses de Joseph, fils de 
Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham; d'autres de llidram, fils 
d'Arfakhchad , fils de Sem , fils de Noé. Ce Hidram aurait eu 
dix fils, tous braves et habiles cavaliers, et c'est à leur talent 
clans l'équitation [fiiroasiet] que les Perses devraient leur 
nom. 

Le poète Khatlab, fils de Moalla el-Fareçi, a dit en ce 
sens : 

C'est à cause de nous que les guerriers sont noniinés fcwaris: c'esl 
parmi nous qu'il faut chercher la gloire des héros, 

Et des soldats vaillants qui, dans l'attaque et la défense, tournent 
sur le champ de bataille comme ime sphère rapide. 

On a dit aussi que les Perses sont issus de Lot par ses 
deux filles Zehi et Ràwa; cette thèse est longuement déve- 
loppée par les soclalcuirs de la Tor.ili. D'autres leur don- 



]kO LES PRAIRIES D'OR. 

«X.5*.| _J-^J U^^ .i^X-J ^j^ u'j^ <_«v-*-W -XaJÎ (.«WMfJb (^«XjI yA 

ijJiSj o\uX\ (^JO'j jl:âï5)j HyiS^ f^yMéAX) ïj^^M*X\ %^\yl\ 

A.xJb lj).i_5 dLki! O^^ ïj-A-fi LàX*>- ^jljji^j 
l^wC lil '^yi) (j«^ii <XA.(wJ' y|^i_j «^•^ <jî (J-^^^ c^aJUabIj 

lient pour aïeul Bewân , fils d'Iran, fils d'el-Aswad, fils de 
Sem, fils de Noé. C'est ce Bewân qui a laissé son nom au 
Châb-Bcwdn, une des localités les plus célèbres du Fars par 
sa magnifique végétation, l'abondance de ses sources et la 
variété de' ses oiseaux. 

Un poëîe en a parlé en ces termes : 

Le vallon de Bewân et le ïVadi er-Rahib (quand on les a vus), qu'im- 
portent ensuite tous les maux de la vie ! 

D'autres auteurs pensent que les Perses ont pour père 
Iran, fils d'Aféridoun. Nous avons cité déjà, en parlant des 
enfants d'Aféridoun et du partage de la terre entre eux, un 
fragment de poésie qui se rapporte à Iran et où se trouve ce 
vers : 

Pour Iran nous avons conquis le royaume de Perse, et nous l'avons 
comblé de nos bienl'aits (p. 116). 

Telle serait, d'après cette hypothèse, l'origine des Perses; 
(juant au nom d'Iran, il a reçu depuis une forme arabe et 



CHAPITRE XXlll. Ul 

yJÎ> Tf^^i rr-' '^^ ^^ {*^' W^ lj*^l jS UiLJ il^ X«N*.I 

aJQ;-» i\j-A l_^^_5 4j*r,lj (jO;i (Jî j_^^jUw^ J-V^ jAiû^i 
JAJLl j^_jji-« ^ c:>*>J5J l^cs-^jjJCJ ^_>i c^ (i}:>_p I4J JUu 

^ U Jj-Ui ^Uj l.jAc \ySs^^ ^j^\ \^ »«>J_5 jiS'j 

a été prononcé : Iredj. Les Persans ne nient pas qu'ils des- 
cendent d'Iredj , qui est le même que Iran , fils d'Aféridoun. 
Cette opinion est très -répandue et généralement adoptée 
chez eux. Cependant quelques auteurs prétendent que toutes 
les peuplades qui habitent le Fars et les districts de TAhwaz 
(Suzianc) descendent de Ailam. Quoi qu'il en soit , les uns 
conmie les autres admettent que Keyomert est le père de 
leur race. 

D'après une tradition différente, les rois de la seconde 
époque, c'est-à-dire les Sassanides, ont une autre origine 
que les dynasties de la première époque et descendent de 
Mcnoucliehr, fils d'Iredj, fils d'Aféridoun. On dit aussi que 
Menouchehr était fils de Mocbdjcr, fils de Farykas, fils de 
Weïrek, autre nom d'Isaac, fils d'Abraham, l'ami de Dieu. 
Morhdjer vint babiter la Perse, où régnail Koudck, fille 
d'Iredj; il épousa cette reine et en eut un fils, (jiii fut le roi 
Menouchehr. Les descendants de ce dernier étendirent au 
loin b'urs r()iic|nét('S; ils se rendireni nnlonlables ,'uix autres 



\li2 LES PRAIRIES D'OR. 

^J^ LJj*}\ *t$o»- j^iSl^ <^i.ye*m Jlï iojUJi S>*^'^ iOuàUl 

iULio^ ^^>,M*,x}\ -pjsj ji M-*^ J.,»jc>j I*xjù JjXj tXjt« (j^j[)j 

(j^ <r>-*J^ *Kjc<i l^jSii «Xi^ Aj|^jXib i/j <j<«;^' (j-^j-^*^ *^i 

jjS.-)^ ^^j*Xa ^^3«XxÎI 

iJy^l^jJi^^lI^^UJijjjlo^ bo^-^ ^3-^1? r^.x^ J^'^-ilLo 

ii.j_)L> (j^ aJoo (JIaj i) (-}\ Sjl—wi -î^L-vji j-xJîj LLx-:^3 

rois par la bravoure de leurs cavaliers , et la première dynas- 
tie perse disparut alors, comme avaient disparu les autres 
races primitives et les Arabes aborigènes (aribeh). 

La plupart des savants de la tribu de Nizar, fds de Mâdd, 
adoptent 'cette généalogie dont ils font la base de l'antiquité 
de leur maison , et plusieurs historiens persans , loin de les 
combattre, se sont rangés à leur avis. Certains poètes de la 
tribu de Nizar, pour placer leur noblesse au-dessus de celle 
des Kahtanides du Yémen , ont invoqué leur parenté avec les 
Perses, issus d'isaac, fds d'Abraham. C'est ce qui a fait dire 
à Ishak,fds de Soweïd el-Adawi, le Koreichite : 

Si les Kahtaiiides se vantent un jour de leur puissance, nous leur 
opposons une gloire plus pure et plus solide. 

Dès l'origine, nous les avons dominés par notre aïeul Isaac , et, dans la 
suite des siècles, ils devinrent nos vassaux et nos serviteurs. 

En vain ils citent leurs Tobbàs et les fils des Tobbâs; navons-nous pas 
réuni leiu" royaume au nôtre ? 

Nous sommes alliés au noble fils de Sara par nu père dont la gloire 
elFace celle de tous les héros. 



CIIAPITKE XXlll. 1^13 

]^:>^ JJi JvJV 1^.?^^ "^3 f-^y^ ^J^i ^ '^ r 
,J ^jUa_ï ^j-^ 6?*-^' é^ (J^ .^^J^ ^V^ ^^ '^J 

Les rois de Kahtàn ont, il est vrai, régné sur l'Orient et l'Occident; 
mais nos ancêtres ont hérité de leur puissance. 

Djerir, fils de Khatafa,le Téminnte,dans une longue ka- 
çideh dont nous donnons ici un extrait, place aussi au-dessus 
des Benou-Kahlàn les Perses et les Grecs comme descendants 
d'Isaac, de qui les piophètes sont également issus par Jacob, 
fils d'Isaac : 

Les fils d'Isaac, ces lions du coml)at qui revêtent une cuirasse pour 
affronter les traits de la mort, 

Peuvent nommer avec fierté les Sipchbed:; , les Kosroës , les Iloruiuzàns 
et les Césars. 

C'est à eux qu'apparlicnnenl les livres éclairés du rayon prophétique; 
Istakhr et Touchter (Suse) étaient la résidence de leurs rois. 

Parmi leurs ancêtres, ils comptent Salomou le prophète, (|ui demanda 
et reçut en effet de la faveur divine de vastes palais et un puissant 
royaume. 

Notre prre est le père d'Isaac; l'auteur de noire race fut un guide, un 
saint prophète. 

[I bâiit le temple de Dieu, {|ui est un centre de direction, et nous 
laissa en hérit<if,'e une gloire et une puissance df lonj^ue durée. 



\kk LES PRAIRIES D'OR. 

^^\ ij^j^ i^y^i 0**^ U*!;'^^-^ rl'"^' <^"^" ^ 
(ji_5 (3-^5 *^^ (J-* (0-fr'> j^*N? (J*'_^J' *|^;J«-<i (j-«j..=-î Jb ♦><.]j_j 

8iUvJi_5 iioL»«^Jl (_jw<i *i J_j_A»^ tX-A-g ci)^_j ij^^ 

Nous sommes unis aux nobles fils de Farès par un père qui éclipse 
tous ceux qui ont vécu après lui. 

Ce père est l'ami de Dieu, et Dieu est notre maître. Remercions-le de 
ses bienfaits et bénissons ses décrets. 

Bechchar, fils de Berd , a dit dans le même sens : 

Les généreux fils de Farès m'élèvent au rang des Koreïchites, car mes 
parents sont les Koreïcbites de féti'anger. 

Un autre poëte persan, soutenant que ses compatriotes 
descendent d'Isaac, qui, ainsi que nous l'avons dit, est 
nommé aussi Weïrek, ajoute : 

Weïrek est notre père, et je cite son nom lorsque de nobles familles 
exaltent leur noblesse. 

Weïrek, notre père, fut le serviteur d'un prophète illustré par la gloire 
de l'apostolat et les dons de Dieu. 

Mes égaux sont fiers d'un homme tel que moi, et ma maison brille 
comme la perle placée au milieu du collier. 

D'autres auteurs de la même nation prétendent que Weï- 



CHAPITRE XXIII. lUb 

^jS. ^ -iS?_j (jw>H=i *vl»J) Jj^i AXÎ*Xj Ltf IJsJij yjjy^i /jji 

ij.» Uj5l> Ijf^ «:>lxîl (js. ^==-^liI Akji^i_5 xjLI ^^^J ^j^ Q.ji 

atXJ^ ^/-t?^ o*_*j ;j-« yjtXjwil ^j l.4ç\j ^J^^y^Ji\) AiUi iUjuj 
^^.4-«*^^ kilAyO ^jjvj yl^ «>sj>^ (j^-*-* ^'■^^^^ <JÎ ci*.xJl iiAjî «Julsjj 

ij*x*^ «jûtxJI çj^ ocUfc. i><x^ yj«Xj^t dLL« (;jjoj bo^i» u ^^ 

rek était fils de Eïrek, fils de Bourek, issu d'une génération 
de sept femmes , qui devinrent mères sans avoir commerce 
avec l'homme, et dont on fait remonter l'origine jusqu'à 
Iredj, fils d'Aféridoun. La raison et le sens commun re- 
poussent une pareille fable; les lois de la nature et de 
l'expérience la rejettent, et si Dieu a permis une exception 
en faveur du Messie, fils de Marie, c'est qu'il a voulu mon- 
trer, par un miracle et une dérogation aux lois naturelles, 
les signes de la prophétie dont il l'avait honoré. 

Il y a ici différentes opinions sur la généalogie de Menou- 
chehr, et l'on s'est ingénié à le rattacher à Aféridoun, en 
supposant qu'Aféridoun eut des relations avec la fille de son 
fils Iredj, puis avec la fille née de cet inceste, et ainsi de 
suite jusqu'à la septième. Or, entre le règne d'Aféridoun et 
celui de Menouchehr, il s'écoula une période indéterminée 
pendant laquelle le trône resta vacant par suite de la dis- 
persion (les races à Babel, et en l'absence d'un homme 
assez énergique pour s'emparer du pouvoir et rétablir l'or- 
dre dans le royaume. Ce fut alors que la couronne passa de 



U6 LES PUAJHIi:S D'OU. 

*Uji (jàxj ^y>iroi *>«.jj_5 ^iys^wJLl Jw (jU^S i!lXj^ (j«jU ,jbjlj 



la famille d'Aféridoun dans celle d'Isaac. Si Ton prend ces 
faits comme base de l'opinion que j'ai citée plus haut, le 
calcul établit que d'Aféridoun à l'avènement des fds d'Isaac 
il s'écoula dix-neuf cent vingt-deux années, et c'est, en effet, 
ce que j'ai trouvé dans quelques chroniques nationales con- 
servées dans le Fars et le Kermân. 

Vers l'année 290 (902), un poëte persan composa une 
longue pièce de vers dans laquelle il plaçait son aïeul Isaac 
au-dessus d'Ismaël, parce que Isaac avait été préféré à son 
frère comme victime du sacrifice. En voici un extrait : 

Enfants de Hadjar (Agar), comprenez-vous d'où vient notre orgueil et 
notre fierté ? 

Votre mère ne fut-elle pas autrefois fesclavc de la nôtre, Sara la 
belle? 

La royauté et la prophétie nou.« appartiennent, vous ue potivoz le nier 
sans injustice. 



CHAPITRE XXlll. ]li7 

<\_tJâJl *;^<*J (J^^^ O^*^ Ji > {j. bt tX-^ Ulil 4p-i^- 



Isaac fut la victime du sacrifice, chacun m convient, pourquoi donc 
le contester? 

Puis, lorsque Mohammed répandit la vraie religion, lorsque sa lu- 
mière éclaira les ténèhres , 

Vous avez prononcé le nom de koreïch ; mais c'est la foi qui fait la 
gloire, et non une table généalogique. Si vous êtes ses enfanls, gardez le 
silence. 

Cette pièce est très-développée et pleine de cUHails que 
nous sommes obligé d'omettre. Abd-Allah, fils d'el-Môtaz , 
contemporain de ce poëtc, qui vivait cncoie après Tannée 
3oo (912), lui répondit dans une karideh, où il le réfutait 
vers par vers, comme dans le passage suivant : 

J'entends le murmure d'iuic voix et je ne distingue personne. Où est 
la victime dont on peut répandre le sang.' 

Honte à Isaac, s'il est votre p^re, et vous. Si vous êtes ses enfants, ne 
l'avouez pas ! 

Annoncez au chien au flair sagacc que le linn ouvre sa gueule pour 
dévorer sa proie 1 

10. 



148 LES PRAIRIES D'OR. 

<_,^^L3Jtîl ^^-JjJo^^ J-=wl:> (ft-ft^* J»i».5 UL?^ U^ "^^ <ii^iî (6-ft-^ 
OfcllJj r»'>=* ^^^^-^^ tXAOAj ^_j*^î <J>!!5X-u(I cxji^ Jo^ ^^.&- j-«b 
L|^jL«*Ji) LiâJ.a»-j i^.*y^ ^M*Ji^ f^j^^ UûJs.^- Uvlàxj Aj 
/jj »^.wi>^l tX.^ .J^J *^^^ (jW (j^"*»'Wmi (O"^"*-* ^ t^« >J^' (joj 
y»,-J»->^ A-aJI <^«XJÎ viLjb /J.J jjUmUw ii)_jA^ J^t J^^ "^^ 

% <>s.^nJ\ iLA-iUiî (j*^! J.J yày t-^Maii Jyk* ^j (J*»U*^5 J' 

Les Persans n'admettent pas que la couronne ait jamais 
appartenu à une autre race que celle cVAféridoun depuis 
les siècles les plus reculés jusqu'à la chute de leur monar- 
chie, à moins qu'un usurpateur ne s'en soit emparé injus- 
tement et par la violence. 

Leurs ancêtres visitaient la Mecque et faisaient les tour- 
nées prescrites autour de la Kaabah , par respect pour leur 
aïeul Abraham, dont ils considéraient la loi comme une 
tradition de famille. Le dernier, parmi les Perses, qui fit le 
pèlerinage, est Sassân, fils de Babek et grand-père d'Ardé- 
chir, fils de Babek; cet Ardéchir est le premier roi sassa- 
nide, et il a donné son nom à cette dynastie, comme Mer- 
wân , fils de Hakem aux Merwanites, et el-Abbas, fils d'Abd 
el-Mottaleb aux khalifes abbassides. Tous les rois perses de 
la seconde époque descendent d'Ardéchir, fils de Babek. 
Lorsque ce Sassân arrivait à la Mecque, il accomplissait les 
tournées rituelles et buvait à petites gorgées l'eau du puits 
d'Ismaël. (l'est à cette manière de boire [zemzemeh], adoptée 



CHAPITRE XXIIl. 149 

a^jLo JsHÀii l*XJ£> ijjS'o^^yi c^ J*>S! i'>^^ (J-ylî (j-« *y**3 

Li-AjjUJî <^%>~» J-^Uw^ J~^ *^^"*^ f'J'^J^ ^ OUo^ 
jjûl^j^^ ljl,yi\ jiSjia i ^ij-«5 iCsR^I Ji tS'M^' O'i;'*^' ool^j 

par Sassân et ses compagnons , que le puits de Zemzem doit 
son nom; cette circonstance prouve en même temps que 
cette cérémonie fut toujours observée par les pèlerins de la 
Perse. Ainsi, un ancien poète a pu dire : 

Les Perses buvaient à petites gorgées l'eau du puits de Zemzem dès 
l'époque la plus reculée. 

Un poëte persan, postérieur à l'islamisme, a dit avec 
orgueil : 

De toute antiquité , nous visitions la sainte Kaabah , et nous venions 
avec sécurité dans ces arides valions. 

Sassân, fils de Babek, venait de loin pour honorer la religion par une 
visite faite à ce noble séjour; 

Il tournait autour de ses murs et buvait icnlcuienl l'eau du puits où les 
pèlerins se désaltèrent en souvenir d'Ismaël. 

A cette épo([uo reculée , l'usage des Perses était d'olFrir à 
la Kaabah de riches présents et des pierres précieuses. C'est 
ainsi que Sassân, fils de Babek, bii fil don de deux soleils 
d'or, de bijoux, de sabres el d'une somme considérable en 



150 LES PRAIRIES D'OR. 

je^jJ» <^Jbi> tXj»^ fO^J ^^ (j**^ l)-^"^ W-^^j ^^y^^ y^^^—'j 

.ilJi cjlAiAà Jî_^! c:*!i> (j-Sj^ j^)-^^ ^^-^ '-^^ (J?=^ r^-^^ 

ji ^^-xXj %^\^ZS- 1§À^ '^''J.5^..? t^^^ W"^ \jjS^ tXs lg-<J«Aioj 

or. Ces offrandes furent déposées dans le puits de Zemzem. 
Certains historiens ou auteurs de biographies prétendent 
qu'elles furent données par les Djorhomites quand ils habi- 
taient la Mecque; mais cette hypothèse est inadmissible à 
cause de leur pauvreté; il est possible qu'elles proviennent 
d'autres Arabes (Dieu sait la vérité). Nous aurons occasion 
de dire plus tard l'usage que fit Abd el-Mottaleb de ces 
sabres et des autres trésors enfouis dans le puits de Zemzem. 
L'origine et les développements des familles dont nous 
avons parlé dans ce chapitre ont donné lieu à de nombreu- 
ses discussions ; mais le résumé de cette controverse et les 
généralités que nous avons présentées offrent au lecteur 
instruit une vue d'ensemble qui nous dispensera de plus 
amples détails. 



CHAPITRE XXIV. 151 

(j-j (j-cy-^ (j^ (jUiwLw ^j îjî:» ^ -^-^^^ y^ ylwUv ^ 
CHAPITRE XXIV. 

HISIOIRE DES ROIS SASSANIDES OU ROIS DE LA SECONDE ÉPOQUE. 

Le premier roi et le fondateur de cette dynastie fut, 
comme nous l'avons dit dans le chapitre précédent, Ardé- 
chir, fds de Bahek-Chah, fds de Sassàn, lils deBabek, fils 
de vSassàn, fils de Behawend, lils de Dara, fils de Sassân, 
fds de Bahmàn , fils dTsiéndiar, (ils de Youstasf , (ils de Boh- 
rasf; nous avons donné précédemment la généalogie de 
Bolirasf (Lohrasp). Selon d'autres, Ardécliir était (ils deBa- 
bek, (ils de Sassàn le Jeune, fils de Babek, fils de Sassàn, fils 
de Babek, fils de Mehrémas, fils de Sassân, fils de Bah- 
màn, fils d'islendiar, fils de Youstasf, (ils de Bohrasf. Ce 
(|ui est du moins admis par tous les auteurs, c'est qu'Ardé- 
chir descendait de Menouchehr. On a conservé le discours 
suivant rpi'il piononra à son avènement, lorstpi'il j)rii la 



152 LES PRAIRIES D'OR. 

*X^^5 <XufVwO^ 6«XjÎ^Àj UXçwj Ah>^J l^t î^jfc t5*^î ^ *>w«»i Jb 

U S^n» Oj^ U-* ^"-^ »«x^ :>IaxI! Ux^lio <j! ilis^ :>':>Ka^\ UÎ 

iiiLj!^ :>^U)I i^jU^^pUi »XAAÀio^ Jo>iixîl ^ijii_5 JjoJl x^\s) 
^^ySCt**A9 l^ji» *b.yî jjUw i p^' U :>;^ iUkJrî'jUaSl -j^ :>U*JL 

^J^:>JjiAJ^^ i:>^jya «Jùt?/^^ ^i>y^ ^^•*-»« J«>^1 cK«^5_j ^.>;?^-*iJl^ 

u^Uuuis 4-,*i^y> ^ -«XJ^aX! »iLU (jjj^^i;î_5 ^^ijA^m Jb 

couronne , après avoir tué Ardawân et brisé le pouvoir des 
chefs des Satrapies : « Louons Dieu pour les faveurs particu- 
lières qu'il nous a accordées, pour les grâces et les dons 
qu'il a répandus sur nous. Il nous a donné un royaume et 
soumis ses serviteurs à nos lois. Nos actions de grâces sont 
inspirées" par la grandeur de ses dons, par l'importance de 
ses bienfaits et de ses secours. Nous consacrerons tous nos 
soins au maintien de la justice; nous étendrons notre pro- 
tection sur tous nos sujets. De grands édifices seront bâtis, 
la fertilité sera rendue à la terre, et nos peuples seront 
gouvernés avec bienveillance. Nous rendrons à nos Etats la 
prospérité, et à nos peuples les biens que la violence leur 
avait ravis, afin que les oiseaux eux-mêmes jouissent d'une 
entière sécurité. Peuples, ma justice sera la même pour le 
puissant et pour le faible, pour les petits et les grands; ses 
arrêts seront bénis et son culte respecté. Mon gouvernement 
méritera votre approbation , et vous trouverez toujours mes 
actions d'accord avec mes paioles. » 

Ardéchir est le premier roi qui établit dilVérenles classes 



CHAPITRE XXIV. 153 

c^UlaIs c:*._j1^ <x-wlj^i i.yj j^ Ijî^j iLuiU^l ^j-* ^i ^ji 

XAjliJ! iuulajM cxjl^^ l^b O;-**^^ à^^ (j-« »jj«>»^_j »jU*Xjj 
Jafclj y^C:^! iCJuJoîl ««Xi» J^J^ iùûUJl iuukJi ii^jy» *>>-=»- 



parmi les grands de sa cour, usage qui fut suivi par ses 
successeurs et par les khalifes. Il considérait cette mesure 
comme un moyen de gouverner l'Etat et de fortifier le 
pouvoir. Il établit donc trois classes de courtisans. La pre- 
mière était celle des Açâwireh et des princes, ils se te- 
naient à dix coudées à la droite du trône; parmi eux 
étaient les grands seigneurs et les savants favorisés par 
le monarque , ceux qu'il admettait à sa table et à ses en- 
tretiens familiers. La seconde classe, qui prenait rang à 
dix coudées de la première, comprenait les Mcrzebdns, les 
rois tributaires qui résidaient à la cour, et les Espehbeds, 
auxquels était confié à cette époque le gouvernement des 
provinces. Dans la troisième classe, qui se tenait à dix 
coudées de la seconde, étaient les boulions, les familiers, 
amis du plaisir et de la gaieté. Toutefois , on excluait 
de cette classe les gens tl'une origine; obscure et infime, 
ceux qu'une infirmité physique, une taille disproportionnée 
ou contrefaite défigurait, ceux qui élaicnl culachés de 



15/i LES PRAIRIES TVOR. 

«X*«Jb JJ JCS't^A-M*:!! c^iili oi.:?^! iiiaJl^ (ia ■^^^^^ (j*»àJI 

5jtj_«di L^ï^jV^L *^j-»és\»i (J^^ÀàII C^il *.aX,«^ (JvJIj c:^^ lii 

A_ajL*JI »^^\.j«-« JN~iSi *-M-ÀJ i iij^i ji .X^ iXS_5 ^UaJÎ 

crimes contre nature, ou dont le père exerçait une profes- 
sion vile, comme les tisserands, les chirurgiens, etc. lors 
même qu'ils connaissaient les secrets du monde invisible ou 
possédaient toutes les sciences. Ardéchir disait souvent : 
« Rien n'est plus préjudiciable à un roi, à un chef ou à un 
homme d'un mérite réel que la société des hommes vul- 
gaires et d'un caractère méprisable. Autant l'âme gagne au 
commerce d'un homme illustre par sa naissance ou son mé- 
rite, autant elle se corrompt au contact du vulgaire, car elle 
se laisse envahir par cette influence funeste qui la dégrade, 
et lui fait perdre le sentiment de sa noblesse et de sa vertu. 
C'est ainsi que le vent, en passant sur des plantes aroma- 
tiques, s'imprègne de parfums qui raniment et forlitient les 
organes de la vie; mais s'il effleure des matières corrom- 
pues, il se charge d'exhalaisons nuisibles à la santé, car les 
effets de la corruption sont plus prompts que ceux du bien, 
et il est plus facile de détruire que d'edilier. Par la même 
raison, si un sage demeure pendant un mois auprès d'un 



CHAPITRE XXIV. 155 

^jjwaJi^^j.^ «.Lçr JtX^Jl ^ yls J J^wxJi (jAJVJ y_5^ ij^ ji^i 

j.^_âjL>:> ^j_j„_=i. i^\j}j coLii^ <^^^ Aj|^ Ax* JtXjlJî C-jUûi 
w*.aï^j (»j» Js.=>-i ij/*-l^^ c^JixJi 4^ ^J'^s^ J«Xx!i t_>lA£ l^X^i^ 

j^^Ulj ^:5>^ii^^l (,^-wis2 ^u^^Lj <j_5Î ^^ -e^kJiis'^j u^jy4,i 

homme ignorant et abject, son intelligence en sera troublée 
pendant longtemps, » 

Ardéchir disait aussi : « Un roi doit donner un libre cours 
à sa justice. La justice est la source de tous les biens; c'est 
une citadelle élevée pour la défense de l'Etat et le maintien 
de l'ordre; le déni de justice est le premier symptôme de 
la ruine d'un pays. Dès que la tyrannie s'appesantit sur un 
peuple, la justice fuit à tire-d'aile et ce peuple court à sa 
perte. Parmi tous ceux qui fréquentent les cours, personne 
ne doit posséder plus de qualités et de talents, être doué 
d'un esprit plus aimable et plus ingénieux que le favori du 
prince. Il doit unir à la noblesse d'un roi riiumililé d'un es- 
clave, la chasteté du dévot à la licence du libertin , et la gra- 
vité du vieillard à la pétulance du jeune homme. Il laul 
que toutes ces qualités s'allient en lui sans se nuire; il doit 
avoir assez de ressources tlans l'esprit pour fortilier le moral 
du roi, d'après l'étude qu'il a faite de son caractère; un 
coup d'reil, un geste doivent lui laissci- deviner les volontés 



156 LES PRAIRIES D'OR. 

<_^]s)j ^_^' iCi\lajv9 aIU?: UU »^-«j J^ ^ ijy^-!>. (S-^"^ ^*^ 
JI ^Jol-M^Ajl i -^txsi- a^iXi ^o£j-« Ul^ AjLJ iCsi-Laij <îOC:S?îj 

iixA-iv \^^xa^ i^'j]jX\ j-f^^j^ 'r^JJ iJ *X.W) ^£_jA»*fcJ 4^^">- *J5/^' 

du maître. Enfin un courtisan n'existe qu'à la condition 
d'être beau et digne. Sa beauté , c'est une mise recherchée , 
une haleine pure, une élocution facile; sa dignité consiste 
en une grande réserve jointe au désir de plaire , un main- 
tien noble uni à un visage ouvert, mais sans aucun mélange 
de puérilité , car la dignité cesse d'être parfaite dès qu elle 
cesse d'être aimable. » 

Après avoir établi cette organisation , Ardéchir créa sept 
corps d'état. Le premier était celui des ministres. Le se- 
cond, celui des moheds; ce nom, qui signifie juge suprême, 
désignait le chef de la religion et le supérieur des hirbeds; 
ces derniers étaient chargés du culte dans tout le royaume, 
et ils prononçaient des arrêts en qualité de juges. Ardéchir 
nomma quatre espehheds, le premier dans le Khoraçân, le 
second dans l'occident, le troisième dans le midi, le qua- 
trième dans le nord, (^es quatre fonctionnaires étaient les 
principaux agents de l'État; chacun d'eux était maître dans 



CHAPITRE XXIV. 157 

(j^ iLjtjj^Ji c:>LJULliJij-*-i:>ji ^j» iUjj^l *ilpù *ljd^ J^j 
i!oi i 5j^*m Jynr».^ viLm iL«j\ /Oi^^Jl (j-.jj^«Xjdl cjljj5 

tJjXli f\J^\^ Cî|_^^i t^'î^ ^iii Ajli >_^.s- |*[;4J (JJ ^LvLw 
•pL-^oiJI cdLJLaJs^ :5ljû^i^ cyL»jJî^ ^jI^àJI cj>^aj iij*XA«_j 

son ressort et gouvernait un quart de l'empire; il avait sous 
ses ordres un merzebân, qui était son lieutenant. Ardéchir 
réunit dans ces quatre premières classes les chefs du gou 
vernement, tous ceux qui prenaient part aux affaires, à la 
création et à l'exécution des lois. Puis il plaça dans une 
classe distincte les chanteurs, les virtuoses et tous ceux qui 
exerçaient la profession de musiciens. 

Cette organisation fut respectée par tous les rois sassa- 
nides, ses successeurs, jusqu'à Bahram-Djour (Gour). Ce 
roi maintint l'ordre établi entre les grands, les princes, les 
prêtres des pyrées, les moines, les dévots et les savants qui 
s'appliquaient à l'étude de la religion ou aux recherches phi- 
losophiques. Mais il modifia les catégories de musiciens, il 
éleva ceux de la classe moyenne à la classe supérieure, et 
ceux de la classe inférieure à la classe moyenne. Ce fut la 
faveur qu'il accordait à un de ses chanteurs qui le détermina 
à introduire ces changements ef à modifier l'ordre établi par 



158 LES PRAIRIES D'OH. 

j^jv_A_g^l c^ULaL i viLjL» ^^ j^:ij\ WVAJJ.J *X.M-jij /e>4ÀJ9 

Ardéchir dans le classement des musiciens. Cette nouvelle 
organisation fut conservée par ses successeurs jusqu'à ce 
que Kesra Anoucbirwàn rétablit l'institution des musiciens 
telle qu'elle existait sous Ardéchir, fds de Babek. 

L'usage de tous les rois de Perse, depuis Ardéchir, était 
de se dérober aux regards de leur cour et de se tenir à 
vingt coudées du premier ordre de l'Etat; ils en étaient sé- 
parés par un rideau placé à dix coudées du roi et du pre- 
mier ordre. La garde de ce rideau était confiée à un fils 
des Chevaliers, qui avait le titre de khorrem-bach. S'il mou- 
rait, il était remplacé par un autre fds de Chevaliers et 
d'agents, qui prenait ce titre, commun à tou?ceux qui jouis- 
saient de cette dignité et exerçaient cette fonction ; il signifie : 
sois heureux et content. Lorsque le roi recevait ses favoris 
dans fintimité, le khorrem-bach ordonnait à quelqu'un de 
monter au faîte du palais, d'élever la voix de façon à être 



CHAPITRE XXIV. 159 

J^ «vjtAvo */j) t^ji*^ ^j-^* ^y^^^ ^J^i ^J>^^ ^ \j^ {*;' 
l*X_tf> ^î, j^JL*' JjIî dUwlj Làxsi-i yUJ L Jyùjj-iius^ ij-. 

J^-lî ^yS.=>- -^ i /6.^A« dUi> (jlSo Jj^ -0^' viLUi p_y:ii 

w_A^ L_g-jifc-«c»i iiAiliw l^Xjiw* -t^LotXjJI Js-5*.Ia3 «XjJa^j 8_j-6^ 
J_^jtjç9 SjU*JL J^^î Ç-^^ <^i-s*" W*"j'..J^ OH ^l5^ *;-V**-* 
^j-« i*X_So i^y^ L» k-^l <_Jj~«i>i^ l*x5j )Js.Xj (J^ l» Ooi Q^ 

entendu de toute l'assistance , et de crier, « Veillez sur votre 
langage, car vous êtes aujourd'hui en présence du roi; » puis 
il descendait. Ce cérémonial était observé toutes les fois qu'il 
y avait chez le roi une fête ou un concert. Les courtisans 
se rangeaient d'après leur grade, en observant le silence et 
sans faire le moindre geste. L'ofTicier préposé au rideau royal 
disait alors à l'un d'eux de chanter tel morceau, à l'autre, 
déjouer d'après tel mode de musique. La coulunie de se 
dérober au regard des courtisans fut également adoptée par 
les premiers khalifes omeyyades et abbassides. 

Ardéchir fonda plusieurs districts, bàlil plusieurs villes 
et laissa de grands souvenirs à la postérité. Après avoir 
régné pendant (piatorzc ou (piinze ans, alors ([ue la terre 
obéissait en paix à ses lois et cjue tous les rois reconnais- 
saient son autorité et sa suprématie, il renonça à tous ces 
biens |)our vivre djins la icliiiilc II envisagea les misères 



IfiO LES PRAIRIES D'OR. 

l-^Jwol (j^ <it l^xi iO^xJI ^j-^j^ ci^Xil iiKij *^Uà]I^j^5 (j^ 
aXÎIj xy^Uw ïjÇ^ iij\js- 1^1 ^ ylj l^î yUlsîj l^j t5J>j 

jUo «X* iJsotXift Aoî_5 li^s- «X.4ilj Ui-A:>- /o.Iâfit y 0^5 ^y*^ 
J^lj ^JOÎ cj^ j^AxJl ji-lî UyJU Vly^' CXiS^j Uyi^^di Uyo^ 

jj^^iilj (j-^^l a:>U*i ii^i)î_j u!;-^*^' »^^^.-W o^'j W 

Aji dUij ^^^ ''^^^■'.5 AaJ5--C ji^J^A»! Aàj5 <_^*â-vd S«Xs»._pi> 
cy^-A-^ i -î^^^ *tr^ »Pcsi-_5 SJsjft^j Jlr»- i dUi «X«j ^jXxÀ 

(^\ jjfJJL:>j\ -lij b^i Uji5l Jjv>j î;~&^ Jh^Sj *.*^ uL^' 

de la vie, ses illusions et son néant; l'instabilité de la for- 
tune, les promptes déceptions de ceux qui mettent leur 
espoir et leur confiance en ce monde où tout est trom- 
perie, inimitié, ruses, chimères et ruines, où les joies éphé- 
mères de-l'homme sont mélangées d'amertume et de poison. 
11 vit que ses prédécesseurs, malgré les villes et les cita- 
delles qu'ils possédaient, malgré l'étendue de leur empire, 
la puissance et la valeur de leurs armées et le nombre de 
leurs sujets, n'étaient plus qu'une poignée de cendres au 
fond d'un tombeau. 11 préféra donc abdiquer la royauté 
pour vivre dans les temples du feu, et se consacrer, dans la 
retraite, à l'adoration du Dieu unique. Il laissa son royaume 
et sa couronne à Sabour, qu'il préférait à ses autres enfants, 
parce qu'il l'emportait sur tous par sa douceur, sa sagesse, 
sa force et sa beauté. Puis, retiré dans les sanctuaires du 
feu où il adorait Dieu en silence , il vécut encore un an ; 
un mois seulement, selon les uns, plus d'un an, selon les 
autres. 



CHAPITRE XXIV. IGl 

iik— *« àaj>.Uj iaxvW Ui-* (e»^J»-« J«J^ (j-*j-=^' U^ '"-^^'^ cïl?^ 
vi)^l JX«y£>j sUi yULi t-o«J pjJl i*xd> i^ JJdl (jU^jî 

Sj.j>^jS'i> %^ k^vj^i^ (jU^Jî jlx^l UjIxS^ ^ LiUi ^.a;5T ^^ 

(->U5o iJyXJ <->Ia5 dioL» /jJ jiAUwi)ji|^ 8^1 (;j.« (jO U_j \s^yxij 

Ardéchir combattit pendant douze ans les chefs des Satra- 
pies. Les uns lui adressèrent des messages, et, redoutant 
son ressentiment, le reconnurent pour roi; ceux qui refu- 
sèrent de le reconnaître furent attaqués et dépossédés. Le 
dernier chef rebelle qui périt ainsi fut un roi nabatéen, 
nommé Baba, fils de Bardina, qui était maître d'une partie 
de l'Irak et du château d'Ibn-IIobeïrah. Le roi Ardawân 
eut ensuite le même sort, et Ardéchir prit alors le titre de 
chaMn-chah , c'est-à-dire roi des rois, l^a mère de Sassàn 
l'Ancien descendait des captifs Israélites, et était fille de 
Sailal. Nous ne parlerons pas ici des rapports qu' Ardéchir 
eut, au commencement de son règne, avec un pieux person- 
nage du sang royal, nommé Bicher, et qui appartenait à 
la secte des Platoniciens, c'est-à-dire à l'école de Socrate et 
de Platon; nous en avons déjà fait nuMilion dans nos An- 
nales historiques et dans l'Histoire moyenne; on y trouvera 
aussi le récit détaillé des guerres, des victoires et de la vie 
d'Ardéchir. 



162 LES PRAIRIES D'OR. 

yl<'^ »j^r^^ O^^' ^ *;-*-*^^ ^ij-^i «^Ui-t j5î Kxà ^\jjm\ 
l^yjU ^*-y (^ ^ U^J-^^ >il^i^ (jr!«^.îl U^ C^ l» ^ J^ (J^ 

/y^ v^^ijî (J-» ^ilS'^j *^A^ ^l?"^^ <^j-* o^'^y^ J^^J^ ii-S>l^ 

4MI J^_^ (^>? (*5Cu)^ -^Lu< :>^XAJi SjC* -? (^*Jvîî (:J^ril^ 
/w^^ UiL^j UjCâlj J«AaÀj Iâaa*^ 0* UjjIïI U«j tXSj jj^^Lto 

Ce roi est l'auteur d'un livre intitulé Karnamedj ('', dans 
lequel il raconte lui-même ses guerres, ses expéditions et 
tout ce qui concerne son règne. Voici, tels que le temps les 
a conservés, les conseils qu'il adressa à son fils Sabour en 
le faisant monter sur le trône : « Sachez, ô mon fils, que la 
religion "et la royauté sont deux sœurs qui ne peuvent exis- 
ter l'une sans l'autre, car la religion est la base de la 
royauté, et la royauté la protectrice de la religion. Tout 
édifice qui ne repose pas sur une base s'écroule, tout ce qui 
n'est pas protégé périt. » 

On a conservé une des lettres qu'Ardéchir écrivait à ses 
officiers et à ses agents : « Ardéchir Bahman , roi des rois, 
aux secrétaires qui ont l'administration des affaires, aux doc- 
teurs, qui sont les soutiens de la religion, aux asawirehs, 
qui défendent l'Etat, aux laboureurs, qui lui donnent la 
fécondité, salut! Fidèle, grâce à Dieu, aux lois de l'équité, 
nous abolissons l'impôt que payaient nos peuples, afin de 
leur prouver notre humanité et notre bon vouloir. Nous 
vous adressons un conseil qui doit rester gravé dans votn; 



CHAPITRE XXIV. 16.H 

Jusf*JI *tjo>i ty^ k:=îUl (XUiwsi^l^Xa-i;! \y!^' ii^ j*K«Jl 

wiUi ^ ltf>^<»ai^ i/^ JUj aWI *Ui U i/l y_^j (j-U ^ ^.^-«^^ 

mémoire : Ne cédez pas à la haine afin de ne pas donner 
prise sur vous à vos ennemis; renoncez à l'appât des mo- 
nopoles pour éviter la disette; accordez l'hospitalité aux 
voyageurs; amassez des provisions pour l'avenir. Epousez 
vos proches parentes, afin de resserrer les liens de la i'amille. 
Ne vous fiez pas aux biens de ce monde, car ils sont passa- 
^'ers; ne les recherchez pas avec inquiétude, puisque tout 
dépend de la volonté de Dieu; mais ne renoncez pas non 
plus à ce monde, car c'est par lui que vous obtiendrez les 
récompenses de la vie future. » 

Il écrivit à un autre de ses lieutenants : « J'ai appris que 
vous préférer employer la douceur plutôt que la violence, 
l'amitié au lieu de l'intimidation, et la timidité au lieu de 
l'audace. Usez d'abord de sévérité afin de pouvoir revenir 
ensuite à la douceur. Sachez inspirer à tous les cœurs le 
respect et l'alfection, et n'oubliez pas que ces deux senti- 
ments s'allient l'un à l'autre. » 

Sabour succéda à son père Ardéchir et régna trente-trois 
ans. Il fit la guerre à plusieurs rois, créa des provinces et 



1G4 LES PRAIRIES D'OR. 

^_j_-pLa« j-sp-j-» (J^•ÀJ^'^ JtJj j^j4^ -î^y^ dj ^y^jy}^*'**^ 
«XJL^i (jbjl? j^ (>*-j -M^^-T^' (j^f!^ ci' ^■^ *^*J :>le Aj 

iC_^^^k-«A)_j ^<^J>. osi^ U wiUax^_5 ty*XÀji d)«JUwU^ (j-« ^^-KAj 

bâtit des villes auxquelles il donna son nom, comme son 
père avait donné le sien à celles qu'il fonda. Les Arabes l'ont 
surnommé Sahour elDjunoud. Ce fut sous son règne que pa- 
rut Manès, l'auteur du dualisme. Sabour abjura la religion 
des mages pour embrasser cette secte et les doctrines qu'elle 
professait sur la lumière et le moyen de combattre le prin- 
cipe des ténèbres; mais il revint plus tard au culte de ses 
ancêtres , et Manès, pour des motifs que nous avons rappor- 
tés dans nos récits précédents, dut se réfugier dans l'Inde. 
Le roi de Byzance écrivit à Sabour : « Les rapports qui 
m'ont été faits de la discipline qui règne dans votre armée, 
de la vigueur de votre pouvoir, et de la sécurité dont vos 
peuples jouissent sous votre gouvernement, me font désirer 
de suivre la même voie et de marcher sur vos traces. » Sa- 
bour lui répondit : « J'ai obtenu ce résultat grâce aux huit 
règles que voici : Je n'ai jamais plaisanté avec l'exécution 
des lois; je n'ai jamais failli à mes promesses ou à mes me- 
naces; j'ai fait la guerre pour enrichir mon royaume et non 



CHAPITRE XXIV. 165 

C^-^W.»-^ «^y^l^ C^A..*^^ <_.4iAilxM ^ wOtXj! CAAJ»l£_^ OUL« ^ 
wAjJOJU ^^AJoî^y 5«XaÀC y!^j>cii| iUilJ *X^^ ''^^JJ (iJ'**''^ ^^^J 

(■^»...ii ^.b.il^ tiLx^ <\_AjiXc tii^i ^ :>L=»- y!j >.ii>iV^ *j'^l»j 

pour salisi'aire mon ambition; j'ai inspiré à mes sujets une 
confiance exempte de témérité. J'ai su me faire craindre 
sans me faire haïr; j'ai puni pour réprimer le crime et non 
pour satisfaire ma colère. J'ai assuré l'existence du peuple 
et retranché le superflu. » On attribue à Sabour la lettre 
suivante qu'il adressa à un de ses lieutenants : « Quand tu 
es satisfait d'un agent, élève son salaire, fortifie son action 
par d'utiles secours, et respecte l'indépendance de ses fonc- 
tions. En augmentant son salaire, tu réprimes son avidité, 
les auxiliaires que tu lui donnes Tempêchent de recourir aux 
ennemis de l'Etal, et l'indépendance de ses actes lui en fait 
redouter les conséquences. Examine ensuite sa conduite d'a- 
près les ordres et les conseils qu'il devait suivre; si tu la 
trouves conforme à tes instructions, tu as en lui l'agent 
(pTil l(! fallait et tu dois faire encore plus de cas de lui. Au 
contraire, s'il t'a désobéi, tu as en main les preuves de sa 
culpabilité et tu es libre de le châtier. » 

Voici les conseils (pic Sabour laissa en niouianl à son 



166 LES PRAIRIES D'OR. 

jL.jkiuiS' (Xyti*. J-kàij (X«4 ^Ujj\<' (X^^S'^UjjIj -ft^^Ua.^! 

JdxJli t-JtUi v»jj^ ajuI ji^Lw tXjo dix* *j U^^*ïfc« *^Uij 
-U iLjL>«X^ ^j»^^ î/ô*^ (J'i.)'**^^ c3^' tK^^ *^^ *^-* u"^ 

AAi oiXoKï J^j ^1 rfvlliji'î j-*j«Xj^ j^-0^5 c!^'^ (ii^^ ^>»5 

Lg A,4g>;J JL^' vXJLft ^i cy^ÀSCùIi ijtjl^' (jft *<S^ ,^5 
«X_fi:^l i ^3«>««wj \^\y>^ j3\^ c^mi ^^-k^wiÀj ^ A*U#j 

fils Hormuz et à tons ses successeurs : « Que la grandeur de 
votre caractère réponde à la grandeur de vos pensées; que 
votre générosité soit au niveau de vos desseins, et que la 
noblesse de vos actes réponde au but que vous vous propo- 
sez. » Sabour régna , dit-on , pendant trente et un ans , six 
mois et dix-huit jours. 

Son fils Hormuz, surnommé le Héros, lui succéda, régna 
un an , ou , selon d'autres, vingt-deux mois, et bâtit la ville 
de Ram-Hormuz, qui dépend de la province d'el-Ahwaz. 
C'est Hormuz qui écrivait à un de ses officiers : « La garde 
des frontières, la discipline militaire, l'administration et le 
gouvernement du royaume, ne peuvent être confiés qu'à 
celui qui réunit les cinq qualités suivantes : La prudence 
qui, dès le début des événements, en prévoit clairement 
l'issue ; l'habileté qui écarte les entreprises difficiles, à moins 
que l'opportunité n'en soit manifeste; le courage qu'une 
suite de désastres ne peut abattre; une observation si rigou- 
reuse de la parole donnée que personne n'en mette en doute 



CHAPITUK XXIV. 167 

Jl^_^^l j-aj*Xaj *-^« ij^. ^y=^i ^^ ^'^y i^y?. ^^vsfiip'j 
>i oJI^ C:J>-*-**' cy^^'j-^^ (j^ r^J^ »«X*j kilXa ajI W*^*" «Î 

ilLAjL^.! ^^L=>-ls Xj^aJî <^^!*X/o ''^■^ o^j^ (j^^^*^ ♦^v^^" 

J^^ aj^j{a}\ y-« J^iJ! *ji>îl^ «IX^^JL o_5;jdl /ft-^bi^^ <_>^^ 

l'exécution ; la générosité que facilite une bonne administra- 
tion des finances. » 

Le règne de son successeur Bahram, fils d'Hormuz, dura 
trois ans et fut signalé par une guerre contre les rois de 
rOrient. On rapporte que Manès, fils de Yezid, et disciple 
de Kardoun (Cédron), invita Ikihrani à embrasser les doc- 
trines du dualisme. Le roi feignit de les adopter, jusqu'à ce 
qu'il eût réuni les missionnaires ses disciples qui répan- 
daient cette religion dans le monde; puis il lit périr Manès 
avec les chefs de sa doctrine. C'est du vivant de Manès que 
fut créé le mot zendik, qui a donné naissance au zendekeh 
(manichéisme). En voici l'explication : Zeradeclit, (ils d'Es- 
piman, ainsi ([ue nous l'avons déjà dit en parlant de sa 
généalogie, avait apporté aux incises le livre Jicslah, rédigé 
dans leur ancienne langue, il en donna un commentaire qui 
est le Zend, et il ajouta ensuite à ce commentaire une glose 
(|u'il nomma Dazend. Ainsi, le Zmd conlcnail j'cxplifation 



168 LES PRAIRIES D'OR. 

i^:i/jlgj (^^ iiiib)Ji > AJj.ÀaJIj »^^t_5 (>:>'>^3 '^^^ U*^' 
/yj f»|>^ dix» <oo y<JvjiII ci>j*X.>. ^!^ -«Xiîl *XJiX.tî ^J^ jjXm* 

^-««X^ (j^ /Xj iii (j-«j A^Î_jJ4. c-ljuisJl jîai!^ AJU*j j_^^î i 
c.Ljok£u| IkJkSwM^ l^Ll^ (j-« c;AAiw^ cIa^I oo^i£> ^OCaÀwI.>-_^ 

du premier livre révélé. Plus tard, tous ceux qui, dans cette 
religion, s'écartèrent du Bestah ou livre révélé, pour se con- 
former au Zend, c'est-à-dire au commentaire, furent appelés 
zendi, du nom de ce commentaire; ce qui signifiait qu'ils 
s'éloignaient de la lettre même du texte révélé pour adopter 
le sens du commentaire, par opposition avec ce texte. Les 
Arabes , à leur tour, prirent ce terme aux Persans et le dé- 
clinèrent sous la forme zendik. Le mot zendik désigna alors 
les dualistes et tous ceux qui professaient la croyance en 
l'éternité du monde et niaient la création. 

Bahram, fils de Bahram, régna ensuite pendant dix-sept 
ans; mais on n'est pas d'accord à cet égard. Dès le début de 
son règne, il s'adonna à la mollesse et au plaisir, et consa- 
cra à la chasse et aux divertissements le temps que récla- 
maient les affaires du royaume et les intérêts de ses sujets. 
11 partagea les terres cultivées entre ses officiers, ses servi- 
^ teurs et les ci'éaturcs qui l'entouraient. L'agriculture languit 
faute de bras; les courtisans s'étant etnparcs des principaux 



CHAPITRE XXIV. 109 

ft-^J^ kju«l^ ç.'^^^ ..j-. jiaii U iJl «jUjO^ ciJjij «jj^^xi! 

cjyo i U Jo^ SjUjtSi «-^Jij :>>)^i ^-^J^ *bj^' <^' Uà^À-« 
JovM! <xLi SiXjyo^ AjUûyuL» (jajo Ji (-»5; -Li)! jùxj ^ ij^ 

i p 

domaines, la culture dépérit partout, excepté dans leurs 
terres, et la complaisance des ministres envers ces favoris 
les exempta de tout impôt. L'autorité fut entièrement laissée 
aux ministres; la prospérité et les finances de fEtat dimi- 
nuèrent, et l'armée s'alfaiblit ou fut décimée par la misère- 
Un jour Bahram était allé chasser dans un de ses parcs 
de plaisance. La nuit venue, et tandis qu'à la clarté de la 
lune il se dirigeait vers Médain , il désira entretenir le mobed 
sur une certaine affaire. Le mobed se mêla au cortège du 
roi, et répondit aux questions que ce prince lui adressait 
touchant l'histoire des rois ses prédécesseurs. Sur leur route, 
ils traversèrent les ruines de riches jjourgades dont l'aban- 
don était tout récent; elles étaient désertes et n'avaient pour 
habilanls (|ue des hiboux dont h' chant s(î répondait au mi- 
lieu des décombres. Le roi dit alors au mobed : « Connais- 
tu un homme qui ait le pouvoir de comprendre le langage 
de cet oiseau qui chante dans le silente des nuits? • — « Sire, 



170 LES PRAIRIES D'OR. 

^l*îl îjuû jj UJ (J-fj_j ^î y_5.rs\-«*j iiijl Uàaj ^/^ dy^ 
isj-o-ii ^Ji iJî J^>3ij J^~-ijtJ\ iy^iii .^.ou^tjj^i;! 

Ltf i^J» y,?j-i** tU^iJl c:*!^! cyLl^i». (j^ ^^wJaxj yî dUi^ 

répondit le mobecl, je suis un de ceux à qui Dieu a accordé 
ce don , » et sur une nouvelle question du roi , il ajouta : 
n Ce que "dit cet oiseau est vrai. » — «Que dit-il donc, de- 
manda le roi, et que lui répond son compagnon?» Le mo- 
bed continua : « Ce hibou est un mâle qui veut s'unir à une 
femelle, et il lui dit : Accepte-moi pour époux, afin que 
les petits qui naîtront de nous bénissent Dieu et perpétuent 
notre nom. Ce que tu me proposes, a répondu la femelle, 
est le plus cher de mes vœux et le sort le plus heureux que 
je puisse envier; mais je n'accepterai ta demande qu'à cer- 
taines conditions. D'abord, tu me donneras vingt villages 
choisis parmi les ruines des principaux domaines qui ont 
péri sous le règne du roi actuel. » — « Et qu'a répondu le 
mâle? » demanda le roi. — « Sire, reprit le niobed, voici la 
réponse du hibou : Si le règne de ce roi fortuné se prolonge , 
c'est bien mille villages que je pourrai te donner; mais 



CHAPITRE XXIV. 171 

J^J^I »J-*S^ J^-M-J^JI J^^ U*U\i?-i i oJlï IftJ (JV*^A3J U 

* ... 

Uo JJi Joi_) U cjL^J JJJv *(J-« Ij'j «X£.yî ^ o«-««Xi 
tj^ lûJLou-l^ <îu-ju i J^ *Xj^i (j^^^L>>^i IJ^ .iim j<vw 

-^1 oJotsi i>^wîJlj iUxlî «xjiAM u^j »5v£^ js-*jc»Jl dUil 

qu'en veux-tu faire?» — «De notre union, dit la femelle, 
sortira une nombreuse lignée d'enfants, et nous pourrons 
donner h chacun d'eux une portion de ces ruines. » — « Rien 
n'est plus simple et plus aisé que ce que tu me demandes, 
répond le mâle, et j'y souscris d'avance, car je regorge de 
biens de ce genre. Dis-moi ce que tu désires encore. » Le 
récit du mobed impressionna vivement le roi; il sortit du 
sommeil dans letiuel il était plongé et réllécliit à ce qu'il 
venait d'entendre. Puis il s'arrêta, lit mettre pied à terre à 
son escorte, et prenant le mobed à part, il lui dit : « Gar- 
dien de la religion, toi dont les conseils ont fait voir à un 
roi les maux que son incurie causait à son royaume et à ses 
peuples, quel est donc le langage que tu m'as lenu.^ Tu as 
fait vibrer en moi une fibre endormie, et m'as inspiré le 
désir de connaître ce que j'avais oublié. » Le mobed répon- 
dit: • J'é|)iais auprès de Votre Majesté l'occasion d'être utile 
à SCS sujets, et prolitanl des (|U(;slions du roi, j'ai caché un 



172 LES PRAIRIES D'OR. 

^^ JvJî t>LH«-5' 5»^^ (:J^ ci ouiSÏ ^UJl l«j| JJJLI ^ JUi 
li U <i!_5 Ajc« :>lwll U cy«XAai ^xlj (^jJ! 4^s«ii_5 CAjyo; xJl 

x-Uiflj iuùXiL (^jvj t-j_j-»aÀJLÎ (j|^«*iî J«x*3îj J»xxI1j b)\ SjUjJ! 
^^-i. oouoj U Ul dlUl JU» viUJLî yb^ U>5 *1 Jj^?-^ S;>^i 

l^jt Ajti «Xj^i Jb yUJt i (J ^^i^ cj^XasS *aJÎ l5 ti (jJjIj 

apologue et un avertissement dans le langage de cet oiseau. » 
— «Fidèle conseiller, lui dit le roi, découvre-moi le but 
que tu te proposes, révèle-moi le sens de tes paroles, afin 
que j'en connaisse le mobile et la portée. » — « Roi puissant, 
continua le mobed, la prospérité d'un royaume repose sur 
la loi , sur l'obéissance à Dieu et l'exécution de sa volonté. 
Le roi est le dépositaire de la justice et la fortune publique 
dépend du peuple. Mais le bonheur du peuple dépend de la 
bonne administration des finances, comme celles-ci dépen- 
dent de l'état florissant de l'agriculture. Or, l'agriculture 
n'existe pas sans la justice, et la justice est comme une ba- 
lance placée par l'êti'e suprême au milieu des hommes et 
dont la garde est confiée au roi. » — <• Ton langage est celui 
de la vérité, dit Bahram, achève de m'éclairer sur ton des- 
sein , et parle-moi avec une entière évidence. » — « Eh bien ! 
Sire, ajouta le mobed, vous avez spolié les propriétaires et 
les fi:rmicrs qui fournissent l'impôt et nourrissent le trésor, 



CHAPITRE XXIV. 173 

J^\^ f»*^^^ iùçCilii l^Xjikilî Jl_j,-«i)l /o-ftÀ^ iXà-.^ (j~»^ ^LH*^ 

c.L-A.jtàJ! -sk->â-j Uj t^îyJî i^^-Jl^ «jL«ji!î 1^5^'j iUÀÀit 
(J^ J-? Lr« t^ ^-M^ ^hi *-^' CJ^ ("^y^ ^L)^ «^ '>^.r^^ 

dLJwO ^ ^"--^i ^^^j^^^ ^y^ i^jJ^^ Jt^^l c:xA3^ ^W>^t 
^5 ii_jll cUaJijlj /0.4.I0CÎ *^iJîj ti)_ym (J-. l^j oUoi (j^ (j-;l3 
♦Xj^i ^j.^ -^VJTî IJs^ ji.Ui *^ Uo dJii Aj\s.:i (^NJU-*J W^ 
0jjl^*xJl Vv;'^ cjUMIj f-\jj^\ jMiia-'] ^ liXS LîiJi &*«c>^i -lïl 

pour donner leurs biens à des hommes de rien , à des valets 
ou à des bouffons. Avides de jouir de ces biens et de dépen- 
ser leurs richesses, ils ont délaissé la culture, sans se sou- 
cier de l'avenir et de la prospérité de leurs domaines. La 
faveur que le roi leur accorde les a exemptés de payer l'im- 
pôt. Les autres propriétaires et les cultivateurs, réduits au 
dénûment, ont abandonné leurs champs et déserté leur 
pays, pour se réfugier et s'établir sur les terres privilégiées. 
La culture a langui; les fermes ont été ruinées; les sources 
de la richesse ont tari et la misère s'est étendue sur l'armée 
et sur le peuple; enfin, la conquête de la Perse a excité la 
convoitise des rois et des peuples voisins, encouragés par la 
chute de tout ce qui faisait la force dt; ce royaume. » Le 
roi , frappé de ce discours, s'arréla pendant Irois jours dans 
son campement; il assembla ses ministres, ses secrétaires 
et les membres des conseils. Les registres furent compulsés; 
on confisfiiia les propriétés al)andonnées aux favoris et à 



174 LES PRAIRIES D'OR. 

«jU»*5lj î^tXi^lj Axîl^fcJl ^.^yutj ^^ '^-î^J ^•ô^^jî <i5 ^^^J3 

cy^-iSj :>5KajI oc»«vaifc.Ij (j^^' i^j-^jt.» (O-ft^ ouco ^j-» (^jj>j 
(j^ ocJ_5 J» d Xw*ÀÀj j-«i)i ^lo dUiî J^lj jyuJl oiJL^_j 

j6^. to .. X JÎ^ A-^ljl O^Àm*.^ <JC«I^^ X*£>I_jÀ. w;oI jj JûÀJj yUy!t 

4-4-wa.il jj^ (j*IàJ| *^ U :>U«^L x«1j! ^»>0" cj<j^ ç^s^ *JiC» 

-Î^4j (^ Ht\j^i SJvKJ wilX» /oo J<X*ÎI (J-» ^o-gÀ<^i_5 JLiii^I^ 

5*>«»Kj dix» *.'j'j...ç-i! iLxjjî dUi^ yl Ji AJiJw« yl^ f*l;4^ C:^^' 
(^jV^u. ^xu/ <xi)^ yK» J.kAJî pl^^ yj >ilUi rlï't^ (J^ i^*!^' 

^1 j5^ij^^"^! if>M*J^^ (JS*-^ 5+*»» ""J^-* yl^* c-*-*wjJl (j-« bpi 

leur misérable entourage , pour les restituer à leurs vérita- 
bles maîtres. Les anciennes coutumes furent restaui'ées; l'a- 
griculture reprit son essor et la l'ichesse succéda à la misère. 
La terre i^edevint féconde, les villes refleurirent; l'impôl 
remplit les caisses de l'Etat , et l'armée régénérée déjoua les 
espérances de l'ennemi et protégea les frontières. Bahram 
consacra ses veilles et son temps aux intérêts de ses sujets, 
petits el grands. Son règne fut si heureux , son administra- 
tion si sage, que cette brillante période reçut le nom de 
fêtes, en souvenir du bonheur, des bienfaits et de la justice 
qu'il procura à son peuple. 

Son successeur Bahram, fils de Bahram, fils de Bahram, 
mourut après un règne de quati-e mois. Il fut remplacé par 
Narsi (Narsès) , fils du roi Bahram , fils de Bahram le Héros; 
son règne dura sept ans ou sept ans et demi, et il laissa la 
couronne à son fils Hormuz, dont nous avons dt^à donné 
la généalogie. Hormuz régna sept ans et cinq mois. Selon 



CHAPITRE XXIV. 175 

l_j-j\^ ^j-j y-J^^— *j-£^ _j.iû^ jiJdl i»X^ (jl yLvL») Jl ci)^jX« 
/wJ C-Jfc-Ax.; /j6 *Xi^ /juLm/j»,:^ i^Ao (j-è jfcj Uii*j tX.À.> m %-[>*-? 

^^iL;.yi_^s.^)t ^ ci>;UI «xx/9^ ^JiXx|^ i^sXJt <^ l^UL^y (^As 

Abou Obcïdah Mâmer, fils d'el-Motanni , qui cite Omar- 
Kesra, tous les rois sassanides dont nous venons de parler, 
jusqu'à llormuz, fds de Narsi, résidaient à Djoundi-Sabour, 
dans le Khouzislân. Yâkoub, fils de Leit, le Salfaride , à 
l'exemple des rois de la famille de Sassan , voulut se fixer 
à Djoundi-Sabour et y mourir. Nous parlerons plus laid , 
en racontant l'histoire d'el-Môlamid (chap. cxxii), du séjour 
et de la mort de ce khalife à Djoundi-Sabour. 

A Hormuz, fils de Narsi, succéda son fils Sabour qui a 
été surnommé Dou'l-Aktaf; il mourut après un régne de 
soixante et douze ans. Sabour était encore dans le sein de sa 
mère quand il fut proclamé héritier du trône. Les Arabes 
s'emparèrent, à cette époque, du Sawad de l'Irak, et l'auto- 
rité fui abandonnée aux ministres. La principale des tribus 
qui fircnl la conquête de l'Irak était la tribu de Yad, fils de 
Nizar, f|ui fut nommée Tabak, parce qu'elle couvrait tout 
ce pays, Kllc avait alors pour rbcf cl H.uil, fils d'c'l-Agarv 



176 LES PRAIRIES D'OR. 

^[jîjjJU ^^wio^ Sj^^yÂlf i_Xoa.j iUt owjl^^ -o-^j -Ujiitj /o-^t 
JUi S>ù\MSÀj> ^J^J.^Ja^ Kf-^xj^ Aj J^ JshÀj Yjjt^ 

ei-Yadi. Sabour, dès qu'il eut atteint l'âge de seize ans, 
équipa ses Chevaliers [Asawireh] et se prépara à combattre 
les Arabes. Les Benou-Yad passaient l'été dans la Mésopota- 
mie et l'hiver dans l'Irak; un de leurs compatriotes, Lakit, 
qui servait dans l'armée de Sabour, leur adressa le message 
suivant, pour éveiller leur vigilance et les informer de l'at- 
taque qu'on méditait contre eux : 

Lakit salue dans cette lettre les fils d'Yad qui habitent rEl-Djezirch. 

Le lion est prêt à fondre sur vous; craignez de mener vos troupeaux au 
pâturage. 

Vous êtes attaqués par soixante et dix mille soldats qui enveloppent les 
bataillons comme une nuée de sauterelles. 

Redoutez, je vous le dis, ces cavaliers; car le moment est venu où 
vous périrez comme la tribu de Ad. 

Cependant les Benou-Yad, méprisant cet avis, continuè- 
rent leurs razias dans l'Irak et en ravagèrent la portion cul- 
tivée [Sawad). Lorsque les Perses eurent terminé leurs pré- 
paratifs, Lakit envoya à sa tribu une seconde lettre pour 



CHAPITRE XXIV. 177 

l». <} . A ^i 4^.wl5_5 /0-frwi ^jji^Um /o^ij A-^J IjJs-iofcj îj)jX**fcC 

^i> jj^Ua» kiU«X-p 45.<\*Ai vj*'^ oI>l55 liUi «Xxj j^^_j CaP^ 

l'avertir que l'armée de Sabour était sur pied et prête à en- 
trer en campagne. Voici un passage de cette pièce : 

O maison de Ablah , ton cruel souvenir m'inspire de sombres et doii- 
loureuscs pcnsc'es ! 

Avertisse?, les fils d'Yad et arrêtez leurs invasions. Mes prévisions , 
qu'elles soient écoutées ou non , sont certaines. 

Ne redoutez-vous pas un ennemi sans pitié qui va fondre sur vous 
comme des sauterelles? 

S'il vous attaque avec toutes ses forces, le parfum des fertiles palmiers 
de Tehlân ne vous arrivera plus. 

Allons, à l'œuvre ! et que Dieu vous protège! Vos bras sont assez vigou- 
reux pour manier la lance. 

Peu de temps après, les Perses tombèrent sur les Yadites 
et les exterminèrent; un petit nombre seulement put se ré- 
fugier dans le pays des Grecs. Sabour fit disloquer les 
épaules des prisonniers, et cette cruauté lui valut le surnom 
de Dou'l-Aktaf. Lorsque Moâwiah , fds d'Abou-Sofiân, en- 
tretenait dos intelligences avec les ncnou-Temim pour les 
lancer conirc Mi, fils d'Almn Talch, Ali en fut informé et 



178 LES PRAIRIES D'OR. 

{jaX3 ^ JUi U^ ^iUi xXm ^Uèj t-JUs J,î QJ jJotJ '_jAAJs5 f<NJf 

iNj^^bJ lg.i\^^ çt^Ji^^^ c;Ajj.iûj a-^aXï jj /jjc^lî A(\jf ^^ÀJ «Xicfljj 

dit à ce propos dans une longue pièce de vers qui fait partie 
de ses Séances : 

Une tribu qui confond le bien et le mal et qui, dans sa conduite, 
prend Terreur pour la véiité. 

Périra bientôt de la mort que Sabour infligea aux Yadiles dans le 
Sawad. 

Sabour, poursuivant sa marche , arriva dans le Bahreïn , 
habité alors par les Benou-Temim. Cette tribu fut attaquée 
avec vigueur et dispersée. Son cheikh, Amr, fils de Temim, 
fils de Morrah, était alors âgé de trois cents ans et se tenait 
dans une sorte de panier qui lui servait de siège et qu'on 
suspendait aux pieux de sa tente. Lorsque les Benou-Temim 
voulurent l'emmener, il refusa de quitter son pays et leur 
dit : « Je dois mourir aujourd'hui ou demain; car vous voyez 
bien que ma vie ne peut se prolonger longtemps. Mais Dieu 
se servira peut-être de moi pour vous soustraire à la fureur 
de ce roi déchaîné contre les Arabes. » Les Temimites le 



CHAPITRE XXIV. 179 

JU-^Î xjy$j W*>^j J^ cK^ô^ iji jvuo «^ i iodjt« iUi 
U^j^^Uo (iî ^ 'j*W-^ »j*Xi^li oiAxô «-j>^Aaj -s^v^aj Jy^ïl; 

<i ^i^îj-*«i^ viLLx) (j«LJi tjyC» *XJ9j ^^^- Uj.^î ^^y^ cjuJj 

dUjLu. Lil_j /ft.4^ (j>« aL\A<m*j c:ajÎ I.J vilj^,Aajj a-^Ts-j^ ^*N? 

JUi dLL< jvwJ J.3 ji^Lw JUi AAJ (i ooi! oOi ^5 >-*5 (^ 

laissèrent donc où il était et s'éloignèrent. Bientôt les cava- 
liers de Sabour se répandirent dans le Bahrein et recher- 
chèrent les 7\rabcs fugitifs; ils aperçurent ce panier sus- 
pendu à un arbre. Amr, lorsqu'il entendit le bruit des pas, 
le hennissement des chevaux et les clameurs confuses des 
soldats, poussa de faibles gémissements. On le fit prisonnier 
et on le conduisit en présence de Sabour. Le roi, à la vue 
de cet homme dont les traits révélaient une extrême vieil- 
lesse, lui dit: «Qui es-tu, vieillard décrépit? » Le cheikh ré- 
pondit: « Je me nomme Amr, fils de Temim, fils de Morrah, 
et tu vois à quel âge je suis parvenu. Ma tribu a échappé 
par la fuite à tes arrêts de mort et à la rigueur de tes châ- 
timents; quant à moi , je consens à périr de ta main, pour 
sauver mes compatriotes fugitifs. J'espère que Dieu, roi du 
ciel et de la terre, fera de toi l'instrument de leur salut et te 
détournera de ta roule sanglante. Mo permels-tu de t'adresser 
une question.^ » — « Parle, dil Sabour, je t'écoute. » — Amr 



180 LES PRAIRIES D'OR. 

ji^jL». JU» <^jjà\ Jl>j_j ^àJixSj JsXi ^^ viU^ t5«JJl U3 jj^ 

JJi l_j.).j« j5^5 Jli <^Ûo: Jsri>!^ t^i^ cj-« îy^jî ^ /e.^^1 
ijij-^ â> >^-^ 0*1/^5 (i)^ b^ A^X^Sl ji^jjLw Jl- viii iùuviû 

^few3 dUi kjtj caJo ylij)^ Jis y^jio ^jl *Xj i[j *Jix^"l Jo 

reprit: « Quel motif te porte à exterminer tes sujets, ces guer- 
riers arabes? " — « Je veux, dit Sabour, les punir de leui's at- 
taques contre mon royaume et mon peuple. » — « Il est vrai 
qu'ils ont agi ainsi, ajouta Amr; mais tu n'étais pas encore 
leur maître. Dès que tu es arrivé à l'âge viril , ils ont mis un 
terme à leurs déprédations , par respect pour toi. » — « Si je 
les fais périr, dit alors Sabour, c'est que moi et les rois de 
Perse qui m'ont précédé, nous avons vu dans nos sciences 
occultes et dans les archives de nos ancêtres que les Arabes 
seront nos successeurs et se rendront maîtres de notre em- 
pire. » — « Cet événement, demanda Amr, a-t-il pour vous le 
caractère de la certitude, ou est-ce une simple conjecture.'^» 
— «Nous le tenons pour certain, et il doit se réaliser in- 
failliblement. » — « Si tu en as la conviction , ajouta Amr, 
n'opprime donc pas les Arabes. Par Dieu ! si tu leur fais grâce , 
si lu les traites avec douceur, lorsqu'ils seront les maîtres, ils 
useront de la même bienveillance envers ta nation , en sou- 
venir de tes bienfaits. Quelle que soit la durée de votre pou- 
voir, lorsqu'ils on hériteront, ils vous payeront de retour et 



CHAPITRE XXIV. 181 

Jytll d oj<X.«o «XJLÎ^j civAi U t^l^i^ f»Xj ^Jj^ yji^ ^jiip j.^iii 
OL*A»jl X3j_5 (j*.IaJÎ yUljjjjU*» ^^iLC* (^iUi <_»Ua=I ij c:v:fi^_5 

j^LuijUwj |t«^I 4W!_j kiUi (j-« J>i! Jsxi^ iiÀ^ (j>jLf cjjOjJI 

l>a-*J c^s LT-^J /o-â-^J^ i Jo^*Xi /c^-i^ -IxJlj C<^^ ^"fr^ 

t'épargneront toi et ton peuple. Si , comme tu le crois , cet 
événement est inévitable, tu prendras, en agissant ainsi, le 
parti le plus sage et le plus utile pour l'avenir; s'il ne se 
réalise pas, ne te précipite pas dans le crime en versant le 
sang de les sujets. » — « Ce que je t'ai annoncé est vrai, reprit 
Sabour, l'avenir est à vous. Quant à toi, tu as raison de me 
tenir ce langage, tes paroles sont sincères et tu m'as donné 
un sage conseil. » Puis Sabour fit proclamer un pardon gé- 
néral et défendit de tuer ou d'opprimer cette tribu. On croit 
que Amr vécut encore quatre-vingts ans après cet événement; 
d'autres donnent à sa vie une durée moindre. Dieu sait la 
vérité. 

Sabour envahit ensuite la Syrie, en conquit les villes 
principales et fit périr un grand nombre de Grecs. Il cul la 
lanlaisie de pénétrer, à la faveur d'un déguisement, dans le 
pays des (îrecs, pour en étudier la situation cl les mœurs. 
Il se; (h'guisa dans ce but et arriva à C()iislaiiliii()|)l«' le jour 
même où rcnipereur grec réunissait toute la ville dans un 
festin. Sabour entra avec la foule et prit place à une table. 



182 LES PRAIRIES D'OR. 

j»,jt(aLJ j»_jLw v-X*i»-ff çjt \jy^a^ j^\ j^ojfli ^b «XSj ji^<Xj|^ 

iCJL>*>w« Ji (^^^Ajij J.A^^Jl^i*j cytjUj! (j-tij y*^' ^^'^ 

Or l'empereur grec avait un peu auparavant chargé un 
peintre d'aller clans le camp de Sabour et de faire le por- 
trait de ce prince. Lorsque l'artiste se fut acquitté de sa mis- 
sion, il rapporta ce portrait à l'empereur, qui le fit repro- 
duire sux des vases d'or et d'argent. Un convive assis à la 
même table que Sabour avait apporté une coupe ornée de 
ce portrait. Considérant tour à tour cette image et le roi 
perse qui était assis en face de lui , il fut frappé de la res- 
semblance et de la conformité des traits. Il se hâta d'en 
informer l'empereur, qui se fit amener Sabour et lui de- 
manda qui il était. Sabour répondit qu'il était un des che- 
valiers du roi perse , et qu'ayant encouru sa disgrâce , il avait 
cherché un refuge dans le pays des Grecs. Mais cette expli- 
cation ne fut pas acceptée, et Sabour, menacé de mort, fut 
contraint de se faire connaître. L'empereur grec le fit en- 
fermer dans une peau de vache; puis il se mit à la tête de 
ses troupes, pénétra dans le cœur de l'Irak, entra dans les 
places fortes, ravagea le pays et arracha les plantations de 
palmiers. 



CHAPITRE XXIV. 183 

j "^ —-^ Vg-fV^ JV»«9 IJ*^*^ *.>^^ W^ (iJ''^'^ *^J J^*^***??*^^ 
y^VjUH C:a^I^ 4^;*-^) ij-» ^^j A-*^ Î^-^^J (j' (^^'j (*4*^J 

^j-« C:a_Xj| (j.« A^^I /O-»^ AaA^ <J^'j SU^^N^Awlî \jj>^\ ykOXKj 

SwJi^ Ltf ^*x_j (jy«^! \^y>^\ y^-*r^ (j*yj** >iW-^ (j-« tK^xII 

Il arriva ainsi devant Djoundi-Sabour où les chefs perses 
s'étaient retranchés, et il en fit le siège. La veille du jour 
oij les Grecs allaient pénétrer dans la ville étant une fête, 
les gardiens de Sabour se relâchèrent de leur surveillance 
et s'enivrèrent. Le roi exhorta les prisonniers perses qui 
partageaient sa captivité à se délivrer mutuellement de 
leurs liens; il ranima leur courage et leur ordonna de ré- 
pandre sur lui une cruche d'huile qui se trouvait là. Le cuir 
s'amollit, et Sabour, dégagé de ses entraves, courut sous les 
murs de la ville, se fit connaître aux soldats qui les gar- 
daient et fut hissé au moyen de cordes. Aussilùl il ouvrit les 
portes de l'arsenal et fit une sortie; il plaça ses troupes au- 
tour du camp grec qui était plongé dans la plus grande 
sécurité, et, à un signai donné par les cloches, les Perses 
se jetèrent sur l'ennemi et s'emparèrent de l'empereur. Sa- 
bour lui fil grâce de la vie, cl, le réunissant aux soldats 
grecs qui avaient échappé au massacre, il lui ordonna de 



184 LES PRAIRIES D'OR. 

jlAifc^i (jàxj i>^i> <^^ ^jjj\ y^ jjojia ci^.Aaj|j Uû*5s J^laj 
i±ijJl JyXj ^b> ^^ \juutli\ cjUil ^J>*.^)<i ^^ l^î^:> ^3^* ^ 

remplacer les palmiers qu'il avait fait déraciner, par des 
plantations d'olivier, arbre jusqu'alors inconnu dans l'Irak. 
L'empereur grec bâtit aussi le Chadrewân sur le fleuve de 
Touchter; on nomme Chadrewân un grand réservoir et une 
digue construits en pierre, en fer et en plomb. Ce n'est 
qu'après avoir exécuté tous ces travaux, dont le récit exi- 
gerait de longs détails , que l'empereur obtint l'autorisation 
de rentrer dans ses États. Quelques historiens rapportent que 
Sabour ferra les pieds de son prisonnier après lui avoir fait 
couper ou cautériser les tendons, et que c'est pour cela que 
les Grecs ne ferrent pas leurs chevaux et ne portent pas de 
chaussures à talon. El-Harit, fils de Djandah, surnommé 
El-Hormuzân , a dit à ce propos : 

Ce sont eux (les Perses) qui ont réuni tous les peuples sous leur do- 
mination , et ferré les pieds d'Héraclius dans le Sawad. 

Ce sont eux qui ont fait périr Kabous, et enlevé le pays de Boçaïtah aux 
Benou-Yad. 

Cette aventure de Sabour et l'imprudence avec laquelle il 



CHAPITRE XXIV. 185 

uv^ — » 

jUaJ^]^ Jyû (^ 05!;^^ U^' ^J-^^--^ i^;-^' ^^^^' (5^'-' 

entra comme un espion chez ses ennemis ont inspiré les vers 
suivants à un ancien poëte de la Perse : 

Sabour était d'une race illustre, son pouvoir était sans limites, et le 
pouvoir lui a été arraché. 

Tandis (|u'il parcourait le pays de Roum comme un espion, et avec 
Taudai e duu homme fin et astucieux, 

11 devint prisonnier et subit une disgrâce inouïe, une honte que lui 
infligea un eimcmi vigilant. 

Le roi grec habita la terre d'Irak, au milieu des dangers les plus ter- 
ribles; 

Il parla aux Perses dans l'Eiwân une langue barbare; et ils se déchi- 
rèrent comme des lions qui font retentir leurs tanières de leurs rugisse- 
ments. 

Mais l'épéc de Sabour moissonna et anéantit la race des Grecs. Que 
Dieu récompense ce vengeur inlaligablf ! 

El les(Jrecs plantèrent l'olivier là où ils avaient arradié les palmiers et 
promené les ravages de la hache. 

Ensuite Sabour envahit la Mrsopolatnie, Amicl et craulros 
province;? de Tenipire yrec, il transporta une partie de leur 



186 LES PRAIRIES D'OR. 

tiUi /yijL>«XJl dlXXj I^ÀkSj l_j,A^UX9 jl^jJÛill j_^J yj«w0 (j^ 

c:»»^^ (^.AAA^j i^^AJ ijiAÀJi^ )y»L«*J)^ ^j*»-m<»j1j yiïilj jJwÛJCj 

I.Â-JJ 0ji<XJL! ^j.4 tS^J«*iJ| <-^k~^ (j jjjU»» 0.^AMJ ^^î^^l (jb;î (J-« 

^jl< i>o^ iijUJî SJsJû Jî t4>"**^u'^^ 03^i y'^^5 dlJUift 
j»<X_=i (j<a--xj %-e\**-i ^S_jj.yl (jw« t_>JijL ^5>-i ^^ bJjli *Xaa2jjI 

population dans le pays de Sous, de Touchter et différentes 
villes de UAhwaz. Ces étrangers s'établirent et se marièrent 
dans cette contrée, et c'est de cette époque que date la fa- 
brication du brocart iouchteri, et d'autres qualités de soie- 
ries à Touchter, de la tiloselle à Sous , des voiles et des tapis 
à Naçibin et à Menout. Avant Sabour, les princes sassanides 
et plusieurs rois perses de la première époque habitaient 
Taïsoun (Ctésiphon), ville de l'Irak, à l'ouest de Médaïn. 
Sabour fixa sa résidence à l'orient de Médaïn, et bâtit le 
palais qui est encore nommé aujourd'hui Emân-Kesra; cet 
édifice fut terminé par Eberwiz, fils d'Hormuz. 

Haroun er-Rechid, étant campé sur les bords du Tigre, 
près de l'Eïwân, entendit derrière sa tente un de ses servi- 
teurs qui disait à un autre : « Ce palais a été bâti par un 
homme issu de telle famille, qui voulait de là s'élever jus- 
cpi'au ciel. > Rechid ordonna à un de ses majordomes de faire 



CHAPITRE XXIV. 187 

iX-Kj js>A.«ipi (j^J^^^ ^^^ tî3pjll f^s^_ Uj ^Uî «juUaoJ 

donner cent coups de bâton à ce valet, et il dit à ceux qui 
étaient présents : « Le pouvoir établit une solidarité et des 
liens de famille entre les rois; c'est dans Finlérél de cette 
communauté que j'ai puni cet homme, afin de maintenir 
le respect du trône et les égards que les rois se doivent entre 
eux. » On raconte que lorsque les Barmekides furent tombés 
en disgrâce, Rechid fit consulter, sur la destruction de l'Eï- 
wân , Yaliia , fils de Klialed , fils de Barmek , qu'il retenait en 
prison. Yaliia chercha, dans sa réponse, à détourner le kha- 
life de ce projet, Rechid dit alors à ses courtisans , « Le culte 
des mages est enraciné dans son cœur, et le zèle dont il est 
animé en faveur de cette religion le porte à en conserver les 
monuments, » et il ordonna de détruire l'Eiwân. On s'aper- 
rut bientôt que les travaux de démolition entraîneraient des 
dépenses incakulaliles, et ils furent suspendus. Le khalife 
écrivit à Yahia pour l'en instruire, mais Yahia lui conseilla 
de ne reculer devant aucune dépense pour activer les tra- 
vaux et achever la ruine de l'Eïwân. Rechid, étonné de la 
contradiction que présentait son langage, lui fit demander 



188 LES PRAIRIES D'OR. 

c:>:>jî jlî J^ill i Xj c:^^! U UÎ /o-*J JUi dUi ^^ isiUo 
^jLAJi-Ji l«>v^ J^ t^ (j^)^' i *-«i^l (j^ ^^iaj^ jUaff^I ^ 

iXj L^i (jrj*^ AJCJo u» -vXiû /yC t-^-^ ii.«i)| 0<X<& yj jUOftill 

i)l Laï \jui Jlij a:c«.îw u aMÎ aKj'iï Jlij X«y^ (j^ dUi *Xju^j.)I 

silX» aJJ ijjjwxJi^ (j'-j'-V ^y^^ yLwKji». à^X.Ajj^U(*AJ iCÀJ»>«-« 

(les explications. «Lorsque je donnai mon premier avis, ré- 
pondit Yahia, mon but était de perpétuer la gloire des mu- 
sulmans-et d'accroître leur renommée; je voulais que les 
nations futures, à la vue de ce monument grandiose, 
pussent dire : « Le peuple qui a conquis un pays où s'éle- 
vaient de pareils édifices et qui a détruit ses lois et son em- 
pire , était un grand peuple et une nation puissante et invin- 
cible. Aujourd'hui, au contraire, j'apprends qu'après avoir 
commencé à démolir l'Eïwân, on a renoncé à celte entre- 
prise; je veux donc épargner aux sectateurs de l'islamisme 
la honte de cette impuissance, afin que la postérité ne dise 
pas que les musulmans n'ont pas su renverser ce que les 
Perses avaient édifié. » On rapporta ces paroles au khalife, 
([ui s'écria, «Que Dieu maudisse cet homme! il a toujours 
raison, » et il défendit de détruire l'Eïwàn. Ce fut Sabour 
([ui fonda la ville de Nicabour, dans le khoraçàn , et d'autres 
villes de la Perse et de l'Irak. 



CHAPITRE XXIV. 189 

(11 "' 

(J%jL»*i jJ*iJ^ jkjLw /yj j^Uw ûJsjïJ cysA-« AJ' (^JvJ-*M ^*^' ^'"^^ 

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JUii J)jjL»»( /yJj^Lu* diXo jj CjljlxJÎ C>Jcw_5 iî_j-M»Jl (^ CikA^S 

^yr»* cK^j **iSJ; *^^ <j (j.p^^'-^ /^} î*^ UjUsj U iLl jxUi 

Il eut pour successeur son frère Ardéchir, fils d'Horinuz, 
qui régna quatre ans et fut détrôné. La couronne passa sur 
la tête de Sabour, fils de Sabour, dont le règne fut de 
cinq ans, ou de cinq ans et quatre mois, selon quelques 
auteurs. Ce Sabour fit longtemps la guerre à la tribu de Yad, 
fils de Nizar, et à d'autres tribus arabes. Un poète yadite a 
dit à ce sujet : 

En dépit de Sabour, fils de Sabour, les chevaux et le bétail paissent 
autour des lentes de Yad. 

On croit que ce vers fut composé lorsque lesBcnou-Yad, 
poursuivis par Sabour Dou'l-Aktaf, ainsi que nous l'avons 
raconté, se réfugièrent chez les Grecs. Quand ils revinrent 
dans leur pays, ils se réunirent à la tribu do Uebiàh , issue 
deBekr, fils de Waïl, qui, maîtresse du Sawad, étendait ses 
ravages dans le royaume de Sabour, fils de Sabour. Un 
poète y<idite aurait donc récité le vers précédent lorsque sa 
tribu s'allia à celle de Uebiàh. On a fait d'autres conjectures 
à cet égard; mais Dieu seul connaît la vérité. 



190 LES PRAIRIES D'OR. 

^-J -l_^ »«Xj».J J.Xo KfS ^i (J-* ^^-îSS^JL kfii AMIj dUi 

siiSji AJ iCÀ.«*( ïvUik* ^«X^i 4>Aij (^JVÀaw jm^A \}i^ ^jlM J^V»W 

dlAiû /jl Jl AÛwo ^jlSo rfSJ^L» oj^jjfclLî j^j^ (jj i^==-:s)j a«Xjt) 

p 

Bahram, fils de Sabour, régna ensuite pendant dix ou 
onze ans, et laissa la couronne à Yezdidjird, fils de Sabour, 
qu'on surnomma le Pécheur. Yezdidjird mourut après avoir 
régné pendant vingt et un ans, cinq inois et dix-huit jours, 
ou, selon d'aulres, vingt-deux ans moins deux mois. Son fils 
Bahram, surnommé aussi Bahram-Djour (Gour), lui succéda 
à rage de vingt ans et régna vingt-trois ans. Il mourut à la 
chasse en tombant avec son cheval dans un puits de boue. 
Sa justice, sa générosité, la douceur de son gouvernement 
et la prospérité de son règne le firent regretter de toute la 
Perse. C'est du vivant de ce prince que Khakân, roi des 
Turcs, envahit le Sogd, ravagea les Etats de Bahram et s'a- 
vança, dit-on , jusqu'à Rey. 

Bahram , après avoir réuni son armée , marcha avec 
(juclques cavaliers par un chemin détourné, surprit le roi 
des Turcs au milieu de son camp et rapporta sa tête dans 



CHAPITRE XXIV. 191 

ly^j^^ ii)_jX» AJùl^i \au\j^ (ih^^ >^ jW? ^^y*^ «i u*^^ 

<xJLx«îj if^tfj.s»' (j-« S^>-=*- i ^♦^t? (:J?r-i> t^lî «Xxg.ji ty^Ai/o (j^ 

c:jliMî joImo j^^-^^ ^^^^l^ J«***^î 4y^" U^5 ^■^■^^ 't^*^^ ?~* 
^jL<u=wî A^j jLk-i^^i A.ia.xj jUi^L c-j^aJC* ^otUw (^ (j\^ 
(j\_j Ihas^j «XÏj Aj*XaJ!_5 ^^i >ijUj5 <îtAoi *>^-«J kii<Hi 5«Xi».î 
^\y ^J (^-«w *X* "J^J^J UûjSi> JjiilJ kiUi j-*^ jIa:^!^ (^jvjLfAM 

l'Irak. Ce succès intimida les autres monarques, et l'empe- 
reur grec conclut avec la Perse une paix onéreuse. Avant 
ces événements, Bahram s'était rendu secrètement dans 
i'Inde pour étudier l'élat de ce pays. Arrivé à la cour de 
Chabarmah, un des rois de l'Inde, il se distingua en sa pré- 
sence, sur le champ de bataille, et fit prisonnier le chef 
ennemi. Le roi indien, prenant Bahram pour un des Che- 
valiers de la Perse, lui donna sa fille en mariage. 

Bahrani avait passé sa jeunesse parmi les Arabes de Ilirah; 
il faisait des vers en langue arabe et parlait tous les dia- 
lectes. Sa bague porlail cette légende: Les périls gnmdissent 
avec les actes. Nous avons rapporté dans nos Annales histo- 
riques et notre Hisloire moyenne le récit de son avènement 
au trône après son père, la manière dont il s'empara de la 
couronne et de la cuirasse placées entre deux lions, et d'au- 
tres détails sur lesquels il serait trop long de rev(Miir, comme 
l'origine de son nom de Bahrain-Djuur, le perfectionnement 
qu'il apporta au tir des flèches, en ce qui concerne l'intérieur 



192 LES PRAIRIES D'OR. 

^Uawl i UjuUS'i kiUi ja;?: J^ Lujî ^xs /^s^^Ui^j u-yiil 

2^ .jJOCï^ yl*^ Sjjilà 
-l». *i (JLJ^ "^ >"i^-^j-***- ^^ l Q i X J*;;!» liLX* ^^l>- ^Is 

et l'extérieur de l'arc, etc. On trouvera dans les mêmes ou- 
vrages l'opinion des Persans et des Turcs sur la nature de 
cette arme qui, selon eux, est, comme l'homme, formée 
des quatre éléments, et leurs théories sur les différentes 
méthodes de tir. On a conservé les vers suivants composés 
par Bahram-Djour, lorsqu'il défit et tua Khakân : 

Je lui disais, lorsque je dispersais son armée : ignorais-tu les prouesses 
de Bahram ? 

C'est mon bras qui protège tout l'empire des Perses, malheur au 
royaume qui n'a pas de défenseur! 

Et cet autre fragment : 

Tous les peuples de la terre savent qu'ils sont mes esclaves. 

Je commande à leurs rois; maîtres et esclaves ont cédé à ma puis- 
sance. 

Leurs liéros (lions) cherchent à m'éviter et fuient tremblants devant 
mon approche. 



CHAPITRE XXIV. 193 

Xxjjî_j <\>»*« 5^-<i*& c3^ t)>^j ''^-»-^ iJ^j-Ss? 3t*»fcj xjS^ m^ C^j-ft^ 

L*.jùCJL«^ <x55\ji.| (j^ ! J^À.) <>jdCtf ^5*»otfl i ^j\^ ôjoâA ^L^vî». 

Si les rois de la terre se révoltent, j'arme pour les punir mes cohortes 
et mes légions; 

Et ils se soumettent à mes lois, ou bien je les traîne à ma suite , captifs 
et chargés de chaînes. 

Pour éviter les longueurs, nous devons omettre ici les 
nombreuses poésies, en arabe et en persan, dont Bahram 
est l'auteur. Son fils Yezdidjird régna ensuite pendant dix- 
neuf ans ou dix-huit ans, fjuatre mois et dix-huit jours. Il 
éleva une muraille de briques et de terre dans le district 
de Bab-el-Abwab et sur le Caucase; nous en avons parlé 
dans le chapitre relatif à cette contrée. 

Yezdidjird appela à sa cour un sage qui vivait aux con- 
fins du royaume; il prit modèle sur sa conduite et gouverna 
son peuple d'après ses conseils. Un jour, il le fit venir et 
lui dit : « Homme vertueux, en quoi consiste la prospérité 
d'un Etat?» Le sage répondit : « Un Etal heureux est celui 

H. l3 



igii LES PRAIRIES D'OR. 

l^AÀio t^*>J! U <j UÀAA» (^jCÀJI ÇjIaawI ij îj5^-3 *>0 ^J*.U1S ^ji 
l^AjikÀj /jjUto lg.A^J Jlï ^4**»^ir!^ ^>»>^**^ (^'^JÎ ^J '4^-***-S?3 

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Q.*JiJÎ lol^-oi Ut>o|_5 iC^l.^ O^-à^^î UjJ_5 ii^l* »l;.r=- 

^dajijj «XjCX^ ^kS-^ yM*.Xj« i}>.^\ ^ j-Ain^ (jlÀrfilj <_>_jAWl jjL«.Ai3j 

*o (^J^^J t_,wêixJ5 ^ ry^'^ J>.«*«Ji_5 J>-ftJî *>*->^ (J>=»- ♦^^ 

OÙ le peuple est traité avec douceur, où l'impôt est prélevé 
sans violences, où le maintien de la juslice, la sécurité des 
routes, la protection accordée aux faibles prouvent la solli- 
citude du souverain, » — « De qui dépend le bonheur d'un 
roi? » ajouta Yezdidjird. — « De ses ministres et de ses con- 
seillers, reprit le sage; car c'est de leur vertu ou de leur 
corruption que dépendent la vertu ou la corruption du 
roi. » — « Cependant, dit Yezdidjird, bien des causes peu- 
vent semer le trouble parmi le peuple. Fais-moi connaître 
ce qui allume et propage la discorde, et ce qui l'apaise et 
la dissipe.» — «La haine, répondit le sage, engendre la 
discorde, la licence générale la développe, et le mépris 
qu'inspirent les grands la produit au jour. Elle trouve alors 
un aliment dans la liberté avec laquelle les passions se 
déchaînent, dans l'inertie des richeô et la convoitise des 
pauvres, dans l'indifférence de celui qui jouit et le réveil 
de celui qui souffre. Mais un roi apaise la discorde s'il pré- 
vient les événements dont il redoute l'issue, s'il sacrifie 
ses plaisirs à ses devoirs et maîtrise ses mouvements de co- 
lère ou de joie. » 



CHAPITRE XXIV. • 195 

<J^^ «xKjcJiJ '^^yJ!^ ^y^^ <^*;Uj i^.=»-:5jjo (^ j^r^ oiXxj dlX« 
y' ti' jj5^ ^i^ U^J pl^ (;yJ ^j^-^jJ isJi J3J^ ^} "^^' 

«j^i mLo ^j>À dJ-m j^y^ (^-^ (J*'^'^ lii-Lo Aj <XÀÏ«>«N*(_j (^l, 
dix» ylsTâ AU^^ ^ iJ^J)J^^^^ <îOO:i (jî (Ji Sj<^^ ^Jt*.Jyti^y^^\ (j>« 

Hormuz, fils de Yezdidjird , qui régna ensuite, fut dé- 
trôné et tué par son frère Firouz. Ce dernier, dont le nom 
est Firouz, fds de Yezdidjird, fds de Bahram, périt à Merw 
er-Roud, dans le Khoraçân , de la main d'Akhochnawaz, 
roi des Heyatilites, après un règne de vingt-neul ans. On 
nomme Heyatilites les Sogdiens qui habitent entre Bokhara 
et Samarcande (cf Deguignes, Hisi. des IJuns, t. II, p. 325). 
Son successeur Balas (Palach,Valens), fils de Firouz, régna 
quatre ans et transmit le pouvoir à Kobad, fils de Firouz. 

A cette époque parut Mazdak le Manichéen , qui a donné 
son nom aux Mazdakites; il eut de longs rapports avec 
Kobad , séduisit le peuple par ses innovations et ses super- 
cheries, et périt sous le règne d'Anouchirwàn. Kobad, après 
avoir régné pendant quarante-trois ans, laissa le trône à 
son fds Anourhirwân , qui l'occupa pendant quarante-huit 
ans, ou (juarante-sept ans et huit mois. 

['ne révolte, fomentée par Ma/rlnk , avait renversé Kobad 



19G LES PRAIRIES D'OR. 

x_:jTj viLHî *Xj<Xis» Sj-fcAiwjby (jljjwii^! («^ji^l wîiji i (5-<^*«^ 

^LjSÎj o^isi^ j-iaj»Jî (0-^**-*3 ''i>S*«>?^5 (jjJ^ t^ ^aJOu? Ja5l 

^3lï)J5 dlAj oJ)j ^tjuiî xij;l Lf^ (joUojJi^ Js!*^^jj-^^ 

l-gJLJLio ;jj'f>^' *-i^ ti' (J^^'^^*»*^'^ >=r-^-^w «Xaaa*»- Jl^-Ji 



et donné la couronne à un de ses frères, nommé Djamasp, 
qui régna deux ans. Grâce à l'intervention de Zirmihr, fils 
de Soudjra , auprès duquel Anouchirwân s'était rendu , 
Kobad , après de longues aventures , était remonté sur le 
trône. Quand Anouchirwân lui succéda , il fit mourir Maz- 
dak et ses partisans, au nombre de quatre-vingt mille, entre 
Djazir et Nahrewân, localités de l'Irak. Ce fut après cette 
victoire qu'il prit le nom d' Anouchirwân , c'est-à-dire \e nou- 
veau roi; il rétablit le culte du feu dans son royaume et 
proscrivit les discussions, les controverses et l'antagonisme 
religieux. Appelé dans le pays d'Ei-Bab et dans le Caucase 
par les incursions des rois du voisinage, il bâtit sur la mer 
(Caspienne), à l'aide d'outrés de cuir gonflées, une mu- 
raille de rochers, qu'il consolida avec le fer et le plomb. 
Ces outres s'enfonçaient dans l'eau, à mesure que la cons- 
truction s'élevait; lorsqu'elles s'arrêtèrent sur le fond et que 
la muraille dépassa le niveau de l'eau , des plongeurs, armés 



CHAPITRE XXIV. 197 

Cj^ {^>^^ '*^^ (^■^^'^J ^jUUjj (^■^Xij (JVaÀjÎ iCÀ^y*^ I Jsj5 
g^l c)^!^ ^^'^ *>^Àft C-jbjTl i*Xi& (jw« oJUw Uy IL<J«o Uy.**.^». 

^m ^ymj Axu :>^_5 ,^^ ^ y\<j dUiti (j^ -^yy^ uL»i*Kiû_5 

de poignards et de coutelas, crevèrent les outres; la muraille, 
entrant profondément dans le sol sous-marin , atteignit alors 
la hauteur du rivage. Elle existe encore aujourd'hui , en 332 , 
et toute la partie de cette muraille dont les assises plongent 
dans la mer est nommée el-kaïd (la chaîne), parce qu'elle 
arrête les bâtiments ennemis qui tenteraient d'aborder sur 
cette côte. On continua le même travail le long du rivage, 
entre le Caucase et la mer; on pratiqua des portes donnant 
sur le territoire infidèle, et l'on prolongea la muraille sur le 
mont Caucase, ainsi que nous l'avons dit ci-dessus, en dé- 
crivant cette montagne et la ville d'El-Bab (p. 2). Anou- 
chirwân, avant d'entreprendre cette conslrudion , avait eu 
de longs démêlés avec les rois des Khazars, et l'on jjrctcnd 
qu'il ne bâtit la muraille que pour intimider et soumettre 
les peuples qui liabilcnt cette contrée. 

Après son retour dans l'Irak, il recul (h's ambassadeurs, 
des présents et des messages de la j)art de difTérenls rois. 
Un de ces ambassadeurs, envoyé par l'empereur grec, vi- 



198 LES PRAIRIES D'OR. 

j—^ka-AJÙ j 4>s-^^ jLrs-JI <-*J;^ ^jjnO^^g c^XJUl «XA«ij (jIaàaj! 

àM>JÀ£ iCÀj«X.« f!^^^ I^.âi0cili j-xa^ji) cxà.! ^{ ^4^^ \jî>y^x^ 

sita l'Eïwân et en admira la magnificence ; cependant il 
remarqua une irrégularité dans la place qui était devant le 
palais, et lit observer que cette place aurait dû avoir une 
forme carrée. On lui répondit : « Une vieille femme avait sa 
maison là- où vous remarquez ce défaut. Le roi, n'ayant pu, 
par ses instances et ses promesses, déterminer cette femme 
à vendre sa maison, n'a pas voulu employer la violence pour 
l'y contraindre, et telle est la cause de l'irrégularité qui vous 
a choqué. » — « Certes, s'éciùa le Grec, cette irrégularité est 
plus belle que la symiétrie!» Anoucliirwân revint ensuite 
dans sa capitale; il construisit plusieurs édifices, fortifia les 
citadelles et les places de guerre, et distribua des grades. 
Employant la ruse contre César, il envahit et soumit la Mé- 
sopotamie; puis il traversa l'Euphrate, pénétra en Syrie et 
en conquit les villes principales, comme Alep, Kinnesrin 
(Chalcis), Hems et Famyah (Apainée), qui est située entre 
Antioche et Hems (Émèse). 11 assiégea Anlioche, où s'était 
renfermé le fils d'une sœur de César, et prit cette ville d'as- 
saut. Il s'empara aussi d'une ville importante, très-peuplée 



CHAPITRE XXIV. 199 

\-^y^j iiASUajl J^s^L*.^ (_>j|< yU;yJ! \Kx^ yl^-«^l iiyxA^s 
^'-^^. S->^^^ iUiyL* ^4>o «©.^Is Ijû^jI^ 'N?l«il Siiv-tf' cil iuL 

u>^-«Ji j*>o_j J)^:!iij jjûî^jil ^^ p^yi ^^1^ pUJL ^j<xii 

'^JHt'j ^5^^ ^^ J<i-^j.*^ï ^>J:>[^ !i\>\j-*»'^ o^L*-& eo^ 
_^-^ x1j*x^ Làx» ^jlj.*îl cil liIJi J..^^ oU; «LijUll^ aXéû ^^ 

L^ l^_j_^ J^.a».i:> Uj ^Wj cK«^^ *^J_/J U>Uw_5 ^ol^Xil 

j^ (j^ \j>ys.% \jS\hi\ dlJJv (i^jls-^! c.lyî ^j^ L5ï> 



u 



et remarquable par Ja beauté de ses monuments, située sur 
les bords de TOronte. Ses ruines, que Ton voit encore au- 
jourd'hui, portent le nom de Seloukjah (Seleucia-Pieria). 
Anouchirwân soumit dans sa marche toutes les villes de la 
Syrie et de l'Asie Mineure; il fit un riche butin de pierres 
précieuses et d'argent, extermina ses ennemis et lança son 
armée principale et de petits corps d'expédition dans toutes 
les directions. L'empereur grec ne put obtenir la paix qu'en 
se soumettant à l'impôt foncier et à la capitation. Anou- 
chirwân conclut la paix avec lui et emporta de Syrie du 
marbre, différentes sortes de feçifaça et des pierres colo- 
riées. On nomme feçifaça une composition de verre et de 
pierres peintes cl brillantes (mosaïque), (ju'on emploie, sous 
forme de cubes, pour orner le pavé et les édifices; quelques- 
unes ont l'apparence et l'éclat des coupes de cristal. Après 
être rentré tlans l'Irak avec ce précieux butin, il liàtit, près 
de Médaïu, une ville qu'il nomma iiouniycli; il orna de mo- 
saïques ses nionunients cl l'inlérieur de ses nuu's, d'après 
ce qu'il avait vu à Antioche et dans d'autres villes de Syrie. 



200 LES PRAIRIES D'OR. 

tJ>j_JL4^^" JLcviJî^ «XJLwJî_j «Xa^I ii)p.^ -JOJiUû'j *-^=^i ^^j 

aKa-3 (j^ w_^-]3 ULj ^..JCjXrf ^.Iâ£^ 5 i^ÂE» *^.i5^ »>jÙy*0 (j^ 

dLA^ ^i-Jl <-w>:-S^ J»>o»Ji Jl »:>loij|^ J^Uî <x)ocSj JJUrL 

vjJl aIjjj-* tj (^jJlj vilXo o«Jl t^Uo X«*Xi^ j^ JJ|_5 (^j^ji 

Les murailles de Roumyeh, construites en terre, existent 
encore, quoique k demi ruinées, et attestent l'exactitude de 
notre description. 

Khakân, roi des Turcs, accorda la main de sa fille et de 
la fille de son frère à Anouchirwân. Les rois de l'Inde, du 
Sind et de tous les pays au nord et au sud , conclurent la 
paix avec le roi de Perse. Sa puissance , la force de son 
armée, l'étendue de son empire, ses rapides conquêtes, la 
vengeance qu'il avait exercée sur tant de rois, et la justice 
de son gouvernement, les portèrent à lui envoyer des pré- 
sents et des ambassadeurs. Le roi de la Chine lui écrivait 
en ces termes : « De la part du Fagfour, maître du château 
de perles et de pierres précieuses, du palais traversé par 
deux fleuves qui arrosent les aloès et les camphriers dont le 
parfum se répand à deux parasanges à la ronde; le roi 
servi par les filles de mille monarques et qui a mille élé- 
phants blancs dans ses écuries, à son frère Kesra Anou- 
chirwân. » Il lui fit présent d'un cavalier entièrement fait 



CHAPITRE XXIV. 201 

*)*—*» «M-* iS >^^-!^^*^ (S-^.'»^ ^^i^^*" 'ri>-'J J-'^.^^r «XAiijL* ^^j 

(..X-ii «î^-wij (_^_j *-r*l^j 'î'-^-v^ ^^-Cj ''*j'_^i i UJL>- iJJii 

,y^X_j LiÛ»-«-w i t^^jij ^W- aK-;^ Cj^i Cir^ iaJU*' J> •^5J|)'^ 

v::>^_j»LaJ! (-'I^!^ (.^^ù\1\ jj^'i ^^.ok-Lc»^ ^V^^ <xJotjl AfvLoft^ 
^^J^^m.^s A_ji_p!_j --IjJi oofcl^ (j-;l5 JX» AAi».! <jl ^^xJî^ 

de pierres précieuses ; les yeux du cavaliei^ et de son cheval 
étaient en rubis ponceau (spinelle) ; une émeraude enrichie 
de pierreries formait la poignée de son sabre. Sur sa robe 
en soie de Chine, rehaussée d'or, était représenté le roi assis 
dans son Eïwàn , avec ses vêtements royaux et sa couronne ; 
au-dessus de lui se tenaient ses serviteurs portant des chasse- 
mouches. Cette scène était en tissu d'or, et le fond de la 
robe était d'un bleu lapis-lazuli. Cette robe était placée 
dans une cassette d'or que portait une jeune fdle, dont le 
visage, d'une beauté éclatante, était voilé par sa longue 
chevelure. A ce présent étaient jointes d'autres merveilles 
fabriquées en Chine et que les rois avaient l'habitude de 
s'olTrir en cadeau. Le roi de l'Inde écrivait ainsi à Anou- 
chirvvàn : «Le roi de l'Inde, le plus grand dos chefs [ara- 
kineh, du grec &px<*>v) de l'Orient, le possesseur du palais 
d'or aux portes de rubis et de perles, à son frère le roi de 
Perse, maître de la couronne et de l'étendard, Kesra Anou- 
chirwàn. » Ses présents consislaicuL cm mille menu d'aloès 
indien, fondant an fen cl rccc\;inl des empreintes aussi 



202 LES PRAIRIES D'OR. 

iijjjyU l§)yXio yUjî_5 l^ia^kis? iij>i>^ W*^ ^Xxas %^ i^xkLo 
0^À^]| (jb;lj y^jiJ^J j^SïUî ija&_5j»^^l («^«JJL i^yiSs^ t5^^^ 

jX_L« <_>l_x.j ajλx&I (jàxaJ u^l^ sJy^éjt^ j, ysi>^ -^jy^ •^jj^ 

lisibles que celles de la cire; une coupe en rubis ponceau, 
dont Forifice large d'un empan était rempli de perles; dix 
nienn de camphre de la grosseur d'une pistache et au delà ; 
enfin, une esclave haute de sept coudées. Ses cils descen- 
daient jusqu'à ses joues; on croyait voir jaillir des éclairs de 
sa paupière; l'éclat de ses yeux s'alliait à la pureté de son 
teint, à la finesse de ses traits et à la perfection de sa per- 
sonne; ses sourcils se louchaient et les tresses de ses che- 
veux tombaient jusqu'à terre. Le roi de l'Inde envoya aussi 
un tapis de peau de serpent , plus doux que la soie et plus 
brillant qu'une étoffe peinte. Sa lettre était écrite en ca- 
ractères d'or, tracés sur l'écorce de l'arbre hadi, qui est 
originaire de l'Inde et de la Chine. C'est une des plus cu- 
rieuses espèces du règne végétal, par sa couleur, sa beauté 
et le parfum qu'il répand; son écorce est plus mince que 
le papier de Chine que les rois de la Chine et de l'Inde 
emploient dans leur correspondance. Enfin, tandis que 
Anouchirwân combattait un de ses ennemis, il reçut dans 



CHAFITHE XXIV. 203 

i>yi û^ cW^ U ^UîJl (j^ Ulyl >i t5»x^i_j iUA^l |i>Jl-iil_j 

IjMvj ^t«« ^^JLAjL^ iNaIo.» 'S?<^9 ^V^^ Gy^J*^ ''S?^ ^^'^ *--V^ 

fciLLflj j^j-AJ »*>^^ aUoLa-^I JXojjîy-iowl Jjci^ ij':^^Îà, 

<->Uia~i ^j ^^«XÀ^b (JjfcwxLt :>_j-»»(^! tjUaisIj ^jh.Ji^\^ aà^:>^ 
i:ïl^^^..M 3uLyâj jjUwJt J^^I (j>« j.(jK.> l.ffv3 5:>i^^ x^ (^«)Ji 

son camp une lettre du roi du Tibet, dont l'adresse était 
ainsi conçue : « Khakân , roi du Tibet et des pays de l'O- 
rient qui confinent à la Chine et à l'Inde, à son Irère aussi 
grand par sa vertu que par sa puissance, le roi de l'em- 
pire situé au centre des sept climats. » Cette lettre accom- 
[)agnait dilTérentes curiosités qu'on exporte du 'J'ibet, telles 
que cent cuirasses tibétaines, cent armui'cs, cent boucliers 
dorés et quatre mille menn de musc khazaini (royal) dans les 
vessies des chevrettes qui le produisent. 

Anouchirwân avait lait précédemment une e\])édiliot) au 
delà du fleuve de Balkh (Transoxianc), jus(ju'à Khottolàn; 
il vengea son aïeul Firouz en faisant périr Akhochnawaz, 
roi des Heyatilitcs, conquit son royaume et le réunit à l'em- 
pire perse. Il fit venir de flnde le livre de Kalilah et Dim- 
nah, le jeu d'échecs et une teinture noire, nommée hindi, 
qui colorail les cheveux, jusrpi'à la raciiu;, d'un noir bril- 
lant et in(;lfa(.;al)le. On dit ([ue ilicliani, fils d'Abd-el-Mélik , 
en laisail usage poiu- Iciiidrr ses ( lic\cii\. 



204 LES PRAIRIES D'OR. 

lii._Xt JOL* .\-A Q A ÀJio ,y t:A.3ij iUjl^î U^ A^Jél <XX9 <>U^Ài.j 

»,Uj«Ji AAJb ^jij>/^» *-^^ ^^■^^•M /»o\-^j J«>»Jtîî A-iJij^UIfe' 
O^-Jj-jJj ^"U».^ j^I A*iJij (J^^ '^^'y **3.i iijy«^ aJIà-j 
j^ U'5}-^^' ^^S3 •ptifcJ) AÀiiiw t j jVàJis *>oUj »-5"I cj^kiL» -îuai 

iU^ls cy^jXitf* tjjî JJj^ lib^ Ijuaj ^^t^ l$,à jjvxiJtj iilaÀil 
^^jj-X-^l (j-« J^jAsI c^KMi js^ l$ji> Jo:> «^^AJtf c;^«^w J^ l$jà 

Anouchirwân possédait une grande table d'or, enrichie 
de pierres précieuses, et dont les bords portaient cette ins- 
cription : « Profitable est le repas légitimement gagné et 
dont le superflu est donné aux pauvres. La nourriture que 
tu prends pour apaiser ta faim te nourrit; celle que tu prends 
sans appétit te dévore. » Ce roi employait quatre sceaux 
d'Etat. Celui de l'impôt, orné d'un rubis ponceau, étince- 
lant comme le feu , avait pour empreinte la Justice. Le sceau 
des domaines, orné d'une turquoise, avait pour empreinte 
l'Agriculture. Le sceau du conseil avait un rubis de l'espèce 
nommée keuhli et portait l'empreinte de la Temporisation. 
Le sceau des postes, surmonté d'un rubis rouge et brillant 
comme le feu , avait pour empreinte la Fidélité. Anouchirwân 
avait réparti l'impôt de l'Irak de la manière suivante : Sur 
chaque arpent de froment ou d'orge , dans le Sawad , l'Etat 
prélevait un dirhem; sur le riz, un demi-dirhem et un tiers; 
un plant de quatre palmiers du Fars payait un dirhem; six 
palmiers d'espèce commune, un dirhem; six oliviers, un 



CHAPITRE XXIV. 205 

clyl iùuuw 8*^4* J>\j:> àjtx^ iUlsj^\^ J^]j:> iixiUr p^^^ ^j^ 

5j_Aii-5fc. Ltf /»>4*-< »X=>-Î_5 J» jt^oCs (s^j ii-oLcj ^^>*jij iuaUL 

dirhem; une vigne, huit dirhems; une prairie, sept dir- 
hems. Telles étaient les sept choses taxées; les autres 
étaient exemptes d'inipùl, comme communes à l'homme et 
aux animaux. Ce roi lut surnommé Kesra le Bon, et les 
poètes ont chanté ses louanges. Adi, fils de Zcïd cl-lbadi, 
a dit de lui : 

Où fst allé Kesra Anoucliirwàn, le meilleur des rois? où est aile avani 
lui Sabour ? 

La inorl ne l'a pas respecté; son pouvoir est brisé et son palais dé- 
sert. 

Où sont ces rois ({ue le vent de l'Orient et de l'Occident a balayés 
comme des feuilles sècbes? 

Un jour, Anouchirwân réunit les sages qui vivaient à sa 
cour, afin de s'éclairer de leurs conseils. Lorsqu'ils furent 
tous assis suivant leur rang, il leur dit : • Donne/.-moi un 
conseil aussi profitable à mon honlicur (pi'à celui de mes 
sujets. » Chacun de ces sages dil <r (pic l;i icIlcxioM lui sug- 



206 LES PRAIRIES D'OR. 

Jl JyJt (^i\^ ^cs^jlïl ^jSix^ iï;Ja^ u'jJT^y'^ t^!/^' CJ^ 

«^.^-iJi i 4XS) ^içyù (^jl JLJL» cyL* JLJLj iLi^j-i»^ 45<-*jÎ 

aX *iUi (j^ (J^^^ ^ J^^iî t5>6^b «r'-^^^'j i^AiÛpij <XA.^'j 
jyt>!i)\ çj^ el>tX^ l^çy» *Lfcoi]| Sjy*M^ \'Ji\\ji.l\^ f^j\^\j i)^j,^l_5 
^_* (ja-j^Jl^ iL^iJi^î tX-gx^Ji ii*>fc^\jïl_5 A.^jlÀ,« jtXJij Jpsij 

gérait; et le roi, la tête baissée, écoutait leurs discours avec 
attention. Buzurdjmihr, fils de Bakhtekân, lorsque son tour 
arriva, parla en ces tei'mes, « O roi, je renfermerai tout ce 
que vous désirez savoir en douze sentences ; » et , sur l'in- 
vitation du roi, il continua ainsi : 

« 1° Craindre Dieu, lorsqu'on est près de céder à la con- 
cupiscence, à la convoitise, à la lâcheté, à la colère ou à 
l'amour; redouter, dans les conséquences de ces passions, 
non pas l'homme , mais Dieu. 

« 2° Etre sincère dans ses paroles et fidèle à ses engage- 
ments ; exécuter les conventions , les pactes et les traités. 

« 3° Prendre l'avis des sages en toute affaire. 

« d° Honorer les savants ' les nobles , les gouverneurs des 
frontières , les officiers , les secrétaires et les employés , chacun 
suivant son grade. 

" 5° Surveiller les juges, contrôler les comptes des agents 
du fisc ; récompenser les bons services et punir les malver- 
sations. 

« 6° Connaître, par de fréquentes visites, la situation des 



CHAPITRE XXIV. 207 

ij*(UJ! J>AjfL,*»( "^^-^J*^ \xj\jmj\^ t4^^' (3-^^^ (^v*ii (J-* j^^jXtofcjç! 

iLA^j}\ <>,«-jili; (j**»-s*- «xÀvoUil^ jo^ljl:?:'^ J^l**«l^ *i4J>l_^î^ 
c:»bfT ç^j ^:iUJI ilJs^l iocwUJl^ ;>j»xil iUlïlj (6^1^ t^ 
U OUUU^ CJjbiàll^ jJ^i^ J^^I r.|^^ïî y^Uijj V^;ii 

(jijj^— Cwjj! j—olî A.^^ jy^^jJij (ji>^( c53*^ jîos-oL«-.yî^ J^^*^ 

c:i^l JA^T <VS9 f^ 5*^ Jli^ t^*kJL ^>)^\ \<yj£> .^USl, yi 

prisonniers, afin de redoubler de surveillance envers les 
coupables et de délivrer les innocents. 

» 7" Assurer la sccurilé des routes et des marchés, faci- 
liter les ventes et le commerce. 

« 8° Punir les coupables dans la mesure de leur faute, el 
maintenir le peuple dans le devoir. 

« 9" 8'approvisionner d'armes et de tout le matériel de 
guerre. 

« 10° Honorersafamille,se;s enfants, ses proches, et veiller 
sur leurs intérêts. 

« 1 1" Avoir l'œil ouvert sur la défense des frontières, afin 
de connaître le danger et de le prévenir. 

•' 12° Surveiller les ministres et les employés, el révo- 
quer ceux dont la déloyauté ou l'incapacité est notoire. » 

Le roi fit écrire ce discours en lettres d'or, en disant 
qu'il renfermait toutes les régies de la conduite d'un roi. 

Voici encore cpu'kpies paioles el senl<Mices (rAnoucIn'rwau 
(jue l'histoire a recueillies. On (lemandail a ce roi (|tiel était 



208 LES PRAIRIES D'OR. 

^îjj^j-ji) J-AJ»j <_>lxS^I Xo^ly» LS-^ j\j.s^!i}\ AA^àjî ^9r** 

(j^ liU ^*o\ (J^^^ ti)jJ_5 o^ffî ^ JUi ^J! Lci'lj <K^sr»>-Cijj 

de tous les trésors le plus précieux et le plus utile en cas 
de besoin. II répondit : « C'est un bienfait conféré à un 
homme généreux, ou une science léguée à la postérité.» 
Comme on lui demandait quel était l'homme qui vivait le 
plus longtemps: « C'est, dit-il, celui qui a amassé assez de 
science pour instruire ses descendants, ou l'épandu assez 
de bienfaits pour honorer ses héritiers. » Anouchirwân disait 
aussi : « Les bienfaits sont une semence dont la reconnais- 
sance est le fruit. L'homme généreux fraye le chemin à la re- 
connaissance de celui qu'il a obligé. » 

« Ne considérez pas , disait encore Anouchirwân , l'ambi- 
tieux comme un homme sûr, ni le menteur comme un 
homme libre. » Ce roi demanda un jour à Buzurdjmihr, 
auquel il témoignait la déférence d'un fds : « Quel est, 
parmi mes enfants , celui qui est le plus digne du trône } » 
Le sage répondit : « Quoique je ne connaisse pas tes en- 
fants, je puis te dire quel est parmi eux le plus apte à ré- 
gner : c'est celui qui à des qualités élevées et au désir de 
s'instruire unit au plus haut degré le dédain de la foule, 
la bienveillance envers le peuple, l'amour du pardon et la 



CHAPITRE XXIV. 209 

vilO^ l^ t>^--^ (S^^ JUûil oiJjJl v^^'^^' 



Jjs^:» 



l«k_> jMikAj>- AjLo L«,^Aa»^Î ^ (jOIÀjIaa^ (^jv^^AAaÀ. yîj^)-<*5-'i 

haine de l'injustice : celui de tes fils qui possède ces quali- 
tés est digne du pouvoir. » 

Dans notre livre intitulé Kilab ez-Zolaf, nous avons énu- 
méré les qualités qui doivent se trouver chez un roi; nous 
avons cité les réflexions que les sages de l'ancienne Perse 
et leurs successeurs ont faites à ce sujet, et les discours des 
philosophes grecs, comme Platon, dans son Traité de la 
République, et plusieurs philosophes qui ont vécu après lui. 
On attribue à BuzurdjuHhr les paroles suivantes : « J'ai re- 
marqué dans Anouchirwàn deux qualités opposées, dont il 
ne m'a pas oflert d'autre exemple. Il présidait un jour le 
conseil, lorsqu'un de ses favoris se présenta devant lui; le 
roi ordonna à son ministre d'expulser cet intrus et de le 
bannir de la cour pendant un an, pour le punir d'avoir 
transgressé son rang et usurpé une prérogative qui ne lui 
appartenait pas. Dans une autre occasion, tandis (|ue nous 
étions réunis chez le roi pour une délil)ération secrète, ses 
serviteurs, assemblés derrière son lit et son trône, faisaient 



210 LES PIUIRIES D'OR. 

^^ iiL-L« ljL«<Xiw^ ^-*AAi^ j_^ dJ^k^ (j^^ t-Ai^j i' <i JUi 
jj_^Jl ^ iîut^ l^ *^^^s»- ■y t» LiujAifc. ^ lie* U^" Ujteljjj* 

JU*Ji ^^K^l? Jj^ij J»x*]L «jjUxJlj àjUxJL ^|;ilj s:lA^ 

jfj-^l JJJli «XiiÀj JJii (j*»[;3 *bj3^' iUli^^L JUoJl ^5>wioi^ 
J_j-JL> yl^ AJ5ljf ^j W''^ 4p-=*- ^^^•^^^ c^ «jliivCâîj Xiwjij 

«^.Uâik. (j^ *ÀJÎ dim J*K£j ^y^ éjjiS ^jw«j.AaJÎ iU^pi ^5X.o 

un tel bruit en causant, qu'ils troublaient le conseil. J'en 
fis la remarque au roi et lui signalai la différence qui exis- 
tait entre la précédente interruption et celle-ci : « Ne vous 
en étonnez pas, me dit-il, car, si nous sommes rois de nos 
sujets, nos serviteurs sont nos tyrans, et la familiarité que 
nous leur accordons ne nous laisse aucun recours contre 
leur importunité. » Anouchirwân disait : « Le trône s'appuie 
sur l'armée, l'armée sur les finances, les finances sur 
l'impôt , l'impôt sur l'agriculture , l'agriculture sur la justice , 
la justice sur la loyauté des agents , et celle-ci sur la fidélité 
des ministres; mais la base de tout l'édifice est la vigilance 
que le roi exerce sur lui-même et l'empire qu'il a sur ses 
passions, afin de les gouverner, au lieu de subir leur joug. » 
Il disait aussi : « La prospérité du peuple vaut mieux qu'une 
nombreuse armée, et la justice du souverain est plus effi- 
cace que plusieurs années d'abondance. Les jours de bon- 
heur fuient en un clin d'oeil, mais les jours d'infortune pa- 
raissent avoir la durée des mois. >■ On trouvera dans nos 
écrits précédents l'Iiistoin! et les beaux traits de la vie 



CHAPITRE XXIV. 211 

jj^JuJi ti AjUXI (j>« «r^^J U.>**^^ O*^' CJ-* W ^^ 8;l!U*iî 

jo-âlî i^^ iUi (J.J tjl^i^^^jj^ (^ j-*y^ ''^' »*Xxj dlX« Aj> 
jJlj \ji jytL cy^Xo tj-» tlLL» Jo Jyvj»^ (i)»jJ! siJX« (jlils*. aàjI 
^^ 5^L^0« y\^ iLi-u( j.^i** (^pJ^i *J5v« yl^ Lj|_^iJl_j tjlxll 

aÎ^^ j JsXi x>! cKajij (j*,\.a]î y^î^^js^ *^ lo*^j r*'^'^' J^^yi? 

C>jb»j^ X>i^i O^IJo^ dLm <\x\£ r^^^-^ A^EV^ CJr« Oc^iw XAav 

^Jl «>o_^! -!<»^l Jlji (jl< *xj>^ ^;^^ ''^^ •■^z*^ *Kx*:ill aJI 

d'Anouchirwân , le récit de ses marches et de ses campagnes, 
le nom des villes et des forteresses qu'il bâtit, et l'organisa- 
tion qu'il établit dans la défense des frontières. 

Il eut pour successeur son fds Hormuz, dont la mère, 
nommée Fakim, était la fdle de Khakân , roi des Turcs, ou 
d'un roi des Khazars, voisin de Bab el-Abwab. Hormuz, 
dont le règne dura douze ans, supportait difficilement la 
société des grands; il accorda sa faveur à dos hommes in- 
fimes et s'entoura de gens sans aveu et de valets qu'il excita 
contre la noblesse. On dit que ce roi fit périr treize mille 
personnes des plus illustres familles de la Perse. Au bout 
de onze années de règne, il avait ruiné son royaume; les 
grands se liguèrent contre lui; ses ennemis l'assaillirent de 
toute |)arl, et il se trouva environné d'hérétiques; car, en 
brisant rinslitulion des xMobeds, il avait déiruil la loi reli- 
gieuse, les traditions sacrées, les lois ri les usages de l'em- 

i/i. 



212 LES PRAIRIES D'OR. 

J^is? ^JuJl kiUi J^ Uvà cyJjUJt t^yLJiJ j<sii* ji^y:?- «J^>^ 

a-^aA* <xx^j u^'^^^ ^^ j^-ff LT-^^ (j-fy^' c^î? U jLu,^ ^j^ 
»^— «î >'tH^ ^ (-jj^iJà\i &y»^\ jj^j Jjjs-^L ojj;j»i^ (j*^î 

pire. Un de ses ennemis, Cheyabeh, fils de Clieyb, qui était 
un des plus puissants rois des Turcs, marcha avec quatre 
cent mille hommes sur Herat , Badeguis et Bouchendj , villes 
du Khofaçân. 

D'un autre côté , les chefs des Khazars , à la tête d'une 
armée formidable, ravagèrent les frontières de la Perse 
voisines du Caucase, et leur cavalerie fut grossie par la 
coopération de plusieurs rois, qui déposèrent, en cette oc- 
casion, leurs inimitiés personnelles. Un patrice, envoyé par 
l'empereur grec, avec une armée forte de quatre-vingt mille 
hommes, s'avança du côté de la Mésopotamie. Enfin, du 
Yémen sortirent de nombreuses troupes formées des tribus 
de Kahtân et de Màdd; elles étaient commandées par El- 
Abbas, surnommé le Borgne, et par Amr el-Afwah. Hormuz, 
alarmé de tous ces dangers , réunit les Mobeds et les con- 
seillers qu'il avait jusqu'alors méprisés; il prit leur avis, et 
on arrêta qu'on ferait la paix avec les trois autres ennemis, 
pour n'avoir à combattre que Cheyabeh , fils de Cheyb. On 



CHAPITRE XXIV. 213 

<i JvS=*-_5 «r'VS^'t*^^? 'rvS^t^^ 0-» «^5^1^^ <->^k-^ Ajt< ^\j-^ 
»^J^\jÀ. ^ (J^j-AAwîj S)X.kwX ^LyL w t^ r*!.?^ aKjo (jÎ Ji t.'v^i 

Jj^ rlz-ft^ ''*-^-^^ 4>^ cl;'^ 'J^ ^lliXJJl (jâxj jj (j-»^!^ »*xJj 
^UâIî (j^ 5X^ rî/^ ^^'^3 xa1\ j\jio^ y^j^ («^^ t^ ^"^.^-^ 

J._A-« d)_jAiî t^\^ (^ XJC4 ^\^ Ltf Ajtyû (^ »*Xi».i y\^ U^ 



donna le commandement de l'armée à Bahram-Djoubin 
(Tchoupin), merzebàn de Iley; ce Bahram était fils de 
Djoubin , (ils de Alilad, de la famille d'Anoucb , surnommé 
Er-llain. 11 s'avança avec douze mille soldats contre Cbeya- 
beh, qui en avait quatre cent mille. Après de longues confé- 
rences et de nombreux messages où il mit tout en œuvre 
pour séduire ou intimider l'ennemi, il eut recours à divers 
stratagèmes; il tua Cbeyabeh, détruisit son armée, s'empara 
de ses trésors et envoya sa tête à Ilormuz; puis il alla as- 
siéger Bermoudeb, fils de Cbeyabeh, dans la forteresse où 
il s'était retranché, le força à reconnaître l'autorité de Hormu/ 
et l'envoya prisonnier chez le roi. liahrain revint avec un 
riche butin et les dépouilles de Cbeyabeh , grossies de la 
succession de plusieurs rois; dans le nombre étaient \es tré- 
sors et les bijoux enlevés par P'irasiab à Siawukhch, les ri- 
chesses (|U(.' les Turcs Icnaicnl de leur roi Bohslasf, lors(|u'il 



21^ LES PRAIRIES D'OR. 

j-jjyj! ^^JJJS' ftvj] ^^A^ Sir*^ r^b*^ rb^^ JUs^l /nS pj;.^ 
4^Sjo (j^ JJi yî Js*i.j ii y^^y^y^ ^ H^ ^^ ^^ WiH' 



pilla le trésor deYuslasf à Baikh, et d'autres objets précieux 
provenant des anciens rois turcs. Lorsque le riche butin 
pris par Çahram, les bijoux et les trésors que la victoire lui 
avait acquis , arrivèrent chez le roi , Arikhsis el-Khouzi , mi- 
nistre de Hormuz, conçut de la jalousie contre Bahram, 
en voyant l'admiration et la joie du roi à l'aspect de tant 
de richesses, et il s'écria : « C'est bien grave pour un cheval 
de trébucher ainsi t^) ! » Puis il dépeignit le général comme 
un traître qui avait retenu la majeure partie des bijoux, et 
finit par persuader au roi d'infliger à Bahram la peine du 
bâton. Quelque temps après, Bahram (il battre monnaie 
au nom de Kesra-Éberwiz ; des marchands gagnés par lui 
la portèrent à la cour, et elle circula bientôt dans toutes les 
mains. Hormuz en fut informé; il ne douta pas que son fds 
Ébervviz n'eût employé un tel moyen pour usurper le Irone, 
et il en conçut un vif ressentiment, igno-rant que Bahram 
était le seul auteur de cette manœuvre. Ebervviz se déroba 



CHAPITRE XXIV. 215 

^UlUa)!^ ub^'-? *-s*-*-^'j u^^??^t)'^^ ^"^^ &^i *^v^ ^j-*^ 

4^ ^j^*X_» y ;i»i A-> (J-» j]j.A.^ sy^î oVaïîjIj ^^^"^3 L^Y.M*.*>j»? 

4^ U^ t_>y6 Ltlj kiiJi ij *1 t^i» iil ayJa^\^ <xAc J^ifc.Jsj 

-i^^ Jî dUi ^j <X-Jî kiUiî k^^J^^ ff.£^yÀÀ XiU» *-i*jb 

-bj («[/^ <i' (»4^^ ''^^ ^Lsï=î ^'^^i^ yj^jj\ I^jo ouiXil 

à la vengeance de son père en se réfugiant clans l'Azer- 
baidjân , l'Arménie et le pays d'"Errân et de Beïlakàn. Ilormuz 
fit emprisonner Bostani et Bendouweïh, oncles d'Ehervviz; 
mais une ruse les tira de leur prison, et ils lurent rejoints 
par une partie de l'armée; ils pénétrèrent alors chez Hormuz 
et lui arrachèrent les yeux. A cette nouvelle, Rberwiz re- 
vint auprès de son père; il lui apprit qu'il était innocent 
de ce crime et qu'il n'avait fui que pour sauver sa vie. 
flormuz abdiqua en sa faveur et s'éloigna. Instruit de ces 
événements, Bahram-Djoubin conduisit son armée contre 
la résidence royale. Eberwiz marcha à sa rencontre, el les 
(l(!ux armées s'arrêtèrent en face l'une de l'autre, sur les 
bords du Nahrewân, qui les séparait. On se borna, pendant 
quelque temps, à s'injurier et à se menacer de part et 
d'autre, puis on en vint aux mains. Eberwiz, trahi par ses 
partisans, qui passèrent du côté de Bahram, fut uns en fuite, 
et son cheval Chebdar s'emporta. C'est ce cheval ([u'on voit 
sculpti' sur la montagne de Karmasin (Kirmanchah), dans 



216 LES PRAIRIES D'OR. 

<.,««5».LAâj Ifi^Xi Xilifi ilajijlj *l>^5 (jàJ«J ,j j|js-AUi (^ jj^^\ 
I^jI JUi yUxil «XAUcl»^ Il &JU* v_;-o :>ijlj -«.4:^ ^^jj-»- 
xJi-UsU JouH dlUj (j^i/i ^^ ^^j Jo:^!? -«^,^ J.J u ^LUI 

ii_A_>. /j-j ^K U 1 -^ ^ (jU«*>- jiàjj iUdfcAÀj <iuA£ l^j ^-^^ 



le district de Dinawer et la province de Mah el-Koufah ; on 
y remarque aussi le roi Eberwiz et d'autres personnages. 
Cette localité et les belles figures sculptées dans le roc qu'on 
y admire sont une des merveilles de la terre. Les Persans 
et les Arabes font mention dans leurs poésies du fameux 
Ghebdar. On raconte que Eberwiz montant un jour ce 
cheval, sa bride se rompit; il fit venir le chef des équipages, 
et il allait lui faire trancher la tête , pour le punir de sa 
négligence, lorsque cet homme s'écria : « Sire, il ne reste rien 
qui puisse résister au roi des hommes et au roi des chevaux ! « 
Le roi lui fit grâce de la vie et le récompensa. 

Lorsque Eberwiz sentit son cheval tomber épuisé sous 
lui, il pria Nôman de le laisser combattre sur son propre 
cheval nommé Yahmouni (noir de fumée). Nôman s'y refusa 
et s'enfuit à toutes brides. Alors Haçan , fils de Hanzalah , 
fils de Hayiah, de la tribu de Taï, voyant le roi trahi par 
les siens et sur le point d'être tué, lui céda son cheval 



CHAPITRE XXIV. 217 

U >i ci;-*? (j^"**^*" '^^ ''^^ <i' j^A/^' is*^^'^3 (j*.IàJ! iiX;?: j, 

^3-=^ yî iijô^ j^\ yAjjSi aaj! JI iix;^-gJ! ^j.^ jjj,^! jU» U^ 
^ *<^.i A_*-ji (jv-j^ "î^-vs? t^^?" c^j.^ <_.JaÀ. ,i cijtX^i jyi 

wAA» X>J«XÀJ^ *lIa*wO SiiUfc.^ ^joî^jria. (j-« S^-^ ''^JM^^J J^?J)^5 

nommé Da6j6 (pointe d'épée) et lui dit : « Roi, sauve-toi sur 
mon cheval; ta vie est plus précieuse que la mienne. » Eber- 
wiz lui donna en échange son cheval Chehdar, et prit la 
fuite avec une troupe de cavaliers. Quand il eut rejoint son 
père, ils récompensèrent généreusement Ilaran de ce ser- 
vice. Haran, fils de Hanzalah, a dit à cette occasion : 

J'ai donné à Kesra ce qu'il demandait, et je n'ai pas soufTcrt qu'il se 
traînât à pied au milieu des cavaliers. 

Je lui ai pré(é le dos de Dabib, tandis que la cavalerie dos Turcs et 
celle de Babel se disputaient la victoire. 

Lorsque Eberwiz, après cette défaite, retourna chez son 
père, Hormuz lui conseilla de se rendre auprès de l'empe- 
reur grec et d'implorer son assistance , ne doutant pas qu'un 
roi qui demandait du secours dans une pareille extrémité 
ne fût exaucé. Après une longue conférence avec son père, 
Eberwiz se mit en route avec quelques ofliciers et ses deux 
oncles Roslani et Bendouweïli; il passa le Tigre et coupa le 



218 LES PRAIHIES D'OH. 

-Ij^ U^^^ ciU-» ^■î' V^'*^ IàX^:S^.3 (jî A.gXî»-U (^VS'^ IjA*v«^ 

:5V*)b iJI 4MI ISèvX^Ui aKaS^ ^iUjî Jl ?>=?-yS e^• ^ '^ •^^ 

ponl de peur d'être poursuivi par les cavaliers de Bahram. 
Le même jour, il remarqua que ses deux oncles étaient restés 
en arrière. Cette circonstance lui inspirant des inquiétudes 
sur leurs, projets et sur ceux de leurs compagnons qui 
s'étaient joints à eux, il les interrogea, et ils lui répondirent : 
« Nous craignons que Bahram ne rende la couronne à ton 
père Hormuz, tout aveugle qu'il est, afin de devenir le Fer- 
demân du roi. » Ce mot désigne le chef des émirs, et l'équi- 
valent de ce grade chez les Grecs est Domestique ( Ao|ui(T7<Kos. 
Cf. le Glossaire de Du Cange). « Puis il le fera écrire en ces 
termes à César : Mon fils Eberwiz et ses partisans m'ont 
attaqué et privé de la vue; livrez-moi les coupables. César 
n'hésitera pas à nous remettre entre ses mains, et Bahram 
nous fera périr. Ainsi la nécessité nous contraint de retourner 
sur nos pas et de nous défaire de ton père, » Eberwiz les 
conjura vainement de renoncer à ce projet et mit tout en 
oîuvrepour dégager sa propre responsabilité. Ses deux oncles 
et leurs complices retournèrent en toute hàle àMédain , dont 



CHAPITRE XXIV. 219 

i^i \4Juj ^^J^' ^J>*J^\^ (^3 ^ ^l?Pî i^j-^ iî U^-^îV^ ^^ 

JouLj (j.^ •^l»'i> ^*-^-Ii t5*^ ''^'^ »JvMÀ.r»- (Ji (jL*.s»ii!3 



,i^« 



ils n'étaient éloignés que de quelques milles; ils se précipi 
tèrent sur Hormuz, l'étranglèrent, et rejoignirent Eberwiz. 
La cavalerie de Bahrani ne tarda pas à atteindre les Tugitils; 
mais, après quelques escarmouches en divers lieux, ils par- 
vinrent à se dérober à l'ennemi, et Eberwiz put continuer 
sa route. Le poëte Warakah, fils de Nawlel, a parlé de 
llormuz en ces termes : 

Uormuz n'a pas tire parti de ses trésors, et les Aflitos qui se diraient 
éternels ont péri. 

Ainsii a péri Salomon qui était porté sur les ailes du veut, et dont les 
liommes et les génies se transnicttaienl les messages. 

Bahram, dès qu'il fut informé du meurtre de llormuz, 
se renditdeNahrewàn àMédain et s'empara du trône. Cepen 
dant Eberwiz s'était arrêté à Roha (aujourtl'luii Orfa), et il 
envoyait de là son oncle Bostam et <juelques-uns de ses com- 
pagnons ( hez le roi Maurice pour lui demander du secours. 
Il s'engagj'ait à rembourser à Maurice les Irais de l'expé- 
dition , a uroinpenscr ses troupes, à l'iudemniser de la 



220 LES PRAIRIES D'OR. 

JU4^^ y-*-^ -J^^W-* i 4r^' A-i.S'r,! .«^UjÎ (j^ -^Vi iijU 

^:^l c:::»_j.ïl» Sj^:^^ jJ<^ Xs^^ jJJ«-U jLç ^j.> pW- Igil^j 

y^X> U «j;l JIaa^ iTji J^U^^ ^^"^ ^^ ''^^ <-**.i£>i> (J-* laÀAwj 
OtJt iL>Uj jLÂJi o»J5 jJî f»^y5 viU^ 0«*^JM;^ ^^^ cK-*-^ 

perte des soldats qui seraient tués , etc. Parmi les présents 
qui accompagnaient ce message, se trouvaient cent jeunes 
esclaves fils de chefs turcs; ils étaient remarquables par leur 
beauté etJeur vigueur, et portaient des boucles d'oreilles 
ornées de pendants de perles et de rubis. Il lui envoyait 
aussi une table en ambre de trois coudées de diamètre , sou- 
tenue par trois pieds d'or enrichis de pierres précieuses. 
Le premier pied imitait la patte antérieure et la griffe d'un 
lion; le second, un pied d'antilope avec son sabot; le troi- 
sième, une serre d'aigle armée de ses griffes. Au centre de 
la table était une magnifique coupe d'onyx, large d'un 
empan et remplie de rubis rouges. Enfin au nombre des 
présents on remarquait une boîte d'or contenant cent perles 
de la plus belle eau et pesant chacune un mitkal. 

L'empereur Maurice fournit à Éberwiz un subside de 
deux millions de pièces d'or et cent mille cavaliers. Il lui 
envoya en cadeau mille pièces d'or de brocart royal, tissu 
d'or fin et orné de couleurs les plus variées; cent vingt 



CHAPITRE XXIV. 221 

(j-« wjLu/ <Ji r^çvJCJ (J««jU! dJfcX^ C>.J6 *>sï^ (iUS <JI Ajl>-lî 

^jJÔi» :i\^\» j\j.s^] fi-^^ Wr'JJJJ-J' ^^ fi^^^ ti)_jA^ (j^ ^JjW" 

{^M*^^^ (jj-***Ji U-S^j u^'^i/* Jot-»_j J^^jio c;^^ Ijsjû jj 

esclaves, filles des rois des Bordjàns, des Galliciens, des 
Slaves, des Basques et d'autres peuples voisins de l'empire 
grec; sur la tête de ces esclaves brillait une couronne en- 
richie de pierreries. En outre, il accorda à Eberwiz la main 
de sa fille Marie, et chargea son propre fils Tendons (Théo- 
dose?) de conduire cetle princesse à son époux. Au nombre 
des conditions que Maurice mettait à son alliance était l'aban- 
don des provinces de Syrie et d'Egypte conquises par Anou- 
chirwân, et la renonciation, par la cour de Perse, de tous 
ses droits sur ces possessions. Eberwiz accepta ces conditions. 
Les rois de Perse pouvaient épouser les filles des rois étran- 
gers; mais ils ne voulaient pas de ces rois pour gendres, 
parce qu'ils se considéraient comme d'une race plus libre 
et plus noble. Les Persans entrent dans de longs détails sur 
cet usage, qui ofire de l'analogie avec les privilèges des Ko- 
reïchitos et leur litre de Hamas (braves). Celle tribu, étant 
à Mou/.delilah le joui' du grand [)èlerinage, se glorifiait de 
son surnom de Hamas (plur. Iloums), et le Prophète disait 



222 LES PKAIRIES D'OR. 

i2l-X.-« t-*— jo^ yL-*«lwj^ ôivoi (Jl ^^,<_xjtj ajI^?! (j_»^j jj 

*JC:^Î_5 AjL^°I ^j-t Xx^ v_jL:^ (j-«j y^ ^JL» Jî jl^j AjL^ls dJ^t 

i Jyç> Ig^Jv^s yl^ 5_j.^ iixuijjjjiiij -JCtU^I i o«ji^ '^>J^ 
i^L^» >-<5j *-w-*jî^ <i' Jj'ï'jî;^' iSy*^ is*^^^i ^^j-'^ ij-* j-f^ 

iJouL'S' Li iX^ wibi ywïj jUji> otii (jJl AjJI lX-Î-3 <îOu5Jt« ti 

avec orgueil aux Ânsariens: Je suis de la famille des Hamas 
(ou des braves). 

Éberwiz , à la tête de ce renfort, entra dans l'Azerbaïdjàn 
où il opéra sa jonction avec le corps d'armée qui défendait 
cette province , et il gagna à sa cause plusieurs nations étran- 
gères. Bahram , prévenu de ces préparatifs , prit le comman- 
dement de son armée et marcha à la rencontre de son 
ennemi. Mais la fortune se déclara contre lui dans une 
affaire générale , et il dut se réfugier dans le Khorarân avec 
un petit nombre de compagnons. Là il adressa un message 
au roi des Turcs, obtint sa protection et chercha un asile 
dans son royaume. Parmi les soldats dévoués qui l'accom- 
pagnaient se trouvait sa propre sœur nommée Kurdyeli, qui 
l'égalait par son courage , son talent à manier un cheval , et 
qui avait secondé vaillamment son frère dans plusieurs de 
ses expéditions. 

Cependant Éberwiz, rentré dans sa capitale, distribua de 
l'argent, des chevaux et des vêtements aux soldats grecs. 
et les récompensa magnifiquement de leur coopération. Il 



CHAPITRE XX [V. 223 

J<_Ç- A-wlj (jl J.-56^ ^^^^-*-^ iiUUd» Jjjii J^I ^jb;L f»^Mp> 
ijljL2h.| l^ C>j\^ *Xi^ li^^jJ! (jbjl? t»|,>-6^ t-jL^Pi (j^ ^Jt* yl^ 

jl— *--=^' i :>j-i/0 t_>U^r ,j*i^xM^ l^js»_j^^ AxJt iùàjj ciJ^Loj 
l^JI jLw (^JV-^- kiJyAjS ^^^^-S? 8*>oli^ (j^ yo Uj CJ?:?^r* (•'>ô'^ 



envoya deux millions de dinars à Maurice, et joignit à cette 
somme de nombreux pix-sents et des meubles en or et en 
argent d'une grande valeur ; il tint scrupuleusement ses pro- 
messes, et exécuta toutes les clauses du traité; puis il eut 
recours à l'inlrigue pour faire périr Bahram dans le pays 
des Turcs, et une ruse le débarrassa de son ennemi. On 
prétend que la tète de Bahram fut envoyée à Eberwiz qui 
la fit placer au-dessus de sa porte dans la cour du palais. 
Kurdyeh quiHa le pays des Turcs avec les compagnons de 
son frère; elle eut en route des démêlés avec le fils de 
khakàn. Puis ayant reçu une lettre d'Ebervviz qui la char- 
geait de tuer Boslam, oncle du roi, et qui gouvernait le 
Deïlem et le khoraçân, elle s'acquitta de celte mission, 
landis qu'Eberwiz vengeait la mort de Hormuz, son père, 
en faisant périr son second oncle; Kurdyeh arriva enfin à la 
cour d'Kberwiz, qui l'épousa. On trouve chez les Persans un 
livre relatif aux aventures de Baliram-Djoubin ; le récit de 
ses ruses chez les Turcs, la manière donl il délivra la fille 
(le leur roi (|irim ;mini.il nonmic siinti, de |,'i l.-ii||c d'une 



224 LES PRAIRIES D'OU. 

iXJj^ L<_3 5X»Cj [jt>j\y:s- (jvj (j^ [jA.ff^j>'\ JsJj ,j^jJ>;Jm\ y 

iLs^jcj^ dLt»£ a^' (j-« fj^ *-xJ! <_.»jl5^ a.*«*a^ w*U iùfcÀiJl 
ii-j_jJL*JS UAi>_5-«j JojlM ^\J^I aj i^jj^ yl dUJùt aaJI ^^^î U 

«XJLi yl^j.«aaJI a^^ 5*^' "^^ t5-* *^^ ^ iî^iJij ^JJl■s■ 

forte chèvre, avait enlevée au milieu de ses esclaves, tandis 
qu'elle se dirigeait vers un de ses jardins; en un mot, toute 
l'histoire de Bahram, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, 
ainsi que §a généalogie, sont rapportées dans cet ouvrage. 
Eberwiz avait pour ministre un sage de la Perse, nommé 
Buzurdjmihr,fils de Bakhtekân, lequel avait pris un grand 
empire sur son esprit et gouvernait tout son royaume. Après 
treize ans de règne, Eberwiz soupçonna ce ministre de 
pencher vers la secte des zendiks ou dualistes; il le fit jeter 
en prison et lui écrivit : « Ton savoir et les ressources de ton 
esprit n'ont eu pour résultat que de te faire mériter la mort et 
un supplice rigoureux. »Buzurdjmihr lui répondit: « Lorsque 
j'étais au pouvoir, j'avais recours aux lumières de ma raison ; 
mais depuis qu'il m'a été ravi, je goûterai les fruits de la 
patience, car, en perdant de grands biens, j'ai été délivré 
aussi d'une infinité de maux. » Cette réponse irrita le roi; il 
fit venir le prisonnier et ordonna qu'on lui fendît le nez et 
la bouche. Buzurdjmihr se contenta de dire qu'il méritait 



CHAPITRE XXIV. 225 

5-«>"î ^-4* u>^ ^ ^ '4i>~*' (;r**'^ <^^ t'j'i ;*~^^-^•^ t^ 

(j.»lfl.>j liUj-Xj (3-*:?J dU«Xfi î_j'r';>^ t5*^' ^^ U-* ^"^j-^y 

-«Xjj ^/^J ^Xi^yîl tj wAÀ" J r»^^^ là£.\yi^ (♦^-=*"J V!^-*^ Q*.\jiJi 

CioD^ ^jViJi v-yj^l jji^>tw*is? Ifiij oi-*»'^^ aKjCJ» f^yjtfjj\ 

p 

-sjlIc u>-»»<I Axjci ^y-gJîT^jj j^lj Lfco ^^-^;5Tjjyj ^-^j^ (j_ji <Xaaj\»« 

un châtiment encore plus sévère. « Ennemi acharné de Dieu, 
s'écria alors le roi, que signifie ce langage?» Le ministre 
répondit : « Je t'ai dépeint aux grands et au peuple avec des 
qualités que tu n'avais pas; je t'ai gagné le cœur de tes 
sujets, en t'attribuant jdes vertus qui n'existaient pas en toi. 
Ecoute-moi, ô le plus méchant, le plus criminel et le plus 
perlide des rois; si tu me fais mourir sur un simple soup- 
çon , détruiras- tu les gages certains que je t'ai donnés de mon 
attachement à la loi religieuse.^ Qui donc comptera désor- 
mais sur ta justice? Qui croira à ta parole ou placera en toi 
sa confiance.^ » Eberwiz, transporté de fureur, lui fit trancher 
la tète. On a conservé quelques jugements de liuzurdjmihr, 
ses sentences, ses exhortations et plusieurs apo[)hlli('gmes 
sur la piété ou d'autres sujets. Eberwi/, regretta bientôt la 
mort de son conseiller et ht venir Kbabraris {?), son second 
ministre, qui prenait rang après Buzurdjniibr. A la vue du 
cadavre de son collègue, Kliabraris fut saisi de pitié, et, 
sentant qu'il n'avait plus de salut à csp»!»'! , il adressa de 
II. ii> 



226 LES PUAIPJES D'OH. 

Jjsjo ^^JI Aj=:J=i^^ J<Xjt!î Mjj^ (j^ (jixjs-yc^l j)iil j^tXjj 
lj,_jj.Jl> ^ U ^^ ^Y*^^3 »Jk^.s-^ \jf^'y^ v-ÀÀxJI^ j^jji (j5 

jj^iiuùij -(^ (^ AxAj'i Qi<v* (j^tf^ ^ J"-*î! (•5^^ ii^J-ioj çj^ (jjjjJaj 
dUi ^ji^^j O*'**?'* ^y^'^i oy^^'i StXâ^jOjjjoj^l _j^ (•Jtr' \JXLa 

i-jj-s^ <il S^Y-^ii U -JL)"* j'-^>-ê**' J"^^J ^^j$^ J_jlaj jUjs^I fcil>Ji> 

jUwgi^ SO**^* *^*^iJ^ f^J^^ wilXo 2"/-^ u' 4^^ cM-^"j cyUj\^_j 

sévères reproches à Eberwiz; le roi le fit mourir aussi et 
fit jeter son corps clans le Tigre. 

Après la mort de ces deux sages dont les talents lui avaient 
été si utiles dans son gouvernement, Eberwiz, oubliant les 
préceptes de la loi et les conseils dç la raison , fit peser le 
joug le plus tyrannique sur les grands et le peuple; il sema 
le désordre dans le royaume et traita ses sujets avec une 
injustice inouïe. Sur ces entrefaites, un patrice grec nommé 
Phocas, secondé par quelques factieux, se révolta contre 
l'empereur grec Maurice, beau-père et allié d'Eberwiz, le 
tua et s'empara du trône. Instruit de cette usurpation et 
irrité du meurtre de son beau-père, Eberwiz envoya une 
armée pour combattre les Grecs; le récit de cette expédition 
exigerait de longs détails. Chahribar, gouverneur du Magreb, 
fut chargé par Eberwiz de combattre les Grecs; il envahit 
Antioche, adressa des messages à l'empereur et à Eberwiz, 
et fomenta plusieurs intrigues, jusqu'à ce que Phocas se 
décidât à entrer en campagne. Mille vaisseaux qui le pré- 
cédaient chargés de ses trésors furent jetés par le vent sur 



CHAPITRR XXIV. 227 

-^ Jl (jj[)-i- <-i*-^-<v«k.à joyjl ci5 l^-^jjl^^.^ \(^.g».it.» AjpUajl 

jj (jl^ (J"^ iC_A.jlwj»iaJ.JÎ iCii Lwl (jàhj joo IgjùCj <».^jC^J v>j»jI 

la côte cl'Antioche; Chahribar captura ces vaisseaux et en- 
voya au roi de Perse le butin , qui fut nommé trésors du 
vent (on persan hadawerd. Antiquités de la Perse , p. /io3). 
Mais la discorde s'étant élevée entre Eberwiz et Chahribar, 
ce dernier embrassa le parti de l'empereur grec et lui ouvrit 
le chemin de l'Irak jusqu'à Nahrcwàn. Eberwiz, à l'aide de 
messages artificieux qu'il rédigea de concert avec un évoque 
chrétien tributaire de la Perse , força l'empereur à retourner 
à Constanlinople et le brouilla avec Chahribar. Cet évé- 
nement et d'aulres encore sont racontés dans notre Histoire 
moyenne. 

Ce fut sous le règne d'Eberwiz qu'eut lieu le combat de 
Dou-Kar au sujet duquel notre saint Prophète a dit : « C'est 
la première journée où les Arabes se sont vengés des Grecs 
et ont triomphé par moi. » A l'époque du combat de Dou- 
Kar, le Prophète avait accompli sa quarantième année, et 
il était à la Meccpie, après le comnienccMicnt de sa prédica- 
tion, ou, selon d'autres, après sa fuite. Suivant une tradition 



228 LES PRAIRIES D'OR. 

j-^\ iocjjU jJo iucjj «Xjo o»j\^ lg.3i (Sj^^ ^^X) «Jj J^^ 

dJi_^^^ (j'^^î S^jj'j u'*^>^^ ^jy^ V'*^'^ tj^^J ^'^^^ 

différente, celte bataille fut livrée quatre mois après la 
journée de Bedr, et le Prophète habitait alors Médine. Le 
récit de la bataille de Dou-Kar entre la tribu de Bekr ben 
Waïl et Hoi^muzân , général de Kesra-Éberwiz , a été rapporté 
par nous avec tous ses développements dans l'Histoire 
moyenne; c'est ce qui nous dispense d'y revenir ici. 

Du vivant d'Éberwiz, certains pronostics annoncèrent la 
venue prochaine d'un prophète et la prédication de la foi. 
Ce roi envoya Abd el-Mecih , fils de Bokaïlah le Gassanide , 
au devin Satih, pour l'interroger sur les songes des Mobeds, 
sur les secousses de l'Eiwân et sur d'autres phénomènes, 
comme le (dessèchement soudain du) lac de Sawah, etc. 

Éberw^iz avait neuf sceaux qu'il employait dans les affaires 
du royaume. Le premier était un anneau de diamant dont 
le chaton était formé d'un rubis rouge sur lequel on avait 
gravé le portrait du roi; la légende portait les titres du roi; 
on l'apposait sur les lettres et les diplômes. Le second était 
un anneau d'or surmonté d'une cornaline sur laquelle étaient 



CIIAPITHI-: XXIV. 229 

^ys^ »Jk.a liJUJi ^^3 «^I^^SjsjJî *j ^^^J^ t^Jii» »JJ>Xs»^ 

JUj JUL» <x-iJb :>j)y> <^yi^. A*»^ t?!y (•-'^^^ «^v^^ ^.y^^' 
y_£ jjLsKJL <-»-:^l^ c:*!^!^! »^ riva? w^^i *JJiL»-^ CiT*^' 

j^l^il ijjSî;^ Aj |*vaî? t_j«Ulj ^^P 5l;cï>» «iU^^ i^SLj ^1 
,j«iUJi /3J^_5 J^ iLiiyw^ S^j-^Ji! iOij»=w^ <>U»l=i JU ocAj_j 

^^lykitj iiJ^:>!ii\^ iUJtls^l *j rivàc* <_;l»i xiJij jjLJÎ /eo^3 

j^a-avés les mots Khoraçdn khoureh. Il servait aux archives 
de l'Etat. Le troisième était orné d'un onyx représentant 
un cavalier au galop; l'anneau, qui était d'or, portait pour 
légende : célérité. Ce cachet était destiné à la correspon- 
dance des postes. Le quatrième était un anneau d'or dont 
le chaton, formé d'un rubis rose, avait pour légende: la 
richesse est la source de la prospérité. C'était le sceau des 
diplômes et des lettres de grâce. Le cinquième, orné d'un 
rubis bahremân, qui est la plus belle variété du rubis à 
cause de sa couleur rouge, de sa pureté et de son prix, 
portait les mois khoureh wa khorrem, c'est-à-dire splendeur 
cl IVlicité; ce rubis était enchâssé entre une perle et un 
diamant. Ce cachet était posé sur le trésor des pierres pré- 
cieuses, sur la cassette royale, la gartle-robe et les ornements 
(If la couronne. Le sixième, représentant un aigle, servait à 
sceller les dépêches adressées aux rois el rangers ; son chaton 
était en ler de Chine. Le septième, surmonte d'un bézoard 
sur lequel on avait gravé une mouche, était posé sur les 
mets servis au 10 i , sin- les médicamenls el les parlums. Le 



230 LES PUAIRIES D'OR. 

fivJs? wTj-Ài». (JmU <ÎU«.AJ çj\^ A*A9 ^j-«UJi K^\jd<f jj>j[f ^uai 
t^ U^ UjH^^-9 C^"^ J_5.-^i *>*-i-£ A.**A; *>^J«>^'S»- ^Uî 

j_tf>ÎA^lj iiKJ^^ t-^d>i ^j5j-^ -2^^ iLj!i otJ! ^_j.*«*.^ «îdij^ 

»v-i*.jJl Ji ?j^^5 iùu«*.iJl (j^ ii^AÀil tUjjl *X:3-j.j U^aJj5^ 
(j^ j_jLj;I_5 ilV.A_!LiJ (j.« ^Jàs U yUr'l i (iiUj »Xa^I a^^ 
U aXajLJI (j.* ^i/-^^ U^' *^ iLA-à-s-^il (j^ ULJ^^ '^3 U^^' 

huitième, dont le chaton était formé d'une perle, avait pour 
effigie une tête de porc; on posait cette empreinte sur le cou 
des condamnés à mort et sur les arrêts emportant la peine 
capitale. Le neuvième était un anneau de fer que le roi em- 
ployait quand il allait au bain et dans les étuves. Ses écu- 
ries renfermaient cinquante mille chevaux ou bêtes de somme ; 
tous les chevaux qui formaient son cortège avaient une selle 
d'or eni^ichie de pierres précieuses et de perles. Il possédait 
en outre mille éléphants plus blancs que la neige, dont quel- 
ques-uns atteignaient douze coudées de haut, ce qui est 
très-rare chez les éléphants de guerre, car leur taille varie 
entre neuf et dix coudées; les rois de l'Inde payent très-cher 
les éléphants d'une taille plus élevée. Cependant les élé- 
phants sauvages, originaiix's du pays des Zendjes, dépassent 
de plusieurs coudées la stature de ceux dont nous parlons, 
et on peut en juger par les cornes ou défenses qui pro- 
viennent de ce pays: quelques-unes pèsent de cent cinquante 



ciiAriTiu-: XXIV. 231 

y. <XjU_5 ^y*M.i^ ^/-^ <_>IàJI ^j^ U CjLùillj *Uw.il l-J-i«»j> 

*Xi^ iU*i)| (jiut» i ^ -À»j^Jj5^S yl^ *>o_5 cK**Ji rfw.^ /oJài 
Jo^ JyS> >— *Jî ^ uÀ*» ^y»^ ^!5V*wwil_5 :>*X*Ilj d^y^ "^ c^vfU? 

wiU«Xj wwaj Lto AjtXÀgJL» ^ji^jUÀjI IgjJoljj Jy->-LsL CJOtXs" 

L.<_aJ! ijj^Jàjl U*«;'j (jl^^j 1>*XÀ.Ô ^^j_y«) J^AÀJI (jî ovaJ Jlj5_5 
l^:>ij l^iwjt/0 (J-* (J^J^ U^«XJb l^ûjA^oi^j <_>I_j«Xj! wjU« Ji^ 
^v*,-sfcj Igjoocoj l^Lwws»! fi^^^ '^■f:*^^ tXÀ^'l cjj.jsrol »Xi_j 

à deux cents menu, en évaluant le menn à deux* rolls , poids 
de Bagdad. Or la grosseur des défenses est toujours propor- 
tionnée à celle du corps de l'éléphant. Un jour de fête, 
Eberwiz passait en revue son armée, ses équipages et ses 
armes; dans les rangs se tenaient mille éléphants. Quoique 
le roi lût entouré de cinquante mille cavaliers , sans compter 
les piétons, dès que ces animaux l'aperçurent, ils se pros- 
ternèrent devant lui la télé baissée et la trompe repliée, et 
ne quittèrent celle position que lorsque leurs cornacs les 
tirèrent par leurs cordes et leur adressèrent la parole en 
langue indienne, 

Eberwiz com])ril alors et rion sans regret la supériorité 
qui, selon les Indiens, appartient aux éléphants, et il ajouta : 
« Je voudrais que Téléphant lût originaire de la Perse et non 
pas de l'Inde; comparez -le aux autres animaux, et voyez 
quelle preuve il vous donne de son inlelligence et de son 
éducation." En ellél , les Indiens citent avec orgueil leurs 
éléphants; ils vantent leur taille colossale, leur inlelligcnce. 



232 LES PRAIRIES D'OR. 

^f)y^J^ (^j '^jj^j cybt^iî ^-^^ <^\^\jj}\ ^-|^^j-«j i-^jciUs 

iL»j-o^iî /j-j^A.*i ^ ool^_5 iCÀAw (jio^Sj WU." t^^i^ *W* 

X-)»wA.Uio OjÇ>J<iî -^U* **^J *dv»J >3^k« ^ jU^^ (^y*«^l* 

-yijiJi XiÇfvwo (j*;.i-î_5 ^ JoU!|_5 AaI* à^y ^^^ c^ O^J^Ï 

J^jiil_^ ,j«<IàJ5 oiA<3J lil-^ J_jJL> jJiXilï ^UJ! (j^ oj-îi u^^** 

la docilité et la patience dont ils sont doués, le tact avec 
lequel ils devinent les désirs de leur maître, et distinguent 
un roi de son entourage; tandis que les autres animaux 
n'ont ni intelligence ni discernement. On trouvera plus loin 
quelques détails relatifs aux éléphants, l'opinion des Indiens 
ou d'autres peuples sur cet animal, et la supériorité qu'ils 
lui accordent. (Chap. XXXIII.) 

Eberwiz, après un règne de trente-huit ans, fut détrôné; 
on lui arracha les yeux et on le tua. C'est à ce roi qu'ap- 
partenait Chirin , esclave célèbre par sa beauté et sa grâce. 
Il eut pour successeur son fils Kobad, connu sous le nom 
de Chirweïh (Siroës) , qui fit prisonnier Eberwiz et se rendit 
coupable d'un parricide; les Persans font surnommé Y Injuste 
[el-Gachoum). Pendant son règne, la peste se déclara dans 
l'Irak et d'autres provinces de la Babylonie , et enleva plu- 
sieurs centaines de mille habitants : les calculs les plus élevés 
disent la moitié de la population, et les plus modérés, le 
tiers. Le règne de Chirweïh, jusqu'à sa mort, fui d'un an 



CHAPITRE XXIV. 233 

)(>A*« /ol _jJÛj (ilAil tj»j ).x*«:>^! >i Ju^ *J *iJ_5 ^.3y-*r^ *Xj»j 
aJÛwo jjliC» aKjcJL» f»_5>-îi vilXoj jjj>jl «-« »^i> ««XJdi *-r'j^^ 

/»— j) <X-j| ,,K-\ Jj Si-J «wJ I /vJ iUki /jj ^ ww O jXX« jo^J' *JCAaJI* 

(^-jjJaJi ^j JjCJi* tiUil jîi *Xj^ jL«*J iiJ^I <\ASfclÀJ IJ^j-?.^J-i^ 

f^j—jM ^ ijj^-k-j MM%-^ S<Xx^ c:a,Uw« fOiô' v.<,^I i^Aj iMk^ «Xxa5 

<-:a_a_> J^I (^ cK=?;^ dix» aJj ^_ÀAaJ_5 iC»-w ^taL* (j'^^jyJ^ 

et six mois, ou d'une moindre durée. Nous avons rapporté 
dans nos ouvrages précédents les curieuses aventures et les 
messages de Kesra-Eberwiz et de Chirweïh. Un (ils de ce 
dernier, Ardéchir, à peine âgé de sept ans, fut élevé au trône. 
Chahribar, gouverneur de l'Occident, le même dont nous 
avons parlé à propos de la guerre entre Eberwiz et l'empe- 
reur grec, sortit alors d'Antioche en Syrie, marcha contre 
cet enfant, et le tua, cinq mois après son avènement au trône. 
Charibar ne régna qu'environ vingt jours; d'autres disent 
deux mois, et il y a dillérentes opinions à cet égard. Une 
fdle d'Eberwiz, nommée Arzeniidohhl, lui lendit un piège 
et le fit périr. 11 eut pour successeur Kesra, (ils d(! Kobad, 
fds d'Eberwiz. Au rapport de quelques historiens, Kesra 
était lils d'Eberwiz et vivait chez les Turcs; il venait prendre 
possession du trône ([uand il fut tué en roule; on évalue à 
trois mois la durée (h; son jègne. Il lut rcnq)la(é par Bou- 
làii, lillc (le Kcsra-Ehcrw i/. , (|iii rt'-gna un an et demi. Un 
pi ince du sang royal, Eirou/.-Kliochenchideh {'J'chachinendch, 



234 LES PRAIRIES D'OR. 

> l -~- v * (il- ^ jo-ji j-^*ii -i^XJjî,} 'J^'*»' ^i^ tJ^* C^ f» . Ùo-Mjj] 

JuSj [y^ *J5>-« »*x^ (jl^i cMi3^^>?xr^' (Sj-^ o^ Jtr***^ 

yL-uiLu. /J.-J LiljU y-Jj.AAi:>;î ^^_joU« 0'^J>-'^^ (J^J^?'-**' 

(J-» c:A_X„t.- o«->'2_j_j (^ÀAw 2:^'»*^ dXJij iJi-*^ yjj.*i^ yV^)j.ifc. 

d'après Mirkhond) , issu de Sabour, fils de Yezdidjird le Pé- 
cheur, ne régna que deux mois et fut i^emplacé par Arzemi- 
dokht, fille de Kesra-Éberwiz , qui exerça l'autorité pendant 
un an et quatre mois. Un ent'ani, Fer^had-Khosrou, fils d'Eber- 
wiz, occupa ensuite le trône pendant un mois ou quelques 
mois, et le laissa à Yezdidjird, fils de Chahriar, fils de 
Kesra-Éberwiz, fils de Hormuz, fils d'Anouchirw an , fils de 
Kobad, fils de Firouz, fils de Bahram, fils de Yezdidjird, 
fils de Sabour, fils de Hormuz, fils de Sabour, fils d'Ardé- 
chir, fils de Babek, fils de Sassân. Ce roi, le dernier de la 
dynastie sassanide, après avoir régné vingt ans, fut tué à 
Merw dans le Rhoraçân , sept ans et demi après que Otman, 
fds d'Affan, avait été proclamé khalife, c'est-à-dire l'an 3i 
de fhégire (65i). Cependant la durée de son règne et sa 
mort sont rapportées d'une manière différente. 

La plupart des auteurs qui ont fait une étude particulière 



CHAPITRE XXIV. 235 

ybj_*l \Jy^ ^Jy^'^ -«^U»fcÀJ!_5 Jl=^ji (j-« j1j^,^-m; ^^ :vj^i^ 
-P, Jl^yi^l J^-Ui âJv^j UU> tj^'^^ e;^'^ iLoL-L«.Ji J_^ 

(^ J^^-5i> L.À*«<Xj> /j.o*xJi i..>o!^jJaJ! cii_5-L» iJ«>w«>j "^Ksa-j jji^s. 
j " e^ *Xr».i dljlj /vj wV<*i>^l wgJà ^jl (il i^li ^ Ijli JOJL* 

ti|^X_« wjLw (5-*VM a_.^A=»I (j.^^ (jI^Ij J^AÀÏJÎ li)^A^ |i^^ uk* 

J^l _^^ -il (jj c>^^_j.aS ^j.^ cyjAXl ^*r*^ (jU^i^i oul^jiaJI 

de l'histoire de la Perse et de sa chronologie, comptent dans 
la dynastie sassanide. depuis Ardéchir, (ils de liabek , jus- 
qu'à Yezdidjird, lils de Chahriar, trente souverains dont 
deux reines et vingt-huit rois. Mais dans quelques chroniques 
ce nombre est porté à trente-deux. La première dynastie , 
c'est-à-dire celle des rois de la première époque, depuis 
Keyomert jusqu'à Dara,fils de Dara, se compose de dix-neuf 
rois, y compris une femme, Houmayeh, lille de liahman , 
et Firasiab le Turc, bu, en d'autres termes, dix-sept rois (in- 
digènes). Les chels des Satrapies mentionnés précédenmient 
sont au nombre de onze, depuis le meurtre de Dara, fils de 
Dara, jusciu'à ravéïiciuent d'Aitléchir, lils de liabek. Ce 
sont les maîtres de Cliiz et d'Erràn, connus sous le nom 
d'Achgàns, qui ont d(Miné ce noin à tous les chels de Satra- 
pies. Le nondire total des rois de Perse, depuis Keyomert, 
fils d'Adam, (jue l(;s Persans considèrent comme le |)his 
ancien roi de la lerr(.', iuscju'à ^ C/didjird.. lils de Cliainiar, 



236 LES PRAIRIES D'OR. 

l_jJijwo U i <X*5 iy^ vi>iVô M>-^*-* uL« ij^^i^ i£J^ (J-? Jyj-^ 

^L-K^ fjy. *M..7"j *_A-u« ajI^^j^I^ iLi.w o-^l **J;J (:5>*->«*j' (j^ 

e:.<w»ftjÇj çj-* ^-g-^"* *«i« QkX^wJj i4jL^v>iw_^ xi-u» oj»! cly^Xj" SwsUi 

^jw» iV_:?: cjLjJTi I jv^ ^^^ ij.» Lcy»j.5\xA-»»ij iCLw ^j5^ ^^^^ 

lils de Ke§ra, est évalué à soixante, parmi lesquels on cite 
trois reines, et la durée de leur domination est, dit-on, de 
quatre mille quatre cent cinquante ans. 

Cependant d'autres auleurs comptent quatre-vingts rois 
de Reyomert à Yezdidjird, J'ai trouvé dans les ouvrages de 
([uelques historiens, biographes ou annalistes, que l'empire 
des Perses jusqu'à l'hégire avait eu une durée de trois mille 
six cent quatre-vingt-dix années ainsi réparties : de Reyo- 
mert à l'avènement de Menouchebr, dix-neuf cent vingt-deux 
ans. De Menouchehr à Zoroastre , cinq cent quatre-vingt-trois 
ans. DeZoroastre àAlexandie, deux cent cinquante-huit ans. 
Depuis Alexandre , qui régna six ans , jusqu'à Ardéchir, cinq 
cent dix-sept ans , et d'Ardéchir à l'hégire quatre cent quatre 
ans. Vn résumé de chronologie universelle , comprenant 
l'ère des propliètes et des rois, sera l'objet d'un chapitre 



CHAPITRE XXIV. 237 

^Uil vj J^ ^ vk;^^ f^J yUl jJi ^ JUu J^ii! oU^JU 

spécial (chap. LXIX) dans le présent ouvrage; mais nous 
exclurons de ce résumé l'hégire, le khalifat d'Abou Bekr 
et de ses successeurs, le règne des khalifes omeyyades et 
abbassides. Toute cette période sera présentée, sous le 
titre de second résumé chronologique, dans le chapitre 
qui suivra l'histoire des khalifes omeyyades et abbassides 
(ch.CXXXI). 

Les rois perses, depuis l'origine des temps jus(|u'à la 
naissance de l'islamisme, sont divisés en quatre dynasties. 
La première, qui s'étend de Keyomert à Aféridoun , est celle 
des Khodahàns, mot qui a le sens de rehb « maître, » comme 
ondiirehb-el-nietdn maître d'un bien , »rebb-ed-(lar« maître de 
maison, » etc. La seconde dynastie, celle des Kejàn.s , finit à 
Dara , fils de Dara. La troisième est la dynastie des AcJujàns 
ou chefs des Satrapies, ((ui ont régné après Alexandre, 
ainsi que nous l'avons tlil dans le ( hapitrc qui leur est con- 
sacré. La (jualrième est celle des Sassanidcs, ou rois perses 
de la seconde époque. Abou Obeidah Marner, fils d'KI-Mo- 
tanni, dans son Histoire de la Pcrsf (|u'il ;i rédigée (r.i|)rès 



238 LES PRAIRIES D'OR. 

cyLiLçlo (j-ytît tji isy*^ J^ ij^ *'jt; t^<^' (J*i;~*^^ jU^' «j 

^,.A-i:>;5 *.^Jjl iuOlwUJl -P^ ^U:=-^î liy^ J'^W^^ ^xj|^i 

le récit d'Omar-Kesra , répartit aussi tous les rois de ce pays 
en quatre classes. 

La première s'étend de Keyomert à Kersasp (Guerchasf). 
La seconde de Keyân , fds de Keykobad , à Alexandre ; Dara 
est le dernier roi de cette dynastie. La troisième est celle 
des Achgâns ou chefs des Satrapies. La quatrième est la 
dynastie des Sassanides; Abou Obeïdah les nomme rois du 
royaume-uni , et il en donne la liste suivante : 

Ardéchir, fds de Babek; Sabour, fds d'Ardéchir; Hormuz, 
fds de Sabour; Bahram, fds de Sabour; Bahram, fds de 
Bahram; Narsi, fds de Sabour; Hormuz, fils de Narsi , fils 
de Sabour; Sabour, fils de Hormuz; Ardéchir, fils de Hor- 
muz; Sabour, fils d'Ardéchir; Sabour, fils de Sabour; Bah- 
ram, fils de Sabour; Yezdidjird, fils de Bahram; Bahram, 
fds de Yezdidjird; Firouz, fils de Yezdidjird; Balas, fils de 
Yezdidjird; Kobad, fils de Firouz; Anouchirwân ; Hormuz; 
Éberwiz; Chirweih; Ardéchir; Chahribar; Bourân ; Kesra , 
fils de Kobad; Firouz-Khochenchideh; Arzemidokht; Fer- 



CHAPITRE XXIV. 239 

*XÀfi /ô.4-«^^ >o^lxAiyj A^lolCo^j ^i^^ij I^LLo_jj ^J-^^i 

A-f-A^Aj^Ls-:^! (j^ Ui^ -»>^,5y^ il»>s^!^ -o^i^o' cjw* ^^y=r 
ioujii! c:,UukJi t-Jai^ (jU)Jl jUi^î ^UjUS^ï 1^51, ^UJ^S^ 

had - Khosrou ; Yczdidjird, Si nous plaçons ici la nomen- 
clature de ces rois, quoique nous en ayons déjà parlé dans 
le même chapitre, c'est que nous voulons montrer les con- 
tradictions qui existent entre les chroniques et les traditions 
sur le nombre et le nom de ces rois, et rapporter les opi- 
nions dilïérentes des historiens à cet égard. 

Nous avons donné dans nos ouvrages précédents le récit 
complet de l'histoire et de la vie des rois de Perse, leurs 
conseils, leurs actes et leur correspondance, leurs arrêtés, 
les discours qu'ils prononçaient en prenant la couronne, 
leurs écrits, les événements contemporains de leur règne, 
la description des districts et des villes qu'ils ont fondés, etc. 
Nous nous bornons ici à présenter, dans un résumé rapide, 
la chronologie, le nom et l'histoire de ces rois. Le lecteur 
trouvera dans nos Annales historiques des détails sur les 
rois de ces quatre dynasties; le nom des fleuves qu'ils oui 
creusés et des villos qu'ils fini bàlies; leurs <lisc.ours el leurs 



240 LES PRAIRIES D'OR. 

-Jou (j^^ jjjiil i^Uukîl ii|^l jSij *j;iyH v^b (^^-^^^5 

iCS'^^l t^U^^S UjLi0j^ i6.^VA£l ^^^^^Àj^ <Oii^L«Mji «.^aXàwiJ^ (VT^^*^ 

maximes ; plusieurs de leurs sentences concernant les grands 
et le peuple. H y trouvera également la généalogie des cheva- 
liers et de ceux qui composaient la cavalerie royale pendant 
la guerre; la généalogie des sages, des dévots et des person- 
nages célèbres de chaque règne; l'origine des iWcrzeèa/is; 
la liste des descendants des quatre classes mentionnées ci- 
dessus. Enfin nous avons cité dans le même ouvrage les trois 
grandes castes que Kesra avait établies au-dessus de toutes 
les familles du Sawad de l'Irak, et qui ont conservé leur 
illustration dans ce pays jusqu'à nos jours. Nous avons men- 
tionné les autres familles de la noblesse du Saw^ad, qui 
prenaient rang après ces trois grandes castes, c'est-à-dire les 
C/irt/imf//as anoblis pariredj dans leSawad, et au-dessous d'eux 
les Dihliâns, descendants de Wahkert, fils de Ferdal, fils de 
Siamek , fils de Nersi , fils du roi Keyomert. Le fils de Wah- 
kert eut dix fils dont la postérité forma la classe des dihkâns; 
le litre de dihkàn fut donné pour la première fois à Wah- 



CHAPITRE XXIV. 2ûl 

ljL*J^i U wv*-o- ^ /o.^5^ (j^^i^iii ij^.^jy^ J^3 ^o^^b-* 

y5l Jl ^yJl :>i^*-^ {V_;:i^i ^UukJl ^^xs.\^ ^^\ ^tv! tj-. 
,j^ <rj-^^ là_iX -<sYJ^-«-=*' UL?-'^^^^^ (e-((^^-«**-'' (j.j-^i'^^J 
'uoU?_5 U iù|^s>Jl (^^i «X^ b^i l^ o^5>^:i- •^j!y^ U^^*^ 

^LJI ^j\kij ^j\jf^\ u^ Uij (j^[>^\ ^^ J^\jS'J^xXi 

kert. Les dihkàns se subdivisaient en cinq classes, et chacun 
des ordres dont nous avons parlé portait des vêtements 
qui variaient suivant leurs grades. Le dernier roi de Perse, 
Yezdidjird, lorsqu'il fui assassiné à l'âge de trente-cinq ans, 
laissa deux fils, Bahram et Firouz, et trois filles, Adrek, 
Chahin et Mardawend. Sa postérité se fixa à Mcrw; mais la 
plupart des descendants des rois perses et des quatre classes 
habitent encore le Sawad , et ils inscrivent et conservent leurs 
litres généalogiques avec le même respect ([ue les Arabes de 
Kahtân et de Nizar. Les personnes instruites des (ails (|uc 
nous venons de rapporter sont unanimes à cet égaid. 

Après cet exposé de l'histoire et desdynasiies de la Perse, 
nous allons rapporter d'une manière succincio l'hisloire des 
rois grers et les opinions dilTérenles auxquelles leur origine 
a doiiiM' lieu. 



i(i 



242 LES PRAIRIES D'OR. 

(jV^w^-'^ y5 fV? CJ^ (V? "^'^ J^^i (J^)"^5 (J^ -J^AJO» ^AAi 
ii-jjLM^-* c:a»3I^ *Aijî_jii^ ^.loUilj iL5^^JC*<*^ cj-ol^ jL>»xJl jj^' 

CHAPITRE XXV. 

BOIS GRECS; RÉSUMÉ DE LEUR HISTOIRE; OPINIONS 
DIVERSES SUR LEUR GÉNÉALOGIE. 

On n'est pas d'accord sur l'origine des Grecs. Les uns 
les rattachent aux peuples de Rouin et les font descendre 
d'un fils d'Isaac. D'autres pensent que Younan, leur père, 
était fils de Jafet, fils de Noé. D'autres encore les font venir 
d'un fils d'Arach, fils de Nawan , fils de Jafet, fils de Noé. 
D'après certains auteurs, c'était une nation ancienne entre 
toutes dans les premiers âges. C'est à tort que l'on a pré- 
tendu que les Grecs se rattachaient par leur origine aux 
peuples de Roum, et descendaient d'Abraham, père de ces 
derniers; on s'est fondé, pour soutenir cette hypothèse, sur 
ce que les deux peuples ont habité le même pays et ont oc- 
cupé le même territoire et les mêmes établissements : le fait 



CIIAPI lUK \\V. 2^3 

cj\yMaA\ ,>-Jyi3 \<y<sb^ *Xi».|^ cjiJi J^i?-^ i.^>^Mjà\ ^ laXs- ^j^ 

Jla jo-^Uaifc. (jjÀA*.^ f^J-^^^ ^' ^^^ cS*^^ p^^' "r*^y* «^ 
/jb»-j M^ (jwoJoi-iLXi jLajwU ioUxJÎ ^ijSi JsJ»5 ^£:>y*M*X\ 

Jw<j5j JJUtf» -bis tj^' ^^•^ C5^^°' ti' «^'j <;5''^ -î^^"^ ti' 

est qu'il y a entre eux identité do caractère et de doctrine; 
mais c'est une grossière erreur que de vouloir qu'il y ail 
identité d'origine et communauté de race. Telle est la réalité 
aux yeux des savants, tel est le seul système soutenahlc pour 
ceux qui recherchent consciencieusement la vérité. Dans leur 
langage, comme dans leur littérature, les peuples deRoum 
ne sont que les imitateurs des (îrecs; jamais ils n'ont pu 
égaler leurs maîtres soit pour l'éloquence, soit pour l'abon- 
dance du discours. Leur langue est plus pauvre que celle des 
Grecs; elle est moins vigoureuse dans ses allures, moins 
riche dans ses expressions et dans ses formes. 

Un savant, très-versé dans l'histoire des temps anciens , dit 
que Younan était frère de Kahtan cl descendait d'Abir fils 
de Clialikh, et (jue de sa scission d'avec son frère sont nées 
toutes les incertitudes qui enveloppent sa communaulé d'ori- 
gine avec lui. D'après cet auteur, Younan sortit du Yémen 
accompagné de ses enfants, de ses alliés et de tous ceux qui 
voulurent se joindre ;» lui. Parvenu aux extrémités les plus 
reculées du Magreb, il s'y fi.xad sa lannlle s'y multiplia. Là 

iC). 



UU LES PRAIRIES D'OR. 

jLo^ ^^«A-»'^ *iajij5j Aaa**j CjJ!^â f»j)^i^ iC>>^^î (j^ iLç«^^j 
^y-=r Js-A-*Ji y_.M*j»- yl^j U>**^ ^V^^ W^ 'jU^ uk?- 

ç^ Liû,i;fc.jj *-L.Js.^iil ^*x_i jj Lfl^S<Xj jUi^L dU<xJ ^j-s?^ 

tXij «wiwi^j iuàlixAwiJi ciotXj». (j^ y :>î^ài)Ij iljs-i)| e^jJvTfc. 
byji u» c*w><*-=»- <^ ^lia^o (jljjr? <_/>^w*3 AJûAifc. «>>3^^ ^<X>»Js 

la pureté de sa langue s'altéra , et vint se perdre dans l'idiome 
barbare dont se servaient les Francs et les Roumis qui ha- 
bitaient ces contrées. Alors toutes les traces de son origine 
disparurent, le souvenir de son nom s'effaça dans le Yémen 
et devint inconnu même aux hommes le plus au fait des 
généalogies. Younan était doué d'une grande force et d'une 
haute taille; à la beauté du corps il joignait l'intelligence, 
la sûreté du jugement et la noblesse des instincts : aussi ar- 
riva-t-il à un haut degré de puissance. 

Yakoub, fds d'Ishak elKendi, a prétendu aussi que You- 
nan était frère de Kahtan. Pour appuyer cette assertion, il a 
eu recours à des légendes qui se rattachent à l'origine du 
monde et qu'il a alléguées d'après une tradition apocryphe, 
peu répandue et dénuée de notoriété. Aboul-Abbas Abd-Al- 
lah, fils de Mohammed en Nachi, l'a réfuté dans une longue 
kaçideh où il a en vue la communauté d'origine que cet auteur 
prétend établir entre Younan et Kahtan, telle que nous 
l'avons rapportée plus haut. Il y dit : 



CHAPITUE XXV. 'i/i5 

Lx-o_j-^ <-^»^-iaT! (J-^'^^ *i ^•*«*r! ^ /-■=*■ ^*-^J U -?" ^ ^*^ ^-? 

I4J -lïU (jU_yi ^*x^ i Sir^-^' jl?^ ^ *LViI 'i^*^~^ A3j^;-*ii 
..j^ ^-'-j>-9^ J^^'^î '^^^-^iî^ «^ ji (^? l; *i J^ " cr-y^i^*^ 

Père de Joseph , après bien des rccherclics , je n'ai pu trouver chez toi 
ni une opinion ni un système soutenables. 

Tu n'as passé pour un sage qu'aux yeux de ces gens clicz lescpiels on 
n'a rencontré aucune trace d'esprit, (piand on les a soumis à un examen 
rigoureux. 

Peux-tu donc associer l'inipiété à la religion de Mohammed? O frère 
de l'ingratitude, tu en es arrivé k une étrange erreur : 

Dans ton aveuglement, tu mêles Younan avec Kahtan; j'aUlrnie , sur ma 
léle, qu'il y a entre eux dcnx une grande distance! 

Lorsque les fils de Younan eurent grandi et qu'ils se furent 
multipliés, il se mit à parcourir la terre, cherchant un lieu 
pour y llxer sa lésidence. Il arriva ainsi à un endroit du 
Magreh et s'arrêta dans la ville d'Afeitiyah , connue dans 
les l<'mps anciens sous le non» do Cité des sa(jcs. 11 s'y ins- 
lalla lui et ceux de ses enfants qui ravaient accompagné. 
Sa race s'y multiplia, et il s'occupa d'y élever un vaste 
iklilice jus(|ii'au mornfMit où la mort vint le siiiprendre. 
Avant de (piilter la vie, il donna ses dernières insliuctions 
a l'aîné de ses fils, nommé liarbious. Il Itii dit : « Omon (ils, 
me voilà arrivé à la moit, cl tout pi es du Icrme l'alal. Je 



246 LES PRAIiUES D'OU. 

Joftl^ Jj^\ ;5jU^^ dU;U«j uiU* Jowl, jlj Vw=?-l_5Jl ^ 
^ \ « g^jfr ^ oukS^ ^UôàJI AÀam^»- A^!^.r»>l c^oW «Xïj ^^^Ouo 
Ajls iy^L» dl-JV^ U^^' 'J^ ^-*^^ (j^' t^ I^J^^ Jsoî«XSJl 

Jyv^^ ^^1»'^ i*^'*"**; i»>^-iV»»' (jj-^J /o>^-^^ -Ixi^lL J\.s-yJî .tUOil 

i)>\-j ^j^ (_J^jm jUi 4^ l_j-«L.X.« «.^XamJ J—*^3 ^t^*' ^ «-^^ 
U^J r^""^-5 '*^^^'^' tJ^ (e-*>^' 'J**^^^'.? ^^-Î^S^b *^^y»^' 

vais lu'éloigner de toi, je vais vous quitter, toi, tes frères et 
tous tes parents. Vous êtes tous dans une situation prospère. 
J'ai été pour vous un asile dans les difficultés de la vie, un 
appui contre les peines, un bouclier contre l'adversité. A toi 
uiaintejiant à pratiquer la libéralité, ce pivot de l'empire, 
cette clef du gouvernement, cette porte de la souveraineté. 
Applique-toi à gagner les hommes par tes bienfaits et à 
régner avec droiture. Garde-toi bien de dévier de la voie 
que j'ai suivie, la seule sur laquelle la sagesse puisse faire 
fond. Quiconque délaisse les inspirations du jugement et 
les fruits de la raison est précipité dans i'abime et tombe 
dans les grilfes de la perdition. >» Younan étant mort , son (ils 
s'enjpara du pouvoir à sa place el, réunissant autour de lui 
SOS parents el ses enfants, il niit en pratique les conseils pa- 
ternels. Ses descendants s'étant multipliés, leur domination 
s'étendit dans leMagrebsurle territoire des Francs, des Nou- 
kobards (Lonibards), des peuplades de race slavone, etc. Le 



CHAPITRE XXV. 2'i7 

8.X.^ (J^>--* 0*3-^^-*^ cMJ»j (J^r <*-«>•<' (j5 J^^ 0*0"*^^ V*"^ 

&)».*n..:^ iw./^^>^,>«0^ U^^JU« 4)3^ l<«kA)c« l:>^£ C;>U&^ (;^ L«â>u 

/*_j Ijli *-^j iJ^J^ t-yX* (j*ifcjjî:> Axlî cx*j Aii^ <^J<J_5 *;3"6^ 

l.^jJ6lj i—uû jJi (joAj ^jâAjJ 4::aJb ^jI iCj>.lj»-JsJ| viLkj" cA^i 
f.Li.Ji ^v^l JI ^^ij-^ JI jJv.iC-^î ji U |0^j,^j^ Lr» u^-* 

premier de leurs rois fut celui que Ploléniée, dans son ou- 
vrage, appelle Filibos, c'est-àdire Yaniateur de chevaux. D'au- 
tres le nomment Yabis, ou bien encore Philikous. Son règne 
dura sept ans. On dit (jue lorsque Bokht-Naçar sortit de 
rOrient et ravagea par l'épée la Syrie, l'Egypte et le Magreb, 
les Grecs obéissaient aux Perses et leur payaient tribut. Ce 
Iribut consistait en un nombre déterminé d'œuis d'or d'un 
poids lixé à l'avance et en contril)ulions limitées. Après 
<|u'Alexandre lils de Filibos, ce prince dont nous venons de 
parler et (|ui, suivant Ptolémée, lut le premier roi desCîrecs, 
«•lit montré, dès son avènement au liùne, cjuclle était la gran 
deur tle son courage, Dareïous, roi des Perses, le même qui 
est connu sous le nom de Dara, (ils de Dara, envoya lui ré- 
chuner le tribut d'usage. Alexandre lui lit repondre (ju'il 
avait tué la poule aux œufs d'or et (ju'il l'avait mangée 
De là, entre ces deux juinces, des guerres à l'issue des- 
<juelles Alexandre envahit à main aruïée la Syrie et l'Irak. 



248 LES PRAIKIES D'OU. 

vJd^ Ij5i (jj îjii JOlJj ci)_j.m (j^ \^ yi^ (^ JfeJa^l; (i)^j>t}\j 

-y» t-AAM.jj ia^vj^il c-jIxJSI i ^^*«JÎ cyyL» (j^ /fti^jt ^]j^ ^j-«j 

«^AJ (ij"^ u^=*v-^ (j"^ "^^ Qjj*XAXAv>yi Ajî t^îj y^ ^»'^-»~*^ 

t- 

o|>ki AP^XjJ (jv,j^AJÎ !i ^^.«w Lfi Aji ^î_j ^jw« /o-^Àj; (^j^jJtî! 

anéantit tous les rois qui s'y trouvaient, et fit périr Dara, fils 
(le Dara, roi des Perses. Dans notre Histoire moyenne nous 
avons rapporté toutes les circonstances du massacre de Dara 
et des rois de l'Inde, ainsi que des princes de l'Orient qui 
l'aisaient cause commune avec eux. 

Suivant les uns, voici quelle était la généalogie d'Alexan- 
dre : il était fils de Filibos, fils de Modar, fils de Hermès, 
fils de Mardacb , fils de Manzour, fils deRoumi, fils de Labt, 
fils de Younap, fils de Jafet, fils de Noé. D'autres le font 
descendre d'Esaû, fils d'Isaac, fils d'Abraham. D'après une 
troisième opinion, Alexandre était fils de Barkah, fils de 
-Serhoun , fils de Roumi, fils de Barbât, fils de Navvfel, fils 
de Roumi, fils d'Asfar, fils de Bar, fils d'Esaù, fils d'Isaac, 
fils d'Abraham. On n'est pas d'accord non plus sur sou 
identité avec Doul-Karneïn; les uns fatlirnient, les autres la 
contestent. Cette épithète elle-même de Doul-Karneïn a sou- 
levé beaucoup de discussions. Les uns pensent qu'elle lui 
fui donnce à cause de ses expéditions jusqu'aux extrémités 



CHAPITRE XXV. 2/iy 

^j^ /O-^vL-j nrwili IJ^ »Uw ois J-AJS? j(^î Jii! (jî^ ^Y^^i 

JyLÎI_j c^lkii ^^j^ (JI t^;^xj Jy> i JviÛ3 i^>U! ^j- -î^I c^b 
(jOiJtjj-CiJî çjljo j5jO W)^ »iUi> j-vi. j-*j> *X5_5 <îui^ ^lla 



sX. 



lie la terre, et que ce fut le prince préposé à la garde du 
mont Kal" qui surnonmia ainsi Alexandre. Selon d'aulres ce 
titre lui vint des Anges. La première opinion est attribuée à 
Omar, lils de khattab, tandis que la seconde a|)partient à 
Ibn-Abbas. D'après une autre explication dont l'auteur est 
Ali, lils d'Abou-Taleb, Alexandre devait ce surnom à deux 
boucles de cheveux d'or. 11 y a encore la-dessus bien d'aulres 
systèmes. Nous nous bornerons pour le moment à parler de 
la dissidence des deux doctrines énn'ses par les peuples du 
Livre (les juifs et les chrétiens). 

Un des tobbâs a parlé d'Alexandre dans ses poésies et a 
tiré gloire de sa parenté avec ce prince qu'il fait desrendre 
de Ivahlan. D'après une tradition, un des tobbàs s'empara 
d'une ville du pays de I\oum et la peu[)la de colons venus 
ilu Yénien; c'est de ces Arabes, restés dans celle ville, (pie 
descend Zoul-karneïn , c'est-a-dire Alexandre. Dieu seul sait 
ce (pli en est. 

Après la morl du roi des Perdes, de l'empire duquel il 
s'empara cl dont il épousa la lilie, Alexandre marcha vers 



250 LES PRAIRIES D'OR. 

jy.'a i^iXs»-^ 'T^J-^i l»'*^*^5 'Vsîi «■^^^ \^^^ Jsj* *>^~*^lj 
aLXj^ t_jj»wi».^«XÀXwi)i *^ >\ y'^* *>^À4JÎ (iJjiX^ /o>Iâ£| qI^ 

(jK-Io^ii js._A-t»-J^ iotJUAkiiJl «X*j Uj (^daiiî t-jU-j «.jajs-I-o 
^^.Xji *>^-^^ tJ5 /b.4a.$ PiJyî» 0;-»«j lsij.Ji^ *>»'X^J ij^':^i\^ 

le Sind et l'Inde; il subjugua entièrement les princes de ces 
contrées, qui lui apportèrent des présents et lui payèrent 
tribut. Seul Porus, le plus puissant des rois de l'Inde, lui 
résista à main armée. Après une lutte acharnée, Alexandre 
tua son adversaire dans un combat singulier. Ensuite il se 
dirigea vers la Chine et le Tibet. Là encore les rois recon- 
nurent sa suzeraineté par des présents et des tributs. Puis il 
pénétra dans les déserts des Turcs en prenant la route du 
Khoraran, après avoir réduit les princes à la soumission, et 
avoir installé des hommes et des gouverneurs dans les prin- 
cipautés qu'il avait conquises. C'est ainsi qu'il établit une 
garnison de ses soldats dans le Tibet et dans la Chine. Il créa 
des districts dans le Khoraçan etbàlit des villes sur tout le 
parcours de ses expédilions. 

Il avait pour précepteur Aristote, le plus sage d'entre les 
Grecs , l'auteur du livre de la Logique et de la Métaphysique, 
!e disciple de Platon qui, lui-même, éfail disciple de Sociate. 
Ces savants s'appliquèrent à fixer rigoureusement les prin- 
cipes sur lesciuels reposent la science des choses naturelles, la 



CHAPITUE XXV. 251 

«^«XjCamI jj^.^ iUj«X» <Ji jU» 1^5 ^j^^ rjT? 8;-*^ Lf-* ^*r*[; 
vX_g.*j ijLjtJL» tK*J»_5 *•**■?_; ^^ CJ~* CJVf**^ ■^^^■f tX^^ -XaÀC 

^-iU*»j^ ^ fi iT-^ (jl^^ *-<»ii) *l^ ér« (ôrsèj *>^-»-6^5^ U*L^*^'J 

science de rame et toutes les autres parties de la philosophie. 
Ils déterminèrent les rapports qui cxisleut entre la philoso- 
phie et la science des choses divines; ils élahlircnt des classi- 
tîcations générales, démontrèrent par des preuves solides la 
vérité de leurs théories et en rendirent l'intelligence acces- 
sihle aux esprits les moins capahles de les comprendre. 

Cependant Alexandre, de retour de son expédition en 
Orient, se dirigea vers le Magreb. Arrivé à la ville de Chehr- 
Zour, suivant d'autres àî\isibe,daiis le canton de Uebiàh,ou, 
suivant une troisième opinion, dans l'Irak, se sentant grave- 
ment malade, il désigna Ptolémée pour le représenter dans 
le commanden)enl des troupes. Dès qu'Alexandre lut mort, 
les sages qui l'avaient accompagné, tant Grecs (jue Perses, 
Indiens et autres de toutes les nations, et qu'il avait coutume 
de réunir et île consulter, ne décidant jamais rien sans 
prendre leur avis, se rassemblèrent autour doses restes. Le 
corps, enduit de poix (|ui reliait (.'nlreoux tous les membres, 
l'ut déposé dans un collie dur incrusté de pierreries. Celui 
(|ui tenait le premier rang parmi les sages dit: «Que cha- 



252 LES PRAIRIES D'OR. 

*_^j -S^jUi^ *L-$liL rt%j£l£ JU» <îui^=>-^ xiT^wlil \A)^))i 

llâ^î^ ii^U^Î^ l»^*-« X^Asl.^ U.?^ f*^^J (XjU JvjswÎj J^ ^J^l 

bUfi aK^Î Jjî>_; bU.A=. aKs-I J.*> t5«xJi li l> j*N.^lii poS^ 

^J^ c^XJJ-s». >^^ J.J dl-V^Î (jâxj xÀaaJ siLk>>l (j^ cjJsxL "iK^ 

cun de vous prononce une parole qui soit une consolation 
pour les grands et un avertissement pour le peuple. » Puis, 
se levant et posant sa main sur le coffre, il dit: « Celui qui 
prenait les autres n'a pas tardé à être pris lui-même. » Le 
second sage se leva et dit : « Cet Alexandre qui enfouissait 
l'or, le voilà maintenant enfoui dans l'or. » Le troisième dit : 
" Quoi de plus humble dans ses désirs que ce corps sans vie.*^ 
Voyez dans ce colï're le plus ambitieux de tous les hommes.' » 
Le quatrième dit : « O merveille des merveilles! le fort est 
dompté, et les faibles se consolent et se félicitent. » Le cin- 
([uième dit ; « Ô toi qui croyais que la mort était à longue 
échéance, et que tes désirs allaient être satisfaits à vue , que 
n'as-tu retardé l'arrivée du terme fatal pour te donner le 
lemps d'atteindre en partie au but de les désirs, ou plutôt 
<[ue n'as-tu justifié la légitimité de tes espérances en te 
rendant inaccessible aux coups de la destinée .«^ " Le sixième 
dit : « O loi qui as dépensé toutes les forces en rapines, tu 
as ramassé un trésor (pii l'a fail défaut au moment du be- 
soin ; son lourd fardeau t'a Irompé; les jours heureux qu'il 



CHAPITRE XXV. 253 

c-v^.S'jsi ^LJt Jlï dUXfi *iL_j tl)^^ »^j^ ''^t'' d^j\s», 

s- 

yl^ u »J-«i (j^ J.A3i jjjJi jislâfi j.^ I JsjC» j-i>ft jlill Jlï Jjt^ 

te promeUait se sont enfuis loin de toi ; d'autres en joni- 
ront, loi seul en porteras la peine. » I.e septième dit : « De 
tous les enseignements que tu nous as donnés, le plus élo- 
quent est celui de ta mort : que celui qui a de l'intelligence 
comprenne donc, que celui qui est capable de s'instruire 
s'instruise donc. » Le huitième dit : « Beaucoup qui se ca- 
chaient de toi ne l'étaient même pas derrière toi, et au- 
jourd'hui ils se présentent même devant toi. » Le neuvième 
dit: « Beaucoup désiraient te voir réduit au silence, lorsque 
ta bouche ne se fermait pas; ils vont devenir avides de tes 
paroles, mainicnant ((ue tu ne parleras plus.» Le dixième 
dit: « Combien d'efforts celte âme a-l-elle faits pour (ju'elle 
ne mourût pas, et cependant voilà qu'elle vient de mourir. » 
Le onzième, qui avait composé des ouvrages sur la philo- 
sophie, dit: «Tu m'avais ordonné de ne jamais m'éloigner 
de toi; mais aujourd'hui il ne m'est pas possible de m'ap- 
procher de la personne. » L<' douzième dit : « Voilà un jour 
fertile en grands enseignements; sa ralaslrophe a rendu 
heureux ce qui était mallMMiicux, et malheureux ce (|mi 



254 LES PRAIRIES D'OH. 

f»^ k. 4 j-^ ^^.**_ii c:AJ&j-<i oLaS" aKax*»( ) jsjû (jK ^ Î_^A^! 
J<_jLiL ^-*4^ L_^i j-ii^ (j*.:>LJi Jli tX^l^Jl i^vi^î^ *>S!W 

^LmJI Jlï iL*>^ÀJl^ ^1 y^ iLi^i^ ^I^VaûJI (O-^e)^ *>^a* 

élait heureux. Que ceux qui pleureut sur la chute des rois 
versent d'es larmes sur toi. » Le treizième dit: «Ô le plus 
grand des rois ! ta puissance a disparu comme disparaît 
l'ombre d'un nuage, et les traces de ta grandeur se sont 
effacées comme la faible empreinte que laisse une mouche 
après elle. » Le quatorzième dil : « O toi pour qui le monde 
était trop étroit en longueur et en largeur, puissé-je bien 
comprendre ce à quoi tu es réduit, maintenant que quel- 
ques pouces de terre vont te renfermer!» Le quinzième 
dit : « Voyez cet homme qui a eu une si haute destinée ; ah ! 
qu'il souhaiterait maintenant pouvoir recueillir les frag- 
ments épars de son être et réunir ses débris rongés par la 
corruption ! » Le seizième dit : « O vous, qui formez un corps 
solidement constitué et une réunion d'élite, ne désirez pas 
ce qui ne donne qu'un plaisir fugitif et des jouissances pas- 
sagères : comment pourriez -vous confondre maintenant la 
bonne voie et la droiture avec Terreur et la corruption?» 
Le dix-septièn)e dil : « Voyez comme le songe de celui qui 
dormait s'est évanoui, et conime l'ombre des nuées s'est 



CHAPITRE XXV. 255 

jb ^u; wiUiî I j^ ylii A. lîjÛAÀi ^^ui J.UI ij^ ^ii 

«Xjij \^ c^Aji t5*>JS (j^-^' (3-*^ (^ dL-juj c;«cc^ ii dJ.j u 

dissipée. » Le dix-huitième, qui était un des sages de l'Inde. 
dit:« toi dont la colère était un arrêt do mort, comment 
n'as-tu pas fait sentir à la Mort le poids de la colère?» Le 
dix-neuvième dit : » Vous tous qui êtes rassemblés, vous avez 
vu ce roi qui n'existe plus; o vous, son survivant, pro- 
fitez donc de renseii^iiement. » Le vingtième dit : « Celui (|ui 
a parcouru le monde dans tous les sens est maintenant 
couché tout de sou long.» Le vingt et unième dit : «Celui 
que toutes les oreilles écoulaient respectueusement est de- 
venu silencieux; ([u'ils parlent aujourd'hui tous ceux qui 
se taisaient.» Le vingt-deuxième dit : «Tu seras suivi de 
ceux que ta mort comble de joie, comme tu as rejoint 
tous ceux dont la mort t'a réjoui. » Le vingt- troisième 
dit: «Pourquoi donc n'as-tu pas soustrait à la mort au 
moins un de tes membres, loi qui régnais en mailrc absolu 
sur la surface de la terre? d'où vient que tu n'as pas rejeté 
c^nmie indigne de toi cette prison étroite où te voilà, toi 
que ne pouvait satisfaire l'innuensité de l'univers? » Le vingt- 
quatrième , (|ni était un des dévots et des sages de l'Inde , dit : 



25() LES PRAIRIES D'OR. 

Js.i5-,Jls Ifûwi^î î*Xiî> ijy^i W^ y 5 l.g,jl$!.r»._j J^À^l tiJl^KJ (^j~* 
*X_jl».^i (_:aj»_£&; «XjIaïiaJ) c:» iX<Liaj_j (JjjWJ) c;Ai*w)-9 *Xï ^'«XjU 
«,_3iî ;j-« (Jij jLi».iiiiI_j )t-:^lj ti^-^'^" c:^_5 iXJj *lUi c*-a.j 

« Voilà donc quelle est la fin des grandeurs de ce monde! 
Ah ! que la piété niérile bien d'être recherchée avant tout! » 
Le vingt-cinquième, qui était son maître d'hôtel, dit : « Les 
oreillers sont dressés, les coussins sont empilés, les tables 
sont servies; mais je ne vois pas celui qui préside au ban- 
quet. » Le vingt-sixième, qui était l'administrateur du trésor 
public, dit : « Tu me commandais d'amasser et de thésauriser ; 
à qui remettrai-je toutes ces richesses? » Le vingt-septième, 
qui était un de ses trésoriers, dit : «Voilà les clefs de tes 
trésors : qui les prendra avant que je sois pris moi-même 
pour ce qui en aura été enlevé sans ma participation ? » Le 
vingt-huitième d'entre les sages dit : « Cette terre si longue 
et si large tu n'en occupes plus que sept empans, et si tn 
avais su le sort qui t'attendait, tu ne te serais pas chargé 
du fardeau des expéditions aventureuses. »La vingt-neuvième 
personne qui parla fut l'épouse d'Alexandre , Rouchenek , fille 
de Dara, fils de Dara, roi des Perses : « Je n'aurais pas cru , 
dit-elle, (jno le vainqueur du grand roi Dara put être vaincu 



CHAPIÏP.K \XV. 2r>7 

^-iLx-« l» fX^^o C>_x_5w t^«xii («^^^l Î<X^ ij^y w-Jov .iUii 
^_^l^^il JO tJv-iio (^<XJi ,j*-l«i »_jlA;^ JsJli iij'»-^ -Xvj *l^i^ 

i^-AjtJ Uû-<^1=>- (;j>.s»- o-il; l.gji -!^^i ^v£ '^^ U y_jii^ij! Jytil 
(jv_À-w 3t*i-o «Jko ijl^ 'i^-»«w (:J^^>■^'^ (-.*-*v (j.jl _jJÛ^ jvXÀX^iJi 

iOùj jsJu; ^ii^ i>wi^ ^^,.xi^^ c;*>^-=»"i (jji y^3 ti)^Ui ^Lw (^ 

à soD loiir. () sages ici rassemblés, les paroles que je vous 
ai entendus prononcer sont pleines d'une ironie insullante; 
après tout, le roi vient de puiser à la coupe où boivent tous 
les hommes. » Le trentième mot qui fut dit à cette occasion 
est attribué à la mère d'Alexandre, qui s'exprima, dit-on, 
ainsi, lorsqu'elle apprit sa mort: « Si je dois renoncer à re- 
voir jamais mon (ils, du moins son souvenir ne sortira jamais 
de mon cœur. » 

Alexandre n'avait (|ue trente-six ans quand il mourut. Son 
règne durait depuis neuf ans, lorsqu'il fit périr I)ai;i, lils 
de Dara , et se prolongea encore six ans aj)rts, à partir du 
moment où il étcnditsa doininalion sur tous les rois. Il était 
monté sur le (rùne à l'âge de vingt et un ans, dans le pays 
(le Makedouniali ou d'blgyple. Avant de mourir il avait fait 
promettre à son successeur, Piolémée , fils d'Arit, qu'il 
rnverrail son corps à sa nu-re, à Alexandrie. Il lui avait 
recommandé, en outre, d'j-crireà cette princesse que, lors- 
qu'elle recevrait le message lunèhrc, elle eût à faire prépa- 
rer un grand repas et à faire proclamer dans tout*' retendue 



258 LEî> PHAÏRIES D'OU. 

l^ \^\'x» J^^ Î^-ÎHV^ ^ (j-UJi Mf U V^^wwjl c>JUi l^î*Xj 

^jM.-A-5j W-^-*^ CîLJ^^' ^Xa-^ p'^fi 3' 1^3-*^ -^^ tJ-« ^i^-W-*? 
kiUi <-:a._x-çw L^.i kiL-îi (jà-x-j àAa»! ^Xi^ iii tXi»-] |0-^/» 
^J^j, j!>-^ «X-xJ c>.JlJLj c:a_\-Va« Ao U ci^^_5 c:JiaAAA^' 

des provinces qu'elie administrait, que personne ne se dis- 
pensât d y assister, excepté ceux qui pleuraient la mort d'une 
maîtresse ou d'un ami : ainsi cette cérémonie joyeuse devait 
servir au deuil d'Alexandre, au lieu que pour les autres 
hommes le deuil est marqué par la tristesse et les larmes. 

— Lorsque la nouvelle de la mort d'Alexandre parvint à sa 
mère et que le cercueil eut été déposé devant elle, elle con- 
voqua tous ses sujets, comme on le lui avait prescrit; mais 
personne ne témoigna d'empressement à répondre à son 
appel. Alors elle dit aux officiers qui l'entouraient : « Pour- 
quoi donc personne ne répond-il à mon appel? » Ils lui di- 
rent: '■ Vous seule en êtes la cause. » — «Pourquoi donc? » 

— « Parce que vous ave/, excepté de votre invitation tous 
ceux qui regrettaient une maîtresse, ou qui avaient perdu 
un ami, ou qui étaient séparés d'un être cher à leur cœur; 
or il n'est aucun de vos sujets qui n'ait été victime de l'un 
de ces malheurs. » Lorsqu'elle entendit ces paroles, la reine 
rentra en elle-même et se sentit soulagée d'un grand poids. 
Puis elle dit : « Mon fils m'a ménagé la plus puissante des 



CIIAPITHE \XV. '259 

isSV^^ i>S^\i\ ^AMsill» J^}j-^j^^ ^^• ^y^^ J> S"^ ^j^^y 

^J^JJ^Ji iiJL*»( _j^j ! JsJÛ U^i^ J! j ^XAX^iil jiAJt? Oj^. j-*^^ ijfyj^ 
n *U "j- oLxJil l«X.;£> (_,^ :>^J \^ jSù^XMij AjU\Aj^ Cj^i^^3 

consolations,» et elle ajouta: «Ô Alexandre, la fin a été 
digne de ton commencement!" Puis elle fit déposer ses 
restes dans un sarcophage de marbre , après qu'ils eurent 
été enduits d'une poix qui en reliait ensemble toutes les 
parties. Elle ne voulut pas qu'ils restassent dans le coffre 
d'or, parce qu'elle savait bien que les rois que la cupi- 
dité attirerait de loin dans ce pays ne les laisseraient pas 
dans une si précieuse enveloppe. Le sarcophage fut élevé 
sur une assise de pierres et de blocs de marbre blanc et 
d'autres couleurs, superposés les uns sur les autres. Cette 
espèce de piédestal de marbre se voit encore aujourd'hui, 
l'an 332, sur le territoire d'Alexandrie en Egypte, oii il est 
connu sous le nom de tombeau d'Alexandre. Quant à la ville 
d'Alexandrie et à ses merveilles, à l'Egypte, aux choses cu- 
rieuses qu'elle renferme, et à son fleuve, s'il plaît à Dieu, 
nous en parlerons en gros, plus bas, dans cet ouvrage, 
lorsque le moment sera venu. 



'7- 



200 LES PRAIRIES D'OR. 

*XÀ.g.ji ii)».A^ ^j~* yjSj\i,\ \XjJ^^ (_,vi^Usi jki ><XJLkAwiJ| J^ li 
J-î~ ij-» ^j^^ L» <_A-*ss»- ^^ kXÀ^Ji li)^^ f^-^ ''^-'^' cjiUiiU 

CHAPITRE XXVI. 

HISTOIRE ABRÉGÉE DE L'EXPEDITION D'ALEXANDRE 
DANS L'INDE. 

Après avoir tué Porus , i'un des rois de rinde, jdos- 
sesseur de la ville de Maiikir, Alexandre , connue nous 
l'avons diL plus haut, vit tous les rois de ces contrées se 
soumettre à lui, et s'empresser de lui oITrir des présents et 
de lui payer tribut. Il apprit alors que dans les extrémités les 
plus reculées de l'Inde il y avait un roi, plein de sagesse, 
très-bon administrateur, pratiquant la piété, équitable en- 
vers ses sujets. Il avait vécu plusieurs siècles, et il était su- 
périeur à tous les philosophes et à tous les sages de l'Inde. 
Son nom était Rend. Toujours maître de lui-même, il savait 
mortifier les ardeurs de la concupiscence , de la colère 
et des autres passions, qu'il dominait, grâce à un naturel 
généreux et à un exercice constant de toutes les vertus. 



cil A PI TUE XXVl. ^261 

jot.j Ul ^-*.5 J_j-ij LLxj aaJ! i-^aX!» ^^ilî v^^j c*"^ (3-^ 

C^lj^^ ^...^S^I^Jv^X^^i V^^' V^5 ^-^^ ^J^ ^ *^^^' 
y ^L-A-il »J«^J»-C ^"*^' "-^ ^^ i^^^i ciJ^ii ^i^-^ ^Aislà.^ 

j^ïwtfwJl xXhJ ^ aS ^j^ '^^•î'i (^ lg.^iL« »j«Ai. iX^ J^"=?^ 
^ ^«ftl-*M^I^ ^OyV" i aIIOvXcIj <vx^^i (j-^'=*-j ^==-i^-« a<>»i 

Alexandre lui écrivit une ieltre clans laquelle il lui disait, 
après les salutations d'usage: «Lorsque celte lettre te par- 
viendra, si tu es debout, ne t'assieds pas, et si tu es en 
iiiarclie, ne tourne pas la tète, autrement je mettrai en 
pièces ton empire et je t'enverrai rejoindre les rois de 
rinde qui ne sont plus." Au reçu de ce message, kend 
répondit a Alexandre dans les meilleurs termes, et en lui 
donnant le lilre de roi des rois. Il lui apprit, en outre, qu'il 
avait en sa possession des choses que nul autre que lui ne 
[)ouvait se vanter de réunir. C'étaient, disail-il , une jeune 
iHIe dont le soleil n'avait jamais vu l'égale pour la beauté; 
un philosophe capable de prévenir par ses réponses toutes 
les questions qu'on pourrait vouloir lui adresser, tant élaient 
grandes sa pénétration d'esprit, la beauté de sa nature, la 
parlaite harmonie de toutes ses facultés, la vaste étendue 
de son savoir; un médecin avec le(piel on n'avait à redouter 
ni les maladies, ni les accidents, exceplé toutefois fatlaciue 
de la mort et de la desirudion (jui, venant fondre sur 
l'édilice de noire vie, rclàcbe Ions les liens (pi'avaif formés 



2(32 LES PUAIIUES D'OR. 

iUÀj Lj<j^ ^j\^ té^=^ i<^*^ î**^ f^^'j W ?«^yA5 UûOoift 

^^ xjt-*^ ^j^^jtéS. AÀ^ Sir^ <Xo!5X-« lit (5»>>>.** r*^-5 ^-^^'^ 
(XXiU ci^4J_5 ^»XÀ£ U^rf (J^ CJ-» ti' <.^»i=»-î 4^^^-*» (j-« rflXil 

^i ly^lî *o «r»--^ U>J ljJ:>Ui. y\< (jî /D~fr*Jl f»*^^-»^ J^>yî 

Varchitecle el le créateur de ce corps doué de sensibilité; et 
cependant l'édifice du corps humain et la forme dont il 
est revêtu sont continuellement en butte, dans ce monde, 
aux atteintes du malheur, à la destruction et aux incom- 
modités de toute espèce. «Outre ces choses, ajoutait-il, 
l'ai encore une coupe telle que, lorsque tu la rempliras, 
toute ton armée pourra y boire sans que le liquide qu'elle 
contient diminue, et quoi que tu verses, elle ne dé])ordera 
jamais. Or je veux faire parvenir toutes ces merveilles au 
roi el aller moi-même le trouver. » Lorsque Alexandre eut 
lu cette leltre et qu'il en eut pris connaissance, il dit : 
« Posséder ces quatre trésors et voir ce sage échapper à ma 
fureur, me paraît préférable à ce qu'il reste avec moi et pé- 
risse. » Alexandre lui envoya donc des sages de la Grèce et 
de Rouni avec une escorte nombreuse, et leur donna ses 
instructions en ces termes : <• Si ce prince a dit vrai dans 
ce qu'il m'a écrit, apportez-moi ces merveilles et laissez-le 
tranquille à sa place ; mais si vous découvrez qu'il en est 
loul autrcniciil, et (ju'il nous a fait de faux rapports, con- 



CHAPITRE XXV F. 263 

,j^ ^ fl K.< ^jl^ ^jM. y^i) /o~6-i-« *^l.^^ Lolsw LAsî ^e-gJ (j*^=»- 

A_^ yiA-Mi!_5 I^ajI^ *L$»*I ci>kXj>wU &jSb> Ltf tJJi «Xjt> l^y» 

Iraires à la réalité, alors, comme il se sera écarté des li- 
mites de la sagesse, faites-le comparaître devant moi. » La 
députation partit donc. Lorsqu'elle fut arrivée dans les Etats 
de Kend, le prince vint la recevoir de la manière la plus 
llatfeuse et lui assigna le logement le plus somptueux. Le 
troisième jour, il voulut donner aux ambassadeurs une au- 
dience particulière d'où devaient être exclus les hommes de 
guerre qui les accompagnaient. Or les sages (.lisaient entre 
eux : « S'il a dit la vérité par rapport à la première des 
merveilles qu'il prétend posséder, il est certain qu'il ne 
nous a pas lronq)és par rapport aux trois aulrcs. » Chacun 
d'eux prit donc place suivant son rang, et la séance com- 
mença. Le roi débuta par discutoi* avec eux sur les prin- 
cipes de la philosophie, et traita de la physi(|ue et des 
sciences divmes. Un groupe de sages et de philosophes in- 
digènes se tenaient à sa gauche. On parla longuement sur 
l'origine du monde; puis chacun défendit son opinion, et la 
discussion , s'engagea ni sur les dilTéienls systèmesdes savants 
et les théories des philosophes, se poursuivit sans contrainte. 



264 LES PRAIRIES D'OR. 

t_jLj L-i *>.^ÀAxL liùyîiî); -f^UajiJ ci^^lb Uo io^lil ^/-^' 

a..^-aA^ ij^ Li <-^_y»£ (_^ r*^^-'' CjUl. lyjji^j»*» ^UjÎ^ L-Js,^ 
j^j \m*xj Ji J==^ /«..gÀ^ Js-=»-i_j js (ji A.J IgAJi j,liÀJl «XÀ^ 
Ovs^^i -Joi:< Ui ^Ji <Xj«o ^\j\ A.J «xjuis t^b^J *'y^ yVkLv 

jusqu'à ce qu'ils fussent arrivés à la cleruière limite de leurs 
connaissances. Alors le roi lit venir la jeune fille. Lorsqu'elle 
parut devant eux, ils la couvèrent des yeux. A peine eurent- 
ils porté un de leurs regards sur l'une des parties de son 
corps qu'eHe laissait voir, qu'il leur fut impossible de l'en 
détourner pour contenq^ler dans tout son éclat l'ensemble 
de sa beaulé, la perfection de sa personne, la proportion 
harmonieuse de ses formes. Après avoir craint de perdre l'es- 
prit, tant était grande l'impression produite sur eux par cette 
créature ravissante, ils rentrèrent en eux-mêmes et parvin- 
lent à dompter la puissance des passions et les sollicitations 
de la nature. Le roi, après leur avoir fait voir tout ce qu'il 
avait promis d'abord de leur montrer, les congédia et les lit 
partir avec le philosophe, la jeune lille, le médecin et la 
coupe. Lui-même les reconduisit jusqu'à une certaine dis- 
lance dans ses Etals. Lorsque les ambassadeurs furent l'e- 
venus aupiès d'Alexandre, ce prince lit assigner un loge- 
ment au médecin et au philosophe. 11 n'eut pas plutôt vu la 
jeune lillc ipiil lut frappé de sa beauté, dont l'éclat éblouit 



CHAPITUE XXVI. 'iOf) 

A-A-:è <Ji>*o ^ \.Y^^ fW^Jv 'Vjî_j"r* <iC«vij-«)j ^XS- k^j-^j^ 

jo^^l^J ^^r=- U *.aÀ£ i^l.V^ (j^ai^ À.^fdi L3;jLs»._5 t^lail <>o»Àa3 ^^ 

^_5 <îuLtf):>I_5 La-v^- »>A..i ^»X.»j (_f «Xi ^J ijXL:^, (£Jt^ ?-\-*jl^ 

sa raison, el il ordonna à la gardienne de ses esclaves d'a- 
voir soin d'elle. Ensuite son atlenlion se porta sur le piiilo- 
soplie et sur sou savoir, ainsi (jue sur les connaissances 
du médecin et sur le rang qu il occupait dans la pratique 
de la médecine et de l'hygiène. Alors les ambassadeurs ra- 
contèrent à Alexandre leur discussion avec le roi indien el 
lui parlèrent des philosophes et des sages dont ce prince 
était entouré. Alexandre, très-étonné, considéra avec atten- 
tion la manière dont ses représentants avaient exposé leurs 
idées, soutenu leurs thèses, et mesura l'espace (ju'ils avaient 
parcouru dans la science. Ensuite il examina les arguments 
à l'aide desquels les Indiens avaient déléndu les côtés vi- 
ci'-ux de leurs systèmes, en les conipaianl avec les hypo- 
thèses proj)osées par les (îrecs el les vérités qu'ils regar- 
dent comme certaines et c|ui sont fondées sur les principes 
(pi'ils avaient exposés préccdemmenl. Cela lait, Alexandre 
voulut éprouver lui-même la n alilé de ce (jui lui avait été 
rapporté sur le philosophe. S'élant mis à l'écart, il laissa 
lloller sa pensée dans lous les sens jnscpia ce (|u il lui 



266 LES PRAIRIES D'OR. 

\<y<^ (jà^\ *i JIa3 3^-^j JI xxiij "^Kma^ aaXc »:>l»;yJ^Î Juta? 

JLrs-i^ Jl (^y<uJi itX4_> |a5^ J.UI ÎJsJ» ciAJtj Uj^iJ XwJb 
i L^jj^-lal Jy-.xj ijjy K^\ y^ JJ^ i^ :>\jl\ j.x^^ SyS^ 

*!^ Lg.À^ *^-^j ^jî_j l^kw^wuw j,v»l l^ j4>sji5rAMili Jjw J^b^ 

U *;_j~A3 ^jJi ^X-aJUs UufcTï» cj>jUâ3 UùliA»^ H^yjtii^ \-^yJUs^ 

^_«5_j L^^ y_;*>^î J5j>)^ l^Uo aJ^ ^joUî?:s/i (j^ \^li 

vînt à l'esprit une idée à l'aide de laquelle il se proposa 
de tenter l'expérience. Puis il demanda une coupe, la rem- 
plit de beurre jusqu'au bord, sans qu'il fût possible d'v 
ajouter un atome de plus, et la donna à un messager, en 
lui disant : « Porte cette coupe au philosophe sans lui dire 
un seul mot. » Lorsque le messager eut apporté la coupe et 
(|u'il l'eut donnée au philosophe, celui-ci, avec la puissance 
de son intelligence dont il usait pour démêler la vérité et 
acquérir une certitude intérieure, se dit: « Pourquoi ce sage 
roi m'at-il envoyé ce beurre?» Alors il mit sa pensée en 
mouvement à la recherche du problème qui l'occupait. En- 
suite il demanda mille aiguilles, en piqua l'exlrémilé dans le 
beurre et les envoya à Alexandre. Ce prince ordonna qu'on 
les fondît, en fit faire une boule d'une rotondité parfaite et 
la renvoya au philosophe. Celui-ci, après avoir examiné at- 
tentivement l'œuvre d'Alexandre, ordonna qu'on aplanît la 
boule et qu'on en formât un nnroir auquel il fit donner, eu 
sa présence, le poli et le lustre. 11 obtint ainsi un corps 
brillant, dont la surface pure et parfaitement nette ré- 



CHAPITRE XXVI. 267 

L4-AJ *^jy*o ^j'**^^ uK^^j ^^5 ji^ \J^ j<y^Mt!^\ Jl isboyj 

cA^k-îi i L^^*^^ 5;i^.=»-^iaJi^ Ajy.Ai^ i^^jl* JoïJl «r^L j^I 

i<-x^.^ j^'àSà «4X0^ (J-^^ ci^ AXj>*:> J-M^'^ Aj'U.o cj>»>xjj 
<jik-N«*-i-i_> ^JiK^j^s- X/sjj iÏAJij j,lilj AjUÀrwj.^^ aJUjI JUs^ 

(lécbissait tous les objets placés devant elle ; puis on le 
porta à Alexandre. Ce prince regarda le miroir et vit qu'il 
reproduisait fidèlement la beauté de ses traits. Alors il de- 
manda un bassin, y plaça le n)iroir, lit verser de l'eau dessus 
jusqu'à ce (ju'il en lut entièrement couvert, et le renvoya 
ainsi au j)bilosopbe. Celui-ci, l'ayant vu, fit faire du miroir 
un vase à boire, du la forme de ceux qu'on appelle lardjc- 
hareh, le plaça dans le bassin au-dessus de l'eau où il surna- 
geait, et ordonna qu'on le reportai à Alexandre. Le roi fit 
lemplir le vase d'une terre line et le renvoya au philosophe. 
Celui-ci, à celte vue, changea de couleur; sa ligure s'altéra, 
la tristesse se peignit sur tous ses traits, ties larmes coulè- 
rent de ses joues; de nond^reux soupirs s'échappèrent de sa 
poitrine, entrecoupés de longs gémissements et de sanglots. 
Il resta ainsi toute la journée dans un élat de prostration 
complet. Ensuite il revint de celte faiblesse, lit un violent 
ellbrt sur lui-même, et, tout en se parlant, il disait, sous 
forme de reproches : «Malheur à loi, ù mon âme! Qui 
donc t'a jcîUe dans les ténèbres, t'a conduite dans cet abîme 



208 LES PRAIRIES D'OR. 

o«._jlj (^j>^Mé..y\ âJ^l\ »»X^j L^Lcj^y ii^xJî »*X^ Ji ti)^Lw!j 
;jiLxa.J) «^l_;u*âJL> f^jjjàX} (^ca-j.Ji ^\xi\ jj^ (jvai^Aiwwj j_j-Jî ^ 
»*X-jLxdi_5 jUàJi ^Iff. <ji OvJyi ^^lî ^UJî ^t (J..:S*VjUj_j 

«X_i ._>,.^l_j_».]î ^ày^^'-i^ otisî^^i^ dwik^ a<>v^Ui,î_j jÇiujiJI_5 
cx-ALs». jjUmJiJS^ (j_^Î ^Xi t5>^* -L^i^^i j, (.jJ^s»- is»_i^JtJl 

AK_^Lii sl-A-llj A-ijC^-iî ^U^i^ iOvjUJl c.Ia^]1 (^j (^wwàj L 

de soucis, t'a amenée à celte nuit profonde? Ne le prome- 
nais-tu pas librement dans le domaine de la lumière, ne 
marchais-tu pas tièremenl dans les régions élevées, guettant 
l'arrivée de la clarté naissante, t'épanouissanl dans le monde 
d'où jaillit le jour, lorsque tu as été précipitée dans l'em- 
pire des ténèbres et de la rébellion, de l'injustice et de la 
^perversité, où tu es devenue la proie des ravisseurs et le 
jouet des tempêtes? Te voilà dépouillée maintenant de ta 
science des choses cachées, te voilà déchue de la place dans 
le séjour bienheureux! Te voilà en butte à toutes les dilli- 
cultés! Tu as laissé bien loin derrière toi tout ce qui était 
désirable. Où sont maintenant tes débuts qu'entourait lant 
de bonheur, où est celte félicité que rien ne pouvait altérer? 
Tu habites actuellement dans les corps, et tu ne peux le 
soustraire à la tyrannie de l'existence et de la perversité. O 
"lion âme! tu demeures au milieu des bêles léroces qui tuent, 
des serpents venimeux, des torrents dévastateurs, des feux 
dévorants, des vents impétueux. Ta vie s'écoule, dans ces 
enveloppes grossières, ou lu ne vois (|ue des insouciants et 



CHAPITUE XXVI. 269 

dXji i^*^_j U f'i^y c^jïXlr. v-AJ^ ^'»>£ ^i^« »^ij p^-*>'3 



des ignorants, (fui se montrent circonspects dans Je bien 
et avides de tout ce qui est mal. » Puis, levant les yeux au 
ciel et voyant les étoiles qui scintillaient, il dit d'une voix 
élevée: «ô étoile voyageuse! ù corps lumineux I tu t'es levé 
dans un noble séjour; pourquoi donc es-tu décbu de la 
dignité? Tu tires ton origine d'un monde sublime, dont les 
âmes habitent les régions les plus élevées, où elles reposent 
dans des sanctuaires. Ah! que tu as (fuitlé de bonne heure 
ta céleste patrie!» A ces mots, il s'approcha de l'envoyé 
d'Alexandre et lui dit, en lui montrant la terre à iaciuello il 
n'avait pas touché :« Pi ends-la et reporte-la au roi. » Lors(pie 
l'envoyé fut de relour auprès d'Alexandre, il lui raconta 
tout ce dont il avait été témoin. Ce prince lut on ne peul 
plus surpris, car il savait bien que son intention à lui et le 
fond de sa pensée avaient été précisément la transmigration 
des âmes des mondes supérieurs dans ce bas monde. Dès 
ie lendemain malin il vonlul donner nu philosophe une 



270 LES PRAIRIES D'OR. 

J^-jiJi &\j 0-Xj ^^ (J>_5iW*»fcXAÀjU ^^^ Lois*. Uv^> jfcXjXwi^i 
jJi^J> A_XJLAi».j i^'ÀMi J^[i^ ifsjjyo <il wlâj^ ^a5Î l^ dJJi 
i JLxi A-.A.À«*Jl JiXXju» (;J^a4^ "r^^V i<^4^ cK?>i3 >y^J ti' 
ï^y.*aJï\ Q-w>-S fc - &-^.r>t li>li iLV-:=I :)lAàj <\aa^ 5<Xd> a^Uj 

J^ k£ *Xi ^^^i i JsJi y\<' yli IjCÇr (jl^i^l *1 ^i?-î '>^S 

audience particulière, et le fit appeler. Or il ne l'avait pas 
encore vu. Quand celui-ci parut, le roi , portant sur lui des 
regards curieux, examina sa taille et sa personne. C'était un 
homme de haute stature, au large front, aux formes bien 
proportionnées. Alexandre se dit : « Cet extérieur ne s'allie 
pas ordinairement à la pratique de la sagesse: si cet homme 
réunit la beauté du corps à la beauté de l'esprit, il est l'u- 
nique de son siècle; or je ne doute pas qu'il ne possède à 
la fois ces deux avantages , puisqu'il a compris tous les mes- 
sages mystérieux que je lui ai envoyés et qu'il a répondu à 
mes questions, sans avoir avec moi ni conférence, ni en- 
trevue, ni discussion. Il n'y a certainement personne, parmi 
ses contemporains , qui l'approche dans la sagesse ou qui 
puisse lui en remontrer en fait de science. » De son coté, le 
philosophe, après avoir regardé Alexandre avec attention, 
lit tourner son index autour de sa figure et le posa sur le 
bout de son nez; puis il s'avança rapidement vers ce prince, 
qui n'était pas assis sur son trône de cérémonie, et le salua 
conmie on salue les rois. Alexandre lui lit signe de s'asseoir, 



CHAPITRE XXVI. 271 

ce qu'il fit aussitôt. Alors il lui dit: « Pourquoi donc, après 
m'avoir regardé et avoir jeté les yeux sur njoi, as-tu fait 
tourner ton doigt autour de la figure et l'as-tu posé sur le 
bout de ton nez?» — «0 roi, répondit celui-ci, je t'ai ob- 
servé à la lumière de mon intelligence et dans le miroir de 
mon esprit. Or j'y ai vu que ta pensée était fixée sur moi 
et qu'en examinant ma personne tu te disais : Voilà un 
extérieur qui s'allie rarement à la pratique de la sagesse, et 
puisqu'il en est ainsi, celui qui en est doué est l'unique de 
son siècle. Alors j'ai fait tourner mon doigt coninic pour 
témoigner de la vérité de ton observation, et je t'ai fait 
voir un signe sensible qui semblait dire : conmie il n'v a 
qu'un nez sur ma figure, de même il n'y a pas dans tout 
l'empire des Indes nn houmie qui me ressemble, il ne s'en 
trouve pas un seul qui soit arrivé au même degré que moi 
dans la sagesse.» Alexandre lui dit: «Tu n'as rien exagéré 
en parlant des avantages de ta personne, et ils se trouvent 
réunis cliez toi à une liaute intelligence dont les qualités 
sont telles que tu les as décrites. Mais laissons cela o[ par 



272 LES PUAIRIES D'OH. 

c:*»X.À_jl (_j>.=^ ki^J !«X.j b» ^jM«kifc.)_j )«Xl£> kiLvC c.Ovi c:-^Àa£>5 

ilvX**^ AAà plV=i cj"* *>^.^'y ij>*"^^^ (;j^w.Jî cj-» ^Ijil! î ja£> ^^ 

»«x_i5 »_^_**ji.5"^Lx.Jl !»>«-;& iwAwU.»*^ JoLi^Jî^ *Lo4>s.Ji viU^». 

Ions d'autre chose. Quand je t'ai envoyé une coupe pleine 
de beurre, quel était ton dessein en y enfonçant des aiguilles, 
etenmela renvoyant ensuite? » — « O roi, répondit le phi- 
losophe, j'ai compris que vous vouliez dire que la science 
remplissait anon esprit, comn)e le beurre remplissait la 
coupe, en sorte que pas un des sages n'aurait pu ajouter 
à la somme de mes connaissances : alors j'ai déclaré au roi 
que ma science ajouterait à la sienne et la percerait, comme 
ces aiguilles perçaient le beurre. » — « Mais, dit Alexandre, 
lorsque l'on a fait de ces aiguilles une boule que je t'ai en- 
voyée, pourquoi l'as-tu fait battre en forme de miroir que 
tu m'as renvoyé parfaitement poli?» — «O prince, vous 
m'avez fait entendre que votre cœur, à force de répandre le 
sang et d'administrer la justice dans le monde, était devenu 
aussi dur que cette boule; que dans cet état il était insen- 
sible aux charmes de la science et peu soucieux de pénétrer 
dans les profondeurs de l'étude et de la sagesse : alors je 
vous ai répondu par une allégorie, en faisant fondre la 
boule, el je vous ai montré quel parti j'en avais tiré, puis- 



CHAPITRE XXVI. 273 

jJOJli^iil aÎ Jli buaJl (j-«*„:sr *>oUII -U*^!^M ^_;^ H^j-^ Vqm 

(j^ A-^_yb-3 liLJ.* (jl J^^'aJI J^^Î i^"^i ^xîl iijoL iiXAil 

^•^l:». AAJ \ù^ù^^ ^^ (il Ajiij LjLj *L>iiî c;j5Xvo (Jv.s»- dUl* 

que j'en avais fait un miroir capable, par son poli, de ré- 
fléchir tous les corps placés devant lui, » — « Très-bien, dit 
Alexandre, tu as parfaitenienî pénétré ma pensée. Mais, 
réponds-moi : Lorsque j'eus placé le miroir dans le bassin 
ou il descendit au fond de l'eau, pourquoi me l'as-tu ren- 
voyé, après en avoir fait une coupe qui suruageaitsur Tcau? » 
— «Vous vouliez nie faire entendre que la vie est courte, 
que le terme fatal est proche et cjue beaucoup de science 
ne peut pas s'acquérir dans un bref délai; je vous ni ré- 
pondu emblémaliquement que je saurais trouver un moyen 
pour introduire dans votre cœur beaucoup de science, et 
pour lui donner accès dans votre esprit pendant le peu de 
îemps qui nous est accordé, comme j'avais su en trouver un 
pour retirer le miroir du fond de l'eau et le faire surnager 
à la surface. » — « C'est vrai, re|)rit Alexandre, mais dis-moi 
maintenant pourquoi , lors(|uc j'ai eu renij)li le vase de terre, 
tu me l'as renvoyé tel quel, sans lui faire subir une h;ins- 
formation, comme lu l'avais fait précédemment. •> — ■• U- 
II. ..s 



27/4 LES FUAIHIKS DO H. 

jj*io\jJi ijUJi vAaÀjJl î*>^-^ «J^-îJ' »*X^ ^J^^ ''^'* *^ '^ '''^^J 
Jlî ^^i j<w4^ i'X^ <vvda>5l iixj^^l «JiAiUaJl iUlsUJl (j*jU!i 
_5~i *i Oj^^MwLoiJî JlJii i4«^l_5 ^UaS .xjikilj »,.xi^j j^l_5^ 



1^ fj^l^ i^<y^=^ 'r-'-^y iUUJI yl ^Ui IgjS 1^1^ ^U»^ 

savais que vous vouliez me dire : Après la vie, la mort, 
l'inévitable mort; puis rédifice de notre être entre dans cet 
élément froid, sec et lourd, que Ton appelle la terre; là il 
disparaît, les différentes pièces qui le composaient se dislo- 
quent, et Je principe spirituel pur, noble, subtil, se dégage 
de ce corps perceptible. « — « Tout cela est vrai , dit Alexan- 
dre, à cause de toi je me montrerai clément envers les In- 
diens. » Puis il lui assigna une riche pension et lui donna 
en fiefs de vastes propriétés. Alors le philosophe lui dit : 
« Si j'avais aimé les richesses, je ne me serais pas consacré à la 
science; or je ne veux pas introduire dans le sanctuaire de 
la science ce qui lui est contraire et antipathique. Sachez, 
ô roi, que la possession entraîne avec elle l'asservissement, 
et que Ton ne doit pas considérer comme libre et doué de 
raison celui qui sert un autre que lui-même et qui pratique 
autre chose que ce cjui contribue au perfectionnement de 
son àme : or qui possède la verlu de perfectionner l'àme, si 
ce n'est la philosophie, qui lui donne le lustre et la nour- 
riture? Tout au contraire, la jouissance des choses animales 



CHAPITUE WVI. 27r) 

^jl l^^l^ «Vjlj tj^ *Jj''*^' *vX£ JJi -iXi y^^ <îuJl l'.Aw^ v^i 

*ljL.wi)l xçciij i^j s^-^ <-P é^ s*t^-s-« #JC$o*. *i.Uj\Xi i^J^^ 

c>J5w« »>sj»3 ^IjJi Ji (jLM.»..yl /o-^jl? JlxiL ,j*,UJl JUil (j^ 

sil^Ltix-^-u A^j_yAi dlAjf ^ji ^^y.^^ ^jXjixS-j -Wrs-I tibUnU^ 

et de tout ce qui est créé lui est antipathique. Il est reconnu 
de tout le monde que la sagesse est une voie conduisant aux 
régions sublimes: celui qui en est dépourvu n'approchera 
pas de son Créateur. Sachez encore que toute l'organisation 
du monde est fondée sur la justice, en sorte que ses parties 
ne sauraient subsister avec l'injustice; la justice est la ba- 
lance du Créateur, et sa sagesse est comme un instrument qui 
enlève les taches et toutes les erreurs. De tous les actes de 
l'homme, leplus semblable à ceux du Créateur, c'est la bien- 
faisance envers son prochain. Pour vous, ô sage roi, vous avez 
gouverné jusqu'à présent par la puissance de voire épée; 
la force de votre autorité, rarrangemoni de vos atfaires, 
toute l'économie de votre administration n'ont eu d'autre 
base que les corps de vos sujets. Il vaut mieu.x régner sur 
leurs cœurs par votre bienfaisance, votre justice, votre 
équité; car vos sujets sont le véritable trésor fie votre em- 
pire. Si vous avez la puissance d<' la parole, ils ont la puis- 
sance de l'action : soyez donc circonspect dans vos paroles 
de manière a n'avoir rien à craindre de leurs actions. !len- 

18. 



276 LKS PRAIRIES D'OH. 

(jU^J! jUiwi LàjIjo i ^j^^^ (j^>*y'j W-i^J^ tj-*^^*^'^ 

k.3 Q*L*Ji AaA^ ^J^'^ ^^'^ AX*i>i (^.s»- <^À.^^^lî ^JsJiJî Ui_5 

reux le prince qui voit durer son pouvoir aussi longtemps 
que ses jours! Malheureux celui qui le voit renverser de son 
vivant! Celui qui prend la justice pour règle de sa conduite, 
son cœur resplendit du doux éclat de la pureté, » Alexandre, 
voyant que.le philosophe ne voulait pas se fixer près de lui , 
le laissa retourner dans son pays. 11 avait eu avec lui de 
nombreuses discussions sur toute espèce de sciences. Il y 
eut aussi des correspondances et des messages échangés 
entre Alexandre et Rend , roi de l'Inde : nous en avons parlé 
en détail, tout en citant les pensées les plus saillantes et 
les traits les plus remarcjuables, dans nos Annales histori- 
ques. Quant à la coupe merveilleuse, Alexandre en fit l'é- 
preuve, en l'emplissant d'eau et en appelant la foule de ses 
soldats à s'y désaltérer; ils y burent sans que son contenu 
diminuât en rien. Or celle coupe avait été laite de produits 
particuliers à l'Inde, de substances immatérielles, de prin- 
cipes parfaits, d'après les données de la divination et d'au- 
lies sciences que les Indiens se piquent de posséder. D'au- 
Iresprélendent qu'elle avait appartenu à Adam, le père des 



CIIAIMIUE XXVI. 277 

(j^ ikXiUaJl l3j-i**«c« Jî Ax^ ^-f^j-'J^ ._A,iaJ! <\xAa»^ <\i^-»il Jol^i 

jvs^jo ^^JJl J^yj^l -^Uii ^>^xaJ vUJii I jsjû i^lAAAii.ii| til 

«^'^^ Ajls^Loj jo-*^i AjtX»*lA^j jisJlï^i AJtki^ ^JUri -}Ja*«yj 

hommes, dans la terre de Serendib, dépendante de l'Inde, 
où il demeurait. Après lui les rois en avaient hérité et se 
l'étaient transmise par succession jusqu'à ce qu'elle tombât 
dans les mains du roi Rend, à cause de la grandeur de sa 
puissance et du haul degré de sagesse où il était parvenu. 
Il y a encore à ce sujet d'autres traditions que nous avons 
rapportées dans nos ouvrages précédents. Quant au méde- 
cin, on raconte des anecdotes piquantes sur ses rapports 
avec Alexandre, sur les discussions qu'ils eurent ensemble 
relativement aux principes de la science et à l'art de la mé- 
decine, et sur les progrès qu'ils firent ensemble dans le détail 
des sciences physiques et des autres sciences. Nous n'en di- 
rons rien ici pour ne pas être trop long, et pour rester fidèle 
au plan de cet ouvrage, qui est un abrégé; d'ailleurs cela nous 
conduirait à parlrr de la divinalion dont les li)diens se pi- 
quent de suivre les règles dans la pratique de la médecine 
et des autres arts. On raconte encore une loule d'autres dé- 
tails sur les expéditions d'Alexandre, sur son séjour au mi- 
lieu des provinces, sur ses marches à travers toutes les ré- 
gions connues, sur les peuples qu'il observa, sur les sages 



278 LES PRAIRIES D'OR. 

qui eurent des entrevues avec lui en dépit des distances et 
de l'éloignement de leur patrie, et malgré la diversité de 
leur langage, l'étrangeté de leurs coutumes; .la différence 
de leurs qualités et de leur caractère; sur les guerres, les 
stratagèmes; sur les procédés ingénieux mis en pratique 
par le conquérant, sur les monuments qu'il a fondés. Nous 
en avons traité au long dans ceux de nos ouvrages que 
nous avons nommés, sans parler d'autres particularités que 
nous passons sous silence. Nous n'avons consigné ici le peu 
qui précède que pour ne pas laisser ce livre entièrement 
dénué des légendes qui se rapportent à Alexandre, en mên)e 
temps que nous racontions ses expéditions et les détails 
de sa mort. 

CHAPITRE XXVII. 

Hors GREC5 QUI ONT RÉGNÉ APHÈ.S ALEXANDRE. 

Apres la mort d'Alexandre, Ptolémée ([u'il avait déclaré 
son lieutenant lui succéda. C'était un prince sage, fort ins 



CHAPITRE XX Vil. 27(^ 

jJOiX«(i)i JJUl JUÎIyft^ dUii i»X^ c:aj\^ iXi^ Xm^ (j^j-'^^'^ 
x^&VST ^'^i -LiJi a|^-L» (^y^ Pjj<i'^ Jol^i <^ *^ Vj[,)-*- 

^ -Liii (ja*j i «_^ <î^tj liû|j-o^ Igj «-r»^^ *|>îJ' 4i>^l Cj-« 

,^^w_»- «vk^ AJWoli ^ji ^^^jJÙ»*iO jjl ilj5 |j>!^ (3-*-=*- (.}-*•*« liij 
XawVS^ ^■*'*» 'V^-^^ aK^Uj viJ_j-i.Jl SvAA^a iùLcLo *>^ *»:^^' 
^^X^-u. *i ^w>wj!»» j^Ua l*X.iû JUi ^ùdiw JlJ»^ *-»»(LîJ^ l^jyusi^ 

liuit, tenant d'une main ferme les rênes du gouvernenienl, 
hon administrateur. Son règne dura quarante ans. ou, suivant 
d'autres, seulement vingt ans. Cesuccesseur d'Alexandre eut 
à soutenir des guerres contre les enfants d'Israël et contre 
des princes delà Syrie. Quelques auteurs, versés dans This- 
loire des rois de ce monde, rapportent qu'il fut le premier 
à posséder des faucons, à s'en faire un divertissement et à 
les dresser à la chasse. Un jour, disait-on, qu'il était monté 
à cheval pour aller se divertir dans un de ses lieux de plai- 
.sance, il vil un faucon qui volait. Il remartjua que cet oiseau 
battait l'air de ses ailes quand il s'élevait, se. balançait mol- 
lement quand il redescendait vers la terre, et se précipilait 
avec rapidité lorsqu'il voulait se poser. Or il le suivit des 
yeux jusqu'à ce (|u'il le vît se jeter brusquement sur un arbre 
touffu et couvert d'épines. La limpidité et la couleur dorée 
de ses yeux, son plumage, la perfection de ses formes le 
surprirent extrêmement. Il dit: «Voilà un bel oiseau qui 
a reçu des armes de la nature; il n)érite bien que les rois 
se fassent de lui une parure dans leurs assemblées. Il or- 
donna, (MJ conséquence, (|u'oii en réunît un grand nombre 



280 LES PHAliilES D'OR. 

J..L* l<><iù dlUi Jl*^ ^j.=?- ^i <->Aiî U t^jUJi ^Jic t^y 

jL^j A-Jé'l; i^^s- «_.Ajj.i( j. j IL <s.j «.^ Aj pOkAiJî J-<\J>r '^ jW^*" 
wwjsj AJi' l^J L^i^ ^\ S-*:*^. ^^ sic- JÀ^ JX« l*X-d> dUll 
Jj.AfS'j A-^J)^ (-}jjf}\^ f»j?^b CiJ^^'k?^' t^* /0.-*i'i iiJ_jX« 5<Xxj 
iUAja..o^î_5 (^-£ÛÎ_j-wJi 4_A«)o («jj^i ii)_j.L» (j_» 5*Xxj ^j-« ^ji^ 

pour eiubjellir le lieu où il tenait sa cour. Or il arriva 
qu'un aïm, c'est-à-dire un serpent mâle, se rencontra devant 
l'un de ces faucons; i'oiseau se précipita sur lui et le tua. 
Le roi s'écria : « Voilà un roi qui s'irrite de ce qui irrite les 
autres princes. » Quelques jours après, un renard apprivoisé 
se montra devant le même faucon, qui se précipita sur lui; 
le renard ne s'échappa qu'à grand'peine et à moitié morl. 
Le roi dit : « Voilà un roi au caractère héroïque , et qui ne 
souffre pas qu'on lui manque de respect. « Une autre fois un 
oiseau passa à sa portée^ il s'élança sur lui et le dévora. Le 
roi dit : « Voilà un prince qui sait défendre sa personne sa- 
crée et qui ne laisse pas perdre sa proie. » Dès ce moment, 
les faucons devinrent un de ses divertissements favoris. Après 
lui, cette coutume fut imitée par les rois des Grecs, du pays 
de iloum, des Arabes, des Persans et des autres peuples. 
Plus tard, les rois delloum en vinrent à se divertir avec le 
faucon royal et à chasser avec lui. Quelques auteurs disent 
(jue !es rois d'Espagne, de la dynastie des Lodcrik, descen- 
dants des Echhau , furent les premiers qui se divertirent 



CllAPlTKE XXV II. 281 

LjijLAusi-i (j-« ::5X_jr t^i^^i^j vW'^ ■js^•*^5 JW- '4/^ '^^^ 

L^JjLjL^ ^^ l_tf>Usj|_5 ^1 I^jlU- o-^-*^' ^j'>^ U^ U^>*^ 

avec le faucon royal et l'employèrent à la chasse; que les 
Grecs, ou, suivant d'autres, les rois de lioum lurent les pre- 
miers qui tirèrent le même parti des aigles noirs. Au surplus, 
dans un des cliapilres précédenls de cet ouvrage, où nous 
avons traité du mont Caucase et de la ville de Bab-el-Abwab, 
nous avons donné des renseignements sommaires sur les 
l'aucons et sur l'emploi qu'on en a lait. (Ci-dessus, p. 27.) 

Les anciens médecins des Grecs disaient que les oiseaux 
de proie se divisaient en plusieurs espèces (|ue Dieu a créées 
et produites par catégories et par classes bien dislincles. Ils 
en comptaient quatre espèces et treize genres. Les (pialre 
espèces sont : le faucon propremt'nl dit, bazi ; le laucon 
royal, cluilun; le gerfaut, sakr ; et l'aigle noir, oukab. Nous 
avons décrit eu délail ces espèces et ces genres dans notre 
llisloiie moyenne, où nous avons classé les oiseaux de proie, 
indiqué les caractères propres à chacun d'eux, et rappelé 
tout ce (|ui a été dit sur ce sujet. 

Ptolémée laissa le tronc à Ilipidous (Philadelphe), prince 



282 LES PRAIRIES D'OR. 

ia_jLw^ W^'? (*4^^ o»Ai».:> *-V*J -Lm^^II^ J^A^I 5:>Ls£ 

jlX^ t5*^î y 5 J^* «^ij *-*-**« (jv*?j^ cK*i^ *'*^ C:J?rJ^j ^jUt 

,.X-5^j (^-la MI..X.J <J! Joî^^-wl ^j :>^ joJî j«^A*ÎI (_^l3_j (^"â"*-* 
c:*._V-j JC*^ À-AiiJl^ t^JJl cu^)TJ J!_^:ïii^j.^l_jil -0.^.0 

vaillant et superbe. De sou temps, à la suite de doutes 
qui s'élevèreut au milieu de ces peuples, commença le cuite 
des images et des idoles, intermédiaires visibles entre eux 
ot leur Créateur, dont elles les rapprochaient et leur facili- 
taient l'accès. Le règne de ce prince dura quatre-vingt-huit 
ans, ou, suivant d'autres, quarante ans seulement. D'après 
certains auteurs, celui qui monta sur le trône après le suc- 
cesseur immédiat d'Alexandre, fut Ptolémée II, Muhibb-el- 
Akh (Philadelphe). Il lit une incursion contre les enfants 
d'Israël, dans le pays de Palestine et d'Ilia, dépendant de la 
Syrie, traîna en captivité ceux qu'il ne fit pas mourir, et se 
montra un amateur zélé des sciences. Plus tard, les enfants 
d'Israël retournèrent en Palestine, emportant avec eux les 
joyaux, les richesses, les vases d'or et d'argent qui appar- 
tenaient au temple de Jérusalem. Le roi de Syrie était alors 
Vbtandjenus (Antiochus), celui-là même qui fonda An- 
tioche et en Ut la capitale de son empire. La muraille qui 
l'entourait, s'élevant à la fois sur la plaine et sur la mon- 
tagne, étail une des merveilles du monde. Elle n'avait pas 



CHAPITRE XXVII. 28;i 

^^ J^ cK«^^ ««^^-^^ *i^->» i>^y^ 4>^ s'-)^-^' <^^ ^i/'- 
Jl_r>.^l^ <^-o;l_5 aKju^I i JsX^ kjl^ »^l Ji cjlJùJs V^À^ 

^ l_Jij,— »_i^ (JV-^^ »W-« ^^^j-ftis^^ xjUOoj CiyviAjj (JvXàjI 
U »Uv-il »*>^-d> t>-« W^ "-^^l;-? ^^^-?-^^ W*j'>-i ti' iii,^ 

moins de douze milles de circuit. En outre, elle était flan- 
quée de cent trente-six tours, qui avaient vingt-ciualre mille 
créneaux. Dans chacune de ces tours, qui étaient divisées 
par étages jusqu'à la plale-lorme, était caserne un patrice 
avec ses hommes et ses chevaux. La partie basse et de plain- 
pied avec la terre était occupée par les écuries, les étages 
par les homn)es , la partie supérieure par le patrice. C'étaient 
autant de places fortes, garnies de portes de Ter, dont on 
\oit encore les traces aujourd'hui, l'an 332. U pourvut la 
ville de fontaines et d'autres eaux que l'on ne pouvait pas 
intercepter du dehors. 1! lil couler des eaux par des conduits 
souterrains (jui se bifurquaient tout alentour dans la di- 
rection des principales rues. .l'ai vu à Antioche, dans les 
conduits de terre cuite, des pétrifications qui s'étaient for- 
mecs par suile de dépôts successifs; accumulées en couches, 
elles interccptaienl le passage des eaux, et les empêchaient 
de coulei : par leur dureté, elles déliaient l'aclion du fer. 



284 LES PRAIRIES D'OR. 

i A_A_S'l_k.j5 *U 5*xîjj U î^a^ IàaJI ^j iJls^ sbtXiûU; 

(j^ p?Jv_x^ ^ t±5*X>s? Uj -o-gil_^=»-lj ^^i^UJl (jljHS^ ilA*k=>-l 
^ ^)<XAaJi o^îj-jj l^loji (j^ bySÎ U (jàjc> 2ki JsAJii U&U5^ 

^j t^Ak^î ^iyl ^j *Uj p«Xi3 ^^^^ o>A-^iJ (j-« ^!5K-*J5 

*i Ok-jl^ (Vjv-À-^ 5^-Ai..-C *A^ c-ji/l c-a:S?o o_J5>*iî (j«^.fvXiaj 

Dans notre ouvrage qui porte le titre de Les questions el les 
expériences , nous avons rapporté ce que nous avions cons- 
taté par nous-même , ou ce que nous avions appris par ouï- 
dire : tels sont les parasites engendrés par les eaux d'An- 
lioche dans, les corps des êtres humains et dans leur ventre, 
ou bien encore les venfs noirs et froids accompagnés de co- 
liques intenses, que l'usage de ces eaux produit dans les es- 
tomacs. Recliid ayant voulu repeupler celle ville, on lui 
objecta quelques-uns des inconvénients que nous avons 
mentionnés; on lui représenta que la rouille attaquait sans 
relâche les armes, comme les épées et autres ; que les par- 
fums n'y conservaient pas leur odeur et s'y gâtaient, et ce 
prince linit par renoncer à son projet. 

Après Hiphlous, Ptolémée e5-5a/u' ( l'opérateur, Evergète) 
monta sur le trône, qu'il occupa vingt-six ans. Il eut pour 
successeur Ptolémée, connu sous le nom de Miihihh-el-ah 
(Philopator), (jui régna dix-sept ans. Il eut des guerres à 
soutenir contre les rois de Syrie, el , entre autres, contre le 
|)0ssesseur d'Antioche, el-lskenderous, le même qui fonda la 



CHAPITRE XXVII. 28f) 

c_>Ljc_5^ -^jâ\JI^ liUiJl jyLft iw£ c-vs.-U? (j*.^^kj (j>Ajb^il 

ville de Famiah, entre Emesse et Anlioche. Le gouverne- 
ment des Grecs passa ensuite à Ptoléniée (Epiphane), cé- 
lèbre par sa science des révolutions du ciel et des étoiles, 
l'auteur de TAlmageste et d'autres ouvrages. Après un règne 
de vingt-quatre ans, il laissa la couronne à Ploléniée Muhibb- 
el-onmi (Philoniétor) , qui la porta pendant trente-cinq ans. 
Son successeur fut Ptolémée es-Sanî, second du nom (Ever- 
gète II ou Physcon), pendant dix-sept ans. Après lui, le 
sceptre passa à Ptolémée el-Mouhhlis ( Soler II) , pendant dix- 
sept ans; puis à Ptolémée el-Iskeiiderani (Alexandre I"), 
pendant douze ans; puis à Ptolémée el-Djedid, le Nouveau 
(Alexandre II), pendant huit ans; puis à Ptolémée el-Haiv- 
woual, le Perspicace (Alexandre III), pendant huit années, 
durant hîsquelles il eut beaucoup de guerres à soutenir; 
puis à Ptolémée el-IIadit, le Jeune, pendant trente ans. A 
sa mort, sa fdle Cléopàtre monta sur le trône et y resta 
vingt-deux ans. C'était une princesse versée dans les sciences, 
adonnée à l'i-ludede la pl)iloso|)liie cl adnicilanl les savants 



286 LES PRAIRIES D'OR. 

(jl Jl (Vjv_A->l^^-*-5^ ià^jJ>^\ iilUl 8*>v^^ fc-JaJî io»À^ Jkiûl 
U ^i A.^_j..W c:^Jij(j f^j^^ ow^i^ /o-^-«V!' ^^^'^^ (6-^J^ (s*^ 

j*j-A_jjJaJl *1 Ji.Ji-j ^^Jj *i y6 <XJ>j Iv^ÀjJ L^Ao^ W^3*^ 

y\^ ^jw^.Ia<wo g î y^^ ^l<^*)J '-l?'^ CJ-* ci^' (»-ft^^^ J^-»*^ ^-^J-*^^ 
wJj «X-À-AW^ 2(<XX-^ Sy-JIO^uJU) t.'MM.À^ iNaJ)^ vAO^ ^-^^ (J-* ^3^ 

t_>5v->- i«^ o*-jl^_5 x*i>(yil ]iSJÎ> <X>tj f»5>>^t ti)^.L« «_,'U j, S»A^ 

dans son intimité. Elle composa, sur la médecine, les 
charmes, et d'autres parties des sciences naturelles, des ou- 
vrages qui portent le nom de leur auteur, et sont connus des 
hommes versés dans l'art de la médecine. Avec elle finit la 
dynastie des rois grecs : dès lors leur empire fut à jamais 
détruit, les jours de leur splendeur furent effacés, les ves- 
tiges de leur puissance disparurent, leurs sciences elles- 
mêmes tombèrent dans l'oubli, à part les débris qui res- 
tèrent entre les mains de leurs sages. Quant à cette reine, 
on rapporte de curieux détails sur la manière dont elle se 
donna la mort. Elle avait un époux, nommé Antoine fAl- 
tounious), qui partageait avec elle le gouvernement de la 
Macédoine, pays de l'Egypte relevant d'Alexandrie et d'au- 
tres villes. Tous deux furent attaqués par le second des em- 
pereurs romains, Auguste, le premier qui porta le titre de 
César, et qui est comme la souche de tous les Césars, ses 
successeurs. Nous parlerons de lui, plus bas, dans le cha- 
pitre consacré aux empereurs de Rome. Il fit la guerre dans 
la Syrie et l'Egypte, contre Cléopâtre et son époux Antoine, 



CHAPITRE XXVil. 287 

L<-J»yjtJ /O^' (JVJùb^l f'L^Jl i^KÀj Ool^ l^jii Ij^ÀX! jfc^-«AAJ_5 

JOLi (j^ X> ^^3 •^•* ^J W^* *^b-* ^-*-^j l^^ijj \4^J_j 

L^ (fc*~*^ •^^ *-*-^ c5^ ^ ^'^ '-^*^ <^^ ^-M*^ yà*^' 

qu'il finit par luer. La princesse resta alois dans l'impuis- 
sance de chasser l'empereur romain de la terre d'Egypte. 
Celui-ci résolut d'employer la ruse pour s'emparer de ia 
personne de son ennemie. Il n'ignorait pas à quel point elle 
était versée dans l'étude des sciences naturelles, .et il vou- 
lait apprendre d'elle les précieux secrets qu'elle possédait, 
comme le dernier représentant des sages de la Grèce, se 
proposant, après cela, de la livrer au supplice et de la faire 
mourir. Il lui envoya donc un message; mais elle connais- 
sait ses intentions secrètes , et le regardait comme son plus 
cruel ennemi , puisqu'elle lui devait la mort de son époux 
et le massacre de ses troupes. Dans cette extrémité , elle fit 
cljercber un serpent de l'espèce de ceux qui se trouvent 
entre le Iledjaz et l'Egypte. Ce serpent guette riionnue avec 
beaucoup d'attention jusqu'à ce qu'il puisse apercevoir un 
de ses membres : alors, rapide comme le vent, il fait un 
bond de plusieurs coudées, et, ne manquant jamais .son 
but, il verse dans la plaie un venin qui opère sur-le-champ; 
la mort est si instantanée qu'on ne l'attribue même pas au 
reptile, mais à un accident purement naturel. J'ai vu mie 



288 LES PRAIRIES D'OR. 

^-Awlj c:>ii iLj^— X_xjl (iiJU^ <^*^J ^^;?>-*'<* «^W*- i$j *U{ 

p 

jLà? ol_jJol> <X.r=-_j„j (^Ji [jîijS^ -Jsjili iU^aJl (j^ iùs^ l^J 
j.*£ii j;^ J^i^Jvo (j^k-w*^! ^jî (.^A_t^t (J'^^ r>^' i^ U^ u' ^^ 
i) ^tj L-^-LaS L-£Ûl.ÀJ CAjkj»-! ^J^^ L^jjljjs- fjà.xj c:>woî LgJ&-4 

espèce de ces sei'pents, dans l'eau, au milieu du Khouzi- 
stân, c'est-à-dire dans un district de rAhv\az, sur la route 
du Fars, en venant de Basrali. C'était dans un endroit ap- 
pelé Khân-Merdvveïh , entre la ville de Dawrak, le pays de 
Baçiân et Foundoum. Pour en revenir à ceux dont nous 
parlons, ils n'ont pas plus d'une coudée de long et s'ap- 
pellent yîfnja/i. Pourvus de deux têtes, ils se tiennent dans 
le sable , et se font des trous dans la poussière. Lorsqu'ils 
aperçoivent un homme ou quelque autre être vivant, ils font 
un bond de plusieurs coudées, et frappent leurs victimes 
de l'une de leurs têtes à quelque endroit que ce soit : le 
coup est suivi instantanément de la cessation de la vie. 

La reine Cléopâtrc se fit donc apporter un des serpents 
que nous venons de décrire, et qui se trouvent sur les con- 
fins du Hedjaz. Le jour où elle apprit qu'Auguste devait 
entrer dans le palais de sa résidence, elle ordonna à l'une 
de ses esclaves, qui préférait la mort avant sa maîtresse au 



CIIAIMTRK XXVII. :>«<J 

L_fûjk_9 ^j^ cj^X-^ii Lv_jL>i (j l^AJwJi li6<>s>*-> c-jIJ^xj! l-j-jiî^j 

A_j l^j_ju!ij j-fl^yJl_j /^j>.U^i çi_jjî <_vXxis-j) l^iL* *À.->^'^ W^Wj' 

jli ,^ je— 4-A-^-* >i_ft— i-:>3 J^3*X_t ,j^ KK-g-A-iki <Xï U, -<>.^xJlL<i 

A_AJ l_«-j\<' ^_^*XJi ^Lp-Jyi! *Lj| ,__;-. l^*Xj o»Jii U3 -o-^ikj» 

supplice qui rattendait après elle, ch; mettre la Jiiaiii dans 
le vase où était le serpent : elle obéit et expira sur-le-champ. 
Alors la princesse s'assit sur son trône royal, la ronronne 
sur la tête, parée de ses plus beaux habits et de ses plus 
riches atours. Dans la salle où elle se tenait, devant le trône, 
elle fit placer toutes sortes de plantes aromatiques, de 
fleurs, de fruits, de parfums et de produits merveilleux qui 
se recueillent en Egypte, et dont nous avons fait l'énumé- 
ration en détail. Après avoir donné ses derniers ordres, 
elle se sépara de ceux qui formaient sa cour. Ces malheu- 
reux, oubliant leur maîtresse, ne pensaient plus qu'à eux- 
mêmes, tant l'arrivée de leur ennemi et son entrée dans le 
palais leui- avaient fait perdre l'esprit. Quant à la reine, elle 
n'eut pas plutôt approché sa main du vase de verre où était 
le serpent, et elle n'en eut pas louché rorilice (|ue, ce rep- 
lile lui fransnw'tlant son redoutable venin, la vie se ilétril 
en elle à rinsiani même. (leliii ci soi lit du vase eu rampant . 
cl ne Iroiixjinl pas de ( aclielle ni d'issiK; par ou s'é<li;ip|)ei , 
|).'ii'n- (|iie la salle elail lonlc de tnaibre blani el d'aiilre 



290 LES PRAIRIES D'OR. 

c.l_A_^i)|_j ^j-^JLI_j f»^-=-:P'^ (j^^^^5 viib (jUjiJ ^Aj i^ù^j 

x-A-cLw (j^ (j— ^.^' ^^•** u*^^ W<^ Ax>9^ iUil iAki aAc 
l_g_**jLjJ l^Axij l.^xi (j>« c-^^Xi A*.«w^ C:^^' ^;r*^J *-r^^3 

marbi'e revêtus de vernis, il se glissa dans les plantes aro- 
matiques. Cependant Auguste, étant entré dans le palais, 
vint jusqu'à la salle du trône. A la vue de la reine assise et 
la couronne sur la tête, il ne douta point qu'elle ne fïit 
douée de la parole. Il s'approcha donc, mais alors il recon- 
nut qu'elle était morte. Il considérait avec surprise toutes 
ces plantes aromatiques, portait la main sur chacune d'elles, 
les maniait et en aspirait le parfum. Ses courtisans n'étaient 
pas moins étonnés que lui. Ce prince, ne pouvant s'expli- 
quer la mort de Cléopâtre, se désolait de ce que la fortune 
lui eût ravi une si belle proie. Tandis quil touchait ainsi 
toutes ces plantes et qu'il en aspirait le parlum , le serpent 
s'élança sur lui et le frappa de son venin. A l'instant même 
toute la partie droite de son corps fut desséchée; en même 
temps l'œil droit et l'oreille droite furent frappés de para- 
lysie. L'étonnement d'Auguste redoubla en songeant au cou- 
rage de la reine, qui s'était tuée, préférant la mort à une 
vie sans honneur, et c(ui lui avait tendu un piège en cachant 
un serpent dans les herbes. Il récita à ce sujet des vers, en 



CHAPITHK XXVII. -291 

o^wx^jjuiJi l^xd», »»xii sJvtû aK.^^^ xiiAL- ^j^ kiUUû Jo 

Xj jj^j_jj-j^ /O. Q'* 'y> i Ajj)^<Xj f»5;Ji ^xC AjWI 6iyj> <jl 

Uj ^LSli^jU-i^!^ i:sU-]i ^-^jjç^Is^ ^ji^^i^_5 f^Wj 

^o-^-S^ iJsX t^ AaA^ J>«j t5*^'^ f^^-''^^ «-^VS^j (Ôîr**'' 

langue roumi, clans lesquels il dépeignait sa siluation, l'ac- 
cident qni lui était arrivé et l'histoire de sa rivale, il vécut 
encore un jour après sa blessure, après quoi il mourut. Si 
le serpent n'eût pas épuisé son venin sur l'esclave et ensuite 
sur Cléopâtre , Auguste serait mort sur le coup, et sa fin ne 
se serait pas fait attendre si longtemps. Quant aux vers qu'il 
composa alors, ils sont restés célèbres, jusqu'à nos jours, 
chez les peuples de Roum, qui les récitent dans leurs la- 
mentations funèbres, et qui les prononcent en mémoire de 
leurs rois et de ceux dont ils pleurent la mort. Souvent 
môme on les cite dans les chansons, tant ils sont connus et 
devenus populaires. 

Dans nos ouvrages précédents, nous avons déjà parlé des 
faits et gestes des rois grecs, de leurs actes, de leurs guerres, 
de leurs expéditions lointaines, de leurs sages, des systèmes 
dont ils sont les auteurs, de leurs doctrines ci des enseigne- 
ments de leur philosophie, et d'une fonle fl'aulres particu- 
larités curieuses de leur histoire. Quant au nombre de ces 
princes, les hommes les plus versés dans celle cliulc con 



292 LES PRAÏRIES D'OR. 

yvjoli^l J_^^^ ^*Xfi J^^ y' (^^■'^^'^ »^jJt\,\ J-Ji>\ AA* ^^i\^ 
»j^^ ^^ 4^Aw ivKi jA^T tjb -^^^ (^^^ llC» j.^£ iU^jî 
,.,^. «*X=»-i^ iiÀAw^ A.ÀA». ibU cij^j Ai-g.jUaA** iî*>o:-«i^ /fr-g-**^^ 

Jj,_X_* ii.A4v.AiL5' /s^'S^U J.^l-iJl ^^\ ^^\ \<y-à>^ ^_J«_J.fyUa.' 

^'^^^i ^^1 tî)^^ iCA^^w^J3 ,^^^^' (>*^ «^^^ -^^-^f^*^^ J^' 
xs-^fr-çwî^ *-^:>Uw^ x«ÎLjJI J^X/o t^î^4 cj^ :5>^ bpi 'S.ii, 

ù^k.£. %:?: v^^' i Jvift tj^ >i ^>^^*-.XI ^^^^ '^ ^^^^ ^^^ 

viennent qu'il a été de quatorze rois, qui ont gouverné les 
Grecs, en y comprenant Cléopàtre, la dernière de cette dy- 
nastie; ils s'accordent également à dire que ces quatorze 
rois ont ex-ercé le pouvoir durant une période de trois cent 
un ans. Tous les princes qui régnèrent sur les Grecs après 
Alexandre, fds de Philippe, fuient appelés Ptolémee, d'un 
nom qui leur était commun à tous, comme le titre de Kos- 
roës l'était à tous les rois de Perse, celui de César à tous les 
rois de Rome, celui de Tobbâ à tous les rois du Yémen, ce- 
lui de Nedjachi à tous les rois d'Abyssinie, et celui de Flimi 
à tous les princes du Zendj. Plus haut, dans cet ouvrage, 
nous avons donné un aperçu général de la classification des 
rois de ce monde, des caractères qui les distinguent, du 
titre qui est particulier à tous les membres d'une même dy- 
nastie. Plus bas, dans ce même livre, nous reviendrons 
d'une manière générale sur le même objet, lorsque l'occa- 
sion d'en parler se présentera tout naturellement à propos 
de rénumération des rois et des royaumes. 



CHAPITIIE XXV m. 2<);i 

Jlî ^jw« /c^aj; |rfu,il| l*x^ ^yf»é ^A ^.^^ t*X^^ '^ j-*UJi 9jUj 

A-^jwJlj (J**^,}; *-^-4^'9 ^-^^j ^j*X^ <Jl ^ (j ajIaj.^ ^JJ 'y^^ 

^ {•})— î' i^_j»x_5^ U_j^ ^— v-^ (j^ (J-* <^-f^**-* /<vwiii ijvjft V!^*^ 

U^^ (:y^ ^ a^ pJ^y''^ l^*^^ ^1^ '3-*^ ^^' t^l; (J-« ^«-^^ 
CHAPITRE XX VIII. 

PKUIM.ES DE ROUM; OPINIONS HISTORIQUES SUR I-EUR gÉNICALOGIK, 
LE NOMRUE 1)10 LliURS ROIS, LEUR CHRONOLOGIE. 

On n'esl pas craccord sur roiigine ilu nom de liouni. 
Les uns disent qu'il faut dériver ce mot d'une ville de Roum, 
appelée Rome dans la langue du pays. Le nom do cette 
ville a été arabisé, et ses hahitanis ont été désignés sous le 
litre de Roums : cependant ces peuples, dans leur langage, 
s'appellent eux-mêmes Romains, et les nations limilroplies 
lie les désignent pas autrement. D'autres oui jx'iise ([ue ce 
nom était celui du père de ce peuple, Roum, lils de Sa- 
mahlIL, lils de Heriàn , lils de Alkà, lils d'Lsaii , lils d'Isaac , 
lils irAbraharn, l'ami de Dieu. Siiivanl d'autres encore, 
ces peuples doivent leur nom .m ( liddc leur race, Roum, 
(ils (le Lal)| , lils de V(uiii;in , lils de Vd<'l , lils de 'rouiieli , 



294 LV.S PRAIRIES D'OK. 

,_^i <Xi_j t3^' (J"^ O^ Q:* ^•**-'' (j'J j"*«*=''^' ^j^ (J-*iJ (J^' 

iX^s-j u3.aAj (jOAJt^ ^Jj JsJ?^ k*i .aM!^ JJi li (j*UJI 5j5i> 

j*!^_^i/î j^.g-Jà cX-A-â s->*^^ *|^^ (j^ u-«-Uv jj.rf ïksK:?: jSb> 

ciAjç-^. (_^i)LA-xJl <>vj ujJ iS*^^^ (*"ê*^ IàÀas^j u jl^*i.y dUi 



fils de Serhoun, fils de Roumieh, fils de Barbai, iils de 
Tawfd, fils-deRoumen, (ils d'el-Asfar, tils d'en-Nefr (Eiifaz), 
(ils d'Esaû , fils d'Isaac. Il y a encore d'autres systèmes à cet 
égard. Du reste, plus haut, dans cet ouvrage, au chapitre 
des Grecs, nous avons exposé la généalogie d'Alexandre, el, 
s'il faut en croire la tradition, sa coaimunauté d'origine 
avec ce peuple : Dieu seul sait ce qui en est. 

Ésaii donna le jour à trente Iils. Les derniers des liouins 
sont les fils d'el-Asfar, fils d'en-Nefr (Eliiaz), fils d'Esaii, fils 
d'Isaac. Ce lait est constaté par nombre de poètes arabes an- 
térieurs à l'islamisme; il est surtout mis en lumière par Adi, 
fils de Zeïd el-Abadi, lorsqu'il s'exprime ainsi : 

Les Benoii'l-yVsl'ar, ces iliiisUes souverains de Konni, il n'en reslc pas 
MM tlonl OM jiarle. 

Esaii , fils d'Isaac, avail conlraclé des alliances avec les 



CHAPITHE \A Vlll. 295 

xi^w i(>wM>^ (j^ ^y^j^ cj"^ o*'*^'^ A-çw )_j w>â.Ai f»5>-'' tiU-^^ 



filles des Kananéens, et la plupart de ses descendants tirent 
leur origine des Kananéens. On a dit que les Amalécites, qui 
sont les Arabes bédouins habitant la Syrie, descendaient 
d'en-Nefar, fils d'Esaù. Rawâïl (Reouël) était également fils 
d'Esaû. Les savants, parmi les Arabes, n'admettent cette tra- 
dition qu'en l'appliquant aux Roums, mais non aux Ama- 
lécites et aux autres. Au surplus, ces généalogies sont fon- 
dées sur ce qui est rapporté dans la Torah et dans les autres 
livres des Hébreux. 

Les Roums établirent leur domination sur les Grecs à la 
suil(,' d'événements qu'il sérail trop long de racontci-, cl dont 
l(; j)lan de cet ouvrage ne comporte pas l'explicalion. Le 
premier roi de Roum fut Wamâçàtoukliàs, ou Djalious le 
Jeune, fils de Roum, fds do Snniahlik , dont l(^ règne dura 
vingl-deux ans; ou bitni, s'il laut en croire certains auteurs, 
César, dont le nom est Gàlous, fils de Koulious, qui régna 
dix-huit ans. D'après un autre maiiusciil, le premier roi de 



296 LES PUAIKIES D OR. 

i\_À_j^X.^ C.A_JC>^ \JKaA)^ /J\.Àaw S-Sav fjn^Li iix/0«O (j:TAJ«%»iS^Î 

j»j^l tyj._A.^ (j^ ôJvxj î_^ ^i ii^vw jl^ai /o-^^i O^ ^j^ L«_j 
<xjj«x.À5rA«iJI^ /*'V5 -IaJI kilXi! I js^jii <^>^^ di.i«Xj ^^! i^î^ 

Rouni, qui régna à Ronie après les Grecs, lut Toulis, qui 
garda le pouvoir pendant sept ans et demi : or, Rome comp- 
tait déjà quatre cents ans d'existence. Après Toulis, Auguste 
César monta sur le trône et y resta cinquante-six ans. Ce 
prince, qui est le second des rois de Roum, est le premier 
qui prit le titre de César. Ce mot signifie, il a été ouvert, 
en parlant du ventre qui a été fendu pour en retirer le fœ- 
tus. Or, la mère de ce prince étant morte enceinte de lui, 
il avait fallu lui ouvrir le ventre pour en extraire l'enfant. 
Le fait est qu'Auguste se vantait de ce que ce n'était pas une 
femme qui l'avait mis au monde, et, après lui, les rois de 
Roum, qui parurent successivement parmi ses descendants, 
lirent valoir la naissance extraordinaire de leur père, en 
sorte que le titre de César devint commun à tous les sou- 
verains de celte dynastie. Pour en revenir à ce prince, il flt 
la conquête de la Syrie, de l'Egypte et d'Alexandrie. C'est 
lui qui fil disparaître le dernier des souverains d'Alexandrie 
(!l de Macédoine, formant le royaume d'Egypte; car nous 



CHAPITUE XXVIll. 297 

^-^Vf^^ A-_}j»X_Â->wuii'ij i\.aJj»Xju» ^_^ (jo (j-« Jo ^i U^«Xi 
kiJjX« yjijj.iw (_^ j**Ja*>*Kfri ,;_^vS^i viiAil l«Xift j^yC».!^ jj*j.<Jsi3J 

Là aX^-> ^j^ v.jCLv Urys Uûpi ^ Uaj! »Xj ^joj^i i ij^i^s 
w<i_*n*_xj" Iji^ J^ 5 w<X,o f»_5j-'i (j^*^ ^^J U J'^' *^*-V*^ U^ 

y-^i fi—^J—^ (iW lâ*'^^.^ ■fT>***^ <XJk^ U^ 'Vj^^**"-^ iXJokX^ 
c^^ljk <\À.iw /jkiXAMkJ^ t.M*^i^ ikxmi isjy* ii:j^ji ^.w».!! ^Jk,y« ^Ji 

avons lait remarquer plus haut que ceux qui gouvernaient 
la Macédoine et Alexandrie étaient tous désignés sous le 
nom de Ptolémée. Auguste s'empara des trésors des rois 
d'Alexandrie v\ de Macédoine, et les transporta à Rome. 
Quant aux autres guerres qu'il eut à soutenir dans toutes 
les parties du monde , nous en avons fait le récit dans nos 
précédents ouvrages. C'était un adorateur des idoles. Il éta- 
blit des divisions administratives, et fonda des villes qui pri- 
rent de lui leur nom, telles que Césarée (dans la Cap])a- 
doce), et Césarée en Syrie, sur la cote de la Palestine. 

La naissance du Messie, Ira, lils de Marie, ou Jésus de 
Nazareth, eut lieu, comme nous l'avons dit plus haut, la 
(piarante-deuxième année du règne de César Auguste. Du 
règne d'Alexandre jusqu'à la naissanci; du Messie, on com])lc 
Irois cent (|nalre\ingt(li\ neuf ans. Etant à Antioche, j ai 
\u. dans une chronique des Grecs Meikiles, conservée dans 
I église (rd-houslàn , (pie, du legnr d'Ali'xandre juscpi'à la 



298 LES PRAIHIES D'OR. 

cij^î^j j^_**JLi <xJj.^ <JI j<XÀ\^i'l kiU.* çj^ ^J^ lîûl jjUa««aJI 

^çTyw*^* CAiAW SjULMli oLaw ^« HjLA^yJ M^' <^ «Î^J^-* S*X../« M** 

iLjùjtXÀjÇ s\j\ iiAsi ^***"^J i^]^-* CJ^ lÀ.«<Xi U t_.w«ii^:>- <_^ iCÀ^ 

Xj U,M« Jjtil Upi <XÂ^ ^-'^^ Xiw^ t_>Uûii_j AÀAai o\jl=>>^ 

»«Xxj -jj^il JvLo jo^" vWî '*^-^ wK*"'» t5«^î V^->^' »^ l^*-^ÀJ 

naissance du Messie, il y avait trois cent soixante-neuf ans; 
que Jésus de Nazareth vint au monde la vingt et unième 
année du règne d'Hérode, qui gouvernait alors les enfants 
d'Israël, en Palestine, à Iliah , appelée, en hébreu, ville du 
salut; que depuis la chute d'Adam jusqu'à la naissance du 
Messie, d'après les chroniques des docteurs de la loi, chez 
le peuple qui a reçu les livres (les Juifs et les Chrétiens), 
il s'est écoulé cinq mille cinq cents ans. 

Auguste César resta encore sur le trône quatorze ans et 
demi après la naissance du Messie. La durée totale de son 
règne sur les peuples de Roum, soit à Rome même, soit 
dans toutes ses expéditions, fut de cinquante-six ans. Quant 
aux détails qui concernent sa mort, la manière dont il fut 
mordu par le serpent en Macédoine, laquelle morsure dé- 
termina une paralysie de la moitié du corps et la perte de 
l'ouïe et de la vue, nous les avons i apportés dans le chapitre 
précédent, en racontant comment Cléopâtre se donna la 
mort volontairement. 



CHAPITRE XXVIII. 299 

(j\jL.»»( cj^^XiJj xàmi (OwisC^ ^t:-aài>! aj)^ 54>w» (jss» ^j*«->^Uo 

f»j~*-Ji^ (jvJLm* *j^! aU.a) ^li^ M^j»; iCsjiXjf j^j^ ^j^'uls 

-9JI liJj-L» ^;^ kilXo J^î ijv^_j Myo%%j (iL!i_j ii^w i^j-i** ^j^l 
Jwjc-s *-«U jj ji J-A-J>j ^"^^ ^^'^ ts;^^^^ tX** i *^ 

yLfciW <)«JV<WO Ç^^jui^ ijyjt^ Mj\j,j^\i a.^vmIj (J^;^ *^J>^ 
^^J»-L*J| l.<?yu( *»« ^>■AJ*• (J-* y^ ^i ij^r>**^^^ L»Aa3j (J**4?^^ ^ 

Le successeur d'Auguste fut Tibère, qui resta sur le trône 
pendant vingt-deux ans. Ce fut dans la dix-neuvième année 
de son règne que le Messie fut enlevé au ciel. Lorsque Ti- 
bère fut mort à Rome, les Romains s'abandonnèrent à la 
discorde et à la guerre civile. Cet état d'hostilité et de dis- 
sensions intestines, durant lequel il ne restait plus ni ordre 
quelconque, ni pouvoir central autour duquel tous les par- 
tis vinssent se grouper, se prolongea pendant deux cent 
cpiatre-vingtdixhuit ans. Au bout de ce temps, Tibère 
(ianous fut proclamé roi dans la ville de Rome: son règne 
lut d(! ([uatre ans. De son temps, le peuple ne connaissait 
encore que le culte des idoles. Apiès Tibère vint Claude, qui 
resta (|ualorze ans sur le trône, ayant Rome pour capitiije. 
Il esl le |)remier des rois de Rome (pii ail lancé des édits 
pour exterminer les chrétiens et les seclaleurs du Messie, 
(^csl, dit on, sous son règne (luc; fut mis à mori , dans 
Rome, Pierre, nommé en syriaque Cliimoùn { yaViû-A.), et 
en arabe Siinàii. Lui el l'aid riireiil ( luciliés la Icle eu bas. 



300 LES PKAIHIES D'OR. 

*X_«_j di.-Ji^ j<>Ji3-ft Wj ^<yJ kiUi *X*j (jfe' Aj.' jrt«.J âj^j-M* 3, 
f^ L>jy.i j_j— Lot (j^ iiyy-=».i li ti-Vjtji iiAxigwj AAjî%.AajJl j_j-^ 

j, A.A^^^ ^SVa* Wy-j' <J' <-Ad>*Xj A^i^^b^ xKgS^^ ^*w^ ^UJI 

*>>Aj 4>sAajI î*X.iû^ iiAwij^ iitXxj (j%.j iiX,£>.i (^^'«' t^ AAil^aJi^ 

yjbj^ \ù^ Uaï^ Ji ixjééjjS' ti (iliUiû o^jJCi (_>UJil (j^ ^;^^ 

11 a été parlé, plus haut, dans cet ouvrage, de ce qui leur 
arriva avec Simon le Magicien à Rome. Ils lurent du nombre 
de ceux qui s'étaient rendus à Antioche; et Dieu a parle 
d'eux dans la sourate ia,sin (chap. 36"). Ensuite ils acquirent 
une grande renommée, après l'apparition du christianisme 
à Rome. Leurs corps furent déposés dans des châsses de cris- 
tal où on les voit encore aujourd'hui dans une des églises 
de Rome ; nous en avons parlé précédemment (t. I, p. 129). 
La plupart de ceux qui sont versés dans l'étude de l'histoire 
du monde, de ses actes, de ses rois et de leur chronologie, 
disent que Pierre et Paul furent mis à mort à Rome, sous 
le règne du cinquième des empereurs romains. 

Les disciples de Jésus de Nazareth se dispersèrent sur 
loute la surface de la terre. Mari se rendit dans la partie 
voisine de l'Irak , et mourut dans la ville de Deïr-Konna et 
Es-8àtiph, sur le bord du Tigre, entre Bagdad et Waçit. 
C'est le pays d'Ali-ben-Iça-ben-Daoud-ben-el-Djerrah, de 
Mohammed ben-l)aoud-ben-el-Djerrah, el d'autres savants. 



CHAPITRE XXVIÏI. 301 

iX_Aji»,_*û^t /j.Ji J^^ A.«Jâ*j' iîoU\Aji'^ yviAj^ (jvAÀj't *À-*v 

^jji^_*_Ji r»_^-!^ d u'"^^-^ r r^-'^'^^^^"^-' ^^^ ^^^ *^^ 
J^-A-:^'^! l_^_jUi (j->*x.X!î iUjjiil jyy«:^l J^j^l _^i&3 J.JU;^ 
Jb l*xiû UjU^» 4^jJi k^jiil UjU^3 i di3i i c-*A*Ji <^ 

Le tombeau de Mari est là, dans une église, où il est de- 
meuré jusqu'à la présente année 332; les chrétiens l'ont en 
grande vénération. Thomas, qui était l'un des douze dis- 
ciples, prit le chemin de l'Inde, où il appela les peuples à la 
loi du Messie, et où il mourut. Un autre disciple pénétra 
jusqu'aux parties les plus reculées du Khoraçan, et il y mou- 
rut. L'emplacement de son tombeau est connu et vénéré des 
chrétiens; mais d'autres disent qu'il mourut dans le pays 
de Dakouka, de Kbanidjar et de Kerkh Iloudàn, sur les 
conlins de l'Irak; le lieu de sa sépulture est connu. Marc 
mourut à Alexandrie, en Egypte, où est son tombeau. C'est 
lu) d(;s quatre disciples qui ont composé l'Evangile. On ra- 
conte des particularités élrangcs sur ce qui se passa entre 
lui et les Égyptiens, an momcnl où il lui mis à mort. Nous 
avons dit à quelle occasion cela eut lieu , dans notre Histoire 
moyenne, à laquelle cet ouvrage lait suite; nous y avons 
raconté rn détail comment Marc , piét a prendre le chemin 
du Magrel), lit ;iux Egvpliens (('Ile recomrnandalinn : «Qui 



302. LES PRAIRIES D'OR. 

ii^ ifr-g-A-JCj Jl i^iLAJ ^ jj|^4A*i*AJ (^«X«J jj«,bi A^il .^S^A*». 

yU^J! (j-« A^^ («^À* <_>li l^ ig*^^~^} {jy^y^-?- ^ ift- fi '*'^ ^_5'^j 
L-ÀjJl *X«^£j jj«kijU bjijS b^AJ^Î tXJ» .y î^ls (jïfcïjU b! ^^^ 

Si 

conque se présentera à vous sous mes traits, tuez-le; car 
vous verrez venir après moi des hommes qui me ressem- 
bleront; mais hâtez-vous de les faire mourir, et n'acceptez 
pas ce qu'ils vous enseigneront. » Ensuite il partit. Après 
avoir fait une longue absence, n'ayant pu parvenir où il 
voulait aller, il revint chez les Égyptiens. Quand il vit qu'ils 
allaient le tuer, il leur dit : « Arrêtez, malheureux ! Je suis 
Marc.» — «Non, répondirent-ils, notre père, Marc, nous 
a recommandé de tuer quiconcfue viendrait à nous sous sa 
figure. » — « Mais c'est moi-même qui suis Marc. » — « Nous 
ne pouvons te laisser aller, et il faut absolument que nous le 
mettions à mort. » Et ils le tuèrent. Au commencement, ils 
lui avaient demandé des preuves qui vinssent à l'appui de 
ses paroles, et ils l'avaient sollicité de faire des miracles. 
Quelques-uns d'entre eux lui avaient dit : « Si ce que tu 
nous afiirmes est vrai, monte au ciel sous nos yeux. » Alors 
ils le dépouillèrent de sa robe pontificale (?) [zerhankat) , et 
le revêtirent d'une tuniqu<^ de camelot, à la condition qu'il 
monterait au ciel. Mais beaucoup de ses disciples s'atta- 




CHAPITRE XXVm. 

(^ (iiJi *Xj»j &j.^\ (j\^J 

(j^ A-AJJwA-aÀJI (jU^ ^Lw i (j««~^Jj ciJUj \ijy*i ii\jtJ *ijA* 

chaient à lui en disant : « Si tu t'en vas, que nous reslera- 
« t-il après toi, car tu es notre père? <> Puis il arriva ce que 
nous avons raconté plus haut. 

Les disciples du Messie sont au nombre de soixante-douze, 
en dehors desquels il en faut compter encore douze. Ceux 
qui ont transmis TEvangile sont : Luc, Marc, Jean et Mat- 
thieu. Luc et Matthieu sont rangés parmi les soixante douze; 
le dernier est même classé parmi les douze, mais je n'en 
comprends pas le motif. Les deux qui faisaient partie des 
douze sont : Jean, fds de Zébédée, et Marc, patriarche 
d'Alexandrie. Le troisième, qui arriva à Antioche, où il avait 
été précédé par Pierre et Thomas, est Paul. C'est lui dont 
il est question dans le Koran sous le litre de troisièmt, 
lorsque Dieu dit : « Nous leur donnâmes l'appui d'un troi- 
sième (xxxvi, i3).» De tous les moines chréliens, ceux 
d'Egypte sont les seuls qui mangent de la viande, parce 
que Marc le leur a permis. 

Après Claude, Tizonn /Méron) nionfa sur le tronc et sut 



304 LES PUAIRIES D'OH. 

^_^ iLjo»j^.' j*wJ_jj^ (j*j^.ia.j xiL« ,j J>Ai <}oî JUjj j»l»,oi)î^ 

t_jjl aJC* y\^^ i^j^Xi». /o-^À^ wilUî î<Xi& JjJii ajJ! i»U<xJI 

C-> ■%.-,■•"*• ,.X-j|^— ^''^ 4^W ^^ Wxr' (-i^l^ jeUiJ! <J! ijl.*v ^J*XiÛ 

citA.j Ij^i»-^ k—i-J) iùUi ti^^X-i' J^jiwwi (^ (j^ "^^ cKii <>^Iâ* 
L«-j,iUfi Ool^j 5^1 S_*-^^ 'îWwj ^\j]^ j.XaI[> sli«.s»._j (j«(<XAit 

^**J yi jj*t>vJiii CivAj -XAJ V.^y^ t5*>Jî {*y^^ ^"^ icT* [•JSp' 

s'y aflermir. Adonné au culte des idoles et des images, on 
dit que ce fut lui qui fit péiir à Rome Pierre et Paul, dans 
les circonstances que nous avons racontées plus haut. Ce- 
pendant la religion chrétienne ne cessait de faire des pro- 
grès dans le pays de Roum, et le nombre de ses prosélytes 
augmentait chaque jour parmi le peuple. L'empereur en fit 
périr un nombre considérable. Ce prince, après un règne de 
quatorze ans et quelques mois, fut remplacé par Titus et 
Vespasien, qui se partagèrent l'autorité à Rome pendant 
treize ans. Au bout d'une année de règne, ils marchèrent 
contre la Syrie, où ils firent une guerre terrible aux enfants 
d'Israël, et leur tuèrent trois cent mille hommes. Ils détrui- 
sirent Jérusalem, en labourèrent le sol avec des bœufs, en 
firent disparaître les vestiges et en effacèrent les traces. 
Quant à ces princes , ils étaient adonnés au culte des idoles. 
J'ai lu, dans une chronique, qu'à partir du jour où Jéru- 
salem fut détruite, la colère de Dieu se fit sentir aux peuples 
do Roum : en effet, il ne se passait pas de jour que quel- 
([u'un d'cnlrc eux no tombât entre les mains des peuples 



CHAPITRE XXVIII. 305 

5^ /ft^iil y-. J^i^^j oUoI ,.j.« jJ.Ji Jjtàj (;^y»»« *jj J^ z*^^ 
^iS^^i dLli Jo /0.-4J ^!_j 4^y«-J'3 ^' ytJWl -l»i ,j^ ^y, jL> 
i*X_>LA A.>-»«. 5j-i«c ij*^^ j*.Uiajji l$<K)tj ^jiJi ciiXe Ai" 



pru...y| l«X4-J âUvw ^ji« J^yi ^JÏij UAj' sLîw_j y«»XJLl! <-^A.J Uj_j 

barbares qui entouraient l'empire romain, et que des pri- 
sonniers plus ou moins nombreux ne fussent traînés en cap- 
tivité. 

Ensuite Doubtios (Domitien) monta sur le trône, qu'il 
occupa pendant quinze ans. 11 pratiqua également le culte 
des idoles, pour lesquelles il professait une grande vénéra- 
tion. La neuvième année de son règne, il bannit dans une 
ile Jean le disciple, l'un des quatre rédacteurs de l'Évan- 
gile; puis il le rappela. Ce prince eut pour successeur Bir- 
nous (Nerva?), qui régna un an; puisTrayànous (Trajan), 
(|ui gouverna l'empire pendant dix-neuf ans. C'était un ado 
rateur des idoles. La neuvième année de son règne, mourut 
Jean le disciple. La couronne passa ensuite à Adrien, <pii 
la porta onze ans. Voué au culte des idoles, il iil détruire 
tout ce qui restait aux enfanis d'Israël en Syrie. Il fui rem- 
placé pai- Abtoulis (Anloiiin), rpii siége.'i à Ixorne pendnnl 
vingt trois ans. Il rcbàlil .Jérusalem, cl lui (loiiii.i ir iiom 
d'Ilia, ((ii'rllc n'avail j.iinais |)orlr ;i\ ;inl lui. Il cul pour suc 



306 LES PI\AIH1ES DO H. 

tlLX« /o.'-» AÀ.W* iyM*,^ cly^Xji m''»^'^' <^^-S*:? U*'^3'*>* SiXxj liLXw* 

JLJLj à «XJj S«XjIJ (iU^ A.i' XVAW ijM*A (yJi ^J».yJlyMi SiXjt) 
î^iû iiX)>S »ii^î jjj ^Ajl^Ji <Xa*j (J^-«-»»i JJjt ^Iaj! (j«w-^»jiia:)i 

i±>^Vj ^iJUc» (jfe^ cKis^'Uv^î <^-«»j ;j^ jy^^î o**^^^ J■^^-*^^ 

/JV_X_*u M "'5'^' *^'S-'^;? U*'^'*-*^ SiS^St-J viXA.^ /O^' ^;JV-*.»*> C^^Wiv 

cesseur Marlos (Marcus Aurelius César), adorateur des idoles, 
qui régna dix-neuf ans, puis Fermoudech (Commode), 
aussi adorateur des idoles, qui régna treize ans. Ensuite 
vinrent Sévère, pendant dix-huit ans; puis un de ses fils, 
Abtounis (Antonin Caracalla), adorateur des idoles, pen- 
dant sept ans; puis Abtounis II (Antonin Héliogabale), ado- 
rateur des idoles, pendant quatre ans. Ce fut à la fin de son 
règne que mourut Djalinous (Galien) le médecin. Ensuite 
la couronne appartint à Alexandre Mâmmiâs , c'est-à-dire le 
faible , (jui était adonné au culte des idoles. Après un règne 
de treize ans, il fut remplacé par Maximus, adorateur des 
idoles, qui gouverna l'empire pendant trois ans, puis le 
transmit à Gardanus ( Gordien ) , adorateur des idoles , qui 
régna six ans. Il eut pour successeur Decius , adorateur des 
idoles, qui resta sur le trône pendant soixante ans. Ce 
prince s'appliqua avec ardeur à exterminer les chrétiens et 
à les faire rechercher dans tout l'empire. C'est lui que 
fuyaient les Compagnons de la caverne. 



CIIAPITUK XXVIII. 307 

yl Î3-*;_5 |<V.*p' <->\~:^\ ^ Ol-^i t_>l;s:°i ;jl j^i; ^^ «.4^ 

4^^;-^ ér* r^ 'i v_jLgiil t->l^sï='l *Uvwl (j^ Ajj U yû |i<>i^it 
*X_^I t^_s». <Xj^ fJ^-'' 1^^ • Ciî^-*-**^''' *^ byji <>«-s^ f^^'^P^ 
aML» j^'i^l SiXÀ-ii (j^:-»- #e-:^Uii ^^y^ (^ -^^ ijS. j^«X-*Mi 

s- ^ 

rfvJj^i c_jL^=i (_^ ô__^5 4^''-=»- fj?^' •^^t' <i' t^l^ cj-'j"**' (J-* 

On n'est pas craccord sur les Compagnons de la caverne 
et du rakim (Koran , sur. xviii, v. 8). Les uns pensent que 
les Compagnons de la caverne sont les mêmes que les Com- 
pagnons du rakim. Ils prétendent que le rakîm était Tins- 
criplion renfermant les noms des Compagnons de la caverne, 
qui était gravée sur une table de pierre placée au-dessus de 
la porte de cette caverne. Suivant d'autres, il ne faut pas 
confondre les Compagnons de la caverne et les Compagnons 
du rakîm. Quant à la définition qu'ils donnent des uns et 
des autres, nous l'avons consignée dans la descrij)lion du 
pays de Roum. Ahmed, (ils doTaïb, fds de Merwan-es-Sa- 
rakbsi, disciple de Yâconb, fds d'Ishak el-Kendi , a raconté, 
d'après Mohammed ben-Mouca l'astronome, comment ce sa- 
vant, envoyé par el-Wàtik-billab , |)arlil de Samarra pour 
le pays de Roum, et marcha jusqu'à ce qu'il lût proche de 
l'emplacement des Compagnons du rahùn. C'est l'endroit 
connu dans le pays de Roum sous le nom de IJarenii. Dans 
notre Histoire moyenne, nous avons raconté l'histoire des 
Compagnons de la caverne, doni nous avons délcrniiné 

20. 



308 LES Pr.AlRTES IVOR. 

•y^-4- ^-s» ^3 rO-ipi (J[.::£^\ j^ù^^ iolxJi SJsJû J! x»4Jl_j.a»-l 

^v_£ b^i^l_j (j^.twv*li (j-« -JvX* ^6 u^ cMi^ f€^*^"'L» AKjCi itjl 

iiAÀjill (^ \^>Xs. U^ (j^^^ ^^^"^ t-'biS ij c:5*Xr>-j^ ^gi^jju*JLS 
L,<r>_i »>>.*«.]! i^jS. y\ù^^ j^j>o *Xi iJtXAwim JoLçj^Jij ii^jxIâxJÎ 

AwA_A_ff j^-j^ ji-ii /0-îS^vi! ^ I&j.àJ i jjyt^b ^ ûs^ jSij] «Xïj 

remplacement dans le pays de Roum , et rapporté tout ce 
qui les concerne jusqu'à nos jours; nous avons aussi parlé 
des Compagnons du rahîm, en reproduisant le récit de 
Mohammed, fds de Mouca l'astronome, où il fait connaître 
la tentative d'empoisonnement faite contre lui par leur gar- 
dien , et le meurtre de tous les musulmans qui l'avaient ac- 
compagné. Enfin nous y avons donné des renseignements 
sur la muraille bâtie par Dou'l-Karneïn pour empêcher le 
passage de Gog et Magog. 

Dans le livre intitulé Description de la terre, de ses grands 
édifices, de ses palais élevés, j'ai trouvé des planches repré- 
sentant la largeur de la muraille entre les deux montagnes, 
indépendamment de sa longueur et de sa hauteur, qui , en 
degrés célestes, était de neuf degrés et demi : or, cette lar- 
geur, d'une montagne à l'autre, était de cent cinquante pa- 
rasanges. Beaucoup d'observateurs judicieux regardent cela 
comme un conte absurde : tel est, par exemple, Moham- 
med, fils de Ketir el-Fergâni, l'astronome, qui a contesté 
cette assertion, l'a discutée contradictoirement, et s'est et- 



CilAlMTKK XWm. 309 

J^>AXxli AaÏ t5<>Ji v'-^laJî (^ *K^i ^j^^^ iiLw^i »^^ {J^J^3 
^^ ULajI JO» J^^; .^^5^ ^-À^i <_>Ui='l ^j^ lj5l U 4ML 

i^jJiC-« ^j_>»XJi -jjjji tiJ_jXo SjLfi ^jl .^xU iyUjI l-ff iir-jlyJl 
A_ji.jt*o tjUJi i<Xiû jj t^j^^ LL«*Xi /jj<>Jî J^j 'i^Mj)^ iX^«X^ 

forcé crcn démontrer la fausseté. Ahmed, fils de ^Faïb, ce- 
lui-là même qui fut mis à mort par Motaded-Ijillah, a pu- 
blié, sur les Compagnons de la caverne el du ruhnn, des 
traités spéciaux, et nous-méme nous avons rapporté, dans 
notre Histoire moyenne, tout ce qui a été dil à ce sujet. 

Après Decius, Djalinous (Gailus) régna trois ans, el laissa 
le trône à lednous (?) , qui y resta environ vingt ans, ou, sui 
\anl d'autres, (juinze seulement. 11 laissa le trône à un fils 
noumié Fàres (Carus), qui l'occupa à peu près deux ans. 
Il eut pour successeur klitanos (Diocléticn), pendant dix 
ans, el après celui-ci, Constantin. 

La plus grande partie des chroni(iues que j'ai consultées 
s'accordent sur ce point, que le nombre des rois de Roum 
fjui ont régné dans la ville de Rome, et que je viens de noni- 
nu.'r dans ce chapitre, est de quarante neuf princes : d'où il 
suit (jue l'espace qui s'écoula depuis le règne du premier 
de ces princes, au sujet tluquel il y a des divergences d'opi- 
nions que nous avons consinlécs an début de ce mém<' cha- 



3i0 LES PRAIRIES D'OR. 

/jLa™àjJ) (j^ )_j*Xa^ U)_y (jLs^i jVaïwI IàjULj jj V-^À^ ij^iy^'i 

pitre, jusqu'à Constantin, le fils d'Hélèue, est de quatre 
cent trente-sept ans, sept mois et six jours. Les différentes 
copies des chroniques, dont la plupart sont en langue roumi, 
présentent des différences essentielles sur les noms des rois 
et sur la durée de leur règne. Nous avons donné sur ce sujet 
tout ce qui nous a paru devoir être consigné ici. Quant à 
l'histoire détaillée de ces rois, à leurs actes, aux monuments 
qu'ils ont élevés, aux expéditions qu'ils ont faites sur ia 
terre, tout cela est raconté dans les chroniques des chrétiens 
melkites ; d'ailleurs nous en avons parlé au long et d'une 
manière spéciale dans nos Annales historiques. Dieu est 
éternel et son règne n'aura pas de fin. 



CHAPrJl\E AXIX. .^11 

i«Xift UjCi* (ii <!Wvwb libLcvw^ UdUx» JuyA.»ia.»la.»«*'iJi ^^ Uiâij)^ 
CHAPITRE XXIX. 

ROIS CHRÉTIENS DE ROUM , C'EST-À-DIRE ROIS DE CONSTANTINOPLE ; 
RÉSOMÉ DE LEGR HISTOIRE. 

Après la mort de Klitanos (Dioclélien), Rome eut pour 
soavcrain Constantin, qui adorait les idoles. Constantin est 
le premier des rois romains qui transporta sa résidence de 
Rome à Byzance, c'est-à-dire à Constantinople; il bâtit cette 
ville et lui donna son propre nom ([u'clle a conservé jus- 
([u'à ce jour. Tandis qu'il fondait Constantinople, redou- 
tant l'attaque d'un roi perse de la race de 8assàn, il eut 
avec certains chefs des liordjàns des rapports dont le récit 
serait curieux. Il était sur le trône depuis un an, lorsqu'il 
abandonna la ville de Rome et embrassa le christianisme. 
La septième année de soti règne, Hélène, sa mère, visita la 
Syrie, y fonda plusieurs églises, puis se rendit à.Iérusalem, 



312 LES PRAIRIES D'OR. 

t-r^-A.,*© ^;^i iÙU^isi Ci^AAls^ jj««<»XA4l i.-^AJ (ji CiJjUc.^ /JKwjUJiSI 

iuaÀÎÎj t^.diJv.JU \^i>~ l^xJl c:^Lo Lto J^tXÀ* ^sV»*il U-aXc 

(^-Ji ^§_J oLjLiJi î'X_ïC> (j^j-^ayo jUi».,y bjSi <XÀ£ ^-^J^» ^ 
c:A_i^-«oj -L<SJl^ ^Aâ.^ ^j.» /wjii JOîj j^,oil c;A>»-wjèWii_5 ^Ixîl 

J_j^lî ci)-:*-! AMfc^ j!5X^ <-^./*^'3 *^ (0-6"t>"*^' '^ f-ÎLJ"^ (J*^'^'^3 

et chercba la croix de bois sur laquelle, selon la croyance 
des chrétiens, le Messie avait été attaché. Lorsqu'elle l'eut 
trouvée, elle la couvrit d'ornements d'or et d'argent, et con- 
sacra l'anniversaire de cette découverte par une fête nommée 
Yd-es-salib (fête de la Croix), qui tombe le i/i septembre. 
C'est ce jour-là qu'a lieu en Egypte l'ouverture des écluses 
et des canaux, ainsi que nous le dirons plus loin dans le 
chapitre relatif à la description de l'Egypte. (Voy. ch. xxxi.) 
La même reine bâtit à Homs (Emèse) l'église sur quatre 
piliers qui est une des merveilles du monde; elle épuisa les 
jichesses et les trésors de la Syrie et de l'Egypte pour fonder 
des églises, et fortifier la religion chrétienne. Aussi toutes 
les églises de Syrie, d'Egypte et du pays de Roum doivent 
leur origine à cette reine Hélène, mère de Constantin, et 
l'on trouve son nom tracé sur la croix dans chaque église 
bâtie par elle. La lettre ha n'existe pas dans l'alphabet grec . 
et le mot Hélène est composé de dn<| lettres. La première 
répond à notre imaleli, et sa valeur numérique est cinq; la 



CHAPITRE XXIX. 313 

eJLiJl^ ^jyiXs- yi^ piJ jli^i^ ^--^ J^ v^--*^ ^^^ ^^' 

U (^ I^L^aJC-i-i <jL)U JJJo a^^ii^ J-H.4^ cjLm.*» iS i§^ *b 
3t_A.^K»-Jj iLx^^jj[> <îs?l* yû ^^JsJ! ojtj^ ^jy*^ ôtXiû^ Li»3 i 

cylftL6\.>-^! S*Xj£) (^-ft-*^ (JîrJJy^S '-âjj-^'i**»)^ jo^i_5-^.o ,j («js^î 

\J»j\.JmX\j AAJl^î y^ iijy|^j.AaÂJî yj:> J<jS>\ jjLui (^^ ^ui i3^' 

seconde lettre est un tain (/) et vaut trente; la troisième, 
étant une autre unaleh, vaut cinq; la quatrième, qui est un 
noan [n], vaut cinquante; et la cincjuième, qui est un ya 
[i ou j), vaut dix, ce qui lait en tout cent. Nous résumons 
ici ce que nous avons développé ailleurs; voici la forme des 
lettres qui, dans l'alphabet grec, représentent le nombre 

cent L'an dix-sept du règne de Constantin, (ils 

d'Hélène, fut signalé par une assemblée de trois cent dix- 
huit évêtjuesqui se réunirent à Nicée [Nikyah], dans le pays 
de Roum, pour y statuer sur les doctrines chrétiennes. C'est 
la première des six grandes assendjlées dont les Grecs font 
mention dans leurs prières et ([u'ils nomment canons; le mot 
((ui, en grec, désigne ces assemblées est sunodosal, au singu- 
lier sunndos. La première, celle de Mcéc, formée du nombre 
d'évèfjues ([ue nous venons d'iiuiiquer, fut dii igée contre 
Arien [Arious)\ elle est acceptée par tous les chrétiens, tant 
par les Meikitcs cjue par les chrélicii.s d'Orienl, r'i-sl à dire 



:î|/j les PRAIHIES D'on. 

iC_jjj_ia.**^ii (j*UJi iLoXs-^ iUWi a^a-^wJ (j.J«^i :>IaxJÎ J^^ 

^^_X_^^ ii_jL«\.^ ^:>ù<&^ iiji_j.AX^ J'^lP' (jA,ij.\^l^ cKi?-^ 
(jbùU J^iJs^j ^jj) Js.il idiXj. i (j\^ ,j«:>\,-«*Ji ,jA,i>_j.À-M*^ij ^■=-;; 
Jij,j_5 ii_jv_jî^.AajJi ^:> iUXi^ c^Lwi_^ÀMJl » Juù »^3| »i)jX« 

les Abadites , que les Melkites et le peuple nomment Nesto- 
riens; les Jacobites adniellent également ce premier synode. 
Le second. synode, où fut condamné Macedonius, eut lieu 
à Constantinople, et cent cinquante évêques y assistèrent. 
Le troisième, composé de deux cents personnes, fut tenu 
à Éphèse; le quatrième, composé de six cent soixante per- 
sonnes, à Gbalcédoine {Khalkoudjah). Le cinquième synode, 
au nombre de cent soixante assistants, eut lieu à Constan- 
tinople , et le sixième, au nombre de deux cent quatre-vingt- 
neuf assistants, dans la province de Médaïn. Plus loin, en 
donnant la succession des rois grecs, nous reviendrons sur 
ces synodes, et nous signalerons les causes qui assurèrent 
le triomphe du christianisme sur le culte des idoles et des 
in) âges. 

Voici dans quelles circonstances Constantin se détermina 
à adopter la foi chrétienne. 11 faisait hi guerre aux Bor- 
djâns ou à d'autres peuples, et la fortune des armes, indé- 



CHAPITRE XXIX. .515 

L_s».U)i /jl^ A-«j-J li j^i^ jIjaJÎ 0^_J vry'^' l5"^ <K.jL^?i 

^ L4-J c^lsr Jjs^ v^aÀj d)_5«X£ L^ lXj^_j ^UJl SiXiû <Xia. 
Ifavy:.M<li WJ4XJI a^^^ <Xjy\^ «.'«âj «Xj»* l«>.gjLo âj>X£ câj)*^ t*^^' 

»jX«*»* j W**;j w^i U l^jçVft v^"5\j ^^^w ^^^3 <sj.xi^ (j_ 

À_^^*X-« Ji ^!=rj^ v_AA-»»Jî J^*>«.i».î^ l^^* »j«KC tj! v.As«-j^ 
JJi (j_j-9;J«î» J"'^^ yUXAoJl dUo (j^ »^=^ cM»5 J^^ "VS*^-» 

cise pendant un an , avait fini par se déclarer contre lui. 
Une grande partie de son armée avait péri et le même sort 
le menaçait, lorsqu'il vit en rêve descendre du ciel des lances 
ornées de bandières ou de drapeaux, et surmontées de croix 
les unes en or, les autres en argent, en fer, eu bronze et 
tout autre njétal. En même temps une voix lui criait : 
«Prends ces lances et attaque tes ennemis, tu seras vain- 
<|ueur. » En effet, il lui sembla dans son rêve qu'il dirigeait 
ces armes contre l'ennemi el que, grâce au secours qui lui 
était donné, il le mettait en déroule et le forçait a fuir. A son 
réveil, Constantin ordonna de placer au sommet de plu- 
sieurs lances le signe qu'il avait vu en rêve, et les fît porter 
en tête de son armée; puis il attaqua l'armée ennemie, la 
mit en fuite et l'exlermina. Il revint alors à Nicée et s'in- 
forma auprès d(!S personnes les nn'eux instruites si de sem- 
blables croix exisluicnl dans une religion ou une secte quel- 
conque. On lui apprit rpie la secte qui avait adopté ce 
signe se rénnissail à Jérusalem on Syrie, et on l'inslrnisil 



316 LES PU'AIHIES D'Oll. 

l_^^^ii Sv^î A.-frA-^ ijiaAi iUAAÀj _jjûj s^U l,ia^5 ^-ii.* ii^jUrj 

(j%.iaÀiaAw.ï jll«« y^* lîjn-'- **^-'^ t-^-*^ ^^^ viXji c:^.Àifc.î_5 cyj.*aÀj 
A_j^w„=»._j yj\,Ai»-î j^ IàajI *xï|» iCÀAw ^^J.Mt,s■^ \m*^ di-X^ Ajt 

des persécutions dont les chrétiens furent victimes sous les 
rois ses prédécesseurs. Aussitôt il envoya des messagers en 
Syrie et en particulier à Jérusalem, convoqua trois cent 
dix-huit é\èques, les réunit àNicée, leur raconta ce qui lui 
était arrivé, et fut initié par eux à la connaissance de la 
religion chrétienne. Tel fut le but du premier synode, ou, 
comme nous venons de l'expliquer, de la première assemblée. 
D'autres croient que Hélène, sa mère, avait déjà embrassé 
le christianisme , mais qu'elle cacha sa croyance à son fils 
jusqu'à l'époque où il eut ce rêve. 

, Constantin mourut après un règne de trente et un ans, 
ou, selon une autre version, de vingt-cinq ans seulement. 
Dans nos Annales historiques et noire Histoire moyenne, 
nous avons déjà raconté son histoire et ses expéditions ; nous 
avons dit comment, après sa révolte, il arriva sur l'empla- 
cement de Constantinople, à l'endroit où un canal se détache 
de la mer Mayotis et Nitas. Le canal de Constantinople, 
après être sorti de celte mer, forme un courant d'eau qui 



CHAPITRE XXIX. 317 

iUjvxiaÀla-MJiJi «XÀ* ??;S^ ^*^-* c3-*'*^ (*^' ^;-*^j tT'A^'' (_Ol;»« 

JLa_s=- d)LÀ_£b_5 jj^Jj^L kj5jj^-»ii ^^ J5 t5*>^^^U^t 

XJC_jl^ iL-JS-VnS-la-Àii^MJlîl ».*sl*- (:J^-=*- ^^)^ *^iLH (jK^ viUiî 

se décharge dans la mer de Syrie; sa longueur est de trois 
cent cinquante milles -, mais d'autres la jugent moins consi- 
dérable. Sa largeur, au point où il débouche de la mer 
Mayotis, est évaluée à environ dix milles ; la côte est cou- 
verte d'habitations, et l'on y voit une ville nonmiée Mosnal; 
elle appartient aux Grecs, qui veillent contre les invasions 
des vaisseaux russes ou d'autres peuples. En passant devant 
Conslantinople, le canal se rétrécit, et il n'a plus que quatre 
milles environ à l'endroit où l'on passe de la rive orientale à 
la rive occidentale sur laquelle Conslantinople est bâti; ses 
bords sont cultivés et habités jusqu'au lieu nommé Andalous 
(Dardanelles?) , où aboutit le canal. On y voit des montagnes 
et plusieurs sources dont l'eau est vantée. C'est ce qu'on 
nomme la source de Moslamah , fds d'AbdclMelik, en sou- 
venir de la halte (ju'y ht ce général lorsqu'il assiégea Cons- 
tantinople ; les vaisseaux musulrnans s'y arrélérent à celte 
époque. I^'embouchure du canal <'st dans la mer de Syrie, 
et elle se rétrécit consiclérnblcmenl à son cxlrémilé; c'est là 



818 LES PRAIRIES D'OH. 

i^yj^j-^ i^j^ i).j ij-* »^-i ij^ JÀ^ '^r? tiJlA^j ^.*^:^ <JUAa.o 
Jl îçVJi-J i-*"^!;-* <^+* (jjv.^*Jfi c:^j^^ t^'^^i oJj^Jl i (^^**ii 
fc_>î j^^,jui».î^ ^^-tM^JÎ i^V? ^jfXJ pjyiî «.-^1^ (J^^î ^5_J r»J>pi 

J..A.AajsivJl J^î (j^ ^^^ '«^ ^■*^j <i' *^<->«"S*3 LctXï iiA^lÀïJî 

j—(i-^ ooï-çw^ ^*âr>î ^^ ]<y>Ji> <i5 j*^^'!^;*?" (j.* J.iB-i *>^5 

que s'élève une tour destinée à fermer l'entrée du canal aux 
musulmans. Mais je parle de l'époque où les musulmans 
possédaient des vaisseaux qui attaquaient les côtes du pays 
de Roum,. car aujourd'hui c'est la flotte des Grecs qui dé- 
sole les pays soumis à l'islam. AbouOmaïr-Adi , fils d'Ahmed , 
fils d'Abd-el-Baki-el-Azdi, homme de beaucoup d'instruc- 
tion, qui a été toute sa vie préposé à la garde des frontières 
de Syrie, comme il l'est encore aujourd'hui, me racontait 
que lorsqu'il navigua dans ce canal, se rendant à Gonslan- 
tinople pour y régler les questions de trêve et de rançon , 
il avait parfaitement distingué le courant ei le remous du 
canal, près de son embouchure dans la mer Mayotis, tandis 
qu'il avait bien souvent remarqué que, dans le voisinage de 
la mer de Syrie, ses eaux étaient dormantes. Ceci démontre 
que les deux mers communiquent entre elles; d'ailleurs c'est 
do la mer de Roum que le cheikh était entré dans le canal 
de Constantinople. D'autres personnes non moins instruites, 
qui avaient pris part à l'expédition de l'esclave de Zarrafah 



CHAPITRE XXIX. 319 

l^j tf«JVA^> ^Ifcjij jjuiî^j wkâti ***J «Xs».)^ j|^-»»fci "^r^ (^ï? 

contre Seloukyah, m'ont assuré qu ayant pénétré dans le 
canal de Constantinoplc jusqu'à une grande distance, elles 
observèrent qu'à certaines heures du jour et de la nuit une 
sorte de flux et de reflux se manifestait sur ses côtes ; elles 
y remarquèrent un grand nombre de villes et d'habitations. 
Le peu de profondeur de l'eau les ayant obligées de sortir du 
canal pour regagner la mer de Roum , elles virent une ville 
située près de l'embouchure du canal dans cette même mer. 
Le canal baigne Constantinoplc de deux côtés, à l'orient et 
au nord ; le côté occidental de la ville tient au continent. 
C'est là que s'élève la Porte d'or qui est ornée de battants 
en bronze; ce côté de la ville est défendu par plusieurs en- 
ceintes et par un château ; la partie la plus élevée des murs 
de l'ouest a trente coudées, la moins haute a dix coudées 
environ; mais c'est au sud que la mer a le plus d'élévation. 
Le côté (pii longe le canal n'est entouré (pie d'une seule mu- 
raille, coupée pai- un château et plusieurs bastions et tou- 
relles. La ville a un grand nombre de portes, tant du côté dr 



320 LES PRAIRIES D'OR. 

^i^X^:^ C-Jo;.-* Lj{^Vl Uik^ ^^ ùd^ ^^ jix^^ j\S CjI 

^.lû«j p^jJl iUXtf y- À^j.?j c:jv-*jbjJl cj^j iUiU iU*b ii^il 
^_4L^. c:>U*^AiaJi d *5^î ^ cAjl<5 *t^ Oj^'h ^'^^' 
K>._i ^^^ J-AJoLë^iii 4^«^i }kx^j^\ l^iUxJlj (j^àJ!^ Jsiixll^ 

j.^JoJi jjj ^^ ^^:^i ouil- ^^s ^^*-j^'j (<^^?^^' f^ y^^ 

iijyaLv -jUXi 5*Xj«XAi ^Uiî <Js?^ jUiiSi/! ikijMf^ ^.j-^*^' *^^ 

la mer que du côlé de terre, et plusieurs -églises Tenviron- 
nent. Les uns lui donnent trente portes , les autres n'en comp- 
tent pas moins de cent, petites ou grandes. Au surplus, c'est 
une ville malsaine, d'une température très-variable , et le voi- 
sinage des deux mers y fait régner une humidité continuelle. 
Du temps des Grecs anciens, et pendant les premiers âges 
de la monarchie byzantine, la science ne cessa pas de se 
développer et de grandir. Les savants et les philosophes, 
comblés de témoignages de respect et de considération , ap. 
pliquèrent leurs recherches à la physique, à l'élude du 
corps, de la raison, de l'âme, ainsi qu'aux quatre doctrines, 
c'est-à-dire à l'arithmétique , qui est la science des nombres ; 
à la géométrie, qui est la mesure de l'étendue et des figures; 
à l'astronomie ou science des corps célestes ; et à la musique, 
qui est l'art d'agencer les sons. Les sciences étaient en hon- 
neur et jouissaient d'un crédit universel; assises sur des 
bases solides et grandioses, elles s'élevaient chaque jour 
davantage, lorsque la religion chrétienne fit son apparition 



CIIAIMTRK XXIX. ,V21 

X-A-JU^-aJI Ovjl^ U \y.M*.,fls^ W^-S*" '>^J W^^J '^"^l)'^ A$^ 

j«XJkXw.y| JUi aK^ iUvUj j^ 1— -»-g^^ A^^j *l.!V=i c-oilaj 

C^wMfcjJ ^^JâÀJli i^ V^^ Oôl^ ^Ùb^^y-VW ^AAilÀ jlf^l^ «frJKjiJl jji 

L-U-» blii jj*ijUJ| L_A^*j^lj l^ra-l^js».! ^^j*xJu ^ xijû^i ^ 

chez les Grecs. Ce lut un coup fatal pour l'édifice scienli- 
fique, ses vestiges s'elTacèrent et ses doctrines disparurent. 
Tout ce que les Grecs anciens avaient mis en lumière s'éva- 
nouit, et les découvertes dues au génie antique s'altérèrent. 
Au nombre des plus nobles connaissances dont le souvenir 
se perdit, il faut placer l'art musical. Cet art, en effet, est 
comme l'aliment de l'àme, il la récrée et la divertit, ses 
accents l'émeuvent et ses accords harmonieux la plongent 
dans une douce ivresse. La noblesse de la musique, le rang 
élevé qu'elle occupe parmi les arts, ont été déniontrés par 
les philosophes. « Celui (jui comprend le langage des sons, 
disait Alexandre, n'a pas besoin d'autres plaisirs. » Au rap- 
port des ])hilosophes, l'harmonie et le chant sont d'une na- 
ture sublime qui dépasse le langage et échappe à son action, 
car il est impuissant à les produire. C'est de l'àme seule 
qu'ils émanent, et en les créant elle ressent une; joie et une 
ivresse pleines de charme. I^es savants ont gradué les (piaf te 
cordes musicales {modes) d'aj)rès le rapport des quatre hu 
meurs primordiales. r,a corde grave [zyr) répond à la bile, 

II. il 



322 LF,S PRAIRIES D'OR. 

*Ti>»-»*J5 »JLi *Vjl) rfJl3 A-jt^A^Î *hL e^AiXi^ j«»xii *Vjl» ^^^uiii^ 

A.^^i (j-< m\ j» <XAXi^otJC.i«ii! L»^ as^àjI »^^m*j^ jo-xÀJij <_>^Ja')j 

^ÀjJ! .xaawU^ 4;-'^^^ /o^^'l ij^ (^y^3 ^J^^3 *^'*-*4j'j <Xa*>JIj 
(-j^Ja-Ji <xJ^" iiAJuSj yl^i)î_j (j*wiJl ^^j U Ar>-jltf_j jbji^M 

<\HSJt-Js43.ii i^i J^3 ^J>^ J'jj)^ /O^î (jltfki^ jjj^-mJI ^UjIj 

la secondo coide au sang, la troisième k la pituite, et la 
corde aiguë {hem} à l'alrabilc. Nous avons déjà parlé am- 
plement de la musique, des difFérentes sortes d'instruments, 
de danse,. de rhythme et de chant, des rapports qui existent 
entre les accords, de tous les instruments en usage chez les 
Grecs anciens et modernes, les Syriens, les Nabatéens, les 
peuples du Sind, de l'Inde, de la Perse, etc. Le rapport 
entre l'échelle des sons et les cordes, l'afTinité étroite qui 
règne entre l'âme et les sons, la manière dont ils inspirent 
la joie et la gaieté, et dissipent les ennuis et ia tristesse, les 
causes physiques et morales qui produisent ces manifesta- 
lions, en un mot tout ce qui se rattache à ce sujet se trouve 
dans notre livre des Degrés (Kitab-ez-Zolaf). On trouvera 
en outre dans nos Annales historiques et dans l'Histoire 
moyenne quelques détails curieux sur les concerts et les 
instruments de musique de ces peuples; aussi n'y revien- 
drons-nous pas dans un ouvrage aussi concis que l'est le 
présent livre. Cependant, si l'occasion s'en présente, nous 



(;iiAPin\E XXIX. ■^'i^^ 

jjojt'j ,ji_5 cjUMÎ l*Xi^ Qj^ ijj l^^j K^i_j4^ okSjû (j^ Ixi b^Ji 

/v_ji »X-A-(i^ 5wOVâ> J**JVÀ^3 Uj^ i^AW lyJyjif S^ "^ ' *i3>-« 

kj> — Lx ^ H^LjtJI iv^^ Isb'vJi ^jmJUj! x>^»(vui^ L^i^,AWf.j HjmJL}^ 
/jls tXS^ A.j£r«xj «-T'y* /o«^-»w sois *i^l» /vj *-.» .»'w.aj) /vj j»ju« 

pourrons en toucher (juelques mois dans la suite de notre 
travail. Si cela ne nous est pas possible, qu'il nous sullise 
d'avoir indiqué ceux de nos précédents écrits où re sujet est 
traité dans tous ses développements. 

Après Constantin, fds d'Hélène, le trône fut occupé par 
un roi qui ado[)ta la foi chrétienne : rc fut Constantin, fils 
de Constantin, le roi précédent. Durant un règne de vingl- 
quatre ans il bàlit un grand nombre d'églises et protégea 
celte religion. Jl eut pour successeur .lulien (Lilianos), ne- 
veu de Constantin \". Ce roi proscrivit le christianisme et 
revint au culte des idoles; il a été surnommé l'impie [ei- 
hunify); les chrétiens ne lui pardonuant pas d'avoir renié 
leur religion et aboli leurs pratiques, l'ont nommé l'Apostat 
(elhoztat). Ayant envahi l'Irak, sous le règne de Sabonr, 
fils d'Ardécbir, fils de Babok , il fut atteint d'une llèche per- 
due et péril. Il avait attacjué l'Irak avec une armée innom- 
brable, et son invasion fut si subite que Sabour, se trouvant 
dans rimpo.ssibilité de marcher à sa rencontre et de le re- 



324 LES PRAIRIES D'OR. 

ki).^^ ^i tji «îtUwfl (jl^i S^**^ (0-4'*»' CJ-* ^-^J^j ^ *)-*i u^ y^ 

/j-ji^^li <X*J ciA.JlÂJî Liim _j.£Û3 tilJi) (jw< jji^s\ J>.xs^ iLÀM» 

^Jiyx^ cj^xajîj lï^iî i6>^' SjKwlljt*^ ÀSilsSj c.l^rs-lj iij:>l^/»3 

A-^î (J-» Ot-^-JÎ U A»aX£ v_JtAiw|^ j^jI^ii^J l£iî_^ AAjL-tAÀJl 

pousser, évita son approche et eut recours à un stratagème. 
C'est alors que Julien mourut frappé dune flèche, comme 
nous l'avons dit, après avoir régné un an, ou un peu plus, 
selon quelques-uns. Il fut le troisième roi depuis l'étahlisse- 
ment de la religion chrétienne. Sa mort consterna les rois, 
les patrices et les troupes qui l'avaient accompagné, et ils 
implorèrent l'aide d'un patrice nommé Jovien [Yoiinias), 
qui jouissait d'un grand crédit parmi eux. On prétend qu'il 
avait été le secrétaire du roi précédent; mais sur le refus 
qu'il leur fit d'accepter la couronne s'ils ne revenaient pas 
au culte chrétien , ils se soumirent à celte condition. Comme 
Sabour avait enveloppé leur armée et la serrait de près, 
Jovien entra en négociation, obtint la paix, eut une entre- 
vue avec Sabour, et, après une conversation très-amicale, les 
deux rois se séparèrent. Le roi grec, ayant fait ses adieux à 
Sabour, se retira à la tête de l'armée chrétienne; puis il lui 
envoya à titre d'indemnité de guerre des sommes considé- 
rables et les plus précieux objets que le pays de Roum pro- 



CHAPITRE XXIX. 325 

,_^ Jvi-i_j J-*jU^Ji^ j.Uoi)l ej-« ^3 ^*-4* "-^^ ^ cJ' ^^j/ 
iujLxajJl (^i (^ LT^'j^ »*Xjo jiX« ^ iCi-u. <>JLo (jl<i l^iUfi. 

ijjjo A.^i A-^*S. »^Uj J.rs- aM^ ^>^-=»-' ^ w*-»M-s». ^^ A^jtXij 
ij.^ jjrt^^wJî jlj_5)i i «AXiîî ÎJsJÛ J^ ^^ ^j^ ,j*'«-aJÎ_5 JUwJi 

^:>)^ JL^NiJI e^« 1*-.^.*»^ V^^jj^.? V*^'^ J^ 'i ^«^f-*^'^' 

t^j-^i JlJij JJJo AJ^*^' i J.Ja-^j^ ^i ^jAiwi J^^^vi^s 
j*»Jl^l *Xjt_> r»5>Ji dLX,^ Aj e»ij^^ tJ^J^ Cif* (J**'^*^* ' ''iÀJ*>w« 

dulsait. Il protégea énergiquement la loi chrétienne et la 
rétablit dans sa situation première; il abolit le cuite des 
idoles et punit de mort ceux qui le pratiquaient. Après avoir 
régné un an, il eut pour successeur Valens [Atvalas), qui 
professait aussi le christianisme; mais plus tard il l'abjura et 
fut tué dans une de ses guerres ; son règne avait duré qua- 
torze ans. C'est, dit-on, de son temps que les hommes de la 
Caverne sortirent de leur long sommeil , ainsi que Dieu {béni 
soit son nom!) l'a raconté dans le verset: «Ils envoyèrent 
l'un d'eux à la ville avec leur argent. • [Koraii, xvni, i8.) 
il s'agit d'une localité située au nord du pays de l\oum. 
Ceux qui ont étudié l'astronomie sont entrés dans de longs 
commentaires pour ex[jli(iuer comment le soleil, à l'heure 
de son lever et de son coucher, se détournait à la gauche 
de la caverne, siluée au nord, comme le dit le Coran: 
«Tu aurais vu le soleil, c|uand il se levait, passer (à droite) 
de la caverne, etc.. [Ihid. i6.) (^es dormants étaient origi- 
naires de la ville d'Éphèse, dans le pays de Roum. Ia' règne 



32() LES PRAIUJES D'OR. 

vi <^<X.ji_^i jj Jv» (0»4^ (jA(Uil ç^^ÀJ <^j y.*.j<Xji)i_j c^^j^xLU 

(i_5^1 (j*<^ iJj-Ax» Jjis (j^ ^^1 »-^=-_^ I jsJÙ_5 ciJlx£& (j^ A^ib 
(iiJi> ^^ 1$*>sxIa«_5 ^iiy^ Ajiî;>^^ ^j ÂMi J^aa^jSI» tXij 

de Gratien [Garatias] , successeur de Valens, dura quinze 
ans. La seconde année de ce règne fut signalée par une des 
grandes assemblées des chrétiens ; ils y établirent leur 
dogme du -Saint-Esprit, et condamnèrent Macédonius , pa- 
triarche de Gonstantinople; c'est le second synode. La cou- 
ronne fut donnée ensuite à Théodose le Grand [Tadousis], 
nom qui signifie « présent de Dieu. » Ce prince, zélé protec- 
teur du christianisme et fondateur de plusieurs églises , 
n'appartenait ni à la famille- royale, ni même à la race de 
Roum; mais il tirait son origine des Echbans (Espagnols), 
c'est-à-dire d'une de ces anciennes nations (jui avaient 
étendu leur domination sur la Syrie, l'Egypte, le Magreh 
et l'Espagne. On est loin d'être d'accord sur leur origine; 
ainsi, el-Wakedi, dans son livre intitulé Conquêtes des 
pays, les considère comme une fraction des habitants d'Is- 
pahân, qui auraient émigré; ils seraient, dans cette hypo- 
thèse, antérieurs aux rois perses de la première dynastie. 
Une opinion à peu près semblable a été émise par Obeid- 



CllAPIThE XXIX. 327 

^jjJ S>ù^j>^\^ (j*J«Xji^S JjA^ i^iji JJJ! ^^ ^y yj e^L 

a«»^ii»_c ^t-A.w kilAjû ^i <J1 (jA..AiA»(^ *Xj viiA^ ^J>^ 'ry^ (^ *— *-*y 
^mwamajI AjotXÂ" <^^^ vJCo^i Q . v ».v»Mj «Xj AÀjI S<Xxj jLLo ^3° 

sp'i ljLo.xi (_$jJi ciJli)! oUvr»-^i iJvjû^ v^jiJuv! ^U çrr^ 

vi/j-ia-j ^j*;;j la ««» > t^ c:*-*J»5 ^^1 A-x.^ yU^i jl^i^.! i 

Allah, lils de Khordadbeh , et la thèse de ces deux écrivains 
est soutenue par plusieurs auteurs de biographies et de chro- 
niques. Ce qu'il y a de plus avéré, c'est que les Echbàns ap- 
partiennent à la postérité de Japhet, fds de Noé, et ne sont 
autres que les rois d'Espagne nommés Lodarikeli, au sin- 
gulier Lodarik. 

On n'est pas moins partagé sur la religion qu'ils profes- 
saient : les uns croient c|u'ils appartenaient au magisme, 
les autres (ju'ils avaient adopté la religion sabéenne, ou tout 
autre culte idolâtre. Tenons-nous-en à l'opinion la plus gé- 
nérale, qui les considère couime descenilants de Japhet, lils 
de Noé. Après Théodose, qui avait régné dix-sept ans, le 
trône l'ut occupé d'abord par Arcadius, roi chrétien qui 
légua (jualorze ans, et ensuite par son Gis Théodose le 
Jeune (|ui résida à Ephèse. O roi réunit deux cents évêques 
pour anatbémaliseï le [)atriarche Ncslorius; c'est la Iroi 
sième des assendjlées dont nous avons parlé ci-dessus. Ou 
Irouvcra dans notre grand ouvr.igr intitulé Annales liislo- 



328 LES PHAIRIP^S D'OK. 

ij-t ^J^ \^^ t--*i_ii*Xj! /e».-fr-*-^ ^J)J-*^^ ^Àr».^J <^A^^ lj*^_^**fcj 

iC_AJiCii A„.<->wwji Wîj» AJ^jJb tj.^!*^ 5_^j! M"''^ (j*;_^ia**j Ji 
y^^ ^3^-àK.Jti j^jLxai j.5Lv3 il**!i^ ^'^^ éy*^^ CJ-* ^^^^^ 

cj>y£)!5Mi il^i AAjuS^ Ov-=-.iyi jjûyli.^ iCiUJJ p^vi-^l ^ ^^îïi 

<JÎ »_JCASi.yî ^j*,^.A«j*>o >iU^ ^l^j ciiJ^:^! c:i_^^lÂJU -ft>>*XJiîl 

/7gMe5 ie récit du stratagème employé par le possesseur du 
siège épiscopal d'Alexandrie (saint Cyrille) contre Nesto- 
rius, patriarche de Constantinople; l'histoire de celui-ci, 
Fexil auquel il condamna Jean , surnommé Bonche-d'Or, la 
part quEudoxie [Yedoukya), femme du roi, prit à ces af- 
faires, et enfin l'exil de Nestorius, d'ahord à Antioche, puis 
dans la haute Egypte. Les chrétiens d'Orient doivent leur 
nom à ce Nestorius, dont ils ont adopté et suivi la doc- 
trine; mais c'est par un sentiment de haine et de réproba- 
tion que les melkiles leur inlligèrent le nom de Nestoriens. 
En effet, les chrétiens résidant à Hirah, ou dans d'autres 
contrées de l'Orient, étaient nommés antérieurement aba- 
dites. Du reste les chrétiens d'Orient en général repoussent 
toute relation avec Nestorius, et abhorrent le surnom de 
Nestoriens. C'est Barsouma, évêque de Nisibis, qui a sou- 
tenu leur doctrine relativement à la Tiinité, c'est-à-dire la 
théorie des trois personnes en une seule substance, et de 
l'union de la nature divine éternelle avec la nature humaine 



CHAPITRE XXIX. 329 

ji^=>\j (j^-À-w x.*-*»* l<yXv^ éî^ ci^jIaj! ^ (O-^x/s 0^5^^^ ?-y^ii 

LgJslAâi WWijf^ »w)\^j Jv.*£»^i,i_5 OJj,Xj :5 5Xj_5 ;jjl^xlL «JUïljtJi 

xoLnjJl M|>i^^_5 ^-î^^ er*i'^^J ^.y*^'^ i<A)ii^ <o-4JL5^*«rv5 ^î 

«XÀjS- i^AAJ t_*«A»- i\A*fclÀj f»^^' (6>^'*^*"'-«*^ CjLS •>.;>- ij (^J>^ 

vpiii ^j^r*Ji '^iXaj jLLo aj iXA^aUajl^ ,.Aa^ \ièj ^^j^a-am^I 

créée. Lorsque Théodose le Jeune mourut, il avait régné 
quarante-deux ans. Il eut pour successeurs au trône Marcien 
et la reine Pulcliérie, l'emme de Marcien; sous leur règne, 
dont la durée fut de sept ans, eut lieu le schisme des chré- 
tiens jacobiles sur la question de la Trinité. Le plus grand 
nombre des jacobites habitent ITrak, les districts de Tékrit, 
de Moçoul et de l'el-Djezircb. Les Coptes d'Egypte, à l'ex- 
ception de quelques-^uns qui sont melkites, les Nubiens et 
les Arméniens appartiennent aussi à la secte jacobite. Leur 
évéque siège à Tékrit, ville située entre Moçoul et Bagdad; 
ils en avaient un second dans le voisinage de Ras-aïn 
( lîhaesnia ou Théodosiopolis) , mais il est morl. Acluellement, 
leur chef réside dans la province d'Alep, l\ Djound Kinnesrin 
(Ghalcis) et dans les places fortes de la Ironlière. D'après 
l'usage des jacobiles, un siège patriarcal doit être établi à 
Antioche el un second en Egvpte; en dehors de ces deux 
sièges, celui d'Anlioclie et celui d'I^gypte, je ne leur en 
connais pas d'autres. 

Léon le Tiiviud, lils de Léon, régna ensuite pendant seize 



:130 LES PKAllUES D'OR. 

SyX/**.^ r*J"^ "J^-^Ui S^ iiÀAw SyA-g c:a»m( *aL« q1>>9 (j^'*-'' (j^î 

jjyJ! /o *.x*3i)i y_^Ji â<X*j dlXo Aj c.i|^Ji Jv«.«j iCA,^3llaJÎ 

ans. A cette époque, Basfarah le jacobite (Eulychès?), pa- 
triarche d'Alexandrie, fui condaniné dans une assemblée 
composée d6 six cent trente évoques, ou , selon la Chronique 
de Byzance, de six cent soixante évéques. Cette assemblée, 
tenue à Chalcédoine, est pour les melkites le quatrième 
synode; mais les jacobiles ne le comptent pas au nombre 
des synodes. Ces derniers rapportent de curieux détails sur 
rhistoire du patriarche Sawari (Severus), ses aventures el 
celles de son disciple, Yakoub-ei-Berdayi (Jacob Baradée), 
qui prêcha la doctrine de Sawari. La secte et le nom des 
jacobites doivent leur origine à ce Yakoub-el-Berdayi qui ha- 
l)ilait Antioche, où il fabriquait des housses ou couvertures 
do selles [herdà]. Léon le Jeune, fils de Léon, régna ensuite 
pendant un an, et embrassa la doctrine des melkites. Zenon 
(Zmoa), qui lui succéda, était originaire de l'Arménie : il 
exerça le pouvoir pendant dix-sept ans et adopta les croyances 
des jacobiles. H eut ah)rs à soutenir une guerre contre des 



ghapitul: XXIX. 331 

iUj»ji*^i k-^<X^ (Ji w^A-j jjl^ (j**U£Uw»J a^*J dlXo JO.J *.-g,.' 
(J! A-IC^ U^ :>^iai ^lii^ IjLJ^ cjIasÎ^ ^.j^ ikÀJiX^ Uj^ 

iiJJ[^l c^.£û<X.«w^Ji5^ iijùij.Aa,ÀJÎ (>Ji «^«^j ^)-!^i'-^ j«»*jU.j Uj^ 
_j„tfi^ 'isj>S\j,iaJ^\S J^i A-«Jûj«j Jo»XÀ^ iC^^À^i »*X^ li cj^ ♦^^ 

dissidents qui Tassaillirenl jusque dans son palais; mais il 
en Irionipha. Anastasc (AT^estos) , son successeur, également 
jacobile, bâlit la ville d'Amouryeh, et trouva des trésors et 
des objets enfouis d'une grande valeur; il était sur le trône 
depuis vingt neuf ans (juand il mourut. Justin [Yonstanas] 
régna après lui pendant neuf ans, et transmit le pouvoir à 
Juslinien [Y oaslanay a^) , (\\\\ le conserva pendant trente- 
neuf ans, ou, selon d'autres, pendant quarante ans. Jusli- 
nien bâtit plusieurs églises, protégea la religion chrétienne 
et institua le rite nielkile. On lui doit l'église de Ixoba (an- 
cienne Edessa, aujourd'hui Orla), une des merveilles du 
monde et <y\\ est citée parmi les temples célèbres. Dans 
cette église on conservait un linge très-vénéré des chrétiens, 
parce qu'il avait servi à essuyer Jésus le Nazaréen, quand il 
sortit des eaux du baj){énie. Ce linge, (îonsurvé avec soin, 
fut ensuite déposé tlaiis l'église tle liolia. Mais depuis, les 
Grecs ont repris l'avantage sur les mustdmans, et en la pré- 
sente année .'i3'.> (9/1 3 de J. C. ' ils sont xenus a >• siéger lloha. 



532 LES PRAiHlES D'OU. 

; i 

l*5j— \! Js_j.>w.À.li i<X_£û ^s.\ AjV^rvXji^ /jiyAÀS^ (^jOiÀjl iU^k. j^^ 
J^j*X.A.ll l»X.jï) *^^„^*ko «XÀ^ r»^^ CJ^-5 iijiX^Jî JS îj-î^-^ 

\jjj».ji ci».xjj ^*^- cN'i** i^ir^.y^ r*i?^ «i^J^îîj»^' isy*^ y^i 

<o^S' LaûjI ^Xi y 5 <JI (J>Aaw m^^ (J**^^ 8*X«j dlXe^ SvÀ^iXJs 
w^JO *iUi> ,Js\ï «Slj^^ 0^*J è> ^j^-? ij^i Ù^J^ ti-Sj!^ viLV^ 

Les musulmans leur ayant rendu ce linge, les Grecs se sont 
montrés accessibles aux propositions de trêve, tant était 
vive la joie que leur inspirait la restitution de cette relique. 
Le neveu du roi précédent, Julien II [Noustis], régna en- 
suite pendant treize ans; il était de la secte des nielkites. 
Il eut pour successeur Tibère, dont le règne dura quatre 
ans. Tibère introduisit des modes nouvelles dans les vête- 
ments, les meubles, les vases d'orfèvrerie, et tous les ob- 
jets en usage dans les cours. Son héritier fut Maurice, qui 
régna vingt ans et secourut Kesra-Eberwiz dans sa lutte avec 
Bahrani-Djoubin. Maurice périt victime d'un complot, et 
.sa mort excita le ressentiment d'Eberwiz, qui envoya une 
armée contre les Grecs et leur fit la gueire, ainsi que nous 
l'avons raconté précédemment, (Voy. ci-dessus, p. 226.) 
Phocas, successeur de Maurice, fut (ué comme celui-ci, 
après huit années de règne. La couronne échut alors à Ilé- 
raclius {Hérakl), ({ui avait exercé les ibnctions de patrice 
dans l'archipel, (^e roi re[)eupla Jérusalem, après {'évacua- 



CHAPITRE XXX. 333 

-^\-4«^l J^J-gJi *X*J f»JI^' li)^X< wSi 
i^^ A ^Ao 4^V-iJI <Xj^ jj 1^,Uj j^j\yii\ i.^S^=> jj CiS«X^j 

(j-« LL«*Xi U> <JI i_AJÛi> (j^ (0'6~*-* f*J>J^^ S^KA (j^ ^j6 (jv«j-fcai 
(iJ— A-* ij /jlS (*— ^ 8*X_Jj,-« y) j^lj (j^ A^À^^ Ajj.^^ 8*XJ^^ 

vi* \ « jO— J <^— À— kW /j_J».Ài*.ft5 IXa(»0 AAK^ U°J J^J-^Î (MliyÀAiai4W«.J> 

tion de la Syrie par les Persans, et conslruisit plusieurs 
églises. La septième année de son règne coïncide avec la 
fuite du Prophète de la Mecque à Médine. 

CHAPITRE XXX. 

ROIS DR ROUM (r.YZANTIXS) DEPUIS L'AVENEMENT DE L'ISI.AM. 

J'ai trouvé dans les C-hroniques un certain désaccord 
louchant la naissance du Prophète et le règne du roi de 
Roum sous lequel il faut la placer. Parmi les historiens, 
les uns adoptent pour la naissance et la fuite du Prophète 
les dates que nous avons données précédemment, les autres 
pensent que Mahomet naquit sous le règne de Justin 1", 
règne qui dura vingt-neuf ans. Le Irùne ;ij)p.uiint ensuite à 
Justin II, (pii régna vingt ans, puis à iléradinslils de Justin, 
qui lit frapper les dinars et les dirhems connus sous le nom 
de héraklyeh. Après un règne de quinze ans, il cul pour 



334 LES PIAAIHIES D'OK 

^j t_>L^_iI tjLjiiip! J.~«oç! A-»jXit^ r^'^l i cjl^>j.il c_?U^ 
s ^J^ -_5j.JS dLXJli ^1 otU-^ ^Lm ^^ ^^jl\ i^yLo ^J^y 

^S i)î j-/,.*«Jlj j,LAiwiil iA^\ gj5y c-a^5 (j^ U5j^ Uvj 

^rs-Ufc *.aLo AMÎ J^aw; ^\ jAM^iS C_>1:^P! g"-?'^ "^-^ ^**-* J-^V***^ ^ 

*L^I -5^^ té*^^ y''^ tjliail ^ j-i iii'^KÀ. i ji.3i^j.AAAÏ 

jju.^ ^\j-4' <^ s^AT ji j^^ pUJi t_j,jsx» (^jiJi (.'i^^^A-i^i 

J.3jJi (^j ^ijj^ -_5yi (^ wii.Ui ^jl(j pl-i*il (^£ »y?>*-' <P-^ 

successeur son fiis Maurice [Maiorak). D'après le livre des 
Tables astronomiques, sur lequel est basé le calcul relatif à 
la chronologie des rois de Roum, depuis les premiers jus- 
qu'aux plus récents, le règne d'Héraclius fut contemporain 
de l'apparition de l'islam , et du khalifat d'Abou Bekr et 
d'Omar. Mais cet ordre chronologique ne se retrouve que 
chez un petit nombre d'historiens et de biographes ; ces der- 
niers placent en général l'hégire du prophète de Dieu sous 
le règne de César, fils de Phocas [Fmvk). Ses successeurs 
au trône furent César, fils de César, contemporain d'Abou 
Bekr, le Véridiqae, puis Héraclius, fds de César, contempo- 
rain d'Omar, lils d'el-Rhaltab. Ce même Héraclius fut atta- 
qué et chassé de la Syrie par les généraux musulmans qui 
firent la conquête de ce pays, c'est-k-dire par Abou Obeïdah, 
fds d'el-Djerrah , Khaled, fils d'el-Walid , Yézid, fils d'Abou 
Sofian, etc. Les rois de Roum furent ensuite Maurice, fils 



CHAPITRE XXX. .135 

S tX ,.ir ■> JX.A^ aj jjIaÀaw ^Î /jj Sj^k^ (*r'^ wi^JlIo ^î /j_> j^ 
iLjyju» (^Jj *-v^ ciôo <Xij iijjjt^ j»L»i xOj Hjw» /wj laÀA» 

(jv-^-Mfc-Li ^S A-^£Îj viUlL lij^j ^^ <xs^ t^Uo jî ^jj ^^ 

^j_j ia^V» dix» fj^h Lj>>kAwi ^j* r»3ij"^^ t^j.^^ Ajjiyô g*">AJLî 

d'Héraclius, sous le khalife Otman, fils cVAfTan , el Phocas, 
fils do Maurice, ce dernier sous le khalife Ali, fils d'Ahou- 
Taleb, et du vivant de Moawiah, fils d'/Vbou Sofian. Fala 
nat (Pogonat), dont le règne correspond aux dernières 
années de Moawiah, entama des négociations et conclut 
plusieurs trêves avec celui-ci , par l'intermédiaire d'un Grec 
nommé Fanaki, qui était page de Moawiah. Déjà ce Grec 
avait été chargé par Moawiah, lorsqu'il se préparait à com- 
battre Ali , fils d'Abou-Taleb , de négocier la paix avec Phocas, 
fils de Maurice, père du roi actuel. C'est lui (jui avait an- 
noncé à Moawiah c[u'il régnerait un jour ; il lui avait prédit 
(juo les musulmans se réuniraient pour faire périr leur chef 
Otnian, cl c[ue plus tard la couronne lui appartiendrait à 
lui Moawiah, (|ui à celte époque commandait en Syrie au 
nom d'Otman. Hn rapportant tous ces détails dans notre 
Histoire moyenne, nous avons ajouté (|ue la science des 
pronostics était un héritage que les rois grecs tenaient de 
leurs ancêtres. Ainsi le règne df Falana» corresponfl aux 



336 LES PRAIRIES D'OR. 

/jj «iiJXS *Xa£ f»L>i (j^ j>X,o_j f*^^ (^ U A^ r*"^^ *^v)-? (jjÎ 

»>»_*_s /v.^ «X-aJ^jI *L»I jj ^_j'y M'j ij^y^^ S'Xxj iiL\i' (jo_j 

fciUiî *Xa« /vj ii^Aw.-* %^Î (j^ (jI^ li r»?)-^' «iiX^ t_j_^Li^î ^j 

a-KLa» ylsCs yA.^^^^^ ifJ JUj yi*^^ tMl (j-« di.m c:a^ J^Î 
A_^J^-* (j5 <JÎ Lj»..la.Aiî^ r*Ar' wilA^ 4)^ '^3 iiÀ.tv ^^-i-c J'***^ 

(;j-J^Àii*>*^ M-? (J^'^'^' ^■^^^ dlA^ Aj Aj^ia. I j_j-«Ai4l j..t«=" j,t 

dernières années de Moawiah , au règne de Yézid , fils de 
Moawiah, de Moawiah, fils de Yézid, de Menvan, fils d'el- 
Hakem, et à Tavénement d'Abd el-Mélik, fils de Merwan. 
Lawi (Léonce?) , fils de Falanat, fut le roi de Roum conteni 
porain d'Ahd el-Mélik, el son successeur, Djeïroun, fils de 
Lawi, régna du temps d'el-Walid, fils d'Abd el-Mélik, de 
Suleïman , fils d'x^bd el-Mélik , et du khalife Omar, fils d'Abd 
el-Aziz. 

L'empire de Roum fut ensuite troublé par l'expédilion 
de Moslamah, fils d'Abd el-Mélik, et la double attaque des 
musulmans par terre et par mer. Les Grecs placèrent alors 
sur le trône un certain Djerdjès, étranger à la famille royale 
el originaire de Maràch (Maroudi paraît désigner ici Léon 
l'Isaurien); il régna dix-neuf ans. Les troubles continuèrent 
jusqu'au règne de Constantin (Copronyme), fils de Léon, 
qui fut contemporr.in d'Abou'l-Abbas os-Saffah et d'Abou 
Djâfar el-Mansour, son frère. Après Léon, fils de Constantin 
(Léon lo Khazaro) , dont le règne coïncide avec celui d'el- 



ClIAPITHE XX\. 337 

*i *^ U^ *5^ «^^^ CJ-* -^-oÀj (j^ :>yiJi sUa^lj »>yu*yJi *1>^^ 
^6 U» (jà_Xj^ jk>v^ A»j AÀ£ <XA.*ttpl (Jjjtnj\s ^^\.wtw« (jôxj 

<> ^ '' 1 

Melidi et d'el-Hadi, la couronne passa sur la tète de Cons- 
tantin, fds de Léon (Constantin V Porphyrogénète ) , qui, 
en raison de son jeune âge , partagea le pouvoir avec sa nièro 
Irène [Arich ou Ari) , jusqu'à l'époque de Haroun er-Réchid. 
Constantin mourut bientôt, et, à la suite d'événements qui 
exigeraient de longs détails, on arracha les yeux à Irène. 

Les Grecs obéirent alors à Nicéphore, fils de Slaurace 
[Nikfour ben Istibrak). Haroun er-Réchid entra en corres- 
pondance avec ce roi; puis il l'attaqua et le força à se sou- 
mettre, malgré le Ion orgueilleux ([ui avait dicté une de ses 
lettres. Quand Réchid se fut éloigné , Nicéphore se parjura et 
viola le traité où il avait fait acte d'obéissance; maisUéchid, 
en proie à une maladie qu'il avait contractée à Rikkali, dut 
dissimuler son ressentiment. La soumission de Nicéphore, 
les sommes d'argent, les cadeaux et l'impôt (ju'il envoya à 
Réchid, ont inspiré à Abnu'l Atayah les vers suivants : 

Gnidc (le la voin sainte, tu consacres tes veilles à la religion, et tu 
rc^pands sur le sol (li'sst''(li('' la pluie de les bienfaits. 



338 LES PRAIRIES D'OR. 

b*X^^ λXaaw; l^tXJ (_g<>Ji cxjc (^JnJÛ (^j iUij y^UUw^lçw! dU 

IÂaw^X^ i)3J&.lj jjbj^i AJï-j j^*«>vfl 4^<XÀJl_5i^^^L»(jb^^l iJU=»-j CAA^_J3 

La-aïs Ji:^ ^^Ail ^ aMI *lAa5 (j\<5 aJ[C-« (jjjjt^ j-» yl ^t UixS 

«XJ»3 J^^^^jc^iiiJ' (jâjtj ^(-^Xfi J.ik.^ !fj\i. (^ «Xjw^Jt (^^ l^ 



Le ciel t'a accordé la vertu et la bonne direction ; aussi tu as été nommé 
Réchid et Mehdi. 

Tout ce qui excite ta colère devient un objet de baine, et ton approba- 
tion entraine l'assentiment de tous. 

Tu as étendu ta toute-puissance à l'Orient et à l'Occident, et l'babitant 
du Levant, comme celui du Couchant, vit de tes largesses. 

Ta générosité , tes bienfaits, sont la parure du monde, et la face de 
la terre est couverte de tes dons. 

Prince des croyants, pieux héros, c'est toi qui as ouvert le trésor de la 
bienfaisance, fermé jusqu'à ce jour. 

Dieu avait destiné à Haroun une royauté sans nuages, et le monde 
obéit toujours aux arrêts de Dieu. 

La terre a proclamé sa soumission h Haroun , et Nicéphore est devenu 
son humble vassal. 

Réchid relevait à peine de maladie, et personne n'avait 
encore osé l'instruire de la trahison de Nicéphoi^e , lorsqu'un 
poëte se présenta chez lui et récita ces vers : 

Nicéphore a brisé ce qu'il t'avait donné, et déjà la mort plane au-dessus 
de sa tète! 



CHAPITRE XXX. 339 

J^ji jLj cj*b ^1 ki);bi c*4^ J:>b d):>l A^ V jj (^ jiiUi/i yi 

Réjouis-toi , prince des croyants, c'est encore une grande victoire que 
Dieu t'envoie; 

Une victoire qui dépassera toutes les autres! car ton étendard invincible 
est pour nous le gage assuré du triomphe. 

Aussi ton peuple '. salué avec joie l'arrivée du messager qui annonçait 
la perfidie des Grecs. 

Ton bras semble impatient d'entreprendre une conquête (jui rassasiera 
les âmes, et qui sera un châtiment mémorable. 

Et toi , Nicéphore , si l'absence de l'imam a encouragé la perfidie , quelle 
ignorance! quel aveuglement! 

Croyais-tu donc que ta félonie resteraitimpunie? (puisse ta m^re pleurer 
ton trépas!) grandes étaient tes illusions. 

Apprends que limam saura t'allcindre, que ton empire soit éloigné ou 
voisin. 

Si nous sommes insouciants, notre chef du moins veille sui' l'empire 
que sa sagesse gouverne; 

C'est un roi qui marche lui-même à la guerre sainte, et son ennemi 
est à jamais voué à la défaite. 

O vous qui voulez mériter l'approbalion de Dieu , de ce Dieu qui lit au 
fond des cœurs. 

Celui qui trompe l'imam ne saurait lui donner d'utiles conseils; mais 
les conseils dictés par le flévouemint sont dignes dapprobation. 




LES PRAIUIES D'OR. 
yvw«*il (jj *Ni!^ iU^Ui»3î jyoJl l^^ /8.4^ U^JJ>*'^'' "^^ 

jsAi^ jvjuiyi ^XiijJuJî t-jb::^ c^*j»-l-« c5^i>Àil j3^! jjIj 

I js-tf> JU» (jJ»ûil î Jvtf» 4^ ^J>>* i 4>^ (i^^ *^^ (:J>"«*^ (:J^' 
ayLÎI^ ii*Àll *î>Wj li ^■'''^ CaP' U^**^^^ 'i^* -î^j^ (j*^^^ <Jj^ 

Avertir rimam est un devoir sacré pour nous, lorsque ceux qui l'en- 
tourent le payent d'imposture et d'oubli. 

Cette pièce est fort longue. Lorsque le poëte eut fini de 
la réciter,. Réchid s'écria : « Est-il vrai qu'il (Nicéphore) ait 
agi ainsi? » Et il comprit que ses ministres avaient cherché 
à le tromper. Puis il fît ses préparatifs, envahit le pays de 
Roum et s'arrêta sous les murs d'Héraclée, l'an 190 (8o5-6 
de J. C). Voici ce que me racontait Abou Omaïr Adi, fils 
d'Abd el-Baki el-Azdi : Lorsque Réchid résolut d'assiéger 
Héràclée, il avait dans son armée les troupes des frontières, 
ainsi que les deux cheikhs préposés à la garde des frontières 
syriennes, Mokhalled, fils d'el-Hureïn, et Abou Ishak el-Fi- 
zari, auteur du Kitab es-Sier. Il eut d'abord un entretien 
particulier avec Mokhalled, fils d'el-Huçeïn, et lui dit : « Que 
penses-tu du siège de cette place?» — «C'est, répondit 
Mokhalled, la première ville fortifiée que vous rencontrez 
sur le territoire grec; c'est aussi la plus forte et la mieux 
défendue. Si vous l'attaquez et si Dieu en facilite la prise. 



CHAPITRE XXX. 3^1 

2ni JUi iSj^j^^ &^^ 3. • t^^3 i^\jjiaj^[f ^j^^^ »*Xjtj 0O.-»- 

^U j^iJL ^j**aJ_5 ji_jÀiîi (^^ l^xj Lj ffjXxs^^ t_>_jj jJi ^^ i 

aucune autre place ne pourra ensuite vous arrêter. » llaroun 
er-Réchid, l'ayant congédié, appela Abou Ishak el-Fizari, et 
lui adressa la même question qu'à Moklialled. Abou Ishak 
lui répondit ainsi : «Émir des croyants, cette citadelle a 
été bâtie par les Grecs pour commander les routes straté- 
giques et en défendre l'accès. Elle est peu peuplée, de sorte 
que si vous eu faites la conquête, elle ne fournira pas un 
butin suffisant pour être partagé entre tous les musubnans; 
si elle vous résiste, cet échec nuira à votre plan de cam- 
pagne. Le parti le plus sage est, selon moi, que l'émir des 
croyants aille attaquer une des grandes villes de l'empire 
grec; s'il s'en empare, l'armée entière aura part au butin; 
s'il échoue, il aura une excuse toute prête. » En délinitive, 
ce fut le premier avis (jui prévalut. Uéchid mil le siège de- 
vant lléraclée et porta la guerre aux environs de cette ville 
pendant dix-sept jours. Cependant les pertes (|ue lit l'armée 
musulmane, et la disette d(!s vivres et des fourrages, inspi- 
rèrent de vives in(|uiétudes à Héchid; il appela de nouveau 
Abou Isliiik rl-|''i/.ari et lui dit : ■■ Ibrahim , In vois (juelle est 



342 LES PRAIRIES D'OR. 

i<X_iû (j^ c.:>c_JLi-*w 1 cxj^3 «Xi (^j\j>-*^l _j-^^i L» jUi ci)*XÀ£ 
^.tw»M-ll (j^ «xii^ 'rir^ U!^^^ U^ '-^^b^ ^^ ^-^^ 4?-*^' <->-««Xi_j 

ij\ Jî /j ,v^ -^ îiX-ifc *V}L iLJs>*X^ ^Uoj c„wiKiI J^j *;^-=?' 
iJI (jSwa4 i ij^ cil 5,j-cy?^^^^ '*>^^ U^ ^^ 4^^ '^^ *^^ 

la situation des musulmans, que penses-tu maintenant qu'il 
y ait à faire? " — « Prince des croyants, répondit le cheikh, 
j'ai d'abord combattu le projet d'assiéger cette ville et je me 
suis déjà expliqué à cet égard ; j'étais d'avis que les musul- 
mans devaient diriger leurs armes et leurs efforts contre 
une autre place. Mais aujourd'hui, il n'est plus possible 
d'abandonner cetle ville après l'avoir investie. Notre retraite 
porterait atteinte à l'autorité royale, affaiblirait le prestige 
de la religion , et encouragerait d'autres villes à se fermer 
devant nous et à nous résister. Maintenant, prince, faites 
proclamer dans l'armée que l'émir des croyants restera sous 
les murs de cette place jusqu'à ce que Dieu en ouvre les 
portes aux musulmans. Puis donnez l'ordre de réunir des 
amas de pierres, d'abattre des arbres, et de bâtir une ville 
en face d'Héraclée, en attendant que Dieu nous accorde 
la victoire. Mais veillez à ce que l'armée ne connaisse de 
votre plan que l'ordre de rester; car, ainsi que l'a dit le 
Prophète, « la guerre, c'est la ruse, » et principalement cetle 
expédition, qui est une guerre de stratagèmes et non de 



CHAPITRE XXX. 3^3 

aXow»- «t^/»- »«Xtf»_5 iC*»Xi^ 'r'J-^ «^^ fi^ (S!*^^ (J^ f^' t^ 
ijLs" c-»X*^ p^tXjJL *XcL* ^j-« *XA^^'i wsl; Ul^m) V/"^*" '^ 
»iIJi y-waii J-tf»! t^l; U^ -«^UJi li ^JJJ^\ ù>J»^\^ j^i\ oo»lai_5 
ji^^^xi^ v?._5 Jl^u /o..|^r--Àji (j^-^^Jj J^i i (j^j^A-*^ 5^*-=?- 

w^»-Uo Lg-v» *N^|>J J^_j (ij****- «^î^ CAjl^^ <*Jijjiaj ^Uji ^^^ 

c:*_j*X_=fc iS fAT^' ^^^^'-H' ^j^ (j *-'> ' '* - ^ S^ c^l^i j^ 

sahres. » Sans perdre de temps, Réchid fit publier cette pro- 
clamation dans l'armée. On transporta des pierres, on abattit 
des arbres, et la construction fut commencée sur-le-champ. 
Alors les assiégés , voyant ce qui se passait , s'évadèrent à la 
faveur de la nuit, en se glissant le long des murs au moyen 
de cordes. — La narration d'Abou Oniaïr présentait dos dé- 
tails plus circonstanciés, par exemple l'épisode de la jeune 
fille quelléchid fit prisonnière en s'emparantd'Héraclée. Elle 
était fille du patrice, et douée d'une grande beauté; quand 
on partagea le butin, l'agent de Kécbid poussa les enchères 
et en fit monter le prix jusqu'à ce qu'il l'achetât pour l'émir. 
Celte esclave sut captiver le cœur de Réchid, ([ui fit bâtir pour 
elle, à quelques milles de Rafikah, sur le chemin de Balès 
et sur les bords de l'Euphrate, une citadelle qui rappelait 
Héraclée, située dans le pays de Roum. Cette longue his- 
toire se trouve, avec tous ses détails, dans notre Histoire 
moyenne. Quanta la forteresse en cjuestion, elle existe en- 
core aujourd'hui, el l'on y remarque des ruines qui portent 
Ir non) (riléracléc 



o44 LES PRAIRIES D'OR. 

«x_4^ b»,->«sfc.l^ A^-Sj.^ (3y^ vL)"^ viiJUiù "JijUJl »«xjft Ji 

C^AjLj l^K^JV^i» <xXi^ t))J (J^-S*- <XA.<ipt %~A 0*.j0 Jtj (jl^TjjJl 

A.J?rw^| cjcA .m. -Z. <\Ajb_^L> ^^£ U^^3»« \jy*a.M 1^^ ^-wW^ 

<3UJ 4>J! cyL> ci)^5 AAJ^J *iL^-î (J-* (jio (jl AjIî t:jl> ^ -^ ^ 
Lj«-fllrï- ^-*>>5; «^ c*^ JU5 ^i^^ (:J^A^*^' '^ (^^ ^ ^^^2^ 

(j\^ *X_ij Sjhv-^ Ajijjjs- Ir^^j^ <!Umjij (^ i^jJC^j AJcXxA^i. tK*sî 

Mohammed, fils d'el-Huçeïn , fils deDoreïd, m'a raconté 
l'anecdote suivante, d'après Abou'1-Aïna, qui la tenait de 
Chibl, le drogman : «J'accompagnais Haroun er-Réchid, 
racontait Chibl, lorsqu'il s'arrêta devant Héraclée et s'en 
empara. Ja remarquai un jour une pierre posée au-dessus 
de la porte d'entrée de cette ville, et ornée d'une inscrip- 
tion grecque. Je m'empressai de la traduire , ignorant que 
Récliid était près de moi qui me régardait faire. En voici 
la traduction : «Au nom de Dieu, clément et miséricor- 
dieux. fils de l'homme, saisis l'occasion, lorsqu'elle se 
présente, et abandonne le soin des affaires à celui qui les 
gouverne. Prends garde que l'excès de ta joie ne te préci- 
pite dans le péché. Ne te laisse pas accabler par le souci du 
jour qui n'est pas encore venu ; car si ta destinée te per- 
met de voir ce jour, et si ta vie se prolonge jusque-là , Dieu 
pourvoira à ta subsistance. Ne partage pas les illusions de 
ceux qui amassent des richesses. Que de fois nous avons vu 
un homme acquérir des biens pour le futur mari de sa 
veuve, ou s'imposer des privations pour enrichir les col- 



CHAPITRE XXX. 345 



fresd'un étranger' » La date de cette inscription, au jour où 
je la traduisis, remontait à plus de deux mille ans. La 
porte d'Héraclée domine un ravin, et la ville est entourée 
d'un fossé. » 

Plusieurs personnes bien renseignées parnn les habitants 
des villes frontières m'ont raconté qu'au moment où le siège 
d'Héraclée était poussé avec vigueur, et que les assiégés étaient 
accablés d'une grêle de pierres, de feu et de flèches , la porte 
de la ville s'ouvrit, un homme d'une beauté remarquable 
et revêtu d'une armure magnifique se montra aux regards 
allentils des musulmans, et s'écria d'une voix retentissante : 
« Troupes d'Arabes, voilà assez longtemps que nous sommes 
en présence. Que l'un de vous , que dix, ([uc vingt des vôtres, 
viennent se mesurer contre moi 1 » Mais personne n'osa bou- 
ger avant d'avoir obtenu le consentement de Uéchid qui, 
en ce inomenl, était endormi, et le Grec rentra dans la cita- 
delle. Dés (jue Uéciiid fut éveillé, et (|u'il sut ce (jui s'était 
passé, il manifesta son mécontentement et blâma ses servi- 
teurs de l'avoir laissé dormir. Mais on lui dit : « Prince des 



346 LES PRAIRIES D'OR. 

L» i_5_Jl.JLi 5_j.Xi.-4SJ (^^IjjUl |<v£^l_j (jA-M*^ (jJ JsAi^ HsmJ^ 

^ .^^\ l*Xiû ^.iJsAi (*"t/-*^ «Xs»-!^ ^r^ c^^"*.? SIt^ s^AiiLy*^ 

j— A_*l j_^lj /jli c:a^a3 Ià^ «X»»ii ?^y^- "^ i^-^^s- (>^j «X*<*o ^ 

croyants, le silence gardé par nos soldats aujourd'hui ne 
peut qu'accroître son impudence et Fexciler à revenir de- 
main répéter son défi. » La nuit parut longue à l'émir, et il 
semblait attendre avec impatience. Dès que la porte s'ou- 
vrit et que le chevalier reparut, prononçant le même déû, 
Réchid s'écria :« Qui marchera contre lui? "Aussitôt un grand 
nombre de généraux s'offrirent, et le prince allait en désigner 
quelques-uns, lorsque les troupes des frontières et les vo- 
lontaires se présentèrent en foule à la porte de la tente. 
Réchid en admit un certain nombre à la délibération, à la- 
quelle assistaient aussi Mokhalled , tils d'el-Huceïn , et Ibra- 
him elFizari. Dès qu'ils furent entrés, ils lui dirent: « Prince 
des croyants, vos généraux sont célèbres par leur forceet leur 
valeur, ils ont acquis un grand renom sur les champs de 
bataille; si l'un d'eux marche contre ce barbare et le tuC; 
un tel triomphe n'ajoutera rien à sa gloire; mais s'il suc- 
combe, ce sera un coup funeste pour l'armée, une brèche 
qu'on ne pourra réparer. Quant à nous, troupe de soldats 
obscurs, que l'émir désigne celui (|ui sortira à la rencontre 



CHAPITUE XXX. 347 

,J>y^tOy^ jy-xll\ i j^j-Y**'-* >4;^'^ (^ • <-^J^ (*'V^ ''^-' 
JUij \*i*yi^ ^V^^ ^"^^ ^^' 5_jiîil JUi <>LAXft ^l* (j%Ji>Lwi_5 

vS^ (j-Mj *x-<il j^t>s» ij ^^.(^j!^! (5*j-*j bi (^jv.À^_jJLI j.^*! U 

^ jàJLjt Uo i^^jJa-ii (j^ yjj^Ui^ A*» "^r^i l£*xJî Axoij 

^ ^jl^Lxi IJ^^!^ \ùs^\i ji&*Xx,yûj ^5 ^ Jlii t^iiyi 

de ce barl)are, nous obéirons. » Ce parti plut à Récbid et 
obtint l'approbation de Mokhalled et d'ibrabim. On signala 
au prince l'un d'entre eux à qui sa valeur avait acquis une 
grande réputation sur la frontière, il se nommait Ibn el- 
Djourzi. «Es-tu prêt à combattre.^» lui demanda l'émir. 
— « Oui, priuce, répondit-il, et je prie Dieu de ni'assisler. » 
Réchid voulut lui faire donner un cbeval, une lance, un 
sabre et un bouclier; niais il lui répondit : « i^rince des 
croyants, j'ai plus de cunliance en mon propre cbeval, et 
cette lance est plus solide entre mes mains; quant au sabre 
et au bouclier, je les acceple. » Quand il eut revêtu sou ar- 
mure, Réchid le lit approcher, lui dit adieu, et l'acconipa- 
gna de ses vœux. Le cavalier sortit escorté de vingt volon- 
taires et descendit dans le vallon. Le champion grec, après 
les avoir comptés un à un , leur cria : « Nous étioiis convenus 
de vingt hommes et vous en avez ajouté un de plus; mais 
peu m'importe. » On lui répondit qu'un seul homme s'avan 
cerait contre lui. Lorscpie Ibn cl-Djour/i se l'ut séparé d<^ 



3^8 LES PRAIRIES D'OR. 

/Ci— j du _jÀ^> (J-,A*« Jlïj dU ^ÀX» /eJO fi'V^^ "^^ ^ • t53>^ 
l—s-j A_J A-AJfcl.0 jiltXiw «>v&.î^ t^y^ (J**"iS'j Wlr*^ (J^y^? 

^^^J! L.^,^JCjA* l^A* ilL *X5 Xj| (j^J 45JI i^%J»iîJî j^îvJt 
<5>jj.jt XjjMij^ jS^M yi^iyo dU«>J *.<vwkA3 îtXjtXj»- .JOCiji c:aoI^ 

son escorte, le barbare le considéra attentivement, tandis 
que les Grecs, du haut de leurs remparts, avaient les yeux 
fixés sur leur compatriote. 

Le Grec dit alors à son adversaire : « Veux-tu répondre 
sincèrement à ma question? » — « Soit, « lit le musulman. 

— « Je t'adjure au nom de Dieu , n'es-tu pas Ibn el-Djourzi? » 

— «Par le ciel, c'est moi-même, et je suis ton homme.» 

— « Un soldat tel que moi , reprit l'autre , peut te tenir tête. » 
Ils se mirent en garde et fondirent l'un sur l'autre, la lance 
en arrêt. Le combat se prolongea longtemps; leurs chevaux 
pouvaient à peine les porter, et ni l'un ni l'autre des deux 
champions n'avaient encore reçu une égratignure. Alors ils 
plantèrent leur lance en terre, l'un du côté de son escorte, 
l'autre du côté des remparts; puis ils tirèrent leur sabre. La 
chaleur était extrême, et les chevaux haletaient épuisés. 
Ihn el-Djourzi porla à son adversaire un coup qu'il croyait 
décisif; mais l'autre le para, grâce à son bouclier de fer qui 
résonna avec un éclat terrible. Le Grec riposta, et son épée 
pénétra dans le bouclier d'Ibn e!-l)jour/,i; ce bouclier était 



CHAPITRE XXX. Mi9 



I /.-w« ^l\_A_r*- 



(J-?' CJ-» 



«Uj ti^;-4^ (j-j' ^^>-^ (j^ ^ ^-^^ ^^j ^^' <50ujIs t5jy4^ 

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Oot_j ^i rj-^'' '^^^^ (j**^ j^^ i>A-»W^' *;^ 4 5_j-U^ 

en cuir du Tibet, et le Jjarbare craignit qu'en s'enfonçanl la 
pointe de son épée ne semoussât. Au moment où chacun 
d'eux désespérait de vaincre son adversaire, Ibn el-Djourzi 
prit la fuite, au grand désespoir de Réchid et des musul- 
mans. Déjà les Grecs chantaient victoire ; mais ce n'était 
qu'une Teinte de la part d'Ibn el-Djourzi, Son adversaire le 
poursuivit, et tandis qu'il s'avançait le bras levé, Ibn el- 
Djourzi le frappa avec une telle violence qu'il lui fit vider 
les arçons; alors il fondit sur lui et, avant qu'il eût mordu 
la poussière, il lui sépara la tête du tronc. 

Cette victoire exalta les musulmans, et jeta les infidèles 
dans la consternation. Ils se précipitèrent sur la porte pour 
la fermer; mais Réchid averti dit à ses généraux d'ajouter 
des matières combustibles aux pierres lancées par les ba- 
listes. Dès ce moment, l'ennemi cessa toute résistance; les 
musulmans arrivèrent avant lui aux portes et pénétrèrent 
dans la ville l'épée à la main. On dit cjue les assiégés deman- 
dèrent une capilnlalion cl l'oiylinrenl ; ccpcndanl la version 



350 LES PRAIRIES D'OR. 

àl-ïj tâir^ (J-?^ (i^ J!_^^^i t-^V^j *>*U^ Ajkjs-UaJ c-*-«.Ià^3 



d'après laquelle Héraclée fut prise d'assaut est plus accré- 
ditée que celle qui parle de capitulation. 

Le poète el-Hakemi, c'est-à-dire Abou Nowas, a dit au 
sujet de cette expédition : 

Héraclée a été saisie d'épouvante à ia vue de ces machines qui vomis- 
saient le naplite et la flamme. 

Et nos feux auprès de cette citadelle ressemblaient à des torches au- 
dessus des cordes du foulon. 

Tout faibles que sont ces vers, ils furent trèsgoùtés en 
leur temps, à cause de l'événement auquel ils faisaient allu- 
sion, et valurent une pension à l'auteur. Quant à Ibn el- 
Djourzi, on lui offrit de l'or, un grade élevé et un vêtement 
d'honneur; mais il ne voulut rien accepter, et supplia qu'on 
Ini permit de rester tel qu'il était. Voici des vers d'Abou'l- 
Atayah sur le même sujet : 

Héraclée n'a-t-clle pas entonné son chant de mort, quand elle a été 
attaquée par ce roi dont le ciel favorise les desseins? 



CHAPITRE XXX. 351 

iL^LL (jl JJi> 0^_*_j jiyuij :>UJijî ^j^ (j\^ U^ ^lUi »j_j^ 

Les menaces de Haroun éclatent comme la foudre ; ses châtiments 
sont terribles et rapides comme l'éclair. 

Ses drapeau.\, séjour habituel de la victoire, semblent voler dans les 
airs comme les nuages. 

Émir des croyants, tu as triomphé; vis et jouis de ton triomphe : voici 
le hutin , et voilà le chemin du retour. 

Réchid eut pendant longtemps encore des relations avec 
Nicéphore, et nous en avons donné le délail dans notre 
Histoire moyenne. On peut voir dans cet ouvrage le récit de 
la mission de Yahia, fils de Cliakhir, auquel Réchid or- 
donna de feindre d'êlre sourd en présence de Nicéphore ; la 
conduite de Nicéphore, et l'avis qu'il donna à ses patrices 
que la surdité de cet envoyé était simulée; la demande faite 
par Yahia, quand on étala sous ses yeux les trésors de la cou- 
ronne, qu'on lui montrât un dinar ou un dirhem à rcffigie 
du roi. Nous avons raconté aussi dans quolUîs circonstances 
Nicéphore reconnut l'autorité de Réchid, el s'engagea à lui 
envoyer, partout oii i! se trouverait, de l'eau de la source 



352 LES PRAIRIES D OR. 

J^Ji^ J^Aiy »*X*j dix» <o.S ^jy>\X\ Ai^X~i- À i*>v.i& (j>kÀk^»o 
xs>*^ajuil jlxi-i vj LjUMi I jvj^ (j-. :>^j W* *,^^=»- ^jL>-^-r? *4;^ 

X) Sf^.^ ij^ ^Ui t:^-*^ d-^^ U-* (j^. ^S <^X*^' cKa-*^ 

d'el-Achirali ou Bar!)idoun (Barbyzès?), eau célèbre pour 
sa pureté et sa limpidité; ce sont des détails cjue nous de- 
vons omettre ici, pour éviter les longueurs. 

NicéphoYe fut remplacé sur le trône par son fds Staurace , 
vers l'époque de Mohammed el-Amin ; il fut détrôné ensuite 
par Constantin , fils de Phalanat, dont le règne correspond au 
khalifat d'el-Mamoun. Son successeur fut Théophile, con- 
temporain du khalife el-Môtaçem; le roi grec s'empara de 
Zobatrah [Sozopétra], puis le khalife envahit ses états et fit 
la conquête d'Amouryah [Amorium). Nous reviendrons plus 
loin sur ces événements, dans le chapitre consacré à Môta- 
çem-Billah. Le successeur de Théophile, son fils Michel, 
régna du temps des khalifes el-Watik, el-Motewekkel , el- 
Monlaseret el-Mostaïn. A la suite d'une révolution dont le 
trône fut l'objet, les Grecs se donnèrent pour souverain 
Théophile, fils de Michel, fils de Théophile. Le pouvoir fut 
ensuite usurpé par Basile le Slave (le Macédonien) , qui n'ap- 
partenait pas à la dynasiie royale; son règne correspond au 



CIIAPITIU-: XXX. 35.1 

jo-gAXi î^iki ^JJ^ joJ>" J^xllt iCi^Xi*. o^**?^ t^*^"^^'^ J>^*^' 

lkKJ_5 v_aX=»._j dl.Xiî> Aj'j<xxAJLi |«U ,j-« ij<x.oj ^jj:xli_j iX^Axil 
J-xJL5^ ^^lyij j-iûUJi -L»lj j^XXJJJLt r.L.i iUJij i dlii^ A>^l^ 
A_j b^AXxJciLi j*^Â^Î j)^^ jj*x.il^ jo..<_\^^jjû^l^ »jiyj ^j^-il 

jMkJLo^^ /yji ciJUJi wlL\il^ J^*^ (^ t5^'^ (j^ (j;.la^]a«>oJ» ^LiJi 

khalifat d'el-Mùtazz, cVel-Mohtadi, et au début du khalifat 
d'el-Môtamid. A sa mort, un de ses (ils, nommé Alexandre, 
lui succéda; mais le peuple, mécontent de son gouverne- 
ment, le déposa et mit à sa place son frère Léon [Lawi] , fils 
de Basile le Slave. Léon occupa le trône pendant le resle du 
khalifat d'el-Mùladed, celui d'el-Moktafi , et l'avènement 
d'el-Moktadir. Il laissa, en mourant, un fils encore jeune, 
qui lui succéda sous le nom de Constantin. Mais Romanus 
[Arnianous], ])alrice de la marine et chef des affaires mili- 
taires, usurpa une part de l'autorité, et régna conjoiiilemenl 
avec ce jeune prince auquel il fit épouser sa fille. Cet état 
de choses, qui a commencé vers la fin du khalifat d'el-Mok- 
tadir, s'est perpétué sous les khalilcs el-Kaher, er-Uadi et el- 
Moltaki, c'est-à-dire jusqu'à la présente année 332 , sous le 
khalife actuel Ahou Ishak el-MoUaki lillah , fils d'el-Mokladir. 
Ainsi, aujourd'hui, le trône de lloiim est occupé j)ar trois 
souverains: h; [)lus puissant, el celui (pii gouverne, est l'u- 
surpateur KoMtaiius; le second est Constaiilin , fils de Léon . 



354 LES PliAiniES D'OU. 

y^*>s_=».L» (^gjJi^j^l ^^^IaJi_j^j iiAÀAiaÀi2***,AJlj (^^1 <_.vï».Up 

(_,ww*i>. (_^ f»J!^''^ tyj-L» jlAiwî oc^Xjl owj^Jî îtXiû <J!_j ^_gi^jjt*«JL{ 
^jUrjJi (j^ J>AXJC*wJLi »i i^-*^ u-* tjy^. ^. (fe^-^^ ^b ^^^ ^ 
<j^^ /yj (j^ioÀlaAMJ» ^J^ i y ^j j XS r*jn-'l cî{^X« 4^Lm< :>«X£ j^a^j^ 

-6.^5yv^ i«XC (j.^ ^-iV'^ ^^-5^i t5*^^J (JV-**" ^"'f-^i '*^'*"**' ^jUvw"-^ 

^_5 IJÎLo {jyXJj\^ Js-sfc-î ^j^i.5 c:Ajpi I*Kj* <JI (jvIaÀlû**S ^j.» 



fils de Basile ; et le troisième est un fils de Roinanus , nommé 
Stéphanos, qui a aussi le titre de roi. En outre, Romanus 
a donné l*e siège patriarcal de Constantinople à un autre de 
ses fils; il a le premier rang parmi les patrices et la direc- 
tion des afFaires spirituelles-, précédemment, son père l'avait 
sacrifié à l'église en le réduisant à la condition d'eunuque. 
Tel est le nom des princes qui gouvernent en ce moment 
l'empire de Roum. 

Voilà les principaux événements de l'histoire des rois de 
Roum, jusqu'à ce jour; Dieu seul connaît l'avenir réservé 
à cet empire. La durée totale du règne des rois chrétiens, 
depuis Constantin, fils d'Hélène, qui fut, comme on l'a vu, 
le propagateur du christianisme, jusqu'à l'époque actuelle, 
est de cinq cent sept ans. Le nombre de ces souverains, 
depuis Constantin jusqu'à la présente année, s'élève à qua- 
rante et un, sans y con)prendre le fils de Romanus, mais 
en comptant Constantin et Romanus, (|ui régnent aujour- 



CflAPITHE XXX. ;^5r) 

ioUv^j (jvaAjj (jvjCÀji AÂ^^jjij ooyl i«X^ <JI -i\ i^v*^ CJ^ 

^LxAjiii^ ^l*îi <;^L^ gjb (j^ :5>J?: t_>\jdîî î js_d> ^j^ t^jj U>3 
JbtJ^^Mi .«^Ui ^J^ JJ.X5 «i^ <_>L i Jy^î^ 

d'hui dans le pays de llouni. Si, au contraire, on lait en- 
trer dans cette liste le fds de Romanns, le chidre total, de- 
puis Favénement du christianisme, c'est-k-dire depuis le 
règne de Constantin, fils d'Hélène, est de quarante deux 
rois, pendant le laps de temps que nous venons d'indiquer. 
Quelques savants, parmi ceux qui ont fait une étude par- 
ticulière de la chronologie, prétendent qu'entre la chute 
d'Adam et la présente année 332 de l'hégire il s'est écoulé 
six mille deux cent cinquante-neuf ans. Si Dieu nous le per- 
met, nous donnerons plus loin, dans un chapitre spécial, 
le résumé de la chronologie universelle et de l'ère des pro- 
phètes et des rois. 



■i?>. 



356 LES PRAIRIES D'OR. 

çjLA_il ÎJs_^_j ^xoj'i L^ dUi j-JVS>_5 
4Mi ^Law yl J^-a^-* i_jJus».ii Jlïyj^Aa^ ^j^ slpUi! t^<xJl Jlïj 

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jjà-JCJ v.jUojj^ A**À.3 Q* U^UJ :>^\J.'J yj\ju\ âlw«î iiÀjtXlItl 
iLCtMwo w^l iU^S'^ ■^'-Aiajo app j.^Mi\ àdUks ^\ji» jjko^ »L y-^ 

CHAPITRE XXXI. 

BENSEIGNEfMENTS SUR L'EGYPTE, LE NIL, LES MERVEILLES DE CETTE 
CONTRÉE, L'HISTOIRE DE SES ROIS, ET AUTRES DETAILS QUI SE 
RAPPORTENT À CE CHAPITRE. 

Dieu a fait mention de TEgyple dans certains passages du 
Roran, Tels sont les versets : « Celui qui l'acheta, dit, etc. » 
(Ch. XII, 21.) «Il (Joseph) leur dit : Entrez en Egypte si 
Dieu le veut ainsi.» (Ch. xii, loo.) «Nous révélâmes ces 
paroles à Moïse et à son frère : Disposez pour votre peuple 
des maisons en Egypte, etc.» (Ch. x, 87.) «Rentrez en 
Egypte, vous y trouverez ce que vous demandez. » (Ch. 11, 
58.) «Les femmes de la ville se disaient entre elles : La 
femme du maître de l'Egypte a voulu séduire son esclave. » 
(Ch. XII, 3o.) 

Un savant a décrit ainsi le soi de l'Egypte : Pendant 
trois mois c'est une perle blanche ; pendant trois mois, du 



CHAPITRE XXXI. 357 

w'ji:) *_5lAAA«jt..<.^l ioiXjj f'^j.ik ^é^ ii:>j^j j.^Àv) aaAj^ ^li^»»»* 

c ^ .>^ ^^ »iJH«yt L,tj diwJll ^î_5^ A-vSl.3 iUjlL ii^l; ,j^^j^^^ 

Laj«xJ5 j-AAaj:* ^^^j ^-(^-si^ ^y^^ jJtojliî yûj c:*Iy^'_j 

musc noir; trois mois plus tard, une émeraude; et les trois 
derniers mois, un lingot d'or pur. La perle blanche, c'est 
l'Egypte dans les mois (coptes) de abib, mousra et tout, 
c'est-à-dire juillet, août et septembre, alors que, submer- 
gée par le fleuve, elle forme une vaste nappe d'eau blan- 
châtre au-dessus de laquelle les métairies situées sur les 
tertres et les monticules brillent comme des étoiles; elles 
sont entourées d'eau de toutes parts, et l'on ne peut com- 
muniquer de l'une à l'autre qu'à l'aide de barques. Durant les 
mois nommés babeh, halour et koïhek, qui répondent à 
octobre, novembre et décembre, l'Egypte est noire con^me 
le nmsc; le Nil, en se retirant, laisse à découvert un limon 
noirâtre qui reçoit les semences et exhale une odeur agréable 
assez analogue à celle du musc. Au mois de loubeh, wam- 
schîr et beramhat, ou janvier, l'éxrier et mars, elle brille 
comme une verte émeraude; en d'autres termes, ses pâtu- 
rages si abondants el ses |)raiiies bii prc-lcnl Térlal de celle 
pierre précieuse. Knliii, elle se Iran.slormc en lingol d'or 



358 LES PRAIUIES D'OR. 

JS JsÀiAW^ (XxAÀ^j IwIsjLo (_^ib<Xj{ hS,MM*S yi^^ C'WMÀxJi ^j^iJÙk 
w<--<i JO ^^.(\MÙ^ iw^UJl^j iCAj^Jl^ AAjL>Vm.Ju jfc-j-ÀwJl â«XiÊ> 

j^ WjÎ *>vS \jkj (j!j t_>bc«î I j^jt (v^ f^^'^^ l*>s.i& <Xjt) ^^ 

y.kMS 4J-* iijiî j.^j ^.tûj (jl.S^-«*(J J>-^Àiî yî (JC^J^^Î j,Ai*. <î(o 

dans la période de bermoudeh, baschans et bawneh, c'est- 
à-dire, avril, mai et juin; alors les moissons jaunissent, la 
terre se couvre de culture, et prend l'aspect et la valeur de 
l'or. Dans un autre passage de ce livre, nous donnerons 
les noms de chaque mois de l'année en syriaque, en arabe 
et en persan, bien que nous n'ayons omis aucun de ces dé- 
tails dans notre Histoire moyenne. 

Un autre écrivain dépeint l'Egypte en ces termes : « Son 
Nil est une merveille et son territoire est de l'or. Elle appar- 
tient au vainqueur et se livre au plus fort. Ses richesses 
sont un objet d'envie et ses productions une source de pro- 
lits. Mais le peuple qui l'habite est insubordonné et n'obéit 
que lorsqu'il tremble; il ne se soumet que parce qu'il est 
désuni, et s'il se révolte, c'est une lutte mortelle. » Le Nil 
occupe un rang distingué parmi les fleuves et les mers les 
plus célèbres, ainsi que l'atteste une tradition religieuse. 
Celle- tradition cite parmi les lleuves dont la source est dans 
l<^ Paritdis, le Nil, puis le Silian ou (Icuve d'Adanah sur les 



CHAPITRE XXXI. 359 

(J,^-^-*^ oj^ Ul?^ CJ-* ^^y^i U^-^^J iuaA*aii_5 (j*,^y.»«^ 

^j^ >-gJC-ii Ltf ^^^^^ Aks-J^Ji kiUjsSj iuil ^-« ^<-J^ cjUwI 

c-^-oU i'j iil ajI J^aJî i cjjjtJî oJlï Jo^ jU^ijLfrj^i 

frontières de la Syrie. Ce dernier, dont l'embouchure est 
dans la Méditerranée, sort de terre à trois journées de 
marche de Malatiah , coule sur le territoire grec et ne l)aigne 
qu'une ville musulmane, Adauah entre Tarsous etMessissah. 
En troisième lieu, le Djeïhan, dont les sources, nommées 
Ouïuun Djfïliaii, sont à Irois milles deMerach ; il sejelledans 
la Méditerranée après avoir passé entre l'Euphrate, Messissah 
et Keferbeyiah , les seules places que possèdent les musulmans 
dans ce pays. Nous avons déjà fait mention dans cet ouvrage 
de ce fleuve et du Nil, de leur source, de leur parcours et 
de leur embouchure (l. I", p. 2o5 et 2i4). Une semblable 
tradition est rapportée en l'honneur du l'igre et d'autres 
fleuves non moins importants. 

Les Arabes croient (jue, pendant la crue du Nil, l'eau 
baisse dans les autres fleuves, comme dans les sources et les 
puits, et ils expli(|U('nt l'accroissemenl du premier par la 
perte que subissent les autres, et récipro(|uem{'nl. Les Indiens 
attribuent le phénomène (juc piéscnte le Nil aux sources <|ui 
ralirnenlcnl , <•( ils sr vaiilcnl d'en ('"Miiailn' l'épecpie en ob- 



360 LES PRAIRIES DOR. 

/w^_5 Jjjy«»Jlj AjlAoJij^ ^J'^yj *XÀ-g.JI CAJb^ *J"^y) (j*« W''^*^^ 

ci*.Jb3 tjl^^i i^^^lk^iJi »j.i^ i'iy^ii! JI^Xj viUi ojJt3 

Ci>»_i.^3 liî jUw.jL» <>oiljj IjcI_j (jaAÀJ ^j lai i^j ^ fJJ^'' 
l;^UJ aaIoI^ 4^ yj^ (iM AjUaJijj ^'^Vj ia-î^Jî oJlïj (.j^<k*a3\^ 

cyii>Lw (j^ ».Aa-x)^ t_>\jiîii l*Xi5 ^ *Jilet ^^ wdJi <^il; jUJi 
oL-wj_j ^j_£ Ia-^sI,»- J.i>-5j^ ^1 Jlï y*>m **-*"S^-? t5j^^ 

LÀ-OtXJJ *Xjj 2J<l;^VJC.M*î^ SjJfMy*^^ J^ j.aS' \jCj \y-^ /5^^**î? 

servant la succession des anwas (voyez Introd. à la Géogr. 
des Orient, par M. Reinaud, p. i86) , la persistance des pluies 
et Famoncellejnent des nuages. Selon les Grecs, les eaux 
de ce fleure ne peuvent ni croître ni décroître ; mais elles 
s'enflent sous le souffle persistant des vents du nord. Quant 
aux Coptes, ils ne doutent pas que ce phénomène ne soit 
dû à des sources situées sur ses deux rives et qui ont été 
observées par ceux qui ont visité son cours supérieur. Du 
reste, toutes les discussions anciennes et modernes relatives 
à la crue du Nil, aux principaux fleuves, aux mers et aux 
lacs, se trouvent dans la section deuxième de nos Annales 
historiques, ce qui nous dispense d'y revenir ici. 

La place illustre que Misr occupait parmi les villes du 
monde a pour garant cette parole que Dieu met dans la 
bouche de Joseph : « Cou fiez-moi les Irésors de la terre» 
(Kor. XII, 55), c'est-à-dire de Misr. De tous les fleuves du 
monde, le Nil est le seul qui, en raison de son étendue et 
de son iinporlanco, ait reçu le nom de mer [Ixibr ou iemni). 



CHAPITRE XXXI. 301 

i J^l (^j Js?) (^ ^^^J *Xi^ ^i5l:^Ji^j*KAJi J, p^UaJljjy.Ji 
Jli» *Ujuii.Ji (joxJj c:^i*-0 ^^ia^ ^^^î ^'3 caS^I jla» lg-«k.»ao 

j^^l AjL«_5 jUa.«i/i '.:>.A.«v« W.<vmÎ ^^j U£>Uxi i^^ j.ks^ ^^ 
t_^5'^^»><ot*> ^jj ^^i Jiï sXi^ (^jjjwajJî ^L^ *XÂ^ rrt*-^i i*X^ 

Nous avons décrit clans nos ouvrages précédents la mon- 
tagne el-Komr où il prend sa source, et l'influence que les 
phases diverses de la lumière, dans la pleine et la nouvelle 
lune, exercent sur le volume de ses eaux. 

D'après Zeïd, fils d'Aslem, ce passage du livre divin : 
« Si elle est privée de pluie, elle a la rosée (Kor. 11, 2G7), » 
s'applique à l'Kgyple, d'autant plus fertile qu'il y pleut 
moins et à qui la pluie est si défavorable. Un poêle a dit : 

Misr (vieux Caire) et l'Egypte, admirable jiays, où le Nil coule sous 
le souille du vent du sud. 

Il s'agit bien ici de Misr dont le nom et le sens (ville ca- 
pilale) sont identiques et ont été donnés à toutes les autres 
grandes villes. Telle est l'étymologie adoptée par l'école de 
Basrah. I.e poêle Ami-, fils de Màdi-Karih, a dit aussi : 

Les Ilots du Nil se «pondent priulanl la crue; le vent d'est les sou- 
lève, el ils obéisscul à sou souilli'. 

Le Nil coniincnce à grossir et à sortir de son lit à la lin 



362 LES PUAIRIES D'Oi^. 

dl.Ji ij^ %^j}\ jjuXA ^j^^^^JUw! Lciji »-i*,ft ^i^Ur (j^j Iftl^^i 
xilyAjl ^ iUiWi ovj\^ Ifiîji) j-w** iUj^ «ilj^Jl cio\^ iil^ 

du mois bawneh , ou juin, et pendant abib et mousra, c'est- 
à-dire juillet et août. Dans les crues abondantes, il ne cesse 
de s'étendre, qu'à la fin de tout, ou septembre. Lorsque l'inon- 
dation atteint seize coudées, l'impôt dû au sultan et la sub- 
sistance du peuple sont assurés ; mais les localités élevées 
souffrent de la sécheresse , et la stérilité des prairies et des 
pâturages est très-préjudiciable aux troupeaux. Le maximum 
d'une bonne inondation est de dix-sept coudées ; toutes les 
terres sont alors abreuvées d'une manière sullisante. Au- 
dessus de dix-sept et à dix-huit coudées , le quart de l'Egypte 
se transforme en mer, et cette inondation excessive, jointe 
à d'autres causes, fait le plus grand tort aux fermes. En 
outre, lorsque le fleuve s'est élevé à dix-huit coudées, le 
moment où il rentre dans son lit est toujours signalé par 
une épidémie. Le chlifre de dix-huit coudées est considéré 
comme le maximum que le Nil puisse atteindre. Cependant 
il s'est élevé juscpi'à dix-neuf coudées, sons le règne d'Omar, 



CHAPITRE XXXI. 363 

A_^^.ji JJcJ- ,>Jt« i^ ^jii iiib- ^Ul (j-« o*^' l^ '^ J"W 
yLciji j^-AO-f ^Y^:-^ (J-*>:**J ^*t fj-^'^'^ ^^^* ^^^ ULJ^" 

^-.»i^a.^i w^-g iX*b..^iI (j-« c.lj4>Ji v.>Aaj '5:>\jjj j^s. ^xjjîj 
j 4MI y il, ,j! Jî *xJ^Ji JJi ^,UU^_^Ji (j\(5^^xa^. (j*lJi 
*.jvj y\^ **-ii.-fr <>JUv j J.i*.^j^*i^ iLu*J^ <o.j iii^ -''Uî *^w3 
j^lwsfc. (j^ UaJij dlJi (j\^_j AAâ ^J-w*i;**j ^^5 Q«UJi (jAAAJ ^!5Va» 

fils d'Abdcl-Azi/,, l'an 99 (717). La coudée, de un à douze, 
est de vingt-huit doigts; depuis douze, elle n'est que de 
vingt-quatre doigts. Jamais le niveau primitif du fleuve n'est 
Inférieur à trois coudées, même dans les années de faible 
crue comme celle-ci. Les deux coudées du nilomèlre (|ui 
correspondent à une période de sécheresse en Kgypte, c'est- 
à-dire la treizième et la quatorzième, sont nommées Moa/i/nV 
et ISekir (nom des deux anges du tombeau). Si le fleuve ne 
dépasse pas ce niveau, c'esl-à dire treize, quatorze coudées 
ou quatorze coudées et demie, l'eau manque partout, et le 
pays tout entier en soullre juscju'au retour de l'inondation. 
S'il atteint et dépasse le chilfre quinze, une partie du pays 
en profite, et Ton cesse d'implorer le secours du ciel; mais 
le sultan ne |)rélèv(! pas la lolalilé de l'impol. 

11 y a en l'igyple (|ualre écluses principales, à savoir : 
l'écluse nommée Diinili cl-'l'imsali , l'écltis*' d(- r.allviiicli , 



36a Li:S PRAIRIES D'OR. 

cyli j^X_A_Sfc.^ ^_j*pj:s^~-w ^-A.Sk.^ *-xaxXj ^y»^ ^\j**^i\ c^i 
j_Aj». Li-*<X9 tXij JjAji ^^ o>jJ" ^j_» ^k^ ij,itA ^J~^ y^3 
^_j_>b _j-lÈ_5 *J>« Mr^ *'-* (iJ-* ^^-'^^-C «X..:SVo (oU^^ijI *XjyuJ|j 
X^ cK-^^i Ix»^ y3|^j>^Àj jjwa^ J^îj c^i^Ji l«Xi5 i J^xJl 

(JVaAj i^AAW «^l À^Jw «XaJ^ 3^5 U-?^^ ^^ iS*^ j-^''^ *^-^ ;§^ 

celles du canal de Serdous el du caual Dat es-Sahil. On ouvre 
ces écluses pendant l'inondation, le jour de la fête de la 
Croix, qui a lieu le quatorze tout (septembre") ; nous avons 
déjà dit pourquoi cette fête est ainsi nommée. (Voyez ci- 
dessus, p. 3 12.) Pendant le mois de loubeh ou janvier, et 
après la fête du Bain, qui tombe le dix du même mois, on 
prépare, avec l'eau du Nil, le vin de dattes nonmié chirari, 
parce que jamais ce fleuve n'est plus limpide, et les habi- 
tants en vantent alors la pureté. A la même époque on 
lérme les écluses à Tinnis, Damiette, Touneh et dans les 
autres bourgs du district de Bohaïreb. La nuit du Bain est 
une des grandes solennités de l'Egypte, et tous les habitants 
sont alors sur pied : c'est, comme je l'ai dit, le lo janvier. 
J'ai assisté à cette fête nocturne, l'an 33o (9/11 de J. C), 
pendant qu'el-Ikhchid Mohammed, fils de Tagadj, habitait 
l'hôtel nommé Moukhtareh, dans l'ilo (|ui sépare les deux 



CFIAPITUE XXXI. 305 

^Qj»- iXij j<\i>.Jl_5 J^.ftU.i! ,j^j*a.^ Jsit>î ^ r^' ^ j-*^ J^*Ai^ 

yyf)^^ JysJi i fi^i^i LT^^J Vi>;*>^5 W^ (9^^ ^^ bjsr*- 

bras du Nil. Par son ordre, tout un côté de l'île et la rive 
de Fostat (vieux Caire) étaient éclairés par deux mille 
torches, sans compter les illuminations particulières. Musul- 
mans et chrétiens, au nombre de plusieurs centaines de 
mille, encombraient le Nil, les uns sur des barques, les 
autres dans les kiosques voisins du lleuve, d'autres snr le ri- 
vage. Toute cette foule, avide déplaisir, rivalisait de luxe à 
table et dans ses vêtements, dans sa vaisselle d'or et d'argent 
et ses bijoux ; partout retentissaient le son des instruments, 
le chant des festins et les danses bruyantes. Rien , en Kgypte , 
n'égale la beauté et l'animation de cette nuit ; les portes des 
dilVércnls quartiers restent ouvertes et la j)liq)art des habi- 
tants se plongent dans le Nil , avec la conviction que c'est un 
remède ou un préservatif contre toute espèce de maladie. 

Pour en revenir aux nilomctres destinés à faire connaîtr(> 
les phases de l'inondation, j'ai entendu dire à des personnes 
insiruilcs quo Joseph, lors(|n'il bàlit les pyraniidcs, cons- 



36G LES PHAIRTES D'OIV 

^j v^i-JLjf (ji^ ^Ji (jîj AjUaJijj J-aAJI *^i») *J).xl LwUjU 

y~ffX*£> _jiÛj yi_jA^ \.*uUa^ ^isi'ij yij^ 0.J j^xJi ^A5j.Aa^ 

Uû^ST ïuLmÎ ««xis?! (^JJS (j^pUii! tisjt»^ ïjj&J\ t-olil (j^ 
(jî^^^_^ 0.J vilAII tXA-s. 0.j> yUjvXw fil i dUis iXj^î^j Uiji 

Iruisit un nilomètre à Memphis, car Fostat n'existait pas en- 
core. Plus tard, ia vieille reine Deloukeh en établit un se- 
cond aux limites de la Haute Egypte, et un autre dans le 
pays d'Ikhrnim (ancienne Panopolis). Ce sont ces deux ni- 
lomètres qu'on employait avant l'islam. Après l'avènement 
de la foi et la conquête de l'Egypte, ils continuèrent à dé- 
terminer l'inondation jusqu'à ce que le gouverneur Abd el- 
Aziz, fils de Merwan, en fît poser un nouveau d'un petit 
nombre de coudées à Houlwan, au-dessus de Fostat. Enfin. 
Osamah ben Zeïd et-Tonoukhi établit le nilomètre de l'île 
£s-Sanaah (aujourd'hui Roadah) , située entre Fostat etDji- 
zeh. Un pont conduit de Fostat à cette île, et un autre pont 
ia met en communication avec Djizeh, qui est sur la rive 
occidentale, et en face de Fostat situé à l'est. Ce nilomètre, 
le plus graud de tous par son échelle métrique, fut cons- 
truit sous le rèo^ne de Suleiman, fds d'Abd el-Mélik, fils de 



CHAPITRE XXXI. .-^07 

(-jvaÀjI »Jum yO)^ I Jvit UXJJ^ ^ ^W^ S-*^. (S'^^ 0*^^' ^J 

J>.«^i ï^^i)^ u-W»«« c^ '^^j *iU.*;u»(! liJ^ Aj oiÀjff t^ jJi 

L^_yA^ ^jî c>j\^ «xïj ^_^i ^j.^ ^-^j^-i^-* o^^oc^ij ^^y^ 

^-*-'°5 ^5-6-**' ^r^^^ iJ^i^J^ ^îV-^^ f*..?^' ^'^■^-? OtÂ^ -?iV^-=*-3 

viUs^ bU.=- :>^\.A.ÎI ^^j:^,! 5^ J.i5îj5jo ^y>à^ Uv»^^» 

(:r« 8^^-^i (Ji aJ^Î cj-* J''*-^! 4^\-S? 9^^J>ajiA oo\^ L-jUr»- jjt 

Mervvan, et il est encore en usage aujourcPliui, 332 de l'hé- 
gire, à Foslat. Ainsi le niloiuèlre de i\Ien)[)his, après avoir 
été employé dans ranticjuité, fut délaissé pour celui de l'île, 
lequel remonte à Sulcïnian, (ils d'Abd cl-Mélik. Enfin, il y a 
dans cette île un autre nilomètre dû à Ahmed, fils de Tou- 
loun; mais on ne le consulte (|uc dans les fortes crues, 
lorsque la violence des vents et de la tempête soulève d'é- 
norn)es vagues. Autrefois, grâce à ses chaussées, à ses ponts 
et à ses canaux bien entretenus, l'Kgypte tout entière, avec 
ses terrains cultivés ou incultes, était abreuvée d'eau f|uaiid 
le Nil s'élevait à seize coudées. On y comptait sept canaux : 
le canal d'Alexandrie, celui de Sakha, celui de Damiette, 
le canal de Memphis, ceux du Fayoum, du S(;rdous et du 
Meuhi. Au dire des gens instruits, elle était alors, plus que 
tout autre pays, couverte de jardins; ils se succédaient, 
sans interruption, sur les deux rives du l\il, depuis lloul- 



368 LES PRAIRIES D'OR. 

Is^ f^'^s^S ij*i^y^ ^^-5 r*>^' ^"^^-^ ^-V^' ^"^ cK=»-i> 

^j^j-^jj <jî Ji^i'l kiUj J..«»ji i^viàc Jl_^-«1 *i CA*^>Î ^s^ 

/Jkfiwj JUi JoW Ijff SvAÏfclj Wa£. *jIa« <XJ*>V> (\JVJ l^«Aà^ L^ 
Ai5«J»-« A^yS. jjÔaÀjj SiXaXC (^ i_>Ja*J yi <X^*M^ «JxSÀAJ Aji 

»*X_A-)uij !«X_JÛ Joli (j^ (3-=»-5 (j''^^ (fr"^^»N»y M^i '-r^j^. ^^ 
cyLi^^il i (j*«uJi (e-(r*-* '^♦^-=»-' \^ *J/i tK uK^^ t^ :>>)U 

tjyix? (J.J i-j»-»«^ ^yJi*- t5«xJl yls ^yô^^ ^^^^ f*^^"'' •!f^'=^ 

wan jusqu'à Rosette. Dès que la crue atteignait neuf cou- 
dées, elle remplissait les canaux du Menhi, du Fayoum, de 
Serdous et de Sakha, Pharaon , V ennemi de Dieu, avait chargé 
Haman de creuser le canal de Serdous. Dès qu'il eut com- 
mencé les travaux, les paysans du voisinage vinrent le prier 
de faire passer le canal sous leurs villages, s'engageant à 
payer la somme qu'il fixerait. Haman y consentit, et réunit 
ainsi de grandes richesses qu'il offrit à son maître. Pharaon 
l'interrogea sur leur provenance, et quand il en fut informé, 
il ajouta : « Un maître doit se montrer bienveillant envers 
ses serviteurs et répandre sur eux ses bienl'aits, loin de con- 
voiter ce qu'ils possèdent. Nul n'est plus tenu que nous d'agir 
ainsi. Je t'ordonne donc de rendre à chacun de ces paysans 
ce que tu leur as enlevé. » 

Il n'y a pas de canal en Egypte qui présente plus de sinuo 
sites et de détours que relui de Serdous. Quant aux canaux 



CHAPITRE XXXI. 369 

jMS^ viLLo *XaJ^JÎ /jj uW' u' viUij -^LxmJÎj «^jXwaJl l^yr^Xfi 

*N^JLc dJi JLxJ <Oii^^i».l «XJ}^^-cî-« jjb^l (j^ jJlj y\^ U 

UA-i^i Jl_j-».i ^(w»_=-jJ> u ^^j^jlr»- kiUi ^jl t^l^ (J-» ^-^^i 

du Fayouni et du Mcnhi, ils ont été creusés par Joseph, fils 
de Jacob, dans les circonstances suivantes : Reyan, fds de 
Walid, roi d'E'rypte, satisfait de l'explication que lui donna 
Joseph relativement aux vaches et aux épis qu'il aurait vus 
en songe, l'associa à son gouvernement. C'est ce que Dieu 
nous apprend, quand il met dans la bouche de son prophète 
Joseph ces paroles : « Confiez-moi les magasins de la terre, 
car je suis un sage gardien. » (Koran, xii, 55.) 

Disons à ce propos qu'il y a divergence parmi les légistes 
sur ia question des musulmans qui sont au service des ido- 
lâtres. Les uns pensent que ce roi était un vrai croyant 
p;irce que, dans le cas contraire, Joseph n'aurait pu prêter sa 
(oopéralion à un infidèle, ni se rendre l'instrument de ses 
volontés. Les autr<;s, au contrair(^ disent (|ue cette coopé- 
ration est licite, lorsqu'elle est exigée par les circonstances 
et l'utilité (lu but. Les arguments des deux partis se trou- 
vent dans noire ouvrage intiltilé J)it!COurs sur (es hases des 
/Toyunces. 

J.'hisloire do Fayoujn, dislrii I de la Haute Egypte, ses ca- 
ji. 3/1 



370 LES PUAI lU ES D'OR. 

Jcibl «jUc » JsJÛ^ Jolklî Jclk^j ti=*^^^-? t*^^ iJ^ l«iUis^5 

i J.ii 4^ UajÎ Ooij \^\J^\ yi^X O^wJUa»- *Lll ioVa-l *>o 
j-và- tr» y'^ ^^ f^;? ^-*-^^ «^^ O^J ^?^* f»..?^' V-^wJ ^ 
*L« U-*^_;î V^5^ ^\jtl5 i^^ ^jUi jlw^L ioUxii^ »;-S=i S^^ 
0>-«-> *-Ô5-« t>-« kilJji **>w ^J^^ i*X-iû LLXJ^ jj Ijlia*» t Ji 

naux dans la partie élevée el dans ce que les babitanls 
noinmenf mctati et inetatioulinetati, cest-à-dire terrain dé- 
primé, les tiavaux entrepris par Joseph pour fertiliser ce 
pays, sorte d'entonnoir où tamisaient les eaux du fleuve , qui 
l'entouraient de presque tous les cotes, comme une île, tous 
ces détails, en un mot, ont élé donnés dans notre Histoire 
moyenne, et nous n'y reviendrons pas ici. Nous passerons 
au.ssi sous silence l'origine du mot Fayoïim, c'est-à-dire mille 
jours {elf-iaum), l'histoire de Joseph avec les ministres du 
roi , la jalousie qu'il leur inspira, etc. 

Au dire de personnes bien instruites de l'histoire cUi 
monde, le Nil couvrait autrefois le sol du Saïd jusqu'à la 
Basse Egypte, vers l'emplacement actuel de Foslal. L'inon- 
dation commençait à l'endroit nommé Djcnadil (cataractes) , 
entre Oswan et rAI)yssinie, el dont nous avons parlé dans 
un autre passage de re livre (l. 1", p. uiS). Peu à peu les 



CHAPIIUK XXXI. ;^7i 

J\-_) ^j w*i2_-^ i^X.j (jA,L*J| /j^AfcKÏ «-jIaÎJÎ !«XJ& ^j_« oiX^w Mfy» 
(j-«j— *3— ^ L-f^' c:>>V->Lx>i 45v-=>» !>X^AJ> W><3;i (>^ l^asaj *LII 

^,ivj_xJ ^_5 iiLii ^1^ oi-V -?^UXw S^\ 2sj)ytX_ <_.UÛi (jl^Ji 

,^3j «n .ÇjJa-li ç.lxX«^ 'J^-S»-_5.i' «XxJl ^^3 jj cjUJil ji.ii> jj 

^^v_JI ^e>-^<^t^ LwwLàj iLAJtA.^5^ iCj^tXÀXwi'l jUiwî ^j-. jwçîM 

empiétements du Nil furent arrêtés par Tirrégularité de son 
cours, ou par les terres que le courant charriait d'un lieu 
à un autre, et le fleuve se retira de quelques parties du 
sol de l'Egypte. C'est ce que nous avons déjà signalé pré- 
cédemment sur l'autorité d'Arislole, dans son livre sur la 
prospérité et la ruine du monde. L'Kgyple comnuinra dès 
lors à être habitée; ù mesure (|ue le Nil se relirait, les 
terrains ab;indonnés par l'eau se couvrirent de villes et de 
<ultures, on dirigea le cours du fleuve, en creusant des ca- 
naux , et des digues nombreuses arrêtèrent ses déboidemonts. 
Mais la date reculée de ces travaux en a fait perdre le sou- 
venir à la génération actuelle, comme elle; a ell'acé les traces 
de la population primitive. 

Nous ne dirons rien ici des causes qui rendent la pluî(- 
si rare en Egypte: nous n'entreprendrons jias non plus This- 
toire détaillée d'Alexandrie, de sa fondation, des peuples 
qui l'ont occupée, des rois arabes on aMiresdoiil elle a été 



.•^72 LES PlUiniES D'OR. 

w^-^li>^-« Cl>-« cK-^=^5^ ^VjiJÎ j_^ (J',\jji^\j jJàjJ\^ «JOCjIJsJ»- 

1^^ i^ji^^^oA^ ii^^k^ Ajî^ Jim j^i ^^ fî^rv^j (^À*jàm 



le séjour, parce que nous avons traité ce sujet dans notre 
Histoire moyenne ; nous donnerons cependant dans le cha- 
pitre suivant un aperçu de l'histoire d'Alexandrie, de son 
origine et des monuments qu'elle doit à Alexandre. 

Ahmed, fds de Touloun, étant en Egypte, postérieure- 
ment à l'an 260, fut informé qu'il y avait dans le Saïd, aux 
confins de l'Egypte, un Copte âgé de cent trente ans, et 
dont on vantait la science. Depuis sa jeunesse, il avait, 
disait-on, étudié, d'une manière approfondie, les opinions 
et les systèmes de tous les philosophes et de toutes les écoles 
religieuses. Il connaissait à fond les provinces et le fleuve 
de l'Egypte, son histoire et celle de ses rois. Ses voyages, 
son séjour dans plusieurs pays lui avaient fait connaître 
différents peuples de la race blanche et de la race noire; 
enfin, il était versé dans l'astronomie et l'étude des lois cé- 
lestes. Ahmed, fils de Touloun, «.'nvoya un de ses officiers 
et une escorte, avec ordre de le lui amener par le Nil, on 



CHAPITRE XXXI. 'M S 

x_iSJ pj-Y^^ J^^-^ cM-;; <i' ^^-làJ UJ^^ C:r' ^"^"^ ^J^^-^' 

^U-J! (^y*-^^ xAs\^ ij^ /O-TrJb ^.:^ j0C)Ji_5 JU-li iU*^!^ 

lui témoignant les plus grands égards. Ct; vieillard vivait 
loin du commerce des hommes, au laite d'une maison où 
il avait vu naître le quatorzième de ses arrière-petits-cnfants. 
On le conduisit donc en présence du sultan. Malgré les traces 
profondes que le temps avait laissées sur sa personne, il 
jouissait de toutes ses facultés et de toute sa verdeur; sou 
esprit lucide saisissait les questions, et y répondait sponta- 
nément et avec clarté. Le sultan lui donna un appartement 
orné de riches lapis, et lui envoya les mets et les boissons 
les plus recherchés. Mais le Copte ne voulut ni fouler ces 
tapis ni toucher à ces mets, et se contenta du biscuit [ka'k, 
voyez Abd el-Latif, p. 328) et do <juel([uus vi\res qu'il avait 
apportés avec lui. » C'est à ces aliments et à ce costume, di- 
sait-il , fjue l'édifire do mon corps doit sa conservation. Si 
vous nie lorce/. d'y renoncer pour ces mets et ces \étenients 
recherchés, cet édifice s'écroulera et tombera en poussière. >• 



374 LES PRAIRIES D'OR. 

Aji:>l^jij A>e!i)^ |^^u*J a^J -bij <JIJ ^ <!Ui*jb ^J tjVjwl^ AjJI 
"~^°5 b^-? P'J^j^i ^J^3 ^■^J l>vÀi=» <.:a.jI^ ^|>"^? ^^ ♦r'VS^} 

X. la, i/o .i' I^aJI 5j.Xjso« m (jl^ iÙL?/'^' oUas^I ij~* C:j:v^*-l»j^ 

On le laissa désormais se conformer à sa vie habituelle. Ah- 
med, fils de Touloun, lui présenta les personnes" les plus 
instruites de la cour, et lui témoigna une considération 
marquée. Il passait des journées et des nuits entières seul 
avec ce vieillard, écoutant ses récits., ses souvenirs et les ré- 
ponses qu'il faisait à diverses questions. 

V^oici ce qu'il répondit au sujet du lac de Tinnis et de 
Damielte : « C'était autrefois un vaste territoire, le meilleur 
de l'Egypte, le plus uni et le plus fertile ; il était couvert de 
jardins, de palmiers, de vignes, de cultures et de bois. De 
nombreux villages s'étendaient au milieu de ses plaines et 
sur ses coteaux. Rien n'égalait la beauté de ce pays, de ses 
vergers et de ses vignobles. La seule province qui présentât 
(|uelque analogie avec lui était le Fayoum , et encore il l'ein- 
port.til sur le Fayoum par sa richesse, l'abondaîico de ses 
fruits, et la variété de ses plantes. L'eau y arrivant sans in- 
terruption, été comme hiver, arrosait les vergers et les 



CHAPlTBi: XXXi. 375 

y.^ jj^^i 5*X-^ (^y<~i ^ j.^^\ ^jvj (j\^ «XJ»5 -^J:*wilL ^^jM^ 

i^^j-^ cry-^ ^K^-^î"^ o^;,H«-'î cjv^ ^v» u^^ f-?^ »)^s-*^ 
(js-? L.4f\_3 /j-5«-j ^^ >-*«'-s^ t-jijjoî AJ[i-»*»j (j*^-s* o' cy^XiM^ 

t^-fw-j 4^*>J1 (^Ai^i (jvjj ^Jsj^i ^vrJ (j*^ '>^^ pir^î o^ï 

SjUsL XAjcyo S^iaÀi AjâSJoj <-J)J«ii (j-li <j-* v*^ y^^ f'^jM i-i 
^liUaJi (j^ JsJuc U^ Liû^LLï LJ^' ^^JJ:^ j\xms cjbl^^iw 

champs au gré des habitants, et le surplus se tléversait par 
(liflérenls canaux dans la mer, du côté tlVl-Ochloum. Une 
journée de marche séparait celte province de la mer. Il y 
avait aussi, entre el-Arich et l'île de Chypre, une route ai- 
sée que les caravanes suivaient sans quitter la terre lerme. 
On allait de Tune à l'autre en traversant ce gué, tandis 
que, aujourd'hui, il laut naviguer longtemps pour aller 
d'el-Arich en Chypre. Il en était de même de celte île au 
pays de Roum. De son coté, l'Espagne était reliée à el- 
Klindra, localité du xMagreb, voisine de Foz et de Tanger, 
par un pont de pierres et de briques cuites, (jui permettait 
aux caravanes de se rendre d'un pays dans l'autre. La mer 
se divisait en plusieurs bras, qui passaient sous les arches du 
ponl. Les piles établies de dislance en dislance reposaient 
sur de solides rochers. C'est là (jue commcncj.ait la Méditer- 
ranée, <|ui est formée [)ar l'Océan ou grande mer environ- 



376 LES PRAIRIES D'OR. 

j^:â\ \a,K^\j^\ y^^ (j**jW*> (ir« «Xii-ill -^yi jnSîr ΫXax> 

(^y^JuM^l] jJ! JjIs i l.-i?;lj Ub;i ^^*J^ ^^^ ♦^^^J ^)-^' J>> <^* 

jj^ (_pik_jLAi3.X3*x3 ookà^ 1^3 (^j .^<^J 5^b o^^)^ *^ •^^'^ 

^^j-^^-il ij^ ^XM M>^ A-»A« (j^*M-ç-j t5»>-»-5^ y^î>^ *^ 
i t>ojJ> XXi^ls (j**JSo »;JS*r p^Jî C5^^*^ CS'-^^ ^\^\ (JÀ*^ 

liante. Avec le temps, le niveau de la mer s'éleva et enva- 
hit progressivement les terres, comme chaque génération 
a pu l'observer, et la route de communication entre el- 
Arich et l'île de Chypre, ainsi que le pont entre l'Espagne 
et Khadra, finirent par être submergés. L'existence de ce 
pont est de notoriété publique en Espagne, comme à Fez 
dans le Magreb. L'endroit où il s'élevait apparaît quelquefois 
sous l'eau aux marins, et ils se le montrent entre eux. Ce 
pont avait environ douze milles de longueur; sa largeur et 
sa hauteur étaient considéiables. 

« Ce fut l'an 25i de l'ère de Dioclélien que la mer com- 
mença d'envahir et de submerger le sol nommé aujour- 
d'hui lac de 'finnis. Elle monta chaque année, jusqu'à ce 
qu'elle le couvrît dans toute son étendue, et engloutît les 
bourgs situés en plaine ; mais ceux qui étaient bâtis sur les 
hauteurs furent préservés, comme liounah et Scmennoud 



chapitrl: XXXI. 377 

>ly^ U^-« «/^S^i »*>^ i CS^i t^yiJi cM>i (j^^ '^^ia-iSSî 
kiLH yl^ *Xij Jlî iU-w ioLç ^j-t^i^ j^jb jji J^ »i)Ji_5 iijLw 

IjuXJî iUSTjl (j^ uj^' ^ Uyilî âjli) ool^ /o-*^l tîJ^^ (j^ 

(ancien Sebennytus), qui existent encore, et s'élèvent chi 
milieu des eaux. Les hal)ifants des bourgs aujourd'hui sub- 
mergés avaient l'habitude de transporter leurs morts à Tin- 
nis et de les y enterrer, en les entassant les uns sur les 
autres: telle est l'origine des trois monticules nommés à 
présent Ahou'l-Koum. L'envahissement général du pays par 
la mer est placé l'an 25i de l'ère de Dioctétien, c'est-à- 
dire cent ans avant la conquête de l'Egypte par les musul- 
mans. "Le vieux Copte ajoutait : » Un roi (|ni résidait à Fa- 
rama (en copte Pharomi, Péluse) faisant la guerre à l'un 
dos chefs de Bélianab et des contrées adjacentes, on creusa, 
de paît et d'antre, des fossés et des canaux entre le Nil et 
la mer, pour se défendre contre l'ennemi, el c'est ainsi que 
le Nil sortit de son lit et (init |)nr couvrir le pays. >. 

On l'interrogea ensuilc sur retendue des royaumes abys- 
siniens le long du Nil : -> .l'ai vu , dit-il , soixante rois maîtres 



378 LES PRAIRIES D'OR. 

,^j^ x.^Xi ,j^ 9-j^*^. (*~t^ til.^^ J^ ikiàj:^ wdJLtf ^ Ujoo (jvXw 

^^»X_Jl w^_£ù*XJ! ^?Ja.J *XJj^ LAjbi oJj^j^vj LjCjjb_j L_*»»Ajj 
c-> j . la Ji^ ^jJi\^ "A^^ -^Li-A» LAa.Jl-;i. y<Xj«.i! ^j^ A_jjj^ 
ii| ^^^i iJs.^ xj<X«» (j*»"^j -*''-»^J <\AaJU». AAiii *^ ^ _à£V»» 

JIJ.AJ 1^1 JUi -l^^iii -s^Uj Qjt Ju>,Awj jSjuojj>.s- Ci^jJtÀ K^^^ii 

(h; pays clisliiicls el tous en état d'hostilité avec leurs voisins. 
L'Abyssinie est un pays chaud et sec, dont le sol est noiixi 
par la sécheresse, la chaleur cl l'inlluence du principe igné 
qui y domine. L'argenl s'y Irausformc en or ; on d'autres 
termes, ce métal est cuit par la chaleur sèche et ardeute du 
soleil et devient de l'or. Si l'on soumet au feu des lames 
d'or pur extrait de la mine, avec un mélange de sel, de sul- 
fate de for et de briques, on obtient de l'argent d'un blanc 
pur. Un tel fait ne peut être nié que par celui qui est étran- 
ger à ces éludes, et qui n'a pas vu des expériences de ce 
genre. » 

Sur la question de l'origine du Nil, voici ce qu'il répon- 
dit : « Il sort d'un lac dont la longueur el la largeur sonl 
inconnues, et qui est situé près du pays où le jour et la 
nuit oui une durée égale pendant loule l'année, c'est à- dire 
sous le point de la sphère nonmié par les astronomes sphère 
firc. Ce ([ue j'avance ici est avéré el hors de doute. » 



CHAPITUE XXXI. 370 

^_^ p^i (j^ ^ ^^La-> ^- A-^i-C. (>xi3!j 03^4 pUJlj^,^^ 

p^- p^Jl o^^' pj^l v'>^ Jot^j AJjyo ^^JJîjiJoiil !*XJft 
c^^' ^jiii Jj-Is {J^> ^jî *>^^3 U^^l i i3-i^ ^j-^ 

On le questionna sur la construction des Pyramides : a C'é- 
taient, reprit-il, les tombeaux des rois. Lorsqu'un de leurs 
rois venait à mourir, son corps était mis dans un bassin do 
pierre semblable à ce qu'on nomme djaroun en Egypte et 
en Syrie; on en scellait le couvercle, puis on commençait 
à bâtir la pyramide sur des bases d'une hauleur détermi- 
née. On déposait le sarcopbage au centre de l'édifice, et 
Ton continuait à élever !a voûte jusqu'à la hauleur (|ue 
vous voyez. Ea porte élail placée sous la pyramide même; 
on y pénétrait par un couloir souterrain surmonté d'une 
voûte, qui pouvait avoir une longueur de cent coudées, et 
au delà : cba(|ue pyramide avait une porte et une entrée 
analogues. » — " Mais, lui demanda-ton, comment lurent 
construiles les pyramides lisses? Comment les ouvriers pou- 
vaient ils y monter et travailler? A l'aide de (|uels engins 
Iraiisporlaienl ils ces j>ierrcs énornu's, dont une seule ne 
|)eut cire soulevée mainlciuiiil (|ir;i\cc des clVorls inouïs, 



380 LES PRAIRIES D'OR. 

4^ t-*iXji.* je>.^^l jiAA^ (jbjl cxJ^IvSoj (^ir^ I«X£& ^1^ ^«xJl 

CT-» J^l ô^ j—*£i-^ (;J-^-**' (J^ J^' (J'-^ ^ cl-^À» /O-W^jQI iolx^s 

si toutefois c'est possible ? »Le Copte répondit : <> On liâtissait 
ces pyramides par assises superposées en degrés, comn)e un 
escalier; puis on les polissait, en les grattant depuis le haut 
jusqu'en bas. Tel était le procédé de ce peuple qui joignait 
une foice et une patience adu)irables à un respect religieux 
pour ses rois. » On lui demanda pourquoi les inscriptions 
qui couvrent les Pyramides et les temples {berba, pluriel 
hcrabi) sont indéchilH-ables. Il répondit : « Les savants et ceux 
qui se servaient de cette écriture ayant disparu, et l'Egypte 
ayant été occupée tour à tour par des peuples étrangers, 
l'alphabet et l'écriture des Grecs prévalurent. Les Coptes, 
à mesure qu'ils se familiarisaient avec cette écriture, rem- 
ployèrent et en combinèrent les lettres avec celles de leur 
alphabet; de leur contact avec les Grecs sortit une écriture 
<|ui tenait à la fois du grec et de l'ancien copte, et ils per- 
dirent ainsi l'inlelligence de l'écriture de leurs ancêtres. » 
Touchant les habitants primitifs de l'Egypte, le vieillard 
ajoutait : « Le premier qui s'établit en Egypte fut Misr, lils 
de Baïsai-, lils de Cliom, lîJs de Noé. » Puis il passa à la gc- 



CIIAlMTliE XXXI. 381 

Cj^-xji >i J»-A-3 (j^^' c^ (*^t^*•'-? f^'^Xjb ^'^^' rj^j <>J^ 

l_j_jl^ \i>jjfS'^ »X.«jJt AwL« ,*iaJij J.*lji)l ool^ r^J 'i^* f^^^ 

^j!_j-u.l J--A-SS. jj CA_)lj »Xi^ aKjL* i.yî ^UJI tj k*j ^ wAaMÎ 
J«-*-4^ Cir« J-»^!^ tjl lf>^ 0jj.l Q Xis> !_^\^ Lci^ Xm> j.^Jà u J.jC' 

A_À.j*N^^ ^j»c JJk.A«j rj-*''' '^^ *-^-=*- ti' tK^ /oo tK*îV^ 

néalogie clés trois fils de Noé, de leur postérité et de leur 
dispersion sur la terre. On lui demanda s'il connaissait en 
Egypte des carrières de marbre. « Oui, dit-il, il y a dans la 
partie orientale du Said une grande montagne de marbre 
d'où les anciens ont extrait leurs colonnes et d'autres mo- 
numents; après les avoir taillés, ils les polissaient avec du 
sable. Les colonnes, les piédestaux et les chapiteaux que l'on 
nomme en Egypte oswamch , et dont on fait des meules de 
moulins, datent de deux cents ans après la naissance du 
christianisme. Telles sout aussi les colonnes d'Alexandrie, 
cl surtout l'énorme el haule colonne ([ui passe pour n'avoir 
pas d'égale au monde. Ctpendant j'en ai vu une pareille 
dans la montagne d'Oswai (Syène).Tout ce (|ui en est ap- 
parent est dessiné et taillé avec art, mais n'est pas détaché 
(le la montagne, ni poli; cr ils attendaient, pour polir une 
colonne, qu'elle fût séparéedela montagne; puis ils la Irans- 
porlaienl à dcsiinalion. » An; f|U(\sli()ns s(u la rillr dr IWiijlr 



382 LES PRAIUIES D'OR. 

L^i J-L-Jii Ji^ l.^^j^j_^ Jsjij S.^! cjS\j.)i \^\aX> 
(j.* <_.^jv.^jI y^ ^v^ Lw vji^j uûfc^ iS'^y^- (S^^ o-fvuJij 

CjU*!Î iÏAJiX-^ 0<-*.«W l^i ^1 aKxIIj J|^yi^^^l^J[_j yUjijJl 

c:j!i> <X_aj».>uî.jI (J)o;I (:^« f^V-^i ci r^ c$>-^^ <\.jLj«X-« o»-*«j^ 
i-gj^o yi A^i jlAi^.^'i ^j^ (_*v>l^ ^<j.rfc.i)| iJu<>JLI 0<X;& (J^ 

jW Jj£>! i^^^ «X£»-i -û-j^-ÀC^ 'îiA:?^^' t^vt/^ (jj^ <J-S*Jw ^"irfi^J^ 

(medinet el-Oukab) , il répondit ainsi : « Elle est à cinq jour- 
nées à l'ouest des Pyramides de Bousir et de Djizeh, pour 
un cavalier qui lance son cheval à grande vitesse; mais le 
chemin a disparu et Ton ignore la roule qui y mène. » Puis 
il fit la description des monuments, des pierres précieuses 
et des trésors qu'elle renfermait, et il expliqua l'origine de 
son nom. Il mentionna aussi a l'occident d'Ikhmim, dans 
le Saïd, une autre ville dont les édifices merveilleux , que le 
temps avait détruits, étaient dus i des rois d'une antiquité 
reculée ; il raconta les particulartés de son histoire, et pré- 
tendit qu'elle était à six journéeî d'Ikhmini. 

11 donna les détails suivants sur les JNubiens et leur pays: 
«1 Ils possèdent de bons chevaux, des chameaux, des bœufs 
et des troupeaux. Leur roi se seri de chevaux de race; mais 
le peuple a pour monture des jnments de petite taille. Ils 
combattent avec des arcs d'une forme curieuse, et c'est à 
eux (pie les tribus du Hédjaz, eu Yém(>n et d'autres tribus 



CHAPrrnK xxx!. 3«,'> 

\^\^ ^o~^^jl^ «^k^ilj jyi\y iij^\^ ^j^\^ J^Ji ^^Jj (^Ù^Â 
JjvjJl (^yixj A^^l »«X;& iiJÛ^ jj^ <>,u&«iJî ouuo «o.^«»i3jl^ ifr^^ 

^^ijl ij ^-Lial vii.Jj> (^ ^ .A^ Jsâiii ».jw2iw!j j.A^>iii (jiajul^ 

ont emprunté l'usage de l'arc. Les Arabes les nomment les 
archers habiles. Leur pays produit le palmier, la vigne, la 
dourrah, la l)aiiaiie, le froment, et il oITre une grande ana- 
logie avec le Yéinen. On y récolte des citrons qui égalent 
les plus gros des pays musulmans. Leurs rois se vanleul 
d'être bimyariles ; leur domination s'étend sur les Marad {}] 
el les Nubiens. Derrière le pays des Alawab (Lovvala), vit 
une poj)ulation nombreuse de uoirs (ju'on nomme licknch 
(liedjuei») ; ils vont nus comme les Zendjes ; leur terre ren- 
ferme des mines d'or. C'est dans ce royaume que le Nil se 
partage et donne naissance à un grand canal qui, en se sé- 
parant du Nil, prend une couleur verdàtre. Le cours d'eau 
principal, le vrai Nil, se dirige sans autre modilicalion 
vers le pays des Nubiens. Mais, à certaines épocjues, le 
grand bras du Nil se déverse dans ce canal et prend une 
ti'inte blancliàtre, tandis (pie le petit bras devient vert. (\v 
canal se |)arl;ig(' fu plusieurs rouis (Tr'aii cl canaux, à Iravcis 



384 LES PRAIRIES D'OR. 

y! JLi-j^y A^.^ f»^^S _j,iÈ> U ^^ y^_ri>!^i (^x> *.j iL>_^^Jv 

JéCiJi ^*j^ UjtJJi L^j^ Js-s»-! jjûj l^^rAJ sL^XÀ/» c>j^, ^ 

des vallées habitées; puis il aboutit aux déserts du Sud, 
vers le rivage des Zendjes, et se jette dans la mer de Zendj. » 
I^a conversation étant tombée sur lé Fayoum, Menhi et 
. la digue d'el-Lahoun , il entra dans de longs détails sur le 
Fayoum. Voici ce qu'il raconta : « Une jeune fdle du pays de 
Roum s'y étant fixée avec sa mère, cette province commença 
alors à être cultivée. La digue d'el-Lahoun n'existait pas en- 
core, et c'est par le district de Menhi, vers l'endroit nommé 
Dainoiinah, que l'eau pénétrait dans le Fayoum, à l'époque 
de la crue du Nil. Plus tard, on construisit la digue d'el-La- 
houn telle que nous la voyons aujourd'hui. On croit qu'elle 
fut élevée, sous le règne d'el-Àziz, par Joseph, fils de Jacob, 
fils d'Isaac, fils d'Abraham. On attribue aussi à Joseph les 
travaux d'irrigation qu'on remarque encore dans la partie 
élevée et la région inférieure du Fayoum, le système des 
canaux superposés, le pont nommé Nusoulich et la colonne 
qui se trouve au centre du pays. Cette colonne, une des 
merveilles du inonde, est très-haute, cl ses fondations pé- 



CHAPITHE XXXI. 385 

^.^^i i *l_ii JJi Lçj^ *-=-;:> C:jy^ ^y^î J' ^^uwJl (jjvj 
^iT^ p^' ^'^f*^^^ *-^|;Vj^' ^^^^ i^ ^*^' O^*^^^^ 

nètrent dans la terre à une profondeur inconnue. Plusieurs 
fois depuis le siècle de Joseph, on a essayé d'arriver à sa 
base, en creusant la terre, niais sans succès, et l'irruption de 
l'eau a rendu toutes les tentatives inutiles. Le sommet de 
cette colonne est de niveau avec le sol du Menhi. Quant à 
la digue, de sa base, entre el-Koubbeteïn (les den\ cou- 
poles), jusqu'au canton d'el-Lalioun et au bourg plus par- 
ticulièrement nommé el-Lahnun,on compte soixante gra- 
dins; on en voit [)lusiours lorsque l'eau baisse dans le IMcnhi. 
Le mur de la digue était percé d'orifices dont quelques-uns 
donnent encore passage à l'eau, les autres ne sont plus 
visibles. Kntre la base, placée au centre d'el-koubbeteïn, 
et le bourg en question, est un château d'eau, situé par 
conséquent au-dessous des giadins. L'eau qui entre dans le 
Fayouu) est proportionnée au poids de l'écluse, et des arches 
nommées iskalek ont été établies pour faciliter l'écoulement 
de l'eau, cl l'enqjécher de subineiger l'écluse lorscpi'elk; est 
fermée. L<'s proportions de la digne ont été calculées de 
11. a5 



386 LES PRAIRIES D'OR. 

ISl *-_*il| vi)^Jw9 Jj^- ^j ^\ 4Mîj 3_^L JJi J^ v_jLu.^ 

<}(\-A-»«*j ylj.IaÀ3| ^}.iC>i (jâxj h^mJs^ jMi£>- «Xij f»L>^l o^^*:* iS 

façon que le Fayoum ne reçoive que la quantité d'eau qui 
lui est nécessaire. La digue d'el-Lahoun est un monument 
des plus remarquables, un de ces édifices qui demeurent 
à l'abri des ravages du temps. Les lois de la géométrie et de 
la physique ont présidé à sa construction , et une planète fa- 
vorable veille sur ses destinées; aussi beaucoup de gens dans 
le pays croient-ils que Joseph a entrepris ce travail sous 
l'inspiration divine; Dieu sait la vérité. Tous les rois qui 
ont successivefuenl conquis et occupé notre pays, attirés 
par la célébrité de cette digue et la réputation que sa force 
lui a valu, n'ont jamais négligé de venir la visiter. » 

Le vieillard qui faisait ce récit appartenait, comme tous 
les Coptes d'Egypte , à la secte des chrétiensjacobiles. Ahmed, 
fils de Touloun, ordonna un jour à un philv)sophe admis 
à ces réunions d'interroger le Copte sur les prouves de la 
religion chrétienne. Aux questions (jui lui furent posées, le 
vieillard lit la iéj)onse suivante : « La preuvt* de la vérilédu 



CHAPITRE XXXI. 387 

wJûJ ^ Lrf>iUiîj_5 L-âjIaaj ^j*,yxxl\ \.i-M jÀXs^ J^Jijtîi LgjtiJso 

t 

L-j ^^«Xa)!^ ^-^^^ (^"^W^jî ^-^^ji ^y»^ «^l^^^j Idyt^ 
JJi djJv> cMj Jii* l.^AJ ^5 jJi iUuJi U^ JoLJl a] Jlï 

«X_î*.|^ A-aAjLÎI^ ioLLî «Xrfc-ljJlfylj fi-iJyi ^^ ^^* ,U*J ji 

christianisme, je la trouve dans ses erreurs et ses contra- 
dictions qui répugnent à la raison et révoltent l'esprit, tant 
elles sont inadmissibles et confuses. L'analyse ne peut les 
fortifier ni la discussion les démontrer; si la raison etlesens 
commun les soumettent à un examen rigoureux, aucune 
preuve n'en étai)lit la vérité. Or, puisque tant de peuples, 
tant de rois puissants, distingués par leur science et leur 
sagesse, ont accepté et embrassé la foi cbrétienne, je dois 
conclure que, s'ils l'ont adoplée malgré toutes les contra- 
dictions dont je parle, c'est que des preuves évidentes pour 
eux, des signes et des miracles éclatants ont entraîné leur 
conviction vers cette croyance. » Son interlocuteur lui de- 
manda de signaler les contradictions du christianisme. 
" Est-ce qu'on peut les comprendre, ajouta le vieillard, ou 
en connaître les limites .^ Telles sont : le dogme d'un Dieu 
en trois personnes et de trois personnes en Dieu; la dé- 
finition que donnent les clnétiens des substances et de 



388 LES PRAIRIES D'OR. 

^^i^]^jU<S\ jAÀ-àJl i cM? '^^j AxLo^ »iiij i ^s.. U^ 

^^àj-^ (j_^3^Io (j-J^ 'r*'^-*'^ <J^* <îUjld>_j_5 »iL*ij ^A.d>*S.-« 
Js=»- Jl l^ji ool (j^^ Ja-s*"^' >i Jlï ^ ^\5L*^ ^^^ 1^ J^l^ 

l'esprit, c est-à-dire de la trinité; la thèse : la substance en 
elle-même peut-elle ou non agir et savoir ? L'incarnation 
d'un Dieil éternel dans la créature, sa naissance, son sup- 
plice et sa mort. Est-il ud spectacle plus odieux et plus 
infâme que celui d'un Dieu attaché à la croix? On lui crache 
au visage; sa tête est couronnée d'épines et flagellée, ses 
mains sont percées de clous ; des lances et des pieux pénètrent 
dans ses flancs, il demande à boire et on lui présente du 
vinaigre dans une écorce de coloquinte! » Cet aveu des con- 
tradictions, des erreurs et de la faiblesse de sa religion coupa 
court à la discussion et ferma la bouche à ses adversaires. 
Dans celte assemblée se trouvait un juif, médecin d'Ibn 
Touloun; il demanda au prince la permission de prendre 
la parole et, l'ayant obtenue, il se mit à interroger le Copie. 
Ce dernier lui demanda d'abord (|ui il était et à quelle re- 
ligion il appartenait. Ayant appris que c'était un juif, il 
ajouta: n C'est donc un mage. » — « (Comment cela, lui dit-on. 



CHAPITRE \XXI. 389 

(j.« i^X_;&^ L«,^^^jJC-> ^1 ^j_. ÎJo *X^ ^ XXÀjI AAifc.\ »lw«î 

J.-aJj! -oJJ A-aajI ^^ -^^Vs^i iJl*-/eL» ^5)-> «Xi t-^-A-AlaJi ^^i>_j.g-Jl 
^j*iyl (jOAjl foUi^i O***-:' à> *^ -*-»' AjUlS jj jj sl^vw A-^l>Aj| 

puisqu'il est juif?» — «Les juifs, reprit-il, épousent leurs 
propres filles dans certaines circonstances. En efl'et, leur re- 
li<^ion les autorise à s'unir à la lille do leur frère, et c'est un 
devoir pour eux , lorsque leur frère meurt , d'épouser sa veuve. 
Or, si celte veuve n'est autre que leur fdle, ce n'est pas là 
un obstacle au mariage, seulement ils l'acromplissent dans 
le plus grand secret, et se gardent de le divulguer. Y a-t-il 
chez les mages une pratique plus odieuse.''» Le médecin 
juif r('j)oussa cette accusation, niant cju'une telle coutume 
existât d-ins le judaïsme ou fût connue de ses coreligion- 
naires. Mais Ibn Toulon n (il prendre des informations et 
apprit que le médecin avait épousé sa belle-sœur, laquelle 
était aussi sa propre fille. Le (lopte, s'adressant ensuite à 
IbnTouloun, ajouta en désignant le juif:» Prince, ces gens- 
là prélend(;nt que Dieu créa l'homme à .'^on image. Un de 
leurs pro|)hèles (et il le nomma) a dit, dans son livre, que 
Dieu lui apparut un jour, et ([u'il avait la barbe et les che 



390 LES PRAIRIES D'OR. 

,£*'^ yîj J^jÎj-wI _^ 0*KAft 4^*>Jl tK^' V*^ UJ>J U^-? 

i l^-Jl* U iO»j Lj-XJL» ii^_:^^J\ ovJjù y_jjt^ «^î^.^^ ^t^^ 

/o.^$^^j l^^^j l^U<Xj J\x> ^i Jl tJjJuii^ U^^ J^ • 

j-ijj JJi^ jbUx^ill -jj_jii:>^jyiJj] *Xa^ -jj i f^^ f-frl?* 

veux blancs. H fait tenir au Très-Haut ce langage : « Je suis 
le feu qui consume , la fièvre qui dévore; je châtie les enfants 
pour les péchés de leurs pères. » [Exode, ch. xxxiv, v. 7.) 
D'après la Torah, les filles de Loi enivrèrent leur père, et 
devinrent mères par une union incestueuse. Moïse rendit 
deux fois à Dieu la mission prophétique, au point de s'attirer 
le courroux de Dieu. Ahron fabriqua lui-même le veau que 
les Israélites adorèrent. Les prodiges que fit Moïse, en pré- 
sence de Pharaon, furent aussitôt imités par les devins. Di- 
rai-je comment les juifs égorgent les animaux, pour en oiTrir 
le sang et la chair en sacrifice? Ce sont eux encore qui con- 
damnent, sans preuves, le libre usage de la raison. Ils sou- 
tiennent que leur loi ne peut être abrogée, et rejettent les 
paroles des prophètes venus après Moïse, lorsqu'elles s'é- 
cartent des prescriptions de Moïse, et quoique aux yeux de 
la raison il n'y ait aucune différence entre ce prophète et 
ceux de ses successeurs dont la mission est attestée par des 
preuves authentiques. Mais la plus impie de leurs doctrines 



CHAPITRE XXXI. 391 

*^ * 

i.::>LAiailjLo_j iyJfS^s IaAjli^_j jOA-^lii i_j.^xJ| Q£^5i>j (S"*;^ 
ijy^y^ (j-i ^-?-i iXÀC »^Ai£i. (j^JLfiî Ja-Axll i -i^^-î^ <\*.u«l^ 

se révèle le jour de la fête de Kifoiir, c'est-à-dire de l'expia- 
tion (d''")D3 □'!"', Lév. 23, 28), qui tond)e le 10 de Tisri. Ce 
jour-là, le second maître, celui qu'ils nomment Métatroun, 
{[xeràQ-pôvov, auprès du trône) se lève et crie, en s'arrachanl 
les clieveux :« Malheur à moi, j'ai ruiné ma tnaison et rendu 
ma fille orpheline! Mon corps est courhé, et je ne me re- 
dresserai pas avant d'avoir rebâti jna maison! » 

Le vieux Copte continua ainsi à signaler les contes, les 
innombrables mensonges et les erreurs profondes du ju- 
daïsme, fl eut plusieurs conférences en présence d'Ahmed, 
(ils de Touloun, avec des philosophes, des dualistes, des 
daïsanitcs (l)ardécanides) , des sabiens, des mages et quel- 
(pies théologiens musulmans. Dans nos Annales historiques, 
M(jus avons cité ce que ces entretiens ollraient de plus inté- 
ressant, et nous les avons rapportés en entier dans nos 
Discours sur les bases des croyances. Ce Copte, d'après ce 
([ue nous savons de son histoire et de ses opinions, ruinait 
rexamen ef la tradition, en mettant toutes 1(!S religions sur 
1.1 même ligne. Après être resté près d'un an chez Ahmed, 



392 LES PRAIRIES D'OR. 

dUi »X.x.j |*li5l_j UjX^ 5*XAj (JI »:>jj vilJi (jw» ^^ J*+J> tjlî 

(_^i>^f*»*.A,l Je ™^! CAÀAO j^jj^AJLjj.jij J^",3ij p-^S CAÀJ —ISo 

jj l-;^ yl_^-A^ f-^y-^^ CJ^ ^yrV^^' <f*J^-^ ^"^J^J yMZ^ J^ i^ 
cîjtXJl^j^ J_j «iLs^JL As^jjtLl iC5r.fuJi JJi (j.«5j.r^JljjAJj 

ûls de Touloun, qui ne put lui faire accepter ni distinclions 
ni présents, il fut reconduit avec de grands égards dans son 
pays, y séjourna quelque temps et mourut, en laissant des 
ouvrages qui confirment ce que nous venons de raconter. 
Dieu sait mieux la vérité. Bien que les juifs repoussent ce 
que cet homme rapportait à propos de leur mariage avec 
leurs nièces, le plus grand nombre d'entre eux admettent 
la légitimité d'une semblable union. 

Le Nil et le sol de l'Egyple renferment plusieurs espèces 
d'animaux et de poissons. Parmi ces derniers est le raadah 
(silure électrique), qui a une coudée de long. Lorsqu'il tombe 
dans un fdet, le pécheur éprouve dans les mains et dans 
les bras un tremblement qui lui révèle la présence de ce 
poisson, et il se bâle de le prendre et de le jeter hors de ses 
filets. Il suffît qu'il le touche du bout d'un bâton ou d'un 
épieu , pour ressentir cette commotion. Galien parle du silure 
et dit que, pour calmer instantanément la douleur d'une 



CHAPITRE XXXI. 393 

f;>^' cj-« ^^-^ <i' irv^* -^^^ '^ *^' cj^j-ô^;? -^^ diJi>^ 

violente migraine ou d'une blessure, il faut l'appliquer vi- 
vant sur la tète du malade. 

L'hippopotame vit dans les eaux du Nil. Lorsqu'il sort 
du fleuve et se dirige vers un point quelconque du pays, 
les habitants en concluent que l'inondation s'étendra jusqu'à 
ce lieu, sans le dépasser. Cette observation est le résultat 
d'une longue exj)éiience, et personne n'en doute chez eux. 
L'apparition de l'hippopotame est très-préjudiciable aux 
propriétaires et aux cultivateurs, parce qu'il dévore leurs 
moissons. Il sort du Nil pendant la nuit, et se dirige aussitôt 
vers le terme de sa course à travers champs, puis il regagne 
le lleuve, et c'est alors seulement qu'il broute les moissons 
qu'il avait respectées en allant, comme s'il calculait d'avance 
ce qui sulfit à sa consommation, Ouelquelbis, après avoir 
brouté, il retourne vers le Nil et boit; puis il dépose son 
lumier en dillerents endroits, et il en sort une seconde vé- 
gétation. Quand son apparition et les dégâts qui en résultent 



39Zi LES PRAIRIES D'OR. 

ij^A^a ^iUSlC» if^^ A.r»-^j.iw Oj-*r! c5«>J5 ^^^ '^ ^Jl*^JS.l\ 

^ w 

x_) c3*^^-j^!_5 *^' t^ y^jj '^^•fy» ^^^ i3--*À^à AÀ-U>:j| ,j 
-L*«uf ^i (^j-> :>\io iJ AAj y^j t>*^^ î^.^'^'j Jo^l^i <i! 

i;^x4I_j i^^i CJ^^Xis? AAJij «jiijj*- ^jl !!ii (j«;^i »;_j^ c^ >*5 

w*<ijo ^j-wa^ i^ji AJO)! ^ y\^j-kax_^ «_jj^ *JCo J^l 
dLJJvjS^ v.juL« >1 JUj f^yJi. Sy*^ r-l»^ ^^^ j-*^-*^ (jj^ lï;^^ 
\J* (jv_*-^" t;i>»-A-<Vk»i (jvÂ^' J^^xy^ y^ î*>^ UaS^ Ji <^^w-> 
jl»:> (j^ J^-ojJl5 i^_5 *.;^>^ O^' (J^ CJV'U'' iUj4>wo OI-A.SVW 



se répètent souvent, on place aux abords du lieu où il se 
montre plusieurs mesures de lupin pétri en forme de gros 
râteau. L'animal le dévore et rentre dans le fleuve; mais le 
lupin se dilate dans son ventre , qui gonfle et finit par crever. 
Le cadavre flotte quelque temps sur l'eau, puis il est rejeté 
sur le rivage. On ne trouve jamais de crocodiles dans les 
parages habités par l'hippopotame. U ressemble assez au 
cheval, sauf pourtant les sabots et la queue, et son front 
est aussi plus large. 

D'après le récit des docteurs de la loi religieuse, Baïsar, 
(ils de Cham, fils de Noé, après avoir quitté le pays de 
Babel avec ses enfants et une grande partie de sa famille, 
se dirigea vers l'ouest, et entra en Egypte avec ses quatre 
fils, Misr, Farek, Mah et Yah. Il s'établit dans une localité 
nommée Menf, nom qui s'est conservé jusqu'à ce jour. 
Comme ses premiers habitants étaient au nombre de trente, 
elle fut apjK'lée d'abord Tlalîn (trente), de même que Te- 



CIIAIMTUK XXXI. 395 

^^j ^ ^J^ (j^ W^'*-^''-*^ ikX.c (Jl c.x.cw»j Lcl^ (jl<x.^ (^ 

jjO^^ cil (j*o^ !>^A^ yjS kXi f»^i*- (j-J y*^-/^ uK? *^-*^' »i 

«Xâk. (j^ d>X«j ^j-«iAj ^j ^*a^ ^o-^A-^ jiX<v9 i!5X,»Ji (-\x*ns^ \^ 

l^^^ÀAj ^jj^lj^y^xa^ dV^ J"^^ y^i *^=sî^^ Ojj^i t^^' t»-* 

AJ^ Jl jjU? -_^ ^^^ a\j! ^j^^ ^jXs t>vs*»^l (ji;;i tr« (j'^^^i 
XWÂ9 U?^ <_^i-^l^ (J.^^'-9 ^^^ (^J ^^J^ :i^^\jMaX ^jl^ \^j& 
yûj »jJ^ (j^^aS^I Jl »X4^^ ^l^jî iùoji/l Sii'^jl (jvj^jjiA^ 
j:* ^ ' ^j-J JaAJ» /»^'^^' J5 4^a**wÀjI jI ^ji^Uâj j.Aa^ iaUilj isAJ» 

inani'n (quatre-vingts) , ville de l'Aldjezireh et de la province 
de Mo(;onl, sur le territoire des Béni Ilanidan , portail ce 
nom en souvenir du nombre de ses Ibndateurs, les coiu- 
pagnons de Noé dans l'arche. Baisar, élant devenu vieux, dé- 
signa pour son successeur Misr, l'aîné de ses fils. De nom- 
breuses peuplades se groupèrent autour de celle fauiille, et 
ces contrées devinrent florissantes sous le règne de Misr. 
Le royaume de Misr commençait à Bafah (ancienne Ra- 
|)lira), ville de Palestine sur le territoire de Syrie, ou bien 
;i el-Arich, el selon quelques-uns à Chcdjreh, localilé bien 
connue sur la i'ronlière d'Kgypte; elle sépare celle province 
(l(! la Syrie, cl se trouve entre el-Arich cl Bafah; il s'étendait 
jusqu'à Osvvan, dans le Saïd. En largeur, il allait depuis 
Mdah, ville frontière du Ilédja/, jusiju'à Barkah. Misr 
parlagea ses Etais en (pialre provinces (|u'il donna à ses 
(|ualie fils, Kobl, Achnioun, Airib cl Sa, cl il transmit 
la royauté à l'ainé, Kobl: c'est à celui-ci (|uc les (Coptes 



396 LES PRAIRIES D'OR. 

iùUJ! tf*>s-£6 <JI «-0>l_jJl! 5<X.di ^l.«wi »«Xiû^ t^Aj^!^ Lo^ W^J 

/v-J »-A^3_jf *JIa2JIj <Xa*wO 0>*:> (*••{/••*-* (^î?)^ J°^ y*^-* *V^ cMi 

(j«jii /v-j (3-iy^ 5*Xxj liXX^o Ajj.Aa.,/0 /wj <_.*j»i5! S«X*J kiLL«^ 

Mw»- /yJ l^Jo bôs.X3 liLLo /O^' |3^^ (jjr' y'î-^*" OtX.X> sJXm /0«ji 

(j__> LaJU >i JUj *i ^i dlX^ /e^' ioLw iCjU j-ztf" lilAit ^ -bU. 

d'Egypte rapportent leur origine. Chacun de ses (ils donna son 
nom au pays qu'il Iiabitait, et c'est à cette circonstance que 
les localités nommées encore aujourd'hui Achmoun, Kibt, 
Sa et Atrib, doivent leur nom. Les. familles conmiencèrent 
alors à se mêler; les filsdeKobt, c'est-à-dire les Coptes, étant 
les plus nombreux , s'emparèrent du pays entier, absorbèrent, 
en raison de leur nombre, les autres tribus, et prirent le 
nom collectif de Misr. Depuis lors, toutes les populations 
de l'Egypte se reconnaissent issues de Misr, fils de Baïsar, 
fds de Cham, fds de Noé. Après la mort de Kobt, les rois 
qui gouvernèrent successivement TEgypte furent : Achmoun, 
fils de Misr; Sa, fils de Misr; Atrib, fils de Misr; Malik, 
fils de Daris; Maraya, fils de Malik; Kalaki, fils de llaraya. 
Il régna environ cent ans, et laissa la couronne à son frère 
Malaya , (ils de Haraya. Loutas, fils de Malaya, régna près de 
soixante et dix ans, et fut remplacé par sa fille Hourya , dont 



CHAPITRE XXXI. 397 

, i «i^ ■! f»fc-«U LJ J^-Ji-J c^;-^^ «1^1 Uû«Xxj caIJwo ^j iC^u, 
<-*x»i3.< *U«jJi 1_^J(J^_5 i^AxAJCJ ^j^a-o kJ^J^ r»^ (i^ ^*^-*J '^■'^ 
ci)_j-L« (jw* viLLs ^LiJl j^;^ a»4.aJI_;L^ C^'^' liJ^X* ('"Ir^ 

le règne dura à peu près trente ans. Elle transmit le Irône 
à une autre fenmic nommée Mamoum, Les fils deBaïsar ben 
Ham s'étaient multipliés et disséminés à travers TEgypte; 
ils obéissaient à des femmes; difTérents rois essayèrent alors 
de les asservir. Un roi amalécile, el-Walid, fils de Douma, 
venu de Syrie, envahit l'Egypte, en fit la conquête, s'em- 
para du Irùne, et l'occupa sans contestation juscpi'à sa mort. 
11 eut pour successeur son fils er-l\eyan, rAmalécite; c'est 
le Pharaon contemporain de Joseph, celui que Dieu men- 
tionne en racontant l'histoire de .losopli dans le Koran. 
(Voyez, pour les détails, notre Histoire moyenne.) 

Les rois de l'Egypte furent ensuite : Darem , fils de Ueyan 
l'Amalécile; Kamès, fils deMàdan l'Amalécite, et el-VValid, 
fils de Moçàb; c'est le Pharaon de Moïse, mais on n'est pas 
d'accord sur son origine; les uns le considèrent comme Ama- 
lécile, les antres le fniil venir de f,aklii)i, ville de Syrie; 



398 LES PRAIRIES D'OU. 

«i ^f-^ (jv-=^ '^j^ ijy^j^ ^iUjûj Jx»«^^l t_>lxjrt i liUi ^^ 
ii]j-^\ xs-^-A-Ls l_jJikî si)j«l'j p^^i ^4?-^^ r^^jj-*^ u^ ♦>>-M*^b 

Jl=>-^lj jj*,|^jja-^i^ (j«jl;^l OjSs. OsX)t>^ ^.^XaJI JA^ iaAJ«r 

iijl^ o>«J ajUjxiAjj (jOiXjj (^jvjCÀSl HXmi ^^j cxïyl i«Xjû <Ji 

d'autres enfin le classent parmi les Coptes issus de Misr, fils 
de Baisar. Son surnom était Zouhni (le tyran), ainsi que 
nous l'avons dit dans notre Histoire moyenne. Ce Pharaon 
fut noyé, en poursuivant les Israélites qui, sortant de 
l'Egypte sons la conduite de Moïse, traversèrent, grâce à un 
miiaclc , la mer Rouge à pied sec. La destruction de Pharaon 
et de son armée fît craindre aux enfants, aux femmes et aux 
esclaves qui étaient restés en Egypte, d'être attaqués par 
les rois de la Syrie ou de l'Occident. Ils mirent alors sur le 
trône une femme nommée Deloukeh, célèhre par sa sagesse 
et sa prudence. Elle entoura l'Egypte tout entière d'une 
umraille gardée par des troupes, et elle y établit des posles 
assez rapprochés pour communiquer entre eux au moyen 
de la voix. On voit aujourd'hui, en 332 de l'hégire, les 
ruines de cetle muraille , qui est non)mée llaïi el-Adjouz 
(mur de la vieille). On raconte que Deloukeh construisit 
celle muraille alin de protéger son fils, qui ét;iil passionne 



CHAPITRE XXXI. 399 

J._Aj^ iLX.Mi ^^jVjLkjT A^gjcm Uàasij ^j-'*^ ^y^^ tJ^ ciiji jj 
*^lj:>j ^-a-b iX (j-« -^^î ij-*J,^ ù}j^^ '^ <^A=^^j.^\ 

iJOyum i^vLa*)! a.^^i »*>^ i <-Aj«^^ -U*Jij V^' ^ CJ^ 

pour la chasse, autant contre les animaux féroces et les 
monstres du Nil que contre les embûches des rois et des 
tribus nomades du voisinage. En outre, elle plaça autour de 
l'enceinte, des crocodiles et d'autres animaux redoutables. 
On fait encore d'autres récits à cet égard. Pendant un règne 
de trente ans, ou d'une moindre durée, elle dota l'Egypte 
de ses feerfca (temples) et de ses figures. Initiée aux pratiques 
de la magie, elle plaça dans les berha l'image des peuples 
qui entouraient l'Egypte, et celle de leurs montures, che- 
vaux ou chameaux; elle y lit représenter aussi les peuples 
de la Syrie et de l'Occident , qui pouvaient arriver en Egypte 
par mer. Elle réunit dans ces temples, remarquables par 
leurs dimensions et leur solidité, tous les secrets de la na- 
ture, les propriétés allraclives ou répulsives rcnici inées 
dans les minéraux, les plantes et les animaux. Elle oj)éra 
ces sfirliléges au moment de la révolution de ceux des corps 
célestes (pii devaient les placer sous une inlliiencc supérieure. 
Ainsi Içrsqu'une armée sortait du llédja/, , ou du Yénien, 
poui' (Mivaliir l'Egypte, les chameaux on d'autres figures 



400 LES PRAIRIES D'OR. 

^^cJl A-g-4^ liLÀ-j ^j.« ^Jt j_^>aj| liiXï jj Jot» -LiJi _j^ (j^ 
iiA-«j)j (j^j.^Ol li ^jj cj-^J V^"^' U^J"^^ (J^ ^J^ (J-* l^J*^<>3^ 

o»j\^ (^î iJocu^^^ j^;-*»''^ iT^l?^ »«Xiû ^ v_Â-Uw^ v.>-^.w /jjtf 
(^y^jji^\ tXÀ£ (jiaAÀJUw-* j^k^jI Jj« ^js^^^xisi ! Jsjf»^ wt^x* i^^J 

représentées clans les hcrha disparaissaient sous terre; l'ar- 
mée étrangère éprouvait aussitôt le même sort, et soldats ou 
animaux étaient anéantis. Si l'invasion partait de Syrie, la 
même chose avait lieu pour les figures tournées du côté d'où 
l'armée s'avançait, et la destruction de ces images entraînait 
celle de l'armée réelle. Il en était de même des armées 
venues de l'Occident, ou des expéditions maritimes dirigées 
par les rois de Rome, de Syrie, etc. Aussi les souverains et 
les peuples étrangers redoutaient les Egyptiens, et se gar- 
daient de les avoir pour ennemis. Grâce au gouvernement 
habile de cette reine, l'Egypte devint un royaume bien uni, 
et jouit d'une bonne administration. 

Les anciens, comme les modernes, ont parlé des pro- 
priétés secrètes et des enchantements de l'Egypte. La tra- 
dition relative à la vieille reine est répandue dans le pays, 
et personne ne la conteste. Les hcrha du Saïd el dos autres 



CHAPITRE XXXI. liO\ 

tt-A-^i^t (jàUf-> i ^jy^ '•=>' ^j_j-->^^i 9^^^ ^-^ c^j_^i 

Jlï j)Ji> x-jJlaJLj k_s.l aW!_5 -bJ! tUkll j> ^y> t^-<-*»- 

i^r^ ij\(5 j^i>Ji c5-.>^^' iSj-^^ u^' ^^ o^' a^ ^ 

j\j^\ j,.mJu_ yJf ^jl(j liû^AJiJb aXjsTj l^L, iob^ Ai L^\^^ 

jyJ^\ er* W f^J ^^ 5^^:^^^5 t:^^^^^ U;ii_j aLr?^' ^'^ 

p 

f- 

provinces existent encore : on y voit dilîérentes figures qui, 
lorsqu'elles sont représentées sur certains objets, exercent 
les inflifonces fixées et déterminées par les Egyptiens, d'a- 
près leur science des lois générales de la nature. Dieu sait 
mieux la vérité. 

[.orsque j'étais à Ikhmim , dans la Haute Egypte, plusieurs 
personnes m'ont transmis les renseignements suivants qu'el- 
les tenaient d'Ahoul-Faïd Dou'l-Noun el-Misri el-Ikhmimi 
surnommé V AscHc. C'était un savani (jui s'était tracé des 
règles de conduite, et professait une religion particulière. 
Très-curieux de connaître l'histoire des temples, il les vi- 
sitait souvent, et étudiait un grand nond)re d'images cl d'ins- 
criptions. Voici ce qu'il disait : «J'ai trouvé dans un temple 
une inscription que j'ai déchiffrée; elle portait : « Méfiez-vous 
des esclaves alïianchis, de l'ardeur des jeunes gens, d'une 
armée composée d'esclaves, et des Nahaléens devenus Arabes. « 
Dans un autre temple, j'ai lu : «La destinée se réalise et 
le sort se rit (de nos espéranres). » Il prétendait avoii' \u 
II. 26 



U02 LES PRAIRIES IVOR. 

^^jJijiJL iLaSJ jij-fJi ^'^^ v::j*KiS^I ^1 A^^t 5-XiÛ c:aJ1<j 
Lîû^Àft «ixjljo ÀxAAloii j5^-«*it iiiyji^ (_^ AAlâl_5~« r,?^^^' j»lS^^ 

U ^^^^_s^^i (J^^5 (i^ <J^' JLiî _5-* L« ^jlij-JaJl dUi ^^ jJaij 

0»-X*.^j AjLiJiij J^^l^Jl^ j^^Ji (j^ l^^Xt l^AJ CX.«vuj3 

ailleurs une inscription conçue clans les mêmes caractères 
anciens, et affirmait qu'après l'avoir étudiée il avait lu : 

L'homme interroge les astres et ne sait rien ; mais celui qui commande 
aux astres lait ce qui lui plaît. 

Les peuples qui bâtirent ces temples avaient du goût pour 
l'astrologie, et ils sondaient avec persévérance les secrets de 
la nature. Ils avaient appris par l'étude des astres qu'une 
catastrophe menaçait la terre; mais ils ne purent savoir si 
le monde devait périr par le feu, par un déluge, ou si le 
sabre devait en exterminer les habitants. Dans la crainte 
que les sciences ne fussent anéanties avec l'homme, ils 
construisirent ces herahi (au singulier, berba] et déposèrent 
leurs connaissances dans les figures, les im-ages et les ins- 
criptions qui les ornaient. Ils les bâtirent soit en pieiTC, soit 
en terre, en séparant ces deux genres de constructions. » Si 
la catastrophe annoncée, disaient-ils, est le feu, les édifices 



CHAPITRE XXXI. /i03 

jUfcl aMI^ JosJ» U ^^ lJk,i^_5^3 (J>^^ ^^ ^ (J>rS^i J^ 
^Is^l ^j5_5 u^-^' '^'"^^ U^ ^^•^ U^ -^-? U^>^^' ^ U^ 

(^_j -UàjtJi JIa-4-^ <i^'^ j-^^ j-^+^ j"**^ (J-* u*<Uîi (j^ 

bâtis en terre et en pisé durciront comme la pierre, et nos 
sciences seront conservées. Si, au contraire, c'est un déluge, 
Feau emportera ce qui est bâti en terre, et la pierre subsis- 
tera. Dans le cas d'une destruction par le sabre, ces deux 
sortes d'édifices resteront debout. » D'après ce qui précède, 
ces temples seraient antérieurs au déluge; d'aulres leur 
donnent une date plus récente. Quant à la catastrophe que 
les Egyptiens ])rédirciit, sans déterminer si ce sciait le feu, 
l'eau ou le sabre, ou cioil (ju'ii s'agit d'une invasion étran- 
gère, et d'un roi qui occupa l'Egypte et en fit périr tous les 
habitants par \r. glaive. Sc'lon d'aulres récils, ce fut une épi- 
démie (jui dépeupla le pays. A l'appui de celle ()|)inion, on 
montre les tertres du district deTinnis qu'on nomme Ahou'l- 
Knuin, on des cadavres de toni âge et de tout sexe sont entas- 
sés, et lormenl une haule montagne. On trouve aussi, dans 
la province de Misr et dans le .Saïd, des corps amoncelés les 



liOh LES PRAIRIES D'OR. 

iS^ (j- t5;'>^ï» ^ U^J'^' <^ ^J^^=' Î^^J-*> LTî'^l^'^ {J^J^.*^3 

j^j iyL«w :i!$^w)kj (_$»>J! î^yîî^ (^vÇ"' i^-o t5*^' v"!^'-? ^'* 
(j-« ^'ï— '^ ^-â-r)S-^ V*~i^ ^^•*^J poJii£ l^JjIià -l^iJlj kiUi 



t)' 



uns sur les autres, au fond de cavernes, d'étangs, de tombes, 
et en d'autres endroils, sans qu'on sache à quelle race ils 
appartiennent, car ni les chrétiens ni les juifs ne les re- 
connaissent pour leurs ancêtres; les musulmans ignorent 
(|ui ils sont, et l'histoire ne nous apprend rien à ce sujet. 
Ces corps sont habillés, et l'on retire souvent des collines et 
des montagnes voisines les ornements qui les paraient. 

Les temples de l'Egypte sont des édifices encore debout 
et très-curieux; citons le berba trouve dans la province d'An- 
sina (Antinoé), l'un des plus célèbres de l'Egypte, le berba 
d'Ikhmim, celui de Semennoud, etc. Les pyramides sont 
très-élevées, et d'une construction remarquable : leur surface 
présente toutes sortes d'inscriptions , écrites dans les carac- 
tères des nations anciennes et des royaumes qui n'existent 
pkis. On ne sait ce que c'est que cette écriture et ce qu'elle 
signifie. Ceux qui ont étudié les dimensions des pyramides 
évaluent leur hauteur à quatre cents coudées, ou davantage, 



CHAPirUE X.WI. 405 

U c_^yi ùr» W^^ Iàà*»j u_^ c^::r*^'3 ^-^ 6-^ *i»x*caJi 
*>vj»j v-xaJLjJI (j^j^**^\ (^jjxJi^ *U-Jl 4^^^^-*ol piX^JI ^j\s 

ainsi que l'ont constaté ceux qui en ont fait Tascension ; leur 
largeur (à la base) égale à peu près ce nombre. Leurs ins- 
criptions sont relatives aux sciences, aux propriétés des 
corps, à la magie et aux secrets de la nature. On dit qu'une 
<le ces inscriptions est ainsi conçue : « C'est nous qui avons 
bâti les pyramides. Que celui qui veut égaler noire autorité, 
obtenir notre pouvoir et renverser notre trône, abatte ces 
édifices, et en etlace les vestiges, bien qu'il soit plus facile 
d'abattre que de bâtir, et de disperser des matériaux que de 
les réunir. » On raconte qu'un roi musulman commença la 
démolition d'une de ces pyramides, mais qu'il dépensa lout 
le reveim de l'Egypte et d'autres contrées, sans pouvoir ar- 
racher les blocs de pierre el de marbre qui ont servi à les 
construire. 

!,<• plan (le (■<• li\r(', ne ( onqjorl.iul (|ue des éludes som- 
maires v.l générales, nous inlcrdit les dclails et les dévelop- 
pements. Mais, dans un aulre ouvragf inlifulé Livre de 
(jiu'slioHs el (Vexpvriciucs , nous ,ivons donné les observations 
<|uc nous a\ons recueillies juMidiiul u(»s voNages, et ce (jue 



^06 LES PRAIRIES D'OR. 

4^^^ b-x.^ (jo^i'l (j^ J-^^^-* *S.'j' fi^' «^-5^ ^'' 5^^ 

i^-Ji ^U> 45ir^ JJi u-»J!y^î 4^^' pl?^' «■^^^'*^*-* ^ ^-*^^ 
^j,.w^.;LàII ^j^ i*>^-^^ ^jj^ cj^j.Â^»^l ^ i«>o5 UjCij i 



nous avons pu apprendre sur les propriétés et les mystères 
des trois règnes de la nature, dans leurs rapports avec les 
édifices merveilleux, les monuments elles pays. Nul homme 
instruit ne se refuse à admettre qu'il y ait dans le monde 
certaines villes et bourgades où les scorpions et les serpents 
ne peuvent pénétrer; telles sont : Hems (Emèse), Mârrah, 
Misr et Antioche. Dans cette dernière ville, lorsque quel- 
qu'un tendait la main hors des murailles, une punaise y 
tombait; dès qu'il retirait sa main, l'insecte disparaissait. 
Mais, un jour, on brisa une colonne de marbre qui s'élevait 
dans un des quartiers de la ville, et l'on trouva au sommet 
ae la colonne une boîte en cuivre, renfermant une punaise 
du même métal, et large comme la main. Peu de temps après , 
ou au même moment, les punaises reparurent, et aujour- 
d'hui elles pullulent dans les habitations. C'est comme la 
pierre d'aimant qui attire le fer. J'ai vu , en Egypte, une figu- 
rine de fer ou de cuivre représentant un serpent; ([uand on 



CHAPITUE XXXI. kOl 

l^Ai ciJtXjs?»-» ^j**IaAÀM! j.^ ^^-*-« l'*><-Jj ^,^ <^ t**!?^ U"^-^ 

^\s- J^js:v_j| J.-*** (^^ *^ 2>ib ^5! JJsT J<*i*i ii>ij Akx» Jiaj 

^l^jj^ »Xo»X^^ j»» Ala.À.ir.^j .XjJvii t_5Js.> ^J^ J^i^I aKjw (JI 

^•lu«) vXj JUj ^!^ j.Jsiî fjoÂix'A j^^ bj5i U^^ AAAjé- 

L^^AAfi «.^Jfu ^ l.4^.^j(j vJ>ULmi{ «Lyiiil^ Aa3 ^.<^a:=>-Ls»-^ c:^^) 

-s\_^i:>^i y^^ wiLj^ii *L^j (J^! -^'-* Cijv^ 2r*^ -^^ >ii.J*x5^ 

la posait (|uelque pari, el qu'on rapprochait d'une pierre 
«Tainiant, cette image éprouvait un mouvement de recul. 
I /odeur de l'ail neutralise les elTels de la pierre d'aimanl, et 
pour lui rendre la propriété (pTclle avait d'attirer le fer, il 
laul la laver dans le vinaigre ou le miel. L'aimant el le ler 
ont encore d'au 1res propriétés, comme celle de la pierre qui 
ntliro le sang, etc. Dieu seul connaît toutes choses. Il a 
révélé à l'homme la notion de cell(;s (|ui jx'uvcnt lui être 
utiles, suivant son temps cl ses besoins; mais il a gardé 
le secret des autres, sans les divulguer à ses créatures, ni 
les maniresler aux intelligences. Ainsi, le mélange de deux 
choses donne naissance à un produit (jui dillére de l'iine et 
de l'anln'. l'ar exemple, h; suc de la noix de galle, uïélangé 
avec du sulfal(; de 1er (:u(lj), protlr.il une nialière Irès- 
noire. Le verre est dû à une; combinaison d(! sable, de man- 
ganèse et (.fabudi (soude) , soumis au leu el passés an creuset. 



408 LES PRAIRIES D'OR. 

JljUî p\j:_ ^^^ îilî LèUj tXjy!)^ l^ys^l^ ^^^ c^^UL ^--^ 

«Xjij U"*^ (S"^"*^- ^^^^3 ci^A£fc. ^i (j«*iaÀÎ Job <XÀ^ ^ _i\J 
y\^ Uj ii-AMuA^ (Ji— j Ltf wxa^ ù^jfijua^ ijY ç£Ù^\ ^'j^î wjSi» 

L.J— iLi«Jt-«j *U-wi)! Qolj-ifc. <-»l» b^^sij Uftj^^ «^Isfc^^l 

L'alcali et la litharge liquides [niertek et niardasindj) , en se 
combinant, forment un précipité qui ressemble à de l'écume 
blanchâtre (carbonate de plomb). Du mélange de l'alcali et 
du sulfate de fer, on obtient ie carthame (peroxyde de fer). 
Il en est de même chez les animaux: l'accouplement d'une 
jument poulinière et d'un âne donne naissance au mulet; 
celui du bidet et de l'ânesse produit le mulet bardeau qu'on 
nomme el-Kawden, il est aussi laid que méchant. Nous avons 
parlé des saillies qui se font dans la Haute Egypte, sur les 
confins de l'iVbyssinie; des croisements du taureau avec l'â- 
nesse, de l'âne avec la vache, des produits bizarres et d'une 
espèce dilférente qui en résultent, comme le mulet qui 
n'est ni cheval ni âne; nous avons mentionné les divers 
modes de génération dans l'animal et dans la plante, la 
greffe des arbres, les sucs variés qu'elle produit, les diffé- 
rents systèmes de culture, etc. dans le livre des Questions 
et expériences. Un chapitre de ce livre est consacré aux 



CHAPITRE XXXI. Ii09 

v:^l_jv.JdaJl^ J'IH^ **^^ 1^^ '^^'^ U^ u' tj^^^r^^ 
cj^j i^aJi JjU »^j u'.^^ '^ *XcU]î^ *ji>l4ij »7*Uij 

xjLl Uj «x^j-Lft «-iiVSJij^ ^^y^^ '^^^ <i^ ^' J*; (»^' <-^^^5 

UjLcj U: ^ili JJi J^î_j (j-UJi ^^t i b^i U JUj aMI 

propriétés naturelles et à leur étude, aux talismans et à leurs 
vertus merveilleuses. C'est un long chapitre où ce qui est 
décrit supplée à ce qui manque; les détails en font en- 
trevoir le tout, et le peu (|u'il renferme conduit à la con- 
naissance de l'ensemble. Peut-être ces propriétés, ces talis- 
mans, ces effets produits dans le monde par lesfforces qui 
repoussent, éloignent et écartent, et par celles qui, au con- 
traire, attirent et se manifestent dans la créature, comme la 
vertu attractive et répulsive de l'aimant, tout cela, dis-je, 
n'était peut-être que des moyens de direction fournis par 
Dieu à un prophète, chez les peuples anciens, pour con- 
duire ces peuples, par une voie miraculeuse, vers la vérité, 
leur faire distinguer ce prophète des autres, les amener à 
l'obéissance des lois divines et à la pratique de ce qui con- 
venait à ces âges reculés. Puis, lorsque Dieu rappela à lui 
ce prophète, les sciences et tout ce que Dieu lui avait ré- 
\élé restèrent entre les mains des hommes. D'après cela, ce 
serait a Dieu (|u'il ('aiidiail r.illacher tous ces phénomènes 



410 LES PRAIRIES D'OR. 

^^:>^3l^^\ Jb jJLiC-tf ^^ w.->i^ j_^^ UXtf b^ U (j\^ il 

^j\<^ jMl^ tii^jUi^l (j^ lÀj) *A3 IaS'U Ji (j^I Jîa-^yjJi 

^jwJoj-Lj (^ ^j«jJS^i j)^_^5Jl iL5y;> ciU^ ^^Aajijt <Kxj dJi! 
/j_j /w*-*lii StXxj ti)A>« (O^ji (j^j-*!^ (j^ (J*^^^:? 5vX*j ovX^ aj; 
La-j^ !i>y>^j cyA« *Ji ^^Àaw ^jv«(*^ (j^ 'J'^ 0*9' J^ (J^ U*ÎA>^ 

,_^ — ^..'— ^l-A-A.^0 /v_j /M^Is^A^ o<S.Xi \JXm Jt.i XÀ.M( /vj w wi>g ^-i^r-^ 

qui, nous l'avons déjà expli(|ué, ne sont ni nécessaires ni 
impossibles. 

Mais revenons à l'histoire des rois de l'Egypte, qui nous 
occupait précédemment. Les rois qui se succédèrent, après 
la vieille reine Deloukeh, furent : Derkous, lils de Biloutis; 
Bouris, lils de Derkous; Figamis, fils de Bouris, fils de 
Derkous, il régna environ cinquante ans; Dounia, fils de 
Bouris, il rétrna environ vingt ans: Nem<^ris, fils de Merina, 
vingt ans; Biloutis, fils de iVlinakil, quarante ans; Malous, 
fils de Biloutis, vingt ans; Biloutis, fils de Minakil , fils de 
lUIoutis; Bilounah, fils de Minakil. Ce roi entreprit des 
guerres et de lointaines expéditions; c'est lui ((ui, sous le 
nom (le Pluirtwii le lloilcux, cond)atlil les Israélites et dé- 
truisit Jérusalem. Marinous, son successeur, fit la guerre 
dans fOccicieut. Après lui , son fils Nikas régna (jualre vingts 



CHAPITRE XXXI. 4U 

»*Xjtj vil.-L^ <-j iLÀ-u» (jvjW j*i_j-»jj-« ^jj (J*»^ a«X*j ^iiXo 

*i i.:A_il^ J'-*r}^ o*X*j kiiX» ao (Jv.*^ ^j-S»* (J"^ (^ (j*^-*>» 

ij^ c^jjii! ^J[^jJ^ j-»o[i c>.^Ji »1>^^ S^r*^' til^Xo ^ Vj?/*^ 

^.Asl» CA-gCvJi j^j *i^^J J«J^J X*3;i ç^^i^ O^^ "^^-^ ».X^ 

I^aXt. o-*Apjj>a-/9 («j^l oJik^ O^'^ "*.?"*^ 'i^ ^''^^ C:/-«_j j-»»w 

ans, ot Kouiiiis, fils de Nikas, dix ans. La couronne passa à 
Kabil, qui eut à combattre les rois d'Occidenl. Bokbt-Nassar, 
satrape du roi de Perse en Occident, vint l'attaquer, dévasta 
ses Etats, détruisit son armée et retourna ensuite dans le 
Magreb. Nous avons raconté ces événements dans l'ouvrage 
intitulé Le Charme des âmes, livre spécialement consacré 
aux expéditions et aux guerres des rois, indépendamment 
des détails donnés dans nos Annales historiques. Après le 
départ de Bokbt-Nassar et de l'armée des Perses qu'il com- 
mandait, les (irecs en\al)irent l'Egypte, la soumirent et 
s'en lirent une alliée. Cet état de choses dura jnstju'au règne 
de Kosroès-Anouchirwan. Ce roi, après avoir con(|uis la Sy- 
rie, cnha en Egypte, s'en empara et la j)Osséda pendant une 
\ingtaine d'années. E'j'lgyple payait, à celle épo(]ue, un 
double im:;ôl, l'un aux Perses, et l'autre aux Ivomnins. l n èv( 



412 LES PRAIRIES D'OR. 

/jj _y.5^ Uxi t_>Uaii. (j^j-i i^i'^^ i ajw ij^ (J-4J rf '*^' (j^' 

3oLla..»».<Jî aJu<X^ I:uw^ j, /^w^t 1«X(j.j o/xj r*^3t ySi»^ ?;f^^ 

j._Aa_^ jLxjs».! (J-. wiUi^A^j ^..fwJl ^*ajtî <XjsiOj y^^iil 

nemeiit survenu dans leur capitale força les Perses à évacuer 
l'Egypte et la Syrie. Les Romains soumirent alors ces deux 
pays, et y répandirent le christianisme, qui resta la religion 
dominanie jusqu'à l'avènement de l'islam. On connaît l'his- 
toire des présents envoyés au Prophète par le Makaukas , chef 
des Coptes. Peu de temps après, les Aiabes, commandés par 
Amr, fils d'el-Ass, s'emparèrent de lEgypte, sous le khalife 
Omar, fils d'el-Khatlab. Amr bâtit Fostal, qui est le chef- 
lieu de l'Egypte. Lorsque le Makaukas, chef des Coptes, ré- 
gnait en Egypte, il habitait, pendant une partie de l'année, 
alternativement Alexandrie, Mcnf et Kasr-ech-Chemd (châ- 
teau du flambeau); ce château existe encore sous ce nom 
au centre de Postât. Nous avons raconté, dans les Annales 
historiques et dans l'Histoire moyenne, la conquête de 
l'Egypte par Amr, [ils d'el-Ass; ses rapports avec le Makaukas, 
la prise de Kasr-ech-Chemà, et d'autres détails concernant 
TEgypie, Alexandrie et les batailles livrées par les musul- 



CHAPITUK \X\[. /ii3 

l.<-xj U ^j-J^^ ^ ^.J^y^^ ''vS-^ c:a-»ÀjI ^^1^ ^^iycMim Je 
(j^_5 b^-fiv-3 ^_j-i-L>j jLàjI iUsI^l ^J^ y*a^ S^^ »»Xs ij 
^jl^x»!^V.«jiîI ^^ Si)^ ii)jX« (j-«_j ff^juJ^j^a^ dUjt 0-tf JoL ii)_jA^ 

ajUO^jj iwL*»( ^1 (jvAjb^ij ^^^-^'j T-V''^'-' U*D"*^b AJxl^l 

mans. Nous avons rapporté le voyage que fit Amr, en Egypte 
et à Alexandrie, pendant le paganisme, son liistoire avec 
le moine, l'anecdote de la halle d'or qu'on montrait les 
jours de fête, et (jui vint lonjber dans le sein de Amr. Tout 
cela se passait avant la venue de notre saint Prophète. 

Les chroniques, malgré les différences qu'elles présentent, 
sont d'accord sur le nombre des rois d'Egypte, à savoir : 
Irente-deux Pharaons; cinq rois de Bahylone; quatre rois 
parmi les rois de Mareh ou Amalécites, venus de Syrie; sept 
du paysdeRoum; enfin dix rois grecs. Voilà pour les temps 
antérieurs au Messie, sans parler des rois perses (jui ont 
occupé l'Egypte avant les Kosroès. La durée totale du règne 
de tous ces rois, j)haraons, perses, romains, amalécites et 
u;recs, est de deux mille trois cents ans. 

l'ai vainciiM'iil inlcrrngi' 1rs (iopics les pitis insl'tiits du 



h\li LES PRAIRIES D'OR. ' 

j^-^xJî <yj<& *il**j ^pXla S=^j abli (ii..UI «xa^ ^ï^^ wwt* 

Saïd et d'autres provinces sur la signification du mot pha- 
raon, personne n'a pu me renseigner sur ce nom, car il 
n'existe pas dans leur langue. Peut-être était-ce d'abord une 
dénomination commune à tous leurs rois; puis la langue s'est 
modifiée, comme lepehlvi, idiome de l'ancienne Perse, qui 
est devenu le persan , comme le grec ancien , qui s'est changé 
en grec moderne, comme l'himyarite et tant d'autres langues. 
On trouvera, dans nos ouvrages précédents, de curieux ré- 
cits sur les trésors et les monuments de l'Egypte, sur les 
richesses que les rois et les peuples qui l'ont occupée ont 
confiées k la terre et qu'on recherche encore aujourd'hui. 
Voici à ce propos une intéressante anecdote racontée par 
Yahia, fils de Bekir. Pendant qu'Abd el-Aziz, fils de Mer- 
wàn , gouvernait l'Egypte , au nom de son frère Abd el-Mélik , 
un homme cité pour sa sagacité se trouvant chez lui, Abd 
el-Aziz lui demanda des informations sur les trésors; cet 



CHAPITRE XXXI. ^ /ilf) 

dJi >x^fil 4_^ <^*>jû*xJi p^LiLs» <_^ <îuLji^ i_j>AjJl_5 cyyjUJL 

homme lui apprit qu'il y avait un riche trésor enfoui sous 
telle coupole. Le prince l'ayant invité à prouver ce qu'il 
avançait, il ajouta : « A peu de profondeur, nous trouverons 
des dalles de différents marbres; en continuant à creuser, 
nous arriverons à une porte d'airain , au-dessous de laquelle 
est une colonne d'or. Au sommet de la colonne est un coq 
du niênje mêlai; ses yeux sont formés de deux ruhis qui 
valent le revenu du monde entier; ses ailes sont incrustées 
de rubis et d'émeraudes, et ses serres s'enroulent sur une 
plaque d'or qui forme le chapiteau de la colonne. >> Abd el- 
Aziz lui fouiiiit aussitôt plusieurs milliers de dinars, pour 
faire les fouilles et les travaux nécessaires. On attaqua une 
haute colline du voisinage, et une \aste tranchée qu'on y 
prati(|ua mit à découvert des dalles de marbre, telles (ju'il 
les avait décrites. Celte circonstance accrut la convoitise 
d'Abd el-A/i/,; il accorda <l<' nouvelles sommes cl au"nienla 



416 ^ LES PRAIRIES D'OR. 

cjÎ_j.jI (^ c^jIïUoj iijlsLXX/i^ jls\Xi^ -lâ-^t^j jl^^I ^j^ 9-^^^^ 

<\.«iXJ» f-fâ^ A. ç^ MAx > c.j.M*,jih dUi ^j-«^^li U (Ji JiàÀi *-*ia.Il 

ltjT.,.k.j l»j-=?-3 ^*>^ ^ S^j^^ <^ \*XÔ\s U,iUwj iL=-j<XJi 

♦XxxÎIj ^(^ (J-» 3t..«wl i^AA^ éjÀj^ dL><XJl >».o_5 ii^,*JtJi _^Xiût 

le nombre des travailleurs. Enfin , à force de creuser, on 
découvrit la tête du coq; son apparition fut signalée par 
une lueur ellrayante et rapide comme un éclair; elle jail- 
lissait dé ses yeux de rubis, tant ils étaient knnineux et écla- 
tants. Les ailes, puis les serres du coq furent mises à dé- 
couvert; on trouva ensuite autour de la colonne une co- 
lonnade en pierre et en marbre, des arceaux, et, au-dessus 
de portes cintrées, des niches ornées d'images et de ligures 
diverses, et rehaussées d'or; puis des jarres de pierre (sar- 
cophages), dont le couvercle était hermétiquement fermé 
et retenu par des i)arreaux en or. Abd el-Aziz vint avec son 
cortège sur le théâtre des fouilles, et contempla ces décou- 
vertes. Un des assistants, plus impatient, posa son pied sur 
les UKirches d'un escalier en bronze qui descendait jusqu'au 
bas ; il était à peine arrivé à la quatrième marche, quand 
deux épées, grandes et tranchantes, sortirent à droite et à 
gauche de l'escalier, se croisèrent sur l'imprudent et le mi- 
rent en lambeanx. Son corps roula jusqu'au fond. Un trou- 



CHAPITRE XXXI. /|17 

JJuté\ Jl Jls^i cj-« jiJUit» yl^ij-» '-^j^' ^(_9i l^AwU ^\ f"^ 
y,*n A ..; j vl^' cK*-*r!^ tX-*'*^^ J""*^ O""^ ^'6^ uK? *;-*^ ^^■^ 

(jfajtx-i t_>U£=3 (0-^jy5i ^i J*'^^ ^'^^ O^J'^' (:J^ <9i*i_yL*wJll 

ron du cadavre étant resté sur les marches, la colonne 
s'a^'ila, le co(| secoua les ailes, et poussa un cri étrange qui 
retentit au loin, et des sons elFrayanls, provenant du choc 
de plusieurs inslrunients, se firent entendre. Dès qu'un ob- 
j(ît toinhait sur les marches, ou seulement les ellleurait, 
tous ceux (jui étaient là roulaient au fond de l'abîme. Les 
ouvriers occupés à creuser et à transporter les terres, ceux 
qui surveillaient ou activaient les travaux et faisaient exé- 
cuter les ordres, deux mille hommes environ, périrent tous 
jusqu'au dernier. Ahd el-Aziz fut saisi de terreur, et s'écria : 
« Ces ruines sont d'une nature merveilleuse et interdite ùnos 
rccheiclies. (Ju<; Dieu nous protège contre leurs dangers ! » 
Puis il ht jeter la terre provenant des fouilles sur le corps 
des victimes, et ce lieu resta leur tomheau. 

Macoudi ajoute : Quel(|ues personnes, curieuses de 
fouilles et de découvertes, et très-empressées de creuser les 
tertres, pour y lechercher les trésors et les objets |)récieux 
que les rois et les peuples aiuiens de l'Kgypte avaient 



^18 LES PRAIRIES D'OR. 

SwA^J , .il ^ y,a^ :>SKs:> ^^^ Uuoy XM iUJLJl ^SKi^\ 
\^y<^\i W# W*^ ^^ U^ U;5S j.*XJiiî pl^i£>iJi oà«J tr» 

Ji l_^^l y! til UlôS: ijÀr^ i^y^jLi Aî=-I^^;^i ^ ^M^ JUi 

confiés au sein de la terre, trouvèrent, dans un livre écrit 
en caractères anciens, la description d'un lieu situé à quel- 
ques coudées des pyramides, mentionnées plus haut, et qui 
leur promettait un riche trésor. Elles en informèrent el- 
Ikhchid Mohanmied ben Tagadj, qui leur permit de faire 
des fouilles et d'employer tous les moyens pour arriver au 
but de leurs recherches. On ouvrit une tranchée profonde 
et l'on finit par découvrir des caveaux, des voûtes et des 
blocs de pierres évidées, dans les excavations du rocher. On 
trouva, à l'intérieur, des statues posées debout; elles étaient 
faites d'un certain bois, enduit dun vernis propre à l'em- 
pêcher de s'user promplement el de pourrir. Ces figures 
étaient de différentes espèces ; elles représentaient des vieil- 
lards, des jeunes gens, des femmes et des enfants ; les yeux 
étaient formés de pierres précieuses, comme le rubis, 
l'émeraude, la turquoise et la topaze; quelques-unes avaient 
un visage d'or ou d'argent. Après avoir brisé plusieurs de 
ces statues on vit qu'elles renfermaient des débris d'os el des 



CHAPITRE XXXI U\9 

*bi)t JJi i Jjjy*:^ (J^iaJl cj^ Jo U_5 (_^*iJi JUjt i ^>^^l 
aJU J-jcd. U,i iCjsfl) ^ ii3_^.^jt« lo^Vi-ij ijj^-^^-* •''^^^ cj-ia^'^ 

jj^aJI^ JjÇj'UJÎ *^:>U£ i^;SMé, s* - ^ (iu<aJl ifSj^ ^ jt hst .'^S 

^^ A^^i b»5i L<y9j ioLw o^Jt ioijjl y*a^ ^jbjl ^j^ <XJii Js.»-« 

corps en poussière, k côté de chacune, était une sorte de 
vase seniblal)le au hemyeh (amphore) , ainsi que des usten- 
siles, en énieraude ou en marbre, renfermant de ce même 
vernis, dont le cadavre, couché dans le colTre de bois, avait 
rlr. enduit. Les vases contenaient le reste de cette subs- 
tance, qui se composait d'ingrédients piles et mélangés, 
sans aucune odeur ; mais quand on la soumit k Tiiction du 
leu, il s'en exhala une odeur agréable et diflërente de tous 
les autres parfums. Chacun des colfres en bois avait exacte- 
ment la forme du corps qu'il renfermait, et variait suivant 
la caste, l'âge et la conformation du mort. En face de cha- 
cun de ces coffres, on trouva une statue de marbre blanc ou 
vert, qui paraissait être une des idoles auxquelles les Egyp- 
tiens rendaient un culte. Ces statues portaient dillérentes 
inscriptions f|ue personne, (juclle que fût sa religion, ne put 
déchilTrcr. Plusieurs hommes instruits prétendent que celte 
écriture a dispafu de l'Kgypte depuis (juatre mille ans. ! oui 
ce qui précède prouve, du moins, que ses anciens habitants 



/i20 LES PRAIRIES D'OR. 

u jî 5\ j-jLÂ ji>i_^ ^_5 i^j^-*^ ^i ^yi^-> ^r*^ *^y^ u' 

MO 
^^\j^^ ^JIMI (j-jyji^l »Jvd> i i^^^uol Uj^iûl^^l^ Jl_5^iil_j 



4MI *L •:<: ^J\ 



Igjoljèj l^j^Xoj LgjUjj iij^^À5^iiI jlva».! ^i 

-Ljuu-i U, j^jsJiii j'XA5^i^i (jî ^t Joui ^j- i;*\jr^y.^5i 

n'étaieiTi ni juifs ni chrétiens. Les fouilles dont nous par- 
lons eurent lieu l'an 328 (gSg) , et n'amenèrent pas d'autre 
découverte que celle de ces ligures. Depuis les anciens 
maîtres de l'Egypte jusqu'à Ahmed, fils de Touloun, et 
à la présente année ^32 de l'hégire, des circonstances cu- 
rieuses ont signalé la découverte successive des objets en- 
fouis, monnaies, pierreries, trésors et dépôts précieux, 
cachés dans les tombeaux. Nous en avons parlé dans nos 
précédents ouvrages et dans nos écrits déjà cités. 

CHAPITRE XXXII. 

HISTOIRE D'AIJ-.XANDr.IE, SA FONDATION, SES ROIS, ET AUTRES 
DÉTAILS SUH LE mP.ME SUJET. 

Plusieurs savants l'apportent qu'Alexandre le Macédo- 
nimi, après avoir consolidé son autorité dans son pays, se 



CHAPITHI': XXXII. /i2l 

bl iLc àyX^^ jf-^r^ -:sUi tj^ J^iil jMJi yû^ OvjuJll ^L. 

mit à la rcc lie relu; d'une contrée sulubre, lerlile et hiejj 
airosée. lui arrivant sur reriiplacenienl d'Alexandrie, il y 
trouva les vestiges d'un vaste édifice et un grand nombre 
(le colonnes de marbre. Au centre s'élevait une haute co- 
lonne portant l'inscription suivante tracée en caractères 
inosiied, c'est-à-dire dans l'écriture primitive de Himyar 
et des rois de Ad: «Moi Cheddad, fils de Ad, fils de 
(^heddad, fils de Ad, dont le bras a protégé la terre, j'ai 
taillé de grandes colonnes dans les montagnes et les car- 
rières, j'ai bâti Ircm aux piliers qui n'a pas d'égale au 
monde. Puis j'ai voulu bâtir ici une ville semblable à Irem 
et y réunir tous les hommes nobles et généreux, l'élite des 
tribus et des nations, parce (|tic ce pays est exemjit de dan- 
gers, et à l'abri tics atteintes de la fortune, des désastres 
cl des fléaux. Mais j'ai renconlri- celui <jni m'a conlrainl 
de me hâter l'I de renoncer à mou projet, en me suscitant 
(les obstacles (|ui ont prolongé mes soucis et mes craintes 



422 LES PUAIHIES D'OR. 

^ (Sj-^-^ ïLàj^ '^'cs;^ A?~^^ '<'(4/+'=^ <-!;'*3 "^(4;^'' (s\) (j^ 

^La-«Î l.^As^_5 l^_^ t^Js^j (j*Lvi)1 i^'=»-^ i^X-Jî (jw« c-UrcaJi 
^J^ la. ^ -jtj iC_A.A.^?^î i>;i\.^^ iUXx-o ^>t?>^ (J-* j'^^^^j >-*A5 

et abrégé mon sommeil et mon repos. Alors j'ai quitté avec 
sécurité ma demeure, non pas en fuyant devant un roi 
superbe ou une armée nombreuse, ni en cédant à la crainte 
ou à la honte, mais parce que le terme de la durée (de ma 
vie) était arrivé et que tout doit s'elTacer devant le pouvoir 
du Dieu glorieux et tout-puissant. Vous qui verrez ces ves- 
tiges, vous qui connaîtrez mon histoire, nja longue exis- 
tence, la sûreté de mes vues, ma fermeté et ma prudence, 
ne vous laissez pas séduire, après moi, par la fortune.» 
L'inscription offrait de longues sentences sur le néant de 
ce monde et le danger de céder à ses illusions et de placer 
en lui sa confiance. Alexandre s'arrêta pour méditer ces 
paroles et en faire son profit. Il rassembla ensuite des ou- 
vriers de tous les pays, et fit le tracé des fondations, qui 
s'étendirent à plusieurs milles en long et en large. Il réunit 
des blocs de pieri-e et de marbre. Ses navires lui apportè- 
rent différentes sortes de marbres et de pierres provenant 
de la Sicile, de l'Ifrikyah, de Crète et des confins de la 
Méditerranée, là où celte mer débouche de l'Océan. Il en 



CHAPITKE A XXII. 423 

r*Jt/ 'J^U.Ojli iCjl^ivAJ'j (J>*^^ (JV^l ÏkXm* yi>^ \ù^ IàJoj 

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i u g ■ ■•^'l^j f»_5yS or» e?-^ W^*^ 'M'?/^ »-<^l^li Uiokj Igj^n 

(j^'^' tr* * ■ « .la * cP (^ J"~*^^ iL»j sXii j^j-*w ^J*,L»«<! ,^^ A.^J 
l^A<à*j xlsj.*^ ^L»j>. ÀA-i^i=I Ji A/uCijJ. (j_. Joi>_5 iLcli iyuiwi^ 

<^ -!_^jui_j j*,LiJlj^l^ bj,-k2^ W>^^ ^-♦^/=7- •^^-«^.îi (^ i3~^3 

(j-j—rt^ kiUi i-ji_^-A3 t_j_*.fw li! <K^Î -!<Xxiî!^ (j\,*IJLJ1_5 tliLcaJl 

leriil aussi de l'île de Rhodes. Celle île esl slluée en lace 
d'Alexandrie, à la distance d'une nuit de navigation, c'est 
là que; commence le pays des Francs. Aujourd'hui, en 3.^2 
de l'hégire, Rhodes est un arsenal où les Grecs construisent 
leurs vaisseaux de guerre; elle est hahitée en paitie par les 
(jîrecs, et leur flotte sillonne les eaux d'Alexandrie et les 
ajjtres parages de l'Kgypte; ils y abordent et ibnl dos pri- 
sonniers (ju'ils réduisent cji esclavage. 

Sur l'ordre d'Alexandre, les ou\riersse placèrent autour 
du tracé àc?> murailles. De; distance en distance, dos |)it'ux 
lurent fixés on lerro, et l'on y attacha clos cordes enliolacées 
dont l'extrémilé venait aboutir à une colonne; de marbre, 
d<;vanl la lente du roi. Alexandre lit placer an sommet de 
colle colonne une grosse; cIocIk; au timbre sonore, [)uis il 
donna ses ordres aux (;onilii(loiiis des liavanx. Dès f|ue la 
cloche retonliiail et moKrail on mouveimcnl les cordes, au 
l)()ul des(j,uelles on avait allaché des cloches plus petites, 



424 LES PRAIUIES D'OK. 

c . . * 

/w . ■ * 

^/-=*-J ^j^ ^y-^M) i^y» ^«XjIj.AA)il (j*j^ tK*^*- c^ (J**-^-^ 

L^j <^-A$<=>- cXa.s».j i^AÀ^^X» i^^j.^ ii^-^jw dUi ^jl^^jU^aJi 
^_j«l.-»«,y| \j,.xjiùy \^\yj>o^\ di.lj !_yï.«w_5 Jlxil "-O-^ c-U^aJl (^K 
lâJLxjiUMls (j,wbj<XJix!lj J^A,#..£rJl> .^s^^Jl jji^'j «tX-=»-ij »jti:> 

Jlïj <_.w^»-9 viUjo »Aiwlî vA=i ry£ JIavj *.J<Xij (^ 5*XÀ5«i«iil 

c:>ij! *X_j^.> U «yi 4MÎ jLj 5^-A.i (jlxj 4Wi ^]j\^ L^5 ci>ijî 

ils devaient coiHinander aux ouvriers de jeler les fondations 
en même temps et sur toute la ligne du tracé. 11 voulait par 
ce moyen qu'une heure et un horoscope fortuné fixés par 
lui présidassent à Finauguration des travaux. Un jour qu'il 
épiait l'arrivée de l'heure propice à l'observation de l'ho- 
roscope, il se sentit la tête lourde et s'endormit. Un cor- 
beau vint se poser au sommet de la colonne sur la grosse 
cloche, et la fit sonner. Les cordes s'agitèrent et mirent en 
branle les petites cloches, grâce à un procédé qu'on avait 
emprunté à la science et aux lois de la mécanique. Les ou- 
vriers, voyant les cordes vibrer et entendant le son de ces 
cloches, jetèrent tous ensemble les fondations, et firent re- 
tentir l'air de leurs actions de grâces et de leurs prières. 
Alexandre se réveilla et fut très-étonné en apprenant la 
cause de ces rumeurs. Il dit alors : « J'avais voulu une chose, 
Dieu en a voulu une autre; il rejette ce qui est contraire à 



CIIAPITHE XXXII. 'i25 

J_jî*K-jj L|_>l^j_iw_» L^_>Lo Âit^ JUj" 4Wi :>ijîj ^^ Jj^ 

l^l^! 0003 UûpÎX^ ^*-I U X^5 0^i.âa^^J! y!j ULl J^lî 
c_>l^il ^»X_j i^K-iû ^^ (jv-r*- j*XÀX»»(^Ji JUi ^jLsvJ' «^-^ 

It»* ht>j\jsM)^ jy«)}\ »:>ijo!^ A*«àAj »_jAi^ Jsj^ *XaJ j aXaJI 

sa volonté. Je désirais assurer la durée de cette ville, Dieu 
a décidé qu'elle périrait cl disparaîtrait bientôt, après avoir 
appartenu à dillerents rois. » Cependant la construction 
d'Alexandrie était commencée et les londemenls en étaient 
posés, lorsque, à la faveur de la nuit, des animaux sorti- 
rent du fond de la mer et détruisirent tout ce qui avait été 
l'ait. Le lendemain Alexanilre tira de cet événement les j)lus 
fâcheux pronostics. «Voilà, s'écria-l-il, le commencement 
de sa décadence, et déjà se vérifient les décrets de Dieu sur 
sa ruine prochaine ! » 

A mesure que la construction avançait, et malgré la pré- 
sence des gardiens chargés de repousser les animaux lors- 
qu'ils sortaient de l'eau, tous les matins l'ouvrage de la 
veille se trouvait détruit. Alexandre fut saisi d'incjuiétude à 
ce spectacle; il métiita sur ce qu'il y avait à faire et chercha 
le moyen d'éloigner de la ville une pareille calamité. Une 
nuit, pcndani qu'il réfléchissait, dans la solitude, sur tous 
ces événemcnis, un stratagème se présenla à son esprit. Le 
lendemain matin il ap|)('la des onvrieis ri se (il conslrnirc 



420 LES PRAIHIES D'OU. 

Jolsxi «Xi ^Us-yi (j^ C^UUs- *-\3 tK^S-'j A**^ U^l^ «^ z^"^' 

ii :i^k_À_^ cj>^\jJL cS^^aJ jl^iii_5 kXjtXilj ^\msj}\ cj!5V)0L« 
Lgy-yo <~f-£i*^ l^yJùaJii (jv.A5yLl (jvj cj>_jjUJi J.xs>-^ aVjLwI ^ 

2kiLA-s». Jj-isj (^-)b.^3_j-Li <JÎ cj>^\jJî JUj*. *x.(ij lijjcjb !$\;*J 



un coffre en bois long de dix coudées, sur cinq coudées de 
large. Tout autour de ce collVe, et à l'intérieur, on posa des 
plaques de verre et l'on appliqua sur le bois des' couches 
de poix, de résine et d'autres enduits de nature à empêcher 
l'eau de pénétrer à l'intérieur; on réserva aussi une place 
pour y attacher des cordes. Alexandre y entra alors avec 
deux de ses secrétaires, dessinateurs habiles, et ordonna 
qu'on fermât l'ouverture du cotfre et qu'on la bouchât 
avec les mêmes enduits. Deux grands vaisseaux gagnèrent 
le large. Des poids en ier et en plomb et de lourdes pierres 
avaient été attachés à la partie hiférieure du cotfre pour 
l'entraîner au fond de l'eau, parce que, étant rempli d'air, 
il aurait lîotté à la surface sans pouvoir gagner le fond. Puis 
on l'attacha avec des câbles entre les deux bâtiments que 
des planches mises en travers empêchaient de se séparer 
l'un de l'autre, on laissa liler les câbles, et le coffre descendit 



CHAPITRE XXXII. /j27 

j— *-.*imi (jÀ-x^Ji (^tXoi 4J_5 ij-^^l /ft- ^ A^x- i <^«^j' ij c.U*-Ji 
A»_gjJ^_>i ^j Uj *K^ij isjkj^i c.\jua jiJJy IJJ^^ x^Ult_5 
liûjXsfc-j j^^aJl dUj <îuw |^^J jJO^STAwii! c>jolî *LyJî uji/) 4j.« 

jusqu'au fond de la mer. Grâce à la transparence du verre 
et à la limpidité de Teau , Alexandre et ses deux compagnons 
virent des aninjaux marins et des espèces de démons ayant 
une l'orme humaine et la tète semblable à celle des bêtes 
féroces. Les uns tenaient des haches, les autres des scies 
ou des marteaux, el ils resscnd)laienl aux ouvriers avec ces 
outils analogues aux leurs. Alexandre et ses compagnons 
tracèrent sur le papier et dessinèrent exactement tous ces 
monstres, en reproduisant leur aspect hideux, leur stature 
et leurs formes variées. Puis ils agitèrent les cordes, et, à ce 
signal , le colfre fut hissé par récjuipage des deux bàlimenls. 
Alexandre en sortit et retourna à Alexandrie. Là, il ordonna 
aux ouvriers qui travaillaient le 1er, le cuivre et la pierre, 
de reproduire ces animaux d'après les dessins qu'il avait 
apportés. (]es figures étant terminées, il les lit placer sur des 
blocs le long du rivage; puis on reprit la coii.struclioii de la 



428 LES PRAIRIES D'OR. 

^.ss.-yM iO^jUU Js^l ^^ bû,_j.As <jl ci^^Ài^yw^I (j^ iLuU^iJîj 
iLM*XÀ5wA«^i «.i^AÀJ /*-' dUi «Xxj iXjKj ^j »..^0i ijî c:ajc5«-j 

c:>l_A.Â.Jîj jjj^j-»«Jî^ (j'-f^'^'i r^"^^'j ^^Vi!l ^^ l.frAjwl (j! ci>:5jl 

S^^-rs-j (i Js_^-*v5 lX.j»._j L-Ufi S'^ tX t^ aXSÎ ^lïi^ \si>j^^ 

ville. La nuit venue, lorsque les monstres marins sortirent 
de l'eau et se trouvèrent en face de leur propre image placée 
sur le bbrd de la mer, ils legagnèrent aussitôt le large et ne 
se montrèrent plus. 

Une fois Alexandrie et ses fortifications terminées, le roi 
fit mettre celte inscription sur les portes de la ville : « Voici 
Alexandrie; je voulais la bâtir sur les bases de la sécurité 
et du salut, assurer son bonheur, sa félicité et sa durée; 
mais Dieu le tout-puissant, le roi des cieux et de la terre, 
le destructeur des peu})les, en a décidé autrement. J'ai cons- 
truit cetle ville sur des fondements solides; j'ai fortifié ses 
nmrailles. Dieu m'a donné la science et la sagesse en toutes 
choses, et m'a aplani les voies. Aucune de mes entreprises 
ici-bas n'a échoué, tout ce que j'ai souhaité m'a été accordé 
par la grâce de ce Dieu glorieux et la bonté qu'il m'a témoi- 
gnée j)our réaliser le boidieur de ses serviteurs qui ont vécu 
dans mon siècle. (Jioirt' à Dieu, niaîlre des mondes, il n'v 



CHAPITHE XXXil. 'i2U 

o»_j\^ tXJj^ -^U-^ *XjU-«j *LvA3^ c:>L*jI*JiL*j j^jli^ ^!j^l^ 

j»Lifc.Ji , ipLu akXniJ p. Iaao.* J.AXJ Jys^i i *^5*3j iùjOs-ix»»(ii! 
jL^ill ç.'^! ij-. ji_j-A»ii iLxxiw ^4^^ (j^ iXJj^ jiail (j^ ^,_gù. 



a pas d'aulre Dieu que lui, le souverain de l'Univers! » La 
suite de cette inscription annonçait tous les événements 
futurs concernant Alexandrie, sa prospérité, sa ruine et en 
général tout ce qui l'attendait dans l'avenir, jusqu'à la fin 
du monde. 

Alexandrie était bâtie en gradins, et au-dessous de ses 
maisons s'étendaient des voûtes cintrées. Un cavalier armé 
de sa lance pouvait, sans être gêné par l'espace, faire le tour 
(le ces voûtes et de ces souterrains. On y avait pratiqué des 
ouvertures et des soupiraux pour laisser j)énétrer l'air et la 
lumière. Pendant la nuit, la ville était éclairée, sans le se- 
cours de flambeaux et par le seul éclat de ses marbres. Les 
marchés, les rues et les ruelles étaient voûtés, et les pas- 
sants y trouvaient un abri contre la pluie. Son enceinte se 
composait de sept nmrailles en pierres d(! dilïércntes cou- 
leurs et séparées par des fossés; (;ntre dijupie fossé et la mu- 
raille \oisiiu' s'cicvail un n'IrarulicMM'iil. Souvcnl on sus- 



430 LES PRAIRIES D'OR. 

CJ-* U-?-^'^'^"^"^' (**^ ^ ^ *jIJCa«j^j>£^J| c::>l5i Ci*jl^ L^JLiùl 
ii_À_>*X^i »*X_Ô J.jè! J^L ^^i-JS^ (jvAjIjJOiXAg^Ij (^jjAoil 

iUiL ^g^ JL*ll J^Xj dUUri> SiNJj! ^^ ci^l-fwAlo ^XiS"! diJ<Xj 

j^« cjUw^X.k.ii (_jLiï=i *>Ol_£j ^IjJI I«x^ (j^ Wt;>J>3 ^il^i 

pendait au-dessus de la ville des voiles en soie verte pour 
protéger les yeux contre la blancheur éclatante du mariare. 
Quand Alexandrie fut bâtie et peuplée, les monstres et 
les animaux marins reparurent pendant la nuit, s'il faut en 
croire les conteurs égyptiens et alexandrins, de sorte que 
chaque matin on constatait un vide considérable dans la 
population. Alexandre plaça alors des talismans sur des co- 
lonnes nommées el-Mesal, lesquelles existent encore. Cha- 
cune de ces colonnes est en forme de llèche, elle a quatre- 
vingts coudées de haut et repose sur un piédestal d'airain. 
Alexandre fit placer à la base des images, des statues et des 
inscriptions, en ayant soin de choisir le moment où quel- 
ques degrés de la sphère céleste s'étaient abaissés et rap- 
prochés de la teiTC. En effet, ceux qui appliquent l'étude de 
l'astronomie et de la sphère céleste aux talismans prétendent 
que lorsque certains degrés de la sphère s'élèvent et que 
d'autres s'inclinent, ce qui a lieu dans une période déter- 



CHAPITRK XXXII. 'l'U 

lj^_iû IjLjU^s j*^aJ JJjl!! jt^-»*-t (j^^^ «iUi ^ *^_5 (^^î 

minée, égale à six cents ans environ, les talismans exercent 
sur la terre leur action tutélaire et délensive. Ce fait est 
avancé par plusieurs auteurs de tables et d'observations as- 
tronomiques, et il se trouve dans les ouvrages qui traitent de 
cette science. ]>eurs théories sur les mystères de la splière 
céleste, l'opinion de ceux qui considèrent cette influence 
comme la plus bénigne des forces universelles, et d'autres 
opinions analogues ne peuvent trouver place ici. Mais les 
explications relatives aux degrés de la sphère sont rappor- 
tées dans les ouvrages des plus savants astronomes modernes , 
tels que Abou Machar dcBalkh, cl-Khàrcznii, Mohammed, 
his de Kethir elFergani, Machallah , Habech , el-Yezidi, Mo- 
hammed, fils de Djabir cl-lUiutaiii , dans sa grande Table 
astronomique, Tabit, fils de korrah, et d'autres savants qui 
oui traité de la sphère céleste et des constellations. 

Au rapport de la plupart des historiens originaires de 
rKgypte cl d'Alexandrie, le phare d'Ale.xandrii' lut hàii par 



/i32 LES PRAIRIES D'OR. 

^^.L«5 t-jbc^î I<>»JÛ (j^ oi^Aw l^ kilXl! î«Xd> j.5i U-«*XS «Xjjj 
^«XÀ5w^iil <JI iL^sXÀ5MAi2)| cxÀjuàl Wij v<»âjÇ J\y£i'^\^ lgJ^\JL«j 
yt^ \yl\s U j^ L^j (J^*N> *^isi^5 I^^A-^' ^J^ i îji^yfT^i>j 

i a-aJI :>j»> UC« t_>U> i)^ JiXx^j-sïsJI jj AïjJaj^ j*XjiX«(iJI 

Alexandre, fils de Philippe de Macédoine, dans les circons- 
tances rapportées ci-dessus au sujet de la fondation de cette 
ville. D'après dlaulres auteurs, ce fut la vieille reine De- 
loukeh qui le bâtit et en fit un poste d'observation destiné 
à surveiller les mouvements de fenneaii. D'autres en attri- 
buent l'origine au dixième Pharaon , dont il a été parlé pré- 
cédemment. Enfin d'autres auteurs assurent que c'est au 
fondateur de Rome qu'Alexandrie, le phare et les pyra- 
mides doivent leur existence; dans cette hypothèse, le nom 
d'Alexandrie viendrait seulement de la célébrité d'Alexan- 
dre dont les armes subjuguèrent la plus grande partie du 
monde. A l'appui de cette opinion, on cite plusieurs faits. 
Alexandre, dit-on par exemple, n'avait pas besoin de faire 
de ce phare un poste d'observation, puisqu'il ne redoutait 
aucune attaque par mer, et que nul souverain étranger 
n'aurait osé envahir ses Étals et marchci- sur sa capitale. On 



CHAPITRE XXXII. 433 

^;-S**>J JUjf l4À^_5 c:^S:> civS=» l^^«« j_j«Xj ^^XjUw S«X> oiuiUUtf'l 

ajoute que le véritable auteur du phare le bâtit sur un 
piédestal de verre en lorme d'écrevisse, qui reposait sur le 
fond de la mer, à l'extrémité de cette langue de terre qui se 
détache du continent (île de Pharos). Il couronna le faîte 
de Tédilice de statues de bronze et d'autre métal. Une de 
ces statues avait l'indicateur de la main droite constamment 
tourné vers le pornt où se trouvait le soleil; s'il était au 
milieu de sa course, le doigt en indiquait la position; s'il 
disparaissait de l'horizon, la main de la statue s'abaissait, 
(;t décrivait ainsi la révolution d»; l'astre. Une autre statue 
lournail la main vers la mer, dès que l'ennemi élail à la dis- 
lance d'une nuit de navigation. Quand il arrivait à portée 
(le la vue, un son elTrayantet qu'on entendait à deux ou trois 
milles de là sortait de cett<,' statue. I.es habitants, avertis 
ainsi de l'approche de l'ennemi, jjouvaicnl (mi surveiller 
les mouvements. Une troisième statue indiquait toutes les 
heures du jour et de la nuit par un son li.nriionieux , et qui 
variait avec chaque; heure. 

M. 28 



U^ti LES PUAIRIES D'OR. 

«x-x-^lo ftXiSV-wij ^i^wwÀJ o*.^^-i_5 w£^!y43 J'^^l "^-^J' <^A^_jJ' 

Sons le règne d'e!-Walid, fils d'Abd el-Mélik, fils de 
Merwan, le roi de Byzance envoya en mission secrète un 
de ses eunuques favoris. Ce servi leur, doué d'nne prudence 
et d'une astuce consommées, parvint sain et sauf, grâce à 
d'habiles manœuvres, jusqu'à la frontière musulmane, lui 
et les gens de sa suite. Conduit en présence d'el-Walid, il 
lui apprit qu'il était un des courtisans du roi grec, et que 
ce roi, dans un mouvement de colère et sur des soupçons 
mal fondés, ayant voulu le mettre à mort, il avait quitté 
la cour. Cet étranger manifesla le désir de devenir mu- 
sulman et fit sa profession de foi entre les mains d'el-Walid. 
Peu à peu il capta les bonnes grâces de ce prince, et lui 
révéla l'existence de trésors cachés h Damas et dans d'autres 
localités de la Syrie, d'après des indications précises four- 
nies par certains livres ({u'il avait apportés. Lorsque la vue 
de ces trésors et de ces bijoux eut redoublé la curiosité et 
la convoitise d'el-Walid, l'eunuque lui dit un jour: « Prince 
des croyants, il y a ici même des Irésors, des pierres pré- 
cieuses et d'autres objets do prix cachés par les anciens 



CHAIMTKK XXXII. ^35 

^- ^.v ; ^^..Ml ïjijuo (^^' JUi^^jii ^J£. OyJjJt >iL** d)y^ 

j^\^s Ji^iJI c^ c^y^^' j.xi5:^i^i (jl dUi>j ^jii! Jl^i 
4^w>:>!^.^>^.)i_;jJaUj>Jlji Uji)! VjJajvi^ ^^^i cx>r" ^l^i/l 

j«>s_^r^ (*«4^ *^^-'*^ CJ-* ^^^j^ U^X.£l Ijj^jwiJ^ (O-ft-*-* S^ (j^. 
ciA-Jt-jkJ JoLju* /0.4-S^* ^*XxX5 y^-éaj !5X* v>«.AaJI ^«^-^Jj (j-UjI 

-vK^ ajUj5 <îuoI_j-5»- <j-» (j*<bî_j (j^^ -iUsL <XAjyî 



rois." Et, sur les instances d'el-WalicI, il ajouta: «C'est 
sous le phare d'Alexandrie que sont enfouis les trésors de 
la terre. Sachez, en elfet, que lorsque Alexandre s'empara 
des biens et des piei res précieuses (jui avaient appartenu à 
Cheddad, (ils de Ad, ou à d'autres rois arabes en Egypte et 
en Syrie, il fit construire des caves et des chambres souter- 
raines, surmontées de voûtes et d'arcades. C'est là qu'il dé- 
posa tous ses trésors, lingots, valeurs monnayées et pierres 
fines. Au-dessus de ces souterrains il bâtit le phare, qui 
n'avait pas moins de mille coudées de haut, et plaça au 
faîte le miroir et un poste de veilleurs. Dès (pie l'ennemi se 
montrait au large, ils criaient pour avertir les postes voisins 
et donnaient, à l'aide de signaux, l'éveil aux plus éloignés. 
De cette façon les habitants étaient avertis, ils couraient à 
la défense de la ville et déjouaient les tentatives de l'en- 
nemi. • En conséquence, el-VValid fit partir cet eunuque 
avec des soldats et quehpies courtisans dévoués; ils démo 
lirent le phare juscpi'à la moitié de sa hauteur, et détrui- 
sirent le miroir. Cette (envrc de destruction indii'na l«'s 



436 LES PRAIRIES D'OR. 

(Jî b^i^>i U (_^ »jLà-II c:*-ajL)j AJcUc*. c:a.^3 »^! (j^ diJi 

habitants d'Alexandrie et des autres villes, car ils "compri- 
rent que c'était une ruse et une manœuvre perfide dont ils 
seraient les victimes. Voyant que ces rumeurs se propa- 
geaient et qu'elles ne tarderaient pas à arriver jusqu'à el- 
Walid, l'eunuque, dont le but était atteint, s'échappa pen- 
dant la nuit et s'éloigna sur un bâtiment que des gens 
apostés par lui tenaient tout prêt à partir. Ainsi s'accomplit 
son stratagème, et depuis lors le phai^e est resté à demi 
ruiné, jusqu'à la présente année 332 de l'hégire. 

Il y avait dans les parages voisins d'Alexandrie une pê- 
cherie pour les fragments de pierres précieuses qu'on re- 
tirait de la mer et dont on faisait des chatons de bague; on 
y trouvait toutes sortes de pierres fines comme le kerken, 
Vadrak et Yesbadédjechm. On a prétendu qu'elles ornaient 
les vases dont se servait Alexandre dans ses festins, et 
qu'après sa mort sa mère les fit briser et jeter dans l'eau 
en cet endroit. D'autres raconter) I qu'Alexandre réunit ces 



CHAPITRE XXXII. k?>l 

\jy--*-« O*^"^ olïj^l j.iji t^ (^^' (J.^^*^ ^J^ 3^ U^ Lr^ 

^^j_AajL!i ^Jj>^j ^^^^^^^ Kj^y^''^^ ''^^ »X^;^_5 xi:>.r»ilyu.L 

bijoux et les jeta à dessein clans la nier, afin que les abords 
du |)hare ne fussent jamais déserts. Car 1(!S pierres pré- 
cieuses, qu'elles soient dans le sein de la mine ou au loiid 
de la mer, doivent être en tout temps l'objet des rechen lies 
de riiomme, et le lieu qui les recèle est toujours un centre 
d'agglomération. De toutes les pierreries qu'on pêche aux 
alentours du phare, celles qu'on relire le plus souvent sont 
de l'espère dite cshadcdji'clim. 

J'ai vu plusieurs lapid.iircs cl artisans qui travaillent les 
pierres nommées o<(/</(7i/a/('.v laconner l'esbadédjechm et en 
lain; des chatons de bague ri irauties bijoux. Il en est de 
inénie des chatons iiominés hoLtilcinoun (poui- huukaleiuoun 
caméléon), (|iii ollrciil a l'œil des nuaiKcs chatoyantes et 
variées entre le rouge, le vert, h' jaune, etc. Nous en avons 
parlé |)récé(lennMeiil. I .e chaloiemenl résulte de l'éclat et 
(le la limpidité de la pierre, et aussi de l'angle sous lequel 
l'iril la considère. Dans la |)ierte Mt)mnié(; buLalfinoun , le 



438 LES PRAIRIES D'OR. 

ii^ ci);«Xj i' l^^b <XÀ-ft »-AaAil y^^j.^Jâj bl_jJl 4>ovgJî (jb;L? 
Jw^ ^*X.Jij «r-VS^ O^"*^ «X-À^i i_y3;L? jrtOji^la^î yiJ ^^.-î; 

jLAo^îiM Ijlyl j^xj- ^sJ jl_>J^I »;»x^> -Ia-ws-^I iyJtj^o ^J^ 
^jU.s- jjvXii 2:r~^^'3 ^^^' ;-^ ^iv5^ e^b:»!! ^j^:» l^ji^ 

chatoiement rappelle les reflets multiples que présentent 
la queue et les ailes des paons, mais chez le mâle seule- 
ment. J^ai vu dans l'Inde quelques-uns de ces oiseaux dont 
le plumage offrait au regard des nuances innombrables et 
qu'on ne saurait comparée à aucune couleur connue. Ces 
nuances se succédaient l'une à l'autre et variaient suivant 
la grosseur de l'oiseau , sa taille et la longueur de ses plumes. 
Les paons sont d'une beauté remarquable dans l'Inde , mais, 
lorsqu'on les porte en pays musulmans et qu'ils pondent 
loin de leur pays natal, les petits deviennent chétil's; leur 
plumage se ternit alors et perd ses couleurs variées, et ils 
n'ont plus qu'une vague ressemblance avec les paons in- 
diens. Ceci doit s'entendre des mâles et non des femelles. 
On peut en dire autant de l'oranger et du citronnier rond, 
qui furent apportés de l'Inde , postérieurement à l'an 3oo , et 
semés d'abord dans l'Oman. De là on les planta à Basrali, 
en Irak et en Syrie; ils devinrent très-communs dans les mai- 



CHAPITUE XXXll. /i39 

(j^^l^ iUllaJi »ji.*À. ^\^j.i\ i<X^ c>_*»Xjo cj^ i^j *^4*î> (j^ 
«^^^ (j Ji kiLJi -Jv_j»J <X-»(}Jl (j--^;!^ ^VS* ♦^^-=?-^ tâ*^^ (:>'**^ 

c_;jL^' owl^jJv^jT^ill »Xxj p^yi J^ ^j^ U>5X*i i »T^J 

/o-ftJ_^-s*- (i^ (O-ê^ <\*l:r J^=»>:> *T>*^' >_.<^swLo o*»'^^ jj^JsXJiil 

sons de Tatsous cl d'autres villes frontières de la Syrie, à 
Antioche, sur les cotes de Syrie, eu Palestine et en Egypte, 
contrées où ils étaient inconnus auparavaul. Mais ils per- 
(lin.'ul l'odeur pénétrante et suave ainsi Cjue l'éclat (ju'ils 
avaient dans l'intle, n'étant plus dans les conditions de cli- 
mat, de teiioir et d'eau (jui sont particulières à ce pays. 

On croit (|ue le miroir j)lu(é au somniet du phare ne de- 
vait son origine (ju'aux attaques dirigées par les rois grecs, 
successeurs d'Alexandre, contre les rois d'Alexandrie et 
d'Kgyple. Les maîtres d'Alexandrie se servaient de ce mi- 
roir pour reconnaître les ennemis qui venaient par mer. 
En outre, (|uicon(|ue pénétrait dans le pbare, sans en con- 
naître l'accès et les issues, se perdait dans cetU; loule de 
chambres, d'étages et de passages inextricables. On raconte 
aussi (jue, durant le règne d'el-Moktadir, lors(jue l'armée 
des Maures entra dans Alexandrie sous la conduite du mailie 
(le rOccidciU (Sahib el-Magreb) , une troupe de cavali(;i.s 



tiliO LES PRAIRIES D'OR. 

<iî t5J-â--» <5^^-* <i5 ^J^* lIt^ ^■^^ W* ij"tf>^ «jUil Jî 

^jy^^ yî cK*J>J ^'^ii «>>*J /o»^J ^ jjji,^s i<X£ A-^jo» «XJUàtj 

^j5*X_A_A.Jl 4-^L^ ^ »^*,^5^Ui».l ^-^tvaJî^ j^<x4ij c-^^l_5 

^^ viUi <^lj »^3 »^^ »^]y.s»~^ ^JlxSl <-A5Uè. (j^ liuJC:^ 

pénétra dans le phare et s'y égara clans un dédale de rues 
qui aboutissaient à des couloirs étroits au-dessus de Técre- 
visse de veri-e (Voy. ci-dessus, p. /i33); il y avait là des ou- 
vertures donnant sur la mer et par où ils tombèrent avec 
leurs ch'evaux. Ainsi qu'on le sut plus tard, le nombre des 
victimes fut considérable. Suivant une autre version , ils 
tombèrent du haut d'une plate-forme qui s'étendait devant 
le phare. Cet emplacement est occupé aujourd'hui par une 
mosquée où séjournent pendant l'été les volontaires égyp- 
tiens et d'autres contrées. 

L'Egypte, Alexandrie, le Magreb, l'Espagne, Rome et en 
général tous les pays situés à l'orient et au couchant, au 
nord et au midi , renferment plusieurs localités intéressantes , 
des monuments et des ruines remarquables, et des pro- 
priétés locales dont l'influence se fait sentir sur leurs habi- 
tants. Les détails que nous avons donnés dans nos autres 
ouvrages sur les merveilles du monde, les êtres qui habi- 
tent le continent et la mer, etc. nous dispensent d'y re- 
venir ici^ 



CHAPITRE XXXII. 441 

J^Ji^^-iS-tj iL»^-iJl! c:*_yAAiij iUiijtli J^U^ilj (jij->SÀ-!i »^^J 

Nous n'avons rien dit jusqu'à prosent dans ce livre des 
pyrées,des temples célèbres, des édifices vénérés et d'autres 
sujets du même genre; mais nous leur consacrerons un 
chapitre spécial, s'il plaît à Dieu; de lui vient tout se- 
cours. 



VARIAINTES ET NOTES. 



Page 1 (i). Ou lit clans d'autres manuscrits XéJI J>a2w ou ^^juf Jou^- 
Klaprotli a lu Ji^il [\^^- (Voyez ^Ju(jasin asiaCujue, t. I, p. 208. — Cli. 
DOhsson, Des peuples du Caucase, p. 3 et 1 54.) 

Ibid. (2). Par ce mot il faut entendre ceux que nous appelons les Alains 
ou Ossètes, sur lesquels on peut consulter une savante note de M. Qua- 
tremère dans sa traduction de l'Histoire des Mongols de Racliid cd-Diii, 
p. 70. (Voyez aussi Klaprotli, ouvrage cite, p. 286.) 

P. 2 (1). On lit aussi /jiyu-wJ? ou ^lw«^Ai?. ( Voyez Klaproth , p. 259. 
et le Dictionnaire ijéoyraphiijue de Yakoul, à ce mot.) 

P. 5 (1). D'autres lisent qIiJo^i o" (j'>J-^Î' *'^' u'V^-^'"" o'î^ 
ou (j|yj^[,ou qIJj^. (Voyez D'Ohsson, p. '1. et i55, et Klaproth, 
Vojaije au Caucase, t. Il , p. ^i"]. ) 

P. 10(1). Ou bien encore «V^)l , ou f-^^^. J , ou *y\yo» J , ou *>yw.i J 
(Voyez Klaproth, p. 278.) 

P. 2J (1). Klapiotli , p. 280, a lu ^jj|. Ahoul-léda, p. 107 du lc\lc 
arabe de sa Géographie, lit aussi ^-^^1 . (Voyez Édrisi , 11, lOy.) 

P. 2G (1). On lit liU/ ilaris />' cl Iju-I dans //-. 

I\ ko (1). Klaproth l'ail (d).scrvcr, p. 28/1 , (pu- les uicmcs peuples soni 
appelés maintenant (jly^\ ou oijenes. Il aurait nil<Mi\ valu dur ï^; 
^jl- ^— > , Jahricunls de colles de inadles. Il s'agit ici en elFcl d'une tribu les- 
glii crièhi'e dans tout le Caueas(! par les armes (pi'elle i°al)ri(|ue en acier 
daniasquiiié. (Cousulli'z je .loimml iisuilujue , rahirr de {'('•vriei'-mars 18G2 , 
p. 2 23. — (;. D'Ohsson , p. I 7.1. ) 

P. Ii2 (1). />' lit j^ v>^- '-e doit clic IIdiiiiiii , ancien toil ilu lenituu'e 



444 VARIANTES ET NOTES. 

des Kaïtak , situé sur un rocher au bord du Homry. H porte actuellement 
le nom de Kayah-Kcnd-Oazen. (Voyez Klaproth, p. 285.) 

P. lx!\ {i\- Voyez le Schah-nameh, édition de M. Molil, t. IV, p. 524. 
Cette ville y est appelée ''i2> (jS^^j, ctscs murs »nL (jy^f . 

P. 47 (1). Klaproth, p. 290, a lu Adlicm-dhat. Il pense qu'il s'agit ici 
de la race tcherkesse d'Ademi, qui appartient à la tribu des ïemirgoï. 

P. 59 (1). B et L lisent ^^; L'-' lit L^. 

P. 67 (1). Klaproth, p. 298, a lu aussi .... ... '^. ^-, ; B et L portent 

«»^i=i^j-^. (Voyez, sur ce mot, Saint-Martin, Mémoires sur l Arménie , 
t. I, 233, 234.) 

P. 74 (i). Saint-Martin, Mémoires sur l'Arménie, I, 32 , dit ne pas con- 
naître le pays de Hazran et lit ,yjyà^ qu'il rapproche de Kai's. M. heinaud. 
Géographie d'Abou'l-Jéda, t. II de la traduction, p. 826 , pense à la partie 
de la Géorgie que Strabon nomme Khorzene. Dans le texte arabe d'Abou'l- 
féda,p. 387, note 1, on trouve encore indiquées les leçons QlVyak et 
Qi^j^. M. C. D'Obsson adopte (jUys», ouvrage cité, p. i65. 

P. 75 (1). Klaproth , p. 3oo, lit Solaverdiuh, et dit qu'il s'agit ici de la 
partie méridionale de la Géorgie dont Choulaverdi était une des princi- 
pales villes. 

P. 77 (1). Ce passage semble altéré. Dans tous les cas. Saluais ne se- 
rait pas une transcription exacte de l'arabe jj^xiCUf. 

P. 79 (1). Sur ce fleuve, que l'on appelle aussi Hendnicnd et Hcbucnd, 
voyez Kazvvini, p. 188, et Abou'1-féda, texte, p. 59. 

P. 80 (1). La traduction de ce passage présente des diflicullés. Par 
LgX/«, il vaut peut-être mieux entendre Sédjestàn dans le sens de la capi- 
tale du pays. Dans ce cas, le sens serait : «Son cours se termine à quatre 
parasanges de la capitale.» Peut-être aussi l'autciu- veut-il dire que le 
cours de ce fleuve s'arrête à quatre parasanges de la frontière occidentale 
de ce pays, ce que l'inspection de la carte rend très-adnn'ssible. 

Ibid. (2). Maçoudi tombe ici dans une erreur manifeste-, il semble con- 
fondre le Gange avec la Djumnah, qui est l'un de ses affluents. M. Rei- 
naud, dans son Mémoire sur l'Inde, p. 2 1 , a déjà signalé cette erreur. 



VARIANTES ET NOTES. ^^j5 

P. 85 (i). C'est par conjeclure que nous avons lu vol/f, car tons les 
manuscrits portent ^>ilJi. 

P. 87 (1). Ce nom est altéré. M. Wilson a essaye de le restituer dans 
son /lri((/ia antiqmi, p. i33. 

P. 88 (i). Au lieu de y;.«o', B lit \y^y L porte [^.uo, dont il ne dé- 
termine pas la ponctuation, et L^ f^^j. 

Ibid. (2). L lit e3j<ryfcl; ii porte c::>*-«rv^l- 

Ibid. (3). C lit c^^^jLo. 

?6i(/. (4). C et L lisent o^^'. 

P. 94 (1). Celte leçon paraît douteuse. B et U lisent Jla/jJi. L lil 

P. 97 (1). £< lit fjtMi5 J. b et /j ne font régner ce prince que dix ans. 

Ihid. (2). B lit oyyw, L porte yj^^-jt, L" p-^^tw. 

//>/(/. (3). Z,'^ lit . i.vv^wJ', Zi et L portent ^^a^m^^. 

Ibid. (4). /i lit (j"j-^- 

/6i(/, (5). /} lit j*,yj^.J; L, , i»o^.wJ; Z,-, /j*'5Jy*3i- 

Ibid. (6). Z lit ^.ya.«; L^, ^.^à.«,. 

P. 98 (1). L- lit ^^^-^/)I. 

/6((/. (2). L dit seulement ^^.uU;. 

//;/(/. (3). L^ porte _;yu As ; /^- II! , yj,^J. 

Ibid. (4). /;■' lit ^^jLLLL. 

//n-(/. (5). /.^ lit ^^_^I. 

P. 99 (1). An lieu (le la Icron conlcnuc dans crllc lif^ne, L- porte: 



m) VARIANTES ET NOTES. 

aXm .yJyic ..w» fo-^ ( fî^îy^' ^^ poi'''' ^* même leçon, seulement il 
ne détermine pas la prononciation des deux noms propres, dont le pre- 
mier est, suivant cette copie, ^JajyS, et le second, ^j\jjy9. 

Ibid. (2). P lit j-^j^- 

Ihid. (3). L lit (Vs.wfu,; L^ porte .y=»,^'. 

/6ù/. (4). TJ lit ^j^j^. 

76«/. (5). L lit ^.3a/0ji ; L^ porte -rj^r*^- Le roi suivant est appelé 
dans L, jjuJaju , et dans L^, JLuJ2.Ai. 

P. 100 (1). Llit ^J^:>^h. 

Ihid. [1). L lit ^jMA.y^=3. 

Ihid. (3). L lit (.o^^ya»; U, c>-iJy^f' 

P. 1 o5 (1 ). j*-^l , telle est la leçon des trois copies B, D ci L,el elle 
est préférable à Jj'^f , cj"c donne la copie A. H faut donc substituer 
(J».^l à Ja^l dans la table des chapitres placée en tête du tome I", 
p. 27. 

Ibid. (2) L-, ^»^; L, (J5>^. Cette seconde lecture se retrouve dans 
quelques iiistoriens musulmans. La nôtre est confirmée par les copies A 
et D et par le texte d'ibn Badroun, p. 9. 

P. 1 I 1 (1). B lit j_^laJ; L^, t^-^f) vo- On trouvera dans l'ouvrage de 
M. Chwolsohn, Die Ssahier, etc. t. II, les explications qai légitiment la 
leçon adoptée ici. 

P. 112 (1). Dans ce passage encore nous avons suivi la lecture de 
M. Chwolsohn (Ouvrage cité, t. I, p. 207, et t. 11, p. 37 0). A porte 
jjs^^Iaà.^; L^, ^jsj UJj.É=» , et D, ^jyLJo. 

Ibid. (2). Dans i^ on lit qL^^j-j j-jf ^' , et dans A, £<^. Cette 

dernière leçon parait être une allitération arabe du nom du célèbre roi 
Pichdadien tV,v4i^. (Voyez aussi Ibn Badroun, texte, p. 10.) 

P. 1 i3 (1). Au lieu (h- i_sm,.5LJ, L- porte ,__^It>j.J, ce qui se rap- 



VARIANTES ET NOTES. [it^7 

proclio do la foriiip (__i_«MOÔ<,si suivie par Ibu Badroun. Ce même auteur, 
au lieu de »mLU>, lit .u,,ijJtj, et îtj^' ''" ''t'" <'<- p-Lt». qu'on trouve 
dans presque toutes les copies. Au surplus, nous ne pouvons signaler 
toutes les variantes qui distinguent le récit d'Ibn Badroun de celui de 
Maçoudi , et nous renvoyons le lecteur au texte publié avec tant de soin 
par M. Do7.y. 

P. I i/i (i). L^, au lieu de JuLii, porte Jovial-; mais les points diacri- 
tiques, qui fixent cette lecture, sont d'une main moderne. Si cHe était 
adoptée , il faudrait traduiic : o que les démons et les animaux féroces , etc. « 

P. 117(1). Telle est la leçon de toutes les copies, à l'exceplioii de /), 
(jui traduit y^ par jJo «pays, ville,» d'après la signification persane. 
Celte correction est due sans doute au copiste. 

Ibid. {:>.). Les leçons les plus incohérentes déparent nos copies en cet 
endroit, et il serait oiseux de les mentionner toutes. Contentons-nous de 
signaler ^j^.! (jL, que donne L^ au lieu de jj-wsf (j\\, ^t ^ jr*"^ ^i-^- 
au lieu de ..yjy^ 55-- Ibu Badroun abrège ici la narration de Maçoudi, 
et il omet la généalogie attribuée à Afrasiab par notre auteur. 

P. 118(1). La même confusion existe ici pour la prétendue généalogie 
de Zou. Nous avons suivi de préférence A et L^, en négligeant les autres 
copies, qui ne méritent dans cet endroit aucune confiance. On peut rap- 
procher les données généalogiques de Maçoudi du récit de Firdouci. (Voy. 
Scliiih-nameli, publié par M. .1. MohI, t. 1 , p. .'i3/|.) 

Ibid. (2). Ce passage est rapporté de la maniiVe suivante dans fi et L : 



t^.*w..9 



I Lo etc. 



Ibid. (3). Nous manquons jusqu'à présent de renseignements sur cet ou- 
vrage, et nous ne lisons ce nom (jue par conjecture. /> porte /js. jCujJ [ , 
et /.-, ^j\JCoI1>J[. Ce passage est omis dans /). 

I*. i;>l") (1). />', o.5nL», <'l L, >'))^i- Dans un livre publié n'cemmenl 
pai- VL Haiig sons le titre <le Essiiys on llic sucrcd lamjauije , writim/s and 
rclHjion nf ihc l'tirsres, on trouve une théorie extraite des livres liturgiques 
des (jufcbres (jiii n'est pas sans analogie avec l'opinion de Maçoudi. (Voyez 
le compte rendu de cet ouvrage dans le Joiinud usiulitiiic de juin 18(12 , 
l>. r)2.».) 



liU8 VARIANTES ET NOTES. 

P. 127 (1). L- et D, ^UUw; L, , j»,Ul«. . 

P. )3o (1). La plupart de ces noms sont douteux. Les copies L^ et A 
sont à peu près d'accord. Cependant, dans L^, au lieu de fj^yà , on lit 
^jy^J, et dans D, ^Xg^. La copie L porte : ^ ^_^.é=> ^ (^^[^ 

P. i3i (1). L^, o—wjy (^ S^-*^_3 (J^i •'^^ S^"*^ S^"*"^ O^' 

P. i34 (1). Dans D, on lit QL.5Cl,<!i'f , et dans i-, ^jîoJCi;.!iff. (Voyez 
aussi Ibn Badioun, texte, p. 2 4.) 

P. i38 (1). L porte Ji^ulf. Au lieu de » a-«,U , on trouve ^5^u dans D 
et dans i*. Le texte de Ibn Badroun porte ^y^^ (p- 8 du texte). 

P. iSg (1). Le second vers n'est donne que dans A. Ibn Badroun ne 
rapporte aussi que le premier vers, et avec les variantes suivantes: 

p. i/io (1). Au lieu de c>-*UJî lS^U "''^ vallée du moine,» leçon 
confirmée par Yakout, on trouve t_>ifcoJf ^^e^ da"s la copie L. (Voyez 
dans Ibn Badroun [loc. laud.) un dicton analogue à celui qui est cité ici. 

P, i4r(i). Xj Z>^ et D ajoutent cette phrase: <ji}y)y%SVj^.^f jst> fôJûj 
P. i43 (1). Les copies B et L, après le second vers, ajoutent celui-ci: 

et après le quatrième : 

\y^:2^ \ *-:Vy;^ ^)') ^^^^^ O^J l_5 I LSqk*-w ( ? ) y.à^ (J oJ Ij ;_S^,^^ (S'J^) 

P. I /17 (1). B et L terminent cette citation par deux vers omis dans les 
autres copies : 

p. idi (1). Dans A ol D, on lit l^yXj, dans L, Ujy ^^vJ ^'■j'j- La 



VARIANTES ET NOTES. ^^9 

leçon ([111' nous avons eniprnntée à L- soniblo répondre ;ï la forme lié- 
hraïque N33 et Nj^"i"!3. 

P. 161(2). Ce nom est omis dans A. B porte jJu.,; L^, ^^^ \ enfin, 
dans le Tenhih (fol. 62) , on li) une fois jÙÀj . c' pins loin, ji^. 

P. 1(12 (1). L, ^^U ^— >il-, I-, a\j\s=3.\\. Cette dernière leçon ponrrait 
bien être la bonne, car on sait que les Arabes changent le 8 final des mots 
persans en rr et 'r. Il est probable que Maçondi veut parler dn lAvrc de 
la Victoire attribué par la tradition au roi Ardéchir, et dont on trouve un 
extrait assez long dans Firdonri. (Voyez le Schali-namrh , l'-dit. de Macan, 
m* livre , p. 742-) 

P. i63 (1). Lautenr donne une étendue exagérée au règne de Sclia- 
pour, qui dura seulement trente et un ans, de 2/u à 272 de J. C. (Voyez 
Flûgel, Mani, etc. p. i45.) Ajoutons que les historiens musulmans ne 
sont pas d'accord sur ce point. Ainsi Ibn Kolaïbah fait régner Schaponr 
pendant trente ans et un mois, tandis que dans le Lubb el-tccurikh on lil 
trente et un ans et quelques mois. Hamzah d'isfaluân cite trois opinions 
difierentes, et, entre autres, celle de Monca el-Kisrawi, qui n'est pas fort 
éloignée du calcul de Maçoudi. EnGn, dans Firdonri , on lit trente ans et 
(leii\ mois, comme le prouve le passage suivant : 

P. 1(17 (1). L, cj1)(>.^; />^ CjSLowJ. (Voyez les autres variantes de ce 
nom dans Ibn Badronn, p. 27, texte.) M. Flùgel, ouvrage cité, a dé- 
montré (pie la vraie leçon est Foultak, qu'il faut rapprocher dn flaTexjos 
cité dans VHisInirc critique de Matiichre par Reaiisobre. (Sur Kardonn , voyez 
le mémo ouvrage, p. lAi.) 

P. 171 (1). Tout ce passage est copié par Ibn Badroun avec des va- 
riantes insignifiantes. L'apologue raconté ici jouit d'une certaine popula- 
rité chez les musulmans. Il a servi de thème à plusieurs poètes persans el 
notamment i Nizami , qui lui a donné place dans le deuxième discours de 
"on Maijdsin des secrets. Seulement, au lieu de Hahram, c'cit Nonchirvàn 
que le poète a mis en scène. Ibn Khaldonn lui aussi, dans ses Prolégo- 
mènes, a reproduit le récit de Vlaçondi , mais en l'abrégeanl l)eiuiron|) 
(Voyez l'édition de Boulak, p. 1 '10.) 

P. iS/i (1). /) porte ïj^^s. ;/., ^^; /;, ^£^. 

... MJ 



450 VARIANTES ET NOTES. 

P. i85 (i). A donne une leçon très-différente: ^^_ft_Jl ^^—bL-S 
Ojf^^^ILj. Au lieu de \J'yJ>[3 , des copies A et L\ on lit fjJ^XàU , dans 
Zî et L. M. Dozy a lu Ljj>iiLs. On trouvera encore quelques variantes 
moins importantes dans son édition du poëme d'Ibn Badroun, p. 35. 

P, 1 86 (i). Nous avons adopté la leçon de A et de D, quoique ce nom 
de ville ne soit pas mentionné par les géographes orientaux. Cependant 
Ibn Batoutah (t. II, p. 388) parle d'une étoffe de soie nommée ménout, 
en usage chez les Grecs. L donne (^jS^ et L^ Ci>vy«- Peut-être faut-il 
lire (^.JLM ou 3và>«t , nom d'une ville sur laquelle on peut consulter la 
Géographie d'Abou'1-féda. 

P. 189 (1). Au lieu de A^, deux copies portent iAXi>, leçon qui ne 
mérite aucune confiance. On peut rapprocher ce passage des fragments du 
Modjmel al-tcvarihii , publiés par M. J. Mohl dans le Journal asiatique, 
IIP série, t. XII, p. 5i3. 

P. 190 (1). L et L^, d'accord avec le Commentaire d'Ibn Badroûn, 
ajoutent les mots : iJu« y^ iLst^J Ja5j. Telle est aussi l'opinion de 
l'auteur du Modjmel [Ibid. p. 5i5). 

P. 192 (1). Ces vers et le passage qui les suit ont été intervertis par 
quelques copistes. Nous avons suivi la copie A, qui s'accorde ici avec le 
Commentaire d'Ibn Badroun (p. 39 du texte). Ces deux fragments ont 
été déjà publiés et traduits , mais d'une manière peu exacte , par A. Schul- 
tens, dans ses Moniiinenla velustiora, etc. Leyde, 17/10, p. liQ. 

P. 199 (i). Ce mot, que l'on prononce aussi/ofaï/i/fa, est tiré du grec 
■^v(pos. Il en est fait mention dans les Vojafjes d'Ibn Batoutah, t. I", 
p. I 99 et passim. { Voyez aussi une note de M. Keinaud dans les Comptes 
rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, juin 1862, et le 
Journal asiatique, 111° série, t. XIII, p. 3/i/i.) 

P. 202 (1). M. Dozy {Ibn Badroun, p. 43) propose de lire <UJS*.â au lieu 
de «v^. On trouvera dans le même ouvrage les variantes de ce passage 
très-mutilé dans nos copies, 

P. 2o5 {)). Deux copies, au lieu de ces mots, donnent ^jaju i_>»»^ 
ô j,~a£ ^Lwos . /,- omet le troisième vers , et le passage tout entier est sup- 
primé dans fi. 

Ibid. (:>.). 1,0 nù'lre élant le khafif, ce dernier iiémistiche ne peut se 



VARIANTES ET NOTES. /j5I 

scander. Il y a là certainement une erreur du copiste que nous nv pou- 
vons corriger, parce que le manuscrit A est le seul qui cite le troisième 
vers. 

P. 211 (i). H porte y5\3 et omet ^LxS ^o; L porte «JU. 

1'. 212 (i). B, ^Xi ^ ijLi; I*, e>-i ^o *jL^; /), <_iLi ,jJ <*jLi. 

P. 2i3 (i). D est la seule copie où ce nom soil lisible; dans toutes les 
autres, la négligence dos copistes l'a rendu méconnaissable. 

P. 2i4 (i). Les manuscrits ne sont pas d'accord sur l'ortliographc de 
ce nom : dans Z,*, on lit ^.^«..^ J , et dans D, ^yXi>j,^J, pour ne parler 
que des moins incorrects, il est permis de supposer, d'aprd^s l'analogie des 
faits, qu'il s'agit du personnage nommé Yezdân-Baksch dans Mirkhond 
[Antiquités de la Perse, p. .^gS). 

Ibid. {2). Cette pbrase est obscure, et nous ne sommes pas sûrs de l'a- 
voir traduite avec exactitude. Les copies ne donnent aucune leçon qui 
puisse en fixer le sens. 

P. 318 (1). Les deux copies de Leyde portent (j'v*>^L ce qui est 
sans doute une correction due au copiste. La forme que nous avons con- 
.servée dans notre texte, d'après A et D, .s'éloigne moins du mot JjjL*^ 
employé par Mirkhond (ouvrage cité, p. SgS). 

P. 221 (i). Au lieu de ^^o-J^ , deux copies portent ^.t>-->^-J et 
^j(jju. Il est possible que Maçoudi ait écrit .m^^jj, car dans Ccdrenius 
[A, 399) un frère de l'empereur Maurice est nommé Pétrns. (Noie de 
M. Dercnbourg. ) 

P. 225 (.). /.. ^;lyî; /A ^y;l ^; f^'y^.)\y^.- 

P. 22G (1). Les deux copies de Leyde el la copie /) lisent .Ljyg.i;; 
mais notre leçon reproduit, avec une exactitude plus grande, le Sapèapos 
des historiens byzantins. (Voyez, sur ce nom, les observations de î>. de 
Sacy, Antiquités de In Perse , p. 1 fl 1 . ) 

P. 234 (1). Le ms. fi supprime la phrase Ju5 o-5o <l la reuiplacc p.n 
une leçon toute différente. La voici : a-aOs ■ ^— ; J;[ /jjxi^ ^.ju lAjù^ 

L^J» *-«Lj' o-Jol -.iNWl Q'» cAj2> y^ J^î 3^- O^Y^^'^ U^Vv 



1151 VARIANT?:S ET NOTES 

cslù-L* (^-0 j^^\ a*5 (JtX*^' tX*.^ (jJ Cjfjj''» /"^jf (J'^'« t.ÀX9j ^^y^ 

P. 2 36 (i). B donne encore ici une rédaction différente , qui n'est peut- 
être qu'une interpolation du copiste: ».*« ^Lj^.^^ ^J,^ O^^v^Lj J^aS» 

«tX* (Jji icf àj}]^ J<>r^^ ^■*-* (J^"-^J cP*^ *^J lH^^ O^ î^'^' 
i_9oLi. ^>-/o t>Aifc (jvÀ^ Q<.i^J OSU^j iiX«» ^^.<i.E ciU/o <iùl ijLJI 

O"^ (j^JvX)^ C?<>=>'| ^^-^ ci ^■'■^^ '^^y^^ '^7'"^ f^MXW \jy^^ ')^y^^^ 

P. 24i (i). A nomme ces trois fiHes ^ul, L^ et fjojal-is.^. Dans L, 
au lieu de Mardawend , on troxive Jj^y-e. 

P. 2/1 5 (1). H semble que ce soit une altération du nom d'Athènes. B a 
lu iÀ^f. 

Ibid. (2). On peut voir les variantes sur ce mot dans Ibn Badroun, 
p. 48. L'une d'elles, jw^-OftsÀ , rappelle assez bien le nom de Cécrops. 

P. 246 (1). Ce passage est omis dans deux copies. (Pour les variantes 
du nom de Philippe, voyez Ibn Badroun, /oc. /ail J.) 

P. 260 (1). Sur ce nom , qui peut être lu de dilïéi'entes manières, voir 
le Mémoire sur l'Inde de M. Reinaud, p. 63. Quant à cette histoire, elle 
est racontée dans Ibn Badroun, p. 16- 2 3, de manière à faire supposer ou 
qu'il a fait un emprunt à Maçoudi, ou, ce qui est plus probable, que tous 
deux ont puisé à une source commune. 

P. 267 (1). La leçon que nous avons adoptée pour ce mot est celle de 
B et de L-. Le ms. de Constantihople lit ë^Ui.ij.jlj ; L lit «vJLgafc JaJI^ 

P. 276 (1). Ce mot n'est pas facile à traduire, et ce n'est qu'un équiva- 
lent que nous avons risqué. Conjecture, pressentiment, opinion, instinct, 
toutes ces expressions esquissent plutôt la traduction de l'original qu'elles 
ne la donnent complètement. Dans la classification des facultés, qui se 
trouve dans l'ouvrage de Kazvvini, il est fait mention, parmi les facultés 
perceptives intérieures, de Yopinion ou de V instinct, (^jf» qui attribue 
aux êtres des qualités imperceptibles aux sens, comme la véracité, la mal- 



VARIANTES ET NOTES. kbS 

veillance, ([ue l'on attribue à telle ou telle personne (Voyez les ex- 
traits de Kazwini parChézy, Clirest. arabe , III , p. 488, note de Silvcstre de 
Sacy.) D'après cela, fé^jji serait donc l'exercice de cette faculté perceptive 



P. 283 (i). La copie L lit, avec une exagération évidente, i—wu-**" 

P. 288 (1). L^ lit <v^«3s»Lik, qui doit être la vraie manière de pro- 
noncer ce mot, dont l'orthographe réelle est \j^^y/> rX^. 

P. 292 (1). A porte jj,çi5j, et L', f_gi^^ • Et. Quatremère, dans son 
Mémoire sur l'E<jypte, a adopté la leçon ivaldimi. 

P. 295 (1). Z> lit 4tf^.j2.vLo, L porte . jwLs^jLLs» , ce (]ui ne rend pas 
beaucoup plus reconuaissablc ce nom si étrangement défiguré. Est-ce une 
altération du surnom de Sebastiis donné à César-Auguste? Dans ce cas, il y 
aurait toujours confusion de personnes. Au surplus, on peut comparer la 
liste qui suit avec celle d'Abou '1-Faradj, p. 109 du texte arabe et 49 du 
lexte syriaque. 

P. 3oo (i). Au milieu des leçons incohérentes que présentent les copies 
en cet endroit, D porte ^\J vJ.i, ce qui nous a permis de retrouver la 
véritable leçon. L'auteur du Mvraçid donne une description minutieuse 
de ce couvent , qu'il nomme aussi Mur-Mary. [ Voyez ce dictioanaire , édit. 
Juynboll, t. I , p. 436.) 11 s'agit sans doute de l'un des soixante et dix dis- 
ciples appelé Mares par Assemani [Bibliulh. orient, t. IV). 

P. 3oi (1). Ces trois noms géographiques sont plus ou moins altérés 
dans les manuscrits. Au lien de vlsâs ^^ que nous avons adopté d'après L?, 
et sur lequel on peut voir Abou l-Féda , p. 55 el 28G du texte ;uabe, B a 
lu 13^3, et L, (J^. An lieu de sLjJsjLik, L porte, sans points diacritiques, 

(jLsljUh. Pour ^.^ttVa» ^y. l> P»"'>i" (jI-^-În^ Tj^^ ^' o'>^ TT' 
( Voyez le texte du Méraçid sur ciîs dillerents noms.) 

l*. 3o2 (1). Ce mot ue se rencontre pas rréquennucnl. Esl-ce une alté- 
ration de «VXJIj»;, ou bien faut-il lire, comme B, «CoUij <_j;? 

P. .3o() (1). L porte wj^LiJI, qui jiourrail éli(^ lu ^i».lÀJ|, \ onjunllcu.v , 
ce (|ui s'éloigne moins rlu sens de Sevenu- (pic l;i lecun de ,1 « /r juiblcn 
Crpcndant, en />j on lit distiurirmrnt Lj>kL»Jl. 



454 VARIANTES ET NOTES. 

P. 3 1 3 ( I ). L'auteur, bien qu'il ne sût pas le grec, avait écrit ou essayé 
d'écrire ici le nom d'Hélène en caractères grecs ; la plupart des copistes 
les ont supprimés. Cependant , en examinant attentivement les copies L^ 
et D, on remarque quelques traits grossièrement dessinés qui prouvent 
que ce nom se trouvait dans le manuscrit autographe et dans les plus an- 
ciennes copies. 

P. 3i8 (i). Maçoudi cite le même personnage dans le Tenbih, parmi 
ceux qui négocièrent le neuvième échange des prisonniers à Lamés, l'an 
3o5 de l'hégire. Plus loin, à l'occasion du douzième échange, en 335, il 
donne des détails plus circonstanciés sur ce cheikh , qu'il avait rencontré 
l'année précédente à Damas. Ce double témoignage de noti-e auteur con- 
lirme entièrement la conjecture de S. de Sacy, qui avait identifié Abd el- 
Baki avec le k^al^axi/fs des historiens byzantins. ( Voyez Notices et extrails, 
t. VIIl , p. 197.) — ( Note de M. Derenbourg, ) 

Ibid. (2), i^AjM doit désigner ici non pas Séieucie, mais Thessalo- 
nique. L'esclave de Zarrafah est nommé ailleurs Lawi «Léonn (voyez 
t. I", p. 282), et il est fait mention de son expédition dans le Tenhih, 
fol. io4, ainsi que dans les Scriptores post Thcophaneni,p. 226. — (Note 
du même.) 

P. 33o (1). Cette leçon est douteuse, et nous ne l'acceptons (pie sous 
foute réserve. L écrit ,y-^=>\ i'^ 8vA.i; D, tyàxJ. 

P. 334 (1). Nous avons suivi B et L^, qui s'écartent nloins en cet en- 
droit des données historiques. Les autres copies portent jj\ ^ o y^^^- 

P. 335 (1). Nous avoHs suivi la leçon de L", tandis que .4 et D portent 
JiÂAS. On peut croire qu'il y a ici une allitération du nom de Constantin 
Pogonat. 

P. 34o (1). L'^, comme nous l'avons déj;\ remarqué, intercale souvent 
dans les citations poétiques quelques vers supprimés dans les autres ma- 
nuscrits. Ainsi, entre ic cinquième et le sixième vers, il ajoute ici ; 

^_-\_j2_j' J»[^.^î_j[ JlJl^ Uà.^Lj L_g_JBl L.^A_5. jj—yO A^y .^l-^ 

)^>—^ — 'O ^ -ol t^^l_:^« Ajv,.c. jULii ^.^L«jJ[ JLiiJL) o5y^^ 

et, entre le Juiitièmc cl le neuvième : 



VARIANTES ET NOTES. 455 

I*. '6!f] (i). Tel est le nom qui se trouve dans A. L* porte c5^yi^ (^''' 
L et D, iJ\Y>- ijjÎ ol^" l'Js du Kliazar. » 

P. 35o (i). Le dernier hémisticlie de ce distique est lort obscur, el 
nous avons traduit les mots sans distinguer clairement l'idée cachée sous 
cette étrange métaphore. Au lieu de v^>^U,.iL^ , deux copies donnent , lune , 

(_j>jLfijiyo, l'autre, (^sAJLa-o • 

P. 353 («)• ^ et L- ajoutent lui règne de plus : ^jy-Jl <*-vtl tiiA/» aJ 
L> -r >,•[] i3sil^ )^^''^3 lVCw>I />L)I *<JLi. En admettant une confusion 
de noms, erreur si fréquente chez Maçoudi lorsqu'il parle des souverains 
étrangers aux dynasties musulmanes, on peut trouver dans ce passage 
une allusion à Constantin VI, qui régna, avec Basile son père, de 868 à 
78. 

P. 355 (i). L'auteur se trompe dans sou calcul. En effet, même en 
comptant à part le règne de Pulchérie , plus les trois Césars nommés au 
début du chapitre et qui ne sont sans doute que des variantes pour Héra- 
clius et Maurice, et, en troisième lieu, le règne de Constantin VI, dont 
il est question dans la note précédente, on n'arrive cependant qu'au ciiiffrc 
de trente-six rois. Ces distractions, résultat de la rapidité avec laquelle 
écrivait Maçoudi , ont été déjà signalées par plusieurs savants. 

P. 36i (1). Il est difficile de préciser la nuance qui distingue Misr de 
Misra, leçon reproduite dans le Nodjoum. D'autres copies répètent deux 
fois le mot Misr. Quant au sens général, il n'est pas douteux-, le poète 
veut dire que le Nil, sous le souffle des vents du sud, coule du sud au 
nord, contrairement à la direction ordinaire des fleuves, qui vont du nord 
au sud. 

P. 362 (1). Abou "1-Méiiacin [Nodjouin, p. c\) , après avoir cité.textucl- 
Icment ce passage , fait une observation qu il est bon de signaler : « Ce que 
raconte Maçoudi , remanjue cet auteur, pouvait être vrai au iv' siècle de 
l'hégire, parce que le sol de l'Egypte, moins élevé qu'il ne l'est aujour- 
«riiui, n'avait pas besoin d'une crue de vingt el une coïulécs et au delà; 
mais si Maçoudi vivait de nos jours, il aurait modifié son assertion et donné 
à la crue une hauteur plus considérable. » 

P. 370 (1). On ne sera pas l'ionuc de trouvei' ici un de ces nombreuv 
exemples de légende étymologique dont se contentent les Orientaux , étran- 
gers, comme le furent tous les peuples de l'antiquité, aux lois véritables ch' 
l'élymoiogie. (Voyez, à ce sujet, les observations de M. E. Henan, Htsl. 



456 VAKIANTES ET NOTES. 

des langues sémiticfues , i" édition, p. i i5.) H est à peine nécessaire d'a- 
jouter que Fayouin vient du copte phiom « la mer, » mot qui n'est lui-même 
que la traduction de méri «le lac^i des inscriptions hiéroglyphiques. 

P. 072 (1). Deux copies donnent au héros de cette histoire un âge en- 
core plus fabuleux: a,â-w (JûJUj» jyl-» oXj ; mais, comme il s'agit d'un 
personnage presque contemporain et qui n'a aucun caractère légendaire, 
il faut attribuer cette rédaction à une méprise de copiste et lire : c>Xj 

P. 38o (1). Abou 'i-Méhaciii (ouvrage cité, p. Ft*'), en rapportant les 
paroies mêmes deMaçoudi, ne peut s'empêcher d'ajouter: «Cette expli- 
cation est plus invraisemblable que la première, » J5J I ,>-« (.jo*.-^! ' tN**- 
On sait, depuis la publication des beaux travaux du D' Lepsius, selon 
quelle loi les pyramides étaient construites. On commençait par le centre, 
en développant successivement le noyau primitif à l'aide de blocs super- 
posés de cinq à six mètres d'épaisseur, à la façon des couches concentri- 
ques des arbres, et l'on augmentait ainsi graduellement la masse de l'édi- 
fice. La multitude de petites pyramides , germes de monuments inachevés , 
dont le sol de l'Egypte est couvert, démontre combien celte théorie est 
fondée. 

P. 08A (1). Au lieu de (O5JI c_i^^ - ^ porte ci)jlLl cJiUj. 

Ibid. (2). On serait tenté de lire f.^3jM.J , puisque c'est à Joseph que 
sont attribués ces travaux; mais toutes nos copies portent *_/\_Sa-w>-)- 
Afin de rendre plus intelligible ce qui est dit dans ce passage des diffé- 
rences de niveau que présente le sol du Fayoum, nous devons rappeler en 
deux mots le résultat des études de M. Linant sur cette province. D'après 
cet ingénieur, le Fayoum se compose de trois régions superposées. La ré- 
gion supérieure esta l'est; elle domine le Nil d'environ huit mètres. La 
seconde, qui va du nord à l'ouest, est presque de niveau avec le fleuve; 
en d'autres termes, elle est située à sept mètres environ au-dessous de la 
première. La troisième région , la plus orientale , offre une dépression plus 
considérable encore, puisque le Birket-Karoun , qui en occupe une grande 
étendue, est de dix-huit mètres plus bas que le Nil à Bénisouef. La région 
supérieure et la moyenne sont fertilisées par un réseau de canaux et de ri- 
goles qui sortent, pour la plupart, du Bahr-Youçouf ou canal de Joseph. 

P. 3()i (1). Ce nom est donné |)ar la kabbale au chef des bous anges, 
qui est aussi le premier ministre de Dieu. (Cnuf. Munk , Pidcsl'mc, p. 52 2; 
AI. Frank, lu hdhhalr ou la PliUnsnphlr rrllqkiof des Héhrenx , p. 211.) 



VARIANTES ET NOTES. kbl 

Nous devons à l'obligeance d'un savant hébraïsant, M. Neubauer, la com- 
munication du passage suivant du Talmud auquel Maçoudi fait allusion 

ici : ^'7D^-l ns* TiDTC?! Ti-'S DK "Ti^inn Q.T'miiync? a"':^'? ■'IX 

mDIXn pD*? D^n^^Jim. Les paroles attribuées au Copte peuvent être 
un souvenir confus du passage 7 a du même traité. Le reste semble se 
rapporter à l'Exode, \xiv, 17, et xx, 6, et peut-être aussi au cbapitre xxx 
d'Isaïe. (Traité Beracholh, Talmud Bahyl. fol. 3 a.) 

P. 395 (1). Leçon commune à toutes les copies. Cependant cette loca- 
lité est nommée ordinairement Clicdjreleïn les deux arbres, » et c'est ainsi 
c|u'elle est citée par Makrizi et Abou '1-Mébacin. 

P. 4oo (1). Au lieu de (.^)j^ . une copie porte cji^j^ et % »aXj ; c'est 
ce qu'on lit aussi dans la Description de l'Egypte de Makrizi (I, p. Sg). 
D'après cela, il faudrait traduire «ces images s'elfacaient , etc.» 

P. 4 10 (i). La nomenclature présentée par Maçoudi est incertaine et 
remplie de leçons illisibles. Ce serait d'ailleurs peine perdue de cherclier 
à la rapprocher des listes pharaoniques données par les historiens anciens 
et les inscriptions. Nous nous sommes bornés à comparer les manuscrits 
L et L^, moins défigurés que les autres, au texte du Nodjouin (I, 6()) et à 
l'ouvrage de Makrizi (chapitre de iMemphis) où l'autorité de Maçoudi est 
souvent invoquée. 

P. 417 (1). L, d'accord avec Makrizi ([, p. /ji), écrit ^ ^ '^ [.^^Jl 1 , 
ce qui rend plus dillicile l'intelligence de ce passage déjà obscur. Il fau- 
drait traduire alors : « des sons combinés avec la marche des sphères, etc. » 
Un peu plus loin, Makrizi assure que mille hommes seulement périrent 
dans cet éboulement, tandis (|ue toutes nos copies portent deux mille. 

P. /i2 2 (1). La copie L ajoute ici une phrase entière qui se trouve 
aussi dans Makrizi (éd. lioulak , 1. 1 , p. lig): oNi^lj' Js.lj^ ''S'y^ ^^^ 

^3)j' ^ ^^y'^^^3 is^^ ^ '*"^' 

p. Mit (1). Avec ce chapilrc linil rexcellcnle copie de Leyde L^ dé- 
vide dans le Catalogue de M. Dozy, t. Il, p. i/|('i. On lit sur le dernier 
IVuilIel r|ue celte copie a été exécutée par Moiiannned , fils de kaeeni , 
(ils de Molianu)ied cn-Nowcïri. 



SUPPLEMENT 



CORRECTIONS DU TOME PREMIEK. 



Quelques erreurs s' étant glissées dans l'indication des passages du Koraii 
cités dans la traduction des quatre premiers chapitres, nous en donnons 
ici la rectification : 

Page 47, ligne 16, lisez xxxi, i5. 

P. 52, 1. i4, Usez Lxxvi, 1. 

P. 64, 1- 10, lisez V, 33. 

P. 85, 1. 4, lisez XXI, 69. 

P. 91, I. 8, a« lieu de xxviii, lisez xxxviii , ^o. 

P. 93, 1. 11, lisez xxviii, 27. 

P. 1 10, 1. 3, lisez XXXVIII «« lieu Je xxviii. 

P. 125, I. i5, lisez XXV, i5. 

Nous ajoutons à cette liste les corrections suivantes : 

P. i5, 1. 5 de la traduction, au lieu de Klialed, lisez Khalef. 

P. 26, I. 3 du texte, au lieu de c-vlo, lisez ojvÀj. 

P. 3o, 1. 5 , au lieu de f^—'l ] y^=>'^> U^c- '^—'^ y '^3. 

P. A5, I. 10, au lien de qo L«, lisez qd L^. 

P. 57, I. 6, au lieu de UÀc^U , Usez UÂcili. 

P. 59,1.5, après Qj Ji»^ «UJ f t>AC , ajoulcz ^ O.^ *^l qC O-^- 

P. 61, I. 6, au lieu de j wâ 41, lisez iJnjJ}.. 

P. 89, I. 7, au lieu de t ^— .x...[, Usez l 00 '^—.i.^]. 

V. 98, 1. 17 (le la Iraduclion, au lieu de le DjcrIiomile, Usez le Djorlio- 
mi(c. 

P. I i5, I. () du texte, au Iku de Bjafc, Usez Ijjb. 



m) CORRECTIONS DU TOME PREMIER. 

P. 122,1. lo de la traduction , après les livres anciens, ajoutez à Tibé- 
riadc. 

P. 128, 1. 3 du texte, le signe de renvoi doit être supprimé. 

P. i34, 1- l\ , au lieu de yli:^, lisez (jLàisk, et, dans la traduction, 
substituez Khaflan à Haffan. 

P, 187, 1. 7, au lieu Je 8U^y«3 , lisez yb Is^aaS. 

P. i58, 1. 16 de la traduction, au lieu de cinquante ans, lisez cent cin- 
quante ans. 

P. 181, 1. 10 de la traduction, après le Khoraçan, ajoutez la Perse. 

P. i85, 1. 5 de la traduction, au lieu de neuf mille, lisez neuf cents. 

P. 197, 1. 9 do la traduction, au lieu de cent dix, Usez cent vingl. 

P. 286 , 1. 1 9 de la traduction , au lieu de serpents , lisez poissons. 

P. 24 1, 1. 8 de la traduction, au lieu de Djomhamah, /KesDjomdjomah. 

P. 280, 1. 1 1 de la traduction, au lieu de giroflée, lisez clou de girofle. 

P. Soi, 1. 9 du texte, au lieu de yà^, lisez y,^i^ ^^. 

P. 807, 1. 8 du texte, au lieu de ^Ua i^^», lisez *U» Lo. 

P. 825, 1. 6 du texte, au lieu de ^^ •XjJ^] , Usez Lo vLà|. 

P. 36o, 1. i3. La traduction doit être modifiée ainsi : Ou rencontre 
sur son cours, à une certaine distance de Tolède, la ville de Talavera, 
et, au delà, un grand pont que les anciens rois ont construit et qui est 
nommé, etc. 

P. 871, I. 7 de la traduction, au lieu de Ahd Allah, lisez Abou Abd 
Allah. 

P. 879, 1. 6 du texte, au Ucu de Lis Ll, Usez ^K U; et I. i!x de la 
traduction, après aucune nourriture,' «Joutes ni boire. 



CORRECTIONS 

DU TOME DEUXIÈME. 



Page I 5, ligne /i , au lieu de y^. Usez y^. 

P. 25,1. 2 , (iii heu (le ^sJol , Usez y^J I ; cl inênip ligne, au Ueu de (6) , 
Usez ( I ). 

P. 1 o8 , 1. 10, nu Ueu de tU» . fi<^ , Usez (jjty^^^^j^. 

P. I I 3 , 1. 6 , ail Ueu de L^» , Usez W^U • 

P. 1 1 9 , 1. 6 de la traduction , ajoutez celle phrase . Nous avons rapporté 
la majeure partie de leur histoire dans nos ouvrages précédents. 

P. 123, I. 2 de la traduction, au Ueu de Senjdarib, Use: Sendjarib. 

P. 173, 1. 4 du texte, au Ueu de cjV)' ''*^- c_>V)f' 

P. 2/i3, I. 7, au Ueu de 8^.~o| , Usez tSy^]. 

P. 26/1 , I. à , au Ueu de idjLi» , Usez «Ui-i». 



TABLE 
DES PRINCIPALES MATIÈRES 

CONTENUES DANS LE TOME DEUXIÈME. 



Pages 



Averlisseraent. 



Cliopitre XVII. Le mont Caucase (el-Rabkh); renseigne- 
ments sur les peuples qui l'habitent, sur les Alains (el- 
Lan), sur les Rhazars, sur les tribus turques et bulgares 
(Borghoz); description de Bab-el-Abwab (Derbend); les 
rois et les peuples du voisinage ' 

Le roi Enouchirwân construit une grande muraille et la 
ville de Bab-el-Abwah, p. 2. — Royaume du Ctiirwân- 
Cbali, p. A. — Principauté de Laïrân, p. 5. — Djidân, 
p. ,y, — La ville d'Amol, p. 8. — Troupes musulmanes 
chez les Kliazars, p. 9. — Condition du Khakân, p. 12. 
— Les Bulgares, p. i/i. — Expéditions des Russes dans 
le Caucase et sur la mer Caspienne, p. j8. — Littoral et 
îles de la mer Caspienne, p. 28. — Digression sur les 
faucons, p. 27. — Les aigles noirs, p. 87. — Royaume 
de Serir, p. 4 1 . — Royaume des Mans , p. 4 2 . — Les Ka- 
cliaks, p. /i5. — Les singes du Caucase, p. /19. — Détails 
sur ces animaux, p. 5 1 . — Tribus lunpics du Caucase, 
leurs guerres avec les Grecs, p. ^S. — Les Abkhazes cf 
les Kbazràns, p. 65. — Les Sanariens, p. 67. -- Les 
Cbekins, p. 68. — Fleuves du Caucase, p. 74. 

Chapitre XVUI. Roi» syriens; résumé de leur histoire. ... 7H 

Le fleuve Hermend et le Sedjeslan, p. 79. - Digression sur 
l'Inde, p. 80. — Supplices des indien», j). 83. — Rois 
syriens, p. H7. Légende sur la découverte de la vigne, 
|>. 88. 



464 TABLE DES MATIERES. 

Chapitre XIX. Rois de Moçoul et de Ninive, nommés aussi 
rois assyriens; aperçu de leur histoire et de leurs actions. 92 

Ninive, p. 92. — Sa population primitive, p. q/j- 

Chapitre XX. Des rois de Babel où Nabaléens, et des autres 
princes connus sous le nom de ChaJdéens gS 

Nemrod, p. 96. — Belous, ihid. — Ses successeurs, p. 97 
et suiv. — Les drapeaux de l'armée des Babyloniens, 
p. 101 . — Des couleurs, p. 102. 

Chapitre XXI. Rois perses de la première époque; résumé 
de leur histoire et de leur règne io5 

Keyomert, premier roi de la Perse , p. 1 olj. — Ses sentences 
p. 108. — Boudasf fonde la religion sabéenne, p. lu. 

— Biourasp, p. 1 13. — Aféridoun, p. 11^. — Afrasiab, 
p. 117. — Key Kaous, p. 119. — Key Khosrou, p. 1 20. 

— Gustasp et Zoroastre, p. 128. — LAvesta, p. 12 4. — 
Règne de Bahman, p. 127. — Houmayeh , p. 129. — 
Dara ou Dareïous, ibid. 

Chapitre XXII. Des chefs des Satrapies qui ont régné entre 
la première et la seconde époque 182 

Origine des Satrapies; les Acbgâns, p. i33. — Liste de ces 
chefs, d'après Ahou Obeïdah, p. i3(i. 

Chapitre XXIII. Généalogie des Perses; opinions des histo- 
riens à cet égard 1 3H 

Incertitude de l'origine des Perses , p. 1 38. — Les Sassanides 
sont de race sémitique, p. i4i. — Généalogie de Me- 
nouchehr, p. i/i5. — Les Perses visitaient la Mecque, 
p. i48. 

Chapitre XXIV. Histoire des rois sassanides ou rois de la 
seconde époque 1 5 1 

Règne d' Ardécbir, fils de Babek, p. 1 5 1 . — Il établit différentes 
classes parmi les courtisans, p. 162. — Maximes attri- 
buées à ce roi , p. ibli. — Il crée sept corps d'Etat, p. 1 56. 

— Extraits de ses lettres , p. 162. — Sabour, ihid. — Hor 
muz, p. 166. — Babram, p. 11)7. — Origine du mol 
zendilt, ibid. — Baiiram II, p. 168. — Son entretien avec 



'l'ABLK DES M AT J EUES. 465 

Pajjes. 

un mobi'd, p. 1G9. — Sabour Dou'l-Aklai', p. 175. — Iji 
vasions de quelques tribus arabes, p. 176. — Amr, fils 
de T6mim, p. 178. — Captivité et aventures de Sabour, 
p. 181. — Palais nomme Eiwâii-kesr(i,i). 1 86. — Bahram- 
Gour, 190. — Yezdidjird, p. 198. — Hornniz, son (ils, 
p. ,g5. — Mazdak le Manicliéen, ibid. — Anouchirwàn, 
p. 196. — Ses relations avec i'indo et la Chine, p. 200. 

— Conseils donnés à ce roi par I5u/.urdjmilir, p. 206. — 
Règne de Hormuz , son lUs , p. 2 1 1 . — Baiiram-Djoubin , 
p. 21s. — Ébcrwiz (Perviz), p. 21/1. — Aventures de 
K.urdyeh, sœur de Balirani, p. 222. — Sceaux d'Eberwiz, 
p. 228. — Les éléphants de guerre, p. uSo. — Derniers 
rois sassanidcs, p. 232. — Résumé clironologique de celle 
dynastie, p. 2 35. 

Chapitre XXV. Uois grecs; résumé de leur hisloire; opinions 
diverses sur leur jjénéalogic 2/12 

Filiation contestée de Younan , p. 2 /i 2 . — Les fils de Younan , 
p. 245. — Alexandre le Grand, p. 2^7. — Son expédition 
dans l'Inde, p. 260. — Discours des philosophes après sa 
mort, p. 25 1. — Tombeau d'Alexandre, p. 259. 

Chapitre XXVI. Histoire abrégée de rexpcdilion d'Alexandre 
dans iTnde 260 

Le roi Kcnd envoie un message h Alexandre, p. 260. — Am- 
bassadeurs grecs dans l'Inde, p. 262. - Anecdote sur 
l'entrevue d'Alexandre cl d'un philosophe indien, p. 2()5. 

Chapitre XXVII. I^ois grecs qui ont réf^'nc a pn-s Alexandre, ay^i 

Ptoléméc,p. 2 7 8. -Origine de la chasse au faucon, p. 279.— 
Philadclphc, p. 281.- Description d'Antiochc, p. 282. 

— Liste des Plolémées, p. 28/1. — Kègnc de Cléopâlre, 
p. 28.^). — Sa mni-l , p. '.87. 

Chapitre XXVill. Peuples de Uouni ; opinions iusloriqui-s 
sur leur généalogie; le nond^re de Icins rois; leur chro- 
nnlogic 2()."> 

Uois de Rome, p. ih).'). -- Auguste, p. 29(1. - Marlyn' de 
Pierre cl de Paul sous Tibère, p. 299. - Les disciples 
de Jésus, p. 3<)o. - Liste des em|)crrurs romains, p. 3oi. 
— lies Compagnons de la Caverne, p. 307. 

II. 3o 



^66 TABLE DES MATIERES. 

Pages. 

Chapitre XXIX. Rois chrétiens de Roum, c'est-à-dire rois 
de Constantinople ; résumé de leur histoire 3i i 

Constantin et Hélène , p. 3 1 1 . — Premiers conciles , p. 3 1 3. — 
Constantin embrasse la foi chrétienne, p. 3i4. — Des- 
cription du canal et de la ville de Constantinople , p. 3i6. 

— Sciences des Grecs, p. 3 20. — -L'art musical, p. 32i. 

— Guerres entre les Grecs et les Perses, p. 323. — Nou- 
veaux détails sur les Compagnons de la Caverne, p. 32 5. 

— Les Nestoriens et les Jacobites, p. 328. 

Chapitre XXX. Rois de Roum (byzantins) depuis i'avéne- 
ment de l'islam 333 

Héraclius et ses successeurs, p. 333 et suiv. — Goierre entre 
Nicéphore et Haroun er-Réchid , p. 33?. — Vers d'Abou'i- 
Atayah, ifcid. — Siège d'Héraclée, p. 34o. — Inscription 
d'Héraciée, p. 344. — Combat singulier entre un cheva- 
lier grec et un chef arabe, p. 345. — Suite de la nomen- 
clature des rois byzantins, p. 352. 

Chapitre XXXI. Renseignements sur l'Egypte, le Nil, les 
merveilles de cette contrée, l'histoire de ses rois, et autres 
détails qui se rapportent à ce chapitre 356 

Nature du solde l'Egypte, p. 356. — La crue du Nil, p. 359. 

— Origine du mot misr, p. 36 1. — Les écluses, p. 363. 

— La fête du bain, p. 364. — Les nilomètres, p. 365. — 
Pharaon, p. 368. — Entrevue d'Ahmed, fils de Tou- 
loun, avec un vieillard copte, p. 372. — Le lac de Tin- 
nis, p. 374. — Détails sur la construction des pyramides, 
p. 379. — Les Nubiens, p. 382. — Écluse d'el-Lahoun , 
p. 385. — Opinions religieuses du vieillard copte, p. 386. 
Mariages des juifs , p. 389. — Le silure électrique , p. 392 . 

— L'hippopotame, p. 303. — Premiers habitants dfr 
l'Egypte, p. 394. — Ses anciens rois, p. 396. — La reine 
Deloukeh, p. 398. — I>es berbaou temples, p. 4o2. — De 
quelques talismans, p. 4 06. — Combinaisons chimiques , 
p. /,o7. — Liste des rois d'EgypIe, p. 4 10. — Anecdote 
sur les fouilles entreprises par Ahd el Aziz, fils de Mer- 
wan, p. 4i4. — Résultat des fouilles de Mohammed, fils 
de Tagadj, p. 4» 8. — Description des sarcophages, 
p. 419. 



TABLE DES MATIERES Ù67 

P.igcs. 

('Ii.ipilre XXXII. Histoire d'Alexandrie, sa l'ondalion, ses 
rois, el autres détails sur le même sujet ^20 

Inscription himyaritc à Alexandrie , p. 42 1 . — Alexandre bâtil 
cette ville, p. 400. — Légende relative à la fondation 
d'Alexandrie, p. 422. — Les monstres marins, p. 425. 
— Stratagème d'Alexandre, p. 426. — Description de la 
ville, p. 429. — Le Phare, p. 43i. — Walid et l'eunuque 
grec, p. 434. — Description de pierres précieuses, 
p. 436. — Le Labyrinthe, p. 439. 

Variantes et notes 4A3 

Supplément aux corrections du tome 1" ^Sg 

Corrections du tome II ^t'" 



FIN DE LA TABLE DES MATIKHES. 



APR 2 9 



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